CRYPTOGAMIE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNÉE PAR LE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOMMAIRE
BOISSELIER-DUBAYLE M.C. — Polymorphisme enzymatique chez Pleu-
rotus ferulae et Pleurotus nebrodensis ........,...,........., 321
HINZELIN F. & LECTARD P. — Microflore de la phyllosphére de quel-
е бнк Ер і ОО | 333
VEGH I. & VELASTEGUI J. — Étude су: de trois p de
Marssonina salicicoles 345
JANEX-FAVRE M.C. & PARGUEY-LEDUC A. — Étude ultrastructurale
des asques et des ascospores du genre Tuber. II. Les ascospores ...... 353
LANQUETIN P. & BOIDIN J. — Obtention de mycéliums et de fructi-
fications hybrides entre Dichostereum durum et D. sordulentum
(Bundiomycetes os qe ИИИ 375
Dnslysespiblioeraptigue eee te D TT DURO 403
Tables du Tome 4 405
Source : MNHN. Paris
СКУРТОСАМІЕ
MYCOLOGIE
TOME 4 Fascicule 4 1983 (1984)
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
\DMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M h
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.F. ROQUEBERT A.C
Copyright © 19: yptogamie Mycologie
ЕА Bibliothèque Centrale Muséum
pas) A
/ 3 3001 00227782 9
sZ Source : MNHN, Paris
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome 4, Fascicule 4, 1983)
BOISSELIER-DUBAYLE M.C. — Enzymatic polymorphism in Pleurotus
ferulae and Pleurotus nebrodensis ........................, 321
HINZELIN F. & LECTARD P. — Phyllosphere microflora of some halo-
philic plants LT озо
VEGH I. & VELASTEGUI J. — Comparative study of three Marssonina
СОСЕ ЕТ 345
JANEX-FAVRE M.C. & PARGUEY-LEDUC A. — Ultrastructural study
of asci and ascospores in Truffles (g. Tuber). II. The ascospores ..... « 353
LANQUETIN P. & BOIDIN J. — Production of hybrid mycelia and
fructification between Dichostereum durum and D. sordulentum
Dd d у л з м 375
Bibliography 403
(nde on Volume a OS3\e mania ena Aue cn T TEE NUES 405
Source : MNHN, Paris
321
POLYMORPHISME ENZYMATIQUE
IROTUS FERULAE ET PLEUROTUS NEBRODENSIS
par M.C. BOISSELIER-DUBAYLE*
RÉSUMÉ, — La technique d'électrophorèse de zone en gel de polyacrylamide et la révéla
tion de différentes activités enzymatiques (estérases, aminopeptidases, phosphatases) sur les
homocaryons et dicaryons «reconstitués» issus de différents isolats révèle de grandes varia-
bilités et s'avère un moyen efficace de préciser le déterminisme génétique apparent de
certaines isoenzymes. Pour les types ferulae et nebrodensis analysés ici, on remarquera la
faible variabilité interne observée au sein de chaque individu P. nebrodensis.
SUMMARY. — Zone electrophoresis on polyacrylamide gel, followed by a detection of
esterase, aminopeptidase and phosphatase activities, have been performed on homokaryons
and «restored» dikaryons originating from different isolates. The zymograms exhibited
variable patterns, indicating that this electrophoretical technique is a good tool for genetic
determination of some isoenzymes. When P. ferulae and P. nebrodensis are analysed, a
weak internal variability was observed for each P. nebrodensis isolate.
Les divers représentants des Pleurotes des Ombelliféres (Basidiomycetes)
sont habituellement répartis en deux ou trois groupes de niveaux taxonomiques
incertains. Leurs basidiocarpes se développent sur les racines mortes de diffé-
rentes Ombelliféres aprés une croissance parasitaire (CAILLEUX & al., 1983).
Les groupes sont définis par la spécificité vis-à-vis des plantes-hótes, leur
répartition géographique, et par les particularités morphologiques suivantes :
Pleurotus eryngii Fr. ex D.C. Quélet est généralement inféodé au Panicaut
(Eryngium campestre) et sa répartition recouvre sensiblement celle de ses hôtes
(CAILLEUX & al., 1980). Morphologiquement, il est caractérisé par sa petite
taille et la couleur souvent foncée de son basidiocarpe.
M.N.H.N., Laboratoire de Cryptogamie, 12 rue Buffon, 75005 Paris. — L.A. 257 et
Laboratoire de Physiologie Cellulaire, Tour 53-43, Place Jussieu, 75230 Paris Cédex 05.
ERA 323.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
322 M.C. BOISSELIER-DUBAYLE
Pleurotus ferulae Lanzi se développe sur les racines des grandes Ombelliféres
du bassin méditerranéen (principalement Ferula). On le rencontre sur les côtes
méditerranéennes et il a été signalé jusqu'en Israël (BINY AMINI, 1980). IL
est souvent considéré comme simple forme du précédent mais s’en distingue
morphologiquement par sa plus grande taille et la couleur toujours foncée de
son basidiocarpe.
Pleurotus nebrodensis Inzenga est plutôt montagnard et propre aux grandes
Ombelliféres des zones subalpines de l'Europe (Laserpirium). Il a également
été signalé sur Diplotaenia dans les montagnes du Sud de l'Iran (HEIM, 1960),
sur Ferulae au Cachemire (WATLING & GREGORY, 1980) et a été récolté
sur Cachrys en Sicile. Il est caractérisé par la grande taille, la couleur claire,
presque blanche, de son basidiocarpe, et contrairement aux deux autres types
précédents, il présente des lames anastomosées en réseau sur le stipe et une
insertion souvent excentrée du piléus sur le stipe.
Notre étude s'insère dans les travaux de systématique réalisés sur les Pleurotes
des Ombelliféres : relations d'interfertilité et d'intercompatibilité (CAILLEUX
& al., 1981), relations avec les plantes-hétes (CAILLEUX & al., 1983), caryo-
logie : méioses et stocks chromosomiques (SLEZEC, 1981 a, b), et estimation de
la variabilité génétique de populations appartenant aux trois types de Pleurotes
et d'origines géographiques différentes (BOISSELIER-DUBAY LE, 1981, 1983 a,
b). Cette variabilité est abordée par l'étude du polymorphisme enzymatique, en
utilisant la technique d'électrophorése de zone en gel de polyacrylamide sur des
extraits de protéines mycéliennes, suivie de la révélation de différentes activités
enzymatiques (estérases, aminopeptidases, phosphatases).
L'analyse des protéines et des activités enzymatiques semble fournir des
données intéressantes dans ce domaine. BAVENDAMM (1928) fut le premier
à étudier des enzymes à des fins taxonomiques. Toutefois, la détermination
d'enzymes dans des extraits bruts semble insuffisante pour donner des carac-
tères fiables, et la technique d’électrophorèse est à présent très utilisée. Depuis
les premiers travaux réalisés par CHANG & al. (1962) sur Neurospora et par
CLARE (1963) sur Pythium, de nombreux travaux de systématique expéri-
mentale ont été menés chez les champignons : parmi les plus récents, citons ceux
de LÉGER (1976) sur Peniophora, GILL & ZENTMYER (1978), KAOSIRI &
ZENTMYER (1980) sur Phytophthora, GEIGER & al. (1980) sur Colletotri-
chum et ceux de STIPES & al. (1982) sur Endothia. Les Basidiomycétes ont
trés rarement été soumis à ces techniques bien qu'ils offrent un matériel de
choix par la possibilité de travailler sur des dicaryons «sauvages» («sauvages» —
mycéliums i^sus de matériel récolté dans la nature), sur des homocaryons (mycé-
liums haploides issus de la germination de basidiospores), et sur des dicaryons
«reconstitués» (mycéliums dicaryotiques issus de croisements entre homoca-
ryons compatibles).
En vue d'établir des distances génétiques relatives basées sur le déterminisme
génétique apparent de certaines isoenzymes, et après l'étude du type eryngii
(BOISSELIER-DUBAYLE, 1983 a), nous rendons compte ici des résultats
obtenus pour P. ferulae et P. nebrodensis.
Source . MNHN. Paris
POLYMORPHISME ENZYMATIQUE CHEZ DEUX PLEUROTES 323
MATÉRIEL ET MÉTHODES
MATÉRIEL
Nous avons analysé les isolats dont nous disposions au laboratoire. Pour P.
ferulae, des basidiocarpes récoltés sur deux Férules différentes (Ferula commu-
nis) à Toulon (Sud de la France) en Octobre 1974 ont fourni l'isolat 291 issu
d'un bouturage de fragment de chair et l'isolat 339 provenant d'un semis pluri-
spores. Pour P. nebrodensis, les isolats 191 et 193 proviennent de deux basidio-
carpes récoltés sur Laserpitium latifolium près d’Abriès (Queyras) en Septembre
1973. Ils sont issus de bouturages de fragments de chair et n’ayant pas plus de
précision sur leur origine (même plante-hôte ou non), tous deux ont été analysés.
L'isolat 491, issu de bouturage de fragment de chair, a été récolté près de Saint
Bon (Savoie) sur Laserpitium latifolium en Septembre 1961. Une racine de
Cachrys ferulacea infectée, récoltée dans les Monte Madonie (Sicile) en Mai
1979, a fourni l'isolat 585 issu du mycélium extrait de la racine de l'Ombelli-
fére. Les isolats sont entretenus au laboratoire sur milieu Cristo-malt 2 %.
Après avoir obtenu la fructification, sur milieu synthétique (CAILLEUX &
DIOP, 1976, 1978), de chacun de ces dicaryons «sauvages» de départ, l'isole
ment de basidiospores germées donne des homocaryons. Une dizaine d'homo-
caryons sont généralement analysés et les tableaux de confrontation (10 x 10)
permettent de distinguer les groupes d'homocaryons compatibles qui conduisent
à la formation des dicaryons «reconstitués». Les confrontations intra- et inter-
types indiquent que tous ces isolats présentent des alléles d'incompatibilité
différents. Sur milieu Cristo-malt, les confrontations inter-types présentent
parfois des anses d'anastomoses plus rares que dans les confrontations intra-
individu ou intratype, et des confrontations négatives laissent présager d’une
mauvaise dicaryotisation. Au sein de P. nebrodensis, elles mettent en évidence
deux comportements distincts : les homocaryons de Sicile donnent un taux
de confrontations à boucles abondantes moins important que celui observé lors
des confrontations avec les homocaryons des Alpes. Cependant, les confronta-
tions à boucles rares peuvent devenir pleinement positives sur le milieu à base de
grains de céréales employé pour ensemencer le milieu pailleux de mise en fruc-
tification.
MÉTHODES
Culture, extraction et électrophorése (BOISSELIER-DUBAYLE, 1983 aj
les mycéliums maintenus au laboratoire sur milieu Cristo-malt 2 % sont repiqués
deux fois, à quinze jours d'intervalle, sur milieu gélosé Oddoux (DDDOUX.
1955), puis ensemencés sur milieu minéral liquide en boîtes de Roux. Après
quatre semaines de croissance, les extraits de protéines solubles sont obtenus
par broyage, centrifugation et dialyse. Pour les électrophorèses en tubes, sur
gel de polyacrylamide (gel de prémigration 2,5%; gel de migration 7%). des
quantités proches de protéines sont mises à migrer (150 ug de protéines détec-
Source MNHN. Paris
324 M.C. BOISSELIER-DUBAYLE
tées par la méthode décrite par BRADFORD (1976). Les électrophoréses sont
immédiatement suivies des révélations enzymatiques estérases, aminopeptidases
et phosphatases.
Les zymogrammes estérases présentent généralement un nombre élevé de
bandes dont la lecture est facilitée par l’utilisation simultanée des isomères @ et
B du naphtyl acétate qui mettent en évidence des formes enzymatiques ayant des
affinités différentielles pour ces deux isoméres. L'isomère & donne une colora-
tion brune et l'isomére f une coloration rose des bandes. Afin de simplifier les
résultats et de faciliter les interprétations, les profils sont divisés en trois zones
caractéristiques : de faible migration, la zone A posséde des bandes brunes; de
migration intermédiaire, la zone B est caractérisée par des bandes roses; de forte
migration, la zone C présente des bandes brunes. Les zymogrammes aminopepti-
dases présentent généralement peu de bandes : une bande de forte migration, très
épaisse, et une ou deux bandes fines de plus faibles migrations. Les zymogram-
mes phosphatases extériorisent un polymorphisme intermédiaire, les bandes sont
souvent épaisses et floues et la lecture des profils est parfois délicate.
Interprétation des résultats : les profils électrophorétiques observés sont
transcrits en calculant les mobilités relatives des bandes par rapport a une bande
de référence. L'étude des homocaryons permet une analyse génétique pour
laquelle nous testons les différentes hypothèses de répartition homocaryotique
(1/24/2) ou (1/4-1/4-1/431/4) en calculant la probabilité P d'observer une
distribution au moins aussi dissymétrique. Les probabilités p(A) des différentes
distributions possibles sont données par :
x! N! m
А) = — ao
eee ea ei Pre
où N est le nombre d'homocaryons analysés; x le nombre de types homocaryo-
tiques observés; Ку... К, le nombre d'homocaryons appartenant à chacun de
ces types (ky +k ...k, =N);et x; ...x,, les nombres de fois ot les nombres
d'homocaryons de chacun des types sont identiques.
La probabilité P d'observer une distribution au moins aussi dissymétrique est
la somme des probabilités d'apparition p(A) des répartitions plus dissymétriques
ou au moins aussi dissymétrique que celle observée. La dissymétrie est appréciće
par la distribution bi- ou polynomiale.
RÉSULTATS
Les profils des différents dicaryons «sauvages» de départ sont distincts mais,
par analogie de mobilité, certaines bandes semblent communes à deux ou
plusieurs isolats (BOISSELIER-DUBAYLE, 1983 b). L'analyse des homocaryons
révéle des variabilités internes et les différents types de profils homocaryotiques
observés sont regroupés dans le Tableau 1. Afin de tester si les bandes d'activité
enzymatique révélées correspondent à l'expression d'un géne ou de deux génes à
Source - MNHN. Paris
POLYMORPHISME ENZYMATIQUE CHEZ DEUX PLEUROTES 325
P. ferulae P. nebrodensis
Activités Types Alpes Sicile
enzymatiques | homoc.| 291 | 339 | 191-193) 491 | 585
- 7 8
ESTERASES a0 12 2
Zone A Al 9 8
al 5
A2 4 a y
P(1/2) 1,000] 0,004 0,503 | 0,180 | 0,008
ESTERASES 8 8
Zone B b!
Isomère 8 - 20 9
Р(1/2) 0,004] 0,509} 0,000% | 0,004%| 0,008
5 9 6 20 9 8
Е 3
ESTERASES 0,0041 0,509 | 0,000" | 0,004 | 0,008
Zone B = Ө 9
I somére a N 8
М 20 9
P(1/2) 0,000" | 0,004*| 0,008"
T н!
Ht
ESTERASES HI 4 7
Zone C 1 2
J 8
- 20 9
P(1/4 ou 1/2) 0,271| 0,180 | 0,000%] 0,004*) 0,008"
pl 6
p2 3 20 3
AMINO- p3 6
-PEPTIDASES p4
р'4
p2p'4
L PO/2) 0,509
a 9
PHOSPHATASES B
i
P(1/2) 0,004 1,000 | 0,000*
i19 ВИ ES |
Tab. 1. — Répartition des homocaryons suivant les différentes mobilités de bandes (types
homocaryotiques : — a0, A1 . . .), pour trois activités enzymatiques (estérases : zones A,
B, C; aminopeptidase; phosphatases); P (1/2 ou 1/4) = probabilité d'une répartition aléa-
toire sous l'hypothèse de l'action d'un gène à deux allèles ou de deux gènes, * = diffé.
rence significative au seuil 5 Ф, — — pas d activité enzymatique révélée.
Source : MNHN. Paris
326 M.C. BOISSELIER-DUBAYLE
$ 29
Li 18! sf 491 Lx p 291 339 \ у
Е XT Croisemt 2 À 33
5 Croisemt
-xal
А2хА1
2 mm v" b'xB
| HIxHI
291 291 291 1 339 Į 585 pe
6 9 6x9 lCroisemt 5 16 9458516" Croisemt
p4xp'4
I
Ж
і
A
Source : MNHN. Paris
POLYMORPHISME ENZYMATIQUE CHEZ DEUX PLEUROTES 327
un où plusieurs allèles, nous avons effectué les tests de répartition homocaryo-
tique et analysé des dicaryons «reconstitués» intra-individu, intra- et inter-types.
ESTÉRASES - ZONE A
P. ferulae : au niveau des dicaryons «sauvages» et sur l'étude des bandes
de forte intensité, nous avons identifié deux types de profils électrophorétiques
distincts (291:A2; 339: A1). Tous les homocaryons et dicaryons «reconstitués»
issus de 339 sont de type A1 tandis que les homocaryons issus de 291 sont de
deux types : profil A2 ou al (bande de faible intensité et de mobilité compa-
rable à A1).
P. nebrodensis : les dicaryons «sauvages» 191 et 193 présentent une bande
intense de mobilité A1 tandis que 491 et 585 ne révèlent aucune bande intense
pour cette zone. Les homocaryons issus de 191 ou 193 sont de deux types :
profil A1 ou a0 (bande de plus faible intensité et de migration quasiment nulle).
Les homocaryons issus de 491 peuvent également étre de deux types : profil
a0 ou aucune activité (Figure 1, respectivement 491-7 et 491-1). Aucun homo-
caryon analysé pour 585 ne présente d'activité pour cette zone.
ESTÉRASES - ZONE B - ISOMERE B
Р. ferulae : deux types de profils dicaryotiques «sauvages» ont été mis en
évidence. Par analogie de mobilité, le profil 291 peut étre assimilé au type b
décrit chez P. eryngii (BOISSELIER-DUBAYLE, 1983 a), alors que celui de
339 est original (il présente au moins quatre bandes). Tous les homocaryons
et dicaryons «reconstitués» issus de 291 présentent le profil dicaryotique «sau-
vage» tandis que les homocaryons issus de 339 sont de deux types : ils semblent
correspondre aux profils B et b observés chez P. eryngii. Cependant, si les ana-
lyses des différents croisements intra- et inter-types confirment la similitude
du type B chez P. eryngii et P. ferulae, elles mettent en évidence la dissemblance
Fig. 1 à 6 : électrophorèses en tubes de dicaryons «reconstitués» et de leurs homocaryons
constitutifs, représentation de certains alléles identifiés (* — bande de référence servant
au calcul des mobilités relatives).
Fig. 1. — Révélation estérases, croisement intra-individu (P. nebrodensis-Alpes). Zone A :
le dicaryon issu d'un croisement «pas d'activité» (491-1) x a0 (491-7) présente un
profil a0. Zone B, isomére Qt : les homocaryons et le dicaryon possèdent la bande N',
Fig. 2. — Révélation estérases, croisement intra-type (P. ferulae). Zone A : le dicaryon
issu d'un croisement A2 (291-2) x A1 (339-5) présente les deux bandes correspon
dantes. Zone B, isomére f : le dicaryon issu d'un croisement b' (291-2) x B (339-5)
présente au moins quatre bandes. Zone C : les homocaryons et le dicaryon présentent
le profil HI.
Fig. 3. — Révélation aminopeptidases, croisement intra-individu (P. ferulae). Le dicaryon
issu d’un croisement p2(291-6) x p3 (291-9) présente les deux bandes correspondantes.
Fig.4. — Révélation aminopeptidases, croisement inter-types (P. ferulae x Р. nebroden
sis). Le dicaryon issu d'un croisement p4 (339-5) x p'4 (585-16) présente deux bandes.
Source - MNHN. Paris
328 M.C. BOISSELIER-DUBAYLE
des types b (b et b’). Les croisements B x b’ donnent un profil similaire à celui
du dicaryon «sauvage» 339 (Figure 2, 291-2 = b’, 339-5 = B).
P. nebrodensis : le dicaryon «sauvage» venant de la Sicile (585) montre
un profil semblable au type B, tandis que les individus originaires des Alpes ne
présentent qu’une bande rose (la bande de référence) (Figure 1). Aucune varia-
bilité homocaryotique n'a été mise en évidence.
ESTÉRASES - ZONE B - ISOMERE a
P. ferulae : les différents mycéliums analysés présentent généralement une
bande brune de mobilité à peine supérieure à la bande de référence et d'intensité
moyenne. En plus de cette bande, le dicaryon «sauvage» 339 en révèle une
seconde de mobilité plus forte, et l'analyse des homocaryons permet d'émettre
Vhypothése d’un systéme monomérique de type Fast Slow.
