CRYPTOGAMIE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS
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N
*
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNEE PAR LE Kae NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOMMAIRE
DURRIEU G. et ROSTAM S. — Spécificité parasitaire et systématique de
quelques Leveillula (Erysiphaceae) ........................ 279
DAVID A. et DEQUATRE B. — Deux « ultra species » : Antrodia mali-
cola (Berk. et Curt.) Donk et A. ramentacea (Berk. et Br.) Donk (Basi-
diomycètes, Aphyllophorales) «sesine oi eoo seere ruaa 293
SINGH K., SINGH L.J. et SINGH N.I. — Champignons de la surface fo-
liaire de Zizania latifolia (Griseb.) Turez. ......,............. 301
SUBRAMANIAN С.У. et JAYARAMA BHAT D. — Morphologie du déve-
loppement des Ascomycètes. XII. Thyronectria pseudotrichia. ..... 307
SIMON L. — Etude ultrastructurale des différentes régions de l'hyphe chez
Aureobasidium pullulans (De Bary) Arnaud. . 323
Analyse bibliographique „зе шлу с ошо arene ris 345
"Tablés'du Томе 5. sre nemom nr iei iia Y UN area oa male o 347
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIIE
MYCOLOGIE
TOME5 Fascicule 4 1984 (1985)
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
Bibliothèque Centrale Muséum
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
3 3001 00227787 8
idame J. ^
ADMINISTRATI Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS CI
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.C. BOISSELIER. EDITEUR : A.D.A.C.
SOT
AA
Copyright © 1984. Cryptogamie Myedipagı .DU
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome 5, Fascicule 4, 1984)
DURRIEU G. and ROSTAM S. — Parasitic ا and D E in
Е. 279
DAVID A. and DÉQUATRE B. — Two « ultraspecies » : Antrodia mali-
cola (Berk. et Curt.) Donk and A. ramentacea (Berk. et Br.) Donk (Basi-
diomyctetes, Aphyllophorales). ......................... 293
SINGH K., SINGH L.J. and SINGH N.I. — Leaf surface fungi of Zizania
Тота (Са ОЕ 301
SUBRANIAN C.V. and JAYARAMA BHAT D. — Developmental mor-
phology of Ascomycetes. XII. Thyronectria pseudotrichia. 307
SIMON L. — Ultrastructural study of different hyphal parts in Aureobasi-
йит рийшїп< (Ое Вагу) Агпашд. ......................... 323
BIDS Dh ee a RETE E a E No 345
Е Манев ое ее о a 347
Source : MNHN. Paris
279
SPECIFICITE PARASITAIRE ET SYSTEMATIQUE
DE QUELQUES LEVEILLULA (ERYSIPHACEAE)
par Guy DURRIEU* et Sorhab ROSTAM**
RÉSUMÉ. — Des expériences d'inoculation réalisées à partir de Leveillula récoltés sur divers
hótes spontanés (Chondrilla, Lactuca, Cistus, Phlomis, Picris, Ruta) dans le Sud de la France
et en Espagne ont montré l'existence de formes possédant une spécialisation relativement
étroite, au mieux capables de s'installer sur quelques espéces d'un méme genre hóte.
Cette spécialisation combinée à des caractères conidiens : morphologie générale de ces coni-
dies, forme de leur ornementation superficielle, confirme bien la nature multispécifique du
genre Leveillula dont la systématique exacte reste encore à établir. Les nouveaux binomes
suivants sont proposés : L. lactucarum, L, picridis, L. scolymi, L. rutae.
SUMMARY. — Inoculations experiments with Leveillula collected on several wild hosts
(Chondrilla, Lactuca, Cistus, Phlomis, Picris, Ruta) in Southern France and in Spain show
the existence of strains with narrow host specialization, generally restricted to some relative
species in the same host genus.
This specialization considered all together with conidial characters : general shape, features
of superficial ornamentation, confirms the multispecific nature of the genus Leveillula, its
detailed systematic is still to establish. The following new binoms are established: L. lactu-
racum, L. picridis, L. scolymi, L. rutae.
MOTS-CLÉS : Leveillula, spécificité, systématique.
INTRODUCTION
Les problèmes posés par la spécialisation parasitaire des Leveillula restent
peu étudiés jusqu'à ce jour. Leur résolution est encore compliquée du fait que
la systématique du genre est elle-même mal établie : en effet, il est certain que
Leveillula n'est pas un genre monospécifique, réduit au seul L. taurica (LEV.)
ARN. comme on s'est pendant trop longtemps contenté de le considérer. Mais
la distinction de taxons bien définis d'après des critères morphologiques et bio-
logiques n'est pas encore réalisée de fagon précise, des travaux tels ceux de
GOLOVIN (1956) étant essentiellement basés sur la seule connaissance de
l'hôte.
Plus récemment, BRAUN (1980) a montré qu'il existait un certain nombre
d'espèces clairement distinctes sur le plan morphologique. Mais le Leveillula
taurica tel qu'il le définit est encore un taxon hétérogène. L'un de nous, (DUR-
* Laboratoire Botanique et Forestier, Université Paul Sabatier, 31062 TOULOUSE.
** Département de Biologie végétale, Centre Universitaire de TIZI OUZOU, TIZI OUZOU
(Algérie)
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptogamie, Mycol.) TOME 5 (1984).
Source : MNHN. Paris
280 G.DURRIEU et S. ROSTAM
RIEU, 1977) a indiqué que la forme des conidies primaires et leur ornementa-
tion sont des critéres qui permettent de distinguer un certain nombre de types
morphologiques.
Il est ainsi évident que la plupart des travaux qui se contentent de citer Leveil-
lula taurica sur une série d'hôtes à partir d'observations réalisées dans la nature
et sans indiquer les caractères morphologiques précis du parasite sont à peu près
inutilisables. Ils ont été à la base de l'idée trop répandue que l'on se trouvait
en présence d'un parasite largement pléophage capable de se développer sur un
vaste spectre systématique d'hôtes.
De plus, les quelques auteurs qui ont entrepris des expérimentations sur le
sujet arrivent à des conclusions très hétérogènes : ils montrent l'existence soit
d'une spécialisation marquée, soit au contraire une large pléophagie.
Ainsi NOUR (1958) au Soudan indique que les conidies de « Leveillula tau-
rica » passent indifféremment de l'un à l'autre des 4 hótes suivants : Euphor-
bia heterophylla, « Faba bona », Gossypium barbadense et G. hirsutum, c'est-à-
dire sur des plantes appartenant à trois familles trés différentes. Par contre, il
reconnaft que des conidies récoltées sur Abutilon figarianum (autre Malvacée com-
me les Gossypium) sont incapables d'infecter les plantes précédemment citées.
On aurait donc côte à côte, au Soudan, d'une part, un taxon pléophage qui
se maintient sur la « mauvaise herbe », Euphorbia heterophylla et de là attaque
chaque année diverses cultures comme les Féves et les Cotonniers. D'autre part,
existent aussi des taxons spécialisés tel celui détecté sur Abutilon figarianum.
SAAD & al. (1972) signalent qu'au Liban, des conidies de Leveillula récoltées
sur Cucumis sativa (Cucurbitacées) peuvent infecter Capsicum annuum et
Solanum melongena (Solanacées) et Vicia faba (Papillionacée) tandis que des
conidies provenant d'Althaea sp. (Malvacées) et de Cynara scolymus (Compo-
sées) semblent spécifiques de ces hótes et n’attaquent pas les trois plantes pré-
cédentes. On se trouve donc dans une situation analogue à celle décrite par
NOUR.
A cóté de cela, certains auteurs ont apporté la preuve d'une spécificité res-
treinte à quelques espéces d'une méme famille. GAPONENKO (1976), à partir
de conidies récoltées sur Medicago sativa, a pu infecter Medicago falcata, Ono-
brychis sintensii, O. transcaucasica, Vicia angustifolia, V. villosa, Glycyrrhiza
aspera, Astragalus severtzovii et Alhagi sparsifolia, tandis que des conidies obte-
nues à partir d'Onobrychis n'infectaient que les trois premiéres espéces et
Medicago sativa : on se trouve donc en présence de deux formes à spécificités
parasitaires certainement très voisines et restreintes à quelques espèces d'une
même famille,
CIRULLI (1975) à partir de conidies de Leveillula lanuginosa (FUCK.)
GOLOV., prélevées sur Persil (Petroselinum crispum) a obtenu des infections
sur Daucus carota et Anethum graveolens. Mais, ces conidies ne se sont pas ins-
tallées sur deux autres Ombelliféres : Foenicullum vulgare et Apium graveolens.
De méme, des tentatives de passage sur des Solanacées : Solanum lycopersicum,
S. melongena et Capsicum annuum ou des Composées : Cynara scolymus, et
Source : MNHN, Paris
LEVEILLULA (ERYSIPHACEAE) 281
C. carduncellus n'ont donné aucun résultat. Notons en passant que le parasite
utilisé : L. lanugisona (FUCK.) GOLOV. correspond à un type morphologique
bien particulier, dont les conidies différent nettement de celles qui peuvent étre
observées sur les Solanacées ou les Cynara.
Il serait possible de citer d'autres essais qui permettent aussi de conclure à
une certaine spécificité des Leveillula. Mais, en général, les essais d'infections
ont été menés sur un petit nombre d'hótes trés diversifiés de sorte que la seule
conclusion que l'on puisse en tirer est que ces divers Leveillula correspondent
à des souches distinctes sans que l'on puisse préciser quel est exactement leur
spectre spécifique.
C'est pour cela que nous avons tenté de rechercher quelle était la specialisa-
tion d'un certain nombre de Leveillula récoltés sur des hótes spontanés dans le
Sud de la France ou le Nord de l'Espagne.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
* Origine des diverses sources de Leveillula utilisées dans les expérimentations
(espéce plante-hóte et localité).
Chondrilla juncea : gorges de Lavall dans les Albéres, prés de Soréde ( Pyré-
nées Orientales).
Cistus albidus : (même localité).
Cistus salviaefolius : (même localité).
Lactuca viminea : route D19 entre Maury et le Grau de Maury (Pyrénées Orien-
tales).
Peganum harmala : près de Caspe, province de Saragosse (Espagne).
Phlomis herba-venti : prés d’Arzens (Aude).
Phlomis fruticosa : jardin du Palais des rois de Majorque, Perpignan (Pyrénées
Orientales).
Picris spinulosa : environs de Béziers (Hérault) et de Perpignan (Pyrénées Orien-
tales).
Ruta angustifolia : Balaguer, province de Lerida (Espagne).
* Liste des diverses espéces phanérogamiques utilisées pour des expériences
d'infection.
— Apocynacées : Vinca major L., V. minor L.
— Cistacées : Cistus albidus L., C. crispus L., C. laurifolius L., C. monspeliensis
L., C. salviaefolius L., Fumana sp., Helianthemum apenninum (L) Miller, H.
lavandifolium Miller.
— Composées : Artemisia vulgaris L., Chondrilla juncea L., Picris spinulosa
Bert., Lactuca sp. (var. cultivée), Lact. scariola L., Lact. viminea (L) Prest.
— Euphorbiacées : Euphorbia lathyris L.
— Labiées : Ajuga reptans L., Ballota foetida Lam., Calamintha officinalis
Chaix., Glechoma hederacea L., Lamium purpureum L., Marrubium incanum
Desr., Melissa officinalis L., Mentha piperata Huds., M. rotundifolia L., Ori-
Source : MNHN, Paris
282 G, DURRIEU et S. ROSTAM
ganum vulgare L., Phlomis fructicosa L., Phlomis herba-venti L., Ph. lunari,
folia Sibth. et Sm., Ph. maroccana Maire, Ph. samia L., Rosmarinus officinalis
L., Salvia officinalis L., S. pratensis L., S. verbenaca (L) Briquet, Stachys
iberica M. Bieb., St. grandiflora Benth., St. discolor, St. alpinus L., St. athero-
calyx C. Koch., St. nivea Labill., St. byzentina C. Koch., St. lanata Jacq.,
Teucrium chamaedrys L., Thymus serpyllum L.
Ombellifères : Petroselium sativum Hoffm. (variété cultivée), Daucus carota
L. (variété cultivée).
— Rutacées : Ruta angustifolia Pers., R. graveolens L. (variété horticole), R.
montana (Clus.) L.
— Scrofulariacées : Antirrhinum majus L.
— Solanacées : Capsicum annuum L. (variété cultivée), Solanum lycopersicum
L. (variété cultivée), S. tuberosom L. (variété cultivée).
- Zygophyllacées : Peganum harmala L.
* Méthodes d'infection.
Pour réaliser les tests d'infection, deux procédés ont été utilisés :
— soit par saupoudrage des feuilles de la plante à tester en secouant au-dessus
d'elles des feuillies porteuses de conidies,
— soit en laissant en contact direct la plante testée avec une plante infectée pro-
duisant des conidies.
Dans les deux cas, certaines plantes ont été réguliérement humidifiées par pul-
vérisation d'eau, d'autres ont été laissées à l'humidité ambiante.
Chaque essai sur une espéce donnée a été répété plusieurs fois (3 minimum)
en conservant à cóté des plantes témoins sur lesquelles il n'a jamais été noté de
traces d'infection.
L'examen des conidies en microscopie photonique s'est fait aprés montage
dans le lactophénol.
Pour l'examen en microscopie électronique à balayage, les conidies ont été
collées sur les supports à l'aide d'un ruban adhésif double face et métallisées à
l'or par pulvérisation ionique.
CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES CONIDIENS
Si l'examen des télémorphes (cleistotèques, asques, ascospores) ne révèle pas
de différences très marquées (et sur certains hôtes, tels les Cistus, ces stades
n'ont jamais pu être observés), les conidies, conidies primaires en particulier, per-
mettent de différencier quatre types principaux parmi les échantillons étudiés.
Cette distinction repose d'une part sur la forme générale et les dimensions des
conidies primaires (Fig. 1 à 6) et d'autre part sur leur ornementation superfi-
cielle telle que la révèle le microscope électronique à balayage (РІ. 1).
— 1? Type : Conidies primaires subeylindriques, parfois légèrement rétrécies
dans la partie médiane, arrondies à l'apex, relativement courtes : inférieures à
55 um de long (Fig. 2). L'ornementation est constituée d'un réseau de crétes
Source : MNHN, Paris
LEVEILLULA (ERYSIPHACEAE) 283
dont les principales sont nettement orientées dans le sens de la longueur, les trans-
versales sont plus basses. Il s'y superpose une échinulation dispersée dans les
mailles et sur les crétes.
Ce type se rencontre sur Chondrilla juncea et Lactuca viminea.
29 Type : Conidies primaires subcylindriques sur une grande partie de leur lon-
gueur, à apex conique, le plus grand diamètre se situant souvent vers le tiers
supérieur. Longueur supérieure à 50 um, atteignant 70 um pour un diamètre de
14 à 20 (rapport L/l — 3,2). Le réseau, relativement peu dense, présente une
nette orientation longitudinale, la spinulation est abondante : 34 épines par
maille.
Ce type paraît spécial à Picris spinulosa (Fig. 1).
3° Туре : Conidies primaires ovoïdes allongées, leur plus grand diamètre se situe
le plus souvent vers le milieu, à partir de là, elles s’atténuent vers les deux extré-
mités, mais beaucoup plus vers l'apex nettement conique (Fig. 3-4).
Cette forme est celle des parasites des Phlomis et des Cistus. Les conidies du
premier étant légèrement plus courtes et leur diamètre supérieur : 50 - 45 x
18 - 22 ит (1/1 = 2,9) аи lieu de 50 - 70 x 15 - 21 um (L/1= 3,3) pour celui
des Cistus.
L'ornementation superficielle de ces conidies paraft assez semblable, cepen-
dant le maillage est plus orienté dans le sens longitudinal et les épines plus nom-
breuses chez le parasite des Cistus (Pl. 1 : 2 et Fig. 4).
49 Type : Conidies primaires très allongées longuement atténuées vers l’apex
conique aiguë, de sorte que le plus grand diamètre se situe vers le tiers inférieur
(Fig. 5-6).
Ce type correspond aux parasites observés sur Ruta et Peganum. Sur ce der-
nier hóte, les conidies sont plus longues : 50 - 72 um au lieu de 46 - 65 um sur.
Ruta, pour des diamètres comparables de 12 à 17 um.
RÉSULTATS DES EXPERIENCES D'INFECTION
ARTIFICIELLE
Ces résultats sont résumés dans le Tableau I. Un test négatif peut être inter-
prété de deux façon différentes :
— ou bien nous sommes en présence d'un couple : champignon, plante sans
affinités parasitaires.
— ou bien il s'agit d'un individu résistant au parasite, mais appartenant à une
espéce susceptible d’heberger ce parasite.
La répétition des essais sur des individus génétiquement différents, transplan-
tés du milieu naturel ou obtenus de semis, nous permet d'écarter cette seconde
hypothése, d'autant que jusqu'à présent aucun phénoméne de résistance « ver-
ticale » n'est décrit chez les hótes de Leveillula.
Source : MNHN, Paris
284 G. DURRIEU et S. ROSTAM
2000000 (00000
000000 000000
) (009000
Forme des conidies primaires de Leveillula. — Fig. 1 : Lev. picridis sur Picris spinulosa. —
Fig. 2 : Lev. lactucarum sur Lactuca viminea. — Fig. 3 : Lev. duriaei sur Phlomis herba-
venti. — Fig. 4 : Lev. sp. sur Cistus albidus, — Fig. 5 : Lev. rutae sur Ruta angustifolia.
Fig. 6 : Lev. taurica s. str, sur Peganum harmala.
Form of primary conidia of Leveillula. — Fig. 1 : Lev. picridis on Picris spinulosa. — Fig. 2:
Lev. lactucarum on Lactuca viminea. — Fig. 3 Lev. duriaei on Phlomis herba-venti. —
Fig. 4 : Lev. sp. on Cistus albidus. — Fig. 5 : Lev. rutae on Ruta angustifolia. — Fig. 6 :
Lev. taurica s. str. on Peganum harmala.
