CRYPTOGAMIE
MYCOLOGI E
TOME 3 Fas
SOMMAIRE
M. CHADEFAUD. — Les principaux types d'ascocarpes : leur organisation
ЖИЛЕ Etoo a a ennemi 1
M. MOREAU & A.M. CATESSON. — Nouvelle approche des maladies
vasculaires et réflexions sur la spécificité parasitaire. ....... Be
F. GOURBIERE. — Utilisation de sucres et de polyols par la uiti
BA Die salva Mill 50 Penictiluto s. cse he ite OE RR ED 33;
JM. BARRASA & G. MORENO. — Pyxidiophora badiorostris Lundq.
y Pyxidiophora fimbriata sp. nov., en Espana (Pyrenomycetes)....... 41
C. MOREAU. — Moisissures des farines de coton. ................. 51
B. PAUL. — Champignons aquatiques du Sahara algérien : Pythium
HR AS а an ete RUE 57
O. CONSTANTINESCU. — Studies on Cercospora and similar fungi. II.
New combinations in Cercospora and Mycovellosiella. ............ 63
A. BELLEMERE & J. HAFELLNER. — L'ultrastructure des asques du
genre Dactylospora (Discomycétes) et son intérêt taxonomique. ..... E
M.F. ROQUEBERT. — Qu'est-ce qu'un champignon dématié? ........ 95
Analyses bibliographiques ....
Les manuscrits doivent être adressés à Madame M.F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris.
Source : MNHN, Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
ТОМЕ З Fascicule 1 1982
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
COMITE DE LECTURE
MM. BOIDIN, J. (Lyon), CAILLEUX, R. (Paris), Mme CHARPENTIE, M.J. (Paris),
MM. GAMS, W. (Baarn, Hollande), JOLY, P. (Paris), MANGENOT, F. (Nancy),
MOREAU, Cl. (Brest), MOUCHACCA, J. (Paris), Mme NICOT, J. (Paris), M. PEGLER,
D.N. (Kew, G.B.), Mme PERREAU, J. (Paris), Mme ROQUEBERT M.F. (Paris),
M. SUTTON, B.C. (Kew, G.B.)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS Ch
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Mme M.F. ROQUEBERT. ÉDITEUR: A.D.A.C.
N
Copyright © 1982. Cryptogamie Mycologie \/
Bibliothèque Centrale Muséum
III
3 3001 002277327- MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome 3, Fasc. 1, 1982)
M.CHADEFAUD. — Ascocarps organisation and their evolution. . ..... 1
M. MOREAU & A.M. CATESSON. — A new approach to vascular diseases
in plants and consideration on the specificity of parasites. ......... 1
F. GOURBIERE. — Utilization of sugars and polyols by Abies alba myco-
O2 E RR T И 33
J.M. BARRASA & G. MORENO. — Pyxidiophora badiorostris Lundq.
and Pyxidiophora fimbriata sp. nov., in Spain (Pyrenomycetes). ..... 41
C. MOREAU. — Moulds of cottonseed flours. ................... 51
B. PAUL. — Aquatic fungi from Algerian Sahara : Pythium Pringsheim. .. 57
O. CONSTANTINESCU. — Studies on Cercospora and similar fungi. 11.
New combinations in Cercospora and Mycovellosiella. ............ 63
A. BELLEMERE & J. HAFELLNER. — Ultrastructural study of asci
in Dactylospora (Discomycetes) and its taxonomical interest. ....... 71
M.F. ROQUEBERT. — What is a dematiaceous fungi? ............. 95
el ds UR Lepus ОАЕ т 99
Source : MNHN. Paris
LES PRINCIPAUX TYPES D’ASCOCARPES :
LEUR ORGANISATION ET LEUR EVOLUTION
par Marius CHADEFAUD*
RESUME. — Deux notions, celle de carpocentre et celle de gynocarpe, celle-ci nouvelle,
permettront de ramener l'organisation de tous les ascocarpes aux variantes d'un type fonda-
mental unique.
SUMMARY. — The two notions of «carpocentre» and «gynocarpe» (the second one is new)
will let reducing the ascocarp organization to the variants of a single fondamental type.
Dans la préface de notre ouvrage de 1960 sur «Les Végétaux non vasculaires»,
nous faisions remarquer combien nos chapitres sur les Ascomycétes nous lais-
saient insatisfait. Cela était particuligrement vrai concernant les ascocarpes
(qu'il n'était guére utile de rebaptiser «ascomes», comme on le fait maintenant),
dont l'anatomie, et surtout l'ontogénie, n'avaient pas encore été suffisamment
étudiées. Mais depuis lors, ils ont fait l'objet de nouvelles recherches de la part
d'auteurs tels que LUTTRELL (1951) et parmi lesquels nous nous permettrons
de citer nos éléves et amis : Mmes PARGUEY-LEDUC (1966 à 1973); LE-
TROUIT-GALINOU (1966); JANEX-FAVRE (1970), et M. BELLEMERE
(1967). Ces recherches, en grande partie ontogéniques, permettent une meilleure
compréhension de l'organisation et de l'évolution des ascocarpes, objet du
présent mémoire. Avant d'aborder celui-ci, nous noterons que cette évolution
a été complexe et polyphylétique, avec d'importants parallélismes entre phylums
* Laboratoire de Cryptogamie, Université Paris VI, 9 Quai St.-Bernard, 75005 Paris (France).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
2 M. CHADEFAUD
différents. Mais envisager en détail ce polyphylétisme serait faire œuvre de sys-
tématicien, ce qui ne sera pas notre but! .
Première partie
GYNOCARPES ET CARPOCENTRES
A. — LA NOTION DE GYNOCARPE
La premiére idée que nous allons développer est que chaque ascocarpe dérive
d'une fructification sexuelle femelle, qu'on retrouve aussi chez les Basidio-
mycètes, et que nous nommerons le gynocarpe.
Fondamentalement (fig. 1), cette fructification est constituée par ce que
nous avons appelé, en 1960, un carpocentre, contenant un complexe fertile
Fig. 1. — Gynocarpe (schéma); cp : carpocentre; eg : enveloppe gynocarpique: f : complexe
fertile femelle (= complexe ascogonial chez les Ascomycètes); t : trichogyne
1. Les interprétations proposées dans le présent mémoire différent assez souvent, et parfois
beaucoup, de celles qu'on a pu trouver dans notre ouvrage de 1960, cela en raison des
données acquises depuis ce temps-là. D'autre part, on notera que les termes tels que asco-
théciens, discopodiens, parathéciens, etc. que nous utilisons, ont une valeur descriptive,
anatomique ou ontogénique, mais non systématique. Nous ne les proposons pas comme
termes d'un système taxinomique.
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (1) 3
femelle, et entouré d'une enveloppe : l'enveloppe gynocarpique. Le complexe
fertile contient les cellules fécondables, desquelles partent des trichogynes,
ceux-ci développés vers le sommet de la fructification, dont sort leur extrémité.
Le carpocentre est (en principe) constitué par un tissu nourricier, mais en fait
le tissu carpocentral varie selon les groupes. La fécondation est (en principe)
l'œuvre de spermaties (= microconidies fécondantes) que captent les tricho-
gynes: il y a donc une trichogamie, comparée depuis longtemps (SACHS, 1874)
à celle des Floridées, Algues rouges auxquelles les Ascomycètes semblent appa-
rentés (cf. CHADEFAUD, 1975), mais en fait il y a là aussi de nombreuses
variantes; il peut ne pas y avoir de fécondation: il y a alors apogamie.
Les spermaties sont produites par des fructifications sexuelles mâles, ou
androcarpes, dont les plus typiques sont des spermogonies, mais là aussi les
variantes sont nombreuses.
B.— LES TYPES DE GYNOCARPES
En réalité, les gynocarpes ne sont pas tous exactement du type schématisé
sur la fig. 1. L'étude des Ascomycétes montre en effet qu'il existe (fig. 2) :
1) des gynocarpes discoides à carpocentre unique (A):
2) des gynocarpes également discoides, mais à carpocentres multiples (B);
3) des gynocarpes plus ou moins globuleux, à carpocentre unique (C).
D'autre part, discoides ou globuleux, les gynocarpes des Ascomycétes ont
en principe une structure palissadique. En outre, ils peuvent étre portés par un
réceptacle ou socle, au contraire plectenchymateux (fig. 2, A). Enfin, il est
fréquent qu'ils aient l'aspect d'un stroma : ce sont alors des gynocarpes stro-
matoïdes, ou ascostromas,
C.— LE GYNOCARPE DES BASIDIOMYCETES
Parmi ces Champignons, un gynocarpe typique n'est connu que chez les
Urédinales, chez lesquelles il est représenté par les pro-écies (fig. 3, A) dans
chacune desquelles naît et se développe une écie, génératrice d'éciospores.
Cette pro-écie est un gynocarpe du type globuleux, à carpocentre unique,
dans lequel le complexe fertile n'est que rarement pourvu de trichogynes (cf.
CHADEFAUD, 1971, Gymnosporangium sabinae) et les cellules fécondables
non distinctes. Avec ou sans fécondation, elles engendrent l'écie, qui a la valeur
d'un pro-sporophyte, comparable aux carpo-sporophytes des Floridées, et pro-
ducteur des éciospores, comparables aux carpospores de celles-ci. Ces éciospores
sont dicaryotiques; aprés libération, elles engendrent les basidio-sporophytes
qui, comparables aux tétrasporophytes des Floridées, sont dicaryotiques comme
les éciospores, et produisent les téliospores, génératrices des basides.
La fécondation, quand elle a lieu, est assure par des spermaties, issues
de spermogonies. Mais en fait il y a de nombreuses variantes et beaucoup d'es-
Source - MNHN. Paris
4 M, CHADEFAUD
péces n'ont méme pas de gynocarpe.
Fig. 2. — Types de gynocarpes (schémas); A : type discoide à carpocentre unique (cf.
Dothiora, fig. 4, A et B); B : type discoide à carpocentres multiples (cf. Dothidea);
C : type globuleux ou sub-globuleux à carpocentre unique (cf. fig. 3); D : gynocarpe
palissadique sur réceptacle (socle) plectenchymateux.
D. — LE GYNOCARPE DES ASCOMYCETES.
Tel qu'il est représenté sur la fig. 3, B (Mycosphaerella populi; dessin de
PARGUEY-LEDUC, 1966), il a une organisation comparable à celle des pro-
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (1)
écies, mais dans le complexe fertile les cellules fécondables sont distinctes.
Elles portent chacune un trichogyne, et leur fécondation est l'œuvre de sperma-
ties, issues de spermogonies (cf. HIGGINS, 1936; Mycosphaerella tulipiferae).
Fig. 3. — Gynocarpes d'une Urédinale (pro-écie du Gymnosporangium sabinae : A) et d'un
Ascomycéte (Mycosphaerella populi : B), l'un et l'autre de type globuleux à carpocentre
unique (A, d'après CHADEFAUD; B, d'aprés PARGUEY-LEDUC); cp : carpocentre
formé de cellules nourriciéres; eg : enveloppe gynocarpique; f : complexe fertile femelle;
t : trichogyne.
Les cellules fertiles sont les cellules ascogoniales, ou ascogones; le complexe
fertile est donc un complexe ascogonial d’ailleurs souvent réduit à un ascogone
unique, qui luiméme peut étre dépourvu de trichogyne. Fécondés ou non, les
ascogones engendrent, sur place, un appareil sporophytique, dans lequel on
peut retrouver (en principe) un pro-sporophyte (micto-haploide), puis un asco-
sporophyte (dicaryotique), celui-ci générateur des asques. Ces deux phases
Source : MNHN, Paris
6 M. CHADEF AUD
sporophytiques correspondent à celles des Urédinales, donc aussi des Floridées,
mais elles sont bloquées en un appareil unique, dans lequel, sauf très rares ex-
ceptions (g. Dothidea), le pro-sporophyte ne produit pas de spores : il engendre
l'asco-sporophyte sur place, sans sporuler (cf. CHADEFAUD, 1960)
En méme temps que se développent l'appareil sporophytique, puis que se
forment les asques, le gynocarpe devient un ascocarpe (= périthèce ou apo-
thécie)
E. — LE GYNOCARPE PRIMITIF (?) : ASCOMYCETES DU G. DOTHIORA.
En réalité, le gynocarpe représenté sur la fig. 3, B, est, pour les Ascomycétes,
d'un type probablement évolué (fig. 2, C). Il est probable que le type primitif
est le type discoide (fig. 2, A), à carpocentre unique, observable chez les Dothio-
ra (et les genres voisins, tels que les Bagnisiella ).
Celui-ci (fig. 4, A et B) a l'aspect d'un petit stroma (= ascostroma) rond,
aplati et noir, à structure palissadique. Intérieurement, il comporte trois couches
superposées : une couche tectale mélanisée, épaisse, une couche basale également
mélanisée, mais plus mince; entre les deux une couche intermédiaire au contraire
hyaline. Les couches tectale (tectum) et basale forment l'enveloppe gynocar-
pique dans laquelle la structure palissadique demeure typique; la couche inter-
médiaire représente le carpocentre, au contraire paraphysoide, c'est-à-dire
formé de filaments sans extrémités libres (elles sont attachées aux couches
de l'enveloppe), et de plus anastomosées entre elles, ce qui donne un réseau
paraphysoide.
L'appareil ascogonial, puis l'appareil sporophytique, sont logés dans la base
de ce réseau; ensuite les asques se développent dans celui-ci, vers le haut; à la
fin, cela donne une palissade d'asques, séparés par des éléments du réseau.
Sous un aspect différent, on retrouve ainsi, chez les Dothiora, une structure
comparable à celle des gynocarpes des fig. 1 et 2. C'est à partir de là que va
être envisagée l'évolution de celle des autres Ascomycètes, c'est-à-dire des
Pyrénomycétes et des Discomycétes, évolution qui, nous l'avons déjà dit, a été
complexe et polyphylétique.
F.— GYNOCARPE PRIMITIF, CONIDIOCARPES ET NÉMATHÉCIES.
Comme nous l'avons fait remarquer en 1965, le gynocarpe des Dothiora
peut étre comparé aux conidiocarpes du Coryneum kunzei, qui est un pachy-
acervule, c'està-dire un acervule à réceptacle épais, comprenant (fig. 4, C) :
1. ce réceptacle, comparable à la couche basale de l'enveloppe gynocarpique
des Dothiora (fig. 4, A); 2. sur ce réceptacle, une palissade de filaments dressés,
correspondant à la palissade paraphysoide de la couche carpocentrale. Toutefois,
ces filaments ne sont pas coalescents; certains se terminent par une macroconi-
die; les autres sont des paraphyses; il n'y a pas de couche tectale. Si le gynocarpe
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (I) 7
des Dothiora donne réellement une idée de ce qu’a pu étre primitivement le
gynocarpe des Ascomycétes, le conidiocarpe du Coryneum peut donc donner
une idée de ce qu'a pu être, parallèlement, l'archétype de leurs conidiocarpes,
à partir duquel ceux-ci ont évolué.
Fig. 4. — Gynocarpe (A) et ascocarpe (B) d'un Dorhiora. En A, enveloppe gynocarpique
(eg) palissadique et carpocentre (cp) paraphysoide (devenant réticulé); en B, asques
(as). Au-dessous, en C, pour comparaison, pachy-acervule d'un Coryneum (schéma)
avec réceptacle (r), palissade (p) et involucre (in)
D'autre part, nous avions aussi fait remarquer que cet archétype, comme
celui des gynocarpes, peut étre comparé aux némathécies de diverses Floridées
Gigartinales (telles que les Gymnogongrus) ou Cryptonémiales (telles que les
Polyides), organes reproducteurs qui se forment sur le thalle de ces Algues
et ont la forme de coussinets, essentiellement constitués par une palissade de
filaments dressés, serrés mais non coalescents. Dans les némathécies a tétra-
spores, les cellules de ces filaments deviennent des tétrasporocystes, à sporu-
lation endogène : leur contenu se divise en quatre tétraspores, qui ensuite sont
émises.
La comparaison de ces némathécies avec les gynocarpes primitifs, également
alissadiques, vient à l'appui de l'idée d'une certaine parenté possible des Asco-
P: ci DE A Р
Source : MNHN, Paris
8 M. CHADEFAUD
mycètes avec les Algues rouges, rappelée plus haut.
G.— COMPLEXE FERTILE FEMELLE DANS LES GYNOCARPES.
D'aprés la fig. 1, chaque gynocarpe devait, fondamentalement, contenir
un complexe fertile femelle, d'oà partaient des trichogynes. Sur la fig. 3, on voit
qu'un tel complexe existe encore chez les Urédinales (A), mais que par contre
chez les Mycosphaerella (B), il s'est simplifié. Chez la plupart des autres Asco-
mycétes (et déjà chez les Dothidea), cette simplification l'a réduit à un ensemble
d'ascogones séparés ou méme à un filament ascogonial unique, avec son tri-
chogyne. En même temps qu’une évolution des gynocarpes et des ascocarpes,
il semble donc y avoir eu une évolution, d'ailleurs complexe, de l'appareil
ascogonial qu'ils contiennent.
Dans ce qui va suivre, nous étudierons successivement :
1. Les ascocarpes des Discomycétes ou discocarpes;
2. ceux des Pyrénomycétes, ou pyrénocarpes.
De plus, nous considérerons que les ascocarpes périsporiés (sans orifice)
ou plectascés (asques disposés sans ordre) n'appartiennent pas à des Ascomy-
cétes primitifs, comme on l'admet souvent. Selon nous (et aussi CAIN, 1951),
ce sont des discocarpes ou des pyrénocarpes modifiés par une évolution re-
gressive.
BIBLIOGRAPHIE
BELLEMERE A., 1967 — Contribution à l'étude du développement de l'apothécie chez
les Discomycétes Inoperculés. Bull. Soc. Mycol. Fr. 83 : 393-931.
CAIN R.F., 1959 — The Plectascales and Perisporiales in relation to the evolution of the
Ascomycetes. 9ème Congrès de Bot., Montréal II, p. 56.
CHADEFAUD M., 1960 — Les Végétaux non vasculaires. T. I du Traité de Botanique de
M. CHADEFAUD et L. EMBERGER, 1960 (Paris, Masson édit.).
CHADEFAUD M., 1965 — Sur le Coryneum kunzei Corda. Bull. Soc. Myc. Fr. 81 : 120-
164.
CHADEFAUD M., 1971 — Sur les pro-écies et les trichogynes des Urédinales. C. R. Ac.
Sci. Paris 272 : 1620-1622.
CHADEFAUD M., 1975 — L'origine para-floridéenne des Eumycétes. Ann. Sc. Nat. Bot.
et B.V., 16 :217-247.
HIGGINS B.B., 1936 — Morphology and life history of some Ascomycetes with special
reference to the presence and function of spermatia. Amer. J. Bot. 23 : 598-602.
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (1) 9
JANEX-FAVRE M.C. 1970 — Recherches sur lontogénie, l'organisation et les asques
de quelques Pyrénolichens. Rev. Bryol. et Lichénol. 37 : 421-650.
LETROUIT-GALINOU M.A., 1966 — Recherches sur l'ontogénie et l'anatomie comparées
des apothécies de quelques Discolichens. Rev. Bryol. et Lichénol. 34 : 413-588.
LUTTRELL E.S., 1951 — Taxonomy of the Pyrenomycetes. Univ. of Missouri Studies
24 :120 p.
PARGUEY-LEDUC A., 1966 & 1967 — Recherches sur l'ontogénie et l'anatomie comparées
des ascocarpes des Pyrénomycètes Ascoloculaires. Ann. Sc. Nat. Bot., 12ème série,
VII : 505-690 et VIII : 1-110.
PARGUEY-LEDUC A., 1967-1973 — Recherches préliminaires sur l’ontoggnie et l’anato-
mie comparées des ascocarpes des Pyrénomycétes Ascohyméniaux.
1 : Notions générales (1967). Rev. de Mycol. 32 : 57-68.
II. : Structure et développement des ascothécies (1967 b). Rev. de Mycol. 32 : 259-277.
III : Les asques des Sordariales et leurs ascothécies, du type «Diaporthe» (1967 c). Rev.
de Mycol. 32 : 369-407
IV : Les asques des Diatrypacées et leurs ascothécies, du type «Eutypa» (1970). Rev.
de Mycol. 35 :90-130.
V : Les asques des Xylariales et leurs ascothécies, du type «Xylaria» (1972). Rev. de
Mycol. 36 : 194-237.
VI : Conclusions générales (1973). Rev. de Mycol. 37 : 60-82.
SACHS J., 1874 — Lehrbuch der Botanik (4e édit.). Leipzig, Engelmann, 928 p.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
11
NOUVELLE APPROCHE DES MALADIES VASCULAIRES
ET REFLEXIONS SUR LA SPECIFICITE PARASITAIRE
par M. MOREAU* et A.M, CATESSON**
RÉSUMÉ. — Rappel succinct des principales données acquises sur les rapports de l'œillet
avec son parasite vasculaire spécifique : le Phialophora cinerescens et un parasite non patho-
gène bien que dangereux sur nombreux hôtes : le Verticillium dahliae; rôle et évolution
des cellules contiguës aux vaisseaux (cellules de contact) dans l'élaboration de la gommose;
mise en évidence (grâce au dépouillement informatique des données de microscopie élec-
tronique) d'une modulation de la réponse du xyléme à l'infection.
La confrontation avec les résultats acquis par d'autres auteurs sur d'autres couples
hótes-parasites aboutit à des réflexions sur : - le fonctionnement du xyléme caulinaire et
ses perturbations; - la nature et le déroulement des réactions de défense et la grande simi-
litude de leurs séquences.
L'origine possible des inducteurs fongiques de la défense et celle de la défaillance de
reconnaissance précoce du parasite spécifique par son hôte sont discutées; en effet, face
au Verticillium, la réponse est rapide et efficace; face à son agent pathogène, l'œillet oppose
une résistance désorganisée et différée.
Ces résultats confirment et complètent des hypothèses récentes sur la spécificité para-
sitaire, émises à propos de maladies de parenchymes. De nouveaux problèmes sont posés
dont la solution pourrait déboucher sur de nouvelles conceptions de lutte.
SUMMARY. — The authors’ research has established a basic difference in the reaction
of carnation to Phialophora cinerescens (P.c.), a specific pathogen, and Verticillium dahliae
(V.d.), a vascular pathogen of numerous plants but not carnation. Vascular reactions to
infection (defence reactions, gummosis) apparently involve the «xylem contact cells».
