CRYPTOGAMIIE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS
BIBL.DU
|MUSEUM
\PARIS,
\*
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNEE PAR LEJÍENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
СІП ТЕ,
SOMMAIRE
PONS F. et GIANINAZZI-PEARSON V. — Influence du phosphore, du
potassium, de l'azote et du pH sur le comportement in vitro de champi-
gnons endomycorhizogènes à vésicules et arbuscules.............. 87
MORENO G. y BARRASA J.M. — Agrocybe setulosa sp. nov. en España
fee lbiiacene Agaricales) TS 101
NAJIM L., CLAUZET J.P. et KADIRI M. — Contribution à l'étude de la
flore fongique microscopique du Maroc. I. — Le genre Gonatobotrys :
quelques aspects morphologiques et physiologiques . ............. 109
ROQUEBERT M.F. et MINTER D. — Modifications structurales de la
Lunes environnement = en nes dre NUL dS 121
SUBRAMANIAN C.V. and BHAT D.J. — Developmental morie
оҒАзсошусесев. ХІ. Месітіп Еега.................... 135
ANGELI-PAPA J. — La culture d'un champignon par les fourmis Attines.
Mise en évidence de phénomènes d’antibiose dans le nid. .......... 147
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
ТОМЕ 5 Fascicule 2 1984
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAN TTAKIS Ch
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.C. BOISSELIER. ÉDITEUR : A.D.A.C.
Copyright € 1984. Cryptogamie Mycologie
Bibliothèque Centrale Muséum
zu
3300
roe HINEIN BARS
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome 5, Fascicule 2, 1984)
PONS F. et GIANINAZZLPEARSON V. - Influence of phosphorus,
potassium, nitrogen and pH on vesicular-arbuscular endomycorrhizal
A е 87
MORENO G. y BARRASA J.M. — Agrocybe setulosa sp. nov. in Spain.
БЫНАН T 20 101
NAJIM L., CLAUZET J.P. et KADIRI M. — Contribution to a study of
microscopical fungal flora of Morocco. 1. The genus Gonatobotrys :
some morphological and physiological aspects. . ................ 109
ROQUEBERT M.F. et MINTER D. — Structural changes of the wall... . . 121
SUBRAMANIAN C.V. and BHAT D.J. — Developmental morphology
of Ascomyceten меа 22... .. 135
ANGELI-PAPA J. — Fungus-culturing by Attine ants (Attini). Antibiotic
contral ot the microflora of the nest, onas se sO 99909908 919053 147
Source : MNHN. Paris
87
INFLUENCE DU PHOSPHORE, DU POTASSIUM, DE L'AZOTE
ET DU PH SUR LE COMPORTEMENT IN VITRO
DE CHAMPIGNONS ENDOMYCORHIZOGENES
A VÉSICULES ET ARBUSCULES
par Frangoise PONS et Vivienne GIANINAZZI-PEARSON*
RESUME. — Le comportement des champignons endomycorhizogénes à vésicules et arbus-
cules Glomus mosseae, G. epigaeus et Gigaspora margarita, caractérisés par un bon pouvoir
germinatif des spores, n'est pas influencé in vitro de façon analogue par les modifications
du milieu, La concentration élevée en phosphore soit sous forme de KH2PO4 ou K HPO4
n'inhibe pas la germination des spores de G. margarita, alors que les fortes concentrations
diminuent la germination des spores de G. epigaeus comme la croissance de ses hyphes.
Cependant, chez G. margarita, les fortes concentrations en K; HPO4 provoquent des pertur-
bations dans la fagon dont les spores germent (augmentation du nombre de tubes germina-
tifs) et inhibent aussi la croissance des hyphes de ce champignon. De plus l'addition de
phosphore au milieu augmente la vitesse dans les hyphes des courants cytoplasmiques vers
les spores. La germination des spores et la croissance des hyphes de G. mosseae diminuent
en présence de KH3PO4, indépendamment de la concentration de ce sel, tandis que
K2HPO4 n'a pas d'effet négatif méme à des concentrations élevées. L'azote n'a un effet
inhibiteur qu'à fortes doses sous la forme de NH4NO3 uniquement chez G. epigaeus alors
qu'il ne perturbe pas la germination et la croissance des hyphes lorsqu'il est apporté sous la
forme de KNO3 ou NH4Cl. Les pH acides inhibent la germination des spores ainsi que la
croissance des hyphes de G. mosseae tandis que G. epigaeus et G. margarita ne montrent
pas une sensibilité semblable à des variations du pH du milieu.
SUMMARY. — The vesicular-arbuscular endomycorchizal fungi Glomus mosseae, G. epi-
gaeus and Gigaspora margarita are not influenced in the same way by modifications in the
agar medium used to germinate their spores. High phosphorus concentrations, in the form of
KH2PO4 or K2HPOg, do not inhibit spore germination by G. margarita whilst they decrease
both spore germination and hyphal growth of G. epigaeus. High amounts of KaHPO; do,
however, cause alterations in the pattern of spore germination of G. margarita (increased
number of germ tubes), and also inhibit hyphal growth by this fungus; furthermore, cyto-
plasmic streaming towards the spore increases in hyphae with phosphate additions to the
agar medium. All concentrations of KH¿PO4 used inhibit both spore germination and
hyphal growth of G. mosseae whilst KaHPOa has no negative effect even at high concen-
trations. High concentrations of nitrogen in the form of NH4NOs, but not KNO3 or NHaCl,
have a negative effect only on G. epigaeus. Low pHs inhibit spore germination and hyphal
growth of G. mosseae, whilst G. epigaeus and G. margarita do not show a similar sensi-
tivity to variations in pH.
Laboratoire de Phytoparasitologie, Station d'Amélioration des Plantes, LN.R. A.
B. V. 1540, 21034 Dijon Cedex.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 5 (1984).
Source : MNHN, Paris
88 F, PONS et V. GIANINAZZI-PEARSON
MOTS CLES : P, K, N, pH, champignons endomycorhizogénes, spores.
INTRODUCTION
Les champignons endomycorhizogénes à vésicules et arbuscules (VA) sont
capables de réaliser la symbiose avec les racines d'un nombre considérable
d'espèces végétales, en particulier les plantes agricoles, Cette association se révèle
trés efficace quant à la croissance des végétaux dans les sols relativement pauvres
en éléments minéraux (MOSSE, 1972), mais son effet diminue si on compense
la mauvaise fertilité du sol par un apport d'engrais phosphatés (SANDERS &
TINKER, 1973: ASIMI & al, 1979). De nombreux travaux ont pour objet
la connaissance de la plante mycorhizée considérée dans son ensemble (MOSSE,
1978; voir GIANINAZZI & al., 1982). I] serait pourtant intéressant de considé-
rer le champignon seul dans la mesure où il est le point de départ de l'infection
dans le sol. On ne sait pas encore réaliser de cultures pures de champignons
endomycorhizogènes VA, au delà de la germination de leurs spores de conserva-
tion. Toutefois, les quelques observations faites à ce propos dans le cas de di-
verses espèces à spores germant sur différents milieux synthétiques ou contenant
des extraits de sol, indiquent que, bien qu'appartenant à une famille trés res-
treinte, ces champignons ont des exigences trés précises quant aux pHs, tempé-
rature et concentrations de phosphate du milieu (GREEN, GRAHAM &
SCHENK, 1976; DANIELS & GRAHAM, 1976; SIQUEIRA, HUBBELL &
SCHENK, 1982; HEPPER, 1983). Afin de mieux connaitre les conditions écolo-
giques qui influenceraient le comportement des champignons endomycorhizo-
génes VA dans le sol, nous avons étudié l'effet du pH et de divers sels de phos-
phate, de potassium et d'azote sur la capacité de germination des spores et la
croissance mycélienne de trois espèces de ces champignons.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les cultures de chaque espèce de champignon sont entretenues en utilisant
comme plante-hôte l'oignon (Allium cepa L. var Hyper). Ces plantes sont myco-
rhizées dans du sol prélevé sur le Domaine d'Époisses de l'INRA de Dijon, ayant
un pH de 7.0 à 7.8 et préalablement irradié aux rayons y (1 Mrad). Les spores
de conservation des champignons endomycorhizogènes VA sont récoltées à
l'intérieur de sporocarpes attachés aux racines (Glomus mosseae (Nicol. et Gerd.)
Gerdemann et Trappe), à la surface de la terre (G. epigaeus, Daniels et Trappe),
au niveau du mycélium attaché aux racines (Acaulospora laevis, Gerdemann et
Trappe), et dans la terre entourant les racines (Gigaspora margarita, Becker
et Hall), (GERDEMANN & TRAPPE, 1974; BECKER & HALL, 1976; DANIELS
& TRAPPE, 1979). Les spores sont utilisées immédiatement sauf G. mosseae
pour lequel il est nécessaire de laisser les sporocarpes à 8°C pendant quatre
semaines à l'obscurité, afin d'obtenir un bon taux de germination des spores.
Source : MNHN, Paris.
CHAMPIGNONS V.A. IN VITRO 89
Les spores sont désinfectées dans le mélange décrit par MOSSE (1959)
(pour G. margarita nous avons utilisé 400 mg de sulfate de streptomycine/l)
pendant 15 minutes puis rincées soigneusement à l'eau distillée stérile.
Les spores sont ensuite repiquées sur eau gélosée 0,5 % (pH 6,8) (Difco Bacto
agar) seule ou additionnée de différents sels. Dans les expériences sur l'effet
du phosphore et du potassium nous avons utilisé des milieux contenant 25, 50,
100 ou 200 ppm de phosphore sous forme de KH2PO4 (pH 5,8 4 5,9) et K;-
HPO, 3H20 (pH 7,8 à 7,9). L'influence du pH est étudiée sur des milieux
contenant 50 ppm de phosphore à pH 5,8, 6,2, 6,8, 7,5 ou 7,8 obtenus par des
mélanges appropriés de KH:PO4 et K:HPO4 3H20. Pour les expériences sur
l'azote nous avons préparé des milieux avec 25, 50 et 100 ppm d'azote sous
forme KNO; , NH4NO; ou NH, Cl.
Les spores sont mises à germer à l’obscurité dans une étuve a 24°C, et pour
G. epigaeus aussi à 20°C. La germination des spores a été suivie in vitro à l'aide
du microscope optique et le comptage effectué périodiquement sur une popu-
lation de spores jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de spores qui germent. Les mesures
de la distance maximale atteinte par les hyphes, sont déterminées à l'aide d'un
micrométre oculaire. Les courants cytoplasmiques ont été aussi estimés à l’aide
d'un micromètre oculaire en mesurant la vitesse du déplacement du contenu
granulaire des hyphes (environ à mi-distance entre l'apex et la spore) sur une
longueur donnée. Les résultats ont été analysés statistiquement par la méthode
de calcul de x? ou le test «t» de Student.
RÉSULTATS
1. — POUVOIR GERMINATIF DES SPORES,
CULTIVÉES SUR EAU GÉLOSÉE
Les spores récoltées dans les conditions décrites ci-dessus sont toutes capables
de germer sur eau gélosée. Quelques caractéristiques des lots de spores étudiés
dans nos expériences sont indiquées dans le tableau 1.
Tableau 1. — Diamètre des spores et section des hyphes au début de la germination des
champignons endomycorhizogènes VA étudiés.
Table 1. — Spore and hyphae diameters of VA fungi at the beginning of spore germination.
Diamétre des spores Section des hyphes
G. mosseae 160 + 32 um 6 km
G. epigaeus 108 t орт 4-8 im
G. margarita 485 + 35 im 8-12 рт
A. laevis 221 + 21 um 6 um.
Nombre de répétitions : 30 à 40.
Source : MNHN, Paris
100 pm 100 um
Planche 1 — Premiers stades de germination des spores de champignons endomycorhizo-
genes VA sur eau gélosée. a. G. mosseae : tube de germination en forme d'ancre émer-
eant de l'hyphe d'attachement (flèche). b. G. epigaeus : forme irrégulière des premières
yphes (flèches) se développant à partir des spores. c. A. laevis : hyphes multiples émer-
geant de la paroi d'une spore. d. G, margarita : en haut, hyphes émergeant de la paroi
sporale (fléche) a cté de I’hyphe d’attachement; en bas, hyphe formant des méandres
sur Pagar.
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNONS V. A. IN VITRO 91
100
2, 80
о Ф
E
5Е 60
So
Ba
=
52 40
EE
38
$252
2 4 6 8 10 12 14 16 18
Jours
Figure 1. — Germination en fonction du temps, sur eau gélosée, des spores de (-@) G.
mosseae, (-W.) G. epigaeus, (-&) G. margarita, (-v-) A. laevis.
Figure 1. — Germination with time on water agar of spores of (-€) G. mosseae, (-w) G.
epigaeus, (A) G. margarita and (-y-) A. laevis.
La germination des spores de G. mosseae, G. margarita et A. laevis débute à
partir de 2-3 jours à 24" C, tandis que les spores de G. epigaeus ne germent qu'à
partir de 6-7 jours (Fig. 1). Dans la plupart de nos expériences, les spores de
A. laevis étaient caractérisées par un taux de germination plus faible que celles
de trois autres espèces et par conséquent nous n'avons pas étudié l'influence des
modifications du milieu sur le comportement de ce champignon.
L'aspect des premiers stades de la germination sur eau gélosée de ces quatre
espèces de champignons est très varié (Planche 1). Les tubes germinatifs de С.
mosseae et G. epigaeus émergent de l'hyphe d'attachement (Planche 1a) qui les
reliait au sporocarpe, tandis qu’ils émergent directement de la paroi sporale
chez G. margarita et À. laevis. Les hyphes croissant sur le milieu ont également
une forme particulière; pendant les trois premiers jours de la germination chez
G. mosseae, les hyphes sont droites et se ramifient vers l'arrière en figurant une
sorte «d'ancre»; chez G. epigaeus, les premières hyphes sont très irrégulières et
présentent une succession de renflement et d'amincissements. Les hyphes
d'A. laevis sont droites, celles de G. margarita poussent en formant des méandres
à la surface de l'agar et s'enfoncent trés vite dans celui-ci. Il est facile de dis-
Plate 1 — Early stages in spore germination by VA endomycorrhizal fungi on water agar.
а. С. mosseae : anchorshaped germ tube emerging from hyphal attachment. b. G.
epigaeus : irregularly shaped hyphae (arrows) developing from spores. c. A. laevis :
numerous hyphae emerging from the wall of a single spore. d. G. margarita : upper,
hyphae emerging from spore wall (arrow) adjacent to the hyphal attachment; lower,
wavy hyphal growth in agar.
Source : MNHN. Paris
92 F.PONS et V. GIANINAZZI-PEARSON
tinguer ces espèces uniquement par la forme des hyphes au début de la germi-
nation (Planche 1).