P. nebrodensis : tous les dicaryons «sauvages», les homocaryons et les dica-
ryons (reconstitués» analysés présentent une bande brune intermédiaire aux
bandes roses. Celleci а une mobilité distincte chez les individus des Alpes
(N-Figure 1) et l'individu originaire de la Sicile (N).
ESTERASE - ZONEC
P. ferulae : les deux profils dicaryotiques «sauvages» révélent des bandes
communes et une bande surnuméraire apparait chez 291. L'analyse des homo-
caryons a permis de déceler trois types de profils chez 291, deux chez 339. Le
type HI, commun a 291 et 339 (Figure 2, 291-2 et 339-5), présente générale-
ment deux bandes intenses (qui peuvent être parfois plus ou moins confondues).
Les types IH' et H' ont été rencontrés chez 291, et le type I est observé parmi
les homocaryons issus de 339.
P. nebrodensis : les isolats récoltés dans les Alpes ne présentent aucune
activité pour cette zone, tant au niveau dicaryotique qu'au niveau homocaryo-
tique (Figure 1). L'isolat 585 (Sicile) révéle à tous les niveaux le méme profil (J).
AMINOPEPTIDASES
P. ferulae : les homocaryons et dicaryons «reconstitués) issus de 339 ont
tous le méme profil : une bande épaisse et généralement intense (bande de
référence) et une bande fine de mobilité p4 : profil similaire à celui décrit chez
P. eryngii pour la population de Tournus. Une bande de trés faible intensité
et de plus faible mobilité peut être décelée à l'état dicaryotique, elle ne se
retrouve pas ou est très faiblement marquée au niveau homocaryotique et ne
semble pas correspondre à un quelconque déterminisme génétique. Cependant,
le dicaryon 291 présente deux bandes fines de mobilités p2 et p3, et les homo-
caryons n’en possèdent qu'une : p2 ou p3 (Figure 3, respectivement 291.6 et
291-9).
P. nebrodensis : lors des premières analyses sur les dicaryons «sauvages»,
les profils des isolats originaires des Alpes ont été jugés similaires : deux bandes
Source : MNHN. Paris
POLYMORPHISME ENZYMATIQUE CHEZ DEUX PLEUROTES 329
fines de mobilités p1 et p2. Cependant, tous les homocaryons et dicaryons
«reconstitués» analysés pour 191 et 193 présentent une bande p2 alors que la
bande p1, tout comme pour 339, ne semble pas correspondre à un quelconque
déterminisme génétique. Par contre, les homocaryons de 491 sont de deux
types : p1 ou p2.
Le dicaryon «sauvage» 585 aux bandes de mobilités comparables à p 2 (mais
plus épaisse) et p4, contrairement aux résultats obtenus précédemment, peut
donner des homocaryons présentant les deux bandes dicaryotiques «sauvages»,
ou des homocaryons ne révélant qu’une bande de mobilité p4. Les croisements
intra- et inter-types confirment la similitude du type p2 bien qu'elle soit plus
épaisse, mais mettent en évidence la dissemblance des types p4 : p4 et p'4
(Figure 4, respectivement 339-5 et 585-16).
PHOSPHATASES
P. ferulae : les profils dicaryotiques «sauvages» 291 et 339 semblent diffé-
rents et l'analyse des homocaryons confirme cette dissemblance. Tandis que
—" — :
339 | 339 | 339 й _ 291 | 491 [7 и
3 | 12 13x12! Croisemt й 3 # 1 $491.1 BCroisemt
== —— =æ =
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5 6
Fig. 5. — Révélation phosphatases, croisement intra-individu (Р. ferulae). Le dicaryon issu
d'un croisement @ (339-3) x B (339-12) présente le cumul des bandes de fortes migra-
tions.
Fig. 6. — Révélation phosphatases, croisement inter-types (P. ferulae x P. nebrodensis). Le
dicaryon issu d'un croisement @ (291-3) x @ (491-1) présente un cumul de bandes au
niveau de la bande de référence.
Source : MNHN. Paris
330 M.C. BOISSELIER-DUBAYLE
les homocaryons et dicaryons «reconstitués» issus de 291 présentent tous le
méme profil æ, on discerne les deux types de profils a et $ décrits chez P. eryngii
pour la population de Tournus (BOISSELIER-DUBAYLE, 1983) parmi les
homocaryons issus de 339 (Figure 5, respectivement 339-3 et 339-12).
P. nebrodensis : tous les profils dicaryotiques «sauvages» ont été jugés
similaires dans un premier temps (BOISSELIER-DUBAYLE, 1983 b), et carac-
térisés par une bande de référence de mobilité plus faible (type a’). Cependant,
l'analyse des homocaryons et des dicaryons «reconstitués» intra- et inter-types
révèle que si tous les homocaryons issus de 585 sont bien de type a’, ceux de
491 peuvent être soit de type a, soit de type a’ (les dicaryons reconstitués a x a^
présentent alors le cumul des bandes de référence - Figure 6), et que ceux issus
de 191 et 193 sont tous de type a.
Le tableau 1, qui résume les répartitions homocaryotiques observées, permet,
par le biais des tests de répartition 1/2 ou 1/4, de confirmer les hypothèses
émises. L'analyse de dicaryons intra- et inter-types souligne l'homologie ou la
dissemblance des bandes révélées, et l'ensemble de ce travail permet de définir
les génotypes apparents des différents individus analysés (Tableau 2).
AMINO- PHOSPHA~
Types І -PEPTIDASES | -TASE
b a
-/- а/а
M аа"
Tab. 2. — Génotypes des dicaryons «sauvages» de départ, tels qu'on peut les définir par
l'analyse électrophorétique d'homocaryons et de dicaryons «reconstitués», pour trois
activités enzy matiques.
DISCUSSION
Trois observations se dégagent de ce travail :
— Chez les champignons, les travaux de systématique expérimentale abordés
par le biais de l'électrophorése, au niveau spécifique ou subspécifique, portent
sur des souches non contrólées génétiquement (exemple : cultures polyspermes
étudiées pour les basidiomycétes du genre Peniophora - LÉGER, 1976). L'inter-
prétation parfois erronée que peut induire une étude sur les seuls profils dica-
ryotiques «sauvages» (pour les phosphatases, par exemple) souligne l'intérêt
d'utiliser du matériel homocaryotique et dicaryotique «reconstitué».
L'analyse des homocaryons et des dicaryons reconstitués» révèle de
grandes variabilités et s'avère un moyen efficace de préciser le déterminisme
Source : MNHN. Paris
POLY MORPHISME ENZYMATIQUE CHEZ DEUX PLEUROTES 331
génétique apparent de certaines isoenzymes. Les tests de répartition homoca-
ryotique et l'analyse des dicaryons «reconstitués» intra-individu, intra- et inter.
types indiquent que la plupart des bandes d'activité enzymatique semblent
correspondre à l'expression d'un gène à plusieurs allèles. Cependant, les résultats
obtenus pour la zone C des estérases au niveau de Р. ferulae, et plus particulière-
ment au niveau de l'individu 291, laissent supposer l'action de deux génes. Il
en est de méme pour les aminopeptidases révélées chez l'individu P. nebrodensis
de Sicile (585) où un gène commun à tous nos isolats pourrait être responsable
de l'expression (ou non) de la bande de mobilité p2, et où un second gène
propre à cet individu serait responsable de la bande d'activité р.
Une faible variabilité est observée au sein е Р. nebrodensis, elle ne se
manifeste qu'au niveau de la zone A des estérases pour 191 et 193, et au niveau
des aminopeptidases pour 585. Les premières conclusions tirées de l'étude
électrophorétique des dicaryons «sauvages» de départ par l'estimation d'indices
de similitude indiquent que, d'une manière générale, P. nebrodensis semble
plus éloigné de P. eryngit et P. ferulae, assez proches entre eux, et mettent en
évidence deux groupes parmi P. nebrodensis, l'un correspond aux Alpes (Laser-
pitium) et l'autre à la Sicile (Caclirys). Ces conclusions sont confirmées par les
génotypes particuliers identifiós (pas d'activité pour la zone B - isomére B. et
la zone C des estérases, au sein de P. nebrodensis des Alpes, alléle p'4 des amino-
peptidases, propre à l'individu P. nebrodensis de Sicile), et par leurs facultés
à former des anses d’anastomoses lors des confrontations intra- et inter-types.
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Source : MNHN. Paris
933
MICROFLORE DE LA PHYLLOSPHERE
DE QUELQUES VÉGÉTAUX HALOPHILES
par F. HINZELIN et P. LECTARD*
RÉSUMÉ. — Les auteurs étudient les levures de la phyllosphére de quelques plantes halo-
philes. La nature et l'état de la cuticule influent considérablement sur la population levuri-
forme. Le genre Sporobolomyces, le genre Rhodotorula et le genre Cryptococcus sont
particulièrement représentés. La population pigmentée domine nettement la population
dite «blanche». La flore levuriforme des plantes halophiles diffère peu de celle des autres
végétaux, elle semble plus spécifique.
ABSTRACT. — The authors learn the yeasts of the phyllosphere of some halophilic plants.
The nature and the condition of the cuticle have a great influence on the yeast population.
The Sporobolomyces genus, the Rhodotorula genus and the Cryptococcus genus are parti
cularly represented. The pigmented population plainly dominates the population called
«white». The yeast flora of the halophilic plants is a little different from the one of the
other plants, it seems to be more specific.
MOTS CLES : Levures - Phyllosphère - Halophytes.
INTRODUCTION
Les études précédemment réalisées sur les levures en milieu aquatique (HIN-
ZELIN 1973-1977), nous ont amenés à rechercher l'origine de ces microorga-
nismes en dehors des zones de pollution où l'apport de levures est en relation
avec les activités humaines. Le couvert végétal doit être un réservoir important
à partir duquel les levures peuvent être entraînées dans les eaux.
Nous avons choisi d'étudier les plantes se développant sur les sols halo-
morphes, biotope naturel, en choisissant des stations à l'écart des contamina-
tions dues à l'homme ou aux animaux d'élevage.
* Laboratoire de Cryptogamie - Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques,
5, rue Albert Lebrun - 54000 Nancy.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
334 F.HINZELIN & P. LECTARD
Iére PARTIE
I. — LES STATIONS HALOPHILES EN LORRAINE
Les principales stations halophiles lorraines se trouvent dans le bassin délimité
par les 3 villes : Vic-sur-Seille, Cháteau-Salins et Dieuze.
Cette région (Nord-Est de la France, Département de la Moselle) correspond
à un quadrilatère de 20 km de long sur 12 km de large, arrosé par 3 rivières.
Les stations salées sont signalées par des étendues presque stérilisées par l'eau
salée, ou occupées par la Salicorne lorsque la teneur du sol en chlorurres n'est
pas trop élevée.
Nous avons retenu pour cette étude, deux stations situées dans la vallée
de la Seille :
- Marsal : La station se trouve dans les anciens fossés de la citadelle. Elle
correspond à un suintement d'eau très salée (de 0,83 à 1,09 mole par litre)
au centre d’une zone dénudée. En bordure se développent des groupements
à Salicornia ramosissima Woods, très dispersés.
Un verger de mirabelliers (Prunus x syriaca Borkh) domine cette source
salée et le fossé de drainage.
— Lagrange-Fouquet : Cette station se situe à proximité de Vic-sur-Seille,
derrière une ferme. C'est un vaste pré clôturé parcouru par de nombreux canaux
de drainage, séparés par des buttes sur lesquelles se développe abondamment
Althaea officinalis L.
Autour d'une étendue plus ou moins importante stérilisée par l'eau salée
ou occupée par Salicornia ramosissima Woods, on observe des zones envahies
par des plantes de plus en plus tolérantes.
П. — LA FLORE HALOPHILE
Choix des espéces
Nous avons sélectionné 6 espéces :
Les halophytes stricts sont des plantes qui se développent uniquement sur des
terrains salés. Les espèces choisies sont : 1- Salicomia ramosissima Woods,
2 - Atriplex hastata L., 3- Aster tripolium L., 4- Juncus gerardii Lo’
les espèces halophiles préférentes, nous avons choisi : 5 - Althaea occifinalis L.
En outre, nous avons retenu une plante qui n’a aucun lien avec les sols halo-
morphes, mais qui pousse à proximité de la station de Marsal : 6- Prunus x
syriaca Borkh.
. Parmi
Description et écologie
* Salicornia ramosissima Woods (Chénopodiacées)
C'est la plante la plus caractéristique des milieux salés. Elle colonise les
dépressions humides où le sol présente une forte salure, mais elle ne tolére pas
Source : MNHN. Paris
MICROFLORE DE LA PHYLLOSPHERE DE VÉGÉTAUX HALOPHILES 335
de longues périodes de submersion, notamment lors de la période de reproduc-
tion. En mars, lorsque le terrain est fortement humide, mais non inondé, les
premières germinations apparaissent. A la fin de l'été, elle fructifie, elle prend
une teinte rouge vin. En hiver, il ne subsiste que des résidus desséchés.
* Atriplex hastata L. var. oppositifolia (Chénopodiacées)
Cette plante est capable de tolérer de fortes concentrations en sel, mais n'est
représentée que par quelques plantules qui se situent en bordure de la dépression
occupée par la Salicorne.
* Aster tripolium L. (Astéracées)
Elle occupe les parties basses et humides des stations halophiles et cerne la
zone occupée par la Salicorne.
* Althaea officinalis L. (Malvacées)
Elle possède un appareil sécréteur constitué par des cellules et des poches
à mucilage. Elle se développe sur les buttes.
* Juncus gerardii Lois (Joncacées)
La jonchaie borde les cuvettes a Salicorne sur des surfaces plus ou moins
étendues. Le jonc se développe dès que le sol est un peu surélevé. La végétation
démarre dès le mois de mars. Cette plante vivace présente des feuilles glabres,
longues. La floraison est peu visible. En automne, les parties aériennes jaunissent
et sèchent.
* Prunus x syriaca Borkh. (Rosacées)
C'est un arbre, les feuilles sont entières et dentées. Il fleurit début mai, ses
fruits sont à maturité courant août. La cuticule de ceux-ci serait colonisée par
les levures.
Ш. — LA PHYLLOSPHERE
La surface des feuilles constitue un biotope spécial dans lequel l'activité
des micro-organismes fluctue avec les conditions extérieures et avec le cycle
de vie de la feuille support.
C'est LAST (1955) et RUINEN (1956) qui emploient les premiers le mot
«phyllosphère». Elle constitue un des biotopes les plus étroitement liés aux
caractéristiques du milieu environnant.
Composition chimique de la cuticule
Les cellules épidermiques sécrétent à la surface de la feuille une cuticule
contenant des dérivés lipidiques trés hydrophobes, des cires en particulier.
La production de cire est fonction de l'intensité lumineuse.
La cuticule des plantes supérieures ne présente pas une composition chimique
homogène. Les constituants chimiques de la cuticule ont été recensés par O.C.
MACNAMARA, Ch. DICKINSON (1981). Les principaux composants sont des
lipides, des cires, de la cutine, de la cellulose et de la pectine.
Source : MNHN, Paris
336 F. HINZELIN & P. LECTARD
Adaptations particulières des plantes halophiles
Les plantes halophiles ont des feuilles épaisses. Leurs stomates sont fréquem-
ment incrustés dans l'épiderme. Leur nombre est en général faible. Quelques
espèces halophiles comme Salicomia possèdent des cellules scléreuses au niveau
des nervures et de l'épiderme. Les cellules scléreuses peuvent atteindre de gran-
des tailles chez les plantes poussant sous de fortes concentrations salines.
Rapports Phyllosphère-Levures
La feuille est le siège d'échanges importants avec l'extérieur, par des phéno-
mènes d’excrétion et d’absorption.
La vie dans la phyllosphére est trés instable, elle varie en l'espace de quelques
jours, suivant les conditions météorologiques, suivant la présence ou l'absence
d'aliments exogénes. L'association de ces facteurs peut exercer une action syner-
gique sur l'évolution de la microflore phyllosphérique. RUINEN (1956) pense
que la phyllosphére est un biotope pour les levures.
Bien que représentant une grande uniformité morphologique, les levures
ne constituent pas une unité taxinomique naturelle. Généralement unicellulaires,
elles se reproduisent végétativement par bourgeonnement ou par scissiparité.
Certains genres de levures présentent une reproduction sexuée.
Trois grandes sous-divisions apparaissent :
les Ascomycotina - les Basidiomycotina - les Deuteromycotina
Cette dernière est particulièrement représentée au niveau de la phyllosphère
avec deux familles importantes :
- celle des Sporobolomycétacées, - celle des Cryptococcacées.
IIéme PARTIE
I. — TECHNIQUES D'ÉTUDE
De nombreuses techniques d’isolement ont été décrites :
— LAST et PRICE (1969) décrivent une méthode préconisant l'impression
de la feuille à tester.
— BEECH et DAVENPORT (1971) étudient la flore levuriforme des feuilles
de pommier et de vigne, en vue d'examen quantitatif.
— DICKINSON (1971) utilise des méthodes de lavage et d'impression.
D'autres méthodes comme la macération des feuilles, la méthode des «spores-
fall» sont aussi pratiquées.
— PUCH et BUCKLEY (1971) décrivent des méthodes d'études et d'isole-
ment des espéces de levures colonisant la surface des feuilles. Ils se servent
surtout de matériel végétal ayant été agité dans de l'eau, puis déposé à la surface
d'un milieu nutritif. L'eau de lavage est elle-méme ensemencée sur un milieu
adéquat.
Source : MNHN, Paris
MICROFLORE DE LA PHYLLOSPHERE DE VÉGÉTAUX HALOPHILES 337
L'association de plusieurs de ces méthodes permet d'étudier la population
de levures à la surface d'une feuille.
1) Récolte des plantes
Nous avons récolté, dans des récipients stériles, les feuilles appartenant aux
différentes espèces botaniques citées plus haut.
Nous évitons les échantillons souillés de terre. Nous prélevons des feuilles
de maturité différente; les époques de récolte tiennent compte de l’évolution
de la végétation : avril, juin, octobre.
2) Méthodes d'isolement
à partir d'un fragment de feuilles
Nous avons déposé sur le milieu d'isolement préalablement coulé en boîte
de Pétri, les fragments végétaux. Ces derniers restent 3 jours dans la boîte.
Le milieu d'isolement est composé de : - glucose (20 g); - peptone (10 g);
-extrait de levure (5 р); -agar (20 g); - chloramphénicol (0,5 g); - eau q.s.p.
11 (pH 5).
après lavage du morceau foliaire
On utilise le même principe d'isolement, à partir du fragment lavé. L'eau
de lavage est filtrée sur Millipore 0,45 um de porosité HAWP 02500. Le filtre
balaie la surface du milieu d'isolement et y reste.
la méthode par impression
La feuille est appliquée fortement sur le milieu et est aussitôt retirée. Elle
laisse son empreinte. Les contours et les nervures du fragment végétal sont
reproduits par les colonies de levures.
3) Lecture - Identification
L'incubation est faite à la température du laboratoire . Les colonies sont
repiquées sur un milieu de Sabouraud additionné de chloramphénicol.
L'identification des différentes espèces a été effectuée selon les méthodes
préconisées par LODDER (1970).
II. — RÉSULTATS
Par ces méthodes, nous avons isolé et identifié 12 espéces de levures.
Répartition botanique des espèces isolées
Classification établie suivant AINSWORTH-SPARROW-SUSSMAN (1973).
1. BASIDIOMYCOTINA : Aessosporon sp.
2. DEUTEROMYCOTINA
* Blastomycètes
a) les Sporobolomycétacées
Sporobolomyces holsaticus Windisch
Source : MNHN, Paris
338 F.HINZELIN & P. LECTARD
Sporobolomyces odorus Derx
Sporobolomyces roseus Kluyver et van Niel
Sporobolomyces salmonicolor (Fischer et Brebeck) Kluyver et van Niel
b) les Cryptococcacées
1 - genre Cryptococcus
Cryptococcus albidus (Saito) Skinner
Cryptococcus laurentii (Kuff.) Skinner var. lauren tii
Cryptococcus laurentii (Kuff.) Skinner var. magnus
2 - genre Rhodotorula
Rhodotorula glutinis (Fres.) Harrison
Rhodotorula glutinis (Fres.) Harrison var. glutinis
Rhodotorula graminis Di Menna
3 - genre Torulopsis
Torulopsis candida (Saito) Lodder
Nos études précédentes (HINZELIN, 1973-1977) ont montré l'intérêt de
regrouper les genres en deux sections : les levures à pigments caroténoïdes
Sporobolomyces - Rhodotorula) d'une part, les levures dites «blanches» d'autre
р гу. Р
part.