A computerized analysis of electron micrographs of inoculated material shows that the
nature of the vascular reaction is modulated by the inoculum introduced into the xylem.
These results have been compared with those obtained by other methods in other host-
parasite systems
Laboratoire de Microbiologie appliquée à l'Agriculture et aux Industries Agro-Alimen-
taires, Faculté des Sciences et Techniques, Université de Bretagne Occidentale, 29283 Brest
Cedex, France.
** Laboratoire de Botanique et de Cytophysiologie Végétale, École Normale Supérieure,
24 rue Lhomond, 75231 Paris Cedex 05, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982)
Source : MNHN, Paris
12 M. MOREAU & A.M, CATESSON
The first conclusion from this comparison is that the behaviour of the xylem is similar
to that of parenchymatous cells in relation to fungal parasites which remain intercellular
for long periods, These pathogens grow in the apoplast and depend for their nutrition on
neighbouring cells. The xylem contact cells have an important role in gum secretion, parti
cularly for vascular defence. The structural specialization of these cells reflects their func-
tional specialization.
The defence reactions of carnation (callose, polyphenols, polysaccharides, lignin) seem
to be linked with the appearance of new cellular structures, some apparently secretory,
others associated with necrosis. These new structures are comparable with those observed
by other authors for various vascular and parenchymatous infections.
Since similar defence reactions are set off by different potential parasites, the fungal
inducers must be non-specific. Spores of V. d. are highly active in inducing these reactions
without germínating, so inducer molecules should presumably be found in the spores
themselves.
The different ultimate behaviour of carnation in reaction to V^ d. and P. c. implies
some sort of recognition phenomenon. V. d. is rapidly detected as undesirable, but Р. c.
spores are not apparently immediately recognized as alien : the fungus is able to germinate,
form mycelium and sporulate in the vessels. Various hypothesis can be advanced on the
molecules which could be involved in these interactions.
In fact, most of the results obtained on the reaction of carnation to V. d. and P. c.
can be explained by a model similar to that of DE WIT for the specific reactions of tomato
leaves to races of Cladosporium fulvum, Various questions arise which could have conse-
quences for pratical control 1) what substance(s) does P. cinerescens produce to block
the defence reactions of carnation; 2) what substances(s) does carnation release to prevent
colonization by V. dahliae? A better understanding of this second question would be
especially useful since V. dahliae is a dangerous pathogen with a wide range of crop plants
as hosts.
A schematic figure is used to represent the different reactions of carnation xylem and
could be applied to other vascular diseases : 1) simple mechanical damage sets off a simple
reaction comparable to a single-stage rocket; 2) attack by a non-pathogen sets off a multi.
stage rocket which is successfully launched; 3) attack by a specific pathogen sets off the
same multi-stage rocket but some of the stages operate less well than others and the laun-
ching fails. The attempt is repeated several times up the plant but the result is each time
just as unsuccessful
Parmi les nombreux parasites d'origine tellurique capables d'attaquer l'œillet
(MOREAU, 19572) nous avons plus particulièrement axé nos travaux sur les
parasites vasculaires. Les données acquises récemment, dans des conditions
expérimentales très éloignées des modalités naturelles de l'infection, doivent
être confrontées aux résultats antérieurement acquis par notre groupe, Elles
demandent aussi à être examinées parallèlement aux résultats publiés par divers
auteurs sur des modèles impliquant des parasites vasculaires et des parasites
de parenchymes.
Cette confrontation nous conduira, dans le présent article, à discuter succes-
sivement du fonctionnement du xyléme caulinaire, du róle des cellules de
contact dans les réactions de défense de la partie basse de la tige, des causes
possibles de la modulation de leur réponse. Nous observerons que, pour l'essen-
tiel, des convergences et des divergences se dégagent dans l'établissement des
relations hôte-parasite; c'est ainsi que des hypothèses récentes sur la spécifi-
Source : MNHN, Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPECIFICITE PARASITAIRE 13
cité parasitaire, émises à propos de maladies de parenchymes, se voient confor-
tées et complétées. Nous proposerons, pour conclure, un schéma illustrant
les différents niveaux de réponse du xylème caulinaire selon le type d'agression
auquel il a été soumis.
I. — COMPORTEMENT DE L'OEILLET
FACE A DIVERSES AGRESSIONS VASCULAIRES
Parmi les manifestations pathologiques que le Phialophora cinerescens (Wr.)
van Beyma provoque chez l’œillet, rappelons les symptômes foliaires classiques
de wilt, une intense gommose du xylème caulinaire et, dans certaines conditions,
une courbure apicale (MOREAU, 1958; MOREAU et al., 1969). Parallèlement,
ce parasite au développement strictement vasculaire pendant la phase extensive
de la maladie présente une activité pathogène grave limitée aux Dianthus et à
quelques genres voisins de Caryophyllacées (MOREAU, 1963; PERESSE et
MOREAU, 1969). Dés 1970, le couple Oeillet - Phialophora (MOREAU, 1970)
nous apparaissait, par l’originalité des deux partenaires, constituer un bon
modéle pour aborder certains des aspects des relations héte-parasite vasculaire.
Cette opinion se trouvait renforcée quand nous établissions (PERESSE et al.,
1971) que ni la présence fortuite, ni l'introduction expérimentale des spores
de Verticillium dahliae Kleb. dans le xyléme caulinaire, ne provoquaient de
manifestations pathologiques chez l'ceillet. Or, ce parasite est un agent pathogène
grave pour de nombreux végétaux. En outre, dans les vaisseaux de l’œillet,
les spores ne sont pas tuées mais leur germination est bloquée par les réactions
locales de la plante (PERESSE, 1975).
L'étude ultrastructurale du xylème caulinaire de l'œillet après infection par
le Phialophora révélait le rôle des cellules contiguës aux vaisseaux dans l'élabo-
ration de la gommose (CZANINSKI et al., 1971; MOREAU et al., 1973) et dans
l'édification de matériel pariétal (CZANINSKI et al., 1973).
Compte-tenu du comportement symptomatologique différent de l’ceillet
à l’encontre du Verticillium et du Phialophora, il devenait intéressant de recher-
cher si des différences se manifestaient aussi au niveau des infrastructures.
L’approche comparative imposait de court-circuiter la barrière naturelle du
collet, en partie responsable des longs délais d’apparition des symptómes dans
le cas des infections par voie racinaire; les spores furent donc introduites direc-
tement par entaille dans la basse tige. Les premiers résultats (MOREAU et al.,
1978) mettaient en évidence à la fois dans les deux modèles :
-une grande précocité des réactions; les premières manifestations étaient
repérées dès la 6e heure alors que même avec le mode d'infection brutal utilisé,
les premiers symptômes foliaires de phialophorose n'apparaissaient qu'après
3 semaines;
- la mise en place progressive de structures secrétrices dans les cellules conti-
Source : MNHN, Paris
14 M. MOREAU & A.M. CATESSON
gués aux vaisseaux, accompagnée par la sortie de métabolites variés participant
à l'édification des gommes vasculaires.
Cependant, cette étude se révélait partiellement décevante en ce que, à
l'échelle ultrastructurale, elle ne nous permettait pas de matérialiser un fait
pathologique pourtant évident : l'œillet résiste efficacement au Verticillium;
il est, au contraire, particulièrement sensible au Phialophora.
Nous avons alors décidé d'examiner, en comparaison avec l'œillet sain témoin,
l'évolution (de 6h à 18j) des cellules contiguës aux vaisseaux et celle de la
gommose vasculaire après 3 types de traumatismes : entaille seule (s. e.), infec-
tion par spores de Verticillium (i V. d.) ou de Phialophora (i. P. c.). Le dépouille-
ment des données fut facilité par l'emploi d'un micro-ordinateur. Nous résu-
merons succintement l'essentiel des résultats gráce à l'association microscopie
électronique - informatique.
1) Le xylème de l'œillet sain, non traumatisé, possède deux familles de cel-
lules contigués aux vaisseaux que nous appellerons types initiaux Cl et C2.
Elles se distinguent par leur degré de vacuolisation, leur volume mitochondrial,
leur distribution. Les C1, hautement vacuolisées, sont rencontrées dans le
proto- et le métaxyléme; les C2, aux vacuoles plus petites, aux mitochondries
plus développées, sont presque exclusivement associées au métaxyléme dans
lequel il y a environ 70% de C1 contre 30% de C2. En outre, dans chacun de ces
types initiaux, 20% environ des cellules renferment des précipités vacuolaires
de nature polyphénolique (CATESSON et al., 1982). Il est évident que ces
particularités de structures doivent étre associées à des différences fonction-
nelles.
2) Face à l'agression, les deux types cellulaires initiaux réagissent de façon
différente puis ils vont subir, dans des proportions trés variables, d'importantes
modifications structurales aboutissant à une activité secrétrice intense (types
cellulaires C3 puis C4) ou encore à un état nécrotique (C6). Chez les œillets
sains entaillés (s.e.), de nombreuses C1 évoluent en C2, les C4 apparaissent
tardivement et en petit nombre. Aprés infection par le Verticillium (i V. d.)
l'évolution vers le type C4 est très rapide (moins de 48 h) et ces cellules repré-
senteront jusqu'en fin d'essai entre 45 et 6075 de l'ensemble. Au contraire,
aprés infection par le Phialophora (i P. c.), l'évolution des types cellulaires ini-
tiaux est retardée; les C4 atteindront au mieux 205 de l'ensemble puis, dés
le 5e jour, les C2 deviendront dominantes. C'est seulement chez les i P. c. que
le type nécrotique C6 est rencontré (MOREAU et CATESSON, 1982 a, b).
Ces modifications ultrastructurales sont associées à des accroissements parfois
considérables des surfaces mitochondriales à la fois chez les i V. d. et chez les
iD.c. Si, chez les i V. d., la signification de ce phénomène se justifie (besoins
énergétiques nécessaires à assurer des synthèses actives et nombreuses), chez les
iP. c la machinerie énergétique tourne «à vide» et l'activité «découplante» de
certains métabolites du parasite spécifique se trouve posée; il en sera discuté plus
loin.
Source : MNHN. Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPECIFICITE PARASITAIRE 15
Ainsi, toute les évolutions structurales s'effectuent dans des délais différents
et leur importance relative est variable selon la nature de l'agression vasculaire,
La réponse des cellules contiguës aux vaisseaux est donc modulée (MOREAU
et CATESSON, 1981 a, 1982 b).
3) Puisque le rôle des cellules contiguës aux vaisseaux était acquis dans
l'élaboration de la gommose, il était intéressant de rechercher les liens éventuels
entre l'évolution des structures cellulaires et la genèse des contenus gommeux
plus ou moins complexes. Deux séries de phénomènes précoces nous sont appa-
rues importantes : la mobilisation des précipités vacuolaires et la formation
de vésicules à «cœur dense». Leur évolution, comme d'ailleurs les divers critères
retenus, concernant l'évolution de la gommose, confirment la modulation de
la réponse du xyléme selon la nature de l'agression (MOREAU et CATESSON,
1982 b).
II. — REMARQUES SUR LE FONCTIONNEMENT DU XYLEME
ET SES PERTURBATIONS
1) Les vaisseaux, au méme titre que les parois cellulaires des parenchymes,
appartiennent à l’apoplaste. La séve brute constitue une solution nutritive
peu concentrée et déséquilibrée. Or, comme dans les modèles que nous avons
observés les parasites n'hydrolysent pas les parois de vaisseaux dans lesquels
ils s'installent (CATESSON et al., 1972; CATESSON et al., 1979), ceci implique
qu'ils soient tributaires, pour la germination des spores et la croissance des
hyphes, d'un appoint de nourriture fourni par les cellules vivantes contigués
aux vaisseaux. Ces molécules doivent transiter à travers les parois des ponctua-
tions qui sont restées cellulosiques lors de la lignification. Donc la situation
est comparable à celle des parasites de parenchymes dont les hyphes demeurent
longtemps localisées aux espaces intercellulaires.
Le développement du parasite dans l’apoplaste entraîne, en conséquence,
des perturbations de la perméabilité des membranes et des modifications osmo-
tiques au sein des cellules de l'hôte comme le souligne HANCOCK (1981)
dans une attaque de parenchyme de Cucurbita par Sclerotinia. Dans le couple
Oeillet/Phialophora, le glycopeptide neutre, secrété par le parasite, doit provo-
quer une altération des structures membranaires des cellules contigués aux
vaisseaux ayant pour conséquence la libération rapide des ions minéraux, sucres,
acides aminés, etc.. (PUGIN et al., 1981 et communication personnelle).
2) Il est sûr que le traumatisme de l'entaille, utilisée dans nos récents travaux,
perturbe fortement, dans la zone concernée, l'ascension de sève (ZIMMERMAN,
1978). Cependant, les circuits latéraux, notamment la voie symplastique, assu-
rent une relève rapide de la circulation défaillante (DIMOND, 1970) puisque
aucune feuille ne flétrit ni aussitôt aprés l'entaille, ni dans les délais de l'expé-
rience (18 j).
Source : MNHN, Paris
16 M. MOREAU & A.M. CATESSON
De toutes façons, dans la zone oü s'effectuent les observations (entrenœud
immédiatement superposé à celui de l'entaille), les cellules bordant les vaisseaux
(ou mieux les cellules de contact, selon la terminologie proposée par BRAUN
(1964) et SAUTER (1972) demeurent vivantes et réactives. En effet, les résultats
obtenus gráce à ce mode opératoire présentent beaucoup d'analogie avec nos
résultats antérieurs, méme si certaines manifestations pathologiques, observées
aprés infection par les voies naturelles (inoculum au niveau des racines, sans
ou avec blessure provoquée), n'ont pas été retrouvées :
-accroissement de la lignification (MOREAU, 1957 b);
- couche protectrice des cellules de contact (CZANINSKI et al., 1973);
- la couche «X» le long des parois vasculaires (CZANINSKI et al., 1971).
La non observation de ces derniéres manifestations pourrait avoir plusieurs
causes
— nous avons ici opéré des œillets jeunes et les examens concernent un
xylème primaire ou en début de secondarisation; un tissu plus âgé présenterait
vraisemblablement quelques réactions complémentaires,
— nous avons limité nos observations à la période qui, dans ce mode opé-
ratoire, précéde juste l'apparition des premiers symptómes externes chez les
PAG
— nous avons introduit brutalement, dans la tige, un nombre trés important
de propagules alors que les infections par les voies naturelles ne les y aménent
que progressivement et en petit nombre.
Ces réserves étant faites, la technique utilisée présente, malgré son caractére
artificiel, des avantages de divers ordres :
— elle permet de raccourcir considérablement les délais d'incubation, de
localiser aisément les propagules infectieuses et de faciliter ainsi une étude
ultra-structurale et statistique des stades précoces de l'agression vasculaire;
- elle élimine les barrages naturels du système racinaire; ainsi peuvent
étre étudiés, d'une maniére indépendante, les barrages de défense élaborés
par la partie basale de la tige;
— elle porte l'agression dans la zone où normalement s'observe la plus forte
gommose (MOREAU et al., 1969). On peut donc s'attendre à des réactions
exacerbées. La réactivité intense des tissus à ce niveau a été confirmée par
d'autres méthodes d'approche sur l'œillet (augmentation des activités peroxy-
dasiques, GRISON et al., 1975; GALLOIS et al., 1980) et sur la tomate (aug-
mentation des glucanases et chitinases, PEGG et YOUNG, 1981a; synthése
maximale de phyto-alexines, HUTSON et SMITH, 1980).
— elle permet ainsi de différencier qualitativement, quantitativement et
chronologiquement les réactions des cellules de contact vis-a-vis de 3 niveaux
d'agression : le simple stress physique (s. e.), l'infection par un parasite vasculaire
non pathogène, bien que polyphage (i V.d.), l'infection par l'agent pathogène
3) Nous avons attiré l'attention, dès 1971 (CZANINSKI et al.) sur le rôle
Source : MNHN, Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPECIFICITE PARASITAIRE 17
des cellules de contact dans l'élaboration de la gommose vasculaire; la confir-
mation de ces résultats nous conduisait à dire (MOREAU et al, 1973) «à
ces cellules semble dévolue l'organisation des premières étapes de la résistance
du tissu vasculaire à l'infection».
L'importance de ces cellules dans les réactions pathologiques a été depuis
confirmée par notre groupe et d'autres chercheurs :
— dans diverses attaques par des agents pathogènes vasculaires : Cerato-
cystis sur Orme (CZANINSKI et al., 1975), Verticillium sur Coton (MACE et
al., 1976, 1978), Verticillium sur Chrysanthème (BRISSON etal., 1977), Phialo-
phora sur Tournesol (LE PICARD, 1979), Fusarium sur Tomate (BECKMAN
et al., 1982);
— dans des infections par des parasites non pathogènes (Verticillium sur
Oeillet, CATESSON et al., 1976; MOREAU et al., 1978) et méme par la flore
des racines (BECKMAN et al., 1982);
dans des gommoses d'origine physiologique (FUJITA et al., 1977; RIC-
KARD et al., 1979);
dans des stress physiques tel qu'une blessure par entaille.
Dans le xylème sain, les cellules de contact assureraient des transports à
courte distance (SAUTER, 1972; SAUTER el al., 1973). De telles propriétés
expliqueraient que ces cellules puissent utiliser les réserves tissulaires voisines
pour organiser la défense ou, à défaut, répondre aux sollicitations de l'agent
pathogène en cours d'installation. Les fonctions que doivent assurer les cellules
de contact dans la protection vasculaire apparaissent multiples :
blocage rapide de la germination des spores (avant 6 h pour le Verticillium
chez l'œillet), freinage de l'avance mycélienne de l'agent pathogene dans les
cultivars tolérants;
- obturation des vaisseaux par des secrétions varices et/ou par des thylles
dans les espéces qui en produisent (la thyllose n'est pas naturelle chez l'ocillet);
infiltration des tissus adjacents par des composés toxiques (polyphénols,
phytoalexines, etc.);
- transferts latéraux de séve, courtcircuitant les portions de vaisseaux
lésées;
— et, comme les autres cellules du parenchyme vasculaire non lignifiées,
différenciation de suber de cicatrisation tendant à isoler les parties malades
(MOREAU, 1957; PERESSE, 1975).
4) Compte-tenu de la diversité des róles évoqués ci-dessus, il n'est pas éton-
nant de constater une hétérogénéité structurale des cellules de contact qui
possèdent des relations privilégiées avec les vaisseaux. Rappelons l'existence,
dans le xylème primaire de l’œillet sain, de deux familles cellulaires (C1 et C2);
seules les plus riches en mitochondries (C2) correspondent à la définition des
cellules associées aux vaisseaux donnée par CZANINSKI (1977). De plus, dans
chacune de ces familles, on peut reconnaître deux sous-groupes (cellules accu-
mulant ou non des polyphénols vacuolaires). Cette hétérogénéité reflète une
Source : MNHN, Paris
18 M. MOREAU & A.M. CATESSON
spécialisation fonctionnelle. En effet, en cas d'agression, les C2 mobilisent
leurs polyphénols vacuolaires avant 24 h; dans ce délai, le nombre des C1 concer-
nées par le stockage reste constant (i V. d.) ou s'accroit; la mobilisation des
polyphénols de réserve chez les C1 n'est effective que les jours suivants (MO-
REAU et al., 1982; MOREAU et CATESSON, 1982b).
Une spécialisation fonctionnelle a été également mentionnée chez le coton
où certaines cellules produisent des thylles tandis qu'à d'autres est dévolue
la synthèse des terpénoides (MACE et al., 1976; MACE et DRAWER, 1981).
III. — NATURE ET DÉROULEMENT DES RÉACTIONS DE DÉFENSE
1) Comme l'usage de nombreuses techniques histochimiques (MOREAU,
1957 b; PERESSE, 1974) et cytochimiques (MOREAU et al., 1978) a permis
de l'établir, dans la réaction spécifique Oeillet/Phialophora, la défense de l'hóte
se matérialise essentiellement par :
- la production de callose;
- l'élaboration de polyphénols et de polysaccharides de plus en plus complexes;
- la synthése des constituants de la lignine;
ces manifestations étant associées à l'apparition de structures cellulaires nou-
velles soit secrétrices, soit nécrotiques (MOREAU et CATESSON, 1982 a).
Or, ni dans leur nature ni dans leur chronologie, ces manifestations ne pa-
raissent, pour la majorité d'entre elles, originales par rapport aux mécanismes
décrits par d’autres auteurs :
dans le cas d'attaques vasculaires (pour une revue, voir BELL et MACE,
1981 ainsi que BECKMAN et TALBOYS, 1981; BECKMAN, 1981; BECKMAN
et al., 1982);
— et même, dans celui de parasites parenchymateux à développement inter-
cellulaire (DE WIT, 1981; HAMMERSCHMIDT et KUC, 1982, HAMMER-
SCHMIDT et al., 1982).
2) Cependant, parce qu'ils ont facilité l'analyse fine des mécanismes mis
en place en réponse à 3 niveaux d'agression, nos récents travaux ont fait ressortir
les défaillances du système de l'hôte face à son agent pathogène. Au contraire,
l'œillet se protège très efficacement contre le Verticillium, parasite redoutable
qui, de toute évidence pourtant, sait déjouer les systèmes défensifs de ses hôtes
multiples :
— face au traumatisme physique (s. e.), les réactions sont tardives, accom-
pagnées d’une gommose discrète; pour ce faire, les cellules de contact doivent
utiliser des métabolites simples, déjà en réserve ou facilement élaborés;
face aux deux parasites potentiels (i V.d., i P. c.), les réactions présentent
À la fois des traits convergents et des divergences.
Source : MNHN, Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPECIFICITE PARASITAIRE 19
A. - Analogie entre certains processus de la défense et non-spécificité de ses
inducteurs.
Comparées au stress banal, les réactions de défense sont à la fois plus pré-
coces, plus intenses, plus complexes.
a) Dans les heures qui suivent l'agression, nous avons signalé plus haut
que deux manifestations indépendantes ont été visualisées : les modifications
du métabolisme des polyphénols et l'apparition des vésicules à «cœur dense».
