CRYPTOGAMIE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS ©
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNÉE PAR LE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOMMAIRE
G. MALENÇON — A propos de deux Corditubera nouveaux récoltés en
Жм QS TENE USE Ee 1
V. DEMOULIN — Un site remarquable pour ses Gastéromycétes : les grès
rouges permiens du nord du massif des Maures (Var, France). ....... 9
E, HORAK — New taxa of Entoloma (sect. Callidermi) and Pouzaromyces
a RR O ave vellet ER 19
M.E. NOORDELOOS — Studies in Entoloma. 6 — On puc те in
subgenus Leptonia. : А 31
M. MOSER — Cortinarius к Pers. : Fr. and related species... 4
R. BERTAULT — Cortinarius herculoides nov. sp. ................ 51
C.L. ALESSIO — Inocybe pseudograta nov. sp. .................. 55
R. KUHNER — uu de la zone alpine : Genre Lepiota (Pers. : Fr.)
Gray. . 61
A.F.M. REIJNDERS — Le RM E d'Hygrotrama atropuncta
(Pas hi) Singer O ШЫ ЫЫ Кс 71
K. KORHONEN — Observations on nuclear migration and heterokaryoti-
SeHonun Armilland: i S PIC nie ee жаН Мул nee A 79
R. WATLING & A. CHANDRA — Thick-walled basidia in agarics. . . .... 87
Н.Е. BIGELOW — Some clampless species of Clitocybe. ............ 93
D. LAMOURE — A propos de Clitocybe rivulosa (Pers. : Fr.) Kummer. .. 99
L. MARTI & F. MARTI — Leucopaxillus nauseosodulcis (Karst.) Sing &
БИШК лр RR T Ee M UM EI MEE 105
R. SINGER — Acanthocytes in Amparoina and Mycena. ............ 111
H. CLEMENGON — Le revétement piléique dans le genre Lyophyllum. ... 117
Les manuscrits doivent étre adressés à Madame M.F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 4 Fascicule 1 1983
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
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LICATION: Madame J. NICOT
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DIRECTEUR DE LA PUE
\DMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LIN
RÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.F. ROQUEBERT. ÉDITEUR : A.D.A.C
Copvright ©
Bibliothèque Centrale Muséum
Z 3 3001 00227779 5
Source : MNHN, Paris
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CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE
CONTENTS
Tome 4, Fascicule 1, 1983)
G. MALENGON — About two new Corditubera collected in France. . .. . 1
V. DEMOULIN — An interesting locality for Gasteromycetes : the red
permian sandstones from French Mediterranean area (Massif des
Мао Van teet med, La o UR ЖЕ, ФУ КА, Le 9
E. HORAK — New taxa of Entoloma (sect. Callidermi) and Pouzaromyces
Аса ж ыза s amet E NI I Кл чы: 19
M.E. NOORDELOOS — Studies in Entoloma. 6 — On pinkish species in
sbgnya Leptoni ae TESTE DE 31
M. MOSER — Cortinarius raphanoides Pers. : Fr. and related species. .... 41
R. BERTAULT — Cortinarius herculoides nov. sp. ................ 51
C.L. ALESSIO — [nocybe pseudograta nov. sp. «eis 55
R. KUHNER — Agaricales from alpine area : Lepiota (Pers. : Fr.) Gray. .. 61
A.F.M. REIJNDERS — The Abe of Hygrotrama atropuncta
(pec prse Co A POM. ou dic E a "en
K. KORHONEN — Observations on nuclear migration and heterokaryoti-
Cuts PAM Ue ar NES La aed uet 79
R. WATLING & A. CHANDRA — Thick-walled basidia in agarics....... 87
H.E. BIGELOW — Some clampless species of Clitocybe. ....... eS
D. LAMOURE — About Clitocybe rivulosa (Pers. : Fr.) Kummer. ...... 99
L. MARTI & F. MARTI — Leucopaxillus nauseosodulcis (Karst.) Sing &
Suida te oq eS ERE, Bn ‚ 105
R. SINGER — Acanthocytes in Amparoina and Mycena. .......... EE
H. CLÉMENCON — Cortical layer of the pileus in the genus Lyophyl-
lum
Source : MNHN, Paris
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A PROPOS DE DEUX CORDITUBERA NOUVEAUX
RÉCOLTÉS EN FRANCE
par G. MALENCON*
RÉSUMÉ. — Deux hypogés inédits récoltés dans la Région parisienne par M. H. ROMA-
GNESI, sont ramenés l'un et l'autre au genre Corditubera P. Hennings et décrits comme
Corditubera romagnesii sp. nov. et Corditubera gallica sp. nov, La discussion conduit à
rattacher aux Corditubera les Leucophileps sens. Fogel, y compris les Cremeogaster Matti-
rolo. La question de la place des Leucogaster dans cet ensemble est posée.
SUMMARY. — Two hypogeous fungicollected by H. ROMAGNESI in the region of Paris,
are rapported to the genus Corditubera P. Hennings and described as new species named
C. romagnesii and C. gallica. The respective systematic positions of Corditubera, Leuco
phleps sens. Fogel, Cremeogaster Mattirolo and Leucogaster are discussed.
Notre éminent collégue et ami M. H. ROMAGNESI nous ayant confié pour
examen deux Gastéromycétes hypogés recueillis par lui prés de Paris à des
dates espacées, chacun dans une station différente et chaque fois en un unique
exemplaire, qui n'évoquaient ni l'un ni l'autre aucun élément habituel de la flore
hydnologique du Nord de la Loire, nous avons tenté d'en percer l'identité.
Plus délicate qu'il n'y paraissait tout d'abord, cette recherche a révélé que,
par une surprenante coincidence, ces Hypogés appartenaient tous deux à un
méme genre fort rare ou tout au moins méconnu, sans répondre par surcroit à
aucune des quelques espèces susceptibles de lui être rapportées. Ce qui nous
conduit à créer pour eux deux nouveautés que nous allons nommer, décrire,
et discuter ici.
CORDITUBERA ROMAGNESII sp. nov.
«Hypogé récolté déterré le long d'un chemin dans une pinède très sableuse-
siliceuse de la Forét d’Ermenonville près de Thiers-sur-Thève (Oise) le 13 août
+ 50700 Valognes, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
G. MALENCON
1968. Impossible de voir des basides. Les spores, rondes, semblent lisses pour la
plupart mais quelques-unes, sans doute plus müres, montrent une ornementation
échinulée incontestable : 8,5-1lum. Péridium ellipsoide un peu aplati, d'un
brun-roux, trés finement pustuleux à l'extérieur par de petites masses pelu-
cheuses concolores: écorce blanc-jaunâtre. Gleba constituée par de petites
logettes en forme de vessies gélatineuses d’un jaune verdâtre très sale» (H.
ROMAGNESI in litt.).
Description : Fructification ellipsoide un peu déprimée de la taille d'une
grosse noisette [Corylus avellana L.) sans trace d'attache; pleine, sans columelle
ni cavité centrale ou logettes creuses, Péridium non séparable, simple, homogène,
à surface mate et brun-roux terne, épais de 400-500um (à sec) à section blanc
jaunâtre, comprimé et comme feuilleté par la dessiccation, imprégné en périphérie
sur une épaisseur de 125-150um d'un pigment résinoïde brun-fauve qui déter-
mine une pseudo-cuticule cornée, noirâtre et brillante à la coupe. En soi-même,
il se réduit à une forte enveloppe continue d'hyphes de 3-5um de large à paroi
mince non ou peu gélifiée. ni amyloïdes, ni congophiles ou cyanophiles, enche-
vétrées en plexus confus tangentiellement étiré. Seuls ses éléments superficiels,
reliés au mycélium environnant dont on aperçoit quelques vestiges, sont un peu
plus larges (5-Sum diam.) et plus distincts, bouclés aux cloisons, à paroi renfor-
cée et cette fois congophile-cyanophile, brunie chez beaucoup d'entre eux
par le pigment cuticulaire.
A la base de cette unique enveloppe, les éléments restent les mémes, toujours
bouclés, mais l'étirement tangentiel fait place à une trame confuse légère, plus
gélifiée, bientôt organisée en cordonnets corémioïdes entrecroisés qui déter-
minent dans l'ensemble de la gleba un entrelac compliqué de veinules plus où
moins importantes, entre les mailles duquel apparaît une moucheture de points
ambrés, Ceux-ci, clairsemés en périphérie mais de plus en plus nombreux vers
l'extérieur du fruit, correspondent à autant de nodules fertiles. Pris individuelle.
ment ce sont des corps pleins à contours flous, d'un roux sale un peu translu-
cide, cornés à sec, páles et gélatineux quand imbus, grossièrement arrondis sous
un diamétre théorique de 80 4 100Hm mais souyent coalescents ou confluents
en masses difformes qui peuvent atteindre jusqu'à 400um en tous sens, Nés
en toute indépendance les uns des autres, sans cavité apparente, ils se présen-
taient dans l'état de maturité de notre unique spécimen, comme des agglomérats
compacts de spores máres, plongés à méme la trame matricielle qui entourait
simplement chacun d'eux d'une mince enveloppe filamenteuse, bouclée aux
cloisons de ses hyphes. Quant aux spores, libérées de toute attache par la dif-
fluence hyménienne, la présence de tétrades relictuelles visibles dans quelques
nodules et les boucles observées aux éléments du péridium et de la gleba, au-
torisent à y reconnaitre des basidiospores. Celles-ci, en majorité globuleuses
et rarement obpiriformes ou ellipsoides, à bref col hilaire saillant de 1-1,5um,
dépourvues de coque gélifiée ou de couronne d'hyphes nourriciéres, montrent
une membrane épaisse de 0,6-0,8um incolore puis ocre påle, fortement congo-
phile-cyanophile, qui passe au fauve vif avec l'iode (Melzer); longtemps lisse, elle
apparait sur le tard hérissée d’aiguillons tronqués hauts de 0,5-1um, serrés à
Source : MNHN. Paris
CORDITUBERA NOUVEAUX E
raison de 30-35 par circonférence sporale et, à complète maturité, ces spores
mesurent, ornements compris et selon leur profil : 9-10, 8-(11,8)um de diamètre,
ou 9-10 x 8,8-9,2um,
Aucune trace de capillitium n'a été relevée mais, dans l'étendue de la fructi-
fication et surtout dans l'épaisseur du péridium, circulent en toute indépendance
des hyphes variqueuses grdles (environ Sum diam.) à contenu dense et chromo-
phile. ramifiées en réseau lâche et capricieux qui, devenues vides avec l'âge,
persistent en éléments rígidiuscules cyanophiles brun clair, emprisonnés dans la
masse ni colorée ni colorable des tissus environnants,
CORDITUBERA GALLICA sp. nov.
«Un échantillon récolté au milieu d'une touffe de Polytrichum formosum
Hedw. dans une hêtraie mêlée de charmes et de chênes de la Forêt de Compiègne
(Oise) le 21 septembre 1975. Sur le frais, cortex dur, roux, excorié en plaques
plus où moins arrondies. Gleba mucilagineuse, jaune roussátre ou verdatren.
(H. ROMAGNESI in sched.)
Description : Fructification ellipsoide peu déformée d'environ 20 x 14mm,
glabre, mate, roux obscur, à gleba très gélifiée et contractée à sec, doublant le
péridium d’un enduit continu, adhérent, corné, noirâtre au premier aspect, en
réalité brun café ponctué de plus sombre s. |. et translucide sous mince épaisseur
Dans ses traits essentiels cette récolte rappelle beaucoup le Corditubera
romagnesit décrit au chapitre précédent, en plus âgé peut-être et plus gélifié,
mais avec la même simplicité de structure. C'est un tubercule plein, sans colu-
melle ni logettes creuses, d'extérieur roux sombre parsemé de quelques plaques
d'une exsudation résinoïde brun-jaune à cassure brillante, qui enferme une gleba
amorphe de nodules pleins répartis sans ordre apparent. Péridium simple, adné,
réduit à un cortex monostrate homogène, épais de 500-600um, à section blanc
ocré, aux hyphes minces, bouclées, larges de 3-4um, passant à 5-6um en péri-
phérie où leur paroi s'épaissit et se gélifie plus ou moins profondément: toutes
couchées de façon assez régulière en enveloppement péricline continu et se
montrant ni cyanophiles, ni congophiles, ni amyloides, En surface on rencontre
de place en place les marques de l'exsudation résinoide et, à la base de ce
cortex, une mince ligne d'éléments vasiformes larges de 6 & 84m, ramuleux,
sinueux ou spiralés, bientôt vides, rigidiuscules et cyanophiles, souligne sa limite
inférieure approximative. Au-dessous et sans délimitation précise, la gleba
apparaît avec des hyphes également bouclées mais plus fines (3um diam.) en
grande partie gélifiées. Tout d'abord périclines comme le cortex dont elles
viennent à peine de se détacher, elles se groupent en faisceaux indépendants
qui. s'infléchissent et s'entrecroisent en s'engageant vers l'intérieur du fruit où
elles forment un réseau aux mailles vite chargées de locules fertiles. Ceux-ci,
ellipsoïdes-arrondis où modérément lobulés, atteignent - au stade où nous
avons pu les étudier - 150-180 x 80-110um et sont entièrement remplis par une
masse compacte de spores mûres, sans le moindre vestige persistant d'hyménium.
Source : MNHN, Paris
4 G. MALENCON
Agglutinées par un léger mucus provenant sans doute de la lyse hyménienne
mais convenablement regonflées et dispersées, les spores apparaissent hyalines
en vue isolée, jaune ambré en masse, et passent au jaune fauve ou au fauve-roux
dans l'iode (Melzer). Globuleuses ou sub-globuleuses, d'un diamètre de 7,5-
lOum (le plus souvent 8,5-9um) avec ип ће basilaire poriforme ou à peine
saillant, elles sont limitées par une membrane très congophile épaisse de 0,4-
0,6um, à première vue parfaitement lisse mais en réalité couverte de spinules
hautes de 0,3-0,4um dont on peut approximativement dénombrer 60 à 70
par contour sporal.
Pas de capillitium, sinon quelques vestiges indurés des hyphes vasiformes
de la base du péridium.
Comparés l'un à l'autre les deux Hypogés dont la description précède, appa-
raissent liés par un large ensemble de caractères communs qui les font apparaître
comme des Gastéromycétes rudimentaires tubériformes, indéhiscents, à péri-
dium filamenteux monostrate adné, gleba fruste et compacte, dépourvue de
columelle, organisée en faisceaux mycéliens entrecroisés où s'élaborent des
ilots fertiles sans hyménium défini dont les éléments diffluent en abandonnant
des spores arrondies subhyalines ou peu pigmentées, fauves dans Piode, et
hérissées de spinules. Des hyphes hyalines, bouclées et gélifiantes, mélées de
quelques éléments vasiformes constituent l'essentiel de l'appareil végétatif où
l'on n'observe aucun capillitium véritable.
Cette étroite similitude n'échappe en fait à l'identité qu'au niveau des spores,
assez volumineuses et nettement échinulées dans le Corditubera romagnesii,
d'un diamétre un peu plus modeste avec des ornements beaucoup plus fins,
plus nombreux et plus difficiles à distinguer chez le Corditubera gallica. Ce
qui permet de conclure à deux espéces distinctes mais trés proches, appartenant
à un seul et méme genre. Celui-ci, à l'analyse, s'est révélé presque conforme à
Cremeogaster Mattirolo (1924), créé pour des Hypogés basidiosporés élémen-
taires semblables aux nôtres, mais à spores malheureusement lisses. Cependant,
et même en écartant cette dernière affirmation que l'on sait aujourd'hui erronée,
aucun des deux Cremeogaster connus ne pouvait répondre à nos spécimens :
le Cr. levisporus Matt. du fait de ses spores ellipsoides de 11,5 x 7,4um, le Cr.
klikae Matt.' en raison de leur trop petite taille : 5-7 x 3-5um. C'est alors qu’en
recherchant l'existence possible d'un genre similaire mais décrit dés l'origine
avec des spores ornementées, nous avons abouti à Corditubera P. Hennings
(1897) qui répondait au mieux à cette exigence. Établi pour un Corditubera
staudtii P. Henn. du Cameroun, ce genre était resté monospécifique? et tota-
1. Aujourd'hui A poua klikae (Matt.) JM. Trappe (1976, pp. 303-304).
2. En dépit de l'opinion contraire de ZELLER (1948, p. 640), nous excluons ici le Cordi-
tubera microspora v. Hôhnel (1908) (= Hólnelogaster H. Lohwag, 1926) de Java, que sa
Fase nettement marquée, sa gleba à columelle ramifiée, et son péridium pseudoparenchyma-
teux, écartent résolument des Corditubera, Malgré l'absence du type : Corditubera staudrii
(égaré?), la description originale de P, HENNINGS (1897) et les figures qui l'accompagnent
sont suffisamment explicites pour définir le genre Corditubera avec clarté et lui maintenir
sa validité
Source : MNHN, Paris
CORDITUBERA NOUVEAUX 5
lement oublié lorsque V. DEMOULIN et D.M. DRING l'ont repris en 1975 pour
y placer un Corditubera kivuensis sp. n. du Zaire auquel ces deux auteurs ad-
joignent en même temps un Gorditubera bovonei (Matt.) Demoulin et Dring
comb, nov. basé sur le Scleroderma bovonei de Mattirolo.
Tel que nous l'a montré le type. le Corditubera kivuensis, par son apparence
~ générale, son volume, sa structure, ses spores sphériques de 7,5-10um ornées de
verrues coniques hautes de 0,5um, ressemble de telle façon au Corditubera
romagnesii qu'il le rejoindrait entièrement si ses spores n'étaient d'un brun franc
s. l. et ses hyphes dépourvues de boucles. En dépit de ces différences dont la
faible valeur au niveau générique n'échappe pas, la similitude atteint ici un tel
degré et, parallèlement, la limite entre Corditubera et Cremeogaster devient si
ténue et si subjective qu'elle n'a visiblement plus aucune raison d’être et que le
genre de MATTIROLO doit s'effacer. Sans y forcer, la conclusion se dégage
d'elle-méme de tout examen impartial et a d'ailleurs été récemment exprimée,
non pas toutefois au bénéfice de Corditubera comme on aurait pu le croire
mais, par une premiére approche vers la véritable solution, à l'avantage de Leuco-
phleps Harkness (1899).
Dans une excellente mise au point, FOGEL (1979) écarte ces Hypogés des
Melanogastraceae et établit à leur intention un Ordre indépendant des Leuco-
gastrales comprenant une Famille des Leucogastraceae F. Moreau avec, comme
genres, Leucogaster caractérisé par ses spores alvéolées enfermées dans un sac
périsporique dilaté, et Leucophleps où l'ornementation sporale demeure au
contraire incluse dans une périspore d'épaisseur variable, Ainsi précisé, Leuco-
phleps accueille en synonymie Cremeogaster Matt. dont on n'ignore plus -
comme dit plus haut - que les spores sont spinuleuses méme, en dépit de son
épithète spécifique, chez le Cremeogaster levisporus type du genre.
Cette mise en synonymie tout à fait justifiée demeure pourtant incomplète
car, s'il est bien exact que Leucophleps doit absorber Cremeogaster, il est
tout aussi réel comme on vient de le voir, qu'il s'identifie et se subordonne
lui-même à Corditubera malgré les spores plus colorées de ce dernier. Semblables
alors entre eux, les trois genres dont nous parlons n'en font évidemment plus
qu'un seul et, comme Cremeogaster date de 1924, Leucophleps de 1899 et Cor-
ditubera de 1897, il est clair, en raison de son antériorité, que la priorité revient
de droit à Corditubera, avec la charge corollaire de modifier la hiérarchie et
l'appellation des genres ou espèces concernés de la manière suivante :
CORDITUBERA P. Hennings, Engl. Bot. Jahrb., 23 : 557, 1897.
= Leucophleps Harkness, Proc. Calif. Acad. Sci, Bot. II, 1 + 257-259, 1899
= Cremeogaster Mattirolo in C.G, LLOYD, Mycol, Writ., 7, n° 1278, 1924
Espéce-type : Corditubera staudtii P. Hennings (1. c.)
Corditubera magnata (Harkness) n. comb. Basionyme Leucophleps magnata Harkness
(1. с. 1899)
Corditabera levispora (Matt.) n. comb. Basionyme Cremeogaster levisporus Mattirolo in
C.G. LLOYD (1. c.)
Corditubera kivuensis Demoulin & Dring 1975 (1. c.)
Corditubera bovonei (Matt.) Demoulin & Dring 1975 (1. с.)
Source : MNHN. Paris
6 G. MALENCON
Corditubera spinispora (Fogel) n. comb, Basionyme Leucoplileps spinispora Fogel 1979 (Le.)
Corditubera aculeatispora (Fogel) n. comb. Basionyme + Leucophleps aculeatispora Fogel
1979 (1. c.)
Corditubera romagnesii G. Malengon 1983.
Corditubera gallica G. Malengon 1983
La liste qui précède ne saurait prétendre à être exhaustive car la différence
de structure sporale - avec ou sans sac périsporique - par laquelle FOGEL (l. c.)
sépare ses Leucophleps des Leucogaster ne semble pas posséder la valeur qu'il
lui attribue et laisse la place à d'autres regroupements possibles. Loin de reposer
sur deux morphologies antagonistes, elle n'exprime en effet que deux étapes
successives, donc liées entre elles, de l'évolution normale des ornements des
basidiospores. Chez nombre de celles-ci, rappelons-le, les verrues, épines ou
réseaux, s'élaborent lentement au sein d'une périspore, gélifiée ou non, dans
une position intratégumentaire dont la destruction tardive de l'ectospore qui
les recouvrait jusque-là les dégage à maturité. Les Agarics, et plus encore les
Gastéromycétes (Battaraea, Lycoperdon, Calvatia, Bovista, Geaster, etc.), en
fournissent d'abondants exemples dont COKER & COUCH (1928) ont donné
depuis déjà plus d'un demi-siècle d'excellentes figures. Mais ce thème très
général a ses exceptions et ses variantes. Ainsi, l'ectospore peut ne pas se détruire
et rester en place, auquel cas les ornements demeurent inclus, visibles ou non
pär transparence, sous un contour sporal lisse (Chondrogaster pachysporus,
Hymenogaster maurus). Ailleurs l'ectospore, au lieu de s'exfolier ou de rester
apprimée, se dilate et se décolle en sac persistant autour du sporoide à la surface
duquel elle abandonne les ornements quand il y en a. C'est le cas des Leucogaster
sens. Fogel, de quelques Agarics (Coprinus lanii) et surtout de la plupart des
Hysterangium. Ce qui permet, dans l'Hysterangium cistophilum où les spores
sont verruqueuses (MALENCON, 1974-1975) de rencontrer sans difficulté,
dans un même spécimen, des spores aux vérrues maintenues contre le sporoide
dans la position «Leucophleps» par une ectospore restée en place et d'autres
où ces verrues apparaissent libérées - entièrement ou en partie - sous un sac
ectosporique dilaté à la maniére des Leucogaster sens. Fogel Cette coexistence
des deux formules, visible ici non seulement dans un méme individu mais sur
une seule et méme spore selon la face où on l'observe, rend on ne peut mieux
compte de l'extréme faiblesse du caractère différentiel par lequel on voudrait
aujourd’hui séparer Leucophleps, autrement dit Corditubera, de Leucogaster
sens. Fogel Et cestprécisément cette faiblesse ou, pour mieux dire, tout l'illusoire
de cette barrière générique, plus frappante à la vue que réelle en soi, que nous
tenions à faire ressortir en terminant le présent travail. Car, en révisant dans
cette optique l'ensemble des Leucogaster sens Fogelet en pensant comme ilcon-
vient la juste valeur de leur morphologie sporale à la mesure des précisions
rappelées plus haut, il est possible que beaucoup d’entre eux rejoignent les
Corditubera. A tout le moins saura-t-on s'il conviendra de leur laisser désormais,
et valablement, leur autonomie, où s'il ne sera pas plus justifié - ou moins arti-
ficiel - de les regrouper par commodité dans une simple Section du genre de
HENNINGS.
Source : MNHN, Paris.
CORDITUBERA NOUVEAUX 3
CORDITUBERA ROMAGNESII sp. nov.
(honoris causa ad egregium mycologum H. Romagnesi dedicata).
Ellipsoidea, paulum depressa, magnitudine grandis avellanae, sine basi neque ligamento
manifesto, extus glabra, subrugosa et e rufa brunnea. Peridio confluente, monostrato, 400-
500Шт crassa, sectione albida, confuse filamentoso, hyphis hyaline paulum gelatis, 3-5um
latis, fibulatis, superioribus exsudatione resinoidea e fulva brunnea, sordida, onustis, Gleba
compacta, sine columella, ex implexione resticularum mycelianarum hyphis fibulatis qua-
rum inter maculas formantur noduli fertiles rotundi, gelati, vivi e sordide viridulis lutei,
cornei sicci e succinatis rufi, lymenio diffluente. Sporis singularibus subhyalinis, in massa
pallide ochraceis, iodi ope vivide fulvis, globosis, 9-10,8.(11,8)um, raro obpiriformibus,
9-10 x 8,8-9,2Um, maxime echinulatis, tunica ad 0,6-0,8m incrassata. Capillitio nullo.
Hab, — In pineto sabuloso siliceo, in silva Ermenonville (in Gallia, Oise), 13.VIII.1968.
Leg. H. ROMAGNESI. Holotypus : Herb. ROMAGN. n? 68.108.
CORDITUBERA GALLICA sp. nov.
Dura, ellipsoidea, circiter 20 x 14 mm, glabra, rufa, nonnulis laminis resinoideis consper-
sa. Peridio simplo, confluente, 500-600gm crasso, sectione ex ochracea alba, filamentoso
periclini hyphis. fibulatis, 3-4Um latis, paulo. latioribus ac resiniferis in superficie. Gleba
compacta, sine columella neque loculis, viva mucosa et e rufula lutea, sicca cornea ac obs:
cure brunnea, in resticulas filamentosas hypharum fibulatarum in densum reticulum imple:
xarum. Nodulis fertilibus sparsis, permultis, ellipsoideis vel subglobosis, hymenio diffluente.
Sporis singularibus hyalinis, in massa e succinatis luteis, iodi ope e fulvis luteis, globosis
vel subglobosis, 7,9-10pm, tunica 0,4-0,6Hm crassa, tenuibus spinulis 0,3-0,4pim altis,
densissimis ac parum manifestis ornatis. Capillitio nullo.
Hab. — In crista Polytrichi formosi Hedw., in silva Compiègne (in Gallia, Oise) sub
Fagis, Carpinis, Quercubus mixtis, 21.1X.1975. Leg. H. ROMAGNESI. Holotypus in Herb.
ROMAGN. n? 72.244.
REMERCIEMENTS
Nous sommes heureux d'exprimer ici notre vive gratitude à nos collègues MM. V. DE
MOULIN (Liège), P. HEINEMANN (Bruxelles), P. JOLY (Paris), R.P. KORF (Ithaca) et
JM. TRAPPE (Corvallis), pour la documentation et les informations que nous leur devons;
ainsi qu'aux National Fungus Collections (Beltsville, U.S.A.) et au Jardin Botanique National
de Belgique (Meise - Belgique) dont la généreuse obligeance a mis à notre disposition les
types indispensables à la présente étude.
M. H, ROMAGNESI est particulièrement remercié pour le matériel de base qu'il nous
a fourni et pour la rédaction latine des espéces nouvelles, qu'il a assurée avec son amabilité
habituelle et l'érudition que nous lui connaissons tous.
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Source : MNHN. Paris
UN SITE REMARQUABLE POUR SES GASTÉROMYCETES :
LES GRÈS ROUGES PERMIENS
DU NORD DU MASSIF DES MAURES (VAR, FRANCE)
par V. DEMOULIN*
RÉSUMÉ. — Liste commentée des Gastéromycétes récoltés dans un site remarquable de
la région méditerranéenne française.
SUMMARY. — Annotated list of Gasteromycetes from an interesting locality in the French
Mediterranean area.
Lors d'un voyage de récolte de Gastéromycétes dans la région méditerra-
néenne occidentale en 1968, M. G. CLAUZADE, excellent connaisseur de la
nature provençale, avait attiré mon attention sur la zone de grès rouges permiens
située au nord du massif des Maures. Cette zone, qui s'étend de Toulon à
Fréjus, offre des paysages particulièrement remarquables dans la vallée de
T'Aille au SE du Luc.
La végétation forestière clairsemée est caractérisée par l'abondance de Quer-
cus suber et Pinus pinea, maïs ce sont surtout les espaces ouverts où alternent
des dalles de grès et des dépressions remplies de sables grossiers qui sont d’un
grand intérêt botanique. Les environs du carrefour de la N 558 et de la D 48
sont notamment célèbres comme unique localité de Ranunculus revelieri en
France continentale. Les zones humides relevant de l'Isoetion et qui ont contri-
bué à la renommée de ce site ne sont pas favorables aux Gastéromycètes, mais
il n'en va pas de même des zones plus sèches à mousses, lichens. géophytes et
thérophytes (Helianthemion guttati) voire des groupements à Cistus monspe-
liensis et Lavandula stoechas.
* Département de Botanique B. 22, Université de Liège (Sart Tilman), B-4000 Liège I,
Belgique.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
10 V. DEMOULIN
On trouvera une description de la végétation phanérogamique de cette zone
dans BOUCHARD (1951) ainsi que dans le compte rendu de l'excursion en
Provence de l'Association Internationale de Phytosociologie (MOLINIER et al.,
195
Par la présente liste commentée des Gastéromycètes récoltés, nous espérons
contribuer non seulement à la connaissance de ce groupe de champignons
en région méditerranéenne, mais également attirer l'attention sur un site dont
l'intérêt touche à des domaines variés de la flore et de la végétation et qui devrait
donc faire l'objet d'une protection particuliére.
Nous avons visité le site en novembre 1968, octobre 1969, janvier et octobre
1972, octobre 1974 et novembre 1982. Des récoltes de Gastéromycétes ont
été effectuées dans les six localités principales suivantes que nous désignerons
par les numéros 1 à 6 :
Sortie du Cannet des Maures, sur la route de La Garde-Freinet (N. 558).
La Haute Verrerie, au SE du Cannet des Maures, sur la même route.
Entre la Haute et la Basse Verrerie, toujours sur la même route.
La Basse Verrerie, près du pont sur l'Aille, encore sur la méme route.
Aux environs du carrefour de la N. 558 (Le Cannet des Maures - La Garde-Freinet) et
de la D. 48 (Vidauban - La Garde-Freinet).
6. A L,5 km au S du Muy, près du carrefour de la N. 555 (ex D. 25, Ste-Maxime - Le Muy)
et de l'A. 8.
esse
Les observations microscopiques ont été faites dans les mêmes conditions
que pour nos travaux antérieurs (e. a. DEMOULIN, 1968; CALONGE et DE-
MOULIN, 1975), que l'on consultera éventuellement pour une description plus
complète des espèces mentionnées. Rappelons notamment que les mesures
de spores sont effectuées dans le lactophénol-bleu coton et s'entendent à
l'exclusion de l'ornementation. Les abréviations «s. n.» et «loc.» signifient
respectivement «sans numéro» et «localité». Tout le matériel cité a été récolté
par nous-méme et est déposé dans l'herbier du Département de Botanique de
l'Université de Liège (LG).
