FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XVIII
CRUSTACÉS DÉCAPODES
Grapsidae et Ocypodidae
par
Alain CROSNIER
Océanographe biologiste de l’O.R.S.T.O.M.
O.R.S.T.O.M.
Paris
1965
C.N.R.S.
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par Renaud Paulian
Inspecteur général de recherches O.R.S.T.O.M.
(alors Directeur adjoint de l’I.R.S.M.)
Comité de patronage
Son Excellence M. le Président de la République Malgache.
Son Excellence M. le Dr Rakoto Ratsimamanga, Ambassadeur extra¬
ordinaire et plénipotentiaire de la République Malgache en France, Paris. _
M. le Ministre de l’Éducation nationale, Tananarive. — M. le Président de
l’Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Université de
Madagascar, Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l’Université de
Madagascar, Tananarive. — M. le Directeur général du C.N.R.S., Paris. —
M. le Directeur général de l’O.R.S.T.O.M., Paris. — M. le Directeur du centre
O.R.S.T.O.M., Tananarive.
M. le Ministre d’État J. Rabemananjara.
M. le Professeur H. Humbert, membre de l’Institut, Paris. — M. le Profes¬
seur R. Heim, membre de l’Institut, Paris. — M. le Professeur Dr J. Millot,
membre de l’Institut, fondateur et ancien directeur de l’I.R.S.M., Paris.
MM. les Professeurs A. S. Balachowsky, Paris; A. Chabaud, Paris;
C. Delamare Deboutteville, Paris; J. Guibé, Paris; P. Lehman, Paris;
G. Petit, Paris; J.-M. Pères, Marseille; M. J. Vadon, Maroantsetra.
Comité de rédaction : M. R. Paulian, Président ; MM. C. Delamare
Deboutteville, P. Drach, A. Grjebine, J.-J. Petter, G. Ramanantsoavina,
P. Roederer, P. Viette (Secrétaire).
Les volumes de la « Faune de Madagascar », honorés d'une subven¬
tion de la République Malgache, sont publiés avec le concours financier
du Centre National de la Recherche Scientifique et de l’Office de la
Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer.
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XVIII
CRUSTACÉS DÉCAPODES
Grapsidae et Ocypodidae
par
Alain CROSNIER
Océanographe biologiste de l’O.R.S.T.O.M.
O.R.S.T.O.M. C.N.R.S.
Paris
1965
Source : MNHN, Paris
CRUSTACES DECAPODES
Grapsidae et Ocypodidae
par
Alain CROSNIER
SOMMAIRE
Pages
Introduction. 1
Remarques biogéograpiiiques. 6
Famille des Grapsidae . 8
Famille des Ocypodidae . 91
Index systématique.141
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
Cette étude est la deuxième publiée dans la « Faune de Madagascar » sur
les Décapodes Brachyoures, la première ayant été consacrée à la famille des
Portunidae (tome XVI).
Elle n’est pas ce que nous voudrions qu’elle soit car, affecté pour un séjour
de trente six mois à Nosy Be où nous avions commencé ce travail, nous nous
sommes retrouvé, à la suite d’une décision administrative, quatorze mois plus
tard à Pointe-Noire (Congo). Il s’ensuit que l’inventaire que nous comptions
faire n’a pu être terminé (en particulier nous n’avons que des récoltes très
fragmentaires des côtes est et sud-est de Madagascar), et que les couleurs des
animaux vivants, qui semblent souvent spécifiques notamment dans le genre
Uca , n'ont pu être relevées que sommairement.
Toutes les espèces citées dans ce travail, sauf trois (Pachijgrctpsus marinus ,
Planes cyaneus , Macrophthalmus latreillei ), vivent dans la zone intertidale.
La plupart des récoltes ont été effectuées par nos soins, d’autres nous ont été
fournies par Mme Ciiavane, MM. Derijard, Fourmanoir et Frontier.
Au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris nous avons pu consulter
les récoltes du Professeur Millot (environs de Nosy Be, Diégo-Suarez et Tama-
tave), du Professeur Petit (toutes les côtes) et de M. Decary (côte sud-est essen¬
tiellement). Nous avons également tenu compte de diverses récoltes faites aux
Comores et aux Glorieuses.
En outre, nous avons pu examiner au Muséum de Leyde ce qui reste de la
collection de MM. Pollen et Van Dam étudiée par Hoffmann en 1874 et, grâce
à l’obligeance du Professeur Gruner, nous avons eu en communication une partie
des spécimens rassemblés par le Professeur Voeltzkow et mentionnés par Lenz
dans son travail de 1910.
L’examen de toutes ces récoltes permet de signaler, avec certitude, la pré¬
sence à Madagascar de 41 espèces de Grapsidae et 19 d 1 Ocypodidae. Cet inventaire,
comme nous l’avons signalé, est certainement assez incomplet surtout en ce qui
concerne les petites formes.
Parmi nos déterminations, deux au moins sont incertaines : Acmaeopleura
balssi Shen et Nanosesarma minutum (De Man). Il aurait fallu comparer nos
spécimens aux types, cela ne nous a pas été possible.
Quatre espèces (Sesarma plicatum , Ocypodc saratan , O. fabricii , O. kuhlii)
sont incluses dans notre travail sur la foi d’auteurs anciens. Tant qu elles n auront
pas été retrouvées, leur présence dans la Grande Ile devra, à notre avis, être
considérée comme douteuse.
Six espèces nouvelles sont décrites (1). Si l’on y ajoute Tijlodiplax derijardi ,
espèce que nous avons publiée récemment en collaboration avec Mme Guinot,
cela porte à sept le nombre total d’espèces nouvelles découvertes durant cet
inventaire. Il est assez remarquable de constater que plusieurs de ces especes
sont de grande taille et que l’une d’entre elles ( Grapsus fourmanoiri) est très
commune.
(1) Les types de ces espèces ont été déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
Source : MNHN, Paris
2
ALAIN CROSNIER
La présence d'espèces nouvelles dans nos collections nous a obligé à déborder
du point de vue systématique, le cadre malgache. D’autre part, les comparaisons
effectuées avec des spécimens conservés dans divers Muséums nous ont permis
de relever plusieurs erreurs d’identification ou d’établir des synonymies.
Nous résumons brièvement ci-dessous, genre par genre, nos principales
conclusions; celles relatives à la distribution géographique des espèces sont ras¬
semblées dans le chapitre suivant.
Genre Grapsus Lamarck. — Une nouvelle espèce, G. / ourmanoiri , est
décrite. Elle avait jusqu’à maintenant été confondue avec G. albolinealus
Lamarck (= G. strigosus des auteurs). Elle n’est actuellement connue que de
Madagascar et de la côte est de l’Afrique et ne paraît pas cohabiter avec
G. albolinealus.
En outre, par examen du type, il a été établi que G. flavipes McLeay est syno¬
nyme de G. grapsus (Linné) et non de G. albolinealus Lamarck comme le pensait
Barnard (1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, p. 115).
Genre Ilyograpsus. — Par examen du type de Camptandrium paludicola
Rathbun, nous avons pu établir que cette espèce et Ilyograpsus rhizophorae
Barnard étaient identiques. Le genre Ilyograpsus Barnard doit, à notre avis,
être conservé et la dénomination Ilyograpsus paludicola (Rathbun) adoptée.
Genre Sesarma. — Une espèce, vraisemblablement décrite autrefois par
Ortmann sous le nom de S. erylhrodactyla var. ajricana , est appellée S. ortmanni,
son maintien au rang de variété ne nous paraissant pas acceptable.
D’autre part, par examen des types, il a été établi que S. elongalum A. Milne
Edwards et S. latijemur Alcock sont identiques.
Genre Percnon. — Une espèce nouvelle, P. guinolae , est décrite. Après
examen des types, P. pilimanus A. Milne Edwards est mis en synonymie avec
P. affine H. Milne Edwards.
Genre Ocypode. — Deux espèces nouvelles, O. pauliani et O. madagasca-
riensis , sont décrites. Des dessins et photos des types de O. kuhlii De Haan,
O. jabricii H. Milne Edwards et O. jousseaumei Nobili, sont publiés.
Genre Macrophthalmus. — Une espèce nouvelle, M. milloti , est décrite.
Macrophthalmus consobrinus Nobili, connu jusqu’alors uniquement par le type
en provenance de Tahiti, est signalé à Madagascar où il est assez commun.
Nous avons limité au maximum les termes techniques et espérons que les
planches explicatives jointes permettront, même aux personnes peu familiarisées
avec la morphologie des Décapodes Brachyoures, de suivre les descriptions et
d’utiliser les clés de détermination.
Précisons que, lorsque nous avons écrit « pléopode » sans autre mention,
il s’agit toujours du pléopode 1 gauche du mâle. Nous avons appelé « face abdo¬
minale >» du pléopode celle qui est située contre l’abdomen replié et « face sternale »
celle située contre le sternum.
Toutes les mesures données dans cet ouvrage, sans mention de l’unité,
sont exprimées en millimètres et ont été prises à l’aide d’un pied à coulisse. Les
chiffres entre parenthèses correspondent aux tailles maxima relevées dans la
littérature.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
3
Les légendes des figures ont, parfois, été simplifiées. Par exemple certaines
figures appelées « Abdomen » ne représentent souvent que les derniers segments
abdominaux.
Du point de vue bibliographique nous nous sommes contenté d’indiquer,
pour chaque espèce, la référence originale, la référence la plus récente et les
références d’auteurs ayant déjà signalé l’espèce à Madagascar. En outre nous
avons cité K. H. Barnard et certains ouvrages lorsqu’ils présentent un intérêt
particulier.
Les photos qui illustrent ce travail, à l’exception de celle relative à Ocypode
kuhlii tirée au Muséum de Leyde, sont dues au talent de M. Gaillard et ont
été faites dans le laboratoire du Professeur Vachon au Muséum national d’His-
toire naturelle de Paris.
Les figures de cet ouvrage, à l’exception de celles numérotées 2-20, 29-31,
40, 41, 44, 45, 128, 175-181 exécutées par M. Gaillard, ont été dessinées par
nous à la chambre claire. Les dessins de pléopodes à relief tourmenté, faits par
nos soins, sont malheureusement souvent médiocres; nous le regrettons mais
n’ayant pas disposé de dessinateur professionnel au Congo, nous en avons été
réduit à nos seules ressources. La mise au propre des figures à l’encre de Chine est
due à M. Nevez. Sauf indication contraire, les dessins ont été effectués d’après
des spécimens récoltés à Madagascar.
Les chiffres et les lettres nous ont été fournis par le Service cartographique
de l’O.R.S.T.O.M. grâce à l’obligeance de M. Combroux. La frappe de notre
manuscrit a été faite par M. Yankatou. Nous sommes heureux de pouvoir remer¬
cier ici MM. Gaillard, Combroux, Nevez et Yankatou.
Ce travail n’a pu être mené à bien que grâce à un séjour prolongé au Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris durant nos derniers congés. Nous avons
donc une gratitude toute particulière envers le Professeur Vachon qui nous
a accueilli dans son laboratoire en nous donnant toutes les facilités de travail
souhaitables, M. Forest et Mme Guinot qui ont toujours répondu à nos multiples
questions et auxquels ce travail doit beaucoup.
Nous avons également une grande reconnaissance envers les personnes
suivantes qui nous ont reçu dans leur laboratoire ou ont accepté, soit de nous
envoyer des spécimens à titre de prêt, soit d’effectuer des comparaisons à notre
intention : Dr. L. B. Holthuis du Rijksmuseum van Natuurlijke Historié de
Leyde, Dr. K. II. Barnard du South Àfrican Muséum (Cape Town),
Dr. C. H. Edmondson et Dr. E. H. Bryan duBishop Muséum (Hawaï), Dr. I. Gor¬
don du British Muséum, Dr. H. E. Gruner du Zoologisches Muséum de Berlin,
Dr. J. H. Stock du Zoôlogisch Muséum d’Amsterdam, Dr. Tiwari du Zoological
Survey of India (Calcutta), Dr. Torben Wolff du Zoologiske Muséum de
Copenhague et Dr. J. C. Yaldwyn de l’Australian Muséum (Sydney).
Nous tenons enfin à adresser tous nos remerciements à l’Inspecteur Général
Paulian et à M. P. Yiette qui, dirigeant « la Faune de Madagascar », ont bien
voulu accepter notre travail, et à M. Blache, directeur du laboratoire de Biologie
du Centre O.R.S.T.O.M. d’Océanographie de Pointe-Noire, qui a tout fait pour
nous faciliter la mise au point matérielle de notre manuscrit.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN , Paris
ALAIN CROSNIER
Antennule = Al
Antenne A 2
Vue ventrale d’un crabe de la famille des Grapsidae et termes utilisés lors des descriptions — (d’après Ràthbun).
P : région ptérygostomienne.
o\
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
REMARQUES BIOGÉOGRAPHIQUES
Outre les sept espèces nouvelles décrites à l’occasion de cette étude, n’avaient
jamais été signalés à Madagascar, à notre connaissance :
Pachygrapsus minutus A. Milne Edwards,
Pachygrapsiis plicatus (H. Milne Edwards),
Pachygrapsus marinus (Rathbun),
Planes cyaneus Dana,
Ilyograpsns palndicola (Rathbun),
Ptychognathus barbatus (A. Milne Edwards),
Pseudograpsus albus Stimpson,
Acmaeopleura cf. balssi Slien,
Sesarma lenzii De Man,
Nanoscsarma cf. minutum De Man,
Helice leachii Hess,
Cyclograpsus intcger II. Milne Edwards,
Percnon abbrevialnm (Dana),
Uca gaimardi (H. Milne Edwards),
Macrophlhalmus consobrinus Nobili.
Par contre les espèces suivantes, signalées à la suite de déterminations
erronées, sont à retrancher, au moins provisoirement, de la faune malgache :
Grapsus albolineatus Lamarck,
Grapsus inlermcdius De Man,
Planes minutus (Linné),
Sesarma nodulifera De Man,
Sesarma bidens De Haan,
Cyclograpsus punctatus H. Milne Edwards,
Macro phlhalmus lelescopicus (Owen),
Macrophtlxalmus convexus Stimpson.
Enfin la présence de :
Sesarma plicalum (Latreille),
Ocypode saratan Forskal,
Ocypode kuhlii De Haan,
Ocypode jabricii H. Milne Edwards,
doit, à notre avis, être mise en doute.
Certaines espèces, de par leur présence à Madagascar, voient leur extension
géographique considérablement agrandie. Ce sont : Pachygrapsus marinus connu
seulement jusqu’alors en Nouvelle Zélande, aux îles Hawaï et en Californie, Sesarma
lenzii et Ptychognathus barbatus qui, vers l’ouest, n’étaient pas signalés au delà
de la région indo-malaise, Macrophthalmus consobrinus trouvé uniquement jusqu’à
maintenant à Tahiti.
Pseudograpsus albus n’avait pas été récolté, à l’ouest, au delà des Maldives.
Enfin, la mise en synonymie de Camptandrium paludicola et Ilyograpsns
rhizophorae fait que l’espèce de Rathbun est maintenant connue du Siam à
la côte est de l’Afrique.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
7
La récolte de nombreux spécimens du genre Planes appartenant tous à
l’espèce P. cyaneus Dana et l’examen des spécimens déterminés, par Lenz,
P. minutus (Linné) montrant qu’il s’agit là encore de P. cyaneus confirment la
vocation indo-pacifique de l’espèce de Dana opposée à la vocation atlantique de
l’espèce de Linné.
Si l’on considère, maintenant, la répartition dans le monde des espèces
malgaches appartenant aux familles qui nous occupent, on constate que ces
espèces vivent presque uniquement dans le vaste ensemble indo-ouest-pacifique.
En effet seules deux d’entre elles (Pachygrapsus marinus , Plagusia immaculata)
se retrouvent dans la région est-pacifique et une (Cyclograpsus inleger) dans
l’Océan Atlantique (1).
Dans le vaste ensemble indo-ouest-pacifique la répartition, par région, des
espèces citées dans notre travail peut être résumée dans le tableau ci-dessous :
RÉGION
GRAPSIDAE
OCYPODIDAE
Nombre d’es¬
pèces commu¬
nes avec la
région
malgache.
% d’espèces
communes par
rapport aux
41 espèces
malgaches.
Nombre d’es¬
pèces commu¬
nes avec la
région
malgache
% d’espèces
communes par
rapport aux
19 espèces
malgaches.
Côte est de l’Afrique. . .
19
46
14
73
Inde.
10
24
9
47
Indo-Malaisie.
31
75
12
63
Tahiti, Tuamotu ....
12
29
6
31
Formose, Japon du Sud .
14
34
7
36
Hawaï.
12
29
2
10
Ces chiffres ne sont, bien entendu, qu’approximatifs, d’une part parce que
nous n’avons pas dépouillé toute la littérature, d’autre part parce qu’ils se basent
sur des déterminations dont certaines sont peut-être erronées. Quoiqu’il en soit,
ils permettent d’arriver aux mêmes conclusions que celles formulées par Forest
et Guinot dans leur intéressant travail sur la biogéographie des crabes des archi¬
pels de la Société et des Tuamotu (19(52, Cahiers du Pacifique , 4, pp. 41-75) :
a côté d’un centre principal de différenciation et de dissémination des espèces
situé en Indo-Malaisie, existerait un autre centre, la région malgache, d’où les
espèces se seraient diversement étendues, certaines atteignant le Pacifique central,
d autres ne dépassant pas l’Inde, quelques-unes enfin n’ayant émigré que sur
la côte d’Afrique.
ü) Ceci en admettant que Percnon qibbesi (H. Milne Edwards) est distinct de P. planissimum
(Herbstj. Cf. Remarques p. 91.
Source : MNHN, Paris
8
ALAIN CROSNIER
On peut constater également, de même que Forest et Guinot, l'isolement
relatif des Tuamotu et des Hawaï, phénomène normal puisque ces îles se trouvent
aux confins est de la zone indo-ouest-pacifique. Quant au fait que Madagascar
ait un plus grand nombre d’espèces communes avec l’Indo-Malaisie qu’avec
l’Inde, ce qui peut surprendre au premier abord, il s’explique, à notre avis, par
les courants océaniques.
D’après ce que nous avons exposé deux paragraphes plus haut, la plupart
des espèces malgaches peuvent être réparties en trois grands groupes.
L’un comprend les espèces ayant une très large répartition indo-ouest-
pacifique parmi lesquelles on peut citer : Grapsus tenuicrustatus , Geograpsus
grayi, Geograpsus stormi , Metopôgrapsus messor , Metopograpsus thukuhar , Pachy-
grapsus minutus , Pachygrapsus plicatus , Pachygrapsus marinus, Planes cyaneus ,
Varuna litterala , Ptychognathus barbatus , Sesarma smithii, Sesarma impressum,
Sesarma plicatum , Helice leachii , Plagusia depressa tuberculata, Plagusia immaculata ,
Percnon planissimum , Percnon affine.
Un autre comprend des espèces qui, à partir de Madagascar, ne s’étendent
pas vers l’est au delà de la région indo-malaise et parfois même de l’Inde. Ce
groupe comprend notamment Sesarma elongatum , Sesarma lenzii , Sesarma mei-
nerti, Uca urvillei, Uca dussumieri y Macrophthalmus depressus.
Un dernier groupe, enfin, renferme les espèces ne peuplant que la région
malgache et parfois est-africaine. On y trouve, outre les sept espèces nouvelles
décrites, Ptychognathus polleni , Sesarma eulimene , Sesarma guttatum , Uca inversa ,
Dolilla jenestrata , Macrophthalmus grandidieri.
FAMILLE DES GRAPSIDAE
Carapace plus ou moins carrée, rectangulaire ou discoïdale, à bords latéraux
droits, sinueux ou convexes. Front large. Pédoncules oculaires courts. Cavité
buccale rectangulaire. Troisièmes maxillipèdes laissant un espace plus ou moins
large entre eux. Chélipèdes assez forts, égaux ou inégaux. Pattes thoraciques
2-5 fortes et longues.
Remarques : les espèces de la famille des Grapsidae sont essentiellement
littorales. Très agiles, elles sont un des facteurs d’animation des zones rocheuses
et des mangroves. Elles se logent dans les interstices des pierres ou bien se creusent
des terriers. Les espèces du genre Geograpsus sont semi-terrestres, celles appar¬
tenant aux genres Varuna et Planes se laissent dériver accrochées aux épaves
et aux algues et peuvent être trouvées aussi bien en plein large que dans les
estuaires des fleuves.
La famille des Grapsidae se divise en 4 sous-familles : Grapsinae , Varuninae,
Sesarminac, Plagusiinae.
Clé des sous-familles (1)
1. Antennules visibles dorsalement et repliées dans des encoches du front orientées
longitudinalement par rapport à la carapace . . . Plagusiinae (p. 79)
(1) D’après Alcock et Borradaile.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
9
— Antennules non visibles dorsalement et repliées, sous le front, dans des
logements disposés plus ou moins transversalement par rapport à la cara¬
pace ..
2. Troisièmes maxillipèdes ayant une crête pileuse oblique sur le mérus et
l’ischion.Sesarminae (p. 45)
— Troisièmes maxillipèdes sans crête pileuse oblique sur le mérus et l'ischion.
.3
3. Front très incliné. Troisièmes maxillipèdes laissant un large espace entre
eux et ayant l'articulation du carpe et du mérus située près de l’angle
antéro-externe de ce dernier. Abdomen 3 remplissant tout l’espace compris
entre les coxas des 5 e8 pattes thoraciques.Grapsinae (p. 9)
— Front peu incliné. Troisièmes maxillipèdes ne laissant habituellement
qu'un petit espace entre eux et ayant l’articulation du carpe et du mérus
située au milieu environ du bord antérieur de ce dernier. Abdomen 3 rem¬
plissant rarement tout l'espace compris entre les coxas des 5 eB pattes tho¬
raciques .Varuninae (p. 33)
Sous-famille Grapsinae Dana 1851 (en partie) (1)
Front habituellement très incliné. Flagelle des antennes très court. Troisièmes
maxillipèdes laissant entre eux un large espace en forme de losange, ne portant
pas de crête pileuse oblique et ayant l'articulation du carpe et du mérus située
près de l’angle antéro-externe de ce dernier; exopodite des 3 e8 maxillipèdes étroit
et entièrement visible. Abdomen 3 occupant tout l'espace situé entre les coxas
des 5 e8 pattes thoraciques.
Clé des genres malgaches de la sous-famille Grapsinae
1. Largeur du front inférieure à la moitié de celle de la carapace (si la largeur
du front est très voisine de la moitié de celle de la carapace, le mérus des
3 e " maxillipèdes est alors toujours plus long que large).2
— Largeur du front supérieure à la moitié de celle de la carapace. Mérus des
3 08 maxillipèdes plus large que long.4
2. Mérus des 3 ca maxillipèdes plus long que large.3
— Mérus des 3 CS maxillipèdes plus large que long. . . . üyograpsus (p. 31)
3. Extrémité des doigts des chélipèdes creusée en cuiller . Grapsus (p. 10)
— Extrémité des doigts des chélipèdes pointue .... Geograpsus (p. 18)
4. Antennes en communication avec les orbites (fig. 28).5
— Antennes non en communication avec les orbites (fig. 26).
.Metopograpsus (p. 21)
5. Carapace trapézoïdale, peu convexe et avec de nombreuses lignes trans¬
versales .Pachygrapsus (p. 25)
— Carapace subcirculaire (tout du moins chez l’adulte), très convexe et presque
entièrement lisse.Planes (p. 30)
(1) D'après Alcock.
Source : MNHN , Paris
10
ALAIN CROSNIER
Genre Grapsus Lamarck
Grapsus Lamarck, 1801, Système des Animaux sans vertèbres, p. 150.
— Banerjee, 1960, Temminckia, 10, pp. 133-4.
Carapace un peu plus large que longue, aplatie, à bords latéraux plus ou
moins convexes et portant chacun antérieurement 2 dents aiguës (la première
étant la dent orbitaire externe). Sillons cervicaux et urogastrique bien marqués.
Région antérieure de la carapace avec de nombreuses stries transversales courtes
prenant parfois l’aspect de tubercules. Régions branchiales avec des lignes en
relief obliques, régulièrement disposées et le plus souvent longues. Front incliné
presque à angle droit, d’une largeur variant, suivant les espèces, du tiers à environ
la moitié de celle de la carapace, et à bord antérieur entier. Quatre lobes post¬
frontaux. Antennules disposées, dans leur logement, transversalement par rapport
à l’axe de la carapace. Antennes en communication avec les orbites. Bords sous-
orbitaires s’étendant jusqu’à la cavité buccale et portant une profonde encoche
à leur extrémité distale près de la dent orbitaire externe. Epistome bien développé
et portant une côte transversale sur chacun de ses côtés. Mérus des 3 e ' maxilli-
pèdes plus long que large. Chélipèdes subégaux mais plus développés chez les
mâles que chez les femelles; extrémité des doigts creusée en cuiller. Pattes tho¬
raciques 2-5 fortes et aplaties. Abdomen à 7 segments distincts.
Remarque : les espèces du genre Grapsus , très agiles, sont communes sur
les rochers des niveaux élevés de la zone intertidale.
Clé des espèces malgaches du genre Grapsus
— Rapport largeur/hauteur du front (mesuré au niveau du bord antérieur
des lobes post-frontaux médians) voisin de 2.1. tenuicrustatus
— Rapport largeur/hauteur du front voisin de 4.2. fourmanoiri
1. Grapsus tenuicrustatus (Herbst). Fig. 1-3; pl. I, fig. 1.
Cancer tenuicrustatus Herbst, 1783, Yersuch einer Naturgeschichte der
Krabben und Krebse, p. 113, pl. III, fig. 33-4 (dessins : crabe entier).
Grapsus pharaonis , Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
Crust., pp. 20-1, pl. 5, fig. 32-5 (dessins : crabe entier, vue ant. carapace, pinces).
— Lenz et Richters, 1881, Abh. Senckenb. Naturj. Ges. Frankfurt , 12, p. 425.
Grapsus maculalus, Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5° partie,
Crust., pp. 21-2, pl. 6, fig. 36-8 (dessins : vue ant. carapace, pinces). — Barnard,
1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 113-4, fig. 22 cl , 23 b (dessins : carapace, épistome).
— Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache , 6, 1/2, p. 5, fig. 5 (dessin : crabe
entier).
Grapsus tenuicrustatus , Banerjee, 1960, Temminckia , 10, pp. 134, 136-9,
141-4, fig. 1 a, 2 a, c-g, (dessins : carapace, épistome, mxp3, chélipède, abdomen
pléopode 3 ).
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
11
FJ'BL
MUSEUM
Fig. 1-3.
Fig. 4-6.
Grapsus tenuicrustatus (Herbst). — 1. Mxp3, X 6. — 2, 3. Pléopode*^, x 7.
Grapsus fourmanoiri sp. nov. — 4. Mxp3, X 6. — 5. 6. Pléopode;^, X 12.
Source : MNHN , Paris
12
ALAIN CROSNIER
Carapace discoïdale, à bords latéraux très convexes (surtout chez les grands
exemplaires) et portant chacun 2 dents. Rapport largeur/longueur voisin de 1,07.
Sillons cervicaux profondément marqués. Régions épigastriques et partie anté¬
rieure des régions protogastriques et mésogastrique portant des tubercules plus
ou moins pointus. Régions hépatiques et partie postérieure des régions proto¬
gastriques et mésogastrique avec des stries transversales très en relief. Régions
branchiales avec des lignes obliques très marquées, longues sauf au voisinage
du sillon cervical où quelques unes sont courtes.
Front dont la largeur est légèrement supérieure au tiers de celle de la cara¬
pace et dont le rapport largeur/hauteur (mesuré au niveau du bord antérieur
des lobes post-frontaux médians) est voisin de 2. En outre la largeur du front
est sensiblement égale à la longueur du bord postérieur de la carapace chez les
mâles et souvent légèrement inférieure à cette longueur chez les femelles. Bord
antérieur du front entièrement convexe. Lobes post-frontaux latéraux plus avan¬
cés que les médians.
Epistome long (beaucoup plus long que chez G. fourmanoiri ) et portant,
sur chacun de ses côtés, une côte peu en relief n’atteignant pas la cavité buccale.
Bord antérieur de la cavité buccale presque droit et portant environ 12 dents
pas très développées (à l’exception des 3 dents centrales).
Troisièmes maxillipèdes : mérus à angle antéro-externe étiré et à angle
antéro-interne arrondi (fig. 1).
Chélipèdes : mérus à bord antérieur épineux et à face postérieure ornée
de marques plus ou moins squamiformes. Carpe ayant sur ses faces supérieure
et externe quelques granules et, le long de son bord interne, une très grosse
épine large et aplatie à sa base. Propode à face supérieure ornée de 2 rangées
de” granules et d’une épine (cette dernière étant située à l’extrémité distalc du
bord interne); face externe avec quelques granules sur sa moitié supérieure et
2 côtes bien marquées (l’une en son milieu, l’autre le long de son bord inférieur
et se prolongeant sur le doigt fixe); face inférieure avec des stries obliques; face
interne avec quelques granules.
Pattes thoraciques 2-4 longues et fortes mais de taille assez variable.
Abdomen 3 : 6 e segment plus long que le 5 e .
Pléopode 3 : fig. 2-3.
Longueur : 58,5 (64). — Largeur : 63 (68).
Coloration : carapace rouge-brun avec parfois des marbrures vertes. Pinces
rouges à l’exception des extrémités des doigts qui sont blanches. Pattes thora¬
ciques 2-5 rouges avec des marbrures vertes ou jaunes.
Localités : nombreuses localités sur tout le pourtour de Madagascar.
Écologie : sur les rochers des niveaux élevés de la zone intertidale.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Tahiti, Hawaï, Japon.
2. Grapsus fourmanoiri sp. nov. Fig. 4-6; pi. III, fig. 1.
Grapsus intermedius, Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 559.
Grapsus strigosus , Barnard, 1950, Ann. S. A/r. Mus., 38, p. 115, fig. 22 e,
24 a, (dessins : rég. épistomienne, pléopode 3).
? Grapsus strigosus , Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
p. 20, pl. 5, fig. 31 (dessin : crabe entier). — Lenz, 1910, Crust. Madagaskar
Ostafrika Ceylon, p. 559. — Gravier, 1920, Bull. Mus. Iiist. nat. Paris , 26, p. 471.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
13
7, 10. Grapsus intermedius De Man, île Paternoster, x 13.
8, 11. Grapsus albolinealus Lamarck, provenance inconnue, x 7.
9, 12. Grapsus granulosus H. Milne Edwards, golfe d’Akaba, X 10.
2
Source : MNHN, Paris
14
ALAIN CROSNIER
Carapace presque aussi longue que large (rapport largeur/longueur variant
de 1,10 à 1,16), à bords latéraux convexes (surtout chez les grands exemplaires)
et portant chacun 2 dents. Régions épigastriques et partie antérieure des régions
protogastriques et mésogastrique couvertes de courtes stries transversales”qui
surtout chez les grands exemplaires, deviennent souvent saillantes prenant
la forme de tubercules étirés. Régions hépatiques avec des stries obliques, 2 ou
3 d’entre elles étant habituellement très en relief. Régions branchiales avec"des
lignes obliques pour la plupart longues, la partie située juste en arrière du sillon
cervical n’ayant pas d’ornementation bien définie : parfois il existe une très
longue ligne parallèle au sillon cervical et relayée à son extrémité distale par
2 ou 3 stries plus courtes, parfois il existe plusieurs stries (jusqu’à 7) se chevau-
chant plus ou moins.
Front dont la largeur est toujours très légèrement inférieure à la moitié
de celle de la carapace et dont le rapport largeur/haulcur (mesuré au niveau
du bord antérieur des lobes post-frontaux médians) est très voisin de 4.
En outre la largeur du front est toujours nettement supérieure à la longueur
du bord postérieur de la carapace chez les mâles et juste égale à cette longueur
chez les femelles. Bord antérieur du front le plus souvent entièrement
convexe (certains exemplaires ont toutefois un bord antérieur légèrement concave
en leur milieu). Lobes post-frontaux latéraux légèrement plus avancés que les
médians.
Epislome portant, sur chacun de ses côtés, une côte très en relief atteignant
la cavité buccale et ayant son liers externe lisse et sa partie interne soit lisse,
soit, le plus souvent, découpée en petites dents arrondies.
Bord antérieur de la cavité buccale sinueux et portant un nombre variable
(G à 12) de dents arrondies, plus ou moins séparées par des espaces vides, et de
taille souvent très inégale (les centrales étant les plus grosses).
Troisièmes maxillipèdes : fig. 4.
Chélipèdes : inérus à bord antérieur fortement denticulé. Carpe avec une
assez forte épine sur son bord interne, de nombreuses stries et quelques granules
sui scs faces supérieure et externe. Propode à face supérieure portant quelques
stries et granules ainsi qu’une courte épine située à l’extrémité distale de son
bord interne; face externe avec 2 faibles côtes, l’une en son milieu, l’autre près
du bord inférieur et se prolongeant sur le doigt fixe; quelques stries peu marquées
sur Ja face inférieure.
Pattes thoraciques 2-5 assez élargies (cf. tableau de mensurations).
Abdomen o : 6 e segment plus court que le 5 e .
Pléopode A : massif, étranglé en son milieu (lig. 5-6).
Longueur : 34,1. — Largeur : 37,7.
Coloration : le plus souvent vert olive avec les bords et granules de la cara¬
pace et des pattes jaunes. Quelques exemplaires brun-rouge. Moitié distale du
propode des chélipèdes et doigts mobiles blancs.
Écologie : très abondant sur les rochers des niveaux élevés de la zone
mtertidale.
Localités : nombreuses localités sur tout le pourtour de Madagascar. —
Comores : Mayotte.
Distribution : côte est de l’Afrique.
Mensurations : cf. tableau.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
15
Remarques : le genre Grapsus est incontestablement un genre difficile,
les espèces qui le composent ne se différenciant que par des caractères très proches
et souvent nettement fluctuants chez les exemplaires d’une même espèce. Il
s'ensuit que, lors d’un essai de comparaison des espèces du genre, on est amené
à presque toujours utiliser des adjectifs précédés des adverbes « plus » ou « moins ».
Ceci rend très délicates beaucoup de déterminations si l’on n’a pas la possibilité
d’examiner, simultanément, des exemplaires des diverses espèces.
Cette difficulté est bien mise en relief par le fait que, depuis la révision toute
récente de Bakerjee, une espèce nouvelle, G. fourmanoiri , a été décrite et une
espèce autrefois mise en synonymie avec G. cilbolinealus Lamarck, G. granulosus
H. Milne Edwards, rétablie (Holthuis, 1958, State of Israël, Sea Fish. Res.
Slat. Bull., 17, pp. 48-51) (1).
Actuellement il semble que le genre Grapsus renferme 6 espèces : G. tenui-
crustatus (Herbst), G. longitarsis Dana, G. albolineatus Lamarck, G. intermedius
De Man, G. granulosus H. Milne Edwards et G. fourmanoiri.
Pour différencier ces espèces, les pléopodes 3 fournissent un bon
caractère (fig. 2-3, 5-6, 7-12, 15-16); seules deux espèces, G. albolineatus et
G. intermedius , ont des pléopodes très proches pouvant être confondus. La
différenciation de ces deux espèces peut alors être faite facilement grâce au
rapport largeur/hauteur du front qui est voisin de 3 chez G. albolineatus et de 4
chez G. intermedius.
Signalons également que le rapport largeur du front/longueur du bord pos¬
térieur de la carapace est très voisin de 1 chez G. tenuicrustatus, G. albolineatus
et G. longitarsis. Chez les autres espèces, ce rapport est nettement supérieur
à 1. Ce caractère n’est toutefois pas très rigoureux car il varie avec l’âge (la
largeur du front augmentant proportionnellement plus vite que la longueur
du bord postérieur de la carapace) et avec le sexe (chez la femelle, à taille égale,
le bord postérieur de la carapace est plus grand que chez le mâle).
Les caractères distinctifs de G. granulosus, G. albolineatus, G. longitarsis
et G. intermedius ont été discutés par Holthuis (1958, /. c.).
En dehors des caractères déjà signalés, G. fourmanoiri peut se distinguer de :
— G. albolineatus par une carapace moins discoïdale et un rapport largeur/
hauteur du front voisin de 4 (au lieu de 3).
— G. granulosus par un front presque toujours convexe sur toute sa lon¬
gueur (au lieu d’être légèrement concave en son milieu) et des régions
branchiales à lignes obliques moins marquées.
— G. intermedius par une carapace plus discoïdale et à région antérieure
portant des tubercules moins saillants et surtout de forme moins arrondie.
Étant donné, toutefois, l’importance des variations individuelles chez
une même espèce, ces divers caractères n’ont qu’une valeur d’indication
générale.
•Signalons enfin que la coloration verdâtre à reflets jaunes de
G. fourmanoiri , si elle aussi n’est pas absolument constante, semble toutefois
assez spécifique.
(1) Le travail de Banerjee a etc publié en 1060 alors que celui de Holthuis a paru en 1958; en
fait la révision de Banerjee a été rédigée avant la mise au point de Holthuis mais les délais de
publication ont été beaucoup plus longs.