© Essais d'infections réalisés à partir du parasite de Phlomis herba-venti.
Les seuls essais positifs ont été obtenus sur Phlomis samia. Le Leveillula
provenant de Ph. herba-venti s'installe très facilement sur cet hôte. Il s'y main-
tient parfaitement et produit rapidement des périthèces.
L’infection en retour sur Ph. herba-venti s'obtient sans difficulté.
Par contre, aucune autre des plantes testées n'a donné de résultats positifs
y compris les nombreuses Labiées dont plusieurs autres espèces de Phlomis.
Source : MNHN, Paris
LEVEILLULA (ERYSIPHACEAE) 285
© Essais d'infections réalisés à partir de Phlomis fruticosa.
Les conidies récoltées sur cet hôte n’ont été capables d'infecter aucune autre
labiée, en particulier ni Ph. herba-venti ni Ph. samia. Nous n'avons pas eu la pos-
sibilité au cours de ces expériences de tester la sensibilité de Ph. lychnitis ni de
pouvoir utiliser son parasite. Mais, étant donné que Ph. fruticosa, introduction
ornementale, est systématiquement trés proche de Ph. lychnitis, il n'est pas im-
possible que son parasite soit le méme que celui de cette dernière plante.
* Essais d'infections réalisés à partir du parasite de Ruta angustifolia.
Ce parasite passe trés aisément sur les deux autres Rutatestés : R. graveolens
et R. montana. Les infections croisées entre ces trois hótes se réalisent aussi
trés facilement, le comportement du parasite reste trés constant.
* Essais d'infection réalisés à partir des parasites de Peganum harmala et Picris
spinulosa :
Ces deux parasites se sont montrés jusqu'à présent strictement spécifiques.
Les matériels concernant les parasites de Chondrilla juncea et Lactuca vimi-
nea n'ont pas été suffisants pour réaliser des essais probants. Le fait que ces deux
hôtes se soient montrés réfractaires à tous les essais d’infection par des conidies
provenant de Phlomis, Ruta, Picris, Peganum montre que les parasites de ces
deux Composées sont biologiquement différents de ceux testés.
* Essais d'infection réalisés à partir des parasites des Cistus.
A partir de conidies prélevées sur Cistus albidus, on obtient des infections
abondantes sur Cistus crispus. Ces deux espèces appartiennent à la même section
Erythrocistus. Par contre, sur les Cistus à fleurs blanches, on n'obtient soit que
de rares infections de faible importance où la conidiogénèse est très faible sur
C. monspeliensis et C. salviaefolius soit de simples taches chlorotiques sans ma-
nifestations mycéliennes externes chez C. laurifolius. Sur les autres Cistacées :
Helianthemum, Fumana il n'y a eu aucune trace d'infection. On observe donc
la manifestation d'une spécificité partielle au sein même du genre Cistus.
Le parasite ne marque aucune différence entre les deux hôtes à fleur rouge
et montre une très faible affinité pour certaines espèces à fleurs blanches rela-
tivement peu éloignées systématiquement (il existe de nombreux hybrides na-
turels : albidus x salviaefolius). Par contre, il y a déjà incompatibilité avec
C. laurifolius de la section Ladanium plus éloignée.
A partir de conidies provenant de Cistus salviaefolius, des infections abon-
dantes sont obtenues sur C. monspeliensis et C. laurifolius, par contre, aucun
résultats ne sont obtenus sur C. albidus et C. crispus. Cependant, il a été aussi
tenté d'infecter ces deux plantes en utilisant comme innoculum des conidies
récoltées sur C. monspeliensis infecté à partir de C. salviaefolius, dans ce cas là,
on a obtenu quelques légères infections sur les deux espèces. Il semble donc que
Source : MNHN, Paris
286
Conidies
provenant de
Plantes testées
Vinca major
V. minor
Cistus albidus
C. crispus.
C. laurifolius
C. monspeliensis
C. salviaevolius
Fumana sp.
Helianthemum ap.
H. lavandifolium
Artemisia vulg.
Chondrilla juncea
Picris spinulosa
Lactuca cult.
L. scariola
L. viminea
Euphorbia lathyr.
Ajuga reptans
Ballota foetida
Calamintha off.
Glechoma heder.
Lamium purpureum
Marrubium incanum
Melissa off.
Mentha piperita
N. rotundifolia
Origanum vulgare
Phlomis fruticosa
Phl. herba-venti
Phl. lunariifolia
Phl.marrocana
Phl. samia
Rosmarinus off.
Salvia off.
$. pratensis
$. verbenaca
Stachys iberica
St. grandiflora
St. discolor
St. alpinus
St. atherocalyx
St. nivea
St. byzantina
St. lanata
Teucrium chamaed.
Thymus serpyllum
Petroselinum sat.
Daucus carota
Ruta angustifolia
R. graveolens
R. montana
Capsicum annuum
Solanum lycopers.
Peganum harsala
Phlomis
herba-v
G. DURRIEU et S. ROSTAM
Cistus
albidus
Ruta
angustif.
- +
н"
= 2
2
ji
*
Tableau I
Cistus
salviaef.
+++!
Рїсгїз Peganum
spinul. harmala
+ +
=
Source : MNHN. Paris
LEVEILLULA (ERYSIPHACEAE) 287
le passage d’un hôte à l’autre puisse modifier dans une certaine mesure la compa-
tibilité d’une même souche de Leveillula vis-à-vis d'espèces voisines dont la ré-
sistance peut être ainsi partiellement surmontée. Ces résultats sont encore assez
fragmentaires et méritent la reprise de nouvelles expériences systématiques.
DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Si les observations et expériences précédentes ne concernent qu'un nombre
réduit de récoltes de Leveillula, elles permettent déjà de mettre en évidence un
certain nombre de faits intéressants pour la compréhension de la systématique
et de la biologie parasitaire de ces champignons.
Les expériences réalisées démontrent clairement qu'il existe une spécificité
parasitaire certaine dans le genre Leveillula. Cette spécificité peut-être, semble-t-
il, très étroite et dans la plupart des cas examinés elle se restreint à un petit
nombre d'espèces dans un même genre : il est ainsi certain qu'il existe au moins
2 formes spécialisées sur le genre Phlomis, que chez les Composées, les parasites
des Picris, Chondrilla et Lactuca sont biologiquement distincts. Toutefois, cette
spécificité est capable de quelques fluctuations, l'exemple des Cistus est très
démonstratif : nous avons bien decelé la présence d'au moins deux formes bio-
logiquement distinctes, l'une inféodée aux espéces à fleurs rouges (C. albidus,
C. crispus) l'autre aux espéces à fleurs blanches (C. monspeliensis, C. salviae-
folius, C. laurifolius). Mais il existe toutefois des possibilités de passage sur des
espèces de Cistus normalement résistantes.
Ces observations comparées à celles, rappelées en introduction, de GAPO-
NENKO (1976) qui a obtenu le passage sur des espèces de genres différents chez
les Papilionacées ou de NOUR (1958) et de SAAD & al. (1972) où les parasites
ont été transmis à des plantes de familles totalement différentes montrent que
la spécificité parasitaire chez les Leveillula est très variable d’une forme à l’autre
et peut se situer à différents niveaux :
— Quelques espèces voisines d’un même genre.
— Plusieurs genres voisins.
— Des hôtes sans relation systématique directe.
=
Tableau I. — Expériences d'infections à partir de conidies de Leveillula de diverses prove-
nances :
+ ; infection avec production de mycélium et de conidies.
2 : taches chlorotiques sans développement mycélien.
— : tests négatifs.
blanc : pas de test.
Table I. — Inoculations experiments with conidia of Leveillula from varied origins.
+: Positive with development of mycelium and conidia.
? : chlorotic spots without mycelium.
— : négative.
white : no test.
Source : MNHN, Paris
G. DURRIEU et S. ROSTAM
Planche I
LEVEILLULA (ERYSIPHACEAE) 289
C'est-à-dire qu'existent d'une part, des types à spécificité parasitaire relati-
vement stricte, adaptés à un petit nombre d'hótes systématiquement voisins,
et qui paraissent d'aprés nos expériences étre les plus nombreux. D'autre part
existent aussi des types capables d'une large pléophagie, mais que nous n'avons
pas rencontré dans nos régions.
Comme nous avons vu, on peut nettement distinguer un certain nombre de
types morphologiques basés sur la forme des conidies dans lequel nous avons pu
classer de nombreuses récoltes provenant de régions différentes dont la liste est
donnée plus loin. Il faut en outre tenir compte du fait que l'ornementation
superficielle des conidies peut apporter un caractère supplémentaire de distinc-
tion morphologique à l'intérieur de chaque type conidien. Les photos publiées
(PL 1) montrent des ornementations bien distinctes les unes des autres.
L'examen de ces surfaces n’a pas encore été généralisé pour permettre de les
utiliser avec une fiabilité suffisante dans un essai global de classification. Il est
toutefois certain qu'il s'agit là d'une voie qui apporte des informations très
utiles.
Dans l'état actuel de nos connaissances, il paraît logique de considérer que
Leveillula est constitué d'un certain nombre d'espéces distinctes sur les plans
morphologique et biologique. La plupart de ces espéces sont elles-mémes consti-
tuées de plusieurs formes biologiques chacune spécialisées à un ou un petit
nombre d'hótes le plus souvent voisins. Une systématique correcte du genre
Leveillula ne peut étre établie qu'en tenant compte de ces critéres.
Les types décrits ici complètent ou modifient les propositions de GOLOVIN
(1956). En effet, parmi les sections proposées par cet auteur, certaines comme
Cingospora, Cylindrospora où Ovospora sont bien définies, elles se reconnaissent
aisément et ont été reprises par BRAUN (1980). Certaines des espèces décrites
dans ces sections se rencontrent dans nos régions du Sud de la France ou de
l'Espagne, en particulier, dans les Cingospora : Leveillula lanuginosa (FUCK.)
GOLOV. sur diverses Ombelliféres : Crithmum, Daucus, Foeniculum, Ammi
(DURRIEU & MERCE, 1972).
Il fautremarquer aussi que les parasites de Chondrilla juncea et Lactuca viminea,
décrits ici dans notre type morphologique n9 1, correspondent à la section
Cylindrospora. Un parasite récolté en Afghanistan sur Lactuca orientalis pré-
sente exactement les mémes caractéres (DURRIEU, 1975). Or, dans cette sec-
ton n'est connue jusqu'à présent qu'une seule espéce : L. cylindrospora U.
BRAUN, parasite sur diverses Chénopodiacées, donc selon toute vraisemblance
5
Planche I. — Microphotoélectroniques à balayage de conidies de : 1-2 : Leveillula sp. sur
Cistus albidus. — 3-4 : Leveillula duriaei sut Phlomis herba-venti. — 5-6 : Leveillula rutae
sur Ruta angustifolia, — 7: Leveillula chrozophorae sur Chrozophora tinctoria, — 8 :
Leveillula taurica s. str. sur Peganum harmala. (Le trait blanc représente 10 рт).
Plate I. — Scanning electron micrograph of conidia : 1-2: Leveillula sp. on Cistus albidus. —
3-4: Lev, duriaei on Phlomis herba-venti. — 5-6» Lev. rutae on Ruta angustifolia. — 7 :
Lev. chrozophorae on Chrozophora tinctoria. — 8 : Lev, taurica s. str. on Peganum harmala.
(White bar =10 um).
Source : MNHN, Paris
290 G. DURRIEU et S. ROSTAM
différente du parasite de ces Composées. D'autant plus qu'il n'est pas évident
que L. cylindrospora existe en Europe occidentale, malgré les indications de
BRAUN, qui n'a pu étudier de matériel de cette provenance. En effet, des échan-
tillons venant du Sud-Est de l'Espagne (sur Chenopodium ambrosioides L.)
montrent des conidies qui ne répondent pas du tout à la définition des Cylin-
drospora (DURRIEU & MERCE, 1972) et correspondent à notre type morpho-
logique n° 2.
Le parasite des Lactuca et Chondrilla mérite donc une dénomination spéci-
fique particulière pour laquelle nous proposons l'espèce nouvelle Leveillula lactu-
carum G. DURRIEU et ROSTAM ( = L. taurica ARN. f. chondrillae JACZ,
1927 ?).
Mycelium foliicolum, precipue caulicolum, densissima tomentosum. Conidiae
primariae subcylindraceae, apice obtuse attenuatae. 45-55 x 11 - 17, um reticu-
lato-spinosae, secondariae cylindraceae, utrinque rotundatae. Cleistothecia myce-
lio immersa, ca 175-220, um diametro, asci numerosi 60-75 x 30-40 um, asco-
sporae 2, 25-35 x 14-20 um. Typus in Lactuca viminea, Montalba, Gallia meri-
dionale, in herbario T L A.
Il est très difficile de distinguer ce que GOLOVIN (1956) a voulu séparer dans
ses trois sections Macrospora, Longispora et Microspora. Nous pensons que les
types 2, 3 et 4 que nous avons basés sur le profil général des conidies sont beau-
coup plus faciles à définir et reconnaître.
L'examen d’un assez grand nombre d'échantillons que nous avons récoltés
dans l'Ouest du bassin méditerranéen ou en Afghanistan nous a montré qu'ils
pouvaient se ranger facilement dans l'un ou l'autre des 4 types décrits. Il peut
exister des termes de passage qui se traduisent par un mélange de formes coni-
diennes se rattachant à l’un où l’autre type, mais en général l'une d'elles prédo-
mine nettement.
En dehors du type 1 dont nous avons déjà parlé, on peut ainsi classer les
parasites observés sur divers genres d'hôtes de la façon suivante :
Type 2 : Le parasite de Picris spinulosa décrit plus haut est connu depuis
longtemps et a reçu une dénomination spécifique : Erysiphe picridis (CAS-
TAGNE, 1845), nous proposons donc pour ce parasite la combinaison nou-
velle Leveillula picridis (CAST.) G. DURRIEU et ROSTAM. Les conidies d'un
parasite de Campanula en Afghanistan appartiennent au même type morpho-
logique.
Type 3 : — sur Cistacées : nous avons observé sur Helianthemum, provenant
d'Espagne des conidies très voisines de celles décrites plus haut sur Cistus. Il est
très probable que nous ayons là une espèce bien définie dont les formes biolo-
giques sont inféodées à diverses Cistacées. Mais jusqu'à présent nous n'avons
observé de périthéces sur aucun de ces hótes, aussi nous préférons pour le mo-
ment nous abstenir de proposer une dénomination spécifique.
— sur Labiées : nous avons récolté le parasite des Phlomis en Algérie sur
Phlomis bovei. Des parasites morphologiquement très voisins existent sur Sta-
chys et Marrubium en Afghanistan. Tout récemment BRAUN (1984) vient de
Source : MNHN, Paris
LEVEILLULA (ERYSIPHACEAE) 291
proposer en se basant sur le travail de P'un de nous (ROSTAM, 1983) de le consi-
dérer comme une espèce particulière sous le nom de L. duriaei (LEV.) U.
BRAUN.
— Sur Euphorbiacées, le Leveillula hébergé par Chrozophora tinctoria que
nous avons récolté en Espagne et en Algérie présente des conidies caractéristi-
ques de ce type. BRAUN (1984) distingue ce parasite comme une entité spéc
fique : L. chrozophorae U. BRAUN. D'après nos propres observations cette pos
tion nous paraît parfaitement justifiée. L'ornementation superficielle des coni-
dies constituée d’un réseau très dense de crêtes irrégulières est tout à fait typi-
que (PL. 1 : 7).
— Sur Composées, rentrent dans ce type les parasites observés sur Carlina
(France), Microlonchus (Espagne), Cousinia (Afghanistan), Scolymus (Algérie).
Une étude détaillée mérite d'être réalisée pour savoir s'il s'agit d'un méme taxon
ou si ces parasites présentent des différences marquées et quelle est leur spécifi-
cité parasitaire. On peut pour le moment les considérer globalement sous la com-
binaison Leveillula scolymi (PROST) G. DURRIEU et ROSTAM (= Erysiphe
scolymi PROST in LEVEILLE, 1851).
Ce type conidien a été largement observé sur Althaea (Malvacées) en Afghan-
nistan,
Туре 4 : Remarquons tout d'abord que si la stricte spécificité des Leveillula
des Zygophyllacées (Peganum, Zygophyllum) se confirme c'est lui seul qui doit
conserver la dénomination L. taurica (LEV.) ARN., en effet ces deux hótes sont
les premiers cités dans la description de LEVEILLE (1851).
Le champignon récolté sur Ruta angustifolia et étudié plus haut apparaft
comme un taxon distinct du précédent. Indépendants sur le plan biologique,
ces deux champignons présentent également des différences morphologiques
marquées. Les conidies du parasite de Peganum harmala possèdent des conidies
plus longues dépassant souvent 70 um, alors que celles de Ruta n'atteignent ces
dimensions que tout à fait exceptionnellement. Sur ces derniéres l'ornementa-
tion superficielle est plus dense et plus vigoureuse, en particulier pour ce qui
concerne les épines (PI. I : 5,6, 8).
Nous proposons, pour désigner ce parasite la combinaison nouvelle Leveillula
rutae (JACZ.) G. DURRIEU et ROSTAM ( = Г. faurica ARN. fa.rutae JACZ.
1927, Oidium haplophilli MAGNUS 1900, Ovulariopsis haplophylli TRAVER-
SO 1913).
- D'autres formes conidiennes peuvent se ranger encore dans ce groupe,
nous en avons en particulier observées sur Linaria en Afghanistan, sur Eryngium
en Espagne. Nous ne pouvons pas pour le moment nous prononcer sur leur va-
leur taxonomique exacte.