La nomenclature a été mise en conformité avec les décisions du congrés
de Sydney (1981), notamment par l’utilisation du signe « :» indiquant qu'un
nom a été «sanctionné» dans le Synopsis fungorum de PERSOON.
SCLERODERMATALES
Sclerodermataceae
Scleroderma cepa Pers. (Syn. : S. flavidum Ell. et Ever., S. laeve C. Lloyd, S.
albidum Pat. et Trabut )
Loc. 1, 29.10.1969, s. n., zone ouverte parmi les Cistus monspeliensis. Loc. 2, 29.10.
1969, s. n., dans l'herbe. Loc. 3, 29.10.1969, s. n., dans l'herbe entre Lavandula stoechas
et Cistus monspeliensis. Loc. 4, 11.11.1968, 3805, dans la mousse, l'herbe et les thérophytes
(e. a. Nigella), avec Cladonia foliacea, entre des Cistus monspeliensis et Lavandula stoechas.
Ibid., 8.1.1972, 4250, zone à mousses, lichens, thérophytes et géophytes entre des dalles
Source : MNHN, Paris
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES 11
de grès. Loc. 5, 11.11.1968, 3809, dans la mousse et les thérophytes entre Cístus monspe-
liensis et Lavandula stoechas. Ibid., 19.10.1972, s. n., forêt claire de Quercus suber.
Les spécimens sont d'assez petite dimension (max. 5 em pour un exemplaire
ouvert), avec une déhiscence du péridium en étoile bien nette et une couleur
dominée par le jaune. Les spores varient dans un même carpophore entre 8 et
13um de diam. Elles sont mélées à des spores avortées, comme c'est souvent
le cas chez cette espéce, et leurs verrues sont trés fortes (sauf pour la récolte
du Cannet-des-Maures, où très peu de spores subsistent). Dans ce dernier cas,
c'est peut-être parce que seules quelques spores produites en fin de développe-
ment du carpophore sont présentes que celles-ci sont anormales.
Il est à noter que notre concept de S. cepa correspond chez GUZMAN
(1970) à trois espéces (S. cepa, S. laeve et S. albidum) qui se distingueraient
par la dimension des spores. Notre expérience est qu'une telle distinction est
inconsistante et que, si S. cepa était réellement une espéce collective, d'autres
caractères que la dimension très variable des spores devraient être mis en évi-
dence.
Scleroderma meridionale Demoulin et Malençon
Loc. 5, 30.10.1969, 3864, sol caillouteux à recouvrement lichénique (Cladonia, Corni-
cularia) avec Iris chamaeiris.
Récolte abondante, paratype (DEMOULIN et MALENÇON, 1971). Les
carpophores ne poussant pas dans du sable fin, la base mycélienne est ici moins
spectaculaire que lorsqu'ils se développent dans les dunes littorales qui consti-
tuent un des habitats les plus fréquents de cette espèce.
Scleroderma polyrhizum (J.F. Gmel.) Pers.
(Syn. : S. geaster Fr.)
Loc. 5, 19.10.1972, 4612, sous Quercus suber.
Bel échantillon de 9 cm de diamètre, à ouverture stelliforme.
Pisolithus tinctorius (Pers.) Desv.
(Syn
: P. arhizus (Scop. : Pers.) Rauschert)
Loc. 5, 30.10.1969, 3865, sol caillouteux à recouvrement lichénique (Cladonia, Cor
nicularia) avec Iris chamaeiris.
Six spécimens de dimension modérée (jusqu'à 6 cm de diam. et à base mycé-
lienne moyenne (jusque 5 cm).
Astraeaceae
Astraeus hygrometricus (Pers.) Morg.
Loc. 1, 25.10.1969, s. n., zone ouverte parmi les Cistus monspeliensis. Loc. 5, 8.1.1972,
4249, zone à mousses, lichens, thérophytes et géophytes entre les dalles de grès. Loc. 6,
13.11.1982, zone moussue entre les Cistus monspeliensis.
Cette espéce est abondante dans toute la région et n'a pas été systématique-
Source : MNHN, Paris
Fig. 1. — Paysage typique de la zone étudiée, aux environs du carrefour de la N. 558 et de
la D. 48 (localité 5) (8 janvier 1972)
Fig. 2. — Zone à lichens, thérophy
localité 5, le 30 octobre 1969)
tes et géophytes, avec Scleroderma meridionale (nO 3864,
Source : MNHN, Paris
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES a
ment récoltée
MELANOGASTRALES
Torrendiaceae
Torrendia pulchella Bres:
Loc. 5, 11.11.1968, 3808, zone d'arénes nues entre des Cistus monspeliensis, sous
Pinus pinea, cn compagnie d'Astraeus. Loc. 6, 13.11.1982, 6384, 6385, zone moussue
entre des Cistus monspeliensis, en compagnie d'Astraeus.
La récolte 3808 ne comporte que quelques exemplaires immatures. Par
contre, les numéros 6384 et 6385 comprennent de nombreux carpophores à
divers stades de développement. Nous avons ainsi pu observer que la tête était
d'abord blanche puis grise. La volve blanche, fragile n'était visible que sur les
jeunes exemplaires. L'odeur était fruitée.
Décrit en détail par MALENÇON (1955), ce champignon remarquable est
traditionnellement placé parmi les Melanogastrales en raison de sa gléba non
pulvérulente. A la suite de BAS (1975), nous serions toutefois tenté d'en faire
le pendant sécotioide des amanites.
Les récoltes des Maures viennent compléter la distribution de cette espéce
connue du Portugal, des régions océaniques de l'Afrique du Nord, des Landes
(BELLER et BON, 1966) et de Corse *
Il semble done qu'il s'agisse d'un champignon lié à des régions ouest-médi-
terranennes et sud-atlantiques à sol acide et à pluviosité assez élevée, c'est-
dire celles oà le chéne-liége est à son optimum.
LYCOPERDALES
Geastraceae
Geastrum minimum Schwein.
Loc. 4, 11.11.1968, 3806, dans la mousse, l'herbe et les thérophytes (e. a. Nigella), avec
Cladonia foliacea, entre des Cistus monspeliensis et Lavandula stoechas.
Comme c'est souvent le cas sur sol pauvre en calcaire, les échantillons ne
présentent que peu de cristaux sur l'endopéridium.
Lycoperdaceae
Arachnion lloydianum Demoulin
Loc. 5, 30.10.1969, 3866 (paratype), zone a thérophytes et géophytes. Ibid., 8.1.1972,
* Prés du port de Chiavari au S d'Ajaccio, 14.10.1972, V. DEMOULIN 4565, pelouse en
lisière d'ur. bois de Quercus suber, récolte citée dans le compte rendu du congrès de la
Société mycologique de France a Ajaccio (7-15 octobre 1972, Bull. Soc. mycol. France,
LXXXIX (2) :C, 1973).
Source : MNHN, Paris
14 V. DEMOULIN
4248, zone à mousses, lichens, thérophytes et géophytes entre les dalles de grès. Ibid.,
19.10.1972, s. n., zones à mousses et thérophytes sur blocs de grés. Ibid., 13.11.1982,
6380, détachés sur une zone moussue entre les dalles de grès.
Au moment où nous lavons décrite (DEMOULIN, 1972), cette espèce
n'était connue que par une récolte d'Italie et le n9 3866. Elle a depuis été
trouvée en Corse prés de Porto Vecchio (*).
La récolte du 19.10.1972 comprend des exemplaires jeunes et âgés, les
autres uniquement des exemplaires âgés, qui comme chez les Disciseda et cer-
tains Bovista ont tendance à se détacher du substrat et à se comporter en «rou-
leuse de steppe». Les locules de la gléba, délimités par une membrane persistante
et constituant les diaspores dans le genre Arachnion, s'en trouvent d'autant
mieux disséminés.
Bovista aestivalis (Bonorden) Demoulin
(Syn. : Lycoperdon cepaeforme Bull.; L. polymorphum Vitt.: L. pusilliforme
Kreisel),
Loc. 1, 29.10.1969, dans la mousse parmi des Cistus monspeliensis et dans la mousse
parmi les Thymus vulgaris. Loc. 5, 30.10.1969, 3866 bis et 3867, zone à thérophytes et
géophytes.
Ce matériel est peu typique, car la subgléba manque sur la plupart des exem-
plaies et n'est que faiblement développée lorsqu'elle est présente. Ceci nous
avait premièrement amené à déterminer ces récoltes Bovista pusilla sensu Kreisel.
En deuxième analyse, il nous paraît toutefois que des spores sublisses consti-
tuent un caractère beaucoup plus fable que le développement de la subgléba,
ce qui nous améne à considérer qu'il s'agit de formes à développement réduit
de Bovista aestivalis, espece dont la plasticité, surtout en région méditerra-
néenne, n’est plus a démontrer (CALONGE et DEMOULIN, 1975; DEMOULIN,
1979). En sus des spores plus verruqueuses chez Bovista pusilla sensu Kreisel,
le capillitium permet de distinguer les deux espéces. Il s'agit toutefois d'un
caractère qui demande de multiples observations, car chez B. aestivalis, le capilli-
tium est dans la partie supérieure de la gleba, très semblable à celui de B. pusilla,
c'est-à-dire fragile et pourvu de pores grands et abondants, Dans les exemplaires
peu développés, cette zone fragile est dominante et les hyphes à parois plus
épaisses et pores plus petits peuvent passer inaperçues. Un examen attentif
permet toutefois de trouver du capillitium typique de B. aestivalis chez plusieurs
spécimens. Ce capillitium présente également des ramifications plus abondantes
et un plus grand contraste entre les troncs principaux et les fines ramifications.
Il est à noter que deux récoltes faites dans les dunes littorales du sud des
Maures (plage des Salins à St-Tropez, 11.11.1968, 3799 et plage de Pampelonne,
30.10.1969, s. n.) se rapprochent beaucoup des échantillons des grès rouges
(*) 16.10.1972, V. DEMOULIN 4595, plantation láche de Quercus suber avec des cistes,
récolte citée dans le compte rendu du congrès d'Ajaccio, cf. Torrendia.
Source : MNHN. Paris
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES 15
mais sont plus typiques de B. aestivalis et présentent une subgléba mieux déve-
loppée bien que toujours réduite.
Calvatia candida (Rostk.) Hollós
Loc. 1, 29.10.1969, dans la mousse parmi les Thymus vulgaris.
Deux carpophores bien mûrs d'environ 3 cm de diamètre. Espèce à subgléba
compacte et gléba cotonneuse, bien caractérisée par ses spores rondes, plutôt
grandes (4,6-4,9-5,2uin), assez verruqueuses et son capillitium abondamment
poré et septé, un peu renflé au niveau des cloisons. Cette rare espéce habite les
régions continentales et méditerranéennes; en France, elle ne nous est connue,
en sus de cette récolte, que de Corse et des Pyrénées-Orientales.
Calvatia excipuliformis (Scop. : Pers., cum em.) Perdeck
Loc. 1, 29.10.1969, 3862, sous Quercus ilex, sol à pH 6,7. Loc. 5, 11.11.1968, 3810,
dans la mousse et les thérophytes, entre des Cistus monspeliensis et Lavandula stoechas.
Ces deux récoltes sont constituées de petits échantillons (diam. max. 4 cm),
ce qui est normal vu la préférence de cette espèce pour les biotopes plus fores-
tiers. Une récolte d'exemplaires beaucoup mieux développés a été faite au lieu-
dit Les Mayons, 11.11.1968, 3801, sous Quercus suber, Erica arborea, Calluna
vulgaris, Cistus monspeliensis, Juniperus oxycedrus, à la limite de la zone des
grès permiens.
Lycoperdon lividum Pers.
(Syn. :L. spadiceum Pers. non Poiret)
Loc, 1, 13.11.1982, 6377 et 6378, pelouse rase.
Espèce fréquente dans les endroits ouverts mais plutôt calciphile. Les grès
permiens sont certainement à la limite de son amplitude écologique.
Lycoperdon perlatum Pers. : Pers.
Cette espèce silvatique abondante dans les environs n'a été trouvée qu’à la
limite de la zone considérée, au lieu-dit les Mayons, 11.11.1968, 3803, sous
Pinus pinaster, Quercus suber, Erica arborea, avec Calluna vulgaris, sol à pH
6,5.
Vascellum pratense (Pers. : Pers., em. Quél.) Kreisel
(Syn. : Lycoperdon hyemale Bull.)
Loc. 1, 29.10.1969, dans la mousse parmi les Thymus vulgaris, ainsi que dans une
zone ouverte entre les Cistus monspeliensis.
De méme que Lycoperdon lividum, cette espéce assez nitrophile semble
indiquer que la localité 1 possède des sols un peu plus riches que les autres
endroits; la présence de Thymus vulgaris confirme d’ailleurs cette particularité.
Source : MNHN, Paris
16 V. DEMOULIN
NIDULARIALES
Nidulariaceae
Cyathus stercoreus (Schwein.) De Toni
Loc. 5, 30.10.1969, 3868, zone à thérophytes et géophytes.
Des trois espéces européennes du genre Cyathus, celle-ci est de loin la plus
rare. Elle semble préférer les régions méditerranéennes et continentales.
PHALLALES
Clathraceae
Clathrus ruber Pers.
Loc. 5, 19.10.1972, 4613, sous Quercus suber. D'après NENTIEN (1924), cette belle
espèce est très courante dans les Maures.
HYMENOGASTRALES
Rbizopogonaceae
Rhizopogon vulgaris (Vitt.) M. Lange
Loc. 5, 11.11.1968, 3807, zone d'arénes nues entre Cistus monspeliensis sous Pinus
pinea, en compagnie d'Astraeus.
Cette récolte a été décrite en détail par RAMMELOO (1971); elle a depuis
été revue par D.R. HOSFORD, avec qui nous sommes en plein accord pour
considérer qu'il s'agit de R. vulgaris typique. Une culture (n° 149; CBS 386.74)
a été établie à partir de ce matériel et a été utilisée par BRESINSKY (1974)
dans sa recherche des dérivés de l'acide pulvinique (caractéristique des boleta-
cées) chez les Rhizopogon. Cette souche présentait de la variégatorubine et un
pigment à rapprocher de la bovinone.
CONCLUSIONS
La zone étudiée se caractérise par un grand nombre de Gastéromycètes
d'endroits ouverts et d’affinité méditerranéenne ou méditerranéenne-continen-
tale, parmi lesquelles plusieurs espèces rares. On remarquera toutefois l'absence
des genres Tulostoma et Disciseda. NENTIEN (1924) avait déjà signalé la rareté
des Tulostoma dans les Maures. L'importance des précipitations dans ce massif
(plus de 1000 m dans la région de Grimaud et entre 900 et 1000 mm dans une
grande partie de la zone étudiée, MOLINIER et al., 1959, fig. 2) est sans doute
à mettre en relation avec la rareté de ces genres trés xérophiles.
Source : MNHN, Paris
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES 17
Des autres régions de la Méditerranée, c'est certainement avec la Corse que la
parenté floristique nous paraît la plus marquée du point de vue des Gastéromy-
cètes. La présence des rarissimes Torrendia pulchella et Arachnion lloydianum
est notamment frappante. Il est vraisemblable que ces espèces ont des exigences
écogéographiques voisines de celles du chêne-liège et caractérisent les régions
à sol acide et pluviosité élevée de l'Ouest méditerranéen. Cette parenté se
retrouve bien d'ailleurs en ce qui concerne l'oetion qui a fait la célébrité
floristique de cette partie des Maures.
La richesse en Gastéromycétes de la zone considérée est un argument supplé-
mentaire pour en demander la protection. Si cette région a été jusqu'à présent
relativement épargnée, on ne peut que s'inquiéter du développement de la «moto
verte», très dommageable aux tapis lichéniques, et surtout de l'extension de la
villégiature qui sécarte de plus en plus des côtes dès à présent saturées. Il est
évident que l'on devrait pouvoir être rassuré sur l'avenir d’un site dont l'intérêt
scientifique se double d'une indéniable valeur paysagère, comme c'est le cas
aux environs du carrefour de la D. 48 et de la N. 558.
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NEW TAXA OF ENTOLOMA (SECT. CALLIDERMI)
AND POUZAROMYCES (AGARICA DES)
by E. HORAK*
SUMMARY. — Six new taxa of entolomatoid agarics are described and illustrated : Ento-
loma peculiare (Brazil), E. henrici (Switzerland), E. pruinatum, Pouzaromyces aureocrini
tus, P. sepiaceobasalis and P. erinaceus (Argentine).
RÉSUMÉ. — Description et illustration de six nouvelles espèces d'Entolomes : Entoloma
peculiare du Brésil, E. henrici de Suisse, E. pruinatum, Pouzaromyces aureocrinitus, P.
sepiaceobasalis et P. erinaceus d'Argentine.
15 TOLOMA (sect. Callidermi Romagnesi)
To accomodate entolomatoid agarics having a cellular pileipellis ROMAGNE-
SI introduced in Entoloma (= Rhodophyllus) the section Callidermi whose few
members exclusively occured in tropical-subtropical habitats in Madagascar and
Central Africa (ROMAGNESI, 1941, 1957; ROMAGNESI & GILLES, 1979).
Subsequently related taxa were discovered in South America (DENNIS, 1970;
HORAK, 1977), North America (LARGENT, 1977) and in several South-East
Asian countries (HORAK, 1980).
In this contribution additional callidermic species are presented from tropical
South America apparently rich in Entoloma having this peculiar structure of the
pileipellis.
The occurrence of É. henrici (named after Henri ROMAGNESI in respect of
his unrivalled contributions to the systematics of pink-spored agarics), a new
taxon from Switzerland, is remarkable for it represents the first record of sect.
Callidermi in temperate Europe. Thus Entoloma belonging to this «exotic» sec-
tion can be found also in localities far beyond the equatorial belt.
« Geobotanical Institute, Herbarium, ETHZ, Universitátsstrasse2, CH-8092 Zürich, Switzerland.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
20 E. HORAK
ENTOLOMA PECULIARE Horak & Corner, sp. nov. (Fig. 1, A-E)
Dileus -12 mm latus, e convexo aplanatus, fuscus, pruinosus. Lamellae emarginatae,
subroseae, acie brunnea instructae. Stipes -20/-1 mm, cylindricus, pallide griseo-azureus,
glaber. Sporae 9-10 x 6-7um, angulatae. Cheilocystidia clavata, pigmento brunneo instructa.
Ad lignum putridum in silvis tropicalibus. Brasilia, 4.X11.1948, CORNER, ZT 79/209
(Typus).
Pileus -12 mm diam., hemispherical becoming convex, plane (but not umbili-
cate) in aged specimens; fuscous to dark brown especially at disc, paler towards
striate margin, innately pruinose all over surface, dry. Lamellae emarginate (to
adnate), L 6-8, -3; narrow, up to 2mm wide; pallid drab white turning pink,
edge fimbriate, brown.
Stipe -20/-1 mm, cylindrical, slender; pale grey-blue; smooth, solid, single.
Odour and taste not distinctive.
7
XO C
SOIN
Fig. 1. ~ Entoloma peculiare Horak & Corner (type) : A. carpophores. B. spores. C. basi-
dia. D. cheilocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN, Paris
ENTOLOMA AND POUZAROMYCES 21
Context thin, pale blue in stipe.
Spores 9-10 x 6-7um, angular (6-7 angles in profile).
Basidia 20-25 x 7-8um, 4-spored, rarely also with 2 sterigmata.
Cheilocystidia 30-50 x 15-25um, clavate to vesiculose, membrane thin-walled,
with brown plasmatic pigment.
Pleuro- and caulocystidia none.
Pileipellis a celluloderm composed of more or less clavate cells (20-50 x 10-
22um), membrane thin-walled, with brown plasmatic pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On rotten wood in tropical forest.
Distribution : Brazil.
Material : Brazil : Rio de Janeiro, Corcovado, 500 m, 4.X11.1948, leg.
CORNER (ZT 79/209; holotype).
ENTOLOMA HENRICI Horak & Aeberhardt, sp. nov. (Fig. 2, A-E)
Pileus -55 mm latus, e convexo late umbonatus, fuliginosus, velutinus. Lamellae emargi-
natae vel adnatae, alboroseae. Stipes -45/-8 mm, cylindricus vel basim versus attenuatus,
albidus, Sporae 8,5-11 x 7,5-9 mm, angulatae. Cystidia nulla. Cuticula ex cellulis clavatis
cellulodermium formantibus. Fibulae desunt. Ad terram in locis graminosis. Helvetia,
29.1X.1973, AEBERHARDT, ZT 73/338 (Typus).
Pileus -55 mm diam., hemispherical or convex becoming broadly campanulate
or umbonate-expanded; pale fuliginous; velutinous to pruinose all over surface,
often wrinkled from disc to margin, slightly hygrophanous, dry.
Lamellae adnate to subfree, crowded, ventricose, up to 10 mm wide; at first
whitish turning to pink; edges even, concolorous.
Stipe 45/-8 mm, cylindrical, often tapering towards base, curved; whitish;
dry, longitudinally fibrillose, pruinose at apex, hollow with age, single.
Odour and taste not distinctive.
Context pale brown in pileus, whitish in pileus.
Spores 8,5-11 x 7,5-9um, angular (5-6 angles in profile view).
Basidia 30-45 x 8-10um, 2 spored.
Cheilo- and pleurocystidia absent.
Caulocystidia as cylindrical or subcapitate terminal cells of hyphae on surface
of stipe.
Pileipellis composed of clavate cells (10-30 x 5-12um), forming a celluloderm,
in subcuticular layers with conspicuous oleiferous hyphae among wide oval
to elleptic cells, brown plasmatic and vacuolar pigment present.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil among grass in pastures.
Distribution : Switzerland.
Material : Switzerland : Kt. Graubünden, Flàsch-Maienfeld, 580 m, 29.1X.-
Source : MNHN. Paris
22 Е.НОКАК
1973, leg. AEBERHARDT (ZT 73/338; holotype).
Fig. 2. — Entoloma henrici Horak & Aeberhardt (type) : A. carpophores. B. spores. C.
basidia. D. caulocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN, Paris
ENTOLOMA AND POUZAROMYCES 23
ENTOLOMA PRUINATUM Horak, sp. nov. (Fig. 3, A-E)
Pileus -10 mm latus, planus vel subumbonatus, fuliginosus, minute squamulosus. Lamel-
lae late adnatae vel decurrentes, pallide brunneae. Stipes -25/0,5-1 mm, cylindricus, pileo
concolor, glaber. Sporae 7-8 x 5,5-7,5um, angulatae. Cheïlocystidia clavata, subcolorata.
Ad terram in silvis tropicalibus. Argentina, 6.111.1980, HORAK, ZT 242 (Typus).
Pileus -10 mm diam., plane to subumbilicate at centre, margin upturned in
mature specimens; fuliginous; disc pruinose or minutely fibrillose, smooth
towards margin, distinctly striate-sulcate, slightly hygrophanous, dry.
Lamellae broadly attached to decurrent, triangular, L 6-8, -1; brownish
with pink tinge; edges even, concolorous.
Stipe -25/0.5-1 mm, cylindrical, very slender, brittle; paler or concolorous
with pileus; smooth to fibrillose, basal tomentum absent; solid, dry, single.
Odour and taste absent.
Context thin, fragile, pale brown.
Fig. 3. — Entoloma pruinatum Horak (type) : A. carpophores. B. spores. C. sclerobasidia.
D. cheilocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN, Paris
24 E. HORAK
Spores 7-8 x 5,5-7,5um, angular (mostly 5 angles, rarely also quadrate).
Basidia 25-35 x 10-12um, 4 spored, membrane thick-walled (sclerobasidia).
Cheilocystidia 25-40 x 12-20um, clavate to vesiculose, membrane hyaline,
often with pale brown plasmatic pigment.
Pleuro- and caulocystidia absent.
Pileipellis a celluloderm composed of clavate cells (20-50 x 12-30um), with
brown plasmatic pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil and organic litter in tropical forest.
Distribution : Northeastern Argentine.
Material : Argentine : prov. Misiones, Iguazu, 6.111.1980, leg. HORAK
(ZT 242; holotype).
2, — POUZAROMYCES Pilat (1953)
Within Entoloma s. l. Pouzaromyces represents - to my opinion - a well
defined and independent genus and therefore 1 am not following the taxonomic
concepts proposed by MAZZER (1976), ROMAGNESI & GILLES (1979)
or NOORDELOOS (1979).
Pouzaromyces is (probably) worldwide in its distribution and occurs not
only in the temperate but also in subtropical-tropical regions : New Zealand (HO-
RAK, 1973), South-East Asia (HORAK, 1980), Africa and Madagascar (ROMA-
GNESI, 1941, 1957; ROMAGNESI & GILLES, 1979), South America (HORAK,
1977), North America (HESLER, 1967; MAZZER, 1976), Europe (NOOR-
DELOOS, 1979).
In general specimens of Pouzaromyces are recognized in the field by their
slender habit, and grey to brown carpophores covered by conspicuous fibrils
or bristles. P. splendens (MAZZER, 1976) with yellow pileus represents the only
remarkable outsider among the described taxa.
The three Argentinean taxa presented below, however, have macroscopical
characters not yet recorded for Pouzaromyces. The pileus both of P. aurco-
crinitus and P. erinaceus is red to red-brown but yellow-orange-brown in P.
sepiaceobasalis. Conversely the colour of the stipe ranges from grey to brown
in the first two mentioned taxa. However, in P. sepiaceobasalis the upper half
of the stipe is golden brown to become blue-black or black towards the base.
In addition the membranes of the stipeal bristles in P. aureocrinitus are unique
in structure and colour.
Regardless these striking features these three taxa obviously belong to Pou-
zaromyces s. str.
Source : MNHN. Paris
ENTOLOMA AND POUZAROMYCES 25
POUZAROMYCES AUREOCRINITUS Horak, sp. nov. (Fig. 4, A-E)
Pileus -10 mm latus, e conico campanulatus, rubrobrunneus, minute squamulosocrinitus.
Lamellae adnatae vel subliberae, subroseae. Stipes -40/-1 mm, cylindricus, griseobrunneus,
fibrillis aureis substrigosis dense instructus. Sporae 12-16 x 6,5-8im, angulatae. Sub Alno
in silvis subtropicalibus. Argentina, 10.11.1962, HORAK, ZT 62/112 (Typus).
Pileus -10 mm diam., conical at first, later becoming campanulate or expan-
ded with distinct papilla; red to red-brown, colour fading with age; densely
Spm
Fig. 4. — Pouzaromyces aureocrinitus Horak (type) : A. carpophores. B. spores. C. basidia.
D. caulocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN, Paris
26 E. HORAK
covered with concolorous minute bristles or squamules, dry, margin not striate,
veil remnants none.
Lamellae adnate to almost free, L 5-8, -3; narrow, subventricose in aged
specimens, edges even, concolorous.
Stipe -40/-1 mm, cylindrical, slender; grey to pale brown; velvety or sub-
strigose of yellow to gold brown minute bristles and fibrils, especially towards
the base: solid, dry, single.
Odour and taste not distinctive.
Context thin, pale red-brown in pileus, grey in stipe.
Spores 12-16 x 6,5-8um, distinctly angular.
Basidia 35-42 x 12-1 5um, 4 spored.
Cheilo- and pleurocystidia absent. Caulocystidia conspicuous, 5-8um diam.
cylindrical gradually tapering towards rounded apical tips, membrane thick-
walled (-1,5um diam.), yellow to yellow-brown (KOH), septate.
Pileipellis composed of large hyphae (-25um diam.), terminal cells conical
to fusoid, membrane less than Tum diam., usually thin-walled, encrusted with
brown pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil and decaying organic litter of Alnus jorullensis var. spachii
Regel (Betulaceae), in montane-subtropical forest.
Distribution : Northern Argentine.
Material : Argentine : prov. Jujuy, Las Lagunas, 2100 m, 10.111.1962, leg.
HORAK (ZT 62/112; holotype).
POUZAROMYCES SEPIACEOBASALIS Horak, sp. nov. (Fig. 5, A-E; 6, D)
Pileus -10 mm latus, e convexo subumbilicatus, aureobrunneus, velutinus vel setosus,
striatus. Lamellae emarginatae, griseo-brunneae, fimbriatae. Stipes -60/-1 mm, cylindricus,
rigidus; aureobrunneus, basim versus azureo-ater, lanuginosus vel strigosus. Sporae 15-19 x
7,5-9lim, angulatae. Cheilocystidia clavata. Fibulae desunt. Argentina, 6.111.1960, HORAK,
ZT 244 (Typus).
Pileus -10 mm diam., hemispherical or convex at first, later becoming plane
and/or depressed at centre; golden brown with faint orange tinge; velutinous
to hairy, striate-sulcate towards margin, membranaceous, dry.
Lamellae adnate to emarginate, ventricose, L 6-8, -1(3); pale grey-brown,
edges paler or concolorous, fimbriate.
Stipe -60/-1 mm, cylindrical, very slender, stiff; upper half golden brown,
yellow-brown, lower half gradually blue-black to black; woolly-hairy over
whole length, brown to black bristles at base well developed, dry, solid, single
or cespitose. Odour and taste not distinctive.
Context yellow-brown in pileus, blue to black in base of stipe, tough.
Spores 15-19 x 7,5-94m, angular.
Basidia 30-40 x 10-15um, 4-spored.
Source : MNHN, Paris
Fig. 5. — Pouzaromyces sepiaceobasalis Horak (type) : A. carpophores. B. spores. C.
basidia. D. cheilocystidia. E. pileipellis. For caulocystidia compare fig. 6, D.
Source : MNHN. Paris
28 E.HORAK
Cheilocystidia 20-45 x 12-25um, clavate to vesiculose, membrane hyaline,
thin-walled, pigment none.
Pleurocystidia absent. Caulocystidia 4-8um diam., terminal cells cylindrical,
conical or fusoid, membrane slightly thickened and encrusted with pale brown
pigment.
Pileipellis a trichoderm composed of large hyphae (8-12um diam.), membrane
thick-walled, strongly encrusted with brown pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil among decaying organic litter, in tropical forest.
Distribution : Northeastern Argentine.
Material : Argentine : prov. Misiones, Iguazu, 6.111.1980, leg. HORAK (ZT
244; holotype).
POUZAROMYCES ERINACEUS Horak, sp. nov. (Fig. 6, A-E)
Pileus -10 mm latus, hemisphaericus vel convexus, rubrobrunneus vel lateritius, e substri-
goso velutinus. Lamellae subliberae, pallide brunneae. Stipes -35/-1.5 mm, cylindricus,
griseus, crinitus vel strigosus. Sporae 15-19 x 9-11p%m, angulatae. Ad terram in silvis sub-
tropicalibus. Argentina, 1.111.1962, HORAK, ZT 62/189 (Typus).
