RYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 3 Fascicule 2 1982
SOMMAIRE
M. CHADEFAUD. — Les principaux types d'ascocarpes : leur organisation
et leur évolution. 103
M.A. CALVO, M.A. VIA, R.M. ALIS et R.M. CALVO. — Pouvoir anti-
biotique d'Arthrinium aureum Calvo et Arthrinium phaeospermum
145
(Corda) Ellis
LA. EL-KADY et M.H. MOUBASHER. — Some cultural conditions
that control production of roridin E and satratoxin H by Stachybotrys
chartarum. n
A. BRETON et F. ZANETTE. — Étude de la mycoflore des racines de
marcottes de pommier cultivées sur brouillard nutritif. ....... eM
151
R. HENRY. — Étude de quelques espèces appartenant aux genres Rozites
ert, ss ei oes b Vries b e WORRIES A Man ie
ober cibliesephiques se ee 01e PNEU
Les manuscrits doivent étre adressés à Madame M.F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris.
Source : MNHN, Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 3 Fascicule 2 1982
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
COMITÉ DE LECTURE
MM. BOIDIN, J. (Lyon), CAILLEUX, R. (Paris), Mme CHARPENTIE, M.J. (Paris),
MM. GAMS, W. (Baarn, Hollande), JOLY, P. (Paris), MANGENOT, F. (Nancy),
MOREAU, CI. (Brest), MOUCHACCA, J. (Paris), Mme NICOT, J. (Paris), M. PEGLER,
D.N. (Kew, G.B.), Mme PERREAU, J. (Paris), Mme ROQUEBERT M.F. (Paris),
M. SUTTON, B.C. (Kew, G.B.)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS Ch.
SECRETAIRE DE RÉDACTION: Mme M.F. ROQUEBERT. ÉDITEUR: A.D.A.C
Copyright C. 1982. Cryptogarjie Mycologie
Ney,
Bibliothèque Centrale Muséum
MINION
3 3001 09297798 SIH. Paris
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome 3, Fasc. 2, 1982)
M. CHADEFAUD. — Ascocarps organisation and their evolution. (II) ... 103
M.A. CALVO, M.A. VIA, R.M. ALIS et R.M. CALVO. — Antibiotic
capacity of Arthrinium aureum Calvo and A. phaeospermum (Corda)
Bis okey AA PER ER Re D Pet 145
LA. EL-KADY et M.H. MOUBASHER. — Some cultural conditions
that control production of roridin E and satratoxin H by Stachybotrys
charidrum C rene EM ME M E 151
A. BRETON et F. ZANETTE. — Study of Fungi growing on roots of.
apple-tree's layers cultivated in nutrient spray. ................. 163
R. HENRY. — Study of some species of Rozites and Cortinarius genus. .. 171
Bibliography ne ee er CU 191
Source : MNHN, Paris
103
LES PRINCIPAUX TYPES D’ASCOCARPES :
LEUR ORGANISATION ET LEUR EVOLUTION
Deuxiéme partie :
LES DISCOCARPES
par Marius CHADEFAUD*
RESUME. — Morphologiquement, les discocarpes sont discopodiens (sensu CORNER),
enticulaires (sensu BELLEMERE) ou parathéciens (sensu LETROUIT-GALINOU).
Du point de vue ontogénique, en utilisant les notions de gynocarpe, de carpocentre
et de parathécium, après les Discopodiens, on peut distinguer les Anté-parathéciens lenticu-
laires (Hypodermiens et Phacidiens), les Antéparathéciens non lenticulaires, enfin les Sub-
parathéciens et les Parathéciens. Parmi ces derniers se placent : les Verrucariales (périthé-
cioides) et les Lécanorales (à discocarpes typiques), qui sont lichénisants, puis les Pézizéens
inoperculés, enfin les Ostropiens et les Pézizéens operculés, qui sont les plus évolués.
Ces catégories ont été le résultat d’une évolution polyphylétique et complexe, encore
impossible à décrire avec précision. Toutefois, d’aprés leurs asques, on peut reconnaitre
deux des ensembles polyphylétiques probables, l'un centré sur les Hypodermiens (asques
à sommet ogival, sans appareil apical) et l'autre sur les Pézizéens operculés (asques en prin-
cipe à bouchon ou à anneau apical, et pouvant contenir un tractus apical : Léotiens, Ostro-
piens, Pézizéens operculés, et peut-être Pyrénomycètes ascothéciens.
SUMMARY. — Morphologically, the discocarps are discopodian (sensu CORNER), lenticu-
lar (sensu BELLEMERE) or parathecian (sensu LETROUIT-GALINOU).
From the ontogenical point of view, and with the ideas of gynocarp, carpocentrum
and parathecium, after the Discopodians may be distinguished the Lenticular Ante-para-
thecians (Hypodermians and Phacidians), the Non-Lenticular Ante-parathecians, the
Sub-parathecians and Parathecians. Within these are : the Verrucariales (perithecioid)
and Lecanorales (typically discocarpoid), which are lichenizing, the Inoperculate Pezi-
zeans, the Ostropians and the Operculate Pezizeans, which are the most evolved.
These categories result from a polyphyletic and complex evolution, which at present
is impossible to describe exactly. However, after the asci, one may define two polyphyletic
* Laboratoire de Cryptogamie, Université Paris VI, 9 Quai St.-Bernard, 75005 Paris (France).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
104 M. CHADEFAUD
systems, the first centred on the Hypodermians (asci with ogival apex, without apical
apparatus), the other on the Operculate Pezizeans (asci fondamentally with an apical
plug or ring, and the possibility of an apical tractus : Leotians, Ostropíans, Operculate
Pezizeans, and perhaps Ascothecian Pyrenomycetes).
I. — DONNÉES PRÉLIMINAIRES
A) STRUCTURE FONDAMENTALE ET ÉVOLUTION DES DISCOCARPES
Couramment appelés apothécies, les discocarpes sont les fructifications à
asques des Discomycètes, lesquels forment un groupe complexe et polyphylé-
tique. Ces fructifications sont largement ouvertes à maturité, sauf toutefois
chez les Tubérales, où une évolution souterraine en a fait des «truffes» hypogées
et pratiquement closes.
Classiquement, depuis BOUDIER (1907), on distingue les Discomycètes
operculés, dont les asques s’ouvrent par le soulèvement d’un opercule apical,
et les Discomycétes inoperculés chez lesquels ils s’ouvrent, du moins en principe,
par un pore apical. Ce sont surtout ces derniers qui sont polyphylétiques.
En 1960, d'aprés la structure des discocarpes, nous avons distingué les « Disco-
stromiensy, dont la paroi dérive directement du gynocarpe et est stromatoide,
et les «Discopodiens», chez lesquels au contraire l'hyménium est porté par un
discopode (terme créé par CORNER, 1930), dérivé du gynocarpe. D'autre
part, dans ces deux ensembles, la structure des asques nous permettait de dis-
tinguer les divers ordres : ils sont en général du type unituniqué-annellascé,
avec un anneau apical amyloide (mais pas toujours différencié), bien plus rare-
ment bituniqués-nassascés (ce qui est le cas, par exemple, du Patellaria atrata),
ou encore archaeascés (Pertusari et autres Lécanorales).
Dans tous les cas, les asques sont logés dans un hyménium, de sorte que
les Discomycétes sont des Ascohyméniaux (cf. NANNFELDT, 1932). Dans
celui-ci, ils sont mélangés à des filaments interascaux, qui peuvent être des
paraphysoides, anastomosés ou non en un réseau, ou des paraphyses; unique-
ment des paraphysoides chez les espéces les moins évoluées; des paraphyses
chez les plus évoluées; à la fois des paraphysoïdes et des paraphyses dans certains
cas intermédiaires; rarement des pseudo-paraphyses.
Il se peut qu'aux premiers stades de l'évolution l'hyménium ainsi constitué
ait été porté par le gynocarpe, extérieurement à celui-ci, comme l'est lhymé-
nium conidiogène des Coryneum sur le stroma générateur, avec ou sans invo-
lucre péri-hyménial lentourant (fig. 1, A). Ce stade est peut-être encore celui
des Lichens du g. Nephroma, ou du Pseudoscypha abietis, décrit par REID
et PYROZINSKI (1966). Mais en général l'hyménium se forme au contraire
dans une cavité du gynocarpe, plus exactement du carpocentre, qui ensuite
s'ouvre largement pour le mettre à nu.
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES ; ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 105
Cette cavité, ou locule à asques, possède en principe une péri-locule, compo-
sée d'un plancher et d'un plafond, qu'on retrouve dans le périthéce des Pyréno-
mycétes sous la forme d'un ménisque sous-hyménial et d'une cloche sus-hymé-
niale. S'il y a des paraphysoides, ils relient le plafond au plancher, mais ensuite
se séparent de celuici en se rompant. Les paraphyses naissent du plancher,
soit directement, soit par l'intermédiaire d'un sous-hyménium, porté par celui-
ci. S'il y a des pseudo-paraphyses, elles proviennent du plafond et sont donc
descendantes. Mais il y a de nombreuses variantes.
De la sorte, au stade le plus jeune, le discocarpe est angiocarpe, son contenu
étant enfermé entre la base du gynocarpe et le plancher de la locule, d'une part,
et d'autre part le toit du gynocarpe et le plafond de la locule (fig. 1, B). Mais
il devient ensuite gymnocarpe par l'ouverture ou la disparition de l'ensemble
toit-plafond.
Assez généralement (mais il y a des exceptions), chez les espéces les moins
évoluées, cet ensemble est plus ou moins épais et coriace, et sa déhiscence
souvent tardive, Elle se fait par dislocation en lambeaux, ou par une ou plusieurs
fentes (souvent disposées en étoile s'il y en a plusieurs), ou par la formation
d'un orifice central, qui ensuite s'agrandit. Chez les espèces plus évoluées,
l'ensemble toit-plafond est plus mince; il peut se réduire à un voile (velum)
fugace; il disparaît en se résorbant ou par assimilation à d'autres formations
du discocarpe, par exemple au parathécium.
D'autre part, chez les espèces évoluées, l'hyménium s'entoure en général
d’un anneau où manchon parathécioide, dont l'involucre péri-hyménial des
formes primitives a pu étre ure préfiguration (?). Cet anneau peut naitre des
bords du sous-hyménium, mais cela n’est pas toujours trés clair, et il se déve-
loppe principalement vers le bas (direction basipéte). Il peut étre complété,
ou remplacé, par un parathécium qui, en principe, nait de son bord supérieur,
se développe vers le haut (direction acropéte) et à maturité s'étale plus ou moins,
à la façon des bords d'un bol ou d'une soucoupe. Manchon parathécioide et
parathécium peuvent étre garnis, sur leur face interne, d'un hyménium secon-
daire (hyménium parathécial) qui s'ajoute aux bords de l'hyménium primaire
(carpocentral), et sur leur face externe d'un amphithécium.
— Intérieurement, l'appareil parathécial entoure la médulle du discocarpe,
dérivée du carpocentre mais plus ou moins accrue d'éléments d'origine para-
théciale. Enfin, le discocarpe peut étre porté par un stipe, développé en hauteur
(fig. 1, C).
— Naturellement, il y a de nombreuses variantes. En les utilisant, on peut
concevoir que l'évolution des discocarpes a comporté les stades suivants (fig. 2) :
- Stade discopodien : discocarpe développé en hauteur, de façon à constituer
un discopode (cf. CORNER, 1930), dont le sommet renflé en tête porte l'hy-
ménium : g. Geoglossum et al., Baeomyces et al., Cladonia, etc.
-Stade anté-parathécien lenticulaire : discocarpe développé en diamètre
par sa marge, de façon à prendre la forme d’une lentille, contenant une ou
Source : MNHN, Paris
106 M. CHADEFAUD
Fig. 1. — Schémas : A, pachy-acervule du Coryneum kunzei; B et C, discocarpe (= apothé-
cie) du type parathécien; D, comparaison du discocarpe au pachy-acervule. Pour le
pachy-acervule : r, réceptacle; in, involucre; p, palissade hyménioïde, contenant les fila-
ments conidiogènes. Pour le discocarpe : g, gynocarpe; pf et pp, plafond et plancher
de la périlocule; pa, paraphysoides; st-md, stipe et médulle du carpocentre cp; sh,
sous-hyménium; h, hyménium (paraphyses); mt, manchon parathécioide; pt, parathé-
cium; at, amphithécium.
plusieurs locules à asques.
a) lenticulaires Hypodermiens (= les Hypodermales);
b) lenticulaires Phacidiens (= les Phacidiales I. s.).
- Stades anté-parathéciens non lenticulaires
a) Lichens des g. Opegrapha, Graphis et al.;
b) Lichens du g. Pertusaria et al.;
c) Non lichénisants : g. Heterosphaeria, Bulgaria, Durella (déjà sub-parathécien),
etc.
- Stades sub-parathéciens et parathéciens ayant un manchon parathécioïde
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 107
Fig. 2. — Types fondamentaux de discocarpes (schémas) : g, gynocarpe; dp, discocarpe
discopodien; dl, discocarpe lenticulaire; dpt, discocarpe parathécien; st, stipe.
bien développé, complété ou non par un parathécium. D’aprés les types d’asques:
a) Lichens archaeascés ou bituniqués-nassascés : Verrucariales (périthécioides) et
Lécanorales (à discocarpes typiques);
b) Non lichénisants unituniqués-annellascés, à anneaux amyloïdes (parfois
nuls) et asques sans tractus apical : Pézizéens inoperculés;
c) Non lichénisants unituniqués à bouchon apical et tractus apical : Ostropiens
(+ peut-être Lichens du g. Thelotrema);
d) Non lichénisants unituniqués à tractus apical et operculés : Pézizéens opercu-
lés (prés des Ostropiens et des Pézizéens operculés pouvant se situer les
Pyrénomycétes ascothéciens, qui peuvent aussi avoir un tractus apical, mais
qui ont des anneaux amyloides ou chitinoides - cf. fig. 19).
B) LES ASQUES DES DISCOMYCETES
Dans ces divers groupes, on trouve des asques de types divers, pour lesquels
on peut admettre comme possible l'évolution schématique suivante (voir fig.
3) (voir CHADEFAUD, 1942, 1960, 1973) :
1- ancestralement, pas d'appareil apical distinct. Asques à sommet ogival
(fig. A : Cudonia et al., Hypodermien) ou plus ou moins arrondi;
2- ensuite, type archaeascé primitif, avec sommet plus ou moins arrondi
contenant un dóme apical et un petit pendentif en forme de tore (fig. B : Baeo-
myces, Sarcoscypha et al.);
3- type à pendentif hypertrophié, transformé en un gros bouchon apical
(fig. C : Ostropiens et al.);
Source : MNHN, Paris
108 M. CHADEFAUD
Gi
Fig. 3. — Évolution possible des asques (schémas) : A, type archaeascé sans appareil apical
et à sommet ogival (Cudonia, Hypodermales); B, type à dóme apical (d) et pendentif
encore peu développé (pd) (Baeomyces, Leotía, etc.); C, type à pendentif hypertrophié,
formant un bouchon apical (b) avec tractus apical (tr) (Ostropiens); D, type operculé, à
pendentif (pd) en forme d'anneau mince, entourant la face interne de l'opercule (op); tr:
tractus (Operculés, sauf Sarcoscypha et al., dont le pendentif est encore du type B);
E, type à anneaux apicaux (a et a°) sans nasse; tr : tractus; F, type à anncaux apicaux
(a et a’) et à nasse apicale (n) (cf. Perfusaria, mais ceux-ci n'ont ni le pendentif (pd), ni
Panneau (a’) dutype; G, type bituniqué-nassascé, avec une nasse (n), mais sans pendentif
ni anneau, et à «Jack-in-box» (jb): d : dóme apical (d'autres schémas sont possibles : voir
le texte).
4- type à pendentif au contraire réduit à un mince anneau largement ouvert
(fig. D : Méta-parathéciens operculés, sauf les Sarcoscypha et al.); le pendentif
en anneau encercle intérieurement l'opercule;
5- types à pendentif et dóme contenant des anneaux apicaux amyloides
E : Méta-parathéciens inoperculés);
6- idem, mais en plus une nasse apicale (fig. F; cf. les Pertusaria). Ce type
est bituniqué (exo- et endoascus séparés à maturité, au moins au sommet) avec
exoascus plus ou moins nettement bivalve (déhiscence par séparation des valves).
Chez les Pertusaria, il ne comporte pas de pendentif : n'existe donc que l'anneau
du dóme apical, ce qui, avec la nasse, conduit au type bituniqué-nassascé, qui
suit, mais qui n'a pas d'anneaux du tout. D'autre part, ayant à la fois anneau
(fi
Source : MNHN, Paris
ERRATUM
A la suite d'une erreur d'impression, la page 55 manquait dans le fascicule
précédent (Tome 3, fascicule 1).
MOISISSURES DES FARINES DE COTON 55
MAYNE R.Y., 1956 — Lipolytic microorganisms associated with prune and deteriorated
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dents chez des poules pondeuses. Bull. Soc. Mycol. Fr. 89 : 73.78.
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Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 109
et nasse, il est archaeascé (voir plus loin) et le caractére bivalve de ’exoascus
semble étre un caractére primitif (voir plus loin);
7- une nasse apicale, sans anneau; structure bituniquée et déhiscence par
«ack-in-box» (fig. G : quelques Discomycétes parathéciens, surtout parmi les
Discolichens). Ce type est celui des Pyrénomycétes bituniqués-nassascés (=
Dothidéens) et on vient de voir qu’il pourrait étre dérivé de celui des Pertusaria,
qui toutefois ont (encore) un anneau.
Les types A, B, C, D et E sont unituniqués; les types F et G au contraire
bituniqués. D'autre part, aussi bien parmi les unituniqués (Baeomyces) que
parmi les bituniqués (Pertusaria) existent des espéces à exoascus bivalve, ce qui
peut étre, dans l'un et l'autre groupe, un caractére primitif, disparu chez les
espèces plus évoluées.
La nasse apicale des Nassascés (pas toujours distincte) paraît se différencier
dans le plasmalemme du sommet de l'épiplasme. Elle est formée de baguettes
longitudinales, anastomosées au sommet et amincies et ramifices vers le bas,
où leurs rameaux s'anastomosent eux aussi. En électronique, il semble qu'en
réalité chacun corresponde à un sillon du plasmalemme.
Dans les types sans nasse B, C, D et E, on trouve chez diverses espéces un
tractus apical, qui lui aussi dépend du plasmalemme (cf. fig. 19).
Il semble que la nasse et le tractus puissent l'un et l'autre caractériser un
groupe phylétique. Pour le tractus, ce groupe comprendrait des espéces des
types B (Leotia), C (Ostropiens), D (Operculés) et E (Unituniqués annellascés),
ainsi que des Pyrénomycétes ascothéciens (sauf les Nectriales?) (cf. fig. 23).
Enfin, on pourrait imaginer une évolution différente de celle que schématise
la fig. 3, dans lequel le type F des Pertusaria, à la fois bivalve, bituniqué, nas-
sascé et annellascé, conduirait d’une part aux Bituniqués-Nassascés (type G),
par perte de l'anneau et du caractére bivalve, et d'autre part au type E, par
perte de la nasse, également du caractére bivalve et par acquisition d'un penden-
tif avec tractus apical. Ensuite, les autres types dériveraient de E (cf, CHADEFAUD,
LETROUIT-GALINOU et FAVRE, 1963).
Quoi qu'il en soit, on verra plus loin qu’on peut trouver associés à chacun
des types de discopodes, des asques de plusieurs types. Il y a par exemple des
Parathéciens, les uns bituniqués-nassascés, peu nombreux (Patellaria, etc..),
les autres au contraire unituniqués. Cela peut témoigner, soit d’un certain
polyphylétisme dans chaque type, soit d’une évolution particuliére des asques
dans chacun d’eux.
Quant aux asques des Discolichens, ils apparaissent appartenir aux types
«archaeascés», c'est-à-dire avoir évolué de diverses façons, mais en ne réalisant
que sous une forme imparfaite les types décrits plus haut. Cela peut indiquer
un certain archaisme des Champignons de ces Lichens (cf. CHADEFAUD,
LETROUIT-GALINOU et JANEX-FAVRE, 1967).
Source : MNHN, Paris
110 M. CHADEFAUD
C) LE CAS DES LICHENS
Dans ce qui suit, ils ne seront pas traités séparément des espéces non lichéni-
santes. On peut en effet les rattacher aux divers groupes non lichénisants, ou du
moins les en rapprocher. Ainsi :
- au type discopodien se rattachent les Baeomyces, les Cladonia et leurs al.;
- des anté-parathéciens paraissent proches les Discolichens Opégraphiens :
Opegrapha et Roccella et Graphidiens : Graphis et al.;
- aux parathéciens appartiennent les Discolichens Lécanoriens (Lécanorales
et al.), dont on peut rapprocher les Verrucariens (Verrucaria et al.) générale-
ment rangés parmi les Pyrénolichens;
- il est possible que les Lichens du g. Thelotrema soient assez proches des
anté-parathéciens Ostropiens (Ostropales).
Ces correspondances peuvent étre interprétées selon deux hypothéses, savoir :
1. Une hypothése monophylétique : les Champignons de tous les Lichens
seraient dérivés d'une souche unique, probablement trés proche de celle des
Ascomycétes non lichénisants (CHADEFAUD, LETROUIT-GALINOU et
JANEX-FAVRE, 1967). S'il en est ainsi, la méga-mutation qui a provoqué la
lichénisation se serait produite à ce niveau encore trés peu évolué, et une seule
fois, mais on doit remarquer qu'elle a au contraire eu lieu plusieurs fois, puis-
qu'elle a frappé non seulement des Ascomycétes, mais aussi quelques Basidio-
mycétes (tels que les Cora). Si, dans le domaine des Ascomycétes, elle s'est
produite une seule fois, les espèces lichénisantes qui en ont résulté ont ensuite
évolué parallèlement aux non lichénisantes;
-- Pézizéens operculés
Ostro
Thelotrema (?) piens Thelotrema (?)
Lécanoriens -- Pézizéens inoperc. Lécanoriens
Verrucariens (?) Verrucariens (?)
POLYPHYLETIQUE (?)
Pertusaria -- Anté-parathéciens Pertusaria
i
Cladonia (?) | Cladonia (?)
Baeomyces -- Discópodiens Bacomyces
i
EVOLUTION EVOLUTION
MONOPHYLETIQUE (?)
Disco-Lichens: évolution poly- ou monophylétique
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 111
2. Une hypothèse polyphylétique, selon laquelle cette méga-mutation s’est
au contraire produite plusieurs fois, et pour chaque groupe lichénisant à partir
du groupe non lichénisant auquel il est apparenté (cf. tableau).
On pourrait aussi supposer qu'à partir de la souche des Ascomycètes ont
évolué séparément, d'une part divers phylums non lichénisants, et d'autre
part, d’une façon analogue, donc parallèlement, les divers phylums lichénisants.
Quoi qu'il en soit, on retrouve chez les Discolichens les mêmes types de
discocarpes que chez les Discomycétes non lichénisants, ou des types analogues.
II. — LES DISCOCARPES DISCOPODIENS
Par le jeu d'une croissance principalement en hauteur, ces discocarpes sont
des discopodes (cf. CORNER, 1930), composés d'un stipe, parfois trés court, et
d'une téte plus ou moins renflée, globuleuse ou en massue, le tout enveloppé
par un velum gynocarpique, généralement trés mince et fugace, parfois nul
(fig. 4, 5 et 6).
Fig. 4. — Géoglossales : le Microglossum viride (d'aprés CORNER) et les Cudonia. A.
Ébauche du discocarpe du Microglossum viride : enveloppe gynocarpique eg (velum) et
carpocentre cp; B. Ebauche plus agée : st, stipe; ac, appareil ascogonial; C. Stade
encore plus âgé : ph, périhyménium; h, hyménium; D. Discocarpe adulte, avec stipe et
tête hyménifère; E. Cudonia confusa adulte; F. Asque et paraphyse de Cudonia circi
nans (original).
Source : MNHN, Paris
112 M. CHADEFAUD
La téte porte l'hyménium, composé d'asques et de paraphyses, et souvent
entouré d'un péri-hyménium qui, formé de filaments différents, est sans doute
comparable d'une part à l'involucre péri-hyménial des Coryneum et du disco-
carpe primitif hypothétique (fig. 1, A), d'autre part peut-étre aussi au manchon
parathécioide des Discomycétes évolués.
Fig. 5. — Baeomyces et Leotia, A. Discopode adulte d'un Baeomyces, comparé au pachy-
acervule des Coryneum. r, réceptacle du Coryneum; st, stipe; te, téte du Baeomyces;
in, involucre du Coryneum; ph, périhyménium du Baeomyces; p, palissade hyménioïde
du Coryneum et h, hyménium du Baeomyces. B, Discopodes trés jeunes du Bacomyces
roseus; eg, enveloppe gynocarpique; cp, carpocentre; st, stipe; pr, pro-paraphyses. C,
Asque d’un Baeomyces, avec ébauche de pendentif, exoascus et déhiscence bivalves (cf.
fig. 3, B). D. Asque du Leotía lubrica, avec pendentif, tractus apical et déhiscence
semi-operculée.
Toutefois, l'homologie avec un tel manchon n'est pas certaine, et cela confére
aux Discopodiens un caractére archaique, qui se retrouve à propos des asques.
Ceux-ci sont de divers types, ce qui indique que les Discopodiens, ou bien sont
polyphylétiques, ou bien ont été diversifiés par le jeu d'une évolution secondaire
interne.
Ainsi (cf. fig. 3) : les Cudonia sont des archaeascés (A), les Bacomyces des
archaeascés (B), avec en outre un exoascus et une déhiscencebivalves, ce qui est
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 113
un caractère archaïque, mais les Nephroma sont bituniqués-nassascés (G), les
Cladonía ont un bouchon apical dans lequel se différencie un anneau amyloïde,
et les Leotia à la fois un bouchon (sans anneau), un tractus et une déhiscence
sub-operculée qui indique un stade avancé de l'évolution (fig. 5, D).