Il est certain que l'étude des Leveillula reprise sur ces nouvelles bases permet-
tra de préciser de facon plus exacte la systématique de ce genre. Cela présentera
de plus un intérét pratique certain, en permettant de connaftre exactement les
potentialités de maintien, sur la flore spontanée, de parasites capables de s'ins-
taller sur les cultures.
Source : MNHN, Paris
292. G. DURRIEU et S. ROSTAM
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Source : MNHN, Paris
DEUX « ULTRASPECIES » : ANTRODIA MALICOLA (BERK. ET
CURT.) DONK ET A.RAMENTACEA (BERK. ET BR.) DONK
(BASIDIOMYCETES, APHYLLOPHORALES)
par A.DAVID et B. DEQUATRE*
RESUME. — Mise en évidence de deux espéces bipolaires, Antrodia submalicola sp. nov. et
Antrodia subramentacea sp. nov., jumelles respectivement d'Antrodia malicola et d'Antro-
dia ramentacea, espèces homothalles, avec lesquelles elles sont incompatibles en confronta-
tions di-mon.
SUMMARY. — Occurrence of two bipolar species, Antrodia submalicola sp. nov. and A.
subramentacea sp. nov., morphologically similar but genetically isolated from A. malicola
(Berk. & Curt.) Donk and A. ramentacea (Berk. & Br.) Donk, homothallic species.
MOTS-CLÉS : Basidiomycètes, Aphyllophorales, Antrodia, Systématique.
INTRODUCTION
C'est à SARKAR (1959) que revient le mérite d'avoir montré P'homogénéité
du genre Coriolellus Murr. limité selon lui à six espéces. DONK (1966), en ac-
cord avec SARKAR, conserve cet ensemble mais le transfére dans le genre
Antrodia faisant les nouvelles combinaisons : A. albida (Fr. per Fr.) Donk,
A. heteromorpha (Fr. per Fr.) Donk, A. malicola (Berk. et Curt.) Donk, A.
ramentacea (Berk. et Br.) Donk, A. serialis (Fr.) Donk et A, variiformis (Peck)
Donk. Parmi ces espéces, quatre sont signalées bipolaires (albida, heteromorpha,
serialis, variiformis), deux homothalles (malicola et ramentacea). Nous pouvons
personnellement confirmer tous ces résultats ; de plus, nous avons découvert
l'existence de deux espèces apparemment identiques à Antrodia malicola et à
A. ramentacea mais différant par la thallie (espèces bipolaires), et ceci grâce à
l'étude systématique des mycéliums monospermes de nos différentes récoltes.
Il faut remarquer que, jusqu'à présent, ces espèces proviennent toutes du sud
de la France alors qu'Antrodia malicola et A. ramentacea homothalles croissent
sur l’ensemble du territoire français.
Dans ce travail, nous avons recherché s'il existait des caractères autres que la
thallie permettant de distinguer ces deux nouvelles espéces.
* Laboratoire de Mycologie associé au C.N.R.S., Département de Biologie végétale, Univer-
sité Lyon 1 - 69622 VILLEURBANNE Cédex, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptogamie, Mycol.) TOME 5 (1984).
Source : MNHN, Paris
294 A. DAVID et B. DÉQUATRE
ANTRODIA « ULTRASPECIES » MALICOLA (BERK. ET CURT.) DONK
— Récoltes homothalles ; (entre parenthéses, nous indiquons le nombre de mo-
nospermes isolés et vérifiés bouclés) : LY-AD 200 sur Ailantus glandulosa,
Pont de Chéruy, Isère. 19-12-1965 (28 + sur 28); 203 sur Pinus halepensis, Collias,
Gard, 26-12-1965 (10 + sur 10) ; 204 sur Celtis australis, Pont du Gard, Gard,
26-12-1965 (50 + sur 50); 363 sur Pinus sp., Dentelles de Montmirail, Vaucluse,
27-12-1966 (20 + sur 20) ; 485 sur Alnus, région de Crémieux, Isère, 1-10-1970
(3 + sur 3) ; 561 support indéterminé, région de Pau, Pyrénées Atlantiques,
leg. J. BELLER, Février 1968 (20 + sur 20); 653 sur Quercus sp., région de Cré-
mieux, Isère, Octobre 1968 (25 + sur 25) ; 3019 sur Pinus halepensis, le Cast,
région de Maillane, Bouches du Rhône (15 + sur 15) ; 3151 sur Pinus sp., Den-
telles de Montmirail, Vaucluse, 11-08-1973 (26 + sur 26) ; 3688 sur Acer sp.,
Francheville, Rhône, Juin 1979 (17 + sur 17) ; 4092 sur feuillu, Forêt de la
Réna, Ain, 12-08-1981 (17 + sur 17); 4117 sur Fagus, Forêt de Pourlans, Saône
et Loire, 5-09-1981 (7 + sur 7).
Les ole faites dans les régions tropicales, Martinique, Guadeloupe, Réu-
nion sont toutes homothalles.
— Récoltes bipolaires : LY-AD 194 sur feuillu, région de Maillane, Bouches du
Rhône, leg. L. RIOUSSET, Novembre 1965 ; 553 sur Quercus sp., Cháteauneuf
du Pape, Vaucluse, Décembre 1967 ; 3109 sur tronc de Prunus persica, région
d'Avignon, Vaucluse, Décembre 1973 ; 4497 sur Populus sp., Combe du Ruis-
seau de l'Arnave, Forét de la Valbonne, Gard, leg. Ph. CALLAC, 23-08-1983.
Nous avons mené l'étude comparative de ces deux ensembles.
Etude des carpophores
— L'étude morphologique des carpophores ne permet pas de distinguer l'espèce
bipolaire de l’espèce homothalle. Madame R. RIOUSSET à attiré notre attention
sur l'odeur de gin, « odeur suffisamment forte pour déceler la présence d'A.
malicola à distance ». Cette odeur se retrouve d'ailleurs dans les cultures du
mycélium des deux espèces.
— Etude anatomique :
Au niveau de la trame et du contexte, on n'observe pas de différence dans
la texture (agencement des hyphes) ni dans l'aspect et le calibre des hyphes géné-
ratrices et squelettiques.
Au niveau de l'hyménium, l'espéce bipolaire montre des basides adultes en
moyenne légèrement plus courtes que l'espèce homothalle : (18)20-25(30) x
(5,5)6-7(8,5) um chez la première alors que chez l'espèce homothalle le maxi-
mum de fréquence pour la longueur se situe entre 23 et 27 um : (20)23-27(35) x
(5:5)6-7(8,5) um. Il apparaît évident que cette faible différence ne constitue pas
un critère suffisant de distinction des deux espèces.
Source : MNHN. Paris
A. MACICOLA et A, RAMENTACEA 295
Taille des spores : nous avons mesuré avec précision la longueur et la largeur
des spores de trois récoltes de l'espéce bipolaire et de quatre récoltes de l'espéce
homothalle. Comme le montre le Tableau I, il n'y a pas de différences signifi-
catives.
Longueur des spores Largeur des spores
N? moyenne écarttype moyenne écarttype
x 4497 8,12 t 0,49 3,47 + 0,17
Espéce
bipolaire 553 8,24 * 0,67 3,30 + 0,18
194 8,67 + 0,54 3,44 + 0,18
4092 7,92 + 0,46 3,27 + 0,14
Espéce 203 8,15 * 0,61 3,45 + 0,25
homothalle 75 8,34 + 0,69 3,76 + 0,25
3193 9137 + 0,84 3,53 + 0,23
Tableau 1, — Comparaison de la taille des spores d'A. submalicola (bipolaire) et d'A. mali-
cola (homothalle).
Table I, — Spore size for A. submalicola (bipolar) and A. malicola (homothallic).
— Phénoménes nucléaires dans la baside : les deux espéces sont chiastobasidiées:
métaphases des deux premiéres divisions apicotransverses ; la troisiéme série de
division a lieu dans les spores chez les récoltes bipolaires (observations faites sur
les récoltes 194 et 553), dans la Базе, les stérigmates ou les spores chez les ré-
coltes homothalles, ces diverses dispositions pouvant se rencontrer dans une
méme baside (observations faites sur la récolte 2161). A maturité, dans les deux
espéces, chaque spore renferme un noyau et la baside contient quatre noyaux
résiduels.
— Action de divers composés chimiques (acides, bases, et sur la chair de car-
pophores : aucune réaction particuliére n'a pu étre mise en évidence.
Etude des mycéliums en culture
— Spores, germinations et mycéliums monospermes : les spores des deux es-
péces sont donc uninucléées ; elles germent en quelques jours (3 à 5 jours) et
donnent naissance, dans l'espèce homothalle, à des hyphes génératrices dont les
cloisons tout d'abord simples, se bouclent au bout de trois ou quatre semaines.
Dans l'espéce bipolaire, les mycéliums monospermes restent non bouclés.
— Polysperme : l'étude du mycélium en culture a déjà fait l'objet de plusieurs
publications (SARKAR, 1959; NOBLES, 1965; DOMANSKI, 1966). Espèces
Source : MNHN, Paris
296 A. DAVID et B. DEQUATRE
bipolaire et homothalle ont un mycélium en culture identique dont les caracté-
ristiques correspondent à celles décrites par les auteurs précités. Nous avons
recherché s'il existait des différences dans la vitesse de croissance en fonction de
la température. La croissance optimale des mycéliums se situant autour de
25° C, la vitesse de pousse des espèces bipolaires est légèrement supérieure à
celle des espèces homothalles (Fig. 1). A 14° C, la croissance est nettement
ralentie tandis qu’à 30° C les mycéliums des deux espèces ont une croissance
subnulle. En résumé, étant donné le faible écart entre les vitesses de croissance
des mycéliums des espèces bipolaire et homothalle, ce caractère ne peut servir
de critère distinctif.
2 3 4 5 mae
Fig. 1. — Cinétique de la croissance mycélienne d'A. malicola( -0 —— — — O —) et d'A.
submalicola (—€— — — e— ) à 25° C pendant 6 semaines (cultures en boites de Pétri sur
milieu gélosé à 12,5 9/oo d'extrait de malt « Difco » *; rayon de croissance maximum —
80 mm)
Fig. 1. — Mycelial growth for A. malicola ( — o — — — — O —) and A. submalicola
(ee) at 250 C during 6 weeks (on malt * 12,5 O/oo agar medium in petri dishes)
* Malt extract « Difco », Difco Laboratories, Detroit, Michigan, U.S.A.
Source : MNHN,
>
semaines
Paris
A. MACICOLA et A. RAMENTACEA 297
Comportement nucléaire
Le comportement nucléaire est normal dans les deux espèces. Dans l'espèce
homothalle, les premiers articles des germinations sont limités par des cloisons
simples et sont uninucléés ; puis avec l'apparition des boucles, les articles de-
viennent dicaryotiques et le restent jusque dans la fructification. Dans l'espéce
bipolaire, le mycélium monosperme demeure uninucléé et à cloisons simples.
Confrontations
Toutes les confrontations faites entre les monospermes des différentes récol-
tes bipolaires sont positives ; par contre, les confrontations di-mon (phénomène
de Buller) entre l'espèce homothalle et l'espèce bipolaire se sont révélées néga-
tives.
Plusieurs exemples similaires ont été antérieurement signalés : on en trouvera
la liste dans BOIDIN (1977, p. 287-288).
ANTRODIA « ULTRASPECIES » RAMENTACEA (BERK. ET BR.) DONK
— Récoltes homothalles : origine et nombre de monospermes isolés et vérifiés
bouclés. LY-AD 234 sur Pinus silvestris, St-Etienne du Bois, Ain, Février 1966
(16 + sur 16) ; 410 sur Pinus sp., région de Crémieux, Isère, 12-03-1967 (30 +
sur 30) ; 627 sur Pinus sylvestris, St-Etienne du Bois, Ain, Octobre 1968 (18 +
sur 18) ; 3859 sur Pinus sylvestris, Toussieu, Rhône, 21-11-1979 (12 + sur 12);
4489 sur Pinus sp., Route des Cèdres, Sud Ventoux, Vaucluse, 14-10-1983
(17 + sur 17).
— Récoltes bipolaires : LY-AD 361 sur Pinus sp., Dentelles de Montmirail,
Vaucluse, Décembre 1966 ; 3093 et 3094 sur Pinus halepensis, Le Camp, Var,
29-12-1972; 3182 sur Pinus halepensis, Le Faron, Var, Mars 1974.
Comme chez A. malicola, nous avons recherché s’il existait des caractères
autres que la thallie pour différencier ces récoltes.
Etude des carpophores
L'étude morphologique ne permet pas de distinguer les deux espèces.
— Etude anatomique : contexte, trame et hyménium sont identiques. En ce
qui concerne la taille des spores, il n'y a pas de différences significatives (Ta-
bleau II).
Source : MNHN, Paris
298 A. DAVID et B. DEQUATRE
Longueur des spores Largeur des spores
N? moyenne écarttype moyenne écart-type
à 361 6,37 + 0,54 2,61 + 0,18
Espéce
bipolaire 3182 6,55 * 045 2,37 + 0,14
3093 6,72 + 0,38 2,44 + 0,16
3859 6 05371) 2,48 = 0,19
4489 6,80 + 0,43 2,52 + 0,18
Вр б E
alla 606 7,40 0,53 2,65 +10;22
410 7,68 + 0,65 2,71 + 0,15
3098 8 t 0,52 2375, t 0,6
Tableau Il. — Comparaison de la taille des spores d'A. subramentacea (bipolaire) et d'A.
ramentacea (homothalle)
Table II. — Spore size for A. subramentacea (bipolar) and A. ramentacea (homothallic).
Etude des mycéliums en culture
— Spores, germinations et mycéliums monospermes : les spores des deux es-
péces sont uninucléées et germent en quelques jours (3 à 5 jours) ; elles donnent
naissance à des hyphes aux cloisons simples qui restent non bouclées dans les
récoltes 361, 3093, 3094 et 3182. Les confrontations entre monospermes de
la récolte 3182 révélent sa bipolarité :
A4 : 1-2-5-7-9-12-16 A2 : 3-4-6-8-10-11-13-14-15
Chez les récoltes 234, 410, 627, 3859 et 4489 les spores donnent naissance
à un mycélium constitué d'hyphes à cloisons simples qui se bouclent au bout de
quelques semaines.
— Polysperme : l'étude en a déjà été faite par DOMANSKI (1969) et nos obser-
vations sont en accord avec celles de cet auteur. Qu'il s'agisse de l'aspect du my-
célium, de sa structure, de l'influence de la température sur la vitesse de crois-
sance, il n'a pas été possible d'établir la moindre distinction entre les récoltes
homothalles et bipolaires.
Comportement nucléaire
Le comportement nucléaire est normal dans les deux espèces. Le mycélium
monosperme d'Androdia ramentacea (homothalle) montre la même évolution
caryologique que celui d’Antrodia malicola.
Source : MNHN, Paris
A. MACICOLA et A. RAMENTACEA 299
Confrontations
Toutes les confrontations faites entre les monospermes des récoltes 361,
3093, 3094, 3182 sont positives ; par contre, les confrontations di-mon entre
l'espéce homothalle et l'espèce bipolaire se sont révélées négatives.
CONCLUSION
Si l’on accepte le concept biologique de l'espèce, il est indiscutable que nous
avons mis en évidence deux nouvelles espèces génétiquement totalement isolées,
Pune affine à A. malicola, l'autre à A. ramentacea mais s'en distinguant par la
thallie (toutes deux bipolaires).
A. submalicola sp. nov.
A. malicola affinis sed differt systemate sexualitatis bipolari : segregatus gene-
tice.
Holotype : LY-AD 4497 sur Populus sp., Combe du ruisseau de l'Arnave,
Forêt de Valbonne, Gard, 23 Août 1983, leg. Ph. CALLAC (LY).
A, subramentacea sp. nov.
А. ramentacea affinis sed differt systemate sexualitatis bipolari : segregatus gene-
tice.
Holotype : LY-AD 3182 sur Pinus halepensis, Le Faron, Var, Mars 1974 (LY).
Nous avons distingué comme espéces nouvelles A. submalicola et A. subra-
mentacea, morphologiquement identiques respectivement à A. malicola et A.
ramentacea. Leur autonomie est biologiquement indiscutable. Cette maniére de
faire a toutefois un grave inconvénient. Elle ne permet pas au morphologiste de
dénommer une récolte s'il n'étudie pas le comportement des cultures mono-
spermes. Aussi, comme le propose BOIDIN (1980) - en attendant que les comités
internationaux se prononcent sur le probléme de nomenclature - nous avons suivi
KIRIAKOFF (1948) en donnant à chaque ensemble d'espéces jumelles le statut
d' « ultraspecies ». Une. récolte d'Antrodia malicola ou d'Antrodia ramentacea
dont la thallie n'est pas connue pourra être alors désignée comme Antrodia
« ultraspecies » malicola ou Antrodia « ultraspecies » ramentacea.
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
301
LEAF SURFACE FUNGI OF ZIZANIA LATIFOLIA
(GRISEB.) TURCZ.
By Kumar SINGH, L. Janmejay SINGH and N. Irabanta SINGH *
SUMMARY. — Leaf surface fungi of Zizania latifolia have been investigated for one year
(1983). Fungal genera recorded on the phyllosphere region of green and yellow leaves
were 23 and 19 respectively. Whereas, the fungal genera recorded on the phylloplane region
of green and yellow leaves were 11 and 12 respectively. The dominant genera on the phyl-
losphere regions were mostly different. However, no dominant form was isolated from the
phylloplane region of both green and yellow leaves. The presence of abundant Melano-
psichium esculentum Р. Henn. spores, a smut parasite of Zizania latifolia, was recorded in
three months only viz. - January, February and December.