Pileus -10 mm diam., hemispherical to convex; blood red, red-brown or
brick red-brown, when fresh with distinct golden tint; densely covered with
minute squamules or bristles, velvety in aged specimens, margin distinctly
ciliate, dry, not hygrophanous.
Lamellae adnate to almost free, L 6-8, -3: ventricose, up to 4 mm wide,
edges subserrate, concolorous with pale brown faces.
Stipe -35/-1,5 mm, cylindrical rarely attenuated towards apex, slender;
grey with pale yellow tinge; hairy to strigose over whole length, bristles up to
4 mm long near base; hollow, brittle, single.
Odour and taste not distinctive.
Context thin, pale red-brown in pileus, grey in stipe but slowly changing
to black.
Spores 15-19 x 9-11ym, angular.
Basidia 50-60 x 12-16um, 4-spored.
Cheilo- and pleurocystidia absent. Caulocystidia up to 10um diam., terminal
cells conical, fusoid or cylindrical, thin-walled or membrane slightly thickened,
minutely encrusted with brownish pigment.
Pileipellis a trichoderm composed of large hyphae (- 154m diam.), terminal
cells as in caulocystidia, encrusted with brown pigment which dissolves pale
red-brown in KOH.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil among litter in angiospermic forest (selva tucumana).
Distribution : Northern Argentine.
Source : MNHN, Paris
Fig. 6. — Pouzaromyces erinaceus Horak (type) : A. carpophores. B. spores. C. basídia.
D. caulocystidia (compare also Р. sepiaceobasalis). E. pileipellis.
Source : MNHN, Paris
30 E. HORAK
Material : Argentine : prov. Tucuman, Sierra de S. Javier, Anta Muerta,
950 т, 1.111,1962, leg. HORAK (ZT 62/189; holotype).
REFERENCES
HESLER L.R., 1967 — Entoloma in Southeastern North America. Beih. Nova Hedwigia
3 : 1-196.
HORAK E., 1973 — Fungi Agaricini Novazelandiae : Entoloma (Fr.) and related genera.
Beih. Nova Hedwigia 43 : 1-86.
HORAK E., 1977 — Entoloma in South America. I. Sydowia 30 : 40-111.
HORAK E., 1980 — Entoloma (Agaricales) in Indomalaya and Australasia. Beih. Nova
Hedwigia 65 : 1-352.
LARGENT D.L., 1977 — The genus Leptonia on the Pacific coast of the United States.
Bibl. Mycol. 55 : 1-286.
MAZZER S.J., 1976 — A monographic study of the genus Pouzarella. Bibl. Mycol. 46 :
1491.
NOORDELOOS M.E., 1979 — Entoloma subgen. Pouzaromyces emend. in Europe. Persoo-
nia 10 : 207-243.
ROMAGNESI H., 1941 — Les Rhodophylles de Madagascar. Prodr. Fl. Myc. Madagascar.
2:1-164.
ROMAGNESI H., 1957 — Rhodophyllus. - FL Icon. Champ. Congo 6 : 131-137.
ROMAGNESI H. & GILLES, G., 1979 — Les Rhodophylles des forêts côtières du Gabon
et de la Cate d'Ivoire. Beih. Nova Hedwigia 59 : 1-649.
Type material and additional collections are kept in ZT.
Source : MNHN. Paris
31
STUDIES IN ENTOLOMA
6. — ON PINKISH SPECIES IN SUBGENUS LEPTONIA
by M.E. NOORDELOOS*
SUMMARY. — Five species of Leptonia with pinkish tinges in Europe are keyed out and
described; a new species - Entoloma callichroum - and a new combination - E. queletii
are proposed.
RÉSUMÉ. — Clé de détermination et description de cinq Leptonies européennes à teintes
rosâtres; une espèce nouvelle - Entoloma callichroum - et une combinaison nouvelle - E
queletii - sont proposées.
Pink species of Leptonia are rather rare, both in and outside Europe (HORAK,
1973, 1980; LARGENT, 1977; ROMAGNESI, 1941; ROMAGNESI & GILLES,
1979). In the excellent «Flore analytique» of KUHNER & ROMAGNESI
(1953) four species are keyed out, but extensive descriptions of the species
are lacking or scattered in literature. The present author was able to study
both fresh and dried material of these beautiful species and therefore a key
and descriptions are given of the species occurring in Europe.
Key to the species of Leptonia with pinkish tinges in Europe
1. Stipe with blue tinge, at least in lower part when fresh 2
1. Stipe white, pink, or brownish . ................. 3
2. Cheilocystidia present; clamp-connections absent ............ E. catalaunicum
2. Cheilocystidia absent clamp-connections present . callichroum
3. Pileus weakly hygrophanous, translucently striate when moist, smooth, lilaceous-pink,
turing more brownish with age, cheilocystidia absent ......+..-- E. ianthinum
3. Pileus not hygrophanous, not striate, entirely wooly-tomentose to (sub-) squamulose 4
* Rijksherbarium, Schelpenkade 6, NL-2300 RA Leiden, The Netherlands
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
32 M.E. NOORDELOOS
4. Pileus and stipe pink, sometimes more carmine or brown at centre of pileus; cheilocys-
tidia usually present, versiform, clavate to lageniform or fusoid ....... . E. roseum
4. Pileus pink with whitish margin when young, then with more ochraceous-brownish
tinges; stipe white slightly turning ochraceous-brownish with age; cheilocystidia more
or less cylindrical to clavate E. queletii
ENTOLOMA CATALAUNICUM (Sing.) Noordeloos (Fig. 3)
Leptonia catalaunica Sing., Annls mycol. 34 : 428. 1936. — Rhodophyllus
catalaunicus (Sing.) Romagn. in Bull. Soc. mycol. Fr. 53 : 333. 1937. — Entolo-
ma catalaunicum (Sing.) Noordeloos in Persoonia 11 :470 . 1982.
Coloured plate and description. — FAVRE, J.. Champ. sup. Zone Alp. : 66,
fig. 46, pl. Vi*. 1955.
Pileus 7-45 mm broad, conical, hemispherical or truncate-campanulate
when young, expanding to convex or planoconvex, with or without central
depression, with inflexed margin when young, becoming rather irregularly
shaped with age with undulating marginal zone, not hygrophanous, not striate,
when young beautifully pink becoming flesh-coloured or ochraceous, finally
brownish-pink with age, frequently with blue tinge near margin, entirely fi-
brillose-subsquamulose-woolly when young, then squamulose on disc and
radially fibrillose-squamulose on limb, frequently radially splitting and showing
the flesh in between the fibrils.
Lamellae L = 15-30, 1 = 3-7, moderately crowded, (deeply) emarginate,
segmentiform to subventricose, white or creamy then pink, sometimes with
slight grey tinge, with flocculose, concolorous or blackish-blue edge (see discus-
sion below).
Stipe 30-60 x 2-5 mm, cylindrical or flattened, sometimes broadening to-
wards base, creamy at apex, downwards pink, grey-blue in lower half, sometimes
fading with age and gradually loosing blue tinge, minutely white pruinose to
flocculose at apex, downwards covered with darker bluish fibrils, sometimes
tomentose, rarely almost smooth, base white tomentose.
Flesh white in pileus, blue-grey in stipe.
Smell and taste not distinctive or faintly pleasant.
Spores 9,0-10,4-( 11,0) x 6,7-8,1um, Q = 1,25-1,3-1,4, irregularly 6-9 angled
made vien with dibedeak base:
Basidia 34-52 x 7-12,5um, 4-spored without clamp.
Cheilocystidia versiform, 24-75 x 7,5-20um, numerous, lamellar-edge entirely
sterile, cylindrical to fusiform, sometimes appendiculate or lageniform, in old
specimens turning into hyphoid elements and forming a sterile layer, colourless
or with blue intracellular pigment.
Pileipellis a trichoderm or at centre of pileus almost a hymeniderm, made up
of broadly inflated 12-274m wide cells, with pale brownish intracellular pig-
ment. Clamp-connections absent.
Source : MNHN, Paris
PINKISH LEPTONIA 33
Habitat and distribution. — On grassy spots, river-beds, road-sides, preferably
on calcareous rock in subalpine habitats, among others found with Pinus mugo
and Salix retusa or with Picea, Alnus viridis and Berberis. Known to occur
in the Alps and Pyrenees.
Collections examined. — Austria, N-Tirol, Jenbach, Rosskogel, 7 Sept. 1982,
M.E. NOORDELOOS 1711a & b; idem, Achenkirch, Achenwald, 6 Sept. 1982,
Th.W. KUYPER (both in L). — Switzerland, Graubunden, Plattamala, Ramosch,
Unter Engadine, 31 Aug. 1970, E. HORAK 79/354(ZT), and 16 Sept, 1980,
E. HORAK 79/514 (ZT).
Entoloma catalaunicum is a very distinctive species which prefers (sub-)
alpine habitats, and it is widely distributed in Europe. Thanks to material and
extensive descriptions made by Dr. E. HORAK, Zürich, and kindly send to me,
and rich collections gathered by me during the so-called «dreiländertagung» in
Austria, Sept. 1982, I was able to get a good impression on the variability of
this striking species. Remarkable are the colour-changes of the basidiomes
during the development. The blue tinges, always present in young carpophores
on the stipe and less frequently also on the margin of the pileus, may disappear
entirely with age, but remain long visible in the cortex of the stipe, and make
identification of old carpophores still possible. One collection, viz. NOORDE-
LOOS 1711b, showed in some specimens a partly to entirely blackish-blue
lamellar edge, caused by a similarly coloured intracellular pigment in the cheilo-
cystidia, As far as | know this has never been recorded for Entoloma catalauni-
cum. In the case mentioned the lamellae resembled very much those found in
E. serrulatum. Entoloma catalaunicum is easy to distinguish from E. callichroum
by the nature of its stipe-surface and microscopical characters. Entoloma roseum
and E. ianthinum differ among other things by the lack of blue pigments.
ENTOLOMA CALLICHROUM Horak & Noordeloos, spec. nov.
(Fig. 1)
Pileus circiter 22 mm latus, convexus, papillatus, lilacino-roseus, haud. hygrophanus,
haud striatus, radialiter fibrillosus. Lamellae L — 10-12, 1 —1-3, emarginatae, albidae versus
margine. lilacinae. Stipes 40x 2mm, cylindraceus, chalybaeus, fibrillosus, fistulosus. Sporae
10-12,5 x 7-9 um, angulata, Basidia 4-sporigera, Cheilocystidia nulla. Pileipellis trichoderma.
Pigmentis intracellulosis, Fibulae presentes. In silvis sub Alno incana. — Holotypus : E.
HORAK 71/58, 3 VIII 1971, «Schweiz, Graubunden, Forna» (ZT).
Pileus about 22 mm broad, convex with small papilla, not hygrophanous,
not striate, beautifully lilaceous-pink, radially fibrillose.
Lamellae L = 10-12, 1 = 1-2, emarginate, subventricose, whitish with lila-
ceous sheen towards edge, but with entire, concolorous edge.
Stipe about 40 x 2mm, cylindrical, steel-blue, longitudinally fibrillose,
whitish tomentose at base, fistulose.
Spores 10-12,5 x 7-9um, multi-angled ellipsoid in outline with blunt base.
Source : MNHN, Paris
34 M.E. NOORDELOOS
1
Fig. 1. — Entoloma callichroum Horak & Noordeloos. Habit; spores; pileipellis (all fig
from holotype).
Basidia 3040 x 13-15um, 4-spored with clamp.
Cystidia absent.
Pileipellis a trichoderm of septate, 10-18um wide clamped hyphae with intra-
cellular pigment.
Habitat. — In forest under Alnus incana.
Collection examined. — Switzerland, Graubunden, Forna, 31 Aug. 1971,
E. HORAK 71/58 (Holotype, ZT).
Because of its bright lilaceous-pink pileus and blue stipe Entoloma calli-
chroum is a very distinct species which has to be placed in section Leptonia
because of its papillate pileus, the structure of the pileipellis and the clamped
hyphae. It comes close to Entoloma dichroum in its original sense non Fr.
1849 (NOORDELOOS, 1982 : 462) from which it differs in colour, size and
shape of the spores and lacking cheilocystidia. Entoloma ianthinum differs
in having a depressed, smooth, translucently striate pileus, slightly different
colour and in lacking clamps, which place it in section Cyanula.
ENTOLOMA ROSEUM (Longyear) Hesl. (Fig. 2)
Leptonia rosea Longyear in Trans. Mich. Acad. Sci. 3 : 59. 1902 (non L.
rosea Rick in Broteria 17 : 107. 1919). — Rhodophyllus roseus (Longyear)
Moser, KL. Kryptog, Fl., 3 Aufl., 2b/2:158. 1967. — Entoloma roseum (Longyear)
Hesl. in Beih. Nova Hedwigia 23 : 165. 1967.
Entoloma griseocyaneum var. roseum R. Maire in Trans, Br. mycol. Soc.
3:170. 1910.
Description. — P. D. ORTON in Trans, Br. mycol. Soc. 43 : 300-301. 1960.
Source : MNHN. Paris
PINKISH LEPTONIA 35
VD
oo
0
Fig. 2. — Entoloma roseum (Longyear) Hesl, Habit; spores; cheilocystidia (all fig.
from Bas 5847).
Pileus 15-30 mm_ broad, truncate conico-campanulate, hemispherical or
conico-convex, only slightly expanding, usually with more or less pronounced
umbilicus, with inflexed margin when young, not hygrophanous, not striate,
deep rosy-pink when young, usually with slightly darker carmine or brownish-
red centre, slightly fading with age, entirely dull and velvety becoming granular-
subsquamulose on disc and more radially-fibrillose-subsquamulose on limb
with age.
Lamelae L = 15.20.1 = 37, emarginate, (sub- ventricose, white then pink.
finally salmon with concolorous, entire or slightly pruinose edge.
Stipe 25-60 x 6 mm, cylindrical, rarely flattened, sometimes broadening
towards base, almost with same colour as pileus, becoming brownish-pink with
age, smooth or white pruinose, white tomentose at base.
Flesh pale pinkish in cortex, inner parts white, Smell and taste not distinctive.
Spores 8,7-10,4-(11,5) x 7-8,1um, Q = 1,15-1,3-1,5, in side view irregularly
6-9 angled with blunt dihedral base.
Basidia 4-spored.
Cheilocystidia present or not, sometimes rendering lamellar edge entirely
or partly sterile, 20-50 x 5-17Hm, versiform, broadly cylindrical-clavate to
lageniform or fusoid, colourless.
Pileipellis a trichoderm, at centre of pileus almost a hymeniderm. made up
of inflated terminal cells up to 35um wide, with pale intracellular pigment.
Clamp-connections absent.
Habitat and distribution. — In grassland, pastures, also open Salix repens
vegetation in coastal dunes in the lowland of NW-Europe. Rare.
Collection examined. — Great Britain, Scotland, Invernessshire, Tomich,
10 Sept. 1963, R. WATLING (E); Northumberland, Ross Links, 22 Sept. 1971,
C. BAS 5847 (L); Yorkshire, Ingleton, 23 Sept. 1957, W. BRAMLEY (B); Lanca
shire, Yeland Hall Allotment, 16 Sept. 1978, R. LIVERMORE (E.) — Nether-
lands, prov. Overijssel, Ommen, estate «Stekkenkamp», 7 Sept. 1966, J.J.
Source : MNHN. Paris
36 M.E. NOORDELOOS
BARKMAN 8182 (WBS).
Entoloma roseum and E. catalaunicum are microscopically very similar,
but in E. roseum the presence or absence of cheilocystidia is a variable charac-
ter. In BARKMAN 8182 1 failed to find any, while in the British collections
usually the lamellar edge was entirely or partly sterile with well-modified cheilo-
cystidia. This was also observed by ORTON (1960). LARGENT (1977) des-
cribed a form of E. roseum with coloured edge of lamellae, but 1 do not attach
very much taxonomic value to this character. Furthermore Entoloma roseum
and E. catalaunicum differ in pigmentation and habitat.
ENTOLOMA IANTHINUM (Romagn. & Favre) Noordel.
(Fig. 4)
Rhodophyllus ianthinus Romagn. & Favre in Rev. Mycol. 3 : 76. 1938. —
Entoloma ianthinum (Romagn. & Favre) Noordel. in Persoonia 11 : 470. 1982.
Pileus up to 30mm broad, hemispherical then campanulate-conical with
slight depression at centre, hygrophanous, when moist translucently striate up to
centre, lilaceous-fleshcolour with brownish-lilaceous centre, slightly radially
wrinkled, smooth except on disc which is finely velvety-subsquamulose, margin
slightly involute.
Lamellae L = 13-20, | = 3-7, adnate to slightly emarginate with decurrent
tooth, thin, fairly broad, pale fleshcolour or pink then with brownish tinge.
Stipe up to 55 x 3mm, cylindrical, lilaceous at apex, more fleshcolour
below, smooth, dull, base white tomentose.
Flesh concolorous with surface, slightly bluish in pileus and strongest so
around umbilicus.
Taste slightly raphanoid.
Spores 9,3-11,5 x 6-7um, Q = 1,45 on the average, irregularly 6-8 angled in
side-view with distinctly dihedral base.
Basidia 22-27 x 9-12um, 4 spored without clamp.
Cystidia none.
Pileipellis a cutis with transitions to a trichoderm, made up of cylindrical,
thin-walled, 10-124m wide hyphae, with some inflated up to 16um wide termi-
nal cells.
Pigment intracellular.
Clamp-connections absent.
Collections examined. — France, Doubs, near Russey, Aug/Sept. 1936,
J. FAVRE (Holotype, Herb. Romagn., PC).
Entoloma ianthinum clearly differs from E. roseum in colour, structure of
pileipellis and lack of cheilocystidia while E. catalaunicum differs both in colour,
Source : MNHN, Paris
PINKISH LEPTONIA 37
Fig. 3. — Entoloma catalaunicum (Sing.) Noordeloos. Spores and cheilocystidia (from
NOORDELOOS 1711).
Fig. 4. — Entoloma ianthinum (Romagn. & Favre) Noordeloos. Spores (from holotype).
Fig. 5 — Entoloma queletii (Boud.) Noordeloos. Habit; spores and cheilocystidia (all
fig. from JACOBSSON & STRIDVALL).
structure of the surface of the pileus, and the presence of cheilocystidia. Ento-
loma queletii lacks the lilaceous tinges in the pileus and has a white stipe. So far
E. ianthinum is only known from the type-locality.
ENTOLOMA QUELETII (Boudier) Noordeloos, comb. nov.
(Fig. 5)
Basionym : Leptonia queletii Boudier in Bull. Soc. bot. Fr. 24 : 307. 1877. -
Rhodophyllus queletii (Boudier) Quél., Enchiridion : 61. 1886.
Pileus 1540 mm broad, hemispherical then convex often with slightly de-
pressed centre when old, not hygrophanous, not striate, when young pink to
pink-vinaceous at centre and more whitish towards margin, turning more ochra-
Source : MNHN. Paris
38 M.E. NOORDELOOS
ceous-brownish with age, woolly-tomentose to subsquamulose all over.
Lamellae L — about 30, 1 = 1-3-( 5), emarginate, ventricose, white then pink.
Stipe 40-50 x 3-5 mm, cylindrical, sometimes with bulbous base, white
then with ochre tinge, fibrillose-striatulate all over, fistulose.
Spores (10) -10,4-11,7-(12,1) x (7,6)-8,1-8,7-( 9,3)um, Q = (1,15)-1,3-1,35-
1,45-(1,55), 5-6 angled in side view with dihedral base.
Basidia 4-spored, clampless.
Cheilocystidia 22-56 x 7-12um, abundant, more or less cylindrical.
Pileipellis a trichoderm made up of up to 15um wide, cylindrical hyphae
with intracellular pigment. Lactiferous hyphae numerous in pileitrama. Clamp-
connections abundant.
Habitat and distribution. — In deciduous forest (Fraxinus, Acer, Corylus);
known to occur in France and Sweden.
Collection examined. — Sweden, Västergôtland, V. Tunhem, 19 July and
24 Aug. 1980, L. STRIDVALL & S. JACOBSSON (GB).
The collection described above agrees perfectly with the diagnosis and plate
of BOUDIER, and also with the description given by PEARSON (1928 : 3).
Leptonia andrianae Bres. and E. kervernii (Gill) Noordel. are related species,
but lack pink tinges.
ACKNOWLEDGEMENTS
Many thanks are due to Prof. Henri ROMAGNESI because of his generous help during
my study in Entoloma-taxonomy. Without his advice and expertise | would never have
reached my present knowledge in this rather difficult group of agarics. Acknowledgements
are also made to Dr. E. HORAK, Zürich for providing descriptions and material for the
present study. Dr. C. BAS, Leiden, kindly read critically through the manuscript. The direc-
tors of the following herbaria are gratefully thanked for the loan of specimens : E, GB,
and WBS.
REFERENCES
HORAK E., 1973 — Fungi Agaricini Novazelandiae. Entoloma (Fr.) Kumm, and related
genera, Beth. Nova Hedwigia 43.
HORAK E., 1980 — Entoloma (Agaricales) in Indomalaya and Australasia. Beih. Nova
Hedwigia 65.
LARGENT D.L., 1977 — The genus Leptonia on the Pacific coast of the United States,
including a study of North American types. Bibl mycol. 55.
KUEHNER R. & ROMAGNESI H., 1953 — Flore analytique des champignons supérieurs.
Paris, Masson.
Source : MNHN, Paris
PINKISH LEPTONIA 39
NOORDELOOS M.E., 1982 toloma subgenus Leptonia in Northwestern Europe I.
Introduction and a revision of its section Leptonia. Persoonia 11 : 451-471.
ORTON P.D., 1960 — New checklist of British agarics and boleti. III. Notes on genera and
species in the list. Trans. Br. mycol. Soc. 43 : 159-439.
PEARSON A.A., 1938 — Notes on Killarney agarics. Trans. Br. mycol. Soc. 22 :2.
ROMAGNESI H., 1941 — Les Rhodophylles de Madagascar. Paris.
ROMAGNESI H. & GILLES G., 1979 Les Rhodophylles des foréts cótiéres du Gabon
et de Côte d'Ivoire avec une introduction générale sur la taxonomie du genre. Beih.
Nova Hedwigia 59.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
41
CORTINARIUS RAPHANOIDES PERS. : FR.
AND RELATED SPECIES
by M. MOSER* and H. KELLER-DILITZ* *
SUMMARY. — Cortinarius raphanoides Pers. : Fr., C. valgus Fr. and C. ochrophyllus Fr
are studied and redescribed, based on topotypic material and neotypes are proposed. While
the first two species belong to Cortinarius subgenus Leprocybe sect. Raphanoidei, C. ochro-
phyllus is unrelated.
RÉSUMÉ. — Études et redescriptions basées sur des matériaux topotypiques sont présentées
pour Cortinarius raphanoides Pers. : Fr., C. valgus Fr. et C. ochrophyllus Fr. Des néotypes
sont proposés. C. raphanoides et C, valgus appartiennent au sousgenre Leprocybe sect.
Raphanoidei; pour C. ochrophyllus la ressemblance est seulement superficielle.
The interpretation of Cortinarius raphanoides Pers. : Fr. varies greatly in
literature and this uncertainty can even be found in mycological publications
of the last decades. (KÜHNER & ROMAGNESI, 1953; MOSER, 1953, 1970;
DENNIS, HORA, ORTON, 1960; ORTON, 1958). Sometimes a Leprocybe
species from section Leprocybe, sometimes from section Raphanoidei (= Brun-
neotincti Mos.), sometimes a species which might eventually be a Dermocybe
is interpreted as C. raphanoides. Also the fungus of PERSOON (Syn. 324) and
that of FRIES are probably not identical.
Influenced by a Central European tradition the senior author followed
the first concept until about 1973/74. The fact however that FRIES says for
his fungus : est e vulgatissimis in fagetis sed etiam betuletis Sueciae meridio-
"alis ...» made him doubt. Having collected fairly much in Southern Sweden
* Institut fiir Mikrobiologie (NW), Universitit Innsbruck, Sternwartestrasse 15, A 6020
Innsbruck, Austria
** Bachgasse 6, D 7750 Konstanz, GFR.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
42 M. MOSER & H. KELLER-DILITZ
since 1954 he has never encountered any representative of sect. Leprocybe
except C. cotoneus (or psittacinus respectively) in this area.
Checking the collections from the Femsjó area and Southern Sweden for an
other possible candidate for C. raphanvides, the senior author arrived at the
conclusion that only a fungus, which very likely corresponds to C. raplianoides
in the sense of J.E. LANGE, can be interpreted as C. raphanoides in the sense
of FRIES. The figure of LANGE however represents no typical specimen.
New collections from Femsjó 1974 were studied thoroughly and colour
drawings and slides later compared to the unpublished plate of FRIES. AII
illustrations looked so similar that they could have been painted from the same
collection,
The fungus which agrees fully with all descriptions given by FRIES, is really
common, associated with birch but apparently also growing with beech (but
birches were intermixed on all habitats),
FRIES stresses on a similarity with Cort. cinnamomeus, but this certainly
was meant with respect to the shape of the carpophores. The fungus of FRIES
can not belong to Dermocybe in the present circumscription. The fungus does
not contain any anthrachinonic pigments but yellow to blue-green fluoresceing
substances. These agree well with those of C. betuletorum and C. valgus but
are not identical with leprocybin or leprocybosid (may however be chemically
related).
MOSER collected in the Femsjé area frequently a fungus named «pseudo-
betuletorum» in field notes. This fungus agrees well with Cortinarius valgus Fr.
FRIES seemingly regarded C. raphanoides and C. valgus as closely related as
he lists them together
To judge from macro- and microscopic characters the group is homogeneous
and seems fit well within the subgenus Leprocybe, representing the section
Raphanoidei Fr. (= Brunneotincti Mos.). C. betuletorum is closely related and
can grow in the same localities. This similarity seemingly led to some confusion
(ORTON, 1958) and HOILAND (1980) following MOSER's concept of C.
raphanoïdes (MOSER, 1978) thought the two species to be identical.
Detailed descriptions are given below and neotypes from the Femsjó area
proposed.
CORTINARIUS RAPHANOIDES PERS. : FR.
Agaricus raphanoides Pers. : Fr., Systema p. 230, 1821.
Neotype (design.mihi) 74/434. Flahult forest. Femsjó, Smoland, Sweden. with
Betula and Picea (and l'ugus), 1974-09-17. leg. M. MOSER (S. Isoneotyp IB).
Selected illustrations and descriptions : FRIES unpublished plate, herb.
Stockholm, J.E. LANGE, Fl. Ag. Dan. Ш. р. 30. р. 96 А? not a typical speci-
men).
HOILAND 1980, Norw. J. Bot, 27, (2), 101 ff.
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES 43
Cap 2-5.5 em, obtusely umbonate to convex, often with a permanent slight
umbo, margin incurved, surface silkly, smooth, sometime becoming fibrillose
and lacerate or finely squamulose towards the margin in older fruitbodies:
colours olive brown (R XXX Isabell Colour when young, XXIX Saccardo's
Umber in older fruitbodies), centre often dark brown (R. XV Prout's Brown,
M 6E6), paler brown with olivaceous tint (about dull XV Buckthorn Brown)
when dry, with a more fulvous brown tint in older caps (about Ochraceous
Tawny. centre Cinnamon Brown) covered by some paler olivaceous brown
fibrils from the veil.
Gills olivaceous brown (R Buckthorn Brown), than more rust coloured
(between Ochraceous Tawny and Tawny), relatively thick, distant, L ca 43-48,
| = 3, edge uneven, 3-6-(9) mm broad, emarginate to adnate.
Stem 2-7-(8) em/5-8mm, exceptionally up to 16mm thick, cylindric or
slightly enlarged towards the base, apex pale with an olivaceous hue (R XXX
Cream Buff with slight olive hue), covered by a pale olive brown (Isabell Color)
veil below the cortina and forming several wooly belts, older fruitbodies darker
olive brown towards the base. Relatively stiff when young.
Context in humid state aqueous olivaceous umber (Saccardo’s Brown in cap.
somewhat grayish in apex of stem, pale olivaceous brown (Isabell Color) down-
wards).
Smell of radish, strongly so when cut.
Taste radish like.
Microscopical characters.
Spores broadly elliptic, more rarely broadly subamygdaliform or nearly
globose, verrucose, 7-8,8/5-61m, average 8,08/5.4um, Q = 1,49.
Hyphae of the cuticule + radially arranged, 8-12-20um thick with relatively
short segments (60-100um). walls brownish, with clamp connections (* typical
Leprocybe type).
Gill edge with clavate to sublageniform sterile cells, sometimes with a short
appendice, 28-30/10-1 lum.
Basidia 4-рогей. 28-33/8-10рт.
Hyphae of the cortina 5-6um, hyalin, those of the universal veil 7-10um
with brownish walls.
Fluorescence : fragments of gills in 2% KOH show a yellow fluorescence
under fluorescence microscope, but not tissues from other parts of the carpo-
phore
Habitat : with Betula, more rarely with beech.
Material : Sweden : 74/299, Femsjô, Hägnan, 74/434 Femsjó, Flahults
Skog, 74/502 Femsjö, Södra Saraböke, 78/167 Femsjö Hägnan, 79/340 Femsjö,
Lilla Hjortsjö, 81/201 Abisko.
Finland : 78/335 Puutanoja, North of Oulanka, Kuusamo.
France : Rehhof, Alsace.
Austria : 82/31 1 Naunzalm, Kellerjoch, Tyrol.
Source : MNHN, Paris
44 M. MOSER & H. KELLER-DILITZ
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES 45
USA : Alaska 80/186 South of Anchorage.
Observations : C. raphanoides is most closely related to C. betuletorum Mos.
(MOSER. 1964). The latter has no particular sr -ll even when bruised or cut.
Apart from that in C. beruletorum the colours of the cap are more brown
dominated, often darker until umber, the stem is more or less brown all over
whereas in C. raphunoides the ground colour of the stem is fairly pale at least in
young fruitbodies. Typical specimensof C. raplianoides have a more or less cylindric
diem (shape of Dermocybe!) whereas in C. betuletorum the stem is often more
robust and typically clavate, the base can reach up to 25 mm, The distinction
however is not absolutely constant. Spores show no significant difference in size
and shape.
CORTINARIUS VALGUS FR.
FRIESE, Epicrisis, p. 290, 1836.
Neotype (design, mihi) 70/190 Femsjô, Hägnan, Smoland, Sweden, 1970-
09-12 (S, Isoneotyp 1B).
Selected illustrations and descriptions : FRIES unpubl. plate, herb. Stock-
holm. — Fries. Hym. Sueciae 11, 69, 1851.
Cap 2-8,5 cm, convex, rarely campanulate, often with broad umbo, than
fattened and sometimes depressed, margin sometimes undulate, hygrophanous,
dark to pale fuscous, sometimes spotted or zonate (R XV Prout's Brown, XXIX
Snuff Brown, Tawny Olive to Clay Color) with a slight olivaceous flush. drying
argilaceous to ochraceous- hazel (Seg. ca. (203), 193, R Clay Color and paler)
with disc more reddish brown. Surface smooth, silky and often with somewhat
atomate sheen or finely marbled when dry.
