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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Bibliothéque Centrale Muséum
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
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Source : MNHN. Paris
Médaille gravée par André Bloc et éditée par la Monnaie de Paris. C.F.M.
Source : MNHN. Paris
Livre Jubilarne
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Source : MNHN, Paris
A la fin de l'hiver 1983, au mois de mars, Henri ROMAGNESI recevait une
lettre d'un jeune correspondant de 12 ans qui, passionné de champignons, lui
demandait de lui indiquer la Société Mycologique locale la plus proche car
il s'ennuyait de champignons pendant l'hiver et voulait devenir mycologue.
Henri ROMAGNESI en me montrant cette lettre, me disait que cet enfant
était tout à fait comme lui dans son enfance. En effet à Гаде де 10 ans il com-
menga à se passionner pour le monde fongique dans la région de Yerres, à 19 km
de Paris. Ses parents, artisans doreurs sur cuir, y avaient fait construire une
petite maison de bois où leur fils passait ses trois mois de vacances et ses week-
ends.
Le Professeur KÜHNER dans sa dédicace note comment, à l'âge de 15 ans,
Henri ROMAGNESI fut introduit au Muséum National d'Histoire Naturelle
auprès de Roger HEIM, alors assistant au Laboratoire de Cryptogamie. Il fré-
quenta ensuite ce laboratoire chaque semaine et, sur présentation de Roger
HEIM, fut admis comme membre de la Société Mycologique de France en
1930. Il avait 18 ans.
Il en est le représentant idéal. Passionné dès son enfance par la beauté du
monde étrange des champignons, il a su, malgré ses obligations littéraires pro-
fessionnelles, y consacrer sa vie. Il y a en effet accompli une œuvre scientifique
remarquable et mondialement connue mais, en même temps, il a toujours tenu
à mettre ses connaissances et celles de ses collègues à la portée de tous ceux
qui s'intéressent aux champignons. Tout ceci, il l'a réalisé en grande partie au
sein de la Société Mycologique de France.
Dès 1937, à l'âge de 25 ans, il est élu membre du Conseil d'Administration
de la Société. Depuis 1945, quand la Société a pu reprendre après la guerre ses
activités normales, j'ai pu constater en parcourant les comptes rendus des deux
ou trois réunions annuelles des membres du Conseil, que les absences d'Henri
ROMAGNESI peuvent se compter sur les doigts d'une seule main, et ceci malgré
sa samé délicate et ses activités comme Professeur de Lettres, métier qu'il aban-
donnera pour une retraite anticipée en 1972, afin de se livrer entièrement à sa
passion des champignons.
En 1946, il est élu secrétaire des séances avec Madame LE GAL et est chargé,
avec celle-ci et Paul OSTOYA, de l'étude de la délivrance d'un diplôme de véri-
ficateur de champignons avec mise au point de données pratiques et théoriques,
ainsi que d'une liste des espéces dont la connaissance pourrait étre exigée.
En 1954, il est chargé, par la Société, de publier un grand atlas des champignons
et, en 1960, du projet d'édition d'un atlas de poche. En 1957, il doit préparer
avec Paul OSTOYA un guide pour les organisateurs des sessions et des excur-
sions, projet adopté par le Conseil qui décide trois ans plus tard l'impression
de ce guide et sa distribution aux membres.
Source : MNHN, Paris
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Henri ROMAGNESI est probablement, apres Andre MAUBLANG, l'un des
membres de la Société qui a occupé le plus longtemps des positions officielles
dans le Conseil. Il assure la vice-Présidence de la Société pendant 10 ans, de
1954 à 1964, puis la Présidence pendant trois années, de 1967 à 1970. A la fin
de son mandat, il a été élu et réélu tous les trois ans à la lourde charge de Secré-
taire Général qu'il assume avec une parfaite compétence.
Il est depuis très longtemps membre actif de deux Commissions de la Sociéi
Il fait partie, dès sa création en 1949, de la Commission pour l'étude des modi-
fications à apporter aux règles de la nomenclature en qualité de spécialiste des
macromycètes. Quant à la Commission de publication du Bulletin de la Société,
il y est intégré dès 1945; lui qui a écrit tant de publications scientifiques, de-
mandait en 1971 au Conseil que soient publiés dans le Bulletin des articles de
vulgarisation pour intéresser les amateurs, nombreux dans notre Société.
Henri ROMAGNESI a acquis une vaste connaissance des macromycètes;
il indique avec précision les caractères distinctifs macroscopiques, microsco-
piques et biochimiques des espèces. Il représente une véritable encyclopédie
fongique qu'il aime à mettre à la disposition de tous.
Au cours des réunions de la Société, chaque lundi, il identifie les champignons
apportés en s'émerveillant toujours des échantillons rares. Il anime cette branche
essentielle de notre Société : l'enseignement. Il discute avec chacun, indique
les caracteres macroscopiques qui permettent d'identifier les espéces, vé
une réaction biochimique, demande d'effectuer une préparation microscopique
qu'il examine toujours à l'objectif à immersion pour s'assurer de la forme et
de la dimension des spores. Il enseigne de méme sans cesse au cours des sorties
mycologiques qu'il anime dans la région parisienne ou lors des excursions des
Congrès annuels de la Société. Il prend toujours une part active dans l'organisa-
tion de ces Congrès en assurant personnellement les rapports avec les organi-
sateurs locaux.
Toutefois, il sait profiter de ces visites en province pour récolter des échan-
tillons qui lui permettent d'entreprendre sur place une étude scientifique appro-
fondie. Pendant le récent Congrès de la Société en Alsace, il a trouvé et étudié
au microscope des échantillons d'Armillaires qui lui ont permis de reconnaître
les caractères distinctifs des différentes espèces et de rédiger en collaboration
un mémoire qui sera publié dans le Bulletin de la Société.
La Société Mycologique de France doit beaucoup à Henri ROMAGNESI
qui vient actuellement presque chaque jour à son siège. Il est le mycologue
scientifique, théoricien, praticien et enseignant que je suis heureux de mieux
connaître et de présenter dans cette préface.
Gabriel SEGRÉTAIN
Président de la Société Mycologique de France
Source : MNHN, Paris
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DÉDICACE
Mon cher ami, c'est en 1933 (un demi-siècle déjà !) que j'ai eu le plaisir
de faire ta connaissance, à l'occasion d'une séance de la Société mycologique
de France dont, à l'époque, nous étions déjà membres tous deux. Tu n'avais
alors qu'une vingtaine d'années, moi presque dix ans de plus. Une quarantaine
d'années plus tard (1970), tu devenais le dévoué Secrétaire général de cette
Société que tu es encore aujourd'hui, aprés avoir été son Président en 1967-
1970. Le déroulement de ma carrière universitaire m'ayant définitivement
éloigné de la région parisienne dès 1938, soit un an après ton élection au Conseil
d'Administration, je n'ai pu connaitre que par oui-dire le travail que, pour le
bien de tous, tu y as accompli, ceci méme au cours de longues années d'activité
professionnelle. C'est pourquoi j'ai laissé à Monsieur SEGRÉTAIN, Professeur
honoraire à l'Institut Pasteur, le soin de rendre compte de ton activité au sein
de notre Société qu'il préside actuellement. Pour ma part, je me bornerai à évo-
quer en quelques mots ta carrière universitaire, couronnée par deux promotions
dans l'Ordre des Palmes académiques (Chevalier en 1959, Officier en 1969)
et les facteurs qui ont favorisé l'éclosion de nos vocations scientifiques, puis,
autant que faire se peut dans une courte dédicace, à souligner l'importance
de l'œuvre mycologique dont l'Académie des Sciences de Paris a reconnu à deux
reprises la haute qualité (Prix FOULON en 1954, prix MONTAGNE en 1967),
œuvre qui a fait de toi une personnalité mondialement reconnue (l'Union des
Sociétés suisses de Mycologie t'a élu Membre honoraire en 1975).
A la seule lecture de tes nombreuses publications sur les champignons, per-
sonne ne pourrait imaginer que tes recherches mycologiques ont été en majeure
partie menées en marge d'une carriére universitaire sans le moindre rapport
avec notre Science, puisque tu as été Professeur de Lettres. Licencié és Lettres
en 1934, Agrégé de Grammaire en 1935, tu as été nommé cette méme année
comme Professeur au lycée de Sens. En 1942, ayant été inscrit au Cadre supé-
rieur des Professeurs, tu as été chargé d'enseigner le français et des langues
anciennes au lycée Marcelin Berthelot, à Saint-Maur-des Fossés, près de Paris.
Il n’y a qu'une douzaine d'années, à partir de l'âge de soixante ans, que tu as
pu te consacrer entièrement à la Mycologie grâce à une retraite que, dans ce
but, tu avais demandée anticipée.
Tu m'a expliqué que si tu t'es dirigé vers les études littéraires, bien que ta
véritable vocation ait été la recherche en Sciences Naturelles, c'est parce que,
réussissant bien en Latin et te croyant peu doué pour la Physique, tu avais
renoncé à suivre l'enseignement du P.C.B. qui, à l’époque, était la première
étape des études supérieures en Sciences biologiques.
Source : MNHN, Paris
IV
Nés tous deux à Paris, c'est à Paris que nous avons fait nos études secondaires
et supérieures. Il est probable que notre gout commun pour les Sciences natu-
relles s'est en partie développé dw fait qu'ayant eu tous les deux une santé
fragile dans notre jeunesse (tu avais contracté une broncho-pneumonie à l'âge
de huit mois !), nos médecins respectifs avaient conseillé à nos parents de nous
faire vivre hors de Paris le plus souvent possible. J'avais sept ans quand mes
parents ont quitté la capitale pour s'installer à Fontenay-sous-Bois; tu avais
une dizaine d'années quand les tiens ont fait construire à Yerres, à quelque
vingt kilomètres de Paris, une maison gráce à laquelle tu as pu passer les trois
mois de vacances d'été, ainsi que de nombreuses fins de semaines le reste de
l'année, dans une région qui était alors encore sauvage et très boisée; ta «Florule
mycologique des Bois de la Grange et de l'Étoile», ouvrage de plus de 200 pages
publié dans le deuxième volume de la Revue de Mycologie, alors que tu n'avais
que vingt-cinq ans, est le résultat de tés explorations de cette région.
Concernant les recherches auxquelles tu devais consacrer tous tes loisirs,
s'est révélée particulièrement décisive une visite que tu fis au Muséum National
d'Histoire Naturelle, pour aller y contempler une exposition de champignons
en cire, dans la Galerie de Minéralogie. Tu n'avais alors que quinze ans et le
gardien qui s'étonnait qu'un jeune de cet âge se passionne déjà pour la Myco-
logie, conseilla à ta mère d'écrire au Directeur du Muséum, alors le Professeur
Louis MANGIN, qui lui répondit aimablement de te présenter à son Laboratoire
de Cryptogamie, au 63 rue de Buffon, ou tu fus accueilli par Roger HEIM,
alors assistant. Par la suite tu n'as cessé de fréquenter chaque semaine ce labo-
ratoire et, de travailleur libre que tu étais dès 1930, tu es devenu Attaché au
Muséum en 1948.
Les choses de la vie ont fait que nous n'avons eu que peu d'occasions de nous
rencontrer. J'étais encore parisien en 1935 lorsque tu as été nommé au lycée
de Sens et j'étais lyonnais depuis 1938 lorsque tu as été nommé dans la région
parisienne à Saint-Maur-des-Fossés. La seconde guerre mondiale ne pouvait
évidemment faciliter des contacts entre un mycologue habitant Paris et un
autre domicilié à Lyon.
Tu me rappelles que c'est dans une lettre datée du 4 février 1944 que je
sollicitais ta collaboration en vue de la rédaction d'une «Petite Flore à l'usage
des débutant en Mycologie», qui est devenue ... La «Flore analytique des cham-
pignons supérieurs». Tu m'as écrit récemment : «c'est de toi que je tiens l'essen-
tiel de ma formation, bien que nous ayons été trés peu (physiquement) en-
semble. La co-rédaction de la Flore a été absolument décisive pour moi car c'est
là que j'ai vraiment appris à travailler. Bien que non lyonnais, j'aurais quelque droit
à me vanter d'être un de tes élèves». Si c'était vrai, je ne pourrais qu'être très
flatté d'avoir eu un «élève» tel que toi ! En fait, cette co-rédaction, rendue
très difficile en raison de l'éloignement géographique de ses deux auteurs a été
tout aussi fructueuse pour moi et il est fort probable que, sans ton dynamisme,
cet ouvrage n'aurait jamais vu le jour
Source - MNHN. Paris
Si, avant et pendant la rédaction de la «Flore analytique», les occasions de
nous rencontrer sur le terrain ont été rares, elles n'ont guére été plus fréquentes
par la suite, ceci principalement pour la raison que nous explorions des domaines
géographiques bien différents. Ayant éprouvé un véritable coup de foudre pour
les Alpes, et ma fragilité juvénile s'étant évanouie au cours de l'adolescence,
j'avais décidé de centrer mes recherches mycologiques de terrain sur la haute
montagne que tu ne pouvais te permettre d'explorer, étant resté de santé relati-
vement délicate.
A une époque où fu explorais la plaine, une rencontre fortuite que je fis
en haute montagne devait souligner de façon amusante que depuis la publication
de la «Flore analytique», nos deux noms sont devenus inséparables pour les
mycologues amateurs, bien que nombre d'entre eux n'aient jamais vu que l'un
ou l'autre des co-auteurs. En compagnie de quelques amis qui passaient comme
moi les vacances d'été à Pralognan la Vanoise, j'avais effectué une sortie qui nous
conduisit jusqu'à un refuge ruiné, vers 2.600 m d'altitude. Je me séparai quel-
ques instants de mes compagnons pour m'élever sur une petite crête qui me
semblait susceptible de présenter quelque intérêt du point de vue botanique.
Redescendant au refuge, je trouvai mes amis discutant avec un couple de pari -
siens arrivés au même endroit par une autre voie. En suivant des yeux ma pro-
gression mes compagnons avaient dù prononcer mon nom puisque les parisiens
me dirent : «nous croyons avoir compris que vous étes M. KÜHNER, mais
s'agit-il de KÜHNER et ROMAGNESI ?». Ces parisiens étaient des mycologues
amateurs qui avaient eu maintes fois l'occasion de te rencontrer au cours de
sorties mycologiques que tu avais dirigées dans la région parisienne, ils étaient
surpris de voir que ton collaborateur était un grand gaillard qui, à l'époque,
escaladait allégrement les sommets.
Si tu es bien connu méme des amateurs, gráce notamment aux atlas de
planches coloriées pour lesquels tu as rédigé un texte entièrement original,
tu ne l'es pas moins des spécialistes grâce à tes nombreuses publications de
Mycologie systématique qui font autorité.
Comme de juste, la délimitation précise des espèces fient une grande part
dans ton œuvre. Il n'est pas abusif de dire que, dans cet ordre d'idée, ta monu-
mentale (près de 1000 pages) «Monographie des Russules d'Europe et d'Afrique
du Nord» constitue un modèle du genre. Les descriptions que tu y donnes de
quelque 170 espèces sont presque toutes entièrement originales et sont le résul-
tat d'observations que tu as faites au cours d'une vingtaine d'années; elles met-
tent l'accent sur les caractères des spores et sur la structure des revêtements,
illustrant les particularités microscopiques par des dessins très précis. Tu n'as
pas négligé pour autant les autres particularités couramment utilisées par les
spécialistes du genre; souvent tu as été plus précis que nombre de tes prédéces-
Source : MNHN, Paris
VI
seurs; c'est ainsi que, concernant la couleur du chapeau, tu ne t'es pas contenté
de l'exprimer par des mots; en général tu l'as précisée en outre par référence
au code de RIDGWAY; si cet excellent code est devenu presque introuvable
de nos jours, un tableau de concordance avec l'actuel code de MUNSELL,
tableau qui a été publié voici une quarantaine d'années, pallie cet inconvénient.
Tout au long de ce mémoire on perçoit le double souci de ne pas décrire
comme espèce ce qui risquerait d'être un ensemble d'espèces confondues et de
mé pas découper de façon inconsidérée certaines espèces depuis longtemps
nommées, C'est ainsi qu'avant d'accepter de distinguer, par les dimensions et
par l'ornementation des spores, la Russula subfoetens au sens de SCHAEFFER
de ce que tu considères comme le type de R. foetens, tu as examiné largement
plus de 100 sporées de cet ensemble, Si, pour d'autres espèces, le nombre de
sporées étudiées est en général plus faible, il n'est pas rare qu'il ait été de l'ordre
de 20 ou 30 ! Un autre point qui frappe l'utilisateur de ton Mémoire est le fait
que, contrairement à nombre de mycologues, tu t'es refusé à donner une image
trop schématique de la nature infiniment complexe qui nous environne; c'est
ainsi qu'à cóté de descriptions détaillées d'espéces aux noms connus et d'espéces
«nouvelles» que tu as dotées, comme il se doit, de diagnoses latines, tu as donné
des descriptions et dessins de Russules que tu n'as pu rapporter en toute certi-
iude à aucune de ces espèces, mais que tu n'as pas osé publier «légalement»
les ayant rencontrées trop rarement; «en publiant ce que nous en savons, nous
croyons avoir fourni une base solide pour des observations futures» as-tu fort
justement. écrit. En ajoutant «à l'instant de mettre sous presse nous n'avons
pas réussi à débrouiller de façon acceptable» le groupe. R. xerampelina, tu as
fait preuve d’une grande humilité, soulignant ainsi toi-même que ton œuvre
sur le genre Russula, si copieuse et précise soit-elle ne pourrait constituer qu'un
jalon dans la progression de nos connaissances et qu'il reste encore beaucoup
à faire. Avec ton Mémoire sur ce genre, les mycologues que le sujet intéresse
disposent désormais d'une base solide dont l'abord est grandement facilité
par les clés analytiques qui en font partie et permettent de tirer le meilleur
parti des descriptions détaillées, nécessairement longues, que tu as données,
en faisant ressortir les caractères que, dans l'état actuel de nos connaissances,
tu considères comme fondamentaux pour distinguer deux espèces voisines.
Bien qu'elles s'appliquent à un ensemble incomparablement plus réduit
que le genre Russula, on ne peut passer sous silence tes publications sur le
découpage de l'espèce collective Armillariella mellea, car elles s'inscrivent dans
le cadre des recherches les plus modernes sur la délimitation des espèces,
recherches qui font appel à la confrontation de cultures pures, Certes, n'ayant
pas de Laboratoire outillé pour ce type de travaux, tu n'as pu les effectuer
toi-méme, mais tu es en rapport étroit avec des personnes qui s'occupent actuel-
lement de ce point précis et une telle collaboration entre un pur morphologiste
et des généticiens ne peut être que très fructueuse.
Au delà de la délimitation d'espèces, une de tes préoccupations majeures a
été, dès le début de tes investigations, leur regroupement en ensembles «na-
turels».
Source : MNHN, Paris
VII
Dans cet ordre d'idées, je soulignerai l'importance particulière de tes publi-
cations sur les Agarics à spores roses pour lesquels QUÉLET avait créé un genre
Rhodophyllus, défini par la forme polyédrique des spores. A partir de 1932,
tu n'as cessé de t'intéresser à la classification des Rhodophylles et, dans un
monumental mémoire de près de 650 pages, tu as précisé le Système auquel
tu t'étais arrêté en 1979, après avoir étudié, non seulement des espèces de nos
régions, mais aussi nombre d'espèces des régions chaudes de notre ancien monde,
ce qui fait que ce système constitue un cadre certainement valable au moins
pour une grande partie de la terre; tu as publié sur les Rhodophylles de Mada-
gascar (1941), de l'ex-Congo belge (1956) et des régions côtières du Gabon et
de la Côte d'Ivoire (1979), pour ces dernières en collaboration avec GÉRARD
GILLES, qui a récolté et décrit sur le vivant les espèces dont tu devais compléter
l'étude microscopique sur exsiccata. Les variations d'une espèce à une autre de
la forme du polyèdre sporique que BOURSIER et moi-même avions mises en
évidence en 1930, ont été utilisées pour la première fois par toi au sectionne-
ment de l'ensemble des Rhodophylles de QUÉLET. Tu as découvert que les
espèces les plus typiques du sous-genre Leptonia, celles qui sont dépourvues
de boucles, présentent dans leurs hyphes des gouttelettes qui fixent énergique-
ment les colorants lipophiles, gouttelettes qui manquent à la plupart des autres
Rhodophylles de nos régions; tu as reconnu l'existence d'une corrélation entre
la présence de ces gouttelettes et la forme de la base de la spore, soulignant
ainsi l'importance systématique de ces deux types de caractéres que trop de
mycologues s'obstinent encore à négliger; à ce propos, tu as eu raison de rappe-
ler la parole fameuse : «Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir».
Bien qu'il soit réduit à quelques pages, je m'en voudrais de passer sous silence
un travail de toi daté de 1936 et consacré à «quelques groupements naturels
d'Agarics ochrosporés», dans lequel tu avais défini un. genre naturel que tu
appelais Fulvidula. C'est ce genre que, surtout à la suite de SINGER, les auteurs
modernes ont pris l'habitude de nommer Gymnopilus Karsten. Tel que l'avait
congu KARSTEN, ce genre avait un double défaut; il était manifestement
hétéroclite et son auteur en avait explicitement exclu plusieurs des espéces
répandues que nous y classons aujourd'hui. Mais, au début de notre siècle, un
obscur mycologue, attardé de plus de 40 ans, avait désigné comme (lecto)-type
du genre Gymnopilus une espéce que l'on y place actuellement. Pour respecter
nos actuelles règles de nomenclature botanique, il faut donc appeler Gymno-
pilus Karst. le genre que tu devais nommer plus tard Fulvidula. Mais, en écrivant
Gymnopilus Karst., il ne faut pas oublier que le genre de ce nom, tel qu'on le
conçoit de nos jours, correspond, non au genre Gymnopilus de KARSTEN (qui
l'avait d'ailleurs abandonné après l'avoir créé), mais bien à ton genre Fulvidula,
tel que tu l'as parfaitement défini et délimité.
Au delà de la délimitation des espèces et de leur classification tu as su enfin
t'élever avec bonheur au plus haut niveau de la systématique, celui des hypo-
thèses phylogénétiques. Tu Pas fait en comparant les genres Russula et Lactarius
(dont l'ensemble a été appelé Lactario-Russulés, Asterospori avant d'étre nommé
Russulaceae), non seulement à d'autres champignons lamellés mais aux Homo-
Source : MNHN, Paris
vir
basidiomycétes les plus divers par leur morphologie externe.
Tu as signalé «ce fait paradoxal que c'est parmi des champignons de physio-
nomie extraordinairement éloignée des Lactario-Russulés,et chez eux seuls, qu'on
retrouve plus ou moins réunis les attributs essentiels de ce groupe si original
d'Agarics».
Certains de ces attributs, comme l'ornementation amyloide de la spore se
rencontrent chez toutes les Russulaceae alors que d'autres ne sont que largement
répandus dans cet ensemble, ainsi par exemple, la forme plus ou moins globu-
leuse de la spore et le bleuissement en présence de vanilline et d'acide sulfurique,
du contenu de laticiféres et (ou) de cystides, que l'on dit pour cette raison
qu'ils sont sulfo *.
Tu as en partie rappelé, mais aussi en partie découvert, que des laticiféres
ou des cystides ayant un contenu de ce type se retrouvent chez des champignons
fort éloignés des Russulaceae, soit par leur consistance coriace et par la structure
de leur chair (Lentinellus), soit même par une morphologie externe toute diffé-
rente : champignons à chapeau qui ont des aiguillons à la place de lames (Au-
riscalpium), champignons sans chapeau, dont les uns (Clavicorona) ont la forme
de Clavaires rameuses et dont d’autres {Gloeocystidiellum) se présentent comme
de simples croûtes largement étalées sur le bois et à surface hyménifère lisse.
Tu as ensuite été frappé par le fait que ceux des champignons des quatre
genres cités à l'instant qui possèdent des laticifères et (ou) des cystides sulfo*
comme nombre de Russulaceae, s'en rapprochent aussi par d'autres caractères,
notamment de la spore dont la paroi est amyloide et plus ou moins ornée et
dont la forme est plus ou moins globuleuse; c'est par exemple le cas de l'Auri-
scalpium (l'Hydne. cure-oreille) qui n'est qu'un Lentinellus hydnoïde et non
agaricoide.
Constatant ces corrélations tu as été conduit à émettre l'hypothèse que,
quelle que soit leur morphologie externe, tous les champignons qui les présen-
tent appartiennent à un même «phylum tronçonné dont les divers îlots sub-
sistant auraient perdu toute relation entre eux sur le plan morphologique».
On ne peut que te louer pour l'extrême prudence que tu as manifestée dans
l'exploitation phylogénétique de ces constatations. Bien que tu pries instamment
le lecteur de ne pas te faire dire que les Russulaceae sont dérivées des Lentinellus
ou de champignons sans lames comme l'Auriscalpium, voire sans chapeau ni
ornements hyménifères comme les Gloeocystidiellum, tw as cependant fort
judicieusement souligné que ceux qui recherchent l'origine de cette famille parmi
les Hygrophoraceae «n'ont pas encore réussi à découvrir entre les deux familles
des points communs comparables à ceux que «tu as» mis en évidence, et en sont
réduits à des ressemblances physionomiques tout extérieures.
Dans la préface qu'il a écrite pour ta Monographie des Russules, R. HEIM
avait fort justement souligné que les caractères microchimiques communs aux
divers champignons dont il vient d'être question ne sauraient signifier une pa-
renté que «s'ils reposent sur une identité de nature chimique». Or une telle
Source : MNHN, Paris
IX
identité vient d'étre démontrée tout récemment par l'une de mes collaboratrices,
qui a reconnu que le principe qui bleuit en présence de vanilline et d'acide
sulfurique est le méme chez les Lactarius, Lentinellus, Auriscalpium, chez
quelques champignons porés et chez des champignons dont le basidiocarpe
est réduit à une croûte étalée sur le support et dont la surface hyménifére est
plus ou moins unie. C'est partout un même sesquiterpénoïde, le vélutinal,
estérifié par un acide gras, principalement l'acide stéarique.
Par cette constatation, ton hypothèse de travail concernant les parentés
des Russulaceae se trouve singulièrement renforcée.
En achevant cette dédicace j'ose espérer que le lecteur voudra bien me pardon-
ner de n'avoir pas su présenter plus brièvement les caractéristiques essentielles
d'une œuvre mycologique dont j'ai eu la joie de redécouvrir la richesse et la
diversité.
Mon cher ami, il ne me reste plus, ce qui m'est particulièrement agréable,
qu'à t'en féliciter vivement et à souhaiter que tu puisses encore longtemps,
par de nouvelles publications, faire profiter tous les mycologues, de ta vaste
expérience.
Robert KÜHNER
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
A PROPOS DE DEUX CORDITUBERA NOUVEAUX
RÉCOLTÉS EN FRANCE
par G. MALENCON*
RÉSUMÉ. — Deux hypogés inédits récoltés dans la Région parisienne par M. H. ROMA-
GNESI, sont ramenés l'un et l'autre au genre Corditubera P. Hennings et décrits comme
Corditubera romagnesii sp. nov. et Corditubera gallica sp. nov. La discussion conduit à
rattacher aux Gorditubera les Leucophleps sens. Fogel, y compris les Cremeogaster Matti-
olo. La question de la place des Leucogaster dans cet ensemble est posée.
SUMMARY. — Two hypogeous fungi collected by H. ROMAGNESI in the region of Paris,
are rapported to the genus Corditubera P. Hennings and described as new species named
C. romagnesii and C. gallica. The respective systematic positions of Corditubera, Leuco-
phleps sens. Fogel, Cremeogaster Mattirolo and Leucogaster are discussed.
Notre éminent collègue et ami M. H. ROMAGNESI nous ayant confié pour
examen deux Gastéromycétes hypogés recueillis par lui prés de Paris à des
dates espacées, chacun dans une station différente et chaque fois en un unique
exemplaire, qui n'évoquaient ni l'un ni l'autre aucun élément habituel de la flore
hydnologique du Nord de la Loire, nous avons tenté d'en percer l'identité.
Plus délicate qu'il n'y paraissait tout d'abord, cette recherche a révélé que,
par une surprenante coïncidence, ces Hypogés appartenaient tous deux à un
même genre fort rare ou tout au moins méconnu, sans répondre par surcroît à
aucune des quelques espèces susceptibles de lui être rapportées. Ce qui nous
conduit à créer pour eux deux nouveautés que nous allons nommer, décrire,
et discuter ici.
CORDITUBERA ROMAGNESII sp. nov.
«Hypogé récolté déterré le long d'un chemin dans une pinède très sableuse-
siliceuse de la Forêt d'Ermenonville prés de Thiers-sur-Théve (Oise) le 13 aoüt
* 50700 Valognes, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983)
Source : MNHN, Paris
G. MALENCON
1968. Impossible de voir des basides. Les spores, rondes, semblent lisses pour la
plupart mais quelques-unes, sans doute plus mûres, montrent une ornementation
échinulée incontestable : 8,5-11um. Péridium ellipsoide un peu aplati, d'un
brun-roux, trés finement pustuleux à l'extérieur par de petites masses pelu-
cheuses concolores; écorce blanc-jaunâtre. Gleba constituée par de petites
logettes en forme de vessies gélatineuses d'un jaune verdâtre très sale» (H,
ROMAGNESI in litt.).
Description : Fructification ellipsoïde un peu déprimée de la taille d'une
grosse noisette (Corylus avellana L.) sans trace d'attache; pleine, sans columelle
ni cavité centrale ou logettes creuses. Péridium non séparable, simple, homogène,
à surface mate et brun-roux terne, épais de 400-500um (A sec) a section blanc
jaunâtre, comprimé et comme feuilleté par la dessiccation, imprégné en périphérie
sur une épaisseur de 125-150um d'un pigment résinoïde brun-fauve qui deter-
mine une pseudo-cuticule cornée, noirâtre et brillante à la coupe. En soi-même,
il se réduit à une forte enveloppe continue d'hyphes de 3-5um de large à paroi
mince non ou peu gélifiée, ni amyloïdes, ni congophiles où cyanophiles, enche-
vétrées en plexus confus tangentiellement étiré. Seuls ses éléments superficiels,
reliés au mycélium environnant dont on apercoit quelques vestiges, sont un peu
plus larges (5-8utm diam.) et plus distincts, bouclés aux cloisons, à paroi renfor-
cée et cette fois congophile-cyanophile, brunie chez beaucoup d'entre eux
par le pigment cuticulaire.
A la base de cette unique enveloppe, les éléments restent les mémes, toujours
bouclés, mais l'étirement tangentiel fait place à une trame confuse légère, plus
gélifiée, bientôt organisée en cordonnets corémioïdes entrecroisés qui déter-
minent dans l'ensemble de la gleba un entrelac compliqué de veinules plus ou
moins importantes, entre les mailles duquel apparaît une moucheture de points
ambrés. Ceux-ci, clairsemés en périphérie mais de plus en plus nombreux vers
l'extérieur du fruit, correspondent à autant de nodules fertiles. Pris individuelle
ment ce sont des corps pleins à contours flous, d'un roux sale un peu translu-
cide, cornés à sec, páles et gélatineux quand imbus, grossièrement arrondis sous
un diamètre théorique de 80 4 1004m mais souvent coalescents ou confluents
en masses difformes qui peuvent atteindre jusqu'à 400um en tous sens, Nés
en toute indépendance les uns des autres, sans cavité apparente, ils se présen-
taient dans l'état de maturité de notre unique spécimen, comme des agglomérats
compacts de spores mares, plongés à même la trame matricielle qui entourait
simplement chacun d'eux d'une mince enveloppe filamenteuse, bouclée aux
cloisons de ses hyphes. Quant aux spores, libérées de toute attache par la dif-
fluence hyménienne, la présence de tétrades relictuelles visibles dans quelques
nodules et les boucles observées aux éléments du péridium et de la gleba, au-
torisent à y reconnaitre des basidiospores. Celles-ci, en majorité globuleuses
et rarement obpiriformes ou ellipsoides, à bref col hilaire saillant de 1-1,5um,
dépourvues de coque gélifiée ou de couronne d'hyphes nourriciéres, montrent
une membrane épaisse de 0,6-0,8um incolore puis ocre pâle, fortement congo-
phile-cyanophile, qui passe au fauve vif avec l'iode (Melzer); longtemps lisse, elle
apparait sur le tard hérissée d'aiguillons tronqués hauts de 0,5-lum, serrés à
Source : MNHN, Paris
CORDITUBERA NOUVEAUX 3
raison de 30-35 par circonférence sporale et, à complète maturité, ces spores
mesurent, ornements compris et selon leur profil : 9-10, 8-(11,8)um de diamètre,
ou 9-10 x 8,8-9,2um.
Aucune trace de capillitium n'a été relevée mais, dans l'étendue de la fructi-
fication et surtout dans l'épaisseur du péridium, circulent en toute indépendance
des hyphes variqueuses gréles (environ 3um diam.) à contenu dense et chromo-
phile, ramifiées en réseau lâche et capricieux, qui, devenues vides avec l'âge,
persistent en éléments rigidiuscules cyanophiles brun clair, emprisonnés dans la
masse ni colorée ni colorable des tissus environnants.
CORDITUBERA GALLICA sp. nov.
«Un échantillon récolté au milieu d'une touffe de Polytrichum formosum
Hedw. dans une hêtraie mêlée de charmes et de chênes de la Forêt de Compiègne
(Oise) le 21 septembre 1975. Sur le frais, cortex dur, roux, excorié en plaques
plus ou moins arrondies. Gleba mucilagineuse, jaune roussâtre ou verdátre».
(H. ROMAGNESI in sched.)
Description : Fructification ellipsoide peu déformée d'environ 20 x 14mm,
glabre, mate, roux obscur, à gleba trés gélifiée et contractée à sec, doublant le
péridium d'un enduit continu, adhérent, corné, noirátre au premier aspect, en
réalité brun café ponctué de plus sombre s. l. et translucide sous mince épaisseur.
Dans ses traits essentiels cette récolte rappelle beaucoup le Corditubera
romagnesii décrit au chapitre précédent, en plus ágé peut-étre et plus gélifié,
mais avec la même simplicité de structure. C'est un tubercule plein, sans colu-
melle ni logettes creuses, d'extérieur roux sombre parsemé de quelques plaques
d'une exsudation résinoide brun-jaune à cassure brillante, qui enferme une gleba
amorphe de nodules pleins répartis sans ordre apparent, Péridium simple, adné,
réduit à un cortex monostrate homogène, épais de 500-600um, à section blanc
ocré, aux hyphes minces, bouclées, larges de 3-4um, passant à 5:6um en péri-
phérie où leur paroi s'épaissit et se gélifie plus ou moins profondément; toutes
couchées de façon assez régulière en enveloppement péricline continu et se
montrant ni cyanophiles, ni congophiles, ni amyloides. En surface on rencontre
de place en place les marques de l'exsudation résinoide et, à la base de ce
cortex, une mince ligne d'éléments vasiformes larges de 6 à Sum, ramuleux,
sinueux ou spiralés, bientôt vides, rigidiuscules et cyanophiles, souligne sa limite
inférieure approximative. Au-dessous et sans délimitation précise, la gleba
apparaît avec des hyphes également bouclées mais plus fines (34m diam.) en
grande partie gélifiées. Tout d'abord périclines comme le cortex dont elles
viennent à peine de se détacher, elles se groupent en faisceaux indépendants
qui s'infléchissent et s'entrecroisent en s'engageant vers l'intérieur du fruit où
elles forment un réseau aux mailles vite chargées de locules fertiles. Ceux-ci,
ellipsoides-arrondis ou modérément lobulés, atteignent - au stade où nous
avons pu les étudier - 150-180 x 80-110um et sont entièrement remplis par une
masse compacte de spores mûres, sans le moindre vestige persistant d'hyménium.
Source
MNHN, Paris.
4 G. MALENÇON
Agglutinées par un léger mucus provenant sans doute de la lyse hyménienne
mais convenablement regonflées et dispersées, les spores apparaissent hyalines
en vue isolée, jaune ambré en masse, et passent au jaune fauve ou au fauve-roux
dans l'iode (Melzer). Globuleuses ou sub-globuleuses, d'un diamétre de 7,5-
10um (le plus souvent 8,5-9um) avec un hile basilaire poriforme ou à peine
saillant, elles sont limitées par une membrane trés congophile épaisse de 0,4-
0.6um, à premiére vue parfaitement lisse mais en réalité couverte de spinules
hautes de 0,3-0,4um dont on peut approximativement dénombrer 60 à 70
par contour sporal.
Pas de capillitium, sinon quelques vestiges indurés des hyphes vasiformes
de la base du péridium.
Comparés l'un à l'autre les deux Hypogés dont la description précède, appa-
raissent liés par un large ensemble de caractères communs qui les font apparaître
comme des Gastéromycètes rudimentaires tubériformes, indéhiscents, à péri-
dium filamenteux monostrate adné, gleba fruste et compacte, dépourvue de
columelle, organisée en faisceaux mycéliens entrecroisés oü s'élaborent des
ilots fertiles sans hyménium défini dont les éléments diffluent en abandonnant
des spores arrondies subhyalines ou peu pigmentées, fauves dans Piode, et
hérissées de spinules. Des hyphes hyalines, bouclées et gélifiantes, mélées de
quelques éléments vasiformes constituent l'essentiel de l'appareil végétatif où
l'on n'observe aucun capillitium véritable.
Cette étroite similitude n'échappe en fait à l'identité qu'au niveau des spores,
assez volumineuses et nettement échinulées dans le Corditubera romagnesii,
d'un diamétre un peu plus modeste avec des ornements beaucoup plus fins,
plus nombreux et plus difficiles à distinguer chez le Corditubera gallica. Ce
qui permet de conclure à deux espèces distinctes mais très proches, appartenant
à un seul et même genre, Celui-ci, à l'analyse, s'est révélé presque conforme à
Cremeogaster Mattirolo (1924), créé pour des Hypogés basidiosporés élémen-
taires semblables aux nôtres, mais à spores malheureusement lisses. Cependant,
et même en écartant cette dernière affirmation que l’on sait aujourd'hui erronée,
aucun des deux Cremeogaster connus ne pouvait répondre à nos spécimens :
le Cr. levisporus Matt. du fait de ses spores ellipsoïdes de 11,5 x 7 4um, le Cr.
klikae Matt.! en raison de leur trop petite taille : 5-7 x 3-5um. C'est alors qu'en
recherchant l'existence possible d'un genre similaire mais décrit dès l'origine
avec des spores ornementées, nous avons abouti à Corditubera P. Hennings
(1897) qui répondait au mieux à cette exigence. Établi pour un Corditubera
staudtii P. Henn. du Cameroun, ce genre était resté monospécifique? et tota-
1. Aujourd'hui Alpova klikae (Matt.) J.M. Trappe (1976, pp. 303-304).
2. En dépit de l'opinion contraire de ZELLER (1948, p. 640), nous excluons ici le Cordi-
tubera microspora v. Höhnel (1908) (= Höhnelogaster H. Lohwag, 1926) de Java, que sa
base nettement marquée, sa gleba ä columelle ramifice, et son peridium pseudoparenchyma-
teux, écartent résolument des Corditubera, Malgré l'absence du type : Corditubera staudtii
(égaré?), la description originale de P. HENNINGS (1897) et les figures qui l'accompagnent
sont as explicites pour définir le genre Corditubera avec clarté et lui maintenir
sa validité,
Source : MNHN, Paris
CORDITUBERA NOUVEAUX 5
lement oublié lorsque V. DEMOULIN et D.M. DRING l'ont repris en 1975 pour
y placer un Corditubera kivuensis sp. n. du Zaire auquel ces deux auteurs ad-
joignent en méme temps un Corditubera bovonei (Matt.) Demoulin et Dring
comb. nov. basé sur le Scleroderma bovonei de Mattirolo.
Tel que nous l'a montré le type, le Cordirubera kivuensis, par son apparence
générale, son volume, sa structure, ses spores sphériques de 7,5-10um ornées de
verrues coniques hautes de 0,5um, ressemble de telle façon au Corditubera
romagnesii qu'il le rejoindrait entiérement si ses spores n'étaient d'un brun franc
s. l. et ses hyphes dépourvues de boucles. En dépit de ces différences dont la
faible valeur au niveau générique n'échappe pas, la similitude atteint ici un tel
degré et, parallèlement, la limite entre Corditubera et Cremeogaster devient si
ténue et si subjective qu'elle n'a visiblement plus aucune raison d'être et que le
genre de MATTIROLO doit s'effacer. Sans y forcer, Іа conclusion se dégage
d'elle-méme de tout examen impartial et a d'ailleurs été récemment exprimée,
non pas toutefois au bénéfice de Corditubera comme on aurait pu le croire
mais, par une premiére approche vers la véritable solution, à l'avantage de Leuco-
phleps Harkness (1899).
Dans une excellente mise au point, FOGEL (1979) écarte ces Hypogés des
Melanogastraceae et établit à leur intention un Ordre indépendant des Leuco-
gastrales comprenant une Famille des Leucogastraceae F. Moreau avec, comme
genres, Leucogaster caractérisé par ses spores alvéolées enfermées dans un sac
périsporique dilaté, et Leucophleps où l'ornementation sporale demeure au
contraire incluse dans une périspore d'épaisseur variable. Ainsi précisé, Leuco-
phleps accueille en synonymie Cremeogaster Matt. dont on n'ignore plus -
comme dit plus haut - que les spores sont spinuleuses méme, en dépit de son
épithète spécifique, chez le Cremeogaster levisporus type du genre.
Cette mise en synonymie tout à fait justifiée demeure pourtant incomplète
car, s'il est bien exact que Leucophleps doit absorber Cremeogaster, il est
tout aussi réel comme on vient de le voir, qu'il s'identifie et se subordonne
luimême à Corditubera malgré les spores plus colorées de ce dernier. Semblables
alors entre eux, les trois genres dont nous parlons n'en font évidemment plus
qu'un seul et, comme Cremeogaster date de 1924, Leucophleps de 1899 er Cor-
ditubera de 1897, il est clair, en raison de son antériorité, que la priorité revient
de droit à Corditubera, avec la charge corollaire de modifier la hiérarchie et
l'appellation des genres ou espèces concernés de la maniére suivante :
CORDITUBERA P. Hennings, Engl. Bot. Jahrb., 23 : 557, 1897.
= Leucophleps Harkness, Proc. Calif. Acad. Sci., Bot. I, 1 : 257-259, 1899
— Cremeogaster Mattirolo in C.G, LLOYD, Mycol, Writ. 7, n° 1278, 1924
Espèce-type : Corditubera staudtii P. Hennings (1. c.)
Corditubera magnata (Harkness) n. comb. Basionyme Leucophleps magnata Harkness
(1. с. 1899)
Corditabera levispora (Matt.) n. comb. Basionyme Cremeogaster levisporus Mattirolo in
C.G. LLOYD (l. c.)
Corditubera kivuensis Demoulin & Dring 1975 (1. c.)
Corditubera bovonei (Matt.) Demoulin & Dring 1975 (1. c.)
Source : MNHN, Paris
6 G. MALENGON
Corditubera spinispora (Fogel) n. comb. Basionyme Leucophleps spinispora Fogel 1979 (l.c.)
Corditubera aculeatispora (Fogel) n. comb. Basionyme : Leucophleps aculeatispora Fogel
1979 (1. c.)
Corditubera romagnesii G. Malençon1983
Corditubera gallica G. Malençon 1983
La liste qui précéde ne saurait prétendre à étre exhaustive car la différence
de structure sporale - avec ou sans sac périsporique - par laquelle FOGEL (l. c.)
sépare ses Leucophleps des Leucogaster ne semble pas posséder la valeur qu'il
lui attribue et laisse la place à d'autres regroupements possibles. Loin de reposer
sur deux morphologies antagonistes, elle n'exprime en effet que deux étapes
successives, donc liées entre elles, de l'évolution normale des ornements des
basidiospores. Chez nombre de cellesci, rappelonsle, les verrues, épines ou
réseaux, s'élaborent lentement au sein d'une périspore, gélifiée ou non, dans
une position intratégumentaire dont la destruction tardive de l'ectospore qui
les recouvrait jusquelà les dégage à maturité. Les Agarics, et plus encore les
Gastéromycètes (Battaraea, Lycoperdon, Calvatia, Bovista, Geaster, etc.), en
fournissent d'abondants exemples dont COKER & COUCH (1928) ont donné
depuis déjà plus d'un demi-siècle d'excellentes figures, Mais ce thème trés
général a ses exceptions et ses variantes, Ainsi, l'ectospore peut ne pas se détruire
et rester en place, auquel cas les ornements demeurent inclus, visibles ou non
par transparence, sous un contour sporal lisse (Chondrogaster pachysporus,
Hymenogaster maurus). Ailleurs l'ectospore, au lieu de s'exfolier ou de rester
apprimée, se dilate et se décolle en sac persistant autour du sporoide à la surface
duquel elle abandonne les ornements quand il y en a. C'est le cas des Leucogaster
sens. Fogel, de quelques Agarics (Coprinus lani) et surtout de la plupart des
Hysterangium. Ce qui permet, dans l'Hysterangium cistophilum où les spores
sont verruqueuses (MALENÇON, 1974-1975) de rencontrer sans difficulté,
dans un même spécimen, des spores aux verrues maintenues contre le sporoïde
dans la position «Leucophleps» par une ectospore restée en place et d'autres
où ces verrues apparaissent libérées - entièrement ou en partie - sous un sac
ectosporique dilaté à la manière des Leucogaster sens Fogel Cette coexistence
des deux formules, visible ici non seulement dans un même individu mais sur
une seule et même spore selon la face où on l'observe, rend on ne peut mieux
compte de l'extrême faiblesse du caractère différentiel par lequel on voudrait
aujourd'hui séparer Leucophleps, autrement dit Corditubera, de Leucogaster
sens. Fogel Et cestprécisément cette faiblesse ou, pour mieux dire, tout l'illusoire
de cette barrière générique, plus frappante à la vue que réelle en soi, que nous
tenions à faire ressortir en terminant le présent travail. Car, en révisant dans
cette optique l'ensemble des Leucogaster sens Fogelet en pensant comme il con-
vient la juste valeur de leur morphologie sporale à la mesure des précisions
rappelées plus haut, il est possible que beaucoup d'entre eux rejoignent les
Corditubera. À tout le moins saura-t-on s’il conviendra de leur laisser désormais,
et valablement, leur autonomie, ou s'il ne sera pas plus justifié - ou moins arti-
ficiel - de les regrouper par commodité dans une simple Section du genre de
HENNINGS.
Source : MNHN. Paris
CORDITUBERA NOUVEAUX 7
CORDITUBERA ROMAGNESII sp. nov.
(honoris causa ad egregium mycologum H. Romagnesi dedicata).
Ellipsoidea, paulum depressa, magnitudine grandis avellanae, sine basi neque ligamento
manifesto, extus glabra, subrugosa et e rufa brunnea. Peridio confluente, monostrato, 400-
300m. crassa, sectione albida, confuse filamentoso, hyphis hyaline paulum gelatis, 3-5pm
latis, fibulatis, superioribus exsudatione resinoidea e fulva brunnea, sordida, onustis. Gleba
compacta, sine columella, ex implexione resticularum. mycelianarum hyphis fibulatis qua-
rum inter maculas formantur noduli fertiles rotundi, gelati, vivi e sordide viridulis lutei,
cornei sicci e succinatis rufi, hymenio diffluente. Sporis singularibus subhyalinis, in massa
pallide ochraceis, iodi ope vivide fulvis, globosis, 9-10,8.(11,8)um, raro obpiriformibus,
9-10 x 8,8-9,2Um, maxime echinulatis, tunica ad 0,6-0,8um incrassata, Capillitio nullo.
Hab. — In pineto sabuloso siliceo, in silva Ermenonville (in Gallia, Oise), 13.V1I1.1968.
Leg. H. ROMAGNESI. Holotypus : Herb. ROMAGN. n° 68.108.
CORDITUBERA GALLICA sp. nov.
Dura, ellipsoidea, circiter 20 x 14 mm, glabra, rufa, nonnulis laminis resinoideis consper-
sa. Peridio simplo, confluente, 500-6004m crasso, sectione ex ochracea alba, filamentoso-
periclini hyphis fibulatis, 3-4um latis, paulo latioribus ac resiniferis in superficie, Gleba
compacta, sine columella neque loculis, viva mucosa et e rufula lutea, sicca cornea ac obs-
cure brunnea, in resticulas filamentosas hypharum fibulatarum in densum reticulum imple-
xarum. Nodulis fertilibus sparsis, permultis, ellipsoideis vel subglobosis, hymenio diffluente.
Sporis singularibus hyalinis, in massa e succinatis luteis, iodi ope e fulvis luteis, globosis
vel subglobosis, 7,5-10fm, tunica 0,4-0,6Um crassa, tenuibus spinulis 0,3-0,4Um. altis,
densissimis ac parum manifestis ornatis. Capillitio nullo.
Hab. — In crista Polytrichi formosi Hedw., in silva Compiègne (in Gallia, Oise) sub
Fagis, Carpinis, Quercubus mixtis, 21.1X.1975. Leg. H. ROMAGNESL Holotypus in Herb,
ROMAGN. n? 72.244.
REMERCIEMENTS
Nous sommes heureux d'exprimer ici notre vive gratitude à nos collègues MM. V. DE-
MOULIN (Liège), P. HEINEMANN (Bruxelles), P. JOLY (Paris), R.P. KORF (Ithaca) et
JM. TRAPPE (Corvallis), pour la documentation et les informations que nous leur devons;
ainsi qu'aux National Fungus Collections (Beltsville, U.S.A.) et au Jardin Botanique National
de Belgique (Meise - Belgique) dont la généreuse obligeance a mis à notre disposition les
types indispensables à la présente étude.
M. H. ROMAGNESI est particulièrement remercié pour le matériel de base qu'il nous
a fourni et pour la rédaction latine des espéces nouvelles, qu'il a assurée avec son amabilité
habituelle et l'érudition que nous lui connaissons tous.
BIBLIOGRAPHIE
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Ann. Mo. Bot. Gard. 11 : 389-410.
Source : MNHN, Paris
UN SITE REMARQUABLE POUR SES GASTÉROMYCETES :
LES GRÈS ROUGES PERMIENS
DU NORD DU MASSIF DES MAURES (VAR, FRANCE)
par V. DEMOULIN*
RÉSUMÉ. — Liste commentée des Gastéromycètes récoltés dans un site remarquable de
la région méditerranéenne française.
SUMMARY. — Annotated list of Gasteromycetes from an interesting locality in the French
Mediterranean area.
Lors d'un voyage de récolte de Gastéromycétes dans la région méditerra-
néenne occidentale en 1968, M. G. CLAUZADE, excellent connaisseur de la
nature provençale, avait attiré mon attention sur la zone de grès rouges permiens
située au nord du massif des Maures. Cette zone, qui s'étend de Toulon à
Fréjus, offre des paysages particulièrement remarquables dans la vallée de
T'Aille au SE du Luc.
La végétation forestiére clairsemée est caractérisée par l'abondance de Quer-
cus suber et Pinus pinea, mais ce sont surtout les espaces ouverts où alternent
des dalles de grès et des dépressions remplies de sables grossiers qui sont d’un
grand intérêt botanique. Les environs du carrefour de la N 558 et de la D 48
sont notamment célèbres comme unique localité de Ranunculus revelieri en
France continentale. Les zones humides relevant de l'Isoetíon et qui ont contri-
bué à la renommée de ce site ne sont pas favorables aux Gastéromycétes, mais
il n'en va pas de méme des zones plus sèches à mousses, lichens. géophytes et
thérophytes (Helianthemion guttati) voire des groupements à Cistus monspe-
liensis et Lavandula stoechas.
* Département de Botanique B. 22, Université de Liège (Sart Tilman), B-4000 Liège 1,
Belgique.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
10 V. DEMOULIN
On trouvera une description de la végétation phanérogamique de cette zone
dans BOUCHARD (1951) ainsi que dans le compte rendu de l'excursion en
Provence de l'Association Internationale de Phytosociologie (MOLINIER et al.,
1959).
Par la présente liste commentée des Gastéromycètes récoltés. nous espérons
contribuer non seulement à la connaissance de ce groupe de champignons
en région méditerranéenne, mais également attirer l'attention sur un site dont
l'intérét touche à des domaines variés de la flore et de la végétation et qui devrait
donc faire l'objet d'une protection particuliére.
Nous avons visité le site en novembre 1968, octobre 1969, janvier et octobre
1972, octobre 1974 et novembre 1982. Des récoltes de Gastéromycètes ont
été effectuées dans les six localités principales suivantes que nous désignerons
par les numéros 1 à 6 :
Sortie du Cannet des Maures, sur la route de La Garde-Freinet (N. 558).
La Haute Verrerie, au SE du Cannet des Maures, sur la même route.
Entre la Haute et la Basse Verrerie, toujours sur la même route.
La Basse Verrerie, près du pont sur l'Aille, encore sur la même route.
Aux environs du carrefour de la N. 558 (Le Cannet des Maures - La Garde-Freinet) et
de la D. 48 (Vidauban - La Garde-Freinet).
A 1,5 km au S du Muy, prés du carrefour de la N. 555 (ex D. 25, Ste-Maxime - Le Muy)
etdel'A. 8.
napne
"
Les observations microscopiques ont été faites dans les mémes conditions
que pour nos travaux antérieurs (e. a. DEMOULIN, 1968; CALONGE et DE-
MOULIN, 1975), que l'on consultera éventuellement pour une description plus
compléte des espéces mentionnées. Rappelons notamment que les mesures
de spores sont effectuées dans le lactophénol-bleu coton et s'entendent à
l'exclusion de l’ornementation. Les abréviations «s. n.» et «loc.» signifient
respectivement «sans numéro» et «localité». Tout le matériel cité à été récolté
par nous-méme et est déposé dans l'herbier du Département de Botanique de
l'Université de Liége (LG).
La nomenclature a été mise en conformité avec les décisions du congrès
de Sydney (1981), notamment par l'utilisation du signe « :» indiquant. qu'un
nom a été «sanctionné» dans le Synopsis fungorum de PERSOON.
SCLERODERMATALES
Sclerodermataceae
Scleroderma cepa Pers. (Syn. : S. flavidum Ell. et Ever., S. laeve C. Lloyd, S.
albidum Pat. et Trabut )
Loc. 1, 29.10.1969, s. n., zone ouverte parmi les Cistus monspeliensis. Loc. 2, 29.10.
1969. s. n., dans l'herbe. Loc. 3, 29.10.1969, s. n., dans l'herbe entre Lavandula stoechas
et Cistus monspeliensis. Loc. 4, 11.11.1968, 3805, dans la mousse, l'herbe et les thérophytes
(e. a. Nigella), avec Cladonia foliacea, entre des Cistus monspeliensis et Lavandula stoechas.
Ibid.. 8.1.1972, 4250, zone à mousses, lichens, thérophytes et géophytes entre des dalles
Source : MNHN, Paris.
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES 11
de grès. Loc. 5, 11.11.1968, 3809, dans la mousse et les thérophytes entre Cistus monspe-
liensis et Lavandula stoechas, Ibid., 19.10.1972, s. n., forêt claire de Quercus suber.
Les spécimens sont d'assez petite dimension (max. 5 cm pour un exemplaire
ouvert), avec une déhiscence du péridium en étoile bien nette et une couleur
dominée par le jaune. Les spores varient dans un même carpophore entre 8 et
13um de diam. Elles sont mélées à des spores avortées, comme c'est souvent
le cas chez cette espéce, et leurs verrues sont trés fortes (sauf pour la récolte
du Cannet-des-Maures, où très peu de spores subsistent). Dans ce dernier cas.
c'est peut-être parce que seules quelques spores produites en fin de développe-
ment du carpophore sont présentes que celles-ci sont anormales.
П est à noter que notre concept de $. cepa correspond chez GUZMAN
(1970) à trois espéces (S. cepa, S. laeve et S. albidum) qui se distingueraient
par la dimension des spores. Notre expérience est qu'une telle distinction est
inconsistante et que, si S. cepa était réellement une espèce collective, d'autres
caractères que la dimension très variable des spores devraient être mis en évi-
dence.
Scleroderma meridionale Demoulin et Malengon
Loc. 5, 30.10.1969, 3864, sol caillouteux à recouvrement lichénique (Cladonia, Corni-
cularia) avec Iris chamaeiris.
Récolte abondante, paratype (DEMOULIN et MALENÇON, 1971). Les
carpophores ne poussant pas dans du sable fin, la base mycélienne est ici moins
spectaculaire que lorsqu'ils se développent dans les dunes littorales qui consti-
tuent un des habitats les plus fréquents de cette espéce.
Scleroderma polyrhizum (J.F. Gmel.) Pers.
(Syn. : S. geaster Fr.)
Loc. 5, 19.10.1972, 4612, sous Quercus suber.
Bel échantillon de 9 cm de diamètre, à ouverture stelliforme.
Pisolithus tinctorius (Pers.) Desv.
(yn. : P. arhizus (Scop. : Pers.) Rauschert)
Loc. 5, 30.10.1969, 3865, sol caillouteux à recouvrement lichénique (Cladonia, Cor-
nicularia) avec Iris chamaeiris.
Six spécimens de dimension modérée (jusqu'à 6 cm de diam. et à base mycé-
lienne moyenne (jusque 5 cm).
Astraeaceae
Astraeus hygrometricus (Pers.) Morg.
Loc. 1, 25.10.1969, s. n., zone ouverte parmi les Cistus monspeliensis. Loc. 5, 8.1.1972,
4249, zone à mousses, lichens, thérophytes et géophytes entre les dalles de grés. Loc. 6,
13.11.1982, zone moussue entre les Cistus monspeliensis.
Cette espéce est abondante dans toute la région et n'a pas été systématique-
Source : MNHN. Paris
Fig. 1. — Paysage typique de la zone étudiée, aux environs du carrefour de la N. 558 et de
la D. 48 (localité 5) (8 janvier 1972).
Fig.2.— Zone à lichens, therophytes et géophytes, avec Scleroderma meridionale (n0 3864,
localité 5, le 30 octobre 1969).
Source : MNHN, Paris.
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES 13
ment récoltée.
MELANOGASTRALES
Torrendiaceae
Torrendia pulchella Bres.
Loc. 5, 11.11.1968, 3808, zone d'arénes nues entre des Cistus monspeliensis, sous
Pinus pinea, en compagnie d'Astraeus. Loc. 6, 13.11.1982, 6384, 6385, zone moussue
entre des Cistus monspeliensis, en compagnie d'Astraeus,
La récolte 3808 ne comporte que quelques exemplaires immatures. Par
contre, les numéros 6384 et 6385 comprennent de nombreux carpophores à
divers stades de développement. Nous avons ainsi pu observer que la tête était
d'abord blanche puis grise. La volve blanche, fragile n'était visible que sur les
jeunes exemplaires. L'odeur était fruitée.
Décrit en détail par MALENCON (1955), ce champignon remarquable est
traditionnellement placé parmi les Melanogastrales en raison de sa gléba non
pulvérulente. A la suite de BAS (1975), nous serions toutefois tenté d'en faire
le pendant sécotioide des amanites.
Les récoltes des Maures viennent compléter la distribution de cette espéce
connue du Portugal, des régions océaniques de l'Afrique du Nord, des Landes
(BELLER et BON, 1966) et de Corse *
1l semble donc qu'il s'agisse dun champignon lié à des régions ouest-médi-
terranéennes et sud-atlantiques à sol acide et à pluviosité assez élevée, c'està-
dire celles ot le chéne-liége est à son optimum.
LYCOPERDALES
Geastraceae
Geastrum minimum Schwein.
Loc. 4, 11.11.1968, 3806, dans la mousse, l'herbe et les thérophytes (e. a. Nigella), avec
Cladonia foliacea, entre des Cistus monspeliensis et Lavandula stoechas.
Comme c'est souvent le cas sur sol pauvre en calcaire, les échantillons ne
présentent que peu de cristaux sur l'endopéridium.
Lycoperdaceae
Arachnion lloydianum Demoulin
Loc. 5, 30.10.1969, 3866 (paratype), zone à thérophytes et géophytes. Ibid., 8.1.1972,
* Prés du port de Chiavari au S d'Ajaccio, 14.10.1972, V. DEMOULIN 4565, pelouse en
lisière d'un bois de Quercus suber, récolte citée dans le compte rendu du congrès de la
Société mycologique de France à Ajaccio (7-15 octobre 1972, Bull. Soc. mycol. France,
LXXXIX (2) :C, 1973).
Source : MNHN, Paris
14 V. DEMOULIN
4248, zone a mousses, lichens, thérophytes et géophytes entre les dalles de grès. Ibid.,
19.10.1972, s. n., zones à mousses et thérophytes sur blocs de grés. Ibid., 13.11.1982,
6380, détachés sur une zone moussue entre les dalles de grès.
Au moment où nous lavons décrite (DEMOULIN, 1972), cette espèce
n'était connue que par une récolte d'Italie et le n° 3866. Elle a depuis été
trouvée en Corse prés de Porto Vecchio (").
La récolte du 19.10.1972 comprend des exemplaires jeunes et âgés, les
autres uniquement des exemplaires âgés, qui comme chez les Disciseda et cer-
tains Bovista ont tendance à se détacher du substrat et à se comporter en «rou-
leuse de steppe». Les locules de la gléba, délimités par une membrane persistante
et constituant les diaspores dans le genre Arachnion, s'en trouvent d'autant
mieux disséminés.
Bovista aestivalis (Bonorden) Demoulin
(Syn. : Lycoperdon cepaeforme Bull.; L. polymorphum Vitt.; L. pusilliforme
Kreisel).
Loc. 1, 29.10.1969, dans la mousse parmi des Cistus monspeliensis et dans la mousse
parmi les Thymus vulgaris. Loc. 5, 30.10.1969, 3866 bis et 3867, zone à thérophytes et
géophytes.
Ce matériel est peu typique, car la subgléba manque sur la plupart des exem-
plaires et n'est que faiblement développée lorsqu'elle est présente. Ceci nous
avait premièrement amené à déterminer ces récoltes Bovista pusilla sensu Kreisel.
En deuxième analyse, il nous paraît toutefois que des spores sublisses consti-
tuent un caractère beaucoup plus fiable que le développement de la subgléba,
ce qui nous améne à considérer qu'il s'agit de formes à développement réduit
de Bovista aestivalis, espèce dont la plasticité, surtout en région mediterra-
néenne, n'est plus à démontrer (CALONGE et DEMOULIN, 1975; DEMOULIN,
1979). En sus des spores plus verruqueuses chez Bovista pusilla sensu Kreisel,
le capillitium permet de distinguer les deux espèces. Il s'agit toutefois d'un
caractére qui demande de multiples observations, car chez B. aestivalis, le capilli-
tium est dans la partie supérieure de la gleba, trés semblable à celui de B. pusilla,
c'est-à-dire fragile et pourvu de pores grands et abondants, Dans les exemplaires
peu développés, cette zone fragile est dominante et les hyphes à parois plus
épaisses et pores plus petits peuvent passer inaperçues. Un examen attentif
permet toutefois de trouver du capillitium typique de B. aestivalis chez plusieurs
spécimens. Ce capillitium présente également des ramifications plus abondantes
et un plus grand contraste entre les troncs principaux et les fines ramifications.
Il est à noter que deux récoltes faites dans les dunes littorales du sud des
Maures (plage des Salins à St-Tropez, 11.11.1968, 3799 et plage de Pampelonne,
30.10.1969, s. n.) se rapprochent beaucoup des échantillons des grès rouges
(*) 16.10.1972, V. DEMOULIN 4595, plantation láche de Quercus suber avec des cistes,
récolte citée dans le compte rendu du congrès d'Ajaccio, cf. Torrendia.
Source : MNHN, Paris
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES 15
mais sont plus typiques de B. aestivalis et présentent une subgléba mieux déve-
loppée bien que toujours réduite.
Calvatia candida (Rostk.) Hollós
Loc. 1, 29.10.1969, dans la mousse parmi les Thymus vulgaris.
Deux carpophores bien mûrs d'environ 3 cm de diamètre. Espèce à subgléba
compacte et gléba cotonneuse, bien caractérisée par ses spores rondes, plutót
grandes (4,6-4,9-5,2m), assez verruqueuses et son capillitium abondamment
poré et septé, un peu renflé au niveau des cloisons. Cette rare espèce habite les
régions continentales et méditerranéennes; en France, elle ne nous est connue,
en sus de cette récolte, que de Corse et des Pyrénées-Orientales.
Calvatia excipuliformis (Scop. : Pers., cum em.) Perdeck
Loc. 1, 29.10.1969, 3862, sous Quercus ilex, sol à pH 6,7. Loc. 5, 11.11.1968, 3810,
dans la mousse et les thérophytes, entre des Cistus monspeliensis et Lavandula stoechas.
Ces deux récoltes sont constituées de petits échantillons (diam. max. 4 cm),
ce qui est normal vu la préférence de cette espèce pour les biotopes plus fores-
tiers. Une récolte d'exemplaires beaucoup mieux développés a été faite au lieu-
dit Les Mayons, 11.11.1968, 3801, sous Quercus suber, Erica arborea, Calluna
vulgaris, Cistus monspeliensis, Juniperus oxycedrus, à la limite de la zone des
grès permiens.
Lycoperdon lividum Pers.
(Syn. : L. spadiceum Pers. non Poiret)
Loc. 1, 13.11.1982, 6377 et 6378, pelouse rase.
Espéce fréquente dans les endroits ouverts mais plutót calciphile. Les grés
permiens sont certainement à la limite de son amplitude écologique.
Lycoperdon perlatum Pers
ers.
Cette espèce silvatique abondante dans les environs n'a été trouvée qu'à la
limite de la zone considérée, au lieu-dit les Mayons, 11.11.1968, 3803, sous
Pinus pinaster, Quercus suber, Erica arborea, avec Calluna vulgaris, sol à pH
6.5.
Vascellum pratense (Pers : Pers., em. Quél.) Kreisel
(Syn. : Lycoperdon hyemale Bull.)
Loc. 1, 29.10.1969, dans la mousse parmi les Thymus vulgaris, ainsi que dans une
zone ouverte entre les Cistus monspeliensis.
De même que Lycoperdon lividum, cette espèce assez nitrophile semble
indiquer que la localité 1 possède des sols un peu plus riches que les autres
endroits; la présence de Thymus vulgaris confirme d'ailleurs cette particularité.
Source : MNHN, Paris
16 V. DEMOULIN
NIDULARIALES
Nidulariaceae
Cyathus stercoreus (Schwein.) De Toni
Loc. 5, 30.10.1969, 3868, zone à thérophytes et géophytes.
Des trois espèces européennes du genre Cyathus, celle-ci est de loin la plus
rare. Elle semble préférer les régions méditerranéennes et continentales.
PHALLALES
Clathraceae
Clathrus ruber Pers.
Loc. 5, 19.10.1972, 4613, sous Quercus suber. D'aprés NENTIEN (1924), cette belle
espéce est trés courante dans les Maures.
HYMENOGASTRALES
Rbizopogonaceae
Rhizopogon vulgaris (Vitt.) M. Lange
Loc. 5, 11.11.1968, 3807, zone d'arénes nues entre Cistus monspeliensis sous Pinus
pinea, en compagnie d'Astraeus.
Cette récolte a été décrite en détail par RAMMELOO (1971); elle a depuis
été revue par D.R. HOSFORD, avec qui nous sommes en plein accord pour
considérer qu'il s'agit de R. vulgaris typique. Une culture (n9 149; CBS 386.74)
a été établie à partir de ce matériel et a été utilisée par BRESINSKY (1974)
dans sa recherche des dérivés de l'acide pulvinique (caractéristique des boleta-
cées) chez les Rhizopogon. Cette souche présentait de la variégatorubine et un
pigment à rapprocher de la bovinone.
CONCLUSIONS
La zone étudiée se caractérise par un grand nombre de Gastéromycètes
d'endroits ouverts et d'affinité méditerranéenne ou méditerranéenne-continen-
tale, parmi lesquelles plusieurs espèces rares. On remarquera toutefois l'absence
des genres Tulostoma et Disciseda. NENTIEN (1924) avait déjà signalé la rareté
des Tulostoma dans les Maures. L'importance des précipitations dans ce massif
(plus de 1000 m dans la région de Grimaud et entre 900 et 1000 mm dans une
grande partie de la zone étudiée, MOLINIER et al., 1959, fig. 2) est sans doute
à mettre en relation avec la rareté de ces genres très xérophiles.
Source : MNHN, Paris
GASTEROMYCETES DU MASSIF DES MAURES 17
Des autres régions de la Méditerranée, c'est certainement avec la Corse que la
parenté floristique nous parait la plus marquée du point de vue des Gastéromy-
cètes. La présence des rarissimes Torrendia pulchella et Arachnion lloydianum
est notamment frappante. Il est vraisemblable que ces espèces ont des exigences
écogéographiques voisines de celles du chéne-liège et caractérisent les régions
à sol acide et pluviosité élevée de l'Ouest méditerranéen. Cette parenté se
retrouve bien d’ailleurs en ce qui concerne l'Isoetion qui a fait la célébrité
floristique de cette partie des Maures.
La richesse en Gastéromycétes de la zone considérée est un argument supplé-
mentaire pour en demander la protection. Si cette région a été jusqu'à présent
relativement épargnée, on ne peut que s'inquiéter du développement de la «moto
verte», trés dommageable aux tapis lichéniques, et surtout de l'extension de la
villégiature qui s'écarte de plus en plus des côtes dès à présent saturés. Il est
évident que l'on devrait pouvoir être rassuré sur l'avenir d'un site dont l'intérêt
scientifique se double d'une indéniable valeur paysagère, comme c'est le cas
aux environs du carrefour de la D. 48 et de la N. 558.
BIBLIOGRAPHIE
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18 V. DEMOULIN
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121.
Source : MNHN, Paris
NEW TAXA OF TOLOMA (SECT. CALLIDERMI)
AND POUZAROMYCES (AGARICALES)
by E. HORAK*
SUMMARY. — Six new taxa of entolomatoid agarics are described and illustrated : Ento-
loma peculiare (Brazil), E. henrici (Switzerland), E. pruinatum, Pouzaromyces aureocrini-
tus, P. sepiaceobasalis and P. erinaceus (Argentine)
RÉSUMÉ. — Description et illustration de six nouvelles espéces d'Entolomes Entoloma
peculiare du Brésil, E. henrici de Suisse, E. pruinatum, Pouzaromyces aureocrinitus, Р.
sepiaceobasalis et P. erinaceus d'Argentine
1. — ENTOLOMA (sect. Callidermi Romagnesi)
To accomodate entolomatoid agarics having a cellular pileipellis ROMAGNE-
SI introduced in Entoloma (= Rhodophyllus) the section Callidermi whose few
members exclusively occured in tropical-subtropical habitats in Madagascar and
Central Africa (ROMAGNESI, 1941, 1957; ROMAGNESI & GILLES, 1979).
Subsequently related taxa were discovered in South America (DENNIS, 1970;
HORAK, 1977), North America (LARGENT, 1977) and in several South-East
Asian countries (HORAK, 1980).
In this contribution additional callidermic species are presented from tropical
South America apparently rich in Entoloma having this peculiar structure of the
pileipellis.
The occurrence of E. henrici (named after Henri ROMAGNESI in respect of
his unrivalled contributions to the systematics of pink-spored agarics), a new
taxon from Switzerland, is remarkable for it represents the first record of sect.
Callidermi in temperate Europe. Thus Entoloma belonging to this «exotic» sec-
tion can be found also in localities far beyond the equatorial belt.
* Geobotanical Institute, Herbarium, ETHZ, Universitátsstrasse2, CH-8092 Zürich, Switzerland.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
20 E. HORAK
ENTOLOMA PECULIARE Horak & Corner, sp. nov. (Fig. 1, A-E)
Pileus -12 mm latus, e convexo aplanatus, fuscus, pruinosus. Lamellae emarginatae,
subroseae, acie brunnea instructae. Stipes -20/-1 mm, cylindricus, pallide griseo-azureus,
glaber. Sporae 9-10 x 6-7pm, angulatae. Cheilocystidia clavata, pigmento brunneo instructa.
Ad lignum putridum in silvis tropicalibus. Brasilia, 4.X11.1948, CORNER, ZT 79/209
(Typus).
Pileus -12 mm diam., hemispherical becoming convex, plane (but not umbili-
cate) in aged specimens; fuscous to dark brown especially at disc, paler towards
striate margin, innately pruinose all over surface, dry. Lamellae emarginate (to
adnate), L 6-8, -3; narrow, up to 2mm wide; pallid drab white turning pink,
edge fimbriate, brown.
Stipe -20/-1 mm, cylindrical, slender; pale grey-blue; smooth, solid, single.
Odour and taste not distinctive.
D
9
SES
RN
20pm
Fig. 1. — Entoloma peculiare Horak & Corner (type) : A. carpophores. B. spores. C. basi-
dia. D. cheilocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN. Paris
ENTOLOMA AND POUZAROMYCES 21
Context thin, pale blue in stipe.
Spores 9-10 x 6-7um, angular (6-7 angles in profile).
Basidia 20-25 x 7-8um, 4-spored, rarely also with 2 sterigmata.
Cheilocystidia 30-50 x 15-25um, clavate to vesiculose, membrane thin-walled,
with brown plasmatic pigment.
