FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XXXII
ARACHNIDES - ARAIGNÉES - ARCHAEIDAE
par
Roland LEGENDRE ÿ
Professeur de Zoologie à la Faculté des Sciences de Montpellier
O.RS.T.O.M. C.N.RS.
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par Renaud PAULTAN
Recteur de l’Académie d'Amiens
(alors Directeur adjoint de l’I.R.S.M.)
Comité de patronage
Son Excellence M. le Président de la République Malgache.
Son Excellence M. Calvin Tsi8o, Vice-Président du Gouvernement, Prési-
dent du Comité national de la Recherche scientifique et technique.
Son Excellence M. le Ministre d'Etat chargé des Affaires étrangères
J. RABEMANANJARA.
Son Excellence M. le Dr Rakoto RAïSIMAMANGA, Ambassadeur extra-
ordinaire et plénipotentiaire de la République Malgache en France, Paris. —
M. le Ministre de l'Éducation nationale, Tananarive. — M. le Président de
l'Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l'Université de
Madagascar, Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l'Université de
Madagascar, Tananarive. — M. le Directeur général du C.N:R.S., Paris. —
M. le Directeur général de l'O. R. S. T. O. M., Paris. — M. le Directeur du centre
O.R.S.T. O. M. (anciennement I. R.S. M.),, T'ananarive.
M. le Professeur R. HEIM, membre de l’Institut, Paris: — M. le Profes-
seur Dr J. Mirror, membre de l’Institut, fondateur et ancien directeur de
VI. R.S.M., Paris.
MM. les Professeurs A. S. BaLacHowsky, Paris; A. CHABAUD, Paris;
C. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, Paris; J. Guipé, Paris; P. LEHMAN, Paris;
G. Perir, Paris; J.-M. PÉRÈS, Marseille; M. J. Vapon, Maroantsetra.
Comité de rédaction : M. R. Pauzian, Président; MM. C. DELAMARE
DEsourrEviLLE, P. Dracn, P. GRIVEAUD, À. GRIEBINE, J.-J. PETER,
G. RAMANANTSOAVINA, P. ROEDERER, P. Vitre (Secrétaire).
Les volumes de la ( Faune de Madagascar », honorés d'une subven-
tion de la République Malgache, sont publiés avec le concours financier
du Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Office de la
Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer.
Source : MNHN, Paris
S:6)0
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XXXII
ARACHNIDES - ARAIGNÉES - ARCHAEIDAE
par
Roland LEGENDRE
Professeur de Zoologie à la Faculté des Sciences de Montpellier
O.R.S.T.O.M. C.N.RS.
Paris al Bibliothèque Centrale Muséum
1970 er d Gi
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SOMMAIRE
INTRODUCTION
I. — SYSTÉMATIQUE .
II. — BIOLOGIE ET ÉTHOLOGIE
A. — Tentatives d’élevages
B. — Éthologie, cycle vital, habitat
III. — B10GÉOGRAPHIE ET ÉCOLOGIE
A.— Le milieu physique
B. — Répartition biogéographique
C. — Données écologiques
IV. — ÉVOLUTION DES ARCHAEIDAE MALGACHES
BIBLIOGRAPHIE .
30
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34
34
35
41
44
49
Source : MNHN, Paris
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INTRODUCTION
Le recul du temps, propice à la réflexion, nous permet d'aflirmer que nos
plus grandes joies de naturalistes de terrain proviennent de nos chasses aux
Archaea, réalisées au cours de sept années passées à Madagascar. Certes, il faut
convenir que le maniement du parapluie japonais n’est pas des plus aisé en
forêt primaire : d'innombrables épineux s’efforcent de vous empêcher de battre
les buissons, sans parler de la moiteur bien étuvée des sous-bois malgaches
éminemment peu propice aux efforts musculaires prolongés; quant aux insectes
piqueurs et aux sangsues arboricoles, il faut savoir en prendre son parti. Aussi
ce fut pour nous une très grande joie, lorsqu'un après-midi de novembre, ma
femme, qui a été et est toujours mon plus fidèle compagnon de terrain, récolta
notre première À. workmani: c'était sous la pluie fine de la forêt d'Analama-
zaotra à Périnet. Depuis, nous avons pu prospecter d’autres régions de la
Grande Ile (forêts résiduelles des Plateaux, forêt de l'Est, Nosy Be, baie
d’Antongil, île Sainte-Marie, Antsingy et forêt de l'Ouest, zones côtières du
Sud, massif de l'Ankaratra) mais aucune de nos nombreuses captures ne fut
aussi joyeusement ressentie que cette première Archaea de Périnet, car celle-ci
arrivait au bout d’un an de chasses vaines pour la bonne raison que nous ne
savions pas, au début, les rechercher dans leur biotope. Nous aurions vivement
souhaité pouvoir effectuer des récoltes dans d’autres zones de l'Ile (Nord de
l'Ile, région de Fort-Dauphin, le Sud-Ouest, etc.) mais jamais, en sept ans,
nous n'avons pu le faire.
Les éléments décisifs qui nous incitent à publier ce travail sont de plusieurs
ordres :
— Tout d’abord, le peu d'espoir que nous avons de pouvoir retourner au
cours d’une mission de récolte assez longue pour être rentable à Madagascar
même.
— Ensuite, la possibilité qui nous a été donnée, grâce à l’amabilité de
M. le Professeur MicLor d’une part et de M. le Professeur VAcHoN d’autre
part, de pouvoir étudier et exploiter la très importante collection d'Arachnides
malgaches de J. Mirror, léguée par celui-ci au Laboratoire de Zoologie des
Arthropodes du Muséum national d'Histoire Naturelle, à Paris. Cette remar-
quable collection renferme des raretés et les nombreuses Archaea qu'elle contient
proviennent en grande partie de localités difficiles d'accès que, personnellement,
nous n’avons jamais pu prospecter.
Nous tenons à exprimer toute notre gratitude à deux de nos Maîtres en
Arachnologie, tout particulièrement à M. le Professeur Mizcor (1), Membre
1) Que nous remercions également de nous avoir autorisé à reprendre dans ce texte les
dessins originaux de son travail de 1948 sur les Archaea.
Source : MNHN, Paris
6 ROLAND LEGENDRE
de l'Institut, Fondateur et Directeur de l'Institut de Recherches Scientifi-
ques de Madagascar (aujourd'hui le Centre O.R.S.T.O.M. de Tananarive),
pour nous avoir aidé et encouragé à persévérer dans l'étude des Araignées et
de nous avoir fait largement bénéficier de sa très grande compétence en Ara-
chnologie et à M. le Professeur VACHON, du Muséum national d'Histoire
naturelle, pour nous avoir grandement facilité l'accès aux très riches collections
arachnologiques de son Laboratoire.
— Enfin, l'hospitalité de la « Faune de Madagascar » que nous a accordé
le Fondateur de cette série, M. le Recteur PauLIAN. Nous lui exprimons ici
non seulement nos plus vifs remerciements mais également le témoignage de
notre profonde reconnaissance, car nous ne pouvons oublier l’aide morale et
matérielle qu’il nous a apportée lors des premiers temps de notre arrivée à
Tananarive.
Les Archaeamalgaches se récoltent presque exclusivement par battage. Une
seule fois de jeunes À. workmani ont été capturées par fauchage de la strate
herbacée au cours de la mission conjointe O.R.S.T.0.M./Muséum en 1966 dans
le massif du Tsaratanana par J.-M. Berscu. De même, J. Miccor a récolté
une seule fois une A. gracilicollis adulte sous une pierre dans la forèt de Lokobe
(Nosy Be). Quant aux rarissimes À. godfreyi de Manjakatompo, il semble bien
que ces animaux aient été capturés dans l’humus forestier, biotope normal de
cette espèce en Afrique australe (R. LEGENDRE, 1966).
Les Archaea de Madagascar (A. workmani, À. gracilicollis, A.vadoni) ont
été l'objet de travaux d'anatomie (R. LEGENDRE, 1960, 1961 a, 1961 b, 1962 a,
1962 b, 1963, 1965 a, 1965 d, 1967 b), d'éthologie (R. Lecexpre, 1961 b
(A. jeanneli), 1962 c; J. Mirror et R. Lecenpre, 1964) et d'embryologie
(A. vadoni) (R. LEGENDRE, 1959).
Les récoltes réalisées par J. Micor, R. PauLran, Andria Romrnson,
P. Soca et J. Vanox font partie de la collection du Professeur Mirror et
appartiennent au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris, les autres
récoltes sont actuellement en notre possession et font partie des collections du
Laboratoire de Zoologie (Morphologie et Écologie) de la Faculté des Sciences
de Montpellier.
Les indications bibliographiques relevées sous chaque espèce ne men-
tionnent que les articles portant sur la taxonomie et la position systématique
de l'espèce en question ; il n’a pas été tenu compte des articles mentionnant
l'espèce dans des raisonnements morphologiques, anatomiques, embryologiques,
éthologiques, écologiques, biogéographiques, etc. dont le lecteur trouvera faci-
lement la référence dans la bibliographie générale à la fin du volume.
Les mensurations indiquées ont été prises de la manière suivante :
—— pour la longueur du corps : de l’avant des pièces buccales à l'extrémité
postérieure de l'abdomen (filières et tubercule anal inclus) ;
— pour la hauteur du prosoma : de la face inférieure du sternum à la
partie supérieure de la région céphalique (épines céphaliques et cornillons
exclus) ;
Source : MNHN, Paris:
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 1h
— pour la hauteur de l'abdomen : de la face inférieure à la face supé-
rieure de la partie la plus épaisse de celui-ci (généralement au niveau des
orifices génitaux et respiratoires).
En terminant cette introduction nous aimerions également remercier :
— tous nos collaborateurs et amis de Madagascar qui, connaissant notre
curiosité pour les Archaeidae, ont bien voulu en récolter et nous les confier pour
étude, ainsi leurs moissons désintéressées permettent d'étendre nos connaissances
sur la répartition dans l’île Rouge de ces bien curieuses Araignées ;
— tous ceux qui m'ont aidé dans la réalisation des illustrations originales
et qui sont dans l’ordre chronologique : mon excellent collaborateur de Tana-
narive Pierre RANDRIAMANANTSO4, Mile N. Paré, K. de PuyséGur et mon
fils Serge pour les dessins, Michel Emerir et Jacques GIMENO pour les
photographies.
Source : MNHN, Paris
I. — SYSTÉMATIQUE
L'étude fondamentale des Archaeidae malgaches est celle de J. Miccor
(1948 a) qui précise l’existence à Madagascar de cinq espèces d’Archaea, dont
quatre nouvelles pour la Science. Dans cette étude, la taxonomie des espèces
malgaches se trouve codifiée.
La détermination des Archaea se fait essentiellement par l'étude des pro-
portions du prosoma et de la tête ainsi que par l'ornementation de la région
céphalique et des chélicères ; les rapports de la longueur des pattes sont égale-
ment de précieux indices à ne pas négliger. Les deux sexes sont presque identiques
dans leur aspect général (taille, coloration) ; le palpe mâle peut donner des
éléments de diagnostic, alors que la zone génitale externe des femelles, extré-
mement simple, ne présente pour le taxonomiste qu’un intérêt restreint. Si
la coloration des pattes ainsi que la pigmentation du céphalothorax peuvent
être utilisées, il n’en est pas de même de la pigmentation de l'abdomen, qui,
au sein de la même espèce, subit de telles fluctuations que ce dernier critère
peut être négligé lors de la détermination.
Le genre Archaea et surtout la famille des Archaeidae ont, depuis leur
naissance, subi et continuent à subir des vicissitudes.
Le genre Archaea a été créé par C.L. Kocx (1854) sur des Araignées fossiles
provenant de l’ambre de la Baltique. Pour C.L. Kocx A. paradoxa est
absolument inclassable et ne se rapproche en rien des Araignées actuelles.
Cependant pour A. MENGE (qui édite l’œuvre de C.L. Kocn) le genre Archaea
fossile est proche des Tetragnatha et il en fait des Argiopidae. La première
Archaea actuelle est décrite en provenance de Madagascar par O.P. CAMBRIDGE
(1881) sous le nom d’Eriauchenus workmanni (dédiée à M. T. WorkMAN de
Belfast, l'espèce doit correctement être orthographiée workmani (P. BoNNET,
1945-1961)). Son auteur la place en qualité de genre nouveau avec beaucoup
de réserve dans la famille des Theridiidae.
En 1883, E. Srmon regroupe le genre Eriauchenus et le genre Archaea dans
le genre unique Archaea, regroupant les formes fossiles de l’ambre et les formes
actuelles et, en 1884, crée la famille des Archaeidae formée des genres: Archaea,
Landana et Mecysmauchenius. Cependant, en 1895, E. Simon retire le genre
Landana de la famille des Archaeidae, pour l’assigner dans le groupe des Meteae
de la sous-famille des T'etragnathinae (Argiopidae). En 1939, À. PETRUNKEVITCH,
après une étude exhaustive des Archaeidae et du genre Landana, replace ce
dernier genre parmi les Archaeïdae; il est cependant à remarquer que J.MiLLor
(1948 a) émet quelques réserves sur la position prise par cet auteur, bien que,
classiquement, depuis A. PErruNKEvrrcm, les Landana soient considérées
comme des Archaeidae.