RÉSUMÉ. — L'étude des champignons sur feuilles de Zizania latifolia a été effectuée durant
l'année 1983. Le nombre de gentes identifiés dans la phyllosphére des feuilles vertes est de
23 et de 19 pour les jaunes, tandis que sur le phylloplan il est, respectivement de 11 et 12.
Quelques genres dominants se rencontrent dans la phyllosphére tandis que le phylloplan
n'en présente pas. Melanopsychium esculentum (parasite de Zizania latifolia) n’a été rencon-
tré que durant les mois de Janvier, Février et Décembre.
MOTS-CLÉS : Zizania latifolia, Fungi, Phyllosphere, Phylloplan.
INTRODUCTION
The aerial surface of higher plants growing under natural conditions are
usually covered with large and varied populations of microorganisms (DICKIN-
SON, 1976). GREGORY (1973) described the corelation between aerospora
over a particular plant and its leaf surface microflora. Leaf surface microbes and
their complex ecology have been receiving more and more research attention
since 1950's (LAST, 1955; DICKINSON, 1965, 1976; MISHRA & SRIVAS-
TAVA, 1970; LINDSEY, 1976, etc.). In the present paper fungal genera in-
cluding M. esculentum isolated from the phyllosphere and phylloplane regions
o£ Z. latifolia for one year (from January to December, 1983) are presented.
* Department of Life Sciences, Manipur University, Canchipur, Imphal - 795003, Manipur,
India.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryp togamie, Mycol.) TOME 5 (1984)
Source : MNHN, Paris
302 SINGH et al.
MATERIALS AND METHODS
Four growth stages of Z. latifolia were classified. They are : seedling stage
(January - March), pre-flowering stage (April - June); flowering stage (July -
September) and fruiting stage (October - December). The leaf samples of both
green and yellow were collected randomly from the plants growing in a pond
near Library building, Manipur University, Canchipur (23947' - 25941'N. Lat.
and 93061’ - 94048’E. long). Leaf surface fungi were studied following MISHRA
& SRIVASTAVA method (1971). Plant materials were cut into 1-2 cm long
pieces and grouped into equal amounts for each type. Each group was taken in
a pre-sterilized 250 cc conical flask with glass stopper containing 200 cc of ste-
rilized distilled water. The flask was shaken for 30 minutes vigorously by hand.
Five to six drops of exudate were inoculated in 8 petridishes containing Czapek
dox agar (CDA) in 4 replicates and Potato dextrose agar (PDA) in 4 replicates
maintaining both media pH 6.8 to 7.0. These washings were used for « phyllo-
sphere » study. The plant pieces were taken out from the flasks and thoroughly
washed by distilled water twenty times. Five pieces of the washed materials
were kept in each pair of petridish containing the above noted media for the
«phylloplane » study. The plants were incubated for 7 to 30 days at 270C +1
and the fungi were identified up to generic level.
RESULTS
The number of fungal population on the phyllosphere region of the green
leaves was recorded maximum (23) and minimum (4) in the flowering and
seedling stages respectively (Table 2). Out of the maximum 23 genera, Actino-
mycetes, Alternaria, Aspergillus, Cladosporium, Mucor, Pestalotia, Penicillium,
Rhizopus, and Sterile mycelium were dominant (Table 1).On the phylloplane
region of the green leaves 11 genera were recorded. The number of genera were
least recorded at the seedling stage (4) and maximum at flowering stage (11).
In the yellow leaves 19 genera were isolated from phyllosphere region and 12
genera in the phylloplane region (Table 1). Of the 19 genera of the phyllosphere
region, Actinomycetes, Aspergillus, Black hyaline mycelium, Chaetomium,
Helminthosporium, Penicillium and Rhizopus were dominant whereas no signi-
ficant dominant forms were noted in the phylloplane region. Some dominant
genera of the phyllosphere region of both green and yellow leaves for four
growing seasons are given in Table 3. Thought there were a few dominant ge-
nera in the seedling and fruiting stages the abundance of M. esculentum spores
was also recorded. Fungal population generally increased from the seedling
stage to the flowering stage reaching the peak population and decreased slightly
in the fruiting stage, Some genera like Black hyaline mycelium Torula, Curvu-
laria, Drechslera, and Humicola were rarely present both in the phyllosphere
and phylloplane regions of green and yellow leaves. M. esculentum spores were
found during the months of January, February, March, April and December,
1983.
Source : MNHN, Paris
LEAF SURFACE FUNGI OF Z. LATIFOLIA
FUNGAL GENERA
Green leaves
surface
Ps Pp
Absidia van Tieghem + +
Actinomycetes ++ =
Alternaria Nees. ч =
Aspergillus Micheli. ++ =
Aureobasidium Viala & Boyer + -
Black hyaline mycelium +
Botrytis Pers. E di
Chaetomium Kunze. d z
Cladosporium Link. pee
Curvularía Beedijn. + +
Drechslera Ito. z +
Fusarium Link. X x
Helminthosporium Link. + -
Humicola Traaen. T =
Melanopsichium esculentum P. Henn. + =
Monilia Pers. ae ci
Mucor Mich. ++ 4
Nigrospora Zinm. AL J
Pestalotia de Not. E
Penicillium Link. PA
Rhizopus Ehrenb. т^ +
Rust spore as z
Smut spore " e
Sterile mycelium ++ +
Torula (Pers.) Link. = ik
303
Yellow leaves
surface
Ps Pp
Y à
++ -
+ +
++ +
+= -
++ +
+ +
- +
- *
++ +
+} >
- +
+ =
+ =
+ +
т ^
+ =
++ +
++ +
T =
+ =
ee =
- +
Table 1. — Fungal genera isolated from phyllosphere (Ps) and phylloplane (Pp) of green
and yellow leaves surface of Zizania latifolia.
— Absent, + Present, ++ Dominant.
Tableau 1. — Population fongique de la surface foliaire de Zizania latifolia.
— Absent, + Present, ++ Dominant.
Source : MNHN, Paris
304 SINGH et al
Green leaves Yellow leaves
Ps Pp Ps Pp
Sampling No. Cols/|No. Cols./| No. Cols./| No. Cols/
period of plate | of plate | of plate | of plate
spp- spp- spp- spp-
0 January 4 12 | 4 9 - - -
0 February Б 16 | 6 10 = Š =
0 March 8 зиз EE СТ
X April 9 250 e 2 7 923 03 8
X May 12 360 129 53081612 и
X June 15 60 |10 35 | 15 418 a E21
* July 18 а | 12 341 С Ето
* August 16 76 10 40 18 61 5 12
* September 23008149. As 19 ро
+ October 21 130 7 31 18 87 12 25
+ November 20 111 6 12 14 42 10 21
+ December 15 80 | 5 7 |15 ем
Table 2
Growth stage Green Yellow
Seedling stage Penicillium Aspergillus
Melanopsichium Black hyaline
esculentum mycelium
Actinomycetes
Pre-flowering stage Rhizopus Chaetomium
Aspergillus Aspergillus
Mucor
Flowering stage sterile mycelium Chaetomium
Pestalotia Fusarium
Mucor Rhizopus
Penicillium Penicillium
Actinomycetes
Fruiting stage Penicillium Actinomycetes
Cladosporium Black hyaline
mycelium
Actinomycetes Rhizopus
Melanopsichium
esculentum
Table 3
Source : MNHN, Paris
LEAF SURFACE FUNGI OF Z. LATIFOLIA 305
DISCUSSION
The fungal genera isolated from the phyllospheres of green and yellow leaves
were almost common, however, some dominant genera were found different at
various stages of the plant growth. Similar observations were made by MISHRA
& SRIVASTAVA (1971). They also reported that leaves of different growth
stages of the plant harboured specific fungi. The presence of the black hyaline
mycelium and Fusarium in the phyllosphere region of the yellow leaves during
the present investigation is supported by MISHRA & SRIVASTAVA (1971).
Some fungal genera present on the phyllosphere of both green and yellow
leaves were not found on their respective phylloplane regions (DICKINSON,
1965; MISHRA & SRIVASTAVA, 1971),
The presence of some smut spores including M. esculentum were recorded
throughout the season but the density was maximum in the fruiting (October
to December) and seedling (January to March) stages. As there were two stages
during which the distribution of M. esculentum spores was maximum, chances
of infection during the two stages were fair. Generally this fungus favours meris-
tematic tissues of the host for its vigourous growth (CHAN & THROWER,
1980). It seems from the present investigation that initiation of infection was
more favourable during the seedling stage of the host. A similar observation
was noticed earlier (YANG & MEU, 1978).
ACKNOWLEDGEMENT
‘The senior author is grateful to the Indian Council of Agricultural Research, New Delhi, for
the award of Senior Resear Fellowship during the tenure of this work.
=
Table 2. — Fungal population on the leafsurfaces of Zizania latifolia at different stages of
growth (1983).
0- Seedling stage; X - Pre-flowering stage; + - Flowering stage; +- Fruiting stage.
Ps: Phyllosphere - Pp : Phylloplane
Tableau 2. — Population fongique de la surface foliaire de Zizania latifolia à différents sta-
des de développement (année 1983).
0- jeune plant; X -stade avant la floraison; * - floraison ; +- fructification.
Ps: phyllosphére - Pp : Phylloplan.
ES
Table 3. — Dominant fungal genera including Melanopsichium esculentum on the phyllo-
sphere region of the four growth stages of Zizania latifolia.
Tableau 3. — Genres de champignons dominants rencontrés dans la phyllosphere de Zizania
latifolia à quatre stades de développement.
Source : MNHN, Paris
306 SINGH et al.
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Source : MNHN, Paris
307
DEVELOPMENTAL MORPHOLOGY OF ASCOMYCETES
XII. THYRONECTRIA PSEUDOTRICHIA
by C.V. SUBRAMANIAN and D. JAYARAMA BHAT *
SUMMARY. — Developmental study on Thyronectria pseudotrichia and its anamorph
Stilbella cinnabarina. Discussion about the genus Thyronectria perithecial centrum which
is of the typical Nectria type
RESUME, — Etude du développement de Thyronectria pseudotrichia et de son anamorphe
Stilbella cinnabarina. Discussion à propos du genre Thyronectria dont l'organogenése péri-
théciale est du type Nectria.
MOTS-CLÉS : Ascomycétes - Organogenése.
INTRODUCTION
This paper is the twelfth in a series on the developmental morphology of
Ascomycetes and deals with Thyronectria pseudotrichia (Schw. ex Berk. &
Curt) Seeler. Our observations are based on a study of the fungus collected by
us on dead twigs of Ficus asperrima Roxb. at Abby Falls, Coorg district, Karna-
taka State, India.
Nectria pseudotrichia Schw. ex Berk. & Curt. is based on sub. Sphaeria
pseudotrichia Schw. Recognizing the stilboid nature of its conidial state. BER-
KELEY & BROOME (1875) transferred Nectria pseudotrichia to the genus
Sphaerostilbe Tul., as S. pseudotrichia (Schw. ex Berk. & Curt.) Berk. & Br.
Both Nectria and Sphaerostilbe have two-celled ascospores and since Nectria
pseudotrichia has muriform ascospores, SPEGAZZINI (1881) established a new
genus Megalonectria for this fungus which he disposed as M. pseudotrichia
(Schw.) Speg. WOLLENWEBER (1926) did not accept Spegazzini’s genus as
Pleonectria Sacc. (SACCARDO, 1976). It was already available for nectriaceous
species with muriform ascospores and, in any case, according to him possession
of a stilboid conidial state alone would not warrant a separate genus for this
taxon. Accordingly, WOLLENWEBER (1926) transferred N. pseudotrichia to
* Centre of Advanced Study in Botany, University of Madras, Madras-600 005, India.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptogamie, Mycol.) TOME 5 (1984).
Source : MNHN, Paris
308 C.V. SUBRAMANIAN and D. JAYARAMA BHAT
Pleonectria. The genus Pleonectria Sacc. is a seggregate of Thyronectria Sacc.
Thyronectria was established by SACCARDO (1875) for Nectria species with
muriform ascospores, with T. patavina Ѕасс. as type. A year after establishing
the genus Thyronectria, SACCARDO divided this genus placing the species in
which perithecia seated on a stroma in a new genus Pleonectria Sacc. with P.
lamyi Sacc. as type and leaving the remaining species in Thyronectria. In a mo-
nographic study of the genus Thyronectria, SEELER (1940) disposed this taxon
in Thyronectria as T. pseudotrichia (Schw. ex Berk. & Curt.) Seeler as, firstly,
he did not consider the necessity of seggregating some species of Thyronectria
into the genus Pleonectria on the basis of stromal character as was done by
SACCARDO and secondly, he did not accept SPEGAZZINI's genus Megalo-
nectria agreeing with WOLLENWEBER that the stilboid nature of the conidial
state is only of limited value in generic delimitation.
The conidial state of Thyronectria pseudotrichia is Stilbella cinnabarina
(Mont.) Lindau. It was originally described as Stilbum cinnabarinum Mont. by
MONTAGNE in 1837. TODE (1790) established the genus Stilbum for six spe-
cies and none of which were cited by FRIES (1821) in his Systema which is
the starting point work for this group of fungi. These names, however, can be
taken to be validated by MERAT (1821). From amongst TODE’s species, JUEL
(1898) designated S. valgare Tode as the lectotype. He also showed that S.
valgare is a basidiomycete. The remaining species, therefore, had to be classified
elsewhere and LINDAU (1900) established the genus Stibella for these. LINDAU
(1900) did not designate a type for his genus, and, apart from TODE's five spe-
cies already mentioned he included in his genus the type and other species of Bo-
tronipha Preuss (PREUSS, 1852) so that under the Rules. Botryonipha should
have been used by LINDAU. In other words Stilbella Lindau even when it was
published is illegitimate under the Rules. The correct name to be used for the
conidial state of Thyronectria pseudodotrichia will therefore depends on whe-
ther the generic name Stilbella Lindau is conserved or not; in case Stibella Lin-
dau is not conserved, a new generic name have to be proposed for this fungus.
The occurrence of Thyronectria pseudotrichia in India was first reported by
SUBBA RAO (1938) on shoots and pruned branches of tea plants. He referred
to the fungus as Megalonectria pseudotrichia (Schw.) Speg. and the conidial
state as Stilbum cinnabarinum Mont.
METHODS
Single ascospore isolates grown on sterilized twigs of Ficus asperrima and
kept in Roux-tubes produced mature fruiting bodies after six weeks of incuba-
tion, For studying various stages in the development of the anamorph and teleo-
morph, methods described earlier (SUBRAMANIAN & BHAT, 1978) were fol-
lowed.
Source : MNHN, Paris
THYRONECTRIA PSEUDOTRICHIA 309
DESCRIPTION OF THE FUNGUS
Mycelium in fresh specimen present on the surface of the substrate, sparse,
white, composed of septate, hyaline, branched, hyphae 2.5-3.2 um wide. Peri-
thecia (Fig, 1; Plate l.a) solitary or gregarious, in clusters of 3-12 or more,
mostly globose, sometimes subglobose, ostiolate, fleshy, scarlet red or bright
red, sometimes vinaceous brown, seated on a small erumpent stroma, partially
immersed and confluent with stromata, when dry collapsing and becoming pezi-
zoid; globose perithecia 280-580 (460) um diam., subglobose perithecia 300-
520 (480) X 480-500 pm; outer surface of the perithecia usually scaly, with
scales withering away sometimes leaving the perithecia smooth and shiny. Peri-
thecial wall pseudoparenchymatous, 45-85 um thick, with two regions (Fig. 31,
32; Plate II, f): an outer and an inner; outer region 25-45 (36) um wide, with
cells in surface view spherical, thick-walled and 9-15 um diam., and in longitu-
dinal section elliptical to angular, thick-walled, pigmented and 9-25 um diam.;
inner region 15-20 um wide, with cells thin-walled, flattened, narrow, compactly
arranged, hyaline and 15.0-21.0 X 2.5-3.0 um. Stroma fleshy, pseudoparenchy-
matous, pigmented red, arising from below the bark, with cells towards the
periphery thick-walled, angular and 5.0-12.0 um wide, and cells towards the
interior thin-walled, hyaline, 5.0-9.0 um wide, Perithecial papilla small, ap-
pearing as a dark spot at the apex of the perithecium, with unbranched thick
hyphae with rounded tips. Ostiolar canal periphysate; periphyses cylindrical,
slender, 15.0-18.0 X 1.8-2.2 um.
Asci (Fig. 46, 47; Plate II, h) elliptical to clavate, short-stalked, rounded at
the apex, without apical apparatus, thin-walled, 8-spored (rarely 4, 2, or 1-
spored), 75-120 (95) X 8.5-25.0 (16.5) um, formed with the intervention of
croziers, Ascospores (Fig. 45, 49; Plate II, i) muriform, constricted at the septa,
ellipsoidal, broadly bulging, sometimes slightly tapering terminally, hyaline to
pale brown, with granular cytoplasm, with uninucleate cells, 2042 (25.5) X
7,0-15.0 (10.5) um, obliquely uni- or biseriate, closely overlapping in the ascus.
Liberated ascospores producing ascoconidia (Fig. 6; Plate II, j); ascoconidia
3.0-6.0 (4.2) X 2.0-3.5 um.
Synnemata (Fig. 1; Plate 1, b) erect, solitary or in groups of 2-6 and projecting
from a common point, 1.5-2.2 mm high, each with a well developed stalk and
an oval to globose head, resembling drum-sticks. Stalk of the synnema stiff,
with slight verrucosities due to very short projecting hyphal pegs or branching
hyphae, darker below, paler above (Fig. 2; Plate I, c). Head oval to globose,
orange-red in fresh specimens, brown coloured in dry specimens, composed of
the free ends of the hyphae of the synnema (conidiophores) and conidia (Fig. 2.