Pleuro- and caulocystidia none.
Pileipellis a celluloderm composed of more or less clavate cells (20-50 x 10-
224m), membrane thin-walled, with brown plasmatic pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On rotten wood in tropical forest.
Distribution : Brazil.
Material : Brazil : Rio de Janeiro, Corcovado, 500 m, 4.X11.1948, leg.
CORNER (ZT 79/209: holotype).
ENTOLOMA HENRICI Horak & Aeberhardt, sp. nov. (Fig. 2, A-E)
Pileus -55 mm latus, e convexo late umbonatus, fuliginosus, velutinus. Lamellae emargi-
natae vel adnatae, alboroseae. Stipes 45/-8 mm, cylindricus vel basim versus attenuatus,
albidus. Sporae 8,5-11 x 7,5-9 mm, angulatae. Cystidia nulla. Cuticula ex cellulis clavatis
cellulodermium formantibus. Fibulae desunt. Ad terram in locis graminosis. Helvetia,
29.1X.1973, AEBERHARDT, ZT 73/338 (Typus)
Pileus -55 mm diam., hemispherical or convex becoming broadly campanulate
or umbonate-expanded: pale fuliginous; velutinous to pruinose all over surface,
often wrinkled from disc to margin, slightly hygrophanous, dry.
Lamellae adnate to subfree, crowded, ventricose, up to 10 mm wide; at first
whitish turning to pink; edges even, concolorous.
Stipe -45/-8 mm, cylindrical, often tapering towards base, curved; whitish;
dry, longitudinally fibrillose, pruinose at apex, hollow with age, single.
Odour and taste not distinctive.
Context pale brown in pileus, whitish in pileus.
Spores 8,5-11 x 7,5-9um, angular (5-6 angles in profile view).
Basidia 30-45 x 8-10um, 2 spored.
Cheilo- and pleurocystidia absent.
Caulocystidia as cylindrical or subcapitate terminal cells of hyphae on surface
of stipe.
Pileipellis composed of clavate cells (10-30 x 5-12um), forming a celluloderm,
in subcuticular layers with conspicuous oleiferous hyphae among wide oval
to elleptic cells, brown plasmatic and vacuolar pigment present.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil among grass in pastures.
Distribution : Switzerland.
Material : Switzerland : Kt. Graubünden, Fläsch-Maienfeld, 580 m, 29.1X.-
Source : MNHN, Paris
22 E. HORAK
1973, leg. AEBERHARDT (ZT 73/338; holotype).
|
Fig. 2. — Entoloma henrici Horak & Aeberhardt (type) : A. carpophores. B. spores. C.
basidia. D. caulocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN, Paris
ENTOLOMA AND POUZAROMYCES 23
ENTOLOMA PRUINATUM Horak, sp. nov. (Fig. 3, A-E)
Pileus -10 mm latus, planus vel subumbonatus, fuliginosus, minute squamulosus. Lamel-
lae late adnatae vel decurrentes, pallide brunneae. Stipes -25/0,5-1 mm, cylindricus, pileo
concolor, glaber. Sporae 7-8 x 5,5-7,5pm, angulatae. Cheilocystidia clavata, subcolorata.
Ad terram in silvis tropicalibus. Argentina, 6.11.1980, HORAK, ZT 242 (Typus).
Pileus -10 mm diam., plane to subumbilicate at centre, margin upturned in
mature specimens; fuliginous; disc pruinose or minutely fibrillose, smooth
towards margin, distinctly striate-sulcate, slightly hygrophanous, dry.
Lamellae broadly attached to decurrent, triangular, L 6-8, -1; brownish
with pink tinge; edges even, concolorous.
Stipe -25/0.5-1 mm, cylindrical, very slender, brittle; paler or concolorous
with pileus; smooth to fibrillose, basal tomentum absent; solid, dry, single.
Odour and taste absent.
Context thin, fragile, pale brown.
Fig. 3. — Entoloma pruinatum Horak (type) : A. carpophores. B. spores. C. sclerobasidia.
D. cheilocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN, Paris
24 E.HORAK
Spores 7-8 x 5,5-7,5um, angular (mostly 5 angles, rarely also quadrate).
Basidia 25-35 x 10-12um, 4 spored, membrane thick-walled (sclerobasidia).
Cheilocystidia 25-40 x 12-20um, clavate to vesiculose, membrane hyaline,
often with pale brown plasmatic pigment.
Pleuro- and caulocystidia absent.
Pileipellis a celluloderm composed of clavate cells (20-50 x 12-30um), with
brown plasmatic pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil and organic litter in tropical forest.
Distribution : Northeastern Argentine.
Material : Argentine : prov. Misiones, Iguazu, 6.111.1980, leg. HORAK
(ZT 242; holotype).
2.— POUZAROMYCES Pilát (1953)
Within Entoloma s. 1. Pouzaromyces represents - to my opinion - a well
defined and independent genus and therefore I am not following the taxonomic
concepts proposed by MAZZER (1976), ROMAGNESI & GILLES (1979)
or NOORDELOOS (1979).
Pouzaromyces is (probably) worldwide in its distribution and occurs not
only in the temperate but also in subtropical-tropical regions : New Zealand (HO-
RAK, 1973), South-East Asia (HORAK, 1980), Africa and Madagascar (ROMA-
GNESI, 1941, 1957; ROMAGNESI & GILLES, 1979), South America (HORAK,
1977), North America (HESLER, 1967; MAZZER, 1976), Europe (NOOR-
DELOOS, 1979).
In general specimens of Pouzaromyces are recognized in the field by their
slender habit, and grey to brown carpophores covered by conspicuous fibrils
or bristles. P. splendens (MAZZER, 1976) with yellow pileus represents the only
remarkable outsider among the described taxa.
The three Argentinean taxa presented below, however, have macroscopical
characters not yet recorded for Pouzaromyces. The pileus both of P. aurco-
crinitus and P. erimaceus is red to red-brown but yellow-orange-brown in P.
sepiaceobasalis. Conversely the colour of the stipe ranges from grey to brown
in the first two mentioned taxa. However, in P. sepiaceobasalis the upper half
of the stipe is golden brown to become blue-black or black towards the base.
In addition the membranes of the stipeal bristles in P. aureocrinitus are unique
in structure and colour.
Regardless these striking features these three taxa obviously belong to Pou-
zaromyces s. str.
Source : MNHN. Paris
ENTOLOMA AND POUZAROMYCES 25
POUZAROMYCES AUREOCRINITUS Horak, sp. nov. (Fig. 4, A-E)
Pileus -10 mm latus, e conico campanulatus, rubrobrunneus, minute squamulosocrinitus.
Lamellae adnatae vel subliberae, subroseae. Stipes -40/-1 mm, cylindricus, griseobrunneus,
fibrillis aureis substrigosis dense instructus. Sporae 12-16 x 6,5-8um, angulatae. Sub Alno
in silvis subtropicalibus. Argentina, 10.11.1962, HORAK, ZT 62/112 (Typus).
Pileus -10 mm diam., conical at first, later becoming campanulate or expan-
ded with distinct papilla: red to red-brown, colour fading with age; densely
Fig. 4.— Pouzaromyces aureocrinitus Horak (type) : А. carpophores. B. spores. C. basidia.
D. caulocystidia. E. pileipellis.
Source : MNHN. Paris
26 E.HORAK
covered with concolorous minute bristles or squamules, dry, margin not striate,
veil remnants none.
Lamellae adnate to almost free, L 5-8, -3; narrow, subventricose in aged
specimens, edges even, concolorous.
Stipe -40/-1 mm, cylindrical, slender; grey to pale brown; velvety or sub-
strigose of yellow to gold brown minute bristles and fibrils, especially towards
the base; solid, dry, single.
Odour and taste not distinctive.
Context thin, pale red-brown in pileus, grey in stipe.
Spores 12-16 x 6,5-8um, distinctly angular.
Basidia 35-42 x 12-15um, 4 spored.
Cheilo- and pleurocystidia absent. Caulocystidia conspicuous, 5-8um diam.,
cylindrical, gradually tapering towards rounded apical tips, membrane thick-
walled (1,5um diam.), yellow to yellow-brown (KOH), septate.
Pileipellis composed of large hyphae (-25um diam.), terminal cells conical
to fusoid, membrane less than 14m diam., usually thin-walled, encrusted with
brown pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil and decaying organic litter of Alnus jorullensis var. spachii
Regel (Betulaceae), in montane-subtropical forest,
Distribution : Northern Argentine.
Material : Argentine : prov. Jujuy. Las Lagunas, 2100 m, 10.11.1962, leg.
HORAK (ZT 62/112; holotype).
POUZAROMYCES SEPIACEOBASALIS Horak, sp. nov. (Fig. 5, A-E; 6, D)
Pileus -10 тт latus, e convexo subumbilicatus, aureobrunneus, velutinus vel setosus,
striatus. Lamellae emarginatae, griseo-brunneae, fimbriatae. Stipes -60/-1 mm, cylindricus,
rigidus; aureobrunneus, basim versus azureo-ater, lanuginosus vel strigosus. Sporae 15-19 x
7,5-9um, angulatae. Cheilocystidia clavata. Fibulae desunt. Argentina, 6.111.1960, HORAK,
ZT 244 (Typus).
Pileus -10 mm diam., hemispherical or convex at first, later becoming plane
and/or depressed at centre; golden brown with faint orange tinge; velutinous
to hairy, striate-sulcate towards margin, membranaceous, dry.
Lamellae adnate to emarginate, ventricose, L 6-8, -1(3); pale grey-brown,
edges paler or concolorous, fimbriate.
Stipe -60/-1 mm, cylindrical, very slender, stiff; upper half golden brown,
yellow-brown, lower half gradually blue-black to black; woolly-hairy over
whole length, brown to black bristles at base well developed, dry, solid, single
or cespitose. Odour and taste not distinctive.
Context yellow-brown in pileus, blue to black in base of stipe, tough.
Spores 15-19 x 7,5-9um, angular.
Basidia 30-40 x 10-15um, 4-spored.
Source : MNHN, Paris
Fig. 5. — Pouzaromyces sepiaceobasalis Horak (type) : A. carpophores. B. spores. C.
basidia. D. cheilocystidia. E. pileipellis. For caulocystidia compare fig. 6, D.
Source : MNHN. Paris
28 E.HORAK
Cheilocystidia 20-45 x 1225um. clavate to vesiculose, membrane hyaline,
thin-walled, pigment none.
Pleurocystidia absent. Caulocystidia 4-8um diam., terminal cells cylindrical,
conical or fusoid, membrane slightly thickened and encrusted with pale brown
pigment.
Pileipellis a trichoderm composed of large hyphae (8-12um diam.), membrane
thick-walled, strongly encrusted with brown pigment.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil among decaying organic litter, in tropical forest.
Distribution : Northeastern Argentine.
Material : Argentine : prov. Misiones, Iguazu, 6.111.1980, leg. HORAK (ZT
244: holotype).
POUZAROMYCES ERINACEUS Horak, sp. nov. (Fig. 6, A-E)
Pileus -10 mm latus, hemisphaericus vel convexus, rubrobrunneus vel lateritius, e substri-
goso welutimus. Lamellae subliberae, pallide brunneae. Stipes -35/-1.5 mm, cylindricus,
griseus, crinitus vel strigosus. Sporae 15-19 x 9-11jm, angulatae. Ad terram in silvis sub-
tropicalibus. Argentina, 1.11.1962, HORAK, ZT 62/189 (Typus).
Pileus -10 mm diam., hemispherical to convex; blood red, red-brown or
brick red-brown, when fresh with distinct golden tint; densely covered with
minute squamules or bristles, velvety in aged specimens, margin distinctly
ciliate, dry, not hygrophanous.
Lamellae adnate to almost free, L 6-8, -3; ventricose, up to 4mm wide,
edges subserrate, concolorous with pale brown faces.
Stipe -35/-1,5 mm, cylindrical, rarely attenuated towards apex, slender;
grey with pale yellow tinge; hairy to strigose over whole length, bristles up to
4 mm long near base; hollow, brittle, single.
Odour and taste not distinctive.
Context thin, pale red-brown in pileus, grey in stipe but slowly changing
to black.
Spores 15-19 x 9-11um, angular.
Basidia 50-60 x 12-16um, 4-spored.
Cheilo- and pleurocystidia absent. Caulocystidia up to 104m diam., terminal
cells conical, fusoid or cylindrical, thin-walled or membrane slightly thickened,
minutely encrusted with brownish pigment.
Pileipellis a trichoderm composed of large hyphae (- 15um diam.), terminal
cells as in caulocystidia, encrusted with brown pigment which dissolves pale
red-brown in KOH.
Clamp connections absent.
Habitat : On soil among litter in angiospermic forest (selva tucumana).
Distribution : Northern Argentine.
Source : MNHN, Paris
Fig. 6. — Pouzaromyces erinaceus Horak (type) : А. carpophores. B. spores. C. basidia.
D. caulocystidia (compare also P. sepiaceobasalis). E. pileipellis.
Source : MNHN. Paris
30 E. HORAK
Material : Argentine : prov. Tucuman, Sierra de S. Javier, Anta Muerta,
950 m, 1.111.1962, leg. HORAK (ZT 62/189; holotype).
REFERENCES
HESLER L.R. 1967 — Entoloma in Southeastern North America. Beih. Nova Hedwigia
23 : 1-196.
HORAK E. 1973 — Fungi Agaricini Novazelandiae : Entoloma (Fr) and related genera.
Beih. Nova Hedwigia 43 : 1-86.
HORAK E., 1977 — Entoloma in South America. 1. Sydowia 30 : 40-111.
HORAK E., 1980 — Entoloma (Agaricales) in Indomalaya and Australasia. Beih. Nova
Hedwigia 65 : 1-352.
LARGENT D.L., 1977 — The genus Leptonia on the Pacific coast of the United States.
Bibl. Mycol. 55 : 1-286.
MAZZER S.J. 1976 — A monographic study of the genus Pouzarella. Bibl. Mycol. 46 :
1-191.
NOORDELOOS M.E., 1979 — Entoloma subgen. Pouzaromyces emend. in Europe. Persoo-
nia 10 : 207-243.
ROMAGNESI H., 1941 — Les Rhodophylles de Madagascar. Prodr. Fl. Myc. Madagascar
2 : 1-164.
ROMAGNESI H., 1957 — Rhodophyllus. - Fl. Icon. Champ. Congo 6 : 131-137.
ROMAGNESI H. & GILLES, G., 1979 — Les Rhodophylles des forêts côtières du Gabon
et de la Cóte d'Ivoire. Beih. Nova Hedwigia 59 : 1-649.
Type material and additional collections are kept in ZT.
Source : MNHN. Paris
31
STUDIES IN ENTOLOMA
6. — ON PINKISH SPECIES IN SUBGENUS LEPTONIA
by M.E. NOORDELOOS*
SUMMARY. — Five species of Leptonia with pinkish tinges in Europe are keyed out and
described; a new species - Entoloma callichroum - and a new combination - E, queletii
are proposed.
RÉSUMÉ. — Clé de détermination et description de cing Leptonies européennes à teintes
rosátres; une espéce nouvelle - Entoloma callichroum - et une combinaison nouvelle - Е.
queletii - sont proposées.
Pink species of Leptonia are rather rare, both in and outside Europe (HORAK,
1973, 1980; LARGENT, 1977; ROMAGNESI, 1941; ROMAGNESI & GILLES,
1979). In the excellent «Flore analytique» of KUHNER & ROMAGNESI
(1953) four species are keyed out, but extensive descriptions of the species
are lacking or scattered in literature. The present author was able to study
both fresh and dried material of these beautiful species and therefore a key
and descriptions are given of the species occurring in Europe.
Key to the species of Leptonia with pinkish tinges in Europe
. Stipe with blue tinge, at least in lower part when fresh
. Stipe white, pink, or brownish . .............
3
catalaunicum
E. callichroum
- Cheilocystidia present; clamp-connections absent . . .
. Cheilocystidia absent clamp-connections present . . . .
o omm ne
Pileus weakly hygrophanous, translucently striate when moist, smooth, lilaceous-pink,
turning more brownish with age: cheilocystidia absent ........... E. ianthinum
3. Pileus not hygrophanous, not striate, entirely wooly-tomentose to (sub-) squamulose 4
* Rijksherbarium, Schelpenkade 6, NL-2300 RA Leiden, The Netherlands.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
32 M.E. NOORDELOOS
4. Pileus and stipe pink, sometimes more carmine or brown at centre of pileus; cheilocys-
tidia usually present, versiform, clavate to lageniform or fusoid . ....... E. roseum
4. Pileus pink with whitish margin when young, then with more ochraceousbrownish
tinges; stipe white slightly turning ochraceous-brownish with age; cheilocystidia more
ot less cylindrical to clavate A .... E.queletii
ENTOLOMA CATALAUNICUM (Sing.) Noordeloos (Fig. 3)
Leptonia catalaunica Sing., Annls mycol. 34 : 428. 1936. — Rhodophyllus
catalaunicus (Sing.) Romagn. in Bull. Soc. mycol. Fr. 53 : 333. 1937. — Entolo-
ma catalaunicum (Sing.) Noordeloos in Persoonia 11 :470 . 1982.
Coloured plate and description. — FAVRE, J., Champ. sup. Zone Alp. : 66,
fig. 46, pl. Vi*. 1955.
Pileus 7-45 mm broad, conical, hemispherical or truncate-campanulate
when young. expanding to convex or planoconvex, with or without central
depression, with inflexed margin when young, becoming rather irregularly
shaped with age with undulating marginal zone, not hygrophanous, not striate,
when young beautifully pink becoming flesh-coloured or ochraceous, finally
brownish-pink with age, frequently with blue tinge near margin, entirely fi-
brillose-subsquamulose-woolly when young, then squamulose on disc and
radially fibrillose-squamulose on limb, frequently radially splitting and showing
the flesh in between the fibrils.
Lamellae L = 15-30, 1 = 3-7, moderately crowded, (deeply) emarginate,
segmentiform to subventricose, white or creamy then pink, sometimes with
slight grey tinge, with flocculose, concolorous or blackish-blue edge (see discus-
sion below).
Stipe 30-60 x 2-5 mm, cylindrical or flattened, sometimes broadening to-
wards base, creamy at apex, downwards pink, grey-blue in lower half, sometimes
fading with age and gradually loosing blue tinge, minutely white pruinose to
flocculose at apex, downwards covered with darker bluish fibrils, sometimes
tomentose, rarely almost smooth, base white tomentose.
Flesh white in pileus, blue-grey in stipe.
Smell and taste not distinctive or faintly pleasant.
Spores 9,0-10,4-( 11,0) x 6,7-8,1um, Q = 1,25-1,3-1,4, irregularly 6-9 angled
in side-view with dihedral base.
Basidia 34-52 x 7-12,5um, 4-spored without clamp.
Cheilocystidia versiform, 24-75 x 7,5-20um, numerous, lamellar-edge entirely
sterile, cylindrical to fusiform, sometimes appendiculate or lageniform, in old
specimens turning into hyphoid elements and forming a sterile layer, colourless
or with blue intracellular pigment.
Pileipellis a trichoderm or at centre of pileus almost a hymeniderm, made up
of broadly inflated 12-274m wide cells, with pale brownish intracellular pig-
ment. Clamp-connections absent.
Source : MNHN, Paris
PINKISH LEPTONIA 33
Habitat and distribution. — On grassy spots, river-beds, road-sides, preferably
on calcareous rock in subalpine habitats, among others found with Pinus mugo
and Salix retusa or with Picea, Alnus viridis and Berberis. Known to occur
in the Alps and Pyrenees.
Collections examined. — Austria, N-Tirol, Jenbach, Rosskogel, 7 Sept. 1982,
M.E. NOORDELOOS 1711a & b; idem, Achenkirch, Achenwald, 6 Sept. 1982,
Th. W. KUYPER (both in L). — Switzerland, Graubunden, Plattamala, Ramosch,
Unter Engadine, 31 Aug. 1970, E. HORAK 79/354(ZT), and 16 Sept. 1980,
E. HORAK 79/514 (ZT).
Entoloma catalaunicum is a very distinctive species which prefers (sub-)
alpine habitats, and it is widely distributed in Europe. Thanks to material and
extensive descriptions made by Dr. E. HORAK, Zürich, and kindly send to me,
and rich collections gathered by me during the so-called «dreilándertagung» in
Austria, Sept. 1982, 1 was able to get a good impression on the variability of
this striking species. Remarkable are the colour-changes of the basidiomes
during the development. The blue tinges, always present in young carpophores
on the stipe and less frequently also on the margin of the pileus, may disappear
entirely with age, but remain long visible in the cortex of the stipe. and make
identification of old carpophores still possible. One collection, viz. NOORDE-
LOOS 1711b, showed in some specimens a partly to entirely blackish-blue
lamellar edge, caused by a similarly coloured intracellular pigment in the cheilo-
cystidia. As far as 1 know this has never been recorded for Entoloma catalauni-
cum. In the case mentioned the lamellae resembled very much those found in
E. serrulatum. Entoloma catalaunicum is easy to distinguish from E. callichroum
by the nature of its stipe-surface and microscopical characters. Entoloma roseum
and E. ianthinum differ among other things by the lack of blue pigments.
ENTOLOMA CALLICHROUM Horak & Noordeloos, spec. nov.
(Fig. 1)
Pileus circiter 22mm latus, convexus, papillatus, lilacino-roseus, haud hygrophanus,
haud striatus, radialiter fibrillosus. Lamellae L = 10-12, l — 1-3, emarginatae, albidae versus
margine lilacinae. Stipes 40x 2mm, cylindraceus, chalybaeus, fibrillosus, fistulosus. Sporae
10.125 x 7-9pm, angulatae. Basidia 4sporigera, Cheilocystidia nulla. Pileipellis trichoderma.
Pigmentis intracellulosis. Fibulae presentes. In silvis sub Alno incana. — Holotypus : E.
HORAK 71/58, 3 VIII 1971, «Schweiz, Graubunden, Forna» (ZT).
Pileus about 22mm broad, convex with small papilla, not hygrophanous,
not striate, beautifully lilaceous-pink, radially fibrillose.
Lamellae L = 10-12, 1 = 1-2, emarginate, subventricose, whitish with lila-
ceous sheen towards edge, but with entire, concolorous edge.
Stipe about 40 x 2mm, cylindrical steelblue, longitudinally fibrillose,
whitish tomentose at base, fistulose.
Spores 10-12,5 x 7-9um, multi-angled ellipsoid in outline with blunt base.
Source : MNHN, Paris
34 M.E. NOORDELOOS
Fig. 1. — Entoloma callichroum Horak & Noordeloos. Habit; spores: pileipellis (all fig.
from holotype)
Basidia 30-40 x 13-15um, 4-spored with clamp.
Cystidia absent.
Pileipellis a trichoderm of septate, 10-184m wide clamped hyphae with intra-
cellular pigment.
Habitat. — In forest under Alnus incana.
Collection examined. — Switzerland, Graubunden, Forna, 31 Aug. 1971,
E. HORAK 71/58 (Holotype, ZT).
Because of its bright lilaceous-pink pileus and blue stipe Entoloma calli-
chroum is a very distinct species which has to be placed in section Leptonia
because of its papillate pileus, the structure of the pileipellis and the clamped
hyphae. It comes close to Entoloma dichroum in its original sense non Fr.
1849 (NOORDELOOS, 1982 : 462) from which it differs in colour, size and
shape of the spores and lacking cheilocystidia. Entoloma ianthinum differs
in having a depressed, smooth, translucently striate pileus. slightly different
colour and in lacking clamps, which place it in section Cyanula.
ENTOLOMA ROSEUM (Longyear) Hesl. (Fig. 2)
Leptonia rosea Longyear in Trans. Mich. Acad. Sci. 3 : 59. 1902 (non L.
rosea Rick im Broteria 17 : 107. 1919). — Rhodophyllus roseus (Longyear)
Moser, KL Kryptog, Fl., 3 Aufl., 2b/2: 158. 1967. — Entoloma roseum (Longyear)
Hesl. in Beih. Nova Hedwigia 23 : 165. 1967.
Entoloma griseocyaneum var. roseum R. Maire in Trans. Br. mycol. Soc.
3 :170. 1910.
Description. — P. D. ORTON in Trans. Br. mycol. Soc. 43 : 300-301. 1960.
Source : MNHN, Paris
PINKISH LEPTONIA 35
EN O
AO
Fig. 2. — Entoloma roseum (Longyear) Hesl. Habit: spores; cheilocystidia (all fig.
from Bas 5847).
A
Pileus 15-30 mm broad. truncate conico-campanulate, hemispherical or
conico-convex, only slightly expanding, usually with more or less pronounced
umbilicus, with inflexed margin when young, not hygrophanous, not striate,
deep rosy-pink when young, usually with slightly darker carmine or brownish-
red centre, slightly fading with age, entirely dull and velvety becoming granular-
subsquamulose on disc and more radially-fibrillose-subsquamulose on limb
with age.
Lamellae L = 15-20, | = 3-7, emarginate, (sub-yentricose, white then pink,
finally salmon with concolorous, entire or slightly pruinose edge.
Stipe 25-60 x 2,5-6 mm, cylindrical, rarely flattened, sometimes broadening
towards base, almost with same colour as pileus, becoming brownish-pink with
age, smooth or white pruinose, white tomentose at base.
Flesh pale pinkish in cortex, inner parts white. Smell and taste not distinctive.
Spores 8,7-10,4-(11,5) x 7-8.lum, Q = 1,15-1,3-1,5, in side view irregularly
6-9 angled with blunt dihedral base.
Basidia 4-spored.
Cheilocystidia present or not, sometimes rendering lamellar edge entirely
or partly sterile, 20-50 x 5-17um, versiform, broadly cylindrical-clavate to
lageniform or fusoid, colourless.
Pileipellis a trichoderm, at centre of pileus almost a hymeniderm, made up
of inflated terminal cells up to 35um wide, with pale intracellular pigment.
Clamp-connections absent.
Habitat and distribution. — In grassland, pastures, also open Salix repens
vegetation in coastal dunes in the lowland of NW-Europe. Rare.
Collection examined. — Great Britain, Scotland, Invernessshire, Tomich,
10 Sept. 1963, R. WATLING (E); Northumberland, Ross Links, 22 Sept. 1971,
C. BAS 5847 (L); Yorkshire, Ingleton, 23 Sept. 1957, W. BRAMLEY (E); Lanca-
shire, Yeland Hall Allotment, 16 Sept. 1978, R. LIVERMORE (E.) — Nether-
lands, prov. Overijssel, Ommen, estate «Stekkenkamp», 7 Sept. 1966, J. J.
Source : MNHN, Paris
36 M.E. NOORDELOOS
BARKMAN 8182 (WBS)
Entoloma roseum and E. catalaunicum are microscopically very similar,
but in E. roseum the presence or absence of cheilocystidia is a variable charac-
ter. In BARKMAN 8182 1 failed to find any. while in the British collections
usually the lamellar edge was entirely or partly sterile with well-modified cheilo-
cystidia. This was also observed by ORTON (1960). LARGENT (1977) des-
cribed a form of E. roseum with coloured edge of lamellae, but 1 do not attach
very much taxonomic value to this character. Furthermore Entoloma roseum
and E. catalaunicum differ in pigmentation and habitat.
ENTOLOMA IANTHINUM (Romagn. & Favre) Noordel.
(Fig. 4)
Rhodophyllus ianthinus Romagn. & Favre in Rev. Mycol. 3 : 76. 1938. —
Entoloma ianthinum (Romagn. & Favre) Noordel. in Persoonia 11 : 470. 1982.
Pileus up to 30mm broad, hemispherical then campanulate-conical with
slight depression at centre, hygrophanous, when moist translucently striate up to
centre, lilaceous-fleshcolour with brownish-lilaceous centre, slightly radially
wrinkled, smooth except on disc which is finely velvety-subsquamulose, margin
slightly involute.
Lamellae L = 13-20, 1 = 3-7, adnate to slightly emarginate with decurrent
tooth, thin, fairly broad, pale fleshcolour or pink then with brownish tinge.
Stipe up to 55 x 3mm, cylindrical, lilaceous at apex, more fleshcolour
below, smooth, dull, base white tomentose.
Flesh concolorous with surface, slightly bluish in pileus and strongest so
around umbilicus.
Taste slightly raphanoid.
Spores 9,3-11,5 x 6-7um, Q = 1,45 on the average, irregularly 6-8 angled in
side-view with distinctly dihedral base.
Basidia 22-27 x 9-12um, 4 spored without clamp.
Cystidia none.
Pileipellis a cutis with transitions to a trichoderm, made up of cylindrical,
thin-walled, 10-12um wide hyphae, with some inflated up to 164m wide termi-
nal cells.
Pigment intracellular.
Clamp-connections absent.
Collections examined. — France, Doubs, near Russey, Aug/Sept. 1936,
J. FAVRE (Holotype, Herb. Romagn., PC).
Entoloma ianthinum clearly differs from E. roseum in colour, structure of
pileipellis and lack of cheilocystidia while E. catalaunicum differs both in colour,
Source : MNHN, Paris
PINKISH LEPTONIA 37
Fig. 3. — Entoloma catalaunicum (Sing.) Noordeloos. Spores and cheilocystidia (from
NOORDELOOS 1711).
Fig. 4. — Entoloma ianthinum (Romagn. & Favre) Noordeloos. Spores (from holotype).
Fig. 5 — Entoloma queletii (Boud.) Noordeloos. Habit; spores and cheilocystidia (all
fig. from JACOBSSON & STRIDVALL).
structure of the surface of the pileus, and the presence of cheilocystidia. Ento-
loma queletii lacks the lilaceous tinges in the pileus and has a white stipe. So far
E. ianthinum is only known from the type-locality.
ENTOLOMA QUELETII (Boudier) Noordeloos, comb. nov.
(Fig. 5)
Basionym : Leptonia queletii Boudier in Bull. Soc. bot. Fr. 24 : 307. 1877. —
Rhodophyllus queletii (Boudier) Quél., Enchiridion : 61. 1886.
Pileus 1540 mm broad, hemispherical then convex often with slightly de-
pressed centre when old, not hygrophanous, not striate, when young pink to
pink-vinaceous at centre and more whitish towards margin, turning more ochra-
Source : MNHN, Paris
38 M.E. NOORDELOOS
ceous-brownish with age, woolly-tomentose to subsquamulose all over.
Lamellae L = about 30, 1 = 1-3-( 5), emarginate, ventricose, white then pink.
Stipe 40-50 x 3-5mm, cylindrical, sometimes with bulbous base, white
then with ochre tinge, fibrillose-striatulate all over, fistulose.
Spores (10)-10,4-11,7-(12,1) x (7,6)-8,1-8,7-( 9,3)um, Q = (1,15)-1,3-1,35-
1,45-(1,55), 5-6 angled in side view with dihedral base.
Basidia 4-spored, clampless.
Cheilocystidia 22-56 x 7-12um, abundant, more or less cylindrical.
Pileipellis a trichoderm made up of up to 15um wide, cylindrical hyphae
with intracellular pigment. Lactiferous hyphae numerous in pileitrama. Clamp-
connections abundant.
Habitat and distribution. — In deciduous forest (Fraxinus, Acer, Corylus);
known to occur in France and Sweden.
Collection examined. — Sweden, Västergötland, V. Tunhem, 19 July and
24 Aug. 1980, L. STRIDVALL & S. JACOBSSON (GB).
The collection described above agrees perfectly with the diagnosis and plate
of BOUDIER, and also with the description given by PEARSON (1928 : 3).
Leptonia andrianae Bres. and E. kervemii (Gill. Noordel. are related species,
but lack pink tinges.
ACKNOWLEDGEMENTS
Many thanks are due to Prof. Henri ROMAGNESI because of his generous help during
my study in Entoloma-taxonomy. Without his advice and expertise | would never have
reached my present knowledge in this rather difficult group of agarics. Acknowledgements
are also made to Dr. E. HORAK, Zürich for providing descriptions and material for the
present study. Dr. C. BAS, Leiden, kindly read critically through the manuscript. The direc-
tors of the following herbaria are gratefully thanked for the loan of specimens : E, GB,
and WBS.
REFERENCES
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genera. Beih. Nova Hedwigia 43.
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KUEHNER R. & ROMAGNESI H., 1953 — Flore analytique des champignons supérieurs.
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Source : MNHN, Paris
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ORTON P.D., 1960 — New checklist of British agarics and boleti. II. Notes on genera and
species in the list. Trans. Br. mycol. Soc. 43 : 159-439.
PEARSON A.A., 1938 — Notes on Killarney agarics. Trans. Br. mycol. Soc. 22 :2.
ROMAGNESI H., 1941 — Les Rhodophylles de Madagascar. Paris.
ROMAGNESI H. & GILLES G., 1979 — Les Rhodophylles des foréts cótiéres du Gabon
et de Côte d'Ivoire avec une introduction générale sur la taxonomie du genre. Beih.
Nova Hedwigia 59.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
41
CORTINARIUS RAPHANOIDES PERS. : FR.
AND RELATED SPECIES
by M. MOSER* and H. KELLER-DILITZ**
SUMMARY. — Cortinarius raphanoides Pers. : Fr., C. valgus Fr. and C. ochrophyllus Fr.
are studied and redescribed, based on topotypic material and neotypes are proposed. While
the first two species belong to Cortinarius subgenus Leprocybe sect. Raphanoidei, C. ochro-
phyllus is unrelated.
RESUME. — Études er redescriptions basées sur des matériaux topotypiques sont présentées
pour Cortinarius raphanoides Pers. : Fr., C. valgus Fr. et C. ochrophyllus Fr. Des néotypes
sont proposés. C. raphanoides et C. valgus appartiennent au sous-genre Leprocybe sect.
Raphanoidei; pour C. ochrophyllus la ressemblance est seulement superficielle
The interpretation of Cortinarius raphanoides Pers. : Fr. varies greatly in
literature and this uncertainty can even be found in mycological publications
of the last decades. (KÜHNER & ROMAGNESI, 1953; MOSER, 1953, 1970;
DENNIS, HORA, ORTON, 1960; ORTON, 1958). Sometimes a Leprocybe
species from section Leprocybe, sometimes from section Raphanoidei (= Brun-
neotincti Mos.), sometimes a species which might eventually be a Dermocybe
is interpreted as C. raphanoides. Also the fungus of PERSOON (Syn. 324) and
that of FRIES are probably not identical.
Influenced by a Central European tradition the senior author followed
the first concept until about 1973/74. The fact however that FRIES says for
his fungus : «... est e vulgatissimis in fagetis sed etiam betuletis Sueciae meridio-
nalis ..» made him doubt. Having collected fairly much in Southern Sweden
* Institut für Mikrobiologie (NW), Universität Innsbruck, Sternwartestrasse 15, À 6020
Innsbruck, Austria.
** Bachgasse 6, D 7750 Konstanz, GFR
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
42 М. МОЗЕК & Н. KELLER-DILITZ
since 1954 he has never encountered any representative of sect. Leprocybe
except C. cotoneus (or psittacinus respectively) in this area.
Checking the collections from the Femsjó area and Southern Sweden for an
other possible candidate for C. raphanoides, the senior author arrived at the
conclusion that only a fungus, which very likely corresponds to C. raplianoides
in the sense of J.E. LANGE, can be interpreted as C. raphanoides in the sense
of FRIES. The figure of LANGE however represents no typical specimen.
New collections from Femsjé 1974 were studied thoroughly and colour
drawings and slides later compared to the unpublished plate of FRIES. All
illustrations looked so similar that they could have been painted from the same
collection.
The fungus which agrees fully with all descriptions given by FRIES. is really
common, associated with birch but apparently also growing with beech (but
birches were intermixed on all habitats).
FRIES stresses on a similarity with Cort. cinnamomeus, but this certainly
was meant with respect to the shape of the carpophores. The fungus of FRIES
can not belong to Dermocybe in the present circumscription. The fungus does
not contain any anthrachinonic pigments but yellow to blue-green fluoresceing
substances. These agree well with those of C. betuletorum and C. valgus but
are not identical with leprocybin or leprocybosid (may however be chemically
related).
MOSER collected in the Femsjó area frequently a fungus named «pseudo-
betuletorum» in field notes. This fungus agrees well with Cortinarius valgus Fr.
FRIES seemingly regarded C. raphanoides and C. valgus as closely related as
he lists them together.
To judge from macro- and microscopic characters the group is homogeneous
and seems fit well within the subgenus Leprocybe, representing the section
Raphanoidei Fr. (= Brunneotincti Mos.). C. betuletorum is closely related and
can grow in the same localities. This similarity seemingly led to some confusion
(ORTON, 1958) and HOILAND (1980) following MOSER's concept of C.
raphanoides (MOSER, 1978) thought the two species to be identical.
Detailed descriptions are given below and neotypes from the Femsjó area
proposed.
CORTINARIUS RAPHANOIDES PERS. : FR.
Agaricus raphanoides Pers. : Fr., Systema p. 230, 1821.
Neotype (design.mihi) 74/434, Flahult forest. Femsjö. Smoland, Sweden. with
Betula and Picea (and Fagus), 1974-09-17, leg. M. MOSER (S, Isoneotyp IB).
Selected illustrations and descriptions : FRIES unpublished plate, herb.
Stockholm, J.E. LANGE, Fl. Ag. Dan. Ill, p. 30, p. 96 A? not a typical speci-
men).
HOILAND 1980, Norw. J. Bot. 27, (2), 101 Ё.
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES 43
Cap 2-5,5 cm. obtusely umbonate to convex, often with a permanent slight
umbo, margin incurved, surface silkly. smooth, sometimes becoming fibrillose
and lacerate or finely squamulose towards the margin in older fruitbodies;
colours olive brown (R XXX Isabell Colour when young, XXIX Saccardo's
Umber in older fruitbodies), centre often dark brown (R. XV Prout's Brown,
M 6E6), paler brown with olivaceous tint (about dull XV Buckthorn Brown)
when dry. with a more fulvous brown tint in older caps (about Ochraceous
Tawny. centre Cinnamon Brown) covered by some paler olivaceous brown
fibrils from the veil.
Gills olivaceous brown (R Buckthorn Brown), than more rust coloured
(between Ochraceous Tawny and Tawny), relatively thick, distant, L ca 43-48,
| = 3, edge uneven, 3-6-(9) mm broad, emarginate to adnate.
Stem 2.748) cm/5-8 mm, exceptionally up to 16mm thick, cylindric or
slightly enlarged towards the base, apex pale with an olivaceous hue (R XXX
Cream Buff with slight olive hue), covered by a pale olive brown (Isabell Color)
veil below the cortina and forming several wooly belts, older fruitbodies darker
olive brown towards the base. Relatively stiff when young.
Context in humid state aqueous olivaceous umber (Saccardo's Brown in cap,
somewhat grayish in apex of stem, pale olivaceous brown (Isabell Color) down-
wards).
Smell of radish, strongly so when cut.
Taste radish like.
Microscopical characters.
Spores broadly elliptic, more rarely broadly subamygdaliform or nearly
globose, verrucose, 7-8.8/5-6um, average 8,08/5.4um, Q — 1,49.
Hyphae of the cuticule + radially arranged, 8-12-20um thick with relatively
short segments (60-100um), walls brownish, with clamp connections (+ typical
Leprocybe type).
Gill edge with clavate to sublageniform sterile cells, sometimes with a short
appendice, 28-30/10-11um.
Basidia 4-spored, 28-33/8-10um.
Hyphae of the cortina 5-6um, hyalin, those of the universal veil 7-10um
with brownish walls.
Fluorescence : fragments of gills in 2% KOH show a yellow fluorescence
under fluorescence microscope, but not tissues from other parts of the carpo-
phore.
Habitat : with Betula, more rarely with beech.
Material : Sweden : 74/299, Femsjö, Hägnan, 74/434 Femsjö, Flahults
Skog. 74/502 Femsjö, Södra Saraböke, 78/167 Femsjö Hägnan, 79/340 Femsjö,
Lilla Hjortsjö, 81/201 Abisko.
Finland : 78/335 Puutanoja, North of Oulanka, Kuusamo.
France : Rehhof, Alsace.
Austria : 82/311 Naunzalm, Kellerjoch, Tyrol.
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES 45
USA : Alaska 80/186 South of Anchorage.
Observations : C. raphanoides is most closely related to C. betulerorum Mos.
(MOSER, 1964). The latter has no particular sr -Il even when bruised or cut.
Apart from that in C. betuletorum the colours of the cap are more brown
dominated, often darker until umber, the stem is more or less brown all over
whereas in C. raphanoides the ground colour of the stem is fairly pale at least in
young fruitbodies. Typical specimens of C. raplianoides have a more or less cylindric
stem (shape of Dermocybe!) whereas in C. betuletorum the stem is often more
robust and typically clavate, the base can reach up to 25 mm. The distinction
however is not absolutely constant. Spores show no significant difference in size
and shape.
CORTINARIUS VALGUS FR.
FRIESE., Epicrisis, p. 290, 1836.
Neotype (design. mihi) 70/190 Femsjö, Hägnan, Smoland, Sweden, 1970-
09-12 (S, Isoneotyp 1B).
Selected illustrations and descriptions : FRIES unpubl, plate, herb. Stock-
holm. — Fries. Hym. Sueciae 11, 69, 1851.
Cap 2-8,5 cm, convex, rarely campanulate, often with broad umbo, than
flattened and sometimes depressed, margin sometimes undulate, hygrophanous,
dark to pale fuscous, sometimes spotted or zonate (R XV Prout's Brown, XXIX
Snuff Brown, Tawny Olive to Clay Color) with a slight olivaceous flush, drying
argilaceous to ochraceous- hazel (Seg. ca. (203), 193, R Clay Color and paler)
with disc more reddish brown. Surface smooth, silky and often with somewhat
atomate sheen or finely marbled when dry.
Gills gray with lilac hue (R XL VI Drab Gray to Light Drab), soon becoming
yellowish rusty (Clay Color), edge slightly eroded and whitish fimbriate when
young, sub-distant (L = 28-35, 1 = 5-7), 6-8 mm broad (= 4-5 times context
of pileus), deeply emarginate to adnate.
Stem 4,5-9-(10) cm long, (3)-4-8 mm thick at apex, 6-10-(12) mm at the base,
cylindric to somewhat clavate, apex grayish blue, then grayish in young carpo-
phores, ochraceous to brownish and silvery striate downwards, often (but not
in all carpophores) with an (olivaceous) ochre brownish or paler fuscous zone
from veil, sometimes even peronately sheathed but the veil often fugacious
and disappearing, base white from mycelium, the stem also with an olivaceous
flush in older frui*bodies. Stuffed, then hollow.
Fig. 1. — a: Fruitbodies of Cortinarius raphanoides Pers. : Fr.; b: Fruitbodies of Cortinarius
valgus Fr.
Source : MNHN, Paris
46 M. MOSER & H. KELLER-DILITZ
Context pale brownish in cap and stem, darker brown when wet. in apex
often bluish or grayish, in the cortex darker brown. No particular smell and
taste.
Microscopic characters :
verrucose, particularly in the
‚3um. Q= 1,55
Spores elliptic to broadly elliptic, coarsel
apical part, 7,5-9,5/5,5-6,2-6,54m. average 8.
Basidia 4-spored 30-32/8-8.54m.
Cheilocystidia often frequent, claviform to inflated, 25-40/10-12-154m
ED
E 10| ит b 10 um
с а
е
Fig. 2. — a: Spores of Cortinarius raphanoides; b: Cheilocystidia of Cort. raphanoides: c
Spores of Cort. valgus; d: Cheilocystidia of Cort. valgus; e: Spores of Cort. ochrophyllus.
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES 47
Hyphae of the cuticule 6-10um thick, with brown, sometimes incrusted
wall, with clamp connections. Hyphae of the veil (3)-5-7um, some hyphae of
the veil may cover the epicutis.
Trama of pileus * irregular.
Habitat : Under birch and beech, more rarely in coniferous forests (spruce)
and then always intermixed with deciduous trees. On more or less acid soils.
Material : 70/208 Femsjó. North western part, under Fagus and Betula.
70/190 (Neotype) Femsjé, Hagnan, Southern part (Fagus, Betula), 80/305 Só-
derasen South-east of Skáralid, Skäne, under Fagus; 81/225 Norrbotten : Abis-
kojaure, Betula nana.
Austria : 82/199 Angerberg near Breitenbach, Tyrol, in spruce forest (but a
single Populus tremula close to the stand).
Poland : 67/185 Bialowiecza, Podcierkow, under Betula and Picea.
GRF : 72/306 Bavarian Forest, Grosser Arbersee, deciduous forest.
Observations : The smooth, more or less silky cap and the bluish tints of the
apex of the stem are very characteristic. In the gills the bluish gray tint in young
carpophores is fugacious — even FRIES does not mention it. The same holds
true for the veil.
The chromatographic analysis reveals some compounds which are identical
with those of C. raphanoides, while some others are lacking.
A further species should be compared with the Raphanoidei i. e. Cortinarius
ochrophyllus Fr., a species not uncommon in the Femsjé area, possibly also
associated with birch and having an ochraceous veil. From microscopic charac-
ters, particularly structure of subcutis and spore shape the species could belong
to the Anomali. However the type of veil and the colours of the fruitbodies
could also suggest a Leprocybe of the sect. Raphanoidei. The shape of spores
would not oppose this. Contrary the chromatographic analysis excludes it from
the Raphanoidei.
CORTINARIUS OCHROPHYLLUS FR.
Yet. Ac. Förhandl. 1861 — Monogr. Hym. Suec. vol. II, 308, 1863.
Neotype (design. mihi) 79/265, Kyrkemosse, Femsjé, (S, isoneotyp IB).
Icones : FRIES, unpubl. plate, herb. Stockholm.
Cap 2,5-6 cm, from conical to campanulate or convex and umbonate or
semiglobose to convex and flattened, sometimes margin inflexed, only slightly
hygrophanous, relatively bright ochraceous brown even when young and humid
(Expo 63 C) to grayish brown (R ca. XXIX Tawny Olive) or sometimes near
Snuff Brown or Expo 54 E, 52 F in older carpophores, darker spots may also
occur on younger fruitbodies, margin about Ex 63 C, in dry condition ochra-
ceous brown to yellow brown (Ex 66 C-66 B, R XXIX Clay Color to Cinnamon
Source : MNHN, Paris
48 M.MOSER & H. KELLER-DILITZ
| Surface finely fibrillose, tomentose, particularly in the marginal
slightly atomate silky (as in typical Anomali).
brown (R XV Ochraceous Tawny, XXIX Clay Color), rust
58 E) or occasionally darker (IIl Amber brown),
5-9 mm broad, slightly distant, L =
Buff on disc)
part, not or only
Gills grayish
coloured when older (Expo
deeply sinuate, edge eroded, ventricose,
ca. 40, 1— 3-5.
Stem cylindric to slight
ceous-ochraceous, sometime:
cortina covered by a floccose oc!
carpophores but sometimes only weakly).
Context dirty brownish to pale watery um
whitish when dry.
Smell unconspicuous, taste mild.
ly clavate, 4-9-14/5-12, base 7-14 mm, pale argilla-
5 nearly whitish (Ex 61 A, 72 A to 72 B), below the
hraceous veil in young fruitbodies (present in all
ber when humid, pale to nearly
Microscopic characters :
Spores broadly elliptic to subglobose, 7.5-8/5,5-6,2um, average 7,8/5,5um,
Q — 141, punctate to slightly verrucose.
Basidia 4-spored, 30-35/9-10um, sterigmata 3-4um.
Gill edge fertile, no cheilocystidia observed.
Epicutis relatively thin, 60-70um thick, hyphae 9-11um thick, with clamp
connections.
Subeutis made up from subcellular elements (20-30um thick, segments
30-70um long).
Habitat : All recolts from coniferous forests (Picea) mixed with Betula (so
eventually the fungus might be associated with Betula), on acid soils.
Material : Sweden : 79/265 (neotyp), Kyrkemosse, Femsjé, under Betula in
mixed forest, 1979-08-10, leg. M. MOSER; 57/22, Ulfhult, Femsjó; 57/52
3km South of Bygget, Halland, 1961-07-17 Dröpplastigen, Femsjö; 72/210
Dröpplastigen, Femsjö; 72/223, Lilla Kulkagöl, Femsjö; 79/471, South of
Yaberg, Femsjö. à
Norway : 81/356 Rinilhaugen, Östäsen, Lunner, Oppland.
Chemotaxonomic Investigations in the Section Rapbanoidei
Ethanolic extracts of nine collections of the species C. raphanoides Pers. : Fr.,
C. betuletorum (Mos.) Mos. and C. valgus Fr. were examined by means of Thin
Layer Chromatography (TLC) using silica layers (Silicagel Merck 60, Silica
Woelm) and five different solvent systems (KELLER-DILITZ ined.).
Two types of compounds were detected in these species. All collections are
characterized by light yellow fractions exhibiting an intensive green fluores-
cence in UV-light (A = 366 nm). These fluorescent compounds seem to be
specific to the Raphanoidei-group and are not identical with leprocybin or
leprocybosid, which are found in species of the section Leprocybe.
Source : MNHN. Paris
49
CORTINARIUS RAPHANOIDES AND RELATED SPECIES
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etes * unzogotman "0 o unzanos | spumoduco u
зо лото?! то лотоо -m
JUÍTI-AN JSpun suoT4oeuj jo Ayrsusgur
Source : MNHN, Paris
50 M. MOSER & H. KELLER-DILITZ
Furthermore, yellow pigments which become brownish on the TLC-plates
after a short time can be detected in five of the nine collections tested. They
are visible as dark fractions in UV-light and have similar chromatographic pro-
perties like dimeric anthrachinoid pigments but no identification was possible
by cochromatography with several reference samples.
A chemotaxonomic differentiation on species-level is difficult because consi-
derable qualitative and quantitative variations of the compounds within the
various collections are detectable.
However, from the results presented in Table I (Solvent system II: Acetic
ether: methanol: water 100:16,5:13.5) is obvious that the nine collections
exhibit corresponding chromatograms and therefore the Raphanoidei-group is
a chemotaxonomic homogeneous one, the fractions one to three being charac-
teristic for all three species, whereas fraction 4 and 5 have not been found in
C. valgus. (Tab. 1). Two collections of C. ochrophyllus Fr. (72/210 and 75/
265) were compared chromatographically with the above species in solvent
system III (benzene: ethyl format: formic acid 65:25:10). No distinct fractions
can be detected in natural light. Under UV some fractions with blue and one
with violet fluorescence can be recognized, which however do not correspond
to any fractions of the Raphanoidei.
LITERATURE
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and Boleti. Trans. Brit. myc. Soc. 43, Suppl.
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ystematis M ycologici.
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M= Methuen Handbook of Colour;
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Seg. — Séguy, Code Universel des Couleurs.
Source : MNHN. Paris
CORTINARIUS HERCULOIDES SP. NOV.
par R. BERTAULT*
RÉSUMÉ. — Description de Cortinarius herculoides, espèce des forêts de chêne
liège. ressemblant à C. herculeus dont il diffère par plusieurs caractères, notamment
par la localisation dans les lames d'une forte odeur terreuse.
SUMMARY. — The description is given of Cortinarius herculoides, a new species
found in forests of Quercus suber, very similar to C. herculeus from which it
especially differs in the localization in the lamellae of a strong earthy odor.
Dans la Flore des Champignons supérieurs du Maroc (MALENÇON et
BERTAULT, Tome 1, 1970 : 506), nous signalons, à propos du Corti-
marius herculeus Malçn. l'existence dans les subéraies pures du nord
du Maroc d'une espèce voisine «par sa taille, sa couleur et son odeur
terreuse», mais encore imparfaitement connue. Nous pensions alors à
une simple forme des feuillus d'un champignon cédricole, comparable
à la variété suberetorum du Cortinarius cedretorum R.. Maire.
Pour vérifier cette hypothèse, nous avons entrepris de prospecter
les forêts de chéne-liége du Tangérois et de ses environs. Le 25 novembre
1972, dans un ensemble de collines boisées trés dégradées sises au sud
de Tanger, nous avons poussé nos investigations au-dela de nos terrains
habituels. Initiative qui devait se révéler fructueuse puisque, aprés un
Boletus corsicus trés caractéristique, nous avons récolté plusieurs exem-
plaires d'un Cortinaire remarquable par sa prestance et son odeur ter-
reuse, rappelant Cortinarius herculeus. Huit jours plus tard, une nouvelle
récolte au méme endroit nous permettait quelques observations complé-
mentaires et, le lendemain méme, appelé à diriger une excursion myco-
logique dans la région d'Arbaoua, en forêt de Ferjana, là oà G.M. l'avait
observé pour là première fois treize années auparavant, nous retrouvions
le même champignon.
* 49980 Auverse, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
51
Source : MNHN, Paris
52 R.BERTAULT
Enfin, pour préciser son aire de répartition, citons encore le Rif à Akarrate,
ces diverses stations étant toutes des subéraies pures, sans trace de coniféres,
situées au nord d'une ligne Rabat-Oujda.
Outre sa ressemblance étroite avec C. herculeus, le caractère qui nous a
semblé le plus important est la localisation de l'odeur qui n'est pas celle de la
chair, comme on pourrait le penser de prime abord, mais celle des lames, qu'il
est nécessaire d'enlever et de contrôler à part. Autrement, son parfum est
tellement puissant (il se manifeste à plusieurs mètres de distance) qu'il est
impossible de le localiser dans le carpophore. Corollairement nous avons contrôlé
chez le C. herculeus que cette odeur était bien propre à la chair, comme l'a
noté son auteur. Cette localisation de l'odeur dans les lames n'est d'ailleurs
pas un fait exceptionnel puisque nous l'avons déjà signalée chez le Tricholoma
caligatum (Flore, Tome 2, 1975 : 92).
DESCRIPTION
Piléus 8-12-(20) cm diam.; le plus souvent 10-11 cm, très ferme, épais, voüté
puis largement tronqué, à la fin déprimé en gardant un large umbo, parfois
bosselé cà et là. les bords rapidement amincis, infléchis, la marge régulière,
finement enroulée et excédante. Revêtement séparable jusqu'à la moitié du
rayon piléique, visqueux par l’humide, d'ensemble brun-rouge à brun foncé,
fortement ridulé autour du mamelon avec quelques fossettes équidistantes,
brillant et vergeté par temps sec, les ridules s'atténuant et se montrant brun-
rouge sur un fond jaune.
Stipe confluent, 60-90 x 18-30 mm, plein, ferme, droit, cylindracé et un peu
évasé sous les lames où il est blanc, furfuracé et sec: insensiblement atténué
vers la base qui reste obtuse et plus ou moins bulbeuse, parfois subradicante,
pâle puis lavé de la teinte du chapeau, parcouru au-dessous de la cortine de
fibrilles brun-rouge. Chez le jeune s'observent dans la moitié inférieure des
bracelets jaunes, muqueux, mal délimités, qui s'effacent avec l'âge.
Lames serrées, larges de 10-12 mm, inégales, un peu ventrues, arrondies et
sublibres en arrière, parfois atténuées et subdécurrentes, aiguës ou brièvement
arrondies en avant, d'abord lilacines (Séguy 700, 704), vite bistrées puis cannelle
ferrugineux, l'aréte glabre et concolore, à forte odeur terreuse sensible à plu-
sieurs mêtres de distance.
Chair ferme et blanche dans le chapeau, salie de brun dans la moitié supé-
rieure du stipe, à bonne odeur fongique et saveur douce, un peu sucrée.
KOH = ocracé sur la chair, brun foncé sur la cuticule piléique.
NH3 = jaune d'or, la cuticule avivée en brun-rouge.
Aréte des lames homomorphe fertile.
Spores fauves s. l., amygdaliformes :9,5-11 x 5,5um, non papillées, couvertes
de petites verrues inégales peu distinctes en coupe optique.
Source : MNHN, Paris
CORTINARIUS HERCULOIDES 53
Habitat : Isolé ou plus souvent en touffes de 3 à 5 individus en sols argilo-
gréseux, dans les forêts de chéne-iège (Quercus suber) du nord du Maroc :
Tanger (Akbáa-Hamra); Meseta littorale (Forêt de Ferjana); Rif (Akarrate)
à l'automne.
Pour avoir une bonne idée de la plante, om consultera l'iconographie du
ed ?
Cortinarius herculeus! compte tenu de ce que notre champignon est d'ensemble
toujours plus foncé.
Comme on le voit, cette description, en dehors de l'habitat, s'approche
beaucoup de celle du Cortinarius herculeus dont le chapeau est toutefois plus
clair avec une odeur terreuse propre à la chair et non aux lames. La teinte
lilacine des lames est un bon caractère qu'on ne peut apprécier que chez les
exemplaires encore jeunes et bien frais, récoltés par temps sec.
Parmi les dossiers que nous a fait l'amitié de nous communiquer G. MALEN-
GON se trouve la récolte initiale (NO 3550) d'Arbaoua, dont le chapeau est
alutacé fauve à alutacé clair et la chair blanchátre sale à forte odeur de terre.
Remarquons d'abord que l'habitat en forêt de chénelióge élimine d'emblée
le C. herculeus strictement cédricole. La teinte du chapeau dépend sans doute
de la densité du couvert. Les notes de G.M. qui accompagnent un croquis
très précis — fait par application d'un demi-carpophore sur le papier — nous
montrent un chapeau de 13cm de diam. et un stipe de 12 cm de hauteur avec ces
précisions : «dans un terrain lourd d'un ravin, dans la subéraie à mort-bois
dense (Myrtus, Erica arborea, etc.) de la région d'Arbaoua (prés du poste fores-
tier de Ferjana) le 27.XI1.59. Espèce fréquente à cet endroit, toujours grande
mais souvent à stipe plus court que celui dessiné, venant isolée ou plus fréquem-
ment en petites touffes. Spécimens tous très imbus et âgés: analyse difficile et
teintes probablement plus où moins altérées. En tout cas odeur nette et cons-
tante et port rappelant bien C. herculeus des cédraies».
La même espèce a peut-être été récoltée aussi en Italie, sous hétres et chá-
taigniers, sans cèdres alentour (Bull. British mycol. Soc. 1977, 11 (1): 68). Le
Dr HENRY, qui attache beaucoup d'importance à l'habitat et que nous remer-
cions vivement pour ces précisions, ne semble pas de cet avis.
Tout comme son voisin, le C. herculoides appartient à la Section des Trium-
phantes, stirpe des Vitellinopes де М. MOSER (Die Gattung Phlegmacium,
1960 : 160 et 166) à cóté de C. cephalixus. Selon J. MELOT (B.S.M.F., 1981,
97 : 61), C. herculeus serait affine à C. argutus Fr.
C. fraudulosus Britz. sensu
Moser) par le rougissement de la chair, que nous n'avons jamais noté, et par la
réaction jaune А KOH, que nous trouvons, avec G. MALENGON, beaucoup
plus vive sous l'action de NH3. Le C. paracephalixus Bohus serait également
1, Flore , Tome 1, 1970, pl. 25; B.S.M.F., 84, Atlas, pl. 177; R.M. & S.M. Dähncke : 700
Pilze in Farbfotos, Stuttgart, 1979 : 423.
Source
MNHN. Paris
54 R. BERTAULT
voisin par son chimisme mais très différent par ailleurs.
En conclusion, le C. herculoides, bien caractérisé par sa grande taille, sa forte
odeur terreuse localisée aux lames et son habitat sous feuillus (chéne-lidge)
apparaît une espèce tout à fait autonome sans subordination variétale au C.
herculeus des cédraies auquel il ressemble sans s'y confondre. Il serait à re-
chercher dans les subéraies méditerranéennes, bien que G. CHEVASSUT, auquel
nous exprimons notre reconnaissance pour les renseignements qu'il nous a
fournis, ne Гу ait encore jamais rencontré.
DIAGNOSE LATINE : CORTINARIUS HERCULOIDES R. Bertault.
Pileo magno, 8-12-(20) cm lato, saepius 10-11 cm, firmo, crasso, e fornicato late trunca-
10, aetate depresso, interdum gibboso, margine breve extenuata, excedente involutaque
Cute viscosa, brunneo-badia vel intense brunnea, valide ridulata, sicco virgata. Stipite pleno,
robusto, 6-9 x 1,8-3 cm, erecto, cylindraceo, sursum albo nec non furfuraceo, deorsum plus
minusve bulboso, pallide brunneo, sub cortina brunneo fibrilloso, luteo armillato. Lamellis
confertis 10-12 mm latis, inaequalibus, ex lilacino ferruginosis, fortissime humi odoratis.
Carne firma nec non alba, in stipite brunneo tincta, grate odorata, sapida. Sporis sub lente
fulvis, amygdaliformibus, leviter verrucosis : 9, 5-11 x 5,5pm.
Hab. — Singularis vel saepius fasciculatus sub tegmine Quercus suberis, Mauritania
boreale, automno. Typus in Herb. G. Malengon, NO R.B. 12.339, Inst. Bot. Monspeliensis.
Source : MNHN, Paris
55
INOCYBE PSEUDOGRATA SP. NOV
par C.L. ALESSIO*
RÉSUMÉ. — L'auteur décrit une nouvelle espèce du genre Imocybe : I. pseudograta à
caractères microscopiques remarquables et discute de sa position taxonomique en l'insérant
dans le groupe Phaeodisca.
SUMMARY. — Description of a new species of Inocybe : I. pseudograta with noteworthy
microscopic characters and discussion about its taxonomic position in the Phaeodisca
group.
Pendant l'été de 1982, j'ai cu l'occasion d'examiner en zone dolomitique
(S. Martino di Castrozza, province de Trento) quelques exemplaires bien frais,
à peine cueillis, d'une espèce d'Inocybe, à première vue de détermination
facile, mais qui, par la suite chez moi et avec l'aide des recherches microsco-
piques, s’est avérée selon toute probabilité une espèce qui est inconnue et non
répertoriée dans la littérature mycologique.
Il est nécessaire de mener une enquête approfondie avec une description
de ses aspects caractéristiques tels qu’ils me sont apparus à l'examen effectué
sur les carpophores frais à divers stades de développement.
CARACTERES MACROSCOPIQUES
Piléus : largeur de 2 à 4cm. Au début hémisphérique puis étalé, convexe,
relevé, obtus sur le disque, quelquefois presque comme un cône tronqué; marge
tout d'abord enroulée puis, avec le temps, tendant à se détendre mais en ayant
toujours un aspect légèrement enroulé vers le bas; dans plusieurs cas, elle se
présente irrégulièrement ondulée ou lobée. Cuticule avec des fibrilles grossiéres,
apprimées qui, surtout vers le disque, se présentent en forme d’écailles, pourtant
+ Via Mombasiglio 6. 10136 Torino. Italie.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
56 C.L. ALESSIO
jamais sensiblement relevées. Couleur ocre-mastic (brun assez clair) avec quel-
quefois de légers reflets de teinte chamois. Je n'ai pas vu de cortine ni de ses
restes sur la marge.
Lamelles : non serrées, plutôt épaisses, non larges, adnées au stipe, à aréte
entière. Tout d’abord blanchâtres, puis couleur isabelle et à la fin ocre brunätre,
sans tonalités rougeâtres.
Stipe : 3-5 x 0,8-1,3 cm, robuste, cylindrique ou légèrement comprimé,
de droit à flexueux et parfois un peu tordu, d'épaisseur égale sur toute la lon-
gueur, plein. Blanchâtre sur le haut et à la base, ailleurs presque de la même
couleur que le chapeau, avec des stries longitudinales.
Chair : consistante, épaisse, de couleur brun-ocre pâle, légèrement rougissante
sous le cortex du pied dans la partie supérieure et sous la cuticule de chapeau.
Odeur faible, banale, spermatique-acidulée, goût peu perceptible, non amer.
CARACTERES MICROSCOPIQUES
Spores : lisses, assez variables de formes et dimensions, piriformes ou ovoi-
des, parfois avec le dos presque droit, non pointues aux extrémités, avec des
gouttelettes huileuses, (7,5)-8,5-10,5-(12) x (4,5)-5-6-(7)um, le plus souvent
9 x 5,5um.
Cystides : nombreuses, avec le sommet arrondi, un col court, trapu mais
facilement reconnaissable, aux extrémités inférieures longues et minces, remplis
de gouttelettes huileuses, à parois minces, muriquées par quelques cristaux
qui sont parfois absents; à peine hyalines dans le NH4OH, 50-75 x 14-18um;
absentes sur le stipe.
Valeur alimentaire : non connue, mais espéce à éviter, ne serait-ce que par
précaution.
Habitat : Je n'ai trouvé que quelques récoltes, toutes dans la méme station,
de quelques exemplaires à la fois, au mois d'aoút, sous épicéas, dans l'humus à
1500 métres d'altitude, sur terrain calcaire.
COMMENTAIRES
A premiére vue, on a l'impression d'étre en présence de sujets de I. grata
Weinm., de la maniére qui a été interprétée et figurée par BRESADOLA dans
qu iterp igurée p.
T'Iconographia (3) et qui a été traitée par moi dans mon livre sur le genre Ino-
cybe (1). Macroscopiquement, cette espéce est toutefois assez semblable à I.
y copique р
pisciodora Donadini et Riousset (5).
Pourtant, un caractére organoleptique suscite les premiéres perplexités
quant au rapprochement avec l'une de ces deux espéces : il manque en fait
dans les sujets en question une nette odeur d'œillet (comme sur les exemplaires
dl i \ p
Source : MNHN, Paris
INOCYBE PSEUDOGRATA 57
récemment récoltés et bien frais de I. grata) ou alors une odeur nausceuse
semblable à celle, fétide, du poisson dégradé (comme chez I. pisciodora).
Mais la distinction se fait absolue, sans é
quivoque, à l'examen microscopique.
Celuici révéle des dimensions sporales
nettement inférieures, méme si elles
sont assez variables, dans leurs valeurs extrêmes, et la présence de corps stériles
sur les lamelles, de forme tout à fait différente et pourvus, au moins en partie,
d'une murication méme assez pauvre. C'est ce dernier
d'exclure le champignon des espèces acystidiées pour l'ins
dans celles avec cystides proprement dites.
caractère qui impose
érer, tout au contraire,
Pourtant, même avec un tel argument, il surgit des problèmes peu aisés à
résoudre. Cet Inocybe a une affinité avec d'autres espèces macroscopiquement
assez proches : I. pedemontana nob. (2), I. mystica Stangl et Glowinski (9)
(= I. confusa Karst. sensu Heim)(7) et I. ochroalba Bruylants (
beaucoup de critéres analogues, comme le port, |
l'aspect de la surface du premier, etc.
4), présentant
a couleur du piléus et du stipe,
Toutefois, dans ces comparaisons, il s'impose une distinction fondée surtout
sur des critéres microscopiques :
ous ces Inocybes mentionnés ont des cystides
lamellaires courtes (ne dépassant pas 504m) et pourvues de murications bien
évidentes et, en plus, des caulocystides. L'espèce qui nous intéresse a des cystides
hyméniales de longueur notablement supérieure ( jusqu'à 70-75um) avec des
cristaux au sommet, petits et rares ou alors absents, et n'a pas de caulocystides.
30 pm
Inocybe pseudograta Alessio. — a : carpophores: b : basidiospores; c : cystides.
Source : MNHN, Paris
58 C.L. ALESSIO
Sur le plan macroscopique les différences sont évidentes comme il peut
paraître avec les confrontations suivantes :
Par rapport à I. pedemontana nob., le champignon en étude se caractérise
par:
- manque du voile cortiniforme, méme chez les carpophores encore immatures:
- absence de floccosités pruineuses sur le stipe:
- présence de légères taches rougeâtres sous la cuticule du chapeau et sous le
cortex du stipe (tout au moins sur la partie supérieure du second);
- odeur insignifiante, ne rappelant pas le poisson.
Par rapport à I. mystica Stangl et Glowinski les différences sont ainsi syn-
thétisables :
- manque de voile entre chapeau et stipe, au moins dans les stades de développe-
ment de jeunesse;
- stipe d'égale épaisseur sur toute son extension, sans aucun épaississement
sensible à la base;
- absence de pruine au sommet du stipe;
- coloration rougeátre de la chair au contour du pied et dans le chapeau.
La distinction de notre champignon par rapport á 1. ochro-alba Bruylants
peut se faire sur la base de :
- absence de voile dans les primordiums et, par conséquent, manque de ses
restes, tant sur le stipe que sur le chapeau aux stades de développement
ultérieurs:
- teintes du chapeau et du pied à tons plus chargés, dans l'ensemble plus obscures;
- couleur du cortex du stipe sans tonalités roses;
- absence de pruine sur toute la surface du pied.
I] reste pourtant encore une espèce à spores lisses avec des cystides seulement
présentes dans lhyménium, et qui ait une notable ressemblance avec notre
champignon qu'il est difficile de différencier sans une extrême attention. Il
s'agit de I. olivaceo-brunnea Favre (6).
Je dis tout de suite que je n'ai jamais vu un tel champignon dans la nature,
chose qui, du reste, est survenue à la presque totalité des spécialistes du genre
Inocybe puisque, aprés l'auteur, personne n'en parle (tout au moins pour autant
que je le sache) à l'exception de MOSER qui l'insére dans sa «Flore» (8) mais
sans donner d'indications qui permettent de déduire qu'il en ait une connais-
sance directe et parfaite. Je dois donc me référer seulement aux données de la
littérature fournie par FAVRE.
A partir de ces bases on relève que, à la différence de mon champignon,
I. olivaceo-brunnea devrait posséder ces quelques éléments distinctifs :
- chapeau à cuticule moins lisse et de couleur plus foncée si l'on se réfère à
la représentation iconographique qui figure en appendice du travail de
FAVRE
- lamelles à tons franchement olivacés;
Source : MNHN, Paris
INOCY BE PSEUDOGRATA
- pied obscur jusqu'à la base:
- odeur indéfinissable:
- chair sans tonalités rougeâtres sur la périphérie du chapeau et du pied;
- cystides à col non différencié, pourvues de gros cristaux au sommet, méme
s'ils sont peu nombreux.
Pour tout le reste il y a concordance entre les deux espèces, habitat compris.
Il serait superflu de relever les dimensions plus réduites de l'Inocybe de FAVRE
par rapport au mien, ces différences étant peu significatives puisque FAVRE
a récolté ses exemplaires à une altitude supérieure (1850 mêtres pour 1500
mètres).
Pourtant, malgré toutes ces indiscutables analogies et avec ces éclaircisse-
ments. il faut séparer les deux champignons et ne pas en faire une espèce unique.
Voilà pourquoi. avec ma modeste intervention, je pense donner vie à un nouveau
taxon au nom de Inocybe pseudograta sp. nov.
Enfin. pour insérer le nouveau taxon dans la systématique, dans le cadre
de la section des Inocybes à spores lisses et à cystides muriquées, il est logique
et plausible qu'il fasse partie du groupe Pliaeodisca (oà j'ai mis aussi I'l, olivaceo-
brunnea Favre) comprenant les espèces privées de caulocystides, à spores d'une
longueur non particuliére et de formes habituelles.
DIAGNOSE LATINE
Pileus 2-4 cm latus; initio hemisphaericus, dein convexus et in processu expansus, in
disco interdum umbone trunco-conico praeditus; margine antea modice demisso atque
involuto, tempore vero extenso at continuo acclini; in extremo circuitu saepe undulatus
vel lobatus; cuticula obtectus, spissis fibrillis adpressis radialiter signata, centro autem in
squamulas maxime tamen adpressas diesiecta vel tassellatim incisa; ochraceus ac pallidissime
brunneus, interdum. colore cervino suffusus; velo carens, quod numquam observare pot
mus mec in pilei margine neque ad pileum ipsum stipitem colligens. Lamellae non confer-
tissimae, crassiusculae, haud latae, ad stipitem annexae, acie continua praeditae; in primis
albidae, deinde isabellinae demumque ochraceo-brunneolae, nec unquam roseolo neque
ochraceo-viridi tinctae. Stipes 3-6 cm longus, 0,8-1,3 cm crassus; validus, cylindraceus aut
lateraliter modice compressus, rectus vel flexuosus, quondam tortuosulus, in toto aequaliter
crassus; plenus; summo afque basi albidus, in reliqua parte pileo concolor, in longitudinem
manifeste striatus. Caro firma crassaque, albida et pallide ochracea, tenuiter autem rubeola
sub pilei cuticula, summique stipitis saltem cortice; odore consueto, spermatico-acidulo;
sapore haud peculiari, dulcidulo. Micr. Sporae laeves, forma et magnitudine variae, pyri
formes, ovatae vel dorso quasi recto praeditae, in utrisque apicibus obtusae, guttulis oleosis
farctae; (7,5)-8,5-10,5-(12) x (4,5)-5-647)um; cystidia hymenialia multa, apice rotundato
et collo brevi at e corpore manifeste distincto praedita, in parte infima longa subtiliaque,
guttulis oleosis farcta, fumica haud crassa induta, in NH4OH vix hyalina, muricatione
exigua instructa, quandoque nulla, 50-75 x 14-18Jm; caulocystidia adsunt. Habitat : paula-
tim musca internascentis sub Piceis excelsis, in locis montanis; aestate etiamque autiimno.
Utilitas ne. tentata quidem, ideoque prudenter eam ne edendam quidem habemus.
Legit : G. STECCHI, S. Martino di Castrozza (Malga Cess) 2/VIII/1982. Specimina
typica exsiccata in herbario E. Rebaudengo, Cebae.
Source : MNHN Paris
60
C.L. ALESSIO
BIBLIOGRAPHIE
ALESSIO C.L., 1980 — Inocybe Supplementum III. Iconographia Mycologica :
103-104 et t. IX — Tridenti.