Les levures pigmentées en rouge
Le tableau n9 1 récapitule les genres isolés en fonction du végétal-support
et de l'époque.
Tableau n° 1
Tableau récapitulatif des différentes levures, classées par genre
Salicornia Atriplex Aster Althaea Juncus
Prunus
БОХА ООО ООО о
Sporobolymyces + + ++ ++ ++ ++ ++
Rhodotorula E + £ у ка
Cryptococcus ++ ++ ++ ++ „ер
Torulopsis + + |
Aessosporon +
J: Juin; O : Octobre; À : Avril
Nous constatons que, parmi les différents genres, ceux présentant des pig-
ments caroténoïdes, apparaissent majoritaires.
Le genre Sporobolomyces domine nettement.
Le tableau n° 2 mentionne dans le détail les espèces isolées suivant le végé-
tal considéré.
Nous remarquons alors que Sporobolomyces roseus est abondante, suivie
de Rhodotorula glutinis
Deux remarques négatives :
Source : MNHN. Paris
MICROFLORE DE LA PHYLLOSPHERE DE VÉGÉTAUX HALOPHILES 339
Tableau n° 2
Tableau récapitulatif des différentes levures classées par espèces
Salicornia Atriplex Aster Althaea Juncus Prunus
Sporobolomyces holsaticus E
Sporobolomyces odorus x
Sporobolomyces roseus x
Sporobolomyces salmonicolor b:
Rhodotorula glutinis var. glutinis х x
Rhodotorula glutinis x x
Rhodotorula graminis
Cryptococcus albidus z
Cryptococcus laurentii
var. laurentii х х x x
Cryptococcus laurentii
var. magnus x
Torulopsis candida x x x
Aessosporon sp. х
m P
1) Aucune levure à pigments caroténoides n'a été isolée au mois d'avril.
2) Rhodotorula rubra, levure ubiquiste des zones plus ou moins polluées
(HINZELIN, 1978) est absente de ces stations protégées.
Les levures blanches
Seul le genre Cryptococcus est largement représenté (tableau n9 1). Le
tableau n° 2 montre la fréquence importante de Cryptococcus laurentii. Ce
dernier est aussi absent, en avril. Enfin, en trés faible proportion, nous trouvons
quelques levures «blanches» avec Torulopsis candida.
Nous remarquons l'absence d'espéces potentiellement pathogènes pour
l'homme comme Candida albicans et de ses commensaux Geotrichum sp. et
Trichosporon sp., espèces naturellement inféodées à l'Homme.
III. — DISCUSSION
Les espéces isolées, représentées par les genres : Sporobolomyces, Rhodo-
torula, Cryptococcus et Torulopsis sont fréquentes sur les cuticules des feuilles
des plantes halophiles.
Les feuilles semblent étre un habitat privilégié pour certaines levures. Dés
1930, DERX indique que le genre Sporobolomyces est communément identifié
sur de nombreuses feuilles.
Les espèces régulièrement rencontrées sont des levures pigmentées; les levures
blanches sont, pour la plupart, isolées irrégulièrement. Les levures trouvées
Source : MNHN, Paris
340 F.HINZELIN & P. LECTARD
fréquemment sur les feuilles sont des espèces capables d'assimiler une grande
variété de composés carbonés, tandis que les Saccharomyces et les Pichia, plus
exigeantes, préfèrent des milieux plus riches en sucres (CARMO-SOUSA, 1969).
DI MENNA (1971) explique également l'absence de levures fermentatives,
caractéristiques des milieux riches, par le fait que le milieu nutritif de la surface
foliaire est généralement pauvre.
La présence de Torulopsis candida dans nos résultats est intéressante, car elle
est la forme imparfaite de Debaryomyces hansenii. Or cette levure résiste à des
teneurs en sel de l'ordre de 24 %. COSTELOW et coll. (1954) ont d’ailleurs
isolé cette espèce à partir de salaisons.
Les espèces «blanches» sont surtout représentées par Cryptococcus laurentii.
Nous avons isolé aussi un Cryptococcus albidus sur les feuilles d'Althaea. Cette
derniére espéce fréquente dans le sol est plus rarement isolée au niveau des
feuilles (DI MENNA, 1959). Les levures saprophytes, du genre Cryptococcus
plus particulièrement, sont douées d'une activité cutinolytique considérable
(MACNAMARA-DICKINSON, 1981).
Mais la majorité de la population levuriforme de la phyllosphère est représen-
tée par des espéces à pigments caroténoides avec les genres Sporobolomyces
et Rhodotorula.
RUINEN (1963) pense que des saprophytes à la surface des feuilles peuvent
dégrader la cutine et l'utiliser comme source nutritive. Et en 1966, RUINEN
et HEINEN et DE VRIES (1966) montrent que deux levures ubiquistes de la
phyllosphére : Cryptococcus laurentii et Rhodotorula glutinis sont en effet
capables d'hydrolyser la cutine.
MACNAMARA et DICKINSON (1981) abondent dans ce sens, en étudiant
la dégradation de la cuticule par les champignons saprophytes. Cryptococcus
laurentii et Sporobolomyces roseus utilisent la cutine de l'Ilex, comme source
de nutriments quand elles se développent dans un milieu de base liquide.
Le tableau n° 1 traduit l'abondance du genre Sporobolomyces, plus parti-
culiérement en période estivale. LAST (1955) a observé une corrélation entre
l'augmentation du nombre de colonies de Sporobolomyces et l’âge de la feuille.
Selon cet auteur, ceci serait dû à l'état végétatif de la feuille qui libère, en
vieillissant des aliments nécessaires à la croissance de ces microorganismes.
De nombreux Sporobolomyces se développent considérablement lorsque les
feuilles sont parasitées par des micromycètes appartenant à la famille des Pucci-
niacées, par des nématodes ou par des galles provoquées par des Acariens. Les
réserves nutritives sont constituées par des exsudats provenant des feuilles et
des substances cellulaires qui ont été endommagées par la gelée, les micromy-
cétes parasites des plantes ou des animaux.
D'autre part, le mode de dispersion des levures appartenant au genre Sporo-
bolomyces par ballitospores, peut expliquer sa fréquence. LAST (1955), GRE-
GORY (1952), LAST et PRICE (1969) montrent le róle de l'humidité qui
favorise la quantité de Sporobolomyces. Selon notre étude, Sporobolomyces
roseus est le plus fréquent. L'influence de l'hóte interviendrait au point de vue
Source : MNHN, Paris
MICROFLORE DE LA PHYLLOSPHERE DE VÉGÉTAUX HALOPHILES 341
nutritif, la cuticule de chaque feuille favorisant telle ou telle espèce de levures.
Différents facteurs physiques (humidité, température, ultrawviolets, salinité)
constituent des paramètres importants pour la croissance ou la survie de ces
microorganismes. Au cours de l'année, les espéces levuriformes varient considé-
rablement. D'ailleurs RUINEN (1963) observe que la population de levures
de la phyllosphére varie avec la saison et non avec la localisation.
La proportion de levures rouges par rapport aux levures totales est de 6 75
en hiver et de 92 % à la fin de l'automne d’après DI MENNA (1959). HAYES
(1982) étudiant les feuilles de Rosa cv Picadilly saines et infectées par Di-
plocarpon rosae arrive également à ces conclusions : abondance de la flore
levuriforme à la fin de l'été, et effets bénéfiques de l'infection des feuilles. La
flore levuriforme est composée entre autres par Sporobolomyces roseus, Crypto-
coccus laurentii et Cryptococcus albidus. Les variations saisonniéres en ultra-
violets peuvent expliquer la prédominance en été de levures à pigments caroté-
noïdes protecteurs mais elles n'expliquent pas leur forte diminution en hiver
(DI MENNA, 1970). Pour LAST et DEIGHTON (1965) en plus de leur pouvoir
protecteur, les pigments des levures permettent à ces microorganismes de mieux
utiliser les sources énergétiques disponibles car ils sont aussi des récepteurs
d'énergie.
La capacité de survie du genre Sporobolomyces, à de fortes concentrations
salines, lui permet de coloniser des feuilles submergées par de l’eau saumâtre
(PUGH ét LINDSEY, 1975). De même, Rhodotorula glutinis tolère des concen-
trations salines avoisinant 16 75 (NORKRANS, 1966).
DI MENNA (1959), LAST et PRICE (1969) rapportent que les feuilles
seraient un milieu habité par certaines espéces, les plus fréquentes étant Sporo-
bolomyces roseus, Rhodotorula glutinis et Cryptococcus laurentii. Ces trois
espèces constituent le cortège isolé des feuilles étudiées.
La faible population levuriforme en avril, confirme des observations anté-
rieures portant sur les eaux fluviales du bassin de Lorraine (HINZELIN, 1973-
1977). La chute brutale des espèces en avril est significative. En effet à cette
époque, la phyllosphère est peu abondante et c’est une période de repos pour
la végétation. Peut-on lier cette constatation à la chute de la teneur en matière
organique à la fin de l'hiver, avant le démarrage du nouveau cycle saisonnier ?
CONCLUSION
Nous pouvons conclure avec DI MENNA (1971) en disant que les effets
physiques et chimiques du micro-environnement de l'hôte sont plus importants
dans la détermination des espèces composant une population de levures que les
facteurs biologiques. Il ne faut pas oublier que dans ces associations de micro-
organismes, la présence des uns peut produire pour les autres, soit une stimula-
tion due à la libération de différentes substances probiotiques, soit un antago-
nisme protégeant l'hôte par la production de substances antibiotiques.
Source : MNHN, Paris
342 F.HINZELIN & P. LECTARD
Ce travail confirme nos résultats (HINZELIN, 1977) antérieurs et conforte
notre constatation d’une «population naturelle» composée de Sporobolomyces
(Sporobolomyces roseus, Sporobolomyces salmonicolor, Sporobolomyces
odorus, Sporobolomyces holsaticus), de Rhodotorula (Rhodotorula glutinis,
Rhodotorula graminis) et de Cryptococcus (Cryptococcus laurentii, Cryptococ-
cus albidus).
Cette «population naturelle» composée en majorité de levures à pigments
caroténoïdes, est issue de la phyllosphère. Ces levures sont sous la dépendance
étroite de la végétation. Nous savons que le cycle de développement du genre
Sporobolomyces est lié au cycle végétatif des Phanérogames. Nous n'avons
pas isolé de levures halophiles strictes. Les levures semblent s'adapter aisément
aux concentrations de sel.
BIBLIOGRAPHIE
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Source : MNHN, Paris
345
ÉTUDE COMPARÉE DE
TROIS ESPECES DE MARSSONINA SALICICOLES
par I. VEGH* et J. VELASTEGUI**
RESUME. — Une étude comparative de Marssonina salicicola, kriegeriana et dispersa a été
réalisée. Cette dernière espèce se distingue nettement des précédentes. En ce qui concerne
les deux premières espèces, nous avons effectué une étude comparée de la symptomatologie,
de la morphologie des macroconidies, de l'aspect cultural, du mode de germination et de
la vitesse de croissance en fonction de la température. Les résultats obtenus permettent de
distinguer M. salicicola de M. kriegeriana et montrent aussi qu'il s'agit bien de deux espéces
différentes.
SUMMARY. — A comparative study of Marssonina salicicola, kriegeriana and dispersa
was conducted. Marssonina dispersa is markedly different from the other two. Concerning
the first two species, we made a comparative study of the symptomatology, macroconidial
morphology, cultural aspects, germination, and growth rate in relation to temperature.
Our results allow us to distinguish M. salicicola from M. kriegeriana and show that they are
two different species.
Depuis une quinzaine d’années, on observe en France sur le genre Salix
trois espèces de Marssonina : M. salicicola (Bres.) Magn., M. kriegeriana (Bres.)
Magn. et M. dispersa Nannf. Notons toutefois que M. sdlicicola est connu en
France depuis bien plus longtemps. La premiére espéce se manifeste sur Salix
babylonica, fragilis, alba et surtout S. alba ‘Tristis’. La deuxième a été iden-
tifiće chez nous sur S. alba ‘Tristis’ et la troisième sur S. cinerea. Des trois
espèces mentionnées, M. salicicola est la plus fréquente et la plus grave (VEGH,
1972). Elle est devenue un facteur limitant de la culture de S. alba. Tristis"
Le but de cette note est de donner quelques critéres qui permettent de
distinguer ces trois Marssonina.
* Station de Pathologie végétale. I.N.R-A., Route de St-Cyr, 78000 Versailles.
** Adresse actuelle: Universidad Tecnica de Ambato, Casilla 596, Ambato (Ecuador).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
346 I. VEGH et J. VELASTEGUI
P1. 1. — À : Taches de Marssonina dispersa sur Salix cinerea. B : Symptômes de Mars.
ssonina
salicicola sur Salix alba ‘Tristis 1: lésions sur feuilles, 2 : attaque déformante sur
jeunes feuilles, 3: dégâts caractéristiques sur jeunes rameaux
MARSSONINA SPP. SUR SALIX 347
MARSONINA DISPERSA
Cette espèce diffère assez nettement des précédentes par plusieurs carac-
tères. En effet, elle ne se développe que sur les feuilles sur lesquelles elle pro-
voque l'apparition de petites taches punctiformes (P1.1. A). Ses macroconidies
prélevées sur feuilles (fig. 1), souvent courbées, mesurent 19-24 x 5-10 um.
Elles sont donc plus longues et plus larges que celles de M. salicicola et de M.
kriegeriana (voir plus haut).
De plus, in vitro (sur les milieux usuels gélosés), sa croissance, très réduite,
est environ cinq fois moindre que celle de M. salicicola (Pl. Il. A).
is
онт
Fig. 1 — Conidies de Marssonina dispersa. A : Macroconidies. B : Microconidies.
MARSSONINA SALICICOLA ET KRIEGERIANA
Si l'on se base uniquement sur les symptómes et la morphologie des macro-
conidies de ces deux espèces, on peut les confondre. C'est la raison pour laquelle
00000606
10 jm
в 0700000000
Oym
Fig. 2 — Conidies de Marssonina salicicola. A : Macroconidies. B : Microconidies.
Source : MNHN. Paris
348
1. VEGH et J. VELASTEGUI
ОАО
торт
c
sum
бу
Fig. 3 — Conidies de Marssonina kriegeriana. A :Macroconidies. B : Microconidies.
il nous a paru utile de rechercher d’autres caractères qui permettent de les déter-
miner d'une façon sûre. Les résultats de cette étude comparée sont consignés
dans le tableau 1.
Tableau I
Étude comparée de Marssonina salicicola et kriegeriana
Critères à étudier
- Forme parfaite
- Organes végétaux attaqués
- Symptômes sur feuilles
Marssonina salicicola
Drepanopeziza
sphaeroides (Fr.) Nannf.
inflorescences, feuilles,
rameaux (PI. 1.B)
petites taches + arrondies
de couleur brun rouge, dont
le centre devient grisâtre;
réduction et déformation
des feuilles (PI. I.B1-2)
Marssonina kriegeriana
Drepanopeziza
triandrae Rimpau
essentiellement feuilles
(fig. 4)
petites taches + arrondies
À contour régulier ou fibril-
leux; centre clair, bord
brun ou marron à rosátre;
pas de réduction ni de.
déformation des feuilles
(fig. 4)
Source : MNHN, Paris
MARSSONINA SPP. SUR SALIX
Critéres à étudier
- Manifestation des dégáts
dans la Région
Parisienne
Morphologie des
«macroconidies d'été»
- Biométrie des «macroconidies
d'été»
sur feuilles
sur milieu nutritif
gélosé (P.D.A.)
- Aspect cultural sur P.D.A.
- Croissance mycélienne
en fonction de la
température
Germination des macro-
conidies sur eau gélosée par
«conidies secondaires»
- Germination des macro-
conidies en fonction de la
température sur eau gélosée
- Germination des macro-
conidies en présence
d'eau liquide
- Ramification des filaments
germinatifs sur eau gélosée
après 40 h d’incubation
- Résistance des macro- |
conidies à la chaleur (à 35°C
durant 24 h) et après remises
à 22°C
- Sensibilité des macro-
conidies aux U. V.
Marssonina salicicola
dés l'apparition des feuilles
(février-mars) et durant toute
la période de végétation :
principalement fin de prin-
temps et début d'été
piriformes ou subovoides
plus de 50 p. 100 des macro-
conidies faiblement courbées
(fig. 2)
11,0-17 0 x 4,0-5,5 tm.
(m. :14,5 x 5,0 шт)
15,2-35,5 x 5,1-10,1 Xm
(m. :23,6 x 6,5 шт)
colonie de couleur grise ou
noirâtre à face supérieure,
entourée d'une marge blanche
(РІ. П.В)
3-29°C, avec optimum
vers 23°C
fréquentes (fig. 5)
°
optimum :22°C
trés faible
(1-10 p. cent)
la majorité sont ramifiés
(50-80 p. cent)
% de germination : 0
sensibles
349
Marssonina kriegeriana
dès la fin de printemps
jusqu'à la chute des feuilles
principalement fin d'été
et début d'automne
idem, mais presque toutes
les macroconidies sont
faiblement courbées
(fig. 3)
11,0-17,4 х 3,7-5,4 шт
:13,5 x 4,4 шт)
11,8-22,0 х 3,4-8,5 ит
(m. :16,1 x 5,7 Jim)
aspect plus ou moins
semblable (Pl. IC)
5-29°C, avec optimum vers
22°C: d’une façon générale
la croissance est plus faible
(РІ. п.С)
absentes
optimum : 20°C
assez importante
(50-60 p. cent)
la majorité sont simples
(50-80 p. cent)
% de germination : 70
plus résistantes
Source : MNHN, Paris
Pl. II. — A : Aspect cultural de Marssonina dispersa sur P.D.A. aprés 40 jours d'incubation
а 23°С B : Aspect cultural de Marssonina salicicola sur P.D.À. aprés 40 jours d’incuba-
Чоп а 23°С. С : Aspect cultural de Marssonina kriegeriana sur P.D.A. aprés 40 jours
d’incubation à 22°C.
MARSSONINA SPP. SUR SALIX 351
Taches provoquées par Marssonina kriegeriana sur feuilles de Salix alba * Tristis
Fig. 4.
| P |
| /
нет о
20 ym
Fig. 5. — «Conidies secondaires» de Marssonina salicicola formées sur eau gélosée.
Source : MNHN, Paris
352 I. VEGH et J. VELASTEGUI
Notons encore qu’en Égypte, NATTRASS (1930) signale le M. kriegeriana
sur les inflorescences et les rameaux. Quant à nous, nous n'avons jamais observé
ce parasite sur ces organes. En revanche, lorsque nous avons effectué des inocu-
lations sur pousses de 5. alba "Tristis" avec ces deux champignons, nous avons
obtenu des symptômes similaires. Il est donc possible que le M. kriegeriana
attaque en France aussi les rameaux et que ces dégâts soient attribués à M.
salicicola.
BIBLIOGRAPHIE
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VEGH I., 1972 — Contribution à l'étude biologique du Marssonina salicicola (Bres.) Magn.,
Thèse, Faculté des Sciences de l'Université de Reims.
Source : MNHN, Paris
353
ÉTUDE ULTRASTRUCTURALE DES ASQUES
ET DES ASCOSPORES DE TRUFFES DU GENRE TUBER
IL. — LES ASCOSPORES
par M.C. JANEX-FAVRE et A. PARGUEY-LEDUC*
RÉSUMÉ. — La paroi des ascospores a été comparée chez diverses Truffes du genre Tuber
(T. aestivum, T. bituminatum, T. dryophilum, T. excavatum, T. melanosporum, T. mesen-
tericum, T. rufum, T. uncinatum). Les observations ultrastructurales des ascospores adultes
font apparaitre une grande homogénéité de structure : leur paroi présente alors seulement
deux couches superposées : l'épispore, interne, claire et régulière, et la couche ornementale
externe, sombre, d'origine composite.
Par contre, dans l'évolution de la paroi interviennent les diverses couches classiquement
reconnues dans les parois sporales, à savoir, de l'intérieur vers l'extérieur : l'épispore, l'exo-
spore, la périspore et l'ectospore. Les épines caractéristiques du g. Tuber dérivent soit de
l'exospore, soit de la périspore.