Ces derniéres ne renferment pas de polysaccharides (contrairement aux vésicules
golgiennes) et sont probablement d'origine réticulaire. Fréquentes entre 6 et
48 h, elles pourraient correspondre à la forme de transport de protéines enzy-
matiques dont plusieurs auteurs signalent, dans des délais de même ordre,
l'activation des synthèses (1-3 8 glucanase, chitinase et autres glycosidases,
PEGG et YOUNG, 1981 a et b; P.A.L., HADWIGER et LOSCHKE, 1981 et
réf. citées; peroxydases, DUBOUCHET, communication personnelle; P.P.O.,
OBRIKOWICZ et KENNEDY, 1981),
Rappelons que, c'est encore face à l'infection qu'apparaissent, en proportions
importantes, les types cellulaires secréteurs associés aux élaborations gommeuses
de nature les plus complexes.
b) Si dans nos récentes études aucun contróle chimique n'a été effectué
parallèlement aux observations microscopiques, permettant de préciser la nature
des molécules élaborées en réponse à l'agression fongique, nous ne pouvons
négliger les données connues concernant le métabolisme des Caryophyllacées
et les perturbations observées antérieurement, sur des œillets contaminés.
Cette famille stocke, normalement, dans les vacuoles, des saponines, terpé-
noïdes dont les qualités détergentes sur les membranes notamment sont repu-
tées; leur rôle dans la défense pourrait être multiple : matériaux de base dans
la réponse phytoalexinique, agent d'altération des membranes plasmiques
du parasite et méme de l'hóte en cas de décompartimentalisation brutale.
Les glucides de réserves sont normalement abondants dans les parenchymes,
notamment médullaires. Parmi ceux-ci se rencontrent des galactosides du sac-
charose originaux (séries du lychnose et de l'isolychnose, COURTOIS et ARIYO-
SHI, 1962; COURTOIS, 1968). En réponse à l'infection par le Phialophora,
l'œillet présente d'importantes perturbations du métabolisme glucidique; men-
tionnons par exemple la disparition des glucides de réserve notamment dans le
parenchyme médullaire (MOREAU et al., 1971 et résultats non publiés). Les
modifications observées au niveau des ultrastructures du xyléme expliquent
aisément la mobilisation générale des glucides de réserve,
Parallèlement, tous les tissus malades contiennent une substance hétérosi-
dique (CHOLLET et al., 1971). De telles substances sont considérées représenter
la forme circulante des composés phénoliques. Nous écrivions alors que cet
hétéroside, apparemment synthétisé dans divers parenchymes de l'hôte malade,
pourrait être l'objet, dans le xylème, de réactions enzymatiques aboutissant
à la formation et la polymérisation de composés phénoliques oxydés respon-
Source : MNHN, Paris
20 M. MOREAU & A.M, CATESSON
sables de la coloration intense des tissus gommeux. Nous émettions déja l'hypo-
thèse que les cellules associées, dont nous venions d'établir l'existence «pour-
aient jouer un rôle important, sinon dans la synthèse, du moins dans la trans-
formation locale des composés phénoliques».
Nos récents résultats confirment le rôle important mais diversifié des cellules
de contact dans le métabolisme phénolique en réponse à l'infection.
En outre, il est clair que l'œillet synthétise des substances fongistatiques de
type phytoalexinique face aux spores de divers saprophytes (MOREAU et
PERESSE, 1972) et méme du Verticillium. En effet, ces propagules ne peuvent
germer après leur introduction dans la plante alors que ni la sève ni les tissus
de l'œillet sain ne contiennent de telles substances inhibant la germination
(PERESSE, 1975), Chez la tomate (er. sensible ou résistant), DE WIT et FLACH
(1979) signalent la présence de phytoalexines après attaque du Cladosporium
fulvum et leur absence après divers stress physiques. Ainsi, dans cet exemple,
comme chez l'œillet, les mécanismes de défense les plus élaborés ne semblent
pas spécifiques de l'association compatible hôte-parasite mais relèvent plutôt
de la présence indésirable d'un champignon dans les tissus.
c) Dans ces conditions, il faut admettre que les molécules d'origine fongique
capables d'induire les réactions de défense chez l'hôte doivent être relativement
communes. Comme ce sont les spores du Verticillium qui déclenchent les réac-
tions rapides des cellules de contact, c'est donc au niveau de ces propagules
qu'il convient de rechercher le ou les métabolites responsables.
Divers auteurs suggérent que les chitosanes, constituants de la paroi, notam-
ment localisés sur les spores de nombreuses espèces fongiques, pourraient jouer
ce róle, d'autant que comme il est rappelé plus haut, les plantes savent pro-
duire les enzymes capables d'attaquer de telles molécules, HADWIGER et
LOSCHKE (1981) ont présenté des arguments solides en faveur du róle impor-
tant que joueraient les chitosanes dans les étapes précoces de la relation hóte-
parasite.
Cependant, un trait commun aux parasites vasculaires est de posséder des
microconidies à paroi muqueuse. On connaít le rôle de cette matrice mucila-
gineuse dans la protection des spores contre la dessication, dans leur dissémi-
nation en phase aqueuse, dans leur germination par apport de glucides et acides
aminés. Récemment, BERGSTROM et NICHOLSON (1981) ont montré que,
chez le Colletotrichum graminicola, cette matrice est de nature glycoprotéique
(une invertase dans leur modèle) et que sa présence aggrave notablement les
symptômes d'anthracnose. Ils ont émis l'hypothèse qu'un tel mécanisme pourrait
concerner les myxospores de nombreux parasites.
Enfin, les microconidies de divers agents pathogènes présentent, dans leur
cytoplasme, un globule réfringent possédant plusieurs des activités enzymatiques
reconnues, par ailleurs, aux lysosomes (PUJARNISCLE, 1971). Ces globules
disparaissent en cours de germination, leur contenu ayant vraisemblablement
un róle transitoire indispensable aux remaniements multiples qui, en quelques
heures, permettent à la spore d'édifier la jeune hyphe germinative. Cependant,
Source : MNHN, Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPÉCIFICITÉ PARASITAIRE 21
certaines de ces enzymes pourraient altérer des constituants pariétaux ou mem-
branaires des cellules de l'hôte contre lesquelles les spores infectieuses sont
accolées et ainsi provoquer le déclenchement de la défense.
B - Divergences du comportement et problèmes de reconnaissance du
parasite par l'hôte.
Tous les éléments récemment analysés (MOREAU et al., 1982 a, b) éta-
blissent que :
— les deux familles de cellules de contact présentes dans le xylème caulinaire
d’æillets sains assurent des fonctions différentes, lors de leur mise en alerte et
que déjà elles semblent distinguer, par leur comportement, les spores des deux
parasites potentiels;
— elles modulent ensuite la nature et l'intensité de leur réponse :
- dans le systéme efficace, contre le Verticillium, la réponse est locale, précoce,
intense et coordonnée;
-face à l'agent pathogène, si la réponse à terme est intense et généralisée, elle
est partiellement différée et constamment désordonnée.
Ceci suggère que les spores du Verticillium sont rapidement identifiées
comme étrangères; leur germination est bloquée pendant que sont progressive-
ment mises en place les diverses étapes de la défense (lecture séquentielle des
gènes incriminés dans la réponse à l'infection). Les spores restent toutefois
vivantes pendant plusieurs semaines puisque, si la tige d’œillet infectée est
sectionnée et les fragments ensemencés sur milieu gélosé, des thalles se déve-
loppent (PERESSE et al., 1971). Cette observation établit que le blocage, de
nature fongistatique et non fongicide, dépend du respect de l'intégrité des
corrélations de la plante et sous-entend la synthèse permanente de la (ou des)
molécule(s) inhibitrices(s) concernée(s).
Si la présence massive de spores de Phialophora dans un élément de vaisseau
entraîne leur non-germination et une nécrose rapide des cellules voisines, il en
va tout autrement des spores isolées. Les spores isolées ne semblent pas recon-
nues par l'hôte comme potentiellement dangereuses.
Plusieurs auteurs ont récemment attiré l'attention sur l'existence d'une
communauté antigénique entre les glycoprotéines accrochées à 1а paroi cellu-
laire de l'hôte et celles présentes sur les propagules de plusieurs de leurs parasites
spécifiques, ce qui pourrait justifier une défaillance dans l'identification (C.R.A.
= Cross Reactive Antigenes, DE VAY et al., 1981; C.R.M. Cross Reactive
Material, ETZLER, 1981). Or, le glycopeptide neutre isolé des filtrats de culture
du Phialophora (PUGIN et DUBOUCHET, 1978) a été retrouvé dans le mycé-
lium et les spores (PUGIN, communication personnelle) ainsi que dans les
œillets malades (PUGIN et al., 1979). Parallèlement, un composé ayant des pro-
priétés chromatographiques et électrophorétiques semblables a été identifié, en
faible quantité, dans les ceillets témoins (PUGIN, communication personnelle).
Le glycopeptide neutre du Phialophora pourrait appartenir à une glycoprotéine
pariétale du parasite présentant une affinité structurale avec un des constituants
Source : MNHN, Paris
22 M. MOREAU & A.M. CATESSON
pariétaux de l'œillet, justifiant ainsi une défaillance au niveau de l'identification
précoce de l’agent pathogène.
Une autre observation semble établir un parallélisme entre la teneur en
glycopeptide et l'intensité du pouvoir pathogène du P. cinerescens : lors d'une
étude portant sur la variation sectorielle de divers isolats, TIRILLY (1976) a
obtenu un variant peu pathogène en infection expérimentale; or les filtrats
de culture contenaient beaucoup moins de glycopeptide que la souche dont
ce variant était issu (PUGIN, TIRILLY et al., 1979).
Rappelons en outre que ce glycopeptide provoque une perturbation rapide
de la perméabilité membranaire, ce qui, grace à la sortie de métabolites utiles,
facilite le démarrage des processus de germination, Durant la phase prégermina-
tive (10 h environ, selon MOREAU et AUZOLLE, 1964), nous assistons a une
discordance des étapes précoces de la réponse : alors que la production de
vésicule à «cœur dense» est comparable chez les ceillets infectés par le Phialo-
phora à ce qu'elle est chez ceux infectés par le Verticillium, le métabolisme
des polyphénols, au contraire, ne parait pas plus actif qu'à l'encontre de la
simple blessure. Quand les premiéres hyphes germinatives, issues de spores
isolées, émergent, la coordination de la défense n'a pas été réalisée. Le parasite
va pouvoir poursuivre son installation et exciter, le long des vaisseaux qu'il
envahit, de nouvelles cellules de contact, Il émet ensuite (vers le 10e jour),
des conidies de seconde génération véhiculées à distance par la sève et, au sein
des nouveaux foyers infectieux, sont enclenchés les mêmes processus d'où
l'accélération exponentielle de la gommose.
Signalons que, parmi les filaments présents dans les vaisseaux, PERESSE
(1975) observe deux types d'hyphes : les unes à fort calibre, à paroi épaisse
et colorée; les autres gréles, peu ramifiées, s'insinuant au travers des ponctuations
et «assurant probablement une progression rapide du parasite». Or, plusieurs
auteurs ont lié la réussite de l'infection à la présence d'hyphes plus ou moins
isolées échappant aux mécanismes de défense (BIRD et RIDE, 1981). Pour
HADWIGER et LINE (1981), il s'agirait d'hyphes secondaires contenant peu de
chitosanes. Récemment encore, MUIRHEAD et DEVERALL (1981) signalent
la production, par le Colletotrichum musae, d'appressoria et d'hyphes hyalins
ou bruns à comportements différents dans les tissus de la banane : les premiers
végètent dans les tissus immatures où les réactions sont importantes, les seconds,
d'abord dormants, présentent une rapide croissance dés que la maturation du
fruit entraine l'effondrement des capacités de défense des tissus.
Les deux types de mycéliums du Phialophora ont des constitutions pariétales
différentes : la présence ou l'absence de pigments mélaniques le matérialise.
Ces deux types de mycéliums joueraient des fonctions différentes; aux filaments
hyalins et aux conidies secondaires, mal identifiées par l'hóte, serait dévolue
l'attaque avancée, sorte de «guérilla subversive» usant, désorganisant la défense
aprés quoi l'autre mycélium représenterait la phase finale et massive de l'inva-
sion. Cette hypothése d'ailleurs justifierait une des caractéristiques du parasi-
tisme du Phialophora : la trés grande durée de l'incubation (2 à trois mois)
Source : MNHN, Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPECIFICITE PARASITAIRE 23
entre la contamination par les voies naturelles et l'expression des premiers
symptômes foliaires.
IV.— TENTATIVES D'EXPLICATION
DE LA SUSCEPTIBILITÉ D'UN HOTE A SON PARASITE SPÉCIFIQUE
1) Dans notre modéle, la réponse au parasite spécifique se traduit par des
blocages, des freinages ou des déviations des voies de biosynthèses normalement
mises en place en réponse à l'agression fongique. Dans certains freinages et
déviations, le glycopeptide neutre dont nous avons déjà fait mention pourrait
intervenir car plusieurs types d’activités, paradoxalement non spécifiques, lui
sont déjà reconnus :
— d'une part, il se comporte, sur des cultures de cellules isolées d'Érable,
comme un agent découplant (PUGIN, résultats en cours de rédaction). Cette
activité n’est sans doute pas sans rapport avec l'accroissement considérable
dans les cellules de contact, des surfaces mitochondriales non suivi d'effet;
d'autre part, il présente une activité inhibitrice de croissance sur les maté-
riels-tests normalement utilisés au laboratoire pour mesurer ce type d’activité.
Parallèlement, il freine la croissance de jeunes plants d’ceillets et semble lié au
symptôme pathologique de courbure apicale que nous avions décrit depuis
longtemps (PUGIN et al., 1975; PUGIN et DUBOUCHET, 1978 et résultats
en cours de rédaction).
2) Nous apporterons un autre élément qui nous paraît fondamental au débat.
De nombreux travaux concernant des parasites spécifiques font état d'une part
de leurs exigences nutritives «in vitro» et d'autre part de la nécessité de les
transférer réguliérement sur leur hóte au risque de voir s'effondrer rapidement
leur activité pathogéne. Or, le caractére de virulence du P. cinerescens à l'égard
de son hóte est remarquablement stable. Des isolats maintenus de nombreuses
années à l'état saprophytique sur milieu nutritif synthétique (Czapek-Dox),
sans passage sur œillet, se montrent, lors d'infections expérimentales, tout aussi
pathogènes que des isolats récents (MOREAU, PERESSE et al., 1971). Ces
faits établissent que le Phialophora ne présente aucune exigence nutritive
particuliére justifiant de son parasitisme et permettent en outre de penser que
l'une au moins des molécules associées à sa virulence spécifique serait solidement
associée à son génóme. Il se pourrait qu'elle appartienne aux métabolites indis-
pensables soit à la constitution soit aux activités biologiques normales du para-
site.
3) Récemment, DE WIT (1981) a proposé, dans le cas de l'attaque du paren-
chyme foliaire de la tomate par le Cladosporium fulvum, un nouveau modèle
pour interpréter la spécificité parasitaire. Selon cet auteur, les relations hóte/
parasite potentiel feraient intervenir normalement des interactions non spéci-
fiques entre des éliciteurs d'origine fongique et des récepteurs de l'hóte; l'en-
Source : MNHN. Paris
24 M. MOREAU & A.M. CATESSON
semble des processus de la réaction hypersensible efficace seraient ainsi dé-
clenchés. C'est ce que nous avons observé lorsque l'eillet est infecté par le
Verticillium où le type cellulaire C4 devient vite et reste dominant dans la zone
agressée avec, en corollaire, une mise hors usage rapide mais limitée dans l'espace,
de vaisseaux.
Pour DE WIT, la spécificité parasitaire impliquerait, en outre, chez le champi-
gnon, la présence de gènes de virulence (V) et chez l’hòte des gènes correspon-
dants de susceptibilité (S). Selon cette conception, il n'est pas nécessaire de
faire appel à des besoins nutritifs complexes pour justifier d'une activité patho-
gène mais de posséder le ou les gènes qui bloquent chez l'hôte considéré le pro-
cessus général de défense. «To become a pathogen, a microorganism has to
have a gene for virulence that codes for a blocker which is recognized by a
blocker receptor, the product of the gene for susceptibility by which means
the general defence reaction is blocked». C’est une situation comparable que
nous avons rencontrée chez l'œillet infecté par son Phialophora.
4) L'étude des maladies vasculaires implique encore qu'on réfléchisse sur
une meilleure efficacité des moyens de lutte. Or quelques questions découlent
des résultats précédents et leur apporter une réponse pourrait orienter vers la
conception de nouvelles méthodes de lutte.
Quelle(s) est (sont) la (les) substance(s) émise(s) précocement par le P.
cinerescens qui perturbe(nt) le déclenchement normal de la réaction de défense
de l'œillet ?
Précisons que, en infection artificielle, même les cultivars de Tournesol
sensibles au Phialophora asteris f. sp. helianthi (LE PICARD, 1979) présentent
une résistance absolue vis-à-vis du P. cinerescens.
Quelle(s) est (sont) la (les) substance(s) élaborée(s) par l’œillet qui blo-
que(nt) l'installation du V. dahliae ?
Cette seconde question nous paraît plus importante que la précédente compte-
tenu de la polyphagie remarquable de ce parasite dont nous savons qu'il s'attaque
indistinctement à des plantes Monocotylédones ou Dicotylédones, herbacées
ou ligneuses, annuelles ou pérennes. Ceci implique que le Verticillium dahliae
sache fausser la mise en route des réactions de défense chez de nombreux hótes.
Or la résistance opposée par l'erillet au Verticillium apparait originale vis-à-vis
des cas normalement étudiés. Elle n'est comparable :
-ni à la résistance offerte aux saprophytes banaux ou aux parasites de fai-
blesse que tout végétal physiologiquement en bonne santé sait rejeter;
-ni mieux à celle présentée à d'autres parasites vasculaires qui, tel le Fusa-
rium oxysporum, possédent non seulement des formes spécialisées mais encore
des races propres à tel ou tel cultivar.
La particularité des agents de verticilliose réside dans :
la diversité des genres, des espéces, des cultivars qu'un méme isolat peut
parasiter;
l'existence d'une symptomatologie partiellement différente selon les
Source : MNHN, Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPÉCIFICITÉ PARASITAIRE 25
a. entaille
b-Phialophora
c -Verticillium
jours
6 3j 343 «4 5 6 7j 8 9 10 Ni 12) 13) 14
Fig. 1. — Interprétation schématique des réactions d'un xyléme caulinaire à divers types
d'agression (modéle Oeillet).
a) stress physique (entaille)
b) infection par parasite vasculaire spécifique (Phialophora cinerescens,
c) infection par parasite vasculaire non pathogène (Verticillium dahliae).
L'axe des abscisses donne la notion de temps:
Les axes centraux de chacun des schémas donnent une idée de la répartition, dans
l'hôte, des mécanismes de défense. En a) et c) : axes courts; les réactions sont limitées
dans le temps (5 j environ) et dans l'espace (vaisseaux directement agressés et vaisseaux
limitrophes). En b) : les axes longs et régulièrement divisés symbolisent l'extension des
réactions : elles sont suscitées par les spores en germination, l'ascension des hyphes mycé-
liennes, leur passage progressif dans les vaisseaux voisins, la dissémination des spores de
2ème génération (dés le 10e jour), etc..
A et B symbolisent les métabolites banals mob
cellulaires initiaux.
C symbolise les synthèses précoces consécutives à l'agression (protéines notamment
enzymatiques).
D symbolise l'édification d'infrastructures cellulaires nouvelles
E et F symbolisent les synthèses nouvelles résultant notamment de la mise en place
des structures secrétrices.
G symbolise les structures nécrotiques (seulement observées en b) dans le modèle pris
en exemple).
sés pour la défense déjà par les types
Le point de départ des flèches, leur inclinaison par rapport à l'axe central, donnent
une idée de la précocité relative des réactions. Leur longueur, le degré de ramification
symbolise l'importance et la complexité relative des phénomènes qu'elles représentent.
Source -MNHN Paris
26 M. MOREAU & A.M. CATESSON
hôtes (prédominance de la gommose vasculaire, de la décoloration foliaire,
du wilt...).
Cette diversité de comportement du Verticillium signifie peut-étre que, selon
l'hôte, il puisse perturber la défense à différents niveaux donc atteindre priori-
tairement telle ou telle cible plus accessible.
Pour rendre le débat plus imagé, on peut dire que le Verticillium possède
une «clef passe-partout» qui sait ouvrir les «serrures de sûreté» chez de nom-
breuses plantes. On connaît la complexité des reliefs (négatifs et positifs) que
doivent posséder en commun une «serrure de sûreté» et sa «clef»; un «passe-
partout» efficace doit être la réplique de la majorité des reliefs des serrures
qu'il doit ouvrir. Il se révile cependant incapable de violer le code de sécurité
de l'œillet.
CONCLUSION
La figure 1 tente d'illustrer les différences de comportement du xylème
de l'œillet face à l'agression.
Les réactions au simple stress (a) sont tardives et simples; elles sont plus
précoces et plus élaborées après l'infection par le Verticillium (c). Ici, alors
que les premières étapes de défense se mettent en place, pratiquement en même
temps, sont débloqués les gènes qui assurent le départ de nouvelles biosynthèses
plus performantes. Rappelons que le type cellulaire C4 est dominant en cas de
résistance active, efficace.
La défense est désorganisée à l'encontre du Phialophora (b) et, si globale-
ment les réactions (dont la gommose vasculaire) apparaissent incomparablement
plus importantes, ce n'est dû qu’à l'invasion progressive des vaisseaux par l'agent
pathogène.
Nous pourrions, en nous référant encore à des données familières à tous,
assimiler :
— le simple stress : à la mise à feu d'une unique fusée à un étage;
` l'infection par un parasite non pathogène (le Verticillium) : à la mise à feu
d'une unique fusée à plusieurs étages dont le lancement est réussi;
l'infection par un agent pathogène spécifique (le Phialophora) correspond
encore au lancement d'une fusée à plusieurs étages mais les uns fonc-
tionnent bien, d'autres imparfaitement, d'oà l'échec. Alors d'autres mises à
feu sont tentées mais elles sont sanctionnées par les mémes échecs.
Nous considérons que cette représentation schématique s'adapte à d'autres
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Source : MNHN, Paris
MALADIES VASCULAIRES ET SPECIFICITE PARASITAIRE 27
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TIRILLY Y., 1976
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ZIMMERMANN M.H., 1978 — Vessel ends and the description of water flow in plants.
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Variation sectorielle chez le Phialophora cinerescens. Rev. de Mycol.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
33
UTILISATION DE SUCRES ET DE POLYOLS
PAR LA MYCOFLORE D'ABIES ALBA MILL.
2. PENICILLIUM
par F, GOURBIERE*
RÉSUMÉ. — A de rares exceptions prés, les 10 Penicillium isolés de la litiére d’Abies alba
Mill. utilisent l'ensemble des 25 sucres et polyols testés.