ALESSIO C.L., 1980 — Inocybe Supplementum Ш. Iconographia Mycologica :
197-199 et t. XLV.
BRESADOLA J., 1932 — Iconographia Mycologica t. 732 n9 1 vol. XV — Mediolani
BRUYLANTS J., 1969 Inocybe ochro-alba nov. sp. B.S.M.F. LXXXV : 345-
349 et pl. hors-texte (en haut).
DONADINI J.C. et RIOUSSET L., 1975 — Inocybe pisciodora sp. nov. Doc. Myc.
20:15.
FAVRE J. 1960 — Catalogue descriptif des Champignons supérieurs de la zone
subalpine du Parc National Suisse : 470-471 et pl. 11, fig. 4. Liestal.
HEIM R., 1933 — Le genre Inocybe : 333-335 et pl. XVIII, fig. 1 et 2. Paris.
MOSER M., 1978 — Die Röhrlinge und Blätterpilze. Kleine Kryptogamenflora, Band
116/2, 2 Teil, 4e Aufl. : 325. Stuttgart.
STANGL J. et GLOWINSKI H., 1980 — Inocybe mystica nom. nov. (I. confusa
Karst sens. Heim in litt.). Zeith. Mykol. 46 : 169-171.
Source : MNHN. Paris
61
AGARICALES DE LA ZONE ALPINE .
GENRE LEPIOTA (PERS. : FR.) GRAY
par R. KUHNER *
RÉSUMÉ. — Descriptions de quatre espéces rencontrées en zone alpine : L. alba (Bres.)
Sac L. clypeolarioides Rea, sens. Huijsman; L. favrei nom. nov.
Kühner, sens. Favre); L. dryadicola sp. nov.
L. pseudohelveola
SUMMARY. ^ Four species growing over the timber line are described : L. alba (Bres.)
Saccs L. clypeolarioides Rea, sens. Huijsman; L. favrei nom. nov.
Kühner, sens. Favre); L. dryadicola sp. nov.
(= L. pseudohelveola
Peu d'espéces représentent en zone alpine le genre Lepiota et toutes celles
que nous y avons rencontrées appartiennent à la section Clypeolariae. Nous
n'y avons repéré aucune Stenosporae typique si nous exceptons L. cristata,
trouvée d'ailleurs une seule fois, le 27.8.1968, à la partie tout à fait inférieure
de la zone alpine, vers 1.900 m (La Motte, aux environs de Pralognan). Si L
alba est largement répandue aux altitudes élevées, les autres Clypeolariae sont
loin d'y étre fréquentes.
Afin d'alléger au maximum les descriptions qui constituent l'essentiel de la
présente publication, nous éviterons d'y faire figurer des caractères qui se re-
trouvent chez toutes ou chez la plupart des espèces rencontrées par nous, carac-
tères que nous allons évoquer dés maintenant.
Comme l'on sait, les lames sont libres chez les Lépiotes typiques; nous les
avons trouvées telles chez toutes les espèces décrites ci-après: signalons toutefois
que les lames étaient adnées (étroitement) dans un carpophore scandinave
resté indéterminé, mais qui se rapportait sans le moindre doute aux Ovisporae.
* 38 rue Benoist-Mary, 69005 Lyon, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983)
Source : MNHN, Paris
62 R. KUHNER
Chez les espéces décrites plus loin. le stipe, généralement plus ou moins
arténué de bas en haut, était toujours creusé d'une cavité brutalement indivi-
dualisée, dans laquelle s'observait constamment une moelle blanche soyeuse.
La chair piléique, toujours blanche ou blanchâtre, ne se colorait pas à la section.
Dans toutes nos récoltes, les basides tétrasporiques étaient au moins trés
largement, dominantes.
Chez toutes ces espèces s'observent à la fois des cloisons bouclées et d'autres
qui ne le sont pas. En général. la plupart des basides sont bouclées: cependant.
dans notre unique récolte de L. cristata. les basides non bouclées étaient presque
aussi nombreuses que les autres. Au niveau des hyphes gréles du stipe, les cloi-
sons sans boucles sont particulièrement nombreuses; chez toutes les espèces
(L. cristata comprise), elles étaient aussi nombreuses, ou presque, que les cloi-
sons bouclées.
Chez toutes les Lépiotes rencontrées en zone alpine, l'aréte des lames était
stérile par d'innombrables poils marginaux.
Aprés coloration selon. GIEMSA, on constate que dominent trés nettement
les spores à deux noyaux chez toutes les espèces. Aprés ce traitement, qui les
met en évidence. la paroi sporique nous a montré une belle endospore rouge-
pourpre chez L. cristata. Chez L. alba, l'endospore rose-rouge est fine; elle est
subtile ou nulle chez les autres espèces. Quoiqu'il en soit. après le traitement
de GIEMSA, la paroi sporique se montre toujours sensiblement épaissie dans
son ensemble; elle se présente également ainsi aprés un simple traitement par
l'ammoniaque à chaud. Un traitement par une solution diluée d'acide acétique
de spores ayant été placées au. préalable dans l'ammoniaque gonfle fortement
l'épispore de toutes les espèces, qui apparait alors nettement formée de deux
enveloppes emboitées l'une dans l'autre; cette constitution double de l'épispore
est surtout manifeste lorsque des spores ayant subi le traitement ammoniaco-
acétique sont observées dans une solution trés diluée d'iode; en effet, si l'épi-
spore de toutes ces espèces est fortement dextrinoide, cette dextrinoidie se
manifeste d'abord au niveau de l'épispore interne que l'on distingue alors nette-
ment de l'épispore externe.
A la suite du traitement ammoniaco-acétique. le gonflement de l'épispore
est tel chez L. alba et formes affines que le hile se trouve enfoui au fond d'un
ombilic il en est parfois de même chez L. dryadicola.
Dans toutes les descriptions qui suivent. les notations chiffrées qui accom-
pagnent des indications de couleurs précisent la position de celles-ci dans le
“Munsell Book of Color» (Munsell Color Co., Inc., Baltimore, Md),
LEPIOTA ALBA (BRES.) SACC.
DESCRIPTION
Spores 11.5-16 x 5-6.7um, en moyenne 12.1-15,3 x 5,6-6,4um,de dimensions
assez variables d'un lot à l'autre, par exemple de 12-12,5 x 5-6um à 13-15 x
Source : MNHN, Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 63
6:6,7um. L/l = 2,1-2,6. Elles sont le plus souvent nettement fusiformes, mais
оп peut aussi en trouver de fusiformes-elliptiques. La dépression supra-apicu-
laire est fréquente, mais elle est plutót large ou faible.
Revêtement piléique au disque avec d'innombrables poils très longs, 90-260 x
(4)-6-13418)ит, parfois cylindra és et plus ou moins longuement pédonculés,
mais souvent subfusiformes ou atténués vers l'extrémité libre, en général longue-
ment, mais parfois brusquement.
Chapeau entièrement crème, 2.5 à 1 Y 8.5/3 (parfois encore plus clair que
2.5 Y 9/1), mais devenant en général plus ou moins teinté d'ocracé (de crème-
ocre à ocre alutacé où brunâtre ocré) au centre, 2.5 Y 8/4, 1.5 Y 8/5, 10 YR.
7/5. Au centre, le revêtement qui est tout au plus tomenteux-feutré à subti-
lement tomenteux, peut aussi se montrer glabre et ceci trés précocement, avant
l'ouverture de la chambre lamellaire. Restant toujours entier au centre, le revéte-
ment peut le rester longtemps hors du disque, bien que des crevasses trés fines
(visibles à la loupe) puissent commencer à se manifester dans la zone marginale
alors qu'il y a encore un voile sous-tendu; plus tard, des crevasses radiaires
ou plus souvent disposées en tous sens, rompent le revétement en innombrables
et fins flocons ou écailles plates qui se détachent sur le fond blanc de la chair;
il arrive que la zone marginale se dénude entièrement de son revêtement initial
et ne montre plus que la chair blanche: la surface piléique peut aussi ne montrer,
hors du disque, que des peluchures plus ou moins mal individualisées ou, dans
la zone marginale, des fibrilles radiaires agglomérées en courtes méchules blan-
ches, dont les pointes tendent à se retrousser et à s'imbriquer. Dans un seul
lot (K. 68-168) de carpophores jeunes, au revétement non encore crevassé,
nous avons remarqué la présence, hors du disque, de légères côtes basses, mais
bien pincées, parfois anastomosées en réseau, sans doute dues à des agglutina-
tions locales des poils cuticulaires.
Alors qu'il unit encore le chapeau au stipe, le voile sous-tendu comprend
une partie interne blanche, en forme de manchette qui descend du sommet
du stipe en s'épaississant beaucoup, mais trés progressivement et, au niveau
où il est le plus épais, une partie externe jaune ocracé clair, 2.5 Y 8.5/5, qui
tapisse une gouttière annulaire étroite (1-1,5 mm)
Le voile initialement sous-tendu laisse généralement sur le stipe un anneau
évident; la partie excédante, dentelée, de la marge piléique est alors étroite
(0,5 mm); il est exceptionnel que le voile sous-tendu ne laisse sur le stipe qu'un
demi-anneau, l'autre moitié de ce voile restant uniquement suspendue au bord
du chapeau sous forme de lambeaux énormes (8 à 10 mm de long), blancs.
Chez l'adulte, l'unneuu, inséré par exemple au tiers supérieur du stipe, se
présente dans l'ensemble comme une ample manchette pendante; sauf vers le
bord, qui est gonflé, cette manchette est très mince, membraneuse, ou parfois
si peu cohérente qu'elle est presque subfilamenteuse, ce qui fait que l'anneau
est fragile et tombe facilement en morceaux. A la face supérieure, la manchette
est blanche et assez souvent striée-sillonnée; le bord gonflé, cotonneux ou
tomenteux-feutré, montre toujours, à la face inférieure, une bande circulaire
Source : MNHN, Paris
64 R. KUHNER
tranchant sur le reste par le fait qu'elle est colorée (légèrement), crème à crème-
ocre ou crème brunätre, 10 YR 8/4 par exemple, et de texture plus compacte,
plus continue; cette bande, qui se présente parfois comme un sillon étroit
(0,5 mm), trés pincé, peut étre notablement plus large (1 à 3mm) et il n'est
pas rare qu'elle se rompe radialement en une circonférence de flocons, ceci
parfois déjà avant l'ouverture de la chambre lamellaire.
Le stipe est fondamentalement blanc, non seulement au-dessus de l'anneau,
mais aussi au-dessous: au-dessous, le stipe est d'abord pelucheux à pelucheux-
laineux-hérissé par un fibrillum blanc qui finit par s'appliquer lâchement; plus bas
peuvent s'observer, avant l'ouverture de la chambre lamellaire, de nombreux flo-
cons où brèves bandelettes transversales jaune pâle, 4 à 5 Y 8.7/5 à créme, plus
ou moins évanescents, qui établissent le passage progressif au revêtement jau-
nâtre de la base du stipe, lequel, d'abord continu, peut se fragmenter lui-même
par la suite en flocons crème où en mouchetures ocracées.
Lames presque blanches, mais jamais blanc pur, plutôt blanc-crème, 6 Y
9.23/2 - 2.5 Y 9/2, serrées, d'abord ascendantes, ventrues à très ventrues, atté-
nuées en arrière ou souvent arrondies-libres, parfois même écartées du stipe.
Ройз marginaux 20-32 x 6-1lum, souvent plus ои moins claviformes, mais
ceux-ci parfois mêlés, soit à des poils piriformes ou en raquette, soit à des poils
subcylindracés ou à des poils ventrus (en général peu ventrus).
Chair blanche dans le stipe comme dans le chapeau où, moyennement épaisse
au disque, elle devient mince au bord.
En coupe, odeur plus où moins prononcée, agréable, fruitée-bolétoïde, parfois
subtilement mêlée à une odeur rappelant celle L. cristata.
Carpophores relativement grands. Chapeau 20-70 mm, d'abord campanulé
(notamment alors que n'est pas encore ouverte la chambre lamellaire), mais
pouvant devenir chez l'adulte convexe-plan, le disque obtus ou largement et
obtusément saillant. Stipe 13-80 mm, légèrement et très progressivement atténué
de la base, x 9-12 mm par exemple. au sommet x 5-8 mm.
HABITAT ET RÉCOLTES
Dans les pâtures ou les pelouses à Dryas. S'aventure jusque dans des stations
à végétation ouverte, par exemple les pierriers des moraines ou des crétes,
notamment dans les tapis de Dryas purs (parfois vu fixé aux rhizomes de cette
plante).
Vanoise, aux environs de Pralognan. Entre les Chálets inférieur et supérieur
de l'Arcellin, 2.200 m, 26-7-63 (K. 63-42). Vers la croupe du Moriond, 2.300 m,
17-8-1963 (K. 63-118). Cirque du Genépy, 2.200 à 2,350 m, 24.8.68 (K. 68-
181). Aréte du Montcharvet, 2.250 m, 22-8-1968 (K. 68-168).
Vanoise, dans la haute vallée de Champagny. Rive gauche du torrent de la
Glière derrière, sous le glacier de Rosolin, 2.200 m, 17-9-1970 (K. 70-173).
Grisons. Val Nüglia, 27-8-1966.
Source : MNHN. Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 65
OBSERVATIONS
Aux environs de Val d'Isère, à Prariond, 2.250 m, 22-870 (K. 70-64), deux
carpophores faisant penser à L. alba par le chapeau finement pruineux au
sommet crème brunátre, 10 YR 7/4,7/5, mais en différant par le fait que le
reste blanc du chapeau se montrait lise à finement feutré, non squamaleus
et par l'absence d'anneau sur le stipe qui n'était que grossièrement et hautement
laineux à pelucheux - laincux là oà s’attachait le voile initialement sous tendu
Spores sensiblement moins oblongues, à peine deux fois
lus lo larges,
largement fusiformes-ventrues, 12-12,7 x 6.6,7um. ан
Aux environs de Pralognan, dans le Cirque de Genépy, 2.300 m, 8.9.70
(&.70.114), un seul carpophore différant de L. alba typique par la surface
piléique partout colorée, roussâtre au sommet, 8,5 YR 6.5/6, ailleurs jaunátre
assez vif, 2.5-5 Y 9/5,9/6, les flocons les plus proches du bord tranchant par leur
couleur d'un jaune assez vif sur la frange de coton blanc pur qui appendiculait
largement (2 mm) la marge et par le fait que la calotte sommitale du chapeau
était densément ponctuée de petits flocons pointus, frappants à la loupe, mais
déjà sensibles à l'œil nu, des poils de 105-210 x 8-10um dépassant longuement
une cuticule de cellules bien plus courtes, 30-48 x 8-11um, claviformes (à sub-
cylindriques). La manchette pendante du voile était peu distincte de la laine
bouffante, blanc pur, de la moitié supérieure, Largeur des spores faible; spores
13-14 x 5-5,5um.
Aux environs de Pralognan, dans une pelouse à Dryas du Cirque inférieur
de l'Arcellin, 1750 m, 13-8-68 (K. 68-105), un carpophore différent d'alba
typique par la coloration jaunâtre des mèches pointues appendiculant la marge
piléique, la coloration jaunâtre påle, 5 Y 9/4, 9/3 du voile grossièrement laineux
ou laineux-floconneux qui recouvrait entièrement le stipe au-dessous de la
manchette blanchâtre, laineuse-flasque, suspendue près du sommet et par l'odeur
agréable de prune, de mirabelle ou de Muscari sensible à la section. Au centre
du chapeau, de très longs poils, 127-260 x 7-llüm, dépassant une cuticule
palissadique bien individualisée, à base d’articles claviformes, 40 x 7-Jum.
LEPIOTA DRYADICOLA SP. NOV.
DIAGNOSE LATINE
Species e grege Clypeolariarum. eximia sporis subfusiformibus atque parva dimensione,
7.8.5 x 3-4um. Velum universale obscure fuscum, quo cutis pilei constituitur, in squamas
cum fundo, albo colore carnis nudatae discrepantes, disrumptur, praeter discum, ubi id e
longissimis pilis pariete fuscidula stratum pilorum, multo breviorum, superantibus, constat.
In infimo stipite videri possunt flocci obscure fusci, ex illo velo rupto geniti, quorum su-
periores in zonam annulariam, extreme basis proximum, lineantur; supra id velum lana car-
nea vel e fuscidulo carnea stipitem vestit, at non annulum constituant. Lamellae albae,
stipatae, liberae. Caro. alba immutabilis. Stipes paulatim in summa parte ad infimam an-
gustatus. Pileus 40-53 mm. — Inter Dryadas zonae alpinae. Holotypus : Herb. KUHNER
n9 70-141.
Source : MNHN, Paris
66 R. KUHNER
DESCRIPTION
Spores 7-8,5 x 3-4um, subfusiformes de face et de profil; le profil peut étre
subtronqué à la base et montrer une large et peu profonde dépression supra
apiculaire.
Revêtement piléique avec d'innombrables poils, 135-280 x 9-17um, cylin-
dracés-pédonculés, à sommet arrondi-obtus, il y à aussi des poils plus courts,
par exemple 55-70 x 9-12um, claviformes où irréguliers. Les poils ont une
paroi ferme, à pigmentation uniforme. Au disque piléique les poils sont groupés
en faisceaux coniques; la forme de chaque faisceau est due au fait que les poils
qui le constituent sont de longueurs très varices.
Chapeau présentant une calotte discale, au niveau de laquelle le revêtement
est continu; cette calotte brun foncé, 2.5 YR 3/4, est toute veloutée à l'œil
nu, et se montre, sous la loupe, densément pointillée de minuscules méchules
dresses, de la méme couleur que le fond. En dehors de la calotte discale, le
revétement piléique est densément gercé en courtes bandelettes perpendiculaires
aux rayons piléiques ou en très nombreuses squamules appliquées; celles-ci se
détachent en brun foncé sur le fond blanc de la chair mise à nu; il arrive que
les écailles de la zone la plus proche du bord du chapeau soient plus grosses
que les autres. Marge laineuse, débordante par le voile.
Stipe blanchâtre en haut, couvert ailleurs (par exemple dans les deux tiers
inférieurs) d'une laine abondante et bouffante carné sale et påle, de plus en
plus carné brunátre vers le bas, 7.5 YR 7/4-5 YR 6/4. Il n'y a pas d'anneau,
mais, tout près de l'extrême base, le stipe présente une zone annulaire de flocons
serrés, bruns, 7.5 YR 3/2, au-dessous de laquelle s'observent encore de petites
guirlandes horizontales, également brunes.
Lames blanches, 2.5 Y 9/2, très serrées, arrondies en arrière; poils marginaux,
14-20 x 5-llum, trés largement arrondis au bout, piriformes, plus ou moins
pédonculés, groupés en créneaux.
Chair partout blanche ou blanchátre, celle du chapeau d'épaisseur moyenne
au disque, progressivement amincie vers le bord. En coupe odeur forte, agréa-
blement parfumée, acide, un peu fruitée, de Polypore.
Carpophores de dimensions moyennes. Chapeau 40-53 mm, campanulé-
convexe, avec la marge d'abord incurvée en direction du stipe. Stipe de 35 mm
de long, atténué de la base subbulbeuse, x 16 mm, au sommet, x 10 mm.
HABITAT ET RÉCOLTE
Sur sol calcaire, dans un tapis de Dryas.
Vanoise; haute vallée de Champagny, bord S du «Lac» de la Gliére, 2.000 m,
14-9-1970 (K.70-141). 2 carpophores.
Source : MNHN, Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 67
LEPIOTA CLYPEOLARIOIDES REA, sens. HUIJSMAN
DESCRIPTION
Spores 6.2-8-(9) x 4-4,7-(5)um, obtusément elliptiques à ovoïdes
Revêtement piléique avec d'innombrables poils très longs, 90138 x 9-18um
cylindriques-pédonculés, à extrémité largement arrondie (non attenuse). sende
au milieu de poils bien plus courts, 17-54 x 13-16um, dont plusieurs sont clavi-
formes ou obovales. Au disque piléique, les plus longs poils sont fasciculés par
leurs extrémités libres en petites mèches dressées, Sur le vivant, les poils mon-
trent une pigmentation pariétale uniforme, fauve brunátre, particulièrement
accusée dans leurs régions inférieures.
Revêtement piléique continu au disque, où il forme une calotte d'un beau
brun ou brun-roux (rarement roussâtre ocré chez les petits carpophores), 4 à 5
YR. 3/4 - 5à 65 YR 4.5/5.4.5/6 - 7.5 YR 5/5,5.5/5, 5/4, finement tomenteuse-
veloutée sous la loupe, entiérement gercé ailleurs en innombrables flocons
ou squamules ponctiformes, qui tranchent par leur couleur brune (brun foncé
À brun-bistre), 7.5 YR à 10 7.5 YR 3/2,2/4,5/4 - 10 YR 3/2, sur le fond blanc
de la chair, que, malgré leur grand nombre, ils dégagent de plus en plus à l'ap-
proche du bord, dont la marge est débordante (1 mm) par le voile qui peut
former une frange dentelée.
Vers la moitié de la hauteur du stipe ou aux deux tiers supérieurs se trouve
un anneau en forme de bracelet plat, saillant mais appliqué (ni en entonnoir,
ni en manchette), de 0,5-1,5 mm de large, suspendu au fibrillum soyeux longitu-
dinalement appliqué de la partie supérieure du stipe. Typiquement ce bracelet
est franchement brun, brun foncé ou brun-bistre, 7.5 YR 3/4 - 8 à 9 YR 3.5/2
- 10 YR 3/2 suivant une bande étroite (par ex. 0,3 mm), mais il peut montrer
en outre une partie supérieure blanche, qui peut être plus large (1 mm); il arrive
que ces deux parties se séparent et, à la limite, on ne trouve plus qu'un anneau
blanc, la partie brune ne se distinguant pas de celles qu'on trouve toujours,
au-dessous de l'anneau, sous forme de bracelets interrompus, d'étroites guir-
landes ou de flocons saillants, bruns, brun foncé à brun-bistre, 7.5 YR 3/4,
qui peuvent être alignés horizontalement.
Ces ornements mis à part, le stipe est blanc (à peine rosátre parfois).
Lames blanchâtres ou parfois plus ou moins salies de crème brunâtre, 2.5 Y
8.5/2 A 10 YR 7/4, serrées, au moins moyennement, (1 = 1,3,7), arrondies
au stipe. Poils marginaux, 20-42 x 6-11um, le plus souvent piriformes ou clavi-
formes-pédonculés, parfois cependant à sommet en museau conique ou rarement
étiré en court bec.
Chair du cortex du stipe grisátre ou brunátre quand imbue, 8 à 10 YR 7/3-
1.5 Y 7.5/3, celle du chapeau blanche ou plus souvent blanchátre, voire sale-
pâle, vers 10 YR 8.5/2, moyennement épaisse au disque, mince au bord.
En coupe, odeur agréable (non de L. cristata), acide, de Polypore ou de Bolet
Source : MNHN, Paris.
68 R. KUHNER
chez les grands carpophores, fongique ou insensible chez les plus petits.
Carpophores de petite taille. Chapeau 12-32 mm, campanulé-convexe très
obtusément conique surbaissé à convexe, obtus ou à centre à peine plus saillant
(trás obtusément). Stipe de 11-25 mm de long, égal ou presque, ou atténué
de la base au sommet, qui a 3-8 mm d'épaisseur.
HABITAT ET RÉCOLTES
Parmi les Dryas, soit dans les pátures, soit jusque dans les pierriers morai-
niques calcaires. généralement par carpophores isolés.
Vanoise, aux environs de Pralognan. Sous le Lac des Vaches. 2.150 m, 6-9-
1973 (K. 73-372)
Vanoise, dans la haute vallée de Champagny. Sous le glacier de l'Epena,
М. 2.000-2.100 т, 16-9-1969 (К. 69-334) et 14-9-1970 (K. 70-152 et 159).
Également sur la rive gauche du torrent de La Glière derrière, 2.200 m, 17-9-
1970 (K. 70-172). 6 carpophores examinés.
LEPIOTA FAVREI NOM. NOV.
— Lepiota pseudobelveola Kühner, sens. Favre. Les champignons supérieurs
de la zone alpine du Parc national suisse, 1955, p. 157, fig. 143; pl. XI, fig 12.
DESCRIPTION
Spores 6-7-8) x 4-4,7um, elliptiques ou, de face, assez souvent ovoïdes.
Revêtement piléique á base d'hyphes régulièrement couchées, cylindriques-
grêles, x 3,5-4,5um. En naissent des articles redressés qui forment les flocons;
nombre d'entre eux sont relativement courts, par exemple 17-63 x 6-12um,
claviformes, de claviformes-pédonculés à obovales; d'autres se présentent sous
la forme de poils trés longs, 100-225 x 9-11um, longuement pédonculés, à partie
saillante cylindracée, subfusiforme ou atténuée; l’ensemble de ces articles dressés
n'est à aucun niveau cohérent.
Cuticule piléique d'abord roussâtre, 6.5 УВ 6/5-7.5 YR 6/2,6/4 - 8.5 YR
6/4-8 à 10 YR 7/4: simplement rugueuse-feutrée au début, elle se rompt à partir
de la zone marginale et, sauf au centre, en innombrables et fins flocons squa-
muleux qui tranchent d'abord sur le fond pâle par leur couleur. Avec l'âge
la cuticule se décolore plus ou moins et le chapeau devient entièrement beige,
crème, crème blanchâtre, 7.5 YR 8/3 - 2.5 Y 8.5/3,9/2 ou encore plus blanc;
il peut alors prendre, par endroits (sur un côté par exemple), des teintes rosâtres
plus ou moins salies, 5 YR 7/2-3.5 YR 8/3.
Stipe portant, vers la moitié de sa hauteur ou au-dessus (d'abord au-dessus),
un anneau plus ou moins complet ou incomplet, pas rarement plus ou moins
rudimentaire. Lorsqu'il est bien constitué, cet anneau se présente comme une
Source : MNHN, Paris
LEPIOTES DE LA ZONE ALPINE 69
zone saillante, mais appliquée, de 1,5mm de haut, påle, parcourue en son
milieu par une ligne brune, 5 YR 5.5/4-6.5 YR 4.5/4-7.5 YR 7/4 7.5 à 8.5
YR 6.5/4, étroite, qui n'a guère qu'un tiers de millimètre de large. Il arrive
que le bord supérieur de l'anneau se présente comme un bourrelet saillanı.
blanchâtre; éventuellement l'anneau se rompt en deux parties, dont la заре
rieure, constituée par le bourrelet blanchátre, reste suspendue au pied par des
filaments blancs et dont l'inférieure comprend la ligne brune.
Au-dessous de l'anneau, le stipe est franchement et entièrement moucheté
de flocons saillants, initialement de la méme couleur brunätre rosé, par exemple
7.5 YR 6/4,7/4, que la ligne brune de l'anneau, mais qui peuvent devenir blan-
châtres: ils se détachent sur un fond plus ou moins carné sale, 6 YR 7.5/2.
Au-dessus de l'anneau, le stipe est d'abord blanc ou blanchátre, mais il devient
plus ou moins gris brunâtre avec l'âge, 10 УВ 6/2 - 7.5 YR 6/2,6/4,5/4 sous le
fibrillum plus pâle.
Lames jamais blanc pur, mais seulement blanchátres, 2.5 Y 8.5/2, brunissant
en avant chez les vieux carpophores ayant souffert du froid, moyennement
serrées, devenant très largement ventrues, libres ou méme écartées du stipe.
Poils marginaux 20-36 x 7-11-(13)um, souvent clavés-piriformes-pédonculés,
voire méme piriformes-capités, avec l'extrémité tantôt largement arrondie,
tantôt un peu angulée, brièvement conique ou comme mamelonnée, tantôt
enfin surmontée d'un court bec; on passe ainsi à des poils claviformes-ventrus
ou méme fusiformes.
Chair de la paroi du stipe hyalincsale, 1 à 2 Y 7/2 - 10 YR 5/2,5/3 - 7.5
YR 6.5/2 - 5 YR. 5/4, celle du chapeau blanchâtre, moyennement épaisse au
disque, mais trés amincie au bord.
En coupe, odeur subnulle, pas de L. cristata.
Carpophores petits. Chapeau 15-25 mm, campanulé-convexe à zone marginale
largement infractée, puis plus ou moins surbaissé, convexe ou méme discoide;
subobtus au début, il devient souvent gibbeux par un fort mamelon obtus
lorsqu'il se surbaisse; sa marge est toujours largement excédante. Stipe de 13-
27 mm de long, de 2,5-4 mm d'épaisseur au sommet, parfois bulbeux.
HABITAT ET RÉCOLTES
Dans les tapis de Dryas, sur roche mére calcaire, jusque dans des stations
où cette plante est accompagnée de Carex firma.
Grisons. Murtaról d'Aint, 2.500 m, 11-8-1966 (K. 66-30) et 31-8-1966.
Ils Murters de Tamangur, 2.440 m, 24-8-1966. Hauteurs au sud du Vallon de
Costainas, 2.400 m, 208-1966 (K. 66-83). Une vingtaine de carpophores exa-
minés.
Col du Petit Saint Bernard, 2.000 m, 20-8-1970.
Source : MNHN, Paris
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LE DÉVELOPPEMENT
D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA (PERS. : FR) SING.
par A.F.M. REIJNDERS*
RESUME. — Hygrotrama atropuncta (Pers. : Fr.) Sing. est stipitocarpe et monovélan
giocarpe. Le revêtement piléique celluleux est une différenciation du voile universel, mais
modifiée au niveau du piléus. La trame des lames accuse une structure irrégulière secondaire
qui se présente chez maints groupes d'Agaricales évolués.
SUMMARY. — Hygrotrama atropuncta (Pers. : Fr.) Sing. is stipitocarpous and mono-
velangiocarpous. The cellular surfacelayer of the pileus is in fact a differentiation of the
universal veil, which has been modified only over the cap. The hymenophoral trama has a
secondary irregular structure, which occurs in many groups of higher evolved Agaricales.
Le genre Hygrotrama a été créé par R. SINGER. On admet généralement
une affinité avec les genres Camarophyllus et Hygrocybe et SINGER pense
que Hygrotrama occupe une position intermédiaire. Cet ensemble d'espèces se
distingue en premier lieu par le prétendu hyméniderme. D'autres caractéristiques
comme les pigments, la forme des spores, l'adhérence des lames au pied, l'ab-
sence de boucles et surtout la structure de la trame des lames sont également
importantes, quoique toutes les espéces qu'on a réunies dans ce genre, ne soient
pas absolument identiques sous tous ces rapports.
La trame des lames a été décrite par SINGER en ces termes : «regular or sub-
regular, sometimes a mediostratum and a lateral stratum differentiated but
hyphae of the lateral stratum (excepting the primordium) not divergent».
SINGER dit du développement (1975 : 202) : «Unknown, but not always
gymnocarpous» et « Veil either entirely absent or fugacious».
* De Schuilenburght B 72, Amersfoort. Pays Bas.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
72
A.F.M. REIJNDERS
Source : MNHN. Paris
DEVELOPPEMENT D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA. 73
KUHNER (1980 : 694 et suiv.) a considéré 1
travail de synthèse : Les Hyménomycètes aga
rence entre les espèces en question quant
HESLER et SMITH : chez la plupart des esp,
rement à ce que dit SINGER mais chez quelques-unes elle serait régulière. La
mise à part de Hygrotrama aiderait donc à mieux définir Camarophyllus (à
trame irrégulière) et Hygrocybe (à trame régulière).
argement ce genre dans son grand
ricoides. I] relève surtout la diffé-
à la trame des lames selon p. ex.
èces celle-ci est irrégulière contrai-
Par suite de plusieurs caractéristiques spéciales et c
que Hygrotrama représente un genre trés évolué, dont méme Paffinité avec les
Hygrophores n'est pas parfaitement établie. Avant de nous étendre plus en
détail sur ces questions, nous examinerons le développement,
présent.
ollectives, KUHNER pense
inconnu jusqu'à
1. Le plus jeune stade dont nous avons photographié la partie supérieure
(fg. 1) se compose d'une colonnette assez étroite d'une longueur de 690um
et d'une largeur de 466um, là oà elle atteint sa plus grande largeur. Elle consiste
en des hyphes parallèles, minces (d. 2-3um) qui accusent une orientation axiale.
Mais le corpuscule est entouré d’une zone (largeur+ 50um) à hyphes plus enche-
vêtrées et plus laches, sauf dans la partie périphérique qui se dessine sur la photo
comme une gaine foncée où les hyphes se serrent par pressions ou dessiccation
Quoique le diamètre des hyphes dans la couche lâche ne diffère pas notablement
de celui des autres hyphes génératrices, on y trouve beaucoup d'extrémités
en massue (d. -5um). Par sa structure déviante, il semble justifié de considérer
cette assise comme un voile universel (inné).
2. Un stade un peu plus avancé dont nous représentons une coupe médiane
d'une forme plus longue, montre que nous avons affaire à un développement
stipitocarpe (largeur prés de la marge piléique 390um). Tout en bas, sous le pied,
se trouve le plectenchyme basal où les hyphes sont les plus larges (Sum). Les
hyphes génératrices parallèles du pied n'ont qu'une largeur de 2-Aum jusqu'en
haut, mais là où la marge piléique se manifeste et dans la trame du futur piléus,
les hyphes sont plus intriquées. La marge piléique consiste d'abord en un petit
fascicule d'hyphes paralléles qui se courbent en dehors et vers le bas et qui
percent rapidement le voile. Dans la partie droite de la coupe qui est représentée
ici, les hyphes n'ont pas encore atteint la surface du voile, contrairement à ce
qu'on voit dans la partie gauche. Sur la face supérieure arrondie, il y а beaucoup
d'extrémités en massue d’hyphes (d. -Sum): ce sont les premiers éléments de la
couverture cellulaire du futur chapeau. Quelques éléments en massue se trouvent
également le long du pied, mais seulement en haut.
Fig. 1 : Sommet d'un très jeune primordium; Fig. 2 : Piléus et partie supérieure du stipe
d'un stade avancé; Fig. 3 : Revêtement piléique dans un stade avancé.
Source : MNHN, Paris.
A.F.M. REIJNDERS
74
Source : MNHN, Paris
DEVELOPPEMENT D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA 75
Э. Un stade encore un peu plus avancé (fig. 5, largeur au niveau de la marge
piléique 5484m), montre que celle-ci а dépassé le voile tout uaa т
mais les hyphes chromophiles, parallèles et dirigées en dehors, qui vont fonno
Vhyménophore, sont encore couvertes du voile, ce que montre encore un peu
plus en détail une photo à grossissement plus f
à ort (fig. 6). Une coupe radiale
de la couverture du chapeau (fig. 3), à un grossissement plus fort, montre que
celle-ci ne représente pas un hyméniderme dans un sens propre, mais se cam,
pose de chaines parallèles de cellules enflécs qui s'élargissent de plus en plus
vers le haut, la cellule supérieure ayant la forme d'un ballon ou d'une poire.
Maints voiles universels accusent une telle structure rayonnante (Amanita,
Coprinus); qui se présente parfois aussi dans le pil£ipellis(Leucocoprinus) Male
alors, elle se limite strictement à la surface du chapeau. Le voile, le long du pied.
se transforme un peu plus tard, mais sous la palissade hyménienne on voit alors
également sur le pied des groupes de cellules en ballon ou de petites chaînes
de cellules enflées. Pour cette raison et aussi parce que le voile inné qui entourait
dans les plus jeunes phases le sommet du primordium. n'est nullement repoussé
pendant le développement, l'enveloppe du chapeau comme celle de la parte
inférieure du stipe doivent plutót étre considérées comme des différenciotions
du voile universel. Mais les structures du voile sur le chapeau et sur les autres
parties du primordium ne sont pas absolument les mómes dans ce cas : nous
avons rencontré d'autres exemples d'une telle différence topographique : Cha
maemyces fracidus (Fr.) Donk (REIJNDERS,1975 : 309-10, 313-14).
4. Les particularités vélaires auxquelles nous venons de faire allusion. se
voient mieux dans un stade ultérieur (fig. 2, plus grande largeur du chapeau,
2,7 mm). Les lames adhèrent sur une grande étendue au pied; elles sont vraiment
décurrentes (cf. MOSER 1978, pl: 49 d). Entre les lames.ce sont les palissades
hyméniennes qui se poursuivent le long du stipe : cette partie renferme déjà,
tout comme l'hyménium sous le chapeau, des basides mûres. Sous les palissades
hyméniennes, on trouve les groupes de cellules enflées du voile; le passage
est assez abrupt. Il faut donc qu'une zone trés mince et limitée du voile à Tex-
térieur des palissades se soit oblitérée. Les figures 7 et 10 montrent les détails
du voile pédiculaire, la fig. 10 l'endroit où il est contigu aux palissades hymé-
niennes, la fig. 7 les groupes à chaines de cellules enflées : les pustules foncées
sur le pied des exemplaires adultes.
Une coupe tangentielle du méme stade avancé permet d'étudier la structure
de la trame des lames. Dans les plis trés jeunes, on observe déjà au milieu un
faisceau d’hyphes dont l'orientation est axiale (donc dans la lame de haut en
bas). Entre ce médiostrate et les palissades de | hyménium se trouvent des assises
assez larges. dans lesquelles les hyphes très minces (d. + 2um) du médiostrate
Fig. 4 : Coupe médiane d'un jeune stade; Fig. 5 : Coupe médiane d'un stade un peu plus
avancé Fig. 6 : La marge piléique du méme stade (fig. 5) sous un grossissement plus
fort: Fig. 7 : Le revétement du stipe (voile) sous les palissades hyméniennes.
Source : MNHN, Paris.
A.F.M. REIJNDERS
Source : MNHN, Paris
DEVELOPPEMENT D'HYGROTRAMA ATROPUNCTA 77
se déjettent vers l'extérieur, faisant ainsi preuve d'une s
mais dans ces couches laches on observe également des hyphes intriquées à cel-
lules trés courtes dont la direction est indéterminée. Quoique les hyphes se
serrent un peu sous les palissades, il n'y a aucune démarcation tranche dang
ces couches, de sorte qu'il est inévitable de les considérer dans leur totalite
comme le sub-hyménium et non pas comme des strates latérales. selon la def.
nition de SINGER. Le pli à la structure susmentionnée a étc photographié
(fig, 8) et il a une hauteur d'environ 290pm et une largeur à la base (cu 4 ect
le plus large, la forme étant triangulaire) de 180um: le médiostrate a une largeur
de 30-40um et le subhyménium de 15-20um. Une telle trame est en principe
d'emblée divergente mais le sub-hyménium est déjà présent dans les plus jeunes
plis. Une modification secondaire s observe quand les hyphes intérieures du
médiostrate commencent à s'intriquer à partir de la base de la lame, de sorte
que cette partie centrale enchevêtrée. à hyphes un peu plus élargies, prend une
forme triangulaire avec l'angle du sommet dirigé vers le bas, Quelques hyphes
parallèles du médiostrate initial sont écartées, mais elles restent provisoirement
entre le sub-hyménium et la partie centrale du médiostrate, formant ainsi un
hyménopode. L'hyménopode naît presque toujours de la partie latérale du
médiostrate à hyphes parallèles, quand les cellules dans les hyphes centrales
de celui-ci s enflent. Dans ce cas, l'inflation est modérée; MOSER (1978 : B)
pare de «ziemlich weitlumigy et de «pseudoparenchymatisch irregulär mit
schwacher Längsorientierung» (hyménopode?). Nous avons photographié ce
stade passager avec l'hyménopode (fig. 9); la hauteur de la lame était de 760m.
la largeur à sa base de 315um, à sa tranche de 90um; le diamétre des hyphes
les plus larges était de 7-8um et la largeur de l'hyménopode de seulement 8um.
Une étude comparative de la naissance de la trame des lames chez plusieurs
genres d'Agaricales évolués, montre que la trame emmélée secondaire dérive
généralement de la trame régulière. Hygrotrama atropuncta se caractérise donc
par une trame bien évoluée.
tructure divergente,
CONCLUSIONS
Outre la structure particulière de la trame des lames, qui est surtout remar-
quable du point de vue de la position systématique de l'espèce en question,
nous avons pu constater une angiocarpie primaire, à voile universel faible, sans
doute. mais indéniable. La couverture piléique celluleuse se compose de chaines
de cellules et représente une différenciation du voile plutôt qu'un piléipellis.
Sous une forme plus réduite la même structure se trouve le long du stipe.
Pour dépister la présence des voiles, il faut examiner les primordiums dans un
stade trés jeune; les voiles sont typiquement des organes qui ne sont utiles que
Fig. 8 : Trame d'un jeune pli lamellaire; Fig. 9 : Trame d'une lame plus développée: Fig.
10 : La surface du stipe à l'endroit où les palissades hyméniennes et les touffes de poils
vélaires se touchent.
Source - MNHN. Paris
78 A.F.M. REIJNDERS
dans les phases initiales. ce qui ne veut pas dire que l'on n'en retrouve rien sur les
adultes. Mais il faut souvent se servir du microscope pour révéler ces restes
éphémères. HESLER et SMITH (1963 . 101) nient l'existence d'un voile chez
Hygrotrama atropuncta. Parmi les autres espèces de ce genre qu'ils décrivent,
il y en a avec le pied d'abord couvert de flocons ou avec le pied pruineux ou
fibrilleux en haut. De telles formations peuvent indiquer la présence d'un voile
dans la jeunesse. mais on l'ignore dans ces cas.
Les mémes auteurs ont exclu de leur section Hygrotrama les espéces chez
lesquelles la couverture piléique ne renferme que des cellules «cystidioides»
mais parmi les espèces qu'ils admettent, il y en a quelques unes où le prétendu
hyméniderme n'est pas toujours très serré, ou bien ils parlent même d'un tricho-
derme. MOSER (l.c., 6) fait remarquer que chez Hygrotrama schulzeri (Bres.)
Sing. (= Camarophyllopsis Herink). le piléipellis renferme des cellules rondes,
qui ne forment pourtant pas une couche continue.
Quant à la structure de la trame des lames chez ces espèces, KUHNER (I. c..
696) la traite d'une maniére comparative et détaillée. Nous n'entrerons pas
dans tous ces détails. mais il y a lieu de conclure que la structure définitive
chez Hygrotrama atropuncta — structure à trame irrégulière née d'une trame
régulière — représente le degré le plus évolué d’un échelon de formes de plus
en plus similaires.
KUHNER (l. c., 697) énumère une série d'arguments en faveur de la position
exceptionnelle et évoluée de Hygrotrama : l'absence de boucles chez presque
toutes les espèces, la différenciation hyméniforme du revêtement piléique, les
spores globuleuses et binuclées. D'après l'étude de l'ontogénie. on peut ajouter :
la trame spécialisée des lames et la présence d’une angiocarpie primaire. Mais
l'ontogénie révèle aussi des caractéristiques primitives : la stipitocarpie et la
décurrence des lames. En somme, ce groupe ne semble pas être mal placé dans
le voisinage des Hygrophoraceae
On peut qualifier l'espèce de stipitocarpe et de monovélangiocarpe. La diffé-
renciation du revêtement piléique n'est que partiellement une structure propre
au piléus; la dénomination hyméniderme n'est pas applicable dans ce cas.
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SINGER R., 1975 — The Agaricales in modern taxonomy. 3d ed. Vaduz : VI +912.
Source : MNHN, Paris
79
OBSERVATIONS ON NUCLEAR MIGRATION
AND HETEROKARYOTIZATION IN ARMILLARIA
by K. KORHONEN*
SUMMARY. — Heterokaryotization in compatible matings of Armillaria «species B» was
studied with phase contrast microscopy and genetical methods. The velocity of nuclear
migration is slow in comparison to the results obtained for other fungi. After the migrating
nucleus has traversed a hypha, the cytoplasm and old nuclei largely disappear. Later on
multinucleate cells appear. They are divided into binucleate cells from which the dikaryotic
hyphae start by branching. After some irregular divisions, dikaryotic cells with clamp
connections appear, but the nuclei in the tip cells soon fuse and the final result is hyphae
with uninucleate diploid cells.
RESUME. — Étude, à l'aide de la microscopie à contraste de phase et de méthodes géné.
tiques, de l'hétérocaryotisation chez Armillaria «espèce Ba. La vitesse de migration des
noyaux s'est révélée lente, par comparaison avec les résultats obtenus chez d'autres champi,
gnons. Aprés le déplacement du noyau en migration tout au long d'une hyphe, le cyto-
plasme et les noyaux âgés y disparaissent en grande partie. Plus tard, des articles multi
nucléés se forment; ils se cloisonnent en articles binucléés dont procèdent par ramification
les hyphes dicaryotiques. Après quelques divisions irrégulières, des articles dicaryotiques
bouclés apparaissent, mais les noyaux des articles apicaux fusionnent bientôt et l'on observe
finalement des hyphes à articles diploïdes uninucléés.
The haploid phase in the life cycle of Hymenomycetes is represented by the
basidiospore and the homokaryotic mycelium which grows from it. When two
compatible homokaryotic mycelia meet each other, one or more cells fuse and
the process of heterokaryotization starts. There are species in which the hetero-
karyotic hyphae arise almost directly from the fused cells (HARNACK, 1931).
but in most of the species studied the process is more complicated.
* Finnish Forest Research Institute, Unioninkatu 40 A, SF-00170 Helsinki 17, Finland
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris.
80 K. KORHONEN
A phenomenon called nuclear migration forms an essential part of hetero-
karyotization (BULLER, 1931). The foreign nuclei invade the mycelium, divide
repeatedly, associate with the original nuclei to form heterokaryotic cells and
eventually the whole homokaryotic mycelium becomes heterokaryotic.
A prerequisite for nuclear migration in Hymenomycetes is partial disintegra-
tion of the hyphal septa. In Schizophyllum it is promoted by an enzyme, R-
glucanase, which shows increased activity only in those mating combinations
where different B incompatibility factors are involved (WESSELS and NIEDER-
PRUEM, 1967). However, a comparable increase in the activity of this enzyme
has not been detected in Coprinus (HAYLOCK et al., 1980).
Most of the evidence for nuclear migration has been obtained indirectly,
using genetical methods to show the distribution of foreign nuclei in the myce-
lium (SNIDER, 1965; ROSS, 1976). Furthermore, direct observations have been
made on migrating nuclei either in fixed preparations or in living hyphae with
the aid of phase contrast microscopy (NIEDERPRUEM, 1980 a).
Recent studies on the Armillaria mellea complex have revealed an unusual
life cycle with diploid nuclei in the vegetative mycelium (ANDERSON and ULL-
RICH, 1982). There is usually, however, a distinct but transient dikaryotic
stage in the mating (KORHONEN and HINTIKKA, 1974; KORHONEN, 1978).
In connection with the studies cited above, some observations were made on
the migration of nuclei and heterokaryotization in Armillaria, These obser-
vations are presented here.
MATERIAL AND METHODS
Single-spore cultures, isolated from one fruit body of Armillaria «species B»
(KORHONEN, 1978), were cultured at room temperature (20-22°C) on agar
medium containing 1 or 0,1 % malt extract. For phase contrast microscopy,
a thin layer of 0,1 % malt extract agar in a Petri dish was inoculated with two
compatible single-spore isolates, at a distance of a few mm from each other.
After the two cultures had come into contact the mycelia were covered with a
cover glass and studied with a Wild M20 phase contrast microscope. For photo-
micrography, a Wild MEL 13 automatic microscope camera was used.
The rate of advancement of compatible nuclei in a haploid mycelium was
estimated using genetical methods. A Petri dish was inoculated with a single-
spore culture and covered with cellophane to prevent the growth of aerial
mycelium. After 4 weeks, when the culture had reached a diameter of 40-
50 mm, the cellophane was removed and the culture inoculated with a compa-
tible isolate in the middle or at the margin of the colony. Small pieces of the
mycelium were removed at different distances from the point of inoculation
after 10 and 33 days. They were transferred to a new medium, cultured for 3
weeks and the diploidy or haploidy of the mycelium concluded from the exter-
nal appearance of the colony (KORHONEN and HINTIKKA, 1974).
Source : MNHN, Paris
NUCLEAR BEHAVIOUR IN ARMILLARIA
Fig. 1. — A compatible nucleus migrates proximally in a homokaryotic mycelium. It
traverses a partially dissolved septum (a-c), passes along a fusion bridge to another
hypha of the same mycelium (4), passes a local nucleus (e-h), and moves through the
next septum (i-k). At a later stage (1) the migration hyphae are almost filled with va-
cuoles but not dead. Time elapsed from the first picture is indicated. The arrow indicates
the nucleolus of the migrating nucleus. The exposure time is 0,5-1 sec.
Source : MNHN. Paris
82 K. KORHONEN
RESULTS
After the advancing fronts of the compatible mycelia had met each other,
the first cell fusions usually developed about one day later. The details of the
fusion were not seen. In one recorded case nuclear migration started about 3
hours after cell fusion.
As the migrating nucleus proceeded through the hyphae, partial disintegration
of the septa took place in front of it. Only those septa situated on the migration
route were dissolved while those situated in branches outside the migration
route, although very close to it, appeared to remain intact (Fig. 1).
The migrating nucleus traversed the disintegrated septa (Fig. 1, a-c and i-k),
passed by local nuclei (Fig. 1, e-g) and divided now and then, but not in every
cell. According to a few recordings, division of the migrating nucleus took place
about every two hours whereas the division of nuclei in actively growing tip
cells under similar conditions takes place once about every 5 hours. A complete
septum was formed at the point where the migrating nucleus divided, often
close to an old disintegrated septum.
Rather fundamental reorganization seemed to take place in the migration
hyphae after the migrating nucleus had passed them. The old homokaryotic
cytoplasm largely disappeared and the hyphae became heavily vacuolated (Fig.
1, 1). At a later stage multinucleate cells could be found in the migration hyphae
(Fig. 2). They divided in some unknown way into short cells containing two
compatible nuclei. These cells started to grow as branches of the main hypha and
together formed a dense mycelial aggregate. The first divisions in the branches
were more or less irregular. Often they were so called 1-2-1 divisions (KORHO-
NEN and HINTIKKA, 1974). The normal conjugate divisions with clamp for-
mation started later on, and, even later, the somatic diploidization took place in
the dikaryotic tip cells (KORHONEN and HINTIKKA, 1974).
The general rate of advancement of diploidization in a haploid mycelium,
as estimated by genetical methods, varied between 0,7 and 2,0 mm/day (30-
80um/h) with an average of 1,1 mm/day (45um/h; 25 determinations). The
migration proceeded at about an equal rate in the proximal and distal directions
in the mycelium. The momentary velocity of a migrating nucleus, as estimated
from Fig. 1, a-k, is approximately 170um/h, or about 4 mm/day. It should
be noted that the nucleus did not divide during this movement. The growth
rate of haploid and diploid hyphal tips under similar conditions was 0,5-
0,8 mm/day, depending on the strain.
DISCUSSION
The observations presented above on the heterokaryotization of Armillaria
are fragmentary only and many details remain unsolved. In general, the hetero-
Source : MNHN, Paris
NUCLEAR BEHAVIOUR IN ARMILLARIA 83
karyotization process in Armillaria resembles that of Clitocybe truncicola
(BISTIS, 1970), as is to be expected on the basis of the relatedness of these
two mushrooms.
Besides compatible matings, disintegrated septa can also be found in one
hemicompatible mating factor combination of Armillaria. In this case, the
hyphae with incomplete septa are usually restricted to a narrow zone between
the paired mycelia (KORHONEN, 1978).
SNIDER (1965) collected the data available on the rate of nuclear migration
in fungi. The recorded values for the Basidiomycetes Coprinus, Schizophyllum,
Fig. 2. — A multinucleate cell in a migration hypha. Stained with HCI-Giemsa (KORHO-
NEN and HINTIKKA, 1974).
Fig. 3. — The spread of diploid mycelium into its haploid component mycelia. The Petri
dish has been inoculated with two compatible single-spore isolates, both of them as a
long thin inoculum from the middle to the margin of the dish. The diploid mycelium,
which does not produce many aerial hyphae, spreads slowly from the middle towards the
margins. Spreading is, however, 2-3 times faster than the growth of the hyphae. Age
of culture 25 days.
Source : MNHN, Paris
84 K. KORHONEN
and Cyathus are in the range of 0,37 to 3,2 mm/h. Later, ROSS (1976) reported
a very high migration rate in Coprinus congregatus : 40 mm/h or more in young
(3-7 days old) mycelia. The rate was very much dependent on the age of the
mycelium, and in a 14 days old mycelium, the migration rate fell to 1,25 mm/h.
Compared with these data, the recorded rate of nuclear migration and hetero-
karyotization in Armillaria is low. It may be somewhat faster in inter-stock
matings (KORHONEN, 1978) which were «ot investigated in this study. Al-
though slow, the rate of heterokaryotization is usually 2-3 times faster than
the growth rate of hyphal tips (Fig. 3). Only the growth rate of rhizomorphs
may exceed the rate of nuclear migration, but haploid cultures of Armillaria
produce few rhizomorphs, as compared with diploid ones.
The nuclear migration observed in Armillaria was not associated with streaming
or pulsation of the cytoplasm, or the movement of other organelles visible under
the phase contrast microscope. It is generally assumed that cytoplasmic micro-
tubules play a role in nuclear movements but the exact mechanism is so far
unclear (NIEDERPRUEM, 1980 a).
An interesting and largely unsolved question is what happens in the migra-
tion hyphae after the migrating nucleus has passed them. Typical phenomena
for this stage are heavy vacuolization, as well as irregularities in the septation
and in the number of nuclei per cell (BISTIS, 1970; RAUDASKOSKI, 1973:
NIEDERPRUEM, 1980 b). BISTIS (1970) suggested that the change from stable
homokaryon to stable dikaryon may involve the gradual synthesis of a new
form of cytoplasm. The analysis of proteins support this interpretation : the
proteins of a dikaryon are quite different to those of component homokaryons,
even in the case where the homokaryons are very isogenic (ROSS et al., 1973).
In many of the species studied, the first divisions of dikaryotic cells formed
from the migration hyphae show irregularities, and the normal conjugate divi-
sions take place only after some time has passed (BISTIS, 1970; RAUDAS-
KOSKI, 1973). At this stage the coordination between the two nuclei, or
between the nuclei and the cytoplasm, is apparently incomplete. A comparable
lack of coordination can be seen in a uninucleate hyphal cell isolated from a
dikaryotic mycelium (KORHONEN and HINTIKKA, 1974). It is interesting
to note, on the other hand. that there are species in which the dedikaryotization
of hyphal cells, without conidial formation, apparently takes place easily (ARI-
TA, 1979).
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stability, and mating behavior. Can. J. Bot. 60 : 432-439.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
87
THICK-WALLED BASIDIA IN AGARICS
by R. WATLING* and A. CHANDRA**
SUMMARY With discussion the new term crassob,
asidium is proposed for the thick-
walled basidial structures found in agarics and particular! A Ы
ly in the genus Armillaria,
RESUME. — Proposition, avec discussion, du terme n.
baside pour définir les éléments basidiaux à
agarics et notamment dans le genre Armillaria,
ouveau de crassobasidium ou crasso-
paroi épaisse que l'on observe chez certains
A prerequisite for any studies on ecology and pathogenicity of a particular
fungus is its correct identification. In many studies such accurate determinations
have been achieved but failure to differentiate species of Armillaria has led
over the last twenty five years to confusion in the literature and difficulties
in explaining the behaviour or role of different taxa in different diseases of
forest trees, ornamentals and fruit crops, and in natural communities.
Prof. ROMAGNESI has done much to rectify this omission indeed he has
probably contributed more than any other single author towards making myco-
logists and plant pathologists aware that more than one species of Armillaria
exists in Europe. His studies (ROMAGNESI, 1970; 1973) have been paramount
in unravelling and delimiting the taxa involved and are now the basis of many
corridors of study both classical and experimental. The realization of the pre-
sence of several common pathogenic European species of Armillaria is of great
importance.
Through this work and the senior author's experiences in the British Isles,
an examination of Australian species of the genus Armillaria appeared to be
necessary as in that continent A. mellea (Vahl ex Fr.) Kummer was considered
a widespread pathogen. KILE & WATLING (1981, ined.) are at present under-
taking a survey of the species involved but because of suggested similarities
* Royal Botanic Garden, Edinburgh EH3 SLR, Scotland.
** 47 a Haripada Datta Lane, Calcutta 700033, India.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
88 R. WATLING & A. CHANDRA
between the Indo-Malaysian vascular plant flora and some elements in the
Australian plant flora the present authors thought it necessary to reappraise
taxa described from the Indian sub-continent. During this survey (WATLING
& CHANDRA, ined.) the presence of thick-walled basidia in the hymenium
had to be considered.
SINGER (1951 a) was the first to draw attention to the fact that thick-
walled basidia were found in the hymenium of certain species of agaric. It was
shown by him that these structures were useful in delimiting taxa and that
they varied considerably in morphology. In studies by SINGER & CLÉMENCON
(1972) such structures in Armillaria were shown to be characteristically 7-
nucleate.
During our study of Indian species of Armillaria the opportunity was taken
to determine whether the occurence of thick-walled basidia was significant
and suitable as a taxonomic character. As this was found to indeed be the case
a search for thick-walled basidia in all collections of this genus is made routi-
nely. In recent studies on European (MARXMULLER, 1982) and Australian
taxa (KILE & WATLING, in press) the distribution of thick-walled basidia
has been documented.
Such structures have been called sclerobasidia by SINGER (1951 a & subseq.)
but this term is unacceptable.
According to SNELL & DICK (1957) the term sclerobasidium was introduced
by JANCKER (1923) for a thick, encysted gemma-like probasidium found
in the Uredinales and Auriculariales. It was considered a resting cell resistant
to external changes. The application of such a term to the thickened basidia
in Armillaria, if not all agarics, is therefore unjustified. In contrast AINSWORTH
& BISBY (1961) equate the sclerobasidium with the hypobasidium of members
of the Heterobasidiomycetes, especially the teleutospore of the Uredinales
and chlamydospore of many Ustilaginales. Thus even applying the term in its
original sense it covers two quite different organs, ie, the teleutospore consisting
of a probasidium which develops into an external metabasidium or transforms
into an internal metabasidium, and a dangeardian which produces a non septate
germ-tube with apical spores (Tilletiales), or a four-celled germ-tube lacking
forceably discharged ballistospores (Ustilaginales).
The structures in Armillaria cannot therefore be called sclerobasidia. For
these structures we therefore propose the new term crassobasidium. Crassobasi-
dia (Fig. 1) range in morphology from structures possessing very thick often
coloured walls when they are easily recognised, to only slightly thickened walls
when they can be distinguished from more normal basidia by their rigid nature,
their glassy appearance especially under phase contrast and the often accentua-
ted, strongly curved sterigmata; these same cells are often broader or more
elongated than normal basidia. In addition they often produce thickened spores
and become once or more septate, more rarely twice, above mid-way or in the
pedicel of the basidium. In ammoniacal or alkali mounts of the hymenium
crassobasidia stand out against the surrounding hymenial cells; rarely are they
cystidioid but they sometimes fragment.
Source : MNHN. Paris
89
10ym
—————À
Fig. 1.— Basidium in Armillaria spp. : A. septate crassobasidium, Armillaria vara Pakistan,
Shi Mycological Herb. 2208; B. A. adelpha : Darjeeling; C. A. adelpha : Sikkim; D &
E. A. fuscipes from Peradeniya; F. A. mellea agg. 2178 from Pakistan, Material all in К.
Source : MNHN. Paris
90 R. WATLING & A. CHANDRA
It is suggested that the sclerotised basidium is possibly a step towards an
abbreviated life-cycle where on the elimination of spore formation the basidia
act as propagules themselves. However, it is difficult to imagine the selective
advantage of such structures scattered in what is otherwise a normal hymenium,
when compared for example with members of the Podaxales (HEIM, 1932).
Members of this order characterise arid regions and a possible functional pattern
for thickened structures in such an adverse environment can be appreciated.
There is no indication either from personal observations or those of Aindrila
CHANDRA working with Indian species of Armillaria or from the literature
that basidiospore ejection takes place in these crassobasidia, or whether the
spores so formed function normally; cultural studies have not elucidated this.
In contrast in some species of Fayodia s. I, thick-walled basidia of normal
function are exceptionally found in this genus according to SINGER (1962).
SINGER (1951 a), because of the taxonomic significance of crassobasidia,
has proposed a relationship between members of the Armillaria mellea group
and species of Aeruginospora, eg. A. singularis (Hoehnel) Singer, and even
Hygrophorus hymenocephalus Smith & Hesler. Crassobasidia can be located
in the hymenium of these last hygrophoroid agarics. SINGER (1951 a) in the
arrangement he adapted for these fungi realized the presence of a hiatus but
suggested that once Armillariella (= Armillaria) was clearly delimited from
Omphalina, this would be solved and a new arrangement for these fungi could
be expected. Crassobasidia have not been found in any species of Omphalina
so far studied nor have they been found in members of the genus Clitocybe,
а taxon in which Armillaria mellea has often previously been placed (WATLING,
KILE & GREGORY, 1982).
Since 1951 Armillaria densifolia Singer apud Singer & Digilio has been
transferred to Lulesia (SINGER, 1970) and A. ditopa Singer to Arthrosporella
(SINGER, 1970), and the genus Omphalina restricted and linked to Clitocybe
whilst many of its traditional species were transferred to an expanded concept
of Gerronema Singer, a genus described in 1951. The Aeruginospora group
was recognised by SINGER as being distinct in 1962 and returned to the
Hygrophoraceae s. auct, pl. This is the best solution at the moment simply
utilizing the morphology of the hymenial elements, but with the proliferation
of genera a new look at all the tricholomataceous agarics is urgently required.
At present all the armillarioid taxa observed with crassobasidia in Australia
and India belong to the genus Armillaria, albeit in some cases to undescribed
taxa; material in national herbaria which has been examined and found not to
belong to this genus has been shown to be because the original material was
mis-identified in the first instance.
One of us (RW) would like to thank Helga MARXMULLER for helpful
discussion which unfortunately took place whilst her paper on European species
of Armillaria was at press
Source : MNHN, Paris
THICK-WALLED BASIDIA IN AGARICS 91
REFERENCES
AINSWORTH G.H. & BISBY G.R., 1961 —
Mycol. Institute, Kew.
CHANDRA A. & WATLING R. (in press)
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JANCKER E. 1923 — Die Stelling der Uredineen und Ustilagineen System der Pilze.
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MARXMULLER H.. 1982 — Etude morphologique des Armillaria з. str. & anneau. Bulletin
Trimestriel de la Société Mycologique de France 98 : 87-124.
ROMAGNESI H., 1970 — Observations sur les Arm
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ROMAGNESI H., 1972 — Observations sur li
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ined.) — Armillaria species from south-eastern Australia. Trans.
nillariella 1. Bulletin de la Société Myco-
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SINGER R., 1951 b — New genera of Fungi. Mycologia 43 : 598-684.
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SINGER R., 1970 — Omphalinae. Flora Neotropica 3 : 1-8
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European agarics. Nova Hedwigia 23 : 305-351.
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WATLING R., KILE G.R. £ GREGORY N.M., 1982 — The genus Armillaria -Nomencla-
ture, Typification, the Identity of Armillaria mellea and species differentiation. Transac
tions of the British Mycological Society 78 : 271-285.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
93
SOME CLAMPLESS SPECIES OF CLITOCYBE
by H.E. BIGELOW*
SUMMARY. — Six species, found in the United
connections on hyphae of the basidiocarp and oj
them which are new : C. borealis, C. adustiterrici
mophila, are described.
States, of small Clitocybes without clamp
n the base of basidia, are studied. Five of
ola, C. payettensis, C. hesleri and C. solu.
RÉSUMÉ. — Étude de six espéces nord-américaines de
aux cloisons des hyphes qu'au pied des basides, et d.
nues comme nouvelles: C. borealis, C adustiterricola,
phila.
petits Clitocybes sans boucles, tant
lescription de cing d'entre elles recon-
C. payettensis, C. hesleri et C. solumo
This contribution treats some small Clitocybes, found in the United States,
which do not have clamp connections on hyphae of the basidiocarp as well
as the bases of basidia. In my opinion such species are part of a reduced series
which belong to subgenus Pseudolyophyllum, section Omphalinae. They are
treated by SINGER (1975) in Omphalina, section Defibulatae, which includes O.
rustica (Fries) Quélet sens. Bresadola, O. oreades Singer (Clitocybe albimontana
Bigelow), O. defibulata Singer, and O. telmatiaea (Berkeley and Cooke) Dennis.
The last taxon does not belong to this group though, as my examination of the
type material (G. MASSEE, Scarsboro, 10 August 1882, NY) did reveal the
presence of clamp connections on hyphae of the pileus, An additional species
without clamps has been described often from Europe under O, grisella (Wein-
man) Karsten, O. velutina (Quélet) Quélet, or O. pseudoandrosacea (St. Amans)
Moser. Also, O. subalpina Horak has been described, but the spores are finely
roughened at times and cystidia are present. Omphalina atrovelutina Romagnesi
has small spores, 3,5-4,2 x 3,5-3,7um, and intracellular pigment in the cutis
hyphae of the pileus.
The colors noted in parentheses are from RIDGWAY (1912).
* Department of Botany, University of Massachusetts, Amherst, Massachusetts 01003, USA.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
94 H.E. BIGELOW
Clitocybe borealis Bigelow, sp. nov.
Pileus 5-10 mm latus, convexus demum planus, subdepressus, margine subsulcatus, laud
striatus, fibrillosus vel discus squamosus, impolitus, subhygrophanus, fuscus tum griseo.
ochraceus. Lamellae decurrentes, subdistantes vel distantes, latae, bubalinae vel albidae.
Stipes 10-12 mm. longus, 1 mm crassus, aequalis, solidus, pruinosus, brunneus. Sporae
6-8,5 x 4-5Um. Caulocystidia pigmentae encrustatae. Hyphae defibulatae.
Holotypus legit V. WELLS et P. KEMPTON, n. 2298; Eklutna Lake, Alaska; 13 July
1966 (MICH)
Pileus 5-10 mm broad, convex with an incurved margin, becoming broadly
convex and shallowly depressed. margin subsulcate but not pellucid striate,
surface unpolished, dry, margin radially appressed fibrillose, disc subscaly or
scaly, medium gray brown but drying to dull gray ochre; context light grayish
tan, thin (0,5-1 mm at disc).
Odor not distinctive.
Lamellae decurrent, subdistant to distant, broad (1,5-2 mm), slightly inter-
venose, pale tan to nearly white, slightly darker in age.
Stipe 10-12 mm long, apex 1 mm thick, equal, solid, surface dry, pallid
pruinose, ground color light to medium brown.
Spores 6-8,5 x 4-5um, mostly ellipsoid but at times ovid or obovoid, smooth,
inamyloid.
Basidia 1-, 2-, or 4-spored.
Pileus cutis homogeneous, dark brown in KOH, hyphae 1,5-11,5um diam.,
cylindric to slightly inflated, with encrusted pigment.
Hymenophoral trama of interwoven hyphae, cylindric, 3-5,5um diam, at
times with encrusted pigments.
Clamp connections absent.
Caulocystidia brown in KOH, end cells 15-25um long, 8-13um broad, cylin-
dric to subclavate, with encrusted pigment, usually in fascicles.
Gregarious. On clay soil at road edge.
The distinguishing characters from other clampless species are : a nonstriate
pileus when moist, the scaly disc at least when faded, and particularly the brown
caulocysts with encrusted hyphae. Clitocybe albimontana, as well as others
lacking clamps but having pubescent stipes, have smooth hyaline caulocysts.
The caulocysts of C. borealis are not merely recurved surface hyphae as these
caulocysts often are in fascicles with enlarged terminal cells.
Clitocybe albimontana Bigelow, Rhodora 68 : 178. 1966.
The type of this species (Omphalina oreades Singer, Pap. Michigan Acad.
Sci, Arts & Letters 32 : 123. 1946), deposited at the Farlow Herbarium, Har-
vard University (FH), was discovered on Mt. Washington, White Mountains
National Forest, New Hampshire. Later, Dr. Margaret Barr BIGELOW and I
Source : MNHN. Paris
CLAMPLESS SPECIES OF CLITOCYBE 95
found more specimens on two sites at about 1800
tion was published with a transfer to Clitocybe.
became aware of lichenized agarics and reexamin
Botrydina was indeed present on the substrate
collection made in 1954.at Snow Lake, Mount Rainier National Park, Washington,
by Dr. AH. SMITH (BIGELOW n. 2159, MICH) also has been identified as C.
albimontana. It too possessed a small quantity of Botrydina on the moss sur-
rounding the stipe base. The basidia of these specimens were two spored rather
than four spored, otherwise the macroscopic description was the same as the
Mt. Washington specimens.
m, and an additional descrip-
From the research of others, 1
ed these specimens to find that
at the base of stipes. Another
With similar habitats, the absence of clamp connections, the presence of
caulocystidia, in Clitocybe albimontana and the European Om
phalina velutina
(O. grisella, O. pseudoandrosacea),
naturally a comparison of all characters
was provoked. On present evidence I have concluded that though closely related
C. albimontana is not identical because of a color difference, Agaricus umbelli-
ferus var. grisellus Weinman is described originally as having a « fuligineo-griseus»
pileus and stipe concolorous with lamellae which are «albofuligineus». Thus,
O. grisellus has a brownish gray pileus and stipe unlike the dark brown found
in C. albimontana. Omphalina velutina is described as having a pileus which
is «gris chamois», again not the color of C. albimontana. Omphalina defibulata,
described by Dr. SINGER from Tierra del Fuego, also has a number of charac
ters in common with C. albimontana, but spores are 6,7-7um long in contrast
to those of 7,5-104m long known for C. albimontana. Whether or not Botrydina
occurs with O. defibulata was not reported, and 1 have not studied the type
specimens.
Clitocybe adustiterricola Bigelow, sp. nov.
Pileus 5-10 mm latus, planus, interdum subdepressus, margine striatus, interdum undu
latus, glaber, murinus, striae et discus atrobrunneus. Lamellae decurrentes, distantes, latae,
cinereae vel cum pileus concolores. Stipes 1-2 cm longus, 1 mm crassus, attemuatus deor.
sum, glaber, aquaticus et fragilis, cum pileo concolor vel fusco-murinus. Sporae 7,5-8,5 x
3,5-5um. Hyphae defibulatae.
Holotypus legit A.H. SMITH, n. 3610; Booth, Oregon; 24 November 1935 (MICH).
Pileus 5-10 mm broad, plane with the margin decurved at first, becoming
horizontal in age, wavy at times, entire, striate, disc slightly depressed at times,
surface moist, glabrous, grayish brown («buffy brown»), with darker striations
and disc (near «clove brown»); context very soft and fragile.
Lamellae long decurrent, distant, rather broad, pale gray then concolorous
with pileus in age.
Stipe 1-2.cm long, + 1 mm thick, apex enlarged and tapering downward,
surface glabrous, watery fragile, concolorous with pileus or darker.
Spores 7,5-8,5 x 3,5-5um, ellipsoid or sometimes ellipsoid-oblong, smooth,
inamyloid.
Source : MNHN, Paris.
96 H.E. BIGELOW
Basidia 19-27 x 5.5-7um, 4-spored.
Pileus cutis dark brown in KOH, hyphae cylindric, 2,5-4um diam, with
spirally encrusted pigment.
Context light brown in KOH, hyphae cylindric to somewhat inflated, 6,5-
11m diam, smooth and hyaline or encrusted.
Hymenophoral trama of undulate-subparallel hyphae, cylindric, 3-4,5um
diam, encrusted or smooth.
Clamp connections absent.
Gregarious. On burned earth.
This species is distinctive from others in the group by combination of the
colors with a glabrous stipe, lamellae from gray to brown, and the occurrence
on burned earth.
Clitocybe payettensis Bigelow, sp. nov.
Pileus 5-12 mm latus, plano-convexus vel planus, interdum turbinatus, demum subde-
pressus, glaber, hygrophanus vel subhygrophanus, avellaneus, striae atroavellaneae, demum
pallescens et opacus, margo laceratus; caro mollis, angustissimae. Lamellae decurrentes,
latae, distantes, avellaneae vel vinaceo-alutaceae. Stipes 1,5-3 cm longus, circa 1 mm crassus,
aequalis, fragilis, glaber, atroavellaneus. Sporae 8-11,5 x 4-6um. Basidia bisporae. Hyphae
defibulatae.
Holotypus legit AH. SMITH. n. 44296; Payette Lake, near McCall, Valley Co., Idaho;
28 June 1954 (MICH).
Pileus 5-12 mm broad, plano-convex or plane, disc slightly depressed in age,
shape sometimes turbinate, surface glabrous, hygrophanous or subhygrophanous,
avellaneous when moist and with slightly darker striations, paler when faded
or remaining avellaneous, opaque. at times slightly sulcate along margin, splitting
readily; context very thin and soft, grayish.
Odor and taste not distinctive.
Lamellae decurrent, broad, distant, avellaneous to near vinaceous buff.
Stipe 1,5-3 cm long, + 1 mm thick, equal, fragile, glabrous, darker than the
pileus and lamellae (i. e., «wood brown»).
Spores 8-11,5 x 4-6um, shape variable : ellipsoid or sometimes narrowly
ovoid or obovoid, in profile sometimes lacrymoid or bent or inequilateral,
smooth, inamyloid.
Basidia 18,5-26,5 x 4,5-5.5um , 2-spored.