De plus, après quatre à six jours ces différentes espèces de champignon
peuvent produire des vésicules sur de courtes ramifications du mycélium. Elles
sont soit sphériques et individuelles (G. mosseae, G. epigaeus, et A. laevis),
soit sphériques et hérissées et groupées par 12 A 20 environ (G. margarita).
Sur eau gélosée le développement ultérieur des hyphes est toujours plus impor-
tant chez G. margarita que chez G. mosseae et G. epigaeus (Fig. 3, 5).
y
N
N
| Bid
o 25 50 100 200
p.p.m. de phosphore (KH;PO,)
Pourcentage des spores germées
7721
N:
RE
ҚЕ
RES
Ni
N:
Na
NES
КЕ
p.p.m. de phosphore (K;HP0:,3H,0)
Figure 2. — Germination des spores de (@) G. mosseae, (&) G. epigaeus et (D) G. margarita
en présence des concentrations croissantes en phosphore sous forme de (a) KH3PO4 ou
(b) Ka HPO4 3H20.
Figure 2. — Germination of spores of (2) G. mosseae, (&) G. epigaeus and (C) G. margarita
ONU UNE c S Ld obe oL Sd REO Ud
(b) K3HPO4 3H30.
Source : MNHN, Paris
Longueur des hyphes (mm)
O 25 50 100 200
p.p.m. de phosphore (KH,PO,)
(b)
o 25 50 100 200
p.p.m. de phosphore (K;HP0,3H50)
Figure 3. — Croissance des hyphes issues de spores de (2) G. mosseae, (2) С. epigaeus et (2)
G. margarita placées sur des milieux à concentration croissante en phosphore sous
forme de (a) KH2PO4 ou (b) Ka HPO4 3H50.
Figure 3. — Growth of hyphae from spores of (Z) G. mosseae, (G5) G. epigaeus and (0)
G. margarita in presence of increasing concentrations of phosphorus in the form of (a)
KH2PÓg and (b) K2HPO4 3H20.
Source : MNHN, Paris
94 F.PONS et V. GIANINAZZI-PEARSON
2. — EFFET DES MODIFICATIONS DU MILIEU SUR.
LA GERMINATION DES SPORES ET LE DÉVELOPPEMENT DES HYPHES
— Concentration en phosphore et potassium
Nous avons observé que les spores de G. mosseae germent toujours mieux sur les
milieux contenant du K} HPO; que sur ceux contenant du KH;PO, (Fig. 2).
Cette différence de comportement se manifeste dès les premiers stades de la
germination (3 jours). En ce qui concerne G. epigaeus, les deux sels de phos-
phore (mono- et dipotassique) ont une influence semblable sur la germination
des spores : les fortes concentrations (200 ppm en phosphore) des deux sels
ont un effet significativement inhibiteur (P < 0,05).
Si nous considérons la croissance des hyphes de G. mosseae (Fig. 3), elle est
comme la germination des spores beaucoup plus faible sur les milieux contenant
du KH2PO4 que sur ceux additionnés de K2HPO4; il en est de méme pour la
croissance des hyphes de G. epigaeus, contrairement à la germination de ses
spores. En présence de doses croissantes de K:HPO4, le développement des
hyphes de G. mosseae est amélioré, tandis que les hyphes de G. epigaeus voient
leur croissance nettement inhibée par les fortes concentrations en phosphore
(100 et 200 ppm).
Tableau 2 : Nombre moyen de tubes germinatifs par spore de G. margarita sur des milieux
contenant des concentrations différentes en phosphore sous forme de KH PO4 ou de
K3HPO; 3H30.
Table 2. — Average number of germ tubes produced per spore by G. margarita on agar
media containing different concentrations of phosphorus as KHaPO4 or К;НРОд 3Н;0.
Témoin
KHaPO4 Kz HPO4 (eau gélosée)
ppm de phosphore : 25 50 100 200 25 50 100 200
Expérience I : а 45 1,3
Expérience II : 1% 19 TE 25 18 O TAN 3 13
* Différence significative avec le témoin, P< 0,05.
Nombre de répétition : 12.
Dans le cas particulier de G. margarita, le comptage du taux de germination
de spores donne les mémes résultats sur les milieux contenant KH; PO, ou
K,HPO, (Fig. 2). Cependant l'observation au microscope photonique révèle
des comportements distincts de germination selon le type de sel phosphaté
dans le milieu. A 100 ppm de phosphore sous forme de K¿HPO4, le nombre
de tubes de germination augmente significativement (Tableau 2), alors qu'à
200 ppm la croissance de ces hyphes est minimale (Fig. 3); les hyphes se cloi-
sonnent et meurent rapidement. Cet effet pourrait étre dü aux concentrations
plus élevées en potassium dans le milieu (505 ppm pour K3 HPO; par rapport
à 252 ppm pour KH; PO, ).
Source : MNHN, Paris
CHAMPIGNONS V.A. IN VITRO 95
— Concentration en azote
Chez G. margarita, l'apport d'azote aux concentrations 25, 50, 100 ppm
sous forme de KNOs, NH4NOs et NH4Cl ne modifie pas significativement le
taux de germination par rapport au témoin (eau gélosée) et ne s’accompagne
pas de perturbations du nombre de tubes germinatifs ni de leur aspect. Par
contre chez G. epigaeus, le taux de germination diminue légérement (P « 0,05)
avec l'augmentation de la concentration en azote, mais uniquement quand ce
dernier est présent sous forme combinée de nitrate d'ammonium (Fig. 4).
100,
Figure 4. — Germination des spores de a B9 R
G. epigaeus en présence des concen- 59 H Қ
trations croissantes en azote sous 22 60 N
forme de (2) KNO3, (2) NH4NO3, ot | Қ
(B) NH4 CI. $9 ۶
Т Py m c A
Figure 4. — Spore germination of G. $9 М
epigaeus in presence of increasing 555 М
concentrations of nitrogen in the aa 20 RÀ
$5 М
form of (2) KNOs, (Z) NH4NOs and | МІ
(0) NH4Cl. M
0 25 5О 100
p.p.m. d'azote
— pH
Les résultats obtenus sur l'influence du pH sur les différents champignons
VA sont présentés dans la Figure 5. Ils mettent immédiatement en évidence la
grande sensibilité de G. mosseae au pH du milieu : la germination et la croissance
des hyphes sont fortement inhibées à pH 5,8 (P < 0,01) alors qu'à pH 7,8,
elles ne sont pas significativement différentes du témoin (pH 6,8). Cela explique
les observations faites précédemment sur l'influence des deux sels phosphatés,
les milieux contenant du KH3PO; ont en effet un pH de 5,8 à 5,9 alors que
ceux contenant du K2HPO4 ont un pH de 7,8 à 7,9. Chez С. epigaeus, cet
effet est moins net; il semble que les spores puissent germer et atteindre un
pourcentage non significativement différent du témoin tant à pH 5,8 qu'à pH
7,5 et 7,8, bien que la germination diminue toujours à pH 6,2 et 6,8. Les raisons
de cette diminution restent à déterminer. Cependant la croissance des hyphes
de G. epigaeus est sensible au pH acide et elle est nettement meilleure à des pH
neutres ou alcalins. Le cas de G. margarita doit étre nuancé : en effet dans la
Figure 5, on ne décéle pas une influence significative du pH sur la germination
des spores et la croissance des hyphes. Toutefois, si nous prenons en considé-
ration le nombre de tubes germinatifs par spore ainsi que le nombre de ces
tubes qui sont viables (c'est-à-dire non segmentés; Fig. 6), nous remarquons
Source : MNHN, Paris
Pourcentage des
Spores germées
0222
ЕСА
А
ГГ
O СЕСЕ
Longueur des hyphes (mm)
Figure 5. — Germination des spores (a) et croissance des hyphes (b) de (Z) G. mosseae,
(8) G. epigaeus et (C) G. margarita sur des milieux à pH différents.
Figure 5. — Spore germination (a) and hyphal growth (b) of (Z) G. mosseae, (4) G. epigaeus
апа (0) С. margarita on agar medium at different pHs.
Source : MNHN, Paris
CHAMPIGNONS V.A. IN VITRO 97
sg! 10
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$35 6 86
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au E
ooc 2 Sa
PES E
SEE
SEE
Pas
oe
5,862 68 7578
pH
Figure 6. — Influence du pH du milieu sur (A) la germination des spores, (-e-) le nombre
de tubes de germination formés par chaque spore et (-™) le pourcentage de tubes viables
de germination chez G. margarita.
Figure 6. — Influence of pH on (-&) spore germination, (-®) nomber of germ tubes formed
per spore and (-™) percentage of viable germ tubes of G. margarita.
qu'en général plus le nombre moyen de tubes germinatifs par spore est élevé,
plus le pourcentage de tubes viables diminue; cet effet est maximal à pH 7,5.
De plus les spores à germination multiple sont aussi celles pour lesquelles la
croissance des hyphes est minimale sur le milieu gélosé.
Tableau 3. — Vitesse des courants cytoplasmiques dans les hyphes de G. margarita à diffé
rents pH (Um/s).
Table 3. — Effect of pH on cytoplasmic streaming (m/s) in hyphae of G, margarita.
Témoin! 582. 620 68 7,5% 70
(pH 6,8)
vers ’apex 3,50 3,34 — 3,0 3487 334 3,04%
vers la spore 3,05 312% 296% 390% 9301Ж 418%
* Différence significative avec le témoin sans phosphore, P <0,05.
Nombre de répétitions pour les témoins : 19 et les traitements entre 10 et 35.
1 : Eau gélosée, 2 : 50 ppm de phosphore.
Nous avons mesuré d'autre part la vitesse des courants cytoplasmiques dans
les hyphes de G. margarita en fonction du pH du milieu (Tableau 3). Ces cou-
rants sont bidirectionnels, le courant revenant vers la spore est en général plus
rapide. Le pH n’a pas d’effet sur ces courants cytoplasmiques, mais la présence
Source : MNHN. Paris
98 F, PONS et V. GIANINAZZI-PEARSON
de 50 ppm de phosphore utilisés pour tamponner le milieu gélosé augmente
sensiblement (P < 0,05) la vitesse des courants cytoplasmiques vers la spore,
indépendamment du pH du milieu.
DISCUSSION
Dans le présent travail, nous avons pu mettre en évidence gráce au taux élevé
de germination des spores de 3 des 4 champignons endomycorhizogènes VA
étudiés, l'influence sur leur comportement de quelques facteurs du sol transposés
ici en conditions aseptiques. Comme on pouvait s'y attendre, les champignons
endomycorhizogénes VA montrent une variabilité non seulement au niveau du
taux de germination de leurs spores, de la durée nécessaire pour que débute
cette germination, et du développement général des hyphes, mais aussi au niveau
de la sensibilité de ces processus vis-à-vis des différents facteurs du milieu tels
que les éléments nutritifs (N, P, K) et le pH. Au niveau de la germination des
spores, on observe que la concentration en phosphore du milieu n’a aucune
influence sur le taux de germination de G. margarita. Par contre, la germination
des spores est inhibée à des fortes concentrations (200 ppm) chez G. epigaeus;
d'après les études de DANIELS & TRAPPE (1980) cet effet sur G. epigaeus
est probablement atténué dans le sol. En ce qui concerne G. mosseae, on ne
constate pas d'effet inhibiteur à toutes les concentrations de phosphore sous
forme de K:H PO. Ces observations concordent avec celles faites par HEPPER
(1983) qui a signalé que la germination des spores de C. mosseae n'est diminuée
qu'à partir de 930 ppm de phosphore en solution dans le milieu. Toutefois,
l'addition de phosphate soluble au milieu n'a aucun effet sur la germination de
G. mosseae seulement si le pH est maintenu au-dessus de 6,8 et l'effet inhibiteur
observé du KH; PO; doit étre attribué à l'acidification du milieu par l'addition
de ce sel. En effet, la germination des spores de G. mosseae est trés faible en
milieu acide et optimale en milieu neutre ou alcalin; cette sensibilité au milieu
acide des spores de G. mosseae avait été déjà soulignée par GREEN & al. (1976).
Quant à la croissance des hyphes, nous constatons que celle-ci est inhibée
comme pour la germination à des fortes concentrations de phosphore pour
G. epigaeus, et que pour G. mosseae l'acidification du milieu en présence de
KH; PO, inhibe non seulement la germination des spores mais aussi la croissance
des hyphes. Dans le cas de G. margarita, bien qu'on ne constate pas de modi-
fications au niveau de la germination des spores, le nombre de tubes germi-
natifs formés ainsi que leur croissance sont modifiés en présence de concen-
trations élevées de K2HPO4. L'influence particulière de ce sel sur le comporte-
ment de G. margarita n'est pas liée au pH du milieu car pour des concentrations
identiques en phosphore la croissance des hyphes à pH 7,8 est comparable à
celle à pH 5,8; par contre ces observations suggèrent pour la première fois la
possibilité que certains champignons VA soient sensibles aux fortes concentra-
tions en ions potassiques.
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNONS V. A, IN VITRO 99
Ces travaux font aussi ressortir que l'apport de phosphore à raison de 50 ppm
dans le milieu, qui ne modifie pas sensiblement la germination des spores et la
croissance des hyphes, induit une augmentation importante (jusqu'à 37 %) de
la vitesse en direction des spores des courants cytoplasmiques des hyphes de G.
margarita. La signification physiologique de ce phénoméne dans le transport
du phosphore par les hyphes est à l'étude.
Ainsi non seulement le contenu en phosphore mais aussi le pH du milieu
est un facteur important pour des champignons VA. Comme pour G. mosseae,
les hyphes du С. epigaeus poussent mieux à pH élevé tandis que chez G, marga.
rita l'augmentation du pH du milieu provoque une perturbation des processes
de germination, en augmentant le nombre d'hyphes produites par chaque spore
et en provoquant une mort plus rapide de ceux-ci. KOSKE (1982) suggère
une possible relation entre la production élevée d'hyphes de germination de
G. margarita et une plus forte probabilité d'infection de racines in vitro, Toute-
fois dans nos expériences récentes sur le trèfle in vitro (PONS & al. résultats
non publiés) nous avons remarqué que l'infection rapide et massive des racines
est possible à partir des spores n'ayant qu'une ou deux hyphes de germination.
Avec l'addition de différentes formes d'azote au milieu, seule la germination
de G. margarita n'est pas modifiée alors que celle de G. epigaeus est diminuée
lorsque l'azote est apporté sous forme de NH4 NO; à concentration de 100 ppm.
L'insensibilité de la germination à des faibles taux de NH4NO; avait été déjà
soulignée par DANIELS & TRAPPE (1980) pour G. epigaeus et par SIQUEIRA
& al. (1982) pour G. margarita.