Gills gray with lilac hue (R XL VI Drab Gray to Light Drab), soon becoming
yellowish rusty (Clay Color), edge slightly eroded and whitish fimbriate when
young, sub-distant (L = 28-35, | = 5-7), 6-8 mm broad (= 4-5 times context
of pileus), deeply emarginate to adnate.
Stem 4,5-9-(10) cm long, (3)-4-8 mm thick at apex, 6-10-(12) mm at the base,
cylindric to somewhat clavate, apex grayish blue, then grayish in young carpo-
phores, ochraceous to brownish and silvery striate downwards, often (but not
in all carpophores) with an (olivaceous) ochre brownish or paler fuscous zone
from veil, sometimes even peronately sheathed but the veil often fugacious
and disappearing, base white from mycelium, the stem also with an olivaceous
flush in older fruitbodies. Stuffed, then hollow.
Fig. l. — a: Fruitbodies of Cortinarius raphanoides Pers. : Fr.; b: Fruitbodies of Cortinarius
valgus Fr
Source : MNHN, Paris
46 M. MOSER & H. KELLER-DILITZ
Context pale brownish in cap and stem, darker brown when wet. in apex
often bluish or grayish, in the cortex darker brown. No particular smell and
taste.
Microscopic characters :
Spores elliptic to broadly elliptic, coarsely verrucose. particularly in the
apical part, 7,5-9,5/5,5-6,2-6,5um, average 8.2/5.3um, Q= 1.55.
Basidia 4-spored 30-32/8-8,5um.
Cheilocystidia often frequent, claviform to inflated, 25-40/10-12-15um.
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Fig. 2. — a: Spores of Cortinarius raphanoides; b: Cheilocystidia of C
Spores of Cort. valgus; d: Cheilocystidia of Cort. valgus; e: Spores of C
rt. raphanoides; c:
Cort. ochrophyllus.
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES 47
Hyphae of the cuticule 6-10um thick, with brown, sometimes incrusted
wall, with clamp connections. Hyphae of the veil (3)-5-7um, some hyphae of
the veil may cover the epicutis.
Trama of pileus + irregular.
Habitat : Under birch and beech, more rarely in coniferous forests (spruce)
and then always intermixed with deciduous trees. On more or less acid soils.
Material : 70/208 Femsjó, North western part, under Fagus and Betula.
70/190 (Neotype) Femsj, Hagnan, Southern part (Fagus, Betula); 80/305 So-
derasen South-east of Skaralid, Skane, under Fagus; 81/225 Norrbotten : Abis-
kojaure, Betula nana
Austria : 82/199 Angerberg near Breitenbach, Tyrol, in spruce forest (but a
single Populus tremula close to the stand).
Poland : 67/185 Bialowiecza, Podcierkow, under Betula and Picea.
GRF : 72/306 Bavarian Forest, Grosser Arbersee, deciduous forest.
Observations : The smooth, more or less silky cap and the bluish tints of the
apex of the stem are very characteristic. In the gills the bluish gray tint in young
carpophores is fugacious — even FRIES does not mention it. The same holds
true for the veil.
The chromatographic analysis reveals some compounds which are identical
with those of C. raphanoides, while some others are lacking.
A further species should be compared with the Raphanoidei i. e. Cortinarius
ochrophyllus Fr., a species not uncommon in the Femsjó area, possibly also
associated with birch and having an ochraceous veil. From microscopic charac-
ters, particularly structure of subcutis and spore shape the species could belong
to the Anomali, However the type of veil and the colours of the fruitbodies
could also suggest a Leprocybe of the sect. Raphanoidei. The shape of spores
would not oppose this. Contrary the chromatographic analysis excludes it from
the Raphanoidei.
CORTINARIUS OCHROPHYLLUS FR.
Vet. Ac. Fórhandl. 1861 — Monogr. Hym. Suec. vol. 11, 308, 1863.
Neotype (design. mihi) 79/265, Kyrkemosse, Femsjó, (S, isoneotyp IB).
Icones : FRIES, unpubl. plate, herb. Stockholm.
Cap 2.5-6 cm, from conical to campanulate or convex and umbonate or
semiglobose to convex and flattened, sometimes margin inflexed, only slightly
hygrophanous, relatively bright ochraceous brown even when young and humid
(Expo 63 C) to grayish brown (R ca, XXIX Tawny Olive) or sometimes near
Snuff Brown or Expo 54 E, 52 F in older carpophores, darker spots may also
occur on younger fruitbodies, margin about Ex 63 C, in dry condition ochra-
ceous brown to yellow brown (Ex 66 C-66 B, R XXIX Clay Color to Cinnamon
Source : MNHN, Paris
48 M.MOSER & H. KELLER-DILITZ
Buff on disc). Surface finely fibrillose, tomentose, particularly in the marginal
part, not or only slightly atomate silky (as in typical Anomali).
Gills grayish brown (R XV Ochraceous Tawny, XXIX Clay Color), rust
coloured when older (Expo 58 E) or occasionally darker (IIl Amber brown),
deeply sinuate, edge eroded, ventricose, 5-9 mm broad, slightly distant, L =
ca. 40, 1= 3-5.
Stem cylindric to slightly clavate, 4-9-14/5-12, base 7-14 mm, pale argilla-
ceous-ochraceous, sometimes nearly whitish (Ex 61 A, 72 A to 72 B), below the
cortina covered by a floccose ochraceous veil in young fruitbodies (present in all
carpophores but sometimes only weakly).
Context dirty brownish to pale watery umber when humid, pale to nearly
whitish when dry.
Smell unconspicuous, taste mild.
Microscopic characters :
Spores broadly elliptic to subglobose, 7,5-8/5.5-6,2um, average 7,8/5,5um,
Q — 1,41, punctate to slightly verrucose.
Basidia 4-spored, 30-35/9-10um, sterigmata 3-4um.
Gill edge fertile, no cheilocystidia observed.
Epicutis relatively thin, 60-704m thick, hyphae 9-11um thick, with clamp
connections.
Subcutis made up from subcellular elements (20-30um thick, segments
30-70um long).
Habitat : All recolts from coniferous forests (Picea) mixed with Betula (so
eventually the fungus might be associated with Betula), on acid soils,
Material : Sweden : 79/265 (neotyp), Kyrkemosse, Femsjó, under Betula in
mixed forest, 1979-08-10, leg. M. MOSER; 57/22, Ulfhult, Femsjé; 57/52
3km South of Bygget, Halland, 1961-07-17 Drépplastigen, Femsjé; 72/210
Drópplastigen, Femsjó; 72/223, Lilla Kulkagól, Femsjó; 79/471, South of
Yaberg, Femsjô.
Norway : 81/356 Rinilhaugen, Óstásen, Lunner, Oppland.
Chemotaxonomic Investigations in the Section Raphanoidei
Ethanolic extracts of nine collections of the species C. raphanoides Pers. : Fr.,
C. betuletorum (Mos.) Mos. and C. valgus Fr. were examined by means of Thin
Layer Chromatography (TLC) using silica layers (Silicagel Merck 60, Silica
Woelm) and five different solvent systems (KELLER-DILITZ ined.).
Two types of compounds were detected in these species. All collections arc
characterized by light yellow fractions exhibiting an intensive green fluores
cence in UV-light (À — 366 nm). These fluorescent compounds seem to be
specific to the Raphanoidei-group and are not identical with leprocybin or
leprocybosid, which are found in species of the section Leprocybe.
Source : MNHN, Paris
49
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES
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Source : MNHN. Paris
50 M. MOSER & H. KELLER-DILITZ
Furthermore, yellow pigments which become brownish on the TLC-plates
after a short time can be detected in five of the nine collections tested. They
are visible as dark fractions in UV-light and have similar chromatographic pro-
perties like dimeric anthrachinoid pigments but no identification was possible
by cochromatography with several reference samples.
A chemotaxonomic differentiation on species-level is difficult because consi-
derable qualitative and quantitative variations of the compounds within the
various collections are detectable.
However, from the results presented in Table | (Solvent system II: Acetic
ether: methanol: water 100:16,5:13,5) is obvious that the nine collections
exhibit corresponding chromatograms and therefore the Raphanoidei-group is
a chemotaxonomic homogeneous one, the fractions one to three being charac-
teristic for all three species, whereas fraction 4 and 5 have not been found in
C. valgus. (Tab. 1). Two collections of C. ochrophyllus Fr. (72/210 and 75/
265) were compared chromatographically with the above species in solvent
system III (benzene: ethyl format: formic acid 65:25:10). No distinct fractions
can be detected in natural light. Under UV some fractions with blue and one
with violet fluorescence can be recognized, which however do not correspond
to any fractions of the Raphanoidei,
LITERATURE
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M= Methuen Handbook of Colour;
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Séguy, Code Universel des Couleurs.
Source : MNHN, Paris
CORT
RIUS HERCULOIDES SP. NOV.
par R. BERTAULT*
ESUMÉ. — Description de Cortinarius herculoides, espèce des forêts de chêne-
ressemblant à C. herculeus dont il diffère par plusieurs caractères, notamment
par la localisation dans les lames d'une forte odeur terreuse.
SUMMARY. — The description is given of Cortinarius herculoides, a new species
found in forests of Quercus suber, very similar to C. herculeus from which it
especially differs in the localization in the lamellae of a strong earthy odor.
Dans la Flore des Champignons supérieurs du Maroc (MALENÇON et
BERTAULT, Tome 1, 1970 : 506), nous signalons, à propos du Corti-
marius herculeus Malgn. l'existence dans les subéraies pures du nord
du Maroc d'une espéce voisine «par sa taille, sa couleur et son odeur
terreuse», mais encore imparfaitement connue, Nous pensions alors à
une simple forme des feuillus d'un champignon cédricole, comparable
à la variété suberetorum du Cortinarius cedretorum R. Maire.
Pour vérifier cette hypothèse, nous avons entrepris de prospecter
les forêts de chêne-liège du Tangérois et de ses environs. Le 25 novembre
1972, dans un ensemble de collines boisées très dégradées sises au sud
de Tanger, nous avons poussé nos investigations au-delà de nos terrains
habituels. Initiative qui devait se révéler fructueuse puisque, après un
Boletus corsicus très caractéristique, nous avons récolté plusieurs exem-
plaires d'un Cortinaire remarquable par sa prestance et son odeur ter-
reuse, rappelant Cortinarius herculeus. Huit jours plus tard, une nouvelle
récolte au même endroit nous permettait quelques observations complé-
mentaires et, le lendemain même, appelé à diriger une excursion myco-
logique dans la région d'Arbaoua, en forét de Ferjana, là où G.M. lavait
observé pour là premiére fois treize années auparavant, nous retrouvions
le méme champignon.
* 49980 Auverse, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
51
Source : MNHN. Paris
R. BERTAULT
Enfin, pour préciser son aire de répartition, citons encore le Rif à Akarrate,
ces diverses stations étant toutes des subéraies pures, sans trace de conifères,
situées au nord d'une ligne Rabat-Oujda.
Outre sa ressemblance étroite avec C. herculeus, le caractère qui nous a
semblé le plus important est la localisation de l'odeur qui n'est pas celle de la
chair, comme on pourrait le penser de prime abord, mais celle des lames, qu'il
est nécessaire d'enlever et de contróler à part. Autrement, son parfum est
tellement puissant (il se manifeste à plusieurs métres de distance) qu'il est
impossible de le localiser dans le carpophore. Corollairement nous avons contrólé
chez le C. herculeus que cette odeur était bien propre à la chair, comme l'a
noté son auteur. Cette localisation de l'odeur dans les lames n'est d'ailleurs
pas un fait exceptionnel puisque nous l'avons déjà signalée chez le Tricholoma
caligatum (Flore, Tome 2, 1975 : 92).
DESCRIPTION
Piléus 8-12-(20) cm diam.; le plus souvent 10-11 cm, très ferme, épais, voûté
puis largement tronqué, à la fin déprimé en gardant un large umbo, parfois
bosselé çà et là, les bords rapidement amincis, infléchis, la marge régulière,
finement enroulée et excédante. Revêtement séparable jusqu'à la moitié du
rayon piléique, visqueux par l'humide, d'ensemble brun-rouge à brun foncé,
fortement ridulé autour du mamelon avec quelques fossettes équidistantes,
brillant et vergeté par temps sec, les ridules s'atténuant et se montrant brun-
rouge sur un fond jaune.
Stipe confluent, 60-90 x 18-30 mm, plein, ferme, droit, cylindracé et un peu
évasé sous les lames où il est blanc, furfuracé et sec: insensiblement atténué
vers la base qui reste obtuse et plus ou moins bulbeuse, parfois subradicante,
päle puis lavé de la teinte du chapeau, parcouru au-dessous de la cortine de
fibrilles brun-rouge. Chez le jeune s'observent dans la moitié inférieure des
bracelets jaunes, muqueux, mal délimités, qui s’effacent avec l'âge.
Lames serrées, larges de 10-12 mm, inégales, un peu ventrues, arrondies et
sublibres en arrière, parfois atténuées et subdécurrentes, aiguës ou brièvement
arrondies en avant, d'abord lilacines (Séguy 700, 704), vite bistrées puis cannelle
ferrugineux, l'arête glabre et concolore, à forte odeur terreuse sensible à plu-
sieurs mètres de distance.
Chair ferme et blanche dans le chapeau, salie de brun dans la moitié supé-
rieure du stipe, à bonne odeur fongique et saveur douce, un peu sucrée.
KOH — ocracé sur la chair, brun foncé sur la cuticule piléique.
NH3 — jaune d'or, la cuticule avivée en brun-rouge.
Aréte des lames homomorphe fertile.
Spores fauves s. l., amygdaliformes :9,5-11 x 5,5um, non papillées, couvertes
de petites verrues inégales peu distinctes en coupe optique.
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS HERCULOIDES 53
Habitat : Isolé ou plus souvent en touffes de 3 à 5 individus en sols argilo-
gréseux, dans les foréts de chéne-ligge (Quercus suber) du nord du Maroc :
Tanger (Akbâa-Hamra); Meseta littorale (Forêt de Ferjana); Rif (Akarrate);
à l'automne.
PAT on es RIP E E SE RIR RR
Cortinarius herculeus' compte tenu de ce que notre champignon est d'ensemble
ОТН
Comme on le voit, cette description, en dehors de l'habitat, s'approche
beaucoup de celle du Cortinarius herculeus dont le chapeau est toutefois plus
clair avec une odeur terreuse propre à la chair et non aux lames. La teinte
lilacine des lames est un bon caractère qu'on ne peut apprécier que chez les
exemplaires encore jeunes et bien frais, récoltés par temps sec.
Parmi les dossiers que nous a fait l'amitié de nous communiquer G. MALEN-
CON se trouve la récolte initiale (NO 3550) d'Arbaoua, dont le chapeau est
alutacé fauve à alutacé clair et la chair blanchátre sale à forte odeur de terre.
Remarquons d’abord que l'habitat en forêt de chéne-iège élimine d'emblée
le C. herculeus strictement cédricole. La teinte du chapeau dépend sans doute
de la densité du couvert. Les notes de G.M. qui accompagnent un croquis
trés précis — fait par application d'un demi-carpophore sur le papier — nous
montrent un chapeau de 13 cm de diam. et un stipe de 12 cm de hauteur avec ces
précisions : «dans un terrain lourd d'un ravin, dans la subéraie à mort-bois
dense (Myrtus, Erica arborea, etc.) de la région d'Arbaoua (prés du poste fores-
tier de Ferjana) le 27.X11.59. Espèce fréquente à cet endroit, toujours grande
mais souvent à stipe plus court que celui dessiné, venant isolée ou plus fréquem-
ment en petites touffes. Spécimens tous trés imbus et âgés: analyse difficile et
teintes probablement plus où moins altérées. En tout cas odeur nette et cons-
tante et port rappelant bien C. herculeus des cédraies».
La même espèce a peut-être été récoltée aussi en Italie, sous hétres et cha
taigniers, sans cèdres alentour (Bull. British mycol. Soc. 1977, 11 (1) :68). Le
Dr HENRY, qui attache beaucoup d'importance à l'habitat et que nous remer-
cions vivement pour ces précisions, ne semble pas de cet avis.
Tout comme son voisin, le C. herculoides appartient à la Section des Trium-
phantes, stirpe des Vitellinopes de M. MOSER (Die Gattung Phlegmacium,
1960 : 160 et 166) à côté de C. cephalixus. Selon J. MELOT (B.S.M.F., 1981,
97 : 61), C. herculeus serait affine à C. argutus Fr. (— C. fraudulosus Britz. sensu
Moser) par le rougissement de la chair, que nous n'avons jamais noté, et par la
réaction jaune à KOH, que nous trouvons, avec G. MALENÇON, beaucoup
plus vive sous l'action de NH3. Le C. paracephalixus Bohus serait également
1. Flore , Tome 1, 1970, pl.25; B.S.M.F., 84, Atlas, pl. 177; R.M. & S.M. Dähncke : 700
Pilze in Farbfotos, Stuttgart, 1979 : 423.
Source -MNHN Paris
54 R. BERTAULT
voisin par son chimisme mais trés différent par ailleurs.
En conclusion, le C. herculoides, bien caractérisé par sa grande taille, sa forte
odeur terreuse localisée aux lames et son habitat sous feuillus (chêne-liêge)
apparaît une espèce tout à fait autonome sans subordination variétale au C
herculeus des cédraies auquel il ressemble sans s'y confondre. Il serait à re-
chercher dans les subéraies méditerranéennes, bien que G. CHEVASSUT, auquel
nous exprimons notre reconnaissance pour les renseignements qu'il nous a
fournis, ne l'y ait encore jamais rencontré.
DIAGNOSE LATINE : CORTINARIUS HERCULOIDES R. Bertault.
Pileo magno, 8-12.(20) ст lato, saepius 10-11 cm, firmo, crasso, e fornicato late trunca-
10, aetate depresso, interdum gibboso, margine breve extenuata, excedente involutaque.
Cute viscosa, brunneo-badia vel intense brunnea, valide ridulata, sicco virgata. Stipite pleno,
robusto, 6-9 x 1,8-3 cm, erecto, cylindraceo, sursum albo nec non furfuraceo, deorsum plus
minusve bulboso, pallide brunneo, sub cortina brunneo fibrilloso, luteo armillato. Lamellis
confertis 10-12 mm latis, inaequalibus, ex lilacino ferruginosis, fortissime humi odoratis.
Carne firma nec non alba, in stipite brunneo tincta, grate odorata, sapida. Sporis sub lente
fulvis, amygdaliformibus, leviter verrucosis : 9,5-11 x 5,5Шт.
Hab. — Singularis vel saepius fasciculatus sub tegmine Quercus suberis, Mauritania
boreale, automno. Typus in Herb. G. Malençon, Nº R.B. 12.339, Inst. Bot. Monspeliensis.
Source : MNHN. Paris
55
INOCYBE PSEUDOGRATA SP. NOV
par C.L. ALESSIO*
RÉSUMÉ. — L'auteur décrit une nouvelle espéce du genre Imocybe : I. pseudograta à
caractères microscopiques remarquables et discute de sa position taxonomique en Pinsérant
dans le groupe Phaeodisca.
SUMMARY. — Description of a new species of Inocybe : I. pseudograta with noteworthy
microscopic characters and discussion about its taxonomic position in the Phaeodisca
group.
Pendant l'été de 1982, j'ai eu l'occasion d'examiner en zone dolomitique
(S. Martino di Castrozza, province de Trento) quelques exemplaires bien frais,
à peine cueillis d'une espéce d'Inocybe, à première vue de détermination
facile, mais qui, par la suite chez moi et avec l'aide des recherches microsco-
piques, s'est avérée selon toute probabilité une espèce qui est inconnue et non
répertoriée dans la littérature mycologique.
Il est nécessaire de mener une enquête approfondie avec une description
de ses aspects caractéristiques tels qu'ils me sont apparus à l'examen effectué
sur les carpophores frais à divers stades de développement.
CARACTERES MACROSCOPIQUES
Piléus : largeur de 2 à 4 cm. Au début hémisphérique puis étalé, convexe,
relevé, obtus sur le disque, quelquefois presque comme un cône tronqué; marge
tout d'abord enroulée puis, avec le temps, tendant à se détendre mais en ayant
toujours un aspect légèrement enroulé vers le bas; dans plusieurs cas, elle se
présente irréguliérement ondulée ou lobée. Cuticule avec des fibrilles grossiéres.
apprimées qui, surtout vers le disque, se présentent en forme d'écailles, pourtant
* Via Mombasiglio 6. 10136 Torino. Italie.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
56 C.L. ALESSIO
jamais sensiblement relevées. Couleur ocre-mastic (brun assez clair) avec quel-
quefois de légers reflets de teinte chamois. Je n'ai pas vu de cortine ni de ses
restes sur la marge.
Lamelles : non serrées, plutôt épaisses, non larges, adnées au stipe, à aréte
entière. Tout d’abord blanchâtres, puis couleur isabelle et à la fin ocre brunátre,
sans tonalités rougeâtres.
Stipe : 3-5 x 0,8-1,3 cm, robuste, cylindrique ou légèrement comprimé,
de droit à flexueux et parfois un peu tordu, d'épaisseur égale sur toute la lon-
gueur, plein. Blanchátre sur le haut et à la base, ailleurs presque de la méme
couleur que le chapeau, avec des stries longitudinales.
Chair : consistante, épaisse, de couleur brun-ocre pále, légérement rougissante
sous le cortex du pied dans la partie supérieure et sous la cuticule de chapeau.
Odeur faible, banale, spermatique-acidulée, goüt peu perceptible, non amer.
CARACTERES MICROSCOPIQUES
Spores : lisses, assez variables de formes et dimensions, piriformes ou ovoi-
des, parfois avec le dos presque droit, non pointues aux extrémités, avec des
gouttelettes huileuses, (7,5)-8,5-10,5-(12) x (4,5)-5-6-(7)um, le plus souvent
9 x 5,5um.
Cystides : nombreuses, avec le sommet arrondi, un col court, trapu mais
facilement reconnaissable, aux extrémités inférieures longues et minces, remplis
de gouttelettes huileuses, à parois minces, muriquées par quelques cristaux
qui sont parfois absents; à peine hyalines dans le NH3OH, 50-75 x 14-18um:
absentes sur le stipe.
Valeur alimentaire : non connue, mais espèce à éviter, ne serait-ce que par
précaution.
Habitat : Je n'ai trouvé que quelques récoltes, toutes dans la même station,
de quelques exemplaires à la fois, au mois d'aoüt, sous épicéas, dans l'humus à
1500 métres d'altitude, sur terrain calcaire.
COMMENTAIRES
A première vue, on à l'impression d'être en présence de sujets de I. grata
Weinm., de la manière qui a été interprétée et figurée par BRESADOLA dans
l'Iconographia (3) et qui a été traitée par moi dans mon livre sur le genre Ino-
cybe (1). Macroscopiquement, cette espèce est toutefois assez semblable à I
pisciodora Donadini et Riousset (5).
Pourtant, un caractère organoleptique suscite les premières perplexités
quant au rapprochement avec lune de ces deux espèces : il manque en fait
dans les sujets en question une nette odeur d’œillet (comme sur les exemplaires
Source : MNHN, Paris
INOCYBE PSEUDOGRATA 57
récemment récoltés et bien frais de I. grata) où alors une odeur nauséeuse
semblable à celle, fétide, du poisson dégradé (comme chez Г. pisciodora).
Mais la distinction se fait absolue, sans équivoque, à l'examen microscopique.
Celui-ci révèle des dimensions sporales nettement inférieures, même si elles
sont assez variables, dans leurs valeurs extrêmes, et la présence de corps stériles
sur les lamelles, de forme tout à fait différente et pourvus, au moins en partie,
d'une murication même assez pauvre. C’est ce dernier caractère qui impose
d'exclure le champignon des espèces acystidiées pour l'insérer, tout au contraire,
dans celles avec cystides proprement dites.
Pourtant, même avec un tel argument, il surgit des problèmes peu aisés à
résoudre. Cet Inocybe a une affinité avec d’autres espèces macroscopiquement
assez proches : I. pedemontana nob. (2), I. mystica Stangl et Glowinski (9)
(= 1. confusa Karst. sensu Heim) (7) et I. ochroalba Bruylants (4), présentant
beaucoup de critères analogues, comme le port, la couleur du piléus et du stipe,
l'aspect de la surface du premier, etc.
Toutefois, dans ces comparaisons, il s'impose une distinction fondée surtout
sur des critères microscopiques : tous ces Inocybes mentionnés ont des cystides
lamellaires courtes (ne dépassant pas 504m) et pourvues de murications bien
évidentes et, en plus, des caulocystides. L'espèce qui nous intéresse a des cystides
hyméniales de longueur notablement supérieure (jusqu'à 70-75um) avec des
aux au sommet, petits et rares ou alors absents, et n'a pas de caulocystides
)
À
b 30 pm
Inocybe pseudograta Alessio. — a : carpophores; b : basidiospores; c : cystides.
Source : MNHN, Paris
58 C.L. ALESSIO
Sur le plan macroscopique les différences sont évidentes comme il peut
paraître avec les confrontations suivantes :
Par rapport à I. pedemontana nob., le champignon en étude se caractérise
par:
- manque du voile cortiniforme, même chez les carpophores encore immatures;
- absence de floccosités pruineuses sur le stipe;
- présence de légéres taches rougeátres sous la cuticule du chapeau et sous le
cortex du stipe (tout au moins sur la partie supérieure du second);
- odeur insignifiante, ne rappelant pas le poisson.
Par rapport à /. mystica Stangl et Glowinski les différences sont ainsi syn-
thétisables :
- manque de voile entre chapeau et stipe, au moins dans les stades de développe-
ment de jeunesse;
- stipe d'égale épaisseur sur toute son extension, sans aucun épaississement
sensible à la base;
- absence de pruine au sommet du stipe;
- coloration rougeátre de la chair au contour du pied et dans le chapeau.
La distinction de notre champignon par rapport à 1. ochro-alba Bruylants
peut se faire sur la base de :
- absence de voile dans les primordiums et, par conséquent, manque de ses
restes, tant sur le stipe que sur le chapeau aux stades de développement
ultérieurs;
- teintes du chapeau et du pied à tons plus chargés, dans l'ensemble plus obscures;
- couleur du cortex du stipe sans tonalités roses;
- absence de pruine sur toute la surface du pied.
Il reste pourtant encore une espèce à spores lisses avec des cystides seulement
présentes dans l'hyménium, et qui ait une notable ressemblance avec notre
champignon qu'il est difficile de différencier sans une extrême attention. Il
s'agit de I. olivaceo-brunnea Favre (6).
Je dis tout de suite que je n'ai jamais vu un tel champignon dans la nature,
chose qui, du reste, est survenue à la presque totalité des spécialistes du genre
Inocybe puisque, aprés l'auteur, personne n'en parle (tout au moins pour autant
que je le sache) à l'exception de MOSER qui l'insére dans sa «Flore» (8) mais
sans donner d'indications qui permettent de déduire qu'il en ait une connais-
sance directe et parfaite. Je dois donc me référer seulement aux données de la
littérature fournie par FAVRE.
À partir de ces bases on relève que, à la différence de mon champignon,
1. olivaceo-brunnea devrait posséder ces quelques éléments distinctifs :
- chapeau à cuticule moins lisse et de couleur plus foncée si l'on se réfère à
la représentation iconographique qui figure en appendice du travail de
FAVRE:
- lamelles à tons franchement olivacés:
Source : MNHN, Paris
INOCYBE PSEUDOGRATA 59
- pied obscur jusqu'à la base:
- odeur indéfinissable:
- chair sans tonalités rougeátres sur la périphérie du chapeau et du pied:
- cystides à col non différencié. pourvues de gros cristaux au sommet, même
s'ils sont peu nombreux.
Pour tout le reste il y a concordance entre les deux espèces, habitat compris.
Il serait superflu de relever les dimensions plus réduites de l'Inocybe de FAVRE
par rapport au mien, ces différences étant peu significatives puisque FAVRE
à récolté ses exemplaires à une altitude supérieure (1850 mêtres pour 1500
mètres).
Pourtant, malgré toutes ces indiscutables analogies et avec ces éclaircisse-
ments, il faut séparer les deux champignons et ne pas en faire une espèce unique.
Voilà pourquoi, avec ma modeste intervention, je pense donner vie à un nouveau
taxon au nom de Inocybe pseudograta sp. nov.
Enfin, pour insérer le nouveau taxon dans la systématique, dans le cadre
de la section des Inocybes à spores lisses et à cystides muriquées, il est logique
et plausible qu'il fasse partie du groupe Phaeodisca (où j'ai mis aussi I. olivaceo-
brunnea Favre) comprenant les espèces privées de caulocystides, à spores d'une
longueur non particulière et de formes habituelles.
DIAGNOSE LATINE
Pileus 2-4cm latus; initio hemisphaericus, dein convexus et in processu expansus, in
disco interdum umbone trunco-conico praeditus; margine antea modice demisso atque
involuto, tempore vero extenso at continuo acclini; in extremo circuitu saepe undulatus
vel lobatus; cuticula obtectus, spissis fibrillis adpressis radialiter signata, centro autem in
squamulas maxime tamen adpressas diesiecta vel tassellatim incisa; ochraceus ac pallidissime
brunneus, interdum colore cervino suffusus; velo carens, quod numquam observare potui-
mus nec in pilei margine neque ad pileum ipsum stipitem colligens. Lamellae non confer-
tissimae, crassiusculae, haud latae, ad stipitem annexae, acie continua praeditae; in primis
albidae, deinde isabellimae demumque ochraceo-brunneolae, nec unquam roseolo neque
ochraceo-viridi tinctae. Stipes 3-6 cm longus, 0,8-1,3 cm crassus; validus, cylindraceus aut
lateraliter modice compressus, rectus vel flexuosus, quondam tortuosulus, in toto aequaliter
crassus; plenus; summo atque basi albidus, in reliqua parte pileo concolor, in longitudinem
manifeste striatus. Caro firma crassaque, albida et pallide ochracea, tenuiter autem rubeola
sub. pilei cuticula, summique stipitis saltem cortice; odore consueto, spermatico-acidulo;
sapore haud peculiari, dulcidulo. Micr. Sporae laeves, forma et magnitudine variae, pyri-
formes, ovatae vel dorso quasi recto praeditae, in utrisque apicibus obtusae, guttulis oleosis
farctae; (7,5)-8,5-10,5-(12) x (4,5)-5-647)um; cystidia hymenialia multa, apice rotundato
et collo brevi at e corpore manifeste distincto praedita, in parte infima longa subtiliaque,
guitulis oleosis farcta, tunica haud crassa induta, im NH4OH vix hyalina, muricatione
exigua instructa, quandoque nulla, 50-75 x 14-18pm; caulocystidia adsunt, Habitat : paula-
tim musca internascentis sub Piceis excelsis, in. locis montanis; aestate etiamque auti mno.