Pileus cutis pale fuligineous in KOH, hyphae cylindric, 1,5-4um diam., smooth
or with encrusted pigment.
Context hyaline, hyphae 5-10um diam, cylindric or inflated, smooth.
Clamp connections absent.
Gregarious, On moss and algae on wet rocks.
Only two-spored basidia are known for this species, and initially 1 thought
that the collection might be only a form of another species which had four-
Source : MNHN, Paris
CLAMPLESS SPECIES OF CLITOCYBE 97
spored basidia and clamp connections, However,
North American collections of this section has not re
ат | convinced that a fourspored representative
other regions. The pale colors of pileus and stipe,
cystidia form the distinguishing set of features from oj
my examination of other
and the absence of caulo-
ther clampless species,
Clitocybe hesleri Bigelow, sp. nov.
Pileus 6-15 mm latus, convexus vel cam,
phanus, murinus vel fuscus, demum pallido-murinus. Lamellae admatae aj decur
confertae vel subdistantes, latae, cinereae,
i fuscescens. Stipes 1,5-2 cm longus, 1-1
crassus, aequalis, glaber, fumoso-brumneus. Sporae 7-9 x 3-4. Hyphoe defibslatac.
Holotypus legit L.R. HESLER, n. 8084; Roan Mountain, Mitchell Co., North Carolina;
20 July 1935 (TENN). orth Carolina;
panulatus, striatus, depressus, glaber, hygro
rentes,
,5 mm
Pileus 6-15mm broad, convex or campanulate, margin incurved at first,
striate, disc deeply depressed, surface glabrous, hygrophanous, brownish gray to
soot color («drab» to «fuscous)), paler and opaque when faded; context thin,
brownish gray («drab»).
Odor and taste mild.
Lamellae adnate to decurrent, close or nearl
grayish, darkening to pale fuscous.
Stipe 1,5-2 cm long, apex 1-1,5 mm thick, equal, surface glabrous,
brown, base with white mycelium.
y subdistant, moderately broad,
. smoky
Spores 7-9 x 3-4um, ellipsoid to nearly cylindrical or subfusiform in face
view, often inequilateral in profile, smooth, inamyloid.
Basidia 27-31 x 5,5-84m, 1-, 2-, 3- or 4-spored, sterigmata up to бит long.
Pileus cutis brownish in KOH, hyphae cylindric, 3-8,5um diam, with very
finely encrusted pigment.
Context hyaline in KOH, hyphae cylindric, 2,5-5,5um.
Hymenophoral trama hyaline, of undulate-subparallel hyphae, cylindric,
2,5-4,5um diam.
Clamp connections absent.
Gregarious. On soil and decayed wood in mixed woods.
The brownish gray to blackish pileus and close lamellae are departures from
others described without clamp connections as is the woodland site where the
collection was found. Whether or not the species is truly lignicolous is not
known. The variation in spore shape is perhaps notable too, but it was not
possible to associate any particular shape with any special number of sterigmata
on the basidia.
Clitocybe solumopbila Bigelow, sp. nov.
Pileus 8-12 mm latus, planus mox depressus, striatus, glaber, hygrophanus, cinnamomeus
Source : MNHN, Paris
98 H.E. BIGELOW
demum cinereus vel avellaneus, discus fibrillosus. Lamellae adnatae vel decurrentes, latae,
Subdistantes, pallido-cinereae vel avellaneae. Stipes 2-3 cm longus, + 1 тт crassus, aequalis,
Solidus, glaber vel apice pruinosus, cum pileo concolor. Sporae 5-7 x 3-4um. Basidia tetra.
sporae. Hyphae defibulatae.
Holotypus legit A.H. SMITH, n. 8501;Siskiyou National Forest, California; 5 November
1937 (MICH).
Pileus 8-12 mm broad, plane at first but the disc soon depressed, margin
incurved at first, broadly striate to disc, surface glabrous appearing moist,
hygrophanous, brown («snuff brown»), fading to ash color (near <avellancous»
minutely fibrillose on disc after fading; context thin, fragile, concolorous with
pileus surface.
Odor and taste not distinctive.
Lamellae broadly adnate to decurrent, broad, subdistant, concolorous with
faded pileus.
Stipe 2-3 cm long, + 1 mm thick. equal, solid, glabrous or the apex pruinose,
concolorous with pileus, base with slight whitish tomentum in age.
Spores 5-7 x 3-4um, ellipsoid to nearly ellipsoid-oblong, smooth, inamyloid.
Basidia 19-28 x 3,5-4,5um, 4-spored.
Pileus : surface appearing subgelatinous in KOH.
Cutis orangish brown in KOH, hyphae 2-5um diam, cylindric, with coarse
encrustations.
Context hyphae 3-8um diam., cylindric to slightly inflated, smooth or en-
crusted.
Hymenophoral trama of somewhat interwoven hyphae or undulate-subpa-
rallel hyphae, 2,5-7um diam, mostly cylindric, smooth or encrusted.
Stipe hyphae 2.5-5um diam, smooth, apex pruina consisting of short scatte-
red caulocysts, clavate, 15-304m long, 5-6um diam.
Clamp connections absent.
Scattered or gregarious. On mossy soil.
The small spores of C. solumophila in combination with the colors of the
basidiocarp and subgelatinous pileus cutis provide the distinguishing characters.
ACKNOWLEDGEMENTS
1 would like to thank Dr. Clark ROGERSON, The New York Botanical Garden, for
the opportunity to study the type collection of Agaricus telmatiaeus. Grateful appreciation
is expressed also to Dr. Alexander H. SMITH and Mrs Phyllis KEMPTON for the use of
their field notes.
BIBLIOGRAPHY
RIDGWAY R., 1912 — Color Standards and Color Nomenclature. Washington, DC. 43 p.,
53 pl.
SINGER R., 1975 — The Agaricales in Modern Taxonomy. J. Cramer, FL-9490 Vaduz.
912 p.
Source : MNHN, Paris
99
A PROPOS DE CLITOCYBE RIVULOSA (PERS.: FR.) KUMMER
par D. LAMOURE*
RÉSUMÉ. — Par les tests d’intercompatibilite entre haplontes, l'auteur est amenée à ratta.
cher les petits Clitocybes blancs ou blanchâtres à chapeau rivuleux soit à C. candicans soit
à C. dealbata. D'autres critères recoupent ces conclusions expérimentales : la couleur des
lames — plus blanches et beaucoup plus serrées chez candicans que chez dealbata — et
surtout l'habitat — C. dealbata est nettement praticole, C. candicans plutôt silvaticole méme
s'il peut s'aventurer dans les clairiéres et aux bords du chemin. L'auteur considére n'avoir
jamais eu en mains où reçu de la part d'autres mycologues C. rívulosa et donne une des.
cription de ce qu'elle détermine C. dealbata.
SUMMARY. — Even if the cap turns to rivulose, none of the numerous collections studied
here is, through the response to the tests of intercompatibility, anything else than C. candi
cans (silvaticolous, with quite pure white and very close gills) or C. dealbata (praticolous,
with coloured gills, not so strongly close). The author gives a description of what she names:
dealbata.
DONNÉES PRÉLIMINAIRES
Qu'est-ce que Clitocybe rivulosa? Il est évident que la plus grande confusion
règne dans la littérature quant à l'utilisation de ce binôme, en alternative avec
C. dealbata; le probléme se situe en effet au niveau de la bonne détermina-
tion des petits Clitocybes praticoles non typiquement hygrophanes, à chair
un peu colorée et dont le dessus du chapeau présente souvent avec l’âge
des rivulosités remarquables.
Nos premiéres recherches à propos de C. rivulosa remontent loin déjà, lorsque
nous avons eu récolté et identifié dans les dryadaies de la zone alpine le C.
* Laboratoire de Mycologie associé au C.N.R.S., Université Claude Bernard (Lyon 1),
43 boulevard du 11 novembre 1918 - F 69622 Villeurbanne Cedex.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
100 D. LAMOURE
rivulosa var. dryadicola de FAVRE. Reconnaître la variété dryadicola de FAVRE
était une chose: accepter la subordination à rivulosa des souches alpines en
était une autre . la démarche qui alors s'imposait était de confronter les mycé-
liums d'origine monosporique de souches dryadicoles avec ceux de souches
non alpines et d'accepter pour réponse au dilemme : subordination ou indépen-
dance, leur compatibilité ou leur non compatibilité. C'est avec des souches de
C. candicans, espèce des litières sous feuillus ou sous conifères, que les souches
de la microsylve à Dryas se sont révélées compatibles, ce qui nous amena (LA-
MOURE, 1965) à proposer la combinaison nouvelle C. candicans var. dryadi-
cola.
D'autres souches non alpines que celles de C. candicans avaient alors été
confrontées avec les souches dryadicoles : il s'agissait de souches praticoles
obtenues à partir de carpophores déterminés dealbata selon la tradition reçue de
R. KUHNER. Toutes ces -ouches déterminées dealbata, étaient intercompatibles,
ce qui laissait entier le problème «rivulosa». Nous avons alors concentré nos
recherches sur la délimitation des taxons dealbata et rivulosa et fait appel à plu-
sieurs mycologues de différents pays, afin d'avoir plus de chance de disposer
des deux espèces praticoles en cause. Ils ont bien voulu récolter pour nous ce
qu'ils pouvaient appeler «rivulosa» ou «dealbata», faire des dépôts stériles de
spores et nous les envoyer pour mise en culture. De notre côté,nous poursuivions
la récolte, description et isolement d’origine monosporique de nombreuses
souches. Le nombre de confrontations réalisées à ce jour dans le triangle candi-
cans - dealbata - «rivulosa» dépasse la cinquantaine. Nous ne rendons compte
ici que des résultats les plus significatifs en raison de la diversité des mycologues
et des lieux de récoltes.
RÉSULTATS
A) Se sont révélées étre C. candicans, par compatibilité avec les souches
ayant servi à la mise au point publiée en 1965, les récoltes suivantes :
— L. 68-212, Gotschuchen prés de Maria- Rain, Carinthie, Autriche, bord de
chemin sous Picea; récolte D. LAMOURE, déterminée candicans en dépit de la
grande taille de certains carpophores (jusqu'à 52mm pour le diamétre du
chapeau).
— L. 68-112, Monte Rovere, env. de Trente, Italie, bord de chemin, clairière,
Picea; leg. M. MOSER et det. rivulosa; décrit par nous «très rivuleux-concen-
trique» à lames très serrées crème-jaunâtre.
— Rom. 68-279, environs de Pont-sur-Yonne, France, dans la mousse sous
les Pins, leg. H. ROMAGNESI, det. rivulosa; les lames sont dites «très serrées».
— Jot du 7-1073 exposition mycologique d'Oyonnax, leg. H. ROMAGNESI.
— Rom. 74-370, environs de Clairac, Hérault, France, dans la mousse humide
sous Quercus pubescens et Q. ilex; leg. H. ROMAGNESI, det. cf. dealbata.
récolte 23.9.74, Betty Hill, Sutherland, Grande Bretagne, dans les dunes
Source : MNHN, Paris
À PROPOS DE CLITOCYBE RIVULOSA 101
fixées: leg. R. WATLING, det. rivulosa; le cha
blanchátres.
— L. 75-150 Ried prés de Hausrück,
récolte D. LAMOURE, déterminé candi
serrées blanchátre-jaunátre.
= Р. 80304, environs de Jaméysieu, prés Crémien Ain, France.
pliers, Saules et Aulnes; récoltes D. LAMOURE, déterminé
glacis blanc épais, lames très serrées blanchâtres.
peau est dit rivuleux et les lames
Haute-Autriche sous Picea et Abies;
cans; chapeau très glacé, lames très
. sous Peu-
cf. candicans?,
В) Se sont révélées être C. dealbata, ou du moins ce que nous appelons
ainsi, après confrontations avec les souches utilisées avant 1963 -
— Rom. 73-320, Monts de l'Orb, Hérault, F
chemin; leg, H. ROMAGNESI, det. rivulosa.
— Rom. 76-203, Quineville, Manche, France, dans les dunes littorales fixées,
leg. H. ROMAGNESI, det. dealbata; «lames serrées, non blanches, ivoire bru-
nâtre : Mu 10 YR 8/2-7/3.
— L: 72401, Le Chevalet, Courmangoux, Ain, France, maigre päture, Buis,
Genévriers; récolte D. LAMOURE, det. dealbata?
rivuleux-concentrique, lames peu serrées, non blanche
rance, dans l'herbe le long d'un
ou rivulosa? chapeau très
s, salies de brunatre.
— L. 80-306, environs de Genéve, Suisse, sur terre moussue, leg. O. RÓLLIN,
det. rivulosa; trés rivuleux; lames non blanches nette
Mu. 7.5 YR 8/3.
- L. 81-602, environs de Peyrat-Le-Cháteau, Haute- V
maigre; récolte D. LAMOURE, rivulosa?, très rivuleux,
moyennement serrées.
ment lavées de brunátre
ienne, France, pelouse
» lames non blanches
DISCUSSION
Il ressort de ces expériences que des récoltes identifiées erivulosa» par
différents mycologues se rapportent les unes à candicans, les autres a dealbata
Une explication peut être avancée : la rivulosité du chapeau qui retient l’atten-
tion du récolteur en quête de «rivulosa» peut n'être qu'un caractère structural
apparu à la suite d’un brusque dessèchement suivi de réimbibition: le glacis
superficiel si caractéristique, dû a une mince couche aérifére d'hyphes très
gréles et densément apprimées, s'affaisse et se collapse lors d'une brusque perte
d'eau au niveau de la chair sous-jacente, puis craque et se déchire partiellement
lors du retour à la turgescence. Nous avons eu l'occasion maintes fois d'observer.
l'apparition de cette rivulosité sur le chapeau d'autres Candicantes, tout parti-
culièrement sur ceux des dryadicoles privés, tout comme les praticoles, du
couvert atténuant les brusques variations d'humidité,
A ce point de nos recherches, nous constatons que toutes les récoltes faites
dans les pâtures, au bord des chemins ou des champs, dans les landes, se rap-
portent à une seule et même espèce, puisque toutes les souches sont parfaite-
Source : MNHN, Paris.
102 D. LAMOURE
ment intercompatibles. Mais nous nous posons la question de sa juste identifi-
cation.
Nous penchons pour dealbata plutôt que pour rivulosa, car méme si, pour
FRIES, rivulosa était une espèce très commune en Suède «est inter species
ubiquitarias, ad vias, in versuris, pratis muscosis … vulgatissima», il n’en est
peut-être pas de même ailleurs en Europe. PERSOON d'ailleurs semblait n'en
connaître qu’une station; « … vulgatissima, ob staturam vero et colorem muta-
biles a paucis recognita» et cette variabilité dans l'aspect du chapeau explique
aussi pourquoi, l'expérience ajoutant aux observations premières, l'espèce
d'abord est décrite par FRIES «pileo glaber .. demum rimoso-rivuloso» puis
dans Monographia «villo albido subtillissimo et arcte adpresso laevigato, demum
vere rimoso-rivuloso irroratus». Le revêtement du chapeau de nos récoltes rend
certes le chapeau lisse, mais ne supporte en aucun cas le qualificatif de subtil,
surtout utilisé au superlatif! ... Par ailleurs, méme si le petit Clitocybe des prés
n'est pas vraiment blanc, il n'a tout de méme pas l'intensité de coloris justifiant
sa place dans le paragraphe «pileo laetius colorato» où FRIES a rangé rivulosa
dans Monographia; ceci nous amène à penser que le rivulosa de Flora Agaricina
Danica, au demeurant trés pale sur la figure F de la planche 34 de J E. LANGE
et dont il est dit dans le texte : «Although this species is not really white, it
is so intimely related to C. dealbata that it must needs be placed in Albatae»
west pas le rivulosa sens. FRIES, alors que peut l'être celui figuré T. 141 par
BRESADOLA, Iconographia Mycologica.
Nous terminerons cette mise au point avec la description de ce que nous
continuons à appeler C. dealbata .. sans étre súre d'avoir raison.
DESCRIPTION DE CLITOCYBE DEALBATA (SOW. : FR.) KUMMER
Description des carpophores
Chapeau 23-35440) mm, d'abord planconvexe à marge très longtemps
enroulée, puis plan-concave, déprimé au disque, à bords souvent irrégulièrement
relevés maïs jamais déroulés, imbu de couleur beige-brunätre, puis camérous
sátre Mu. 5 YR 6/4,7.5 YR. 6/4,8.5 YR 7/5. 10 YR 8/3 dans les plages ou zones
ot la chair imbue transparait aprés affaissement de la couche aérifére qui le
recouvre d'un glacis blanchâtre, toujours plus épais sur les bords qu'au disque:
3 la limite. le disque peut être tout déblanchi avec l’âge, et peuvent apparaitre
usi ailleurs des gercures souvent concentriques, parfois incomplètes et irrégu-
ires. Déshydraté, il n'est jamais blanc pur, mais blanc sale grisatre-brunatre
Mu. 7,5 YR 8/2. Chair piléique imbue brunatre pale, lavée de brunatre carné,
Stipe 13-25-(30) x 3-4-(7) mm, de longueur trés variable, selon l'habitat,
subégal, un peu plus épais dans le tiers inférieur, plus pâle que le chapeau,
Santout si le très subtil fibrillum blanchätre aérifére apprimé est intact; puis
glabre et lisse: la couleur du cortex imbu est un peu plus pâle que celle du cha-
Source : MNHN, Paris
A PROPOS DE CLITOCYBE RIVULOSA 103
peau : vers 8.5 YR 8.5/2. Il est plein farci d'une chair acrifére blanchâtre.
Lames peu serrées à serrées, largement adnées subdécurrentes, non blanches
mais salies de gris brunátre, avec un effet beige rosé, Mu. 8.5 YR 8/3 8/4
Sporée blanc pur.
Odeur de l'extérieur : fongique; à la section
: fongique nudoide; saveur
faible, fongique, non farineuse.
Spores 4,5-5 x 2,5-2,7-(3)um, elliptiques, non ocellées, non amyloides.
Basides tétrasporiques.
Revêtement piléique fait d'hyphes gréles x 2,5-3um, très emmélées.
is
piléique emméléc, hyphes hyalines x 5-9um. Tok
Revêtement du stipe : hyphes rectilignes grêles x 2-3ym.
Boucles présentes au pied des basides et dans toutes les parties du carpophore
Description des mycéliums
Espéce hétérothalle tétrapolaire; mycélium dicaryotique à croissance lente
(20mm en 6 semaines) coton aérien blanc pur; laccase (+) tyrosinase (—);
pas d'oidies ni chez les haplontes (alors qu'elles abondent chez C. candicans)
Habitat et récoltes
Souvent en troupe nombreuse, parfois en cercle dans l'herbe rase ou dans
la mousse des pelouses, des bords des chemins; carpophores souvent cespiteux
par 23.
Récoltes D. LAMOURE : Páture maigre, Vergongeat, prés de Coligny, Ain
1091960, L. 6050; environs de Crémieu, Ain, 89-1960, L. 60-32; pelouse
d'une villa, environs de Lyon, 28-10-1966, L. 66-113; páture maigre, jachére
à Buis et Genévrier, Le Chevalet, Courmangoux, Ain, 28-10-1972, L. 66-401;
pelouse maigre discontinue, environs de Peyratle-Cháteau, Haute-Vienne, 11-
10-1981, L 81-602, revu le 19-10-1982 au méme endroit.
Observations
Par le glacis plus ou moins épais qui recouvre le chapeau, ce champignon
est pour nous indiscutablement un Candicantes; pour aucune de nos récoltes,
nous n'avons trouvé la moindre saveur de farine, alors que le dealbata récolté
par G. MALENCON au Maroc a une «odeur de verdure puis farineuse, parfois
assez forte» ; BRESADOLA donnait aussi une odeur subfarineuse à son dealbata.
CONCLUSION
Il reste encore beaucoup à faire pour élucider ces problèmes centrés sur
Source : MNHN, Paris
104 D. LAMOURE
C. rivulosa et C. dealbata. Nous sommes très curieuse de poursuivre les re-
cherches engagées, et si des mycologues veulent bien y contribuer en nous en-
voyant des sporées, nous attirons l'attention sur les quelques caractéres trés
importants à noter dans une description même brève : outre l'aspect du chapeau,
bien préciser la densité du serrage des lames, leur couleur, l'odeur, la saveur
farineuse ou non.
REMERCIEMENTS
Nous remercions bien vivement tous les mycologues qui, par leur collaboration : récolte,
notes descriptives, sporées, nous ont aidée à accumuler les données exploitées dans cette
mise au point; tout particulièrement Monsieur H. ROMAGNESI, à qui nous avons l'honneur
de dédier cet article.
BIBLIOGRAPHIE
BRESADOLA J., 1928 — Iconographia mycologica, Milan.
LAMOURE D., 1965 — Clitocybe rivulosa (Pers. ex Fr.) Kumm. var. dryadicola Favre et
Clitocybe candicans (Pers. ex Fr.) Kumm. B.S.M.F., LXXXI, 4 : 497-508.
LANGE J.E., 1935-1940 — Flora Agaricina Danica, Copenhague
МАГЕМСОМ G. et BERTAULT R., 1975 — Flore des Champignons supérieurs du Maroc.
T. 11, 539 p., Rabat.
Source : MNHN, Paris
105
LEUCOPA XILLUS }
par L. MARTI et F. MARTI*
RÉSUMÉ. „Description d'un Leucopa villus rare, L. nauscosodulcis, proche mais différent.
par la teinte jaunâtre orangé de son piléus et la saveur douceâtre de sa chair du L. albissimus
Peck.
SUMMARY. — A rare Leucopaxillus, L. nauseosodulcis, which differs from L
albissimus
Peck by the orange-yellowish pileus and the sweetish taste of the flesh is d,
escribed.
Le 14 septembre 1977 nous avons récolté en bordure de la route Montana -
Chermignon, Valais, Suisse, à une altitude d'environ 1400 m, dans les aiguilles
agglomérées d'un Larix decidua, un champignon qui nous paraissait être une
espéce rare. 1] s'agissait de plusieurs carpophores soudés à la base.
Le lendemain, nous avions l'occasion de montrer notre récolte à M. M. BON
qui nous a mis sur la bonne voie en indiquant la publication de SINGER. &
SMITH (1943). En effet, ces deux auteurs décrivent sous le nom de Leuco.
paxillus nauseosoduleis un champignon qui correspond très bien à notre récolte
du Valais. Comme cette espèce ne figure pas dans les flores de KUHNER &
ROMAGNESI (1953) et de MOSER (1975), nous avons jugé bon d'en donner
une description selon nos observations. Les couleurs sont codées d'après
KLINCKSIECK & VALETTE (1908).
Chapeau charnu, 6-8,5 cm, conchoïde, convexe. étalé, submembraneux, à
bord irrégulièrement ondulé et très mince, débordant par endroits sur les la-
melles par de petits fragments de la cuticule. Revetement uni, lisse, puis plus
ou moins fortement gercé, tesselé, probablement par déshydratation et, de ce
fait, paraissant furfuracé, ce qui n'est pas le cas en réalité, Il est jaunâtre orangé
* 12, rue de Corcelles. CH-2034 Peseux, Suisse.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris.
LEUCOPAXILLUS NAUSEOSODULCIS 107
137 au centre, plus pále vers le bord
qu'au 128B.
Lamelles blanches à subtilement créme, assez s
à l'insertion dans un feutrage sur le pied, larges d
leur largeur en séchant.
allant du 141 au 146 et, par places, jus-
errées, décurrentes, se noyant
le 6-10 mm, se déchirant dans
Pied excentrique, solide, évasé vers le sommet, 4-
dans les aiguilles, blanchâtre, l
endroits.
5 x 2-3 cm, la base noyée
égèrement tomenteux au début, puis lisse par
Chair blanche, plus ou moins molle, se cassant fa
à odeur nauséeuse fétide augmentant à la dessice
temps en herbier.
cilement, à saveur douceâtre,
ation, persistant assez long-
Spores ellipsoidales à ovoïdes, 6-7,5 x 5,5um, uniguttulées, à paroi incolore,
ornée de petites verrues fortement amyloides,
Basides 33-42 x 8-10um, tétraspori
Nous notons dans l'hyménium des po;
les, de 45-65 x 2-4um.
Trame des lamelles subrégulière à hyphes bouclées et larges de 2-3um.
Revêtement piléique formé d'hyphes cloisonnées, bouclées,
formes et d'épaisseurs très variées, en général de 2.6,
10um de large.
ques, à stérigmates jusqu'à 4um de long.
ils septés, plus ou moins difformes, bosse-
ptés, р
entrelacées, de
um, rarement allant jusqu'à
Revétement du pied tomenteux, à hyphes trés variables,
larges de 2-6um,
quelques-unes remplies de granulations.
Hyphes de la trame du chapeau très difformes et entrelacées, 2,5-8,5um,
rarement atteignant 24um de large. Hyphes du stipe en grande partie greles,
2-Зит de largeur,entremélées d'éléments de plus fort diamètre.
Réaction chimique : Gaïac sur la chair rapidement bleu foncé, sur les lames
lentement bleu pâle, sur le matériel sec presque nulle.
Habitat - Dans un amas d’aiguilles de mélèze.. Au bord d'une route, en Valais,
Suisse, à environ 1400 m d'altitude.
DISCUSSION
Cette espèce fut décrite par KARSTEN (1883 a, b) sous le nom de. Clitocybe
nauseosodulcis. 11 considérait ce champignon apparenté à Pleurotus sapidus
Schulzer & Kalchbrenner (1878). SACCARDO (1887) le place dans le genre
Pleurotus, position que PILAT (1951) trouve douteuse. SINGER & SMITH
Fig. l.— A : Spores; B:Hyménium; C : Hyphes de la cuticule; D : Trame des lamelles:
аа он stipe; H : Hyphes dans le stipe.
Source : MNHN, Paris.
LEUCOPAXILLUS NAUSEOSODULCIS 109
0
aminé le matériel t :
(1943) ont азы E us be, Conserve au New York Botanical Garda
(NY) et ont démontré qu'il s'agit d'un Leucopuxillus proche dé ru ti
Peck. Mais, selon KUHNER & ROMAGNESI (1953 p. 145). à] serais And
séparer les deux espèces, car la dernière serait caractérisée par sa colour mi de
et sa saveur amère farineuse. СЕ
À notre connaissance, ce n'est que la troisième fois qu è
x E E е © cette
signalée. La deuxième récolte après la description originale a e gee
la Mer Baltique par VASSILIE VA (1973). “se
REMERCIEMENTS
Nous remercions sincèrement MM. M. BON de ses judicieux con:
pour son précieux concours. seils et H. CLÉMENCON
BIBLIOGRAPHIE
N M., 1978 — Tricholomataceae de Fi ' i
a ne tance et d'Europe occidentale. Doc. Mycol. IX
KARSTEN P.A., 1883 a — I'ragmenta Mycologica IV. Hedwigia 12 : 177.
KARSTEN P.A., 1883b — Icones Selectae Hymenomycetum. l'euniae Nos 7
torum. Fasc. Prim. Fig. XXIII : 11. ycetum lenniae Nondum delinea
KLINCKSIECK P. & VALETTE Th., 1908 — Code des Couleurs. Klincksieck, Paris.
E . & ROMA! Д _ re ani ic es cl i 1,
Her = GNESI H., 1953 — Hore analytique des champignons supérieurs.
MOSER M., 1975 — Die Röhrlinge und Blätterpilze. éd. HI. Fischer, Stuttgart.
PILAT A., 1951 — Agaricales Agaricalium Europaeorum Clavis Dichotomica, 108 et 136,
SACCARDO P.A., 1887 — Sylloge fungorum. Vol. V
SCHULZER S. & KALCHBRENNER C., 1873 — Icones Selectae Hymen e
E ES electae Hymenomycetum Hun
SINGER R. 8 SMITH A.H., 1943 — The Genus Leucopaxillus. Papers Mich. Acad, Sci
28:115. ius
uA 1973 — Die Blitterpilze und Röhrlinge (Agaricales) von Primorsky
Planche I. — 1 : Cuticule gercée tesselée; J : Portion de l'hyménium; K : Lamelles déchirées
dans leur largeur.
Source - MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
111
ACANTHOCYTES IN AMPAROINA AND MYCENA
by R. SINGER*
SUMMARY, — Study of the acanthocytes, superficial cells covering the epicutis of the
pileus and the stipe in the genus Amparoina and some. species of Mycena which are keyed
out. Four new species : Mycena amazonica, M. chloroxantha, M. araujae, M. asterophora
and a new variety manausensis of M. biornata, are proposed.
RÉSUMÉ. — Étude des acanthocytes, articles différenciés existant dans les revêtements
du piléus et du stipe chez les Amparoina et certains Mycena. Une clé d'identification des
Mycénes présentant de tels éléments est donnée, alors que quatre espéces nouvelle:
amazonica, M. chloroxantha, M. araujae et M. astero)
variété nouvelle manausensis de M. biornata.
Иусепа
hora sont proposées ainsi que la
We shall call acanthocytes the superficial cells covering the epicutis of the
pileus (?gleba) and the stipe or part of it in some species of Mycena sections
Sacchariferae Kühn. and Basipedes (Fr.) Kühner (probably to be united to form
a single section — Basipedes) and the genus Amparoina. These acanthocytes
occur singly or in chains (which later break up to produce single cells) and
form a dusty or mealy mass often arranged in spinules or small cones. The
single cells are covered with one to many more or less acute, mostly somewhat
to strongly thickwalled spines without pigment or, if pigmented, with vacuolar
pigment, frequently all surfaces or some covered by minute obtuse warts or
more frequently minutely diverticulated in the manner of some epicutis hyphae
of the typical Mycenae, the cell wall being inamyloid or showing a thin pseudo-
amyloid outer layer. In some species only a few can be discovered in mature
carpophores, in others they are still numerous. The pulverulent mass formed by
them is comparable to the universal veil formed in some Amanitas and HORAK
(1980) actually considers it a universal veil. At the same time however the
acanthocytes may be chlamydospores i. e. asexual spores comparable to those
formed by Asterophora. In some it was possible to discover two nuclei (or
more) and in one Mycena we have observed germination of these cells if they
* Field Museum of Natural History, Chicago, IL 60605, U.S.A.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983)
Source : MNHN. Paris
112 R. SINGER
are put on malt agar in a Petri dish. In Amparoina, their occurrence is linked
with inamyloid basidiospores, in Mycena with amyloid ones. In Amparoina, the
sporulation begins when the carpophores are still closed; in the Mycenas only
after the hymenophore has become exposed. Since we were unable to find
spores or obtain a spore print from repand pilei of the type collection of A.
spinosissima, we (SINGER & DIGILIO, 1951) changed our first interpretation
(viz. that Amparoina is an agaric with a tendency towards bulbillosis) and
considered them secotiaceous, but HORAK (1980) reports that he obtained
a spore print from his own collection. HORAK says that the area of distribution
«appeared at first restricted to the montane Alnus forests» which is not quite
correct since the type of A. spinosissima was collected in subtropical-montane
forest on what appeared to be a log of Phoebe porphyrea (Lauraceae). He
also thinks that A. heteracantha Sing. is synonymous with A. spinosissima but
his description covers only the second of these species and we see no reason to
think the two species to be identical. Nevertheless, the observation of a spore
print in what is obviously A. spinosissima — in conjunction with the shape of
the basidia and spores suggesting autobasidia — exclude the possibility of this
being secotiaceous. On the other hand, HORAK's observation of A. spino-
sissima in New Caledonia (at a latitude near that of the type locality) suggests
that this species has a disjunct area of distribution which would indicate that
it is primitive, not derived, in relation to the acanthocyte-bearing Mycenae.
The close relationship between Amparoina and Mycena sect. Basipedes
became more obvious when a whole series of species of Mycena turned out
to have the same kind of superficial bodies, acanthocytes, as Amparoina (see
Pl. 1). These Mycenas can be identified with the following key :
1. Stipe rising from a definite broad, mostly deeply costate-sulcate basal disc
2, Acanthocytes with simple spines which project less than 20Hm .... M. amazonica
2. Acanthocytes with one or several or many spines longer than 20pm, the spines often
forked in some species.
3. Pileus green and/or yellow; acanthocytes few and rather thin-walled, with three to
five spines... - Anu MES M. chloroxantha
3. Pileus white or gray, often sepia or blackish dotted; acanthocytes either entirely
thick-walled, or at least the spines thickish or thick-walled.
4. Acanthocyte spines more than four, some of these forked .... M. biornata
4. Acanthocytes with mostly one, more rarely up to four spines which areseta-
like
5. Acanthocyte with brown vacuolar pigment; pileus pallid with small sepia or
ti JO er M. araujae
5. Acanthocyte pigment-less or yellowish; pileus white orgray M. trichocephala
1. Base of stipe not discoid, either simply insititious or with radiating minute mycelial
fibrils or with an extremely narrow, bulb-like, smooth broadening ... M.asterophora
Mycena amazonica Sing., spec. nov.
Pileo griseo, atrogriseopunctato, minute. subflocculoso farinaceo, convexo. Lamellis
albis, liberis. Stipite albo, e disco manifesto mato. Sporis 8-8,5 x 43,5fm, ellipsoideis,
amyloideis, Hyphis omnibus fibulatis, haud gelatinosis. Epicute infra stratum externum e
Source : MNHN. Paris
ACANTHOCYTES IN AMPAROINA AND MYCENA 113
Plate 1. — Fig. 1-2 : Acanthocytes of Mycena chloroxantha; Fig. 3: Spherocyst of the same.
Fig. 4-5 : Acanthocytes of Mycena trichocephala; Fig. 6 : Acanthocyte of Mycena
amazonica; Fig. 7-8 : Acanthocytes of Mycena araujae; Fig. 9 : Acanthocyte of Mycena
asterophora; Fig. 10 : Acanthocyte of Amparoina spinosissima; Fig. 11 : Acanthocyte
of Amparoina heteracantha; Fig. 12 : Acanthocyte of Mycena biornata.
Source : MNHN, Paris
114 R. SINGER
sphaerocystibus et acanthocytis efformatum inconspicua, ex hyphis unilateraliter diverti
culatis efformata et dermatocystidiis nonnullis cheilocystidiis simillimis ornata; acantho
cytis intus hyalinis vel pigmento vacuolari spadiceo impletis, parietibus hyalinis 3-7um
crassis, spinis septem vel octo, conico-acutis, 10-15um longis, corpore central 24-354
diam. Stipitis tegumento e catenulis hypharum et pilis longis erectis 65-200 x 9-13
nec non e dermatocystidiis ventricosis e, gr. 25 x 7,5-154m efformato, cellulis tegumenti
omnibus hyalinis, tenuitunicatis, subtiliter diverticulatis, numerosis. Ad folia delapsa Dico-
tyledonum in Brasilia : Amazonas, 30 km N a Manaus, 23 111 1978, SINGER B 10826
(INPA), typus.
M. chloroxantba Sing., spec. nov.
Pileo flavo vel viridiflocculoso supra fundamentum albidum vel grisellum. Lamellis
stipiteque albis, disco basali costato. Acanthocytis cum sphaerocystibus ex toto minute
diverticulatis, spinis acanthocytorum tribus vel quinque, subtenuitunicatis, nonnullis furca
tis, obtusis vel acutis. Ceterum speciei antecedenti simillima. In foliis delapsis dicotyledoneis
Brasiliae : Amazonas, 30 km Na Manaus, 23 111 1978, SINGER В 10836 (INPA), typus.
M. biornata Sing., Sydowia Beih. 7 : 38. 1973.
Var. biornata.
Described 1. c.
Var. manausensis Sing. var. nov.
A var. biornata differt pileo griseo siccando pallescente nec non sporis paullum mino:
ribus. Brasilia : Amazonas, 30 km N a Manaus ad folia emortua, 21 VII 1977, SINGER
B 9785 (INPA), typus varietatis.
M. araujae Sing., spec. nov.
Pileo supra epicutem pallidam vel grisellam granulis flocculosis sepiaceo- vel nigricante
maculoso, lamellis stipiteque albis et Mycenae amazonicae similibus. Sed acanthocystis
unispinosis, rarius bi- vel tetra-spinosis, spinis acutis, 10-40um longis, subtenuitunicatis
at in parte inferiore subcrasse tunicatis (pariete 0,3-1,3km crassa), simplicibus ornatis:
Sporis 8-9,5 x 5.61, ellipsoideis, debiliter amyloideis. Ad folia dejecta Dicotyledonum
in Brasilia : Amazonas, 30 km a Manaus, 26 XII 1977, SINGER B 10414 (INPA), typus.
18 V 1977, B 9635 B (INPA). 15 XII 1977, B 10326 (INPA)
M. trichocephala Sing., Sydowia Beih. 7 : 38. 1973.
This is known only from Brazil. The type was collected in Pará, Est. Pirelli.
Further material : Amazonas, 30 km N of Manaus, 13 VII 1977, SINGER B
10095 (INPA). 9 II 1978, B 10646 (INPA). 29 X 1977, B 10214 (INPA)
2.111 1978, B 10776 (INPA).
M. asteropbora Sing., spec. nov.
Pileo albo, pulverulento, conico vel campanulato, demum convexo, obtuso, 2-10 mm
Source : MNHN, Paris
ACANTHOCYTES IN AMPAROINA AND MYCENA 115
lato. Lamellis albis, Mn subdistantibus v
iloso, filamentoso, disco bulboque nullis, insititio, 15-70 x 0,1-0,2 mm. CX ullo.
poris 6,5-9,5 x 4,3-6, 3pm, amyloideis, levibus. Basidiis 11-19 x 6-914, а Be
diis nullis vel sparsis cheilocystidiisque similibus. Cheilocystidiis plerumque ventricosis vel
subvesiculosis, 10-23 x. 5,5-12,5um, interdum ad apicem crassitunicatis, asperulis vel sub
tiliter diverticulatis, interdum prope marginem pilei tantum evolutis et stipitem versus
typo secundo substitutis, qui 8 x 5.5um. subulatis, levibus. Hyplis in tramate latis et multi
septatis, fortiter pseudoam yloideis, haud gelatinosis, fibuligeris, in stipite parallelis.
Epicute pilei ex hyphis diverticulatis, dermatocystidiis cheilocystidiis simillimis sat
sparsis, supra epicutem cellulis demum liberis instructa, ex eis acanthocytis et sphaero-
cystibus insignibus, illis subisodiametricis, globosis vel angularibus, interdum ovalibus,
5 9spinosis, spinis acutis vel subacutis 8-29ym longis et ad basin ita ut corpus centrale dense
diverticulatis, crasse tunicatis (pariete 1,5-8Lon diam.), inamyloideis, diametro corporis
centralis 3 38m; sphaerocystibus hyalinis, diverticulatis, * 40 s 40um vel subelongatis (e.
gr. 15-50 x 224m), mox liberis, numerosis. Tegumento stipitis e pilis usque ad 330 um
longis, 6-154m latis, hyalinis, diverticulatis. Ad folia et ramulos Dicotyledonum dejecta in
Brasilia et Aequatoria. Typus in Aequatoria : Napo, Shushufindi, 15 У 1973, SINGER B
7466 (F) lectus. 13 V 1973, SINGER B7466 (F). Brazil : Amazonas, Manaus, 23 IV 1977,
SINGER B 9743 a (INPA). 4 XII 1978, B 11430 (INPA). 22 IV 1977, B 9795 (INPA).
14 V 1977, B 9881 (INPA). 30 km N of Manaus, 21 IV 1977, B 9743 (INPA)
el subconfertis, subliberis. Stipite albo,
This last species is close to M. osmundicola but differs in the presence of
acanthocytes which may bescarcein rain-washed material. This and the preceding
species have the same size of pileus and stipe.
It is remarkable that all species with acanthocytes have until now only been
found on dicotyledonous litter in latosol (rerra firme ) forests, all on dead
leaves in primary forest except M. asterophora which often grows also on small
twigs and sometimes in secondary forests. In contrast to this situation the two
known species of Amparoina are lignicolous. growing exclusively on dicotyle-
donous trunks and logs.
BIBLIOGRAPHY
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Source : MNHN. Paris
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117
LE REVÊTEMENT PILÉIQUE
DANS LE GENRE L YOPHYLLUM
par H. CLÉMENÇON*
RÉSUMÉ. —
Étude des différents aspects de la structure du revêtement piléique chez les
Lyophyllum
SUMMARY. - The structure of the cortical la:
yer of the pileus and its differentiat
are studied in the genus Lyophyllum. 2 ifferentiations
Dans ce travail sont mentionnées plusieurs espéces de Lyophyllum encore
inédites au moment de la rédaction du manuscrit (été 1982)
‘ | , mais qui seront
prochainement proposées en collaboration avec A.H. SMITH.
Les caractéres anatomiques des espéces du genre Lyophyllum ne sont que
sommairement connus. Le revêtement piléique est trop souvent assimilé à une
«cutis», signifiant qu'il est formé d’hyphes couchées, sans que sa structure
précise soit indiquée. A la loupe le chapeau de ces champignons varie de lisse
et poli à ridulé ou granuleux, de glabre et nu à feutré ou finement furfuracé;
au toucher il varie de sec à lubrifié ou méme un peu visqueux. L'examen micro-
scopique du revétement piléique permet de distinguer plusieurs types morpho-
logiques en se basant sur l’arrangement des hyphes, la présence et la forme de
poils piléiques et le degré de gélification de la cutis.
La différenciation la plus simple de la couche superficielle consiste en une
diminution du diamètre des hyphes externes, généralement accompagnée d'une
augmentation de leur nombre afin de combler les lacunes créées par la diminu-
tion du calibre des hyphes. Le revêtement piléique formé selon ce mécanisme
correspond à l'arrangement des hyphes de la trame piléique. Celle-ci est emmélée
* Institut de Botanique Systématique, Université de Lausanne - Avenue de Cour 14 bis
CH-1007 Lausanne, Suisse.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
118 H. CLEMENCON
sous le disque du chapeau et devient de plus en plus rayonnante vers la marge
Nous trouvons done une cutis enchevétrée sur le disque (figure 1), une cutis
subrégulicre à régulière vers la marge (figure 2). La structure emmélée du disque
peut se limiter au centre du chapeau, mais souvent elle s'étend trés loin et
recouvre (presque) toute la surface du chapeau.
Souvent les hyphes s'alignent en fascicules qui à leur tour sont enchevêtrés
(fig. 3) ou arrangés plus ou moins radialement; de plus les fascicules se ramifient
et s'anastomosent facilement, Là encore, la structure fasciculo-enchevétrée
du revétement piléique du disque peut s'étendre plus où moins vers la marge
du chapeau, et il n'est pas rare que les faisceaux d'hyphes du centre se trans-
forment en hyphes isolées enchevétrées et plus ou moins rayonnantes vers la
marge piléique. Parfois on trouve des hyphes isolées láchement entrecroisées
au dessus des fascicules du revétement piléique. Les plus grands faisceaux sont
Souvent visibles à la loupe sous forme de stries innées, parfois un peu plus foncées
que le fond du chapeau, parfois même en relief. Quelques espèces de Lyophyl-
lon à ixocutis fasciculo-enchevétrée sont caractérisées par la présence de
minuscules trous ou dépressions quasi circulaires ou elliptiques, délimités par
des faisceaux d'hyphes (figure 4).
La cutis enchevétrée peut se développer fortement, prendre de l'épaisseur
et simultanément devenir aérifére, tout en restant composée d'hyphes essentiel-
lement couchées. I] en résulte un revêtement sec et feutré que l'on trouve
par exemple chez Lyophyllum konradianum et L. favrei. Ce revêtement ne
constitue pas un tomentum au sens technique du terme puisque ses hyphes
ne naissent pas perpendiculairement à la surface du chapeau et ne constituent
pas une pilosité (le tomentum est formé de «poils serrés, fins, courts, mous-
flexueux et plus ou moins feutrés» selon JOSSERAND,1952, p. 275):
Un autre mode de différenciation de la cutis est sa gélification, très facile
à déceler, même lorsqu'elle est faible, par une coupe transversale du revêtement
orientée perpendiculairement au rayon du chapeau (coupe perradiale, figures
5, 6, 7). La gélification la plus faible ne se manifeste pas macroscopiquement,
et la plus forte se traduit par un chapeau lubrifié par temps humide. Il s'agit
donc d'une gélification relativement modeste, l'épaisseur de la matrice gélati-
neuse variant entre 3 et 150 uim. En plus le gel est plutôt ferme et ne coule pas
à la manière d'un mucilage. En général le revétement piléique gélifié n'est pas
brusquement délimité de la trame du chapeau. Le calibre des hyphes et leur
écartement par gélification changent souvent d'une façon continue d’un tissu
à l’autre.
Les revêtements piléiques présentés ci-dessus sont tissés d'hyphes cylin-
driques, rectilignes ou modérément courbes, pas ou peu ramifiées. Îls repré-
sentent ce que JOSSERAND (1952, p. 293) a appelé «revêtement filamenteux
couché et régulier», «emmélé» ou «entrecroisé». Bien souvent le revêtement
piléique des Lyophylla porte des poils (figure 7) ou, moins fréquemment, un
type de pilosité non décrit par JOSSERAND (1952). Les poils sont en général
des terminaisons plus ou moins dressées d'hyphes couchées, mais il n'est pas
rare qu'une hyphe d'origine profonde se dirige vers la surface du chapeau pour
Source : MNHN, Paris
REVETEMENT PILEIQUE DES LYOPHYLLUM 119
la pénétrer et se terminer en poil dressé et |i
concentrés dans les dépressions rondes,
faisceaux d'hyphes, où ils sont groupés lo
tions minuscules ou des gazons limités.
Chez Lyophyllum rhopalopodium Cle.,
revêtu de faisceaux d'hyphes dressées et in
pagne de la production d'un pigment ext
d'agglutiner les faisceaux. Sur le chapeau vie
alors comme incrustées et collées les unes au
(figures 8, 9).
Chez Lyophyllum furfurellum Cl. & A.H. Smith,
comportement remarquable qui entraîne la formation d
par JOSSERAND (1952). En effet,
ibre. Parfois les poils se trouvent
décrites plus haut, et constituées de
calement pour former des aggloméra-
le jeune chapeau non noirci est
colores. Le vieillissement s'accom-
racellulaire brun qui a pour effet
ux et noirci les hyphes apparaissent
x autres, Elles sont de plus couchées
les poils montrent un
une pilosité non classée
les poils de cette espèce américaine sont
fortement thigmotropes et ont tendance à croître autour d'un objet étranger
en contact étroit avec celui-ci. Le corps étranger se trouvera donc finalement
à l'intérieur d'un nœud d’hyphes. Mais cette thigmotropie ne se limite pas au
contact avec des corps étrangers, elle s'applique également aux poils voisins.
Le résultat est une tresse d'hyphes ou un nœud allongé d'hyphes dressées (figures
10 à 15). L'ensemble de ces tresses se traduit macroscopiquement par un aspect
furfuracé du chapeau.
BIBLIOGRAPHIE
JOSSERAND M., 1952 — La description des cham
pignons supérieurs. Encyclopédie myco.
logique, vol. XXI, Paul Lechevalier, Paris
LÉGENDES DES PLANCHES
Figures 1 à 4 : Revétement piléique, en scalp , de Lyophyllum geminum Clç. & A.H.
Smith var. olens. Coll. A.H. SMITH 32381 (LAU). — 1; Cutis enchevétrée du centre
du chapeau en contraste de phase. Les corps rhomboides sont des spores. 2: Cutis régulière
à mi-rayon du chapeau. 3: Cutis fasciculo-enchevétrée au centre du chapeau. 4: Scalp de
l'ixocutis fasciculo-enchevétrée formant un minuscule trou.
Figures 5 à 7 : Coupes perradiales d'ixocutis, contraste de phase. — 5: Lyophyl
lum lubricum. Cle. & A-H. Smith. Coll. A.H, SMITH 27687 (LAU). 6: Lyophyllum
geminum Cl. & A.H. Smith, var olens. Coll. A.H. SMITH 32381 (LAU). 7: Lyophyllum
acutipes Clg. & A.H. Smith. Poils isolés. Coll. A.H. SMITH 19394 (LAU)
i i ium Clg. montrant
Figures 8, 9 : Scalp du chapeau noirci du Lyophyllum rhopalopodium Clg
а pigment extra-cellulaire brun. Coll. HC 81/74
(LAU).
Figures 10 à 15 : Poils dressés et thigmotactiques du revêtement piléique de Lyophyllum
furfurellum Clg. & A-H. Smith. — Les figures 10 à 12 montrent l'enrobage d'une
spore par des poils, scalp. Les figures 13 à 15 représentent des coupes perradiales montrant
des nœuds dressés de poils, contraste de phase. Coll. A.H. SMITH 20032 (10, 13-15) et
36123 (11, 12) (LAU).
Source : MNHN, Paris.
H. CLEMENCON
50 рт
Source : MNHN, Paris
121
REVETEMENT PILEIQUE DES LYOPHYLLUM
Source : MNHN, Paris
122 H. CLEMENCON
Source : MNHN, Paris
LENTINUS ARAUCARIAE,
AN AUSTRALASIAN MEMBER OF THE L. BADIUS -COMPLEX
by D.N. PEGLER*
.— The Lentinus badius - complex is defined and
DE L. badius and L. brunncofloccosus. A revised,
Le is provided, together with a key to species,
cari
three species are recognized,
illustrated account of L. arau
МЕ. — Le complexe «Lentinus badius» est défini et trois espèces, L. araucariao, L
lee nee tu ee d'identification en est donnée et
Нин E
sacc
entinus badius (Berk.) Berk. is a familiar and distinctive species from South.
mc uu c Iq UT
p ет D (1842) from the Philip.
se ds, further accounts have been provided from West Bengal as Agaricus
P E eU d à A (1854), Perak (Malaysia)
RL Se Galet E CT M Lloyd (1925) and Vietnam
A E СО А Tene NE UE
оо n species of Lene
Se ri ie UTLEY d NU Sere ADOT ES UE EE
CIONES S QU SEU
BERKELEY (1854) referred to this species (as L. inquinans) as the «most
beautiful of all Lentini», describing the verrucose velar squamules which are
Pee E e MI CH а
en pileal surface can vary considerably owing to the progressive
nen ne een at, envelops the primordial
rate, and also to the degree of gelatinization in che hypodermium. Hence the
Pec Tee db decise uer number of names. Typically,
det use e Eun DN Е.
* Herbarium, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey, TW9 3AE, England.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) Tome 4 (1983)
Source : MNHN, Paris.
124 D.N. PEGLER
thered, increasingly flattened and discoid, until in old specimens they may be
reduced to small, circular spots or stains. When LLOYD (1925 described L.
fuscus from Singapore, he completely overlooked the flattened squamules al-
though they can still be observed on the type collection. In older basidiomes,
the lamellae frequently darken, especially towards the lamella-edge, and this
has often led to confusion, either with L. polychrous Lév. (= L. praerigidus
Berk., L. kurzianus Currey) or with species of the L. velutinus - complex.
During the course of preparation of a world monograph on the genus Lenti-
nus Fr., the author has found two species which are extremely closely related
to L. badius, yet have a quite different geographical distribution. This Lentinus
badius - complex belongs to the Section Lentinus emend. Pegler (1975), and
may be defined by the following characters. Macroscopically, the hymenophore
configuration is unique within the genus, for instead of a series of radiating
lamellae alternating with a series of corresponding smaller lamellulae, the lamel-
lae are furcate, branching dichotomously one to three times and there are no
independent lamellulae. The basidiome shows velangiocarpic development,
resulting in a verrucose pileal surface and an evanescent, fibrillose annulus on
the stipe. Microscopically, the hyphal system is dimitic with non-inflated gene-
rative hyphae and characteristic skeleto-ligative hyphae. The main skeletal
element produces only a few ligative branches which form long, tapering. fili-
form apices, often up to 500 am or more. Such hyphae have sometimes been
termed «bovista-type binding hyphae» and are quite different from the more
complex, often coralloid, processes found in such species as L. sajor-caju (Fr.)
Fr., and L. polychrous. Further, the hymenophoral trama is of radiate cons-
truction and, in a tangential vertical section, no evidence of any descending
hyphal growth is observed so that the lamella-edge remains entire rather than
denticulate.
The species most closely related to L. badius has an Australasian distribution
and was described by HARIOT & PATOUILLARD (1903) under the name
L. araucariae, from. New Caledonia. The type collection is deposited at the
Laboratoire de Cryptogamie, Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris (PC).
Additional material has been examined from Sabah and the Solomon Islands,
Recently, HONGO (1976) described the same fungus, as Panus verruciceps
Hongo, from Papua New Guinea. CORNER (1981) hinted at this species when
he described a form of L. badius from Borneo and the Solomon Islands with
subdistant lamellae. In view of the brief description given by HARIOT & PA-
TOUILLARD, it is here decided to provide a detailled account of L. araucariae.
LENTINUS ARAUCARIAE Har. & Pat. in Journ. Bot., Paris 17 : 11 (1903)
Panus verruciceps Hongo in Rep. Tottori Mycol. Inst. 14 : 96, fig. 1/47
(1976), synon. nov.
Pileus 3-10 cm diam., pliant, convex, umbilicate to almost infundibuliform;
surface chestnut brown or paler, often with an olivaceous tint, subviscid when
Source : MNHN, Paris
10 pm
Fig. 1. — A-J: Lentinus araucariae. À, Habit and section of type (BERNIER 19), XI; B,
diagram of hymenophore configuration; C, spores; D, basidia; E, hyphal peg; F, ele-
ments of pileipellis; G, elements of velar squamules; H, generative hyphae of context;
J, skeleto-ligative hyphae of context; K, spores of L. badius (CUMING 1983, type); L,
spores of L. brunneofloccosus(GOOSSENS-FONTANA 860, type)
Source : MNHN. Paris
126 D.N. PEGLER
fresh, glaucous to finely velutinate soon glabrescent, with more or less concen-
ic, scattered, erect squamules, up to 2 mm high, sulcate-striate from the margin
to the mid-way zone; margin incurved.
Lamellae short decurrent, pale cream colour to pale greyish-brown, 2-4 mm
wide, subdistant to moderately crowded, furcate with 2-3 dichotomies. edge
entire.
Stipe excentric or central, 24 cm x 413 mm, cylindric or tapering below,
ligneous, solid; surface whitish to cream coloured at the apex, initially veluti-
nate developing appressed, fibrillose; rufous brown squamules towards the base,
occasionally forming a felty annular zone at the base of the lamellae.
Context whitish, tough, 2-3 mm thick at the disk, very thin over the lamellae,
consisting of a dimitic hyphal system with generative hyphae and skeleto-ligative
hyphae. Generative hyphae 2-5 um diam., not inflating, hyaline, very thin-
walled, frequently branching, with clamp-connexions. Skeleto ligative hyphae
2,5-12,5 um diam., with a thickened wall (4 um), although sometimes only
slightly so, and a broad lumen, hyaline or stramineous, with a main element,
up to 500 um long, and 2-5 lateral, slender, tapering ligative branches, up to
600 um long, sometimes branching dichotomously.
Spores 5-7 x 3-3,5 (6 + 0,4 x 3,2 + 0,2) um, Q = 1,87, short ellipso-cylindric,
hyaline, thin-walled. with few contents,
Basidia 16-20 x 4-5um, clavate, bearing four, short sterigmata,
Lamella-edge a sterile zone lacking cheilocystidia and only occasionally
emerging skeletoligative hyphae.
Hyphal pegs very abundant, 40-90 x 12-26 um, more or less cylindric or
tapering to an acute apex, comprising 20-30 agglutinated, thin-walled gene-
rative hyphae together with 2-3 thick-walled, skeleto-ligative branches.
Hymenophoral trama irregular, of radiate construction, hyaline or yellowish-
brown, similar in structure to the context. Subhymenial layer very narrow.
Pileipellis a disrupting trichodermial palisade of modified, erect, skeleto-
ligative branches, 50-240 x 3-8 um, tapering and acutely pointed, with a thick,
brown wall, arising from a gelatinized hypodermium.
Pileal squamules pseudoparenchymatous, of very highly branched, inflated
elements, 11-40 x 6-14um, globose, oblong ellipsoid or irregular, with a slightly
thickened brown wall.
Specimens examined, — Sabah, Mt. Kinabalu, between Ulu Liwagu and Ulu
Mesilau, 3 sept. 1961, CORNER 2696 (K); Papua New Guinea, Strickland River,
1885, Baiierlen 60, Herb. COOKE (K); Oksapmin, 16 Dec. 1971, KOBAYASI
6085 (TNS, type of P. verruciceps); Solomon Islands, Malaita, Dala Cocoa Res.
Stn. Dec. 1975, JACKSON D 26, M82 (K); New Caledonia, La Foa Distr.,
Tendéa, on Araucaría, July 1900, BERNIER 19 (PC, type of L. araucariae).
Lentinus araucariae differs from L. badius in the more brightly coloured
and thinner pileus, the more widely spaced lamellae, the broader spores, and
Source : MNHN, Paris.
LENTINUS ARAUCARIAE AND L. BADIUS - COMPLEX 127
a different geographical distribution. The co
che subviscid pileus may appear translucent
specimens.
ntext is often very thin so that
when moist in older, glabrescent
HEIM (1964) published photographs of the type specimen of L. araucariae
when he considered another related species from the Central African Republic.
The latter species was apparently undescribed and HEIM provided the provi-
sional name, Lentinus bouayd, but it was never validy published under ICBN
Art. 36, PEGLER (1971) described L. brunneofloccosus as a new species from
the Republic of Zaire. A comparison of the material from both collections has
shown the same species to be involved. Lentinus brunneofl
to the L. badius - complex, with similarities in the fu
metavelangiocarpic development.
loccosus also belongs
rcate hymenophore and
It differs from both L.araucariae and L.
badius, however, in the floccose pileal surface, narrow cylindric spores, and.
surprisingly, the complete absence of hyphal pegs. It is possible that L. placopus
Pat. & Har. (Bull. Soc. Mycol. Fr. 9 : 207, 1893) which was described from
Middle Congo (formerly French Congo) represents an earlier name for this
species. Unfortunately no material can be traced amongst the Patouillard collec-
tions, either at Paris or in the Farlow Herbarium at Harvard University.
The following key is provided to assist in the identificati
on of the species
of the L. badius - complex : P
1. Hyphal pegs present, very abundant, pointed;
pointed, thick-walled hyphal elements
2. Pileus dark sepia to fuliginous; context up to 5 mm thick; lamellae crowded; spores
4,7-6,5 x 2-3 Um, oblong cylindric; South-east Asia . .........., 1. L, badius
Pileus chestnut brown or paler, often with an olivaceous tint; context 2-3 mm thick
lamellae subdistant; spores 5-7 x 3-3,5 Um, ellipso-cylindric: Australasian islands
pileipellis velutinate, consisting of acutely
ат S dard 2. L. araucariae
1, Hyphal pegs absent; pileipellis floccose, consisting of inflated, obtusely rounded ele-
ments; spores 5,5-8,5 x 2-3,2 dm, narrowly cylindric; central and West equatorial Africa
Mec pe A +++... 3. L. brunneofloccosus
The author is grateful to the Directors of the Farlow Library and Herbarium of Crypto-
gamic Botany, Harvard University, Massachusetts, U.S.A. and the National Science Museum,
Tokyo for the loan of type material, and to the Director of the Laboratoire de Cryptogamie
Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris for permission to examine the collections
of Lentinus.
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Source : MNHN. Paris
129
COLUMNOCYSTIS AFRICANA SP. NOV.
(BASIDIOMYCETES, APHYLLOPHORALES)
par J. BOIDIN*, P. LANQUETIN* & G. GILLES**
RÉSUMÉ. — Une espéce nouvelle récoltée au Gabon est rat
tachée au genre Columnocystis
aprés amendement de ce genre.
SUMMARY. — А new species described from Gabon is ra;
7 2 ported to the genus Columno-
cystis after emendation of this genus.
Columnocystis africana Boidin, Lanquetin & Gilles, sp. nov.
Parvi disci puncto medio haerentes, deim confluentes, jacentes, molles, separabiles,
margine saepe libera. Facie sterili brunneola; hymenio velutino, brunneo, radiatim venoso,
margine pallida, fibrillosa. Contexto brunneolo, constante ex hyphis horizontalibus, saepe
angustis (x 2-2,5}m) sine fibulis, pariete subtenui, sed subhymenio hyphis latioribus (x 3-
3,3pm), pariete crassiore. Cortice nullo. Hymenio crassescente, imo nonnulis hyphis erectis
specie skeletica (pseudocystidiis) praedito; aliquot. cystidiis, obtusis, pariete crassissima
interdum usque ad 25-110 Jm. emergentibus. Basidiis anguste claviformibus, sine fibulis,
48-55-(70) x 5-6 um, tetrasporis. Sporis anguste ellipsoideis, 12-15 x 3-4 [Im, pariete tenui,
haud amyloideis neque cyanophilis, binucleatis. In ligno. Holotypus LY 8616.
A l'état frais, en petits disques attachés par un point central puis confluent,
mou, se détachant facilement du support, à hyménium velouté ou même fine-
ment hérissé, brun havane (7,5 YR 5/4 à 6 YR 5/4, snuff brown, parfois 10 YR
5/3), ridé radialement notamment prés de la marge qui est plus pâle, gris argilacé
(2,5 YR 7/3 ou 7/4) ou même blanchâtre, fibrilleuse.
En herbier, étalé, assez mince, fragile, mat, ruguleux, beige (vers 10 YR.
6,8/3) parfois gris argilacé (2,5 Y 7/3), à marge plus pâle, un peu déchiquetée,
* Laboratoire de Mycologie associé au C.N.R.S., Université Claude Bernard (Lyon 1), Bât.
405, 43 Bd du 11 Novembre 1918, F 69622 Villeurbanne.
** Peillic n9 109, 40400 Tartas (France).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983)
Source : MNHN, Paris
130 J. BOIDIN, P. LANQUETIN & G. GILLES
rayonnante, soulevée, parfois enroulée laissant voir une face stérile veinulée
radialement, faiblement tomenteuse, brun pále (vers 10 YR 5,5/3) à bordure
blanchátre; chair brunátre fibreuse.
Epais de 220-300-450 um, il est formé d'un contexte blanchatre d'hyphes
horizontales non limité par un cortex ou croüte, portant un hyménium haut
de 70-250 um d'épaisseur, hyalin quand il est mince, brunissant en profondeur
quand il est ágé et épais. La face stérile est faite d'hyphes obliques, réguliéres,
3 2,53-(4) um, à paroi épaisse subhyaline, rarement ramifióes. Le contexte
est formé d'hyphes parallèles, distinctes, à peine teintées sous le microscope,
régulières, souvent étroites (x 2-2,5 um). à cloisons simples, à paroi le plus sou-
vent submince mais passant, notamment. sous l'hyménium, à des hyphes simi-
laires ou un peu plus larges (3-3,5um) a paroi plus nettement épaissie: elles
sont parfois ramifiées et nous les nommerons hyphes à tendance squelettique.
Les hyphes se redressent pour former un hyménium crassescent constitué
d'hyphes étroites à fréquentes cloisons (x 2,5-3 ит), а paroi mince ou um peu
бравые, terminées par des basidioles claviformes. S'y mêlent des hyphes à
tendance squelettique qui se sont incurvées pour pénétrer et monter plus où
moins haut dans le sous-hyménium; larges de 3-3,5-(4) um, elles sont souvent
élargies vers l'extrémité (x 5-7 um) et peuvent étre dénommées pseudocystides
incluses; elles montrent souvent deux ou trois cloisons de retrait dans la partie
élargie; il y a tous les passages entre ces pseudocystides et des cystides bien
différenciées, pouvant émerger de 25-90-10 um, larges de 8-10.(12) um, cylin-
driques obtuses, avec quelques étranglements, à paroi trés épaisse sauf tout au
sommet qui est souvent un peu plus large : leur longueur est de 100-180-250 um.
Le plus souvent elles naissent horizontalement au sommet du contexte, très
rarement elles sont entièrement verticales. Ces éléments sont congophiles aprés
traitement ammoniacal 4 60°C, et leur paroi est souvent épaisse de 2-2,5-3 um.
Ces cystides sont nues ou porteuses d'un léger dépôr résinoïde incolore, ou appa-
raissent longuement piquetées de petits dépôts subhyalins. A la marge, les extré-
mités des hyphes sout hyalines, un peu élargies (x 5 um) et souvent couvertes
sur les 5 ou 10 um terminaux de petites granulations hyalines.
Basides étroitement claviformes, 48-55- 70) x 5-6 um au sommet, à 4 sté-
rigmates, sans boucles.
Spores élancées, étroitement ellipsoides, 1245 x 34 um (x — 13,40 € 0,77
x 3.67 # 0,24 pour le type), à paroi mince, lisse, non amyloides, binucléées.
L'étude du basidiome ne permet pas d'observer de boucles.
Récoltes. — LY 8616, sous une grosse branche à 1 m du sol, fourré littoral
à 14 km au N de Libreville, 13 mars 1978, leg. G. GILLES 1138, holotype;
LY 8730, sur bois au sol en forêt dense, route militaire à 27 km au N de Libre-
ville, 15 mai 1978, leg. G. GILLES 1229; LY 9111, sur bois en zone maréca-
geuse & Cytosperma senegalense, dans le fourré à 18 km au N de Libreville,
12 janvier 1979. leg. G. GILLES 1395.
On observe des cystides du type décrit ci-dessus dans les genres Columuo-
Source : MNHN, Paris
COLUMNOCYSTIS AFRICANA 131
spores
===
=== 3
nn see Se
Figure 1. — Columnocystis africana sp. nov. : Holotype LY 8616; - a : hyménium jeune
et sommet du contexte avec pseudocystides; - b : deux cystides; - c : hyphes de la face
ile; -d : sp
Source : MNHN, Paris
132 J. BOIDIN, P. LANQUETIN & G. GILLES
cystis et Chaetoderma, tous deux inféodés aux conifères, ce qui n'est pas le cas
de notre champignon gabonais.
Le genre Columnocystis Pouzar (1959), type Stereum abietinum (Pers.) est
décrit comme «... sectis obscure brunneis; systemate hypharum dimitico,
hyphis generaticis ... nodososeptatis <=; + cystidiis ... maturite crasse tunicatis
. apice dilatato, brunneis saepe incrustatis ...» et l'auteur ajoute «main charac-
ters of this genus lie in cystidia, which are of generative origin (they are connec-
ted with the generative hyphae by clamps) and in spores which are non amyloid.
Very important are also : the skeletal construction of tomental layer and brown
intramembranal pigmentation of skeletal hyphae».
Le genre Chaetoderma Parmasto (1968), type Peniophora luna Rom. est dit
«Carposoma perenne, resupinatum, crassum .. pallide coloratum ... systema
hypharum monomiticum. Subiculum sine strato basali ex hyphis parallele
contextis. Hyphae ... usu tunicis incrassatis, fibulatae ... Cystidia clavata vel
subcylindracea, maxima (ad 300 x 12 um), tunicis crassis, ad apicem attenuata
.. Basidia longe clavata, ad 100 um longa ...»
Tels qu'ils sont décrits ces deux genres ne conviennent pas à notre champi-
gnon. Mais avant toute discussion il fout corriger la diagnose de POUZAR :
1) supprimer nodoso-septatis.
Si C. abietina montre des boucles dans le carpophore, ce n'est pas le cas
de C. ambigua (Peck.) (= ? C. carpatica) (voir BOIDIN, 1959: BURDSALL,
1971), espèce que POUZAR place dans son nouveau genre.
2) ne pas assimiler les hyphes du tomentum de la face stérile à des hyphes
squelettiques, ni retenir l'origine «générative» des cystides (BOIDIN, 1959).
On peut alors retenir comme différences entre les genres Columnocystis
et Chaetoderma : l'existence chez le premier d'un contexte d'hyphes horizon-
tales (contexte sombre gráce en partie à des dépôts «extra-membranaires») et
d'hyphes squelettiques brunes passant à des pseudocystides redressées (voir
la figure 108, p. 255 in ERIKSSON & RYVARDEN, 1973). Mais ces deux genres
ont en commun des cystides cylindriques à paroi très épaissie, de même aspect,
de longues basides étroitement claviformes et de longues spores non amyloïdes
et binucléées: trois caractères que nous retrouvons dans le champignon gabonais
qui est en quelque sorte intermédiaire entre ces deux genres. Nous le plaçons
toutefois dans le genre Columnocystis, car il en a la couche d'hyphes horizon-
tales plus ou moins teintées par des dépóts extramembranaires, et comme
C. ambigua, il est dépourvu de boucles dans le carpophore mais en montre de
rares parfois opposées sur les mycéliums (voir plus loin). Certes l'aspect à l'œil
nu (couleur et minceur du basidiome) diffère très nettement de celui des C.
abietina et ambigua, et il croit sur feuillus en zone équatoriale.
Culture polysperme (holotype 8616)
Croissance : lente (boite couverte en 6 semaines).
Source : MNHN, Paris
COLUMNOCYSTIS AFRICANA 133
Aspect : marge régulière. Mycélium aérien finement et uniformément laineux-
subtomenteux. Sur la bouture et ses abords il est plus dense, feutré, velouté,
teinté de jaune très pâle (5 Y 8,5/4 et 9/4) à alutacé (2,5 Y 8/4) et jaune de
Naples (2,5 Y 8/6), il atteint 10 YR 7/4 à 7/6 vers la bouture. À six semaines,
la coloration 2,5 Y 8/4 à 8/6 peut gagner l'ensemble de la culture ou seulement
la moitié ágée. Aprés 5 mois le mycélium est uniformément beige (10 YR
7/4 à 6/4). Dessous inchangé à six semaines mais aprés quelques mois la culture
brunit fortement le milieu de conservation en collection.
Odeur : nulle.
Microscopie
Mycélium aérien : il se mouille difficilement. Il montre :
— des hyphes axiales, x 3-4-5,5 uim, régulières, à paroi mince ou très irrégu-
lièrement épaissie, 0,5 à 1,5 jtm localement, souvent ruguleuse comme enduite
d'une substance résinoide. Sur ces hyphes on peut observer des boucles éparses,
simples, opposées ou verticillées par trois.
— des rameaux, 1,2-2,5 um, réguliers; peu ramifiés, à paroi mince ou dis-
tincte, montrant parfois de rares boucles simples.
Mycélium submergé : identique, mais les hyphes ne sont pas ruguleuses, et
contiennent beaucoup de gouttelettes grasses.
Cytologie : hyphes ágées constituées d'articles de 2 à 6 noyaux; articles
terminaux trés longs contenant plusieurs dizaines de noyaux.
Oxydases
ac. gallique +++, tr. gaïacol: —, 0
pecrésol: L (très léger) tyrosine : +, 0
Code : (2)-5-21-32-38-46-54-(57)-66.
L'absence de laccase, considérée comme associée à une pourriture brune,
est commune aux 3 genres à cystides cylindriques obtuses : Columnocystis,
Chaetoderma (Mc KAY & LENTZ, 1960) et Crustoderma (NAKASONE &
GILBERTSON, 1982).
BIBLIOGRAPHIE
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Rev. Mycol. (Paris) 30 : 3-16.
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134 J. BOIDIN, P. LANQUETIN & G. GILLES
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ERIKSSON J. & RYVARDEN L., 1973 — Corticiaceae of North Europe. 2 : 59-261.
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Mc KAY H.H. & LENTZ P.L.,
Mycol. appl. 13 : 265-286.
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NAKASONE K.K. & GILBERTSON R.L., 1982 — Three brown-rot fungi in the Corticia-
ceae. Mycologia 74 : 599-606.
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261 p.
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ka Mykol. 13 : 10-19.
Source : MNHN. Paris
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES AFFINITÉS
ENTRE HETEROBASIDION ANNOSUM (FR.) BRES.
ET LES BONDARZ
ЛАСЕАЕ*
par K. GLUCHOFF-FIASSON, A. DAVID & B. DEQUATRE**
RÉSUMÉ. — La présence d'éléments «sulfo-aldéhydiques positifs) chez Heterobasidion
annosum (laticifères et pseudocystides dans les basidiomes, laticiféres dans le mycelium
en culture) est signalée pour la première fois. Cette particularité, s'ajoutant aux caractères
des spores, rapproche le genre Heterobasidion du genre Bondarsewia et permet de l'intégrer
dans un ensemble d'espèces ayant des composants biochimiques communs.
SUMMARY. — The occurrence of «sulfo-aldehydic positive» elements (laticifers and pseu
docystidia in the basidiocarps, laticifers in the mycelium) is here reported for the first time
This peculiarity, together with sporal characters, draws the genus Heterobasidion closer to
the genus Bondarzewia and allows to integrate it in a series of species sharing common
biochemical components.
Heterobasidion annosum est une espéce trés commune en Europe, facilement
reconnaissable et cependant assez peu étudiée par les mycologues contempo-
rains. Ceci explique par exemple que les spores furent décrites comme lisses
et non amyloïdes jusqu'en 1973, date à laquelle KELLER montra qu'elles
étaient aspérulées et amyloïdes.
En 1979 STALPERS publia un article intitulé «Heterobasidion (Fomes)
annosum and the Bondarzewiaceae ». D'aprés cet auteur, le genre Heterobasidion
doit étre placé dans la famille des Bondarzewiaceae. En effet il présente avec le
genre Bondarzewia plusieurs caractéres communs : 1) spores ornementées et
* Recherches chimiotaxinomiques sur les Champignons, 49; 48 : J.L. FIASSON, Synthetic
contribution to the phylogenetic taxonomy of European poroid Hymenochaetaceae (A hyl
lophorales), Karstenia, à paraître.