SUMMARY. — Comparison of ascospore walls in several Truffles (Tuber aestivum, T.
bituminatum, T. dryophilum, T. excavatum, T. melanosporum, T. mesentericum, T. rufum,
T. uncinatum). The final structure of ascospore walls is very homogeneous, with the super-
position of only two layers : an inner regular epispore and an outer composite ornamental
layer. The different usual layers are yet differentiated during the spore wall formation,
from the interior to the exterior : the epispore, the exospore, the perispore and the ecro-
spore. The spines characteristic of Tuber species derive either from the exospore or from
the perispore.
Dans une précédente publication (PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE,
1981), nous avons décrit l'organisation des asques chez diverses espèces de
Truffes du g. Tuber. Nous présentons maintenant nos observations relatives aux
ascospores de ces mêmes Truffes (T. aestivum, T. bituminatum, T. dryophilum,
T. excavatum, T. melanosporum, T. mesentericum, T. rufum, T. uncinatum),
depuis le stade de la formation du sac pro-sporal qui délimite initialement
chacune des ascospores jusqu'au stade adulte.
* Laboratoire de Cryptogamie - Université Pierre et Marie Curie - 9, Quai Saint-Bernard,
75005 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
354 M.C. JANEX-FAVRE et A. PARGUEY-LEDUC
Ces nouvelles observations complétent celles, déjà publiées, sur les ascospores
du Tuber aestivum. (PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1977 a), du T.
rufum. (JANEX-FAVRE, 1977) et du T. mesentericum (JANEX-FAVRE et
PARGUEY-LEDUC, 1980).
1.— DELIMITATION DES ASCOSPORES
Rappelons que dans le jeune asque, le noyau diploide, aprés avoir migré
dans la région sommitale, s'y divise pour donner les futurs noyaux sporaux;
ceux-ci se localisent tout prés du plasmalemme. Sur le trajet de ce dernier se
différencient alors de nombreux lomasomes (pl. I, fig. 1).
A partir de certains lomasomes (pl. I, fig. 2) prennent naissance des diverti-
cules dirigés vers l'intérieur de l'asque. Ils sont formés par un feuillet simple
tripartite. Au début de sa formation, ce feuillet est plissoté; ensuite, il se détend
progressivement, en s'allongeant dans la zone péri-nucléaire (pl. I, fig. 3), puis il
entoure l'un des futurs noyaux sporaux.
Il se forme ainsi progressivement, autour de ce noyau, un sac (= sac pro-
sporal) qui tend à se fermer pour délimiter une ascospore; la zone de fermeture
se localise toujours du côté interne, au contact de la région du cytoplasme
contenant des vacuoles à précipités (pl. II, fig. 1 puis 2 et pl. III, fig, 1).
Comme le feuillet dont il est issu, le sac pro-sporal est initialement simple
et il le demeure lorsque, complètement fermé, il devient la paroi «primordiale»
de la jeune ascospore (pl. II, fig. 2).
2. — PAROI PRIMAIRE
Très rapidement la paroi primordiale fait place à une paroi primaire formée
de deux feuillets tripartites, séparés par un espace clair (pl. III, fig. 3). Pour
cela, cet'e paroi primordiale unique se dédouble. Son dédoublement débute
en plusieurs points espacés, où se trouvent ainsi délimitées, en coupe, des sortes
de boutonnières. Celles-ci confluent peu à peu entre elles, de sorte que les deux
feuillets deviennent parfaitement distincts. Le feuillet interne constitue alors
le plasmalemme sporal.
Ensuite les deux feuillets s'écartent progressivement l'un de l'autre, chacun
d'eux est sinueux mais leurs tracés ne sont pas strictement parallèles (pl. IV,
fig. 1 et 2). À ce stade les ascospores quittent la périphérie de l'asque et se
regroupent en son centre.
Par la suite la paroi primaire s'épaissit, son feuillet externe devient très irrégu-
lier, dessinant des pointes et de courts piliers radiaires saillants dans l’épiplasme
(pl. V, fig. 1 et 2). De place en place des éléments du réseau endoplasmique de
l'épiplasme s'appliquent contre ce feuillet, qui apparait ainsi localement double.
3.— FORMATION DE PILIERS RADIAIRES SUR LA JEUNE ASCOSPORE
Les pointes et les courts piliers qui hérissent la paroi primaire s'allongent
et forment des piliers minces, disposés radialement tout autour de la spore.
Source - MNHN, Paris
ÉTUDE DU GENRE TUBER. I. LES ASCOSPORES 355
Chez le T. dryophilum (pl. VI, fig. 1) ces piliers sont espacés, très fins mais
dilatés en ampoules de place en place, sinueux et parfois ramifiés. Entre deux
i Р р p Р
piliers successifs la paroi n'est pas denticulée.
Chez le T. melanosporum (pl. VI, fig. 2) les piliers radiaires sont beaucoup
plus nombreux et larges, parfois confluents. A leur extrémité demeurent visibles
des restes du réseau endoplasmique. La paroi est irrégulièrement ondulée entre
deux piliers successifs.
La structure des piliers radiaires des ascospores du T. aestivum est voisine
(PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1977 a) mais leurs dilatations pré-
sentent une grande régularité : localisés à l'extrémité des piliers, d'abord sous
forme d’ampoules, elles s'aplatissent ensuite progressivement et confluent entre
elles.
Chez le T. rufum (JANEX-FAVRE, 1977) et le T. mesentericum (JANEX-
FAVRE et PARGUEY-LEDUC, 1980) les piliers radiaires demeurent courts et
trapus; ils s'épaississent irréguliérement à partir de leur base.
4. — FORMATION ET ÉVOLUTION
DE LA PARTIE SECONDAIRE DE LA PAROI
a) Formation de la périspore
Les bases confluentes des piliers radiaires forment une couche continue qui
devient la périspore (pl. VII. fig. 1 et 2). Celle-ci s'épaissit progressivement.
en intégrant les piliers radíaires (T. rufum, T. mesentericum) ou en les repoussant
dans l'épiplasme (T. aestivum, T. melanosporum)
Lorsqu'elle est parfaitement développée, la périspore a une grande épaisseur :
tantót elle est transparente aux électrons (pl. VIII. fig. 1). tantót elle contient
des trainées de fines granulations ou de courtes fibrilles irréguliéres, opaques
aux électrons (pl. VII et pl. VIII. fig. 2). dont la densité augmente progressive
ment (pl. IX, fig. 1). Vers l'extérieur, la périspore est limitée par l'ectospore
résultant de la fusion d'éléments du réseau endoplasmique avec le feuillet ex-
terne de la paroi primaire. Les éléments du réseau sont toutefois encore visibles
sur les figures de la planche VIII.
b) Formation de l'épispore et de l'exospore
A l'extérieur du plasmalemme se différencie une épispore, régulière et claire
ou faiblement opaque aux électrons (pl. VI, fig. 2 et pl. VIII, fig. 1). A sa surface
s'observent de place en place des masses irrégulières très denses aux électrons
qui, en devenant coalescentes, forment une exospore pelucheuse (pl. VII, fig. 2
et pl. VIII, fig. 2).
c) Formation des épines omementales
Les épines, qui caractérisent les ascospores dans l'ensemble du g. Tuber,
n’ont pas la même origine chez toutes les espèces. Deux cas ont été reconnus :
Source : MNHN, Paris
356 M.C. JANEX-FAVRE et A. PARGUEY-LEDUC
a) les épines sont formées par la périspore.
Dans ce cas, celleci se rétracte brutalement, sauf en certains points où elle
conserve son épaisseur; ces points constituent alors les sommets d'épines dispo-
sées sur toute la surface sporale. Ce cas est celui des T. dryophilum, T. mesen-
tericum, T. rufum et T. uncinatum.
Chez ces espéces, le contenu des épines se présente sous la forme soit de
filaments entremélés (pl. X, fig. 2 et pl. XI), soit de granules denses (pl. XII,
fig. 1), les uns et les autres disposés sans orientation particulière. Les épines
sont recouvertes par l'ectospore.
B) les épines sont des expansions de l'exospore.
Chez le T. aestivum et le T. melanosporum leur formation débute alors que
la périspore est encore fortement dilatée (pl. IX. fig. 1); elles s'ébauchent alors
sous forme de fibres disposées perpendiculairement à l'exospore. Ces fibres
s'allongent, convergent vers l'extérieur, puis se disposent en faisceaux coniques
(pl. IX, fig. 2 et pl. X, fig. 1). L'ectospore vient se mouler contre chaque faisceau
conique qui constitue alors une épine (pl. X, fig. 2).
— STADE FINAL
Au stade final, quelle qu'ait été l'évolution antérieure, la paroi des ascospores
des Truffes présente, en coupe, une structure stratifice, sensiblement identique
chez les diverses espèces; celle-ci comprend :
a) une couche interne, appliquée contre le plasmalemme, d’une épaisseur
remarquablement régulière, transparente ou faiblement opaque aux électrons
(pl. XIII et pl. XIV). Cette couche est constituée par l'épispore, qui s'est nette-
ment épaissie;
b) une couche externe ornementale, constituée par les épines dont les bases
sont réunies entre elles en une nappe continue, d'épaisseur variable selon les
espéces. Cette couche externe est constituée par l'exospore et les épines dont
les composants internes deviennent progressivement indistincts (pl. XII, fig. 2;
pl. XIII et pl. XIV).
A la surface des épines, l'ectospore demeure trés longtemps visible (pl. XII,
fig. 2 et pl. XIV, fig. 1). Dans le cas du T. aestivum certains éléments de l'ecto.
spore ne s'appliquent pas directement contre les épines mais demeurent tendus
entre leurs extrémités, en formant un voile (pl. XIII).
On sait que la détermination des espéces du g. Tuber est basée, de façon
classique, sur le type d’ornementation sporale, qui est échinulé ou alvéolé
(cf. notamment MALENÇON, 1938). Si cette distinction est parfaitement
reconnaissable sur des spores observées «in toto», en microscopie photonique,
elle n'apparaît par contre pas sur les coupes ultrafines.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU GENRE TUBER. II. LES ASCOSPORES 357
CONCLUSION
Structure et évolution comparée de la paroi des ascospores
chez diverses Truffes
Rappelons que la délimitation des ascospores se fait individuellement pour
chacune d'elles, à partir d'un sac pro-sporal constitué, autour de chaque noyau
sporal, par un unique feuillet tripartite qui, une fois refermé sur lui-même,
devient la paroi primordiale de la jeune ascospore (JANEX-FAVRE et PAR-
GUEY-LEDUC, 1976; PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1977 b et 1981).
Ce mode d’ascosporogénèse rappelle celui décrit chez les Hémi-Ascomycètes,
où chaque ascospore est, comme chez les Truffes, délimitée individuellement
dans l'asque.
Il est par contre bien différent de celui existant chez les Eu-Ascomycétes,
qui fait intervenir une vésicule ascale.
La paroi primordiale des ascospores des Truffes se transforme ensuite en une
paroi primaire formée de deux feuillets tripartites, qui s'écartent progressivement
l'un de l’autre. Le feuillet interne devient le plasmalemme sporal.
L'évolution ultérieure de la paroi ascosporale aboutit à une structure très
semblable chez les différentes espèces, mais elle se réalise selon des modalités
variées, qui sont résumées dans le tableau synthétique ci-après.
espèces 1 2 3 4 6
paroi ascosporale
application du réseau
endoplasmique contre la + + + +
paroi primaire épaissie
formation de piliers radiaires + + + + + +
gonflement de la périspore
accompagné de :
- intégration des piliers = +
- rejet des piliers
dans l'épiplasme * +
épispore régulière + + + + + +
exospore d’abord pelucheuse + + - + +
épines ornementales dérivant :
- de l'exospore + +
- de la périspore * + + +
présence d'un voile fugace
reliant les extrémités des épines.
Il est :- d’origine ectosporale к”?
dérivé du réseau endoplasmique 46
1 : Tuber aestivum; 2 : T. dryophilum; 3 : T. melanosporum; 4 : T. mesentericum;
rufum; 6 : T. uncinatum.
Source > MNHN, Paris
358 M.C. JANEX-FAVRE et A. PARGUEY-LEDUC
L'interprétation de la structure de la paroi ascosporale des Truffes n'a pas été
aisée : nous nous sommes en effet heurtées à des difficultés dans la dénomina-
tion des diverses couches, en particulier de la plus interne. On peut interpréter
cette derniére soit comme une endospore, du fait qu'elle est appliquée contre
le plasmalemme, soit comme une épispore, du fait qu'elle est directement
sous-jacente à l'exospore.
En fait, ces deux couches peuvent avoir une structure semblable, comme nous
l'avons observé chez le Leptosphaeria maculans (Desm.) Ces. et de Not. (A.
PARGUEY-LEDUC et al., 1982); en effet, chez cette espéce, elles sont super-
posées à l'extérieur du plasmalemme et ne peuvent étre réellement distinguées
qu'au niveau des septums oü elles se séparent : l'endospore s'incurve alors et
entoure individuellement chaque cellule. Ainsi, chez cette espéce, les ascospores
étant pluricellulaires, l'identification de l'endospore est facile; par contre, chez
les Truffes à ascospores unicellulaires, elle est plus délicate.
C'est pourquoi il nous a semblé plus opportun, dans nos publications sur les
Truffes, de nommer épispore la couche interne de la paroi et ce, par comparaison
avec ce que PERREAU (1967, 1976) a décrit chez les Basidiomycétes. Selon
cet auteur, en effet, dans les basidiospores, l'épispore est toujours lisse, claire
et réguliére, et de plus elle est associée à une exospore ornementée : ces carac-
téres se trouvent également réunis chez les Truffes.
REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement R. Cailleux, G. Chevalier, B. Darchen, H. Frochot, F. Magne,
G. Malencon, C. Montant et L. Riousset de nous avoir procuré et déterminé les Truffes
utilisées pour ce travail, et nous avons plaisir à rappeler la précieuse collaboration technique
de C. Bidoux, C. Fournigault et N. Jampsin.
BIBLIOGRAPHIE
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mycol. Soc. 80 :201-207*.
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deux Truffes : Tuber rufum Pico et Tuber aestivum Vitt. (Tubéracées). C. R. Acad. Sci.
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MALENÇON G., 1938 — Les Truffes européennes - Historique - Morphogénie - Organo-
graphie - Classification - Culture. Rev. de Mycol. 3 (5).
x з
Nous n'avons malheureusement pu tenir compte de cette publication parue seulement
après la mise sous presse de notre article
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU GENRE TUBER. II. LES ASCOSPORES 359
PARGUEY-LEDUC A. et JANEX-FAVRE M.C., 1977 a — L’ornementation des ascospores
chez le Tuber aestivum Vitt. Travaux dédiés à G. VIENNOT-BOURGIN, Soc. Fr. Phyto-
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PARGUEY-LEDUC A., JANEX-FAVRE M.C., ANDRIEU S., LACOSTE L. et TRAORE F.,
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PERREAU J., 1976 — Développement, morphologie et structure de la basidiospore (chez
les Homobasidiomycètes). Information scientifique 31 : 55-75.
Pour toute cette étude, nous avons utilisé la double fixation par le glu-
taraldéhyde puis le tétroxyde d'osmium. Les coupes ont été contrastées par
l'acétate d'uranyle et le citrate de plomb, ou traitées par la technique de Thiéry
(Planche 1).
Échelle des planches : 0,5 um, sauf pl. HI, fig. 3 : 0,1 um.
Source : MNHN, Paris
360 M.C. JANEX-FAVRE et A. PARGUEY-LEDUC
Source : MNHN, Paris
Pl. II — Délimitation de l'ascospore chez le T. meseutericum. Fig, 1 : le sac pro-sporal n'est
pas encore fermé (flèches). Fig. 2 : le sac, complétement fermé, devient la paroi primor-
diale simple de l'ascospore.
Source : MNHN, Paris
Pl. III — Paroi primordiale et paroi primaire. Fig. | : paroi primordiale simple chez le
T. aestivum. Fig. 2 : détail de la paroi primordiale simple chez le T. mesentericum.
Fig. 3 : détail de la paroi primaire, à deux feuillets tripartites, chez le T. mesentericum.
Source : MNHN, Paris
PL. - Début d'écartement des deux feuillets de la paroi primaire chez le T. rufum. Fig. 1:
ensemble de l’ascospore. Fig. 2 : détail de la paroi primaire
Source : MNHN, Paris
РІ. У — Paroi primaire épaissie : son feuillet externe forme des pointes, il est localement dou-
blé par des éléments du réseau endoplasmique. Fig. 1: T. rufum. Fig. 2 : T. uncinatum.
Source : MNHN. Paris
Pl. VI — Allongement des pointes en piliers radiaires. Fig. 1 : 7. dryophilum. Fig. 2
melanosporum.
Source : MNHN, Paris
Pl, VII — Formation de la périspore qui repousse dans l'épiplasme les piliers radiaires (fig. 1)
puis de l'épispore et de l'exospore (fig. 2) chez le T. melanosporum.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU GENRE TUBER. II. LES ASCOSPORES 367
2%
Pl. VIII — Gonflement de la périspore. Fig. 1 : des éléments du réseau endoplasmique sont
encore visibles à la surface de la périspore: T. uncinatum. Fig. 2 : formation de dépóts
à la surface de l'exospore, T. melanosporum.
Source : MNHN, Paris
PI. IX — Formation des épines à partir des dépôts exosporiques chez le T. melanosporum.
Sur la fig. 1 la périspore est encore dilatée tandis qu'elle régresse sur la fig. 2.
Source : MNHN Paris
Pl. X — Fig. 1: rétraction de la périspore, qui s'applique contre les faisceaux coniques de
fibres provenant de l'exospore: T. melanosporum. Fig. 2 : rétraction de la périspore qui
délimite les épines recouvertes par l'ectospore et contenant des filaments irréguliers;
T. uncinatum.
Source : MNHN, Paris
Pl. XI — Fig. 1 : détail des épines périsporiques chez le T. uncinatum. Fig. 2 : épines d'ori
gine périsporique chez le T. dryophilum.
Source : MNHN, Paris
PL. XII — Fig. 1 : élargissement des épines périsporiques chez le T. dryophilum. Fig. 2
détail d'une épine au stade final : l'ectospore est encore visible; T. excavatum
усе : MNHN, Pai
372 M.C. JANEX-FAVRE et A, PARGUEY-LEDUC
Pl. XIII — Formation d'un voile reliant les extrémités des épines chez le T. aestivum.
Source : MNHN, Paris
Pl. XIV — Épaississement et homogénéisation des couches de la paroi qui comporte, au
stade terminal, une épispore claire épaisse et réguliére et une couche ornementale sombre.
Fig. 1 : T. bituminatum : l'ectospore est encore distincte à la surface des épines. Fig. 2
T. melanosporum.
Source : MNHN, Paris
COLLOQUE `
INTERNATIONAL
гаа CNRS / NASA
THIORÉDOXINES
Structure et fonctions
Dir. : Pierre Gadal
Berkeley — juin 1981
e mise au point des connaissances sur les thiorédoxines, protéines
de faible masse molaire dont l'importance physiologique est
de plus en plus reconnue dans l'ensemble du monde vivant
e propriétés des thiorédoxines et leurs interventions dans le
fonctionnement cellulaire.
e propriétés des thiorédoxines
e leursrôles dans — la synthèse de l'ADN et la réplication
— l'assimilation de l’azote et du soufre
la photosynthèse
(30 communications dont 24 en anglais)
résumés anglais français
16 x 24 / 288 p. / broché
87 fig. / 55 tabl. / 8 phot. 230 F
ISBN 2-222-03182-6
Editions du CNRS
15 quai Anatole France. 75700 Paris
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MNHN., Paris
375
OBTENTION DE MYCÉLIUMS
ET DE FRUCTIFICATIONS HYBRIDES
ENTRE DICHOSTEREUM DURUM ET D. SORDULENTUM
(BASIDIOMYCETES)
par P. LANQUETIN et J. BOIDIN*
RÉSUMÉ. — Par isolement de conidies uninucléées et par utilisation du phénoméne de
Buller, nous avons tenté d'identifier les noyaux présents dans les hybrides D. durum x D.
sordulentum. Les descendants de la fructification d'un de ces hybrides ont un comporte-
ment sexuel homothallique différent du comportement tétrapolaire des parents.
MOTS CLÉS : Basidiomycétes, Dichostereum, Hybride interspécifique.
SUMMARY. — By using isolations of uninucleate conidia and by the use of Buller's pheno-
menon, we have tried to identify the nuclei present in the hybrid mycelia D. durum x D.
sordulentum. The progeny of the fructification of one hybrid mycelia has a homothallic
sexual behaviour different from the tetrapolar behaviour of the parents.