Utilitas ne. fentafa quidem, ideoque prudenter eam ne edendam quidem habemus.
Legit : G. STECCHI, S. Martino di Castrozza (Malga Cess) 2/VIII/1982. Specimina
typica exsiccata in herbario E. Rebaudengo, Cebae.
Source : MNHN, Paris
60
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DONADINI J.C. et RIOUSSET L., 1975 — Inocybe pisciodora sp. nov. Doc. Myc.
20:15.
FAVRE J. 1960 — Catalogue descriptif des Champignons supérieurs de la zone
subalpine du Parc National Suisse : 470-471 et pl. II, fig. 4. Liestal.
HEIM R., 1933 — Le genre Inocybe : 333-335 et pl. XVIII, fig. 1 et 2. Paris.
MOSER M., 1978 — Die Róhrlinge und Blátterpilze. Kleine Kryptogamenflora, Band
11b/2, 2 Teil, 4e Aufl. : 325. Stuttgart.
STANGL J. et GLOWINSKI H., 1980 — Inocybe mystica nom. nov. (I. confusa
Karst sens. Heim in litt.). Zeith. Mykol. 46 : 169-171.
Source : MNHN. Paris
61
AGARICALES DE LA ZONE ALPINE .
GENRE LEPIOTA (PERS. : FR.) GRAY
par R. KUHNER*
RÉSUMÉ. — Descriptions de quatre espèces rencontrées en zone alpine : L. alba (Bres.)
Ѕасс L. clypeolarioides Rea, sens. Huijsman; L. favrei nom. nov. (— L. pseudohelveola
Kühner, sens. Favre); L. dryadicola sp. nov.
SUMMARY. Four species growing over the timber line are described : L. alba (Bres.)
Sacc; L. clypeolarioides Rea, sens. Huijsman; L. favrei nom. nov. (= L. pseudohelveola
Kühner, sens. Favre); L. dryadicola sp. nov.
Peu d'espèces représentent en zone alpine le genre Lepiota et toutes celles
que nous y avons rencontrées appartiennent à la section Clypeolariae. Nous
n'y avons repéré aucune Stenosporae typique si nous exceptons L. cristata,
trouvée d'ailleurs une seule fois. le 27.8.1968. à la partie tout à fait inférieure
de la zone alpine, vers 1.900 m (La Motte, aux environs de Pralognan). Si L.
ilba est largement répandue aux altitudes élevées, les autres Clypeolariae sont
loin d'y étre fréquentes.
Afin d'alléger au maximum les descriptions qui constituent l'essentiel de la
présente publication, nous éviterons d'y faire figurer des caractéres qui se re-
trouvent chez toutes ou chez la plupart des espéces rencontrées par nous, carac-
téres que nous allons évoquer dés maintenant.
Comme l'on sait, les lames sont libres chez les Lépiotes typiques; nous les
avons trouvées telles chez toutes les espèces décrites ci-après; signalons toutefois
que les lames étaient adnées (étroitement) dans un carpophore scandinave
resté indéterminé, mais qui se rapportait sans le moindre doute aux Ovisporae
* 38 rue Benoist-Mary. 69005 Lyon, France,
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
62 R. KUHNER
Chez les espéces décrites plus loin. le stipe, généralement plus ou moins
atténué de bas en haut, était toujours creusé d'une cavité brutalement indivi-
dualisée, dans laquelle s'observait constamment une moelle blanche soyeuse.
La chair piléique, toujours blanche ou blanchátre, ne se colorait pas à la section.
Dans toutes nos récoltes, les basides tétrasporiques étaient au moins très
largement, dominantes.
Chez toutes ces espèces s'observent à la fois des cloisons bouclées et d'autres
qui ne le sont pas. En général. la plupart des basides sont bouclées; cependant,
dans notre unique récolte de L. cristata, les basides non bouclées étaient presque
aussi nombreuses que les autres. Au niveau des hyphes gréles du stipe. les cloi-
sons sans boucles sont particulièrement nombreuses; chez toutes les espéces
(1. cristata comprise), elles étaient aussi nombreuses, ou presque, que les cloi-
sons bouclées.
Chez toutes les Lépiotes rencontrées en zone alpine, l'arête des lames était
stérile par d'innombrables poils marginaux.
Après coloration selon GIEMSA, on constate que dominent très nettement
les spores à deux noyaux chez toutes les espèces. Aprés ce traitement, qui les
met en évidence, la paroi sporique nous a montré une belle endospore rouge
pourpre chez L. cristata. Chez L. alba, endospore rose-rouge est fine; elle est
subtile ou nulle chez les autres espèces. Quoiqu'il еп зой. après le traitement
de GIEMSA, la paroi sporique se montre toujours sensiblement épaissie dans
son ensemble; elle se présente également ainsi après un simple traitement par
l'ammoniaque à chaud. Un traitement par une solution diluće d'acide acétique
de spores ayant été placées au préalable dans l'ammoniaque gonfle fortement
l'épispore de toutes les espèces. qui apparaît alors nettement formée de deux
enveloppes emboítées l'une dans l'autre; cette constitution double de l'épispore
est surtout manifeste lorsque des spores ayant subi le traitement ammoniaco-
acétique sont observées dans une solution trés diluée d'iode; en effet, si l'épi-
spore de toutes ces espèces est fortement dextrinoide, cette dextrinoidie se
manifeste d'abord au niveau de l'épispore interne que l'on distingue alors nette-
ment de | épispore externe.
A la suite du traitement ammoniaco-acétique, le gonflement de l'épispore
est tel chez L. alba et formes affines que le hile se trouve enfoui au fond d'un
ombilic, il en est parfois de même chez L. dryadicola
Dans toutes les descriptions qui suivent, les notations chiffrées qui accom-
pagnent des indications de couleurs précisent la position de celles-ci dans le
«Munsell Book of Color» (Munsell Color Co., Inc., Baltimore, Md).
LEPIOTA ALBA (BRES.) SACC.
DESCRIPTION
Spores 11.5-16 x 5-6;7um, en moyenne 12.1-15,3 x 5,6-6,4um,de dimensions
assez variables d un lot à l'autre, par exemple de 12-12,5 x 5-6um a 13-15 x
Source : MNHN. Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 63
6-6,7ит. 1/1 = 2,1-2,6. Elles sont le plus souvent nettement fusiformes, mais
on peut aussi en trouver de fusiformes-elliptiques. La dépression supra-apicu-
laire est fréquente, mais elle est plutôt large ou faible.
Revêtement piléique au disque avec d'innombrables poils très longs, 90-260 x
(4)-6-13{18)um, parfois cylindracés et plus ou moins longuement pédonculés,
mais souvent subfusiformes ou atténués vers l'extrémité libre, en général longue
ment, mais parfois brusquement.
Chapeau entièrement crème, 2.5 à 1 Y 8.5/3 (parfois encore plus clair que
2.5 Y 9/1), mais devenant en général plus ou moins teinté d'ocracé (de crême-
ocre à ocre alutacé ou brunátre ocré) au centre, 2.5 Y 8/4, 1.5 Y 8/5, 10 YR
7/5. Au centre, le revêtement qui est tout au plus tomenteux-feutré à subti-
lement tomenteux, peut aussi se montrer glabre et ceci trés précocement, avant
l'ouverture de la chambre lamellaire. Restant toujours entier au centre, le revéte-
ment peut le rester longtemps hors du disque, bien que des crevasses très fines
(visibles à la loupe) puissent commencer à se manifester dans la zone marginale
alors qu'il y a encore un voile sous-tendu; plus tard, des crevasses radiaires
ou plus souvent disposées en tous sens, rompent le revétement en innombrables
et fins flocons ou écailles plates qui se détachent sur le fond blanc de la chair;
il arrive que la zone marginale se dénude entièrement de son revêtement initial
et ne montre plus que la chair blanche; la surface piléique peut aussi ne montrer,
hors du disque, que des peluchures plus ou moins mal individualisées ou, dans
la zone marginale, des fibrilles radiaires agglomérées en courtes méchules blan-
ches, dont les pointes tendent à se retrousser et à s'imbriquer. Dans un seul
lot (K. 68-168) de carpophores jeunes, au revêtement non encore crevassé,
nous avons remarqué la présence, hors du disque. de légères côtes basses, mais
bien pincées, parfois anastomosées en réseau, sans doute dues à des agglutina-
tions locales des poils cuticulaires
Alors qu'il unit encore le chapeau au stipe, le voile sous-tendu comprend.
une partie inteme blanche, en forme de manchette qui descend du sommet
du stipe en s'épaississant beaucoup, mais très progressivement et, au niveau
où il est le plus épais, иле partie externe jaune ocracé clair, 2.5 Y 8.5/5, qui
tapisse une gouttière annulaire étroite (1-1,5 mm).
Le voile initialement sous-tendu laisse généralement sur le stipe un anneau
évident; la partie excédante, dentelée, de la marge piléique est alors étroite
(0,5 mm); il est exceptionnel que le voile sous-tendu ne laisse sur le stipe qu'un
demianneau, l'autre moitié de ce voile restant uniquement suspendue au bord
du chapeau sous forme de lambeaux énormes (8 à 10 mm de long), blancs.
Chez l'adulte, l'anneau, inséré par exemple au tiers supérieur du stipe, se
présente dans l'ensemble comme une ample manchette pendante: sauf vers le
bord, qui est gonflé, cette manchette est très mince, membraneuse, ou parfois
Si peu cohérente qu'elle est presque subfilamenteuse, ce qui fait que l'anneau
est fragile et tombe facilement en morceaux. À la face supérieure, la manchette
est blanche et assez souvent striée-sillonnée; le bord gonflé, cotonneux ou
tomenteux-feutré, montre toujours, à la face inférieure, une bande circulaire
Source - MNHN. Paris
64 R. KUHNER
tranchant sur le reste par le fait qu'elle est colorée (légèrement), crème à crème-
ocre ou créme brunátre, 10 YR 8/4 par exemple, et de texture plus compacte,
plus continue; cette bande, qui se présente parfois comme un sillon étroit
(0,5 mm), très pincé, peut être notablement plus large (1 à 3 mm) et il n'est
pas rare qu'elle se rompe radialement en une circonférence de flocons, ceci
parfois déjà avant l'ouverture de la chambre lamellaire.
Le stipe est fondamentalement blanc, non seulement au-dessus de l'anneau,
mais aussi au-dessous; au-dessous, le stipe est d'abord pelucheux à pelucheux.
laineux-hérissé par un fibrillum blanc qui finit par s'appliquer lâchement; plus bas
peuvent s'observer, avant l'ouverture de la chambre lamellaire, de nombreux flo-
cons ou brèves bandelettes transversales jaune påle, 4 à 5 Y 8.7/5 à crème, plus
ou moins évanescents, qui établissent le passage progressif au revêtement jau-
nátre de la base du stipe, lequel, d’abord continu, peut se fragmenter lui-même
par la suite en flocons crème ou en mouchetures ocracées.
Lames presque blanches, mais jamais blanc pur, plutôt blanc-crème, 6 Y
9.25/2 - 2.5 Y 9/2, serrées, d’abord ascendantes, ventrues à très ventrues, atté-
nuées en arrière ou souvent arrondies-libres, parfois même écartées du stipe.
Poils marginaux 20-32 x 6-11pm, souvent plus ou moins claviformes, mais
ceux-ci parfois mélés, soit à des poils piriformes ou en raquette, soit à des poils
subcylindracés ou à des poils ventrus (en général peu ventrus).
Chair blanche dans le stipe comme dans le chapeau où, moyennement épaisse
au disque, elle devient mince au bord.
En coupe, odeur plus ou moins prononcée, agréable, fruitée-bolétoide, parfois
subtilement mêlée à une odeur rappelant celle L. cristata.
Carpophores relativement grands. Chapeau 20-70 mm, d’abord campanulé
(notamment alors que n'est pas encore ouverte la chambre lamellaire), mais
pouvant devenir chez l'adulte convexe-plan, le disque obtus ou largement et
obtusément saillant. Stipe 13-80 mm, légèrement et très progressivement atténué
de la base, x 9-12 mm par exemple, au sommet x 5-8 mm.
HABITAT ET RÉCOLTES
Dans les pátures ou les pelouses à Dryas. S'aventure jusque dans des stations
à végétation ouverte, par exemple les pierriers des moraines ou des crêtes,
notamment dans les tapis de Dryas purs (parfois vu fixé aux rhizomes de cette
plante).
Vanoise, aux environs de Pralognan. Entre les Châlets inférieur et supérieur
de l'Arcellin, 2.200 m, 26-7-63 (К. 63-42). Vers la croupe du Moriond, 2.300 m,
17-8-1963 (K. 63-118). Cirque du Genépy, 2.200 à 2.350 m, 24.8.68 (K. 68-
181). Aréte du Montcharvet, 2.250 m, 228-1968 (K. 68-168).
Vanoise, dans la haute vallée de Champagny. Rive gauche du torrent de la
Glière derrière, sous le glacier de Rosolin, 2.200 m, 17-9-1970 (K. 70-173).
Grisons. Val Nüglia, 27-8-1966.
Source : MNHN. Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 65
OBSERVATIONS
Aux environs de Val d'Isére, à Prariond, 2.250 m, 22-8-70 (K. 70-64), deux
carpophores faisant penser à L. alba par le chapeau finement pruineux au
sommet créme brunátre, 10 YR 7/4,7/5, mais en différant par le fait que le
reste blanc du chapeau se montrait lisse à finement feutré, non squamuleux,
et par l'absence d'anneau sur le stipe qui n'était que grossièrement et hautement
laineux à pelucheux - laineux là où s'attachait le voile initialement sous-tendu.
Spores sensiblement moins oblongues, à peine deux fois plus longues que larges,
largement fusiformes-ventrues, 12-12,7 x 6-6,7um.
Aux environs de Pralognan, dans le Cirque de Genépy, 2.300 m, 8-9-70
(K.70.114), un seul carpophore différant de L. alba typique par la surface
piléque partout colorée, roussátre au sommet, 8.5 YR 6.5/6, ailleurs jaunatre
assez vif, 2.5-5 Y 9/5,9/6, les flocons les plus proches du bord tranchant par leur
couleur d'un jaune assez vif sur la frange de coton blanc pur qui appendiculait
largement (2 mm) la marge et par le fait que la calotte sommitale du chapeau
était densément ponctuée de petits flocons pointus, frappants à la loupe, mais
déjà sensibles à l'œil nu, des poils de 105-210 x 8-10Oum dépassant longuement
une cuticule de cellules bien plus courtes, 30-48 x 8-11um, claviformes (à sub-
cylindriques). La manchette pendante du voile était peu distincte de la laine
bouffante, blanc pur, de la moitié supérieure. Largeur des spores faible; spores
13-14 x 5-5,5um.
Aux environs de Pralognan, dans une pelouse à Dryas du Cirque inférieur
de l’Arcellin, 1750 m, 13-8-68 (К. 68-105), чп carpophore différent d'alba
typique par la coloration jaunátre des mèches pointues appendiculant la marge
piléique, la coloration jaunâtre pâle, 5 Y 9/4, 9/3 du voile grossièrement laineux
ou laineux-floconneux qui recouvrait entièrement le stipe au-dessous de la
manchette blanchâtre, laineuse-flasque, suspendue près du sommet et par l'odeur
agréable de prune, de mirabelle ou de Muscari sensible à la section. Au centre
du chapeau, de trés longs poils, 127-260 x 7-llum, dépassant une cuticule
palissadique bien individualisée, à base d'articles claviformes, 40 x 7-9um.
LEPIOTA DRYADICOLA SP. NOV.
DIAGNOSE LATINE
Species e grege Clypeolariarum eximia sporis subfusiformibus atque parva dimensione,
7-8.5 х 3-4Ит. Velum universale obscure fuscum, quo cutis pilei constituitur, in squamas
cum. fundo, albo colore carnis nudatae discrepantes, disrumptur, praeter discum, ubi id e
longissimis pilis pariete fuscidula stratum pilorum, multo breviorum, superantibus, constat.
In. infimo stipite videri possunt flocci obscure fusci, ex illo velo rupto geniti, quorum su.
periores in zonam annulariam, extreme basis proximum, lineantur; supra id velum lana car-
nea vel e fuscidulo carnea stipitem vestit, at non annulum constituant. Lamellae albae,
stipatae, liberae. Caro alba immutabilis. Stipes paulatim in summa parte ad infimam an
gustatus. Pileus 40-53 mm. — Inter Dryadas zonae alpinae. Holotypus : Herb. KUHNER
n? 70-141
Source : MNHN. Paris
66 R. KUHNER
DESCRIPTION
Spores 7-8,5 x 34um, subfusiformes de face et de profil; le profil peut être
subtronqué à la base et montrer une large et peu profonde dépression supra-
apiculaire.
Revêtement piléique avec d'innombrables poils, 135-280 x 9-17um, cylin
dracés-pédonculés, à sommet arrondi-obtus, il y a aussi des poils plus courts,
par exemple 55-70 x 9-12um, claviformes où irréguliers. Les poils ont une
paroi ferme, à pigmentation uniforme. Au disque piléique les poils sont groupés
en faisceaux coniques; la forme de chaque faisceau est due au fait que les poils
qui le constituent sont de longueurs très variées.
Chapeau présentant une calotte discale, au niveau de laquelle le revêtement
est continu; cette calotte brun foncé, 2.5 YR 3/4, est toute veloutée à l'œil
nu, et se montre, sous la loupe, densément pointillée de minuscules méchules
dressées, de la méme couleur que le fond. En dehors de la calotte discale, le
revêtement piléique est densément gercé en courtes bandelettes perpendiculaires
aux rayons piléiques ou en très nombreuses squamules appliquées; celles-ci se
détachent en brun foncé sur le fond blanc de la chair mise à nu: il arrive que
les écailles de la zone la plus proche du bord du chapeau soient plus grosses
que les autres. Marge laineuse, débordante par le voile.
Stipe blanchátre en haut, couvert ailleurs (par exemple dans les deux tiers
inférieurs) d’une laine abondante et bouffante carné sale et påle, de plus en
plus carné brunåtre vers le bas, 7.5 YR. 7/4-5 YR. 6/4. 1l n'y a pas d'anneau,
mais, tout prés de l'extréme base, le stipe présente une zone annulaire de flocons
serrés, bruns, 7.5 YR 3/2, au-dessous de laquelle s'observent encore de petites
guirlandes horizontales, également brunes.
Lames blanches, 2.5 Y 9/2, très serrées, arrondies en arrière; poils marginaux,
14-20 x 5-1lum, très largement arrondis au bout, piriformes, plus ou moins
pédonculés, groupés en créneaux.
Chair partout blanche ou blanchátre, celle du chapeau d'épaisseur moyenne
au disque, progressivement amincie vers le bord. En coupe odeur forte, agréa-
blement parfumée, acide, un peu fruitée, de Polypore.
Carpophores de dimensions moyennes. Chapeau 40-53 mm, campanulé-
convexe, avec la marge d'abord incurvée en direction du stipe. Stipe de 35 mm
de long, atténué de la base subbulbeuse, x 16 mm, au sommet, x 10 mm.
HABITAT ET RÉCOLTE
Sur sol calcaire, dans un tapis de Dryas.
Vanoise; haute vallée de Champagny, bord S du «Lac» de la Gliére, 2.000 m,
14-9-1970 (K.70-141). 2 carpophores.
Source : MNHN, Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 67
LEPIOTA CLYPEOLARIOIDES REA, sens. HUIJSMAN
DESCRIPTION
Spores 6.2:8-(9) x 44.7-(5)um, obtusément elliptiques à ovoides.
Revétement piléique avec d'innombrables poils trés longs, 90-138 x 9-18um.
cylindriques-pédonculés, à extrémité largement arrondie (non atténuée), semes
au milieu de poils bien plus courts, 17-54 x 13-16um, dont plusieurs sont clavi-
formes ou obovales. Au disque piléique. les plus longs poils sont fasciculés par
leurs extrémités libres en petites mèches dressées. Sur le vivant, les poils mon-
trent une pigmentation pariétale uniforme, fauve brunâtre, particulièrement
accusée dans leurs régions inférieures.
Revêtement piléique continu au disque, où il forme une calotte d'un beau
brun ou brun-roux (rarement roussátre ocré chez les petits carpophores), 4 à 5
YR 3/4 -5à 65 YR 4.5/5.4.5/6 - 7.5 YR 5/5.5.5/5, 5/4. finement tomenteuse-
veloutée sous la loupe, entièrement gercé ailleurs en innombrables flocons
ow squamules ponctiformes, qui tranchent par leur couleur brune (brun foncé
à brun-bistre), 7.5 YR à 10 7.5 YR 3/2.2/4,5/4 - 10 YR 3/2, sur le fond blanc
de la chair, que, malgré leur grand nombre. ils dégagent de plus en plus à l'ap-
proche du bord, dont la marge est débordante (1mm) par le voile qui peut
former une frange dentelée.
Vers la moitié de la hauteur du stipe ou aux deux tiers supérieurs se trouve
un anneau en forme de bracelet plat, saillant mais appliqué (ni en entonnoir,
ni en manchette), de 0,5-1,5 mm de large, suspendu au fibrillum soyeux longitu-
dinalement appliqué de la partie supérieure du stipe. Typiquement ce bracelet
est franchement brun, brun foncé ou brun-bistre, 7.5 YR 3/4 - 8 à 9 YR 3.5/2
- 10 YR 3/2 suivant une bande étroite (par ex. 0,3 mm), mais il peut montrer
en outre une partie supérieure blanche, qui peut être plus large (1 mm); il arrive
que ces deux parties se séparent et, à la limite, on ne trouve plus qu'un anneau
blanc, la partie brune ne se distinguant pas de celles qu'on trouve toujours,
au-dessous de l'anneau, sous forme de bracelets interrompus, d'étroites guir-
landes ou de flocons saillants, bruns, brun foncé à brun-bistre, 7.5 YR 3/4,
qui peuvent être alignés horizontalement.
Ces ornements mis à part, le stipe est blanc (à peine rosâtre parfoi
Lames blanchâtres ou parfois plus ou moins salies de crème brunátre, 2.5 Y
8.5/2 à 10 YR 7/4, serrées, au moins moyennement, (l = 1,3,7), arrondies
au stipe, Poils marginaux, 20-42 x 6-11um, le plus souvent piriformes ou clavi-
formes-pédonculés, parfois cependant à sommet en museau conique ou rarement
étiré en court bec.
Chair du cortex du stipe grisâtre ou brunâtre quand imbue, 8 à 10 YR 7/3 -
LS Y 7.5/3, celle du chapeau blanche ou plus souvent blanchâtre, voire sale-
påle, vers 10 YR 8.5/2, moyennement épaisse au disque, mince au bord.
En coupe, odeur agréable (non de L. cristata), acide, de Polypore ou de Bolet
Source : MNHN, Paris
68 R. KUHNER
chez les grands carpophores, fongique ou insensible chez les plus petits.
Carpophores de petite taille. Chapeau 12-32 mm, campanulé-convexe trés
obtusément conique surbaissé à convexe, obtus ou à centre à peine plus saillant
(très obtusément). Stipe de 11-25 mm de long, égal où presque, ou atténué
de la base au sommet. qui a 3-8 mm d'épaisseur.
HABITAT ET RÉCOLTES
Parmi les Dryas, soit dans les pâtures, soit jusque dans les pierriers morai-
niques calcaires. généralement par carpophores isolés.
Vanoise, aux environs de Pralognan. Sous le Lac des Vaches, 2.150 m, 6-9-
1973 (K. 73-372).
Vanoise, dans la haute vallée de Champagny. Sous le glacier de l'Epena,
N. 2.000-2.100 m, 16-9-1969 (K. 69-334) et 14-9-1970 (K. 70-152 et 159).
Également sur la rive gauche du torrent de La Glière derrière, 2,200 m, 17-9-
1970 (K. 70-172). 6 carpophores examinés.
LEPIOTA FAVREI NOM. NOV.
= Lepiota pseudobelveola Kühner, sens. Favre. Les champignons supérieurs
de la zone alpine du Parc national suisse, 1955, p. 157, fig. 143; pl. XI, fig 12.
DESCRIPTION
Spores 6-7-(8) x 44,7um, elliptiques ou, de face, assez souvent ovoides.
Revêtement piléique à base d’hyphes régulièrement couchées, cylindriques.
gréles, x 3.5-4,5um. En naissent des articles redressés qui forment les flocons;
nombre d'entre eux sont relativement courts, par exemple 17-63 x 6-12um,
claviformes, de claviformes-pédonculés à obovales; d'autres se présentent sous
la forme de poils très longs, 100-225 x 9-11um, longuement pédonculés, à partie
saillante cylindracée, subfusiforme ou atténuée; l'ensemble de ces articles dressés
n'est à aucun niveau cohérent.
Cuticule piléique d'abord roussátre, 6.5 YR 6/5-7.5 YR 6/2,6/4 - 8.5 YR
6/4-8 à 10 YR 7/4; simplement rugueuse-feutrée au début, elle se rompt à partir
de la zone marginale et, sauf au centre, en innombrables et fins flocons squa-
muleux qui tranchent d'abord sur le fond pâle par leur couleur. Avec l'âge
la cuticule se décolore plus ou moins et le chapeau devient entièrement beige.
crème, crème blanchátre, 7.5 YR 8/3 - 2.5 Y 8.5/3,9/2 ou encore plus blanc;
il peut alors prendre. par endroits (sur un cóté par exemple), des teintes rosátres
plus ou moins salies, 5 YR 7/2-3.5 YR 8/3.
Stipe portant, vers la moitié de sa hauteur ou au-dessus (d'abord au-dessus),
un anneau plus ou moins complet ou incomplet, pas rarement plus ou moins
rudimentaire. Lorsqu'il est bien constitué, cet anneau se présente comme une
Source : MNHN, Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 69
zone saillamte, mais appliquée, de 1,5 mm de haut, påle, parcourue en son
milieu par une ligne brune, 5 YR 5.5/4-6.5 YR 4.5/4-7.5 YR. 7/4, 7.5 à 8.5
YR 6.5/4, étroite, qui n'a guère qu'un tiers de millimètre de large. Il arrive
que le bord supérieur de Panneau se présente comme un bourrelet saillant,
blanchâtre; éventuellement l'anneau se rompt en deux parties, dont la supé-
rieure, constituée par le bourrelet blanchátre, reste suspendue au pied par des
filaments blancs et dont l'inférieure comprend la ligne brune.
Au-dessous de l'anneau, le stipe est franchement et entièrement moucheté
de flocons saillants, initialement de la méme couleur brunátre rosé, par exemple
7.5 YR 6/4,7/4, que la ligne brune de l'anneau, mais qui peuvent devenir blan-
chatres; ils se détachent sur un fond plus ou moins carné sale, 6 YR 7.5/
Au-dessus de l'anneau, le stipe est d’abord blanc ou blanchâtre, mais il devient
plus ou moins gris brunâtre avec l'âge, 10 YR 6/2 - 7.5 YR 6/2,6/4,5/4 sous le
fibrillum plus påle.
Lames jamais blanc pur, mais seulement blanchâtres, 2.5 Y 8.5/2, brunissant
en avant chez les vieux carpophores ayant souffert du froid, moyennement
serrées, devenant très largement ventrues, libres ou même écartées du stipe.
Poils marginaux 20-36 x 7-11-(13)um, souvent clavés-piriformes-pédonculés,
voire même piriformes-capités, avec l'extrémité tantót largement arrondie,
tantôt un peu angulée, brièvement conique ou comme mamelonnée, tantôt
enfin surmontée d'un court bec; on passe ainsi à des poils claviformes-ventrus
ou même fusiformes.
Chair de la paroi du stipe hyalin-sale, 1 4 2 Y 7/2 - 10 YR 5/2,5/3 - 7.5
YR 6.5/2 - 5 YR 5/4, celle du chapeau blanchatre, moyennement épaisse au
disque, mais très amincie au bord.
En coupe, odeur subnulle, pas de L. cristata.
Carpophores petits. Chapeau 15-25 mm, campanulé-convexe à zone marginale
largement infractée, puis plus ou moins surbaissé, convexe ou méme discoide;
subobtus au début, il devient souvent gibbeux par un fort mamelon obtus
lorsqu'il se surbaisse; sa marge est toujours largement excédante. Stipe de 13-
27 mm de long, de 2,5-4 mm d'épaisseur au sommet, parfois bulbeux.
HABITAT ET RÉCOLTES
Dans les tapis de Dryas, sur roche mére calcaire, jusque dans des stations
où cette plante est accompagnée de Carex firma.
Grisons, Murtaról d'Aint, 2.500 m, 11-8-1966 (K. 66-30) et 31-8-1966.
Ils Murters de Tamangur, 2.440 m, 24-8-1966. Hauteurs au sud du Vallon de
Costainas, 2.400 m, 20-8-1966 (K. 66-83). Une vingtaine de carpophores exa-
minés.
Col du Petit Saint Bernard, 2.000 m, 20-8-1970.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
LE DÉVELOPPEMENT
D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA (PERS. : FR) SING.
par A.F.M. REIJNDERS*
RÉSUMÉ. — Hygrotrama atropuncta (Pers. : Fr.) Sing. est stipitocarpe et monovélan
giocarpe. Le revêtement piléique celluleux est une différenciation du voile universel, mais
modifiée au niveau du piléus. La trame des lames accuse une structure irrégulière secondaire
qui se présente chez maints groupes d'Agaricales évolués.
SUMMARY. — Hygrotrama atropuncta (Pers. : Fr.) Sing. is stipitocarpous and mono-
velangiocarpous. The cellular surfacelayer of the pileus is in fact a differentiation of the
universal veil, which has been modified only over the cap. The hymenophoral trama has a
secondary irregular structure, which occurs in many groups of higher evolved Agaricales.
Le genre Hygrotrama a été créé par R. SINGER. On admet généralement
une affinité avec les genres Camarophyllus et Hygrocybe et SINGER pense
que Hygrotrama occupe une position intermédiaire. Cet ensemble d'espèces se
distingue en premier lieu par le prétendu hyméniderme. D'autres caractéristiques
comme les pigments, la forme des spores, l'adhérence des lames au pied, l'ab-
sence de boucles et surtout la structure de la trame des lames sont également
importantes, quoique toutes les espéces qu'on a réunies dans ce genre, ne soient
pas absolument identiques sous tous ces rapports.
La trame des lames a été décrite par SINGER en ces termes : «regular or sub-
regular, sometimes a mediostratum and a lateral stratum differentiated but
hyphae of the lateral stratum (excepting the primordium) not divergent».
SINGER dit du développement (1975 : 202) : «Unknown, but not always
gymnocarpous et « Veil either entirely absent or fugacious».
* De Schuilenburght B 72, Amersfoort. Pays Bas.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
A.F.M. REIJNDERS
72
Source : MNHN. Paris
DEVELOPPEMENT D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA 73
KUHNER (1980 :694 et suiv.) a considéré largement ce genre dans son grand
travail de synthèse : Les Hyménomycétes agaricoides. Il reléve surtout la diffé-
rence entre les espèces en question quant à la trame des lames selon p. ex
HESLER et SMITH : chez la plupart des espèces celle-ci est irrégulière contrai-
rement à ce que dit SINGER mais chez quelques-unes elle serait régulière. La
mise à part de Hygrotrama aiderait donc à mieux définir Camarophyllus (à
trame irrégulière) et Hygrocybe (à trame régulière).