3; Plate I, d). Conidiophores divergent, branched or unbranched, terminating
in phialides; phialides in groups of 4-5 or 1-3, subcylindrical to subulate, nar-
rowed towards the apex, 10.0-17.0 um long, 2.0-4.0 um wide at the base (Fig. 4,
5). Conidia slimy, solitary, obovate, 1-celled, hyaline, 5.0-8.5 (6.5) X 3.0 um,
abstricted singly and successively from the tip of the phialide and accumulating
in a slimy mass.
Source - MNHN. Paris
ys
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ШШ
AS
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Hs
20р
4574
"y 71416
Fig. 1 - 16. — Thyronectria pseudotrichia
1 - perithecia and synnemata on the substrate (diagrammatic); 2 - section of a synnema;
3 - portion of synnema enlarged (head region); 4-5 - conidiophores bearing phialides and
conidia (from synnema); 6 - ascospore with ascoconidia; 7 - 12 -stages in the development
of phialide and first conidium; 13 -14 - phialides with slimy conidial masses at their tips;
15 - conidiophores with phialides and conidia (from culture); 16 - germinating conidia.
Fig 1 -16 , — Thyronectria pseudotrichia
1 - Périthèce et synnema sur le substrat naturel (schéma); 2 - coupe dans un synnema;
3 - région apicale d’un synnema (agrandie); 4 - 5 - conidiophores portant des phialides et
des conidies; 6 - ascospores et ascoconidies; 7 - 12 - différentes étapes du développement
de la phialide et de la première conidie; 13 - 14 - phialides portant une tête conidienne mu-
queuse; 15 - conidiophores avec phialides et conidies (obtenus en culture); 16 - germina-
tion de conidies.
Source : MNHN, Paris
Fig. 18 - 24. — Thyronectria pseudotrichia
18 - 19 - longitudinal section of a stroma through ascogonium (portion of the stroma
enlarged in 19); 20 - ascogonium with an elongate, septate trichogyne; 21 - section of
stroma showing coiled ascogonium; 22 - ascogonial coil and surrounding cells enlarged;
23 - section of a stroma. Note the young perithecium protruding out of the stroma (dia-
grammatic); 24 - young perithecial centrum showing the development of apical paraphyses
(portion of 23 enlarged).
Fig. 18-24. - Thyronectria pseudotrichia
18 - 19 - section longitudinale d'un stroma au uiveau de l'ascogone; 20 - ascogone avec un
trichogyne allongé et cloisonné; 21 - 22 - ascogone enroulé et cellules environnantes;
23 - coupe dans un stroma. Un jeune perithece fait saillie à l'extérieur; 24 - développement
des paraphyses apicales dans un jeune perithece.
Source - MNHN. Paris
312 C.V. SUBRAMANIAN and D. JAYARAMA BHAT
Source : MNHN, Paris
THYRONECTRIA PSEUDOTRICHIA 313
CULTURAL CHARACTERS
On agar medium : Ascospores germinating overnight in distilled water, potato
dextrose agar and malt extract agar with germ tubes arising from one or more
cells in the ascospores (Fig. 50; Plate II, k). Colony on PDA yellowish-white,
attaining a diameter of 4-5 cm in 10 days, with even margin, without discol-
ouring the agar. Mycelium fast growing, floccose; aerial hyphae branched,
septate, aggregating into rope-like structures. Conidiophores (Fig. 15) borne
on the mycelium, short, initially mononematous, later becoming synnematous,
15.5-22.5 X 2.0-3.5 ym producing phialides terminally and laterally. Phialides
subcylindrical to short-subulate, 10.0-17.0 (14.4) X 2.5-3.0 um, with a colla-
rette at the tip, producing conidia singly and successively (Fig. 13, 14; Plate Le).
Conidia solitary, obovate, hyaline, 1-celled, with a narrow base, 5.0-8.5 (6.5)
Х 3.0 ит.
On sterilized twigs: Mycelium on sterilized twigs of Ficus asperima incubated
in Roux-tubes producing yellowish white colonies and covering the surface in
about 10-15 days, fast growing, floccose. Conidiophores initially mononema-
tous, later synnematous. Perithecia developing after 6 weeks on pulvinate,
orange coloured stromata. Other characters as in agar culture.
DEVELOPMENT OF THE ANAMORPH
In slide cultures, solitary conidia are produced in about 4-5 days. Phialides
may be produced directly on the vegetative hyphae or it may develop in groups
on phialophores, and finally attain a subcylindrical to subulate shape (Fig. 7,
8). They are broadest near the base and narrowed towards the tip. A septum
cuts off each phialide from the phialophore or parent hypha.
A
Plate I. — Thyronectria pseudotrichia
a - perithecia (under stereomicroscope) x23; b - synnemata x23;c - part of stalk of a synne-
та хаз ШЧ Жашоо гок арка ран ога зулат х8; conidiophare witt-chts
Tides. and’ conidia 485; f - section throut part of a pscudoparenchymatous stroma x 161]
8 - h- section of a stroma showing an ascogonium embedded in the stroma (h, portion of
g, enlarged to show the ascogonium) : g x161, h x485; i - k - stages in development of the
perithecial centrum x161.
Planche I. — Thyronectria pseudotrichia
a - périthèce x 23; b - synnema x 23; c - partie du pied d'un synnema x 485; d - section
dans la partie apicale d'un synnema х 485; е - conidiophore avec phialides et conidies
x 485; f- section dans un stroma pseudoparenchymateux x 161; g -h - section dans un
stroma montrant l'ascogone x 161 et x 485; i- k - développement du centre du périthéce
x 161.
Source : MNHN, Paris
314 C.V. SUBRAMANIAN and D. JAYARAMA BHAT
Figs. 25 - 28. — Thyronectria pseudotrichia
25 - 28 - longitudinal sections of perithecial centra showing the development of apical para-
physes and of asci.
Fig. 25-28. — Thyronectría pseudotrichia
25 - 28 - développement des paraphyses apicales et des asques dans un jeune périthéce
(coupe).
Source - MNHN. Paris
THYRONECTRIA PSEUDOTRICHIA 315
Conidium ontogeny is as follows. The initial of the first conidium buds out
as a small protuberance at the tip of the phialide (Fig. 9). During further deve-
lopment, the protuberance slightly elongates and swells to form the globose
young conidium (Fig. 10). There is protoplasmic continuity between the coni-
dium initial and the phialide during the initial stages of conidium development.
In further development, a septum is laid down between the conidium and the
phialide at the locus of constriction between them and, with the severance of
the first conidium from the phialide a break of the wall of the phialide at the
tip is seen (Fig. 11, 12). With the first conidium so detached, a second conidium
initial appears in the open end of the phialide. This process is repeated so that
a basipetal succession of solitary conidia are produced which form a slimy
mass (Fig. 13).
DEVELOPMENT OF THE TELEOMORPH
The first stage in the development of the perithecium is the development
of the stroma. A highly branched and compact system of hyphae is produced
and forms a plectenchymatous stroma. In due course the plectenchymatous
stroma becomes pseudoparenchymatous. As already described, mature stroma
(Plate I, f, g) is composed of thick-walled, pigmented cells towards the peri-
phery and thin-walled hyaline cells in the interior.
The first indication of perithecial development is the formation of a deeply
staining ascogonium embedded in the stroma, beneath the layers of pigmented,
thick-walled cells (Fig. 18, 19; Plate I, g). When young, the ascogonium is com-
posed of a globose, uninucleate cell and 1-2 septate, elongate, narrow tricho-
gyne (Fig. 20; Plate I, h). The trichogyne disintegrates early. As the ascogonium
makes its appearance, the surrounding stromal cells loose their identity. In later
development, the ascogonium becomes a coiled structure with variable number
(usually 7-8) of uni- or binucleate cells (Fig. 21, 22; Plate 1, i). At this stage, the
ascogonium is seen surrounded by 2-3 layers of polygonal cells which stain
deeply compared to the cells of the stroma forming as it were an envelope. The
origin of these cells is not clear. But from the fact that they take stain deeply
and they are thin-walled shows that they are newly formed cells, almost at the
same time as the development of the ascogonium. With further development,
the cells constituting the envelope divide and thereby increasing in thickness
of the envelope and in fact, this envelope of cells constitute then what becomes
the wall of the perithecium. The periphery of the wall is confluent with the
stroma (Fig. 23, 24). Three to four layers of the wall cells in the periphery
become thick-walled and 2-3 layers of cells in the inner region remain thin-
walled.
In the next stage, the perithecium is seen to protrude out of the stroma and
is visible under the stereomicroscope as a tiny dot on the stromal surface. At
this time, the centrum of the young perithecium becomes a site of great activity.
Some of the cells immediately surrounding the ascogonium disintegrate and
Source : MNHN, Paris
316 C.V. SUBRAMANIAN and D. JAYARAMA BHAT
Figs. 29 - 32. — Thyronectria pseudotrichia
9 - 32 - further stages in the development of perithecium. Note the apical paraphyses in
29 and their gradual disappearance in 31 and 32.
Fig. 29 -32. — Thyronectria pseudotrichia
29 - 32 - stades successifs du développement d'un périthéce. On notera la présence des para-
physes en 29 er leur disparition progressive en 31 er 32.
Source- MNHN. Paris
THYRONECTRIA PSEUDOTRICHIA 317
5 33-4446-48
[EUM
тор 4549850
Figs. 33 - 50. — Thyronectria pseudotrichia
33 - portion of a mature perithecial centrum (enlarged); 34-44 - stages in the development
ОЁ ascus and ascospores; 45-47 - mature asci; 48-49 - ascospores. Nota in 48, uninucleate
cells in ascospore; 50 - germinating ascospores.
Fig, 33 - 50. — Thyronectria pseudotrichia
33 - région centrale d’un périthèce mûr; 34-44 - stades successifs de développement des
asques et des ascospores; 45-47 - asques mürs; 48-49 -ascospores; 50 - ascospores germant.
Source : MNHN, Paris
318 C.V. SUBRAMANIAN and D. JAYARAMA BHAT
Source : MNHN, Paris
THYRONECTRIA PSEUDOTRICHIA 319
form a cavity around the ascogonium (Plate I, j). Cells of the enveloppe at the
base of the cavity now enlarge in size. At the same time, cells of the envelope
at the apex of the cavity divide repeatedly and form a zone of intensively
staining, small, uninucleate cells which occupy a area below the morphological
apex of the young perithecium (Fig. 24; Plate I, k). Curiously enough, this
‘meristematic’ zone at the apex becomes active and produces a palisade of down-
wardly growing septate filaments, the apical paraphyses, the cells of which are
uninucleate (Fig. 25; Plate II, a, b). As the apical paraphyses grow downward,
the young perithecium increases in size and the downwardly growing apical
paraphyses keep pace with the expansion of the perithecium and fill the entire
centrum cavity (Plate II, d). The centrally located ascogonial cells are pushed
to the bottom of the cavity by the descending apical paraphyses (Fig. 26).
The globose cells at the bottom of the centrum cavity already referred to
now become highly vacuolated and start desintegrating. The asci develop inter-
spersed with apical paraphyses forming a kind of hymenium at the base and to
some extent on the sides of the centrum (Fig. 27-29; Plate II, c, e).
At about the time the apical paraphyses touch the bottom of the cavity,
there is an upward growth of the ’meristem’ at the morphological apex of the
perithecium (Fig. 26-28; Plate II, b, c). They grow rapidly and as these cells
grow from all sides an ostiolar canal is formed schizogenously (Fig. 30). The
cells constituting the ostiolar canal are compactly arranged and are in the form
of unbranched hyphae.
In the final stages of the development of the perithecium, the thin-walled
cells comprising the perithecial wall are separated from the surrounding thick-
walled cells of the wall all along their length except at the bottom (Fig. 29-3
Plate II, f). This separation of the perithecial wall is apparently due to lysis
of cells in that region.
DEVELOPMENT OF ASCI
The ascogonial cells divide and produce a basal layer of variable number of
ultimately binucleate cells. Ascogenous hyphae develop from the ascogonial
cells and two nuclei migrate into each ascogenous hypha (Fig. 34). The binu-
cleate ascogenous hypha elongates and becomes curved at the tip (crozier)
eu,
Plate II. — Thyronectria pseudotrichia
a - e - stages in the development of perithecial centrum and ostiole (note asci developing
among apical paraphyses in e) x 210; f - section through a mature perithecium x 210;
g - ascogenous system showing croziers x 630; h - an ascus x630; i - ascospores x 630;
J- an ascospore and ascoconidia x630; k - germinating ascospore x630,
Planche II. — Thyronectria pseudotrichia 1
a - e - différentes étapes du développement du centre du périthéce et de l'ostiole x210;
f - section dans un périthèce mûr x210; g - système ascogène avec des croziers x 630; h -
asque x630; i - ascospores x 630; j - ascospore et ascoconidies x630; k - ascospore germant
x630.
Source : MNHN, Paris.
320 C.V. SUBRAMANIAN and D. JAYARAMA BHAT
while the 2 nuclei divide simultaneously and become four (Fig. 35-57). Two
septa divide the 4-nucleate crozier into a basal unicleate and an apical uni-
nucleate cells in between separating a binucleate median cell. The two nuclei
in the medium cell fuse (Fig. 38) and, further, the median cell elongates with
the fusion nucleus migrating to midway position (Fig. 40). Meiosis occurs at
this stage in the young ascus, first, becoming a binucleate ascus (Fig. 41), then
a 4-nucleate ascus (Fig. 42). A third, mitotic, division is soon golowed resulting
in an 8-nucleate ascus (Fig. 43). This is followed by another mitotic division
resulting in an 16-nucleate stage. Cleavage furrows are laid down around each
pair of nuclei in the young ascus delimiting eight young elliptical ascospores
(Fig. 44). Spores are initially transversely septate, and later become muriform
(Fig. 45).
By repeated crozier formation, each ascogenous hyphae may give rise to
several asci (Fig. 48; Plate II, g).
DISCUSSION
The anamorph of Thyronectria pseudotrichia is a synnematous, phialidic
hyphomycete with slimy conidia assigned to Stilbella cinnabarina, The ascogo-
nium, to begin with, is globose to subglobose, uninucleate, provided with a
trichogyne, and develops in a pre-formed pseudoparenchymatous stroma. The
ascogonium eventually becomes a several-celled, coiled structure. the cells being
multinucleate, and the trichogyne disappears. Asci are produced by the inter-
vention of croziers, the ascogenous hyphae being short. The asci are without
any apical apparatus. The perithecial centrum is of the typical Nectria-type
(LUTTRELL, 1951) with apical paraphyses. Thus Thyronectria pseudotrichia
is a good hypocreaceous fungus. However, we cannot be certain that it is a
Thyronectria as we have no precise, understanding of T. patavina Sacc. which is
the type species of the genus. The type material has not been available to us for
study and even SEELER. (1940) who monographed the genus had to depend
entirely on Saccardo’s original diagnosis and illustrations in his circumscription
of the genus.
Source : MNHN, Paris
THYRONECTRIA PSEUDOTRICHIA 321
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Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
323
ETUDE ULTRASTRUCTURALE DES DIFFERENTES
REGIONS DE L’HYPHE CHEZ
AUREOBASIDIUM PULLULANS (DE BARY) ARNAUD.
par Liliane SIMON *
RESUME. — Cette étude aborde les aspects ultrastructuraux et cytochimiques des différen-
tes catégories d'organites et formations cellulaires, depuis l'apex jusqu'à la zone plus pro-
fonde différenciée de l'hyphe. Les observations réalisées dans les différents territoires et
le marquage des polysaccharides (technique de THIERY) confirment l'importance métabo-
lique des régions sub et sous-apicales où les systèmes membranaires ct vacuolaires se situent
au carrefour des fonctions de phagocytose et d'autophagie. L'appareil de Golgi, atypique,
est présent dès la région sub-apicale, sous forme de cisternes simples, où il participe aux
fonctions d'exocytose. Dans la région sous-apicale proximale, les mitochondries en forme de
cloche séquestrent une portion cytoplasmique appauvrie en ribosomes mais où l'on discerne
des associations polysomales. Les plasmalemmasomes situés dans l'espace. périplasmique
sont observés, sous forme lenticulaire simple, dés la région sous-apicale proximale ; dans les
régions plus profondes ils deviennent plus complexes, plurivésiculaires et sont localisés,
soit sous la paroi, soit dans les compartiments cytoplasmiques. Les réserves en lipides, gly-
cogène et matériel métachromatiques sont formés dès la région sous-apicale proximale.
L'apex de l'hyphe est classiquement occupé par des vésicules sécrétrices issues de portions
dilatées de profils endomembranaires absorbant les constituants polysaccharidiques. Ces
résultats qui soulignent le rôle physiologique important de la zone sous-apicale sont discutés
comparativement à d'autres données.
SUMMARY. — This study is an approach to ultrastructural and cytochemical aspects of
the various cellular organelles and formations in relation to their location in the hyphae,
from the apex to a more distal differentiated zone. Polysaccharides labelling obtained by
THIERY test and observations of the different regions have shown the metabolic impor-
tance of the subapical zone and a slightly more distal zone (« sous-apicale ») where mem-
brane and vacuolar systems are implicated in phagocytic and autophagic functions. An
atypic Golgi apparatus made up of single cisternae participates to exocytose functions and
is found already in the subapical zone. Bell shaped mitochondria in a slightly more distal
zone («sous-apicale proximale») are folded around an area of cytoplasm in which ribosomes
are less numerous but grouped in polysomes. Behind the sub-«pical zone the plasmalemma-
somes, located in periplasmic space, have a single lenticular morphology but in the older
zones (« sous-apicale en voie de différenciation » and « différenciée ») they are represented
by plurivesicular structures also located under the wall, or in the cytoplasmic compartments.
Lipidic, glycogenic and metachromatic reserves are formed near the sub-apical zone (« sous-
apicale proximale »). The hyphal apex is occupied by secretory vesicules derived from
enlarged endomembranous profiles where polysaccharides are adsorbed. These results show
the very important physiological function of the zone located below the apex (« sous-
apicale ») and are discussed in relation to other data.