Source : MNHN , Paris
Mensurations de Grapsus fourmanoiri
Sexe
Carapace
Front
Mérus p 4 gauche
Longueur : carpe
-1- propode + dac¬
tyle p 4 gauche
=> LT
LT
Longueur
Largeur
Largeur
Longueur
Largeur
Hauteur
Largeur
Hauteur
Longueur
Largeur
Longueur
Largeur
du mérus
de p 4
gauche
3
13,7
15,3
i,n
7,3
1,6
4,56
11,3
5,1
2,21
17,7
1,56
3
20,8
23,8
1,14
13,2
3,1
4,25
19,2
9,2
2,08
30,7
1,59
3
23,2
26,6
1,14
12,0
2,8
4,28
17,3
8,5
2,03
29,2
1,68
3
28,1
31,6
1,12
14,5
3,7
3,90
21,0
10,4
2,01
34,1
1,62
3
33,8
37,8
1,11
18,0
4,2
4,28
21,6
10,4
2,07
33,0
1,52
?
21,8
25,3
1,16
11,7
3,0
3,90
17,0
8,3
2,04
27,5
1,61
?
24,7
28,5
1,15
13,0
3,1
4,19
20,2
8,6
2,34
32,4
1,60
Remarques : Toutes les mensurations sont données en millimètres. Si l’on observe des variations du rapport longueur/
les m/™s U droiTet aiuche dbfn 5 in . divi ^ u . s dc , même taille - 011 trouve également des variations en considérant
ies mcrus droit el gauche d un meme individu.
Source : MNHN, Paris
ALAIN CROSNIER
CRUSTACÉS DÉCAPODES
17
C'est avec une certaine réticence que nous avons décrit une nouvelle espèce
de Grapsus. Il est en effet fort possible qu’étant donné les nombreuses espèces
de Grapsus décrites autrefois puis mises en synonymie, G. fourmanoiri ait déjà
été décrit sous un autre nom. Les diagnoses anciennes étant le plus souvent
très sommaires, seul l’examen des types peut permettre de rétablir des espèces
abandonnées. Nous nous sommes, en particulier, intéressé à Grapsus peroni
H. Milne Edwards et G. flavipes Mc Leay mis habituellement en synonymie
avec G. albolineatus. Le type de G. peroni , qui devrait se trouver au Muséum
national d’IIistoire naturelle de Paris, semble avoir disparu. Quant au type de
G. flavipes, il est déposé au Mc Leay Muséum à Sydney; son examen, aimable¬
ment effectué à notre intention par le Dr. Yaldwyn, a montré que l’espèce
de Mc Leay est en fait identique à G. grapsus (Linné).
G. fourmanoiri est dédié à notre ami Pierre Fourmanoir, océanographe
biologiste avec lequel nous avons eu le plaisir de collaborer durant quatre années
à la Station Océanographique de Nosy Be.
Grâce à l’obligeance du Professeur Gruner, nous avons pu examiner
l’exemplaire de Lenz (1910, /. c., p. 554) déterminé G. intermedius. Il s’agit d’un
très jeune mâle en mauvais état dont la détermination est délicate, nous pensons
qu’il s’agit plutôt d’un exemplaire de G. fourmanoiri que de G. intermedius.
Par contre nous n’avons pas eu l’occasion de voir les exemplaires de Lenz,
Hoffmann et Gravier en provenance de Madagascar et déterminés G. strigosus
(Herbst) (1). Il est vraisemblable qu’il s’agit, là encore, d’exemplaires de G.
fourmanoiri, étant donné que, malgré le grand nombre d’exemplaires de Grapsus
récoltés à Madagascar que nous avons examinés (2), nous n’avons jamais trouvé
G. albolineatus. Il convient toutefois de remarquer que l’exemplaire figuré par
Hoffmann (1874, /. c., fig. 31) est plus proche de G. albolineatus que de G. four-
manoiri.
La présence de G. albolineatus sur la côte est de l’Afrique du Sud nous paraît
douteuse. En effet tous les exemplaires, sans exception, en provenance de cette
région que nous avons vus tant au Muséum de Paris qu’à ceux de Leyde (3) ou
d’Amsterdam appartenaient à G. fourmanoiri (ils étaient tous étiquetés
G. strigosus ou G. albolineatus). Les exemplaires déterminés G. strigosus par
Barnard (1950, l. c.) appartiennent également à G. fourmanoiri comme le montre
le dessin du pléopode çj publié.
Nous n’avons pas trouvé d’exemplaires de G. fourmanoiri en provenance
d’autres régions que Madagascar et la côte est de l’Afrique.
Signalons enfin que nous avons examiné au Muséum de Paris un exemplaire
en provenance de la Mer Rouge, déterminé G. strigosus par le Professeur Monod
(1938, Mém. Inst. Egypte, 37, p. 150, <$ Abou Ramlah, Golfe d’Akaba). Bien
que cet exemplaire diffère par divers caractères (bords latéraux plus convexes
et pattes thoraciques 2-5 plus fortes) des autres exemplaires de G. granulosus
que nous avons examinés, nous pensons qu'il appartient à cette dernière espèce
dont il a le pléopode ^ très caractéristique.
(1) Espèce, rappelons-le, mise actuellement en synonymie avec G. albolineatus.
(2) Au Muséum de Paris se trouvent plusieurs exemplaires en provenance de Madagascar déter¬
mines G. strigosus par Balss, dans tous les cas il s’agit de G. fourmanoiri.
, Leydc nous avons réexaminé les exemplaires de Banerjee (1960, l. c., p. 149) en provenance
c üurb an et Reunion Rocks déterminés G. albolineatus ; ils appartiennent en fait à G. fourmanoiri.
Source : MNHN , Paris
18
ALAIN CROSNIER
Genre Geograpsus Stimpson
Geograpsus Stimpson, 1858, Proc. Acad. Nat. Sci. Philadelphia, p. 101.
— Banerjee, 1960, Temminckia, 10, pp. 157-8.
Ce genre très proche du genre Grapsus s’en distingue essentiellement par :
— la forme trapézoïdale de la carapace, les bords latéraux étant très peu
convexes,
— les sillons cervicaux mal définis et les régions de la carapace moins
marquées,
— le front moins incliné,
— la présence d’une double rangée de granules sur les bords sous-orbitaires,
— les chélipèdes très massifs, très inégaux et à extrémité des doigts pointue.
Remarques : toutes les espèces de ce genre paraissent être plus ou moins
terrestres et nocturnes.
Ce genre comprend 3 espèces indo-ouest-pacifiques : G. grayi (H. Milrie
Edwards), G. stormi De Man, et G. crinipes (Dana). Seules les 2 premières
ont jusqu’à maintenant été récoltées à Madagascar, mais il est probable que
G. crinipes, qui est très proche de G. slormi, s’y trouve également. Les carac¬
tères séparant G. crinipes de G. slormi ont été définis par Banerjee (1960,
Temminckia, 10, p. 158).
Clé des espèces malgaches du genre Geograpsus (1)
— Bords latéraux de la carapace convergents vers l’arrière à partir des dents 2
et carénés seulement sur leur moitié antérieure. 1 . grayi
— Bords latéraux de la carapace subparallèles ou divergents vers l'arrière
et carénés sur toute leur longueur. 2. stormi
1. Geograpsus grayi (H. Milne Edwards). Fig. 13-14, 17-18.
Grapsus grayi H. Milne Edwards, 1853, Ann. Sci. naL , (3), 20, p. 170.
Geograpsus rubidus, Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
Crust., pj). 22-3.
Geograpsus grayi, Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 560.
— Banerjee, 1960, Temminckia, 10, pp. 159-63, fig. 1 /, 3 n-p (dessins : stérilité
des chélipèdes, rég. épistomienne, pléopode 3 ).
Carapace peu convexe, plus large que longue (rapport largeur/longueur
variant entre 1,10 et 1,25), à régions mal définies. Bords antéro-latéraux convexes,
carénés et découpés chacun en 2 dents; bords postéro-latéraux droits, assez
fortement convergents vers l’arrière et carénés seulement sur leur partie anté¬
rieure. Des lignes transversales peu marquées sur les régions protogastriques,
(1) D’après Barnard.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
19
des lignes presque toutes longues mais toujours peu saillantes sur les régions
branchiales; sur ces dernières régions, les lignes sont obliques près des bords
latéraux puis deviennent transversales en gagnant la région médiane de la cara¬
pace.
Fig. 13-14. — Geogrcipsus grayi (H. Milne Edwards).
13. Carapace, X 1,6. — 14. Mxp3, x 6, (exopodite non figuré).
Front incliné, à bord antérieur très légèrement concave. Lobes post-frontaux
modérément saillants, les médians étant, nettement en arrière des latéraux.
Surface du front portant de nombreux tubercules peu saillants et étirés trans¬
versalement. Largeur du front égale aux deux cinquièmes environ de celle de
la carapace.
Fpisloine petit et mal défini.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 14.
Chélipèdes : mérus à bord antérieur étiré et denticulé; faces supérieure et
postérieure portant des marques squamiformes. Carpe avec une forte dent sur
son bord interne et des marques squamiformes sur ses faces supérieure et externe.
Propode avec quelques granules sur sa face supérieure, des marques squami¬
formes sur sa face inférieure et une partie de sa face interne. Doigts à extrémité
pointue.
Pattes thoraciques 3-4 : entre les coxas de ces pattes se trouve un orifice
entouré de poils et communiquant avec la cavité branchiale.
Sternum : stérilité des chélipèdes pubescent.
Abdomen S '• 6 e segment plus long que le 5 e .
Pléopode S : fig. 17-18.
Source : MNHN , Paris
20
ALAIN CROSNIER
20 .
Fig. 15-20. — Pléopode
15, 16. Grapsus longitarsis Dana, Hikueru, x 11.
J 7, 18. Geograpsus grayi (H. Milne Edwards), x 8.
19. Metopograpsus messor (Forskal), x 14.
Metopograpsus Ihukuhar (Owen), x 14. (Figures 15,16,19, 20 d'après 1-orest et Gl inot).
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
21
Longueur : 41. — Largeur : 51.
Coloration : carapace rouge sombre ou vert olive.
Localité : côte est : Tamatave.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Australie, Polynésie, Japon.
2. Geograpsus stormi De Man.
Geograpsus lividus var. stormi De Man, 1895, Zool. Jahrb. Sijsl., 9, p. 88-
1898, idem, 10, pi. 28, fig. 18 a, c (dessins : rég. épistomienne, p3). — B\rn\rd
1950, Ann. S. A/r. Mus., 38, p. 116.
Geograpsus lividus, Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache, 6, 1/2, p. 5.
Geograpsus stormi, Banerjee, 1960, Temminckia, 10, pp. 167, 169-72,
fig. 4 d, e, 5 a (dessins : rég. épistomienne, mérus p2, carapace).
Cette espèce, dont nous n’avons pas examiné d’exemplaire, a été signalée
à Madagascar par Barnard et Fourmanoir.
Geograpsus stormi paraît se différencier facilement de G. gragi par :
— les bords latéraux de la carapace carénés sur toute leur longueur et
parallèles ou divergents vers l’arrière (au lieu d’être convergents),
— l’épistome bien développé (au lieu d’être petit et mal défini),
— le stérilité des chélipèdes portant seulement quelques soies raides (au
lieu d’être pubescent).
Longueur : 27 (33). — Largeur : 30 (36).
Localités : côte nord-ouest : Nosy Komba. Côte ouest : île Chesterfield,
île Juan de Nova.
Distribution : côte est de l’Afrique du Sud, Polynésie, Japon.
Remarque : Fourmanoir (1954, l. c.) signale cette espèce sur les rochers
entre les niveaux des basses mers de morte-eau et de vive-eau. Il semble que
G. stormi soit habituellement observé à des niveaux plus élevés.
Genre Metopograpsus H. Milne Edwards
Mctopograpsus H. Milne Edwards, 1853, Ann. Sc. nat., (3), 20, p. 164.
TT Tesch > 1918 > Sib °s a Ex P> 39 c, pp. 78-9. — Banerjee, 1960, Temminckia ,
10, pp. 172-4.
Carapace nettement plus large que longue, à régions mal délimitées et à
0rds latéraux portant chacun antérieurement 1 ou 2 dents. Régions branchiales
ornées, sur leur partie externe, de lignes obliques. Front très large, incliné d’une
açon variable suivant les espèces et à bord antérieur entier. Quatre lobes post-
rontaux. Antennules disposées, dans leur logement, transversalement par rapport
«i axe de la carapace. Antennes non en communication avec les orbites par suite
( . U ( cve, °Ppement des lobes orbitaires internes. Bord inférieur des orbites s’éten-
j ant jusqu’à la cavité buccale. Epistome court. Mérus des 3 es maxillipèdes plus
a| ge que long. Chélipèdes subégaux ou inégaux, plus développés chez le mâle
que c ez la femelle; extrémité des doigts creusée en cuiller. Pattes thoraciques
fortes et aplaties. Abdomen £ à 7 segments distincts.
Source : MNHN, Paris
>'
22
ALAIN CROSXIER
l*'ig. 21-22. — Metopograpsus thukuhar (Owen).
21. Carapace, x 2,5. — 22. Mxp3, X 10.
Fig. 23. — Pachygrapsus minutus A. Milne Edwards. Carapace, X 6.
Fig. 24-25. — Pachygrapsus plicatus (H. Milne Edwards).
24. Carapace, x 4,5. — 25. Chélipède droit, x 5.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
23
Ci.é des espèces malgaches du genre Metopograpsus
— Bords antérieur et externe des lobes orbitaires internes se recoupant suivant
un angle de 00° environ (fig. 26). Pléopode 3 bien particulier (fig. 19). . .
.1. messor
— Bords antérieur et externe des lobes orbitaires internes se recoupant suivant
un angle à peu près droit (fig. 27). Pléopode g bien particulier (fig. 20). . .
.2. thukuhar
1. Metopograpsus messor (Forskal). Fig. 19, 26.
Cancer messor Forskal, 1775, Descriptiones Animalium, p. 88 (non consulté).
Grapsus messor , Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
Crust., p. 23.
Metopograpsus messor , Lenz et Richters, 1881, Abh. Senckcnb. Naturf.
Ges. Frankfurt , 12, p. 425. — Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache, 6, 1/2,
p. 5. — Banerjee, 1960, Temminckia, 10, pp. 174-7, fig. 4 h , i, 5 c (dessins :
abdomen <?, sternum $, carapace). — Forest et Guinot, 1961, Exp. française
Récifs Nouvelle Calédonie, Vol. préliminaire, pp. 155-7, fig. 163, 166 (dessins :
pléopode <J, sternum $).
? Metopograpsus messor , Barnard, 1950, An/7. S. Afr. Mus., 38, pp. 118-20,
fig. 22 a, 23 e, 24 c (dessins : rég. sous-orbitaire, carapace, pléopode J).
Carapace plus large que longue (rapport largeur/longueur variant de 1,30
à 1,45), à bords latéraux légèrement sinueux, assez fortement convergents vers
l’arrière et portant à leur extrémité antérieure une dent. Moitié antérieure de
la carapace ornée de lignes transversales, moitié postérieure lisse à l’exception
de la partie externe de chaque région branchiale qui porte des lignes obliques,
assez longues et habituellement au nombre de 9.
Front d’une largeur nettement supérieure à la moitié de celle de la carapace
et à bord antérieur très légèrement sinueux (le milieu étant convexe). Lobes
post-frontaux peu saillants et disposés sensiblement sur une même ligne.
Lobes orbitaires internes portant chacun une crête et ayant leurs bords
antérieur et externe se recoupant suivant un angle de 60° environ (fig. 26).
Epistome court et portant, sur ses côtés, une petite crête lisse bien en relief.
Troisièmes maxillipèdes : pratiquement identiques à ceux de M. thukuhar
(cf. fig. 22).
Chélipèdes : mérus orné de 2 grosses épines et plusieurs petites le long de
son bord antérieur; faces supérieure et postérieure avec de nombreuses marques
squamiformes et quelques granules. Carpe avec 2 ou 3 petites épines vers l’extré¬
mité de son bord interne et des marques squamiformes parsemées de granules
sur ses faces supérieure et externe. Propode avec des stries obliques et quelques
granules sur sa face supérieure, des stries transversales faiblement marquées
sur la moitié proximale de sa face interne, des stries obliques sur sa face inférieure;
face externe avec une côte près de son bord inférieur se prolongeant sur le doigt
fixe.
Pattes thoraciques 2-4 : mérus avec, sur son bord antérieur, une épine sub-
distale et vers l’extrémité distale de son bord postérieur, de 3 à 5 denticules.
Source : MNHN , Paris
24
ALAIN CROSNIER
, bIBL ,
(muséum)
PARIS,/
Sur
Fig. 26-28. — Région orbitaire.
26. Metopograpsus messor (Forskal), x 16.
27. Metopograpsus thukuliar (Owen), x 14 .
28. Pachygrapsus mari nus ( Rathbun), x 14.
ces 3 figures le flagelle antennaire n'est représenté qu’en partie.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
25
Abdomen S : 5° et 6 e segments sensiblement de même longueur.
Pléopode J : fi g. 19.
Longueur : 12,4 (23,5). — Largeur : 17 (30).
Coloration : verte ou brune avec des points et des lignes irrégulières plus foncés.
Écologie : au milieu des pierres, vers les niveaux élevés de la zone intertidale.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Nosy Faly.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Séchelles, Hawaï, Japon.
Remarque : comme Forest et Guinot (1961, l. c., p. 157) l’ont observé,
le pléopode figuré par Barnard sous le nom de M. messor semble être plutôt
celui de M. thukuhar.
2. Metopograpsus thukuhar (Owen). Fig. 20-22, 27.
Grapsus thukuhar Owen, 1839, Zool. Capt. Beechey’s Voy. « Blossom »
p. 80, pl. 24, fig. 3 (non consulté).
Metopograpsus thukuhar, Banerjee, 1960, Temminckia, 10, pp. 186-9,
fig. 6 f, g (dessins : propode p5, sternum $). — Forest et Guinot, 1961, Exp!
française Récifs Nouvelle-Calédonie, Vol. préliminaire, pp. 155-7, fig. 162, 167
(dessins : pléopode <J, sternum $).
Espèce très proche de M. messor mais s’en distinguant facilement par :
— la carapace de forme plus carrée et à bords latéraux moins convergents
vers l’arrière,
— les lobes orbitaires internes généralement dépourvus de crête (lorsqu’une
crête existe elle est beaucoup moins marquée que chez M. messor) et
à bords antérieur et externe se recoupant suivant un angle à peu près
droit (fig. 27),
— le pléopode <J : fig. 20.
Longueur : 19,5 (28). — Largeur : 24 (33).
Localités : côte ouest : Tuléar. Côte est : Tamatave.
Distribution : côte est de l’Afrique, Australie, Nouvelle-Calédonie, Tahiti,
Hawaï, Japon.
Remarque : chez M . thukuhar les lobes orbitaires internes ne sont pas tou¬
jours accolés au front et laissent alors un étroit passage libre entre les antennes
et les orbites. M. thukuhar est donc une forme de passage entre les genres Meto¬
pograpsus et Pachygrapsus.
Genre Pachygrapsus Randall
Pachygrapsus Randall, 1839, Proc. Acad. Nat. Sc. Philadelphia , p. 126.
Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 116-7.
Genre très proche du genre Metopograpsus et s’en distinguant par le déve¬
loppement moindre des lobes orbitaires internes qui laissent les antennes en
communication avec les orbites (fig. 28). Une espèce mal connue, P. polyodous
tebbing, a les bords latéraux de la carapace découpés chacun en 4 dents; toutes
es autres espèces n’ont qu’une ou deux dents.
Source : MNHN , Paris
26
ALAIN CROSNIER
Clé des espèces malgaches du genre Pachygrapsus
3. Bords latéraux de la carapace portant chacun 1 dent.2
— Bords latéraux de la carapace portant chacun 2 dents .... 3. marinus
2. Lignes transversales de la carapace glabres.1. minutus
— Lignes transversales de la carapace bordées de poils.2. plicatus
1. Pachygrapsus minutus A. Milne Edwards. Fig. 23, 29-30.
Pachygrapsus minutus A. Milne Edwards, 1873, Nouv. Arch. Mus. Hist.
liai. Paris, 9, pp. 292-3, pl. 14, fig. 2 (dessin : crabe entier). — Sakai, 1939,
Crabs of Japan, 4, pp. 656-7, text-fig. 112 a-c (dessins : carapace, p4, pléopode £).
— Forest et Guinot, 1961, Exp. française Récifs Nouvelle-Calédonie, Vol. pré¬
liminaire, p. 155.
Carapace nettement plus large que longue (rapport largeur/longueur variant
de 1,35 à 1,50) et ornée, sur toute sa surface, de lignes transversales ou obliques.
Bords latéraux presque droits, assez fortement convergents vers l’arrière et
portant à leur extrémité antérieure une dent.
Front d’une largeur légèrement supérieure à la moitié de celle de la carapace
et à bord antérieur nettement sinueux (le milieu étant concave). Lobes post¬
frontaux modérément saillants, les latéraux étant plus avancés que les médians.
Epistome assez court et portant, sur chacun de ses côtés, une crête granu¬
leuse très en relief s’étendant jusqu’à la cavité buccale.
Troisièmes maxillipèdes : identiques à ceux de Metopograpsus thukuhar.
Chélipèdes : mérus avec de 2 à 5 denticules vers l’extrémité distale de son
bord antérieur et des marques squamiformes sur ses faces supérieure et posté¬
rieure. Carpe avec une dent peu aiguë sur son bord interne et des marques squa-
miformes peu visibles sur ses faces supérieure et externe. Propode lisse à l’exception
d’une côte faiblement marquée près du bord inférieur de la face externe et de
quelques stries peu en relief sur la face supérieure et la moitié proximale de la
face interne.
Pattes thoraciques 2-4 : mérus orné sur son bord antérieur d’une épine sub¬
distale et, sur son bord postérieur, de 2 épines subdistales.
Cinquièmes pattes thoraciques : mérus sans épine sur son bord antérieur et
avec une double épine située au tiers proximal et 2 épines subdistales sur son
bord postérieur.
Abdomen o : 5 e et 6 e segments sensiblement de même longueur.
Pléopode 3 : fig. 29-30.
Coloration : verte avec quelques marbrures plus foncées.
Longueur : 7,8. — Largeur : 10,8.
Écologie : très commun sur les blocs de corail mort de la levée détritique
des récifs coralliens.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Nosy Iranja. Côte ouest : Tuléar.
Côte sud : Fort-Dauphin.
Distribution : côte est de l’Afrique, îles Mergui, Nouvelle Calédonie, Japon.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
27
Remarques : l’ornementation du mérus des pattes thoraciques 2-5 paraît
assez variable. Alcock (1900, J. Asiatic Soc. Bengal , 69, p. 400) signale une
épine subdistale sur le bord antérieur du mérus de p5. Sakai (1939, /. c.) note
l'absence d’épines sur le bord postérieur du mérus de p2. Remarquons d’autre
part que, si les bords latéraux de la carapace sont très convergents chez les petits
exemplaires qui sont les plus fréquemment capturés, chez les grands exemplaires
la convergence des bords latéraux est beaucoup plus faible.
Fig. 29-30. — Pachygrapsus mi nul us A. Milne Edwards.
29. Pléopodc gauche dénudé, x 45. — 30. Pléopode droit, x 45.
Fig. 31-32. — Pachygrapsus plicalus (H. Milne Edwards).
31. Pléopode S gauche, x 40. — 32. Extrémité du pléopode £ gauche, x 80.
2. Pachygrapsus plicatus (H. Milne Edwards). Fig. 24-25, 31-32.
Grapsus plicatus H. Milne Edwards, 1837, Hist. nat. Crust., 2, p. 89.
Pachygrapsus plicatus, Barnard, 1950, Ann. S. Ajr. Mus., 38, pp. 117-8,
fig. 22 h , 24 b (dessins : région orbitaire, pléopode S)- — Forest et Guinot,
1961, Exp. française Récifs Nouvelle-Calédonie, Vol. préliminaire, pp. 154-5.
Carapace rectangulaire, plus large que longue (rapport largeur/longueur
variant de 1,20 à 1,36), ornée sur toute sa surface de lignes transversales en
relief bordées de poils et souvent longues (certaines s’étendent sur toute la largeur
6e la carapace). Bords latéraux peu sinueux, assez faiblement convergents vers
1 arrière et portant à leur extrémité antérieure une dent.
Pront d’une largeur environ égale aux trois cinquièmes de celle de la cara¬
pace et à bord antérieur sinueux (le milieu étant convexe). Lobes post-frontaux
modérément saillants, les latéraux étant peu avancés par rapport aux médians.
Source : MNHN, Paris
28
ALAIN CROSNIER
Epistome identique à celui de P. minutus.
Chélipèdes : mérus à bord antérieur denticulé sur toute sa longueur et à
faces supérieure et postérieure couvertes de marques squamiformes. Carpe avec
une forte dent allongée sur son bord interne, des marques squamiformes et des
gros granules dentiformes sur ses faces supérieure et externe. Propode portant
de gros granules, parfois alignés, sur sa face supérieure et le tiers supérieur de
sa face externe; partie inférieure de la face externe ornée de 4 côtes longitudinales;
face inférieure avec des stries fines et obliques; face interne avec, sur sa moitié
proximale, des stries transversales peu en relief. Doigt mobile avec 3 crêtes
granuleuses.
Pattes thoraciques 2-5 : mérus orné, sur sa face supérieure, de lignes trans¬
versales en relief bordées de poils. Bord antérieur du mérus des pattes 2-4 portant
une épine subdistale. Partie distale du bord postérieur du mérus des pattes 2-5
découpée en 3, 4 ou 5 denticules de taille décroissante. En outre, vers le milieu
du bord postérieur du mérus de p5, il existe souvent un ou deux denticules qui
correspondent à la terminaison de lignes transversales en relief.
Abdomen 3 : 5 e et 6 e segments sensiblement de même longueur.
Pléopode 3 : fig. 31-32.
Longueur : 9 (11). — Largeur : 14,5 (15).
Coloration : jaune très clair lavé de brun.
Localité : îles Glorieuses.
Distribution : côte est de l’Afrique du Sud, Nouvelle-Calédonie, Hawaï, Japon
3. Pachygrapsus marinus (Ratlibun). Fig. 28, 33-34.
Planes marinus Rathbun, 1915, U. S. Nat. Mus. Proc. , 47 , pp. 120-1, pl. 3
(photos : vues dorsale, frontale et ventrale du crabe entier).
Pachygrapsus marinus, Chace, 1951, U. S. Nat. Mus. Proc., 101, 3272, pp. 65-
103, fig. le, 2c, f, i, p, q, r (dessins : crabe entier, pince, p2, abdomen <J, pléopode £).
— Edmondson, 1959, Occ. Pap. Bishop Mus., 22, 10, pp. 169, 171, fig. 8 b,
9 b (photo : crabe entier; dessins : pléopode 3). — Dell, 1963, Trans. Roy. Soc.
New Zealand, (Zool.) , 3, 18, pp. 179-80, fig. 1-3 (non consulté) ; 1964, Cruslaceana,
7, 1, pp. 79-80.
Carapace presque aussi longue que large (rapport largeur/longueur voisin
de 1,10), convexe aussi bien dans le sens de la longueur que dans le sens de la
largeur. Bords latéraux convexes sur leur tiers antérieur puis droits et légèrement
convergents vers l’arrière. Dents antéro-latérales au nombre de 2 sur chaque
bord, la dent 2 étant peu saillante. Surface de la carapace ne portant des lignes
transversales bien marquées qu’au voisinage des bords latéraux.
Front d’une largeur un peu supérieure à la moitié de celle de la carapace
et à bord antérieur très peu sinueux (concave en son milieu). Lobes post-frontaux
peu proéminents, les latéraux étant plus avancés que les médians.
Epistome très court et portant, sur chacun de ses côtés, une crête granu¬
leuse s’étendant jusqu’à la cavité buccale.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 34.
Chélipèdes d’aspect général lisse, aucune ornementation n’étant très en
relief. Épine du bord interne du carpe courte et mousse.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
29
P f eS 2 :° •• bord antérieur du propode garni de nombreux poils
gros et serres. Bord anterieur du mérus des pattes 2-4 avec une épine subdistale
peu marquée. Bord postérieur du mérus des pattes 2-3 avec 1, 2 ou 3 denticules
plus ou moins visibles.
Fig. 33-34. — Pacbygrapsus marinus (Rathbun).
33. Carapace, x 4,5. — 34. Mxp3, x 13.
Fig. 35. — Planes cyaneus Dana. Carapace, x 4.
Abdomen : 6 e segment plus long que le 5 e .
Pleopodc q massif à extrémité pointue, recourbée à angle droit et cachée
sous de nombreux poils.
Longueur : 14,2 (28). — Largeur : 15,7 (30).
Coloration : brune avec, sur la moitié antérieure de la carapace, une large
lâche transversale jaune.
Source : MNHN, Paris
30
ALAIN CROSNIER
Écologie : en pleine mer sur les algues ou les épaves.
Localités : côte nord-ouest : à 50 km au large de Majunga. Côte ouest :
à 30 km au large de Maintirario.
Distribution : côte ouest des États-Unis (Oregon, Californie), Hawaï,
iles Kcrmadec, Nouvelle Zélande.
Genre Planes Bowdich
Planes Bowdich, 1825, Excursions in Madeira et Porto Santo, pp. XI et
15, pl. 12, fig. 2 a-b (non consulté). — Chace, 1951, U. S. Nat. Mus. Proc., 101,
3263, pp. 65-103.
Carapace à peu près aussi longue que large, fortement convexe, sans régions
bien définies. Bords latéraux convexes et portant antérieurement chacun 2 dents,
la dent 2 étant peu marquée et à extrémité arrondie. Front modérément incliné
et d’une largeur sensiblement égale à la moitié de celle de la carapace. Lobes
post-frontaux peu visibles. Antennes en communication avec les orbites. Troi¬
sièmes maxillipèdes à mérus plus large que long et à carpe s’articulant avec le
mérus vers le milieu du bord antérieur de ce dernier. Cinquièmes pattes thora¬
ciques à propode et dactyle aplatis et élargis.
Remarque : ce genre ne comprend que 2 espèces extrêmement proches.
L’une, P. cyaneus, parait indo-pacifique tandis que l’autre, P. minutus , serait
atlantique. Les caractères distinctifs des 2 espèces ont été étudiés en détail par
Chace (1951, /. c.).
1. Planes cyaneus Dana. Fig. 35.
Planes cyaneus Dana, 1851, Proc. Acad. Nat. Se. Philadelphia, p. 250; 1852,
U. S. Expi. Exp. Crust., pp. 347-8, pl. 22, fig. 1 a-g (dessins : vues dorsale et
ventrale du crabe entier, A2, pince, mxp3, abdomens et $, dactyle p5). — Chace,
1951, U. S. Nat. Mus. Proc., 101, 3272, pp. 65-103, fig. 1 b, 2 b, e, h, m, n, o
(dessins : crabe entier, pince, p2, abdomen pléopode S)- — Edmondson,
1959, Occ. Pap. Bishop Mus., 22, 10, pp. 176-8, fig. 10 c , 12" a-b (photo : crabe
entier; dessins: abdomen pléopode c?).
Planes minutus, Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 560.
Carapace avec quelques stries obliques peu visibles sur les parties externes
des régions branchiales. Rapport largeur/longueur variant de 0,97 à 1,03.
Chélipèdes lisses à l’exception du bord antérieur du mérus qui est denticulé,
du bord interne du carpe qui porte une dent et de la face inférieure du propode
qui est garnie de quelques tubercules. Propode renflé.
Pattes thoraciques 2-5 : mérus à bord antérieur orné d’une épine mousse
subdistale et à bord postérieur portant, vers son extrémité distale, une série
de denticules de taille décroissante (épine et denticules sont souvent absents
sur les 5 es pattes). Bord antérieur du propode et du dactyle avec des soies longues
et serrées.
Longueur : 11 (25). — Largeur : 11,3 (24).
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
31
Écologie : en pleine mer, sur les algues flottantes et les épaves.
Localités : côte ouest : au large de Maintirano. Côte est : Tamatave.
Distribution : indo-pacifique.
Remarque : grâce à l’obligeance du Professeur Grüner, nous avons pu
examiner les exemplaires de Lenz (1910, /. c.) en provenance de Madagascar
et déterminés Planes minutus. Il s’agit, en fait, de spécimens de P. cyaneus
Genre Ilyograpsus Barnard
Ilyograpsus Barnard, 1955, Ann. S. A/r. Mus., 43, pp. 25-6.
Carapace un peu plus large que longue, convexe, ù régions peu marquées.
Bords antéro-latéraux légèrement convergents vers l’avant et découpés chacun
en 4 dents (y compris la dent orbitaire externe). Front assez proéminent, légè¬
rement incliné, à bord antérieur faiblement bilobé. Largeur du front sensiblement
égale à la moitié de la distance séparant les dents orbitaires externes. Bord inférieur
des orbites entier. Antennes en communication avec les orbites. Cavité buccale
à bords latéraux subparallèles. Troisièmes maxillipèdes laissant un large espace
entre eux et ayant un mérus plus large que long et s’articulant avec le carpe
.au milieu de son bord antérieur. Chélipèdcs subégaux à doigts creusés en cuiller
à leur extrémité. Pattes thoraciques 2-5 longues. Abdomen S s’étendant presque
jusqu’à la cavité buccale, premier segment n’occupant pas tout l’espace compris
entre les coxas des 5 Ci pattes thoraciques.
1. Ilyograpsus paludicola (Rathbun). Fig. 36-37, 38 a-b, 39, 59.
Camplandrium paludicola Rathbun, 1909, Proc. Biol. Soc. Washington,
22, p. 109; 1910, K. Dansk. Vid. Sdsk. Skr., 7, Raekke, Afd., 5, 4, p. 326-7,
fig. 9 a-b (dessins : crabe entier, mxp3). — Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c,
p. 68.
Ilyograpsus rhizophorae Barnard, 1955, Ann. S. A/r. Mus., 43, pp. 26-8,
lig. 8 a-g (dessins : carapace, vue ventrale rég. antérieur carapace, abdomen
mxp3, pince <?, pléopode 5).
Carapace un peu plus large que longue (rapport largeur/longueur variant
de 1,15 à 1,25) et ornée des lignes en relief suivantes :
deux transversales, côte à côte, sur la région post-frontale,
une transversale très courte, souvent peu visible, sur chaque région hépatique,
plusieurs obliques sur la partie externe des régions branchiales.
Bords anléro-laléraux de la carapace légèrement convergents vers l’avant et
découpés chacun en 4 dents. Dent 4 beaucoup plus petite que toutes les autres
(mais beaucoup mieux marquée chez les grands exemplaires que chez les petits);
dents 1, 3, 4 aiguës; dent 2 moins proéminente que les dents 1 et 3, à apex en
forme d’angle droit. Bords postéro-latéraux légèrement convergents vers l’arrière
(la convergence étant d’autant moins accentuée que l’exemplaire est de grande
taille).
Front proéminent, d’une largeur sensiblement égale à la moitié de la distance
séparant les dents orbitaires externes; bord antérieur faiblement bilobé.
Source : MNHN, Paris
32
ALAIN CROSNIER
Fig. 36-39. — Ilyograpsus paludicola (Rathbunj.
36. Carapace (et bord latéral d’un autre exemplaire), x 16. — 37. Mxp3, X 50.
38 a. Région orbitaire S telle qu’elle est observée lorsque l'animal est posé sur sa face
dorsale, x 32. — 38 b. Région orbitaire $ vue légèrement par en dessus et par
le côté, x 32. — 39. Abdomen <?, x 32.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
33
Yeux massifs et occupant toute la longueur des orbites. Orbites à bord supé¬
rieur incliné et à bord inférieur entier mais présentant, près de son extrémité
externe, un décrochement en forme de S (fig. 38 b). Le bord inférieur porte, en
outre, plusieurs petits denticules chez la femelle et 2 gros chez le mâle.
Antennes largement en communication avec les orbites, les lobes orbitaires
internes étant peu développés.
Troisièmes maxillipèdes laissant un assez large espace entre eux. Mérus
beaucoup plus large que long et plus court que l’ischion (fig. 37).
Chélipèdcs lisses à l'exception du bord antérieur du mérus qui est finement den-
ticulé. Moitié distale de la face interne du propode et face interne des doigts portant
des soies fines, peu serrées et assez longues. Extrémité des doigts creuséeen cuiller.
Pcdtes thoraciques 2-5 longues. Bord antérieur du mérus avec une épine
subdistale fine et aiguë. Bords antérieur et postérieur du mérus portant de longues
soies plumeuses très espacées.
Abdomen 3 : fig. 39.
Pléopode 3 : fig. 59.
Longueur: 7,2. — Largeur : 9.
Écologie : dans les mangroves, aux niveaux inférieurs.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar.
Distribution : côte est de l’Afrique, Siam.
Remarques : grâce au Docteur Wolff du Muséum de Copenhague,
nous avons pu comparer nos exemplaires au type de Camplandrium patudicola
avec lequel ils se sont montrés identiques.