SUMMARY With a few exception, the 10 Penicillium isolated from Abies alba Mill.
leaf litter utilize all the 25 sugars and polyols tested.
Dans une premiere note (GOURBIERE, 19812) nous avons étudié l'utili-
sation des sucres et polyols par les Mucorales de la litiére de Sapin (Abies alba
Mill). Nous envisageons aujourd'hui les possibilités d'utilisation de ces mêmes
substrats par les Penicillium présents dans cette litière.
I. MATÉRIEL ET MÉTHODE
MATÉRIEL
Les souches étudiées ont été précédemment isolées de la litiére d'Abies alba
(GOURBIERE, 1979; 1981 b). Leurs numéros de référence sont ceux de notre
mycothéque.
Nous avons conservé la nomenclature des précédentes notes, correspondant
aux identifications réalisées par le Centraalbureau Voor Schimmelcultures
* Laboratoire d’Écologie Végétale, Université Lyon I, Bat. 741, 43 Bd du 11 Novembre
1918, F. 69622 Villeurbanne Cedex, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris.
34 F. GOURBIERE
(Baarn). Nous donnons entre parenthèses la synonymie avec le récent ouvrage
de PITT «The genus Penicillium» (1979), dont nous avons suivi la classification
subgénérique.
Sous-genre Aspergilloides Dierckx
Section aspergilloides Pitt.
Série Glabra Pitt.
P. frequentans Westling (A48) (= P. glabrum (Wehmer) Westling).
P. cf. frequentans Westling (A16). Diffère du type par une croissance
plus lente.
P. lividum Westling (A 46).
Sous genre Furcatum Pitt.
Section divaricatum Raper et Thom ex Pitt.
Série canescentia Raper et Thom ex Pitt.
P. nigricans Bain. (A49) (= P. janczeweskii Zaleski).
P. melinii Thom. (A18)
P. estinogenum Komatsu et Abe ex G. Smith (A19). Déterminé par
R.A. SAMSON (Baarn), d’après PITT serait identique à P. melinii.
P. daleae Zaleski (A 32).
Section furcatum Pitt
Série oxalica Raper et Thom ex Pitt.
P. cf. paraherquei Abe (A17) (= P. simplicissimum Thom). Differe du
type par son revers rouge sombre.
P. cf. raistrickii G. Smith (A47). Différe du type par l'absence de
sclérotes.
Série citrina Raper et Thom ex Pitt.
D. citrinum Thom (A137).
Toutes ces espéces, comme les Mucorales précédemment étudiées, sont des
hótes fréquents des litiéres et des sols. On constatera que les identifications
sont restées approximatives pour trois espéces.
B.— MÉTHODE (cf. GOURBIERE, 1981 a).
Les valeurs données dans les tableaux 1 et 2 représentent le poids sec de
mycélium formé à partir de 200 mg de sucre ou polyol et de 10 mg de yeast-
extract dans 20 ml'de milieu minéral. Chaque valeur est la moyenne de trois
essais.
C. — INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
1. Précision des mesures.
Lors des trois essais simultanés, l'intervalle de confiance au risque 0,05
(2 écarts types) est presque toujours inférieur à 10 mg (15 exceptions sur 260)
cas). Il est le plus souvent inférieur à 5 mg (191 cas sur 260). Ces variations
sont un peu plus importantes que dans le cas des Mucorales, peut-être à cause
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE D'ABIES ALBA : 2. PENICILLIUM 35
du temps de culture plus court. Pour le glucose, où nous disposons de deux
séries d'essais (voir tab. 1 et 2), les écarts entre ces deux séries sont plus élevés
qu'entre les essais d'une méme série.
2. Croissance sur glucose (Tab. 1).
Le rapport poids sec maximum / poids de matière organique fournie (210mg)
est compris entre 0,29 et 0,44, un peu plus élevé que pour les Mucorales (0,20
à 0,38). Le milieu utilisé est satisfaisant,
jours de culture 7 14 21 28 35 а b
P.cf.frequentans 60 54 34 25 24 0,90 0,29
P. frequentans 92 88 87 82 RL. 0,96 0,44
P.lividum 81 73 64 62 59 0,90 0,39
P.nigricans 60 79 74 66 61 1,00 0,38
P.melinii Se 75 61 53 54 0,97 0,37
P.estinogenum 80 61 50 50 42 0,76 0,38.
P.daleae 65 79: 67 DI: 53 1,00 0,38
P. cf. paraherquei 75 70 56 49 46 0,93 0,36
P. cf. raistrickii 7 83 79 71 75 1,00 0,40
P. citrinum 63 78 72 = 61 1,00 0,37
Tableau 1. — Croissance sur glucose. Poids sec en mg pour 210 mg de substrat.
a :rapport poids sec à 14 jours : poids sec maximum.
b : rapport poids sec maximal : poids de substrat apporté.
3. Temps de culture.
Le tableau 1 montre que le maximum de croissance est atteint en 7 ou 14
jours. Les phénomènes d'autolyse pouvant ensuite être assez rapides (chez P.
cf. frequentans par exemple), nous avons retenu un temps de culture de 14
jours. Le rapport poids sec à 14 jours / poids sec maximal est toujours supérieur
à 0,75.
4. Signification des résultats.
Les témoins sans sucre sont compris entre 2 et 5 mg, Sur 250 essais les poids
secs se répartissent ainsi :
0-9 mg : substrat non utilisé (6 cas)
— 20 mg et plus : substrat utilisé (240 cas)
Source : MNHN. Paris
E SE
s E
a o = e E
sì = E S cr E f 2 5
È 5 5 $ =| g a A Е 2
È 3| 3 + E e 3 | 2
a Р a ai = 3 =
© A E EE E £
5 èl = = gl & = 5 DI
a i ea e)
temoin 3 3 3 5 3 2 4 3 4 4
monosaccharides
glucose 54 77 68 74 73 70 69 66 74 72
fructose PIN та ME
mannose Go 8) A GS 58 0 tel
galactose 47 73 b 75 68 48 62 68 54 q
L-sorbose 37 85 64 DE 71 32 DI 66 52 74
L-rhamnose IEA A o e
xylose 37 70 65 61 70 32 46 57 44 76
L-arabinose 39 71 66 63 70 35 54 61 46 52
D-arabinose 19 41 23 24 25 25 34 14 34 28
ribose 46 66 60 66 64 35 55 46 DI 72
disaccharides
maltose 52 81 67 76 73 43 56 58 56 78
tréhalose 52 84 71 73 77 34 65 73 57 76
lactose 63 83 61 54 76 25 57 68 64 7l
cellobiose 50 87 60 72 67 34 55 58 52 83
Saccharose DE 88 68 75 69 59 55 53 53 84
mélibiose 54 84 40 62 69 41 54 61 A 78
trisaccharides
raffinose 60 92 57 64 si 47 56 64 20 81
mélezitose 67 80 39 52 76 27 57 79 58 Ti
polyols
glycérol 43 66 31 57 68 24 57 60 48 76
erythritol 43 38 60 47 67 21 52 92 49 74
ribitol 53 6 3 70 34 19 46 8 31 75
glucitol 53 6l 37 67 43 33 59 55 24 77
mannitol 59 91 71 69 70 35 58 66 53 54
galactitol 55 61 7 70 8 20 48 23 28 20
inositol 30 46 29 46 52 14 37 60 38 61
Tableau 2. — Croissance sur différents sucres et polyols. Poids sec à 14 jours pour 210 mg
de substrat (glucitol = sorbitol, ribitol = adonitol, galactitol — dulcitol).
Source : MNHN, Paris
MYCOFLORE D'ABIES ALBA : 2. PENICILLIUM an
— les quatre valeurs intermédiaires, comprises entre 14 et 20 mg seront
considérées comme probablement positives.
Il. — RÉSULTATS ET DISCUSSION (Tableau 2).
Les Penicillium possèdent un équipement enzymatique étendu qui leur per-
met d’assimiler de nombreux carbohydrates simples.
Tous les hexoses, pentoses, di et trisaccharides sont utilisés par tous les
Penicillium testés, seul P. cf. raistrickii n'utilise pas le mélibiose ce qui explique
d'ailleurs sa croissance faible sur raffinose (utilisation partielle, limitée au fruc-
tose, le reste mélibiose restant inutilisé). Comme pour les Mucorales, le D-ara-
binose est moins bien utilisé que son isomère naturel, le L-arabinose.
Tous les Penicillium testés utilisent le glycérol, l’erythritol, le glucitol, le
mannitol et l'inositol. Les autres polyols sont généralement assimilés avec
toutefois quelques exceptions qui devraient d’ailleurs être vérifiées par l'étude
d'autres souches avant toute conclusion : P. frequentans, P. lividum et P. cf.
paraherquei n'utilisent pas le ribitol, P. lividum n'utilise pas le galactitol.
Hormis ces quelques exceptions, le groupe des Penicillium étudié apparaît
très homogène dans ses larges capacités d'utilisation des sucres et polyols.
Stades de décomposition Y DA iL Fl F2
P. cf. frequentans 0 - 0,3 2:9, 217
P. frequentans 0 - 0 0 1,8
P. lividum 0 - 0 0,3 0,7
P. nigricans 0 - 0 0 0,3
P. melinii 0 - 0 E 7,8
P. estinogenum 0 - 0 1,8 5,9
P. daleae 0 - 0 0,3 1,9
P. cf. paraherquei 0 - 0,3 0,3 1,0
P. cf. raistrickii 0 - 0,3 d 0,3
P. citrinum 1,5 0 0,5 0,5 1,5
Total Penicillium 165 2,0 1,4 8,3 42,9
Tableau 3. — Pourcentages d’aiguilles d’Abies alba Mill. colonisées par chaque espèce en
fonction du stade de décomposition de l'aiguille (V : aiguilles vivantes, Lo : sénescentes,
L, Fl, F2 : stades successifs de la litióre au sol). D'après GOURBIERE (1974, 1975,
1979, 1981 b).
Source : MNHN, Paris
38 F. GOURBIERE
De ce point de vue, il se rapproche plus des Mucorales du sous-genre Micro-
mucor (M. ramanniana) que de celles du sous-genre Mortierella (M. parvispora,
pulchella, verticillata, ...) étudiées précédemment. Notons cependant qu'aucune
de ces Mucorales n'utilisent l'érythritol et l'inositol qui sont par contre assimilés
par tous les Penicillium étudiés.
La distribution des différentes espéces en fonction des stades de décompo-
sition des aiguilles de Sapin est donnée dans le Tab. 3. Les Penicillium ne de-
viennent importants qu'en fin de décomposition, dans la litiére F2. Seuls P.
frequentans et le couple P. melinii - Р. estinogenum sont abondants. Des résul-
tats non encore publiés montrent cependant que D. cf. paraherquei est aussi
une espèce dominante. Les autres Penicillium sont peu fréquents sur les aiguilles.
L'étude de l'assimilation des sucres et polyols montre qu'à l'inverse des
Mucorales, les Penicillium ne présentent a cet égard aucune différenciation
qui puisse expliquer leur coexistence : de ce point de vue particulier ils se trou-
vent en concurrence complète.
III. CONCLUSIONS
Ces travaux permettent d'acquérir des informations de base sur les capacités
nutritionnelles des champignons saprophytes. Ils conduisent à la mise en évi-
dence de groupes physiologiques dichotomes : espèces utilisant ou n'utilisant
pas un substrat donné in vitro. L'utilisation in natura de ce substrat et ses consé-
quences sur la structure et le fonctionnement des microflores ainsi que sur
la dégradation du matériel végétal seront par contre beaucoup plus difficiles
à démontrer.
Ce travail a été réalisé dans le cadre de l'Équipe de Recherches associée au CNRS n? 848
«Écologie microbienne».
Nous remercions Mme Colette MOULIN pour sa collaboration technique.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE D’ABIES ALBA : 2. PENICILLIUM 39
BIBLIOGRAPHIE
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PITT J.1.,1979 — The genus Penicillium. Academic Press, London. 634 p.
Source : MNHN, Paris.
Source : MNHN. Paris
41
PYXIDIOPHORA BADIOROSTRIS LUNDQ.
Y PYXIDIOPHORA FIMBRIATA SP. NOV.,
EN ESPANA (PYRENOMYCETES)*
par J.M. BARRASA y G. MORENO**
RESUME. — Nous proposons comme espace nouvelle Pyxidiophora fimbriata, récoltée
sur du fumier de vache (Peña Lecanda, Macizo Gorbea, Vizcaya). Nous comparons cette
espèce avec P. badiorostris nouvelle pour la mycoflore de l'Espagne.
SUMMARY. — A new species is proposed, Pyxidiophora fimbriata n. sp. collected on cow
dung from Peña Lecanda (Macizo Gorbea, Vizcaya). This species is compared with Pyxi
diophora badiorostris Lundq. new to Spain.
RESUMEN. — Se propone Pyxidiophora fimbriata como especie nueva, recogida en estier.
col de vaca procedente de Peña Lecanda (Macizo Gorbea, Vizcaya). Se compara con Pyxi-
diophora badiorostris Lundq. nueva para la micoflora espanola.
INTRODUCCION
La posición taxonómica del género Pyxidiophora Bref. & Tav. emend Lundq.
está en la actualidad muy discutida, habiendo pasado por una serie de importan-
tes cambios; MULLER & VON ARX (1962) incluyen el genero Pyxidiophora
s. str. en la familia Hypomycetaceae, manteniendo el género Mycorhyncus en
la familia Hypocreaceae s. str. ROGERSON en 1970 propone una sola familia
* Comunicación presentada en el IV Simposio de Botánica Criptogamica. Barcelona, 22 al
25 de Septiembre de 1981.
** Dpto Botanica, Universidad de Alcalá de Henares, Madrid, Espana.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
42 J.M. BARRASA Y G. MORENO
en la que incluyen los generos antes citados : Hypocreaceae, siendo aceptada
posteriormente por MULLER y VON ARX (1973). Sin embargo (ARNOLD,
1968, 1972b) seguian incluyendo Pyxidiophora en la familia Hypomycetaceae,
basandose en las semejanzas existentes entre los generos Hypomyces y Pyxi-
diophora tales como el color del peritecio, morfologia de las esporas, ausencia
de parafisos y habitat, diferenciandose no obstante en la forma y estructura
del asca y en el numero de esporas en su interior.
SPEGAZZINI (1909) fue el primero en intuir que Pyxidiophora s. lato debía
constituir un grupo exclusivo, y muy posteriormente ARNOLD (19722) man-
tiene esta concepción creando la familia Pyxidiophoraceae para los generos
Pyxidiophora s. str. y para Mycorhynchus.
HAWKSWORTH & WEBSTER (1977) siguen la concepción taxonómica
planteada por ROGERSON (1970).
LUNDQVIST (1980) reune los generos Treleasia Speg., Mycorhynchus
Sacc., Copranophilus Speg., Ascolanthanus Caill. y Acariniola Maj. & Wisn.
dentro del género Pyxidiophora Bref. & Tav. s. lato manteniendo la familia
Dyxidiophoraceae Arnold con sólo dos generos : Pyxidiophora Bref. & Tav. s.
lato y Mycorhynchidium Mall. & Cain.
Nosotros seguimos en este trabajo el criterio taxonómico de LUNDQVIST
(1980).
MATERIAL Y METODO
El material estudiado procede de estiercoles de caballo y vaca recogidos
en Peña Lecanda (Vizcaya) y llevados al laboratorio donde se mantuvieron en
cámara humeda y segun las técnicas indicadas anteriormente (BARRASA y
MORENO, 1980). El material se ha observado al microscopio montandose
preparaciones en agua y rojo congo amoniacal, conservandose en herbario
dichas preparaciones en medio de Hoyer’s :
Agua destilada ..... 50 ml
Goma arabiga . . . .
Hidrato de cloral 00 gm
OH MEM 20 gm
y en Lactofucsina :
Acido fucsinico ... . 0,1 gm
Acido lactico ...... 100 ml
Las fotografías han sido realizadas en un microscopio Nikon modelo Opti-
phot con sistema incorporado de fotografía automático.
El material se encuentra archivado en el herbario particular de los autores
H.JB-GM, actualmente depositado en el Departamento de Bótanica de la Uni-
versidad de Alcalá de Henares, habiendose repartido isotipos a los centros
mencionados en cada especie en particular. Indicamos la numeración de nuestro
herbario para cualquier consulta o posterior revisión.
Source : MNHN, Paris
PYXIDIOPHORA BADIOROSTRIS Y P. FIMBRIATA 43
Para la determinación de las especies nos basamos en los trabajos monográ-
ficos comentados en cada caso y expuestos en la bibliografía. Resaltamos a este
respecto los llevados a cabo por BRETON y FAUREL (1967), HAWKSWORTH
& WEBSTER (1977) y LUNDQVIST (1980).
DESCRIPCION DE ESPECIES
Pyxidiophora badiorostris Lundq. Bot. Notiser 133 : 137 (1980)
Fig. 1, Al
La descripción macro y microscópica coincide con la realizada recientemente
por LUNDQVIST (1980).
Hábitat. — Especie coprófila, fructificando en estiercol de caballo (Equus
caballus) procedente de Peña Lecanda (Macizo Gorbea, Vizcaya), leg. J. Ma
Barrasa y G. Moreno (2-X-80); los especímenes fueron obtenidos en cultivo
en cámara humeda en el laboratorio al cabo de dos meses de incubación. H.
JB-GM 1867, fueron cedidas preparaciones al Real Jardin Botánico de Madrid
(MA).
Observaciones. — Pyxidiophora badiorostris se diferencia principalmente
de Pyxidiophora fimbriata por : la forma de las células del cuello del peritecio,
cortas, con borde rugoso y pseudoparenquimatosas en la primera y alargadas
y rectangulares en la segunda. La terminación del cuello de P. badiorostris es
cónica y fimbriada en P. fimbriata. A nivel esporal P. badiorostris presenta
un cuerpo pigmentado pardo en la parte apical, sin embargo P. fimbriata carece
de él.
Pyxidiophora fimbriata Barrasa y Moreno sp. nov.
Fig. 2, af; Fig. 3, J-M; Fig. 4, N-S.
Species dispicitur collo longo obscuroque, fimbriato apice. Perithecia semi-
immersa, soluta, 300-380um longa, glabra. Collum eius cylindraceum, angus-
tum, castaneo colore abscurato, apex valde fimbriatus, 220-310um longus,
11-14um latus, basis 15-19um lat; venter globosus, hyalinus, 70-110um latus.
Peridium eius membranaceum; ventris cellulae pseudoparenquimatosae,
nullo certo colore, hyalinae, isodiametricae - quarum diametrum 6-10um longum
est-; colli cellulae cylindricae castaneo colore obscurato; cellulae autem ostio-
lum circundantes eodem colore, sed minus obscuro et valde fimbriatae. Para-
physes absunt. Asci deliquescentes, unitunicati, partim. cylindracei, partim
claviformes, 40-50um longi, 10-15um lati, quaternas sporas continentes paral-
lele dispositas. Istae sporae sunt hyalinae, oblongae, partim claviformes, partim
fusiformes, 38-43um longae, 3,5-4um latae, quarum protoplastus bene patet,
septatus ter aut quinquies pro sporae maturitate; corporibus pigmentatis omnino
caret.
Hábitat. — Species coprophila, nascitur in stercore vacuno, invento in Rupe
Source : MNHN, Paris
44 J.M. BARRASA Y G. MORENO
Fig. 1. — Pyxidiophora badiorostris Lundq., A, E : Peritecio. B, C, D : Detalles del cuello.
F : Células del vientre del peritecio. G, H, I : Esporas.
Lecanda (Macizo Gorbea, Vizcaya), leg. J. Ma Barrasa et G. Moreno (2-X-80).
H. JB-GM 1753 (Holotypus).
Source : MNHN, Paris
Fig. 2. — Pyxidiophora fimbriata Barrasa y Moreno. a y b : Peritecio; c : Detalle del Gët,
@ : Células del peritecio; f : Esporas.
Source : MNHN, Paris
46 J.M. BARRASA Y G. MORENO
40 pm J | К
m
ЗІ
Fig. 3. — Pyxidiophora fimbriata Barrasa y Moreno, J : Peritecio. K, L, M : Detalles del
cuello.
Peritecio semiinmerso. aislado, midiendo 300-380um glabro. Cuello cilindrico,
estrecho, de coloración pardo oscura, parte apical fuertemente fimbriada, mi-
diendo 220-310 x 11-14um parte basal de 15-19um, vientre globoso hialino,
midiendo 70-1104m.
Source : MNHN, Paris
PYXIDIOPHORA BADIOROSTRIS Y P. FIMBRIATA 47
Peridio membranoso, células del vientre unas pseudoparenquimatosas, no
coloreadas, hialinas, isodiametricas, midiendo 6-10um, otras alargadas, midiendo
24-30 x 2,5-3um, células del cuello cilindricas de color pardo oscuras, células
que rodean al ostiolo de coloración más clara y fuertemente fimbriadas. Para-
fisos ausentes. Ascas delicuescentes, unitunicadas, de cilindricas a claviformes,
midiendo 40-50 x 10-15um, con cuatro esporas en su interior en disposición
paralela. Esporas hialinas, alargadas, de claviformes a fusiformes, midiendo
38-43 x 3,5-4um, protoplasto bien patente, presentando de 3-5 septos segun
el estado de maduración de la espora, careciendo de cuerpos pigmentados.
Habitat. — Especie coprófila desarrollandose sobre estiercol de vaca (Bos
taurus) recogido en Peña Lecanda (Macizo Gorbea, Vizcaya), leg, J.Ma Barrasa
y G. Moreno (2-X-80) H. JB-GM 1753 (Holotipo). Isotipos en el Institute
of Systematic Botany, Uppsala University (UPS) y en el Real Jardin Botánico
de Madrid (MA).
oe
Fig. 4. — Pyxidiophora fimbriata Barrasa y Moreno, N : Peritecio. O, Q : Células del
vientre del peritecio. P : Ascas. R,S : Esporas.
Source : MNHN. Paris
48 J.M. BARRASA Y G. MORENO
Observaciones, — Especie proxima a Pyxidiophora caulicola (D. Hawksw.
& Webst.) Lundq. y a P. microspora (D. Hawksw. & Webst.) Lundq. debido a
la ausencia de cuerpos pigmentados en la espora, sin embargo se diferencia
de ambas por su cuello pardo oscuro tipico, siendo más o menos hialino en las
dos especies anteriores.
Por otro lado P. caulicola posee sólo dos esporas por asca que miden de
4-7um de anchura y tienen un solo septo, no siendo ademas especie coprófila
(HAWSKSWORTH & WEBSTER, 1977).