MOTS-CLES : Hyphe, MET, Cytochimie, ultrastructure, Aureobasidium pullulans.
* Laboratoire de Biologie et Cytcphysiologie végétales - UER des Sciences de la Nature -
Faculté des Sciences - 44072 NANTES Cedex FRANCE.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptogamie, Mycol.) TOME 5 (1984)
Source : MNHN. Paris
324 L. SIMON
INTRODUCTION
Aureobasidium pullulans (de Bary) Arnaud est un Micromycete trés ubiquiste
dont l'écologie est bien connue depuis les travaux de COOKE (1959, 1961),
DICKINSON (1976) et DOMSCH et al. (1980). Il se développe de manière
saprophytique sur les feuilles, les bourgeons, les baies, les vieilles peintures mu-
rales, l'humus des foréts et peut méme envahir les tissus végétaux (JUMP, 1938 ;
DAVENPORT, 1966 ; PUGH et BUCKLEY, 1975) ou animaux (WYNNE and
GOTT, 1956) où il provoque des affections. Selon la nature du substrat où du
milieu de culture sur lesquels il croft, il peut se présenter sous différentes formes:
sporulantes (blastospores et chlamydospores) ou filamenteuses (pseudo-mycé-
lium ou mycélium vrai) (LUTERAAN, 1954 ; RAMOS et al., 1975 ; BIELY et
al., 1979 ; KOCKOVA-KRATOCHVILOVA et al., 1980). Des études ultrastruc-
turales, relatives aux formes sporulantes ont été entreprises en microscopie
électronique à transmission (DURREL, 1968 ; REISINGER et al., 1974 b)
ou en microscopie à balayage (PECHAK ET CRANG, 1977). Les formes blas-
tosporées et (ou) chlamydosporées ont également fait l'objet de recherches con-
cernant plus précisément la structure et la composition chimique de la paroi
cellulaire (BROWN et al., 1972; REISINGER et al., 1974 a; GADD et GRIF-
FITHS, 1980). Le processus de bourgeonnement cellulaire a, par ailleurs, retenu
l'attention de RAMOS et GARCIA-ACHA (1975) qui ont pu le comparer à
celui d'autres levures, oxydative (Rhodotorula glutinis) ou fermenrative (Sac-
charomyces cerevisiae). La méthode de microanalyse par diffraction des rayons
X a permis à DOONAN et al. (1979) d'étudier la composition élémentaire des
granules de polyphosphates contenus dans le cytoplasme des blastospores.
On constate donc qu'il existe des informations ultrastructurales relatives aux
formes sporulantes de ce micro-organisme. Une importante lacune demeure,
cependant, en ce qui concerne les formes mycéliennes qui n'ont pas fait l'objet
d'un tel type d’investigations ; rappelons les seules recherches de DURREL
(1968) sur la formation centripéte des cloisons transversales et la structure du
pore septal. Il convient de combler cette lacune afin de pouvoir, notamment,
établir les relations structurales ou métaboliques entre formes sporulantes et
hyphales de ce micro-organisme. Dans un travail précédent, nous avons étudié,
en microscopie électronique à balayage, les hyphes prostrées, cultivées en milieu
solide, à différents stades de leur développement (SIMON, 1980). Dans ce tra-
vail, nous présentons les résultats d'études menées en microscopie électronique
à transmission sur les différents territoires mycéliens depuis l'apex (dont la struc-
ture n'a jamais été observée) jusqu'aux régions plus profondes différenciées.
MATERIEL ET METHODES
Les cultures d'une souche, CYPP14, récoltée dans le vignoble nantais (SI-
MON et POULARD, 1979) ont été effectuées en boftes de Pétri, sur milieu nu-
tritif solide à l'extrait de malt (5 %) gélosé (3 %) convenant bien à la produc-
tion et la croissance des hyphes prostrées de ce champignon.
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 325
Les échantillons de mycélium ont été prélevés sur des cultures agées de 20
heures. Des petits blocs cernant les régions riches en hyphes ont été découpés
(dimensions : 1,5 x 1,5 x 1 mm) dans le milieu de culture, puis fixés par une
solution de glutaraldéhyde a 4 % tamponnée par du cacodylate de sodium
0,07 M à pH 7,2 pendant 2 H 30 à température ambiante. Après 3 lavages succes-
sifs par le tampon cacodylate à pH 7,1, les échantillons ont été postfixés par le
tétroxyde d'osmium à 2 % dans un tampon phosphate à pH 7. La déshydrata-
tion à l'éthanol a été interrompue par un bain contrastant de 2 H à 4? C dans
une solution d'acétate d'uranyle à 1 % dans l'acétone à 70? GL; la déshydrata-
tion a été ensuite reprise, puis terminée par plusieurs bains successifs d’acétone.
L'imprégnation des pièces a été suivie par leur inclusion dans un mélange d'épon.
Les coupes ultrafines ont été effectuées avec un ultramicrotome PORTER
BLUM MT2, montées sur grilles de cuivre de 100 meshs, recouvertes d'un film
de parlodion, puis contrastées par l'acétate d'uranyle à 1 %. Des coupes ont été
colorées par le protéinate d'argent (PAT Ag) pour la detection polysaccharidique ;
dans ce cas, la méthode par flottaison de THIERY (1967) a été suivie, les coupes-
témoins n'ont pas subi d'oxydation par l'acide périodique. La présence ou l'ab-
sence d'un marquage par le protéinate d'argent sur les sctructures cellulaires
et, en particulier sur le plasmalemme et ses divers replis, a facilité leur identifi-
cation en plasmalemmasomes ou lomasomes selon la distinction proposée entre
les deux types de formation par COULOMB (1973) dans le meristeme radicu-
laire de Scorzonera hispanica.
Les préparations ont été observées au microscope électronique à transmission
JEOL-120 CX, sous une tension d'accélération de 100 KV.
RESULTATS
REGION APICALE
Elle présente une polarité nette qui se manifeste par la présence de nombreu-
ses vésicules qui confluent à l'apex des filaments (Fig. 1, 3 et 4). Ces vésicules,
distribuées dans le cytoplasme sont de deux types : (i) les plus volumineuses
présentent un diamètre qui varie de 100 à 180 nm (Fig. 4) ; leur contenu fine-
ment granuleux réagit plus ou moins fortement au test de THIERY montrant
quelques grains épars de protéinate d'argent (Fig. 4), leur membrane limitante
réagit positivement à ce test et apparaît contrastée, de manière comparable
au plasmalemme avec lequel elles fusionnent (Fig. 4) ; nombreuses à l'apex, ces
vésicules sont aussi distribuées plus profondément dans la région sub-apicale de
lhyphe (Fig. 1, 4 et 5) ; certaines, légèrement plus volumineuses, contiennent
2 où 3 granules internes, arrondis, non électron-denses (Fig. 2) et non réactifs
à l'épreuve de THIERY ; ces vésicules sont issues des extrémités de certains pro-
fils membranaires plus dilatés que ceux du reticulum endoplasmique, et dont
la membrane apparait marquée, contrairement à ceux-ci, par le protéinate
d'argent. Aprés constriction de ces profils dilatés, les vésicules formées se déta-
Source - MNHN, Paris
326 L. SIMON
chent et migrent vers l'extrémité apicale où elles fusionnent avec le plasma-
lemme. (ii) les autres vésicules apicales, peu denses aux électrons, sont plus dif-
ficiles à discerner sur les préparations classiquement fixées et contrastées ; elles
sont plus petites (microvésicules, de taille comprise entre 400 et 600 À) et dis-
persées plus irrégulièrement à l’apex que les vésicules précédemment décrites
(Fig. 3, 4) ; ni leur contenu, ni leur membrane limitante ne sont marqués par
le test PATAg (Fig. 4). Les images observées dans les régions hyphales sous-
jacentes montrent qu’elles sont fréquemment associées aux dictyosomes et au
reticulum endoplasmique.
Des profils de reticulum pourvus de ribosomes avoisinent cette region apicale
(Fig. 2 et 3), mais ne semblent pas ou peu la pénétrer. Le plasmalemme présente
un aspect faiblement sinueux (Fig. 4) ; il est marqué par les grains de protéinate
d'argent. L'observation des coupes-témoins confirme bien son activité dans le
transit polysaccharidique, depuis les vésicules sécrétrices jusqu'à la paroi cellu-
laire. Celle-ci, encore mince, est perméable aux électrons aprés fixation classique
et n'est observable qu'aprés marquage par le test PATAg (Fig. 4) ; elle est consti-
tuée d'une couche granulaire dont l'épaisseur constante est de 900 À environ.
REGION SUB-APICALE
Cette région comporte un protoplasme trés riche en ribosomes (Fig. 1, 2)
dont la forte densité rend plus difficile la détection d'une association éventuelle
en polysomes ; les mitochondries et les cytomembranes sont orientées parallèle-
ment à l'axe d'élongation du filament (Fig. 1, 2). Les mitochondries, nombreu-
ses, ovalaires, longues et cylindriques sont plus ou moins flexueuses; leurs crêtes
internes sont trés légérement dilatées (Fig. 4). On observe quelques saccules
golgiens rudimentaires (Fig. 1, 2). Les vésicules sécrétrices contienent ou non,
comme celles de l'apex, plusieurs granules peu denses aux électrons (Fig. 1 et 2).
Leur membrane limitante et leur contenu sont assez faiblement marqués par le
test PATAg indiquant une présence polysaccharidique moins élevée que celle
des vésicules apicales.
Les profils du réticulum endoplasmique, nombreux, sont disposés parallèle-
ment à l'axe de l'hyphe. Le plasmalemme montre un marquage comparable à
celui de l'apex. La paroi présente un début d'organisation en 2 couches oà dif-
fere l'intensité du marquage (Fig. 4).
REGION SOUS-APICALE PROXIMALE
Cette zone syncytiale (Fig. 5 et 7) prolongeant la région précédemment dé-
crite, est remarquable par sa trés grande densité en ribosomes et en organites
cellulaires : noyaux, mitochondries, cisternes et vésicules golgiennes (Fig. 5) et
par le grand développement des cytomembranes (Fig. 7). A la limite de cette
zone et de la zone précédemment décrite, peuvent étre discernés les premiers
indices d'une vacuolisation précoce (Fig. 5) qui se confirme rapidement (Fig. 7).
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 327
Certaines jeunes vacuoles renferment déjà une ou plusieurs formations osmio-
philes (Fig. 12). L'appareil de Golgi est représenté par des cisternes simples dont
les marges ampullaires engendrent des vésicules dont la membrane limitante est
réactive au test PATAg (Fig. 9); ces vésicules, en position d'abord médiane dans
Vlhyphe (Fig. 5) subissent une évolution de leur taille (80 à 300 nm), de leur
morphologie et de leur physiologie ; certaines se chargent de granules peu denses
aux électrons (Fig. 5, 10, 13) et migrent à proximité du plasmalemme (Fig. 10,
11, 14). Ce sont les organites les plus caractéristiques de cette région, leur dia-
métre reste inférieur à celui des petites vacuoles (500 nm). Leur situation per-
met d'envisager qu'elles joueraient un róle dans le courant hétérophagique entre
vacuole et plasmalemme.
Les noyaux, nombreux, de diamètre compris entre 2 et 3 um se succèdent
régulièrement dans le plan médian de l'extrémité hyphale, ils sont reliés les uns
aux autres par les profils du reticulum endosplasmique (Fig. 12) ainsi qu'avec
le plasmalemme et/ou la membrane mitochondriale.
Les mitochondries sont longues, flexueuses, souvent repliées sur elles-mémes,
emprisonnant ainsi dans l'aire séquestrée une portion cytoplasmique appauvrie
en ribosomes (Fig. 6, 7 et 8); en section transversale, elles prennent alors l'aspect
d'un manchon cernant une plage cytoplasmique de plus faible densité oà l'on
discerne des associations nettes de ribosomes en polysomes (Fig. 6 et 8) ; dans
ces formes, il faut remarquer que les crétes internes sont plus nettement dila-
tées à leurs extrémités, indiquant bien un comportement oxydatif du micro-
organisme. Les profils du reticulum endoplasmique de type « rough », difficiles
à observer en raison de la densité en ribosomes cytoplasmiques (Fig. 5 et 7) sont
fréquemment en relation avec le plasmalemme (Fig. 14).
Le test de THIERY permet de mettre en évidence des précipités peu nom-
breux de protéinate d'argent au niveau de petites particules polysaccharidiques,
dispersées dans le cytoplasme (Fig. 9 et 10) parfois situées à proximité du plas-
malemme (Fig. 9 et 11) et des marges des cisternes golgiens (Fig. 9 et 13).
Le plasmalemme (THIERY (+)) présente un aspect plus ondulé que dans la
zone apicale (Fig. 9, 11 et 14). On remarque la formation de replis intracyto-
plasmiques (Fig. 11), des images de cytose et la présence de formations péri-
plasmiques ou plasmalemmasomes (Fig. 9 et 10).
L'épaisseur de la paroi polysaccharidique atteint 1500 à 3000 A selon les
filaments observés ; elle est constituée de deux couches granulaires : l'une péri-
phérique, mince et plus dense en grains d'argent, l'autre plus interne périplas-
mique moins réactive au test PATAg (Fig. 9).
REGION SOUS-APICALE EN COURS DE DIFFERENCIATION
Elle est caractérisée par la présence de vacuoles de taille plus ou moins grande.
Le cytoplasme dense est toujours trés riche en ribosomes (Fig. 15, 17 et 23)
dont l'abondance ne permet pas de distinguer les associations. Un abondant
Source : MNHN, Paris.
328 L. SIMON
reticulum endoplasmique « rough » peut étre observé (Fig. 17) ; certaines por-
tions situées dans la région périplasmique, très proches du plasmalemme, sont
légèrement marquées par le protéinate d'argent et participent nettement à l’éla-
boration vacuolaire (Fig. 18 et 19); leur réactivité au test de THIERY est compa-
rable, dans ces zones, 4 celle du plasmalemme (Fig. 18). D'autres profils, nette-
ment THIERY (+) s'associent aux plasmalemmasomes et interviennent avec
ceux-ci dans la capture de matériel polysaccharidique périplasmique (Fig. 16).
Les dictyosomes atypiques sont fréquents dans la région cytoplasmique péri-
phérique, les vésicules ont une taille supérieure à celle de la région précédente
(comprise entre 100 et 750 nm) et présentent aussi un contenu peu dense aux
électrons, parfois granuleux. Elles peuvent être disposées. dans le cytoplasme,
à proximité du plasmalemme, de certains profils du reticulum endoplasmique
bien qu'une relation fonctionnelle ne puisse être identifiée avec certitude (Fig.
17) ou à proximité des vacuoles (Fig. 19) prenant alors contact avec le tono-
plaste. Des microvésicules (40 à 60 nm) existent dans cette région (Fig. 19). Il
faut remarquer leur similitude de taille et de non-réactivité à l'épreuve PATAg
avec celle des granules intra-vésiculaires golgiens (50 à 60 nm). Nous avons pu
observer, bien que très rarement, la présence de quelques microtubules allongés
dans le sens d'élongation de l'hyphe.
Comme dans la région sous-apicale proximale, on observe des mitochondries
repliées en forme de cloche.
р
Les particules polysaccharidiques sont plus abondantes et volumineuses que
dans la région sous-apicale proximale ; certaines sont nettement associées en
rosette de glycogéne (Fig. 19) et constituent parfois des plages abondantes au
voisinage des septa intercellulaires (Fig. 19).
Les vacuoles, localisées en périphérie cellulaire, sont rapidement caractérisées
par des encombrements membranaires (Fig. 15). Le tonoplaste réagit positive-
ment au test de THIERY dans les vacuoles les plus jeunes (Fig. 19) ; dans les
autres, on observe fréquemment des vésicules intravacuolaires, des plages cyto-
plasmiques (Fig. 25 et 26) et des enroulements membranaires (Fig. 15) plus ou
moins marqués par le test PATAg ; certains enroulements simulent des corps
concentriques denses (Fig. 22) ; ces différentes images permettent de préciser
le rôle autophagique des vacuoles, analogue à celui des vacuoles des levures
(TRONCHIN et al., 1982) et des végétaux supérieurs (COULOMB, 1981). Celles
dont le diamètre est supérieur à 350 nm contiennent des formations osmio-
philes électron-denses localisées dans l'espace vacuolaire (Fig. 17, 22) ou ac-
crochées au tonoplaste. Ces formations ne sont plus apparentes dans les coupes
oxydées par l'acide périodique (Fig. 27), mais demeurent dans les préparations-
témoins (Fig. 22). Elles contiennent l'élément Calcium en quantité plus élevée
que dans le suc vacuolaire (SIMON et al., 1984) et constituent vraisemblable-
ment les precurseurs des granules métachromatiques détectables en microscopie
photonique par la coloration au bleu de toluidine.
Des globules lipidiques dont la taille avoisine 0,5 à 1 um peuvent être obser-
vés dans l'espace périplasmique ; ils présentent parfois des enroulements mem-
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 329
branaires (Fig. 21) d'origine catabolique ; leur aspect rappelle celui des « dense-
bodies » et des « finger-prints » décrits par BEAKES (1980 b) dans les oospores
de Saprolegnia ferax.
Dans cette région, le plasmalemme réagit encore positivement au test de
THIERY (Fig. 16 et 20) ; il présente un aspect sinueux, ondulé et détermine
fréquemment des replis intracytoplasmiques également THIERY (+) (Fig.
20 et 28). Ces replis apparaissent comme de simples expansions intracytoplas-
miques associées à la capture des cristallisations polysaccharidiques (Fig. 20) ou
deviennent assez profonds et se doublent de replis internes du tonoplaste (Fig.