En conclusion, cette étude réalisée sur le comportement des spores de cham-
pignons endomycorhizogènes VA démontre que les effets du milieu sont tout
aussi importants sur la croissance des hyphes que sur la capacité des spores
à germer. Cela montre la nécessité de prendre en considération ces deux aspects
dans les études sur l'influence des facteurs du milieu sur le comportement des
champignons endomycorhizogènes VA. De plus l'illustration par cette étude de
la variabilité qu'on peut attendre de ces champignons, souligne davantage la
nécessité de bien connaître l'influence des facteurs physico-chimiques du sol
sur des phases successives du cycle de ces micro-organismes pour en assurer un
meilleur contrôle dans la pratique culturale.
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Source : MNHN. Paris
AGROCYBE SETULOSA SP. NOV. EN ESPANA
(BOLBITIACEAE, AGARICALES)
por G. MORENO & J.M. BARRASA*
RESUME. — Nous proposons comme espéce nouvelle Agrocybe setulosa, récoltée sur pátu-
tages avec Sphagnum sp. (tourbiéres) de Canencia (Madrid). Nous comparons cette espèce
avec A. splendida Clg. et A. arvalis (Fr.) Sing.
SUMMARY. — A new species is proposed, Agrocybe setulosa, collected on meadow-land
with Sphagnum sp. (peat bog) from Canencia (Madrid). This species is compared with A.
splendida Clg. and A. arvalis (Fr.) Sing.
RESUMEN. — Se proponen Agrocybe setulosa, como una especie nueva para la ciencia,
recogida en pastizales con Sphagnum sp., (turberas) de Canencia (Madrid). Se compara con
A. splendida Clg y A. arvalis (Fr.) Sing.
MOTS CLES : Agaricale, Agrocybe, Espagne, systématique.
INTRODUCCION
El genero Agrocybe Fayod (1889) es incluido en la familia Bolbitiaceae Singer
(1948), que agrupa Agaricales con esporada ocracea y cuticula himeniforme,
familia que es admitida por diferentes micologos como MOSER (1980), BON
(1980) y WATLING & GREGORY (1981). Otros autores como KUHNER
(1978) no la admiten y la tratan como subfamilia o tribu dentro de la familia
Strophariaceae.
Para la definicion y limites del genero seguimos a BON (1980).
MATERIAL Y METODOS
El material estudiado dos colectas procede de pastizales humedos en contacto
con turberas (Sphagnum sp.) recogidas en la provincia de Madrid. El estudio se
ha realizado en agua y rojo congo amoniacal.
* Dpto Botanica, Universidad de Alcala de Henares, Madrid, España.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 5 (1984).
Source : MNHN, Paris
102 G. MORENO y J.M. BARRASA
Las fotografias se han efectuado en un microscopio Nikon modelo Optiphot
con sistema incorporado de fotografia automatico.
El material se encuentra archivado en el herbario particular de los autores
H.GM-JB, actualmente depositado en el departamento de Botanica de la Uni-
versidad de Alcala de Henares, distribuimos isotypus y paratypus a diversos
centros cientificos mencionados mas adelante.
|
=
o
е
3
СИС
C
a / 5ym
cn.
1 dh d
10pm 5 5pm
Fig. 1. — Agrocybe setulosa Moreno & Barrasa. a : Pileocistidios; b : Pleurocistidios; c
Esporas; d : Basidio. (Holotypus).
Fig. 1. — Agrocybe setulosa Moreno & Barrasa. a : piléocystides; b : pleurocystides; c :
spores; 4: basides. (Holotype).
Source : MNHN. Paris
AGROCYBE SETULOSA 103
RESULTADOS
Agrocybe setulosa Moreno & Barrasa, sp. nov.
Fig. 1, a-d; Fig. 6-17.
Species distinguitur pilis longis, subfulvis parietibusque crassis praeditis.
Pileus — cuius diameter est 0,5-1,5 cm longus — e convexo in plano convexum
expansus in maturitate, in qua etiam color castaneus subruber in ochraceum
temperatiorem vertitur. Lamellae colore albo, cremae vel ochraceae, adnatae
vel subdecurrentes. Stipes 24 cm altus, 0,1-0,2 cm latus, cylindraceus, pallidiore
colore quam pileus erat, ochraceo subfulvo, leviter incrassatus ad b.
praebet rhizomorphos albos frequentes. Caro concolorata. Eius od
nondum innotuerunt.
asim, quae
or et sapor
Fig. 2 a 5. — Agrocybe arvalis (Fr.) Sing. Pileocistidios, esporas y cistidio faciál (material
enviado por el prof. Watling).
Fig. 2 à 5. — Agrocybe arvalis (Fr.) Sing. Piléocystides, spores et cystide faciale (matériel
envoyé par le Prof. Watling).
Source : MNHN, Paris.
Fig. 6 a 13. — Agrocybe setulosa Moreno & Barrasa. Pileocistidios (6 y 7, paratypus); Cuti-
cula himeniforme (8 y 9, paratypus); detalle base pileocistidios (9-10, paratypus); Caulo-
cistidios (11, 12 y 13, holotypus).
Fig. 6 à 13. — Agrocybe setulosa Moreno & Barrasa. Piléocystides (paratype : 6-7); cuticule
hyméniforme (paratype détail de la base des piléocystides (paratype : 9-10);
caulocystides (holotype : 11-13).
Source : MNHN. Paris
AGROCYBE SETULOSA 105
Sporae longae 13-15 m, latae 7-8 um, ellipticae, quarum porus germinativus,
medio in apice situs, diametrum praebet 1 m longum. Basidia tetrasporica, longa
3540, lata 10-13 um. Adsunt pleurocystidia frequentissima, ampullacea, apici-
bus subcapitatis praedita, fibulata, longa 50-80, lata 7-20 um, quorum apex
longus 6-15 um, hyalina tenuibusque parietibus. Cheilocystidia similia. Cuticula
hymeniformis, cellulis. claviformibus. praedita, quarum. diameter est longus
8-13 um. Cystidia pilei frequentissima singulariaque in modum pilorum longo-
rum tenuium et angustorum, longorum 80-300, latorum 8-15 um, flavescentium,
pariete duplici 1,5-2 um lato, Caulocystidia valde frequentia, quorum forma et
magnitudo similes sunt cystidiorum pilei,
Habitat : Inter Poaceae iuxta Sphagnum sp. (turbarium), Canentiae (in
provincia Matriti), leg. Laura Barrio, 28-IX-82, H.GMJB 2904 Holotypus.
Sombrero de 0,5-1,5 cm de diametro, al
| principio convexo para pasar en la
madurez a forma plana convexa, de color
marrón rojizo a ocráceo más claro en la
madurez. Láminas de color blanco-cremoso a ocráceas, adnatas a subdecurrentes,
Pie de 24 x 0,1-0,2 cm, cilindrico de color más claro que el sombrero, ocráceo
amarillento, débilmente ensanchadado en la base en donde presenta abundantes
rizomorfos blancos, Olor y sabor no estudiados.
Esporas de 13-15 x 7-8 (9) jm, elípticas con poro germinativo apical y
central, de aproximadamente 1 um de diámetro. Basidios tetraspóricos 35-40 x
10-13 um. Pleurocistidios presentes muy abundantes, lageniformes con ápice
subcapitado, fibulados, miden de 50-80 x 7-20 um, ápice de 10-15 um, hialinos
y de paredes finas. Cheilocistidios semejantes. Cuticula himeniforme con celulas
claviformes de 8-13 um de diámetro. Pileocistidios muy abundantes y caracte-
rísticos, en forma de largos pelos delgados y estrechos, de 80-300 x 8-15 um,
amarillentos, de doble pared x 1,5-2 um. Caulocistidios muy abundantes y seme-
jantes en forma y tamaño a los pileocistidios.
Hábitat : Entre Poaceae cerca de Sphagnum sp. (turbera), Canencia (Madrid)
30TVL32, leg. Laura Barrio, 28-1X-82, H.GM-JB 2904 Holotypus.
Sobre hierba, en pastizales altitudinales con Sphagnum sp., 1970 m, Laguna
de Pefialara (Madrid), 30TVL1921, leg. J.M. Barrasa, 9-X-82, H.GM-JB 2905
Paratypus. Isotypus en herbario Watling (Edinburgh) e Isoparatypus herbario
Bon (Saint Valery-sur-Somme).
Observaciónes : Especie caracterizada por sus pileo y caulocistidios (Fig. 6-7,
9-13) de forma diferente a los pleuro y cheilocistidios (Fig. 14-16) es priximo
a Agrocybe arvalis (Fr.) Sing., del que se diferencia por presentar éste último
pleurocistidios con el ápice dividido a modo de dedos de un guante “digitiformes
asi como en su tamaño esporal, 9-10 x 5-6 um (MOSER, 1980). (Fig. 2-5).
Recientemente ha sido descrita una especie con pleurocistidios y esporas
muy semejantes a la nuestra en tamaño y morfología, A. splendida Clg., de la
que se diferencia claramente por presentar sus pileo y caulocistidios isomorfos
con los pleuro y cheilocistidios que son de paredes finas, lageniformes con ápice
subcapitado (CLEMENGON, 1977).
Source : MNHN, Paris
106 G. MORENO y J.M. BARRASA
Fig. 14 a 17. — Agrocybe setulosa Moreno & Barrasa. Pleurocistidios (14, holotypus);
‘Cheilocistidios (15 y 16, holotypus); Esporas (17, holotypus).
Fig. 14 à 17. — Agrocybe setulosa Moreno & Barrasa. Pleurocystides (holotype : 14);
‘cheilocystides (holotype : 15-16); Spores (holotype : 17).
A. pediades (Pers. ex Fr.) Fay., A. arenicola (Berk.) Sing., A. semiorbicularis
(Bull. ex Fr.) Fay., A. arenaria (Peck) Sing., carecen de pleurocistidios, razón
por la que se diferencia del nuevo taxon propuesto.
Podemos diferenciar las especies con pleurocistidios descritas en Europa de
la Seccion pediadeae (Fr.) Sing. por la siguiente clave.
1. Sin pleurocistidios
Y. Con pleurocistidios ....-.........
2. Esporas 5-6 um, pleurocistidios digitiformes N:
2. Esporas 7-10 um, pleurocistidios lageniformes, äpice sin dividir .... . . >: 3
3. Cistidios heteromorfos, pleuro y cheilocistidios hialinos de paredes finas
distintos de los pileo y caulocistidios de paredes gruesas y amarillentas.
Esporas de 73 UM e t A. setulosa
3. Cistidios isomorfos, pleuro, cheilo, pileo y caulocistidios de paredes finas
E E A. splendida
Source : MNHN, Paris
AGROCYBE SETULOSA 107
AGRADECIMIENTOS
Nuestro más sincero agradecimiento a los profesores BON y WATLING por sus comen-
tarios científicos, así como por el envio de exsiccatas del genero Agrocybe, principalmente
A. arvalis. Al profesor ROMAGNESI por el envio de A. arvalis. Al profesor S. MARINER-
BIGORRA por la realización de la descripción latina. Al profesor CALONGE por poner a
nuestra disposicion la bibliografia del Real Jardin Botanico de Madrid.
BIBLIOGRAFIA
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Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
109
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DE LA FLORE FONGIQUE
MICROSCOPIQUE DU MAROC
I. — Le genre Gonatobotrys :
quelques aspects morphologiques et physiologiques
par L. NAJIM, J.P. CLAUZET et M. KADIRI*
RÉSUMÉ. — Deux espéces de Gonatobotrys, le G. simplex et le G. africana sp. nov. ont
été isolées pour la premiére fois au Maroc; dans la région d'Oulmes au Moyen Atlas, à
800 m d'altitude. Ces deux espèces se distinguent d’une part, entre elles, par leurs carac-
tères morphologiques mais présentent toutefois quelques similitudes sur le plan physiolo-
gique; d'autre part, elles possédent quelques particularités qui les différencient des espèces
déjà décrites, en particulier pour le G. africana. Ces deux espèces se développent fréquem-
ment en mycoparasites, dans nos régions, sur 'Alternaria alternata. Des tentatives de culture
pure en l'absence de l'hóte (isolement monospore) et l'étude de leur ultrastructure ont
permis d'apporter quelques précisions sur la systématique de ces espèces qualifiées de
parasites biotropiques obligatoires.
SUMMARY. — Two species of Gonatobotrys, G. simplex and G. africana sp. nov., have
been isolated for the first time in Morocco, in the Middle Atlas region at Oulmes, at 800 m
of altitude. On one hand, these two species will be distinguished, one from the other, by
their morphological characters, however, they present some physiological similarities; on
the other hand, they have some particularities that differentiate them from already descri-
bed species, particularly for G. africana. These two species develop frequently as myco-
parasites, in our region on Alternaria alternata. Tentatives in pure cultures in absence of
the host (monospore isolation) and study of their ultrastructure permit to carry some
precisions on the systematic of these species qualified as obligatory biotropic parasites.
MOTS CLÉS : Gonatobotrys, morphologie, physiologie, systématique.
INTRODUCTION
Le genre Gonatobotrys dont la systématique a été révisée récemment par
divers auteurs (ALI, 1975; WALKER & MINTER, 1981), comprend deux
espéces : Gonatobotrys simplex et G. complex. Le Gonatobotrys complex a été
* Laboratoire de Mycologie, Faculté des Sciences, av. Ibn Batota, B.P. 1014. Rabat (Maroc).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 5 (1984).
Source : MNHN. Paris
110 L. NAJIM, J.P. CLAUZET et M. KADIRI
décrit pour la premiére fois par WALKER & MINTER (1981). WHALEY &
BARNETT (1963) ont montré que le G. simplex est un parasite biotropique
de contact. Par ailleurs, HOCH (1977), dans une étude ultrastructurale concer-
nant les relations entre ce champignon et l'un de ses hôtes, Alternaria tenuis,
a montré l'existence de plasmodesmes au niveau de la zone de contact,
C'est en faisant un relevé systématique des espèces fongiques microscopiques,
dans les vergers de Rosacées, dans la région d'Oulmés (Moyen-Atlas) que nous
avons pu observer pour la premiere fois le genre Gonatobotrys au Maroc. Ces
champignons ont été isolés en même temps que leur héte : Alternaria alternata,
Les précédents travaux de recensement de la flore fongique aérienne au Maroc
n'ont pas fait mention de ce champignon car ils se limitaient essentiellement
à la région de Rabat (CHABERT, 1968; CHABERT & NICOT, 1968) dont
l'environnement est trés différent de celui de la région d'Oulmés. Deux espéces
de Gonatobotrys, le G. simplex et G. africana sp. nov., sont trés fréquentes
dans cette région du Maroc et leur hôte préférentiel est l'Alternaria alternata.