P. microspora posee un solo septo en la ascospora y su protoplasto no es
claviforme, sin embargo P. fimbriata presenta de 3-5 septos en la ascospora
y su protoplasto es fuertemente claviforme.
Microscópicamente P. fimbriata aparece bien caracterizada por su largo y
estrecho cuello pardo oscuro con el ápice tipicamente fimbriado en la madurez.
AGRADECIMIENTOS
Nuestros más sincero agradecimiento al Profesor Lundqvist por la confirmación refe
rente a la no descripción con anterioridad de P. fimbriata, así como por sus sugerencias
y consejos en la redacción del presente trabajo.
Al Profesor S. Mariner-Bigorra por la realización de la descripción latina.
A la Caja de Ahorros Vizcaina, Departamento de Obras Sociales que con su ayuda
económica hizo posible nuestro estudio micológico de Vizcaya durante el mes de Octubre
de 1980.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
51
MOISISSURES DES FARINES DE COTON
par Claude MOREAU*
RÉSUMÉ. — L'analyse mycologique de lots de farine de coton «glandless», destinée à
l'alimentation humaine, révèle dans 4 cas sur 5 une faible pollution fongique. L'Absidia
corymbifera, les Aspergillus flavus, A. glaucus, A. niger, A. wentii et diverses Hyphales
sont les espèces principales. Les conséquences pratiques du développement de ces moisis:
sures et les origines possibles de cette contamination sont envisagés.
SUMMARY. — Mycological analysis of samples of glandless cottonseed flour for human
consumption showed a low fungal pollution in 4 cases out of 5. Absidia corymbifera,
Aspergillus flavus, A. glaucus, A, niger, A. wentii and some Hyphales were the predominant
species. The practical consequences of the development of these moulds and possible
origins of that contamination are discussed.
INTRODUCTION
En région tropicale, pour remédier au déficit en protéines, surtout chez les
enfants en bas áge, l'utilisation de farine de coton a été préconisée. Un pro-
gramme de recherches sur les farines de coton exemptes de gossypol (glandless)
a été confié par la D.G.R.S.T. à l'Office de la Recherche Scientifique et Tech-
nique Outre-Mer et à l'Institut de Recherches du Coton et des Textiles exotiques
(CORNU et al., 1976). Dans le cadre de ce programme, nous avons reçu pour
mission l'analyse mycologique de plusieurs échantillons provenant du Mali,
du Tchad, du Nord Cameroun. Il s'agit de farine de tourteau finement broyée,
bien tamisée (fine fleur), contenant environ 4 p. 100 de lipides et 56 p. 100
de protéines.
* Laboratoire de Microbiologie appliquée à l'Agriculture et aux Industries Alimentaires.
Faculté des Sciences et Techniques. 29283 Brest.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
52 C. MOREAU
TECHNIQUES
Toutes les analyses ont été réalisées par dilution, selon la méthode antérieu-
rement préconisée (MOREAU et al., 1964; MOREAU, 1970). Afin d'exprimer
au mieux les différents éléments de la mycoflore, chaque fois sont utilisés pa-
rallélement deux milieux nutritifs (un malt à 2 p. 100 et un malt à 5 p. 100
additionné de 5 p. 100 de CIN4), deux températures d'incubation (25 et 35°C),
trois niveaux de dilutions (107, 10°, 10“); pour chacune de ces conditions,
trois boites de Pétri sont, au minimum, coulées.
RESULTATS
Le tableau I rapporte le recensement des germes fongiques viables (spores
et fragments mycéliens) par gramme d’échantillon, reconnus sur le milieu de
culture et à la température d'incubation la plus favorable à leur développement,
le dénombrement étant réalisé à la dilution où il est le plus aisé et significatif.
A 8 с 0 Е
Absidia corymbifera (Cohn) Sacc.et Trott.. - 230 30 30 | 70
Rhîzopus stolonifer (Ebrenb.) Lind ....... ч = - - | 300
Aspergillus candidus Link 3 = See me
Aspergillus flavus Link 500 30 30 230 | 930
Aspergillus f 60 - [traces 30 =
Aspergillus E 2 = - | 870
Aspergillus niger v. Tiegh. - 170 60 30 400 | 130
Asperg: terreus Thom . z - E - | 100
Aspergillus wentii Wehmer - Б а - | 200
Penicillium sp. - = E S E 60
Paecilomyces va - E E S 30
Cladosporium eladosportoides (Fr.) de Vries = - - - 30
Alternaria tenuissima (Fr.)Wiltshire . = = = - | 100
Aureobasidiun pullulans (de Bary) Arnaud. ler E = В
mycélium stéril - - E x 30
Tableau I. — Recensement des germes fongiques viables par gramme d'échantillon dans les
5 lots analysés.
On constate une certaine hétérogénéité entre les lots. Malgré un stockage
de prés de deux ans (sans doute dans d'excellentes conditions), le lot A (origi-
naire du Cameroun) ne recéle que 4 espéces de moisissures; l'Aspergillus flavus
est dominant. Les lots B, C, D, originaires du Mali et délipidés au Sénégal, sont
Source : MNHN, Paris
MOISISSURES DES FARINES DE COTON 53
peu pollués; on constate cependant un plus fort développement de la Mucorale
Absidia corymbifera dans le lot B, de l’Aspergillus flavus dans le lot D. Le lot
E, produit au Tchad et ayant transité par le Cameroun, recéle un plus large
éventail d'espéces (12) avec un assez fort développement des Aspergillus flavus
et A. glaucus.
CONSÉQUENCES DE LA PRÉSENCE DE MOISISSURES
La présence de moisissures dans les denrées alimentaires a pour première
conséquence de contribuer à en modifier les qualités; elle peut notamment
entraîner un accroissement de l'acidité organique liée à une libération d'acides
gras au détriment de la teneur en lipides (CHRISTENSEN et al., 1949; MAYNE,
1956).
On sait par ailleurs que l'Absidia corymbifera peut modifier la composition
des acides aminés du substrat, faisant surtout disparaître la méthionine et
l'acide aspartique (MORQUER et al., 1971); il élabore d'importantes quantités
d'acide oxalique (HAGEM, 1910), ce qui peut perturber le métabolisme du
calcium chez le consommateur (MOREAU, 1973).
Par son arsenal enzymatique complexe, l'Aspergillus niger peut, selon les cas,
altérer ou améliorer la valeur nutritionnelle de l'aliment aux dépens duquel
il se développe.
Plus lourde de conséquence est la possibilité, pour diverses espéces, d'élaborer
des substances toxiques particulièrement nocives (MOREAU, 1974). C'est
notamment le cas de l'Aspergillus flavus qui produit des aflatoxines, puissam-
ment toxiques pour le foie(*). L’Aspergillus fumigatus, pour sa part, peut
secréter divers métabolites toxiques agissant sur les systémes musculaire et
nerveux (MOREAU, 1982). L'acide kojique, produit par les Aspergillus candidus
et A. wentii, n'est pas sans danger.
ORIGINE DES MOISISSURES
Les altérations des graines de coton par les moisissures sont bien connues
que ce soit avant la récolte (SIMPSON et al., 1973) ou postérieurement (HAL-
LOIN, 1975). On y retrouve les espéces que nous avons détectées sur les farines,
notamment l'Aspergillus flavus et la plupart des auteurs insistent sur les pré-
somptions de toxicité (VELASCO et al., 1975; DIENER et al., 1976; HAMSA
et AYRES, 1977; GRIFFIN et SCHROEDER, 1978; RUSSEL et al., 1981).
Cependant, ainsi que nous l'avons montré dans le cas de la préparation
des tourteaux d'arachide (MOREAU, 1976), les traitements thermiques et chi-
miques que subissent les graines oléagineuses pour l'extraction de l'huile suf-
fisent à détruire la plupart des moisissures.
* Les recherches d’aflatoxines dans les farines examinées, réalisées par le Service des Myco-
toxines de L'INRA, se seont révélées négatives; les souches d'A. flavus ici présentes sont
vraisemblablement non toxinogenes.
Source : MNHN. Paris
54 C. MOREAU
Les tourteaux et farines qui en dérivent, sont donc l'objet d'une recontami-
mation postérieure à leur préparation et essentiellement due à l'atmosphére
polluée des usines de traitement.
Toutefois, la délipidation des graines est sans effet sur les mycotoxines
qu'elles peuvent contenir. Les tourteaux et farines risquent donc d'étre con-
taminés par les métabolites des champignons qui altèrent les graines, puis par
ceux que produisent les moisissures qui les polluent après leur fabrication.
CONCLUSIONS
L'utilisation, en alimentation humaine, de la farine de coton glandless parait
intéressante, sur le plan nutritionnel, pour pallier les déficiences en protéines.
Il apparait prudent cependant d'exercer une surveillance constante des lots
livrés à la consommation (SEKUL et al., 1977), surtout pour les jeunes enfants,
en raison de l'éventualité du développement de moisissures toxigènes à la fois
dans les graines de coton et dans les farines qui en dérivent. Celles-ci devront
être stockées dans de bonnes conditions de conservation (faible humidité) afin
d'éviter la prolifération des champignons qui les auraient contaminées au cours
de leur préparation.
La faible pollution fongique de la plupart des échantillons que nous avons
examinés et leur non toxicité sont encourageantes à cet égard.
BIBLIOGRAPHIE
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during storage. J. Amer. Oil Chem. Soc. 54 : 219-224.
Source : MNHN, Paris.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
57
CHAMPIGNONS AQUATIQUES DU SAHARA ALGERIEN :
PYTHIUM PRINGSHEIM
par B. PAUL*
RÉSUMÉ. — Cinq espéces de Pythium Pringsheim : P. torulosum, P. pulchrum, P. catenu
latum, P. species «Group Р», et P. aquatile ont été isolées de plusieurs sources d'eau douce
du Sahara algérien. Cette communication est la première à signaler l'existence de Pythium
en Afrique du Nord et à les décrire. S
SUMMARY. — Five species of Pythium Pringsheim : P. torulosum, P. pulchrum, P. catenu-
latum, P. species «Group F» and P. aquatile were isolated from different fresh water sources
in the Algerian Sahara. This paper is the first report and description of Pythium species
from North Africa.
INTRODUCTION
Il y a très peu d'études portant sur les champignons aquatiques d'Afrique
du Nord. Cette communication est la premiére description de 5 espéces de
Pythium Pringsheim récoltées au Sahara algérien.
Bien que la plupart du Sahara soit sec, et malgré les conditions climatiques
assez hostiles, il existe plusieurs sources d'eau dans lesquelles on peut trouver
une flore fongique. Deux de ces sources ont été étudiées dans le présent travail :
a) Les rivières qui prennent leur origine dans le Nord et qui se perdent
dans le désert. En hiver (novembre, décembre, janvier et février) elles sont
grossies par les pluies. L'Oued Guir par exemple coule depuis le Maroc, traverse
là frontière algérienne près de Béchar, devient l'Oued Saoura près de Beni-
Abbes et perd son identité vers Adrar. C'est la plus importante rivière sur le côté
du Sahara algérien.
+ Département de Biologie, Université d'Oran, Es-Senia Oran, Algérie.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
58 B. PAUL
b) Les petits réservoirs d’eau, fabriqués par les saharaouis dans les oasis
comme Ghardaia, Beni-Abbes, Tamentit, Timmimoun, Adrar, etc. Ces réservoirs
distribuent l'eau au moyen de petits canaux dans les cultures abritées par les
palmeraies.
Les échantillons d'eau ont été pris dans ces riviéres, ces réservoirs et ces
canaux.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Des échantillons d'eau contenant un peu de matiére organique ont été préle-
vés de ces différentes sources d'eau et mis dans des boites de Pétri stériles.
Dans ces boites de Pétri on dispose des moitiés de graines de chanvre stérilisées,
destinées à «appáter» les champignons. Aprés 24 heures ces graines sont exami-
nées sous le microscope pour voir s'il y a croissance des hyphes. S'il y a crois-
sance, une petite partie d'hyphe est soigneusement enlevée, lavée avec l’eau
distillée stérile et ensuite transférée dans une autre boite de Pétri contenant
de l'eau stérile et une moitié de graine de chanvre. Les hyphes ont été également
mises sur des graines dans de l'eau du robinet, de l'eau d'étang et de l'eau «Sai
da» (l'eau minérale algérienne) stériles.
Les cultures ainsi obtenues sont repiquées plusieurs fois jusqu'à obtenir
des cultures pures sans bactéries. L'identification a été faite à l'aide de clefs
données par MIDDLETON (1943), MATTHEWS (1931), WATERHOUSE
(1967) et JOHNSON (1971).
OBSERVATION
Cinq espèces de Pythium ont été isolées pour la première fois en Algérie.
Les détail de ces champignons : P. torulosum, P. catenulatum, P. pulchrum, P.
species «Group F» et P. aquatile sont exposés ci-dessous :
Pythium torulosum Coker & Patterson (Fig. 1-4)
Le mycélium est trés développé. Les hyphes trés ramifiées ont généralement
3um de diamètre. Le sporange est composé de plusieurs éléments tubéreux
très irréguliers et gonflés. Ils sont remplis de protoplasme assez dense. Parfois
ces éléments gonflés sont sphériques avec un diamètre de 7,5um environ; les
oogones sont terminaux ou intercalaires, sphériques avec un diamètre compris
entre 12 et 18um (pour la plupart 171m). La paroi de l'oogone est lisse et mince.
L'anthéridie est généralement monoclinale, s'élevant du pied de l'oogone à une
distance de 1 à 5um et a la forme d'une massue dont le sommet est en contact
avec la paroi de l'oogone; l'oospore est plérotique (remplit entiérement l'oogone)
et sa paroi est plutót mince.
Source : MNHN, Paris
PYTHIUM DU SAHARA 59
Ce champignon a été isolé de l'Oued Saoura prés de Kerzaz dans la partie
ouest du Sahara algérien. C'est un saprophyte vivant dans l'eau en association
avec certaines algues. Sa croissance est luxuriante dans l'eau de robinet stérile
et dans l'eau de Sai da stérile.
Pythium pulchrum von Minden (Fig. 5-9).
Les hyphes sont délicates, extrêmement ramifićes et ont de 1,5 à 4um de
diamètre. Les sporanges sont soit sphériques soit elliptiques soit piriformes
et ont de 12,5 à 27,5um de diamétre (généralement autour de 22um) et peuvent
être terminaux ou intercalaires, souvent caténaires (en chaînes), l’oogone est
sphérique, terminale ou intercalaire souvent caténaire (enchaînée dans une
série de 2-5 oogones), elle a de 12,5 à 30um de diamètre (généralement 21m):
l'anthéridie est hypogyne, monoclinale ou diclinale, une ou deux par oogone
séparées du reste du mycélium par une cloison. La cellule anthéridiale fait un
léger contact avec le sommet de l’oogone. Les oospores sont aplérotiques (ne
remplissent pas l’oogone), ont une paroi plus ou moins épaisse et elles me-
surent de 10 à 17,5um en diamètre (généralement 16um) avec un seul globule
de réserve.
Ce champignon a été isolé d'un réservoir d'eau sous la palmeraie de Ghardaia,
une oasis dans la partie nord du Sahara algérien.
Cette espèce a de légères différences avec celle de von MINDEN. Elle a par
exemple des petits sporanges : 22um au lieu de 38,2 (taille moyenne), des
petites oogones : 21um au lieu de 28,3 et aussi des petites oospores : lóum
au lieu de 24,6um. Pour tous les autres détails elle reste très similaire à l'espèce
de von MINDEN. Avec ces petites différences cette forme de Pythium pulchrum
du Sahara algérien se rapproche beaucoup de l'échantillon de JOHNSON isolé
en Islande.
Pythium catenulatum Matthews (Fig. 10-12).
Les hyphes délicates, très ramifiées, ont de 2,5 à Sum de diamétre. On
remarque la présence de corps asexués en chaîne qui peuvent être sphériques
ou irréguliers dans la forme, terminaux ou intercalaires, solitaires ou jusqu’à
8 dans une série. Quand ils sont sphériques ces corps mesurent de 10 à 25um
de diamètre; le sporange est composé d'un complexe d'éléments sphériques,
lobulaires ou ellipsoidaux plus ou moins gonflés; les oogones sont terminaux
ou intercalaires, ont de 12 A 30um de diamètre (la plupart 20um), elles ont
une paroi lisse; les oospores sont plérotiques (remplissant entièrement l’oogone)
et leur paroi est modérément épaisse. Les anthéridies sont plutòt diclinales,
monoclinales dans les échantillons homothalliques, 1 à 10 par oogone et font
un contact avec le sommet de l’oogone.
Ce champignon a été isolé de la riviére «Oued Guir» prés d'Abadala dans
la partie ouest du Sahara algérien. Il ressemble dans tous ses aspect à l'espéce
de MATTHEWS. La seule différence est la présence de corps caténaires irréguliers
Source : MNHN, Paris
B. PAUL
MNHN, Paris
PYTHIUM DU SAHARA 61
à la place de corps caténaires normaux (sphériques et piriformes).
Pythium species «Group F» (Fig. 13)
Le mycélium est très ramifié, les hyphes ont de 2,5 à um de diamètre et
sont non cloisonnées, sauf pour délimiter les chlamydospores. Ces chlamydo-
spores sont en fait le mycélium luimême gonflé irrégulièrement à plusieurs
endroits d'une manière sphérique, elliptique ou très irrégulière. Ces gonflements
sont remplis d'un protoplasme granulé et dense. Lorsque ces structures sont
sphériques, elles ont un diamétre compris entre 8 et 27um. Les sporanges sont
comme les hyphes (filamenteux), ont de 2 a 4um d’épaisseur et ne sont pas
ramifiés. Une vésicule sphérique d’à peu près 25um de diamètre apparaît sur
le sommet du sporange. Les zoospores sont fabriquées dans cette vésicule. Il
n'y a pas d'appareil sexuel.
Cette espèce est très répandue dans le Sahara algérien et a été isolée cinq
fois dans différentes oasis : Medrissa Tamentit, et Kerzaz.
Pythium aquatile Héhnk (Fig. 14).
Le mycélium est composé d’hyphes délicates et abondamment ramifiées, de
Зит d’épaisseur. Le sporange est composé d’éléments légérement gonflés et d'un
tube de décharge. La vésicule du sporange peut contenir de 15 à 40 zoospores.
L'appareil sexuel est composé d'oogones et d'anthéridies. L'oogone est
globulaire, souvent terminale, de 15 A 25um de diamètre (généralement 20um)
et possède une paroi lisse. L’anthéridie est monoclinale, et on peut en trouver
une ou deux par oogone. Les oospores ne remplissent pas l'oogone compléte-
ment (aplérotique) et ont un diamètre de 10 à 20Oum (généralement 16um).
Leur paroi est assez épaisse.
isolé de la palmeraie de Ghardaia, ce champignon ressemble dans tous ses
détails à l'original signalé par HÓHNK. La seule différence est que l'espéce
Planche I
Schémas 1 à 4 : Pythium torulosum. — 1 : Structure végétative avec sporanges en forma
tion. 2 : Complexe formant un sporange. 3 : Jeune oogone. 4 : Oogone après fécondation
avec une anthéridie.
Schémas 5 à 9 : Pythium pulchrum. — 5 :Sporange. 6 : Sporange avec une vésicule.
7 : Oogone caténaire. 8 : Oogone caténaire avec une anthéridie, 9 : Oogone mire juste
après fécondation
Schémas 10 à 12: Pythium catenulatum. — 10 : Sporange composé d'éléments lobulaires
11 : Corps asexués caténaires. 12 : Oogone avec anthéridies.
Schéma 13 : Pythium species «Group F». — 13 : Mycélium avec chlamydospores,
Schéma 14 : Pythium aquatile. — 14 : Organes sexuels.
Source : MNHN, Paris
62 B. PAUL
de HOHNK a été isolée d'un sol salin tandis que celle-ci provient de l'eau douce.
Il faut ajouter que sa croissance est bien meilleure dans l’eau minérale.
REMERCIEMENTS
Nous remercions Dr. G.C. Srivastava, département de Botanique, St. Andrew's College,
Gorakhpur (Inde), pour tous les encouragements et l'aide apportée dans l'identification
de ces champignons.
Nous remercions également Madame J. Nicot, Laboratoire de Cryptogamie, 12 rue de
Buffon, Paris, de m'avoir fait généreusement parvenir différents articles portant sur les
Pythium.
BIBLIOGRAPHIE
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Source : MNHN, Paris
63
STUDIES ON CERCOSPORA AND SIMILAR FUNGI
II. NEW COMBINATIONS
IN CERCOSPORA AND MYCOVELLOSIELLA *
par O. CONSTANTINESCU**
ABSTRACT. — Type studies proved that Napicladium janseanum Racib. (1900) is a Cer-
cospora conspecific with C. oryzae Miyake (1910), a known parasite of rice; it is transferred
accordingly. Cercospora carlinae Sacc. and Cladosporium bellynckii Westend. are transferred
to Mycovellosiella
Cercospora janseana (Racib.) O. Const., comb. nov. — Fig. 1.
Napicladium janseanum Racib., Parasitische Algen und Pilze Java's, 2 : 41.
1900 (basionym).
= Cercospora oryzae Miyake, J. Coll. Agric. imp. Univ. Tokyo 2 (4): 263. 1910.
Leaf spots visible on both surfaces, pale brown to brown, 3-15 x 1-3 mm,
the long axis parallel to that of the leaf, margin effuse or darker, sometimes
zonate and coalescing. Caespituli mostly hypophyllous, between the veins,
hardly visible on the dried specimens. Conidiophores single or in groups of 3-5,
macronematous, brown, paler towards the tip, erect, straight or slightly curved,
sometimes geniculate, septate, 55-125 x 4-6um, walls smooth, 0.5-0.7um thick.
Conidiogenous cells terminal, polyblastic, with 1-8 conspicuous pigmented
conidial scars. Conidia hyaline or very pale olivaceous, cylindrical when young
but obclavate when mature, 20-65 x 4-6um, straight or slightly curved, smooth
and thin-walled, (1-)3-4(-8)- septate, with rounded tip and almost truncate base,
with pigmented, thickened, 1-2um wide hilum.
* First part published in Revue de Mycol, 38 : 95-101. 1975.
** Centraalbureau voor Schimmelcultures, P.O. Box 273, 3740 AG Baarn, The Netherlands.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
O. CONSTANTINESCU
64
A
Fig. 1. — Cercospora janseana on Oryza sativa. a : from KRA, lectotype of Napicladium
janseanum; b : from ZT; c : from BUCM 59761.