Les discocarpes discopodiens caractérisent les Géoglossales et les Léotiales,
non lichénisantes, et les Lichens discopodiens des g. Baeomyces, Cladonia et
al. On doit peut-étre en rapprocher les Nephroma, dont les ascocarpes semblent
être d’un type très archaïque (cf. fig. 4 et 5).
A. Géoglossales (fig. 4) : g. Geoglossum, Microglossum, Spathularia,
Mitrula, Cudonia, etc. Téte le plus souvent en massue; péri-hyménium sur le
haut ou la totalité du stipe, ou nul; velum fugace ou nul; évolution des asques
depuis le type A (Cudonia, v. fig. 3, A) jusqu'au type E (Microglossum lutescens :
CHADEFAUD, 1960). Le péri-hyménium confére au stipe une structure clado-
moide, c'est-à-dire analogue à celle des cladomes multiaxiaux des Algues (cf.
CHADEFAUD, 1960 et 1975) : un faisceau de filaments axiaux (— le stipe)
revétu de pleuridies (— les éléments du péri-hyménium; fig. 4, C).
B. Baeomyces et al. (fig. 5). Lichens; discopodes beaucoup plus petits
que ceux des Géoglossales (quelques millimètres). Téte aplatie, sur laquelle la
formation de l’hyménium est précédée par le développement de pro-paraphyses
(fugaces). Sous les bords de la tête, autour du stipe, péri-hyménium, composé
de filaments distincts des paraphyses. Stipe nu, sans revêtement; il est très
court et demeure enterré chez les Iemadophila. S'il n’existait pas, le discopode
aurait à peu près l'organisation du discocarpe (hypothétique) primitif, donc
du pachy-acervule des Coryneum (fig. 5, A) (cf. LETROUIT-GALINOU, 1966).
Asques du type archéascé (fig. 3, B) à exoascus et déhiscence bivalves (carac-
tère archaïque; fig. 5, C). Selon LE GAL (1946) ceux du Baeomyces roseus
sont semi-operculés, comme ceux des Leotia, et les discopodes de cette espéce
seraient ceux du Leotia batailleana.
C. Cladonia et Cladina (fig. 6). Lichens à discopodes, plus grands que
ceux des Baeomyces, composés d'un podétion parfois simple, plus souvent
ramifié, avec une tête fertile sur chacune de ses extrémités. Têtes analogues à
celle des Baeomyces, avec également un péri-hyménium sous leur bord. Podétion
constitué par un stipe, simple ou ramifié, dont la structure est cladomoide,
comme chez les Géoglossales, avec axe formé de filaments axiaux et revétement
pleuridien, mais l'axe se creuse d'une cavité axiale (chez les Cladonia, non les
Cladina); il est séparé du revétement par une couche chondroide, et ce revéte-
ment est compact, du fait de la coalescence de ses composants (cf. LETROUIT-
GALINOU, 1966).
Le podétion se développe, sur le thalle, à partir d’un pinceau d'hyphes
(fig. 6, B). Les asques, plus évolués que ceux des Baeomyces, ont à la fois un
bouchon apical et un anneau amyloide, celui-ci différencié dans le bouchon
(id., C). Leur déhiscence est apicale, plus ou moins sub-operculée, avec extension
d'un tube, développé à partir du bouchon (id, D).
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114 M. CHADEFAUD
Fig. 6. — Cladonia. A. Sommet ramifié d'un podétion, avec son stipe (st) contenant une
couche chondroide (ch) et deux discocarpes (apothécies), chacun avec son carpocentre
(cp), son hyménium (h) et son périhyménium (ph). B. Première ébauche d'un podétion,
formée d'un pinceau d'hyphes. C. Sommet d’un asque, avec son appareil apical, com-
portant un bouchon apical, dans lequel est différencié un anneau amyloide (en noir).
D. Déhiscence d'un asque, avec soulévement d'un opercule (op) et extrusion d'un
tube.
Ces Lichens ont été souvent rapprochés des Lécanorales du g. Lecidea,
d'après l'aspect des têtes fertiles, mais celles-ci ne sont pas des discocarpes
parathéciens, comparables à ceux des Lecidea : elles sont réduites à un sous-
hyménium, portant ’hyménium; il n’y a ni plafond périloculaire, ni paraphy-
soides, ni véritable appareil parathécial. D'autre part, on notera qu'ils possèdent
à la fois, sur leur stipe (= podétion) le revêtement des Géoglossales, et sous
les bords de leur tête le péri-hyménium des Baeomyces, de sorte qu’on ne peut
sans doute pas homologuer ce revêtement à ce péri-hyménium. Enfin, si leurs
asques sont parfois sub-operculés, cela les rapproche des Leotia.
D. Leotia (fig. 5, D). Discopodes, un peu plus grands que ceux des Baeo-
myces, mais semblablement constitués, Ils rappellent aussi ceux de certaines
Géoglossales, par ex. les Cudonia (fig. 4, E), mais ils ont des asques bien plus
évolués : unituniqués à bouchon apical, avec tractus apical et déhiscence sub-
operculée (CHADEFAUD, 1944), celleci déjà parfois observable chez les
Cladonia. Leurs asques annoncent donc ceux des Discomycètes les plus évolués :
Ostropiens et Pézizéens operculés. Les Leotia pourraient done peut-être être
situés près de la base du phylum qui a conduit à ceux-ci.
Sont aussi des Discopodiens les Vibrissea et Roesleria, non lichénisants,
et les Calicium, lichénisants.
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ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 115
III. — LES DISCOCARPES ANTÉ-PARATHÉCIENS LENTICULAIRES :
Phacidiens et Hypodermiens + Opégraphiens
Du fait d’une croissance essentiellement en largeur, et assurée par une zone
de croissance marginale, ces discocarpes ont en principe une forme lenticulaire*
(BELLEMERE, 1968, et cf. fig. 2). Plus complexes que ceux du type discopo-
dien, ils sont cependant encore assez directement comparables aux pachy-acer-
vules des Coryneum, et donc encore archaiques, ce que confirme d'ailleurs
le caractére de leurs asques, du moins dans le type hypodermien.
Typiquement, un discocarpe lenticulaire comprend (fig. 7, A) et cf. BELLE-
MERE, L. cit.) : 1. un gynocarpe lenticulaire, généralement épais et stroma-
toïde, s’accroissant en diamètre par sa marge; 2. dans ce gynocarpe, un carpo-
centre qui lui aussi s'accroît en diamètre par sa marge, en même temps que le
gynocarpe, et aux dépens de celui-ci; 3. dans ce carpocentre, une locule à asques
aplatie, comprise entre le plancher et le plafond d'une périlocule. Cette locule
est d’abord remplie de paraphysoïdes, anastomosés en un réseau; ensuite le
plancher, ou une couche paraphysogène portée par celui-ci, engendre une palis-
sade de paraphyses, qui s’ajoutent aux paraphysoïdes ou les remplacent. Elles
forment l'hyménium, dans lequel se développent les asques, produits par l'appa-
reil ascogonial, inclus dans le plancher ou le sous-hyménium.
TRI TEC
Fig. 7. — Anté-parathéciens lenticulaires: schémas (A) et comparaison avec les Dothiora (B).
& gynocarpe avec son cortex; pf et pp, plafond et plancher de la périlocule (— de la
partie externe du carpocentre); pa, paraphysoides, dans la locule du carpocentre; ze,
zone de croissance en diamètre; as, asques.
* terme à ne pas confondre avec celui de «lenticulés», qui concerne certains des Disco-
mycétes Parathéciens.
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116 M. CHADEFAUD
Comme le gynocarpe et le carpocentre, la locule s’accroit en diamétre par
sa marge, En raison de sa croissance marginale, les parties les plus anciennes
de l'hyménium sont au centre. À maturité, le tectum gynocarpique et le plafond
du carpocentre s'ouvrent largement, ce qui met lhyménium à nu.
Le gynocarpe forme le «conceptacle» du discocarpe (BELLEMERE, 1968).
Comme il est stromatoide, on le qualifie généralement de «stromay, les disco-
carpes sont dits «endostromiens». D'autre part, l'ensemble du carpocentre et
de l'hyménium rappelle la structure des Dorhiora (fig. 7, B), qui elle-méme
rappelle celle des Coryneum (fig. 1, A).
D'après les asques, on doit distinguer les Lenticulaires Hypodermiens et les
Lenticulaires Phacidiens, aprés lesquels nous étudierons les Lichens Opégraphiens,
qui n'ont pas atteint un niveau plus élevé de l'évolution.
A) LENTICULAIRES HYPODERMIENS
Ce sont les Hypodermales : g. Rhytisma, Colpoma (= Clithris), Hypoderma,
Lophium, Coccomyces, etc. caractérisés par des asques du type archaïque A
(fig. 3) à sommet ogival, pointu, souvent mucroné, dépourvu d'appareil apical
distinct, et des ascospores allongées, fusiformes ou filamenteuses (fig. 8, A).
a) Les Rhytisma (fig. 8, B) sont probablement les moins évolués. Chez
le R. acerinum, des feuilles des Érables, bien étudié par JONES (1925), puis
BELLEMERE (1968) et RODRIGO-ALVERO (1963, in lit.), le gynocarpe
stromatoide est sous-cuticulaire, noir, rond et trés plat; il atteint un ou deux
centimétres; il porte d'abord des acervules sous-cuticulaires, générateurs de
micro-conidies (= spermaties?); ensuite, il s'épaissit et il s'y forme des carpo-
centres, disposés en un cycle et allongós radialement (ils sont au contraire
disposés irréguligrement chez le R. salicinum).
Selon JONES (1925) chaque carpocentre est porté par une palissade (fig. 9,
A), que nous croyons comparable à la palissade gynocarpique des Pyrénomy-
cétes les moins évolués (Dothiora, etc. fig. 9, B), mais qui ensuite disparaît. Sur
cette palissade, il se compose d'un réseau paraphysoide, compris entre le plan-
cher et le plafond d'une formation périloculaire (peu nette) auxquels il est
fixé. Ensuite, selon RODRIGO-ALVERO, ce réseau donne directement les
filaments interascaux, qui sont donc des paraphysoides, mais selon JONES
puis BELLEMERE, il s'y ajoute des paraphyses vraies, qui le remplacent. De
chaque carpocentre dérive ainsi une loge à asques garnie d’un hyménium, autour
duquel, selon BELLEMERE, se différencie un rudiment d'appareil paraphysoide,
qui nous semble plutôt comparable à la zone périhyméniale des Bacomyces
et des Géoglossiens. Du plafond de cette loge pendent de trés courts «filaments
descendants» qui sont peut-être des pseudo-paraphyses, peut-être plutôt des
vestiges de la partie sommitale du réseau paraphysoïde (fig. 8, B). À maturité
chaque loge s'ouvre par une fente, qui ensuite s'élargit.
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ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 117
Fig. 8. — Anté-parathéciens lenticulaires Hypodermiens. A. asque (cf. fig. 3, A). B. Rhy-
tisma acerinum : secteur du gynocarpe avec carpocentre; g, gynocarpe (avec son cortex,
en noir), son tectum (tg) et sa base (bg), celle-ci d'abord palissadique; pf et pp, plafond
et plancher de la périlocule (plafond peu net : plancher sur palissade gynocarpique fu-
gace); I, locule, avec hyménium (h); mp, ébauche d'un manchon parathécial (ou invo.
lucre péri-hyménial?). C. Colpoma (= Clithris). Au centre de la locule, pilier (fugace)
formé en partie par le plancher et en partie par le plafond de la périlocule. g, gynocarpe;
mt, manchon parathécioïde. D1 et D2. Coccomyces hiemalis (selon HIGGINS) : stades
jeune et adulte. p, palissade conidiogène; ac, ascogones; l, locule (encore non déhiscente);
eg, enveloppe gynocarpique.
L'existence d'une palissade, même transitoire, sous le carpocentre, indique
que le gynocarpe a dû être ancestralement palissadique, comme celui des Dothio-
ra, et de nombreux Pyrénomycétes, et qu'il a dà perdre la structure palissadique,
sauf sous le carpocentre, au cours de son évolution (fig. 9). Si cela est exact,
ce serait une preuve de l’archaisme des Rhytisma, et sans doute de l'ensemble
des Hypodermiens.
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118 M. CHADEFAUD
Fig. 9. — Anté-parathéciens lenticulaires (suite) : comparaison des Rhytisma (A) avec les
Dothiora (B). Pour ceux-ci, voir fig. 7. tg et bg, tectum et base du gynocarpe; pfet pp,
plafond et plancher périloculaires; pa, paraphysoides dans la locule du carpocentre.
b) Les autres Hypodermales ont évolué à peu prés comme les Pyréno-
mycetes du type astérinien, de sorte que leurs gynocarpes ne contiennent qu'un
seul carpocentre. Ils sont encore ronds chez les Coccomyces, au contraire allon-
gés (comme chaque secteur de celui du Rhytisma acerinum) chez les Colpoma,
Hypoderma et Lophodermium.
Chez le Colpoma juniperi (fig. 8, C), selon BELLEMERE, des paraphyses
vraies se substituent au réseau paraphysoide, et on retrouve un rudiment para-
thécioide (= périhyménium?). Chez le Coccomyces hiemalis, selon HIGGINS
(1920), le gynocarpe se développe davantage en épaisseur qu’en diamétre et sa
face supérieure porte d'abord une couche d'hyphes conidiogénes, à microconi-
dies (spermaties) que traversent les trichogynes des ascogones contenus dans
le carpocentre (fig. 8, D1 et D2).
B) LENTICULAIRES PHACIDIENS
Par leurs asques, les Hypodermiens paraissent très archaïques, mais appar-
tiennent à un rameau latéral précoce du tronc évolutif des Discomycètes. Plus
typiquement unituniqués-annellascés, les Non-Hypodermiens ou Phacidiens sont
sans doute plus proches de ce tronc, à sa base. Trés divers, ils sont aussi peu
évolués que les Hypodermiens, peut-étre méme moins. Tous sont «discostro-
miens». Parmi eux, selon BELLEMERE (fig. 10) :
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 119
- chez le Phacidium (Phacidiostroma) multivalve, les parties tectale et
basale de l'enveloppe gynocarpique sont très épaisses, et formées de couches
distinctes: le plancher et le plafond de la périlocule sont bien distincts; entre
eux, le carpocentre est paraphysoide, et il ne se développe pas de paraphyses;
il n'y a pas non plus de formation «parathécioide» (fig. 10, A);
Fig. 10. — Anté-parathéciens lenticulaires Phacidiens. A. Phacidium (Phacidiostroma)
multivalve. g, gynocarpe et son cortex (en noir); pf et pp, plafond et plancher péri-
loculaires; pa, paraphysoides; B. Coccophacidium (Therrya) fuckelii; C. Propolis
faginea : pl, paraphyses; D. Nemacyclus niveus : pk, podium. (Schémas d'aprés BELLE-
MERE)
- chez le Coccophacidium (Therrya) fuckelii, l'enveloppe gynocarpique
est moins épaisse; sa partie tectale est réduite à son cortex; là encore, il ya
seulement des paraphysoides, et pas de formation «parathécioide» (fig. 10, B);
- chez le Propolis faginea, dont l'enveloppe gynocarpique est encore plus
réduite, il y a au contraire des paraphyses, développées entre les paraphysoides,
mais toujours pas de formation «parathécioide» (fig. 10, C);
- chez le Nemacyclus niveus, enfin, il y a à la fois des paraphyses, s'ajoutant
aux paraphysoides sans les faire disparaitre, et un rudiment de manchon «para-
thécioïde». De plus, à partir de la partie basale de l'enveloppe gynocarpique
se développe un volumineux «podium» (fig. 10, D).
Source : MNHN, Paris
120 M. CHADEFAUD
C) LICHENS OPEGRAPHIENS (= OPEGRAPHALES) :
G. OPEGRAPHA ET ROCCELLA.
Les discocarpes de ces Lichens n'ont pas atteint un stade de l'évolution
plus élevé que celui des Lenticulaires; ils sont méme plus simples, car ils n'ont
pas, ou n'ont plus, la croissance en diamètre caractéristique de ceux-ci. D'autre
part, leurs asques ont évolué vers les types à nasse apicale F et G de la fig. 5 :
F avec nasse et anneau apical, celui-ci étant l'anneau du dóme (fig. 11, C :
Roccella); G sans anneau, donc bituniqué-nassascé (Opegrapha). Concernant
la structure des discocarpes, il y a eu une évolution progressive des Opegrapha
aux Roccella, ou peut-étre l'évolution régressive inverse. D'aprés LETROUIT-
GALINOU (1966) :
Fig. 11. — Anté-parathéciens Opégraphiens (Opégraphales : Lichens). A. Opegrapha viridis
(coupe transversale d'un discocarpe lirelliforme) : g, gynocarpe; pa, paraphysoides;
B. Roccella montagnei (id.) : g, gynocarpe: pp, plancher périloculaire (= sous-hyménium);
pa, paraphysoïdes; pl, paraphyses; mt, manchon parathécioïde ; C. Asque bituniqué du
Roccella : n, nasse apicale; D. Arthothecium : chez ce genre, réduction très poussée
des discocarpes (asques bituniqués; les Arthonia ne sont pas des Opégraphales, et leurs
discocarpes ne sont pas toujours pareillement simplifiés).
a) chez l'Opegrapha viridis (fig. 11, A), l'enveloppe gynocarpique est d’abord
réduite à son tectum, trés mince et fugace, mais pourvu de flancs au contraire
épais. Ensuite se forme sa partie basale, portant le sous-hyménium. La périlocule
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 121
est réduite à celuici; le carpocentre est constitué par un réseau paraphysoide;
il ne se forme pas de paraphyses. D'autre part, le discocarpe est lirelliforme,
c'est-à-dire allongé comme celui des Hystériacées (Pyrénomycétes), et souvent
ramifié, avec une zone de croissance à chaque extrémité.
b) chez le Roccella montagnei (fig. 11, B), à discocarpes non lirelliformes,
plus ou moins ronds, la structure est plus complexe. Le tectum du gynocarpe
est mince, méme sur les flancs; sa partie basale, au contraire épaisse, porte un
sous-hyménium subdivisé en une couche primaire et une couche secondaire,
celle-ci sans doute formée aux dépens de la base du réseau paraphysoide carpo-
central. Comme chez l'Opegrapha, la périlocule est réduite à ce sous-hyménium,
mais de celui-ci naissent des paraphyses, et à partir des parties latérales du carpo-
centre se différencie un anneau parathécioide, ce qui indique une tendance
évolutive vers le type parathécien.
Si la structure des discocarpes des Opegrapha résulte d'une évolution régres-
sive, on peut en rapprocher celle des Arthothecium (fig. 11, D) qui du fait
d'une telle évolution est encore plus simple : gynocarpe constitué par le thalle,
enveloppant un carpocentre réticulé, d'oi sortent directement les asques.
Enfin, on peut se demander s'il y a lieu de séparer, comme nous le faisons
ici, les Opégraphales des Graphidacées, qui seront examinées plus loin, avec
les Lécanorales. L'apothécie des Opegrapha pourrait en effet être comparée
à celle des Graphis au stade jeune; par rapport aux Graphis, les Opegrapha
seraient alors néoténiques. Mais leurs asques sont du type bituniqué-nassascé,
non unituniqué.
IV. — LES DISCOCARPES ANTÉ-PARATHÉCIENS NON LENTICULAIRES
N’était leur simplicité anatomique, les Opégraphiens pourraient étre placés
ici. Plus complexes, les vrais Anté-parathéciens non lenticulaires différent des
Lenticulaires par un moindre accroissement en diamètre, dû à l'absence d’une
zone marginale de croissance bien différenciée. Cette croissance est cependant
encore assez importante chez les «Sub-lenticulaires», tels que les Patinella et les
Heterosphaeria. D'autre part, généralement plus évolués que les Lenticulaires,
les Non-Lenticulaires peuvent étre pseudo-stipités, sub-parathéciens, et soit
prosenchymateux, soit para-plectenchymateux. Enfin, leurs asques sont du type.
unituniqué-annellascé (fg. 3, E), mais pas toujours pourvus d'un anneau amy-
loïde différencié. Exemples (d'après BELLEMERE, 1968) (fig. 12) :
a) Un sub-lenticulaire non pseudo-stipité : l'Heterosphaeria patella, des tiges
mortes des Orties (fig. 12, A). Ébauche du discocarpe d'abord lenticulaire, mais
ensuite non; carpocentre avec pilier axial, autour duquel la locule est annulaire,
mais ce pilier disparaít trés tót; complexe paraphysoide, puis paraphyse le rem-
plaçant; manchon parathécioïde autour du sommet de la périlocule; asques
à anneau amyloïde.
Source : MNHN, Paris
122 M, CHADEFAUD
Le pilier axial du carpocentre et la locule annulaire rappellent les Micro-
thyriacées du g. Cycloschizon, mais ce pilier est formé de paraphysoides agglo-
mérées, au lieu d’appartenir à l'enveloppe gynocarpique. Il n'existe pas chez
les Patinella.
Fig. 12. — Anté-parathéciens non-lenticulaires (d'après BELLEMERE, 1968). A. Hetero.
sphaeria patella : gynocarpe; stade pseudo-lenticulaire; passage au stade adulte; stade
de la locule annulaire entourant un pilier carpocentral. B. Bulgaria inquinans : gynocarpe
organisé à partie d'un lobe du stroma : stade jeune, avec tectum gynocarpique encore
non ouvert, et restes des paraphysoides; discocarpes sub-adultes et adultes, avec déhis-
cence du tectum et pseudo-stipe. C. Durella macrospora, sub-adulte, aprés disparition
du tectum. g, gynocarpe, avec son tectum tg; cp, carpocentre, et sa locule l; pa, para-
physoides; h, hyménium; eh, épithécium, formé par le sommet de l'hyménium; mt et
rt, manchon parathécioide et son revétement amphithécioide; st, pseudo-stipe.
b) Un pseudo-stipité : le Bulgaria inquinans (fig. 12, B). Sous le carpocentre,
la partie basale du gynocarpe se développe verticalement, de facon à constituer
le pied du pseudo-stipe, et peut étre comparé au «podium» du Nemacyclus (cf.
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 123
fig. 10, B). Plus exactement, les discocarpes du Bulgaria dérivent d’un stroma,
générateur d'excroissances dont chacune devient le stipe d'un discocarpe (aprés
s'étre creusé de locules conidiogénes). Le sommet de cette excroissance forme
un gynocarpe, dans lequel le carpocentre est paraphysoide. Ensuite, les fila-
ments paraphysoides se rompent prés du plafond de la locule, où en subsistent
des restes, sous la forme de filaments pendants, et ils sont remplacés par des
paraphyses. Pas de manchon parathécioide; asques à anneau apical amyloide,
sans nasse. La déhiscence du discocarpe résulte de la formation dans la partie
tectale du gynocarpe, trés amincie, d'un pore qui s'élargit.
c) Un sub-parathécien : le Durella macrospora (fig. 12, C). Gynocarpe égale-
ment produit par un stroma, et à tectum aminci; carpocentre à réseau para-
physoide, auquel s'ajoutent, ou que remplacent, des paraphyses, produites
par une couche paraphysogène sur le plancher de la locule; en outre, formation
d'un manchon parathécioide autour de l'hyménium. Asques sans anneau.
Cette espéce est prosenchymateuse, ainsi que le Bulgaria; l'Heterosphaeria
est au contraire para-plectenchymateux, et de même, par exemple, le Dermea
cerasi, le Pezicula frangulae, les Godronia (= Scleroderris), etc.
Au sujet des formations parathécioides, qui caractérisent les discocarpes
anté-parathéciens, on notera que :
1. Il en existe déjà chez certains Lenticulaires : Rhytisma et Colpoma (à
moins que ce ne soit que des zones péri-hyméniales : v. plus haut). D'autre part,
elles peuvent n'être qu'à peine développées : Cenangium ferrugineum,et elles
sont une préfiguration du parathécium des Parathéciens;
2. Leur mode de formation n'est pas suffisamment clair : elles sont peut-être
carpocentrales, développées à partir du bord du plancher carpocentral ou du
sous-hyménium, ou peut-étre d'origine gynocarpique, engendrées par la face
interne de l'enveloppe gynocarpique (= du conceptacle), comme le dit BELLE-
MERE;
3. Comme les formations parathéciales proprement dites, elles peuvent
porter des paraphyses secondaires sur leur face interne et des hyphes amphi-
théciales sur leur face externe ou leur sommet, de sorte qu'entre formations
parathécioides et formations parathéciales, il n'y a pas de limites précises : une
formation parathécioide avec paraphyses secondaires et hyphes amphithéciales
peut étre qualifiée de pro-parathécium;
4. Enfin, on peut se demander si les formations parathécioides ne sont pas
plus ou moins homologues au manchon pleural des Pyrénolichens verrucariens (?).
Les pseudo-stipités diffèrent des stipités vrais parce que leur stipe (= pseudo-
stipe) est d’origine stromatique ou gynocarpique, non carpocentrale.
V. — DISCOCARPES SUB-PARATHECIENS
OU PARATHECIENS NON LENTICULAIRES
Après les Anté-parathéciens non lenticulaires, on arrive à d'autres Non-’
Source : MNHN, Paris
124 M. CHADEFAUD
lenticulaires qui sont, les uns sub-parathéciens : ils ont un manchon parathé-
cioide, les autres parathéciens : en plus de ce manchon ils ont un parathécium
typique. Trés nombreux et variés, ils peuvent être présentés en trois groupes :
a) les Pézizéens inoperculés, qui font directement suite aux Anté-parathéciens
non lenticulaires;
b) les Verrucariens, périthécioides, et les Lécanoriens, à discocarpes ty-
piques, qui sont lichénisants;
c) les Ostropiens à discocarpes atypiques, plus ou moins périthécioides, et
les Pézizéens operculés, à discocarpes typiques, les uns et les autres à asques
pourvus, du moins en principe, d'un tractus apical (comme ceux du Leotia).