Par suite de plusieurs caractéristiques spéciales et collectives, KUHNER pense
que Hygrotrama représente un genre trés évolué, dont méme l'affinité avec les
Hygrophores n'est pas parfaitement établie. Avant de nous étendre plus en
détail sur ces questions, nous examinerons le développement, inconnu jusqu'à
présent.
1. Le plus jeune stade dont nous avons photographié la partie supérieure
(fg. 1) se compose d'une colonnette assez étroite d’une longueur de 690um
et d'une largeur de 466um, là où elle atteint sa plus grande largeur. Elle consiste
en des hyphes parallèles, minces (d, 2-3um) qui accusent une orientation axiale.
Mais le corpuscule est entouré d’une zone (largeur + 50um) à hyphes plus enche-
vétrées et plus láches, sauf dans la partie périphérique qui se dessine sur la photo
comme une gaine foncée où les hyphes se serrent par pressions ou dessiccation.
Quoique le diamètre des hyphes dans la couche lâche ne diffère pas notablement
de celui des autres hyphes génératrices, on y trouve beaucoup d'extrémités
en massue (d. -5um). Par sa structure déviante, il semble justifié de considérer
cette assise comme un voile universel (inné).
2.
Un stade un peu plus avancé dont nous représentons une coupe médiane
d'une forme plus longue, montre que nous avons affaire à un développement
stipitocarpe (largeur prés de la marge piléique 390um). Tout en bas, sous le pied,
se trouve le plectenchyme basal où les hyphes sont les plus larges (-8um). Les
hyphes génératrices parallèles du pied n’ont qu’une largeur de 2-4um jusqu'en
haut, mais à où la marge piléique se manifeste et dans la trame du futur piléus,
les hyphes sont plus intriquées. La marge piléique consiste d'abord en un petit
fascicule d'hyphes paralléles qui se courbent en dehors et vers le bas et qui
percent rapidement le voile. Dans la partie droite de la coupe qui est représentée
ici, les hyphes n'ont pas encore atteint la surface du voile, contrairement à ce
qu'on voit dans la partie gauche. Sur la face supérieure arrondie, il y a beaucoup
d'extrémités en massue d'hyphes (d. -8um): ce sont les premiers éléments de la
couverture cellulaire du futur chapeau. Quelques éléments en massue se trouvent
également le long du pied, mais seulement en haut.
Fig. 1 : Sommet d'un trés jeune primordium: Fig. 2 : Piléus et partie supérieure du stipe
d'un stade avancé; Fig. 3 : Revétement piléique dans un stade avancé.
Source - MNHN. Paris
74
A.F.M. REIJNDERS
Source : MNHN, Paris
DEVELOPPEMENT D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA 75
3. Un stade encore un peu plus avancé (fig. 5, largeur au niveau de la marge
piléique 548um), montre que celle-ci a dépassé le voile tout autour de l'axe,
mais les hyphes chromophiles, parallèles et dirigées en dehors, qui vont former
l'hyménophore, sont encore couvertes du voile, ce que montre encore un peu
plus en détail une photo à grossissement plus fort (fig. 6). Une coupe radiale
de la couverture du chapeau (fig. 3), à un grossissement plus fort, montre que
celle-ci ne représente pas un hyméniderme dans un sens propre, mais se com-
pose de chaînes parallèles de cellules enflées qui s'élargissent de plus en plus
vers le haut, la cellule supérieure ayant la forme d'un ballon ou d'une poire.
Maints voiles universels accusent une telle structure rayonnante (Amanita,
Coprinus), qui se présente parfois aussi dans le piléipellis (Leucocoprinus). Mais
alors, elle se limite strictement à la surface du chapeau. Le voile, le long du pied.
se transforme un peu plus tard, mais sous la palissade hyménienne on voit alors
également sur le pied des groupes de cellules en ballon ou de petites chaînes
de cellules enflées. Pour cette raison et aussi parce que le voile inné qui entourait
dans les plus jeunes phases le sommet du primordium, n'est nullement repoussé
pendant le développement, l'enveloppe du chapeau comme celle de la partie
inférieure du stipe doivent plutót étre considérées comme des différenciations
du voile universel. Mais les structures du voile sur le chapeau et sur les autres
parties du primordium ne sont pas absolument les mémes dans ce cas : nous
avons rencontré d'autres exemples d’une telle différence topographique : Cha-
muemyces fracidus (Fr.) Donk (REIJNDERS, 1975 : 309-10, 313-14).
4. Les particularités vélaires auxquelles nous venons de faire allusion se
voient mieux dans un stade ultérieur (fig. 2, plus grande largeur du chapeau,
2,7 mm). Les lames adhérent sur une grande étendue au pied; elles sont vraiment
décurrentes (cf. MOSER 1978, pl. 49 d). Entre les lames,ce sont les palissades
lyméniennes qui se poursuivent le long du stipe : cette partie renferme déjà,
tout comme l'hyménium sous le chapeau, des basides müres. Sous les palissades
hyméniennes, on trouve les groupes de cellules enflées dm voile; le passage
est assez abrupt. Il faut donc qu'une zone trés mince et limitée du voile à
érieur des palissades se soit oblitérée. Les figures 7 et 10 montrent les détails
du voile pédiculaire, la fig. 10 l'endroit of il est contigu aux palissades hymé-
niennes, la fig. 7 les groupes à chaînes de cellules enflées : les pustules foncées
sur le pied des exemplaires adultes.
Une coupe tangentielle du même stade avancé permet d'étudier la structure
de la trame des lames, Dans les plis très jeunes. on observe déjà au milieu un
faisceau d'hyphes dont l'orientation est axiale (donc dans la lame de haut en
bas). Entre ce médiostrate et les palissades de | hyménium se trouvent des assises
assez larges dans lesquelles les hyphes trés minces (d. * 2um) du médiostrate
Fig. 4 : Coupe médiane d'un jeune stade; Fig. 5 : Coupe médiane d'un stade un peu plus
avancé; Fig. 6 : La marge piléique du méme stade (fig. 5) sous un grossissement plus
fort; Fig. 7 : Le revétement du stipe (voile) sous les palissades hyméniennes.
Source : MNHN. Paris
NDERS
A.F.M. REIJ
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Source : MNHN, Paris
DEVELOPPEMENT D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA 77
se déjettent vers l'extérieur, faisant ainsi preuve d'une structure divergente,
mais dans ces couches laches on observe également des hyphes intriquées à cel-
lules trés courtes dont la direction est indéterminée. Quoique les hyphes se
serrent un peu sous les palissades, il n'y a aucune démarcation tranchée dans
ces couches, de sorte qu'il est inévitable de les considérer dans leur totalité
comme le sub-hyménium et non pas comme des strates latérales, selon la défi-
nition de SINGER. Le pli à la structure susmentionnée a été photographié
(fig. 8) et il a une hauteur d'environ 290um et une largeur à la base (où il est
le plus large, la forme étant triangulaire) de 180um:; le médiostrate a une largeur
de 30-40um et le subhyménium de 15-20um. Une telle trame est en principe
d'emblée divergente mais le sub-hyménium est déjà présent dans les plus jeunes
plis. Une modification secondaire sobserve quand les hyphes intérieures du
médiostrate commencent à s'intriquer à partir de la base de la lame, de sorte
que cette partie centrale enchevétrée. à hyphes un peu plus élargies, prend une
forme triangulaire avec l'angle du sommet dirigé vers le bas. Quelques hyphes
parallèles du médiostrate initial sont écartées, mais elles restent provisoirement
entre le sub-hyménium et la partie centrale du médiostrate, formant ainsi un
hyménopode. L’hyménopode naît presque toujours de la partie latérale du
médiostrate à hyphes parallèles, quand les cellules dans les hyphes centrales
de celui-ci senflent. Dans ce cas, l'inflation est modérée; MOSER (1978 : B)
parle de «ziemlich weitlumig» et de «pseudoparenchymatisch irregulär mit
schwacher Längsorientierung» (hyménopode?). Nous avons photographié ce
stade passager avec l'hyménopode (fig. 9); la hauteur de la lame était de 760um,
la largeur à sa base de 315um, à sa tranche de 90m; le diamètre des hyphes
les plus larges était de 7-8um et la largeur de l'hyménopode de seulement 84m.
Une étude comparative de la naissance de la trame des lames chez plusieurs
genres d'Agaricales évolués, montre que la trame emmélée secondaire dérive
généralement de la trame régulière. Hygrotrama atropuncta se caractérise donc
par une trame bien évoluée.
CONCLUSIONS
Outre la structure particuliére de la trame des lames, qui est surtout remar-
quable du point de vue de la position systématique de l'espéce en question,
nous avons pu constater une angiocarpie primaire, à voile universel faible. sans
doute, mais indéniable. La couverture piléique celluleuse se compose de chaines
de cellules et représente une différenciation du voile plutót qu'un piléipellis.
Sous une forme plus réduite la méme structure se trouve le long du stipe.
Pour dépister la présence des voiles, il faut examiner les primordiums dans un
stade trés jeune; les voiles sont typiquement des organes qui ne sont utiles que
Fig. 8 : Trame d'un jeune pli lamellaire; Fig. 9 : Trame d'une lame plus développée: Fig
10; La surface du stipe à l'endroit où les palissades hyméniennes et ies touffes de poils
vélaires se touchent.
Source : MNHN. Paris
78 A.F.M. REIJNDERS
dans les phases initiales. ce qui ne veut pas dire que l'on n'en retrouve rien sur les
adultes. Mais il faut souvent se servir du microscope pour révéler ces restes
éphémères. HESLER et SMITH (1963 . 101) nient l'existence d'un voile chez
Hygrotrama atropuncta. Parmi les autres espèces de ce genre qu'ils décrivent,
il y en a avec le pied d'abord couvert de flocons ou avec le pied pruineux ou
fibrilleux en haut. De telles formations peuvent indiquer la présence d'un voile
dans la jeunesse. mais on l'ignore dans ces cas.
Les mêmes auteurs ont exclu de leur section Hygrotrama les espèces chez
lesquelles la couverture piléique ne renferme que des cellules «cystidioides»,
mais parmi les espèces qu'ils admettent, il y en a quelques unes où le prétendu
hyméniderme n'est pas toujours trés serré, ou bien ils parlent méme d'un tricho-
derme. MOSER (l. c., 6) fait remarquer que chez Hygrotrama schulzeri (Bres.)
Sing. (= Camarophyllopsis Herink), le piléipellis renferme des cellules rondes,
qui ne forment pourtant pas une couche continue.
Quant à la structure de la trame des lames chez ces espèces, KUHNER (1, с.,
696) la traite d'une maniére comparative et détaillée. Nous n'entrerons pas
dans tous ces détails. mais il y a lieu de conclure que la structure définitive
chez Hygrotrama atropuncta
régulière — représente le deg
en plus similaires.
structure à trame irrégulière née d'une trame
le plus évolué d'un échelon de formes de plus
KUHNER (1. c., 697) énumère une série d'arguments en faveur de la position
exceptionnelle et évoluée de Hygrotrama : l'absence de boucles chez presque
toutes les espèces, la différenciation hyméniforme du revêtement piléique, les
spores globuleuses et binuclées. D'après l'étude de l'ontogénie, on peut ajouter :
la trame spécialisée des lames et la présence d'une angiocarpie primaire. Mais
l'ontogénie révèle aussi des caractéristiques primitives : la stipitocarpie et la
décurrence des lames. En somme, ce groupe ne semble pas être mal placé dans
le voisinage des Hygrophoraceae.
On peut qualifier l'espèce de stipitocarpe et de monovélangiocarpe. La diffé-
renciation du revétement piléique n’est que partiellement une structure propre
au piléus; la dénomination hyméniderme n'est pas applicable dans ce cas.
BIBLIOGRAPHIE
HESLER L.R. and SMITH A.H., 1963 — North American species of Hygrophorus. Knox-
ville : XIV +416.
KUHNER R., 1980 — Les Hyménomycêtes agaricoides. Lyon : XVIII +1027.
MOSER M., 1978 — F'ungorum rariorum Icones coloratae, Pars VII. Vaduz : 48.
REIJNDERS A.F.M., 1963 — Les problèmes du développement des carpophores des
Agaricales et de quelques groupes voisins. Den Haag : XV +412.
REIJNDERS A.F.M., 1975 — The development of three species of the Agaricaceae and
the ontogenetic pattern of this family as a whole. Persoonia 8 : 307-319.
SINGER R., 1975 — The Agaricales in modern taxonomy. 3d ed. Vaduz : VI +912.
Source : MNHN, Paris
OBSERVATIONS ON NUCLEAR MIGRATION
AND HETEROKARYOTIZATION IN ARMILLARIA
by K. KORHONEN*
SUMMARY. — Heterokaryotization in compatible matings of Armillaria «species By was
studied with phase contrast microscopy and genetical methods. The velocity of nuclear
migration is slow in comparison to the results obtained for other fungi. After the migrating
nucleus has traversed a hypha, the cytoplasm and old nuclei largely disappear. Later on
multinucleate cells appear. They are divided into binucleate cells from which the dikaryotic
hyphae start by branching. After some irregular divisions, dikaryotic cells with clamp
connections appear, but the nuclei in the tip cells soon fuse and the final result is hyphae
with uninucleate diploid cells.
RÉSUMÉ. — Étude, à l'aide de la microscopie à contraste de phase et de méthodes géné-
tiques, de l'hétérocaryotisation chez Armillaria «espèce B». La vitesse de migration des
noyaux s'est révélée lente, par comparaison avec les résultats obtenus chez d'autres champi-
gnons. Aprés le déplacement du noyau en migration tout au long d'une hyphe, le cyto-
plasme et les noyaux âgés y disparaissent en grande partie. Plus tard, des articles multi
nucléés se forment; ils se cloisonnent en articles binucléés dont procédent par ramification
les hyphes dicaryotiques. Après quelques divisions irrégulières, des articles dicaryotiques
bouclés apparaissent, mais les noyaux des articles apicaux fusionnent bientôt et l’on observe
finalement des hyphes à articles diploides uninucléés.
The haploid phase in the life cycle of Hymenomycetes is represented by the
basidiospore and the homokaryotic mycelium which grows from it. When two
compatible homokaryotic mycelia meet each other, one or more cells fuse and
the process of heterokaryotization starts. There are species in which the hetero-
karyotic hyphae arise almost directly from the fused cells (HARNACK, 1931).
but in most of the species studied the process is more complicated.
* Finnish Forest Research Institute, Unioninkatu 40 A, SF-00170 Helsinki 17, Finland
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
80 K. KORHONEN
A phenomenon called nuclear migration forms an essential part of hetero-
karyotization (BULLER, 1931). The foreign nuclei invade the mycelium, divide
repeatedly, associate with the original nuclei to form heterokaryotic cells and
eventually the whole homokaryotic mycelium becomes heterokaryotic.
A prerequisite for nuclear migration in Hymenomycetes is partial disintegra-
tion of the hyphal septa. In Schizophyllum it is promoted by an enzyme, R-
glucanase, which shows increased activity only in those mating combinations
where different B incompatibility factors are involved (WESSELS and NIEDER-
PRUEM, 1967). However, a comparable increase in the activity of this enzyme
has not been detected in Coprinus (HAYLOCK et al., 1980).
Most of the evidence for nuclear migration has been obtained indirectly,
using genetical methods to show the distribution of foreign nuclei in the myce-
lium (SNIDER, 1965; ROSS, 1976). Furthermore, direct observations have been
made on migrating nuclei either in fixed preparations or in living hyphae with
the aid of phase contrast microscopy (NIEDERPRUEM, 1980 a).
Recent studies on the Armillaria mellea complex have revealed an unusual
life cycle with diploid nuclei in the vegetative mycelium (ANDERSON and ULL-
RICH, 1982). There is usually, however, a distinct but transient dikaryotic
stage in the mating (KORHONEN and HINTIKKA, 1974; KORHONEN, 1978).
In connection with the studies cited above, some observations were made on
the migration of nuclei and heterokaryotization in Armillaria. These obser
vations are presented here.
MATERIAL AND METHODS
Single-spore cultures, isolated from one fruit body of Armillaria «species By
(KORHONEN, 1978), were cultured at room temperature (20-22°C) on agar
medium containing 1 or 0,1% malt extract. For phase contrast microscopy,
a thin layer of 0,1 % malt extract agar in a Petri dish was inoculated with two
compatible single-spore isolates, at a distance of a few mm from each other.
After the two cultures had come into contact the mycelia were covered with a
cover glass and studied with a Wild M20 phase contrast microscope. For photo-
micrography, a Wild MEL 13 automatic microscope camera was used.
The rate of advancement of compatible nuclei in a haploid mycelium was
estimated using genetical methods, A Petri dish was inoculated with a single-
spore culture and covered with cellophane to prevent the growth of aerial
mycelium, After 4 weeks, when the culture had reached a diameter of 40-
50 mm, the cellophane was removed and the culture inoculated with a compa-
tible isolate in the middle or at the margin of the colony. Small pieces of the
mycelium were remoyed at different distances from the point of inoculation
after 10 and 33 days. They were transferred to a new medium, cultured for 3
weeks and the diploidy or haploidy of the mycelium concluded from the exter-
nal appearance of the colony (KORHONEN and HINTIKKA, 1974).
Source : MNHN, Paris
NUCLEAR BEHAVIOUR IN ARMILLARIA
81
46 min
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Fig. 1. — A compatible nucleus migrates proximally in a homokaryotic mycelium. It
traverses a partially dissolved septum (a-c), passes along a fusion bridge to another
hypha of the same mycelium (d), passes a local nucleus (e-h), and moves through the
next septum (i-k). At a later stage (1) the migration hyphae are almost filled with va-
cuoles but not dead. Time elapsed from the first picture is indicated. The arrow indicates
the nucleolus of the migrating nucleus. The exposure time is 0,5-1 sec.
Source : MNHN. Paris
82 K. KORHONEN
RESULTS
After the advancing fronts of the compatible mycelia had met each other,
the first cell fusions usually developed about one day later. The details of the
fusion were not seen. In one recorded case nuclear migration started about 3
hours after cell fusion.
As the migrating nucleus proceeded through the hyphae, partial disintegration
of the septa took place in front of it. Only those septa situated on the migration
route were dissolved while those situated in branches outside the migration
route, although very close to it, appeared to remain intact (Fig. 1).
The migrating nucleus traversed the disintegrated septa (Fig. 1, a-c and i-k),
passed by local nuclei (Fig. 1, e-g) and divided now and then, but not in every
cell. According to a few recordings, division of the migrating nucleus took place
about every two hours whereas the division of nuclei in actively growing tip
cells under similar conditions takes place once about every 5 hours. A complete
septum was formed at the point where the migrating nucleus divided, often
close to an old disintegrated septum.
Rather fundamental reorganization seemed to take place in the migration
hyphae after the migrating nucleus had passed them. The old homokaryotic
cytoplasm largely disappeared and the hyphae became heavily vacuolated (Fig
1,1). At a later stage multinucleate cells could be found in the migration hyphac
(Fig. 2). They divided in some unknown way into short cells containing two
compatible nuclei. These cells started to grow as branches of the main hypha and
together formed a dense mycelial aggregate. The first divisions in the branches
were more or less irregular. Often they were so called 1-2-1 divisions (KORHO
NEN and HINTIKKA, 1974). The normal conjugate divisions with clamp for
mation started later on, and, even later, the somatic diploidization took place ir
the dikaryotic tip cells (KORHONEN and HINTIKKA, 1974).
The general rate of advancement of diploidization in a haploid mycelium
as estimated by genetical methods, varied between 0,7 and 2,0 mm/day (30
80um/h) with an average of 1,1 mm/day (45um/h; 25 determinations). Th:
migration proceeded at about an equal rate in the proximal and distal direction
in the mycelium. The momentary velocity of a migrating nucleus, as estimatec
from Fig. 1, ak, is approximately 170um/h, or about 4 mm/day. It shoulc
be noted that the nucleus did not divide during this movement. The growtl
rate of haploid and diploid hyphal tips under similar conditions was 0,5
0,8 mm/day, depending on the strain.
DISCUSSION
The observations presented above on the heterokaryotization of Armillari
are fragmentary only and many details remain unsolved. In general, the hetero
Source - MNHN. Paris
NUCLEAR BEHAVIOUR IN ARMILLARIA 83
karyotization process in Armillaria resembles that of Clitocybe truncicola
(BISTIS, 1970), as is to be expected on the basis of the relatedness of these
two mushrooms.
Besides compatible matings, disintegrated septa can also be found in one
hemicompatible mating factor combination of Armillaria. In this case, the
hyphae with incomplete septa are usually restricted to a narrow zone between
the paired mycelia (KORHONEN, 1978).
SNIDER (1965) collected the data available on the rate of nuclear migration
in fungi. The recorded values for the Basidiomycetes Coprinus, Schizophyllum,
Fig. 2. — A multinucleate cell in a migration hypha. Stained with HCI-Giemsa (KORHO-
NEN and HINTIKKA, 1974).
Fig. 3. — The spread of diploid mycelium into its haploid component mycelia. The Petri
dish has been inoculated with two compatible single-spore isolates, both of them as a
long thin inoculum from the middle to the margin of the dish. The diploid mycelium,
which does not produce many aerial hyphae, spreads slowly from the middle towards the
margins. Spreading is, however, 2-3 times faster than the growth of the hyphae. Age
of culture 25 days.
Source : MNHN. Paris
84 K. KORHONEN
and Cyathus are in the range of 0.37 to 3.2 mm/h. Later, ROSS (1976) reported
a very high migration rate in Coprinus congregatus : 40 mm/h or more in young
(3-7 days old) mycelia. The rate was very much dependent on the age of the
mycelium, and in a 14 days old mycelium, the migration rate fell to 1,25 mm/h.
Compared with these data, the recorded rate of nuclear migration and hetero-
karyotization in Armillaria is low. It may be somewhat faster in inter-stock
matings (KORHONEN, 1978) which were ot investigated in this study. Al-
though slow, the rate of heterokaryotization is usually 2-3 times faster than
the growth rate of hyphal tips (Fig. 3). Only the growth rate of rhizomorphs
may exceed the rate of nuclear migration, but haploid cultures of Armillaria
produce few rhizomorphs, as compared with diploid ones.
The nuclear migration observed in Armillaria was not associated with streaming
or pulsation of the cytoplasm, or the movement of other organelles visible under
the phase contrast microscope. It is generally assumed that cytoplasmic micro-
tubules play a role in nuclear movements but the exact mechanism is so far
unclear (NIEDERPRUEM, 1980 a).
An interesting and largely unsolved question is what happens in the migra-
tion hyphae after the migrating nucleus has passed them. Typical phenomena
for this stage are heavy vacuolization, as well as irregularities in the septation
and in the number of nuclei per cell (BISTIS, 1970; RAUDASKOSKI, 1973;
NIEDERPRUEM, 1980 b). BISTIS (1970) suggested that the change from stable
homokaryon to stable dikaryon may involve the gradual synthesis of a new
form of cytoplasm. The analysis of proteins support this interpretation : the
proteins of a dikaryon are quite different to those of component homokaryons,
even in the case where the homokaryons are very isogenic (ROSS et al., 1973).
In many of the species studied, the first divisions of dikaryotic cells formed
from the migration hyphae show irregularities, and the normal conjugate divi-
sions take place only after some time has passed (BISTIS, 1970; RAUDAS-
KOSKI, 1973). At this stage the coordination between the two nuclei, or
between the nuclei and the cytoplasm, is apparently incomplete. A comparable
lack of coordination can be seen in a uninucleate hyphal cell isolated from a
dikaryotic mycelium (KORHONEN and HINTIKKA, 1974). It is interesting
to note, on the other hand, that there are species in which the dedikaryotization
of hyphal cells, without conidial formation, apparently takes place easily (ARI-
TA, 1979).
REFERENCES
ANDERSON J.B. and ULLRICH R.C., 1982 — Diploids of Armillaria mellea : synthesis,
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Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
87
THICK-WALLED BASIDIA IN AGARICS
by R. WATLING* and A. CHANDRA**
SUMMARY.— With discussion the new term crassobasidium is proposed for the thick-
walled basidial structures found in agarics and particularly in the genus Armillaria.
RÉSUMÉ. — Proposition, avec discussion, du terme nouveau de crassobasidium ou crasso-
baside pour définir les éléments basidiaux à paroi épaisse que l'on observe chez certains
agarics et notamment dans le genre Armillaria.
A prerequisite for any studies on ecology and pathogenicity of a particular
fungus is its correct identification. In many studies such accurate determinations
have been achieved but failure to differentiate species of Armillaria has led
over the last twenty five years to confusion in the literature and difficulties
in explaining the behaviour or role of different taxa in different diseases of
forest trees, ornamentals and fruit crops, and in natural communities.
Prof. ROMAGNESI has done much to rectify this omission indeed he has
probably contributed more than any other single author towards making myco-
logists and plant pathologists aware that more than one species of Armillaria
exists in Europe. His studies (ROMAGNESI, 1970; 1973) have been paramount
in unravelling and delimiting the taxa involved and are now the basis of many
corridors of study both classical and experimental. The realization of the pre-
sence of several common pathogenic European species of Armillaria is of great
importance.
Through this work and the senior author’s experiences in the British Isles,
an examination of Australian species of the genus Armillaria appeared to be
necessary as in that continent A. mellea (Vahl ex Fr.) Kummer was considered
a widespread pathogen. KILE & WATLING (1981, ined.) are at present under-
taking a survey of the species involved but because of suggested similarities
* Royal Botanic Garden, Edinburgh EH3 5LR, Scotland.
** 47 a Haripada Datta Lane, Calcutta 700033, India.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
88 R. WATLING & A. CHANDRA
between the Indo-Malaysian vascular plant flora and some elements in the
Australian plant flora the present authors thought it necessary to reappraise
taxa described from the Indian sub-continent. During this survey (WATLING
& CHANDRA, ined.) the presence of thick-walled basidia in the hymenium
had to be considered.
SINGER (1951 a) was the first to draw attention to the fact that thick-
walled basidia were found in the hymenium of certain species of agaric. It was
shown by him that these structures were useful in delimiting taxa and that
they varied considerably in morphology. In studies by SINGER & CLÉMENCON
(1972) such structures in Armillaria were shown to be characteristically 7-
nucleate.
During our study of Indian species of Armillaria the opportunity was taken
to determine whether the occurence of thick-walled basidia was significant
and suitable as a taxonomic character. As this was found to indeed be the case
a search for thick-walled basidia in all collections of this genus is made routi-
nely. In recent studies on European (MARXMULLER, 1982) and Australian
taxa (KILE & WATLING, in press) the distribution of thick-walled basidia
has been documented.
Such structures have been called sclerobasidia by SINGER (1951 a & subseq.)
but this term is unacceptable.
According to SNELL & DICK (1957) the term sclerobasidium was introduced
by JANCKER (1923) for a thick, encysted gemma-like probasidium found
in the Uredinales and Auriculariales. It was considered a resting cell resistant
to external changes. The application of such a term to the thickened basidia
in Armillaria, if not all agarics, is therefore unjustified. In contrast AINSWORTH
& BISBY (1961) equate the sclerobasidium with the hypobasidium of members
of the Heterobasidiomycetes, especially the teleutospore of the Uredinales
and chlamydospore of many Ustilaginales. Thus even applying the term in its
original sense it covers two quite different organs, ie, the teleutospore consisting
of a probasidium which develops into an external metabasidium or transforms
into an internal metabasidium, and a dangeardian which produces a non septate
germ-tube with apical spores (Tilletiales), or a four-celled germ-tube lacking
forceably discharged ballistospores (Ustilaginales).
The structures in Armillaria cannot therefore be called sclerobasidia. For
these structures we therefore propose the new term crassobasidium. Crassobasi-
dia (Fig. 1) range in morphology from structures possessing very thick often
coloured walls when they are easily recognised, to only slightly thickened walls
when they can be distinguished from more normal basidia by their rigid nature,
their glassy appearance especially under phase contrast and the often accentua-
ted, strongly curved sterigmata; these same cells are often broader or more
elongated than normal basidia. In addition they often produce thickened spores
and become once or more septate, more rarely twice, above mid-way or in the
pedicel of the basidium. In ammoniacal or alkali mounts of the hymenium
crassobasidia stand out against the surrounding hymenial cells; rarely are they
cystidioid but they sometimes fragment.
Source : MNHN, Paris
89
A
10um
_—
Pig. 1. — Basidium in Armillaria spp. : A. septate crassobasidium, Armillaria vara Pakistan,
Shi Mycological Herb. 2208; B. A. adelpha : Daarjeeling; C. A. adelpha : Sikkim; D &
E. A. fuscipes from Peradeniya; F. A. mellea agg. 2178 from Pakistan. Material all in K.
Source : MNHN. Paris
90 R. WATLING & A. CHANDRA
It is suggested that the sclerotised basidium is possibly a step towards an
abbreviated life-cycle where on the elimination of spore formation the basidia
act as propagules themselves. However, it is difficult to imagine the selective
advantage of such structures scattered in what is otherwise a normal hymenium,
when compared for example with members of the Podaxales (HEIM, 1932).
Members of this order characterise arid regions and a possible functional pattern
for thickened structures in such an adverse environment can be appreciated.
There is no indication either from personal observations or those of Aindrila
CHANDRA working with Indian species of Armillaria or from the literature
that basidiospore ejection takes place in these crassobasidia, or whether the
spores so formed function normally; cultural studies have not elucidated this.
In contrast in some species of Fayodia s. |. thick-walled basidia of normal
function are exceptionally found in this genus according to SINGER (1962).
SINGER (1951 a), because of the taxonomic significance of crassobasidia,
has proposed a relationship between members of the Armillaria mellea group
and species of Aeruginospora, eg. A. singularis (Hoehnel) Singer, and even
Hygrophorus hymenocephalus Smith & Hesler. Crassobasidia can be located
in the hymenium of these last hygrophoroid agarics. SINGER (1951 a) in the
arrangement he adapted for these fungi realized the presence of a hiatus but
suggested that once Armillariella (= Armillaria) was clearly delimited from
Omphalina, this would be solved and a new arrangement for these fungi could
be expected. Crassobasidia have not been found in any species of Omphalina
so far studied nor have they been found in members of the genus Clitocybe,
a taxon in which Armillaria mellea has often previously been placed (WATLING,
KILE & GREGORY, 1982).