Des cultures pures de Gonatobotrys sur lame ou sur de la cellophane ont
permis de distinguer les deux espèces de G. simplex et G. africana et d'apprécier
certaines de leurs affinités physiologiques avec les différentes souches d’Alter-
naria alternata. Dans le présent travail, nous montrons l'existence des deux
espèces de Gonatobotrys, leurs particularités physiologiques et morphologiques
et les différentes variations qui se présentent.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Origine de la souche :
Les échantillons de Gonatobotrys sp. que nous avons observés, proviennent
de la région d'Oulmés au Moyen-Atlas (150 km à l'Est de Rabat; 800 m d'alti-
tude) où ils ont été récoltés en compagnie de leur hôte (de mars à juin 1981),
soit directement sur les pommes en voie de pourrissement, soit par capture des
spores sur des boîtes de Pétri contenant un milieu de culture pauvre : extrait
de malt : 10 g/l; agar : 20 g/l et ouvertes dans les vergers de la région à 0,80 m
du sol, pendant 24 h.
Culture pure et stockage des souches :
Un extrait cellulaire a été obtenu à partir de culture de mycélium d'Alternaria
alternata en milieu liquide (extrait de malt à 2 %), maintenue en agitation.
Au bout d'une dizaine de jours, le mycélium est recueilli, lavé, et déshydraté
à l'éruve à 80"C. Le résidu sec est ensuite broyé dans un mortier en présence
de tampon phosphate 0,15 M pH 6,8 à raison de 10 ml par mg de poids sec.
Cette suspension est alors filtrée et stérilisée à l'autoclave. L'extrait ainsi obtenu
est étalé à la surface du milieu de culture au moment de l'ensemencement à
raison de 1 ml par boite de Pétri.
Nous avons utilisé deux types de milieu de culture : un milieu constitué
Source : MNHN. Paris
GONATOBOTRYS 111
d'extrait de malt (20 g/l), et d’agar (20 g/l) et un milieu comparatif mis au point
par WHALEY & BARNETT (1963) : glucose (5 g/l), extrait de levure (5 g/l),
et agar (20 g/l).
En ce qui concerne le stockage des deux espèces de Gonatobotrys nous
avons procédé de deux manières différentes : la première est de les maintenir
sur leur hôte vivant à une température de 3°C et de faire des repiquages tous
les deux mois. La deuxième méthode est très délicate et présente toutefois,
quelques risques, elle consiste à maintenir les deux souches en culture pure
sur un milieu additionné d'extrait cellulaire de l'hôte. Cette dernière méthode
permet d'obtenir un temps de stockage assez long, allant jusqu'à cinq mois.
Les cultures sont auparavant incubées pendant deux à trois jours à la tempé-
rature ambiante (23 + 1°C) avant d'étre transférées dans l'enceinte réfrigérée
(3°C) pour la conservation.
Des cultures de ces différentes espèces ont été envoyées au Centraalbureau
voor Schimmelcultures Baarn, pour étre conservées et cataloguées.
Microscopie électronique à balayage :
De petits carrés de gélose supportant la culture ont été fixés au permanganate
à 1 % dans un tampon à pH 6.8. Plusieurs lavages à l'eau distillée ont précédé
une déshydratation progressive à Pacétone (25 %, 50 %, 75 %, 95 % et 100 %).
Après avoir été séché par la méthode du point critique, le mycélium est déposé
sur des supports en aluminium et métallisé avec une fine couche d’or.
RÉSULTATS ET DISCUSSIONS
1 - Aspects morphologiques
Le genre Gonatobotrys se caractérise par des colonies de couleur blanchâtre
et devenant parfois orange en vieillissant. Le mycélium est formé de filaments
rampant sur lesquels se différencient des conidiophores dressés, portant à inter-
valles plus ou moins réguliers des cellules conidiogènes; les conidies sont hya-
lines, non reliées en chaine (PL. I, fig. 2 et 3; PL. III, fig. 2 et 3).
WALKER & MINTER (1981) ont décrit deux espèces de Gonatobotrys,
le G. simplex et le G. complex, qu'ils distinguent par le nombre de cellules
par conidie. En effet, le G. simplex présente des conidies unicellulaires (Pl. 1,
fig. 1 et 3) alors que le G. complex présente des conidies bicellulaires.
Nous avons constaté que l'une de nos souches est plus proche morpholo-
giquement du G. complex décrit par WALKER & MINTER (1981), mais en
différe par un ensemble de caractères qui font d'elle une nouvelle espèce :
Gonatobotrys africana sp. nov. (Pl. IV).
— Les conidiophores du G. africana isolé au Maroc sont beaucoup plus
ramifiés que ceux du G, simplex et les ramifications se forment souvent au
niveau des cellules conidiogénes (Pl. III, fig. 4; Pl. IV).
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
GONATOBOTRYS 113
— Les cellules conidiogènes du G. africana isolé au Maroc ont une forme
beaucoup moins régulière, moins sphérique que celles du G. simplex, mais
aussi que celles de l'holotype de G. complex décrit par WALKER & MINTER
(1981) (PI. I, fig. 2; PL. III, fig. 2 et 3).
— Chez le G. africana, nous n'avons pas observé d'hétérogénéité conidienne
et en particulier ces longues conidies de 30 à 40 microns, décrites par WALKER
& MINTER (1981), représentant 25 % des conidies d'aprés ces auteurs (commu-
nication personnelle).
— Enfin, signalons la présence, avec une fréquence relativement faible toute-
fois, de conidies bicellulaires produites par le G. simplex; par contre, la présence
de conidies unicellulaires (10 7) produite par G. africana isolé au Maroc semble
étre liée à l'ontogénie conidienne.
En conclusion, s'il ne semble faire aucun doute que le G. simplex isolé au
Maroc correspond à l'holotype G. simplex Cda var. levellei Sac. (VALKER &
MINTER, 1981), il n'en est pas de méme pour le G. africana; en effet, le type
de ramifications, la forme des cellules conidiogènes, l'homogénéité morpholo-
gique des conidies, nous font penser que la souche isolée au Maroc correspond
à une espèce différente de celle de l'holotype G. complex Jane WALKER &
MINTER.
Gonatobotrys africana Larbi NAJIM, Jean-Paul CLAUZET et Mohamed KADIRI
sp. nov. (Pl. IV)
Espéce récoltée 4 Oulmés, Moyen-Atlas en présence d’Alternaria alternata,
dans des vergers de Rosacées. Des cultures, en présence de l'hôte ont été en-
voyées au Centraalbureau Voor Schimmelcultures à Baarn, pour y être cata-
loguées et conservées.
Planche I : Gonatobotrys simplex. — Fig. 1 : Microscopie photonique; aspect général du
thalle. Fig. 2 : M.E.B., conidiophores (Cd), les cellules conidiogénes (Cc) sont hérissées
de minuscules denticules provenant de la chute des conidies. Fig. 3 : Cellules conidio-
gènes (Ce) se différenciant au sommet du conidiophore (Cd), et devenant intercalaire par
suite de la croissance apicale du conidiophore, tout en continuant à produire des coni-
dies (C). Fig. 4 : Germination de conidies de G. simplex (Cg) en l'absence de l'hôte ét de
l'extrait cellulaire, montrant une conidie initiant un microcycle et une autre conidie ne
produisant que des «bourgeons» lui donnant un aspect «lévuriformey. Fig. 5 : Relations
entre G. simplex (G) et l'un de ces hótes, Alternaria alternata (A), G. simplex émet de
trés courtes ramifications terminées par des cellules de contact (fléches) caractérisant ce
mode de parasitisme.
Plate I : Gonatobotrys simplex. — Fig. 1 : general aspect of thallus. Fig. 2 : SEM, conidio-
phores (Cd), denticulate conidiogenous cells (Cc). Fig. 3 : Conidiogenous cells (Cc)
at top of conidiophore (Cd), intercalated by apical growth of conidiophore, and always
producing conidia (C). Fig. 4 : Germinating conidia (Cg) in absence of the host or of
the cellular extract : one conidium is initiating a microcycle, and another one is only
producing buds. Fig. 5 : Relationships between G. simplex (G) and one of its hosts,
Alternaria alterata (A). Arrows : contact cells produced by G. simplex.
Source : MNHN, Paris
L.NAJIM, J.P. CLAUZET ct M. KADIRI
114
whor
зот
Source : MNHN. Paris
GONATOBOTRYS 115
Les colonies sont blanches, ou parfois légérement orange dans les parties
âgées. Le mycélium est large et hyalin, de 3 à 5 um de diamètre, septé et relati-
vement trés ramifié. Les conidiophores ont 5 à 7 um de diamètre et 1000 à
2000 um de hauteur, ils sont dressés et trés ramifiés comparés au G. complex
décrit par WALKER & MINTER (1981). Les ramifications sont rares au niveau
des ampoules conidiogénes dont le diamétre est de 7 a 12 Lm, et qui sont
espacées plus ou moins réguliérement sur le conidiophore.
Les conidies sont dans leur grande majorité bicellulaires (90 %), mais on
trouve aussi des conidies unicellulaires (10 %) de taille légèrement plus réduite
que les premières, Dans les conidies bicellulaires, la taille de la cellule apicale
(extréme) est toujours de taille réduite ou au plus égale à celle de la cellule
basale (ou proximale). La taille des cellules conidiennes est le caractére essen-
tiel qui permet de distinguer le G. africana du G. complex, oà la cellule basale
(proximale) de la conidie est la plus réduite par rapport à la cellule apicale.
Les conidies (5 x 14 um) du G. africana sont régulièrement disposées sur l'am-
poule conidiogène et insérées sur celle-ci par de longs denticules (3 à 5 um),
qui sont d'autant plus longs que les conidies qu'ils portent sont aux premiers
stades de développement.
Le G. africana se distingue aussi de l'Arthrobotrys car les conidies sont au
maximum bicellulaires, et ne présentent jamais de trappes; par contre, il déve-
loppe des cellules de contact en présence de l'Alternaria alternata.
Gonatobotrys africana Larbi NAJIM, Jean-Paul CLAUZET et Mohamed KADIRI
sp. nov. (Pl. IV).
Species in Oulmés, Medio in Atlante, in Alternariis alternatis in quibusdam
Rosacearum Pomariis inventa.
Coloniae ejus albae, aliquando autem in provectioribus aetate partibus sub-
flammeae. Mycelium latum perlucidumque, in diametro 3 ad 5 um, septatum
et, si dici potest, maxime ramosum.
Conidiophori in diametro 5 ad 7 um, in altitudine autem 1000 ad 2000 um,
erecti maximeque ramosi si cum G. complici, A. WALKER & MINTER descripta
(1981), comparatur.
Rami pauci in partibus ampullas conidiogenas ferentibus. Hae ampullae, in
diametro 7 ad 12 um, in conidiophoris magis vel minus paribus intervallis incor-
poratae sunt.
Planche Il : G. simplex. — A : Aspect des conidiophores. 1, 2 et 3 : différents stades de déve-
loppement des conidies. 4 : Ampoule conidiogéne aprés la chute des conidies. Ac :am-
poule conidiogéne. Cd : conidiophore. Cc : cellule conidiogéne. C : conidie. d : denticule,
B : détail de quelques conidies.
Plate II : G. simplex. — A : Conidiophores. 1, 2 et 3 : different stages in development of
conidia. 4 conidiogenous bulbs. B : Some conidia.
Source : MNHN. Paris
116 L.NAJIM, J.P. CLAUZET et M. KADIRI
GONATOBOTR YS 117
Pleraeque conidiae bicellulariae aliquae unicellulariae, hae leviter parviores
quam illae. In bicellulariis conidiis, cellula in apice posita plerumque minor
quam altera im basi posita : aliquando autem. magnitudine. aequa, nunquam
major. Cellularum conidiarum amplitudo propria distinctio est qua G. africana
a G. complici differt, cujus conidiae cellula in basi posita minor quam altera
in apice.
G. africanae conidiae paribus intervallis in ampulla conidiogena longis denti-
culis inseratae : hi autem denticuli eo longiores, quo conidiae minus evolutae
sunt.
Differt etiam ab Arthrobotrys, G. africana quod ejus conidiae ut maxime
bicellulariae sunt, et nunquam foveas ferunt. Cellulae autem. ad contactum
ei crescunt, si adsunt Alternariae alternatae.
Clef pour les espèces du genre Gonatobotrys
1 Conidie unicellulaire .................... Gonatobotrys simplex
1 Cellules conidiennes dissymétriques ou au plus égales 2
2. Cellule proximale réduite ...... Gonatobotrys complex
2 Cellule proximale développée ...
+ Gonatobotrys africana
II- Aspects physiologiques
Les souches de G. simplex que nous avons observées ont été récoltées en
compagnie d’Alternaria alternata et de Cladosporium herbarum comme cela a
été déjà décrit par WHALEY & BARNETT (1963) et WALKER & MINTER
(1981), mais aussi en présence du Stemphylium et sa forme parfaite, le Pleo-
spora herbarum. Par contre nous n'avons pas observé, durant nos recherches,
l'association Gonatobotrys - Paecilomyces (WHALEY & BARNETT, 1963;
WALKER & MINTER, 1981).
Au Maroc l’Alternaria alternata et le Cladosporium herbarum sont les espèces
les plus fréquemment parasitées.
Le G. africana que nous avons observé parasite les mêmes espèces que le G.
simplex et selon le méme processus : le parasite émet, en direction de l'hóte, de
courts filaments terminés par une cellule de contact (WHALEY & BARNETT,
1963) (Pl. 1, fig. 5). C’est au niveau de l'interface entre les cellules de contact
du parasite et les cellules de l'hóte que HOCH (1977) a montré l'existence de
plasmodesmes.
Planche ll : Gonatobotrys africana. — Fig. 1 : Microscopie photonique; aspect général
du thalle. Fig. 2 : M.E.B., cellules conidiogénes (Cc) dont la surface est hérissée de
denticules formées à la chute des conidies (C). Fig. 3, 4 et 5 : Cellules conidiogènes
(Ce) de forme irrégulière et réparties à intervalles réguliers sur le conidiophore (Cd),
d’où partent parfois des ramifications (fig. 4).
Plate III : Gonatobotrys africana. — Fig. 1 : General aspect of the thallus. Fig. 2 : SEM,
denticulate conidiogenous cells. Fig. 3, 4 and 5 : Irregular conidiogenous cells regularly
distributed on the conidiophore, with some ramifications (fig. 4).