A) PEZIZEENS INOPERCULES
Ils ont des discocarpes typiques (cf. fig. 1), généralement péziziformes,
pourvus d'un manchon périthécioide, complété ou non par un parathécium,
et des asques unituniqués, généralement pourvus d'un anneau apical amyloide,
simple ou double, mais dépourvus d'un tractus apical. Ils sont nombreux et
variós; leur nombre semble indiquer qu'ils constituent, dans l'ensemble des
Discomycétes, un groupe évolué. On les a classés de diverses façons, tantôt
d’après leur morphologie : sessiles, sub-stipités, stipités typiques, tantôt d’après
la consistance de leurs discocarpes : non charnus et plus ou moins coriaces chez
les moins évolués (Patellariacées), charnus et para-plectenchymateux chez les
Hélotiacées, également charnus mais prosenchymateux chez les Mollisiacées,
qui sont peut-étre les plus évoluées. Ils ont été bien étudiés par BELLEMERE
(1968) qui (comme nous l'avions fait nous-méme en 1960) qualifie les formes
stipitées de discopodiennes, mais il nous semble aujourd'hui que la notion
de discopodes (sensu CORNER) ne s'applique en réalité qu'aux Géoglossales,
Baeomyces et al., Cladonia et al. et Leotia (v. plus haut) : les Pézizéens stipités
ont un stipe, formé essentiellement aux dépens de la base du carpocentre (—
de la médulle), que BELLEMERE nomme le podium de la médulle; ce stipe
ne semble pas homologue à un discopode véritable.
Cela précisé, nous prendrons comme exemples (fig. 13 et 14) :
a) Parmi les espèces sessiles : le Pezicula rubi (fig. 13, A) à manchon parathé-
cioïde garni d’un revêtement amphithécioide, sans parathécium; - l'Arachno-
peziza aurantia, para-plectenchymateux, au contraire complété par un parathé-
cium, pourvu au sommet d'une couronne parathéciale (fig. 13, B). Cette cou-
ronne est la partie primordiale du parathécium, qui en dérive;
b) Parmi les espéces sub-stipitées (— à stipe trés court, pouvant demeurer
enterré) : le Mollisia uda (fig. 13, C), prosenchymateux, à manchon parathé-
cioïde et parathécium pourvus d’un revêtement amphithécioïde, sans couronne
parathéciale; - le Pyrenopeziza escharodes (fig. 13, D), prosenchymateux, à
stipe à peine distinct, et à parathécium développé, au sommet, avec les para-
physes parathéciales, sous le tectum gynocarpique du discocarpe encore jeune
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 125
(non épanoui) en un pendentif, qui plonge dans la cavité apothéciale; - le
Patellaria atrata (fig. 13, E), qui différe des autres Pézizéens inoperculés parce
que, de par ses asques, c'est un bituniqué-nassascé. Malgré cela, son organisa-
tion est analogue à celle des autres Inoperculés :
parathécium; son stipe est extrémement réduit;
: non charnu et noir, il a un
Pu
eh
TENS
Fig. 13. — Discocarpes sub-parathéciens ou parathéciens non-lenticulaires des Pézizéens ino-
perculés sessiles ou sub-sessiles (croquis simplifiés, d’après les dessins de BELLEMERE)
A. Pezicula rubi : bg et tg, base et tectum de l’enveloppe gynocarpique (=du conceptacle;
tectum disparu par dislocation); cp, carpocentre (— médulle); mt, manchon parath:
cioide et rt, revétement amphithécioide (pas de parathécium ni d'amphithécium vé
tables); B. Arachnopeziza aurantia : id, mais il y a un parathécium (pt) avec amphithé-
cium (at) et une couronne parathéciale (w); C. Mollisia uda : id., mais pas de couronne
parathéciale; D. Pyrenopeziza escharodes : ascocarpe non épanoui, avec, sous le tectum
gynocarpique, un pendentif (j) formé par le sommet du parathécium et de l'amphi-
thécium; E. Patellaria atrata (bituniqué-nassascé): cf. C; eh, épithécium.
Source : MNHN, Paris
126 M. CHADEFAUD
c) Parmi les espèces longuement stipitées : l'Enccelia tiliacea (fig. 14, B),
dent le gynocarpe de chaque discocarpe se développe à partir d'un stroma
(comme d'ailleurs celui d'autres espéces stipitées) et dont le parathécium et ses
paraphyses forment, sous le tectum gynocarpique, avant l'éclosion, un pendentif
(analogue à celui du Pyrenopeziza escharodes); - \Helotium calyculus (fig.
14, A), le Calycella citrina et le Cyathicula coronata (fig. 14, C); - enfin, le
Dasyscyphus niveus (et les autres espéces du méme g.), dont l'appareil amphi-
thécial forme, sur le discocarpe, un revétement de poils septés (fig. 14, D).
Ces espéces sont toutes des Hélotiacées, para-plectenchymateuses.
Fig. 14. — Discocarpes parathéciens non lenticulaires des Pézizéens longuement stipités
(croquis simplifiés, d’après les dessins de BELLEMERE). A. Helotium calyculus, gyno-
carpe. Enveloppe (eg) (= conceptacle), carpocentre (cp) et appareil sporophytique;
B. Encælia tiliacea, stade jeune. Stroma générateur (sr), enveloppe gynocarpique (eg),
carpocentre (= médulle) (cp); manchon parathécioide (mt), parathécium et formations
amphithéciales; pendentif (j); C. Cyathicula coronata : id., mais ni stroma générateur
ni pendentif; D. Dasyscyphus niveus : manchon parathécioide (mt) et parathécium
épais; formation amphithéciale formée de poils septés.
Chez ces divers Inoperculés, le revêtement amphithécial comprend, selon
BELLEMERE, un revétement amphithécioide, formé autour du manchon
parathécioide, par une différenciation du gynocarpe, et un amphithécium
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (11) 127
véritable, développé sur le parathécium. Mais ces deux formations sont en
continuité; l'une et l'autre portent des paraphyses secondaires.
Le stipe contient la partie basale du carpocentre (— son podium), dont la
partie supérieure forme l'essentiel de la médulle. Sa partie carpocentrale est
entourée par la partie inférieure du manchon parathécioïde, lequel se développe
de haut en bas.
Il se peut que fondamentalement le discocarpe des Pézizéens inoperculés
ait été stipité. Dès lors, dans les espéces longuement stipitées, le stipe aurait
subi une évolution «progressive», tandis que chez les sub-sessiles et sessiles
une évolution «régressive» l'aurait rudimentarisé, puis supprimé, Comme à ses
débuts, dans le gynocarpe, qui en est le «conceptacle», le futur discocatpe n'a
pas ou presque pas de stipe, cette évolution «régressive» aurait été néoténique.
Enfin, étant bituniqués-nassascés, le Patellaria atrata et ses alliés posent
un problème d'ordre systématique, non résolu, Appartiennent-ils à un phylum
distinct de celui (ou ceux) des autres Pézizéens inoperculés, mais ayant évolué
parallèlement à ceuxci? C'est le problème, non résolu, de la phylogénie des
types d'asques qui est ici en jeu.
Chez cette espèce, comme d'ailleurs chez d'autres Inoperculés, l'hyménium
est recouvert d'un épithécium, formé par le sommet des paraphyses.
B) VERRUCARIENS ET LÉCANORIENS
Les discocarpes verrucariens et lécanoriens sont ceux des Discolichens appar-
tenant aux ordres des Verrucariales (sub-parathéciennes) et des Lécanorales
(parathéciennes), qui de par leurs asques sont archaeascés ou bituniqués, sans
tractus apical. Ces deux ordres sont morphologiquement bien différents, du fait
d’évolutions divergentes, mais il y a cependant entre eux des analogies, indiquant
sans doute une parenté.
1. Parmi les Verrucariens (— Verrucariales) se placent les g. Verrucaria,
Pyrenula, Porina, Arthopyrenia, Dermatocarpon, etc. qui ne sont que sub-
parathéciens (un manchon parathécioide, d'ailleurs réduit, mais pas de para-
thécium) et dont les discocarpes sont périthécioides (de sorte que, classique-
ment, ce sont des Pyrénolichens).
Ces genres ont été étudiés par DOPPELBAUR (1959), puis JANEX-FAVRE
(1970 et 1981). En utilisant surtout les données fournies par celleci, on peut
décrire ainsi leurs discocarpes périthécioides (fig. 15) :
1) Gynocarpe en principe cylindrique et palissadique, contenant un carpo-
centre piriforme, à sommet plus ou moins pointu. Cette structure est typique-
ment réalisée chez le Verrucaria controversa, moins nettement chez les autres
espèces,
2) Autour du carpocentre, enveloppe gynocarpique plus ou moins complète-
ment réduite à sa partie tectale, formant le capuchon tectal du carpocentre.
Cependant, la partie basale peut demeurer épaisse (Dermatocarpon miniatum),
Source : MNHN, Paris
128 M. CHADEFAUD
et chez certaines espèces l'enveloppe gynocarpique fait défaut (Verrucaria
confluens). Également chez certaines espèces, le capuchon tectal s'accroît
latéralement, ce qui donne un «involucrellum» (particulièrement bien développé
chez le Verrucaria cazzae ).
Fig. 15. — Lichens verrucariens : schéma théorique d’un ascocarpe périthécioide. tg et bg,
tectum et base du gynocarpe cylindrique et palissadique; in, involucrellum; pf, plafond
conique de la périlocule, transformé en appareil ostiolaire; pe, périphyses; sp, pseudo-
paraphyses; pp, plancher de la périlocule; pl, paraphyses; mt, manchon pleural parathé-
cioïde; pm, paraphyses pleurales (— paraphyses parathéciales, ou paraphyses secon-
daires); fe, faisceau épicentral.
3) Carpocentre pourvu d'une enveloppe périloculaire, dont le plafond forme
le «cóne carpocentral apical», et le plancher un «ménisque», en principe para-
physogène. Chez diverses espèces, le cône porte un faisceau vertical d’«hyphes
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 129
épicentrales». Ce faisceau est bien développé chez le Porina byssophila, où il
est grossi de filaments d'origine gynocarpique; on le retrouve chez d'autres
Porina, le Pyrenula nitida, le Verrucaria cazzae, l'Arthopyrenia conoidea, etc.
où il prolonge la pointe du carpocentre. Dans tous les cas, il disparait au cours
du développement.
Entre le cóne et le ménisque, le reste du carpocentre donne un complexe
paraphysoide.
4) Entre le carpocentre et l'enveloppe gynocarpique, différenciation d’un
«manchon pleural parathécioïde». Il relie le cône au ménisque, avec lesquels
il forme la paroi périthéciale, ou mieux «périthécioïde», que complète au som-
met un appareil ostiolaire, avec ostiole et périphyses, dérivé du cône apical.
5) Dans la cavité de l'ascocarpe (= locule à asques), le cône peut produire
des pseudo-paraphyses (pendantes) (Verrucaria confluens, V. cazzae) et le
ménisque des paraphyses vraies (dressées) (Porina byssophila, autres Porina,
Arthopyrenia conoidea, Dermatocarpon miniatum...) mais ces formations
peuvent manquer. Entre les deux, chez le Verrucaria controversa, le manchon
pleural parathécioide émet des paraphyses pleurales, ou pleurophyses. Elles
s'enfoncent horizontalement dans la cavité de l'ascocarpe, puis s'incurvent
vers le bas; elles ont sans doute la valeur de paraphyses secondaires, ou para-
physes parathéciales.
6) Asques bituniqués-nassascós, mais la nasse apicale n'est pas toujours
distincte.
Cela dit :
- le faisceau. ópicentral est peut-étre (?) l'ébauche rudimentaire et abortive
d'un discopode, témoignant d'une origine phylogénétique discopodienne,
plus ou moins proche des Lichens du g. Baeomyces (voir fig. 5 et 16, A).
- de son côté, le gynocarpe peut indiquer (?) qu'à partir de ce stade ancestral
il y a eu un stade lenticulaire de l'évolution (v. fig. 2). En effet, il est lenticu-
laire chez l'Arthopyrenia submicans, le Pyrenula nitida, et surtout le Porina
sp. (de la Maboké) figuré par JANEX-FAVRE (fig. 16, B). D'autre part, sa
structure palissadique, assez bien conservée chez le Verrucaria controversa ,
rappelle les plus archaïques des Ascomycètes (cf. Dothiora, fig. 9, B).
-enfin, la formation d'un manchon pleural parathécioide permet d'attribuer
À l'ascocarpe périthécioïde une structure sub-parathécienne, pouvant conduire
à celle des Lécanorales, qui est typiquement parathécienne. A ce sujet : 1.
la fig. 16, C suggère comment, du moins théoriquement, on pourrait passer
du type sub-parathécien périthécioïde du Pyrenula nitida à un type parathécien;
2. la fig. 16, D montre comment, chez l'Arthopyrenia conoidea, le manchon
pleural parathécioide peut donner un faisceau ogival, qui coiffe le sommet
du carpocentre, faisceau analogue à celui dont dérive le parathécium d'Operculés
tels que l'Anthracobia nitida.
Ainsi, les Lichens Verrucariens suggérent, par leur structure ontogénique,
la possibilité d'une évolution partie d'un stade trés archaique et ayant conduit,
Source : MNHN, Paris
130 M. CHADEFAUD
par l'intermédiaire de stades discopodiens et lenticulaires, à un stade proche de
celui des discocarpes parathéciens, qui sont les plus évolués (et ainsi à celui
des plus évolués des pyrénocarpes, à carpocentre arbusculo-glomérulaire).
Fig. 16. — Lichens verrucariens (suite) : schémas comparatifs. A. Comparaison avec les
Discopodiens : fe, faisceau épicentral, cf. dp, discopode; B. Comparaison avec les Lenti-
culaires : gynocarpe lenticulaire d'un Porina; cp, carpocentre; C. Comparaison avec les
Lécanoriens : mt, manchon pleural parathécioide d'une Verrucariale (Pyrenula nitida) et
parathécium pt des Lécanorales; D. Comparaison avec les Pézizéens operculés : og,
faisceau parathécioide ogival de l'Arthopyrenia conoidea (schémas; cf, JANEX-FAVRE,
1970, fig. 54) à comparer à celui, par exemple, de l'Anfhracobia nitida (cf: DELATTRE.
DURAND et PARGUEY-LEDUC, 1979, fig. 12); cp, carpocentre.
2. Chez les Lécanoriens (— Lécanorales) au contraire des Verrucariens,
les discocarpes sont parathéciens; de plus ils ne sont pas périthécioides. Parmi
les Lichens, ce groupe est le plus important, tant par le nombre des espéces
que par leur diversité. Cela peut étre le résultat d'une longue évolution, qui
toutefois a laissé subsister quelques caractéres archaiques. Chez ces Discolichens,
bien étudiés par LETROUIT-GALINOU (1966), on retrouve le schéma fonda-
mental des discocarpes de la fig. 1 avec les variantes et particularités suivantes
(fig. 17) :
1) Développement du gynocarpe, puis du discocarpe, à partir d'un «primor-
dium» plus ou moins plexiforme (plexus d’hyphes), différencié dans le thalle
du Lichen, soit avant l'appareil ascogonial (selon la règle), soit après (cas notam-
ment des Collema, déja étudiés par STAHL en 1877, et classiques). Ce second
cas rappelle celui des Pyrénomycétes ascothéciens.
2) Importante croissance en diamétre de l'ébauche des discocarpes. Elle est
surtout marginale, et due à l'activité d'une «péribase», qui encercle l'ébauche,
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 131
entre le tectum et la base de l'enveloppe gynocarpique, qui ne sont pas en
continuité sur le pourtour de l'ébauche. Une croissance analogue, assurée par
une sorte de péribase, existe déjà chez quelques Verrucariales (Pyrenula nitida,
fig. 16, C). Elle peut rappeler celle des Lenticulaires (cf. fig, 2)
Fig. 17. — Lichens Lécanoriens : schéma théorique d'un discocarpe parathécien de Lécano-
tale. A. Stade du gynocarpe (âgé) : tg et bg, tectum et base de l'enveloppe gynocarpique.
(— du conceptacle, incomplet sur les flancs); mt, manchon parathécioide; cp, carpo-
centre (partie sous-hyméniale); pa et pl, paraphysoides et paraphyses. B. Stade sub-
adulte (le tectum tg a disparu) : bg, base de l'enveloppe gynocarpique; mt, manchon
parathécioïde; pt, parathécium, avec amphithécium at; cp, restes du carpocentre,
portant les paraphyses primaires pl; sh, sous-hyménium d'origine parathécioide ct
parathéciale, portant les paraphyses secondaires pm.
3) Parathécium développé probablement sur la péribase. Celle-ci, chez cer-
taines espéces, comme le Buellia canescens, se transforme au préalable en un
pro-parathécium, plus ou moins strictement comparable à un manchon para-
thécioide.
4) Carpocentre paraphysoide, formé d'hyphes en principe anastomosées
en un réseau. Sa base donne un sous-hyménium paraphysogéne, générateur
des paraphyses primaires, dont l'ensemble constitue la partie primaire (7 partie
centrale) de l'hyménium. Autour de celleci, la partie secondaire est formée
par les paraphyses parathéciales, nées de la face interne du parathécium. Sur
Source : MNHN, Paris
132 M. CHADEFAUD
sa face externe, celui-ci se garnit d'un amphithécium.
5) Excipulum essentiellement constitué par le parathécium et l'amphithécium.
Chez les Lécanoracées, sa marge, autour de l'hyménium, est soit de couleur
claire : cas des discocarpes «lécanorins», soit de couleur sombre, semblable à
celle de l'hyménium: cas des discocarpes «lécidéins».
6) Asques en principe du type archaeascé, mais il y a en réalité de nombreuses
variantes, indiquant que le groupe des Lécanorales est complexe, et sans doute
polyphylétique. Ainsi :
- les Nephroma sont bituniqués-nassascés;
- les Pertusaria ont à la fois un anneau amyloide (complexe) et une nasse apicale;
- les Collema ont un anneau amyloide (double) mais pas de nasse;
- dans les autres genres, la structure apicale comporte, ou non, la différenciation
d'un anneau amyloide dans le dóme apical ou son pendentif, et celle d'une
nasse dans le sommet de l'épiplasme.
Cela dit :
a) Chez certaines espèces, telles que le Lecanora subfuscata (cf. LETROUIT-
GALINOU, 1966), il n'y a pas d'enveloppe gynocarpique : le primordium
plexiforme donne seulement un carpocentre, qui ensuite s'entoure d'un para-
thécium;
b) Chez les Trypethelium (T. virens) et Chiodecton (C. perplexum) les
discocarpes semblent se former dans des stromas, d'origine thalline, dont la
vraie nature est toutefois incertaine;
c) Chez les Pertusaria (P. pertusa, étudié par LETROUIT-GALINOU) du
primordium dérive un discocarpe primaire abortif, dans le carpocentre duquel
se développent des discocarpes secondaires, réduit chacun à un carpocentre
paraphysoïde réticulé, sans paraphyse, entouré d’un manchon parathécial,
garni d’un amphithécium (fig. 18, A).
L'ensemble forme, sur le thalle, une «verrue apothéciale», qui, en réalité,
est un complexe de discocarpes, et non un stroma thallin;
d) Du cas des Pertusaria, on a rapproché celui des Cladonia et de leurs
alliés, dont les ascocarpes se forment sur les sommets des podétions, ramifiés
ou infundibuliformes, engendrés par le thalle. De la sorte (cf, LETROUIT-
GALINOU, 1966), chaque podétion du C. floerkeana, par exemple, serait
un discocarpe primaire abortif, stipité, réduit à son stipe dont la structure
rappelle celle des cladomes multiaxiaux (— pseudo-cladomes) des Algues, formés
d'un faisceau de filaments axiaux entouré d'un cortex pleuridien (cf. CHADE-
FAUD, 1960 et 1975). Ce stipe cladomoide, ramifié ou non, porterait sur
chaque sommet un discocarpe secondaire, pourvu d’un parathécium et d’un
amphithécium (cf. fig. 6, A).
On notera que cette interprétation s'oppose à celle, rapportée plus haut et
plus classique, selon laquelle les Cladonia devraient plutôt être rapprochés des
Discopodiens du g. Baeomyces. A l'appui de quoi on notera que la structure
cladomoide du podétion se retrouve dans le stipe des Discopodiens géoglossiens,
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 133
et que le péri-hyménium de ceux-vi, et des Baeomyces, peut étre un équivalent,
encore rudimentaire et typique, du parathécium des Cladonia.
Fig. 18. — Discocarpes Lécanoriens (?) aberrants : Pertusaria et Graphis. A. Pertusaria,
verrue apothéciale jeune, incluse dans le thalle th du Lichen : discocarpe primaire abortif
(d1) contenant les carpocentres de discocarpes secondaires (d2); B. Lirelles d'un Gra-
phis, avec sillon de déhiscence et point végétatif à chaque extrémité, et rebord thallin;
C. Coupe d'une lirelle jeune : tg et bg, tectum (épais) et base (mince), entourant un
carpocentre paraphysoide garni d'ascogones; D. Coupe d'une lirelle presque mûre :
s, sillon de déhiscence; au-dessous, pendentif formé de paraphysoïdes; pt, parathécium,
avec paraphyses parathéciales; E. Asques d’un Graphis, avec bouchon apical.
e) Enfin, les Graphidacées (g. Graphis), que nous avons distinguées des
Opégraphacées (voir plus haut) ont par rapport aux Lécanorales typiques des
caractères très particuliers, qui devraient peut-être les séparer de celles-ci.
Ce sont :
- comme ascocarpes, des «lirelles» allongées, souvent ramifiées, rappelant celles
des Opegrapha et aussi des Hypodermales à discocarpes lirelliformes : Colpoma,
Hypoderma, Lophium... L'activité de leur péribase se concentre dans leurs
extrémités, ainsi occupées par un point végétatif (fig. 18, B);
- dans chaque lirelle, tectum gynocarpique épais, raccordé par ses bords à la
base gynocarpique, au contraire très mince, et carpocentre entièrement para-
physoide (fig. 18, C);
- autour du carpocentre, formation d'un parathécium, garni de paraphyses
parathéciales, sans amphithécium. Déhiscence par une fente longitudinale
(fig. 18, B) au fond d’un sillon de déhiscence (fig. 18, D). Après celle-ci, une
seconde lirelle peut se développer dans la première, et ainsi de suite;
- asques sans anneaux ni nasse, à pendentif en forme de tore plus ou moins
épais, ou méme de bouchon apical, ce qui rappelle les Ostropiens (voir plus
Source : MNHN, Paris
134 M. CHADEFAUD
loin) (fig. 18, E).
Nous avons déjà noté qu'ainsi organisées les Graphidacées sont bien plus
évoluées que les Opegrapha, mais que peut-être ceux-ci en dérivent par une
évolution régressive néoténique (?).
C) DISCOCARPES SUB-PARATHECIENS OU PARATHECIENS
NON LENTICULAIRES, OSTROPIENS ET PEZIZEENS OPERCULES.
Ces Discomycétes, parmi lesquels se trouvent les plus évolués, différent des
précédents par leurs asques, dont l'appareil apical comporte un pendentif en
forme de tore, auquel est suspendu, du moins en principe, un tractus apical.
Cela les rapproche, d'une part des Discopodiens du g. Leotia (cf. fig. 5, D),
d'autre part des Pyrénomycétes ascothéciens qui, tels par exemple diverses
Xylariales (Hypocopra, Rosellinia, ...) ont aussi un tractus apical, de sorte
qu’on peut se demander si Léotiens, Ostropiens, Pézizéens operculés et Pyréno-
mycétes ascothéciens ne forment pas, malgré leur disparité, un groupe phylo-
génétique unique, mais complexe, diversifié par des évolutions secondaires
divergentes (cf. fig. 23).
Cela dit :
1) De méme que dans l'ensemble Verrucariens-Lécanoriens les premiers
sont sub-parathéciens et périthécioides, les autres parathéciens avec des disco-
carpes typiques, les Ostropiens sont sub-parathéciens et avec tendance à devenir
périthécioides (Clavicipitales) et les Pézizéens operculés parathéciens, à disco-
carpes typiques;
2) Dans les asques, le pendentif toroide est épais et forme un bouchon apical
chez les Ostropiens, et aussi chez les Pézizéens operculés les moins évolués
(Sarcoscyphales); chez les Operculés évolués il est réduit à un très mince cercle,
souvent à peine distinct, entourant intérieurement le pourtour de l'opercule.
Dans les deux cas, comme chez les Leotia, mais contrairement à ce qui s’observe
chez les Pyrénomycétes ascothéciens, il n'y a pas différenciation dun anneau
amyloïde ou chitinoïde dans le dôme apical ou le pendentif;
3) Le tractus apical, déjà sommairement figuré par BULLER (1934) a été
étudié en microscopie optique par CHADEFAUD (1942 et 1960) chez divers
Disco- et Pyrénomycétes, puis en électronique par PARGUEY-LEDUC et
JANEX-FAVRE (1979, 1980) chez les Pyrénomycétes Coniochaeta ligniaria
et Diatrypella quercina (fig. 19, A). C'est un tube à paroi membraneuse trés
mince, garnie de fibrilles longitudinales, qui paraît étre une dépendance du
plasmalemme de l'épiplasme. Vers le haut, il s'élargit en un entonnoir, fixé
par ses bords au pendentif de l'appareil apical, sur lequel il est en continuité
avec le plasmalemme. Cet entonncir peut contenir une inclusion globuleuse;
chez le Diatrypella, il est rempli par une substance opaque aux électrons. Vers
le bas, le tractus s'évase et coiffe la plus élevée des ascospores; peut-être (?)
se prolonge-til en un sac enveloppant la totalité de celles-ci, Toutefois, chez
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 135
Fig. 19. — Le tractus apical des asques des Ostropiens et des Pézizéens operculés. A.