On peut se demander comment Rathbun a été amenée à placer dans le
genre Camplandrium , appartenant à la sous-famille des Varuninae, son exemplaire
du Siam. L’explication nous paraît assez aisée : le bord orbitaire inférieur cVIlijo-
grapsus patudicola , bien qu’entier, présente vers son extrémité externe, comme
nous l’avons signalé, un décrochement en forme de S (fig. 38 b). Lorsque l’animal
est examiné reposant sur sa face dorsale, ce décrochement est caché en partie
par le reste du bord orbitaire inférieur. On a ainsi l’impression de se trouver
(levant un orbite du type Varuninae à bord inférieur incomplet et relayé par
une crête sous-orbitaire (fig. 38 a).
Signalons également la similitude existant entre le pléopode d’ Ilgograpsus
patudicola, celui de Pseudograpsus etongatus (A. Milne Edwards) et ceux de
certaines espèces d’L’ca.
Sous-famille Varuninae Alcock 1900
Front modérément incliné, parfois même horizontal. Flagelle des antennes
habituellement assez long. Bord inférieur des orbites incomplet et remplacé,
en partie, par une crête sous-orbitaire. Troisièmes maxillipèdes ne portant pas
(le crête pileuse oblique, laissant le plus souvent entre eux un petit espace non
losangique et ayant l’articulation du carpe et du mérus située au milieu du
hord antérieur de ce dernier; exopodite généralement large et entièrement
visible. Abdomen 3 large mais occupant rarement tout l’espace compris entre
les coxas des 5 e * pattes thoraciques (1).
(1) D'après Alcock.
Source : MNHN, Paris
34
ALAIN CROSNIER
Clé des genres malgaches de la sous-famille Varuninae
1. Exopodite des 3 es maxillipèdes plus large ou au moins aussi large que
l’ischion (tout du moins chez l’adulte).Ptychognathus (p. 37 )
— Exopodite des 3 es maxillipèdes moins large que l’ischion.2
2. Bords latéraux de la carapace entiers.Acmaeopleura (p. 42 )
— Bords latéraux de la carapace découpés en lobes ou en dents. 3
3. Pattes thoraciques 2-5 à propode et dactyle aplatis et servant à la nage.
. Varuna (p. 34)
— Pattes thoraciques 2-5 à propode plus ou moins cylindrique et à dactyle
styliforme.Pseudograpsus (p. 39)
Remarque : si la sous-famille des Varuninae est nettement définie, en par¬
ticulier par la présence d’une crête sous-orbitaire remplaçant en partie le bord
orbitaire inférieur, il n'en est pas de même de certains des genres qu’elle ren¬
ferme. C’est ainsi que les genres Varuna , Ptychognathus et Pseudograpsus, pour
ne citer que des genres représentés à Madagascar, sont très proches les uns des
autres et que leurs caractères distinctifs paraissent souvent assez artificiels.
Genre Varuna H. Milne Edwards
Varuna H. Milne Edwards, 1830, Dict. Hist. nat., 16, p. 511 (non consulté).
- - Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 84.
Carapace à peu près aussi longue que large, aplatie, à bords antéro-latéraux
convexes et portant plusieurs dents. Front horizontal et à bord antérieur droit
ou très légèrement convexe. Antennes en communication avec les orbites. Troi¬
sièmes maxillipèdes : mérus à angle antéro-externe auriculé, exopodite plus
étroit que l’ischion. Chélipèdes de grande taille chez le mâle adulte. Propode
eL dactyle des pattes thoraciques 2-5 aplatis et servant à la nage. Abdomen
à 7 segments chez les deux sexes et ne remplissant pas, chez le mâle, tout l’espace
compris entre les coxas des 5 es pattes thoraciques.
1. Varuna litterata (Fabricius). Fig. 40, 41 a-b, 46: pl. VI, fig. 1.
Cancer littcratus Fabricius, 1798, Eut. Syst., Suppl., p. 342.
Varuna litterata, Lenz, 1905, Abh. Senckenb. Naturf. Ges. Frankfurt, 27,
I, p. 370; 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 560. Barnard, 1950,
Ann. S. Afr. Mus., 38, p. 122, fig. 22 c, 23 /, 24 d (dessins : rég. orbitaire, cara¬
pace, pléopode c?). — Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache, 6 , 1/2, pp. 5-6.
Carapace de forme assez carrée (rapport largeur/longueur variant de 1,02
a 1,15), sans lignes transversales ni granules mais avec de nombreuses petites
dépressions punctiformes. Régions branchiales ornées chacune d’une ligne en
relief partant de la base de la dent antéro-latérale 3 et s’arrêtant au-dessus de
la coxa de la 5 e patte thoracique; entre cette ligne et le bord postéro-latéral
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
35
s’étend une surface presque plane et très inclinée. Bords antéro-latéraux aplatis,
arrondis et découpés chacun en 3 dents de taille décroissante de la dent 1 à la
dent 3. Bords postéro-latéraux très faiblement convergents vers l’arrière.
Front d’une largeur inférieure à la moitié de celle de la carapace, horizontal
et à bord antérieur droit ou très légèrement convexe. Pas de lobes post-frontaux
latéraux, lobes post-frontaux médians à peine marqués.
Fig. 40-41. — Varuna lilterala (Fabricius).
40. Pléopode $ droit dénudé, vu par le côté externe, X 18.
41 a. Pléopode droit dénudé, face sternale, x 18.
41 b. Pléopode g gauche, face sternale, X 18.
Epislome assez long avec, sur chacun de ses côtés, une très courte crête.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 46.
Chélipèdes : bord antérieur du mérus avec de grands denticules allongés
à extrémité arrondie. Carpe portant sur sa face supérieure une légère côte et,
sur son bord interne, une épine mousse et 3 ou 4 denticules. Propode avec une
côte près du bord inférieur de sa face externe, d’assez gros granules sur sa face
interne, des granules minuscules sur ses autres faces.
Pattes thoraciques 2-5 : bord supérieur du mérus des pattes 2-4 avec une
petite épine subdistale. Propode et dactyle de toutes les pattes très aplatis
et à bord postérieur garni de soies serrées.
Abdomen : 6 e segment un peu plus long que le 5 e .
Pléopode : fig. 40, 41 a-b.
Longueur : 43,6 (50). — Largeur : 48,5 (56).
Coloration : brun-rouge avec fréquemment une large tache jaune sur les
régions branchiales.
Source : MNHN, Paris
Fig. 42-45. — Plychognalhus barbalus (A. Milnc Edwards).
42. Carapace, x 10. — 43. Mxp3, X 11. — 44. Pléopode gauche, face sternale, x 80.
45. Pléopode £ droit dénudé, face sternale, x 80.
Fig. 46. — Varuna liltcrata (Fabricius). Mxp3, X 4.
Source : MNHN, Paris
/ // A
CRUSTACÉS DÉCAPODES 37
écologie : sur les épaves en dérive aussi bien dans les embouchures des
rivières qu’en plein large. Capturé également dans un casier à langoustes à
20 mètres de profondeur.
Localités : côte nord-ouest : baie de Narendry, Majunga (à 50 km au large)
Côte ouest : Maintirano. Côte est : île Sainte-Marie. Côte sud : Fort-Dauphin
— Comores : Grande Comore, Mohéli.
Distribution : de la côte est de l’Afrique au Japon.
Genre Ptychognathus
Stimpson
Ptychognathus Stimpson, 1858, Proc. Acad. Nat . Sci. Philadelphia , p. 104.
— Tescii, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 85.
Genre très proche du genre Varuna et s’en distinguant essentiellement
par des J maxillipèdes à exopodite aussi large ou beaucoup plus large que l’ischion
(au lieu d’être plus étroit).
Il faut toutefois noter que ce caractère ne paraît être valable que poul¬
ies adultes; en effet chez les jeunes de Plychognatus barbatus que nous avons
examinés, l’exopodite des 3"' maxillipèdes est moins large que l’ischion.
Clé des espèces malgaches du genre Ptychognathus
— Bord antérieur du front sinueux. 1 . barbatus
— Bord antérieur du front droit.. polleni
1. Ptychognathus barbatus (A. Milne Edwards). Fig. 42-45; pl. VI, fig. 2.
Gnathograpsus barbatus A. Milne Edwards, 1873, Nouv. Arch. Mus. Hist.
nat. Paris , 9, pp. 316-7, pl. 17, fig. 4, 4 a-b (dessins : crabe entier, mxp3, pince).
Ptychognathus barbatus , De Man, 1895, Zool. Jahrb. Syst ., 9, pp. 105-11;
1898, idem, 10, pl. 28, fig. 23 (dessin : mxp3). — Sakai, 1939, Crabs of Japan,
4, pp. 659-60, text-fig. 113 (dessin : crabe entier).
Carapace un peu plus large que longue (rapport largeur/longueur voisin
de 1,20) avec de nombreuses petites dépressions punctiformes. De chaque côté,
au-dessus de remplacement de la 5 e patte thoracique, se distingue l’amorce
d’une ligne en relief remontant en direction de la base de la 3 e dent antéro¬
latérale et tendant à délimiter une surface plane et inclinée comme chez Varuna
Utlerata. Bords antéro-latéraux découpés chacun en 3 dents, dent 1 la plus grande
et à bord externe arrondi, dent 2 à bord externe droit et soit parallèle à l’axe
de la carapace soit légèrement divergent vers l’avant par rapport à cet axe,
dent 3 la plus petite et peu marquée. Bords postéro-latéraux droits et conver¬
gents vers l’arrière.
bronl d’une largeur égale à la moitié de celle de la carapace et à bord anté¬
rieur sinueux. Pas de lobes post-frontaux latéraux, lobes post-frontaux médians
a peine marqués.
Bord supérieur des orbites sans fissure.
Source : MNHN, Paris
ALAIN CROSNIER
38
Troisièmes maxillipèdes : fig. 43.
Chélipèdes entièrement lisses. Bord interne du carpe sans épines ni dents.
Chez les mâles, moitié proximale des doigts fixe et mobile portant, du côté
externe, de nombreuses soies formant touffes.
Pâlies thoraciques 2-5 sans épines. Propode et dactyle des 5 es pattes légè¬
rement aplatis et élargis.
Abdomen cJ : 6 e segment légèrement plus long que le 5 e .
Pléopode : fig. 44, 45.
Longueur : 8,7 (11). — Largeur : 10,6 (14).
Coloration : jaune très clair.
Localité : côte sud : Fort-Dauphin.
Distribution : Indonésie, Nouvelle-Calédonie, Japon.
Remarques : P. barbatus est extrêmement proche de P. pusillus Heller.
Nous n’avons pu observer que 2 exemplaires de P. pusillus. Ces exemplaires,
tous deux femelles, se distinguent de P. barbalus par :
— le front moins sinueux,
les premières dents antéro-latérales à bord externe plus incliné par
rapport à l’axe de la carapace,
— les deuxièmes dents antéro-latérales à extrémité moins saillante et à
bord externe légèrement convergent vers l’avant par rapport à l’axe
de la carapace (au lieu d’être parallèle ou légèrement divergent),
la carapace granuleuse au voisinage des dents antéro-latérales (au lieu
d’être lisse).
De Man (1905, Proc. Zool. Soc. London , 2, pp. 537-44, pl. 17) a étudié en
détail les caractères distinctifs de P. barbalus et P. pusillus. Il a signalé en parti¬
culier la présence, sur le bord antérieur du front des 2 espèces, de 2 lignes
granuleuses restant distinctes chez P. pusillus et se rejoignant en leur milieu
chez P. barbalus. Les exemplaires des 2 espèces que nous avons examinés, y
compris les types de P. barbalus , présentent toujours 2 lignes granuleuses
distinctes.
2. Ptychognathus polleni De Man.
Plychognathus pusillus , De Man, 1883, Notes Leyden Mus., 5, p. 161.
Ptycixognathus polleni De Man, 1895, Zool. Jahrb. Syst., 9, pp. 94-7; 1898,
idem , 10, pl. 28, fig. 20, 20 a-d (dessins : crabe entier, mxp3, abdomen cJ, pince).
Carapace très plate, glabre et presque aussi longue que large (rapport lar¬
geur/ longueur égal à 1,08). Bords antéro-latéraux découpés chacun en 3 dents
assez aiguës. Dent 1 nettement plus grande que la dent 2 qui est elle-même
plus grande que la dent 3. Bord externe de la dent 1 légèrement convergent
par rapport à l’axe de la carapace, bord externe de la dent 2 légèrement divergent.
Front horizontal et à bord antérieur presque parfaitement droit.
Bord supérieur des orbites avec une fissure.
Troisièmes maxillipèdes : exopodite environ 1,75 fois plus large que l’ischion.
Chélipèdes égaux. Mérus sans épines ni dents. Carpe portant, sur sa face
supérieure, une faible côte se terminant à l’extrémité distale du bord interne
par une épine forte mais assez courte; près de cette épine, sur le bord antérieur,
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
39
sc trouve un gros granule plus ou moins spiniforme. Propode renflé à faces supé¬
rieure et inférieure arrondies; une côte peu marquée et sc prolongeant sur le
doigt fixe près du bord inférieur de la face externe.
Pattes thoraciques 2-4 avec une épine subdistale sur le bord antérieur du mérus.
Cinquièmes pattes thoraciques : propode et dactyle nettement aplatis et
élargis (beaucoup plus que chez P. barbatus).
Abdomen $ : 6 e segment un peu plus long que le 5 e .
Longueur : 9,2. — Largeur : 10.
Localité : côte nord-ouest : baie d’Ampasindava.
Remarques : cette espèce n’est connue que par le type qui se trouve au
Muséum de Lcyde et d’après lequel la description ci-dessus a été faite. De Man
a indiqué comme lieu de récolte la baie de Pasandava mais, cet exemplaire ayant
été récolté dans la région de Nfosy Be, il s’agit certainement de la baie d’Ampa-
sindava.
Par son front horizontal et droit, la présence d'une épine sur le bord interne
du carpe des chélipèdes et l’aplatissement du propode et du dactyle des 5 e * pattes
thoraciques, P. polletii s’apparente au genre Varuna. Le grand élargissement
de l’exopoditc des 3 e ’ maxiUipèdes permet toutefois de le classer dans le genre
Ptychognalhus.
Genre Pseudograpsus H. Milne Edwards
Pseudograpsus H. Milne Edwards, 1837, Hist. nat. Crust., 2, p. 81 (en
partie). — Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 97.
Genre très proche des genres Varuna et Ptychognalhus et qui se différencie
du premier par des pattes thoraciques non adaptées à la nage et du second par
des 3 0ï maxillipèdes à exopodite plus étroit que l’ischion.
Clé des espèces malgaches du genre Pseudograpsus
— Carapace à bords antéro-latéraux découpés en 3 dents et à bords postéro¬
latéraux nettement convergents vers l’arrière.1. elongatus
— Carapace à bords antéro-latéraux découpés en 3 lobes et à bords postéro¬
latéraux subparallèles.2. albus
1. Pseudograpsus elongatus (A. Milne Edwards). Fig. 47, 49-51, 58.
Heterograpsus elongatus A. Milne Edwards, 1873, Nouv. Arch. Mus. Hist.
nut. Paris , 9, pp. 317-8, pl. 17, fig. 5, 5 a-c (dessins : crabe entier, mxp3, pince).
Pseudograpsus erythraeus , Balss, 1934, Faune Colonies françaises, 5, 8,
|). 524. — Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, p. S17.
Pseudograpsus elongatus, Monod, 1956, Mém. I.F.A.N., 45, pp. 423-5,
fig. 578-82 (dessins : carapace, pléopode S ).
Carapace assez plate, glabre, lisse, à peine plus large que longue (rapport
largeur/longueur variant de 1,10 à 1,15). Bords antéro-latéraux arrondis et décou¬
pés chacun en 3 dents à apex mousse; dents 1 et 2 sensiblement de même taille,
Source : MNHN, Paris
40
ALAIN CROSNIER
dent 3 peu marquée et à bord externe plus ou moins confondu avec le bord
postéro-latéral. Bords postéro-latéraux nettement convergents vers l’arrière.
Bord postérieur droit.
Fig. 47. — Pseudograpsus elongalus (A. Milne Edwards). Carapace, x 6,5.
Fig. 48. — Pseudograpsus albus Stimpson. Carapace, x 6.
Front d’une largeur très voisine de la moitié de celle de la carapace et à bord
antérieur légèrement sinueux (concave en son milieu).
Bord supérieur des orbites avec l’esquisse d’une fissure.
Source : MNHN, Paris
•CRUSTACÉS DÉCAPODES
41
Fig. 49-51. — Pseudograpsus elongatus (A. Milne Edwards).
49. Mxp3, x 20. — 50. Abdomen <£, x 12. — 51. 4 e patte thoracique droite, x 12.
Fig. 52-54. — Pseudograpsus albus Stimpson.
52. Mxp3, x 20. — 53. Abdomen <$, x 10. — 54. 4° patte thoracique droite, X 10.
Source : MNHN, Paris
42
ALAIN CROSNIER
Antennes en communication avec les orbites.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 40.
Chélipèdcs lisses à l’exception d’une côte très faiblement marquée s’éten¬
dant près du bord inférieur de la face externe du propode et se prolongeant
sur le doigt fixe. Extrémité des doigts fixe et mobile légèrement creusée en cuiller.
Chez les mâles le bord antérieur du mérus, la face interne du carpe et du propode
ainsi que la base des doigts portent des poils serrés formant touffes.
Faites thoraciques 2-5 fines et allongées.
Abdomen 3 : fig. 50.
Plèopode 3 : fig. 58.
Longueur : 8,6. — Largeur : 9,7.
Coloration : uniforme, jaune clair.
Localité : côte sud : Fort-Dauphin.
Distribution : côte est de l’Afrique du Sud, Mer Rouge, Nouvelle-Calédonie
Gabon (1).
2. Pseudograpsus albus Stimpson. Fig. 48, 52-57.
Pseudograpsus albus Stimpson, 1858, Proc. .Acad. Nat. Sc. Philadelphia ,
p. 104. — A. Milne Edwards, 1873, Nouv. Arch. Mus. Hisl. nat. Paris , 9,
pp. 314-5, pl. 18, fig. 2, 2 a (dessins : crabe entier, pince). — Sakai, 1939, Crabs
of Japan, 4, p. 666. — Guinot, 1962, Kielcr Meeres/orchungen , 18, 2, p. 241,
fîg. 15 a-b (dessins : plèopode 3).
Cette espèce se distingue facilement de l’espèce précédente par sa carapace
beaucoup plus carrée, les bords postéro-latéraux étant subparallèles.
Citons comme autres caractères distinctifs :
— les dents antéro-latérales si peu marquées qu’il convient plutôt de les
appeler lobes,
— les pinces des chélipèdcs à doigts plus courts et ne portant, chez le mâle,
des poils qu’à la base des doigts,
— les pattes thoraciques 2-5 à articles plus larges (fig. 54),
les 3 03 maxillipèdes, l’abdomen 3 et le plèopode 3 de formes très diffé¬
rentes (fig. 52, 53, 55-57).
Longueur : 8,6. — Largeur : 9,5.
Coloration : uniforme, jaune clair.
Localité : côte sud : Fort-Dauphin.
Distribution : Insulinde, îles Fidji, Nouvelle-Calédonie.
Genre Acmaeopleura Stimpson
Acmaeopleura Stimpson, 1858, Proc. Acad. Nat. Sc. Philadelphia, p. 105.
— Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 106.
(1) La présence de P. eToncjatus au Gabon demande à être confirmée. Cf. Monod, 1956, l. c., p. 423.
Source : MNHN, Paris
*s xV V
CRUSTACÉS DÉCAPODES
43
. Fig. 55-57. — Pscudograpsus albus Stimpson.
55. Pléopode £ droit dénudé, face sternale, X 80. — 56. Pléopode S droit dénudé,
face abdominale, x 80. 57. Pléopode £ gauche, face abdominale, x 80.
Fig. 58. — Pscudograpsus elongatus (A. Milne Edwards). Pléopode^ gauche, face sternale, x 80.
Fig. 59. — Ilyograpsus paludicola (Ratlibun). Pléopode gauche, face sternale, x 110.
Source : MNHN, Paris
44
ALAIN CROSNIER
Genre se caractérisant par une carapace plus ou moins arrondie à bords
latéraux entiers et des 3“* maxillipèdes à mérus et ischion plus larges que longs
et de même longueur. °
Ce genre ne renferme que 3 espèces : A. parvula Stimpson, A. rolundala
Rathbun, A. balssi Shen.
Nous avons rapporté, avec hésitation, à A. balssi un exemplaire femelle
qui est l’unique représentant du genre que nous ayons récolté à Madagascar.
1. Acmaeopleura cf. balssi Shen. Fig. 60-62; pl. VI, fig. 3 .
? Acmaeopleura balssi Shen, 1932, Zoologia S inica, (A), 9 , 1 , pp . 155.9
lext-fig. 98, 100 a-c, pl. VI, fig. 1-2 (dessins : crabe entier, rég. buccale, pince'
abdomen photos : crabe entier). — Sakai, 1939, Crabs of Japan, 4 , p. 663 ’
lext-fig. 116 (photo : crabe entier). — Shen, 1948, Cont. Inst. Zool. Nat. Acad.
Peiping, 4, 3, p. 114, text-fig. 5 a-c (dessins : crêtes sous-orbitaires et $).
Fig. 60-62. — Acmaeopleura cf. balssi Shen.
60. Carapace, x 16. 61. Mxp3, x 50. — 62. 4° patte thoracique droite, x 32.
Carapace faiblement bombée, lisse et nettement plus large que longue
(rapport largeur/longueur égal à 1,33). Bords latéraux entiers, régulièrement
recourbes et crêtés sur toute leur longueur. Bord postérieur droit.
J' r °nt à peine sinueux et d’une largeur inférieure au tiers de celle de la
carapace.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
45
Antennes largement en communication avec les orbites par suite du faible
développement des lobes orbitaires internes.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 61.
Chélipèdes portant des soies plumeuses. Mérus sans ornementation. Bord
interne du carpe lisse. Propode ayant, près du bord inférieur de sa face externe,
une côte peu marquée se prolongeant sur le doigt fixe et, sur ses faces supérieure,
externe et inférieure, quelques granules. Doigts fixe et mobile se croisant à leurs
extrémités qui sont aiguës et recourbées vers l'intérieur.
Pattes thoraciques 2-5 à articles peu aplatis, non élargis et portant quelques
soies plumeuses.
Longueur : 3,3 (9,6). — Largeur : 4,3 (11,8).
Coloration : uniforme, jaune très clair.
Écologie : dans les fissures des roches, au niveau des basses mers.
Localité : côte nord-ouest : Nosy Be.
Distribution : Chine (Péninsule de Shantung), Japon.
Remarques : le rapport largeur/longueur de la carapace de notre exem¬
plaire est 1,33 alors que celui du type, qui est un mâle, est 1,23 et celui de l'exem¬
plaire de Sakai, qui est une femelle, 1,26. Le type mesurant 11,8 mm de largeur
et l’exemplaire de Sakai 6,9 mm, les différences relevées dans les proportions
des carapaces nous paraissent demeurer dans les limites possibles de variation
de l’espèce en fonction de la taille.
Sur la photo publiée par Sakai (1939, /. c., text-fig. 116), les propodes des
pattes thoraciques 2-5 paraissent beaucoup plus courts et larges que ceux de
notre exemplaire. Il est possible que ceci soit dû à un effet d’optique.
Si notre détermination est exacte, la présence de A. balssi à Madagascar
élargit considérablement l’aire de répartition de cette espèce.
Sous-famille Sesarminae Dana 1852
Front très incliné. Flagelle des antennes de taille variable. Troisièmes maxilli¬
pèdes laissant entre eux un large espace en forme de losange, ornés d’une crête
pileuse oblique sur l’ischion et le mérus et ayant l’articulation du carpe et du
mérus située à l’angle antéro-externe de ce dernier ou près de cet angle; exopodite
étroit, caché en partie ou entièrement. Abdomen S occupant presque tout ou
fout l'espace situé entre les coxas des 5 es pattes thoraciques.
Clé des genres malgaches de la sous-famille Sesarminae (1)
1. Régions ptérygostomiennes et côtés latéraux de la carapace ornés de gra¬
nules et de soies disposés en lignes réticulées.2
Régions ptérygostomiennes et côtés latéraux de la carapace sans lignes
réticulées. 5
-• Antennes en communication avec les orbites (fig. 91).3
Antennes isolées des orbites (fig. 117). Metasesarma (p. 73)
(1) lin partie d’après Tescfi.
Source : MNHN, Paris
46
ALAIN CROSNIER
3. Front presque toujours très fortement incliné, la rupture de pente entre
la face dorsale de la carapace et le front se faisant souvent suivant une
ligne bien définie. Carapace fréquemment peu convexe et souvent couverte
de poils disposés ou non en touffes..
— Front moins fortement incliné, sans rupture de pente nette. Carapace
très bombée et souvent glabre. Sarmatium (p. 74 )
4. Bord postérieur du mérus des pattes thoraciques 2-5 sans épines ni dents.
. Sesarma (p. 46)
— Bord postérieur du mérus des pattes thoraciques 2-5 avec des épines ou
des dents. Nanosesarma (p. 70)
5. Bords latéraux de la carapace entiers ou très faiblement dentés. .
.Cyclograpsus (p. 78)
— Bords latéraux de la carapace portant des dents bien distinctes. . .
.Helice (p. 76)
Genre Sesarma Say
Sesarma Say, 1817, J. Acad. Nat. Sc. Philadelphia , 1 , p. 76. — Tesch,
1917, Zool. Med. Mus. Leiden ., 3, pp. 127-211, 235-257.
Corps habituellement épais mais parfois assez mince. Carapace le plus
souvent carrée ou rectangulaire, à région mésogastrique bien délimitée; bords
latéraux plus ou moins sinueux, fréquemment subparallèles, entiers ou dentés.
Front large et très incliné. Régions ptérygostomiennes et côtés latéraux de la
carapace couverts de granules et de courtes soies disposés en lignes réticulées.
Antennes en communication avec les orbites. Chélipèdes beaucoup plus dévelop¬
pés chez le mâle que chez la femelle et portant souvent, sur la face supérieure
du propode, une ou plusieurs crêtes pectinées formées par la juxtaposition de
petites lamelles cornées. Pattes thoraciques 2-5 longues avec un mérus dépourvu
d’épines ou de dents sur la partie distale de son bord postérieur. Abdomen divisé
en 7 segments chez les 2 sexes et occupant, chez le mâle, tout l’espace compris
entre les coxas des 5°" pattes thoraciques.
Remarques : le genre Sesarma doit comprendre actuellement 140 espèces
environ. Les sous-genres établis par De Man et Rathbun paraissent parfois
bien artificiels; nous les avons conservés étant donné les commodités qu’ils pré¬
sentent pour l’identification des espèces.
Chez les mâles, la forme du premier pléopode et de l’abdomen ainsi que
1 ornementation des chélipèdes (présence ou absence de crêtes pectinées sur la
face supérieure du propode, tubercules ou stries du bord supérieur du doigt
mobile) fournissent très souvent d’excellents caractères systématiques. Il n’en
est malheureusement pas de même chez les femelles dont la détermination est,
par suite, beaucoup plus délicate.
Signalons en particulier que, chez les femelles, les crêtes pectinées de la
face supérieure du propode des chélipèdes peuvent être, alors qu’elles existent
chez les mâles, remplacées par des crêtes granuleuses et que l’ornementation
du doigt mobile est beaucoup moins distincte ou parfois même absente.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
47
Les espèces du genre. Sesarma vivent, le plus souvent, dans les mangroves
et les endroits vaseux où elles creusent des terriers.
Clé des sous-genres du genre Sesarma (1)
1. Bords latéraux de la carapace sans dents autres que les dents orbitaires
externes ou tout au plus avec des traces de dents.2
— Bords latéraux de la carapace avec au moins une dent distincte en arrière
de chaque dent orbitaire externe..
2. h ace supérieure du propode des chélipèdes presque toujours sans crête
pectinée; lorsqu'une telle crête existe, elle est longitudinale.
.Holometopus (p. 47)
— Face supérieure du propode des chélipèdes avec 2 ou 3 crêtes pectinées
transversales.Parasesarma (p. 65)
3. I*ace supérieure du propode des chélipèdes presque toujours sans crête
pectinée ; lorsqu’une telle crête existe, elle est longitudinale.
.Sesarma s. s. (p. 58)
— Face supérieure du propode des chélipèdes avec 2 ou 3 crêtes pectinées
transversales ..Chiromantes (p. 68)
Sous-genre Holometopus
Clé des espèces malgaches du sous-genre Holometopus
1. Longueur de la carapace supérieure à la distance séparant les extrémités
des dents orbitaires externes (tout du moins chez les adultes). Mérus des
pattes thoraciques 2-5 très large (rapport longueur/largeur inférieur ou
égal à 2).l. elongatum
— Longueur de la carapace inferieure à la distance séparant les extrémités
des dents orbitaires externes. Mérus des pattes thoraciques 2-5 modérément
élargi (rapport longueur/largeur nettement supérieur à 2).2
2. Carapace glabre. Bord antérieur du mérus des pattes thoraciques 2-5 avec
une épine subdistale (fig. 77 b) . 3
- Carapace pubescente. Bord antérieur du mérus des pattes thoraciques 2-5
avec une dent subdistale à apex en forme d’angle droit (fig. 77 a). . . .
.4. villosum
3. Bord supérieur du doigt mobile des chélipèdes orné d’une douzaine de
tubercules suivis de 3 ou 4 renflements allongés et striés (fig. 73). . .
.. eulimene
~ Bord supérieur du doigt mobile des chélipèdes orné d’environ 25 tubercules
(fig. 71). 3 . ortmanni
(1) D’après Tf.sch.
Source : MNHN, Paris
ALAIN CROSNIER
48
63. Pléopode $ gauche, face sternale, X 13. — 64. Pléopode £ droit dénudé, face
sternale, x 13. — 65. Pléopode $ droit dénudé, vu par le côté externe, X 13.
66. Abdomen x 2,5. — 67. Mxp3, x 4,5.
Fig. 68. — Sesarma eulimene De Man. Abdomen <£, x 5.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
49
1. Sesarma (Holometopus ) elongatum A. Milnc Edwards. Fig. 63-67, 72,
84; pl. IV, fig. 1.
Sesarma elongatum A. Milne Edwards, 1869, Nouv. Arch. Mus. Hist. nul.
Paris, 5, p. 30.
Sesarma elongata, De Man, 1892, Notes Leyden Mus., 14, pp. 256-7.
Sesarma (Holometopus) elongata, Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, pp. 109-12,
pl. V, fig. 2 (dessin : crabe entier).
Sesarma latifemur Alcock, 1900, J. Asiatic. Soc. Bengal, 69, part 2, p. 421;
lllust. Zool. Investigator, pl. 66, fig. 2 (dessin : crabe entier).
Sesarma sp., Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache, 6, 1/2, pp. 3, 5.
Corps modérément épais. Longueur de la carapace nettement supérieure
à la distance séparant les extrémités des dents orbitaires externes, largeur maxima
au niveau de l'extrémité postérieure des bords latéraux. Carapace pubescente,
plate, avec des lignes obliques peu marquées sur les régions branchiales. Bords
latéraux entiers, très légèrement sinueux, subparallèles chez les exemplaires
de taille moyenne, divergents vers l’arrière chez les grands exemplaires. Bord
postérieur droit et étroit (environ égal au tiers de la largeur de la carapace).
Front recourbé à angle droit, avec une large encoche au milieu de son bord
antérieur. Lobes post-frontaux très marqués, subégaux (les médians à peine
plus larges que les latéraux) et disposés sur une meme ligne.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 67.
Chélipèdes : face supérieure du propode portant une crête pectinée longi¬
tudinale; doigt mobile orné de 33 à 41 tubercules cornés transversaux (fig. 72).
Pattes thoraciques 2-5 à mérus très élargi (rapport longueur/largeur très voisin
de 2).
Abdomen S : fig. 66.
Pléopode (J : fig. 63-65.
Longueur : 37,9. — Largeur : 38,3. — Distance séparant les extrémités des
dents orbitaires externes : 33,5.
Coloration : brune ou gris-vert.
Écologie : d’après Fourmanoir, cette espèce vit dans des flaques dont
l’eau n’est parfois renouvelée que pendant les marées de vive-eau et dont la
température atteint 38°. Dans le genre Sesarma, ce mode de vie paraît particulier
à cette espèce.
Localités : côte nord-ouest : Majunga. Côte ouest : sans localité.
Distribution : côte est de l’Afrique (Dar es Salam), îles Andaman, Indonésie.
Remarques : nos exemplaires ont été comparés aux syntypes de S. elongatum
qui proviennent de Madagascar et se trouvent au Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris.
Nous avons, d’autre part, examiné l’exemplaire mentionné par Fourmanoir
(1954, /. c.) sous le nom de Sesarma sp. C’est un exemplaire de S. elongatum.
Enfin le Dr. Tiwari a eu l’obligeance de comparer l’un de nos exemplaires
au type de 5. latifemur Alcock et nous a confirmé que les deux espèces étaient
identiques.
Source : MNHN, Paris
50
ALAIN CROSNIER
69
Fig. 70-71. — Sesarma orlmanni sp. nov.
70. Carapace, x 6. — 71. Pince gauche vue de dessus et doigt mobile vu de profil, X 16.
— Sesarma eulimene De Man. Carapace, x 6.
Fig. 69.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
51
2. Sesarma (Holometopus ) eulimene De Man. Fig. 68-69, 73, 11 b, 85, 107, 108
Sesanna (Sesarma) eulimene De Man, 1898, Zool. Jahrb. Syst., 10, pp. 157-65,
pl. 15, fig. 1 a-g (dessins : front, abdomen 3, pince).
Sesarma (Holometopus) eulimene , Tesch, 1917, Zool. Med. Mus. Leiden ,
3, pp. 150, 236-7. — Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 130-1, fig. 25 z, /
(dessins : pince, pléopode o).
Sesarma eulimene, Fourmanoïr, 1953, Naturaliste malgache, 5, 1, p. 90.
Corps épais. Rapport largeur/longueur de la carapace voisin de 1,20 (largeur
maxima au niveau des dents orbitaires externes). Carapace légèrement convexe,
glabre, avec de longues lignes obliques sur les régions branchiales. Bords laté¬
raux entiers, légèrement sinueux et subparallèles.
Front recourbé à angle droit et avec un bord antérieur légèrement sinueux.
Lobes post-frontaux bien en relief, les médians étant plus avancés que les laté¬
raux et nettement plus larges.
Chélipèdes dépourvus d'épines et de dents. Bords antérieur et inférieur
du mérus denticulés. Faces postérieure du mérus et externe du carpe couvertes
de lignes granuleuses plus ou moins longues. Propode granuleux à face supérieure
ornée de plusieurs petites stries granuleuses obliques et d'une longue ligne de
granules se recourbant vers son extrémité distale et devenant pectinée; face
interne portant, sur sa moitié supérieure, une ligne légèrement oblique d'assez
gros granules. Bord supérieur du doigt mobile orné d’environ 12 tubercules
légèrement dissymétriques, séparés les uns des autres par une fine ligne trans¬
versale en relief; une telle ligne existe également au sommet des tubercules;
au delà des tubercules se trouvent 3 ou 4 renflements allongés et couverts de
stries transversales d’autant plus serrées qu’elles sont situées plus près de l’extré¬
mité distale du doigt (fig. 73). Chez la femelle l’ornementation du doigt mobile,
tout en étant la même que chez le mâle, est beaucoup moins nette.
Pattes thoraciques 2-5 glabres et lisses à l’exception du bord antérieur du
mérus qui porte une épine subdistale aiguë (fig. 77 b).
Abdomen 3 : fig. 68.
Pléopode 3 : fig. 85, 107-108.
Coloration : brune, les pinces du mâle étant souvent rouges.
Longueur : 13,5 (15). — Largeur : 16,4 (20).
Écologie : dans les mangroves.
Localité : côte est : Tamatave.
Distribution : côte est de l’Afrique du Sud.
Remarques : nos exemplaires ont été comparés aux syntypes de Sesarma
eulimene.
Nous avons, d'autre part, trouvé au Muséum national d’Histoire naturelle
de Paris de nombreux exemplaires de cette espèce, en provenance de Madagascar,
déterminés Sesarma crythrodactyla var. africana par Balss.
3. Sesarma (Holometopus) ortmanni sp. nov. Fig. 70-71.
? Sesarma erythrodactyla var. africana Ortmann, 1894, Denkschr. med-
naturwiss. Ges. Jena, 8, p. 56.
Source : MNHN , Paris
52
ALAIN CROSNIER
72. Sesarma elongalum A. Milne Edwards, x 5. — 73. Sesarma eulimcne De Man, x 8.
74. Sesarma smilhii H. Milne Edwards, x 4.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
53
Espèce extrêmement proche de Sesarma eulimene De Man et s’en distin¬
guant par :
— la carapace proportionnellement plus large (cf. ci-dessous le paragraphe
mensurations) et à bords latéraux moins sinueux (fig. 70).
Vornementation du. doigt mobile des chélipèdes formée d’une quinzaine
de tubercules symétriques suivis d’une dizaine de tubercules très dissy¬
métriques à pente proximale allongée et portant un petit tubercule
secondaire. Au sommet de tous ces tubercules, à l’exception des
secondaires, se trouve une étroite ligne transversale lisse qui ne s’étend
pas sur toute la largeur du tubercule (fig. 71).
les lobes post-frontaux médians situés au même niveau que les latéraux
ou même légèrement en retrait (au lieu d’être plus en avant) et d’une
largeur plus proche de celle des latéraux que chez S. eulimene.
