CRYPTOGAMIE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12, RUE BUFFON, 75005 PARIS
PUBLICATION TRIMESTRIELLE Mars 1986
SOMMAIRE
A. DAVID et M. TORTIC. — Contribution à l'étude de quatre Polypores
européens peu connus K C CE C C mee nennen 1
G. VIDAL. — Évolution de la teneur en lipides de Leptosphaeria typhae
(Auers. Karsten en fonction de sa croissance et de sa reproduction
sexuée : influence sur le métabolisme lipidique d'agents stimulant ou
inhibant la reproduction sexuée . ...:...................... 15
M. LOCQUIN-LINARD. — Lophotrichus geniculosporus Locquin-Linard,
nouvelle espèce de Microascales (Ascomycète ascohyménien) copro-
phi uman ss n EE 31
S. BALAZY, A. LENOIR et J. WISNIEWSKI. — Aegeritella roussillonensis
n. sp. (Hyphomycétales, Blastosporae), une espèce nouvelle de champi-
gnon épizoique sur les fourmis Cataglyphis cursor (Fonscolombe)
(Hymenoptera, Formicidae) en France ...............:...... 37
A. BELLEMÈRE, M.C. MALHERBE, H. CHACUN et J. HAFELLNER. —
Étude ultrastructurale des asques et des ascospores chez les espèces
lichénicoles non lichénisées Abrothallus bertianus de Not. et A. parme-
haran [Sommer ne A ES S 47
Analyses Bibliogtapbiques, a ta nen ad 87
INSETUCLIONS AUX AULEUIS « «9 K K K K R w n an n ka a m n n mona n kam n a n nn 93
CONTENTS
A. DAVID et M. TORTIC. — Contribution to study of four imperfectly
known european Polypores (in French) ...................... 1
G. VIDAL. — Evolution of lipid content in Leptosphaeria typhae (Auers.)
Karsten during growth and sexual reproduction : influence of stimula-
ting or inhibiting agents on lipid metabolism related to sexual repro-
APE ÉD rec) Ne ON ean ort neato ese EE 15
M. LOCQUIN-LINARD. — Lophotrichus geniculosporus Locquin-Linard,
new species of coprophilous Microascales (ascohymenial Ascomycete)
e Eet, BEE 31
S. BAŁAZY, A. LENOIR et J. WIŚNIEWSKI. — Aegeritella roussillonensis
n. sp. (Hyphomycetales, Blastosporae). A new species of epizoic fungus
on the ants Cataglyphis cursor (Fonscolombe) (Hymenoptera, Formi-
qa J Gu French]. P n 37
A. BELLEMERE, M.C. MALHERBE, H. CHACUN et J. HAFELLNER.
Ultrastructural study of asci and ascospores in the lichenicolous not li-
chenized species Abrothallus bertianus de Not. and A. parmeliarum
(Sommerf.) Nyl. (in French) 47
Bibliography ste o rere E EE er eg KOU
Instructions to authors 93
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME7 Fascicule 1 1986
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
DIRECTEUR DE LA PUBLICA
STRATION : Mme LOCQUIN-LINARD N
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.C. BOISSELIER. ÉDITEUR : ADAC
TION
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE est indexé par : Biological Abstracts, Current Contents,
Publications bibliographiques du CDST (Pascal)
Copyright @ 1985. Cryptogamie Mycologie
Bibliothëque Centrale Muséum
|
III
22d80uite : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1986, 7 (1) : 1-13 1
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE
DE QUATRE POLYPORES EUROPÉENS PEU CONNUS
par A. DAVID" et M. TORTIC**
RESUME, — Les récentes récoltes en France et en Yougoslavie de quatre espèces de Poly-
poraceae peu connues, ont permis d'approfondir leur connaissance, notamment par l'apport
de leurs caractères mycéliens : Antrodiella citrinella Niemelä & Ryvarden, Antrodia varii
formis (Peck) Donk; Ceriporiopsis subrufa (Ellis & Dearn.) Ginns, Perenniporia narymica
(Pilát) Pouzar. Trametes fragrans David & Tortić est transferré dans le genre Antrodiella.
ABSTRACT. — The number of known polypores in Europe is steadily increasing, either by
the description of new taxa or by the finds of species considered to occur only in other
continents (mostly North America). Pure cultures of four such species were studied : Antro
diella citrinella Niemelä & Ryvarden (1983), Antrodia variiformis (Peck) Donk and Ceri
poriopsis subrufa (Ellis & Dearn.) Ginns, reported from Europe by KOTLABA (1984), the
first under the name of Trametes variiformis, and Perenniporia narymica (Pilát) Pouzar,
first noted from Europe by DOMANSKI (1973) as Perenniporia elongata (Overh.) Doman-
ski, which was subsequently placed in synonymy under P. narymica by POUZAR (1984),
with some additional localities in Europe cited by KOTLABA (1984). The three last named
species occur in North America, and P. narymica was described from North Asia (Siberia)
All four species were collected in Yugoslavia, and two of them, A. variiformis and P. nary
mica, in France. Short descriptions of their fruitbodies according to our collections are
given and their known distribution in Europe is presented (Fig. 1). Trametes fragrans
David & Tortié is transferred to the genus Antrodiella
MOTS CLÉS : Aphyllophorales, Polyporaceae, systématique, culture.
La flore européenne s'enrichit constamment soit d'espèces nouvelles, soit
d'espèces déjà connues sur le continent américain. La connaissance de quatre
d'entre elles a été complétée ici par l'étude de leur mycélium en culture. Ce
sont : Antrodiella citrinella, espéce précédemment décrite par NIEMELA & RY-
VARDEN (1983) ainsi que trois espéces déjà connues d'Amérique du Nord et
signalées pour la premiére fois en Europe par KOTLABA (1984), Ceriporiopsis
subrufa, Antrodia variiformis (sous le nom de Trametes variiformis) et Perenni-
* Laboratoire de Mycologie, Université Claude Bernard (Lyon 1), 43 Boulevard du 11
Novembre 1918, 69622 Villeurbanne, France.
** Livadiceva 16, Yougoslavie.
Source : MNHN, Paris
@ A. citrinella
© A. variiformis RM
ac.
subrufa
o P. narymica
Fig. 1 : répartition géographique européenne d'Antrodiella citrinella, Antrodia variiformis,
Ceriporiopsis subrufa et Perenniporia narymica.
Fig. 1 : distribution of Antrodiella citrinella, Antrodia variiformis, Ceriporiopsis subrufa
and Perenniporia narymica in Europe.
Source : MNHN. Paris
POLYPORES EUROPEENS 3
poria narymica. En fait, cette dernière espèce avait déjà été récoltée et étudiée
par DOMANSKI (1973) sous le nom de Poria elongata. Ces quatre espèces ont
été retrouvées en Yougoslavie et deux d’entre elles en France (A. variiformis
et P. narymica). Outre l'étude des mycéliums en culture, nous avons donné
pour chacune d’entre elles une brève description des carpophores faite d'après
nos récoltes et signalé leur répartition géographique connue en Europe (Fig. 1).
ANTRODIELLA CITRINELLA NIEMELA et RYVARDEN
Carpophores étroitement réfléchis en trés petits chapeaux de 0,5 cm de lon-
gueur, 2-2,5 mm de largeur, à surface légèrement tomenteuse, jaune pale a jaune
assez vif, à marge épaisse, stérile sur 1 mm, pubescente, plus pale que les pores.
Pores relativement grands, 3-4 par mm, jaune vif; tubes courts, de l'ordre du mm;
contexte d'l mm maximum. La forme résupinée n'a pas été observée en Yougo-
slavie.
Système hyphal dimitique : hyphes génératrices bouclées, relativement
rares, x 3 um, hyphes squelettiques prédominantes, les unes solides, les autres
à lumen distinct, toutes très métachromatiques au bleu de crésyl. Spores courte-
ment elliptiques à presque globuleuses, 3 x 2,5 um.
Pourriture blanche.
Habitat.
L'hóte de prédilection d'A. citrinella paraît être Picea abies : seule excep-
tion, une récolte polonaise sur Abies alba. Les deux récoltes yougoslaves pro-
viennent d'une forêt vierge de hétres et sapins mélés d'épicea (Parc National de
Plitvice), alt. 900 m environ : la première le 7-10-1976, la seconde le 31-10-1982
correspondant à la culture LY-AD 4385.
Étude du mycélium en culture.
Le mycélium obtenu par bouture à partir de la récolte yougoslave LY-AD
4385 a fructifié permettant l'étude compléte de cette espèce. Il est fréquent que
des fructifications se développent sur la bouture méme, assez rapidement aprés
son dépót sur le milieu de culture alors que le mycélium qui en est issu reste
stérile dans les mémes conditions de culture. C'est le cas pour A. citrinella dont
nous n'avons plus jamais obtenu de fructifications.
— Germinations et mycéliums monospermes : les spores germent environ
trois semaines aprés leur dispersion et le mycélium monosperme est constitué
d'hyphes aux articles uninucléés.
— Polarité : espéce tétrapolaire.
AB, 17 Az Bz 4
A, Ba 2-3-9-10 A-B, 5-6-8
— Polysperme :
- croissance rapide (boîte de 9 em de diamètre remplie en trois semaines).
Source : MNHN. Paris
4 A. DAVID et M. TORTIÓ
-aspect : marge réguliére appliquée; mycélium aérien peu développé, duve-
teux (peau de péche) à cotonneux láche, laissant voir le milieu par transparence.
Odeur nulle, dessous légèrement teinté de brun orangé.
microscopie : marge constituée d’hyphes régulièrement bouclées, x 2-3 um.
En arrière de cette marge, les hyphes ont un calibre varié, les plus fines (x 2-3 um)
peuvent être régulières ou irrégulières avec renflements moniliformes, les plus
grosses (x 5-8(10) um) avec une paroi légèrement et inégalement épaissie, congo-
phile. Fait curieux, certaines grosses hyphes dépourvues de leur contenu, ren-
ferment une hyphe gréle poussant dans le lumen. Fibres rares, peu développées,
correspondant à l'article terminal particulièrement long d'hyphes génératrices.
- oxydases :
gaiacol 0,2%o++++ cr:0,5 cm tyrosine — cr : 0,5cm
2%o ++++
ac.galique — ++++ paracrésol —
— Comportement nucléaire : normal
— Code : 2a-3c-7-(8)-32-43-55-60-61
Affinités : le genre Antrodiella Ryvarden & Johansen est caractérisé d'aprés
ses auteurs par la consistance du carpophore, tendre à l'état frais, devenant plus
ou moins translucide et corné en séchant, par de petits pores et des spores ayant
moins de 5 um de longueur. Le systéme hyphal est dimitique et les hyphes
génératrices bouclées. Le type est A. semisupina (Berk. et Curt.) Ryv. D'autres
espèces y ont été transferrées : ce sont A. hoehnelii (Bres. ex Höhn) Niemelä,
A. onychoides |Egelend) Niemelä et A. romellii (Donk) Niemelä, toutes associés,
comme le type, à une pourriture blanche. Parmi ces espèces, seul A. onychoides
n'est pas bouclé. Antrodiella semisupina et A. hoehnelii sont, comme A. citri-
nella, tétrapolaires et ont un comportement nucléaire normal (résultats inédits).
Tous ces caractéres se retrouvent dans Trametes fragrans David & Tortié d'où
la nouvelle combinaison : Antrodiella fragrans (David & Tortié), Acta Bot.
Croat. 38 :133, 1979.
Antrodiella onychoides qui ne diffère de A. semisupina que par l'absence de
boucles pourrait étre considéré comme une forme parthénogénétique de cette
espéce. En effet aprés une coloration en masse de la chair du carpophore (mé-
thode de Giemsa), les hyphes génératrices apparaissent constituées d'articles
uninucléés. Antrodiella romellii est une espèce très affine a A. semisupina
leurs caractères distinctifs sont encore mal définis. Antrodiella romellii serait
toujours résupiné et aurait des spores légèrement plus grosses : 3,5-5 x 2-2,5
(3) um contre 2,5-3,5 x 1,7-2,2 um chez A. semisupina. Des confrontations
entre monospermes des deux espéces permettraient de préciser leurs affinités;
des récoltes fraiches d'A. romellii seraient donc les bienvenues.
ANTRODIA VARIIFORMIS (PECK) DONK
Carpophores résupinés ou étalés-réfléchis en petits chapeaux 4 x 1,5 x 1,3 cm
souvent confluents, mais chacun fixé au support par la région centrale, libres
Source : MNHN Paris
POLYPORES EUROPEENS 5
sur le reste de leur étendue et de ce fait facilement détachables du support.
Revétement des chapeaux et surface de contact avec le support, bruns, plus ou
moins zonés avec poils apprimés. Contexte blanc ou alutacé jusqu’a 11 mm
d'épaisseur, pouvant étre subnul dans les exemplaires résupinés. Tubes 1-4(7) mm
de longueur; pores anguleux, subdaedaloïdes ou déchirés, 1-1,5 mm de diamètre,
parfois plus grands; dissépiments entiers, épais de 150 à 750 um.
Système hyphal dimitique : hyphes génératrices à parois minces, régulière-
ment bouclées, de même taille dans le contexte et la trame x (2)2,5-3,5 um,
assez rares et difficiles à observer. La surface brune est composée d'hyphes
génératrices bouclées à paroi épaissie jusqu'à 4,5 um, devenant violettes au bleu
de crésyl. Hyphes squelettiques prédominantes x 3-4(4,5) um. Spores cylin-
driques de taille légèrement variable selon les récoltes, en moyenne (5,5)-6-8,5
(9-9,8) x 2-3 um.
Pourriture brune.
Habitat.
En Europe cette espéce n'a été récoltée jusqu'à présent que sur Coniféres
(Abies). En Amérique, OVERHOLTS (1953) cite également comme support
Betula.
Répartition.
KOTLABA, dans son ouvrage récent sur les Polyporales de Tchécoslovaquie
(1984) cite les récoltes faites à ce jour : deux en Yougoslavie et une en URSS.
En 1985, il compléte ces indications en signalant une deuxiéme localité en
Tchécoslovaquie à 35 km de distance de la premiére citée. Antrodiella varii-
formis a été retrouvé deux fois en Yougoslavie, une fois en France. Les localités
yougoslaves sont toujours situées en montagne à une altitude de 900-1400
mètres dans des forêts vierges ou des réserves naturelles peuplées de hêtres et de
sapins : les récoltes d'A. variiformis ont toujours été faites sur Abies : Kočevski
rog, Pečke, 800-900 m alt., 4-10-1981, leg. M. Tortié et A. David, récolte corres-
pondant à la culture LY-AD 4158; Plitvice Nat. Park, Čorkova uvala 900 m alt.,
4-11-1973, et 2-11-1975 sur le même tronc (culture LY-AD 3272); Sutjeska
Nat. Park, Peručica, 1300 m alt., 17-07-1969, 23-06-1972, 21-09-1984; Korab
1400 m alt., 2-08-1935, leg. Lindtner, BEO herbier Lindtner n° 2122. L'espèce
paraît rare et localisée dans des régions bien précises où par contre elle peut être
abondante; par exemple trois récoltes à Peručica où dans deux cas sur trois les
carpophores confluents couvraient une trés grande surface d'un tronc couché.
En France l'espéce a été récoltée dans la région de Pau, Pyrénées-Atlantiques,
leg. J. Beller, 10-1966, sans doute sur Abies: LY-AD 312.
Etude du mycélium en culture.
Nos observations sont en accord avec celles de NOBLES (1948) et SARKAR
(1959); elles seront complétées par l'étude du comportement nucléaire : A.
variiformis présente un comportement nucléaire normal.
Affinités : nous avons jugé utile de comparer nos récoltes européennes avec
Source : MNHN, Paris
6 A. DAVID et M. TORTIC
4158(Youg.) 4158(Youg. )
I 2% kengt fe EG
Ye] tl +] + 3 11 +| +|+|+
3 E
Sal +] |+ |+ s 2 L T
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4158 (Youg.)
T 2 3 4 5 6 7 8
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5 444) = | - | - F++-++ = | -
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Tableau 1 : résultats de confrontations entre mycéliums monospermes de carpophores fran
cais, yougoslaves et américains.
Table 1 : results of pairing monosporous mycelia from French, Yugoslav and American
fruitbodies.
des récoltes américaines. Des exsiccata nous ont été envoyés par J.L. LOWE.
Les carpophores européens ont une taille supérieure à celle des carpophores
américains, des dissépiments plus épais et des pores plus grands; par contre, les
Source : MNHN. Paris
POLYPORES EUROPÉENS 7
spores sont légèrement plus petites. Ci-dessous les mensurations données pour
des récoltes américaines par différents mycologues : 8-12 x 4-5 um (SHOPE,
1931), 9-11 x 24 um (BAXTER, 1935), 7-10(12) x 3-3,5 um (OVERHOLTS,
1953), 7-9,5 x 2,5-3,5 um (SARKAR, 1959). Nos observations faites sur le ma-
tériel américain correspondent aux trois derniéres mesures, celles de SHOPE nous
paraissent un peu excessives.
L'espéce présente tous les caractéres du genre Antrodia tel que nous le
concevons : pourriture brune, hyphes génératrices à paroi pouvant étre irrégu-
liérement épaissie, bipolarité ou homothallie, comportement nucléaire normal.
Les quelques différences observées entre récoltes européennes et américaines
nous ont incitées à confronter des monospermes issus de carpophores originaires
des deux continents.
Cultures européennes: France, LY-AD 312; Yougoslavie, LY-AD 3158,4158.
Cultures américaines envoyées par J. GINNS :n9 16097, culture isolée d'une
pourriture associée à un carpophore croissant sur Larix sp., Blue River, B.C.,
Canada, 6-10-1944, Coll. D.C. Buckland, det. M.K. Nobles; n° 17527, culture
isolée d'un carpophore croissant sur tronc de conifére, Riding Mountain National
Park, Wasagaming. Manitoba, Canada, 15-09-1947, Coll. C.G. Riley, det. R. Hor-
ner; n9 31964, culture polysperme à partir d'un carpophore sur tronc de coni-
fére, Warrensburg, New York, U.S.A., 2-10-1955, Coll. M.K. Nobles, det. J.L.
Lowe. Cette derniére culture a fructifié permettant ainsi l'obtention de mono-
spermes. Les résultats des confrontations sont figurés dans le tableau 1; ceux qui
concernent les confrontations faites entre monospermes américains nous ont
été communiqués par J. GINNS.
Les monospermes des récoltes européennes ou des récoltes américaines sont
100 pour 100 compatibles entre eux; par contre, dans les confrontations entre
monospermes des deux continents, peu sont positives et l'on observe méme assez
souvent des bourrelets brunátres entre les deux mycéliums. Ces résultats partiel-
lement positifs traduisent sans doute une évolution divergente des souches
européennes et américaines et l'on peut penser que cette évolution va se pour-
suivre jusqu'à l'isolement complet des deux espèces.
CERIPORIOPSIS SUBRUFA (ELLIS & DEARN) GINNS
Carpophores résupinés blancs, devenant rougeâtres en séchant. Pores angu-
laires 23 par mm, parfois plus grands, 1 et même 2 mm de diamètre (mesures
faites sur exsiccata), irréguliers; dissépiments minces, fimbriés. Tubes le plus
souvent courts, 1-2 mm de longueur mais pouvant atteindre dans certains exem-
plaires 7 mm; subiculum extrémement fin.