Source : MNHN, Paris
GONATOBOTRYS 119
WHALEY & BARNETT (1963) ont montré que le G. simplex ne peut se
développer en l'absence d'une substance, qu'ils ont appelé facteur de croissance
ou «mycotrophéine», que le parasite trouve naturellement dans les cellules
de l'hóte, Ces auteurs ont montré, dans le méme rapport, que ce facteur de
croissance est produit, plus ou moins intensément, par beaucoup d'espéces
fongiques, en particulier une espéce qui n'est pas parasitée par G. simplex :
Arthrobotrys musiformis. C'est cette espéce qu'ils ont utilisée pour réaliser
un extrait cellulaire, contenant le facteur de croissance,
d'ajouter au milieu de culture afin d'obtenir G. simplex.
A la différence de WHALEY & BARNETT (1963), nous avons pu obtenir
le développement de certaines conidies de G. simplex et G. africana en l'absence
de facteur de croissance, mais seulement dans le cas où les conidies repiquées,
du G. simplex ou du G, africana, proviennent de culture effectuée en présence
de l'hôte ou de l'extrait cellulaire de l'hôte. On observe alors que certaines
de ces conidies produisent un filament formé de 4 à 5 cellules et terminé par une
cellule conidiogéne, réalisant ainsi un microcycle (Pl. 1, fig. 4). Si on repique
les conidies ainsi formées, celles-ci ne se développent qu’en présence de l'hôte
ou de l'extrait cellulaire de l'hôte. Il semble donc, que lorsque le Gonatobotrys
sp. est cultivé en présence de facteur de croissance (provenant de l'hôte ou d'ùn
extrait cellulaire), certaines conidies formées emmagasinent une quantité mini-
male de cette substance, leur permettant d'assurer une fois repiquées, un déve-
loppement végétatif réduit mais toutefois conidiogène de type microcycle
(PL. I, fig. 4). D’autres conidies, par contre, parviennent seulement à émettre
quelques bourgeons leur donnant un aspect lévuriforme (Pl. 1, fig, 4): ces coni-
dies n'ont vraisemblablement pas accumulé suffisamment de substance de
croissance durant leur formation,
qu'il est nécessaire
Le développement du G. simplex ou de G. africana en présence d'extrait
«'Alternaria sp. est très comparable au développement de ces espèces en présence
de leur hôte naturel. Toutefois, nous avons pu constater que ce développement
devient d'autant moins important (tant sur le plan de la croissance végétative
que sur le plan de la sporulation) que le nombre de repiquage sur le milieu
additionné d'extrait augmente. I] semble donc que le contact avec l'hôte favorise
la capacité de développement du parasite,
Enfin, nous avons pu constater qu'un milieu «riche» (extrait de levure, glu-
cose, agar) favorise plutôt la croissance végétative, alors qu'un milieu plus
«pauvre» (extrait de malt, agar) favorise la sporulation.
Planche IV : G. africana. — A : Aspect des conidiophores. 1, 2, 3 et 4 : différents stades de
développement des conidies. 5 : Ampoule conidiogéne aprés la chute des conidies. Ac :
ampoule conidiogéne. Cc : Cellule conidiogéne. Cd : Conidiophores. C : Conidies. d
denticule. B : Détail de quelques conidies.
Plate IV : G. africana. — A : Conidiophores. 1, 2, 3 and 4 : different stages in development
of conidia. 5 : Conidiogenous bulbs. B + Some conidia,
Source : MNHN, Paris
120 L. NAJIM, J.P. CLAUZET et M. KADIRI
REMERCIEMENTS
Nous remercions la FIS (Fondation Internationale pour la Science) pour le soutien finan-
cier qu'elle apporte à ce projet. Nos remerciements vont aussi à M. AMBLARD de GUER-
RY, pour la partie latine de ce texte.
Nous remercions également MM. M. BEN CHERKI et S. KHAMOUSS pour leur assis-
tance technique.
BIBLIOGRAPHIE
ALI ML, 1975 — The family Moniliaceae in Egypt. 1. Gonatobofrys simplex Corda. Publ.
Cairo Univ. Herb. 6 : 1-6.
CHABERT J., 1968 — Les spores de champignons dans l'air de Rabat (Maroc) : Aperçu
floristique et écologique. Applications allergologiques et pathologiques possibles. Bull.
Soc. Sci. Nat. Phys. Maroc 48 : 1-48.
CHABERT J. et NICOT J., 1968 — Notes d’Aérobiologie. Il. Micromycétes de l'air de
Rabat; contribution à l'établissement d'un catalogue mycologique du Maroc. Bull.
Soc. Mycol. France 84 : 475-483.
HOCH H.C., 1977 — Mycoparasitic relationships : Gonatobotrys simplex parasit on Alter-
naria tenuis. Phytopathology 67 :309-314.
WALKER J.C. and MINTER D.W., 1981 — Taxonomy of Nematogonum, Gonatobotrys,
Gonatobotrym and Gonatobotriella. Trans. Brit. Mycol. Soc. 77 : 299-319
WHALEY J.W. and BARNETT H.L., 1963 — Parasitism and nutrition of Gonatobotrys
simplex. Mycologia 55 : 199-210.
Source : MNHN, Paris
121
MODIFICATIONS STRUCTURALES DE LA PAROI
LIÉES A L'ENVIRONNEMENT
par Marie-France ROQUEBERT* et David MINTER**
RÉSUMÉ, — L'ultrastructure de la paroi des hyphes végétatives de quelques champignons
est étudiée sous diverses conditions de développement : en milieu aérien, à la surface ou
dans le milieu gélosé et en milieu liquide. Dans ces deux dernières situations, les strates
externes peuvent être dissociées et même disparaître. Des modifications analogues sont
mises en évidence entre les cellules constitutives des enveloppes de quelques ascomes et
conidiomes. Les incidences de cette propriété sur la morphogenése sont discutées.
SUMMARY. — The wall ultrastructure of vegetative hyphae of various fungi was studied.
The hyphae had developed aerially, on or in agar, and in liquid culture. In the last two
cases external wall layers became dispersed or even disappeared. Similar changes to layers
are demonstrated for component cells of ascomatal and conidiomatal walls, and the rele.
vance of these features interpreting morphogenesis is discussed.
MOTS CLEFS : Paroi, ultrastructure
La paroi des champignons est une structure qui sépare la cellule de l'extérieur
et aide au maintien de la morphologie. Elle limite l'effet des variations physiques
ou chimiques du milieu ambiant sur le contenu cellulaire et c'est par son inter-
médiaire que s'effectue l'absorption des éléments nutritifs contenus dans le
La faculté d'adaptation que ce rôle protecteur suggére conduit à penser
que la structure pariétale est susceptible d’être modifiée en réponse à des change-
ments externes,
Chez les champignons conidiens, la morphogenèse et le bourgeonnement
en particulier, impliquent la participation de la paroi (ROQUEBERT, 1981).
Une modification structurale de celle-ci peut donc avoir une incidence sur le
déroulement des processus morphogénétiques.
* Laboratoire de Cryptogamie, M.N.H.N., 12 rue Buffon, 75005 Paris. L.A. 257 - CNRS.
** C.M.L., Kew, Surrey TW9 3 AF, Grande Bretagne.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 5 (1984)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE LA PAROI 123
Dans la nature, le développement des champignons débute en milieu à très
forte teneur en eau. Le passage à la forme reproductrice s'effectue généralement
chez les champignons filamenteux en conditions aériennes. La constatation de
cette nécessité biologique nous a conduit à étudier et à comparer les structures
pariétales des éléments végétatifs de quelques Hyphomycètes observés en
milieu aérien et en milieu à forte teneur en eau libre, tels qu'un milieu gélosé
et un milieu liquide , D'autre part, les fructifications closes, ascomes ou coni-
diomes, sont constituées de cellules étroitement juxtaposées dont les parois
contigués tendent à s'unir en une sorte de tissu dont la cohésion est assurée
par une substance mucilagineuse (KORF, 1973) Aux fins de comparaison
nous examinerons aussi les parois cellulaires à l'intérieur de ces deux types de
conceptacles,
L'influence de certains composants chimiques du milieu (métabolites ou anti-
biotiques) sur la structure de la paroi a été étudiée pour quelques champignons
(BURNETT, 1979). La présence de sorbose par exemple dans le milieu de
culture de Neurospora crassa entraine un épaississement considérable de la
paroi et l'apparition d'une strate externe, dense, de texture fibreuse (SHATKIN
& TATUM, 1959) Les données concernant l'action des facteurs physiques
(action de la température, du CO;, de l'oxygène, du pH, de l'eau, etc.) concer-
nent principalement les champignons dimorphiques (MOONEY & SYPHERD,
1976; COLE & NOZAWA, 1981). Mais les résultats portent sur le déterminisme
du dimorphisme et sur les modifications de la constitution chimique plus que sur
l'organisation des constituants pariétaux entre eux.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Nous avons examiné les filaments mycéliens de deux Hyphomycètes hyalins :
Aspergillus tamarii Kita et Stilbothamnium nudipes Haum., et un dématié :
Cladosporium herbarum (Pers.) Link.
Les champignons sont cultivés sur milieu à base de Malt gélosé à une tempéra-
ture de 22°C. Après huit jours de développement, des fragments cubiques de
culture contenant du mycélium intramatrical et du mycélium appliqué à la
surface sont découpés et plongés dans le fixateur. D'autre part, sur la méme
culture, du mycélium aérien, superficiel, est prélevé en zone subpériphérique et
Planche 1. — Coupes transversales dans des hyphes de S. nudipes. 1. Mycélium aérien. La
paroi est composée de trois strates A, B et C, elle-même constituée de deux sous-unités
2. Mycélium appliqué à la surface du milieu gélosé. On note le décollement de A et
l'extension d’un matériel fibreux (mf) sous-jacent. 3. Mycélium intramatrical. Extension
considérable du matériel fibreux et disparition des strates A et B.
Plate 1. — Transverse section of S. nudipes hyphae. 1. Aerial mycelium. The wall is compo-
sed of three layers, A, B and C, its being made of 2 sub-layers. 2, Mycelium on the sur.
face of agar. Note the way layer A is separating with an extension of the underlying
fibrous material (mf), 3. Immersed mycelium, showing considerable extension of the
fibrous material, and disappearance of layers A and B.
Source : MNHN, Paris
124 M.F. ROQUEBERT et D. MINTER.
Source : MNHN Paris
ULTRASTRUCTURE DE LA PAROI 125
fixé à son tour. Lors de l'inclusion, nous avons orienté les petits blocs de culture
de fagon perpendiculaire au plan de coupe afin de localiser plus aisément la
situation du mycélium par rapport a la gélose nutritive. Nous avons aussi cultivé
ces champignons en milieu liquide à base de jus de carotte et séparé le mycélium
par centrifugation. Enfin, nous avons étudié des coupes dans des acervules de
Marssoniella juglandis (Lib.) Hónel emend. Roquebert et Fayret, prélevés direc-
tement à la surface des feuilles de Juglans regia. Les techniques de fixation et
d'inclusion pour ce type de matériel ont été exposées dans un précédent article
(ROQUEBERT, 1981).
Pour les Ascomycetes, Hypoderma rubi (Pers.) D.C, ex Chev., Lophoder-
mella suleigena (Rostrup) Höhnel et Lophodermium conigenum (Brunaud)
Hilitzer, les échantillons ont été placés pendant 24 heures dans un bain de
glutaraldéhyde à 3 % dans un tampon phosphate 0,05 M (pH 7,2), puis trans-
férés dans le tampon pur durant 24 heures, et enfin dans le tétroxyde d'Osmium
à 1 % dans le tampon, pour une durée d’une heure. Après déshydratation dans
l'acétone (5 minutes par bain de dilution décroissante et 2 bains d'acétone
pure) le matériel est inclus dans une résine TAAB après une série de bains
résine/acétone prolongés, un jour pour les 4 premiers et 48 heures pour la résine
pure. Il est ensuite mis à polymériser pendant 18 heures à 70°C puis coupé et
coloré pendant 10 minutes dans une solution saturée d'acétate d'Uranyle, dans
V'acétone, puis dans le citrate de plomb durant 25 minutes (REYNOLDS, 1963)
RESULTATS
1, La paroi des hyphes aériennes a une structure comparable chez les
champignons hyalins et dématiés (PL. 1 et 2). Elle est composée d'une fine
pellicule externe opaque aux électrons (A) étroitement appliquée à une mince
strate sombre, homogène, d'épaisseur régulière, (B); celle-ci limite une couche
beaucoup plus épaisse, perméable aux électrons, de texture fibrillaire, la couche
Planche 2, — 1. Hyphe végétative de À. tamarii en milieu liquide, Vers l'extérieur de la
cellule le matériel fibreux (mf) se dissocie en fibres laches (f). — 2, 3 et 4. Mycelium de
C. herbarum. 2. Hyphes intramatricales. On note la disparition de la strate A et la pré-
sence d'une substance amorphe renfermant des granules opaques, qui unit les hyphes
entre elles (flèches). 3. Hyphe aérienne avec une paroi complete (A, B et C) pigmentée.
4. Hyphe appliquée à la surface de la gélose, (ma : milieu aérien, mg : milieu. gélosé).
La paroi de la face exposée au milieu aérien est dense et complète tandis que celle de
la face située dans la gélose se dissocie en une couche lâche renfermant des granules
opaques.
Plate 2. — 1. Vegetative hypha of A. tamarii in liquid medium, Fibrous material (mf) is
becoming dispersed in loose strands (f) towards the cell exterior, — 2, 3 and 4. Mycelium
of C. herbarum. 2. immersed hyphae. Note disappearance of layer A, and presence of
amorphous material containing opaque granules and uniting the hyphae (arrows). 3.
Acrid hyphae withipamentediand complete (A, Band C wall). 4. Hypha on the surface
of agar. (ma : aerial environment; mg : agar environment), The wall on the side exposed
to air is dense and complete, while that on the agar side is separated out into a loose
cushion containing opaque granules.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
ULTRASTRUCTURE DE LA PAROI 127
C. Souvent on distingue à l'intérieur de C deux strates concentriques définies
par l'orientation des fibrilles constitutives qui sont rectilignes vers l'extérieur
tandis qu'elles sont ondulées vers le plasmalemme dont elles suivent les inden-
tations (PI. 1, fig. 1 et 2).
Dans le cas des champignons dématiés, des granulations que nous supposons
de nature pigmentaire en raison de leur absence dans le mycélium hyalin, se
superposent à cette structure fondamentale (Pl. 2). Leur densité est croissante
de l'intérieur vers l'extérieur de la paroi où elles s'agrégent au niveau de A en
une croûte très sombre, d'épaisseur irrégulière, tandis que B, plus claire, est
d'aspect homogène et d'épaisseur à peu prés constante. Enfin, la structure de
la couche C est soulignée par la présence de petits grains opaques régulièrement
disposés sur les fibrilles constitutives, La pigmentation est donc surtout visible
dans les strates les plus externes, une mince zone hyaline persistant presque
toujours au niveau du plasmalemme.