Legenre Dichostereum Pilat sensu BOIDIN & LANQUETIN (1977a) est facile à
distinguer du genre Vararia sensu stricto par ses espéces aux spores subsphé-
riques, amyloides et plus ou moins ornées. Il est constitué de champignons
tétrapolaires dont les mycéliums haploïdes ont des articles terminaux faiblement
cénocytiques et dont les mycéliums dicaryotiques bouclés forment des conidio-
phores œdocéphaloïdes porteurs de petites conidies uninucléées; pour la plupart
d'entre eux, des fructifications ont été obtenues sur milieu gélosé.
Les tests d'intercompatibilité, effectués chaque fois que des cultures étaient
disponibles ont permis de montrer l'existence d'au moins 8 espèces de Dichoste-
reum. L'une d'elles, d'origine américaine, aujourd'hui appelée D. sordulentum
(Cooke et Massee) Boidin et Lanquetin, trés proche du D. durum (Bourd. et
Galz.) Pilat européen avait été dénommée provisoirement Vararia aff. dura
* Laboratoire de Mycologie associé au C.N.R.S., Université Claude Bernard - Lyon I, Bat.
405, 43 Boulevard du 11 Novembre 1918, 69622 Villeurbanne - France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
376 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
(LANQUETIN 1973) parce que nous ne disposions pas de culture du D. durum
dont elle se rapproche étroitement par l'ornementation sporale trés fine et le
type de dichophyses.
Nous avons déjà indiqué (BOIDIN et LANQUETIN 1980) que si toutes
les autres espèces étaient totalement interincompatibles, D. durum avait donné
naissance à l'apparition de boucles dans un trés petit nombre de confrontations
avec D. sordulentum.
Ces mycéliums dicaryotiques «hybrides» obtenus dans les croisements de
deux espèces proches mais différentes, nous offraient pour la 1ère fois la possibi-
lité de tenter une étude d’hybrides interspécifiques chez les Batidiomycètes
saprophytes. Dans ce travail seront successivement détaillées l'étude de la crois-
sance et de la constitution nucléaire des dicaryons hybrides ainsi que l'étude de
la descendance de l'un d'eux.
I. — OBTENTION DE MYCÉLIUMS DICARYOTIQUES HYBRIDES
Comme nous le souhaitions en 1973 (LANQUETIN p. 174) des cultures
monospermes d'une récolte francaise de Dichostereum durum LY 9450 ayant
pu être isolées en juillet 1979, des haplontes appartenant aux 4 pôles ont été,
en septembre 1979, confrontés avec un représentant de chacun des pôles de
D. sordulentum LY 6627 (— V. aff. dura en 1973).
Les confrontations étaient alors toutes négatives à l'exception de trois croi-
sements : deux d'entre eux montraient localement des boucles et des crochets
qui ont disparu après le premier repiquage, mais le troisième : 9450/A, B
n9 6 x 6627/A, B5 n9 9 était totalement bouclé et ce mycélium restait bouclé
après repiquages. Refaite plusieurs fois, cette confrontation a toujours donné
un mycélium dicaryotique à boucles constantes, qui envahit totalement la
boîte en deux mois. Ce mycélium hybride H, étant stable et réobtenu systé-
matiquement, il nous a semblé intéressant de voir si d'autres mycéliums hybrides
pouvaient être obtenus. A cet effet nous avons effectué le maximum de croi-
sements possibles, compte tenu des cultures dont nous disposions en myco-
thèque : 12 monospermes de D. durum LY 9450 appartenant aux 4 pôles, 1 repré-
sentant de chaque pôle de D. sordulentum LY 6627, de Louisiane; 2 mono-
conidiens A et B du D. sordulentum LY 6770 (issus de la culture polysperme
ЕР 70855 de Géorgie) et 1 monosperme A du D. sordulentum LY 6995 (— G
2395/1 d'Argentine).
84 confrontations ont pu étre effectuées, leurs résultats sont réunis dans le
tableau I, déjà publié dans BOIDIN et LANQUETIN 1980 (p. 383). Mais ici
les cultures porteront les seuls numéros de la mycothéque lyonnaise.
Comme on le voit les résultats sont en grande majorité négatifs. Toutefois
dans cinq confrontations notées «c b», les prélèvements sur la ligne de contact
des mycéliums ont montré localement des boucles et des crochets, mais après
repiquages ces prélèvements ont toujours donné un mycélium sans boucles.
Source : MNHN. Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 377
Tableau I
Confrontations de monocaryons du D. durum frangais LY 9450 avec trois D. sordulentum
américains
c : crochets, b : boucles, H : mycélium hybride bouclé (détails dans le texte)
Confrontations between monosporous cultures of the French D. durum LY 9450 and
monosporous cultures of three American D. sordulentum.
c: incomplete clamps; b : clamps; H : hybrid clamped mycelium
DICHOSTEREUM DURUM LY 9450
їла?
5 AB =2|eb - | мы аа
=. їй,
E =
E А,В = 5 еъ е cawi ire Arcu agens "cat
272
2 | 6627 |
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8
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2 | 6770
8 5 c Ha a cde a ra LES S
а
6695 ^ РЕЗО ЕЕЕ EE EE MERS
Enfin, de vrais mycéliums dicaryotiques à boucles constantes, appelés H 1 à
H 6, ont été obtenus dans six confrontations.
Quelques observations sont à faire sur l'obtention de ces mycéliums hybrides:
H 1 — Dans la confrontation 9450 A; B; n9 6 x 6627 A, B5 n? 9, Vhybride
H 1 a été obtenu très aisément dans les quatre essais successifs, c’est-à-dire
que cette confrontation se comporte exactement comme un croisement de
deux monospermes provenant de deux récoltes différentes de la même espèce.
Au bout de 6 à 8 semaines, le mycélium dicaryotique couvre entièrement
la boîte.de la ligne de contact aux extrémités des anciens territoires de chaque
haplonte. De plus, ces essais étalés sur 8 mois semblent montrer que la formation
de l'hybride n’exige pas une extrême jeunesse des cultures monospermes en
présence (dans le dernier essai LY 9450 A1B2 = 6 est âgé de 8 mois et LY
6627 А| В» - 9 est âgé de 8 ans.
H2 — Dans la confrontation 9450 A; B, n9 1 x 6627 A, Ba n99, l'observation
à 6 semaines montre, sur les hyphes de la ligne de contact, de nombreuses
boucles et crochets, mais ces boucles ne sont pas constantes et le mycélium
situé à l'extrême du territoire des monospermes est totalement dépourvu de
boucles. Toutefois un prélèvement effectué sur la ligne de contact donne, après
repiquage, une culture H 2 totalement bouclée.
Source : MNHN. Paris
378 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
H3 — Dans la confrontation 9450 A,B, по 7 х 6627 А, В по 9, А trois
semaines le mycélium prélevé sur la ligne de contact montre localement de
nombreuses boucles, des fausses boucles et des crochets. Les boucles sont
observées le plus souvent dans des zones où les hyphes paraissent dégénérées.
Toutefois une bouture prélevée sur la ligne de contact donne une culture aux
hyphes entièrement bouclées. Observées à 8 semaines, les boîtes contiennent
un mycélium totalement dicaryotisé, tant à la ligne de contact qu'aux bords
extrêmes de la culture.
H4 — La confrontation 9450 A; Bj n9 1 x 6695/A, âgée de trois semaines
est totalement négative. Le monosperme LY 9450/1 forme un mycélium aérien
laineux tandis que LY 6695/A est totalement dépourvu de mycélium aérien.
A quatre semaines, un mycélium aérien duveteux blanc apparaît sur la ligne
de contact, puis il envahit lentement le territoire de LY 6995/A. Ce mycélium
est localement trés riche en boucles et crochets. A huit semaines il couvre
totalement le territoire de LY 6995/A. Les prélèvements effectués sur la ligne
de contact et aux extrémités des territoires de chaque haplonte montrent tous
des boucles constantes. Ce mycélium dicaryotique est appelé H 4. 7 semaines
plus tard, les cultures repiquées sont totalement dépourvues de boucles. H 4
est considéré alors comme un mycélium hybride instable.
H 5 — Dans la confrontation 9450 A; B; n9 6 x 6770/A, ágée de trois se-
maines, des boucles et des crochets sont observés à la ligne de contact sur des
hyphes étroites, non sur les hyphes axiales. La subculture effectuée à ce mo-
ment-là donne un mycélium totalement dépourvu de boucles. Mais à 5 semaines,
un mycélium aérien se forme sur la ligne de contact, il est bouclé et à huit
semaines il a envahi progressivement tout le territoire de 6770/A. Après repi-
quage, il est totalement bouclé, c'est le mycélium hybride H 5.
H6 — Dans la confrontation 9450 A, B; n9 6 x 6995/A, les prélévements
sont totalement négatifs à 5 semaines mais à 8 semaines un mycélium aérien
láche apparaít sur la ligne de contact et envahit peu à peu le territoire du mono-
sperme 6995/A qui était totalement dépourvu de mycélium aérien à 5 semaines.
Ce mycélium aérien bouclé, appelé H 6. est repiqué, alors que les territoires
extrémes des monospermes sont sans boucles. Huit semaines plus tard, le troi-
sième repiquage du mycélium hybride H 6 s'est révélé totalement dépourvu de
boucles. Il s’agit donc d'un mycélium hybride instable. Il est alors en effet,
comme le mycélium haploïde, constitué d’hyphes aux articles en majorité
uninucléés mais aussi bi- et tri-nucléés, avec des articles terminaux à 2, 3 ou 5
noyaux et des chlamydospores qui en contiennent 3 à 8.
Aux observations précédentes ajoutons que chez D. durum et D. sordu-
lentum, les confrontations de monospermes appartenant à des pôles complé-
mentaires sont totalement dicaryotisées en moins d'un mois. Il en est de méme
pour les confrontations entre monospermes de nos différentes souches de D.
sordulentum, tandis que les quelques confrontations positives obtenues entre
D. durum et D. sordulentum ne sont dicaryotisces qu'aprés deux mois. Signalons
également qu'à l’âge de deux mois, aucune des confrontations D. durum x
Source : MNHN, Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 379
D. sordulentum ne montre la moindre ligne brune pourtant présente dans toutes
les confrontations négatives que nous avons pu observer entre souches incompa-
tibles de Dichostereum (cf. LANQUETIN 1973, tab. I, p. 171). C'est seulement
dans les cultures plus âgées, trois à quatre mois, que les confrontations négatives
entre D. durum et D. sordulentum ont révélé au contact des mycéliums soit une
fine ligne brune soit le plus souvent des fragments de ligne brune. Par contre,
les confrontations ayant donné naissance aux mycéliums hybrides H 1 à H 6
n'ont jamais montré de ligne ou fragments de ligne brune.
Croissance des mycéliums hybrides stables
Aprés une étude comparée, sur milieu de Nobles, des mycéliums D. durum
LY 9450, D. sordulentum LY 6627, 6770 et 6995 et des mycéliums hybrides
stables H 1 -H 2 -H 3 - H 5, on constate que pour D. durum et les trois souches
de D. sordulentum les mycéliums remplissent totalement les boîtes à 3 semaines
tandis que les mycéliums hybrides couvrent les boites en cing mais le plus
souvent six semaines, Leur vitesse de croissance est donc nettement inférieure
à celle des deux espèces qui les composent. Leur pigmentation est également
bien inférieure : tandis que le mycélium de D. durum âgé de 6 semaines est beige
foncé à cannelle påle, et celui de D. sordulentum faiblement crème alutacé,
les mycéliums hybrides sont totalement blancs sauf H 2 et H 3 qui se teintent
très légèrement d’isabelle pâle avec le temps.
Toutes les cultures étant placées dans les mêmes conditions de température
et d'éclairement, seuls les mycéliums de D. durum fructifient aisément au bout
de 4 à 5 semaines, ceux de D. sordulentum fructifiérent en 1972 au bout de 8
semaines mais semblent avoir perdu ce pouvoir. Parmi les mycéliums hybrides,
seul H 5 a donné des petites plages fructifiées dans des cultures âgées de trois
mois à trois mois et demi.
Oxydases : comme leurs constituants, tous les hybrides donnent une forte
réaction sur les milieux à l'acide gallique et au gaïacol (sur ce dernier les bou-
tures rougissent instantanément), une réaction nulle vis-à-vis du paracrésol
Mais sur le milieu à la tyrosine, la réaction négative des mycéliums hybrides
est identique à celle de D. durum, car D. sordulentum donne toujours une
réaction positive.
Cytologie : les mycéliums H 1, H 2, H 3 et H 5 sont constitués d'hyphes aux
articles régulièrement binucléés et bouclés; ils forment des conidiophores por-
teurs de conidies uninucléées.
Type de conidies : dans les mycéliums hybrides, nous avons observé les deux
types de conidies, ovoides à paroi mince (type D. sordulentum) et sphériques
à paroi épaisse (type D. durum), avec le plus souvent une prédominance des
conidies ovoides.
L'étude des mycéliums issus de ces conidies haploides nous a semblé un
moyen commode pour identifier les noyaux présents dans les dicaryons hybrides
obtenus.
Source : MNHN, Paris
380 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
II. — CONSTITUTION NUCLÉAIRE
DES MYCÉLIUMS DICARYOTIQUES HYBRIDES
ÉTUDE DE H 1 : D. durum 9450 A, B; n9 6 x D. Sordulentum 6627 A, B по 9
De l’eau stérile est versée délicatement sur de jeunes cultures, elle entraîne
avec elle les conidies qui sont ensuite dispersées sur milieu de Nobles.
Dans une première tentative, 100 germinations très jeunes sont prélevées
après 3 jours : 5 seulement se développent.
Dans un deuxième essai, les prélèvements sont effectués plus tardivement à
8 jours. On observe alors des germinations un peu développées et d’autres très
petites. 100 prélèvements variés sont effectués. Parmi les petites germinations,
40 sont repérées (au moyen de petits carrés dessinés sur la gélose à l’aide de
l'aiguille) mais non prélevées afin de pouvoir les surveiller en place; aucune ne
s'est développée par la suite.
Sur les 100 prélévements, 81 se sont développés; observés au bout de 10
jours, ils sont tous constitués d'hyphes sans boucles, montrant de nombreuses
chlamydospores et des conidiophores produisant des conidies ovoides du type
D. sordulentum. Tout laisse à penser que nous avons isolé le noyau D. sordu-
lentum 6627 A, B; n9 9, ce que nous avons vérifié en étudiant le :
Comportement des monoconidiens H 1
30 monoconidiens H 1 ont été confrontés avec des monocaryons complé-
mentaires des monospermes constituant P'hybride. C'est-à-dire avec 9450 A5 B,
n9 9 et 6627 A3B, n° 7. Tous se révélent compatibles avec 6627 A5B, n9 7
et totalement incompatibles avec 9450 A,B, n° 9.
Le monoconidien n9 11 a été confronté plusieurs fois avec les 4 pôles 6627
et avec les 2 monospermes 9450 AjB, n9 9 et n9 10, seul le monocaryon
6627 A5 B, — 7 est dicaryotisé.
22 monoconidiens ont été également confrontés avec 9450 A, B; — 6 pour
tester la capacité de ces noyaux «sordulentum» à refaire des hybrides avec
D. durum. Sur les 22, 11 monoconidiens H 1 refont un mycélium hybride
dicaryotique en présence de 9450 A,B; — 6. Mais dans les confrontations
effectuées avec le monosperme 9450 n9 11 appartenant également au póle
A, B5. aucun mycélium hybride n'est apparu.
En résumé, les conidies haploïdes isolées contenaient le noyau de D. sordu-
lentum; elles germent en donnant un mycélium dont le comportement est
identique à celui du monosperme LY 6627 A,Bs — 9. Mais, contrairement à
notre espoir, par l'isolement des conidies nous n'avons pas obtenu les deux
noyaux constituant le mycélium hybride. Seule deux germinations ont dévelop-
pé un mycélium porteur de conidies rondes type D. durum, trés vite elles ont
montré quelques boucles, puis un mycélium totalement bouclé, alors que 80
monoconidiens d'une culture de D. durum sont toujours restés dépourvus
de boucles.
Source : MNHN, Paris.
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 381
Pour tenter de mettre en évidence le noyau de durum contenu dans le mycé-
lium H 1 nous avons étudié le comportement du mycélium hybride en phéno-
méne de Buller face à divers monocaryons de D. durum et de D. sordulentum.
Comportement du mycélium hybride H 1 en phénoméne de Buller*
à 2 mois à 3 mois
H1 x 9450 AB; = 7 = а Е
H1 x 9450 A,B, = 8 pe Y
НІ x 9450 A,B, = 9 +++
НІ x 9450 A,B, = 10 — caue n
Н1 х 9450 А,В = 11 -++ —
H1 x 6627 A,Bi =
H1 x 6627 A;B; NS
H1 x 6627 A;B, AA
H1 x 6627 AB; уй
H1 x 6995/A = — à 5 mois
H1 x 6770/B = — à 5 mois
Dans ces confrontations de type di-mon. tout se passe comme si le noyau
D. sordulentum était incapable de dicaryotiser le monocaryon de D. sordulen-
tum complémentaire alors que le noyau de durum «bulleriseraity son complé-
mentaire. A noter cependant que si le noyau D. durum de H 1, A, Bj — 6
dicaryotise trés bien son complémentaire n9 9, il ne dicaryotise qu'une fois
sur 4 et trés tard son autre complémentaire n9 10 alors qu'il aurait en outre
dicaryotisé après un délai plus ou moins long les noyaux de durum A,B, — 7
et Aj B5 — 11, ce dernier appartenant à son propre pôle; dans cette hypothèse,
le noyau de durum serait modific.
Une autre hypothése serait de considérer ces derniers dicaryons comme dus
à une réhybridation par passage du noyau de sordulentum; option difficile à
soutenir puisque ce noyau n'a pas pu «bullériser» son propre pôle complé-
mentaire.
ÉTUDE DE H 2 : D. durum 9450 A; B, n9 1 x D. sordulentum 6627 A, B; n9 9
Aprés dispersion des conidies de la culture H 2, 12 prélévements sont effec-
tués à deux jours et 28 prélévements à six jours. Sur ces 40 isolements, 24 seu-
lement se sont développés en donnant un mycélium dépourvu de boucles et
formant des conidiophores porteurs de conidies ovoïdes de type D. sordulentum.
Tout de suite après la récupération de ses conidies pour les dispersions la
culture H 2 est repiquée. Elle forme alors un mycélium où l'on observe une forte
* Dans l'expression de nos résultats : chaque signe de la 1ère colonne correspond à une
confrontation et chaque signe de la 2ème colonne indique, dans le même ordre, le devenir
de ces mêmes confrontations.
Source : MNHN, Paris
382 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
proportion de conidies rondes type D. durum. Une nouvelle dispersion est
tentée dans l'espoir d'isoler un deuxiéme type de monoconidiens. Mais les 67
monoconidiens obtenus sur 67 prélèvements se révèlent une fois encore formés
d'hyphes sans boucles portant des conidiophores à conidies ovoïdes. Comme
pour H 1 tout se passe comme si les conidies rondes méme abondantes ne ger-
maient pas.
Comportement des monoconidiens de H 2
30 monoconidiens de H 2 ont été confrontés avec :
1) LY 9450 A; Ba, nO 2 et nO 3 : monospermes complémentaires du mono-
caryon D. durum constituant l'hybride H2. Les 60 confrontations restent
négatives.
2) LY 6627 A; B, n9 7 : (seul monosperme de type A2B; conservé en collec-
tion depuis 1972) complémentaire du monosperme de sordulentum constituant
Vhybride H 2. Les 30 confrontations sont positives sur la ligne de contact et
les boucles se maintiennent en subcultures; les mycéliums sont irréguliérement
dicaryotisés, parfois totalement, parfois seulement d'un côté et le plus souvent
celui du monosperme 6627.
3) avec 9450 A, B; nO 1 (pour tester la capacité des monoconidiens à refaire
des hybrides). Ici, 18 confrontations sur 30, forment un mycélium dicaryotique
à la ligne de contact seulement, les extrêmes ne sont jamais dicaryotisés. Le
mycélium dicaryotique obtenu se maintient bouclé dans les subcultures.
Les monoconidiens de H 2 possèdent donc tous le noyau de sordulentum LY
6627 A1Bz = 9, compatible avec 6627 A2B; = 7 et capable, dans un peu plus
de la moitié des confrontations, de reformer avec 9450 A, By = 1, un mycélium
hybride identique à H 2.
Comportement du mycélium hybride H2 confronté en phénomène de
Buller avec les monospermes complémentaires des monocaryons consti-
tuants H 2 et avec d'autres monospermes de durum et de sordulentum.