Diatrypella quercina (Pyrénomycète) d’après une photo électronique de PARGUEY-
LEDUC et JANEX-FAVRE (1980). A gauche, détail plus grossi : pendentif (pd) sans
anneau; sommet du tractus (tr) rattaché au plasmalemme sur le pendentif, avec contenu
opaque aux électrons et globule sphérique; ascospore (asc). B. Ostropa cinerea (Ostro-
pale), en microscopie photonique : bouchon apical et tractus. C. Cordyceps ophio-
glossoides (Clavicipitale), id. D. Cookeina tricholoma (Sarcoscyphale tropicale), id.
avec opercule (op); Voir aussi, fig. 3, C, D, E (Ostropale, Pézizale, Pyrénomycète asco-
thécien), et fig. 5, D (Leotia).
le Leotia, au lieu de s’évaser, il se prolonge sous la forme d’un filament tout
le long des huit ascospores (fig. 5, D). Il disparaît quand l'asque márit. Son
rôle est inconnu. Appartenant au plasmalemme du sommet de l'asque, comme
Source : MNHN, Paris
136 M. CHADEFAUD
la nasse apicale des Bituniqués-Nassascés, il est peut-étre plus ou moins l'homo-
logue de celle-ci (?). Son rôle est inconnu.
1. Les Ostropiens sont des Ostropales (g. Stictis, Schizoxylon, Ostropa,
etc.) et les Clavicipitales (g. Claviceps, Cordyceps, Epichloe, etc.), ordres géné-
ralement rangés parmi les Pyrénomycétes, à cause de leurs discocarpes péri-
thécioides. On peut aussi en rapprocher les Lichens du g. Thelotrema.
Leurs ascocarpes sont difficiles à interpréter. Nous proposons l'interprétation
suivante (d'ailleurs discutable) :
a) Chez les Ostropales (fig. 20), étudiées par BELLEMERE (1968) :
- l'enveloppe gynocarpique, d'abord close, s'ouvre au sommet à maturité;
- sous cette enveloppe, une enveloppe parathécioide entoure les flancs du
carpocentre et sa base;
Fig. 20. — Ostropales. A. Ascocarpe encore clos (schéma : cf. Stictis) : eg, enveloppe
gynocarpique: mt, manchon parathécioide; cp, carpocentre; sp, pseudo-paraphyses;
sh, sous-hyménium; h, hyménium sans paraphyses. B. Stictis radiata; ascocarpe ouvert.
L'enveloppe eg a disparu (d'après BELLEMERE). C. Ostropa barbara, id., avec invo-
lucre in.
- le carpocentre est pourvu d’une périlocule, dont les flancs et le sommet
produisent des pseudo-paraphyses, et dont la base se garnit d’un sous-hymé-
nium non paraphysogène;
- l'hyménium, sans paraphyses, est d’abord conique, parce que les asques
du centre se développent les premiers et sont alors plus longs que ceux de
la périphérie.
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 137
Une telle structure, comportant une enveloppe parathécioide, mais pas de
parathécium, est sub-parathécienne, non parathécienne. L'enveloppe parathé-
cioïde est disposée comme celle des Pézizéens inoperculés : cf. fig. 13, et no-
tamment le Pezicula rubi.
Les asques ont un bouchon apical et parfois un tractus apical (fig. 19, B).
Les ascospores sont filamenteuses,
Chez le Schizoxylon berkeleyanum, selon BELLEMERE, l'enveloppe para-
thécioide parait double. Peutétre y a-til une enveloppe externe purement
pleurale, qui seule serait parathécioide, et une enveloppe interne qui, au con-
traire, différenciée même sous le carpocentre, serait dé
parathéciale, mais
cela est discutable.
Chez l'Ostropa barbara (fig. 20, C) le sommet (ouvert) de l'enveloppe gyno-
carpique ou de l'enveloppe parathécioïde (?) se garnit sur ses bords d'une «cou-
ronne involucrale», qui devient le «chapeau» du discocarpe, et est peut-être
l’homologue d'une couronne parathéciale (?). Chez cette espèce et le Schizo-
xylon il y aurait donc peut-être la manifestation d'une tendance évolutive
vers le stade parathécien.
Dans tous les cas, le jeune discocarpe croît d'abord en hauteur, ensuite en di
métre, mais cela sans l'intervention d'une zone de croissance différenciée,
comparable à la péribase des Lécanorales.
Chez le Stictis et l'Ostropa, l'enveloppe gynocarpique s'amincit, puis dispa-
raft (fig. 20, B et C).
b) Chez les Clavicipitales (fig. 21), dont les asques et les ascospores (fig.
21, A), sont semblables à ceux des Ostropales (fig. 19, C), et qui sont en réalité
des Ostropales à discocarpes tout à fait périthécioïdes, non de vrais Pyréno-
mycètes, on retrouve, mais quelque peu simplifiées, les mêmes formations,
c'est-à-dire, selon les dessins de DOGUET (1960) : une enveloppe gynocarpique,
une enveloppe parathécioide, un sous-hyménium non paraphysogéne et un
hyménium sans paraphyses, d'abord conique. L'enveloppe parathécioïde ne
s'étend pas sous le carpocentre (— le sous-hyménium) et elle porte une «cou-
ronne involucrale».
c) Le Lichen Thelotrema lepadinum (fig. 21, B) souvent rapproché des
Graphidacées, est peutétre apparenté aux Ostropales, car d'après les dessins
de LETROUIT-GALINOU (1966), on peut retrouver dans ses discocarpes une
enveloppe gynocarpique, mais réduite à sa partie basale, une enveloppe para-
thécioïde au contraire sans partie basale, garnie intérieurement de «périphyses»
qui peuvent être des pseudo-paraphyses et d’un hyménium d'abord conique,
formé d'asques à bouchon apical. Mais la partie basale de l'enveloppe gyno-
carpique contient une zone de croissance annulaire, sorte de péribase (cf, Léca-
norales) qui assure le développement en diamètre du discocarpe, et les ascospores
sont fusiformes non filamenteuses.
Ainsi organisés, les ascocarpes de ce Lichen sont assez nettement périthé-
cioides, ce qui rappelle les Clavicipitales.
Source : MNHN, Paris.
138 M. CHADEFAUD
Fig. 21. — Clavicipitales et Thelotrema. A. Epichloé typhina (Clavicipitale), ascocarpe
adulte; eg, enveloppe gynocarpique; mt, manchon parathécioïde; sh, sous-hyménium;
h, hyménium sans paraphyses; in, involucre. A cóté, asque d'un Cordyceps. B. Thelo-
trema lepadinum (Lichen), ascocarpe adulte; eg, enveloppe gynocarpique, réduite à sa
base, avec péribase ib; mt, manchon parathécioide; sh, sous-hyménium; h, hyménium;
à côté, asque et ascospore.
Des asques à bouchon apical et spores filamenteuses se retrouvent chez les
Vibrissea qui sont des Discopodiens stipités-clavulés, a la façon des Leotia.
Avec ces derniers, peut-être sont-ils eux aussi apparentés aux Ostropales, comme
peuvent l'être les Spathularia, Cudonia et Geoglossum aux Hypodermales (?).
2. Les Pézizéens operculés sont considérés comme les plus «parfaits»
des Discomycétes (ce qui, du point de vue biologique, a peu de sens) parce
que parmi eux se trouvent les plus grandes et les plus belles espéces (Helvelles
et Morilles), ainsi que les Truffes (Tubérales).
Leurs ascocarpes ont été probablement d’abord cupulés-stipités avec stipe
plus ou moins long. A partir de là, chez la plupart des espéces, et notamment
les plus petites, qui sont les plus nombreuses, une évolution régressive a pro-
gressivement supprimé le stipe, et transformé la cupule en une apothécie lenti-
culée, plus ou moins complétement sessile. Cette évolution a été poussée à
l'extréme chez les classiques Pyronema, dont l'apothécie lenticulée n'a plus
qu'une marge rudimentaire, qui disparait à l'état adulte. Finalement, chez
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 139
VAscocorticium albidum*, qui malgré sa simplicité n'est pas un Ascomycéte
primitif, l'apothécie s'est pratiquement réduite à un sous-hyménium formé
d'hyphes, portant d'abord des paraphyses, ensuite une couche d'asques dont
le développement fait disparaitre les paraphyses.
Chez les autres espéces, de plus grande taille, le stipe a au contraire été
conservé, mais au sommet la cupule s'est le plus souvent transformée en un
chapeau (cas des Verpa et Helvella), puis en une téte globuleuse, garnie d'un
réseau de plis (cas des Morilles et Morillons : g. Morchella et Mitrophora, sur
lesquels les plis sont stériles).
Chez les Truffes (Tubérales), l'ascocarpe hypogé est une cupule presque
close (orifice très réduit) remplie par les replis de l'hyménium, dont l'ensemble
forme une «glèbe» fertile, contenant les asques. Ces Champignons dérivent
probablement d'espèces cupuliformes typiques, aériennes, à orifice large et
hyménium lisse : les Galactinia ou les Lachnea (cf. MALENÇON, 1938), et
Von observe chez eux l'évolution suivante :
1) orifice seulement rétréci; hyménium encore lisse : Genea hispidula, Hydno-
cystis arenaria; 2) hyménium plissé, à plis encore simples : Pachyphloeus mela-
noxanthus, Stephensia bombycina; 3) hyménium à plis ramifiés ou contournés,
dans une cavité apothéciale encore reconnaissable : Genea sphaerica, Pachy-
phloeus luteus, Tuber rufum; 4)plis ramifiós et contournés, formant une
glèbe compacte, dans laquelle ils sont représentés par des veines fertiles sombres,
entre lesquelles la cavité apothéciale est réduite a des veines claires, contenant
des bulles d'air (d'oà leur couleur) : Tuber nitidum, T. mesentericum, T. melano-
sporum... Chez les T. mesentericum et melanosporum, l'enveloppe de l'apothécie
(= péridium — excipulum) se réduit à un simple «voile» prosenchymateux
caduc, qui disparaît très tôt, et il y a de multiples orifices : à l'orifice primaire
s'ajoutent des orifices secondaires; les uns et les autres sont trés petits.
L'organisation des ascocarpes des Operculés et leur ontogénie n’ont pas
encore été suffisamment étudiées. Cependant, l'ontogénie de l'Anthracobia
nitida, petite espèce cupulée-sessile, étudiée par DELATTRE-DURAND et
PARGUEY-LEDUC (1979), permet de retrouver dans ces ascocarpes l'équiva-
lent, semble-t-il, des mémes formations que dans ceux des autres groupes para-
théciens. D'aprés les dessins de ces auteurs, en effet (fig. 22) :
1) Au plus jeune des stades connus, une enveloppe gynocarpique contient
un carpocentre et un filament ascogonial. Celuici est épais et vermiforme
(scolécoide, cf. Ascobolus); le carpocentre se compose d'une petite masse
basale, portant le filament ascogonial, et de la doublure interne de l'enveloppe
entourant celui-ci (fig. 22, A).
2) Plus tard, la cellule fertile du filament ascogonial engendre les filaments
sporophytiques (pro-sporophyte); la partie basale du carpocentre devient un
* En réalité, bien que rangée autrefois dans le g. Ascodesmis, cette espèce n’est probable-
ment pas dérivée d'une Pézize operculée.
Source : MNHN, Paris
140 M. CHADEFAUD
ménisque sous-ascogonial : le reste se transforme en un tissu nourricier, entou-
rant le sporophyte (fig. 22, B).
Fig. 22. — Anthracobia nitida. A. Premier stade; eg, enveloppe gynocarpique; cp et cp”,
partie basale et partie supérieure du carpocentre ac, filament ascogonial; B. Second
stade : l'appareil ascogonial (ac) engendre l'appareil sporophytique; la partie basale
du carpocentre (cp) devient un ménisque sous-ascogonial (— sous-hyménial); sa partie
supérieure (cp’) forme un tissu nourricier (fugace); C. Stade sub-adulte : eg, restes de
l'enveloppe gynocarpique; sh et k, sous-hyménium et podium; pt, parathécium; at,
amphithécium (—appareil ogival).
(Schémas d’après les dessins de DELATTRE-DURAND et PARGUEY-LEDUC, 1979).
3) Plus tard encore, du ménisque sous-ascogonial dérivent une masse sous-
hyméniale et son podium; autour se développe un parathécium porteur de
filaments amphithéciaux. Ceux-ci, trés nombreux, forment un appareil ogival
(cf. Arthopyrenia conoidea, fig. 16, D) qui enveloppe la cavité apothéciale
et l'hyménium. La résorption du sommet de cet appareil assure la déhiscence
de l'ascocarpe (fig. 22, C).
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (II) 141
On retrouve donc une enveloppe gynocarpique, un carpocentre, un para-
thécium et un amphithécium. Toutefois, la formation (pt) assimilée ici à un
parathécium pourrait n'étre qu'un anneau parathécioide, sur lequel la formation
ogivale (at) serait l'équivalent d'une simple couronne parathéciale.
D'autre part, la doublure (cp?) de l'enveloppe gynocarpique est en réalité
formée de «filaments recouvrants», nés du pied du filament ascogonial, et de
tels filaments, qu’on retrouve, par exemple, chez les Pyronema et les Ascobolus,
sont comparables à ceux qui constituent l'ascothécie des Pyrénomycètes asco_
théciens. On arrive ainsi à modifier l'interprétation de l'ascocarpe de l'Anthra-
cobia de la façon suivante (fig. 23) :
Z
o
@ à
=]
D o
o E
Q
9 e
; 3
D 9
a S
Ostropiens
L éotiens
Fig. 23. — L'ascocarpe de l'Anthracobia nitida (schéma) et le groupe phylogénétique (7)
des Ascomycétes à tractus apical. g, gynocarpe; r, filaments recouvrants; cp, carpo-
centre; ap, appareil parathécial ogival: mp, manchon parathécial; ac, ascogone.
Source : MNHN, Paris
142 M. CHADEFAUD
A Vintérieur d’un gynocarpe (g), un filament ascogonial (lato sensu) porte
successivement, de bas en haut : 1. des filaments recouvrants (r) qui contribuent
à la formation de la paroi de l'ascocarpe; 2. les filaments, non pas simplement
d'un carpocentre (cp), mais en outre d'un manchon parathécioide (mp), sur
lequel se développent les filaments d'un appareil amphithécioide (ap), qui
constitue l'appareil ogival; 3. enfin, en position terminale, l'ascogone propre-
ment dit (ac), celui-ci porté par le carpocentre.
Selon cette interprétation, l’évolution qui a conduit aux Pézizéens operculés
aurait comporté une extréme réduction du carpocentre au profit de l'appareil
parathécioïde (ou parathécial, mp + ap) avec transformation de l'appareil
amphithécioide (ou amphithécial, ap) en un appareil ogival. Cela conduit à un
schéma qui, approximativement, est celui des Pyrénomycètes ascothéciens,
lesquels peuvent donc étre apparentés aux Pézizéens operculés (fig. 23), ainsi
que l'indiquent leurs asques, parfois pourvus d'un tractus apical.
Cette question sera reprise dans la troisiéme partie de ce mémoire, aprés
l'étude de ces Pyrénomycétes.
Chez les formes stipitées, moins réduites que l'Anthracobia, c'est sans doute
de l'appareil ogival que dérive la partie principale de l'apothécie (schéma, fig. 24).
Fig. 24. — Origine possible du discocarpe des Pézizéens stipités. cp, carpocentre; ap, appa-
reil parathécioide (ou parathécial); og, formation ogivale; dst, discocarpe (apothécie)
stipité; ac, appareil ascogonial; sy, appareil sporophytique.
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (II) 143
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Source : MNHN. Paris
145
POUVOIR ANTIBIOTIQUE D’ARTHRINIUM AUREUM CALVO
ET ARTHRINIUM PHAEOSPERMUM (CORDA) ELLIS
par M.A. CALVO, M.A. VIA, R.M. ALIS et R.M. CALVO*
RÉSUMÉ. — Étude de l'influence du milieu sur les caractères morphologiques et le pouvoir
antibiotique de trois souches d'Arflrinium aureum et une souche d'Arthrinium phaeo-
spermum.
SUMMARY. — Study of growth factors affecting morphological properties and antibiotic
capacity of three stains of Arhtrinium aureum and one of A. phaeospermum.
INTRODUCTION
Dans le département de Microbiologie de la Faculté de Pharmacie de l'Uni-
versité de Barcelone (Espagne) on est en train d'étudier le genre Arthrinium.
Il représente 0,4% de la totalité des champignons constituants de l'atmosphére
de Barcelone (CALVO et al., 1980). Aprés avoir isolé et identifié une nouvelle
espéce, Arthrinium aureum (CALVO et GUARRO, 1980), nous avons entrepris
l'étude de ses caractéristiques morphologiques et sa capacité de produire l'inhi-
bition d'autres microorganismes, comme d'autres auteurs l'ont déjà réalisé
chez d'autres organismes (GANDY, 1970; GEZIORSKA, 1974 et WONG et
KOEHLER, 1981).
MATÉRIEL ET MÉTHODES
L'étude réalisée est destinée à préciser la détermination des caractéristiques
morphologiques et la capacité antibiotique de trois souches d’Arthrinium au-
* Département de Microbiologie, Faculté de Pharmacie, Barcelone, Espagne.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
146 M.A. CALVO, M.A. VIA, R.M. ALIS et R.M. CALVO
reum isolées de Pair, du sol et du lait et une d’Arthrinium phaeospermum
isolée de l'air. Nous avons cultivé les souches dans 62 milieux de culture, 60
constitués par un milieu base additionné de concentrations croissantes de fac-
teurs de croissance suivants : extrait de malt (20, 15,10, 5,1 et 0,1 g/l), extrait
de levure (20, 10, 5, 1 et 0,1 g/l), biotine (0,5, 0,1, 0,05, 0,02, et 0,01 g/l),
tyrosine (1, 0,5, 0,2, et 0,01 g/l) et pantotenate calcique (5, 0,5, 0,1 et 0,01g/l)
et deux autres milieux de routine utilisés dans notre laboratoire : le milieu de
Wickerham et «antibiotic medium num. 1» (Difco). La moitié des 60 milieux
ont comme source de carbone le dextrose et les autres le saccharose. La compo-
sition du milieu base est : PO4H2K 1,5g; SO4Mg.7H5O 0,5g; NOsK 2,0g; Cl;
Fe 0,01g; carbohydrate 15g; agar 15g et eau distillée 1,0 1.
Lorsque les boites de Pétri sont préparées, on réalise l'inoculation des souches
étudiées au centre et elles sont mises à incuber pendant 7 jours à quatre tempé-
ratures différentes : 15°C, 20°C, 28°C et à température ambiante pour établir
aussi l'action de la température sur la croissance des souches.
Les caractéres macroscopiques que nous avons considérés sont les suivants :
production des gouttes d'exsudat, élaboration de pigment diffusible, diamétre
des colonies, présence de mycélium blanc, formation de bords irréguliers et
présence du revers foncé.
Le caractére microscopique plus important que nous avons considéré est
le nombre, la situation et le diamétre des spores. Les microorganismes face
auxquels on a essayé l’activité des souches du genre Arthrinium sont réunis
dans le tableau 1.
Pour mieux voir la production des substances actives on a fait l'inoculation
des souches suivant des méthodes différentes que nous avons dénommées A
et B.
La méthode A citée par RAPER et THOM (1949), consiste à inoculer
les souches du genre Arthrinium dans les boites de Pétri contenant le milieu
de Wickerham et aprés deux jours d'incubation on met vis-à-vis de cette colonie
les microorganismes gram positifs, gram négatifs, les champignons filamenteux
et les levures déjà citées.
La production des substances actives se manifeste par la formation d'une
zone d'inhibition de la croissance du microorganisme essayé prés du front
mycélien de la souche d'Arthrinium.
La base de la méthode B, est une modification de celle décrite par DABI-
NETT et al. (1978). Nous avons préparé des suspensions titrées des micro-
organismes que nous avons incorporées dans le milieu de culture : agar extrait
de malt à 2% pour les champignons filamenteux et levures et «antibiotic me-
dium num. 1» (Difco) pour les bactéries. Quand le milieu de culture est solidifié
on dispose réguliérement sur lui des disques d'une culture des souches d'Arthri-
nium qui se sont développées dans les 62 milieux de culture déjà cités pendant
7 jours. Les boites de Pétri sont incubées à 37°C pendant 24 h pour les bactéries
et les levures et à 28°C pendant 48-72 h pour les champignons. Nous considérons
Source : MNHN, Paris
ARTHRINIUM AUREUM ET A. PHAEOSPERMUM. 147
Tableau 1. — Microorganismes face auxquels l'activité des souches du genre Arthrinium
a été testée.
BACTÉRIES
Acinetobacter calcoaceticus (2)
Aeromonas hydrophyla (3)
Bacillus cereus (2)
Bacillus megaterium (2)
Citrobacter freundii (2)
Enterobacter aerogenes (3)
Enterobacter cloacae (3)
Escherichia coli (2)
Escherichia coli indol — (3)
Escherichia coli urée + (3)
Escherichia coli AD (3)
Hafnia alvei (3)
Klebsiella pneumoniae (3)
Klebsiella sp. VP — (3)
Micrococcus luteus (2)
Proteus inconstans (3)
Proteus mirabilis (3)
Proteus mirabilis urée — (3)
Proteus morgani TDA — (3)
Proteus rettgeri (3)
Plesiomonas shigelloides (3)
Pseudomonas aeruginosa (3)
Pseudomonas cepacia (3)
Pseudomonas putida (3)
Salmonella arizonae (2)
Salmonella sp. (3)
Salmonella sp. indol — (3)
Serratia marcescens (3)
Shigella sonnei (3)
Staphylococcus aureus (2)
Yersinia enterocolitica (3)
LEVURES ET CHAMPIGNONS FILAMENTEUX
Aspergillus flavus (1)
Aspergillus fumigatus (1)
Aspergillus niger (1)
Candida albicans (1)
Cladosporium herbarum (1)
Penicillium corylophilum (1)
Saccharomyces cerevisiae (1)
Trichophyton mentagrophytes (1)
(1) Souches de la collection de cultures de la Faculté de Pharmacie de Barcelone (Espagne).
(2) Souches de la collection de cultures de Bilbao (Espagne).
(3) Souches de la collection API System (La Balme, France).
Photo 1, — Inhibition de la
croissance d’Aspergillus niger
par la méthode B.
Source : MNHN. Paris
148 M.A. CALVO, M.A. VIA, R.M. ALIS et R.M. CALVO
le résultat positif lorsqu'on observe une zone d'inhibition autour du disque
d'Arthrinium (Photo 1).
RÉSULTATS ET DISCUSSION
Aprés avoir étudié les résultats obtenus on peut dire que de tous les facteurs
de croissance essayés, le plus favorable au développement des colonies, à la
production de pigments et de gouttes d'exsudat des souches d'Arthrinium est
l'extrait de malt à la concentration de 2% et à 28°C.
Si nous considérons la source de carbone, on peut dire que le dextrose favo-
rise mieux la croissance des colonies d’Arthrinium que le saccharose.
On ne voit pas des différences remarquables concernant la présence de mycé-
lium blanc, la formation de bords irréguliers, le nombre, la situation et le dia-
métre des spores et enfin la présence de revers foncé.
Concernant la capacité antibiotique, les résultats obtenus par la méthode A
sont résumés dans le Tableau 2. On peut voir que la souche d'Arthrinium aureum
isolée du sol présente la plus grande activité sur les bactéries essayées. Elle est
active sur 18 microorganismes.
La souche isolée de lair est la deuxième avec une action sur 16 bactéries.
Pour les deux autres souches l'activité est plus réduite avec 9 et 4 bactéries
sensibles dans chaque cas. Seulement deux bactéries Acinetobacter calcoaceticus
var. anitratus et Proteus mirabilis urée négatif ont été sensibles aux quatre
souches d'Arthrinium.
Les souches d'Arthrinium aureum sont actives seulement vis-à-vis de Penicil-
lium corylophilum et Aspergillus flavus.
De tous les milieux de culture essayés par la méthode B, ceux qui ont permis
de détecter une plus grande activité des souches d'Arthrinium aureum sur les
bactéries ont été ceux qui sont constitués par le milieu de base dont la source
de carbone était le saccharose sans addition d'aucun facteur de croissance et
ceux qui avaient comme source de carbone le dextrose enrichis avec 20 g/l
d'extrait de levure, ou 0,1 g/l de biotine, ou d'extrait de malt aux concentrations
de 20 g/l, ou 15 g/l ou 1 g/l. Dans le cas d'Arthrinium phaeospermum les meil-
leurs milieux de culture pour l'expression de son activité sur les bactéries ont
été le milieu de base constitué par le dextrose et l’addition de 1 g/l de tyrosine
ou d'extrait de malt aux concentrations de 10 g/l ou 0,1 g/l. Les milieux de
culture qui ont donné une plus grande activité sur les levures et les champignons
filamenteux ont été, pour les souches d'Arthrinium aureum, le milieu de base
dont la source de carbone est le dextrose et l'addition de 1 g/l d'extrait de levure
ou 0,05 g/l de tyrosine ou de la biotine aux concentrations de 20 g/l, 15 g/l ou
0,1 g/l. Aussi les milieux de culture constitués par le saccharose et enrichis
avec 20 g/l d'extrait de malt ou 0,1 g/l d'inositol ont permis aux souches d'Ar-
thrinium aureum de montrer une plus grande activité sur les levures et champi-
gnons filamenteux essayés.
Source : MNHN, Paris.
ARTHRINIUM AUREUM ET A, PHAEOSPERMUM 149
Tableau 2. — Résultats obtenus par la méthode A.
=
$
Acinetobacter calcoaceticus
Aeromonas hydrophyla
Bacillus cereus
Bacillus megaterium
Citrobacter freundii
Enterobacter aerogenes
Enterobacter cloacae
Escherichia coli
Escherichia coli indol — = -
Escherichia coli urée +
Escherichia coli AD
Hafnia alvei
Klebsiella pneumoniae
Klebsiella sp. VP —
Micrococcus luteus
Plesiomonas shigelloides
Proteus inconstans
Proteus mirabilis
Proteus mirabilis urée —
Proteus morgani TDA —
Proteus rettgeri
Pseudomonas aeruginosa
Pseudomonas cepacia
Pseudomonas putida
Salmonella arizonae = =
Salmonella sp. :
Salmonella sp. indol —
Serratia marcescens
Shigella sonnei
Staphylococcus aureus
Yersinia enterocolitica
Aspergillus flavus
Aspergillus fumigatus
Aspergillus niger
Cladosporium herbarum
Penicillium corylophilum
Trichophyton mentagrophytes
Candida albicans
Saccharomyces cerevisiae
i++
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ET
I
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1
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1
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+
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1-20 ue dst
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+1
ES
+1
fe
I++++!