Cette structure pariétale peut être altérée suivant l’état physique du milieu,
liquide ou gélosé, et, dans ce dernier cas, suivant la localisation des hyphes par
rapport au substrat.
— Sur une hyphe de S. nudipes prélevée au contact du milieu gélosé, on peut
observer que la pellicule externe A est, par endroits, décollée de la paroi fonda-
mentale par suite de l'extension d'un matériel intercalaire de texture fibreuse
(Pl. 1, fig. 2).
— Autour du mycélium intramatrical, cette nouvelle enveloppe prend une
extension considérable. Elle est constituée d'un réseau aux mailles láches qui
s'étend parfois jusqu'à la couche profonde de C (Pl. 1, fig. 3), tandis que la
pellicule externe a complétement disparu (Pl. 1, fig. 2).
— En milieu liquide, le gonflement est tel que les fibrilles finissent par se
désolidariser et se trouvent rejetées dans le milieu ambiant (PI. 2 fig. 1). La
désagrégation des constituants externes de la paroi peut donc conduire à une
hyphe privée d'une partie de son enveloppe protectrice et dont la limite externe
devient difficile à localiser (Pl. 2, fig. 1). La paroi des hyphes dématiées subit
le méme type de désagrégation et de dispersion des composants externes. La
figure 4, (Pl. 2), montre une coupe dans une hyphe appliquée à la surface du
milieu de culture. La partie aérienne dece filament a une structure typique.
Par contre, dans la partie située dans la \gélose on note la désagrégation des
constituants pariétaux externes, visualisés par la dispersion des grains de pig-
Planche 3, — Coupe dans le conidiome de Marssoniella juglandis. 1 et 2. Présence d'une
substance fibreuse (mf) unissant les cellules du conidiome. ph : phialide. 3. Cellule
sporogéne dont la paroi montre par endroits des granulations sombres (g) externes, une
formation réticulée lâche (tête de flèche) ou encore est complètement dénudée (tête
de flèche noire).
Plate 3. — Sections of the conidioma of Marssoniella juglandis. 1 and 2 : Fibrous material
(mf) uniting the conidioma component cells. ph: phialide. 3, Sporogenous cell with a
wall showing in different places opaque granules (g), loose reticulation (arrowhead)
and complete denudation (black arrowhead).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE LA PAROI 129
ment au sein d'une gaine réticulée láche. En certains points, la paroi se trouve
ainsi complétement dépourvue de son revétement externe et peut, localement,
perdre son aspect pigmenté. Contrairement à ce que l'on observe dans les hyphes
hyalines, la couche B reste cependant identifiable dans la plupart des cas ob-
servés.
Lorsque les hyphes sont juxtaposées dans le milieu, elles sont liées entre elles
par une sorte de réseau láche qui pourrait résulter de la fusion des enveloppes
externes, désagrégées, de chacune d'elles, Dans le cas des champignons dématiés
on observe, au sein de cette gaine commune, des granulations pigmentaires
éparses (Pl. 2, fig, 2).
2. Conidiomes
Une texture analogue se retrouve entre les phialides contiguës à l'intérieur
des acervules de Marssoniella juglandis. Les parois portent des granulations
sombres disposées de facon trés hétérogéne ou en sont méme, le plus souvent,
totalement dépourvues et peuvent alors apparaitre hyalines (Pl. 3, fig. 3). Les
appareils sporogénes et les hyphes qui constituent le stroma de l'acervule sont
unis entre eux par un matériel fibrillaire plus ou moins láche selon la proximité
des cellules (Pl. 3, fig. 2).
3. Ascomes
Au cours de leur agrégation et de la maturation du stroma, les cellules des
ascocarpes de certaines Rhytismatacées (Hypoderma rubi, Lophodermella
sulcigena, Lophodermium conigenum) subissent une transformation pariétale
dans le méme sens. En effet, lorsqu’elles sont jeunes et vivantes, elles sont
entourées dune paroi où l'on peut encore distinguer une épaisse couche ©
limitée à la périphérie par une strate opaque aux électrons nettement distincte
par endroits. Au cours de la maturation du stroma, cette couche externe se
désagrège d'abord au niveau des méats, libérant dans les espaces intercellulatres
des granules opaques qui confluent avec ceux des cellules voisines, Dans un
stroma mür, la limite extérieure des parois cellulaires est impossible à distinguer:
Planche 4. — Coupes longitudinales à travers le clypeus de quelques espéces de Rhytisma-
tacées. 1. Lophodermella sulcigena : cellules vivantes dans un jeune clypeus montrant
une couche fibreuse élargie, avec des granules de matériel opaque (fm), et des dépôts
commençant à cimenter les cellules adjacentes. 2. Lophodermium conigenum : identique
à l'exemple 1. 3. Hypoderma rubi : cellules lysées dans un clypeus ágé. On notera
que celui-ci est maintenant une structure inerte composée principalement de dépôts
opaques formant un (ciment.
Plate 4. — Vertical transverse sections of the clypeus of various species of the Rhytisma-
taceae. 1. Lophodermella sulcigena : living cells in young clypeus, showing enlarged
fibrous layer with granules of opaque material (fm), and opaque deposits beginning
to cement adjacent cells. 2. Lophodermium conigenum, a similar exemple to 1. 3
Hypoderma rubi : dead cells in old clypeus. Note how no cellular contents remain
and the clypeus is now an inert structure composed principally of opaque deposits
forming a «cement».
Source : MNHN, Paris.
130 M.F. ROQUEBERT et D. MINTER
les cellules, vidées de leur contenu, sont entourées d'une fine paroi lamellaire,
la couche C, qui se fond vers l'extérieur dans le «ciment» dense qui occupe
tous les espaces intercellulaires et unit ainsi les cellules entre elles (Pl. 4).
DISCUSSION
Les observations que nous venons d'exposer montrent que la structure de
la paroi des hyphes (hyalines ou pigmentées) est susceptible d'être modifiée
selon son environnement. Ce changement de structure peut aller jusqu'à la
disparition des composants externes, laissant la paroi limitée à une mince enve-
loppe, la couche C, autour du plasmalemme.
Les causes éventuelles de cette transformation et ses incidences sur la mor-
phogenése doivent alors étre considérées.
D’après les conditions culturales dont nous avons pu observer les effets,
plusieurs facteurs peuvent être mis en cause : la diminution de l'oxygénation,
le taux d'humidité ambiante, ou l'état fonctionnel de la paroi dans les échanges
entre le milieu et la cellule.
Le comportement de la paroi des hyphes immédiatement appliquées à la
surface de la gélose tendrait à montrer que la désagrégation est plutót liée à
l'activité absorbante de la paroi et à une oxygénation moindre. En effet, la face
inférieure est désagrégée tandis que la face supérieure, exposée à l'air et sans
contact direct avec le milieu nutritif, a une structure complète et ténue, Dans
ce cas, le facteur humidité ne semble pas responsable du changement structural
puisque son taux n'est pas sensiblement différent aux 2 niveaux. L'ambiance de
la bofte de Pétri que nous avons considérée comme «condition aérienne» a, en
effet, une humidité relative équivalente à celle du milieu gélosé (95-96 % selon
CAHAGNIER, com. pers). Pourtant, en milieu liquide, la désagrégation est
trés importante (Pl. 2, fig. 1). Il pourrait s'agir d'une sorte de solubilisation de
certains composants des strates externes, sans doute polysaccharidiques, la
partie protéique n'étant pas touchée par ce phénomène. Le réseau de fibres
protéiques se trouve ainsi relaché et s'étale vers l'extérieur.
Des modifications structurales analogues à celles que nous avons décrites
ont été mises en évidence dans les hyphes de Bipolaris maydis (EVANS &
STEMPEN, 1980; EVANS & al., 1981). Les auteurs interprétent les figures de
dispersion des composants externes et leur agrégation en une couche compacte
irrégulière comme les phases successives caractérisant les hyphes jeunes puis
les hyphes âgées. Cependant le matériel étant prélevé, pour les hyphes jeunes
en périphérie de la culture, donc intramatrical ou superficiel, et pour les hyphes
âgées au centre du thalle où la proportion de mycélium aérien est beaucoup
plus forte, on peut penser que les figures de EVANS & al. reflètent le même
phénomène que les nôtres et relèvent de là même interprétation. Dans le même
sens, WHEELER & GANTZ (1979), ont montré que, sur feuille d'avoine, les
hyphes de Bipolaris maydis peuvent être entourées d'une gaine fibrilleuse épaisse
lorsqu’elles sont sous la cuticule foliaire ou en suspension dans une goutte d'eau
distillée.
Source : MNHN, Paris
ULTRASTRUCTURE DE LA PAROI 131
Dans le cas des champignons dimorphiques, l'expression du dimorphisme
est liée aux conditions de développement et s'accompagne généralement de
modifications sensibles dans la structure et la composition pariétales (COLE &
NOZAWA, 1981). Des 1962, BARTNICKI-GARCIA & NICKERSON avaient
observé que la formation des blastospores chez Mucor rouxii (Amylomyces
rouxii), en milieu liquide, s'accompagnait d'un épaississement considérable
de la paroi, GARRISSON & al. (1975) ont établi que, en milieu liquide, les
hyphes de Sporothrix schenkii bourgeonnent directement des blastospores.
Elles sont alors entourées d'un matériel microfibrillaire láche, dense aux élec.
trons, analogue à celui que nous avons observé. Selon les auteurs, cette sub-
stance réticulée est de méme nature (mucoside acide) que celle qui constitue
la couche pariétale externe homogène et dense, de la forme levure obtenue
en milieu gélosé.
Cette faculté de désagrégation que possède la paroi végétative en réaction
aux conditions de développement peut avoir des conséquences sur la morpho-
genèse.
La poussée des formations endogènes (bourgeonnement, ramification) peut
s'extérioriser de façon différente selon l'épaisseur et la consistance plus ou moins
plastique de l'enveloppe qu'ils ont à franchir. L'incidence de la plasticité parié-
tale sur le mode de conidiogenése a déjà été soulignée (MADELIN, 1979: RO-
QUEBERT, 1981) en invoquant l'état de maturation de l'enveloppe pariétale,
Si l'on considére que, comme la paroi intramatricale, une paroi jeune est essen-
tiellement constituée d'une couche C, on peut supposer des effets comparables
au moment du bourgeonnement. Ainsi, par exemple, pourrait s'expliquer le
fait que l'on n'ait jamais pu observer de conidies en chaines (conidies séches)
ou de trétoconidies dans l'ambiance humide d'un coelome et la relative fre-
quence des formes levure d'Hyphomycètes cultivés en milieu liquide.
Directement ou indirectement l'hyphe est à la base de toutes les structures
différenciées (conidiophores, conidiomes, ascomes). LATHAM (1974) a pu
constater, en microscopie optique, que les conidiophores de Cristullariella
pyramydalis sont ramifiés quand le champignon est incubé à 96 % d'humidité
relative alors qu'ils sont normalement simples sur leur hôte naturel, Par ailleurs,
on observe dans la paroi des hyphes qui participent à la genèse des conidiomes
de Marssoniella et des ascomes des Rhytismatacées une évolution analogue à
celle des hyphes intramatricales : dispersion des composants des strates externes
dont le terme ultime est l'agrégation des corpuscules libérés en une sorte de
ciment dense unissant entre elles les cellules dont la paroi est limitée à la couche
C lamellaire. GOURBIERE & MORELET (1980) ont pu montrer que la forma-
tion des pycnides de Rhizosphaera pini et Rhizosphaera kobayashit obtenues
en culture débute par l'apparition d'une gaine mucilagineuse autour d'hyphes
submergées hyalines (alors que les hyphes dressées sont pigmentées). A l'inté-
rieur de la masse de mucilage ainsi constituée s'organisent les filaments conidio-
gènes qui limitent ensuite une cavité centrale. DI COSMO & COLE (1980)
ont rapporté une observation dans le même sens lors de l'analyse en microscopie
optique et à balayage, des premiers stades de la formation des pycnides de
Source : MNHN, Paris
132 M.F. ROQUEBERT et D. MINTER
Chaetomella acutiseta qui, à l'état mûr, sont encore recouvertes par le mucilage
solidifié.
La juxtaposition des cellules constituant la paroi d'un coelome, à la surface
ou dans le milieu, s'accompagne donc de modifications structurales de la paroi
analogues à celles d'une hyphe solitaire immergée. Une situation naturelle,
physiquement déterminée, pourrait étre indispensable à l'accomplissement de
tel ou tel type de morphogenése.
Nous avons étudié les modifications de la structure pariétale en phase végé-
tative. On peut aussi se demander si la paroi des spores, des endospores en
particulier, est sensible de la même façon. En effet, elles sont contenues dans
un ensemble clos et humide qui pourrait être assimilable aux conditions intra-
matricales. Cependant la genèse pariétale est différente, du moins dans le cas
des ascospores (PARGUEY-LEDUC & JANEX-FAVRE, 1981; BELLEMERE
& al, 1981), qui se différencient à l'intérieur de la double membrane du sac
ascal. Les données actuelles ne semblent pas montrer de figures comparables
à celles que nous venons d'exposer. Cependant, l'origine des enveloppes mucila-
gineuses présentes autour de certaines d'entre elles (Lophodermium par exemple)
serait intéressante à analyser.
Nous tenons à remercier Mesdames E. BURY et M. DUMONT, ainsi que Miss G. GOD-
WIN, pour leur collaboration technique.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
DEVELOPMENTAL MORPHOLOGY OF ASCOMYCETES
XI. NECTRIA KERA
by C.V. SUBRAMANIAN and D. Jayarama BHAT*
SUMMARY. — Study of the developmental morphology of new species : Nectria kera
Subramanian & Bhat (Hypocreale), and its anamorph Cylindrocarpon sp.
RÉSUMÉ. — Etude de l'organogénése d'une espéce nouvelle d'Hypocréales : Nectria kera
Subramanian & Bhat, et de son anamorphe Cylindrocarpon sp.
MOTS CLÉS : Ascomycète, Hypocréale, organogenèse, Nectria.
This paper is the eleventh in a series on the developmental morphology of
Ascomycetes and deals with Nectria kera sp. nov. Our observations are based
on a study of a fungus isolated from spathe of Cocos nucifera L., collected at
Kandy, Sri Lanka, and it belongs to the Coccinea-group (BOOTH, 1959) of the
genus Nectria; it differs from other known species of the genus to warrant
placement in a new taxon. Single ascospore isolates when inoculated on steri-
lized pieces of Cocos nucifera and incubated in Roux-tubes mature perithecia
developed after six weeks. For studying the various stages in the development
of the anamorph and teleomorph, methods described earlier (SUBRAMANIAN
& BHAT, 1978) were followed.