Systeme dimitique : hyphes génératrices bouclées x (3) 4-5(6-8) um, à paroi
mince ou légérement épaissie. Hyphes squelettiques présentes dans la trame et
le subiculum x 3-6 um, à lumen ordinairement large, parfois absent (hyphes
solides}, occasionnellement gainées de cristaux extrémement fins sur une lon-
gueur considérable et métachromatiques au bleu de crésyl. Spores souvent très
Source : MNHN Paris
8 A. DAVID et M. TORTIC
nombreuses, elliptiques, 6-7,5 x 3,5(4) um, à paroi fine, ni amyloide ni cyano-
phile.
Pourriture blanche.
Habitat.
Sur angiospermes, Fagus, Ulmus.
Répartition.
Outre les deux localités tchëques citées par KOTLABA (1984), trois localités
sont connues à ce jour en Yougoslavie : Jastrebac, Ribarska banja, alt. 500-550 m,
sur Fagus, leg. V. Lindtner 20-10-1948, det. Z. Pouzar, BEO 3159, PRM; Plitvice
Nat. Park, forêt de hêtres, 600 m alt., sur Fagus, leg. M. Tortić et M. Jelić,
11-10-1972, det. Z. Pouzar, 05-1975, ZA, PRM; Prašnik, 100 m alt., forêt de
chênes rouvres, sur Ulmus sp., leg. M. et S. Tortič, 29-10-1981, ZA, correspon-
dant à la culture LY-AD 4262.
Étude du mycélium en culture.
Cette étude a porté exclusivement sur la culture obtenue par bouturage du
carpophore LY-AD 4262. Une dispersion a été effectuée à partir d'une suspen-
sion de fragments de tubes écrasés dans de l'eau stérile; nous avons ainsi pu
obtenir deux monospermes.
Monospermes : constitués d'hyphes aux articles uninucléés.
— Polyspermes :
- croissance lente (boite de 9 cm de diamétre couverte en 6 semaines)
-aspect : marge. réguliére, plongeante. Mycélium aérien peu développé, ap-
pliqué, trés faiblement roussátre, laissant voir le milieu par transparence, cireux
à jour frisant; légère orientation radiaire du mycélium profond. Dans les cultures
âgées de 8 à 9 semaines, apparition de plages roux foncé près de l'implant. Odeur
nulle; dessous légèrement brun roussátre.
- microscopie : marge constituée d'hyphes x 3-3,5 um, régulièrement bou-
clées. Ces hyphes se retrouvent dans le mycélium aérien mais elles sont plus
larges x 5-7 dm, régulières, à boucles constantes et contiennent de nombreux
corpuscules réfringents. Au niveau des plages rousses (cultures âgées) les hyphes
portent de curieux diverticules élargis et incurvés, enroulés sur eux mêmes où
autour de l'hyphe.
- cytologie : hyphes constituées d'articles binucléés et bouclés.
-oxydases :
gaiacol 0,2 760 ++++ cr:0 tyrosine : légére teinte acajou
2%o ++++
ac. gallique - paracrésol —
- Comportement nucléaire : normal.
— Code : 2a-3c-7-32-36-38-(39)-46-54-58-61.
Affinites : l'espéce a été transferrée en 1984 successivement dans le genre
Fibroporia (POUZAR) puis dans le genre Ceriporiopsis (GINNS). Elle possède
Source : MNHN, Paris
POLYPORES EUROPÉENS 9
effectivement des spores trés semblables par la forme et la taille a celles de
Fibroporia vaillantii et présente comme cette derniére un systéme hyphal dimi-
tique. Cependant elle provoque une pourriture blanche alors que F. vaillantii et
gossypia sont responsables d'une pourriture brune. Son mycélium est appliqué
comme la plupart des Ceriporiopsis (aneirina, gilvescens, resinascens) alors que
dans F. vaillantii et gossypia, il est élevé, cotonneux, laineux. Certaines des
hyphes du carpophore sont gainées de cristaux, caractère qui se retrouve dans C.
gilvescens. Nous optons donc pour la combinaison : Ceriporiopsis subrufa (Ellis
& Dearn) Ginns; une seule objection : les espèces rangées dans le genre Ceripo-
riopsis sont monomitiques, C. subrufa est dimitique.
PERENNIPORIA NARYMICA (PIL.) POUZ.
Perenniporia narymica a été décrit par PILAT (1935) de Sibérie comme
Trametes narymicus. En 1973, DOMANSKI signale en Pologne, la présence
d'une espéce américaine, Poria elongata Overholts et propose la combinaison
Perenniporia elongata (Overh.) Domański. RYVARDEN & GILBERTSON (1984)
renomment P. elongata Perenniporia amylohypha Ryv. & Gilb. (OVERHOLTS
n'ayant pas accompagné sa description d'une diagnose latine). La même année
POUZAR synonymise Poria elongata et Trametes narymica et propose la combi-
naison Perenniporia narymica (Pilat) Pouzar. Signalons que GINNS (1984) a
transferré tous les Perenniporia dans le genre Poria (lectotype : Boletus medulla-
panis Jacq:Fr.). Mais RYVARDEN, dans un article récent (1985), signale que
d'après le Code International de Nomenclature Botanique (1981), le premier
auteur de Poria n'est pas PERSOON (1797) mais ADANSON (1763). Le genre
Perenniporia peut donc légitimement être conservé, ce qui évitera bien des
confusions, de nombreuses espèces de polypores résupinés ayant été décrites
comme Poria (LOWE, 1966).
Carpophores résupinés, 10-15cm de longueur, 4-5cm de largeur, 1 cm
d'épaisseur au maximum, beige pâle avec reflet rosâtre disparaissant au séchage
(observation faite sur la récolte française), marge blanche plus ou moins déve-
loppée. byssoïde; en position verticale, formation de tubercules noduleux plus
ou moins bruns à la base, les tubes étant alors beaucoup plus épais et pouvant
atteindre 13 mm de longueur. Dans les deux cas, pores (4)5-7 par mm, dissépi-
ments minces, entiers ou légèrement fimbriés. Subiculum subnul à 1 mm d'épais-
seur, blanc à alutacé.
Système trimitique-contexte : hyphes láchement enchevétrées sans orienta-
tion privilégiée: hyphes génératrices bouclées, à paroi mince x 2-4(7) im, don-
nant naissance à de très nombreuses chlamydospores ellipsoides 4,5-7 x 7-10 um
ou subsphériques x 57 um, plus abondantes au contact du substratum; hyphes
conjonctives trés nombreuses, de faible calibre x 0,3-2 um, flexueuses, très forte
ment ramifiées, à paroi peu ou pas épaissie, non congophile; hyphes squelet-
tiques, relativement peu nombreuses, irrégulières x 3,3-4 (4,5) m, à paroi plus
ou moins épaissie, non congophile mais amyloide et métachromatique au bleu
de crésyl (Fig. 2 C).
Source : MNHN, Paris
10 A. DAVID et M. TORTIC
Fig. 2 : Perenniporia narymica; récolte nO LY-AD 4534. — A - Basides et basidioles. B
Spores (vue de face et de profil). C - Hyphes du contexte, avec chlamydospores. D -
Chlamydospores observées en culture : 1) à la marge, 2) dans le mycélium à
Fig. 2 : Perenniporia narymica; récolte nO LY-AD 4534. — A - Basidia and basidioles. B -
Spores (in side and in front view). C - Context hyphae with chlamydospores. D - Chla-
mydospores observed in the culture : 1) to the margin, 2) in the old mycelium.
trame : hyphes squelettiques plus nombreuses que dans le contexte, à paroi
épaissie, irréguliéres, tortueuses, parfois bifurquées; rares chlamydospores.
En présence de solutions alcalines (ammoniaque, potasse à 3 %), les hyphes
squelettiques de la trame et du contexte ont leur paroi qui gonfle fortement, se
Source : MNHN, Paris
POLYPORES EUROPÉENS 11
rompt et se dissout partiellement; seuls quelques secteurs demeurent intacts;
cette réaction est instantanée. Sous-hyménium non différencié; basides clavi-
formes à 4 stérigmates 15-25 x 5-7 um (Fig. 2A). Spores ellipsoides (4,5)5-6
(7) x (3,3) 3,5-4,5 um, fortement cyanophiles, peu ou pas dextrinoides (Fig. 2B).
Pourriture blanche.
Habitat.
Sur feuillus variés, Fagus, Eucalyptus, l'espèce type croissant sur Betula
verrucosa. L’écologie de cette espèce est variable : elle a en effet été récoltée à
des altitudes et sur des supports variés : France, au bord de la mer, sur Euca-
lyptus; en Yougoslavie toujours sur Fagus, à 800-1000 m d'alt. et en Tchécoslo-
vaquie sur Carpinus, Fagus, Populus et Salix.
Répartition.
France LY-AD 4534 sur tronc couché et trés pourri d’Eucalyptus sp., Porque-
rolles, Var, 26-02-1984; Yougoslavie : Juéni Kuéaj, sur Fagus, 900-1000 m alt.,
29-09-1947, 23-11-1947, leg. V. Lindtner, det. Z. Pouzar, BEO, 2768, 2866;
Montagne de God, 1000 m alt., 1-11-1948, 30-07-1950, sur Fagus, leg. V. Lindt-
ner, der. Z. Pouzar, BEO 3174, 3563; Montagne de Kožuf, région proche de la
frontière grecque, alt. 800 m, sur Fagus, leg. M. Karadelev, det. M. Tortié, 20-
10-1983, ZA; Italie : sur branche de Pinus, Florano Canavese, Torino, (Bernic-
chia 1984).
Remarque : la récolte française présente quelques différences avec les récoltes
yougoslaves et américaines : elle est résupinée, sans aucune tendance à se réflé-
chir et présente des chlamydospores (trame et contexte) que nous n'avons
observées ni dans le matériel yougoslave ni dans le matériel américain. D'autres
récoltes françaises seraient donc souhaitables.
Étude du mycélium en culture.
Faite sur la récolte française LY-AD 4534.
` Germinations et mycéliums monospermes : les spores uninucléées germent
en 5-6 jours et donnent naissance a des hyphes dont les articles sont uninucléés.
Malheureusement nous n'avons obtenu que 5 monospermes et n'avons pu
établir la polarité de cette espéce.
Polysperme :
- croissance moyenne (boite de 9 cm de diamétre couverte en 5 semaines)
-aspect : marge plongeante, byssoïde; mycélium aérien finement poudreux,
alutacé, 5 Y 9/2,9/3. Odeur nulle, dessous inchangé.
- microscopie : marge formée d’hyphes génératrices x 2-2,5 um, régulièrement
bouclées, donnant rapidement naissance à de très nombreuses chlamydospores
sabglobuleuses x 7-10 um ou ovales, 5-7 x 7-10 um remplies de fines gouttelettes
lipidiques (Fig. 2, D, et Da). Présence dans le mycélium aérien de trés fines
hyphes x 0,5-1 um formant un réseau complexe
cytologie : hyphes constituées d'articles uninucléés.
Source : MNHN, Paris
12 A. DAVID et M. TORTIC
- oxydases :
gaiacol 0,2 900 +++++ er :0 tyrosine — cr: 2cm
2%o +++++
ac.gallique 9 +++++ paracrésol — (précipité de lait sur
2 cm).
— Comportement nucléaire : espèce a comportement normal.
— Code : 2a-3c-7-34-36-38-45-54-58-61.
Discussion : les caractéres mycéliens de la récolte francaise ont été compa-
rés À ceux de récoltes américaines étudiées d'une part par STALPERS (1978)
sous le nom de P. elongata, d'autre part par nous mêmes (culture n° 34063 F.F.
Lombard, Mycothèque de Baarn, Hollande). De légères différences ont été
notées : dans la culture LY-AD 4534 le mycélium forme des trainées pulvéru-
lentes jaune sale, cet aspect étant du à la présence de chlamydospores extréme-
ment nombreuses constituant l'essentiel de la culture, les hyphes génératrices
étant rares. Au contraire, dans la culture d'origine américaine le mycélium est
cotonneux, blanchátre, les hyphes génératrices nombreuses et les chlamydo-
spores disséminées çà et là.
Il nous a donc paru souhaitable d'établir l'identité des récoltes frangaises et
américaines. Les confrontations faites entre les néohaplontes issus de la souche
américaine et les haplontes de la souche frangaise sont positives, bien que seuls
les monospermes no 4534 soient diploidisés. Ce phénomène a été fréquemment
observé dans les confrontations entre récoltes provenant de continents diffé-
rents. On peut imaginer un début d'évolution divergente des deux souches. Il
faut cependant se garder de conclusions trop hátives, vu le petit nombre de
récoltes étudiées. De nouvelles récoltes françaises et même européennes sont
souhaitables: elles permettraient d’une part d'étudier la variabilité des récoltes
(port, couleur, présence de chlamydospores), d'autre part de multiplier les tests
d'intercompatibilité.
Perenniporia narymica provoque une pourriture blanche, possède un système
hyphal trimitique, des spores ellipsoides cyanophiles, caractére que l'on retrouve
dans la plupart des représentants du genre Perenniporia. Il s'éloigne cependant
des espèces typiques par ses spores peu tronquées, non ou très peu dextrinoïdes
(ces deux caractères la rapproche de P. subacida) enfin ses hyphes squelettiques
se dissolvent dans une solution de KOH à 3 %; ce dernier caractère va souvent
de pair avec l'amyloidie.
REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement tous ceux qui nous ont aidées pour la réalisation de ce travail,
par l'envoi de matériel (J. Beller, H. Grosse-Brauckmann, J.L. Lowe), de cultures (J. Ginns)
ou par la détermination du support (E. Samuel). Enfin notre reconnaissance s'adresse tout
particulièrement à B. Dequatre, collaborateur technique (laboratoire associé au C.N-R.S.
LA 44) pour sa participation à ce travail.
Source : MNHN, Paris
POLYPORES EUROPÉENS 13
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Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1986, 7 (1) : 15-30 15
Évolution de la teneur en lipides
de Leptosphaeria typhae (Auers.) Karsten
en fonction de sa croissance et de sa reproduction sexuée :
influence sur le métabolisme lipidique d'agents stimulant
ou inhibant la reproduction sexuée
par Gérard VIDAL*
RÉSUMÉ. — L'apparition des périthéces s'accompagne d'une réduction de la teneur mycé-
lienne en lipides et d'une accélération de leur renouvellement («turn-over»), cette évolution
se faisant surtout aux dépens des lipides polaires. Le degré d'insaturation moyen s'élève,
la composition du mélange lipidique est modifiée, avec en particulier une augmentation du
rapport phosphatidyl-cholines/phosphatidyléthanolamines. On fait agir sur le champignon
deux agents inhibiteurs de la reproduction sexuée : l'éclairement constant et l'adjonction
d'acétate de sodium au milieu de culture, ainsi qu'un agent stimulant l'ascosporulation :
l'aération du mycélium. L'inhibition de la sexualisation réduit les modifications du méta-
bolisme lipidique, alors que sa stimulation les rend plus nettes. il y a donc une relation
évidente entre la réorientation du métabolisme des lipides et la formation des appareils
sexués.
SUMMARY. — When perithecia appear, the mycelial lipid content falls and lipid turnover is
accelerated. Polar lipids especially disappear. Fat's degree of insaturation increases; the lipid
pool composition is modified; PC/PE ratio increases. The author studied the effects of two
sexualisationinhibiting agents : continual lighting and sodium acetate, and a stimulating
agent : mycelium's aeration. Sexualisation’s inhibition reduces the modifications of lipid
metabolism. Stimulation increases them. There is therefore an evident relation between the
lipid metabolism changes and perithecia formation.
MOTS CLÉS : Leptosphaeria typhae, reproduction sexuée, lipides, métabolisme.
INTRODUCTION
Le Leptosphaeria typhae (Auers.) Karsten (Ascomycètes, Pléosporales,
Pléosporacées) présente la particularité de produire de trés abondants fruits
à asques lorsqu'il est cultivé sur un milieu convenable sous une photopériode
* Laboratoire de Cryptogamie, Bâtiment SN2, Université de Lille 1, F-59655 Villeneuve
d'Ascq Cedex.
Source : MNHN, Paris
16 G. VIDAL
de 12 heures; dans les mémes conditions, mais végétant à l'obscurité, il demeure
totalement stérile (LACOSTE, 1965; VIALA, 1972). En aucun cas il ne diffé-
rencie d'organe de multiplication asexuée, ce qui facilite l'interprétation des
analyses biochimiques lorsqu'on compare les mycéliums fertiles aux stériles.
Lors de travaux précédents (VIDAL, 1979, 1985) nous avons montré que la
reproduction sexuée du champignon s'accompagne de profondes modifications
de son métabolisme lipidique : abaissement de la teneur mycélienne en lipides
malgré un fort accroissement de l'activité de synthèse, cette disparition affectant
surtout les fractions polaires; augmentation du degré d'insaturation de tous les
lipides; changement de la composition globale du «pool» lipidique, avec par
exemple élévation du rapport phosphatidyl-cholines/phosphatidyl-éthanola-
mines. Mais ces résultats ont été obtenus en comparant les mycéliums ayant
végété dans deux conditions de culture seulement :sous photopériode et à l'obs-
curité constante. Il n'est donc nullement prouvé que les variations observées
aient une relation directe avec la fertilité du Leptosphaeria typhae : elles peuvent
être simplement liées au fait qu'il se développe dans un environnement différent.
Afin de mettre en évidence une éventuelle connexion entre le métabolisme lipid
que et la stérilité ou la production d'ascocarpes, nous étudions dans cette note l'effet
qu'exercent sur la composition en lipides du champignon trois agents stérilisants
ou fertilisants dont nous avons déjà constaté l'efficacité (VIALA & VIDAL,
1972; VIDAL & VIALA, 1979) : l'aération du mycélium, stimulant la repro-
duction sexuée; l'éclairement constant et l'apport d'acétate de sodium dans le
milieu de culture, agent stérilisants.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Nous avons employé la méme souche fongique monoascosporale isolée par
LACOSTE (1965) que lors de nos précédents travaux (VIALA & VIDAL, 1972;
VIDAL & VIALA, 1979; VIDAL, 1979, 1985). Les cultures étaient menées à
18°C, en fioles de Roux d'un litre contenant 100 ml de décoction d'avoine à
20 g/l. Pour des raisons pratiques — encombrement des fioles, volume des
enceintes de culture — nous avons dà scinder notre travail en deux séries d'expé-
riences :
1) Influence de la lumiére constante, comparée à la photopériode 12/12
et à l'obscurité;
2) Influence de l'acétate et de l'aération, sous photopériode 12/12 et sous
obscurité constante. Nous avons stérilisé complétement le Leptosphaeria typhae
en le faisant développer sur une décoction d'avoine contenant 1 75 d'acétate de
sodium. Inversement, nous avons stimulé sa fructification en introduisant dans
un autre lot de boites de Roux des baguettes de verre de 6 mm de diamétre qui
facilitaient le contact du mycélium avec l'air (VIALA, 1972; VIALA & VIDAL,
1972). Nous avons comparé les lipides du champignon ainsi cultivé a ceux du
méme microorganisme ayant végété dans des conditions «normales» sur décoc-
tion d’avoine, sous photopériode et à l’obscurité constante.