U abdomen <? et le pléopode $ nous ont paru pratiquement identiques chez
les deux espèces.
Coloration : carapace verdâtre, pattes thoraciques jaunâtres.
Écologie : dans les mangroves.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar.
Distribution : côte est de l’Afrique : Dar es Salam, Minkidani (si S. ortmanni
et S. erythrodactyla var. africana sont identiques).
Mensurations : nous donnons ci-dessous, à titre de comparaison, des men¬
surations de S. ortmanni et S. eulimene.
Sesarma ortmanni :
Sexe
3
3
?
9
Largeur de la carapace
8,6
10,7
10,9
12,7
Longueur de la carapace
6,7
8,2
8,6
9,8
Rapport largeur/longueur de la carapace
1,28
1,30
1,27
1,29
Sesarma eulimene :
Sexe
<?
$
<?
Largeur de la carapace
7,6
12,4
15,7
16,4
Longueur de la carapace
6,2
10,1
13,0
13,5
Rapport largeur/longueur de la carapace
1,22
1,22
1,20
1,21
Remarques : le type de Sesarma erythrodactyla var. africana ne se trouve
pas au Muséum de Strasbourg où est déposée la collection d’ORTMANN. La des¬
cription de cette espèce est, d’autre part, assez sommaire. Il est donc impossible
de savoir avec certitude si l’espèce que nous considérons ci-dessus est la même
que celle décrite par Ortmann. Nous pensons toutefois qu’il y a de fortes chances
qu’il en soit ainsi et c’est pour cela que nous dédions notre espèce à Ortmann.
L’examen de spécimens des espèces de Sesarma existant à Dar es Salam (loca¬
lité du type d’ORTMANN) permettrait vraisemblablement d’éclaircir le problème.
Sesarma erythrodactyla Hess appartient au sous-genre Parasesarma ; l’espèce
que nous appelons S. ortmanni au sous-genre Holomelopus. Si donc S. ortmanni
et S. erythrodactyla var. africana sont identiques, l’espèce d’ORTMANN ne doit
pas être considérée comme une variété de S. erythrodactyla mais comme une
espèce distincte. Il n’est pas possible de l’appeler S. africana, ce nom ayant déjà
été donné par H. Milne Edwards à une espèce de Sesarma de la côte ouest
Source : MNHN, Paris
54
ALAIN CROSNIER
de l’Afrique. Sesarma ortmanni est donc soit une espèce nouvelle, soit simplement,
si son identité avec l’espèce d’ORTMANN peut être clairement établie, une nouvelle
désignation de S. crythrodaclyla var. africana.
Tesch (1917, Zool. Med. Mus. Leiden, 3, p. 149) cite parmi les références
relatives à S. crythrodaclyla var. africana : Sesarma quadrata Hilgendorf (nec
Fabricius), V. d. Decken’s Reisen in Ost-Afrika, 3, 1, p. 90; pl. 3, fig. 3 c;
pl. 4, fig. 3, 3 b-d. Les figures de la pince <? (pl. 3, fig. 3 c; pl. 4, fig. 3 b) publiées
par Hilgendorf nous paraissent, en fait, caractéristiques de S. eulimene De Man.
En particulier la figure de la planche 3 montre très nettement un doigt mobile
à extrémité ondulée et striée. La carapace (pl. 4, fig. 3), par contre, a la forme
de celle de S. ortmanni. Il est donc là encore difficile de conclure. Nous serions
toutefois tenté de rattacher la référence d’HiLGENDORF plutôt à S. eulimene
qu’à S. ortmanni , le dessinateur ayant pu déformer plus facilement la carapace
que la pince. Il est également possible qu’HiLGENDORF ait examiné les 2 espèces
en mélange et figuré la pince de l’une et la carapace de l’autre.
Fig. 75-77 a. — Sesarma villosnm A. Milne Edwards.
75. Carapace, x 5. — 76. Pléopode $ dénudé, face sternale, x 40.
77 a. Extrémité du mérus de la 4 e patte thoracique droite, X S.
Fig. 77 b. — Sesarma eulimene De Man. Extrémité du mérus de la 4 c patte thoracique droite, X 8.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
55
4. Sesarma (Holometopus ) villosum A. Milne Edwards. Fig. 75-76, 77 a, 78.
Sesarma villosum A. Milne Edwards, 1869, Nouv. Arch. Mus. Hist. nat.
Paris, 5, p. 31.
Sesarma (Sesarma) villosa, De Man, 1897, Zcol. Jahrb. Sijst ., 9, pp. 153-61;
1898, idem, 10, pl. 29, fi g. 30, 30 a-e (dessins : crabe entier, rég. fronto-orbitaire,
chélipèdes (J et $).
Sesarma villosa, Lenz, 1910, Grust. Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 560.
Sesarma (Holometopus) villosa, Tesch, 1917, Zool. Med. Mus. Leiden, 3,
pp. 208-10, pl. 17, fig. 2 (dessin : crabe entier).
Fig. 78-83. — Abdomen $.
/8. Sesarma villosum A. Milne Edwards, x 12. — 79. Sesarma smithii H. Milne Edw'ards, x 2.
80. Sesarma gracilipes H. Milne Edwards, x 5. — 81. Sesarma meinerti De Man, x 2.
82. Sesarma impressum H. Milne Edwards, X 3. — 83. Sesarma plicatum (Latreille), Japon, x 3.
Source : MNHN, Paris
56
ALAIN CROSNIER
Corps modérément épais. Longueur de la carapace un peu inférieure à la
distance séparant les extrémités des dents orbitaires externes; largeur maxima
située vers le milieu des bords latéraux. Carapace entièrement couverte d’une
pubescence très courte parsemée de petits amas de poils plus longs donnant
l'aspect de tubercules. Bords latéraux entiers à l’exception des dents orbitaires
externes qui sont peu saillantes; en arrière de celles-ci, les bords latéraux sont
d'abord renflés (ce renflement étant d’ailleurs légèrement sinueux) puis paral¬
lèles ou divergents vers l’arrière suivant la taille du spécimen. Région méso¬
gastrique peu en relief.
Front très oblique (mais non recourbé à angle droit), à bord antérieur divisé
en 2 lobes très peu marqués. Lobes post-frontaux médians seuls bien visibles.
Chélipèdes : chez le mâle la face supérieure du propode est ornée d’une
crête pectinée longitudinale et le doigt mobile porte 15 ou 16 tubercules trans¬
versaux lisses et parcourus, suivant leur grand axe, par un étroit sillon; chez la
femelle la crête pectinée est remplacée par une rangée de petits granules et la
décoration du doigt mobile est peu distincte.
Pattes thoraciques 2-5 pubescentes et lisses à l’exception du bord antérieur du
mérus qui porte une dent subdistale dont l’apex est en forme d’angle droit (fig. lia).
Abdomen <J : fig. 78.
Ptéopode <? : fig. 76.
Longueur : 13,2. — Largeur : 15,5. — Distance séparant les extrémités des
dents orbitaires externes : 14,2.
Écologie : dans les mangroves.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar.
Distribution : Insulinde, îles Carolines, îles Samoa.
Remarques : le type de S. villosum , qui devrait se trouver au Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris, paraît avoir disparu.
Par contre, aux Muséums de Leyde et d’Amsterdam, nous avons pu comparer
nos exemplaires à des spécimens déterminés par Tesch.
Enfin, grâce à l’obligeance du Professeur Gruner, nous avons pu examiner
l'exemplaire de S. villosum , en provenance de Madagascar, cité par Lenz (1910, /. c)
5. Sesarma (Holometopus ) sp. Fig. 89 bis.
Trois exemplaires de cette espèce ont été capturés. Ce sont malheureuse¬
ment 3 femelles et, en l’absence de mâle, il nous paraît impossible de déterminer
l’espèce à laquelle elles appartiennent.
Nous donnons ci-dessous une courte description de ces exemplaires.
Corps modérément épais. Rapport largeur/longueur de la carapace voisin
de 1.10 (largeur maxima au niveau des dents orbitaires externes). Carapace
peu convexe, glabre, à relief assez bien marqué. Bords latéraux entiers, presque
droits et légèrement convergents vers l’arrière. Régions branchiales couvertes
de lignes en relief obliques et assez longues.
Front très recourbé et à bord antérieur presque droit. Lobes post-frontaux
médians et latéraux bien en relief et sensiblement de même taille.
Chélipcdes : face supérieure du propode sans crête pectinée mais avec 3 ran¬
gées obliques de granules. Doigt mobile avec 5 ou 6 tubercules peu marqués.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
57
S4. Sesarma elongatum A. Milne Edwards, x 8. — 85. Sesarma eulimene De Man, x 25.
86. Sesarma smilhii H. Milne Edwards, x 10. — 87. Sesarma gracilipes H. Milne Edwards, x 16.
88. Sesarma plicatum (Latreille), Japon, x 16. — 89. Nanosesarma cf. minutum (De Man), x 80.
Source : MNHN, Paris
58
ALAIN CROSNIER
Pattes thoraciques 2-5 : bord antérieur du mérus avec une épine subdistale.
Quatrièmes pattes à mérus 2,4 fois plus long que large et à dactyle d’une longueur
égale au tiers de celle du propode.
Coloration : uniformément brune.
Longueur : 13,8. — Largeur : 15,2.
Fig. 89 bis. — Sesarma ( Holometopus ) sp., x 5.
Écologie : dans la mangrove.
Localité : côte nord-ouest : Nosy Be.
Remarque : l’appartenance de cette espèce au sous-genre Holometopus
n’est pas sûre. Chez certaines espèces, en effet, les femelles ne possèdent pas de
crête pectinée sur le propode des chélipèdes alors que les mâles en ont. Si cette
espèce n’appartenait pas au sous-genre Holometopus , elle devrait être rattachée
au sous-genre Parasesarma.
Sous-genre Sesarma
Clé des espèces malgaches du sous-genre Sesarma
1. Bords latéraux de la carapace découpés chacun en 3 dents (y compris la
dent orbitaire externe).2
— Bords latéraux de la carapace découpés chacun en 2 dents (y compris la
dent orbitaire externe).3
2. Dents 2 et 3 fortes et aiguës . 1 . smithii
— Dents 2 et 3 peu marquées et' mousses.2. gracilipes
3. Bords latéraux de la carapace convergents vers l’arrière. . . 3. meinerti
— Bords latéraux de la carapace divergents vers l’arrière (1) 4. impressum
(1) Cf. également Addendum p. 139.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
59
1 . Sesarma (Sesarma) smithii H. Milne Edwards. Fig. 74, 79, 86, 102;
pl. IV, fig. 2.
Sesarma smithii H. Milne Edwards, 1853, Arch. Mus. Hist. nal. Paris , 7,
p. 149, pl. 9, fig. 2 a-c (dessins : crabe entier, rég. frontale et buccale, abdomen £).
— De Man, 1880, Notes Leijdcn Mus., 2, pp. 29-30.
Sesarma smilhi , Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
Crust., pp. 24-5.
Sesarma (Sesarma) smithii , Tesch, 1917, Zool. Med. Leiden Mus., 3, pp. 199-
200. — Barnard, 1950, Ann. S. Ajr. Mus., 38, p. 124.
Corps très épais. Longueur de la carapace un peu supérieure à la distance
séparant les extrémités des dents orbitaires externes, largeur maxima au niveau
des extrémités des dents 3. Carapace convexe, glabre à l'exception de quelques
petites touffes de poils sur sa moitié antérieure, lisse en dehors des régions bran¬
chiales qui sont ornées de lignes transversales en relief. Bords latéraux convexes
sur leur moitié antérieure, concaves sur leur moitié postérieure et portant chacun
3 dents (y compris la dent orbitaire externe) ; dent 2 la plus grande, dent 3 la
plus petite. Bord postérieur concave et d’une longueur un peu inférieure à la
moitié de la largeur de la carapace.
Front très recourbé, à bord antérieur divisé en 2 lobes par une large encoche
en son milieu. Lobes post-frontaux bien en relief, les médians étant deux fois
plus larges que les latéraux.
Chélipèdes : face supérieure du propode avec une crête granuleuse le long
de son bord interne et une côte lisse le long de son bord externe. Doigt mobile
du mâle avec 2 fortes épines coniques près de sa base (fig. 74), ces épines sont
absentes ou peu distinctes chez la femelle.
Abdomen : fig. 79.
Pléopode S : grêle et allongé (fig. 86, 102).
Longueur : 30,4. — Largeur : 33,5. — Distance séparant les extrémités des
dents orbitaires externes : 28,8.
Coloration : violet foncé à l’exception des pinces des chélipèdes et des extré¬
mités des pattes thoraciques qui sont rouge-brun.
Écologie : dans les mangroves.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Nosy Falv.
Distribution : côte est de l’Afrique, Australie, rnsulinde, Nouvelle Calé¬
donie, Japon.
2. Sesarma (Sesarma) gracilipes H. Milne Edwards. Fig. 80,87,95; pl. III,fig. 2.
Sesarma gracilipes H. Milne Edwards, 1853, Ann. Sc. nat., (3), 20, p. 182.
— De Man, 1887, Zool. Jahrb. Sgst., 2, pp. 645, 663-4.
Sesarma (Sesarma) gracilipes, Rathbun, 1910, Bull. Mus. Comp. Zool.,
52, p. 309, pl. 3, fig. 1, 2 (photos : crabe entier). — Tesch, 1917, Zool. Med.
Mus. Leiden, 3, pp. 154-5.
Sesarma finni, Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon, pp. 560-1.
Corps modérément épais. Longueur de la carapace très légèrement supérieure
a la distance séparant les extrémités des dents orbitaires externes, largeur maxima
au niveau des extrémités postérieures des bords latéraux. Carapace peu convexe,
Source : MNHN , Paris
GO
ALAIN CROSNIER
glabre, faiblement granulée et ponctuée. Bords latéraux presques droits, diver¬
gents vers l'arrière et ayant leur partie antérieure découpée en 3 dents de taille
décroissante. Dent orbitaire externe bien développée, dents 2 et 3 très peu mar¬
quées. Bord postérieur de la carapace légèrement concave et d'une longueur
sensiblement égale à la moitié de la largeur de la carapace.
Front recourbé à angle droit suivant une ligne de cassure très nette corres¬
pondant à la partie antérieure des lobes post-frontaux. Bord antérieur du front
légèrement sinueux. Lobes post-frontaux médians environ deux fois plus larges
que les latéraux.
Chélipèdes : chez le type, un mâle que nous avons examiné au Muséum
national d'Histoire naturelle de Paris, la face supérieure du propode porte, sur
toute sa longueur, une crête granuleuse ininterrompue et bordée, du côté interne,
par plusieurs petites lignes de granules obliques et subparallèles. Chez les exem¬
plaires de Madagascar la crête longitudinale ne s’étend, le plus souvent, que sur
la moitié distale de la face supérieure du propode; parfois elle est même complè¬
tement absente. Chez les mâles la face externe du propode porte, près de la base
du doigt fixe, un gros tubercule oblique et allongé; quant à la face supérieure
du doigt mobile, elle est ornée de 12 à 16 dents à extrémité carrée. Chez les
femelles le tubercule de la face externe du propode est absent et les dents du doigt
mobile réduites à 5 ou 6 granules.
Pattes thoraciques 2-5 allongées et assez grêles. Rapport longueur/largeur
du mérus égal à 3. Dactyle presque aussi long que le propode.
Abdomen : fig. 80.
Plcopodc <J : court et massif (fig. 87).
Longueur : 17,6. — Largeur : 18,6. — Distance séparant les extrémités des
dents orbitaires externes : 16,5.
Écologie : dans les mangroves.
Localités : côte est : Ivontaka, île Sainte-Marie.
Distribution : Australie, Insulinde, Océanie.
Remarques : grâce au Professeur Gruner nous avons pu examiner les
exemplaires, en provenance de Madagascar, déterminés S. flnni par Lenz (1910,
/. c.). Ces exemplaires appartiennent, à notre avis, à S. gracilipes.
Nous avons d’ailleurs pensé que S. gracilipes et S. flnni pouvaient être
identiques. Le Dr. Tiwari, qui a bien voulu comparer l'un de nos exemplaires
au type de S. flnni, a toutefois noté les différences suivantes :
S. finni
« 1. Régions on carapace indicated, but
not emphasised.
2. Free edge of front nearly straight.
3. Legs long and slender.
4. Meropodites not foliaceous.
5. Dactyli long and slender.
Compte tenu de ces différences, le
sont vraisemblablement distinctes.
S. gracilipes
Régions clear and emphasised.
Free edge of front slightly curved
inward in the middle.
Legs not so long and not slender.
Meropodites foliaceous.
Dactyli comparatively short and stout.»
Dr. Tiwari pense que les deux espèces
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
61
Signalons enfin que S. maculala De Man, bien que très semblable à S. ara-
cilipes , s en distingue assez facilement par :
— le sixième segment abdominal <J proportionnellement beaucoup plus long,
— le bord antérieur du front plus sinueux.
3. Sesarma (Sesarma) meinerti De Man. Fig. 81, 90-91, 96, 103.
Sesarma tclragona H. Mil ne Edwards (nec Fabricius), 1837, Hist. nat. Crust., 2 ,
p. /3. Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5" partie, Crust., pp. 23-4.
— Lenz et Richters, 1881, Abh. Senckenb. Nalurf. Ges. Frankfurt, 12, p 425
Sesarma rotundifrons, De Man, 1880, Notes Leyden Mus., 2, pp 24-5
Sesarma meinerti De Man, 1887, Zool. .Tahrb. SijsL, 2, pp. 648, 668.
— Gravier, 1920, Bull. Mus. Ilist. nat. Paris, 26, p. 472. — Foükmanoir, 1953,
A aturahste malgache, 5, 1, pp. 87-8; 1954, idem, 6, 1/2, p. 5.
Sesarma (Sesarma) meinerti, Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38,
pp. 125-6, fig. 25 e-j (dessins : pince, pléopode <J).
Corps très épais. Longueur de la carapace inférieure à la distance séparant
les extrémités des dents orbitaires externes, largeur maxima au niveau des dents
Carapace portant de nombreuses petites tourtes de poils particulièrement déve-
°r P F eCS D x Ur Sa m0ltl ° ant6rieure - Régions mésogastrique et intestinale bien en
relict. Régions branchiales avec plusieurs lignes en relief obliques, assez longues
et bordées de poils. Bords latéraux faiblement sinueux, légèrement convergents
vers arrière et portant chacun 2 fortes dents (y compris la dent orbitaire externe),
la trace dune 3» dent étant parfois visible; dent 2 ornée, sur sa face supérieure,
d une strie oblique.
Front fortement recourbé, à bord antérieur très sinueux (concave en son
milieu). Lobes post-frontaux très en relief et disposés sensiblement sur une
meme ligne; lobes médians environ deux fois plus larges que les latéraux.
Çhéhpèdes : mérus et carpe sans épines. Propode avec quelques stries gra¬
nuleuses, obliques et peu visibles le long du bord interne de sa face supérieure;
face interne avec une crête oblique très en relief formée de gros granules. Bord
supérieur du doigt mobile orné de petites épines (7 à 10).
Pattes thoraciques 2-5 : mérus pas très large (rapport longueur/largeur supé¬
rieur a 2), à bord antérieur portant une épine subdistale.
Abdomen S ■ flg. 81.
Pléopode S : flg. 103.
Longueur : 38,9 (43). — Largeur : 40,3 (47). — Distante séparant tes extré¬
mités des dents orbitaires externes : 35,6.
Coloration : carapace brun-violet, le bord frontal et les bords latéraux
étant soulignés de vermillon. Pinces des chélipèdes écarlates près de leur base,
blanc-jaune vers leur extrémité. Pattes thoraciques 2-5 brunes avec quelques
taches vermillon.
Ecologie : dans la zone supérieure des mangroves. D’après Fourmanoir les
terriers sont creusés dans les sols marécageux couverts de Fimbristylis abbreviata.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Majunga. Côte est : Diégo-Suarez,
1,e bamte-Marie, Tamatave.
Distribution : côte est de F Afrique, Australie, Insulinde.
5
Source : MNHN, Paris
62
ALAIN CROSNIER
V faMV'
Fig. 90-91. — Sesarma meinerli De Man.
90. Carapace, x 15. — 91. Région antennaire, x 10.
Fig. 92. — Sesarma impressum H. Milne Edwards. Carapace, x 2.
Fig. 93. — Sesarma plicalam (Latreille), Japon. Carapace, X 2,5.
Fig. 94. — Sesarma gutlatum A. Milne Edwards. Carapace, X 2,5.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
63
4. Sesarma (Sesarma) impressum H. Milne Edwards. Fig. 82, 92, 104.
Sesctrma imprcssa H. Milne Edwards, 1837, Hist. nat. Crust., 2, p. 74. —
De Man, 1887, Zoot. Jahrb. Syst., 2, pp. 653, 671-6.
Sesarma (Sesarma) impressa, Sakai, 1939, Crabs of Japan, 4, pp. 685-6,
pl. 110, fig. 1 (photo : crabe entier).
Sesarma frontale A. Milne Edwards, 1869, Nouv. Arch. Mus. Hisl. nat. Paris
5, p. 27.
Sesarma nodulifera , Lenz, 1910, Crust.- Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 562.
i 561 Sesarma im P ressa ’ Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon,
Corps épais. Longueur de la carapace supérieure ou sensiblement égale à la
distance séparant les extrémités des dents orbitaires externes, largeur maxima au
niveau des extrémités postérieures des bords latéraux. Carapace convexe et glabre
ii l’exception de quelques petites touffes de poils sur sa moitié antérieure. Bords
latéraux divergents vers l’arrière et portant chacun 2 dents assez aiguës, la dent 2
étant toutefois peu saillante; en arrière de la dent 2 se distingue la trace d’une
troisième dent. Régions branchiales avec plusieurs lignes en relief obliques, la pos¬
térieure étant très longue et suivant à peu près le contour du bord postéro-latéral.
I-ront recourbé à angle droit et à bord antérieur très sinueux (concave en
son milieu). Lobes.post-frontaux bien en relief et disposés sur une même ligne;
lobes médians deux fois plus larges que les latéraux.
Chélipèdes très granuleux mais sans épines ni dents bien caractérisées. Pro-
pode entièrement couvert de granules et portant, le long du bord interne de sa
face supérieure, une côte granuleuse; face interne avec, sur sa moitié supérieure,
une côte transversale formée de gros granules. Bord supérieur du doigt mobile
avec des granules épars.
Faites thoraciques 2-5 : mérus pas très large (rapport longueur/largeur supé¬
rieur à 2), à bord antérieur orné d’une épine subdistale.
Abdomen : fig. 82.
Pléopode : fig. 104.
Longueur : 24,5. — Largeur : 29. — Distance séparant les extrémités des
dents orbitaires externes : 24.
Écologie : dans les mangroves.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : sans localité. Côte est :
baie d’Antongil. — Comores : Mohéli.
Distribution : Zanzibar, Australie, Insulinde, Formose, Japon.
Remarques : au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, nous
avons comparé nos exemplaires au type de Sesarma impressum et à celui de Sesar-
ma frontale. D’autre part, grâce à l’obligeance du Professeur Gruner, nous avons
pu examiner le plus grand des deux exemplaires, en provenance des Comores,
déterminés par Lenz (1910, /. c.) Sesarma nodulifera De Man. Cet exemplaire
appartient â S. impressum. Lenz ayant également signalé, dans son travail
de 1910, S. impressum à Madagascar, on peut se demander si cette dernière
identification est exacte. S’il en était ainsi Lenz aurait mentionné, dans le même
travail, la même espèce sous deux noms différents, ce qui paraît étonnant. Pour
cette raison nous introduisons, dans notre bibliographie, la référence de Lenz
relative à S. impressum avec un point d’interrogation.
Source : MNHN, Paris
64
ALAIN CROSNIER
95. Sesarma gracilipes H. Milne Edwards, x 6. — 96. Sesarma meinerti De Man, X 4.
97. Sesarma gultalum A. Milne Edwards, x 5.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
65
Sous-genre Parasesarma
Clé des espèces malgaches du sous-genre Parasesarma
— Bords latéraux de la carapace sinueux et très faiblement convergents vers
l’arrière. Bord supérieur du doigt mobile des chélipèdes orné de gros tuber¬
cules symétriques en forme de chiton. 1 . plicatum
— Bords latéraux de la carapace presque droits et fortement convergents vers
l’arrière. Bord supérieur du doigt mobile des chélipèdes orné de tubercules
dissymétriques et lisses (fig. 99). 2. lenzii
1. Sesarma (Parasesarma) plicatum (Latreille). Fig. 83, 88, 93, 105.
Ocijpode plicata Latreille, 1806, Hist. nat. Crust., 6, p. 47 (non consulté).
Sesarma quadrata , Lenz et Richters, 1881, Abh. Senckenb. Naturf. Ges.
Frankfurt , 12, p. 425. — De Man, 1889, Zool. Jahrb. Syst ., 4, p. 434.
Sesarma (Parasesarma) plicata , Tesch, 1917, Zool. Med. Mus. Leiden , 3,
PP- 167-190, 252. — Siien, 1932, Zoologia Sinica , (A), 9, 1, pp. 191-4, text-fig.
119-20, pl. 7, fig. 8 (dessins : crabe entier, front, abdomens S et $; photo : crabe
entier). — Sakai, 1939, Crabs of Japan, 4, pp. 683-4, pl. 110, fig. 2 (photo :
crabe entier). — Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 127-8.
Corps épais. Longueur de la carapace très inférieure à la distance séparant
les extrémités des dents orbitaires externes, largeur maxima un peu en arrière
de ces dents. Carapace convexe, glabre, avec des lignes en relief longues et obliques
sur les régions branchiales et des stries transversales sur les autres régions. Bords
latéraux sinueux (convexes vers leurs extrémités, concaves en leur milieu), ne
portant que des dents orbitaires externes (en arrière de celles-ci se distinguent
toutefois des traces de deuxièmes dents).
Front recourbé à angle droit et avec un bord antérieur sinueux (concave
en son milieu). Lobes post-frontaux bien en relief et disposés sur une même ligne;
lobes latéraux ayant une largeur égale aux deux tiers de celle des médians.
Chélipèdes : mérus avec de nombreuses petites stries sur sa face postérieure,
une forte épine subdistale sur son bord antérieur et une petite épine subdistale
sur son bord supérieur. Carpe avec de nombreuses petites stries sur sa face externe
mais sans épines ni dents. Propode entièrement granuleux et portant sur sa face
supérieure 2 crêtes obliques, pectinées chez le mâle, granuleuses chez la femelle.
Bord supérieur du doigt mobile portant, chez le mâle, 8 ou 9 (11 à 14 d’après
Tesch, l. c.) gros tubercules en formes de chiton, bordés du côté interne par une
rangée de granules; chez la femelle les tubercules sont peu distincts.
Pattes thoraciques 2-5 : mérus large (rapport longueur/largeur inférieur à 2),
à bord antérieur portant une dent subdistale aiguë. Dactyle un peu plus court
que le propode.
Abdomen £ : fig. 83.
Pléopode S : fig. 88, 105.
Longueur : 8,8 (20,5). — Largeur : 10,1 (26,4). — Distance séparant les extré¬
mités des dents orbitaires externes : 10 (25,8).
Source : MNHN, Paris
66
ALAIN CROSNIER
Écologie : dans les mangroves.
Localité : côte ouest : Tuléar.
Distribution : côte est de F Afrique, Insulinde, Nouvelle-Calédonie, Japon.
Remarques : cette espèce, qui paraît avoir une répartition géographique
très large, semble peu commune sur la côte est de l’Afrique et à Madagascar.
Barnard, en effet, n’en a jamais examiné d’exemplaire et la cite dans son travail
(1950, /. c .) uniquement d’après Krauss et Stebbing. A Madagascar, elle a élé
signalée par Lenz et Riciiters (1881, l. c.) et De Man (1889, /. c.) sous le nom
de S. quadrata. Personnellement nous rattachons à S. plicatum , avec un léger
doute, un petit exemplaire $ de 10 mm de largeur, en très mauvais état et en
provenance de Tuléar. L’espèce étant de grande taille, il est étonnant que, si
elle existe réellement à Madagascar, elle n’ait pas été récoltée plus souvent.
Les dessins et la description que nous publions sont basés sur des exemplaires
en provenance du Japon.
2. Sesarma (Parasesarma) lenzii De Man. Fig. 98-101.
Sesarma (Parasesarma) lenzii De Man, 1895, Zool. Jahrb. Sijst ., 9, p. 199;
1898, idem, 10, pl. 30, fig. 35, 35 a-g (dessins : crabe entier, rég. fronto-orbitaire,
abdomen 3, chélipèdes S et $). — Tescii, 1917, Zool. Med. Mus. Leiden , 3,
pp. 168-9, 255.
? Sesarma (Chiromantes) lenzii , Tescii, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 114.
Corps peu épais. Rapport Jargeur/longueur de la carapace égal à 1,20 (la
largeur maxima étant au niveau des extrémités des dents orbitaires externes).
Carapace plutôt plate, parsemée de petites touffes de poils, ornée sur son quart
antérieur de courtes stries transversales granuleuses et sur ses régions branchiales
de lignes obliques de longueur inégale. Bords latéraux entiers, presque droits
et nettement convergents vers l’arrière.
Front recourbé à angle droit et à bord antérieur légèrement sinueux. Lobes
post-frontaux bien en relief et sensiblement de même taille, les médians étant
très légèrement en retrait par rapport aux latéraux.
Chélipèdes : bord antérieur du mérus portant une dent subdistale assez
forte. Faces supérieure et externe du carpe couvertes de stries granuleuses.
Propode légèrement granuleux avec, sur sa surface supérieure, des lignes de
granules dont deux se recourbent vers leur extrémité distale et deviennent pectinces;
face interne sans lignes de granules. Bord supérieur du doigt mobile orné d’une
douzaine de tubercules lisses très dissymétriques (leur pente proximale étant la
plus longue) et disposés obliquement par rapport à l’axe du doigt; le bord supé¬
rieur du doigt mobile porte en outre, près de sa base, une petite strie oblique
granuleuse. Chez la femelle l’ornementation du doigt mobile, tout en étant la
même que chez le mâle, est beaucoup moins nette.
Pattes thoraciques 2-5 longues et relativement grêles. Mérus deux fois plus
long que large et à bord antérieur portant une épine subdistale. Dactyle beau¬
coup plus court que le propode (chez un mâle de 8,6 mm de longueur, le rapport
des longueurs du propode et du dactyle de p3 est 1,64).
Abdomen 3 : fig. 100.
Pléopode ^ : Fig. 101.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
Fig. 98-101. — Sesarma lenzii De Man.
98. Carapace, X 10. — 99. Pince droite, x 20. — 100. Abdomen x 12.
101. Pléopode J dénudé, vu par la face interne, X 40.
BIBL\
MUSEUM)
Coloration : verte avec des marbrures plus claires.
Longueur : 8,6. — Largeur : 10,3.
Localité : côte ouest : Tuléar.
Distribution : Indonésie.
Source : MNHN, Paris
ALAIN CROSNIER
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Sous-genre Ghiromantes
1. Sesarma (Ghiromantes) guttatum A. Milne Edwards. Fig. 94, 97, 106.
Sesarma guttatum A. Milne Edwards, 1869, Nouv. Arch. Mus. Hisl. nat.
Paris , 5, p. 26.
Sesarma (Chiromantes) guttala, Tescii, 1917, Zool. Med. Mus. Leiden , 3,
PP- 155, 255. — Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 126-7, fig. 25 g, h
(dessins : pince, pléopode 3 ).
Sesarma guttala, Fourmanoir, 1953, Naturaliste malgache, 5, 1, p. 90.
? Sesarma bidens, Hoffmann, 1874, Rcch. Faune Madagascar, 5 e partie,
Oust., p. 24. — Len z et Riciiters, 1881, Abh. Scnckenb. Naturf. Ges. Frank¬
furt, 12, p. 425.
Corps modérément épais. Longueur de la carapace très inférieure à la distance
séparant les extrémités des dents orbitaires externes, largeur maxima au niveau
de ces dents. Carapace légèrement convexe avec des lignes en relief longues et
obliques sur les régions branchiales, courtes et transversales sur les régions frontale
et protogastriques; toutes ces lignes sont bordées de poils courts. Région méso¬
gastrique bien en relief, région intestinale assez bien définie. Bords latéraux
légèrement sinueux, subparallèles et portant chacun 2 dents aiguës (y compris
la dent orbitaire externe); dent 2 de taille inférieure à la dent 1 .
Front identique à celui de S. plicatum à l’exception de la sinuosité du bord
antérieur qui est plus accentuée.
Cliélipèdes semblables à ceux de S. plicatum. Cependant, chez les mâles,
le bord supérieur du doigt mobile porte de 11 à 13 tubercules en forme de chiton,
au lieu de 8 à 9 habituellement chez S. plicatum; rappelons toutefois que Tesch
a signalé chez S. plicatum jusqu’à 14 tubercules.
Pattes thoraciques 2-5 : mérus assez large (rapport longueur/largeur sensi¬
blement égal à 2), à bord antérieur portant une épine subdistale.
Abdomen 3 : identique à celui de 5. plicatum à l'exception du septième
segment qui est un peu moins large.
Pléopode 3 : fig. 106.
Longueur : 21,3. — Largeur : 26,1.
Coloration : carapace gris-vert, pattes gris-violet.
Écologie : dans les mangroves.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Majunga. Côte ouest : Tuléar. Côte
est : île Sainte-Marie.
Distribution : côte est de l’Afrique, Zanzibar.
Remarques : au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, nous avons
comparé nos exemplaires au type de A. Milne Edwards, un mâle de 21,5 mm
de longueur et 27,5 mm de largeur en provenance de Zanzibar.
Tescii (1917, /. c., p. 255) cite, comme étant un des caractères distinctifs
de S. guttatum, la valeur inférieure à 1,5 du rapport longueur du bord postérieur
du 6 e segment abdominal ^/longueur de ce segment. Le type ainsi que les exem¬
plaires de Barnard et les nôtres donnent, pour ce rapport, une valeur très voisine
de 2.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
69
. BIBL?.
[MUSEUM)
PARIS
J ig. 102-107. — Pléopodc <? dénudé, face abdominale.
lf i/ l !r’ Sesarma smilhii H. Milne Edwards, x 25. — 103. Sesarma meinerti De Man, x 25.
». Sesarma impressum II. Milne Edwards, x 25. — 105. Sesarma plicatum (Latreille), x 40.
désarma guttalum A. Milne Edwards, x 40. — 107. Sesarma eulimene De Man, x 80.
1-ig. 108. — Sesarma eulimene De Man. Pléopodc S dénudé, face sternale, x 80.
Source : MNHN, Paris
70
ALAIN CROSNIER
Sesarma guttalum est extrêmement proche de S. lividum A. Milne Edwards
et de S. bidens De Man. Ces espèces se différencient essentiellement par la forme
des tubercules du doigt mobile des chélipèdes, la forme « chiton » étant caracté¬
ristique de S. guttatum.
Hoffmann (1874, /. c.) ainsi que Lenz et Richters (1881, l. c.) ont signalé,
à Madagascar, S. bidens qui n’a jamais été retrouvé depuis. Ces mêmes auteurs,
par contre, n’ont pas mentionné S. guttatum. Nous pensons qu’il y a eu confusion
des 2 espèces. Il existe d’ailleurs, au Muséum de Paris, plusieurs exemplaires
de S. guttatum, en provenance de Madagascar, déterminés S. bidens var. indica
par Balss.
Genre Nanosesarma Tweedie
Nanosesarma Tweedie, 1950, Bull. Raffles Mus., 23, pp. 310-11.
Ce genre se distingue du genre Sesarma par :
— la partie distale du bord postérieur du mérus des pattes thoraciques 2-5
munie de dents ou d’épines,
— la face externe du propodc des chélipèdes ornée, au moins chez les femelles,
d’une ou plusieurs fines crêtes granuleuses longitudinales (1).
Le genre Nanosesarma comprend actuellement 7 espèces toutes de pelite
taille.
D’après Tweedie ce genre, par les caractères cités plus haut, se rapproche
des Grapsinae et établit un terme de passage entre cette sous-famille et les Scsar-
minae dont il renfermerait les formes les plus primitives.
1. Nanosesarma cf. minutum (De Man). Fig. 89, 109-115; pl. YI, fig. 4.
? Sesarma minuta De Man, 1887, Zool. Jahrb. Syst., 2, p. 650; 1888, Arch.
Naturgesch., 53, pp. 377-9, pl. 16, fig. 4, 4 a-h (dessins : crabe entier, pince, mérus p).
? Nanosesarma minuta, Tweedie, 1950, Bull. Baffles Mus., 23, p. 311.
Corps modérément épais. Carapace peu convexe, couverte de poils courts au
milieu desquels se trouvent, çà et là, des petites touffes de poils plus longs. Tous
ces poils sont plumeux et retiennent de nombreuses particules de vase, ce qui
donne un aspect pelucheux à l’animal. Sous la pubescence, la carapace est lisse
à l’exception des régions branchiales qui portent, chacune, quelques courtes stries
obliques et une crête fine et allongée suivant à peu près le contour du bord postéro¬
latéral. Région gastrique peu en relief. Bords latéraux subparallèles et portant
chacun 2 dents (y compris la dent orbitaire externe); dent 1 bien marquée et
aiguë, dent 2 mousse et ressemblant souvent plus à un renflement qu’à une dent.