I++++1
Pitesti
Pitts
+: inhibition; —: no inhibition. A1 : Arthrinium aureum (air); A2 : Arthrinium aureum
(lait); A3 : Arthrinium aureum (sol); A4 : Arthrinium phaeospermum (air).
Source : MNHN, Paris
150 M.A. CALVO, M.A. VIA, R.M. ALIS et R.M. CALVO
Pour la souche d’Arthrinium phaeospermum le milieu avec dextrose et
additionné de 0,2 g/l ou 0,01 g/l de tyrosine et aussi l'addition de biotine
aux concentrations de 0,05 g/l ou de 0,01 g/l permet de montrer sa plus grande
activité sur les levures et les champignons filamenteux.
De tous les résultats obtenus on peut déduire que le dextrose favorise l'acti-
vité de toutes les souches d’Arthrinium essayées. Les souches d'Arfhrinium
aureum sont les plus actives et l'extrait de malt est le facteur de croissance qui
favorise le mieux cette activité et ainsi qui permet le meilleur développement
des colonies et la production de pigment (van EIJK, 1975). La relation entre
la production de pigment et d'antibiotique a été déjà montrée par WONG et al.
(1981) avec Monascus purpureus.
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Source : MNHN. Paris
151
SOME CULTURAL CONDITIONS THAT CONTROL
PRODUCTION OF RORIDIN E AND SATRATOXIN H
BY STACHYBOTRYS CHARTARUM
par LA. EL.KADY & M.H. MOUBASHER*
SUMMARY. — Stachybotrys chartarum (isolate No 128) successfully produced satratoxin
H and one of the highly cytotoxic compounds, roridin E. Biosynthesis of both the toxic
substances was markedly affected by the composition of culture medium, pH, temperature
as well as incubation period. Medium of the following composition was favourable for
the production of satratoxin H and roridin E : sucrose, 30; (NH4)3PO4, 2.0; KH2PO4, 1.0;
MgSOq, 0.5; KCl, 0.5; glutamine, 1.0; FeSO4, 0.01 (g/l, distilled water). Production of
both roridin E and satratoxin H was maximal at pH 7 and 30°C, and after incubation period
of 12 days for the former and 16 days for the latter.
RESUME. — Stachybotrys atra (isolat No 128) produit de la satratoxine H et un autre
composé toxique, la roridine E. La biosynthése des deux substances dépend du milieu de
culture, du pH, de la température et de la durée d’incubation. Le milieu le plus favorable
est composé de : saccharose : 30; (NHa)3PO4 : 2; KHaPO4 : 1; MgSO : 0,5; KCl : 0,5;
glutamine : 1, FeSO4 : 0,01 g/litre d'eau distillée. La production des deux substances est
maximum à pH 7 et à 30°C, après une incubation de 12 jours pour la roridine E et de 16
jours pour la satratoxine H.
I. — INTRODUCTION
Verrucarins and roridins are macrocyclic diesters and triesters of verrucarol
belonging to the trichothecene-type toxins. The substances are metabolites of
closely related soil fungi, Myrothecium roridum Tode ex Fr. and Myrothecium
verrucaria (Alb. et Schwein) Ditmer ex Fr. (BAMBURG & STRONG, 1971).
Recently EPPLEY et al. (1977) reported production of roridin E, verrucarin J
* Botany Department, Faculty of Science, Assiut University, Assiut, Egypt.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
152 LA.EL-KADY & M.H. MOUBASHER
and satratoxin H by Stachybotrys atra. All trichothecene-type toxins have some
biological activities but roridins and verrucarins are the more potent. These com-
pounds are reported to possess antibacterial activity (HARRI et al., 1962),
fungistatic properties (LOEFFLER et al., 1964; BAMBURG & STRONG,
1971), insecticidal activity (KISHABA et al., 1962). These compounds, as re-
ported by HARRI et al. (1962) are among the most active cytostatic agents
known. In a previous study (EL-KADY & MOUBASHER, 1981), 164 different
isolates belonging to Stachybotrys chartarum were screened for their respective
mycotoxins, Fifty-four isolates among them proved to produce at least one of
the following toxins : verrucarol, verrucarine J, roridin E and satratoxin H.
In spite of the accumulating literature of trichothecene-type mycotoxins
produced by Fusarium fungi, studies on physiological and biochemical aspects
of trichothecenes produced by Stachybotrys fungi are few. In this study, the
role of some factors that influence production of both roridin E and satratoxin
H with a locally isolated strain of Stachybotrys chartarum was aimed. The iso-
late used in this study was found to be the most active for production of both
roridin E and satratoxin H among varieties of the different isolates tested.
Il. — MATERIALS AND METHODS
Organism
Stachybotrys chartarum isolate No 128 was selected from fifty-four toxigenic
isolates as a high producer of both satratoxin H and roridin E (EL-KADY &
MOUBASHER, 1981).
Cultivation
The fungus was inoculated into autoclaved (121°C, 20 min., 15 Ib/in?)
250-ml Erlenmeyer flasks containing 50 ml of the desired medium. After ino-
culation with two ml inoculum suspension of two week-old cultures of the pure
organism, the flasks were incubated at 28°C, or other mentioned temperatures,
for 10 days without shaking.
Preparation of the crude toxin
The method described by UENO et al. (1970), for preparation of Fusarium
toxin was applied. After incubation, cultures were filtered using vacuum and
four layers of cheescloth on Buchner funnel. After washing with 10-15 ml
distilled water, the filtrate was mixed with 175 (w/v) of active charcoal, and
after standing overnight at 4^C, the charcoal was filtered and immersed in
about 10-15 ml of methanol for about 12h. After filtration of the charcoal,
the methanol was evaporated to dryness, and materials remained were referred
to as «crude toxin».
Source : MNHN, Paris
PRODUCTION OF RORIDIN E ANDSATRATOXINH BY S. CHARTARUM 153
Quantitative analysis of the toxins,
The amounts of the toxins were determined by the preparative thin-layer
chromatographic technique with authentic samples as controls. A known volume
of the methanol eluate was separated using chloroform-methanol (98 : 2, v/v)
as solvent system. After development the bands containing the toxins were
outlined under long ultraviolet irradiation (365 nm), scraped off, and eluted
with methanol. The methanol extract was completed to certain volume with
methanol. The exact concentration of each toxin was then determined after
making the necessary dilution by ultraviolet spectrophotometric measurement
at 262 nm for roridin E and 252 nm for satratoxin H (EPPLEY et al., 1977).
HI. — RESULTS
Role of different carbon sources.
Mycelial
Carbon source rJ Weight Roridin E Satratoxin H
(g/100 ml (mg/1) (mg/1)
medium)
Arabinose 0.073 rz 1.0
Glucose 0.065 1.6 ---
Fructose 0.122 One —
Mannose 0.090 1.6 2.5
Lactose 0.064 Tel
Sucrose 0.190 2.4 2.8
Maltose 0.490 2.2 E
Raffinose 0.125 0.9 1.2
Starch 0.495 1.5 Jor
Mannitol 0.308 2.0 1.0
Acetate 0.068 0.5 Aur
Fumarate 0.115 0.5 0.5
Malate 0.322 eon
Oxalate 0.386 zuo dit
Citrate 0.055 --- 1.2
Pyruvate 0.500 £u
Table 1. — Production of satratoxin H, roridin E by Stachybotrys chartarum (isolate No
128) as affected by the nature of carbon source.
Source : MNHN, Paris
154 LA. EL-KADY & M.H. MOUBASHER
The present investigation was started by studying the role of carbon sources
on the production of both roridin E and satratoxin H by the experimental
organism. Czapek’s medium of the following composition was used as starting
culture medium : glucose, 10; NaNO3, 2; KH,PO,, 1; KCl, 0.5; MgSOq, 0.5;
FeSOg, 0,01 (g/l of distilled water). The medium was adjusted to pH 6.5 before
sterilization. The cultures were incubated for 10 days at 28°C without shaking.
Different carbon sources tested were added as equivalent to 10 gram glucose
pex liter. Table 1, shows that the different carbon sources supported the growth
of the fungus with varying degrees, very weak growth was observed when pyru-
vate, citrate, acetate, lactose, glucose, arabinose or mannose was used as the
sole carbon source. Best mycelial growth was obtained using starch or maltose
followed by oxalate, malate or mannitol, respectively. Although oxalate and
malate supported fairly good growth, yet none of them was suitable for detec-
table amount of either satratoxin H or roridin E. In case of glucose, fructose,
lactose, maltose or acetate, only roridin E was detected. Also in case of citrate
only satratoxin H was detected as a single and final product. Both satratoxin
H and roridin E were detected when arabinose, mannose, sucrose, raffinose,
starch, mannitol and fumarate were used as carbon sources. However, sucrose
proved to be superior, since it supported the highest yield of satratoxin H
and roridin E.
Variation of sucrose concentration affected both mycelial growth and toxin
production. Maximum production of satratoxin H (4.6 mg/l), roridin E (3.1 mg/l)
and fungal growth (0.310 g/100 ml medium) were obtained at 30, 50 and
50 g/l of sucrose concentration respectively.
Role of different nitrogen sources.
Czapek's medium with sucrose (30 g/l) as carbon source was used during
this study. The different nitrogen sources were added as nitrogen equivalent
to 2 g/l of NaNOs. As shown in Table 2, both ammonium nitrogen and nitrate
nitrogen were utilizable and suitable for mycelial growth and toxins production,
but Ca(NO3)2 supported good mycelial growth with no toxins production.
Also NaNO, and yeast extract supported a good mycelial growth only with
no toxins produced. Peptone, ammonium sulphate and ammonium chloride
were favourable for mycelial growth and roridin E production. On the other
hand, ammonium phosphate was the best nitrogen source for both roridin E
and satratoxin H production.
Elevation of nitrogen level between 0.5 and 2.0 g/l of ammonium phosphate,
exerted a rise in the production of roridin E and satratoxin H (2.8 to 5.1 mg/l
and 3.1 to 5.5 mg/l, respectively) followed by a sharp decrease in the yields
of both toxins between 3 and 6 g/l of ammonium phosphate. However, growth
increased regularly with the increase of nitrogen concentration reaching its
maximum at 4 g/l (0. 384 g/l), which followed by a slight decrease at 6.0 g/l
(0.262 g/l).
Source : MNHN, Paris
PRODUCTION OF RORIDIN E AND SATRATOXIN H BY S. CHARTARUM 155
Mycelial
Nitrogen source dry weight Roridin E Satratoxin H
(g/100 ml (ng/1) (mg/1)
medium)
CN RN
Control (nitrogen
source omited) 0.094 cum UN
NaNO, 0.255 3.4 4.5
KNO, 0.145 3.6 4.4
Ca(N04)5 0.220 ae OA
QS 0.135 22 3.1
Nano, 0.156 Eas EN
mcl 0.174 5.2 ==
(HH, ) 804 0.166 3.8 el
(98,2570, 0.292 4.8 5.1
Yeast extract 0.308 ae os
Peptone 0.350 2.8 =
Table 2. — Production of satratoxin H and roridin E by Stachybotrys chartarum (isolate
No 128) as affected by the type of nitrogen source.
Effect of hydrogen ion concentration.
Modified medium of sucrose (30 g/l) and ammonium phosphate (2 g/l)
as carbon and nitrogen sources were used during this study. The results of
Table 3 reveal the detection of a new trichothecene-type substance, when
S. chartarum was grown at pH values ranging from 7.5 to 10. This substance
was identified by thin-layer chromatographic analysis as verrucarol (fig. 1).
Concentration of satratoxin H increased with the increase of pH value, reaching
maximum at pH 7, then gradually diminished. Roridin E production also in-
creased gradually reaching maximum at pH 7, followed by a sharp decline which
was associated with the appearance of verrucarol which had its maximum
yield at pH 9.
Source : MNHN, Paris
156 LA. EL-KADY & M.H. MOUBASHER
pH Mycelial
value dry weight RoridinE Satratoxin H Verrucarol
(g/100 m1 (mg/1) (mg/1)
medium)
4.0 --- --- --- ==>
4.5 0.095 --— 2.1 ---
5.0 0.110 (45 4.0 dun
5.5 0.122 E 4.2 I
6.0 0.156 4.0 4.8 E
6.5 0.285 5.1 5.3
7.0 0.340 5.4 5.9 TM
T.5 0.380 2.4 3.4 +
8.0 0.390 1.8 2.0 ++
8.5 0.390 1.6 1.8 +++
9.0 0.360 1.6 1.5 +++
9.5 0.310 === — me
10.0 0.280 --- = +
Table 3. — Production of roridin E and satratoxin H by Stachybotrys chartarum (isolate
No 128) as affected by variation of pH values of the culture medium.
Role of amino acids and derivatives.
As shown in Table 4, all amino acids and derivatives tested promoted mycelial
growth (with the exception of cysteine which retarded both mycelial growth
and toxins production). However, most of the amino acids did not noticeably
affect toxins production. Glutamic acid was the best amino acid for mycelial
growth, while glutamine was the most suitable for roridin E and satratoxin
H production (7.6 and 6.2 mg/l, respectively).
Effect of incubation temperature.
The fungal growth and toxins production were investigated at different
temperatures ranging from 5 to 45°C. Mycelial growth, roridin E and satratoxin
H formation increased parallel with the increase of incubation temperature
reaching maxima at 30°C (1.47 g/l, 7.5 mg/l and 6.3 mg/l, respectively). With
Source : MNHN, Paris
PRODUCTION OF RORIDIN E AND SATRATOXINH BY S. CHARTARUM — 157
Amino acids Mycelial
dry weight ^ Roridin E Satratoxin H
(1g/1) (g/100 ml (mg/1) (mg/1)
medium)
Control (without
amino acids) 0.360 5.6 5.9
Lysine 0.920 pe 4.2
Asparagine 0.900 5.7 6.5
Serine 0.688 6.2 4.2
Glycine 0.852 5.5 3.4
Arginine 0.980 5.7 5.8
Leucine 0.925 7.0 5.8
Valine 0.712 7.4 4.9
Norvaline 0.685 4.3 ST
Alanine 0.828 6.1 4.3
Phenylalanine 0.746 6.8 4.5
Glutamic acid 1.484 6.2 4.4
Glutamine 1.388 T.6 6.2
Cysteine 0.308 4.1 12
Table 4. — Production of roridin E and satratoxin H by Stachybotrys chartarum (isolate
No 128) as affected by the addition of some amino acids.
the elevation of temperature, mycelial growth as well as toxins production
decreased sharply. No growth was detected at 5°C and 45°C.
Effect of incubation period.
Data presented in Table 5 show mycelial growth and toxins production
of S. chartarum when grown for different time intervals on the modified culture
medium adjusted to pH 7 at 30°C. Under these conditions, the mycelial growth
increased as the culture aged, reaching maximum after ten days, followed by
a decline with the lengthening of incubation period. A maximum concentration
of roridin E was recorded after 12 days of incubation. Thereafter, the concen-
Source : MNHN, Paris
158 LA. EL-KADY & M.H. MOUBASHER
Incubation Myceliai
period dry weight Roridin E Satratoxin H
(days) (g/100 ml (mg/1) (mg/1)
medium)
2 0.035 0.7 ane
4 0.246 2.9 0.5
6 0.464 4.1 1.9
8 1.200 5.2 2.8
10 2.020 6.7 4.2
12 1.875 8.9 4.5
14 1.612 7.3 5.6
16 1.274 5.4 7.6
18 0.724 3.1 4.8
20 0.226 Are 2.4
Table 5. — Production of roridin E and satratoxin H by Stachybotrys chartarum (isolate
No 128) at various incubation periods.
tration declined regularly with the lengthening of incubation period so that less
than 20% of the maximum was estimated after 20 days of incubation. Satra-
toxin H was not detected before four days of incubation, and its concentration
regularly increased with the increase of incubation period, so that the maximum
was reached after 16 days of incubation. After longer periods it sharply fell
off so that only 31 % of the maximum was estimated after 20 days.
IV.— DISCUSSION
There were noticeable differences in both mycelial growth and toxins pro-
duction with different carbon sources tested. Carbon sources affected growth
or toxins production independently. For example, malate and oxalate supported
fairly good mycelial growth, but failed to support any detectable amount of
either satratoxin H or roridin E. On the reverse, arabinose, glucose, mannose
or citrate supported toxins production rather than mycelial growth. Using glu-
cose, fructose, mannose, lactose or acetate, only roridin E was detected as single
Source : MNHN, Paris
PRODUCTION OF RORIDIN E AND SATRATOXIN H BY S. CHARTARUM — 159
and final end product, which means that these compounds are unfavourable
for the bioconversion of roridin E to satratoxin H. Recently, EPPLEY et al.
(1977) proposed that roridin E is the precursor of satratoxin H and the former
is transformed to the latter by two biological steps, addition of a hydroxyl
group on C-12’ and dehydrogenative ring formation between C.6’ and C.12°
of roridin E, (fig. 1). Using citrate as the sole carbon source, only satratoxin
H was detected and this means that citrate stimulated the enzymatic system(s)
responsible for the transformation of roridin E to the final end product satra-
toxin H. Increasing the initial concentration of sucrose resulted in a regular
increase of both fungal growth and satratoxin H biosynthesis, reaching maxima
at 50 g and 30 g/l respectively. However, roridin E production was more or less
unaffected by variation of sucrose concentration.
fr
o OH
Verrucarol
14
Roridin E Satratoxin H
Fig. 1. — Chemical structure of verrucarol and the proposed biological steps for the trans-
formation of roridin E to satratoxin H. A : Addition of a hydroxyl group on C-12. B:
Dehydrogenative ring formation between C-6 and C-12 of roridin E.
Source : MNHN, Paris
160 L.A, EL-KADY & M.H. MOUBASHER
Ammonium nitrogen and nitrate nitrogen were suitable for mycelial growth
as well as for roridin E production but with various degrees, However Ca(NO3)2
supported fungal growth rather than toxin formation. Maximum yields of rori-
din E and satratoxin H were obtained using NaNO3, KNO and (NH4)3PO4,
but ammonium phosphate was superior.
Reports on trichothecenes production by Stachybotrys fungi are few to make
a conclusion as to the condition favourable for such production. However,
the best carbon sources for Fusarium poae and Fusarium sporotrichioides,
reported as trichothecene-type mycotoxin producers, were starch and glucose.
Best results among inorganic substances were obtained with ammonium sulphate
and sodium nitrate (JOFFE, 1971). According to BILAJ & PIDOPLICHKO
(1970) the following carbohydrates favoured toxin production by S. alternans
(toxin not identified) : arabinose, galactose, starch, glucose, sucrose, maltose,
raffinose, cellobiose and dextrin.
Using ammonium phosphate as nitrogen source, variation of the nitrogen
level of the culture medium between 0.5-2.0 g/l, induced an increase in the
formation of both roridin E and satratoxin H, followed by a sharp decline at
higher levels (3-6 g/l).
Since (NH4)3POq was recorded superior than any other ammonium nitrogen
sources tested (ammonium sulphate and ammonium chloride) it is thus possible
that the phosphate radicle played an important role in toxin biosynthesis. In
this respect ACHILLADELIS & HANSON (1967), and ACHILLADELIS et al.
(1970), reported incorporation of mevalonic acid and farnesol pyrophosphate
into trichothecene-type mycotoxins (trichodermol, trichothecin and tricho-
thecolone) which indicates that a 6,7-trans-farnesol pyrophosphate is a precursor
of these compounds.
Variation of pH of the culture medium affected toxins production in a diffe-
rent manner. Satratoxin H increased with the increase of pH values reaching
maximum at pH 7. This indicated that the optimal pH for the bioconversion
of roridin E to the end product satratoxin H is around neutrality. Also roridin E
production reached maximum 5.4 mg/l at pH 7, followed by a sharp decrease
at higher pH values, which was associated with the appearance of verrucarol.
As has been established, all roridins and verrucarins are macrocyclic esters of
4,15-dihydroxy-12,13-epoxy-A?-trichothecene (verrucarol). All roridins are
formed via the ester formation between the free hydroxyl groups of verrucarol
(C-4 and C-15) and the dicarboxylic groups of roridinic acid (or derivatives)
(BOHNER & TAMM, 1966; ZURCHER & TAMM, 1966). Two postulates may
be put forward for explaining the decrease of roridin E accompanied by increase
and accumulation of verrucarol at high pH values. Firstly the chemical hydroly-
sis of the macrocyclic is enhanced at high pH values leading to the accumulation
of verrucarol, which presumably proceeds during fungal growth. The second
is that the enzymatic diester formation achieved between verrucarol and roridi-
nic acid derivative is retarded at alkaline pH.
All amino acids and derivatives tested (except cysteine) promoted mycelial
Source : MNHN, Paris
PRODUCTION OF RORIDIN E AND SATRATOXIN H BY S. CHARTARUM 161
growth but almost with no qualitative differences in toxins production, Serine
leucine, alanine, phenylalanine, valine and glutamine promoted the formation
of toxins especially roridin E. UENO et al. (1970) using a strain of Fusarium
nivale (Fn-2B), reported that among the amino acids tested.
tryptophan and methionine, promoted the formation of fusarenone-x, a cyto-
toxic mycotoxin of trichothecene -type. BILAJ, (1953) stated that aspartic
acid, glutamic acid and their amides, alanine and glycol, all provide suitable
source of nitrogen for toxin production by Fusarium species of the section
Sporotrichiella; the toxin was identified later as trichothecene-type mycotoxin
(PALTI, 1978).
Incubation temperature proved to be an important factor in toxin production
by the experimental organism. 30°C was the optimum for both mycelial growth
and toxins production. BOHNER et al. (1965) reported successful production
of roridin E (2.2 mg/l) when Myrothecium roridum was cultivated at 27°C in
submerged culture. KORPINEN et al. (1974), reported the production of
cytotoxic toxins (toxins not identified) by Stachybotrys alternans grown on
Czapek's medium supplemented with thiamine, and nicotinic acid and incubated
at 22°C for 4-6 weeks.
The time of harvesting of the culture medium is a decisive factor of the
production of both satratoxin H and roridin E. The yield of roridin E reached
maximum after 12 days of incubation and of satratoxin H after 16 days. The
delay of satratoxin H maximum production four days later than that of roridin
E is reasonable since satratoxin H is derived from roridin E as shown in fig. 1,
(EPPLEY et al., 1977).
, phenylalanine,
ACKNOWLEDGEMENTS
The authors are greatly indebted to Prof. Dr. Th. TAMM, Professor of Chemistry,
Institut fiir Organische Chemie, Der Universitat Basel and Dr. R.M. EPPLEY, Bureau of
Food, Department of Health, Education and Welfare, Food and Drug Administration,
Washington, for kindly supplying mycotoxins standards.
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Source : MNHN. Paris
163
ETUDE DE LA MYCOFLORE
DES RACINES DE MARCOTTES DE POMMIER
CULTIVEES SUR BROUILLARD NUTRITIF
par A. BRETON & F. ZANETTE*
RESUME. — La mycoflore du systéme racinaire issu de marcottes de pommier cultivées
sur brouillard nutritif comporte des saprophytes et des parasites d'équilibre appartenant
notamment aux genres Cylindrocarpon, Fusarium, Phoma et Pythium. A la faveur d'un
déséquilibre physiologique des marcottes, ces organismes peuvent intervenir dans la décom-
position d'une première vague de racines néoformées à laquelle fait suite une seconde
Vague de racines résistantes.
SUMMARY. — On the roots born of apple-tree's layers cultivated in a nutrient spray
fungi grow, which are composed of saprophytes and weak parasites, specially Cylindrocar-
pon, Fusarium, Phoma and Pythium. When a lack of balance appears in the physiological
conditions of layers, these fungi may have a part in the rot of the first new roots, followed
by a second and resistant roots production.
INTRODUCTION
Par rhizosphére sensu lato, le microbiologiste du sol désigne l'ensemble des
microhabitats situés à l'interface solracine où les interactions entre les micro-
organismes saprophytes du sol et la plante présentent l'intensité maximale
(DOMMERGUES, 1975). Cette rhizosphére comprend trois zones :
- La rhizosphére sensu stricto, zone tellurique d'influence des racines dans
laquelle diffusent les exsudats issus de la plante.
- Le rhizoplan, zone constituée par la surface des racines et le mucigel.
- L'endorhizosphére constituée par les cellules du cortex racinaire envahies
par les micro-organismes saprophytes.
* Laboratoire de Biologie et Physiologie végétales, 4 rue Ledru, 63000 Clermont-Ferrand.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
164 A. BRETON & F. ZANETTE
Cette notion de rhizosphére s'applique non seulement aux racines des plantes
vivant sur des sols exondés mais aussi au systéme racinaire des végétaux aqua-
tiques. En milieu artificiel sans sol, c'est-à-dire culture de végétaux sur brouillard.
nutritif en caissons (LAMOND, 1977), le concept de rhizosphére différe de ce
qu'il est en milieu naturel. En caisson, la rhizosphére sensu stricto, en tant que
zone d'influence des exsudats racinaires sur une micropopulation, n'existe pas;
elle fait place à un brouillard nutritif. En revanche le rhizoplan et l'endorhi-
zosphére conservent leur structure et peuvent dans leurs relations avec les
micro-organismes être étudiés semble-t-il plus facilement.
Mettant à profit des recherches sur la physiologie du développement de
marcottes de pommier en culture sur brouillard nutritif, nous avons entrepris
une étude de la population fongique présente sur les racines de ces végétaux
qui sont toutes engendrées à l’intérieur des caissons à brouillard.
Après ablation de toutes les racines formées dans le sol, la rhizogenèse des
marcottes mises en culture sur brouillard nutritif se manifeste après 6 à 15
jours suivant les conditions de température auxquelles elles sont soumises.
80 % des racines néoformées apparaissent en un laps de temps de 4 à 8 jours,
sans augmentation ensuite de leur nombre pendant un temps relativement
long. Quelles que soient les conditions expérimentales, l'état des bourgeons,
l'époque de l'expérience, cette première vague de racines est particulièrement
fragile : elle peut se décomposer entièrement, même si les racines ont atteint
10 à 15 centimètres de long; elle peut aussi survivre après être passée par une
période critique. A cette crise succède la formation d'une deuxième vague
de racines qui constituent le système racinaire définitif de la marcotte (ZA-
NETTE, 1981).