23) constituant de véritables figures d'endocytose ; ils peuvent aussi capter des
figures d’enroulements membranaires (figures myéliniques) en position péri-
plasmique (Fig. 28). Outre ce type de replis plasmalemmiques simples, il existe
d'autres replis en « cuillére » qui peuvent étre plus profonds englobant une ou
plusieurs aires périplasmiques et aboutissant à la formation de plasmalemma-
somes d’aspect plurivésiculaire (Fig. 24) où la membrane limitante de chaque
vésicule est THIERY (+) et le contenu perméable aux électrons ; il serait sou-
haitable de préciser par d’autres techniques si ces particularités morphologiques
correspondent à des stades métaboliques différents.
La paroi cellulaire (150 nm environ) montre deux couches polysacchari-
diques (Fig. 16) dont la plus externe est plus dense en grains d'argent. Dans cette
région apparaissent les premiers septa intercellulaires : ils sont constitués de 3
couches polysaccharidiques (Fig. 27) ; les deux plus externes présentent des
grains d'argent irréguliérement distribués, contiguës aux plasmalemmes de deux
cellules successives, encadrant une couche médiane de type lamellaire. Malgré
de nombreuses observations nous n'avons pu observer de pore septal, tout au
plus une légére diminution de l'épaisseur du septum dans sa zone médiane.
REGION DISTALE
Cette région est caractérisée par le développement du vacuome qui repousse
cytoplasme et noyaux à la périphérie cellulaire (Fig. 29 et 33). Les mitochon-
dries peu flexueuses, sont allongées dans le sens d'élongation de l'hyphe et ne
présentent plus les formes de séquestration décrites dans les régions sous-api-
cales.
Les vacuoles sont remarquables par la présence de petits granules (30 à
200 nm de diamétre) trés denses aux électrons et précurseurs des granules plus
gros (jusqu'à 850 nm de diamétre) dont le contenu apparaft structuré et granu-
leux réservant des plages de moindre densité aux électrons (Fig. 30) ; les vacuoles
comportent encore de nombreux enroulements membranaires (Fig. 29) et des
vésicules à contenu clair qui ne sont autres que les petits granules précurseurs
métachromatiques dont le contenu minéral a été expulsé sous le choc du bom-
bardement électronique de tension élevée.
La paroi, dont l'organisation est comparable à celle qui a été décrite dans la
région précédente, atteint une épaisseur de 200 à 400 nm.
Source : MNHN, Paris
330 L. SIMON
DISCUSSION
Les observations ultrastructurales effectuées dans la région terminale des
hyphes de l'Aureobasidium pullulans nous ont permis de constater une organi-
sation apicale comparable à celle qui a été décrite chez quelques Ascomycoti-
nés, Basidiomycotinés, Deutéromycotinés (GIRBARDT, 1969 ; GROVE et al.,
1970) et désormais reconnue classiquement : polarisation apicale de vésicules
sécrétrices qui fusionnent avec le plasmalemme et participent à l'élaboration et
lextension du matériel parietal. Chez ce micro-organisme, les vésicules sont
abondantes sur une longueur de 1,5 um environ ; elles sont issues de la fragmen-
tation de profils membranaires endoplasmiques dilatés dont les membranes sont
réactives au test de THIERY traduisant bien une activité dans le transit poly-
saccharidique. Ces résultats sont en accord avec ceux qui ont été obtenus par
SCHRANTZ (1977), dans l'apex des hyphes de la zone supérieure du clavule
de Xylaria polymorpha.
Notre attention a été retenue plus longuement par les régions sub- et sous-
apicales proximales, trés riches en ARN et organites cellulaires. On connaft,
en effet, l'importance de ces zones, dans les activités physiologiques de nutri-
tion et de croissance des hyphes (JENNINGS, 1979) ; chez Aureobasidium pullu-
lans elles sont caractérisées par une forte densité en ribosomes, de nombreuses
associations RE-noyaux-mitochondries et une activité golgienne qui s'exerce
à partir d'un Golgi atypique, constitué de cisternes simples, petits (environ
350 nm de diamètre) dont les marges ampullaires engendrent des vésicules qui
constituent les organites les plus caractéristiques de ces régions : des composés
polysaccharidiques sont adsorbés sur leur membrane assez faiblement réactive
au test THIERY. Certaines de taille plus importante sont chargées de granules
internes non électron-denses et non réactifs au test PATAg. Nous assimilerons
ces formations aux microvésicules et enclaves à microvésicules décrites par
OLAH et al. (1977) dans les régions terminales d’hyphes et dans les cellules
sporogènes de diverses Basidiomycotinés et Deutéromycotinés ; chez Saprole-
gnia ferax (oospores) BEAKES (1980 a) a aussi remarqué ce type de vésicules
au cours de la phase qui précède la formation du tube germinatif. Notre étude
montre que chez Aureobasidium pullulans, dans les régions sub- et sous-apicales,
ces vésicules sont peu chargées de matériaux polysaccharidiques ; en raison de
leur situation proche du RE, du plasmalemme et des vacuoles avec lesquelles
elles fusionnent, nous pensons qu'elles assurent un róle de transit de matériel
entre ces formations, sans qu'il soit possible, dans l'état actuel de nos observa-
tions, d'en préciser l'orientation. Elles sont présentes dans les autres régions hy-
phales, à l'exception de la zone plus profonde différenciée oà nous ne les avons
pas rencontrées; il semble que celles qui sont chargées de granules internes puis-
sent fusionner pour former de petites vacuoles spéciales. Ces observations con-
frontées à celles de FEVRE et al., (1977, 1978, 1979, 1982) chez le Saprole-
gnia monoica nous permettent de comparer ces vésicules à celles qui ont été
caractérisées par ces auteurs et qui assureraient le transport de metabolites
(enzymes hydrolytiques et synthétiques en particulier) depuis le RE et l'appareil
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 331
de Golgi jusqu'an plasmalemme et la paroi cellulaire dont elles assurent l'expan-
sion par exocytose. Notons que selon KRISKEN (1982) il existerait bien chez
les organismes fongiques et l'ensemble des végétaux inférieurs, des vésicules de
transition suggérant un flux continu entre RE et appareil de Golgi.
Deux ou trois séries de vésicules peuvent donc étre discernées dans l'extrémité
hyphale de l'Aureobasidium pullulans : celles qui, accumulées de façon polarisée
À l'apex dérivent de profils endomembranaires dilatés et celles des régions sous-
jacentes, issues de la fragmentation marginale de cisternes golgiens simples cons-
tituant un appareil de Golgi atypique dont les dictyosomes ne résultent pas
d'empilements de saccules comme on peut le voir chez les Zygomycétes. Rap-
pelons à ce propos les études de McLAUGHLIN (1972) qui rapporte que les
champignons supérieurs sont pourvus d'un appareil de Golgi primitif, que l'on
peut identifier essentiellement par la formation de vésicules sécrétrices. La struc-
ture de cet organite cellulaire peut-elle permettre de soutenir les vues systéma-
tiques selon lesquelles A. pullulans serait bien rattaché aux champignons supé-
rieurs ? On sait déjà que la variété lini (Lafferty) Cooke représente le stade im-
parfait de l'Ascomycotinée Guignardia fulvida sp. nov. (SANDERSON, 1964),
D'autres vésicules de plus petit diamètre (environ 450 A) ou microvésicules,
non réactives au test PATAg, dont l'origine n’a pu être précisée, sont présentes
dans les régions apicale et sous-apicale de Phyphe.
Des mitochondries repliées sur elles-mémes, en forme de cloche, existent
dans la région sous-apicale proximale tandis que les régions sub-apicale et plus
profondes du thalle ne présentent que des formes simples et allongées. Des mito-
chondries annulaires auxquelles étaient régulièrement liés des corps électron-
denses (« dense-body vesicles ») ont été observées par BEAKES (1980) au cours
de la maturation et de la germination de l'oospore chez Saprolegnia ferax ; pour
cet auteur et, dans ce cas particulier, les mitochondries seraient impliquées dans
le catabolisme des lipides neutres au cours des phénoménes de développement.
Chez Aureobasidium pullulans, les association polysomales caractérisant les aires
cytoplasmiques sequestrées dans le repli mitochondrial nous permettent de pen-
ser qu’elles pourraient bien présenter une activité métabolique particulière liée
aux synthèses protéiques et qu’il conviendra de préciser.
La présence de lipides et de réserves polysaccharidiques (glycogene) est éga-
lement caractéristique des régions sous-apicale proximale et distale différenciée,
impliquées dans le catabolisme oxydatif. Les granulations lipidiques présentent
fréquemment des figures d'enroulements membranaires. On sait maintenant
que ces figures ne sont pas des artefacts : les recherches de COLE et al. (1971)
ont démontré leur authenticité dans les conidies de Scopulariopsis brevicaulis,
traitées en cryo-décapage (freeze etching) et comparativement par les agents
chimiques classiques.
Chez Aureobasidium pullulans les premières réserves polysaccharidiques
intracytoplasmiques apparaissent, dès la région sous-apicale proximale et cris-
tallisent rapidement, dans la région sous-apicale distale, sous forme de rosettes
et de glycogene qui s'accumulent à proximité des régions septales.
Source : MNHN, Paris
332 L. SIMON
Les plasmalemmasomes de plus en plus fréquents, depuis la région sous-api-
cale proximale jusqu’aux régions plus profondes différenciées sont engendrés
par des replis en « cuillère » du plasmalemme réactifs au test THIERY ; ces
replis capturent des portions cytoplasmiques repoussées par exocytose dans
l'espace périplamique qui apparaît ainsi occupé par des formations lenticulaires
plus où moins applaties qui rappellent les organites décrits par MOORE et al.
(1961), chez divers Mycota, sous le terme lomasomes. Dans les régions distales,
la morphologie des plasmalemmasomes devient complexe et correspond à celle
des formations plurivésiculaires décrites par EYME et al. (1975) chez deux es-
péces d'Agaricus. Chez Aureobasidium pullulans certains profils endomembra-
naires (PATAg +) pourraient participer à leur formation.
D'autres types de replis plasmalemmiques dans les régions sous-apicales en
voie de différenciation et différenciées, suggèrent des images de capture de
matériel pariétal poussé contre le tonoplaste, puis à l'intérieur de vacuoles pré-
existantes où il pénètre par protrusion. Ces images d'endocytose rappellent celles
qui ont été décrites par BOISSIERE (1982) chez deux mycosymbiotes du Pel-
tigera canina et Umbilicaria pustulata. Les fonctions de phagocytose du tono-
plaste des levures sont maintenant connues (TRONCHIN et al., 1982).
Les vacuoles apparaissent dés la zone sous-apicale proximale ; elles sont en-
gendrées par deux processus différents : les plus externes dérivant de dilatations
des profils du reticulum endoplasmique, les autres d'une confluence de vési-
cules golgiennes dont la membrane est réactive au test PATAg. Dés leur appa-
rition, ces vacuoles renferment de petits granules osmiophiles, denses aux élec-
trons au sein desquels existe l'élément calcium et qui sont les précurseurs des
granules de polyphosphates des régions ágées du thalle (SIMON et al., 1984).
Des vésicules et des poches de matériels cytoplasmiques abondantes dans les
vacuoles des zones sous-apicales en voie de différenciation, assurent probable-
ment un transit de matériel entre cytoplasme et vacuoles, Celles-ci présentent,
par ailleurs, de nombreux enroulements membrznaires qui apparaissent d'em-
blée dans les jeunes vacuoles et sont développés avec profusion dans celles des
zones différenciées, Chez les végétaux supérieurs, il a été montré que ces for-
mations traduisent l'implication vacuolaire dans le processus autophagique
(MARTY, 1970 ; COULOMB, 1981) et assurent l'élimination d’organites vieil-
lis.
Cette étude qui a l'originalité d'aborder les aspects ultra-structuraux des
hyphes de l'Aureobasidium pullulans, depuis l'apex jusqu'à la zone différenciée,
précise le rôle physiologique très important de la zone sous-apicale où l’on dis-
tingue (1) l'implication vacuolaire dans les processus d'endocytose et autopha-
gie (2) les fonctions d'exocytose du plasmalemme (3) les particularités métabo-
liques mitochrondriales (4) l'accumulation de glycogéne et des précurseurs de
polyphosphates (5) l'activité golgienne et (6) le turn-over lipidique.
Ces diverses activités métaboliques doivent étre confrontées avec la haute
spécialisation de ce micro-organisme dans les synthéses enzymatiques extracel-
Source : MNHN. Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 333
lulaires (FEDERICI, 1982; IMSHENETSKY et al., 1981; PASQUIER-CLOUET,
1984).
REMERCIEMENTS
Nous remercions Mlles C. THEODET, R. REBERTEAU et M. J. LEROY pour leur amicale
ambiance technique.
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Source : MNHN, Paris
336 L. SIMON
LEGENDE DES PLANCHES
LEGEND OF PLATES
ABREVIATIONS UTILISEES
CY : cytoplasme. EM : enroulement membranaire. G : Golgi. GY : glycogéne. L : lipide.
M: mitochondrie. N : noyau. P : paroi. PL; plasmalemme. PLS : plasmalemmasome.
PMd : profil membranaire dilaté. PP : précurseur de granules metachromatiques. RE :
reticulum endoplasmique. S : septum. T : tonoplaste. VA : vacuole. VG : vésicule gol-
gienne. Vg: vésicule à granules. VS : vésicule sécrétrice. VV : vésicule vacuolaire. UV :
microvésicule. La barre représente 1 Um sauf dans les cas spécialement mentionnés.
ABREVIATIONS USED :
CY : cytoplasm. EM : concentric membrane body. G: Golgi. GY ; glycogen. L : lipid.
M : mitochondrion. N : nucleus. P + wall. PL: plasma membrane. PLS : plamalem-
masome. Pmd : enlarged membrane profile. PP : polyphosphates. RE : endoplasmic reti-
culum. S : septum. T : tonoplast. VÀ : vacuole. VG : Golgi vesicle. Vg : granular vesicle.
VS : secretory vesicle. VV : vacuolar vesicle. [LV : microvesicle. The bar measures 1 Um
except when otherwise stated.
Fig. 1 à 4: Extrémité hyphale. Fig. 1, région apicale et subapicale. Fig. 2, détail de la ré-
gion subapicale. Fig. 3, détail de la région apicale. Certaines vésicules golgiennes contien-
nent des granules peu denses aux électrons. Fig. 4, test de THIERY. Les marges (fléches)
de profils membranaires dilatés engendrent des vésicules sécrétrices qui confluent à l'apex.
Les microvésicules sont réparties de manière homogène dans le cytoplasme.
Fig. 1 to 4 : Hyphal tip. Fig. 1, apical and subapicale zone. Fig. 2, detail of the subapical
zone. Fig. 3, detail of the apical zone. Several Gorgi vesicles contain granules that are slight-
ly electron-dense. Fig. 4, THIERY test. The edges (arrows) of the enlarged membrane pro-
files produce secretory vesicles converging towards the apex. The microvesicles are regularly
distributed throughout the cytoplasm.
Fig. 5 à 8: Région sous-apicale proximale. Fig. 5, le cytoplasme dense est caractérisé par
la présence de noyaux et nombreuses vésicules golgiennes dont certaines renferment des
granules peu denses aux électrons.
Fig. 5 to 8: Area behind the apical zone. Fig. 5, the dense cytoplasm is characterized by
nuclei and numerous vesicles a few of which contain slightly electron-dense granules.
Fig. 6 et 7 : Portions cytoplasmiques riches en organites cellulaires. Le plasmalemme est on-
dulé (fig. 6). Des mitochondries repliées (fig. 6 et 7, fléches) séquestrent une aire cytoplas-
mique appauvrie en ribosomes.
Fig. 6 and 7 : Cytoplasmic areas rich is in cellular organelles. The plasmalemma is sinuous
(fig. 6). Folded up mitochondria (arrows) sequester a cytoplasmic area poor in ribosomes.
Fig. 8 : Detail d'une mitochondrie. L'aire cytoplasmique séquestrée présente des associa-
tions ribosomales (flöches). Les crétes internes sont dilatées. La barre mesure 0,5 um.
Fig. 8 : Detail of a mitochondrion. The sequestered cytoplasmic area shows polysomes
(arrows). The internal cristae are enlarged. The bar measures 0,5 Hm.
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 337
Fig. 9 à 14 : Région sous-apicale proximale, test de THIERY. Fig, 9 et 10, les replis du
plasmalemme sont à l'origine de la formation de plasmalemmasomes. Il existe de petites
cristallisations polysaccharidiques intracytoplasmiques. La membrane des vésicules golgien-
nes est légèrement marquée par le protéinate d'argent, certaines vesicules montrent des gra-
nules internes, Fig. 11, détail de vésicules golgiennes renfermant des profils membranaires
et des granules peu denses aux électrons. Fig. 12, trois noyaux reliés par des profils de reti-
culum endoplasmique sont apparents. Les vacuoles contiennent des granules de phosphates.
Fig. 13, détail de vésicule golgienne et vacuole. La barre mesure 0,5 lm. Fig. 14, le reticu-
lum endoplasmique et une vésicule golgienne rejoignent le plasmalemme trés sinueux.
Fig. 9 to 14: Area behind the apical zone, THIERY test. Fig. 9 to 10, the plasmalemma
folds produce plasmalemmasomes. The cytoplasm shows cristallized polysaccharides. The
membrane of Golgi vesicles is slightly labelled by silver proteinate, several vesicles show in-
ternal granules. Fig. 11, detail of Golgi vesicles containing membrane profiles and slightly
electro-dense granules. Fig. 12, three nuclei connected by endoplasmic reticulum, The va-
cuoles show phosphate bodies, Fig. 13, detail of Golgi vesicles and vacuole. The bar mea-
sures 0,5 Um. Fig. 14, the endoplasmic reticulum and a Golgi vesicle are associated with
the sinuous plasmalemma.