Source : MNHN, Paris
LIPIDES DU LEPTOSPHAERIA TYPHAE 17
Pour chaque type de culture, on notait la date d'appatition des périthèces
et le nombre relatif de ceux-ci, l'indice 100 étant réservé aux mycéliums-témoins
cultivés sur décoction d'avoine sous photopériode.
Étude des lipides mycéliens.
Les mycéliums, recueillis par centrifugation à 0°C puis lavés à l'eau distillée
à 5°C environ étaient fixés par l'azote liquide puis lyophilisés. Avant extraction,
les lyophilisats subissaient un traitement à l'eau bouillante afin de détruire les
enzymes susceptibles de dégrader les lipides au cours des opérations suivantes
Pour l'extraction, le fractionnement, l'analyse et le dosage des lipides, nous
avons employé les mêmes techniques que lors de nos travaux précédents (VIDAL,
1979, 1985) :
— extraction par la méthode de FOLCH & al. (1957)
fractionnement en lipides neutres et polaires sur colonne d'acide silicique
(ROUSER & al., 1967; DITTMER & WELLS, 1969)
— analyse des acides gras par chromatographie en phase gazeuse sur colonne de
DEGS
— fractionnement des lipides neutres sur colonne de Florisil (in KATES, 1972)
- dosage des diverses classes de lipides neutres par la méthode d'AMENTA
(1964)
— fractionnement des phospholipides par chromatographie sur couche mince
de silicagel G, par le mélange chloroforme-méthanol-eau acide acétique (25-
15-24) (SKIPSKI & al., 1964; RENKONEN & VARO, 1967) puis dosage
du phosphore de chaque fraction par la méthode de CHEN & al. (1956).
RESULTATS
Influence de l'éclairement constant.
Nous avons résumé les résultats obtenus dans les tableaux 1 à 6. Les péri-
théces apparaissent normalement au 7éme jeur de culture dans les boites de
Tableau 1 : Influence de la lumière sur la croissance et la teneur en lipides du Leptosphaeria
typhae (moyenne de 4 mesures)
Table 1 : Influence of lighting on growth and lipid content of the fungus (average of 4 measure-
ments)
Töne JOUR Same JOUR lléme JOUR
L 12 0 L 12 0 L 12 0
Poids de matiëre sëche par 64,0 64,8 68,2 97 96 94 | 96 90 98
fiole/mg
ag p. 100mg 7,0 6,8 6,4 | 6,5 6,0 7,2 | 5,6 54 67
Lipides
pid mg/fiole 4,45 4,4 4,4 | 6,3 5,8 6,8 | 5,4 4,9 6,6
Lipides neutres Z 53,5 52,2 54,6 52,5 55,8 52,0 | 55,8 57,7 51,5
L : élairement constant, 12 : photopériode de 12/12, O :obscurité constante
L : continual lightning, 12 : photoperiod 12/12, O : continual dark.
Source
MNHN. Pari:
is
18 G. VIDAL
Roux soumises à photopériode, alors qu'il ne s'en forme qu'une trés faible
quantité, trés tardivement, sous éclairement constant (Tab. 1). La teneur en li-
pides des cultures végétant à l'obscurité tend à s'élever après le 7ème jour;
les mycéliums éclairés, au contraire, perdent leurs lipides et cette perte est plus
nette sous photopériode. C'est surtout aux dépens des lipides polaires que
s'effectue cette évolution, ainsi que nous l'avons déjà constaté (VIDAL, 1985).
Tableau 2 : Influence de la lumière sur la composition en acides gras des lipides totaux.
Pourcentage relatif de chacun des acides gras détectés (moyenne de 4 mesures)
Table 2 : Influence of lighting on fatty acids content of total lipids. Relative percent of each
detected fatty acid (average of 4 measurements).
7àme JOUR Same JOUR Lléme JOUR
ACIDE
L 12 ° L 12 o L 12 o
GE t t t t t t t t t
Sp dr t t t t t t t t t
Gs t t t t t t t t c
c,
14:1 t t t t t t t t t
De 22,4 18,6 21,1 | 22,0 19,0 22,7 | 19,8 20,6 21,0
SPONSE AP ist ea SH Kx. JC 2
Cs A A A E ma 7.3
Cia: 1 | 28,3 28,9 27,2 | 27,4 25,0 26,3 | 27,8 23,1 27,8
Sig. 2 | 24,4 26,0 25,0 | 27,7 30,8 24,4 | 28,6 31,2 25,4
Cis: 3 | 16,1 1,3 15,5 | 15,46 15,7 15,3 | 15,2 166 153
D.I. 1,28 1,25 1,27 | 1,31 136 1,25 [1,34 138 1,28
L : lumière constante, 12 : photopériode, O : obscurité constante, D.I. : degré d'insatu
ration, t : traces
L : continual lightning, 12 : photoperiod, O :continual dark, D.I. : degree of insaturation,
t i traces.
La composition en acides gras de l'ensemble des lipides est elle aussi modi
fiée (Tab. 2). Le degré d'insaturation [D.I. — (pourcentage d'acides à une double
liaison + pourcentage d'acides à deux doubles liaisons X 2 + pourcentage
d'acides à trois doubles liaisons X 3) /100] de ces corps dans les cultures sou:
photopériode s'élève notablement entre les 7ème et 9ème jours, passant de 1,25
à 1,36, alors que, dans les mycéliums maintenus à l'obscurité, il ne varie prati
Source : MNHN, Paris
LIPIDES DU LEPTOSPHAERIA TYPHAE 19
quement pas tout au long du développement. Sous éclairement constant, ce
chiffre s'éléve trés légérement. Ces changements sont surtout dás aux variations
de la proportion d'acide linoléique (Cis : 2)
Les lipides neutres (Tab. 3) montrent aussi des différences entre les 3 types
de cultures : sous photopériode, les proportions d'acides gras libres et de digly-
cérides s'élévent entre les 7éme et 11ème jours, alors que les triglycérides ten-
dent à perdre de leur importance par rapport aux autres composants des li-
pides neutres. L'évolution générale apparaît inversée dans les autres mycéliums
surtout en ce qui concerne les acides gras libres. Malgré une proportion élevée
d'acide linolénique (Cis ;5), les acides gras totaux des lipides neutres ont un
degré d'insaturation plus faible que ceux des lipides totaux (Tab. 4). A partir
du 9ème jour, il est toujours plus élevé sous éclairement qu'à l'obscurité : il
semble que l'éclairement continu favorise la désaturation de ce type de lipides.
Tableau 3 : Influence de la lumiére sur la composition des lipides neutres. Pourcentage rela-
tif de chacune des fractions déterminées (moyenne de 3 mesures)
Table 3 : Influence of lighting on neutral lipids. Relative percent of each determined frac-
tion (average of 3 measurements)
f
‘SOUS-FRACTION 9àme JOUR llème JOUR
L o L 12 o th 12 °
+ --
Hydrocarbures 3⁄4 083 ¿é | 4.7 A 18
Eaters de stérols | 12,4 12,2 13,4 | 9,2 8,7 12,8 | 11,1 6,7 1L5
Triglycérides 40,2 33,0 33,9 | 42,0 37,0 38,4 | 38,6 29,6 45,0
Stérols 15.1 148 168 | 141 12,4 16,9 | 14,2 13,1 142
Diglycérides O O A A 2,0
Monoglycéride: 4,0 6,1 73 | 87 so 8,2 | 106 9,5 28,5
Acides gras libres | 14,6 — 14,8 14,9 | 13,2 17,2 12,1 | 9,0 23,3 142
L : lumiére constante, 12 : photopériode, O : obscurité constante.
L : continual lighting, 12 : photoperiod, O : continual dark.
On peut observer dans le Tableau 5 que, dans les phospholipides, le rapport
PC/PE augmente dans les cultures fertiles au moment de l'apparition des péri-
théces; sous lumiére constante, il semble y avoir une légére stimulation de la
synthése de PC, mais en tout cas trés inférieure à celle qui est visible sous photo-
Période. Les phospholipides sont toujours trés riches en acide linoléique (Cis : )
et il en résulte que leur degré d'insaturation est trés élevé, surtout dans les mycé-
liums fertiles après le 7ème jour; on ne note pratiquement pas de différence
entre les cultures sous éclairement constant ou à l'obscurité (Tab. 6).
Source : MNHN. Paris
Tableau 4 : Variation de la composition en acides gras des lipides neutres sous l'action de la
lumière. Pourcentage relatif de chacun des acides gras détectés (moyenne de 3 mesures)
Table 4 : Variation of fatty acids composition of neutral lipids under lighting. Relative
percent of each detected fatty acid (average of 3 measurements).
Teme * JOUR 9ème JOUR 11ème JOUR
AGDE L 12 o L 12 o L 12 o
Gu t t t t t t t t t
cT t t £ t t E t t t
Ee t t t t t t t t Ë
CS t t a t t t t t t
6 25,2 25,5 25,0 | 23,4 24,9 28,9 | 21,7 23,6 27,8
EE as E ka ST
e 10,0 9,3 10,1 | 86 88 10,2 | 87 95 83
rees 27,9 28,8 28,1 | 275,3 26,0 26,1 | 27,1 25,2 28,3
E 18,8 19,0 18,5 | 23,8 21,0 19,0 | 24,3 21,1 20,4
ES 16,3 15,8 162 |153 161 11,3 | 16,0 16,3 18,1
DEI 1,16 1,16 1,16 | 1,22 1,20 1,03 | 1,26 1,21 LW
L : lumiére constante, 12 : photopériode, O ; obscurité constante, D.I. degré d'insaturation,
t: traces.
L : continual lighting, 12 : photoperiod, O : continual dark, D.I. : degree of insaturation,
t : traces.
Tableau 5 : Influence de la lumiére sur la composition des phospholipides. Pourcentage rela-
tif de chacun des groupes de phospholipides détectés (moyenne de 3 mesures
Table 5 : Influence of lighting on phospholipids. Relative percent of each detected phos-
pholipid pool (average of 3 measurements)
d L 12 0 L 12 0 L 12 0
C.L. katon Moute los EINE NEUE S
P.E. 53,9 322 341 | 297 24,3 30,0 | 30,1 256 323
Ps + PI mn sc SE Eoo EOS
Pc. 52,6 51,3 53,4 | 49,0 59,4 47,9 | 48,8 59,8 49,8
Lët PE ON Zen Eege
1.2.0. AN AY an | eee Aa Mati ct Tr NUES
Rapport 1,55 1,59 1,57 1,65 2,44 1,60 1,62 2,17 1,54
PC/PE
C.L. : cardiolipides, P.E. : phosphatidyl-éthanolamines, P.S. : phosphatidyl-sérines, P.I.
phosphatidylinositol, P.C. : phosphatidyl-cholines, L.P.E. : lyso-phosphatidyléthanola
mines, L.P.C. : lyso-phosphatidyl-cholines, L : lumière constante, 12. : photopériode, O
obscurité constante, t : traces
L : continual lighting, 12 : photoperiod, O :continual dark, t : traces.
Source : MNHN, Paris
LIPIDES DU LEPTOSPHAERIA TYPHAE 21
Tableau 6 : Influence de la lumière sur la composition en acides gras des phospholipides.
Pourcentage relatif de chacun des acides gras détectés (moyenne de 4 mesures).
Table 6 : Influence of lighting on the fatty acids content of phospholipids. Relative percent
of each detected fatty acid (average of 4 measurements).
Jëme JOUR 9ème JOUR
ACIDE
L 2 o L 12 o L 12 °
C2 t t t t t t t t t
Cua t t t t E t t t t
Cu t t t t t t t & t
CUN t t t t t t t t t
Ge 19,6 19,0 17,1 | 195 132 16,1 | 18,7 147 158
G 2:2 d,o. szil 22 ye sa Ser ne
pua BS Fo ze ease! Salon 3a Sa
TE 28,8 29,1 28,0 | 27,5 23,1 28,2 | 26,4 21,8 274
OE 29,9 296 31,0 | 31,6 41,9 28,3 | 31,0 4,1 29,1
GE 14,0 143 12,7 | 16,1 13,8 17,0 | 16,6 14,1 17,5
D.I. 13: 1,32 1,31 | 1,41 1,51 1,39 | 1,42 1,50 1,42
L : lumière constante, 12 : photopériode, O : obscurité constante, t : traces.
L.:continuallighting, 12 : photoperiod, O :continual dark, t : traces.
Influence de l'acétate et de l'aération
Les résultats sont résumés dans les tableaux 7 à 12.
On constate (Tab. 7; VIALA & VIDAL, 1972) que dans un premier temps,
Vacétate ralentit la croissance du champignon puis l'accélère; il inhibe complète-
ment la production de périthèces, au moins jusqu'au 11ème jour de culture: il
induit enfin une élévation de la teneur mycélienne en lipides, ce qui était tout à
fait prévisible, étant donné le role qu'il joue dans la synthèse de tous ces corps
(MAZLIAK, 1968; WEETE, 1980). L'aération réduit légèrement le rendement
En masse sèche; par contre, les premiers périthéces apparaissent sur le mycélium
dès le 6ème jour de culture, soit 24 heures plus tôt que dans les fioles-témoins,
et leur nombre est nettement plus élevé. Nous remarquons que, cultivé sur
baguettes, le champignon est pauvre en lipides dés le 7ème jour sous éclairement,
alors que les mycéliums-témoins en contiennent encore 6,4 75. Chez ces derniers,
là teneur lipidique s'abaisse au 9éme jour et devient inférieure à celle des cul.
tures maintenues à l'obscurité, phénoméne déjà décrit (VIDAL, 1979).
La présence d'acétate dans le milieu induit une élévation de la proportion de
lipides neutres, celle-ci pouvant atteindre 90 % du total à l'obscurité. Sous photo-
Source : MNHN. Paris
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Source : MNHN. Paris
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Source : MNHN. Paris
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Source : MNHN, Paris
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26
Source : MNHN. |
LIPIDES DU LEPTOSPHAERIA TYPHAE 27
période, ce phénomëne est un peu moins net. Le développement sur baguettes
de verre entraîne aussi chez le champignon une légère augmentation du pour-
centage de lipides neutres: Sur milieu-témoin, les résultats reproduisent ceux qui
ont été décrits précédemment (VIDAL, 1979).
Dans les lipides totaux, l'acétate provoque un abaissement du degré d'insatu-
ration concomittant à une augmentation de la proportion en acide palmitique
(Cis), résultat plus net aprés le 7ème jour de culture, lorsque le champignon
s'adapte à cette source de carbone. L'aération, au contraire, élève le degré d'insa-
turation avec une augmentation des teneurs en acides linoléique et linolénique
(Tab. 8). Ces observations sont valables aussi bien à l'obscurité que sous photo-
période. Dans les mycéliums-témoins, l'évolution des acides gras est conforme
à celle que nous avons déjà constatée (VIDAL, 1979, 1985) : la formation des
périthèces, après le 7ème jour, s'accompagne dans les mycéliums fertiles (éclai-
rés) d'une élévation du degré d'insaturation des acides gras totaux.
Dans le Tableau 9, on observe que la culture sur acétate augmente la propor-
tion de triglycérides dans les lipides neutres du champignon, alors que l'aération
ne semble pas exercer un effet trés net sur ces chiffres. Ces derniers s'abaissent
aux 9éme et 11éme jours sous l'effet de l'éclairement dans tous les types de mycé-
liums. La lumiére et l'aération provoquent une augmentation du pourcentage
d'acides gras libres, alors que l'acétate réduit cette proportion. Les acides gras
des lipides neutres (Tab. 10) ont en général un degré d'insaturation plus faible
que celui des lipides totaux, mais évoluant parallélement a ce dernier. On cons-
tate dans les mycéliums cultivés sur acétate la présence de traces d'acides à plus
longue chaîne : C30, C22, C24.. -
Les phospholipides (Tab. 11) contiennent les mêmes corps quelles que soient
les conditions de culture, mais leur répartition quantitative est différente suivant
les cas. En particulier, la proportion de PC et le rapport PC/PE sont plus élevés
dans les mycéliums éclairés; l'aération augmente ces chiffres, l'acétate les dimi-
nue. La répartition des acides gras (Tab. 12) montre une prédominance de l'acide
linoléique entrainant un degré d'insaturation élevé, mais évoluant parallèlement
à celui des lipides totaux.
DISCUSSION
De tous les paramètres qui ont varié au cours de cette série d'expériences,
lui qui exerce les contraintes les plus fortes sur le métabolisme lipidique du
champignon est l'acétate : il provoque une forte augmentation de la teneur en
lipides, se traduisant surtout par une accumulation de lipides neutres et plus par-
ticulièrement de triglycérides, accompagnée d’une baisse du degré d'insaturation
des acides gras. L'ensemble de ces faits est l'indice d’une stimulation anormale
de la synthèse lipidique, aboutissant à un «engorgement lipidique» du mycélium
(MORQUER, 1931) et à la suppression quasi-totale de la fertilité sexuelle du
champignon.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHI
LIPIDES DU LEPTOSPHAERIA TYPHAE 29
La comparaison des deux séries d'expériences permet de dégager quelques
constatations. Dans tous les cas, l'éclairement, qu'il soit appliqué 12 h sur 24 ou
constamment, entraine un abaissement de la teneur mycélienne en lipides aprés
le 7ème jour de végétation. Il augmente la proportion d'acides gras libres et élève
le degré moyen d'insaturation de tous les lipides : ces observations indiquent
qu'il accélére le renouvellement (« turn-over») de ces corps; l'élévation du degré
d'insaturation correspond à une accélération générale des oxydations cellulaires
VIALA & VIDAL, 1972; VIDAL & VIALA, 1973, 1979).
L'éclairement provoque une diminution de la proportion de lipides polaires:
de même, il entraîne une hausse du rapport PC/PE, ce qui est l'indice d'une mo-
dification des lipides membranaires. Une élévation du rapport PC/PE est consi-
dérée chez beaucoup de champignons comme un indice de plus grande différen-
ciation (MANGNALL & GETZ, 1973; RAMI, 1976; CHAVANT, 1979). D’autre
part, les PC jouent un róle important dans les désaturations, équivalant a des
oxydations (BEN ABDELKADER & al., 1973; KATES & al, 1979; STYMNE,
1979; CHAVANT, 1979); leur importance accrue a donc une relation avec
l'élévation du degré d'insaturation des lipides.
Toutes ces modifications sont concomittantes d'une augmentation de la
fertilité sexuelle du Leptosphaeria typhae (VIDAL, 1979, 1985) : elles sont
faibles dans les mycéliums recevant un éclairement constant, qui demeurent
pratiquement stériles, alors qu'elles sont nettes dans les cultures végétant sous
photopériode qui, seules portent des périthèces dès le 7éme jour de culture. Il
est trés important de remarquer que ces variations sont encore amplifiées lorsque
le champignon est cultivé sur baguettes et qu'il produit un nombre plus élevé
d'ascocarpes. La relation entre la réorientation du métabolisme lipidique et la
fertilité sexuelle du Leptosphaeria typhae constatée précédemment (VIDAL,
1979, 1985) est donc confirmée. Mais le champignon ne produit des périthèces
que lorsque ce remaniement métabolique atteint un seuil élevé, qui n’est obtenu
que sous photopériode : la présence de baguettes dans le milieu de culture à
l'obscurité, ou l'éclairement constant provoquent des changements insuffisants
pour déclencher le processus de reproduction sexuće à eux seuls.