Il apparaît donc intéressant d’une part de comparer la mycoflore des racines
néoformées par les marcottes cultivées sur brouillard avec la population fongique
du milieu naturel, d'autre part de rechercher les différences pouvant exister
entre la mycoflore des racines saines et celle des racines de la première vague
de rhizogenèse atteintes de pourriture brune afin d'expliquer ce phénomène.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
1.— Les marcottes.
Nous avons utilisé des marcottes de porte-greffes de pommier (virus-testés)
provenant des pépinières Georges DELBARD à Commentry (Allier) et de la
station de recherches de l'INRA à Angers (Maine-et-Loire) d’un diamètre de
6 à 8 mm. Au départ des expériences les marcottes ont été coupées de façon
à conserver les 25 cm de la base, lavées à l'eau courante et débarrassées de toutes
les racines en les coupant à 0,5 cm de la tige, pour mieux identifier les néofor-
mations.
Les marcottes ont été ensuite installées sur les caissons en ayant 15 cm à
Source : MNHN, Paris
MYCOFLORE DES RACINES DE MARCOTTES DE POMMIER 165
l'intérieur et 10 dehors. Il s'agit de fournir au. systéme racinaire des marcottes,
sous forme d'aérosol, l'eau et les sels minéraux nécessaires à la croissance et au
développement de la plante, à l'intérieur d'un caisson obscur, aux parois imper-
méables, dans lequel on maintient une atmosphère saturée d'humidité par
pulvérisation sporadique d’une solution nutritive à l’aide d'un «defensor 505».
La composition de la solution nutritive utilisée est la suivante : eau désionisée
(1000 ml), NaCl (5 mg), MgSO,, 7H;O (135 mg), (NH) SO4 (36,25 mg),
Ca (NOs)a (172,5 mg), KNOs (101 mg), HK; PO, (44 mg), H; KPO; (660 mg),
MnSOq, 1 H20 (0,616 ppm), Zn SO,, 7 HO (0,882 ppra), Ha Bos (0,564 ppm),
CuSO4, 5H20 (0,196 ppm), MoO, (NH4), (0,1 ppm), masquolate de fer
DTPA (0,2 ml). La solution est à pH 6,4.
Les caissons sont installés en chambres climetisée:, en conditions contrôlées :
température de 25°C, humidité relative de 60%, éclairement quotidien de
16h assuré au moyen de tubes fluorescents 65 W lumière jour de luxe, et de
lampes à incandescence ordinaire 15 W alimentées en 220 volts. L'intensit:
dispersée au niveau des plantes est en moyenne dc 3,65 x 10* ergs/cm? [s.
2. — Isolement des champignons
Les racines à étudier, saines ou en voie de d'compositiun selon le cas, sont
prélevées stérilement sur la plante et coupées :n tronçons de 3mm de long.
Chaque fragment est ensuite déposé au centre d'ure boîte de Pétri renfermant
un milieu à 10 g/l de malt, gélosé à 1,5 % et additionné, après stérilisation à
120°C, de 100 mg/l de streptomycinesulfate destinée à limiter le développe-
ment des bactéries. Les cultures sont portées à 22°C.
RÉSULTATS
L'inventaire de la mycoflore de 32 racines saines et 41 racines présentant
une pourriture brune est donnée dans le tablezu I, les chiffres de ce tableau
indiquant la fréquence de présence des espèces, “est-à-dire le nombre de racines
sur lesquelles elles ont été trouvées.
racines racines en
saines décomposition
PHYCOMYCETES :
Mortierella sp. 0 1
Mucor hiemalis Wehmer
f. corticolus (Hagem) Scl.»per 1 4
Mucor racemosus Fres.
f. racemosus Schipper 1 0
Mucor racemosus Fres.
f, sphaerosporus (Hager ) Schipper 1 1
Pythium sp. 5 J
Source : MNHN, Paris
166 A. BRETON & F. ZANETTE
ASCOMYCETES :
Chaetomium sp. 0 1
MUCEDINALES :
Acremonium kiliense Grütz T; 0
Alternaria sp. 0 m
Arthrobotrys superba Corda T T
Aspergillus versicolor (Vuill.) Tir. 1 2
Botrytis cinerea Pers. 0 1
Briosia microspora (Smith) v. Arx 1 1
Cladosporium cladosporioides (Fr.) De Vries 1 2
Cylindrocarpon destructans (Zins.) Scholten 4 10
Cylindrocarpon obtusisporum (Cooke
et Harkness) Wollenw. 1 2
Cylindrocarpon tenue Bugn. 1 3
Doratomyces stemonitis (Pers. ex Fries)
Morton et Smith 1 x
Fusarium javanicum Koords d i
Fusarium oxysporum Schlecht 1 0
Fusarium solani (Mart.) Sacc. 0 2
Fusarium tabacinum (v. Beyma) Gams 15 8
Fusarium spp. T 2
Gliocladium roseum (Link) Bainier 6 6
Paecilomyces lilacinus (Thom) Samson 0 2
Penicillium brevicompactum Diercks 5 m
Penicillium chrysogenum Thom 0 1
Penicillium expansum Link 0 1
Penicillium frequentans Westl. 0 1
Penicillium variabile Sopp. 1 3
Phialophora verrucosa Medlar 0 2
Phialophora fastigiata (Lagerb. et Melin) Conant 0 1
Sporothrix inflata de Hoog 4 5
Stilbella sp 1 2
Trichoderma koningii Oudemans 1 2
Trichoderma viride Pers. ex S.F. Gray B 8
SPHAEROPSIDALES :
Coniothyrium sp. i 0
Phoma eupyrena Sacc. 8 d
Phoma exigua Desm. 2 5
Phoma leveillei Boerema et Bollen 1 1
Phoma sp. 1 4
MYCELIA STERILIA :
Rhizoctonia sp. 1 d
LEVURES :
Cryptococcus albidus var. diffluens (Zach)
Phaff et Fell. S y
1 1
Trichosporon beigelii (Küchemn et Rabenh.) Vuill.
‘Tab. I. — Inventaire de la mycoflore des racines de marcottes de pommier cultivées sur
brouillard nutritif.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE DES RACINES DE MARCOTTES DE POMMIER 167
conidiophores et conidies. 2 - Fusarium tabacinum :
: phialides et conidies. 4-
chlamydospore;
PL 1. — 1 - Cylindrocarpon tenue :
conidiophores et conidies. 3 - Cylindrocarpon obtusisporum
Cylindrocarpon destructans : a) phialides et groupe de microconidies; b)
cj macroconidies et microconidies.
Source : MNHN. Paris
A. BRETON & F. ZANETTE
20H
o Oo
40} (fig 1b) O
4
AL
PLIL — 1- Arthrobotrys superba : extrémité d'un conidiophore et groupe de conidies.
Phialophora fastigiata : conidiophores et conidies. 3 - Phialophora verrucosa : con
phores et conidies. 4- Trichoderma viride : structures sporiféres et conidies. 5 - Tricho-
sporon beigelii : mycélium et blastoconidies. 6 - Gliocladium roseum : conidiophore et
conidies. 7 - Sporothrix inflata : a) blastoconidies latérales; b) conidiophores et conidies.
8 - Pythium sp. : a) oogone à une oosphère; b) anthéridie et oogone à une oosphère.
Source : MNHN, Paris
MYCOFLORE DES RACINES DE MARCOTTES DE POMMIER 169
Les résultats montrent qu'il n'y a pas de différence entre la flore fongique
des deux catégories de racines étudiées. Suivant leur fréquence, les espèces
rencontrées peuvent être classées en deux catégories :
1) Espèces assez fréquentes qui sont essentiellement divers Pyfhium, Cylin-
drocarpon destructans, Fusarium tabacinum (=Cephalosporiopsis imperfecta
Moreau), Gliocladium roseum, des Phoma, Trichoderma viride et la levure
Cryptococcus albidus var. diffluens (Pl. 1 et IT).
Aucun de ces champignons ne parait associé de facon constante aux racines.
Le plus fréquent, Fusarium tabacinum (Pl. I, fig. 2) n’a été trouvé que sur 23
des 73 racines étudiées; c'est l'un des hótes les plus communs des sols cultivés
(MONTEGUT et GUILLEMAT, 1956; GUILLEMAT et BIGOT, 1960; M. et
Mme F. MOREAU, 1941). Gliocladium roseum, Trichoderma viride, les Pythium
et les Phoma sont aussi des organismes telluriques banals.
Le Cylindrocarpon destructans (PI. I, fig. 4) est quant à lui un champignon
trés souvent présent à la surface des racines d'un grand nombre de plantes
herbacées et ligneuses. C. destructans et certains Pythium comportent des
souches réputées, suivant le cas, saprophytes ou pathogènes pour le système
racinaire de jeunes plantes issues de semis (VIENNOT-BOURGIN, 1949; BOOTH,
1966).
2) Espèces peu fréquentes qui constituent la majorité des moisissures isolées
et comprennent notamment des Fusarium et des Cylindrocarpon, genres parmi
les plus fréquents du sol. Compte-tenu du C. destructans et du F. tabacinum
cités précédemment, Fusarium et Cylindrocarpon représentent ici environ
30 % de l’ensemble des isolats.
Soulignons enfin que ces champignons ne se cantonnent pas à une région
définie de la racine mais qu'ils sont présents sur toute sa longueur.
CONCLUSIONS
La flore fongique présente sur les racines régénérées par des marcottes de
pommier cultivées sur brouillard nutritif est une flore du sol typique mais
appauvrie en espèces. On y trouve avec la même fréquence élevée les genres
Fusarium et Cylindrocarpon dont le F. tabacinum qui est l’un des hôtes les
plus communs de certains sols cultivés et le C. destructans plus spécialement
inféodé dans le milieu naturel aux racines de nombreux végétaux.
Tous les champignons isolés, de racines saines et de racines présentant une
pourriture brune, sont des saprophytes ou des parasites d'équilibre parmi les-
quels on relève des Pythium, divers Fusarium et Cylindrocarpon, et des Phoma.
Ces organismes interviennent probablement dans Ía décomposition des racines,
avec aussi de nombreuses bactéries dont nous n'avons pas ici abordé l'étude, à
la faveur d'un déséquilibre physiologique de la plante. Cette pourriture intéresse
en effet le plus souvent la premiére vague de racines régénérées aprés ablation
Source : MNHN. Paris
170 A. BRETON & F. ZANETTE
du systéme racinaire des marcottes et lorsque les pousses feuillées issues du
développement de la partie préformée dans les bourgeons achèvent leur crois-
sance; elle intéresse aussi les boutures de petite taille et peu feuillées, et se
manifeste plus régulièrement à 25°C qu'à 12°C ou 18°C. La première vague
de racines néoformées serait donc incapable, en raison d'une résistance amoin-
drie, de s'opposer aux parasites d'équilibre. Cette hypothése est renforcée
par le fait que dans le méme milieu, en présence des mémes micro-organismes,
les racines de la deuxiéme vague ne subissent aucun dommage, méme si certaines
d'entre elles cessent leur croissance.
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Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 171
ÉTUDE DE QUELQUES ESPECES
APPARTENANT AUX GENRES ROZITES ET CORTINARIUS
par R. HENRY*
RESUME. — Nous décrirons ici : A) Une forme inhabituelle de Rozites caperata (Pers.)
Karst; B) Plusieurs Cortinaires de divers groupes : Phlegmacia a bulbe marginé (Scauri),
parmi eux C. rufoviolaceus R. Hry, C. pseudofulmineus R. Hry; Phlegmacia sans bulbe
marginé (Cliduchi), parmi eux C. daulnoyae (Quél.) Luc., C. gallairei R. Hry, n. sp.; Seri-
ceocybe : C. ochrophyllus Fr., et dans le genre Hydrocybe C. strenuipes R. Hry, C. cypriacus
Fr., C. nigrolidus R. Hry n. sp.
SUMMARY. — An unusual form of Rozites caperata (Pers.) Karst. is described, charac-
terized by a dark violaceous veil forming a violet volva on the stipe, and a darker tawny,
brown pileus with a fibrillose-scaly net. Revised descriptions are provided for Cortinarius
cypriacus Fr., C. daulnoyae (Quél.) Luc., C. ochrophyllus Fr., C. pseudofulmineus R. Hry,
C. rufoviolaceus R. Hry and C. strenuipes (R. Hry). C. gallairei R. Hry and C. nigrolidus
(Chev. & R. Hry) are described as new.
A.— UNE FORME INHABITUELLE
DE ROZITES CAPERATA (PERS.) KARST.
Les auteurs signalent généralement que R. caperata (Pers.) Karst. peut conser-
ver de piles vestiges violetés du voile à la base du stipe. MOSER (1953) distingue
la série de R. caperata (Pers.) Karst. et la série de R. emodensis (Berk.) Moser
(= Cortinarius emodensis (Berk.)). Chez les Caperatae, le chapeau est sec, les
lames ocracées devenant plus ou moins ferrugineuses ou violacées. Le chapeau
est toujours givré au centre et parfois jusque vers les bords par le voile soyeux
blanchátre ou violacé. Le stipe peut être éventuellement violeté, mais sa base
* 58 Boulevard de Gaulle, 70000 Vesoul (France).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
172 R. HENRY
ne parait pas recouverte d'une volve violette. Habitat : Dans les foréts de pins,
en compagnie de Vaccinium myrtillus L.
Chez Rozites emodensis (Berk.) Moser (= Cortinarius emodensis Berk.),
ce sont les lamelles et la corticalité du sommet du stipe qui prennent en général
une couleur violette. Il n'est toujours pas question de la base du stipe. Habitat :
sous Abies webbiana Lindl., dans l'Himalaya.
Bien que nous ayons récolté plus de cent fois en France le type de R. cape-
rata, nous n'avons jamais observé une forme telle que celle que nous allons
décrire, et qui se caractérise essentiellement (mis à part le chapeau et l'anneau),
par la présence au pied d'une gaine apprimée d'un beau violet. Néanmoins,
nous l'aurions considérée comme un cas extréme, si nous n'avions constaté un
mode de réaction différent à l'iode. Lorsqu'on touche la chair de R. caperata
avec le réactif de Melzer, il se produit instantanément, une coloration bleu
foncé - outre-mer. Sur la chair de notre forme, au contraire, la réaction est
lente et tourne au vert, En outre l'habitat n'est pas habituel.
Voici notre description : Chapeau (3-6 cm), globuleux-convexe, longtemps
convexe, à peine bossu, finalement plan-convexe. Marge infléchie, fibrillo-
soyeuse froncée, blanc-violacé. Marginelle soudée aux bords d'un anneau mem-
braneux en diaphragme horizontal qui se détachera plus tard pour constituer
un véritable anneau à marge violette. Surface sèche, un peu collante aux lèvres,
rayée de quelques sillons, d’abord entièrement couverte d'un voile nettement
fibrilleux-méchuleux et violet pâle puis grisonnant sur fond fauve påle (Séguy
2041).
Lamelles (4-6 mm), moyennement serrées, (L = 80), blanches à crème-
blanchâtre, puis incarnat-rosé påle, enfin argilacées, presque libres puis sinuées-
adnées, à arête finement serrulée, concolore. Pied (6-7 cm/15-18 mm au sommet),
plein, strictement cylindrique, droit, blanc, teinté d'ocracé dans sa moitié
inférieure; orné à sa base, sur une hauteur de deux centimétres environ, d'une
guétre membraneuse, apprimée, squameuse, d'un beau mauve-violet (Séguy
605 à 625) passant en un jour à violet pále (Séguy 615). Anneau engainant,
en manchon, entièrement strié, membraneux, à bords violets (vu de dessous).
Chair (79mm), s'amincissant progressivement vers les bords, blanche à
blanchatre sale, jaunissant dans les morsures ou les blessures, douce, subinodore,
donnant lus réactions du type mais se comportant différemment vis à vis du
liquide de Melzer, (réaction verte, lente à se produire). Pas de réactions avec
la teinture de Gaïac, le TI4-FMP-NO; Ag. La soude ne donne, comme chez le type
qu'une couleur isabelle-brunâtre.
Forme remarquable et très rare (vue une seule fois en un demi-siècle) récoltée
dans les tcurbiéres de Frasne, sur la terre nue, sous un jeune ópicéa, à proximité
d'un filet d’eau et d'une nappe de sphaignes (mais sans contact direct), parmi
les Vaccinium vitislidaea L. (clairsemés) et V. myrtillus L. (abondants), le
30 septembre 1981.
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 173
2e lcm
Fig. 1. — Rozites caperata, forma violaceofulva ad int. 1 : gaine violette (Séguy 605 à 625).
iaphragme membraneux. 3 : voile violacé sur fond fauve pâle (Séguy 204).
Bien qu'il n'y eût là qu'un seul spécimen en parfait état, nous avons pensé
qu'il était bon de signaler ce fait. Cette forme est-elle constante? L'avenir le dira.
Nous pourrions lui donner provisoirement le nom de Rozites caperata (Pers.)
Karst. forma violaceofulva (Exsicc. n° 81/33-48, in herb. cons.) (fig. 1).
Quant aux caractères microscopiques, sans doute sont-ils identiques à ceux
du type. Voici cependant ce que nous avons noté :
Exsiccata chocolat au lait. Spores selon les incidences, à forte courbure
Source : MNHN, Paris
174 R. HENRY
dorsale, subhémisphériques ou piriformes ou ellipsoïdes-ovoïdes, finement
verruqueuses-ponctuées, nettement papillées à une extrémité, (11,6/4,8-8,7-
9,9 & 14,50/6,8-7,9-8,74m). Basides 4-sp. (36-40/10-12um), bouclées à la base, à
contenu granuleux-vacuolaire, Stérigmates assez courts. Cellules stériles remar-
quables par leur abondance, clavées-cylindriques ou en pilon, en palissade ou
en bouquets, également bouclées à la base (25/5,8um), émergeant de 22um
environ. Médiostrate régulier à hyphes partiellement bouclées, en segments
de 58/6 ou 58/13 ou 80/6,5-11um. Couche sous-hyméniale constituée par
plusieurs assises d'hyphes filamenteuses, gréles, (3,5-3,6um). Epicutis 4 hyphes
gréles finement bouclées aux articulations, groupées en faisceaux, avec des
articles terminaux légèrement et progressivement dilatés à l'extrémité, avec ou
sans rétrécissement subterminal (65-72/5-10um par exemple). Articles intermé-
diaires de 51-72/5,8um. Articles proximaux de 88/16um env. Cuticule à hyphes
paralléles, en segments courts (36-40/7-8), ou à hyphes plus étroites, à segments
plus longs (72/5,8-7,2um). Hypoderme cellulo-alvéolaire, à éléments moyens
de 18/15um. Chair piléique pseudoparenchymatique. Hyphes du pied jusqu'à
11-(13)um.
B. — GENRE CORTINARIUS
a) PHLEGMACIA DU GROUPE DES SCAURI :
Cortinarius (Pblegm.) rufoviolaceus R. Hry
(Suppl. Rev. myc. t. VIII, nO 2, 1 aoüt 1942, p. 11 et 48)
A-37, c. Sp. 30 (p. 11) et p. 48 (C. rufoviolaceus)
Espèce très répandue en Franche-Comté dans les bois calcaires et la rocaille.
Il rappelle C. rufo-olivaceus Pers. dont il est voisin et pourtant fort différent.
L’ayant récolté abondamment en 1981, nous en profiterons pour en dresser
une description définitive.
Chapeau (3-6-(8))cm, convexe-subhémisphérique, régulier, puis convexe-
plan. Marge enroulée puis infléchie, d'abord unie au stipe par une abondante
cortine violette. Cuticule visqueuse, à viscosité douce, séparable jusqu'au centre,
tantôt d'un beau lilacin (Séguy 69), surtout vers les bords; panachée ailleurs
(vers le centre) de tons rosés, ou tantót brun-jaune au centre, panachée d'olivátre
et d'améthyste vers la marge, puis passant au brun jaune et au rouge (vers Séguy
342), ou au rouge-incarnat. Lamelles (4-6mm), minces, assez serrées, (L —140-
150 env.; | — 3-4) parfois réunies par des veines, sinuées-adnées à adnées-unci-
nées, d'un beau lilacin-violet (sans trace d'olivátre), comme Séguy 655, vues de
face, puis brun-violacé à roux-purpurin à la fin, roux-purpurin foncé, à aréte
sans particularité notable. Pied (2-4 cm/1-1,5 cm au sommet) puis un peu plus
long, égal sur 1-2 cm environ puis dilaté en un bulbe assez volumineux, nette-
ment marginé, cordiforme; la partie au-dessus du bulbe concolore aux feuillets,
d'un beau lilacin-violet; luisant, soyeux, se nuançant d'ocracé avec l’âge ou de
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 175
fauve; avec la marge du bulbe nettement rouge briqueté pale, la portion infé-
rieure du bulbe étant blanchátre et terminée par des filaments mycéliens plus
ou moins abondants.
Cortine fibrilleuse violette bien fournie au début.
Chair (1cm), blanche dans le chapeau, blanche dans le bulbe, nettement
lilacin violet en haut du pied, souvent jaune en bas; les parties blanches se nuan-
cant souvent de rose ou d'olivátre; améthyste au bord sous la cuticule, montrant
parfois une ligne olivâtre au-dessus des lames; douce, à odeur fruitée-vireuse,
se colorant en vert par la soude (passant lentement à brun chocolat); en gris.
vert par NH4OH; enfin ne réagissant pas au gaiac, à la phénolaniline, au T14,
et très faiblement au NO; Ag.
Abondant dans les bois calcaires et dans la rocaille calcaire des bosquets
feuillus des pâturages du Haut-Doubs et des départements voisins, en sept-oct.
1935-1941-1942 dans les bois de Novillars (Doubs) et trois fois à l'Hôpital du
Grosbois en 1981 (5-10 oct. et 15 oct). Holot. n° 81/82, in herb, cons. R. Hry legit.
Spores ellipsoïdes amygdaliformes à apicule bien développé, à verrues assez
grosses, à forte courbure dorsale, parfois étirées-papillées, à une extrémité, (10,8/
6,1, 10,8/6,5, 11,6/6,5, 12,3/7,2 ou 13/6,8-7,2um). Basides 4-sp. (32-36/10um).
Cellules stériles (19-20/8-9um). Médiostrate régulier à hyphes de diamètre
variant de 2-3um sous le sous-hyménium à 4-8-11um. Epicutis constitué d'hy-
phes gréles bouclées, gélifiées, flexueuses, contournées, entremélées dont la
couche peut atteindre de 780 à 1500um. Les articles terminaux ont une extré-
mité un peu épaissie et arrondie. Les articles intermédiaires mesurent en moyen-
ne 88-95/44,5um. Cuticule à hyphes parallèles assez étroites, bouclées, de
5-10um d'épaisseur. Hyphes du stipe étroites ne dépassant guère 6-7um.
On pourrait dire que ce Cortinaire est un C. rufo-olivaceus (Pers.) oà le violet
s'est substitué à l'olive, Il arrive d'ailleurs que les deux plantes se rencontrent
dans les mêmes endroits, avec C. praestans, C. hinnuleus et de nombreux petits
Hydrocybes. Mais la réaction des bases fortes sur la chair est bien différente.
Avec la soude, la chair de C. rufo-olivaceus se colore en jaune passant au purpu-
rin (Séguy 24 puis Séguy 33, enfin Séguy 39).
C. rufoviolaceus n. sp. C. rufoolivaceo affinis quo lamellis stipiteque nullo
modo olivaceis immo laete violaceis differt. Lamellis e violaceis demum umbrine
rufopurpureis. Stipite violaceo marginatobulboso, margine ruforubro. Came.
umbrine viridante nec purpurea NaOH ope, quoque abest. Sporis ellipsoideo-
amygdaliformibus valde verrucosis subpapillatis (10,8/6,1um usque. 13/6,8-
7,2um). Basidiis 4-sp. (32-36/10um). Hyphis fibulatis. In nemoribus calcareis
non rarus.
Cortinarius (Pblegm.) pseudofulmineus R. Hry
(Suppl. Rev. myc. t. VIII, n9 2, 1 aoüt 1943, p. 24) - (SMF. 55), p. 174. (SMF.
67), f. 3, p. 256-257, 1951).
Chapeau (5-8 cm) convexe, régulier, puis convexe-plan; compact, massif, à
Source : MNHN, Paris
176 R. HENRY
marge flexueuse, d'abord enroulée (sur 1-2 mm), fragile; à cuticule visqueuse
(douce) vite sèche et mate et alors subtomenteuse, d'une couleur presque uni-
forme, brun foncé, brun-fauve-testacé à brun-rouge cuivré purpurin, avec les
bords un peu plus clairs et plus jaunes au début : parfois ponctuée au centre
de quelques flocons, mais souvent glabre; un peu chagrinée à la loupe et plus
ou moins rayéestriée au bord (Séguy 176 + 171 ou 146! ou Séguy 174 +
162); teinte qui se retrouve sur le bulbe et généralement au tiers inférieur du
stipe.
Lamelles (5-6 mm) assez serrées (L — 100-110), minces, pouvant s'imbriquer,
sinuées-adnées à émarginées-adnées jusqu'à émarginées-uncinées, avec sillon
périapical, jaunes, d'abord claires (Séguy 259 puis Séguy 258 à 256) passant
au jaune-fauve et au fauve-roux, à aréte entiére et concolore.
Pied (env. 7 cm/2-2,5 cm au sommet), robuste, claviforme-bulbeux, à bulbe
variable submarginé à marginé-déprimé, cordiforme-turbiné, parfois oblique
et dévié; dilaté en haut, jaune concolore aux feuillets (Séguy 286 à 256 ou
Expol. A. 74 en haut au début), parcouru par des fibres atanéeuses rouillées du
voile et prenant dans la partie inférieure et sur le bulbe la teinte de la cuticule;
plein. Cortine jaune sulfurin, fugace.