Nectria kera sp. nov. (Fig. 24-27; Plate II, d-h)
Perithecia superficialia, solitaria vel 2-8 aggregata, globosa ad pyriformia,
rubra vel latericia, papillata, ostiolata, 290-520(390) x 220-410(320) um, stro-
mati pseudoparenchymati debilique insedentia, leavitunicata, sicca intacta.
Paries peritheciale, sectione longitudinale, 2045 um latum, constanter. duobus
fere distinctis stratis : stratum externum et stratum internum. Stratum extemum
15-25 um latum, cellulis 2-3 seriebus, crassitunicates, oblongis ad globosis,
10.3-14.5 x 11.2 um constantibus; stratum vero intemum 10-25 um latum,
* Centre of advanced study in Botany, University of Madras, Madras - 600 005, India.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 5 (1984).
Source : MNHN, Paris
136 C.V. SUBRAMANIAN and D.J. BHAT
110
A ЫН ІЗ
20р
Fig. 1-13 : Nectria kera. — 1. portion of a vegetative hypha; 2-9. stages in the development
of phialide and conidium; 10. conidiophore bearing phialides and conidia; 11. conidia;
12. section through a sporodochium; 13. stages in the development of chlamydospore.
Fig. 1-13 : Nectria kera. — 1l. fragment d'hyphe végétative; 2-9. développement d'une
phialide et d'une conidie; 10. conidiophore portant des phialides et des conidies; 11. co-
nidies; 12. coupe à travers une sporodochie; 13. développement d'une chlamydospore.
Source : MNHN, Paris
NECTRIA KERA 137
cellulis 5.6-14.0 x 3.24.2 um, tenuitunicatis, angustis, elongatis constantibus;
papillae peritheciales breves atque hyphis non ramosis, crassis, parallele dispo.
sitis, 50-70 um altae; 90-100 um latae.
Asci unitunicate, clavati, brevistipitati, tenuitunicati, 8-sporati, 60-85(68.5) x
10.0-14.0 um, apicibus rotundatibus atque simplicibus. Ascosporae ellipsoideae,
1-septate, aeque bicellulatae, ad septa leaviter constrictae, hyalinae, manifeste
verrucosae, 18.0-24.5(22.5) x 6.5-9.0(8.2)um; supra biseriatum, infra vero uni-
seriatum dispositae in ascus.
Typus : In Spathe Cocos nucifera L., collectis Kandy, Sri Lanka, 25-10-1975
a C. V. Subramanian et positus in MUBL Herbario sub numero 2401.
Status conidialis : Cylindrocarpon sp.
CULTURAL CHARACTERS
Ascospores germinating overnight on potato dextrose agar, malt extract agar,
and in distilled water producing one or two germ tubes from each cell. Colony
on potato dextrose agar pale, attaining a diam. of 2.5-3.0 cm in 12 days, with
even margin, with reverse light brown; colony on malt extract agar floccose,
dense, attaining a diam. of 3.5-4.5 cm in 12 days, with uneven margin, with
surface yellow and reverse purple. On potato dextrose agar mycelium white
initially, later becoming pale brown; aerial hyphae septate, branched, up to
2.04.2 jim wide (Fig. 1); in old cultures adpressed mycelium becoming thick.
walled, pigmented, and with elongated swollen cells 14.0-26.0 pim wide, Coni-
diophores developing on aerial hyphae, 20-35 jum long, branched or unbranched,
septate, with dense cytoplasm, producing phialides laterally and terminally
(Fig, 10; Plate 1, a). Phialides cylindrical to subcylindrical, slightly swollen at
the base, narrowed towards the tip, with a distinct collarette, 12.5-17.5 x 3.0-
4.0 um (Fig. 8), producing only macroconidia,
Macroconidia of nearly uniform width throughout, curved, distinctly dorsi-
ventral, with smoothly rounded ends, without foot-cell, hyaline, 3-5 septate
(Fig. 11; Plate I, g), measuring
3-septate conidia
4-septate conidia ..
5-septate conidia ....
- 30.042.5(37.5) x 5.2-5.6 um
35.5-45.5(42.5) x 5.5-6.0 um
50.0-65.5(58.5) x 5.8.6.2 um
Chlamydospores (Fig. 13) terminal on vegetative hyphae, intercalary in coni-
dia, subglobose to globose, 13.5-15.5 ym in diam.
In old cultures, phialides aggregating on plectenchyma composed of thick-
walled hyphae and forming sporodochia (Fig. 12); sporodochia 50-90 um high,
170-210 um wide, surmounted by cream coloured macroconidia.
The noteworthy features of this fungus are the possession of red and semi-
translucent perithecia, perithecial wall being pseudoparenchymatous and com-
posed of irregularly arranged cells of variable shape and size (not filiform or
elongated as in Nectria mammoidea) in the outer tegion, large ascospores with
Source : MNHN, Paris
138 C.V. SUBRAMANIAN and D.J. BHAT
Plate I. — Nectria kera :a. a conidiophore with phialides and conidia; b-f. stages in the deve-
lopment of conidium; g. conidia; h. an ascogonium surrounded by hyphae; i. section
through e colled ascogontumisurtounded by hyphas, Jic sections ehtough perlthechil
centrum showing apical paraphyses.
Planche I. — Nectría kera : a. conidiophore avec phialides et conidies; b-f. stades de dévelop-
pement d’une conidie; в. conidies; h. ascogone entouré d'hyphes; i. coupe à travers un
ascogone enroulé, entouré d’hyphes; j-k. coupe à travers un jeune périthéce montrant
des paraphyses apicales.
Source : MNHN, Paris
NECTRIA KERA 139
distinct verrucosities in the epispore, and the absence of microconidia. The
fungus was isolated from spathe of Cocos nucifera. When inoculated on same
substrate mature perithecia are formed after six weeks,
The possession of red or semi-translucent perithecia, and thick-walled, pseu-
doparenchymatous perithecial wall are features of the Coccinea-group of the
genus Nectria (BOOTH, 1959). Compared to the five species so far known in
the Coccinea-group (Nectria coccinea (Pers.) Fr., N. galligena Bres., N. ditissima
Tul., N. punicea (Schmidt ex Fr.) Fr. ex Rabenh., N. hederae Booth and N.
fuckeliana Booth) the perithecia and the ascospores are larger in our fungus
and the latter being distinctly verrucose. Mostly species of Nectria in the Cocci-
nea-group occur on hosts belonging to either dicots or Gymnosperms. Our
fungus is isolated from a monocot (palm). There is no other taxon which com-
bines the unique features of our fungus and we are therefore accomodating
it in the genus Nectria as a new species.
DEVELOPMENT OF THE ANAMORPH
In slide culture macroconidia develop in 5-6 days after inoculation. Conidio-
phores arise as lateral branches on the vegetative hyphae. Phialides may be
the terminal cells of the conidiophores or may arise laterally on the conidio-
phore. During the formation of a lateral phialide, a lateral bud arises on the
conidiophore and elongates (Fig. 2). When it attains its full size, a basal septum
delimits it from the conidiophore, The wall of the phialide is uniform in thick-
ness except at the neck where it is slightly thickened.
The development of the conidium is as follows. Initially, the phialide is cy-
lindrical in shape and rounded at the tip. Early in the development of the cor.
dium, the tip of the phialide buds out a small protuberance (Fig, 3). With
further development, the protuberance elongates and swells (Fig. 4-6; Plate 1.
b-c); As the conidium initial elongates its contents become granular and the
conidium initial slightly bends in the middle (Plate 1, d-£). When the conidium
becomes fully mature, a septum is laid down in the neck region of the phialide
delimiting the conidium (Fig. 7). The liberated conidium is smoothly rounded
at both ends. The mature conidium is 4-5 celled, each cell being uninucleate
(Fig. 11, 12). As the first conidium is liberated, a second conidium initial ap-
pears in the opén end of the phialide and develops into a second conidium
(Fig. 9). This process is repeated so that a number of conidia are produced
from a phialide in a basipetal sequence.
The chlamydospores usually develop in old cultures. The development of
the chlamydospore is as follows (Fig. 13). The apical part of the terminal cell
of a vegetative hypha gradually swells and is delimited from a subtending cell
by the formation of a septum, The swollen apical cell is the developing chlamy-
dospore and the contents of this cell and the subtending cell are granular,
Mature chlamydospores are globose, thick-walled and contain dense cytoplasm.
Source : MNHN, Paris
140 C.V. SUBRAMANIAN and D.J. BHAT
Fig. 1418. — Nectria kera :14-16. stages in the development of ascogonium and young
perithecial centrum; 17-18. sections through young perithecial centra showing apical
paraphyses.
Fig. 14-18. — Nectria kera : 14-16. développement d'un ascogone et d'un primordium de
périthéce; 17-18. coupes à travers de jeunes périthéces montrant des paraphyses api-
cales.
Fig. 19-22. — Nectria kera : 19. section of perithecial centrum showing apical paraphyses.
Note the well differentiated inner and outer regions of perithecial wall; 20. longitudinal
Source : MNHN, Paris
NECTRIA KERA 141
section of a perithecium showing apical paraphyses filling the entire centrum cavity; 21,
section of perithecium showing
the development of asci iaverspersed with apical para.
Physes. Note also formation of ostiole lined with periphyses; 22. portion of centum
Showing asci interspersed with apical paraphyses (enlarged).
Fig. 19-22. — Nectria kera : coupes à travers des périthéces. 19. paraphyses apicales. On re-
marque la différenciation d'une couche interne et d'une couche externe dans la paroi du pes
thece; 20. paraphyses apicales remplissant la c
avité centrale; 21. développement des
asques mélés aux paraphyses apicales. On note la formation d'un ostiole bordé de péri.
physes; 22, détail de 21 .
Source : MNHN. Paris
Plate II. — Nectria kera : a. section through a perithecial centrum showing apical paraphyses
in the form of a palisade-like layer; b-d. longitudinal sections of young perithecia showing
apical paraphyses (d = portion of c, enlarged); e-f. longitudinal sections of mature
perithecia; g. asci; h. ascospores.
Planche II. — Nectria kera : a. coupe à travers un jeune périthèce montrant des paraphyses
apicales groupées en palissade; b-d. coupes longitudinales d'un jeune périthéce montrant
des paraphyses apicales (d = détail de c); e-f. coupes longitudinales de périthèces mûrs;
g. asques; h. ascospores.
Source : MNHN, Paris
NECTRIA KERA 143
DEVELOPMENT OF THE TELEOMORPH
The first indication of perithecial development observed by us is the appea-
rance of an ascogonium containing 4-5 cells surrounded by thick-walled vege-
tative hyphae presumably developed from the base of the ascogonium (Plate 1,
h). A fully developed ascogonium is a coil of swollen multinucleate cells whose
cytoplasm is dense and more deeply staining than the surrounding hyphal
cells (Fig. 16). Each cell of the ascogonial coil contains 2-6 nuclei (Fig. 14).
The cells of the hyphae surrounding the ascogonium now divide to produce
a pseudoparenchymatous envelope of about 4-6 layers of cells of which the
outer most layer becomes slightly thick-walled and inner cells remain thin-
walled (Fig. 15; Plate I, i). At this stage the ascogonium becomes coiled and
its cells become swollen and multinucleate. The thin-walled cells surrounding
the ascogonium continue to divide and later differentiate into an inner zone
of thin-walled pseudoparenchymatous cells and an outer zone of somewhat
larger thick-walled pseudoparenchymatous cells and these two zones together
constitute the wall of young perithecium (Fig. 17). In further development, a
cavity is formed around the ascogonium presumably due to disintegration of
cells in that region. At the apex of the cavity so formed, the thin-walled cells
become «meristematic» and produce a palisade of darkly staining, thin-walled,
septate, cylindrical filaments which grow down into the cavity (Fig. 18, 19;
Plate 1, j-k). These are the apical paraphyses. Cells of the apical paraphyses
are uni- or binucleate.
During the downward growth of the apical paraphyses, the ascogonial cells
are pushed down and the apical paraphyses ultimately touch the base of the
perithecial cavity (Fig. 20; Plate II, a). The cells immediately below the asco-
gonium become enlarged and vacuolated, Asci are produced at the base of the
perithecial cavity and grow upward interspersed with apical paraphyses (Fig,
21, 22; Plate II, b-d). Apical paraphyses eventually disintegrate (Fig. 23; Plate
IL, c) and mature perithecium is aparaphysate (Fig, 24; Plate II, e).
The formation of the ostiole takes place at the time the asci start growing
upward (Fig. 20, 21; Plate II, a-b). Cells of the inner region of the perithecial
wall at the morphological apex of the perithecium grow upwards and develop
an ostiolar neck. By dissolution of cells in its core a narrow canal develops.
The ostiolar canal extends from the centrum cavity to the exterior. The cells
in the ostiolar neck are thick-walled and are in the form of unbranched hyphae
with rounded tips (Fig. 25), The cells lining the ostiolar canal produce slender
periphyses.
DISCUSSION
The anamorph of Nectria kera is a Cylindrocarpon-state. The first step in
the development of the perithecium is the formation of a coiled, septate asco-
gonium, the cells of which are multinucleate. The perithecial centrum belong
Source : MNHN, Paris
144 C.V. SUBRAMANIAN and D.J. BHAT
Fig. 23-27. — Nectria kera : 23. longitudinal section of a young perithecium; 24. longitudi-
nal section of a mature perithecium; 25. longitudinal section of ostiolar region (en-
larged); 26. three asci and group of eight ascospores; 27. ascospores.
Fig. 23-27. — Nectria kera : 23. coupe longitudinale d'un jeune périthéce; 24. coupe
longitudinale d'un périthéce már; 25. détail de la région ostiolaire; 26. asques et asco-
spores; 27. ascospores (détail).
Source : MNHN, Paris
NECTRIA KERA 145
to the Nectria-type (LUTTRELL, 1951) with apical paraphyses. Thus Neciría
kera is a good hypocreaceous fungus. We have so far informations on the deve-
lopmental morphology of as many as nine species of the genus Nectria, and N.
kera is in conformity with all those, including N. cinnabarina (Tode ce Fr.)
Fr. which is the type species of the genus.
BIBLIOGRAPHY
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
147
LA CULTURE D'UN CHAMPIGNON
PAR LES FOURMIS ATTINES
Mise en évidence de phénoménes d'antibiose dans le nid
par J. ANGELI-PAPA*
RÉSUMÉ. — Les fourmis de la tribu des Attines, communément appelées fourmis manioc,
maintiennent dans leurs nids la monoculture d'un champignon qu'elles exploitent comme
source de nourriture. Par quels processus le champignon cultivé reste-t-il dominant dans
les conditions naturelles ? Nous avons montré que l'inhibition de la microflore bactérienne
est due au maintien d'un pH voisin de 5,0 (sécrétions acides des fourmis). En outre, les
champignons cultivés par les genres Acromyrmex et Atta manifestent des phénoménes d'anti
biose vis-à-vis des bactéries. Cette activité antibiotique amplifie l'action précédente.