Bord postérieur légèrement convexe et d’une longueur sensiblement égale au
tiers de la largeur de la carapace. Longueur de cette dernière nettement inférieure
à la distance séparant les extrémités des dents orbitaires externes.
(1) Nanosesarma lies ti tu ni (Stimpson), espèce mal connue, serait la seule du genre à ne pas posséder
ce caractère.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
71
Front oblique et à bord antérieur légèrement sinueux. Lobes post-frontaux
médians arrondis, assez larges et situés nettement en arrière des latéraux qui
sont étroits et bien séparés des médians.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 110.
Fig. 109-115. — Nanosesarma ci. minutum (De Man).
109. Carapace, x 16. — 110. Mxp3, X 40. — 111. Pince gauche, x 25. — 112. Mérus
de la 2 e patte thoracique droite, x 16. — 113. Mérus de la 4 e patte thoracique gauche, x 16.
114. Abdomen x 25. — 115. Pléopode <$ dénudé, face sternale, x 100.
Chèlipèdes pubescents sur les faces postérieure et inférieure du mérus, de
même que sur les faces supérieure et externe du carpe et du propode (sur la face
externe de ce dernier article, la pubescence n’existe qu’au dessus de la ligne de
Source : MNHN, Paris
72
ALAIN CROSNIER
granules inférieure). Cette pubescence est formée par des poils plumeux, retenant
des particules de vase, au milieu desquels émergent de longues soies raides.
Mérus avec quelques denticules sur son bord antérieur. Carpe sans dents ni
épines mais avec quelques granules. Face supérieure du propode avec des granules
épars et une ligne granuleuse le long de son bord interne, face externe du propode
avec 3 lignes longitudinales de granules peu marquées à l’exception de l’infé¬
rieure; reste du propode lisse.
Pattes thoraciques 2-5 recouvertes, à l’exception de la face inférieure des
articles, par une pubescence semblable à celle des chélipèdes. Mérus large (rapport
longueur/largeur inférieur à 2), à bord antérieur portant une dent subdistale
mousse et à bord postérieur orné d’une dent subdistale aiguë précédée et suivie
de plusieurs denticules (fig. 112-113).
Abdomen <J : fig. 114.
Pléopode S : fig. 115.
Longueur : 4,2. — Largeur : 4,9.
Écologie : dans les crevasses des rochers envasés de la zone intertidale
supérieure.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar.
Distribution : Insulinde.
Remarques : dans sa clé du genre Nanosesarma, Tweedie (1950, /. c.) sépare
A . gordoni (Shen) de N. minutum (De Man) par la présence de 3 lignes longi¬
tudinales de granules sur la face externe du propode des chélipèdes au lieu d’une.
D’après cette clé nos exemplaires devraient donc appartenir à N. gordoni. Le
Dr Gordon a eu l’obligeance de comparer le type de N. gordoni avec certains
de nos exemplaires et a reconnu qu’il s’agit de 2 espèces bien distinctes.
N’ayant pu découvrir où est déposé le type de N. minutum, nous en avons
été réduit à comparer nos exemplaires uniquement à la description de De Man.
D’après cette comparaison, N. minutum se différencierait de nos exemplaires
par :
— les bords latéraux de la carapace plus convergents,
— la pince des chélipèdes plus massive,
— la présence d’une seule ligne de granules sur la face externe du propode
des chélipèdes (1),
— la dent subdistale du bord antérieur du mérus des pattes thoraciques 2-5
plus aiguë,
— la partie distale du bord postérieur du mérus des pattes thoraciques 2-5
portant, après la dent subdistale, 2 denticules bien marqués (alors que
chez nos exemplaires ces denticules sont souvent peu marqués et habi¬
tuellement au nombre de 4 à 6).
Toutes ces différences nous paraissent assez minimes et nous pensons pou¬
voir rattacher nos exemplaires à N. minutum tout en gardant, nous devons le
reconnaître, un doute. Seule, évidemment, la comparaison avec le type de De Man
permettrait une détermination certaine.
(1) En fait ce caractère est cité d’après Tweedif. car De Man n’a pas décrit la pince dénudée.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
73
Genre Metasesarma H. Milne Edwards
Melasesarma H. Milne Edwards, 1853, Ann. Sc. nat., (3), 20, p. 158. —
Tesch, 1917, Zcol. Med. Mus. Leiden, 3, pp. 211-3, 235, 257-8.
Ce genre se distingue du genre Sesarma par des antennes isolées des orbites
(fig. 117). Il ne renferme actuellement que 4 espèces dont 3 sont indo-pacifiques.
1. Metasesarma rousseauxi H. Milne Edwards. Fig. 116-120.
Metasesarma rousseauxi H. Milne Edwards, 1853, Ann. Sc. nat., (3), 20,
p. 188. — De Man, 1889, Zool. Jahrb. Syst., 4, p. 439. — Lenz, 1910, Crust.
Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 560. — Tesch, 1917, Zool. Med. Mus. Leiden,
3, pp. 212-3. — Forest et Guixot, 1961, Exp. française Récifs Nouvelle Calé¬
donie, Vol. préliminaire, p. 158, fig. 170-1 (dessins : abdomen S, mxp3).
Fig. 116-120. — Metasesarma rousseauxi H. Milne Edwards,
il 6. Carapace, x 5. — 117. Région antennaire, x 25. — 118. Mxp3 (exopodite non
figuré), x 16. — 119. Abdomen x 10. — 120. Pléopode S dénudé, face abdominale, x 50.
Source : MNHN, Paris
74
ALAIN CROSNIER
Corps modérément épais. Carapace de forme assez carrée (rapport largeur/
longueur voisin de 1,10), glabre et à régions très peu marquées. Bords latéraux
légèrement sinueux, faiblement convergents ou divergents vers l’arrière suivant
les spécimens et ne portant chacun qu’une seule dent (la dent orbitaire externe).
Régions hépatiques et voisinage des bords latéraux et postérieur de la carapace
ornés de stries obliques en relief.
Front recourbé à angle droit et d’une largeur toujours supérieure à la moitié
de celle de la carapace; bord antérieur convexe à l’exception de sa partie médiane
qui est très légèrement concave. Lobes post-frontaux disposés sensiblement
sur une même ligne et à bord antérieur bien défini.
Lobes orbitaires internes inférieurs recouverts à leur extrémité par une expan¬
sion latérale du bord antérieur du front (fig. 117). D’après Tesch (1917, /. c.,
p. 257), chez certains exemplaires il existe toutefois un espace entre les lobes
orbitaires internes et les expansions frontales.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 118.
Chélipèdes sans épines ni dents. Carpe granuleux sur ses faces supérieure
et externe. Propode avec 2 ou 3 lignes de granules microscopiques le long du bord
interne de sa face supérieure et quelques granules assez gros vers le centre de
sa face interne; reste du propode lisse chez les petits exemplaires; chez les grands
exemplaires la face supérieure du propode a un aspect érodé.
Pa'les thoraciques 2-5 allongées et assez fines. Une dent subdistale, à apex
en forme d’angle droit, sur le bord antérieur du mérus.
Abdomen S • fig- 119.
Pléopode S : fig- 120.
Longueur : 10 (20). — Largeur : 11 (22,4).
Localité : côte nord-ouest : Nosy Be.
Distribution : Zanzibar, îles Laccadives, Insulinde, îles Samoa, Philippines.
Remarque : d’après la forme de l’abdomen <J, nos exemplaires paraissent
bien appartenir à la forme typique et non à la sous-espèce granularis (cf. Forest
et Guinot, 1961, /. c.). Nous avons, d’ailleurs, comparé nos exemplaires aux
syntypes de Metasesarma rousseauxi qui se trouvent au Muséum national d’His-
toire naturelle de Paris.
Genre Sarmatium Dana
Sarmatium Dana, 1851, Amer. J. Sci ., (2), 12, p. 288. — Tesch, 1917,
Zool. Med. Mus. Leiden , 3, pp. 213-21, 234, 258-9.
Genre proche du genre Sesarma et s’en distinguant par :
— la carapace très bombée dans le sens de la longueur,
— le front incliné moins fortement et surtout d’une façon plus régulière,
— le 7 e segment abdominal $ non encastré à l’intérieur du 6 e .
1. Sarmatium crassum Dana. Fig. 121-124; pl. V, fig. 1.
Sarmatium crassum Dana, 1851, Proc. Acad. Nat. Sci. Philadelphia , p. 251;
1852, U.S. Expi. Exp. Crust., pp. 358-9, pl. 23, fig. 1 a-c (dessins : crabe entier,
abdomen S, pince <J). — Barnard, 1955, Ann. S. Afr. Mus., 43, p. 28, fig. 9
(dessins : bord latéral de la carapace, pince £).
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
75
Corps très épais. Carapace glabre, fortement bombée d’arrière en avant
et un peu plus large que longue (rapport largeur/longueur voisin de 1,10-1,15).
Régions peu en relief. Bords latéraux convexes sur leur partie antérieure, concaves
et légèrement divergents vers l’arrière sur leur partie postérieure et portant
chacun 3 dents peu saillantes à extrémité mousse; dent 2 la plus grande. Partie
externe des régions branchiales avec quelques lignes granuleuses obliques. Une
ligne granuleuse existe, en outre, au-dessus des emplacements des pattes thora¬
ciques 4-5 parallèlement au bord postéro-latéral. Le long de ces diverses lignes
se trouvent des petites touffes éparses de poils.
Fig. 121-124. — Sarmatium crassum Dana.
121. Pince droite, x 10. — 122. Mxp3. x 16.
123. Abdomen <J,x6. — 124. Pléopode £ dénudé, x 50.
Front très légèrement sinueux (concave en son milieu) et d’une largeur
sensiblement égale aux deux cinquièmes de celle de la carapace. Lobes post¬
frontaux médians seuls bien marqués et occupant presque toute la largeur du front.
Source : MNHN, Paris
76
ALAIN CROSNIER
Troisièmes maxillipèdes : fig. 122.
Chélipèdes : mérus granuleux sur sa face postérieure et ses bords antérieur
et postérieur, ce dernier portant, en outre, une petite dent subdistale. Carpe
granuleux sur sa face externe et orné, le long de son bord interne, d’une ligne
de granules terminée par une dent. Propode ayant, sur sa face supérieure, 5 lobules
transversalement étirés et très caractéristiques (fig. 121), les lobules 1, 3, 5 étant
bordés distalement par une ligne de petits granules allongés; face interne avec
quelques granules vers son centre; face externe légèrement granuleuse sur sa
moitié inférieure. Doigt mobile orné, sur son bord supérieur, de 4 dents obliques
à extrémité brune, suivies d’une douzaine environ de denticules également bruns.
Quelques soies assez courtes et épaisses à la base des doigts.
Petites thoraciques 2-5 : bord antérieur du mérus avec une épine subdistale
aiguë.
Abdomen : fig. 123.
Pléopode <$ : fig. 124.
Coloration : carapace violet vif avec des taches jaunes. Pattes thoraciques
jaunes avec des taches violettes.
Longueur : 11,9. — Largeur : 13,3.
Écologie : dans les mangroves.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar.
Distribution : côte est de l’Afrique (Durban), îles Nicobar, Insulinde,
îles Samoa.
Genre Helice De Haan
Helice De Haan, 1835, Fauna Japonica Crust., p. 28. — Miers, 1886, Challen¬
ger Zool. Rep., 17, p. 268. — Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 117-9.
Corps épais. Carapace convexe, légèrement plus large que longue, à bords
latéraux plus ou moins sinueux, subparallèles et portant des dents. Régions
ptérygostomicnnes et côtés latéraux de la carapace ornés de granules et de soies
non disposés en lignes réticulées. Front modérément incliné, d’une largeur égale
à environ la moitié de celle de la carapace. Epistome court. Antennes en commu¬
nication avec les orbites. Troisièmes maxillipèdes laissant libre, entre eux, un
vaste espace en forme de losange; mérus à peu près de la même longueur que
l’ischion et allant s’élargissant distalement; carpe s’articulant près de l’angle
antéro-externe du mérus. Chélipèdes subégaux à doigts pointus. Pattes thora¬
ciques 2-5 assez fines et longues. Abdomen £ à 7 segments distincts.
1. Helice leachii Hess. Fig. 125-128; pl. V, fig. 2.
Helice leachii Hess, 1865, Arch. Naturgesch., 31, 1, p. 153. — Sakai, 1939,
Crabs of Japan, 4, pp. 696-7, text-fig. 126 a-c (photo : crabe entier ; dessins :
crête sous-orbitaire, abdomen <J).
Helice leachi , Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 120.
Helice pilimana A. Milne Edwards, 1873, Nouv. Arch. Mus. Hist. nat. Paris,
9, p. 313, pl. 18, fig. 1, 1 a-c (dessins : crabe entier, pince, abdomen <?, mxp3).
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
/ /
Carapace convexe, un peu plus large que longue (rapport largeur/longueur
compris entre 1,14 et 1,20), à relief faible (seule la région mésogastrique est bien
délimitée) et portant sur chaque région branchiale 2 lignes transversales de gra-
nules. Chacune de ces lignes part du bord latéral de la carapace; la première
situee a peu près au milieu de la région branchiale, s’étend sur la moitié environ
de cette région, la deuxième, située sur la partie postérieure de la région branchiale,
s’étend sur toute la largeur de cette région.
Fig. 125-128. — IJelice leachii Hess.
125. Région orbitaire, x 16. — 126. Mxp3, X 16.
127. Abdomen ^ x 10. — 128. Pléopode x 25.
Front modérément incliné et bilobé.
Bords antéro-latéraux de la carapace légèrement sinueux (convexes sur leur
Partie antérieure, concaves sur leur partie postérieure) et portant chacun 3 dents.
6
Source : MNHN, Paris
78
ALAIN CROSNIER
Dent 2 la plus grande, dent 3 la plus petite. Bords externes aes dents 1 légèrement
convergents vers l’avant, des dents 2 et 3 légèrement divergents.
Appareil stridnlant formé d’une crête cornée assez courte située sur le bord
antérieur du mérus des chélipèdes et pouvant s’engrener avec une crête sous-
orbitaire composée d’une dizaine de granules, suivis de 4 gros tubercules étirés
et finement striés, suivis eux-mêmes de 1 ou 2 granules (fig. 125).
Troisièmes maxillipèdes : fig. 126.
Chélipèdes sans épines ni dents. Bords antérieur du mérus et interne du
carpe denticulés. Une côte lisse bordée de granules sur la face supérieure du
carpe et le long du bord interne de la face supérieure du propode. Quelques gra¬
nules au centre de la face interne du propode. Des touffes denses de poils à la
base des doigts fixe et mobile.
Pattes thoraciques 2-5 ayant tous leurs articles dépourvus d'épines et de
dents. Bord antérieur du mérus, du carpe et du propode des pattes 2-5, face
inférieure du propode des pattes 2-4, face supérieure du propode des pattes 3-4
couverts de poils courts et serrés.
Abdomen S • fig- 127.
Pléopode 3 : fig. 128.
Longueur : 10,3. — Largeur : 11,8 (24).
Localités : côte est : Diégo-Suarez. Côte ouest : Tuléar.
Écologie : dans les mangroves.
Distribution : côte est de l’Afrique, Australie, Nouvelle-Calédonie, Formose,
Japon.
Genre Cyclograpsus H. Mil ne Edwards
Cyclograpsus H. Milne Edwards, 1837, Hist. nat. Crust., 2, p. 77. —
Barnard, 1950, Ann. S. Ajr. Mus., 38, p. 131.
Corps modérément épais. Carapace peu convexe, plus large que longue,
à bords latéraux entiers ou très faiblement dentés. Régions ptérygostomiennes
et côtés latéraux de la carapace ornés de granules et de soies non disposés en lignes
réticulées. Front incliné et d’une largeur égale ou inférieure à la moitié de celle
de la carapace. Antennes en communication avec les orbites. Troisièmes maxilli¬
pèdes laissant entre eux un large espace et ayant l'articulation du carpe et du
mérus située près de l’angle antéro-externe de ce dernier. Chélipèdes assez massifs
chez le mâle, pratiquement lisses, à propode renflé; extrémité des doigts pointue.
Pattes thoraciques 2-5 assez fortes. Abdomen à 7 segments chez les 2 sexes et
n’occupant pas, chez le mâle, tout l’espace compris entre les coxas des 5 CH pattes
thoraciques.
1. Gyclograpsus integer H. Milne Edwards. Fig. 129.
Cyclograpsus integer IT. Milne Edwards, 1837, Ann. Sc. nat., 3, p. 79. —
Forest et Guinot, 1961, Exp. française Récifs Nouvelle-Calédonie, Vol. préli¬
minaire, pp. 160, 162, fig. 175 a-c (dessins : pléopode cJ).
Cyclograpsus parvulus De Man, 1896, Zoot. Jahrb. Syst., 9, pp. 350-5; 1898,
idem , 10, pl. 32, fig. 42, 42 a-e (dessins : crabe entier, crête sous-orbitaire, rég.
buccale, pinces, abdomen $). — Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 127.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
79
r Cyclograpsus punctalus, Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon,
p. 562.
Espèce se caractérisant par sa carapace lisse et à bords latéraux entiers,
convexes sur leur partie antérieure, droits et subparallèles sur leur partie posté¬
rieure.
Fig. 129. — Cyclograpsus inleger H. Mflne Edwards, x 7.
Le mâle présente une crête sous-orbitaire composée de 3 granules allongés
de taille décroissante, le plus grand étant près de la cavité buccale (1). Chez la
femelle, la crête sous-orbitaire est formée de 5 petits granules suivis de 3 ou 4
plus grands et allongés.
Localité : côte ouest : île Europa.
Distribution : Brésil, Afrique Occidentale, Insulinde, îles Tuamotu.
Remarques : grâce à l’obligeance du Professeur Gruner nous avons pu
examiner l’exemplaire, en provenance de Madagascar, déterminé Cyclograpsus
punctalus par Lenz (1910, /. c.). Il s’agit, à notre avis, d’un C. inleger bien carac-
téristique.
Nous n’avons pas récolté, personnellement, cette espèce.
Sous-famille Plagusiinae Dana 1851
l'ront découpé par 2 profondes encoches longitudinales où se logent les
antennules. Flagelle des antennes court. Troisièmes maxillipèdes ne portant pas de
crete pileuse oblique, ne laissant entre eux qu’un petit espace non losangique et
ayant l’articulation du carpe et du mérus située près de l’angle antéro-externe de ce
dernier; exopodite étroit, avec ou sans flagelle, et entièrement visible. Abdomen <J
remplissant tout l’espace compris entre les coxas des 5 ca pattes thoraciques (2).
(1) 11 Se ! nble que ce soit P ar erreur que Tescii (1918, l. c.) ait écrit à propos des granules de la
crete sous-orbitaire c the latéral onc the longest ».
(2) D’après Alcock.
Source : MNHN , Paris
80
ALAIN GROS N TIC H
Clé des genres de la sous-famille Plagusiinae
— Mérus des 3 e " maxillipèdes aussi large que l'ischion . . . Plagusia (p. 80)
— Mérus des 3 ca maxillipèdes beaucoup plus étroit que l'ischion (fig. 141).
.Percnon (p. 81)
Genre Plagusia Latreille
Plagusia Latreille, 1806, Gen. Crust. Insect., 1, p. 33 (en partie). — Tksch,
1918, Siboga Exp., 39 c, p. 128-9.
Corps assez épais. Carapace plutôt discoïdale, à régions assez mal délimitées
et à bords latéraux dentés. Front légèrement incliné et sans épines. Espace inter-
antennulaire large. Troisièmes maxillipèdes à mérus aussi large que l'ischion.
Doigts des chélipèdes creusés en cuiller à leur extrémité. Pattes thoraciques 2-5
fortes et dont le mérus, presque toujours court et large, porte sur son bord anté¬
rieur une ou plusieurs épines. Abdomen à 7 segments chez les 2 sexes, les seg¬
ments 3-5 étant, toutefois, souvent plus ou moins coalescents.
Clé des espèces ou sous-espèces malgaches du genre Plagusia
— Carapace couverte de tubercules squamiformes bordés de poils courts et
raides.1. depressa tuberculata
— Carapace couverte de tubercules non bordés de poils et squamiformes
seulement par endroits . ..2. immaculata
1. Plagusia depressa tuberculata Lamarck. PI. VII, fig. 3.
Plagusia tuberculata Lamarck, 1818, Hist. liât. Anim. sans Vertèbres, 5,
p. 247.
Plagusia depressa tuberculata , Laurie, 1906, Ceylon Pearl Oyster Fish.
Rep., 5, p. 430. — Barnard, 1950, Ann. S . Afr. Mus., 38, p. 134. —Edmondson,
1959, Occ. Pap. Bishop Mus., 22, 10, p. 190, fig. 22 a, 23 a-c (photo : crabe entier;
dessins : abdomens 3 et $, pléopode 3).
Plagusia depressa depressa, Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache, 6,
1/2, p. 6.
Carapace discoïdale, presque aussi longue que large (rapport largeur/longueur
variant de 1,03 à 1,07) et couverte, sur toute sa surface, de tubercules squami¬
formes bordés de poils courts et raides. Bords antéro-latéraux découpés chacun
en 4 dents aiguës de taille décroissante de la dent 1 à la dent 4.
Bord supérieur des orbites lisse.
Epistome sans épines.
Chélipèdes : bord postérieur du mérus avec une épine subdistale. Carpe
et propode avec des tubercules et des sillons garnis de poils (4 sillons sur le carpe,
3 sur le propode).
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
81
Pattes thoraciques 2-5 portant de nombreux poils et soies. Bord postérieur
des coxas avec un lobe non découpé. Mérus court, large, avec une épine subdistale
sur son bord antérieur.
Abdomen (d’après Edmondson) : triangulaire, septième segment arrondi.
Pléopode 3 : non observé.
Longueur : 45. — Largeur : 46,3 (70).
Écologie : sur les roches au niveau des basses mers, également en pleine
mer sur des épaves.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte sud : Fort-Dauphin. — Comores
Bandéli.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Australie, Hawaï, Japon.
2. Plagusia immaculata Lamarck. PI. VII, Fig. 4.
Plagusiù immaculata Lamarck, 1818, Hist. nat. Anim. sans Vertèbres, 5,
p. 247. — Rathbun, 1918, U.S. Nat. Mus. Bull., 97, pp. 335-6, pl. 103, fig. 1-3
(photos : crabe entier, mxp3). — Edmondson, 1959, Occ. Pap. Bishop Mus.,
22, 10, pp. 190, 192-4, fig. 22 b , 23 d, e (photo : crabe entier; dessins : abdomens S
et 2).
P la g us i a depressa, Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache , 6, 1/2, p. 6.
Extrêmement proche de P. depressa tuberculata, en diffère essentiellement
par :
— les tubercules de la carapace non bordés de poils et squamiformes seu¬
lement par endroits,
— les chélipèdes et la face supérieure du mérus des pattes thoraciques 2-5
glabres,
— le septième segment abdominal S triangulaire (d’après Edmondson).
De même que pour P. depressa tuberculata , nous n’avons pas eu l’occasion
d’examiner le pléopode 3-
Longueur : 53,5. — Largeur : 54,5.
Écologie : identique à celle de P. depressa tuberculata.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Majunga.
Distribution : Océan Indien, Insulinde, Hawaï, Japon, côte ouest du
Costa Rica.
Genre Percnon Gistel
Percnon Gistel, 1848, Naturgesch. Tierreichs, p. 8 (non consulté). — Bar-
nard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, p. 138.
Corps mince. Carapace plus ou moins discoïdale, à régions mal délimitées
et à bords latéraux portant chacun 4 dents. Front droit et’épineux. Espace inter-
antennulaire étroit. Troisièmes maxillipèdes à mérus de petite taille et beaucoup
plus étroit que l’ischion. Doigts des chélipèdes creusés en cuiller à leur extrémité.
Pattes thoraciques 2-5 longues, fines, à mérus portant sur son bord antérieur
plusieurs fortes épines. Abdomen à segments 3-5 fusionnés chez les 2 sexes.
Source : MNHN, Paris
82
ALAIN CROSNIER
Fig. 130-131. — Percnon guinotae sp. nov.
130. Carapace, x 2,5. — 131. Epistome et dents infra-orbitaires internes, x 12.
Fig. 132-133. — Percnon affine (H. Milne Edwards).
132. Carapace, x 1,4. — 133. Epistome et dents infra-orbitaires internes, x 0.
Fig. 134. — Percnon abbreviatum (Dana). Carapace, x 3.
Fig. 135. — Percnon planissimiim (Herbst). Carapace, x 2,5.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
83
Remarques : dans les pages qui suivent, nous décrivons une nouvelle espèce
de Percnon (P. guinotae) et établissons que P. affine (H. Milne Edwards) et
P. pilimanus (A. Milne Edwards) sont identiques. Le genre Percnon comprend
donc actuellement, d’après nous, 5 espèces : P. affine (H. Milne Edwards), P.
planissimum (Herbst), P. abbrcviatum (Dana), P. guinotae (sp. nov.), P. gibbesi
(H. Milne Edwards). Les 4 premières de ces espèces sont indo-ouest-pacifiques,
la dernière est atlantique et est-pacifique. P. gibbesi n’est pas toujours considéré
comme une espèce valable et est mis en synonymie avec P. planissimum par
plusieurs auteurs (cf. Remarques p. 91).
Les espèces du genre Percnon se trouvent, souvent en abondance, sur les
roches ou sur les blocs de corail mort de la levée détritique des récifs coralliens.
Clé des espèces malgaches du genre Percnon
1. Epistoine n’ayant qu’une épine sur son bord antérieur (fig. 131). . . .
.1. guinotae
— Epistome ayant 3 épines sur son bord antérieur (fig. 133).2
2. Propode des chélipèdes avec une gouttière pileuse s’étendant sur presque
toute la longueur de son bord supérieur.3
Propode des chélipèdes sans gouttière pileuse sur son bord supérieur. .
.4. planissimum
3. Carapace plutôt discoïdale. Deuxième dent ‘antéro-latérale plus grande
que la quatrième.2. affine
— Carapace plutôt carrée. Deuxième et quatrième dents antéro-latérales
sensiblement de même taille.3. abbreviatum
1. Percnon guinotae sp. nov. Fig. 130-131,136,140-141, 145-146; pl. VII, fig. 2.
Lciolophus abbreviatus , Ortmann, 1894, Denksch. Medicini. Naturiuiss. Ges.
Jena , 8, p. 57 (en partie).
Liolophus abbreviatus , De Man, 1902, Abhandl. Senckenb. Ges., 25, 3, p. 544,
pl. 20, fig. 13 (dessin : épistome).
Carapace un peu plus longue que large (rapport largeur/longueur variant
de 0,85 à 0,93), uniformément pubcscente et ornée de quelques granules épars.
Bords latéraux légèrement convexes et portant chacun 4 dents aiguës; dent 1
la plus grande, dent 4 la plus petite, dent 2 de taille un peu inférieure à la dent 3.
Lobe frontal médian terminé par 2 épines légèrement divergentes et recour¬
bées vers le haut, suivies chacune d’une épine de même taille et de 4 ou 5 spinules.
Lobes frontaux latéraux avec une épine à leur extrémité, suivie le long du bord
externe d’une épine de même taille et d’une épine de plus petite taille; en outre
sur le dessus des lobes frontaux latéraux, entre la première et la deuxième épine,
se trouve parfois une spinule.
Bord supérieur des orbites orné, sur ses parties médiane et externe, de 7
à 10 petites épines coniques.
Epistome avec une seule épine située au milieu de son bord antérieur.
Source : MNHN, Paris
84
ALAIN CROSNIER
l'ig. 136-139. — Pince gauche vue de trois quarts.
136. Percnon guinolae sp. nov., x G. — 137. .Percnon affine (H. Milne Edwards), x 5.
138. Percnon plamssimum (Ilerbst), x 6. - 139. Percnon abbreviatum (Dana), x 10.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
85
Sillons ptérygoslomiaux glabres.
Troisièmes maxillipèdes : fig. 141 .
Chélipèdes : mérus avec une épine subdistale sur son bord antérieur, 5 ou
iTTrJ™ S °" T r StériCUr ’ un court prolongement terminé par 2 épines
cote a côte sur son bord inférieur; face supérieure garnie de soies assez longues
Carpe portant une dizaine d’épines coniques et de denticules sur ses faces supé-
vois'in de Ton? 6 ' Pmc ® assez allongée chez les femelles (rapport longueur/hauteur
o.sm de 2,20), proportionnellement beaucoup plus liante chez les mâles (rapport
0 " o ueur/hauteui égal a 1,65 chez un mâle ayant une carapace de 27,5 mm de
Kïïi 0P a° aV K° r g0UttièrC pUeUSe détendant sur les neuf dixièmes
son nlls toTn SC T c supérieur; près de la base de cette gouttière quelques
spmules (-a6 ; sur la face interne, près de la base du bord supérieur, une petite
zone pileuse plus ou moins circulaire; reste du propode lisse
Pattes thoraciques 2 - 5 très allongées et ayant la face supérieure de tous leurs
articles pubescente. Coxa portant sur son bord antérieur de 3 à 6 petites épines
Merus avec une opine subdistale sur son bord postérieur et une rangée de fortes
epines, ilanquee d une rangée parallèle de très petites épines, sur son bord anté-
iiciu. Carpe avec une épine distale sur son bord postérieur.
Abdomen : fig, 140.
: fig. 145-146.
27,5. — Largeur : 25,5.
brun clair avec des stries bleu ciel et vert jade,
sur les blocs de corail mort de la levée détritique des récifs
Pléopode
Longueur .
Coloration
Ecologie
coralliens.
Localités
côte nord-ouest : Nosy Be, îles Glorieuses. Côte ouest : Tuléar.
Distribution : côte est de l’Afrique (Dar es Salam, Minkidani), île Aldabra,
îles Moluques (Ternate et Halmahera), Océanie
Remarques : De Man (1902, l. c.) ayant déterminé cette espèce sous le nom
de Liolophus abbrevialus (Dana), une certaine confusion s’en est suivie C’est
ainsi que Tesch (1018, Siboga Exp., 39 c, p. 130) se fiant à De Man donne, dans
sa cle de détermination du genre Percnon, les caractères de P. guinotae pour P
Avant De Man, Ortmann avait d’ailleurs fait la même confusion. En 1894, cet
auteur (/. c.) a signalé Liolophus abbrevialus à Dar es Salam, Minkidani et Amboina.
1 ous avons P u examiner, au Muséum de Strasbourg, les exemplaires d’OiiT\r \NN
en provenance de la côte est de l’Afrique (1), ils appartiennent tous à P. guinotae.
Par la suite, P. abbreviatum ayant été correctement identifié, Melbourne
Ward (1934, Bull. Ra/lles Mus., 9, p. 24, pl. 111, fig. 3, 3 a) crut avoir retrouvé
i espèce de De Man décrite à tort sous le nom de L. abbrevialus et la nomma
P. demani.
En 1947 Tweedie, réexaminant les spécimens de Melbourne Ward, éta-
’issait qu ils appartenaient à P. planissimum (Herbst). Les dessins, publiés
par Melbourne Ward en 1934, montrent d’ailleurs bien la pince très haute
des chclipèdes caractéristique de l’espèce de Herbst. Dans ces. conditions
1 • demani devenait nomen nudum.
(D Ceux en provenance d’Amboina ne sont pas à Strasbourg. Nous ignorons où ils sont déposés.
Source : MNHN, Paris
86
ALAIN CROSNIER
Signalons, pour terminer, que nous avons trouvé des exemplaires de P.
guinotae sous les noms de P. a/finis et P. planissimum au Muséum national
d’Histoire naturelle de Paris et sous le nom de P. planissimum au Muséum
d'Amsterdam.
Cette espèce est dédiée à Mme Guinot en remerciement de l’aide précieuse
qu’elle nous apporte lors de nos études carcinologiques.
2. Percnon affine (H. Milne Edwards). Fig. 132-133, 137, 142, 147-148; pl. VII,
fig. 1-
Acanthopus affinis II. Milne Edwards, 1853, Ann. Sc. nat ., (3), 20, p. 180.
— Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie, Crust., p. 25.
Acanthopus pilimanus A. Milne Edwards, 1873, Nouv. Arch. Mus Hist. nat.
Paris, 9, p. 300, pl. 14, fig. 5 (dessin : crabe entier).
Percnon pilimanus , Tweedie, 1950, Bull. Baffles Mus., 22, p. 136, fig. 4 e
(dessin : pléopode <J). — Edmondson, 1959, Occ. Pap. Bishop Mus. ,22, 10, pp. 194-
5, fig. 24 a-b, 25 a (dessins : rég. ant. carapace, abdomen $; photo : crabe entier),
Percnon sp ., Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache, 6, 1/2, p. 6.
? Percnon affinis, Nobili, 1907, Mem. Acad. Sc. Torino, (2), 57, pp. 406-7
(en partie).
Cette espèce paraît être la plus grande du genre. Sa carapace atteint 48 mm
de longueur.
Elle se distingue essentiellement par :
— la pince des chélipèdes qui devient très haute chez les grands mâles (rap¬
port longueur/hauteur égal à 1,50 chez un mâle de 37 mm de longueur)
et dont la zone pileuse de la lace interne est, toujours chez les mâles,
circulaire et de grande taille (fig. 137),
— Vépistome orné sur son bord antérieur de 3 épines (une centrale et deux
latérales),
— les sillons picrijgostomiaux garnis de poils,
— Vabdomen et le pléopode S (fig. 142, 147-148).
Signalons, en outre, que l’espèce est plus épineuse que P. guinotae; en par¬
ticulier la partie interne des bords orbitaires supérieurs est ornée de spinules
et les lobes frontaux latéraux portent, en plus de l’épine terminale et des 2 épines
latérales, une épine située sur la face supérieure du lobe entre l’épine terminale
et la première épine latérale; le prolongement du bord inférieur du mérus des
chélipèdes porte 3 épines.
Le rapport largeur/longueur de la carapace varie entre 0,88 et 0,93. Les
tailles relatives des dents antéro-latérales sont les mêmes que chez P. guinotae
(Edmondson signale que, chez son unique exemplaire, les dents sont de taille
décroissante de la dent 1 à la dent 4 mais, sur la photo qu’il a publiée, il semble
bien que la dent 2 soit plus petite que la dent 3).
Longueur : 37,2 (48). — Largeur : 34,6 (44).
Écologie : d’après Fourmanoir qui a récolté l’unique exemplaire en pro¬
venance de Madagascar que nous ayons examiné, P. affine se trouve sur les rochers
mêlé aux Grapsus tenuicrustaliis et / ourmanoiri .
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
87
Localités : côte nord-ouest : Nosy Faly. Côte ouest : île Chesterfield.
Distribution : Nouvelle-Calédonie, îles Fidji, Tahiti, Hawaï.
Fig. 143. — Percnon abbreviatum (Dana). Abdomen x 6.
Fig. 144. — Percnon planissimum (Herbst). Abdomen «£, x 6.
Source : MNHN , Paris
88
ALAIN CROSNIER
Remarques : nous avons pu examiner, au Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris, le type d’ Acanthopns (= Percnon) affinis H. Milne Edwards.
Ce type, qui a été récolté aux îles Sandwich (= Hawaï), est un mâle mesurant
34 mm de longueur et 30 mm de largeur; ayant vraisemblablement été parasité,
il présente des pinces et un abdomen féminisés; ses pléopodes sont très abîmés.
Nous avons comparé ce type à celui d’Acanthopus pilimanus A. Milne
Edwards et à des exemplaires d'Acanthopns pilimanus du Muséum de Strasbourg
en provenance des îles Fidji. L’un de ces derniers exemplaires a une taille très
voisine de celle du type de P. affine.
Après ces diverses comparaisons nous sommes convaincu que P. affine
et P. pilimanus appartiennent à la même espèce.
Il existe au Muséum de Paris, outre le type, trois autres exemplaires éti¬
quetés Acanthopus affinis et très vraisemblablement examinés par Henri et
Alphonse Milne Edwards. Si l’un de ces exemplaires est bien un Percnon affine ,
un des autres est un Percnon planissimum et le dernier un Percnon guinotae.
Ces trois exemplaires ont été examinés par Forest et Guinot (1961, Exp. fran¬
çaise Récifs Nouvelle-Calédonie, Vol. préliminaire, pp. 163-4) lors de leur étude
sur les Brachyoures de Tahiti et des Tuamotu. N’ayant pas alors retrouvé le
type de P. affine , ces auteurs ont été induits en erreur par le spécimen de
P. guinotae étiqueté affinis qu’ils ont supposé correctement déterminé par
H. Milne Edwards. Ils ont ainsi été amenés à estimer que P. affine et P. pilimanus
étaient deux espèces distinctes.
Quant aux spécimens déterminés P. affinis par Nobili (1907, /. c.) et pro¬
venant des Tuamotu, l’un, comme l’ont signalé Forest et Guinot, appartient
à P. abbreviatum , l’autre, un mâle de 14,5 mm de longueur dont les pléopodes
ont malheureusement disparu, appartient vraisemblablement à P. affine; son
abdomen a toutefois une forme un peu différente de celle des autres abdomens
de P. affine que nous avons examinés.