** Laboratoire de Mycologie associé au C.N.R.S. n° 44, Département de Biologie Végétale,
Université de Lyon 1, 43 Bd du 11 novembre 1918, 69622 Villeurbanne Cedex, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
136 K. GLUCHOFF-FIASSON, A. DAVID & B. DEQUATRE
amyloïdes; 2) système d'hyphes dimitique; 3) cloisons bouclées rares mais
présentes; 4) forme conidienne (Spiniger) connue dans H. annosum, H. insulare
et B. berkeleyi; 3) pourriture blanche et production de laccase par le mycélium
en culture: 6) présence dans ces deux genres d'espèces parasites.
L'idée d'une telle affinité était en mesure de surprendre maints mycologues
de terrain. H. amosum et B. montana sont en effet deux espèces morphologi-
quement bien différentes : la première rappelle parfois Fomitopsis pinicola,
la seconde Polyporus giganteus.
Les études biochimiques apportent aujourd'hui des arguments supplémen-
taires en faveur de l'affinité des genres Heterobasidion et Bondarzewia. Le prin-
сіре responsable de la réaction sulfo-aldéhyde + (5. а. +) observée dans les
laticiféres de B. montana (A.D. cité in KUHNER 1980, p. 643) a été caractérisé
récemment (GLUCHOFF-FIASSON et KUHNER, 1982) comme étant un ses-
quiterpénoide à squelette marasmane : le stéaryl-vélutinal 1 (FAVRE-BONVIN
et coll., 1982).
OR
1 R = stéaryl
о
2 В = СНз
Or parmi les principaux dérivés de ce composé très instable (DE BER-
NARDI et coll, sous presse) il est deux furanosesquiterpènes également
s. a. + que NOZOE et coll (1971) ont isolés de cultures de H. insulare;
ce méme groupe de travail y a par la suite caractérisé plusieurs métabolites
mineurs à squelettes protoilludane et marasmane et montré qu'ils étaient reliés
biogénétiquement avec les précédents (NOZOE et coll., 1977). L'ensemble de
ces données incitait évidemment à explorer la réaction des Heterobasidion aux
sulfo-aldéhydes : de fait H. annosum présente des laticifères s. a. + dont certains
se relèvent dans l'hyménium sous forme de pseudocystides.
Les descriptions d'Heterobasidion annosum se retrouvent dans tous les
ouvrages de mycologie classique auxquels nous renvoyons nos lecteurs, Nous ne
développerons dans ce travail que les compléments inédits portant aussi bien
sur la morphologie du carpophore que sur la description des mycéliums en
culture. la sexualité, la caractérisation des substances responsables de la réaction
5. a. 4 des laticiféres ou pseudocystides. Nous donnerons ces mêmes complé-
ments d'information au sujet de H. insulare (culture), Bondarzewia montana
(carpophore et culture). B. berkeleyi (carpophore et culture).
LISTE DES ÉCHANTILLONS ÉTUDIÉS
(a: étude morphologique du basidiome; b : étude du mycélium; c : étude de la réaction
<. a. +du basidiome; d : étude de la réaction s. a. + du mycélium)
Source : MNHN, Paris
HETEROBASIDION ANNOSUM ET LES BONDARZEWIACEAE 137
Bondarzewia berkeleyi (Fr.) Bond. et Sing.: — C.B.S. Baarn 312 36 (b, d); — n9 4482,
Hu L. LOWE, sur Quercus, Mt Pisgah, Asheville, Nord Caroline, U.S.A., 20 juillet
1950 (a).
Bondarzewia montana (Fr) Sing. : — LY-AD 512, exposition mycologique de Pau, Pyrénées-
Atlantiques, octobre 1967 (a); — LY-AD 4132, sur souche d'Abies, Forêt de Chaux,
Jura, leg. & det. CAVET, septembre 1981 (а, с, d); — LY-AD 4199, sur souche d'Abies
forêt de Plitvice, Yougoslavie, leg. TORTIC (а, b, d); — PB 81, sur souche d’Abies, Bois
du Mont, Puy-de-Dôme, septembre 1981 (c).
Heterobasidion insulare (Murr.) Ryv. : — C.B.S. Baarn 451 76 (b, d).
Heterobasidion annosum (Fr.) Bres. : — LY-AD 2031, Kaboul, Afghanistan, leg. LALANDE,
det. A. DAVID, 1976 (b, d); — LY-AD 3055, sur souche de Pinus maritima, Liorac-sur-
Louyre, Dordogne, leg. & det. A. DAVID, octobre 1972 (b, d); — LY-AD 4278, sur
souche de Picea excelsa, col de Cuvillat, Ain, leg. & det. A. DAVID, mai 1982 (a, b, c, d);
— LY-AD 4378, sur souche de Picea excelsa, Massif du Grand-Colombier, Ain, leg.
J. BOZONNET, aoüt 1982 (a, c).
COMPLÉMENT A L'ÉTUDE MORPHOLOGIQUE DES BASIDIOMES
Heterobasidion annosum
Un caractère particulier de Н. annosum encore non décrit à ce jour est la
présence dans les dissépiments d'éléments sulfo-anisiques + : dans la région
sous-hyméniale on observe de nombreuses hyphes à contenu huileux, réfringent,
qui se redressent en direction de l'hyménium pour venir s'insérer entre les ba-
sides où elles constituent ainsi des pseudocystides. Le contenu de ces hyphes
est coloré en bleu foncé par le réactif sulfo-anisique, ce qui facilite leur obser-
vation et permet de suivre leur évolution jusque dans l'hyménium. Par la nature
et l'aspect huileux de leur contenu ces pseudocystides s'apparentent à des
gloeocystides. Ce contenu évolue avec le temps : dans les carpophores jeunes et
frais la plupart des pseudocystides renferment d'innombrables petites goutte-
lettes (0,3 à 1,5 ит de diamètre) réfringentes et très serrées; avec l’âge ces
gouttelettes se fusionnent en une masse réfringente unique, laquelle peu à peu
se fractionnera pour finalement disparaitre dans les pseudocystides les plus
anciennes, De méme la partie terminale de la pseudocystide change d'aspect
avec l'áge : chez les jeunes, remplies de gouttelettes, elle est assez régulière avec
une extrémité arrondie; chez les pseudocystides plus âgées, elle devient irrégu-
lière en se rétrécissant plus ou moins et porte très souvent une ou deux (excep-
tionnellement trois) papilles terminales (Fig. 1 A et B). Les gouttelettes des
laticifères et pseudocystides ne sont visibles que sur des carpophores très frais :
la dessiccation provoque leur fusion en une masse réfringente unique; 24 à 48
heures après la récolte, la disparition est totale. Dans les carpophores jeunes ou
à maturité, les pseudocystides ne font jamais saillie hors de l'hyménium, restant
toujours plus ou moins en retrait des basides adultes: par contre dans les carpo-
phores âgés où les basides sont soit collapsées soit (celles de nouvelles générations)
très jeunes. les pseudocystides se redressent au-dessus de la surface hyméniale
et sont alors bien repérables.
Source : MNHN Paris
зор
ecu v;
Fig. 1. — A. Pseudocystides d'Heferobasidion annosum observées dans un hyménium jeune
(carpophore frais). - récolte LY-AD 4378. — B. Pseudocystides d’Heterobasidion anno.
sum observées dans un hyménium âgé - récolte LY-AD 4299 : a, b, c, d = stades succes-
sifs d'évolution des pseudocystides. — C. Pseudocystides et basidioles observées chez
Bondarzewia montana - récolte LY-AD 512. — D. Pseudocystides et basidiole observées
chez Bondarzewia berkeleyi - exsiccata herbier LOWE n° 4482.
Source : MNHN, Paris
HETEROBASIDION ANNOSUM ET LES BONDARZEWIACEAE 139
Conséquence probable de la présence de sesquiterpènes, la chair d'H. anno-
sum est légèrement poivrée, cette sensation n'apparaissant qu'aprés un certain
moment de mastication.
Bondarzewia montana et B. berkeleyi
Chez ces deux espéces, laticiféres et pseudocystides se retrouvent au niveau
de la trame et dans l'hyménium (Fig. 1, C et D).
COMPLÉMENT A L'ÉTUDE DU MYCÉLIUM EN CULTURE
Heterobasidion annosum
+Spores, germination et mycélium monosperme. — Les spores binucléées
germent en 1 ou 2 jours : elles donnent naissance à un mycélium dont les articles
sont cénocytiques, l'article terminal renfermant de 14 à 30 noyaux, les articles
intercalaires de 3 à 11 noyaux; ci-dessous quelques relevés faits à partir de
larticle terminal : 30-11-3-10-8-7-6 . 24-13-4-3-10-5 $ 22-5-4-5-4-2 ...
14-64-25... Aucune boucle n'est jamais observée dans les mycéliums mono-
spermes.
*Sexualité. — D'aprés CHASE et ULLRICH (1981) H. annosum serait bipo-
laire : les confrontations faites à partir de 10 monospermes de la récolte 4278
nous ont en effet permis de distinguer deux pôles; une vérification avec un
plus grand nombre de monospermes serait souhaitable. Signalons que dans les
confrontations positives il se développe au centre de la boîte, entre les deux
monospermes, une zone beaucoup plus colorée, brune, atteignant parfois 2 à
3 cm de largeur.
*Mycélium polysperme. — Description : nous ne donnerons ici que des
compléments aux descriptions antérieures (STALPERS, 1978).
-Les hyphes génératrices, irrégulières, sont à paroi mince, à l'exception
d'hyphes âgées pouvant présenter un fort épaississement pariétal accompagné
de nombreuses cloisons de retrait. Les hyphes montrent à la fois des cloisons
simples et des cloisons bouclées. Les boucles sont assez fréquentes sur les gros
axes mycéliens (diamètre : 6-10 um) mais bien plus rares sur les hyphes de
calibre faible à moyen (diamètre : 1,5-4 um). Par ailleurs la fréquence des
boucles peut varier beaucoup selon la souche étudiée : LY-AD 3055 présente
un grand nombre d'hyphes de fort calibre à boucles nombreuses; au contraire
dans le mycélium secondaire de la récolte 4278, constitué essentiellement
d'hyphes de faible et moyen calibre, les boucles sont peu nombreuses et peuvent
facilement passer inaperques.
- Certaines hyphes génératrices se distinguent par un contenu trés particulier
constitué d'innombrables gouttelettes réfringentes se colorant en bleu foncé
avec le réactif sulfo-anisique : ces hyphes correspondent aux laticifères observés
dans le basidiome. Avec l'âge les gouttelettes se fusionnent en amas réfringents
Source : MNHN, Paris
Fig. 2. — Hyphes oléifères sulfo-aldéhydes + présentes dans les mycéliums en culture pure.
‘On observe ici que les hyphes sont soit guttulées, soit à contenu homogène résultant de
la fusion des gouttelettes, soit entièrement vides. — A. Heterobasidion annosum : récolte
LY-AD 4278. — B. Heterobasidion insulare - souche C.B.S. 451 76.
montana - récolte LY-AD 4199.
— C. Bondarzewia
D. Bondarzewia berkeleyi - souche C.B.S. 312 36.
Source : MNHN, Paris.
HETEROBASIDION ANNOSUM ET LES BONDARZEWIACEAE 141
informes qui se réduisent peu à peu pour finalement disparaître : à ce stade,
il se forme souvent des cloisons de retrait, Ces hyphes sulfo + portent des
papilles caractéristiques jamais observées sur les hyphes ordinaires; ces ornements
sont particulièrement nombreux chez les hyphes s.a. + âgées, plus rares à ab-
sents chez les hyphes jeunes (Fig. 2 A). Г
- Les fibres, peu nombreuses, à paroi trés épaissie, sont irrégulières, souvent
tortueuses et fréquemment ramifiées.
- Nombre de noyaux par article : bouclés ou non, tous les articles sont céno-
cytiques, particuliérement le terminal qui, comme le montrent les relevés ci-
aprés (effectués sur la récolte 4278), est beaucoup plus riche en noyaux que dans
le mycélium monosperme : 101-6-9-10-13-14 , 5-28-2-3-4-: ; 46-11-5-13-
10...
*Cycle nucléaire. — La présence de boucles rares et inconstantes dans le
polysperme alors que les monospermes en sont dépourvus, et les articles termi-
naux plus cénocytiques dans le polysperme que dans les monospermes, tendent
à prouver que l'espèce est holocénocytique hétérothalle.
Heterobasidion insulare, Bondarzewia berkeleyi et B. montana
Nous n'avons pas eu la possibilité d'obtenir de sporées de ces trois espèces
et n'avons donc aucune indication sur la cytologie de leurs mycéliums primaires.
*Mycéliums secondaires : les hyphes génératrices d'H. insulare et de B
montana présentent des boucles rares, boucles qui n'ont pu étre retrouvées
chez B. berkeleyi.
- Dans tous les cas nous avons retrouvé des hyphes sulfo + porteuses de pa-
pilles, identiques à celles présentes dans le mycélium de H. annosum (Fig. 2,
B,C, D).
- Les articles des mycéliums secondaires de ces trois espèces sont cénocy-
tiques; ci-dessous quelques relevés faits à partir de l'article terminal : H. insulare
(C.B.S. 45176) : 21445-3552 3322421 49-3-3-4-3-1-6-1 ...
Bondarzewia berkeleyi (C.B.S. 312-36) : 25-20-24-22-25-5-11-8 ...; 46-9-12-11-
6-10 ...; 51-14-6-8-4-13 ... B. montana (LY-AD 4199) : 62-13-12-5-6-10 ...;
85-11-8-8-13-2-9 ...; 136-10-8-10-9 ...
CARACTÉRISATION DES SUBSTANCES
RESPONSABLES DE LA RÉACTION $5. А. +.
Les basidiomes, choisis pour leur parfait état de fraîcheur, de même que les
mycéliums recueillis en phase exponentielle de croissance, sont immédiatement
congelés.
Le matériel est broyé dans le dichlorométhane, en plusieurs étapes chacune
assez brève pour interdire la décongélation et séparées par des retours à — 20°C.
L'eau éventuellement présente dans le filtrat est éliminée par congélation; l'ex-
Source : MNHN, Paris
142 K. GLUCHOFF-FIASSON, A. DAVID & B. DEQUATRE
trait anhydre est évaporé à sec à température ambiante et repris par l'acétone.
Le stéarylvélutinal 1 est identifié par comparaison chromatographique avec
l'échantillon original isolé de Lactarius velutinus Bert., non seulement à l'état
naturel mais également après méthanolyse douce (conversion en 2) (FAVRE-
BONVIN et coll., 1982); le Tableau décrit les trois systèmes chromatographiques
utilisés.
TABLEAU
Caractéristiques chromatographiques du stéaryl-vélutinal
(ester naturel 1 et produit de méthanolyse 2)
Composé 1 2
Re(*) xsuralumines (**).—. Ve a 959 0,35
«sur sibice» (*5*) 5... nnt tlle 0,47 0,24
Volume d'élution C.L.H.P. (ml) (44) 0... 198 145
(+) : Tache bleu-violet sombre immédiatement aprés pulvérisation d'une solution de vanilline
(2,5 g) dans H2504 - H20 1.1 (80 ml)
) .C.C.M. Al303 «DCF 60 Merck»; hexane acétate d'éthyle 20:1.
(***) .C.C.M. SiO; «DCF 60 Merck»; hexane-acétate d'éthyle 10:
(****) : CL H P. «RP 18 Merck»; méthanoleau (8 , 98:2, В 70:30), 1,5 ml. min ;détec-
tion réfractométrique.
Dans tous les cas (et qu'il s'agisse du basidiome ou du mycélium) la réaction
bleue à la sulfo-vanilline à froid sur chromatogramme est le fait exclusif du
stéaryl-vélutinal. Parmi les taches mineures correspondant aux produits de
dégradation du sesquiterpénoide, un composé assez polaire réagissant en rose
vineux n'est sans doute pas artéfactuel.
CONCLUSION
La conjonction des caractéres : spores ornementées amyloides et réaction
s. a. + liée à la présence d'un méme sesquiterpéne, se retrouve dans de nombreux
genres et familles d'hyménomycétes morphologiquement trés différents (Russulaceae,
Bondarzewiaceae, Lentinellus, Auriscalpium, certains Gloeocystidiellum, Dicho-
stereum, Amylocystidiellum) et a fait l'objet de plusieurs publications (ROMA-
GNESI, 1944, 1964; BOIDIN, 1958; KUHNER, 1980, et tout récemment
GLUCHOFF-FIASSON et KUHNER, 1982). Nous ne pouvons que suivre la
conclusion de ces auteurs en pensant que le genre Heterobasidion s'intégre fort
bien dans cet ensemble naturel par enchainement et ce, comme l'avait indiqué
STALPERS, au sein des Bondarzewiaceae.
Source : MNHN. Paris
HETEROBASIDION ANNOSUM ET LES BONDARZEWIACEAE 145
BIBLIOGRAPHIE
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Source : MNHN, Paris.
Source : MNHN, Paris
145
ESTUDIOS SOBRE APHYLLOPHORALES.
IIl. FRUCTIFICACIONES EN ABIES PINSAPO BOISS.*
por J.L. MANJON & G. MORENO**
RESUMEN. — Se estudian 32 especies de Aphyllophorales desde el punto de vista taxonó
mico, ecológico y corológico, sobre la vegetación relicta y actualmente en peligro de Abies
pinsapo, en las provincias de Cádiz y Málaga (España). Proponemos Dendrothele malen
qonii Manjón & Moreno como especie nueva. Asi mismo se realiza un estudio de la variación
en la ornamentación esporal al microscopio electrónico de barrido, de diferentes colecciones
de Litschauerella clematitis (Bourd. & Galz.) Erikss. & R yv.
SUMMARY. — In this article a taxonomic, ecological and chorological study of the mena
ced Spanish fir ‘pinsapo’ is given. Thirty-two species of wood-rotting Aphyllophorales are
reported to decay Abies pinsapo, vegetation restricted to the Southern Spanish provinces
of Cadiz and Málaga (Spain). Dendrothele malençonii Manjón & Moreno, is proposed as
a new species. And a study of the spore ornamentation from different collections of Lit.
schauerella clematitis (Bourd. & Galz.) Erikss. & Ryv. by the scanning electron microscope
is also provided
RÉSUMÉ. — Étude taxonomique, écologique et chorologique de 32 espéces d'Aphyllo-
phorales qui mettent en péril la population relictuelle d'Abies pinsapo dans les provinces
de Cadix et de Malaga, en Espagne. Une espèce nouvelle, Dendrothele malenconii Manjón
& Moreno, est proposée. Les auteurs examinent également, en microscopie électronique
à balayage, la variation de l'ornementation basidiosporale chez différentes récoltes de
Litschauerella clematitis (Bourd. & Galz.) Erikss. & Ryv.
* Trabajo presentado en la 12 Reunión conjunta de micología (12 Reunión del Grupo
Especializado de Micología de la SEM y V Jornadas de la AEEM), celebrada del 30 de
septiembre al 2 de octubre de 1982 en la Universidad de Alcalá de Henares. Madrid.
** Dpto. Botánica. Fac. Ciencias Biológicas. Universidad de Alcalá de Henares. Madrid.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
146 J-L. MANJON & G. MORENO
El área natural del Abies pinsapo se reduce a las altas sierras del extremo
occidental de la cordillera Bética en España y a la cadena caliza de Yebala en
el Norte de Marruecos. El área española corológicamente pertenece al sector
Rondeño de la Provincia Bética (RIVAS-MARTINEZ et al., 1977), y queda
delimitada en un conjunto de sierras que constituyen la Serranía de Ronda,
en la que destacan los siguientes enclaves (ASENSI, 1976) : La Sierra del Pinar
de Grazalema en Cádiz. La Brecha de la Nava de San Luis y Cerro de Alcor;
los pinsapares de los términos de Tolox, Yunquera y El Burgo, y los Reales
de Genalguacil de la Sierra Bermeja de Estepona en Málaga. Esta vegetación se
encuentra sobre terrenos calizos, siendo de especial mención el pinsapar de
Sierra Bermeja situado sobre rocas ultrabásicas o pteridotitas.
El motivo del presente trabajo es nuestra aportación sobre Aphyllophorales
que fructifican en A. pinsapo, debido al peligro de extinción que experimenta
esta vegetación relicta, en las áreas antes mencionadas. Aparecen mencionados
estudios de Aphyllophorales sobre este sustrato por MALENÇON (1968),
MALENÇON & BERTAULT (1976) y TELLERIA (1980); estudiándose la zona
en la actualidad, por diferentes especialistas desde el punto de vista edafoló-
gico, faunístico, florístico y füngico. Un completo ensayo bioclimático, sinta-
xonómico y bibliográfico ha sido realizado por ASENSI & GUERRA (1980),
y fitopatológico por MARTINEZ & RAMIREZ (en prensa).
MATERIAL Y METODOS
El material estudiado, 59 recolectas, se ha recogido de las tres localidades
siguientes : Loc. 1: Sierra del Pinar de Grazalema (Cádiz), Dat.: 3-1V-82. Loc.
2: Sierra de las Nieves, entre los límites de los términos de Ronda, Yunquera y
Tolox (Málaga), Dat.: 2-IV-82. Loc. 3: Cortijo de la Nava de San Luis de Parau-
ta (Málaga), Dat.: 2-IV-82. Estas nuestras se encuentran depositadas en el herba-
rio particular de los autores H. JM-GM, actualmente conservado en el Dpto.
de Botánica de la Universidad de Alcalá de Henares, dándose su numeración
para cualquier consulta o revisión posterior. Se encuentran duplicados de Hypho-
derma orphanellum (Bourd. & Galz.) Donk y Serpula himantioides (Fr.) Cunn..
novedades para la micoflora española en el herbario del Real Jardín Botánico
de Madrid (MA). Se han enviado isótipos de Dendrothele malengonii al herbario
del Real Jardín Botánico de Madrid en España (MA), al herbario de la Universi-
dad de Göteborg en Suecia (GB), y al herbario del Profesor MALENÇON de
Valognes en Francia,
La fotografías al microscopio óptico han sido tomadas en KOH (39) y rojo
congo amoniacal, en un microscopio Nikon modelo Optiphot con sistema
incorporado de fotografía automático. Las fotografías al microscopio electró-
nico de barrido, han sido tomadas en un microscopio Jeol, modelo JSM 50 A.
Source : MNHN, Paris
APHYLLOPHORALES EN ABIES PINSAPO 147
CATALOGO DE ESPECIES
Ampbynema byssoides (Pers. ex Fr.) Erikss, Symb, Bot. Upsal. 16 (1) : 112
(1958).
Loc. 1, n9 herb. : 5555, Hab. : En leño.
Especie ampliamente citada, conocida an
Málaga (MALENCON e BERTAULT, 1976),
Androdia sinuosa (Ft.) Ryv., Norw. J. Bot. 20 ; 8 (1973).
Loc. 2, N° herb. : 5521. Hab. : En leño.
Taxon no muy citado en España y caracterizado por sus irregulares poros de
color marrón, de 1 a 3 por mm.
Athelia epiphylla Pers. Mycol. Europ. 1 : 84 (1822),
Loc. 1 y 2, n9 herb. : 5560 y 5569. Hab. : En leño y ritidoma.
Con esta denominación se agrupan una serie de táxones
tados en la actualidad (ERIKSSON & RYVARDEN, 1973).
Especie cosmopolita en España peninsular.
Athelopsis glaucina (Bourd. & Galz.) Parm., Consp. syst. Cortic. : 42 (1968).
Loc. 2, n9 Herb. : 5620, Hab. : En leño.
Taxon recientemente citado para España, de Alava. Huesca, Navarra y Soria
por HJORTSTAM & al. (1981).
Coniopbora arida (Fr.) Karst., Not. Е. Fl, Fenn. 9 :360 (1868).
Loc. 2, no Herb. : 5568. Hab. : En leño y restos muy degradados.
Especie cosmopolita en nuestro país.
teriormente de Sierra Bermeja en
no muy bien delimi-
Dacryobolus sudans (Fr.) Fr., Summa Veg. Scand. : 404 (1849).
Loc. 2, nO herb. : 5552, 5574 y 5578, Hab. : En leño,
Conocida entre otras localidades de la Sierra del Pinar de Grazalema en Cádiz
por MALENGON (1968), de la Nava de San Luis en Málaga por MALENCON &
BERTAULT (1976), y de Benamahoma en Cádiz por TELLERIA (1980)
Dendrotbele malengonii Manjón £ Moreno, Sp. nov.
= Aleurodiscus sp. Malengon, Collect. Bot. 7 (2) n° 40 : 721.722 (1968),
Dispicitur moniliformibus cystidiis.
Corpus fructiferum resupinatum, effusum, membranaceum, tenue, initium eius orbi
culare - velut parvae maculae rotundae, quae postea, dum maiores in tempus fiunt, coales-
cunt - leviter pruinosum sub lente. Hymenium laeve, subalbo uel ochraceo colore. Ora haud
bene distinguuntur; rizomorphae absunt.,
Systema hypharum monomiticum, quarum est diametrum 2-3-(4) fon, omnibus in septis
fibulatarum. Cystidia moniliformia, quae parum ex hymenio insurgunt, quorum est longi
tudo maxima 125 um, latitudo 9 Um. Dendrohyphae visu difficiles, multiformes, longae -
ubi in ramos vergunt - 1-1,5 lim. Basidia in modum palorum valii, partim subclaviformia,
partim suburniformia, 35-50 Lm longa, 7-8 um lata, cum sterigmatibus conspicuis valde,
longa usque ad 6 1m. Sporae partim subcylindricae, partim anguste oblongae, laeves, hyali-
nae, non amyloideae, pariete tenui, 12-15 jum longae, 4,5-6 jum latae.
Habitat in cortice Abietis pinsapae vivae in ‘Sierra de las Nieves’ (Malacca), Leg. С.
MORENO & J.L. MANJON, 2-1V-82, H.JM-GM 5612, Holotypus
Source : MNHN, Paris.
Fig. | — Dendrothele malenzonii Manjón & Moreno, sp. nov. : A, Sección del cuerpo
fructífero: B. Dendrófisis; C. Esporas: D. Basidio: E. Cistidio moniliforme.
Source : MNHN. Paris
APHYLLOPHORALES EN ABIES PINSAPO 149
MACROSCOPIA
Cuerpo fructifero resupinado, de 0.1.0.2 mn de
delgado, orbicular en principio forman
cuales posteriormente confluyen hacién
espesor, efuso, membranoso,
do pequeños y redondeados parches, los
dose cada vez más grandes.
Himenio liso. de color blanquecino a cremoso, tomando tintes grises violá-
ceos en la vejez y finamente pruinoso a lupa.
Margen no bien diferenciado y sin rizomorfos,
MICROSCOPIA (Fig. 1 y 2)
Sistema de hifas monomítico, de 2-3-(4)
septos: las hifas integrantes del subículo y del
mente entretejidas y son de difícil observación.
Cistidios moniliformes. hialinos, no reaccionado con la sulfovainillin
tándose débilmente o incluidos en el himenio, abund.
más gruesas que los basidios, variables en el námero
x 5-9 um
um diam, fibuladas en todos los
subhimenio se encuentran fuerte-
a, proyec-
antes, de paredes algo
de artejos y de 48-125
Dendrófisis muy abundantes sin sobresalir al
de morfología muy variable y midiendo de 1-1.5
Basidios en emp
exterior del estrato himenial
‚um diäm. en las ramificaciones.
alizada de subclaviformes a suburniformes, tetraspóricos, de
fuerte contenido vacuolar oleoso refrigente de 35-50 x 7-8 um.
Esporas de subcilindricas a estrechamente elípticas, a veces algunas con el lado
adaxial un poco cóncavo a nivel apicular, lisas, hialinas, no amiloides, de pared
fina y midiendo de 12-15 x 4,5-6 um.
HABITAT. — Ritidoma de Abies pinsapo vivo. Sierra de |
Leg. G. MORENO & J.L. MANJON, 2-1V-82. H. JM-GM 5612. Holötipo; Riti-
doma de A. pinsapo vivo Cortijo de la Nava de San Luis de Parauta (Málaga),
Leg. G. MORENO & J.L. MANJON, 2-IV-82 H. JM-GM 5511: Ritidoma de 4
pinsapo vivo Sierra de las Nieves (Málaga), Leg. G. MORENO & J.L. MANJON,
2-IV-82, H.JM-GM 5613.
as Nieves (Málaga),
OBSERVACIONES. —
Taxon caracterizado por sus cistidios moniliformes
y por sus dendröfisis,
MALENGON (1968) describe un Aleurodiscus sp. recolectado en el pinar
de San Cristobal (Sierra del Pinar de Grazalema), caracterizado por poseer
esporas no amiloides iguales que las de nuestras colecciones, tanto morfoló-
gicamente como en sus dimensiones. y con cistidios moniliformes. El autor
indica que no encuentra dendrófisis, apuntando la posibilidad de encontrarse
ante una especie nueva pero debido a poseer tan solo una muestra, deja refle-
jada en aquella publicación sus observaciones. Estudiada la recolecta de MA.
LENGON (1968), observamos un material muy esporulado con presencia de
dendrófisis, coincidiendo los demás caracteres microscópicos. Por esta razón
hemos óptado en dedicar este taxon al Profesor MALENGON, ya que fue el
primer botánico que lo tuvo en sus manos y lo dejó mencionado en la publica-
Source : MNHN, Paris.
150 J.L. MANJON & G. MORENO
ción antes mencionada.
La espora no amiloide situa este taxon en el género Dendrothele y no en
Aleurodiscus, que encierra en la actualidad a especies con esporas amiloides.
Es de destacar que los cistidios moniliformes son sin embargo frecuentes en
especies del género Aleurodiscus. La separación entre los géneros Dendrothele
y Laeticorticium no es muy fácil y varia según los autores, ERIKSSON & RY-
VARDEN (1976) y JULICH & STALPERS (1980). Nosotros hemos tomado
el sensu estricto de Laeticorticium Donk (1956), que admite solamente a espe-
cies con colores llamativos en vivo. con cistidios o glococistidios ausentes, y
con basidios frecuentemente originados de un probasidio vesicular; mientras
que el género Dendrothele Höhn & Litsch. (1907). admite táxones con tonali-
dades de himenio más claras o pálidas, generalmente ocráceas, con cistidios o
gloeocistidios y con basidios cilíndricos a claviformes (JÜLICH & STALPERS,
1980).
Nuestro reconocimiento al Profesor MALENÇON (Valognes, Francia) por el
envío de su recolecta del pinar de San Cristobal, así como por sus interesantes
observaciones. De igual manera agradecemos tambien la colaboración del Profe
sor HJORTSTAM (Góteborg Suecia). por habernos confirmado que este taxon
podría describirse como especie nueva,
Se encuentran isótipos en el Herbario del Jardín Botánico de Madrid, España
(MA), en el Herbario de la Universidad de Gúteberg, Suecia (GB), y en el Herba-
rio del Profesor MALENGON de Valognes, Francia.
Fomitopsis pinicola (Fr.) Karst., Krit. Ofv. Finl. Basidsv. : 306 (1889).
Loc.2 nO Herb. : 5522, Hab. : En tronco muerto.
Especie más bien saprófita pero a veces parásita de viejos y debilitados
ejemplares de coníferas y caducifolius (MARCHAND, 1975).
Ampliamente citado en la bibliografía, conocido de Grazalema por MALEN-
CON (1968) y TELLERIA (1980).
Ganoderma australe (Fr.) Pat., Bull. Soc. Mycol. Fr. 5 : 67 (1889).
Loc. 2. n9 herb. : 5520, Hab. : En árbol vivo.
Taxon de difícil posición sistemática. actualmente sinonimizada a G. euro-
paeum Stey. у С. adspersum (Schulz.) Donk (RYVARDEN & JOHANSEN,
1980). Parece manifestarse como un hongo más bien parásito que saprófito
de un numero variado de cormófitos (MARCHAND, 1976).
Heterobasidion annosum Bres., Unters. Gesamtg Mykol. 8 : 154 (1888).
Loc. 1 y 3. n9 herb : 5546 y 5557. Hab : En tocones y troncos caídos.
Taxon de amplia corología, presentándose como un peligroso patógeno
(MARCHAND, 1975: RYVARDEN, 1976); Abundantemente encontrado en
las zonas de estudio, por lo que sería necesario combatirlo para bajar su fre-
cuencia o erradicarlo (MYREN. 1981).
Hypboderma argillaceum (Bres.) Donk, Fungus 27 : 14 (1957).
Loc 1 n° Herb. : 5543, 5554 y 5556. Hab. : En leño
Se ha ampliado recientemente la corología de esta especie en España por
Source : MNHN, Paris.
APHYLLOPHORALES EN ABIES PINSAPO
151
Fig. 2 . — Dendrothele malenconii Manjón 8: Moreno, sp. nov. : A, B. Dendröfisis: C.
Cistidio moniliforme; D. Basidios; E. Esporas; F,G,H. Cistidios moniliformes.
HJORTSTAM & al. (1981).
Hypboderma orpbanellum (Bourd. & Galz.) Donk, Fungus 27 : 15 (1957).
Loc. 1 y 3, по Herb. : 5617 y 5618, Hab. : En leño.
Source : MNHN. Paris
152 J-L. MANJON & G. MORENO
Especie de difícil encuadre taxonómico por poseer un subículo de hi
estrechas, de 2-2,5 um diám. y apretadas, que no concuerdan con la descripción
del género Hyphoderma. En cuanto a su corología, H. orphanellum se encuentra
citada de Francia en donde fue descrita sobre Pinus, de Noruega sobre Salix
caprea y de Suecia sobre Abies (HJORTSTAM, comunicación personal).
Hypboderma pallidum (Bres.) Donk, Fungus 27 : 15 (1957).
Loc. 1 y 2, n9 herb. : 5595, 5596, 5597. 5598 y 5599. Hab. : En leno.
Recientemente citado por CALONGE & TELLERIA (1980) y MANJON &
MORENO (1980).
Hyphoderma praetermissum (Karst.) Erikss. & Strid., in Erikss. & Ryv. Cort. N.
Eur. 3 : 505 (1975).
Loc. 1, n9 herb. : 5553, Hab. : En leno.
Taxon que por el momento «grupa a un complejo grupo. en el que pueden
estar implicados más de una especie (ERIKSSON & RYVARDEN, 1975).
Especie cosmopolita en España.
Hyphodontia pruni (Lasch) Svrečk, Ceska mycologie 27 (4) : 204 (1973).
Loc. 2, n9 herb. : 5565, 5566 y 5567. Hab. : En leno.
Citado recientemente por HJORTSTAM & al. (1981).
Litschauerella clematitis (Bourd. & Galz.) Erikss. & Ryv., Cort. N. Eur. 4 :
839 (1976).
= Peniophora clematitis Bourd. & Galz., Bull. Soc. Mycol, France 28 : 383
(1912)
= Tubulicium clematitis (Bourd. & Galz.) Oberw., Ann. mycol. 19 (1-3) :
56 (1965).
Xenasma clematidis (Bourd. & Galz.) Liberta, Mycol. 5 : 897 (1962).
Peniphora aegerita v. Hoehn & Lit. sp. abietis Bourd. & Galz., Bull. Soc.
Mycol. France 28 : 383 (1912).
= Peniophora abietis (Bourd. & Galz.) Bourd. & Mre, Bull. Soc. Mycol.
France 36 : 73 (1920).
Peniophora abietis (Bourd. & Galz.) Sartory & Mre, Sciences : 146 (1921).
Litschauerella abietis (Bourd. & Galz.) Oberw., Sydowia 19 : 44 (1965).
= Xenasma abietis (Bourd. & Galz.) Telleria, Bibliotheca Mycologica 74 :
193 (1980).
Loc. 1, 2 y 3, n9 herb. : 5601, 5602, 5604, 5605, 5606, 5607, 5608, 5609 y
5610, Hab. : En leno y ritidoma de arboles vivos o muertos.
Las dimensiones esporales de las muestras estudiadas son muy variables
oscilando desde 5-6,5 um diam. a 7-9 um diam., y pasando por recolectas con
valores intermedios. La ornamentación al microscopio óptico es variable, a veces
difícilmente perceptible, desapareciendo al montar la muestra en disoluciones
alcalinas. Los cistidios en algunas muestras son débilmente dextrinoides. Al
microscopio electrónico la ornementación varía desde sublisa, bacular, cúbica
a espinulosa, en las diferentes recolectas, tomadas todas ellas prácticamente
de la misma localidad, fecha y hábitat; esta variabilidad es incluso mayor que la
Source : MNHN, Paris
APHYLLOPHORALES EN ABIES PINSAPO
153
Fig. 3. — Litschauerella clematitis (Bourd. & Galz.) Erikss. & Ryv.: A,aF. Variación en la
ornamentación esporal
Source : MNHN, Paris
154 J-L. MANJON & G. MORENO
que señalan ERIKSSON & RYVARDEN (1977), razón por la cual los autores
antes mencionados indican que Peniophora abietis es sinonimia (Fig, 3).
Phellinus þartigii (Allesch. & Schnabl) Bond., Trut. griby : 365 (1953).
Loc. 2, n herb. : 5583, Hab. : En troncos de árboles vivos y muertos.
Especie frecuentemente observada en la zona y parásita especifica de Abies,
produciendo una podredumbre blanca muy activa que ataca al leño del arbol
(MARCHAND, 1976). En America se desarrolla sobre Abies, Pseudotsuga y Tsuga
(GILBERTSON, 1979). Citado de Barcelona por MAUBLANC (1936), y de Leri-
da por BENITO MARTINEZ & TORRES JUAN (1 965).
Pblebia lilascens (Bourd.) Erikss. & Hjorst., in Erikss., Hjortst. & Ryv. Cort. N.
Eur. 6 : 1123 (1981).
Loc. 2, n9 herb. : 5592, Hab. : En leno.
Nuestra colección carece de reacción macroscópica violácea a la potasa.
Este taxon forma parte de un grupo complejo de especies, las cuales han sido
agrupadas recientemente bajo la denominación de Phlebia lilascens, hasta que se
resuelva el problema taxonómico (ERIKSSON & al., 1981).
Recientemente citado por MANJON & MORENO (1982) sobre Pinus sylvestris.
Radulomyces confluens (Fr.) Christ., Dansk. Bot. Arkiv. 19 (2) : 230 (1960).
Loc. 2, n9 herb. : 5619, Hab. : En ritidoma de arbol vivo.
Recientemente ampliada su corología por HJORTSTAM & al. (1981),
Rogersella sambuci (Pers.) Liberta & Navas, Can. J. Bot. 56 (15) : 1781 (1978).
Loc. 1, nO herb, : 5547, Hab. : En leno.
Taxon caracterizado por sus cistidios apicalmente subulados a capitados y
por sus esporas elípticas a subcilíndricas de paredes algo gruesas.
Ampliamente citado de España peninsular.
Serpula bimantioides (Fr.) Cunn., Bull. Dept. Sci. Ind. Res. N. Z. 145 : 328
(1963).
Loc. 1, n9 herb. : 5542, Hab. : En leño.
Según la bibliografía consultada es nueva cita para la micoflora española.
Stereum birsutum (Willd. ex Fr.) Fr., Epicr. : 544 (1838).
Loc. 2, nó herb. : 5570, Hab. : En lefio.
Especie cosmopolita que se desarrolla saprofíticamente sobre todo tipo de
sustratos.
Trecbispora farinacea (Pers. ex Fr.) Liberta, Taxon 15 : 318 (1966).
Loc. 1, n herb. : 5575, Hab. : En leño.
Taxon ampliamente citado en Espana.
Tubulicrinis calothrix (Pat.) Donk, Fungus 26 : 14 (1956).
Loc. 1, n9 herb. : 5561, Hab. : En leno.
Citado de España peninsular por MALENÇON & BERTAULT (1976) sobre
Pinus halepensis.
Tubulicrinis sororius (Bourd. & Galz.) Oberw., Z. Pilzk. 31 : 23 (1966).
Source : MNHN, Paris.
APHYLLOPHORALES EN ABIES PINSAPO 155
Loc. 2, n9 herb. : 5572, Hab. : En leño.
Recientemente citado por MANJON & MORENO
: (1982) para España penin-
sular.
Tubulicrinis subulatus (Bourd. & Galz.) Donk, Fungus 26 : 14 (1956).
Loc. 1, n9 herb. : 5540. Hab. : En leno.
Cosmopolita y citado de Sierra Bermej
ja en Abies pinsapo por MALENCON
& BERTAULT (1976). s P e
Tubulicrinis thermometrus (Cunn.) Christ., Dansk Bot. Arkiv 19 : 132 (1960).
Loc. 2, n9 herb. : 5558, 5559, 5562, 5563, Hab. : En leño.
Recientemente citado por HJORTSTAM & al. (1981).
Tyromyces caesius (Ft.) Murr.. North Am. El.9 + 34 (1907).
Loc. 2, nO herb. : 5579, Hab. : En leño.
Cosmopolita y citado de Sierra Berme
ja en A. pinsapo por MALENCON
& BERTAULT (1976).
Tyromyces fragilis (Fr.) Donk, Meddel. Bot, Mus. Univ. Utrecht 97 : 148 (1933).
Loc. 2, n9 herb. : 5580, Hab. : En leño.
Citado por TELLERIA (1980) y HJORTSTAM & al. (1981).
Tyromyces bibernicus (Berk. & Br.) Ryv., Svensk Bot. Tidskr. 68 : 282 (1974).
Loc. 1, n9 herb. : 5545, Hab. : En leño.
Citado por TELLERIA & TRUCHERO (1981) y HJORTSTAM & al. (1981)
de España peninsular.
Urnobasidium sernanderi (Litsch.) Parm., Cons. syst, cort. : 38 (1968).
Loc. 1, nO herb. : 5541, Hab. : En leno.
Citado recientemente por HJORTSTAM & al. (1981) para nuestra península.
Vesiculomyces citrinus (Pers.) Hagstrón, Bot, Notiser 130 : 53 (1977).
Loc. 1, nO herb. : 5621 y 5622, Hab. : En ritidoma y leño.
Cosmopolita y citado de la Sierra del Pinar de Grazalema en Cádiz por MA-
LENÇON (1968).
AGRADECIMIENTOS
Nuestra más sincera gratitud a D. Juan José DEL JUNCO, Jefe Provincial de ICONA en
Cádiz por el interes mostrado, así como a los Guardas Forestales Sr. Juan SANCHEZ y
Sr. José M. CALLE por su ayuda en la toma de muestras, A los profesores ERIKSSON,
HJORTSTAM (Góteborg, Suecia), MALENCON (Valognes, Francia) y RYVARDEN (Oslo,
Noruega) por sus inestimables sugerencias taxonómicas. A] Sr. Carlos ALONSO del Instituto.
de Edafología y Fisiología Vegetal del CSIC (Madrid, España), por su ayuda técnica en la
elaboración de las fotografías al microscopio electrónico de barrido.
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Source : MNHN, Paris
157
RUSSULA COF
4
A SP. NOV.
D'AFRIQUE OCCIDENTALE SUBÉQUATORIALE
par J. PERREAU*
RÉSUMÉ. — Avec notamment une sporée blanche, une chair plutót ferme, de nombreuses
lamellules, un pigment vacuolaire brun au niveau des revéte;
de la forêt dense ivoirienne, et remarquable par son ornementation basidiosporique très
peu élevée, se rattache а la section des Compactae. Toutefois, par d'autres caractéristiques
elle apparaît située à la périphérie de ce groupe et pourrait marquer un terme de passage
entre certains représentants de celui-ci et des espèces placées parmi les Elephantinae
ments, Russula coffeata, espèce
SUMMARY. — More particularly on account of the white spore-print, rather firm context,
polydymous hymenophore, brown vacuolar pigmentation of cuticles, Russula coffeata
which is a species of the rain-forest in Ivory Coast, noteworthy by its very low basidiosporal
ornamentation, belongs to the section Compactae. However, by other distinctive features
it seems to take place between this group and some species related to Elephantinae.
A la faveur de longs séjours en Afrique occidentale, plus précisément au
Gabon et en Côte d'Ivoire, M. Gérard GILLES, correspondant du Muséum
National d'Histoire Naturelle, a pu explorer fréquemment des zones à végétation
ombrophile; il y a recueilli de nombreux champignons, Basidiomycétes princi-
palement, de tous les groupes, presque toujours remarquables et dont beaucoup
se sont méme révélés étre jusqu'alors inconnus. C'est ainsi que, dans le massif
du Téké, situé vers 5-6^ de latitude N, à 35 km environ au nord d'Abidjan
et constitué par une forêt dense à Mapania, il a découvert, en janvier et mars
1973, pendant une saison exceptionnellement sèche où soufflait l’ Harmattan,
quelques exemplaires d'une russule particuliérement intéressante. En effet, avec
l'ensemble de leurs caractéristiques, ces champignons paraissent ne correspondre
exactement à aucune des espèces déjà étudiées, qu’elles viennent aussi bien
des régions africaines équatoriales — où d’ailleurs l'inventaire des Macromycètes
* C.N.R.S., L.A. 257 - Laboratoire de Cryptogamie - Muséum National d'Histoire Naturelle,
12, rue de Buffon - F 75005 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
Fig. 1.— Russula coffeata : A - habitus; B - coupe longitudinale du basidiocarpe; C - schéma
montrant la configuration de l'hyménophore; D - coupe transversale du stipe E - poils
du revétement piléique; F - détail de l'hyménium avec basides et pleurocystide; G - basi-
diospores; H - poils de l'aréte des lames; I - structure de la chair dans le stipe.
Source : MNHN, Paris.
RUSSULA COFFEATA 159
en général est à peine ébauché
А ieee — que dans d'autres continents ou sous des
climats différents
rents; ils peuvent donc étre rapportés à un taxon spécifique nou-
veau, nommé Russula coffeata d'après la teinte brun foncé des revêtements
veloutés couvrant stipe et piléus. Nous en donnerons la description à partir
des notes détaillées prises sur le matériel frais par G. GILLES, avant d'exa
les points permettant d'en éclairer les affinités
sula.
miner
probables au sein du genre Rus-
RUSSULA COFFEATA sp. nov.
Basidiocarpi satis validi. Pileo usque. 70 mm diametro, moderate carnoso, convexo
dein subplano, leviter medio depresso, margine obtusa, laevi; cute adnata, ubique difficile
separabili, sicca, impolita, sub lente velutina et tenuiter corrugata, uniformiter ex atro
fusca, coffeata vel tabacina. Stipite usque 55 mm longo, subcylindraceo cum sectione
oblata, superne 13 x 10 mm diametro, basi leviter attenuato, fistuloso, cortice durissimo,
laevi; cute sicca, sub lente dense velutina, pileo concolore, deorsum flavido. Contextu
firmo, sicco, in pileo 6-8 mm crasso, albo, sub cute saturate eburneo, in stipite usque 3 mm
crasso, e cremeo albido; ope SOaFe immutabili, odore nullo vel paulum Boleti eduli simili,
sapore dulci. Lamellis stipatis, cum 6 ordinibus lamellarum intermixtis, prope stipitem
interdum. furcatis, dente parvo adnexis, in medio usque 6-7 mm latis, crassiusculis, fra
gilibus, cremeis, mediostrato albo, acie integra, brunneo tincta. Basidiis 40-50 x 7-8 Lm,
elongato-clavatis, tetrasporis. Basidiosporis in cumulo albis, 6.7 x 5,7-6,5 Um, subglobosis,
subtilissime punctatis humilibus verruculis cristulisque, paulum amyloideis. Cystidiis 50-60 x
8-11 um, lanceolatis-fusiformibus, pariete leviter in medio crassiore. Pilis acei lamellarum
30-50 x 7-12 um, cylindraceis vel claviformibus, ad apicem rotundatis vel mucronatis,
cum brunneo pigmento vacuolari. Cute ex pilis similaribus 40-80 x 6-10 Lim, aliquantum
flexuoso-gibbosis, confertis vel fasciculatis. Sphaerocystis in stipitis contextu tunica cras-
siore. — Humi, praeter semitam, in silva umbrosa — Ora Eboris, leg. G. GILLES, 28.01.
1973. Holotypus PC, Ag. C. I. n0 11.
DESCRIPTION
Caractères macroscopiques (Fig. 1, À à D)
Basidiocarpes assez robustes.
Piléus atteignant 70 mm de diamètre pour une épaisseur totale de 15 mm,
relativement peu charnu, convexe puis sub-aplani, à peine déprimé au centre,
à marge obtuse, lisse et le demeurant (Fig. 1, À et B); revétement adné, partout
difficilement séparable, sec, mat, égal, à la loupe se montrant velouté et fine-
ment froissé-bosselé, uniformément brun foncé assez sombre, brun café,
brun tabac foncé (plus brun que Methuen 5E2).
Stipe ayant jusqu'à 55 mm de longueur, cylindracé-aplati (le diamètre dans la
partie supérieure étant, par exemple, de 13 x 10mm), légérement atténué vers
la base, creux, mais à fistulosité de section non circulaire (Fig. 1, D), lisse
et présentant un cortex très dur, sans aucune trace annulaire (Fig. 1, À et B);
revêtement sec, à la loupe densément velouté-chiné, brun foncé (Methuen
5E5, brun bronze) sauf à la base qui est crème, jaune très pâle (Methuen 4A2).
Source : MNHN. Paris
Fig. 2. — Basidiospores de Russula coffeata. Aspect et structure de la paroi en microscopie
électronique à balayage : À - ornementation de type verruqueux, constituée par des pus-
tules plus ou moins coalescentes; B - détail d'une surface basidiosporique à verrues basses
et distantes; C - face sub-adaxiale d'une basidiospore montrant la plage supra-appendicu-
laire à ornementation peu marquée; et à transmission : D - détail du relief donné par
une réplique au carbone; E - coupe mettant en évidence la constitution pariétale.
Source : MNHN, Paris
RUSSULA COFFEATA 161
Chair ferme et plutôt dure, sèche, d’une épaisseur de 6 à 8mmen moyenne
dans le piléus, blanche dans l'ensemble mais jaunátre à ivoire (Methuen 4A2)
sur une épaisseur de 1 mm sous la cuticule:
3mm d'épaisseur, d'un crème blanchâtre
tion de SO4Fe, inodore ou bien à odeur fa
à saveur douce.
coriace dans le stipe oà elle atteint
(Methuen 3A2); immuable sous l'ac-
ible rappelant celle de Boletus edulis,
Lames assez serrées, inégales car entremélées de lamellules de six longueurs
différentes, non interveinées mais parfois fourchues prés du stipe auquel elles
sont adnexées par une courte dent, larges de 6.7 mm en leur milieu (Fig, 1,
B et C); relativement épaisses, fragiles, à faces de teinte crème (Methuen 4А3)
à beige jaunätre pâle, à médiostrate blanc, avec une aréte entière soulignée
d'un liseré continu, brun assez foncé, brun bronze (Methuen 5E4, 5ES).
Sporée blanche.
Caractères microscopiques (Fig. 1,E à I et Fig. 2).
Basides (Fig. 1, F) de 40-50 x 7-8 um, cylindriques-clavulées, sveltes, à quatre
stérigmates en général longs de 6um et larges de 2um dans leur partie proximale.
Basidiospores de 6-7 x 5,7-6,5 um, subglobuleuses avec un appendice hilaire
assez gros, tronconique-arrondi; hyalines,
apparaissant sublisses en microscopie photonique (Fig. 1, G) car les aspérités
très ténues qui rendent leur surface finement ruguleuse ou ponctuée, se dis-
cernent difficilement dans le chloral iodoioduré (réactif de Melzer) tandis
qu'elles sont un peu mieux mises en évidence par
ammoniacal
à peine sensiblement amyloïdes:
un montage dans le Congo
Le microscope à balayage (Fig. 2, A, B et C) permet de révéler la
présence d’une ornementation basse, constituée par des verrues arrondies,
d'une hauteur en général inférieure à 0,15 Jm, rarement jusqu'à 0,20 um pour
les plus élevées, souvent coalescentes et réunies en massifs ou en courtes crétes,
serrées ou assez espacées; une plage supra-appendiculaire est délimitée de façon
vague par sa surface encore plus faiblement grénelée-ridulée. Au microscope à
transmission (Fig. 2, D et E), les verrucosités pustuleuses et bosselées se mon-
trent formées par l'exosporium recouvert par l'ectosporium inégal et entourant
un épisporium uni de 0,1 um d'épaisseur environ.
Pleurocystides (Fig. 1, Е) de 50-60 x 8-11 um, fusiformes lancéolées, à paroi
sensiblement épaissie dans leur partie moyenne.
Poils de l'aréte des lames (Fig. 1, H), en palissade dense d'éléments ayant
30-50 x 7-12 um, cylindracés á légérement clavulés, utriformes ou un peu
flexueux, à sommet obtus ou parfois étiré-mucroné, teintés par un pigment
vacuolaire brun.
Revétements constitués par des articles hyphaux piliformes semblables aux
poils d'aréte décrits ci-dessus et naissant d'articles plus courts et arrondis; dis-
posés en tapis dense sur le piléus, plus nettement fasciculés à la surface du stipe;
renfermant également un pigment vacuolaire brun.
Source : MNHN, Paris.
162 J. PERREAU
Sphérocystes de la chair piléique offrant une paroi renforcée, encore plus
épaissie, comme sclérifiée chez ceux de la chair du stipe oú les hyphes conne-
xives montrent parfois elles aussi une paroi non vraiment mince.
Habitat : à terre, au bord d'un sentier, en forét dense. Exemplaires récoltés
lors d'une saison particuliérement séche et loin de tout point d'eau,
Forêt du Téké, 35 km au nord d'Abidjan (Cóte d'lvoire), leg. G. GILLES,
28 janvier 1973, Ag. C.l. n9 11 (holotype PC) et 11 mars 1973, Ag. C. 1. n0 12
(PC).
REMARQUES
Cette belle russule brune et crème se montre remarquable par plusieurs de
ses caractéristiques et tout particulièrement par l’existence de basidiospores
sublisses dont l'ornementation trés basse ne se discerne vraiment qu’en micro-
scopie électronique. Ce fait ne suffit pourtant pas pour lui assigner une position
taxonomique dans telle ou telle subdivision comme cela est possible avec certains
autres genres, car des espèces à basidiospores très faiblement ornées se trouvent
dans différentes sections du genre Russula (ROMAGNESI, 1967). Toutefois,
on peut noter qu'il s'agit d'un caractére assez fréquent parmi les espéces de la
section des Compactae dont R. coffeata offre par ailleurs les traits essentiels :
compacité de la chair, teinte blanche de la sporée, présence de nombreuses
lamellules, localisation vacuolaire d'un pigment sombre. La silhouette, l'étroi-
tesse des basides tendraient à la rapprocher de certains représentants des Nigri-
cantinae bien que la chair ne noircisse ou ne rougisse pas et, au contraire, mani-
feste un léger jaunissement sous les revétements. En outre, malgré quelques
convergences d'aspect avec des espéces placées dans les Plorantinae, la structure
des revétements chez R. coffeata incite à chercher ses affinités en marge de la
section des Compactae.
ll semblerait que cette espéce représente une étape de transition entre les
Compactae et le groupe des Elephantinae que R. SINGER (1975) classe en
sous-section des Rigidae, mais dont la position n'est pas bien éclaircie, tout
en s'avérant proche des Compactae (SINGER, 1939; ROMAGNESI, 1967).
Si R. coffeata ne parait pas trop éloignée de R. albiduliformis Murr., R. per-
sobria Sing. ou de R. mustelina Fr. qui montre une réaction vive, en rouge
brunátre, au sulfate de fer, elle s'apparente de prés à R. cinerella Pat. qui appar-
tient à la flore fongique de Madagascar. Cette espéce offre des ressemblances
indéniables avec notre russule de Cóte d'Ivoire, mais tout en étant considérée
comme assez primitive (SINGER, 1935), elle marquerait une relative évolution
par rapport à cette derniére, avec notamment la présence de lames égales et
d'une teinte «vraisemblablement créme pále» des basidiospores en masse. Autre-
ment, on retrouve le méme port, une marge obtuse, un revétement piléique
d'hyphes dressées, plus ou moins parallèles, sec et fortement velouté, cependant
gris clair à verdátre gris sale; les lamelles sont également d'un blanc légèrement
jaunátre, les cystides lancéolées, de 55-70 x 8-10 um tandis que les basidiospores
sont pareillement subsphériques et sublisses. On peut penser que ces espéces
Source : MNHN, Paris
RUSSULA COFFEATA 163
intertropicales constituent des stades de
différenciation de représentants du
groupe des Compactae larg
ment répandu et diversifié dans les zones subéqua-
toriales et dont le caractère primitif est désormais bien admis:
voisines sont peut-être à l'origine de russules déjà plus différentes
portant à relever, poussant dans des régions tempérées, parfois en altitude
comme R. mustelina, si bien que cette dernière, par exemple, se trouve isolée
systématiquement dans la flore frangaise. Lorsque H. ROMAGNESI la rapproche
des Virescentinae dans sa section des Heterophyllae
de chainons intermédiaires subsistant, aux latitudes élevées, à partir des Com-
pactae, mais dont quelques éléments comme R. cinerella et R. coffeata ap-
portent des jalons ponctuels dans les zones intertropicales. р
des espéces
et, fait im-
‚il traduit ainsi le manque
ce pays, en ajoutant son nom à ceux de R. fragilissima Heim ct des russules
Pelliculariae du groupe de R. annulata Heim qui y ont éré signalées.
Nous adressons nos bien vifs remerciements à Madame M. DUMONT, Mademoiselle E.
BURY et Monsieur A. DIOP pour leur concours en photographie et en microscopie électro.
nique dans la réalisation de cette note qui a recu une contribution financière de PE P H E
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SINGER R., 1975 — The Agaricales in Modern Taxonomy. 3rd ed. Vaduz, Cramer, 912 p.
SINGER R. & DIGILIO A.P.L., 1953 — Prodromo de la Flora Agaricina Argentina. Lilloa
25:5462.
Source : MNHN, Paris
165
SOME OBSERVATIONS ON THE VARIABILITY
OF TRICHARINA GILVA (BOUD. APUD COOKE) ECKBL.
by J. van BRUMMELEN*
SUMMARY. — Different, apparently contradictory, descri;
compared with each other and the collection here describ:
a wide range of variability and the latter may, in several respe
iptions of Tricharina gilva are
ed and illustrated. They show
cts, connect the extremes.
RESUME. — Quelques descriptions de Tricharina gilva, montrant des contradictions impor:
tantes, sont comparées entre elles et avec un échantillon, décrit ici, qui montre une varia-
bilité considérable. C'est par ce matériel que Les extrêmes sont plus ou moins lige,
Tricharina gilva is a rare species of operculate discomycetes, first described
and depicted by E. BOUDIER from specimens collected near Montmorency,
France, Lt was M.C. COOKE (1879) who first published this species in his Myco-
graphia (plate 113 figure 406) from drawings sent to him by BOUDIER.
Tricharina gilva has since been found and described several times. Some of
the published descriptions, however, show considerable discrepancies (COOKE,
1879; REHM, 1895; BOUDIER, 1904; SEAVER, 1928; GRELET, 1939
DENNIS, 1978) and are such that one would not even consider them to be
conspecific.
The study of a recent rich collection of T. gilva from the Netherlands may
throw some new light upon the variability of this species.
TRICHARINA GILVA (Boud. apud Cooke) Eckbl. — Fig. 1,2
Peziza gilva Boudier apud Cooke, Mycographia 240, pl. 113 f, 406. 1879;
Boudier, Bull. Soc. mycol. Fr. 1 : 104. 1885. — Lachnea gilva (Boud. apud
* Rijksherbarium, Postbus 9514, 2300 RA Leiden, The Netherlands.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
166 J. van BRUMMELEN
Cooke) Saccardo, Syll. Fung. 8 : 185. 1889 Rehm in Rabenhorst Kryptog.-
FI. 1 (3) : 1049. 1895. — Scutellinia gilva (Boud. apud Cooke) O. Kuntze,
Rev. Gen. Pl. 2 : 869. 1891. — Tricharia gilva (Boud. apud Cooke) Boudier,
Icon. Mycol. Sér. 1. Livr. 2 : (3), Liste préliminaire 1904; Hist. Classif. Discom.
Eur. 57. 1907. — Patella gilva (Boud. apud Cooke) Seaver, North Am. Cup-
fungi (Operc.) 166. 1928. — Trichophaea gilva (Boud. apud Cooke) Gamundi,
Revista Mus. La Plata (N.S.), Secc. Bot. 10 : 60. 1966. — Tricharina gilva (Boud.
apud Cooke) Eckblad, Nytt. Mag., Bot. 15 : 60. 1968 (name change because of
Tricharia Fée (FÉE, 1825)a generic name for follicolous lichens).
Apothecia gregarious, or closely crowded, superficial, sessile, 3-7 mm diame-
ter, 2-4 mm high. Receptacle at first subglobular or subpyriform with a narrow
opening at the top surrounded by short hairs, then cup-shaped, finally more
flattened, dirty yellowish to brownish orange: consistency watery-fleshy ; surface
covered with short, stiff brown hairs; margin usually incurvcd, fimbriate by the
tips of marginal hairs. Disc concave, finally often flat, even, brownish orange-
yellow.
Hymenium (160-)200-240 um thick.
Hypothecium often not clearly differentiated from the flesh, 25-35 um
thick, of closely compacted thin-walled subglobular cells 4-9 um wide.
Flesh 45-100 ym thick near the base, but only 25 um thick near the margin,
consisting of intermingled hyphae 3-7 um wide (textura intricata).
Excipulum clearly differentiated, 40-80 um thick near the base, only 20-
35 um thick at the margin, consisting of subglobular or somewhat polyhedral
thick-walled cells 14-30 m across (textura globulosa to textura angularis),
with brownish pigment between the cells of the outer layers, covered with pale
brownish hairs especially near the margin.
Hairs of two different types, superficial or arising from the two outermost
layers of excipular cells, single; type | near the margin, densely placed or fasci-
culate, 2-4(-5)-septate, (50-)70-160(-200) x 7-12 um, straight or slightly curved,
thick-walled (1.0-1.5 um), blunt-tipped but finally often with acuminated apices;
type Il near the base, multi-septate, undulate, thick-walled (c. 1.0 um), 90-200
(-300) x 6-11 um, always blunt-tipped.
Asci cylindrical, narrower towards the base, rounded at the apex, 180-200 x
10-12 um, usually 8-spored; the wall not staining blue with iodine.
Ascospores uniseriate, ellipsoid, length/breadth ratio (1,5-) 1.6-1.7 (-1.8),
hyaline, (10.0-) 11.5-15.0(-16.0) x (7.0-) 7.5-8.5 (-9.0) um, without refractive
globules or granules, thin-walled (up to 0.5 um), smooth, when mature with a
very thin outer layer (up to 0.2 um) staining blue in cotton-or methyl blue.
Paraphyses rather frequent, septate, slender, filiform, sparsely branched,
hyaline, 2.0-2.5 um thick, slightly enlarged up to 3.0-3.5 um at the tip, not
embedded in mucus, containing very small yellowish to brownish-orange gra-
nules (or droplets) staining green with iodine.
Source : MNHN, Paris
VARIABILITY OF TRICHARINA GILVA 167
Habitat. — On three year old burnt ground amongst mosses, Estate «de
Pol», near Gietlo, between Wilp and Klarenbeek, Prov. Gelderland, The Nether-
lands, 2 X 1982, G. PIEPENBROEK- GROTERS 1284 (L.)
As there was already an older homonym of Tricharia Boud.
ECKBLAD (1968) changed the name into Tricharina Eckbl.
in existence,
On comparing the different descriptions of T. gilva, relatively great diffe-
rences can be observed in certain characters, usually considered to be of suffi-
cient importance for the distinction of species.
The colour of the disc (hymenium) varies from greyish (COOKE, |, с;
BOUDIER, 1. c.; GRELET, l. c.) via pale brown (REHM, 1. c.; СВЕГЕТ 1. с.),
yellowishbrown (SEAVER, 1. c.; DENNIS, 1. c.) and rather warm brownish
orange-yellow (in the collection under consideration) to yellow-orange
(BREITENBACH & KRANZLIN, 1981). However, as seen from above, the
colour consists of two components : the translucence of the brown pigment
in the excipulum and in the hairs and the more yellowish to brownish-orange
coloured granules in the paraphyses.
Whereas in many other species of discomycetes, the pigment is usually
mainly concentrated on the terminal elements of the paraphyses, the small
granules of pigment in T. gilva are more or less equally distributed over the full
length. The green staining of the pigment granules with iodine may suggest
the presence of a carotenoid component.
In my experience with many pigmented coprophilous and pyrophilous species
of discomycetes, the amount of certain pigments often depends much on the
intensity of light present during growth. Therefore, fruit bodies of the same
species growing in more exposed places will be darker or have more pigment.
Considering the hairs on the outside of the receptacle, only a few authors
(BOUDIER, |. c.; GRELET, |. с.) have noticed the presence of two different
types of hairs. The sinuous hairs, present near the base of the receptacle remain
easily unnoticed or are taken for rhizoids or substrate hyphae,
The closely placed hairs near the margin are relatively thin-walled if compared
with those present in е. р. Trichophaea Boud., Cheilymenia Boud., or Scutellinia
(Cooke) Lambotte. Their base is the superficial layers of the excipulum and
never branching or rooting.
The points of the hairs are described as either sharp (BOUDIER, l. c.; REHM,
1. c.) or blunt (DENNIS, 1. c.); while both conditions were also found together
(GRELET, l. c.; SEAVER, 1. c.). According to SEAVER (l. c.), the hairs are
blunt at first but become sharp-pointed as they mature, Such an explanation
is in agreement with my observations (Fig. 1 d-f).
In the first fruit body that I studied of the collection described above, ellip-
soid ascospores were found, measuring 10-12 x 7-8 um, which strongly deviates
from the sizes given by COOKE (14-16 x 7.5 um) or BOUDIER (13-16 x 9-
11 um) for this species. On the other hand, they agree perfectly with the small
ascospore sizes (10-12 x 7-8 jum) given by REHM for this species. REHM’s
Source : MNHN, Paris
170 J. van BRUMMELEN
description, however, might very well represent a different species but, on
further study of the collection in hand, other fruit bodies showed much larger
ascospores, measuring 14-16 x 7.5-9 um, which fits well with the size given by
COOKE, BOUDIER, and most of the other authors cited, except REHM.
Both small and large ascospores were sometimes found in the same fruit
body in different asci and in a few cases even together in the same ascus (Fig.
1 b. c). In addition, the length/breadth ratio of the ascospores showed conside-
rable variation (1.5-1.8). Therefore, with such a great variability of the asco-
spores, not even the distinction of a small-spored variety should be considered.
Tricharina gilva does not seem to be very demanding as regards habitat. It
is found on moist ground in woods or gardens (COOKE, І. c.; BOUDIER, |. c.;
REHM, l. c.; GRELET, l. c.) but also on old burnt ground which has become
overgrown by mosses (SEAVER, l. c.; ECKBLAD, l. c.; DENNIS, l. c.; this
paper).
Tricharina gilva proves to be a species showing a wide variability but fits
well in the genus Tricharina as it was originally distinguished (BOUDIER, 1885)
from Trichophaea Boud. on the basis of sporidioles or oil drops being absent
from the ascospores.
I cannot agree with a fusion of the genera Tricharia Boud. and Trichophaea
Boud. under the name Trichophaea, as suggested by GAMUNDI (1966, 1975).
Apart from the absence of oil drops in the ascospores, there are other distin-
guishing characters. The consistency of the fruit body is softer (watery-fleshy),
while the superficially implanted hairs are paler and not as thick-walled as
in Trichophaea
REFERENCES
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connus généralement sous le nom de Pezizes. Bull. Soc. mycol. Fr. 1: 91-120
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France. Série 1, Livr. 2. Liste préliminaire des noms des 600 espéces de champignons qui
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Source : MNHN, Paris
VARIABILITY OF TRICHARINA GILVA 171
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GAMUNDI LJ. 1975 — Fungi, Ascomycetes, Pezizales, in GUARRERA et al., Flora
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SEAVER F.J., 1928 — The North
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American Cup-fungi (Operculates). Seaver, New York,
Source : MNHN, Paris.
Source : MNHN, Paris
173
RÉCOLTES DE XYLARIA
DU GROUPE ARBUSCULA - APICULATA
Dans le Sud de la France et le Pays Basque espagnol
par F. CANDOUSSAU*
RESUME. — Quatre récoltes de Xylaria du groupe arbuscula et apiculata sont décrites
et comparées aux récoltes typiques faites antérieurement. Ces espèces ne semblent pas
avoir été signalées jusqu'à présent en Europe.
SUMMARY. — Four collections closely related to the X ylaria arbuscula-apiculata complex
are described and compared to typical material previously obtained. Such species appear
to be up to now not reported from Europe.
FIGURES 1 et 2. — Récolte Bédarieux, Hérault, 23 octobre 1971, Bois de
Saint-Thomas, sur Quercus mort, leg. Françoise CANDOUSSAU, cinq spécimens.
Stromas simples ou groupés par deux, généralement simples, variant de 2 à
4 cm de haut. Portion fertile lancéolée de 1 à 2,5 cm et de 4 à 6 mm de large.
Périthèces non saillants de 300 à 450 um de diamètre: petite ostiole conique
papillée. Surface couverte d'un enduit argilacé qui se fend longitudinalement
laissant apparaître la croûte noire sous-jacente, donnant ainsi l'aspect d'un réseau
(Fig. 2). Cette couche argilacée demeure toujours plus importante au sommet
du stroma. Stipe 0,5-1,3 cm, finement tomenteux et noir.
Asques 120-150 x 8-9 um. Paraphyses présentes 2-3 um de diamètre. Asco-
spores 15,5-18(19) x 4,5-5um, de formes variables ainsi que les dimensions,
ovoides, oblongues, certaines obtuses aux extrémités, la majorité avec un sillon
germinal n’atteignant pas les extrémités de la spore.
FIGURE 3. — Récolt Bois de Saint-Boés, environs d'Orthez, Pyrénées
Atlantiques, 23 Décembre 1981, sur Quercus mort, leg. Jean VIVANT, environ
dix spécimens.
* 22 rue H6o - Paris, 64000 Pau (France).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol), TOME 4 (1983)
Source : MNHN, Paris
=
CANDOUSSAU
174
em
Pl. I. — Fig. 1: Récolte de Françoise CANDOUSSAU, sur Quercus, Bois de Saint-Thomas,
Bédarieux, Hérault, 23 octobre 1971. Fig. 2: Détail agrandi de la surface argileuse du
stroma, formant réseau. Fig. 3: Récolte de Jean VIVANT, sur Quercus, Bois de Saint
Boës, Orthez, Pyrénées Atlantiques, 23 décembre 1981. Fig. 4: Récolte de Jean VIVANT
et Françoise CANDOUSSAU sur Quercus, Bois de Cheraute, l'Hôpital Saint-Blaise,
Pyrénées Atlantiques. 7 août 1982.
Source : MNHN, Paris.
XYLARIA DU GROUPE ARBUSCULA - APICULATA. 175
Stromas simples ou fasciculés par deux, généralement simples jusqu'à 6 cm
de haut. Portion fertile, soit lancéolée, soit à extrémité arrondie, variant de 0,8
à 3,5 cm de long et 4 à 7 mm de large. Périthèces non saillants 400.450 um
de diamètre; petite ostiole conique papillée. Surface couverte d'un enduit
argilacé formant réseau (Fig. 2), excepté certains petits stromas obovales à ex-
trémité ronde comme su: la d:
ite de la Fig. 3, et portés par un stipe gréle.
Stipe 0,8 à 3 cm de long et 1,5 à 3 mm de large, finement tomenteux, surtout
à la base et ayant tendance à se tordre en vrille.
Asques 150-180 x 9-10um. Paraphyses présentes 2-3,5 um. Ascospores 15-
17-18) x 5-6(7) um, de formes et dimensions très variables, sillon germinal
n'atteignant pas les extrémités.
FIGURE 4 : Récolte Bois de Cheraute, l'Hôpital Saint-Blaise, Pyrénées Atlan-
tiques, 7 aoüt 1982, sur Quercus mort gisant à terre, leg. Jean VIVANT et
Frangoise CANDOUSSAU, quinze spécimens environ.
Stromas simples, gréles, jusqu'à 4 cm de haut. Portion fertile à extrémité
pointue, variant de 1 à 1,5 cm de haut et 22,5 mm de large. Périthèces légère-
ment saillants de 300 à 400 um de diamétre; petite ostiole conique papillée.
Surface couverte d'un enduit argilacé faisant réseau (Fig. 2). Stipe gréle, d
2 cm de long et 2-2,5 cm de large, finement tomenteux et se vrillant.
Asques 110-13U x 8-9 um. Paraphyses présentes 2-3 ит. Азсозрогез 14-
16-(18) x 4,5-5 um, à sillon germinal légèrement en spirale, de formes variables
mais surtout à extrémité arrondie
FIGURE 5. — Récolte Jardins du Palais de Miramar, Saint-Sébastien, Espagne,
juillet 1982, sur Laurus nobilis ?, leg. Xavier LASQUIBAR, six spécimens dont
deux entièrement mûrs.
Stromas simples jusqu'à 3,5 cm de haut. Portion fertile à extrémité pointue
ou arrondie variant de 1-2 cm de haut et de 2,5-3 mm de large. Périthèces bosse-
lant la surface du stroma, de 450-500 1m de diamètre; petite ostiole conique.