à 2 mois à 5 mois
H2 x 6627 A;B, n°7 - =
H2 x 6770/A — =
H2 x 6995/A - E
9450 A,B, n°2 +
9450 A2B, n°3 +
9450 A,B, n°5 +
9450 АВ, п09 TRS, +++-
9450 A;B, n9 10 ie — (+) localement
9450 A,B, n°6 z (+)
Е
у
MOMOMOM MM
Le résultat de ces confrontations montre la présence dans le dicaryon H 2
du noyau D. durum 9450 A,B, = 1. En outre on constate que le noyau de
Source : MNHN, Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 383
sordulentum présent dans H 2 puisqu'isolé dans les monoconidiens, ne réagit
pas dans les confrontations di-mon. avec d’autres monospermes de D. sordulen-
tum et on s'explique mal l'apparition tardive des mycéliums dicaryotiques
dans les confrontations di-mon. avec les monospermes durum n9 6 - 9 et 10.
Certes on aurait pu penser que le noyau «sordulentum» de H 2 réagissait en face
de certains noyaux «durum» pour former des mycdliums dicaryotiques hybrides
mais, une fois encore, cette hypothése est-elle plausible si le noyau «sordulen-
fum» ne réagit pas en phénoméne de Buller ?
ETUDE DE H 3 : 9450 A, B; n9 7 х 6627 А, В; по9
Sur 50 monoconidiens isolés, 27 seulement se sont développés. Ils sont sans
boucles et semblent ne former que des conidies ovoides.
Comportement des monoconidiens H 3
Ils ont été confrontés avec :
1) 2 monospermes complémentaires du monosperme D. durum ayant formé
l'hybride H 3, 9450 A,B; = 2 et 9450 A:B2 = 3. Les 54 confrontations sont
restées négatives.
2) avec le monosperme 6627 A3B; = 7, monosperme complémentaire du
monosperme 6627 A,B, = 9 ayant formé l'hybride H 3. Ici les 27 confronta-
tions sont positives. Elles sont irréguliérement dicaryotisées, parfois totalement,
parfois d'un cóté seulement et plus fréquemment du cóté du monosperme LY
6627 (culture pourtant bien plus ágée que les monoconidiens).
Les monoconidiens H 3 possèdent donc tous le noyau de sordulentum LY
6627 А.В = 9 compatible avec le pôle complémentaire LY 6627 A3B; = 7.
3) Ils ont été confrontés également avec LY 9450 A,B, — 7 pour tester
leur aptitude à reformer un mycélium dicaryotique hybride identique à H 3.
Dans 20 confrontations sur 27, il apparait sur la ligne de contact un mycélium
dicaryotique qui se maintient en subcultures mais ne dicaryotise jamais les
extrémes.
En résumé, tous les monoconidiens isolés possèdent le noyau de D. sordu-
lentum LY 6627 AB3 n° 9 et plus des deux tiers sont capables de reformer
un mycélium hybride dicaryotique identique à H 3.
Comportement du mycélium H 3 confronté en phénomène de Buller avec
des monospermes complémentaires des haplontes constituants H 3, et avec
d’autres monospermes de sordulentum.
à 2 mois à 5 mois
H3 x 6627 AB; n°7 - =
H3 x 6770/ A = e.
H3 х 6995/ А = =
H3 х 9450 А;В; по5 z
Source : MNHN Paris
384 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
à 2 mois 5 mois
H3 x 9450 A;B; no8 +
H3 x 9450 A;B; n92 +
Les confrontations avec D. durum sont totalement positives au bout de deux
mois.
Des confrontations avec D. sordulentum 6627 AB; n9 7 et les autres mono-
spermes de sordulentum LY 6770/A et LY 6995/A ont été répétées et suivies
pendant 5 mois : les résultats sont toujours restés négatifs.
En phénoméne de Buller, le noyau de durum, (9450 A,B, n° 7) de H3
semble seul pouvoir dicaryotiser des monospermes complémentaires.
D'autres confrontations ont été tentées avec d'autres pôles de D. durum
à 2 mois à 3 mois
НЗ х 9450 А.В, поб - (+ жг
НЗ х 9450 А, В по 11 -+ - +
H3 x 9450 A,B, n°9 Б. =
НЗ х 9450 АВ, по 10 = —
Comme avec les hybrides H 1 et H 2, les confrontations di-mon. si elles sont
observées tardivement permettent d'enregistrer des résultats plus ou moins
positifs avec les póles non complémentaires du noyau de durum constituant
E3,
ETUDE DEH 4: 9450 A,B, n°1 x 6995/A
Aprés 3 repiquages, ce mycélium hybride alors agé de deux mois a totale-
ment perdu ses boucles. 74 cultures monoconidiennes ont cependant été isolées.
Toutes développent un mycélium aux hyphes dépourvues de boucles formant
des conidiophores porteurs de conidies rondes type D. durum.
Comportement des monoconidiens de H 4 débouclé.
Étant donné la présence de conidies rondes on pouvait penser que seul le
noyau D. durum 9450 AB; subsistait dans la culture H 4 débouclée et que
tous les monoconidiens isolés possédaient ce noyau. Pour vérifier cette hypo-
thése, 30 monoconidiens ont été confrontés avec :
1) deux monospermes D. durum complémentaires de 9450 A,Bi, soit
9450 A; B; — 2 et 9450 A; B; — 8.
2) le monosperme 6995/A pour voir s'ils pouvaient réformer des mycéliums
hybrides identiques à H 4.
Les 90 confrontations sont restées totalement négatives. Les monoconidiens
n'ont donc pas le noyau de durum et ils doivent alors posséder le noyau de
sordulentum 6995/A. Comme nous n'avons pas de monosperme complémentaire
de 6995/A, nous avons pallié cette absence en confrontant 10 monoconidiens
Source : MNHN. Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 385
H 4 avec chacun des póles de D. sordulentum LY 6627. Les 40 confrontations
positives permettent d'affirmer que les monoconidiens de H 4 débouclé pos-
sédent le noyau de sordulentum. 6995/A compatible avec les 4 pôles d'une autre
souche géographique de D. sordulentum. Ces monoconidiens, possédant le
noyau «sordulentum) mais produisant des conidies rondes type «durum»,
nous ont conduit à émettre l'hypothèse qui consistait à considérer le mycélium
H 4 débouclé comme un mycélium resté cependant hétérocaryotique oi coexis-
taient les deux types de noyaux devenus incapables de former des boucles.
Pour vérifier l'éventuelle présence du noyau de durum, le mycélium hybride
H 4 débouclé a été confronté avec des monospermes complémentaires du noyau
de durum A; B constituant l'hybride soit :
H4 x 9450 A,B, n°2
H4 x 9450 A;B; n93
x 9450 A;B; n9 5
x 9450 A,B, n°8
Aprés cing mois, ces confrontations étant restées négatives, le mycélium H 4
débouclé a été confronté avec 6770/A et 6770/B d'une autre souche de D.
sordulentum. Dans les deux confrontations des boucles sont apparues mais
l'observateur avait de quoi rester perplexe car il a vu se former sur la bouture
H 4, et non à la ligne de contact, un mycélium aérien blanc qui envahit progres-
sivement le territoire du monosperme B. Seul le mycélium aérien est bouclé,
les prélèvements effectués en profondeur restent négatifs. Dans la confrontation
avec 6770/A, le mycélium aérien blanc, bouclé, reste cantonné sur le territoire
de H 4 et ne dicaryotise pas le mycélium 6770/A.
De telles observations ont conduit à réexaminer les repiquages de H 4 gardés
en mycothèque; tous présentaient alors un mycélium aérien blanc totalement
bouclé et binucléé alors, qu'au début, ces repiquages n'avaient pas de mycélium
aérien. Nous ne savions pas quel facteur avait pu déclencher le «rebouclage»
du mycélium hybride H 4, mais il était désormais possible d'étudier ce mycélium
hybride H 4 rebouclé.
Ses conidies sont rondes en grande majorité mais il y a aussi un petit nombre
de conidies ovoides indiscutables. 4 à 6 jours aprés la dispersion des conidies,
27 prélèvements ont été effectués, 23 se sont bien développés. Observés à 10
jours, 15 sont bouclés et 8 restent dépourvus de boucles. Le comportement de
ces derniers est résumé dans le tableau ci-après.
Comportement des monoconidiens de H 4 après son rebouclage
Nombre de résultats à
monoconidiens — x D.sordulentum 6 semaines
8 x 6627 A,B, ++++++++
8 х 6627 АВ; ++++++++
8 x 6627 AB ++++++
8 x 6627 АВ: ++++++++
8 x 6770 / À ++++++++
Source : MNHN. Paris
386 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
8 x D. durum à 2 mois à 6 mois
8 х 9450 А;Вз по5 ^ ——————— am a E
8 A apie | eee c E "5,
8 2:9450.4) BgmOH. шс с=с ые Ё Белал
8 х9450 А.В п06 | ————-— - ==- F FFE
8 x 9450 A2B, n°9 A EE ея
Précisons qu'avec D. sordulentum, les trés nombreux résultats positifs,
apparus assez rapidement sur la ligne de contact ont toujours été assortis d'une
dicaryotisation lente et incompléte, s'effectuant de préférence du cóté des
monospermes sordulentum, les monoconidiens H 4 n'étant le plus souvent
pas dicaryotisés.
Avec D. durum les résultats positifs exceptionnels (6 sur 40) sont apparus
trés tardivement. Les 3 confrontations (*) ont montré localement des boucles
et les 3 confrontations positives se sont révélées totalement bouclées.
Les monoconidiens de H 4 qui donnent rapidement des boucles avec les
différents monospermes de sordulentum possèdent donc tous le noyau de
sordulentum 6995/A, capable dans quelques cas de former des mycéliums
hybrides avec des noyaux de durum. A noter que ces mycéliums hybrides
apparaissent après plusieurs mois, avec formation d'un mycélium aérien lâche
sur la ligne de contact, qui envahit ensuite progressivement le territoire des
monoconidiens (auparavant dépourvu de mycélium aérien). Ces images rappel-
lent beaucoup les confrontations ayant donné naissance aux mycéliums hybrides
H 4, H 5 et H 6. Enfin ajoutons que tous les monoconidiens de H 4 sont ty-
rosine +++, caractère spécifique de D. sordulentum.
Comme pour les hybrides H 1, H 2 et H 3, l'étude des monoconidiens H 4
permet d'affirmer la présence du noyau de sordulentum dans le dicaryon hybride
H4.
Comportement du mycélium hybride H 4 rebouclé confronté en
phénomène de Buller.
à 2 mois 3 4 mois
H 4 x 9450 A,B, n^ + F + + +t +
i 9450 AB n° 1 t
H 4 x 9450 4,8, n^ 7 e - = - PE
й з | |
на x 9450 A,B,n* 2. | ec +t
H 4 x 9450 A,B, n° 3 +t +e |
4 x 945 25 CINE: + жк.
н 9450 A,B, n° 5 t Fr |
Н 4 x 9450 A,B, n° 8 + + Jee ++
H4x 9450 Bin 9 | +1 же lau nu |
H 4 x 9450 4,8, n°10 tto ке xt |
на 9450 A,B,n* 6 Eje nun +t St |
* Е А T «to pr
i |
4 n
H 4 x 9450 AjB, n*l1
Source : MNHN. Paris.
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 387
à 2 mois 2 5 mois
Н а х 6770/А H + + - {ш
Н 4 х 6770/8 = “їс Peal) Se ge Reh)
Н 4 х 6627 A,B, = we 9] ES =
H 4 x 6627 A,B, - "RF p GER +1
HG x 6627 A,B, TO eee | ee
Н 4 х 6627 A,B, = а= +1
+ : quelques boucles: + 1 : boucles seulement observées dans une zone limitée à l'arrière
de l'implant monosperme; + t : bouclés totalement jusqu'aux bords extrêmes de la
culture monosperme; - Fr : fructification observée avec basides bouclées.
Les résultats enregistrés avec le mycélium hybride H 4 rebouclé sont tout
à fait conformes à ceux que nous avons obtenus avec H 1, H 2, H 3. En confron-
tation di-mon., les noyaux de durum sont bien dicaryotisés.
ETUDE DE H 6 : 9450 A, B; n9 6 x 6995/A
Comme le mycélium hybride H 4, aprés 3 repiquages le mycélium hybride H 6
a totalement perdu ses boucles à l'âge de deux mois. Toutefois 20 monoco-
nidiens ont été isolés à partir de cette culture débouclée, tous sont formés
d'hyphes sans boucles et portent des conidiophores produisant en grande majo-
rité des conidies rondes, mais on peut cependant voir aussi quelques conidies
ovoides.
Comportement des monoconidiens H 6
Supposés posséder le noyau de durum 9450 A, Ba — 6, ils ont été confrontés
avec :
1) les monospermes D. durum 9450 A,B, — 9 et AB; = 10 appartenant
au póle complémentaire.
2) avec 6995/A afin de voir s'ils pouvaient reformer un mycélium hybride
identique à H 6.
Les 40 confrontations avec D. durum et les 20 confrontations avec D. sordu-
lentum 6995/A sont restées négatives.
Les monoconidiens H 6 se comportent comme s'ils n'avaient pas le noyau de
durum, ils doivent donc posséder le noyau de sordulentum 6995/А.
5 monoconidiens H 6 ont été confrontés avec les 4 póles de D. sordulentum
LY 6627 et avec deux monocaryons LY 6770/A et 6770/B. Les 30 confronta-
tions sont positives entre 1 mois et 2 mois, et le mycélium dicaryotique obtenu
se maintient bouclé en subcultures.
Conclusion : les monoconidiens de H 6, se comportent comme ceux de H 4,
ils possédent le noyau de sordulentum LY 6995/A naturellement compatible
Source : MNHN. Paris
388 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
avec les monospermes d'autres souches de cette espéce.
Mais à l'heure actuelle, contrairement au mycélium H 4, H 6 n'a montré
aucune tentative de rebouclage permettant d'affirmer la présence du noyau
D. durum.
Pour les hybrides étudiés précédemment, le noyau de durum ne s'est jamais
manifesté dans les confrontations effectuées avec les cultures monoconidiennes
mais seulement dans celles faisant intervenir le mycélium hybride lui-méme.
Pour cette raison le mycélium H 6 débouclé a été confronté avec différents
monospermes de sordulentum et de durum.
Confrontations du mycélium H 6 débouclé avec D. sordulentum n° LY
6627 A,Bi1, A3B2, A1B5, A2B1 et LY 6770/A, 6770/B.
Toutes les confrontations, effectuées en double, sont positives au bout de
deux mois, mais seuls les monospermes de sordulentum sont dicaryotisés, le
mycélium H 6 reste dépourvu de boucles. Les cultures ont un aspect homo-
gène avec un mycélium aérien pratiquement nul et un milieu de culture bien
bruni.
Confrontations du mycélium H 6 débouclé avec D. durum.
— avec 9450 A,B, n° 1 et n° 7 : les confrontations effectuées en double
sont positives après 2 à 3 mois: un mycélium aérien se forme, qui, du mono-
sperme 9450, envahit progressivement le territoire de H 6.
— avec 9450 A,B; по 2, nO 3, nO 5 et nO 8 : les confrontations restent
négatives à 7 mois. Quelques boucles ont été observées aprés 8 mois dans les
confrontations avec les n° 5 et n° 8.
— avec 9450 AB; n° 9 : 1 confrontation sur deux est positive aprés 5 mois;
avec n9 10: à 4 mois, toutes les confrontations sont négatives, mais après 6 mois, 1
confrontation sur trois se révèle positive et après 8 mois une autre montre des
boucles partout.
— avec 9450 A1B no 11 : sur 3 confrontations, 1 seule a montré quelques
hyphes bouclées après 5 mois; avec n° 6 : 2 confrontations sur 3 se révelent
positives après 2 et 3 mois.
Conclusion : Ces résultats laissent penser que dans le mycélium H 6 débouclé,
le noyau de durum a disparu et que reste seulement le noyau D. sordulentum
compatible avec tous les monocaryons des autres souches D. sordulentum et
susceptible, dans 9 cas sur 23, de refaire des mycéliums dicaryotiques hybrides
avec certains monospermes D. durum, notamment les nO 1 - 7 - 6 qui ont tou-
jours manifesté la plus grande aptitude à s'hybrider.
Néanmoins, il reste à comprendre pourquoi, s'ils ne possédent que le noyau
de sordulentum, les monoconidiens de H 6 forment les deux types de conidies
avec parfois une majorité de conidies rondes.
ÉTUDE DEH 5: 9450 AB; n9 6 x 6770/A
A partir du mycélium H 5, 80 monoconidiens furent isolés, 79 se sont déve-
loppés; les cultures monoconidiennes d'aspect opaque, blanchâtre, pratique-
Source : MNHN. Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 389
ment dépourvues de mycélium aérien, montrent toutes des conidies ovoides
rares et leurs hyphes restent sans boucles,
Comportement des monoconidiens de H 5
25 monoconidiens ont été croisés avec :
— le monosperme 9450 A2B; = 9, complémentaire du monosperme D.
durum entrant dans la formule de H 5
— un monosperme 6995/A appartenant à une autre souche de D. sordulentum.
De plus 15 monoconidiens H 5 ont été confrontés avec :
— un monoconidien 6770/13, fraichement réobtenu a partir du polysperme
D. sordulentum 6770 et complémentaire de 6770/A.
Les 25 confrontations avec D. durum sont restées négatives tandis que les 40
confrontations avec D. sordulentum se sont révélées nettement positives. Notons
seulement que si la dicaryotisation des monoconidiens H 5 est totale, celle des
monocaryons 6995/A et 6770/13 est exceptionnelle.
Ces résultats montrent que c'est encore le noyau D. sordulentum qui est
obtenu par le biais des dispersions de conidies. Nous avions déjà constaté à plu-
sieurs reprises (LANQUETIN 1973 p. 185) le passage préférentiel dans les
conidies d'un seul type de noyau du dicaryon. Ce phénomène reste encore à
expliquer,
Pour tenter d'isoler le second noyau du dicaryon H 5, nous avons eu alors
recours à l'étude des néohaplontes de H 5.
Étude des néohaplontes de H 5
Aprés un séjour sur milieu nutritif gélosé additionné d'extrait sec de bile
(Merck) à la dose de 1,5 %, le mycélium H 5 apparaît totalement dépourvu
de boucles et de mycélium aérien, donc de conidies. Il est broyé en milieu
liquide pendant deux minutes et les fragments de mycélium sont dispersés.
Dans le premier essai, sur 50 jeunes pousses prélevées, une seule s'est développée,
elle était bouclée. Une deuxième tentative a permis 30 prélèvements dont 13
se sont bien développés, un seul montrait des conidies rondes, il s’est bouclé,
les 12 autres à conidies ovoïdes sont restées sans boucles. Ils ont été confrontés
avec le monosperme D. durum 9450 A5B; n9 9 et le monosperme D. sordulen-
tum 6627 A, B; n9 2. Toutes les confrontations avec D. durum ont été négatives
tandis que celles avec D. sordulentum étaient positives.
Ces résultats montrent que les néohaplontes possédent tous le noyau de
sordulentum comme les monoconidiens.
Comportement du mycélium H 5 confronté en phénomène de Buller
1) avec des monospermes de D. sordulentum
Confrontations observées
à 2 mois à 5 mois
H5 x 6627 A,B, n92 E = =
Н 5 х 6627 АВ, по5 ВЕЕТ: Бет
H5 x 6627 A,B, n°7 PR MES эуен:
Source : MNHN, Paris
390 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
Confrontations observées
à 2 mois à 5 mois
H5 x 6627 A,B; n9 9
H5 x 6995/A
Donc une seule confrontation sur 18 se révèle partiellement positive à 2 mois,
et sur 14 confrontations di-mon. réobservées à 5 mois, cette méme et seule
confrontation devient nettement positive jusqu’à l'extrême bord du territoire
de l'haplonte. Il s'agit probablement de la formation d'un mycélium hybride
dicaryotique 9450 A1 Bz по 6 x 6627 Az B; n9 5.
2) avec des monospermes de D. durum
Confrontations observées
à 3 mois à 5 mois
H5 x 9450 AB; n09 +Fr, +Fr. +Fr. + +++ +
H5 x 9450 A;B, n9 10 T ++
H5 x 9450 A;B, n91 Е а
H5 x 9450 A,B, n97 "qq = — — +1егссг
H5 x 9450 AB; n°03 = узя "€
H5 x 9450 A;B, n92 z ++
H5 x 9450 A;B; n95 = go
H5 x 9450 A;B; n98 = — F (avec petite
zone +)
H5 x 9450 AB n°11 а= n’ont pu être conservées
Н5 х 9450 А,В; поб — ORC +++
On comprend les résultats franchement positifs avec le pôle A2B; complé-
mentaire du monosperme D. durum ayant formé H 5, mais les résultats obtenus
avec les autres pôles sont assez surprenants et appellent quelques commentaires.