Signalons enfin que l’exemplaire de Hoffmann (1874, /. c.), en provenance
de Madagascar, ne se trouve plus au Muséum de Leyde. Étant donné sa grande
taille (36 mm de longueur), nous pensons qu’il a été correctement déterminé
et qu’il appartient bien à P. affine.
3. Percnon abbreviatum (Dana). Fig. 134, 139, 143, 149.
Acanthopus abbreviatus Dana, 1851, Proc. Acad. Nat. Sc. Philadelphia , p. 252;
1852, U. S. Expi. Exp. Crust., pp. 373-4, pl. 23, fig. 11 a-c (dessins : crabe entier,
abdomen <$, mxp3).
Percnon abbreviatum, Tweedie, 1950, Bull. Baffles Mus., 22, p. 136, fig. 4/
(dessin : pléopode S). — Edmondson, 1959, Occ. Pap . Bishop Mus., 22, 10,
pp. 195, 197, fig. 25 b, 26 a-c (photo : crabe entier; dessins : carapace, pléopode
abdomen <J).
Se distingue de toutes les autres espèces par :
— la carapace presque carrée (rapport largeur/longueur variant de 0,96
à 1,03),
— les tailles relatives des dents antéro-lalérales de la carapace : les dents 2
et 4 sont sensiblement de même taille et beaucoup plus petites que les
dents 1 et 3, la dent 3 est d’une taille légèrement inférieure à la dent 1,
Source ; MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
89
150
. bibltn
V.USEUM)
partis -
Fig. 145-151. — Pléopode
145, 146. — Percnon guinolae sp. nov., x 16.
147,148. Percnon affine (H. Milne Edwards), x 10. — 149. Percnon abbreviatnm (Dana), x 25.
150. Percnon planissimum (Herbst), x 20. — 151. Percnon planissimum (Hcrbst), x 40.
A l’exception de la figure 151 qui montre le pléopode tel qu’il apparaît lorsque l'abdomen
est soulevé, les figures représentent des pléopodes non montés, tels qu'ils apparaissent posés
sur un verre de montre.
Source : MNHN, Paris
90
ALAIN CROSNIER
— la pince des chélipèdes assez allongée même chez les mâles (rapport
longueur/hauteur égal à 1,90 chez un mâle de 17,5 mm de longueur)
et ayant, sur sa face interne, une zone pileuse non plus circulaire mais
allongée (fig. 139),
— l’abdomen et le pléopode $ (fig. 143, 149).
Les épines sont les mêmes que chez P. affine, les sillons plérvgostomiaux
sont garnis de poils.
Longueur : 17,3. — Largeur : 17,8.
Ecologie : identique à celle de P. guinotae.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Iranja, îles Glorieuses. Côte ouest ■
Tuléar.
Distribution : Tahiti, îles Samoa, Hawaï.
4. Percnon planissimum (Herbst). Fig. 135, 138, 144, 150-151.
Cancer planissimus Herbst, 1804, Yersuch einer Naturgeschichte der Krabben
und Krebse, p. 3, pi. 59, fig. 3.
Liolophus planissimus , Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Cevlon
p. 562.
Percnon planissimum, Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, p. 138-9, fig. 26
z, j (dessins : pince <J, pléopode (?). — Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache ,
6, 1/2, p. 6. — Edmondson, 1959, Occ. Pap. Bishop Mus., 22, 10, pp. 197-9,
fig. 25 c, 27 a-c (photo : crabe entier; dessins : pléopode <J, abdomen <y). — Forest
et Guinot, 1961, Exp. française Récifs Nouvelle-Calédonie, Vol. préliminaire,
pp. 163-4.
Paraît être l’espèce du genre Percnon la plus commune. Se distingue des
autres espèces par :
— la carapace qui n’est pas uniformément pubescente mais présente des
espaces glabres symétriques,
— la pince des chélipèdes qui est très haute chez les mâles (rapport longueur/
hauteur égal à 1,45 chez un mâle de 19 mm de longueur) et qui ne pré¬
sente ni gouttière sur son bord supérieur ni zone pileuse sur sa face
interne (seuls existent quelques poils près de la base du bord supérieur),
— l’abdomen $ et le pléopode <? (fig. 144, 150-151).
La carapace, dont le rapport largeur/longueur varie de 0,87 à 0,93, a des
bords antéro-latéraux plus convergents que chez les autres espèces; les épines
sont les mêmes que chez P. guinotae à l’exception du prolongement du bord
inferieur du mérus des chélipèdes qui porte 3 épines (au lieu de 2); les sillons
ptérygostomiaux sont garnis de poils.
Longueur : 24 (37). — Largeur : 21,7 (33).
Écologie : identique à celle de P. guinotae.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, îles Glorieuses. Côte ouest : Tuléar,
île Europa. — Comores : Mayotte.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Australie, Tahiti, Hawaï,
Japon.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
91
Remarques : P. gibbesi (H. Milne Edwards) est extrêmement proche de
P. planissimum. En particulier la carapace, l’abdomen 3 et le pléopode S des
2 espèces sont identiques. Seul diffère le propode des chélipèdes qui, chez P. gibbesi ,
présente une petite zone pileuse sur sa face interne et une gouttière pileuse sur
le quart ou même la moitié de son bord supérieur. Forest et Guinot (1961, 1. c.)
considèrent que les deux espèces sont identiques.
FAMILLE DES OGYPODIDAE
Carapace presque aussi longue que large ou beaucoup plus large que
longue, à régions mal définies. Front le plus souvent étroit et recourbé. Orbites
très larges. Pédoncules oculaires pouvant être très allongés et grêles. Troi¬
sièmes maxillipèdes avec l’articulation du carpe et du mérus située près de
l’angle antéro-externe de ce dernier et un exopodite souvent rudimentaire.
Abdomen étroit.
Remarque : les espèces de la famille des Ocypodidae vivent dans les endroits
sableux ou vaseux de la zone intertidale où elles creusent des terriers.
La famille des Ocypodidae se divise en 3 sous-familles : Ocypodinae , Scopi-
merinae , Macrophthalminae.
Clé des sous-familles (1)
1. Antennules disposées, dans leur logement, longitudinalement ou légèrement
de biais par rapport à l’axe de la carapace. Corps épais.2
— Antennules disposées, dans leur logement, transversalement par rapport à
l’axe de la carapace. Corps modérément épais. Macrophthalminae (p. 121)
2. Carapace quadrangulaire. Une cavité entourée de soies entre les coxas des
3 es et 4 C8 pattes thoraciques.Ocypodinae (p. 91)
-- Carapace à contour arrondi. Une cavité entre les coxas des 3°" et 4 CS pattes
thoraciques rarement présente. Des espaces membraneux ou « tympans »
sur le mérus des pattes thoraciques de la plupart des espèces.
. Scopimerinae (p. 120)
Sous-famille Ocypodinae Dana 1851
Corps épais. Carapace à peu près carrée ou nettement plus large que longue,
à bords latéraux entiers. Front étroit et recourbé. Antennules disposées, dans
leur logement, presque toujours longitudinalement par rapport à l’axe de la
carapace. Troisièmes maxillipèdes ne laissant pas d’espace entre eux et couvrant
toute la cavité buccale. Une cavité bordée de soies entre les coxas des 3 e " et 4 e "
pattes thoraciques.
(1) D’après Borradaile.
Source : MNHN , Paris
92
ALAIN CROSNIER
Clé des genres malgaches de la sous-famille Ogypodinae
— Carapace légèrement plus large que longue. Cornée des yeux occupant une
grande partie des pédoncules oculaires qui sont assez massifs. Chélipèdes
bien développés chez les 2 sexes et inégaux.Ocypode (p. 92)
— Carapace beaucoup plus large que longue. Cornée des yeux assez petite et
située à l’extrémité des pédoncules oculaires qui sont grêles. Chélipèdes
subégaux et peu développés chez les femelles, bien développés et très
inégaux chez les mâles. TTra
Genre Ocypode Fabricius
Ocypoda Fabricius, 1798, Suppl. Entom. Syst., p. 347 (non consulté).
Ocypode, Ortmann, 1894, Zool. Jahrb. Syst., 7, pp. 761-70, pl. 23, lig. 16-2'>-
1897, idem, 10, pp. 359-71. — Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, p. 35.
Corps épais. Carapace légèrement plus large que longue, couverte dorsalement
de granules, à régions mal délimitées et à bords latéraux entiers. Front étroit
et recourbé. Orbites larges. Pédoncules oculaires assez massifs et portant souvent
à leur extrémité un prolongement en forme de corne ou de style. Chélipèdes
très inégaux, le plus grand portant, chez presque tou Les les espèces, un appareil
stridulant formé d’une crête composée de granules ou de stries s’étendant trans¬
versalement sur la face interne du propode et pouvant être frottée contre une
crête lisse portée par l’ischion. Pattes thoraciques 2-5 allongées; entre les coxas
des '.Y'" et 4 e ' pattes, un orifice entouré de soies et communiquant avec la cavité
branchiale. Abdomen à 7 segments chez les 2 sexes.
Remarques : dans ce genre le rapport largeur/longueur de la carapace est
assez variable chez une même espèce et diminue au fur et à mesure que la taille
de l’animal croît. Sauf indication contraire, les chiffres que nous publions sont
relatifs à des spécimens adultes.
Tous les Ocypode vivent sur les plages de sable où ils creusent des terriers.
Surpris à découvert, ils se déplacent à une très grande vitesse et essaient de
îegagner leurs demeures; si la retraite leur est coupée, ils courent alors vers
l’eau et s’enterrent dans le sable balayé par les vagues.
Clé des espèces malgaches du genre Ocypode (1)
1. 5 eux portant (tout du moins chez l’adulte) un prolongement en forme de
corne. •>
— Yeux sans prolongement marque. 3
2. Prolongements oculaires droits et assez massifs . . 1 . ceratophthalmus
— Prolongements oculaires recourbés et assez grêles. 2. saratan
3. Face interne de la pince du grand chélipède sans crête stridulante.
. 3. cordimanus
— Face interne de la pince du grand chélipède avec une crête stridulante . . 4
<n„^ ) ,^,.^ sence ù , MadagaSCar de °- s <"- a ( an , O. kuhlii , O . fabricii est douteuse. Cf. remarques
situées apres chacune de ces espèces.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
93
4. Propode des 2 e8 pattes thoraciques sans brosses de soies.... 5. kuhlii
Propode des 2 8 pattes thoraciques avec au moins une brosse de soies ... 5
5. Crête stridulante formée de tubercules arrondis . 6 . pauliani
— Crête stridulante formée de stries. g
6. Crête stridulante formée de 130 stries environ.4. fabricii
— Crête stridulante formée de 30 stries environ .... 7. madagascariensis
1. Ocypode ceratophthalmus (Pallas). Fig. 152, 160, 167-168; pl VIII fi* 1 •
pl. X, fig. 3. ' ’
Cancer ceratophthalmus Pallas, 1772, Specilegia, p. 83, pl. 5, fig. 17 (non
consulté).
Ocypoda ccratophlhalma , Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar,
5 e partie, Crust., p. 13, pl. 2, fig. 11-3, pl. 3, fig. 14-5 (dessins : crabe entier, pince,
pédoncules oculaires). — Lenz et Richters, 1881, Abh. Senckenb. Naturf. Ges.
Frankfurt , 12, p. 423. — De Man, 1881, Notes Leyden Mus., 5, p. 243. — Lenz,
1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Cevlon, p. 558.
Ocypoda ceratophthalmus, Fourmanoir, 1953, Naturaliste malgache, 5,1, p. 88 ;
1954, idem, 6, 1/2, p. 1, fig. 1 (dessin : crabe entier).
Ocypode ceratophthalmus, Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 86-7,
fig. 17 c-d (dessins : carapace, crête stridulante).
Ocypode ccratophlhalma, Edmondson, 1962, Occ. Pap. Bisliop Mus., 23, 1,
pp. 15-6, fig. 6 a, 7 a (dessin : crête stridulante; photo : crabe entier).
Carapace un peu plus large que longue (rapport largeur/longueur voisin de
1,12 chez l’adulte, de 1,20 chez le jeune). Maximum de largeur le plus souvent
au niveau des dents orbitaires externes, parfois en arrière.
Bords orbitaires supérieurs dirigés obliquement vers l’arrière (une ligne
joignant les extrémités des dents orbitaires externes passe très en arrière de la
base du front). Bords orbitaires inférieurs avec une encoche peu distincte en
leur milieu.
Dents orbitaires externes en forme d’angle légèrement obtus.
Yeux terminés par une corne droite assez massive qui, chez l’adulte, est
presque aussi longue que le reste de l’œil. Chez le jeune, ces cornes n’apparaissent
que lorsque la carapace mesure au moins 21 mm de largeur.
Chélipèdes : propode du grand chélipède portant, sur ses bords supérieur
et inférieur, de gros granules plus ou moins en forme de denticules; face
externe très granuleuse, les granules étant de taille très inégale; face interne
avec quelques granules et une crête stridulante transversale s’étendant sur
les deux tiers inférieurs du propode et formée de quelques granules, suivis de
14 à 18 stries épaisses et espacées puis de 20 à 30 stries fines et très rappro¬
chées; en avant de cette crête stridulante se trouvent de nombreuses soies,
fines, serrées et assez longues. Rapport longueur/hauteur de la pince compris
entre 1,5 et 1,6.
Pattes thoraciques 2-5 à dactyle peu élargi. Face inférieure du propode des
2 CI et 3 CB pattes portant chacune 2 brosses de soies longitudinales, assez étroites
et s'étendant l’une au milieu de la face, l’autre le long du bord antérieur. La
Source : MNHN, Paris
94
ALAIN CUOSNIER
Fig. 152-159. — Dactyle de la 2 e patte thoracique gauche.
152. Ocypode ceratophlhalmus (Pallas), x 4. — 153. Ocypode saralan (Forskal), Côte des
Somalis, x 4. — 154. Ocypode cordimamus Desmarest, X 4. — 155. Ocypode fabricii H. Milne
Edwards, holotype, Océanie, x 4. — 156. Ocypode jousseaumei Nobili, liolotype. Mer Rouge, X 4.
157. Ocypode kuhlii De Haan, Nouvelle Guinée, x 4,5. — 158. Ocypode pauliani sp.nov., X 4.
159, Ocypode madagascariensis sp. nov., x 7.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
95
longueur de ces brosses esl variable : parfois elles s’étendent sur toute la longueur
de l’article, parfois elles 11 e couvrent que la moitié distale. Chez les femelles, la
brosse située le long du bord antérieur semble être le plus souvent absente.
Abdomen 3 : fig. 160.
Pléopode $ : fig. 167-168.
Longueur : 37,5 (40). — Largeur : 42 (45).
Coloration : vert clair.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Nosy Faly, Majunga. Côte ouest :
Tuléar, île Europa. Côte est : Tamatave.
Distribution : côte est de l’Afrique du Sud, Mer Rouge, Hawaï, Japon.
2. Ocypode saratan (Forskal). Fig. 153, 161, 169-170; pl. VIII, fig. 2; pl. X,
fig. 5.
Cancer saratan Forskal, 1775, Descriptiones Animalium, Avium, Amphi-
biomm, Piscium, Insectorum, Vermium quae in Itinere orientali observavit,
pp. 87-8 (non consulté).
Ocypoda aegyptiaca Gerstâcker, 1856, Arch. Naturgesch ., 22, p. 134. — Hoff¬
mann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie, Crust., p. 14. — Stephensen,
1945, Danish Sc. Invest. Iran, 4, p. 188, fig. 55 A-C (dessins : pléopodes 1 et 2).
Ocypode saratan , Holthuis, 1958, Bull. Div. Fisheries Israël , 17, p. 52.
Se distingue facilement de O. cerafophlhalmiis par :
1° le prolongement des yeux moins long, recourbé vers l’arrière, et plus
grêle.
2° le propode du gros chélipède beaucoup moins granuleux et portant
une crête stridulante un peu plus longue et formée uniquement de stries fines
et serrées au nombre de 60 à 100 (85 le plus souvent); en avant de la crête stri¬
dulante et seulement le long de ses deux tiers inférieurs, se trouvent des soies
plus courtes que chez O. ccratophthalmus.
3° la face inférieure du propode des 3 C9 pattes thoraciques dépourvue de
soies et celle du propode des 2 e * pattes thoraciques ne portant qu’une seule brosse,
longue, médiane et s’étendant sur toute la longueur de l’article.
4° l’abdomen c? et le pléopode S nettement différents (fig. 161, 169-170).
Signalons, en outre, que la dent orbitaire externe est souvent à peine mar¬
quée (mais ce caractère est assez variable), et que le rapport longueur/hauteur
de la pince du grand chélipède varie de 1,3 à 1,5.
Longueur : 37 (46,5). — Largeur : 41 (52).
Localité : côte nord-ouest : Nosy Faly.
Distribution : Mer Rouge, Golfe Persique.
Remarque : Depuis Hoffmann (1874, /. c.) cette espèce n'a pas été retrouvée
à Madagascar. Les exemplaires de Hoffmann n’existent malheureusement
plus au Muséum de Leyde. Hoffmann ayant signalé simultanément, dans son
travail, O. saratan et O. ceralophthalmus , qui sont les 2 espèces à prolongements
oculaires pouvant être éventuellement confondues, une erreur de détermination
paraît moins probable.
Source : MNHN, Paris
96
ALAIN CROSNIER
3. Ocypode cordimanus Desmarest. Fig. 154, 162, 171-172; pl. VIII, fig. 3.
Ocypode cordimana Desmarest, 1825, Consid. génér. Crust., p. 121.
Ocypoda cordimana , Lenz et Richters, 1881, Abh. Senckenb. Naturf. Gcs.
Frankfurt., 12, p. 423. — Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon,
p. 558.
Ocypode cordimanus, Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 84-6, fig.
17 a-b (dessins : carapace, dactyle p2).
160. Ocypode ceratophthalmus (Pallas), x 2,5. — 161. Ocypode saratan (Forskal), Côte
des Somalis, x 2. — 162. Ocypode cordimanus Desmarest, x 2. — 163. Ocypode jousseaumei
Nobifi, liolotype. Mer Rouge, x 2,5. — 164. Ocypode kuhlii De Haan, Nouvelle Guinée, X 3.
— 165. Ocypode pauliani sp. nov., x 2,5. — 166. Ocypode madagascariensis sp. nov., X 3,5.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
97
167, 168. Ocypode ceratoplithalmus (Pallas), x 16. — 169, 170. Ocypode saratan
(l'orskal), Côte des Somalis, x 16. — 171, 172. Ocypode cordimanus Desmarest,
x 16. — 173, 174. Ocypode jousseaumei Nobili, holotype, Mer Rouge, x 16.
Source : MNHN, Paris
98
ALAIN CROSNIER
Carapace un peu plus large que longue (rapport largeur/longueur voisin
de 1,10 chez l’adulte). Maximum de largeur nettement en arrière des dents orbi¬
taires externes. Bords antéro-latéraux très régulièrement convexes.
Bords orbitaires supérieurs ayant une direction générale horizontale (une
ligne joignant les extrémités des dents orbitaires externes passe un peu en avant
de la base du front). Bords orbitaires inférieurs avec une légère encoche à leur
tiers distal et une profonde encoche à leur extrémité externe.
Dents orbitaires externes dirigées vers l’avant et à bord externe convexe.
Yeux sans prolongement.
Chélipcdes : propode du grand chélipède avec des granules de petite taille;
pas de crête stridulante. Rapport longueur/hauteur de la pince du grand chéli¬
pède compris entre 1,55 et 1,75.
Pattes thoraciques 2-5 à dactyle étroit. Face inférieure du propode des 2 es pattes
thoraciques avec 2 brosses de soies longitudinales et très étroites; face inférieure
du propode des 3 ea pattes thoraciques avec une seule brosse s’étendant le long du
bord antérieur.
Abdomen o : fig. 162.
Pléopode cJ ; fig. 171-172.
Longueur : 37,5. — Largeur : 40.
Coloration : jaune clair. Partie antérieure de la carapace et partie supérieure
des pattes thoraciques souvent lavées de brun-rouge.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Nosy Iranja. Côte ouest : Tuléar,
île Europa.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Tahiti, Japon.
4. Ocypode fabricii H. Milne Edwards. Fig. 155, 175; pl. X, fig. 1, 4.
Ocypoda fabricii H. Milne Edwards, 1837, Hist. nat. Crust., 2, pp. 47-8. —
Lenz et Riciiters, 1881, Abh. Senckenb. Naturj. Ges. Frankfurt , 12, p. 423. —
Nobili, 1905, Bull. Mus. Hist. nat. Paris f 11, pp. 230-3, fig. 1, 1 a (dessins :
partie ant. carapace, dactyle p).
Seul le type de cette espèce, un male, paraît connu actuellement (1). Ce type,
qui se trouve au Muséum national d’IIistoire naturelle de Paris, est malheureu¬
sement très abîmé; il a été décrit en détail par Nobili (1905, /. t\), nous n’en
redonnons donc ici que les principaux caractères.
Nous avons inclus cette espèce dans notre travail car elle a été signalée
à Madagascar par Lenz et Riciiters (1881, /. c.). L’exemplaire de ces auteurs
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites le Dr. R. W. George du Western Australian Muséum
n récolté O. fabricii en plusieurs endroits de la côte nord et de la partie nord de la côte ouest de
l'Australie.
Il va publier les résultats de ses observations mais nous a cependant aimablement autorisé à
donner ci-dessous les principales caractéristiques de O. fabricii telles qu’il les a relevées :
(1) Stridulating organ of hand witli 108-141 extrcmely fine striae.
(2) Lowcr orbital edge with broad médian notch and latéral U-shaped notcli.
(3) Stylets on eyes very short.
(4) Anterior surface of propodus of 2nd pereiopod with triple (large <J), double (most â o) or
single (females) hairbrush.
(5) Distal half of anterior surface of propodus of 3rd pereiopod with single hairbrush (large <J)
or absent (remainder of specimens). »
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
99
n’ayant pas etc réexaminé et les déterminations d ’Ocypode ayant donné lieu
à de nombreuses erreurs, la présence de cette espèce dans la Grande Ile demeure,
à notre avis, douteuse.
Carapace presque aussi longue que large (rapport largeur/longueur égal
à 1,06). Maximum de largeur au niveau des extrémités des dents orbitaires
externes.
Bords orbitaires supérieurs ayant une direction générale presque horizontale
(une ligne joignant les extrémités des dents orbitaires externes passe par la base
du front). Bords orbitaires inférieurs avec une faible encoche en leur milieu
et une large encoche en forme d’U à leur extrémité externe.
Dents orbitaires externes très saillantes et dirigées antéro-latéralement,
leur axe faisant un angle de 45° environ avec l’axe de la carapace. Bords externe
et interne des dents légèrement concaves.
Yeux avec l’esquisse d’un prolongement.
Chélipèdes : propode du grand chélipède avec, sur ses bords supérieur
et inférieur, des tubercules coniques bien développés ; face externe avec des
granules plus ou moins en forme de denticule et de taille très inégale ; face
interne avec de gros granules coniques le long de son bord supérieur, de très
petits granules le long de son bord inférieur et une crête stridulante occupant
presque toute la hauteur de la pince et formée de stries fines et très rappro¬
chées au nombre de 130 environ; en avant de cette crête se trouvent des soies
courtes et serrées. Rapport longueur/hauteur de la pince du grand chélipède
égal à 1,42.
Pattes thoraciques 2-5 : détachées et perdues en partie; celles qui restent
ont ensuite été recollées en désordre avec peut-être apport de pattes d’un autre
spécimen. Il est par suite très difficile de tirer des conclusions valables sur la
disposition des brosses de poils. Nobili a estimé que seule une paire de pattes
portait des brosses.
Abdomen <$ : détaché, a été perdu.
Pléopode <5 : fig. 175.
Longueur : 38,5. — Largeur : 41.
Localité : Madagascar (Lenz et Richters).
Distribution : Océanie, Australie.
Remarques : Nobili (1905, /. c.) indique que cette espèce provient d’Aus¬
tralie. En fait, le type du Muséum de Paris est étiqueté Océanie. C'est d’ailleurs
de cette dernière région que H. Milne Edwards l’a signalé.
Comme Nobili (1905, I. c., pp. 233-5, fig. 2) l’a noté, O. jousseaurnei, connu
seulement de la Mer Rouge, est proche de O. fabricii et s’en distingue essentielle¬
ment par la crête stridulante formée de 20 stries larges et espacées auxquelles
font suite 60 stries fines et serrées (en fait le passage d’un type de stries à l’autre
se fait très graduellement).
Nous donnons, dans ce travail, des photos de la carapace et de la crête
stridulante du type de O. jousseaurnei ainsi que des dessins du dactyle, de la
2 e patte thoracique droite, de l’abdomen <J et du pléopode 3- Ocijpode jousseaurnei
paraît être également très proche de O. stimpsoni dont nous n'avons malheureu¬
sement pas vu d’exemplaire.
Source : MNHN , Paris
100
ALAIN CROSNIER
1-ig. 175-181. Pléopode vu par les faces abdominale et interne.
f abricii H - Milne Edwards, holotype, Océanie, x 20. — 176, 177. Ocupode
kuhln De Haan ’ Nouve lle Guinée, x 18. — 178, 179. Ocypode pauliani sp. nov., x 18.
180, 181. Ocypode madagascariensis sp. nov., x 10.
Remarque : la figure 175 a été dessinée d'après un pléopode sec et en mauvais état.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
101
5. Ocypode kuhlii De Haan. Fig. 157, 164, 176-177; pl. IX, fig. 1.
Ocypode (Ocypode) kuhlii De Haan, 1835, Fauna Japonica Crus!., p. 58.
P/' MAN ’ 1881 ’ Noles Leljden Mua - 3- PP- 250-3. —Barnard,
IOdO, Ann S. Afr. Mus., 38, pp. 87-8, fig. 17 e-g (dessin : partie ant. carapace,
crete stndulante, dactyle p2).
Non Ocypoda kuhlii , Miers, 1882, Ann. Mus. nat. Iiist pp. 384-6, pl. 17
fig. 8, 8 o-b. 9 ’ ’
Carapace nettement plus large que longue (rapport largeur/longucur variant
de 1,23 a a surface assez finement granulée. Maximum de largeur très en
arriéré des dents orbitaires externes (au niveau des régions épibranchiales)
Bords orbitaires supérieurs ayant une direction générale horizontale (une
ligne joignant les extrémités des dents orbitaires externes passe très légèrement
en avant de la base du front). Bords orbitaires inférieurs avec une très faible
encoche vers leur milieu.
Dents orbitaires externes dirigées légèrement antéro-latéralement, leur axe
faisant un angle de 30° environ avec l’axe de la carapace. Bord interne des dents
concave, bord externe droit.
Yeux sans prolongement.
Chélipèdes : propode du grand chélipède avec des petits granules sur son
bord supérieur et des denticules sur son bord inférieur; face externe avec des
granules de taille très inégale mais jamais très grands; face interne peu granu¬
leuse et ornee d'une crête stridulante formée de 12 à 13 granules arrondis portant,
a leur sommet, une très courte strie cornée; en avant de cette crête quelques
soies courtes. Rapport longueur/hauteur de la pince du grand chélipède compris
entre 1,8 et 2. ^
Pattes thoraciques 2-5 à propode dépourvu de brosses de soies.
Abdomen ; fig. 164 (1).
Pléopode : fig. 176-177.
Longueur : 33,8. — Largeur : 42,8.
Coloration : jaune clair ou vert clair.
Localités : non encore signalé à Madagascar semble-t-il. (Cf. Remarques).
Distribution : côte est de F Afrique du Sud, Java, Nouvelle Guinée.
Remarques : Nous avons pu examiner, au Muséum de Leyde, les svntvpes
de O. kuhlii, deux mâles en provenance de Java. Nous en donnons ci-après
es mensurations de même que celles d’un troisième exemplaire en provenance
de la Nouvelle-Guinée.
Kn accord avec le Dr. Holthuis, nous avons choisi, comme lectotype, le
syntype mesurant 27,1 mm de longueur (Mus. Leiden n° Crust. D 217). L’éti¬
quette de cet exemplaire mentionne, en effet, qu’il a été récolté par IL Kuhl
e ‘t J. C. Van Hasselt, l’étiquette de l’autre syntype ne porte pas de nom de
collecteur. Ce choix est d’ailleurs conforme à l’opinion de De Max (1881, l c
P- 251).
nK . (1 ' be seul exemplaire dont nous disposions, lorsque nous avons exécuté
noüomen dissymétrique et visiblement anormal.
nos dessins, avait un
Source : MNHN , Paris
102
ALAIN CROSNIRR
S ij n types
Exemplaire
de la Nouvelle
Guinée
Longueur de la carapace.
27,1
33,8
26,2
Largeur de la carapace au niveau des
extrémités des dents orbitaires externes.
31,3
38,0
30,3
Largeur maxima de la carapace ....
33,7
42,8
32,5
Longueur du bord supérieur du propode
du grand chélipède.
15,6
21,3
15,1
Hauteur de la pince du grand chélipède.
16,0
22,5
15,7
Longueur de la pince du grand chélipède.
30,6
44,4
28,5
Largeur du 6 e segment abdominal . . .
6,6
7,9
6,2
Longueur du 6 e segment abdominal
(mesurée sur la ligne médiane).
6,3
7,0
6,1
1 Longueur du 5 e segment abdominal. . .
5,7
7,4
5,2
Nombre de tubercules de la crête stri¬
dulante.
i
13
13
12
La photo du crabe entier que nous publions est celle du lectotype, par
contre les dessins de l’abdomen S et du pléopode ont été exécutés d’après
l’exemplaire de la Nouvelle-Guinée dont nous donnons les mensurations.
Il est à noter que, chez les deux syntypes, l’abdomen présente une impor¬
tante variation : chez l’un (lectotype) le 6 e segment est plus long que le 5 e , tandis
que chez l’autre c’est le contraire qui est observé (cf. mensurations).
O. kuhlii a été signalé à Madagascar par Miers (1882, l. c.). Mais le Dr. Gor¬
don, qui a eu l’obligeance de revoir les exemplaires de Miers, nous a écrit qu’ils
n’appartiennent pas à O. kuhlii , leur crête stridulante étant formée de 35 à
40 stries. N’ayant pas eu l’occasion d'examiner personnellement ces exemplaires,
nous ignorons leur identité exacte. Le nombre de stries de leur crête stridulante
ne permet de les rapprocher, parmi les espèces citées dans ce travail, que de
O. m ad a g ascarieus is .
6. Ocypode pauliani sp. nov. Fig. 158, 105, 178-179; pl. IX, fig. 2; pl. XI, fig. L
Carapace plus large que longue (rapport largeur/longueur variant de 1,15
à 1,20) et couverte de granules beaucoup plus gros le long de ses bords latéraux
qu’en son centre. Maximum de largeur très en arrière des dents orbitaires externes
(au niveau des régions épibranchiales).
Bords or hilaires supérieurs ayant une direction générale horizontale (une
ligne joignant les extrémités des dents orbitaires externes passe un peu en avant
de la base du front). Bords orbitaires inférieurs avec une encoche large et assez
profonde un peu au delà de leur milieu.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
103
Denis orbitaires externes saillantes, dirigées très légèrement antéro-latérale-
ment, à bord interne concave et à bord externe droit ou un peu concave.
Yeux sans prolongement.
Chélipèdes : propode du grand chélipède à bord supérieur orné de gros
granules coniques et à bord inférieur fortement denticulé; face externe cou¬
verte de granules de taille très inégale mais dont certains sont très gros (beaucoup
plus gros que chez toutes les autres espèces citées dans ce travail) ; face interne
avec des gros granules près de son bord supérieur, des petits granules près de
son bord inférieur et une crête stridulante courte, dépourvue de soies et formée
de 8 à 14 tubercules arrondis à sommet corné; vers la base de la crête, les tubercules
sont souvent disposés assez irrégulièrement. Rapport longueur/hauleur de la
pince du grand chélipède variant de 1,55 à 1,65.
Pattes thoraciques 2-5 à dactyle assez élargi. Face inférieure du propode
des 2 et 3 e " pattes portant, sur presque toute la longueur de son bord antérieur,
une brosse de soies assez large.
Abdomen $ : fig. 165.
Pléopode <J ; fig. 178-179.
Longueur : 37,1. — Largeur : 42,8.
Coloration : jaune clair.
Localités : côte nord-ouest : Tany Kely, Nosy Iranja. Côte ouest : Tuléar.
— Comores : Grande Comore.
Mensurations du type :
Longueur de la carapace. 37 ^
Largeur de la carapace au niveau des extrémités des dents orbitaires
externes. 39 7
Largeur maxima de la carapace. 42,8
Longueur du bord supérieur du propode du grand chélipède. 22,7
Hauteur de la pince du grand chélipède. 26,2
Longueur de la pince du grand chélipède. 40,3
Largeur du 6 e segment abdominal. 9,8
Longueur du 6 e segment abdominal (mesurée sur la ligne médiane). . . 8,8
Longueur du 5 e segment abdominal. 7,5
Nombre de tubercules de la crête stridulante. 14
Remarque : cette espèce, qui paraît commune à Madagascar, peut à pre¬
mière vue être confondue avec O. kuhlii. La présence de brosses sur les propodes
des 2 CB et 3°“ pattes thoraciques permet de l’en distinguer sans difficulté.
'• Ocypode madagascariensis sp. nov. Fig. 159, 166, 180-181; pl. IX, fig. 3;
pl. XI, fig. 2.
Carapace plus large que longue (rapport largeur/longueur égal à 1,15) et
couverte de granules presque aussi gros en son centre que sur ses côtés. Maximum
de largeur très en arrière des dents orbitaires externes (au niveau des régions
épibranchiales).
Source : MNHN, Paris
104
ALAIN CROSNIER
Bords orbitaires supérieurs ayant une direction générale horizontale (une
ligne joignant les extrémités des dents orbitaires externes passe sensiblement
par la base du front). Bords orbitaires inférieurs ayant une très faible encoche
un peu au delà de leur milieu.
Dents orbitaires externes saillantes, dirigées très légèrement antéro-latéra-
lement, à bord interne concave et à bord externe un peu convexe.
Yeux sans prolongement.
182
183
184
Fig. 182-184. — Ocypode lacnis Dana, Hawaï.
182. Pléopode $ vu par le bord interne, x 25.
183. Pléopode £ vu par la face abdominale, x 25.
184. Abdomen <£, x 3.
Chélipèdes : propode du grand chélipède à bord supérieur portant d’assez
gros granules et à bord inférieur denticulé; face externe avec des granules de
taille inégale, certains étant assez gros; face interne avec quelques granules le
long de ses bords supérieur et inférieur et une crête stridulante dépourvue de
soies et formée de 30 stries disposées d’une façon irrégulière surtout sur la moitié
inférieure de la crête. Rapport longueur/hauteur de la pince du grand chélipède
égal à 1,87.
Pattes thoraciques 2-5 à dactyle étroit. Face inférieure du propode des 2 P * et
3 e pattes portant une large brosse de soies s’étendant sur toute la longueur de
l’article et sur la moitié antérieure de sa largeur.
Abdomen S : fig. 166.
Pléopode S : fig. 180-181.
Longueur : 24,2. — Largeur : 27,9.
Coloration : jaune clair.
Localité : côte ouest : Tuléar.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
Mensurations du type :
Longueur de la carapace.
Largeur de la carapace au niveau des extrémités des dents orbitaires
externes.
Largeur maxima de la carapace.
Longueur du bord supérieur du propode du grand chélipède.
Hauteur de la pince du grand chélipède.
Longueur de la pince du grand chélipède.
Largeur du 6 e segment abdominal.
Longueur du 6 e segment abdominal (mesurée sur la ligne médiane).
Longueur du 5 e segment abdominal.
Nombre de stries de la crête stridulante.
Remarques : de cette espèce nous n'avons examiné qu'un seul exemplaire
récolté par le Pr. Petit et déterminé O. aff. nobilii par Balss. Comme nous
l'avons signalé dans les remarques faites à propos de O. kuhlii, il est possible que
ce soit cette espèce qui ait été mentionnée à Madagascar sous le nom de O. kuhlii
par Miers (1882, Ann. Mus. nat. Hist. , pp. 384-6).
Par la forme de sa carapace, O. madagascariensis est proche de O. pauliani
et de O. laevis Dana (1). Il s'en distingue toutefois facilement par la composition
de la crête stridulante (pl. XI, fig. 3) et la forme de l’abdomen $ et du pléopode A
(fig. 182-184).
105
24.2
26.2
27,9
10.4
11.5
21,3
6,8
5.8
4.8
30
Genre Uca Leach
Uca Leach, 1815, Trans. Linn. Soc. London , 11, p. 309. — Barnard, 1950,
Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 89-90.
Corps assez épais. Carapace plus large que longue, à régions peu marquées
et à bords latéraux entiers et convergents vers l'arrière. Front recourbé et étroit.
Orbites très larges. Pédoncules oculaires allongés et grêles mais sans prolongement
a leur extrémité. Chélipèdes subégaux et de très petite taille chez les femelles,
inégaux (l'un prenant un développement énorme) chez les mâles. Pas d'appareil
stridulant. Pattes thoraciques 2-5 allongées. Entre les 3 e * et 4 e " pattes, un orifice
entouré de soies et communiquant avec la cavité branchiale. Abdomen à 7
segments chez les 2 sexes (chez le mâle il arrive, toutefois, que certains segments
soient coalescents).