Surface couverte d’un enduit argilacé faisant réseau sur les spécimens immatures,
entièrement noire et striée sur deux spécimens rabougris (à droite de la fig.
5). Stipe de 0,5-1,5 cm de long et 2-2,5 mm de large, légèrement tomenteux.
Asques 150-170 x 8-9um. Paraphyses 2-3,2 um. Ascospores 15-16-18) х
5,5-6,5-(7) um, de formes et dimensions tres variables; sillon germinal court.
Selon les auteurs : DENNIS (R.W.G.), JOLY (P.), LLOYD (C.G.), ROGERS
(J-D.), TRAVERSO (J.B.) qui ont étudié l’une ou l’autre de ces récoltes types
de Xylaria arbuscula Saccardo et apiculata Cooke, nous les définissons comme
suit :
XYLARIA ARBUSCULA Saccardo (Fig. 7).
Stromas fasciculés, ramifiés, jusqu'à environ 6 cm de haut.
Source : MNHN, Paris
176 F. CANDOUSSAU
Miramar, Saint-Sébastien, Pays Basque espagnol, juillet 1982. Fig. 6: à gauche, Xylaria
apiculata Cooke. «Le rabougri» Hypoxylon xylaroides état de Xylaria apiculata Cooke.
spores, récolte type. (Dessin Françoise CANDOUSSAU, d'après
w Bull, 1956). Fig.6: à droite, Xylaria apiculata Cooke: Récolte
I RICK, Brésil (Dessin Francoise CANDOUSSAU, d'aprés C.G. LLOYD, 1918, Mycol.
Writ. 5: 20). Fi : Xylaria arbuscula Saccardo. Stromas (à gauche). Sommet du stroma
(à droite) et ascospores (Dessin Françoise CANDOUSSAU, d'aprés RG. DENNIS,
Kew Bull., 1956).
Source : MNHN, Paris
XYLARIA DU GROUPE ARBUSCULA - APICULATA 177
Portion fertile du stroma à extrémité obtuse, pointue, habituellement infé.
rieure à 1 cm de long et mesurant 1,5-2 mm de large. Surface striée brun noir,
parfois grise au sommet, Stipe élancé, filiforme, long de 1,5-2 mm de large, se
tordant en vrille, finement tomenteux. Ascospores 11-15416) x 4,5-6.7)um;
Sillon germinal n'atteignant pas les extrémités de la spore (J.D. ROGERS in litt.
F. CANDOUSSAU, 22/9/81).
XYLARIA APICULATA Cooke (Fig. 6)
Stromas simples et gréles,jusqu’a 6 cm environ de haut
Portion fertile du stroma supérieure & 1 cm et généralement 2-3 cm de large,
lancéolée, extrémité pointue ou ovoide. Surface argileuse formant réseau et
persistant sur la majorité des carpophores. Stipe noir, légèrement tomenteux, se
mettant légèrement en vrille, jusqu'à 3,5 ст de haut et 1,52 cm de large.
Ascospores ovoïdes, naviculaires, extrémités parfois obtuses, 16-21 x 6-7,5 um.
Sillon germinal en spirale (J.D. ROGERS, in litt. F, CANDOUSSAU, 22/9/81).
OBSERVATIONS
En conclusion, si l'on observe les quatre récoltes décrites et que nous les
comparons aux récoltes types, les récoltes correspondant aux figures 1, 2, 3 sont
proches de Xylaria arbuscula Sacc. par les carpophores fasciculés à la base et
certaines spores à extrémités arrondies avec un sillon germinal court; d'autre
part, elles se rapprochent de Xylaria apiculata Cooke, par les parties fertiles
des stromas excédant un centimètre, la surface argileuse formant réseau et la
longueur des ascospores dépassant 16 um.
Les récoltes correspondant aux figures 4 et 5 sont beaucoup plus proches
de Xylaria apiculata Cooke par les stromas simples, grêles, la surface argileuse
formant réseau, mais les spores ont généralement la forme de celles de Xylaria
arbuscula Saccardo.
Comme l'écrit J.D. ROGERS (1979), nous pensons que la forme des spores
et le sillon germinal, lorsqu'il est caractéristique de l'espèce, sont de bons critères
de détermination, beaucoup plus que les dimensions sporales. En effet, chez
les Xylarias, il peut y avoir de grands écarts de mensuration sur une méme coupe;
nous donnons en exemple LLOYD qui cite jusqu'à 10 um. Au cours de cette
étude, nous avons remarqué jusqu'à 6 et 7 um de différence sur une lame et,
de toute évidence, il faut considérer une moyenne et non l'exception, la grande
variabilité des spores étant un caractére du groupe. P. JOLY cite une récolte
de Roger HEIM, République Centre Africaine, prés de la Maboké, 1966, qu'il
rattache avec raison au groupe apiculata avec des spores ayant jusqu'à 20,6-24 x
7,7 um.
En ce qui concerne nos récoltes, il est impossible de les séparer du groupe
Xylaria arbuscula - apiculata qui comprend le X. multiplex (Kze) Fr., ici hors
de question car, comme l'écrit R.W.G. DENNIS, il s'agit beaucoup plus souvent
d'un groupe que d'espéces distinctes.
Source : MNHN, Paris.
178 F. CANDOUSSAU
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
La récolte type de Xylaria arbuscula Saccardo a été décrite d'Italie alors que
Xylaria apiculata Cooke, de Nouvelle-Zélande, apparaît être une espèce typi-
quement tropicale, surtout en Amérique, selon les auteurs.
Nous n'avons rien trouvé dans la littérature qui signale cette espèce en Eu-
rope; cependant, nous sommes certaine qu'elle est assez fréquente dans le Sud de
la France et en Espagne mais qu'elle passe inaperçue, certains la prenant sur le
i pour des formes conidiennes de Xylaria hypoxylon, d'autres pour Xylaria
hypoxylon tout simplement.
REMERCIEMENTS :
Nous remercions M. le Professeur J.D. ROGERS, Washington State University, Pullman,
U.S.A., de l’aide qu'il nous a apportée dans ce travail et d'avoir bien voulu étudier nos
récoltes.
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LLOYD C.G., 1917 — Mycological Notes, 48. Mycol. Writ. 5 : 676.
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ème contribution.
Source : MNHN, Paris
179
LES OIDIUMS DU BÉGONIA
par G. VIENNOT-BOURGIN*!
RÉSUMÉ. — La découverte, en octobre 1981, de l'appareil sexué d'une Erysiphacée du
genre Microsphaera vivant aux dépens du feuillage du Begonia socotvana, Veranos de
nombreux spécimens d'Oidium sur de nombreuses espèces de bégonias ornementaux,
l'étude biométrique du stade conidien, démontrent qu'en France existent dass espèces
distinctes : Oidium begoniae Putt. ayant pour stade ascosporé Erysiphe polyphaga Hamm.,
et Oldium begoniae var. macrosporum de Mend. & de Seq. qui est rapporté 2 Microsphaera
begoniae Sivanesan.
SUMMARY. — With the disclosure, in october 1981, of the sexual state of a powdery
mildew fungus assigned to the genus Microsphaera and causing infections on eaves of
Begonia socotrana, with the observation of numerous specimens on many otnemental
cal study of conidial elements, it is established that
two distinct species occur in France : Oidium begoniae Putt. the ascosporal stage of which
is Erysiphe polyphaga Hamm, and Oidium begoniae var. macrosporusi de Mend & d
which is assigned to Microsphaera begoniae
q
INTRODUCTION
Parmi les Érysiphacées signalées, au cours des trente dernières années, comme
étant nouvelles pour la France, nous avons observé (VIENNOT-BOURGIN,
1951) un oidium particuliérement dommageable pour le feuillage du Begon:
Tex Putz. Depuis, ce parasite se manifeste en serre dans de nombreux centres
de production du bégonia utilisé à titre décoratif par son feuillage ou par ses
fleurs. Il existe également en plein air, dans les jardins d'amateurs pendant
une période qui s'étend en moyenne depuis le début du mois de juillet jusqu'à
l'approche des gelées de fin d'automne.
Les altérations provoquées par cet oidium varient selon l'espèce botanique
de bégonia et la nature de l'organe attaqué, Sur le feuillage du Begonia rex
1. En très cordial hommage à Henri Romagnesi.
* 8 square Vauban, 78220 Viroflay.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris.
180 G. VIENNOT-BOURGIN
ou du B. cv. «Gloire de Lorraine», il provoque le dessèchement localisé du limbe,
qui devient flasque et s’enroule irrégulièrement sur ses bords tandis que le
pétiole est marqué de zones brunes ou noirâtres et perd sa turgescence. Les
lésions se manifestent tout d'abord par une crispation du limbe au niveau de
laquelle apparaissent ensuite des amas mycéliens diffus, blanc cristallin, pourvus
de fibrilles rayonnantes réparties sur les deux faces de la feuille, et pouvant
atteindre 12 à 20 mm de diamètre. Sur les hampes florales du Begonia socotrana
Hook et ses hybrides, ainsi que sur B. serratipetala Irmscher, ce sont surtout
les pédoncules portant les fleurs, isolées ou groupées, qui sont atteints. Le mycé-
lium y forme un véritable manchon, blanc pur, fragile. On observe également
des taches disséminées, parfois nombreuses sur les bractées florales.
L'oidium du bégonia a été signalé tout d'abord par PUTTEMANS (1911)
en Belgique sur les feuilles de Begonia rex provenant du Brésil. Une première
description en est donnée. PAPE (1939) considère qu'en Europe, la maladie
a pris de l'importance depuis 1930, époque à partir de laquelle le parasite
se répand non seulement dans l’ensemble des pays d'Europe de l'Ouest, mais
aussi dans toute l'Amérique, en Extréme-Orient, ainsi qu’en Australie et en
Nouvelle Zélande.
LA PLANTE-HOTE
De nombreuses espèces ainsi que des cultivars sont susceptibles d’être atta-
qués par l'Oidium. Le plus fréquemment, ce sont les hybrides réalisés à partir
du Begonia socotrana (originaire de l’île Socotra en Mer Rouge) qui subissent
des attaques très sévères. Sont cités à plusieurs reprises comme sensibles à
l'oidium :
parmi les bégonias frutescents: B. x argenteo-guttata Lem."
parmi les hybrides de socotrana : B. coccinea Ruiz
B. cv, «Gloire de Lorraine»
parmi les bégonias rhizomateux : B. rex Putz.
B. masoniana Irmsch.
B. subpeltata Hort.
B. semperflorens Lk. et Otto?
B. sutherlandii Hook
B
< x tuberhybrida Voss.
parmi les bégonias caulescents :
parmi les bégonias tubéreux :
La dénomination générique et spécifique d'une Erysiphacée est en liaison
étroite avec l'identification de la plante-hôte, ce qui fait que la plupart des
espèces d'oïdium sont désignées par le nom de genre de l'hóte (HIRATA, 1966;
YARWOOD, 1978).
1. Les désignations d'espéces ont été réalisées selon la classification établie par G. MOREL,
figurant dans le Bon Jardinier, Encyclopédie horticole, 152ème édition, Librairie de la
Maison rustique, 1964 : 978-984.
2. En Italie, selon IALONGO (1970).
Source : MNHN, Paris
OÍDIUMS DU BÉGONIA 181
I| existe de nombreuses Erysiphacées spécialisées à un seul hóte ou à un
petit groupe d'hótes appartenant au méme genre ou à la méme famille. On
connait également beaucoup d'espéces d'Erysiphacées auxquelles on attribue
une polyphagie plus ou moins large tandis que les caractères morphologiques,
conférés à l'espèce, manifestent des variations tantôt faibles, tantôt importantes.
Le caractère polyphage peut se manifester pour des espèces très différentes
si bien qu'il peut être mis en évidence des (hôtes communs» porteurs de plu-
sieurs espèces d'Erysiphacées. Aux dépens des feuilles de Syringa vulgaris L.
d'abord envahies sur la face supérieure du limbe par le mycélium aranéeux du
Microsphaera lonicerae (DC) Wint., qui est une espèce spécialisée, nous avons
constaté plusieurs fois, à la face inférieure, l'apparition de taches mycéliennes
circulaires porteuses des cleistothécies du Phyllactinia guttata (Wallroth) Lév.
qui est polyphage (VIENNOT-BOURGIN, 1971). Un autre exemple de cette
coexistence s'observe dans les vergers de pêcher du Sud-Ouest francais par suite
du développement du Sphaerotheca pannosa (Wallroth ex Fries) Lév. et du
Podosphaera tridactyla (Wallroth) de Bary. De méme (VIENNOT-BOURGIN,
1965, 1968) nous avons signalé sur le Prunus armeniaca L. la coexistence du Po-
dosphaera tridactyla et d’Uncinula prunastri (DC.) Sacc. var. armeniacae, les
deux champignons constituant des colonies mycéliennes nettement séparées
à la surface d'un méme limbe.
Cette possibilité de développement sur des hôtes différents à fait l'objet de
nombreuses transmissions expérimentales qui ont abouti à la création d'espèces
collectives à partir desquelles on a progressivement défini des «races spéciales»
dont le caractère polyphage est restreint à quelques hôtes où même disparaît
pour faire place à la monophagie.
LE PARASITE
La dénomination d'un oïdium sur bégonia diffère notablement selon les
auteurs, mycologues ou phytopathologistes, et provient fréquemment d'une
confusion d'espèces. HIRATA (1966) en a établi un premier relevé en tenant
compte de leur répartition géographique. La liste doit être révisée après la décou-
verte récente de cleistothécies sur le feuillage du Begonia sp. préalablement
envahi par un oïdium,
LISTE DES ERYSIPHACÉES SIGNALÊES SUR BEGONIA
Oidium begoniae Puttemans (1911) signalé au Brésil, Vénézuéla, Uruguay,
Argentine, États-Unis, Belgique, Hollande, France, Danemark, Norvége,
Irlande, Islande, Portugal, Italie, Australie, Tasmanie.
Oidium begoniae var. macrosporum de Mendonga et de Sequeira, décrit d'abord
au Portugal (1962);
Erysiphe polyphaga Hammarlund (1945), en Suède, Finlande, Suisse, France,
Source : MNHN, Paris
182 G. VIENNOT-BOURGIN
Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, Australie;
Erysipbe begoniae Zheng et Chen, en Chine (1980);
Erysiphe communis (Wallroth) Lk., Suisse, Chine;
Erysipbe cichoracearum DC. ex Mérat, au Canada et aux États-Unis.
Le problème de l'identification se trouve encore compliqué du fait de l’exis-
tence reconnue récemment sur les Begonia, de trois autres espèces d'Erysipha-
cées appartenant au genre Microsphaera :
M. begoniae Sivanesan (1971) décrit en Grande-Bretagne, mentionné en France
et en Nouvelle-Zélande.
M. tarnavschit Eliade (1972) décrit en Roumanie.
Microspbaera sp. signalé, mais non décrit, en Colombie (MOLINA, 1973).
Ainsi, pendant plus de 30 ans, l'oidium du bégonia ne s'est révélé que sous la
forme mycélienne et conidienne, c'est la raison pour laquelle il est, le plus sou-
vent, rapporté à Oidium begoniae Puttemans. Ce n'est que tardivement qu'ont
été découvertes et décrites des cleistothécies (ou périthèces) appartenant soit
au genre Erysiphe, soit au genre Microsphu
La présence des organes sexués est certainement très importante pour assurer
la perpétuation d'un oïdium au-delà d'une phase de repos de végétation ainsi
que l'ont trés bien montré KOLTIN et KENNETH (1970), puis ESHED et
WAHL (1970, 1975) pour Blumeria (Erysiphe) graminis (DC.) Golovin des
Graminées sauvages et cultivées. Pour le mycologue, l'observation de l'appareil
sexué assure la détermination en conformité avec les règles de nomenclature.
Mais il est également certain que de nombreuses Erysiphacées traversent
les périodes qui leur sont défavorables grâce à la persistance du mycélium
conidifére au moyen des conidies libérées de leur support.
La dénomination : Oidium, pour le stade conidien, constitue donc, pour un
temps indéterminé, une «position refuge» qui prend en considération la nature
de la plante-hôte, l'aspect du champignon dans sa partie ectophyte, la confor-
mation des haustoria et de l'appareil conidifére. Une telle situation revêt une
importance particulière lorsque les appareils sexués n'ont jamais encore été
observés ou ne se constituent qu'exceptionnellement.!
Pour procéder à l'identification de l'oidium du bégonia, nous avons examiné
de nombreux prélèvements au cours de ces dernières années, sur des plantes
élevées en serre ou disposées en plein air. Nous avons été amené à prendre en
considération, à défaut de cleistothécies, la conformation de l'appareil conidifère
ei les dimensions des conidies.?
1. Une situation assez comparable se présente chez les Urédinées où le stade écidien, de
même que la forme Uredo, sont des désignations «descriptives» de caractère temporaire
ou durable.
2. Nous tenons à exprimer nos remerciements à Jacques Brun, phytopathologiste à
O.R.S.T.O.M., qui nous a permis de découvrir les cleistothecies de ce Microsphaera dans
son jardin d'ornement á Thiverval-Grignon et qui, par la suite, nous a procuré de nombreux
prélèvements.
Source : MNHN, Paris
OÏDIUMS DU BÉGONIA
183
DIMENSIONS EXTREMES DES CONIDIES
Type Dimensions
N° = Espèce extrême des Auteur
optico conidies en Lim
1 — euoidium O. begoniae 30-38 x 12-18 Puttemans (1911)
2 euoidium O. begoniae 30-41 x 13-15 V. - В. (1951)
3 euoïdium ©. begoniae 20-36 x 13-17 Sivanesan (1971)
4 euoidium O. begoniae 30-45 x 12-18 V.-B. (1982)
5 — euoidium O. begoniae 27-44 x 12-16,5 Grouet (1978)
6 euoidium O. begoniae 27,5-38 x 12-17,5 V.-B. (1978)
7 euoïdium O. begoniae 30-42,5 x 10-17,5 V.-B. (1978)
8 euoïdium O. begoniae 27-42 х 10-15 V. B. (1978)
9 euoïdium 29-31 x 17-19 Bouwens (1924)!
10 eucidium E. polyphaga 2631x1320 Huttenbach (1951)?
11 pseudoidium O. beg. var. macrosporum
38-64 x 14-22
Mendonça & Sequeira
(1962)
12 pseudoidium M. begoniae 40-65 x 11-15 Sivanesan (1971)
13 pseudoidium M. begoniae 25-72,5 x 12,5-25 Boesewinckel (1976)
14 pseudoidium M. begoniae 36-63 x 10-20 У. -В. (1982)
15 pseudoidium M. begoniae 35-63 x 12-16 У. - В. (1982)
euoidium E. cichoracearum 25-45 x 14.26 Blumer (1967)
pseudoidium E. communis 38-48 x 16-22 Blumer (1967)
Tableau. — 1, 2, sur Begonia rex: 3, 4, 7, 8, 11, 12, 13, 15, sur Begonia sp.; 5, sur B. x
elatior; 6, sur B. x tuberhybrida; 9, conidie de la forme sur Cucumis sativus; 10, conidies
de la forme sur Solanum tuberosum; 14, sur B serratipetala.
1.et2. expriment des fréquences.
Les résultats de l'analyse biométrique des conidies peuvent être présentés
de façon simplifiée en établissant une moyenne générale :
Oidium begoniae : 34,4 x 13,0 um
Oidium begoniae var. macrosporum : 50,2 x 14,5 um
ll existe donc sur bégonia deux espéces séparables biométriquement à l'état.
conidien. Le premier : Oidium begoniae, est très comparable, par les dimensions
extrêmes, à la forme de Erysiphe polyphaga telle qu'elle a été décrite sur Cucu-
mis sativus ou sur Solanum tuberosum. En outre l'appareil conidien correspond
àu type euoidium (conidies en chaine) qui caractérise la section Erysiplie Golo-
vin (1958), définie par Erysiphe cichoracearum
Le second oidium des bégonias, avec des conidies plus grosses, est du type.
pseudoidium (conidies solitaires ou en chaine courte) qui appartient à la section
Linkomyces Golovin définie par Erysiphe communis et dont peut être rappro-
chée la forme conidienne des Microsphaera. Les dimensions sporales de cette
forme conidienne correspondent à celles de Oidium begoniae var. macrosporum
Source : MNHN, Paris
184 G. VIENNOT-BOURGIN
Microsphaera begoniae. — P : cleistothécie. A : asque et ascospores. Ch : stade conidien.
C : conidies
CONCLUSIONS
L'étude de l'appareil conidien d'un oidium se développant en serre sur le
feuillage et les inflorescences du bégonia permet de considérer la présence, en
France, de deux espéces :
1) Erysiphe polyphaga Hammarlund (1945) qui admet comme stade conidien
Oidium begoniae Puttemans (1911).
2) Microsphaera begoniae Sivanesan (1971) auquel doit être rapporté Oidium
begoniae var. macrosporum de Mendonça et de Sequeira (1962) ainsi que l'a
proposé SIVANESAN.
Les cleistothécies de ces deux espèces se constituent exceptionnellement.
Celles de l'E. polyphaga, qui sont décrites sur Begonia (10 à 20 asques par péri.
thèces; 2 à 4 ascospores par asque) et sur Veronica speciosa В. Cunn. (8 à 12
asques, 2 à 4 ascospores) n'ont pas été, à ce jour, observées en France. Par
Source : MNHN, Paris.
OÏDIUMS DU BÉGONIA 185
contre celles du M. begoniae ont été trouv
ées aux environs de Paris en octobre
1981 (VIENNOT-BOURGIN, 1982).
Les stades conidiens de ces deux espèces manifestent, du point de vue biomé-
trique, des variations de faible amplitude en ce qui concerne les conidies. Ces
variations sont du même ordre que celles constatées par HOMMA pour Blumeria
(Erysiphe) graminis. Elles peuvent être interprétées soit comme étant en relation
avec les nombreuses «formes spéciales) identifies ou soupçonnées chez ces
espéces polyphages, ou bien elles correspondent à des «formes matricielles»
liées à une restriction d'habitat sur un hóte déterminé (HAMMARLUND, 1925
et 1945).
L'étude des «formes spéciales», susceptibles de se développer sur le bégonia
est encore très fragmentaire. Tout au plus BLUMER (1952, 1967), STONE
(1962) ont montré que la forme isolée de Cucurbita ne se transmet pas au
bégonia. HAMMARLUND rapporte avoir contaminé Kalanchoe blossfeldiana v.
Poelln. avec des conidies prélevées sur bégonia. Ce résultat est contredit par von
ARX (1951). VIENNOT-BOURGIN (1951) a échoué dans un essai de trans-
mission à partir du bégonia, sur Kalanchoe mais, par contre, a observé une
contamination sur Oxalis repens Thunb.
Erysiphe polyphaga se distingue difficilement de E. cichoracearum dont on
a quelquefois envisagé la présence sur le bégonia. Ces deux espèces sont du
type conidien euoïdium, les dimensions des conidies sont assez voisines. On
constate cependant que celles de E. cichoracearum, très variables en général,
sont plus larges que celles de E. polyphaga (cf. tableau). Biologiquement E
cichoracearum est inféodé à des espèces de la famille des Composées.
En Chine, ZHENG & CHEN décrivent un Erysiphe begoniae sp. nov. qui
pourrait être rapporté à E. polyphaga. Antérieurement, von ARX (loc. cit.)
considérait que la forme de l'E. polyphaga sur le bégonia est très spécialisée.
Erysiphe communis a été aussi envisagé sur bégonia. Les conidies mesurent
30-48 x 16-22 um (selon BLUMER, 1967) et l'appareil conidifére est du type
pseudoïdium, ce qui distingue nettement cette espèce, très polyphage par ail-
leurs, de E. polyphaga.
Microsphaera begoniae a été décrit de façon très précise, en provenance de
Salisbury (Grande-Bretagne, 1970) sur Begonia sp. Cette espèce paraît progres-
sivement prendre une extension dommageable aux cultures en serres ou de
plein air.
D’après la description qui en est faite, le Microsphaera tarnavschii Eliade
(1972) serait identique au M. begoniae. Il en est probablement de méme d'une
espèce de Microsphaera, non décrite, signalée en Colombie.
Source : MNHN, Paris
186 G. VIENNOT-BOURGIN
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Source : MNHN. Paris
189
STUDIES ON PARASITIC FUNGI FROM SOUTH EAST ASIA, 48.
CERCOSPORA AND ALLIED GENERA OF TAIWAN, VIII.
by J.-M. YEN* and S.-K. SUN**
SUMMARY. — The eighth of a series of studies on Cercosporae from Taiwan includes
descriptions and illustrations of four new species and a new combination : Cercospora
althaeicola, sp. nov., on Althaea rosea (L.) Cav.; C. althaeigena sp. nov., on Althaea rosea
(L.) Cav.; Mycovellosiella paulowniicola sp. nov., on Paulownia taiwaniana Hu & Chang;
Phaeoisariopsis paulowniae sp. nov., on Paulownia taiwaniana Hu & Chang; and Pseudo-
cercospora fengshanensis (Lin & Yen) comb. nov., on Musa sp.
RÉSUMÉ. — Dans la série des notes consacrées aux Cercospora de Formose, cette huitième
étude présente les descriptions illustrées de quatre espèces nouvelles : Cercospora althaeicola
et C. althaeigena sur Althaea rosea (L.) Cav., Mycovellosiella paulowniicola et Phaeoisa
riopsis paulowniae sur Paulownia taiwaniana Hu & Chang: une combinaison nouvelle :
Pseudocercospora fengshanensis (Lin & Yen), sur Musa sp., est également proposée.
CERCOSPORA ALTHAEICOLA Yen & Sun, sp. nov.
(Fig. 1)
Maculis indistinctis. Caespitulis amphiphillis, areis parvis, effusis, velutinis, griseo-olivaceis,
angularis et nervuli limitatis vel irregularis, dispersis, 0,5-3 mm diam., interdum confluentis.
Mycelium immersum : hyphis pallidissime olivaceis, septatis, ramosis, laevis, 3-4,5 Ыт
latis. Stromatibus nullis vel valde inchoatis. Conidiophoris amphigenis, 2-32 in fasciculo
per stomatibus emergentis, simplicibus, erectis, cylindraceis, laevis, 1-12 septatis, 0-3
geniculatis, olivaceis, sursum pallidioris, ad apicem rotundatis et cicatricibus conidialis
(3-3,5 um diam.) atro-brunneis ornatis, 35-440 x 3-7 Lm. Conidiis hyalinis, filiformis,
rectis vel leniter curvatis, 3-12 septatis, laevis, non constrictis, apice rotundatis, basi cylin-
draceis et truncatis, 40-162 x 3,5-5 Um.
* Botany Section, Natural History Museum, 900 Exposition Boulevard, Los Angeles,
California 90007, USA.
** Department of Plant Pathology, National Chung Hsing University, Kuokuong Road,
Taichung, Taiwan (R.O.C.)
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Crypto;
Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
190 J.-M. YEN & S.-K. SUN
Fig. 1. — Cercospora althacicola : A, Young conidiophores; B, Old conidiophores and
formation of geniculations; C, Conidia.
Habitat im foliis vivis Althaeae roseae (L.) Cav. (Malvaceae), ad Lishan, Taiwan, leg.
S.K. SUN, 7.XI 1981, NO SUN : 120 (Herb. LAM YEN 10612, holotypus)
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORA OF TAIWAN 191
Leaf spot indistinct or none. Caespituli amphigenous, forming small angular
and veinlimited or irregular areas, effuse, velutinous, deep gray, scattered,
0,5-3 mm in diameter, sometimes confluent. Mycelium internal : hyphae very
pale olivaceous, septate, branched smooth, 3-4,5 um wide. Stromata none or
very rudimentary. Conidiophores amphiphyllous.
through the stomata. simple, straight, cylindric, 1-12 septate, 0-3 geniculate,
olivaceous and paler (or subhyaline) to the tip, smooth, conidial scars thickened
and dark brown (3-3,5 um in diameter) on the tip or on the shoulders, 35-440 x
5-6.5-(7) um. Conidia filiform, hyaline, straight or slightly curved, 3-12 septate,
smooth, not constricted, apex rounded, base cylindric (never obconic) and
truncate, 40-162 x 3.5-5um.
On living leaves of Althaea rosea (L.) Cav. (Malvaceae), in Lishan, Taiwan.
leg. S.K. SUN, 7.X1 1981, NO SUN : 120 (Herb. LAM YEN 10612)
2-32 in fascicles emerging
Note : Cercospora althaeina Saccardo differs from this fungus by its distinct
leaf spot and its acicular conidia. On other hand, Cercospora nebulosa Saccardo
differs from this species in having distinct leaf spot only on stems.
CERCOSPORA ALTHAEIGENA Yen & Sun, sp. nov.
(Fig. 2)
Maculis angularis vel irregulariter orbicularis, flavo-brunneis, nervuli limitatis, margine
linearis et atro-brunneis, іп epiphyllo plus visibilis, dispersis, 1-4 mm. diam. Caespitulis
invisibilis, amphiphyllis, autem principaliter hypophyllis. Mycelium immersum : hyphis
pallidissime olivaceis, septatis, ramosis, laevis, 3-5 Um latis. Stromatibus aliquantum evolutis,
brunneo-olivaceis, irregulariter globosis, 20-40 Jum diam. Conidiophoris principaliter hypo.
phyllis, 2-20 in fasciculo per stomatibus emergentis, olivaceis vel pallide olivaceis, sursum
pallidioris, plerumque simplicibus, interdum ramosis, tortuosis, 1-5 septatis, 1-6 geniculatis,
ad apicem leniter attenuatis et rotundatis et cicatricibus conidialis (2,5-3 um diam.) atro
brunneis ornatis, 30-100 x 5-6,5 Um. Conidiis obclavatis vel obclavato-cylindraceis, pallide
olivaceis, rectis vel leniter curvatis, 1-7 septatis, laevis, uon coustrictis, apice obtusis vel
subrotundatis, basi obconico-truncatis, 25-90 x 3,5-5 ит.
Habitat in foliis vivis Althaeae roseae (L.) Cav. (Malvaceae), ad. Lishan, Taiwan, leg.
S.K. SUN 7 XI 1981, N° SUN : 120 (Herb. LAM YEN 10620, hiolotypus)..
Leaf spot angular or irregularly circular, (on the same leaves parasitized
by Cercospora althaeicola Yen & Sun), yellowish brown, vein -limited,
with a linear dark brown margin, more distinct on upper surface, scattered,
1-4mm in diameter. Caespituli invisible, amphigenous, but chiefly hypo-
genous. Mycelium internal : hyphae pale olivaceous or very pale olivaceous,
septate, branched, smooth, 3-5 um wide. Stromata rather developed, brown
olivaceous, irregularly globular, 20-40 um in diameter. Conidiophores generally
hypophyllous, 2-20 in fascicles emerging through the stomata, olivaceous to pale
olivaceous and paler towards the tip, generally simple, sometimes branched,
1-5 septate, with 1-6 small geniculations, tortuous, with a thickened dark brown
conidial scar (2,5-3 um in diameter) on the end or on the shoulders, apex atte-
nuate and rounded, 30-100 x 5-6,5 jm. Conidia obclavate or obclavate-cylindric,
Source : MNHN, Paris
192 J.-M. YEN & S.-K. SUN
РУ
у
Fig. 2. — Cercospora althaeigena : A, Young conidiophores; B, Old and branched conidio-
phores; C, Old conidiophores and formation of geniculations; D, Conidia.
pale olivaceous, straight or slightly curved, 1-7 septate, smooth, not constricted,
apex obtuse or subrounded, base obconically truncate, 25-90 x 3,5-5 um.
On living leaves of Althaea rosea (L.) Cav. (Malvaceae), in Lishan, Taiwan,
leg. S.K. SUN 7 XI 1981, n0 SUN : 120 (Herb. LAM YEN 10620).
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORA OF TAIWAN 193
Note : This species differs from others on
Althaea in having colored obclavate
or obclavato-cylindric conidia,
CLADOSPORIUM OX YSPORUM Berk. & Curt.
J. Linn. Soc., 10 : 46, 1868
(Fig. 3)
Colonies effuse, pale gray or grayish brown, very thinly hairy. Conidio-
phores macronematous, generally straight, distinctly nodose, dark brown below,
pale olivaceous towards the tip and almost hyaline for the young prolongation,
smooth, 2-8 septate, not geniculate, apex irregularly rounded and decorated
by 1-3 dark brown conidial scars (2-2,5 um in diameter), 115-500 x 6-7 um.
Conidia acrogenous, on one terminal swelling producing gen
conidia, simple or catenate, ellipsoidal, limoniform, or cyl
brown, smooth, 0-3 septate, straight, rounded at both ends
with 1-2 dark brown conidia scars, 7-24 x 3,5-6 um.
erally two to three
indric, pale to mid
which are decorated
On living leaves of Althaea rosea (L.) Cav. (Malvaceae), in Lishan, Taiwan,
leg. S.K. SUN, 7 XI 1981, NO SUN : 120 (Herb. LAM YEN 10621).
MYCOVELLOSIELLA PA ULOWNIICOLA Yen & Sun, sp. nov.
(Fig. 4)
Maculis indistinctis. Caespitulis hypophyllis, invisibilis. Mycelium primarium immersum
hyphis pallidissime olivaceis vel subhyalinis, septatis, ramosis, laevis, 2,5-3,5 m latis.
Stromatibus nullis. Mycelium secundarium superficiale : hyphis ex stomatibus oriundis,
sepfatis, ramosis, repentis vel arcuatis, laevis, saepe pilos folii adscendentis, pallide olivaceis,
2-4 шт latis. Conidiophoris districte. hypophyllis, ex mycelium. secundarium. oriundis,
semper simplicibus, erectis vel flexuosis, brunneo-olivaceis vel pallide olivaceis, concoloris,
laevis, 1-10 septatis, non geniculatis, ad apicem rotundatis vel irregulariter rotundatis,
interdum. attenuatis, cicatricibus conidialis interdum visibilis (1 -2 4m diam.), 25-75 x
3-4 um. Conidiis ellipticis, fusiformis vel ovalis, rectis, 03 septatis (plerumque 1 septatis),
laevis, non constrictis, utrimque subrotundatis, im hilum per cicatricibus atro-brunneiz
ornatis, solitariis vel interdum catenulatis, 8-16(20) x 4,5-6 рт
Habitat in foliis vivis Paulowniae taiwanianae Hu & Chang (Scrophulariaceae), ad Nan
tou, Taiwan, leg. S.K. SUN, 20 XI 1981, NO SUN : 121 (Herb: LAM YEN 10622, holo.
typus).
Leaf spot indistinct or none. Caespituli hypophyllous, invisible even under
hand lens. Primary mycelium internal : hyphae very pale olivaceous or sub-
hyaline, septate, branched, smooth, 2,5-3,5 um wide. Stromata none. Secondary
mycelium external : hyphae arising from stomata, septate, branched, smooth,
arcuate, generally climbing the leaf hairs, olivaceous, 2-4 um wide, producing
laterally abundant conidiophores as branches. Conidiophores strictly hypophyl-
lous, always simple, lateral and terminal on the external mycelial hyphae,
straight or flexuous, brown olivaceous or pale olivaceous, generally concolorous
or somewhat paler near the apex, smooth, 1-10 septate, not geniculate, apex
Source : MNHN, Paris.
194 J.-M. YEN & S.-K.SUN
Fig. 3. — Cladosporium oxysporum; A, Young conidiophores; B, Formation of conidia;
C, Formation of nodosity; D, Mycelial hyphae and formation of conidiophores; E,
Conidia.
rounded or irregularly rounded sometimes attenuate for the old ones, conidial
scars sometimes visible (1-2 um in diameter), 25-75 x 3-4 um. Conidia elliptical,
oval or fusiform, olivaceous or pale olivaceous, generally 1 septate, sometimes
0 or 3 septate, subrounded on both two ends, base decorated with a dark brown
cicatrice, solitary or occasionally catenate, 8-16-(20) x 4,5-6 um.
Source : MNHN. Paris
CERCOSPORA OF TAIWAN 195
Fig. 4. — Mycovellosiella paulowniae : A, Formation of external mycelium; B, Formation
of conidia; C, Young conidiophores; D, Old conidiophores; E, Conidia.
On living leaves of Paulownia taiwaniana Hu & Chang (Scrophulariaceae ),
in Nantou, Taiwan, leg. S.K. SUN, 20 XI 1981, NO SUN : 121 (Herb. LAM YEN
10622).
Source : MNHN, Paris
196 J.-M. YEN & S.-K. SUN
PHAEOISARIOPSIS PAULOWNIAE Yen & Sun, sp. nov.
(Fig. 5)
Maculis indistinctis vel in epiphyllo leniter visibilis, pallidissime brunneis, irregulariter
orbicularis, zona lata brunnea restrictis, dispersis, 1-8 mm diam., interdum confluentis.
ЕЕ
Fig. 5. — Phaeoisariopsis paulowniae : A, Young conidiophores; B, Stromata and synne-
matous fascicles; C, Formation of conidia; D, Upper part of conidiophores; E, Conidia.
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORA OF TAIWAN 197
Caespitulis amphiphyllis, in hypophyllo atro-griseis et effusis, in epiphyllo atro-puncti-
formis. Mycelium immersum : hyphis subhyalinis, laevis, ramosis, septatis, 3-4 Um latis.
Stromatibus brunneis, globosis, velsubglobosis, 18-35 um diam. Conidiophoris amphiphyllis,
pallide olivaceis, concoloris, numerosis in fasciculo synnematiforme aggregatis, per stoma.
tibus emergentis, plerumque. rectis, simplicibus, ad apicem rotundatis vel subtruncatis,
inferne cylindraceis, 3,5-44m latis, superne leniter superlatis, 6-6,5 im latis, 1-8 septatis,
non geniculatis, 40-135 im longis, cicatricibus conidialis visibil , atro-brunneis, 2-2,5 um
diam. Conidiis obclavato-cylindraceis, pallide olivaceis, saepe leniter curvatis, 3.8 septatis,
laevis, non constrictis, apice rotundatis, basi obconico-subtruncatis, 30-92 x 5-7 Um
Habitat in foliis vivis Paulowniae taiwanianae Hu & Chang (Scrophulariaceae), ad Nan-
tou, Taiwan, leg. S.K. SUN, 20 XI 1981, NO SUN : 121 (Herb. LAM YEN 10622, Holo
typus).
Leaf spot indistinct or slightly visible on the upper surface, very pale brown,
irregularly orbicular and bordered by brown margin, scattered, 1-8 mm in
diameter, sometimes confluent. Caespituli amphigenous, dark grey and effuse
on lower surface, dark punctiform on upper surface, Mycelium internal : hyphae
subhyaline, smooth, septate, branched, 3-4 um wide. Stromata brown, globular
or subglobular, 18-35 um in diameter. Conidiophores amphigenous, pale oliva-
ceous, concolorous, numerous in synnematous fascicles emerging through
stomata, simple, generally straight, apex rounded or subtruncate, cylindric
below and 3,5-4um wide, more or less hypertrophic above and 6-6,5 um wide,
18 septate, not geniculate, 40-135 um long, conidial scars visible, brown, 2.
2,5 um in diameter. Conidia obclavate-cylindric, pale olivaceous, often slightly
curved, 3-8 septate, smooth, not constricted, apex rounded, base obconic-
subtruncate, 30-92 x 5-7 um.
On living leaves of Paulownia taiwaniana Hu & Chang (Scrophulariaceae),
in Nan-tou, Taiwan. leg. S.K. SUN, 20 XI 1981, NO SUN : 121 (Herb. LAM
YEN 10622).
PSEUDOCERCOSPORA FENGSHANENSIS (Lin & Yen) Yen, comb. nov.
= Cercospora fengshanensis Lin & Yen Rev. de Mycol. 35 :317, 1971.
On Musa sp. (Musaceae), in Fengshan, Taiwan.
ACKNOWLEDGEMENT
We are grateful to Dr. Don R. REYNOLDS, Curator in Botany of Los Angeles County
Natural National History Museum, for reviewing the manuscript.
LITERATURE CITED
CHUPP C., 1953 — A monograph of the genus Cercospora. New York.
DEIGHTON F.C. 1974 — Studies on Cercospora and allied genera, V. Mycovellosiella,
Source : MNHN, Paris
198 J.-M. YEN & S.-K. SUN
and a new species of Ramulariopsis. Mycological Papers N° 137.
ELLIS M.B., 1971 — Dematiaceous Hyphomycetes. C.M.I., Kew, England.
SAWADA K., 1934 — Descr. Cat. Formosan Fungi, 7 : 160.
SAWADA K., 1959 — Descr. Cat. Formosan Fungi, 11 : 223.
LIN T.Y. & YEN J.M., 1971 — Maladies des taches foliaires de Bananiers provoquées, à
Formose, par trois champignons nouveaux. Revue de Mycologie 35 : 317-327.
Source : MNHN. Paris
199
L'EXAMEN DE DÉBRIS DE CHAMPIGNONS
ET CELUI DES FECES D'UN INTOXIQUÉ
Peut-il permettre d'identifier les espèces suspectées ?
par M. JOSSERAND*
RÉSUMÉ. — Dans le cas d'intoxications soupconnées être d'origine fongique, l'examen de
fragments de champignons, crus ou cuits, comme celui des fèces peut, mais seulement dans
certains cas limités et moyennant l'emploi de techniques appropriées, permettre de savoir
si les espèces ingérées appartenaient à la série de celles qui empoisonnent. Méthodes em
ployées pour ces recherches. Résultats obtenus.
SUMMARY. — When intoxications are supposed to be of fungal origin, the examination
of raw or cooked remains of fungi and of faeces may disclose if the species which have been
ingested are toxic, but only in certain limited cases and with the use of appropriate tech-
niques. Account of the methodology and results obtained in these researches.
Lorsqu'un empoisonnement s'est produit et qu'on pense pouvoir l'attribuer
à l'ingestion de champignons, l'identification de l'espèce suspectée peut présen-
ter un intérêt à deux égards :
1) pour orienter la thérapeutique en établissant que l'intoxication est ou
non d'origine fongique et lorsqu'elle l'est, pour faire choix du bon traitement,
puisqu'on sait qu'il peut étre différent selon les espéces en cause.
2) pour définir les responsabilités du point de vue médico-égal où même
judiciaire.
Quels moyens possède-t-on pour parvenir à cette identification ? C'est le
but de cette petite note d'essayer de le préciser.
La recherche des divers éléments fongiques et trés singuliérement des spores,
peut se situer à trois niveaux ou, plus exactement, à trois stades. On peut y
procéder :
* 24, rue de la Part-Dieu, 69003 Lyon.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
200 M. JOSSERAND
-par l'examen de débris ou d'épluchures, si la chance veut qu'il en subsiste,
donc avant cuisson;
- par l'examen aprés cuisson si le plat n'a pas été consommé intégralement;
- par l'examen après digestion complète, donc dans les féces.
La littérature n'est pas abondante sur ce sujet. En se reportant aux quelques
études parues sur lui, on est frappé de voir l'optimisme manifesté par les auteurs
et surtout par les auteurs anciens qui tiennent pour possible et même assez
facile l'identification des espèces après cuisson ou digestion. Certaines de leurs
assertions apparaissent pour le moins surprenantes et l'on verra plus loin à
quelles difficultés on se heurte.
A la suite de quelques intoxications que j'ai été amené à étudier, j'ai voulu
voir ce qu'il en était et à cette fin je me suis livré à une assez longue série d'e
périences alors que je disposais des facilités fournies par le laboratoire de para-
sitologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de Lyon.
Examen de débris avant cuisson
Avec un peu de chance, il peut donner des résultats :
) une famille ayant été intoxiquée collectivement (mais non gravement)
par ce que la maîtresse de maison affirmait être des Clitocybe nebularis, je pus
en examinant les épluchures patiemment, une à une, si petits que fussent parfois
les lambeaux de cuticule, constater sans grand mérite qu'effectivement aucune
autre espèce n'avait été mélée au C. nébuleux, lequel, une fois de plus, avait
démontré son accidentelle toxicité.
b) un très jeune enfant ayant été hospitalisé pour troubles graves et sa mère
assurant. l'avoir surpris en train de grignoter à l'état cru un champignon poussé
dans un jardin, le Centre anti-poison de Lyon me présenta quelques débris de
l'espèce suspectée. Des spores roses, une trame des lames inversée, un piléo-
revêtement franchement celluleux ainsi que quelques autres caractères percep-
tibles sur les fragments présentés me permirent de reconnaître un Pluteus du
groupe nanus tout à fait inoffensif. Le champignon n'étant plus en cause, les
recherches se dirigèrent alors immédiatement dans une autre direction et abou-
tirent à un diagnostic de shigellose ainsi qu'à l'institution du traitement ap-
proprié.
De ces deux exemples, on concluera qu’un mycologue entraîné à la détermi-
nation, doit pouvoir en examinant des débris, non pas évidemment identifier
à tout coup l'espèce, ce que des lots en parfait état de fraîcheur, nous ne le
savons que trop, sont loin de permettre toujours, mais du moins établir avec
un bon degré de probabilité s'il s'agit d'une espèce appartenant à la série de
celles qui sont toxiques (quelques Amanites, Entolomes, Cortinaires, Inocybes,
etc.).
Inversement, on pourra aboutir à une conclusion négative, ce qui ne sera
pas sans intérêt comme on l'a vu dans le dernier cas cité.
Source : MNHN. Paris
IDENTIFICATION DES ESPECES SUSPECTÉES 201
Examen après cuisson
Un homme ayant consommé dans un restaurant un plat de champignons
présenta des symptômes extraordinairement violents et précoces et mourut
dans l'établissement même où il venait
nait de
responsabilité et des intérêts pécuniaires en
une expertise avec mission pour l'expert d'
prendre son repas. Une question de
trant en jeu, le tribunal saisi ordonna
identifier si possible l'espèce coupable.
On me remit alors le contenu de la poche gastrique de la victime encore
en réplétion car la rapidité de l'issue n'avait pas permis l'évacuation des aliments
ingérés peu auparavant.
Je fus bien surpris de pouvoir retrouver sans aucune peine non seulement
des spores, non seulement des fragments de tissu fongique mais des sujets entiers
qui avaient été déglutis avec une incroyable gloutonnerie, pratiquement sans
mastication! Il s'agissait de Clitocybe dealbata, détermination d'ai
ment confirmée раг 1
mort.
lleurs pleine-
e syndrome typiquement sudorien qui avait précédé la
Je ne commenterai pas ici, comme étant hors de mon propos, le caractère
tout à fait exceptionnel et méme mal explicable d'une issue fatale provoquée
par une espéce somme toute modérément toxique que le Dr RIEL déclarait
avoir l'habitude de consommer «mais toujours en petite quantité» et noterai
simplement la persistance de massifs tissulaires aprés cuisson et méme aprés
un léger début de digestion, tout au moins de digestion gastrique.
Cette expertise me donna l'idée de rechercher si cette persistance était géné-
rale, et, à cette fin, je procédai à l'examen de nombreuses espéces aprés une
cuisson normalement prolongée.
Les résultats furent assez variables. Je constatai que tantót les éléments
n'étaient guère modifiés et tantót l'étaient sensiblement. S'agissant en particulier
des spores, il faut souligner un distinguo trés net : les spores colorées, à tunique
robuste, résistent beaucoup mieux que les spores hyalines, à paroi mince. Quel-
ques résultats :
Amanita rubescens : spores franchement modifiées.
Lepiota procera ; spores intactes accompagnées de quelques fragmentshyméniens.
Lepista inversa : idem, idem.
Melanoleuca grammopodia : quelques spores subsistent non modifiées mais
quid des autres? Elles semblent avoir été détruites.
Tricholoma terreum : spores sensiblement inaltérées.
Clitocybe nebularis : spores nettement modifiées, déformées,
Hygrophorus niveus : on retrouve quelques spores et même des basides mais
déformées. Le Melzer (réactif iodo-ioduré additionné de chloral) leur rend
leur turgidité alors que l'ammoniaque y parvient mal.
Lactarius deliciosus : ornementation des spores et amyloidie atténuées l'une
et l'autre. Un autre essai les montre à peu prés conservées.
Russula palumbina : spores non modifiées, amyloïdie conservée. On retrouve
quelques basides demeurées parfaitement turgides,
Source : MNHN, Paris
202 M. JOSSERAND
Paxillus involutus : spores intactes.
Cortinarius varüicolor : spores intactes accompagnées de quelques fragments
hyméniens.
Boletus luteus : spores non modifiées, accompagnées de quelques éléments
de l'hyménium.
Otidea onotica : spores à peine altérées. Asques et paraphyses persistant assez
souvent.
On conclura : l'examen de restes de cuisine peut, non point toujours mais
assez souvent, fournir des indications utilisables. I] en est de méme, on l'a vu
plus haut, des digestats, tout au moins si la digestion n'a fait que commencer
et sans doute aussi des régurgitations, mais je n'ai pas eu l'occasion de vérifier
ce dernier point.
Examen des feces.
C'est surtout sur l'examen des féces qu'ont essentiellement porté mes obser-
vations au nombre de plusieurs dizaines. Il y a deux moyens d'y procéder :
a) par examen direct. On triture un minuscule fragment de matiére dans le
liquide de la préparation qui peut étre de l'eau, de l'ammoniaque, parfois du
Melzer. On passe sous l'objectif en utilisant d'abord le 7 pour avoir un champ
plus étendu, mais il faut ensuite toujours recourir à l'immersion.
Disons immédiatement que cette méthode ne permet que rarement de retrou-
ver des spores sauf si le repas avait été composé surtout de champignons et de
champignons chromosporés. Si l'examen direct est pratique en ceci qu'il n'im-
plique aucune des longies manœuvres exigées par les techniques dites d'enri-
chissement, en revanche l'exploration de la préparation doit être prolongée
longtemps et longtemps pour y découvrir ce qu'on y cherche ... et qu'on n'y
trouve pas toujours, ce qui oblige à faire une deuxiéme et souvent une troisiéme
préparation.
En procédaut par examen direct, j'ai pourtant pu retrouver des spores dans
une quinzaine d'essai
b) aprés enrichissement. On connait le principe de cette méthode. Sans
entrer dans ses détails qu'on retrouvera dans les traités de coprologie, je rappel-
Jerai simplement qu’il consiste à séparer par centrifugation les divers éléments
en suspension dans le liquide de dispersion en jouant sur leur différence de
densité. Cette séparation, si elle est réussie, aboutit à concentrer ceux des élé-
ments qu'on recherche à l'exclusion de tous les autres. Il m'est arrivé d'obtenir
ainsi une véritable purée de spores entassées dans le champ du microscope mais
un tel succès est bien loin d’être toujours atteint et est compensé par pas mal
de demi-échecs.
Les méthodes utilisées ont été celles dites de Carles-Barthélemy, de Telemann,
de Goiffon et de Yorke-Bidegarray, les unes et les autres parfois modifiées si
les résultats n'étaient pas bons.
Source : MNHN, Paris
IDENTIFICATION DES ESPECES SUSPECTÉES 203
Notons que les examens de féces, contrai:
d'analyses d'urine, peuvent étre différés et
plus tard si on a pris soin de placer l'é
rement à ce qui a lieu en matière
repris jusqu'à plusieurs semaines
chantillon dans du formol salé.
Les mauvais résultats tiennent à ce que l'on n'a pas su tirer parti de la diffé-
rence de densité entre les spores recherchées et les autres éléments de Péchantil.
lon. On aura une idée de la sensibilité de ces techniques et de la difficulté qu'on
rencontre en les utilisant si l'on se souvient que BULLER, comparant les spores
d'Amanita vaginaía, considérées comme légéres, à celles de Coprinus plicatilis,
tenues pour particulièrement lourdes, ne trouve entre les deux qu'un écart
de densité de 0,19, celle de l’eau étant prise comme unité, On comprend dans
ces conditions que les moindres variantes apportées soit dans la composition
des différents liquides de dispersion utilisés, soit dans la durée de la centri-
fugation comme aussi dans sa vitesse, puissent transformer une réussite en un
échec — ou l'inverse.
Ceci étant, un point important se dégage : pour effectuer ces délicates re-
cherches avec quelques chances de succès, c’est-à-dire pour obtenir l'enrichisse-
ment indispensable, il faut de toute nécessité la collaboration de deux spéciali-
sations rarement réunies dans une méme personne, celle du mycologue entraîné
à repérer dans une préparation la spore, la cystide, l'anse d'anastomose, la ba
side, l’hyphe significative et sachant tirer de leur aspect toutes les déductions
possibles et celle d'une personne possédant à fond les techniques d'enrichisse-
ment qui, je l'ai dit plus haut, varient selon les spores auxquelles on fait la
chasse. Seule une personne spécialisée dans ces manipulations les réussira à peu
prés à coup sür. J'ai eu la chance de rencontrer une telle personne dans le
laboratoire de parasitologie de notre Faculté et c'est ici le lieu de dire que
j'aurais eu les plus grandes difficultés à effectuer ces quelques recherches si je
n'avais pu profiter de la constante, fort aimable et singulièrement compétente
collaboration de Mlle PIRAUD (actuellement Mme SIMON) dont l'habileté
m'a épargné pas mal d'insuccés,
Je résume les résultats obtenus :
Amanita rubescens : spores nettement modifiées, non identifiables.
Lepiota procera : spores à paroi énormément gonflée comme par l'emploi du
procédé ammoniaco-acétique,
Lepista inversa : spores inaltérées.
Tricholoma terreum : péniblement retrouvé quelques rares spores, d’ailleurs
inaltérées.
Lyophyllum aggregatum : idem, idem.
Clitocybe nebularis : pas retrouvé une seule spore. Faillite de l'enrichissement
ou spores totalement détruites ?
Hygrophorus pratensis : même échec. Même commentaire.
Hygrophorus niveus : péniblement aperçu de trés rares spores, en dépit de
plusieurs méthodes d’enrichissement.
Laccaria laccata : spores inaltérées.
Source -MNHN Paris
204 M.JOSSERAND
Lactarius deliciosus : l'ornementation des spores est atténuée ainsi que son
amyloïdie. Sur deux autres essais, l'amyloïdie est à peine affaiblie et sur un
autre encore, elle est conservée.
Lactarius vellereus : certaines spores conservent leur amyloïdie alors que chez
d'autres, dans la méme préparation, elle est quelque peu atténuée.
Lactarius volemus : ornementation des spores trés déformée-altérée et amy-
loidie totalement disparue.
Russula palumbina : un premier essai montre une ornementation non sensible-
ment modifiée et, corrélativement, une amyloïdie conservée, mais un autre
essai révèle une digestion complète de l’ornementation et, bien entendu, il
n'était plus question de la moindre amyloidie. Les spores avaient cependant
conservé leur forme et leur turgidité, l'apicule étant bien défini.
Russula integra : ornementation des spores inaltérée et amyloidie conservée,
Pluteus cervinus : spores non modifiées; quelques cystides à crampons.
Paxillus involutus : les spores sont retrouvées inaltérées.
Psilocybe spadicea : on retrouve des spores non modifiées ainsi que quelques
rares cystides inaltérées.
Hypholoma hydrophilum : spores inaltérées.
Agaricus campester : idem.
Lacrymaria velutina : étant donnée la robustesse de la paroi, on ne sera pas
surpris que les spores se retrouvent non modifiées.
Boletus luteus : spores inaltérées.
Remarques. De ce qui précède, il se dégage :
1) que, aprés cuisson mais non aprés digestion, il est très fréquent de re-
trouver des éléments hyméniens.
2) que les spores dites blanches, c'est-à-dire hyalines sub micr., supportent
assez bien la cuisson mais fort mal la digestion. La pratique de l'enrichissement
(quand elles n’ont pas toutes disparu) se révèle souvent difficile et les résultats
en sont assez aléatoires.
3) que les spores à paroi colorée sont assez robustes et résistent non seule-
ment à la cuisson mais encore à la digestion sans être modifiées.
4) que, relativement lourdes, elles se prêtent très bien à l'enrichissement
par le Telemann et le Goiffon avec, semble-t-il, un avantage d’ailleurs inconstant
pour ce dernier.
5) que les Lactario-Russulés, bien que leucosporés mais à paroi sporique
robuste, supportent admirablement la cuisson et méme la digestion, avec ou sans
disparition de l'amyloidie.
6) que si les cystides à paroi mince (poils d’arête) sont fragiles et dispa-
raissent, les cystides à paroi épaisse par contre (Pluteus du groupe cervinus)
résistent à la cuisson et à la digestion, quitte à se présenter brisées. Il est certain
que les cystides d'Inocybes subsisteraient également mais aucun essai n’a porté
sur elles.
Source : MNHN, Paris
IDENTIFICATION DES ESPECES SUSPECTÉES 205
7) que l'examen direct des fèces ne fournit que de médiocres résultats et
qu'en règle générale il faut recourir aux techniques d'enrichissement.
8) que la pratique de ces dernières, du moins s'appliquant aux Basidio-
mycétes charnus, est des plus délicates et nécessite de qui les met en œuvre
une compétence toute particulière.
9) enfin que si l'examen de champignons cuits ou crus peut parfois conduire
à une détermination, celui des fèces ne conduira qu'à des résultats assez aléa-
toires ne permettant pas de souscrire entièrement aux assertions un peu trop
optimistes des anciens auteurs.
RÉFÉRENCES
BOUDIER E., 1866 — Les champignons au point de vue de leurs caractères usuels, chi-
miques et toxicologiques.
BULLER R., 1909 — Researches on Fungi, t. 1, Longsman, Green & C9, Londres.
LOCARD E., 1931-1940 Traité de criminalistique, 7 vol. chez Desvigne, Lyon.
OFFNER, 1904 — Les spores de champignons au point de vue médico-légal. Thése de Lyon.
Lyon, novembre 1982
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
207
ÉCOLOGIE DES MACROMYCÈTES DANS LE SUD-AMIÉNOIS
par M. BON*
RÉSUMÉ. — Étude mycosociologique des hétraies chaudes (Cephalanthero-Fagion) de
plateaux (Ilici-Fagion) et de pentes (Acerion pseudo-platani) dans le sud-Amienois. Des-
cription de Cortinarius rapaceus Fr. var. caesiovergens Henry ex Bon, Cortinarius turibu
losus Schaffer et Horak, Agaricus bresadolianus Bohus, Inocybe curreyi (Bk.) Sace., Tephro
aybe boudieri (Kühn. et Romagn.) Derbsch et Leceinum melaneum (Smotl.) Pilatet Dermek.
SUMMARY. — The mycosociology of the thermophilous beech-groves (Cephalanthero-
Fagion) on the table-lands (Ilici-Fagion) and the hill-slopes (Acerion pseudo-platani) in the
southern part of the Amienois is studied. Cortinarius rapaceus Fr. var. caesio-v ergens Henry
ex Bon, Cortinarius turibulosus Schäffer et Horak, Agaricus bresadolianus Bohus, Inocybe
curreyi (Bk.) Sacc., Tephrocybe boudieri (Kühn. et Romagn.) Derbsch and Leccinum mela-
neum (Smotl.) Pilát et Dermek are described.
Le sud-Amiénois, tel que nous l'entendons, est délimité par les vallées de la
Selle et de l'Avre, avec son principal affluent, la Noye. Ces vallées et, surtout,
leurs vallées séches adjacentes, procurent au paysage un aspect caractéristique
de plateaux crayeux mollement vallonnés dont le relief est accusé par la présence
de bois généralement cantonnés sur les hauteurs dont ils rehaussent le profil
Bois et coteaux ont fait l'objet de nombreuses prospections mycologiques ces
derniéres années avec la participation de plusieurs membres de la Société Li-
néenne, en particulier MM. M. DOUCHER ct J. VAST dont les listes de récoltes
ont été très précieuses pour la rédaction de ces commentaires et J.-R. WATTEZ
qui nous a conseillé en matière de phytosociologie.
Si le sol est généralement calcaire (Sénonien ou Crétacé supérieur) avec
affleurement de craie pure, il faut toutefois admettre qu'une partie de ces bois
est située sur le sommet plus limoneux (Pléistocène) des plateaux, cequientraîne
une différence souvent évidente dans les compositions floristique et, par voie
* Station d'Études en Baie de Somme, 80230 Saint-Valery-sur-Somme, et Société Linnéenne
du Nord de la France, Amiens, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983).
Source : MNHN. Paris
208 M. BON
de conséquence. mycologique du sous-bois. De ce fait nous retiendrons les
formations végétales suivantes :
1) Coteaux calcaires (prairies ou pelouses des Mesobrometea) avec taillis et
bosquets des Rhamno-prunetea (cf. Berberidion) et parfois ourlets thermo-
philes (Trifolio-Geranietea)
2) Pentes douces ou parties basses des bois, généralement d'exposition sud
(hétraie chaude ou Cephalantero-Fagion) ou dans les parties plus fraîches
d'exposition nord (hétraie de pente ou Acerion pseudoplatani)
3) Hétraies de plateaux plus ou moins acidoclines (Ilici-Fagion)
4) Pinédes (ou plus rarement pessiéres) de substitution;; cette derniére caté-
gorie d'ailleurs plus ou moins artificielle peut n'être pas considérée comme
indigène.
1. - COTEAUX CALCAIRES ET TAILLIS,
FOURRÉS ET OURLETS PRÉSYLVATIQUES
Les principaux sites visités sont les coteaux de Grattepanche, Estrées-sur-
Noye, Vers-sur-Selle, et Namps-au-Val (route de Frémontiers).
Les deux premiers sont constitués par des pelouses du Mesobromion avec
présence de Juniperus communis et quelques touffes de Rosa canina ou diverses
spp., Crataegus, etc. qui représentent les formations présylvatiques du Berbe-
ridion (Berberis vulgaris est d'ailleurs connu dans les environs). Ces pelouses,
plus ou moins páturées (extensivement) nous offrent en de rares emplacements
une gamme d'espéces héliophiles avec surtout des hygrophores (Hygrocybe
conica, nigrescens, tristis, nivea, berkeleyi, konradii v. pseudopersistens, langei,
psittacina, miniata, chlorophana et var. aurantiaca) et des Melanoleuca (M.
graminicola, stridula, pallidipes, rasilis, leucophylla, heterocystidiosa et gram-
mopodia) mais aussi quelques calocybes (C. carnea, constricta, gambosa), Stro-
pharia pseudocyanea (= albocyanea) et S. inuncta, Clitocybe rivulosa et C. deal-
bata et enfin Entoloma bloxamii et E. inopiliforme (= inocybiforme), ainsi
que Psilocybe semilanceata.
C'est le cortège de l'Hygrocybion, nom. prov. qui fait partie d'un ordre,
non étudié par DARIMONT et qui comprendrait les sociomycies héliophiles
ou graminicoles (cf. Omphalino-Hygrocybetalia prov.).
A Vers-sur-Selle, J. VAST prospecte fréquemment un petit coteau herbeux
à Betula, Salix et Pinus avec Russula gracillima et R. exalbicans, Tricholoma
cingulatum, Bolbitius vitellinus, Mycena cinerella, Coprinus xanthothrix et le
cortége du Pin dont nous parlerons plus tard.
A Namps-au-Val, nous connaissons Hygrocybe konradii, H. coccinea, Melano-
leuca melaleuca (= graminicola p.p.), Lepiota alba, Galerina praticola, Agrocybe
praecox et Inocybe patouillardii, avec de nombreuses mycénes et galères dans les
pelouses moussues. Cette flore se retrouve d'ailleurs aussi en amont de Corbie
sur les coteaux calcaires de la vallée de la Somme (hors dition).
Source : MNHN, Paris
MACROMYCETES DU SUD-AMIENOIS 209
Les buissons et ourlets plus ou moins thermophiles nous offrent quelques
espèces subsylvatiques comme Tricholoma scalpturatum, Lactarius citriolens,
Boletus albidus et B. impolitus parfois méme B. satanas ou espèces affines que
nous trouvions souvent dans la région de Poix vers les années 1960, Un de ces
ourlets est particulièrement remarquable dans le bois de Beaumont à Estrées-
sur-Noye, par la présence de Limodorum abortivum (DOUCHET); on y trouve
les deux premiers bolets cités avec Agrocybe praecox, Xerocomus marginalis,
Lepiota fulvella, Lepista sordida et une des nombreuses formes (plus ou moins
inédites) de Russula cuprea
Il. — HETRAIES CALCICOLES
ET TAILLIS SOUS FUTAIE THERMOPHILES
(alliance du CEPHALANTERO-FAGION)
11 s'agit souvent de hétraies plus ou moins pures avec une strate arbustive
importante sous forme de taillis de noisetiers, charmes, alisiers (S. torminalis)
et cornouillers (C. mas) etc., établis sur les pentes douces généralement exposées
au sud et dont la roche mère (craie) affleure souvent. C'est le cas des bois des
environs d'Estrées-sur-Noye et surtout du Bois de Lozières où J.R. WATTEZ et
M. DOUCHET ont découvert la station la plus nord-occidentale du chêne pubes-
cent (Quercus pubescens); or c'est précisément cet endroit qu'a choisi Amanita
ovoidea pour s'installer près de la départementale 920, dans un ourlet thermo-
phile herbeux sous un taillis de jeunes chênes pubescents (première récolte :
1976, leg. id.); l'année 1981 nous a offert plus d'une dizaine de carpophores
majestueux - 20(28) cm de diamétre pour le chapeau -. Deux autres amanites
plus banales accompagnent d'ailleurs cette rareté (pour le nord) : A. strobiliformis
(= solitaria) et A. echinocephala. Une deuxième station de l'ovoide a été décou-
verte aussi dans les environs de Montdidier (Bois des Moines, entre Fignière
et Boussicourt) par Ph. HOSTEQUIN en 1979. Selon J.R. WATTEZ, l'espèce
était déjà mentionnée vers la fin du siècle dans les bois de Wailly vers Conty.
Nous pensons que ces stations sont, comme le chêne pubescent, à leur limite
nord occidentale.
Dans le bois de Loziéres, un peu plus au-dessus, sous les hétres et taillis
sans strate herbacée, commence le cortége des cortinaires avec C. suberetorum
que l'on connaissait surtout de la forêt de Fontainebleau puis C. croceocaeru-
leus, C. rapaceus var. caesiovergens, C. subturbinatus, C. suaveolens, C. poly-
morphus, C. paramoenolens, C. rufoolivaceus et xanthophyllus parmi les moins
banaux, avec aussi quelques hygrophores (Hygrophorus penarius, H. russula, H.
persoonii (= dichrous), H. arbustivus, etc., russules (R. delica, maculata, rutila,
aurata, etc.) et tricholomes (Tr. orirubens, batschii, sulphurescens), sans oublier
quelques lactaires classiques et commensaux du hétre (L. fluens en particulier)
ou des charmilles (L. subsericatus var. pseudofulvissimus et L. rubrocinctus) et
la variété blanche d’A manita phalloides.
Source : MNHN, Paris
210 M. BON
La «hétraie chaude» est bien représentée aussi à Estrée-sur-Noye (bois Mon-
sieur) malgré l'absence de Qu. pubescens. Il s'agit aussi d'un taillis sous futaie de
hétres et la strate. herbacée est parfois plus ou moins faiblement représentée
ça et là, en particulier avec Cephalanthera pallens et Helleborus fætidus; si le
caractère thermophile est moins nettement caractéristique du point de vue
phanérogamique, le cortège mycologique, en particulier celui des cortinaires
(que nous donnons dans son intégralité) donne une idée de la richesse :
(Myxacium) C. elatior, pseudosalor, causticus, vibratilis, ochroleucus, croceo-
caeruleus, salor, delibutus, trivialis;
(Phlegmacium-Scauri) C. multiformis, leptocephalus, polymorphus, rapaceus
v. caesiovergens, subturbinatus, langei, allutus, calochrous et v.caroli, cookeanus,
talus, purpurascens, nemorosus, sodagnitus, cyanopus (= amoenolens), para-
moenolens, fulvoincarnatus, arcuatorum, caesiocyaneus, coerulescens (= Mairei
sens. Moser p. p.), arcifolius, glaucopus, prasinocyaneus, subionochlorus, fulmi-
neus, guttatus, prasinus v.odoratus, rufoolivaceus, splendens et sa v. majusculus,
aurantioturbinatus;
(Id. Cliduchi et Elastici) C. largus, nemorensis, balteatus, cephalixus, rufo-
albus, fluryi, nanceiensis et v. bulbopodius Ch.-H., infractus.;
(Leprocybe) C. cotoneus, melanotus, venetus;
(Dermocybe) C. carpineti, cinnamomeoluteus
(Sericeocybe) C. argentatus, rugosus, sordescens, bovinus et une espéce en
cours d'étude anatomiquement identique A C. turgidus mais a stipe bulbeux
comme un «Scauri»;
(Hydrocybe) C. bulliardii, subsertipes, torvus, decipiens, hinnuleus, bicolor,
avec quelques espéces de détermination délicate ou en cours d'étude.
En dehors des cortinaires notons quelques tricholomes (Tr. acerbum, atro-
squamosum, orirubens et sa var. basirubens, pseudoalbum et une forme caduci-
cole de portentosum) et hygrophores (Hygrophorus arbustivus, cossus, russula,
persoonii, chrysodon, fagi et penarius) puis Boletus luridus, appendiculatus,
albidus, erythropus avec Russula aurata, gracillima, maculata, Micromphale
brassicolens, Marasmius wynnei (— globularis), Tephrocybe boudieri, Coprinus
picaceus, avec plus loin une trés importante station de Limacella guttata. C'est
à peu de choses prés le cortége du Russulion auratae avec, en partie, le Bolete-
tum regii de DARIMONT que l'auteur considére comme synécologique de la
chénaie pubescente (Quercion pubescentis). On voit donc que l'absence du
principal indicateur phanérogamique peut étre compensée par la présence d'une
flore mycologique remarquable en particulier de «Phlegmacia-Scauri» (33 sur
les 63 espéces recensées du groupe Cortinarius).
Un peu plus vers l'orée est du bois, il s'agit d'un taillis ayant colonisé une
ancienne friche et de ce fait composé en grande partie d’essences arbustives
des Prunetalia avec en particulier Cornus mas et Lonicera xylosteum, indicatrices
du Berberidion (au moins dans sa forme septentrionale); le sol est plus humifére
et tant soit peu rudéralisé, de sorte que l’on trouve le cortège des lépiotes et
inocybes (L. ignicolor, L. cortinarius var. audreae, L. castanea, L. pseudohelveo-
Source : MNHN. Paris
MACROMYCETES DU SUD-AMIENOIS 211
la, L. ventriosospora v. fulva, Cystolepiota sistrata, Leucvagaricus sericatellus,
Inocybe parsonata et de nombreux leiosporés cystidiés dont 1. g
lens, I. haemacta, etc. C'est une transition vers l'Inocybo-Lej
MONT que l'auteur belge rattache à la hêtraie de pente.
odeyi, I. geranio-
piotion de DARI-
Un peu de hêtraie calcicole thermophile aussi dans le bois de Beaumont à
quelques kilomètres de là (Estrées-sur-Noye), avec quelques-uns des cortinaires
sus-nommés, en moins grand nombre ou plus banaux, mais aussi des inocybes
et lépiotes dans les taillis plus ou moins humiféres ou nitrophiles ou vers les
bordures de coupes et clairières où l'on trouve quelques ourlets nitrophiles ou
thermophiles avec Lepiota ignivolvata, L. boudieri, L. kuehneriana, L. ochraceo-
sulfurescens, Inocybe divers dont I. obsoleta, I. godeyi ct I. haemacta, Entolo-
ma versatile, Marasmius wynnei (— globularis) et aussi quelques plutées dont PI.
curtisii, Pl. pseudorobertii, Pl. nanus, Pl. fayodii, Pl. satur et Pl. romellii (—
lutescens) et hygrophores dont H. pseudodiscoideus et H. lindtneri. Tout ce
cortège est assez caractéristique de l'Inocybo-Lepiotion de DARIMONT, déjà
proposé plus haut: c'est la mycocénose Lepiotetum bucknalii qui selon l'auteur
belge serait homologue de l'Acereto-fraxinetum dans les hêtraies de pente
(Acerion pseudoplatani ou Tilio-acerion) ; cette hétraie, plus fraiche ou ombra-
gée, avec frénes, érables ou tilleuls et souvent agrémentée de nombreuses fou-
géres, est d'ailleurs assez mal représentée dans notre dition ou seulement d'une
façon relativement ponctuelle ou mosaiquée par exemple à Guyencourt (parc
du Château) où l'on retrouve quelques-uns des inocybes et lépiotes déjà signalés.