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORA AND MYCOVELLOSIELLA 65
On Oryza sativa L., widespread in tropical areas and south and southeast
U.S.A. (CMI Map 71 (ed. 4), 1974; MULDER & HOLLIDAY, 1974).
Specimens examined (under Napicladium janseanum) : INDONESIA, Java, Bogor, 1900,
M. Raciborski, KRA (lectotype, des. mihi); same collection in BUCM 59761 and ZT (two
specimens).
When RACIBORSKI described Napicladium janseanum he referred to a paper
by JANSE (1895) in which a detailed description of both the disease and the
pathogen are given. The disease was known as «omo mentek», a Malaysian
name also used for other diseases of rice (see BREDA DE HAAN, 1902) and
recorded since 1840 in Java. JANSE even mentioned a resemblance of the
fungus to Napicladium and Cercospora and his report antedates a paper by
MELTCALF (1906) which was thought to be the first record of a Cercospora
disease on rice. According to HUGHES (1958) the type species of Napicladium
Thim. is conspecific with Spilocaea pomi Fr., a quite different fungus from
Cercospora. The heterogenous assemblage of fungi described in Napicladium
has been transferred to dematiaceous Hyphomycetes genera such as Clastero-
sporium, Deightoniella, Heterosporium, Prathigada, Septoidium, Stenella and
Stigmina.
‘According to OU (1972, p. 219) N. janseanum is similar to Ramularia oryzae
Deighton & Shaw (1960), now known as Mycovellosiella oryzae (Deighton &
Shaw) DEIGHTON (1979). However, he had not examined the original specimen,
apparently basing his assumption on the remark made by RACIBORSKI (1900)
that Ramularia provides the most natural relationship for N. janseanum. The
brown, well differentiated conidiophores and almost hyaline, obclavate conidia
with marked hila exclude this fungus from Ramularia. The conidia sometimes
bear a second thickened hilum at the tip which accounts for their catenulation,
but short chains are also rather common in Cercospora and were already noticed
in C. oryzae by GANGULY (1946).
The type of C. oryzae could not be examined, but comparison of C. janseana
with the description of C. oryzae provided by CHUPP (1954), OU (1972)
and MULDER & HOLLIDAY (1974), leaves no doubt about their identity.
According to DEIGHTON (1967), the teleomorph of C. oryzae, and thus C.
janseana, is Sphaerulina oryzina Hara.
C. janseana produces «narrow brown leaf spots», a rather common disease
of rice but considered to be of minor importance except to susceptible cultivars
(OU, 1972; MULDER & HOLLIDAY, 1974; HOLLIDAY, 1980).
Mycovellosiella carlinae (Sacc.) ©. Const., comb. nov. — Fig. 2.
Cercospora carlinae Sacc., Michelia 1 : 269. 1878 (basionym).
Leaf spots first appearing as yellowish discolorations which later turn brown,
the affected tissues sometimes becoming necrotic. Stroma absent to well deve-
loped, composed of almost isodiametric brown cells. Caespituli amphigenous,
brown, effuse, covering the leaf spots. Conidiophores pale to medium brown,
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORA AND MYCOVELLOSIELLA 67
few or up to 40 in a fascicle, more or less straight when short, flexuous and
geniculate when long, 45-300 x 5-6um, simple or branched, smooth, septate
every 7-20um. Conidiogenous cells intercalary, terminal or arising as short
lateral branches, polyblastic, conidial scars conspicuous, 1,5-2um diam. Conidia
olivaceous to pale brown, obclavate-cylindric, straight or slightly curved, 30-140
x 5-6um, with rounded tip, smooth, 1-11-septate, some septa obscure, others
distinct.
On Carlina vulgaris L. and C. vulgaris subsp. longifolia Hayek in Europe,
Specimens examined (all under Cercospora carlinae (Sacc.): ITALY, Nervesa, Aug.
1873, P.A. Saccardo, holotype of C. carlinae (Pad). Sweden, Ostergétland, Gryt Parish
27 Aug. 1944, JA. Nannfeldt in Lundell & Nannfeldt, Fungi exsicc, suecici No 1934
(W 1953/5105; K) Kopinge dins Oslandie, 27 July 1928, A.G. Eliasson (K). CZECHOSLO-
VAKIA; Mahr. - Weisskirchen, Aug. 1940, F. Petrak, Mycoth. gen. No 312 (W 1953/8365;
К): Leipnik, 4 Sept. 1914, F. Petrak, Flora Bohemiae et Moraviae exsicc., Ser. Il, Abt. 1,
Pilze, No 1210 (K). GERMANY, Königstein, July and Aug, 1906, W, Krieger, Fungi saxon,
No 1989 (K). ROMANIA, Distr. Buzau, Mt. Siriu, Vina Mare, 13 Aug. 1972, O, Constanti.
nescu & G. Negrean, Herb. Mycol. Roman. No 2445 (BUCM 62445; CBS; K).
Numerous perithecia with immature asci were found in two specimens
collected in Sweden. Apparently they represent the Mycosphaerella teleomorph
of this fungus. M. affinis (Wint.) Starb. (LUNDELL & NANNFELDT, 1950)
and M. carlinae (Wint.) Lindau (PETRAK, 1927) have been claimed to be
teleomorphs, but no experimental proof was provided. They are distinguished
mainly by the size of the ascospores (TOMILIN, 1979).
M. carlinae is dimorphic just as M. concors (DEIGHTON, 1974; CONSTAN-
TINESCU, 1975). On the upper leaf surface the stroma is more developed
and the conidiophores shorter, almost straight, simple and aggregated in more
or less dense fascicles, whereas on the lower surface the stroma is less developed,
and the fascicles are composed of few, long, sinuous and sometimes branched
conidiophores.
Fifty one species have been described in Mycovellosiella (MUNTANOLA,
1960; DEIGHTON, 1974, 1979), but thus far no attempt has been made to
construct a key. Although all species are biotrophic no data concerning their
host specificity are available. Twelve of these species are parasitic on different
genera of the Compositae but only M. sublateritia is confined to one host,
Vernonia, related to Carlina. M. carlinae differs from M. sublateritia by its
fasciculate, more elaborate conidiophores and larger conidia with prominent
basal hila.
Mycovellosiella bellyuckii (Westend.) O. Const., comb. nov. — Fig. 3.
Cladosporium bellynckii Westend., Bull. Acad. r. Belg., Cl. Sci. 21 : 240, 1854
(basionym). — Cercospora bellynckii (Westend.) Niessl, Hedwigia 15: 1. Jan.
1876. — Cercospora bellynckii (Westend.) Sacc., Nuovo G. bot. ital, 8: 188. 1876.
Cercospora vincetoxici Sacc., Mycoth. veneta No. 283. 1874 and Syll. Fung.
15 :85. 1901 (non Ell. & Everth., J. Mycol. 8 : 70. 1902).
Source : MNHN, Paris
68 O. CONSTANTINESCU
Fig. 3. — Mycovellosiella bellynckii on Vincetoxicum hirundinaria. a
: from W, lectotype
of Cercospora vincetoxici; b : from BR, holotype of Cladosporium bellynckii.
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORA AND MYCOVELLOSIELLA 69
Leaf spots on the upper surface, effuse, yellowish, sometimes turning brown.
Caespituli hypophyllous, brown or reddish brown, covering areas of 4-20 mm
diam.or the entire surface. Stroma reduced, composed of more or less spherical,
brown cells. Conidiophores pale reddish brown, divergent, up to 30 ina fascicle,
variously curved and geniculate, 35-385 x 3.5-6um, simple or ramified, smooth,
septate every 5-15um. Conidiogenous cells intercalary or terminal, polyblastic,
conidial scars 1.5-2um diam. Conidia subhyaline to pale olivaceous, paler towards
the tip, obclavate-cylindrical, more or less curved, rarely straight, 30-170 x 4,5-
6,5um, with rounded tip, smooth or finely rugulose, 1-13-septate, some septa
obscure, others distinct.
On Vincetoxicum hirundinaria Medicus (= V. officinale Moench; Cynan-
chum vincetoxicum (L.) Pers.) in Europe.
Specimens examined : BELGIUM, Bois de Dave, prés de Namur, Bellynck, herb. Wes-
tend, No 1089, holotype of Cladosporium bellynckii Westend. (BR). ITALY, Bosco Mon-
tello (Treviso), Sept. 1874, P.A. Saccardo, Mycoth. veneta No 283, isotype of Cercospora
vincetoxici Sacc. (W); Val di Genova, 28 July 1904, J. E Kabat, Kabat & Bubák, Fungi
imperf. exsicc. No 346 (W 1906/1073). FRANCE, Francheville (Rhône), Sept. 1880, J.
Therry, Roum., Fungi gall. exsicc. No. 1241 (L 910. 227-565); ibid., Aug. 1879, Thümen,
Mycoth. univ. No 1567 (W). GERMANY, Distr. Hersbruck, Happurg, Doensberg, 3 Sept.
1948, K. Starcs, No 9650 (L 967.320-251); ibid., Pommelsbrunn, 8 Aug. 1948, No 9843
(L 967.320-301); Brandenbourg, between Rangsdorf and Mittenwalde, 9 Oct. 1910, H.
Sydow, Mycoth. germ. No 1044 (W 1911/6885; L 912.332-59). SWITZERLAND : Zürich,
Wollishofer Allmend, Aug. 1878, G. Winter, Rabenh., Fungi europ. No 2549 (W 1933/
4772); Horbisal near Engelberg 11 Aug. 1910, O. Jaap, Fungi sel. exsicc. No 500 (L 912.
332.58). ROMANIA, Cluj, Bot. Garden, 6 Aug. 1953, A. Negru in T. Savul., Herb. Mycol.
Roman. No. 1550 (W 1956/11600; CBS; BUCM 61550). USSR, Prov. Vidzeme, Distr.
Riga, Koknese, 25 Aug. 1940, J. Smarods, Fungi latvici exsicc. No. 950 (W 1943/35).
M. bellynckit is the only Mycovellosiella parasite on Asclepiadaceae. No
other genera of Gentianales or the related order Cornales are hosts for Myco-
vellosiella species.
ACKNOWLEDGEMENTS
1 wish to thank Drs W. Gams and G.S. de Hoog for critically reading of the manuscript,
Dr C.A.N. van Oorschot for translating parts of papers by Breda de Haan and Janse and
correcting the English text, and the curators of the herbaria BR, K, KRA, L. PAD, W
and ZT for making available the specimens in their keeping.
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70 O. CONSTANTINESCU
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Source : MNHN. Paris
71
L'ULTRASTRUCTURE DES ASQUES
DU GENRE DACTYLOSPORA (DISCOMYCETES)
ET SON INTERET TAXONOMIQUE
par A. BELLEMERE* et J. HAFELLNER**
RÉSUMÉ. — Les asques de plusieurs espéces du genre Dactylospora Koerber em. Hafellner
(D. parasitica, D. stygia, D. epimyces, D. saxatilis) sont étudiés en microscopie électronique
à transmission, L'épaississement apical de la paroi est formé par sa couche interne (couche
d). La couche moyenne (couche c) est pluristratifiée. La cape apicale, fortement Patag,
est formée par le gélin externe. La déhiscence de l'asque est trés spécialisée. Aprés résorption
de la partie axiale de l'épaississement apical, la cape s'allonge, sa partie axiale se modifie,
les ascospores s'y insinuent avant d'être libérées au sommet de l'hyménium. La persistance
d'une certaine rigidité des asques vidés prolonge la cohésion de l'hyménium. Par ses asques
unituniqués dont la structure et le mode de déhiscence diffèrent de ceux des Discomycètes
Inoperculés et des Lécanorales classiques, le genre Dactylospora pose un probléme systé
matique. Les caractéres structuraux et fonctionnels des asques ainsi que l'ornementation
d'origine périsporiale des ascospores en font un genre relativement évolué. La famille nou.
velle des Dactylosporaceae Haf. et Bellem. est décrite.
SUMMARY. — Asci of several species of the genus Dactylospora Koerber em. Hafellner
(D. parasitica, D. stygia, D. epimyces, D. saxatilis) have been studied with the electron
microscope by transmission. The apical thickening of the wall is built by the internal layer
(d layer). The mid layer (c layer) is multilayered. The apical cap, strongly Patag’, is a deve.
lopment of the external gelin. Ascus dehiscence is of a specialized type. After the resorption
of the axial part of the apical thickening, the cape lengthens; its axial part gets transformed
and ascospores go their way through it before they are released at the hymenium top.
Empty asci remain for some time in the hymenium and are therefore important for the
persistant cohesion of the hymenium. Systematic problems arise concerning the genus
Dactylospora. The unitunicate asci have an atypical structure and dehiscence; they differ
of those of the Inoperculate Discomycetes or the Lecanorales. The structural and func-
tional characteristics of the asci, as well as the perisporial nature of the ornaments of the
ascospore wall, are probably of an evoluted significance. The family Dactylosporaceae
Haf. et Bellem. is described as new.
* Laboratoire de Mycologie, École Normale Supérieure de Saint-Cloud, Grille d'Honneur
Parc de Saint-Cloud, F92211, Saint-Cloud, France.
** Institut für Botanik der Karl-Franzens Universitát, Holteigasse 6, A-8010, Graz, Austria.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982)
Source : MNHN, Paris
72 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
ZUSAMMENFASSUNG. — Die Asci mehrerer Arten der Gattung Dactylospora Koerber
emend. Haf. (D. parasitica, D. stygia, D. epimyces, D. saxatilis) werden im Transmissions-
elektronenmikroskop untersucht. Die apikale Wandverdickung des Ascus wird durch die
innere Schicht (Schicht d) gebildet. Die mittlere Schicht (Schicht c) ist mehrschichtig. Die
apikale Kappe (stark Patag *) wird von externer Gallerte gebildet. Die Offnungsweise des
Ascus ist sehr spezialisiert. Nach der Resorption des axial gelegenen Teils der apikalen
Verdickung der Schicht d und dem Aufreissen der äusseren Wandschichten verlängert sich
die externe Kappe, im axialen Bereich ändert sich ihre Konsistenz, die Ascosporen gleiten
hindurch und werden erst auf der Hymeniumoberfläche freigesetzt. Entleerte Asci verblei-
ben noch einige Zeit im Hymenialen Verband und tragen so zu dessem Zusammenhalt bei.
Wegen seiner unitunikaten Asci, deren Struktur und Offnungsweise sich von anderen
Discomyceten und lecanoralen Flechtenpilzen unterscheidet, wirft die Gattung Dactylo-
spora auch systematische Probleme auf. Die strukturellen und funktionellen Merkmale der
Asci sowie die Wandskulpturen der Ascosporen, die perisporialen Ursprungs sind, lassen
uns an eine relativ abgeleitete Gattung denken.
Die Familie Dactylosporaceae Hafellner et Bellemére wird beschrieben.
INTRODUCTION
Dans une étude monographique récente du genre Karschia Koerber, HA-
FELLNER (1979) a montré que l'espèce type a des asques bituniqués. Il en a
exclu les espèces dont les asques sont d’un autre type et il a placé dans le genre
Dactylospora Koerber emend. Hafellner des espèces non lichénisantes, parfois
développées sur Lichensou sur Champignons, dont les asques, inclus dans une
gelée hyméniale colorée en bleu par l'iode (iode +), sont pourvus d'une impor-
Fig. 1. — Asques, ascospores et paraphyses dans le genre Dactylospora (d’aprés HAFELL-
NER, 1979). A : D. parasitica. B : D. epimyces. C : D. saxatilis. D : D. stygia.
Fig. 1. — Asci, Ascosporen und Paraphysen in der Gattung Dactylospora (nach HAFELL-
NER, 1979). A :D. parasitica. B : D. epimyces. C : D. saxatilis. D :D. stygia.
Source : MNHN, Paris
DACTYLOSPORA 73
tante cape gélatineuse, également iode +, rappelant celle des Lécanorales, et
dont la paroi et l'épaississement apical sont iode — (Fig, 1).
Ce travail rend compte de l'examen en microscopie électronique par trans-
mission des asques de plusieurs espéces du genre Dactylospora
I.— MATERIEL ET MÉTHODES
L'origine des échantillons est la suivante :
Dactylospora parasitica (Floerke ex Sprengel) Zopf : auf Pertusaria, Italien,
Nérdl. Apennin, Provinz Pistoia : Abetone, Tannenwald am S-E Rand des Ortes,
ca 1350m; 27. Okt. 1978; leg. H. Mayrhofer, det. H. (herb. Mayrhofer n° 100).
D. stygia (Berk. et Curt.) Hafellner : on rotten wood. Along cane river and
slope of Good Hope Mountain, near Kingston, St-Andrew Parish. January 12,
1971. leg. R.P. Korf et al.; MJ 405; det. H. (NY).
D. epimyces (Tobisch) Hafellner : on Pinus. Paradise Bay. Lake Tamagami,
Aug. 7, 1936; col. H.S. Jackson; det. H. (TRTC 10016).
D. saxatilis (Schaerer) Hafellner : auf Pertusaria. Ostalpen, Wólzer Tauern,
Steiermark : Plannergebiet S von Irdning, Gipfel des Schreinl, ca 2150 m. Kar-
bonathaltige Schiefer. 28 Juli 1978, leg. H. (herb. Hafellner n° 2282).
Aprés environ douze heures de réhydratation les échantillons sont fixés
selon les techniques classiques de la microscopie par transmission (cf. BELLE-
MERE, 1977) inclus selon SPURR (1969) puis coupés avec un ultramicrotome
Reichert OMU, ou LKB 8800A Ultrotome III. Les coupes colorées préféren-
tiellement par la technique de THIERY (1967) (ou réaction Patag) sont obser-
vées au moyen d’un microscope électronique JEOL JEM 7 sous tension de
80 kV.
П. – RÉSULTATS
A) Structure de la paroi de l'asque (Pl. I- A, B; Fig. 2).
Chez le Dactylospora parasitica, la paroi latérale de l'asque, vers la base de
celui-ci, peut être subdivisée en quatre couches (cf. HAFELLNER et BELLE-
MERE, 1982 à, b, c). La couche a, externe, est mince et très réactive au test
de Thiéry ainsi que l'important gélin qui la recouvre. La mince couche b, sous-
jacente, est Patag —. Au-dessous de celle-ci, une couche c, de structure complexe,
comporte cinq strates dont trois sont Patag + à des degrés divers (l'externe,
l'interne et la médiane) et les deux autres Patag —. La couche profonde de la
paroi, faiblement réactive au test de Thiéry (couche d) est d'épaisseur relati-
vement réduite vers la base de l'asque mais prend beaucoup d'importance vers
le sommet de celui-ci (Pl. I-A). A ce niveau, on y distingue deux strates. L'ex-
Source : MNHN, Paris
74 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
terne mince, est un peu plus réactive au test de Thiéry et de texture un peu plus
grossière; elle passe graduellement vers l’extérieur, à la sous-couche profonde
de la couche c, Patag +; l’interne a une texture très fine.
о сьо
Le
|
Sra
Fig. 2. — Structure de la paroi des asques du genre Dactylospora près de leur base. La
couche d de la paroi est mince.
Fig. 2. — Struktur der Ascuswand der Gattung Dactylospora. Schema nach Schnitten
nahe dem Ascusfuss; die Schicht d ist daher dünn.
La structure de la paroi des autres espéces étudiées ici est analogue avec
des variantes de détail. Ainsi la couche c est plus ou moins épaisse et réactive.
B) L'appareil apical de l’asque (Pl. 11-A).
L'épaississement apical s'étend en s'atténuant sur le flanc de l’asque. Il est
formé par la couche d de la paroi (Pl. II- A) et n'est pas réactif au test de Thiéry.
L'épaisse cape, Patag +, riche en polysaccharides, qui coiffe le sommet de
l'asque, résulte du développement du gélin péri-ascal. On y distingue souvent
deux parties superposées : la plus interne est plus dense et plus réactive; la plus
externe passe latéralement à un réseau fibrilleux láche formant autour de l'asque
une auréole en continuité avec la gelée hyméniale. Les autres couches de la paroi
ne semblent pas modifiées à l'apex de l'asque. Leur analyse est cependant
délicate car en raison de la forme arrondie de l'apex de l'asque elles sont souvent
sectionnées obliquement si la coupe n'est pas parfaitement axiale à ce niveau.
C) La déhiscence de l'asque.
Chez le Dactylospora stygia, où elle a été observée, elle comporte plusieurs
stades successifs.
1) Le début d'infiltration de l'épiplasme dans l'épaississement apical
(Pl. 111; Fig. 3-A).
D'étroites infiltrations ascendantes de l'épiplasme sous-jacent dans l'épaississe-
ment apical sont l'indice de l'amorce des processus de déhiscence.
Source : MNHN. Paris
DACTYLOSPORA 75
2) La progression de l'infiltration de l'épiplasme dans l'épaississement apical
(Pl. IV, VI; Fig. 3-R).
Ultérieurement l'infiltration axiale de l'épiplasme dans l'épaississement apical,
formé par la couche d de la paroi, s'étend vers le sommet de l'asque. Elle est
alors couronnée par un système de fins canalicules disposés tangentiellement,
au contact duquel l'épaississement devient plus réactif au test de Thiéry et
plus grossièrement granuleux, Les couches a, b et c de la paroi ne paraissent
pas modifiées, Dans la cape apicale, formée par le gélin, s'individua
nombreuses fibrilles rayonnantes, minces, Patag +.
sent de
Fig. 3. — Schémas récapitulatifs des modifications de l'apex de l'asque avant sa déhiscence
dans le genre Dactylospora. A : Début de l'infiltration de l'épiplasme dans l'épaississe-
ment. B : Extension de l'infiltration. C : Stade proche de la déhiscence.
Fig. 3. — Rekapitulierende Schemata zu den Veränderungen in der Ascusspitze unmittelbar
vor der Sporenabgabe bei der Gattung Dactylospora. A : Beginn des Eindringens von
Epiplasma in die apikale Verdickung. B : Ausdehnung der Infiltration. C : Stadium
kurz vor der Sporenabgabe.
3) L'apex de l'asque peu avant la déhiscence (Pl. V; Fig, 3.C).
Tandis que l'infiltration de l'épiplasme dans l'épaississement apical continue à
s'étendre vers le sommet de l’asque, les aires déjà envahies se fusionnent latéra-
lement et une large cavité se constitue. Le sommet de la spore supérieure vient
alors se présenter à la base de celle-ci.