Remarques : les Uca vivent dans les zones vaseuses ou vaso-sableuses de la
zone intertidale où ils creusent des terriers. Us sont particulièrement abondants
dans les mangroves.
Seuls les mâles sont déterminables assez facilement grâce à l'ornementation
de leur grande pince et â la structure de leurs premiers pléopodes. La détermi¬
nation de femelles isolées paraît souvent impossible.
r.rr Des ,)hotos de lœvis ont été publiées par Rathbun (1906, Bull. U. S. Fish. Com.. 23, 3, pl. 7,
“I et Edmondson (1962, ücc. Pap. Bishop Mus., 23, 1 , fig. 7 b).
Source : MNHN , Paris
106
ALAIN CROSXIER
185
Fig. 185. — Uca marionis (Dcsmarcsl), x 5.
Fig. 186. Uca urinllei (H. Milnc Fdwards), x 5.
Fig. 187. Uca telragonon (Herbst), X 3.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
107
Clé des espèces malgaches du genre Uca
1 .
4.
o.
G.
8 .
Front étroit (fig. 185). 2
Front large (fig. 203). ^
Bord antérieur du mérus des chélipèdes avec une dent triangulaire. ... 3
Bord antérieur du mérus des chélipèdes sans dent.5
Largeur du front, mesurée au niveau des pédoncules oculaires, environ égale
au quinzième de la largeur de la carapace (fig. 187). Carpe du grand chéli-
pède <? lisse.5. tetragonon
Largeur du front, mesurée au niveau des pédoncules oculaires, environ égale
au vingtième de la largeur de la carapace (fig. 185). Carpe du grand chéli-
pède <J granuleux. 4
Doigt fixe du grand chélipède <J sans dent bien marquée (fig. 188).
.1. marionis
Doigt fixe du grand chélipède <? avec 2 fortes dents triangulaires sur sa
moitié distale (fig. 189). 2 . marionis f. excisa
Bord inférieur des orbites denticulé et portant, en outre, une ligne acces¬
soire de granules (fig. 186).3. urvillei
Bord inférieur des orbites sans ligne accessoire de granules . 4. dussumieri
Pas de crête sur la moitié inférieure de la face interne du propode du grand
chélipède o.* nversa
Une crête sur la moitié inférieure de la face interne du propode du grand
chélipède (fig- 207). 7
Grande pince sans dépression pileuse sur sa face externe, près de la base
du doigt fixe, et avec une crête anguleuse portant des tubercules sur la
moitié inférieure de sa face interne (fig. 206-207). 7. annulipes
Grande pince $ avec une petite dépression pileuse sur sa face externe, près
de la base du doigt fixe, et une crête non anguleuse, régulièrement convexe,
lisse ou faiblement granulée sur la moitié inférieure de la face interne (fig. 208-
209). 8
Doigts de la grande pince plus longs ou, chez les petits spécimens, au moins
de même longueur que la région palmaire. Mérus des pattes ambulatoires
allongé (L/l > 2,5) et à bord antérieur peu convexe. 8 . gaimardi
Doigts de la grande pince plus courts ou, chez les petits spécimens, au
plus de même longueur que la région palmaire. Mérus des pattes ambu¬
latoires large (L/l < 2,5) et à bord antérieur très convexe.
.9. chlorophthalmus
1. Uca marionis (Desmarest). Fig. 185, 188, 194.
Gelasimus marionis Desmarest, 1823, Gonsid. Gén. Crust., p. 124, pl. 13,
fig. 1 (non consulté). — Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
Crust., p. 15, pl. 3, fig. 16-8 (dessins : crabe entier, front, pince <J). — De Man,
1880, Notes Leyden Mus., 2, pp. 67-8. — Lenz, 1910, Crust. Madagaskar
Ostafrika Geylon, p. 559.
Source : MNHN, Paris
108
ALAIN CROSNIER
Uca marionis , Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 90-3 (pro parte),
fig. 18 a, c, 19 d (dessins : rég. frontale, pince 5, pléopode £).
Fig. 188-190. — Grande pince x 2,5.
188. Uca marionis (Desmarest), face externe, £ 11,4 x 17,5 min.
189, 190. Uca marionis forme excisa Xobili. faces externe et interne, £ 12,1 x 18,3 mm.
Carapace glabre, à bords latéraux entiers, sinueux et modérément convergents
vers l’arrière. Face dorsale séparée de chacune des faces latérales par une ligne
en relief à peine visible (chez certains exemplaires, cette ligne n’est visible que
sur une petite longueur en arrière de la dent orbitaire externe et disparaît complè¬
tement au delà). Rapport largeur/longueur de la carapace voisin de 1,50-1,60.
Front étroit.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
109
Bord supérieur des orbites lisse; bord inférieur denticulé, les denticules avant
une forme plus ou moins carrée.
Grand chélipèdc 3 : mérus avec une forte dent triangulaire sur son bord
anterieur. Carpe portant une très petite dent sur son bord interne et des granules
sur ses faces supérieure et externe. Propode à face externe ornée de granules
particulièrement développés sur sa moitié inférieure; face interne avec 2 crêtes
granuleuses proéminentes; doigt fixe sans dents bien marquées mais avec un
sillon sur sa face externe (fig. 188).
Plcopodc S : fig. 194.
carapace et pattes thoraciques 2-5 gris-bleu. Grand chélipède <?
Coloration
jaune-orange.
Longueur
Localités
Écologie
des mangroves.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Australie, Insulinde.
11,5 (18,5). — Largeur : 17,6 (26,5).
: côte nord-ouest : Nosy Re, Nosy Falv. Côte ouest : Tuléar.
sur les fonds vaso-sableux situés habituellement en bordure
2. Uca marionis forme excisa Nobili. Fig. 189-190.
Uca marionis excisa Nobili, 1906, Ann. Sc. nat., (9), 4, p. 315 .
Gelasimus nilidus Dana, 1852, U. S. Expi. Exp. Crust., pp. 316-7, pl. 19
fig. 5 a-d (dessins : crabe entier, pince 3 , abdomen 3 ).
Gelasimus vocans, Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5* partie,
Crust. p K> _ De Man, 1880, Noies Leyden Mus., 2, p. 67. — Lenz et Richters,
1881, Abh. Senckenb. Nalurf. Ges. Frardcjurt, 12, p. 423.
Uca marionis nilidus, Sakai, 1939, Crabs of Japan, 4 , p. 622, text-fig. 95 b ,
pl. 71, fig. 3 (photo : pince 3; aquarelle : crabe entier).
Uca marionis, Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 90-3 (pro parte)
fig. 18 b (dessins : pince <J).
Cette forme, qui n’est pas séparée de la forme tvpiquc par certains auteurs
se distingue par :
la présence de 2 fortes dents triangulaires sur la moitié distale du doigt
fixe du grand chélipède 3 (fig. 189),
— le relief plus accentué des crêtes granuleuses de la face interne du pro¬
pode du grand chélipède 3 .
Longueur : 15,2. — Largeur : 24,5.
Coloration : identique à celle de la forme typique.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Nosy Faly. Côte ouest : Tuléar.
Ecologie : identique à celle de la forme typique.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Inde, îles Samoa, Japon.
Remarques : cette forme paraît beaucoup plus commune, à Madagascar,
que la forme typique.
L'ne autre forme de U. marionis, U. marionis f. cullrimana (Adams et White),
a egalement été décrite. Elle se caractérise par le doigt fixe du grand chélipède 3
Plus droit que chez excisa et ayant la dent qu’il porte vers son milieu peu marquée.
Certains exemplaires de Nosy Be peuvent lui être rattachés.
s
Source : MNHN, Paris
110
ALAIN CROSNIER
Comme toutes les formes de passage existent entre la forme typique et les
(leux autres formes, il ne semble pas que ces dernières soient bien valables. En
fait, nous avons maintenu séparées les deux formes essentiellement pour des
questions de commodité bibliographique.
3. Uca urvillei (H. Milne Edwards). Fig. 186, 191-193, 195-196.
Gelasimus urvillei IL Milne Edwards, 1852, Ann. Sc. nul., (3), 18, p. 148,
pl. 3, fig. 10 (non consulté). — De Man, 1891, Notes Leydën Mus., 13, pp. 34-5.
193
Fig. 191-193. — Uca urvillei (H. Milne Edwards). Grande pince <$.
191. Face externe, x3 )( J 12,0 x 20,8 mm. — 192. Face externe, x 3, 3 15,8 x 26,9 mm.
— 193. Face interne, x 3,5, 3 12,0 x 20,8 mm.
Gelasimus dussumieri, Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
Crust., pp. 17-8, ( pro parte, fide De Man), pl. 3, fig. 19-21 (dessins : rég. fronto-
orbitaire, pince 3). — De Man, 1880, Notes Leydcn Mus., 2, pp. 68-9.
Uca urvillei, Barnard, 1950, Ann. S. Ajr. Mus., 38, pp. 93-4, fig. 18 d-f ,
19 a-b (dessins : rég. fronto-orbitaire, pince 3, pléopode 3). — Fourmanoir,
1953, Naturaliste malgache , 5, 1, p. 90.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
111
Carapace a bords latéraux 1res sinueux et fortement convergents vers l’arrière
Face dorsale separee de chacune des faces latérales par une ligne en relief bien
Risible, partant de la dent orbitaire externe correspondante et s’étendant sur
les deux tiers environ de la longueur de la carapace. Rapport largeur/longueur
de la carapace voisin de 1,70 - 1,80. ° 'longueur
Front étroit.
Kir. ,nÆ 19 ' ~ Uca marionis (Desmarest). Pléopode face abdominale, x 40.
Fi,. 107 UCa Ur0l " ei (H ' Millle Edwards )- Pléopode <J, faces abdominale et sternale, x 32
ig. J/, 198. — beu tetragonon (Hcrbst). Pléopode S, faces abdominale et sternale,]x 50.
Tous ces pléopodes sont représentés dénudés.
Source : MNHN, Paris
112
ALAIN CROSNIER
Bord supérieur des orbites granuleux. Bord inférieur denticulé (les denti-
cules ayant une extrémité arrondie) et portant en outre, vers l'intérieur, une
ligne accessoire de granules.
Grand chélipède : bord antérieur du mérus sans dents ni épines mais avec
plusieurs denticules aigus. Carpe avec une petite dent (parfois absente chez
les grands exemplaires) sur son bord interne el des granules sur ses faces supérieure
et externe. Propode à face externe ornée de granules; face interne avec 2 crêtes
granuleuses proéminentes; doigt fixe avec une petite dent (absente chez les
grands exemplaires) au milieu de son bord supérieur et un sillon sur sa face
externe. Doigt mobile denticulé.
Pléopode $ : fig. 195-196.
Longueur : 16,7. — Largeur : 29,6.
Coloration : carapace bleue. Pattes thoraciques 2-5 bleu-gris à leur base,
gris-violet à leur extrémité. Pince du grand chélipède 3 rouge-orange.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Nosy Faly, Majunga. Côte ouest :
Tuléar.
Écologie : vit au cœur des mangroves, dans les zones à Rhizophora.
Distribution : côte est de l’Afrique, Inde, îles Nicobar, archipel de Mergui.
4. Uca dussumieri (II. Milne Edwards).
Gelasimus dussumieri H. Milne Edwards, 1852, Ann. Sc. nul (8), 18, p. 148,
pl. 4, fig. 12 (non consulté). — Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar,
5 e partie, Crust., pp. 17-8 ( pro parte, fide De Man), pl. 3, fig. 22 (dessin : pince S
anormale). — De Man, 1891, Notes Legden Mus., 13, pp. 26-7.
Nous n’avons pas examiné d’exemplaire de cette espèce qui, d’après De Man,
est très proche d 'Uca uruillei et s’en distingue par :
— l’absence d’une ligne accessoire de granules en arrière des denticules du
bord inférieur des orbites,
les bords latéraux de la carapace un peu moins fortement convergents
vers l’arrière.
Le pléopode <J serait également différent.
Localité : côte nord-ouest : Nosy Faly.
Distribution : archipel de Mergui, Insulinde.
Remarque : cette espèce paraît rare à Madagascar puisqu’un seul exemplaire
y a été récolté jusqu’à maintenant (cf. De Man, 1891, /. c., p. 26).
5. Uca tetragonon (Herbst). Fig. 187, 197-200.
Cancer tetragonon Herbst, 1790, Versuch einer Naturgeschichte der Krabben
und Krebse, 1, p. 257, pl. 20, fig. 110 (non consulté).
Gelasimus tetragonon, Hoffmann, 1874, Rech. Faune Madagascar, 5 e partie,
Crust., pp. 16-7.
Gelasimus telragonum, Gravier, 1920, Bull. Mus. Ilist.nat. Paris, 26, p. 472.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
113
199
200
Fig. 199-202. — Grande pince <J, faces externe et interne.
199, 200. Uca telragonon (Herbst), x 2,5, 17,4 x 25,6 mm.
201, 202. Uca inversa (Hoffmann), x 3,5, 3 10.7 x 17,7 mm.
Source : MNHN, Paris
114
ALAIN CROSNIER
Uca Mragonon, Edmondson, 1962, Occ. Pap. Bishcp. Mus., 23 f 1, n 13
fig. 8 a (photo : crabe entier).
Espèce proche à’Uca marionis mais s’en distinguant facilement par :
- la carapace plus convexe et proportionnellement moins large (rapport
largeur/longueur voisin de 1,40 - 1,50),
— le bord supérieur des orbites plus sinueux,
— le front plus large,
— le grand chélipède «J dont la dent du bord antérieur du mérus est plus
petite, les faces supérieure et externe du carpe pratiquement lisses et
la pince de forme bien différente (fig. 199-200),
— le pléopode S (fig. 197-198).
Longueur : 18,4. — Largeur : 27,9.
Coloration : carapace vert sombre avec des taches très irrégulières rouge
sombre. Pattes thoraciques 2-5 violettes et vert foncé. Grand chélipède brun-
orange avec une large tache rouge-orange vif vers la base du doigt fixe.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar.
Écologie : dans les mangroves.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Insulinde, îles Hawaï.
6 . Uca inversa (Hoffmann). Fig. 201-203, 210-211.
Gelasinn,s inversas Hoffmann, 1874, Reeh. Faune Madagascar, 5* partie,
iqÏ'v', V '/’ fi ?’ 23 ' 6 (deSSms : crabe cntier - front, pince <J). — De Man,
1891 Notes Leyden Mus., 13, pp. 44-7, pl. 4, fig. 12 (dessins : chélipède «J).
Uca inversa, Barnard, 1950, Ann. S. A/r. Mus., 38, pp. 94-5, fig. 18 / m
(dessins : pince <J). — Fourmanoir, 1954, Naturaliste malgache, 6 , 1 / 2 , p. 3 .
Carapace à bords latéraux sinueux et fortement convergents vers l’arrière.
Face dorsale separee de chacune des faces latérales par une ligne en relief, partant
de a dent orbitaire externe correspondante et s’étendant sur à peine la moitié
de ^longueur de la carapace. Rapport largeur/longueur de la carapace voisin
Front relativement large.
^Péricur des orbites lisse; bord inférieur légèrement concave vers son
dieu et crenele, du côte externe, sur la moitié ou les deux tiers de sa longueur.
fnrmfToÏl cMlp t èd f °. '' bord antérieu >‘ du mérus avec une expansion lamelli-
orme faiblement denticulee. Carpe avec des denticules sur son bord interne
snnéRe,?r S H Sl "' Sa faCe su P ériellre - Propode granuleux sur la moitié
H?„ de ** faCe , externe l face interne ornée, près de son bord distal, d’une
gr ° S f anules se Prolongeant sur le doigt fixe; bords supérieur et infé-
r^T pode avec chacun une ligne de granules; doigt fixe portant une dent
une nefite ri e V 0n ® U ’ D °' gt mobiIe avec une dent subdistale et, parfois,
une petite dent vers son milieu et une autre vers sa base.
Pléopode 3 : fig. 210-211.
Longueur : 10,7. — Largeur : 17,7.
Coloration : carapace et pattes thoraciques 2-5 vert-bleu avec des taches
irrégulières jaunâtres. Grand chélipède jaune-orange clair.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
115
Fig. 203. — Uca inversa (Hoffmann), x 6.
Fig. 204. — Uca annulipes (H. Milne Edwards), x 7.
Fig. 205. — Uca gaimardi (H. Milne Edwards), x 6,5.
205
Source : MNHN , Paris
116
ALAIN CROSNIER
206, 207. Uca annulipes (H. Milne Edwards), xy 7,9 x 13,9 mm.
208, 209. Uca gaimardi (H. Milne Edwards), x 5,5, £ 9,6 x 16 mm.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
117
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar, île Europa
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge.
7. Uca annulipes (H. Milne Edwards). Fig. 204, 206-207, 212-213
Gelasimus annulipes H. Milne Edwards, 1852, Ann. Sc. nat., (3), 18, p 149
pl 4, fig. 15 (non consulte). - De Man, 1880, Notes Leyden Mus., 2, p , 59 ’
e r™ S ; \ 8 , 81 ; Abh - Senckenb - Naturf. Ges. Frankfurt, 12, p. 423 .
— Lenz, 1910, Crust. Madagaskar Ostafrika Ceylon, p. 558
Uca annulipes, Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 97-8, iig. 18 a-i
U e (dessins : reg. anterieure carapace, pince 5 , 1 er et 2 e segments abdominaux)’
Fourmanoir, 1953, Naturaliste malgache, 5 , 1 , pp. 89-90; 1954, idem, 6 , 1 / 2 ,
' ... ORtbT et Guinot > 1961 > Exp. française Récifs Nouvelle-Calédonie
Vol. préliminaire, pp. 140-51, flg. 150-1, 155, 158 a-b (dessins : pince 7 p4
gauche, plcopode S). ^ 6 >
Carapace à bords latéraux sinueux et fortement convergents vers l’arrière
ace dorsale separee de chacune des faces latérales par une ligne en relief bien
m. 3 peu nliT ïr. dC 7^7 eXterne corr espondante et s’étendant sur
11 peu pius des deux tiers de la longueur de la carapace. Rapport largeur/lon-
gueur de la carapace voisin de 1,70.
Front relativement large.
Bord supérieur des orbites lisse; bord inférieur denticulé sur ses deux tiers
externes environ (les denticules ayant une extrémité arrondie).
siillanîTf- ChéUp t ède f bord antérie ur du mérus avec quelques granules peu
nu inx P ^ f 9 eXCepti ° n <le son bord sterne qui est légèrement gra-
slin^e 7 3 aC<î eXtenie paraissant ,isse à ''œil nu (avec une loupe on
distingue des granules minuscules) et ornée, près de son bord inférieur et sur
a moitié de sa longueur environ, d’un sillon se prolongeant sur le doigt fixe-
ace interne avec, sur sa moitié inférieure, une crête oblique très en relief et
piesentant un sommet anguleux; en deçà de ce sommet la crête est lisse, au delà
elle est formée de tubercules souvent assez aigus; la face interne porte en outre,
près de son bord distal, 2 lignes parallèles de granules très rapprochées, la proxi-
ale se prolongeant sur le doigt fixe; doigt fixe avec une dent subdistale plus
noms developpee suivant les spécimens et 2 ou 3 autres petites dents. Doigt
milieu*® Uelle,nent 2 petites denls ’ '’^e près de sa base, l’autre vers
Pleopode ^ muni d’un lobe subdistal, allongé, digitiforme (flg. 212 -‘> 13 )
Longueur : 8,1 (11). — Largeur : 13,7 (20).
Coloration : carapace bleu-noir avec des taches claires irrégulières. Pattes
thoraciques 2-5 rougeâtres. Grand chélipède «J peu coloré, habituellement rose.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Majunga. Côte ouest : Tuléar.
Ecologie : dans les mangroves et sur les plages vaseuses.
Distribution : côte est de l’Afrique, Inde, Insulinde, îles Samoa, Japon.
8. Uca gaimardi (H. Milne Edwards). Fig. 205, 208-209, 214-215.
Gelasimus gaimardi H. Milne Edwards, 1852, Ann. Sc. nat., (3), 18, p. 150
Pi. 4, fig. 17 (non consulte).
Source : MNHN, Paris
ALAIN CROSNIER
118
Hg. 210-215. — Pléopodc dénudé, faces abdominale et interne, x 65.
210, 211. Uca inversa (Hoffmann). — 212, 213. Uca annulipes (H. Milne Edwards).
214, 215. Uca gaimardi (H. Milne Edwards).
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
119
fi,. 1 Ï7 , Ch '° r0p * thalmus ’ Bavard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 95-6
*JL* ,’a-V vT"' S ; . : reg ‘ antérieurc carapace, pince <?, pléopode <J). — Four-
manoir, 19o3, Naturaliste malgache , 5 , 1 , p. 90 .
Uca gaitnardi, Forest et Guinot, 196F Exp. française Récifs Nouvelle-
PP ‘ 14 °- 151 ’ flg ‘ 14 °- 5 ’ 153 ’ 156 (“essins : ZZ.
5. Ho ™“ k ' 1874 - F “»«
Carapace à bords latéraux sinueux et très fortement convergents vers l’arrière
I-ace dorsale séparée de chacune des faces latérales par une ligne en relief bien
marquée partant de la dent orbitaire externe correspondante et sSendant
sm près des tio.s quarts de la longueur de la carapace. Rapport largeùr/lomnieur
de la carapace voisin de 1 , 60 - 1 , 70 . 0/0
Front relativement large.
Bord supérieur des orbites paraissant lisse à l’œil nu (à l’aide d’une loupe
on d'stmgue des granules minuscules); bord inférieur denticulé sur toute sa
longueur (1 extrénuté des denticules étant le plus souvent arrondie
(Arn? r y n<l f é ' ipède <* ; bord an térieur du mérus avec une dent subdistale mousse
(-arpe lisse à 1 exception de son bord interne qui est granuleux. Propode à face
externe Hs.ee ornée, le long de son bord inférieur, d’un sillon ne se JroTonfkS
P * " r . 6 °‘ gt f,xe et ’ pres (le la base d e ce doigt, d’une petite dépression pileuse-
ace interne avec sur sa moitié inférieure une crête régulièrement convexe sans
ommet anguleux lisse ou légèrement granuleuse; la face interne porte en outre
uï' le Vo^t fixt rkc!; d n UX lignCS Parallèies de 8 ,anules . la dotale se prolongeant
dents bief dthicïe°s g ^ PeUte dent subdistaIe - -bile sans
loneSoR c Tf d ," n ï be Sllbdistal de lon gueur variable mais jamais très
Ion (parfois ce lobe est réduit a l'état de simple protubérance), fig. 214-215.
Longueur ; 11 (15). — Largeur : 17,6 (26).
nmaes'TÜZ n ° ire aV6C deS taches irré §ulières bleu-vert. Pattes
rouges. Giand chelipede rouge-vermillon.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Maintirano. Côte ouest : Tuléar.
Distribution : côte est de l’Afrique, îles Tuamotu, îles Ryu-Kyu.
relith-! marq n e : H - eSt imp .° SSible de savoir si la ‘éférence de Hoffmann est
elativ e a cette espece ou a Uca chlorophthalmus, les deux espèces ayant été
constamment confondues. 1 . faut d’ailleurs remarquer que HoLlvnn signale
hez s es specimens, « l’absence de crête sur la portion palmaire intérieure de la
nain », ce qui ne correspond ni à Uca gaitnardi ni à Uca chlorophthalmus.
9. Uca chlorophthalmus (H. Milne Edwards).
r>4 Gelasi ™ s chlorophthalmus H. Milne Edwards, 1837, I-Iist. nat. Crust., 2,
vp)l V™ fhrophlhalmus, Forest et Guinot, 1961, Exp. française Récifs Nou-
2Z * y C ' V01 - |,réliminaire ’ PP- 140-151, fig. 146-9, 154, 157 a-b (dessins :
pmee P 4, pléopode <J).
Source : MNHN, Paris
120
ALAIN CROSNIER
Cette espèce est extrêmement proche d ’Uca gaimardi et a été ie plus souvent
confondue avec elle. Forest et Guinot (1961, /. c.) ont montré que les 2 espèces
étaient distinctes, les caractères principaux permettant de les distinguer étant
ceux donnés dans la clé de détermination des espèces du genre Uca que nous
publions (p. 107).
Plusieurs petits exemplaires, en provenance de Nosy Be, paraissent appar¬
tenir à Uca chlorophthalmus. Ils ont tous les doigts du grand chélipède <J nette¬
ment plus courts que la région palmaire et le mérus des pattes thoraciques 2-5
à bord antérieur très convexe. Nous n’avons malheureusement pas récolté
d’exemplaires de grande taille pour confirmer notre identification.
Cette espèce n’est actuellement signalée, avec certitude, que de l’île Maurice
et de la Nouvelle-Calédonie.
Sous-famille Scopimerinae Kemp 1919
Corps épais. Carapace souvent très convexe, à bords latéraux dentés ou
entiers. Antennules disposées, dans leur logement, longitudinalement par rapport
à l’axe de la carapace. Troisièmes maxillipèdes couvrant entièrement la cavité
buccale. Des espaces membraneux ou « tympans » sur le mérus des pattes thora¬
ciques de presque toutes les espèces. Une cavité entourée de soies rarement
présente entre les coxas des 3 es et 4 es pattes thoraciques.
Genre Dotilla Stimpson
Dotilla Stimpson, 1858, Proc. Acad. Nat. Sc. Philadelphia , p. 98. — Kemp,
1919, liée. Indian Mus., 16, pp. 324-33. — Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus.,
38, pp. 98-9.
Corps épais et globuleux. Carapace aussi large ou plus large que longue,
à faces dorsale et latérales creusées de sillons sinueux. Front étroit et recourbé.
Pédoncules oculaires assez longs. Cavité buccale très grande et entièrement
recouverte par les 3 e ‘ maxillipèdes dont le mérus est décoré de sillons sinueux.
Chélipèdes égaux avec des doigts à extrémité pointue. Mérus des pattes thora¬
ciques et sternum présentant, chez la plupart des espèces, des espaces ovales
et transparents (tympans). Abdomen à 7 segments chez les 2 sexes; bord distal
du 4 e segment garni de poils.
1. Dotilla fenestrata Hilgendorf. Fig. 216.
Dotilla fenestrata Hilgendorf, 1869, Von der Decken’s Reisen Ostafrika,
3, pp. 85-6, pl. 3, fig. 5, 5 b-c, (dessins : crabe entier, pince, rég. sternale). —
Kemp, 1919, Rec. Indian Mus., 16, pp. 327-8. — Balss, 1934, Faune Colonies
françaises, 5, 8, p. 521. — Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 33, pp. 99-101,
fig. 20 a, b (dessins : carapace, pléopode 3).
Cette espècp étant très caractéristique el, semble-t-il, la seule du genre à
Madagascar, nous ne la décrivons pas, nous contentant de donner un dessin
de la carapace.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
121
Longueur (mesurée antérieurement depuis l’extrémité du front) : 6,1. —
Largeur : 8.
Écologie : cette espèce vit dans les zones de sable fin et légèrement vasard
de la zone intertidale, situées à un niveau assez élevé. Elle creuse des terriers
d’où elle expulse de fines boulettes de sable. A marée basse il est fréquent d’obser¬
ver des rassemblements de D. /enestrala descendant vers l’eau.
l-'ig. 216. — Dot il la fenestrala Hilgendorf, x 13.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Bc. Côte ouest : Tuléar. Côte est : Diégo-
Suarez. — Comores : Mayotte.
Distribution : côte est de l’Afrique, Zanzibar.
Sous-famille Macrophthalminae Dana 1851
Borps modérément épais. Carapace presque toujours beaucoup plus large
que longue, a bords latéraux le plus souvent dentés mais parfois lobés ou entiers.
Antennules disposées, dans leur logement, presque toujours transversalement
par rapport à l’axe de la carapace. Troisièmes maxillipèdes laissant un espace
entre eux ou couvrant toute la cavité buccale. Pas de cavité entourée de soies
entre les coxas des 3 es et 4 e ’ pattes thoraciques.
Clé des genres malgaches de la sous-famille Macrophthalminae
- Troisièmes maxillipèdes laissant entre eux un espace en forme de losange
et ayant un mérus plus court que l’ischion . . Macrophthalmus (p. 122)
— Troisièmes maxillipèdes ne laissant pas entre eux un espace en forme de
losange et ayant un mérus aussi long ou plus long que l’iscliion.
.Tylodiplax (p. 136)
Source : MNHN, Paris
122
ALAIN CROSNIER
Genre Macrophthalmus Latreille
Macrophthalmus Latreille, 1829, in Cuvier Règne Animal, 4, p. 44 ( , 0
consulté). — Tesch, 1915, Zool. Med. Mus. Leiden, 1 , pp. 149-203, pl. 5 - 9 .
— Barnard, 1950, Ann. S. A/r. Mus., 38, p. 101.
Carapace le plus souvent rectangulaire, plus large que longue, à régions
bien définies et à sillons cervicaux et branchiaux presque toujours bien marqués;
bords latéraux portant chacun, suivant les espèces, de 1 à 4 dents ou lobes (y
compris la dent orbitaire externe). Front étroit et recourbé. Pédoncules oculaires
très allongés et pouvant s’étendre, chez quelques espèces, au delà des dents orbi¬
taires externes. Troisièmes maxillipèdes laissant, entre eux, un espace assez réduit
en forme de losange; mérus d’une longueur environ égale à la moitié de celle de
l’ischion. Chélipèdes égaux ou subégaux, très développés et à pince allongée
chez le mâle, peu développés chez la femelle. Pattes thoraciques 2 et 5 assez courtes,
pattes thoraciques 3 et 4 beaucoup plus longues. Abdomen à 7 segments chez
les 2 sexes.
Toutes les espèces malgaches du genre, à l'exception de M. lalrcillei , vivent
dans la zone intertidale, sur les plages vaso-sableuses où elles creusent des terriers.
Clé des espèces malgaches du genre Macrophthalmus
1. Pédoncules oculaires très allongés et s’étendant bien au delà des dents
orbitaires externes.. m illoti
Pédoncules oculaires ne s’étendant pas au delà des dents orbitaires
externes ( 1 ). 9
2 Rapport largeur/longueur de la carapace au moins égal à 2. 3
Rapport largeur/longueur de la carapace nettement inférieur à 2 (au plus
égal à 1 , 60 ). .
3. Une dent bien distincte sur la face interne du propode des chélipèdes . .
.2. grandidieri
— Pas de dent sur la face interne du propode des chélipèdes .
.. consobrinus
4. Bords latéraux de la carapace portant chacun 3 dents en arrière de la dent
orbitaire externe (dernière dent minuscule). 4 . latreillei
— Bords latéraux de la carapace portant chacun 2 dents en arrière de la dent
orbitaire externe (dernière dent à peine marquée). 5
5. Rapport largeur/longueur de la carapace compris entre 1,20 et 1,45. Deux
lignes parallèles et longitudinales de granules sur chaque région branchiale
.. depressus
Rapport largeur/longueur de la carapace compris entre 1,45 et 1,60. Pas de
lignes parallèles de granules sur les régions branchiales. 6 . boscii
(1) Chez M. grandidicri, toutefois, il arrive que les pédoncules oculaires s’étendent très légèrement
au-deJa des dents orbitaires externes.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
123
217. Mxp3 (exopodite et soies non figurés), x 8. — 218. 5 e patte thoracique gauche, x 10.
219. Abdomen x 5. — 220. Pince droite <£, x 6.
I‘ig. 221. — Macrophthalmus transversus (Latreille). Pince droite x 6 (d’après Tesch).
Source : MNHN , Paris
12 4
ALAIN CROSNIER
1- Macrophthalmus milloti sp. nov. Fig. 217-220, 222-223, 228; pl. XI, fig. 4 .
Macrophthalmus télescopions , Balss, 1934, Faune Colonies françaises, 5, 8
p. 522.
Carapace beaucoup plus large que longue (rapport largeur/longueur égal à
1,82), glabre sauf au voisinage des bords latéraux, lisse à l’exception des régions
branchiales où se trouvent quelques granules isolés ou groupés en petit nombre
(3 à 6) pour former de courtes stries obliques; en outre les bords orbitaires supé¬
rieurs, les bords latéraux de la carapace au-dessous des dents 2, ainsi que les bords
postéro-latéraux, sont bordés d’une rangée de granules juxtaposés. Bords latéraux
portant chacun 3 dents de taille décroissante de la dent 1 à la dent 3; dent 1
dirigée très légèrement vers l’avant, longue et fine, à bords antérieur et postérieur
lisses et à bord supérieur parcouru par F extrémité de la rangée de granules qui
borde le bord orbitaire supérieur (fig. 223); dents 2 et 3 beaucoup plus petites
que la dent 1 , massives, de forme assez irrégulière et ornées de quelques granules.
Pédoncules oculaires nettement plus longs que les bords orbitaires supérieurs
(la longueur de ces derniers, y compris la dent 1, est égale aux cinq sixièmes de
celle des pédoncules oculaires).
Troisièmes maxillipèdes : fig. 217.
Chélipèdes 3 : mérus avec de longues soies serrées et enchevêtrées sur sa
face antérieure et des granules sur ses bords antérieur, postérieur et inférieur.
Carpe avec quelques soies sur sa face interne, des granules sur ses bords interne
et externe de même que sur sa face externe. Propode avec des granules fins et
serrés sur sa face externe et ses bords supérieur et inférieur; face externe portant,
en outre, une ligne de granules sensiblement parallèle au bord inférieur et se
prolongeant sur le doigt fixe; face interne avec de gros granules épars sur sa
moitié proximale. Doigts avec de nombreuses soies qui s'étendent également sur
la face interne du propode près de la base du doigt fixe. Une grosse dent trian¬
gulaire sur le doigt fixe (fig. 220). Pince deux fois plus longue que haute.
Pattes thoraciques 2-5 portant chacune une épine subdistale sur le bord
antérieur du mérus.
Abdomen 3 : fig. 219.
Pléopode 3 ; fig. 228.
Longueur : 11. — Largeur : 20.
Localité : côte nord-ouest : Anorotsanga.
Remarques : celte espèce est dédiée au Professeur Millot, fondateur
et ancien directeur de Fl. R. S. M.
M. milloti, dont nous n’avons examiné qu’un seul exemplaire, appartient
au groupe des Macrophthalmus à pédoncules oculaires très allongés qui comprend,
outre notre espèce, M. transversus (Latreille), M. latipcs Borradaile et M. teles-
copicus (Owen).
M. transversus est proche de M. milloti par la longueur des pédoncules
oculaires mais s’en distingue immédiatement par :
— le rapport largeur/longueur de la carapace (voisin de 2,3 au lieu de 1,8),
la présence de 4 gros tubercules spiniformes sur chaque région branchiale,
— la forme des dents latérales de la carapace (fig. 224),
— la forme de la pince du chélipède 3 (fig. 221).
Source : MNHN , Paris
GHUSTAGÉS DKGAPODES
120
225 226
Fig. 222-226. — Dents latérales de la carapace.
222, 223. Macrophi hulmus milloli sp. now, x 10 et X 25.
22-1. Macroplithalmus transversus (Lalreille), holotype, Mer de l’Asie, x 10.
225. Macrophllialinus pudophllmlmus Soulevet, holotype. îles Sandwich, x 12.
226. Macroplillialmus verreauxi H. Milne F.dwards. holotype. Nouvelle Hollande, x 12.
227. Macroplithalmus verreauxi II. Milne F.dwards, Mer Rouge Perim el Ohock. l«S
u
Source : MNHN, Paris
126
ALAIN CROSNIER
M. lalipes diffère de M. inilloti par :
— les pédoncules oculaires beaucoup plus longs (égaux au double environ
de la longueur des bords orbitaires supérieurs),
— la dent 1 des bords latéraux de la carapace plus large cl plus courte,
le mérus et le dactyle des 5 e ' pattes thoraciques beaucoup plus courts
et larges.
Fig. 228-229. — Pléopode face abdominale, x 50.
228. Macrophlhalnws milloli, sp. nov. — 229. Macrophthalmus lelescopicus (Latreille),
provenance inconnue.
M. lelescopicus , enfin, se distingue de M. milloli par :
— les pédoncules oculaires beaucoup plus longs (égaux au double environ
de la longueur des bords orbitaires supérieurs),
— la forme des dents latérales de la carapace (fig. 226),
— la forme du pléopode <5 (fig. 229) (1).
Tksch (1915, Zool. Med . Mus. Leiden, 1, p. 161) s’est déclaré convaincu
que M. podophlhalmus Soulevet, M. verreauxi 11. Milnc Edwards et M. tcles-
copicus étaient identiques. Nous avons pu examiner, au Muséum national d’His»
Loire naturelle de Paris, les exemplaires de M. podophlhalmus et M. verreauxi
qui sont très vraisemblablement les types de ces espèces. La seule différence
que nous avons pu noter est relative, comme l’a déjà signalé Tkscii, à l'orientation
de la dent 1 des bords latéraux de la carapace (fig. 225-227). Cette différence
est si minime qu’il paraît logique d’admettre l’identité des 3 espèces.