SUMMARY. — Attine ants (leaf-cutting ants) cultivate a single fungus in their nests and
utilize this fungus as their food source. How the ants succeed in maintaining their fungus
culture in spite of contamination in natural condition ? We have show that the main reason
of the inhibition is due to the acidity of pH (pH — 5,0 acid secretions). The fungus asso.
ciated with the genera Acromyrmex and Affa are a source of antibiotics; this antibiotic
activity complete the precedent action.
MOTS CLES : Attines, Champignon, Flore microbienne, Antibiose.
INTRODUCTION
La culture d’un champignon est une des pratiques les plus remarquables des
fourmis de la tribu des Attines, bien connues dans les régions tropicales améri-
caines (WEBER, 1979). Sur les fragments végétaux transportés et emmagasinés
dans les nids souterrains, les fourmis maintiennent la monoculture d'un champi-
gnon qu'elles exploitent comme source de nourriture (QUINLAN & CHERETT,
1979). La vie de la société et l'extension des espéces repose sur la réussite de
la culture.
* Ce travail a été réalisé au Centre de Recherches des Antilles Guyane, Petit Bourg, Guade-
loupe, 97170.
Adresse actuelle : Muséum National d'Histoire Naturelle, Laboratoire de Cryptogamie,
12 rue Buffon, 75005 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 5 (1984).
Source : MNHN, Paris
148 J. ANGELI-PAPA
Par quel mécanisme ce champignon cultivé reste-t-il dominant dans le milieu
contaminé que représente le nid ? En effet, il existe dans cet écosystème de
nombreux champignons compétiteurs (ANGELI-PAPA J., non publié) et une
flore bactérienne importante (PAPA F. & PAPA J., 1982). Le nid héberge
également des levures, mais celles-ci ne semblent pas entrer en compétition
avec le champignon cultivé (CRAVEN & al., 1970).
Lors d'une étude précédente (PAPA J. & PAPA F., 1982) nous avons montré
que le maintien dans le nid d'un pH voisin de 5,0 était capable d'inhiber la crois-
sance des bactéries. A cet effet majeur pourrait s'adjoindre l'action d'autres
composés chimiques possédant des propriétés inhibitrices. Ces substances pour-
raient être apportées par les végétaux, la fourmi ou les champignons.
CHERRETT (1972) a constaté que la fourmi effectue un choix de récolte
parmi les végétaux de l'environnement. Si le choix n'a pas d'influence directe
sur le développement du champignon, il est permis de penser qu'il peut exercer
une action vis-à-vis des compétiteurs bactériens.
L'hypothèse d'un contrôle possible par un antibiotique a été émise dès
1954 par SUTER. Par la suite, WEBER (1955) a suggéré qu'il pouvait s'agir
d'un agent chimique présent dans la salive des fourmis. Les travaux de MARTIN
& al. (1969) qui tentaient de vérifier cette hypothèse ont abouti à un échec.
Aucun antibiotique n'a pu être décelé chez les fourmis ni dans la eulture de leur
champignon. Les travaux de MASCHWITZ & al. (1970), de SCHILDKNECHT
(1971), SCHILDKNECHT & KOOK (1971) et SCHILDKNECHT & al. (1973)
apportent des preuves expérimentales à l'hypothése d'un contróle chimique.
Des glandes métathoraciques d'Afta sexdens, ces chercheurs isolent la myrmi-
cacine (ou acide hydroxydecanoïque), l'acide phénylacétique, l'acide indoly-
lacétique. Ces acides carboxyliques formés en petites quantités dans les glandes
et émis de manière continue dans le nid pourraient, selon ces auteurs, jouer
un rôle protecteur en inhibant la croissance des microorganismes étrangers.
Enfin, le champignon peut jouer un róle de prévention dans la contamination
du nid. HERVEY & NAIR (1979) ont apporté un argument en faveur de cette
théorie en isolant un antibiotique, la lipochlorine, à partir du champignon
cultivé par une espèce primitive, Cyphomyrmex costatus.
Le but de ce travail est de complèter ces recherches en essayant de préciser
le rôle joué par les divers partenaires du nid que sont les végétaux, la fourmi
et son champignon vis-à-vis des compétiteurs bactériens.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
1.- MÉTHODE
Souches bactériennes utilisées
Pour mettre en évidence l'activité inhibitrice, nous avons utilisé huit souches
bactériennes. Six d'entre elles sont des souches provenant de la collection de
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNONS - FOURMIS ATTINES 149
l'institut Pasteur et deux ont été isolées en Guadelou
pe. Leurs caractéristiques
sont résumées dans le Tableau 1.
Provenance Стат Désignation Référence Marquage
+ Bacillus subtilis 53.174 B.S.
Sarcina lutea 5345 S.L.
Institut AE Staphylococcus aureus Oxford А.268 5.0.
Pasteur - Pseudomonas aeruginosa A.13 Р.Р,
= Serratia marcescens A.173 S.M.
= Escherichia coli K 12 C.600 K.12
- Chromobacterium violaceum
as aS Salmonella panama
Tableau I. — Caractéristiques des souches bactériennes utilisées.
Table I. — Characteristics of the utilized bacterial strains.
Les germes tests provenant d'une culture de 24 heures sont mis en suspension
dans un bouillon nutritif gélosé à 2 g p. 1000. Leur densité est calculée de
manière à obtenir, aprés culture, des colonies séparées, La suspension est utilisée
soit en étalement de surface, soit sous forme de gouttes.
Choix et provenance des végétaux
Les différents échantillons de feuilles et fleurs étudiés pour leur activité
inhibitrice ont été prélevés sur plusieurs espéces habituellement récoltées dans
l'environnement par Acromyrmex octospinosus. Il s'agit de : Hibiscus (Hibiscus
rosasinensis), Flamboyant (Delonix sp.), Citronnier (Citrus sp.), Manioc (Ma-
nihot sp.), Igname (Discorea trifida), Mapou (Cordia sp.).
Récolte des fourmis
Il s'agit d'Acromyrmex octospinosus, seule. espéce présente en Guadeloupe.
Souches de champignons
Provenance Espéce fourmi Référence Marquage
7801 A1
Я ; 7802 A2
Guadeloupe Acromyrmex octospinosus | 7802 Ke
7805 А7.
Atta cephalotes 7901 A3
8009 A16
Sua Atta sexdens 7902 A4
8008 A15
Tableau II, — Caractéristiques des souches de champignons utilisées.
Table II. — Characteristics of the utilized fungal strains.
Source : MNHN, Paris
150 J. ANGELI-PAPA
VFGETAUX
A a
€ MILIEU GÉLOSE A 20x DE VEGETAL
\
pelos
хатої
Steritisation à l'autociave
j Broyage
ДОНЕМ Centrifugation
Stérilisation par filtration sur membrane
© MILIEU GELOSE contenant
10,5.25.125 & d'EXTRAIT de. FOURM I
бақан
MISSE | мішіреге 2454
_ Sn IS 714
ES =a
RE ыа
gélose
du champignon ЕН
ги Suspension bacterienne
Inhibition nulle
мс
Қ kae ай
inhibition
++
inhibition.
++ totale
Fig. 1. — Méthodes d'étude- Préparation des milieux de culture à base de végétaux, de
fourmis et de champignons. Évaluation de l'inhibition.
Fig. 1. — Methods - Preparation of the several cultural media : natural media with leaves
extracts, ants extracts and fungi extracts. Evaluation of the inhibition.
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNONS - FOURMIS ATTINES 151
Elles ont été isolées de nids de différentes espèces de fourmis champignon-
nistes. Leurs caractéristiques figurent dans le Tableau ll. Ces souches provien-
nent des département frangais de Guadeloupe et de la Guyane. Les souches
d'Acromyrmex en provenance de Guadeloupe ont été isolées dans différents
lieux du département. Un article antérieur (BARBIER & al., 1981) a précisé
leur identité sur le plan immunologique.
2..MÉTHODES D'ÉTUDE
Outre la gélose témoin, différents milieux sont préparés à partir de végétaux,
fourmis et champignons (Voir schéma, fig. 1).
Gélose témoin : agar 15 g, CINa 8,5 g, eau 1000 ml.
Végétaux : Les jeunes feuilles et fleurs récoltées, lavées, sont broyées fine-
ment. Ce broyat est utilisé pour la fabrication d’un milieu gélosé où sa concen-
tration est de 20 %. (200 g de feuilles pour 1 litre d'eau)
Fourmis : Les fourmis proviennent d’un nid d'Acromyrmex octospinosus;
seuls les éléments adultes sont utilisés dans notre expérience.
Champignons : Les différentes souches de champignons sont cultivées sur le
milieu suivant : glucose 10 g, malt 3 g, levure 3 g, peptone 5 g, eau distillée
1000 ml, agar 15 g. L'inoculum est déposé sur une membrane millipore de poro-
sité 0,45 mu qui couvre la surface du milieu (Fig. 1). Après 30 jours de culture
la membrane et le champignon sont enlevés et la gélose sous-jacente est seule
utilisée dans nos essais. La moitié du milieu est enlevée stérilement et remplacée
par la gélose témoin. Le milieu final est ensemencé en surface par une couche
de gélose molle contenant des bactéries.
La lecture des différents essais est effectuée après une incubation de 48 h
à l'étuve à 37°C.
RÉSULTATS
1- Milieux végétaux
La suspension bactérienne se développe uniformément à la surface de tous les
milieux préparés avec différents végétaux. Aucune inhibition n'est à signaler.
2- Milieux à base de fourmis
De méme, sur ces milieux, aucune inhibition n'est à signaler.
3- Action des différentes souches de champignon.
Les résultats obtenus figurent sur le Tableau III. Toutes les préparations
obtenues après culture des souches fongiques associées à Acromyrmex octo-
spinosus, Atta sexdens, et Atta cephalotes inhibent les différentes souches
bactériennes. L'activité antibactérienne dépend, comme l'indique le Tableau III,
Source : MNHN, Paris
152 J. ANGELI-PAPA
Champignons bactériennes
utilises
Tableau III. — Action des substances émises par les champignons (souches cultivées par
Acromyrmex octospinosus, Atta sexdens et Atta cephalotes) sur différentes souches
bactériennes. - Évaluation de l'inhibition : voir fig. 1.
Table III. — Activity of the substances, produced by the fungus cultivated by Acromyrmex
octospinosus, Atta sexdens and Atta cephalotes on different bacterial strains. - Evalua-
tion of the inhibition : see fig. 1.
de la souche de champignon utilisée ainsi que des souches bactériennes. Les
facteurs présents dans le milieu, après culture d'un champignon, agissent à la
fois sur les bactéries gram positif et gram négatif.
DISCUSSION ET CONCLUSION
En dehors de l'action inhibitrice provoquée par les sécrétions acides des
la possibilité d’une action supplémentaire causée
par les différents partenaires du nid. Dans les conditions de notre expérience,
les végétaux, quoique sélectionnés par les fourmis, n’exercent aucune influence
sur le ralentissement du développement bactérien. Il en est de méme pour les
milieux à base de fourmis.
fourmis, nous avons étudi
Comme l'avaient précédemment remarqué HERVEY & NAIR, à propos de
Cyphomyrmex costatus, les différentes souches de champignons cultivés par
Source : MNHN, Paris
CHAMPIGNONS - FOURMIS ATTINES 153
Acromyrmex octospinosus, Atta sexdens et Atta cephalotes exercent une action
inhibitrice certaine vis-à-vis des différentes souches bactériennes utilisées. Il est
cependant permis de penser que cette action reste faible puisqu'elle n'a pas été
décelée par MARTIN & al. (1969), ni dans notre étude antérieure du nid (PAPA
J. & PAPA F., 1982). L'activité antibactérienne dépend en partie des méthodes
d'investigation. Nous avons employé une méthode utilisant la libération de
substance durant les 30 jours de culture mycélienne, ce qui a permis la mise
en évidence de l'inhibition. La présence d'antibiotique dans le milieu de culture
est ainsi démontrée; cette action antibiotique, du fait de la faible concentration
reste probablement bactériostatique (comme les résultats de l'étude microbio-
logique du nid l'avaient montré, PAPA F. & PAPA J., 1982; aucun effet léthal
ne se manifestant dans le nid).
П пе faut pas négliger, dans le maintien de la dominance, certains caractéres
de technique culturale qui tendent à privilégier le champignon cultivé, La loca-
lisation du nid dans le sol assure des conditions d'environnement constantes
(température 25°-27°, humidité 80 %, taux de CO: élevé) qui favorisent la
croissance végétative du champignon. La fabrication du substrat (QUINLAN &
CHERRETT, 1977) où interviennent les sécrétions salivaires et les liquides
fécaux, l'inoculation par bouturage mycélien sans phase de latence, l'importance
de linoculum de masse permettent un envahissement extrémement rapide
du substrat.
En résumé, l’inhibition des bactéries dans le nid se réalise de la manière
suivante :
— Inhibition majeure par un pH maintenu constamment au voisinage de 5.
— Action de facteurs de sécrétion contenus dans les glandes métathoraciques
(SCHILDKNECHT, 1971)
— Action d’antibiotiques émis par le champignon cultivé.
L'identification de ces substances antibiotiques émises par les champignons
nécessiterait des études supplémentaires . Le fonctionnement de cet équilibre
biologique favorisant la prédominance du champignon cultivé est remarquable.
Il est assuré par la présence active des fourmis et les propriétés bactériostatiques
particulières du champignon cultivé par les Attines.
BIBLIOGRAPHIE
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Source : MNHN. Paris
Dépót légal n» 12153 - Imprimerie de Montligeon
Sorti de presses le 15 septembre 1984
Source : MNHN. Paris
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Prix du fascicule séparé: France : 50 F Étranger : 60 F
MÉMOIRES HORS-SÉRIE DISPONIBLES
NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages : 15 F.
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Becker. 94 pages : 25 F.
NO 8 (1966). Catalogue de la Mycotheque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d’Histoire Naturelle. (1) Micro-
mycétes, Macromycetes (premiere partie). 68 pages ; 25 F,
No 9 (1967). Table des Matieres (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40p. 10 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DÉPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome 1
Tome II, Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. :60 F.
Tome Ill. Les Mycenes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 60 F.
Tome IV. Les Discomycétes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
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(1965). 180 pages, 97 fig.. 4 pl. hors-texte : 60 F.
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