Chair (1-1,5 em) brunâtre sous la cuticule, uniformément jaune clair, (Séguy
290) ou blanc-jaunâtre dans le chapeau, plus foncée (Séguy 260 à 245 dil.)
dans le stipe et dans le bulbe, jaunissant davantage à l'air; douce, se colorant
en rose-rouge par la soude, (cuticule atropurpurine); se colorant faiblement
en jaune pale par NH4OH et par T14; et ne réagissant ni au gaiac ni à l'argent
ni au mélange FMP. Odeur un peu fruitée.
Aréte des lames homomorphe. Spores à trés grosses verrues, à apicule court
et saillant, dentelées, (10,8/6,5-6,8-7,2-8,3, 11,2-11,6/7,2-8,7 ou 12,3/6,5-
6,8-7,9-8,7um, certaines pouvant atteindre 14/7,2um. Basides 4-sp. (29-30/
7.8um à 36-42-47/6,5-7,9-8,7um). Cellules stériles peu visibles, claviformes
(22/6,5-8,7um). Médiostrate régulier à hyphes étroites dans l'ensemble et attei-
gnant rarement 9-11um en segments de 51/7-11um par ex. Importante couche
@hyphes gréles courant sous I’hyménium atteignant une épaisseur d'environ
45m (les hyphes elles-mémes n’ayant que 1,5-2-3 ou 4um). Epicutis constitué
par des hyphes relativement épaisses, gélifiées partiellement et bouclées (8-
8,7um), enchevétrées en un lacis inextricable et serré, souvent couchées tangen-
tiellement, d’où se dressent ça et là des articles terminaux qui finissent en lames
de couteau ou en une petite dilatation ampullaire (articles terminaux : 51/4,3-
Sum env., articles intermédiaires : 61/5-6um et articles procimaux jusqu'à 7-
7.5pm). Cuticule constituée par un tissu plus serré d'hyphes analogues à celles
de l'épicutis, et au-dessous par des hyphes plus larges, bouclées en partie, les
unes d'aspect normal, les autres en segments dilatés se rétrécissant aux points
de jonction, de 13-15/4,5-7, 51-72-76-94/7-11, 51-65-80/16-17, 43-72-101/
22-25, 36/29 ou 72/36um. Quelques segments piriformes de 72/36um. Hyphes
du pied jusqu'à 13-14um.
Sous épicéas ou sapins. Tresilley (Hte Saône), en octobre 1968; Frasne
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 177
et Cuvier en oct. 1972; recu de l'Aude le 4 nov. 1981. Holot. no 81/171 in herb.
cons. heterot. n9 2621 et 3762.
b) PHLEGMACIA DU GROUPE DES CLIDUCHI :
C. daulnoyae (Quél.) Luc. (fig. 2).
Décrit à l'origine comme C. cumatilis var. daulnoyae Quél.
QUELET a décrit dans ses «Champignons du Jura et des Vosges» une espéce
des Phlegmacia qu'il a nommée C. daulnoyae et qu'il apparente à C. cumatilis Fr.
Il décrit ce cortinaire de la facon suivante : «Stipe plein, rarement à bulbe
marginé, blanc. Péridium convexe (10 cm), visqueux, améthyste, souvent roux
Fig.2.— Cortinarius (Phl.) daulnoyae (Quél.) Luc.
Source : MNHN, Paris
178 R. HENRY
avec les bords bleu-lilas. Chair ferme, blanche et sapide. Lamelles améthyste
tendre puis argileuses. Spore en amande (10-12um). Dans les bois feuillés
(Nièvre).
(Quelques espèces critiques ou nouvelles de la Flore Mycologique de France,
séance du 10 août 1889, p. 510).
ROUMEGUERE (1883) entreprend un catalogue et un commentaire des «Fi-
gures peintes du Capitaine Lucand». Dans l'analyse du 12e fascicule faite par
FEUILLEAUBOIS (1890), on retrouve une description de cette rare espèce,
où l'on peut lire : (Chapeau d’une belle couleur améthyste avec le disque lavé
de brunátre... Chair blanche dans le chapeau et le stipe... Lamelles d'abord blan-
ches et prenant ensuite une teinte argileuse... «Conifères». Voisin de C. cuma-
tilis». Enfin si nous consultons les «Figures peintes» (LUCAND, 1889), nous
voyons que le champignon est représenté avec un chapeau d’un violet intense et
un pied blanc.
Nous pouvons donc en déduire les points suivants : C. daulnoyae est une
espéce des bois feuillus et bois de coniféres. Son chapeau est améthyste mais
d'un violet foncé d’après LUCAND (loc. cit.). Ce champignon a des lamelles
très pâles car QUÉLET les donne pour améthyste tendre, puis argileuses et
FEUILLEAUBOIS pour d'abord blanches puis argileuses. Il est donc possible
qu'elles se décolorent rapidement. Le stipe est blanc mais surtout (et c'est le
caractére le plus important), la chair est blanche dans le chapeau et dans le pied.
Nous avons trouvé plusieurs fois cette espéce, mais nous hésitions à la déter-
miner ainsi en raison «du chapeau améthyste». La figure donnée par le capi-
taine LUCAND nous a aidé à surmonter nos scrupules, d'autant plus que les
codes des couleurs différent. SÉGUY voit dans la teinte améthyste (S. 604)
une couleur violet foncé. Il en est de méme de Méthuen 15C6 qui tire sur le
violet vineux. Il en est encore de méme d'aprés la Chromotaxia de LOCQUIN,
améthyste étant la superposition de B. 30 et de R. 20 (un violet et un rouge).
Et puis la Russula amethystina de Quélet n'est-elle pas foncée et violet lie de
vin? Par contre les lames, indiquées comme améthystes, sont pâles puisqu'elles
deviennent vite argileuses.
Ceci posé, voici la description que nous pouvons faire de ce cortinaire :
Cortinarius (Pblegm.) daulnoyae (Quél.) Luc.
Espéce apparentée plus aux Balteati qu'à C. cumatilis Fr. dont elle s'écarte
par les spores non fusiformes et par les réactions macroscopiques. Rappelle
par sa teinte C. dibaphus Fr. dans les Scauri.
Chapeau (3-7-12 cm), convexe, un peu bossu au centre, puis convexe-plan,
à marge infléchie, à marginelle enroulée sur 1,5 mm. Cuticule visqueuse (visco-
sité douce), puis sèche, de couleur non uniforme, brun-violet-améthyste, (S.
669-670), violet-lie de vin au centre à grenat-violacé, (S. 109), avec les bords S.
661 dilué à S. 688, puis se dégradant vers les bords qui deviennent plus bruns
(vers S. 710 et surtout S. 715); se tachant parfois de brun, pâlissant et brunissant
avec l'âge, devenant à la marge brun légèrement nuancé de violacé ou brunâtre-
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 179
ocracé (vers S. 178 et S. 204). En somme une couleur qui n'est pas sans analogie
avec celle de C. dibaphus. Lamelles (6-7 mm) assez serrées (L = 128), pales
blanchatre-lilacin ou blanches mais nettement violetées vers les bords du cha-
peau, puis argilacées, remarquablement émarginées-adnées-uncinées; à aréte sans
particularité,
Pied (7/1,5 cm au sommet, à 11-13 cm/3 cm au sommet) robuste, un peu
recourbé ou fusoideventru-atténué en bas (jusqu'à 4-5 cm à l'endroit le plus
large, mais ceci très rarement), un peu pruineux ou chagriné à la loupe, parfois
aplati et élargi au sommet, nettement fibrilleux et blanc au-dessus de la cortine,
devenant plus où moins brunâtre au-dessous avec l'âge, la base restant blanche:
parcouru par des fibrilles longitudinales du voile pouvant dessiner un réseau:
sans trace aucune de violet; plein, mat, fibreux, fragile.
Chair (1,5-3 cm) ferme, dure, d'un blanc pur, un peu violacé sous la cuticule,
douce, subinodore (un peu fruitée), se colorant en beau jaune par NH4OH,
en bleu-vert par la teinture de gaiac, en incarnatlilacin-violacé par FMP, en
purpurin par la phénolaniline, et ne réagissant ni au T14, ni à la résorcine ni à
l'argent (brun clair) ni aux bases fortes (grisincarnat).
Les spécimens normaux ont le port de C. largus ou de C. variecolor.
Spores amygdaliformes ou en noyaux de quetsches, à verrues moyennes,
finement dentelées, à apicule bien développé, à forte courbure dorsale, (9,4/
5,8, 10,1/5, 10,5-10,6/5-6,5 ou 10,8/5,8-6,1um). Basides 4-sp. (29-30/6,5-8um).
Cellules stériles claviformes (18/8um). Médiostrate régulier à hyphes dominantes
étroites (6-8um); quelques hyphes plus larges jusqu'à 11um, en segments de 36-
58/6,5-7um ou 43/11um. Sous-hyménium dense, épais, rameux, longé par des
hyphes gréles de 0,7-1um. Épicutis formé de filaments entremélés, flexueux,
recourbés, bouclés, de plus en plus serrés et gélifiés aux abords de la cuticule.
Articles terminaux : 43-50/3,5um, articles intermédiaires : 95/3,5um environ,
articles proximaux : 6,5-7um. Cuticule présentant en surface des éléments
oblongs, ovoides ou claviformes, à extrémité libre (40-43/16um) ou des hyphes
entrecroisées en segments de 29-43/11, 40/16 ou 65/17um avec anses d'anasto-
mose même sur les hyphes épaisses de 1lum. Chaïr piléique d'aspect pseudo-
parenchymatique. Hyphes du pied jusqu’à 21um de diamètre.
Dans les bois feuillus ou de conifères. Sous feuillus, Vosges en 1970; sous
feuillus, bouleaux dominants, Trésilley, en 1972; sous conifères, Champagnole,
(Trescol leg.) en septembre 1981. Exsicc. n° 80956.
Récolté le 5 oct. 1981 (5 spécimens) dans un bosquet calcaire du Haut-
Doubs. Deux d'entre eux avaient le pied cylindrique et trois le pied subclavi-
forme-bulbeux provenant du méme mycélium, en compagnie de C. praestans
(Cord.) Gillet, de C. strenuipes R. Hry, de C. rufoviolaceus R. Hry et de C.
hinnuleus (Sow.) Fr.
En raison de l'habitus, du comportement chimique de la chair et de la forme
des spores, nous pensons que cette espéce est à classer plutót dans les Balteati
que dans les Cumatiles.
Source : MNHN, Paris
180 R. HENRY
Cortinarius (Pblegm.) gallairei n. sp. (fig. 3).
Espéce peu rare, trés remarquable, vite séche, de sorte qu'on la prendrait
facilement pour C. canimus (Fr. Fr. var. inflata R. Hry. Réaction au formol
négative; de forme bizarre qui pourrait évoquer aussi C. affinis Allescher, tel
qu'il est représenté par MOSER dans son Atlas (1960, Pl. X/48). Feuillets d'un
beau mauvelilacin. Sommet du stipe à reflets presque métalliques. Sous les
jeunes épicéas.
Fig. 3. — Cortinarius (Phl.) gallairei n. sp.
C. (Phlegm.) gallairei n. sp.
Cortinarium caninum (Fr.) Fr., var. inflatum (R. Hry) revocat sed viscosus;
C. affinem Allescher quoque sed valde diversus, pileo 4-8 cm lato, e convexo-
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 181
hemispherico convexo-plano, primum viscoso (dulci), mox sicco, colore opaco
uniformiter fulvente (S. 174 vel 202), Cortinarium fulvo-ochrascentem R. Hry
revocante. Lamellis 5-9 mm latis emarginato-uncinatis, e pulchro. pallidoque
lilacino-violaceo dilute fulventibus. Stipite 6-9 cm alto, 2-3, 5 cm apice spisso,
interdum. dilatato, nunc (raro) subaequali, nunc ventricoso-fusoideo basi atte-
nuato nunc ab apice regulariter ac paulatim attenuato, nunc immo subradicante,
sursum autem valde argenteo-lucenti albido caesiove refulgente: pleno, dein
fistuloso vel toto cavo, ex albo-vaginato nudo, fugaciter linea annulari cincto.
Carne tandem (10-15 mm spissa), alba, dulci, vix fructuolente, FMP intense
violacea, NH4OH vix flavescente; aldehydae formicae ope haud violascente;
gaiaco nullam mutationem praebente.
Sporis ovoideis, vel ellipsoideo-ovoideis, usque amygdali-formibus (7,95
vel 10,8-11/5-5,8um). Basidiis 4-sp. (33-36(40)/6,5-8um), Hyphis partim fibu-
latis.
Sub piceis teneris saepe obvius. Holotypus no 70796 - Heterotypus n9 81/55
in herb. conservati.
Chapesu jusqu'à 8 cm, convexe-régulier-subhémisphérique à convexe-plan,
Marge infléchie puis redressée, nettement festonnée. Marginelle étroitement
enroulée, Cuticule d'abord nettement visqueuse vite séche, d’une couleur uni-
forme fauve pále(vers S. 174-203) un peu comme C. fulvo-ochrascens R. Hry,
mate givrée à la loupe, fibrilleuse au bord, avec la marginelle un peu plus jaune.
Lamelles (5-9 mm) moyennement serrées, souvent brisées-lobées en raison
de la forme du chapeau, émarginées-subuncinées, d'un beau mauve-tendre-
lilacin puis beige-incarnat à beige-fauvatre restant longtemps mauves vers les
bords du chapeau; à aréte banale.
Pied (6-9 cm/2-3,5 cm au sommet) rarement subégal, un peu atténué en bas,
faiblement dilaté au sommet; le plus souvent irrégulier, tantôt atténué de haut
en bas d'une manière progressive, tantôt ventru-fusoide, atténué à la base
(4-5 cm de diamètre au ventre), puis s'atténuant brusquement en une base
obtuse subradicante ou non (1,5-2 cm); droit ou légèrement oblique; à partie
supérieure parfois comprimée-bosselée et fibrilleuse-argentée, a reflets trés
brillants, chatoyants, blanchatre-argenté, comme métalliques, un peu violetée;
cette zone apicale n'occupant plus à la fin que quelques centimètres. Elle est
généralement parcourue par des fibrilles aranéeuses éparses. Partie inférieure
comme guétrée par une gaine blanc-glacé dont la limite supérieure forme une
frange annuliforme inconstante; se tachant parfois de roussâtre. Pied d’abord
plein puis fistuleux et quelquefois entièrement creux, Cortine fugace.
Chair (10-15 mm au centre), blanche, douce, à odeur légèrement fruitée, se
colorant en violet intense par FMP (formol-métol-phénol) mais inactive au
formol seul; se colorant en jaune pale par NH4OH; ne réagissant pas au gaiac.
En groupe sous les jeunes épicéas,
Spores ovoides à ellipsoides-ovoides, jusqu'à amygdaliformes, finement
verruqueuses, pointues à une extrémité (7,9/5,8-6,5, 8,3/5, 8,7/5,8, 9,4/4,7-
6,1, 10,1/4,7-5 ou 10,8/5-5,8um). Basides 4-sp. (33-36(40)/6,5-8um). Cellules
Source : MNHN, Paris
182 R. HENRY
stériles cylindracées ou claviformes (16/6,5 à 18/5,8-7 et 26/6,5um). Epicutis
à hyphes gréles bouclées, gélifies, en filaments ondulés-flexueux, avec des
articles terminaux et intermédiaires larges de 2-3um et des articles proximaux
7-8um de diamètre. Cuticule constituée d'hyphes assez larges, en segments de
54-84-94/11 ou de 72/17um entre autres. Quelques éléments ovoides de 40-
43/22-25, de 54/11 ou de 65/20um. Chair non celluleuse. Hyphes du stipe
jusqu'à 11um de diamètre.
c) SERICEOCYBE :
C. (Sericeocybe) ocbropbyllus Fr. (fig. 4).
(Monogr. Suppl. n° 100)
Cortinaire peu commun, ayant le port de C. anomalus (Fr.) Fr. et les tons
olivatres des Cinnamomei-raphanoides. Il est remarquable en outre par son stipe
ponctué, dans la moitié inférieure, de granulations plus foncées, ainsi que par ses
feuillets ocracés à ocracé-safrané.
Chapeau (4cm sur nos spécimens), peu charnu, convexe-campanulé-obtus,
convexe-obtus, avec une bosse peu saillante, ayant le port de C. anomalus (Fr.)
Fr. Marge infléchie, cannelée, translucide au bord, à marginelle droite. Cuticule
peu ou pas hygrophane, ocre-olivatre mat plus ou moins givrée-rayée, submica-
cée (S. vers 199 + 339 ou 339, à centre plus foncé, S. 338 dil.).
Lamelles (6-7 mm) plus larges que la chair, un peu veinée sur les faces, peu
serrées (L = 52), sinuées-adnées à faiblement émarginées, ocracé tendant au
safrané (vers S. 246) avec l’aréte érodé et concolore.
Pied (8-9 cm/6-7 mm au sommet), presque droit ou légèrement incurvé à
la base, dilaté-fusoide, s'atténuant prés du sol, nu, finement fibrilleux, un peu
luisant au sommet, blanchâtre sale, ponctué dans la moitié inférieure de fins
flocons granuleux brunátre et présentant un fin réseau de fibrilles innées et
apprimées; d'abord plein puis fistuleux-creux.
Chair (0,5 cm) au centre, beige isabelle pále puis créme-jaunátre, douce, à
odeur faible d'herbe fraiche, donnant avec le T14 une assez belle réaction
beige; insensible au gaíac.
Spores globuleuses à ovoides, elliptiques, pointillées-finement verruqueuses,
à petit apicule court et épais, recourbé, de 7,2/5-5,8um, 7,9/4,7-5-6,5-6.8,
8,3-8,7/5 ou 8,7/6,5um. Basides 4-sp. (33-36/7.2-8,7-9um). Cellules stériles
clavées-cylindriques a claviformes (19-25-29/6,5-7,2-7,9um). Médiostrate régu-
lier montrant outre les hyphes gréles (4-5um) longeant l'hyménium, des hyphes
en segments de 43-51/6-8um, 65/9,5, 51-54-65/11-12 ou 25-43/13um avec
boucles. Epicutis constitué par des filaments bouclés à toutes les articulations
avec des articles terminaux parfois assez épais (1lum) alors que les articles
intermédiaires mesurent par exemple 4,3-5-Jum de diamètre pour une longueur
de 50 à 80um. Articles proximaux de 43-72/11-12um. Cuticule offrant en sur-
face des hyphes marginales à extrémité libre arrondie, juxtaposées, se prolon-
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 183
geant vers l'intérieur par des hyphes parallèles, et bouclées, en segments de
29-43-65/11-12, 36/15 ou 72/18um, auxquelles se mélent ca et là des plages
en damier faites de segments très courts (36/16-18um). Quelques éléments
aussi de 51/25um. Hypoderme celluleux (29-30/15um). Chair piléique filamen-
to-alvéolaire. Hyphes du pied de 8-11m, Nous avons sur nos préparations des
éléments ronds et fortement colorés de nature indéterminée.
Deux spécimens de cette espèce ont été présentés au Congrès de Dole (1981).
Ils avaient été récoltés par M. Trescol dans les tourbiéres de Frasne, avec C.
subscaurus Mos. Holot. n° 80952 in herb. cons. L'espéce est donnée comme
croissant, en Suéde, dans les foréts ombragées.
Fig. 4. — Cortinarius (Sericeocybe) ochrophyllus Fr.
Source : MNHN, Paris
184 R. HENRY
d) HYDROCYBE :
Cortinarius (Hydrocybe) strenuipes R. Hry (fig. 5)
Bull. Soc. myc. Fr. (71) p. 230, 1955.
Espèce robuste, plus ou moins répandue selon les années, sur les terrains
rocailleux calcaires des bosquets de charmille des pâturages du Haut-Doubs et
dans les bois feuillus calcaires. Elle accompagne en général C. rufoviolaceus R.
Hry et C. praestans (Cord.) Gill. Ce cortinaire est très remarquable par sa grisaille
argentée et l'aspect «sordescens» qu'il prend parfois avec l’âge. En groupes.
Chapeau (5-10 cm) charnu, compact, s'amincissant assez brusquement au
bord, peu hygrophane, convexe à convexe-plan, plus rarement un peu déprimé,
exceptionnellement subombiliqué. Marge fortement enroulée-brisée, froncée,
mais surtout remarquablement fibrilleuse-argentée-grisonnante, le reste de la
cuticule étant givrée. Cuticule imbue brun rouge (S. 131 à 112) tachée de noir
ou ponctuée de blanchátre, parcourue dans le sens radial de flamméches grison-
nantes, passant sur le sec à une couleur grisbrun clair (S. 133-203 ou 174
dil. et mat, ou comme Expol: B. 44-B. 62 ou C. 43), avec le centre créme-ocre
(D. 54); prenant volontiers sur le déclin un aspect «sordescens»; jamais couverte
de fibrillo-méchules bien différenciées (au contraire de C. Hillieri R. Hry).
Lamelles (6-10 mm), assez larges, espacées (L — 52-60), minces, s'imbriquant
parfois, sinuées-adnées à émarginées, arrondies en arrière, repliées-brisées vers
les bords, un peu chatoyantes, beige-purpuracé puis brun-purpuracé foncé à
chocolat-rouillé (S. 203-204 dil. 193-162-177 ou Expol. F. 24 - F 44 dil.) avec
l'aréte subcrénelée ou subentière et plus pâle.
Pied (5-10(11)cm/1,5-2-2,5 cm au sommet), plein, robuste, claviforme ou
obèse-fusoïde, parfois aussi droit et subégal, souvent comprimé, fibrillo-strié,
grisonnant, rayé de fibrilles brunes, un peu purpuracé en haut étant imbu, pre-
nant dans la moitié inférieure la teinte du chapeau et noircissant à la base par
altération chez les vieux exemplaires; subtilement orné dans la jeunesse d'une
gaine blanchátre, parfois fragmentée, floconneuse et fugace, négligeable; parfois
nu d'ailleurs.
Cortine trés abondante, grise.
Chair (1-1,5 cm au centre), ferme, un peu purpuracée en haut du stipe par
imbibition, passant a isabelle, plus foncée en bas du pied, mais ni bistrée ni
safranée, douce, inodore ou subinodore, donnant une réaction négative à lente-
ment et faiblement positive avec le Gaïac et la phénolaniline; positive au métol
et au mélange FMP (violet); positive ou NO; Ag (chocolat); négative au T14,
enfin se colorant plus ou moins en gris-brun bistré pale par les bases fortes
alors que la cuticule passe au bistré au noir.
En groupes dans les endroits rocailleux calcaires des bosquets des paturages
du Haut-Doubs et département limitrophes (1935-1952-1956-1957-1967-1970
et 1981) souvent plusieurs fois la méme année, à l'Hópital du Grosbois (Doubs).
Vu une fois à Luxeuil (exposition). Pourrait étre pris pour un Sereocybe.
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 185
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Fig. 5. — Cortinarius (Hydrocybe) strenuipes R. Hry.
Spores ellipsoïdes-ovoïdes-amygdaliformes, grossièrement verruqueuses, den-
telées, à apicule assez saillant, de 8,7-8,9/5,2-5,8um, 9,4/5, 10/6,1 ou 10,8/5,2-
5,8-6,5 (11-12/6,5)um. Basides 4-sp. (36-38/7-7,5um). Cellules stériles (29-
30/5-8um); peu visibles. Médiostrate régulier à hyphes étroites (3,5-6,5um).
Epicutis à hyphes relativement larges (7,2-8,7um), bouclées, en écheveaux ou
láchement entremélées, avec articles terminaux d'environ 50/4,3-5um, depuis
3-3,6um, a extrémité arrondie. Cuticule formée d'un tissu serré d'hyphes ana-
logues entrecroisées (9-10um), puis à hyphes plus larges, en segments de 57-
58/12, 72/15 ou de 88-95/13um. On note aussi la présence d'éléments oblongs
rétrécis aux articulations, d’aspect allantoide, de 80/18, 68/27 ou 50/29um.
Chair piléique celluleuse à éléments de 8,7/8.7, 15/7 ou 25/11um. Hyphes du
Source : MNHN, Paris
186 R. HENRY
stipe jusqu'à 10-11jm d'épaisseur.
Holot. n9 81/57-73 in herb. cons.
N.B. C. rusticus Karst. est un Telamonia à anneau floconneux et blanc. Les
fibrilles du chapeau sont blanches, la chair blanchâtre; c'est une espèce des
sapinières moussues.
Cortinarius (Hydrocybe) cypriacus Fr. (fig. 6).
Espèce aussi curieuse que rare. Chapeau remarquablement irrégulier et de
forme flexueuse particulière, à marge non moins remarquablement brisée;
excessivement mince, presque membraneux, le centre seul étant un peu charnu.
Espèce apparentée à C. safurninus. Bois feuillus (Charmes).
Chapeau (3-6 cm) d'abord assez régulier convexe-globuleux avec une bosse
en dóme, convexe-campanulé-obtus, enfin convexe-plan à plan et alors irrégulier
et flexueux, ondulé par des alternances de zones circulaires convexes et de zones
circulaires déprimées, la premiére dépression entourant la bosse centrale et
la derniére précédant la marge. Bords du chapeau remarquablement brisés,
gondolés, flexueux, sinueux, lobés-incisés. Marginelle étroite, redressée à la fin,
et séparée du reste de la surface par un sillon. Cuticule glabre sauf au pourtour,
d’une teinte inhabituelle, terne, livide, variant du fauvâtre (coque de noisette
pâle) à chamois-ocré (S. 249 à 199) avec le centre plus fauve et la marge, parfois
ridée, fibrilleuse-argentée et discrètement violetée.
Lamelles (4-7 mm), peu serrées (L = 48-52), déformées chez les jeunes
exemplaires par suite de la forme campanulée du chapeau et, de ce fait, comme
brisées, bilobées ou trilobées, ces cassures formant par leur juxtaposition un
large sillon à 1 cm environ du sommet du stipe; adnées a émarginées-adnées,
d’abord violettes puis brun-argilacé-violet sombre, enfin brun mat (S. 703).
Aréte sans particularité notable.