(1) Nous n'avons pus eu la possibilité d’observer les pléopodes <J do M. Iransncrsus el M. lalipes,
les exemplaires de ces espèces que nous avons eus entre les mains étant conservés à sec et n’ayant pu
être régénérés.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
127
2. Macrophthalmus grandidieri A. Milne Edwards. Fig. 230-231, 235-23(1.
Macrophthalmus grandi,tieri A. Milne Edwards, 1,307, Ann. Soc. enl. France,
(4), 7, pp. -oo-6 ; 1867, A uuv. Arch. Mus. Ilist. nat. Paris , 4, pp. 84-5, pl ?0
fi g 8-H (dessins : crabe entier, pince <?, abdomen «J, vue frontale de la carapace)!
Lenz et Richters, 1881, Abh. Senckenb. Naturf. Ges. Frankfurt, 12, pp. 423-4.
- Iesch, 1915, Zool. Med. Mus. Leiden, 1, pp. 166-8, pl. 6, fig. 3, 3 a-b (dessins !
crabe entier, pince <J). - Bai.ss, 1934, Faune Colonies françaises, 5 , 8, p. 522.
- Barnard 1950, Ann. S. Ajr. Mus.. 38, pp. 102-3, fig. 20 c-e (dessins : cara¬
pace, plcopode 3). l'OURMANom, 1954, Naturaliste malgache, 6, 1/2 p 3
fig. 2 (dessin : crabe entier). ’
Macrophthalmus brevis, De Man, 1880, Notes Leyden Mus., 2, p. 70.
Macrophthalmus hilgendorfi. Tesch, 1915, Zool. Med. Mus. Leiden, 1, pp. 172-
3, pl 7, fig. 6, 6 a-b (dessins : crabe entier, pince 3). — Barnard, 1950, Ann.
S. Afr. Mus., 38, p. 103, fig. 20 / (dessins : dents antéro-latérales de la carapace)-
1955, idem, 43, p. 22. 1 ’’
Carapace granuleuse (à l’exception de la région frontale et d’une étroite
bande longitudinale médiane), couverte de soies au voisinage des bords latéraux
au-dessous de la dent 2 et beaucoup plus large que longue (rapport largeur/
longueur compris entre 2 et 2,15). Bords latéraux portant chacun 3 dents; dent 1
cffllee, dirigée latéralement et située en retrait par rapport à la dent 0 qui esL
bien développée; dent 3 petite et peu aiguë. Par suite de variations dans son
orientation la dent 1 peut, soit être bien détachée de la dent 2, soi! se croiser
avec elle. Sur les régions branchiales, quelques granules épars et assez gros se
détachent par rapport à la granulation générale qui est fine. Parallèlement au
bord postérieur et un peu au-dessus de lui, s’étend une ligne de très petits granules.
Pédoncules oculaires longs et assez grêles; suivant la taille des spécimens
leur extrémité se situe en deçà ou au delà de l’extrémité de la dent 1 mais ne
dépasse jamais l’extrémité de la dent 2.
Chélipèdes 3: face antérieure du mérus et face interne du carpe, du propode
et des doigts couvertes de soies. Bord inférieur du mérus granuleux, bords anté¬
rieur et postérieur lisses. Carpe avec, sur son bord interne, un denticule distal
"légalement développé suivant les exemplaires (parfois il est réduit à l’état de
granule, parfois il prend la forme d’une petite épine mousse); la face interne
du carpe porte en outre, près de son articulation avec le propode, une épine.
Propode à bords supérieur et inférieur granuleux (certains granules prennent
meme la forme de denticules); face interne portant une épine près de sa base
et couverte de soies plumeuses sur la plus grande partie de sa surface; face externe
ornée de très petits granules et, près de son bord inférieur, d’une crête devenant
peu visible sur le doigt fixe; ce dernier porte vers son milieu une grosse molaire.
I ne molaire plus petite existe également près de la base du doigt mobile.
Pattes thoraciques 2-5 : mérus de toutes les pattes sans épine. P3 et pl très
allongées (rapport longueur/largeur du mérus de p4 égal à 3,7) et portant, seules,
quelques soies plumeuses près de leur base.
Pléopode 3 .- fig. 235-236.
Coloration : carapace gris-bleu ou brun clair, pattes brun clair.
Longueur : 11,8 (16). — Largeur : 25,3 (33).
9 *
Source : MNHN, Paris
ALAIN CllOSNIKIt
128
Fig. 230-231. — Macrophthalnuis grandidieri A. Milne Edwards.
230. Carapace, x 5. — 231. Dents latérales d’un autre exemplaire, X 7.
Fig. 232-234. — Macrophthalmus consobrinus Nobili.
232. Carapace, x 5. — 233. 3 e patte thoracique gauche (granulation générale non figurée), x 5.
234. Abdomen <£, X S.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
129
Ecologie : zone intertidale, sur les plages vaso-sableuses. Macrophthalmus
grandidieri se creuse des terriers à un niveau légèrement inférieur à celui des
hautes mers de morte-eau.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Analalava. Côte est :
Diégo-Suarez.
Distribution : côte est de l’Afrique, Zanzibar.
Remarques : ayant observé chez nos exemplaires tous les termes de passage
entre les dents latérales 1 et 2 de la carapace bien séparées ou au contraire se
croisant, nous pensons, en accord avec Balss (1934, /. c.), que M. grandidieri
et M. hilgendor/i sont identiques.
Au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, nous avons d’ailleurs
comparé nos exemplaires aux syntypes de M. grandidieri. Si l’un des svntypes
a ses deux premières dents latérales qui se croisent, il n’en est pas de même des
autres qui ont des dents non croisées.
Remarquons également que les figures de Tesch (1915, /. c.) relatives à
M. grandidieri et M. hilgendor/i sont assez peu conformes aux nombreux exem¬
plaires (plus de 50) que nous avons examinés. Elles montrent en effet des cara¬
paces proportionnellement moins allongées que celles que nous avons observées.
Quant à la pince de M. grandidieri figurée, elle est proportionnellement beaucoup
plus haute que toutes celles que nous avons examinées et la molaire carrée, qui
se trouve près de la base du doigt mobile, n’y est pas représentée.
Tweedie (1937, Bull. Raf/les Mus., 13, pp. 167-9, fig. 9) a décrit Macro-
phlhalmus malaccensis. Cette espèce parait très proche de M. grandidieri . En se
basant sur la description de Tweedie elle semble s’en différencier par :
un rapport largeur/longueur de la carapace un peu plus grand (2,25 au
lieu de 2,15),
— la moitié supérieure de la face externe du propode des chélipèdes couverte
de gros granules (au lieu de granules minuscules),
— le mérus des pattes thoraciques proportionnellement un peu moins large,
— le doigt mobile des chélipèdes S sans molaire (l’exemplaire (J de Tweedie
n était pas encore adulte et il est possible qu’une molaire existe chez
les grands exemplaires de M. malaccensis. Notons toutefois que les
exemplaires de M . grandidieri, de même taille que le type de Tweedie,
ont déjà une molaire bien développée).
3. Macrophthalmus consobrinus Nobili. Fig. 232-234, 237-238.
Macro phthalmus consobrinus Nobili, 1906, Bull. Mus. Hist. nal. Paris , 12,
p. 265; 1907, Mem. Acc. Torino, (2), 57, p. 408.
Carapace beaucoup plus large que longue (rapport largeur/longueur variant
de 2,05 à 2,15), lisse à l’exception des régions hépatiques et branchiales finement
granuleuses, dépourvue de soies sauf au voisinage des bords latéraux au-dessous
de la dent 2. Bords latéraux très convergents vers l’arrière et portant, antérieu¬
rement, chacun 2 dents; dent 1 aiguë, longue, recourbée antéro-latéralement et
à bord externe régulièrement arrondi; dent 2 beaucoup plus courte, triangulaire
et située en retrait par rapport à la dent 1. Sur les régions branchiales se distin¬
guent, outre la granulation générale, quelques amas de granules plus gros.
Source : MNHN, Paris
130
ALAIN CKOSNIER
Pédoncules oculaires longs et assez grêles, se terminant un peu en deçà de
l’extrémité de la dent 1.
Chélipèdes <J sans dents ni épines. Face interne du propode couverte, sur
la plus grande partie de sa surface, d’épaisses soies plumeuses (le mérus et le
carpe en sont dépourvus); face externe granuleuse sur sa moitié supérieure et
ayant, près de son bord inférieur, une crête très marquée sur toute sa longueur
et se prolongeant sur le doigt fixe. Doigt fixe avec une grosse dent crénelée,
basse et allongée. Doigt mobile avec, près de sa base, une molaire peu élevée.
Fig. 235-240. — Pléopode dénudé, faces abdominale et sternale.
235, 236. Macrophihalmus grandidieri A. Milne Edwards, x 40. — 237, 238. Macroph -
Ihalmus consobrinus Nobili, x 40. — 239, 240. Macrophlhalmus lalreillei (Desmarest), X 20.
Pâlies thoraciques 2-5 longues et assez fortes (rapport longueur/largeur du
mérus de p4 égal à 2,6). Pas de zones pileuses, seules quelques soies plumeuses
s’observent près de la base du mérus de p3 et p4. Une épine subdistalc sur le
bord antérieur du mérus de p2-p4. Un caractère remarquable de l’espèce est
la présence, sur le bord antérieur du mérus de p3 et p4, d’une bande granuleuse
bien en relief formée par la juxtaposition de 3 lignes de granules.
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
131
Abdomen 3 : fig. 234.
Pléopode 3 : fig. 237-238.
Coloration : carapace gris-bleu, pattes brun clair.
Longueur : 11,1 (16,5). — Largeur : 23,7 (34).
Écologie : zone intertidale, sur les plages vaso-sableuses.
Localité : côte ouest : Tuléar.
Distribution : îles Tuamotou.
Remarques : au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, nous avons
pu comparer nos exemplaires au type de Nobili.
M. convcxus Stimpson est proche de M. consobrinus et s’en distingue par :
— les bords latéraux de la carapace moins convergents,
— la côte de la face externe du propode des chélipèdes moins marquée,
— la carapace proportionnellement un peu moins large (rapport largeur/
longueur légèrement inférieur à 2).
La forme et le nombre des dents latérales paraissent variables chez
M. convexus. Les exemplaires, que nous avons examinés, présentaient 2 dents
latérales, la première pas très longue et de forme assez carrée, la deuxième courte
et peu aiguë. Edmondson (1962, Occ. Pap. Bishop Mus., 23, 1, fig. 9 a) publie,
au contraire, un dessin sur lequel se distinguent 3 dents : les deux premières
longues et acérées, la troisième rudimentaire.
Macrophthalmus convexus a été signalé sur la côte est de l’Afrique et à Mada-
ascar par Barnard, et à l’île Maurice par Miers. Les exemplaires de Madagascar
examinés par Barnard appartiennent en fait à M. deprcssus Rüppell (cf. p. 134).
Si les déterminations de Barnard et Miers relatives à la côte est de l’Afrique
et à l’île Maurice sont exactes, M . convexus doit toutefois exister également à
Madagascar.
4. Macrophthalmus latreillei (Desmarest). Fig. 239-242.
Gonoplax latreillei Desmarest, 1822, Hist. Crust. Fossiles, pp. 99-100, pl. 9,
fig. 1-4 (dessins : carapace, pince, vue ventrale d’un exemplaire fossile).
Macrophthalmus latreillei , Tesch, 1915, Zool. Med. Mus. Leiden , 1, pp. 181-4.
— Barnard, 1955, Ann. S. Afr. Mus., 43, p. 22.
Macrophthalmus polleni Hoffmann, 1874, Recli. Faune Madagascar,‘5 e partie,
Crust., pp. 19-20, pl. 4, fig. 27-30 (dessins : crabe entier, pince 3> vue frontale
de la carapace). — Lenz et Richters, 1881, Ablx. Senckenb. Naturj. Ges. Frankfurt ,
12, pp. 424-5, fig. 24-7 (dessins : carapace, pince 3, abdomens 3 et $).
Carapace granuleuse, couverte de soies assez nombreuses (surtout chez les
jeunes) et plus large que longue (rapport largeur/longueur voisin de 1,20 chez
les jeunes, pouvant atteindre 1,50 chez les adultes — fig. 241-242). Bords latéraux
découpés chacun en 4 dents de forme assez variable suivant la taille des exem¬
plaires : chez les jeunes, les dents sont plus ou moins en forme d’angle droit et
le maximum de largeur de la carapace se situe en arrière de la dent 4, chez les
exemplaires de grande taille, les dents sont beaucoup plus aiguës et le maximum
de largeur de la carapace est au niveau des dents 1. Dans tous les cas la dent 4
est très petite et peu visible.
Source : MNHN, Paris
132
ALAIN CHOSNIER
Pédoncules oculaires n’atteignant pas l’extrémité des dents 1.
Chélipèdes <5 sans dents, ni épines, ni côtes et ne paraissant atteindre leur
plein développement que tardivement (des exemplaires <J de 40 mm de largeur
n’ont encore que de très petits chélipèdes). Chez les adultes la pince est 3 fois
plus longue que haute, le propode est granuleux à l’exception de la plus grande
partie de la face externe et le doigt mobile porte vers son milieu une grosse molaire
carrée. Une forte pilosité recouvre la face interne des doigts et s’étend sur la
partie distale de la face interne du propode.
Fig. 241-242. — Macrophthalmus lalreillei (Desmarest).
241. Carapace d’un exemplaire adulte, x 1,7. — 242. Carapace d’un exemplaire jeune, X 10.
Pattes thoraciques 2-5 avec une épine subdistale sur le bord antérieur de leur
mérus (M. latreillei paraît être la seule espèce malgache du genre possédant
une telle épine sur le mérus de p5). Face inférieure du carpe et du propode de
p4 couverte de soies plumeuses.
Source : MNHN, Paris
C RU STACÉS DEÇA PO D ES
133
Plcopodc c? : fig. 239-240.
Coloration : brun-jaune avec quelques marbrures brun foncé.
Longueur : 38. — Largeur : 58.
Écologie : sur les fonds de vase. Les adultes que nous avons récoltés se
trouvaient entre 5 et 15 mètres de profondeur, les jeunes vers 50 mètres.
Localités : côte nord-ouest : baie d’Ambaro, Sakatia. — Comores : Mayotte.
Distribution : côte est de Y Afrique, Siam, Philippines, Nouvelle-Calédonie,
Japon.
5. Macrophtbalmus depressus Rüppell. Fig. 243.
M acrophth al mus depressus Rüppell, 1830, 24 Kurzschwanz. Krabben Rothen
Meeres, pp. 19-20, pl. 4, fig. 6 (dessins : crabe entier, abdomen $). — Tesch,
1915, 7.001. Med. Mus. Leiden , 1, pp. 196-8, pl. 9, fig. 13 (dessins : crabe entier).
— Balss, 1934, Faune Colonies françaises, 5, 8, p. 522. — Barnard, 1955,
Ann. S. A/r. Mus., 43, p. 22.
Macrophthalmus convexus, Barnard, 1954, Mém. I. R. S. A/., (A), 9, p. 98.
Carapace pubescente le long de ses bords latéraux et couverte de petits
granules sauf sur sa région médiane. Rapport largeur/longueur variant de 1,46
à 1,57; maximum de largeur au niveau des dents 2. Bords latéraux portant chacun
3 dents, dent 1 plutôt rectangulaire, dent 2 la plus grande et à bord externe
arrondi, dent 3 très petite. Régions branchiales portant chacune 2 rangées longi¬
tudinales et subparallèles de granules, plus une petite rangée transversale située
au-dessus de remplacement de p5.
Pédoncules oculaires ne dépassant pas l’extrémité des dents orbitaires externes.
Chélipèdes sans épines, ni dents, ni côtes. Face antérieure du mérus, face
interne du carpe, du propode et des doigts couvertes de soies plumeuses. Propode
lisse à l’exception de son bord supérieur qui est orné d’une rangée de granules.
Doigt mobile avec une grosse dent près de sa base.
Source : MNHN, Paris
134
ALAIN CROSNIER
Pâlies thoraciques 2-4 avec une épine subdistale sur le bord antérieur de
leur mérus. Une pilosité dense sur le mérus et le propode de p4 ainsi que sur
le mérus et la face supérieure du carpe et du propode de p2 et p3.
Pléopode S identique à celui de M. lalreillei.
Coloration : carapace gris-bleu, pattes brun clair plus ou moins maculées
de gris-bleu.
Longueur : 9,1. — Largeur : 13,8 (30,5).
Écologie : dans la zone intertidale, sur les plages vaso-sableuses.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be, Majunga.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Golfe Persique, Ceylan.
Remarque : nous avons pu examiner les exemplaires, en provenance de
Madagascar, déterminés M. convexus par Barnard (1954, /. c.). Ils appartiennent
à notre avis, à M. depressus.
(i. Macrophthalmus boscii Audouin. Fig. 244-248.
Macrophthalmus boscii Audouin, 1825, Expi. Planches Crust. Egypte, pl. 2,
hg. 1 (non consulté). — Lenz et Richters, 1881, Abh. Scnckenb. Naturf. Ges.
Prankfurt, 12, p. 425. — Barnard, 1950, Ann. S. Afr. Mus., 38, pp. 103-4,
fig. 20 f-i (dessins : carapace, pléopode <J). — Fourmanoir, 1954, Naturaliste
malgache, 6, 1/2, p. 3, fig. 3 (dessin : crabe entier).
Euplax boscii, Tesch, 1918, Siboga Exp., 39 c, pp. 60-1.
Carapace pileuse surtout au voisinage des bords latéraux et dans ses sillons,
légèrement granuleuse et seulement un peu plus large que longue (rapport largeur/
longueur voisin de 1,25) ( 1 ). Bords latéraux subparallèles et portant chacun
3 dents (la dent 3 méritant, d’ailleurs, plus le nom de tubercule que de dent):
dents 1 et 2 a bord externe arrondi. Maximum de largeur de la carapace situé,
chez la plupart de nos exemplaires, au niveau des dents 2, chez quelques exem¬
plaires au niveau des dents 1 (fig. 244 - 245 ).
Front proportionnellement plus large que chez les autres espèces malgaches
du genre, a bord antérieur légèrement bilobé chez les grands exemplaires, convexe
chez ceux de petite taille.
Pédoncules oculaires assez massifs et courts (environ égaux au tiers de la
largeur de la carapace).
Iroisiemes maxillipèdes : mérus presque aussi long que large (alors que
c îez les autres espèces du genre il est beaucoup plus large que Joug — fig. 246).
Chehpedcs 3 sans épines ni dents. Face antérieure du mérus, face interne
au carpe du propode et des doigts couvertes de grosses soies. Pince massive
(rapport longueur/hauteur égal à 2 chez un exemplaire de 9 mm de largeur)
et ornee, sur la partie inférieure de sa face externe, d'une côte longitudinale se
prolongeant sur le doigt fixe. Doigt mobile avec une grosse molaire carrée près
MP co hoen 1
Pattes
sur le bord
thoraciques 2 ~ô sans pilosité abondante. Une petite épine subdistale
antérieur du mérus de p3 et p 4 .
, r, J SC . H - 1918, Z - c -) si ^ na,e un très grand exemplaire (21 mm d
longueur de la carapace est égal à 1,44.
largeur) dont le rapport largeur/
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
135
Pléopodc S ■ fig. 248.
Coloration : bleu-gris ou brune.
Longueur : 7,3 (14,5). — Largeur : 9,1 (21).
Écologie : zone intertidale; sous les pierres reposant sur des endroits vaso-
sableux.
244.
246.
Fig. 244-248. — Macrophlhalmus boscii Audouin.
Carapace, x 10. — 245. Bord latéral de la carapace d’un autre exemplaire, x 10 .
Mxp3 (soies non figurées), x 25. — 247. Mxp3 d’un spécimen aberrant, x 25.
248. Pléopode £ dénudé, face abdominale, x 80.
Localités : côte nord-ouest : Nosy Be. Côte ouest : Tuléar, île Europa.
Côte sud : Fort-Dauphin. Côte est : Diégo-Suarez.
Distribution : côte est de l’Afrique, Mer Rouge, Insulinde, Japon.
Remarques : à cause de la forme du mérus des 3 CS maxillipèdes, cette espèce
a souvent été classée dans un genre distinct du genre Macrophthalmus, le genre
Euplax.
Source : MNHN, Paris
13G
ALAIN CROSNIER
La forme du mérus (les 3 e * maxillipèdes paraît d’ailleurs pouvoir varier et
un de nos exemplaires, que nous rattachons à M. boscii , présente des 3"' maxil¬
lipèdes relativement très allongés (fig. 247).
Tesch (1915, Zool. Med. Mus. Leiden, 1, pp. 192-3) a signalé la grande
similitude existant entre M. boscii et M. criniius Rathbun. Cette similitude
paraît encore plus grande une fois établies les variations de forme des dents
antéro-latérales de la carapace chez M. boscii.
Il semble que M. criniius se distingue, en fait, de M. boscii par :
— l’absence de côte sur la face externe du propode des chélipèdes,
— la présence d’une épine subdistale sur le bord antérieur du mérus de p2,
— le mérus des 3 e8 maxillipèdes proportionnellement plus court par rapport
à l’ischion.
Il serait intéressant de pouvoir comparer les 2 espèces et en particulier
leurs pléopodes.
Signalons enfin qu’une femelle de 6,5 mm de longueur, se trouvant parmi
nos exemplaires, est ovigère.
Genre Ty/odip/ax De Man
Tylodiplax De Man, 1895, Zool. Jahrb. Syst. 8, p. 598. — Guinot et Cros-
nier, 1964, Bull. Mus. Hist. nat. Paris , 35, 6, (1963), pp. 610-2.
Carapace plus large que longue, plate ou bombée, à bords latéraux divergents
vers l’arrière, souvent lobés mais non dentés. Pédoncules oculaires de longueur
moyenne; cornée habituellement petite. Troisièmes maxillipèdes ne laissant pas
d’espace entre eux et ayant un mérus aussi long ou plus long que l’ischion. Pas
de touffes de soies entre les coxas des pattes thoraciques. Abdomen <5 à segments
3-5 le plus souvent fusionnés.
Remarque : ce genre est actuellement très mal défini (cf. Guinot et Cros-
NIER, l. C.).
1. Tylodiplax derijardi Guinot et Crosnier. Fig. 249-257.
Tylodiplax derijardi Guinot et Crosnier, 1964, Bull. Mus. Ilist. nal. Paris,
35, 6, (1963), pp. 612-7, fig. 1-3, 5-11 (dessins : carapace, pinces <3 et $, front,
mxp3, p4, abdomen S, pléopode rj, rég. épistomienne).
Carapace plus large que longue (rapport largeur/longueur variant de 1,40
à 1,50 environ), bombée et recouverte d’une pilosité très courte devenant longue
près des bords latéraux. Régions gastrique et cardiaque seules légèrement
esquissées. Bords latéraux partiellement dissimulés sous des soies plumeuses,
entièrement denticulés (l’extrémité des denticules étant arrondie), à contour
irrégulier et plus ou moins lobé suivant les exemplaires. D’abord divergents vers
l’arrière, jusqu’au niveau des 3 CS pattes thoraciques, les bords latéraux sont
ensuite arrondis et convergents. Faces latérales de la carapace bombées et visibles
en vue dorsale. Carapace lisse à l’exception d’une courte ligne transversale en
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
137
relief sur chaque région protogastrique et d’une ligne longitudinale de granules
sur la partie externe des régions branchiales (cette ligne part du bord latéral
au niveau des 2 e " pattes thoraciques et s’arrête au-dessus de l’emplacement
des 5 e ' pattes thoraciques). Bord postérieur très large et légèrement sinueux.
250
Fig. 249-251. — Tÿlpdiplax derijardi Guinot et Crosnier.
249. Carapace, x 20. — 250. Vue partielle de la face ventrale (mxp3 enlevés), x 32.
251. 4 e patte thoracique droite, x 20.
Front modérément incliné, étroit, à bord antérieur légèrement sinueux
(fig. 257).
Orbites larges. Pédoncules oculaires portant quelques longues soies plumeuses
et ayant une cornée terminale bien développée.
Antennes en communication avec les orbites.
Troisièmes maxillipèdcs : mérus et ischion soudés, la ligne de suture restant
toutefois parfaitement visible (fig. 253).
Source : MNHN, Paris
138
ALAIN CKOSNIER
Chélipèdes 3 lisses à l’exception de quelques granules près de la base du
bord supérieur du propode. Bords antérieur du mérus et interne du carpe denti-
culés. Propode renflé. Doigt mobile orné d’une grosse molaire carrée. Extrémité
des doigts très légèrement creusée en cuiller.
Chélipèdes $ grêles et de très petite taille. Chez les deux sexes, les chélipèdes
portent de longues soies plumeuses beaucoup plus abondantes chez la femelle
que chez le male.
Fig. 252-257. — Tylodiplax derijardi Guinot et Crosnier.
252. Pince gauche, x 32. — 253. Mxp3 (soies non figurées), X 20. — 254. Bord latéral
de la carapace d’un exemplaire autre que celui représenté sur la figure 249, X 25.
255. Abdomen 3, x 12. — 256. Pléopode 3 , x 64. — 257. Front vu de face, X 40.
Source : MNHN , Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
139
Pattes thoraciques 2-5 à articles peu aplatis et dépourvus de dents et d’épines.
Carpe et propode de longueur sensiblement égale. Dactyle droit et styliforme.
Bord antérieur du mérus, du carpe et du propode couvert par une abondante
pilosité débordant sur les faces supérieure et inférieure.
Abdomen S à segments 3-5 fusionnés et présentant sur chacun de ses côtés,
au niveau du cinquième segment, une large encoche occupée par le pléopode
correspondant qui est ainsi partiellement visible sur l’animal sans que l’abdomen
soit soulevé (fig. 255).
Pléopode S : fig. 256.
Coloration : jaune clair.
Longueur : 3,6. — Largeur : 5,4.
Écologie : zone intertidale, sur les aires vaso-sableuses.
Localité : côte ouest : Tuléar.
ADDENDUM
Sesarma (Sesarma) longipes Krauss. Fig. 258-260.
Sesarma ( Sesarma) longipes Krauss, 1843, Südafrikanischen Crustaceen, p. 44,
pl. 3, fig. 2 a-d. — Guinot et Crosnier, 1964, Bull. Mus. Hisl. nat. Paris , 36,
2, pp. 215-9, fig. 5, 7-10 (dessins : carapace, chélipède, abdomen, p5, mxp3).
Corps peu épais. Carapace glabre, plate, nettement plus large que longue
(rapport largeur/longueur égal à 1,29) et à relief peu marqué (seule la région
gastrique se distingue faiblement). Bords latéraux nettement divergents vers
l’arrière et portant chacun, outre la dent orbitaire externe, une dent en forme
d’angle droit. Régions branchiales parcourues par plusieurs lignes en relief obliques
de longueur très inégale.
Front étroit, incliné et à bord antérieur légèrement sinueux (concave
en son milieu). Lobes post-frontaux marqués, les médians plus larges que
les externes.
Antennes largement en communication avec les orbites.
Chélipèdes égaux, tous deux de petite taille et dépourvus d’épines ou de dents.
Quelques courtes stries granuleuses peu visibles sur la face inférieure du mérus
ainsi que sur les faces supérieure et externe du carpe et la face supérieure du
propode. Doigts allongés et assez grêles.
Pattes thoraciques 2-5 de longueur très inégale, dans l’ensemble très longues
et grêles. Longueur de p3 égale à 2,5 fois celle de la carapace. Mérus de p3 presque
3 fois plus long que large. Dactyle de p5 de même longueur que le propode (fig. 259).
Une petite épine subdistale sur le bord antérieur du mérus des pattes 2-5.
Aodomen $ ayant ses 3 premiers segments sensiblement de même largeur.
Sixième segment 2,3 fois plus large que long.
Pléopode S court et massif (fig. 260).
Longueur : 7 (15). — Largeur : 9. — Distance séparant les extrémités des
dents orbitaires externes : 7,4.
Source : MNHN, Paris
140
ALAIN CMOS N IKK
Écologie : dans la mangrove.
Localité : côte nord-ouest : Nosy Be.
Distribution : côte esl de l’Afrique, îles Andaman.
Fig. 258-260. — Sesarma longipes Krauss.
258. Carapace, x8. — 259. 5 e patte thoracique gauche. — 260. Pléopode <£.
Remarque : nous n’avons capturé qu’un seul exemplaire de cette espèce,
un mâle de petite taille d’après lequel la description ci-dessus a été faite.
Source : MNHN, Paris
INDEX SYSTÉMATIQUE
Les noms des familles cl sous-familles sont en gras, les genres en petites capitales.
Les espèces nouvelles sont précédées d'un *.
Acanthopus
abbreviatus, 88
afïlnis, 86
pilimanus, 86, 88
Acmaeopleura, 34, 42
balssi, 4 4
parvula, 44
rotundata, 44
Camptandrium
paludicola, 31
Cancer
ceratoplithalmus, 93
litteratus, 34
messor, 23
planissimus, 90
saratan, 95
tenuicrustatus, 10
tetragonon, 112
Cyclograpsus, 46, 78
in loger, 78
parvulus, 78
punctatus, 79
Dotilla, 120
fenestrata, 120
Euplax
boscii, 134
Gelasimus
annulipes, 117
chlorophthalmus, 119
dussumieri, 110, 112
inversus, 114
gaimardi, 117
marionis, 107
nitidus, 109
tetragonon, 112
letragonum, 112
urvtilei, 110
vocans, 109
Geograpsus, 9, 18
grayi, 18
lividus, 21
rubidus, 18
stormi, 1S 7 21
Gnathograpsus
barbatus, 37
Gonoplax
latreiliei, 131
Grapsidae, 8
Grapsinae, 9
Grapsus, 9, 10
albolineatus, 15
* fourmanoiri, 10, 12
granulosus, 15
grayi, 18
in terni edius, 12
longitarsis, 15
maculatus, 10
messor, 23
pharaonis, 10
plicatus, 27
strigosus, 12
tenuicrustatus, 10
thukuhar, 25
Helice, 40, 76
leachii, 76
pilimana, 76
IIeterograpsus
elongatus, 39
Ilyograpsus, 9, 31
paludicola, 31
rhizophorae, 31
Leiolopiius
abbreviatus, 83
Source : MNHN, Paris
142
ALAIN CROSNIER
Liolophus
abbreviatus, 83, 85
planissimus, 90
Macrophtalminae, 91, 121
Macrophthalmus, 121, 122
boscii, 122, 134
brevis, 127
consobrinus, 122, 129
convexus, 131, 133
crinitus, 136
dcpressus, 122, 133
grandidieri, 122, 127
hilgendorfi, 127, 129
latipes, 124
latrcillel, 122, 131
* milloti, 122, 124
podophthalmus, 126
polleni, 131
telescopicus, 124
transversus, 124
verreauxi, 126
Ocypodidae, 91
Ocypodinae, 91
Pachygrapsus, 9, 25
marinus, 26, 28,
minutus, 26
plicatus, 26, 27
Percnon, 80, 81
abbreviatum, 83. 88
affine, 83, 86
allinis, 86
demani, 85
gibbesi, 91
* guinotae,83
pilimanus, 86, 88
planissimum, 83, 90
Plagusia, 80
depressa luberculata, 80
immaculata, 80, 81
Metasesarma, 45, 73
rousseauxi, 73
rousseauxi granularis, 7 1
Metopograpsus, 9, 21
messor, 23
thukuhar, 25
Nanosesarma, 46, 70
gordoni, 72
minuta, 70
minutum, 70
Ocypoda, 92
aegyptiaca, 95
ceratophlhalma, 93
cordimana, 96
kuhlii, 101
Plagusiinae, 8, 79
Planes, 9, 30
cyaneus, 30
marinus, 28
minutus, 30
Pseudograpsus, 34, 39
albus, 39, 42
elongatus, 39
erythraeus, 39
Ptychognathüs, 34, 37
barbatus, 37
polleni, 37, 38
pusillus, 38
Sarmatium, 46, 74
Ocypode, 92
ccratophthalmus, 92, 93
ccrdimanus, 92, 96
fabricii, 93, 98
jousseaumei, 99
kuhlii, 93, 101
laevis, 105
* madagascariensis, 93, 103
* pauliani, 93, 102
plicata, 65
saratan, 92, 95
stimpsoni, 99
crassum, 74
Scopimerinae, 91, 120
Sesarma, 46
bidens, 68, 70
bidens var. indica, 70
elongata, 49
elongatum, 47, 49
erythrodactyla, 53
erythrodactyla var. africana, 51, 53
eulimene, 47, 51
Source : MNHN, Paris
CRUSTACÉS DÉCAPODES
113
finni, 59, 60
frontale, 68
gracilipes, 58, 59
guttata, 68
guttatum, 68
i in pressa, 68
im pressa ni, 58, 68
latifemur, 49
lenzii, 65, 66
lividum, 70
longipes, 189
maculala, 61
meincrli, 58, 61
minuta, 70
nodulifera, 63
* ortmanni, 47, 51
plicata, 65
plicatum, 65
quadrata, 65
rotundifrons, 61
smithii, 58, 59
tetragona, 61
villosa, 55
villosum, 47, 55
Sesarminae. 9, 45
Tylodiplax, 121, 136
derijardi, 136
Uca, 92, 105
annulipcs, 107, 117
chlorophthalnius, 107 119
dussuinieri, 107, 112
gaimardi, 107. 117
inversa, 107, 114
marionis, 107
niarionis excisa, 107, 10
marionis nitidus, 109
tetragonon, 107, 112
urvillci, 107. 110
Varuna, 34
littcrata, 34
Varuninae, 9, 33
Source : MNHN, Paris
PLANCHES
N. B. — Les échelles tracées sur les photos
correspondent à 1 cm, excepté celle de la figure 3
de la planche VI qui correspond à 0,5 cm.
Source : MNHN, Paris
PLANCHE I
Fig. 1 : Grapsus tenuicrustatus (Herbst), $. Madagascar.
Fig. 2 : Grapsus albolineatus Lamarck, g. Provenance inconnue.
Source : MNHN, Paris
1
Source : MNHN , Paris
PLANCHE II
Fig. 1 : Grapsus granulosus H. Milne Edwards, Eilath, Mer Rouge.
Fig. 2 : Grapsus intermedius De Man, $. Ile Paternoster, Insulinde.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE III
Fig. 1 : Grapsus fourmanoiri sp. nov., Madagascar.
Fig. 2 : Sesarma gracilipes H. Milne Edwards, <$. Madagascar.
Source : MNHN , Paris
Source : MNHN , Paris
PLANCHE IV
Fig. 1 : Sesarma elongalum A. Milne Edwards, £, syntypes. Madagascar.
Fig. 2 : Sesarma smithii H. Milne Edwards, Madagascar.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Fig. 1
Fig. 2
PLANCHE Y
: Sarmatium crassum Dana, S. Madagascar.
: Helice leachii Hess, Madagascar.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE VI
Fig. 1 : Varuna litterata Fabricius, g. Madagascar.
Fig. 2 : Ptychognathus barbatus (A. Milne Edwards), Madagascar.
Fig. 3 : Acmaeopleura cf. balssi Shen, $. Madagascar. — Sur cette photo, l'échelle
correspond exceptionnellement à 0,5 cm au lieu de 1 cm.
Fig. 4 : Nanosesarma cf. minutum De Man. Madagascar.
Source : MNHN, Paris
1
Source : MNHN, Paris
PLANCHE VII
Fig. 1 : Percnon affine (H. Milne Edwards), <£. Nouvelle-Calédonie,
du type d* Acanthopus pilimanus A. Milne Edwards.
Fig. 2 : Percnon guinoiae sp. nov., Madagascar.
Fig. 3 : Plagusia depressa tuberculata Lamarck, $. Madagascar.
Fig. 4 : Plagusia immaculata Lamarck, $. Madagascar.
Photo
Source : MNHN, Paris
1
Source : MNHN , Paris
PLANCHE VIII
Fig. 1 : Ocypode ceratophthalmus (Pallas), <$. Madagascar.
Fig. 2 : Ocypode sarafan (Forskal), Hafoun, Somalie.
Fig. 3 : Ocypode cordimanus Desmarest, <£. Madagascar.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN , Paris
PLANCHE IX
Fig. 1 : Ocypode kuhlii De Haan, <2, lectotype. Java.
Fig. 2 : Ocypode pauliani sp. nov., <£. Madagascar.
Fig. 3 : Ocypode madagascariensis sp. nov., Madagascar.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN , Paris
PLANCHE X
Fig. 1 : Ocypode fabricii H. Milne Edwards, <?, holotype. Océanie.
Fig. 2 : Ocypode jousseaumei Nobili, holotype. Mer Rouge.
Fig. 3 : Ocypode ceratophthalmus (Pallas), <$. Madagascar. Crête stridulante.
Fig. 4 : Ocypode fabricii H. Milne Edwards, <J, holotype. Océanie. Crête stridulante.
Fig. 5 : Ocypode saratan (Forskal), £. Hafoun, Somalie. Crête stridulante.
Fig. 6 : Ocypode jousseaumei Nobili, <?, holotype. Mer Rouge. Crête stridulante.
Source : MNHN , Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE XI
Fig. 1 : Ocypode pauliani sp. nov., Madagascar. Crête stridulante.
Fig. 2 : Ocypode madagascariensis sp. nov., <£. Madagascar. Crête stridulante.
Fig. 3 : Ocypode laeuis Dana, Iles Hawaï. Crête stridulante.
Fig. 4 : Macrophthalmus milloti sp. nov., <J. Madagascar.
Source : MNHN , Paris
Source : MNHN, Paris
Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus Paris-6®.
Source : MNHN, Paris