Au-dessus de la cavité, la partie externe de l'épaississement, formée de fins
granules plus ou moins associés en canalicules disposés tangentiellement, présente
encore une réactivité accrue au test de Thiéry. A l'apex méme de l'asque, les
couches b et c ne semblent pas modifiées. La cape de gélin reste bien développée
et fortement Patag +; à son sommet les fibrilles rayonnantes sont très nettes.
4) La déhiscence proprement dite (Pl. VI, VII; Fig. 4).
Le mécanisme de déhiscence de l'asque est trés spécialisé. Lorsque la cavité
Source : MNHN, Paris
76 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
épiplasmique formée par gélification de la partie axiale de Mépaississement
apical atteint le sommet de l'asque, les couches c, b et a de la paroi sont rom-
pues, sans doute sous l'effet de la pression osmotique de l'épiplasme. En méme
la cape s'est allongée vers le haut; sa partie axiale, dont l'aspect s’est
, cesse d’être réactive au test de Thiéry et forme une sorte de conduit
de cheminée dont la paroi, très fortement Patag +, présente une très nette
structure fibrillaire longitudinale. La cheminée s'allonge ensuite jusqu'au niveau
de la surface hyméniale. Les ascospores s'introduisent à la base du conduit
de la cheminée et glissent dans celui-ci qui se trouve étre lubrifié par la modifi-
cation de son contenu. Ce dispositif permet la libération des ascospores, non
pas à l'apex de l'asque, mais au-dessus de l'épithécium, au niveau de la surface
externe de l'hyménium.
Fig. 4. — Schéma de l'apex d'un asque du genre Dactylospora juste aprés la déhiscence.
Les couches a, b, c de la paroi ont été rompues sous la pression de l'épiplasme infiltré
à travers la couche d qui forme l'épaississement apical. La cape apicale s'est allongée
jusqu'au sommet de l'hyménium; sa partie axiale s'est modifiée; elle forme une cheminée
dans laquelle glissent les ascospores.
Fig. 4 — Schema einer Ascusspitze unmittelbar nach der Sporenabgabe in der Gattung
Dactylospora. Die Wandschichten a, b, c sind unter dem Druck des in die Schicht d
infiltrierten Epiplasmas aufgerissen. Die apikale Kappe hat sich bis zur Hymenium-
oberfläche verlängert. Axial hat sich die Gallertkappe verándert; sie bildet eine Art
Kamin, durch den die Ascosporen glitten.
Source : MNHN, Paris
DACTYLOSPORA 7
D) Structure de l'hyménium ágé (PI. vim).
Une coupe transversale dans l'hyménium agé du Dactylospora stygia (Pl.
VIII) montre que les paraphyses sont rares et que les asques vidés ne sont pas
déliquescents. Ceux-ci conservent leur forme; leur paroi s'épaissit par gonflement
de là couche d; leur lumiére épiplasmique se réduit. La persistance d’une certaine
rigidité des asques vidés maintient donc la cohérence de l'hyménium et permet
aux asques apparus tardivement, et encore jeunes, de continuer leur développe-
ment. Après la déhiscence, les asques conservent donc ici un rôle biologique.
E) Structure de la paroi et des cloisons des ascospores
(Pl. IX, I, II et Fig. 5).
La vésicule ascale n'a pas été observée. Le développement des ascospores,
qui n'a pas été étudié en détail, ne semble pas présenter de particularités. Les
très jeunes ascospores ont une paroi trés mince, Patag —, finement onduleuse,
d'un type tout à fait classique (D. saxatilis, Pl. IX), comprise entre le plasma-
lemme sporal et la limitante externe de la spore. Ultérieurement, la paroi s'épais-
sit et se subdivise en deux couches au moins. Le cloisonnement sporal débute
avant la pigmentation. Quand celle-ci commence a apparaitre, chez le D. stygia,
(PI. ILB) la cloison ascosporale se compose de trois parties superposées d'inégale
épaisseur. D'après la terminologie utilise à propos d'ascospores de Discomycétes
Operculés (BELLEMERE et MELENDEZ-HOWELL, 1976), ou de Lichens
(HAFELLNER et BELLEMERE, 1982a, b; BELLEMERE et LETROUIT,
1982) et précisée récemment (BELLEMERE et al., 1981), ce sont, de la plus
interne à la plus externe : la paroi propre, la paroi intermédiaire et la périspore.
La partie externe de la périspore n’est pas réactive au test de Thiéry. Sa partie
profonde, Patag +, qui contient le pigment sombre des ascospores, représente
probablement l'ensemble de la périspore moyenne et de la périspore interne
Du côté externe, sa surface irrégulièrement onduleuse, est soulignée par une
mince couche superficielle plus réactive au test de Thiéry.
Sous la périspore profonde, la paroi intermédiaire est représentée par une
étroite couche, d'aspect clair.
La paroi propre de la spore, plus épaisse que la périspore, est Patag —; sa
partie externe est cependant légèrement réactive sur une faible épaisseur.
La partie axiale de chacune des cloisons transversales est constituée par une
très mince lamelle dépourvue de polysaccharides, non réactive au test de Thiéry.
Sur les coupes, cette lamelle s'achève, à chacune de ses extrémités, par un
triangle assez aplati dont la base est parallèle à la surface latérale de la spore.
Cette base marque la limite interne de la paroi sporale au moment de l'apparition
du septum. Chacun des deux autres cótés de ce triangle clair est recouvert
extérieurement par un triangle sombre, Patag +, dont le sommet obtus coincide
avec celui du triangle clair. La base de chaque triangle sombre s'appuie contre
la face externe de la portion de la paroi sporale qui s'est développée dans l'espace
Source : MNHN, Paris
78 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
périplasmique depuis l'initiation du septum. Cette partie de paroi a un aspect
un peu différent de celle qui s'est formée avant le septum; ses strates profondes
sont relativement réactives au test de Thiéry. Ces triangles clairs et sombres
sont des constituants de l'appareil interloculaire défini en microscopie photo-
nique chez des spores septées par CHADEFAUD (1969) et observé en micro-
scopie photonique chez divers Ascomycètes (cf. BELLEMERE, 1975). De
part et d’autre de la lamelle médiane claire du septum une mince couche Patag
finement granuleuse est présente sur toute la largeur du septum. Cette couche
se raccorde latéralement aux structures Patag +, situées aux extrémités de la
lamelle septale claire, et qui, sur les coupes, constituent les petits triangles
sombres dont il vient d’étre question. On observe, en microscopie photonique,
que c’est précisément au niveau de ces derniers et de cette mince couche Patag +
que s'amorce la pigmentation sporale.
Quand l’ascospore est proche de la maturité, l’ensemble de sa paroi et chacun
des septums deviennent fortement réactifs au test de Thiéry, sauf dans leur
partie la plus profonde (PI. 1, 111) qui correspond à la partie de la paroi la plus
récente.
L'ornementation de l'ascospore, de nature périsporale, est plus ou moins
apparente selon les espèces (PL. I, II, III).
pe
_pi
pp
pig
À
Fig. 5. — Schéma de la paroi d'une ascospore mûre de Dactylospora stygia au niveau d'un
septum. La périspore profonde Patag +, est pigmentée; les couches pigmentées, égale-
ment Patag +, qui flanquent la lamelle médiane du septum, Patag —, se prolongent en
une structure qui, en section, a l'aspect de deux triangles accolés.
Fig. 5. — Schema der Wand einer reifen Ascospore von Dactylospora stygia auf dem Niveau
eines Septums. Der innere Teil des Perispors (Patag +) ist pigmentiert; die pigmentierten
Schichten (Patag +), die die Mittellamelle des Septums (Patag —) flankieren, setzen
sich in der Kontaktzone zur Aussenwand in Strukturen fort, die im Querschnitt anhaf-
tenden Dreiecken ähneln.
Source : MNHN, Paris
DACTYLOSPORA 79
Ill. — DISCUSSION
Les asques du genre Dactylospora sont remarquables par leur structure et
leur déhiscence. Du point de vue structural, ils possèdent à la fois un épaissis-
sement apical à peine réactif au test de Thiéry, s'étendant longuement sur le
flanc de l'asque, et une importante cape fortement Patag + uniquement formée
par le gélin externe de la paroi ascale. La couche c de leur paroi est nettement
stratifiée et la couche b est relativement développée. La déhiscence de ces asques
est trés spécialisée. Après l'infiltration progressive de l'épiplasme dans l'épaissis-
sement apical, la cape s'allonge tandis que sa partie axiale se modifie, facilitant
ainsi le cheminement des ascospores et leur accés au sommet de l'hyménium
où elles sont libérées. Après déhiscence la persistance d’une certaine rigidité
des asques permet de maintenir la consistance de l'hyménium assurant ainsi
la protection des jeunes asques.
Par leurs caractères structuraux et biologiques les asques du genre Dactylo-
spora posent des problèmes d'ordre systématique. En effet, un tel type d’asque
n'a pas encore été signalé à notre connaissance chez les Discomycètes Inoper-
culés dans lesquels le genre Dactylospora doit être naturellement placé en raison
de son caractère non lichénisant, Peut-être, dans ce groupe, les asques du genre
Catinella présentent-ils eux-aussi une infiltration de leur épaississement apical
par l'épiplasme avant la déhiscence (cf. BELLEMERE, 1975) mais cela n'est
pas assuré et de toutes fagons la position systématique de ce genre reste dou-
teuse. Par l'originalité de ses asques le genre Dactylospora mérite donc d'étre
placé dans une famille distincte : Dactylosporaceae Hafellner et Bellemére
fam. nov.
Ascomycetes saprophytici vel lichenicoli rarius parasitici. Ascocarpia apothe-
cia sunt, nigra vel fusca. Asci typo designato (— typus Dactylospora). Asco-
sporae septatae. Typus familiae : Dactylospora KOERBER 1855 : 271.
Bien que le genre Dactylospora ne soit pas lichénisant, il pourrait être rappro-
ché des Lécanorales typiques car ses asques, comme ceux de ces dernières, ont
une cape polysaccharidique bien développée, uniquement formée par le gélin
superficiel de la paroi, et un épaississement apical constitué par la seule couche
profonde de celle-ci (couche d) (cf. HONEGGER, 1978 a, b; BELLEMERE et
LETROUIT-GALINOU, 1981). Mais les asques des Dactylospora différent
nettement de ceux des Lécanorales. D'une part la couche d de la paroi et l'épais-
sissement apical qu'elle forme ne sont ni amyloïdes, ni Patag +. D'autre part,
leur mode de déhiscence, d'un type particulier, avec infiltration de l'épaissis-
sement apical par l'épiplasme et formation d'une cheminée axiale dans la cape,
n'est pas celui des Lécanorales, On ne peut donc pas considérer les Dactylospora
comme des Lécanorales typiques non lichénisantes.
D'éventuelles relations du genre Dactylospora avec d'autres Lichens à paroi
ascale non amyloïde tels que certaines Asterothryriaceae ou Gyalectaceae
restent peu probables car en principe les asques de ces genres n'ont pas d'épais-
sissement apical.
Source : MNHN, Paris
80 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Dans la mesure où la couche interne de la paroi ascale des Dactylospora est
épaisse sur une bonne partie de la longueur de l’asque et peut étre plus ou moins
stratifiée chez certaines espéces (cf. D. saxatilis, PI. IX), une éventuelle parenté
de ces asques avec ceux des Bituniqués pourrait être envisagée. L'ultrastructure
de la couche profonde de la paroi interne n'est cependant pas celle qui a été
décrite par REYNOLDS (1971) chez un Bituniqué typique, et la déhiscence
n'évoque en rien un «Jack in the Box» modifié, plus ou moins avorté, comme
celui qui a été signalé chez le Rhizocarpon atroflavescens s. sp. puberulentum
(HONEGGER 1978c, 1980). Les Dactylospora ne peuvent donc pas, en principe
étre rapprochés des Lecanidiaceae (= Patellariaceae) (ERIKSSON, 1981 : 78)
aux asques bituniqués. Il convient, toutefois d’étre prudent car les asques des
Lecanidiaceae n’ont pas été étudiés en microscopie électronique et il n’est pas
assuré que les asques à déhiscence de type «Jack in the Box» aient tous la
structure pariétale qui a été décrite par REYNOLDS (cf. BELLEMERE, 1971;
BELLEMERE et HAFELLNER, 1982). À cet égard, il serait spécialement
intéressant d'étudier l'ultrastructure des asques d'un genre tel qu'Odontotrema,
Discomycéte Inoperculé dont les asques, peut-étre bituniqués, possédent une
cape apicale amyloide comme ceux des Dactylospora (SHERWOOD, 1977;
HOLM et HOLM, 1977).
Il ne semble pas non plus que le genre Dactylospora puisse étre considéré
comme un genre primitif, plus ou moins à la charniére entre des Discomycètes
Inoperculés, non lichénisants, et des Lécanorales, lichénisantes. Il présente en
effet plusieurs caractères évolués. Ainsi le mode de déhiscence des asques est
d'un type élaboré puisqu'il implique une succession coordonnée de plusieurs
processus : infiltration de la partie profonde de la paroi à l'apex, rupture des
couches externes, allongement de la cape, modification de sa partie axiale,
cheminement des ascospores. La structure de la paroi des ascospores des Dacty-
lospora est évoluée car elle présente une fine ornementation, plus ou moins
nette selon les espèces, qui résulte de la différenciation de la partie profonde
de la périspore comme chez la majorité des Discomycètes Operculés (MERKUS,
1973-1976; BELLEMERE et MELENDEZ-HOWELL, 1976). Enfin d'assez
nombreuses espèces du genre sont localisées à des milieux très spécialisés (es-
péces lichénicoles ou développées sur Champignons). Si le genre Dactylospora
dérive éventuellement d'ancétres communs aux Inoperculés et aux Lécanorales,
il nous parait donc étre un jalon déjà relativement avancé dans un phylum
spécialisé issus de ceux-ci.
Ce travail n'aurait pu étre réalisé sans l'aide technique compétente de M.-C. Malherbe
et H. Chacun pour la préparation des coupes, M. Letalnet et E. Vast pour les photographies,
T. Casses pour les figures et M. André pour la frappe du manuscrit; nous les remercions
tous vivement.
Source : MNHN, Paris
DACTYLOSPORA 81
BIBLIOGRAPHIE
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ABREVIATIONS DES LEGENDES
a couche a le limitante externe
av asque vidé lm lamelle médiane du septum
couche b ра paraphyse
c couche c ре périspore externe
ch cheminée pi périspore interne
cp cape Pig couche pigmentée
d couched pl plasmalemme
ep épiplasme pp paroi propre
es espace périplasmique ps paroi développée après formation du septum
f — fibrilles r — rupture des couches b et c
в вп sh surface externe de l'hyménium
i infiltration de l'épiplasme v vacuole
Source : MNHN, Paris
DACTYLOSPORA 83
LEGENDES DES PLANCHES
Pl. 1. — Dactylospora parasitica (Patag). — A : Coupe axiale d'une ascospore disposée
obliquement près du sommet d'un asque (la couche d de la paroi est en effet épaisse) (Pa.
tag). —B : Détail de la paroi de l'asque prés du sommet de l'asque.
PI.I. — Dactylospora parasitica (Patag). — A : Längsschnitt durch eine schief, nahe der
Ascusspitze liegende Ascospore (die Wandschicht d ist verdickt). — B ; Detail der Ascuswand
nahe der Ascusspitze.
Pl. П. — A : Sommet d’asque mor avant la déhiscence chez le Dactylospora epimyces
(Patag). La coupe est un peu oblique et les limites de la couche c sont par suite un peu
floues. L'épaississement apical formé par la couche d est bien distinct. — B : Extrémité d'un
septum chez une ascospore de Dactylospora stygia. La lamelle blanche, médiane, du septum,
flanquée de part et d'autre d'une mince couche pigmentée est bien distincte, ainsi que les
sections triangulaires Patag + qui marquent l'extrémité du septum. La portion de paroi
développée après l'initiation du septum est relativement épaisse; sa partie profonde est
Patag +.
Pl, IL, — Spitze eines reifen Ascus von Dactylospora epimyces vor der Sporenabgabe
(Patag). Der Schnitt ist ein wenig schief und die Grenzen der Schicht c sind folglich etwas
unscharf. Die apikale Verdickung der Schicht d ist deutlich sichtbar. — B : Der Rand eines
Septums in einer Ascospore von Dactylospora stygia. Die transparente Mittellamelle des
Septums, beidseitig flankiert von einer dünnen, pigmentierten Schicht, ist deutlich sichtbar,
ebenso die dreieckigen Anschnitte (Patag +), die den Rand des Septums anzeigen. Der
Teil der Wand, der nach der Ausbildung des Septums angelagert wurde, ist relativ dick;
sein innerer Anteil ist Patag +.
PI. Ш. — Dactylospora stygia (Patag). Sommet d'un asque presque mûr montrant l'in-
filtration de l'épiplasme dans l'épaississement apical formé par la couche d. — La coupe est
probablement un peu latérale; vers l'apex, la couche c est donc coupée obliquement et sa
stratification n'est pas distincte (la cape formée par la partie profonde du gelin est épaisse
et fortement Patag +).
PI. III. — Dactylospora stygia (Patag). Spitze eines beinahe reifen Ascus mit beginnender
Infiltration des Epiplasmas in die apikale Verdickung der Schicht d. — Der Schnitt ist
wahrscheinlich etwas seitlich geführt, der Spitze zu ist daher die Schicht c schief angeschnit-
ten und ihre Schichtung undeutlich; die Kappe, gebildet durch den inneren Teil der Gallerte,
ist dick und stark Patag +.
PI. IV. — Dactylospora stygia (Patag). Apex d'un asque à un stade précédant la déhis-
cence. — L'infiltration de l'épiplasme s'est étendue dans l'épaississement apical (couche d).
Elle est surmontée d'un système de fins canalicules. Les couches c et b sont coupées obli.
quement en raison de la forme arrondie de l’apex de l’asque. Des fibrilles rayonnantes sont
visibles dans la cape formée par le gélin apical, fortement Patag +.
PI. IV. — Dactylospora stygia (Patag). Ascusspitze in einem Stadium vor der Sporen-
abgabe. — Die Infiltration des Epiplasmas in die apikale Verdickung (Schicht d) ist vor-
angeschritten, Ein System dünner Kanälchen krönt die lakunöse Infiltration. Die Schichten
© und b sind wegen der abgerundeten Form der Ascusspitze schief geschnitten. In der Kappe
sind strahlig geordnete Fibrillen sichtbar; sie wird durch apikal abgeschiedene Gallerte
gebildet (stark Patag +).
Pl. V. — Dactylospora stygia (Patag). Apex d'un asque avant la dehiscence. — L’infiltra-
tion de l'épiplasme dans l'épaississement apical de la paroi progresse vers l'apex de l'asque et
Source : MNHN, Paris.
84 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
s'étend latéralement. Le sommet de l'épaississement est plus réactif. Des fibrilles radiales
sont présentes dans la cape.
Pl. V. — Dactylospora stygia (Patag). Spitze eines Ascus unmittelbar vor der Sporen-
abgabe. — Die Infiltration des Epiplasmas in die apikale Wandverdickung schreitet gegen die
Spitze zu fort und dehnt sich auch seitlich aus. Apikal ist die Reaktivität der Verdickung
gesteigert. In der Kappe sind die radial geordneten Fibrillen erkennbar.
Pl. VI. — Dactylospora stygia (Patag). Sommet d’une partie de l’hyménium où des
asques sont en déhiscence. — Dans la partie centrale du cliché un asque már n'est pas encore
ouvert (voir détail Pl. III). Il est encadré par deux asques déhiscents. Remarquer que le
sommet des asques márs n'atteint pas la surface de l'hyménium, niveau où sont libérées les
ascospores à la suite de l’allongement de la cape apicale de l’asque, lors de la déhiscence.
PI. VI. — Dactylospora stygia (Patag). Oberer Teil eines Hymeniums mit Asci bei der
Sporenabgabe. — Ungefähr in Bildmitte erkennt man einen reifen, noch nicht geöffneten
Ascus (siehe Detail PI. III). Er steht zwischen zwei Asci, die ihre Sporen abgegeben haben.
Man beachte, dass die Spitzen reifer Asci nicht die Oberfläche des Hymeniums erreichen, wo
in Folge der Verlängerung der apikalen Kappe bei der Öffnung des Ascus die Ascosporen
freigesetzt werden,
PI. VII. — Dactylospora stygia (Patag). A, B : Asques ouverts, coupes longitudinales
subaxiales. — Au cours de la déhiscence, la cape apicale de l'asque s’allonge et se creuse
d'une cheminée axiale par laquelle les ascospores sont expulsées jusqu'au niveau de la
surface hyméniale.
PI. VII. — Dactylospora stygia (Patag). A, B : offene Asci, subaxiale Lángsschnitte. —
Wahrend der Sporenabgabe verlangert sich die apikale Gallertkappe des Ascus und sie wird
durch einen axialen Kamin ausgehóhlt, durch den die Ascosporen bis zur Hymeniumober-
fläche gleiten; erst dort werden sie ausgestossen.
PI. VIII. — Dactylospora stygia (Patag). Coupe transversale d’un hymenium äge. — La
plupart des asques vidés de leurs ascospores persistent et assurent une certaine rigidité à
l'hyménium permettant aux jeunes asques de continuer leur développement. Les sections
de paraphyses sont relativement peu nombreuses. Quelques asques sont coupés au niveau
de la base de la cape, fortement Patag +.
Pl. VIII. — Dactylospora stygia (Patag). Transversalschnitt durch ein altes Hymenium. —
Der Grossteil der entleerten Asci bleibt im Hymenium stehen und sichert somit eine gewisse
Steifheit deshymenialen Komplexes, was den jungen Asci erlaubt, ungestört ihre Entwick-
lung fortzusetzen. Querschnitte von Paraphysen sind relativ wenig zahlreich. Einige Asci sind
auf dem Niveau der Basis der Gallertkappe (stark Patag +) geschnitten.
PI. IX. — Dactylospora saxatilis. — A : Asque avec très jeunes spores (Patag). Coupe sans
doute un peu latérale (la couche d est alors coupée subtangentiellement). On distingue ici
une légére stratification de la couche d. — B : Sommet d'un asque assez jeune (Patag). Le
gélin présente une texture nettement fibrilleuse.