Since 1951 Armillaria densifolia Singer apud Singer & Digilio has been
transferred to Lulesia (SINGER, 1970) and A. ditopa Singer to Arthrosporella
(SINGER, 1970), and the genus Omphalina restricted and linked to Clitocybe
whilst many of its traditional species were transferred to an expanded concept
of Gerronema Singer. a genus described in 1951. The Aeruginospora group
was recognised by SINGER as being distinct in 1962 and returned to the
Hygrophoraceae s. auct. pl. This is the best solution at the moment simply
utilizing the morphology of the hymenial elements, but with the proliferation
of genera a new look at all the tricholomataceous agarics is urgently required
At present all the armillarioid taxa observed with crassobasidia in Australia
and India belong to the genus Armillaria, albeit in some cases to undescribed
taxa; material in national herbaria which has been examined and found not to
belong to this genus has been shown to be because the original material was
mis-identified in the first instance.
One of us (RW) would like to thank Helga MARXMULLER for helpful
discussion which unfortunately took place whilst her paper on European species
of Armillaria was at press.
Source : MNHN, Paris
THICK-WALLED BASIDIA IN AGARICS 91
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
93
SOME CLAMPLESS SPECIES OF CLITOCYBE
by H.E. BIGELOW*
SUMMARY. = Six species, found in the United States, of small Clitocybes without clamp
connections on hyphae of the basidiocarp and on the base of basidia, are studied. Five of
them which are new : C. borealis, C. adustiterricola, C. payettensis, C. hesleri and C. solu
nophila, are described.
RÉSUMÉ. — Étude de six espéces nord-américaines de petits Clitocybes sans boucles, tant
:ux cloisons des hyphes qu'au pied des basides, et description de cinq d'entre elles recon-
nues comme nouvelles: C. borealis, C adustiterricola, C. payettensis, C. hesleri et C. solumo-
phila.
This contribution treats some small Clitocybes, found in the United States,
which do not have clamp connections on hyphae of the basidiocarp as well
is the bases of basidia. In my opinion such species are part of a reduced series
which belong to subgenus Pseudolyophyllum, section Omphalinae. They are
treated by SINGER (1975) in Omphalina, section Defibulatae, which includes O.
rustica (Fries) Quélet sens. Bresadola, O. oreades Singer (Clitocybe albimontana
Bigelow), O. defibulata Singer, and O. telmatiaea (Berkeley and Cooke) Dennis.
The last taxon does not belong to this group though, as my examination of the
type material (G. MASSEE, Scarsboro, 10 August 1882, NY) did reveal the
presence of clamp connections on hyphae of the pileus. An additional species
without clamps has been described often from Europe under O. grisella (Wein-
nan) Karsten, O. velutina (Quélet) Quélet, or O. pseudoandrosacea (St. Amans)
Moser. Also, O. subalpina Horak has been described, but the spores are finely
roughened at times and cystidia are present. Omphalina atrovelutina Romagnesi
has small spores, 3,5-4,2 x 3,5-3,7um, and intracellular pigment in the cutis
hyphae of the pileus.
The colors noted in parentheses are from RIDGWAY (1912).
* Department of Botany, University of Massachusetts, Amherst, Massachusetts 01003, USA.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983)
Source : MNHN. Paris
94 H.E. BIGELOW
Clitocybe borealis Bigelow, sp. nov.
Pileus 3-10 mm latus, convexus demum planus, subdepressus, margine subsulcatus, haud
striatus, fibrillosus vel discus squamosus, impolitus, subhygrophanus, fuscus tum griseo
ochraceus. Lamellae decurrentes, subdistantes vel distantes, latae, bubalinae vel albidae.
Stipes 10-12 mm longus, 1 mm crassus, aequalis, solidus, pruinosus, brunneus. Sporae
6-8,3 x 4-3um. Caulocystidía pigmentae encrustatae. Hyphae defibulatae.
Holotypus legit V. WELLS er P. KEMPTON, n. 2298; Eklutna Lake, Alaska; 13 July
1966 (MICH).
Pileus 5-10 mm broad, convex with an incurved margin, becoming broadly
convex and shallowly depressed, margin subsulcate but not pellucid striate,
surface unpolished. dry, margin radially appressed fibrillose, disc subscaly or
scaly, medium gray brown but drying to dull gray ochre; context light grayish
tan, thin (0,5-1 mm at disc).
Odor not distinctive.
Lamellae decurrent, subdistant to distant, broad (1,5-2 mm), slightly inter-
venose, pale tan to nearly white, slightly darker in age.
Stipe 10-12 mm long, apex 1 mm thick, equal, solid, surface dry, pallid
pruinose, ground color light to medium brown.
Spores 6-8,5 x 4-5um, mostly ellipsoid but at times ovoid or obovoid, smooth,
inamyloid.
Basidia 1-, 2-, or 4-spored.
Pileus cutis homogeneous, dark brown in KOH, hyphae 1,5-11,5ит diam.,
cylindric to slightly inflated, with encrusted pigment.
Hymenophoral trama of interwoven hyphae, cylindric, 3-5,5um diam, at
times with encrusted pigments.
Clamp connections absent.
Caulocystidia brown in KOH, end cells 15-25um long, 8-13um broad, cylin-
dric to subclavate, with encrusted pigment, usually in fascicles.
Gregarious. On clay soil at road edge.
The distinguishing characters from other clampless species are : a nonstriate
pileus when moist, the scaly disc at least when faded, and particularly the brown
caulocysts with encrusted hyphae. Clitocybe albimontana, as well as others
lacking clamps but having pubescent stipes, have smooth hyaline caulocysts.
The caulocysts of C. borealis are not merely recurved surface hyphae as these
caulocysts often are in fascicles with enlarged terminal cells.
Clitocybe albimontana Bigelow, Rhodora 68 : 178. 1966.
The type of this species (Omphalina oreades Singer, Pap. Michigan Acad.
Sci., Arts & Letters 32 : 123. 1946), deposited at the Farlow Herbarium, Har-
vard University (FH), was discovered on Mt. Washington, White Mountains
National Forest, New Hampshire. Later, Dr. Margaret Barr BIGELOW and 1
Source : MNHN, Paris
CLAMPLESS SPECIES OF CLITOCYBE 95
found more specimens on two sites at about 1800 m, and an additional descrip-
tion was published with a transfer to Clitocybe. From the research of others, 1
became aware of lichenized agarics and reexamined these specimens to find that
Botrydina was indeed present on the substrate at the base of stipes. Another
collection made in 1954at Snow Lake, Mount Rainier National Park, Washington,
by Dr. A.H. SMITH (BIGELOW n. 2159, MICH) also has been identified as C.
albimontana. It too possessed a small quantity of Botrydina on the moss sur-
rounding the stipe base. The basidia of these specimens were two spored rather
than four spored, otherwise the macroscopic description was the same as the
Mt. Washington specimens.
With similar habitats, the absence of clamp connections, the presence of
caulocystidia, in Clitocybe albimontana and the European Omphalina velutina
(O. grisella, O. pseudoandrosacea), naturally a comparison of all characters
was provoked. On present evidence I have concluded that though closely related
C. albimontana is not identical because of a color difference. Agaricus umbelli-
ferus var. grisellus Weinman is described originally as having a «fuligineo-griseus»
pileus and stipe concolorous with lamellae which are «albofuligineus». Thus,
O. grisellus has a brownish gray pileus and stipe unlike the dark brown found
in C. albimontana. Omphalina velutina is described as having a pileus which
is «gris chamois», again not the color of C. albimontana. Omphalina defibulata,
described by Dr. SINGER from Tierra del Fuego, also has a number of charac-
ters in common with C. albimontana, but spores are 6,7-7um long in contrast
to those of 7,5-10um long known for C. albimontana. Whether or not Botrydina
occurs with O. defibulata was not reported, and | have not studied the type
specimens.
Clitocybe adustiterricola Bigelow, sp. nov.
Pileus 5-10 mm latus, planus, interdum subdepressus, margine striatus, interdum undu
latus, glaber, murinus, striae et discus atrobrunneus. Lamellae decurrentes, distantes, latae,
cinereae vel cum pileus concolores. Stipes 1-2 cm longus, $ 1 mm crassus, attenuatus deor-
sum, glaber, aquaticus et fragilis, cum pileo. concolor vel fusco-murinus. Sporae 7,5-8,5 x
3,5-5lm. Hyphae defibulatae.
Holotypus legit A.H. SMITH, n. 3610; Booth, Oregon; 24 November 1935 (MICH).
Pileus 5-10 mm broad, plane with the margin decurved at first, becoming
horizontal in age, wavy at times, entire, striate, disc slightly depressed at times,
surface moist, glabrous, grayish brown («buffy brown»), with darker striations
and disc (near «clove brown»); context very soft and fragile.
Lamellae long decurrent, distant, rather broad, pale gray then concolorous
with pileus in age.
Stipe 1-2cm long, + 1mm thick, apex enlarged and tapering downward,
surface glabrous, watery fragile, concolorous with pileus or darker.
Spores 7,5-8,5 x 3,5-Sum, ellipsoid or sometimes ellipsoid-oblong, smooth,
inamyloid.
Source - MNHN. Paris
96 H.E. BIGELOW
Basidia 19-27 x 5,5-7um, 4-spored.
Pileus cutis dark brown in KOH, hyphae cylindric, 2,5-4um diam, with
spirally encrusted pigment.
Context light brown in KOH, hyphae cylindric to somewhat inflated, 6,5-
11um diam. smooth and hyaline or encrusted.
Hymenophoral trama of undulate-subparallel hyphae, cylindric, 3-4,54m
diam, encrusted or smooth.
Clamp connections absent.
Gregarious. On burned earth.
This species is distinctive from others in the group by combination of the
colors with a glabrous stipe, lamellae from gray to brown, and the occurrence
on burned earth.
Clitocybe payettensis Bigelow, sp. nov.
Pileus 5-12 mm latus, plano-convexus vel planus, interdum turbinatus, demum subde-
pressus, glaber, hygrophanus vel subhygrophanus, avellaneus, striae atroavellaneae, demum
pallescens et opacus, margo laceratus; caro mollis, angustissimae, Lamellae decurrentes,
latae, distantes, avellaneae vel vinaceo-alutaceae. Stipes 1,5-3 cm longus, circa 1 mm crassus,
aequalis, fragilis, glaber, atroavellaneus. Sporae 8-11,5 x 4-6Jom. Basidia bisporae, Hyphae
defibulatae.
Holotypus legit A.H. SMITH n. 44296; Payette Lake, near McCall, Valley Co., Idaho;
28 June 1954 (MICH).
Pileus 5-12 mm broad, plano-convex or plane, disc slightly depressed in age.
shape sometimes turbinate, surface glabrous, hygrophanous or subhygrophanous,
avellaneous when moist and with slightly darker striations, paler when faded
or remaining avellaneous, opaque. at times slightly sulcate along margin, splitting
readily; context very thin and soft, grayish.
Odor and taste not distinctive.
Lamellae decurrent, broad, distant, avellaneous to near vinaceous buff.
Stipe 1,5-3 cm long, + 1 mm thick, equal, fragile, glabrous, darker than the
pileus and lamellae (i. e., «wood brown»).
Spores 8-11,5 x 4-6um, shape variable : ellipsoid or sometimes narrowly
ovoid or obovoid, in profile sometimes lacrymoid or bent or inequilateral,
smooth, inamyloid.
Basidia 18,5-26,5 x 4,5-5.5um , 2-spored.
Pileus cutis pale fuligineous in KOH, hyphae cylindric, 1,5-4um diam., smooth
or with encrusted pigment.
Context hyaline, hyphae 5-10um diam, cylindric or inflated, smooth.
Clamp connections absent.
Gregarious. On moss and algae on wet rocks.
Only two-spored basidia are known for this species, and initially I thought
that the collection might be only a form of another species which had four-
Source : MNHN. Paris
CLAMPLESS SPECIES OF CLITOCYBE 97
spored basidia and clamp connections. However, my examination of other
North American collections of this section has not revealed such a species, nor
am I convinced that a four-spored representative has been described from
other regions. The pale colors of pileus and stipe, and the absence of caulo-
cystidia form the distinguishing set of features from other clampless species.
Clitocybe hesleri Bigelow. sp. nov.
Pileus 6-15 mm latus, convexus vel campanulatus, striatus, depressus, glaber, hygro
phanus, murinus vel fuscus, demum pallido-murinus. Lamellae adnatae ad decurrentes,
confertae vel subdistantes, latae, cinereae, fuscescens. Stipes 1,5-2 cm longus, 1-1,5 mm
crassus, aequalis, glaber, fumoso-brunneus. Sporae 7-9 x 3-4pm. Hyphae defibulatae.
Holotypus legit L.R. HESLER, n. 8084; Roan Mountain, Mitchell Co., North Carolina;
20 July 1935 (TENN)
Pileus 6-15 mm broad, convex or campanulate, margin incurved at first,
striate, disc deeply depressed, surface glabrous, hygrophanous, brownish gray to
soot color («drab» to «fuscous), paler and opaque when faded; context thin,
brownish gray («drab»).
Odor and taste mild.
Lamellae adnate to decurrent, close or nearly subdistant, moderately broad,
grayish, darkening to pale fuscous.
Stipe 1,5-2 cm long, apex 1-1,5 mm thick, equal, surface glabrous, smoky
brown, base with white mycelium.
Spores 7-9 x 34um, ellipsoid to nearly cylindrical or subfusiform in face
view, often inequilateral in profile, smooth, inamyloid.
Basidia 27-31 x 5,5-8um, 1-, 2-, 3- or 4-spored, sterigmata ир ќо бит long.
Pileus cutis brownish in KOH, hyphae cylindric, 3-8,5um diam, with very
finely encrusted pigment.
Context hyaline in KOH, hyphae cylindri 5,5um.
Hymenophoral trama hyaline, of undulate-subparallel hyphae, cylindric,
2,5-4,5um diam.
Clamp connections absent.
Gregarious. On soil and decayed wood in mixed woods.
The brownish gray to blackish pileus and close lamellae are departures from
others described without clamp connections as is the woodland site where the
collection was found. Whether or not the species is truly lignicolous is not
known. The variation in spore shape is perhaps notable too, but it was not
possible to associate any particular shape with any special number of sterigmata
on the basidia.
Clitocybe solumophila Bigelow, sp. nov.
Pileus 8-12 mm latus, planus mox depressus, striatus, glaber, hygrophanus, cinnamomeus
Source : MNHN, Paris
98 H.E. BIGELOW
demum cinereus vel avellaneus, discus fibrillosus. Lamellae adnatae vel decurrentes, latae,
subdistantes, pallido-cinereae vel avellaneae. Stipes 2-3 cm longus, t 1 mm crassus, aequalis,
Solidus, glaber vel apice pruinosus, cum pileo. concolor. Sporae 5-7 x 3-4um. Basidia tetra
sporae. Hyphae defibulatae.
Holotypus legit A.H. SMITH, n. 8501; Siskiyou National Forest, California; 5 November
1937 (MICH).
Pileus 8-12 mm broad, plane at first but the disc soon depressed, margin
incurved at first, broadly striate to disc, surface glabrous appearing moist,
hygrophanous, brown («snuff brown»), fading to ash color (near «avellaneous» ),
minutely fibrillose on disc after fading; context thin, fragile, concolorous with
pileus surface.
Odor and taste not distinctive.
Lamellae broadly adnate to decurrent, broad, subdistant, concolorous with
faded pileus.
Stipe 2-3 cm long, + 1 mm thick. equal, solid, glabrous or the apex pruinose,
concolorous with pileus, base with slight whitish tomentum in age.
Spores 5-7 x 3-4um, ellipsoid to nearly ellipsoid-oblong, smooth, inamyloid.
Basidia 19-28 x 3,5-4,5um, 4-spored.
Pileus : surface appearing subgelatinous in KOH.
Cutis orangish brown in KOH, hyphae 2-5um diam, cylindric, with coarse
encrustations.
Context hyphae 3-8um diam., cylindric to slightly inflated, smooth or en-
crusted.
Hymenophoral trama of somewhat interwoven hyphae or undulate-subpa-
rallel hyphae, 2,5-7um diam, mostly cylindric, smooth or encrusted.
Stipe hyphae 2,5-5um diam. smooth, apex pruina consisting of short scatte-
red caulocysts, clavate, 15-30um long, 5-6um diam.
Clamp connections absent.
Scattered or gregarious. On mossy soil.
The small spores of C. solumophila in combination with the colors of the
basidiocarp and subgelatinous pileus cutis provide the distinguishing characters.
ACKNOWLEDGEMENTS
1 would like to thank Dr. Clark ROGERSON, The New York Botanical Garden, for
the opportunity to study the type collection of Agaricus telmatiaeus. Grateful appreciation
is expressed also to Dr. Alexander H. SMITH and Mrs Phyllis KEMPTON for the use of
their field notes.
BIBLIOGRAPHY
RIDGWAY R., 1912 — Color Standards and Color Nomenclature. Washington, DC. 43 p.,
53 pl.
SINGER R., 1975 — The Agaricales in Modern Taxonomy. J. Cramer, FL-9490 Vaduz.
912 p.
Source : MNHN, Paris
99
A PROPOS DE CLITOCYBE RIVULOSA (PERS.: FR.) KUMMER
par D. LAMOURE*
RÉSUMÉ. — Par les tests d'intercompatibilité entre haplontes, l'auteur est amenée à ratta-
cher les petits Clitocybes blancs ou blanchátres à chapeau rivuleux soit à C. candicans soit
à C. dealbata. D'autres critères recoupent ces conclusions expérimentales : la couleur des
lames — plus blanches et beaucoup plus serrées chez candicans que chez dealbata — et
surtout l'habitat — C. dealbata est nettement praticole, C. candicans plutôt silvaticole même
s'il peut s'aventurer dans les clairières et aux bords du chemin. L'auteur considére n'avoir
jamais eu en mains ou reçu de la part d'autres mycologues C. rivulosa et donne une des-
cription de ce qu'elle détermine C. dealbata.
SUMMARY. — Even if the cap turns to rivulose, none of the numerous collections studied
here is, through the response to the tests of intercompatibility, anything else than C, candi.
cans (silvaticolous, with quite pure white and very close gills) or C. dealbata (praticolous,
with coloured gills, not so strongly close). The author gives a description of what she names:
dealbata
DONNEES PRELIMINAIRES
Qu'est-ce que Clitocybe rivulosa? Il est évident que la plus grande confusion
règne dans la littérature quant à l'utilisation de ce binôme, en alternative avec
C. dealbata; le problème se situe en effet au niveau de la bonne détermina-
tion des petits Clitocybes praticoles non typiquement hygrophanes, à chair
un peu colorée et dont le dessus du chapeau présente souvent avec l’âge
des rivulosités remarquables.
Nos premières recherches à propos de C. rivulosa remontent loin déjà, lorsque
nous avons eu récolté et identifié dans les dryadaies de la zone alpine le C.
* Laboratoire de Mycologie associé au C.N.R.S., Université Claude Bernard (Lyon 1),
43 boulevard du 11 novembre 1918 - F 69622 Villeurbanne Cedex.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
100 D. LAMOURE
rivulosa var. dryadicola de FAVRE. Reconnaitre la variété dryadicola de FAVRE
était une chose: accepter la subordination à rivulesa des souches alpines en
était une autre . la démarche qui alors s'imposait était de confronter les mycé-
liums d'origine monosporique de souches dryadicoles avec ceux de souches
non alpines et d'accepter pour réponse au dilemme : subordination ou indépen-
dance, leur compatibilité ou leur non compatibilité. C'est avec des souches de
C. candicans, espéce des litiéres sous feuillus ou sous coniféres, que les souches
de la microsylve à Dryas se sont révélées compatibles, ce qui nous amena (LA-
MOURE, 1965) à proposer la combinaison nouvelle C. caridicans var. dryadi-
cola.
D'autres souches non alpines que celles de C. candicans avaient alors été
confrontées avec les souches dryadicoles : il s'agissait de souches praticoles
obtenues à partir de carpophores déterminés dealbata selon la tradition reçue de
R. KUHNER. Toutes ces -ouches déterminées dealbata, étaient intercompatibles,
ce qui laissait entier le problème «rivulosa». Nous avons alors concentré nos
recherches sur la délimitation des taxons dealbata et rivulosa et fait appel à plu-
sieurs mycologues de différents pays. afin d'avoir plus de chance de disposer
des deux espèces praticoles en cause. Ils ont bien voulu récolter pour nous ce
qu'ils pouvaient appeler «rivulosa» ou «dealbata», faire des dépôts stériles de
spores et nous les envoyer pour mise en culture. De notre côté,nous poursuivions
la récolte, description et isolement d'origine monosporique de nombreuses
souches. Le nombre de confrontations réalisées à ce jour dans le triangle candi-
cans - dealbata - «rivulosa» dépasse la cinquantaine. Nous ne rendons compte
ici que des résultats les plus significatifs en raison de la diversité des mycologues
et des lieux de récoltes.
RÉSULTATS
A) Se sont révélées être C. candicans, par compatibilité avec les souches
ayant servi à la mise au point publiée en 1965, les récoltes suivantes :
— L. 68-212, Gotschuchen prés de Maria- Rain, Carinthie, Autriche, bord de
chemin sous Picea; récolte D. LAMOURE, déterminée candicans en dépit de la
grande taille de certains carpophores (jusqu'à 52 mm pour le diamétre du
chapeau).
L. 68-112, Monte Rovere, env. de Trente, Italie, bord de chemin, clairiére,
Picea; leg. M. MOSER et det. rivulosa; décrit par nous «três rivuleux-concen-
trique» à lames très serrées créme-jaunátre.
— Rom. 68-279, environs de Pont-sur-Yonne, France, dans la mousse sous
les Pins, leg. H. ROMAGNESI, det. rivulosa; les lames sont dites «trés serrées».
- lot du 7-103 exposition mycologique d'Oyonnax, leg. H. ROMAGNESI.
— Rom. 74-370, environs de Clairac, Hérault, France, dans la mousse humide
sous Quercus pubescens et Q. ilex; leg. H. ROMAGNESI, det. cf. dealbata.
récolte 23.9.74, Betty Hill, Sutherland, Grande Bretagne, dans les dunes
Source : MNHN, Paris
A PROPOS DE CLITOCYBE RIVULOSA 101
fixées; leg. R. WATLING, det. rivulosa; le chapeau est dit rivuleux et les lames
blanchâtres.
— L. 75-150 Ried prés de Hausriick, Haute-Autriche sous Picea et Abies;
récolte D. LAMOURE, déterminé candicans; chapeau très glacé, lames très
serrées blanchatre-jaunatre.
L. 80-304, environs de Jameysieu, prés Crémieu Ain, France, sous Peu-
pliers, Saules et Aulnes; récoltes D. LAMOURE, déterminé cf. candicans?,
glacis blanc épais, lames très serrées blanchâtres.
B) Se sont révélées être C. dealbata, ou du moins ce que nous appelons
ainsi, après confrontations avec Les souches utilisées avant 1965 :
— Rom. 73-320, Monts de l'Orb, Hérault, France, dans l'herbe le long d'un
chemin; leg. H. ROMAGNESI, det. rivulosa.
— Rom. 76-203 Quineville, Manche, France, dans les dunes littorales fixées,
leg. H. ROMAGNESI, det. dealbata; «lames serrées, non blanches, ivoire bru-
nátre : Mu 10 YR 8/2-7/3.
L. 72-401, Le Chevalet, Courmangoux, Ain, France, maigre páture, Buis,
Genévriers; récolte D. LAMOURE, det. dealbata? ou rivulosa? chapeau trés
rivuleux-concentrique, lames peu serrées, non blanches, salies de brunátre.
L. 80-306, environs de Genéve, Suisse, sur terre moussue, leg. O. ROLLIN,
det. rivulosa; trés rivuleux; lames non blanches nettement lavées de brunâtre :
Mu. 7.5 YR 8/3.
— L. 81-602, environs de Peyrat-Le-Cháteau, Haute- Vienne, France, pelouse
maigre; récolte D. LAMOURE, rivulosa?, très rivuleux, lames non blanches
moyennement serrées.
DISCUSSION
Il ressort de ces expériences que des récoltes identifiées «rivulosa» par
différents mycologues se rapportent les unes à candicans, les autres à dealbata.
Une explication peut être avancée : la rivulosité du chapeau qui retient l'atten.
tion du récolteur en quête de «rivulosa» peut n'être qu’un caractère structural
apparu à la suite d'un brusque dessèchement suivi de réimbibition; le glacis
superficiel si caractéristique, dû à une mince couche aérifére d'hyphes trés
gréles et densément apprimées, s'affaisse et se collapse lors d'une brusque perte
d'eau au niveau de la chair sous-jacente, puis craque et se déchire partiellement
lors du retour à la turgescence. Nous avons eu l’occasion maintes fois d'observer
l'apparition de cette rivulosité sur le chapeau d'autres Candicantes, tout parti-
culiérement sur ceux des dryadicoles privés, tout comme les praticoles, du
couvert atténuant les brusques variations d'humidii
A ce point de nos recherches, nous constatons que toutes les récoltes faites
dans les pátures, au bord des chemins ou des champs, dans les landes, se rap-
portent à une seule et méme espéce, puisque toutes les souches sont parfaite-
Source
MNHN, Paris
102 D. LAMOURE
ment intercompatibles. Mais nous nous posons la question de sa juste identifi-
cation.
Nous penchons pour dealbata plutót que pour rivulosa, car méme si, pour
FRIES, rivulosa était une espéce trés commune en Suéde «est inter species
ubiquitarias, ad vias, in versuris, pratis muscosis ... vulgatissimay, il n'en est
peutétre pas de méme ailleurs en Europe. PERSOON d'ailleurs semblait n'en
connaitre qu'une station; « ... vulgatissima, ob staturam vero et colorem muta-
biles a paucis recognita» et cette variabilité dans l'aspect du chapeau explique
aussi pourquoi, l'expérience ajoutant aux observations premières, l'espèce
d'abord est décrite par FRIES «pileo glaber .. demum rimoso-rivuloso» puis
dans Monographia «villo albido subtillissimo et arcte adpresso laevigato, demum
vere rimoso-rivuloso irroratus». Le revêtement du chapeau de nos récoltes rend
certes le chapeau lisse, mais ne supporte en aucun cas le qualificatif de subtil.
surtout utilisé au superlatifl … Par ailleurs, même si le petit Clitocybe des prés
n'est pas vraiment blanc, il n'a tout de méme pas l'intensité de coloris justifiant
a place dans le paragraphe «pileo laerius colorato» oü FRIES a rangé rivulosa
dans Monographia: ceci nous amène à penser que le rivulosa de Flora Agaricina
Danica, au demeurant trés pále sur la figure F de la planche 34 de J.E. LANGE
et dont il est dit dans le texte : «Although this species is not really white, it
is so intimely related to C. dealbata that it must needs be placed in Albatae»
n'est pas le rivulosa sens. FRIES, alors que peut l'être celui figuré T. 141 par
BRESADOLA, Iconographia Mycologica.
Nous terminerons cette mise au point avec la description de ce que nous
continuons à appeler C. dealbata .. sans être sûre d'avoir raison.
DESCRIPTION DE CLITOCYBE DEALBATA (SOW. : FR.) KUMMER
Description des carpophores
Chapeau 23-35(40) mm, d'abord planconvexe à marge très longtemps
enroulée, puis plan-concave, déprimé au disque, à bords souvent irrégulièrement
relevés mais jamais déroulés, imbu de couleur beige-brunatre, puis carné-rous-
sátre Mu. 5 YR 6/4,7.5 YR 6/4,8.5 YR 7/5, 10 YR 8/3 dans les plages ou zones
où la chair imbue transparaît après affaissement de la couche aérifére qui le
recouvre d'un glacis blanchátre, toujours plus épais sur les bords qu'au disque;
à la limite. le disque peut étre tout déblanchi avec l'áge, et peuvent apparaitre
aussi ailleurs des gerçures souvent concentriques, parfois incomplètes et irrégu-
lières. Déshydraté, il n'est jamais blanc pur, mais blanc sale grisátre-brunátre
Mu. 7.5 YR 8/2. Chair piléique imbue brunátre pále, lavée de brunátre carné.
Stipe 13-25-(30) x 3-4-(7) mm, de longueur trés variable, selon l'habitat,
subégal, un peu plus épais dans le tiers inférieur, plus pâle que le chapeau.
surtout si le trés subtil fibrillum blanchátre aérifére apprimé est intact; puis
glabre et lisse; la couleur du cortex imbu est un peu plus pále que celle du cha-
Source : MNHN, Paris
A PROPOS DE CLITOCYBE RIVULOSA 103
peau : vers 8.5 YR 8.5/2. Il est plein farci d'une chair aérifére blanchátre.
Lames peu serrées à serrées, largement adnées subdécurrentes, non blanches
mais salies de gris brunátre, avec un effet beige rosé, Mu. 8.5 YR 8/3 8/4.
Sporée blanc pur.
Odeur de l'extérieur : fongique; à la section : fongique nudoide; saveur
faible, fongique, non farineuse.
Spores 4,5-5 x 2,5-2,7-(3)um, elliptiques, non ocellées, non amyloïdes.
Basides tétrasporiques.
Revêtement piléique fait d’hyphes gréles x 2,5-3um, três emmélées; chair
piléique emmélée, hyphes hyalines x 5-9um.
Revêtement du stipe : hyphes rectilignes gréles x 2-3um.
Boucles présentes au pied des basides et dans toutes les parties du carpophore.
Description des mycéliums
Espèce hétérothalle tétrapolaire; mycélium dicaryotique à croissance lente
(20 mm en 6 semaines) coton aérien blanc pur; laccase (+) tyrosinase (—);
\ ) Р Ero
pas d'oidies ni chez les haplontes (alors qu'elles abondent chez C. candicans)
Habitat et récoltes
Souvent en troupe nombreuse, parfois en cercle dans l'herbe rase ou dans
la mousse des pelouses, des bords des chemins; carpophores souvent cespiteux
par 2.3.
Récoltes D. LAMOURE : Páture maigre, Vergongeat, prés de Coligny, Ain
10-9-1960, L. 60-50; environs de Crémieu, Ain, 8-9-1960, L. 60-32; pelouse
d'une villa, environs de Lyon, 28-10-1966, L. 66-113; páture maigre, jachère
à Buis et Genévrier, Le Chevalet, Courmangoux, Ain, 28-10-1972, L. 66-401;
pelouse maigre discontinue, environs de Peyrat-le-Cháteau, Haute-Vienne, 11-
10-1981, L 81-602, revu le 19-10-1982 au même endroit
Observations
Par le glacis plus ou moins épais qui recouvre le chapeau, ce champignon
est pour nous indiscutablement un Candicantes; pour aucune de nos récoltes,
nous n'avons trouvé la moindre saveur de farine, alors que le dealbata récolté
par б. MALENÇON au Maroc a une «odeur de verdure puis farineuse, parfois
assez forte»; BRESADOLA donnait aussi une odeur subfarineuse à son dealbata.
CONCLUSION
Il reste encore beaucoup à faire pour élucider ces problèmes centrés sur
Source : MNHN, Paris
104 D. LAMOURE
C. rivulosa et C. dealbata. Nous sommes très curieuse de poursuivre les re-
cherches engagées, et si des mycologues veulent bien y contribuer en nous en-
voyant des sporées, nous attirons l'attention sur les quelques caractères très
importants à noter dans une description méme bréve : outre l'aspect du chapeau,
bien préciser la densité du serrage des lames, leur couleur, l'odeur, la saveur
farineuse ou non.