Le domaine de l'Inocybo-Lepiotion semble dépasser largement celui, phanéro-
gamique, de la hétraie de pente pour pénétrer dans les taillis et ourlets plus ou
moins nitrophiles, parfois méme dans les manteaux thermophiles du Berberidion
et les ourlets des Trifolio-geran‘etea, avec le Limodorum du bois de Beaumont,
où nous avons en vain cherché les bolets du groupe Satanas. Notons toutefois
que l'Abbé Ph. SULMONT à récolté B. splendidus (:
près de Saint-Sauflieu en août 1962.
atanoides) dans un bois
La forét de Creuse, souvent prospectée à la faveur de sorties de la Société
Linnéenne, possède aussiun grand nombre de cortinaires avec en particulier C.
praestans, C. venetus, C. armillariellus, C. bicolor, C. pseudosulfureus, C. prasinus
var. odoratus, C. herpeticus, C. suaveolus, C. humicola, C. violaceus et les principaux
hygrophores sylvatiques, en particulier H. fagi, H. nemoreus, H. lindtneri, H. car-
pini, H. russula, et la forme carneipes d'H. eburneus, des tricholomes aussi,
puis Amanita pantherina, Lactarius cremor, L. chrysorrheus, L. zonarius, L.
romagnesii (= speciosus), Lacrymaria pyrotricha, et ce surtout dans les taillis
de charmes, souvent en lisiére thermophile (par exemple vers le coteau de la
voie ferrée Amiens-Rouen). Les taillis de tilleuls par contre nous offrent le cor-
tège des inocybes et lépiotes indiqué ci-dessus, à propos des ourlets ou hêtraies
de pentes; ici ce sont surtout les inocybes qui dominent : I. dulcamara var.
axantha, fastigiata et var. argentata, cookei, maculata, calamistrata, bongardi,
cervicolor et var. depauperata, obscuroides, pusio, griseolilacina, personata,
corydalina, piriodora, pudica, godeyi, geophylla et var. lilacina, abjecta, phaeo-
disca et v. geophylloides, microspora, friesii v. nemorosa, descissa, brunneo-
Source : MNHN, Paris
212 M. BON
atra, geraniolens, pallidipes, lucifuga v. gralla, hirtella, scabella, atripes, phaeo-
leuca, langei, asterospora, petiginosa, mixtilis, oblectabilis.
Transect schématique d'un plateau boisé du Sud-Amiénois
[Ez] Argiles (Pleistocéne)
EE calcaire (Sénonien)
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HWygrocybion|S, Russulion Boletion Inocybo- Е
Le bois d'en Haut, à Namps-au-Val, récemment ouvert au public n'a pas été
suffisamment étudié jusqu'à maintenant pour que nous puissions en donner
une intéressante description; au premier abord il semble nous offrir une mo-
saique assez compliquée du point de vue phytosociologique et les récoltes
mycologiques, déjà importantes, devront étre désormais replacées dans leur
contexte phanérogamique. Signalons le trés intéressant Cortinarius subvirento-
phyllus découvert par J. VAST, avec C. diosmus, Hygrophorus mesoteplirus
et quelques plutées (P. exiguus, hispidulus, poliocnemis, etc.) parmi les espèces
les moins banales de la hétraie calcicole.
III. — LES HETRAIES DE PLATEAUX
Le substrat limoneux qui recouvre certains sommets des plateaux du sud-
Amiénois permet l'installation de groupements forestiers plus acidoclines ou
Source : MNHN. Paris
MACROMYCETES DU SUD-AMIENOIS 213
marqués par la présence de la fougère aigle (Pteris aquilina) et même parfois
par l'apparition de la callune (par exemple au bois du Preux à Cottenchy).
Deux aspects peuvent se présenter au mycologue :
a) la hétraie à houx (Ilicifagetum),
à Creuse et Namps-au-Val,
b) les bétulaies de remplacement là où le hêtre a disparu pour des raisons
climatiques, édaphiques ou d'exploitation intensive, à Essertaux (bois de
Loziére), Cottenchy, Guyencourt, etc., mais aussi à Namps-au-Val, etc.;
plus limitées dans le bois de Creuse.
par exemple à Guyencourt ou ça et là,
Dans le premier cas, il s'agit surtout de champignons mycorhiziques du hétre
avec Lactarius subdulcis, L. blennins, L. pallidus, Mycena crocata, pelianthina,
Marasmius alliaceus, Russula rosea et R. mairei f. fageticola, mais on trouve
aussi, comme à Creuse, les principales stations de Cr. cornucopioides et de
Strobilomyces floccopus.
Dans le deuxième cas, c'est le cortège du bouleau (plus ou moins mêlé de
chênes et tilleuls) qui prédomine avec l'association Amanitetum muscariae
décrite par DARIMONT et qui comprend, outre Amanita muscaria, Lactarius
necator (— plumbeus), L. glycyosmus, Cortinarius pholideus, C. anomalus,
C. triumphans, Leccinum scabrum et aff., L. aurantiacum, L, quercinum, Chalci-
porus piperatus, Tricholoma flavobrunneum, Tr. album et Tr. columbetta,
Amanitopsis fulva, etc. Peu d'espéces originales en résumé (sauf la découverte
du Leccinum melaneum dans le bois de Loziéres, voir plus loin) mais une men-
tion spéciale pour les allées herbeuses, en particulier à Guyencourt où l'on
récoltait Inocybe curreyi et Agaricus bresadolianus (voir descriptions ci-après),
deux espèces considérées comme essentiellement méridional
quelques lépiotes, le Lactarius subumbonatus (
et Pluteus rimulosus.
les, avec A nouveau
dans les orni
cimicarius
res
IV. CONIFERES DE SUBSTITUTION
Un peu partout les plantations de Pinus sylvestris, suivies d’une adaptation
relativement subnaturelle de l'espéce, entrainent des modifications tant dans
le paysage hivernal (plus où moins moucheté de vert) que dans la flore myco-
logique; le cortège classique de ces pinèdes calcaires et bois mélés est le suivant :
Hebeloma edurum, Hygrophorus limacinus, Chroogomphus rutilus, Auris-
calpium vulgare, Tricholoma batschii (— subannulatum) et Tr. myomyces avec
parfois le véritable Tr. terreum et Tr. psammopus qui n'est pas du tout my-
corhizique strict du méléze comme on le pense parfois, puis Russula sardonia,
R. sanguinea, parfois aussi R. fuscorubra plus rare ici (Estrées-surNoye) que
vers louest (Allery, leg. CORNU); Lactarius deliciosus (le type) est parfois
moins abondant que dans les pinèdes littorales; plus rare est le L. semisanguifluus
(coteaux d'Estrées-sur-Noye, plus Allery), par contre L. sanguifluus a été trouvé
en 1977 par Melle CORMIER, prés du bois de Beaumont: cette espéce, comme
Source
MNHN, Paris.
214 M. BON
A. ovoidea, semblerait être aussi à sa limite nord-occidentale; en fait il faut
admettre qu'elle suit à peu de chose près les limites de la culture de la vigne … et
la vigne n'était-elle pas cultivée autrefois dans le sud-Amiénois?
Les pessières de substitution sont plus rares et peu prospectées jusqu'à
maintenant (Namps-au-Val); de plus l'épicea ne semble pas s'acclimater aussi
bien que le pin sylvestre, de sorte qu'on ne trouve que ces sortes de pépiniéres
affreuses que les forestiers ont consciencieusement plantées en ligne pour une
éventuelle future rentabilité d'exploitation, mais qui dénaturent souvent nos
belles foréts seminaturelles de feuillus poussant ca et là selon le bon vouloir
de la nature; de plus le Picea sitkaensis a souvent remplacé les épicéas indigènes,
ce qui ne fait pas l'affaire des mycologues car le cortége mycologique de l'épicéa
de Sitka se trouve considérablement réduit, citons toutefois les espéces les plus
classiques : Lactarius deterrimus, Inocybe kuehneri, Ripartites Tricholoma,
Russula fuscorubroides, Clitocybe pithiophila, avec mention spéciale pour Corti-
narius turibulosus (voir description ci-après) trouvé sous Pseudotsuga douglasii
au Bois-d'en-Haut.
— RÉCOLTES DIVERSES
Nous ajouterons quelques espéces lignicoles dont l'écologie est indépendante
des associations citées précédemment; à Guyencourt, parc du Cháteau, il a été
découvert un énorme carpophore, de près d’un mètre de diamètre, de Phellinus
dryadeus, sur un vieux chêne; Hericium coralloides sur Fagus à l'orée sud du
bois, puis Hohenbuehelia auriscalpium sur Fagus aussi (leg. J. VAST). Cette
derniére espéce mérite particuligrement notre attention puisque créée par R.
MAIRE à partir d'une récolte de Lorraine en 1925, elle aurait été complétement
oubliée depuis cette époque ou bien plus ou moins synonymisée à H. petaloides
qui diffère nettement par une couleur plus sombre et des caractéres anato-
miques, en particulier la gélification sous-cuticulaire.
Notons aussi que Pholiota muelleri (Fr.) Ort, est souvent plus fréquente que
Ph. aurivella (Fr.) Kumm. dans la région amiénoise, aussi bien au sud que vers le
Ponthieu (Ribeaucourt_ leg. DUPUIS).
D'autres espèces plus où moins rares ou critiques ont été apportées aux
expositions, ou possèdent une écologie différente de celles évoquées plus haut +
Russula carminipes Blum (hétraie, vers Breteuil)
Agaricus flavescens Rich-Roze est différent de A. xanthoderma par une
odeur plus iodée et des spores plus larges, avec un habitat sylvatique plus ou
moins fagicole.
Leucougaricus croceovelutimus Bon et Boiff. trouvé pour la premiére fois
dans la région, prés d'une haie, à EstréessurNoye (leg. DOUCHET, 1980)
était jusqu'à maintenant décrit uniquement de Vendée par BON et BOIFFARD
avant d'avoir été retrouvé récemment vers l'embouchure du Danube (M. BABOS)!
Découverte dans le bois de la Faloise, par J. VAST, du trés intéressant Corti-
narius marginatosplendens Reumaux (1980 : Bull. Soc. myc. Fr., 96).
Source : MNHN, Paris
MACROMYCETES DU SUD-AMIENOIS 215
Peziza proteana v. sparassoides (Boud.) Korf. a été trouvée par M. DOUCHET
dans le parc de Guyencourt sur une place à feu (1976).
Tuber uncinatum a été trouvé en 1980 dans le bois de Creuse; il s'agit de la
truffe de Bourgogne dont l'aire de répartition s'étend de la Bourgogne à la région
parisienne, principalement sud-est.
Lyophyllum ulmarium ou pleurote de l'Orme : bois des Célestins à Estrées-
sur-Noye (DOUCHET, oct. 1981); espéce thermophile ?
Melanoleuca subbrevipes Metr. (env, Coulemelle, 1980, dans un coteau
calcaire herbeux) est encore pour nous un indicateur relatif de thermophilie
puisque nos récoltes sont plus fréquentes vers le sud de la France ou dans les
«bussiéres» du Jura et les chénaies vertes de l'Atlantique.
Boletus satanas Lenz a été récolté dans le bois d'Ailly-sur-Noye par J. SONN-
TAG en 1976 et signalé par BULTEZ dans le bois de Creuse, octobre 1979;
nous avons dit au début que les espèces du grou
ment vers 1965 dans les environs de Poix
xanthus). Ces bolets qui sont assez bien c
pe se trouvaient assez fréquem-
(B. splendidus, B. lupinus, B. rhodo-
t onnus dans la région parisienne ou en
Lorraine,sont relativement rares ici vers leur limite nord-occidentale.
La forme caducicole de Tr. portentosum Fr, déjà signalée dans les hêtraies,
a aussi été retrouvée à Creuse et Namps-au-Val (J. VAST); il semble qu'il n'y ait
guère de différence avec la forme classique des conifères, à part une certaine
silhouette plus élancée, avec des couleurs pales un peu gris-jaunatre. La comesti-
bilité est identique et, puisque nous parlons comestibilité, signalons les ramas-
sages de Trompettes des morts mais aussi du tricholome de la Saint-Georges et …
des morilles! Mais là, les stations restent «top secret» … et, particulièrement
pour les dernières, il serait difficile d'établir une carte de répartition uniquement
avec les indications des ramasseurs.
VI. — DESCRIPTIONS DE QUELQUES TAXONS
RARES OU INTÉRESSANTS
Cortinarius rapaceus var. caesiovergens Henry ex Bon 1982 (DM. 46 : 8)
Chapeau 5-10 cm, convexe puis plat à légèrement déprimé, marge incurvée à marginelle
longtemps enroulée, duveteuse; cuticule lisse, visqueuse, entièrement crème à café au lait
pâle ou ochracé terne, un peu aranéeuse vers le disque.
Lames assez Iserrées, peu ventrues, d'un beige pâle à reflets lilacins peu soutenus mais
cependant évidents [aspect Hebeloma à maturité).
Stipe 610 x 1,2-1,8 cm jusqu'à 3(4) cm dans le bulbe qui est obtusou marginé, parfois
oblique; l'ensemble est ochracé pâle, un peu rouillé par la cortine, le sommet gardant long-
temps un reflet argenté, un peu bleuátre au début.
Chair blanche à reflets beige bleuté vers le haut du stipe, fugaces.
Odeur faible, herbacée;
Saveur douce. KOH nul, à légérement brunátre sur la cuticule ou ochracé dans le cha
peau. Phenolaniline, gaïac : nuls.
Spores 10-13 x 6-7 Lim, amygdaliformes, à verrues maculiformes et relief peu accusé
Source : MNHN, Paris
216 M. BON
Chéilocystides nulles. Epicutis à hyphes gélifiées x 5-7.(10) Um.
Habitat : Hétraies calcaires ou taillis thermophiles (N° 79103103)
Bibliographie : HENRY : SMF 67 :265 et 316 (=rapaceus f. major sens. Lange). Semble
faire transition entre Leucophylli (Multiformes) et Cyanophylli (Cyanopodes), un peu
comme C. boudieri, mais ce dernier possède des couleurs un peu bleutées subuniformes.
Cortinarius turibulosus Sch. & Hor. 1967.
Chapeau (1,5)-2-3-(5) em, convexe à légèrement mamelonné, cuticule glabre à fibrillo-
soyeuse, un peu pelucheuse en séchant, hygrophane, châtain roussâtre sur fond violeté au
début, puis chocolat pâle et beige en séchant.
Lames adnées, peu serrées, brun roussátre à rouillé.
Stipe 3-57) x 0,3-0,540,7) cm, à sommet violacé puis páli de blanchátre vers le bas avec
des guirlandes argentées plus ou moins obliques et cortine fugace.
Chair lilacin violeté dans le chapeau, ou au sommet du pied.
Odeur faible de bois de crayon à la récolte puis plus nette de cèdre ensuite, de cuir de
Russie ou d'encensoir (turibulus) à la fin.
Saveur amarescente. Phénolaniline positive, Gaïac nul, KOH faible.
Spores 9-10-(10,5) x 4,5-5,5 fim, elliptiques, á verrues fines légèrement cristulées, plus
grossiéres vers l'apex.
Cheilocystides basidioloides, clavées et plus ou moins cloisonnées.
Cuticule banale d'Hydrocybe, avec hypoderme non pseudoparenchymateux.
Habitat : Sous Pseudo tsuga douglasii, Namps-au-Val (Somme), Bois-d'en-Haut, 24-11-80,
leg. J. VAST (photos), retrouvé en 1981 et 1982 (n° 80112402).
Bibliographie : HORAK 1971, Bull. Suisse de Myc. 49 : 113-116; MOSER Kl. Kr. Fl.
1978 : 406.
Agaricus bresadolianus Boh. (= Ps. campestris var. radicata Vitt. sens. Bres.)
Chapeau 3-547) cm, convexe puis plat à marge oblique, peu enroulée; squames circu-
laires assez diffuses, plus condensées vers le disque, brun rosâtre à sépia sur fond beige,
progressivement diminuées vers l'extérieur où la marge est presque lisse, tout au plus un peu
fibrilleuse radialement et blanchátre.
Lames serrées, un peu collariées, longtemps páles, rosätres ä arete concolore.
Stipe 5-7 x 1-1,5-(2) cm, à bulbe clavé terminé par un ou deux rhizoides blancs, parfois
ramifiés. Anneau peu consistant, de type campestris, avec quelques méchules pâles ou
blanches sur fond blanc vers la base qui se ternit d'ochracé à manipulation.
Chiar blanche, un peu rosissante vers le sommet du pied.
Odeur et saveur fongiques, banales avec parfois un fond anisé tràs subtil.
Spores 6,5-7 x 4,5-5 m, pruniformes ou ovoides, peu foncées. Cheilocystides nulles.
Trame et cuticule sans particularité, de type Agaricus, c’est-à-dire à hyphes plus ou moins
parallèles non bouclées.
Habitat : Assez variable, nos récoltes ont été faites dans une allée herbeuse, avec Hétres
et taillis argileux (Guyencourt 14-10-1981 n° 81101410).
Bibliographie : BOHUS, Ann. Hist. nat. mus. Nat. Hung. 61 : 154. Ce taxon a été créé
pour faire la distinction entre Ps. radicata sens. Romagnesi, Essette, etc. (— Ag. romagnesii
Wass.) et la var. radicata (Vitt.) de campestris décrite par BRESADOLA (Ic. : 827), le
binóme Agaricus radicatus étant préoccupé (REHL., 1821). Cette psalliote diffère en effet
de l'habituelle «radicata» telle que nous la connaissons (ESSETTE : 22) par l'absence de
Source : MNHN, Paris.
MACROMYCETES DU SUD-AMIENOIS 217
chelocystides, ce. qui autoría son elasiement.dans ia section Campestres Er alors que
romagnesit est SES prés d'A. spissicaulis; de plus, la plante de BRESADOLA ne serait
pas toxique et méme considérée comme um bon commi. à ¿tés diuréti
selon Mme RIOUSSET quila récolte fréquemment dansle Gard. OPTS diurétiques
ALESSIO, Mic. ital. 2: 19, fait une comparaison entre notre A. bresadolianuset «autrey
radicata qu'il nomme Psalliota infida, nom qui sera détroné par Ag. romagnesii Wasser,
validement publié, A. infidus étant aussi préoccupé. d
Inocybe curreyi (Berk.) Sace.
Chapeau 4-6 cm, convexe mamelon
à squames circulaires plus ou moins re
l'extérieu;
vers l'ext
né, puis plan ou à légére dépression péridiscale,
1 troussées vers le centre, puis fibrillo-vergeté vers
¿le tout plus ou moins brun roussátre sur fond jaunätre un peu plus paille citrin
eur, avec la marge peu enroulée, vite flexueuse ou lobée.
Lames peu serrées, un peu ventrues,
vâtre à maturité.
Stipe 5-6 x 0,8-1,2 cm, égal ou lé
furfuracé au sommet, roussâtre vers |;
sublibres, plus où moins jaunes, puis ochracé-oli-
gérement épaissi sous les lames, fibrilleux à fortement
a base ou plus ou moins blanc aux extrémités.
Chair blanche un peu citrine dans le chapeau ou en surface.
Odeur et saveur faibles, banales du genre.
Зрогез (9)-11-13-(15) x 5,5-6,5-(7) jum, subelliptiques ou phaséolées.
Cheilocystides clavées ou cylindracées jusqu'à 55-(65) x 812.
à subcapitées, 0-1-(2)-cloisonnées.
Cuticule à hyphes plus ou moins
moins zebrant.
(15) m, parfois étranglées
fastigiees, x 5-8 Um, à pigment membranaire plus ou
Caulocystides semblables aux cheilocystides, trés nombreuses vers le sommet.
Habitat : Nos récoltes ont été faites dans une allée herbeuse,
ques joncs et carex), au centre d'une hétraie de plateau, sur argile (Guyencourt, Somme,
14-10-1981, NO 81101408). A. TRIGAUX (Reims) semble avoir retrouvé ce taxon qu'il
nomme fo. palustris ad int., en raison d'un habitat plus hygrophile dans les bords de mares
asséchés, vers Épernay, ou sur sol humide d'alluvions sableuses, vers Montigny sur Vesle
(Bull. Soc. Myc. Rém. 5 : 14).
Bibliographie : Notre interprétation est basée sur celle de HEIM (Le genre Inocybe :
184) qui en fait une variété d'I. fastigiata et le rapproche d'I. squamata et mimica à cause
de l'aspect squamuleux du disque, caractère relativement rare chez les inocybes, surtout
dans la section Rimosae, ce qui autoriserait éventuellement la création d'une stirpe ou d'une
sous-section.
Les couleurs jaunes des lames et parfois du chapeau sous le revêtement externe peuvent
faire penser d'une part à I. xanthocephala Ort., plus franchement jaune ou orangé et lisse,
et d'autre part à I fastigiata var. cerina Mal. à chair et stipe plus jaunes aussi et spores plus
petites.
La diagnose princeps de BERKELEY (Outlines : 155) est relativement conforme bien
que succincte comme c'est souvent le cas pour les anciens écrits, par contre la planche de
COOKE (lll. 398 = 428) est assez satisfaisante, bien que les lames soient plus pâles que
celles de notre récolte; le centre squamuleux semble bien caractéristique.
subhygrophile (avec quel-
Tepbrocybe boudieri (Kühn. & Romagn.) Derbsch
Chapeau 2-5 cm, convexe ou bassement mamelonné, vite plat, à marge enroulée,
un peu crénelée au début ou striolée; revêtement glabre, hygrophane, un peu soyeux en
séchant, d’un gris bistré à reflets olivátres par l'imbu, plus ochracé en séchant avec la marge
parfois plus jaune.
Source : MNHN, Paris
218 M. BON
Lames moyennement serrées, un peu ventrues, échancrées ou décurrentes par la dent à
la fin, gris ochracé pâle, parfois jaunâtres vers l'extérieur.
Stipe 3-5 x 0,3-0,6 cm, cylindracé égal, parfois comprimé ou sillonné, typiquement
poudré floconneux de fines squamules argentées sur fond plus sombre, un peu gris violeté
par détersion.
Chair subconcolore ou ardoisée à bistrée en surface, moelle plus blanche.
Odeur farineuse forte, parfois vers Macrocystidia cucumis ou un peu rance, de caout-
chouc, surtout avec l'âge.
Spores (7)-8-9-(10) x (3)-4-4,5-(5) Um, elliptiques, régulières.
Basides courtes vers 25-35 x 6-7 Um, tétraspores, carminophiles.
Trame parallèle banale.
Cheilocystides nulles.
Epicutis banal, sans particularités, hyphes évidemment bouclées.
Habitat : Relativement ubiquiste mais plutôt calcicole ou thermophile; nos récoltes
locales sont issues de taillis calcaires (Condé-folies, déc. 1964, n° 4123 et Estrées-sur-Noye,
nov. 1979, nO 791101) mais d'autres récoltes ont été faites sous conifères par exemple dans
les hétraies-sapinières du Jura.
Bibliographie : KUHNER et ROMAGNESI, Bull. nat. Oyonnax 8 : 111 (Diagnose p.
75); la combinaison a été introduite par DERBSCH in Zeitsch. f. Pilzk. 43 : 186; CLÉMEN-
СОМ : Nov. Hedw. 28 : 21. Une bonne planche est présentée par ROMAGNESI (Atlas 4
240-B) mais on retrouve cette espèce dans les icones de BOUDIER (Ic. 66 sub пот. терлі
tica) et RICKEN (Bl. P. 108-8, sub n. inolens). La principale caractéristique de cette espèce
semble étre l'élégante ponctuation argentée du stipe, associée à l'odeur forte farineuse.
Leccinum melaneum (Smotl.) Pil. & Derm. (— Krombbolziella melanea (Sm.) Sut.)
Chapeau (6)-8:12-(15) cm, hémisphérique à convexe, très charnu, à marge non débor-
dante, revêtement lisse ou granité subruguleux à la fin, un peu lubrifié vers l'extérieur,
d'un bistre sépia sombre ou noirâtre, parfois obscur ou rappelant B. aereus.
Pores créme puis beige sale à la fin.
Stipe 8-15 x 3-5-(7) cm, robuste ou un peu ventru (silhouette Edules) à squames forte-
ment contrastées, noirâtres sur fond blanc, parfois un peu réticulées ou à côtes longitudi-
nales.
Chair blanche, immuable ou à léger rosissement en surface. Sulfate de fer gris, formol
rapide, rosé briqueté.
Spores (15)-18-20-(22) x 6-8 Um.
Basides , cheilocystides et trame classiques du genre.
Cuticule à hyphes relativement banales, en boudins peu épais, x 6-10-(12) Lim, à pigment
vacuolaire sombre.
Habitat : Taillis argileux avec Betula et Carpinus, en bordure de l'Ilici-Fagion, allée
herbeuse, Essertaux, Bois de Loziéres, oct. 1979 (N° 791019).
Bibliographie : SMOTLACHA 1951, Cas. Csl. Houb. 28 : 69, var. de scabrum. PILÁT
et DERMEK 1974, Hrib. Houv. 145 (comb. nov.) et planche n9 81. ENGEL, Lecc. : 17
et Taf. 4. WEHOLT, Agarica 6 : 109. SUTARA, 1982 Cesk. myk. 36 : 81 a introduit la.
nouvelle combinaison avec le genre Krombhoziella, réhabilité à la suite d’une excellente
démonstration de type «juridique»; nous ne nous sommes pas précipité sur ces nouveautés
avant de connaitre les conclusions du comité de nomenclature qui doit statuer, selon DE-
MOULIN, sur une éventuelle proposition de nom. conservandum pour le genre Leccinum,
excellente initiative qui devrait se généraliser. Par contre les descriptions sont muettes quant
aux réactions chimiques de sorte que nous ne pouvons certifier l'exacte similitude de notre
Source : MNHN, Paris
MACROMYCETES DU SUD-AMIENOIS 219
récolte avec celles d'Europe centrales la réaction grise au fer indique cependant une afünité
avec L. scabrum (= L. leucophaeum sens. Bertx.).
BIBLIOGRAPHIE
BON M. & GÉHU J.-M., 1973 — Unités su
Doc. Myc. n° 6.
DARIMONT F., 1973 — Recherches m
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WATIEZ JR. ct WATTEZ A, 1076 plaidoyer pour une protection des pelouses cal.
caires, coteaux et friches du département de la Somme. Actes 101ème Congrès Soc
Savantes Lille, fasc: 1, Lille.
périeures de végétation et récoltes mycologiques.
ycosociologiques dans les forêts de Haute-Belgique.
WATTEZ J.-R. 1980 — Le chéne pubescent dans le département de la Somme. Bull.
Soc. Linnéenne du N de la Fr., nouvelle série, tome 2 : 15-29.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
221
SOME PERPLEXING PROBLEMS ASSOCIATED
WITH THE USE OF FRIES'S SYSTEMA MYCOLOGICUM
AS A SANCTIONING BOOK
by R.H. PETERSEN*
SUMMARY. — Analysis with many examples of the nomenclatural techniques at specific
and infraspecific ranks in E. FRIES's Systema Mycologicum.
RÉSUMÉ. — Analyse à l'aide de nombreux exemples de la méthodologie nomenclaturale
utilisée par E. FRIES dans son Systema Mycologicum au niveau tant spécifique qu'infra-
spécifique.
Since 1910, Elias Magnus FRIES's volume Systema Mycologicum and Elen-
chus Fungorum have held a special place both in mycological taxdnomic
literature and in the nomenclature of fungi. For years these books were considered
the starting point for valid publication of names of «Fungi Caeteri», and the
protected status of names used in them was preserved after 1950, when tlie date
1 January 1821 was legislated as the starting point. The most recent revisions in
Art. 13 of the International Code of Botanical Nomenclature approved at the
Sydney Congress in 1981, again preserve the protected («sanctioned») status of.
names used in these books by FRIES, while liberating for use those names not
sanctioned or adopted by him. The result has been the virtual eliminatión of a
tedious search in the post-l January 1821 literature for the name and date of
earliest validation of pre-starting point names.
Unfortunately, the problems of starting points, now termed «sanctioned
names», have not been completely smoothed. The intent of this paper is to
remind us of three idiosyncrasies of the system. To be sure, other topics will
* Botany Department, University of Tennessee, Knoxville, TN 37996-1100 USA.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 4 (1983).
Source : MNHN, Paris
222 R.H. PETERSEN
require concerted attention, perhaps most important the typification of fungi
the names of which were coined in Europe many years ago. How can the names
originated by BULLIARD, for instance, be used in any modern sense if they
are not represented by type specimens, regardless of their sanction (or non-
sanction) by FRIES? BULLIARD's illustrations, while classic and unsurpassed,
are not sufficient to serve a modern taxonomic community which depends on
microscopic anatomy for its character fields. Nonetheless, this omission cannot
be systematically attacked here (or in any other single paper). Instead, I wish
to discuss the following topics : 1) the nomenclatural techniques used by
FRIES to sanction names; 2) FRIES's treatment of infraspecific ranks; 3) the
pre-1821 literature search and its implications.
It must be emphasized that these difficulties cannot be limited to FRIES's
volumes, nor attributable to the Sydney changes in the Code. All should have
been treated previously or should have been considered before the Sydney
Congress.
I am persuaded that the most efficacious way to present my points is by
citing «cases» by specific reference to names and pages in Systema. The first
two topics are presented this way.
NOMENCLATURAL TECHNIQUES IN SANCTIONING NAMES
Art. 13 (Sydney Code) simplistically deals with the idea that FRIES sanc-
tioned names, and that these names are protected (see below for more on this).
Like its predecessors, the new Art. 13 does not grapple with the numerous
ways in which FRIES adopted prior names. These variations, of course, parallel
similar procedure of contemporaries of FRIES in other plant groups, but in
phanerogams the Linnaean starting point dismisses these idiosyncrasies largely
introduced by post-Linnaean authors.
With no intention of setting nomenclatural policy, I can offer the following
categories of sanction, with representative cases and opinions.
I. Simple sanction. — FRIES adopts a prior name, with proper author attri-
bution.
CASE. In Systema | : 269, FRIES adopts the name Agaricus cupularis,
with proper author attribution to BULLIARD, pl. 554, fig. 2. Although the
accurate citation is BULLIARD & VENTENAT, p. 529, the name is clearly
sanctioned.
The situation is simple and obvious, and is repeated so many times that
additional cases seem unnecessary.
Il. Sanction at infraspecific rank only. — FRIES adopts a name originated
at species rank to represent a taxon at some infraspecific rank.
CASE. Agaricus camphoratus Bull., Hist. p. 493, pl. 224, 567, fig. 1.
Source : MNHN, Paris.
SYSTEMA MYCOLOGICUM AS A SANCTIONING BOOK 223
Sanctioned by FRIES as Agaricus subdulcis f. camphoratus (Systema 1 :
70). Author citation to this combination should be (Bull.) Fr. : Fr.
Additional cases :
A. caulicinalis Bull. as A. stipitarius f. caulicinalis (Bull) Fr. : Fr. Systema 1:138.
A. columbarius Bull. as A. serulatus f. columbarius (Bull.) Fr.:Fr. Systema 1: 204.
- digitaliformis Bull. as A. disseminatus f. digitaliformis (Bull) Fr. Fr. Systema
1:305.
A. extinctorius Bull. as A. micaceus f.extinctorius (Bull.) Fr. : Fr. Systema 1:310.
>
III. Reference to non-sanctioning material. — FRIES ado
reference to a non-sanctioning source. This seems to a
tema 3. index, compiled in 1832 after the aj
of volume 3.
pts a prior name by
ppear exclusively in Sys
pearance of all but the last portion
CASE. Sphaeria aulacostoma Kunze.
In Systema 3 ; index 160, FRIES adopts this name, but refers to «Linn. V :
545». While sanction is dubious at best, at least there is a clear reference to a
circumscription, and I would judge that the name is sanctioned.
CASE. Peziza urnula Weinmann,
In Systema 3 : index 139, FRIES adopts this name and author but with no
literature citation whatsoever. Presumably FRIES had access to WEINMANN's
1832 article in Flora. In the absence of both a circumscription and a clear litera-
ture reference, I would treat this name as not sanctioned
ІУ. Sanction «in observationes». — In the text discussing a taxon, FRIES
implies sanction of a prior name.
CASE. In Systema 1 : 50, FRIES states that BULLIARD's name Agaricus
cinerascens represents a taxon close to, but distinct from A. decastes, but this
is written in the discussion under the latter name. 1 judge that BULLIARD's
name has not been sanctioned by FRIES, and should not be cited as «Bull. : Fr.».
Additional cases :
A. aimatochelis Bull. versus A. armillatus, Systema 1 : 214
A. dycmogalus Bull. under species inquirendae, Systema 1 :77.
V. Sanction of an orthographic variant. — FRIES adopts a prior name, but
changes its spelling.
CASE. Agaricus aimatospermus Bull. apud Vent,
In Systema 3 : index 7, FRIES lists this name as synonymous with A. haema-
tospermus, and in Systema 1 : 282, lists BULLIARD as author of the latter
name. This is an obvious orthographic variant of BULLIARD’s epithet.
I judge that BULLIARD’s name has been sanctioned, but that FRIES’s
spelling must be used, although the ICBN does not specify orthographic variant
protection. Citation should be to A. haematospermus Bull. apud. Vent. : Fr.
«aimatospermus» Bull. apud Vent.).
VI. Sanction of a portion of a taxonomic concept. — FRIES sanctions one
Source : MNHN, Paris.
224 R.H. PETERSEN
use of a prior name, while not sanctioning other (another) uses.
CASE. Agaricus aquosus Ventenat (as Bulliard).
In Systema 1; 125, FRIES sanctions this name, citing BULLIARD, pl. 17 (only).
In Systema 1 : 125 (sic), FRIES lists this name and author as a synonym of
A. dryophilus, citing BULLIARD, pl. 434 (only)
Both plates illustrate the same name under a single circumscription by VEN-
TENAT (as BULLIARD).
I know no provision by which to judge whether the name is sanctioned or
not. Typification of BULLIARD’s name will make possible a taxonomic decision
on synonymy and use of the name.
VIL Simultaneous sanction and non-sanction. — FRIES «simultaneously»
sanctions a prior name, and does not adopt the name.
CASE. Agaricus conocephalus Bulliard.
In Systema 1 : 304, FRIES adopts BULLIARD's name. In the same volume
(Systema 1 : 504), FRIES withdraws from his first concept, and specifically
rejects BULLIARD's name as representing FRIES's concept.
I know of no provision for this situation, but I judge that citation of the
epithet as «conocephalus Bull. : Fr.» would warn the reader that FRIES had
positively dealt with the name.
VIII. Sanction and simultaneous transfer. — FRIES adopts a prior name, but
in a «new» position.
CASE. Agaricus abietinus Bulliard & Ventenat (as Bulliard).
In Systema 1 : 334, FRIES adopts this epithet, but transfers it as Daedalea
abietina. Citation should be D. abietina (Bull. : Fr.) Fr.
TREATMENT OF INFRASPECIFIC RANKS
In the earliest codification of nomenclatural principles, including DE CAN-
DOLLE's Lois (1867) and the Vienna Rules (1905), there appeared (Art. 13 and
14, Rec. 1, respectively) a summation of the glyphs used by 18th and 19th
century botanical taxonomists to denote infraspecific (as well as infrageneric,
etc.) ranks in manuscripts and publications, While there was no way to list
all the permutations of letters and symbols, one rank seemed clear to DE CAN-
DOLLE : varieties were symbolized by Greek letters. Subspecies, he wrote,
could be represented by letters, numbers or typographical symbols, as could
infravarietal ranks.
At some point between the Vienna Rules and the Cambridge Codes (1930),
probably influenced by the erstwhile American Code language, the more parti-
cular wording of DE CANDOLLE was lost, and a simpler listing of nomencla-
tural rank titles was substituted. The latter remains as Art. 4 of the present
Code.
Source : MNHN, Paris.
SYSTEMA MYCOLOGICUM AS A SANCTIONING BOOK 225
Nonetheless, at this time there is no instruction in the Code to deal with the
likes of FRIES's variety of treatment of infraspecific ranks. While I draw atten-
tion to FRIES. for non-sanctioned names everything written below applies
to all other old literature including names of fungi, and so may present more
complications under the revisions to Art. 13 approved at Sydney,
FRIES apparently used Roman and Greek letters,
At this point, consistency disappears.
does not appear (but see below)
itself represented the «a» or «a»
but not numbers or glyphs.
In most cases, the first letter (a or a)
leading the reader to conclude that the species
infraspecific rank as well as the species epithet
(we could call this the type subspecies, type variety, etc.).
In the cases presented below, the reader must judge which names are sanc-
tioned, at which rank, L would conclude that an infraspecific epithet is sanc-
tioned when it : a) appears in bold-italics, and b) conformsto the rules governing
construction of an epithet. When a new binomial is sanctioned at infraspecific
rank (see IA2, IB4, IB5, IIB4, IIIC, TID, below), I would recommend that its
epithet be treated as though introduced alone, as a sanctioned infraspecific
rank name.
I. Greek letters as sole infraspecific rank.
A. qincluded in lettering.
1) Epithet clearly indicated.
CASE. Systema 1 : 144-145. Agaricus metatus « laevigatus, inodoru.
B. plicosus, pileo lineato-striato ...
2) Distinct species binomials indicated.
CASE. Systema 1 : 220-221. Agaricus anomalus Q proteus.
B. Algaricus] incurvus, pileo
y. Algaricus] tabularis, firmior ...
8. Afgaricus]diabolicus, pileo ...
є. Agaricus] caninus, robustus ...
B. excluded from lettering.
1) Epithet clearly stated.
CASE. Systema 1 : 166. Agaricus pictus $ concolor ...
CASE. Systema 1 : 119. Agaricus velutipes $ sphinx, pallidior ...
y. atropes, solitarius ...
ô. fuscipes, gregarius ...
2) No clear epithet indicated.
CASE. Systema 1 : 15. Agaricus ovoideus B leucomyc. pectin. alter ...
CASE. Systema 1 : 205. Agaricus majalis, pileo ...
B. solitarius, pileo virgato ...
3) Epithetic and non-epithetic names mixed.
CASE. Systema 1 : 60. Agaricus adustus B lamellis tenuioribus ...
Source : MNHN, Paris
226 R.H. PETERSEN
y. crassus, lamellis valde distant ...
8. elepbantinus, pileo fusco-luteo ...
CASE. Systema 1 :1 18-119. Agaricus radicatus B gracilior, lam. sinuatis ...
y. humili, firmus ~.
5. pudens, pileo laeviori ...
CASE. Systema 1 :92. Agaricus dealbatus.
B. aggeralis, pileo subexcentrico ..
8. pileo repando lobatoque ...
4) Distinct species binomials indicated.
CASE. Systema 1 : 157. Agaricus umbratilis.
B. Algaricus] ambustus, pileo convexo-plano ...
CASE. Systema 1 :160. Agaricus pterignus.
B. Algaricus] saccbarinus, pileo plicata .
5) Epithetic names and species binomials mixed.
CASE. Systema 1 : 212-213. Agaricus gentilis .
B. glandicolor, umbrinus ...
Y. Algaricus] punctatus, pileo obsolete ...
8. Algaricus] incisus, pileo squamuloso ...
€. belvelloides, pileo obtuso ...
$. Algaricus ] spurius, pileo stipite ...
CASE. Systema 1 : 182-183. Agaricus ostreatus.
В. flavocinereus, pileo cinereo-subrufescente ...
y. dryadeus, pileo cinereo-lutescente ...
5. Algaricus] reticulatus, lamellis ...
II. Roman letters as sole infraspecific rank.
A. «a» included in lettering.
1) Epithet clearly stated.
CASE. Systema 1 : 229. Agaricus cinnamomeus.
semisanguineus, firmior ...
cinnamomeus, firmior ...
conformis, pileo ...
croceus, medius ...
pileo stipiteque luteis ...
paluclosus, pileo ... [lapsus for paludosus?]
INO OD OCR)
2) Epithet not clearly stated.
CASE. Systema 1 : 106-107. Agaricus laccatus.
a. pileo rufo l. carneo ...
b. pileo amethystino ...
CASE. Systema 1 : 159. Agaricus corticola.
a. fuscescens. Mich. ...
b. albidus. A. umbellif. ...
Source : MNHN. Paris
ш.
SYSTEMA MYCOLOGICUM AS A SANCTIONING BOOK 227
«ay excluded from lettering,
1) Epithet clearly stated.
CASE. Systema 1 :116. Agaricus murinaceus.
b. aglidius, pileo glabro ...
CASE. Systema 1 : 179. Agaricus corticatus.
b. tepbrotricbus, minor, etc...
2) Epithet not clearly stated.
CASE. Systema 1 : 146. Agaricus polygrammus.
b. amoene niveus ...
CASE. Systema 1 : 155. Agaricus epipteryginus.
b. totus cinereus.
CASE. Systema 1 : 176. Agaricus lepideus.
b. monstrositas, stipite longo ...
с. totus ramosus, absque pileo ...
3) No verbal name furnished.
CASE. Systema 1 :124. Agaricus collinus.
b. Fl.Dan.t. 1609.
CASE. Systema 1 : 160-161. Agaricus capillaris.
b. Mich.t.80.£.11..
c. Mich.t. 80. £.10 ...
4) Name by reference to prior binomial.
CASE. Systema 1 : 134. Agaricus ocellatus.
b. A[garicus] pallior Batsch. cont. 1. f. 95.
CASE. Systema 1 :138. Agaricus fartidus.
b. Algaricus] venosus Per. Syn. p. 467.
CASE. Systema 1:155. Agaricus citrinellus.
b. Algaricus] tenellus Batsch. f. 88. Mart. Ен. р. 427.
Both Roman and Greek letters employed.
Epithet unclear in Roman letters, clear in Greek letters.
CASE. Systema 1 :124. Agaricus dryopbilus.
b. stipite basi tuberoso ...
B. funicularis, major, caespitosus ...
CASE. Systema 1 : 132. Agaricus conigenus.
a. pileo fuligineolivido …
b. pallens ...
B. porcinus, pileo umbonato ..
CASE. Systema 1 : 165. Agaricus ericetorum.
b. grisellus. A. S. p. 225...
c. laete viridis. Fl. Dan. t. 1672. f. l.
B. pileo subsericeo. Buxb. C. II. t. 50. £. 4.
Source : MNHN, Paris
228 R.H. PETERSEN
y. velutinus, pileo griseo ...
5. myochrous, obscure fuscus …
B. No epithet in Roman or Greek letters.
CASE. Systema 1 : 143. Agaricus galericulatus.
b. amoene albus
B. solitarius, major ~.
C. No epithet in Roman letters, species binomial in Greek letters.
CASE. Systema 1 : 153. Agaricus stylobates.
a. candidus. A.S. p. 196 ...
b. grisellus. Pers. Syn. p. 390 ...
c. coerulescens, orbe fusca ...
В. Algaricus] dilatatus, pileo uncialis ...
D. Epithets, species binomials and non-epithetic names mixed.
CASE. Systema 1 : 234. Agaricus armeniacus.
b. pileo badio, ferrugineo, etc.
B. falsarius, pileo subobtuso ...
Y. Algaricus] dilutus, rigidus ...
IV. Roman, Greek, Roman letters in nomenclatural hierarchy.
CASE. Systema 1 :99. Agaricus pratensis.
a. totus fulvus ...
b. pileo rufescente ...
[no c.]
d. totus cinereus ...
e. totus albus ..
B. ericosus, pileo tenuiori ...
a. flavescens, etc. ...
b. coerulescens ...
c. cinereus ...
d. ———— albus ———— ? A. ericetosus ...
V. Roman letter before initial species binomial.
CASE. Systema 1 :191.
1.a. A[garicus] reniforme, pileo ...
Lb. Agaricus] acerosus, pileo ...
CASE. Systema 1 : 174175.
La. Algaricus] tuber regium, pileo ...
1b. A[garicus] sajor caju, pileo ...
CASE. Systema 1 :138.
21. A [garicus] stipitarius, pileo ...
21.a. Algaricus] fetidus, pileo ...
Source : MNHN, Paris
SYSTEMA MYCOLOGICUM AS À SANCTIONING BOOK 229
PRE-1821 LITERATURE SEARCHING
The use of old taxonomic literature is nothing new, and the readers of this
volume surely need no instructions in bibliothetic
ly, however, I perceive that mycological taxonomist:
with a literature less familiar than they are used to
techniques. Concommitant-
s are about to be confronted
Because of sanctioning books and various compendia (SACCARDO, PETRAK.
Index of Fungi, Index Nominum Genericorum, lists of nomina conse )
we have been lulled into rather easy literature searches, in which
of names have been narrow. Everyone is familiar with BU
PERSOON, LINK, HOLMSKJOLD, LINNAEUS. Flora
SOWERBY and DE CANDOLLE as sources of fungus names. Not quite as visible
have been WITHERING, WIGGERS, SIBTHORP, HUDSON, LIGHTEOOT,
BATSCH, JACQUIN, WILLDENOW, WULFEN, CURTIS, BOLTON snd TODE
The number of libraries holding the first category of works is rather limited,
despite increasing availability of microfiche editions. My university library holds
only LINNAEUS and PERSOON' Synopsis. Libraries holding the second cate.
gory are very few, surely less than a half dozen in North America.
rvanda, etc.)
the sources
LLIARD, SCOPOLI,
Danica, LAMARCK,
What disturbs me is that there are still at least two categories to be listed.
In my preparation for this paper, I selected one rather well-known publica-
tion, HOLMSKJOLD's Beata ru-is fungis Danicis, two volumes published in
1790 and 1799, and attempted to ascertain all the sources of names adopted
by HOLMSKJOLD. Aside from publications not employing binomial nomencla-
ture (non-Linnacan), of which HOLMSKJOLD made liberal use, HOLMSKJOLD
seems to have about 20 sources for names, including several of those mentioned
above. In addition, however, HOLMSKJOLD drew on GUNNER, AFZELIUS,
RETZ, MULLER, KRAPF and LILJEBLAD. These authors represent an even
more obscure literature than those above.
Next 1 selected a few of HOLMSKJOLD's sources and traced their sources
of names. GUNNER's Flora Norvegia, for example, drew upon Linnaeus's
several compendia and floras and early Flora Danica fascicles, but also furnished
such cryptic references as «Ström. Föndm.», «it. W-goth.», and «Boehm. Lips.»,
only the latter to be found in the library of the New York Botanical Garden.
Other HOLMSKJOLD sources cite such references as «A[cta] Holm. 1769»,
«M. Pl» «Weig[el]. F[lora]», «Loesel. Pruss.» «Pauli, Oec.» and «Dalib. Paris»,
none of which can be traced or found in the NY library. These publications
would seem to represent the ultimate depths of obscurity. If not available at
NY, what can be expected in South America, Africa, Asia and the tropical
nation libraries. Yet, for the fastidious taxonomist, they will provide numerous
names not sanctioned, untypified and unknown.
Moreover, this literature pool treats names in a myriad of ways — with or
without author attribution, with mixed binomials and polynomials, etc. —
and we must begin a process of disqualifying numbers of specific publications
on these bases. SECRETAN, already disqualified, is a model of consistency
Source : MNHN, Paris
230 R.H. PETERSEN
when compared to 18th century literature.
Finally, | would make a plea that a systematic search be begun, in order to
develop an eventual list of fungus names originated between 1753 and 1821,
their sources, type localities and their fates under the sanctioning system. The
task would be laborious and tedious, but ultimately would provide a reference
of names to be consulted before publishing more new names, and for synonyms
(taxonomic and nomenclatural) and homonyms.
Again, this paper cannot solve these three problems which come with the
sanctioning system. Its intent is to make the reader aware that they exist and
will not go away without thought, planning and work.
Source : MNHN. Paris
231
CLITOCYBE PAUSIACA (Fr.) Gillet, AGARICUS ADMISSUS Britz.
et CLITOCYBE FOETENS Melot
par J. MELOT*
RESUME. — Clitocybe admissa (Britz.) Kühn.-Romagn. est synonyme de Clitocybe foetens
Melot, mais Agaricus admissus Britz. est une espèce différente (Tephrocybe palustris).
Par ailleurs, la mise en synonymie de C. foetens avec l' Agaricus pausiacus Fr., bien qu'envi
sageable, se heurte à des contradictions.
SUMMARY. — Clitocybe admissa (Britz.) Kühn.-Romagn. is a synonym of Clitocybe foe
tens Melot, but the Agaricus admissus Britz. is a different species (Tephrocybe palustris)
Moreover a possible synonymy between C. foetens and Agaricus pausiacus Fr., though to
consider, yields some contradictions.
Clitocybe admissa (Britz.) Kühn.-Romagn. tel qu'il fut décrit par FAVRE
(1948, p. 83-85) est certainement identique à Clitocybe foetens Melot (1979,
p- 199-204)'. Cependant, l'interprétation de FAVRE ne peut être conservée
car, comme le montrent déjà à l'évidence les planches de BRITZELMAYR
(1879-1897, fig. 99, 446, 548, 556), Agaricus admissus de cet auteur est une
autre espéce, d'habitus bien différent : il s'agit sûrement de Tephrocybe palus-
tris. La description de BRITZELMAYR vient d'ailleurs en contradiction avec
celle de C. foetens : FAVRE, M. ENDERLE (cité par G. KRIEGLSTEINER,
1981, p. 66) et moi-méme disons le chapeau déprimé au centre («toujours
déprimé au centre, jamais mamelonné, et parfois subinfundibuliforme» pour
FAVRE - loc. cit., p. 84 - ce qui correspond parfaitement à mes observations),
or BRITZELMAYR dit que le chapeau de son espéce est parfois mamelonné;
bien plus, une bonne moitié des exemplaires adultes représentés dans ses plan-
ches ont le chapeau nettement mamelonné, voire papillé. Ajoutons que dix-
1. A la suite d'une erreur sur laquelle H. MARXMULLER. puis G. KRIEGLSTEINER ont
attiré mon attention, j'avais exclu à tort cette éventualité dans l'étude critique accompa-
gnant la description originale de C. foetens.
* 16, rue Rochebrune, F-75011 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE Cryptog., Mycol.) TOME 4 (1983)
Source : MNHN. Paris
232 J. MELOT
sept ans aprés sa création, il l'indique toujours provenant de hauts-marais (Has-
pelmoor puis Schónramer Filz? ) alors que C. foetens se rencontre le plus souvent
hors de telles formations”.
L'espéce de PECK, publiée initialement comme Agaricus (Mycena) paluster
(PECK, 1870, p. 82 et planche) a la priorité sur celle de BRITZELMAYR
(1882)*.
Par ailleurs, dans un article récent, G. KRIEGLSTEINER (1981, p. 66)
faisait très justement remarquer que l'éventualité d'une synonymie entre C.
foetens et C. pausiaca (Fr.) Gillet devait être envisagée. Cependant une telle
identification. contrairement à l'opinion de cet auteur, se heurte à des difficultés
non négligeables.
En effet, trois caractères signalés par FRIES, mais négligés par G. KRIEGL-
STEINER, sont en apparente contradiction avec les descriptions de C. foetens.
FRIES dit en substance : «pileus … primo convexus (interdum umbonatus)»
(Monographia), ou méme « ...primitus subumbonatus» (Hym. Eur., p. 104),
et plus loin : saepe velo sericeo obductus) ...» (Hym. Eur.) ou encore « ...
glaber (rore sericeo cano tamen in statu juvenili obductus)» (Monogr.). Enfin,
et c'est peut-être le point le plus délicat, FRIES affirme que le sommet du stipe
de l'Agaricus pausiacus est pourvu d'une pruine blanche « ... stipite ... albo-
pruinoso». Nous ne reviendrons pas sur le premier point qui a été discuté plus
haut; nous avons vu quelle était son importance. Le «wie gewachts glänzend»
de M. ENDERLE (in KRIEGLSTEINER, loc. cit.), ou le « ... mat ou un peu
luisant» de FAVRE (loc. cit.), peuvent correspondre à ce revétement soyeux
dont nous parle FRIES. Mais pour ce qui est d'une pruine au sommet du stipe,
FAVRE dit explicitement : «Pied ... non pruineux-floconneux sous les lamelles»
(loc. cit), et personnellement, portant depuis une attention spéciale à la
recherche d'une telle pruine, je n'ai jamais pu en trouver la moindre trace, ni
quoi que ce soit qui puisse rappeler, méme de loin, une telle formation.
A noter également que, bien que pouvant s'appliquer à des odeurs fortes
ou désagréables, le terme latin «olidus» n'est employé chez FRIES que dans
le sens général de «avoir de l'odeur». En ce qui concerne son A. pausiacus,
FRIES avait en vue une odeur de farine comme le prouve le texte de la Mono-
graphia : «odor debilis, sed manifeste frumentaceus».
Par contre, nous pouvons admettre que la planche de FRIES (Icones, t. 58,
A. pausiacus) représente effectivement C. foetens (trop foncé), constatation
2. «Filz» est un terme dialectal pour désigner une sphagnaie, un haut-marais.
3. En revanche les figures 552 et 557 de l'Atlas de BRITZELMAYR - sous le nom de C.
metachroa Fr. - pourraient bien représenter des exemplaires de C. foetens; une telle inter-
prétation ne peut cependant étre retenue, le C. metachroa au sens de FRIES étant sûrement
distinct de C. foetens.
4. L'Agaricus (Mycena) praelongus Peck (loc. cit., p. 81), également récolté en juin dans les
sphaignes et au méme endroit, est trés vraisemblablement identique.
Source : MNHN, Paris
AGARICUS ADMISSUS 233
qui n'a en soi rien de décisif, car nous ne dev.
1 en soi ri ons pas oublier que FRIES n'a
pas peint soimême ses Icones et qu'il les a r
même souvent déterminées sans
avoir vu vivants les champignons qu'elles représentent, De réelles difficultés
d'interprétation sont même souvent apparues du fait de l'existence de contra-
dictions, parfois importantes, entre les planches et les descriptions correspon-
dantes `,
G. KRIEGLSTEINER évoque également la
entre C. foetens et C. mortuosa (Fr.) Gillet sensu Le Gal (1944, р: 34) езрёсе
que R, KUHNER et H. ROMAGNESI (1953, p. 133) ont reprise sous le nom
de C. pausiaca (Fr.) Gillet sensu Nüesch (1926, p. 110). Toutefois cette hypo-
thèse ne peut être retenue, déjà parce que le stipe de cette dernière espèce noir-
cit à la base contrairement à ce que l'on peut observer chez C, foete
possibilité d'une synonymie
ns,
Précisons enfin que lors d'un récent voyage à Innsbruck, M. MOSER m'a
affirmé ne pas connaitre C. pausiaca, le décrivant dans sa Flore d'après la litté-
rature. Par contre, ce même mycologue a porté à ma connaissance une récolte
d'un Clitocybe «caseina» (inédit), récolté en haute montagne quelques années
auparavant, Ce champignon était caractérisé par son odeur fétide rappelant
celle du fromage trop fait (d'où son nom). L'existence d'une diapositive le
reprósentant m'a permis de reconnaitre instantanément C. foetens, ce qui fût
confirmé par l'examen microscopique d’un exsiccatum. Ce champignon semble
d'ailleurs très répandu en montagne (il fut, par exemple, récolté à chaque
excursion lors du Congrés de la Société Mycologique de France à Grenoble en
1980), et FAVRE le signale (1960, p. 419) entre 1850 et 2200 m d'altitude.
Il existe peut-être même dans la plaine : H. ROMAGNESI m'a signalé à plusieurs
reprises des récoltes d'un champignon au moins trés voisin, faites dans la région
parisienne. J'ai pu en examiner un exemplaire en octobre 1982; le champignon
en question rappelle effectivement beaucoup C. foetens mais en diffère appa-
remment par quelques caractères . il se peut donc qu'il mérite d'être décrit en
tant que variété ou même comme espèce distincte.
En conclusion, Clitocybe foetens admet Clitocybe admissa (Britz.) Kühn.-
Romagn. pour synonyme, mais ce dernier nom doit être abandonné car il résulte
d'une interprétation erronée de l'espéce de BRITZELMAYR. Par ailleurs une
étude poussée des espèces voisines de C. foetens pourrait entraîner éventuelle-
ment la disparition de ce binôme au profit de Clitocybe pausiaca (Fr.) Gillet,
mais on a vu que cela ne va pas sans difficultés.
5. On se rappellera aussi que, bien qu’indiscutablement distincts, plusieurs Tephrocybe
et Clitocybe montagnards ressemblent beaucoup à C. foetens (cf. par exemple FAVRE,
1960, p. 433, fig. 31).
6. Le tomentum basal de C. foetens dont l'existence apparait douteuse à G. KRIEGLSTEI
NER, s'observe pourtant incontestablement : il est mieux visible lorsque la base du stipe,
souvent gorgée d'eau, se déshydrate (FAVRE dit méme: «.. à base cotonneuse hispide
et blanchâtre»).
Source : MNHN, Paris.
234 J. MELOT
BIBLIOGRAPHIE
BRITZELMAYR M., 1879-1897 — Hymenomyceten aus Südbayern. Atlas,
BRITZELMAYR M., 1882 — Hyporhodii und Leucospori aus Südbayern. 26. Berichte
des Natürhistorischen Vereins in Augsburg. p. 135-148.
BRITZELMAYR M., 1898 — Revision der Diagnosen zu den von M. Britzelmayr aufgestell-
ten Hymenomyceten-Arten. Botanisches Centralblatt. LXXIII : 5
FAVRE J. 1948 — Les associations fongiques des hauts-marais jurassiens. Matériaux
pour la Flore cryptogamique suisse, 10.
FAVRE J., 1960 — Catalogue descriptif des champignons de la zone subalpine du Parc
National Suisse. Rés. rech. sci. Parc Nat. Suisse, 6 : 323-610.
FRIES E.M., 1857-1863 — Monographia Hymenomycetum Sueciae. Uppsala.
FRIES E.M., 1874 — Hymenomycetes Europaei sive Epicriseos Systematis Mycologici
editio altera. Uppsala.
KUHNER R. et ROMAGNESI H., 1953 — Flore analytique. Masson. Paris.
KRIEGLSTEINER G.J., 1981 — Zeit. f. Mykologie. 47 (1) : 63-80.
LE GAL M., 1944 — Trois espèces du genre Clitocybe. Revue de Mycologie, 9, suppl. :
32-35.
MELOT J., 1979 — Éléments de la Flore Mycologique du Baar, I. Bull. Soc. Myc. de France
95, 3: 193-238.
MOSER M., 1978 — Kleine Kryptogamenflora, Band IIb/2, 4éme éd., G. Fischer, Stuttgart.
NUESCH E., 1926 — Die Trichterlinge. St. Gallen.
PECK C.H., 1870 — Report of the Botanist. Report of the Regents of the University of
the State of New York. Nat. Hist. 23 : 27-135; pl. 5, fig. 6-11.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris.
POEMES... EN VERS!
par Henri Romagnesi
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
239
AVERTISSEMENT
J'aurai done attendu d'avoir franchi le seuil de la vieillesse pour céder à l'amicale pres-
sion des rares personnes (elles se comptent sur les doigts de la main) auxquelles j'ai montré
уста ап prétention, et pour vaincre la grande répugnance que j'ai toujours eue à los
voir publier. Et encore ne l'aije fait qu'à condition de les joindre ac fascicule jubilaire que
mes confrères ont eu l'indulgence de me consacrer dans la revue «Mycologiey, pour rendre
un hommage, sans doute excessif, à mon œuvre scientifique. Je suis aint ausi qu'ils ne
sortiront guère du cercle restreint de ceux qui m'ont accordé un peu de leur aidé ni de
leur estime.
Un auteur, je le sais bien, quoi qu’il en dise,
«défouler» : il a, au moins inconsciemment
mon manuscrit aux établissement scientifiques dont j'ai fait mes héritiers en leur laissant
le soin de déterminer le moment opportun — s'il arrivait jamais — d'une éventuelle publi-
cation au sens complet du terme. Et je ne prévoyais pas que ce fût avant longtemps.
Pourquoi cette répugnance? D'abord en raison de
poèmes : certains ont été écrits lorsque
sont que des traductions et quelques-uns
la valeur très inégale de ces petits
tais très jeune, il y a un demi-siècle; d'autres ne
des pastiches. Mais surtout, j'avais pleine cons-
cience de leur caractère archaïque, et même démodé, Pensez donc! On y trouve des sonnets
et des ballades! Ils sont en vers. En vrais! Ils riment correctement et ont lc nombre voula
de syllabes; ils зе conforment à toutes les règles de notre versification, même les plus in-
justifiées aujourd’hui. Ils ne prétendent pas «transcender le réel»; il n'est pas besoin sil'on
veut comprendre ce qu'ils veulent dire ou suggérer, de contracter des migraines, d'ailleurs
aussi vaines que violentes; les métaphores et comparaisons y sont parfaitement cohérentes:
ils ont parfois des titres latins, Sinspirent d'Homére, d'Horace, de Virgile, et même
«rubesco referens» — se réfèrent sans cesse à ce grand benér de Victor Hugo! Auraisje
eu le courage de supporter avec sérénité les critiques méprisantes, les lazzi venimeux, dont
је n'aurai pas manqué d'être la cible, moi, sorte de coelacanthe, de dinosaure, d'une poésie
périmée et depuis longtemps «dépassée»?
J'avoue qu'il y aurait eu beaucoup de vrai dans ces critiques : comment en effet contester
que la phonétique de notre langue a bien changé depuis la fin du XVIe et le début du
XVII siècle, époque où notre code de versification a pris dans tout son détail la forme qu'il
devait conserver pendant plus de trois cents ans?
La cause principale en est que l'amuissement de l'e muet (en particulier en position finale)
était fort loin d'étre totale à cette époque : peu auparavant, Ronsard pouvait encore comp-
ter des mots tels que «venuéy pour trois syllabes devant consonne. Un siècle plus tard,
on peut penser que la différence entre le masculin et le féminin de tels mots était encore
sensible à l'oreille, probablement par un léger allongement de la voyelle précédant l'e
muet. Cela peut expliquer aussi la distinction entre rimes féminines et masculines, ainsi
que la stipulation la plus contraignante, et devenue la plus injustifiée de toutes, l'élision
forcée, qui aboutissait d'ailleurs à imposer un hiatus que, d'autre part, on interdisait sans
raison valable.
Dans un autre ordre d'idées, dans la plupart des cas, sans doute sous l'influence du latin,
que tout honnête homme apprenait au collège, les poètes du XVIIe siècle pratiquaient la
Source : MNHN, Paris.
240
règle de la diérèse, en comptant des mots tels que «nation» pour trois syllabes, alors qu'un
siècle auparavant, elle n'était pas en usage, puisque Ronsard considérait «pestueux» comme
dissyllabique, et qu'eux-mêmes d’ailleurs en faisaient parfois autant, lorsque la diphtongue
résultait de l'évolution phonétique d'une voyelle unique du mot latin d'origine.
Beaucoup de ces prescriptions, c'est évident, n'ont plus aujourd'hui aucune raison
d'être. Pourtant, elles se sont maintenues jusqu’au début de notre siècle, même de la part
de poètes que l'on pouvait alors considérer comme d'avant-garde. Si Banville entendait
«tintinnabuler les rimes comme des clochettes d'or», Verlaine les maudissait, les traitait
de «bijoux d'un sou … grinçant sous la lime», mais le disait en vers rimés, ce qui n'a rien
d'étonnant, lui qui voulait «de la musique avant toute chose» car un poète aussi authentique
ne pouvait ignorer qu'il n'y a rien pour les remplacer, et qu'elles sont le seul moyen de
souligner pour l'oreille le rythme propre de la phrase poétique. A-t-on jamais vu un composi-
teur mettre en musique un texte de prose ?
C'est pourquoi, on peut déplorer que notre Académie française, auteur d'un dictionnaire
et d'une grammaire, ne se soit pas senti l'autorité nécessaire sur ce qu'on appelait au grand
siècle la république des lettres, pour entreprendre une réforme de notre code de versifica-
tion, en supprimant tout ce qui n'a plus aucun sens en raison de la phonétique du français
moderne, mais en conservant l'essentiel. le nombre déterminé de syllabes et la rime. Certes,
comme dans toute réforme, la mesure se serait imposée : par exemple, il ne serait раз ассер-
table d'autoriser l’apocope des e muets devant consonne, comme peuvent se le permettre
nos chansonniers, non seulement parce qu'elle n'est pas achevée dans les parlers du midi,
mais aussi parce qu'elle est ressentie encore, non certes comme vulgaire, du moins comme
familière.
Une telle réforme, survenue plus tôt, aurait peut-être eu une petite chance de détourner
les poètes d'aujourd'hui, méme les plus doués, d'écrire en prose. Car, ne nous leurrons pas :
il ne suffit pas d'aller de temps en temps à la ligne au milieu d'une phrase, ou de bouleverser
l'ordre normal des mots comme le faisait le maître de philosophie de M. Jourdain, pour
qu'on puisse parler de vers. On objectera que les phrases y sont soigneusement rythmées.
Soit, mais quel bon prosateur n'en fait autant? Voyez Bossuet, Chateaubriand, Flaubert,
etc. Je suis très inquiet sur la pérennité de ces poèmes en prose, qui donnent l'impression
d'être traduits d’une langue étrangère. Un de nos plus grands poètes du siècle dernier nous
en a laissé quelques-uns : qui aujourd'hui les a lus? Y en a-t-il une seule ligne, qui, comme
tant de ses vers, chantent encore dans la mémoire des hommes?
Mais sans doute, dans notre époque de relâchement, est-il bien passé, le temps où une
réforme raisonnable aurait eu quelque chance d'étre acceptée. C'est dommage, car les
poètes se sont ainsi privés eux-mêmes d’un prodigieux moyen d'expression et de suggestion.
Mais peut-être ce pessimisme estil un peu exagéré; peut-être y aura-t-il un mouvement
inverse du pendule. Alors ma très modeste et très banale production poétique aura eu au
moins l'intérêt — le seul que je lui accorde — de montrer qu'en cette fin du XXe siècle,
il existait encore quelques attardés qui savaient écrire en vers.
Source : MNHN. Paris
D'AILLEURS ET D'AUTREFOIS
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
243
VIRGILE : LES BUCOLIQUES
La première églogue
MÉLIBÉE
Couché nonchalamment au large abri d'un hêtre
Tu faquines, Tityre, une muse champétre
Sur ton mince pipeau. Moi, je quitte mon champ
Et la douce campagne où je vécus enfant;
Moi, je fuis ma patrie. Et toi, tu te prélasses,
En essayant d'apprendre aux forêts où tu passes
A redire après toi le nom d'Amaryllis.
TITYRE
Celui qui m'a rendu ces loisirs abolis,
Crest un dieu, Mélibée, un dieu que je révère :
J'ôterai bien souvent mes agneaux à leur mère
Pour aller arroser ses autels de leur sang.
C'est grâce à lui qu’on voit mes bœufs en mugissant
Errer dans ce pacage, et que tu peux m'entendre
Moduler à mon gré cet air rustique et tendre.
MÉLIBÉE
Je n'en suis pas jaloux; je suis plutót surpris
De te voir couché là, sans peur et sans soucis,
Quand le trouble partout sévit dans nos campagnes,
Quand je pousse, épuisé, ces fidèles compagnes,
Mes chèvres, vers l'exil. Et encor celle-là
Ne se laisse trainer qu'à grand peine, car là,
Ayant mis bas au pied d'un coudrier sauvage,
H lui fallut laisser sur le roc qu’il ombrage
L'espoir de mon troupeau, deux beaux cabris jumeaux.
Je fus aveugle, hélas! car souvent de mes maux
Le chêne foudroyé s'était fait le prophète.
Mais quel est donc ce dieu, vainqueur de la tempête?
TITYRE
Insensé que j'étais! Dans ma simplicité,
Je croyais, mon ami, que la grande cité
Que l'on appelle Rome était comme la nótre,
Celle où nous descendions, bergers l'un comme l'autre,
Vendre les tendres fruits de nos chères brebis.
Source : MNHN, Paris.
Vois mes chévres, ma chienne : est-ce que leurs petits
Ne sont pas en tous points semblables à leur mére?
Mais la comparaison est souvent mensongère :
Car cette ville, ami, reine du monde entier,
Dresse parmi ses sœurs un front plus altier
Que le cyprés géant prés de l'obier flexible.
MÉLIBÉE
Mais qu allais-tu chercher loin de ton toit paisible?
TITYRE
La liberté! Bien tard, car je fus négligent,
Qui m'a pourtant souri du jour qu'en me rasant.
J'ai vu tomber plus blanche une barbe argentée;
Elle est venue enfin depuis que Galatée
Devant Amaryllis a fui loin de mon cœur.
Avant, je n'avais pas la généreuse ardeur
Pour m'affranchir un jour d'amasser mon pécule.
Pourtant, que de moutons, bélant sous ma férule,
Ont quitté mes enclos pour le festin des dieux;
Que de fromages gras, sous la langue onctueux,
Vendus au bourg ingrat; mais le soir, sous mon chaume,
Jamais l'écu sonnant n alourdissait ma paume.
MÉLIBÉE
Et moi qui m'étonnais qu'Amaryllis en pleurs
Invoquát tout le jour les dieux consolateurs,
Tandis que ses fruits mürs restaient pendus aux branches.
Tityre était absent: ces arbustes qui penchent,
Ces ruisseaux, ces grands pins, tout murmurait ton nom!
TITYRE
Et que pouvais-je ici, tout seul, à l'abandon,
Si je voulais vraiment quitter la servitude?
Il me fallait des dieux pleins de mansuétude
En était-il ailleurs? J'y vis ce jeune dieu,
Et douze fois l'an, Mélibée, en ce lieu,
Mes autels fumeront pour célébrer son culte.
Il ne fait pas languir celui qui le consulte :
Dés qu'il m'eut entendu : «Va, comme avant, berger,
Fais paître, me dit-il, tes bœufs d'un cœur léger,
Source : MNHN. Paris
245
MÉLIBÉE
Heureux vieillard! Ainsi, ce petit coin rustique
Restera tien! C'est peu, sans doute, mais assez,
Quoique les joncs, au pied des rocailles poussés,
Hérissent de ton pré la bourbeuse étendue.
Tes bétes n'iront pas brouter d'herbe inconnue,
Ni, se mélant en route aux troupeaux étrangers,
D'aucun contact impur essuyer les dangers.
Heureux vieillard! à qui ta source et ta rivière
Dispenseront toujours leur fraîcheur familière.
Ici, la haie en fleurs, aux confins de ton champ,
Qui t'induisait au somme alors qu'en susurrant
L'abeille butinait le chaton d'or du saule
Près de son vieil ami tiendra toujours son rôle!
Là, tu pourras ouir le joyeux émondeur
Lancer aux quatre vents son chant vibrant d'ardeur,
Sans que pour autant cesse, au haut de la feuillée,
- Tendre objet de tes soins - la palombe enrouée
De mêler son soupir au soupir du ramier!
TITYRE
Ah! l'on verra plutôt le cerf au pied léger
Brouter paisiblement au milieu des nuages,
L'Océan déposer à nu sur ses rivages
Les poissons qu'il nourrit, et, au terme lointain
D'un réciproque exil, le Parthe et le Germain
Abreuver leurs chevaux, l'un au Rhin, l'autre au Tigre,
Avant que de mon cœur sa sainte image émigre!
MÉLIBÉE
Et nous, pendant ce temps, nous irons sans répit,
L'un pour gagner l'Afrique, oà l'ápre soif sévit,
L'autre le cours crayeux de l'Oaxe qui gronde,
Ou pour franchir les mers dont, recluse du monde,
La lointaine Bretagne entoura son exil.
O mon petit royaume, un jour se pourra-t-il
Que je revoie enfin, aprés bien des années,
Ces montagnes, un jour de deuil abandonnées,
Ma modeste chaumière et son toit de gazon,
Ou même quelque épi, reste d'une moisson?
Un impie aura donc ces jachères fertiles,
Un étranger ces champs! O discordes civiles,
La voilà bien, votre œuvre! Ainsi, c'était pour eux
Que nous ensemencions nos sillons généreux!
Source : MNHN. Paris
246
Va, greffe tes poiriers, et dispose tes vignes,
Mon pauvre Mélibée, en files rectilignes!
Et vous, mes chévres, vous, troupeau jadis comblé,
En route, allons, suivez votre maitre accablé,
Qui ne vous verra plus, couché dans la verdure,
À la pointe d'un roc empourpré par la mûre
Suspendre dans les airs vos fantasques ébats!
C'en est fait de mes chants. Ma houlette ici-bas
vous mènera plus brouter à votre guise
L’amer bourgeon du saule ou la fleur de cytise.
TITYRE
Pourtant, jusqu'à demain, que ne restes-tu pas?
J'ai là de beaux fruits mûrs, un fromage bien gras,
La chätaigne bouillie à la chair parfumée,
Et j'aperçois, tandis qu'une mince fumée
Déjà monte des toits vers le ciel qui pálit,
Grandir au pied des monts les ombres de la nuit.
La quatrième églogue : à Pollion
Prenons un ton plus grave, ó Muses de Sicile!
Car l'humble tamaris ni l'arbuste gracile
Ne sauraient plaire à tous. Foréts, vous deviendrez
Plus dignes d'un consul, moi chantant les foréts!
Il vient, cet âge ultime inscrit dans Cume au Livre;
Ce long enchaínement de siècles va revivre;
La Vierge de justice et Saturne à nouveau
Régneront sur ce monde, et l'on verra bientót
Venir du fond des cieux une race nouvelle.
Lucine, puisses-tu d’une main maternelle
Recevoir cet enfant qui va paraître au jour,
Par qui l'âge de fer va finir, et l'amour,
Avec la race d'or, illuminer la terre :
Car voici que déjà règne Apollon ton frère.
Oui, l'aube de ces temps glorieux, Pollion,
Sera ton consulat : sous ta direction
S'écoulera le flot de ces grandes années.
Si quelque trace encor des fautes pardonnées
Subsistait, c'est en vain : le fond de notre cœur
Source : MNHN, Paris
247
Sera purifié de l'ancestrale peur.
De nos dieux, cet enfant va connaître la vie;
L'univers deviendra la commune patrie
Où les Héros seront mélés aux Immortels,
Et lui-même à ceux-ci; ces moments solennels
Le verront gouverner dans les vertus antiques
La terre enfin vouée aux tâches pacifiques.