Fig. 15 à 20 : Region sous-apicale, en cours de différenciation. Fig. 15, la vacuole com-
porte des enroulements membranaires. On observe une image d'endocytose {flèches doubles).
Fig. 16, association plasmalemme-reticulum endoplasmique pour la capture de matériel
polysaccharidique. Fig. 17, relation reticulum endoplasmique-vesicules golgiennes. Va-
cuoles jeunes renfermant les précurseurs des granules métachromatiques. La barre repré-
sente 0,5 Jm. Fig. 18, test de THIERY, dilatations du reticulum endoplasmique et forma-
tions vacuolaires. La barre mesure 0,5 Um. Fig. 19, test de THIERY : les polysaccharides
cristallisés sous forme de rosettes et de glycogéne sont: localisées à proximité ou au contact
de jeunes vacuoles; les flèches indiquent l'emplacement des précurseurs dissous des granules
métachromatiques. Fig. 20, test de THIERY, les particules de glycogène sont capturées
par des replis de plasmalemme dont certains sont étroitement associés au tonoplaste des
vacuoles.
Fig. 15 to 20 : Area behind the apical zone, in process of differentiation. Fig, 15, the
vacuole shows a concentric membrane body. We observe a figure of endocytosis (double ar-
rows). Fig. 16, plasmalemma endoplasmic reticulum connection in order to capture poly-
saccharides. Fig. 17, relation endoplasmic reticulum-Golgi vesicles. Small vacuoles con-
taining metachromatic precursors. The bar measures 0,5 jm. Fig, 18, THIERY test, endo-
plasmic reticulum enlargement and vacuolar formation. The bar measures 0,5 jim. Fig. 19,
THIERY test : Q — cristallized glycogen is located close to small vacuoles; arrows show the
location of metachromatic precursors. Fig. 20, THIERY test, glycogen particles are col-
lected by the folds of the plasmalemma which is closely linked to the tonoplast.
Fig. 21 à 28 : Région sous-apicale, en cours de différenciation, Fig. 21, portion cytoplas-
mique : lipides en voie de dégradation, Fig. 22, vacuole comportant des granules de poly-
phosphates et des enroulements membranaires concentriques. Fig. 23, images de capture
de plasmalemmasomes par endocytose (flèches doubles). La barre mesure 0,5 Jim. Fi,
test de THIERY, plasmalemmasomes simple et composé à aspect plurivésiculaire. Fig. 25,
vacuole comportant des polyphosphates et des vésicules. Fig. 26, vacuole autophagique
comportant des plages cytoplasmiques et de petites vésicules (flèche). Fig. 27, test de
THIERY, structure du septum intercellulaire : 3 couches polysaccharidiques (flèches).
Fig. 28, plage périplasmique ; le repli du plasmalemme capture un enroulement membra-
naire.
Fig. 21 to 28: Area behind the apical zone, in process of differentiation. Fig. 21, cyto-
plasmic area : altering lipids. Fig. 22, vacuole with polyphosphate granules and concentric
membrane bodies. Fig. 23, plasmalemmasomes are captured by endocytosis (double arrows).
Source - MNHN. Paris
338 L. SIMON
The bar measures 0,5 Um. Fig. 24, THIERY test, single and composite plurivesicular
plasmalemmasomes. Fig. 25, vacuole with polyphosphates and vesicles. Fig. 26, autopha-
gic vacuole with cytoplasmic areas and small vesicles (arrow). Fig. 27, THIERY test, inter-
cellular septum structure : 3 polysaccharidic layers (arrows). Fig. 28, periplasmic area; the
fold of the plasmalemma capture a concentric membrane body.
Fig. 29 à 34 : Région hyphale différenciée. Fig. 29, ensemble de vacuoles autophagiques,
certaines sont encombrées d'enroulements membranaires (flèches). Fig. 30 et 32, portions
vacuolaires montrant de petits granules métachromatiques dont certains sont vidés de leur
contenu. Fig. 31, détail de gros granules à polyphosphates ; m, membrane limitante. La
barre mesure 0,5 im. Fig. 34, test de THIERY, aspect de quelques plasmalemmasomes.
Fig. 33 et 35, images d'endocytose (flèches) [ fig. 33, la barre mesure 0,5 um |.
Fig. 29 to 34 : Differentiated hyphal area. Fig. 29, several autophagic vacuoles a few of
which show membrane coil (arrows). Fig. 30 and 32, vacuolar areas showing small meta-
chromatic granules a few of which are emptied of their content. Fig. 31, detail of large
polyphosphate granules ; m, limitating membrane. The bar measures 0,5 Um. Fig. 34,
THIERY test, several plasmalemmasomes. Fig. 33 and 35, figures of endocytosis (arrows).
[ fig. 33, the bar measures 0,5 um ].
Source : MNHN. Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 339
Source : MNHN, Paris
340 L. SIMON
Source : MNHN. Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 341
Source : MNHN, Paris
342 L. SIMON
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE A. PULLULANS 343
‚Source : MNHN. Paris
L. SIMON
344
Source : MNHN, Paris
345
ANALYSE BIBLIOGRAPHIQUE
PEGLER D.N., 1983 — Agaric Flora of the Lesser Antilles (with J.P. FIARD,
cocollector and photo-illustrator), London. Her Majesty's Stationary Office,
Royal Botanic Gardens, Kew, Kew Bulletin Additional Series IX, 668 p., 129
fig., 27 pl. phot. coul., 2 cartes.
On sait que, dans les régions tempérées et plus encore dans le domaine inter-
tropical, l'inventaire des champignons a débuté bien aprés celui des phanéro-
games, Une telle étude dont l'essor n’a été véritablement pris que vers le milieu
du siècle dernier, s'est toutefois développée au fil des décennies : la flore fon-
gique se trouve maintenant, non pas complètement décrite, mais sensiblement
mieux connue pour un grand nombre de territoires et les zones « en blanc »
S'amenuisent peu à peu. Ainsi, en Amérique tropicale, divers travaux ont été
consacrés aux champignons de Guyane frangaise, du Venezuela et de pays
caraibes tels que Cuba ou la Jamaïque, tandis que les articles parus sur ceux des
Petites Antilles sont rares; d'ailleurs, il s'agit souvent d'énumérations, en. général
seulement annotées, comme celle donnée en 1903 par le R.P. Duss pour des
espèces déterminées par N. Patouillard. Cette lacune vient justement d'être en
partie comblée avec la publication de l'important ouvrage que D.N. Pegler pré-
sente au sujet de certains Basidiomycètes des Iles du Vent. C'est en effet une
analyse floristique concernant plus précisément les Hyménomycètes de types
agaric et bolet poussant dans l'archipel à climat chaud et humide qui, entre
océan Atlantique et mer des Caraïbes, comprend notamment, outre la Guade-
loupe et ses dépendances, la Dominique et la Martinique.
Selon un plan d'ensemble imposé par le sujet même et que l'Auteur a déjà
suivi dans une précédente Flore portant sur les Agarics de l'Est africain (1977),
l'essentiel du volume apparaît naturellement réservé à la description des taxons.
Les ordres d’Holobasidiomycétes traités sont les Russulales et les Agaricales, les
Bolétales à hyménophore tubuleux et lamellé ainsi que, partiellement, parce
qu'ils renferment quelques champignons d'aspect agaricoide, les Aphyllopho-
rales et les Cantharellales. On constate donc que la classification adoptée de-
meure traditionnelle, sans s'être inspirée des modifications introduites par R.
Kühner qui, depuis 1980, distingue des Tricholomatales et des Plutéales sépa-
rées d'un ordre des Agaricales, de ce fait moins vaste que tel qu'on le considère
habituellement. Après les définitions des ordres, familles et genres, après les
clés facilitant l'identification des spécimens, toutes les caractéristiques macro-
et microscopiques, ainsi que les indications de récolte et de synonymies, sont
détaillées pour chaque espèce, Des dessins aux traits, nombreux et d'une grande
clarté, reproduisent l'habitus des basidiocarpes et soulignent les points intéres-
sants d'anatomie fine. Cette illustration est complétée par des photographies
en couleurs, 132 exactement, représentant les espéces les plus remarquables ou.
certaines qui se sont révélées étre nouvelles pour la Science. Rappelons d'ailleurs
que beaucoup d'entre elles - russules et lactaires surtout — ont été décrites dans
des publications antérieures. A ce propos, on se gardera de confondre deux
russules qui, l'une et l'autre proches de R, delica dans la section des Compactae,
Source : MNHN, Paris
346 ANALYSE BIBLIOGRAPHIQUE
ont reçu le nom spécifique de littoralis. Toutes deux montrent des silhouettes,
dimensions générales et particularités microscopiques analogues, la même teinte
ochracé pále : cependant la premiére, découverte en France sur le littoral du
Sud-Ouest sous Pinus pinaster et dont la diagnose a été établie par H. Romagnesi
(Bull. Soc. Myc. Fr., 1972), possède de nombreuses lamellules; la seconde (D.N.
Pegler, Mycotaxon, 1980) qui semble liée aux Coccoloba des rivages de la Marti-
nique, offre un piléus se colorant parfois légèrement de lilacin, avec peu de
lamellules. 11 faut mentionner enfin qu'aucun genre nouveau n’a été créé mais
le sous-genre Inopilus (Romagn.) élevé au rang générique tandis qu'une quaran-
taine de combinaisons nouvelles ont été proposées.
Si les « Agarics s.l. » de ces fles tropicales à relief varié sont donc présentés
sous l'angle taxonomique, les données concernant leurs exigences écologiques
n'en ont pas moins retenu également l'attention de l'Auteur. Ainsi, des remar-
ques sur l'habitat et la répartition géographique accompagnent la description
des champignons ; en outre parmi ces derniers, sont indiqués ceux qui apparais-
sent comme les plus représentatifs dans chacun des types forestiers correspon-
dant à quatre zones climatiques, Alors que les massifs les plus élevés, froids et
très humides, n’abritent guère de Macromycètes, les forêts pluviales, entre 600
et 300 m d'altitude, sont riches en espéces de genres tels qu'Hygrocybe, Mycena
et Marasmiellus. Plus bas, dans la zone de végétation mésophyte, sous les arbres
toujours verts, abondent les représentants des Lepiota, Leucocoprinus, Agaricus,
divers bolets, des marasmes et des collybies. Souvent en bordure de mer, les
foréts xérophytes soumises à une longue saison séche sont le domaine d'espéces
constituant des associations mycorrhiziques ectotrophes : amanites, cortinaires,
russules et c'est là notamment que poussent la plupart des inocybes signalés par
PAuteur.
Ouvrage indispensable au mycologue qui étudie spécialement les champignons
d'Amérique centrale, cette Flore sera, par les multiples indications taxonomiques
et écologiques qu'elle expose, un complément nécessaire à toute documentation
sur la mycologie tropicale; au-delà de sa valeur vis-à-vis de la composition fon-
gique des Petites Antilles, elle se montre aussi comme un témoignage actuel sur
une végétation en voie de rapide dégradation à cause d’éruptions volcaniques
éventuellement, de cyclones plus souvent, de l’activité humaine surtout dont les
destructions sont particulièrement irréversibles.
J. PERREAU
Source : MNHN, Paris
TABLES LU TOME 5 — 1984
ALBERTINI L. — voir SY A.A.
ANGELI-PAPA J. — La culture d'un champignon par les fourmis Attines. Mise en évi-
dence de phénomènes d'antibiose danslenid .................,.... 147
BARRASA J.M. — voir MORENO G.
BEGHDADI A. — voir PAUL B.
BETTUCCI L. — Etude de la colonisation fongique d'éprouvettes de bois d'Abies reli-
giosa.....
BHAT D.J. — voir SUBRAMANIAN C.V.
BOIDIN J. et LANQUETIN P. — Répertoire des données utiles pour effectuer les tests
d'intercompatibilité chez les basidiomycates. I- Introduction ............ 33
BOIDIN J. et LANQUETIN P. — Répertoire des données utiles pour effectuer les tests
d'intercompatibilité chez les Basidiomycétes. II - Phragmobasidiomycètes sapro-
phytes
BOIDIN J. et LANQUETIN P. — Répertoire des données utiles pour effectuer les tests
d'intercompatibilité chez les Basidiomycètes. III - Aphyllophorales non porées . . . 193
CAYROL J.C., COMBETTES S. et QUILES C. — Influence de l'association nématodes-
bactéries sur la formation des pièges chez l'Hyphomycète prédateur Arthrobotrys
247
47
DUO ла IO ERE OU REG UNDE A а 21
CHADEFAUD M. — Le Gyno-carpophore gamétophytique des Asco- et Basidiomycetes
О О ое NE MUN 1
CLAUZET J.P. — voir NAJIM L.
COMBETTES S. — voir CAYROL J.C.
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Curt.) Donk et A. ramentacea (Berk. et Br.) Donk (Basidiomycétes. Aphyllopho-
rales)
DÉQUATRE B. — voir DAVID A.
DURRIEU G. et ROSTAM S. — Spécificit
veillula (Erysiphaceae) .....
FAUS J. — voir MORENO G.
GIANINAZZI-PEARSON V. — voir PONS Е.
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in Spain. New Marasmiaceae Roze, family Names . .
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JAYARAMA BHAT. — voir SUBRAMANIAN C.V,
KADIRI M. — voir NAJIM L.
LANQUETIN P. — voir BOIDIN J.
MINTER D. — voir ROQUEBERT M.F.
MORENO G. y BARRASA J.M. — Agrocybe setulosa sp. nov. en España (Bolbitiaceae,
AID ОИ ER E RN 101
MORENO G. y FAUS J. — Tres especies raras del genero Coprinus (Agaricales) de Cata-
а аа NE a A и ГЕ 13
NAJIM L., CLAUZET J.P. et KADIRI M. — Contribution à l'étude de la flore fongique
microscopique du Maroc. I. - Ге genre Gonatobotrys : quelques aspects morpholo-
giguesctphysiologquesue нь 109
NORNG K. — voir SY A.A.
51
Source : MNHN, Paris
348 TABLES DU TOME 5
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mycétes : étude ultrastructurale. II. Les asques unituniqués 171
PATHAK. — voir SHARMA R.K.
PAUL B. et BEGHDADI A. — Aquatic fungi of Algeria : Pythium multisporum Poi-
tras 189
PETITPREZ M. — voir SY A.A.
PONS P. et GIANINAZZI-PEARSON V. — Influence du phosphore, du potassium, de
l'azote et du pH sur le comportement in vitro de И с,
nes à vésicules et arbuscules 87
QUILES C. — voir CAYROL J.C.
ROQUEBERT M.F. et MINTER D. — Modifications structurales de la paroi liées à
Tenvironzeniétit ".- «ree OMR. ES MERE NT ve a n 121
ROSTAM S. — voir DURRIEU G.
SHARMA R.K., VERMA O.P. and PATHAK. — Some physical and nutritional factors
for growth and sporulation of Claviceps fusiformis Lov. ................ 269
SIMON L. — Etude ultrastructurale des différentes régions de l'hyphe chez Aureobasi-
dium pullulans (de Bary) Arnaud s-sess ть 323
SINGH J. — voir SINGH P.K.
SINGH N.I. — voir SINGH Р.К.
SINGH P.K., SINGH J., SINGH N.l. — Leaf surface fungi of Zizania latifolia (Grizeb.)
De e MORE nn Ren 301
SUBRAMANIAN C.V. and BHAT D.J. — Developmental morphology of Ascomycetes.
SEN ee ei ee nee и 67
SUBRAMANIAN C.V. and BHAT D.J. — Developmental morphology of Ascomycetes.
XI. Nectria kera 135
SUBRAMANIAN C.V. et JAYARAMA BHAT D. кыш uen сода
comycetes. XII. : Thyronectria pseudotrichia - 307
SY A.A., NORNG K., ALBERTINI L. et PETITPREZ MIS Recherches Sur а Пане
biologique contre Pyricularia oryzae Cav. IV. Influence du pH sur l'aptitude de ge
mes antagonistes à inhiber in vitro la croissance mycélienne du parasite ae
VERMA O.P. — voir SHARMAR.K.
и
Dépót légal n» 12371 - Imprimerie de Montligeon
Sorti de presses le 15 avril 1985
Source : MNHN, Paris
CRYPTOGAMIE — MYCOLOGIE
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Laboratoire de Botanique, Faculté des Sciences,
Allées Jules Guesde, 31 000 Toulouse (France).
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12, rue de Buffon, 75005 Paris (France).
MANACHERE G., pour les articles traitant de Physiologie
Laboratoire de Mycologie, Université de Lyon 1,
43, Bd du 11 Novembre 1918, 69622 Villeurbanne Cedex (France).
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Laboratoire de Cryptogamie, Muséum National d'Histoire Naturelle
12, rue Buffon, 75005 Paris (France).
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HENNEBERT G., Louvain-la-Neuve SUTTON B., Kew (Grande-Bretagne)
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Les manuscrits doivent étre adressés (en 3 exemplaires) directement à un
membre du Bureau de Rédaction, choisi pour sa spécialité. Chaque membre du
Bureau se charge d'envoyer l'article à 2 membres du Comité de Lecture (ou
autres lecteurs competants).
Bien qu'étant avant tout une revue de langue francaise, les articles rédigés en
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chaque tome.
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Prix du fascicule séparé: France: 60 F Etranger : 70 F
MEMOIRES HORS-SERIE DISPONIBLES
NO 2 (1942). Les matieres colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages : 15 Е.
No 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
NO 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (11), par С.
Becker. 94 pages : 25 F.
NO 8 (1966). Catalogue de la Mycothèque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (1) Micro-
mycètes, Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 Е.
NO 9 (1967). Table des Matières (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40p. 10 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DÉPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome 1. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome Il. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. : 60 F.
Tome Ill. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 60 F.
Tome IV. Les Discomycétes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte :60 F.
Réglements :
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