REMERCIEMENTS
Nous remercions bien vivement tous les mycologues qui, par leur collaboration : récolte,
notes descriptives, sporées, nous ont aidée à accumuler les données exploitées dans cette
mise au point; tout particulièrement Monsieur H. ROMAGNESI, a qui nous avons l'honneur
de dédier cet article.
BIBLIOGRAPHIE
BRESADOLA J., 1928 — Iconographia mycologica, Milan.
LAMOURE D., 1965 — Clitocybe rivulosa (Pers. ex Fr.) Kumm. var. dryadicola Favre et
Clitocybe candicans (Pers. ex Fr.) Kumm. B.S.M.F., LXXXI, 4 : 497-508
LANGE J.E., 1935-1940 — Hora Agaricina Danica, Copenhague.
MALENÇON G. et BERTAULT R., 1975 — Flore des Champignons supérieurs du Maroc.
T. II, 539 p., Rabat.
Source : MNHN. Paris
105
LEUCOPAXILLUS NAUSE
SODULCIS (KARST.) SING. & SMITH.
par L. MARTI et F. MARTI*
RÉSUMÉ. — Description d'un Leucopaxillus rare, L. nauscosoduleis, proche mais di! nt
par la teinte jaunátre orangé de son piléus et la saveur douceatre de sa chair du L. albissimus
Peck.
SUMMARY A rare Leucopaxillus, L. nauseosodulcis, which differs from L. albissimus
Peck by the orange-yellowish pileus and the sweetish taste of the flesh, is described.
Le 14 septembre 1977 nous avons récolté en bordure de la route Montana -
Chermignon, Valais, Suisse, à une altitude d'environ 1400 m, dans les aiguilles
agglomérées d'un Larix decidua, un champignon qui nous paraissait être une
espèce rare. Il s'agissait de plusieurs carpophores soudés à la base.
Le lendemain, nous avions l'occasion de montrer notre récolte à M. M. BON
qui nous a mis sur la bonne voie en indiquant la publication de SINGER. &
SMITH (1943). En effet, ces deux auteurs décrivent sous le nom de Leuco
paxillus nauseosodulcis un champignon qui correspond trés bien à notre récolte
du Valais. Comme cette espèce ne figure pas dans les flores de KUHNER &
ROMAGNESI (1953) et de MOSER (1975). nous avons jugé bon d'en donner
une description selon nos observations. Les couleurs sont codées d'aprés
KLINCKSIECK & VALETTE (1908).
Chapeau charnu, 6-8,5 cm, conchoide, convexe, étalé, submembraneux, à
bord irrégulièrement ondulé et très mince, débordant par endroits sur les la-
melles par de petits fragments de la cuticule. Revétement uni, lisse, puis plus
ou moins fortement gercé, tesselé, probablement par déshydratation et, de ce
fait, paraissant furfuracé, ce qui n'est pas le cas en réalité. Il est jaunâtre orangé
* 12, rue de Corcelles. CH-2034 Peseux, Suisse.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
LEUCOPAXILLUS NAUSEOSODULCIS 107
137 au centre, plus pále vers le bord. allant du 141 au 146 et, par places, jus-
qu'au 128B.
Lamelles blanches à subtilement créme, assez serrées, décurrentes, se noyant
à l'insertion dans un feutrage sur le pied, larges de 6-10 mm, se déchirant dans
leur largeur en séchant.
Pied excentrique, solide, évasé vers le sommet, 4-5 x 2.3 cm, la base noyée
dans les aiguilles, blanchâtre, légèrement tomenteux au début, puis lisse par
endroits.
Chair blanche, plus ou moins molle, se cassant facilement, à saveur douceátre,
à odeur nauséeuse fétide augmentant à la dessiccation, persistant assez long-
temps en herbier.
Spores ellipsoidales 4 ovoides, 6-7.5 x 5,5um, uniguttulées, à paroi incolore,
ornée de petites verrues fortement amyloides.
Basides 33-42 x 8-10um, tétrasporiques, a stérigmates jusqu’a 4um de long.
Nous notons dans l'hyménium des poils septés, plus ou moins difformes, bosse-
lés, de 45-65 x 2-4um.
Trame des lamelles subréguliére à hyphes bouclées et larges de 2-3um.
Revêtement piléique formé d’hyphes cloisonnées, bouclées, entrelacées, de
formes et d'épaisseurs très variées, en général de 2-6um, rarement allant jusqu'à
10um de large.
Revêtement du pied tomenteux, à hyphes très variables, larges de 2-6um.
quelques-unes remplies de granulations.
Hyphes de la trame du chapeau très difformes et entrelacées, 2,5-8,5um,
rarement atteignant 24um de large. Hyphes du stipe en grande partie grêles,
2-3pm de largeur, entremélées d'éléments de plus fort diamètre.
Réaction chimique : Gaiae sur la chair rapidement bleu foncé, sur les lames
lentement bleu pále, sur le matériel sec presque nulle.
Habitat : Dans un amas d'aiguilles de méléze.. Au bord d'une route, en Valais,
Suisse, à environ 1400 m d'altitude.
DISCUSSION
Cette espéce fut décrite par KARSTEN (1883 a, b) sous le nom de Clitocybe
nauseosodulcis. 11 considérait ce champignon apparenté à Pleurotus sapidus
Schulzer & Kalchbrenner (1878). SACCARDO (1887) le place dans le genre
Pleurotus, position que PILAT (1951) trouve douteuse. SINGER & SMITH
Fig. 1. — A : Spores; B: Hyménium; C : Hyphes de la cuticule; D : Trame des lamelles:
E, F : Éléments de la chair du chapeau; G : Tomentum du stipe; H : Hyphes dans le stipe.
Source : MNHN. Paris
LEUCOPAXILLUS NAUSEOSODULCIS 109
(1943) ont examiné le matériel type conservé au New York Botanical Garden
(NY) et ont démontré qu'il s'agit d'un Leucopaxillus proche de L. albissimus
Peck. Mais, selon KUHNER & ROMAGNESI (1953, p. 145), il serait facile de
séparer les deux espèces, car la dernière serait caractérisée par sa couleur blanche
et sa saveur amère farineuse.
A notre connaissance, ce n'est que la troisième fois que cette espèce est
signalée. La deuxième récolte après la description originale a été faite près de
la Mer Baltique par VASSILIEVA (1973).
REMERCIEMENTS
Nous remercions sincèrement MM. M. BON de ses judicieux conseils et H. CLÉMENÇON
pour son précieux concours.
BIBLIOGRAPHIE
BON M., 1978 Tricholomataceae de France et d'Europe occidentale. Doc. Mycol. 1X
(33), 1:79.
KARSTEN P.A., 1883 a — l'ragmenta Mycologica IV. Hedwigia 12 : 177.
KARSTEN P.A., 1883 b — Icones Selectae Hymenomycetum l'enniae Nondum delinea-
torum. l'asc. Prim. Fig. XXIII : 11.
KLINCKSIECK P. & VALETTE Th., 1908 — Code des Couleurs. Klincksieck, Paris.
KUHNER R. & ROMAGNESI H., 1953 — Jilore analytique des champignons supérieurs.
Masson, Paris.
MOSER M., 1975 — Die Róhrlinge und Blátterp
. éd. III. Fischer, Stuttgart.
PILAT A., 1951 — Agaricales Agaricalium Europacorum Clavis Dichotomica, 108 et 136.
SACCARDO P.A., 1887 — Sylloge fungorum. Vol, V.
SCHULZER S. & KALCHBRENNER C., 1873 — Icones Selectae Hymenomycetum Hun
gariae. Tab. VIII, fig. 1 :17.
SINGER R. & SMITH A.H., 1943 — The Genus Leucopaxillus. Papers Mich. Acad. Sci.
28:115.
VASSILIEVA L.N., 1973 — Die Blätterpil
Region, p. 122-123.
und Röhrlinge (Agaricales) von Primorsky
Planche 1. — 1 : Cuticule gercée tesselée; J : Portion de l'hyménium; K : Lamelles déchirées
dans leur largeur.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
111
ACANTHOCYTES IN AMPAROINA ANDMYCENA
by R. SINGER *
SUMMARY. — Study of the acanthocytes, superficial cells covering the epicutis of the
pileus and the stipe in the genus Amparoina and some species of Mycena which are keyed
out. Four new species : Mycena amazonica, M. chloroxantha, M. araujae, M. asterophora
and a new variety manausensis of M. biornata are proposed.
RÉSUMÉ. — Étude des acanthocytes, articles différenciés existant dans les revêtements
du piléus et du stipe chez les Amparoina et certains Mycena. Une clé d'identification des
Mycènes présentant de tels éléments est donnée, alors que quatre espèces nouvelles : Mycena
amazonica, M. chloroxantha, M. araujae et M. asterophora sont proposées ainsi que la
variété nouvelle manausensis de M. biornata.
We shall call acanthocytes the superficial cells covering the epicutis of the
pileus (?gleba) and the stipe or part of it in some species of Mycena sections
Sacchariferae Kühn. and Basipedes (Fr.) Kühner (probably to be united to form
a single section — Basipedes) and the genus Amparoina. These acanthocytes
occur singly or in chains (which later break up to produce single cells) and
form a dusty or mealy mass often arranged in spinules or small cones. The
single cells are covered with one to many more or less acute, mostly somewhat
to strongly thickwalled spines without pigment or, if pigmented, with vacuolar
pigment, frequently all surfaces or some covered by minute obtuse warts or
more frequently minutely diverticulated in the manner of some epicutis hyphae
of the typical Mycenae, the cell wall being inamyloid or showing a thin pseudo-
amyloid outer layer. In some species only a few can be discovered in mature
carpophores, in others they are still numerous. The pulverulent mass formed by
them is comparable to the universal veil formed in some Amanitas and HORAK
(1980) actually considers it a universal veil. At the same time however the
acanthocytes may be chlamydospores i. e. asexual spores comparable to those
formed by Asterophora. In some it was possible to discover two nuclei (or
more) and in one Mycena we have observed germination of these cells if they
* Field Museum of Natural History, Chicago, IL 60605, U.S.A.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
112 R. SINGER.
are put on malt agar in a Petri dish, In Amparoina, their occurrence is linked
with inamyloid basidiospores, in Mycena with amyloid ones. In Amparoina, the
sporulation begins when the carpophores are still closed; in the Mycenas only
after the hymenophore has become exposed. Since we were unable to find
spores or obtain a spore print from repand pilei of the type collection of A.
spinosissima, we (SINGER & DIGILIO, 1951) changed our first interpretation
(viz. that Amparoina is an agaric with a tendency towards bulbillosis) and
considered them secotiaceous, but HORAK (1980) reports that he obtained
a spore print ftom his own collection. HORAK says that the area of distribution
«appeared at first restricted to the montane Alnus forests» which is not quite
correct since the type of A. spinosissima was collected in subtropical-montane
forest on what appeared to be a log of Phoebe porphyrea (Lauraceae). He
also thinks that A. heteracantha Sing. is synonymous with A. spinosissima but
his description covers only the second of these species and we see no reason to
think the two species to be identical. Nevertheless, the observation of a spore
print in what is obviously A. spinosissima — in conjunction with the shape of
the basidia and spores suggesting autobasidia — exclude the possibility of this
being secotiaceous. On the other hand, HORAK’s observation of A. spino-
sissima in New Caledonia (at a latitude near that of the type locality) suggests
that this species has a disjunct area of distribution which would indicate that
it is primitive, not derived, in relation to the acanthocyte-bearing Mycenae.
The close relationship between Amparoina and Mycena sect. Basipedes
became more obvious when a whole series of species of Mycena turned out
to have the same kind of superficial bodies, acanthocytes, as Amparoina (see
Pl. 1). These Mycenas can be identified with the following key :
1. Stipe rising from a definite broad, mostly deeply costate-sulcate basal disc
2. Acanthocytes with simple spines which project less than 201m . M. amazonica
2. Acanthocytes with one or several or many spines longer than 201m, the spines often
forked in some species.
3. Pileus green and/or yellow; acanthocytes few and rather thin-walled, with three to
five spines . . Vp aede dc eos M. chloroxantha
3. Pileus white or gray, often sepia or blackish dotted; acanthocytes either entirely
thick-walled, or at least the spines thickish or thick-walled
4. Acanthocyte spines more than four, some of these forked M. biornata
4. Acanthocytes with mostly one, more rarely up to four spines which areseta-
like
5. Acanthocyte with brown vacuolar pigment; pileus pallid with small sepia or
DEKEN RE b M, ca AR RAT AU 2... M. araujae
5. Acanthocyte pigment-less or yellowish; pileus white or gray M. trichocephala
1. Base of stipe not discoid, either simply insititious or with radiating minute mycelial
fibrils or with an extremely narrow, bulb-like, smooth broadening . .. M. asterophora
Mycena amazonica Sing., spec. nov.
Pileo griseo, atrogriseo-punctato, minute subflocculoso-farinaceo, convexo. Lamellis
albis, liberis. Stipite albo, e disco manifesto nato. Sporis 8-8,5 x 4-5,5Jm, ellipsoideis,
amyloideis. Hyphis omnibus fibulatis, haud gelatinosis. Epicute infra stratum externum e
Source : MNHN, Paris
ACANTHOCYTES IN AMPAROINA AND MYCENA 113
Plate 1. — Fig. 1-2 : Acanthocytes of Mycena chloroxantha; Fig. 3: Spherocyst of the same.
Fig. 4-5 : Acanthocytes of Mycena trichocephala; Fig. 6 : Acanthocyte of Mycena
amazonica; Fig. 7-8 : Acanthocytes of Mycena araujae; Fig. 9 : Acanthocyte of Mycena
asterophora; Fig. 10 : Acanthocyte of Amparoina spinosissima; Fig. 11 : Acanthocyte
of Amparoina heteracantha; Fig. 12 : Acanthocyte of Mycena biornata.
Source : MNHN, Paris
114 R. SINGER.
sphaerocystibus et acanthocytis efformatum inconspicua, ex hyphis unilateraliter diverti-
culatis efformata et dermatocy: nonnullis cheilocystidiis simillimis ornata; acantlto.
cytis intus hyalinis vel pigmento vacuolari spadiceo impletis, parietibus hyalinis 3-7um
crassis, spinis septem vel octo, conico-acutis, 10-15um longis, corpore centrali 24-35m
diam. Stipitis tegumento e catenulis hypharum et pilis longis erectis 65-200 x 9-13um
nec non e dermatocystidiis ventricosis e. gr. 25 x 7,5-15um efformato, cellulis tegumenti
omnibus hyalinis, tenuitunicatis, subtiliter diverticulatis, numerosis. Ad folia delapsa Dico.
tyledonum in Brasilia : Amazonas, 30 km N a Manaus, 23 IH 1978, SINGER B 10826
(INPA), typus.
M. cbloroxantba Sing., spec. nov.
Pileo flavo vel viridi-flocculoso supra fundamentum albidum vel grisellum. Lamellis
stipiteque albis, disco basali costato. Acanthocytis cum sphaerocystibus ex toto minute
diverticulatis, spinis acanthocytorum tribus vel quinque, subtenuitunicatis, nonnullis furca
tis, obtusis vel acutis. Ceterum speciei antecedenti simillima. In foliis delapsis dicotyledoneis
Brasiliae : Amazonas, 30 km Na Manaus, 23 111 1978, SINGER B 10836 (INPA), typus.
M. biornata Sing., Sydowia Beih. 7 : 38. 1973.
Var. biornata.
Described 1. c.
Var. manausensis Sing. var. nov.
A var. biornata differt pileo griseo siccando pallescente nec non sporis paullum mino-
ribus. Brasilia : Amazonas, 30 km N a Manaus ad folia emortua, 21 VII 1977, SINGER.
B 9785 (INPA), typus varietatis.
M. araujae Sing., spec. nov.
Pileo supra epicutem pallidam vel grisellam granulis flocculosis sepiaceo- vel nigricante
maculoso, lamellis stipiteque albis et Mycenae amazonicae similibus. Sed acanthocystis
unispinosis, rarius bi- vel tetra-spinosis, spinis acutis, 10-40um longis, subtenuitunicatis
at im parte inferiore subcrasse tunicatis (pariete 0,3-1,3m crassa), simplicibus ornatis.
Sporis 8-9,5 x 5-óum, ellipsoideis, debiliter amyloideis. Ad folia dejecta Dicotyledonum
in Brasilia : Amazonas, 30 km a Manaus, 26 XII 1977, SINGER B 10414 (INPA), typus.
18 V 1977, B 9635 B (INPA). 15 XII 1977, B 10326 (INPA).
M. tricbocepbala Sing., Sydowia Beih. 7 : 38. 1973.
This is known only from Brazil. The type was collected in Pará, Est. Pirelli.
Further material : Amazonas, 30 km N of Manaus, 13 VII 1977, SINGER B
10095 (INPA). 9 II 1978, B 10646 (INPA). 29 X 1977, B 10214 (INPA).
2 HI 1978. B 10776 (INPA).
M. asterophora Sing., spec. nov.
Pileo albo, pulverulento, conico: vel campanulato, demum convexo, obtuso, 2-10 mm
Source : MNHN. Paris
ACANTHOCYTES IN AMPAROINA AND MYCENA 115
lato. Lamellis albis, sublatiusculis, subdistantibus vel subconfertis, subliberis. Stipite albo,
piloso, filamentoso, disco bulboque nullis, insititio, 15-70 x 0,1-0,2 mm. Odore nullo.
Sporis 6.5-9,5 x 4,5-6,5um, amyloideis, levibus. Basidiis 11-19 x 6-9um, tetrasporis. Cysti-
diis nullis vel sparsis cheilocystidiisque similibus. Cheilocystidiis plerumque ventricosis vel
subvesiculosis, 10-23 x 5,5-12,5pom, interdum ad apicem crassitunicatis, asperulis vel sub
tiliter diverticulatis, interdum prope marginem pilei tantum evolutis et stipitem versus
typo secundo substitutis, qui 8 x 5,5lm, subulatis, levibus. Hyphis in tramate latis et multi-
septatis, fortiter pseudoamyloideis, haud gelatinosis, fibuligeris, in stipite parallelis.
Epicute pilei ex hyphis diverticulatis, dermatocystidiis cheilocystidiis simillimis sat
sparsis, supra epicutem cellulis demum liberis instructa, ex eis acanthocytis et sphaero-
cystibus insignibus, illis subisodiametricis, globosis vel angularibus, interdum ovalibus,
5-9-spinosis, spinis acutis vel subacutis 8-29Jum longis et ad basin ita ut corpus centrale dense
diverticulatis, crasse tunicatis (pariete 1,5-8lm diam.), inamyloideis, diametro corporis
centralis * 38pm; sphaerocystibus hyalinis, diverticulatis, + 40 x 40pm vel subelongatis (e.
gr. 13-50 x 22-34um), mox liberis, numerosis. Tegumento stipitis e pilis usque ad 330 um
longis, 6-15lm latis, hyalinis, diverticulatis. Ad folia et ramulos Dicotyledonum dejecta in
Brasilia et Aequatoria. Typus in Aequatoria : Napo, Shushufindi, 15 V 1973, SINGER B.
7466 (F) lectus. 13 V 1973, SINGER. B 7466 (F). Brazil : Amazonas, Manaus, 23 IV 1977,
SINGER B 9743 a (INPA). 4 XII 1978, B 11430 (INPA). 22 IV 1977, B 9795 (INPA).
14 V 1977, B 9881 (INPA). 30 km N of Manaus, 21 IV 1977, B 9743 (INPA).
This last species is close to M. osmundicola but differs in the presence of
acanthocytes which may be scarce in rain-washed material. This and the preceding
species have the same size of pileus and stipe.
It is remarkable that all species with acanthocytes have until now only been
found on dicotyledonous litter in latosol (terra firme ) forests, all on dead
leaves in primary forest except M. asterophora which often grows also on small
twigs and sometimes in secondary forests. In contrast to this situation the two
known species of Amparoina are lignicolous, growing exclusively on dicotyle-
donous trunks and logs.
BIBLIOGRAPHY
HORAK E., 1980 — Taxonomy and distribution of two little known monotypic genera
of Agaricales : Amparoina, Cystoagaricus. Sydowia 23 : 64-70.
SINGER R., 1976 — Amparoinaceae and Montagneaceae. Rev. Mycol. 40 : 57-64.
SINGER R. & DIGILIO A.P.L. 1952 — Prodromo de la flora agaricina Argentina. Lilloa
25:216-217. «1951».
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
117
LE REVÉTEMENT PILÉIQUE
DANS LE GENRE LYOPHYLLUM
par H. CLÉMENCON*
RÉSUMÉ. — Étude des différents aspects de la structure du revêtement piléique chez les
Lyophyllum.
SUMMARY. — The structure of the cortical layer of the pileus and its differentiations
are studied in the genus Lyophyllum.
Dans ce travail sont mentionnées plusieurs espèces de Lyophyllum encore
inédites au moment de la rédaction du manuscrit (été 1982), mais qui seront
prochainement proposées en collaboration avec A.H. SMITH.
Les caractères anatomiques des espèces du genre Lyophyllum ne sont que
sommairement connus. Le revêtement piléique est trop souvent assimilé à une
«cutis», signifiant qu'il est formé d'hyphes couchées, sans que sa structure
précise soit indiquée. A la loupe le chapeau de ces champignons varie de lisse
et poli à ridulé ou granuleux, de glabre et nu à feutré ou finement furfuracé
au toucher il varie de sec à lubrifié ou méme un peu visqueux. L'examen micro-
scopique du revétement piléique permet de distinguer plusieurs types morpho-
logiques en se basant sur l'arrangement des hyphes, la présence et la forme de
poils piléiques et le degré de gélification de la cutis.
La différenciation la plus simple de la couche superficielle consiste en une
diminution du diamètre des hyphes externes, généralement accompagnée d'une
augmentation de leur nombre afin de combler les lacunes créées par la diminu-
tion du calibre des hyphes. Le revêtement piléique formé selon ce mécanisme
correspond à l'arrangement des hyphes de la trame piléique. Celle-ci est emmélée
* Institut de Botanique Systématique, Université de Lausanne - Avenue de Cour 14 bis
CH-1007 Lausanne, Suisse.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983)
Source : MNHN. Paris
118 H. CLEMENCON
sous le disque du chapeau et devient de plus en plus rayonnante vers la marge.
Nous trouvons donc une cutis enchevétrée sur le disque (figure 1), une cutis
subrégulière à régulière vers la marge (figure 2). La structure emmélée du disque
peut se limiter au centre du chapeau, mais souvent elle s'étend très loin et
recouvre (presque) toute la surface du chapeau.
Souvent les hyphes s'alignent en fascicules qui à leur tour sont enchevétrés
(fig. 3) ou arrangés plus ou moins radialement; de plus les fascicules se ramifient
et s'anastomosent facilement. Là encore, la structure fasciculo-enchevêtrée
du revêtement piléique du disque peut s'étendre plus ou moins vers la marge
du chapeau, et il n'est pas rare que les faisceaux d'hyphes du centre se trans-
forment en hyphes isolées enchevétrées et plus ou moins rayonnantes vers la
marge piléique. Parfois on trouve des hyphes isolées lâchement entrecroisées
au-dessus des fascicules du revêtement piléique. Les plus grands faisceaux sont
souvent visibles à la loupe sous forme de stries innées, parfois un peu plus foncées
que le fond du chapeau, parfois même en relief. Quelques espèces de Lyophyl-
lum A ixocutis fasciculo-enchevétrée sont caractérisées par la présence de
minuscules trous ou dépressions quasi circulaires ou elliptiques, délimités par
des faisceaux d'hyphes (figure 4).
La cutis enchevétrée peut se développer fortement, prendre de l'épaisseur
et simultanément devenir aérifére, tout en restant composée d'hyphes essentiel-
lement couchées. Il en résulte un revétement sec et feutré que l'on trouve
par exemple chez Lyophyllum konradianum et L. favrei. Ce revétement ne
constitue pas un tomentum au sens technique du terme puisque ses hyphes
ne naissent pas perpendiculairement à la surface du chapeau et ne constituent
pas une pilosité (le tomentum est formé de «poils serrés, fins, courts, mous-
flexueux et plus ou moins feutrés» selon JOSSERAND,1952, p. 275).
Un autre mode de différenciation de la cutis est sa gélification, trés facile
à déceler, même lorsqu'elle est faible, par une coupe transversale du revêtement
orientée perpendiculairement au rayon du chapeau (coupe perradiale, figures
5. 6, 7). La gélification la plus faible ne se manifeste pas macroscopiquement,
et la plus forte se traduit par un chapeau lubrifié par temps humide. Il s'agit
donc d'une gélification relativement modeste, l'épaisseur de la matrice gélati-
neuse variant entre 3 et 150 gm. En plus le gel est plutôt ferme et ne coule pas
à la manière d'un mucilage. En général le revêtement piléique gélifié n'est pas
brusquement délimité de la trame du chapeau. Le calibre des hyphes et leur
écartement par gélification changent souvent d'une façon continue d'un tissu
à l’autre.
Les revêtements piléiques présentés ci-dessus sont tissés d’hyphes cylin-
driques, rectilignes ou modérément courbes, pas ou peu ramifiées. Ils repré-
sentent ce que JOSSERAND (1952, p. 293) a appelé «revêtement filamenteux
couché et régulier», «emmélé» ou «entrecroisé». Bien souvent le revêtement
piléique des Lyophylla porte des poils (figure 7) ou, moins fréquemment, un
type de pilosité non décrit par JOSSERAND (1952). Les poils sont en général
des terminaisons plus ou moins dressées d'hyphes couchées, mais il n'est pas
rare qu'une hyphe d'origine profonde se dirige vers la surface du chapeau pour
Source : MNHN, Paris
REVETEMENT PILEIQUE DES LYOPHYLLUM 119
la pénétrer et se terminer en poil dressé et libre. Parfois les poils se trouvent
concentrés dans les dépressions rondes, décrites plus haut, et constituées de
faisceaux d'hyphes, où ils sont groupés localement pour former des aggloméra-
tions minuscules ou des gazons limités.
Chez Lyophyllum rhopalopodium Clg., le jeune chapeau non noirci est
revêtu de faisceaux d'hyphes dressées et incolores. Le vieillissement s'accom-
pagne de la production d’un pigment extracellulaire brun qui a pour effet
d'agglutiner les faisceaux. Sur le chapeau vieux et noirci les hyphes apparaissent
alors comme incrustées et collées les unes aux autres. Elles sont de plus couchées
(figures 8, 9).
Chez Lyophyllum furfurellum Clç. & A.H. Smith, les poils montrent un
comportement remarquable qui entraîne la formation d'une pilosité non classée
par JOSSERAND (1952). En effet, les poils de cette espèce américaine sont
fortement thigmotropes et ont tendance à croître autour d'un objet étranger
en contact étroit avec celui-ci. Le corps étranger se trouvera donc finalement
à l'intérieur d’un nœud d’hyphes. Mais cette thigmotropie ne se limite pas au
contact avec des corps étrangers, elle s'applique également aux poils voisins.
Le résultat est une tresse d’hyphes ou un nœud allongé d'hyphes dressées (figures
10 à 15). L'ensemble de ces tresses se traduit macroscopiquement par un aspect
furfuracé du chapeau.
BIBLIOGRAPHIE
JOSSERAND M., 1952 — La description des champignons supérieurs. Encyclopédie myco.
logique, vol. XXI, Paul Lechevalier, Paris.
LÉGENDES DES PLANCHES
Figures 1 à 4 : Revétement piléique, en scalp , de Lyophyllum geminum Ck. & AH.
Smith var. olens. Coll. A.H. SMITH 32381 (LAU). — 1: Cutis enchevétrée du centre
du chapeau en contraste de phase. Les corps rhomboides sont des spores. 2: Cutis régulière
à mirayon du chapeau. 3: Cutis fasciculo-enchevétrée au centre du chapeau. 4: Scalp de
Vixocutis fasciculo-enchevétrée formant un minuscule trou.
Figures 5 à 7 : Coupes perradiales d'ixocutis, contraste de phase. — 5: Lyophyl
lum lubricum. Cle, & A.H. Smith. Coll. A.H. SMITH 27687 (LAU). 6: Lyophyllum
geminum Cle. & A.H. Smith, var olens. Coll. A.H. SMITH 32381 (LAU). 7: Lyophyllum
acutipes Clç. & A.H. Smith. Poils isolés. Coll. A.H. SMITH 19394 (LAU).
Figures 8, 9 : Scalp du chapeau noirci du Lyophyllum rhopalopodium Clg. montrant
les hyphes couchées et agglutinées par un pigment extra-cellulaire brun. Coll. HC 81/74
(LAU).
Figures 10 à 15 : Poils dressés et thigmotactiques du revêtement piléique de Lyophyllum
furfurellum Clg. & A.H. Smith. — Les figures 10 à 12 montrent l'enrobage d'une
spore par des poils, scalp. Les figures 13 à 15 représentent des coupes perradiales montrant
des nœuds dressés de poils, contraste de phase. Coll. A.H. SMITH 20032 (10, 13-15) et
36123 (11, 12) (LAU).
Source : MNHN, Paris
H. CLEMENCON
120
50pm
Source : MNHN. Paris
REVETEMENT PILEIQUE DES LYOPHYLLUM 121
Source : MNHN, Paris
122 H. CLEMENCON
Source : MNHN, Paris
COLLOQUES — ^N
INTERNATIONAUX
—— CNRS NO 293
BIOGEOCHIMIE DE LA MATIERE ORGANIQUE
A L’INTERFACE EAU-SEDIMENT MARIN
Organisateur : R. Daumas
Marseille — 25-27 avril 1979
e actualisation des connaissances sur les transformations de la matière
organique dans les fonds marins e cinq thémes : apports organiques:
modifications à l'inferface: activité biologique: substances azotées.
traceurs géochimiques.
* productivity, sedimentation rate and sedimentary organic matter in the
oceans. Elemental fractionation
modes of settling and organic input to the sediment seawater interface :
a review.
* a rate model for organic matter decomposition during bacterial sulfate
reduction in marine sediments.
e géochimie des composés humiques dans les dépôts superficiels.
e etc
31 communications : 20 en anglais, 11 en français
intéresse _ ө biologistes
e chimistes
* océanographes
e géologues
e bibliothèques universitaires, publiques et privées
21x 29,7 - 332 p. - broché 215 F
114 fig. - 48 tabl. - 10 cart. - 8 phot
ISBN 2-222-02638-5
Editions du CN
15 quai Anatole France. 75700 Paris
librairie, ventes, publicité - 295, rue saint jacques, 75005 paris tél. 326 56.11
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Sorti de presses le 15 juin 1983
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SF
ons et nous (Chroniques) (II), par G.
M туше de la Chaire de eon to-
ИУ: remiêre partie). 68 pages : :25 F.
e e des Matières (1936-1965) B5 p. 20 F. - (1966-
, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
i Romagnesi (1941), 164 pages,
Georges Métrod (1949). 144 pages,
Б nci par Marcelle Le Gal
5
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