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 9
D'autres Archaeidae sont actuellement connues de l'hémisphère austral :
— à Madagascar : en dehors d'A. workmani (O.P. Cambridge, 1881) on
connaît actuellement A. gracilicollis, A. vadoni, A. bourgini, A. jeanneli
J. Millot, 1948, auxquelles il convient d’adjoindre À. godfreyi J. Hewitt, 1919, et
À, pauliani n. sp.;
— en Afrique du Sud : A. godfreyi J. Hewitt, 1919;
— en Australie : A. hickmani L.S.G. Butler, 1929, Pararchaea binnaburra
R.R. Forster, 1955, et A. nodosa R.R. Forster, 1956;
— en Nouvelle-Zélande : Holarchaea novaeseelandiae R.R. Forster, 1949,
Zearchaea clypeata. C.L. Wilton, 1946, Z. magna R.R. Forster, 1949, Z. fiordensis
R.R. Forster, 1955, Pararchaea rubra R.R. Forster, 1949, P. alba R.R. Forster,
1955.
Très récemment, P.T. LEmrINEN (1967) tente de démolir la famille des
Archaeïdae qu’il considère comme polymorphe et synthétique. Nous ne suivrons
pas entièrement les raisonnements de P.T. LEHTINEN (résurrection du genre
Eriauchenius pour les formes actuelles, etc.) mais nous lui donnons raison en
un point : lorsqu'il replace le genre Landana là où E. Simon l'avait placé,
c'est-à-dire parmi les Meleae. Ayant pu nous-mêmes (R. LEGENDRE, 1967 a)
examiner des exemplaires de Landana, nous confirmons le fait que ces animaux
sont beaucoup plus proches des Meta que des Archaea. Leur comportement
d’ailleurs (construction de toile géométrique) les en éloigne également, car les
Archaea que nous avons pu observer ne construisent pratiquement pas de toile
et sont des chasseresses errantes (R. LEGENDRE, 1961 b). Nous maintenons la
famille des Archaeidea comprenant les genres Archaea, Pararchaea, Holarchaea
Zearchaea et Mecysmauchenius. Nous nous proposons de reprendre ultérieure-
ment le problème lorsque nous aurons pu examiner des représentants des autres
genres d’Archaeidae et plus spécialement des représentants du genre Mecys-
mauchenius (localisé à l'extrême Sud de l'Amérique du Sud).
A Madagascar, les animaux que nous avons examiné appartiennent tous
au genre Archaea.
Genre Archaea Koch et Berendt, 1854
Espèce type: Archaea paradoxa Koch et Berendt, seule espèce citée.
Synonyme : Eriauchenus O.P. Cambridge, 1881.
Araignées Archaeidae caractérisées par la présence de huit yeux et de
trois paires de filières; les pattes sont dépourvues d’épines.
Le genre comprend des espèces actuelles et fossiles (2).
(2) Le genre Mecysmauchenius Simon, 1883, ne possède que six yeux et une seule paire
de filières. Il ne renferme que des espèces actuelles, localisées à l'Amérique du Sud.
Le genre Landana est à retirer des Archaeidae et à replacer parmi les Argiopidae Meteae.
Source : MNHN, Paris
10 ROLAND LEGENDRE
CLEF DE DÉTERMINATION DES Archaea MALGACHES
1. Animaux vivant dans la litière forestière d'altitude, dans l’humus.
Longueur du corps inférieure à 3,5 mm. La patte IV est plus longue
AE a patte ee ee A. godfreyi J. Hewitt, 1919
__ Animaux vivant au-dessus du sol dans la strate herbacée ou arbus-
tive. La patte II est plus longue que la patte JP, 4 He Che 2
2. Céphalothorax plus de deux fois plus long que haut. «Tête » plus
haute ou aussi haute que longue. . . + «+ + + + + + + + + + * + 3
Céphalothorax moins de deux fois plus haut que long. « Tête » tou-
jours plus longue que haute. Animaux de petite taille, égale ou infé-
Hieure 2/5 MINI MORT Pc LUE ee ul Re 4
3. Six tubercules épineux crâniens. Épine chélicérienne dorsale située
dans la partie médiane de l'appendice. Longueur du corps égale ou
inférieure à 3,5 mm . . . . . . . . . . A. gracilicollis J. Millot, 1948
_— Quatre tubercules épineux crâniens. Épine chélicérienne dorsale, à la
base de l’appendice. Longueur du corps supérieure à 3,5 mm. . .
PAT . A. workmani (0.P. Cambridge, 1881)
__ Aucun tubercule crânien. Pas d’épine chélicérienne dorsale nette,
mais un poil dressé sur le tiers basal de l'appendice. Longueur du
corps voisine de 2,5 mm . - : + - + + + + + + + : A. pauliani n. Sp.
4. Six tubercules épineux crâniens. Épine chélicérienne dorsale située
dans le tiers basal de l’appendice . . . . . . A. vadoni J. Millot, 1948 4
_— Quatre tubercules épineux crâniens peu développés. Épine chélicé-
rienne très petite, dans le tiers médian de l’appendice. . . . . .
DA ME D US. En A/bourgini JMillot,-1948
__ Aucun tubercule crânien. Pas d’épine chélicérienne. Sommet de
l'occiput tronqué. Céphalothorax et abdomen sensiblement de même
hauteur à 40. ee ee 00e - A+ jeanneli J. Millot, 1948
Archaea godireyi J. Hewitt, 1919 (fig. 1 ; pl. phot. L, fig. 1)
Hewrrr J. (1919). Rec. Albany Museum, 8, pp. 196-215.
CanaLs J. (1934). Caras y Caretas, Buenos-Aires, pp. 3-8.
Perrunxeviren A. (1939). Ann. ent. Soc. Amer., 32, pp. 479-501.
Bonnet P. (1949-1961). Bibliographia Araneorum.
LeGeNDRe R. (1966). Rev. Zool. Bol. Ajr., 13, pp. 276-282.
LeuriNEN P. (1967). Ann. Zool. Fenn. 4, p. 289.
Animaux de taille modeste, cou large et trapu chez le mâle. La hauteur du
céphalothorax est légèrement supérieure à la hauteur de l'abdomen alors que
Source : MNHN, Paris
AR
HNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 11
chez la femelle l'abdomen distendu est plus haut que le céphalothorax. L’occiput
est à l’aplomb de la partie postérieure du céphalothorax. La tête est glabre,
les 3 paires d’épines caractéristiques de l’espèce font défaut. Les chélicères sont
relativement droites, longues, fortement arquées apicalement vers l’intérieur avec
un poil spiniforme (sensoriel ?), dressé, dirigé vers l’avant, situé sur la face
antérieure de la base. Sur la face médio-latérale externe, une plage de chitine
finement striée représente un organe stridulatoire.
La surface du prosoma ainsi que le sternum sont parsemés de granulations,
nettement réticulées dans le tiers basal du céphalothorax.
Fi@. 1. — Mâle adulte d’Archaea godfreyi J. Hewitt, 1919, provenant de la forêt de Man-
jakatompo (domaine des Hautes Montagnes) (longueur réelle : 2,5 mm).
Diamètre des yeux médians antérieurs environ deux et demie à trois fois
plus grands que celui des yeux médians postérieurs, des latéraux antérieurs et
des latéraux postérieurs (rapport : 3:1:1:1). Yeux médians postérieurs
n arrière des yeux médians antérieurs et séparés de ceux-ci par un espace
équivalent au diamètre des médians antérieurs (#).
Pédicule fortement chitinisé surtout sur la face inférieure.
De part et d'autre du pédicule, deux plaques chitineuses latérales (rôle
stridulatoire ?) de coloration rousse clair. Les filières et le tubercule anal sont
entourés par un anneau chitineux continu de couleur brun clair ; deux paires
de filières sont nettement distinctes. Une troisième paire postérieure, fort
réduite est difficilement visible. Poils globuleux (= en piquant d'oursin)
sur toute la surface.
Pattes : I, IV, II, III.
Fente génitale femelle simple.
Palpe mâle présentant un crochet à l’apex du tibia : le bulbe est volumi-
neux, subsphérique, présentant à son sommet un enroulement en cylindre de
ses bords ; embolus réduit.
(3) Cette configuration des yeux est commune à toutes les Archaea malgaches.
Source : MNHN, Paris
12 ROLAND LEGENDRE
Coloration : céphalothorax et pattes brun roux uniforme, abdomen bistre
avec des dessins diffus gris. L’abdomen est couvert de poils globuleux (en
piquant d'Oursin Spatangide ou en massue) uniformément dirigés vers l'arrière
qui nous avaient déjà frappés chez les exemplaires africains ; il s’agit fort
vraisemblablement d'une variante des poils spatulés, décrits et figurés par
R.R. Fonsrer (1956), formations qui se rencontrent chez toutes les Archaeidae.
Nous donnons ici les mensurations de ce mâle adulte :
Longueur du corps : 2,5 mm (céphalothorax : 1,1 ; abdomen : 1,4 mm).
Hauteur du céphalothorax : 1,4 mm ; hauteur de l’abdomen : 0,9 mm.
Pattes : I Il III IV
Fémurs : 1,6 1,3 1,1 1,7
Patelles + tibias : 1,9 1,4 0,9 1,5
Tarses : 1,3 0,9 0,8 1,2
4,8 mm 3,6 mm 2,8mm 4,4mm
La femelle présente le même type de coloration que le mâle, l'abdomen est
distendu (sans doute sous l’effet de la fixation en alcool) ; fente vulvaire simple ;
voici ses mensurations :
Longueur du corps : 3 mm (céphalothorax : 1 mm ; abdomen : 2 mm).
Hauteur du céphalothorax : 1,3 mm ; hauteur de l'abdomen: 1,6 mm.
Pattes : I Il IT IV
Fémurs : 17 1,3 1,1 2,2
Patelles + tibias : 1,9 1,4 0,8 1,4
Tarses : 121 0,9 0,7 1
4,7 mm 3,6 mm 2,6 mm 4,6 mm
Remarque. — L'Archaea récoltée à Manjakatompo présente de très
grandes ressemblances avec À. godfreyi d'Afrique du Sud, elle en diffère cepen-
dant par quelques détails (absence d'épines crâniennes, absence de plaques
chitineuses abdominales) nous n’hésiterons pas cependant à la ranger parmi
l'espèce godfreyi car de très nombreux caractères sont conformes au type.
L'A. godjreyi de Manjakatompo est proche de l'espèce australienne
A. hickmani, elle en diffère cependant par des caractères nets : absence de
protubérances convexes dans la portion latéro-antérieure de la tête, présence de
granulations sur le céphalothorax ; de par sa conformation générale, elle diffère
très nettement de l’autre espèce australienne À. nodosa.
La conformation des yeux médians antérieurs, plus grands que les autres,
l'exclue des genres Pararchaea, Holarchaea, Zearchaea de Nouvelle-Zélande et
d'Australie chez lesquels les yeux médians antérieurs sont plus petits que les
yeux médians postérieurs.
Distribution dans l'île. — Les deux exemplaires ont été récoltés le
7-1-1956 par R. PAuLIAN à Manjakatompo (massif de l’Ankaratra - domaine
des Hautes Montagnes).
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 13
Archaea gracilicollis J. Millot, 1948 (fig. 2, 3; pl. phot. I, fig. 2, IV, fig. 7)
Misuor, J. (1948 a). Mém. Inst. Sci. Madag., (A) 1, pp. 3-14.
Boxer P. (1949-1961). Bibliographia Araneorum.
Espèce facilement reconnaissable, dans laquelle la dysharmonie entre la
hauteur du céphalothorax et de l’abdomen atteint son maximum. Le cou est
très long et très grêle, la tête sensiblement ronde présente un occiput tronqué,
alors que le front se relève en arrière des yeux médians. Le crâne présente
6 tubercules épineux dont 2 latéraux bien développés alors que les 2 médians
sont peu développés.
Le céphalothorax est glabre, sans caroncule ; il est sensiblement trois fois
plus haut que long.
Les chélicères sont longues, subrectilignes, la portion terminale coudée étant
fort courte. Une épine chélicérienne est située vers le milieu antérieur de la tige.
Une plaque stridulatoire discrète se situe un peu au-dessus du coude des
chélicères.
Abdomen de profil triangulaire arrondi, plus long que haut, dans sa
hauteur maximum il arrive au tiers du céphalothorax.
Coloration : céphalothorax brun clair jusqu’à brun sombre, abdomen plus
clair orné de dessins brun sombre, pattes de coloration marron clair à marron
foncé, poils lancéolés blanchâtres sur toute la surface du tégument.
La diagnose originale ayant été donnée uniquement sur les caractères des
femelles, nous la complétons ici par les caractères du mâle (exemplaire en
provenance de la localité type : forêt de Lokobe, Nosy Be).
Les caractères généraux sont ceux donnés pour la femelle, le céphalothorax
cependant paraît plus foncé que chez celle-ci. Le palpe mâle est caractérisé
par la forme du bulbe, de grande taille, jaunâtre clair et terminé par deux
crêtes chitineuses recourbées dont l’une est semi-spiralée, l’autre amplement
arrondie, embolus de petite taille; patelle présentant une saillie angulaire
postéro-dorsale ; tibia présentant également une saillie angulaire postéro-
dorsale et une apophyse apicale interne ; le fémur est lisse (fig. 3).
A. gracilicollis 4.
Longueur du corps : 2,4 mm (céphalothorax : 1 mm ; abdomen : 1,4 mm).
Hauteur du céphalothorax : 3,3 mm ; hauteur de l'abdomen : 1 mm.
Pattes : I Il II IV
Fémurs : 3,6 2,6 151 2,6
Patelles + tibias : 4 2,7 dar 2,1
Tarses : 1,7 À 0,7 0,9
9,3 mm 6,3 mm 3,5 mm 5,6 mm
Source : MNHN, Paris
14
ROLAND LEGENDRE
Randriemanantsoæ P
FiG. 2. — Mâle adulte
de l'Ouest) (longueur réelle
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 15
Nous signalons également une ligne d’épines internes des chélicères, très
visibles sur les chélicères disséquées ; ces épines placées chacune sur une
forte embase chitineuse sont uniformément dirigées en direction postéro-infé-
rieure ; leur taille va en croissant de la base à l'extrémité de la chélicère,
les plus grandes étant situées juste au-dessus du doigt mobile. Il s’agit,
pensons-nous, d’un appareil de rétention des proies, coinçant celles-ci lors de
la capture.
F1G. 3. — Palpe mâle d’A. gracilicollis J. Millot.
Mensuration d’une femelle de même provenance :
Longueur du corps : 2,5 mm (céphalothorax : 1,1 mm ; abdomen : 1,4 mm).
Hauteur du céphalothorax : 3,4 mm ; hauteur de l'abdomen : 1,3 mm.
Pattes : I Il IT IV
Fémurs : 3,8 2,8 1,1 2,9
Patelles + tibias : 4,1 2,0! 1,8 2,2
Tarses : 1,8 fi 0,8 1
9,7 mm 6,8 mm 3,7 mm 6,1 mm
Source : MNHN, Paris
ROLAND LEGENDRE
40 Pere
Rondriomancm
jaea workmani (O.P. Cambridge, 1881) (forêt d’Anala-
n)
FiG. 4. — Femelle adulle d’Arch
mazaotra, Périnet, domaine de l’Est) (longueur réelle : 4,5 mm).
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 17
Distribution dans l'île. — LocALiTÉ CITÉE : Nosy Be (forêt de Lokobe)
localité type (J. Millot in J. Mirror, 1948 a).
SPÉCIMENS EXAMI DomAIxE pu SAMBIRANO : Nosy Be, forêt de Lokobe,
1®ad., 1 9 juv. (rvres) (J. Millot, 1946), 1 5, 3 9, V (R. Legendre, 1960), 2 8,
VII (R. Legendre, 1959), 29, VIII (J. Millot, 1947), 1 8, 29, juv., IX (J. Müllot,
1949). — Nosy Komba, 3 &, 1 9, VIII GR. Paulian, 1955). — Nosy Mamoko,
fond de la baie d'Ampasindava, 1 4, 19, VII (J. Millot, 1947). — Bas Manonga-
rivo, région de Maromandia, 1 9, 4 juv., VIT (J. Müllot, 1947).
Domaine DE L’Ouesr : Forêt d’Analafondro (baie de l’Irodo), en face des
flots Lowry, Diégo-Suarez), 4 9, II (Y. Therezien, 1966). — Route de Diégo-
Suarez à Joffreville, forêt d’Analandriana, 2 9, 1 9 juv., IT (Y. Therezien, 1966).
— Anivorano du Nord, 1 4, 1 &, 8 juv., IV (Y. Therezien, 1959). — Ankara-
fantsika, 2 9, VII (J. Millot, 1947), 2 9, VIII (J. Müllot, 1947). — Ambina,
Nord de l’Antsingy, sur la route de Maiïntirano, 2 4, 9 9, juv., VII (R. Paulian,
1949). — Forêt de Tsimembo, près d’Ambereny (district d’Antsalova), 1 4,
1 juv., VIII (R. Legendre, 1959). — Gorges du Manambolo, Antsingy, 5 4,19,
VIII (R. Legendre, 1959).
Archaea workmani (0.P. Cambridge, 1881) (fig. 4, 5; pl. phot. II)
CamBRDGE O.P. (1881). Proc. Zool. Soc. London, 1881, pp. 765-775.
SIMON E. (1883). Ann. Mus. civ. Genova, XX, (1883-84), pp. 182-187.
SIMON E. (1884). Ann. Mus. civ. Genova, XX, (1883-84), pp. 373-380.
CawaLsS J. (1934). Caras y Garetas, Buenos Aires, pp. 3-8.
PerruNKEvITCH A. (1939). Ann. ent. Soc. Amer., 32, pp. 479-501.
Mizuor J. (1948 a). Mém. Inst. Sci. Madag., (A) 1, pp. 3-14.
Bonxer P. (1949-1961). Bibliographia Araneorum.
L&nriNEN P. (1967). Ann. Zool. Fenn., 4, p. 289.
À fige
F6. 5. — Palpe mâle d'A. workmani (0.P. Cambridge) (J. Mizzor, 1948 a).
Cette espèce classique est la plus anciennement connue ; elle a été décrite
à l’origine par O.P.:CamsrinE (1881) sur un seul exemplaire mâle immature
(ce qui explique peut être la proéminence vers l'arrière de « l'occiput » du type):
Source : MNHN, Paris
18 ROLAND LEGENDRE
A. PETRUNKEvITCH (1939) décrit le mâle adulte, mais c’est J. Mirror (1948 a)
qui donne la diagnose la plus complète des deux sexes, c’est donc lui qui, le
premier, fit connaître les femelles.
Espèce facile à identifier à l’état adulte, la tête est de deux à deux fois et
demie plus haute que la longueur du prosoma. La tête est peu proéminente
vers l'arrière, l’occiput normalement se trouve tout au plus à l’aplomb du
pédicule ou en avant de celui-ci. Le sommet du crâne présente 4 tubercules
épineux crâniens disposés en trapèze.
Les chélicères sont fortes, rabattues vers l'avant ; elles débordent la région
buccale ; elles sont légèrement arquées vers le bout. Une épine chélicérienne
dorsale à la base des chélicères. Plaque de stridulation difficilement visible,
située sur la face externe de l’appendice, juste au-dessus de la courbure.
Abdomen de profil subtriangulaire, se terminant généralement à son som-
met par une petite saillie mousse. Les proportions peuvent varier d’une manière
importante : le seul caractère constant est que la hauteur de l'abdomen
n’atteint jamais la hauteur du crâne. Chez les mâles l'abdomen est nettement
moins haut que chez les femelles (moitié de la hauteur du céphalothorax contre
les trois quarts du céphalothorax chez la femelle).
Pattes I, II, IV, III. La première paire est de beaucoup la plus longue.
Fémurs postérieurs plus clairs. Les protarses de la troisième paire portent des
poils spiniformes venant vraisemblablement frotter sur la plaque stridulatoire.
La fente génitale femelle est simple ; elle ne donne aucune indication systé-
matique exploitable.
Le palpe mâle est lui aussi très simple. Ses articles sont dépourvus d'apo-
physes. Bulbe plus long que large, limité à son sommet par 2 crêtes chitineuses
courbes, l’une enroulée en demi-spirale, l’autre nettement arquée (en fer à
cheval). Embolus réduit (fig. 5).
Coloration : brun-gris foncé ; céphalothorax uniforme, abdomen à coloration
très variable chez les différents individus, allant du bistre clair au marron
foncé avec parfois des dessins gris sur fond plus clair, eux aussi très variables
Pattes brunâtres avec des trainées pigmentaires plus sombres.
Le tégument est dépourvu de pustules chitinisées mais très riche en poils
courts, blancs et spatulés.
Nous reproduisons ici les mensurations données par les premiers descrip-
teurs, nos propres mesures confirmant intégralement les proportions indiquées
par ces tableaux :
Mäle (A. PETRUNKEvITCH, 1939).
Longueur du corps : 5,1 mm (céphalothorax : 2,7 mm ; abdomen : 2,4 mm).
Hauteur du céphalothorax : 5,1 mm ; hauteur de l'abdomen : 2,3 mm.
Source : MNHN, Pari:
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 19
Pattes : I IL II IN
Fémurs 7,4 4,3 2,8 3,4
Patelles + tibias : 8,3 4,8 2,8 3,4
Tarses : 47 2,3 1,5 1,7
20,4 mm 11,4 mm 7,1 mm 8,5 mm
Femelle (J. MizLor, 1948 a).
Longueur du corps : 5,6 mm (céphalothorax : 2,5 mm ; abdomen : 3,1 mm).
Hauteur du céphalothorax : 5,3 mm ; hauteur de l’abdomen : 4,3 mm.
Patte I : fémur : 7 mm ; patelle + tibia : 8 mm ; tarse : 4,3 mm — total 19,3 mm.
Les individus immatures de cette espèce présentent des variations assez
sensibles par rapport aux adultes ; celles-ci portent sur la forme de la tête,
généralement plus globuleuse et portée plus en arrière que chez les adultes,
l’occiput est alors franchement à l’aplomb de l’abdomen. La coloration abdo-
minale varie également beaucoup chez les jeunes, le caractère le plus important
et pratiquement le plus stable est la présence d’un «faux col » blanc (— zone
de croissance?) autour du cou. La partie céphalique, généralement relati-
vement moins haute que chez l’adulte, donne aux jeunes A. workmani un
aspect « tassé », caractéristique.
Cette espèce classique présente de grandes variabilités de tailles et de
formes de l'abdomen. Il existe des individus de grande taille, déjà signalés
par J. Micor (1948 a), caractérisés par le fort développement de leur occiput,
l'épaisseur de leurs tubercules chélicériens et surtout par la longueur inusitée
de leurs pattes marcheuses (généralement plus longues d’un tiers que chez
l'espèce normale). Il ne nous paraît pas utile d’ériger cette forme en sous-espèce
spéciale, car nous verrons plus loin qu’elle n’est pas inféodée à une distribution
particulière, ni localisée à une aire géographique spécifique, mais se rencontre
partout où se trouvent des populations d'A. workmani, on pourrait peut-être
rechercher la cause de ce gigantisme dans des mécanismes plus physiologiques
que morphologiques, nous pensons essentiellement à d'éventuelles mues post-
pubérales dues à des conditions microclimatiques favorables, liées à une abon-
dante nourriture ; cependant toutes nos tentatives d'élevage qui auraient pu
apporter une solution à ce problème se sont régulièrement soldées par des
échecs. Les captures relativement fréquentes de cette grande variété en altitude
laisseraient supposer que nous assistons là, à la démonstration de la règle de
BERGMANN-ALLEN qui veut que les représentants les plus grands se trouvent
dans la zone la plus froide de l'aire de répartition de l'espèce. L'abaissement
de température ralentissant le métabolisme, l'animal mettrait plus de temps à
atteindre le stade adulte et serait donc plus grand. Cette hypothèse n'exclue
pas la première, elle n’exclue pas non plus la capture (que nous avons faite) de
grands individus dans la forêt de l'Est (Périnet, Anamalazaotra), car même
dans la forêt de l'Est, il peut exister des niches écologiques très fraîches (bords
de torrents, etc.). A notre avis la solution du problème de la grande variabilité
20 ROLAND LEGENDRE
d’A. workmani se trouve dans la réussite d’un élevage systématique de ces
Araignées.
L’abdomen a toujours un profil subtriangulaire et se termine par une
saillie émoussée à sa partie supérieure, sa hauteur varie entre la moitié et les
trois quarts du céphalothorax. Il existe cependant des individus adultes de
taille faible, présentant régulièrement une coloration plus contrastée de l'abdo-
men mais aussi une saillie émoussée dont la hauteur est toujours supérieure
à celle du céphalothorax, d'autre part le sommet du crâne est aplati, ce qui
n’est pas le cas dans la forme normale où celui-ci est arrondi, par contre tous
les autres caractères sont ceux de la forme typique. Peut-être s’agit-il là d’une
bonne sous-espèce car les échantillons sont spatialement localisés (région de
Maroantsetra et forêt Mahajeby aux environs de Morafenobe), mais le faible
nombre d'exemplaires (quatre dont un en mauvais état) ne nous autorise pas,
même provisoirement, à prendre une décision.
Distribution dans l'île. — LocaLrTÉs cITÉES : Madagascar (T. Workman
in O.P. CamBriner, 1881, E. SIMON, 1883, A. PETRUNKEVITCH, 1939). — à,
8, juv. (de VII à IV) : domaine de l'Est : Maroantsetra, forêt d’Ambodivoangy ;
Périnet, forêt d’Analamazaotra ; Marovato : région de Fort Dauphin (Andra-
homana, Isaka) (J. Millot in J. Mizor, 1948 a). — Domaine du Centre et des
Hautes Montagnes : Montagne d'Ambre; massif de l’Ankaratra, forêt de
Manjakatompo (J. Millot in J. MicLor, 1948 à.
SPÉCIMENS EXAMINÉS. DOMAINE DU SAMBIRANO : Nosy Be, forêt de Lokobe,
2 6, juv. V (R. Legendre, 1960), 1 3, 1 9, VII (R. Legendre, 1959), 2 4, 3 9, IX
(J. Müllot, 1947). — Contreforts du Tsaratanana (Haut Sambirano), vallée de
la Besanetribe, 1200 m, 2 &, 1 ® im., XII (P. Viette, 1963).
DOMAINE DE L'Est : Maroantsetra, Ambodivoangy, nombr. &, 9, juv.,
XI (J. Millot, 1946). — Maroantsetra, 3 9, III (R. Paulian, 1952), 5 4,18,
XI (R. Legendre, 1963), 1 juv., XII (P. Soga, 1962) ; Nosy Mangabe, 2 juv.,
XI (R. Legendre, 1963) ; forêt à mousse de l’Ambobhitsitondrona, 1 200 m, 2 @,
3 juv., II (J. Müllot, 1947), 1 juv., XI (J. Müllot, 1947). — Sahafanjana-Manam-
bato (rivière Anove), 1 &, 1 9, IV (4. Robinson, 1955). — Manakambahiny Est,
19, IX (P. Soga, 1956). — Environs de Périnet, forêt d'Analamazaotra, nombr.
get adultes, juv. (J. Müllot, 1946), nombr. 4 et 9 adultes, XI, XII, L, IL, juv.,
XI, XII, LUI (R. Legendre, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1963, 1967 ; M. Emerit,
1962, 1963). Forêt Marovato, 2 9, XI (J. Millot, 1946). — Région de Fort-
Dauphin, Andrahomana, 1 9, (J. Millot, 1946).
Domaine pu CENTRE : La Mandraka, 2 Q ad., 3 @ juv., XII (J. Müllot,
1946), 1 4, 19,3 juv., IX (R. Legendre, 1962). — Angavokely, lambeau forestier
résiduel, 2 9, XI (J. Millot, 1946), 5 &, 6 9, IV (R. Legendre, 1961), 1 9, 2 juv.,
V (R. Legendre, 1961), 2 9, VI (Ch. Blanc, 1965). — Ambohimanga, forêt
résiduelle du Rova, 3 9, juv., I (R. Legendre, 1963), 1 9, II (R. Paulian, 1948),
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 21
19, II (R. Legendre, 1967), 1 9, XI (R. Legendre, 1961). — Nord d'Ankazobe,
tampoketsy d’Ambohitantely, 2 @, 5 juv., I (R. Legendre, 1963), 2 Q, V
(J.M. Betsch et P. Griveaud, 1967), 2 4, 3 9, V (P. Griveaud, 1968), 1 &, XI
(R. Paulian, 1949), 5 $, XI (M. Emerit, 1963). — Tsinjoarivo, forêt proche du
Rova, 1 9, 1 juv., VI (R. Legendre, 1959). — Lac Itasy, forêt résiduelle, 1 9,
1 (Y. Therezien, 1963). — Province de Fianarantsoa, Ampamaherana, 1 juv.,
1 (Y. Therezien, 1963). — Morafenobe, forêt Mahajeby, 1 &, 1 9, 4 juv., V
(R. Paulian, 1952).
DoMaiNE DES HAUTES MonrTaGxeEs. : Massif du Tsaratanana, forêt vers
1 500 m, 9 4, 129, X (R. Paulian, 1948), fauchage sur prairie vers 1 500 m,
3 juv., XI (J.M. Betsch, 1966). — Massif du Marojejy, 1 &, IX (P. Soga, 1959).
— Massif de l’Ankaratra, forêt de Manjakatompo, 1 &, 1 © (J. Müillot, 1946),
14,19, V (R. Legendre, 1960), 1 4, XI (R. Paulian, ?) ; col du Tsiafajavoana,
1 400 m, 1 &, 19, II (R. Legendre, 1967). — Sud du massif de l’Andringitra,
Ampasy-Ivohibe, 1 500 m, 28, X, 1 4, 49, XI (J. Millot, 1950), 15 9, 3 juv.,
XI (J. Müillot, 1950). — Massif de l’Andohahelo, 1 500 m, 1 &, 1 juv., I
(R. Paulian, 1954).
DoMaiNE DE L'Ouesr : Ankarafantsika, 10 &, 4 9, VII (J. Millot, 1947),
19, VIII (J. Millot, 1947).
Archaea pauliani n. sp. (fig. 6, 7; pl. phot. III, fig. 4)
Cette nouvelle espèce présente des affinités nettes avec À. workmani ; elle
est caractérisée par sa tête étirée vers le haut et non cambrée en arrière. La tête
est plus haute que longue, l’occiput est dépourvu de tubercules épineux ou de
cornillons. Le cou est peu étranglé, relativement court et massif. Le céphalo-
thorax est moins long que haut, sa surface étant parsemée de granulations
ressemblant à celle de l’ornementation céphalothoracique d’A. vadoni.
Une fine pubescence blanchâtre recouvre tout le prosoma. Sur les flancs et
surtout au niveau de la tête se constatent des trainées pigmentées noires
caractéristiques et qui frappent dès la première observation. Pas d’épine chélicé-
rienne dorsale nette, mais un poil dressé sur le tiers basal de l’appendice.
Chélicères relativement faibles, arrivant tout juste à l’aplomb des pièces
buccales lorsqu'elles sont rabattues vers l'avant.
Abdomen subsphérique, sans tubercule ; sa plus forte hauteur n’atteignant
pas celle du céphalothorax.
Coloration en alcool : céphalothorax brun marron ; chélicères de coloration
brune uniforme ; pattes brun clair avec des manchons foncés aux tibias et aux
tarses. Sternum brun sombre. Abdomen blanchâtre maculé de dessins brun-
noir irréguliers.
Source : MNHN, Paris
22 ROLAND LEGENDRE
F6, 6, — Mâle adulte d'Archaea pauliani n. sp. (massif de l'Andohahelo, domaine des
Hautes Montagnes) (longueur réelle : 2,1 mm).
Méâle : palpes caractérisés par l'absence d'apophyse sur le fémur et la
patelle. Le bulbe est renflé de coloration brun-clair et se terminant par deux
replis chitineux sombres semi-spiralés (fig. 7).
Longueur du corps : 2,4 mm (céphalothorax : 1,1 ; abdomen : 1,3 mm).
Hauteur du céphalothorax : 2,6 mm ; hauteur de l'abdomen : 1,5 mm. |
|
Pattes : I IT HI IV
Fémurs : 2,9 2,2 1,5 2,2
Patelles + tibias : 3 2,3 1,4 1,9
Tarses : 1,8 0,8 0,9 LT
7,7 mm 5,3 mm 3,8 mm 5,2 mm
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 23
Femelle : les caractères essentiels, décrits chez le mâle se retrouvent chez
la femelle. La fente génitale est simple et peu caractéristique.
Longueur du corps : 2,9 mm (céphalothorax : 1 mm ; abdomen : 1,9 mm).
Hauteur du céphalothorax : 2,3 mm ; hauteur de l'abdomen : 1,8 mm.
Pattes : I Il IT IV
Fémurs : 2,6 1,8 1,6 2
Patelles + tibias : 2,7 2,3 155 2
Tarses : 1,7 1,1 0,8 0,9
7 mm 5,2 mm 3,7 mm 4,9 mm
FiG. 7. — Palpe mâle d’Archaea pauliani n. sp.
Espèce localisée au massif de l’Andohahelo (altitude 1 800 m).
1 mâle adulte (holotype), 2 femelles juv. (R. Paulian, I - 1954).
1 femelle adulte (paratype) (R. Paulian, 1-1954).
Les types sont conservés au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris.
Source : MNHN, Paris
24 ROLAND LEGENDRE
Archaea vadoni J. Millot, 1948 (fig. 8, 9; pl. phot. III, fig. 5)
Mizxor J. (1948 a). Mém. Inst. Sci. Madag., (A) 1, pp. 3-14.
Boxer P. (1949-1961). Bibliographia Araneorum.
LenTixen P. (1967). Ann. Zool. Fenn., 4, p. 289.
Cette espèce de petite taille est caractérisée par la massivité du cou, beau-
coup plus large et moins haut que chez les « grandes » Archaea. Le cou est rejeté
en arrière, de sorte qu’un plan vertical passant au niveau du bandeau passe
entre les hanches ITet les hanches III. La tête est rejetée vers l'arrière,
l'occiput très développé est saillant et se trouve au niveau de la fente épigas-
trique : la tête se trouve ainsi être plus longue que haute.
La tête porte six tubercules crâniens très visibles. Les deux postérieurs
ont l'aspect de deux cornillons, hautement caractéristiques et facilitant la déter-
mination spécifique des exemplaires.
Chélicères assez massives portant sur le tiers basal de la région antérieure
une épine chélicérienne très nette. La plage stridulatoire se trouve à la courbure
de l’appendice.
Céphalothorax environ une fois et demie plus long que haut, sa surface
est parsemée de granulations.
Abdomen globuleux, subsphérique, sans saillie ni tubercule ; sa plus grande
hauteur es inférieure à celle du céphalothorax.
Palpe & : bulbe de grande taille, jaunâtre clair terminé par une pointe ;
apophyse très nette située au sommet du fémur.
Coloration : céphalothorax brun-marron, rougeâtre, plus ou moins foncé
suivant les individus avec quelques trainées plus sombres ; des granulations
éparses sur les flancs. Chélicères plus sombres à la base et au sommet de la
tige. Fémurs rembrunis au sommet, parfois manchons foncés aux tibias et aux
tarses. Sternum très foncé jusqu’à noir. Abdomen plus clair que le céphalo-
thorax, avec des dessins plus sombres, très irréguliers.
Mensuration d’un mâle (J. MicLor, 1948 a) :
Longueur du corps : 1,7 mm (céphalothorax : 0,9 mm ; abdomen : 0,8 mm).
Hauteur du céphalothorax : 1,4 mm ; longueur de la tête : 0,7 mm.
Pattes : I Il II IV
Fémurs : 2,1 7 1,4 —
Patelles +- tibias : 2,4 1,8 1,0 =
Tarses : HET 0,9 0,6 =
5,6 mm 4,4 mm 3 mm —
Distribution dans l'île. — LocaLrrés cITÉES : Région de Maroantsetra,
Ambodivoangy, Beanana (localité type) (J. Müllot et J. Vadon in J. Mizuor,
1948 a).
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 25
FiG. 8. — Céphalothorax d’Archaea vadoni J. Millot, 1948, vu de face ; remarquer les
deux cornillons occipitaux caractéristiques de l'espèce (J. MiLor, 1948 a).
Fia. 9. — Palpe mâle d’A. vadoni J. Millot, 1948 (J. Mizuor, 1948 a).
Fic. 10. — Mâle adulte d’Archaea bourgini J. Millot, 1948 (J. MizLor, 1948 a).
Fig. 11. — Palpe mâle d’A. bourgini J. Millot, 1948 (J. Mizuor, 1948 a).
Source : MNHN, Paris
26 ROLAND LEGENDRE
SPÉCIMENS EXAMINÉS. DOMAINE Du SAMBIRANO : Nosy Be, forêt de Lokobe,
1 6, juv., V (R. Legendre, 1960), 2 4, 3 9, VII (R. Legendre, 1959), 5 3, 4 8, IX
(J. Millot, 1947).
DomaINE DE L'Esr : Région de Maroantsetra, Ambodivoangy, Beanana,
nombr. 4, ?, juv. (rvres) (J. Millot, 1946), 1 4, 3 © juv., XI (J. Millot, 1947);
Beanana, 2 4, 2 9, juv., ? (J. Müllot, 1947) ; Ambohitsitondrono, 700 m, 1 4,
19, juv., IT (J. Müillot, 1947) ; Nosy Mangabe, 1 4, 16 9, juv., XI (R. Legendre,
1963). — Tampolo, côte Est, 1 9 (J. Müllot, 1947). — Brickaville, rivière Ivoay
Anivoranokely, 1 ©, IX (A. Robinson, 1954). — Environs de Périnet, forêt
d'Analamazaotra, nombreux 4 et © et juv., XI, XII, I, IL (R. Legendre, 1958,
1959, 1960, 1961, 1962, 1963, 1964 et 1967 ; M. Emerit, 1963). — Route d'Ano-
sibe, 1 9, V (R. Legendre, 1963), 1 ©, V (M. Emerit, 1964), 2 $, IX (J. Müllot,
1953).
DomaIE DE L'Ouesr: Route de Diégo-Suarez à Joffreville, forêt d’Analan-
driana, 1 9, II (Y. Therezien, 1966).
Archaea bourgini J. Millot, 1948 (fig. 10, 11)
Mizor J. (1948 a). Mém. Inst. Sci. Madag., (A) 1, pp. 3-14.
Boxer P. (1949-1961). Bibliographia Araneorum.
Céphalothorax court et large, avec un cou légèrement plus haut que chez
À. vadoni. La tête est fortement rejetée en arrière de sorte que l’occiput dépasse
largement le niveau de la fente épigastrique. Un plan vertical passant au niveau
du bandeau, passerait au niveau de la hanche III.
Quatre tubercules épineux céphaliques très faiblement développés ; la
paire postérieure ne forme pas de cornillons occipitaux francs mais plutôt des
bosses courtes.
Les chélicères présentent une épine très courte située presqu'au milieu
de l'appendice.
Les granulations céphalothoraciques sont nettes mais beaucoup plus dis-
crètes que chez À. vadoni.
Abdomen globuleux, dépourvu de saillie et nettement moins haut que le
céphalothorax.
Coloration du céphalothorax brun sombre, dessus de la tête marron:
abdomen plus clair, nettement orné de dessins noirs et blancs.
Palpe mâle à bulbe clair, muni d’un prolongement chitineux noir, recourbé
en forme de cil, très caractéristique. Absence d'apophyses sur le fémur et la
patelle (fig. 11).
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 27
Mensurations (J. Mizcor, 1948 a).
Longueur du corps : 2,1 mm (céphalothorax : 1 mm ; abdomen : 1,1 mm).
Hauteur du céphalothorax : 1,6 mm ; longueur de la tête : 0,9 mm.
Pattes : I I IT IV
Fémurs : 2 1,8 — 17
Patelles + tibias : 2,4 1,7 — 15)
Tarses : 1,3 157 = 0,7
5,7 mm 5,2 mm — 3,9 mm
Distribution dans l'île. — LocaLiTÉ Crée : Forêt de la Mandraka
(localité type) (J. Millot in J. Miuor, 1948 @).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. DOMAINE DE L’Esr: Région de Maroantsetra, forêt
à mousse de l’Ambohitsitondrona, 1 200 m, 1 9, X (J. Millot, 1947).
Domaine pu CENTRE : La Mandraka, 1 &, 5 © (rvres) (J. Müillot, 1946),
19, I (R. Legendre, 1964), 1 4, 1 9, XI (R. Legendre, 1963). — Tsinjoarivo,
forêt proche du Rova, 1 &, 1 9, VI (R. Legendre, 1959). — District d'Ambositra,
route du Sud, km 302, forèt d'Ambatofitorahana, 1 4, III (R. Legendre, 1959).
Domaine DEs HAUTES MONTAGNES : Sud du massif de l’Andringitra,
Ampasy-lvohibe, 1 200 m, 1 4, 2 9, XI (J. Müllot, 1950).
Archaea jeanneli J. Millot, 1948 (fig. 12, 13; pl. phot. IV, fig. 6)
Mizvor J. (1948 a). Mém. Inst. Sci. Madag., (A) 1, pp. 3-14.
Boxer P. (1949-1961). Bibliographia Araneorum.
Cette espèce se caractérise par son crâne plus long que haut, fortement
rejeté en arrière et étiré postérieurement ; le cou est fort, trapu, nettement
plus large que chez les deux espèces précédentes.
Pas d’épines céphaliques nettes, pas de véritables cornillons. Pas d’épine
chélicérienne dorsale visible.
Granulations épaisses, en trainées, sur le céphalothorax.
Abdomen de profil triangulaire, sensiblement aussi haut que le céphalotho-
rax, plus haut chez certaines femelles. Sa face antérieure est convexe et sa face
postérieure concave. Une bosse postéro-dorsale est toujours bien marquée.
Coloration du céphalothorax brun-noir sombre, abdomen plus clair avec
des dessins noirs et blancs très nets, en forme de croissants. Pattes à manchons
pigmentés réguliers.
Palpes 4 présentant un bulbe brun clair. Fémur dépourvu d’apophyse
apicale, patelle avec une saillie angulaire postéro-dorsale très nette (fig. 13).
Source : MNHN, Paris
28 ROLAND LEGENDRE
F1G. 12, — Femelle adulte d’Archaea jeanneli J. Millot, 1948 (forêt d’Anamalazaotra
domaine de l'Est) (longueur réelle : 2,2 mm).
Fi6. 13. — Palpe mâle d'A. jeanneli J. Millot, 1948 (J. Micor, 1948 @).
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 29
Mensurations (J. MicLor, 1948 a) :
Longueur du corps : 1,8 mm (céphalothorax : 0,9 mm ; abdomen : 0,9 mm).
Hauteur du céphalothorax : 1,2 mm, longueur de la tête : 0,75 mm.
Pattes : I Il II IV
Fémurs : 2 1,6 — 13
Patelles + tibias : 2,2 1,6 — 1,1
Tarses : 1,1 1 — 0,6
5,3 mm 4,2 mm — 3 mm
Re TTC AS CPR Re EE
a b c d e
FiG. 14. — Céphalothorax de quelques Archaea malgaches vus de face : a. A. workmani
O.P. Cambridge, b. A. jeanneli J. Millot, c. A. bourgini J. Millot, d. A. vadoni J. Millot,
e. A. gracilicollis J. Millot (J. Mrzcor, 1948 a).
Distribution dans l'île. — LocaLirés crrées : Forêt de la Mandraka et
forêt d'’Ambodivoangy (près de Maroantsetra) (localités types) (J. Müillot in
J. Mizcor, 1948 a).
SPÉCIMENS EXAMINÉS. DOMAINE Du SamBiRANo : Nosy Be, forêt de Lokobe,
29, IX (J. Müllot, 1947).
Domaine DE L’Esr : Maroantsetra, 1 9, X (J. Millot, 1947), 2 &, 2 9, XI
(R. Legendre, 1963). — Forêt de Didy, 1 9, III (J. Millot, 1947). — Environs
de Périnet, forêt d'Analamazaotra, 1 9, III (R. Legendre, 1964), 3 4, 6 9, XI
(R. Legendre, 1958), 1 4,29, XI (R. Legendre, 1960), 1 &, 1 juv., XI (R. Legendre,
1963), 1 9, XII (R. Legendre, 1959).
DoMaIinE DE L'Ouesr : Ankarafantsika, 1 9, VIII (J. Millot, 1947).
Source : MNHN, Paris
II. — BIOLOGIE ET ÉTHOLOGIE
A. — TENTATIVES D'ÉLEVAGES
Nous avons tenté plusieurs fois d'élever des Archaea (A. workmani, A.
vadoni, A. gracilicollis); comme nous l'avons déjà précédemment indiqué, toutes
nos tentatives ont échoué. Nous donnons cependant ici les méthodes utilisées.
Les animaux récoltés en forêt primaire sont placés séparément dans un
tube de chasse en verre ou un pilulier avec quelques brindilles, feuilles mortes
et mousses de la localité d’origine, le tout est bouché d’ouate humidifiée à l’eau
de pluie. Cette méthode est bonne lorsque l'on séjourne dans le biotope même
des captures, nous avons ainsi conservé avec 90 % de succès à l'hôtel de Périnet
des animaux capturés dans la forêt d'Analamazaotra, de même à la Station
océanographique de l’O.R.S.T.O.M. à Nosy Be pour des A. gracilicollis pro-
venant de la forêt de Lokobe. Dès le retour à Tanararive les animaux survi-
vaient au maximum une quinzaine de jours. Chose étonnante, des animaux
(A. workmani) en provenance d'Ambohimanga, situé à une vingtaine de kilo-
mètres de Tananarive ne survivaient pas.
— En 1961 nous avons pu disposer d'une étuve à température et
hygrométrie réglables ; les animaux conditionnés de la même manière et placés
à 270 pour une humidité relative de 75-80 % n’ont jamais survécu plus de
dix jours, malgré des tentatives de variations d'éclairage et des différents
paramètres physiques.
— En mai 1964, quelques mois avant de quitter Madagascar, nous
pensons avoir trouvé la bonne méthode qui consiste à remplir un fond de terra-
rium de 5 em d’humus de forêt primaire, d’y planter quelques brindilles moussues
et de petites plantes et, après y avoir introduit des Archaea et quelques cocons
de Cyrtophora (pour la nourriture) sans le recouvrir, l’abandonner en plein air
dans un endroit ombragé. Deux mois après cette « mise en culture », à la veille
de notre départ, nous y avons trouvé bien vivantes quelques À. workmani,
dont la souche provenait de l’Angavokely.
B. — ÉTHOLOGIE, CYCLE VITAL, HABITAT
Nos connaissances en ce domaine sont lacunaires, faute d'élevage réussi.
Les Archaea arbusticoles sont des Araignées errantes, chassant à vue ; leurs
proies sont exclusivement formées d’autres Araignées (J. Miccor, 1948 a;
R. LeGenDre, 1961). Bien que leurs filières soient bien développées, elles
semblent incapables de tisser une toile ordonnée, tout au plus assiste-t-on, chez
quelques individus maintenus en captivité, à l'élaboration d’un lacis de fi
très irrégulier à l’aisselle des feuilles ou des brindilles, ces quelques fils, sur le:
quels l'animal se déplace parfois, ne correspondent pas à un abri ; ce même lacis
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 31
de fils est élaboré lors de l’accrochage du cocon (fig. 15). Cependant, lorsqu'elles
quittent brusquement leur substrat, les Archaea sont capables de libérer un fil
de rappel qui leur permet de rejoindre leur support après une chute.
Nous avons en son temps déjà fait connaître, en collaboration avec J. Mic-
LOT (qui a été le premier à observer le phénomène), l'extraordinaire rapport
existant entre les femelles d’Archaea arbusticoles et leurs cocons (J. MrzLor et
R. LeGENDRE, 1964). Les femelles traînent leur cocon arrimé à la troisième
patte marcheuse et ceci jusqu’à un moment proche de l’éclosion (pl. photogr. 2),
elles s’en débarrassent alors en le fixant à un support par l'intermédiaire de
quelques fils pour participer activement à la libération des jeunes nymphes en
dilacérant la toile dudit cocon (fig. 15). Parfois, après l’éclosion (ou mieux la
sortie du cocon), il arrive aux femelles de reprendre possession du cocon en le
fixant à leur PTIT, cocon sur lequel se trouvent agrippés les jeunes. Les dernières
phases du développement embryonnaire ainsi que les modalités de l'éclosion
sont connues (R. LEGENDRE, 1959) ; par contre on ignore encore tout de la
ponte (le nombre d'œufs n’est jamais élevé : 6 à 16 pour A. vadoni) et des pre-
miers stades de segmentation de l'œuf, de sorte que la durée exacte du déve-
loppement reste à préciser; de toute manière celle-ci ne devrait pas dépasser
quinze jours à trois semaines. De ce fait on ignore également les modalités de
confection du cocon, élaboré à partir de deux types de soie : une couche interne
serrée et de coloration grisâtre, doublée d’une couche externe beaucoup plus
lâche et de coloration jaune-brunâtre. Le développement post-embryonnaire
est également inconnu, on ne sait rien sur le nombre de mues nécessaires à la
jeune nymphe pour devenir adulte ; comme nous l'avons déjà fait remarquer
précédemment, notre ignorance s'étend également à d'éventuelles mues post-
pubérales ou post-nuptiales dont l'existence pourrait expliquer les différences
de taille et de proportion chez les adultes d’A. workmani.
Dans la nature, la capture de très jeunes stades est extrêmement rare,
compte tenu du mode de récolte préférenciel qui est le battage ; les jeunes,
peu pigmentés, sont difficiles à voir sur le drap et leur légèreté les empêche de
tomber. Il faut un œil très exercé pour réussir ces captures. De toutes les
collections d’Archaea que nous avons pu examiner, seuls trois lots renferment
de très jeunes stades :
— A. workmani (J. Millot ; XI-1950 ; Ivohibe, Sud du Massif de l'Andrin-
gitra, 1500 m), (R. Legendre ; XI-1960 ; forêt d'Analamazaotra, Périnet,
forêt de l'Est).
— A. gracilicollis (R. Paulian ; VII-1949 ; Antsingy de Bekopaka,
forêt de l'Ouest).
Il s’agit là de jeunes nymphes à pigmentation discrète dont l'appartenance
spécifique est toujours douteuse et non d'individus nymphaires déjà nettement
différenciés et dont les caractères spécifiques sont apparents.
La capture de femelles porteuses de cocon est également une indication
précieuse quant au cycle de reproduction. Pour À. vadoni en forêt de l'Est les
Source : MNHN, Paris
32 ROLAND LEGENDRE
4
FiG. 15. — Cocon d'A. vadoni, abandonné par la femelle, juste avant la libération des
jeunes (diamètre approximatif : 3,5 mm).
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 33
captures s’étalent d'octobre à mars (J. Micor et R. LEGENDRE, 1964) avec
une capture en mai (M. Emerit ; route d’Anosibe, 1964). Pour A. gracilicollis
on connaît une capture réalisée en octobre (J. Müllot ; Nosy Mamoko, domaine
du Sambirano, 1947). Pour A. workmani de très nombreuses captures ont été
réalisées en octobre (J. Millot ; Ampasy-Ivohibe, au Sud du massif de l’Andrin-
gitra, 1950). On peut donc admettre avec quelques vraisemblances que pour
A. vadoni la période de reproduction s'étale pendant toute la saison chaude
(octobre à mars) avec un maximum en début de saison des pluies (octobre,
novembre), cependant ces périodes ne sont certainement pas exclusives, comme
le prouve la capture d’une femelle coconnée en mai (début de l'hiver austral).
Pour A. workmani, pour le moins aussi fréquente qu’ A. vadoni, les captures
massives de femelles coconnées en octobre et deux captures de jeunes en
novembre laisseraient supposer une période de ponte plus restreinte et limitée
au début de la saison chaude (octobre, novembre) ; bien entendu d'autres
captures dans d’autres points de l’aire de répartition de l'espèce seraient sou-
haïtables. Pour À. gracilicollis, deux faits apparemment contradictoires (femelle
coconnée en octobre et jeunes en juillet) nous mettent l’accent sur ce que nous
pensons être le facteur déterminant de la période de reproduction, en l'occurence
le facteur humidité ; en effet si la présence d’une femelle coconnée à Nosy
Mamoko (domaine du Sambirano) n’a rien de surprenant, en début de saison
chaude (octobre), sur une île où l'humidité relative est toujours grande, la
présence de jeunes dans les forêts de l’Antsingy de Bekopaka (domaine de
l'Ouest) en juillet est, elle aussi, normale ; il ne faut pas oublier que le domaine
de l'Ouest ne reçoit ses pluies qu'avec l'apparition de la «mousson » soufflant
du Nord, Nord-Ouest, pendant l'été austral avec parfois un regain de pluviosité
lors de la période cyclonique de la fin de mousson (mars, avril, début mai). En
conclusion nous pouvons penser que pour les espèces d’Archaea vivant dans des
régions chaudes et humides toute l’année, la reproduction se fera sur toute
l'année avec un maximum au moment où la température et l'humidité seront
les plus fortes. Pour les autres espèces peuplant d’autres régions, la reproduction
se fera au moment où la température et l'humidité seront à leur maximum :
début de la saison chaude pour le domaine des hautes montagnes (type Andrin-
gitra), début de l'hiver austral pour le domaine de l'Ouest et le domaine du Sud
(où jusqu'ici aucune Archaea n’a été signalée).
Source : MNHN, Paris
III. — BIOGÉOGRAPHIE ET ÉCOLOGIE
A. — LE MILIEU PHYSIQUE
Il nous paraît utile de rappeler brièvement quelques données physiques
concernant Madagascar. Nous utiliserons essentiellement les données clima-
tiques et phytogéographiques telles qu’elles ont été définies par les Botanistes
(M. Perrier DE LA BaTHiE, 1936; H. HumserT, 1955) et utilisées depuis
par les Zoologistes (R. PauLraN, 1961 ; P. VIETTE, 1963).
Faune et Flore de Madagascar sont conditionnées d’une part par la nature
des sols et d'autre part par les éléments météorologiques (vents, température et
pluviosité). Le vent principal soufflant sur Madagascar est l’alizé du Sud-Est, inté-
ressant toute la côte Est, les Hauts Plateaux du Centre et une petite partie de la
zone Nord-Ouest ; c’est un vent humide qui humidifie les régions exposées à son
action directe. Les autres régions protégées de l’alizé ne seront humides qu’au
moment ou soufilera la « mousson » du Nord-Ouest, du Nord et du Nord-Est.
Si l’alizé souffle pendant l’hiver austral (de mai à septembre), la mousson souffle
pendant l'été austral (d'octobre à avril) provoquant des orages fréquents et
des précipitations importantes (— saison des pluies); la fin de la mousson,
coïncidant avec le début de l'hiver austral forme la période des cyclones, mar-
quant souvent un regain d'intensité des chutes de pluies aussi bien sur l'Est
que sur l’Ouest. Deux territoires phytogéographiques sont ainsi délimités : la
région malgache orientale (caractérisée par une végétation à feuilles persis-
tantes) et la région malgache occidentale (caractérisée par une végétation à
feuilles caduques). Chacune de ces régions se divisant en domaines bien précis
(. Huuserr, 1955).
19. — La Région malgache orientale
C’est la région humide, divisée en 4 domaines.
a) Domaine de l'Est. — I comprend le versant oriental de l'Ile depuis
Vohémar jusqu’à Fort-Dauphin pour une altitude ne dépassant pas 800 m. Il
y tombe en moyenne 3000 (+ 1000) mm de pluie par an. La température
moyenne le long des côtes est de 249.
b) Domaine du Centre. — 11 englobe toutes les parties de l’île situées entre
800 et 2000 m d'altitude. Il convient d’y rattacher des formations isolées
(Isalo, Analavelona, Morafenobe, Montagne d'Ambre) en plein domaine de
l'Ouest. La moyenne annuelle des pluies est de 1 600 (-- 300) mm, tombant
surtout d'octobre à avril. La température moyenne est modérée (189 vers
1 200 m d'altitude).
c) Domaine du Sambirano. — Ce domaine englobe le Nord-Ouest de l’Ile
en dessous de 800 m et les îles de Nosy Be et de Nosy Komba. C’est une véri-
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 35
table enclave de la région orientale dans la région occidentale ; la moyenne
annuelle des pluies est très élevée 2 250 (+ 250) mm; elles tombent toute
l’année. La température moyenne annuelle est également élevée : 260.
d) Domaine des Hautes Montagnes. — Il renferme les plus hauts massifs
de l'Ile, atteignant ou dépassant les 2 000 m et qui sont du Nord au Sud : le
massif du Tsaratanana (culmine à 2 876 m), le massif du Marojejy (culmine à
2 137 m), le massif de l’Ankaratra (culmine à 2 643 m), le massif de l'Andringitra
(culmine à 2 658 m) et le massif de l’Andohahelo (culmine à 1 970 m). Chacun de
ces massifs présente ses caractéristiques propres. La pluviosité varie énormément
(avec un maximum en début de la saison des pluies). La température annuelle
moyenne est de l'ordre de 14° à 2000 m et de 10° à 2 800 m avec des gelées
nocturnes et matinales en saison froide.
29. — La Région malgache occidentale
C’est la région sèche de l’Ile divisée en 2 domaines.
a) Domaine de l'Ouest. — Ce domaine comprend l'extrême Nord de l'Ile
et la plus grande partie de la côte Ouest située en dessous de 800 m. Les saisons
sont tranchées : les pluies tombent de novembre à avril, avec parfois un regain
cyclonique en avril, mai, alors que de mai-juin à octobre, la sécheresse est
totale. La pluviosité annuelle moyenne diminue du Nord au Sud (Majunga :
1650 mm ; Morombe : 486 mm). La température moyenne varie de 24° pour
le Sud à 270 pour la côte Nord-Ouest.
b) Domaine du Sud. — C'est une bande côtière allant au Sud de Morombe
jusqu'aux environs de Fort-Dauphin, englobant ainsi l'extrême Sud malgache.
Ce domaine est caractérisé par sa végétation xérophytique et la diminution
marquée de la pluviosité annuelle moyenne qui est de 550 (+ 200) mm. La
température moyenne annuelle se situe aux environs de 240.
B. — RÉPARTITION BIOGÉOGRAPHIQUE
Le nombre élevé d'individus examinés, la qualité des récolteurs et l'éti-
quetage exemplaire des échantillons capturés pratiquement sur toute l'étendue
du territoire malgache nous autorisent à dresser aujourd’hui un bilan, certes
provisoire et encore lacunaire, de la répartition des Archaea malgaches. Nous
renvoyons le lecteur aux listes de récoltes suivant la description des espèces
où les échantillons sont récapitulés suivant les grands domaines phytogéogra-
phiques de l’Ile ; il va de soi que nous n'avons tenu aucun compte d’un très
important matériel provenant soit de nos propres collections, soit des collections
du Muséum de Paris (fond J. Mirror et fond E. Simon) pour étiquetage insuf-
fisant, ce matériel conserve bien entendu une valeur taxonomique certaine,
mais il est bien évident qu’un tube ne contenant qu'une date de récolte, ou
alors la seule indication : Madagascar (cas des collections Simon) en plus de
l'échantillon ne peut être valablement utilisé pour une étude biogéographique
ou écologique quelconque.
Source : MNHN, Paris
36 ROLAND LEGENDRE
Aucune Archaea n’a jusqu'ici été signalée des îles voisines de Madagas-
car (Maurice, Réunion, Séchelles, Comores). Personnellement nous les avons
vainement recherchées à Maurice et à la Réunion. Les très importantes récol-
tes de J. MizLor réalisées aux Comores (fond J. Mirror du Muséum de
Paris) ne contiennent aucune Archaea.
Archaea godfreyi
Cette espèce, décrite à l'origine d'Afrique australe, n’est connue que par
deux exemplaires en provenance de Manjakatompo (massif de l’Ankaratra,
domaine des Hautes Montagnes). C’est la seule espèce d’Archaea malgache qui
ne soit pas endémique ; elle s'oppose également aux autres formes malgaches
par son mode de vie terricole (dans l’humus forestier) alors que les autres
espèces sont arbusticoles. En ceci, A. godfreyi se comporte comme les Archaeidae
néo-zélandaises et australiennes qui ont été toutes signalées comme vivant
dans l’humus et les débris végétaux au sol (C. Wicron, 1946 ; R.R. FoRSTER,
1955, 1956). Il serait cependant intéressant deretrouver cette Araignée parune
prospection systématique de la litière et de l’humus des lambeaux forestiers
résiduels d’altitude (massifs du Tsaratanana, du Marojejy, de l’Andringitra,
de l’Andohahelo).
Rencontrer sur les hauts massifs malgaches une formeafricaine connue du
Natal et du Transvaal, où elle vit dans l’humus des forêts d'altitude, n’a rien
de stupéfiant en soi. Les auteurs les plus compétents ont toujours souligné
l’étroite parenté de peuplement entre Madagascar et l'Afrique (J. Miccor,
1948 b, R. PauLrAN, 1961) ; la présence dans la faune terricole, milieu conser-
vateur par excellence, d’un animal commun fournit une preuve supplémentaire
d’une origine commune des peuplements arachnologiques africains et malgaches.
I ne faut pas négliger non plus que les peuplements d’altitude se révèlent
comme des îlots conservateurs de formes antérieurement largement répandues
dans des zones plus basses ou actuellement elles peuvent avoir entièrement
disparu.
11 y aurait grand intérêt à ce que soit recapturée cette intéressante et rare
espèce, témoin d’une relation biogéographique étroite entre Madagascar et
l’Afrique australe.
Archaea gracilicollis (fig. 16)
L'espèce A. gracilicollis est caractéristique des formations primaires basses
(en dessous de 800 m) de la côte Nord-Ouest de l’île. Son aire de répartition
s'étend sur 2 domaines phytogéographiques : celui de l'Ouest et celui du
Sambirano.
Domaine de l'Ouest : Y'espèce se rencontre dans le Nord (Anivorano du Nord,
au pied de la Montagne d'Ambre, Y. Therezien, 1959), elle est également présente
dans les formations primaires des plaines basses de l'Ouest (forêt de Tsimembo,
près d’Antsalova , R. Legendre, 1959), sa limite d’extension vers le Sud'semble
|
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 37
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F16, 16, — Répartition géographique d’A. gracilicollis (zone hachurée s'étendant sur
plusieurs domaines phytogéographiques (même légende que figure 17). Au Nord-Ouest de
Fort-Dauphin, dans le Sud, l'étoile localise la situation du massif de l’Andohahelo, localité
type d’A. pauliani n. sp.
Source : MNHN, Paris
38 ROLAND LEGENDRE
F6. 17. — Répartition géographique d'A. workmani (zone hachurée s'étendant sur plu-
sieurs domaines phytogéographiques) (1. domaine de l'Ouest, 2. domaine du Sud, 3. domaine
du Sambirano, 4. domaine de l'Ést, 5. domaine du Centre.)
Source : MNHN, Paris]
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 39
être provisoirement la région de l’Antsingy près de Bekopaka et les gorges de
la rivière Manambolo (R. Paulian, 1949 ; R. Legendre, 1959). L'espèce ne semble
pas monter en altitude ; l’Ankarafantsika, où elle est présente (J. Müllot, 1947)
n'est qu'à 150 m au-dessus du niveau de la mer. De nombreuses chasses effec-
tuées en 1962 et 1963 (dont certaines en compagnie de M. EuErir, P. GRIVEAUD
et A. GRJEBINE) dans la forêt de Lambomakandro (altitude 500 m), au point
kilométrique 808 de la route de Tuléar, ont toutes été négatives en ce qui
concerne les Archaea.
Domaine du Sambirano: décrite à l’origine de la forêt de Lokobe (Nosy Be)
l'espèce y a été régulièrement retrouvée (J. Müllot, 1947, 1949 ; R. Legendre,
1959, 1960) ; A. gracilicollis est connue également de Nosy Mamoko (J. Millot,
1947), de Nosy Komba (R. Paulian, 1955) et du Bas Manangarivo, près de
Maromandia (J. Millot, 1947).
Les individus d’A. gracilicollis en provenance du domaine du Sambirano,
ainsi que ceux d’Anivorano du Nord sont de coloration un peu plus claire que
les individus provenant des zones Ouest (Antsingy), cependant les caractères
taxonomiques restent identiques et il ne nous paraît pas utile d’en faire une variété
nouvelle. Il semble que cette variation de coloration soit en relation directe
avec l'indice de pluviosité ; les formes les plus claires vivant dans les régions
constamment soumises à la pluie, donc les plus humides (Anivorano du Nord,
Nosy Be) alors que les formes plus sombres se localisent dans des régions à
humidité faible et à saison des pluies bien tranchée (forèt de Tsimembo,
Antsingy). La coloration sombre des exemplaires du domaine de l'Ouest n'est
pas due à une plus forte pigmentation mais bien à une chitinisation plus marquée
de la cuticule, liée aux conditions particulières du biotope, nettement plus
sec que celui des formes claires du domaine du Sambirano. Nous pensons à
une écomorphose ne justifiant nullement la création d’une unité systématique
particulière.
Archaea workmani (fig. 17)
Cette espèce présente une très vaste répartition, elle se rencontre en effet
dans tous les domaines de la Grande Ile (à l’exclusion du domaine du Sud où
aucune Archaea n’a, jusqu'ici, été récoltée) ; une exception mérite d’êtresignalée,
son incursion extrêmement timide dans le domaine de l'Ouest, plus précisément
dans l’Ankarafantsika (J. Millot, 1947). L'avancée maximale de cette espèce vers
l'Ouest géographique est formée par le remarquable site de la forêt Mahajeby,
près de Morafenobe (R. Paulian, 1952), appartenant phytogéographiquement
au domaine du Centre (H. Humserr, 1955). Vers le Sud-Ouest l'avancée maxi-
male n’est pas connue, mais ne devrait pas déborder les lambeaux forestiers
résiduels des domaines du Centre.
A. workmani est l'espèce malgache la plus plastique en ce qui concerne la
température, elle peuple aussi bien le domaine forestier de l’Est et du Sambirano
à partir de la côte (Maroantsetra : température maximale 3509, température
Source : MNHN, Paris
40 ROLAND LEGENDRE
minima 130; Nosy Be: température maxima 3498, température minima
129) ; l’espèce monte très haut en altitude et il semble bien qu’elle soit la seule
espèce à peupler les biotopes forestiers situés au-dessus de 2 000 m, sauf dans
le massif de l’Andohahelo, où elle est sympatrique d’A. pauliani,
Archaea pauliani (fig. 16)
Cette nouvelle espèce est localisée au massif de l’Andohahelo où elle a été
récoltée avec À. workmani vers 1 800 m par R. PauLran en 1954. Elle n’a pas
été rencontrée ailleurs jusqu'ici. Le massif de l’Andohahelo est situé à l'extrême
Sud-Est de Madagascar au Nord-Est de Fort-Dauphin. Comme le souligne
P. ViETTE (1962), ce massif occupe une situation exceptionnelle car il est au
point de contact des quatres domaines de l’Est, du Centre, de l'Ouest et du Sud.
Archaea vadoni
C'est une espèce de la forêt orientale basse, elle ne dépasse pas 1 000 m
en altitude. À. vadoni est présente à Périnet (altitude 910 m) mais non signalée
de la Mandraka (altitude 1 200 m) ; on la connaît également du domaine du
Sambirano (Nosy Be).
Archaea bourgini
La localité type de cette espèce est la forêt de la Mandraka. A. bourgini
est inféodée à la forêt orientale d'altitude et sans monter jusqu’au véritable
domaine des Hautes Montagnes (elle est absente des forêts résiduelles des
environs de Tananarive) l'espèce ne se rencontre pas en dessous de 1 000 m.
Archaea jeanneli
C’est l'espèce ayant la plus vaste répartition des petites Archaea malgaches
sans être pour cela très fréquente. On la connaît du domaine du Centre (loca-
lité type : forèt de la Mandraka) ; elle se rencontre dans la forêt du domaine
de l'Est et du Sambirano. Enfin J. Mizcor l’a récoltée dans l'Ankarafantsika
(domaine de l'Ouest) en 1947.
Si nous résumons la répartition des différentes espèces d’Archaea malgaches
(en négligeant A. godfreyi au biotope particulier et localisée dans l'Ankaratra)
nous arrivons aux constatations suivantes :
L'espèce A. workmani présénte la plus large distribution : elle se rencontre
en altitude (Tsaratanana, Marojejy, Ankaratra, Andringitra) et dans l’Ando-
hahelo où elle est sympatrique d'A. pauliani ; A. workmani domine dans le
domaine du Centre et est la seule espèce représentée dans les lambeaux forestiers
des Hauts Plateaux (environs de Tananarive, tampoketsy d’Ambohitantely,
massifs isolés de l'Ouest), l'espèce est bien représentée dans le domaine de l'Est
et dans le domaine du Sambirano, où elle descend jusqu’à la mer: elle pénètre
dans le domaine de l'Ouest où son point le plus avancé est l’Ankarafantsika.
Toute la zone Ouest basse est dominée par A. gracilicollis (de Morombe à la
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE At
pointe Nord, y compris le domaine du Sambirano). Le domaine de l'Est est
l'aire de prédilection des Archaea de petite taille. À. jeannéli se rencontre depuis
la haüte forêt orientale jusqu’à la côte, elle se rencontre également dans le
Sambirano et avance jusqu’à l’Ankarafantsika. À. vadoni est une espèce orien-
tale de basse altitude (y compris le Sambirano), espèce relayée en altitude (à
partir de 1 000 m) par une espèce vicariante À. bourgini qui, elle, n’atteint pas
les forêts résiduelles des plateaux.
Comme on le voit, la répartition de ces Araignées n’est nullement superpo-
sable à la division phytogéographique proposée par les Botanistes.
C. — DoNNÉES ÉCOLOGIQUES
Il serait vain et certainement fort prétentieux de notre part de prétendre
vouloir traiter de l'Écologie des Archaea arbusticoles malgaches, il nous faudrait
disposer de données que nous n'avons pas ; nous n’entendons pas seulement
des données mésologiques fondamentales (température, humidité, éclai-
rement, etc., pour ne citer que les plus grossières) mais également des données
biologiques comme les essences végétales sur lesquelles nous récoltons nos
Araignées ainsi que la faune associée qui les accompagne. Nous ne donnons
ici que des constatations de Naturaliste de terrain en espérant qu’elles
pourront servir un jour à des enquêtes plus approfondies.
— L'habitat des Archaea arbusticoles de Madagascar est exclusivement
formé par la strate arbustive des forêts primaires (J. Mircor, 1948 a). Nous
ne les avons jamais rencontrées en dehors de cette formation ; même au sein
de forêts primitives, les formations secondaires arbustives ne renferment pas
d’Archaea. Par contre la présence de ces Araignées aux environs immédiats de
Tananarive, dans les vestiges forestiers de l'Angavokely ou dans le sous-bois
du Rova d’Ambohimanga, nous permet d'affirmer que ces lambeaux forestiers
sont certainement primaires et non pas dus à un repeuplement en essences
forestières locales.
— Les Archaea ont une véritable prédilection pour les arbustes denses,
contenant des débris végétaux (feuilles mortes, brindilles) et si possible des
lambeaux de mousses et de lichens (type Usnea) ; partout où les fourrés pré-
sentaient ces particularités nous avons récolté des Archaea, que se soit dans la
forêt de l'Est, dans la forêt de Lokobe ou dans les gorges du Manambolo. Il est
certain que ces Araignées recherchent une forte humidité et qu’elles semblent
craindre la lumière : un buisson présentant toutes les conditions requises, mais
placé en plein soleil, n’héberge jamais d’Archaea ; celles-ci sont peut-être de
mœurs nocturnes, mais aueun fait probant ne vient étayer cette supposition.
— Une seule fois nous avons rencontré une Archaea parasitée par un
Acarien. Il s’agit d’une femelle immature d'A. gracilicollis capturée dans les
gorges de la rivière Manambolo en août 1959 (pl. phot. IV, fig. 7). Ce fait
mérite d’être signalé, car à notre connaissance, c’est la première fois que l’on
Source : MNHN, Paris
42, ROLAND LEGENDRE
observe un Acarien parasite d'une Araignée Labidognathe alors que le fait est
connu chez certaines grosses Orthognathes (4).
— Les fourrés de la forêt primitive malgache abritant des Archaea ren-
ferment toujours d’autres Araignées (Salticidae, Thomisidae, Argiopidae, etc.)
et de nombreux Insectes ; il nous est impossible de donner pour l'instant un
type de communauté, nous pensons pouvoir y revenir ultérieurement en dé-
pouillant systématiquement de très nombreuses récoltes en vrac de nos collec-
tions. Une chose paraît certaine : lorsque des fourmis (surtout Crematogaster)
sont présentes dans une association, il est à peu près certain qu'il n'y a pas
d’Archaea.
— Au cours de sa longue expérience de naturaliste, M. J. Vapon (5) a
constaté que les Archaea de la région de Maroantsetra ne se rencontrent que dans
les forêts sur socle ancien, jamais dans celles sur socle sableux. Cette zone
correspond à la zone des Hauteurs boisées, même si celles-ci arrivent à la mer
(J: Vapon, 1965). Malgré une très forte pluviosité (Maroantsetra reçoit environ
4 mètres d’eau par an), les Archaeidae se localisent aux formations végétales
sur argile latéritique qui conservent au maximum l'humidité.
La région de Maroantsetra, très bien prospectée, permet l'établissement
d’un spectre des espèces avec indication de la dominance.
Le spectre pour la région côtière, au niveau de la mer (forêt d’Ambodi-
voangy, Beanana, Nosy Mangabe) :
À. vadoni +++
A. workmani ++
À. jeanneli +
Par contre en altitude (Ambohitsitondrona, 1 200 m) le spectre des espèces
change radicalement :
A. workmani ++
A. bourgini +
— La forêt d'Analamazaotra à Périnet (altitude 910 m) constitue une
Station classique du domaine de l'Est. Trois espèces d'Archaea se rencontrent.
dans cette station : A. vadoni, A. workmani, A. jeanneli. La moyenne annuelle
des pluies est de 1 686,4 mm. Les températures sont les suivantes :
Maximum annuel absolu : 3306
Moyenne des maxima : 2405
Minimum absolu : 802
Moyenne des minima : 1308
Moyenne annuelle : 1902 (6)
. (4) I s'agit de Liphistius malayanus (un cas signalé) et de Solenocosmia javanensis (un
cas signalé). L'Acarien de notre Archaca, examiné par Madame F. CAssAGNE-MÉJEAN (que nous
remercions bien vivement) se trouve être une larve hexapode qui semble appartenir au groupe
des Parasitengona; la détermination n’a pas pu être poussée plus loin.
or) Nous remercions bien vivement M. J. VapoN de nous avoir fait part de cette obser-
vation.
.,(6) Chiffres inédits portant sur quinze années (1941-1955) et fort aimablement commu-
niqués par les services de la Météorologie nationale de Tananarive que nous remercions bien
vivement.
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ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 43
Le mois le plus chaud est le mois de novembre alors que le mois de juin
est le plus froid.
Les trois espèces d’Archaeidae ne sont pas uniformément réparties comme
pourrait le laisser supposer le spectre global de récoltes étendues sur plusieurs
jours :
A. vadoni ++++++
A. workmani ++++
A. jeanneli +
Si les récoltes sont effectuées dans des creux, à droite de la route de Tama-
tave à environ 1 kilomètre de la sortie du village, le spectre sera le suivant :
A. vadoni ARATAr Ar
A. workmani +
Par contre, sur les hauteurs, au-dessus de l’ancienne scierie, les résultats
sont différents :
A. workmani +++
A. vadoni ++
A. jeanneli +
Si le premier biotope est très humide, le second est plus aéré et plus sec,
ce qui explique la différence de peuplement sur une distance de 200 mètres
environ pour une dénivellation de 25 mètres.
Cette constatation nous paraît suffisante pour indiquer l'influence prépon-
dérante des microclimats sur la distribution des Archaeidae.
Source : MNHN, Paris
IV. — ÉVOLUTION DES ARCHAEIDAE MALGACHES
Le biotope occupé par les Archaea arbusticoles malgaches est tout à fait
singulier si l’on note que tous les autres représentants du genre, actuellement
connus, sont des terricoles stricts. A. godfreyi, la seule forme africaine actuelle-
ment décrite, est terricole (R. LEGENDRE, 1966) tout comme la forme austra-
lienne : À. nodosa (R. R. ForsTER, 1956), sans oublier tous les genres affines
éo-zélandais et australiens : Pararchaea, Holarchaea, Zearchaea dont les
représentants ont été capturés soit dans l’humus, soit dans la mousse, soit dans
le tapis de feuilles mortes (R. R. Forster, 1955). Il y a une singularité qui fait
que les endémiques malgaches échappent au milieu endogé, prouvant
ainsi qu’ils ont accompli sur place une évolution propre qui n’a pas pu se
réaliser ailleurs. En admettant qu'au départ l'Afrique du Sud, Madagascar,
l’Australie et la Nouvelle-Zélande disposent d’un stock carchaeidien» commun,
sinon très proche, il faut rechercher dans la Paléoécologie et la Paléogéographie
de ces grandes Régions du globe les raisons qui ont permis aux formes malgaches
de s'affranchir du milieu terrestre. Malheureusement, les données actuellement
connues sont très faibles (R. FuroN, 1958, 1959). Géologiquement on peut
admettre que Madagascar était déjà une île au Crétacé (Campanien supérieur)
avec peut être une liaison africano-malgache à l'Oligocène. On sait que la fin
du Crétacé marque un épanouissement remarquable du monde des Hexapodes,
qui, fort vraisemblablement, a du entraîner une grande diversification de leurs
prédateurs (donc des Araignées), or précisément à cette époque Madagascar
s’isole des blocs continentaux voisins.
Quelles que soient les causes provoquant l'isolement de Madagascar, le
stock commun d’Archaeidae s’est trouvé scindé en plusieurs fragments, A. god-
freyi, représentant ce stock primitif, occupe l'Afrique du Sud et Madagascar (?).
Ce serait à partir de ce stock ancestral qu’auraient pu se diversifier les formes
plus récentes, entre autres, toutes les espèces endémiques malgaches, ainsi que
les formes australiennes et néo-zélandaises, alors que sur le continent africain
l'espèce n'évoluait pas.
Si nous admettons cette hypothèse ce serait done à partir d’une forme
endogée, terricole que dériveraient les espèces malgaches actuelles. Certains
arguments plaident en faveur d’une telle hypothèse, car l’on retrouve des
caractères biologiques d'animaux obseuricoles ou endogés dans l'éthologie des
endémiques malgaches ; nous en citerons quelques-uns :
— Ces Araïgnées ne construisent pas de véritable toile.
. (7) D'après R.R. Forster (1956) 4. hickmani d'Australie serait très proche d’ A. god-
freyi et pourrait très bien appartenir à ce stock ancestral commun,
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 45
— Elles conservent une démarche lente et précautionneuse, elles sont
manifestement plus tactiles que visuelles.
— Elles craignent la lumière.
— Elles recherchent l'humidité.
— Elles pondent un nombre très restreint d’œufs par cocon (6 à 16 œufs
chez À. vadoni).
— Elles conservent leur cocon avec elles lors de leurs déplacements (ce
comportement se retrouve chez les Ochyroceratidae terricoles africaines qui
portent leur cocon dans les chélicères, A. DE BArros MAGHADO, 1951).
On peut facilement reconnaître deux lignées d'Archaea malgaches, carac-
térisées par l'allongement relatif du cou ; une première lignée dite des grandes
Archaea (A. pauliani, A. workmani, À. gracilicollis) et une seconde lignée dite
des petites Archaea (A. jeanneli, A. bourgini, A. vadoni). En ce qui concerne
l'ornementation céphalique, ces deux lignées ont évolué d’une façon absolument
parallèle, on peut facilement reconnaître trois paires de doublets :
— À. pauliani, A. jeanneli : sans ornementation céphalique.
— À. workmani, A. bourgini : présentant 4 tubercules épineux crâniens.
— À. gracilicollis, A. vadoni : présentant 6 tubercules épineux crâniens.
La forme la plus archaïque est certainement celle qui se rapproche le plus
des Archaea terricoles malgaches c’est-à-dire d'A. godfreyi, dépourvue d'épine
crânienne ; c’est incontestablement le doublet A. pauliani, A. jeanneli qui remplit
le mieux cette condition; même au point de vue répartition A. pauliani (massif
de l’'Andohahelo, 1 800 m) bien qu’arbusticole, est restée très proche du biotope
d’origine : l’humus de forêt d'altitude qui est un milieu relativement frais. C’est
à partir de cette étape qu'il convient de rechercher les origines des deux autres
grandes Archaea: d'une part À. workmani, très plastique et qui occupe pratique-
ment tous les biotopes à part les plaines de l'Ouest où, en bordure de côte, elle
est sympatrique ou relayée par À. gracilicollis, plus sténotherme. Mème évolu-
tion pour les petites Archaea, le type le plus ancien À. jeanneli est le plus plas-
tique, allant de la Haute Forêt de l'Est jusqu’à la mer, alors que deux espèces
vicariantes A. bourgini (au-dessus de 1000 m) et A. vadoni (au-dessous de
1 000 m) occupent la même aire de répartition.
Plusieurs constatations méritent d’être faites :
— Les zones de peuplement à partir de 1 200 mètres sont le fief des grandes
espèces (A. pauliani, A. workmani), ceci est normal car les zones les plus
froides d’une aire de répartition sont toujours occupées par les animaux ayant
la plus grande taille (règle de BERGMANN).
— Les espèces les plus engagées dans l’évolution morphologique (ornemen-
tation céphalique à six épines crâniennes) sont les plus sténothermes et physiolo-
giquement les plus spécialisées, en fait A. gracilicollis et A. vadoni se localisent
aux zones les plus chaudes de l’aire de répartition du genre. La plus hyperté-
lique (À. gracilicollis) étant strictement limitée aux basses altitudes et aux zones
humides les plus chaudes de l’île.
Source : MNHN, Paris
46 ROLAND LEGENDRE
Le tableau ci-contre illustre schématiquement cette filiation évolutive :
A. gracilicollis A. vadoni
A. workmani A. bourgini
A. pauliani A. jeanneli
KR A. godfreyi x
En fait l'occupation de Madagascar par les Archaeidae arbusticoles seserait
complie à partie d'animaux d'altitude, habitués à un biotope relativement
frais qui, petit à petit, seraient descendus des hauteurs en se modifiant physiolo-
giquement et morphologiquement jusqu'à occuper leurs aires de répartitions
actuelles. Ce processus n’est certainement pas fini, la variabilité d’ A. workmani
(qui à elle seule mériterait un travail) le prouve : d’autres sous-espèces, d’autres
espèces sont encore actuellement en voie de formation.
Faudrait-il mieux parler alors de deux super-espèces, l’une renfermant le
groupe des grandes Archaea, l'autre celui des petites ? Nul ne le sait car le critère
de l’interfécondité n’a pas pu être démontré à l’intérieur de chaque lignée.
Autre problème important, d'ordre écologique celui-ci : quel est ou quels
sont les facteurs limitants qui ont empêché l’évolution arbusticole des stocks
ancestraux africains, australiens et néo-zélandais qui, logiquement, devaient
posséder cette possibilité dans leur patrimoine commun ?
Comme on le voit à cette étude, Madagascar reste toujours fidèle à son
originalité de peuplement.
Fc. 18. — Tentative d'explication de l'évolution phylétique des Archaea de Madagas
houettes sont toutes ramenées à la même taille) io
A. workmani (O.P. Cambridge) : 4, A. gracili
gini J. Millot; 7, A. vadoni 3. Millot
u r (les sil
, A. godjreyi J. Hewitt; ?, A. pauliani n. sp.; 3,
Ulis J. Millot; 5, A. jeanneli J. Millot; 6, À. bour-
%, 5, 6 et 7, d'après J. MizLor, 1968 4).
Source : MNHN, Paris
ARACHNIDES — ARAIGNÉES — ARCHAEIDAE 47
Source : MNHN, Paris
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50 ROLAND LEGENDRE
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PAULIANI n. sp., 21.
VaDont, 24.
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Source : MNHN, Paris
PLANCHES
Source : MNHN, Paris
1
Archaea godfreyi J
Hewitt, 1919 ; mâle récolté à Manja
Pr
tompo.
ANCHE I
Source : MNHN, Paris
{
BiBi
(MUSEUN)
PARIS
3. Archaea workmani (O.P.
mbridge, 1881); femelle porteuse de cocon. Le cocon (estimé
contenir une quinzaine d'œufs) est trainé par la mère qui le maintient constamment arrimé
à sa P III (femelle récoltée à Ampasy-Ivohibe).
Source : MNHN, Paris
PLANCHE III
1. Archaea pauliani n. sp.; femelle provenant du massif de l'Andohahelo.
Archaea vadoni J. Millot, 1948; femelle provenant de la région de Périnet
Source : MNHN, Paris
PLANCHE IV
6. Archaea jeanneli J. Millot, 1948; femelle provenant de la Mandraka,
GEc
MUSEUM]
7. Archaea gracilicollis J. Millot, 1948; femelle. mmature parasitée par un Ac
dessus de la hanche de la P III droite). Remarquer la zone blanchâtre du cou
col), caractéristique des individus immatures (gorges de la r mbolo).
Source : MNHN, Paris
N° 2680 - IMPRIMERIE KAPP & LAHURE - 10-70
Source : MNHI Paris
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| LA FAUNE DE MADAGASCAR
| gique. L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
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(Madagascar).
En vente à la librairie René Tomas
36, rue Geoffroy- Saint-Hilaire, Paris (5°),
et à la librairie de Madagascar,
avenue de l’Indépendance, Tananarive (Madagascar).
À Date de publication de ce volume : 30 octobre 1970,
l Fascicules publiés
Î Fr. malgaches Fr. français
r I. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.-C. Fraser, 1956. 1750 tr. 35 tr.
II. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidae, Acraeidae, par
J aie 10560 ee à ble 2000 eo
; III. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Vierre, 1956. . . . 1500. 30.
“ IV. — Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. BREUNING,
À 1057 RS TE ë MRC RON MR ER 3500 fr. 70 tr.
ÿ V. — Mantodea, par R. PAULIAN, 1957 . . . + . + . - - - 1500 fr. 30 fr.
f VI. — Coléoptères Anthicidae, par P. Bonaona, 1957 . . . 2000 fr. 40 fr.
VII. — Hémiptères Enicocephalidae, par A. ViLuiers, 1958. . 1500 fr. 30 fr.
f VIIL. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Griveaup, 1959. . . 2500 fr SO fr.
nn
IX. — Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. LAWRENCE, 1959. 1500 fr. 30 fr.
h
X. — Poissons des eaux douces, par J. ARNOULT, 1959. . . 3000 fr. GO fr.
XI. — Insectes. Coléoptères Scarabaeidae. Scarabaeina et
Onthophagini, par R. PAULIAN; Rene par
E. Lens, 1960 ne 2500 £r. 650 r.
XII. — Myriapodes Chilopodes, . Dr R.-F. LAWRENCE, 1960. 2500 fr. 50 fr.
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines, par
Re D'UN O0 Ne Eee 0000 00
XIV — Lepinontères Enpterotiohe et Attacidae, par P. GRIVEAUD,
Re ë en 2000 6 MO0ME
XV. — Aphaniptères, par le Dr Lumarer, 1962. . . . . . . 2500 fr. 50 fr.
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Fascicules publiés (suite)
Fr. malgaches Fr, français
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. CRosNiER, 1962. 2.500 fr. 50 fr.
XVII. — Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. GRivEAUD, 1964. 2.500 fr. 50 fr.
XVIII. — Crustacés. Décapodes Sue et CHRIS par
A. CROSNIER, 1965 . . . . es 2.500 tr. 50 fr.
XIX. — Insectes. Coléoptères Erotylidae, par H. Pnizipp, 1965. 1.750 fr. 35 fr.
XX (1). — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae (pa »
par P. VieTtE, 1965 . . . . . . 2.500 fr. 50 fr.
(2). — 14. Amphipyrinae (parl.) et Melickeptriinae, 1967. ... 3.500. 70.
XXI. — Octocoralliaires, par A. Tixter-DurivauLTr, 1966 . . . 3.500 fr. 70 fr.
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, ee GRJEBINE,
1060 re eo doi ne 1: 6.000 120 fr.
XXIII. — Insectes. Psocoptères, par A. BADONNEL, 1967. . . . . 3.500 fr. 70 tr.
XXIV. — Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P.E.S. WHALLEY,
NME CRD PR Te mo do OT 1.500 tr. 30 fr.
XXV. — Insectes. Hétéroptères Lygaeidae Blissinae, par
J-ASSLATER, 1967, 2er 4 6e, eee 1.500 fr. 30 fr.
XXVI. — Insectes, Orthoptères Acridoidea, par V. M. Dirsx et
MPDESCAMPS, 1968 "2 222 3,500 tr. 70 fr.
XXVII. — Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. PAULIAN et
PR: VIRLTE 10087 nee osfeie cab crdesec ei 3.000 fr. 60 fr.
XXVIII. — Insectes. Hémiptères HReduviidae (1* partie), par
ANECLIERS 1008 eee co 0 3.500 tr. 70 fr.
XXIX. — Insectes. Lépidoptères Notodontidae, parS. G. KIRIAKOFF,
LOGOS CET PSE PT EE NOT EU US 4.000 fr. 80 fr.
XXX. — Insectes. Dermaptères, par A. BriINDLE, 1969 . . . . . 2.000 fr. 40 fr.
XXXI. — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Plusiinae, par C. DuFAy
OO a nn 4.000 ir. 80 fr.
XXXII. — Arachnides. Araignées Archaeidae, par R. LEGENDRE,
LOTO NR EE, re PR DRE © Emo DR 2.500 fr. 50 fr.
IMPRIMERIE KAPP & LAHURE
| 92-Vanves
N° 2680 4° trimestre 1970
Source : MNHN, Paris .