Pl. IX, — Dactylospora saxatilis. — A : Ascus mit sehr jungen Sporen (Patag). Schnitt
zweifellos etwas lateral geführt (die Schicht d ist daher subtangential geschnitten). Man
erkennt hier eine leichte Schichtung der Schicht d. — B : Spitze eines ziemlich jungen Ascus
(Patag). Die Gallerte zeigt deutlich eine fibrilläre Textur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
86 A, BELLEMERE & J. HAFELLNER
Planche II
Source : MNHN, Paris
Planche III
Source : MNHN, Paris
88 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Planche IV
Source : MNHN, Paris
DACTYLOSPORA 89
Source : MNHN, Paris
90 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Planche VI
Source : MNHN, Paris
Planche VII
Source : MNHN, Paris
92 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Planche VIII
Source : MNHN, Paris
93
DACTYLOSPORA
Planche IX
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
95
QU'EST-CE QU'UN CHAMPIGNON DEMATIE?
par Marie-France ROQUEBERT*
C'est, aujourd'hui, un champignon du groupe des Dematiae (SACCARDO,
1886), c'est-à-dire à mycélium brun ou noir.
Or, la recherche de l'étymologie du mot conduit au grec ôeua qui veut dire
lien et, au sens moderne, petit fagot, fascicule. Aucune notion de couleur n'est
contenue dans cette définition...
Nous avons donc entrepris de rechercher l'origine de l'interprétation qui a
substitué le caractére pigmenté, brun, au caractère fasciculé.
Comme les «Aspergilloidés», «Alternarioidés», et autres termes ésotériques,
dérivés de noms de genres de champignons, le terme «dématié» pourrait tirer
son origine du genre Dematium.
Créés par PERSOON en 1797, les Dematium sont des champignons filamen-
teux (byssoides) à hyphes «sub-fasciculées, dressées et pulvérulentes». Cette
description originale porte donc correctement sur le caractére fasciculé des
filaments à la surface du substrat.
Cependant, au sein des Dematium, PERSOON distingue deux groupes
différents par le mode de groupement des filaments : les rigida : rigides, sub-
fasciculés et les molliora plus souples, formant un gazon étalé. La méme année
dans un supplément, PERSOON suggére, en note, que les espéces du groupe
mollior, à cause de l'organisation intriquée des hyphes et de leur étalement en
tapis, pourraient étre transférées dans le genre Byssus. Le caractère pigmenté
des représentants du genre n’est méme pas sous-entendu dans les descriptions
où Pon rencontre des espèces différemment colorées telle que D. aureum.
En 1861, dans le Synopsis fungorum, PERSOON maintient la distinction
«molliora» et «rigida» mais on peut remarquer que 6 des 7 espéces décrites dans
le groupe «rigida» sont de couleur sombre.
* Laboratoire de Cryptogamie, M.N.H.N., 12 rue Buffon, 75005 Paris. — L.A. 257 (CNRS).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN. Paris
96 M.F. ROQUEBERT
La séparation Mucédinés-Dématiés, et la naissance du qualificatif, est due
a FRIES (1829-1832).
La discrimination repose alors sur l'aspect des filaments «rigides, sub-opa-
ques, plus ou moins groupés en croütes et parfois assemblés longitudinalement»,
chez les Dématiés. Ce terme collectif recouvre 12 genres à cóté de Dematium.
Pour la première fois, l'aspect «sub-opaque» est mentionné et toutes les
espèces décrites sont teintées («virescentibus, atris, cinereo-nigro et fusco-
nigris»).
En 1846, la conception des Dématiés a, pour FRIES, quelque peu évolué
sans toutefois présenter le sens actuel. Ils sont maintenant définis comme cham-
pignons à «filaments rigides, solides, distincts des spores, parfois cloisonnés,
noirs». Le caractére fasciculé n'est plus mentionné. Un nouvel aspect des fila-
ments, leur fertilité, est, par contre, évoqué pour la première fois. Cette dis-
tinction fait sans doute suite aux travaux de BERKELEY (1836) qui plagait
les Dématiés au rang de tribu, caractérisée par «leur mode de dispersion, à
partir de filaments fertiles continus ou cloisonnés, disposés en croüte».
LINK (1833), LÉVEILLÉ (1846) et BONORDEN (1851) ignorent le terme
Dématié. Et voici qu'en 1857 apparait, sous la plume de BERKELEY, la signi-
fication moderne des termes Dématiés et Mucédinés,
Les Hyphomycétes se trouvent séparés en deux groupes, à hyphes fertiles
libres et hyphes fertiles groupées.
Le premier comprend les Sepedoniei (Fr.), Mucedines (Fr.), Dematiei (Fr.),
le deuxième les Stilbacei (Berk.), Isariacei (Cda).
Les Dématiés sont alors devenus des Hyphomycètes, à filaments fertiles
de teinte sombre ou de couleur charbonneuse.
L’apparence fasciculée de ces filaments est maintenant réservée aux Stilba-
cei et Isariacei.
La distinction des filaments fertiles s'est donc lentement imposée (entre
1846 et 1857) et la prépondérance qui leur est accordée dans la description
systématique a conduit à une séparation judicieuse, basée sur la forme de leur
groupement, mais reprenant une terminologie devenue inappropriée.
La déviation du terme dématié s'est donc effectué entre 1846 et 1857, Il
n'est pas exclu que la nouvelle interprétation soit due à un mycologue autre
que BERKELEY mais nous n'en avons pas trouvé trace dans la bibliographie.
Par ailleurs, les explications abondantes et détaillées que BERKELEY donne
à l'appui de la distinction Mucédinés-Dématiés conduisent à penser que le nou-
veau sens du qualificatif résulte de son interprétation personnelle.
Le succès du «Sylloge fungorum» (1886) où SACCARDO utilise pour les
Hyphomycètes la classification de BERKELEY, a entériné le glissement de sens
introduit par cet auteur et qui affecte tout autant le terme de «Mucédinés»
que celui de «Dématiés». Notons cependant que ces termes ne sont pas retenus
par COSTANTIN (1888) qui dénomme correctement «mucédinées» toutes
les moisissures non agrégées.
Source : MNHN, Paris
QU'EST-CE QU'UN CHAMPIGNON DÉMATIÉ? 97
Au-delà de cette «enquéte» étymologique on peut faire un certain nombre
de remarques concernant l'évolution des concepts systématiques et ses relations
avec les méthodes d'étude.
Par exemple, l'aspect rigide des hyphes et leur pigmentation sont à ce point
liés que les deux caractéres ont longtemps été confondus. La présence de pig-
ments (de nature mélanique) dans les parois des hyphes aériennes s'accompagne
d'une tenue et d’une fermeté particulières. L'étude microscopique de la structure
des parois montre, en effet, chez les champignons bruns, la présence de granules
de forte densité qui se superposent à la charpente fondamentale et peuvent
conférer à la paroi une plus grande résistance (REISSINGER, 1972; ROQUE-
BERT, 1981).
Par ailleurs, il existe une dépendance entre les progrés de la connaissance
de la biologie et l'évolution de la classification des organismes. La distinction
entre les filaments végétatifs et les filaments fertiles, mieux pergue et analysée
avec la pratique de microscopes plus performants, devient un fait prédominant
dans la description des champignons et entraine des changements dans leur
classification.
D'autre part, l'évolution du caractére «dématié» vers le sens moderne, c'est-
à-dire privilégiant l'aspect coloré au détriment de l'organisation des filaments
entre eux, se déroule en même temps que, en laboratoire, se développe la pra-
tique des cultures. Or on observe couramment que la plupart des Hyphomycètes
bruns observés dans la nature (Cladosporium par exemple), ont alors une dispo-
sition groupée par plages ou par touffes, qu'ils perdent lorsqu'ils se développent
à la surface du milieu de culture. On peut soupgonner que, depuis 1857, les
premiéres cultures ayant été pratiquées aux environs de 1860, les observations
commencent à étre réalisées, au moins en partie, sur du matériel cultivé donc
un peu différent de celui que l'on peut récolter dans la nature.
Cent cinquante ans plus tard, ces problémes sont encore, et de plus en plus,
en raison des progrés techniques, des problèmes d’actualité.
La déviation de sens du terme «dématié» traduit la subjectivité dont est
trop souvent entaché le langage scientifique, et souligne la difficulté de formuler
une classification «naturelle».
Elle doit conduire à plus de vigilance dans le choix et l'utilisation des mots
qui doivent servir à communiquer, non seulement avec les «initiés», mais surtout
avec les amateurs.
Dans cette optique il aurait mieux valu parler de «métonymie abusive»
voire de «synecdoque» que de «déviation» ou de «glissement» de sens, ce qui
aurait eu le mérite d'obliger le lecteur à rechercher l'étymologie des mots!
Nous remercions M. Patrick Joly pour l’aide qu'il nous a apportée dans les recherches
bibliographiques.
Source : MNHN, Paris
98 M.F. ROQUEBERT
BIBLIOGRAPHIE
COSTANTIN J., 1888 — Les mucédinées simples. Ed. Klincksieck, Paris.
BERKELEY MJ. 1836 — Fungi, in the «English Flora of sir James Edward Smith», vol.
5, part II, London.
BERKELEY M.J.,1857 — Introduction to Cryptogamic Botany. Balliére pub. London.
FRIES E., 1846 — Summa vegetabilium scandinaviae. 1. Holmiae et Lipsiae.
FRIES E., 1829-1832 — Systema mycologicum III : Hyphomycetes. Gry phiswaldae.
LINK H.F., 1833 — Handbuch zur Erkennung. Berlin.
PERSOON C.H., 1797 — Tentamen dispositionis methodicae fungorum. Lipsiae.
PERSOON C.H., 1801 — Synopsis methodica fungorum. 1. Gottingae.
REISINGER O., 1972 — Contribution à l'étude ultrastructurale de l'appareil sporifère
chez quelques Hyphomycètes à paroi mélanisée. Thèse Fac. Sc., Nancy.
ROQUEBERT M.F., 1981 — Analyse des phénomènes pariétaux au cours de la conidio-
genèse chez quelques champignons microscopiques. Mémoires du M.N.H.N., T. 28,
série B, 79 p., 22 pl., Paris.
SACCARDO P.A., 1886 — Hyphomycetaceae. Sylloge fungorum, 4, 1-807.
Source : MNHN, Paris
99
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
BLAKEMAN J.P. 1981 — Microbial ecology of the phylloplane. Academic
Press, London, 502 p., 20.40 £.
L'ouvrage réunit les communications présentées au 3ème Symposium inter-
national qui s'est tenu à l'Université d'Aberdeen le 5 septembre 1980. Il con-
cerne les divers aspects de la biologie des micro-organismes qui se situent au
niveau du système foliaire des plantes.
Comme pour toute étude microbiologique, il existe des techniques préfé-
rables destinées à confronter les résultats. Elles sont précisées dans la Section I
où les modes de prélèvement, de numération, de dispersion sont présentés et
discutés. Des appréciations d'ordre statistique peuvent interveni
Dans la section Il, a partir d'exemples judicieusement choisis parmi les
champignons parasites les plus répandus, sont présentés les prémices de l’infec-
tion. Cette phase se heurte non seulement à des phénomènes de compétition
au niveau du phylloplan, mais peut se trouver contrariée par l'existence de
facteurs antimicrobiens de nature chimique et d'origines diverses. C’est l'objet
des études présentées à la Section III. Ce processus peut être également altéré,
ou tout au moins modifié par des variations dans la composition de la flore
fongique par suite de compétitions, de concurrence, ou encore à la suite de
l'introduction d'espèces antagonistes. Il peut y avoir aussi apparition de souches
hypovirulentes (Section IV).
La section V intitulée «écologie des micro-organismes» rappelle d'abord
les nombreux cas de concomitance de bactéries et de champignons au niveau
au phylloplan. On trouve ensuite une étude approfondie des conditions de
dissémination, de dépôt et de persistance des Erwinia. Dans la méme Section
sont abordées les conséquences de la présence d'une flore microbienne sur les
surfaces foliaires, sur l'érosion de la cuticule, permettant ainsi de suivre la
colonisation et la dégradation des litiéres, en particulier dans le cas des Coni-
fères.
De nombreux chercheurs et expérimentateurs sauront gré à J.P. BLAKEMAN
en méme temps qu'à Academic Press de mettre à leur disposition un ensemble
cohérent de données et d'acquisitions relatives à des activités biologiques sou-
vent insoupgonnées qui interférent au niveau des surfaces foliaires.
G. Viennot-Bourgin
Source : MNHN, Paris
100 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
«The fungal spore-Morphogenetic controls», 1981 — Edited by G. Turian et
RH. Hohl. Academic Press, New York.
Aprés «The fungus spore» (Madelin Ed., 1966), «The fungal spore : form
and function» (Hess et Weber Ed., 1976) publiés à la suite des premier et deu-
xième symposium sur la spore fongique, voici le compte-rendu du 3e colloque
sur ce sujet, tenu en 1980.
La présence d'un sous-titre aux deuxième et troisième compte-rendus souligne
la nécessaire restriction des thèmes abordés au fur et à mesure que les domaines
d'investigation s'étendent, que la spécialisation est de plus en plus grande et
qu'il devient alors impossible de «couvrir» tous les aspects de la recherche sur
un sujet aussi vaste,
C'est ici la morphogenése sporale qui est traitée ou, plus exactement, l'en-
semble des facteurs qui déterminent et traduisent le passage de l'état de mycé-
lium végétatif à l'état sporal puis le retour au premier par la germination.
L'ouvrage est divisé en sept parties correspondant aux sept aspects de con-
tróle morphogénétique envisagés.
Pour chacune d'elle, une mise au point de l'état des recherches sur le théme
traité précéde l'exposé des aspects plus précis développés dans les chapitres
suivants. Cette présentation a le mérite de permettre l'appréhension d'un théme
dans son ensemble et non pas uniquement sous certains aspects, précis, mais
limités.
Les deux premiéres parties portent sur la morphogenése structurale chez
les champignons supérieurs et inférieurs. La dépendance nucléaire des phéno-
ménes étudiés et l'expression du message génétique (synthèse des protéines
chez les champignons aquatiques, activation des gènes et différenciation, proté
nases et sporulation chez les Levures) constituent une part importante de l'ou-
vrage (8 chapitres). Les résultats exposés,qui constituent une facon relativement
nouvelle de développer le sujet, et qui n’étaient pas ou peu représentés dans
les ouvrages précédents, suggérent entre autres choses, qu'il existe, chez les
champignons, certaine originalité dans l'organisation et la transcription de
PADN.
Plus classiques dans les thèmes mais non moins riches en informations nou-
velles sont les chapitres suivants qui portent sur l'environnement (température
et lumiére) et l'aspect biochimique de l'évolution des structures sporales (lipides,
sporopellenines, mélanine).
Enfin, l'étude du contróle métabolique et écologique de la morphogenése
sporale (principalement de la germination) sont abordés dans la dernière partie.
On y trouve un chapitre concernant l'activité des spores et ses facteurs inhibi-
teurs et stimulants, l'activité des mitochondries et enfin l'étude du cycle conidio-
génétique court (microcycle conidiation) sous son aspect métabolique.
Cet ouvrage, d'une grande richesse d'information permet une avance consi-
dérable dans la compréhension du fonctionnement non seulement des spores
fongiques mais des cellules en général.
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 101
Comme ses prédécesseurs il nous fournit une sorte de bilan des connaissances
les plus actuelles dans ce domaine et, à ce titre, il ne manquera pas d’intéresser
nombre de biologistes.
M.F. Roquebert
SPENCER D.M., 1981 — The downy mildew. Academic Press, London, 636 p.
119,50 $.
Faisant suite au volume consacré aux oidiums (powdery mildews) ce nouveau
livre traite d'un groupe trés important de micromycétes parasites : les mildious
(downy mildews).
Les mildious, parmi les Péronosporales, se comportent en parasites obliga
toires, spécialisés et monophages ou vivant aux dépens d'un petit nombre de
plantes d'une méme famille végétale, croissant en endophytes en produisant
des nécroses et des pourritures. Ils proliférent dans les parenchymes sous la
forme d’un mycélium cénocytique intercellulaire aux dépens duquel se consti-
tuent, en période de grande activité, des sporocystes aptes à une dissémination
à distance, tandis que, pour de nombreuses espéces, au sein des tissus altérés,
sont produits des gamétocystes assurant la continuité cyclique.
Les capacités remarquables de dispersion des sporocystes expliquent le
caractére épidémique des mildious et leur aptitude à la pendémie. En outre,
la possibilité de persistance dans un fragment de plante ou dans la semence,
leur existence sur de nombreuses plantes de grande culture d'intérét économique
certain telles que la vigne, le tournesol, le tabac, etc.. en font des parasites
redoutables et redoutés.
D.M. SPENCER a su trés heureusement concevoir les thémes essentiels pour
représenter les mildious dans l'état actuel de nos connaissances tant en ce qui
concerne leur morphologie, leur biologie, leur écologie et leur comportement
à l'égard des substances fongicides. L'ouvrage qui se divise en 24 chapitres
groupés en 2 parties, rapelle tout d'abord l'historique de quelques grandes
maladies, la plupart introduites sous l'effet des activités humaines, dont le
caractére épidémique explosif a provoqué la ruine et la misére des masses paysan-
nes. Interviennent des données précises sur la taxonomie et la phylogénie des
différents genres, basées sur le mode de germination du sporocyste (ou conidie),
la nature de l'hóte et le comportement parasitaire, la distribution géographique
mondiale. Un chapitre important traite de l'épidémiologie et montre le róle
fondamental de la multiplication et de la dissémination de l'inoculum en relation
avec les facteurs naturels. L'importance des plantes sauvages en tant qu'hóte
secondaire est discutée.
Les processus cytologiques sont étudiés, une approche génétique est exposée.
Des informations sont fournies quant aux inter-réactions d’ordre biochimique
pouvant intervenir dans la réalisation du complexe hóte-parasite.
Un chapitre traite de la reproduction sexuelle; l'ultrastructure du thalle et
des spores se trouve remarquablement illustrée en microscopie électronique
Source : MNHN, Paris
102 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à l’aide du Bremia lactucae.
La lutte contre les mildious est d’abord présentée sous l’angle génétique
compte tenu d'une part de nombreuses races et pathotypes parmi les espéces
les plus répandues, et, d'autre part, de l'existence de quelques variétés de plantes-
hótes résistantes ou tout au moins tolérantes. En second lieu certaines mesures
d'ordre prophylactique sont précisées; elles sont fondées sur la connaissance
des facteurs favorables au développement du parasite. Enfin un chapitre spécial
traite des méthodes de lutte par voie chimique.
La seconde partie de l'ouvrage, soit 9 chapitres, fournit une documentation
monographique très utile concernant les principales espèces de mildious des
grandes plantes cultivées, rapporte les résultats des recherches effectuées dans
des Instituts et organismes privés, met en évidence les voies à suivre pour assurer
une meilleure protection selon des techniques modernes.
Avant de terminer cette analyse, il convient de souligner la très belle pré-
sentation de l'ouvrage, l'excellente aualité de l'illustration, l'abondance des
références bibliographiques qui font de cette nouvelle production de Academic
Press un document indispensable aux chercheurs, aux agronomes et aux prati-
ciens.
M.F. Roquebert
MINTER D.W., 1981 — Lophodermium on Pines. Mycological Papers n9 147,
C.M.I. Ed., Kew, 54 p., 1 pl. couleur, 65 fig.
Monographie du genre Lophodermium (Ascomycéte) rencontré sur aiguilles
de Pin. Les caractéres morphologiques des ascomes, des conidiomes, de la
culture et l'écologie du genre sont discutés.
16 espèces dont quatre nouvelles : L. indianum, L. ravelelli et L. orientale
sont discutées sans oublier leur anamorphe du genre Leptostroma ainsi que
deux champignons qui les parasitent : Cladosporium lophodermii et Pseudo-
typella translucens. L'ouvrage comporte enfin des clés dichotomiques et synop-
tiques.
M.F. Roquebert
Dépôt légal n° 11353 - Imprimerie de Montligeon
Sorti des presses le 28 juin 1982
Source : MNHN, Paris
ABONNEMENTS A CRYPTOGAMIE - MYCOLOGIE
Tome 3, 1982
France .
Étranger
170F
» 200 F
REVUE DE MYCOLOGIE
Prix des Tomes 1à 43: France: 120F Étranger : 130 F
Collections complètes : réduction de 20 % par tome.
Prix du fascicule séparé: France: 35 F Étranger :45 F
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE
Prix des Tomes 1 et 2: France: 170F Étranger :
Prix du fascicule séparé : France : 50 F Étrange
200 F
: 60F
MÉMOIRES HORS-SÉRIE DISPONIBLES
NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages : 15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
NO 6 (1958). Essai biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 70 F.
NO 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (11), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
NO 8 (1966). Catalogue de la Mycothèque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (1) Micro-
mycétes, Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 Е.
No 9 (1967). Table des Matières (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40 p. 10 F.
NO 10 (1969). Le genre Panaeolus. Essai taxinomique et physiolo-
gique, par G.-M. Ola'h. 273 pages, pl. et fig. : 75 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DÉPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome I. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome II. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. :60 F.
Tome Ill. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. :60 F.
Tome IV. Les Discomycètes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
Réglements :
— par virement postal au nom de Cryptogamie - Revue de Mycologie
12, rue de Buffon, 75005 PARIS, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
— par chèque bancaire établi au même ordre.
Source : MNHN, Paris
COLLOQUE INTERNATIONAL
du CNRS N° 258
ÉCHANGES IONIQUES TRANSMEMBRANAIRES
CHEZ LES VEGETAUX
TRANSMEMBRANE IONIC EXCHANGES IN PLANTS
org.: G. Ducet, R. Heller, M. Thellier
Universités de Rouen et Paris VII - 5-11 juillet 1976
@ analyse des modéles théoriques @ recherche des couplages métaboliques ou autres
€ études électrophysiologiques & cas particulier des transferts d'anions et de molécules
organiques @ localisation d'ions et aspects structuraux et moléculaires @ intervention
d'échanges ioniques dans les régulations intercellulaires
kinetic and thermodynamic considerations, model systems
metabolic and other couplings, ATPases
particular features of anionic transfers
electrophysiology of the ionic transfer
absorption of organic molécules
localization, molecular and structural aspect of the transfers
interference of the transmembrane transfers in other processes than abserption
ion exchanges in cell organites
(69 communications dont 64 en anglais et 5 en frangais)
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21 x 29, 7 - 608 pages - broché 180 F
286 fig. - 89 tabl. - 30 phot.
ISBN 2-222-02021-2
(co-édition CNRS-Université de Rouen) È р
Editions du CNRS|
15 quai Anatole France. 75700 Paris
CCP Paris 9061-11 - Tél. 55592 25
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