— Avec les monospermes A; B; n9 1 et 7 : à trois mois sur 6 confrontations,
H 5 a formé une fois seulement, et localement, des boucles et des crochets qui,
aprés 5 mois n'ont toujours pas envahi la culture
— Avec les monospermes A; B5, n0 2 - 3 - 5 et 8 : à trois mois, les 10 con-
frontations sont négatives mais aprés 5 mois, si les 4 confrontations avec le n9 3
restent négatives, les deux croisements avec le n9 2 sont devenus nettement
positifs, tandis qu'avec le nO 5, les deux confrontations montrent seulement
une petite zone bouclée d'un aspect différent du reste de la culture; enfin une
confrontation sur deux avec le n9 8 montre également une zone bouclée limitée.
— Avec les monospermes A; B; de même pôle que le noyau D. durum de
H 5 : si toutes les confrontations avec le n9 11 restent négatives, il n'en est
pas de méme avec le n9 6 (monosperme entrant dans la formule de H 5) une
confrontation partiellement positive à 3 mois n'a pu étre conservée, 1 autre
négative à 3 mois devient nettement positive à 5 mois, enfin deux autres con-
frontations se sont révélées totalement positives à 3 mois.
Source - MNHN. Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 391
— Même avec les monospermes AB complémentaires du noyau D. durum
ayant formé H 5, on observe des irrégularités : le n° 10 n'a été dicaryotisé que
2 fois sur 4 et seulement à 5 mois, le n° 9 par contre donne, à 3 mois, 4 con-
frontations positives sur 4, 3 portent des fructifications et pour l'une d'elles,
les pieds des basides ont pu étre vérifiés bouclés. Cette vérification est extréme-
ment difficile mais nécessaire car le monosperme 9450 n° 9, (comme aussi
les n° 11 et n° 8) peut fructifier parthénogénétiquement; il donne des fructi-
fications portant des basides non bouclées à 2 ou le plus souvent 4 stérigmates
qui produisent des spores binucléées.
A partir de la fructification bouclée apparue dans le Buller : H 5 x 9450
A3B; n° 9, 30 monospermes isolés ont été vérifiés sans boucles et ensuite
confrontés avec les 4 pôles de D. durum 9450. L'examen de ces confrontations
effectué entre 5 et 7 semaines permet de répartir les monospermes entre les
4 pôles parents,
A1B1:1-5-6-7-11-24-26
A,B, : 2-3-4-9-13-14-25-27-28-30
A2B2: 8-12-15-16-19-22-23-29
AB; : 18-21.
Font exception les nO 10 - 17 - 20. En effet, le no 10, positif avec АВ»,
donne des fausses boucles à la fois avec Ai Bi et A3 Bj. Les n9 17 et 20 donnent
des résultats nettement positifs avec A; Bj et A; B5, mais pour ces deux derniers
il pourrait s'agir de «monocaryons impurs» constitués par 2 spores incompa-
tibles ?
Ces premiéres observations conduisaient à penser que si le noyau D. durum de
H 5 : 9450 A,B; n9 6 était capable de faire avec 9450 A5 B, n? 9, une fruc-
tification dont les descendants se comportaient normalement comme les póles
de D. durum, ce noyau D. durum n'avait donc pas été modifié par son associa-
tion avec un noyau de sordulentum.
Mais les confrontations précédentes, réobservées après 5 mois, ont donné
les résultats regroupés dans le Tableau II.
On constate qu'aprés ce long délai, 17 monospermes sur 30 (ceux qui
portent l'astérisque) ont un comportement différent de celui des monocaryons
normaux de D, durum. Ces résultats permettent d'affirmer que le noyau «du-
тит» Че Н 5 a un comportement anormal, Celui-ci pourrait expliquer les
croisements positifs inattendus dans les confrontations di-mon. de H 5 avec
les 4 pôles de D. durum (y compris le pôle du noyau «durum» de H 51) et
viendrait éclairer les résultats obtenus dans l'étude des fructifications du my-
célium H 5 lui-même.
FRUCTIFICATIONS DU MYCÉLIUM HYBRIDE H 5
Avec ce seul mycélium hybride, des fructifications ont été obtenues sur
milieu de Nobles dans certaines cultures âgées de 3 mois, et sur bois de hêtre,
Source : MNHN. Paris
392 P.LANQUETIN et J. BOIDIN
Tableau II
Comportement des monospermes, issus de la fructification d'une confrontation en Buller :
H5 x 9450 A3B, nO 9, face aux quatre póles de D. durum.
Behaviour of monosporous cultures obtained from the fructification of a Buller's confron-
tation : H 5 x 9450 A,B, n°9, with the four mating types of D. durum.
1 ДЕ: 155 6 7 a | s 10*
A i z З V й s + =
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AB, = 6 z тке e N, - - Eole =
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АВ, = 5 ү ru QUES STE +
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a | а
Source : MNHN. Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 393
par le Dr R. SIEPMANN de Hann - Münden (RFA)*. Ces dernières ayant l'avan-
tage de pouvoir étre conservées en herbier.
Toutes ces fructifications sont semblables et apparaissent sous la forme de
petites plages isabelle (7,5 YR 7/4 à 7,6)** ou cannelle pále (7,5 YR 6,5/4);
elles sont trés visibles sur les cultures H 5 dont le mycélium aérien est blanc pur.
Trés riches en spores de 5-5,5-(6) um de diamétre, montrant dans le Melzer, à
cóté de quelques grosses verrues amyloides, un grand nombre de petits orne-
ments d'une grande finesse, ces fructifications H 5 sporulent pendant un temps
relativement court par rapport à celui des fructifications de D. durum et D.
sordulentum. Leurs basides bouclées, à 4 stérigmates, sont trés allongées (40)-50-
65(70) x 5-5,5 um, leur base est extrêmement grêle ce qui rend très difficile
l'observation de la boucle basale. Agées, elles se vident laissant 3 ou 4 cloisons de
retrait. Les sulfocystides, (40)-55-65 x 5 um, montrent parfois une schizopapille
au sommet; leur contenu peut apparaître comme une grosse masse réfringente,
leur base bouclée est facile à observer. Les dichophyses ont une hauteur totale
de (30)-40-70-(90) um et une envergure de (30)-40-55-(80)um; ces tailles sont
intermédiaires entre celles de D. durum et de D. sordulentum (cf. BOIDIN et
LANQUETIN 1980). Les spores sont en très grande majorité binucléées avec
quelques spores à un noyau. Les hyphes génératrices, hyalines, sont bouclées et
binucléées.
Étude des monospermes de H 5
A partir de la sporée produite par la 1ère fructification de H 5 (septembre
1980), 80 monospermes ont été obtenus. A l'âge de 15 jours à 3 semaines, ils
sont tous formés d'hyphes sans boucles et produisent des conidies rondes, type
* R. SIEPMANN bien connu pour sa compétence en matière de fructification sur bois,
a bien voulu faire des essais avec tous nos mycéliums hybrides, mais comme dans les cult
tures, seul le mycélium H 5 a fructifié,
** Code de la Munsell Color Company, Baltimore, U.S.A. «Munsell soil color charts»,
1954.
Légende du Tableau 11
+ : boucles constantes; F : boucles nombreuses localement: er: crochets: FB : fausses boucles.
Quand figurent 3 signes pour une confrontation : les signes du milieu, du haut et du bas
correspondent à l'observation de prélèvements effectués respectivement sur la ligne de
contact, sur le territoire du monosperme de la colonne verticale et sur le territoire du
monosperme de la colonne horizontale.
+: constant clamp connections; F : numerous clamps locally; cr : incomplete clamps; FB :
false clamps.
When three results are indicated for a confrontation the one in the middle is that ob
tained for the contact zone, the one in the upper right hand corner is that for the mono
sporous culture indicated in the vertical column and the one in the lower left hand corner
is that for the other monosporous culture of the confrontation which is listed to the left
of the table.
Source : MNHN, Paris
394 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
D. durum, de diamétre 3-(3,54) um. L'étude cytologique de 5 d'entre eux
révèle que leurs hyphes sont constitués en majorité d'articles uninucléés avec
quelques terminaux montrant 2-35) noyaux. Des conidiophores plurinucléés
portent des conidies uninucléées qui germent en donnant des hyphes sans
boucles aux articles uninucléés ou très faiblement cénocytiques.
Dix monospermes ont été appariés deux a deux pour établir leur polarité,
un mois plus tard toutes les confrontations étaient positives.
Les 80 cultures monospermes réobservées, alors âgées de deux mois, pré-
sentent pour la plupart des boucles, au moins localement mais une vingtaine se
montrent totalement dépourvues de boucles ou de crochets. Des observations
ultérieures, sur lames gélosées, ont permis de voir qu'elles aussi bouclaient
lentement. En outre, les 5 monospermes dont les noyaux avaient été colorés,
sont maintenant totalement binucléés-bouclés.
30 monospermes isolés à partir de la 2ème fructification H 5, 30 mono-
spermes de la 3ème fructification H 5 et 10 monospermes obtenus à partir
de la fructification sur bois (laquelle a très peu sporulé après son transport
à Lyon) ont conduit aux mêmes résultats. Les cultures monospermes âgées de
1 mois sont totalement dépourvues de boucles ou de crochets qui apparaissent
après un délai plus ou moins long, le plus souvent de deux mois.
Les descendants de l'hybride H 5 ont donc un comportement homothalle
qui différe totalement de l'hétérothallie tétrapolaire des deux espéces ayant
formé l'hybride.
L'observation répétée des 150 monospermes de H 5, dont 50 ont été étudiés
sur lame gélosée, permet de dire qu'en trés grande majorité ils produisent des
conidies rondes, 5 seulement, dont le n9 2, ont montré les deux types de coni:
dies.
Étude des monoconidiens du monosperme H 5 n° 2
Ce monosperme bouclé (comme les autres) semble bien posséder les deux
types de conidies avec une nette dominante de conidies rondes. Après dispersion
de ces conidies, 60 prélèvements sont effectués sur 6 jours. L'examen des mono-
conidiens montre déjà la présence de crochets dans certaines cultures âgées de
15 jours. Ensuite 18 cultures seront bouclées à un mois, 30 à 1 mois et demi,
et les autres boucleront plus tardivement, souvent incomplètement et après
plusieurs repiquages.
Bien qu'uninucléées, les conidies des monospermes donnent des cultures
dont le comportement répète celui des monospermes, c'est-à-dire que le noyau
unique peut donner naissance à un dicaryon.
11 faut rappeler que la culture de D. rhodosporum (Wakef.) Cunn. reçue de
Warcup (n9 T 433 originaire du sol en Australie) avait ce méme comportement.
Les cultures monoconidiennes ne permettaient pas d'isoler des cultures mono-
caryotiques nécessaires aux intercompatibilités (LANQUETIN 1973), car elles
se bouclaient lentement. Toutefois la fructification en milieu stérile de T 433
permit d'obtenir des monospermes monocaryotiques et d'établir la tétrapolarité
Source : MNHN. Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 395
de ce Dichostereum. On pouvait se demander s'il en serait de méme ici .
Étude de la croissance des monospermes issus de H 5
9 monospermes mis sur milieu de Nobles à 24°C, remplissent les boites en
5 ou 6 semaines comme H 5.
Aspect : le mycélium aérien est blanc pur, finement pelucheux avec quelques
zones subfeutrées de mycélium plus dense, ou grumeleuses légèrement teintées
de créme pále. Le mycélium ne cache pas totalement le milieu.
Microscopie : le mycélium aérien est formé d'hyphes régulières, étroites, de
1,2-2 um, à paroi mince, bouclées. Les conidiophores sont en majorité à conidies
sphériques mais il y a parfois des conidies ovoides. Les plages qui présentent
du mycélium aérien montrent quelquefois de grands secteurs où les hyphes
sont dépourvues de boucles et ne possèdent pas de dichophyses. Par contre.
les plages lisses, pratiquement dépourvues de mycélium aérien, ont des hyphes
de 1,5-2 um, régulières, à boucles constantes, quelques chlamydospores, des
sulfocystides et quelques fibres congophiles, dichophytiques, gréles, souples,
* lum. Les gloeocystides, 43-65 x 1,5-2 um, possèdent généralement 3 à 5
papilles. Le mycélium submergé est formé d'hyphes de 1,54 um, bouclées;
cependant bien des boucles semblent mal fermées.
Oxydases : les monospermes testés ont tous une forte réaction positive
sur milieu a l'acide gallique (+++++, O) comme sur gaiacol (+++++, tr) et
une réaction négative sur paracrésol et tyrosine
Etude des fructifications des descendants issus de H 5
Plusieurs cultures monospermes issues de H 5 ont a leur tour fructifié a lage
de 3 mois. Elles ont donné :
— une fructification sans boucles :
descendant nO 3 : sa fructification ne donne pas de sporée visible dans le
couvercle, mais contient de nombreuses spores faiblement ornées, de grosses
gloeocystides, 80 x 9-10(11) um, avec masse subsolidifiée, des dichophyses
hautes de 100 um. Quelques basides à 4 stérigmates, et dont le pied a pu étre
dégagé, sont dépourvues de boucles.
— des fructifications montrant quelques boucles sur certaines dichophyses
descendant n9 6 : la fructification ne donne pas de sporée dans le couvercle
et montre peu de basides et peu de spores. Il a été impossible de voir le pied
d'une baside avec certitude (méme aprés traitement ammoniacal à 60°C).
Beaucoup de dichophyses semblent dépourvues de boucles à la base mais dans
quelques cas une boucle a été observée avec certitude.
descendant nO 8 : il a fructifié dans deux boîtes de Pétri sur milieu de Nobles.
Les fructifications donnent dans le couvercle une faible sporée qui montre des
spores ornées, de 4,5-5 gm de diamétre. En coupe, sont observées : 1) de très
nombreuses, longues et gréles basides tétrasporiques, 60-85 х 4,5-5 ит au som-
met, à base très étroite, de 1,75 um, sans boucles. 2) des glococystides longue-
Source : MNHN. Paris
396 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
ment fusiformes avec papille sommitale mesurant 90 x 8-9 um au renflement
et d’autres obtuses, dépourvues de papille, 60-80 x 8-9 um, ayant un contenu
solidifié et une paroi un peu ferme. 3) des dichophyses à base généralement
non bouclée, toutefois dans de rares cas, une boucle a été observée avec certitude.
Les hyphes mycéliennes sous-jacentes, reconnaissables à leurs gloeocystides
multipapillées sont bouclées.
— une fructification bouclée :
descendant n° 7 : bien que montrant de grandes plages aux hyphes régulières
sans boucles au cours de l'étude de la vitesse de croissance, il a donné une
petite fructification qui a produit une légère sporée recueillie sur une lamelle
stérile. Observée à un stade jeune, cette fructification a pu être bien dilacérée,
les basidioles nombreuses, sont bouclées, les basides tétrasporiques, 55-80 x
4,5-5 um, ont une base indiscutablement bouclée, les gloeocystides ont leur
cloison basale bouclée et possédent une papille au sommet; les dichophyses
ont également une boucle à leur base. Les hyphes mycéliennes sont à boucles
constantes.
Étude des descendants des fructifications des monospermes 7 et 8 de H 5
Les sporées obtenues ont permis d'isoler les monospermes des fructifications
de deux types : à boucles limitées à quelques dichophyses (n9 8) et à boucles
constantes (n9 7).
Descendants de la fructification du monosperme n9 8 de H 5
68 germinations sont prélevées deux jours aprés la dispersion des spores,
3 semaines plus tard toutes se sont bien développées et 30 d'entre elles présen-
tent des boucles ou des crochets. Les 38 autres sont repiquées et bouclent
progressivement.
Descendants de la fructification bouclée du monosperme n9 7 issu de H 5
50 germinations ont été isolées 3 jours aprés la dispersion des spores. Toutes
se sont bouclées plus ou moins rapidement et aprés plusieurs repiquages.
Dans les deux cas les cultures monospermes bouclent peu à peu. L'homo-
thallie apparue lors de la lère fructification de l’hybride H 5 se maintient après
les fructifications de la génération suivante.
DISCUSSIONS
Des mycéliums hybrides interspécifiques stables et instables ont été plusieurs
fois obtenus, par exemple par NOBLES et FREW (1962) avec des Pycnoporus,
EDWARDS et KENNEDY (1973) avec des Coriolus, DAVID et coll. (1974)
avec des Auriporia, BRUEHL et coll. (1975) avec des Typhula, BOIDIN et
LANQUETIN (1977 b) avec des Peniophora, et KORHONEN (1978) avec deux
espèces jumelles S et T de Heterobasidion supra-species annosum.
Source : MNHN, Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 397
Nous avons voulu dans ce travail poursuivre l'étude de ces mycéliums hy-
brides car Dichostereum durum et D. sordulentum présentent avantage de
former des conidies uninucléées sur leurs dicaryontes et de plus, la fructification
de ces deux espèces ayant été obtenue au laboratoire, nous pouvions espérer
celle des mycéliums hybrides. Pour les six mycéliums hybrides H 1 à H 6,
nous avons ci-dessus présenté successivement les résultats détaillés obtenus :
1 : parisolement de monoconidiens monocaryotiques et leurs croisements,
Il : par confrontation di-mon. entre le mycélium hybride et les monocaryons
des espèces parentes.
I- ISOLEMENT DE MONOCONIDIENS MONOCARYOTIQUES
LANQUETIN (1973) a tenté 5 fois d'obtenir des monoconidiens de póles
complémentaires à partir de dicaryons de plusieurs Dichostereum. Deux fois
elle n'a obtenu qu'un seul póle (avec 40 monoconidiens de D. granulosum et
45 de D. ramulosum) mais pour les trois autres cas, deux póles ont été obte-
nus dans des proportions trés variables (1 et 20 avec D. rhodosporum, 13 et 87
avec D. ramulosum, 16 et 24 avec D. granulosum).
Les monoconidiens de H 1, H 2, H 3, H 5 ont tous toujours été compatibles
avec D. sordulentum, soit avec le pôle complémentaire de celui présent dans
Vhybride lorsque nous le possédions, soit avec les monocaryons de deux autres
récoltes géographiquement éloignées. Le noyau de sordulentum est donc présent
dans les hybrides et aisément isolé lors de la conidiation.
Les néohaplontes de H 5, obtenus sur milieu à la bile, révèlent ce même
noyau de sordulentum. De méme, la culture hybride H 6 débouclée naturelle-
ment comme les monoconidiens qui en proviennent sont compatibles avec les
monocaryons de D. sordulentum.
La culture hybride H 4, instable et redevenue sans boucles forme des conidies
de type D. durum mais cependant tous les monoconidiens isolés à partir de
cette culture possèdent comme ci-dessus un noyau de sordulentum.
Sil est possible d'espérer obtenir les deux types de mycélium monocaryo-
tiques par dispersion de conidies formées sur un mycélium dicaryotique, le fait
de n'obtenir ici qu'un des deux noyaux supposés présents pourrait être dû :
a) à la mauvaise germination des conidies du type D. durum ou à la morta-
lité des jeunes monoconidiens de ce type. En effet, 40 jeunes germinations de
conidies de H 1 observées en place, n’ont pas poursuivi leur développement.
Par ailleurs, les prélèvements ont permis d'obtenir avec H 1 : 86 cultures sur
200 prélèvements, avec H 2 : 29 sur 40 puis 61 sur 67, avec H 3 : 27 sur 50,
mais avec H 5 : 79 sur 80.
b) à la montée exclusive d'un des noyaux dans les conidies, comme l'a déjà
observé KORHONEN (1978) sur 99 monoconidiens isolés d'un mycélium
dicaryotique hybride (de Heterobasidion supra sp. annosum espèces P et S)
qui possédaient tous le méme noyau.
Source : MNHN, Paris
398 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
II- UTILISATION DU PHÉNOMENE DE BULLER
N'ayant pu prouver par l'isolement de monoconidiens la présence des noyaux
des deux partenaires, on pouvait espérer y parvenir par des confrontations
dimon. entre le mycélium hybride et les monocaryons des espèces parentes.
Le noyau de durum supposé présent dans ’hybride dicaryotiserait les mycéliums
D. durum haploides de póle complémentaire; de méme pour le noyau de sordu-
lentum.