Tu n'auras pas besoin de peiner, mon enfant,
Pour que la terre t'offre, en un premier présent,
Le lierre errant parmi l'immortelle sanglante,
Et le nélumbo rose, et la joyeuse acanthe :
D'elles-mémes alors, tes chèvres en effet
Rentreront au bercail les pis gonflés de lait:
Tes baeufs ne craindront plus le lion sanguinaire,
Et de lui-même aussi ton berceau tutélaire
Se remplira pour toi des plus suaves fleurs.
Mort, le serpent, la plante aux perfides humeurs!
L'amome assyrien croitra partout sur terre.
Tu pourras lire alors les hauts faits de ton pére,
Ses vertus, ses exploits et ceux des demi-dieux.
Sans travail, au doux flux des épis gracieux,
Tu verras peu à peu jaunir la plaine heureuse,
Les grappes empourprer la broussaille épineuse,
Les chénes durs pleurer des résines de miel.
Des séquelles pourtant du crime originel
Pousseront à partir sur sa barque intrépide
L'aventurier des mers, le citadin timide
A bâtir des remparts pour sa protection,
Le paysan avare à creuser son sillon.
On reverra Typhis piloter son navire
Plein de guerriers choisis; on reverra le pire,
La guerre détestée; on reverra sur l'eau
Partir pour Ilion un Achille nouveau.
Puis tu seras un homme en la force de l'âge.
Alors, le matelot, enfin devenu sage,
Retournera chez lui; plus ne sera besoin
De commercer au loin, toujours, toujours plus loin :
L'homme recevra tout de la terre fertile;
Plus de râteaux au sol; la serpette inutile
Épargnera le cep; le vaillant laboureur
Soulagera du joug ses bæufs las du labeur.
Pour teindre nos habits, plus de couleur menteuse :
Car le bélier lui-même à la toison laineuse
Charmera dans les prés nos yeux en nous offrant
La pourpre du murex et les ors du safran;
Source : MNHN, Paris
248
La garance teindra les agneaux qui vont. paître.
Nous entendrons alors les Parques, qui, peut-être
Sur l'ordre du destin, seront toutes d'accord,
Parlant à leurs fuseaux leur dire et dire encor :
«Hátons-nous de filer de si belles années.»
Il est temps d'assumer tes grandes destinées,
Cher rejeton des dieux, enfant de Jupiter!
Vois osciller l'azur profond, la vaste mer,
Le monde, sous le poids de la céleste sphére :
Tout réve à ces beaux jours promis à notre terre.
De ma vie, 6 grands dieux, prolongez l'ápre cours
Faites que votre Esprit demeure en moi toujours;
Donnez-moi les moyens de célébrer sa gloire.
Alors, Orphée et moi luttant pour la victoire,
Oui, c'est moi qui ceindrais les lauriers du vainqueur,
Oui, je vaincrais Linus, quand même en leur faveur,
Calliope et Phoebus - la grace d'une Muse
Et la beauté d'un dieu - par la force ou la ruse
Auraient joint leurs efforts pour aider leur enfant.
Enfin, s'il me fallait affronter le grand Pan
L'Arcadie étant juge, ó défaite inouie,
Selon le jugement de toute l'Arcadie,
Dans la solennité d'un geste inattendu,
On verrait le grand Pan se déclarer vaincu!
Et toi, petit enfant né d'un illustre père,
Commence en un sourire à connaître ta mère,
Qui, pendant de longs mois d'ennuis et de douleur
‘a porté tendrement dans son sein protecteur.
Commence! Qui n'a fait dés l'aube de sa vie
Sourire avec amour sa famille ravie,
Non, celui-là jamais ne mérite à leurs yeux
Le lit d'une déesse ou la table des dieux.
ÉPITAPHE ANONYME
Hic Rosamonda jacet, rosa mundi, nunc rosa munda.
Ici dort Rosemonde,
Hier rose du monde,
Aujourd’hui rose immonde.
Source : MNHN. Paris
249
HORACE
Odes, III, 13
A la fontaine de Bandusie
À toi, source de Bandusie,
Plus limpide qu un beau miroir,
Mieux que fleurs ou que malvoisie,
Ce chevreau de notre terroir
Qu'en vain ces deux naissantes cornes
Destinaient aux combats d'amour :
Fruit des troupeaux lascifs et mornes,
Il teindra de sang ton pourtour.
L'accueil aïmable de tes ondes,
Dont juin respecte la fraîcheur,
S'offre aux brebis qui vagabondent
Comme aux bœufs lassés du labeur.
Je t'aurai rendue ô fontaine,
Illustre entre toutes, disant
Le rocher creux planté d'un chêne
D'où ton flot bondit en jasant.
Début de l'Art poétique
Si le cou d'un cheval sous une téte humaine
Se voyait peint un jour par quelque énerguméne,
Avec par-ci par-là plusieurs plumes d'oiseau;
Si, pour rendre le tout plus charmant et plus beau,
Il l'ajustait au corps d'une femme bien faite,
Et, oubliant comment il avait fait la tête,
L'achevait en poisson, à ce spectacle admis,
Pourriez-vous tenir de rire, mes amis ?
Source : MNHN, Paris
250
HOMERE : /LIADE, XXIV, 486 sqq.
La prière de Priam
«Souviens-toi de ton père, Achille égal aux dieux !
IL est, ainsi que moi, sur le seuil ténébreux
Qu'est la triste vieillesse, et ses voisins hostiles
Le guettent, envieux de ses terres fertiles.
Il est seul, sans l'appui de ton glaive puissant.
Mais au moins, il sait, lui, que son fils est vivant;
Il espère en son cœur qu'il connaîtra la joie,
De le voir revenir des murailles de Troie.
Moi, qui donnai la vie à tant de beaux enfants,
Il ne m'en reste aucun. Gráce aux dieux bienveillants,
Cinquante m'étaient nés quand les nefs achéennes
S'en vinrent aborder sur les côtes troyennes;
Dix-neuf du même sein! Le reste avait été
Le fruit d'autres amours dans ma grande cité.
Mais le fougueux Arès m'en prit le plus grand nombre,
Qu'en foule il a brisés et replongés dans l'ombre.
Un seul restait encore épargné par le sort,
Un seul, à qui ton fer vient de donner la mort,
Tandis qu'il combattait au nom de sa patrie
Pour défendre et mon peuple et ma ville meurtrie.
C'est pour te racheter ce fils cher à mon cœur
Qu'infortuné je viens vers les nefs du vainqueur :
Vois de tous ces présents la richesse infinie.
Pitié pour lui, rends-moi son pauvre corps sans vie.
Pense à ton père, Achille, et respecte les dieux!
Dis-toi bien que je suis beaucoup plus malheureux,
Puisque tu peux ici me voir en train de faire
Ce que jamais mortel ne fit sur cette terre,
Baiser la propre main qui tua mon enfant.»
Et Achille a ces mots sent son coeur qui se fend.
Source : MNHN, Paris
251
HYMNE DES NAUFRAGÉS
Hélas ! nos vaisseaux ...
Eschyle, les Perses
Hélas! Hélas! nos vaisseaux
Sont au fond des eaux,
Nous, loin de l'Hellade.
Hélas! Hélas! nos vaisseaux
N'iront plus en rade.
Puissant Poseidon,
De ton abandon
Nous pleurons la conséquence.
Puissant Poseidon,
Montre ta clémence.
Hélas! Hélas! nos vaisseaux,
Sont au fond des eaux,
Nous, loin de l'Hellade.
Hélas! Hélas! nos vaisseaux
N'iront plus en rade.
Aux dieux immolons,
O mes compagnons,
Un taureau couleur des neiges.
Aux dieux immolons
Pour qu'ils nous protégent.
Hélas! Hélas! nos vaisseaux
Sont au fond des eaux,
Nous, loin de l'Hellade
Hélas! Hélas! nos vaisseaux
N'iront plus en rade.
Rendez-nous l'espoir
Un jour de revoir
Le sourire de nos femmes.
Soleil de l'espoir,
Brille sur nos ámes!
Hélas! Hélas! nos vaisseaux
Sont au fond des eaux,
Nous, loin de l'Hellade
Mais puissent d'autres vaisseaux
Nous conduire en rade!
Source : MNHN, Paris.
POEMES JAPONAIS
Au Japon d'autrefois
Iles de réverie, ó défunt Yamato,
Vous dont les cerisiers à la blanche ramée
Laissaient choir au printemps une neige embaumée
Sur la verte unité du tranquille coteau,
Terre des cerisiers à la blanche ramée,
Ile de rêverie, ô défunt Yamato,
Fuzi-Yama neigeux aux blancheurs éternelles,
Volcan mystérieux où dort la mer de Sé,
Toi qui faisais jaillir de ton flanc crevassé
D'un orgueilleux torrent les eaux toujours nouvelles;
Volcan mystérieux oi dort la mer de Sé,
Fuzi-Yama neigeux aux blancheurs eternelles;
Palais aux mille toits, temples invioles,
Où des Bouddhas pensifs au sourire mystique,
Et des bonzes rasés révaient, l'œil extatique,
De célestes jardins par les Sages peuplés,
Dieux et Bouddhas pensifs, au sourire mystique,
Palais aux mille toits, temples inviolés,
Beau pays des dragons et des belles légendes
Que le divin soleil transmit à ses enfants,
Les graves mikados sacrés et triomphants,
Laissez monter vers vous l'encens de mes offrandes!
O vous que le Soleil transmit à ses enfants,
Beau pays des dragons et des belles légendes;
Laissez-moi pour un jour prendre vers vous l'essor,
Comme on voit dans l'azur planer une hirondelle.
Je sens au fond de moi comme un battement d'aile :
Loin d'un passé perdu, je puis réver encor.
Comme on voit dans lazur planer une hirondelle,
Laissez-moi pour un jour prendre vers vous l'essor!
Source : MNHN. Paris
253
DEUX CHANTS FUNEBRES DE HITOMARO (fin du VlIéme siècle)
Au prince héritier Hinami
O prince trés puissant ! Que n'as-tu consenti
À régner comme tes ancétres ?
urquoi, loin de ton peuple, un jour, es-tu parti
Rappelé par les dieux nos maitres ?
Poi
Tu ne savais donc pas que nous te chérissions,
Plus que la lune, et que l'aurore,
Et les fleurs, dont nos prés s'étoilent par millions
Quand le printemps les fait éclore ?
Nous avions mis en toi nos espoirs les plus chers,
Comme en leur solide navire
Les marins vagabonds qui voguent sur les mers
Au gré des flots et du zéphire.
Mais, ô douleur, tu nous a quittés à jamais,
Et loin du coteau solitaire
Où, trop jeune, tu fus, par tous ceux qui t'aimaient,
Déposé dans la tombe austère,
Loin de ce mausolée au sinistre contour
Où ta voix pour toujours s'est tue,
Eux qui se souvenaient s’en iront à leur tour
Vers leur destinée inconnue.
A une dame de la cour
Son visage avait la couleur
Des foréts que dore l'automne,
Et son corps la souple langueur
Du bambou svelte qui frissonne
Au souffle du vent cajoleur.
Mais hélas ! comme la rosée
Que le matin ivre d'espoir
Sur la prairie a déposée,
S'évapore avant que le soir
Ne berce la terre apaisée;
Source : MNHN, Paris.
254
Ou comme la molle vapeur
Dont la nuit ouate la colline
Se change en larmes sur la fleur
Avant que midi ne fascine
La campagne de sa torpeur,
Nous la vimes trop tót frappée
Par la mort aux aveugles traits;
Puisse la triste mélopée
Qui répercute nos regrets
Vers son tombeau s'être échappée,
Et calmer l'époux attristé
Qui, sur sa couche solitaire
Ne connaît plus la volupté
Dont le ravissait le mystère
De sa délicate beauté.
LA LÉGENDE D'OURACIMA
J'écoute les voix de la mer immense.
Un humble bateau là-bas se balance
Au rythme inégal du flot haletant;
Un brouillard subtil surnage, et je pense,
Debout sur la grève, aux choses d'antan.
La vague qui bat l'ápre promontoire
Me conte tout bas une vieille histoire,
Celle du pécheur de Midzounoyé.
Sept jours et sept nuits, d'embrun balayé,
Son esquif vogua parmi la tempéte;
Le timon brisé, le mát foudroyé,
Fantóme impavide et que rien n'arréte,
Il allait toujours, toujours plus avant,
Malgré la fureur des flots et du vent.
Source : MNHN. Paris
255
Le huitième jour parut une aurore
Qui luisait au loin comme un météore;
Sur la mer courut un obscur frisson
Et le ciel s'emplit d'un jour incolore.
Alors le pécheur vit à l'horizon
Une femme nue au tendre sourire
Et qui regardait voguer le navire.
«Ta témérité, dit-elle, m'a plu,
Homme audacieux, au front résolu.
Viens dans mon palais, je suis Immortelle
Nous y goüterons l'amour absolu
Et tu méneras la vie éternelle
Dont l'homme toujours et partout rêva»
Dans ses bras alors il s'abandonna.
Longtemps il resta près de la déesse
Partageant sa couche, éperdu d'ivresse.
Mais un jour pourtant : «Je voudrais revoir
Ma mère, dit-il; elle doit sans cesse
Pleurer mon trépas. Laisse-moi ce soir,
O ma bien-aimée, aller auprès d'elle.
— Prends garde, pêcheur, reste moi fidèle !
— Je te reviendrai, laisse-moi partir !
— Pars donc, insensé, si c'est ton désir.
Mais emporte alors ma grande cassette,
Et veille comment tu devras l'ouvrir !»
Le pécheur quitta la douce retraite,
Et bientót, muni du coffret fatal,
Les vents le poussaient au pays natal.
Mais depuis mille ans, le long du rivage,
Avait disparu son pauvre village,
Et dés qu'il ouvrit le coffre enchanté,
N'ayant vu s'enfuir qu'un léger nuage
Que le vent du large eut vite emporté
Avec sa jeunesse et ses jours de rêve,
Il mourut vieillard sur la sombre grève.
Source : MNHN, Paris.
256
SONNETS INSPIRÉS DE «TANKA» DE DIVERS AUTEURS
J'admets que je vous sois odieux.
Mais l’oranger en fleurs qui croit
prés de ma demeure, réellement, ne
viendrez-vous pas le voir ?
Invitation
Vous ne m'aimez pas, mon enfant.
Je le sai
, et je m'en afflige :
Jamais je n'aurai le vertige
De voir mon amour triomphant.
Mon pauvre cœur saigne et se fend.
Et qu'importe ? Dieu nous oblige
A souffrir ce qu'il nous inflige,
Sans pleurer ce qu'il nous défend.
Mais ne pourriez-vous faire en sorte,
Quand vous passez devant ma porte,
S'il vous souvient, en mes malheurs,
De moi, qui vous ai tant aimée,
D'entrer voir l'oranger en fleurs
Dont ma demeure est parfumée ?
Oh ! si les vagues blanches au loin
sur la mer d'Isé étaient des fleurs,
que je puisse les cueillir et les apporter
comme une offrande à mes amours !
Esquisse marine
Voyez, ma bien-aimée, au large de la grève,
Sur la mer bouillonnante au coloris changeant,
La vague qui se gonfle en oscillant sans trève,
Et se déroule ensuite en volutes d'argent.
Bientót elle s'arréte en sa course trop bréve;
Comme une fleur liquide, elle écume, assiégeant
Les récifs gluants d'algue. Oh ! ce bouquet de rêve,
Pour obtenir de vous un regard indulgent,
Que ne puis-je partir sur ma barque intrépide,
Comme un oiseau de mer, indolent mais rapide,
Pour vous le rapporter en offrande d'amour ?
Mais hélas ! à quoi bon ? Dans ma main sacrilège
Il se dissiperait bien avant mon retour,
Comme, au toucher des doigts, s'évanouit la neige.
Source : MNHN. Paris
257
e C'est l'aurore, je ne puis dormir parce
s e que je pense à celle que j'aime. Quand
en sera-ce fait de ce coucou qui ne
cesse de chanter ?
Gigantesque araignée au ventre flamboyant
La lune a machiné sa toile de ténèbres,
Et dans les cieux blémis par ses päleurs funèbres,
L'aube commence à peine à blanchir l'Orient.
Crest en vain que je veux, 6 femme, en t'oubliant,
Sur mon lit sans sommeil reposer mes vertèbres.
O nirvanah hanté par les sages célèbres!
O rêve d'absolu du Bouddah souriant !
Ne pourrai-je jamais rasséréner mon ame
Dans l'impossible paix que tout en moi réclame ?
Et quand donc se taira ce sinistre coucou
Dont l'ápre cri d'amour contriste le bois sombre ?!
Mon cœur est oppressé, l'angoisse étreint mon cou.
O jour, délivre moi, d'un coup d'aile, de l'ombre !
A quoi comparerais-je cette vie que
nous vivons? Elle est comme un
. bateau qui, au point du jour, s'éloigne
à force de rames et ne laisse aucune
trace derriére lui.
La vie humaine
L'aube déjà répand sa timide couleur
Sur la rade endormie où la vague se moire.
Je vois fuir un bateau vers l'immensité noire
Au reflet sidéral de sa froide páleur.
Bientôt, sans un remous du flot ensorceleur,
L'horizon Vengloutit ainsi qu'une máchoire;
Je sens que baisse en moi l'espérance illusoire
Dont le reflux fatal laisse à nu ma douleur.
La vie est un vaisseau dont le vieux capitaine
Dirige sans pitié la croisière lointaine
Vers l'insondable abime ou l'attendent les dieux,
Et, fendant tour à tour la tempête et la brume,
Il navigue toujours loin du ciel des aïeux,
Sans laisser sur la mer de sillage d'écume.
1. Les poètes japonais entendent dans le cri de cet oiseau (qui diffère du reste du nôtre)
les plaintes d'un amour inassouvi.
Source : MNHN, Paris.
Je me suis endormi en pensant à toi.
c’est peut-être pour cette raison que je
Le rêve tai vue en rêve. Si j'avais su que ce
n'était qu'un réve, je ne me serais pas
éveillé.
Quand le sommeil a clos ma paupiére lascive,
Avant l'heure oà la nuit s'auréole de jour,
Le lit avait gardé ton odeur fugitive,
Ma lèvre, la saveur ardente de l'amour.
Et dans mon souvenir ton image captive
Ressemblait au poisson qui fait cent fois le tour
D'un sphérique cristal où palpite une eau vive,
Nacrant d'un reflet d'or ce transparent séjour.
C'est peut-être pourquoi tu m'apparus dans l'ombre,
Avec, au fond brûlant de ta prunelle sombre,
Le rêve que j'y lus lorsque tu m'as quitté.
Hélas! si j'avais su que ce n'était qu'un songe,
Je n'aurais point changé la splendeur du mensonge
Pour le délabrement de la réalité.
QUATRE «HAI - KAl» DU POETE CHINOIS YOU-TONG
fini de soigner ma vigne,
Et j'ai fait pour elle un pressoir.
J'ai recueilli mon vin ce soir.
Je vais mourir et m'y résigne.
J'ai vu quatre-vingt-dix printemps.
C'est de celui-ci que je goûte
Mieux que jamais les doux instants.
Car il est le dernier sans doute.
Voici le jardin du poète.
La fleur le parfume toujours,
L'oiseau hante encor ses détours.
Mais il n'est plus dans sa retraite.
Le feu sous la cendre pétille;
La neige sur le toit scintille
Sous la douce lune qui luit.
C'est minuit.
Source : MNHN. Paris
BALLADE ARABE
Je vis un grand vieillard qui regardait le ciel,
Et c'était le Poète errant sur la grand route.
Son visage était beau, son cœur amer, sans doute,
Car dans ses yeux passaient des lueurs d'éternel;
Mais il était serein comme un homme qui prie.
Il portait à la main une rose flétrie.
«Voici mon seul bonheur, mon seul bonheur réel.
Mon âme n'a que lui, mais il la remplit toute
D'un souvenir béni qu'à toute heure je goûte.
C'est ma lointaine enfance et le toit paternel,
Ma mère, qui chantait tout bas, pour que je rie».
Il portait à la main une rose flétrie.
«Voici de mon amour le vestige immortel :
Infortuné, celui que son mirage envoüte !
Il connaitra bientót les pleurs qu'un baiser coüte
Je n'en pris qu'un, pourtant, mais, ô destin cruel,
Le jour qu'elle mourut, sur sa lèvre chérie.»
Il portait sur son cœur une rose flétrie.
«Voici de mes chansons le chimérique appel :
J'ai chanté ma douleur sans jamais qu'on m écoute.
Ma vie a trop de nuit pour que je vous redoute,
Anges noirs de la mort dont je gravis l'autel
Sans nourrir d'autre espoir ni d'autre réverie».
Il portait à la lèvre une rose flétrie.
ENVOI
Passant, l'homme s'endort d'un sommeil solennel.
Ne le réveille pas : c'est le songe irréel
Qui seul peut apaiser sa pauvre âme meurtrie,
Et laisse-le rêver de rose non flétrie.
TRADUIT DU POETE PERSAN OMAR KAYYAM
Si ton ame s’enivre au printemps généreux,
Et si tu peux t'asseoir prés d'un joli visage,
Sois heureux sans détour et souviens-toi qu'un sage
Sait toujours découvrir sa raison d'être heureux.
259
Source : MNHN, Paris
260
CHANSON ROUMAINE
Le cobzar! a chanté tout près de ma maison,
Et je lui dis : « Vieillard, reste devant ma porte
Je veux entendre encor ta voix que l'air emporte !»
Mais hélas ! le cobzar ne sait qu'une chanson :
«Le fleuve luit dans l'ombre et scintille sans treve
Quand la lune se mire en son flot ébloui.
Ainsi l'Enfant brúlait du désir inouï
D'un merveilleux collier de lumière et de rêve.
«O lune, donne-moi ton blanc regard changeant.
Et toi, dit-il, ton eau la plus pure, 6 rivière!»
Elles diren Qui donc féconderait la terre,
Et que ferait la nuit sans sa lampe d'argent ?»
«Alors l'enfant se fit un beau collier des larmes
Que les Hommes, en foule, apportérent pour lui.
Elles dirent : «Ma sœur, as-tu connu celui
Que l'Amour a blessé de ses plus rudes armes,
Et de quel cœur viens-tu ?» Mais chacune, à conter
L'histoire de ce cœur, se sentit plus amère,
Et si lourde, que sous sa parure éphémère,
L'enfant mourut bientôt sans pouvoir les porter».
Le cobzar est venu chanter devant ma porte.
«Reste vieillard, lui dis-je, auprès de ma maison !»
Mais hélas ! le cobzar ne sait qu'une chanson :
Déjà je n'entends plus sa voix que l'air emporte.
1. Musicien ambulant qui joue d'un instrument appelé «cobzay.
Source : MNHN. Paris
CHANSON ESPAGNOLE
Je reviens du cimetière
Pepita,
Je reviens du cimetière,
Et j'ai vu que sous la pierre,
Pepita,
Dormait plus d'un qui sur terre
Pepita,
Vous aima.
On m'a bien dit qu'en Castille,
Pepita,
On m'a bien dit qu'en Castille,
Est morte une noble fille,
Pepita,
Pour un beau gars sans famille,
Pepita,
Qu'elle аіта.
Mais je n'ai pas vu sa tombe.
Pepita,
Mais je n'ai pas vu sa tombe.
Eh ! tant pis si j'en succombe,
Pepita,
Puisque mon cœur, ma colombe,
Pepita,
Vous aima.
Source : MNHN, Paris.
Source : MNHN, Paris
LA CANTATE AU PASSÉ
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
265
LE CHOEUR DES JEUNES FILLES
C'est toi qui dors dans l'ombre, ô sacré souvenir!
V. Hugo
Celle qui est vêtue de mauve
Mes sæurs, faut-il pleurer le bonheur qui n'est plus ?
Les oiseaux qu'ont blessés les flèches de Stymphale,
Sous le ciel contristé par leurs cris de vaincus,
Ont-ils, comme une fleur qu'effeuille la rafale,
Dans l'impassible lac disparu pour jamais,
Alors qu'ils déployaient leur aile triomphale ?
Celle qui est vêtue de bleu
Comment pourrai-je vivre ici-bas désormais,
O mes sæurs, s'il est vrai que dans les tombes closes,
La mort ait gardé tout de tout ce que j'aimais ?
N'ai-je donc vu s'ouvrir et se faner les roses
Que pour en mieux pleurer la fraîcheur dès demain ?
O Passé, grand marcheur qui jamais ne reposes,
Dis-moi, toi qui poursuis ton éternel chemin,
La brise a-t-elle au moins respecté ton empreinte
Sur le sable foulé de ton pied surhumain ?
Le feu qui féconda la torche à peine éteinte
N'a-til vivifié nos tisons refroidis
Que pour les dévorer dans sa stérile étreinte ?
Puis-je revivre enfin, sans cesse reverdis,
Dans mon cœur débordant d'images surannées,
Les doux enchantements du bonheur de jadis ?
Celle qui est vêtue de vert
Je ne veux pas vous croire, 6 tristes Destinées !
Je sens trop vivre en moi le vestige immortel
Qu'en passant ont laissé les rapides années !
Je sens trop de soleils illuminer mon ciel:
Les étoiles, mes sæurs, y brillent trop splendides :
J'y sens trop palpiter des souffles d’eternel.
Source : MNHN, Paris.
266
Non ! les cœurs ne sont pas de vastes pyramides,
Séjours inviolés de sarcophages froids
Où gisent desséchés des cadavres rigides.
Mais, loin des horizons fermés et trop étroits,
Par delà le tumulte assourdissant des villes,
Des continents, des mers, des golfes, des détroits,
C'est une île où l'on voit, venant des flots tranquilles,
Des vents mélodieux caresser par instant
D'un chatoyant frisson ses longs arbres mobiles,
Où l'homme, sans penser au retour, va content
Chercher au fauve abri de sa luxuriance,
Sur cette terre vierge, et féconde pourtant,
Le sentiment divin de sa toute-puissance,
Le charme inattendu d'un désir oublié,
Une joie endormie auprès d’une souffrance.
Celle qui est vêtue de mauve
Le vent vient de la ville, et l'homme a déployé
Toute grande sa voile; il a quitté la gréve
Où venait s'assoupir le flot humilié,
Et le vent vigoureux qui l’a poussé sans trêve
Sur l'ile, à son réveil, a tout à coup vibré,
Et découvert l'azur sous les brumes du rêve.
Celle qui est vétue de pourpre
Partons, mes sœurs ! Quittons ce monde délabré,
Partons le cœur joyeux pour l'ile solitaire,
Et nous ranimerons ce qui n'a point sombré !
Celle qui est vétue de vert
Nous verrons se rouvrir les fleurs que rien n'altére,
Et nous reconnaitrons leurs parfums familiers;
Tout y sera nouveau, mais aussi sans mystére,
Et sur les lourds gazons des bois hospitaliers,
Nous chercherons la place où jadis pour une heure
Nous avons reposé nos fronts, sous les halliers.
Nous irons par les prés que le zéphyre effleure
Pour écouter au fond des sonores bosquets
Si rien de nos chansons d'autrefois ne demeure,
Source : MNHN, Paris.
267
Et pour voir si là-bas la source des forêts
N'a pas gardé du temps que nous allions y boire
Notre image riante en ses tremblants reflets;
Et sans jeter les yeux sur l’eau fétide et noire
Où le crapaud surgit du trou qu'il a creusé,
Loin de ces monstres vils qui souillent la mémoire,
Dans les mauves sous-bois où le jour diffusé
Flotte comme un encens, au souffle du zéphire,
Nous fuirons les chemins ou l'impur a passé.
La forêt chantera comme une grande lyre
Aux doigts harmonieux des vents fécondateurs,
Et nous verrons partout le Présent nous sourire.
Celle qui est vêtue de pourpre
Partons ! Pourquoi tarder davantage, ô mes sæurs ?
Le Bonheur de jadis tressaille en mon cæur ivre;
ll est la, le front ceint d'immortelles splendeurs.
Le vent souffle : il est temps; le passé va revivre !
LE CHOEUR DES VIEILLARDS
Тр wev epopunOny EXéew Té ue Ouudc avdyeı
Тоқ de pot EK xetpcov (keXov оки f Ka pepe
"Emraro.
HOMERE, Odyssée, XI, 206 sqq.
Le vieux devin
Pleurez, pleurez, enfants, le bonheur qui n'est plus !
Fuyez les päles morts aux voix inapaisées
Qui, pour l'éternité des siècles révolus,
Ne sentant plus rien battre en leurs veines glacées,
Attendent qu'à nouveau coule aux funèbres bords
Le sang qui jaillit pur des victimes blessées.
Le vieil aveugle
Au nom du grand ciel bleu, vous, dont le jeune corps
Ne connaît point du temps Virréversible étreinte,
Fuyez le morne Hadès et sa nuit, et ses morts !
Source : MNHN, Paris.
268
Le vieux devin
Oh ! ces yeux sans regard, miroir d'une âme éteinte !
Oh ! ces lèvres qu'on voit sans repos s'entrouvrir
Comme pour proférer une impossible plainte,
Éternel renouveau de l'ultime soupir,
Spasme perpétué d'un trépas de chaque heure,
Rále d'agonisant qui ne peut plus mourir !
Si pour vous aujourd'hui n'est pas encore un leurre,
Non, non, ne tendez pas vos bras désespérés
Vers le suaire impur d'un fantôme qui pleure !
Ne croyez pas surtout, pauvres cœurs égarés,
Que tout ce qui n'a pas la raideur immobile
Des cadavres gisant, dans les cryptes, murés,
Que tout ce qui tressaille et tout ce qui scintille
Sur la splendeur des flots doucement palpitants
D'un cœur encor tout plein d'un hier inutile,
Peut vivre cette vie ardente de printemps
Et de vigueur, et de jeunesse, et d'espérance
Que nous avons connue au jour de nos vingt ans !
Le vieux philosophe
Fou, qui peut préférer au néant la souffrance;
L'Hadés du souvenir au tombeau de l'oubli,
Au cadavre qui dort le fantôme qui pense !
Car tout vient, et tout passe. Et tout est accompli.
Mais sans trève on entend le passé qui soupire;
La ride creuse un front qui fut hier sans pli.
O souvenir, bourreau de notre âme martyre,
Maudit, maudit sois-tu dans ton éternité,
Toit néant qui dévore, absence qui déchire,
Fantôme que la nuit a de l'ombre enfanté,
Et dont tout l'être n'est, ô féroce ironie,
Que l'ácre sentiment d'avoir un jour été |
Le viel aède
C'est lui ! que retient loin de son ile chérie
Le dieu frére de Zeus au lourd trident de fer,
En de longues erreurs sur la vague ennemie !
Source : MNHN. Paris
Il vient, le cuir hálé par la bise et l'éclair,
La lèvre amére encor de l'embrun des tempétes,
Et l'œil plein du sourire infini de la mer !
Depuis qu'il est parti sur les nefs enfin prêtes
A travailler le flot de la rame qui bruit,
Refoulant en son cœur mille angoisses secrètes,
Oh ! que de fois il a rêvé, dans l'ápre nuit,
Crispant sous son front lourd ses mains
rudes et fortes,
De la femme et du
fils qu'il laissa sans appui.
Las de traîner le poids des félicités mortes,
Il vient pour consulter sur le temps du retour
L’infaillible devin de la ville aux sept portes.
Clair a frappé son pas dans le pále séjour.
Claire a brillé sa torche au bord noir de la grève
Qui n'a jamais connu les ivresses du jour.
Aussitôt, par les prés où les myrtes sans sève
Languissent sans soleil et sans gazouillement,
Aussi légers … qu'une ombre, aussi lointains … qu'un rêve.
Éblouis de lumière et d'émerveillement,
Les morts sont accourus, de tous cótés, en foule,
En un silencieux et sombre grouillement.
Et la fosse est creusée, et déjà le sang coule,
Ainsi qu'un long serpent de pourpre ou de vermeil
Qui, sur le sable froid, se tord et se déroule.
Chacun d'entre eux bondit, au vampire pareil.
Boire ! oh ! boire, épancher la séculaire envie
A ce ruissellement ardent comme un soleil
Et qui fleure en fumant sa fauve odeur de vie,
Et pouvoir renouer le cours discontinu
Du fil tombé des doigts de la Parque assouvie !
Hélas ! Inexorable a lui le glaive nu.
Seul entre tous admis, sur la fosse se penche
Et boit au flot sanglant l'aveugle au front chenu.
Il sent bientót en lui sa chaleur qui s'épanche,
Comme dans l'arbre, au temps où point avril vainqueur,
Le suc miraculeux monte de branche en branche.
Ilécoute, éperdu, frémissant de vigueur,
La palpitation folle de ses artères
Que martèle le rythme oublié de son cœur.
269
Source : MNHN, Paris
270
Et alors s'accomplit le dernier des mystères
Qui consacre en son étre un homme, mieux qu'un roi.
Il parle : une voix sort de ses lèvres austères.
O suprême bonheur de redevenir soi !
Et l'Achéen pensif qui l'écoute en silence
Dans l'avenir plus clair retrouve enfin sa foi.
Hélas ! Sür désormais d étre sans défaillance,
Tandis qu'avec les siens il va rejoindre au port.
Son vaisseau recourbé que la vague balance,
Le vieux Thébain déjà sent revenir la mort,
A sa voix qui s'éteint, à ses forces qui sombrent,
A l'implacable froid qui l'étreint et le mord.
Plus de lueurs parmi les asphodéles sombres
L'écho, là-bas, s'est tu; la fosse a bu le sang,
Et morne il disparaît, ombre parmi les ombres ...
Le vieil aveugle
Jeunes filles, laissez tomber en gémissant
Vos bras en vain tendus vers la rose éphémère
Que le temps sans pitié vous a prise en passant.
O bonheur qui n'est plus ! O mirage ! O chimère !
LE CHOEUR DES JEUNES GENS
Le jour sort de la nuit comme
Le jeune soldat
Pourquoi pleurer, amis, le bonheur qui n'est plus,
Quand j'ai mon rire, et mon épée, et ma jeunesse
Et le tressaillement de mes muscles tendus ?
A pleine voix, sonnez, ó buccins d'allégresse !
Et laissons l'Élégie au stérile soupir
Courber son front vers l'ombre et se plaindre sans cesse,
Engageons-nous plutót, sans chercher à saisir
Ce qui s'enfuit toujours et toujours se refuse,
Sur la route où, là-haut, resplendit l’avenir.
d'une victoire.
V. Hugo
Source : MNHN, Paris
271
Le jeune cavalier
O Pégase, 6 toi né du sang de la Méduse,
Viens, mon beau cheval blanc, plus noble qu'un lion,
Plus léger qu'un zéphir, plus grave qu'une muse |
Ne manquons point l'aurore et son premier rayon.
Va : tu le connais bien, ce chemin de victoire
Qui t'a vu si souvent bondir, sous l'aiguillon.
L'ombre déjà se fait plus subtile et moins noire :
N'y devines-tu pas comme un pressentiment
Du jour, qui va bientôt tout noyer dans sa gloire ?
Le rythme de la nuit bat moins également;
La chouette s'enfuit et la larve se terre;
Et la lune palit au haut du firmament.
Hennis ! Lance un défi formidable au mystère !
Abats et foule aux pieds ses sortilèges morts !
Que ton sabot joyeux fasse trembler la terre !
Il vient, oui, je le sens; soyons purs, soyons forts.
Abrupte est la colline et longue notre route.
Qu'importe ! Allons, allons ! Plus de frein, plus de mors !
Vois le faîte du mont qui s'auréole; écoute
Le silence se fondre en un murmure ardent,
Comme une harpe, sens la terre vibrer toute.
Courage ! Encore un bond jusqu'en haut ! Cependant
Que la nuit, se cachant en ses voiles de gaze
Expire, violette et mauve, à l'occident,
Enfin nous arrivons. Il est temps. Tout s'embrase :
Car du sein flamboyant de l'horizon vermeil
Que déjà transfigure une indicible extase,
Conviant l'Univers qui palpite au réveil,
Au milieu d'une immense et radieuse ivresse,
Vient de jaillir, divin, triomphal, le soleil !
Le jeune chanteur
Hébé, ma douce Hébé, ma sœur et ma déesse,
Toi dont, pour te donner mon mystique baiser,
Ma lèvre a tant cherché la lèvre enchanteresse,
Laisse encore mon front sur ton sein se poser,
Comme un bel alcyon que la vague submerge;
Laisse nos corps s'unir et nos doigts se croiser.
Source : MNHN, Paris
272
C'est toi que je célèbre, 6 toi vers qui converge
Tout ce qui vit, s'agite et palpite ici-bas;
C'est toi qui mets la fleur au sein nu de la vierge
Et ménes en riant ses candides ébats;
C'est toi qui mets le feu dans l'œil noir de l'éphèbe,
Pour le dieu des amours ou celui des combats.
C'est par toi qu'il est brave et se rit de l'Eràbe,
Par toi qu'il peut sourire au berceau d'un enfant,
Et sait de sa sueur fertiliser la glèbe.
C'est pour eux et pour toi qu'avril en s'échauffant
Flotte sur les buissons en une vapeur verte,
Et répand sur la fleur ton lustre triomphant.
C'est vers toi que l'oiseau, lorsqu'à la découverte
Des trésors de l'azur il s'envole parfois,
Dirige éperdument son aile grande ouverte,
Et l'hymne qu'au soleil il chante à pleine voix;
Et c'est aussi pour toi que le cerf qui s'élance
Poursuit la biche en pleurs au plus profond des bois.
Hébé, ma douce Hébé, même quand l'espérance
Pourra sembler me fuir pour des hôtes plus forts,
J'aurai dans mon vieux cœur conservé ta jouvence,
Car, à quoi bon avoir un jour senti ton corps
Brüler de mon baiser, si, dans l'instant suprême,
L'amour n'était plus là pour fermer mes yeux morts ?
Le jeune poète
Oui, tu peux féconder jusqu'au passé lui-même,
Et, parmi l'aubépine et l'endymion bleu,
Le souvenir aussi fleurit ton diadéme.
C'est l'aiguillon qui fait, vehement comme un dien,
Caracoler Pégase. et c'est l'habile orfévre
Qui fait briller demain comme un joyau de feu.
Si ton baiser d'hier avait quitté ma lèvre
Comme un oiseau s'envole, oh ! crois-tu qu'aujourd'hui
Je courrais vers ta couche avec la même fièvre ?
Si ta voix, qui m'est douce au fond de mon ennui,
N'était point revenue enchanter mon oreille,
Si ton image, ainsi qu'un frisson, m'avait fui,
Source : MNHN. Paris
275
Comment eussions-nous pu, semblables à l'abeille
Qui retourne au rucher plus lourde de butin,
Nourrir notre bonheur du bonheur de la veille ?
Souvenir, souvenir, ô brise du matin,
Qui ranimes soudain la flamme presque éteinte
Et qui gonfles la voile à l'appel du lointain,
Viens t'unir à la vie en une ardente étreinte,
Et, ivre de quitter ton infertile enfer,
Monte à travers l'azur vers la lumière sainte !
Le jeune soldat
Victoire, mes amis ! O buccins, sonnez clair !
Car je sens, dans mon cœur fécondé, se répandre,
Plus suave, plus beau, plus lumineux qu'hier,
Le bonheur de jadis qui surgit de sa cendre !
Source : MNHN, Paris.
Source : MNHN, Paris
SILVES
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
277
L'INEXPRIMABLE
Tel qu'un peintre, impuissant à fixer la lumière,
Laisse en baissant le front retomber son pinceau,
Et maudit l'Univers où s'est créé le Beau
Sans que personne puisse en percer le mystère,
J'ai pleuré bien souvent, au sein de la nature,
De sentir tout le poids de sa grave grandeur,
Et de rester sans voix devant sa profondeur,
En écoutant vibrer mon âme trop impure.
Mais quoi ! Nous ne pouvons, de ses créations,
Que percevoir parfois des palpitations,
Un frisson bref, un rythme, une étrange harmonie,
Sans jamais, ó Beauté, sans jamais qu'un mortel
Puisse un jour pénétrer le principe éternel,
L'effrayant inconnu de ton sombre génie.
MOMENT MUSICAL
Lorsque ma main, tremblant oiseau, court sur l'ivoire
Pour déchainer la basse en sombre tremolo,
Faire sonner tout bas la touche blanche ou noire,
Évoquer le murmure en sourdine de l'eau,
Ou la mer qui rugit au pied du promontoire,
La lune qu'attiédit la páleur du halo,
Le pátre dans les prés qui mène un troupeau boire
Et module en mineur un rustique solo,
Dans la mer solennelle un soleil qui frissonne,
A l'heure où tout se tait dans le soir monotone
Sous le dernier baiser de son ardent adieu,
Tandis que monte en moi le brouillard bleu du réve,
Mon cœur endolori se calme peu à peu,
Ainsi qu'un flot dompté qui meurt sur une grève.
Source : MNHN. Paris
278
SÉRÉNADE DANS UN PARC
Si la vie est lourde,
L'amour est léger.
Ne reste pas sourde
A son messager.
Vois-tu son esclave,
Par dela le mur ?
Viens, Vair est suave
Et le pare obscur.
Ton amant t'appelle
Sans se rebuter.
Seras-tu cruelle
Jusqu'à l'écarter ?
Si tu crains la brise,
Munis-toi sans bruit
D'une écharpe grise,
Couleur de la nuit,
Et du bois complice,
Les sveltes bouleaux,
Où la lune tisse
Des cháles si beaux,
Salueront leur fille,
Plus légère qu'eux,
Sous une mantille
Aux points plus fameux.
Si tu crains dans l'ombre,
Un œil indiscret,
Je sais au bois sombre
Un recoin secret;
Un tapis de mousse
Étouffe les pas,
Et la lune rousse
N'y regarde pas.
Je vois, il me semble,
Le caur en émoi,
Ton rideau qui tremble,
Tandis que vers moi
Ta main va se tendre
Sans crainte des loups;
Viens et courons rendre
Les oiseaux jaloux.
Source : MNHN, Paris
279
CUISINE
Oh ! Valléchante symphonie
Que dirige Monsieur le Feu !
La cuisine est toute harmonie
Viens t'en donc écouter un peu
La casserole qui maugrée
En roulant ses yeux de bouillon
Contre ce brigand de grillon,
Ramoneur à l'aile moirée,
La grosse bouilloire sifflant
Sa note joyeuse et sereine,
Et le bois qui chante en brülant
D'une douce voix presque humaine.
Viens voir de quel ardent pinceau
Le feu sait empourprer les cuivres;
Le vermillon et le ponceau,
Avec des torsions de guivres,
Se livrent un combat sanglant
Sur la muraille qui rutile;
Au flanc de la tasse immobile,
Un frisson d'or court en tremblant,
Et le pâle extrait d'alumine,
Fou de jalouse ambition
Fait ce qu'il peut, malgré sa mine,
Pour s'argenter à l'unisson.
Viens humer la riche atmosphère
Dont nous enveloppe le rôt;
Passons sur l'odeur délétère
De cet agressif livarot;
Savourons plutót la promesse
De Vomelette au clair parfum,
Celle du potage surfin
Et du vol-au-vent en liesse;
Mais allons rejoindre surtout,
Près du poêle où craque la braise,
Ce sybarite de matou,
Qui nous y parait tant à l'aise.
Source : MNHN, Paris.
280
LAMENTO
Comme un vieux cháteau solitaire,
Mon cœur est triste et délabré,
Car depuis qu'il n'a plus vibré,
Il est nu, vide et sans mystére.
Mon cœur est triste et délabré :
À quoi bon pleurer et me taire ?
Il est nu. vide et sans mystère.
Oh ! beau réve en vain célébré !
A quoi bon pleurer et me taire ?
Pourquoi me serais-je cabré ?
Oh ! beau rêve en vain célébré ?
Je n'ai plus d'espoir qu'en la terre.
Pourquoi me serais-je cabré ?
Tout me répugne et tout m'atterre :
Je n'ai plus d'espoir qu'en la terre.
Mon cœur se meurt. Tout a sombré.
CAVE VENEREM
Ne cherchez plus mon cœur, les bêtes l'ont mangé.
Baudelaire
O toi qui de la vie as pris l'âpre chemin,
Si tu croises celui de la déesse blonde,
Fuis sans te retourner à l'autre bout du monde,
Ou sinon, dés le lendemain,
Jusqu'à ce qu'en la mort sa blanche image émigre,
Tu percevras partout l'appel froid de ses yeux,
Qui, sous le trait fuyant du sourcil gracieux,
Ont la candeur de ceux du tigre.
Source : MNHN, Paris
281
JARDIN AU SOLEIL
C'est midi; le jardin somnole.
La pivoine au bout de sa tige
Fléchit
Quand l'insecte irisé voltige
Sur sa somptueuse corolle;
Le nymphea qui réfléchit
Sa calme blancheur dans l'étang,
S'étale
Sur sa feuille ronde flottant.
L'anémone quand l'air fraichit
Qui ferme son tendre sépale
Près de la jacinthe rustique,
Le lis,
Dont l'âcre arome léthargique
Tisse une atmosphère brutale,
La tulipe, l'amaryllis,
Les cônes trop lourds du lilas
Qui plie,
L'iris diapré, tout est las,
Fritillaire et corydalis.
L'air est comme la symphonie
De leurs couleurs vertigineuses.
Mon cœur,
Parmi ces fleurs voluptueuses,
Qui dorlote son agonie
Dans leur balsamique langueur,
Pareil à ce pesant jardin,
S'étiole,
Meurtri par l'éclat trop soudain
Du grand soleil de la douleur.
C'est midi; le jardin somnole.
MESSAGERS DU PRINTEMPS
à Mme Helga MARXMÜLLER
Lorsque, l'hiver fini, Avril venait à nous,
Dés que j'avais revu, de mes fenétres closes,
Le rose invraisemblable, ardent autant que doux,
Dont les péchers en fleurs savent seuls étre roses,
Source : MNHN. Paris
282
Je guettais chaque jour, sur les jeunes bouleaux,
Ce léger brouillard vert dont leurs feuilles naissantes
Par un de ces matins où les cieux sont si beaux,
Habillent tout à coup les forêts frémissantes.
Alors, je courais voir si, dans l'ombre, un par un
Près des étoiles d'or que les ficaires forment,
Les petits boucliers de l'entolome brun
Avaient déjà paru, discrets, au pied des ormes.
Vous, modestes amis, sans gráce et sans beauté,
Commensaux méprisés de la morille blonde,
Vous annoncez aussi, dans votre humilité,
Que la vie à nouveau va fleurir sur le monde.
LESAULE
Dans les prés, suivant
Le ruisseau qui chante,
Le saule s'argente
Et frissonne au vent.
Tordu comme un gnome,
Difforme et bossu,
Son vieux tronc moussu
Tout guétré de chaume
Semble avoir été
Par quelque sorcière
Vieille et grimaciére,
Si fort maltraité.
Ses racines torses
Plongent dans les eaux,
Parmi les roseaux,
Leurs rudes écorces,
Mais sa frondaison,
Qui revêt l'allure
D'une chevelure,
Vert diapason,
Vibrant sous la brise,
Murmure à mi-voix,
Et toutes les fois
Que l'onde se frise
Au vent la léchant,
C'est la symphonie,
Rustique harmoni
Qui berce le champ.
Source : MNHN. Paris
283
JARDINS MAURESQUES
Inspiré d'un poème de Christian Courtois
J'aime, sous la lune que masque
Un nuage bleu dans le ciel,
Le clapotis sempiternel
De l'eau qui danse dans sa vasque.
J'aime aussi la brise fantasque
Qui fait d'un frisson sensuel
Frémir le feuillage immortel
Des cyprès pointus comme un casque.
C'est là que je voudrais m'asseoir,
Tandis qu'au clair-obscur du soir
Voluptueusement s'exhale
De la corolle qui reluit
L'exubérance orientale
Des senteurs lourdes de la nuit.
SONNETS PARNASSIENS
Vision de l'Inde
Au galop solennel et lourd d'un éléphant,
Le rajah, traversant la moite solitude,
Aprés avoir réduit Mysore en servitude,
Rentre dans ses états, terrible et triomphant
Dans l'enfer de la jungle, où l'air est étouffant,
Un tigre, quelque part, feule de lassitude,
Et près du prince on voit, berçant sa quiétude,
Frémir un éventail que balance un enfant.
Mais voilà que surgit dans la plaine sa ville,
Ou, tel un nymphéa sur un grand lac tranquille,
Son palais resplendit sous l'azur éclatant.
Il sourit, par delà ces murs inexpugnables,
Il sait. qu'il va revoir la rani qui l'attend
Quand s'ouvriront pour lui les portés formidables.
Source : MNHN, Paris.
284
Funérailles barbares
La reine d'Ur repose en son lit parfumé
Par le harem en pleurs de baccaris et d'ambre;
Un tison, parmi l'âcre arôme du gingembre,
Vacille tristement, à demi consumé.
Le Grand Prêtre a redit le chant accoutumé,
Et pour elle la harpe au long col qui se cambre,
A retenti longtemps dans la royale chambre,
Où l'encens funéraire a tout le jour fumé.
Elle a quitté sans heurts les voluptés charnelles
En espérant trouver des clartés éternelles
Au mystère divin de l'immortalité;
Et murés dans la crypte où dort leur souveraine,
Révant de palais d'or dans un monde enchanté,
Ses esclaves sont morts psalmodiant un thrène.
ET EGO IN ARCADIA ...
Je n'ai pas refusé ma tâche sur la terre:
Mon sillon, le voila; ma gerbe, la voici.
V. Hugo
Au pied du vieux moulin sans meunier et sans ailes,
Qu'ont fui depuis longtemps les fines hirondelles,
Et que le lierre froid revêt comme un linceul,
Près de la grande allée où croît le doux tilleul,
Au cimetière ancien dont les bruits de la ville
viennent point meurtrir l'atmosphère tranquille,
Bientôt je dormirai mon éternel néant.
Le temps, jour après jour, coulera lentement
Sans plus jamais me prendre en son flux implacable,
Et tous les éléments de ce corps misérable
Se désintegreront dans l'horreur du tombeau.
Au monde des vivants, que le ciel sera beau
Quand il resplendira de toutes ses étoiles,
Ou, lorsque de la nuit chassant les sombres voiles,
Le soleil renaissant percera son azur !
Au monde des vivants, qu'il sera frais et pur,
L'air des prés, des forêts, des montagnes altières,
Source : MNHN, Paris
285
Où, penché tout au long de mes jours solitaires,
Sur la sphaigne immortelle et ses branlants tapis,
Sur l'humus noir des bois ou les gazons fleuris
De la blancheur de l'aube au gris du crépuscule,
J'ai si souvent cueilli rhodophylle ou russule,
Dans l'espoir d'arracher un peu de ces secrets
Que la nature cache aux regards trop distraits !
Oui, j'aurai travaillé beaucoup sur cette terre,
Où, pas à pas, marchant toujours vers la lumière,
J'aurai tiré de l'ombre un peu de vérité.
Comme le paysan qui, printemps comme été,
A peiné, labouré, semé, fauché son herbe,
J'ai creusé mon sillon ef j'ai noué ma gerbe.
J'avais reçu la vie, et n'ai pu la donner;
Ceux que j'aimais, hélas ! ont dû m'abandonner
Lorsque pour eux avait sonné l'heure dernière.
Et je suis resté là, debout et solitaire,
Sans personne avec moi pour m'aider à vieillir,
Ni, quand mon temps viendra, pour m'aider à mourir.
J'avais l'affection d'amis sûrs et fidèles,
Qui, m'ayant soutenu de leurs mains fraternelles,
Conserveront de moi le souvenir au cœur.
Mais, victime à son tour du temps toujours vainqueur,
Il s'anéantira dans l'oubli de leur tombe.
Oh ! je sais qu'ici-bas tout ce qui vit succombe :
Si l'espéce a l'amour pour se perpétuer,
L'individu, lui, doit voler, piller, tuer
S'il veut pour quelque temps subsister dans le monde.
Mais d'aucuns ont marqué d'une empreinte profonde
Le sable sur lequel ils ont un jour passé.
Pour aller plus avant dans le chemin tracé
Tant qu il existera des hommes sur la terre,
Grâce à l'œuvre accomplie en ma modeste sphère,
Certains se souviendront qu'un d'eux, portant mon nom,
Leur a jadis laissé sa gerbe et son sillon.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
LE FESTIN DE L'ARAIGNEE
1940-1944
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
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LA BALLADE DE L'AN QUARANTE
Juin de deuil et de désespoir !
La France expire, tout est noir 1
Dans sa mare de sang baignée,
L'abominable croix qui tord
Ses quatre pattes d'araignée
Commence son festin de mort.
La stupeur a saisi la terre :
Est-ce le règne de Satan ?
Hélas! peut-étre ... Mais pourtant,
Ils n'y sont pas, en Angleterre !
Ils ont beau lâcher chaque soir
Le sombre essaim qui fait pleuvoir
Sur chaque ville désignée,
Pendant ces nuits où nul ne dort,
La charge de fer assignée
À sa cathédrale ou son port.
Sur ta montagne héréditaire,
Enfuis-toi, Serbe, en combattant.
O Grec, tu peux mourir content :
Ils n’y sont pas, en Angleterre !
France, tu vas bientót savoir
Ce qu'il en coûte de vouloir,
Malgré la faim et la saignée,
En répondant non au plus fort,
Garder l'âme mal résignée
A l'apparent arrêt du sort.
En vain, le traître déblatère,
L'octogénaire chevrotant
Veut t'habiller en pénitent :
Ils n'y sont pas, en Angleterre.
ENVOI
Peuples, la steppe a son mystère;
Le Nouveau-Monde vous entend.
Vous pouvez aller répétant :
«Ils n'iront pas, en Angleterre»
Source : MNHN. Paris
BON APPÉTIT, MESSIEURS
De ces quatre loups, ma foi,
Quel est le pire, on l'ignore,
Mais à ce festin de roi,
Ou Von tue, où l'on dévore,
Fort alléché par l'espoir
Plutót séduisant d'en étre,
On en vit trois se soumettre,
Chiens couchants d'un commun maitre,
Au plus noir.
Au dessert il accommode
La terre, sinon la mer.
Le pays de la pagode,
Du divin sourire khmer,
Du tigre à l'échine courbe
Dont le fauve rauquement,
Lui du moins, jamais ne ment,
Revient naturellement
Au plus fourbe
Quant au pays de clarté,
Qui résonne encore et vibre
Du galop de Lyautey,
Où sous la tente on vit libre,
A qui le réserve-t-il ?
A qui donc l'oasis blanche
Au long palmier qui se penche
Sur l'onde où la soif s'étanche ?
Au plus vil.
Et toi dont l'ápre rivage
Battu de flots bleus et purs,
Avec l'énorme Carthage
Fit trembler Rome en ses murs,
Düt ton front en rougir, sache
Que tes jardins, tes cypres,
Tes vasques, tes minarets,
Il les livre sans regrets
Au plus lâche.
GUERRE SUR LE MONDE
Pleurs et sang coulent en tout lieu
Sur notre terre misérable.
Qui créa le monde ? Est-ce Dieu ?
Ou bien le Diable ?
Source : MNHN, Paris
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FABLE
Un jour, le long d'une route,
Satan vit la Vérité;
Elle était belle sans doute,
Dans sa chaste nudité;
Mais le Prince des ténèbres,
Hirsute, affreux, tout noirci
De la poix des bords funèbres,
Jaloux de la voir ainsi
Aussi blanche que l'hermine
Et pure qu'un jour d été,
Lui dit : «Nous allons, coquine,
Rabattre ta vanité !»
Et le Maitre du mystére,
De son geste familier,
Vous fait sortir de la terre
Un Démon trés singulier :
C'était (que Dieu l'extermine)
Un nabot malgracieux.
Il vole au fond de la Chine,
De son pied fendant les cieux,
Y prend l'encre la plus поте
Dont jamais vieux mandarin
Couvrit page de grimoire
De son pinceau souple et fin.
Et il s'en revient sur l'heure
Déverser en la narguant
Sur la Vérité qui pleure
L'extraordinaire onguent.
Puis la meuniére voisine
Fournit à notre larron
Un gros sac plein de farine
Dont il enduit son patron.
Mais un bruit de carriole
Se fait entendre là-bas :
Voici le maitre d'école
Dont l'áne s'approche au pas.
Voyant en tel équipage
Notre pauvre Vérité :
«Qui vous a fait cet outrage ?
Qui, Madame, a donc été,
Lui dit-il fort en colére,
Source : MNHN, Paris
Assez láche et assez sot ?
Courez sans retard, ma chére,
Prendre un bain dans le ruisseau.»
«Tiens, il l'a donc reconnue,
Se dit Satan plein d'émoi;
Elle est pourtant devenue
Beaucoup plus noire que moi.
Mais un peu de patience,
Car un moine rondelet
Vers nous pesamment s'avance,
Ballotté sur son mulet.»
Mais déjà l'abbé s'étonne :
«Doux Jésus ! C'est le Malin !
C'est Lucifer en personne
Que je vois sur mon chemin !
Hue ! au galop, courons vite
Quérir à mon prieuré
Un grand tonneau d'eau bénite»
Gémit le moine apeuré.
Bien que le péril en somme
Ne semblät pas trop pressant,
Vu l'embonpoint du saint homme,
Roulant un œil menaçant,
Satan se démène et jure
Comme un de ses possédés.
Sur tous ceux qui, d'aventure,
Croisérent nos deux fardés,
On ne vit qu'un pauvre aveugle
Qui ne se prononga pas.
Si bien que Satan qui beugle
Finit par en étre las,
Et demande avec colère
A l'un des derniers venus :
«Comment donc as-tu pu faire
Pour nous avoir reconnus ?»
Et l'autre avec un grand rire
De lui répondre aussitót :
«A quoi bon ne pas te dire,
Puisque tu m'as l'air plus sot
Qu'une douzaine de bornes,
Un secret si merveilleux ?
C'est qu'on voit toujours tes cornes,
Et qu'on voit encor ses yeux.»
Source : MNHN, Paris
A LA MANIERE DE BERANGER
La belle époque
C'était l'heureux temps
Ou brillait Madame Badingue.
Ah mes chers enfants,
L'impériale ribouldingue !
Elle attirait les gens
Par ses airs engageants.
Plus d'un requin de la finance
Se hátait de s'emplir la panse,
Sitôt qu'il entrait
Boire à son cabaret.
Plein de vigilance,
Son cher époux cependant
Surveillait la France
Qui le regardait en grondant
Tenir le peuple en laisse
Et museler la presse.
Tout marchait merveilleusement
Sous le règne plein d'agrément,
Mais sans fantaisie
De Dame Anastasie.
Tandis qu'en retour,
L'ouvrier, pour un franc cinquante
Trimait tout le jour
En regardant monter la rente,
Ce signe indiscuté
De la prospérité.
Pendant cette époque de réve,
L'on ne redoutait pas la gróve,
Qu'à coup de fusil,
On brisait sans souci.
Ces jours de bombance,
Nous allons les revoir bientót
Fleurir pour la France
Au milieu de l'ordre nouveau
Que sans parcimonie
La verte Germanie
Traine partout sous ses bottes
Rouges du sang de nos Ilotes
Enfin écrasés :
Gens de bien, pavoisez !
Source : MNHN, Paris
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GOMORRHE
Terrible et lourd, le soir pesait sur Chanaan.
Sur la route qui mène à Gomorrhe et sa fange,
Abraham aperçut un vieillard cheminant.
Blanc comme un patriarche et serein comme un ange,
Il allait, sombre et grand, tel un justicier.
Il dit : «Je suis venu détruire cette ville,
Qui, depuis trop longtemps, ose me renier,
je vais déchaîner sur cette bête vile
Un déluge vengeur de phosphore et de feu.»
Et Abraham pälit, ayant reconnu Dieu.
«Et pourtant, s'il restait cent justes dans Gomorrhe,
Seigneur, dit Abraham, lui pardonneriez-vous ?»
Et Dieu lui répondit d'une voix sans courroux :
«Oui, je suis assez grand pour pardonner encore.
«Mais je n'y vois point d'autre autel
Que ceux où trône le Mensonge,
Oi ne sert l'encens rituel
Qu'à masquer la lèpre qui ronge
Leur hideuse idole de bois.
Regarde : il n'est jusqu'à l'enfance
Dont leurs épouvantables lois
Ne souillent la sainte innocence
Au blanc mystère du berceau.
Ils ont pollué l'esprit méme
Et fait de l'amour un pourceau,
Tandis que leur noir anathème,
Du seuil de mon temple détruit,
Chasse ma Parole qui fuit !
— Et pourtant, s'il restait vingt justes dans Gomorrhe,
Seigneur, dit Abraham, lui pardonneriez-vous ?»
Et Dieu lui répondit d'une voix sans courroux :
«Oui, je suis assez grand pour pardonner encore.
«Mais j'entends monter la clameur
De l'esclave au fond de sa geöle;
Son front est mouillé de sueur
Et du sang rougit son épaule.
Partout ce ne sont qu'échafauds
Où, dans une atroce harmonie,
Source : MNHN, Paris
Le ricanement des bourreaux
Se méle aux ráles d’agonie.
Je vois des visages hagards
Que la misére et la faim navrent;
Je lis l'effroi dans les regards,
Et j'apercois plus de cadavres
Que d étoiles dans le ciel clair
Et de gouttes d'eau sur la mer !
— Et pourtant, s'il restait un seul juste à Gomorrhe,
Seigneur, dit Abraham, lui pardonneriez-vous ?»
Et Dieu lui répondit d'une voix sans courroux :
«Oui, je suis assez grand pour pardonner encore.
«Mais s'il existe, il n'a rien dit;
Il n'a point renié son maitre,
Arraché son masque au bandit,
Oté la tiare au faux prêtre
Et l'uniforme à l'assassin.
Ila vu massacrer la mère
Et l'enfant caché dans son sein;
Muet, il a tout laissé faire,
Trahisons, serments parjurés,
Butin convoité qu'on dérobe,
Innocents morts ou torturés.
Aussi le lin blanc de sa robe
N'est plus qu'un lambeau pourrissant
Noir de fange et rouge de sang.»
Sans mot dire, Abraham courba son front auguste.
Mais il ne vit plus Dieu quand il se releva
Il murmura : «Seigneur, vous êtes le seul juste.
Que votre volonté soit faite, 6 Jeovah !»
Or, comme il regagnait la tente accoutumée,
Il crut sentir soudain le sol qui s'écroulait,
Et, dans un tourbillon d'éclairs et de fumée,
Livide, il vit au loin Gomorrhe ... qui brúlait.
Source : MNHN, Paris
AU TRISTE CHEF D'UN TRISTE ÉTAT
Ce Lévite à Baal ....
Racine
C'est bien peu que les Thermopyles,
Marathon, Verceil ou Verdun.
Tu voulais ce par quoi plus d'un
Flétrit ses lauriers juvéniles;
Tu révais, dans ton noir dépit,
De Sylla, sur Rome accroupi;
Et malgré l'ombre surhumaine
Des héros que tu commandas,
Tu préfères finir Bazaine,
O toi qui fus Léonidas !
Elle était belle, ta défaite,
Ton armistice, triomphal,
Lorsqu'au soleil de prairial,
Autour de toi grouillait en fête
La lâcheté, la trahison !
Car tu l'avais, l'occasion,
Tirant de dessous ta tunique
Un fer longtemps dissimulé,
De lever sur la République
Ton bras qu'elle avait constellé.
Oui, t'y voilà, grave et prospère,
Sur ce trône tant convoité.
Mais ta couronne, en vérité,
N'est-ce pas la mitre étrangère
Qui ceignait le front de Mathan ?
Ta pourpre, ó despote égrotant,
Le torchon sanglant dont on frotte
Les planchers de la Gestapo ?
Ton sceptre, une pauvre marotte,
Ton Louvre, un hótel-casino ?
Qui donc tire sur ta ficelle,
O pantin sans nerfs et sans voix ?
Et qui donc, au gré de ses doigts,
Fait grincer pour lui ta crécelle ?
Qui t'inventa, qui t'investit ?
Qui te manœuvre et te produit ?
C'est le Boche, dans l'espérance
Qu'on pourrait de loin par instants,
Prendre pour la voix de la France
Ton hoquet et tes geignements.
Source : MNHN. Paris
297
Le royaume que tu nous offres
Vaut son roi, soit dit sans facon.
Démosthéne y gít en prison,
Alors qu'Eschine emplit ses coffres.
Philippe est un liberateur,
Et tandis que le déserteur
Tombe au combat parmi le sable,
Pour le grand sommeil endormi,
L'austère patriote sable
Le champagne avec l'ennemi.
Le temps de se gonfler les poches,
On défend l'Indochine un jour;
Puis on les livre sans retour
Au Japon, sur l'ordre des Boches.
Pour eux, l'or belge est escroqué,
Celui d'Israel extorqué
Mais pour prix du festin servile,
On prébende les cuisiniers,
En guise de liste civile
D'un peu plus que trente deniers.
Tranchant bien haut de l'Excellence,
Ephialte est ambassadeur.
C'est un titre un peu plus flatteur
Que celui d'espion, je pense.
Philocrate, au gouvernement,
Commet parade et boniment
A Basile, expert en ces choses,
Tandis qu'un Mandrin patenté,
-tenancier de maisons closes,
Gere Police et Sürete.
Au son de musiques guerrières,
On enterre au frais de l’État
Le sycophante et l'apostat,
Hideux gibier de caponniéres.
Sous l'œil de traïtres décorés,
Les patriotes torturés
Meurent sous les coups et l'outrage,
Tandis qu'un nouveau Béhanzin
Réorganise l'esclavage
Pour les négriers d'Outre-Rhin.
Source : MNHN. Paris
298
Ah ! cette imbécile curée
N'a que trop souillé notre sol.
Assez de mensonges, de vol,
De sang, de bave suppurée,
De trafics louches et malsains,
De chasse à l'homme et d'argousins.
O Liberté, sœur de la France,
C'est toi, je sens ton souffle pur !
Viens dissiper la pestilence
D'un sourire de ton azur !
Et toi qui, sans rien dire ou faire,
Laissa massacrer nos héros,
Livrer le Juif à ses bourreaux,
Arracher l'enfant à sa mère,
Ton triste règne va finir.
Entends, si tu peux, sans frémir,
Tandis qu'un ciel rosi d'aurore
Brille aux barreaux de la prison,
la trompette de «Léonore»
Sonner là-bas sur l'horizon.
Source : MNHN. Paris
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REMONTRANCE A LA MORT
Oh ! nous l'avions bien assez vu, Camarde
Ton noir rictus d'hyènes à Vaffit,
Quand, de l'azur ou de l'ombre, où qu'il fut,
Tu le mirais dans notre âme hagarde.
Il polluait les beaux ciels de l'été,
L'eau de la source et la splendeur de l'herbe,
Et l'on sentait que la meule et la gerbe
Ne croyaient plus en la fécondité.
Quand tu prenais la voix de la sirène,
Chacun disait : «Qui de nous va mourir ?»
En écoutant avec effroi courir
De toits en toits ta maléfique haleine.
As-tu donc vu sans te rassasier,
— Noire moisson des sombres hécatombes —
Les croix lever, par millions, sur les tombes,
A la chaleur de l'infernal brasier ?
Pourquoi, malgré cette sanglante orgie,
Dont rien jamais ne dépassa l'horreur,
M'as-tu donc pris encor l'humble bonheur
Qui me rendait belle et douce la vie ?
J'aimais la douceur tranquille
Des longs soirs au coin du feu,
Quand la rumeur de la ville
S'y dissolvait peu à peu.
Lutin de notre demeure,
Notre coucou chevrotant,
Au mur, chaque demi-heure
Montrait son bec en chantant.
Sur sa chaise favorite,
Dormant, ou faisant semblant,
Notre chat, doux sybarite,
Lovait son corps noir et blanc.
Ma mère, à sa table assise,
Cousait d'un doigt délicat
En faisant une reprise
A la surface d’un drap.
J'écoutais de la musique;
Mon père, à son échiquier,
Pour mettre au point sa tactique,
Poussait tour ow cavalier,
Source : MNHN, Paris
300
Tandis que dans la cuisine,
Grand-mére agitait des plats,
Ou dans la chambre voisine,
Ouvrait son lit d'un air las.
Je pensais : «Pour quelle cause
Serions-nous donc séparés ?
Notre porte est si bien close,
Nos rideaux si bien tirés !
J'ai beau t'entendre, méchante,
Dans le tourbillon des vents,
Virevolter menaçante,
Et frapper à nos auvents.
Je te défie, en ta rage,
De franchir encor mon seuil
Pour y semer le carnage,
Et les larmes, et le deuil.
Nous avons, qui nous protège,
Le bouclier de l'amour,
Et ton assaut sacrilège
S'y brisera sans retour.»
Maïs ta ruse est sans pareille :
En un combat inégal,
Tu nous ravis la plus vieille
Loin de son Paris natal.
Puis, toujours habile à feindre,
Tu nous épargnas seize ans.
Mais c'était pour nous atteindre
De traits bien plus malfaisants,
Et j'ai vu, l'un aprés l'autre,
Partir ceux qui m'ont aimé;
Sur ce bonheur qui fut nôtre,
Le tombeau s’est refermé.
Je n'ai plus, de ces années,
Échappés au temps vainqueur,
Que plusieurs photos fanées
Et des souvenirs au cœur.
De mon chat, il ne me reste
Qu'un collier bleu suspendu,
Et j'ai vu le jour funeste
Où mon vieux coucou s'est tu.
Source : MNHN. Paris
301
Aussi, que nul ne soit triste,
Quand, sans terrestres liens,
Moi, le dernier de la liste,
J'irai rejoindre les miens.
Car tu me s2ras légère,
Toi que jadis je honnis,
Puisqu'à nouveau sous la terre
Tu nous auras réunis.
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIERES
Préface, par G. Segrétain ...............
A Я 1
Dédioatey par Reinert a a nen ш
А propos de deux Corditubera nouveaux récoltés en France par G. Ma-
a No oe gee 1
Un site remarquable pour ses Gastéromycètes : les grès rouges permiens
du nord du massif des Maures (Var, France), par V. Demoulin.. .... 9
New taxa of Entoloma (sect. Callidermi) and Pouzaromyces (Agaricales),
par E.Horak .. 19
Studies in Entoloma. 6 — On pinkish species in subgenus Leptonia, par
МЕ ооо а e ее 31
Cortinarius raphanoides Pers. : Fr. and related species, par M. Moser et
ER Keller У CER Rn NR. 41
Cortinarius herculoides nov. sp., par R. Bertault
D LI St
Inocybe pseudograta nov. sp., par C.L. Alessio ................... 55
Agaricales de la zone alpine . Genre Lepiota (Pers. : Fr.) Se par R.
О eg 2 61
Le développement d'Hygrotrama atropuncta (Pers. : Fr.) Sing., par A.F.M.
A A ANNE CR LAT NE, upon
Observations on nuclear migration and heterokaryotisation in ne
bini коопера 79
Thick-walled basidia in agarics, par R. Watling et A. Chandra ......... 87
Some clampless species of Clitocybe, par HE. Bigelow .... ........ 93
A propos de Clitocybe rivulosa (Pers. :Fr.) Kummer, par D. Lamoure ... 99
Leucopaxillus nauseosodulcis (Karst.) Sing & Smith, par L. Marti et F.
Marti .. 105
Acanthocytes in Amparoina and Mycena, par R. cone 111
Le revêtement piléique dans le genre Lyophyllum, par H. Clémençon 117
Lentinus araucariae, an Australasian member of the L. badius - complex,
parD.N.Peglr ..... JA NP C RC CDU. 123
Columnocystis africana sp. nov. (Basidiomycetes, Aphyllophorales), par
Boda Pr anque ias e 129
Source : MNHN, Paris.
Contribution à l'étude des affinités entre Heterobasidion annosum (Fr.)
Bres. et les Bondarzewiaceae, par K. Gluchoff-Fiasson, A. David et
B. Dequatre .
Estudios sobre Aphyllophorales. III. Fructificaciones en Abies pinsapo
Boiss., par J L. Manjén et G. Moreno ................ out
Russula coffeata sp. nov, d'Afrique occidentale sub-équatoriale par
TePerreau a u en Le и ся ИИ 157
Some observations on the variability of Tricharina gilva (Boud. apud
Cook) Eckbl., par J. van Brummelen ....................... 165
Récoltes de Xylaria du groupe arbuscula - apiculata dans le sud de la
France et le Pays Basque espagnol, par F. Candoussau ..... ...... 173
Les oidiums du bégonia, par G. Viennot-Bourgin ..........-.:..:: 179
Studies on parasitic fungi from South East Asia. 48. Cercospora and allied
genera of Taiwan, VIII, par J.-M. Yen et S.-K: Sun .............. 189
L'examen de débris de champignons et celui des féces d'un intoxiqué
peut-il permettre d'identifier les espéces suspectées, par M. Josserand .. 199
Écologie des Macromycètes dans le Sud-Amiénois, par M. Bon. ....... 207
Some perplexing problems associated with the use of Friess Systema
Mycologicum as a sanctioning book, par R.H. Petersen ... ....... 221
Clitocybe pausiaca (Fr.) Gillet, Agaricus admissus Britz. et Clitocybe
foetens Melot, par J.Melot .................... er 231
Poèmes … en vers!, par H, Romagnesi
Avertissement.
D'ailleurs et d'autrefois .
La cantate au passé ....
Sivoo save mea pa E
Le Festin de l'Araignée ..........
Source : MNHN, Paris
Supplément à Cryptogamie - Mycologie, Tome 4.
Copyright O 1983. — Éditeur A.D.A.C.
Vendu en souscription.
Source : MNHN. Paris
Om
GA
III
SE
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris