_.
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XXVII
INSECTES
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE
par
R. PAULIAN et P. VIETTE
O.R.S.T.O.M. C.N.R.S.
Paris
1968
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par Renaud PAuLIAN
Recteur de l’Académie d’Abidjan (Côte d'Ivoire)
(alors Directeur adjoint de l’I.R.S.M.)
Comité de patronage
Son Excellence M, le Président de la République Malgache.
Son Excellence M. le D' Rakoto Rarsrmamanca, Ambassadeur extra-
ordinaire et plénipotentiaire de la République Malgache en France, Paris. —
M. le Ministre de l'Éducation nationale, Tananarive. — M. le Président de
l’Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l'Université de Mada-
gascar, Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l’Université de Mada-
gascar, Tananarive. — M. le Directeur général du C.N.R:S., Paris. — M. le
Directeur général de l'O.R.S.T.O.M., Paris. — M. le Directeur du centre
O:R:S.T.O.M. (anciennement I.R.S.M.), Tananarive.
M. le Ministre des Affaires étrangères J. RABEMANANJARA.
M. le Professeur R. Hein, membre de l'Institut, Paris. — M. le Professeur
D:J. Mirror, membre de l’Institut, fondateur et ancien directeur de l’I.R.S.M.,
Paris.
MM. les Professeurs A. S. BALAcHowsky, Paris; A. CHABAUD, Paris ;
C. DeramaRe DEBOUTTEvILLE, Paris: J. GUIBÉ, Paris; P. LEHMAN, Paris ;
G. Perir, Paris ; J.-M. Pérès, Marseille ; M. J. VADoN, Maroantsetra.
Comité de rédaction : M. R. Paurran, Président: MM. C. DELAMARE
DEBOUTTEVILLE, P. Dracu, P. GRIVEAUD, A. GRJEBINE, J.-J. Perrer,
G. RAMANANTSOAvINA, P. Roëperer, P. Vierre (Secrétaire).
Les volumes de la « Faune de Madagascar », honorés d'une sub-
vention de la République Malgache, sont publiés avec le concours
financier du Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Office
de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer.
Source : MNHN, Paris
S.Co7t
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XXVII
INSECTES
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE
par
R. PAULIAN et P. VIETTE
Bibliothèque Centrale Muséum
SCPESHMAIEN, Paris
KE
ÉD
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 1
INTRODUCTION
Ce tome XXVII de la « Faune de Madagascar », traitant des Lépidop-
tères Rhopalocères Papilionidae, intéressera certainement de nombreux
Entomologistes, qu’il s'agisse d'amateurs ayant la chance de capturer eux-
mêmes les spécimens dans la Grande Ile ou de collectionneurs d’Insectes
spectaculaires. On récolte et on collectionne plus volontiers les Papilios
que les Noctuelles ou les Pyrales !
A Tananarive, il ÿ a plus d’une dizaine d’années déjà, l’un d’entre
nous [R. P.] avait rédigé le premier texte d’un volume sur les Papilionidae
pour la « Faune de Madagascar » en se basant sur les collections de l’Institut
de Recherche scientifique de Madagascar (I.R.S.M.). Ce premier texte
devait être repris et élargi par l'étude de la collection nationale du
Muséum de Paris et les données bibliographiques, avec la collaboration de
M. G. BERNARDI.
Ce dernier avait commencé à rassembler une partie de la documentation
nécessaire, mais fort occupé par ses études sur les Lépidoptères Rhopa-
locères de l'Afrique continentale, entrecoupées de plusieurs missions au
Gabon (mission biologique du Pr P. P. GRassÉ), il voulut bien abandonner
le projet initial au profit des spécialistes de l'Entomofaune malgache.
C’est ainsi que le second auteur [P. V.] fut amené à travailler les
Papilionidae, à étudier les armures génitales mâles et femelles des espèces
de la région malgache, à faire la plupart de leurs dessins et à reprendre
l’ensemble de la bibliographie, historique ou récente. Au cours de séjours à
Londres et à Tananarive, la collection du British Museum (Natural History)
(South Kensington) a pu être examinée et celle du centre O.R.S.T.O.M.
(ex I.R.S.M.) réexaminée, avec les récoltes de MM. P. Griveaup et P. Soca.
BIBLIOGRAPHIE. — Pour chaque espèce ou sous-espèce, outre la réfé-
rence à la description originale, nous n'avons cité que les auteurs anciens
ayant travaillé la faune de Madagascar (Borspuvar, GUENÉE, BurLer,
Mamirre, SaaLmüLrer, etc.). Les autres citations, non purement mal-
gaches (catalogue, monographie, etc.) peuvent être trouvées, jusqu’en 1930,
dans BryK, Lepidopterorum Catalogus, pars 39, Papilionidae.
Types. — Ils existent presque tous, sauf celui de Papilio phorbanta
Linné, qui est aujourd’hui une figure, et ceux de P. grachus Fabricius ou
P. philemon Fabricius et Pharmacophagus antenor (Drury), qui ont disparu.
Sur 19 espèces ou sous-espèces étudiées dans ce travail, 17 types sont
conservés, plus celui de P. disparilis Boisduval synonyme de P. phorbanta.
13 de ces 18 types, dont 6 de BorspuvaL et 3 de Ch. OserrHür (ces 9 types
Source : MNHN, Paris
2 R. PAULIAN ET P. VIETTE
ex coll. Ch. Oberthür), sont conservés au British Museum (Natural History),
soit une proportion de 72%.
LocaLiTÉs. — Les localités données ici sont celles des spécimens conser-
vés au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, au British Museum
(N. EH.) (South Kensington) et au centre O.R.S.T.O.M. (ex I.R.S.M.) de Tana-
narive. Les spécimens du British Museum (N. H.) (Tring Museum) n’ont
pas été examinés.
L'ensemble des collections de Paris, Londres et Tananarive, les plus
riches en matériel malgache, donnent déjà une fort bonne idée de la distri-
bution des espèces à l'intérieur de la Grande Ile.
Bon nombre de collections privées contiennent des Papilionidae de
Madagascar, ceux-ci étant de grands Insectes spectaculaires excitant les
collectionneurs ou les marchands de Papillons. Nous n’avons, malheureu-
sement, pas cru pouvoir tenir compte de ces collections pour deux raisons :
— d’abord, parce que, à quelques exceptions près, nous ne savons
pas où elles se trouvent,
— ensuite, parce que nous n’avons pas voulu introduire, dans la litté-
rature entomologique, des citations de spécimens dont nous ignorons ce
que sera leur devenir et, dans l’étude de la faune malgache, des méthodes
de travail qui ont porté tant de préjudice à l'étude scientifique de la faune
ouest-paléarctique.
REMERCIEMENTS. — En terminant cette introduction, nous aimerions
adresser nos remerciements :
— à M. G. BERNARDI, qui nous a confié la documentation bibliogra-
phique qu’il avait commencé de rassembler,
— à M. P. Rosperer et M. P. GRIVEAUD, qui nous ont permis d’exa-
miner les exemplaires de Papilionidae de la Grande Ile dont ils ont, pour le
moment, la charge au centre O.R.S.T.0.M. (ex I.R.S.M.) de Tananarive,
— au DS. L. TuxEN, qui nous a donné tous les renseignements concer-
nant le type de Papilio manlius Fabricius, conservé au Muséum zoologique
de l'Université de Copenhague, et le nom de P. philemon Fabricius du
Systema Glossatorum,
— à Mr. À. Warson et à Mr. T. G. Howarre (British Museum, Natural
History), qui nous ont permis d'examiner les types se trouvant dans cet
établissement, de relever les localités des spécimens de Papilionidae de
la région malgache conservés à South Kensington et de disséquer les abdo-
mens des femelles de Papilio levassori Ch. Oberthür et de P. morondavana
Grose-Smith, des exemplaires femelles de ces deux espèces n’existant pas
au Muséum de Paris,
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 3
— à M. Ch. BoursiN, qui nous a donné de précieux renseignements
sur les syntypes de Papilio demodocus Esper existant encore dans les col-
lections zoologiques de l'Etat bavarois à Munich,
— à MM. G. Dusarnin DeLacour et son gendre, R. Viossar, qui ont
eu l'amabilité de faire parvenir au Muséum national d'Histoire naturelle
des exemplaires de plusieurs espèces fort intéressantes de Papilio,
— à M. J. PLanrrou, qui a eu la délicate intention d'abandonner,
pour la collection nationale du Muséum, un spécimen de Papilio moron-
davana,
— au D' H. J. HANNEMANN, qui nous a communiqué l’holotype de
Papilio cyrnus nuscyrus Suffert se trouvant au Muséum zoologique de
l’Université Humboldt à Berlin,
— au Dr F. K4sy, qui nous a fait parvenir les données concernant le
lectotype de Papilio dardanus meriones Felder, récolté par Mme Ida PrE1rrER
et conservé au Muséum d'Histoire naturelle de Vienne,
— à Mie G. Boca, qui a fait quelques dessins des genitalia 4 et 9 et
qui a réalisé les planches hors-texte,
— à Mme C. Jamer et M. P. Bru, qui ont exécuté les photographies
illustrant les planches hors-texte de ce volume et les microphotographies
des genitalia.
Source : MNHN, Paris
4 R. PAULIAN ET P. VIETTE
FAMILLE DES Papilionidae Swinnor, 1840
Les Papilionidae de Madagascar appartiennent tous à la sous-famille
des Papilioninae.
Antennes relativement courtes. Ocelles réduits. Palpes maxillaires
très fortement réduits ou absents. Trompe et palpes labiaux bien développés.
Pattes prothoraciques, dans les deux sexes, normales avec une épiphyse
tibiale. Pattes à griffes simples. Abdomen allongé, souvent élargi posté-
rieurement.
Ailes antérieures avec cinq nervures radiales. Sc libre ou anastomosée
à R 1 dans sa partie distale ; R 1 et R 2 partent très près l’une de l’autre
bien avant l'angle supérieur de la cellule ; R 3 part de cet angle ainsi que
le tronc commun à R 4 + R 5 qui sont tigées ; M 1 part bien en dessous de
l’angle supérieur de la cellule et toutes les autres nervures sont largement
séparées les unes des autres.
Ailes postérieures avec une seule nervure anale et, le plus souvent,
un appendice caudal étroit, plus ou moins allongé, parfois spatulé (queue),
soutenu par la nervure M 3. Eperon précostal présent, réuni à la Sc par
une barre pour former une aréole, M 2 part plus près de M3 que de M1;
Cu 1 a est plus près de M 3 que de Cu 1 b.
Cellule discoïdale des deux paires d'ailes fermées et généralement
allongées.
Armure génitale $. — Elle est différente du type classique. Le segment
abd. 8 prend, ici, part à la formation de l’armure génitale, le bord caudal
du tergite émettant un processus médian en forme de crochet plus ou moins
long ou courbe. C’est cette formation du tergite abd. 8 qui a été, pour la
première fois, nommé uncus par Gosse (1881 : 25) qui écrit : « The dorsal
arch of the eighth abdominal segment terminates, generally, in a slender
spine of polished, elastic chitine, which, continuing the medial line, projects
backward, and arches down, so as to form a (more or less) semicircular
hook. To this I appropriate the term Uncus ». Le texte présenté par Gosse
en 1881 à la Royal Society n’est qu’un résumé. Le travail complet, avec
planches, a été publié en 1883.
Malheureusement, les auteurs, à la suite de PeyrourEau (1895 : 141),
qui écrit : « .… l’uncus que je considère, grâce à son mode de développement,
comme un dixième tergite, qui... », ont mal interprété l’uncus de Gosse
et ont appelé ainsi, à tort, la formation représentant le tout ou une partie
de la portion dorsale du segment abd. 10.
C’est Kusnezov (1915 : CXIII) qui a le premier attiré l'attention des
Lépidoptéristes sur cette erreur. Afin, semble-t-il, de respecter l’usage et
de ne point apporter de perturbations dans la nomenclature déjà établie,
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 5
l’auteur russe conserve le nom d’uncus à la formation du segment abd. 10
et nomme superuncus celle du tergite abd. 8, c’est-à-dire l’uncus de Gosse.
Cette façon de nommer ces pièces a été celle des auteurs de langue française,
postérieurs à KusNEezov, ayant traité de la morphologie de l’armure génitale
mâle des Lépidoptères (Bayarp, 1933 ; Vierre, 1948 ; BourGoGnE, 1951),
ce que ne semblent pas avoir compris OGarTA ef al. (1957 : 238). G. van
Son (1949), dans son magnifique travail sur les Papilionidae de l'Afrique
australe, appelle uncus la formation caudale du tergite abd. 8 et tegumen
le tergite abd. 8 lui-même (p. 51, fig. 2).
Certains auteurs, Berro par exemple (1936), ont voulu appliquer dans
la nomenclature des pièces de l’armure génitale le Principe de Priorité.
On aurait alors, chez les Papilionidae,
uncus (Gosse, 1883) — superuncus (KusNezov, 1915)
et
unguis (MazriGut, 1669) — uncus (Auctorum).
sm.
. 1, armure génitale à et pénis de Papilio demodocus Esper.
juxta. — sac., sacculus. — sc., scaphium de Gosse. — s. m., sillon médian
du tegumen. — {., tègumen. — {. a., tube anal.
Ces auteurs n’ont pas été suivis et l'usage a prévalu (Drakonorr, 1954).
C’est indiscutablement un avantage, mais n’est-ce pas primer de mauvais
travaux ou tout au moins de mauvaises interprétations des auteurs ? Si
Pevroureau, en 1895, avait su reconnaître le véritable uncus de Gosse,
la nomenclature serait sans doute plus conforme aux découvertes et aux
textes originaux.
Source : MNHN, Paris
6 R. PAULIAN ET P. VIETTE
On fera remarquer que dans son travail, Mazri@nt (1669) utilise le
mot «unguis » (p. 75, pl. XI, fig. 1, A) comme un terme descriptif et non
pour désigner une pièce de l’une des différentes parties du corps du papillon.
De tels noms sont alors écrits en italique dans le texte.
Le tegumen, c'est-à-dire le tergite abd. 9 et, sans doute aussi, une por-
tion céphalique du tergite abd. 10, est ici réduit à une étroite bande trans-
versale interrompue par un profond sillon longitudinal et médian (fig. AE
et s. m.). De chaque côté du sillon, la bande transversale donne naissance à
une formation sclérifiée et garnie de courtes soies. Ces deux formations laté-
rales, de part et d'autre de la ligne médiane, sont intimement liées à la partie
dorsale du tube anal : c’est le scaphium de Gosse (1881 : 25) (fig. 1, sc.)
défini, comme suit, par son auteur : « If we remove the valve of Ornithoptera
Haliphron, or Papilio Pammon, the eye is arrested at once by a great mass
of firm flesh, white like polished ivory, projecting from the abdomen imme-
diately under the uncus: this is the organ which, from a prevailing resem-
blance in shape to a boat, I call Scaphium. Of its function I remain ignorant :
yet, since, in some species, it is most elaborately and formidably armed.….
with teeth, and spines ».
Le scaphium de Gosse est généralement homologué par les auteurs
au complexe uncus (Auciorum) + socü, tel qu'il existe chez de nombreux
Lépidoptères. Mais ceci reste à démontrer. Ces formations sclérifiées, laté-
rales et soyeuses pourraient sans doute être homologuées aux socii, mais
pour ce qui est de l’uncus on nous permettra de retenir notre jugement.
Sans présumer de leur valeur morphologique, on appellera ces formations
tout simplement le scaphium de Gosse.
Si on suit le schéma proposé par SiBaTAnI ef al. (1954, pl. I, fig. 2, F),
les valves des Papilio sont théoriquement formées, proximalement, par la
costa, dorsale, et le sacculus, ventral (fig. 1, sac.) ; la plus grande partie
de la valve est constituée par l’ampulla sur laquelle se greffe la harpe
(fig. 1, À). Ce terme, également dû à Gosse (1881 : 24), a été, lui aussi, mal
interprété par les auteurs postérieurs. Il est ainsi défini : « If we remove
one of the valves, and examine its concave inner side, we find a particular
appendage, to which I give the name of Harpe, lodged within the hollow. »
La harpe, qui n’est pas autre chose que le clunicula de FRUHSTORFER
(1908) chez les Ornithoptera, est l'homologue du clasper de PrErcE (1909)
chez les Noctuidae.
Le juxta (fig. 1, j.) est toujours bien développé et le pénis est mince et
allongé.
Armure génitale 9. — Les lobes de l’oviporus (fig. 2, Lo.) ou papilles
anales sont bien sclérifiées et assez grands. L’ostium bursae (fig. 2, o.b.)
s'ouvre au milieu d’une chambre génitale ou sinus vaginalis garnie de struc-
tures sclérifiées compliquées ou s{erigma (BryKk, 1918 a: 14). La portion
rostrale (et ventrale) à l’ostium bursae est la lamella antevaginalis (KUSNEzov,
1915) et la portion caudale (et dorsale) est la lamella postvaginalis
(Kusnezow, 1915).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE t
La bourse copulatrice (fig. 2, b. c.) est simple, généralement allongée,
avec, suivant le genre considéré, un signum (fig. 4 et 5, s.) ou des laminae
dentatae (fig. 2, L. d.).
Fig. 2, armure génitale + de Papilio demodocus Esper.
a. a., apophyses antérieures. — a. p., apophyses postérieures. — b. c., bourse copulatrice.
— d. b., ductus bursae. — !. d., laminae dentalae. — l. 0., lobes de l'oviporus. — 0. b., ostium
bursae. — s. v., sinus vaginalis. — {. a. 8, tergite abd. 8.
Premiers états. — Œufs presque globuleux, lisses, déposés par la
femelle séparément ou par petits groupes sur les feuilles des plantes
nourricières.
Chenilles plutôt courtes, avec de nombreux tubercules sétifères lors
des premiers stades et devenant glabres par la suite. Elles portent le plus
Source : MNHN, Paris
8 R. PAULIAN ET P. VIETTE
souvent dans la région médio-dorsale du prothorax un appareil glandulaire
exsertile en forme d’Y : l’osmelerium, répandant une odeur désagréable et
qui est probablement un moyen de défense. Il y a cinq stades larvaires,
Chrysalide généralement bifide antérieurement, souvent de couleur
cryptique. Attachée à son support par le crémaster et redressée vers le haut,
elle est retenue par un fil de soie se trouvant vers le milieu.
Plantes nourricières. — Les chenilles du genre Graphium vivent
principalement sur les Anonacées, tandis que celles du genre Papilio
montrent une nette préférence pour les Rutacées en général et pour les
Citrus en particulier.
Répartition géographique. — Environ 600 espèces, la plupart dans
les régions indo-australienne, éthiopienne et néotropicale.
Sur 17 espèces étudiées dans ce volume, 11 sont endémiques à Mada-
gascar, 1 à la Grande Comore et 2 à l'archipel des Mascareignes (voir le
tableau 1).
TABLEAU 1
Répartition géographique des espèces de Papilionidae étudiés dans ce volume
o
5 !# £
£ = & 2 5 2 e ë
s] Es] 5 3 £ E È É
= Es 8. & 5] 5 £
è S Fe S El Æ S E.
È Œ < E £ & À Ê
£ À A me
(c]
|
GRAPHIUM
Gr. evombar x
Gr. cyrnus x
Gr. levassori x
Gr. endochus x
PariLio
P. demodocus a x x x x x x
P. erithonioides x
P. grosesmithi x
P. morondavana x
P. dardanus x | x
P. oribazus | x
P. nireus x
P. epiphorbas x
P. manlius x
P. phorbanta x
P. delalandii x
P. mangoura +
PHARMACOPHAGUS
Ph. antenor x
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 9
Glassification. — La famille a été divisée (Munror, 1961) en trois
sous-familles : Baroniinae, Parnassiinae et Papilioninae.
La première n’est représentée que par l’unique espèce Baronia brevi-
cornis Salvin, connue seulement de Guerreros, au Mexique. La seconde se
trouve uniquement dans la zone holarctique, le plus souvent dans les régions
froides ou montagneuses. Enfin, la troisième, la plus riche en espèces, est
présente dans toutes les grandes régions faunistiques.
TABLEAU DE DÉTERMINATION DES GENRES
1. — Aïles antérieures avec R 1 anastomosée avec la sous-costale
(Sc) dans leur partie distale. . . . . . . . . Graphium (p. 9)
— Ailes antérieures avec R 1 jamais anastomosée avec la sous-
costale (Sc) mais libre sur tout son parcours . . . . . . . 2
2. — Antennes, tête et partie des patagia rouges . . . .
Pharmacophagus (p. 78)
— Antennes, tête et partie des patagia jamais à la fois de teinte
TOUS er 1 PAPIIO MP D)
Graphium Scopoli
Graphium Scopoli, 1777, Intr. Hist. nat., p. 433 (espèce type : Papilio sarpedon Linné,
1758, fixée par Hemmne, 1933 : 199) (Hemmine, 1967 : 202).
Description. — Ailes antérieures avec la nervure R 1 et la sous-costale
(Sc) s’anastomosant dans leur partie distale à partir du niveau de l’angle
supérieur de la cellule.
Ailes postérieures, notamment chez le mâle, avec l’aire du bord abdo-
minal élargie, plus ou moins repliée sur elle-même, en dessus, formant ainsi
un pli qui renferme de longs poils soyeux ou des écailles androconiales
plus ou moins filamenteuses.
Armure génitale 8. — Tergite abd. 8 sans superuncus. Le scaphium
de Gosse est fait d'une paire de lobes latéraux et soyeux suivis d’une paire
de plaques médianes sclérifiées dorsales au tube anal. Vinculum + saccus
de très grande taille,
Armure génitale 9. — Elle est caractérisée par la présence d’un signum
typique à l’intérieur de la bourse copulatrice.
Répartition géographique. — Ce genre comprend un grand nombre
d’espèces répandues dans les zones chaudes du Vieux Monde.
Source : MNHN, Paris
10 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Il est fait de trois sous-genres : Graphium (s. s.), Arisbe Hübner [1819],
et Pathysa Reakirt, 1864 (Munror, 1961).
Toutes les espèces africano-malgaches appartiennent au sous-genre
Arisbe. Elles ont été divisées en groupes d'espèces par BERGER (1951). On
reprendra ici les divisions et les définitions de cet excellent auteur.
TABLEAU DE DÉTERMINATION DES ESPÈCES
1. — Ailes postérieures avec une longue queue grêle (pl. 1, fig. 1)
(Madagascar). . . . . . . . . . . Gr. (A.) evombar (p. 10)
— Aïles postérieures sans queue, marge externe et région de
l’anglé anal ondulées ou dentées. + . : . . : .:. . . . . 2
2. — Ailes postérieures avec la marge externe nettement dentée.
Dessus des ailes blanc et noir (pl. 1, fig. 2) (Madagascar)
Gr. (A.) endochus (p. 22)
— Ailes postérieures avec la marge externe ondulée . . . . . 3
3. — Ailes entièrement blanc crème bordées seulement de noir
(p1. 8, fig. 5) (Grande Comore). . . . Gr. (A.) levassori (p. 19)
— Ailes noires avec des taches vert clair (pl. 2, fig. 3 et 4) (Mada-
BASCAT) es ee ee Gr. (A.) cyrnus..(p. 19)
A. — Groupe de Gr. (A.) antheus (Cramer)
Chez les mâles, la valve est d’un type tout à fait particulier. Il n’y a
pas d’apophyses dorsale et apicale, mais la marge externe est armée de
quatre à six fortes dents. La harpe tridentée occupe toute la face interne
de la valve.
Le groupe ne comprend que deux espèces : Gr. (A.) antheus (Cramer)
et Gr. (A.) evombar (Boisduval).
Graphium (Arisbe) evombar (Boisduval) (pl. 1, fig. 1)
Papilio Evombar Boisduval, 1836, Spec. génér. Lépid., 1, p. 254, n° 78.
Papilio Evombar Boisduval ; GUENÉE, 1865, in A. Vinson, Voy. à Madag., annexe F,
p. 27.
Papilio Evombar Boisduval ; SaALMüLLER, 1884, Lepid. v. Madag., 1, p. 56.
Papilio Evombar Boisduval ; Mazrzzr, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., 1885, XIX,
pl. 43, fig. 3 et 3a, 1887, XVIII, p. 306.
Papilio Evombar Boisduval ; Brancsix, 1891, Jahresh. naturw. Ver. Trencsiner Comitat.,
1890/91, 13 u. 14 Jahrg., p. 161.
Papilio evombar Boisduval ; Aurivizzivs, 1909, in A. VorLrzxow, Reise in Ostafrika,
Band 2, Heft 1, p. 331.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 11
Papilio evombar Boisduval ; Brvx, 1930, in E. Srran, Lepidopt. Cat., pars 39, p. 567.
[Papilio] evombar [Boisduval] ; CaraLA, 1945, L'Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 146,
p.149.
Graphium evombar Boisduval ; BerGer, 1951, IIIe Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 50.
Papilio evombar Boisduval ; Dieu, 1955, Natural. malg., 6, (1954), p. 62.
Graphium evombar [Boisduval] ; Vrerre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960), p. 353.
Graphium (Arisbe) evombar (Boisduval) ; Munror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 42.
Graphium evombar Boisduval ; CarcAsson, 1964, East Afric. Wildlife Journ., 2, p. 150.
Type. — Lectotype : 1 4, « Madagascar » (J. Goudol) (coll. Boisduval <
coll. Ch. Oberthür < coll. J. Levick < British Museum, N. H.; type
Rhopaloc. n° 11 882).
Description. — Envergure : 60-75 mm ; longueur des ailes antérieures :
36-44 mm.
g. — Antennes brun noir, à massue noire. Palpes labiaux blancs,
frangés de noir. Corps dorsalement noirâtre, hérissé de poils noirs. Pourtour
des yeux, poitrine, face ventrale de l’abdomen et une rangée de taches
latérales blancs ; ces taches latérales sont le plus souvent doublées de rouge
carmin sur les premiers segments de l’abdomen.
Aïles antérieures noires largement marquées de blanc verdâtre. Bord
externe en courbe à peine concave; apex légèrement saillant. Entre les
nervures, une rangée submarginale de sept à huit taches blanc verdâtre.
Une grande tache triangulaire médiane semblable atteint largement le bord
postérieur de l’aile ; elle se prolonge, vers le bord costal, par une rangée
de cinq taches rondes de même couleur, arquée en dedans, suivies extérieu-
rement d’une tache ronde subapicale. Cellule avec quatre bandes transver-
sales vert clair atteignant plus ou moins distinctement la côte; la plus
proximale de ces taches, seule, va jusqu’au bord inférieur de l’aile où elle
rejoint la grande tache médiane triangulaire. Base de l’aile étroitement jaune
verdâtre,
Ailes postérieures à bord externe sinueux ; queue très longue, grêle,
arquée vers l'extérieur. Angle anal bordé de noir, suivi en dedans de gris,
puis d’un dessin sinueux blanc et d’une tache noire ; une petite tache sup-
plémentaire rouge carmin est parfois présente. Base de l’aile jaunâtre. Une
grande tache discale blanc jaunâtre, suivie extérieurement, un peu après
le milieu, d’une petite tache semblable, Entre les nervures, une rangée
externe et submarginale de trois à quatre taches blanc jaunâtre allongées,
en lunules incomplètes. Marge externe blanche, principalement dans la
région de la queue.
Dessous des ailes antérieures plus brun rouge que noir, à taches iden-
tiques à celles du dessus, mais les taches submarginales sont limitées inté-
rieurement par un gros point noir.
Dessous des ailes postérieures semblable au dessus, mais la tache discale
est divisée par une bande transversale brun rougeâtre marquée de noir
et de rouge carmin dans les aires costale et de l’angle anal. Taches submar-
Source : MNHN, Paris
12 R. PAULIAN ET P. VIETTE
ginales sous-tendues par de larges traits noirs. Queue traversée par une raie
jaune.
Armure génitale (fig. 3). — Tegumen étroit, en forme de bande trans-
versale, séparé des formations du scaphium de Gosse par un repli mem-
braneux et garni d’une houppe de poils. Vinculum large et profond, arrondi
et à bords parallèles. Scaphium de Gosse bifide, dorsalement digitiforme,
montrant de minuscules épines. Processus articulaires allongés, ovales, plus
larges dans la partie dorsale. Valves aussi longues que larges, avec une forte
Fig. 3, armure génitale et pénis de Graphium (Arisbe) evombar (Boisduval) ().
pointe marginale et apicale ; côte légèrement sinueuse et montrant, un peu
avant l'extrémité, une petite bosse garnie de soies ; marge externe avec trois
fortes épines allongées et légèrement courbes ; marge ventrale, avec une série
allongée de fortes soies ; harpe à marge externe tridentée, la dent la plus
ventrale étant la plus longue et la plus isolée, les dents dorsales sont plus ou
moins bifides à leur apex ; sacculus grand et triangulaire. Juxta en plaque
ovale. Pénis étroit et allongé, élargi seulement dans sa partie rostrale.
9. — Elle diffère fort peu du mâle. La coloration fondamentale des
ailes, en dessus, est légèrement moins verdâtre et les bandes noires sont
un peu plus larges. Une petite tache rouge submarginale, absente chez le
mâle, existe au-dessus de l’angle anal des ailes postérieures.
(1) L'échelle, lorsqu’elle est présente, correspond à 1 mm,
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 13
Fig. 4 et 5, armure génitale 2 de Graphium (Arisbe). — 4, Gr. (A.) evombar (Boisduval).
— 5, Gr. (A.) cyrnus (Boisduval). — s., signum.
Armure génitale (fig. 4). — Lobes de l'oviporus petits et arrondis garnis
intérieurement ainsi qu'à l’apex et au bord ventral de minuscules épines.
Apophyses postérieures très fines, longues, à peine élargies à leur apex. Sinus
vaginalis triangulaire, très large, occupant tout le domaine du sternite
abd. 8 ; une grande plaque médiane, fonctionnant comme clapet, est anté-
rieure à l'ostium bursae. Les bords de celui-ci sont plissés. Précédant le
sinus vaginalis, la membrane intersegmentaire abd. 7/abd. 8 est, elle aussi,
profondément plissée et boursouflée. Bourse copulatrice plus longue que
large ; signum étroit et allongé, comprimé latéralement et à faces parallèles.
Source : MNHN, Paris
14 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Distribution dans l'île. — LocaziTÉs PUBLIÉES (2) : Madagascar
(J. Goudot in BorspuvaL, À. Vinson in GuenÉE). — Nosy Be (SAALMÜLLER).
__ Côte Est et versant oriental du grand massif central (Mamizce). — Nosy
Be (P. Frey in Brancsix). — Majunga ; Soalala (A. Voeltzkow in AURI-
vizzius). — Ivondro, X ; Vondrozo, X (Diehl in DrEnL).
SPÉCIMENS ExamINÉS. Mapagascar Non : Environs de Diégo-
Suarez (L. Legras). — Pays des Antankares, d’Isokitra à Diégo-Suarez,
VaX(E.el B. Perrot).
MADAGAscAR SAMBIRANO : Maromandia (R. Decary).
Mapacascar Est : Maroantsetra (ex coll. Joicey). — Mananara
(R: Decary). — Moramanga (R. Decary).
Mapacascar CENTRE : La Mandraka (G. Olsoufieff); 1 250 m, II
(P. Viette).
Mapacascar Ouesr: Ambato-Boeni, forêt de l’Ankarafantsika, XII
(D. Wintrebert), Ampijoroa, I (R. Jeannel), VIII (P. Griveaud), XI
(P. Vietle); Bevazaha, XI (P. Vielte). — Morondava, forêt au Sud de
Befasy, I (R. Paulian). — Est de Tuléar, forêt d’Andranovory, 500 m, XI
(P. Griveaud et Ratovoson), XII (P. Viette et P. Griveaud).
MapaGascar Sup : Environs de Ranopiso, zone de contact du bush
à Didierea et de la forêt ombrophile (R. Catala).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Elle ne nous est pas connue. En Afrique du Sud, l'espèce
fort voisine, Gr. (A.) antheus (Cramer), vit sur plusieurs plantes de la
famille des Anonaceae (G. van Son, 1949 : 44).
Bien qu’existant sur toute la surface de l’ile, Gr. (A.) evombar est plus
commun dans la région malgache occidentale.
B. — Groupe de Gr. (A.) leonidas (Fabricius)
L'armure génitale mâle est grande et robuste. La valve montre une
apophyse apicale large et terminée par de nombreuses dents ; elle est courte
et ne dépasse pas la costa de la valve. L’extrémité de la harpe est également
dentée. La proéminence denticulée du bord distal de la valve est bien
visible.
Le groupe comprend trois espèces : Gr. (A.) leonidas (Fabricius),
Gr. (A.) cyrnus (Boisduval) et Gr. (A.) levassori (Ch. Oberthür), deux
d’entre elles se trouvant dans la région étudiée ici.
(2) Le nom du récolteur est en ifaliques, celui de l’auteur ayant signalé la capture en
perites carrraLs. La référence se trouve dans la bibliographie citée après chaque espèce
ou sous-espèce.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 15
Graphium (Arisbe) cyrnus (Boisduval)
Papilio Cyrnus Boisduval, 1836, Spec. génér. Lépid., 1, p. 239, ne 63.
Papilio Cyrnus Boisduval ; GUENÉE, 1865, in A. Vinsow, Voy. à Madag., annexe F, p. 27.
Papilio Cyrnus Boisduval ; SaaLmüLLER, 1884, Lepid. v. Madag., 1, p. 57, pl. Il, fig. 17
et 18.
Papilio Cyrnus Boisduval ; Mamizze, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., 1885, XIX,
pl. 43, fig. 1 et 1a, 1887, XVIII, p. 308.
Papilio Cyrnus Boisduval ; BraNcsix, 1891, Jahresh. naturw. Ver. Trencsiner Comitat.,
1890/91, 13 u. 14 Jahre., p. 161.
Papilio cyrnus Boïsduval ; Brvk, 1930, in E. SrranD, Lepidopt. Cat., pars 39, p. 558.
[Papilio] cyrnus [Boïsduval] ; CaTALA, 1945, L'Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 146.
Graphium cyrnus Boisduval; Bencer, 1951, 11le Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 50.
Papilio eyrnus Boisduval ; Drenz, 1955, Natural. malg., 6, (1954), p. 62.
Papilio Cyrnus Boisduval ; Humerr, 1955, Mém. Inst. Scient. Madag., (B) 6, p. 46.
Graphium cyrnus [Boisduval] ; Vrerre, 1961, Bull. Soc. 2001. France, 85, (1960), p. 353.
Graphium (Arisbe) cyrnus (Boisduval) ; Munror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 42.
Cette espèce malgache endémique présente deux sous-espèces dans la
Grande Ile.
Gr. (A.) c. cyrnus (Boisduval) (pl. 2, fig. 4)
Type. — Lectotype : 1 &, « Madagascar » (J. Goudot) (coll. Boisduval <
coll. Ch. Oberthür < coll. J. Levick < British Museum, N. H.; type
Rhopaloc. n° 11 858).
Les spécimens étudiés par BorspuvaL ont été capturés par Goupor
lors de son second séjour à Madagascar. Etant donné ce que l’on sait sur
ce chasseur, on fixera comme localité typique de cette sous-espèce la côte
Est de Madagascar entre Tamatave et Foulpointe.
Description. — Envergure : 62-81 mm ; longueur des ailes antérieures :
39-47 mm.
&. — Antennes noires. Palpes labiaux noirs, avec deux points jaunes
latéraux et tachés de blanc à l’apex. Tête avec deux taches blanc jaunâtre
en arrière des antennes. Corps noir. Dessous jaune sur l'abdomen, avec
trois rangées de taches sombres de chaque côté.
Aïles antérieures d’un beau noir, à bord externe légèrement concave,
avec des taches d’un jaune pâle ou d’un jaune verdâtre. Dans la cellule
et l'aire costale trois taches : deux sont proches l’une de l’autre et la troi-
sième, subarrondie, est isolée ; la plus externe des deux premières citées
est la plus grande et la plus interne est parfois anguleuse au niveau du bord
antérieur de la cellule. Au niveau des radiales, trois ou quatre taches ; la
plus externe est virguliforme et les deux les plus costales sont quelquefois
réunies en une seule. Extérieurement au bord inférieur de la cellule, quatre
taches largement séparées de noir au niveau des nervures ; la plus posté-
rieure est la plus grande et atteint la base de l’aile. Une série de huit taches
Source : MNHN, Paris
16 R. PAULIAN ET P. VIETTE
submarginales, chacune située entre deux nervures ; la plus grande est celle
située vers le tornus et elle est souvent veinée de noir.
Ailes postérieures sans queue, à marge externe largement festonnée
et marquée de blanc au fond des sinus. De même coloration que les ailes
antérieures avec une large tache blanchâtre entre la côte et le bord antérieur
de la cellule, qui est le plus généralement suivie d’un semis d’écailles de
même couleur. Cellule occupée par une large tache jaune verdâtre ; une
tache plus petite lui fait suite. Deux séries submarginales de taches : la
série la plus interne comprend trois taches subrectangulaires et une tache
beaucoup plus petite, la série la plus externe est faite de cinq taches échan-
crées extérieurement. Repli abdominal blanc sale.
Fig. 6, armure génitale 4 et pénis de Graphium (Arisbe) cyrnus (Boisduval).
Dessous des ailes antérieures brun roux avec les taches du dessus
beaucoup plus claires ; celles-ci sont, surtout extérieurement, bordées de
gris. La teinte du fond devient brun noir dans la moitié inférieure de l’aile.
Dessous des ailes postérieures brun rougeâtre passant au rouge vif
vers la base. En plus des taches du dessus, on distingue, entre les nervures,
deux séries de taches allongées noires, plus une dans la cellule et une
subcostale.
Armure géniale (fig. 6). — Tegumen en bande transversale très étroite,
séparé dorsalement des formations du scaphium de Gosse par une étroite
zone membraneuse. Vinculum très large, profond et arrondi. Scaphium de
Gosse bifide, avec les deux parties sous forme de plaques arrondies à l'apex
et parallèles ; à sa base, latéralement, deux courts processus digitiformes
légèrement soyeux représentant sans doute les socii. Tube anal légèrement
sclérifié ventralement. Valves plus longues, que larges se prolongeant en un
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 17
lobe denté ; côte concave en son milieu, se terminant par un triangle apical,
aplati et légèrement replié, denté extérieurement ; l’aire costale montre,
dans son premier tiers, une sorte d’ampulla dirigée ventralement ; harpe,
avec trois séries apicales de plaques sclérifiées et dentées, deux dorsales
et une ventrale ; la plus grande et la plus interne des deux dorsales a quatre
dents et la plus petite et la plus externe une série de cinq à six petites dents ;
la ventrale est bi- ou tridentée suivant la valve considérée ; sacculus grand
et triangulaire ; aire marginale garnie de soies éparses. Juxta allongé, trian-
gulaire, avec une fine bande médiane en relief et plissée ; angles latéro-
dorsaux, avec de longues soies. Pénis légèrement courbe, élargi et semi-
membraneux proximalement, avec une pointe latérale à l’apex.
9. — Comme le mâle, mais légèrement plus grande.
Armure génitale (fig. 5). — Lobes de l’oviporus petits et arrondis, striés
transversalement sur la face interne et munis de petites dents au bord ven-
tral. Apophyses postérieures longues et droites, atteignant presque le niveau
de l’ostium bursae et s'élargissant régulièrement jusqu’à l’apex. Sinus
vaginalis n’occupant qu'une partie du domaine du sternite abd. 8 et constitué
par deux poches latérales contiguës sur la ligne médiane. Ostium bursae à
bord régulier et sclérifié ventralement; un clapet triangulaire, finement
épineux et arrondi à l’apex, le précède. Membrane intersegmentaire abd. 7/
abd. 8 plissée et boursouflée. Bourse copulatrice plus longue que large ; la
région où prend naissance le signum est garnie de très nombreuses et fines
pointes ; celui-ci est étroit et allongé, comprimé latéralement dans sa
partie distale, avec l’un des bords finement crénelé.
Distribution dans l'île. — LocaziTÉS PUBLIÉES : Madagascar (J.
Goudot in Boispuvar, À. Vinson in GUENÉE). — Madagascar et Nosy Be
(SaazMüLLER). — Nord de l’île, Fianarantsoa (Mamizce). — Nosy Be
(P. Frey in Brancsix). — Est de Betroka, Fort-Dauphin, Ivondro (Diehl
in DrexL) (3). — Massif du Marojejy, vallée de la Manantenina (AH. Humbert
in H. HumBert).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MaDAGascAR SAMBIRANO : Nosy Be, forêt de
de Lokobe, XI (A. Robinson). — Analalava, poste de Maromandia, massif
du Manongarivo, 1 150 m, XII (P. Griveaud). — Massif du Tsaratanana,
I (R. Paulian).
MapaGascar EsT : Sambava, Réserve naturelle intégrale n° 12, massif
du Marojejy, Masiaposa, II (P. Soga). — Environs de Maroantsetra, Ambo-
divoangy, XII (Inst. Scient. Madag.). — Fénérive, 1er trim. (Perrot Frères).
— Pays Antsianaka, 1er sem., 2€ sem. (Perrot Frères). — Réserve naturelle
intégrale n° 3, Ambatovositra, Andranomalaza, I (P. Soga). — Forêt de
la route d’Anosibe, I (R. Paulian). — Route d’Anosibe, km 26, forêt de
(3) Les spécimens cités par DreuL n’ont pas été examinés. Nous les plaçons dans l’une
ou l’autre sous-espèce en fonction de leur localité de provenance.
Source : MNHN, Paris
18 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Sandrangato, III (4. Robinson), XII (P. Vite); km 45, XI (P. Vieite el
P. Griveaud). — Région de Perinet (G. Olsoufieff). — Perinet (Sahamaloto),
I (P. Cachan). — Environs de Perinet, forêt d’Analamazaotra, 910 m, XII
(P. Vielte). — Rogez, 700 m, II (Abadie). — Andevorante (Inst. Scient.
Madag.). — Tamatave (ex coll. Rosenberg). — Fort-Carnot (R. Decary,
ex coll. Joicey). — Manakara, environs de Sahasinaka, Sahanambohitra
(R. Catala). — Environs de Ranopiso, près de Tsimilahy (R. Catala). —
Fort-Dauphin, I (ex coll. Hon. R. Walsh).
Mapacascar CENTRE : Mandritsara, XII (Inst. Scient. Madag.). —
La Mandraka, II (Abadie). — Route d'Ambositra à Ambohimanga du Sud,
km 39, 1 250 m, XI (P. Vielte). — Fianarantsoa, 2€ sem. (Perrot Frères). —
Sud Betsileo (Hildebrandf).
Répartition géographique. — C'est la sous-espèce de la région mal-
gache orientale.
Gr. (A.) c. nuscyrus (Sufiert) (b. subsp.) (pl. 2, fig. 3)
Papilio cyrnus nuscyrus Suffert, 1904, Deutsche Ent. Zeitschr., Iris, 17, p. 104.
Papilio cyrnus Boisduval ab. (?) nuscyrus Suffert ; AuRIvILLIUS, 1909, in A. VOELTZKOW,
Reise in Ostafrika, Band 2, Heft 1, p. 331.
Papilio cyrnus Boisduval ab. nuscyrus Suffert; Bnvx, 1930, in E. SrranD, Lepidopt.
Cat., pars 39, p. 558.
Papilio (Graphium) cyrnus (Boïisduval) ab. nuseyrus Sufert; Perers, 1952, Prov.
Ch.-List Butt. Ethiop. Reg, p. 20.
Type. — Holotype: 1 4, Madagascar, Mojange [Majunga] (Zool. Mus.,
Humboldt Univ., Berlin).
Description. — Cette sous-espèce se distingue de la sous-espèce nomi-
native par une taille, en moyenne, plus petite, mais surtout par une réduction
très nette des dessins noirs du dessus des ailes élargissant d'autant la cou-
leur fondamentale jaune verdâtre qui est ici plus vive.
A l’apex de l'aire costale des ailes postérieures, une tache en U ou V
blanchâtre ou gris blanchâtre absente ou très peu indiquée chez Gr. (A.)
c. cyrnus.
Distribution dans l'île. — LocaLiTÉS PuBLIÉES : Mojange [Majunga]
(Surrerr). — Madagascar (AurivicLrus) (avec un point de doute). — Est
de Tuléar (Diehl in DreuL) (3 bis).
SPÉCIMENS EXAMINÉS, MapAGascar OuEsr : Mojange [Majunga] (holo-
type de la sous-espèce). — Bejofo (Lamberton). — Ambato-Boeni, forêt
de l’Ankarafantsika XII, I (D. Wintrebert), Tsaramandroso (Inst. Scient.
Madag.); Ampijoroa, I (R. Jeannel), VIII (P. Griveaud), XI (P. Vielle) ;
(3 bis) Voir la note infrapaginale 3.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 19
réserve naturelle intégrale n° 7, lac sacré de Tsimaloto, XI (P. Viette). —
Antsalova, Andobo, forêt de l’Antsingy, II (P. Griveaud). — Morondava,
forêt de Marofandilia, III (P. Griveaud). — Région de Sakaraha, forêt de
Lambomakandro (4. Robinson), 1 (P. Griveaud); réserve forestière du
Zombitsy, 640 m, XII (P. Vielte et P. Griveaud).
Répartition géographique. — C’est la sous-espèce de la région mal-
gache occidentale.
Graphium (Arisbe) levassori (Ch. Oberthür) (pl. 3, fig. 5)
Papilio Levassori Ch. Oberthür, 1890, Et. d'Ent., 13, p. 10, pl. 2, fig. 5.
Papilio Levassori [Ch. Oberthür]; Pacensrecner, 1909, Die geograph. Verbr. der
Schmett., p. 348.
Papilio Levassori Ch. Oberthür ; BrvK, 1930, in E. Srran, Lepidopt. Cat., pars 39, p. 560.
Graphium Levassori Ch. Oberthür ; BerGER, 1951, IIIe Congr. nation. des Sci., Bruxelles,
8 (Congo belge), p. 50.
Graphium (Arisbe) levassori (Ch. Oberthür) ; Munror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17,
p. 42.
Type. — Holotype : 1 4, Grande Comore (L. Humblot, 1884) (coll.
Ch. Oberthür < coll. J. Levick < British Museum, N. H. ; type Rhopaloc.
n° 11 873).
Décrit d’après un seul mâle, le spécimen femelle considéré comme
Type 9 dans les collections du Muséum britannique et récolté par L. Hum-
BLoT en 1894 ne peut être considéré que comme un néallotype.
Description. — Envergure : 77-81 mm ; longueur des ailes antérieures :
43-45 mm.
g. — On suivra ici la description de Ch. OBERTHÜR qui est excellente.
Antennes noires. Tête et thorax noirs avec deux points blancs latéraux ;
le poil de chaque côté du thorax est blanchâtre. Abdomen noir, latéralement
liseré de blanchâtre. En dessous de nombreuses taches blanches répandues
sur les côtés du thorax et deux points blancs se voient de chaque côté de
la tête près des yeux ; l’abdomen montre à sa jonction avec le thorax un
pinceau de poils rougeâtres ; la partie médiane est jaunâtre et les côtés
noirs avec des lignes maculaires blanches.
Les ailes sont en dessus blanc jaunâtre. Les antérieures ont le bord
costal saupoudré d’atomes noirâtres, avec la base un peu rougeâtre, une
petite tache noirâtre (parfois absente) dans la cellule et une éclaircie jau-
nâtre, allongée, entre la côte et le bord antérieur de la cellule. L’extrémité
de celui-ci est empâtée de noirâtre et l’apex de l'aile est largement noir
avec deux taches jaunâtres. Cette tache apicale noire forme intérieurement
trois crans, puis se prolonge en un liseré marginal, assez épais, un peu ondulé,
descendant jusqu’au bord inférieur et offrant extérieurement trois sinus
intranervuraux blanchâtres.
Source : MNHN, Paris
20 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Le bord costal des ailes postérieures est jusqu’à la rencontre de la
cellule et du radius blanc un peu argenté et brillant. Le long du bord externe
des mêmes ailes se développe un feston noir qui est comme la continuation
du liseré marginal des ailes antérieures et qui s'arrête à l’extrémité de Cu 1 b
avant l'angle anal, formant des dents dont la pointe correspond à chaque
extrémité d’une nervure et dont la partie creuse est occupée par un sinus
blanchâtre. Dans la région apicale de l'aile, un semis d'atomes brunâtres
s'étend légèrement de façon à entourer deux lunules blanc jaunâtre.
a
Fig. 7, armure génitale & et pénis de Graphium (Arisbe) levassort (Ch. Oberthür).
En dessous, les parties noires du dessus sont indiquées en fauve pâle ;
la surface des ailes est blanc jaunâtre avec le bord costal des antérieures et
la tache nervurale rougeâtres. La base des ailes postérieures est rouge brique,
puis velue, noire avec un trait blanc. Le bord abdominal est couvert de
poils assez épais blond rougeûtre.
Armure géniale (fig. 7). — Elle est voisine de celle de l'espèce précédente,
les seules différences se trouvant sur la face interne des valves. Le lobe denté
apical ventral est ici moins prononcé et plus triangulaire. Les formations
distales dorsale et ventrale de la harpe sont plus grandes et mieux sclérifiées
avec les dents plus larges, mieux marquées et moins nombreuses. Partie pro-
ximale du pénis proportionnellement plus évasée que chez Gr. (A.) cyrnus.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 21
Fig. 8 et 9, armure génitale 9 de Graphium (Arisbe). — 8, Gr. (A.) levassori (Ch. Ober-
thür). — 9, Gr. (A.) endochus (Boisduval).
Q. — De même coloration que le mâle, mais légèrement plus grande.
Armure génitale (fig. 8). — La description de celle de Gr. (A.) cyrnus
pourrait s’appliquer à cette espèce. On notera seulement les différences. Les
apophyses postérieures sont plus courtes ne dépassant guère le milieu du
sinus vaginalis. Le clapet précédant l’ostium bursae n’est pas ici triangulaire;
sa partie proximale est large, donnant naissance à un petit lobe digitiforme.
Répartition géographique. — ArcmiPeL DES Comores : Grande
Comore, IX (L. Humblot, L. Legros-Levassor).
Espèce endémique.
Source : MNHN, Paris
22 R. PAULIAN ET P. VIETTE
C. — Groupe de Gr. (A.) pylades (Fabricius)
Ce groupe se différencie des groupes précédents par la présence, dans
l’armure génitale mâle, d’une petite lamelle au centre de la valve, lamelle
absente chez les autres groupes.
Il comprend cinq espèces, une seule existant à Madagascar.
Graphium (Arisbe) endochus (Boisduval) (pl. 1, fig. 2)
Papilio Endochus Boisduval, 1836, Spec. génér. Lépid., 1, p. 243, n° 68.
Papilio Endochus Boisduval ; GUENÉE, 1865, in A. VINsoN, Voy. à Madag., annexe F;
p. 27.
Papilio endochus [Boisduval] ; BurLer, 1879, Ann. Mag. Nat. Hist., (5) 4, p. 232.
Papilio Endochus Boisduval; SaaLmüLLer, 1884, Lepidopt. v. Madag,, 1, p. 59, pl. 3,
fig. 31.
Papilio Endochus Boïsduval ; Mamie, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., 1885, XIX,
pl. 43, fig. 4 et da, 1887, XVIII, p. 805.
Papilio Endochus [Boisduval] ; Ch. Oserraür, 1888, Et. d'Ent., 12° livr., p. 11.
Papilio Endochus Boisduval ; BRANCSIK, 1891, Jahresh. naturw. Ver. Trencsiner Comitat.,
1890/91, 13 u. 14 Jahrg., p. 161.
Papilio endochus Boisduval ; BryK, 1930, in E. Srran», Lepidopt. Cat., pars 39, p. 55.
[Papilio] endochus [Boisduval] ; CaraLa, 1954, L'Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 146.
Graphium endochus Boisduval ; BerGer, 1951, IIIe Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 50.
Papilio endochus Boïsduval ; PAuLIAN, 1951, Papill. comm. de Madag., p. 15, pl. III.
Graphium endochus [Boisduval] ; Verre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960), p. 353.
Graphium (Arisbe) endochus (Boisduval), Muror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 42.
Type. — Holotype : 1 4, « Madagascar » (J. Goudot) (coll. Boisduval <
coll. Ch. Oberthür < coll. J. Levick < British Museum, N. H.; type Rho-
paloc. n° 11 847).
Description. — Envergure : 53-68 mm ; longueur des ailes antérieures :
34-43 mm.
4. — Antennes brun noir, avec la massue noire. Palpes labiaux blancs
à l'apex. Vertex de la tête, avec quatre points gris blanchâtre ; une tache
blanche de chaque côté de la touffe frontale. Corps noir grisâtre à pubes-
cence grise, notamment sur le thorax ; extrémité de l'abdomen souvent
très claire. Dessous gris jaunâtre. Hanches tachées de blanc comme les
pleures thoraciques.
Ailes antérieures d’un blanc satiné avec une large bordure noire, notam-
ment dans l'aire apicale, un peu dentée intérieurement au niveau des ner-
vures. Côte et bord antérieur de la cellule finement noirs. De la côte partent
deux fortes dents noires pénétrant dans la cellule ; la plus proximale est plus
arrondie à l’apex que la distale et se continue jusqu’à la base de l'aile sous
forme d’une large bordure grise. Souvent dans la zone apicale noire existent
un ou deux points blancs. Bord externe en courbe très faiblement concave.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 23
Ailes postérieures également blanc satiné, avec une large bordure noire.
Bord externe denté à l'extrémité des nervures ; la dent de la nervure M 3
un peu plus longue que les autres ; pas de queue. Un liseré marginal blanc
sale entre les dents.
Dessous avec la bordure plus brune, marquée, dans la région apicale
des ailes antérieures, de plusieurs taches d’un gris nacré et sur les ailes
postérieures de deux rangées de lunules de la même couleur, précédées,
près de l’angle anal, de trois à cinq lunules rouges alignées transversalement
et appuyées chacune en avant sur une petite lunule d’un gris nacré. Base
de la côte des ailes antérieures largement d’un rouge sombre. Une tache
de même couleur à la base des ailes postérieures. Marge abdominale précédée
d’une large bordure brune.
Fig. 10, armure génitale 4 et pénis de Graphium (Arisbe) endochus (Boisduval).
Armure génitale (fig. 10). — Tegumen très étroit, en forme de bande,
séparé des formations du scaphium de Gosse par un repli membraneux.
Vinculum bien développé, largement arrondi. Scaphium de Gosse large
à la base, bifide dans sa moitié apicale. Tube anal allongé sans sclérification.
Valves de forme trapézoïdale avec le bord externe légèrement arrondi se
terminant dorsalement par une pointe ; la surface interne montre plusieurs
Source : MNHN, Paris
24 R. PAULIAN ET P. VIETTE
formations : dans la moitié costale, d’abord, un digitus suivi de deux pro-
cessus aplatis, bien sclérifiés et à bords dentés, le plus interne est élargi
dans sa partie apicale et le plus externe est arrondi se terminant en pointe ;
en dessous de ceux-ci, on voit deux autres processus également bien scléri-
fiés, à bords dentés et crénelés et à marge externe se faisant suite, le plus
interne est étroit, tandis que l’externe est en plaque allongée. Juxta large,
en forme de bouclier ; dorsalement deux touffes latérales de soies. Pénis
très allongé, presque filiforme, pointu à l’apex et avec la partie proximale
largement évasée.
9. — Légèrement plus grande que le mâle. Aux ailes antérieures, la
cellule est largement noire jusqu’au niveau de la dent costale la plus proxi-
male ; dent distale très réduite.
Une tache rouge brique, aux ailes postérieures, à l’angle anal.
Armure génitale (fig. 9). — Lobes de l’oviporus à bord interne arrondi
et garni ventralement de petites dents vers la ligne médiane. Apophyses
postérieures presque deux fois aussi longues que les lobes de l'oviporus et
s’élargissant dans leur tiers terminal. Sinus vaginalis sclérifié occupant une
grande partie du domaine du sternite abd. 8 et de la membrane interseg-
mentaire abd. 7/abd. 8 ; l'ostium bursae s’ouvre en son milieu ; à l’avant,
une zone à bords anguleux, à l’arrière, une zone à bord régulièrement
arrondi. Ductus bursae bien sclérifié montrant une petite poche latérale.
Bourse copulatrice subsphérique, avec le signum caractéristique.
Distribution dans l'île. — LocaLiTÉS PUBLIÉES : Madagascar
(J. Goudot in Boispuvaz, À. Vinson in GUENÉE, Kingdon in BUTLER). —
Tananarive et Nosy Be (SaALMüLLER). — Forêt centrale d’Analamazaotra
(A. Vinson in Ch. OsERTHüR). — Forêts de l'Est et Fianarantsoa (MABILLE).
— Nosy Be (P. Frey in BRANCSIK).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MapaGascar Norp : Montagne d’Ambre,
Les Roussettes, 1 000 m, XI, XII (P. Vielle, A. Robinson).
MapaGascar SAMBIRANO : Forêt du Haut Sambirano, 1000 m
(R. Paulian). — Contreforts du Tsaratanana, Haut Sambirano, vallée de
la Besanetrikely, 1100 m, XII (P. Vieille). — Massif du Tsaratanana,
1500 m, X (R. Paulian). — Région du Tsaratanana, Nord-Ouest de Man-
gindrano, Analabana, 1 640 m (P. Soga). — Maromandia (R. Decary).
MapaGascar Esr : Tamatave et forêts d’Alahakato, 1er sem. (Perrot
Frères). — Pays Antsianaka, 1er sem., 2e sem. (Perrot Frères). — Moramanga
(R. Decary). — Région de Perinet (G. Olsoufieff). — Route d’Anosibe, km 26,
forêt de Sandrangato, III (A. Robinson). — Rogez, 700 m, II (Abadie).
MapaGascar CENTRE : Mandritsara, XII (Inst. Scient. Madag.). —
La Mandraka (G. Olsoufieff). — « Antananarivo » (Kingdon). — Fianarant-
soa, 2e sem. (Perrot Frères). — Région de Fianarantsoa, Ankarampotsy
(R. Calala).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 25
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Espèce de la pluvisilva de la région malgache orientale.
Papilio Linné, 1758
Papilio Linné, 1758, Syst. Natur., 10° éd., (espèce type : Papilio machaon Linné, 1758,
fixée par LarrerLe, 1810 : 440 — Opinion 11 (1910), reprise et développée dans l'Opin ion 136
(1939), confirmée par l’Opinion 278 (1954) et inscrite sur l'Official List of Generic Names in
Zoology, 1958 : 90, ne 703) (HEmmine, 1967 : 337).
Description. — Ailes antérieures avec la nervure R 1 jamais anasto-
mosée avec la sous-costale (Sc) mais restant libre sur tout son parcours.
Aïles postérieures avec l’aire du bord abdominal non repliée et sans
écailles androconiales.
Armure génitale 8. — Tergite abd. 8 avec un superuncus. Le scaphium
de Gosse est fait de deux processus. Les sclérites formant ces deux processus
sont séparés proximalement par une membrane. Le long de la marge caudale
du tegumen, on voit une paire de sclérites s’unissant sur la ligne médiane
où ils forment entre les sclérites décrits ci-dessus une sorte de gouttière.
Les sclérites qui se rejoignent ne sont apparemment pas une partie du
tegumen mais représentent plutôt une sclérification de la membrane inter-
segmentaire entre le tegumen et le scaphium ou entre les segments abd. 9
et abd. 10. Sur la ligne médiane, la partie partiellement membraneuse res-
tante forme une petite fenêtre reconnue par Kusnezov (1916) et nommée
fenestrula par OGara et al. (1955 : 250). Vinculum + saccus moins développé
que chez les Graphium.
Armure génitale 9. — Caractérisée par la présence à l’intérieur de la
bourse copulatrice de laminae dentatae étroits et allongés.
Répartition géographique. — Vaste genre cosmopolite divisé en
sections, sous-sections, séries et groupes par MunroE (1961). On se conten-
tera de suivre ici BERGER (1951).
TABLEAU DE DÉTERMINATION DES ESPÈCES
1. — Aïles d’un brun roussâtre avec une rangée marginale de
taches blanchâtres beaucoup plus grandes sur les ailes
postérieures (pl. 12, fig. 24) (la Réunion) P. phorbanta 9 (p. 66)
— Ailes n’étant pas brun roussâtre avec une rangée marginale
de taches blanchâtres. . + . . , . +. + . . . . :. 2
2. — Ailes antérieures brunes avec deux bandes transversales
se prolongeant sur les ailes postérieures, la médiane est vert
de gris et la submarginale jaune nankin (fig. 26) (Grande
Comore). . . . . . . . . P. nireus aristophontes $ (p. 55)
Source : MNHN, Paris
26 R. PAULIAN ET P. VIETTE
— Ailes antérieures sans de telles bandes transversales. . . . 3
3. — Aïles antérieures presque entièrement blanc crème seule-
ment bordées de noir à la côte et dans l’aire marginale. 4
— Ailes antérieures autrement colorées. . . . . . . 5
4. — Ailes postérieures blanc crème uniquement bordées de noir
(1. 7, fig. 13 et 14) Ga Comore)
pee Pe dardanns humbloti (p. 42)
= Ailes péstérieures blanc crème avec une bande ou une série
de taches marginales noires précédées d'une autre série de
taches noires variable en nombre et en taille (pl. 8, fig. 15 et
16) (Madagascar) . . . . . . P. dardanus meriones (p. 44)
5. — Ailes postérieures avec une tache ocellée bleue, rouge et
noire entre l'extrémité de la cellule et l’apex de l’aire
COStale ser are is Tee 6
— Aïles postérieures sans tache ocellée entre T'extrémité ‘de
la cellule et l’apex de l'aire costale. . . . . . . . . . . . 9
6. — Ailes postérieures avec une queue bien individualisée. . . 7
_— Ailes antérieures sans queue ou avec seulement un lobe
un peu plus long que les autres. . . . . . . . . . . . . 8
7. — Ailes antérieures avec les écailles jaunes de la partie proxi-
male confluentes formant des lignes transversales ondulées
et allongées (pl. 6, fig. 12) (Madagascar). P. grosesmithi (p. 36)
-— Aïles antérieures avec les écailles jaunes de la partie proxi-
male formant un semis diffus, jamais en lignes transversales
(pl. 6, fig. 11) (Madagascar). . . . . P. morondavana (p. 40)
8. — Ailes postérieures avec l'ocelle de l’angle anal limité en
arrière par une tache noire entière et bien marquée (pl. 8,
fig. 6) (Madagascar) . . . . . P. erithonioides (p. 33)
— Aïles postérieures avec V'ocelle de l'angle anal sans tache
noire le séparant du bord anal (pl. 5, fig. 10) (Comores,
Madagascar, Mascareignes) . . . . . . P. demodocus (p. 28)
9. — Ailes noires avec une bande transversale ou des taches
médianes et une série de taches marginales bleues ou bleu
verdâtre . . . . 10
— Ailes noires avec une série médiane et transversale ‘de
taches, et souvent aussi des taches marginales, blanc jau-
DATÉE ANRT SU br MeSTr eT 15
10. — Ailes antérieures avec une série médiane et transversale de
taches bleues atteignant nettement le bord inférieur de l’aile 11
Source : MNHN, Paris
LE
12.
13.
14.
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE
Ailes antérieures avec une série médiane de taches bleues ne
dépassant jamais Cu 1 b ou n’atteignant pas de façon très
nette le bord antérieur de la cellule . . . . . . . . . .
Ailes postérieures avec une queue bien individualisée. Des-
sous des ailes postérieures sans rangée HRRER de
taches blanches . ; ‘ ie
Ailes postérieures sans queue Den dde Done
des ailes postérieures avec une série marginale de taches
blanches “0e 10, ie 20 Ce 25) (Grande Comore).
P. nireus be à
Aïles antérieures sans trace d’une rangée de taches sub-
marginales bleues. Ailes postérieures avec l’extrémité anale
de la bande transversale médiane bleue en une seule pointe
émoussée (pl. 10, fig. 19) (Madagascar) . . P. oribazus
Aïles antérieures avec une rangée de taches submarginales
bleues ou tout au moins avec une indication d’une telle
rangée. Ailes postérieures avec l'extrémité anale de la bande
transversale médiane bleue formant deux pointes diver-
gentes (pl. 15, fig. 28) (Madagascar). . P. mangoura 4
Aïles postérieures avec une queue bien individualisée et
spatulée. Dessous des mêmes ailes sans une rangée continue
de taches De blanches (pl. 5, fig. 9) (Mada-
gascar) . es à : P. epiphorbas
Ailes D osteren es sans queue D individualisée, tout au
plus avec un lobe plus long que les autres. Dessous des
mêmes ailes, chez les mâles, avec une rangée continue de
taches submarginales blanches.
Aïles antérieures avec une tache allongée et triangulaire
(cunéiforme) entre les taches de la bande médiane et les
deux taches pis “Etes sous-apicales (pl. 12, fig. 23) (la
Réunion) . : 5 + + «+ P. phorbanta 4
Aïles antérieures sans ue dti entre celles de la
bande médiane et les deux plus petites sous-apicales (île
Maurice) (pl. 11, fig. 21 et 22) . . . . . . P. manlius
Aïles antérieures avec une série médiane et continue de
taches jaunes de la côte au bord inférieur de l’aile (pl. 13,
fig. 25) (Madagascar) P. delalandii
Aïles antérieures avec la série médiane de taches jaunes
interrompues à l'extrémité de la cellule entre les radiales
et M 1 (pl. 15, fig. 29) (Madagascar) . . P. mangoura Q
Source :
@:-
@:
@- 5
(P-
@-
@- 7
@.
MNHN, Paris
27
13
12
cr
ot
52)
66)
63)
28 R. PAULIAN ET P. VIETTE
A. — Groupe de P. demoleus Linné
Chez les mâles, les valves sont de forme plus ou moins rectangulaires
et le pénis n’est que faiblement coudé. Juxta pas plus haut que large.
Outre les espèces étudiées ci-dessous, ce groupe comprend également
l’espèce asiatique P. demoleus Linné.
Papilio demodocus Esper (pl. 5, fig. 10)
Papilio demodocus Esper, [1798], Ausl. Schmett., p. 205, n° 93, pl. LI, Equ. Achiv. 11,
fig. 1 (Der männliche Falter) (4).
Papilio (Orpheides) demodocus Esper ; ManDers, 1908, Trans. ent. Soc. London, 1907,
p. 451.
Papilio demodocus Esper ; Aurivizrius, 1909, in A. VozLrzxow, Reise in Ostafrika,
Band 2, Heft 1, p. 331.
Papilio demoleus v. demodocus Esper ; Bryx, 1930, in E. Srranp, Lepidopt. Cat., pars 37,
p.150.
Papilio demodocus Esper ; J. Vixson, 1938, Mauritius Inst. Bull., 1 (4), p. 14.
Papilio demodocus [Esper] ; DENSO, 1943, Deutsche Ent. Zeitschr., Iris, 84 (1943-1944),
p- 84, p. 111.
[Papilio] demodocus [Esper] ; Cara, 1945, L’Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 146.
Papilio demodocus Esper ; BERGER, 1951, ILIe Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8 (Congo
belge), p. 49.
Papilio demodocus Esper ; PAuLtAN, 1951, Papill. comm. de Madag., p. 10, pl. IL.
Papilio demodochus Esper ; Dieux, 1955, Natural. malg., 6, (1954), p. 61.
Papilio demodocus Esper ; Srorace, 1955, Ann. Mus. Civ. St. Nat. Genova, 68, (1954-
1956), p. 127 et suiv., fig. 9.
Papilio demodocus Esper ; Verre, 1957, Mém. Inst. Sci. Madag., (E) 8, p. 215.
Papilio demodocus [Esper] ; Vigrrk, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960), p. 353.
Papilio demodocus Esper ; Muxror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 43.
Papilio demodocus Esper ; Srorace, 1963, Doriana, 3, no 137, p. 1-12.
Papilio demodocus Esper ; CARcAssON, 1964, E. Africa Wildlife Journ., 2, p. 150.
Gette espèce a été signalée de Madagascar et de la Réunion, sous le nom de Papilio
demoleus Linné, 1764, dans les publications suivantes :
BorspuvaL : 1833, Nouv. Ann. Mus. Hist. nat. Paris, 2, p. 160; Faune ent. Madag.,
Bourbon et Maurice, Lépid., p. 12. — Spec. génér. Lépid., 1, p. 237, ne 60 (p. p.).
Guexée : 1865, in A. Vinson, Voy. à Madag., annexe F, p. 27.
Bur 1878, Ann. Mag. Nat. Hist., (5) 2, p. 292.
BurLen : 1879, ibid. (5) 15, p. 191.
Maiice: Hist. phys., nat. et polit. de Madag., 1885, XIX, pl. 43, fig. 2, 1887, XVIII,
p. 303.
Ch. Onerru
chrys.).
Brancsir, 1891, Jahresh. naturw. Ver. Trencsiner Comitat., 1890/91, 13 u. 14 Jahrg,
p. 161.
A. Vinsox : 1891, Liste des Lépidoptères connus de l’île de la Réunion (Bourbon), p. 11.
A. Vinson : 1896, Notes publiées par le D: Auguste Vinson.…., p. 9.
: 1888, Et. d'Ent., 12 livr., pp. 9 et suiv., pl. IV, fig. V, &, L m (chen. et
Malgré l'opinion de W. RornsciLp et K. Jorpan (1905, Novit. Zool., 12, p. 185) Papilio
demodocus Esper est bien présent à Madagascar. Les spécimens cités par BoïspuvaL comme
« demoleus », provenant de la côte Est, sont des demodocus et non des erithonioides.
(4) Aurivizius (1822 : 182) a donné les dates de publication du travail d
Esrer : « Die ausländischen oder die ausserhalb Europa zur Zeit in den übrigen
vorgefundenen Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur mit Beschreibungen. Erster
Theïl, Erlangen 1801 » pour les cahiers 1 à 13 (pages 1 à 204 et planches 1 à 50), maisil ya
un ? pour les cahiers 14-16 (pages 205-254, planches 51 à 59, 40 A. D).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 29
Types. — Syntypes : 2 exemplaires sans localité, mais en relativement
bon état, chacun dans une petite boîte carrée à couvercle de verre et fermée
hermétiquement (coll. Esper < Zool. Samml. d. Bayer. Staates, Munich)
(Ch. Boursi\, in litt., 5-VII-1965).
EsPer écrit (p. 206) : « China wird als der gewôhnliche Ausenthalt
dieses Falters angegeben, ich habe ihn aber mit dem P. demoleus gleichfalls
aus Bengalen erhalten. » Indication de localité fausse.
Description. — Envergure : 52-98 mm; longueur des ailes anté-
rieures : 32-60 mm.
4. — Antennes noires. Tête avec le vertex montrant deux lignes jaunes ;
les yeux sont cerclés de la même couleur. En dessous, le corps est tout
jaune; l’abdomen montre latéralement une double raie noire; pattes
jaunes avec une ligne latérale noire très fine.
Ailes antérieures, en dessus, de couleur fondamentale noire, avec un
semis d’écailles jaunes dans la cellule, dissocié en taches et coupé par une
série oblique de taches jaunes se continuant en une bande sur les ailes
postérieures. Cette série est faite de six taches dont les trois inférieures sont
contiguës. Vers le dernier tiers de la cellule se trouvent deux taches plus
petites, plus ou moins ovales, puis un peu au-delà deux autres : la costale
est très petite, celle située en dessous est en forme de croissant barrant
l'extrémité de la cellule. Une rangée submarginale de neuf taches jaunes
petites et rondes, à l’exception de la costale qui est allongée. Entre cette
rangée et les taches de l'extrémité de la cellule, il existe trois taches assez
grandes, la plus interne parfois contiguë à la tache costale de la série médiane.
Marge externe obscurément crénelée, avec dans chaque sinus une petite
tache blanc jaunâtre.
Ailes postérieures à bande oblique jaune continue; elle est évasée
extérieurement dans son tiers costal où elle entoure un grand ocelle mélé
de bleu et de violet et cerclé de noir. Une rangée submarginale de sept
taches jaunes subarrondies ; celle située sur le bord abdominal est surmontée
d’un ocelle noir, poudré de bleu, cerclé en dessus de violet lilas et doublé
en dessus d’une tache rouge brun. Il n’existe pas de tache entre cette tache
rouge et la jaune. Aire médiane saupoudrée d’écailles jaunes. Bord externe
fortement crénelé, marqué de six petites taches blanc jaunâtre placées dans
les sinus ; pas de queue.
Dessous des ailes d’un noir moins profond que sur le dessus. Aux ailes
antérieures on voit les mêmes taches mois la base de l’aile montre cinq
rayons dans la cellule et deux autres en dessous. Les ailes postérieures
ont aussi le même dessin qu’en dessus ; la base porte trois raies jaunes iné-
gales et l’espace compris entre les deux bandes est sablé de jaunâtre. A
l'extrémité de la cellule, un demi-ocelle noir, cerclé de bleu et de jaune.
Les taches submarginales sont grandes, carrées, plus ou moins contiguës
et surmontées chacune de traits ou taches noirs bordés extérieurement
de bleu et de jaune ochracé.
Source : MNHN, Paris
30 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Armure génitale (fig. 1). — Tergite abd. 8 modérément large ; superuncus
aussi long que le tegumen est large, avec la partie apicale courbe et aiguë
et se rétrécissant de la base à l’apex. Formations du scaphium de Gosse
allongées, bien sclérifiées, garnies de courtes soies et formant plus ou moins
une pince. Vinculum peu développé. Valves très larges ; côte et bord ventral
parallèles formant des angles droits avec la marge externe ; la surface
interne est garnie de grosses et fortes soies, ne montrant qu'une légère crête
sclérifiée, courbe, le long du bord ventral de la valve, partant un peu après
l'apex du sacculus pour se terminer, en dessous de l’apex de la valve, par
une plaque subrectangulaire à bord externe crénelé (harpe de Gosse);
sacculus bien sclérifié et relativement petit. Juxta en bouclier à apex dorso-
latéraux courbes. Pénis non évasé dans sa partie proximale.
9. — Elle est semblable au mâle et à peine plus grande.
Armure génitale (fig. 2). — Lobes de l’oviporus grands et arrondis.
Apophyses postérieures fines, à peine élargies à leur extrémité, de longueur
dépassant deux fois la plus grande largeur des lobes de l’oviporus. Sinus
vaginalis très grand, montrant médialement une sorte de clapet en arrière
de l’ostium bursae; la partie rostrale du sinus est plissée longitudinalement.
Segment abd. 8 peu sclérifié ; apophyses antérieures courtes. Bourse copu-
latrice allongée, piriforme, avec une longue et étroite plaque de laminae
dentatae.
Distribution dans l'île. — Cette espèce vole partout à Madagascar
dans les jardins, le long des routes et des chemins ou au voisinage des
habitations dans les villages.
Répartition géographique. — Espèce africaine présente dans les
différentes îles de l'archipel des Comores, à Madagascar, à la Réunion et à
Maurice.
Dans la Grande Ile, il semble que l’introduction de P. demodocus soit
assez récente (PauLrAN, 1951 : 10).
A la Réunion, l'espèce fut introduite de Madagascar en 1863 par le
Dr Auguste Vinson au retour de son voyage dans la Grande Ile pour le
couronnement de Radama II en 1862. La multiplication de cette espèce
se fit très rapidement, non sans toutefois émouvoir l'opinion publique. En
effet, l'introduction et la multiplication énorme de P. demodocus dans l’île
coïncida avec une mortalité presque générale des orangers, citronniers,
combavas, vangassaillers, etc. On attribua cette mortalité au P. demodocus
alors qu’elle était en réalité due à des Cochenilles. Lire populaire accusa
les chenilles si visibles plutôt que les Cochenilles difficiles à voir. Le
Dr A. Vinson fut l’objet d’une critique générale et l'on donna le nom de
«Papillon Vinson » au P. demodocus. Le souvenir de cette acclimatation
n’est d’ailleurs pas encore complètement effacé.
A Maurice, l'introduction de P. demodocus fut apparemment accidentelle
et l'espèce a été signalée pour la première fois en 1870 (J. Vinson, 1938 : 15).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 31
Biologie. — La chenille vit sur différentes espèces de Citrus et d’autres
Rutacées. G. van Son (1949 : 24) la cite aussi sur quelques Ombellifères
et une Sapindacée. BRENIÈRE et Dugois (1965 : 59) donnent comme plantes
hôtes : dahlia, rosier, agrumes,
La chenille est verte, d’un vert jaunâtre ou quelquefois même d’un
blanc jaunâtre tirant sur le chamois. La teinte est uniforme. La longueur
est d'environ 42 mm et la largeur de 11 mm. L'écusson est subdivisé en
deux parties, et la deuxième est comprise entre deux arcs formés de tuber-
cules sessiles, en relief, ressemblant à des perles d’un jaune brique cerclées
de noir et enfermées entre deux lignes d’un beau noir, l’une antérieure
et l’autre postérieure, se reliant l’une à l’autre sur les côtés, au-dessus des
pattes écailleuses qui sont rouges.
La tête est aussi d’un rouge brique avec deux pointes au sommet,
aiguës et latérales.
Derrière le trait noir postérieur qui limite l’écusson, une stigmatale
blanche descend en s’élargissant, court le long des anneaux qui forment
l'abdomen et remonte, en s’incurvant, vers l'extrémité anale. Sur elle
s'appuient deux larges bandes latérales qui se relient supérieurement en
forme de chevrons. Elles sont d’un brun marron, encadrées d’un joli liseré
blanc. Les pattes membraneuses ou abdominales sont blanches, séparées
de la stigmatale par une ligne noire. Le dessous du ventre est rougeâtre.
Entre la tête et le premier anneau, la chenille, lorsqu'elle est contrariée,
fait émerger deux tentacules rouges et répandant une odeur désagréable
de cédrat concentré.
La coloration est légèrement variable selon le stade (voir R. PAULIAN,
1951, pl. XXXI [31] [col.], fig. B.).
La chrysalide est longue de 33 mm, naviculaire et carénée. Le thorax
est bombé avec une pointe mousse dirigée horizontalement en avant
comme un éperon. L'extrémité céphalique est bifide, en forme de croissant,
échancrée et dentée en dedans.
L'abdomen est renflé, attaché par la pointe caudale carrée à une tige;
la tête est dirigée en haut ; un fil blanc jaunâtre embrasse le dos et émerge
sur les ailerons.
La couleur générale est jaune verdâtre, avec des taches fauve marron
sur les côtés et le long de la bande dorsale. Quelquefois la couleur est d’un
rose carné (d’après les notes du Dr A. Vinson publiées par Ch. OBERTHÜR,
1888 : 9 et 10).
La chrysalide est fréquemment attaquée par un Chalcidien : Brachy-
meria cowani Kirby (PauLIAN, 1951 : 10). BReNIÈRE et Dugois (L.c.)
ajoutent Carcelia evolans Wied. (Tachinaire) et Apanteles sp. (Braconide).
L'imago aime butiner sur différentes fleurs sans se poser, un peu à la
manière d’un soui-manga.
GuENÉE (1865 : 33) avait déjà donné une brève description de la che-
nille et de la chrysalide.
3
Source : MNHN, Paris
32 R. PAULIAN ET P. VIETTE
ab. cariei Le Cerf, 1913, Bull. Soc. ent. France, 1913, p. 406. —
Holotype : 1 4, île Maurice, Curepipe, 27-X1-1912 (P. Carié) (coll. P. Carié <
Muséum, Paris). — PI. 4, fig. 7.
Description originale: « Aux supérieures, les 9 taches submarginales
arrondies des intervalles 1 à 9 font totalement défaut, mais par contre les
9 taches discales comprises dans les mêmes intervalles sont toutes présentes
et agrandies ; elles ont conservé leur contour externe, mais du côté basal
elles sont étendues dans tout l’espace internervural jusqu'à la cellule, à
partir de la nervure 2. Les deux taches jaunes cellulaires sont fusionnées
en une énorme macule occupant la moitié terminale de la cellule et s’arrêtant
au croissant irrégulier jaune précédant la nervure discocellulaire réduit
à quelques écailles.
«Les ailes inférieures sont normales, sauf dans leur partie distale où
les taches jaunes font défaut et sont seulement indiquées par un léger semis
jaune ; l’œil de l’angle anal est d’un noir profond sans trace de rouge et
surmonté de rares écailles bleues et jaunes ; l'arc jaune de l’œil apical est
de même à peine indiqué.
«Le dessous des quatre ailes présente les mêmes modifications que le
dessus, avec cette différence que les taches submarginales des ailes inférieures
sont mieux indiquées et que celles des ailes supérieures qui manquent tota-
lement en dessus sont représentées par quelques écailles dans les quatre
premiers intervalles ».
Décrite de l'ile Maurice, cette forme aberrante n’a pas été récoltée à
Madagascar à notre connaissance. On la connaît aussi de la Grande Comore
et de Côte d’Ivoire (Le Cerr, 1914 : 451).
Outre le type et le spécimen de la Grande Comore, le Muséum de Paris
possède un autre mâle également récolté à Maurice à Quatre Bornes par
R. Ourvier en octobre 1926.
ab. epunctatus Le Cerf, 1927, Encycl. ent., B, III, Lepidoptera, 2,
(1926-1927), p. 58. — Holotype : 1 d, île Maurice, Moka, 4-XT1-1923
(J. Vinson) (coll. P. Carié < Muséum, Paris). — PI. 4, fig. 8.
Description originale: « Intermédiaire entre le type et la forme Cariei
Le Cf.
« Taches jaunes cellulaires et discales des deux paires normales. Aux
antérieures celles des intervalles 1 b-2 et 2-3 sont cependant un peu plus
arrondies du côté interne, la forte dent noire placée sur la base de la nervure 2
étant, de plus, raccourcie et diffuse.
«Taches subterminales jaunes des deux paires très réduites, presque
obsolètes. Seuls, l'arc apical de l'intervalle 8-9, et les deux taches entre 3-5,
sont encore assez nets aux antérieures; toutes les autres ne sont plus
indiquées que par quelques écailles.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 33
« Aux postérieures l’œil entre 7-8 n’est pas isolé de la couleur du fond
du côté externe, et celui de l’angle anal a ses arcs bleu et rouge très étroits.
Taches marginales normales. En dessous les taches subterminales jaunes
sont plus développées qu'en dessus ».
f. ind. conîfluens Storace, 1963, Mem. Soc. Ent. Ilal., 42, p. 102. —
Holotype : 1 4, Madagascar, Tananarive [sans indication de date et nom
de récolteur] (coll. L. Storace).
Description originale : « Premarginale nell'intervallo I a dell’ala anteriore
confluente, sul disotto, in quella discale ».
Fig. 11, Papilio erithonioides Grose-Smith, dessus et dessous.
Papilio erithonioides Grose-Smith (fig. 11, pl. 3, fig. 6)
Papilio erithonioides Grose-Smith, 1891, Ann. Mag. Nat. Hist., (6) 7, p. 122.
Papilio erithonioides Grose-Smith ; Brvx, 1930, in E. SrranD, Lepidopt. Cat., pars 39,
p. 552.
[Papilio] erythonioides [Grose-Smith]; CaraLA, 1945, L'Entomologiste, 1, (1944-1945),
p. 149.
Papilio erithonioides Smith ; BerGer, 1951, III° Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 49.
Papilio erithonioides Grose-Smith ; Diet, 1955, Natural. malg., 6, (1954), p. 61.
Papilio demodocus erithonioides Grose-Smith ; Srorace, 1955, Ann. Mus. Civ. St. Nat.
Genova, 68, (1954-1956), p. 141, fig. 8.
Papilio erithonioides [Grose-Smith]; Verre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960),
p. 353.
Papilio erithonioides Smith ; PAuLIAN, 1961, Faune de Madagascar, 13, p. 195.
Papilio erithonioides Grose-Smith ; Munror, 1961, Canad., Ent., suppl. 17, p. 43.
[Papilio] erithonioides Grose-Smith ; Sronacr, 1963, Doriana, 3, n° 137, pp. 1-12.
Papilio demodocus erithonioides Grose-Smith ; Srorace, 1964, Mem. Soc. Ent. Ital., 43,
p. 59, fig. 1.
Papilio erithonioides Smith ; Cancassow, 1964, E. Afric. Widlife Journ., 2, p. 150.
Source : MNHN, Paris
34 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Type. — Holotype : 1 4, Côte Nord-Ouest de Madagascar (J. T. Last)
(coll. H. Grose-Smith < coll. J. Joicey < British Museum, N. H, type
Rhopaloc. n° 11 811).
Description. — Cette espèce est fort voisine, par la taille et l’habitus,
de l’espèce précédente, P. demodocus, avec laquelle on peut, à première vue,
la confondre. On notera les caractères distinctifs :
a) dessus, dans la cellule des ailes antérieures, le semis d’écailles jaunes
est confluent en lignes ;
5) aux ailes postérieures, une tache noire existe, le long du bord
abdominal, entre la tache jaune et la tache rouge brun ;
c) la queue des ailes postérieures, bien que beaucoup moins longue
que chez les deux espèces suivantes : P. grosesmithi et P. morondavana, est
mieux indiquée que chez P. demodocus ;
Fig. 12, armure génitale 4 et pénis de Papilio erithonioides Grose-Smith.
d) la plupart des taches submarginales du dessus des ailes postérieures
sont nettement échancrées en V à leur bord externe ;
e) en dessous des ailes postérieures, les taches noires entre les nervures
sont grandes, noires, largement bordées extérieurement de bleu et se
détachent nettement sur un fond jaune ochracé ; enfin,
f) en dessous des mêmes ailes, les taches submarginales blanc jaunâtre
sont grandes et bordées intérieurement et extérieurement de chevrons
brun noir.
Armure génitale (fig. 12). — Elle est fort voisine de celle de P. demodocus.
La valve a déjà été figurée par Srorace (1955, L. c.). Les différences sont les
suivantes :
a) le scaphium de Gosse est ici un peu moins allongé, plus trapu et
plus large à la base;
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 35
b) la harpe de Gosse est plus faiblement développée chez P. eritho-
nioides que chez P. demodocus ;
c) le juxta est plus triangulaire chez la première espèce que chez la
seconde ; enfin,
d) le caecum penis est mieux individualisé chez P. erithonioides.
@. — De même coloration que le mâle, mais légèrement plus grande.
Armure génitale (fig. 13). — Semblable à celle de l'espèce précédente
s’en distinguant par la partie distale du clapet, dans le sinus vaginalis,
plus trapue et la plaque des laminae dentatae ici proportionnellement plus
courte.
Distribution dans l'île. — LocaLiTÉs ciTÉES : Côte Nord-Ouest
de Madagascar (J. T. Last in H. Grose-Smirm). — Betroka, IT, II];
d’Antanimora à Amboasary, III et IV (Diehl in DreuL).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MaDAGaAscaR SamBiRaNo : Maromandia
(R. Decary).
Mapagascar CENTRE : Mandritsara (Inst. Scient. Madag.).
Mapacascar Ouesr : Côte Nord-Ouest de Madagascar (J. T. Last). —
Ambato-Boeni, forêt de l’Ankarafantsika, Ampijoroa, I (P. Griveaud), XI
(P. Vielte); Bevazaha, I (A. Robinson). — Antsalova, Andobo, forêt de
l’Antsingy, 190 m, II (P. Griveaud). — Morondava, forêt au sud de Befasy, I
(R. Paulian) ; forêt de Marofandilia, III (P. Griveaud). — Région de Saka-
raha, forêt de Lambomakandro (R. Catala, A. Robinson), I (P. Griveaud) ;
réserve spéciale du Zombitsy, 640 m, XII (P. Viette et P. Griveaud); rives
du Fiherenana (R. Catala). — Est de Tuléar, forêt d'Andranovory, 500 m,
XII (P. Viette et P. Griveaud).
Mapacascar Sup : Tongobory, IV (A. Robinson). — Plateau de
l'Androy, région d'Ambovombe (coll. Muséum). — Ambovombe, XII
(R. Decary). — Beloha (R. Decary). — Amboasary, Ifotaka (R. Decary).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Espèce plus «sauvage» que P. demodocus. Les deux
espèces ne coexistent que dans les domaines de l'Ouest et du Sud, P. eritho-
nioides étant une espèce de la région malgache occidentale.
Discussion. — En aucun cas P. erithonioides ne doit être regardé
comme une sous-espèce de P. demodocus, les deux espèces habitant ensemble,
SroracE (1963 : 12) considère P. demodocus et P. erithonioides comme
des dual species. Ces deux espèces peuvent être distinguées facilement
morphologiquement. Elles ne sont donc pas à comparer avec de véritables
dual species comme celles du complexe Anopheles maculipennis (définies
par leurs caractères écologiques) ou les dual species de Drosophila ou Para-
mecium (définies par une étude génétique), par exemple.
Source : MNHN, Paris
36 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Fig. 13 et 14, armure génitale © de Papilio. — 13, P. erithonioides GroseS-mith. — 14, P.
grosesmithi W. Rothschild.
Papilio grosesmithi W. Rothschild (fig. 15, pl. 6, fig. 12)
Papilio grosesmithi W. Rothschild, 1926, Ann. Mag. Nat. Hist., (9) 17, p. 18.
Papilio erithonioides Grose-Smith, © nec c, Ann. Mag. Nat. Hist., (6) 7, p. 122 (1891);
W. RormsemLp, 1926, L. ., p. 113.
Papilio Grose-Smithi Rothschild ; Brvx, 1930, in E. Srranp, Lepidopt. Cat., pars 39,
p. 552.
[Papilio] praeses-goldsmithi [recte P. grosesmithi W. Rothschild] ; CaraLa, 1945, L'Endo-
mologiste, 1, (1944-1945), p. 149.
Source : MNHN,
Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 37
Papilio Grose-Smithi Rothschild ; BerGen, 1951, IIIe Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 49.
Papilio grosesmithi Rothschild ; Srorace, 1955, Ann. Mus. Civ. St. Nat. Genova, 68,
(1954-1956), p. 141, fig. 12.
Papilio grosesmithi [W. Rothschild] ; Vierre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960),
p. 358.
Papilio grosesmithi Rothschild ; Munor, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 43.
[Papilio] grosesmithi [Rothschild] ; Sroracr, 1963, Doriana, 3, n° 137, pp. 1-12.
[Papilio] grosesmithi Rothschild ; Srorace, 1964, Mem. Soc. Ent. Ital., 43, p. 58.
Papilio grosesmithi Rothschild ; CarcassoN, 1964, E. Afric. Wildlife Journ., 2, p. 150.
Type. — Holotype : 1 4, Madagascar Nord-Ouest (coll. H. Grose-
Smith < coll. J. Joicey < British Museum, N. H.; type Rhopaloc.
n° 11 815).
Fig. 15, Papilio grosesmithi W. Rothschild, dessus et dessous.
Description. — Envergure : 90-105 mm; longueur des ailes anté-
rieures : 51-64 mm.
4. — Antennes brun fauve, notamment la massue. Tête noire, avec
deux bandes latérales jaunes en arrière des antennes ; yeux cerclés de jaune.
Corps noir à pubescence brune semée d'écailles jaunes isolées en dessus,
jaune en dessous. Thorax, avec deux lignes longitudinales dorsales et laté-
rales jaunes faisant suite à celles de la tête. Pattes avec la face externe des
fémurs jaunes.
Aïles antérieures à bord costal fortement convexe ; angle arrondi;
bord externe ondulé, un peu concave entre M 2 et M 3. Couleur fondamen-
Source : MNHN, Paris
38 R. PAULIAN ET P. VIETTE
tale du dessus brun noir ; le tiers basal avec un semis de fines écailles jaunes,
confluentes dans la cellule, formant là des lignes transversales. Les taches
jaunes sont disposées comme dans les deux espèces précédentes. Un semis
d’écailles jaunes se trouve transversalement entre la série médiane des
grandes taches et la série submarginale des taches plus petites. Ces dernières
sont le plus souvent échancrées sur leur bords interne et externe.
Fig. 16, armure génitale à et pénis de Papilio grosesmithi W. Rothschild.
Ailes postérieures à bord externe fortement ondulé, avec M 3 prolongée
en une longue queue. Quart proximal brun noir, avec un semis d’écailles
jaunes comme aux ailes antérieures. Bande transversale jaune, continue,
faisant extérieurement saillie sur le bord antérieur de la cellule. Un gros
ocelle costal jaune ochracé, cerné antérieurement de bleu et limité exté-
rieurement par une tache jaune, montre parfois un peu de rouge brique.
Au bord abdominal, un peu avant l'angle anal, une tache rouge brique
bordée de noir, avec, au-dessus, un ocelle bleu centré de brun et, en des-
sous, une tache jaune. Entre ces taches et le grand ocelle costal, un semis
d’écailles jaunes et des petites plages d’écailles bleues. Taches jaunes de la
rangée submarginale en U ou V renversés. Marge externe jaune ochracé
au fond des sinus.
Dessous des ailes brun noir, avec de grandes taches jaunes. La base des
antérieures est fortement radiée de jaune et les postérieures montrent toute
une série d'ocelles entiers ou incomplets bleus bordés de gris jaunâtre ;
tache rouge brique du dessus présente.
Armure génitale (fig. 16). — Elle est du même type que celle des deux
espèces précédentes. La valve a été figurée par Srorace (1955, L. c.). Le
scaphium de Gosse a l'apex des deux parties latérales modifié formant
deux grandes dents. La harpe de Gosse est ici marginale, presque isolée
et en forme de crête de coq ; au-dessus d’elle une courte barre dentée. Juxta
à bord dorsal fortement encoché.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 39
9. — Elle est semblable au mâle, mais, aux ailes postérieures, au-delà
de l’ocelle costal la plage rouge brique est bien développée et il en existe
souvent une plus petite sur le côté interne de l’ocelle. L'écaillement sur le
disque des ailes postérieures est plus épais que chez le mâle et plusieurs
petites demi-lunes bleues mal définies sont présentes et mieux indiquées.
Armure génitale (fig. 14). — D'allure générale comme dans les deux
espèces précédentes. Le sinus vaginalis présente à l'avant de l’ostium bursae
deux larges plaques latérales sclérifiées et subrectangulaires; plaque à
l'arrière de l’oslium bursae avec un clapet.
Distribution dans l'île. — LocaLiTÉ ciTÉE : Madagascar Nord-
Ouest (W. RorHsCHILD).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MADAGASCAR OuEsT : Madagascar Nord-Ouest
(coll. Brit. Mus., N.H.). — Ambato-Boeni, forêt de l’Ankarafantsika,
Bevazaha, I (A. Robinson). — Morondava, forêt de Marofandilia, III
(P. Griveaud). — Région de Sakaraha, forêt de Lambomakandro (R. Catala),
I, III (P. Griveaud) ; réserve spéciale du Zombitsy, 640 m, XII (P. Viette
et P. Griveaud) ; rives du Fiherenana (R. Catala). — Est de Tuléar, forêt
d’Andranovory, 500 m, XI (P. Griveaud et Ratovoson), XII (P. Vielte et
P. Griveaud).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Espèce de la région malgache occidentale moins rare
que ne semblent le penser les collectionneurs et les marchands d’Insectes.
ab. praeses Le Cerf, [f. (? an s.-sp.)], 1924, Bull. Hill. Mus., 1, p. 388,
pl. IV, fig. 34 et 36. — Holotype : 1 4, Madagascar Nord-Ouest (coll.
H. Grose-Smith < coll. Joicey < British Museum, N. H.; type Rhopaloc.
n° 11 813).
Description originale : « Diffère de la forme type par l'extension des
dessins jaunes et le ton plus vif de ceux-ci ; à la côte des ailes supérieures
un long trait surmonte la tache placée entre le sommet de la cellule et la
pervure 9 ; taches submarginales grandes, celle de l'intervalle 2 entière, en
rectangle arqué, non entaillée. Chez le mâle, aux ailes inférieures, la tache
suivant l’ocelle costal est presqu’entièrement rouge comme chez la femelle,
mais celle-ci a en plus du rouge du côté proximal de l’ocelle.
«En dessous les taches sont encore plus grandes qu’en dessus, les
points submarginaux des supérieures se réunissant aux arcs marginaux
pour former de grandes taches allongées ; seul, celui de l'intervalle 2 reste
isolé. Aux inférieures le noir est extrêmement réduit sur le disque et dans
la cellule, et les arcs submarginaux des intervalles 5-7 confluent entièrement
avec ceux du bord.
Source : MNHN, Paris
40 R. PAULIAN ET P. VIETTE
«Ces spécimens qui appartiennent bien à l'espèce distinguée et décrite
assez récemment par Lord Rothschild, avaient été placés par H. Grose-
Smith dans sa collection comme femelles de P. erithonioides G.-Sm. ».
Nore. — On remarquera que la description de P. grosesmithi f. (? an
s.-sp.) praeses Le Cerf est de 1924, alors que la description de P. grosesmithi
par Lord Rornsemip n’est que de 1926. Comme le taxon nommé par LE
Cerr appartient à une catégorie infrasubspécifique, son nom n'a pas, aux
yeux des Règles, d'existence légale, ce qui simplifie ce problème de
nomenclature.
Le type de praeses est bien un P. grosesmithi et non une sous-espèce
de P. morondavana comme l'indique PErEers (1952 : 19, n° 41).
Fig. 17, armure génitale à et pénis de Papilio morondavana Grose-Smith.
Papilio morondavana Grose-Smith (pl. 6, fig. 11)
Papilio morondavana Grose-Smith, 1891, Ann. Mag. Nat. Hist., (6) 8, p. 78.
Papilio morondavana Grose-Smith ; Le Cerr, 1924, Bull. Hill Mus., 1 (3), p. 388.
Papilio morondavana Grose-Smith ; Brvk, 1930, in E. SrranD, Lepidopt. Cat., pars. 39,
p. 552.
Papilio morondavana Smith ; BerGer, 1951, III° Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 49.
[Papilio] morondavana [Grose-Smith] ; Sronace, 1955, Ann. Mus. Civ. St. Nat. Genova,
68, (1954-1956), p. 139.
Papilio morondavana [Grose-Smith] ; Vigrre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960),
p. 353.
Papilio morondavana Grose-Smith ; Muxror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 43.
[Papilio] morondavana [Grose-Smith] ; Srorace, 1963, Doriana, 3, n° 137, pp. 1-12.
[Papilio] morondavana Smith ; Srorace, 1964, Mem. Soc. Ent. Ital., 43, p. 58.
Papilio morondavana Smith ; CarcAssON, 1964, E. Afric. Wildlife Journ., 2, p. 150.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 41
Type — Lectotype : 1 4
(cité par Le Cerr, L. c.), Mada-
gascar Ouest, rivière Morondava,
Mahobo [Mahabo] (J. T. Last)
(coll. H. Grose-Smith < coll. Joi-
cey < British Museum, N. H.;
type Rhopaloc. n° 11 812).
Description. — Envergure :
90-98 mm; longueur des ailes
antérieures : 51-55 mm.
Espèce voisine de P. grose-
smithi par la taille et la présence
d’une queue bien développée aux
ailes postérieures. Elle s’en dis-
tingue par:
a) une dispersion complète
du semis d’écailles jaunes, sur le
dessus de la cellule des ailes anté-
rieures, qui ne forment pas de
lignes comme chez P. grosesmithi ;
b) l’absence d’un semis d’écail-
les jaunes, aux ailes antérieures,
entre les deux séries transver-
sales de taches jaunes ;
c) l'absence de plages d’é-
cailles bleues sur les ailes posté-
rieures ;
d) aux mêmes ailes, l’ab-
sence d’une tache noire, au bord
abdominal, entre les taches rouge
brique et jaune ; enfin,
e) les taches jaunes submar-
ginales des ailes postérieures qui
ne sont pas en U ou en V renver-
sés, mais plus ou moins arrondies
et seulement à peine échancrées
extérieurement.
Fig. 18, armure génitale © de Papilio _
morondavana Grose-Smith. Armure génitale (fig. 17). —
Voisine de celle des trois espèces
précédentes. Le scaphium de Gosse est ici fort développé, les parties laté-
rales se terminant par une plaque à bord externe fortement crénelé. La
harpe de Gosse est moins individualisée que chez les trois autres espèces
et elle est reliée, presque jusqu’au sacculus, par une longue crête dentée.
Juxta en bouclier,
Source : MNHN, Paris
42 R. PAULIAN ET P. VIETTE
©. — Plus grande que le mâle, mais de même coloration.
Armure génilale (fig. 18). — Comme celle de P. grosesmithi, mais les
deux plaques latérales, à l'avant de l’ostium bursae, ne sont pas subrectan-
gulaires, s’étirant vers l’arrière, et la plaque postérieure à l'ostium bursae
est sans clapet individualisé.
Distribution dans l'île. — Locazrré ciTÉE : Madagascar Ouest,
rivière Morondava, Mahobo [Mahabo] (J. T. Last in H. GrosE-Smrrn).
EXEMPLAIRES EXAMINÉS. Mapagascar OuEsr : Rivière Morondava,
Mahabo (J. T. Last). — Ambato-Boeni, forêt de l’Ankarafantsika, fin XI
(ex coll. Plantrou, Muséum, Paris). — Est de Tuléar, forêt d'Andranovory,
500 m, XI (P. Griveaud el Ratovoson), XII (P. Viette et P. Griveaud).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Espèce encore mal connue, de la région malgache occi-
dentale, mais moins rare qu’on ne le pense.
B. — Groupe de P. phorcas Cramer
Chez les mâles, la paroi interne de la valve porte une lame, plus ou
moins large, chitinisée et denticulée. Cette lame est en grande partie soudée
à la paroi et ne peut être considérée comme une véritable harpe (BERGER,
1951).
Ce groupe qui comprend huit espèces sur le continent ‘africain n’en
comporte qu'une seule dans l'archipel des Comores (Grande Comore) et à
Madagascar.
Papilio dardanus Brown
Papilio dardanus Brown, 1776, Ill. Zool., p. 52, pl. 22.
Cette espèce africano-malgache présente, dans la région étudiée, deux
sous-espèces : l’une comorienne, P. d. humbloti, l'autre malgache, P. d.
meriones. La sous-espèce nominative se trouve dans l'Afrique occidentale
et centrale, du Sierra Leone à l'Uganda et à l'Angola.
P. d. humbloti Ch. Oberthür (pl. 7, fig. 13 et 14)
Papilio Humbloti Ch. Oberthür, 1888, Ann. Soc. ent. France, (6) 8, Bull., p. XL [40]. —
1890, Et. d'Ent., 13, p. 9, pl. I, fig. 1 (o:), fig. 2 (Q).
Papilio dardanus £. ins. humbloti Ch. Oberthür ; Aurrvizrus, 1908, in A. Srrrz, Gross-
Schmett. d. Erde, 13, p. 14, pl. 9b.
Papilio dardanus humbloti Ch. Oberthür ; Evrrvenam, 1910, Afric. Mimet. Butt., p. 99.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 43
Papilio dardanus v. Humbloti Ch. Oberthür ; Brvx, 1930, in E. SrnanD, Lepid. Cat.,
pars 39, p. 531.
Papilio dardanus humbloti Ch. Oberthür ; Turner, 1963, Trans. R. ent. Soc. London, 115
€), p. 242.
Type. — Lectotype : 1 4, Grande Comore (L. Humblot, 1884) (spécim.
fig. dans les Et. d'Ent., 13, pl. I fig. 1) (coll. Ch. Oberthür < coll. J. Levick <
British Museum, N. H. ; type Rhopaloc. n° 11 767).
Description. — Envergure : 77-83 mm ; longueur des ailes antérieures :
43-49 mm.
g. — Antennes noires. Palpes labiaux jaunes. Tête noire, avec quatre
taches jaune soufre dont deux en dessous des antennes. Thorax noir, avec
quatre taches gris jaunâtre. Abdomen jaune, dorsalement gris noirâtre et
avec deux rangées latérales de taches noires. Dessous du corps jaune ; pattes
noires et jaunes.
Ailes antérieures jaune soufre entièrement bordées de noir. Cette
couleur part de la base de l’aile ; elle suit d’abord régulièrement la côte puis
subit une dépression un peu avant d'atteindre l'extrémité de la cellule;
de façon qu’envahissant, depuis la base, le côté supérieur de l’espace cellu-
laire, la bande noire marginale est ensuite rejetée vers le bord costal et
limitée par la nervure costale jusqu’à ce que, un peu au-delà de la cellule,
se rencontre la large bordure noire marginale. Cette bordure descend en
formant un feston intranervural dû à la pénétration du jaune en demi-
cercles intranervuraux dans la bordure noire. Une petite tache arrondie,
subapicale, jaune soufre, dans la bordure noire.
Aïles postérieures jaune soufre entièrement bordées de noir sauf au
bord abdominal. La marge interne de la bordure noire est festonnée de la
même manière qu'aux ailes antérieures. Queue entièrement noire. Marge
externe des ailes avec des sinus jaune soufre découpant les ailes en saillies
arrondies, noires et intranervurales.
Dessous des ailes antérieures conforme au-dessus, sauf pour la teinte
noire de la bordure qui est plus brune et remplacée à l’apex par un lavis
fauve.
Dessous des ailes postérieures jaune fauve traversé par une bande
sinueuse brun foncé que l’on voit disparaître en dessus. Partie proximale
des ailes, notamment dans la cellule, radiée de noir. Aire externe brun
fauve montrant, entre les nervures, des taches fauves.
Armure génitale. — Comme celle de P. d. meriones décrite page 48 ne
s’en distinguant que par les formations internes des valves. Ces dernières
(ig. 19, a) montrent, dans leur partie ventrale, une longue lame étroite,
sclérifiée, finement crénelée à son bord ventral et dépassant très nettement
la marge externe de la valve ; la grosse épine médiane et sinueuse est ici
absente.
Source : MNHN, Paris
44 R. PAULIAN ET P. VIETTE
9. — Légèrement plus grande que le mâle.
Ailes antérieures avec la bande costale noire au moins deux fois plus
large que chez le mâle ; bord interne de l'aire externe noire plus régulier ;
des traces de sinus jaune ochracé à la marge externe.
Ailes postérieures avec les sinus jaune ochracé.
Armure génitale. — Plaque génitale (fig. 19, b) faite d’une zone légè-
rement sclérifiée en forme de fer à cheval et à partie caudale ayant des
limites peu nettes. La partie rostrale montre deux bras latéraux mieux
sclérifiés et aigus se rejoignant en dessous de l’oslium bursae. Au centre,
deux aires peu sclérifiées : l’une (caudale) étroite et allongée, l’autre (ros-
trale) transversale, au milieu de laquelle s’ouvre l’ostium bursae.
a
B——
ig. 19, Papilio dardanus humbloti Ch. Oberthür. — a, 6, face interne de la valve droite. —
b, ?, sterigma.
Répartition géographique. — ARCHIPEL DES Comores : Grande
Comore (L. Humblot, Legros-Levassor, J. Millot), La Grille, 810 m, VIII-1958
(P. Griveaud).
Biologie. — Espèce volant aussi bien en forêt que dans les zones
cultivées.
P. d. meriones C. et R. Felder (fig. 20, pl. 8, fig. 15 et 16)
Papilio meriones C. et R. Felder, 1865, Reise ôster. Fregata Novara, Zool. Th., 2 Band,
2 Abth., Lepid., Rhop., p. 95.
Papilio meriones Felder ; Burcer, 1878, Ann. Mag. Nat. Hist., (5) 2, p. 292.
Papilio Meriones Felder ; SAALMüLLER, 1884, Lepid. v. Madag., 1, p. 62, pl. 1, fig. 2.
Papilio Meriones Felder; Mamiiux, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., 1885, XIX,
pl. 50, fig. 1 et 2, 1887, X VIII, p. 309.
Papilio dardanus ?. ins. meriones Felder ; Auriviutius, 1908, in A. Serrz, Gross-Schmett.
d. Erde, 13, p. 14.
Papilio meriones Felder; Aurivizzrus, 1909, in A. Vorzrzxow, Reise in Ostafrika,
Band 2, Heft 1, p. 330.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 45
Fig. 20, Papilio dardanus meriones C. et R. Felder, dessous et dessus.
Papilio dardanus meriones Felder ; ELrRINGnaM, 1910, Afric. Mimet. Butt., p. 99, pl. X,
fig. 1.
Papilio dardanus v. meriones Felder ; BryK, 1930, in E. Srranp, Lepidopt. Cat. pars 39,
p. 530.
[Papilio dardanus] meriones [Felder] ; Dexso, 1943, Deusche Ent. Zeilschr., Iris, 84,
(1943-1944), p. 111.
[Papilio] Antinorii [recte P. d. meriones Felder] ; CATALA, 1945, L'Entomologiste, 1,
(1944-1945), p. 146.
Papilio dardanus meriones Felder; PAULIAN, 1951, Papill. comm. de Madag., p. 13,
pl. III.
Papilio dardanus meriones Felder ; Dieu, 1955, Natur. malg., 6, (1954), p. 62.
Papilio Dardanus Brown ssp. Meriones Felder; Humperr, 1955, Mém. Inst. Scient.
Madag., (B) 6, p. 46.
[Papilio dardanus] meriones [Felder] ; CLARKE et SnepparD, 1959, The Ent., 92, pp. 93-94,
pl. IT.
Papilio dardanus meriones Felder ; PAULIAN, 1961, Faune de Madag., 13, p. 373.
Papilio dardanus meriones Felder ; Turner, 1963, Trans. R. ent. Soc. London, 115 (9),
p. 242.
Papilio Brutus Boisduval (nec Fabricius), BorspuvaL, 1833, Nouv. Ann. Mus. Hist. nat.
Paris, 2, p. 160 ; Faune ent. Madag., Bourbon et Maurice, Lépid., p. 12.
Papilio Brutus Fabricius Variété B Boisduval, 1836, Spec. génér. Lépid., 1, p. 222, n° 221.
Papilio Brutus Guenée (nec Fabricius) ; GUENÉE, 1865, in A. Vinson, Voy. à Madag.,
Annexe F, p. 27.
Papilio Brutus Gosse (nec Fabricius) ; Gosse, 1883, Trans. Linn. Soc. London, 2nd ser.,
Zool., 2, p. 306, pl. XXIX, fig. 24-25 (genitalia o, spécim. provenant d’« Ellongo »).
Source : MNHN, Paris
46 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Type. — Lectotype : 1 &, Madagascar, [région de Tamatave], 1858
(Mne Ida Pfeiffer) (5) (coll. I. Pfeiffer < Naturhistor. Museum, Vienne).
Description. — Envergure : 84-90 mm ; longueur des ailes antérieures :
43-46 mm.
Fig. 21, variations de la coloration du dessus des ailes postérieures de Papilio dardanus
meriones C. et R. Felder 6.
Exemplaires de : a, Montagne d’Ambre. — b, Haut Sambirano, 1 000 m.— c, massif
du Tsaratanana, 1 500 m.— d, Antsingy de Bekopaka.
(5) Mme Ida Preirrer, à soixante ans passés, visita la région de Tamatave (A. ViNSoN,
1865 ? 20). On peut donc fixer cette région comme localité type du P. dardanus meriones.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 47
— Antennes, corps et pattes comme dans la sous-espèce précédente :
P. d. humbloti. D'une façon générale, corps noir en dessus, blanc jaunâtre
en dessous.
Aïles antérieures jaune soufre clair avec la côte et une large bordure
externe noires. La bande costale se rétrécit aux deux tiers de la cellule. La
bordure externe est sinuée et régulièrement dentée en dedans, chaque dent
se trouvant sur une nervure ; les sinus placés entre M 3 et les Cu 1 sont géné-
ralement les plus profonds. Une petite tache arrondie et allongée se trouve
dans la bordure en dessous de l’apex.
Fig. 22, armure génitale 5 et pénis de Papilio dardanus meriones C. et R. Felder.
Ailes postérieures avec une bordure noire étroite et figurant une large
raie sinuée intérieurement et échancrée extérieurement par le blanc jau-
nâtre dont les échancrures marginales sont liserées. Queue brun noir, avec
l'extrémité blanc jaunâtre finement divisée par une raie noire située sur M3.
Entre les nervures, une bande maculaire noire, qui est composée de taches
subcarrées petites ou grandes et alors plus ou moins contiguës et réunies
à la bordure externe par les nervures colorées en noir ; cette bande, inter-
rompue au-dessus de la queue, contient au-dessus de l'angle anal une tache
jaune ochracé marquée de noir.
En dessous, les ailes antérieures ne diffèrent que par la bordure qui
est teintée de jaune roux.
4
Source : MNHN, Paris
48 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Dessous des ailes postérieures d’un jaune ochracé. Les dessins margi-
naux sont à peu près comme sur le dessus, mais la bande intérieure est plus
large, plus continue et n’est pas interrompue au-dessus de la queue.
Armure génitale (fig. 22). — Superuncus assez court, légèrement
recourbé vers le bas à l’apex. Scaphium de Gosse fait de chaque côté d’une
formation montrant une pointe dorsale et une plaque ventrale arrondie
portant quelques soies. Valves larges, subquadrangulaires, garnies inté-
rieurement, dans la partie ventrale, d’une longue bandelette sclérifiée se
terminant par une petite plaque à bord dorsal arrondi et crénelé ; au-dessus
d'elle et au tiers distal, une longue épine sinueuse dirigée dorsalement ;
à la base de la bandelette interne, un processus court et digitiforme. Pénis
un peu plus long que la moitié de la longueur de la valve, recourbé et élargi
dans sa partie proximale.
@. — De même habitus que le mâle, contrairement aux femelles de la
plupart des sous-espèces de l'Afrique continentale. D’un jaune plus soutenu
que chez le mâle, souvent plus ou moins ochracé.
Aux ailes antérieures, la côte n'est noire que jusqu'au milieu ; à ce
niveau, la bande noire s’élargit et s’infléchit vers l'intérieur traversant
presque la cellule. Au niveau des radiales, la bordure noire est ici intérieu-
rement moins profondément entaillée.
Ailes postérieures avec le dessin marginal plus étroit, moins marqué
et parfois interrompu. Bande intérieure comme chez le mâle.
Dessous des ailes antérieures comme chez le mâle.
Dessous des ailes postérieures jaune ochracé et on y voit à peine la
trace des bandes ou taches du dessus.
Armure génitale (fig. 23). — Lobes de l'oviporus presque rhomboïdaux
avec les angles arrondis. Apophyses postérieures environ une fois et demi
la longueur des lobes. Sinus vaginalis montrant, caudalement à l’ostium
bursae, un bourrelet médian abondamment recouvert de spicules flanqué,
de chaque côté, d’un bourrelet à surface plus ou moins ondulée ; latérale-
ment à l’ostium bursae, des formations aplaties, étroites, allongées, bien
sclérifiées et à bords fortement dentés ; rostralement à l'ostium, un clapet.
Membrane intersegmentaire proprement dite ridée. Ductus bursae court,
s’élargissant progressivement jusqu’à la bourse copulatrice. Cette dernière
porte une longue plaque de laminae dentatae.
Varrarions. — La coloration des mâles est très variable, notamment
celle des ailes postérieures. Il semble, d’après le matériel étudié, qui malheu-
reusement n’a pas pu être concentré en un tout devant nos yeux, que chaque
localité possède un type de coloration un peu particulier (fig. 21, a à d), mais
les conditions de travail nous empêchent d’en tirer des conclusions. La
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 49
Fig. 23 et 24, armure génitale 9 de Papilio. — 23, P. dardanus meriones C. et R. Felder. —
24, P. nireus aristophontes Ch. Oberthür.
récolte méthodique de cette espèce sur toute la surface de la Grande Ile
aurait un réel intérêt.
Les variations de la femelle sont plus rares. Le CErr (1924 : 379) a cité
une 9 de Tananarive (plus vraisemblablement de La Mandraka) « dans
laquelle la tache cellulaire noire des ailes supérieures, agrandie et traversant
presque la cellule en dessus, se trouve en dessous prolongé sur le disque
par un semis noir formant une tache allongée dans l'intervalle 4 ».
Distribution dans l'île. — LOCALITÉS PUBLIÉES : Forêts aux envi-
rons de Tamatave (Goudot, Sganzin in Borspuvar, 1836). — Madagascar
(A. Vinson in GUENÉE). — Found in the Tanala ; uncommon at Fianarantsoa
Source : MNHN, Paris
50 R. PAULIAN ET P. VIETTE
(D. Cowan in Burer). — « Ellongo » (6) (Gosse). — Tamatave, Fianarant-
soa, Tananarive, Ambavaran (?) (SAALMüLLER). — Madagascar Sud-Ouest
(A. Grandidier in Mamizre). — Ikongo, côte orientale, forêt primitive
(A. Voelizkow in Aurivicrus, 1909). — Ranopiso, IV ; Fort-Dauphin, IV,
X ; Ivondro, IV, X (Diehl in Dreur). — Massif du Marojejy, vallée de la
Manantenina (H. Humbert in H. HUMBERT).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MapaGascar Norp : Diégo-Suarez (ex coll.
Donckier, Muséum, Paris). — Joffreville (E. Drouhard). — Montagne
d'Ambre (E. G. B. Meade-Waldo), Les Roussettes, 1000 m, XI, XII
(P. Viette, A. Robinson). — Pays des Antankares (ex coll. Clements, Muséum,
Paris) ; d’Isokitra à Diégo-Suarez, V à X (E. et B. Perrot).
Mapacascar Samsrrano : Contreforts du Tsaratanana, Haut Sam-
birano, vallées de la Besanetrikely, 1 100 m, et de la Besanetribe, 1 200 m,
XII (P. Vielte). — Massif du Tsaratanana, 1 500 m, X (R. Paulian). —
Région du Tsaratanana, nord-ouest de Mangindrano, Analabana, 1 640 m,
IV (P. Soga). — Maromandia (R. Decary).
Mapacascar Esr : Vohémar (ex coll. Donckier, Muséum, Paris). —
Massif du Marojejy, Ambinanitelo, 500 m, V (P. Soga). — Maroantsetra
(ex coll. Joicey) ; Fampanambo, VII (R. Paulian). — Mananara (R. Decary).
— Tamatave (ex coll. Joicey); Ambavaran (?) (ex coll. Ward-Galichon,
Muséum, Paris). — De Tamatave à Andevorante (4. Mathiau). — Bricka-
ville, Anivorano (H. Ungemack). — Pays Antsianaka, 2° sem. (Perrot
Frères). — Moramanga (R. Decary). — Environs de Perinet, forêt d’Anala-
mazaotra, 910 m, XII (P. Viette). — Rogez (C. Lamberton). — Mananjara,
Vohilava, vallée du Faraony (R. Catala). — Vondrozo (R. Decary). —
Midongy du Sud, forêt de Befotaka, 910 m, III (P. Viette et P. Griveaud). —
Fort-Dauphin (Delgove) ; forêt d'Isaka (Ch. Alluaud).
Mapacascar CENTRE : Région de l’Ankaizina (R. Decary). — Man-
dritsara (Inst. Scient. Madag.). — Région de Betroka, Ivondro (E. Diehl).
Mapacascar Ouesr : Morafenobe, forêt Mahajeby, V (R. Paulian). —
Antsalova, Antsingy de Bekopaka, X (R. Paulian); Andobo, forêt de
l'Antsingy, 190 m (P. Griveaud). — Région de Sakaraha, forêt de Lamboma-
kandro (R. Catala), ITI (A. Robinson), I, VII (P. Griveaud).
MapaGascar Sup : Ambovombe, Beloha (ex coll. G. Babault, Muséum,
Paris).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Chenille sur les Citrus et probablement d’autres Rutacées
sauvages.
(6) Burcen a décrit un certain nombre d'espèces provenant d'« Ellongo » et récoltées
par le Rév. W. Deans Cowax. Cette localité nous est restée inconnue. Il s’agit peut-être de
la région de l'Ikongo située à peu près à mi-chemin entre Ambohimandroso et Fort-Carnot
(Verre, 1963 : 281, note infr. 25).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 51
Au cinquième et dernier stade, elle atteint 35 mm de long. Elle est
verte, avec tous les dessins blancs fractionnés en lignes ou petites taches.
Le corps, fortement épaissi et bombé au niveau du mésothorax, se rétrécit
ensuite vers l'arrière. Moitié latéro-ventrale bleu clair, avec des lignes
obliques blanches. Tubercules bleus. Tête et pattes thoraciques vert jau-
nâtre ; pattes abdominales vertes.
La chrysalide est « naviculaire, aplatie sur le dos et fortement carénée
sur les côtés. La tête est étroite et armée de deux cornes droites et contiguës
en forme de bec; le thorax est étroit et rhomboïdal, puis tout à coup le
corps s’élargit beaucoup pour aller ensuite en diminuant, en forme d'amande,
Les trois dernières incisions sont seules bien marquées » (GUENÉE, 1865 : 33).
Les imagos ont été capturés en VIT, VIII, X, XI, XII, I, III, IV et V.
ab. palaeotypus Le Cerf, 1924, Bull. Hill Mus., 1, p. 379, pl. I,
fig. 3. — Holotype : 1 4, Madagascar, Maroantsetra (coll. C. J. Grist < coll.
J. Joicey < British Museum, N. H. ; type Rhopaloc. n° 11 766).
Descriplion originale : «Ailes supérieures à bande terminale noire
un peu plus étendue que dans le type; point subapical petit. Ailes infé-
rieures avec une très large bande terminale, couvrant à peu près les deux
cinquièmes de l'aile, sinuée à son bord interne et fortement entaillée entre
les nervures 5-6. Sur cette bande noire un léger semis d’écailles jaunes,
forme une traînée diffuse entre 3-4 et des points submarginaux indistincts
entre 4-7 ; queues entièrement noires. Dessous ne différant de la forme nor-
male que par la teinte obscure et les dessins effacés de la moitié distale des
ailes inférieures ».
Papilio dardanus, qui comprend un certain nombre de sous-espèces
dont la carte de distribution approximative a été donnée par J. R.G.TURNER
(1963 : 240), est peut-être le plus bel exemple qui soit de mimétisme dit
batésien. Si les mâles ont gardé l'aspect ordinaire des Papilios non mimé-
tiques, il n’en est pas de même des femelles. Dans la plupart des régions
d’Afrique, celles-ci imitent les Danaus et Amauris (DANAIDAE), Lépidop-
tères protégés. Par contre à la Grande Comore et à Madagascar, les femelles
de P. d. humbloti et de P. d. meriones ressemblent, à quelques minimes
différences près, à leur mâle.
Dans la théorie classique du mimétisme, on conclut que P. d. meriones
représente le type ancestral de l'espèce, mâles et femelles étant presque
semblables. P. d. humbloti, que certains auteurs ont voulu considérer comme
une espèce distincte, représente un type plus évolué par la présence d’une
bande marginale noire continue aux ailes postérieures alors que les mâles
du continent africain sont beaucoup plus proches, extérieurement, des
mâles de P. d. meriones. En fait, l’armure génitale, à l’intérieur de l’aire
de distribution de l'espèce, est fort variable. Turner (1963), qui a étudié
et figuré les variations de l’armure génitale mâle, classe les différentes
Source : MNHN, Paris
52 R. PAULIAN ET P. VIETTE
sous-espèces de P. dardanus en un certain nombre de «phenodemes »
(p. 243).
On fera remarquer que, si, sur le continent africain, l'Evolution a
conduit la plupart des femelles à devenir mimétiques, elle ne l’a pas fait
à Madagascar alors que l’un des modèles, au moins, Danaus chrysippus, est
répandu sur toute la surface de l'île. Il y a là un point de désaccord avec
les vues généralement exprimées.
Contrairement à l'opinion classique, BERNARDI (1963 : 164) a montré
que les sous-espèces d’Afrique continentale de P. dardanus à femelles mimé-
tiques étaient beaucoup plus proches du type primitif que les sous-espèces
comorienne et malgache, car on retrouve chez ces femelles le plan fonda-
mental des lignes et dessins des ailes des Lépidoptères, plan fondamental
défini par Surrerr et SCHWANWITSCH (Voir auteurs cités), alors que ce plan
a totalement disparu chez les mâles et dans les populations à femelles
androgynes, qui seraient ainsi plus évoluées. C'est exactement démontrer
le contraire de ce qui est généralement soutenu.
On serait tenté de croire que cette évolution accentuée des femelles
n’a été rendue possible en Ethiopie, à Madagascar et aux Comores que
par la diminution de la pression de la concurrence vitale.
On devrait aussi admettre la pénétration tardive de P. dardanus dans
la région malgache.
Les recherches de CLarxe et Suepparp ont abouti à une analyse
génétique de P. dardanus meriones et de ses relations avec les sous-espèces
africaines.
G. — Groupe de P. nireus Linné
Chez les mâles, le superuncus n’est jamais crochu mais droit et le plus
souvent très court. Le tergite abd. 8 n’est pas plus large dorsalement que
latéralement. Les valves sont épaisses, bien sclérifiées, avec la marge distale
formant un bourrelet du côté interne, qui est souvent garni de petites
épines.
Ce groupe africano-malgache comprend treize espèces.
Papilio oribazus Boisduval (pl. 10, fig. 19)
Papilio Oribazus Boisduval, 1836, Spec. génér. Lépid., 1, p. 223, n° 41.
Papilio Oribazus Boïsduval ; Hewrrsow, 1863, Proc. Sci. Meet. Zool. Soc. London, 1868,
p. 64.
Papilio Oribazus Boisduval; Guenér, 1865, in A. Vixson, Voy. à Madag., Annexe F,
p. 27.
Papilio Oribazus Boisduval ; SaaLmüLLER, 1884, Lepid. v. Madag., 1, pl. 3, fig. 30.
Papilio Oribazus Boisduval ; Masiice, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., 1885, XIX,
pl. 47, fig. 1 à 3, 1887, XVIII, p. 315.
Papitio oribazus Boisduval ; Brvx, 1930, in E. Srrap, Lepidopt. Cat., pars 39, p. 545.
Papilio oribazus [Boisduval] ; DENSO, 1943, Deutsche Ent. Zeitschr., Iris, 84, (1943-1944),
p. 111.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 53
Papilio oribazus Boisduval ; BerGer, 1951, IIIe Congr. nation. des Sci, Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 49.
Papilio oribazus Boisduval ; Dieu, 1955, Natural. malg., 6, (1954), p. 61.
Papilio oribazus Boisduval ; Humgerr, 1955, Mém. Inst. Scient. Madag., (B) 6, p. 46.
Papilio oribazus [Boisduval] ; Vitre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960), p. 353.
Papilio oribazus Boisduval ; Muxror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 44.
Type. — Lectotype : 1 &, « Madagascar » (J. Goudot) (coll. Boisduval <
coll. Ch. Oberthür < coll. J. Levick < British Museum, N. H.; type
Rhopaloc. n° 11 795).
Description. — Envergure : 67-90 mm ; longueur des ailes antérieures :
43-49 mm.
8. — Antennes noires. Palpes labiaux brun noir avec deux petits points
blancs. Tête noire, avec deux petits points blancs sur le vertex. Corps noir
devenant brun noirâtre à l’apex de l'abdomen. Pattes longues, noires, d’un
gris luisant à la face externe.
Ailes antérieures d’un beau noir velours, avec une large bande médiane
et une tache subapicale arrondie d’un bleu à reflets verdâtres, plus rarement
d’un vert-de-gris luisant. Bande médiane régulière du côté interne et dentée
extérieurement, notamment entre M 2 et Cu 1 b; elle est finement marquée
de noir au niveau de chaque nervure. Au-dessus d’elle, de part et d’autre
de la nervure discale, une tache de même couleur ; l’externe plus grande
est partagée par une nervure radiale. On voit parfois, en dessus et en dessous
de la tache subapicale, une petite tache de même couleur ; souvent la pre-
mière est seule présente. Marge externe légèrement festonnée, marquée de
blanc jaunâtre.
Aïles postérieures de même coloration avec une bande médiane conti-
nuant celle des ailes antérieures. Cette bande est profondément échancrée
extérieurement dans l’aire costale et va en se rétrécissant pour finir en
pointe vers l'angle anal ; elle est régulièrement courbe du côté interne et
plus ou moins dentée du côté externe, chaque dent se trouvant sur une
nervure. Une série de huit taches submarginales d’un bleu à reflets ver-
dâtres, la plus costale des taches manque assez souvent et il existe parfois
deux petits points de même couleur supplémentaires. Entre M3 et les Cu 1,
les taches vont par paires. Queue plus ou moins large, spatulée. Marge
externe fortement festonnée, montrant du blanc au fond des sinus, notam-
ment à ceux internes à la queue.
Dessous des ailes antérieures d'un noir terne, roussâtre, traversées
par une large bande submarginale faite de taches plus ou moins marquées
d’un gris lilas luisant, divisée par une ombre costale.
Dessous des ailes postérieures de même couleur montrant une indi-
cation de bande médiane plus foncée que le fond, s'élargissant vers le bord
abdominal et parfois pourvue extérieurement de blanchâtre luisant. Base
de l'aile traversée par une bande incomplète d’écailles grises s’élargissant
Source : MNHN, Paris
54 R. PAULIAN ET P. VIETTE
au bord abdominal. Une bandelefte submarginale semblable. Ces deux
bandes sont plus ou moins bien indiquées suivant les individus.
Armure génitale (pl. 18, fig. 36). — Valves à marge externe nettement
arrondie avec la formation interne aplatie, sensiblement partout de même
largeur, bi- ou tridentée au bord apical et ne dépassant guère le milieu de
la valve. Pénis long et grêle s’amincissant régulièrement de sa partie proxi-
male à l’apex.
9. — Elle ressemble au mâle, mais le fond des ailes est en dessus d’un
noir moins profond et la bande médiane commune est plus verdâtre. Aux
ailes antérieures, cette bande est plus régulière, beaucoup moins dentée
extérieurement. Une série submarginale de taches de même couleur, situées
entre les nervures, est plus ou moins présente, le nombre de taches étant
variable suivant les individus.
Ailes postérieures avec la bande médiane un peu plus étroite et à bord
externe, en général, plus régulier.
Armure génitale (fig. 28). — Lobes de l’oviporus avec les angles arrondis.
Apophyses postérieures fines atteignant environ deux fois la longueur des
lobes. Sinus vaginalis montrant, caudalement à l’ostium bursae, une plaque
pentagonale et, rostralement, une autre étroite, allongée, transversale et
à double bords festonnés. Apophyses antérieures courtes et épaisses. Ductus
bursae étroit, s’élargissant antérieurement jusqu’à la bourse copulatrice.
Celle-ci est ovoïde, avec une longue plaque garnie de laminae dentatae.
Distribution dans l'île. — LocaziTés pugriées : Madagascar
(J. Goudot in Borspuvaz, A. Vinson in GUENÉE). — Environs de Tananarive
(Caldwell in Hewrrson). — Tananarive (SaazmüLLer). — N'est pas rare
à Madagascar (Mamizce). — Est de Betroka, IV ; au Sud à partir de Soanie-
rano, I-XII (Diehl in Dieur). — Massif du Marojejy, vallée de la Manan-
tenina (H. Humbert in HumBerrt).
EXEMPLAIRES EXAMINÉS. Mapacascar Nonp : Jofreville (E.Drouhard).
— Montagne d’Ambre, Les Roussettes, 1 000 m, XI (4. Robinson).
Mapacascar SamBrrano : Région du Tsaratanana, nord-ouest de
Mangindrano, Analabana, 1 640 m, IV (P. Soga).
Mapacascar Esr : Sambava, réserve naturelle intégrale n° 12, massif
du Marojejy, Masiaposa, II (P. Soga). — Andapa (P. Soga). — Maroantsetra
(ex coll. Joicey). — Fenerive (R. Decary).— De Fito à la côte Est (R. Decary).
—— Pays Antsianaka, 19r sem., 2e sem. (Perrot Frères). — Réserve naturelle
intégrale n° 3, Ambatovositra, Andranomalaza, I (P. Soga); Andrano-
malaza, Antenina, IX (P. Soga). — Moramanga (R. Decary). — Forêt de
la route d’Anosibe, I (R. Paulian). — Route d’Anosibe, forêt de Sandran-
gato, III (A. Robinson). — Perinet, JIT (inst. Scient. Madag.). — Rogez
(ex coll. Acad. malg., Inst. Scient. Madag.). — Ifanadiana, Ranomafana
(Inst. Scient. Madag.). — Ivohibe (R. Decary). — Vondrozo (R. Decary). —
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 55
Mananjary, Vohilava, vallée du Faraony (R. Catala). — Midongy du Sud
(ex coll. Joicey). — Fort-Dauphin (Ch. Alluaud, Delgove, Inst. Scient.
Madag.).
MapaGascar CENTRE : La Mandraka (Abadie), 1 200 m, III (P. Viette),
XII (R. Paulian). — Ambatolaona (R. Decary). — Ankazobe, tampoketsa
d’Ambohitantely (Inst. Scient. Madag.). — Massif de l’Ankaratra, forêt
d’Ambahona, 1 850 m (P. Viette). — Ambositra (ex coll. Joicey, ex coll.
Joannis). — Fianarantsoa, 2e sem. (Perrot Frères). — Massif de l’Andrin-
gitra, forêt Vakoana, Ambalamarovandana, 1 530 m, I (P. Griveaud).
MapaGascar OuEsT : Région de Sakaraha, forêt de Lambomakandro
(R. Catala). — 50 km de Tuléar, forêt du Firehenana (R. Catala).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Espèce récoltée en IX, X, XI, XII, I, IX, III, IV.
Le Cerr (1924 : 384, pl. IV, fig. 31) a donné la description suivante
d’une forme individuelle mâle, sans la nommer, provenant seulement de
«Madagascar » et se trouvant dans la collection Joicey aujourd’hui au
British Museum (N. H.) :
«Ailes supérieures avec une ligne de points bleu-vert placés oblique-
ment dans le prolongement des deux points subapicaux entre les nervures
du disque et aboutissant à l’angle de la tache de l'intervalle 2. Points sub-
marginaux des ailes postérieures très gros, principalement ceux des inter-
valles 2-4 qui sont réunis en larges macules cordiformes ».
Papilio nireus Linné
Papilio Eques nireus Linné, 1758, Syst. Nat., édit. 10, p. 464.
Cette espèce africaine atteint, dans l'aire étudiée, la Grande Comore
où elle forme une sous-espèce endémique : P. n. aristophontes Ch. Oberthür.
P. n. aristophontes Ch. Oberthür (fig. 25 et 26, pl. 10, fig. 20)
Papilio Aristophontes Ch. Oberthür, 1897, Bull. Soc. ent. France, 1897, p. 188, fig. 6 (G),
fig. 7 (9).
Papilio nireus var. aristophontes Ch. Oberthür; Aumiviztius, 1808, Kongl. Su. Vel.
Akadem. Handl., 31 (5), p. 476.
Papilio nireus [Linné] ; Pacensrecuer, 1909, Die geograph. Verbr. der Schmett., p. 348
(Die Gomoren).
Papilio nireus var. aristophontes Ch. Oberthür ; Brvx, 1930, in E. SrranD, Lepidopt.
Cat., pars 39, p. 550.
Papilio nireus aristophontes Ch. Oberthür ; PauLIAN, 1961, Faune de Madag., 13, p. 393. —
1965, Bull. Soc. ent. France, 69, (1964), p. 170.
Source : MNHN, Paris
56 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Type. — Lectotype : 1 4, Grande Comore (L. Humblot, 1894) (coll.
Ch. Oberthür < coll. J. Levick < British Museum, N. H. ; type Rhopaloc.,
n° 11 893).
Description. — Envergure : 80-90 mm; longueur des ailes anté-
rieures : 48-52 mm.
g. — Antennes brun noir, avec la massue noire. Yeux entourés de
blanc. Tête et patagia marqués de dix points blanchâtres. Pattes noires,
les prothoraciques marquées de jaune.
La description générale du dessus des ailes du mâle de P. oribazus
s'applique à celui de P. n. aristophontes. On notera les différences.
4 Aion à
Fig. 25, Papilio nireus aristophontes Ch. Oberthür 4, dessus et dessous.
Aux ailes antérieures, les trois taches se trouvant au-dessus de la bande
médiane bleue sont bien individualisées, séparées par les nervures. Il existe
toujours, l’une au-dessous de l’autre, deux taches subapicales de même
couleur : la plus interne arrondie, la plus externe virguliforme.
Aux ailes postérieures, la marge externe de la bande médiane bleue
est profondément anguleuse entre chaque nervure. La bande submarginale
est faite de neuf taches bleues mais il existe parfois des petites taches sup-
plémentaires. Marge externe fortement festonnée, notamment dans la
région de l’angle anal. Queue pratiquement absente.
Dessous des ailes antérieures brun noirâtre.
Dessous des ailes postérieures brun rougeâtre, avec les nervures mar-
quées en noir et une bande moniliforme, submarginale, blanc légèrement
jaunâtre, avec un reflet un peu argenté.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 57
Armure génitale. — Tergite abd. 8 étroit ; superuncus petit, court et
droit, avec l’apex arrondi. Scaphium de Gosse fait de deux sclérites à bord
ventral bisinué, distalement arrondi et se prolongeant un peu au-delà de
l’apex du superuncus. Valves (fig. 27) grandes, fortement arrondies dans les
parties costale, interne et apicale ; la formation interne simple, aplatie
et fortement sclérifiée est faite :
1) d’un long bras médian, longitudinal, dépassant la valve et oblique-
ment crénelé à l’apex et
2) dorsalement, dans la moitié proximale de la valve d’une zone courte
et large à bord dorsal en crête de coq.
Fig. 26, Papilio nireus aristophontes Ch. Oberthür $, dessus et dessous.
9. — Elle est très différente du mâle. Les ailes sont brunes en dessus
avec deux bandes qui vont du bord costal des ailes antérieures au bord anal
des ailes postérieures. La plus interne de ces bandes est médiane et d’un
gris verdâtre beaucoup plus clair dans le quart costal de chaque aile. La
seconde, la plus externe, est submarginale, et d’un jaune nankin un peu
sale ; elle est composée de lunules intranervurales en forme de croissant.
Fond des sinus de la marge externe des ailes postérieures blanc.
Dessous des ailes d’un brun rougeâtre, avec des éclaircies submarginales
un peu argentées. Ailes postérieures plus vivement colorées que les anté-
rieures, avec la partie proximale et une bande médiane mal délimitée brun
fauve, chacune bordée extérieurement d'une zone garnie d’écailles gris
rosacé. Une tache blanche subapicale au bord abdominal.
Source : MNHN, Paris
58 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Armure génitale (fig. 24). — Lobes de l’oviporus assez petits. Apophyses
postérieures environ deux fois la longueur des lobes. Sinus vaginalis en
forme de coupe avec les parties latérales et antérieures bien sclérifiées des-
sinées comme dans la figure 24. Membrane intersegmentaire avec des rides.
Ductus bursae étroit. Bourse copulatrice très allongée avec la bande des
laminae dentatae longue et étroite.
Répartition géographique. — ARCHIPEL DES COMORES : Grande
Comore (L. Humblol, Legros-Levasseur) ; La Grille, 810 m, VI11-1958 et
Boboni, IX-1958 (P. Griveaud).
Endémique.
Fig. 27, face interne de la valve droite de Papilio nireus aristophontes Ch. Oberthür 4.
Papilio epiphorbas Boisduval (pl. 5, fig. 9 et pl. 9, fig. 18)
Papilio Epiphorbas Boisduval, 1833, Nouv. Ann. Mus. Hist. nat. Paris, 2, p. 161;
Faune ent. Madag., Bourbon et Maurice, Lépid., p. 13, pl. I, fig. 1. — 1836, Spec. génér. Lépid.,
1, p. 226, n° 44.
Papilio Epiphorbas Boisduval ; Guexér, 1865, ên A. Vinsox, Voy. à Madag,, annexe F,
p. 27.
Papilio epiphorbas Boisduval ; Burier, 1878, Ann. Mag. Nat. Hist., (5) 2, p. 282.
Papilio Epiphorbas Boisduval ; SaALMüLLER, 1884, Lepid. v. Madag,, 1, p.
Papilio Epiphorbas Boisduval; Mamiice, Hist. phys., nat. et polit. de des , 1885,
XIX, pl. 45, fig. 1 à 3, 1887, XVIII, p. 319.
En al Brancsik, 1891, Jahresh. naturw. Ver. Trencsiner Comitat.,
1890/91, 13 u. 14 Jahrg., p. 161.
Papilio epiphorbas Boisduyal ; Aumvizzrus, 1909 in À. Vorrzkow, Reise in Ostafrika,
Band 2, Heft 1, p. 331.
Papilio epiphorbas Boisduval; Bryx, 1930, in E. Srrann, Lepidopt. Cat., pars 39, p. 545.
Papilio epiphorbas [Boisduval] ; DExso, 1943, Deutsche Ent. Zeitschr, Iris, 84 (1943-
1944), p. 111.
Jo epiphorbas [Boisduval] ; CaraLa, 1945, L'Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 146,
p. 1
Source : MNHN,
Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 59
Papilio epiphorbas Boisduval ; Bercer, 1951, I1Ie Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 49.
Papilio epiphorbas Boisduval: PAULIAN, 1951, Papill. comm. de Madag,, p. 11, pl. II (col.
Papilio epiphorbas Boisduval ; Drenx, 1955, Natural. malg., 6, (1954), p. 61.
Papilio Epiphorbas Boisduval ; Huwserr, 1955, Mém. Inst. Scient. Madag., (B) 6, p. 46.
Papilio epiphorbas [Boisduval] ; Vigrre, 1961, Bull. Soc. z00!. France, 85, (1960), p. 353.
Papilio epiphorbas Boisduval ; Muxror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 44.
Type. — Lectotype: 1 S, Madagascar (coll. Boisduval < coll. Ch.
Oberthür < coll. J. Levick < British Museum, N. H.; type Rhopaloc.,
no 11 806).
Description. — Envergure : 61-84 mm ; longueur des ailes anté-
rieures : 35-46 mm.
4. — Antennes noires. Palpes labiaux tachetés de blanc. Tête avec un
point blanc en dessous des antennes. Corps noir en dessus, d’un brun
noirâtre en dessous ainsi que les pattes.
Aïles antérieures d’un beau noir velouté, à bord externe faiblement
festonné. Au milieu de l’aile, une bande bleue à reflets un peu verdâtres
composée de cinq taches ; les deux premières, plus ou moins coalescentes,
occupent l'extrémité de la cellule sans atteindre cependant les nervures
discoïdales ; les trois autres sont situées entre les racines des nervures M 2
à Cu 1 b et accolées au bord inférieur de la cellule. Deux petites taches du
même bleu en dessous de l’apex. Une tache plus ou moins grande existe
parfois du côté externe des discoïdales ; de même, des petites taches sub-
marginales. Frange jaune ochracé à l'intérieur des sinus.
Aïles postérieures comme les antérieures, avec une large bande bleue,
triangulaire, sinuée extérieurement, profondément encochée dans l’aire
costale et se terminant le long du bord abdominal par une longue pointe.
Cette bande occupe toute la cellule sauf un petit espace proximal. Une
série submarginale de neuf taches, quelquefois moins, dont les six dernières
sont rapprochées par paires. Marge externe fortement festonnée. Queue
partout d’égale largeur. Frange comme aux antérieures.
Dessous des ailes brun noirâtre assez foncé, avec des marbrures cen-
trales presque noires. Ailes antérieures, avec une aire costale, sous-apicale,
lavée de gris et une petite tache blanche allongée, marginale, en dessous
de l’apex.
Dessous des ailes postérieures, avec une série transversale de deux à
cinq taches blanc jaunâtre à l’apex de la côte. Une lunule de même couleur
au cinquième distal du bord abdominal ; l’échancrure qui est en dessous
est liserée de blanc jaunâtre et souvent doublée d’un point semblable.
Armure génitale (pl. 16, fig. 30). — Valves subtriangulaires ; aire costale
abondamment garnie de très courtes et épaisses soies fortement sclérifiées,
colorées en noir ; formation interne aplatie, allongée et en fer de lance dans
sa moitié distale ; cette formation montre, à sa base, dorsalement, une sorte
de « digitus » précédé d’une dent et les bords de la moitié apicale sont irré-
Source : MNHN, Paris
60 R. PAULIAN ET P. VIETTE
gulièrement et fortement dentés ; l’apex, extérieur à la valve, est légèrement
replié sur lui-même.
9. — Avec les mêmes dessins que chez le mâle mais le bleu est ici plus
verdâtre tirant sur le vert-de-gris brillant chez certains individus âgés.
Fig. 28 et 29, armure génitale © de Papilio. — 28, P. oribazus Boisduval. — 29, P. epi-
phorbas Boisduval.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 61
Aux ailes antérieures, des taches bleutées, ou des indications de taches,
sont plus ou moins indiquées de part et d’autre de la nervure anale au
milieu de l’aile.
Armure génitale (fig. 29). — Lobes de l’oviporus assez grands. Apophyses
postérieures atteignant deux fois la longueur des lobes. Sinus vaginalis
entièrement sclérifié sauf dans ses parties latérales, portant, antérieurement
à l’ostium bursae, une formation également bien sclérifiée, allongée, subrec-
tangulaire et à bord apical légèrement sinueux. Postérieurement à cette
formation, le bord caudal du sinus montre deux fortes proéminences laté-
rales. De part et d’autre de la ligne médiane, le sinus est étroitement mieux
sclérifié et coloré en noir. Ductus bursae court. Bourse copulatrice allongée
avec une très longue plaque de laminae dentatae.
Distribution dans l'île. — LocALITÉS PUBLIÉES : Madagascar et île
Sainte-Marie (Borspuvar). — Madagascar (A. Vinson in GUENÉE). —
Common near the forest, Fianarantsoa (D. Cowan in Buter). — Nosy Be
(SAALMÜLLER). — Commun à Madagascar, Tamatave (MABILLE). — Andra-
nohinaly, Majunga (4. Voelizkow in AuriviLLrus). — Nosy Be (P. Frey in
BrancsiK). — Toute la région autour de Betroka, surtout auprès des lieux
habités, IX-VI (Diehl in Dreur). — Massif du Marojejy, vallée de la Manan-
tenina (A. Humbert in Humserr).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MapAGascar Norp : Montagne d’Ambre, III
(Inst. Scient. Madag.). — Forêt d'Ambre, 3 000 ft, III (E. G. B. Meade-
Waldo). — Ambilobe, IV (R. Paulian).
MapaGascar SAMBIRANO : Nosy Be, Lokobe (A. Siumpff). — Haut
Sambirano, 1 000 m, X (R. Paulian). — Contreforts du Tsaratanana, Haut
Sambirano, vallées de la Besanetrikely, 1 100 m, et de la Besanetribe,
1200 m, XII (P. Viette). — Maromandia (R. Decary).
MapaGascar Esr : Environs de Maroantsetra, Ambodivoangy, III
(J. Vadon), IV (Michel). — Nosy Mangabe, XII (P. Viette). — Mananara
(R. Decary). — E. Madagascar, Fito (ex coll. Joicey). — Pays Antsianaka,
2e sem. (Perrot Frères). — Réserve naturelle intégrale n° 3, Ambatovositra,
Andranomalaza, I (P. Soga). — Forêt de la route d’Anosibe, I (R. Paulian) ;
Sandrangato (Perrot). — Perinet (Inst. Scient. Madag.). — Anivorano
(4. Ungemach). — Rogez (Inst. Scient. Madag.). — Brickaville, piste d'Anja-
liamanana à Ambalavondro, IX (A. Robinson). — Tamatave (Perrot Frères),
NII (R. P. Camboué). — Vatomandry, VII (J. Vadon). — Ifanadiana, IT
(R. Paulian). — Mananjary (G. Melou), I (ex coll. Acheray, Muséum,
Paris). — Vondrozo (R. Catala). — Midongy du Sud, forêt de Befotaka,
910 m, III (P. Viette et P. Griveaud). — Fort-Dauphin (R. P. Catta, Delgove,
ex coll. Hon. Reg. Walsh), Lakandava (Inst. Scient. Madag.). — Massif
de l’Andohahelo, Beroanga, I (R. Paulian).
MaApaGascar CENTRE : Ankaizina (R. Decary). — La Mandraka
(R. Catala). — Tananarive (Waterlot), parc de Tsimbazaza (A. Robinson,
élevé sur Citrus triplera), I (P. Viette). — Environs de Tananarive (R. Pau-
Source : MNHN, Paris
62 R. PAULIAN ET P. VIETTE
lian). — Région de Betafo (D' G. Bonet). — Fianarantsoa, 2° sem. (Perrot
Frères).
Mapacascar Ouest : Majunga, XII (E. Dorr). — Ambato-Boeni,
forêt de l’Ankarafantsika, 170 m, I (R. Jeannel, P. Griveaud, D. Wintrebert) ;
station forestière de Bevazaha, lac sacré de Tsimaloto, XI (P. Vielte). —
Namoroka, IX (R. Paulian). — Antsalova, Andobo, forêt de l’Antsingy, Il
(A. Robinson). — Morondava, forêt de Marofandilia, III (P. Griveaud). —
Région de Sakaraha, forêt de Lambomakandro (R. Catala) ; réserve fores-
tière du Zombitsy, 640 m, XII (P. Vietle et P. Griveaud). — Est de Tuléar,
forêt d'Andranovory, 500 m, XII (P. Vietle et P. Griveaud).
Mapacascar Sup : Beloha (R. Decary).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — « La Chenille du Papilio epiphorbas est verte ; le troisième
anneau avant la tête est renflé et porte quatre taches ocellées dessinées en
vert noirâtre ; le dernier anneau porte deux pointes assez longues, un peu
divergentes ; les stigmates sont noirs, et les incisions des anneaux, ainsi
que les plis, sont d’un vert sombre. La Chrysalide est d’un gris de fer ou
quelquefois verdâtre. Le thorax forme une bosse prononcée, puis se déprime
brusquement pour laisser la tête s’allonger en une pointe aiguë » (MABILLE,
1887 : 321).
La chenille vit sur les citronniers et autres agrumes.
Brenière et Dusois (1965 : 59) citent comme parasite le Chalcidien
Brachymeria cowani Kirby.
ab. é oriphorbas Le Cerf, 1924, Bull. Hill Mus., 1, p. 386, pl. IV,
fig. 39. — Holotype : 1 4, Madagascar, Tananarive (coll. Joicey < British
Museum, N. H. ; type Rhopaloc. n° 11 807) (l'étiquette fixée au spécimen
porte l'indication : Fort Carnot, Tananarivo Distr. (sic)).
Description originale : « Aïles supérieures avec une bande discale verte
continue de la côte au bord dorsal et seulement étranglée et un peu diffuse
dans l'intervalle 2. A sa partie supérieure cette bande comprend une tache
cellulaire plus grande que dans le type et, au-delà de la cellule, deux taches
supplémentaires dans les intervalles 6-7 ; la dernière allongée et de même
forme que celle placée au même endroit chez P. phorbanta L. Deux points
subapicaux et une série de points submarginaux bien développés.
«Bande médiane des ailes inférieures très larges, la tache de l'inter-
valle 3 presque aussi longue que celle de l'intervalle 2. Dessous des deux
paires sans différences notables.
« Cette forme individuelle mêle curieusement les caractères des P. ori-
bazus Bvd., epiphorbas Bdv., et phorbanta L. ».
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 63
ab. © hova Le Cerf, 1924, Bull. Hill Mus., 1, p. 386. — Holotype : 1 ,
Madagascar, Tamatave, 1907 (coll. Manders < coll. Joicey < British
Museum, N. H. ; type Rhopaloc. n° 11 808).
Description originale: « Distincte de la forme typique par l'existence
aux ailes supérieures d’une bande verte continue, légèrement échancrée
latéralement dans l'intervalle 2 et formée par la réunion des deux groupes
de taches habituels. Tous les dessins aussi nettement définis que chez le
mâle ».
Papilio manlius Fabricius (pl. 11, fig. 21 et 22)
Papilio Manlius Fabricius, 1798, Ent. Syst., suppl, 5-6, p. 422 [d].
Papilio Manlius Fabricius ; FaBrtcrus, 1807, Syst. Glossatorum, p. 29, n° 38.
Papilio manlius Fabricius ; AuRrvrLLrus, 1898, Kongl. Sv. Vet. Akadem. Handlingar, 31
(5), p. 475.
Papilio manlius, Godart ; Manpers, 1908, Trans. ent. Soc. London, 1907, p. 449.
Papilio manlius Fabricius ; Bryx, 1930, in E. Srrap, Lepidopt. Cat., pars 39, p. 546.
Papilio manlius Fabricius ; J. Visow, 1938, Mauritius Inst. Bull. 1 (4), p. 14.
Papilio manlius Fabricius; BerGer, 1951, Ille Congr. nation. des Sci, Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 49.
Papilio manlius Fabricius ; Munror, 1961, Canad. Ent, suppl. 17, p. 44.
Papilio Grachus Fabricius, 1798, Ent. Syst., suppl., 5-6, p. 422 [0].
Papilio Gracchus Fabricius ; Goparr, 1819, Encycl. méthod., Ins., 7, p. 47 (comme syno-
nyme de P. manlius et de P. phorbanta Godart nec LiNNÉ) (voir ci-dessous).
Papilio Gracchus Fabricius ; Boispuvaz, 1833, Nouv. Ann. Mus. Hist. nat. Paris, 2,
p.162; Faune ent. Madag. Bourbon et Maurice, Lépid., p. 14 (id.).
Papilio Gracchus Fabricius ; G. R. Gray, 1852, Cat. Lepid. Ins. coll. Brit. Mus., part I,
Papilionidae, p. 26 (id.).
Papilio Philemon Fabricius, 1807, Syst. Glossatorum, p. 29, ne 39 (7) [homonyme primaire
de Papilio philemon Fabricius, 1775, Syst. Ent., p. 534, n° 392].
Types. — manlius Fabricius. Holotype : 1 & « Habitat in Isle de
France, Dom. Daldorff» (coll. Fabricius < Universitetets Zool. Mus.
Copenhague) (E. ZimsEn, 1964 : 580, n° 1 448).
grachus Fabricius. 9, « Habitat in Isle de France, Dom. Daldorff »
(type perdu) (Auriviczrus, 1897 : 140, no 4; E. Zimsen, 1964 : 580,
no 1449).
(7) On ignore pourquoi FABrrcius a créé le nom de Papilio philemon dans son Systema
Glossatorum. Cette publication est la dernière de cet auteur décédé le 3 mars 1808. Le manus-
crit fut terminé le 4 mars 1806 et donné ensuite à l’imprimeur qui avait fait paraître la plus
grande partie des ouvrages du grand Entomologiste danois. Néanmoins, le livre ne fut jamais
publié en entier, excepté les 112 premières pages, l'imprimeur ayant fait faillite pendant
limpression. C’est là une publication rarissime dont il n'existe, actuellement, que trois
exemplaires : au Musée zoologique de Berlin, à la Bibliothèque Royale de Copenhague et
à l'American Museum of Natural History de New York, ce dernier exemplaire d’ailleurs
incomplet n'ayant que 80 pages (TuxEw, 1967 : 5). Une édition facsimile a été publiée par
Bryx en 1938 dont C. F. GRirrix a parlé en 1939 b. Elle est également rare aujourd’hui.
Etant donné la rareté de ce travail de Fa»rrerus, on donnera ici, in extenso, son texte
correspondant au Papilio philemon, p. 29 :
uno 39 P.T. alis dentato caudatis atris viridi maculatis : posticis fascia Philemon
sesquialtera glauca.
Papilio Grachus Ent. syst. suppl. 422*.
Habitat in Isle de France. Dom. Daldorf ».
Source : MNHN, Paris
64 R. PAULIAN ET P. VIETTE
philemon Fabricius. 9, « Habitat in Isle de France, Dom. Daldorff »
(même spécimen que P. grachus).
Nomenclature. — Goparr (I. c.), le premier, a montré que P. manlius
et P. grachus représentaient le mâle et la femelle d’une même espèce. Cet
auteur met, d’ailleurs à tort, ces deux noms en synonymie de celui de
P. phorbanta Linné. Il écrit (1. c., p. 47) : « Linné n’a connu, à ce qu'il paraît,
que le mâle de ce Papillon. Fabricius en a connu les deux sexes ; mais,
trompé sans doute par une fausse indication d'habitat, il a fait deux espèces
du mâle; &, comme la femelle éprouve quelques modifications dans la
couleur, la forme & le nombre des taches, il l’a regardée comme formant
une espèce à part». « On le trouve à l'Ile-de-France, & non à Cayenne,
comme l'indique la planche ci-dessus mentionnée de Daubenton neveu ».
Goparr confond évidemment les deux espèces de Papilio endémiques
aux îles Mascareignes, l’un habitant la Réunion ou Bourbon, l’autre l’île
Maurice ou Isle de France ; mais, néanmoins, il reconnaît, pour la première
fois, que la localité de Cayenne, indiquée sur la planche de DAUBENTON,
est erronée.
Il est probable que GoparT avait pu examiner des exemplaires récoltés
dans ces îles par les membres de l’expédition du Commandant BAUDIN aux
Terres australes. Cette espèce a été observée à Maurice par Dumonr (voir
note infrapaginale 8) qui en fait état dans une note écrite en prairial de
l'An VIII sur l'Entomologie de cette île (Ch. OBERTHÜR, 1888 : 13).
BorspuvaL (1. c.) et les auteurs postérieurs vont suivre les conclusions
de Goparr et appliquer le nom de P. phorbanta à l’espèce mauritienne,
BoispuvaL (1833) renommant, pour cette raison, l’espèce réunionnaise
P. disparilis.
Il faudra attendre le magnifique travail d'Aurrviccrus (L. c.) sur les
Rhopalocères africains pour que l'erreur de Goparr soit remarquée. L’au-
teur suédois applique correctement le nom de P. phorbanta Linné à l'espèce
de la Réunion ou Bourbon et celui de P. manlius Fabricius à l'espèce de
l'île Maurice ou Isle de France.
Description. — Envergure : 70-89 mm ; longueur des ailes antérieures :
42-52 mm.
8. — Habitus de P. epiphorbas, de Madagascar.
Ailes antérieures d’un beau noir velouté, à bord externe faiblement
festonné. La bande médiane, d’un bleu moins verdâtre que chez P. epiphor-
bas, est faite ici d'une grande tache située à l’apex de la cellule en dessous
de laquelle se trouvent trois taches placées entre les nervures M2etCulb;
seules, les deux premières taches situées entre les racines de M 2 et M3 et
de M 3 et Cu 1 a jouxtent le bord inférieur de la cellule ; la troisième, située
entre Cu 1 a et Cu 1 b, est plus petite, souvent fort réduite et sans aucun
rapport avec la cellule. On voit deux taches bleues juste en dessous de la côte
et un peu avant l’apex. Frange d’un jaune ochracé à l’intérieur des sinus.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 65
Aïles postérieures des mêmes couleurs que les ailes antérieures, avec
une queue à peine marquée à la différence de P. epiphorbas. Les deux taches
de la bande médiane bleue, situées en dessous de la cellule, sont courtes.
Une série submarginale de huit à neuf taches ; les deux proches de l'angle
anal réduites ou souvent confondues en une seule ; les quatre précédentes
par paires. Frange comme aux ailes antérieures.
Dessous des ailes antérieures entièrement brun noir, avec l’aire margi-
nale nettement plus claire.
Dessous des ailes postérieures d’un brun noir teinté de jaune et avec
une série régulière submarginale de taches blanches allant de la côte à
l'angle anal. Une lunule blanche au bord abdominal.
Armure génitale (pl. 16, fig. 31). — Valves comme chez P. epiphorbas.
On notera seulement les différences :
a) il n'existe pas de dent interne précédant le « digitus » ;
b) celui-ci est plus épais ; enfin,
c) la partie distale, en forme de lance, de la formation interne est plus
allongée et crénelée d’une façon plus régulière, sans énormes dents.
9. — Différente du mâle, d’où le nom de Papilio grachus donné par
Fasricius. Corps d’un brun jaunâtre.
Ailes antérieures de couleur fondamentale brun jaunâtre, avec l’aire
médiane brun noir comportant les taches d’un bleu verdâtre. De la côte
à Cu 1 a, une série submarginale de taches d’un blanc bleuté plus ou moins
en croissant n’existant pas chez le mâle. Frange d’un jaune fortement
ochracé à l’intérieur des sinus.
Ailes postérieures d’un brun moins jaunâtre que celui des ailes anté-
rieures, avec la bande médiane d’un vert-de-gris luisant s’étendant loin
vers l’angle anal et à contours diffus. Taches submarginales également bleu
verdâtre et plus ou moins en croissant. Frange comme aux ailes antérieures.
Dessous des ailes antérieures brun jaunâtre avec les aires apicale et
marginale plus claires, la première teintée de gris violacé.
Dessous des ailes postérieures de même couleur brun jaunâtre, les
zones transversales claires à reflets irisés et foncées alternant. Une indication
postmédiane de taches noires.
Armure génitale (pl. 17, fig. 33). — Elle est fort voisine de celle de
P. epiphorbas ne s’en distinguant que par l'allure de la formation antérieure
à l’ostium bursae dont le bord distal est fortement bilobé. Le bord postérieur
du sinus vaginalis ne présente pas de proéminences latérales.
Répartition géographique. — Espèce endémique à l’île Maurice.
SPÉCIMENS EXAMINÉS : De nombreux exemplaires des deux sexes cap-
turés par P. CaRIÉ à Curepipe et à Mon Désert. — Moka (P. Viete). —
Source : MNHN, Paris
66 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Curepipe, VII/III (J. B. G. Tulloch), XII (N. Manders). — Vacoas, VII
(W. H. Ingrams).
Biologie. — La chenille a été observée par Dumonr. Il parle avec
détails, dans une note écrite en prairial de l’an VIII (8), des tentacules
céphaliques de la chenille. Le texte a été publié par Ch. OrerrHür (1888 :
13 et 14), on le reproduira ici : « On voit sortir, lorsqu’on touche la chenille
de ce Papilio Phorbanta [recte manlius], deux petites cornes d’un beau
rouge, semblables aux tentacules des limaçons, supportées sur une même
base et qui se retirent aussitôt qu'on cesse d'irriter la chenille. Lorsqu'on
presse fortement sur les premiers anneaux, on les fait également sortir.
Ces cornes sortent par une petite fente transversale qui a la forme d’un =.
Cette fente se dilate et l’on voit sortir l'extrémité de la corne qui continue
de saillir de la longueur de trois à quatre lignes. En continuant de presser,
on voit la base sur laquelle reposent ces deux tentacules qui, observés, à la
loupe, sont gris, ponctués de rouge, ce qui leur donne cette couleur. Leur
extrémité m'a paru percée d’une ouverture triangulaire. La sortie de ces
deux corps est toujours accompagnée d’une forte odeur désagréable et
particulière ».
Papilio phorbanta Linné (pl. 12, fig. 23 et 24)
Papilio phorbanta Linné, 1771, Mant. Plant. 2° partie, Reg. anim., append., p. 595.
Papilio phorbanta Linné ; Aurivizuus, 1898, Kongl. Sv. Vel. Akadem. Handlingar, 31
6), p. 475.
“Papilio phorbanta, Linné ; Manpers, 1908, Trans. ent. Soc. London, 1907, p. 450, pl. XXI,
fig. 6 et Ga.
Papilio phorbanta Linné ; Br, 1930, in E. Srranp, Lepidopt. Cat, pars 39, p. 546.
Papilio phorbanta Linné ; J. Vixsox, 1938, Mauritius Inst. Bull. 1 (4), p. 14-
Papilio phorbanta Linné ; Bercer, 1951, IIIe Congr. nation. des Sci, Bruxelles, 8 (Congo
belge), p. 49.
Papilio phorbanta Linné ; Vigrre, 1957, Mém. Inst. Sci. Madag., (E) 8, p. 215.
Papilio phorbanta Linné ; Muxror, 1961, Canad. Ent, suppl. 17, p. 44.
Papilio Disparilis Boisduval, 1833, Nouv. Ann. Mus. Hisi. nat. Paris, 2, p. 163 ; Faune
ent. Madag, Bourbon et Maurice, Lépid., p. 15, pl. 1, fig. 2.— 1836, Spec. génér. Lépid., 1,
p. 227, n° 45.
(8) 20-V/18-VI-1800, voir F. J. Grirriv, 1939 a.
Une copie des notes de Dumonr devait être en possession de Ch. OBerrHÜn, par l'inter-
médiaire du Dr A. Vinson, car ces notes ne furent jamais publiées.
Désiré Duwowr (1771-1822) fut membre de l'expédition du Commandant BAUDIN dans
les Terres australes décidée par Bonaparte, alors Premier Consul.
Partis du Havre le 19 octobre 1800, les deux navires de l'expédition, le Géographe et
1e Nafuraliste, arrivèrent à Maurice en mars 1801. Par suite de mésententes avec BAUDIN,
certains participants décidèrent de quitter l'expédition et de rester à l'Isle de France. DUMONT
fut de ceux-ci, ainsi que Bory de Samr VincenT, André MicHaUx, etc.
Dumont s'établit comme officier de santé et composa, depuis 1803 jusqu’en 1805, une
Entomologie de l'Isle de France, surtout consacrée aux Araignées et aux chenilles, dont le
Hanascrit est conservé aux archives départementales de La Réunion (code 1 J 27). Après
Ta prise de Maurice par les Anglais il passa à Bourbon, s’y maria et mourut à Saint-Denis
en 1822, sans avoir rien publié (LouGnox, 1962 : IX).
On notera qu'il y a discordance entre les dates ci-dessus indiquées et celle publiée par
Ch. OrerTHëR.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 67
Papilio Disparilis Boisduval ; Guexér, 1863, in MarzanD, Notes sur l’île de la Réunion,
Annexe G, Lépid., p. 5.
Papilio disparilis Boisduval ; Mamizzr, Hist. nat., phys. et polit. de Madag., 1885, XIX,
pl. 44, fig. 2 et 2a, 1887, XVII, p. 318 (loc. falsa).
Papilio Disparilis Boisduval ; Ch. Oserrnër, 1888, Et d'Ent., 12° livraison, p. 12, PL. IV,
fig. VI p, q, r (chenille et chrysalide).
Papilio Disparilis Boisduval ; À. Vison, 1891, Liste des Lépidopt. connus de l'ile de
la Réunion (Bourbon), p. 11.
[Papilio] disparilis [Boisduval] ; A. Visow, 1896, Notes publiées par le D' Auguste
Vinson, p. 9, p. 10, p.11.
Types. — phorbanta Linné. Auriviccius (1. c.) a indiqué que les figures
typiques étaient les figures 1 et 2 de la planche 43 du tome X [1765] des
«Planches enluminées » de DAUBENTON et nommées, sans plus d'indications,
«le Chapelet bleu de Cayenne ».
La figure 2 représente le dessus d'un & et la figure 1 le dessous.
Les figures de DAUBENTON, dessinées et gravées par MARTINET, nom-
mées scientifiquement par LINNÉ (qui n’a vu que ces figures), représentent
le mâle de l'espèce de la Réunion et non celui de l'espèce de l’île Maurice,
une tache triangulaire ou cunéiforme étant présente entre la bande médiane
et les deux petites taches sous-apicales aux ailes antérieures.
La localité « Cayenne », indiquée seulement dans le nom commun fran-
çais, est évidemment fausse et on ignore comment le Papillon était parvenu
à cette époque en Europe et ce qu’il est devenu.
disparilis Boisduval. Holotype : 1 4, « Bourbon » [île de la Réunion]
(coll. Boisduval < coll. Ch. Oberthür < coll. J. Levick < Brit. Mus., N°
type Rhopaloc., n° 11 897).
Description. — Envergure : 76-93 mm ; longueur des ailes antérieures :
40-55 mm.
&. — Habitus des deux espèces précédentes.
Aïles antérieures d’un beau noir velouté à marge externe faiblement
festonnée. Au milieu, une bande bleue composée d’une large tache située
à l'extrémité de la cellule et de trois autres situées respectivement entre les
racines des nervures M 2 à Cu 1 b ; seules, les deux premières taches, situées
entre M2 et M3 et entre M 3 et Cu 1 a, sont attenantes au bord inférieur
de la cellule ; la troisième, située entre Cu 1 a et Cu 1 b est ici aussi déve-
loppée que les taches précédentes mais n’a pas de rapport avec la cellule.
Juste en dessous de la côte, deux taches subapicales en croissant. Entre ces
deux taches subapicales et la bande médiane, une tache allongée longitu-
dinale et cunéiforme, du même bleu que les autres. Cette tache n'existe
pas chez les deux espèces précédentes. Frange d’un blanc à peine ochracé
à l’intérieur des sinus.
Aïles postérieures des mêmes couleurs que les ailes antérieures, avec,
comme chez P. manlius, une queue peu développée. Bande médiane bleue,
large, atteignant presque l'angle anal et à bord externe fortement déchi-
Source : MNHN, Paris
68 R. PAULIAN ET P. VIETTE
queté. Une série submarginale de dix à onze taches bleues, souvent jume-
lées et à peine séparées les unes des autres. Frange comme aux ailes
antérieures.
Dessous des ailes antérieures brun noir, plus clair dans l’aire marginale.
A la limite des deux couleurs, perpendiculairement au bord inférieur de
l'aile, existe parfois, dans la région du tornus, trois ou quatre taches blanc
grisâtre.
Dessous des ailes postérieures d’un brun noir à peine teinté de jaunâtre
dans la moitié proximale, avec, comme chez P. manlius, une série régulière
submarginale de taches blanches allant de la côte à l’angle anal. Une lunule
blanche au bord abdominal.
Armure génitale (pl. 16, fig. 32). — Valves extrêmement voisines de
celles de P. manlius, ne s’en différenciant guère que par le «digitus » de
la formation interne plus court et bien plus épais. La partie médiane de
cette formation est, proportionnellement, beaucoup plus large. Le pénis
est aussi légèrement plus long et plus grêle.
Q.— Très différente du mâle, mais BorspuvaL l’avait fort bien reconnue
lors de la description de l'espèce.
Ailes d’un brun roussâtre, un peu plus foncé dans leur partie proximale,
avec une rangée marginale de taches blanchâtres, beaucoup plus grosses
et beaucoup plus apparentes sur les ailes postérieures, où elles sont en outre
marquées d’une espèce de lunule centrale de la couleur du fond.
Dessous des quatre ailes brun, avec une bande marginale d’un gris
blanchâtre, plus prononcée et assez large sur les ailes postérieures, où elle
est marquée sur son côté interne de quelques taches triangulaires, noires,
mal arrêtées ; une empreinte transverse d’un gris de perle sur le milieu
de ces mêmes ailes.
Armure génitale (pl. 17, fig. 34). — Elle est très proche de celle de
P. manlius. La différence principale est dans l’allure de la formation anté-
rieure à l’ostium bursae, ici plus étroite et plus allongée, se continuant
distalement en plaque.
Répartition géographique. — Espèce endémique à l'île de la
Réunion où elle n’est pas rare.
SPÉCIMENS EXAMINÉS : Saint-Denis (E. Creuse, Bohéas). — Haut du
Brulé de Saint-Denis, 900/1000 m (P. Viette). — Route de Salazie (Beaulieu).
— Bernica (P. Carié). — Saint-Philippe (J. Hamon). — Environs de Saint-
Philippe, forêt du Brulé de Mare Longue (P. Viette). — Saint-Pierre
(Majastre). — Saint-Joseph (R. Richard). — Le Tampon (P. Carié). —
Cilaos (Dr Lafont, J. Hamon).
Biologie. — On empruntera à Ch. OserrHür (1888 : 12 et 13) le texte
des notes du D' Auguste Vinson qu'il a publiées.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 69
La chenille est longue de 4 centimètres environ ; souvent elle est plus
raccourcie. Elle est d’un beau vert de velours ou d’un vert jaune citron.
Elle est glabre, lisse, présentant mille points sous-épidermiques semblables
à l’apparence des feuilles des Aurantiacées avec leurs petits sacs vésiculeux
interutriculaires renfermant leur huile essentielle. Quelques-uns de ces
points circulaires, à centre plus clair, rangés le long des quatrième et cin-
quième anneaux, sont assez gros et comme des tubercules sessiles,
La tête est coupée carrément par un bandeau blanc terminé par une
épine de chaque côté. L’extrémité anale est coupée de même et terminée
également par un trait clair qui finit en pointe de chaque côté.
Les quatre premiers anneaux antérieurs sont compris par un ourlet
blanchâtre ou légèrement jaunâtre, en relief, à forme elliptique, faisant
suite au bandeau frontal. Cet espace scutelliforme, plus étroit en avant,
plus large et arrondi vers l’arrière, se contourne derrière le quatrième anneau
en passant latéralement au tiers inférieur de la hauteur de la chenille.
A ce même niveau, part derrière cette sorte d’écusson, une bande jau-
nâtre, peu flexueuse et longitudinale, qui va se perdre à l’anus au-dessus
de la stigmatale.
Cette dernière, bien déterminée et relevée en festons réguliers au-
dessous de chacune des pattes membraneuses, est d’un beau blanc d’argent
qui s'étend sous l'abdomen. Le repli incliné du dernier anneau, formant
l'anus, est d’un bleu clair ou blanchâtre.
Deux tentacules roses érectiles émergent en arrière et au milieu du
front lorsqu’on irrite la chenille et répandent une odeur de sécrétion
caractéristique.
La chrysalide est grosse, épaisse, anguleuse, forme bombée, tantôt
verte ou vert jaunâtre, tantôt simplement jaunâtre ou marron, ou encore
couleur café au lait ou feuille morte sèche. Elle est longue de 3 centimètres
et large dans sa plus grande dimension de 11 millimètres. L'épaisseur de
la base du corselet à la voussure abdomino-pectorale, fortement carénée,
est de 1 centimètre.
On trouve cette chrysalide suspendue et attachée à la tige des Citrus
par son extrémité caudale qui est anguleuse et finissant graduellement en
pointe.
Les ptérygodes sont bien marqués. L’extrémité céphalique est coupée
carrément et évasée sur les côtés en pointes, de manière, vue en-dessus, à
former un triangle parfait. Le corselet est fortement bombé en dessus et à
facettes sur les côtés. Les ailes repliées sont bien dessinées, avec une série
de points petits et noirs à leur limite. On voit deux gros points noirs à la
base du corselet.
Papilio phorbanta var. nana Ch. Oberthür (pl. 13, fig. 26)
Papilio Disparilis var. Nana Ch. Oberthür, 1880, Et. d’Ent., 4° livrais., déc. 1879, p. 54.—
1888, id., 12e livrais., p. 13.
Source : MNHN, Paris
70 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Papilio phorbanta var. nana Ch. Oberthür; Aumvizrus, 1898, Kongl. Sv. Vet. Akad.
Handlingar, 31 (5), p. 475.
Papilio phorbanta nana Ch. Oberthür ; Leerann, 1959, Bull. Soc. ent. France, 64, p. 121
Qhistor. et bibliogr.). — 1966, Mém. Mus. nat. Hist. nat., n. s., A, Zool., 37, (1965), p. 173,
pl. XV, n° 1.
Types. — 1 4 et 1 9, les deux seuls exemplaires connus : «îles Sey-
chelles » [d’après Ch. Oserraür] (coll. Boisduval < coll. Ch. Oberthür <
coll. J. Levick < British Museum, N. H.) (4, Type Rhopaloc. n° 11 899 ;
Q id. ne 11 900).
Description. — Moitié plus petits que les exemplaires de P. phorbanta
de la Réunion.
Répartition géographique. — « Archipel des Seychelles ».
Discussion. — Les deux exemplaires types, le 4 et la &, proviennent
de la collection du Dr BorspuvaL. Ils ne portent aucune indication quant
au lieu de capture, à la date et au nom du récolteur. Les étiquettes actuel-
lement présentes sur les spécimens sont tirées de la partie de la page corres-
pondant à ce taxon publiée dans les Etudes d'Entomologie de Ch. OBERTHÜR,
4e livraison, décembre 1879, p. 54.
Depuis la parution de ce travail, Papilio phorbanta n’a jamais été repris
dans l'archipel des Séchelles.
Si l’on doit faire confiance à la citation «îles Seychelles », sur laquelle
d’ailleurs Ch. OBERTHÜR ne s'explique pas, on peut supposer :
19 que l'espèce habitait réellement les Séchelles et qu’elle a depuis
disparu de cet archipel,
20 qu’elle a été introduite, d’une façon ou d’une autre, et que, ne
pouvant s’y maintenir, le récolteur a capturé des individus de petite taille
dont les chenilles avaient été mal nourries.
On peut supposer, aussi, que l'indication «îles Seychelles » est fausse.
En effet, pour qui connaît un peu les travaux du grand Lépidoptériste que
fut BorspuvaL, on reste stupéfait devant le fait qu'ayant eu des Lépidop-
tères des Séchelles dans sa collection il n’en fit jamais mention, pas plus,
d’ailleurs, qu'A. GUENÉE, son collaborateur dans la rédaction du Species
général des Lépidoptères des Suites à Buffon, qui avait à sa disposition la
collection Boisduval.
On connaît les travaux du D' BorspuvaL sur les Lépidoptères exotiques,
mais on connaît aussi le nom des chasseurs (ou des marchands) lui ayant
fourni ses matériaux d'étude : GoupoT, SGANZIN, MARCHAL, DELEGORGUE,
LorquiN, Dumonr D’UrviLLe et ses collaborateurs (9), BECKER, etc. On
ne sait rien ayant un rapport avec les Séchelles.
(9) Lors de son voyage « dans Les iles du grand océan Pacifique » pendant les années 1826
à 189, l'Astrolabe, commandé par le capitaine 'Urvizze, fit relâche au cap de Bonne-
Espérance et à l’île-de-France [Maurice].
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 71
Les exemplaires nana de P. phorbanta ne se rapportent peut-être pas
à la sous-espèce des «îles Seychelles » mais, tout simplement, à de petits
exemplaires d'élevage du P. phorbanta.
H. LEGRAND (1959) a publié une forte intéressante étude sur «la sous-
espèce nana Ch. Oberthür de Papilio phorbanta Linné des îles Seychelles »,
le lecteur pourra s’y reporter pour une plus ample information.
Ignorant, en réalité, le statut scientifique du taxon nana Ch. Oberthür
nous lui avons conservé son statut originel.
Si on compare Papilio epiphorbas, P. manlius et P. phorbanta, on
constate que ces trois «espèces », qui se distinguent assez aisément par
l’habitus, sont fortement voisines par leurs armures génitales mâles et
femelles. Habitant trois îles, les populations sont allopatriques et il nous
est difficile de dire, sans élevages et croisements de spécimens provenant
des différentes îles, s’il s’agit d'espèces ou de sous-espèces.
On peut seulement indiquer que nous nous trouvons en présence d’une
superspecies : Papilio phorbanta, comprenant, selon la notation employée
par BerNarpi (1961), les semispecies malgache P. (phorbanta) epiphorbas,
réunionnaise P. (phorbanta) phorbanta et mauritienne P. (phorbanta)
manlius.
On soulignera également que la population mauritienne est plus proche
des populations malgaches que de la réunionnaise. Cela laisse à penser que
l'île Maurice, de formation volcanique plus ancienne que l’île de la Réunion,
a reçu sa population de Madagascar. La Réunion, de formation volcanique
plus récente, a pu recevoir la sienne (à dimorphisme sexuel considérable)
soit de Maurice, sa voisine, soit de la Grande Ile, plus éloignée, mais repré-
sentant, en revanche, une masse continentale plus importante.
D. — Groupe de P. delalandi Godart
Chez les mâles, l’armure génitale est de très grande taille. Les valves
sont nettement plus étroites vers le haut où elles se terminent en angle
arrondi. Il n’y a plus de harpe, mais une fine lame sclérifiée, denticulée en
partie, et soudée sur toute sa longueur à la face interne de la valve. Vin-
culum + saccus peu développé. Pénis très largement spatulé à son extrémité
proximale et, de plus, coudé presqu’à angle droit en son milieu. Juxta
fortement développé, en forme de losange.
Chez les femelles, la chambre génitale montre de longs bras latéraux
fortement sclérifiés et dentés à l’apex.
Ce groupe, dont la position est un peu incertaine, ne compte que deux
espèces propres à Madagascar : P. delalandii Godart et P. mangoura
Hewitson.
Source : MNHN, Paris
72 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Papilio delalandii Godart (pl. 13, fig. 25)
Papilio Delalandii Godart, 1823, Soc. Linn. Paris, 2e partie, Mém., 2, p. 230, [pl. XIX,
fig. 1 et 2] (Cafrerie, loc. falsa).
Papilio De Lalande Godart ; Goparr, 1824, Encyclop. méthod., Ins. 7, suppl., p. 811 (id.).
Papilio Lalandei Godart; BorspuvaL, 1836, Spec. génér. Lépid., 1, p. 326, n° 169
(Cafrerie, id.).
Papilio Lalandei Godart ; Guexér, 1865, in A. Vixsow, Voy. à Madag., Annexe F, p. 27.
Papilio Lalandii [Godart] ; Hewrrsow, 1877, Ent. Month. Mag., 11, (1874-1875), p. 227.
Papilio Delalandii Godart ; Burzer, 1878, Ann. Mag. Nat. Hist., (5) 2, p. 292.
Papilio Delalandii Godart; SaALmüLLER, 1884, Lepid. v. Madag., 1,.p. 60, pl. I, fig. 1.
Papilio Lalandei [Godart] ; Maiuue, 1885, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., XIX,
pl. 48, fig. 1 et 2.
Papilio Delalandei Godart ; Mamizzr, 1887, id., XVIII, p. 310.
Papilio Lalandei Boisduval = Delalandii Godart ; Brancsix, 1891, Jahresh. naturw.
Ver. Trencsiner Comitat., 1890/91, 13 u. 14 Jahrg., p. 161.
Papilio Lalandei Boisduval ; Bryx, 1930, in E. SrranD, Lepidopt., Cat., pars 39, p. 542.
Papilio Delandei [Godart] ; CaraLA, 1945, L'Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 147.
Papilio Delalandei Godart ; BerGer, 1951, Ille Congr. nation des Sci., Bruxelles, 8
(Gongo belge), p. 49.
Papilio (Papilio) lalandei; Perers, 1952, Prov. Ch.-List Butt. Ethiop. Reg., p. 18.
Papilio Delalandei Godart ; Dieux, 1955, Natural. malg., 6, (1954), p. 62.
Papilio Delalandei Boisduval ; Humeerr, 1955, Mém. Inst. Scient. Madag., (B) 6, p. 46.
Papilio delalande [Godart] ; Vierre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960), p. 353.
Papilio delalandei [Godart] ; Griveau», 1961, Natural. malg., XI1, (1960), p. 51.
Papilio delalandei Godart ; Munror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 44.
Papilio delalande Godart ; Vigrre, 1963, Ann. Soc. ent. France, 131, (1962), p. 6.
Type. — Holotype : 1 ® (et non 1 & comme indiqué par Goparr),
Cafrerie, sur les bords de Groot Fisch Rivier (de Lalande) (localité erronée)
(Muséum, Paris).
Historique. — GoparT ne dit rien au sujet du sexe et du nombre de
spécimens étudiés dans l'Encyclopédie méthodique, mais il est plus précis
dans son travail paru comme mémoire de la Société Linnéenne de Paris.
On peut y lire : «Décrit d’après un individu mâle et unique, pris en Cafrerie,
sur les bords du Groot Fisch Rivier, par M. DELALANDE, naturaliste voya-
geur, attaché au Muséum de Paris, et membre de la Société Linnéenne ».
L'exemplaire existant toujours au Muséum de Paris, piqué sur une
épingle de l’époque et portant une petite pastille blanche avec l'indication :
« Cafrerie, Delalande », est une femelle.
La description de Goparr dans l'Encyclopédie méthodique, plus ou
moins reprise par BorspuvaL dans le Species (1. c.), s'applique à une femelle,
Goparr écrivant : «... angle au-dessus duquel on voit une petite tache
roussâtre que surmonte un arc d’atomes bleus ». Cette tache roussâtre à
l’angle anal n'existe que chez les femelles.
Ce spécimen femelle a été figuré par H. Lucas (1845, pl. 20) et toujours
cité (p. 40) de la « Cafrerie, sur les bords de Grootfisch Rivier ».
BorspuvaL et H. Lucas insistent sur la grande rareté de l’espèce.
Il semble que ce soit GUENÉE (1865, L. c.) qui le premier ait indiqué
P. delalandii comme espèce malgache.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 73
Description. — Envergure : 78-101 mm; longueur des ailes anté-
rieures : 43-56 mm.
g. — Antennes noires. Palpes labiaux blancs, frangés de noir. Corps
noir en dessus. Poitrine et base de l'abdomen fauve, le reste blanc avec une
raie noire, Pattes grises, rayées de blanc extérieurement.
Ailes antérieures de couleur fondamentale noire, avec la base et la
partie interne du disque saupoudrées de gris brun. Elles sont traversées
par deux bandes de taches d’un blanc jaunâtre. La première, médiane, passe
sur l’origine des nervures et est sinuée ; elle se recourbe sous la cellule et
comprend huit taches de taille inégale, les deux avant-dernières étant plus
grandes et anguleuses. La seconde, submarginale, montre huit petites
taches semblables, internervurales et alignées. Marge externe droite, créne-
lée, avec un petit point jaunâtre au milieu de l’espace situé entre deux
nervures, Vers l'extrémité de la cellule, une grande tache transversale d’un
gris bleuté allant du bord antérieur de la cellule à la bande médiane et
ayant les bords concaves.
Ailes postérieures allongées, avec la marge externe arrondie et large-
ment crénelée ; elles se terminent par une queue assez longue et large. Le
dessin des ailes antérieures s’y continue, mais avec une autre disposition. La
bande faisant suite à la bande maculaire médiane est plus large et continue ;
son bord externe est fortement denté, la pointe de chaque dent se prolon-
geant sur les nervures ; elle se termine au-dessus de l'angle anal par deux
dents d’égale longueur dont l’intérieure s'appuie sur un ocelle placé au
bord abdominal. Cet ocelle est composé d’une tache plus noire que le fond,
limitée dessus et dessous par deux lunules jaune pâle et surmontée d’une
moucheture bleue. A la bande submarginale des antérieures fait suite une
série marginale de lunules de même couleur placées au fond des échancrures
de la marge externe. Queue avec une tache jaune à l’apex et le côté interne
bordé jusqu’à la moitié par un long trait de même couleur.
Dessous d’un noir brunâtre tirant un peu sur le roux. Les dessins
sont les mêmes que sur le dessus, mais les taches sont presque confluentes
et tendent à former des bandes continues aux ailes antérieures. La tache
de la cellule est réduite à un gros trait sinué.
Dessous des ailes postérieures avec la côte liserée de blanc en son
milieu. La bande médiane se continue jusqu’au bord abdominal et absorbe
l’ocelle, en formant un sinus assez prononcé dans lequel se trouvent deux
taches noires, surmontées chacune d’un trait noir doublé de blanc. Taches
marginales comme sur le dessus.
Armure génitale (pl. 19, fig. 39). — Sur la face interne de la valve, la
fine lame sclérifiée forme un angle légèrement obtus au moment où com-
mencent les denticulations ; l’apex de la lame dentée dépasse nettement
la marge externe de la valve.
$. — Elle ressemble au mâle avec les mêmes dessins, mais on note
cependant quelques différences.
Source : MNHN, Paris
74 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Les bandes des ailes antérieures sont blanc jaunâtre ainsi que la tache
de la cellule qui est grande, étranglée au milieu et rarement d'un gris un
peu verdâtre.
Aux ailes postérieures, la bande médiane a le côté interne sinué et
échancré, surtout au-dessous de la cellule et sa partie inférieure est même
coupée par Cu 1b; elle se termine par deux dents très écartées, assez
courtes et divergentes. Ocelle de l'angle anal composé d’une tache noire
très longue, coupée en son milieu par un arc rouge et surmontée d’un arc
bleu. Queue longue, étroite et un peu en spatule.
Dessous brun noirâtre, avec les mêmes dessins que sur le dessus mais
un peu plus grands. Aux ailes postérieures, la bande médiane est plus
blanche et les espaces internervuraux plus fortement ombrés de noir. Arc
fauve de la tache ocellée plus pâle, celle-ci est accompagnée de deux autres
taches moins longues, noires, à centre bleu et ombrées d’écailles jaunâtres.
30 31
Fig. 30 et 31, bras latéral au sinus vaginalis chez les ? du groupe de Papilio delalandii. —
30, P. delalandii Godart. — 31, P. mangoura Hewitson.
Armure génitale (pl. 19, fig. 38). — Lobes de l’oviporus bien développés.
Apophyses postérieures dépassant légèrement deux fois la longueur des
lobes. Ventralement, à l’avant des lobes une invagination médiane de la
membrane. Sinus vaginalis avec deux bras latéraux fortement sclérifiés,
dessinés comme dans la figure 30. L’ostium bursae s’ouvre au fond d’une
sorte de cuvette entièrement sclérifiée, sauf caudalement à l’osfium, mon-
trant un bombement rostral à ce dernier. Ductus bursae court. Bourse copu-
latrice allongée avec une longue plaque de laminae dentatae.
Distribution dans l'île. — Locarirés PuBLiées : Madagascar
(A. Vinson in GuenéE).— Found only in the forest, Fianarantsoa (D. Cowan
in Burzer). — Nosy Be, Fianarantsoa (SaaLMüÜLLER). — Forêts du versant
oriental du grand massif central ; environs de Foulpointe (MABILLE). —
Nosy Be (P. Frey in Brancsix). — Ivondro, IV, X; Tolongoina (Fiana-
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 75
rantsoa) (Diehl in Dienr). — Massif du Marojejy, vallée de la Manantenina
(H. Humbert in HuMBerT). — Massif du Marojejy (P. Griveaud in
GRIVEAUD).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MapAGascar Norp : Cap d’Ambre (L. Hame-
lin). — Montagne d'Ambre (E. G. B. Meade-Waldo, R. Heim), II (R. Jean-
nel), XII (R. Paulian), Les Roussettes, 1 000 m, XI, XII (P. Vieite,
A. Robinson). — Joffreville (E. Drouhard).
MapaGascaR SAMBIRANO : Nosy Be, forêt de Lokobe, IX (R. Paulian).
— Vallée du Sambirano, Beangona-Ambevy, 135 m, XII (P. Vietle). —
Contreforts du Tsaratanana, Haut Sambirano, vallées de la Besanetrikely,
1100 m, et de la Besanetribe, 1200 m, XII (P. Viette). — Région du Tsara-
tanana, nord-ouest de Mangindrano, 1640 m, IV (P. Soga). — Maromandia
(R. Decary).
MapaGascar Esr : Massif du Marojejy, Ambinanitelo, 500 m, III
(P. Soga); Réserve naturelle intégrale n° 12, Marojejy-Andrakata, II
(P. Soga). — Environs de Maroantsetra, forêt d’Ambodivoangy, III
(P. Vielte). — Manambato, sur l’Anove (A. Robinson). — Fenerive, 1er trim.
(Perrot Frères). — Environs de Fenerive (P. Soga). — Pays Antsianaka,
1er sem. (Perrot Frères). — Environs d’Ambatondrazaka (P. Soga). —
Moramanga, II (R. Decary). — Perinet, I (J. de Dieu), II (P. Griveaud). —
Environs de Perinet (G. Olsoufieff), forêt d'Analamazaotra, 910 m, XII
(P. Viette). — Fanovano (Dr Creuse), IIT (ex coll. J. Levick). — Environs
d’Ifanadiana, Ranomafana (Inst. Scient. Madag.), III (P. Viette). — Che-
min de fer Fianarantsoa — Côte-Est, forêt d’Ambodikimba (R. Catala). —
Environs de Sahasinaka, Sahanambohitra (R. Calala). — Fort-Carnot
(R. Decary).
Mapacascar CENTRE : La Mandraka (R. Catala). — « Antananarivo »
(Kingdon). — Fianarantsoa, 2e sem. (Perrot Frères).
Mapacascar Ouesr : Région de Sakaraha, forêt de Lambomakandro
(R. Catala).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Espèce commune de la région malgache orientale attei-
gnant le domaine de l'Ouest.
Papilio mangoura Hewitson (pl. 15, fig. 28 et 29)
Papilio Mangoura Hewitson, 1875, Ent. Month. Mag., 11, (1874-1875), p. 226. — 1877,
Exot. Butt., 5, Papilio, [p. 5], XV (pl. 3], fig. 49, 50.
Papilio Mangoura Hevwitson ; SAALMÜLLER, 1884, Lepidopt. v. Madag,, 1, p. 62.
Papilio Mangora [Hewitson] ; MaBizue, 1885, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., XIX,
pl. 49, fig. 1 et 2.
Papilio Mangoura Hewitson ; Mamiize, 1887, id., XVIII, p. 312.
Papilio mangoura Hewitson ; Bny, 1930, in E. Srrawn, Lepidopt. Cat., pars 39, p. 544.
Source : MNHN, Paris
76 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Papilio Mangoro & [Hewitson] ; CarALA, 1933, Bull. Acad. malg., (n.s.) 16,
Papilio mangoura [Hewitson] ; CaraLa, 1945, L’Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 147.
Papilio mangoura Hevitson ; BerGer, 1951, Ile Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8
(Congo belge), p. 49.
Papilio mangoura Hewitson ; Munror, 1961, Canad. Ent., suppl. 17, p. 44.
Type. — Holotype : 1 4, Madagascar (Crossley) (coll. H. Grose-Smith <
coll. Joicey < British Museum, N. H. ; type Rhopaloc., n° 11 799).
Description. — Envergure : 79-81 mm ; longueur des ailes antérieures :
45-46 mm.
4. — Antennes brun noir, avec la massue noire. Palpes labiaux jaunes,
frangés de noir. Tête noire, avec quatre points jaunes sur le dessus. Thorax
noir, légèrement cendré de gris dans sa partie rostrale ainsi que les tegulae.
Abdomen noir, cendré de gris. Poitrine hérissée de poils jaunes et noirs.
Pattes antérieures jaunes, les autres paires noires veinées de jaune.
Ailes antérieures d’un noir velouté, avec une large bande médiane et
une série de quelques petites taches submarginales d’un bleu un peu
cendré. La bande médiane est dentée extérieurement, mais sa limite n’est
pas nettement marquée, avec une dent plus forte entre les Cu 1 et anguleuse
dans la cellule en dedans ; près de la côte, qu’elle n’atteint pas, la bande
se divise en deux branches à peu près égales, l’interne plus régulière que
l’externe. La série des taches submarginales et internervurales est plus ou
moins complète suivant les individus. Entre les nervures, deux ou trois
points marginaux au-dessus du tornus.
Ailes postérieures du même noir, avec une bande médiane d’un bleu
un peu cendré continuant celle des ailes antérieures. Cette bande se rétrécit
vers l’angle anal et se termine par deux longues dents ; son côté interne
est légèrement courbe tandis que le côté externe est profondément denté,
chaque dent étant sur une nervure. Sur le bord abdominal, on distingue
une tache ronde plus ou moins marquée, composée d'écailles grises, et,
en dessous, un demi-cercle d'écailles bleues, l'ensemble représentant un
ocelle effacé. Queue courte, large à l’extrémité, arrondie, avec un petit point
à l’apex. Intérieurement à la queue, la marge externe montre deux lignes
blanches doublées de bleu ; extérieurement, elle est marquée de quatre
petites taches blanchâtres lavées de bleu.
Dessous des ailes d’un noir brunâtre, un peu plus foncé au bord interne
des antérieures. Sur celles-ci la bande médiane du dessus est effacée dans
l'aire costale, tandis qu’elle est marquée en gris rosé en dessous de la cellule.
Points marginaux très petits.
Dessous des ailes postérieures avec la bande très étroite, souvent peu
indiquée, d’un gris rosé se terminant en une seule pointe. Taches marginales
presque disparues.
Armure génitale (pl. 18, fig. 37). — Bien qu'extérieurement le papillon
soit fort différent, l’armure génitale & de P. mangoura est très proche de
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 77
celle de P. delalandii. Elle ne s’en distingue que par l’allure de la fine lame
sclérifiée à la face interne des valves. Cette lame est rectiligne, les dents sont
plus épaisses et la partie apicale ne dépasse pas la marge externe de la valve,
9. — Elle est très différente du mâle et ressemble beaucoup à celle de
P. delalandii. On notera seulement les différences.
Aux ailes antérieures, la série médiane des taches blanc jaunâtre
n’atteint pas l’aire costale s’arrêtant à M 1 ; il n'existe pas de tache entre
R4+5et M 1, et la tache radiale, arrondie, est isolée.
Aux ailes postérieures, la bande médiane blanc jaunâtre est ombrée
de gris bleuté des deux côtés.
En dessous des ailes antérieures, le disque est largement teinté de blanc
rosacé et les taches submarginales sont à peine indiquées.
En dessous des ailes postérieures, la ligne médiane blanc jaunâtre est
très étroite et à peine dentée extérieurement sauf sur M 1.
Armure géniale. — Elle est voisine de celle de P. delalandii, s'en dis-
tinguant par la forme des bras latéraux au sinus vaginalis dessinés comme
dans la figure 31.
Distribution dans l'île. — LocariTÉs ciTéEs : Madagascar (Cross-
ley in Hewirson). — Forêt du versant oriental (MABILLE). — Chemin de
fer Fianarantsoa — Côte-Est, Ambodivanana (R. Catala in CATALA, 1933).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MapaGascar Esr : Environs de Maroantsetra.
Ambinanitelo, II (Monsarrat, Gutierrez et Bontemps). — Fenerive, 1er trim,
(Perrot Frères). — Route d’Anosibe, I (Conti-Zhendre), III, IV, V(G. Dujar-
din-Delacour et R. Viossat, chasseurs malgaches), km 20 (Mme Buntz),
km 48, 880 m, III (P. Griveaud). — Chemin de fer Fianarantsoa — Côte-
Est, Ankarampotsy, 800 m (R. Catala) ; entre Ambodikimba et Ambodi-
vanana, forêt (R. Catala). — Environs de Fort-Dauphin, forêt de Manon-
gotry, IV (G. Randrianasola).
MapaGascar CENTRE : La Mandraka, XI (Conti-Zhendre). — Fiana-
rantsoa, 2e sem. (Perrot Frères).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — Espèce de la pluvisilva orientale beaucoup moins rare
qu’on ne le pense. Les marchands d’Insectes, dans leur catalogue de vente,
désirent des prix abusifs pour cette espèce, comme pour tant d’autres
d’ailleurs !
Le mâle peut être confondu avec celui de P. oribazus et la femelle avec
celle de P. delalandii.
Source : MNHN, Paris
78 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Pharmacophagus Haase, 1892
Pharmacophagus Haase, 1892, Biblioth. Zool., Bd 3, Heft, 8, p. 15 (espèce type : Papilio
antenor Drury, 1778, fixée par Kinev, 1896 : 306) (Hemane, 1967 : 357).
Description. — Trompe bien développée. Palpes labiaux courts.
Antennes atteignant environ le tiers de la longueur de la côte des ailes anté-
rieures. Pattes prothoraciques avec une épiphyse tibiale ; une paire apicale
d’éperons aux tibias métathoraciques ; articles des tarses garnis intérieu-
rement d’épines.
Aïles antérieures avec toutes les nervures libres sauf R 4 et R5 qui
sont tigées sur plus de la moitié de leur longueur. Cellule médiane très grande,
étroite et allongée.
Ailes postérieures avec une petite cellule accessoire et une courte ner-
vure humérale ou éperon précostal. Toutes les nervures sont libres. La
queue est faite du prolongement de M 3. Une seule nervure anale. Chez les
&
Fig. 32, armure génitale à et pénis de Pharmacophagus antenor (Drury).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 79
mâles, il n'existe pas, entre cette dernière nervure et le bord abdominal
de pli garni d’écailles spécialisées ; cette région est semblable dans les deux
sexes. C’est là un caractère important différenciant ce genre d'avec les
voisins,
Armure génitale & (fig. 32). — Superuncus droit, en pointe à l’apex
et montrant une dent dorsale. Scaphium de Gosse très sclérifié; d’une base
commune partent deux formations plus ou moins lancéolées avec les bords
externes repliés ventralement. Vinculum en une longue plaque arrondie.
Valves avec la côte largement arrondie, le bord ventral droit, dans sa partie
proximale, se courbant ensuite ; la face interne est garnie d’une énorme
dent aplatie et le quart externe forme un large bourrelet, Juxta en plaque
étroite, non loin du vinculum, s’élargissant au niveau du pénis. Manica
garnie de spicules. Pénis étroit et allongé, s’élargissant légèrement dans sa
partie rostrale et garni, sur un de ses côtés, de denticulations à l’apex.
Armure génilale Q (fig. 33). — Lobes de l’oviporus bien développés avec
une carène latéro-externe postbasale ; ils sont garnis de quelques soies mais
n’en montrent pas de courtes et épaisses à la face interne du bord apical,
comme il en existe dans le genre Papilio. Apophyses postérieures aussi
longues que les lobes de l’oviporus. Sinus vaginalis occupé par une sorte
de coupe sclérifiée au fond de laquelle s’ouvre l’ostium bursae. La zone scléri-
fiée de la «coupe » se continue ventralement dans la membrane interseg-
mentaire où elle se termine rostralement par une plaque arrondie. Début
du ductus bursae bien sclérifié et coloré. Insensiblement, lui fait suite, la
bourse copulatrice étroite et allongée ; la plaque de laminae dentatae est
étroite et relativement courte, n’occupant, à la différence de ce qui se voit
dans le genre Papilio, que la moitié de la longueur de la bourse.
Répartition géographique. — Genre monospécifique propre à Mada-
gascar.
Discussion. — L'Anténor a également été placé dans d’autres genres
ou sous-genres suivant les auteurs : Afrophaneura Reakirt, Polydorus
Swainson ou Parides Hübner.
MuxroE (1961 : 34) le classe dans le genre Parides et le sous-genre
Atrophaneura en indiquant toutefois : « Further study may necessite the
removal of this group [an{enor group] from Afrophaneura ».
L'examen de l’armure génitale © (pl. 17, fig. 35) de Parides (Atropha-
neura) semperi (C. et R. Felder, 1861) ( —erythrosoma Reakirt, 1864) (espèce
type du taxon Atrophaneura Reakirt, [1865]) (HEMmING, 1964 : 84) montre
qu’Anténor ne peut pas être placé avec les autres Afrophaneura.
L'absence de zone spécialisée aux ailes postérieures des mâles entre
la nervure anale et le bord abdominal va dans le même sens.
Les comparaisons avec les deux grandes espèces de Papilios africains,
extérieurement fort différents de l’Anténor, ne pourront être faites que
6
Source : MNHN, Paris
80 R. PAULIAN ET P. VIETTE
lorsque les femelles de ces espèces, rarissimes dans les collections, auront
pu être disséquées. Il n’en existe malheureusement pas au Muséum de
Paris.
Le genre Pharmacophagus est un genre endémique à Madagascar, ce
qui n’est pas pour nous surprendre, connaissant le haut taux d’endémicité
de la faune de la Grande Ile.
Pharmacophagus antenor (Drury) (pl. 14, fig. 27)
[Papilio] Eg.{ues] Troj.[anus] Antenor Drury, [1773], Il. nat. Hist. Exot. Ins., 2,
p. 4, pl. 3, fig. 1 et Index.
Papilio Antenor Drury ; SaaLmüLuer, 1884, Lepid. v. Madag., l, p. 65.
Papilio Antenor Drury; Mamizce, Hist. phys., nat. et polit. de Madag., 1885, XIX,
pl. 42, fig. 1 à 5, 1887, XVIII, p. 299.
Pharmacophagus antenor (Drury) ; Kinav, 1896, in Allen’s Naturalist’s Library, À hand-
book to the Order Lepidoptera, part I, Butterflies, vol. II, p. 306, n° LXXV.
Papilio antenor Drury ; AURIVILLIUS, 1909, in A. VoeLrzxow, Reise in Ostafrika, Band 2,
Heft 2, p. 332.
Pharmacophagus antenor Drury ; Le Cerr, 1924, Bull. Hill Mus., 1, p. 370.
Papilio antenor Drury ; Brvx, 1930, in E. Srrawn, Lepidopt. Cat, pars 39, p. 574.
Papilio Antenor [Drury] ; CATALA, 1936, Rev. de Madag., n° 14, avril 1936, p. 102.
Papilio antenor [Drury] ; DExso, 1943, Deutsche Ent. Zeitsch. Iris, 57 (1943-1944), p. 102
et suiv. (biol.).
Atrophaneura antenor Drury ; Forp, 1944, Trans. R. ent. Soc. London, 94, p. 205.
Papilio antenor [Drury] ; CaraLa, 1945, L'Entomologiste, 1, (1944-1945), p. 149.
Atrophaneura antenor Drury ; Corerr, 1948, Trans. R. ent. Soc. London, 99, p. 590.
Polydorus antenor Drury ; BerGer, 1951, IIIe Congr. nation. des Sci., Bruxelles, 8 (Congo
belge), p. 48.
Papilio Antenor Drury; R. PautAN, 1951, Papill. comm. de Madag, p. 9, pl. col. I.
Papilio antenor Drury ; D* Dieux, 1955, Natural. Malg., 6, (1954), p. 61.
Polydorus antenor Drury ; Srorace, 1955, Ann. Mus. Civ. St. Nat., 68, (1954-1955), p. 139.
Pharmacophagus antenor [Drury]; Visrre, 1961, Bull. Soc. zool. France, 85, (1960),
p. 354.
Parides (Atrophaneura) antenor (Drury) ; Munror, 1961, Canad. Ent, suppl. 17, p. 34.
Papilio (Pharmacophagus) Antenor Drury ; R. PauLIAN, 1961a, Faune de Madag,, 13,
2
p. 323.
Papilio Antenor [Drury] ; R. PauztAN, 19616, Natural. Malg., 12, (1960), p. 198.
Papilio antenor Drury ; Drenx, 1962, Ent. Zeitschr., 72, p. 24.
Papilio antenor Drury ; Vrerre, 1963, Ann. Soc. ent. France, 131, (1962), p. 6.
Type. — Drurv, en 1773, indique seulement : « J'ignore quel païs
il habite, car le feu et curieux Mons. Leman m'en a fait présent » (probable-
ment disparu).
Historique. — En 1836, lors de la rédaction du Species général des
Lépidoptères dans les Suiles à Buffon, BorspuvaL (p. 189, n° 2) n’était guère
mieux informé que Drury sur l'habitat de cette espèce puisqu'il écrit :
«A voir le grand nombre d'auteurs qui ont décrit ou figuré ce Papilio, on
pourrait croire qu'il est assez commun, tandis qu’il n’y a véritablement
que Drury qui l'ait vu en nature ; tous les autres auteurs iconographes ou
autres, depuis Fabricius jusqu’à nous, n’ont fait que le copier. Seulement
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 81
Drury ayant dit qu’il ignorait dans quel pays il se trouvait, ils ont cru
pouvoir ajouter qu'il habitait les Indes orientales. L'exemplaire qui faisait
partie de la collection de Drury n'existe peut-être plus; mais M. Hope,
de Londres, m'a assuré qu’il en possédait un individu pris à Tombouctou.
Ainsi, cette espèce habite l’Afrique intertropicale et non l’Inde ».
Et, à la suite de ce texte, on trouve l'indication : «Africa » dans le
catalogue de la collection des Lépidoptères Papilionidae du Muséum bri-
tannique rédigé par Georges Robert Gray en 1852 (p. 20, n° 87). Catalogue
qui était aussi une liste des espèces connues à cette époque, avec l'indication
«Madagascar » pour les espèces malgaches.
Ce n’est qu’en 1867, grâce à A. GRANDIDIER qui le découvrit lors de
son premier voyage à la côte sud-ouest de Madagascar (son second dans
l'ile), que l’on connut la véritable patrie du Papilio antenor (SAALMÜLLER,
1884 : 65; Mamizze, 1886 : 299). Cinq spécimens récoltés par A. Gran-
pipier en 1867 existent toujours dans la collection nationale du Muséum de
Paris (10).
Une femelle de la collection Guenée, conservée au British Museum
(N. H.) (ex coll. Ch. Oberthür < ex coll. Levick), porte, suivant l’habitude
du célèbre Lépidoptériste de Châteaudun, une grande étiquette avec ses
annotations et observations manuscrites. On y lit :
«Madagascar donné par M. Grandidier.
«Ce papilio était si rare qu'on doutait même s’il existait réellement
et si Drury n’avait pas donné une figure de fantaisie, mais M. Grandidier
vient de le retrouver à Madagascar et il a même élevé sa chenille.
« Il n’a rapporté qu’une dixaine d'individus tous bien pareils. Par eux
nous pouvons juger de la figure de Drury qui est inexacte en ce qu'il figure
l'abdomen blanc avec des taches dorsales triangulaires rouges. À cela près
sa figure est bonne. Chez tous les individus rapportés par M. Grandidier
les taches rouges avaient passé au blanc en fumé. J'ai cru pouvoir leur
donner une nuance rapprochée de celle de Drury.
«Ce beau Papilio se rapproche encore un peu des Ornithoptera et
M. Bdval [Boisduval] l’a bien placé dans son Species ; mais il aurait du le
faire suivre du groupe de Diphitus, Hector, etc. (son 17e) avec lequel il a
des affinités incontestables ».
(10) En réalité, cette date de 1867 correspond à l’année de l’entrée au Muséum des
spécimens donnés par Alfred GRANDIDIER.
Embarqué, le 6 juin 1866, sur un petit navire nommé l’Infatigable, qui le conduit direc-
tement de la Réunion au Cap Sainte-Marie, A. GranDiDier est de retour à Paris fin mai 1867,
après avoir visité la région côtière du sud-ouest de la Grande Ile, notamment la région de
Tuléar, et atteint Salobe sur l’Onilahy vers l'intérieur (Drcary, 1936 : 14 et 15).
On doit done penser que les spécimens furent capturés dans la seconde moitié de 1866
ou au tout début de 1867.
6*
Source : MNHN, Paris
82 R. PAULIAN ET P. VIETTE
Comme on peut le voir, ce Papillon pourtant commun à Madagascar
est resté pendant longtemps une très grande rareté.
Description. — Envergure : 115-150 mm; longueur des ailes anté-
rieures : 63-82 mm.
8. — Antennes longues et d’un rouge foncé. Palpes labiaux d’un rouge
écarlate, ainsi qu’une grande partie de la tête et les parties latérales des
patagia. Reste des patagia et thorax noirs. Abdomen d’un blanc plus ou
moins lavé de rose, avec la partie proximale dorsalement noirâtre. Thorax
et pattes noirs, la face interne des pattes prothoraciques avec un épais
duvet blanc. Dessous de l'abdomen d’un blanc lavé de rose.
Ailes antérieures allongées, avec la marge externe très oblique, noires
avec trois rangées de grandes taches d'un blanc plus ou moins jaunâtre
et saupoudrées de gris. La première rangée, la plus interne, comprend trois
taches, toutes situées dans la cellule et légèrement marquées par le pli
cellulaire, La seconde rangée, médiane, contourne un peu l'extrémité de la
cellule et compte sept taches, la plus proche du bord interne étant la plus
grande et souvent divisée par la nervure anale indiquée en gris. Enfin, la
troisième rangée, la plus externe, est faite de sept taches plus deux autres
subcostales plus internes ; l’une de ces deux dernières taches est souvent
très petite. Marge externe à peine festonnée. Frange finement blanche.
Aïles postérieures larges se terminant par une longue queue un peu
spatulée. Les taches sont également disposées en trois rangées. La première,
la plus proximale, est faite de trois grosses taches d’une coloration sem-
blable à celle des ailes antérieures ; l’une est dans la cellule et les deux autres
de part et d’autre de la cellule. La rangée médiane montre, généralement,
cinq taches, chacune située entre la naissance de deux nervures, celle située
entre M 2 et M3 est de beaucoup la plus grande, les autres étant souvent
petites ou même absentes. Enfin, les taches de la rangée submarginale sont
d’un rouge brique et plus ou moins saupoudrées de gris, les deux taches les
plus antérieures plus blanches que rouges. Entre la cellule et cette série de
taches, l’aile est finement saupoudrée d’écailles vert-de-gris. Marge externe
profondément découpée. Frange blanche.
Armure génitale (fig. 32). — Voir la description dans celle du genre.
9. — Elle ressemble beaucoup au mâle avec parfois quelques taches
en moins. Celles des ailes antérieures sont plus blanches et les trois taches
intermédiaires de la rangée médiane peuvent manquer ou être réduites aux
ailes postérieures, mais elles sont toujours présentes en dessous ; celles de
la série la plus marginale sont très grandes et rosées.
Armure génitale (fig. 33). — Voir la description dans celle du genre.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 83
Fig. 33, armure génitale 9 de Pharmacophagus
antenor (Drury).
Distribution dans l'île. —
LOCALITÉS PUBLIÉES Côte Sud-
Ouest de Madagascar (A. Grandidier
in Magizce). — Majunga (A. Voellz-
kow in AuriviLLius).— Forêt de Lam-
bomakandro (R. Catala in CATALA).
— Majunga, Tuléar, Ampanihy, Be-
troka (P. Denso in DENSo). —
Betroka (I-XII) ; Ihosy (1) ; Tsivory
(2) jusqu’à 900 m ; Ampandrandava
(-XID) ; Ianakafy (I-XII); vers le
Sud observé jusqu'aux « faubourgs »
occidentaux de Fort-Dauphin (E.
Diehl in Dieuz, 1955). — Sud du
district de Betroka (E. Diehl in
Dieu, 1962).
Tananarive, parc de Tsimbazaza
(R. Paulian in R. PauLian, 1961 b)
(localité fortuite). — Mahazoarivo
(R. Vieu in R. PauLran, 1961 b)
(ibid.).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. MaDa-
Gascar CENTRE (domaine des pentes
occidentales) : Environs de Man-
dritsara (Inst. Scient. Madag.). — Be-
troky, X (E. Diehl).— Sous préfecture
de Betroky, lanakafy, XI (E. Diehl).
— Bekily (A. Seyrig). — Région de
Bekily, Ampandrandava (E. Diehl).
MapaGascar OuEsT : Ambato-
Boeni, Ampijoroa, massif de l’Anka-
rafantsika, 200 m, XI (P. Vielte) ;
Tsaramandroso (Inst. Scient. Ma-
dag.). — Antsingy Nord, 63 km est
de Maintirano, VII (R. Paulian). —
Morondava, forêt de Marofandilia,
III (P. Griveaud). — Beroroha (Inst.
Scient. Madag.). — Morombe, Anta-
nandava, IX (J. Gulierrez). — Station agricole du Bas Mangoky (Inst.
Scient. Madag.). — Morombe, lac Ihotry, VII (P. Griveaud). — Région
de Sakaraha, bord du Firehenana (R. Catala) ; forêt de Lambomakandro
(R. Catala) ; réserve spéciale du Zombitsy, 640 m, XII (P. Viette et
P. Griveaud). — De Morondava à Tuléar (A. Grandidier). — Est de
Tuléar, forêt d’Andranovory, 500 m, XII (P. Vietle et P. Griveaud).
Source : MNHN, Paris
84 R. PAULIAN ET P. VIETTE
MapaGascar Sup : Beloha (R. Decary). — Ambovombe (R. Decary). —
Androy, Imanombo, IX (Ch. Alluaud).
Répartition géographique. — Madagascar.
Biologie. — MABiLce (1887 : 301), suivi par les auteurs postérieurs,
indique, le premier que la chenille, trouvée par A. GRANDIDIER, vit sur une
Combrétacée : Quisqualis grandidieri, alors que DENSo (1943 : 105) donne
une Aristolochiacée : Arislolochia acuminala comme plante nourricière.
La biologie et les premiers états de Ph. anlenor ont été longuement
étudiés par DEnso (1943 : 102 et suiv.). On fera de larges emprunts à ce
travail.
L'’imago vole, le matin, dès le lever du soleil et se repose au début de
l'après-midi. Son activité s’arrête avec la tombée de la nuit. Il se pose alors
surles grands arbres (Tamarindus, Sclerocarya, Eucalyptus, parfois Baobabs).
La recherche de l'arbre adéquat est toujours longue. L'animal se fixe à la
face inférieure des branches ou des feuilles à l’abri de la rosée.
Le papillon butine sur les fleurs des Bougainvillea, Hibiscus, Albizzia
lebbek, Leuconthea farinosa, Cryptostegia grandiflora, Carica papaya.
L'’accouplement a lieu le matin lorsque les imagos sont au sol ou dans
les branches. Le couple ne peut parcourir au vol que 2 ou 3 m.
Les œufs sont pondus en série d'environ 14 sur Aristolochia acuminata,
l'unique espèce d’Aristolochia de Madagascar [die einzige Aristolochia-Art
Madagascars]. Ils ont à peu près 2 mm de diamètre. Ils sont subsphériques,
aplatis en dessous, en courte pointe au-dessus portant le micropyle poncti-
forme noir. Neuf carènes méridiennes sont présentes. La couleur est d’un
blanc d'ivoire teinté de rouge orangé.
La jeune chenille sort de l’œuf environ une semaine après la ponte.
Elle est très mobile, mesure de 3 à 4 mm de long et est identique à la chenille
au dernier stade.
Cette dernière atteint de 60 à 65 mm de long et de 10 à 12 mm de large.
On peut distinguer six formes différentes de coloration.
Forme a. Coloration générale brun lilas pâle et blanc.
Tête: Brun foncé, subcarrée. Nuque avec deux taches transverses
oranges symétriques.
Prothorax : Osmeterium court et orangé. Trois paires de saillies, l’infé-
rieure acuminée, brune à base rouge, la suivante moins rouge et plus anté-
rieure, la troisième courte, cylindrique, entièrement rouge. Pattes rouges.
Mésothorax : Quatre paires de saillies, l’inférieure courte, aiguë, à base
rouge, la suivante brune, aiguë ; les deux autres brunes, arrondies, à trans-
parence rouge. Pattes noires.
Métathoraz: Ibid.
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 85
Segment abd. 1: Ibid., les saillies inférieures moins rougeâtres, suivies
ventralement d’une très courte paire de saillies blanchâtres.
Segment abd. 2: L’avant-dernière paire de saillies dorsales manque,
mais il existe ventralement une paire de grosses saillies blanches.
Segment abd. 3: Saillies dorsales plus courtes, plus brunes, suivies de
deux grosses saillies blanches. Pattes abdominales brunes.
Segment abd. 4: Ibid., six saillies seulement, la troisième paire est
seule blanche et renflée.
Segment abd. 5 à 8: Trois paires de saillies brunes, pas de blanches,
la paire médiane seule renflée.
Segment abd. 9 : Une paire de saillies dorsales brunes et deux très petites
rouges, la distale près de l’anus.
Coloration brun lilas foncé, dos blanc marqué d’un dessin de 6 à
8 taches de la couleur du fond. Ce dessin peut disparaître sur les segments
abd. 3 et 4.
Forme b. Couleur de fond gris-noir à noir.
Forme c. Couleur fondamentale plus pâle, lilas rougeâtre, blanc plus
étendu.
Forme d. Presque entièrement rouge, le blanc réduit et rosâtre.
Forme e. Presque [entièrement brun clair, avec quelques lignes longi-
tudinales confluentes lilas, très étroites. Pas de blanc, seules les massues des
deux saillies dorsales du segment abd. 3 d’un brun plus clair.
Forme f. Beaucoup de blanc, saillies rouge orange, dessins lilas rouge
en petits traits.
La forme a est la plus répandue, les formes d à f plus rares.
La vie larvaire est de 2 à 3 semaines.
La chrysalide a environ 40 mm de long et 18 mm dans sa plus grande
largeur. La tête et la poitrine sont brun jaune, ainsi que les fourreaux alaires.
Les fourreaux antennaires sont brun lilas ainsi que les parties latéro-dor-
sales du thorax qui montre deux taches jaunes. L’abdomen est gris brun,
avec un léger reflet bleuâtre. Le thorax porte dorsalement et l'abdomen
dorsalement et latéralement de petits tubercules aigus.
La durée de la chrysalide est très variable suivant la saison et la loca-
lité. Sur la côte Ouest où les Aristolochia ne perdent pas leurs feuilles,
Ph. antenor vole toute l’année et la durée de la chrysalide est environ de
14 jours. Dans le Sud et, en particulier, dans l’intérieur du Sud où les feuilles
tombent en mai et juin pour ne repousser que fin octobre toutes les chrysa-
lides qui n’ont pu éclore fin mai-début juin ne donneront des imagos que
fin octobre avec l'apparition des premières pluies.
L’éclosion a lieu une à deux heures après le lever du soleil. Le papillon
est plus abondant en mars et avril (voir la figure 34).
Source : MNHN, Paris
86 R. PAULIAN ET P. VIETTE
L’adulte n’est pas attaqué par les Oiseaux et sur 200 chenilles une
seule était parasitée par une larve de Tachinaire.
var. gehleni Le Moult, 1912, Bull. Soc. ent. France, 1912, p. 383. —
Syntypes à et 9, Madagascar Ouest, Maevatanana [sans indication de
date et nom de récolteur] (coll. E. Le Moult).
Description originale : «Les ailes antérieures sont noires avec reflets
jaunâtres. Les taches sont franchement jaunes ainsi que les échancrures,
au lieu de blanches qu’elles sont d’après la description de Drury. — Sur
les ailes postérieures la teinte jaune est beaucoup plus prononcée que sur
les ailes antérieures et devient même jaune foncé sur les taches marginales.
Toute trace de rouge a disparu aussi bien au-dessus qu’au-dessous. Même
le rouge écarlate du collier, du front et des palpes, cité par Drury, est
remplacé par du jaune orangé. L'abdomen est blanc jaunâtre avec bandes
jaunes orangées au lieu de rose comme sur la forme typique.
« Quelques exemplaires g et 9, les uns capturés au vol, les autres
obtenus ex larva ».
250
200
150
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
100 n
1
1
ÿ
50
1
'
VII IX STE Ex ü n mi iv VV VID Vi
1
1
! Saison sèche
Saison sèche Saison humide
Fig. 34, courbe de la fréquence de Pharmacophagus antenor (Drurÿ), au cours d'une
année dans la région d’Ampanihy.
En ordonnées : le nombre de captures mensuelles ; en abscisses : les mois de l’année.
La dépression entre les mois de décembre et de février correspond aux plus fortes pluies
(d’après DExso, 1943 : 108).
var. albomaculata Le Moult, 1912, Bull. Soc. ent. France, 1912, p. 384.
— Syntypes 4 et 9, Madagascar Ouest, Maevatanana [sans indication de
date et nom de récolteur] (coll. E. Le Moult).
Description originale : « Forme presque identique à la précédente avec
le rouge complètement exclu soit sur le corps soit sur les ailes, comme pour
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 87
la var. Gehleni, collier, front et palpe jaune orange ; abdomen plus blanc,
avec bandes jaunes plus pâles que dans Gehleni. Par contre, la teinte jaune
des taches des ailes antérieures et postérieures a pour ainsi dire complète-
ment disparu et est remplacé par du blanc parfois ombré de gris comme
dans la forme typique. Le blanc en est toutefois plus prononcé. La série
des sept taches marginales des ailes postérieures seule a une très légère
teinte jaune, mais presque entièrement disparue sous un pointillé gris
foncé. Nulle trace de rouge sur ces taches comme dans celles de la forme
typique.
« Quelques 4 et Q, les uns élevés, les autres capturés au vol ».
f. niger Diehl, 1962, Ent. Zeütschr., 72, p. 109, fig. — Holotype : 1 9,
Madagascar Ouest, ouest du district de Betroka, lanakaly, e, L, 24-X1-1952
(£. Diehl) (coll. E. Diehl, Saarbrucke).
Description originale : « Spannweïte 145 mm. Grundfarbe russchwarz
mit zwei winzigen Uberresten der weissen Flecken an Wurzel und Apex
der Vfl. (die beiden schärfer konturierten Flecke auf dem li. Vfl. sind
Artefakte) und noch geringeren an der Basis des Schwanzes auf den Hfl.