En fait, les mycéliums hybrides stables H 1 - H 2 - H 3 - H 5 et le mycélium
H 4 stabilisé, ne dicaryotisent pas ou très rarement et alors très mal et très tard,
les monocaryons de D. sordulentum. Par contre, ils dicaryotisent rapidement
les monocaryons de D. durum complémentaires du noyau de durum qu'ils pos-
sèdent. Ce qui laisserait entendre que le noyau D. durum cohabite bien avec
le noyau de sordulentum dont l'existence a été prouvée par le biais des mono-
conidiens mais qui ne se manifeste pas ici. En outre, les mycéliums hybrides
dicaryotisent plus ou moins bien d'autres pôles de durum y compris parfois le
pôle de durum qu'ils contiennent :
Par exemple : H 2 (durum 9450 A,B, x sordulentum 6627 А,В) dicaryo-
tise rapidement 9450 A;B; et plus tardivement parfois seulement localement
9450 A;B; et A; Ba. H 5 (durum 9450 A, B nO 6 x sordulentum 6770/A)
dicaryotise rapidement le monosperme 9450 A;B, n9 9 et trés lentement
certains monospermes 9450 A;B;, A;jB;. En outre deux fois sur quatre il
dicary otise assez rapidement A, B; no 6 !
Deux hypothèses peuvent être formulées :
1) les mycéliums hybrides donnent bien à l'haplonte D. durum un noyau
de durum mais un noyau modifié dont les facteurs de polarité ont perdu partiel-
lement leur róle.
2) des mycéliums hybrides se reconstituent en appariements di-mon. gráce
au transfert du noyau de sordulentum dans divers haplontes D. durum. On peut
alors s'étonner :
a) que la formation d'hybrides soit beaucoup plus facile et fréquente en
appariements dimon. qu’entre monocaryons. Par exemple dans les apparic-
ments di-mon. avec rl 5, le noyau de sordulentum 6770/A donnerait des hy-
brides avec 9450 A; B, n? 2, n9 5 et n9 8 qui n'ont jamais formé d'hybrides
dans les croisements entre monocaryons. De méme dans les appariements di-
mon. avec Н 3, le noyau de sordulentum 6627 A, B; n9 9 formerait un hybride
avec 9450 A; B; n? 11, ce qui n'a jamais été obtenu par le croisement de ces
deux monocary ons.
b) que le noyau D. sordulentum de l'hybride qui dicaryotiserait ici aisément
D. durum, ne dicaryotise pratiquement pas les monocaryons D. sordulentum
complémentáires.
Il est difficile de choisir actuellement entre ces deux hypothèses, le seul fait
que H 5 dicaryotise A; B; n9 6 qu'il contient, mais pas son homologue A, B;
n? 11, laisserait supposer que le noyau D. sordulentum de H 5 refait un mycé-
Source : MNHN, Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 399
lium hybride avec le même partenaire (hypothèse 2). Toutefois la première
hypothèse peut être appuyée par le fait que l'hybride H 5 qui contient 9450
A1B3 a donné un mycélium fructifère avec 9450 A,B, n° 9 son complémen-
taire; que la descendance s'est révélée normale (tétrapolaire) après 5 à 7 semaines
mais a donné ensuite à 5 mois, pour plus de 50% des monocaryons utilisés,
des résultats positifs avec plusieurs póles (cf. tableau II) ce qui pourrait étre dà
à la modification des gènes de polarité supposée dans cette hypothèse 1. Seule
l'utilisation de mutants auxotrophes permettrait d'approfondir encore cette
étude.
Ces résultats confirment cependant que D. durum et D. sordulentum sont
des espèces distinctes pratiquement isolées génétiquement même dans les condi-
tions «forcées» du laboratoire.
Le mycélium hybride H 5, qui se comporte comme les autres mycéliums
hybrides stables, a en outre fructifié plusieurs fois. Des boucles ont été vues
au pied des basides et nous avons là un des tout premiers cas, sí ce n'est le
premier, de fructification d'un hybride interspécifique chez les Basidiomycétes
saprophytes. Le basidiome montre des dichophyses de taille intermédiaire
entre celles des deux parents et des basides à 4 spores binucléées. Les 150
isolements monospores montrent des conidies de type D. durum et sont d'abord
sans boucles, mais aprés 7 à 8 semaines, les boucles sont présentes dans toutes
ces cultures. Le comportement ici homothalle lent n'est ni celui de D. durum,
ni celui de D. sordulentum.
Les monoconidiens issus des cultures monospermes sont comme eux bouclés
aprés quelques semaines. Les fructifications de quelques cultures monospermes
qui sont soit à basides bouclées, soit à basides sans boucles, donnent à leur tour
des monospermes qui se bouclent lentement.
On constate que le déréglement provoqué par l'hybridation ne se corrige
pas à la deuxième génération.
The genus Dichostereum Pilat sensu BOIDIN et LANQUETIN (1977) con-
tains heterothallic tetrapolar species which are easily cultivated and produce
uninucleate conidia on the secondary mycelium. These conidia facilitate easy
isolation of one of the nuclei of the dikaryon (i. e. monokaryotic monoconidial
mycelia) but as previously shown (LANQUETIN 1973) two types of compa
tible monokaryons can be obtained in very unequal proportions.
The eight species, cultivated up to now, have revealed on the whole a com-
plete interincompatibility. These results have clarified the discussed systematics
of this genus.
We reported (BOIDIN et LANQUETIN 1980) that the American Dichoste-
reum sordulentum (= Vararia aff. dura in LANQUETIN 1973) gave few clamped
hybrid mycelia when paired with the French Dichostereum durum. The study
of hybrid myceliaD. sordulentum x D. durum is presented in detail in this paper.
Source : MNHN, Paris
400 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
D. durum produces spherical conidia and is tyrosinase negative, while D.
sordulentum produces ovoid conidia and is tyrosinase positive. Both species
fructify quite easily in the laboratory on a nutrient medium (Malt and Difco
Agar) but they may loose this property after some years.
Hybrid mycelia grow twice as slowly than their parents and are tyrosinase
negative, they produce the two types of conidia (on the same mycelium) even
though the one type very often clearly dominates.
H 1, H 2, H 3 and H 5 are stable hybrid mycelia; H 4 and H 6 loose their
clamps. For the six hybrid mycelia, we have given detailed results obtained by :
I: isolation of monoconidial monokaryotic mycelia and their matings.
I: di-mon. confrontations between the hybrid mycelium and monokaryotic
mycelia of the two parent species.
I - ISOLATION OF MONOCONIDIAL MONOKARIOTIC MYCELIA
Moroconidial mycelia of H 1, H 2, H 3 and H 5 are always intercompatible
with D. sordulentum either with the compatible pole of the one present in the
hybrid mycelium when available or with monokaryotic mycelia of two other
collections geographically distant. The nucleus of sordulentum is therefore
present in hybrid mycelia and easily isolated at the time of conidiation.
Neohaploid mycelia of H 5, obtained on oxgall medium possess the same
nucleus that of sordulentum. In the same way, the hybrid culture H 6 having
naturally lost its clamps-connections, and the monoconidial mycelia originating
from this unclamped mycelium H 6, are compatible with the monokaryotic
mycelia of D. sordulentum. The instable hybrid culture H 4, became clampless,
produced conidia of the same type as those of D. durum but nevertheless all
monoconidial mycelia isolated possessed one nucleus of sordulentum.
It is hoped to obtain the two types of monokaryotic monoconidial mycelia
by dispersion of conidia borne by the secondary mycelium. The fact that we
only obtained one of the two nuclei, supposedly present, could be due to :
a) poor germination of the durum type of conidia or the high death rate
of young monoconidial mycelia of this type.
b) the exclusive migration of one single nucleus into the conidia, as already
observed by KORHONEN (1978) with 99 monoconidial cultures (isolated
from the dikaryotic hybrid mycelium of Heterobasidion supra species annosum
species S and T) which all possessed the same nucleus.
Il - USE OF BULLER’S PHENOMENON
As the presence of the nuclei of the two partners in the hybrid mycelium
has not been proved by studying monoconidial isolates we have tried to de-
monstrate it by means of dimon, confrontations between the dikaryotic hybrid
mycelium and monokaryotic mycelia of the parent species. In this case the
«durum» nucleus of the hybrid would dikaryotize the haploid mycelia of D.
Source : MNHN Paris
DICHOSTEREUM DURUM x D. SORDULENTUM 401
durum having a compatible pole, and the «sordulentum» nucleus would do the
same thing.
In fact the stable hybrid mycelia H 1, H 2, H 3, H 5 and the stabilized hybrid
H 4, do not dikaryotize the monokaryotic mycelia of D. sordulentum or else
very rarely and then, imperfectly and very late. On the other hand, they dika-
ryotize quite quickly the monokaryotic mycelia D. durum compatible with the
nucleus that they contain.
These results suggest that the nucleus of durum effectively cohabits with
the nucleus of sordulentum the presence of which has been proved by means
of monoconidial cultures but which is not revealed here by di-mon. confron-
tations. In addition the hybrid mycelia dikaryotize more or less, some other
poles of D. durum including sometimes the same one that they contain them-
selves.
For example, H 2 (D. durum 9450 A, B, n9 1 x D. sordulentum 6627 A1 Ba)
dikaryotizes quickly 9450 A?B; and later, sometimes only localy, 9450 A; B,
and A,B4; H 5 (D. durum 9450 A, Bs n9 6 x D. sordulentum 6770/A) dika-
ryotizes 9450 A,B; n9 9 very quickly and some monosporous cultures 9450
A,B, and A; B; very slowly. But it also dikaryotizes A, B; n9 6 two times out
of four rather quickly.
Two hypotheses can be formulated :
1) the hybrid mycelia give to the monokaryotic mycelia of «durum» a
«durum» nucleus but a «modified» nucleus whose factors of polarity have
partially lost their fonction.
2) the hybrid mycelia are formed again in dimon. confrontations due to
à transfer of a nucleus of sordulentum to various haploid mycelia of D. durum.
Considering to the second hypothesis it is surprising that :
a) formation of hybrid mycelia occurs more easily and more frequently
in di-mon. matings than between monokaryotic mycelia. For instance : in di-
mon. matings with H 5 the nucleus of sordulentum 6770/A would give hybrid
mycelia with 9450 A; Bj n9 2, n9 5 and n9 8, that never formed hybrid mycelia
in matings between monokaryotic mycelia.
) the «sordulentum» nucleus of one hybrid mycelium which here would
easily dikaryotize a nucleus of D. durum hardly ever produces dikaryons with
the compatible monokaryotic mycelia of D. sordulentum.
At the moment, it is difficult to choose between these two hypotheses.
However the first one can be supported by the fact that the hybrid mycelium
H 5 containing 9450 A, B> formed a fructification in culture with its compatible
pole 9450 A; B, n° 9 and that the progeny showed, after 5 or 7 weeks, normal
tetrapolar behaviour, but after 5 months, more than 50% of the monokaryotic
mycelia used were giving positive results with different poles (cf. Table Il).
This could be due to the modification of polarity genes as suggested in hypo-
thesis n° 1.
All these results confirms that D. durum and D. sordulentum are two distinct
species which are almost completely genetically distinct even under the «forced»
conditions of the laboratory.
Source : MNHN, Paris.
402 P. LANQUETIN et J. BOIDIN
The hybrid mycelium H 5 which behaves as other stable hybrid mycelia,
has produced fructifications several times. Clamps have been observed at the
base of the basidia and here we can see one of the first cases, if not the first,
of fructification of an interspecific hybrid in the saprophytic Basidiomycetes.
The fruit-bodies H 5 show dichophyses of a size intermediate between those
of two parents and basidia bearing four binucleate spores.
The 150 monosporous cultures observed produce conidia of «durum» type
and were at first without clamp-connections but after 7 or 8 weeks, clamps
were present in all these cultures. This slow homothallic behaviour corresponds
neither to that of D. durum nor that D. sordulentum.
Monoconidial cultures originating from monosporous cultures were, EE
clamped after some weeks. Fruitbodies of some monosporous cultures have
either clamped basidia or unclamped basidia, but they also produce mono-
sporous cultures where clamp-connections always appear slowly. Finally we
can say that this irregular sexual behaviour caused by hybridation is not correc-
ted at the time of the second generation.
REMERCIEMENTS
Pour l'envoi de spécimens ou de cultures sans lesquels ce travail n'aurait pu étre effectué,
nos remerciements s'adressent à A, DAVID, M. DUVERGER et F. LOMBARD. Nous
exprimons notre sincère gratitude au Dr R, SIEPMANN de Hann-Miinden, RFA qui a bien
voulu, à notre demande, essayer d'obtenir sur bois la fructification de nos mycéliums
hybrides.
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Source : MNHN. Paris
403
ANALYSE BIBLIOGRAPHIQUE
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and related Penicillium anamorphs. St. in Mycol. n° 23, C.B.S. Baarn, 149 р.
45 hfl.
La monographie du genre Eupenicillivm ici présentée s'inscrit dans une
série de travaux consacrés aux formes ascosporées associées à certains Penicil-
lium, poursuivis depuis de nombreuses années au C.B.S. sous l'impulsion de A.
STOLK. Elle fait suite aux publications de STOLK et de SCOTT (1967, 1968)
dont elle présente une version révisée, affinée en fonction d'observations soute-
nues, confrontées aux propositions d’autres chercheurs (PITT, 1980; RAMIREZ,
1982).
Le genre Eupenicillium, qui recouvre une partie seulement des «Penicillium
ascosporés», est défini essentiellement par la nature sclérotioide des fructifi-
cations ascosporées, à maturation progressive. Dans un chapitre préliminaire
sont précisées d'abord la typification et la délimitation du genre. Les caracté-
ristiques morphologiques et morphogénétiques des deux types de structures
sporogènes sont décrites avec soin : la téléomorphe (structure et forme du corps
fructifére, mode de développement de l'asque, caractéres de l'ascospore) et
l'anamorphe, extrémement diversifiée; ses différents aspects se répartissent
dans plusieurs groupes du genre Penicillium, qui se distinguent à la fois par le
degré de complexité de l'appareil conidien et par la forme de la phialide.
STOLK et SAMSON retiennent 23 espèces et variétés d'Ascomycètes répon-
dant à ces critéres. Ils ajoutent à leur étude 10 espèces de Penicillium à sclérotes,
mon ascosporés, mais sans doute apparentés aux formes homologues sexuées:
cette extension est justifiée par le fait que, au cours d'examens récents, la téléo-
morphe Eupenicillium a été mise en évidence chez des espèces sclérotioides
de Penicillium réputées imparfaites.
Dans ce genre où les caractères morphologiques du cleistothèce et des asco-
spores sont relativement homogènes, la délimitation des espèces est fondée, par
une démarche classique, sur la conformation des appareils conidiens. Les auteurs
reconnaissent que la structure des hyphes ascogènes est un caractère plus signi-
ficatif; mais son observation est difficile et, pour des raisons de commodité,
elle n’est pas prise en compte dans le découpage du genre en sections.
Les auteurs groupent autour d'E. javanicum les quelques espèces et variétés
(section Javanica) dont les ascospores sont dépourvues de crêtes équatoriales: la
forme particulière des phialides invite à en rapprocher le Penicillium ochrochlo-
ron asexué.
Toutes les autres espèces présentent des ascospores lenticulaires à crêtes bien
marquées; elles sont réparties en trois sections : Pinetorum, Lapidosa, Eupenicil-
lium, selon la forme, la pigmentation, et l'ornementation des conidies, la forme
des phialides et la morphologie des conidiophores, simples ou ramifiés. Ainsi la
section Eupenicillium, représentative du genre, comporte sept espèces à conidio-
phores complexes, une ou deux fois ramifiés sous les métules, à conidies claires
Source : MNHN, Paris
404 ANALYSE BIBLIOGRAPHIQUE
et lisses produites par des phialides cylindriques pourvues d'un col court; cette
configuration (Divaricata de RAPER et THOM) se retrouve chez cinq espèces de
Penicillium a sclérotes qui sont traitées dans la méme section.
Cette nouvelle présentation des Penicillium ascosporés n'est pas de nature à
déconcerter les familiers du bon vieux Manual of the Penicillia de RAPER et
THOM (1949) : mêmes milieux de culture, mêmes critères d'identification, même
mode de description. La relation privilégiée entre cleistothéces massifs ou sclé-
rotes et tels types d'appareil conidien n'est pas nouvelle: les espèces décrites
s'inscriraient normalement parmi les «espèces ascosporées» et «espéces à sclé-
rotes» des sections Monoverticillata et Divaricata du Manuel. Les progrés accom-
plis depuis plus de trente ans se traduisent par des descriptions plus fines, une
terminologie plus précise, une illustration séduisante (conidies et ascospores en
MEB); mais aussi par l'augmentation notable du nombre des espéces ascosporées,
assortie d'ailleurs de nombreuses mises en synonymie parmi les anamorphes.
Les difficultés - et sans doute les critiques - sont de l'ordre de la nomenclature,
qui s'écarte en bien des points, non seulement des propositions récentes d'autres
chercheurs, mais aussi de ce qu'ont publié antérieurement les auteurs; le tableau
comparatif des dénominations spécifiques selon PITT et selon le présent ouvrage
illustre cette constatation. 11 faut d'ailleurs reconnaître que les listes de synony-
mes sont exhaustives et les discussions taxonomiques suffisamment précises pour
que chacun puisse aisément établir la Synopse des différentes monographies
qui lui sont proposées.
Il reste qu'on accepte avec réticence l'assimilation des anamorphes de certains
Eupenicillium avec des espèces de Penicillium connues sous leur seule forme co-
nidienne : ainsi P. velutinum serait l'anamorphe d'E. stolkiae, P. simplissimum
celle d'E. javanicum, etc.; les termes de «similar», «agrees well», «identical», qui
appuient ces propositions ne sont pas absolument satisfaisants, alors qu’il s’agit
d'exprimer les étapes du cycle d'un ascomycéte par ailleurs bien défini. Sans
méconnaitre les tendances actuelles de la systématique en vue de retrouver, sous
la diversité des expressions morphologiques, l'identité d'organismes à cycle com-
plexe (l'holomorphe déguisée sous la téléomorphe ou les anamorphes), il. de-
meure, très probablement, que dans la pratique du laboratoire, un Penicillium
est un Penicillium, et un Eupenicillium reste un Penicillium ascosporé.
C'est pourquoi on souhaiterait vivement que soient réunis en un seul ouvrage
les travaux des équipes du C.B.S. sur les Eupenicillium, les Talaromyces, et les
Penicillium «imparfaitsy dont plusieurs groupes ont déja été révisés par leurs
soins. Nul doute qu'il soit accueilli avec satisfaction, comme «la» monographie
moderne, dans la ligne d'une longue et fructueuse tradition, propre à satisfaire à
la fois l'esprit des chercheurs et la pratique du laboratoire.
Jacqueline Nicot
Source : MNHN., Paris
405
TABLES DU TOME 4 — 1983
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cetes) s AR. UR des 236 Т
BARKAULT G. — voir SY A.A.
BERTAULT R.— Cortinarius herculoides nov.sp. «eee ee 51
BERTHELAY S. — voir GUILLAUMIN J.J.
BHAT D.J. — voir SUBRAMANIAN C.V.
В1СЕГ.ОЎ/ Н.Е. — $оте с!атр1езз 5ресїеёз оЁСЇйосуЬе. ................. 95
BOIDIN J., LANQUETIN P. & GILLES G,
Columnocystis africana sp. nov. (Basi-
diomycetes, Aphyllophorales) 129
BOIDIN J. — voir LANQUETIN P.
BOISSELIER-DURAYLE М.С. — ое саатах chez Pleurotus
ferulae et Pleurotus nebrodensis > pad seu oon
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{Ван арш doke) Eckl Ne NERO EEE RE 165
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le Sud de la France et le Pays Basque espagnol «eiie nnn 173
CHANDRA A. — voir WATLING R.
С1ЁМЕМСОМ Н. — Le revêtement piléique dans le genre Lyophyllum ......:.. 117
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АНАНИЯ у е, кое з р Же dod b shen 60k 6 supa s.a eae eae 79
Source : MNHN. Paris
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@IAL.CC
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MÉMOIRES HORS-SÉRIE DISPONIBLES
NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages : 15 F.
N° 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
No 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (II), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
мо 8 (1966). Catalogue de la Mycothéque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (I) Micro-
mycétes, Macromycétes (première partie). 68 pages : 25 Е.
N9 9 (1967). Table des Matières (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
' 1975) 40p. 10 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DÉPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome |. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome Il. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. :60 F.
Tome |l. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 60 F.
Tome IV. Les Discomycètes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
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