Pied (3-7 cm), épais au sommet de 6-10 mm, droit ou recourbé en bas, tantôt
égal tantót trés légérement renflé à la base, tantót claviforme-subbulbeux,
gris-argenté-violacé en haut, à chatoiement violet obscur, se salissant de brunátre
À la partie inférieure, d'abord plein puis fistuleux.
Chair (1-3 mm au dôme central), trés mince, submembraneuse ailleurs (1 mm),
blanche à blanchátre, violette dans la moitié supérieure du pied, lilacin-incarnat
trés pále parfois dans le bulbe, à odeur subnulle ou un peu fruitée, douce,
donnant une réaction positive au gaiac, nulle ou douteuse à la phénolaniline,
et nulle au FMP.
Spores typiquement ellipsoides-ovoides, pointues à une extrémité, quelques
unes elliptiquesamygdaliformes, finement verruqueuses-ponctuées, à apicule
bien individualisé (8,7/5, 10,1/5,8-6,1, 11,2/6,1, 12,3/6,5um) ou amy gdaliformes
(11,6/5,8-6,5um). Basides 4-sp (36/6,5 à 40-46/7-11um), bouclées à la base et
souvent comme prolongées par une dilatation ampullaire oblongue dans l'axe.
Stérigmates longs de 7,5-8um. Cellules stériles en palissade (de 18/7 à 22-24/
5,8-8um). Médiostrate régulière à hyphes dominantes assez étroites (7-8um),
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 187
Fig. 6. — Cortinarius (Hydrocybe) cypriacus Fr.
d'autres à segments plus épais (jusqu'à 114m). Sous-hyménium rameux longé
par des hyphes gréles sous-jacentes de 2-3,5um de diamétre. Épicutis constitué
par des hyphes gréles bouclées, de 4,3um pour les articles terminaux et inter-
médiaires en segments moyens de 65 à 70m. Articles proximaux de 72/9,5um;
d’autres plus étroits de 6-8um. Cuticule filamenteuse à hyphes bouclées en
segments de 51/22, 65/16, 44-51/10-18 ou 68/12um, parfois ovoides (16/
22um).Chair piléique celluleuse-alvéolaire à éléments de 15/11-15um environ.
Source : MNHN, Paris
188 R. HENRY
Hyphes du stipe jusqu'à 10um de diamétre.
En groupe dans les bosquets calcaires du Haut-Doubs, avec C. strenuipes,
R. Hry et C. praestans (Cord.) Gillet (n° 81/104).
Nous retrouvons dans notre description les données de FRIES Monogr. n° 172.
C'est une espéce trés différente des autres espéces du groupe. La forme du cha-
peau est difficile à décrire : «Ex iconibus datis (170-172) horum differentiae
mox elucent, licet verbis aegre depingantur».
La chair surtout est extrémement peu épaisse, submembraneuse, et mince
méme au centre. «Statura longe alia, omnibus partibus tenuior. Pileo, disco
modo carnosulus, ceterum membranaceus». Pileo primitus «bullato», margine
infracto, subflexuoso». C'est une espéce des bois feuillus : «In nemoribus fron-
dosis».
Une seule différence mais que MOSER (1960) a également notée: le stipe
n'est pas toujours égal sur tous les spécimens; certains sont bulbeux, d'autres ont
le pied subégal.
Cortinarius (Hydrocybe) nigrolidus Chev. & R. Hry n. sp.
(© nigro-olidus = noir et odorant)
Petite espèce entièrement noire, à odeur de mirabelle (ou de C. amoenolens
R. Hry), cespiteuse sur l'humus des bois feuillus ou mixtes. Espèce méridionale.
C. (Hygrocybe) nigrolidus (Chev. et R. Hry) n. sp.
Pileo (8-15 mm lato), convexo, glabro, toto nigro, odorato (odore grato
pruni vel. C. amoenolentis R. Hry). Stipite aequali, 1,5-2 cm longo, 2-2,5 mm
crasso, nudo, nigro, passim fibrilleo-griseo. In nemoribus frondosis vel mixtis
caespitoso (4-5-sp.), in locis humidis muscosis, sub fagis piceisque mixtis. Quae
species rara in meridionalibus regionibus obvia. Sporis 7,615 usque 8,3-8,7/5um.
Basidiis (32-33/7-8um) ellipsoideis-ovoideis-amygdaliformibus.
Chapeau (8-15 mm), convexe-globuleux, convexe-hémisphérique, plus rare-
ment campanulé-obtus, à marge sinueuse-festonnée, subcannelée, fibrilleuse.
Cuticule entièrement noire comme du charbon, dès la jeunesse.
Lamelles (2-3 mm), un peu ventrues, espacées, (L = 26-28), émarginées,
également noires, ou brun-noir. Aréte concolore.
Pied (1,5-2 cm), épais de 2,5-3 mm au sommet, assez court, gréle, égal, droit
ou incurvé en bas (cespiteux), parfois subtilement épaissifusoïde à la base,
fibrillo-strié, présentant des plages de fibrilles grisonnantes étagées, sur fond
noir à brun-noir; concolore; nu, sans frange annuliforme; à tomentum blanchátre
à la base. Cortine évanescente.
Chair subnulle à odeur agréable de mirabelle ou de C. amoenolens R. Hry;
odeur faible, mais nette et suave.
En touffes de 4-5 spécimens, sur la terre nue, dans les feuillus mélés d’épicéas.
Ceilhes, 20 oct. 1981. Vu à l'exposition de Bédarieux (Holot. no 81/137 in
herb. cons.).
Source : MNHN, Paris
ROZITES et CORTINARIUS 189
Spores ellipsoides-ovoides-amygdaliformes, faiblement apiculées, finement
verruqueuses, de 7.6/5, 7,9/4,7-5 ou 8,3-8,7/7,5um. Basides 4-sp. (32-33/7-8um).
Cellules stériles (13/5-6um). Médiostrate régulier, à hyphes parallèles de 4,3-
lum, en segments moyens de 80-88/4,3 ou 72/8,7um, avec anses d'anastomose.
Epicutis à hyphes gréles bouclées de 4-7um d'épaisseur. Cuticule formée d'hy-
phes ayant jusqu'à 22um de diamètre, en segments de 58/11, 72/18 ou 95/22um.
Éléments marginaux de 22/11 à 36/25um. Hyphes du stipe jusqu'à 10um
de diamètre.
N.B. Ce petit cortinaire a des dimensions voisines de celles de C. paleaceus
(Weinm.) Fr. mais le stipe est plus court. Il est noir, cespiteux et il sent bon.
BIBLIOGRAPHIE
FEUILLEAUBOIS M., 1890 — Les Champignons de France, analyse du 12e fascicule.
Rev. de Botanique 8 : 241-249.
HENRY R., 1942 — Rev. de Mycol., Suppl., t. VIII, p. 11 et 48.
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LUCAND JL. 1889 — Figures peintes des Champignons de France. Fasc. 12 : n9 285,
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4 : 44 Opp., 32 pl.
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de France. C. R. Ass. frang. Av. Sci. (Paris 1889), 18 : 508-514.
ROUMEGUERE C., 1883 — Le quatrième fascicule des Figures peintes de champignons
de M. le capitaine Lucand. Rev. mycol. 1883 : 217-224.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
191
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
G.T. COLE et B. KENDRICK ed., 1981 — Biology of conidial Fungi. Vol. 1,
480 p., vol. II, 672 p., Academic Press, New York.
Traiter de la biologie des champignons est un propos ambitieux : le terme
de «biologie» recouvre, à loisir, de multiples aspects de l'existence et du com-
portement des êtres vivants. Les éditeurs de cet ouvrage collectif limitent leur
objet aux septomycètes producteurs de conidies, autrement dit, aux Fungi
Imperfecti. Justement contesté en tant qu’unité systématique, riche cependant
de plusieurs milliers d'espèces, ce groupe de champignons s'impose à notre
attention par leurs activités qui souvent interférent avec les nótres. C'est dire
que les thémes abordés ici par les meilleurs spécialistes sont nombreux et variés :
pas moins d'une trentaine de chapitres dont la plupart s'inscrivent sous quatre
rubriques fondamentales.
La première - après une brève évocation historique - s'intitule sans ambi-
guité : «Systématique». La priorité accordée à cette discipline a de quoi sur-
prendre et même rebuter maint biologiste. Mais KENDRICK affirme et dé-
montre que le taxonomiste est au cœur des problèmes biologiques, son rôle
étant de collationner les informations recueillies dans d'autres disciplines, et
de regrouper les organismes de son ressort en un systéme cohérent qui rende
compte de leurs affinités essentielles. En fait, le chapitre consacré aux Hypho-
mycétes est une analyse serrée des problémes posés au systématicien par les
«anamorphes» et tend, une fois de plus, à dégager les bases d'une classification
rationnelle des formes conidiennes. Une démarche analogue, quoique d'un ton
moins polémique, guide l'exposé constructif et fort bien illustré sur la systé-
matique des Coelomycétes (NAG RAJ) et celui de Von ARX sur les levures
asexuées. Les difficultés particulières aux champignons dimorphiques et aux
pléomorphes sont soulignées dans les deux chapitres suivants (COLE et NOZA-
WA, CARMICHAEL). La clé du problème est proposée par MULLER, qui
analyse les relations entre les anamorphes conidiennes (formes imparfaites)
et leurs téléomorphes (formes sexuées), et la valeur systématique de ces rapports;
cette discussion complète et explicite l'exposé préliminaire de KENDRICK.
Ces premiers chapitres apparaissent comme un plaidoyer en faveur de la
«nouvelle systématique» des champignons imparfaits, d'une lecture peut-être
difficile pour qui n'a pas suivi les développements récents de cette discipline.
Leur intérêt majeur, outre la qualité documentaire, est de bien préciser la nature
et la signification des formes conidiennes de champignons et de souligner la
complexité des problèmes que pose, en préalable à toute analyse de leurs activi-
tés biologiques, leur simple reconnaissance.
Source MNHN Paris
192 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les habitats spécifiques des champignons conidiens sont, assez curieuse-
ment, distribués dans la partie «systématique» et dans la partie «écologie»
de l'ouvrage. Champignons fongicoles, telluriques, aquatiques, flore de l'at-
mosphére, sont traités par d'éminents spécialistes de ces groupes biologiques,
qui font le point des connaissances acquises dans leur domaine, En fait, la part
plus ou moins importante accordée aux techniques d'investigation, à la systé-
matique, à la morphologie des champignons, ou aux relations de ceux-ci avec
leur hóte ou leur substrat, est à la mesure du domaine exploré. Ainsi, le recen-
sement systématique des champignons imparfaits lichénisants (VOBIS et
HAWKSWORTH) est l'occasion d'une étude du développement de leurs fructi-
fications et de leurs appareils conidiens; par contre un sujet aussi vaste que
celui des champignons du sol (D. PARKINSON) est présenté de fagon trés
concise.
Le dernier chapitre «écologique» aborde un sujet original : la biogéographie
des formes conidiennes, les suggestions de l'auteur (D.T. WICKLOW) sur l'évo-
lution, la répartition des espèces et les conditions de la spéciation méritent de
retenir l'attention des systématiciens.
«Les formes conidiennes et l’homme», tel est le thème proposé au début
du 2ème volume. Ce titre assez ambigu recouvre un certain nombre d'impli-
cations directes ou indirectes des champignons dans la vie humaine. Leur inter-
vention est directe et nuisible dans le cas des mycoses (RIPPON : aspects cli-
niques de la pathogénie), par la production de toxines, ou comme agents d’alté-
ration des produits alimentaires et de biodégradation. A l'inverse, les champignons
sont exploités au bénéfice de l'homme dans les fermentations alimentaires, la
production industrielle d’antibiotiques, d'acides organiques, d'enzymes, etc.
Indirectement, ils interférent dans les activités humaines et dans l'économie
en s'attaquant aux plantes cultivées, aux insectes nuisibles et autres éléments de
la microfaune. Les auteurs abordent ainsi des problémes propres à la phyto-
pathologie (avec une contribution de AIST sur les étapes et les mécanismes du
développement des champignons parasites de végétaux) et à la zoopathologie
(champignons entomophages, prédateurs de nématodes); une mise au point de
FREEMAN sur l'emploi des champignons en lutte biologique s'inscrit logi-
quement dans cet ensemble d'articles par ailleurs assez hétérogène.
Le reste de l'ouvrage est le reflet des thémes de recherches extrémement
variés qu'explorent actuellement les mycologues. Les auteurs ont voulu, semble-
til, ne rien négliger de ce qu'on connaît ou est en voie de connaître sur les
particularités biologiques et les activités biochimiques des champignons micro-
scopiques: les titres généraux : ultrastructure, développement, physiologie et
biochimie, génétique des champignons conidiens, en témoignent. Le chapitre
de synthèse de G. COLE sur l'ontogénie de l'appareil conidien rejoint les préoc-
cupations des systématiciens exposées dans le premier volume. Les contributions
de ROBINOW sur les phénomènes nucléaires au cours des mitoses végétatives
et de la conidiogenése, d'ARONSON sur Vultrastructure et la composition
chimique des parois, de LEMKE sur les virus des champignons, rendent compte
de connaissances qui progressent et s'organisent peu à peu. Les chapitres sur
Source: MNHN. Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 193
la physiologie des formes conidiennes et sur la génétique, plus conventionnels,
font état cependant des informations les plus récentes dans des domaines qui
sollicitent moins l'attention des chercheurs.
Il faut mentionner enfin les deux derniers chapitres consacrés aux techniques
modernes d'isolement, de culture et d'observation des champignons microsco-
piques.
L'ensemble de l'ouvrage laisse l'impression d'un foisonnement d'idées et
d'activités de recherches tout-à-fait stimulant. On pourrait concevoir une autre
articulation du sujet, un intérét plus marqué pour les activités physiologiques
et biochimiques des microorganismes; on s'incline devant la richesse de la docu-
mentation, la clarté des exposés et la conviction des auteurs. Avec la «Biology of
Conidial Fungi» les spécialistes des micromycétes disposent d'un ouvrage de
référence qui, s'il ne prétend pas étre exhaustif, les invite efficacement à sortir
de leur domaine réservé pour s'ouvrir aux multiples problémes que posent la
vie et les activités des champignons dits «imparfaits».
J. Nicot
OMNIA BRESADOLIANA EXTRACTA IN UNUM COLLECTA, 1979 —
Gruppo Micologico G. Bresadola. Trento, Museo Tridentino di Scienze
Naturali, 1055 p., 1 portrait, 7 pl. en noir, 30 pl. col., 37 aquarelles inédites.
Il n'est plus à démontrer combien la pratique, maintenant si fréquente, des
réimpressions de travaux anciens ou rares se révèle précieuse : des sources docu-
mentaires essentielles mais qui, autrement, seraient restées difficiles à consulter,
deviennent, gráce à ce procédé, accessibles à tous. C'est ainsi que l'initiative
du Groupe Mycologique G. Bresadola de célébrer la mémoire de cet illustre
savant en publiant de nouveau tous ses articles, ne pouvait manquer d'étre
accueillie trés favorablement.
Parues de 1881 à 1926 dans les différentes revues botaniques et mycologiques
du temps - et qui, pour certaines, se perpétuent d'ailleurs de nos jours - ces
notes ont donc été réunies en un épais volume. Qu'elles soient brèves, consacrées
par exemple à la description d'une espèce nouvelle, ou particulièrement déve-
loppées comme celles se rapportant aux inventaires fongiques régionaux, elles
témoignent tant par le nombre que par les sujets de la prodigieuse activité
que leur auteur déploya jusqu'à la fin de sa vie dans les domaines de la nomen-
clature, de la systématique et de la floristique mycologiques. Aucun groupe ne
lui resta étranger : il étudia aussi bien des Aphyllophorales que des Myxomy-
cètes, des Pyrénomycètes que des Hyphomycètes et introduisit des taxons
nouveaux dans les familles les plus diverses. Les dessins et aquarelles que BRE-
SADOLA réalisait, très finement en général, pour illustrer ses travaux, on été
évidemment reproduits et augmentés de planches publiées pour la première
fois et représentant principalement des Asco- et Basidiomycetes.
C'est également l'image des milieux mycologiques à la fin du XIXème siècle
et dans les premières décennies du XXème qu'évoque ce livre. Au fil des titres
Source : MNHN, Paris
194 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
apparaissent en effet, associós à celui de BRESADOLA, les noms de grands
mycologues qui s'attachérent comme lui à la description et à l'identification des
champignons dont le recensement, de par le monde, n'avait guére été qu'amor-
cé : BERLESE, SACCARDO, MOELLER, P. HENNINGS, ROUMEGUERE,
PATOUILLARD. Seul ou en collaboration avec eux, l'excellent déterminateur
qu'était BRESADOLA contribua notamment à une meilleure connaissance des
espéces sous toutes les latitudes, puisqu'il examina les récoltes provenant de
différents pays africains, de la Terre de Feu, d'Australie ou d'Europe Centrale,
du Brésil ou d'Indonésie, sans oublier celles de plusieurs régions d'Italie. De
ce fait et alors que plus de 50 ans se sont écoulés depuis sa disparition, son
ceuvre demeure une base indispensable de référence et n'a rien perdu de sa por-
tée. La preuve en est donnée par cette réimpression succédant de près à la réé-
dition des «Fungi Tridentini» en 1976, sous les auspices du Musée Tridentin
des Sciences Naturelles, pendant que se poursuit avec un égal succès la monu-
mentale entreprise que représente l’Iconographia Mycologica.
J. Perreau
CARPENTER S.E., 1981 — Monograph of Crociceras (Ascomycetes, Helotiales,
Leotiaceae). Memoirs of the New York Botanical Garden, 33 : 1-290, N. Y.
L'ouvrage est une monographie du genre Crociceras qui, depuis sa création
par FRIES était classé parmi les Sphaeropsidales (Fungi Imperfecti). Une recher-
che taxonomique minutieuse accompagnée de l'examen morphologique des types
et de nombreux échantillons d'herbier, ou récoltés dans la nature, permettent à
l'auteur de cerner les caractéristiques des Crociceras et de les délimiter des genres
avec lesquels ils ont longtemps été confondus : Belonioscypha, Cyathicula, Da-
vincia, Phialea... 1l reconnait ainsi 44 espéces (dont 6 nouvelles). Chacune d'elle
est abondamment décrite et clairement illustrée. Enfin, les synonymies des 300
genres et espéces exclus des Crociceras achévent ce travail important qui consti-
tuera un document de base pour la systématique du groupe.
M.F. Roquebert
BREITENBACH J. et KRANZLIN F., 1981 — Champignons de Suisse. Tome 1 :
Ascomycétes (traduction francaise de «Pilze der Schweiz», Band 1 : Ascomy-
ceten), Lucerne, Edition Mykologia, 310 p., 7 fig., cartes, 390 dessins, 390.
phot. col.
Chaque année voit la parution, surtout à l'automne, d'un nombre sans cesse
accru de livres consacrés aux champignons, avec une illustration - hélas, bien peu
fidèle parfois - d'aquarelles ou de photographies en couleurs. Malgré le souci
évident manifesté par les auteurs de diversifier la présentation, ce sont en général
les mémes espéces qui se trouvent partout étudiées, soit parce qu'elles se révélent
communes et de belle taille, soit en raison de leurs propriétés toxiques ou au.
contraire de leur réputation gastronomique. De ce fait, les Basidiomycètes y
tiennent la vedette alors que les Ascomycétes, pourtant riches d'une multitude
d'espèces, ne sont souvent traités que fort brièvement.
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 195
En regard de ces ouvrages, celui proposé par J. BREITENBACH et F. KRANZ-
LIN, membres de la Société Mycologique de Lucerne, se distingue tant par le
choix du sujet que par la façon de le considérer; il s’agit en effet d’une étude
des Ascomycètes menée sous l'angle floristique dans les cantons suisses. Avec
un tel objectif, le volume est agencé selon un plan très simple; il comprend
d'abord une longue introduction qui marque la position des champignons à
asques vis-à-vis des Basidiomycètes, en rappelant leurs caractères fondamentaux
et leurs principales subdivisions systématiques. Vient ensuite un exposé détaillé
des étapes successives concernant lexamen complet des exemplaires, depuis
la récolte avec relevé des composantes stationnelles, en passant par l'observation
morphologique et l'identification jusqu'à la photographie et la conservation
en herbier. Les méthodes employées sont minutieusement retracées et ne man-
queront pas d’être utiles à plus d’un mycologue, débutant ou non. Notions
de base et termes, tout est ainsi défini et expliqué clairement avant d'aborder
la description proprement dite des espéces, précédée par une clé pratique de
détermination fondée sur les caractéres macroscopiques et écologiques de ces
espéces, l'ouvrage s'achevant sur la liste des références bibliographiques et les
index.
Ce sont donc prés de quatre cents espéces d'Ascomycétes à propos des-
quelles les auteurs apportent indications sur l'habitat et particularités descrip-
tives précises à l'aide de dessins et de photographies en couleurs absolument
excellentes. Les Discomycétes en constituent de loin le plus fort contingent,
face aux Pyrénomycétes en moindre nombre et à quelques représentants d'autres
groupes. Comme l'aire de répartition de ces champignons ne se limite pas à la
Suisse, cet ouvrage, non seulement d'une incontestable utilité mais aussi d'une
facture extrémement soignée, sera le bienvenu dans les milieux mycologiques
des pays avoisinants. Nul doute que son édition française - où le lecteur rectifiera
aisément de lui-même les coquilles glissées de-ci de-là - connaîtra, de par son
originalité, un succès large et mérité, en attendant la suite de cette flore, prévue
pour un proche avenir, avec un second tome qui concernera les Aphyllophorales.
J. Perreau
PUNITHALINGHAM E., 1981 — Studies on Sphaeropsidales in culture. III.
Mycological Papers n° 149 CMI Ed. Kew, 42 p., 18 pl.
Ce fascicule est le troisième d'une série d'articles (les deux autres sont parus
en 1970 et 1974 dans la méme collection) relatant la production, en culture,
d'Ascomycétes (téléomorphes) en relation avec des anamorphes appartenant
aux Sphaeropsidales.
Les formes conidiennes de 5 espèces d'Ascomycètes des genres Diaporthe
(1), Didymella (1), Guignardia (2) et Pseudomorfea (1) ont été obtenues en
culture et sont décrites et illustrées par l'auteur. Diaporthe capsici Punith. sp.
nov. est la téléomorphe de Phomopsis capsici (Magnaghi) Sacc., Didymella
aerospora Punith. sp. nov. celle de Ascochyta aerospora Punith. Guignardia
Source : MNHN, Paris
196 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
coffeae Punith. et Lee Boun Siew sp. nov (isolée de Coffea liberica) et G. dyerae
(isolée de Dyera costulata) sont respectivement rattachées à Phyllosticta coffea
liberica Punith. et Lee Boun Siew et à P. dyerae Punith. et Wong Put Ham sp.
nov. Un nouveau genre : Pseudomorfea Punith. est proposé avec, pour espèce
type P. coffeae. P. coffeae est la téléomorphe d’une espèce de Chaetasbolisia
identique à C. microglobulosa Batista et Cif.
Outre les descriptions morphologiques et culturales soigneuses, l'illustration
est abondante et de bonne qualité.
M.F. Roquebert
Dépôt légal n* 11407 - Imprimerie de Montligeon
Sorti des presses le 15 septembre 1982
Source : MNHN. Paris
ABONNEMENTS A CRYPTOGAMIE - MYCOLOGIE
Tome 3, 1982
France
Étranger
REVUE DE MYCOLOGIE
Prixdes Tomes 1à 43: France: 120F Étranger : 130 F
Collections complètes: — réduction de 20 % par tome.
Prix du fascicule séparé : France : 35 F Étranger : 45 F
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE
Prix des Tomes 1 et 2 : France : 170F Étranger : 200 F
Prix du fascicule séparé : France : 50 F Étranger : 60 F
MÉMOIRES HORS-SÉRIE DISPONIBLES
NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par l.
Pastac. 88 pages : 15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
No 6 (1958). Essai biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 70 F.
NO 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (Il), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
NO 8 (1966). Catalogue de la Mycothéque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (1) Micro-
mycétes, Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 F,
NO 9 (1967). Table des Matières (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40 p. 10 F.
NO 10 (1969). Le genre Panacolus. Essai taxinomique et physiolo-
gique, par G.-M. Ola’h. 273 pages, pl. et fig. : 75 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DEPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM
Tome I. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome Il. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. :60 F.
Tome lll. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. :60 F.
TomelV.Les Discomycétes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
Règlements :
— par virement postal au nom de Cryptogamie - Revue de Mycologie
12, rue de Buffon, 75005 PARIS, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
— par chèque bancaire établi au même ordre.
Source : MNHN. Paris
COLLOQUE INTERNATIONAL
du CNRS N° 258
ÉCHANGES IONIQUES TRANSMEMBRANAIRES
CHEZ LES VÉGÉTAUX
TRANSMEMBRANE IONIC EXCHANGES IN PLANTS
org. : G. Ducet, R. Heller, M. Thellier
Universités de Rouen et Paris VII - 5-11 juillet 1976
€ analyse des modéles théoriques @ recherche des couplages métaboliques ou autres
@ études électrophysiologiques @ cas particulier des transferts d’anions et de molécules
organiques @ localisation d'ions et aspects structuraux et moléculaires @ intervention
d'échanges ioniques dans les régulations intercellulaires
@ kinetic and thermodynamic considerations, model systems
@ metabolic and other couplings, ATPases
@ particular features of anionic transfers
electrophysiology of the ionic transfer
€ absorption of organic molécules
@ localization, molecular and structural aspect of the transfers
interference of the transmembrane transfers in other processes than absorption
@ ion exchanges in cell organites
(69 communications dont 64 en anglais et 5 en frangais)
21x29, 7 - 608 pages - broché 180F
286 fig. - 89 tabl. - 30 phot.
ISBN 2-222-02021-2
pu CNRS-Université de Rouen)
Editions du CNRS
15 quai Anatole France. 75700 Paris
CCP Paris 9061-11 - Tél. 55.92.25
son libraire
faut aux Editions du CNRS (chèque joint) 8
et demande votre documentation
O Sciences humaines
O Revue de VArt