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LOPHOTRICHUS GENICULOSPORUS LOCQUIN-LINARD,
NOUVELLE ESPECE DE MICROASCALES
(ASCOMYCETE ASCOHYMENIEN)
COPROPHILE DU N.-E. AFRICAIN
par Monique LOCQUIN-LINARD*
RESUME. — Description, illustration et diagnose latine de Lophotrichus geniculosporus
Locquin-Linard, nouvelle espéce coprophile du N.-E. africain, caractérisée par ses ascospores
géniculées.
SUMMARY. — Lophotrichus geniculosporus Locquin-Linard, spec. nov., collected on dung
in Tchad (N.-E. Africa) differs from the other species by geniculate ascospores.
MOTS CLÉS : Lophotrichus geniculosporus n. sp., Microascales, Ascohyménien, Copro-
phile, Afrique N.-E. Yo
Actuellement, l'ordre des Microascales Luttrell ex Benny et Kimbrough
(1980) ne comprend, d'après LOCQUIN (1984), qu’une seule famille, celle des
Microascaceae Luttrell ex Malloch (1970), caractérisée par la structure centrale
filamenteuse du carpe, au sein duquel naissent les filaments ascogënes (LUT-
TRELL, 1951), l'absence de crochets ascogènes (CORLETT, 1963) et les asco-
spores dextrinoides (MALLOCH, 1970).
On sait maintenant que la réaction dextrinoide n'est pas exclusivement
réservée aux seules ascospores adolescentes des Microascales : Von ARX (1975),
CARTER & MALLOCH (1982) et LOCQUIN-LINARD (1984), elle n'en perd
pas pour autant son intérét. Des investigations systématiques devraient permettre
encore d'étendre l'inventaire des espéces à ascospores dextrinoides et de mieux
comprendre la signification chimiotaxinomique de cette réaction.
Von ARX & al. (1984), pensent que la famille des Microascaceae doit étre
limitée aux genres à asques petits, globuleux ou ovoides souvent en chaînes et
à petites ascospores avec un pore germinatif, et que les genres à ascospores à
deux pores germinatifs doivent être classés parmi les Chaetomiaceae. Pour l'ins-
* Laboratoire de Cryptogamie, MNHN, L.A. 257, 12 rue Buffon, 75005 Paris, France.
Source : MNHN, Paris
32 M. LOCQUIN-LINARD
tant, nous n’adoptons pas ce point de vue qui ne nous parait pas pleinement
satisfaisant.
Le genre Lophotrichus, créé par BENJAMIN en 1949, se distingue des autres
Microascaceae par ses ascospores jaune-orangé clair, biporées, extrudées du carpe
par un col ostiolé, plus ou moins long, garni de fulcres à paroi épaisse et l'ab-
sence d’anamorphe. Le genre le plus proche, Petriella Curzi (1930), a des asco-
spores brunes, des carpes garnis de soies brunes à paroi mince et pour anamorphe
Graphium ou Scedosporium.
Lors de travaux sur la flore mycologique coprophile, nous avons isolé une
nouvelle espèce de Lophotrichus dont nous donnons la description ci-après.
LOPHOTRICHUS GENICULOSPORUS Locquin-Linard sp. nov.
Ascomycetes, Microascales, Microascaceae. Ascocarpi ascohymeniales, globo-
si, 100-160 um in diametro, collo cylindraceo 30-125 x 20-25 um, ostiolato.
Setae dispositae in parte superiore, plus minusve longae, haud ramosae, lentae,
laevae, paulum septatae, 2-5 um in diametro. Ascis 15-20 x 9-12 um, octosporis,
elliptico-globosis, in ascocarpo sine ordine dispositis. Ascosporae 6-8 x 4-5 x
3-4 um, laevae, geniculatae, 2 poris praeditis, quando juvenilis hyalinis ac dextri-
noideis. Ab alteris speciis differt ascosporis geniculatis
Holotypus : in fimo Caprarum. N.-E. Tchad, Africa. PC.
Ascocarpes : corps 100-160 um de diam.
cols 30-125 x 20-25 um
fulcres 2-5 um de diam.
Asques : 15-20 x 9-12 um
Ascospores : 6-8 x 4-5 x 3-4 um
Sur crottes, les ascocarpes abondants, semi-immergés ou superficiels, noirs,
fragiles, globuleux, sont généralement surmontés d'un col (parfois de deux)
ostiolé, cylindrique, garni, principalement au sommet, de fulcres plus ou moins
bruns (Fig. 1).
Le péridium pseudoparenchymateux (Fig. 3), fin, a une couche de cellules
polyédriques brunes à parois fines. Les cellules du col polyédriques, souvent
plus claires, et quelques cellules du carpe donnent naissance, en s'allongeant, à
des soies claires, trés fines, lisses, flexueuses, septées, non ramifiées, formant
autour du carpe une auréole blanchatre vaporeuse. Sur la partie supérieure du
col, autour de l'ostiole, une dizaine de soies deviennent généralement brunes
lorsque le champignon a pu se développer normalement, formant ainsi des ful-
cres flexueux, non ramifiés, peu septés, à paroi lisse et épaisse, à base bulbeuse
et à extrémités légèrement élargies (Fig. 2). De longueur variable, ils s'allongent
parfois démesurément.
Les asques sans crochet dangeardien, globuleux où elliptiques, nombreux,
octosporés, très fugaces, à paroi mince et évanescente, naissent sans ordre
apparent dans le carpe (Fig. 4 et 5).
Les ascospores géniculées, unicellulaires, lisses, ont un pore germinatif d'un
Source : MNHN. Paris
LOPHOTRICHUS GENICULOSPORUS 33
Lophotrichus geniculosporus. — 1. Ascocarpes à un, parfois deux cols; 2. Cellules du col et
fulcres à paroi plus ou moins épaisse; 3. Péridium à cellules pseudoparenchymateuses;
4. Filaments ascogénes; 5. Asques; 6. Ascospores.
Lophotrichus geniculosporus. — 1. Ascocarps with one or occasionally two necks; 2. Cells
of the neck and hairs with more or less thickened wall; 3. Peridium with pseudoparen-
chymatous cells; 4. Ascogenous filaments; 5. Asci; 6. Ascospores.
liamétre de 1,5-2 pm à chaque extrémité (Fig. 6). D'abord hyalines, faiblement
lextrinoïdes et métachromatiques dans l'lodo-bleu de Méthyle lactique lors-
qu'elles sont adolescentes (LOCQUIN-LINARD, 1984), elles apparaissent
jaune orangé clair (pudorinus G7h; LOCQUIN, 1975) par transparence et rousses
cramesinus K4h) en masse lorsqu'elles sont extrudées à maturité par l'ostiole
en une masse globuleuse et qu'elles restent prisonniéres des fulcres.
En boites de Pétri, à environ 24^C, sur milieu V8 gélosé, une colonie blan-
chátre, rase, se développe lentement donnant naissance à des périthèces, à cols
et fulcres, ces derniers souvent atrophiés. Aucune forme conidienne n'a été
observée,
L’holotype PC a été isolé sur crottes de chèvre (lot 70) récoltées en janvier
1967 à Fada, 540 m d'altitude, N.-E. du Tchad, Afrique, par le Pr. Th. MONOD
que nous remercions vivement.
Source : MNHN, Paris
34 M. LOCQUIN-LINARD
Ce champignon s'est aussi développé sur crottes de Gazelle (lot 360) récoltées
en février 1980 à Djebel Uweinat, Égypte, également par le Pr. Th. MONOD.
Ces lots font actuellement l'objet d'une étude écologique qui sera publiée
ultérieurement.
Cette description montre la proche parenté de ce champignon avec les autres
espéces du genre Lophotrichus dont il différe par ses ascospores en forme de
genou d'où son nom spécifique.
Comme nous n'avons pas fait la révision des espéces du genre, nous ne pre-
nons pas parti sur la validité des espèces décrites dont certaines nous paraissent
trés proches sinon identiques. En effet, nous avons pu constater, comme l'ont
déjà fait Cl. et M. MOREAU (1949), que les caractéres utilisés pour différencier
certaines espèces entre elles : développement des fulcres, longueur des cols et
méme, dans une certaine mesure, dimension des spores, ont un coefficient de
variation non négligeable surtout sur milieux artificiels. De plus, l'identification
des espéces se complique par le fait que certains de ces champignons se cultivent
difficilement sur milieux artificiels, que les cultures dégénèrent très facilement et
qu'un pourcentage appréciable de carpes ne développe ni col, ni ostiole, ni fulcres.
Ci-aprés, nous donnons un tableau et une liste commentée des espéces classées
par affinités taxinomiques.
Toutes ces espèces ne sont pas actuellement maintenues, nous les répertorions
malgré tout parce qu’elles sont périodiquement remises en question.
1 a
Espèces de š š
A a | $
Lophotrichus EEE IE
Se ES EE So ES
ee | Se Ss TE e
SERE E SR ES
mE gau oS r8 z
SESE 1 EIS] E) 8s
AES 318 2 |3]%8
GH E 3
E SES | 5) 8] 5/5] 2
Caractères »
sens || 4
A ee i long* + E
Périthèces à col 4
court + | + + | +
elliptiques + SI e
plan-convexes +
géniculées m
Spores
orangé clair + + |+|+
rosé o
brun-rouge +
non extrudées š
pene tenant
Source : MNHN, Paris
LOPHOTRICHUS GENICULOSPORUS 35
Lophotrichus ampullus Benjamin (1949) : espèce type.
— L. martinii Benjamin (1949) : décrit comme ayant des fulcres de deux lon-
gueurs différentes. Dés 1949, Cl. et M. MOREAU émettaient des doutes sur la cons-
tance de ce caractére et considérérent cette espéce comme synonyme de L. ampullus.
— L. indicus Saxena et Mukerji (1970) : nous paraît trop proche de L. am-
pullus pour en étre différencié.
— L. plumbescens Morinaga, Minoura et Udawaga (1978) : a des ascospores
légèrement plus petites et des fulcres moins localisés que L. ampullus et L. indicus.
— L. brevirostratus Ames (1961) : AMES signale la présence d'un petit col de
30-50 x 30-40 um et un cirrhe. C'est donc bien un Lophotrichus.
L, bartlettii (Massee et Salmon) Malloch et Cain (1971)
Magnusia bartlettii Massee et Salmon (1901)
= Kernia bartlettii (Massee et Salmon) Benjamin (1956)
Bien que MASSEE & SALMON (1901) ne signalent pas la présence d’un
cirrhe ni d’un ostiole et qu’ils ne les représentent pas sur leur figure, certains
auteurs considèrent cette espèce comme identique à L. brevirostratus faisant
aloir que cette dernière aurait souvent des carpes non ostiolés.
1 nous semble plutôt que L. bartlettii soit très proche de Kernia bifurcotricha
Saxena et Mukerji (1970), espéce non ostiolée à fulcres plus longues et parfois
ourchues.
En 1982, Von ARX met en synonymie Enterocarpus grenotii Locquin-
Linard (1977) avec L. bartlettii. Pour pouvoir accepter ce point de vue, il fau-
irait admettre que le «capillitium» (filaments stériles dans les carpes) caracté-
istique des Enterocarpus, soit passé inaperçu, puisqu'ils ne le signalent pas, de
MASSEE & SALMON (1901) et des autres chercheurs qui ont étudié L. bartlettii.
— L. geniculosporus Locquin-Linard, nov. sp. : diffère des autres espèces par
65 ascospores géniculées,
- L. incarnatus Seth (1971) :d'aprés Von ARX (1982, p. 26), les ascospores
"auraient qu'un seul pore germinatif. Il met en synonymie cette espéce avec
haetomium cruentum Ames (1963)
— L. setifer (Schmidt) Lodha (1978)
= Petriella setifera (Schm.) Curzi (1930)
Cette espèce, à ascospores brunes,est maintenue dans le genre Petriella par
Von ARX (1982) et HORIE & UDAGAWA (1983).
En conclusion, une étude plus approfondie des espèces de ce genre serait
récessaire. De toute façon, L. geniculosporus est une espèce unique dans le genre
en raison de ses ascospores géniculées, celles des autres espèces étant elliptiques.
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Source : MNHN Paris
Cryptogamie, Mycol. 1986, 7 (1) : 37-45 37
AEGERITELLA ROUSSILLONENSIS N. SP.
(HYPHOMYCETALES, BLASTOSPORAE)
UNE ESPECE NOUVELLE DE CHAMPIGNON EPIZOIQUE
SUR LES FOURMIS CATAGLYPHIS CURSOR (FONSCOLOMBE)
(HYMENOPTERA, FORMICIDAE) EN FRANCE
par Stanislaw BAEAZY*, Alain LENOIR** et JerzyWISNIEWSKI***
RÉSUMÉ. — On décrit Aegeritella roussillonensis n. sp. espéce nouvelle de champignon
épizoique, sur les fourmis Cataglyphis cursor (Fonscolombe) du midi de la France. Un
nombre important de fourmis étaient trés envahies et les plus grandes structures mycotiques
pseudosclérotioidales étaient fréquemment localisées sur les pièces buccales. On peut consi-
dérer que le champignon causait des perturbations de l'activité vitale des ouvriéres de four-
mis. La présence des agrégations du champignon a été aussi constatée sur le corps de la reine.
On donne les caractéristiques distinctives des 4 espèces du genre Aegeritella, décrites jusqu'à
présent, sous la forme d'un tableau d'identification.
SUMMARY. — A new species of epizoic fungus on the ants Cataglyphis cursor (Fonsco-
lombe) found in Southern France was described under the name Aegeritella roussillonensis
n. sp. Since the considerable number of the ants was strongly covered with the mycelium
and its large pseudoscleroticoidal aggregations grew often on mouth parts one can consider
sure that the fungus disturbed the activity of the workers. Occurrence of the fungal warts
was also stated on the queen. The key for identification of 4 hitherto described species of
the genus Aegeritella was elaborated.
MOTS CLÉS : Insectes, Fourmis, Champignons épizoïques, Aegeritella.
INTRODUCTION
Il y a environ vingt ans des excroissances fongiques de la cuticule montrant
simultanément les caractéristiques des séries Aleuriosporae et Blastosporae
du groupe Deutéromycètes ont été observées sur les fourmis du genre Formica
* Académie Polonaise des Sciences, Institut de Biologie Agricole et Forestiére, Laboratoire
de Recherches Forestiéres, 60-184 Poznan, ul Szeherezady 74, Pologne.
** Université de Tours, Faculté des Sciences, Laboratoire d'Ethologie et de Psycho physio-
logie, Parc de Grandmont, 37200 Tours, France
s." Académie d'Agriculture, Chaire de Protection de la Forêt et d'Environnement ul.
Wojska Polskiego 71 c, 60-625 Poznan, Pologne
Source : MNHN, Paris
38 S. BALAZY, A. LENOIR et J. WISNIEWSKI
L. (WISNIEWSKI, 1967). Aprés des recherches plus exactes on a décrit ce cham-
pignon sous le nom d'Aegeritella superficialis Bat. et Wisn. (BAEAZY & WIS-
NIEWSKI, 1974). Deux champignons semblables, trouvés sur d'autres espèces
de fourmis, ont été décrites quelques années plus tard (BAEAZY & WISNIEW-
SKI, 1977, 1982). Au cours de recherches myrmécologiques, effectuées en
France méridionale, des excroissances analogues ont été trouvées sur les fourmis
Cataglyphis cursor. Cependant, elles différaient de toutes les espéces décrites
du genre Aegeritella par leur couleur, leur forme et leurs caractéristiques micro-
scopiques.
MATERIEL ET METHODES
On n’a trouvé de fourmis C. cursor avec des excroissances fongiques que dans
une petite fourmilliére à Argelés-Plage, Pyrénées Orientales, le 22 avril 1984. On
a placé tous les insectes dans de l'alcool à 70 75.
L'examen de laboratoire a été accompli par l'application de la technique micro-
scopique commune. Comme toutes les excroissances étaient salies de poussière
et de particules minérales polymorphiques, on a tenté de les nettoyer par rinçage
dans l'eau, une solution d'alcool à 50 75, de l'acide chlorhydrique à 20 5, du
lactophénol d'aprés Amann ou du carmin acétique — ce dernier a été utilisé
aussi pour la coloration. On a obtenu les meilleurs résultats en lavant alternati-
vement dans le carmin acétique et la solution d'alcool. Toutefois, pendant ces
efforts la majorité des aléuriospores s'est détachée des aléuriophores. Les prépa-
rations microscopiques, colorées dans le bleu d’aniline ou dans le carmin acé-
tique, ont été fixées en glycéro-gélatine et conservées dans la collection myco-
logique du Laboratoire de Recherches Forestières de l'Académie Polonaise des
Sciences a Poznan, y compris cinq spécimens de fourmis colonisées par le
champignon. L'autre partie de la collection se trouve au Laboratoire de Cryp-
togamie du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
RÉSULTATS
Les excroissances portées par les fourmis C. cursor sont des agrégations de
mycélium jaune grisátre ou jaune brunátre, de contour irréguliérement circu-
laire, minces et plutôt plates, de 25 à environ 300 um de diamètre et 20 à
60 um d'épaisseur, adhérant fortement à la surface de la cuticule, isolées ou, en
cas d'invasion intensive, jointes par leurs bords couvrant des surfaces relative-
ment étendues des sclérites. On rencontre des excroisances plus grandes, de
250 à 350 um de diamètre, et un peu convexes de 50 à 120 uim d'épaisseur au
centre. Près de l'articulation du genou et sur quelques parties de l'appareil buccal
les excroissances sont parfois très grandes en forme de granule (Fig. 1), attei-
gnant les dimensions de 400-600 x 250-450 um; quelques unes d'entre elles
sont de couleur brune (Fig. 1b). Au microscope stéréoscopique jusqu'à environ
Source : MNHN. Paris
AEGERITELLA ROUSSILLONENSIS N. SP. 39
Fig, 1 : Aegeritella roussillonensis n. sp. — Grandes excroissances du champignon sur les
pièces buccales des fourmis Cataglyphis cursor
a - une excroissance claire sur le labium (vue arrière),
b - une excroissance brune sur le labium, les palpes et les mandibules (vue de côté)
ig. 1 : Aegeritella roussillonensis n. sp. — Large outgrowth of the fungus on bucal parts of
the ants Cataglyphis cursor.
a - clear outgrowth on the labium (back view),
b - brown outgrowth on the labium, palps and mandibles (lateral view)
00 x, la surface des excroissances est chagrinée, sans fils mycéliens ou appen-
ices hyphaux visibles,
Le schéma général de la structure microscopique est analogue à celui des
utres espèces du genre Aegeritella, La couche basale et centrale se compose de
ellules hyalines ou colorées claires, subsphériques de 4,3 à 6,6 um de diamètre,
t ovoïdales, ellipsoïdales ou obtusément polyédriques de dimensions 5,2-7,4 x
1347. um entourées des parois incolores de 0,4 à 0,7 um d'épaisseur, Dans la
uche superficielle des cellules allongées (5,1-9,2 x 1,9-4,5 um) sont plus nom-
reuses, formant une natte des courtes hyphes cloisonnées et faiblement rami
fes (Fig. 2). Les aléuriophores ont la forme d'un cône irrégulier tronqué
12,5-18,7 -/32,0/ x 2,7-4,3 um), rétréci vers le sommet à 1,52,0 jtm en forme
l'un col long et irréguliérement courbé en zigzag; ils sont parfois fourchés, avec
‚ne paroi mince, poussent isolément ou en groupes de 2 à 4 sur les cellules
erminales de la couche superficielle (Fig. 2). À leur sommet on observe souvent
les gonflements (environ 2,0 à 3,0 um) ou des conidies de type d'aléuriospores
»voidales ou ellipsoidales (4,0 à 7,4 x 2,5 à 4,6 um) séparées par une membrane
ransversale et entourées par la paroi mince de la surface lisse (Fig. 2b). Aprés
Source : MNHN, Paris
40 S. BALAZY, A. LENOIR et J WISNIEWSKI
Fig. 2 : Aegeritella roussillonensis n. sp. — Microstructure aprés coloration dans le carmin
acétique
a - cellules terminales fonctionnant comme des aléuriophores,
b - aléuriospores.
Fig. 2 : Aegeritella roussillonensis n.sp. — Microstructure after coloration with acetic carmin
a- terminal cells which function as aleuriophorus,
b - aleuriospores.
les travaux préparatoires la majorité des aléuriospores était, toutefois, détachée
(Fig. 2, 3a). La couche superficielle des excroissances est presque toujours salie
avec des particules variées comme de la poussière, des grains de pollen et des
spores fongiques, difficiles à enlever. On peut alors supposer, que les agrégations
de champignon sont, à l'état vif, gélatineuses ou muqueuses.
Les excroissances ont été observées sur toutes les parties chitinisées du corps
des fourmis sauf sur les articles du fouet antennaire.
Source : MNHN, Pans
AEGERITELLA ROUSSILLONENSIS N. SP. 4
Elles étaient les plus nombreuses sur les tibias et les fémurs, ainsi que sur
les slérites dorsaux du thorax, sur les pièces buccales, les zones frontales et
occipitales de la téte et sur les 3 ou 4 derniers tergites de l'abdomen. Elles
étaient le plus rarement rencontrées sur le pétiole, les articles terminaux des
pattes (Fig. 3b) et sur les ongles (unguicula). Les excroissances petites, cepen-
dant distinctes et typiques apparaissent aussi sur les soies et les épines des tibias
(Fig. 3c). Les agrégations mycotiques les plus grandes étaient remarquées sur le
labium (Fig. 1) et sur les pattes au niveau des articulations du fémur avec le tibia.
Parmi 47 spécimens de C. cursor analysés, 11 étaient envahis très fortement
(quelques centaines d'excroissances fongiques), 7 fortement (100 à 200 ex-
croissances), 14 -moyennement (30 à 100) et 8 faiblement (moins de 30 ex-
eroissances). Sur 7 spécimens la présence du champignon n'a pas été remarquée.
Les excroissances sont apparues aussi sur le corps de la reine. En cas de concen.
tration forte du champignon sur les pièces buccales, quelques articulations en
particulier des palpes, ont été immobilisces et, à cause de la présence des grandes
structures pseudosclérotioidales, l'appareil buccal ne pouvait pas fonctionner
normalement, Toutefois on n'a pas remarqué que le mycélium, sans égard à son
abondance, pénétre à travers la cuticule — même mince.
Malgré l'examen des matériaux recueillis en relativement grand nombre
(environ 200 fourmilliéres de C. cursor ont été récoltées dans cette région de
la France), les spécimens portant des excroissances n'ont été rencontré que dans
le cas décrit.
DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Le champignon trouvé sur Cataglyphis cursor diffère de toutes les espèces
d'Aegeritella décrites jusqu'à présent par la couleur et la forme des excrois-
sances, la ramification du mycélium de la couche superficielle, l'apparence des
cellules terminales fonctionnant comme des aléuriophores et des dimensions
particulières d'éléments du mycélium y compris les aléuriospores. Les auteurs
proposent de le considérer comme une espèce nouvelle sous le nom d'Aegeritella
roussillonensis n. sp., car Argelés est situé dans le Roussillon.
Aegeritella roussillonensis n. sp. (Fig. 1,2, 3) :
Thalli densi, irregulariter orbiculares, sordido-albi, rare brunnei, plani vel
plano-convexi, diametro 25-350 um, crassitudine 20-120. um, interdum granulati,
dimensionibus 400-600 x 250-450 um, qui wt cellulae mycelii coartatae in hospi-
tis scleritibus superficialiter excrescunt. Basis et pars centralis thalli e cellulis,
quarum membranae 0,4 - 0,7 um crassae, subglobosis, ovatis, elipsoidalibus aut
obtuse multangulis, pallido-flavis, dense aggregatis, dimensionibus 4,3-7,4 x
34,7 um constat. Pars superficialis e cellulis elongatis, dimensionibus 5,1-
1,94,5 um constans, quae saepe in brevia et interdum ramosa hypharum seg-
menta formantur. Aleuriophori sine colore, tenuibus membranis, unicellulares,
elongati, dimensionibus 12,5-18,7/32/ x 2,7-4,3 um, supra basium eo modo
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
AEGERITELLA ROUSSILLONENSIS N. SP. 43
attenuantur, ut relate latum et solito irregulariter flexuosum collum, crassitudine
1,0-1,2 um, constituant, nonnumquam fere cylindrati, singulariter vel pluraliter
24 in mycelii strati superficialis cellulis terminalibus collocati. Aleurisporae
hyalinae, leves, quarum membranae tenues, dimensionibus 4,0-7,4 x 2,54,6 um.
In formicarum vivantium corporibus Cataglyphis cursor, Argeles-Plage, in
Pyrenaeis Montibus Orientalibus, in Gallia, die 22.04.1984 coll.
Typus : Specimen in praeparatione microscopica conservatum, numero 1647
a designatum. Isotypi : Specimina in hospitis corpore, conservata in solutione
alcoolica, numero 1647 designata,
Les informations concernant les champignons du genre Aegeritella sont
plutót rares. L'état actuel de leur connaissance permet de supposer que les
espèces sont liées à des groupes déterminés d'hôtes. Ainsi l'espéce A. superfi-
cialis Bał. & Wisn. n’est connue que des fourmis du genre Formica (Tableau 1);
A. tuberculata Bat & Wisn. de Lasius flavus (Fabr.) et de Formica fusca L
A. lenkoi Bat. 8: Wisn. de Camponctus sericeiventris (Guerin ).
Tableau 1 : Répartition de Aegeritella superficialis sur les diverses espèces de Formica
en Europe.
Table 1 : European repartition of Aegeritella superficialis on the Formica species.
Pologne! Italie? Allemagne? Suisse”
F. rufa L. x x
F. polyctena Först. D x x
F. pratensis Retz. x
F. truncorum Fabr. x
F. lugubris Zett. * x
F. sanguinea Latr. x x
F. fusca L. ES
1. Balazy & Wisniewski, 1974; Wisniewski, 1976; Wisniewski & al., 1981; Wisniewski &
Sokolowski, 1983.
Wisniewski, 1977.
Wisniewski & Buschinger, 1982.
+ Cherix, 1982.
we
Fig. 3 : Acgeritella roussillonensis n. sp. — Microphotographies du mycélium sur la surface
d'un hóte
2 - excroissances sur le tibia,
b - agrégations mycéliennes sur un article de la patte (tarsus),
€ - agrégations des cellules fongiques sur les poils du tibia.
Fig. 3 : Aegeritella roussillonensis n. sp. — Microphotographs of the mycelium on the cuticle
of the host.
a- outgrowth on the tibia,
b - mycelium aggregation on an article of the tarsus,
€ - aggregations of the fungus cells on the hairs of the tibias.
Source : MNHN, Paris
44 S. BALAZY, A. LENOIR et J. WISNIEWSKI
La distribution des cellules et des agrégations fongiques d'Aegeritella roussil-
lonensis sur le corps de ses hótes permet de supposer, que son développement
sur la surface de la cuticule est analogue à celui des dermatophytes des animaux
vertébrés. Il parait vraisemblable qu’on trouvera ultérieurement d’autres espèces
de ce groupe sur d’autres fourmis.
Sachant que l'étendue de la variabilité de ces champignons est encore in-
connue les auteurs insérent ci-dessous les caractéristiques distinctives des espèces
décrites jusqu'à présent.
1. Excroissances au contour largement conique ou de la forme d’un dôme, le
plus large à la base, brunes; l'arrangement des cellules de la couche intérieure
plus ou moins nettement chainé 2
— Excroissances plates, légèrement convexes ou granulaires, blanche-grisátres
jaune-brunátres ou rarement brunátres; les cellules de la couche intérieure
sans arrangement chaîné; aléuriophores unicellulaires, irrégulièrement co-
niques, isolés où en groupe de 2 a 4; aléuriospores lisses, 4,0-7,4 x 2,5-
4,6 im; sur Cataglyphis cursor .............:..:: A. roussillonensis
2. Pas d'éléments hyphaux dans les excroissances; cellules bourgeonnant à la
façon des levures, formant des chaînes ramifiées; aléuriophores isolés, uni-
cellulaires, régulièrement coniques : aléuriospores petites, ovoïdales, 24-
3,0 x 2,0-2,6 pm lisses; sur Lasius flavus, Lasius sp. et Formica fusca ......
A. tuberculata
— Segments hyphaux cloisonnés et parfois ramifiés apparaissant dans la couche
superficielle des excroissances; aléuriophores polymorphiques, coniques ou
de la forme d'une ampoule, uni- bi- ou tri-cellulaires, parfois fourchés . . . . 3
3. Pas de petites cellules rondes, bourgeonnantes dans la couche superficielle;
aléuriophores 1 ou 2-cellulaires, parfois fourchés; aléuriospores rondes ou
ovoidales, moins de 5 um du diamètre; sur Camponotus sericeiventris .. .
A. lenkoi
— Nombreuses petites cellules rondes, bourgeonnantes dans la couche superfi-
cielle; aléuriophores polymorphiques, uni-cellulaires ou cloisonnés, souvent
fourchés, coniques, «ampulliformes» ou «sétiformes»; aléuriospores allon-
gées, 2,5-11,0-/15,6/ x 1,8-4,0 um; sur les fourmis du genre Formica.
ETE EI DDR HER NE. peti
REMERCIEMENTS
Les auteurs expriment à Mademoiselle Romana Beiganska (licenciée ès lettres de l'Uni-
versité A. Mickiewicz à Poznan, Pologne), leur reconnaissance pour la préparation de la
description en latin.
BIBLIOGRAPHIE
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cialis Balazy et Wisniewski i Erynia myrmecophaga (Turian et Wuest) Remaudiére et
Hennebert na mrówkach w Polsce. Prace Komis. Nauk Roln. i Komis. Nauk Lesn. PTPN
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1986, 7 (1) : 47-85 47
ETUDE ULTRASTRUCTURALE DES ASQUES
ET DES ASCOSPORES CHEZ LES ESPECES LICHENICOLES
NON LICHENISEES ABROTHALLUS BERTIANUS de NOT.
ET A. PARMELIARUM (SOMMERF.) NYL.
A. BELLEMERE*, M.C. MALHERBE**, H. CHACUN** et J. HAFELLNER***
RESUME. — Les asques du genre Abrothallus sont typiquement fissituniqués. La pigmenta-
tion des ascospores est remarquable : les dépôts pigmentaires qui sont initiés dans la péri-
spore et dans le septum se développent ensuite irréguliérement et plus ou moins abondam-
ment dans certaines couches de la paroi ascosporale. Le genre Abrothallus diffère des
Lecanidiaceae (= Patellariaceae) par des détails structuraux des asques, les ascospores,
l'ascocarpe, la forme conidienne et le mode de vie. Une éventuelle relation avec les Arthonia
est suggérée.
SUMMARY. — The asci of Abrothallus are typically fissitunicate. Ascospore pigmentation
is remarkable; deposits of pigment, first initiated in the perispore and the septum, then
develop irregularly in different parts of the ascospore wall. By the structural details of asci,
the ascospores, the ascocarp, the conidial anamorph and by its biology the genus Abrothal.
lus is not a Lecanidiaceae (= Patellariaceae), Possible link with the genus Arthonia is sug
gested.
ZUSAMMENFASSUNG. — Die Asci von Abrothallus-Arten sind typisch fissitunicat. Die
Pigmentierungsweise der Ascosporen ist bemerkenswert. Die Pigmenteinlagerungen beginnen
im Perispor und im Septum und erfassen in der Folge unregelmássig gewisse Schichten der
Sporenwand. Die Gattung Abrothallus unterscheidet sich von den Lecanidiaceae (— Patella.
riaceae) durch strukturelle Details im Bau der Asci, der Ascosporen, der Nebenfruchtform
und der Ökologie. Eine Verwandtschaft mit Arthonia wird angenommen.
MOTS CLÉS : asque, déhiscence, ascospore, pigmentation, paroi, Abrothallus, Arthonia.
Le genre Abrothallus de Not. rassemble des Discomycètes parasymbiontes de
Lichens (ZOPF, 1896; KOTTE, 1909; SCHAECHTELIN & WERNER, 1926;
SANTESSON, 1960; NORDIN, 1964) sur le thalle desquels ils développent de
* Laboratoire de Mycologie-Lichénologie, Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, Grille
d'Honneur, Parc de Saint-Cloud, F-92211 Saint-Cloud Cédex, France.
** Assistance technique, ENS Saint-Cloud.
*** Institut für Botanik der Karl-Franzens Universität, Holteigasse 6, A-8010 Graz, Osterreich.
Source : MNHN, Paris
48 A. BELLEMÈRE et al.
petites fructifications sombres souvent hémisphériques. Il a été considéré par
NANNFELDT (1932) comme Ascoloculaire, mais ses asques à paroi non amy-
loide (VOUAUX, 1913; von ARX & MULLER, 1975) n'ont jamais été formelle-
ment reconnus comme bituniqués. Il a été placé par REHM (1896) dans les
Patellariaceae oú il a été trés généralement maintenu par les auteurs plus récents
(VOUAUX, 1913; KEISSLER, 1930; CLEMENTS & SHEAR, 1957; LUT-
TRELL. 1973; von ARX & MULLER, 1975; DENNIS, 1978). ERIKSSON
(1984) le considère comme un Ascomycéte incertae sedis. Sa forme conidienne
à été rattachée récemment au genre Vouauxiomyces (HAWKSWORTH & DYKO,
1979; HAWKSWORTH, 1981).
Le présent travail concerne deux espèces trés voisines : A. bertianus, espèce
type du genre (FARR & al., 1979), dont les hyphes sont colorées en bleu par
l'iode, et A. parmeliarum où elles ne le sont pas (cf. CLAUZADE & ROUX,
1976).
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les échantillons étudiés sont les suivants :
Abrothallus bertianus de Not. : sur Parmelia glabratula. Salzburg, Schlad-
minger Tauern : Lungau, Weisspriachtal N von Mauterndorf, Grauerlenbestände
am Gurpitschbach, 1150 m, 8.9.1981, leg. J. Hafellner (Haf. Nr 9335)
Abrothallus parmeliarum (Sommerf.) Nyl. sur Parmelia acetabulum,
sur Fagus sylvatica âgés, isolés. Parc Naturel régional Normandie-Maine, environs
d'Alençon, N de Champfrémont, La Chapelle-Ste-Anne, ca 200 m d'altitude,
10.7.1980, leg. J. Hafellner (Haf. Nr 8734).
Le matériel a été fixé selon des techniques classiques en microscopie électro-
nique par transmission (cf. BELLEMERE, 1977 : 234) après réhydratation
(environ 12 heures) des échantillons conservés en herbier. L'inclusion est faite
selon SPURR (1969). Les coupes obtenues à l'aide d'un ultramicrotome Rei-
chert OMU2 sont contrastées par la technique de THIERY (1967) (réaction
Patag) qui révéle certains polysaccharides. Elles sont observées au moyen d'un
microscope JEOL Jem7 sous tension de 80kV.
L'interprétation des différentes couches de la paroi des asques ou des asco-
spores est celle qui a été utilisée dans les publications antérieures (cf. BELLE-
MERE & HAFELLNER, 1982, 1983).
RÉSULTATS
A — LE MYCELIUM (Pl. I).
Dans une coupe du thalle de Parmelia glabratula les hyphes de l'Abrothallus
bertianus se distinguent de celles du lichen hóte par la plus grande réactivité
Source : MNHN, Paris
ABROTHALLUS 49
de la couche externe de leur paroi au test de Thiéry ainsi que par l'aspect pelu-
cheux de la surface des hyphes. Les filaments de l'A. bertianus viennent au
contact direct des gonidies, de la même façon que celles du Parmelia, sans que
la structure de l'algue en soit affectée, ce qui confirme le caractére parasym-
bionte de l'A, bertianus.
B— LES ASQUES.
1- La paroi latérale des asques (Pl. II, III, V, IX, XI; Fig. 1)
La paroi des asques en cours de maturation comporte une exotunica, externe,
et une endotunica (cf. BELLEMERE & HAFELLNER, 1982).
Fig. 1. — Structure de la paroi des asques du genre Abrothallus (schéma)
Fig. 1. — Strukturschema der Ascuswand von Arten der Gattung Abrothallus.
Fig. 1. — Structure of the ascus wall in the genus Abrothallus (schema).
L'exotunica est constituée de plusieurs couches. La plus externe, couche a,
Patag+, est peut-étre revétue d'un mince gélin. La couche sous-jacente, couche b,
en principe trés mince et transparente aux électrons n'est qu'exceptionnellement
distincte. La couche profonde, couche c, qui forme l'essentiel de l'exotunica
est subdivisée en trois sous-couches; la sous-couche cl, plus externe, mince et
très faiblement réactive au test de Thiéry, est à peine distincte; la sous-couche
c2, sous-jacente, d'aspect clair, est bien développée, la sous-couche c3 assez
épaisse, bien distincte par sa réaction Patag+, est stratifiée, au moins à maturité,
hez A. parmeliarum (cf. Pl. XII-B, déhiscence).
L'endotunica, constituée par la couche d de la paroi, est déjà bien développée
au stade où la vésicule ascale est présente; sa texture est alors granuleuse; des
fibrilles longitudinales plus ou moins stratifiées n'y sont bien distinctes qu'à
un stade déjà avancé de la maturation des spores (Pl. II, III); elles s'effacent
want la déhiscence. Dans les asques encore jeunes la partie externe de la couche
d est souvent assez réactive au test de Thiéry et, par suite, la transition est gra-
duelle avec l'exotunica dont la partie profonde est Patag+ (sous-couche c3).
On observe rarement une mince sous-couche claire entre l'endo- et l'exotunica.
En fin de maturation des ascospores (Pl. IX, XI) l'endotunica apparaît clivée
en deux sous-couches, d1, externe, et d2, interne, mince et un peu plus granu-
Source : MNHN, Paris
50 A. BELLEMERE et al
leuse. Cette subdivision de l'endotunica en deux sous-couches cesse quelque
temps avant la déhiscence de l'asque.
2 - L'apex des asques (Pl. I, HII, IX A & B, XI).
Dans la partie supérieure de l'asque la couche d de la paroi s'épaissit de facon
graduelle formant un dóme apical dont l'axe est occupé par une chambre ocu-
aire. Chez le jeune asque, celle-ci est à peu prés aussi haute que large et ses bords
sont sensiblement paralléles. Vers la maturité de l'asque elle s'allonge, se rétrécit
et prend alors la forme d'une lanterne vénitienne.
En fin de maturation des ascospores la couche d se clive à l'apex en deux
sous-couches dl et d2, comme dans la paroi latérale de l'asque, mais cette sub-
division s'estompe peu avant la déhiscence.
Au voisinage méme de la chambre oculaire la partie profonde de la couche d
est un peu plus grumeleuse; on n'y a pas décelé de différenciation particulière
(Pl. IX, XI).
3 - La déhiscence des asques (Pl. IV, XII; Fig. 2).
La déhiscence des asques est typiquement fissituniquée (cf. DUGHI, 1957;
BELLEMERE & HAFELLNER, 1982). Aprés la rupture de l'exotunica à l'apex
de l'asque, l'endotunica (couche d) s'en sépare, s'allonge considérablement et
atteint le sommet de l'hyménium. L'endotunica ainsi évaginée présente une nette
texture fibrilleuse mais n'est pas subdivisée en deux sous-couches distinctes;
on observe seulement que, sur une faible épaisseur, sa partie externe est un peu
plus granuleuse et légérement plus réactive au test de Thiéry. Dans l'exotunica
la couche c est nettement stratifiée. Dans l'asque ouvert le contact entre l'exo-
tunica et l'endotunica ne montre aucun hiatus : les deux parties de la paroi ont
une texture granuleuse et ne sont pas séparées par une lamelle de texture ou de
réactivité différente.
end-} Fig. 2. — Déhiscence des asques du genre Abrothallus.
Interprétation des structures pariétales (schéma).
|
I
|
axe | Fig. 2. — Óffnungsweise der Asci von Arten der Gat-
tung Abrothallus. Interpretationsschema der Wand-
l strukturen.
Fig. 2. — Ascus dehiscence in the genus Abrothallus.
Wall structures interpretation (schema).
Source : MNHN, Paris
ABROTHALLUS 51
C — LE DÉVELOPPEMENT DES ASCOSPORES.
1 - Les jeunes ascospores (Pl. V, VI).
Les trés jeunes ascospores (stade primordial), de forme assez cubique, sont
en disposition unisériée dans l'asque. Leur cytoplasme est dense, de texture
très fine et peu réactif au test Patag. Il contient un noyau central volumineux.
On y observe des globules lipidiques de diverses tailles mais toujours relativement
petits et de trés petites vacuoles. Le reticulum endoplasmique est beaucoup
moins distinct que celui de l'épiplasme. Des microvésicules sont présentes.
A la fin du stade primaire ou au début du stade secondaire les ascospores se
subdivisent par une cloison transversale. Elles renferment alors des globules
lipidiques de taille plus importante rassemblés en masses irrégulières (PI. VI-B).
A un stade secondaire plus avancé (PI. VI-C) les ascospores sont entourées
d’une périspore relativement développée. Celle-ci comporte deux strates. La
strate interne, plus importante, est nettement réactive au test de Thiéry: elle est
creusée de nombreux petits alvéoles d'aspect clair dont la forme est irrégulière.
La périspore externe très mince est Patag— Sous la périspore, la paroi propre
de la spore est finement granuleuse; elle est séparée du sporoplasme par un es-
pace périplasmique clair.
2- La pigmentation des ascospores (Pl. VII, VIII, X, XIII; Fig. 3).
L'amorce de la pigmentation (Pl. VII, XIII) :
À un stade ultérieur, quelques globules isolés, de petite taille (0,15 à 0,2 um),
faiblement réactifs au test de Thiéry mais renfermant plusieurs grains très petits
(ca 15 nm) et fortement Patag +, apparaissent dans la périspore. On en rencontre
aussi dans le septum où ils sont rares (PI. VII) et situés plutôt vers sa marge
PI. XIII). Ces globules qui vont devenir abondants lorsque les spores appa-
raissent distinctement pigmentées au microscope ordinaire sont manifestement
en relation avec la pigmentation. On ne sait cependant pas si le pigment est re-
présenté par les grains qu'ils contiennent ou s'il se trouve dans leur stroma, ou
méme, s'il est présent dans les deux à la fois. Pour ne rien préjuger on parlera
donc ici de «globules de pigmentation».
A ce stade les alvéoles de la périspore interne s'agrandissent.
L'extension de la pigmentation (Pl. VIII) :
Quand la spore est déjà nettement pigmentée, une endospore (= paroi secon-
daire) se développe entre le sporoplasme et la paroi propre de la spore. Elle se
distingue de celle-ci par la plus grande réactivité des granules qui la constituent
et par sa stratification (trois strates au moins sont discernables à ce stade).
L'endospore se développe sur toute la face interne de la paroi sporale, y compris
le septum.
Dans la périspore, les alvéoles clairs de forme et de taille diverses sont dans
l'ensemble plus volumineux et plus proches les uns des autres.
Source : MNHN, Paris
A, BELLEMERE et al.
52
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Source : MNHN, Paris
ABROTHALLUS 53
Les globules de pigmentation, qui sont plus gros et plus volumineux, sont
quelquefois confluents. Leur position est remarquable. Ils peuvent étre au
contact direct des alvéoles de la périspore et aussi déborder éventuellement
vers l'intérieur ou étre à cheval sur la périspore et la paroi propre.
Dans le septum les globules de pigmentation sont devenus si abondants qu'ils
en masquent la structure fine. En particulier, la fine lamelle claire médiane du
septum, indiscutablement présente, est souvent difficile à déceler. Les globules
peuvent déborder jusque dans l'endospore, donc plus profondément que sur
les faces latérales de la spore.
Les ascospores pigmentées presque máres (Pl. X, XIII-B) :
Quand la spore est presque mire, la périspore est dépourvue de texture
alvéolaire; ses globules de pigmentation deviennent contigus mais les grains
Patag+ qu'ils renferment restent distincts. Sous la périspore la partie externe de
la paroi propre reste dépourvue de pigment; elle apparait alors comme une
mince lamelle claire d'épaisseur un peu irrégulière. Cette lamelle recouvre une
couche fortement réactive au test de Thiéry, formée à la fois par la partie pro-
fonde de la paroi propre et par la partie la plus externe de l'endospore qui ne se
distinguent plus nettement l'une de l'autre. Dans cette couche, de texture trés
dense, très homogène, on ne reconnaît plus les granules de pigmentation qui se
sont fusionnés; les petits grains Patag+ qu’ils contiennent sont eux-mêmes deve-
nus étroitement contigus. La partie interne de l'endospore conserve un aspect
clair car les granules Patag+ qu’elle renferme sont relativement dispersés. Le
septum, trés réactif au test de Thiéry, de texture dense, est perforé en son
centre. La surface de l'ascospore est nettement verruqueuse.
Le sporoplasme de chacune des deux loges de l'ascospore contient plusieurs
globules lipidiques d'assez forte taille.
Les ascospores müres (Pl. X-B; IV-A) :
Lorsque l'ascospore est mûre la lamelle correspondant à la partie externe de
la paroi propre devient plus nette. La texture de la partie profonde de la paroi
sporale, Patag+, ainsi que celle du septum, devient encore plus dense; la lamelle
médiane claire du septum n'est plus distincte. Au contraire, l'aspect de la péri-
spore se modifie peu et sa texture devient plutót un peu moins dense.
DISCUSSION
Le genre Abrothallus, non lichénisé, malgré l'aspect de ses ascocarpes et la
déhiscence fissituniquée typique de ses asques ne peut étre inclus dans les Leca-
nidiaceae (— Patellariaceae) (ERIKSSON, 1982, 1983, 1984). En effet il différe
des Lecanidion (— Patellaria), genre type de cette famille, par sa biologie, sa
forme conidienne, ses ascospores et aussi par ses asques.
Source : MNHN, Paris
54 A. BELLEMËRE et al.
1) La biologie.
Les Abrothallus sont normalement parasymbiotiques, ne devenant éventuel-
lement parasites que si le lichen hôte est affaibli. Un tel mode de vie n'est pas
connu chez les Lecanidiaceae.
2) La forme conidienne.
Des anamorphes sont connus chez différentes espèces d’Abrothallus; ils appar-
tiennent au genre Vouauxiomyces (Coelomycètes, Sphéropsidales) (HAWKS-
WORTH, 1981). L'existence d'anamorphes dans le genre Lecanidion est très
douteuse (BUTLER, 1940). Les Rhytidhysterium, dont les affinités sont avec les
Lecanidiaceae, n'ont, semble-t-il, que des spermogonies (BEZERRA & KIM-
BROUGH, 1982).
3) Les apothécies.
Les apothécies hémisphériques et sans rebord des Abrothallus ont une forme
différente de celle du Lecanidion et leur développement est très probablement
différent. D'aprés SCHAECHTELIN & WERNER (1926), le jeune ascocarpe
d'Abrothallus est une coque fermée; après sa déhiscence, il ne semble pas que
s'établisse une croissance marginale génératrice de paraphyses vraies comme c'est
le cas chez Lecanidion atratum (= Patellaria atrata) (BELLEMERE, 1967), et
probablement aussi, chez les Rhytidhysterium ainsi que chez d'autres genres
affines des Lecanidion (comme Eutryblidiella, Tryblidaria) (BELLEMERE,
1971),bien que cela soit quelquefois controversé (BEZERRA & KIMBROUGH,
1982).
4) Les ascospores.
Alors que la surface des ascospores du Lecanidion est lisse, celle des Abrothal-
lus est nettement verruqueuse ainsi qu'on le constate facilement au microscope
photonique. D'autre part, les ascospores des Abrothallus sont pigmentées, au
contraire de celles du Lecanidion. Chez les deux genres la paroi est en partie
réactive au test de Thiéry mais dans les ascospores du Lecanidion on ne retrouve
pas les processus remarquables de la pigmentation des ascospores d'Abrothallus
On a vu que ceux-ci débutent presque simultanément dans la périspore et dans le
septum, avec, selon les ascospores, une légére avance pour l'une ou l'autre de
ces structures. Dans le septum, les espaces annulaires qui entourent l'extrémité
de la lamelle médiane claire du septum peuvent fonctionner précocement comme
centres générateurs de pigment (cf. CHADEFAUD, 1969). Cela a été observé
aussi chez le Catolechia wahlenbergii (BELLEMERE & HAFELLNER, 1983)
ou il n'y a pas non plus de corrélation entre la structure des parois et l'empla-
cement des dépòts pigmentaires, les globules de pigmentation pouvant se trouver
a cheval sur deux couches pariétales. A maturité, la texture des différentes
zones pigmentées de la paroi différe. Les sculptures externes pigmentées de la
périspore résultent des inégalités de structure et de pigmentation. Par contre, la
Source : MNHN, Paris
ABROTHALLUS 55
texture de la paroi profonde est uniformément dense. Il est remarquable qu'une
partie de la paroi ne soit pas envahie par le pigment.
5) Les asques.
Les asques des Abrothallus sont typiquement fissituniqués; leur déhiscence,
de type «Jack in the box», s'effectue par décollement entre la couche c (couche
la plus interne de l'exotunica) et la couche d (formant l'endotunica). Ce décolle-
ment s'effectue donc au méme niveau que chez l'Hysterographium fraxini
(BELLEMERE & HAFELLNER, 1982) et le Lecanidion atratum (BELLEMERE
& al., 1986).
La structure fine de la paroi ascale d'Abrothallus diffère cependant légère
ment de celle du Lecanidion atratum et aussi de celle du Rhytidhysterium rufu-
lum, seule autre espéce considérée comme une Patellariaceae, ou proche de
celles-ci (BEZERRA & KIMBROUGH, 1982), a avoir été étudiée en microscopie
électronique (BELLEMERE, 1971; BEZERRA & KIMBROUGH, 1982).
Ainsi la couche d de la paroi des Abrothallus est nettement plus granuleuse
que celle des Lecanidion. Sa fibrillation est moins affirmée et la réactivité de
sa partie externe est un peu plus forte. En outre, la subdivision de la couche d
en deux sous-couches dl et d2 est plus tardive chez Abrothallus que chez le
Lecanidion ou le Rhytidhysterium; de plus, chez les Abrothallus, la sous-couche
d2 reste mince et localisée autour de la chambre oculaire
Chez les Abrothallus, l'ensemble des strates b + cl + c2 forme une zone
claire à la périphérie de la paroi alors que chez le Lecanidion, et semble-t-il aussi
chez le Rhytidhysterium (BEZERRA & KIMBROUGH, 1982 : 578), seul c2 est
clair, l'ensemble b + cl formant une zone sombre. En outre, la sous-couche c3
de l'exotunica est mieux individualisée, plus réactive et plus profonde chez les
Abrothallus que chez le Lecanidion. Toutefois, chez le Rhytidhysterium cette
sous-couche parait, elle-aussi, bien differenciee. Enfin, chez les Abrothallus
l'exotunica et l'endotunica ne sont pas nettement séparées par une mince lamelle
claire bien distincte comme c’est le cas a la fois chez le Lecanidion et le Rhyti-
dhysterium.
Le genre Abrothallus différe donc du genre Lecanidion, genre type des Leca-
nidiaceae, par plusieurs caractères : biologie, forme conidienne, développement
des ascocarpes, structures des ascospores, détails de structure des asques. Il
différe aussi d’autres genres considérés comme des Lecanidiaceae ou comme
proches de celles-ci (Rhytidhysterium, Eutryblidiella, Tryblidaria). Le genre
Abrothallus ne peut donc étre placé dans les Lecanidiaceae.
Il est clair que les Abrothallus doivent étre aussi séparés des Hysterographium
non seulement par l'ultrastructure de leurs asques, bien que ces derniers soient
eux-aussi fissituniqués, mais aussi par leurs ascospores (cf. BELLEMERE, 1975),
le développement de leur ascocarpe et leur biologie.
On ne peut cependant pas placer les Abrothallus dans une famille nouvelle
avant d’avoir examiné avec quelques détails l’ultrastructure des Opegrapha et
des Arthonia qui pourraient avoir des affinités avec le genre Abrothallus. Un
Source : MNHN, Paris
56 A. BELLEMÈRE et al.
nouveau genre de Champignon lichénicole, vient en effet d'en étre rapproché
par HAFELLNER (1982), le genre Lichenostigma. De plus, des études prélimi-
naires, en microscopie électronique, d'un Opegrapha et d'un Arthonia nous ont
révélé une structure alvéolaire de la périspore des ascospores évoquant celle des
Abrothallus.
REMERCIEMENTS :
Nous remercions très vivement pour leur assistance technique M. Letalnet et E. Vast
pour le tirage des photographies, T. Casses pour les dessins et M. André pour la frappe du
manuscrit.
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366.
12:
Source
MNHN Pari:
is
58 A. BELLEMÈRE et al.
ABRÉVIATIONS DES LÉGENDES DES PLANCHES ET DES FIGURES
a: couche a
ad: asque déhiscent
al: alvéoles dans la périspore
as: ascospore
b: couche b
c: couche c
cl: sous-couche cl
c2: souscouche c2
c3: sous-couche c3
cc: couche claire
ci: couche interne Patag+
co: chambre oculaire
cx: cortex
d: couche d
d1: sous-couche d1
d2: sous-couche d2
en: endospore
end :
ene :
eni:
ep:
exo:
g:
gp:
IE
Im:
p:
pa:
pe:
pi:
GER
s:
še
endotunica
partie externe de l'endospore
partie interne de l'endospore
épiplasme
exotunica
gonidie
globule de pigmentation
globule lipidique
lamelle médiane du septum
périspore
paroi d'ascospore
périspore externe
périspore interne
paroi propre de l'ascospore
septum
strate externe claire de la couche d.
IN DEN LEGENDEN UND TAFELN VERWENDETE ABKÜRZUNGEN
a: Schichta
ad: sich öffnender Ascus
al: Alveolen im Perispor
as: Ascospore
b: Schicht b
c: Schichtc
cl: Unterschicht c1
c2: Unterschicht c2
c3: Unterschicht c3
cc: helle Schicht
ci: innere, Patag+ Schicht
co: «chambre oculaire»
cx: Rindenschicht
d: Schichtd
di: Unterschicht d1
d2: Unterschicht d2
en: Endospor
: Endotunica
usserer Teil des Endospors
i: innerer Teil des Endospors
Epiplasma
: Exotunica
Algenzelle
Pigmentgranulum
Lipidtrópfchen
Mittellamelle des Septums
Perispor
Ascosporenwand
äusseres Perispor
inneres Perispor
Eigenwand der Ascospore
Septum
äussere, helle Schicht der Schicht-
gruppe d
Source : MNHN, Paris
adi
as:
el:
G2
ca
fe:
ci:
co:
jeg
d:
de
d2:
ABROTHALLUS 59
ABBREVIATIONS IN LEGENDS OF PLATES AND FIGURES
a layer
dehiscent ascus
alveoles in the perispore
ascospore
b layer
c layer
c1 underlayer
c2 underlayer
c3 underlayer
clear layer
internal layer, Patag +
ocular chamber
cortex
d layer
d1 underlàyer
d2 underlayer
endospore
end:
ene:
ep:
exo:
Pp:
Im:
pa:
pe:
GES
endotunica
external part of the endospore
i: internal part of the endospore
epiplasm
exotunica
gonidia
pigmentation globule
lipid globule
median sheath of the septum
perispore
ascospore wall
external part of the perispore
internal part of the perispore
proper wall of the ascospore
septum
external clear sheath of the d layer
Source : MNHN. Paris
60 A. BELLEMÈRE et al.
Planche 1. — Abrothallus bertianus. Coupe d'un thalle hòte de Parmelia glabratula
(Patag). — A : Les hyphes parasymbiotiques de l'Abrothallus (flèche) reconnaissables à la
plus forte réactivité de la couche externe de leur paroi viennent au contact des gonidies
sans affecter leur structure. — B : Détail, cf. A.
Tafel 1. — Abrothallus bertianus. Schnitt durch den Wirtsthallus von Parmelia glabratula
(Patag). — A : Die parasymbiontischen Hyphen des Abrothallus (Pfeil), erkennbar an der
stärkeren Reaktivität der äusseren Wandschicht, kommen in Kontakt mit den coccalen
Algen, ohne deren Struktur zu verändern. — B : Detail, vergl. A.
Plate I. — Abrothallus bertianus. Section of a host thallus of Parmelia glabratula (Patag).
— A; Parasymbiotic hyphae of Abrothallus (arrow) which are more reactive in the extern
part of their wall come in contact with the gonidies whose structure is not modified. — B :
Detail, cf. A.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
62 A. BELLEMËRE et al.
Planche II. — Abrothallus bertianus. Apex d'un asque en cours de maturation (Patag).
— A i Ensemble. — B : Détail de A. Remarquer l'aspect granuleux de la couche d de la paroi
ascale et la texture alvéolaire de la périspore des ascospores.
Tafel II. — Abrothallus bertianus. Spitze eines reifenden Ascus (Patag). — A : Übersicht.
— B : Detail von A. Man beachte den kórnigen Aspekt der Schicht d und die alveoläre
Textur des Perispors der Ascosporen.
Plate I. — Abrothallus bertianus. Apex of an ascus during the maturation (Patag). —
A : General feature. — B : Detail of A. Note the granular structure of the d layer of the ascus
wall and the alveolar texture of the perispore in the ascospores.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
64 A. BELLEMÈRE et al.
Planche IIl. — Abrothallus bertianus. Apex d'un asque peu avant la déhiscence (Patag).
La coupe longitudinale est légérement latérale et la chambre oculaire n'est pas coupée
axialement. Remarquer, dans l'ascospore, la différence de texture entre la périspore, d'une
part, et la couche Patag+ plus profonde de la paroi et le septum, d'autre part. La partie
la plus interne de l'endospore au contact du sporoplasme est transparente
Tafel III. — Abrothallus bertianus. Spitze eines Ascus kurz vor der Sporenabgabe (Pa
tag). — Der Längsschnitt ist etwas seitlich gefürhrt und die «chambre oculaire» ist nicht
axial geschnitten. Man beachte an der Ascospore die Texturunterschiede zwischen dem
Perispor, der tiefer liegenden Patag-- Wandschicht und dem Septum. Der innerste Teil des
Endospors, der mit dem Sporoplasma in Kontakt steht, ist elektronentransparent
Plate III. — Abrothallus bertianus. Apex of an ascus nearly dehiscent (Patag). The longi-
tudinal section is somewhat lateral, so the ocular chamber is not axially sectioned. Note,
in the ascospore, the septum and the Patag + layer, deeper in the wall, have a structure diffe-
rent of the perispore one. The more internal part of the endospore, just in contact with
the sporoplasm, is transparent
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
66 A, BELLEMERE et al.
Planche IV. — Abrothallus bertianus. Déhiscence de l'asque (Patag). — A : Dehiscence
fissituniquée typique; l'endotunica est dévaginée au sommet de l'asque. Remarquer la struc-
ture de la paroi de l'aseospore müre. — B : Un asque presque mür qui n'est pas encore
déhiscent (coupé un peu latéralement) s'est développé à l'intérieur d'un asque qui a libéré
ses spores et dont l'endotunica dévaginée persiste à Tapey.
Tafel IV. — Abrothallus bertianus. Offnungsweise des Ascus (Patag). — A : Die Öff-
nungsweise ist typisch fissitunicat. Die Endotunica ist an der Ascusspitze ausgetreten. Man
beachte die Wandstruktur der reifen Ascospore. — B : Ein fast reifer Ascus, der sich noch
nicht geöffnet hat (Schnitt etwas seitlich geführt), hat sich im Innern eines Ascus ent-
wickelt, der seine Sporen schon freigesetzt hat und dessen vorgestülpte Endotunica am Apex
persistiert.
Plate IV. — Abrothallus bertianus. Ascus dehiscence (Patag). — A : Typical fissitunicate
dehiscence; the endotunica is devaginated at the top of the ascus. Note the structure of the
wall in the mature ascospore. — B : A nearly mature ascus, which is not still dehiscent
(somewhat laterally sectionned) is developed in the inside of an ascus whose ascospores
have been released: the devaginated endotunica persists at the apex of the ascus.
Source : MNHN. Paris
SO PIS
Source : MNHN, Paris
68 A. BELLEMERE et al.
Planche V. — Abrothallus bertianus. Ascospores trés jeunes (Patag). — A : Ascospores
au stade primordial en disposition unisériée dans l'asque. — B : détail de A.
Tafel V. — Abrothallus bertianus. Sehr junge Ascosporen (Patag). — A : Ascosporen im
Primordialstadium in einreihiger Anordnung im Ascus. — B : Detail von A.
Plate V. — Abrothallus bertianus. Very young ascospores (Patag). — A : Ascospores
at the primordial stage with an uniseriate disposition in the ascus. — B : Detail of A.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
70 A. BELLEMÈRE et al.
Planche VI. — Abrothallus bertianus. Jeunes ascospores (Patag). — A : Partie supérieure
d'un asque et jeunes ascospores (coupe un peu latérale). — B : Détail d'une ascospore au
début du stade secondaire; le dépôt de la périspore, Patag+, s'amorce. — C : Détail de la
paroi d'un asque et de celle d'une ascospore au stade secondaire. Remarquer la texture
finement alvéolaire de la périspore.
Tafel VI. — Abrothallus bertianus. Junge Ascosporen (Patag). — A : Oberer Teil eines
Ascus und junge Ascosporen (Schnitt etwas seitlich). — B : Detail einer Ascospore am
Beginn des Folgestadiums; die Anlage des Perispors, Patag+, beginnt, — C : Detail der
Ascuswand und der Sporenwand im Folgestadium. Man beachte die fein alveoläre Textur
im Perispor.
Plate VI. — Abrothallus bertianus. Young ascospores (Patag). — A : Superior part of an
ascus with young ascospores (somewhat laterally sectionned). — B : Detail of an ascospore
at the beginning of the secondary stage: the deposit of the perispore, Patag initiates. —
C : Detail of the wall of an ascus and of an ascospore in the secondary stage. Note the small
alveoles in the perispore.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN Paris
72 A. BELLEMÈRE et al.
Planche VII. — Abrothallus bertianus. Début de pigmentation des ascospores (Patag). —
À : Premières plages de pigmentation dans la périspore; de fins granules Patag + sont aussi
présents dans les angles d'un septum (fléche). — B : Ascospore en début de pigmentation
Des globules contenant de fins granules Patag+ sont dispersés dans la périspore. Quelques
uns sont présents dans le septum. — C : Détail de B. Remarquer la texture granuleuse de la
couche d de la paroi de l'asque et sa plus grande réactivité dans sa partie externe (flèche)
Tafel VII. — Abrothallus bertianus. Beginn der Pigmentierung der Ascosporen (Patag)
A : Die ersten Bereiche der Pigmentierung liegen im Perispor; feine Patag+ Körnchen sind
auch in den Winkeln eines Septums (Pfeil) vorhanden. — B : Ascospore am Beginn der
Pigmentierung. Feine Patag+ Körnchen enthaltende Globuli sind im Perispor zerstreut,
einige sind im Septum vorhanden, — € : Detail von B. Man beachte die körnige Textur der
Schicht d der Ascuswand und ihre grössere Reaktivität im äusseren Teil (Pfeil).
Plate VII. — Abrothallus bertianus. Beginning of the pigmentation of the ascospores
(Patag). — A : First areas of pigmentation in the perispore ‘mall granulations Patag+ are
also present in the external part of a septum (arrow). — B : Ascospore at the beginning of
the pigmentation, Globules with small granulations (Patag+) are scattered in the perispore.
Some of them also exist in the septum, — C : Detail of B. Note, in the ascus wall, the gra
nular texture of the d layer with a more intense reactivity in its external part (arrow)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
74 A. BELLEMERE etal.
Planche VIII. — Abrothallus bertianus. Ascospore en cours de pigmentation (Patag). —
Dans la périspore dont la structure alvéolaire est nette (flèche) les globules de pigmentation
deviennent confluents; certains (double flêche) sont à cheval sur la paroi propre. L'endo-
spore est développée; des granules de pigmentation peuvent s'y étendre au niveau du septum
(triple flèche)
Tafel VIII. — Abrothallus bertianus. Ascospore wihrend der voranschreitenden Pigmen
tierung (Patag). — Im Perispor, dessen alveoläre Struktur deutlich ist (Pfeil), beginnen die
Pigmentglobuli zusammenzufliessen, einige drücken auf die Sporeneigenwand (Doppelpfeil).
Das Endospor ist bereits entwickelt; Pigmentkörnchen können sich im Bereich des Septums
bis dorthin ausbreiten (Dreifachpfeil).
Plate VIII. — Abrothallus bertianus. Ascospore during the pigmentation (Patag). In the
perispore the structure is distinctly alveolar and the globules of pigmentation become
confluent; some of them (double arrow) encroach on the proper wall. The endospore is well
developed; granulations of pigmentation may be found in its septal part (triple arrow).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN Paris
76 A. BELLEMERE et al.
Planche IX. — Abrothallus bertianus. Asque presque mûr (Patag). — A : Apex d'un
asque. Remarquer la subdivision de la couche d (d1, d2) et la forme en lanterne véni-
tienne de la chambre oculaire. — B : Apex d'un asque (cf. A). Remarquer le contenu vési-
culeux de la chambre oculaire. — C : Ascospore mûre. Remarquer la perforation du septum
et la différence de texture entre la périspore et le septum, d'une part,et la paroi interne
Patag +, d'autre part. Remarquer aussi la lamelle claire, sous la périspore, formée par la par-
tie externe de la paroi propre (flèche)
Tafel IX. — Abrothallus bertianus. Fast reifer Ascus (Patag). — A : Spitze eines Ascus.
Man beachte die Untergliederung der Schicht d (d1, d2) und die lampionférmige «chambre
oculaire». — B : Spitze eines Ascus (vergl. A). Man beachte den vesiculären Inhalt der
«chambre oculaire». — C : Reife Ascospore. Man beachte den Porus im Septum und den
Texturunterschied zwischen dem Perispor und dem Septum einerseits, und der inneren
Patag+ Wandschicht andererseits. Man beachte auch die helle Lamelle unter dem Perispor,
die den äusseren Teil der Sporeneigenwand bildet.
Plate IX. — Abrothallus bertianus. Nearly mature ascus (Patag). — A : Apex of an ascus
Note the two underlayers di and d2 in the d layer and the special feature of the ocular
chamber. — B : Apex of an ascus (cf. A.). Note the vesiculous content of the ocular cham-
ber. — C : Mature ascospore. Note the perforation in the septum. The structure of the inter
nal part of the wall is different of the structure of the perispore and the septum. Note also,
under the perispore, che thin clear sheath which represents the internal part of the proper
layer (arrow)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
78 A. BELLEMÈRE et al.
Planche X. — Abrothallus bertianus. Ascospores mûres (Patag). — À : Remarquer le
septum perforé. — B : La lamelle claire sous la périspore est trés nette. Noter la différence
de texture entre la périspore, d'une part, et la paroi interne Patag+ et le septum, d'autre
part.
Tafel X. — Abrothallus bertianus. Reife Ascosporen (Patag). — A : Man beachte das
perforierte Septum, — B : Die helle Lamelle unter dem Perispor ist sehr deutlich. Man achte
raf den Texturunterschied zwischen dem Perispor und der inneren Patag+ Wandschicht
einerseits, und dem Septum andererseits.
Plate X. — Abrothallus bertianus. Mature ascospores (Patag). — A : Note the perforate
septum. — B : The thin clear sheath under the perispore is quite distinct. Note the internal
part of the wall and the septum have a structure which is different of the perispore one.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN Paris
80 A. BELLEMÈRE et al.
Planche XI. — Abrothallus parmeliarum. Apex d’asques (Patag). — A : Apex proche de la
déhiscence. La couche d, assez fibrilleuse, est subdivisée en deux sous-couches (d1, d2). La
Chambre oculaire, étroite et profonde, est en forme de lanterne vénitienne. — B : Apex d'un
asque moins diffétencié que A. La couche d non subdivisée, a une texture très granuleuse.
Tafel XI. — Abrothallus parmeliarum. Ascusspitzen (Patag). — A : Ascusspitze kurz vor
der Sporenabgabe. Die ziemlich fibrilläre Wandschicht d ist in 2 Unterschichten (dl, d2)
antergliedert. Die enge und tiefe «chambre oculaire» ist lampionfórmig. — D : Spitze
ines Ascus, der weniger weit entwickelt ist als der in A abgebildete. Die nicht untergliederte
Schicht d hat eine körnige Textur.
Plate XI. — Abrothallus parmeliarum. Apex of asci (Patag). — A : Apex nearly dehiscent
Two underlayers (d1, d2) are distinct in the rather fibrillar d layer. The deep and narrow
ocular chamber has a special feature. — B : Apex of an ascus younger than A. The d layer
which has a very granular structure shows no subdivision.
Source : MNHN Paris
Source : MNHN, Paris
82 A. BELLEMÈRE et al
planche XII. — Abrothallus parmeliarum. Déhiscence de l'asque (Patag). — A : Déhis-
cence fissituniquée typique. L'endotunica (couche d) est dévaginée. Elle ne présente pas
clairement de subdivision interne. — B : Détail de A. L'exotunica est finement stratifiée
L'endotunica reste granuleuse. Il y a passage graduel entre exo- et endotunica sans lamelle
claire interposée.
Tafel XII. — Abrothallus parmeliarum. Offnungsweise des Ascus (Patag). — A : Die Off
mungsweise ist typisch fissitunicat. Die Endotunica (Schicht d) ist vorgestülpt. Sie zeigt
keine deutliche Schichtung. — B : Detail von A. Die Exotunica ist fein geschichtet. Die
Endotunica bleibt granular. Der Übergang zwischen Exo- und Endotunica ist graduell, ohne
dass eine helle Lamelle zwischengeschaltet ist.
Plate XII. — Abrothallus parmeliarum. Ascus dehiscence (Patag). — A : Typical fissituni-
cate dehiscence. There is no clear subdivision in the devaginated endotunica (d layer). —
B : Detail of A. The exotunica shows a thin stratification. The endotunica is still granular
and passes gradually to the exotunica with no distinct thin clear sheath.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN Paris
84 A. BELLEMÈRE et al.
Planche XIII. — Abrothallus parmeliarum. Pigmentation des ascospores (Patag). — A
Début de pigmentation. Les globules de pigmentation sont dispersés dans la périspore
Remarquer la lamelle médiane claire du septum (flèche), l'endospore et les corps concen-
tiques dans le sporoplasme (double flèche). — B : Ascospore pigmentée. Les globules de
pigmentation ont conflué dans la périspore. Le septum est pigmenté. On perçoit encore
Texistence de la lamelle médiane du septum. La couche interne Patag + est ici peu réactive
Remarquer un corps concentrique ‘près de la perforation du septum (coupée latéralement)
(flèche).
Tafel XIII. — Abrothallus parmeliarum. Pigmentierung der Ascosporen (Patag). — A :
Beginn der Pigmentierung. Die Pigmentglobuli sind im Perispor verstreut. Man beachte, die
helle Mittellamelle im Septum (Pfeil), das Endospor und die «concentric bodies» im Sporo-
plasma (Doppelpfeil). — B : Pigmentierte Ascospore. Die Pigmentglobuli im Perispor sind
zusammengeflossen. Das Septum ist pigmentiert. Man erkennt noch, dass im Septum eine
Mittellamelle vorhanden ist. Die innere Patagt Wandschicht ist hier wenig reaktiv. Man
beachte ein «concentric body» nahe dem seitlich geschnittenen Porus im Septum (Pfeil).
Plate XIII. — Abrothallus parmeliarum. Ascospore pigmentation (Patag). — A: Beginning of
the pigmentation. Pigmentation globules are scattered in the perispore. Note the median
thin clear sheath in the septum (arrow), the endospore and concentrical bodies in the sporo-
plasm (double arrow). — B : Pigmented ascospore. Pigmentation globules are confluent in
the perispore. The septum is pigmented, One can still discern the median sheath of the
septum. The internal layer, Patag t, is not very reactive. Note a concentrical body near the
perforation of the septum (laterally sectionned) (arrow).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
87
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
KITS Van WAVEREN E., 1985 — The Dutch, French and British species of
Psathyrella. Persoonia, Suppl. Vol. 2, Leiden, 300 pages, 448 fig. au trait
(en anglais).
Cette belle monographie est le fruit de longues et minutieuses recherches sur
ce genre particulièrement difficile, où l’on hésite sans cesse pour savoir si deux
récoltes sont ou non spécifiquement identiques; elle a été réalisée par un auteur
remarquablement consciencieux et scrupuleux. Ses descriptions sont minu-
tieuses, ses dessins très précis, la bibliographie très complète, la nomenclature
conforme aux dernières décisions du Congrès de Sydney.
Aprés les chapitres d'usage sur les généralités (méthode de travail, caractères
généraux du genre, etc.), le gros de l'ouvrage est constitué par la description des
espéces, variétés et formes admises, illustrées de nombreux dessins au trait. Des
clés analytiques trés claires permettent au lecteur d'arriver aisément à un nom.
La classification adoptée est assez commode, et dans son ensemble acceptable.
Mais elle préte cependant à quelques critiques. Si le sectionnement du sous-genre
Psathyrella est excellent, en revanche on peut contester certains points : par
exemple, la section «Pseudostropharia» qui correspond au sous-genre Pluteopsis
au sens de KÜHNER & ROMAGNESI, est hétérogène : Ps. melantina, par ses
cystides utriformes uniquement marginales ne peut étre trop éloigné de candol-
leana, et Ps. maculata, par les spores minuscules et la forme des cystides faciales,
de piluliformis (= hydrophila auct.); nous pensons personnellement qu'ainsi
décanté, ce taxon eût largement mérité le rang de sous-genre. On retrouve la
même hétérogénéité dans deux autres sections, à notre avis malencontreusement
dilatées, des Spadiceae et des Hydrophilae : la première, fondée sur l'unique
caractère des cystides cristallifères, réunit des espèces aussi profondément diffé-
rentes par l'ensemble de leurs caractères que Ps. pygmaea (d'ailleurs très aber-
rante dans le genre), et Ps. olyminana, même macroscopiquement très difficile a
distinguer de Ps. spadiceogrisea : la singularité de l'espèce type, aux limites du
genre par sa marge enroulée, sans voile, et le stipe confluent avec le chapeau,
n'est pas reconnue, et là encore, nous préférerions voir un sous-genre dans ce
taxon. Quant aux Hydrophilae, définies par la taille petite des spores et leur
pigmentation fréquemment pâle, elles sont tout aussi disparates quand, au lieu
de les limiter strictement au groupe Ps. piluliformis-condroderma, l'on l'étend
par exemple à Ps. pseudocasca et Ps. obtusata, qu'on ne saurait considérer
comme vraiment affines à celles
En revanche, la rétrogradation proposée par l'Auteur de Pannucia du rang de
sous-genre à celui de section, est parfaitement défendable.
Un regret cependant, plutôt qu'une critique : alors qu'il avait la chance
d'avoir affaire à un genre oü les spores, dans de nombreux cas, germent assez
facilement en culture monosperme, il n'a jamais, méme lorsqu'il y avait doute
Source : MNHN, Paris
88 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ou contestation, utilisé le critére de compatibilité entre haplontes, pour vérifier
l'exactitude de ses vues quant aux distinctions spécifiques, aux fusions qu’il
propose et aux changements qu'il à apportés dans la hiérarchie des taxa. Notre
expérience personnelle est là pour prouver qu'un systématicien purement
morphologiste, quelle que soit sa valeur, connait de cruelles déceptions quand il
s'aperçoit si souvent que ses conclusions sont constamment démenties, quand on
demande leur avis aux champignons eux-mêmes, qui sont tout de même plus
habilités que nous, pauvres humains, pour décider s'il y a ou non «conspécifi-
cité». C'est d'ailleurs ce qui nous a détourné, malgré les quelques 1300 fiches
descriptives que nous avons rédigées pendant toute une vie de mycologue, d'en-
treprendre une Monographie d'ensemble sur ce genre. Mais nous ne jetons pas
pour autant la pierre à l'Auteur : il était parfaitement excusable, n'ayant pas la
possibilité d'effectuer lui-méme les longues, minutieuses et laborieuses manipu-
lations nécessaires, surtout a une aussi grande échelle; il ne pouvait non plus
étre question de demander à un biologiste de s'en charger, car tant de temps
et d'efforts dépensés ne pouvaient aboutir qu'à un résultat de science pure, sans
aucune incidence pratique et rentable. Aussi nous bornerons-nous à nous éton-
ner que, dans cette remarquable monographie, l'Auteur n'ait pas toujours tenu
compte des résultats — hélàs ! — trop peu nombreux, que les tests biologiques
ont déjà permis d'obtenir, par exemple dans le groupe atomata-prona, bipellis-
barlae ou candolleana. Mais cela n'empéche pas que cet ouvrage demeurera
pendant longtemps encore le meilleur outil de travail dont disposeront les myco-
logues désireux d'affronter ce genre très difficile, probablement en pleine évolu-
tion, et dont les espèces ne sont sans doute pas encore tout à fait fixées. Avec
les seuls moyens classiques de la systématique, nous sommes persuadé qu'il
était impossible de faire mieux.
H. Romagnesi
PEBERDY J.F. and FERENCZY L., 1985 — Fungal protoplasts. Applications
in biochemistry and genetics. New York, Basel. Marcel Dekker, Inc. 354 p.
(Mycology Series, Vol. 6).
Cet ouvrage collectif est à la fois un livre de base indispensable à tout cher-
cheur confronté au probléme de la préparation de protoplastes et une mise au
point intéressante des connaissances actuelles du sujet.
Devenue une étape indispensable des systémes de transformation génétique
et du clonage, le protoplaste est également un maté el intéressant pour la bio-
chimie des organites cellulaires et pour l'étude de la synthèse des constituants
de la paroi. A cause de cette diversité d'intéréts, la bibliographie assemblée
durant ces vingt derniéres années est aussi vaste que dispersée : ce livre a le
mérite d'en réunir l'essentiel.
Les articles des dix-huit auteurs sont groupés en trois grands thémes ile pro-
toplaste, son utilisation en physiologie et en biochimie et enfin fusion et trans-
formation génétique. Certains titres comme la paroi des champignons et leurs
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 89
enzymes spécifiques sont d’un intérét général évident, d'autres comme les
protoplastes des Entomophthorales auront un auditoire plus limité mais l'en-
semble des données a le mérite de fournir un bilan de l'état actuel des recherches
et des espèces étudiées.
De la première partie de l'ouvrage on retiendra essentiellement une analyse
détaillée de la paroi des champignons, des enzymes mycolytiques ainsi que des
facteurs indispensables à la production des protoplastes. Dans la deuxième
partie sont étudiés les problèmes physiologiques : régénération de la paroi,
divisions et synthèses, morphogénèse et métabolisme. Deux articles intéressants
concernent les métabolites secondaires comme les enzymes lytiques et les anti-
biotiques ainsi que la recherche d'antifongiques a partir des protoplastes. Dans
les deux cas sont discutées les perspectives et les limites imposées par l'isolement
des protoplastes : par exemple la synthèse d'antibiotique commence dans la
phase stationnaire alors que les meilleurs rendements de protoplastes sont ob-
tenus au cours de la phase de croissance exponentielle.
Le troisiéme théme concerne l'utilisation des protoplastes en génétique :
réunion de deux génomes différents dans le méme cytoplasme par fusions de
protoplastes et transformation par de l'ADN étranger.
La fusion intraspécifique est une méthode efficace pour la formation d'hété-
rocaryons permettant l'induction d'un cycle parasexuel dans des espèces sans
cycle sexuel connu. Cette fusion permet également d'étudier les divers systémes
d'incompatibilité sexuels et végétatifs décrits chez de nombreux champignons.
La fusion de protoplastes est aussi un outil efficace pour la taxonomie : des
fusions interspécifiques (Aspergillus, Penicillium, Candida, Saccharomyces)
produisent des réassortiments entre les chromosomes et par le jeu des recombi-
naisons mitotiques des hybrides nouveaux peuvent étre étudiés. Dans les fusions
interspécifiques et intergénériques les hybrides dépendent toujours des relations
taxonomiques entre les deux partenaires et sont d'autant plus instables que ces
derniers sont plus éloignés.
La méthode de transfert d'information génétique par l'intermédiaire d'orga-
nites cellulaires (mitochondries), de particules virales ou de plasmides ne peut
être appliquée chez les champignons à cause de la barriére des parois fongiques.
L'obtention de protoplastes est donc une étape indispensable de l'ingéniérie
génétique. La sélection des protoplastes transformés se fait en mettant sur le
plasmide vecteur soit un alléle sauvage qui complémente Valléle muté respon-
sable d'une auxotrophie dans la souche réceptrice, soit un marqueur dominant
de résistance à un inhibiteur ou un antibiotique. Ces systémes d'abord mis au
point chez la levure sont maintenant développés chez une dizaine d'espéces de
champignons. Méme si de nombreux problémes restent encore à résoudre, les
potentialités du génie génétique sont innombrables et les applications sont
discutées dans les deux derniers articles. La fusion des protoplastes ainsi que leur
transformation sont également un remarquable moyen d'analyse du fonctionne
ment et de l'expression des gènes.
Les auteurs de cet ouvrage se sont assignés un triple but : faire une mise au
point des techniques d'obtention des protoplastes de champignon, montrer des
Source : MNHN, Paris
90 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
exemples d'application de ces méthodes (physiologique, biologie moléculaire et
génétique) et souligner l'intérét du protoplaste en tant que structure nouvelle.
Comme dans tout ouvrage collectif on peut regretter les répétitions essentielle-
ment nettes dans les discussions et les perspectives. De méme il faut critiquer le
fait que ce livre est paru trois ans aprés la rédaction des articles (les références
bibliographiques s’arretent en 1982). Mais au-delà de ces imperfections cet
ouvrage, comme les cinq autres volumes de la collection, intéressera aussi bien les
chercheurs que les enseignants.
D. Zickler
MOSER M. und JÜLICH W., unter Mitarbeit von FÜRRER-ZIOGAS C., 1985
Farbatlas der Basidiomyceten, Colour atlas of Basidiomycetes. I-VII. Stutt-
gart, New York, Gustav Fischer Verlag, 88 p., 323 phot. coul. sur 152 pl.
Cet ouvrage, qui doit étre le premier d'une longue serie, se présente sous la
la forme d'une reliure à anneaux, avec pages de texte et planches de diapositives
en couleurs amovibles, dont on peut donc à son gré modifier l'ordre et of l'on
pourra insérer en bonne place les éléments des livraisons suivantes. Aprés les
préfaces, les listes de genres et d'espèces, on trouve d'abord la définition de tous
les genres concernés en allemand, anglais, francais et italien; le gros de l'ouvrage
est constitué par des planches de diapositives représentant 252 espéces apparte-
nant aux Polyporales (1), Bolétales porées (29), Agaricales (93, genres A-
grocybe, Collybia, Galerina, Hebeloma, Hydropus, Hypholoma, Inocybe,
Omphaliaster, Pholiota, Tubaria), Russulales (Lactarius, 76), Aphyllophorales
(32), Hétérobasidiomycétes (11) et Gastéromycétes (10). Les Auteurs se pro-
posent, au cours des années suivantes, de représenter 3000 espéces.
Les diapositives d’Agarics sont malheureusement assez ternes, plus que la
plupart de celles d’Aphyllophorales, ce qui fausse la reproduction des couleurs.
&t l'on peut mesurer ici la supériorité des aquarelles sur la photographie quand
il s'agit de champignons: Or, au moins dans cette première livraison, on ne
trouve aucune description spécifique, ce qui serait tout à fait indispensable pour
kontréler les déterminations (heureusement; pour chaque genre, une bibliogra-
phie permettant au lecteur de les trouver dans les travaux récents, atténue cet
inconvénient). Espérons que cette lacune sera comblée dans les livraisons sui-
vantes. C'est ainsi que la photographie s'est montrée impuissante à reproduire
exactement la couleur, pourtant si particulière, de Pholiota astragalina, de Lae-
tiporus sulfureus, ou celle des petits Lactaires roux du groupe subdulcis. De plus,
certaines déterminations nous ont paru quelque peu contestables si l'on en juge
sur leur seule image : par exemple, Inocybe queletii (venu brun foncé), perlata
(beaucoup trop grêle) ou phaeodisca (chapeau entièrement coloré). Mais la faute
m'en est sans doute pas à imputer aux Auteurs. Cela n'empêche pas que, si la
publication échelonnée de cet Atlas peut aller a son terme, il s'agira du plus
important de tous, et il présentera sur les innombrables livres de mycologie qui
encombrent en ce moment le marché, l'avantage de figurer des espèces rares ou
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 91
peu connues, dont on chercherait en vain des images ailleurs.
H. Romagnesi
BRANDENBURGER W., 1985 — Parasitische Pilze an Gefásspflanzen in Eu-
ropa. Stuttgart, New York, Gustav Fischer Verlag. 1248 p., 403 fig. au trait,
150 tables.
Il est toujours très agréable d'applaudir au succès d'une entreprise, surtout
lorsqu'à l'origine elle s'avérait particulièrement difficile et qu'elle se matérialise
par la mise à notre disposition d'un ouvrage de haute qualité attendu depuis
plusieurs années par tous les systématiciens impliqués dans les études de Phyto-
pathologie.
L'ouvrage, rédigé en langue allemande, présente plusieurs particularités assez
exceptionnelles. Tout d'abord, tout en traitant essentiellement de micromycétes
parasites stricts ou polyphages ou se comportant comme saprophytes, il a com-
me support essentiel la suite des familles, genres et espéces de Ptéridophytes,
Gymnospermes et Angiospermes qui existent spontanément ou sont cultivés
en Europe. Cet arrangement se retrouve dans l'index final, ce qui rend trés
rapide la référence premiére indispensable pour guider la détermination.
La dénomination de la famille de la plante-hòte comme celle du genre auquel
elle appartient est énoncée par ordre alphabétique. L'Auteur attache une grande
importance à la position du parasite sur la plante. c'est-à-dire, le plus souvent, à la
nature de l'organe attaqué. Ainsi se distingue-t-il, s'il y a lieu, les maladies des
racines du système foliaire, les tiges et rameaux et les fleurs. Cette localisation
peut, quelquefois, paraître un peu restrictive lorsque le parasite est pleinement
développé.
En tenant compte de la classification moderne des micromycètes qui est
référencée au début de l'ouvrage, sont énoncées les différentes espèces signa-
lées sur le genre de plante. Les noms de genre et d'espèce adoptés pour le para-
site sont en conformité avec les règles de nomenclature. Le plus souvent inter-
vient une synonymie simplifiée qui atténue le regret de certains abandons de
baptémes consacrés par l'usage. Une courte description essentiellement d'ordre
biométrique y fait suite.
Trés souvent et c'est un fait bien connu en Phytopathologie, les champignons
vivant aux dépens des plantes sont des espéces polyphages soit qu'elles se com-
portent en hétéroxénes (comme chez quelques Sclerotinia ou pour de nom-
breuses Urédinales), soit qu'elles admettent un spectre d'hótes parfois très éten-
du. Pour tenir compte de cette particularité, et dans un esprit de simplification,
l'Auteur a procédé par reports, ne produisant les caractéristiques de l'espéce
fongique qu'une seule fois.
Cet important ouvrage est illustré de 403 figures au trait extraites de diffé-
rentes monographies. Il comporte un glossaire, une liste de noms d'Auteurs avec
les abréviations utilisées, ainsi qu'un index bibliographique. Il constitue une suite
considérablement augmentée au «Vademecum zum Sammeln parasitischer Pilze»
Source : MNHN, Paris
92 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
paru en 1963. Il est destiné à de nombreux laboratoires dont les publications
doivent comporter une base systématique rigoureuse. Il est conseillé aux cher-
ip y q R
cheurs qui, de plus en plus, sont amenés à prendre contact avec des collëgues
étrangers.
G. Viennot-Bourgin +
SMITH J.E. and MOSS M.O., 1985 — Mycotoxins - Formation, analysis and
significance. Chichester, John Wiley and Sons Edit., 148 p.
C'est une remarquable synthèse qui nous est proposée dans cet ouvrage. Le
plan en est fort logique : après quelques notions succinctes sur les champignons
incriminés, les auteurs apportent des éléments sur la structure et la biosynthèse
des mycotoxines; puis est envisagé le rôle néfaste de ces métabolites tant en ali-
mentation animale qu'en alimentation humaine; les processus de contamination
naturelle des aliments par les diverses mycotoxines sont présentés; un chapitre
est consacré aux méthodes d'analyseset les perspectives de lutte fournissent une
conclusion à cette mise au point.
Le texte, d'une lecture aisée, rapporte l'essentiel du sujet; de nombreux
tableaux résument avec clarté l'état actuel de nos connaissances. Chaque chapitre
est complété par un choix judicieux de références bibliographiques.
Ce livre mérite une large audience pluridisciplinaire; sa lecture est parti-
culiérement recommandée aux mycologues, toxicologues, biochimistes, mais
aussi aux nutritionnistes, vétérinaires et médecins.
C. Moreau
Source : MNHN. Paris
93
INSTRUCTIONS AUX AUTEURS
Les articles proposés dans Cryptogamie-Mycologie doivent étre rédigés en
un style clair et concis. Outre la langue française, la revue accepte les articles
rédigés en langue anglaise, allemande, espagnole.
Chaque article proposé pour publication devra comporter :
— un titre en français et en anglais.
— un titre courant bref, pouvant contenir dans le haut de page (soit 8 cm
maximum).
— des mots-clés qui seront sélectionnés par le Comité de Lecture.
— un résumé en français et en anglais (150 mots maximum), pour les articles
rédigés en français. Un résumé dans la langue originale et un résumé en français
plus développé (300 mots environ), pour les articles rédigés en langue étrangère.
— les noms et prénoms des auteurs, et leurs adresses.
— le plan de l'article indiquant clairement la hiérarchie des titres.
Le manuscrit sera dactylographié en double interligne, au recto exclusive-
ment. Seuls les mots destinés à étre en italiques seront soulignés. Les références
bibliographiques dans le texte seront indiquées par le nom d'auteur en capitales
non soulignées, sans les initiales des prénoms (sauf dans le cas où plusieurs
auteurs portent le même nom), suivi de l'année de publication. Lorsque l'article
est signé par plus de deux auteurs, il est admis de ne citer que le premier, suivi
de «et al.». Les références bibliographiques citées par des numéros ne sont pas
acceptées.
Chaque page, y compris la bibliographie, doit être numérotée à la suite. Les
figures, tableaux et planches photographiques seront fournis sur feuilles séparées,
après le texte. Les légendes doivent être rédigées en français et en anglais (ou en
langue originale dans le cas d’articles en allemand ou en espagnol).
Les auteurs devront envoyer leur manuscrit dactylographié en trois exem-
plaires,
BIBLIOGRAPHIE
Elle est présentée à la suite du texte, dans l'ordre alphabétique, et, pour
chaque auteur, selon l'ordre chronologique.
Pour les abréviations de périodiques, les auteurs pourront se référer au «Bo-
tanico Periodicum Huntianum» 1968, Pittsburg, U.S.A,
Les références seront complètes, et suivront les modèles suivants :
— dans le cas d'un article tiré d’un périodique :
PATOUILLARD N., 1881 — Sur l'appareil conidial de Pleurotus ostreatus.
Bull. Soc. Bot. France 27 : 125.
— dans le cas d’une citation extraite d’un ouvrage :
HEIM R., 1957 — Les Champignons d'Europe. Paris, Boubée et Cie, 2 : 220-227.
— dans le cas d'un article tiré d'un ouvrage ou d'une collection signée ou pa-
tronnée par le méme auteur :
Source
MNHN. Paris
94 INSTRUCTIONS AUX AUTEURS
MANDELS G.R. 1965 — Kinetics of fungal growth. In : AINSWORTH &
SUSSMAN, The Fungi, N.Y. & London, Academic press, I : 599-612.
— dans le cas d'une thése :
MALARD J., 1981 — Contribution à l'étude de la production d'a amylase par
Aspergillus oryzae (Alhb.) Cohn. Thése 3éme cycle, Lille.
— dans le cas d'un article tiré d'un compte-rendu de congrés :
MICHON E. 1982 — Virus, pollens et pollinies. [n : Anomalies polliniques
liées à des facteurs parasitaires ou génétiques. Rev. Cytol. Biol. Vég., Bot.,
1982, 5 : 5-19 (21ème Colloque Société Française de Phytopathologie).
ILLUSTRATIONS
Seuls les originaux seront acceptés, puisqu’en aucun cas les photocopies ne
peuvent étre correctement reproduites.
Les dimensions des originaux ne devront pas excéder le triple de celle de leur
reproduction définitive. La justification de la revue est 11,5 x 17,5 cm.
Les tableaux étant directement reproduits par photographies, doivent étre
dactylographiés clairement, sans ratures ni surcharges, en s'assurant de la qualité
de la frappe. Les traits doivent être tracés à l'encre et non tapés à la machine.
Les figures devront être exécutées à l'encre de Chine sur un support blanc uni
(Bristol ou Calque). Les lettres et les chiffres seront soigneusement apposés à
l'aide de lettres de transfert; leurs dimensions seront telles que la hauteur du plus
petit caractère ne soit pas, après réduction, inférieure à 1 mm. Par contre, on veil-
lera à éviter les lettres trop épaisses lorsque la figure ne demande pas de réduction.
On dessinera l'échelle sur la figure, les indications de grandissement (x 1500)
étant prohibées. Les abréviations des mesures de longueur sont m,em, mm et um.
L'ensemble de ces indications est également valable pour les planches photo-
graphiques dont l'ensemble, pour une planche, doit être homogène et nettement
contrasté. Chaque photographie doit illustrer un point du texte.
Les auteurs devront envoyer trois jeux de planches photographiques. L'un,
destiné à la reproduction, sera composé de planches montées sur carton blanc
léger, chaque photographie étant coupée à angle droit, et l'espace entre chacune
d'elle ne dépassant pas 5mm. Les deux autres jeux pourront étre fournis sous
forme de planches montées ou non, chaque photographie portant au dos le nom
de l'auteur et le numéro de la planche.
Le tirage de planches en couleur ne pourra étre accepté qu'après accord avec
la secrétaire de rédaction.
o o
Les tirages a part sont a la charge des auteurs. Une participation aux frais de
reproduction des planches photographiques est demandée.
Toute correction d'auteur (changement par rapport au manuscrit définiti-
vement accepté par le Comité de rédaction) sera facturée.
Commission paritaire n» 58611
Dépót légal n» 12787 - Imprimerie de Montligeon
Sortie des presses le 30 mars 1986
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membre du Bureau de Rédaction, choisi pour sa spécialité. Chaque membre du
Bureau se charge d'envoyer l'article à 2 membres du Comité de Lecture (ou
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1 2 NOV, 1986
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MÉMOIRES HORS-SÉRIE DISPONIBLES
NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par I.
Pastac. 88 pages :15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champi-
gnons, par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
NO 6 (1958), Essai biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés, par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 120 F.
N? 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (II), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
No 8 (1966). Catalogue de la Mycothéque de la Chaire de Cryptoga-
mie du Muséum National d'Histoire Naturelle, (I) Micromy-
cètes. Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 F.
NO 9 (1967). Table des Matières (1936-1965). 85 pages : 20 F. —
(1966-1975).30 pages : 10 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DÉPENDANCES
publiée sous la direction de M. Roger HEIM
Tome 1. Les Lactario-Russules, par Roger Heim (1938) (épuisé).
Tome 11. Les Rhodophylles, par Henri Romagnesi (1941). 164 pages,
46 fig. : 90 F.
Tome III. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 90 F.
Tome IV. Les Discomycétes de Madagascar , par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 150 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 90 F.
Règlements :
— par virement postal au nom de Cryptogamie- Revue de Mycologie
12, rue Buffon, 75005 Paris, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
— par chéque bancaire établi au méme ordre.
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