Die weissliche Bestäubung des Hfl. ist angedeutet erhalten.
« Auf der Unterseite sind die oben beschriebenen Reste der normalene
weissen Fleckzeichung etwas deutlicher, insbesondere sind auf den Hf. din
Reste von 3 bis 4 Randmonden deutlich erkennbar ; die beiden normaler
Wurzelflecke sind dort unverändert vorhanden, die weisse Bestäubung nu,
ganz schwach angedeutet.
«Der weisse Flügelsaum ist voll erhalten. — Aufällig ist, dass die
verbliebenen weissen Zeichnungselemente rechts ausgeprägter sind als links.
«Abdomen, Prothorax und Palpen rosenrot (bei der Mehrzahl der
Weibchen fahl-rosa), übriger Kôrper und Beine schwarz, Fühler und Augen
rothraun ».
Source : MNHN, Paris
BE
Gi
ET,
+ He
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 89
AUTEURS CITÉS
Aurmvizzrus (Chr.), 1882. — Recensio critica Lepidopterorum Musei Ludovicae
Ulricae quae descripsit Carolus A. Linne. (Kongl. Svenska Vetenskaps-Akadem.
Handlingar, 19 (5), 188 p., 1 pl. col. h.+., 6 fig.).
__ 1895. — Beiträge zur Kenntniss der Insektenfauna von Kamerun, 2. Tag-
falter, 4. (Ent. Tidskr., 16, pp. 255-268, pl. h.-t. 2 et 3).
__ 1897, — Bemerkungen zu den von J. Chr. Fabricius aus dänischen Sammlun-
gen beschriebenen Lepidopteren. (ibid., 18, pp. 139-174).
__ 1898-1899. — Rhopalocera aethiopica. Die Tagfalter des aethiopischen
Faunengebietes. Eine systematisches-geographische Studie. (Kongl. Svenska
Vetenskaps-Akadem. Handlingar, 31 (5), (1898-1899), 561 p., 6 pl. col. h.+.).
_— 1909. — Lepidoptera Rhopalocera und Heterocera (Pars I) von Madagaskar,
den Comoren und den Inseln Ostafrikas in Prof. Dr A. VoELTzKow, Reise
in Ostafrika in den Jahren 1903-1905, Wissensch. Ergebn., Band 2, System.
Arbeit., Heft 4, pp. 309-348, pl. col. 19, 15 fig. E. Schweizerbart’sche Verlags-
buchhandl., Nägele & Dr. Sproesser, Stuttgart.
BavarD (A), 1933. — Étude élémentaire de l’armure génitale des papillons.
(Bull. Soc. franç. Microse., 2, pp. 83-99, 6 fig., pl. phot. ht. V à XI).
BErGER (L. A.), 1951. — Systématique des Papilionidae de la faune éthiopienne
(Lepidoptera-Rhopalocera). (III Congrès nation. des Sci, Bruxelles —
30-V/3-VI-1950, vol. 8 (Congo belge), pp. 47-50).
Berio (E.), 1936. — Osservazioni sulla morfologia e nomenclatura dell’apparato
copulatore dei Lepidopteri. Che cosa siano realmente l’Uncus e lo Scaphium.
(Festschr. zum 60. Geburtstage von Prof. Dr. E Strand, 2, pp. 205-211,
10 fig.).
__ 1941, — Osservazioni sulla variazione di Papilio demodocus Esper e descri-
zione di tre nuove forme (Lepidoptera). (Boll. Soc. Ent. Ital., 73, pp. 90-92).
Benvarpt (G.), 1961. — Biogéographie et spéciation des Pieridae de Madagascar
et de Socotra. (Coll. intern. du C.N.R.S., 94, (le peuplement des îles méditer-
ranéennes et le problème de l’insularité, Banuyls-sur-Mer — sept. 1959),
pp. 181-213, 5 fig., tabl.).
__ 1963. — Quelques aspects zoogéographiques du mimétisme chez les Lépi-
doptères. (XVI Intern. Gongr. of Zoology, Washington — Aug. 1963,
Proceed., vol. 4 (specialized Symposia), pp. 161-166) (public. miméographiée).
BorspuvaL (D [J.-B. A. Dechaufñfour dej), 1833. — Faune entomologique de
Madagascar, Bourbon et Maurice, Lépidoptères. (Nouv. Ann. Mus. Hist.
Source : MNHN, Paris
90 R. PAULIAN ET P. VIETTE
nat., 2, pp. 149-270). Egalement : 122 p., 16 pl. col. h.…. Libr. encycl. de
Roret, Paris.
__ 1836. — Histoire naturelle des Insectes. Species général des Lépidoptères,
tome premier, XII + 690 p. (texte). Libr. encycl. de Roret, Paris.
Bourcoënr (J.), 1951. — Ordre des Lépidoptères in P. P. Grassé, Traité de
Zoologie, tome X, premier fascicule, pp. 174-448, fig. 192 à 437. Masson et Ce
édit., Paris.
Brancsix (K.), 1891. — Beiträge zur Kenntniss Nossibé’s und dessen Fauna
nach Sendungen und Mittheilungen des Herrn P. Frey. (Jahresh. nalurw.
Ver. Trencsiner Comitat., 1890/91, 13 u. 14 Jahrg., pp. 123-167, fig., 1 pl.
col. h.-t., 8 fig.).
Brénière (J.) et Dusors (J.), [1965]. — Catalogue des Insectes nuisibles aux
cultures malgaches, 168 p. Inst. de Rech. agron. à Madagascar, division
d’Entomologie agric., document n° 43, Tananarive (docum. ronéotypé).
Bnvx (F.), 1918 a. — Grundzüge der Sphragidologie. (Ark. f. Zool., 11, n° 8,
38 p., 6 pl. h.-t., 49 fig.).
__ 1918 b. — Zur Ikonographie der skandinavischen sphragophoren Rhopa-
lozeren. (Ent. T'idskr., 39, pp. 143-147, 8 fig.).
Cancasson (R. H.), 1964. — A preliminary survey of the zoogeography of african
butterilies. (East Afric. Wildlife Journ., 2, pp. 122-157, 6 fig., tabl.).
Careseue (L.) et Brénière (J.), 1961. — Liste des Insectes nuisibles aux plantes
cultivées à Madagascar, 21 p. Inst. de Rech. agron. à Madagascar, division
d’Entomologie agric., document n° 23, Tananarive (docum. ronéotypé).
CaraLa (R.), 1933. — Contribution à l'Étude Lépidoptérologique de la Côte Est
de Madagascar. (Bull. Acad. malg., (n.s.) 16, pp. 9-10).
__ 1945. — Souvenirs de chasses entomologiques à Madagascar. (L'Entomologiste,
1, (1944-1945), pp. 145-151, pl. phot. I).
Crarxe (C. A.) et Sneppar (P. M.), 1959 a. — The breeding of Papilio dardanus
Brown in England. Technique and some results. (The Entomologist, 92, pp. 89-
95, pl. phot. III à V).
_ et — 1959 b, — The genetics of some mimetic forms of Papilio dardanus
Brown and Papilio glaucus Linn. (Journ. Genet., 56, pp. 236-259, 3 pl.).
__ et — 1960 a. — The genetics of Papilio dardanus, Brown. III. Race anti-
norii from Abyssinia and race meriones from Madagascar. (Genetics, 45,
pp. 683-698, 9 fig., 11 tabl.).
__ et — 1960 b. — The evolution of mimicry in the butterfly Papiliopardanus .
(Heredity, 14, pp. 163-173, 1 fig. 2 pli).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 91
— et — 1962. — Disruptive selection and its effect on metrical character
in the butterfly Papilio dardanus. (Evolution, 16, pp. 214-226, 3 fig.).
Decarv (R.), 1936. — Alfred Grandidier, explorateur de Madagascar. (Rev. de
Madag., n° 16, octobre 1936, pp. 7-35, 4 phot., 1 carte dépl. h.+.).
Denso (P.), 1943. — Madagassische Schmetterlinge. (Deutsche Ent. Zeitschr.,
Iris, 57, (1943-1944), pp. 81-126, 1 carte, 2 graph., 3 pl. phot. h..).
Diaxonorr (A), 1954. — Considerations on the terminology of the genitalia
in Lepidoptera. (The Lepidopterisis’ News, 8, pp. 67-74, 2 fig.).
Drexz (Dr [E.]), 1955. — Liste des Lépidoptères Rhopalocères rencontrés au
sud de Madagascar et surtout sur le plateau du Sud. (Le Natural. Malg., 6,
(1954), pp. 61-70).
FaBrrcrus (J. Chr.), 1807. — Systema Glossatorum, pp. I-XII + 13-112. Brunno-
vici, 1807. — Edit. facsimile in F. Brvx, 1938, Samml. naturwissenschaft-
licher Facsimile-Drucke, Band I. Verl. G. Feller, Neubrandenburg.
Fruusrorrer (H.), 1908. — Neues über die Genitalien der Rhopaloceren. (Ent.
Zeitschr., Stuttgart, 22, pp. 74-75, 4 fig).
Gasrrez (A. G.), 1932. — Catalogue of the Type Specimens of Lepidoptera
Rhopalocera in the Hill Museum, 40 p. John Bale, Sons & Danielson, Ltd.
Londres.
Gosse (Ph. D.), 1881. — The Prehensores of Male Butterflies of the Genera
Ornithoptera and Papilio. (Proc. R. Soc. London, 33, (17-X1-1881/30-II1-
1882), pp. 23-27).
_— 1883. — On the Clasping-organs ancillary to Generation in certain Groups
of the Lepidoptera. (Trans. Linn. Soc. London, second series — vol. II, Zool.,
(1879-1888), pp. 265-345, pl. h.-t. 26 à 33).
Grirrin (F. J.), 1939 a. — On the années of the République française, 1792-1806.
(Journ. Soc. Bibl. Nat. Hist., 1, p. 249).
_— 1939 b. — The Sysema Glossatorum of Fabricius. (ibid., 1, pp. 262-267).
Guenée (A.), 1865. — Lépidoptères de Madagascar in A. Vinson, Voyage à
Madagascar au couronnement de Radama II, Annexe F, pp. 25-48, pl. col.
h.-t. 4 à 7. Libr. encycl. de Roret, Paris.
Henun@ (F.), 1934. — The generic names of the holarctic Butterflies, vol. I,
1758-1863, VIII + 184 p. British Museum (Natural History), Londres.
__ 1964. — Determination under Article 24 (a) of the relative precedence to be
accorded to certain generic names published on the same date and currently
treated subjectively as synonyms of one another in the family Papilionidae.
(Annotat. Lepidopt., 1 (3), (1960-1964), pp. 84-85).
Source : MNHN, Paris
92 R. PAULIAN ET P. VIETTE
— 1967. — The generic names of the Butterflies and their type-species (Lepi-
doptera : Rhopalocera). (Bull. Brit. Mus. (Nat. Hist.), Entomology, Suppl. 9,
509 p.).
Kusnezov (N. J.), 1915. — Insectes Lépidoptères in Faune de la Russie et des
pays limitrophes, vol. I, Livraison 1, pp. I-CCCXXXWV, 204 fig. Petrograd
(en russe).
— 1916. — Contributions to the morphology of the genital apparatus in Lepi-
doptera. Some cases of gynandromorphism. (Rev. russe d’Ent., 16, pp. 151-
191, 19 fig.) (en russe, sommaire en anglais).
LaTREILLE (P. A), 1810. — Considérations générales sur l'ordre naturel des
animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes ;
avec un tableau méthodique, de leurs genres, disposés en familles, 444 p.
F. Schoell, Paris.
Le Cerr (F.), 1914. — Note sur Papilio Demodocus Cariei Le Cerf [Lepid. Papilio-
nidae]. (Bull. Soc. ent. France, 1914, pp. 451-453).
— 1924. — Catalogue Annoté des « Types » et Formes Nouvelles des Papilios
d'Afrique contenus dans la Collection du « Hill Museum ». (Bull. Hill. Mus., 1,
pp. 369-399, pl. phot. h.-t. I à V, 55 fig.).
LeGranD (H.), 1959. — Note sur la sous-espèce nana Ch. Oberthür de Papilio
phorbanta Linné des îles Seychelles [Lep. Papilionidae]. (Bull. Soc. ent.
France, 64, pp. 121-123).
Loucnon (A.), 1962. — Voyage à l'Ile de La Réunion de Bory de Saint-Vincent, —
Voyages anciens à l'Ile Bourbon (1801). — Relation abrégée publiée par
Albert Louexox, XII + 290 p., 1 pl. phot. front., 29 pl. phot. ht. Ed.
Larose, Paris.
Lucas (H.), 1845. — Histoire naturelle des Lépidoptères exotiques, 156 p., 1 pl.
front. col., 80 pl. col. Bibl. zool., L. de Bure Libr., Paris (2e édition).
Mairue (P.), 1885 et 1887. — Histoire naturelle des Lépidoptères in A. GRan-
Dinier, Hist. phys., natur. et polit. de Madagascar, vol. 18, (1887), tome I,
texte, 1re partie, 364 p., vol. 19, (1885), tome II, atlas, 1re partie, 55 pl. col,
Imprimerie nationale, Paris.
MaurrGur (M.), 1669. — Dissertatio Epistolica de Bombyce, IV + 100 p., 12 pl.
dépl. J. Martyn & J. Allestry, Londini.
Munnor (E.), 1961. — The Classification of the Papilionidae (Lepidoptera).
(Canad. Ent., suppl. 17, 51 p.).
OBErruür (Ch.), 1888. — Premiers états de Lépidoptères de la Réunion. (Et.
d'Ent., 12° livr., pp. 9-20, pl. h.-. IV).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 93
Orricra Lisr or GeNErIe Names IN ZooLoy, 1958, First Instalment, Names 1-
1274, XXXVI [+ 1] + 200 p. Edit. by F. HemmiNG et D. Noakes, Intern.
Trust Zool. Nom., Londres.
Ogara (M.), Oxapa (Y.), OxaGart (H.) et SrBarani (A.), 1957. — Male genitalia
of Lepidoptera : morphology and nomenclature III. Appendages pertaining
to the tenth somite. (Ann. ent. Soc. America, 50, pp. 237-244, 3 fig.).
Opinion 11, 1910. — The Designation of Genotypes by Latreille, 1810, in Opinions
rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature.
(Smithson. Instit., Washington, public. n° 1 938, pp. 17-18).
Orion 136, 1939. — Opinion supplementary to Opinion 11 on the interpretation
of Latreille’s Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux compo-
sant la classe des Crustacés, des Arachnides et des Insectes avec un tableau
méthodique de leurs genres disposés en familles, Paris, 1810, in Opinions
rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, 2,
pp. 13-20. Edit. by F. Hemmie, British Museum (N. H.), Londres.
Orion 278, 1954. — Addition to the Official List of Generic Names in Zoology
of the names of ten genera of the Sub-Order Rhopalocera of the Order
Lepidoptera (Class Insecta), species of which were cited in the undated
leaflet commonly known as the Ten{amen, prepared by Jacob Hübner, which
is believed to have been distributed to correspondents in 1806, a leaflet
rejected in Opinion 97, in Opinions and declarations rendered by the
International Commission on Zoological Nomenclature, 6 (10), pp. 135-178.
Edit. by F. Hemmine, Intern. Comm. Zool. Nom. by the Intern. Trust at
its Public. Off., Londres.
PAGENSTECHER (A.), 1909. — Die geographische Verbreitung der Schmetterlinge,
IX + 451 p., 2 cartes. G. Fischer, Jena.
PAULIAN (R.), 1951. — Papillons communs de Madagascar, 91 p., 37 pl. (5 col.).
Publ. Inst. Rech. scient., Tananarive.
— 1961 a. — La Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines in Faune
de Madagascar, vol. 13, 485 p., 122 fig., 21 pl. phot., 2 pl. col., 8cartes, dépli.
et tabl. Publ. Inst. Rech. scient., Tananarive.
_— 1961 b. — A propos de Papilio Antenor. (Le Natural. Malg., 12, (1960),
p. 198).
_— 1965. — Composition et origine de l’entomofaune comorienne. (Bull. Soc.
ent. France, 69, (1964), pp. 167-173, 6 tabl.).
Peters (W.), 1952. — A provisional Check-List of the Butterflies of the Ethiopian
Region, 201 p. E. W. Classey, Feltham.
PevrourEau (S.-A.), 1895. — Contribution à Vétude de la Morphologie de
VArmure génitale des Insectes, 248 p., 43 fig, XXII pl. h.-t. Thèse, Faculté
des Sciences de Paris. Imprim. J. Durand, Bordeaux.
Source : MNHN, Paris
94 R. PAULIAN ET P, VIETTE
Pierce (F. N.), 1909. — The Genitalia of The Group Noctuidae of the Lepidoptera
of the British Islands, XII + 88 p., 32 pl. h.-t. A. W. Duncan, Liverpool.
RorusoæiLD (W.) et Jorpan (K.). — Lepidoptera collected by Oscar Neumann
in North-East Africa. (Novit. Zool., 12, pp. 175-191).
SaALMÜLLER (M.), 1884. — Lepidopteren von Madagascar, Erste Abth., 246 p.,
6 pl. col. h.., 98 fig. Senckenb. naturf. Ges., Francfort-sur-le-Main.
Scuwanwrrsex (B. N.), 1924. — On the ground-plan of wing-pattern in Nym-
phalids and certain other families of the Rhopalocerous Lepidoptera. (Proc.
Zool. Soc. London, 1924, pp. 509-598, 4 pl.).
— 1943. — Wing-pattern in Papilionid Lepidoptera. (The Entomologist, 76,
pp. 201-205, 1 fig.).
— 1956. — Color-pattern in Lepidoptera. (Rev. d’Ent. de l'URSS, 35, pp. 530-
546, 77 fig).
SEpparD (P. M), 1961. — Recent genctical work on polymorphic mimetic
Papilios, in Insect Polymorphism, pp. 20-29. Edit. by J. S. KenNepy,
Symp. R. Ent. Soc. London, n° 1, Londres.
— 1962. — Some Aspects of the Geography, Genetics, and Taxonomy of a
Butterfly. Taxonomy and geography. (System. Assoc. Public., n° 4, pp. 135-
152, 3 fig, 1 pl. phot. h.-t., 12fg.).
SnersoRx (C. D.) et Woonwann (B. B.), 1901. — The Dates of Esper’s « Schmet-
terlinge ». (Ann. Mag. Nat. Hist., (7) 7, pp. 137-140).
SIBATANI (A.), OGaTA (M.), OxaDa (Y.) et OxaGart (H.), 1954. — Male Genitalia
of Lepidoptera : Morphology and Nomenclature. — I. Divisions of the Valvae
in Rhopalocera, Phalaenidae (= Noctuidae) and Geometridae. (Ann. Ent.
Soc. America, 47, pp. 93-106, 17 fig.).
Son (G. van), 1949. — The Butterflies of Southern Africa. — Part I. Papilionidae
and Pieridae. (Transvaal Mus. Mem., n° 3, VI + 237 p., 135 fig, 41 pl. h.+.).
Srorace (L.), 1955. — Note sul Papilio demodocus Esper (Lepidoptera, Papilio-
nidae). (Ann. Mus. Civ. St. Nat. Genova, 68, (1954-1956), pp. 127-142, 13 fg.).
= 1963. — Sul Papilio demodocus Esper 1798 (= demoleus L. 1764) e forme
affini (Lepidoptera, Papilionidae). (Doriana, 3, n° 137, pp. 1-12).
= 1964. — Sul cosiddetto Papilio erithonioides Smith (Lepidoptera, Papilio-
nidae). (Mem. Soc. Ent. Ital., 43, pp. 58-69, 1 fig).
SurFERT (F.), 1924. — Morphologie und Optik der Schmetterlingsschuppen,
insbesondere die Schillerfarben der Schmetterlinge. (Zeitschr. Morph. Oekol.
Tiere, vol. 1 (2), pp. 171-308, 5 pl., 16 fig.).
Source : MNHN, Paris
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 95
_— 1927. — Zur vergleichenden Analyse der Schmetterlings-Zeichung. (Biol.
Zentralblatt., 47, pp. 385-413, 9 fig.).
Turner (J. R. G.), 1963. — Geographical variation and evolution in the males
of the butterfly Papilio dardanus Brown (Lepidoptera : Papilionidae). (Trans.
R. ent. Soc. London, 115 (9), pp. 239-259, 9 fig.).
Tuxen (S. L.), 1967. — The Entomologist, J. C. Fabricius. (Ann. Rev. Ent., 12,
pp. 1-14, 1 pl. phot. h.t.).
Vierre (P.), 1948. — Morphologie des genitalia mâles des Lépidoptères. (Rev.
franç. Ent., 15, pp. 141-161, 10 fig.).
— 1961. — Les Lépidoptères Rhopalocères de Madagascar : Biogéographie
et répartition. (Bull. Soc. zool. France, 85, (1960), pp. 353-360).
_— 1963. — Noctuelles Trifides de Madagascar, écologie, biogéographie, morpho-
logie et taxonomie (Lep.) [1e partie]. (Ann. Soc. ent. France, 131, (1962),
294 p., 183 fig., 19 cartes, 16 tabl., 9 graph., 10 pl. phot. h.t.).
ViNson (Dr A.), 1865. — Voyage à Madagascar au couronnement de Radama II,
575 + 7 pp, suivi des Annexes A à F, 5 pl. col. h.+. [pl. III à VII]. Libr.
encycl. de Roret, Paris.
_— 1891. — Liste des Lépidoptères connus de l'Ile de la Réunion (Bourbon),
20 p. Typogr. G. Lahuppe et Cie, Saint-Denis.
(1, 1896. — Notes publiées par le docteur Auguste Vinson, chevalier de la
Légion d'honneur, Président de la Commission administrative du Muséum
&’Histoire Naturelle et du Jardin botanique, 26 p. Typogr. G. Lahuppe et Cie,
Saint-Denis (Ile de la Réunion).
Vinson (J.), 1938. — Catalogue of the Lepidoptera of the Mascarene Islands.
(Mauritius Inst. Bull., 1 (4), 69 p.).
Zimsen (E.), 1964. — The Type material of I. C. Fabricius, 656 p., 2 pl. phot.
front., 1 fig. Munksgaard, Copenhague.
Source : MNHN, Paris
BE
Gi
ET,
+ He
albomaculata, 86.
antenor, 80.
Arisbe, 10.
aristophontes, 55.
cariei, 32.
confluens, 33.
cyrnus, 15.
dardanus, 42.
delalandi, 72.
demodocus, 28.
disparilis, 66.
endochus, 22.
epiphorbas, 58.
epunctatus, 32.
erithonioides, 33.
evombar, 10.
gehleni, 86.
grachus, 63.
GRAPHIUM, 9.
grosesmithi, 36.
LÉPIDOPTÈRES PAPILIONIDAE 97
INDEX ALPHABÉTIQUE
hova, 63.
humbloti, 42.
levassori, 19.
mangoura, 75.
manlius, 63.
meriones, 44.
morondavana, 40.
nana, 69.
niger, 87.
nireus, 55.
nuscyrus, 18.
oribazus, 52.
oriphorbas, 62.
palaeotypus, 51.
PapiL10, 25.
PHARMACOPHAGUS, 78.
philemon, 63.
phorbanta, 66.
praeses, 39.
Source : MNHN, Paris
AP N
# URI +
CLR :
See
te “
eu
9
|. À auriitaf
di Le
F BE tes
Le Pier
PT.
R. PAULIAN ET P. ViETre PL
Fig. 1, Graphium (Arisbe) evombar (Boisduval) $, Diégo-Suarez.
de
Fig. 2, Graphium (Arisbe) endochus (Boïsduval) 5, Madagascar (ex coll. L. et
Jaonnis). en
Source : MNHN, Paris
R. PauLIAN ET P. VIETTE
Fig. 3, Graphium (Arisbe) cyrnus nuscyrus (Suffert) 5, holotype.
bositra à Ambohi-
g. 4, Graphium (Arisbe) eyrnus cyrnus (Boisduval) 6, route d'Am
manga du Sud, km 39.
Source : MNHN, Paris
PL 3
P. VE
R. PAULIAN
Fig. 5, Graphium (Arisbe) levassori (Ch. Oberthür) 5, Grande Comore.
Source : MNHN, Paris
R. PAULIAN ET P. VIETTE PL 4
Papilio demodoeus Esper, ab. cariei Le Cerf, holotype.
Fig. 8, Papilio demodocus Esper, ab. epunctatus Le Cerf, holotype.
Source : MNHN, Paris
R. PauLIAN ET P. VIETTE PI: 5
En haut (fig. 9), Papilio epiphorbas Boisduval 5.
En bas (fig. 10), Papilio demodocus Esper 5.
Source : MNHN, Paris
Le
5“
x ue
su
LTÈeE
:
R. PAuULIAN ET P. VIETTE PI 6
Fig. 11, Papilio morondavana Grose-Smith 5, paratype (genitalia, prép. P. Viette n° 4 52
1 6, rives du Fiherenana.
|
Fig. 12, Papilio grosesmithi W. Rothscl
Source : MNHN, Paris
PI
R. PauLraN ET P. VIETTE
Fig. 13, Papilio dardanus humbloti Ch. Oberthür 5, Grande Comore.
À Fig. 14, P. d. humbloti ©, id
Source : MNHN, Paris
R. PAULIAN ET P. VIETTE
andro,
ider 5, forêt de Lamboma
Fig. 15, Papilio dardanus meriones C. et R. F
8, Diégo-Suarez.
Fig. 16, P. d. meriones
Source : MNHN, Paris
R. PauLaN ET P. VIerrE
Fig. 17, Papilio dardanus meriones C. et R. Felder 9, Vohemar, citée par Le Cerr (1924,
Bull. Hill. Mus., 1 (3), p. 379)
EN
WÉRS Fig. 18, Papilio epiphorbas Boisduval ?, Tamatave
Source : MNHN, Paris
R. PaULIEN ET P. VIETrE PL 11
>1, Papilio manlius Fabricius 6, île Maurice.
Fig. 22, P. manlius 9, id.
Source : MNHN, Paris
R. PaurtaN ET P. Vi
PL 12
Fig. 23, Papilio phorbanta Linné 5, île de la Réunion.
Fig. 24, P. phorbanta 9, id.
AAUS EUX
Viry
\RATUR
Source : MNHN, Paris
R. PauLaN ET P. Vitre
Fig. 25, Papilio delalandii Godart $, Montagne d’Ambre.
types.
Source : MNHN, Paris
R. PAULIAN ET P. VIRTTE PL 14
Fig. 27, Pharmacophagus antenor (Drury).
Source : MNHN, Paris
Le
5“
x ue
su
LTÈeE
:
R. PAULIAN ET P. VIETTE PL 15
28, Papilio mangoura Hewitson 5, route d'Anosibe.
Fig. 20, P. mangoura ?, id.
Source : MNHN, Paris
30
31
32
R. PauLIAN ET P. Vi
armure génitale 5 et pénis de Papilio.
bricius. — 32, P. phorbanta Linné.
PI 16
- 50, P. epiphorbas Boisduval. —
Source : MNHN, Paris
R. PauLIAN ET P. VIETTE PI, 17
rmure génitale 9. — 33, Papilio manlius Fabricius. — 34, P. phorbanta
Li es (Atrophaneura) semperi (C. et R. Felder).
Source : MNHN, Paris
36
37
R. PAULIAN ET P. VIRTTE
EE
(aUSEUN) Ÿ
LE
Fig. 36 et 37, armure génitale & et pénis de Papilio.
37, P. mangoura Hewitson.
36,
P. oribazus Boisduval. —
Source : MNHN, Paris
R. PAULIAN ET P. VIETTE PL 19
38
39
9. ieeito delalandti Godart. — 38, armure génitale 2 (bourse copulatrice
mure génitale 6.
Source : MNHN, Paris
Le
5“
x ue
su
LTÈeE
:
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe zoolo-
gique. L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la « Faune de Madagascar »
au Secrétaire de la « Faune » : P. Vrerre, 45 bis, rue de Buffon, Paris (5€), ou à :
M. Paul Griveau»p, Centre O.R.S.T.O.M., B. P. 434, Tananarive
(Madagascar).
En vente à la librairie René Tomas
36, rue Geoffroy - Saint-Hilaire, Paris (5€),
et à la librairie de Madagascar,
avenue de l'Indépendance, Tananarive (Madagascar).
Date de publication de ce volume : 12 juillet 1968.
Fascicules publiés
Francs Francs
malgaches français
1. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.-C. Fraser, 1956.. 900 fr. 18 fr.
II. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidae, Acraeidae, par
Re PAURIAN, 1056 ee 800 fr. 16 fr.
III. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Vierte, 1956 ...... 700 fr. A4 fre
IV. — Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. BREUNING,
OV DS CA br dur aient .. 4-700fr. 34 fr.
N. — Mantodea, par R. PauLraN, 1957 600 fr. 42 fr.
VI. — Coléoptères Anthicidae, par P. BonaDona, 1957 ..... 950 fr. 19 fr.
VII. — Hémiptères Enicocephalidae, par A. Vizcrers, 1958 . 700 fr. A4 fr.
VIII. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Griveaup, 1959 .... 1.200 fr. 24 fr.
IX. — Arachnides. Opilions, par le D R.-F. LawRENCE, 1959 800 fr. 16 fr.
X. — Poissons des eaux douces, par J. ARNOULT, 1969 4.500 îr. 30 fr.
Source : MNHN, Paris
Le
5“
x ue
su
LTÈeE
:
XI. — Insectes. Coléoptères Scarabaeidae, Scarabaeina et
Onthophagini, par R. Paurran; Helictopleurina, par
HAEBIS) 1960 nee 1.200 fr. 24 îr.
XII. — Myriapodes. Chilopodes, par le D' R.-F. LAWRENCE,
1960 1.200 fr. 24 fr.
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des îles es par
R. PauLrAN, 1961 . 3.500 fr. 70 fr.
XIV. — Lépidoptères Eupterotidae et Attacidae, par P. ee.
VEAUD, 1961 5 .. 1.200 fr. 24 fr.
XV. — Aphaniptères, par le Dr Lumarer, 1962 .. = 4.200 fr. 24 fr.
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. CROSNIER,
DOG TR RO RE EAU St re 2.400 fr. 48 fr.
XVII. — Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. GRIVEAUD,
1964 . .. 2.500 fr. 50 fr.
XVIII. — Crustacés. Décapodes Cane et Ocypodidae, par
ARS CROSNIER SELON te LU 2.500 fr. 50 fr.
XIX. — Insectes. Coléoptères Erotylidae, par H. Parzrpp, 1965 1.750 fr. 35 fr.
XX (1). — Insectes. Lépidoptères Noctuidae “ons
(part.), par P. Vrerre, 1965 . 2.500 fr. 50 fr.
(2). — Id. Amphipyrinae (part.) et Melicleptriinae, 1967 .. 3.500fr. 70 fr.
XXI. — Octocoralliaires, par A. Tixrer-DurivauLr, 1966 .... 3.500 fr. 70 fr.
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par A. GRJE-
DIN, OOB RU Rene An eu be 6.000 fr. 120 fr.
XXIIT. — Insectes. Psocoptères, par À. BaDoNNEL, 1967....... 3.500 fr. 70 fr.
XXIV. — Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P. E. S. WnaL-
Mg LOG 7 Re MR ET PA en 1.500 fr. 30 fr.
XXV. — Insectes. Hétéroptères Lygaeidae Blissinae, par J. A.
SÉADERS 1007 NT Rd re ee 1.500 fr. 30 fr.
XXVI. — Insectes. Orthoptères Acridoidea (Pyrgomorphidae et
Acrididae), par V. M. Dirsu et M. Descamps, 1968... 3.500 fr. 70 fr.
XXVII. — Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. PAULIAN
CLPENTETE OBS EL Ne NT ne 3.000 fr. 60 fr.
Pierre ANDRÉ, Imp., 3 rue Leverrier, Paris (6e). — Dépôt légal : 3e trimestre 1968
Source : MNHI
Le
5“
x ue
su
LTÈeE
: