FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices dt Gouvernement de la République Malgache
XXXIIT
REPTILES SAURIENS CHAMAELEONIDAE
Genre Chamaeleo
par
E.-R. BRYGOO
Institut Pasteur de Madagascar, Tananarive
O.R.S.T.O.M. CNRS.
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Recteur de l’Académie d’Amiens
(alors Directeur adjoint de l’I.R.S.M.) :
Comité de patronage
Son Excellence M. le Président de la République Malgache.
Son Excellence M. Calvin TsreBo, Vice-Président du Gouvernement,
Président du Comité national de la Recherche scientifique et technique.
Son Excellence M. J. RABEMANANJARA, Vice-Président du Gouvernement,
Ministre des Affaires étrangères.
Son Excellence M. le Dr Raxoro RATSIMAMANGA, Ambassadeur extra-
ordinaire et plénipotentiaire de la République Malgache en France, Paris. —
M. le Ministre de l'Éducation nationale, Tananarive. — M. le Président de
l’Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Université de Mada-
gascar, Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l'Université de Mada-
gascar, Tananarive. — M. le Directeur général du C.N.R.S., Paris. — M. le
Directeur général de l'O.R.S.T.O.M., Paris. — M. le Directeur du centre
O.R.S.T.O.M. (anciennement I.R.S.M.), Tananarive.
M. le Professeur Dr J. Mircor, membre de l'Institut, fondateur et ancien
directeur de l’LR.S.M., Paris. — M. le Professeur R. HEIm, membre de
l'Institut, Paris.
MM. les Professeurs A. S. BazAcnowsxy, membre de l’Institut, Paris;
A. CHABAUD, Paris ; C. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, Paris ; J. Gui8é, Paris;
P. Lena, Paris ; G. Perir, Paris ; J.-M. PÉRÈS, Marseille.
Comité de rédaction : M. R. PauLran, Président; MM. C. DELAMARE
DegsourrTevicce, P. DrACH, P. GRIVEAUD, A. GRJEBINE, J.-J. PETTER,
G. RAMANANTSOAVINA, P. RoEDERER, P. VIETTE (secrétaire).
Les volumes de la « Faune de Madagascar », honorés d’une sub-
vention de la République Malgache, sont publiés avec le concours financier
du Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Office de la Recher-
che Scientifique et Technique Outre-Mer.
— Source : MNHN. Paris
> Loi
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XXXIIL
REPTILES SAURIENS CHAMAELEONIDAE
Genre Chamaeleo
par
E.-R. BRYGOO
teur de Mad
le Muséum
Al LI LAN
Pari
LE GENRE CHAMAELEO
SOMMAIRE
INTRODUCTION ............................... presses
1. — La systématique des Caméléonidés .
1.1. — PLACE DES CAMÉLÉONIDÉS DANS LA SYSTÉMATIQUE .........
1.2. — Divisions DES CAMÉLÉONIDÉS
1.2.1. — Subdivision du genre Chamaeleo
1.2.2. — Subdivision du genre Brookesia ..
1.2.3. — Chamaeleo et Brookesia :........:......:........
1.3. — IMPORTANCE ACTUELLE DES CAMÉLÉONIDÉS ................
2. — Répartition géographique des Caméléonidés .............................
RÉPARTITION ACTUELLE
3. — Madagascar, sa faune et ses Reptiles ..................................
SL ER MILIEU eee ae are encor
3.2. — LA FAUNE DANS SON ENSEMBLE ..........................
8.3. — Les REPTILES DE MADAGASCAR ..........................
4. — Les Caméléonidés de Madagascar ......................................
41% — LA" DÉCOUVERTE: 2. ere else esse emeeoese
4.1.1. — Les Caméléons malgaches et les premiers navigateurs ;
le temps des amateurs ..…
4.1.2. — Intervention des systématiciens ..................
4.2. — LA SITUATION ACTUELLE
4.2.1. — Bilan ;
4.2.2. — Les groupes role ee ee UNE NP
4.2.3. — Répartition géographique des Caméléonidés de Mada-
gascar
4.2.4. — Fréquence relative des différentes espèces de Caméléo-
nidés de Madagascar ............................
4.2.5. — Les inconnues.
4.2.6. — Problèmes de sy
Source : MNHN, Paris
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11
11
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17
17
28
30
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E.-R. BRYGOO
4.3. — INTÉRÊT DES CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGASCAR......-....... 31
4.3.1. — Apport de Madagascar à la connaissance des Caméléo-
nidés ........... RE AO OLE COLE OO UCI 31
4.3.2. — L’endémisme des Caméléonidés de Madagascar root
4.3.3. — Origine géographique des Caméléons. 37
Etude monographique des espèces du genre Chamaeleo ................ 39
5.1. — CAMÉLÉONS DE MADAGASCAR . 39
5.2. — AUTRES CAMÉLÉONS SIGNALÉS DE MADAGASCAR ............ 276
5.3. — CAMÉLÉONS DES COMORES .......................+:...... 282
Clefs des espèces du genre Ghamaeleo à Madagascar ................... 291
6.1. — CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS ........-.-... Do dut à 291
6.2. — CLEF GÉNÉRALE 297
6.3. — CLEr POUR LES CAMÉLÉONS MÂLES ADULTES ............... 302
Bibliographie. 305
Annexes 315
8.1. — LisTE DES CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGASCAR ........... 6507 315
8.2. — INDEX ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'ESPÈCES ET SOUS-ESPÈCES
DE CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGASCAR (GENRES Chamaeleo ET
Brookesia)
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 3
INTRODUCTION
Parmi les éléments de la faune et de la flore qui font de Madagascar le
paradis des Naturalistes, les Caméléons tiennent une place de choix.
Les espèces y sont plus nombreuses que partout ailleurs puisque sur une
aire géographique limitée se rencontrent 30 des 74 espèces de Chamaeleo
et 15 sur 22 des Brookesia (1).
Mais, cette abondance de formes variées ne se révèle que lentement à
l’observateur. Beaucoup restent encore à observer et à décrire. Il s’agit non
seulement de compléter des descriptions anciennes mais aussi de découvrir
des espèces nouvelles. Chaque région isolée de Madagascar recèle des trésors
faunistiques et floristiques : Chamaeleo et Brookesia en font partie. Il est donc
certainement trop tôt pour donner une faune qui se prétendrait complète des
Caméléonidés de Madagascar mais il n’est peut-être pas sans intérêt de faire
le point des connaissances actuelles.
Ce travail vise à recenser et à décrire les différentes espèces de Caméléonidés
de la Grande Ile et, dans un premier volume, celles du genre Chamaeleo. Il
intervient plus de 25 ans après la révision de F. AnGeL (1942) sur « Les Lézards
de Madagascar ». Depuis cette date seule l'étude dé D. Hirzenrus (1959) s’in-
téressa à l’ensemble des Caméléons malgaches. Malheureusement, cet auteur
ne disposait que d’un matériel restreint provenant de collections.
Un tel travail n’aurait jamais été mené à terme sans l’assistance de nom-
breux concours. Nous exprimons d’abord nos très vifs remerciements à
M. le Professeur J. GUIBÉ qui nous encouragea à l’entreprendre ; sans son
appui et ses conseils il n'aurait pas vu le jour. Des remerciements tout parti-
culiers vont au collaborateur avec lequel nous avons décrit les espèces nouvelles
de Caméléonidés malgaches et qui réalisa la majeure partie de la documentation
photographique nécessaire à la préparation de l’iconographie : Charles A.
DomerGue. C’est au talent d'Ernest RANDRIANANTOANINA que nous devons
les nombreux dessins au trait, relevés sur photographies, qui illustrent le
travail.
Enfin, cette monographie n'aurait pu être réalisée sans la collaboration
active de tous ceux qui acceptèrent de se faire les collecteurs bénévoles de
matériel, qu'il s'agisse de forestiers, de médecins, de membres du corps ensei-
gnant, de chercheurs de l’O.R.S.T.O.M. ou de simples amateurs. Nous leur
(1) Chiffres retenus à la date du 30 novembre 1969.
Source : MNHN, Paris
4 E.-R. BRYGOO
devons la plus grande partie de nos récoltes intéressantes. Nous ne pouvons
tous les citer mais il convient de mentionner plus particulièrement : le regretté
Jean Vapon, MM. R. AzmiGnac, Jean-Marie Berscn, Charles-P. BLANC,
Robert BourGaT, Jean Brunes, René CapuroN, Maurice DEBRAY, Paul
GriveauD, Roland LeGENDRE, Pierre MonsarraT, Jean-Jacques PETTER,
André Pevrieras, Yves THerezieN, Jean Tniez, Mme S. VUILLEMIN.
Grâce à cette coopération particulièrement efficace nous avons pu, en
14 ans, réunir et examiner personnellement un très abondant matériel constitué
par de nouvelles récoltes de plus de 87% des formes des Caméléons de
Madagascar.
Dans le genre Chamaeleo, nous avons en effet examiné au moins un spé-
cimen nouveau de 55 des 63 représentants des deux sexes actuellement connus
(30 espèces et 5 sous-espèces, donc 70 représentants théoriques mais seul l’un
des sexes est connu pour C. angeli, C. belalandaensis, C. brevicornis tsarafidyi,
C. furcifer, C. guibei, C. monoceras, C. tsaratananensis). Nous n’avons pas eu
à examiner de nouveaux spécimens des espèces C. furcifer, C. quibei, C. linotus,
C. monoceras, ni de mâle de C. minor ni de femelles des espèces C. fallax et
C. gallus.
L'étude de la riche collection du Muséum national d'Histoire naturelle,
à Paris, nous a permis de contrôler nos identifications et d'examiner un certain
nombre de spécimens que nous n’avions pas eu la chance de récolter.
Source : MNHN, Paris |
LE GENRE CHAMAELEO 5
1. — LA SYSTÉMATIQUE DES CAMÉLÉONIDÉS
1.1. — PLAGE DES CAMÉLÉONIDÉS DANS LA SYSTÉMATIQUE
L'une des dernières classifications générales proposées, celle de P.-P.
Grassé et C. Devizcers (1965), fait des Caméléonidés l’une des 3 super-
familles de l’Infra-ordre des Sauriens (ou Lézards), de l’Ordre des Squamates,
de la Sous-classe des Diapsidés, de la Classe des Reptiles : la Superfamille des
Caméléontoiïdés.
Les deux autres Superfamilles de l’Infra-ordre sont les Geckonoïdés et
les Iguanoïdés (Iguanidés et Agamidés).
1.2. — Division DES CAMÉLÉONIDÉS
Si les nécessités de la systématique conduisent à élever l’ensemble qui
regroupe les Caméléonidés au rang de superfamille, ils n’en forment pas moins
un groupe très homogène où les spécialistes modernes (R. MerTEns, 1966) ne
reconnaissent plus que deux genres : Chamaeleo Laurenti, 1768 (2), et Brookesia
Gray, 1864.
La différenciation entre les genres Chamaeleo et Brookesia se base sur la
forme et l’utilisation de la queue, la structure des soles plantaires et des
griffes :
— les Chamaeleo ont une queue préhensile habituellement aussi longue
ou plus longue que le corps, des soles lisses, des griffes simples ;
— les Brookesia une queue non préhensile, toujours plus courte que le
corps, des soles lisses ou épineuses, des griffes simples ou bicuspides.
Ce regroupement en deux genres n’a pas été admis d'emblée.
1.2.1. — Subdi
Pour classer en trois groupes les différentes espèces, J. E. Gray, en 1831,
utilisait la présence ou l’absence de crêtes sur le dos, la gorge, le ventre et la
queue. Mais il s'agissait encore d’un seul genre.
on du genre Chamaeleo
Différentes tentatives essayèrent de faire éclater le genre Chamaeleo.
Ce fut d’abord celle de W. Swainson (1839) créant deux genres : Diceros
et Trioceros.
Ce fut ensuite celle de L. FirzINGER (1843) répartissant les espèces en
deux genres : Bradypodion et Chamaeleon, avec pour ce dernier trois sous-
genres Chamaeleon, Furcifer et Triceras.
(2) Alors que le nom de genre Chamaeleon proposé par Gronovius en 1763 est rejeté, celui
de Chamaeleo, créé par LaurenTI en 1768, est retenu (Opinion 89).
Source : MNHN, Paris
6 E.-R. BRYGOO
J.E. Gray, en 1865, aboutissait à une véritable poussière de genres puis-
qu’il n’en créait pas moins de quinze nouveaux : Apola, Archaius, Calumma,
Calyptrosaura, Crassonola, Cyneosaura, Dicranosaura, Dilepis, Ensirostris,
Erizia, Lophosaura, Microsaura, Phumanola, Pterosaurus et Sauroceras.
En 1880, L. VarzcanT et A. GRANDIDIER (p. 149) écrivaient : «.. ces
divisions, données comme génériques par M. Gray, ne peuvent être admises
à ce titre et doivent tout au plus être employées à titre de subdivisions com-
modes pour le groupement des espèces ».
Cependant, en note, L. VAILLANT indiquait : «Pour la commodité des
descriptions, j'ai proposé, dans le cours de cette année, au Muséum, de désigner,
par des termes spéciaux les sections admises par Gray et que ce naturaliste
se borne à indiquer par les lettres A. B. C. D. Voici comment on pourrait
caractériser ces groupes dans le genre Chamaeleo.
(Simple ue Sect. A Chamaeleones
simple, bord sourciller } — avec un prolongement anguleux
$ antéro-supérieur ................ Sect. B Superciliares
Z à
avec une { — couvertes de gaines cornées. Sect. C Leiocerati
ou deux proéminences { — revêtues d’écailles tuberculeuses Sect. D Trachycerati
En 1932 J. Power, puis en 1943 V. Frrzsimons, proposèrent l'un et l’autre
d'élever au rang de genre un groupe de Caméléons sud-africains dont le plus
connu est C. pumilus ; le premier utilisait comme nom Lophosaura, le second
Microsaura, mais, ainsi que le fit remarquer A. Lover en 1957, aucun
de ces deux noms ne peut convenir et s’il fallait élever l'espèce C. pumilus
au rang de genre il faudrait prendre celui de Bradypodion Fitzinger (Brady-
podium Gray) puisque L. FirziNGER avait désigné C. pumilus comme espèce
type de son genre.
Le dernier essai est sans doute celui d’A. LovERIDGE proposant un genre
Bicuspis pour une espèce placée jusque-là parmi les Rhampholeon et depuis
dans le genre Chamaeleo: C. marshalli (G. A. Boulenger, 1906). L'année sui-
vante A. LoveripGE lui-même plaçait Bicuspis dans la synonymie de
Chamaeleo.
Aucune des tentatives de division du genre n’a donc été finalement accep-
tée et les espèces sont restées groupées dans le seul genre Chamaeleo.
1.2.2. — Subdivision du genre Brookesia
Après la création par J. E. Gray en 1865, du genre Brookesia pour y placer
l'espèce Chamaeleon superciliaris Kuhl, 1820, et celle, en 1874, du genre Rham-
pholeon par À. GünrnEer pour Chamaeleo spectrum Buchholz, 1874, les auteurs
hésitèrent souvent lorsqu'il s'agissait d'attribuer à l’un ou à l’autre genre les
petites espèces de Caméléonidés à queue courte.
En 1933, F. ANGEL créa le genre Leandria pour la nouvelle espèce L. per-
armata, l'année même où A. LovERIDGE proposait de réunir dans le genre
Brookesia toutes les espèces classées antérieurement dans le genre Rhampholeon.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 7
En 1942, F. ANGEL admettait la mise en synonymie de Rhampholeon
avec Brookesia mais estimait nécessaire de séparer les espèces ainsi regroupées
en deux genres :
— Brookesia (sensu stricto), caractérisé par la présence d’épines osseuses
dirigées transversalement, faisant saillie de chaque côté de la région verté-
brale et
— Evoluticauda pour les petites espèces brachyures, sans épines para-
vertébrales ; ces deux genres appartenant même à deux sous-familles diffé-
rentes, celle des Brookésinés (Brookesia et Leandria) et celle des Caméléonidés
(Chamaeleo et Evoluticauda).
F. ANGEL ne fut pas suivi et A. LoverinGe, en 1959, plaça Evoluticauda
dans la synonymie de Brookesia (ignorant, ou laissant de côté, le genre Leandria)
tandis que R. MErTENS, en 1966, considère les Leandria et Evoluticauda comme
des Brookesia. Cependant, G. F. DE Wirre (1965) conserve le genre Rham-
pholeon.
1.2.3. — Chamaeleo ef Brookesia
Il n’est pas de notre intention, sur le seul examen du matériel malgache,
de proposer une nouvelle définition des genres Chamaeleo et Brookesia. Dans
cette faune insulaire le diagnostic n'offre pas de difficulté et, jusqu’à présent,
aucune espèce ne peut être considérée comme intermédiaire. Cependant il
est probable que si l’on cherchait à établir des caractères anatomiques simples,
permettant une différenciation immédiate, on serait embarrassé pour les
trouver.
J1 semble que le caractère le plus constant soit chez les Brookesia la pré-
sence d’épines latéro-vertébrales qui, même si elles sont parfois peu distinctes
chez les plus petites espèces, n’en existent semble-t-il cependant pas moins,
à l’état d’ébauche.
S'il est bien exact que les Brookesia ont tous une queue relativement
moins importante que celle des Chamaeleo, on ne peut faire un critère absolu
du caractère queue préhensile et queue non préhensile. Il nous a en effet été
donné d'observer des Brookesia superciliaris utilisant leur queue pour se fixer
à une branche. Il arrivait parfois, qu’en raison vraisemblablement d’un manque
de force de l'organe caudal, l’animal fermait la boucle en agrippant l'extrémité
de la queue avec un de ses membres postérieurs.
Un caractère anatomique dont la signification reste à vérifier est la colo-
ration des testicules. Au cours des nombreuses autopsies que nous avons eu
l’occasion de pratiquer, les testicules des espèces du genre Chamaeleo se sont
toujours montrés fortement pigmentés en noir alors que ceux des Brookesia,
apparemment sans pigmentation, apparaissent jaunes.
Autre caractère, nous avons fréquemment observé, à l’occasion de mani-
pulation de Brookesia, que ceux-ci pouvaient émettre une certaine vibration,
perceptible au toucher mais pratiquement inaudible. Cette vibration n’a
jamais été constatée avec des Chamaeleo. L'émission de cette vibration a été
observée pour les espèces B. superciliaris, B. thieli et B. vadoni.
Source : MNHN, Paris
8 E.-R. BRYGOO
1.3. — IMPORTANCE ACTUELLE DES CAMÉLÉONIDÉS
La révision de R. MErTENS (1966), intervenant après celles de D. HiLLE-
nius (1959-1963) et de G. F. DE Wire (1965), permettait une évaluation du
nombre des formes actuellement reconnues comme valides : 85 espèces de
Caméléonidés : 69 de Chamaeleo et 16 de Brookesia.
Si l’on considérait non plus les espèces mais l’ensemble «espèces + sous-
espèces » on arrivait à un total de 133 formes : 113 Chamaeleo et 20 Brookesia.
A la-suite des modifications que nous avons été amené à apporter, avec
Ch.-A. DomERGUE, à la taxonomie des Caméléonidés de Madagascar depuis
1966 (cf. 4.2.1.) le nombre total de leurs espèces a été porté à 96 : 74 de Cha-
maeleo et 22 de Brookesia, et le nombre des formes à 147 : 121 Chamaeleo et
26 Brookesia.
Source : MNHN, Paris |
LE GENRE CHAMAELEO 9
2. — RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES CAMÉLÉONIDÉS
La remarquable répartition géographique des représentants de la famille
des Caméléonidés avait frappé les premiers auteurs tout autant que le rôle
particulier joué par Madagascar en ce domaine.
En 1836, A. Dumériz et G. Bisron pouvaient écrire (p. 195) : « L'Afrique
paraît être la patrie principale des Reptiles de cette famille, car les quatorze
espèces de Caméléons que nous reconnaissons aujourd’hui habitent toutes le
continent de cette partie du monde ou les îles qui en dépendent. Cependant
trois espèces ne lui sont pas exclusivement affectées, attendu qu'on les trouve
aussi, l’une ou le Caméléon bilobé, en Géorgie, la seconde, ou le Caméléon
vulgaire, dans le midi de l’Europe ; et la troisième, qui est celle à nez fourchu,
dans ce dernier pays et en Australasie. » (?).
Répartition actuelle (carte 1). — L’aire de répartition des Caméléonidés est
aujourd’hui bien délimitée. Celle du genre Chamaeleo englobe et déborde lar-
gement celle du genre Brookesia mais, pour l’un et l’autre genre, Madagascar,
avec une superficie restreinte, apparaît bien comme la terre d'élection.
Sur un total de 96 espèces, Madagascar, sans les Comores, a 45 espèces
de Caméléonidés, 30 de Chamaeleo sur 74 et 15 de Brookesia sur 22, soit, sur
une zone extraordinairement restreinte de leur aire de répartition, respecti-
vement 40 et 68% des espèces de chaque genre.
Au niveau des formes (espèces + sous-espèces), sur un total de 147, 50
habitent Madagascar : 35 sur 121 du genre Chamaeleo, 15 sur 26 du genre
Brookesia.
TABLEAU 1. — FAMILLE DES CAMÉLÉONIDÉS
(selon R. Merrens (1966) pour les espèces en dehors de Madagascar)
En dehors de Madagascar A Madagascar (*) Total
Sous- Total Sous- Total Sous- Total
Espèces espèces des formes Espèces espèces des formes Espèces espèces des formes
Genre Chamaeleo
44 42 86 30 5 35 7A 47 121
Genre Brookesia
7 4 11 15 0 15 22 4 26
Total
51 46 97 45 5 50 96 51 147
(3) On sait aujourd’hui que le Caméléon à nez fourchu n’a jamais été rencontré ni en Europe
ni en Australasie.
€) Non comprises les deux espèces des Iles Comores.
Source : MNHN, Paris
10 E.-R. BRYGOO
genre Chamaeleo
genre Brookesia
1500 km
Carte 1, répartition mondiale des espèces des genres Chamaeleo et Brookesia.
Limites des aires de répartition : du genre Chamaeleo et des Caméléonidés, en trait plein,
du genre Brookesia, en pointillé. Le nombre d'espèces décrites dans le secteur considéré est indiqué
par un chiffre arabe pour les Chamaeleo, par un chifre romain pour les Brookesia (en partie d’après
D. Hizcenius, 1959).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 11
3. — MADAGASCAR, SA FAUNE ET SES REPTILES
3.1. — LE MILIEU
La remarquable variété du milieu physique se résume en trois points :
— variété des sols : éruptifs, volcaniques, calcaires, marneux, gréseux,
latéritiques ;
— étirement en longueur dans le sens Nord-Sud, écart correspondant à
celui qui sépare la Norvège de la Méditerranée ;
— existence d’un relief marqué : plaines côtières, série de plateaux, massifs
montagneux dépassant 2 500 m.
Aussi, sur une superficie inférieure à 600 000 km? se trouvent voisiner
une extraordinaire gamme de climats (carte 2) et les végétations qui en
dépendent (carte 3).
Les régions Est, chaudes et humides, à climat maritime, ont de grandes
forêts à feuilles persistantes. On peut y distinguer trois secteurs : Nord-Est,
Est et Sud-Est. Le Nord-Est est plus chaud, le Sud-Est moins pluvieux que
les deux autres secteurs.
La région du Nord-Ouest a un climat de mousson typique, avec une saison
sèche bien marquée et de fortes précipitations en été. L’amplitude thermique
est faible (3,59 C à Majunga) et la température moyenne forte.
La région de l'Ouest a de fortes variations saisonnières, une végétation
xérophile. Son aspect africain est accentué par de nombreux baobabs. Les
arbres sont généralement à feuilles caduques et luttent contre la sécheresse.
Les régions Sud-Ouest et Sud voient se dégrader progressivement la plu-
viosité par ralentissement rapide de l'effet de la mousson. La température
est élevée, l'amplitude thermique assez forte et l’on a un climat de type « séné-
galien » qui, dans l'extrême Sud-Ouest, tend même vers un climat « désertique
océanique » semblable à celui de la côte orientale de l'Afrique du Sud, mais
tempéré par l'absence d’un courant maritime froid. Dans la région la plus
sèche apparaît le faciès végétal si particulier que constitue le « bush à Didierea ».
La région du Centre se caractérise par une saison sèche bien marquée,
une amplitude thermique assez forte (6,70 C à Tananarive) et une température
modérée par l'altitude. C’est là un type climatique proche du type mexicain
ou même du type abyssin, car l'influence de la mousson y est plus nette.
3.2. — LA FAUNE DANS SON ENSEMBLE
Notre propos n’est de discuter ni de l’origine de la faune malgache ni
des différentes hypothèses sur le peuplement. Nous rappellerons seulement que
cette faune se singularise par trois caractères : elle est archaïque, endémique,
déséquilibrée.
Source : MNHN, Paris
E.-R. BRYGOO
Carte 2, climats de Madagascar (d’après J. Riqurer in J. Henvieu, 1967).
Régions
1 et 1bis : Est et Sambirano
2 et 2bis : région centrale
(orient. et occid.)
3 et 3bis : Ouest, Nord, Nord-Ouest
À : Sud-Ouest
5 : altitude
Humidité
: perhumide
? humide A! : mégathermique
subhumide B’: mésothermique
semiaride
aride
Zindice global d'humidité.
Température
Savoy
an
Source : MNHN, Paris
we
LE GENRE CHAMAELEO
13
Carte 3, types de végétation (d’après J. Bossen in J. Henvieu, 1967).
: forêt dense ombrophile
— — tropophile
— dégradée et savoka
: formations xérophiles
pseudo-steppe
RN
de l'Est
du Centre
des pentes occidentales
de l’Ouest-Nord
de l'Ouest-Sud
du Sud-Ouest
des Hautes montagnes
Source : MNHN, Paris
14 E.-R. BRYGOO
L’archaïsme de la faune malgache est particulièrement net chez les Mam-
mifères, mais ce caractère se retrouve dans bien d’autres groupes et notamment
chez les Reptiles.
L'endémisme est considérable, quel que soit le groupe étudié. Seule
l'Australie est de ce point de vue supérieure à Madagascar.
L'absence de groupes entiers d'animaux a, dès le début, frappé les natu-
ralistes. Mais, en compensation de ces lacunes, certains types d'animaux sont
représentés par un nombre d'espèces surprenant pour un territoire de dimen-
sions aussi restreintes. Les Caméléonidés en sont une bonne illustration.
3.3. — Les RePrices DE MADAGASCAR
Nous n’aborderons pas le problème des formes fossiles, pour brosser un
rapide tableau de la situation actuelle des Reptiles de Madagascar dans leur
ensemble. Dans l'Ordre des Squamates, les Amphisbéniens ne sont pas
représentés.
a) OPxipiens. — Chez les Ophidiens on observe une endémicité presque
totale. Seuls deux genres (Typhlops et Geodipsas) sur 23 sont représentés en
dehors de la région malgache, soit un taux d’endémicité de plus de 90%. Un
autre caractère est l'absence de toute forme appartenant au groupe des Serpents
venimeux spécialisés : protéroglyphes et solénoglyphes. Ces formes, les plus
évoluées, sont d'apparition récente et sont richement représentées en Asie
et en Afrique.
b) SAURIENS. — Les Lacertidés, les Varanidés et les Agamidés (5)
manquent entièrement. En dehors des Caméléonidés que nous étudierons dans
les chapitres suivants, cinq familles sont représentées avec des importances
fort inégales.
Gekkonidés. — Quatorze genres de Gekkonidés sont connus à Madagascar :
1. Trois sont des genres à répartition mondiale. Les deux premiers,
Gehyra Gray, 1834, et Hemidactylus Cuvier, 1817, ne sont représentés que
par des espèces cosmopolites : G. mulilata, H. mabuia et H. frenatus. Le troi-
sième genre, Phyllodactylus Gray, 1830, est beaucoup plus diversifié dans l’île.
On lui connaît en effet neuf espèces. Huit sont endémiques et la neuvième,
Ph. porphyreus, est une espèce africaine dont l'existence à Madagascar n’est
pas démontrée avec toute la précision souhaitable.
2. Un genre, le genre Phelsuma Gray, 1825, voit ses 21 espèces se
répartir dans tout l'Océan Indien, de la côte orientale d'Afrique aux Iles
Andaman. Douze espèces sont présentes à Madagascar ; huit sont endémiques,
les quatre autres sont communes à Madagascar et à diverses îles de l'Océan
Indien.
(5) Un Agamidé, par contre, est connu de La Réunion : Calotes versicolor (Daudin), espèce
asiatique.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 15
3. Deux genres partagent leurs espèces entre Madagascar et l'Afrique :
_—le genre Homopholis C. A. Boulenger, 1885, ne comprend que deux
espèces, l’une africaine, l’autre malgache ;
—Je genre Lygodactylus Gray, 1864, possède une trentaine d'espèces
africaines ou malgaches ; les dix malgaches sont endémiques.
4. Le genre Aelyronyx Fitzinger, 1843, ne comprend que deux espèces,
l’une des Séchelles, l'autre de Madagascar.
5. Deux genres ont leur aire de répartition limitée à Madagascar et
aux Comores, ce sont le genre monospécifique Ebenavia Boettger, 1878, et le
genre Geckolepis A. Grandidier, 1867, dont quatre espèces sont endémiques
pour Madagascar et la cinquième commune à Madagascar et aux Comores.
6. Quatre genres enfin sont endémiques à Madagascar. Les deux genres
monospécifiques Blaesodaciylus Boettger, 1892, et Paragehyra F. Angel, 1929,
le genre Microscalabotes Boulenger, 1883, avec deux espèces, le genre Uroplatus
Duméril, 1805, avec six espèces.
En ce qui concerne le genre Uroplatus, il présente des caractères si parti-
euliers que les auteurs ne s'accordent pas sur la place qu'il convient de lui
donner dans la systématique. F. AnGEr, en 1929, le place dans une sous-
famille spéciale des Gekkonidés.
Iguanidés. — La présence de représentants de la famille des Iguanidés
à Madagascar est une des curiosités faunistiques les plus remarquables. Plus
de 50 genres appartiennent à cette famille mais tous, sauf trois, sont américains.
L'un se trouve dans le Pacifique Sud, Iles Friendly et Fidji, les deux autres
sont à Madagascar. Le genre monospécifique Chalarodon Peters, 1854, est endé-
mique. Le genre Oplurus Fitzinger, 1843, est représenté par six espèces dont
cinq sont endémiques, la sixième est commune à Madagascar et aux Comores.
Gerrhosauridés. — Les cinq genres de Gerrhosauridés se répartissent entre
l'Afrique et Madagascar. Les deux genres présents à Madagascar n'ont pas de
représentants africains.
Le genre Tracheloptychus Peters, 1854, est endémique, il a deux espèces.
Le genre Zonosaurus Boulenger, 1887, a dix espèces dont une est commune
à Madagascar et aux Iles Glorieuses, les neuf autres sont endémiques.
Scincidés. — La famille des Scincidés est représentée à Madagascar par
dix genres. Deux de ces genres, Mabuya Rafinesque, 1815, et Ablepharus
Fitzinger (in LicnrensreIN, 1823), ont des espèces réparties dans le monde
entier. Cependant, les sept espèces du genre Mabuya sont endémiques. L'unique
espèce du genre A blepharus [A. boutonii (Desjardin)] a, par contre, une large
répartition qui va de l'Afrique à l'Océanie, au moins par ses variétés.
Deux genres se partagent entre l’Afrique et Madagascar. Le genre Scelotes
Fitzinger, 1826, a, à lui seul, 23 espèces endémiques. Le genre Acontias Cuvier,
1829, n’en a que deux.
2
Source : MNHN, Paris
16 E.-R. BRYGOO
Les six autres genres de la famille des Scincidés sont endémiques. Ce sont
les trois genres monospécifiques Cryploscincus Mocquard, 1906, Voeltzkowia
Boettger, 1893, et Pseudacontias Barboza du Bocage, 1889, le genre Pygomeles
A. Grandidier, 1867, avec deux espèces, le genre Paracontias Mocquard, 1894,
avec trois espèces, et, enfin, le genre Grandidierina Mocquard, 1894, avec
quatre espèces.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 17
4. — LES CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGASCAR
4.1. — LA DÉCOUVERTE
4.1.1. — Les Caméléons malgaches el les premiers navigateurs ;
le temps des amateurs
La «liste chronologique des Caméléonographes » donnée en 1836 par
A. Dumériz et G. Bigron, fort incomplète, ne commence qu’en 1628 avec
John Faser. Mais un siècle plus tard, F. ANGEL (1942) n’est guère plus précis
puisque selon cet auteur il aurait fallu attendre 1658 pour trouver dans «l’His-
toire de la grande Ile de Madagascar » du Sieur Etienne de FLACOURT, la pre-
mière mention d’un Reptile avec celle d’un Lézard arboricole, le Famocantratra
dont Scuneiper, en 1797, devait faire le Sellio fimbriatus (— Uroplatus
fimbriatus), V'Uroplate, le Gecko à large queue, une des curiosités de la faune
herpétologique malgache. Nous avons déjà, en 1963, relevé ce qu'avait d’inexact
cette affirmation de F. ANGEL.
Dans le tome I de la « Collection des Ouvrages anciens concernant Mada-
gascar », d'A. et G. GRANDIDIER, plusieurs passages se rapportent aux Camé-
léons et deux gravures représentent ces Reptiles.
C’est d’abord une gravure reproduite de l'Histoire de la Navigation hollan-
daise aux Indes orientales en 1595 : à côté de Malgaches de la baie d’Antongil,
un Caméléon est reconnaissable sur le sol. Un commentaire de W. LoDEwWIICKSZ
l’accompagne.
« J'ai vu ici des Caméléons et, combien qu’on dit en notre pays qu'ils ne mangent pas, si
ai-je toutefois vu que de leur langue ils piquent les mouches, les attirent et les mangent. »
Dans la relation de John Davis, pilote à bord du « Middleburg », vaisseau
hollandais, qui toucha la baie de Saint-Augustin en 1598, on lit la mention :
«Les Caméléons y abondent ».
Nous trouvons ensuite, dans un récit du premier voyage fait par les
Français aux Indes : «Relâche de François MARTIN DE Vitré à la baie de
Saint-Augustin en 1602 », la description suivante :
« Nous avons trouvé à Madagascar une grande quantité de Caméléons de la longueur d’un
pied et demi ; ils ont leurs jambes assez hautes, le dos écaillé jusqu’au bout de la queue et comme
un casque sur la tête, la peau des flancs et du ventre est flasque et molle. Cet animal est fort craintif
et, étant pris, marche fort lentement. Plusieurs disent qu’il vit de vent, ce que nous avons reconnu
être faux ; car ils montent sur les arbres et les plantes où ils mangent des mouches et d’autres
petites bêtes, qu'ils prennent fort subtilement avec leur langue qui est comme un dard. Pour en
faire l'expérience, j'en ai mis un dans une cage exposée à l'air ; il mourut en trois jours et, au
contraire, d’autres que j'avais attachés sur des plantes, vivaient de bestioles. Ils changent de
couleur lorsqu'on approche d'eux quelque chose, à cause de la ténuité et de la transparence de
leur peau, et aussi pour leur grande timidité ; quand on les trouve sur l'herbe, ils sont parfaitement
verts et, se voyant pris, ils deviennent blancs et noirs ; ils ont les yeux fort petits, la prunelle de
l'œil n'étant pas plus grosse qu’une tête d’épingle et étant au milieu d’une petite boule grosse
comme un pois, laquelle se meut toujours : jamais ils ne ferment les yeux. »
Source : MNHN, Paris
18 E.-R. BRYGOO
En 1602 également, Pyrarp de Lavaz décrit ce qu’il a observé dans la
baie de Saint-Augustin : « On voit un bon nombre de Caméléons, de gros
Lézards… ».
C’est encore dans la baie de Saint-Augustin que William Fincx fait des
observations en 1608 :
«Les Lézards et les Caméléons abondent. Ceux-ci répondent fort bien à la description qu’en
a donnée Pline, mais il n’est vrai qu’ils vivent d’air pur, sans prendre aucune autre nourriture, car,
en ayant gardé un à bord pendant une seule journée, nous l'avons parfaitement vu attraper des
mouches d’une manière étrange. Quand il en apercevait une posée près de lui, il lançait soudain
avec la rapidité d’une flèche quelque chose hors de sa bouche, peut-être sa langue, ce qui était
du reste fort dégoûtant à voir, et il l’attrapait et l’avalait ; le tout était fait si vivement que l’œil
avait de la peine à suivre les diverses phases de son repas. »
C’est ensuite les observations de J. MEG&IsTEer publiées en 1609. Celui-ci,
dans le chapitre consacré aux animaux, à côté d’un certain nombre de pseudo-
témoignages fantaisistes, écrit :
«L'animal appelé Caméléon est commun à Madagascar ; il est grand comme un Lézard et
sa longueur, de la tête au commencement de la queue, est de sept à huit grosseurs de doigt ; sa
peau est rugueuse et change plusieurs fois de couleur pendant qu’on le regarde. Il ne fait pas de
mal aux hommes et il ne mange ni ne boit quoi que ce soit, vivant exclusivement d'air et de rosée. »
Ce texte est accompagné d’une gravure présentant un Caméléon et une
Salamandre. Le Caméléon est reconnaissable, mais il est inutile d’essayer
d'identifier une espèce particulière car la valeur du témoignage peut être
légitimement mise en doute puisque la Salamandre qui figure à côté est une
invention de l’auteur, cet animal étant inconnu à Madagascar.
En août 1638, Peter Munpy observa et décrivit un Caméléon de la Baie
de St-Augustin (5).
Ces différentes citations montrent que, dès le début, les Caméléons appa-
rurent aux voyageurs comme un des éléments remarquables de la faune mal-
gache. Il serait certainement possible de trouver de nombreux autres textes
du même ordre pour le xvrrre siècle.
A partir de 1800, les explorateurs et les voyageurs vont enrichir les
collections des musées européens.
4.1.2. — Intervention des systématiciens
La première apparition d’un Caméléon de Madagascar dans une publica-
tion scientifique considérée comme « moderne » est, semble-t-il, due à la plume
de J. Parsons qui, en 1768 (*), décrivit sommairement l’espèce que G. Cuvier
devait lui dédier en 1824.
(6) Moær (Louis) et SauvaGe (Anne), 1968. — Les voyages de Peter Munpy au xvrr® siècle
(Bull. Madagascar, n° 264, pp. 413-457
) La première désignation binominale d’un Caméléon, Lacerla chamaeleon par LINNÉ
en 1758, ne datait donc que de 10 ans.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 19
En 1800, A. BRONGNIART décrivait, avec une indication d’origine erronée,
en le confondant avec celui observé par J. Parsons, le Caméléon fourchu :
C. bifidus.
En 1803, F.-M. DauDin dans son « Histoire naturelle générale et particulière
des Reptiles », au chapitre des Caméléons, ne reconnaissait encore que 4 espèces,
les 3 premières se subdivisant en 7 variétés. Seul le Caméléon à nez fourchu de
l'Inde (C. bifidus) correspond à une espèce malgache encore qu’alors son
origine géographique exacte n’était pas connue.
En 1820, B. MerReM ne retient que 6 espèces, dont aucune de Madagascar ;
il est vrai qu’il confond, après A. BRoNGNIART, sous le nom de C. bifidus, dont
l'habitat géographique naturel n’est pas encore reconnu, C. parsonii et
C. bifidus s.s.
La même année 1820, H. KüuL portait le nombre des espèces à 8 et décri-
vait, sans indication d’origine, un des éléments les plus représentatifs de la
faune malgache, Chamaeleo superciliaris dont J. E. Gray devait faire, en 1864
le type d’un genre nouveau : Brookesia.
En 1824, G. Cuvrer étudie le Caméléon de J. Parsons et le lui dédie.
A noter que ces trois premières espèces de Chaméléonidés malgaches
décrites (Chamaeleo bifidus, Brookesia superciliaris et C. parsonti) ne sont pas
aujourd’hui parmi les plus communes. On peut se demander s’il n’y a pas là
un signe de l’évolution récente de la répartition des faunes à Madagascar et
si les espèces les premières décrites n'étaient pas mieux représentées il y a
150 ans.
En 1830, J. Wacrer ne retenait encore que 6 espèces dans le genre
Chamaeleon, mais 3 d’entre elles : C. bifurcus (= bifidus), C. verrucosus et
C. parsonii appartenaient à la faune malgache même si leur habitat n’était pas
encore correctement délimité.
Mais, en 1831, J. E. Gray (p. 53-54) énumérait 12 espèces et 2 variétés
de Caméléons, l’une des espèces étant, en fait, Brookesia superciliaris. Ce sont
ces chiffres que devaient reprendre, en 1836, A. Dumérir et G. BiBRON qui
soulignaient que 7 se rencontraient à Madagascar (8 en fait, mais l'attribution
géographique correcte de Chamaeleo bifidus restait encore à faire).
En 1843, L. FrrziGer dans son Systema Reptilium énumérait 19 espèces
dont 8 sont aujourd’hui considérées comme malgaches :
Chamaeleon (Chamaeleon) nasutus,
C. (G.) lateralis,
G. (Furcijer) brongniartit (= C. bifidus),
GC. (E.) parsonii,
C. (F.) brookesüi (= Brookesia superciliaris),
Bradypodion pardalis,
B, verrucosum,
B. cucullatum.
En réalité ce n’étaient que 7 espèces reconnues comme malgaches puisque
le domaine de C. brongniartii n'avait pas encore été correctement défini.
Source : MNHN, Paris
20 E.-R. BRYGOO
Trente ans plus tard, en 1877, O. BoETTGER (p. 26-27) reconnaissait
15 espèces différentes de Caméléons de Madagascar. Mais dès 1880, L. VarzLanr
et A. GRANDIDIER, écrivaient :
Sur 51 espèces de Caméléons, « chiffre sans doute trop fort. 24, et ce ne sont pas les moins
bien connues, se trouvent dans la grande île africaine et, sauf trois ou quatre, lui sont spéciales
dans l'état actuel de nos connaissances sur la faune de ce pays ».
*
#U*
Les auteurs auxquels nous devons notre connaissance des Caméléons malgaches sont nom-
breux. Parmi ceux dont la contribution fut particulièrement importante avant 1850 nous avons
G. Cuvier et J. E. Gray.
A G. Guvier nous devons, de 1824 à 1831, la description de 3 des espèces les plus grandes
et les plus représentatives : C. parsonii, C. pardalis et C. verrucosus.
JE. Gray, de 1831 à 1845, donna lui aussi la description de 3 bonnes espèces dont celle du
Caméléon actuellement le plus commun, au moins sur les Hauts Plateaux, C. lateralis. I décrivit,
de plus, deux autres espèces, C. brookesiana et C. monilifer, qui devaient être mises en synonymie.
En 1851, C. et A. Duméi proposèrent l'espèce C. ballealus qui fut mise en synonymie avec
C. bifidus. Nous venons de démontrer la validité de cette espèce.
Dans la seconde moitié du xrxe siècle ce ne sont pas moins de cinq auteurs qui, décrivant
chacun au moins 3 espèces de Caméléonidés nouveaux, contribuent à enrichir notre connaissance
de la faune malgache.
La contribution la plus importante fut celle de A. Günrner qui, de 1877 à 1891, décrivit
7 bonnes espèces (plus 2 mises ultérieurement en synonymie).
Nous avons ensuite O. Borrrarn avec 3 espèces valides de Brookesia entre 1880 et 1894.
Trois espèces de Caméléons qu'il proposa ne sont plus considérées que comme des synonymes mais
nous lui devons aussi 2 autres espèces, de statut, à vrai dire, assez incertain : C. semicristatus et
C. monoceras.
F. Mocquap décrivit 4 bonnes espèces entre 1894 et 1900 (2 de Brookesia et 2 de Chamae-
leo), une cinquième devant être mise en synonymie. Il publia, en 1909, une révision importante
de nos connaissances sur les Reptiles et Batraciens écailleux de Madagascar.
A. Granmnier et G.-A. BouLenGen firent, chacun de son côté, connaître 3 nouvelles espèces,
le premier entre 1872 et 1873, le second en 1877 et 1888. Ce dernier ÿ ajoutait une espèce mise
depuis en synonymie.
Les descriptions d'espèces nouvelles devinrent ensuite beaucoup plus rares, du moins si
V’on ne retient que celles dont la validité est aujourd’hui admise.
En 1929, L. Müzuen décrivit C. linotus. En 1938, F. ANGEL fit connaître 2 nouvelles espèces
de Brookesia. Nous devons à cet auteur plusieurs travaux et, en particulier, une révision « Les
Lézards de Madagascar » en 1942 qui apporte une contribution essentielle à la connaissance des
Caméléonidés malgaches.
Tandis que R. Marrney et J. M. van Brincx étudient la cytologie comparée des Caméléons
de Madagascar et d'Afrique, D. HizLenrus, en 1959, donne une révision du genre Chamaeleo basée
sur les caractères morphologiques externes et décrit une nouvelle espèce de Madagascar : C. guibei.
En 1966, date de la dernière révision des Caméléonidés par R. MErTEnS, on pouvait établir
pour les auteurs responsables de la création de « bonnes » espèces la liste suivante : À. GÜNTHER :
7 espèces ; O. Borrréer et F. Mocouann : 4 espèces ; G.-A. BoULENGER, G. CUVIER, A. GRAN-
Dipier, J. E. Gray : 3 espèces ; F. ANGEL : 2 espèces, et enfin, avec 1 espèce chacun : À. BRON-
enxarT, À. Dumérus et G. Bigrow, D. Hizzenrus, H. Küuz, L. Müzuer, L. VAILLANT et
A. GRANDIDIER.
4.2. — LA SITUATION ACTUELLE
4.2.1. — Bilan
a) Genre Chamaeleo. — La révision de F. AnGez, en 1942, retenait
30 espèces de Caméléons (28 pour Madagascar, 2 pour les Comores) et une
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 21
variété ou sous-espèce. Il est en conséquence difficile de savoir pourquoi
R. Decary, en 1950, pouvait écrire (p. 100) : «Les Caméléons proprement
dits sont représentés par environ 35 espèces », même si l’on tient compte
de la description de C. barbouri (= C. labordi), intervenue en 1942, par
H. HECHENBLEIKNER.
D. Hizzenius, en 1959, ne retenait que 25 bonnes espèces pour Mada-
gascar et 2 pour les Comores.
Depuis 1966, nous avons été amené à apporter, avec Ch.-A. DOMERGUE,
un certain nombre de modifications à la taxonomie :
— mise en synonymie de C. rhinoceratus voelizkowi avec C. rhinoceratus
et de C. guentheri avec C. pardalis ;
— remise au rang d’espèce de C. labordi, considérée comme C, rhinoceratus
labordi par R. MerTeNs, 1966 ; de C. antimena, considérée à tort comme syno-
nyme de C. rhinoceratus rhinoceratus ; de C. balteatus considérée à tort comme
synonyme de C. bifidus ;
— réhabilitation de la sous-espèce ou variété : C. parsoni crislifer ;
— création de trois sous-espèces : C. willsii petteri, C. brevicornistsarafidyi
et C. gastrotaenia marojezensis ;
— création de trois espèces nouvelles : C. angeli, C. belalandaensis et
C.isaratananensis.
Nous avons donc à Madagascar, dans l’état actuel des connaissances,
30 espèces et 5 sous-espèces de Chamaeleo, auxquelles il convient d’ajouter
les 2 espèces des Iles Comores : C. cephalolepis et C. polleni.
Rappelons que la faune de Madagascar possède à la fois le plus grand
Caméléon connu, C. oustaleti, qui peut atteindre 630 mm et le plus petit
C. nasutus, qui dépasse rarement 100 mm. Les poids correspondent aux tailles :
C. oustaleti et C. verrucosus pèsent souvent plus de 400 g, C. nasutus pèse
habituellement de 3 à 4 g.
b) Genre Brookesia. — La révision de F. ANGEL, en 1942, plaçait 3 espèces
dans un nouveau genre Evoluticauda: nasus, minima, luberculata, de la sous-
famille des Caméléoninés, tandis qu’une sous-famille des Brookesinés compre-
nait d’une part le genre Brookesia avec les espèces superciliaris, stumpffi
ebenaui, decaryi et dentata et d’autre part le genre Leandria avec l'espèce
perarmala.
R. Mertens, en 1966, conservait les 9 espèces mais les plaçait dans le
seul genre Brookesia.
A la suite de la description de 6 espèces nouvelles (antoetrae, karcheï,
lambertoni, therezieni, thieli, vadoni) nous avons, depuis 1968 avec Ch.-A.
DoMERGUE, porté le nombre des espèces malgaches du genre Brookesia à 15.
Source : MNHN, Paris
22 E.-R. BRYGOO
4.2.2. — Les groupes naturels
Dans l’une des premières classifications proposées, J. E. Gray, en 1831,
répartissait les Caméléons alors connus de Madagascar en 3 groupes :
19 C. verrucosus et C. laleralis dans le groupe « With a series of spines
along the belly and chin»;
20 C. pardalis, dont il faisait une var. de C. pumilus « With larger pro-
cesses on the head »;
30 Brookesia superciliaris dans le groupe « With a series of processes on
throat, none on belly or tail ».
En 1864, J. E. Gray, dans sa tentative de démembrement du genre
Chamaeleo, le faisait éclater en 14 genres dont seul Brookesia devait subsister.
Les espèces de Madagascar s’y répartissaient ainsi :
GENRES Espèces DE MADAGASCAR REMARQUES
(sensu J. E. Gray, 1864)
Chamaeleon — GC. verrucosus
(14 espèces) — GC: monachus erreur d'attribution
— C. balteatus
Apola — À. lateralis
(espèce unique)
Calumma — C. cucullata
(espèce unique)
Brookesia — B. superciliaris attribué à tort à l'Afrique
(espèce unique) occidentale.
Crassonota — G. nasula
(espèce unique)
Sauroceras — S. rhinoceratum
(espèce unique)
Dicranosaura — D. bifurca = C. bifidus
€ espèces) — D, parsonii
Cyneosaura — C. pardalis
(espèce unique)
La classification basée sur l'étude des chromosomes, proposée par
R. Marre et J. van Brink (1956-1960), aboutit, en ce qui concerne les
espèces malgaches, aux regroupements suivants :
Groupe I [séparation nette entre 12 M et 12 à 24 m]
A :12 M + 24 m : C. parsonii et B, stumpffi.
2 M + 14 m: C. campani.
Groupe IL [séparation moins nette entre M (plus de 12) et m ( plus de 12)]
E : 14 M + 14 m : C. willsii.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 23
Groupe III [pas de séparation nette entre M et m, ceux-ci peuvent manquer, ils ne dépassent pas
le nombre de 4]
H b : 22 : C. lateralis.
Hc:18+4m: C. pardalis.
H d : 18 + 4 m : « C. monoceras ». | répartition différente des 18.
He:18+4m: C. oustaleti.
Hi : 22 + 2m: « C. voeltzkowi »
Hg:24+4m: C. cephalolepis.
Les auteurs considéraient les formules du groupe I comme représentant
le type « continental » et les autres comme le type «insulaire ».
De son côté D. Hizcenius (1959, 1963), sur des caractères de morphologie
externe, classait l'ensemble des Caméléons en 15 groupes, ceux de Madagascar
se répartissant de la manière suivante :
1: C. polleni et C. cephalolepis (espèces des Comores).
2 : C. rhinoceratus, C. monoceras + 2 espèces d’Afrique orientale (C. xenorhinus et C. carpenteri).
3 : C. lateralis et C. campani.
4 : C. oustaleti, C. verrucosus, C. pardalis, C. guentheri.
5: C. nasutus, C. fallar, C. gallus, C. boettgeri, C. linotus, C. guibei + 2 espèces d'Afrique orientale
(C. tenuis et C. spinosus).
6 : C. cucullatus, C. malthe, C. brevicornis
7: C. parsonüi, C. globifer, C. oshaughnessyi.
8: C. bifidus, C. minor, C. willsit + 2 espèces d'Afrique orientale (C. fischeri et C. tavetensis).
9 : G. furcifer et C. gastrotaenia.
Les 6 autres groupes n'ayant pas de représentant à Madagascar.
Dans son travail de 1963, D. Hicenius soulignait les oppositions entre
les deux classifications.
Deux spécimens classés par D. Hrrcenius dans l'espèce Ch. rhinoceratus
et par les cytologistes comme Ch. voellzkowi et Ch. monoceras (synonymie pour
le premier, erreur de détermination pour le second selon D. HizLeNius) ont
des formules chromosomiques si différentes qu'il est peu probable qu'ils
puissent avoir des produits !
De même C. gallus et C. nasutus, morphologiquement très proches, dif-
fèrent profondément par leurs formules : nasutus de type insulaire et gallus de
type continental.
C. lateralis et C. campani se trouvent de même très différents du point
de vue cytologique.
C. pardalis est, du point de vue cytologique, très différent de C. oustaleti.
En fait, lorsqu'avec Ch.-A. DomerGue en 1968, nous avons établi que D.
HizLenius avait, à tort, regroupé sous le nom de C. rhinoceratus des espèces
différentes, nous avons levé la principale objection que cet auteur opposait
à l'intérêt des recherches cytologiques. Il considérait en effet que les spécimens
étudiés par R. Marrmev et J. van Brinx sous les noms de C. voellzkowi et
C. monoceras étaient tous deux des C. rhinoceratus alors que nous avons établi
que le premier était en fait un C. labordi et le second un C. rhinoceralus sensu
stricto.
Certes, il manque encore de nombreuses données cytologiques avant de
pouvoir tirer des conclusions ayant quelques chances d’être définitives. Nous
Source : MNHN, Paris
24 E.-R. BRYGOO
estimons cependant qu’il est indispensable de tenir compte des observations
déjà faites.
Dans la classification provisoire que nous proposons, si nous retenons
encore comme déterminants les caractères morphologiques externes, nous
signalerons cependant chaque fois les données acquises de la cytologie, qu’elles
viennent renforcer ou au contraire affaiblir le cadre de regroupement proposé.
Groupe A : Caméléons de taille moyenne ou grande dont les canthirostrales s’unissent plus ou
moins au-dessus du rostre :
C. pardalis (He, 18 + 4 m) (®) ; C. céphalolepis (H g, 24 + 4 m); C. polleni ; C. bela-
landaensis.
Groupe B : Caméléons de taille moyenne, avec une double rangée de tubercules le long de la
colonne vertébrale :
C. lateralis (Hb, 22) ; C. campani (D, 12 m + 14 m).
Groupe C : Grands Caméléons à crête pariétale très élevée :
C. verrucosus ; C. oustaleti (He, 18 + 4 m).
Groupe D : Caméléons de taille moyenne, avec des lobes occipitaux importants : C. brevicornis
(G, 18 M + 14m); C. malthe; C. cucullatus ; C. tsaratananensis.
Groupe E : Caméléons de grande taille, les mâles ont deux appendices relativement courts, et
souvent des ébauches de lobes occipitaux :
C. parsonit (A, 12 M + 24 m) ; C. oshaughnessyi ; C. globifer; C. balteatus.
Groupe F : Caméléons de taille moyenne dont les mâles portent 2 appendices osseux très déve-
loppés:
C. willsii (E, 14 M + 14 m); C. minor; C. bifidus.
Groupe G : Petits Caméléons à rostre dermique, sans lobes occipitaux :
C. nasutus (F, 16 M + 18 m) ; C. fallax; C. gallus (B, 12 M + 22 m).
Groupe H : Petits Caméléons à rostre dermique, avec un lobe occipital plus ou moins net :
C. boettgeri; C, linotus ; C. guibei.
Groupe 1 : Caméléons de taille moyenne, à tête allongée, avec un repli au niveau de la nuque
et un tégument lisse :
C. gastrolaenia ; C. fureifer.
Groupe J : Caméléons grands ou moyens, avec un rostre impair rigide :
C. antimena; C. rhinoceratus (= «C. monoceras », Hd, 18 + 4 m); C. labordi
(= « C. voeltzkowi », Hf, 22 + 2 m) ; C. angeli ; C. monoceras.
Dans ce regroupement provisoire, les deux faits les plus marquants sont,
ainsi que D. Hirrenius l'avait déjà noté, l'opposition entre les formules chro-
mosomiques de C. gallus et de C. nasutus d’une part, de C. lateralis et C. campani
de l’autre. Dans l’état actuel des connaissances nous estimons ne pas pouvoir
en tirer de conclusion.
4.2.3. — Répartition géographique des Caméléonidés de Madagascar
a) Genre Chamaeleo. — Le premier tableau récapitulatif de la répartition
géographique des Caméléons à Madagascar est, sans doute, celui que proposait
F. ANGEL en 1942. En 1963, nous avons donné une répartition géographique
qui tenait compte des récoltes dont nous disposions alors. Nous pouvons modi-
fier considérablement ces données.
Nous avons subdivisé Madagascar, assez arbitrairement, en 11 régions
qui recouvrent, à peu de choses près, les 10 proposées par F. ANGEL. En fonc-
(8) Groupe de la classification chromosomique de R. MarrHEY et J. van Brink et formule.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO
25
tion de ce découpage, les 33 formes se répartissent de la façon suivante entre
les régions, par ordre décroissant :
RéG1oNS NOMBRE DE FORMES DONT ENDÉMIQUES
Est 18 5 C. balleatus, C. bifidus, C. furcifer,
C: parsonii cristifer, C. wilsii.
Nord-Est 12 2 C. linotus, C. gastrotaenia marojezensis.
Sud-Est 10 0
Nord-Ouest 9 3 C. angeli, C. monoceras, C. rhinoceratus.
Sud-Ouest 8 3 C. antimena, C. belalandaensis, C. labordi.
Centre 8 1 C. campani, C. brevicornis tsarafidyi.
Nord 7 1 C. willsü petteri.
Centre Nord 4 2 C. guibei, C. isaratananensis.
Sud 4 0
Ouest 3 0
Centre sud 3 0
TABLEAU 2
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES ESPÈCES DU GENRE Chamaeleo
À MADAGASCAR
Chamaeleo S.() SE. CS. S.-0. E.
angeli .
antimena
bifidus .
boettgeri
b. brevicornis.
5. isarafiduyi
campani
cucullatus .
fallax
furcifer
gallus
9. gastrolaenia
9. marojezensis
globifer…
guibei .
labord
lateralis .
linotus .
malihe
+ +
++
HET
++
de
oustaleti .
pardalis
D. parsoni
D. var. cristifer
rhinoceratus
Isaratananensis
D. verrucosus
v. semicristatus
w. wills
w. petteri
HE
++
+
+++
+ + ++
+ HE
++
++
N:
+ +
He
ds
vs
an
+ +
+ +
a
+
+ +
+
(9) S. : Sud ; E. : Est ; C. : Centre ; O. : Ouest ; N.
Source : MNHN, Paris
26 ER. BRYGOO
La région Est a donc, à elle seule, plus de 50 pour 100 des formes (18/35),
avec 5 formes qui ne se rencontrent pas ailleurs : C. balteatus, C. bifidus,
C. furcifer, C. parsonii cristifer et C. willsii.
Les régions du Nord-Est et du Sud-Est, qui sont ensuite celles où l’on
rencontre la plus grande variété de formes, sont cependant beaucoup moins
caractéristiques puisque seule l'espèce C. linolus, à vrai dire des plus mal
connues, et la sous-espèce C. gastrolaenia marojezensis seraient endémiques
du Nord-Est. Par ailleurs chacune de ces régions n’a que peu d’espèces qui ne
se rencontrent pas également dans la zone Est s.s.: C. boettgeri et C. g. maro-
jezensis dans le Nord-Est, C. verrucosus dans le Sud-Est.
Par opposition la région Nord-Ouest présente une plus grande indivi-
dualité. Si le nombre des formes observées n’y est que de 9, 3 sont endémiques :
C. angeli, C. monoceras et C. rhinoceratus.
Vient ensuite la région Sud-Ouest avec 8 formes dont 3 endémiques :
C. antimena, C. belalandaensis et C. labordi.
Dans la région du Centre nous avons également 8 espèces, avec 2 formes
endémiques : C. campani et C. brevicornis tsarafidyi.
Au Nord, nous avons 7 formes avec une endémique, C. willsit petteri.
Le Centre Nord vient ensuite avec 4 formes dont 2 sont endémiques : il s’agit
de 2 formes du massif du Tsaratanana : C. guibei et C. {saratananensis.
Pour les 3 dernières régions : Sud (4), Ouest (3), Centre-Sud (3), aucune
espèce n’est endémique.
Si au lieu de mettre l’accent sur la région nous considérons les espèces en
fonction de leur plus ou moins vaste répartition nous avons :
— 1 espèce présente dans l’ensemble des 11 régions : C. oustaleti ;
— 2 espèces présentes dans 8 des 11 régions : C. lateralis, qui semble ne
manquer que dans 3 régions du Nord : Nord, Centre-Nord et Nord-Ouest et
C. verrucosus qui serait absente du Centre, de l'Est et du Nord-Est. Mais, pour
ces deux espèces, ces aires de répartition peuvent être erronées : incomplète
pour C. lateralis, trop vaste pour C. verrucosus, peut-être confondu avec
C. oustaleti ;
— 1 espèce, C. pardalis, s’observe dans 5 régions : Sud-Est, Est, Nord-
Est, Nord et Nord-Ouest. C’est pour cette espèce que les exigences écologiques
semblent les mieux définies : elle ne s’éloigne pas des régions côtières humides ;
— 2 espèces sont signalées de 4 régions : C. gastrolaenia et C. oshaugh-
nessyi. Elles ont en commun les 3 régions de l'Est mais alors que C. gastrolaenia
se rencontre également dans le Centre, l’autre a été récolté dans le Nord-
Ouest ;
— 6 espèces ont été récoltées dans 3 régions : C. nasutus et C. gallus dans
les 3 de l'Est, C. boeltgeri dans les 3 du Nord. C. parsonii, dans l’état actuel
des récoltes, aurait une aire discontinue : l'Est et le Sud-Est d’une part, le
Nord-Ouest de l’autre, de même que C. brevicornis et C. globifer avec d’une
part l'Est et le Centre et de l’autre le Nord ;
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHÂMAELEO 27
5 formes se rencontrent dans deux régions : C. cucullatus et C. malthe
dans l'Est et le Nord-Est, C. fallax dans l'Est et le Sud-Est, C. minor dans
le Centre et le Sud-Ouest, C. verrucosus semicristatus dans le Sud et le Sud-
Ouest ;
— pour les 18 formes qui n’ont encore été rencontrées que dans une seule
des 11 régions, il n’est pas nécessaire d’y revenir puisque ce sont celles qui ont
été précédemment signalées comme endémiques.
b) Genre Brookesia. — Dans son travail de 1929, F. ANGEL donna une
première étude d'ensemble de la répartition géographique des Brookesia de
Madagascar.
Nous pouvons aujourd’hui rectifier un certain nombre d'erreurs et aborder
à nouveau cette question bien que de nombreuses inconnues subsistent. Cer-
taines récoltes ne sont pas encore identifiées avec toute la rigueur nécessaire.
De nombreuses régions sont inexplorées, trop d'espèces ne sont connues que
par de très rares spécimens quand ce n’est pas par le type seul.
Trois des onze régions retenues n’ont pas fourni de récoltes: ce sont le Sud,
le Centre-Sud et le Centre-Nord. Pour les autres nous avons les données
suivantes :
RÉGIONS NOMBRE D'ESPÈCES IQUES
Nord-Est 6 2 B. vadoni, B. karchei
Est 6 2 B. therezieni, B. lambertoni
Nord-Ouest 4 1 B. decaryi
Nord 3 1 B. tuberculata
Centre 2 2 B. dentala, B. antoetrae
Ouest 1 1 B. perarmata
Sud-Ouest 1 0
Sud-Est 1 0
TABLEAU 3
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES ESPÈCES DU GENRE Brookesia
À MADAGASCAR
Brookesia S. SE. C.-S. S.-0. E. C. O0. N.-E. C.-N. N.-0. N.
antoetrae
decaryi
dentata
ebenaui
lambertoni
Karchei
minima : :
nasus
perarmata
Superciliaris
stumpffi
therezie
++
++
à
++ + +
++
pa
ne
vadoni ...
Source : MNHN, Paris
28 E.-R: BRYGOO
L'espèce qui montrerait la plus vaste répartition, si toutefois l’identifica-
tion des récoltes en est correcte, serait B. ebenaui, à la fois présente dans le
Nord, le Nord-Ouest, l'Est et le Sud-Ouest. Ceci demande confirmation.
Vient ensuite l'espèce B. stumpffi dont l'aire est homogène puisqu'elle
couvre le Nord, le Nord-Ouest et le Nord-Est.
B. superciliaris et B. thieli appartiennent l’un et l’autre au domaine de
l'Est et du Nord-Est ; B. nasus est de l’Est et du Sud-Est tandis que B. minima
serait du Nord-Ouest et du Nord-Est. Pour cette espèce aussi des réserves sont
à faire.
Sur les 7 espèces endémiques il y a lieu de retenir que B. {uberculata et
B. dentata ne sont connus que par les types.
Par contre B. decaryi, B. perarmata, et B. vadoni ne sont, semble-t-il,
pas rares dans leur {erra lypica. B. karcheï, B. lambertoni, B. antoetrae et B. there-
zieni sont d’individualisation encore trop récente pour que leur aire géogra-
phique puisse être définie de façon satisfaisante.
42.4. — Fréquence relative des différentes espèces de Caméléonidés
de Madagascar
Quoiqu'il puisse en paraître, la faune des Caméléonidés de Madagascar
est encore très mal connue et bien des découvertes restent à faire. Aussi vouloir
assigner une fréquence relative à telle ou telle espèce peut sembler prématuré
dès que l’on s'écarte des données accessibles à tous. Il est évident que Chamaeleo
lateralis est abondant sur les Hauts Plateaux, C. brevicornis à Périnet et
C. pardalis à Nosy Be. Et après ?
Trois exemples illustrent bien les risques que l’on court lorsque l’on déclare
qu’une espèce de Caméléonidés de Madagascar est rare.
a) En 1959 D. Hircenius estimait qu'il n’y avait au total que treize
individus connus pour représenter l’ensemble des espèces : rhinoceratus, labordi,
voeltzkowi, rhinoceratus var. lineatus, barbouri et monoceras.
Nous avons pu examiner :
— de l'espèce C. labordi 13 mâles, 3 femelles et 3 immatures dont 11 mâles
et 3 immatures récoltés en même temps à Ihotry, au mois de décembre, période
où cette espèce peut être considérée comme localement abondante ;
— de l'espèce C. antimena (confondue à tort avec C. rhinoceratus) 22 mâles,
18 femelles et 2 juvéniles, dont 17 mâles, 10 femelles et 2 juvéniles récoltés en
même temps, au mois de mars à Belalanda. Cette espèce, dans son domaine
géographique, peut être considérée comme une des plus fréquentes, du moins
pendant la saison chaude.
b) L'espèce C. balleatus, décrite sur une femelle en 1851 par A. DUMÉRIL
avait été mise en synonymie avec C. bifidus. Le mâle en était inconnu. Trois
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 29
récoltes successives dans la région d’Ifanadiana nous apportèrent, entre 1962
et 1966, 4 mâles (dont 1 juvénile) et 2 femelles.
c) Brookesia minima n'était, jusqu’à une date récente, connu que par
4 ou 5 spécimens récoltés à la fin du siècle dernier. Nous avons pu disposer de
29 spécimens récoltés sur la petite île de Nosy Mangabe et d’un 30e en prove-
nance de Sambava qui appartiennent à cette espèce ou à une espèce très
proche.
Sous réserve de ne considérer les données ci-dessous que comme une
approximation très vague, appelée à de profonds remaniements, il est possible
de classer les Caméléonidés de Madagascar en 4 groupes en fonction de leur
fréquence observée.
TABLEAU 4
FRÉQUENCE RELATIVE DES CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGASCAR
A B Les D
Abondants Rares ou local Très rares Nouvellement décrits
Genre Chamaeleo
antimena balteatus furcifer angeli
brevicornis bifidus guibei belalandaensis
astrotaenia boettgeri linotus brevicornis {sarafidyi
ateralis campani monoceras gastrotaenia marojezensis
nasulus cucullatus Isaratananensis
oustaleti fallaz willsii petteri
pardalis gallus
parsonii globifer
verrucosus labordi
willsii malthe
minor
oshaughnessyi
parsonii var, cristifer
rhinoceratus
verrucosus semicristatus
Genre Brookesia
stumpffi decargi dentata antoetrae
superciliaris ebenaui nasus karchei
minima perarmata lambertoni
tuberculata therezieni
thieli
vadoni
Groupe A. — Espèces communes, même si certaines ne se rencontrent que
dans des domaines climatiques bien définis.
Groupe B. — Espèces relativement rares, ou du moins peu fréquentes,
peut-être plus par le fait que les localités où elles prospèrent sont en dehors
des zones prospectées que par suite d’une rareté réelle.
Groupe C. — Espèces connues par de très rares spécimens quand ce n’est
pas par le seul type.
Source : MNHN, Paris
30 E.-R. BRYGOO
Groupe D. — Espèces récemment décrites et dont l'importance du domaine
géographique autant que la fréquence restent à définir.
Plusieurs éléments peuvent se conjuguer pour qu'une espèce soit consi-
dérée comme rare ou très rare. C'est d’abord un domaine géographique très
étroit, d’accès difficile : ce qui semble bien être le cas de Brookesia perarmata
dans l’Antsingy. Mais c’est aussi une apparition pendant une période très res-
treinte dans le domaine habituellement prospecté par l’homme. Au moment
favorable il est possible de trouver une concentration. relativement abondante
d’une espèce qui semble ensuite entièrement disparaître. Ces espèces qui
n'apparaissent que très occasionnellement vivent-elles à la cime des arbres,
ne descendant qu’à la période des amours ?
4.2.5. — Les inconnues
1. Genre Chamaeleo. — Sur les 30 espèces retenues, 6 ne sont connues que
par l’un des sexes. Il reste ainsi à découvrir, et à étudier, les femelles de C. an-
geli, C. belalandaensis, C. furcifer et C. monoceras et les mâles de C. guibei et
C. tsaratananensis.
Certaines espèces sont par ailleurs fort mal connues : C. belalandaensis,
C. furcifer, C. quibei, C. linotus, C. monoceras et C. tsaratananensis, car les
spécimens récoltés sont ou uniques ou fort peu nombreux.
Même pour une espèce relativement bien connue comme C. bifidus, la
femelle n’a été que très peu récoltée.
2, Genre Brookesia. — Seuls sont connus les types de B. dentata et B. tuber-
culata. B. nasus est mal connu et il serait nécessaire de pouvoir étudier des
populations récoltées dans la localité type de B. minima (Nosy Be) pour con-
naître les limites de la variation morphologique de cette espèce.
4.2.6. — Problèmes de systématique
Nous nous sommes, dans ce travail, abstenu de toute modification de la
systématique existante au moment de sa publication, nous contentant de
signaler, à leur place, celles qui nous sembleraient justiciables d’études
complémentaires.
Tout est en effet loin d’être définitif en la matière et s’il reste très proba-
blement des espèces entièrement nouvelles à découvrir, il y aura sans doute à
remanier les structures anciennes sur plusieurs points.
1. Genre Chamaeleo. — Le statut des espèces fallax, linolus et monoceras
reste à définir. L'existence de la sous-espèce verrucosus semicristatus n’est sans
doute pas justifiée tandis que la sous-espèce willsit pelteri devrait, peut-être,
être élevée au rang d'espèce.
2. Genre Brookesia. — Tant que nous ne connaîtrons pas mieux, par des
récoltes effectuées dans les localités types, les espèces B. minima, B. dentata,
B. tuberculata, il sera difficile de modifier la systématique en ce domaine.
Source : MNHN, Paris:
LE GENRE CHAMAELEO 31
4.3. — INTÉRÊT DES CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGASCAR
4.3.1. — Apport de Madagascar à la connaissance des Caméléonidés
Ce n’est que 10 ans après la première désignation binominale par LINNÉ
d’un Caméléon : Lacerta chamaeleon en 1758, que parut la note de J. PARSONS
sur un Caméléon de Madagascar. L'importance de la faune malgache en la
matière était donc très tôt reconnue.
En 1836, A. DumÉériz et G. BiBroN écrivaient d
Cp. 195) :
« JL est remarquable que l'Ile de Madagascar produise sept des espèces qui sont particulières
à l'Afrique : c’est-à-dire les Caméléons Panthère, de Brookes, de PARSON, à capuchon, à bandes,
nasu et verruqueux (1°). Il en est deux cependant que l'on rencontre également, le premier dans
les îles de Maurice et de Bourbon ; le dernier dans celle-ci seulement au moins d’après le récit
des voyageurs. »
La variété morphologique des Caméléons — sensu lato — est telle à Mada-
gascar que ce ne sont pas moins de 10 genres qui furent proposés pour classer
les espèces aujourd’hui placées dans les 2 seuls genres retenus : Brookesia et
Chamaeleo. Cette floraison de termes nouveaux est une bonne illustration de
la variété des formes observables. Le genre Brookesia a d’ailleurs été créé pour
une espèce de Madagascar, Chamaeleon superciliaris Kühl, 1820.
Brookesia Gray, 1864.
— Leandria Angel, 1933, pour L. perarmata Angel, 1933.
— Evoluticauda Angel, 1942, pour Brookesia tuberculata Mocquard, 1894.
Chamaeleo Laurenti, 1763.
— Diceros Swainson, 1839, pour Chamaeleo bifidus Brongniart, 1800.
— Furcifer Fitzinger, 1843, pour Chamaeleo bifidus Brongniart, 1800.
— Apola Gray, 1864, pour Chamaeleo lateralis Gray, 1831.
_— Catumma Gray, 1864, pour Chamaeleo cucullatus Gray, 1831.
— Crassonota Gray, 1864, pour Chamaeleo nasutus Duméril et Bibron, 1836.
— Cyneosaura Gray, 1864, pour Ghamaeleo pardalis Cuvier, 1829.
— Dicranosaura Gray, 1864, pour Chamaeleo bifidus Brongniart, 1800.
_— Sauroceras Gray, 1864, pour Chamaeleo rhinoceratus Gray, 1864.
Cependant, alors que tous les caractères morphologiques observés sur des
Caméléons malgaches se retrouvent sur des Caméléons d’Afrique Orientale,
un certain nombre de caractères présents chez des Caméléons du continent ne
se retrouvent pas à Madagascar : ovoviviparité, cornes crâniennes, éperons
tarsiens, lobes écailleux gulaires.
4.3.2. — L’endémisme des Caméléonidés de Madagascar
Il est devenu banal de traiter de l’endémisme de la faune et de la flore
malgaches. Celui-ci se retrouve cependant avec une telle netteté pour la famille
des Caméléonidés qu’il n’est peut-être pas sans intérêt de chercher comment
(10) L'attribution à Madagascar du Chamaeleo bifidus, Caméléon à nez fourchu, n'avait
pas encore été établie.
Source : MNHN, Paris
32 E.-R. BRYGOO
cette notion fut acquise. Si aucun de ses deux genres @) n’est propre à
Madagascar les 45 espèces que l’on y rencontre peuvent être considérées
comme endémiques. Mais cet endémisme de 100 p. 100 n’a pas été admis
d'emblée, aussi importe-t-il de l’étudier avec quelques détails.
Nous considérons les îles proches de Madagascar telles que Nosy Be et
Sainte-Marie comme ne faisant qu'un tout avec la Grande Ile sans chercher,
comme le fit O. Borrrcer en 1894, à opposer les Caméléonidés de Nosy Be à
ceux de la Grande Terre. Il croyait en effet que 3 espèces de Caméléonidés de
Nosy Be étaient vicariantes d'espèces de Madagascar sensu stricto : Chamaeleo
guentheri, C. boettgeri et Brookesia stumpfii pour Nosy Be correspondant à
C. pardalis, C. nasulus et B. superciliaris de la Grande Terre. Nous savons
aujourd’hui que C. guentheri est un synonyme de C. pardalis tandis que les
domaines géographiques de C. boettgeri et B. stumpffi comprennent de nom-
breuses localités de Madagascar.
a. — Caméléons signalés autrefois de Madagascar
mais qui n’appartiennent vraisemblablement pas à sa faune
L'importance de la localisation exacte d'une récolte ne s’est pas imposée
d'emblée à l'esprit des naturalistes voyageurs et encore moins à celui des
récolteurs dont ils s’assuraient les services et bien des spécimens entrèrent
dans les collections des Musées européens avec des indications fantaisistes
qu'il n’est pas toujours possible de rectifier aujourd’hui.
Ainsi ne ce sont pas moins de 6 espèces de Caméléons qui, à un moment ou à l’autre, furent
attribuées à la faune malgache alors qu’ils n’en font probablement pas partie :
D'une part — Chamaeleo calyptratus C. et A. Duméril, 1851 ;
__ G, calcaratus W. Peters (non C. calcaratus Merrem, 1820) = C. calcarifer
W. Petèrs, 1871;
— C. jacksonii (A. Boulenger, 1896) ;
= G: melanocephalus (J. E. Gray, 1865) = C. pumilus melanocephalus (Gray) ;
— G. monachus J. E. Gray, 1865.
Ces espèces n’appartiennent pas à la région malgache même prise dans un sens large ; nous
en traiterons avec quelques détails au chapitre V (p. 276).
D'autre part — C. cephalolepis A. Günther, 1880, qui appartient à la faune de la Grande-
Comore (ef. p. 282).
Madagascar n’a évidemment pas le monopole de ces attributions erronées. Ainsi, en 1831,
J.E. Gray donnait C. pumilus comme de l'Ile de France.
b. — Caméléons de Madagascar signalés en dehors du domaine malgache
I. ERREURS PROBABLES. — Un certain nombre de récoltes de Caméléo-
nidés considérés aujourd’hui comme strictement malgaches ont été signalées
(11) Lorsqu’en 1932 G. Granprren et G. Perir écrivaient (p. 169) : «… un genre essen-
tiellement malgache, le genre Brookesia » ils utilisaient de ce genre une définition restrictive qui
en écartait les espèces africaines rattachées au genre Rhampholeon. C'était également le point
de vue de F. ANGEL (1942) qui plaçait les espèces malgaches dans 2 genres endémiques : Brookesia,
Leandria constituant une sous-famille des Brookésinés, alors que les espèces africaines se retrou-
Léent dans un genre Evoluticauda appartenant aux Chaméléoninés. Ce point de vue n'a pas été
admis.
Source : MNHN, Paris.
LE GENRE CHAMAELEO 33
en dehors de cette région. Il s’agit probablement d’erreurs. Il en est ainsi de
Chamaeleo bifidus, C. cucullatus, C. lateralis, C. nasutus, C. pardalis, C. parsonii,
C. verrucosus et Brookesia superciliaris. À noter d’ailleurs que l’attribution
à Madagascar de C. rhinoceratus ne fut d’abord donnée qu'avec un certain
doute : « Madagascar ? récoltes faites pendant le voyage du « Sulphur » ».
1. Chamaeleo bifidus A. Brongniart, 1800. — En 1803, F.-M. Dauix écrivait : « Cet animal
a été trouvé par le naturaliste RICHE, dans une île de l'Océan Indien, peut-être même à Java
ou sur le continent de la nouvelle Hollande. »
En 1836, A. Duméric et G. Bigron indiquaient : « On le trouve aux îles Moluques, à Bour-
bon, sur le continent de l'Inde, ainsi qu’à la Nouvelle Hollande, M. Busseui nous l’a rapporté
de ce dernier pays ; M. le baron Mizrus, de Bombay et de Bourbon et MM. Lesson et GARNOT,
des îles de la Sonde » (1).
En 1843, L. FrrziNGer donne pour localisation géographique de C. brongniartit (= C. bifi-
dus) : l'Afrique, Bourbon, l’Inde, les îles Moluques, l'Australie et la Nouvelle Hollande, mais pas
Madagascar.
En 1851, C. et A. Duméric indiquent qu'un spécimen a été envoyé de Madagascar par
M. Goupor en même temps d’ailleurs qu’ils décrivent de Madagascar C. balteatus. Ce n’est donc
que plus de cinquante ans après la description originale qu’une attribution correcte d'origine
put enfin lui être donnée. On ne peut qu'être étonné par les précisions vraisemblablement erronées
des lieux de récoltes fournis par A. Dumériz et G. BrBroN.
En 1863, F. Poux (p. 355, note) écrivait : « Les espèces originaires des Îles (1) de Maurice
et de la Réunion sont Ch. tigris Cuv., Ch. pumilus Latr., Ch. bifidus Brongn. » ; aussi en 1877,
0. Borrrrr pouvait-il écrire encore À propos de cette espèce : « Wird von PoLLEN.. nicht von
Madagascar, wohl aber von den Maskarenen aufgegeben » et ne pas placer bifidus parmi les espèce
malgaches.
Actuellement les auteurs s’accordent pour restreindre son aire géographique à Madagascar.
2. C. cucullatus J. E. Gray, 1831. — En 1843, L. FirzINGER donne comme domaine géogra-
phique de l'espèce G. cucullatus, l'Afrique et Madagascar.
3. C. lateralis J. E. Gray, 1831. — En 1831, J. E. Gray n’indiqua pas de {erra fypica pour
la nouvelle espèce qu'il venait de créer. En 1836 A. Dumérz et G. Biëron signalèrent un
spécimen de Madagascar, de M. Goupor, et 2 de l'Ile Bourbon du Baron Mizrus. Ce dernier
renseignement figurait encore en 1851 dans C. et A. DumÉRiL bien que J. E. Gray, en 1845,
ait donné Madagascar comme répartition géographique ; puis il ne fut apparemment plus question
de C. lateralis à l'Ile Bourbon.
4. C. nasutus A. Duméril et G. Bibron, 1836. — Décrivant la nouvelle espèce, A. Dumérr.
et G. Brenox en 1836 lui donnèrent comme domaine Madagascar, En 1843 L. FrrziN@er indique
Afrique et Madagascar. Mais, en 1849, À. Sur lui rapportait un mâle récolté « Eastward of
Port Natal ». En 1864, J. E. Gray considérait le spécimen de Port Natal comme une variété de
son Grassonota nasuta (= C. nasutus ) :
« var. With three isolated spines, each about a line in lenght, on the vertebral line, about
midway between the head and the base of the tail.
Hab. Eastward of Port Natal ».
Depuis cette attribution, ou cette localisation géographique, n’a plus été retenue et pour
R. Merrexs, 1966, le domaine de C. nasulus est uniquement malgache.
5. C. pardalis G. Cuvier, 1829. — Du point de vue localisation géographique et des diffi-
cultés que l’on peut rencontrer pour la définir exactement, le cas de C. pardalis est particulièrement
instructif.
L'espèce fut d’abord décrite en 1829 par G. Guvier sur un spécimen venant en principe de
l'Ile de France (Maurice). Ce spécimen est peut-être celui que À. Dumérus et G. Bipron, en 1838,
donnaient comme provenant de cette origine et envoyé, ou fourni, par M. px Nivoy. En 1832,
(12) Ailleurs (p. 195) les mêmes auteurs écrivaient : « … la seconde ou le Caméléon vulgaire,
dans le midi de l'Europe ; et la troisième, qui est celle à nez fourchu, dans ce dernier pays et en
Australasie ». Ce qui, si l’on s’en tenait à la lettre, indiquerait une localisation européenne de
C. bifidus! d
(13) Aucune de ces 3 espèces n'appartient à la faune de ces îles.
Source : MNHN, Paris
34 E.-R. BRYGOO
R. Lesson décrit C. ater, sur un spécimen de Madagascar fourni par Roy. En 1843, L. FITZINGER
le signale d'Afrique, de Madagascar et de Bourbon, mais pas de Maurice.
Par la suite, et jusqu'en 1966, les auteurs signaleront l'espèce comme existant, en dehors
de Madagascar, à Maurice et à la Réunion. Cependant, alors que pour F. ANGEL (1942) les 3 îles
semblent faire partie de l'aire géographique normale de l'espèce, pour R. MerrENs (1966) il s’agi-
rait aux Mascareignes d'une espèce introduite « Eingeführt auf Reunion und Mauritius ».
De fait, il ne semble pas que depuis le type aucun spécimen ait été récolté à Maurice. Par
contre, la présence de C. pardalis à la Réunion est bien établie et nous aurons l’occasion de revenir
sur ce point.
Une autre attribution géographique curieuse de C. pardalis est celle que lui donna en 1923
P. CnaBanAUD, décrivant C. krempfi de « L'une des petites Îles du Golfe du Siam, peut-être Poulo
Condore ». La même année l’auteur rectifiait lui-même cette localisation erronée.
6. C. parsonii G. Cuvier, 1824. — Décrivant cette nouvelle espèce, G. Cuvier, en 1824, ne
Jui assigna aucune localisation géographique, mais en 1836, À. Dumériz, et G. BrBroN signalaient
à côté de 4 spécimens de Madagascar un cinquième venant de l'Ile de France de M. DussumIer.
En 1843, L. FrrzGer lui donne comme domaine l'Afrique, Madagascar et Maurice. En 1887,
G.-A. Bourexern et en 1902, F. Werner donnaient l'ile Maurice comme domaine du C. parsonii
ce qui fut repris en 1942 par F. AnGez et en 1966 par R. MERTENS mais cet auteur précisait :
<eingeführt auf Mauritius ». En fait, il ne semble pas exister de récolte permettant de contrôler
ce fait.
7. C. verrucosus G. Cuvier, 1829. — En 1829, G. Cuvier attribuait comme patrie au C, verru-
cosus V'Ile Bourbon ; sa description reposait sur un spécimen reçu du Baron Mizius. En 1836,
A, Dumériz et G. Brsnow signalaient 2 spécimens venant de Madagascar et adressés par MM. Quoy
et Garmarn tandis que G.-A. BouLENGER donnait un mâle provenant de Maurice (C. TELFAIR
esq.). En 1843, L. FrrziGer indiquait comme domaine l'Afrique, Madagascar et Bourbon.
F. Werner (190, 1911) signalait en conséquence l'espèce comme se rencontrant à Bourbon,
Maurice et Madagascar. Mais en 1942, F. ANGEL indiquait seulement : « A été signalé de l'Ile
Maurice et de Bourbon », tandis que pour R. MERTENS (1966) il n'est même plus fait mention de
ces deux Îles. :
8. Brookesia superciliaris (Kühl, 1820). — Lorsqu'en 1820 H. Küm décrivit Chamaeleo
superciliaris il ne lui donnait pas de terra typica. En 1827, J. E. Gray, décrivant à son tour Cha-
maeleo brookesiana, qu'il devait lui-même reconnaître en 1830 comme synonyme de l'espèce de
H. Künx, indiquait comme ferra typica « probably from Africa ».
En 1836, A. Duwériz et G. Biron signalaient avoir reçu un spécimen de Madagascar
envoyé par J. Gounor. En 1843, L. FirziNGEr indique comme domaine de cette espèce l'Afrique
et Madagascar. Cependant, en 1864, G. E. Gray lui donnait encore pour seul habitat « West
Africa ». Et, en 1877, O. Bogrr&er (p. 38, en note) écrivait : « Die Erwähnung von Ch. Brookesi
Gray — superciliaris Kühl ebenda als auf Madagascar vorkommend beruht auf einem Irrtum »,
refusant d’admettre cette espèce parmi les malgaches.
Depuis l'accord s’est fait pour la considérer comme endémique de Madagascar.
II. Farrs coNTRoLÉS. — Si la presque totalité des faits signalés au para-
graphe précédent doit être considérée comme des erreurs, par contre il est deux
localisations de Caméléons malgaches en dehors de la Grande Ile qui, elles,
sont bien établies. Elles concernent Chamaeleo pardalis et C. oustaleti.
a) C. pardalis à la Réunion. — Alors que rien ne permet aujourd’hui de retenir Maurice
dans le domaine géographique de C. pardalis, il est certain qu’une population de cette espèce
prospère à la Réunion. Elle a fait l’objet d’une étude récente de R. Bounaar (1967). Cet auteur y
démontre que C. pardalis a dans l’Ile un habitat étroitement localisé à la région de Saint-Paul à
l'Ouest de l'Ile. 11 est vraisemblable qu'il s’agit d’une espèce «récemment » indigénisée. En faveur
de cette hypothèse retenons, outre sa localisation restreinte, le fait que l'espèce semble, à la Réu-
nion, indemne de presque toutes les parasitoses qui l’accompagnent sur la côte Est de Madagascar.
b) C. oustaleti au Kenya. — En 1957, A. LoverinGe signala que C. oustaleti F. Mocquard,
1894, avait été récolté à la Ngong Forest, près de Nairobi (Kenya). Il considère l’espèce comme
introduite.
©. — Conclusion
L'endémisme des espèces de la famille des Caméléonidés peut donc être
considéré comme total puisque sur 50 formes reconnues, aucune ne semble
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 35
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Carte 4, carte des sous-préfectures.
Source : MNHN, Paris
36
“R. BRYGOO
appartenir en propre à la faune d’un autre pays. Les deux espèces récoltées
en dehors de Madagascar, Chamaeleo pardalis à la Réunion et C. ouslaleti au
Kenya, y ont très vraisemblablement été introduites par l’homme.
Certaines espèces malgaches ont cependant des affinités morphologiques
avec des espèces africaines. Selon D. Hircenius (1959) : C. rhinoceratus est
voisin des C. xenorhinus et C. carpenteri; C. nasutus est proche de C. tenuis
de même que C. bifidus ressemble aux espèces continentales C. fischeri et
C. tavetensis.
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Cap Sainte MARIE
Carte 5, hydrographie et relief.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 37
4.3.3. — Origine géographique des Caméléons
Où chercher le berceau du genre Caméléon ?
Un certain nombre d’auteurs ont vu en Madagascar le berceau du genre
Caméléon. Certains ont même voulu que le peuplement de Ceylan ait eu lieu
par l’intermédiaire du « pont Lémurien ». On sait aujourd’hui que les affinités
morphologiques rendent beaucoup plus vraisemblable le peuplement de l'Asie
du Sud-Ouest et de l’Inde à partir de l'Afrique du Nord, du moins pour le
genre Chamaeleo.
Cette hypothèse était au moins partiellement en accord avec l’axiome
que posait E. Trouessarr en 1907 :
«.. Le point du globe où un groupe présente à l'époque actuelle le plus grand nombre
d'espèces et les formes les plus variées doit être considéré comme son centre de dispersion » (cité
par R. Furon, 1958).
Cette idée fut reprise en 1942 par R. JEANNEL :
«Le meilleur indice qu’une région déterminée soit le centre de dispersion d’un groupe
d'espèces, c’est le fait que les lignées y sont nombreuses et surtout diverses. »
Avec 30 espèces dans une aire géographique restreinte, sur les 74 que
compte le genre, Madagascar semble en effet satisfaire aux conditions posées,
du moins en ce qui concerne le nombre des espèces.
Cependant, nombreux sont les auteurs qui, aujourd’hui, assignent une
origine africaine aux Caméléons.
Cette opinion fut défendue par L.-F. DE Beaurorr en 1951 (in R. Mar-
THEY, 1957). Elle suppose que le groupe, africain d’origine, a secondairement
envahi Madagascar pendant qu’à partir de l’Afrique du Nord il poussait jus-
qu'aux Indes et à Ceylan. Ceci pourrait même être partiellement en accord
avec la théorie du peuplement de Madagascar par radeaux puisque, dans cette
hypothèse, les espèces arboricoles sont favorisées. Et, dès 1895, F.-E. BEpDARD
écrivait :
« The chamaeleons have a distribution which is remarkably parallele as M. TrouESSART has
pointed out, to that of the Lemurs. The bulk of them are found in Madagascar only, but they also
range into Africa and the East Indies. Their arboreal habits, as also in the case of the Lemurs
is perhaps to be compared with their comparatively limited range. »
Il faudrait encore expliquer pourquoi les îles Comores, qui, dans cette
hypothèse, ont servi de relais, n’ont gardé qu’une faune de Caméléons aussi
peu différenciée.
La théorie de l’origine africaine du foyer de diffusion des espèces du genre
Chamaeleo fut défendue plus récemment, en 1959, par D. Hirenius. Pour
cet auteur, on pourrait admettre comme centre de dispersion l'Afrique orien-
tale : Kenya, Tanganyika. Il base son opinion sur le fait que c’est dans cette
région que les Caméléons présentent le plus grand nombre de caractères mor-
Source : MNHN, Paris
38 E.-R. BRYGOO
phologiques différents. Les Caméléons de la zone de l'Afrique orientale pos-
sèdent 38 des 40 caractères morphologiques retenus, alors que Madagascar,
qui vient au second rang, n’en a que 32. Cette utilisation du nombre des carac-
tères morphologiques renverse le classement basé sur le nombre d'espèces :
32 pour Madagascar et les Comores, 21 pour l'Afrique orientale.
En mettant ainsi l'accent sur l'importance de la variété des caractères
morphologiques, D. HiLLENIUS se trouve encore en accord, au moins partielle-
ment, avec le principe de E. TrouEssaRT qui mentionnait « … les formes les
plus variées... ».
Les recherches de R. MaTrmEey (1957) sur les chromosomes des Caméléons
malgaches et africains montrent que les génomes des Caméléons peuvent se
grouper en deux types : «continental » et «insulaire ». Le premier est plus
fréquent chez les espèces africaines, le second à Madagascar. Il existerait ainsi
deux tendances évolutives de différenciation. R. MaTrnEey admet également
que les exceptions observées pourraient être considérées comme provenant
d'échanges anciens entre la Grande Ile et le Continent. Les «radeaux » pour-
raient dans ce cas servir à expliquer le peuplement secondaire de Madagascar
par des espèces à « génome continental » déjà différencié.
Les faits signalés par R. Marrey établissent seulement l’évolution diffé-
rentielle de deux groupes placés dans des conditions géographiques différentes,
mais ils n’apportent pas d’argument pour une origine malgache ou africaine
de l’ensemble du groupe.
Si la liaison phylogénique entre les Agames et les Caméléons repose sur
des bases solides, on pourrait trouver un argument de poids en faveur de l’ori-
gine africaine des Caméléons dans le fait que les Agames sont inconnus à
Madagascar. Dans le cas contraire, l'hypothèse d’une origine malgache pour
les Caméléons aurait peut-être pour avantage de simplifier le problème que
pose la répartition actuelle entre l'Afrique et Madagascar de ces trois groupes
morphologiques que sont les Iguanes, les Agames et les Caméléons.
En fait, en l'absence de fossiles, toutes les hypothèses sur l’origine géo-
graphique d’un groupe animal sont bien fragiles. On peut en effet admettre
avec R. Furon (1958) :
«.… que la Biogéographie pure statistique ne donne aucun renseignement sur l’origine du
peuplement. Elle tend plutôt à proposer des hypothèses que les études paléontologiques viennent
démentir. L'étude du peuplement actuel, son explication ne peuvent se faire raisonnablement
qu’à partir des peuplements anciens des temps géologiques ».
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 39
5. — ÉTUDE MONOGRAPHIQUE
DES ESPÈCES DU GENRE CHAMAELEO
5.1. — CAMÉLÉONS DE MADAGASCAR
LISTE DES ESPÈCES ET SOUS-ESPÈCES
1 CG. angeli 12 C. gallus 23 C. oshaughnessyi
2 GC. antimena 13a C. g. gastrolaenia 24 CG. oustaleti
3 C. balteatus 13b C. g. marojezensis 25 CG. pardalis
4 C. belalandaensis 14 C. globijer 26 a C. p. parsonii
5 C. bifidus 15 C. guibei 26 b C. p. var. cristifer
6 C. boettgeri 16 C. labordi 27 C. rhinoceratus
7a C. b. brevicornis 17 C. lateralis 28 C. isaratananensis
7b C. b. tsarafidyi 18 C. linotus 29 a C. v. verrucosus
8 CG. campani 19 GC. malthe 29 D C. v. semicristatus
9 CG. cucullatus 20 C. minor 30 a C. w. willsit
10 C. jallax 21 C. monoceras 30b C. w. petteri
11 C. furcijer 22 C. nasutus
ABRÉVIATIONS
M.N.H.N.P. : Muséum national d'Histoire naturelle, Paris.
British Museum (Natural History).
B.M. (N.H.)
M. : Senckenberg Museum, Francfort-sur-le-Main.
S.
Dimensions : en mm, M. pour mâle, F. pour femelle ; le premier chiffre indique la longueur totale,
le second, entre parenthèses, celle de la queue, de l'anus à son extrémité.
1. — Chamaeleo angeli E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1968
DESCRIPTION ORIGINALE : 1968, E. R. Bnvcoo et Ch.-A. DomEerGur, Mém. Mus.
nat. Hist, nat., (A) 52 (2), pp. 104-107, fig. 19-21.
2) Spécimen. — Un spécimen mâle, récolté par les auteurs en novembre 1964, au P.K. 450
de la route nationale n° 4 de Madagascar, un peu au Nord de Tsaramandroso, forêt de l’Ankara-
fantsika. Type au M.N.H.N.P. sous le n° 1 067-174. D'abord considéré comme C. monoceras
(Ch.-A. Domeraur, 1965 ; J.-P. Unnous, 1966).
b) Terra typica. — Forêt de l'Ankarafantsika.
©) Dimensions. — M. 285 (150).
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — Depuis la description originale nous avons examiné trois
autres spécimens mâles, récoltés en janvier et avril 1968, provenant également
de l’Ankarafantsika et dont les caractéristiques sont les mêmes que celles du
type. L'un des deux spécimens récoltés par P. DEsTomBEs, près du village de
Bemongo, mesurait 325 mm dont 165 pour la queue.
b) Aire de répartition (carte 6). — Cette nouvelle espèce est actuellement
localisée à la forêt de l'Ankarafantsika.
Source : MNHN, Paris
40 E.-R. BRYGOO
4 - C. antimeng
æ_ C. labordi
e- C. rhinoceratus
A- C. angeli
Carte 6, répartition de Chamaeleo angeli, C. antimena, C. labordi et C. rhinoceratus.
FRÉQUENCE. — Bien que de description récente cette espèce ne semble
pas être parmi les plus rares. Il est possible que l’exiguité de son aire géogra-
phique ait contribué à sa méconnaissance.
Descriprion. — Nous avons, en 1968, donné une description détaillée
du type. L'examen des spécimens récoltés depuis ne nous amène pas à la
modifier.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO at
1. Aspect général et coloration. — Sur le vivant la coloration associe le noir
et le brique pour virer parfois à la couleur bois de rose. Il n’y a pas de ligne
blanche médio-ventrale. Une importante ligne blanche s’observe à mi-flanc,
allant de la tempe jusqu’à la racine des cuisses. Cette ligne persiste après
conservation en alcool alors que le reste du corps devient gris sombre.
2. Ecaillure. — L'écaillure générale du corps est finement hétérogène ; il
peut exister à mi-hauteur des flancs une ligne d’écailles agrandies.
c.angei d By 713
0 Scm
Fig. 1, Chamaeleo angeli E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, &, de Bemongo (Ankarafantsika).
Source : MNHN, Paris
42 E.-R.' BRYGOO
cm
()
d
C. angeli
Fig. 2, Chamaeleo angeli E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue ©, de Bemongo (Ankarafantsika),
profil de la tête.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO
TABLEAU 5
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES MÂLES DE CAMÉLÉONS
À ROSTRE RIGIDE DE L'OUEST DE MADAGASCAR
43
Chamaeleo labordi antimena rhinoceratus angeli monoceras
Nombre de spécimens étudiés 15 27 ü 4 1
TAILLE
maximale observée (mm)... 308 338 274 325 130 %*
la queue est plus ou moins
longue que le reste du corps + (14/15) _ — (5/7) + (44) +
CRÊTE DORSALE :......... Complète Complète Nette sur la Complète Nette sur la
première moi- première moi-
tié du corps tié du corps
seulement seulement *
Nombre de cônes ......... Plus de Moins de Cônes —
35 35 12à15 petits et
réguliers
Hauteur des cônes (mm) .… 1,5 à 2,5 Plus de 142
CRèrEs
Gulaire et ventrale ........ n æ = # =
ECAILLURE
duicorpst ler. 2. M .e Homo- Hétéro- Finement Hétérogène**
gène gène hétérogène
Ligne latérale de grandes
SCUEIICS er... — + — # ++*
LIGNE BLANCHE
médio-ventrale ........... + — — —
CASQUE en Sant Très élevé Elevé Bas Bas *
ADsss
ADR Mr Ou + de 1 1 — di — de 1*
DE + de e de 1
APPENDIGE
Importance de la longueur
comparée du rostre et du
diamètre orbitaire ...... “+ (14/15) —(25/27) + (6/7) ce
Hauteur 5-7 46,5 4-10 45
Epaisseur . 05-15 1,5-3,5 1-1,5 34
Longueur (de la partie
dant l'extrémité an!
du maxillaire supérieur)... 8,5-11 5-0 713,5 7-10
+ D’après la description originale de O. Born et l'examen de la photographie du type.
*#* Caractères selon F. ANGEL (1942).
*** AD : distance occiput-gonion,
DE : distance gonion-extrémité antérieure de la mâchoire inférieure,
Toutes dimensions en millimètres. Au numérateur de la fraction le nombre de spécimens
présentant le caractère, au dénominateur le nombre de sujets examinés.
Source : MNHN, Paris
44 E.-R. BRYGOO
3. Dimensions. — Les deux mâles observés depuis la première description
étaient l’un et l’autre plus grands que le type, l’un mesurait 325 mm (165), c’est
le plus grand connu jusqu’à présent, l’autre 315 (163).
4. Tête. — La tête se caractérise par un casque bas. La crête pariétale
est cependant bien marquée. L’occiput est pointu.
Le rostre est tout à fait remarquable. Osseux, il est du même type que
l'appendice rostral des C. brevicornis. Sa rigidité contraste avec celle du rostre
des C. rhinoceratus qui reste plus ou moins flexible latéralement. Chez le type
il dépasse de 8 mm l'extrémité du maxillaire, sa hauteur est de 4 mm et son
épaisseur de 3,8.
Sur le spécimen 474 C, le rostre, vu de profil, semble dans le prolongement
de la crête pariétale, il est légèrement incliné vers le bas. Pour une longueur
totale de 315 mm, le rostre mesurait 10 mm, était large de 5 à la base et épais
de 3.
Le rostre est manifestement formé par la soudure de deux éléments symé-
triques, cet aspect s’observe encore à son extrémité.
La crête gulaire est à peine marquée. Lorsqu'elle existe elle ne comprend
qu'une quinzaine de tubercules de moins de 1 mm.
5. Corps. — La crête dorsale est formée de petits tubercules réguliers,
particulièrement nets sur la première moitié du corps mais se prolongeant
ensuite sur la queue. Sur le spécimen 474 C, la crête comprenait 47 cônes jus-
qu’à l’aplomb de l'anus, sur un autre elle en comprenait 40.
La crête ventrale est à peine marquée par des tubercules de moins de
1 mm.
Diacnose. — Ce Caméléon de taille moyenne, dont seul le mâle est
actuellement connu, se caractérise immédiatement par la présence d’un rostre
impair et osseux. Le casque est bas et il n’y a pas de lobes occipitaux.
Les caractères différentiels avec les autres Caméléons à rostre impair de
l'Ouest de Madagascar sont résumés dans le tableau 5.
Iconocrarmie. — Nous avons, en 1968, donné 3 dessins du spécimen
type, le mâle C 369.
— Les figures 1 et 2 représentent deux autres mâles du village de Bemongo,
récoltés par P. Desromses en avril 1968 :
— By 713, 325 (165), rostre de 9 mm.
— 474 C, 315 (163), rostre de 10 mm.
Remarque. -— Rappelons que la femelle de cette espèce est encore
inconnue.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 45
2. — Chamaeleo antimena A. Grandidier, 1872
DESCRIPTIONS ORIGINALES : a) Spécimens. — Mâle. 1872, A. GRanDiDiER, Bibl. Ecole
Hautes Etudes, 5, pp. 6-11 et Ann. Sci. nat., 15 (5), art. 20. Un spécimen mâle, de la côte Ouest
de Madagascar, n° 5 467 du M.N.H.N.P. (Holotype).
Femelle. P. Meruuen et J. Hewrrr, 1913. Un spécimen de sexe non spécifié, de Tsivanoa
(près de Tuléar) (C. rhinoceratus lineatus) ; n° 4 200 de la collection du Transvaal Museum.
b) Terra typica. — Côte Ouest de Madagascar.
©) Dimensions. — M. : 197 (98) ; F. : 153 (73). (C. rhinoceratus lineatus ).
Synonyme. — C. rhinoceratus Gray pour F. MocQuaRD (1893) et auteurs ultérieurs.
_— G, rhinoceratus lineatus P. Methuen et J. Hewitt, 1913, pour E. R. Bry@oo et Ch.-A.
DomErGUE (1968).
— C. voeltzkowi sensu F. ANGEL, 1942.
__ C. antinema F. ANGEL, 1942, erreur pour C. antimena.
Désrenarion. — Sangorita lava orona (malgache : Vezo et Masikoro) E. R. Bryaoo et
Ch.-A. DomErGUE (1968).
Erupes gr enrions uLréneures. — 1877, O. Borrrer : 39. — 1887, G.-A. BOULENGER :
465._— 1893, F. Mocouann : 5. — 1902, F. WErNER (rhinoceratus ) : 381-382, pl. XXVII. — 1911,
F. Wennen (rhinoceraus ) : 21. — 1913, P. Mernuen et J. Hewrrr : 191, pl. X. — 1913, O. Bort-
Gr : 308. — 1942, F. ANG : 165, pl. VI, 6. — 1966, R. Menrens : 25. — 1968, E. R. BryGo0
et Ch.-A. Domeraue : 13-22, fig. 6 à 11.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1913, P. MerauEn et J. Hewrrr : Tsivanoa (C. rhinoceratus
lineatus). — 1917, O. BoerrGer : Tuléar (C. rhinoceratus).
Dans notre étude de 1968 nous avions négligé de citer la récolte d’un mâle
et d’une femelle à Tuléar en 1903-1904, signalée par O. BorrrGer (1917, p. 308)
et qu'il considérait comme des C. rhinoceratus Gray. Il s'agissait très proba-
blement de C. antimena.
— 1968, E. R. Brycoo et Ch. A. DOMERGUE : Tuléar (terrain d'aviation) ;
Belalanda ; P. K. 935, route nationale, environ de Tuléar, village Antsokay,
Thotry.
__ Nouvelles récoltes : Tuléar ; forêt des Mikea (forêt Salary); piste Ampa-
sikiko-Salary (plateau calcaire) ; P. K. 25 de la route Tuléar-Morondava.
b) Aire de répartition (carte 6, p. 40). — Les nouvelles récoltes n’ont
jusqu’à présent fait que confirmer l’aire de répartition précédemment définie :
Région Nord de Tuléar, entre les fleuves Onilahy et Mangoky.
Fréquence. — Cette espèce, dans son domaine géographique, peut être
considérée comme une des plus fréquentes ; du moins pendant la saison chaude.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — La description type d'A. GRANDIDIER, en 1872,
était particulièrement succincte, on pouvait lire, à côté des mensurations, la
notation suivante : « Ecailles du corps semées de gros tubercules. Crête dentelée
sur le dos ; pas de crête ventrale ». Mais l’espèce était surtout définie plus loin
par rapport à la suivante : C. labordi.
Source : MNHN, Paris
46 E.-R. BRYGOO
En 1902, F. Werner décrivait les cônes de la crête dorsale comme beau-
coup plus longs que larges et incurvés. Il ajoutait : «.. ce qui les distingue de
ceux de C. rhinoceratus ».
En 1913, P. Mernuen et J. Hewrrr, décrivant « C. rhinoceratus linealtus»
écrivaient :
«lt is in most respects similar to rhinoceratus (= antimena according to Mocquard and
Werner). However, certain differences have been recognized, of which the most important are
to be seen in the shape of the rostral process, and in the presence of a very distinct white line
occupying a median position on the ventral surface.
Description. Casque which is not greatly elevated forms a sharp angle behind : parietal
crest raised and well developed. The lateral crests are not so distinct, but are indicated by enlarged
subconical tubercles. Tubercles also exist on the canthus rostralis and on the bony rostral process.
This process is somewhat concave above, the concavity much narrowed being continued in front
and very slightly below. Viewing the head in profile this same appendage is seen to be slightly
concave below. The rest of the head is covered by flat scales of unequal size. Occipital lobes are
entirely absent. A dorsal crest of a few enlarged conical tubercles is present, about thirteen in
number, not extending much behind the elbow when the forelimb is extended backwards in line
with the body.
An uninterrupted ventral crest exists, extending along the throat nearly as far as the vent.
This rest consists of a single row of tubercles, broken up in places into two or even three rows.
The white line which indicates this ventral crest forks just before the vent, runs along the
anterior part of the under surface of the thighs, and makes its way back along the posterior part
of the same, continuing as a double line along three-quarters of the length of the tail.
The tubercles on the body are of unequal size : a single but rather irregular row of enlarged
tubercles is developed on the flanks.
The tail is not compressed as in rhinoceratus. »
F. ANGEL, considérait « C. anlinema » comme synonyme de C. rhinoceratus
et ne le décrivait donc pas ; D. HizLenius (1959) ne le mentionnait pas.
Dimensions maximales observées. — 1913, P. MeTuuEn et J. HEwiTT :
F. 153 (73) (C. rhinoceratus lineatus). — 1913, O. Bogrrer : F. 165 (C. rhino-
ceratus). — 1968, E. R. Brycoo et Ch. A. DomerGue : M. 338 (178); F. 174 (81).
b) Spécimens observés. — En 1968, avec Ch. A. DOMERGUE, nous avons
donné une description détaillée de mâles et de femelles ainsi que de 2 juvéniles
de cette espèce.
Depuis nous avons eu l'occasion d'examiner 9 mâles et 10 femelles appar-
tenant à cette espèce.
1. Aspect général et coloration. — (Méâles). Sur le vivant : les spécimens
se présentent avec une coloration d'ensemble verte, le dessous de l’abdomen
étant plus clair mais sans ligne blanche, tandis que sur les côtés par contre on
observe une ligne latérale blanche. Parfois, ils sont noir verdâtre avec des lignes
jaunes latérales.
Après la mort : la coloration post mortem peut être soit jaune, verte et
blanche, avec une ligne latérale blanche, mais sans ligne blanche médio-ven-
trale ; soit jaune et noire, dessous blanc sale, sans ligne blanche médio-ventrale
mais avec une ligne blanche latérale.
Source : MNHN, Paris
Ly
“Ip UL un,p 2[qiuesu2,p on A
HotprpueaD *V uaumuo oapouroy) ‘€ ‘BKL
d By 700
€: antimenq
OATAVNVHO AUNHO AI
Source : MNHN,-Paris
48 ER. BRYGOO
(Femelles). Sur le vivant la coloration d'ensemble était le plus souvent
vert sombre ; le casque, les tempes et la majeure partie des flancs rouge brique
foncé ; le dessous des membres, de la queue et les aisselles blanc sale.
Le cadavre se présente :
— soit vert jaune, brique et noir, avec souvent une ligne latérale blanche,
— soit rougeâtre avec marques blanches.
Tous les spécimens, vivants ou morts, ont une ligne blanche commençant
peu après le menton pour se terminer avant l’anus ; chaque cuisse est bordée
de deux lignes blanches, la postérieure se prolongeant sous la racine de la
queue.
(D'un jeune mâle). Après la mort la couleur était jaune, blanc et vert avec
une ligne blanche mais sans ligne médioventrale.
(D'une jeune femelle). Vivant, ce spécimen était de couleur générale mauve
avec trois ébauches d’anneaux noirs sur les flancs, une ligne blanche nette du
menton à l'anus, des marques blanches peu distinctes sous les cuisses et la
racine de la queue ; sous la gueule le fond des plis était rose.
2, Ecaillure. — Au niveau du corps, l’écaillure est hétérogène et l’on
observe, sur les flancs, à mi-hauteur, une ligne latérale de grandes scutelles
dont le diamètre varie de 2 à 3 mm chez les mâles à 1 mm chez les femelles.
3. Dimensions. — (Mäles). Dans notre série, la longueur totale varie de
201 à 338 mm, pour des Caméléons mâles adultes (pénis bien développés).
longueur du reste du corps
longueur de la queue
Les chiffres extrêmes sont 0,87 et 1,1 ; 9 sur 14 compris entre 0,95 et 1,04.
Tous nos spécimens ont une taille supérieure à celle du type de C. antimena.
L'un d'eux cependant ne le dépasse que de 4 mm, ce qui, si l'on tient compte
de l’état de déshydratation poussée du type, devient négligeable.
(Femelles). La taille varie de 177 mm pour la plus grande (95 + 82 de
queue) à 142 (72 + 70 de queue) pour la plus petite.
Il s’agit bien de femelles adultes. Plusieurs contenaient des œufs, soit en
formation (diam. 3 mm), soit apparemment mûrs, au nombre de quatre à six
par oviducte. La femelle de 142 mm (70) a pondu, au mois d'avril, 16 œufs.
Le rapport est, en moyenne, très voisin de 1.
4. Tête. — (Mäles). Les crêtes pariétales et orbitales sont toujours très
nettement marquées. Les crêtes latérales sont visibles.
L'appendice rostral, formé par la fusion de deux éléments latéraux, est
rigide, long, de direction habituellement horizontale mais parfois légèrement
oblique en haut et en avant. Habituellement trois ou quatre rangs d’écailles
suffisent à recouvrir un côté du rostre. Pour le type, l’union des deux canthi-
rostrales est encore bien visible à l’apex ; quatre rangs d’écailles sur les côtés
du rostre.
Source : MNHN, Paris:
49
LE GENRE CHAMAELEO
Fig. 4, Chamaeleo antimena A. Grandidier, profl de la tête d’un mâle.
Source : MNHN,-Paris.
50 E.-R. BRYGOO
La longueur du rostre varie de 5 à 9 mm, sa largeur de 4 à 6 mm. Remar-
quons que la partie osseuse est souvent plus large à l'extrémité qu’à la base
mais que sur le vivant la peau masque cet aspect qui n’apparaît que sur les
spécimens conservés et partiellement déshydratés. L’épaisseur varie de 1,5
à 3,5 mm. Elle n’est inférieure à 2 mm que dans six cas sur dix-sept (type :
longueur 6,5 mm).
Si nous cherchons à caractériser l’appendice de C. antimena mâle, nous
pouvons préciser :
a. que la longueur du rostre est, dans tous les cas, au plus égale au diamètre
orbitaire et qu’elle lui est même souvent nettement inférieure,
b. que la largeur du rostre atteint souvent les deux tiers de sa longueur,
c. que l'épaisseur est toujours supérieure au quart de la largeur, atteignant
parfois la moitié de celle-ci.
Le relevé des principales dimensions du crâne permet d'étudier différents
rapports.
AD
Le rapport DE () est un indice de l'élévation du casque. Celui-ci est, au
plus, égal à 1 dans treize cas sur dix-sept. Il ne dépasse 1, et encore de fort peu,
que dans quatre cas (1,01 deux fois, 1,03 et 1,05). Pour le type, ce rapport
est de 0,9.
AB
Le rapport pe (4) est un indice de l'importance de la longueur de la
crête pariétale et, par conséquent, de la forme générale du crâne. Dans dix
cas sur quatorze, il est inférieur ou égal à 0,85 : 0,85 une fois, 0,84 deux fois,
0,83 trois fois, 0,82 une fois, 0,81 une fois, 0,80 quatre fois et 0,75 une fois.
Dans quatre cas il dépasse 0,85 : une fois à 0,89, une fois à 0,95 et deux
fois à 0,97.
Pour le type, ce rapport est de 0,6.
La crête gulaire, totalement absente dans quatorze cas, est notée comme
ébauchée par de rares tubercules dans trois cas.
(Femelles). La tête se présente avec un rostre à grand axe horizontal,
ou légèrement oblique en haut lorsque la tête est horizontale ; le casque est
assez aplati.
Le rostre le plus long mesurait 3,5 mm, le plus court 2 mm, l'épaisseur
variant de 1,4 à 2 mm et la hauteur de 3 à 2 mm. Les bords en sont habituelle-
ment parallèles, l’extrémité est arrondie.
Les crêtes pariétales, orbitales et latérales sont toujours bien marquées,
mais le casque est bas, ce qui traduit un rapport des distances :
(14) A : occiput ; D : gonion ; E : menton ; B : base de la crête pariétale ; C : extrémité du
rostre.
Source : MNHN, Paris.
19
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OSTAVRVHO AUNAD AT
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g 551/C
antimen
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Source : MNHN, Paris.
52 E.-R. BRYGOO
gonion (AD) . ...
nn DE) inférieur à 1
(14,5 à 17 mm pour la première, 16,5 à 19,5 pour la seconde).
îcm
C: antimeng Go juvénile 358/C QE er
Fig. 6, Chamaeleo antimena A. Grandidier, partie antérieure d’un mâle juvénile.
5. Corps. — (Mâles). La crête dorsale est formée de cônes volumineux,
nettement séparés les uns des autres. Les plus grands mesurent au minimum
3 mm et peuvent atteindre 6 mm ; ils sont souvent légèrement incurvés vers
l'arrière. Leur nombre varie, dans notre série, de 22 à 30 (comptés jusqu’à
l’aplomb de l’anus) avec un maximum de fréquence entre 26 et 28 (14 sur 22).
La crête caudale est formée par la prolongation de la dorsale sur la pre-
mière partie de la queue.
La crête ventrale manque constamment.
Douze fois, aucune fossette axillaire n’est observée, huit fois on note la
présence d’une ébauche, le caractère n’est positif que dans deux cas.
(Femelles). 11 n’y a pas de véritable crête ventrale, caudale ou gulaire.
Les tubercules axiaux de la région gulaire et ventrale sont à peine différents,
de par leur taille, de leurs voisins.
La crête dorsale est amorcée par quatre à sept tout petits tubercules qui
atteignent au maximum 1 mm.
Dracnose. — Ce Caméléon s'identifie immédiatement, dans sa région
d’origine, par la constatation d’un rostre impair et rigide, associé, chez le
mâle, à la présence d’une crête dorsale formée de cônes particulièrement
importants.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 53
On aboutit à la diagnose de C. antimena différemment selon qu'il s’agit
d’un mâle ou d’une femelle.
Pour un mâle la présence d’un rostre rigide associé à l'absence de tout
lobe occipital conduit directement sur le groupe angeli - antimena - labordi -
rhinoceratus. La hauteur du cimier autant que l'importance de la crête dorsale
permettent d'éliminer angeli et rhinoceratus. Le diagnostic avec labordi se fait
autant par la forme de l’appendice que par le nombre et la forme des cônes
de la crête dorsale (cf. tabl. 5, p. 43).
La femelle de C. angeli étant encore inconnue, la diagnose se ramène à
éliminer, parmi les Caméléons sans lobe occipital, avec rostre ou ébauche de
rostre, C. labordi et C. rhinoceratus. La femelle de C. labordi n’a qu'un rostre
à peine marqué et ne possède pas même d’ébauche de crête dorsale. La femelle
de C. antimena a une écaillure hétérogène et une ligne blanche médio-ventrale,
caractères qui la distinguent de celle de C. rhinoceratus. Le tableau 6 rassemble
les principaux caractères distinctifs.
TABLEAU 6
CARAGTÈRES DIFFÉRENTIELS DES FEMELLES DES CAMÉLÉONS
À ROSTRE RIGIDE DE L'OUEST DE MADAGASCAR
(Tous ces Caméléons ont en commun un casque bas el une queue plus courte que le reste du corps)
Chamaeleo labordi antimena rhinoceratus
Nombre de spécimens étudiés. 5 19 1 (type)
Taille * À 164 (75) 177 (82) 120 (55)
135 (66) 142 (70)
Crête dorsale 0 Incomplète
Nombre de cônes = 4à7
Hauteur des cônes . = 1 mm — de 1 mm
Crêtes gulaire et ventral + 0 0
Ecaillure du corps Homogène Hétérogène Homogène
Ligne latérale de — + +
Ligne blanche médio- + + =
Appendice Un petit tubercule Comprimé latéralement,
globuleux de 1,5 mm grand axe horizontal
Longueur (mm) 8, 3
Epaisseur (mm). 1,4-2 0,9
* Nous donnons la taille en millimètres du plus grand et du plus petit étudiés, avec, entre
parenthèses, la longueur de la queue.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — En 1902, F. WERNER (pl. XXVII, fig. 3) présentait un
dessin du spécimen type de C. antimena pour illustrer l’espèce C. rhinoceratus.
C’était la première représentation de l'espèce, malheureusement fort imparfaite.
La présentation, en 1913, par P. METHUEN et J. Hewirr (pl. X), de
C. rhinoceratus lineatus était en fait la première de la femelle de C. antimena
ainsi que nous l'avons établi en 1968.
Le dessin donné en 1942 par F. ANGEL pour la tête du mâle de C. voelt-
zkowi (pl. VI fig. 6) correspond, pour la forme du rostre et la ligne de grandes
écailles latérales, à C. antimena.
Source : MNHN, Paris
54 ER. BRYGOO
En 1968, avec Ch.-A. DOMERGUE, nous avons donné des dessins de deux
mâles, d'une femelle et d’un juvénile.
b) proposée : Figure 3. — Une vue d'ensemble, d’un mâle (By 700), récolté
dans la forêt des Mikea (région de Morombe) ; le spécimen mesurait 255 mm
dont 123 pour la queue. Le rostre avait une longueur de 7 mm pour une largeur
de 5 à la base et une épaisseur de 2. La crête dorsale comprenait 28 cônes jus-
qu’à l’aplomb de l'anus, le plus grand mesurant 5,5 mm de haut pour une base
de 2 mm.
Figure 4. — Le profil de la tête d’un mâle, n° 534 C, récolté au Nord de
Tuléar en mars 1969 ; il mesurait 222 (115) mm, avec un appendice de 7 mm,
et une crête de 27 cônes dont le 4® avait une hauteur de 4 mm pour une base
de 2.
Figure 5. — Le profil de la tête d’une femelle n° 551 C, récoltée au Nord de
Tuléar, mesurant 142 (70) mm, avec un appendice de 3 mm; la crête ne com-
prenait que 8 tubercules d’une hauteur maximale de 1 mm; femelle morte
après avoir pondu 16 œufs.
Figure 6. — La partie antérieure d’un mâle juvénile, 358/C, étudié en 1968.
3. — Chamaeleo balteatus Duméril et Bibron in C. et A. Duméril, 1851
DESCRIPTIONS ORIGINALES : a) Spécimens. — Femelle. 1851, C. et A. Duxériz, Catalogue
méthodique de la collection de Reptiles, pp. 31-33 (n° 6 521 M.N.H.P., holotype).
__ Mâle. E. R. Brvaoo et Ch.-A. Domenour, 1969 ; conservé au M.N.H-N.P. sous le
no 1968-182.
b) Terra typica, — Madagascar.
€) Dimensions du type (femelle). — 365 (220).
Synonsaur.— — ? Dicranosaura bifurca var. crassicornis J. E. Gray, 1864 ?
__ Mis en synonymie par G.-A. Bouzecer en 1887 avec C. bifidus Brongniart, 1800. Syno-
nymie rejetée par E.-R. Bry@oo et Ch.-A. DOMERGUE, 1968.
Nowencrarune. — C. balleus F. AnGex, 1942, erreur pour C. balleatus.
Désrenarion. — Caméléon à baudrier (C. et A. Duméiz, 1851).
Brunes er menrions urérieures. — 1852, À. Duméiz : 260, pl. XXII (erreur). — 1863,
F. Pouuen : 335. — 1864, J. E. Gray : 472. — 1877, O. Borrraen : 26, 39. — 1887, G--A. Bou-
LenGER : 463 (mise en synonymie avec C. bifidus). — 1960b, E.-R. Bnxa0o et Ch.-A. DoMERGUE.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1968, E. R. Bryaoo et Ch.-A. DomMErRGuE : Jfanadiana,
Fort Carnot, Tolongoina.
b) Aire de répartition (carte 7). — Actuellement étroitement localisée
dans la région forestière dite de la Falaise, entre Ifanadiana et Fort Carnot,
en pays Tanala.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 55
a— C: globifer
+ — C: oshaugnessyi
m— C. balteatus
Carte 7, répartition de Chamaeleo balteatus, C. globifer et C. oshaughnessyi.
FRÉQuENcE. — Cette espèce n’a encore été que peu récoltée : 4 mâles
(dont 1 juvénile) et 2 femelles, sans doute plus du fait de son aire géographique
limitée que d’une réelle rareté.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — L'espèce balleatus, le Caméléon à baudrier, fut
décrite en 1851 et 1852 par A. DumÉrit ; nous avons, avec Ch.-A. DOMERGUE
Source : MNHN, Paris
56 E.-R. BRYGOO
en 1968. rappelé en détails dans quelles circonstances. La description était
précise, en particulier pour la forme du crâne, l'homogénéité de l'écaillure et
les marques blanches, notamment de celle qui donne le nom au Caméléon. Il
n'était pas indiqué qu'il s'agissait d’une femelle.
Il ne fut pas donné d’autre description de cette espèce que G. A. BOULEN-
Ger plaça dans la synonymie de C. bifidus en 1887, ce qui fut admis par les
différents auteurs jusqu’à ce que nous réhabilitions l'espèce et en décrivions
le mâle (1968).
b) Spécimens observés. — Nous avons donné, en 1968 avec Ch.-A. Do-
MERGUE, une description détaillée de l'espèce, basée sur l’observation d’une
femelle nouvelle, de 3 mâles et d’un mâle juvénile. Nous n'avons pas à la
modifier.
1. Aspect général et coloration. — a) Sur le vivant. La couleur d'ensemble
est le plus souvent vert sombre avec parfois des marques blanches ou des
stries transversales noirâtres.
b) En alcool. Coloration générale gris bleu avec :
_— une bande blanche très nette qui part de chaque côté en arrière de
l'occiput pour atteindre transversalement le creux de l’aine : le baudrier ;
— de la pointe du menton à l'extrémité de la queue une longue ligne
blanche qui, sous le menton, s'élargit en une zone claire, marquée de granules
rugueux, bordée de deux lignes blanches latérales ;
_— Ja face interne des membres blanchâtre ;
— à la partie inférieure des flancs, deux lignes blanches parallèles, plus
ou moins nettes ;
— des labiales inférieures blanches.
2. Ecaillure. — L'’écaillure est homogène, formée de petits tubercules
quadrangulaires aplatis. Il n'y a pas de grandes scutelles latérales, ni de diffé-
renciation des écailles au niveau des membres inférieurs.
3. Dimensions. — Nous avons observé un jeune mâle dont les appendices
rostraux ne mesuraient que 2 mm, qui avait une longueur totale de 275 mm
dont 160 pour la queue.
Le plus grand des 3 mâles mesurait 440 mm (265) et la femelle 255 (125).
4. Tête. — La tête est caractérisée par sa forme globuleuse, beaucoup plus
courte que ne le sont habituellement celles des autres Caméléons.
Il n’y a pas de crête pariétale, le crâne est très régulièrement arrondi en
arrière. La crête latérale et la crête orbitaire sont marquées.
Pas de lobes occipitaux ni de crête gulaire. Les écailles temporales ne sont
pas agrandies, on n’y observe pas les rides rugueuses fréquentes dans l’espèce
C. globifer.
Source : MNHN, Paris
LG
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OAIAVNVHO HUNHO AI
313/C
cs
C. balteatus
Source : MNHN, Paris
58 E.-R. BRYGOO
2cm
0
d245/€
C. balteatus
Fig. 8, Chamaeleo balteatus Duméril et Bibron, profil de la tête d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 59
0 5
C: balteatus D Re le er St
EDS
Fig. 9, Chamaeleo balteatus A. Duméril et G. Bibron, vue d'ensemble d’une femelle.
Source : MNHN, Paris
60 E.-R. BRYGOO
(Mäle). La tête est remarquable par la présence de deux appendices
rostraux osseux, pointus, triangulaires, légèrement divergents en haut et en
dehors. Dans leur plus grande longueur ils mesurent 14 mm, avec 10 mm de
largeur à la base pour 2 à l’extrémité et une épaisseur de 4 mm.
Chez le jeune mâle signalé plus haut, dont les appendices mesuraient 2 mm,
l'écart entre les deux était de 6 mm.
(Femelle). 11 n'y a pas d’appendice, les canthi-rostrales se terminent
indépendamment au-dessus du museau, marquant simplement un léger renfle-
ment au niveau de la narine.
5. Corps. — La crête dorsale, formée d’une vingtaine de petits cônes
réguliers, ayant au maximum 1 mm de haut, occupe le premier tiers du dos
chez le mâle ; elle ne comprend que 4 à 10 tubercules réguliers de moins de
1 mm de haut chez la femelle.
Il n’y a ni crête caudale ni fossette axillaire.
6. Hémipénis. — L’organe est subcylindrique, très allongé, avec évase-
ment distal progressif ; la longueur du pénis droit est de 22 mm et celle du
gauche de 25 mm chez le 245/C., ce qui représente 1/7 de la longueur du corps
de l'animal ; chez le 326 C., les longueurs sont respectivement de 28 mm (pénis
droit) et 30 mm (pénis,gauche), soit 1/6 du corps de l’animal, ce qui lui donne
sa forme plus élancée ; l’apex est bilobé.
Les mamelons apicaux sont peu distincts. Les lobes, bien développés et
pourvus de crêtes, sont dirigés vers l'arrière ; chaque lobe porte, au sommet
et en position substernale, des cônes plus ou moins épineux disposés sur 2 ou
3 rangs et grossièrement concentriques ; le bord externe du lobe est plus déve-
loppé, il forme une expansion latérale denticulée, pouvant porter une ou plu-
sieurs excroissances coniques ; entre les lobes, en position tergale, il existe sur
les spécimens deux auricules subhorizontales à bordure légèrement festonnée.
Il n’y a pas de barbillon à la racine du lobe.
L'ornementation cellulaire du corps est très prononcée ; elle débute au
quart basal de l’hémipénis, recouvrant presque entièrement la face tergale ;
dans la partie distale, le réseau est formé de cellules polygonales ou ovales
dont les cloisons sont très développées ; dans la région médiane, les cloisons
verticales s’espacent et s’amenuisent tandis que le bord horizontal prend de
l'ampleur ; il en résulte que, dans la zone basale, le corps de l’hémipénis pré-
sente une série de collerettes superposées à bord frangé.
Le sillon est profond, mais les lèvres sont relativement rapprochées.
Le pédoneule ne se distingue du corps de l’hémipénis que par son diamètre
réduit et l'absence d’ornementation cellulaire.
Draënose. — Parmi les Caméléons de taille moyenne à grande, de la forêt
de l'Est de Madagascar, cette espèce s’identifie facilement par la présence d’un
baudrier blanc allant sur chaque flanc, de l'épaule à l’aisselle. Certains C.bifidus
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 61
TABLEAU 7
CARAGTÈRES DIFFÉRENTIELS DES ESPÈCES DU GROUPE parsoni
Chamaëleo parsonii pars. var. globifer oshaugh- balteatus
parsonii cristifer nessyi
Mâles et Femelles
Lobes occipitaux .......-...e.e & 4 da 0
Ecailles agrandies |“ ©0'PS UE q % q È g
neveu 0 des membres. . 0 de + dE 0
= Mâles La Ee
Grête dorsale. .................... 0 dE 0 + +
Appendices * sr... A : à G A A
* A : allongés ; G : globuleux.
peuvent présenter cet aspect particulier mais la présence de « rosettes » permet
de séparer les femelles des deux espèces qui autrement sont très proches.
Morphologiquement cette espèce appartient au groupe parsoni. Le
tableau 7 présente les caractères différentiels.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Nous avons, en 1968, expliqué comment, par suite d’une
erreur, la bonne illustration du spécimen type donnée par A. DuMÉRIL, un
profil entier (pl. XXL, fig. 2), avait pu être négligée, ce qui avait, peut-être,
contribué à la méconnaissance de l’espèce. Nous avons alors donné une repro-
duction de cette image originale en même temps qu’une série de dessins repré-
sentant une femelle (492 C), un mâle (245 C) et un mâle juvénile (246 C).
b) proposée : Figure 7. — Mäle 313 C. Spécimen d’Ifanadiana, mesurant
330 mm dont 160 pour la queue, avec des appendices de 13 mm de long.
Figure 8. — Mâle 245C. lIfanadiana, 440 (265) le plus grand connu,
appendices de 14 mm. Sujet déjà représenté, en 1968, mais sous un autre angle.
Source : MNHN, Paris
62 E.-R. BRYGOO
cm
382/C
d
C. belalanda
Fig, 10, Chamaeleo belalandaensis E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, profil de la tête de l’holotype.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 63
Figure 9. — Femelle 314C. Ifanadiana, 330 (160). D’après une photo-
graphie prise in vivo d'un spécimen illustrant, sous d’autres aspects, le travail
de 1968.
4. — Ghamaeleo belalandaensis E. R. Brygoo et Ch.-A. Domergue, 1970
DESCRIPTION ORIGINALE : 1970, E. R. Brycoo et Ch.-A. DomErGuE, Bull. Mus. nat. His.
nat., (2) 42 (2), pp. 805-310.
a) Spécimen. — Un mâle type déposé au M.N.H.N.P. sous le n° 1 969-114.
D) Terra fypica. — Village de Belalanda, 4 km au Nord de Tuléar.
c) Dimension. — 229 (111).
FRÉQUENCE. — Seul le type de cette espèce est actuellement connu
(carte 11, p. 98).
DESCRIPTION.
1. Aspect général. — Sur le vivant la coloration générale est verte avec une
ligne blanc sale, latérale. Il existe une ligne blanche médio-ventrale nette
s’arrêtant au pubis. Pas de ligne blanche sous les cuisses. Coloration blanchâtre
des aisselles, du dessous des cuisses et de la queue.
2. Têle. — I] n’y a pas de lobes occipitaux.
La crête pariétale est nette mais ne forme pas cimier. Les crêtes orbitales
et latérales sont visibles.
Il existe un appendice rostral osseux, net, bien que ne débordant qu’à peine
le corps de la lèvre supérieure. Il est formé par la réunion des 2 canthirostrales.
11 mesure environ 0,5 mm de long avec une épaisseur de 1,5 mm.
La crête gulaire est très discrètement marquée; des grandes écailles
s’observent sur les tempes.
Les principales dimensions du crâne sont les suivantes :
Occiput — base de la crête pariétale .
Occiput — gonion . ë
Gonion — extrémité antérieure . .
Base de la crête pariétale — extrémité de l’apophyse rostrale ... 16 mm
Orbite
D'un gonion à l’autre
D'une crête orbitale à
autre
3. Corps. — La crête dorsale est formée de 44 cônes jusqu’à l'aplomb de
l'anus ; les plus grands, à partir du n° 4, ne dépassent pas 1,5 mm de haut sur
1,5 de base.
La crête caudale, continuation de la dorsale, est à peine marquée sur le
premier quart.
Source : MNHN, Paris
64 E.-R. BRYGOO
Il n'y a pas pratiquement de crête ventrale : c’est à peine si les petits
tubercules dépassent le niveau moyen.
L'écaillure du corps est granuleuse mais homogène ; une série de grandes
écailles (moins de 1,5 mm de diamètre) forme une ligne latérale à mi-hauteur.
Il n’y a pas de fossettes axillaires.
4. Hémipénis. — Les hémipénis développés mesurent 20 mm pour le droit
et 18 mm pour le gauche alors que le corps, du museau à l’anus, avait une
longueur de 118 mm du vivant de l'animal, réduite à 98 après quelques mois
de conservation en alcool. La longueur de l'hémipénis représente sensiblement
1/6° de la longueur du corps du sujet. Les deux organes sont semblables. Pour
notre description, nous prenons l’hémipénis droit. Il est du type franchement
bilobé, qui est classique.
Les lobes sont volumineux, dirigés vers Je haut ; ils se subdivisent en une
base portant un bourrelet en forme de volute, un peu plus large que la base dans
sa partie antérieure, diminuant progressivement vers l'arrière ; à sa partie
supérieure, le bourrelet porte 5 à 6 épines souples, grossièrement disposées sur
deux rangs ; la partie antérieure renflée est lisse, dépourvue de toute trace de
sillon ou dépression.
Il existe des auricules qui flanquent la base postérieure du lobe ; elles sont
dentelées, peu développées, en position subverticale.
Les barbillons sont situés normalement à la base des lobes ; ils sont du
type composé et, au moins dans les conditions de la préparation, relativement
réduits.
L'ornementation cellulaire du corps est complète, formée de cellules
agrandies dans la région proximale, petites dans la région distale.
Le sillon est largement évasé.
Yu dans son ensemble, l’hémipénis du Caméléon de Belalanda, spécimen
unique, présente une certaine analogie avec ceux de C. lateralis, C. oustaleti,
C. verrucosus, C. pardalis.
Les hémipénis des Caméléons de ce groupe présentent une certaine homo-
généité et les différences n'apparaissent qu'après un examen attentif. L'organe
de C. belalandaensis se distingue de celui des autres par le nombre réduit des
épines du lobe, l'absence de dépression entre les rangs d’épines et la suture
de la partie terminale arrière du lobe avec la base, tous caractères que nous
avons observés sur les organes de C. lateralis, C. oustaleli, C. verrucosus,
C. pardalis.
Les barbillons, situés à la base des lobes, sont composés chez C. belalan-
daensis, comme chez C. lateralis, alors qu'ils sont simples dans le groupe
verrucosus-oustaleli.
Draënose. — L'association des caractères observés :
— appendice rostral net mais réduit,
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 65
— crête dorsale formée de cônes isolés,
— présence d’une ligne blanche médio-ventrale,
ne se rencontre chez aucune des espèces actuellement décrites. La morphologie
des hémipénis est, elle aussi, d’un type particulier.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Nous avons, avec la description type, donné une série
de dessins dont celui de l’hémipénis.
b) proposée. — Nous proposons (fig. 10) une nouvelle vue du seul spé-
cimen connu.
5. — Chamaeleo bifidus A. Brongniart, 1800
Descruprion omrervaLe : 1800, A. Bron@niarr, Bull. Soc. philom. Paris, 2 (1), p. 90, pl. VI,
fig. 2. Espèce « plutôt indiquée que décrite par M. Parsons dans le 58° volume des Transactions
philosophiques ». N° 6 660 du M.N.H.N.P. (holotype, mâle, des Indes orientales).
a) Terra typiea. — « Cet animal a été trouvé, par le naturaliste Rice, dans une île de
l'Océan Indien, peut-être même à Java ou sur le continent de la nouvelle Hollande » (F.-M. Dau-
Din, 1803).
b) Dimensions du type. — «1 pied 1 pouce 6 lignes de longueur totale, 6 pouces pour la
queue » (F.-M. DauDiN, 1805) ; 390 mm (210) mesurés sur le type en 1968.
Syxonvare. — Non C. bifidus B. Merren, 1820 (— C. parsonii pro parte).
C. bifureus H. KünL, 1820,
G. bifureus (Brongn.) in G. Cuvier, 1829 et 1836.
Diceros bifurcatus W. Swainson, 1839.
C. (Furcifer) brongniartii L. Fitzinger, 1843.
C. balteatus Dum. et Bib. in C. et A. Duméri, 1851, synonymie proposée par G.-A. Bou-
LENGER en 1887, rejetée par E. R. Brvaoo et Ch.-A. DomERGUE, 1968.
Dicranosaura bifurea var. crassicornis J. E. Gray, 1864.
C. balteus F. ANGEL 1942 ex errore pro balteatus.
Nomencrarure. — Diceros bifureatus W. SWAINSoN, 1839.
C. (Furcifer) brongniarti L. FrrznGer, 1843.
Dicranosaura bifurea J. E. GAY, 1864.
D. bifurca var. crassirostris J. E. Gray, 1864.
Désraxarion. — Caméléons fourchus (A. BronentarT, 1800).
_— Le Caméléon nez-fourchu de l’Inde (F.-M. DauDiN, 1803).
— Le Caméléon des Moluques (G. Cuvier, 1829).
__ Caméléon à nez fourchu (A. Duwérur. et G. Brmron, 1838 ; C. et A. Dumériz, 1851).
— Zweïhôrniger (allemand) (B. Menrem, 1820).
__'The Cameleon of the Moluccas, the forked-nose cameleon, two horned Chameleon
(anglais) (J. E. Gray, 1831 in Grierrri).
—— The large naped Chameleon (anglais) (J. E. Gray, 1845).
_— Tarondro (malgache) (C. bifureus) (G. GraNDinrer, 1907).
_— Tanabe (malgache) (F. Anrz, 1942).
Erupes er menrions ucrémueures. — 1803, F.-M. Dauin : IV, 217, pl. LIV. — 1820,
B. Mere : 161. — 1820, EL Küre : 103 (bifureus). — 1825, G. Cuvier : pl. XVI, fig. 32, 33. —
1829, G. Cuvien : 61. — 1830, J. WaLer : 163. — 1831, J. E. Gray : 54, 153, 237 et pl. (C. bifur-
eus). — 1836, G. Cuvien : 39, pl. CCXLIV, fig. 32, 33. — 1836, A. Duméris et G. BrBroN : IT,
233, pl. XX VII, fig. 3. — 1839, W. Swarnson : 369-370 (Diceros). — 1843, L. FrrziNGer (bron-
Source
: MNHN, Paris
66 E.-R. BRYGOO
gniartit) : 42. — 1845, J. E. Gray : 268, C. bifidus, 33. — 1852, A. Dumérz : pl. XXIL fig. 18. =
Ÿ864, J. E. Gray : 465 (D. bifurcaet D. b. var. crassirostris), 478-479. — 1877, O. Bogrr@en : 26,
38 (C, bifureus). — 1887, G.-A. BouLenGer : 463. — 1893, O. Boxrraen : 121. — 1902, F. Wen-
Ken : 411-412, pl. XXIV. — 1909, F. Mocquarn : 8. — 1911, F. Wenen : 27-28. — 1918,
P. Merauex et J, Hewrrr : 191. — 1913, O. BorrrGen : 372. — 1922, W. KauDEnN : 432. —
1921, F. Ant. : 408, fig. 11. — 1931, F. ANGEL : 504-505. — 1933, R. Mentens : 267. — 1942,
F. Anëz : 158 et 173-174, pl. VII, fig. 8, pl. VILL fig. 1. — 1943, F. ANGEL : 76 fig. — 1950,
R Decary : 101. -— 1950, F. AnGez : 555. — 1959, D. Huienius : 36-38. — 1963, D. HiLLENIUS :
206. — 1965, Ch.-A. Domeraue : 22. — 1966, R. MERTENS : 7-8.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1820, B. MERREM : Indes orientales.
— 1831, J. E. Gray : Ile de France.
— 1836, A. Dumériz et G. BiBron : « On le trouve aux îles Moluques,
à Bourbon, sur le continent de l’Inde, ainsi qu’à la Nouvelle Hollande.
M. BusseuiL nous l’a rapporté de ce dernier pays; M. le baron Muius, de
Bombay et de Bourbon ; et MM. Lesson et Garnor, des îles de la Sonde. »
__ 1843, L. FrrznGer : Afrique, Bourbon, Indes, Iles Moluques, Australie,
Nouvelle Hollande.
_— 1851, C. et A. Dumériz : Iles de la Sonde : LEsson et GARNOT ;
Bourbon : M. Mirrus; Madagascar : J. Goupor; Nouvelle Hollande
M. BusseuiL.
_— 1887, G. A. BouLeNGER : Proximité de Tamatave, Rev. W. D. Cowan ;
E. Betsileo, T. WATERS.
— 1902, F. WerNER : Mohambo.
__ 1913, P. Mernuen et J. Hewirr : Ampantomaizina, Chambaena (?
forêt.
— 1922, W. KAuUDERN : Fenerive, Fandrarazana.
__ 1931, F. AnGeL : Région de Rogez (G. PErIT, réc.).
— 1933, R. MERTENS : Tampina.
— 1950, F. ANGEL : Signale un spécimen mâle au Musée de Strasbourg,
sans localité (G. Scnerper, 1881).
— 1963, E. R. Bry@oo : Ambila, Ambavaniasy.
_— 1968, E. R. BryGoo : Moramanga, Brickaville, Ankoetrika (route
Mananara Mandritsara).
b) Aire de répartition (carte 8). — Cette espèce, que les auteurs anciens
nommèrent successivement « Caméléon nez-fourchu de l'Inde » puis « Caméléon
des Moluques », alors que le naturaliste RIGHE qui l'avait le premier récolté
indiquait seulement «une île de l'Océan Indien », n’eut son aire de répartition
réelle que très tardivement reconnue. Une série d’erreurs successives, assez
difficilement explicables, le signalèrent des Iles de la Sonde, en Nouvelle
Hollande et aux Mascareignes.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 67
En fait cette espèce est très étroitement localisée à la côte Est, au Nord
et à l'Ouest de Tamatave. Elle se rencontre dans l’intérieur jusqu’à Mora-
manga. La seule localisation aberrante est celle signalée par G. À. BOULENGER
(1887) : « E. Betsileo, T. WATERS », aussi mérite-t-elle de n’être acceptée qu'avec
réserves.
FRÉQUENCE. — Cette espèce ne peut être considérée comme rare. Le
nombre des récoltes de mâles rend encore plus extraordinaire l’absence, ou du
moins la grande rareté, des femelles.
DESCRIPTION.
a) Données antérieures. — La description de A. BRONGNIART était des
plus succinctes :
e— C. bifidus
a— C.minor
Carte 8, répartition de Chamaeleo bifidus et C. minor.
Source : MNHN, Paris
68 E.-R. BRYGOO
« Occiput plane, museau comme bifurqué et terminé par deux prolongements comprimés
Mais la figure (fig. 2) qu'il en donnait était, elle, très bonne. Il s'agissait d’un profl de l'animal
entier ; les rosettes de la base du flanc étaient discrètement indiquées. Dès 1903, F. DAuDIN signa-
lait ces rosettes « … sur chaque flanc près du ventre on voit deux rangées longitudinales de petites
taches rondes, rapprochées, nombreuses et jaunes ».
En 1829, G. Cuvier écrivait (p. 61) :
«Enfin, Le Caméléon des Moluques, à nez fourchu (Cham. bifureus Brongn.) Daun. IV. LIV
a le casque plat, demi-cireulaire, deux grandes proéminences comprimées, saillantes, en avant
du museau, qui varient en longueur probablement selon les sexes. Les grains sont égaux, Son COrps
‘est semé de taches bleues serrées, et il y a, au bas de chaque flanc, une double série de blanches. »
En 1831, J. E. Gray (p. 54) écrivait de lui :
« Scales square ; occiput flat, dilated behind ; the sides with groups of white scales ; male
with two compressed horns over the nostrils ; female hornless. Isle of France. » Après avoir, ailleurs,
traduit la description de G. Cuvrer, il précisait (p. 237), à propos des appendices nasau
«… two large compressed and projecting proeminences in front of the muzzle, which Vars
in length, probably according to the sexes ».
En 1845, J. E. Gray signale la présence au British Museum (N. H.) d’un
adulte, mâle probable, et de trois juvéniles dont une femelle probable «nose
without any horns, occiput rather wider ».
En 1846, J. E. Gray signalait avoir observé mâle et femelle de « Dicrano-
saura bifurca ». C’est cette femelle dont seront données les principales dimen-
sions en 1887 par G. A. BouLeNGER. Depuis il ne semble pas qu'aucun auteur
ait observé, ou du moins décrit, de femelle de cette espèce.
En 1931, F. ANGEL décrivit un mâle juvénile. Le même auteur en 1942
insistait sur : la forme de l’appendice rostral ; le casque plat, large, arrondi
postérieurement, bordé par la crête latérale ; la présence d’une bande blanche
de chaque côté du ventre et de «rosaces ». Ce sont ces mêmes caractères que
retiendra D. Hizzenrus en 1959.
Dimensions maximales. — 1838, À. Du
_ 1887, G. À. BouenGer : F. 296 (172).
1 et G. BiBron : M. 420 (220).
b) Spécimens observés. — Outre les 14 spécimens du M.N.H.N.P., dont le
type, nous avons disposé de 6 nouveaux individus. Il s'agissait de 5 mâles et
d’une femelle.
A. — Les mâles.
1. Aspect général et coloration. — Uniformément de vert sombre à gris
noir, de leur vivant, avec un abdomen blanchâtre, les spécimens observés
devinrent de gris à gris noir en alcool. On y note cependant, de chaque côté,
de l’aisselle à l’aine, une ligne ou mieux, une bande claire alors qu'il n'y a pas
de ligne blanche médio-ventrale. L'un des spécimens présentait sur chaque
flanc une bande claire, oblique en bas et en arrière, partant à 2 cm derrière
la nuque.
Source : MNHN, Paris.
69
“opeur un,p A1AU9$ onA “eBUOL *V SRPUIQ ODWPUTD LT “PIX
4 cm
d 316/C
C. bifidus
OATAVNVHO HUNAD AA
Source : MNHN, Paris
70 E.-R. BRYGOO
2cm
204/C
CA
C: bifidus
Fig. 12, Chamaeleo bifidus À. Brongniart, vue latérale de la tête d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 71
2. Ecaillure. — L'écaillure est remarquablement homogène, formée
d’écailles quadrangulaires, sans relief. On note cependant sur chaque flanc, un
mode de groupement différent des écailles qui dessinent des «rosaces » ou
«rosettes » il y en a à peu près deux lignes sur la base de chaque flanc. Le
nombre d’écailles, compté au milieu du corps, entre la colonne vertébrale
et la ligne médiane variait de 53 à 60.
3. Dimensions. — Les 5 nouveaux spécimens examinés mesuraient 365
(200), 370 (200), 370 (230), 302 (170) et 292 (172) mm avec des appendices
rostraux respectivement de 21,5, 21, 24, 15 et 14 mm.
4. Tête. — Il n’y a pas de crête pariétale. La crête latérale borde l’ar-
rondi du crâne en arrière où elle est marquée par quelques tubercules ; elle se
prolonge par la crête orbitale puis discrètement par le bord supérieur de
l’appendice rostral. Celui-ci n’est pas denticulé. La crête temporale est à peine
marquée sur un spécimen, comme une bifurcation de la crête latérale qui
rejoint l'orbite dans sa partie haute.
Les écailles temporales ne sont pas agrandies. Il n’y a pas de crête gulaire.
Les appendices rostraux sont osseux, à grand axe horizontal. Ils sont
aplatis latéralement et se présentent comme deux lames à peu près parallèles.
Chez les 5 spécimens la distance occiput-gonion est inférieure à celle
gonion-menton ce qui traduit un casque bas.
5. Corps. — La crête dorsale, qui n’est visible que sur une partie du dos,
est formée de tubercules isolés, moins de 10, de 1 mm de hauteur au maximum
pour les spécimens de Moramanga et Brickavillé (3) tandis que pour 2 spéci-
mens d’Ankoetrika leur nombre atteignait 18 et leur taille 1,5 mm. Iln’ya ni
crête ventrale ni crête gulaire. La fossette axillaire était présente chez 2 des
5 spécimens.
à 6. Hémipénis (Ch.-A. DOoMERGUE). — L’hémipénis, qui mesure de 1/5
à 1/6e de la longueur du corps, se caractérise par sa forme élancée ; un réseau
cellulaire bien développé ; des lobes bien marqués, développés horizontalement,
aliformes, plus ou moins enroulés vers l'arrière, ornementés de crêtes; des
auricules paires, très développées, ondulées, de direction oblique, en U à
pointe sternale ; un barbillon.
B. — La femelle.
La seule femelle dont nous ayons disposé avait été récoltée à Ankoetrika.
Elle mesurait 290 (160) mm. Reçue en alcool, sa coloration d'ensemble était
gris bleu, plus claire sous la gueule. On notait la présence d’une marque sombre,
oblique, partant à 2 cm en arrière de la nuque pour se perdre à mi-flanc et,
de l’aisselle à l’aine, une large bande claire correspondant aux «rosettes »,
celles-ci étant constituées par des groupes de 2 à 4 écailles quadrangulaires,
séparées les unes des autres par des éléments granuleux beaucoup plus petits.
Source : MNHN, Paris
72 E.-R. BRYGOO
cm
0
204/C
d
C. bifidus
Fig. 13, Chamaeleo bifidus A. Brongniart, vue dorsale de Ja tête d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
73
LE GENRE CHAMAELEO
C. bifidus
Fig. 14, Chamaeleo bifidus A. Brongniart ©, profil de la vue d'ensemble.
Source : MNHN, Paris
74 E.-R. BRYGOO
Nous avons compté 65 écailles sur une ligne joignant, à mi-corps, la colonne
vertébrale au milieu de l'abdomen. Le tégument est homogène, formé d’écailles
quadrangulaires.
Au niveau de la tête il n’y a pas d’appendices rostraux, c’est à peine si
l’on observe 2 renforcements des canthirostrales, indépendants, au-dessus des
narines. Le crâne est arrondi en arrière, sans crête pariétale. Les écailles tem-
porales sont petites, de la même taille que celles du corps.
La crête dorsale n’est visible que sur le premier tiers du corps, elle est
constituée par 18 cônes dont le plus grand ne mesure pas 1 mm de haut. Ni
crête gulaire, ni crête ventrale. Il existe une fossette axillaire.
DracNose. — «elle [cette singulière espèce] est trop différente du C. vul-
gaire pour en être regardée comme une simple variété » (A. BroNGnraRT, 1800).
En fait, si le mâle de la première décrite des espèces de Caméléons mal-
gaches est d’un diagnostic facile, l'identification de la femelle, beaucoup moins
bien connue, pourrait peut-être présenter des difficultés.
Avec son double appendice osseux, le mâle adulte se range immédiatement
parmi les Caméléons bicornes et se distingue du groupe C. parsonii par l'aspect
en lames parallèles de cette formation. Deux espèces ont des appendices de
structure voisine : C. minor et C. willsii petteri. C. bifidus se sépare de ces deux
espèces par une plus grande taille : 420 (220) pour 202 (115) à C. minor et
168 (78) à C. willsii petteri. L'écaillure présente de plus une structure constante,
«des rosettes » dans la région inférieure des flancs, formations qui ne s’observent
pas chez les autres espèces.
C’est d’ailleurs cet aspect de l’écaillure des flancs qui permet de reconnaître
les femelles de cette espèce ; elles possèdent en outre une bande blanche laté-
rale de chaque côté de l’abdomen.
Un cas particulier est à envisager, celui de la variété crassicornis de
« Dicranosaura bifurca » créée par J. E. Gray en 1864.
Pour justifier la variété crassicornis J. E. Gray écrivait :
« One of the males, with the horns only partly developed, has them very thick and trigonal
at the base, so as nearly to reach across the nose. In another young male, about the same size,
they are compressed and far apart at the base, as in the type specimens. »
I n’est pas impossible que cette variété « crassicornis » corresponde en
fait au C. balteatus dont le mâle était alors inconnu. Le fait que J. E. GAY ait
pu comparer deux spécimens de même taille est particulièrement important
de ce point de vue.
Le tableau 8 rassemble les éléments du diagnostic différentiel entre les
espèces du groupe bifidus.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 75
TABLEAU 8
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES ESPÈCES DU GROUPE bifidus
Espèces bifidus minor w. willsii willsit pelteri
TAILLE MAXIMALE
Mâle … 420 (220) * 202 (115) 170 (96) 168 (90)
Femelle 296 (172) 142 (70) 145 (70) 141 (70)
Occiput . Arrondi Arrondi Arrondi Pointu
Appendic Parallèles Divergents Divergents Parallèles
Crête gulaire . 0 + 0 0
Crête dorsale + + + 0
Nombre d’écai 53-65 50-58 44:50 54-62
Rosaces .… en 0 0 0
Ligne blanche médioventrale : q + + qe
Fossette axillaire + ss 0 0 (3/4)
* Dimensions en millimètres. Le premier chiffre indique la longueur totale, le second celle
de la queue.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Première décrite des espèces de Caméléons malgaches
C. bifidus fut sans doute aussi celle qui, fut le plus souvent représentée, repro-
duite avec une plus ou moins grande exactitude d’ailleurs. Représentée par
A. BronGnrarT dès 1800 avec la première description, elle le fut ensuite par
F.-M. Daupin en 1803.
En 1824, puis en 1836. G. Cuvier donna une illustration de l’ostéologie
de la tête de C. bifidus (fig. 32 et 33). En 1831, J. E. Gray (in GrtFFITH) donna
à nouveau une représentation d’un mâle entier.
En 1852, A. DumériL représentait la tête du Caméléon à nez fourchu
1. XXII, fig. 13). En 1871, Charles DaRwIN (5) utilisa même la représenta
tion de cette espèce (C. bifurcus de Madagascar) pour mettre en évidence
l'importance des caractères sexuels secondaires.
En 1902, F. WEeRNER (fig. 24) donna une vue apicale et inférieure de la
tête de C. bifidus. En 1921 F. ANGEL proposait (fig. 11) un profil de la tête du
mâle de cette espèce.
Les représentations les plus récentes sont probablement celles proposées
par F. ANGEL (1942) d’une tête d’un mâle adulte et d’un jeune mâle, la pre-
mière ayant été reproduite par R. Decary en 1950, si l’on en excepte le schéma
(fig. 8) donné par D. Hizenius, 1950 « Bifidus nose from above ». Ce dernier
est en effet doublement inexact : les appendices rostraux de bifidus sont
parallèles et ne présentent pas d’épines secondaires.
b) proposée: Figure 11. — Vue générale d'un C. bifidus mâle, n° 316 C,
récolté en décembre 1965 à Moramanga. Ce spécimen mesurait 365 mm dont
200 pour la queue. Les appendices mesuraient 20 mm.
(15) Darwin (Charles), 1871. — The Descent oj Man and selection in relation lo sex, p. 694,
fig. 35. Edit. The Modern Library, New York.
Source : MNHN, Paris
76 E.-R. BRYGOO
Figures 12 et 13. — Le profil et lapex d’un mâle, d’Ambila, mesurant
370 (230) mm, avec des appendices de 24 mm.
Figure 14. — Profil de la vue d’ensemble de la femelle décrite par ailleurs.
6. — Chamaeleo boettgeri G. A. Boulenger, 1888
DxscmrioN onterNaLe : 1888, G.-A. BouLenGer, Ann. Mag. nat. Hist., (6) 1, p.28, pl IL
fig. 3.
a) Spécimens. — Deux mâles et une femelle, au British Museum (N. H.).
b) Terra typica. — Nosy Be.
©) Dimensions des types. — M. 110 (55) ; F. 94 (47) avec une longueur de 4 mm pour l'appen-
dice du mâle et de 3 mm pour la femelle (G.-A. BouLENGEn, 1888).
Synonvme. — C. nasutus O. Boettger, 1878 (non A. Dumériz et G. Brsrow, 1836).
__ G, macrorhinus T. Barbour, 1903, synonymie proposée par F. Mocouarp, 1909.
AUTRES ÉTUDES ET MENTIONS. — 1878, O. BOETTGER (C. nasutus) : 278-281, pl. I, fig. 4a
et b, fig. 5 a et b. — 1881, O. Bozrraen (C. nasulus : 483-485. — 1893, O. Bogrréen : 128. —
1894-1895, F. Mocquarn : 114-115. — 1902, F. Wenwen : 426-427. — 1903, T. Bargoun (C. ma
crorhinus ) : 62. — 1909, F. MOCQUARD : 8.— 1911, F. WERNER : 39, fig. 13. 1913, O. BOETTGER :
372. — 1921, F. ANGEL : 411. — 1933, R. MeRTENS : 271. — 1942, F. ANGEL : 159 et 176, pl. VIII,
fe. 5. — 1950, D. Hizenrus : 25-30, fig. 24. — 1963, D. Hnuenrus : 105. — 1966, R. Mentes : 8.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1878, O. BoerrGer : Nosy Be (Lokobe), Anton STUMFF réc.,
(C. nasutus).
__ 1895, F. Mocquanp : Diégo-Suarez, Montagne d’Ambre (ALLUAUD
et BELLY réc.).
— 1963, E. R. BryGoo : Antalaha.
__ 1968, E. R. Brycoo : Montagne d’Ambre, les Roussettes ; Diégo-
Suarez.
b) Aire de répartition (carte 9). — L’aire de répartition de cette espèce est
actuellement localisée à la région Nord de l’Ile, le point de récolte le plus au
Sud étant Antalaha sur la côte Nord-Est.
Fréquence. — L'espèce décrite d'abord de Nosy Be n'y a plus été récol-
tée semble-t-il depuis longtemps. Par contre elle ne semble pas très rare en
Montagne d’Ambre et aux environs de Diégo-Suarez.
DESCRIPTION.
a) Données antérieures. — La description originale, donnée en 1888 par
G. A. BouLENGER, était la suivante :
« Casque scarcely elevated posteriorly ; no well-marked rest ; occiput convex, forehead
concave ; upper-seales very unequal in size ; a compressed, rounded, scalÿ dermal lobe on the
‘end of the snout in both sexes, as in C. nasutus : the length of this appendage a little less than
Source : MNHN, Paris.
LE GENRE CHAMAELEO 77
the diameter of the eye ; a rather large occipital dermal lobe, not notched mesially. Back and sides
with unequal-sized, small, flat granules ; ventral granules equal ; limbs wich scattered, distinctly
enlarged round, flat tubercles ; males with a dorsal crest of widely separated, isolated, soft spines ;
no gular nor ventral crest.
No tarsal process. T'ail a little longer than head and body.
A blackish streak on each side of the head, passing through the eye ; male with a light
lateral band. »
A— C: boertgeni
e°— C: fallax
m— C. gallus
Carte 9, répartition de Chamaeleo boeltgeri, C. fallax et G. gallus.
T. Bargour décrivait ainsi en 1903, l'espèce qu’il croyait nouvelle,
C. macrorhinus :
« Specific characters — Casque non elevated posteriorly. A single large dermal fold, unnot-
ched and individed on the median line, borders the casque from shoulder to shoulder. There is
Source : MNHN, Paris
78 E.-R. BRYGOO
neïther a lateral nor a parietal crest on the casque, nor dorsal, ventral nor gular crest on the head
and body. The whole surface on the body is covered with rather small, subequal, polygonal,
granular tubercles. On the snout there is a large oblong dermal process covered with round gra
nules. At a little more than half way between the eye and the dermal process there is, on each side,
an excrescence composed of a number of elongated tubercles partially fused. The tail is of about
he same length as the head and the body. »
Ce spécimen mesurait 85 (42) mm.
F. AnGez (1942) caractérisait l'espèce comme ayant les scutelles des lobes
occipitaux plus petites que celles de la région pariétale ; une écaillure peu
distinctement hétérogène ; chez le mâle une crête dorsale de tubercules mous,
régulièrement distants les uns des autres. Alors que dans la clef (p. 159) cet
auteur considère les lobes occipitaux comme «très développés formant capu-
chon sur la nuque et les côtés du cou », à la description de l'espèce il précise
« petit capuchon formé par un lobe occipital médian, arrondi en arrière ».
D. Hizenius (1959) insista sur le fait que, dans cette espèce, le capuchon
occipital ne porte aucune trace d’incissure (différence avec C. guibei).
Dimensions maximales. — ©. Borrrcer, 1881 (nasutus): M. 113 (61);
F. 103 (53). — F. Mocquarn, 1895 : M. 130 (71).
b) Spécimens observés. — Nous avons particulièrement étudié un mâle
et une femelle provenant l’un et l’autre de la montagne d’Ambre.
1. Aspect général et coloration. — De leur vivant ces spécimens étaient
gris olivâtre sur les flancs, avec 2 zones verticales plus claires, le ventre gris
rosé.
2. Ecaillure. — L'écaillure était fine et homogène sur l’ensemble du corps,
sans différenciation remarquable.
3. Dimensions. — Le mâle mesurait 123 mm (72) avec un appendice de
4 mm, la femelle 108 (57) avec un appendice de 3,5 mm. Cette dernière conte-
nait des œufs mûrs (3 + 2) (récolte de février 1963).
4. Tête. — La tête, dont la crête pariétale n’est pas visible sur le vivant,
n’est remarquable que par le capuchon et le rostre. Pas de crête gulaire.
Le capuchon est petit, médian, souple et sans échancrure.
L'appendice est mou, déformable, arrondi à l'extrémité, plus petit que
le diamètre de l’orbite.
5. Corps. — La crête dorsale n’est visible qu’à la loupe, chez le mâle on
compte 15 cônes légèrement hypertrophiés, chez la femelle 6. Il n'existe pas à
proprement parler de crête dorsale nette, même chez le mâle examiné.
Les fossettes axiliaires sont à peine marquées.
6. Hémipénis. — De 8 mm chez un individu de 123 mm de longueur totale
(229 C), il a une morphologie très proche de celui de C. nasutus.
Source : MNHN, Paris
64
“argu un,p oj17u98 on (uno *Y °9 M20)20Q 0AeDUDY) “GI ‘HU
5a14
d
C. boettgeri
OHIAVNVHO AUNHO AT
Source : MNHN, Paris
80 E.-R. BRYGOO
Draenose. — Cette espèce fut confondue par O. BOETTGER avec C. nasutus
en 1878 et 1881; ce n’est qu'en 1888 que G. A. BouLENGER l'en sépara en
mettant en évidence l'importance du capuchon au niveau de la nuque.
La description de C. macrorhinus par T. BarBour, en 1903, reposait sur
l'examen d’une femelle « apparemment adulte », sans crête dorsale, mesurant
83 (42) mm ; dès 1909 F. Mocquarp en faisait un synonyme de C. boeltgeri.
Cette espèce appartient à un groupe bien caractérisé par la présence simul-
tanée de l’appendice nasal dermique et d’un lobe occipital médian, formant
un petit capuchon. Trois espèces le composent : C. boettgeri, C. quibei et
C. linotus.
Le tableau 9 regroupe les éléments du diagnostic.
TABLEAU 9
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DRS ESPÈCES DU GROUPE boellgeri
Espèces boettgeri linotus guibei
TAILLE MAXIMALE
Mâle . 130 (71) * 124 (72) 70 (35)
Femelle . 103 (53) 109 (57) ÿ
Appendice nasal
Mâle + + 4
— taille + de 3 mm +de3mm dei mm
Femelle . + 0 ,
Lobe occipital. Entier Entier Incissure_ médiane
nette
Crête dorsale. . + 0 0
* Dimensions en millimètres. Le premier chiffre indique la longueur totale, le second celle
de la queue.
La question de la crête dorsale est intéressante à discuter. Indiquée dans
la description type, retrouvée chez 10 spécimens sur 10 examinés par D. HiLLE-
nius, elle se trouve à peine visible sur un spécimen mâle de la Montagne
d’Ambre que nous rapportons à cette espèce. Or la présence ou l’absence d’une
crête dorsale serait la seule différence entre C. boeltgeri et C. linotus.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La première iconographie de cette espèce fut donnée
en 1878 par O. Boerreer (fig. 4 a et b, 5 a et b) lorsqu'il représenta une femelle
et un jeune mâle qu'il confondait alors avec C. nasulus. Le repli occipital est
bien marqué, le jeune mâle possède une crête dorsale nette ; la femelle n’en a
pas. G. A. BourenGer en 1888 proposa (pl. IT, fig. 3) un dessin d’un mâle de
profil où le repli occipital et la crête dorsale sont bien marqués. En 1911,
F. Werner publia le profil de la tête d’un mâle (fig. 13).
Source : MNHN, Paris
18
“aprouo] aun,
p oaug8 onA oBuanog *V ‘D 126720 ou) ‘O7 “BU
C. boettgeri
OZTAVAVHD HUNHD AT
Source : MNHN, Paris.
82 E.-R. BRYGOO
Sur le dessin que donna F. ANGEL (1942) d'une tête de mâle ou de femelle
(pl. VILL fig. 5), le repli occipital est à notre avis trop marqué. D. HiLLENIUS
(959) proposa une vue apicale (fig. 24) de la région du cou de C. boettgeri.
En dehors de la figure proposée par F. ANGEL qui indique « mâle ou
femelle », nous n'avons pas trouvé de représentation de la femelle de cette
espèce.
b) proposée. — Nous disposions d’un mâle et d’une femelle récoltés en
février 1963 dans la Montagne d'Ambre, aux Roussettes.
Figure 15. — Mâle n° 531 C, de 123 mm dont 72 pour la queue ; l’appendice
mesure 4 mm ; la crête dorsale n’est visible qu’à un fort grossissement : elle
est composée de 13 cônes réduits.
Figure 16. — Femelle n° 532 C de 108,5 mm dont 57 pour la queue ;
appendice de 3,5 mm ; la crête dorsale est constituée par 6 petits cônes à la
partie antérieure du corps; contenait 5 œufs mûrs (2 + 3).
Figure 44 (p. 146). — Reproduction de la figure 24 de D. Hizenius (1959),
nuque de C. boettgeri.
7. — Chamaeleo brevicornis A. Günther, 1879
7 a. — Chamaeleo brevicornis brevicornis A. Günther, 1879
DESCRIPTIONS ORIGINALES : a) Spécimens. — Mâle. 1879, A. Günruer, Proc. zool. Soc.
London, 1879, pp. 148-149, pl. XII, fig. À (un mâle). Type au B.M. (N.H.).
— Femelle. 1879, A. GüNTHER, Proc. zool. Soc. London, 1879, p. 149, pl. XII, fig. B (C. gula-
ris) (une femelle). Type au B.M. (N.H.).
b) Terra ypica. — Environs de Tananarive.
€) Dimensions des types. — M. 9 3/4 (6) inch. ; F. 8 1/4 (4 1/2)inch. (C. gularis).
Svnonvmie. — C. gularis A. Günther, 1879, synonymie proposée par G.-A. BOULENGER,
1887.
DésiGNATION. — Caméléon à capuchon (F. ANGEL, 1949).
— Tanalala (malgache) (F. ANGEL, 1942).
__ Kurzhornchamäleon (allemand) (H. Scmirren, 1964).
ErupEs ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1879, A. Günrner : 246 (C. gularis). — 1881,
À. Günruen : 358, fig. — 1887, G.-A. BouLencer : 467-468. — 1890, A. GünTuEnR : 70. — 1889-
1900, F. Mocquanrn : 96. — 1902, F. Mocouann : 6. — 1902, F. Werner : 386-387, 458. — 1909,
F. Mocquann : 7. — 1911, F. Werner : 31-39, fig. 9. — 1913, O. BorrrGen : 371. — 1918, P.
Mernuen et J. Hewirr : 190. — 1918, Th. Banmoun : 485. — 1921, F. ANGEL : 410, fig. 12. —
1930, F. ANGEL : 115. — 1931, F. ANGEL : 504. — 1932, G. Granpinier et G. Perir: pl. XLIT. —
1942, F. Ancez : 158 et 174-175, pl. VIII, fig. 2. — 1943, F. ANGEL : 74, fig. — 1949, F. ANGEL.
53-54, fig. E. — 1950, R. Decary : 101.—1950, F. ANGEL : 554. — 1957, R. Marruev : 714-715.
1959, D. Hiurexius : 30-34. — 1963, D. Hizzenrus : 205. — 1964, H. Scmirrer: 193-200.
1964, H. France : 55. — 1965, Ch.-A. DomenGuE : 22. — 1965, K. P. Scnminr et R. F.
INGEr : 93. — 1966, R. Menrens : 9. — 1968, H. UrBue : 511, fig. — 1969, S. PARGHER : fig.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1879, À. GüNTHER : Fianarantsoa (C. gularis).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 83
— 1881, A. GüNTHER : Pays Betsileo (5 mâles).
— 1887, G. A. BouLeNGEr : E. Betsileo (Rev. W. D. Cowan); S. E.
bétsileo (Mr T. Warers) ; Betsileo (Rev. G. A. Snaw).
— 1890, A. Günrxer : District forestier, Est de l’Imerina (Rev. James
WizLs rec.).
— 1900, F. Mocquarp : Forêt d’Ikongo (G. GRANDIDIER coll. 1889-1899)
un mâle et 2 femelles.
— 1902, F. WERNER : Fianarantsoa, Ambohimitombo ; Ivohimanitra
(Dr Forsyrn Mayor leg.).
— 1913, P. MerHuEN et J. Hewzrr : le plus commun dans la forêt d'Ana-
lamazotra ; capturé aussi à Ambohidratrimo.
— 1918, Th. BarBour : marais près de Didy (WuLsin coll.).
— 1930, F. AxGEL : Ivohibe (forêt épaisse, 1 200 m, oct. 1926, R. Decary
réc.) — Ikongo (forêt 900-1 100 m, oct. 1927, R. DEcARY).
— 1931, F. ANGEL : Analamazotra et Ankaratra ; réc. G. Perrr, 1926) ;
autre localité : Fianarantsoa.
— 1942, F. ANGEL : donne comme autres localités : Haut pays Tanala ;
Manjakatompo ; Tsianovoha (forêt).
— 1952, F. ANGEL : Ambohimitombo, Ampitambe (ForsyrH Mayor,
1901) ; Montagne d’Ambre (SicaRD).
— 1963, E. R. BryGoo : Fierenana, Périnet, Ambavaniasy, Moramanga,
Ifanadiana, Mandraka, Ampamaherana.
— 1968, E. R. Bry@oo : Fenerive, Tsinjoarivo. L'O.R.S.T.O.M. de Tana-
narive possède un spécimen qui aurait été récolté à Sainte-Marie.
b) Aire géographique (carte 10). — L'aire géographique de C. brevicornis
est assez étendue, bien que limitée. Elle se situe essentiellement dans la région
forestière de l'Est et sur la bordure Est des Hauts Plateaux. Sur la côte, le
fait de l’avoir récolté à Fénérive, rend moins improbable sa récolte à Sainte-
Marie (1 spécimen). La récolte de la Montagne d’Ambre, signalée par F. ANGEL
(1952), tout à fait excentrique, a pu être confirmée. Nous avons en effet un
mâle typique [195 (120)] récolté en février 1969 à la station des Roussettes.
FRÉQUENCE. — C. brevicornis est de beaucoup le plus abondant des Camé-
léons des forêts de l'Est.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — En 1879, A. GÜNTHER, après C. malthe, décrivait
ainsi C. brevicornis :
«Allied to C. cucullatus and C, monachus, but with the superciliary ridge continued to the
end of the occiput.
The snout of the male is produced into a very short flat proluberance, concave above ; the
raised canthus rostralis passing uninterruptedly into the superciliary ridge, which is continued
Source : MNHN, Paris
84 E.-R. BRYGOO
+ C: brevicornis
A— C. b. tsarafidy
Carte 10, répartition de Chamaeleo b. brevicornis et de C. b. tsarafidyi.
to the occiput. Upper surface of the occipital region flat, without prominent median crest. Occipuo
behind angular and pointed, but not produced into a spine ; on each side a broad flap, the twt
flaps being nearly entirely separated from each other by a deep notch. Dorsal crest very low ;
anterior part of the throat and the abdomen with a very low crest, formed by a double series of
short conical tubercles. The occipital flaps are covered by large flat rounded seutes, much larger
{han those of the temple, which is crossed by an indistinct raised ridge running parallel to the
occipital ridge. Body and limbs finely granular, with scattered somewhat larger tubercles. Heel
without prominence. Greyish or yellowish : occipital flaps whitish ; snout blackish. »
A. GÜNTHER faisait suivre cette description de celle de C. gularis:
«Allied to C. brevicornis.
Snout of the female not produced. The raised canthus rostralis passes uninterruptedly into
the superciliary and occipital ridge, and is covered with a series of enlarged prominent reddish
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 85
tubercles. Upper surface of the occipital region flat, without prominent median crest. Occiput
pointed behind but not produced into a spine ; on each side a brood flap, the two flaps being
separated from each other by a deep notch. Dorsal crest very low ; anterior part of the throat with
some isolated pointed tubercles in the median line ; abdomen with a low median crest. The basal
portion of the occipital flap covered with small flat tubercles, the marginal half with larger ones,
of which two or three are conspicuous by their very large size. Temple crossed by a raised curved
ridge. Sides of the throat with two or three longitudinal wrinkles, the bottom of which is extremely
finely granular, and wich are separated by row of larger tubercles. Sides of the body and legs with
numerous very conspicuous larger tubercles between the smaller ones. Heel without prominence.
Yellowish, sides of the body and snout black ; canthus rostralis purplish red. »
F. ANGEL (1942) insistait sur les caractères suivants :
— la grande taille des scutelles couvrant les lobes occipitaux ;
— l’encoche marquant l’union des deux lobes occipitaux au niveau de
l’occiput ;
— les tubercules coniques, agrandis, sous le milieu de la gorge et du
ventre chez l’adulte ;
— l'union des canthi-rostrales en avant.
En 1959, D. Hixcenius reprenait ces caractères en insistant sur :
— l’importance de l’incissure séparant les lobes occipitaux ;
— la grande taille des scutelles de ces lobes ;
—- Ja forme plus ou moins pointue des cônes formant les crêtes crâniennes.
Chromosomes. — En 1957, R. Marrney caractérisait ainsi la formule
chromosomique :
« parmi les 16 bivalents, il est aisé de distinguer sept tétrades très petites (m-tétrades) et
neuf M-tétrades ».
Dimensions maximales observées. — 1881, A. GüNTHER : M 13 inch. —
1887, G. A. BouenGEr : M 328 (200), F 245 (135). — 1931, F. ANGEL :
M 370 (210).
b) Spécimens observés. — Nous avons eu entre les mains de très nombreux
spécimens provenant tant de Périnet que d’autres localités de la région Est.
1. Aspect général et coloration. — De taille moyenne, ce Caméléon se pré-
sente sous deux coloris distincts, soit gris clair avec quelques ramages foncés,
soit couleur brique, variant du brun rouge au bistre. Il n’y a que peu de varia-
tions et l’on n’observe pas de marques colorées particulières. L’abdomen et le
dessous des membres est habituellement plus clair.
Après la mort, et avant la conservation, les coloris peuvent varier beau-
coup. Nous avons observé des spécimens jaune et marron avec une dominante
bleu clair à la face externe des membres.
Source : MNHN, Paris
86
E.-R. BRYGOO
C. brevicornis d 147/C OR PERRAEtEm
Fig. 17, Chamaeleo brevicornis A. Günther, vue générale d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
87
LE GENRE CHAMAELEO
Fig. 18, Chamaeleo brevicornis A. Günther, vue latérale de la tête d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
E.-R. BRYGOO
C. brevicornis 9 Périnet (meer ere een
Fig. 19, Chamaeleo brevicornis A. Günther, vue d’ensemble d’une femelle
Source : MNHN, Paris
“aIDW] aun,p 219) EL 2P PAIE ANA UIUNO *V S/LLOOA21Q 090DUDUTD “O8 ‘BKX
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C: brevicornis
OHTAVNVHO HUNHO AT
Source : MNHN, Paris
90 E.-R. BRYGOO
2, Ecaillure. — L'écaillure est hétérogène, en particulier au niveau de la
gueule, de l’abdomen et de la face externe des membres.
3. Dimensions. — Les mâles dépassent fréquemment 30 cm de longueur
La queue est régulièrement plus longue que le reste du corps.
4. Tête. — Contrairement à la description type la crête gulaire manque
souvent complètement, bien qu’à ce niveau l’écaillure soit très hétérogène.
Il n'y a pratiquement pas de crête pariétale. Le crâne est pointu en arrière.
Les deux éléments remarquables sont les lobes occipitaux et le rostre. Nous
avons relevé, pour une corde de 28 mm, une flèche de 13 et pour une corde de 20
une flèche de 7. Habituellement chaque lobe est indépendant de son homo-
logue, il n’y a pas de partie commune, chacun s'insérant à côté du voisin,
derrière l’occiput. Sur les lobes on observe de grandes écailles dont le diamètre
varie de 2 à 3 mm.
Chez les mâles existe un appendice unique, formé par la fusion des prolon-
gements des deux canthirostrales. Dans le grand axe s’observe souvent une
gouttière supérieure. Sur un spécimen de 374 mm de longueur le rostre mesurait
4 mm de long, avec une hauteur de 3,5 et une épaisseur de 5 mm. Chez un
autre, de 305 de longueur, ces dimensions étaient respectivement de 5,5,
2,5 et 2:
Chez les femelles il n’y a pas de rostre mais un simple rebord osseux,
au-dessus du museau, formé par l'union des canthirostrales.
Le casque est bas, la distance gonion-menton étant égale ou supérieure
à la distance occiput-gonion.
5. Corps. — La crête dorsale est souvent régulière, formée de tubercules
petits et pointus ; on en compte plus de 50 de la nuque à l’aplomb de l’anus.
Chez certains sujets on note une certaine irrégularité dans la taille des cônes
de la crête dorsale : tous les 4 ou 5 cônes existe un cône plus grand que ses
voisins.
Cette crête dorsale se prolonge sur la première partie de la queue où,
la taille des cônes allant en diminuant, elle finit par s’estomper.
Il n’y a souvent pas de crête ventrale.
L'existence d’une fossette axillaire est inconstante.
6. Hémipénis. — Etudiés d’abord en 1963 par Ch.-A. DomErGuE, les
hémipénis de cette espèce firent l’objet, en 1970, d’une description détaillée
basée sur l’étude de 7 préparations, que nous reprenons ici.
Les dimensions sont de l’ordre du 1/6e de celles du corps de l’animal.
Les divers éléments comprennent :
— disques apicaux pédiculés, à extrémité interne libre et terminée en
pointe ;
_— barbillons bifides, à pointes égales, situés sous le pédoncule portant
les disques ;
Source : MNHN, Paris
91
LE GENRE CHAMAELEO
C:
brevicornis
Fig. 21, Chamaeieo brevicornis A. Günther, vue d’ensemble d’une femelle juvén
Source : MNHN, Paris
92 E.-R. BRYGOO
__ auricule en arrière du barbillon, semi-circulaire, à base épaisse, oblique
à pente arrière, à bord plus ou moins denticulé ;
__ ornementation cellulaire intéressant la face tergale et une partie des
faces latérales ; elle se prolonge jusqu’au pôle apical par une bande plus ou
moins large ; les cellules sont grandes.
Le sillon est bien marqué ; ses lèvres, rapprochées dans la partie proximale,
s'évasent brusquement à la moitié distale.
Les ornements varient dans leurs formes et leurs dimensions ; c’est ainsi
que les disques apicaux peuvent être plus ou moins développés, l'extrémité
libre et les bords parfois légèrement denticulés. Sur un spécimen, l'hemipénis
droit est normal, tandis que sur le gauche, les bords internes du disque sont
soudés. Les auricules sont plus ou moins volumineuses et leur pente variable ;
les barbillons peuvent être atrophiés.
7. Femelles juvéniles. — Nous avons pu observer 2 femelles juvéniles
récoltées en décembre 1968 à Périnet. L'une mesurait 119 (70), l’autre 139
(79) mm. Les lobes occipitaux avaient respectivement 12 de large avec une
flèche de 3 et 10 avec une flèche de 4 mm. Le seul caractère remarquable est
l'aspect de la crête dorsale : on compte de l’occiput à l’aplomb de l’anus
15 grands cônes séparés les uns des autres par 2 ou 3 plus petits, ce qui donne
un profil en dent de scie, beaucoup moins net, quand il existe, chez les adultes
de C. brevicornis, mais caractère fréquent chez les adultes de C. malihe.
De leur vivant ces juvéniles avaient une coloration brun rouge avec des
plages plus claires tirant sur le vert. À la vérification nécropsique, les ovules
mesuraient moins de 1 mm de diamètre.
Draënose. — L'espèce est bien individualisée et ne prête pas à discussion.
A. Günrmer en 1879 décrivit sous des noms différents le mâle et la femelle
(C. gularis) mais il précisait lui-même que l'espèce C. gularis était «allied to
C. brevicornis ».
La sous-espèce C. b. {sarafidyi a ses lobes formés de deux parties distinctes.
Trois autres espèces, beaucoup plus rares, possèdent des lobes occipitaux
aussi importants : C. malihe, C. cucullatus et C. tsaratananensis.
Les lobes occipitaux de C. malihe sont largement unis l’un à l’autre alors
que ceux de C. brevicornis sont séparés par une encoche bien marquée.
Le crâne de C. cucullatus se prolonge en arrière par une longue pointe
osseuse très caractéristique. Le mâle peut posséder 2 protubérances rostrales.
Le tableau 10 rassemble les éléments du diagnostic.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 93
TABLEAU 10
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES ESPÈCES DU GROUPE brevicornis
CAMÉLÉONS DE TAILLE MOYENNE, DONT LES LOBES OGCIPITAUX
SONT TRÈS DÉVELOPPÉS
Espèces brevicornis brevicornis cucullatus malthe isaralana-
tsarafidyi nensis
TAILLE MAXIMALE
Mâle 370(210)* 208 (169) ZSO(OD) 310 (175) ?
Femelle . 245 (135) 1) 305 (160) 283(163) 130 (66)
Lobes occipitaux
— Encoche séparant les parties
latérales . Re Je 0 0 Incomplète
—— Chaque lobe, formé ‘de deux
DALUCS ES A LT ess —_ + = — =
— Ecailles des lobes nettement
plus grandes que celles du
dessus de la tête... se + = de
Union des canthirostrale 4 H 7e ac
Rostre du mâle ............... Unique, osseux Double Unique, ?
ou absent osseux
Pointe osseuse en arrière de l’oc-
ciput = 0 je _ _
Crête gulaire E + 0 n +
Crête ventrale . Æ = 0 0 0
* Dimensions en millimètres, Le premier chiffre indique la longueur totale, le second celle
de la queue.
En 1959, D. Hicrenius signala l'existence dans les collections du
M.N.H.N.P. de plusieurs spécimens atypiques dont deux récoltés à Manjaka-
tompo. Les lobes occipitaux ne sont pas au contact sur la ligne médiane, ils
sont même séparés par un certain intervalle au niveau de l’occiput.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — En décrivant le mâle et la femelle (C. gularis), A. GüN-
THER, en 1879, donnait pour chaque une représentation de l'animal entier et
de l’apex du crâne (pl. XII, fig. A et B).
En 1881, le même auteur proposait un profil de la tête d’un mâle sur
lequel l’appendice rostral nous semble d’ailleurs exagéré. En 1911, F. WERNER
(fig. 9), en 1921 F. ANGEL (fig. 12) donnèrent à leur tour un profil de la tête
d'un mâle. La planche XLII que proposèrent en 1932 G. GRANDIDIER et
G. Perir pour représenter C. brevicornis est, selon nous, loin d’être exacte.
La crête dorsale et le rostre sont en particulier incorrectement représentés.
L'animal en son entier est plus proche d’un C. malthe que d’un C. brevicornis,
quant à la vue apicale du crâne elle ne donne qu’une idée très imparfaite de
la structure du rostre osseux de C. brevicornis. Le profil de la tête dessinée par
F. AnGeL (1942, pl. VIII, fig. 2) est plus satisfaisant, il a été reproduit par
Source : MNHN, Paris
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C: brevicornis
tsarafidy
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76
OODAUS ‘H-"4
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 95
R. Decary en 1950. En 1964, H. FRANGkE publia une photographie d’une
femelle, et en 1969, S. ParcHER plusieurs photographies de mâles.
Nous avons, en 1969, avec Ch.-A. DomerGuE donné le dessin des hémi-
pénis.
b) proposée: Figure 17. — Spécimen mâle de Périnet, C. 147 : 225 mm
(195).
Figure 18. — Autre mâle de Périnet (nov. 1967), C. 425 : 372 mm (222);
lobes occipitaux de 27 mm de base, flèche de 10 ; rostre de 6 mm de la longueur
sur 4 de haut et 6 d’épaisseur ; l’hémipénis droit de 20-21 mm.
Figure 19. — Une femelle typique de Périnet.
Figure 20. — Autre spécimen femelle de Périnet (nov. 1967), de C. 426 :
298 mm (176), lobes occipitaux de 23 mm de base pour une flèche de 9.
Figure 21. — Femelle juvénile [139 (79)], de Périnet, 519 C.
REMARQUES. — 1. Une importante étude du comportement de C. brevi-
cornis dans son habitat naturel a été réalisée par Stephan PARGHER à Périnet.
Dans un article de vulgarisation (1969) il donna des photographies d’un indi-
vidu consommant une chenille velue.
2. L'étude de cette espèce a permis à L. Arvy (1964) d'établir l'existence
d’un dimorphisme sexuel rénal très marqué et de mettre en évidence des
activités enzymatiques rénales.
3. En 1964, H. FRANGkE publia des observations sur le comportement
de cette espèce.
7b. — Ghamaeleo brevicornis tsarañfdyi
E. R. Brygoo et Ch.-A. Domergue, 1970
DEscPTION ORIGINALE : 1970, E.-R. Brvcoo et Ch.-A. DoMERGUE, Bull. Mus. nat, Hist,
nat., (2) 42 (2), pp. 311-320.
Type : un spécimen mâle, ne de récolte : 396/C, déposé sous le n° A 172 au M.N.H.N.P.
Terra typica. — Forêt de Tsarañdy (autrefois Ankafana) ; sous-préfecture d'Ambohimahasoa,
récolté en mars 1967 par P. Griveaup et J. M. Berscn.
Dimensions du type. — 293 (163).
DoMaiNE GÉOGRAPHIQUE. — Actuellement le domaine est réduit à la
terra typica (carte 10, p. 84).
DESCRIPTION.
1. Aspect général. — En alcool la coloration d'ensemble associe le gris,
le noir et le blanc. Les labiales sont gris clair ; il existe une ligne blanche
latérale.
Source : MNHN, Paris
96 E.-R. BRYGOO
2. Téle. — La tête se caractérise par la présence de lobes occipitaux nets
mais de forme très particulière. Une première partie, de 15 mm de long sur 5
de large, commence à hauteur du bas de l'orbite pour s'arrêter avant l'occiput.
A ce niveau débute une deuxième formation de 6 mm sur 3, elle-même séparée
de son homologue du côté opposé par une légère encoche. En vue apicale, on
constate la symétrie des lobes occipitaux ; l’aspect normal de leur bord écarte
toute idée d’une mutilation én vivo.
Les écailles, sur la plus grande partie des lobes occipitaux, ont 2 mm de
diamètre.
Il n’y a pas de crête pariétale, ni de pointe occipitale nette.
Les crêtes orbitales, nettes, se prolongent en arrière et en avant. En avant,
elles deviennent les canthirostrales qui s’unissent en un rostre. Celui-ci possède
sur le dessus une nette dépression en gouttière. Il mesure 5,5 mm de long,
3 de haut et 2,3 d'épaisseur.
La crête gulaire est marquée par quelques fins tubercules, clairs, de 1 mm
de haut au maximum.
Les principales dimensions du crâne sont les suivantes :
occiput — extrémité du rostre . 40 mm
occiput — gonion ........ 24 mm
gonion — extrémité de la mâchoire 27 mm
orbite . 9 mm
d’un gonion à l'autre 19 mm
d’une crête orbitale à l'autre . 12 mm
3. Corps. — Il existe une crête dorsale formée de petits cônes réguliers
(55 à 60) dont le plus grand mesure 1,5 mm de haut.
La crête caudale est la prolongation de la dorsale. Il n’y a ni crête ventrale,
ni fossette axillaire.
Ecailles hétérogènes sur l’ensemble du corps.
4. Hémipénis. — Les dimensions des organes sont de 13 mm, soit 1/10e du
corps. L'apex est pourvu de disques légèrement pédiculés, déprimés en forme
d’entonnoir ; l'extrémité interne est libre et se termine par une pointe plus ou
moins nette ; le pédicule est plus développé en avant et, en arrière, il se confond
avec le tégument.
Un peu déjeté par rapport aux disques, et sous eux, il existe un barbillon
pourvu de 2 pointes jumellées.
Les auricules sont bien développées, situées latéralement, en arrière du
barbillon ; elles sont obliques, à pente dirigée vers l’arrière ; la base est large,
les bords sont finement denticulés.
L'ornementation du corps est formée de grandes cellules qui intéressent
la face tergale et les faces latérales ; elle se prolonge jusqu’au pôle apical par
une étroite bande de cellules plus petites.
DraGnosE (tabl. 10, p. 93). — Tant par la majorité de ses caractères mor-
phologiques externes que par la structure de ses hémipénis, le spécimen de
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 97
Tsarañidy semble appartenir à l'espèce Chamaeleo brevicornis, mais il diffère des
représentants de cette espèce par la forme remarquable des lobes occipitaux.
Il est également sans rapport avec les spécimens signalés comme déviant de
la forme type par D. Hizcenius (1959).
On peut envisager l’hypothèse qu’il ne s’agisse que d’un spécimen «anor-
mal », « pathologique », l’anomalie ayant porté sur un mauvais développement
des lobes occipitaux. Mais quand on connaît la richesse de la faune malgache
en types spécifiques variés on doit admettre que rien ne s’oppose à ce que ce
soit en fait un représentant d’une nouvelle espèce bien caractérisée par la
forme particulière de ses lobes occipitaux. C’est pourquoi nous proposons de
le considérer, à titre provisoire, comme le type d’une sous-espèce nouvelle :
C. brevicornis {sarafidyi.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Avec la description type nous avons donné une icono-
graphie détaillée du seul spécimen connu ainsi qu’un dessin de ses hémipénis.
b) proposée. — Nouvelle vue latérale du seul spécimen connu (fig. 22).
8. — Chamaeleo campani A. Grandidier, 1872
DESCRIPTION ORIGINALE : 1872, Ann. Sci. nat., Zool., 15 (5), art. 20, p. 8; M.N.H.N.P.,
n° 5 465, holotype.
Terra typica. — Massif de l’Ankaratra.
Dimensions du type. — 68 (33).
SyNonvie. — C. oclolaeniatus O. Boettger, 1881.
Dési@narion. — Kamora, Soamarandrana (malgache) (G. GranDinrer, 1907).
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1877, O. BosrrGer : 39. — 1881, O. BoETTGER
(C. octotaeniatus ) : 479-481. — 1882, O. BogrrGer : 183-184. — 1887, G.-A. BOULENGER : 465. —
1888, G.-A. BouLENGER : 103. — 1893, O. Borrr@en : 122. — 1902, F. WerNER : 353-355, fig. 23.
— 1909, F, MocquanD : 7. — 1911, F. WerNER : 17. — 1918, Th. Barsour : 486. — 1921,
F. ANGEL : 406. — 1931, F. ANGEL : 503. — 1932, G. GRanDiDIER et G. Perir : 196. — 1942,
F. Ancez : 156 et 166-167, pl. XXII, fig. 1. — 1950, R. Decary : 100. — 1957, R. MATTHEY : 713.
— 1959, D. Hizcenius : 17-19. — 1963, D. Hizcenius : 205. — 1965, Ch.-A. DOMERGUE : 22. —
1966, R. MERTENS : 9.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1881, O. BorrrGer. (C. octolaeniatus) : sommet du Tsia-
fokafo.
— 1893, O. BoerrGer : Tananarive (F. Sixora leg.).
— 1902, F. WERNER ajoute : Forêt de Ambohimitombo, Iritriva
(Tritriva ?).
Source : MNHN, Paris
98 E.-R. BRYGOO
e— C:campani
à C. belalandaensis
Carte 11, répartition de Chamaeleo campani et C. belalandaensis
_ 1918, Th. Barsour : Forêt entre Tananarive et Tamatave (WuLsiN
coll.).
— 1931, F. AnGeL : Tananarive (G. Perir coll., 1926).
— 1966, E. R. Brycoo : Nosiarivo, Manjakatompo.
— 1968, E. R. Brycoo : Ibity, Antobeba, Ambohimitombo, Ambato-
lampy, Ankaratra.
b) Aire de répartition (carte 11). — L’aire de répartition de cette espèce
est bien localisée aux Hauts Plateaux, au Sud de Tananarive. La récolte la
Source : MNHN, Paris.
LE GENRE CHAMAELEO 99
plus Sud a été faite à l'Est d’Ambositra, en pays Zafimaniry. Selon R. DECARY
(1950) C. campani se rencontrerait dans la ville même de Tananarive. Malgré
de très nombreuses récoltes nous ne l’y avons jamais observé.
FRÉQUENCE. — L'espèce n’est pas rare dans le massif forestier de l’Anka-
ratra au Sud d’Ambatolampy.
DESCRIPTION.
a) Données antérieures. — La description originale de A. GRANDIDIER
(1872) était succincte :
« Corps traversé longitudinalement par six rangées subsymétriques de grosses écailles rondes
et plates, qui sont à peu près toutes d’égale grandeur ; celle qui suit la ligne du dos est double.
Pas de crête dorsale ni ventrale, Le casque est peu élevé. »
Malgré l'absence de figure et le peu de détails l'espèce est identifiable sans
ambiguïté. À. GRANDIDIER ne mentionnait cependant pas le caractère diffé-
rentiel le plus net pour cette espèce, sa coloration.
En 1881, O. BorrrGer donna de cette espèce une description détaillée
débutant ainsi :
« Das vorliegende, hôüchstens von bekannten Arten an Cham. (Apola) lateralis Gray (vergl.
die Figur des Kopfes in Proceed. Zool. Soc. London 1864, p. 473) errinnernde, aber in der fehlenden
Zähnelung an Kinn und Ventrallinie, in dem niedrigen und nur vorn gekielten Hinterkopf und in
der Pholidose mit zwieierlei Schuppenelementen weit verschiedene Thier hat folgende Charaktere ».
Cet auteur signale ensuite, entre autres, la double ligne de granules ver-
tébraux et la coloration si particulière de cette espèce. Puis, O. BOoETTGER,
estimant insuffisante la description donnée par À. GRANDIDIER, se crut autorisé
à proposer un nouveau nom : C. octotaeniatus. Il ne fut pas suivi.
G. A. BouLeNGER, en 1888, précisait que le mâle ne présentait pas de
caractères sexuels secondaires.
En 1942, F. ANGEL retenait comme caractères principaux :
— l'absence de crête gulaire et ventrale ;
— la double série de granules de la ligne vertébrale ;
— l’écaillure hétérogène ;
— la présence de 3 bandes longitudinales blanches ou jaunes de chaque
côté du tronc ;
— la présence d’une bande médioventrale blanche ;
— la présence de points ou taches blancs disséminés sur le corps.
De son côté D. Hizzenius (1959) caractérisait le groupe auquel appartient
C. campani par la double ligne de granules vertébraux et la ligne blanche
médioventrale et l'espèce par les 6 rangs de grandes écailles latérales associées
aux lignes blanches sur les flancs. Sur 8 spécimens il comptait de 47 à 66 écailles
Sur une ligne verticale entre la colonne vertébrale et le milieu du ventre.
Source : MNHN, Paris
100
Fig. 24,
E.-R. BRYGOO
LE
ai
TC
Chamaeleo campani A. Grandidier,
5 mm
493/C
£
C. campani
vue latérale de la tête d’une femelle.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 101
CHromosomes. — En 1957, R. Marrney étudia la formule chromoso-
mique de cette espèce :
«femelle : des cellules somatiques de l'ovaire m'ont livré quelques excellentes figures de
mitoses dont les chromosomes peuvent aisément être groupés par paires (absence de digamétie
femelle visible). Il y a 12 M en V, plus ou moins symétriques et seulement 14 m parmi lesquels
deux couples relativement grands (environ 2 u) : l'attachement de ces quatre éléments est dis-
tinctement médian. »
Dimensions maximales signalées. — 1881, O. BotTrGer : F. 107 (58)
(C. octotaeniatus). — 1911, F. WerNER : M. 119 (61). — 1959, D. Hircenius :
M. 133 (67) ; F. 132 (65).
b) Spécimens observés. — Nous avons pu étudier une série de mâles et
de femelles provenant de divers points de l’aire de répartition de l'espèce.
1. Aspect général et coloration. — Cette petite espèce est bien caracté
par sa coloration.
Sur le vivant l’animal est souvent vert clair mais on peut y observer des
marques rouges, au niveau de l’orbite, sous la crête temporale et de chaque
côté des tubercules vertébraux.
Il existe sur chaque flanc des bandes blanches longitudinales qui persistent
après conservation en alcool. Ce sont
— une bande blanche médio-ventrale qui va du menton à l’anus ;
— sur chaque flanc, 3 bandes longitudinales blanches ;
— la supérieure se prolonge légèrement sur la base de la queue ;
— la deuxième part de la commissure labiale et souligne le bord antérieur
du bras ;
— la troisième part de l’aisselle et se prolonge sur la face interne du
membre postérieur.
2. Ecaillure. — L’écaillure de cette espèce est tout à fait remarquable
avec la présence sur les flancs de rangées régulières de grosses écailles, souvent
colorées en blanc, alternant avec les lignes blanches. Deux lignes d’écailles
sont séparées des deux suivantes par une ligne blanche.
Il n’y a pas de ligne de scutelles agrandies à mi-flanc.
3. Tête. — Sans rostre ni lobes occipitaux, cette espèce n’offre rien de bien
remarquable à la description.
Le casque est bas, la crête pariétale est marquée mais ne forme pas cimier,
les canthirostrales perdent tout relief au-dessus du museau. Les écailles tem-
porales sont à peine agrandies. Il n’y a pas de crête gulaire.
4. Dimensions. — Les différents spécimens examinés avaient des dimen-
sions inférieures à celles qui avaient déjà été signalées, en particulier par
D. Hixrenrus en 1959.
Source : MNHN, Paris
102 E.-R. BRYGOO
C: campani d 208/c NOR Sem 2 SP
Fig. 23, Chamaeleo campani A. Grandidier, vue d'ensemble d’un mâle.
5. Corps. — L'élément le plus important est l'existence d’une double
série de granules à la place de la crête vertébrale. Cette double série est com-
parable à celle observée chez C. lateralis.
La fossette axillaire est habituellement présente.
6. Hémipénis. = Etudiés par Ch.-A. DomErGuE en 1963, les hémipénis
de C. campani sont nettement distincts de ceux de C. lateralis et forment, de
ce point de vue, un groupe à part.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 103
Draënose. — L'identification de cette espèce n'offre aucune difficulté,
elle ne peut être confondue avec aucune autre. Les variations individuelles
semblent des plus réduites.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Ni A. GranDiDpiER (1879) ni O. BorrrGEr (1881)
n'avaient donné de représentation de l'espèce. La première fut proposée en 1902
par F. WErNER (fig. 23) : il s'agissait du profil d’un mâle. En 1942, F. ANGEL
donna la photographie d’une femelle, vue latérale (pl. XXI, fig. 1).
b) proposée: Figure 23. — Mâle 208/C de Nosiarivo (Ambatolampy)
récolté le 2-V-1962, pesant 6 g, mesurant 135 mm (75).
Figure 24, — Femelle 493/C d’Ambohimitombo (Antoetra).
9. — Chamaeleo cucullatus J. E. Gray, 1831
DESCRIPTIONS ORIGINALES : a) Spécimens. — Femelle. 1831, J. E. Gray, Syn. Rept. in
Grurrrrw’s Anim. Kingd., 9, p. 54. Type au B.M. (N.HL) Dr. J. E. Gray (P.).
— Mâle. G.-A. BouLENGER, 1889.
b) Terra typica. — Madagascar.
<) Dimensions du type. — 1887, G.-A. BouLENGER : F. 270 (140).
TaxonomIE, — 1843. Bradypodion cucullatum, L. FITANGER.
— 1864, Calumma cucullata, J. E. GRAY.
Dési@narioN. — Caméléon à capuchon, A. Dumériz et G. Biron, 1836 ; C. et A. Dumérit,
1851.
— The hooded Chameleon (anglais) J. E. Gray, 1831 et 1845.
— Ratanga (malgache) F. ANGEL, 1942.
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1843, L. FITZINGER : 43. — 1845, J.-E. GRAy : 267. —
1836, A. Duméiz et G. Bron : 227. — 1851, C. et A. DumÉRiz : 33. — 1852, A. DumÉérIL
(= GC. monachus) : 257-262, pl. II, fig. 9. — 1863, F. Pouuen : 335. — 1864, J. E. Gray : 466, |
470-471, 476, fig. — 1877, O. Bogrrcen : 38. — 1887, G.-A. BOULENGER : 469. — 1889, G.-A. Bou- |
LENGER : 244-245. — 1894-1895, F. MocquaRD : 114. — 1902, F. WERNER : 389-390, pl XX VI. — |
1909, F. Mocquanp : 8. — 1933, R. MERTEN: 167-268, fig. 1. — 1942, F. ANGEL : 159 et 175, |
|
pl. VIIL fig. 3 et 3 a. — 1959, D. Hrcrenius : 30-33. — 1963, D. Hizzenius : 205. — 1966,
R. MERTENS : 12.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1843, F. FirziNGER : Afrique et Madagascar.
— 1933, R. MERTENS : Tampina.
— 1942, F. ANGEL : Fotsialana (forêts), Tamatave.
— 1963, E. R. BryGoo : Ambavaniasy.
— ce travail : Belalono.
b) Aire de répartition (carte 12). — La localisation de cette espèce en
Afrique, donnée par L. FrrziNGERr (1843), n’est plus aujourd’hui admise.
Source : MNHN, Paris
104 E.-R. BRYGOO
Dans l’état actuel des connaissances l’aire de répartition de cette espèce
se limite à la côte Est, le point à la fois le plus interne et le plus Sud étant
Moramanga tandis qu’au Nord le domaine s'étend jusqu’à Andapa.
Fig. 25, Chamaeleo cucullatus J. E. Gray 4, tête, vues latérale et dorsale (d’après F. Werner, 1902).
Fréquence. — Cette espèce est rare. En 1911, F. WerNER indiquait que
seuls un mâle et une femelle étaient connus (les spécimens du British Museum,
N. H.). Peu de spécimens ont jusqu'ici été récoltés, six existent cependant
dans les collections du M.N.H.N.P.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO
C: cucullatus d 679/C
Fig. 26, Chamaeleo cucullatus J. E. Gray, aspect général du mâle de Belalono.
105
Source : MNHN, Paris
106 E.-R. BRYGOO
En 1931, R. MerTens fit connaître la récolte à Tampina de 3 spécimens :
un mâle [sans rostre bien qu'apparemment adulte : 325 (171)], une femelle et
un juvénile.
DESCRIPTION.
a) Données antérieures. — La description type donnée par J. E. Gray
(1831) est remarquablement succincte : dans le groupe des espèces sans aucune
épine sur la poitrine, le ventre ou la queue :
« Scales oval, unequal ; occiput compressed, flattened, with 2 flat processes on each side
of its hinder edge, nose produced. »
En 1889, G. A. BouLeNGER donnait les précisions suivantes :
«This species has been known for nearly sixty years from a single female specimen.The
collection which yielded the novelties described in this paper contained several specimens of
both sexes, the females agreeing perfectly whith the type preserved in the British Museum.
The male differs in the still more developed occipital lobe, the larger occipital process (the
distance between the commissure of the mouth and the extremity of the casque exceeding the
length of the mouth), the larger tubercles on the canthus rostralis, and the presence of two short,
flattened, tuberculate, bony nasal processes, which are directed downwards and slightly outwards.
Total length 37 centimetres. »
R. Merrens (1933) signalait la récolte d’un mâle sans protubérance
rostrale.
En 1942, F. AnGeL soulignait les caractères suivants :
— les deux lobes occipitaux complètement réunis, ne formant qu’une
seule pièce ;
— l'absence de crête gulaire et ventrale ;
— la présence sous la peau, en arrière de l’occiput, d’une longue et étroite
pointe osseuse ;
— l'absence d'union des canthi-rostrales en avant ;
— le museau long, aplati au-dessus ;
— la crête dorsale comprimée latéralement ;
— l'existence d’apophyses rostrales bien développées ;
— la présence au niveau des flancs des mâles d’une grande tache longi-
tudinale jaune-rougeâtre ;
— le faible renflement de la queue chez le mâle.
De son côté, en 1959, D. Hizcenius n'’insistait que sur la pointe occipitale
et sur l’absence totale de toute protubérance chez les femelles.
Dimensions maximales observées. — 1902, F. WERNER : M. 370. — 1942,
F. ANGEL : M. 380 (190) ; F. 305 (160).
b) Spécimens observés. — Nous avons disposé de deux nouveaux spéci-
mens, une femelle récoltée à Ambavaniasy en janvier 1962 et un mâle de
Belalono (P. K. 36 de la route Sambava-Andapa) récolté à une altitude de
Source : MNHN, Paris
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eucullatus d 511/C
C.
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Source : MNHN, Paris
108 E.-R. BRYGOO
400 m par A. PevriEras en novembre 1968 en compagnie de P. GRIVEAUD
et P. VIETTE.
1. Aspect général et coloration. — Le mâle que nous avons observé était
remarquable par la forme du corps, extraordinairement plat avec une distance
colonne vertébrale — abdomen de plus de 55 mm, ce qui lui donnait un aspect
de feuille.
Vivant. — Sur le vivant la coloration du mâle était
— soit gris clair avec quelques tâches et stries plus sombres,
__ soit marron foncé avec ramages sombres, presque noirs, sur le corps
et sur les membres. Des stries sombres soulignant l'emplacement des côtes
moyennes. Mais quel que soit l’état de la coloration générale du mâle son aspect
était surtout caractérisé par l'existence, à la partie postérieure du crâne, d’une
série de granules rugueux, d'environ 1 mm de diamètre, et colorés en orange
vif. Ces granules marquaient les crêtes orbitaires et temporales, ainsi que la
zone pariétale qui se prolonge en pointe jusqu’à l’apex de locciput. En vue
apicale, la zone orange centrale délimitait deux fossettes sus-temporales très
nettes, bordées en bas par la crête temporale, en arrière par la crête latérale.
La femelle était uniformément verte.
Mort. — Après la mort le mâle présentait des labiales supérieures et infé-
rieures blanches, et, sur un fond marron foncé, des écailles verdâtres, au niveau
de la face externe des membres et le long de la colonne vertébrale. La colora-
tion orange du crâne persistait.
Après séjour en alcool la femelle est devenue gris clair avec de nombreuses
écailles blanches, en particulier au niveau des membres.
2. Ecaillure. — L’écaillure est hétérogène, très fine au niveau de l'épaule;
l'on observe un semis d’écailles agrandies sur les flancs et la face extérieure
des membres. Il n'y a pas de lignes de grandes scutelles à mi-flanc.
3. Dimensions. — La femelle étudiée (C. 295/By 407) pesait 24 g et mesu-
rait 260 (130) mm ; le mâle (C. 679) mesurait 380 mm dont 200 pour la queue.
4. Tête. — La tête basse et allongée de cette espèce, qui n’est pas sans
analogie avec celle de C. gastrotaenia, présente plusieurs structures qu’il con-
vient d’étudier séparément : les lobes occipitaux, l’épine occipitale, les forma-
tions rostrales. Notons qu'il n’y a ni crête pariétale, ni crête gulaire.
Les lobes occipitaux sont grands (27 de corde, 12 de flèche chez le mâle ;
21 de corde, 7 de flèche chez la femelle) ; l’un et l’autre sans incissure pour les
séparer ; avec, chez le mâle des écailles agrandies, 2 à 3 de chaque côté, de
2 à 2,5 mm de diamètre.
L'épine occipitale est nette dans les deux sexes. Chez le mâle elle mesure
12 mm.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 109
°— C. cueullatus
A— C. malthe
+— C. tsaratangnensis
Carte 12, répartition de Chamaeleo cucullatus, C. malthe et C. tsaratananensis.
Le rostre ne porte chez la femelle aucune différenciation, les canthi-
rostrales se terminent à ce niveau, isolément et sans relief, Par contre chez
le mâle, s’il n’existe aucun appendice différencié, on peut noter un certain
renforcement, le dernier granule étant un peu plus important que les précé-
dents. La différence est toutefois inférieure à 0,5 mm. Ce granule hypertrophié
se situe nettement en arrière de l'extrémité du museau. Il est séparé de son
homologue du côté opposé par une distance de 6 mm. Dans les deux sexes
le dessus du museau est remarquablement plat.
Source : MNHN, Paris
110
E.-R. BRYGOO
1cm
511/C
d
C. cucullatus
Fig. 28, Chamaeleo cucullatus J. E. Gray, vue latérale de la tête du mâle de Belalono.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 111
C: cucullatue @ 294/c
0 4cm
LEE
Fig. 29, Chamaeleo cucullatus J. E. Gray, vue d'ensemble de la femelle.
Chez la femelle on observe, au niveau de la crête temporale, de chaque
côté 3 ébauches d’épines osseuses (soulignées par la déshydratation du sujet).
La première se trouve en arrière de l'orbite, les 2 autres plus en arrière et en
haut. Ces formations correspondent, selon nous, à la crête temporale rugueuse
du mâle, soulignée par sa coloration orangée, qui borde ensuite le crâne en
arrière à la rencontre de son homologue, délimitant une fossette sustemporale
où le tégument a la coloration et l’écaillure du corps, ce qui tranche avec la
zone pariétale couverte d’écailles osseuses, elles aussi oranges.
5. Corps. — La crête dorsale est, chez le mâle, formée d’une série de cônes
pointus, assez irréguliers, environ 37 de la nuque à l’aplomb de l’anus, se conti-
nuant ensuite sur la queue.
Chez la femelle le début de la crête dorsale est à peine marqué par quelques
très petits cônes. Pas de crête caudale.
Source : MNHN, Paris
112 E.-R. BRYGOO
1
C. cucullatus 9 294/C By/407 sn
Fig. 30, Chamaeleo cucullatus J. E. Gray, vue latérale de la tête de la femelle.
Dans les deux sexes, absence de crête ventrale. Chez le mâle, présence
d’une fossette axillaire absente chez la femelle.
6. Hémipénis. — Les hémipénis du seul spécimen étudié (4) mesurent
36 mm à droite, 35 mm à gauche, pour un sujet de 380 mm de longueur to-
tale dont 175 de l’extrémité du museau au cloaque ; le rapport longueur hémi-
pénis/longueur du corps de l’animal est donc de 1/5.
L'aspect général de l'organe est élancé, subcylindrique.
L’apex, hémisphérique, présente :
— une protubérance polaire, marquée par une saillie antérieure ;
— deux paires d’auricules :
a) supérieures, à base épaisse, aux bords denticulés, disposées en V à
pointe antérieure ;
b) inférieures, placées latéralement, d'aspect similaire aux supérieures,
c’est-à-dire denticulées ; elles sont inclinées vers l'avant ;
— une paire de barbillons situés, en face sternale, entre les auricules
supérieures et inférieures ; ces barbillons sont bifides, issus d’une base cylin-
drique bien développée ; les branches sont inégales, la supérieure étant deux
fois plus longue que l’inférieure ;
__ l’ornementation cellulaire est nette, mais formée de cellules relative-
ment petites ; elle n’intéresse que la partie distale du corps de l'organe, sur la
face tergale et une partie des faces latérales ; la zone cellulaire se prolonge par
une bande étroite jusqu’au pôle apical ;
(16) E. R. Brvaoo et Ch. A. DomerGuE, 1970 c.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 113
—- le sillon est bien marqué, les lèvres sont serrées sur les deux tiers du
corps et s’évasent distalement.
DraGNosE. — Bien caractérisée cette espèce n’a pas eu de synonyme. La
présence de la pointe osseuse à la partie postérieure du crâne, associée à de
grands lobes occipitaux unis l’un à l’autre sans encoche, permet de reconnaître
aussi bien le mâle que la femelle.
Le tableau 10 (p. 93) rassemble les éléments du diagnostic pour les Camé-
léons de taille moyenne à grands lobes occipitaux.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — En 1852 A. DumÉriz ayant confondu C. cucullatus et
C. monachus donna une représentation du second avec la description du pre-
mier, ce qui fut relevé par J. E. Gray (1864) et repris par F. Mocquarp
(1894-1895).
La première représentation de cette espèce fut celle qu’en donna en 1864,
J. E. Gray, il s’agissait d’une femelle vue de profil.
En 1902, F. WerNER donna (pl. 26) le dessin de la tête du seul mâle alors
connu en vue apicale et en profil.
En 1933, R. MErRTENS publia la photographie (fig. 1) du profil de la partie
antérieure d’un mâle, dépourvu de rostre.
F. ANGEL (1942) proposa le profil de la tête d’un mâle et d’une femelle.
b) proposée: Figure 25, A et B. — Reproduction des dessins de F. WERNER
(1902) présentant une tête de mâle avec ses deux appendices rostraux.
Figures 26 à 28. — Trois aspects du mâle de Belalono.
Figures 29 et 30. — Vue d'ensemble et profil de la femelle.
10. — Chamaeleo fallax F. Mocquard, 1900
DESCRIPTION ORIGINALE : 1900, Bull. Mus. Hist. nat., 6, p. 345. 1 M. et 1 F. gravide,
G. GRANDIDIER, 1898-1899.
Terra typica. — Forêt d’Ikongo.
Dimensions. — Les dimensions des types ne furent données ni dans la description princeps
ni dans la deuxième description de F. MocquARD, parue la même année.
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1900, F. Mocquanp : 94 et 96-97, pl. IL, fig. 2. —
1902, F. Mocquarp : 6. — 1902, F, Werner : 425 et 457. — 1911, F. WERNER : 40. 1913,
0. Bogrrcer : 307-308 et 372. — 1917, Th. Barsour : 485. — 1921, F. ANGEL : 407. — 1930,
F. ANGEL : 115. — 1933, R. Merrens : 271. — 1942, F. AnceL : 157 et 170, pl. VII, fig. 3. —
1959, D. Hicenius : 25-28. — 1963, D. Hizzenius : 205. — 1966, R. MERTENS : 13.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1913, O. Bogrrcer : Tananarive (1 © envoyée par Frank
SikorA).
Source :
MNHN, Paris
114
Fig. 31, Chamaeleo fallax F. Mocquard, vue d'ensemble d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 115
— 1918, Th. Barsour : Didy (marais) (WuLsin coll.).
— 1930, F. ANGEL : Ivohibe (forêt épaisse, alt. 1 400-1 600 m, sept. 1926,
R. DEcary récol.).
— 1942, F. ANGEL : Sakaleona (forêt orientale) ; Tananarive ; Région com-
prise entre Fort-Dauphin et Fianarantsoa.
— 1968, E. R. Brycoo : Korikory.
— au M.N.H.N.P. existent également des spécimens récoltés à Ankaram-
potsy (alt. 950 m) par R. CATALA (1933), dans l’Andringitra, forêt de Vakoana
par J. Mirror (1950), à l’Ivolina par J. ArNOULT.
b) Aire géographique (carte 9, p. 77). — L’aire de répartition de cette
espèce est localisée à la côte Est, avec un maximum de récoltes dans le Sud-
Est. Contrairement à l'opinion de D. Hizcenrus (1959) cette aire se superpose
à celle de C. gallus.
FRÉQUENCE. — Bien que localisée cette espèce ne peut être considérée
comme rare. La collection du M.N.H.N.P. en possède 17 exemplaires, soit plus
que de C. gallus (14) et de C. boettgeri (10).
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — F. MocquanRp décrivait ainsi en 1900 la nouvelle
espèce :
« Gette espèce est voisine de Ch. nasutus D. B., avec laquelle elle a été jusqu'ici confondue ;
mais elle ne lui est pas identique et s’en distingue par les particularités suivante:
1° Le casque est un peu élevé, surtout chez le mâle, et il y a, dans les deux sexes, une petite
crête pariétale médiane formée de trois ou quatre écailles étroites, allongées et saillantes, et non
deux arêtes latérales se réunissant sous un angle aigu à l'extrémité du casque en formant un Vs
ainsi qu’on l’observe et que l'ont justement observé chez CR. nasutus (...), les auteurs de l'Erpéto
logie générale (...) ;
2 Le mâle est pourvu d’une rangée vertébrale de petits tubercules largement espacés,
arrondis et non spiniformes ;
3° L’appendice nasal n’est pas sensiblement plus long chez le mâle que chez la femelle et
il n'existe pas de poche axillaire, contrairement à ce que l’on observe chez Ch. nasutus ;
4° Enfin, sur les tempes, les faces latérales du casque, la face antéro-supérieure des membres,
les écailles sont plus grandes ; et sur les flancs, les granulations qui ont pris la forme de petites
écailles sont plus agrandies et beaucoup plus nombreuses. »
Dimensions maximales signalées. — 1911, F. WeRNER : 91 (47), 2 mm pour
l’appendice. — 1942, F. AnGEL : M. 110 ; F. 96.
b) Spécimens observés. — Nous avons disposé de deux spécimens que nous
rapportons à cette espèce. Il s’agit de mâles, récoltés à Korikory par J. TKiez,
en septembre 1967.
1. Aspect général et coloration. — Après quelques jours de conservation
en alcool les spécimens sont gris et rose, plus clairs sous le dessous du Corps.
Source :
MNHN, Paris
116
E.-R. BRYGOO
Fig. 32, Chamaeleo fallax F. Mocquard, vue latérale de la tête d’un mâle.
5 mm
d 494/c
fallax
Œ
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 117
2. Ecaillure. — L’écaillure est hétérogène, assez régulière de chaque côté
de la colonne vertébrale, elle se modifie progressivement vers la région abdo-
minale. Sur la face externe des membres s’observent des écailles agrandies
d'environ un demi-millimètre de diamètre.
3. Dimensions. — Le plus grand (494 C) mesurait 94 (50) mm, l’autre 71
(36).
4. Tête. — L’appendice nasal dermique, long de 2,5 à 3 mm, large de 2,
est d’une épaisseur de 0,5 pour un orbite de 4 mm.
L'occiput est pointu, légèrement surélevé avec une ébauche de crête
pariétale.
Les écailles temporales sont agrandies.
Il n’y a pas de crête gulaire.
La distance occiput-gonion est inférieure à celle qui sépare le gonion du
menton.
5. Corps. — La crête dorsale est à peine marquée par 8 cônes chez l’un,
10 chez l’autre, cônes, petits, isolés, nullement « spiniformes ».
Il n’y a pas de fossette axillaire.
DraGnosE (tableau 11). — Il s’agit d’une très petite espèce (moins de
12 cm) que caractérise son appendice rostral flexible, arrondi, de moins de
3 mm. L'absence de tout lobe occipital la place dans un groupe qui comprend
par ailleurs C. gallus et C. nasutus. L'appendice très caractéristique de C. gallus
permet d’éliminer immédiatement cette espèce. Par contre le diagnostic avec
C. nasutus n’est pas simple.
TABLEAU 11
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES CAMÉLÉONS DU GROUPE nasutus
PETITS CAMÉLÉONS À APPENDICE DERMIQUE, SANS LOBES OCCIPITAUX
nasutus fallax gallus
M. F. M F. M. F.
Dimensions maximales 6 113(53) 96 (46)
e
108 (60) 102(55) 110
Appendice nasal
— forme * R R R R P P
— dimensions par rapport au dia-
mètre de l'orbite ............ — — on + se
CPES PAT tAls neue 0 0 + 0 0 0
(CHE dorsale te tee + 0 +. 0 0 0
* R: rond; P : pointu.
Source : MNHN, Paris
118 E.-R. BRYGOO
Séparée de C. nasutus par F. Mocquarp en 1900, cette espèce est en effet
d’une identification difficile. Il n’est d’ailleurs pas sûr que le problème n'aurait
pas été simplifié si les auteurs avaient pris soin d'étudier séparément puis de
comparer les sexes de chaque espèce.
En 1902, F. WERNER signalait déjà sa perplexité sur la question de la
valeur de l'espèce C. fallax (p. 457).
L’un des caractères de diagnose donné par F. Mocquarp comme des plus
typiques était la morphologie des cônes de la crête vertébrale des mâles : spini-
formes chez C. nasutus, arrondis chez C. fallax : ce caractère n’a aucune signi-
fication, de nombreux C. nasutus typiques ont des tubercules arrondis.
En 1942, d’une étude comparative de F. ANGEL on peut retenir que pour
cet auteur les éléments qui caractérisent C. fallax sont :
— une crête pariétale distincte (indistincte chez C. nasulus),
— une écaillure grossièrement granuleuse (finement chez C. nasutus),
— de grandes scutelles temporales (modérées chez C. nasutus),
— un bord supérieur des labiales supérieures rectiligne (le plus souvent
«en dents de scie » chez C. nasutus).
D. Hizenius (1959) traita longuement du problème de la validité de
l'espèce C. fallax. Il écrivait :
«At first sight Ch. nasutus and Ch. fallax have much in common. Both are small chamaleons
without occipital lobes and with a rather short rostral appendix (3 mm). Comparing them,
however (see table G) we find several clear differences. »
Cet auteur ayant eu à examiner 53 spécimens de C. nasutus et 17 de C.
fallax retint 5 caractères comme susceptibles de permettre de séparer les deux
espèces.
C.nasutus C. fallax
a) la crête pariétale :
— absente 50/53 2/17
— simplement indiquée Es 5/17
— présente 3/53 10/17
b) les écailles temporales :
— nombre 5à8 5a7
— moyenne 5,8 48
c) la forme de l'arrière du casque :
— élevée _ 6/17
_— moyennement élevée = 8/17
— basse 53/53 3/17
d) la squamation :
— fine et homogène 50/53 3/17
— intermédiaire 3/53 8/17
— grossière _ 6/17
e) crête du canthus rostralis :
— lisse 52/53 5/17
— intermédiaire 1/53 6/17
— tuberculée = 6/17
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 119
Ensuite, il supposait que l’espèce C. fallax, actuellement localisée au Sud-
Est (?), s’est séparée de l'espèce C. nasulus dans la région du Centre, pour
gagner ensuite le Sud (tandis que C. gallus restait sur place et s’étendait vers
le Nord-Est). Par la suite C. nasutus aurait étendu son territoire, recouvert
celui de C. fallax. Des hybrides se produiraient même, ce qui pourrait expliquer
l'existence de 3 spécimens que l’auteur hésite à classer entre C. nasutus et
C. fallax.
À vrai dire on comprend mal dans cette hypothèse comment les éléments
qui s’opposaient à l’hybridation et permirent l’individualisation de l'espèce
disparurent ensuite,
Nous ne sommes pas sûrs de la validité de l'espèce C. fallax. Les carac-
tères morphologiques ne sont pas assez tranchés ; l'existence, reconnue par
D. Hizcenius (1959), de sujets inclassables, nous fait douter de la valeur des
critères de diagnose retenus. Peut-être conviendrait-il de ne faire de C. fallax
qu’une sous-espèce ou même une variété de C. nasutus. Mais avant d'introduire
cette modification dans la nomenclature il serait sans doute préférable d'étudier
le comportement des spécimens supposés appartenir aux deux espèces diffé-
rentes, lorsqu'ils seraient mis en présence les uns des autres ; à moins qu’une
étude comparée des hémipénis ne nous fournisse un argument pour ou contre
l’unicité du groupe.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — L'année même où il créa cette espèce, F. Mocquar»,
dans une autre publication, donna un dessin de la partie antérieure du corps
d’un mâle ainsi qu'un autre d’un C. nasutus (pl. I, fig. 2 et 3). La crête dorsale
de C. nasulus est représentée par 3 cônes spiniformes, celle de C. fallax par
7 petits cônes beaucoup plus courts.
Le dessin proposé par F. AnGez (1942, pl. VII, fig. 3) ne donne qu’une
idée très approximative de la forme de l’appendice rostral.
La femelle de cette espèce ne semble pas avoir été encore figurée.
b) proposée. — Nous présentons une vue d’ensemble d’un spécimen mâle
(484 C), provenant de Korikory (fig. 31), mesurant 71 mm (36) ainsi que le
profil de la tête d’un autre spécimen (494 C) de même localité, mesurant 94
(50) mm dont la crête dorsale comptait 10 cônes (fig. 32).
REMARQUES. — Des recherches complémentaires semblent indispensables
Pour mieux connaître cette espèce et ses rapports avec C. nasulus.
(17) Dans le texte de D. Hizzenrus, p. 27, une malencontreuse erreur assigne à C. fallar
le territoire de C. gallus et vice versa.
Source : MNHN, Paris
120 E.-R. BRYGOO
11. — Chamaeleo furcifer L. Vaillant et A. Grandidier, 1880
Descrprion omterNALE : 1880, L. VarzLanr et A. GranDiDier, Bull. Soc. philomatique,
Paris, 1879-1880, 4, pp. 148-150. Un mâle holotype, n° 5 539, M.N.H.N.P.
Terra typiea. — Côte Est de Madagascar.
Dimensions du type. — Selon L. VarzLanr et A. Granpinier, 1880 : 150 mm (le corps y
entre pour un peu moins de la moitié), rostre de 7 mm ; selon F. AxGEz, 1942, 135 (65) ; selon nos
propres mesures, en 1968 : 128 (62).
Synoxvmre. — C. chauvini L. Methuen et J. Hewitt, 1913 (n° 4 237 de la collection du
Transvaal Museum), synonymie envisagée par les auteurs, puis adoptée par F. ANGEL, 1942.
Erupes gr MENTIONS uLréRIEURES. — 1864, G.-A. BouLexGER : 464. — 1902, F. WERNER :
420-421, pl. XXVIL — 1909, F. MocouanD : 8. — 1911, F. Werner : 30.—1913, P. MerUEN et
J. Hewirr (C. chauvini) : 191, pl. XL, fig. 4. — 1913, O. Boerréer : 372. — 1921, F. ANGEL :
407, fig. 10. — 1925, H. W. Panxen : 302. — 1942, F. Aneec : 157 et 171-172, pl. VI, fg. 5, 5 a
et 5 b. — 1943, F. Axcez : 76, fig. — 1950, R. Decany : 101. — 1959, D. HiLLENIUS : 30. — 1963,
D. Enzæxivs : 206. — 1965, K. P. Scumipr et R. F. INGER : 93. — 1966, R. MERTENS : 15.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1913, P. MerauEn et J. Hewrrr : Tamatave (C. chauvini)
— 1925, H. W. PARKER : Pays Sihanaka (C. chauvini)
_— 1942, F. AnGEL : Tananarive ; région de Fito (C. chauvini) (Lam-
BERTON Coll).
b) Aire de répartition (carte 13). — Il est difficile de définir l’aire de répar-
tition de cette espèce dont très peu de spécimens ont jusqu’à présent été
récoltés.
La localisation « Tananarive» donnée par F. ANGEL est certainement
erronée. Les récoltes localisées proviennent de la Côte Est, région de Tamatave
et au Nord de cette ville, à l’Est du lac Alaotra.
FRÉQUENCE. — Espèce très rare.
DESCRIPTIONS.
Données antérieures. — L. VAILLANT et A. GRANDIDIER, dans leur des-
cription type (1880) s'exprimaient ainsi :
«Tête proportionnellement allongée, munie d’un appendice nasal de 7 mm environ, à base
simple, plane en dessus, creusée en gouttière inférieurement, occupant les quatre septièmes de
la longueur, terminé par deux prolongements écartés en fourche, cet appendice rigide, couvert
de tubercules analogues à ceux du reste du corps, est très légèrement relevé. La crête sus-oculaire
se continue en une ride, qui, après avoir limité les régions latéralement supérieures du museau,
atteint l'extrémité des fourches dont elle suit le bord supérieur. Casque très surbaissé, presque
continu avec la crête dorsale, en pyramide triangulaire ; pas de lobes prolongeant les arêtes latéro-
postérieures. Peau finement et également granuleuse, cependant le long de la crête dorsale, une
série de tubercules coniques plus élevés formant une suite en dents de scie, sur certains points
les granulations paraissent se réunir en une élévation dont un de ces tubercules occuperait le
centre, rappelant un peu ce qu’on observe sur le Chamaeleo namaquensis A. Smith, mais cette
apparence pourrait bien être due à l’état imparfait de conservation de l'exemplaire. Le menton
ne présente pas de prolongements et il n’y a ni ligne gulaire, ni ligne ventrale distinctes. »
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 121
e—C. gastrotaenia
+- C. furcifer
A—C.gastrotaenia ma-
rojezensis
Carte 13, répartition de Chamaeleo furcifer, C. g. gastrotaenia et C. g. marojezensis.
Examinant le type en 1968, 100 ans après sa récolte, nous avons trouvé
un sujet entièrement décoloré (blanc), très déshydraté (ce qui explique sans
doute les diminutions successives des mensurations de la taille). Il existe,
en arrière de l’occiput, un petit repli cutané, proche de ce que l’on observe
chez C. gastrotaenia; mais il est difficile de savoir s’il s’agit d’une formation
naturelle ou d’un artefact dû à la déshydratation. Le crâne est allongé en
arrière, comme celui de C. gastrotaenia. L'absence de crête latérale donne un
aspect particulier à la vue apicale avec formation de deux fossettes sus-
temporales.
Source : MNHN, Paris
122 ER. BRYGOO
L’appendice nasal mesure 5 mm de longueur totale dont 2,5 pour la partie
bifide. L’épaisseur à la base est de 1,5 mm, l'écart à l'extrémité entre les deux
pointes de la fourche est de 2,5 mm.
Il existe une amorce de crête dorsale avec 10 cônes ayant au maximum
0,5 mm de haut. L’écaillure est homogène. Nous avons compté 60 écailles entre
la colonne vertébrale et la ligne médio-ventrale.
Fig. 33. — À, Chamaeleo furcifer L. Vaillant et A. Grandidier 4 (d’après F. Werner, 1902). —
B, C. chauvini P. Methuen et J. Hewitt (d’après P. MerHuen et J. Hewrrr, 1913).
En 1913, P. Merauen et H. Hewrrr décrivaient ainsi l'espèce C. chauvini,
qu'ils croyaient nouvelle tout en envisageant l'hypothèse qu'il pouvait ne
s'agir que d’une forme juvénile de C. furcifer :
«The casque is low, being practically continuous with the dorsal crest. Occipital lobes are
absent. The sales on the head are small and subequal. There is no parietal crest. Three or four
tubereles slightly larger than scales which surround them indicate a very feeble dorso-lateral
crest on both sides of the casque. The temporal crest is feebly developped ; the lateral crest is
continued in front into a bony rostral process which is short, slightly concave above, and bifd
at the end ; this rostral process projects about 1 mm beyond the upper lip. There is present a
dorsal crest of small compressed tubercles extending to a point just above the knee when the
hind limb is placed in line with the body. No gular nor ventral crests ; lepidosis of body, limbs,
and tail homogeneous ; scales granulated.
From tip of snout to vent the measurement is 56.5 mm. The tail is 56 mm long.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 123
A double white line extends along the throat and ventral surface of the body; just beforethe
vent is interrupted as it passes up and down the hind limbs, to continue its course behind the
vent for a distance about equal to one-third of the lenght of the tail.
À faint light lateral line containing two white spots is also visible.
One specimen, a 4, collected by M. HERSCHELL-CHAUVIN near Tamatave 4 237. »
Deux spécimens ont depuis été rapportés à cette espèce après avoir été
considérés comme appartenant à C. chauvini : un spécimen récolté par M. Lam-
BERTON (1921-272 M.N.H.N.P.) et un spécimen récolté par H. W. PARKER
en 1925. Il s’agirait comme pour le spécimen de P. Meruuen et J. Hewrrr
d'immatures. Cette toute relative fréquence des immatures par rapport à
l’adulte est au moins étonnante.
Nous avons pu examiner le spécimen de Fito (n° 21.272 M.N.H.N.P.),
bien décrit par F. AnGeL (1942). Nous n’y ajouterons que le nombre des écail-
les entre la colonne vertébrale et la ligne médioventrale : nous en avons
compté 62. Ce spécimen, gris, montre encore nettement sur chaque flanc la
présence de deux petites taches blanches.
Dimensions. — 1913, P. Mernuen et J. Hewirr M. : 112,5 (56) rostre
de 1 mm (C. chauvini). — 1925, H. W. PARKER : 125 rostre de 4 mm (G. chau-
vini). — 1942, F. AnGez : M. 135 (65).
DraGnose. — F. ANGEL (1942) signalait déjà les rapports entre C. furcifer
et C. gastrotaenia. D. Hizrenrus (1959) considère les deux espèces comme très
proches parce que caractérisées l’une et l’autre par :
— les caractères de l’écaillure (fine et homogène),
— l'absence de crête gulaire et ventrale,
— le repli occipital tenant lieu de lobes.
Outre le caractère de l’appendice, C. furcifer se différencierait de C. gastro-
laenia par :
— un plus grand nombre d’écailles sur les flancs (63 à 65 pour 43 à 49),
— un repli occipital encore moins marqué.
Si l'identification du mâle adulte, avec son appendice unique puis bifide,
ne doit poser aucune difficulté il faut malheureusement reconnaître que seul
le spécimen type est, semble-t-il, encore connu pour avoir cet appendice.
Il semble prématuré de fixer les affinités de l'espèce C. furcifer tant qu'il
n'aura pas été possible d'examiner un nombre suffisant de spécimens des deux
sexes. Une étude de l’hémipénis permettra sans doute de préciser certaines
affinités.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La première figure de C. furcifer fut donnée en 1902 par
F. Werner (pl. 27). Il s'agissait d’une vue de profil du type en entier, En 1913,
P. Merauex et J. Hewrrr figurèrent (pl. XI, fig. 4) C. chauvini. F. ANGEL
Source : MNHN, Paris
124 E.-R. BRYGOO
représenta, en 1921, la tête de C. furcifer puis en 1942, outre la tête de C. furcifer
(reproduite en 1950 par R. Decary), 2 aspects du spécimen juvénile.
b) proposée. — En l'absence de récolte personnelle nous proposons la
reproduction des figures données par F. WerNEr (1902) et par P. METHUEN
et J. Hewrrr des types de C. furcifer et C. chauvini (fig. 33, A et B).
12. — Chamaeleo gallus A. Günther, 1877
Descriprion on1ernaLe. — 1877, A. Günruer, Ann. Mag. nat. Hist., (4) 19, pp. 315-
316, pl. 16, g. B — un mâle. Type au B.M. (N.H.).
Terra typica. — Mahanoro.
Dimensions. — 93 (45), appendice nasal de 7 mm.
DésranarTion. — Caméléon-coq (F. ANGEL, 52).
Erupes ucréreures. — 1887, G.-A. BouLenGen : 473. — 1902, F. Were : 425-426 et
457. — 1909, F. Mocquamn : 8. — 1911, F. Werner : 40. — 1913, O. Bogrr@er : 328 et 372,
pl. XXIX, fig. 2. —1921, F. ANGEL : 409, fig. 0.—1930, F. Ancez : 115. — 1931, F. AnGrz : 506.
= 1933, R. Merrens : 269-271, fg. 3 a. — 1942, F. AnGer : 157 et 170-171, pl. VII, fig. 4. — 1943,
F. AncëL : 76, fig. — 1949, F. ANGEL : 52-53 (fig. A). — 1950, R. Decary : 101. — 1952,F.
ANGL : 555. — 1959, D. Hizzenrus : 25-28. — 1963, D. Hnizexrus : 205. — 1965, K. P. ScnmiDr
et R. F. INGER : 93. — 1966, R. MerTEns : 15.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1887, G. A. BouLenGrr : Est Betsileo (Rev. W. D. Cowan).
— 1902, F. WERNER : Ampasimbe.
— 1913, O. BoerrGer : Ile aux Prunes, 2 femelles.
_— 1930, F. ANGEL : Karianga (forêt, oct. 1926, R. Decary réc.).
— 1931, F. ANGEL : Région de Rogez (G. PETIT réc.).
__ 1933, R. MerTENs : Un spécimen mâle de Nosy Be du Musée de Ham-
bourg (n° 13 352).
— 1950, F. AnGez : signale l'existence au Musée de Strasbourg d’un exem-
plaire, sans localité, provenant de ScnneIpEr, 1884.
— 1963, E. R. Bry@oo : Ambavaniasy.
— Ce travail : Andapa.
b) Aire géographique (carte 9, p. 77). — L'aire géographique du C. gallus
serait homogène, localisée à la côte Est, de la latitude de Tananarive jusqu’à la
région de Karianga, si ce n’était un spécimen mâle du Musée de Hambourg
(n° 13 352) signalé en 1933 par R. MerTENs comme provenant de Nosy Be.
Cette localisation demande à être confirmée. Par ailleurs n'existe pas l’oppo-
sition signalée par D. Hizcenrus (1959) entre l'aire de répartition de C. gallus
«in the south-east » et celle de C. fallax « from central-east northward ».
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 125
FRÉQUENCE. — Il s’agit d’une espèce sinon rare du moins peu fréquem-
ment récoltée. Cependant F. AnGeL en 1942 recensait 12 spécimens (2 femelles
et 10 mâles) au M.N.H.N. de Paris et D. Hizzenius (1959) en étudiait 14.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — La description type, donnée par A. GÜNTHER
en 1877, est la suivante :
«Allied to Chamaeleon nasutus. Snout with a long, pointed, flexible appendage (in the male),
which is covered with large soft tubercles. Head compressed, without median crest. No spines
whatever along the median line of the back ; no crest along the belly. Body uniformly granular,
without larger scales. Head and occiput covered with smooth, small, polygonal shields. Toes
very short, with very small claws.
Coloration without particularly markings. »
Les 2 femelles rapportées en 1913 par O. Bozrr&er à cette espèce se pré-
sentaient ainsi :
«mit wenig entwickeltem Schauzenanhang. Keine Achseltaschen. Gliedmassen etwas
schlanker als beim 9 von Ch. nasutus D. B. — Feine, rote, nach hinten gerichtete, wie die Nerven
eines Laubblattes sich verzweigende Adern auf weisslichem Grunde, die man an den Kôrperseiten
bemerkt, môgen ebenfalls fur diese Art charakteristisch sein. »
F. ANGEL en 1942, signalait que :
— l’appendice nasal était de longueur variable, 3,5 mm chez les femelles
observées, de 5 à 10 mm chez les mâles,
— la fourche pariétale est présente ou non,
— la crête dorsale est absente dans les deux sexes.
De son côté, D. Hicenius (1959) écrivait :
«CR. gallus lacks a parietal crest, lacks a dorsal crest in both sexes, possesses a rostral
appendix longer than the diameter of the eye ; the number of scales on the temple varies between
5 and 7 (average 5.7), it possesses axillary and inguinal pits. »
En 1965, K. P. Scmmipr et R. F. INGER signalaient que C. gallus:
«has a broad, flattened, bladelike projection about as long as the head it self and recalling
a rooster’s comb except that it is in the wrong place. »
Chromosomes. — En 1961, R. Marrmey, après étude de la formule chro-
mosomique de C. gallus, aboutissait aux conclusions suivantes :
— chromosomes distribués en deux lots bien tranchés de 12 macrochro-
mosomes métacentriques et de 22 microchrosomes ;
— formule identique à celle de C. pumilus d'Afrique du Sud, formule très
différente de celle de C. nasutus, ce qui exclut que C. gallus ne soit qu’un simple
mutant de cette espèce ;
— formule aisément réductible à celle de C. brevicornis par l'intervention
d’une seule fusion centrique associant deux microchromosomes en un petit
métacentrique.
Source : MNHN, Paris
126 E.-R. BRYGOO
Dimensions maximales signalées. — 1887, G. A. BoucenGeR : M. 102 (50),
F. 96 (46). — 1902, F. Werner : M. 110. — 1911, F. WERNER précise un
appendice de 11 mm pour le M. de 102 mm et de 4 mm pour la F. — 1931,
F. ANGEL : M. 113 (53).
b) Spécimens observés. — Nous avons examiné trois nouveaux spécimens
mâles, deux récoltés à Ambavaniasy, l’autre dans la cuvette d’Andapa.
1. Aspect général et coloration. — Très petit Caméléon, aux allures grêles
reconnaissable à son long appendice nasal, dermique, pointu.
Sur l’animal mort la coloration d'ensemble est blanc et jaune, la queue
et l’appendice nasal plus sombres. En alcool les spécimens sont gris sombre.
Il n’y a pas de marques colorées.
2. Ecaillure. — L'écaillure est homogène, avec des écailles agrandies sur
les membres. Les écailles temporales ont moins de 1 mm de diamètre.
Le plus grand spécimen mesurait 105 mm (55) et pesait 2 g, le plus petit
83 (38) pour un poids de 1 g, le 3° 92 (46).
3. Tête. — La forme de l’appendice nasal est, dans les trois cas, typique
mesurant respectivement 8,5 et 5 mm de long (dans les trois cas plus longs que
le diamètre de l'orbite) pour une largeur à la base de 2 à 2,5 mm et à l’extrémité
de 0,5 mm et une épaisseur variant de 0,25 à 0,50 mm.
C.gallus o 410/C By/365
Fig. 34, Chamaeleo gallus A. Günther, vue latérale de la tête d’un mâle.
Il n’y a pas de crête pariétale, mais dans les trois cas la région occipitale
est pointue et l’on observe une fourche pariétale. Les crêtes latérales, orbitaires
et temporales sont à peine marquées. Il n’y a pas de crête gulaire.
La distance occiput-gonion est inférieure à la distance gonion-menton.
Source : MNHN, Paris
LCI
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OHTAVNVHO HUNAD AI
Source : MNHN, Paris
128 E.-R. BRYGOO
4. Corps. — Il n’y a ni crête dorsale ni crête ventrale, les trois spécimens
présentent une fossette axillaire.
Fig. 36, Chamaeleo gallus A. Günther © (d'après O. BosrrGen, 1917).
DraGNose (tableau 11, p. 117). — L'identification de ce petit Caméléon, de
moins de 12 cm, ne devrait faire aucune difficulté, du moins pour les sujets
adultes puisque mâle et femelle portent l’appendice caractéristique. On peut
se demander sur quels critères O. Bogrr@er (1913) a reconnu des femelles de
C. gallus dans les deux spécimens récoltés à l’Ile aux Prunes puisque selon
le dessin donné (pl. 19, fig. 2) l’appendice rostral n’est guère visible.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Décrivant le type, A. GüNTHEr, en 1877, représenta
(pl. 16, fig. B) un spécimen mâle, dans son ensemble et de profil. En 1913,
©. Borrr&er donna le dessin (pl. 29, fig. 2) d’une femelle sans rostre (?). C’est,
croyons-nous, la seule représentation d’une femelle. En 1921, F. ANGEL proposa
le profil de la tête d’un mâle (fig. 9) ; en 1933, R. MERTENS (fig. 3 a) la tête d’un
autre mâle puis F. AnGez, en 1942 (pl. VIT, fig. 4), une tête vue de profil, celle-ci
fut reproduite en 1950 par R. Drcarv. En 1949, F. ANGEL proposa un autre
profil de la tête mais très inexact.
b) proposée. — Nous donnons (fig. 35) le profil d'un mâle (512 C) recueilli
dans la cuvette d'Andapa, dont l’appendice nasal mesurait 5 mm pour un
corps de 92 (46) mm.
Le profil de la tête que nous représentons (fig. 34) correspond au spécimen
mâle (410 C/By 365) récolté à Ambavaniasy en mai 1961, pesant 2 g, mesurant
105 mm (55) avec un appendice de 8 mm.
Nous reproduisons la figure donnée par O. Borrr@er, 1917, seule femelle
représentée, croyons-nous, mais atypique (fig. 36).
13. — Chamaeleo gastrotaenia G. A. Boulenger, 1888
13 a. — Chamaeleo gastrotaenia gastrotaenia G. A. Boulenger, 1888
DESCRIPTIONS ORIGINALES.
a) Méle, — 1888, G.-A. BouenGer, Ann. Mag. nat. Hist., (6) 1, p. 108, pl. 5, fig. 2;
2 spécimens, 1 mâle et 1 juvénile, R. Bacon coll. Types au B.M. (N.H.).
b) Femelle. — 1893, M. G. PerAccA, Bull. Mus. Zool. Torino, 8 (156), pp. 3-4.
Terra typica. — Madagascar.
Dimensions des types. — M. : 118 (62) ; F. : 100 (47,5).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 129
SyNonvmie. — C. grandidieri F. Mocquard, 1900, synonymie établie par F. Wennen, 1902.
Holotype : 99 416 M.N.H.N.P.
DésrenarioN. — Tananala (malgache) (F. ANGEL, 1942).
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1900 a, F. Mocquarn (C. grandidieri
: 94 et 96, pl. IL, fig. 1. — 1902, Werner : 408-410 et 459, pl. XVI.
911, F. Wennen : 26-27, fig. 7. — 1913, P. Meruex et J. Hewrrr : 191. —
NIUS : 39. — 1963, D. HizLenius : 206. — 1965, Ch.-A. DoMER«Gu:
— 1970, E. R. BryGoo, Ch.-P. BLanc et Ch.-A. DOMERGUE.
2. — 1966, R. MERTENS : 15.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1900, F. Mocquarp : Suberbieville, C. grandidieri (1 femelle,
GRANDIDIER Coll. 1898-1899).
— 1902, F. Werner: Ambohimitombo (forêt); Tritriva, Andrangoloaka,
vallée de l'Umbi, Ikongo (forêt).
— 1913, P. Merauen et J. Hewirr : Ampantomaizina et Analamazotra.
— 1917, O. BorrrGer : Moramanga (1 femelle).
— 1930, F. AnGez : Befotaka (forêt, alt. 600 m, R. Decary coll. août
1926) ; Ikongo (forêt, alt. 900-1 100 m, oct. 1927, R. DEcary coll.).
— 1933, R. MErreNs : Ambatondradama.
— 1963, E. R. BryGoo : Ambavaniasy.
— 1968, E. R. BryGoo : Périnet, Angavokely, Ampamaherana, Antoetra.
b) Aire de répartition (carte 13, p. 121). — L'aire de répartition de cette
espèce est vaste, essentiellement localisée au domaine forestier de l’Est ; elle se
rencontre encore dans les restes forestiers des Hauts Plateaux. La seule récolte
aberrante est celle du type de C. grandidieri, donné comme de Suberbieville.
Cette localisation mériterait sans doute d’être confirmée.
FRÉQUENCE. — Cette espèce est relativement fréquente, nous avons pu
en examiner une vingtaine d'exemplaires récemment récoltés.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — La description type de G. A. BoULENGER
(1888) est la suivante :
« Casque feebly raised and rounded posteriorly, swollen, without crests; the distance
between the commissure of the mouth and the extremity of the casque equals the distance between
the former joint and the nostril ; snout pointed, without rostral appendage ; canthus rostralis
obtuse ; no occipital lobes. Body coarsely granular ; a dorsale crest of conical tubercles ; no gular
or ventral crest. No tarsal process. Tail a little longer than head and body. Upper half of body
slaty grey, lower dark purple, the two colours separated by an ill-defined lighter band, along
Which are three small, round, whitish spots ; inner surface of limbs pure white ; a very broad
White band ; divided into two by a median grey band, extends from the chin to near the end of
the tail. »
Source : MNHN, Paris
130 E.-R. BRYGOO
Décrivant la première femelle, M. G. Peracca, en 1893, écrivait entre
autres :
« Nessuna traccia di cresta o tubercoli (a differenza del maschio) sulla linea vertebrale del
dorso, nessuna cresta golare o ventrale. »
et:
« Sui fanchi si osserva une striscia blanco-giallognola, che si estende sul collo et sul capo
fino all’occhio. La fascia non presenta le macchie rotonde indicate dal Boulenger. »
F. Mocquarp, en 1900, décrivait ainsi, en détails, l'espèce C. grandidieri
qu’il croyait nouvelle :
« Pas de casque : un léger repli cutané transversal indique seul la limite postérieure de la
tête ; pas de crêtes céphaliques, le canthus lui-même étant arrondi ; ni crête dorsale, ni crête
gulaire, ni crête ventrale. Une poche axillaire. Pholidose homogène, granuleuse. Ecailles sus-
céphaliques polygonales, lisses, modérément agrandies, inégales.
einte générale bleuâtre ; des lignes d’écailles d’un blanc grisâtre, parallèles à la ligne verté-
brale, se voient à la partie latéro-supérieure du tronc ; une bande médio-ventrale de même teinte,
mais devenant plus sombre en arrière jusqu’à la racine du membre postérieur. Sur le bord posté-
rieur de la cuisse est une ligne de granules blancs qui se prolonge un peu sur les côtés de la base
de la queue.
Un seul spécimen femelle, des environs de Suberbieville. Sa longueur, de l'extrémité du
museau à l'anus, est de 45 mm ; celle de la queue égale 43 mm. »
En 1942, F. ANGEL retenait les principales caractéristiques morpho-
logiques suivantes :
— crêtes pariétale et latérale nulles,
— museau pointu,
— un léger pli transversal derrière l’occiput,
— une large bande médio-ventrale séparée par une zone grise se pour-
suivant sur la partie antérieure de la queue,
_— une crête dorsale formée d’une vingtaine de cônes chez le mâle qui
manque chez la femelle.
D. Hicenius (1959) de son côté ne retient que l’écaillure fine et homo-
gène, l’absence de crêtes gulaire et ventrale et le lobe occipital réduit à un petit
repli juste derrière le casque.
Dimensions maximales signalées. — 1893, M. G. Peracca : M. 130 (68). —
1900, F. Mocquarp : F. 88 (43). — 1902, F. Werner : M. 140 ; F. 100 (47,5). —
1911, F. WEeRNER : M. 140 (75); F. 114 (52).
b) Spécimens observés. — Nous avons eu l’occasion d’observer de nom-
breux spécimens de C. gastrolaenia et plus spécialement étudié 17 individus :
9 mâles et 8 femelles.
1. Aspect général et coloration. — La forme la plus commune se caractérise
assez facilement in vivo par sa couleur générale verte, peu sujette à variation,
avec :
— une double ligne ventrale blanche qui part du menton pour se continuer
jusque sur le premier tiers de la queue ; cette ligne est parfois bordée extérieu-
rement par deux minces lignes rouges ;
Source : MNHN, Paris
T6T
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Source : MNHN, Paris
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10 mm
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 133
— une ligne latérale claire qui part de l’orbite et se prolonge, à mi-flanc,
jusqu’à hauteur de l’anus, deux ou trois points blancs de 1 mm de diamètre
la soulignent ;
— une fine ligne sombre coupe en deux le globe oculaire, se prolonge en
avant et en arrière.
Cet aspect est le plus commun. Cependant Stephan PArCKER (1) à attiré
notre attention sur l’existence, au moins à Périnet, d’une seconde forme, de
coloration bistre ; on pourrait en observer des mâles et des femelles, et il n'y
aurait pas, dans les limites de l’observation, passage de la forme verte à la
forme brune. S'agit-il vraiment d’une race ou plus simplement de la manifes-
tation d’un état physiologique relativement stable ?
2. Ecaillure. — Le tégument est lisse et homogène. Comptées chez
7 mâles, les écailles sont, de la ligne médioventrale à la ligne vertébrale, au
nombre de 42, 43, 43, 45, 46, 48 et 48. Chez 5 femelles, elles étaient au nombre
de 41, 41, 46, 46 et 50.
3. Dimensions. — De tous les spécimens examinés, un seul dépassait les
dimensions maximales déjà signalées : une femelle atteignait 126 mm dont
58 pour la queue.
4. Tête. — Mâles et femelles ont un crâne allongé, de forme très particu-
lière, qui permet, avec un peu d’habitude, une identification immédiate de
l’espèce, sur ce seul caractère. Il existe de plus, souvent, un petit repli cutané
au niveau de la nuque.
Il n’y a pas de crête pariétale, celle-ci est le plus souvent remplacée par
une fourche pariétale dont le sommet se situe à l’occiput.
La distance occiput-gonion est régulièrement très inférieure à celle qui
sépare le gonion du menton.
5. Corps. — Les mâles ont une crête dorsale, au moins sur la partie anté-
rieure du corps, formée par une série de petits cônes. Sur 9 spécimens examinés,
le nombre variait de 15 à 36.
Chez les femelles cette crête est beaucoup plus réduite, elle peut faire
complètement défaut ou comporter de 1 à 6 cônes.
La crête dorsale avait été correctement décrite par F. ANGEL (1942)
contrairement à l’assertion de D. HirLenius (1959).
La fossette axillaire manquait dans 4 cas sur 14.
6. Hémipénis. — En 1963, Ch.-A. DomERGUE avait donné une première
description sommaire de l’hémipénis de cette espèce. En 1970, avec Ch.-A.
DomerGuE et Ch.-P. Banc, à l’occasion de la description de la sous-espèce
C. gastrotaenia marojezensis, nous avons pu préciser cette morphologie.
(48) Communication personnelle.
Source : MNHN, Paris |
134 E.-R. BRYGOO
L’ornementation apicale comprend :
— un relief médian tergal, hypertrophié ;
— un mamelon médian substernal, divisé en deux petites languettes ;
— deux auricules latérales postérieures, constituées par une lame dentelée,
contournée, plus ou moins évasée ;
— deux auricules latérales antérieures, formées par une lame subhori-
zontale pectinée, particulièrement développée.
DrAGNosE. — La mise en synonymie de C. grandidieri avec C. gastrotaenia,
proposée par F. Werner dès 1902, n’a plus été discutée.
Cette espèce bien individualisée ne pose, en principe, pas de problème
d'identification.
On doit cependant garder à l'esprit que l’espèce qui en semble la plus
proche, C. furcifer, est encore très mal connue, puisqu’en particulier la femelle
n’en a pas encore été observée. Il y aura donc lieu d'examiner avec une parti-
culière attention tout spécimen qu’un premier examen ferait considérer comme
C. gastrotaenia mais qu’une étude plus attentive révèlerait posséder certains
caractères aberrants. Les caractères différentiels de la sous-espèce C. g. maro-
Jezensis seront discutés plus bas.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Décrivant le type, G. A. BouLeNGER, en 1888, le repré-
senta (pl. 5, fig. 2). Il s’agit d’un mâle entier, vu de profil. L’allongement du
crâne ne ressort pas assez, mais la ligne latérale avec ses 3 points blancs est
bien marquée. En 1900, F. Mocquarp donne un dessin du profil entier de
C. grandidieri (pl. I, fig. 1). F. Werner, en 1902 proposa le dessin du profil
complet d’une femelle (pl. 16). C'était la première représentation de ce sexe
puisque M. G. PErACGGCA, en la décrivant en 1893, ne l’avait pas figuré. En 1911,
F. WERNER (fig. 7) proposa une vue ventrale de la région anale d’une femelle,
pour montrer les lignes claires, caractéristiques selon lui. Il semble que cette
espèce n’ait plus été représentée depuis. Nous avons en 1969 donné un dessin
de l’hémipénis.
b) proposée : Figure 37. — Profil d’un mâle, 279 C, récolté à Périnet en
décembre 1964, mesurant 135 mm dont 73 pour la queue.
Figure 38. — Profil de la tête d’un autre mâle, 423 C, récolté à Périnet
en novembre 1965, mesurant 113 mm (57) ; hémipénis de 11 mm.
Figure 39. — Profil de la tête d’une femelle, 472 C, récoltée à Ampama-
herana, en février 1968, mesurant 96 mm (44).
Source : MNHN, Paris
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9 472/C
C. gastrotaenia
OXTAVNVHO HUNHD AI
Source : MNHN, Paris
136 E.-R. BRYGOO
13 b. — Chamaeleo gastrotaenia marojezensis E. R. Brygoo,
Ch.-P. Blanc et Ch.-A. Domergue, 1970
DESCRIPTION ORIGINALE. — 1970, E.-R. BryGoo, Ch.-P. BLanc et Ch.-A. DOMERGUE,
Arch. Univ. Madagascar, 7, pp. 273-278 — sur trois mâles et une femelle.
Types. — Holotype : M.N.H.N.P. A-160 (mâle G 712/530 C) ; Paratypes : M.N.H.N.P. A-161
(mâle 714) ; MN.HLN.P. A-162 (femelle 715/531).
Terra typica. — Massif du Marojezy (carte 13, p. 121).
Dimensions. — Mâle : 144 (74) ; femelle : 122 (58).
MorPHOLOGIE. — 19 Du mâle.
a) Coloration. — La couleur dominante de l'animal mort est le vert foncé
avec des ramages vert jaune. Des zones plus claires s’observent sous la gueule,
à la base des flancs, sous la queue et sous les bras. Une fine ligne noire barre
l'orbite, une autre, presque aussi fine, s’observe à mi-flanc. La racine des doigts
et des orteils externes porte une ligne ponctuée par des écailles jaunes. Au
niveau de chaque épaule, un groupe de 3 à 4 écailles blanches. Une autre tache
de même importance s’observe au milieu du flanc droit.
Une double ligne blanche, séparée par une zone centrale brunâtre, com-
mence un peu en arrière du niveau de l'insertion des membres antérieurs pour
se terminer à l’anus. Il n’y a pas, comme chez les C. gastrotaenia typiques, de
lignes blanches sous la base de la queue et la face interne des cuisses.
b) Ecaillure. — Le tégument est lisse et homogène. Comptées de la ligne
médioventrale à la ligne vertébrale, les écailles sont, au milieu du corps, au
nombre de 57 ; elles sont, pour la plupart, de forme quadrangulaire.
c) Têle. — La tête présente les caractères classiques de celle de l’espèce
C. gastrotaenia, mais on observe aussi deux éléments qui, au premier abord,
permettent de séparer ce spécimen de la forme type :
— à l’extrémité du museau, particulièrement nette sur le vivant mais
encore observable sur le sujet en alcool, existe une légère hypertrophie globu-
leuse qui déborde d’environ 1 mm;
— de part et d’autre de la tête, au-dessus de la narine, existe une crête
au relief discret.
d) Corps. — En arrière de la nuque s’observe, comme chez l'espèce clas-
sique, un petit repli cutané faiblement marqué, qui déborde de part et d'autre
d’environ 3 mm.
La crête dorsale est à peine marquée par quelques tubercules arrondis (7),
séparés les uns des autres, situés à la partie antérieure du corps.
Il n’y a pas de crête ventrale. Il existe une profonde fossette axillaire.
La queue est légèrement plus longue que le reste du corps.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN,-Paris
138 E.-R. BRYGOO
e) Hémipénis. — Classiquement claviforme, l’hémipénis se caractérise
d’emblée par deux appendices apicaux filiformes qui occupent la place des
lobes communs chez la plupart des Caméléons.
L'ornementation de l’apex comprend :
1. — dans l'axe:
— en position subtergale, un relief médian allongé ;
— en position substernale, un mamelon médian.
2. — symétriquement placées, c’est-à-dire paires :
— les auricules latérales postérieures, dentelées, obliques par rapport à
l'axe ;
— les auricules latérales antérieures d’aspect rudimentaire formées par
une lame charnue verticale, plus ou moins ondulée, légèrement côtelée dans
le sens vertical ;
— les «cornes », situées entre les auricules latérales antérieures, de part
et d’autre et un peu en arrière du mamelon antérieur médian ; elles sont cylin-
driques ; à leur base, elles paraissent insérées dans un bourrelet ridé qui semble
faire partie intégrante de l’apex ; elles se développent en longueur, verticale-
ment (diminuent progressivement de diamètre) pour se terminer par une pointe
plus ou moins émoussée ; il est à noter que le bourrelet et le premier tiers de
leur hauteur sont d’une couleur semblable à celle du tégument de l’apex, les
deux tiers terminaux étant dépigmentés.
Le corps de l’hémipénis est pourvu d’une ornementation cellulaire nor-
male où l’on remarque toutefois deux pôles postapicaux lisses ; le sillon est
bien développé.
Il n’existe pas de barbillon.
En résumé, l’hémipénis du C. gastrotaenia du Marojezy est constitué sur
le même plan que C. gastrotaenia type, mais il en diffère par les «cornes »,
ornementation jamais observée jusqu'ici, et par une variation importante des
auricules latérales et protubérances médianes.
20 Description de la femelle. — La femelle ne se distingue des mâles, en
dehors de la morphologie spéciale de la base de la queue, que par:
— une queue plus courte que le reste du corps (58 mm pour 64),
— une crête dorsale encore plus réduite : 2 tubercules hypertrophiés.
DIAGNOSE DE LA SOUS-ESPÈCE. — Les spécimens du massif du Marojezy
diffèrent de ceux appartenant à la sous-espèce nominative par les caractères
suivants :
— au niveau de la tête, présence d’une légère excroissance à l'extrémité
supérieure du museau, ébauche de rostre ou de corne dermique, associée à un
certain relief au niveau des narines ;
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 139
— la crête dorsale, même chez les mâles, est à peine indiquée par quelques
tubercules arrondis, hypertrophiés, alors que dans la sous-espèce nominative
on observe des cônes pointus nets ;
— l’écaillure est plus fine : 57 à 66 écailles sur une ligne joignant le dos
au milieu de l’abdomen alors que dans la sous-espèce nominative le nombre
est inférieur à 50 ;
— la double ligne blanche ventrale n’est nette que dans la région abdo-
minale au lieu, comme dans le type, de commencer au menton et de se prolonger
sous la queue avec une bifurcation sur la face inférieure de chaque cuisse ;
— l’hémipénis caractérisé par ses appendices filiformes hypertrophiés et
des auricules rudimentaires.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Nous avons, en décrivant cette sous-espèce, donné une
vue d'ensemble, de profil, du spécimen type, le mâle n° 530 C, et une vue de
profil de la tête de la femelle n° 531 C ainsi qu’un dessin des faces antérieure et
postérieure d’un hémipénis.
b) proposée. — Nous proposons (fig. 40) une vue d'ensemble du mâle
n° 529, récolté en même temps que le type, mais non encore figuré. Ce spécimen
mesurait 131 mm dont 68 pour la queue.
14, — Chamaeleo globifer A. Günther, 1879
DESCRIPTION ORIGINALE : 1879, A. Günrmer, Proc. zool. Soc. London, 1879, pp. 149-150,
fig. 13 (2 mâles). Rev. J. Wizzs, coll, Types au B.M. (N.H.).
Terra typica. — Environs de Tananarive.
Dimensions. — 10 inch. la queue mesurant la moitié.
DéÉsiéNaTION. — Tanalala (malgache) (F. ANGrt, 1942).
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1887, G.-A. BOULENGER : 465-466. — 1890, A, GÜN-
THER : 70. — 1902, F. WERNER : 391-392. — 1909, F. Mocquann : 8. — 1911, F. WERNER : 30-31.
— 1913, O. Borrr&er : 372. — 1921, F. ANGEL : 411. — 1932, G. GranDinier et G. Perir :
pl. XLT. — 1942, F. AxGeL : 160 et 177, pl. VILL, fig. 7. — 1952, F. ANGEL : 555. — 1959, D. Hir-
LENIUS : 34-35. — 1963, D. Hircenrus : 205-206. — 1966, R. MERTENS : 16.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1887, G. A. BoULENGER : Tananarive.
— 1890, A. Günruer : Est de l’Imerina (Rev. J. Wizis).
— 1942, F. ANGEL ajoute : Pays Betsileo.
— 1968, M.N.H.N.P. : 2 mâles de la Montagne d’Ambre, 57 214 et 57 215,
J. Mirvor réc. et un juvénile de la Mandraka sans numéro.
— 1968, E. R. Brycoo : Betatao ; La Mandraka (Ch. A. DoMERGUE) ;
Montagne d'Ambre (A. PEYRIERAS).
Source
: MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 141
b) Aire de répartition (carte 7, p. 55). — Dans l’état actuel des récoltes
connues l’aire de répartition de cette espèce semble très dispersée puisqu’à
des spécimens de l’extrême Nord (Montagne d’Ambre) se joignent des individus
du Centre (Betatao, La Mandraka) et du Centre Sud (Pays Betsileo).
FRÉQUENCE. — L'espèce peut être considérée comme rare. Le M.N.H.N.P.
n’en possède que 5 exemplaires.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — La description type de A. GüNTHER (1879) est
la suivante :
«Allied to C. parsonii and C. pardalis.
Each canthus rostralis terminales (in the male) in an erect globular protuberance in front ;
behind it passes uninterruptedly into the superciliary and lateral occipital ridge ; the occipital
region being (without projecting median ridge), slanting from behind forwards, and with an obtu-
sely rounded margin behind. No occipital flap. The spinous processes of the vertebral colums
form a crest, which, however, shows no denticulation, and but an indistinct serration immediately
behind the head. Throat and abdomen without median crest. The sides of the body are uniformly
finely granular ; but the dorsal crest is covered with larger quadrangular scutes arranged in vertical
series, some of which descend into the fine granulation of the side of the body. The legs, loins and
sides of the throat with numerous round flat tubercles interspersed between the fine granules ;
also the skin of the check is similarly covered. Temple very rough whith series of prominent oblong
tubercles. Heel without prominence. Very dark-coloured, a more or less distinct small white spot
on the middle of the side ; each toe generally with a narrow white ring. »
Dimensions maximales signalées. — 1887, G. À. BOULENGER : M. 330 (189).
— 1902, F. Werner : F. 337 (189) (erreur ?). — 1911, F. WERNER : F. 335 (148).
Nous avons relevé sur un spécimen mâle du M.N.H.N.P., n° 57 214, en prove-
nance de la montagne d’Ambre, une longueur totale de 365 (210).
b) Spécimens observés. — Parmi les 5 spécimens du M.N.H.N.P., un
juvénile mérite une attention particulière. En provenance de la Mandrako, il
mesure 85 mm (42). Il n’y a pas de trace d'appendices rostraux, mais les lobes
occipitaux sont bien indiqués, l’hétérogénéité spéciale du tégument est limitée
aux faces externes des membres. Il existe de plus des bagues blanches au niveau
des doigts et des orteils.
Nous avons par ailleurs disposé de 8 nouveaux spécimens, 7 provenant
de la région de Betatao (5 d’entre eux appartiennent à la collection du Centre
O.R.S.T.O.M. de Tananarive) et un mâle de la montagne d’Ambre.
1. Coloration. — Après conservation en eau formolée, tous les spécimens
avaient pris une coloration gris verdâtre uniforme sans marque particulière.
Il n’y avait en particulier pas de ligne blanche médio-ventrale.
2. Ecaillure. — L'écaillure est remarquable :
— sous la gueule s’observe une différenciation des écailles qui semblent
plus rugueuses ;
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 143
— de chaque côté de la colonne vertébrale (caractère déjà bien noté par
À. GünTHEr) les écailles sont quadrangulaires, plus plates et plus grandes que
sur le reste du corps ;
— au niveau de la face externe des membres, un semis régulier d’écailles
légèrement plus grandes et formant relief.
Par contre nous n’avons pas retrouvé les sillons verticaux sur les côtés
du corps donnés comme caractère d'identification par F. ANGEL (1942) et
signalés comme constants par D. HizLenrus (1959).
3. Dimensions. — Les 4 mâles mesuraient respectivement : 390 (220),
340 (195), 315 (170) et 315 (160). Le spécimen de 390 mm, n° 453 C, est,
semble-t-il, le plus grand connu.
Les 4 femelles mesuraient de leur côté : 315 (170), 290 (150), 265 (135)
et 255 (140). La femelle de 265 mm contenait des œufs de 5 mm de diamètre.
4. Têle. — Chez les 4 mâles les appendices rostraux sont comparables,
globuleux, d’environ 4 mm de diamètre chacun, dirigés légèrement en haut et
en avant, ne dépassant pratiquement pas l’extrémité du museau.
Chez les 4 femelles les deux canthirostrales se terminent isolément, cha-
cune formant une ébauche d’épaississement à sa partie terminale.
Il n’y a pas de crête pariétale et l’occiput se trouve soit arrondi, soit le
plus souvent limité par une ligne transversale sensiblement droite.
La tête porte des lobes occipitaux qui ont de 1 à 2 mm de largeur au
maximum, couverts de petites écailles, ils ne se rejoignent pas derrière l’occiput.
Les rides rugueuses de la région temporale, déjà signalées par A. GüNTHER,
nous semblent constantes.
Il n’y a pas de crête gulaire.
. Chez sept spécimens, tant mâles que femelles, la distance occiput-gonion
est nettement inférieure à la distance gonion-menton. Ce n’est que chez le
plus grand des mâles que ces distances sont égales : 45 mm.
5. Corps. — Il n'existe pratiquement pas de crête dorsale, ni de crête
ventrale,
Il n’y a pas de fossette axillaire.
DraGnose. — La diagnose de cette espèce dans le groupe parsoni, qui
comprend des Caméléons moyens ou grands dont la tête du mâle est ornée de
deux appendices rostraux, ne présente pas de difficultés particulières :
— l’écaillure, homogène sur le corps, présente au niveau des membres des
tubercules distinctement agrandis et aplatis ;
— les lobes occipitaux sont réduits à de simples replis cutanés ;
— il n’y a pas de crête dorsale ;
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 145
— chez le mâle enfin existent deux tubercules globuleux en avant de
chaque narine.
Le tableau 7 (p. 61) récapitule les caractères différentiels des espèces de
ce groupe.
D. Hizcenius (1959) a considéré que 2 spécimens provenant de la région
Sihanaka, et étiquetés au M.N.H.N.P. comme des C. globifer, présentaient
un certain nombre de caractères intermédiaires entre cette espèce et C. parsonii.
Il ajoutait « this may be due to both specimens being juveniles ».
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Avec la description princeps A. Günrner, en 1879,
donna (pl. XIII) une vue générale du corps et une vue apicale du crâne du
type (un mâle). Ce n’est, semble-t-il ensuite, qu’en 1932 que fut proposée une
nouvelle représentation de cette espèce par G. GraNDipier et G. PerTiT
pl. XLT). Il s'agissait d’un mâle, vu de profil. En 1942, F. ANGEL (pl. VIII,
fig. 7) représenta une vue de profil de la tête d’un mâle. La femelle de cette
espèce n’a semble-t-il pas encore été figurée.
b) proposée: Figure 41. — Mâle de la montagne d’Ambre, n° 542/C mesu-
rant 340 (195) mm.
Figure 42. — Profil de la tête d’un mâle 454/C de Betatao-Anjozorobe,
mesurant 390 mm dont 220 pour la queue ; les appendices, globuleux, ont
4 mm de diamètre.
Figure 43. — Profil de la tête d’une femelle 455/C de Betatao-Anjozorobe,
mesurant 290 mm dont 150 pour la queue.
15. — Chamaeleo guibei D. Hillenius, 1959
DESCRIPTION ORIGINALE : 1959, D. HiLLENIUS, Beaufortia, Amsterdam, 8 (89), pp. 29-30,
fig. 22-23. Trois spécimens antérieurement confondus avec C. boettgeri. Juvéniles ?, R. PAULIAN
coll., Massif du Tsaratanana, 1 800 m alt. Type : n° 11250 354 M.N.H.N.P.
Terra typica. — Massif du Tsaratanana, 1 800 m alt.
Dimensions. — 88 (33).
Synonymes, — C. boeltgeri p. p. D. Hizcenius, 1959.
ETUDES oU MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1963, D. Hizcenius : 207. — 1966, R. MerrEns : 17.
DescriPrion. — La description type est la suivante :
« Canthus rostralis, temporal and parietal crest present, but weak and without prominent
cones. Casque not elevated and on the samé level as the dorsal keel. Distance between corner of
the mouth and tip of the snout a little longer than the distance between corner of the mouth and
the tip of the casque. A flexible, scaled, rostral appendix, rounded off at the end. The length of
this appendix clearly shorter than half the diameter of the orbit. Rather large occipital lobes,
touching each other behind the casque, but totally separated (just as in the non-related CR. dilepsis
or Ch. brevicornis). Scales of casque and occipital lobes approximately of the same size, both
Source : MNHN, Paris
146 ER. BRYGOO
Fig. 44. — À et B, Chamaeleo guibei D, Hillenius. — C, C. boeltgeri G. A. Boulenger.
(d’après D. HizLenrus, 1959).
greater than the scales of the body. Squamation of the body rather fine, a little heterogencous,
comparable with the squamation in Ch. boettgeri. Scales 47-48 on a vertical line between the
middle of the belly. (In Ch. boettgeri I found 55-56 and 45-47). The scales on the limbs are greater
than those on the body (just as in Ch. boeltgeri), less flat. The character « dents de scie » described
by Angel, 1942 in Ch. nasutus, is more or less present. More than one row of scales between the
nasale and the supra-labialia. No trace of a dorsal cest. No gular and ventral crest. No axillary
or inguinal pits. Colour in alcohol light greyish, head and limbs darker, the belly whitish. »
DiaGNosE (tableau 9, p. 80). — Espèce du groupe des petits Caméléons à
rostre flexible, sous-groupe avec lobes occipitaux, comprenant C. boeltgeri,
C. linolus et C. quib,
C. guibei se distingue de C. boettgeri :
— par la forme des lobes occipitaux : ils présentent une incissure chez le
premier alors qu’ils sont complètement soudés chez le second ;
— par l’absence de crête dorsale.
La diagnose avec C. linotus, dont la femelle serait sans appendice nasal,
reste à préciser, puisque chez cette espèce il n’y a pas non plus de crête dorsale,
ICONOGRAPHIE (fig. 44, A et B). — En l'absence de récolte personnelle nous
proposons la reproduction des deux dessins de D. HizLenius (1959) qui accom-
pagnaient la description originale de l’espèce.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 147
16. — Chamaeleo labordi A. Grandidier, 1872
DESCRIPTIONS ORIGINALES : a) du mâle, — 1872, A. GRANDIDIER, Bibl. Ecole Hautes Etudes,
5, pp. 6-11 et Ann. Sci. nat., 15 (5), art. 20, p. 7. Ne 5 469 du M.N.H.N.P. Syntypes.
b) de la femelle. — F. ANGEL, 1942, Mém. Acad. malg., 36, p. 163, pl. VI, fig. 2a. Deux
femelles, n° 5 470, M.N.H.N.P. Syntypes.
Terra typica. — Côte Ouest de Madagascar.
Dimensions. — M. : 226 (116) ; F. : 145 (71).
SYNONYME, — C. rhinoceratus Gray (D. Hnzzeius, 1959) pro parte.
— C. barbouri H. Hechenbleikner, 1942; Mus. Harvard, type 7 758 et paratype 45 505,
exch. SM, 1910 ; femelle, synonymie établie par D. Hizzenrus, 1959.
— C. voellzkowi O. Boettger, 1893, sensu D. HiLLenius (spéc. Muséum Genève 912/92).
— C. rhinoceratus labordi A. Grandidier (R. Merrens, 1966).
Désr@narioN. — Sangorita lava orona (malgache), Vezo et Masikoro, au N. de Tuléar.
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1877, O. BOETTGER : 39. — 1887, G.-A. BOULENGER :
456-457. — 1899-1900, F. Mocouanrp : 95. — 1902, F. WerNER : 382-387, fig. 27. — 1909,
F. MocquarD — 1911, F. WERNE! 1. — 1913, O. BogrrGer : 371. — 1921, F. ANGEL : 330,
— 1942, F. ANGEL : 155, 162-163, pl. VI2et2 a. — 1942, H. HECHENBLEIKNER : 103- 104. 1956,
R. MATTHEY et J. van BriNK : 245. — 1959, D. HizLenius : 11-16. — 1963, Ch.-A. DOMERGUE :
22. — 1963, D. HizLenius : 210-213 et fig. 1 a, b, c. — 1965, K. P. Scnmipr et R. F. INGER : 93. —
1966, R. MERTENS : 25. — 1968, E. R. Bry@oo et Ch.-A. DomEer«uE : 7-13.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1900, F. Mocquarn : Belo (s/mer ?) (A. GRANDIDIER Coll.).
— 1942, H. HECHENBLEIKNER : Mahabo (C. barbouri).
— 1968, E. R. Brycoo et Ch.-A. DoMERGUE : Ihotry, Ambalanio,
Bosimava.
b) Aire de répartition (carte 6, p. 40). — Dans l’état actuel des récoltes le
domaine géographique de C. labordi s'étend de part et d’autre du fleuve
Mangoky, dans l’Ouest-Sud. Son domaine se situe au Nord de celui de C. anti-
mena. Les aires géographiques se recoupent cependant dans la région d’Ihotry.
Nous avons vu un mâle de Bosimava, à 15 km au Sud de Morondava.
FRÉQUENCE. — Assez étroitement localisée géographiquement cette |
espèce ne peut être considérée comme très rare. Nous avons disposé pour notre
étude de 1968 de récoltes personnelles de 2 mâles et de 3 femelles auxquels
vinrent s'ajouter par la suite 17 spécimens : 11 mâles et 4 immatures en pro-
venance d’Ihotry, 2 mâles d’Ambalamo (canton d’Ambahikily).
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — La description type de A. GRANDIDIER, en 1872,
à côté des mensurations, précisait :
« Casque beaucoup plus élevé que chez le précédent (C. antimena), à carène curviligne
rappelant celui de C. calyptratus. Museau se prolongeant au-delà du maxillaire en une lame entiè-
rement osseuse plus grande que celle du C. antimena, très comprimée, à arêtes lisses et rectilignes
et à extrémité arrondie. Cette lame est couverte d’écailles plates non tuberculées. Ecailles du
corps non semées de tubercules. Une crête dentelée sur le dos et sur le ventre. »
Source : MNHN, Paris
148 E:-R. BRYGOO
En 1942, F. ANGEL n’ajoute rien à cette description du mâle mais il donne
la première description de la femelle :
« Casque bas, surplombant de peu le profil de la ligne dorsale. Crête pariétale presque recti-
ligne, basse, mais nettement marquée, commençant à l’aplomb du bord postérieur de l'œil. La
distance comprise entre la commissure des lèvres et la pointe postérieure du casque est moins
grande que celle qui sépare la commissure, du bout du museau ; elle est un peu plus courte que
l'écart existant entre le bout du museau et le bord postérieur de l'orbite. Canthus latéral postérieur,
arrondi, peu où pas marqué. Canthus rostralis peu élevé, mais nettement indiqué, s’unissant en
avant avec celui du côté opposé pour former une petite apophyse rostrale, arrondie, saillante,
à peu près aussi haute et large que le diamètre d'ouverture de l'œil. Ecaillure du corps, homogène,
sans tubercules agrandis, les granules plutôt aplatis. De ces petites écailles, on peut en compter
sur le milieu du corps, une dizaine dans la longueur d’un diamètre orbitaire.
Crête dorsale absente ou à peine indiquée à la partie antérieure par quelques granules agran-
dis. Crête gulaire et ventrale présentes, peu marquées. Queue aussi longue ou un peu plus courte
que la tête et le corps ensemble.
Coloration. — Violet noirâtre sur le corps, un peu plus clair sous le ventre, dans la région
axillaire et sous les bras. Une bande blanche, étroite, nettement marquée, part du menton et
s'arrête à quelque distance de l'anus. Le dessous des cuisses porte la teinte foncée générale, mais
limitée par un liseré blanc, dont l’externe passe de chaque côté de l'anus, et se prolonge latérale-
ment plus ou moins loin sur la face inférieure de la queue. Cette coloration particulière du dessous
des cuisses, se retrouve chez les individus 4 que nous avons sous les yeux. »
La même année H. HECHENBLEIKNER décrivait ainsi une espèce qu'il
croyait nouvelle : C. barbouri:
« Casque elevated posteriorly and ending in a blunt point. Canthal and supracilliary crests
distinct but not prominent. In the larger specimens the canthal crests unite anteriorly to form
a short nasal protuberance. Parietal crest nearly straight and composed of small, non-pointed
tubercles. There are no temporal or lateral crests. The vertebral line is smooth and possesses no
enlarged tubercles. Scales of the body nearly uniformly finely granular with only a few enlarged,
scattered tubercles along the sides. Scales of the head about twice the size of the largest on the
body ; flat, irregular. The midventral yellowish white line extending from chin to anus is several
scale rows in width in the abdominal portion. A similar line is found along each side of the thigh
and extends down onto the base of the tail. A deep axillary pit is present.
Variation: The smaller specimen has only the barest indication of a nasal protuberance.
Coloration : In alcohol : Bluish gray, except on the sacral region, which has a large saddle-
shaped patch of dirty white or light gray. The under sides of the limbs are yellowish, and there is
a yellowish midventral line from chin to vent. À yellow line extends down the outer side of each
thigh onto the base of the tail. Coloration in life unknown. »
Il s’agissait manifestement de la femelle de C. labordi, ainsi que devait
l’établir D. Hircenius en 1959.
Chromosomes. En 1956, R. Marruey et J. van Brink, décrivaient ainsi
la formule chromosomique de cette espèce (sous le nom de C. voeltzkowi) :
«9 paires submétacentriques, la sixième tendant à l’acrocentrie, et forment une série passant
insensiblement aux trois couples les plus petits dont l’avant-dernier comprend deux éléments
de 1 y, le dernier de 0,3. »
Dimensions maximales signalées. — 1887, G. A. BouLENGER : 233 (122). —
1911, F. Werner : M. 269 (111). — 1968, E. R. Brycoo et Ch.-A. DomerGu
M. 308 (170), F. 164 (75).
b) Spécimens observés. — Nous avons disposé de 15 mâles, 3 femelles et
4 immatures. L'important dimorphisme sexuel oblige, pour beaucoup de
caractères, à étudier séparément mâles et femelles.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 149
C: labordi A7) Ie
Fig. 45, Chamaleo labordi A. Grandidier, vue d'ensemble d’un mâle.
1. Aspect général el coloralion. — Espèce de taille moyenne.
Un caractère constant, observable dans l’un et l’autre sexe, aussi bien
du vivant de l’animal qu'après conservation en alcool, est la présence d’une
ligne blanche ventrale. Formée par les tubercules des crêtes, elle s’étend du
Source : MNHN, Paris
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C: labordi
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Source : MNHN, Paris
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C: labordi
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Source : MNHN, Paris
152 E.-R. BRYGOO
menton à l’anus. Deux lignes blanches marquent la face inférieure de chaque
cuisse et se prolongent plus ou moins loin sous la queue.
Chez les mâles, sur le vif, nous avons noté, pour un de nos spécimens,
une coloration d'ensemble vert clair avec, sur les flancs, des plages blanches
allongées ayant un aspect de rayures.
La coloration des sujets conservés en alcool est très différente ; soit blanc
jaunâtre dans son ensemble soit noirâtre et vert, avec cinq lignes transversales
plus sombres et une ligne blanche latérale.
Pour les femelles sur le vif, nous avons noté une coloration d'ensemble
noirâtre avec :
— de chaque côté du cou une tache d’un rouge écarlate, particulièrement
nette ;
— des taches orangées le long de la colonne vertébrale, soulignées par
des marques mauves ;
— des plages violacées sur les flancs ;
— une série de lignes longitudinales alternées, vertes et rouges corres-
pondant aux plis de la région gulaire.
La coloration en alcool allie le jaune et le gris. On doit de plus noter, outre
la ligne blanche, l’existence de chaque côté du cou, au-dessus de l’épaule,
d’une tache rouge, ovale, à grand axe vertical, d'environ 2,5 mm. Le fond
des plis de la région gulaire est également rouge.
2. Ecaillure. — L’écaillure du corps et de la tête est relativement homo-
gène. On observe de grandes scutelles au niveau de la tête ; la ligne latérale
n’est marquée que par un agrandissement réduit des scutelles qui peut même
manquer complètement.
3. Dimensions. — Nous avons, en 1968, donné les dimensions maximales
observées. Un important dimorphisme sexuel fait que le mâle peut être presque
deux fois plus grand que la femelle mature et pleines d'œufs. La queue est
plus longue que le reste du corps chez le mâle, plus courte chez la femelle.
4. Têle. — Chez le mâle, le casque est très élevé, la crête pariétale est donc
particulièrement nette, mais les orbitales sont également bien dessinées.
La crête gulaire est formée par de très petits cônes de 1/2 mm au maximum.
Les différentes mensurations du crâne ne font que traduire l'élévation
du casque : distance occiput-gonion supérieure à la distance gonion-menton.
L'élément le plus important, le rostre, est formé par la fusion de deux élé-
ments latéraux ; il est rigide, long, de direction légèrement oblique en haut
dans un cas, horizontal dans les autres ; il est très mince à son extrémité. Cinq
à six rangs d’écailles sont nécessaires pour couvrir le côté du rostre.
Il se caractérise par :
— sa longueur, habituellement supérieure au diamètre orbitaire (ce n’est
que pour le plus petit spécimen qu’à un rostre de 8,5 mm correspond un orbite
de 9);
Source : MNHN, Paris
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labordi
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Source : MNHN, Paris
154 ER. BRYGOO
— son épaisseur qui n’atteint 1,5 mm que chez le plus grand des spécimens,
elle est encore inférieure au quart de la largeur.
Chez la femelle, la crête pariétale est bien marquée, mais le casque est bas
(la distance entre le sommet du casque et le gonion est plus petite que celle
qui sépare le gonion de l’extrémité antérieure de la mâchoire).
Les canthirostrales s’unissent pour former un tubercule globuleux de
1 à 1,5 mm de diamètre, qui ne dépasse pratiquement pas l’aplomb du menton.
La crête gulaire est du même type que chez le mâle.
5. Corps. — Chez le mâle, la crête dorsale est formée de cônes réguliers
(88 et 40 comptés jusqu’à l’aplomb de l’anus), les plus grands mesurant 1,5
et 2 mm de haut. Il existe un début de crête caudale constitué par la continua-
tion de la dorsale sur la première moitié de la queue.
Chez la femelle crêtes dorsale et caudale manquent complètement. Dans
les deux sexes la crête ventrale continue la crête gulaire. La présence d’une
fossette axillaire est inconstante.
DraGnose. — Cette espèce appartient au groupe des Caméléons à rostre
impair et rigide de l'Ouest de Madagascar avec C. angeli, C. antimena, C. mono-
ceras et C. rhinoceratus.
Nous avons, en 1968, avec Ch.-A. DoMERGUE, longuement insisté sur les
raisons qui nous faisaient rejeter les mises en synonymies antérieures et
admettre la validité de C. labordi.
Au chapitre traitant de C. angeli nous donnons un tableau (tabl. 5, p. 43)
résumant les caractères différentiels des mâles ; celui du diagnostic différentiel
des femelles se trouve au chapitre C. antimena (tabl. 6, p. 53).
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — L'espèce fut figurée pour la première fois par F. WERNER
(1902) qui donna (fig. 27) un profil entier du spécimen type. Ce ne fut que
40 ans plus tard que F. ANGEL, décrivant la femelle, donna à nouveau une
représentation de cette espèce en proposant un profil de la tête du mâle et de
la femelle.
Les dessins proposés en 1963 par D. HiLeNius (fig. 1 a, b, c) pourillustrer
une description d’un C. voeltzkowi correspondent, ainsi que nous l’avons établi
en 1968, à un C. labordi mâle.
Nous avons en 1968, avec Ch.-A. DoMERGUE, représenté le mâle et la
femelle de cette espèce.
b) proposée: Figure 45. — Vue d'ensemble du spécimen 717/C d’après
une photographie prise in vivo. Ce mâle mesurait 295 mm dont 160 pour la
queue, son appendice mesurait 12 mm de long.
Source : MNHN, Paris
155
LE GENRE CHAMAELEO
C. labordi
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Source: MNHN, Paris
156 E.-R. BRYGOO
Figure 46. — Gros plan d’un profil de la tête du même mâle 537/C
717/C) récolté à Ambalanio.
Figures 47 et 48. — Pour représenter des femelles de C. labordi nous avons
reproduit deux figures déjà proposées en 1968.
Figure 49. — Mâle juvénile (510/C) de 91 (45) mm, d’Ihotry.
17. — Chamaeleo lateralis J. E. Gray, 1831
DESCRIPTION ORIGINALE : 1831, J. E. Gray, Syn. Repl. in Girrrrws Anim. Kingd. É
La {erra fypica n’était pas indiquée, pas plus que les dimensions du type. Type au B.M. (N.H.)
Dr. J. E. Gray (P.).
Svnoxvmie. — C. lambertoni F. Angel 1921, holotype 21-269 M.N.H.N.P. ; synonymie
proposée par D. Hicenius, 1959.
Taxonomie. — Apola lateralis J. E. Gray, 1864.
DéÉsiGNATION. — Caméléon à bandes latérales (A. DumÉRic et G. Bison, 1836; C. et
A. Dumérir, 1851).
— Streaked-sided Chameleon (anglais)-(J. E. Gray, 1831).
— The side-crested Chameleon (anglais) (J. E. Gray, 1845).
__ Tanata, Tanala, Tanalahy, Sangorita (malgache) (F. ANGEL, 1942).
Erupes ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1836, A. Duméniz et G. Bisron : 3, 220-221. —
1843, L. FrrzinGen : 41. — 1845, J. E. Gray : 264. — 1851, C. et A. DumÉRIL : 32. — 1852,
A. Durs : 6, 22, fig. 6. — 1863, F. Pozuen : 335. — 1864, J. E. Gray : 473, fig. — 1877,
0. Borrrerr : 38. — 1879, À. Günruen : 246. — 1887, G. A. BouLenGER : 453. — 1800, A. GÜx-
HER : 70. — 1893, O. Boxrraer : 119. — 1899-1900, F. Mocquar : 96. — 1902, F. WERNER :
352-353 et 457. — 1902, F. Mocquano : 6. — 1909, F. Mocquann : 7. — 1911, F. WERNER : 16. —
913, P. Merauex et J. Hewirr : 190. — 1917, O. Boerrern : 803-304 et 371. — 1918, Th. Bar-
86. — 1921, F. ANGEL : 330 et 411, fig. (C. lambertoni). — 1927, E. Aux : 47. —1930,
F. ANGEL : 114. — 1931, F. ANGEL : 502-503. — 1949, F. AnGeL : 154, 157, 161 et 167 (C. lamber-
toni), pl. VL fig. 9. — 1950, R. Drcarv : 101 (C. lambertoni). — 1950, F. ANGEL : 554 (C. lateralis
et C. lambertoni). — 1956, R. Matrmex et J. van Brin : 245. — 1959, D. HiLLENIUS : 17-21. —
1962, H. Saint Girows : 166. — 1963, D. Hiuvenrus : 205. — 1963, H. FraNoke : 56. — 1965,
Ch.-A. Domerqur : 22. — 1966, R. Mentens : 19. — 1967, Ch.-P et F. BLANC : 62.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1836, A. Dumériz et G. BrsroN : un spécimen de Madagas-
car (J. Goupor), 2 de l’Ile Bourbon (Baron Mirrus).
— 1845, J. E. Gray : Madagascar.
— 1851, C. et A. DumÉiz : Ile Bourbon (Mruius), Madagascar (J. Gou-
DOT).
— 1879, A. GüNTKHER : Fianarantsoa.
— 1887, G.-A. BouLeNGER : Tananarive (Rev. J. WizLs) ; Betsileo (Rev.
G. Saaw) ; Centre Betsileo (Mr. T. WATERS).
— 1890, A. Günrxer : District forestier à l'Est de l’Imerina (Rev. James
WILLS).
— 1893, O. Bogrrcer : Tananarive (F. Sixora coll.).
— 1900, F. Mocquarp : Mahabo (environs de Fort-Dauphin) ; Ikongo
(forêt) (G. Granpinier coll. 1898-1900).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 157
— 1902, F. WERNER : Fianarantsoa, Ambohimitombo (forêt).
— 1913, P. Merauen et J. HewrrT : Analamazotra et Ampantomaizina
(côte Est).
— 1917, O. Boerr@er : Menabe ; Andranohinaly (S.-0.), Nord Mahafaly
(200 m, mars 1904); Tuléar, Pays Antandroy (avril 1904); Fianarantsoa ;
Ankarimbelo ; Lac Alaotra.
— 1918, Th. Barsour : Morondava (juil. 1915).
— 1921, F. ANGEL : environs de Tananarive (C. lamberloni, don. Lam-
BERTON).
— 1930, F. AnGez : Midongy du Sud (forêt, 700 m, août 1926, R. De-
CARY ) ; Fort Carnot (oct. 1926, R. Decary réc.) ; Mantasoa (1 500 m;
nov. 1927).
— 1931, F. ANGEL : (récoltes G. Perir) : Tsivono (Nord de Tuléar) ;
Androka (Mahafaly) ; Beheloka (Tuléar) ; Anakao ; Ampalaza (Tuléar); Ianza-
maly (vallée du Fiherenana) ; autre localité : Isaka.
— 1942, F. ANGEL : Tsianovoha (forêt primitive) R. Herm réc.
— 1950, F. ANGEL : signale l'existence au Musée de Strasbourg d’un
exemplaire de Alakamisy (Forsyra Mayor réc., 1901) en même temps que le
second exemplaire de C. lambertoni, de même localité.
— 1966, E. R. BryGoo : Manakara, Doany, Antalaha, Bedasy, Tanana-
rive, Mandraka, Antsirabe, Ampamaherana, Nosiarivo, Tsiazompaniry, Masoa-
rivo, Morondava, Tuléar, Imonti, Fort Dauphin.
— 1967, Ch.-P. et F. BLanc : Mont Bity.
— 1968, E. R. BryGoo : Belalanda, Cap Sainte-Marie.
— 1969, R. BourGar : Tanandava.
b) Aire de répartition (carte 14). — Les récoltes de l’Ile Bourbon (Baron
Mucivs), signalées par A. Dumériz et G. Breron (1836) résultent probablement
d’une erreur. Elles ne furent jamais confirmées.
C. lateralis est, parmi les Caméléons malgaches, un de ceux dont l’aire de
répartition est la plus vaste. Il n’est guère, en cette matière, dépassé que par
C. oustaleli. Les récoltes de C. lateralis ne manquent en effet que dans l'extrême
Nord et dans le Nord-Ouest.
FRéQuENcE. — C’est de loin l’espèce la plus commune, au moins sur les
Plateaux, où elle est adaptée à la vie en savane et s’est même développée dans
les jardins urbains : c’est le Caméléon commun de Tananarive,
Descriprions. — La description type de J. E. Gray (1831) était remar-
quablement succincte (p. 53) :
«Lead colour, sides white streaked ; occiput compressed, slightly keeled ; scales granular,
With a series on the back. »
Source : MNHN, Paris
158 E.-R. BRYGOO
e-—C.lateralis
Carte 14, répartition de Chamaeleo lateralis
Il plaçait cette nouvelle espèce dans le groupe de celles ayant une série
d’épines le long du ventre et du menton.
O. BosrrGer, en 1913, à propos d’un mâle et de 3 femelles récoltés dans
l’ouest de Madagascar écrivait :
«Während beim 9 die Kopfleisten sich zwar deutlich in spitzem Winkel treffen und im
Profl eine stumpfe Nasenbuckelung erzeugen, zeigt das & nicht bloss schärfere, sondern nach
vorn sogar etwas im Bogen konvergierende Kopfleisten, die vorn im Profil wie ein stumpfes,
Kkomprimiertes Nasenhôrnchen leicht über die Schnauze hervorragen und sogar mit einer leichten
Biegung nach aufwärts wie eim Stumpfnäschen heraustreten. Seine Unterseite ist mit zwei Reïhen
von Kôrnerschuppen gedeckt, die aber nicht durch eine scharfe Mittelfurche voneinander
getrennt sind. »
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
160 E.-R. BRYGOO
F. ANGEL (1921) décrivait ainsi une espèce qu'il croyait nouvelle, sur un
seul exemplaire mesurant 108 mm dont 50 pour la queue : C. lambertoni :
« Appendice rostral et lobes occipitaux, absents. Casque non relevé, arrondi postérieurement,
presque dans le prolongement du dos. La distance entre la commissure de la bouche et la partie
postérieure du casque égale la longueur entre cette commissure et la narine. Crête latérale du
casque, légèrement distincte tout autour de celui-ci. Crête pariétale basse, peu distincte, formée
par une série de granules arrondis, mais non plus grands que les scutelles voisines. Ecailles co
Vrant le dessus de la tête, plates irrégulières en grandeur. Museau un peu moins long qu’un dia-
mètre orbitaire, sa longueur égale la largeur du casque entre les deux yeux. Les deux « canthus
rostralis », assez tranchants, se perdent en avant sur la marge labiale, sans se rejoindre. Ecaillure
homogène, très fine, sur le corps et les membres (environ 70 granules peuvent être comptés dans
le milieu d’un des côtés, entre le dos et le ventre). Sur la ligne vertébrale une double série de
granules non différenciés des granulés environnants. Pas de crête gulaire ni ventrale. Pas de pro-
cessus au tarse. Queue plus courte que tête et corps ensemble. Une bande blanche du menton à
l'anus, légèrement prolongée sous la queue. »
En 1942, F. ANGEL considérait comme caractères essentiels pour C. late-
ralis :
— l'absence de lobes occipitaux,
— la présence d’une crête gulaire faible,
— la ligne vertébrale formée par une double série de granules,
— la crête pariétale forte chez l'adulte,
— la présence inconstante d’une crête ventrale,
— l’écaillure légèrement hétérogène sur les flancs et les membres,
__ une bande blanche médiane très marquée du menton à l’anus.
Il signalait ensuite que contrairement à la description de O. BoETTGER
(1913) les deux canthirostrales ne s’unissent jamais pour former une protu-
bérance en forme de corne nasale émoussée et comprimée, mais au contraire
se terminent indépendamment en avant.
F. AnGec retenait ensuite pour séparer C. lamberloni de C. lateralis, chez
le premier l’absence de crête gulaire, une écaillure homogène plus fine et une
queue plus courte que le reste du corps.
En 1959, D. Hirenius notait comme caractères essentiels pour C. late-
ralis : le double rang d’écailles de la crête dorsale, l'absence de lobe occipital
et la présence d’une ligne blanche médioventrale. Il mettait C. lambertoni
dans la synonymie de cette espèce, ce qu'admettait R. MERTENS (1966) et ce
que nous admettons volontiers après examen de plusieurs centaines de spéci-
mens de C. laleralis. Les caractères donnés par F. ANGEL pour C. lambertoni,
entrent pleinement dans les variations de l'espèce.
Une première étude des hémipénis de C. lateralis fut donnée par Ch.-A.
DomereuEr en 1963. Ceux-ci se rapprochent de ceux du groupe rhinoceralus.
Chromosomes. — En 1956, R. Marrmey et J. van Brinx décrivaient ainsi
le génome de cette espèce :
« Chez GC. lateralis, la sixième paire est formée de deux V symétriques et la onzième est encore
reconnaissable comme métacentrique, bien que ses constituants dépassent à peine 1 u. »
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 161
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C:lateralis d' 457/C Less ane de not)
Fig. 51, Chamaeleo lateralis J. E. Gray, vue d'ensemble d’un mâle de Tanandava.
Source : MNHN, Paris
162 E.-R. BRYGOO
Dimensions maximales signalées. — 1936, A. DumÉriz et G. BiBroN :
190 (85). — 1887, G. A. Gray : M. 200 (110) ; F. 158 (77). — 1959, D. Hize-
xius : M. 293 (154) ; F. 228 (118).
b) Spécimens observés. — Nous prendrons comme type la forme commune
de Tananarive.
1. Aspect général et coloration. — Sur le vivant la coloration, aussi bien
du mâle que de la femelle, est des plus variables. Parfois uniformément vert
tendre, mais souvent aussi avec d'importants ramages. Les femelles pleines
présentent fréquemment une coloration des plus riches où les points bleus
et rouges s’allient aux verts, jaunes et noirs pour dessiner des images variées.
On observe constamment une ligne blanche médio-ventrale qui commence
un peu en arrière du menton pour se terminer à l’anus. De plus, fréquemment,
se note sur les flancs, à mi-hauteur une ligne latérale blanche, ainsi que 2 ou
3 cercles noirs.
2. Ecaillure. — L'écaillure est homogène, finement rugueuse. Il n’y a pas
de ligne de grandes scutelles latérales.
3. Dimensions. — Espèce de taille moyenne, de 20 à 25 cm de longueur
totale, la queue étant plus longue que le reste du corps, constamment chez le
mâle, inconstamment chez la femelle.
4. Tête. — Sans lobes occipitaux ni appendice rostral la tête n’a rien de
bien particulier. Les canthirostrales se terminent indépendamment au-dessus
du museau.
L'occiput est légèrement pointu, la crête pariétale est bien marquée, de
même que la crête latérale et la crête orbitaire. Il n’y a pas de crête temporale.
Les écailles temporales ne sont pas agrandies.
Le casque est peu élevé.
La crête gulaire est marquée par des écailles agrandies au niveau de la
ligne blanche, elles ont moins de 1/2 mm de long, leur taille va rapidement
en diminuant et, sous le ventre, elles ne sont pratiquement pas plus grandes
que les écailles voisines.
5. Corps. — En vue latérale la crête dorsale est à peine visible. Mais en
vue apicale on observe l’existence d’une double série de granules qui se con-
tinue jusque sur la première moitié de la queue.
Il n’y a pas de crête ventrale.
c) Variations. — En 1959, D. Hicenius après avoir établi la synonymie
de C. lambertoni F. ANGEL, 1921, avec C. lateralis étudia les variations, en
fonction de la répartition géographique, de deux caractères :
— la présence de fossette axillaire,
Source : MNHN, Paris
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C. lateralis
Source : MNHN, Paris
164 E.-R. BRYGOO
— la présence de lignes blanches sous la queue,
qui semblent s’exclure l’un l’autre. La présence d’une fossette axillaire et
l'absence de lignes blanches sous la queue se rencontreraient avec une parti-
culière fréquence au Sud d’une ligne Tuléar-Farafangana.
Dans le Sud-Ouest, à côté de spécimens identiques à ceux des Hauts
Plateaux, on peut rencontrer des individus de plus grande taille, de coloris
moins riches, avec parfois une diminution de la taille des granules formant
la double ligne vertébrale.
Cette forme major est représentée à Tanandava (région de Morombe).
Nous en avons d’abord récolté un spécimen en octobre 1963, un mâle de 260
(150) mm qui pesait 40 g et dont l’hémipénis développé mesurait 22 mm. De
coloration verte, il avait une ébauche de ligne blanche médio-ventrale et une
nette ligne blanche abdominale. Les granules de la double crête vertébrale
étaient peu marqués. En novembre 1969, R. Bouraar récolta à Tanandava
un couple de la même forme major, le mâle mesurait 302 (160) mm et la femelle
212 (102) mm. Chez l’un comme chez l’autre, la double ligne de granules verté-
braux était bien formée, la coloration d'ensemble verte avec une ligne blanche
ventrale particulièrement nette.
D. Hizcenius a signalé en 1959 un spécimen «aberrant » récolté au lac
Tsimanampetsotsa.
Diaanose. — L'identification de cette espèce, de taille moyenne, sans
apophyse rostrale ni lobes occipitaux, est habituellement très facile.
Sa pigmentation est très changeante, mais ce Caméléon porte toujours
une bande blanche médiane très marquée, du menton à l’anus, et souvent
une ébauche de 3 cercles sombres sur les flancs.
Le caractère distinctif du groupe (qu’il partage avec C. campani) est la
présence d’une ligne vertébrale formée par une double série de granules.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La première représentation du «Caméléon à bandes
latérales » fut donnée par A. Duméri en 1852 (pl. XXII, fig. 6), il s'agissait
du profil de la tête. C’est encore un profil de la tête que proposa en 1864
J. E. Gray. Il faut ensuite attendre 1921 pour trouver un dessin de la tête de
C. lambertoni (fig. 7) présentée par F. ANGEL ; le même auteur proposa le même
dessin en 1942 (pl. VI, fig. 9) qui fut reproduit par R. Decary (1950). Il ne
semble pas que depuis plus de 100 ans ait été donné de représentations de
cette espèce des plus communes à Madagascar. Signalons cependant une pho-
tographie de cette espèce publiée par N. Konpo en 1963 mais sans indication
du nom spécifique.
b) proposée. — Nous proposons un dessin d’ensemble d’un spécimen mâle
de Tananarive (fig. 50) et un autre du spécimen de Tanandava (fig. 51) dont
nous avons donné plus haut les caractéristiques (C. 457).
Source : MNHN, Paris
165
LE GENRE CHAMAELEO
C
- lateralis
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(ee
Fig. 53, Chamaeleo lateralis J. E. Gray, vue latérale de la tête d’une femelle.
Source : MNHN, Paris
166 E.-R. BRYGOO
La figure 52 présente le profil du mâle 523/C, du Cap Sainte-Marie mesu-
rant 185 (95) mm.
Nous proposons deux vues de la tête d’un spécimen femelle de Périnet
(495/C) récolté en octobre 1968 : 171 (88) mm (fig. 53 et 54).
REMARQUE. — L'étude de cette espèce permit à L. Arvy (1964) d'établir
l'existence d’un dimorphisme sexuel rénal très marqué. En 1964, H. FRANGKE
publia des observations sur cette espèce.
H. Sainr Grrons (1962) a mis en évidence chez la femelle de C. lateralis
la présence de «réceptacles séminaux constitués par de simples tubes en doigt
de gant, apparemment dépourvus d'activité secrétrice, qui pénètrent dans le
chorion. Des spermatozoïdes ont été trouvés en grand nombre dans ces forma-
tions, même chez des femelles isolées depuis plusieurs mois et ayant fourni,
entre-temps, une ou deux pontes fécondes ».
18. — Chamaeleo linotus L. Müller, 1924
DESGRIPTIONS ORIGINALES : a) du mâle, 1924, L. Müzzer, Mütt. Zool. Mus. Berlin, 11,
pp. 95-96, un mâle adulte (n° 21/1923 de la Coll. zool, de l'Etat bavarois).
b) de la femelle, 1933, R. Merrexs, Senckenbergiana, 15, p. 268 et p. 271, fig. 2 ; quatre
femelles.
Terra typica. — Madagascar.
Dimensions. — M. : 124 (72), appendice de 4,5 ; F. : 109 (57).
ETUDES OU MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1942, F. ANGEL : 159 et 176. — 1959, D. HiLLENIUS :
29-30. — 1963, D. Hizzenius : 205. — 1966, R. MERTENS : 19.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1933, R. MERTENS : col d'Ambatondradama (femelles).
b) Aire de répartition. — L’aire de répartition de cette espèce peut être
considérée comme totalement inconnue puisque la localité du mâle type n’est
pas donnée et qu’il n’existe qu’une seule autre récolte concernant des femelles,
dont l’attribution à cette espèce appelle d’ailleurs, comme nous le verrons,
des réserves.
Descriprion. — Cette petite espèce (124 mm) présente un repli occipital
et un appendice nasal dermique.
En 1924, M. Müzcer décrivait ainsi l'espèce nouvelle :
« Oberseite der Schnauze concav. Helm hinten nur ganz schwach erhôht ; ein schwach
angedeuteter (durch Kielung der Schilder) Parietalkamm beginnt zwischen den Augen, erreicht
aber die Helmspitze nicht, sondern endet in ziemlicher Entfernung vor deselben. Der deutliche
Temporalkamm biegt sich an seinen Hinterende rechtwinklig nach oben und setzt sich noch
eine Kurze Strecke weit in dieser Richtung fort. Ein Lateralkamm fehlt. Die Seiten-Kanten
des Helmes sind vällig verrundet. Die Entfernung des Mündwinkels von der Helmspitze ist merk-
lich kleiner als die Maulspalte, Schnauze mit einem bäutigen, beschuppten, vorn verrundeten
Source : MNHN, Paris
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9 495/C
lateralis
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Source : MNHN, Paris
168 E.-R. BRYGOO
Anhang, dessen Ränder nicht gezähnt, sondern nur — der Beschuppung entsprechend — leicht
gebogt sind. Die Länge des Schnauzenanhangs is gleich dem Angendurchmesser. Einpaar ziemlich
grosse Occipitallappen, die in der Mittellinie des Nackens vôüllig miteinander verschmolzen sind,
sind vorhanden. Schuppen des Schnauzenfortsatzes flach gewülbt, mässig gross, Schuppen der
Kopfoberseite und der Schläfen gross, die der Occipitallappen etwas kleiner als die des Kopfes
aber merklich grôsser als die des Rumpfes. Rumpf beschuppung ziemlich derb ; die einzelnen
Schuppen sind etwas ungleich in Grôsse und Form, doch lassen sich keine direckt « Vergrôsserte
Schuppen_unterscheiden.
Die Schuppen der Extremitäten sind bedeutend grôsser wie die Rumpfschuppen und leicht
gewôlbt. Kein Ruckenkamm. In der mittleren Partie des Rumpes lässt sich auf der Rückenmitte
eine kurtze Reïhe weit auseinanderstehender, schwach vergrôsserter und leichtgewôlbter Tuber-
kelschuppen unterscheiden.
Kopf weïsslichgrau, Rumpf bräunlichgrau, der Rucken am dunkelsten gegen den Bauch
zu nehmen die Seitenschuppen vielfach eine schmutzigtürkisblaue Färbung an. Extremitäten-
schuppen hell turkisblau. Schwanz weissgrau, auf der oberen Hälfte mit zahlreichen schmalen,
graubraunen Querbinden. »
124 (72) — un mâle adulte, Madagascar, Zool. Sammlung des bayr.
Staates n° 21/1923.
« Durch den Besitz von occipetallapen mit Ch. boettgeri Blgr. übereinstimmend, von welchem
es sich jedoch durch das vêllige Fehlen eines Kammes, die aus dicht nebeneïnander stehenden
grossen Schuppen bestehende Pholidose. der Extremitäten und die weit weniger deutlichen und
regelmässigen Kehlfalten unterscheidet. »
En 1933, R. MERTENS ayant récolté 4 femelles écrivait :
« Die vorliegenden 4 Exemplare sind alle weiblich und haben keine Schnauzenhôrner, Zeigen
aber beim Vergleich mit boettgeri gerade die fur linotus angegenen Merkmale, so dass ich sie —
wenn auch natürlich mit einem gewissen Vorbehalt — als Weibchen von Chamaeleo linotus
betrachte, statt sie neu zu benennen und die Chamäleon-Namen vielleicht mit einem neuem
Synonym zu belasten. Wenn das richtig ist. so wäre Chamaeleo linotus die erste Art der nasutus-
Gruppe, die sie durch einem Mangel eines Schnauzenfortsatze im weiblichen Geschlecht aus-
zeichnete. »
Fig. 55, Chamaeleo linotus L. Müller © (d’après R. MERTENS, 1933).
Avec 35 ans de recul, on ne sait encore si R. MERTENS avait raison de faire
des spécimens récoltés, les femelles de C. linotus. Ainsi qu'il le soulignait lui-
même, il s’agissait de la première espèce dont le mâle possèderait un appendice
nasal dermique, alors que la femelle en serait dépourvue.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 169
DraAGNose. — C. linotus appartient au groupe des petites espèces de
Caméléons à appendice nasal flexible présentant un lobe occipital. Sa diagnose
doit donc se discuter avec C. boettgeri et C. guibei (cf. tabl. 9, p. 80).
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Le type n'a, semble-t-il, jamais été figuré. En 1933,
R. MERTENS donna une photographie de ce qu'il considérait être une femelle
de cette espèce.
b) proposée: Figure 55. — En l’absence de toute récolte personnelle nous
proposons une reproduction de la seule figure connue, celle de R. MERTENS,
1933.
REMARQUE. — Cette espèce est pour le moins très mal connue puisque,
décrite sur un seul spécimen mâle, elle n’a été retrouvée que sous forme de
4 femelles qui ne lui appartiennent peut-être pas. Son statut ne pourra être
défini que par de nouvelles récoltes avec étude comparative des types et
lorsque nous aurons des localisations géographiques correctes ainsi que des
données suffisantes pour apparier sans risque d'erreur mâles et femelles.
19. — Chamaleo malthe A. Günther, 1879
DESCRIPTION ORIGINALE : 1879, GÜNTHER, Proc. zool. Soc. London, 1879, p. 148, pl. XI. Un
mâle. Type au B.M. (N.H.).
Terra typica. — Près de Tananarive.
Dimensions. — 9 inches dont la moitié pour la queue.
" ETUDES ULTÉRIEURES. — 1887, G.-A. BOULENGER : 468-469. — 1902, F. WERNER : 387-389.
— 1909, F. Mocquann : 8. — 1911, F. Werner : 32. — 1913, P. MeTHUEN et J. Hewrrr : 191. —
1913, O. Boerr&n : 372. — 1921, F. ANGEL : 410. — 1942, F. ANGL : 159 et 175, pl. VIII, fig. 4.
— 1959, D. Hizcenius : 30-33. — 1963, D. Hicuenius : 205. — 1966, R. MERTENS : 19.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1913, P. MErHUEN et J. HewiTT : Analamazaotra.
— 1942, F. ANGEL : Pays Betsileo ; Isaka-Ivondro (alt. 700 m); Fito;
Moramanga ; massif du Tsaratanana.
— 1968, E. R. BryGoo : Périnet, Tsaratanana, Iaraka.
b) Aire de répartition (carte 12, p. 109). —L'aire de répartition de C. malthe
s'établit actuellement dans la moitié nord de la région Est, de Moramanga
à Maroantsetra. A cette aire continue correspond une autre localisation dans
le massif du Tsaratanana où l'espèce se rencontre aussi bien sous la forme
typique que sous une forme particulière dont la valeur taxonomique reste
à définir.
Source :
MNHN, Paris
170 E.-R. BRYGOO
FRÉQUENCE. — En 1911, seuls 3 spécimens mâles étaient connus (F. Wer-
NER, 1911). Depuis l’espèce a été assez fréquemment récoltée. D. HiLLENIUS,
en 1959, pouvait en étudier 12 individus au Muséum national à Paris. Nous en
avons examiné 9 spécimens nouveaux.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — La description originale de A. GüNTHER (1879)
est la suivante :
« Snout (of the adult male) produced into a flat obtuse horn of moderate length, grooved
above and below, and covered with large tubercles. Occipital region rather flat, angular but not
pointed behind, on each side with a broad flap, the two flaps being continuous behind the occiput.
Dorsal crest low, formed by short pointed tubercles unequal in size. No gular or ventral median
series of tubercles. The round flat tubercles on the occiput and the occipital flaps are unequal in
size, but none very large, most nearly granular. Along each side of the throat and on the limbs
larger granules may be seen scattered among the small ones ; but these larger granules are almost
wanting on he side of the body. Hell without spur or prominence. Greenish yellow, with white
upper lip, with a black band running from the eye along each occipital ridge ; the portion of the
neck is covered by the occipital flaps deep black. »
En 1949, F. AnGeL retenait pour caractéristiques les éléments suivants :
— les lobes occipitaux très développés, formant capuchon sur la nuque
et les côtés du cou, sans encoche sur le bord supérieur, avec des scutelles plus
petites ou au plus égales à celles du dessus de la tête ;
— un casque anguleux mais sans pointe osseuse en arrière ;
— une écaillure peu distinctement hétérogène.
D. Hizrenrus discuta de ces caractères pour conclure :
«.… the differences between Ch. brevicornis and Ch. malthe are much less marked than might be
concluded from the descriptions by Werner (1911) and ANGEL (1942). »
Dimensions maximales signalées. — 1887, G.-A. BouLeNGer : M. 222 (115).
— 1902, F. Werner : M. 260 (148).
b) Spécimens observés. — Nous avons pu examiner 9 nouveaux spécimens,
4 mâles et 5 femelles. Un mâle et une femelle provenaient du massif monta-
gneux du Tsaratanana.
Il nous semble nécessaire d'étudier successivement la forme typique et
la forme du Tsaratanana.
Forme typique.
1. Aspect général et coloration. — Sur le vivant si la coloration est souvent
brun ou rouge-brique on peut observer une teinte bleu-vert des lobes occipi-
taux, des marques bleu-vert sous la queue et au niveau des paupières. D’autres
spécimens sont de coloration vert clair, jaune et noire au-dessus, blanc au-
dessous avec deux taches noires latérales nettes s’observant sur la partie
antérieure des flancs et des lobes occipitaux bordés d’un vert plus brillant.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 171
C: malthe d'
Fig. 56, Chamaeleo malthe A. Günther, vue d'ensemble d’un mâle.
En alcool la coloration devient plus claire, de blanc jaunâtre à jaune, avec
des marques sombres, de situation variée.
2. Ecaillure. — Le tégument est légèrement hétérogène, avec des écailles
de tailles variées et, sur la face externe des membres, un semis assez régulier
d’écailles plus grandes.
Source : MNHN, Paris
172 E.-R: BRYGOO
3. Dimensions. — Les mâles mesuraient 310 (175), 288 (156) et 220
(120) mm. Celui de 310 mm est, semble-t-il, le plus grand observé.
Les femelles mesuraient 283 (163), 242 (132), 231 (135) et 210 (112) mm.
Les dimensions des femelles n’avaient pas encore été signalées, croyons-nous.
La femelle de 283 mm contenait 34 œufs mûrs !
Pour les femelles, comme pour les mâles, la queue est nettement plus
longue que le reste du corps.
4. Tête. — La tête se caractérise d’abord par ses lobes occipitaux. Grands,
ils sont largement unis l’un à l’autre et ne portent que de petites écailles
régulières.
Pour notre spécimen de 310 mm de longueur totale, chaque lobe mesurait
22 mm de «corde » pour 5 mm de «flèche ». Pour un autre, qui ne mesurait
que 288 mm, la corde était de 26 æn et la flèche de 12 mm.
L'union des lobes occipitaux peut être complète ou indiquée seulement
par une faible encoche, inférieure à la partie commune.
Le crâne est allongé en arrière avec une crête pariétale à peine marquée.
Le mâle porte un appendice osseux, excavé en gouttière au-dessus et au-
dessous. Chez la femelle il n’y a, le plus souvent, qu’un simple bourrelet.
La crête gulaire est inconstante. Sur les 3 spécimens mâles elle n’est repré-
sentée que par 1, 2 ou 3 cônes isolés. Sur les 4 spécimens femelles, alors qu’elle
manque complètement chez 2, elle est représentée par 4 à 5 cônes alignés chez
l’une et par une dizaine chez l’autre.
L’appendice le plus long mesurait 8 mm, pour une largeur (hauteur) de 3
et une épaisseur de 5. Sur le plus petit les dimensions étaient respectivement :
5, 3 et 3.
5. Corps. — La crête dorsale est formée de cônes pointus, avec, tous les 3
ou 4 cônes, un élément plus grand, donnant à l’ensemble un aspect en dents
de scie.
Il n’y a pas de crête ventrale.
La fossette axillaire était présente dans 2 cas sur 7.
6. Hémipénis (#). — Notre description de l'organe copulateur de
C. malthe est basée sur l’examen de deux spécimens (n°5 403/C et 544/C =
By 655).
Mensurations :
— N° 403/C — longueur totale 277 mm dont 105 pour le corps ; 15 mm
pour l’hémipénis droit, 16 mm pour le gauche.
— N° 544/C — longueur totale 305 mm dont 123 pour le corps ; 19 mm
pour l’hémipénis droit, 20 mm pour le gauche.
(19) E. R. Bry@oo et Ch. A. DoMERGUE, 1970.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
176 E.-R. BRYGOO
Le rapport entre la longueur de l’organe et celle du corps de l’animal est
donc de l’ordre de 1/6e à 1/7e.
La forme de l’hémipénis est élancée.
Nous prenons comme exemple le 403/C.
L'apex, hémisphérique, légèrement plus développé vers l'avant (face
sternale) est déprimé au pôle, marqué par une protubérance ; il est pourvu,
en position sternale, d’une paire de lobes relativement étalés dont l'extrémité
antérieure n’adhère pas au corps et dont le bord libre est denticulé ; ces lobes,
confusément pédiculés, rappellent à la fois les disques apicaux de C. brevicornis
et les auricules de C. cucullatus. En position tergale, l’apex porte deux auricules
et, en position latérale, c’est-à-dire sur les faces externe et interne, entre les
lobes et les auricules, un barbillon ; les auricules sont bien développées, leur
bord denticulé ; leur insertion est allongée dans le sens vertical et oblique,
formant un V renversé.
L'ornementation cellulaire est bien développée ; les cellules sont grandes,
les cloisons fortement en relief ; elle intéresse la face tergale et les faces laté-
rales, mais n’atteint pas l’apex dont elle est séparée par une zone lisse (diffé-
rence avec C. b. brevicornis, C. b. tsarafidyi et C. cucullatus).
Le sillon est bien marqué ; les lèvres sont presque jointives sur les 2/3 de
la région proximale et s’évasent brusquement au tiers distal.
Les deux spécimens du massif du Tsaratanana que nous avons examinés
et considérés jusqu’à plus ample informé comme des C. malthe étaient :
— un mâle de 265 mm (145) dont les écailles des lobes occipitaux étaient
petites et la crête gulaire ébauchée, par 8 cônes séparés, le plus grand n’ayant
que 1 mm de long, mais qui ne présentait aucune trace de crête dorsale, carac-
tère très aberrant ;
— une femelle (413/C) de 153 dont 86 pour la queue, qui mérite une
description plus détaillée, la présence d’une crête gulaire et d’écailles agrandies
sur les lobes occipitaux étant les deux caractères les plus atypiques.
Tête. — Les lobes occipitaux sont nets sans encoche postérieure, abordant
l'arrière du crâne un peu en dessus du mi-orbite. A leur plus grande largeur ils
mesurent 5 mm, avec pour base 12 mm. Plusieurs écailles agrandies sur les
lobes, les plus grandes ayant 1,5 mm de diamètre.
Pas de crête pariétale ; occiput pointu, orbitales et latérales nettes.
Les canthirostrales s’effacent en avant, sans rostre ni bourrelet.
Crête gulaire formée de 8 cônes clairs de 1,5 mm de haut.
Source : MNHN, Paris
177
LE GENRE CHAMAELEO
Fig. 60, Chamaeteo malthe A. Günther, vue latérale de la tête d’une femelle du massif du
Tsaratanana.
Source : MNHN, Paris
178 E.-R. BRYGOO
Corps. — La dorsale est nette, formée de petits cônes avec, tous les 4 ou
5 cônes, un plus grand (1 mm de haut). Cette crête se prolonge sur le premier
tiers de la queue.
Crête ventrale séparée de la gulaire, marquée par une très fine série de
cônes qui s’estompent avant l’anus.
Fossettes axillaires indistinctes.
L’écaillure se caractérise par de grandes écailles sur la tête ; elle est légè-
rement hétérogène au niveau du corps.
Coloration. — En alcool : labiales et menton blanc, une ligne latérale blan-
châtre, le reste gris avec points blancs.
DraGnose. — L'espèce C. malthe appartient au groupe bien individualisé
des Caméléons à grands lobes occipitaux. Le diagnostic avec C. cucullatus ne
pose pas de difficultés puisque cette espèce est caractérisée par l'existence
d’une pointe osseuse nette au niveau de l’occiput. C’est avec C. brevicornis que
doit se faire essentiellement la comparaison. Les lobes occipitaux de C. malthe
sont largement unis l’un à l’autre alors que ceux de C. brevicornis sont séparés
par une encoche bien marquée (cf. tabl. 10, p. 93).
Le diagnostic le plus difficile serait sans doute celui visant à séparer
C. malthe de C. tsaratananensis. Cette espèce n’est encore connue que par une
seule femelle mais on peut se demander si certains spécimens de C. malthe
signalés du massif du Tsaratanana ne devraient pas lui être rattachés. Dans
l’état actuel de nos connaissances la femelle de C. {saratananensis s’individua-
lise par l’importance de la crête gulaire, la grande taille des scutelles sur les
lobes occipitaux et l’absence de crête dorsale.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Avec la description type, À. GüNTHER proposa, en 1879
(pl. XI), une vue de l’animal entier de profil ainsi qu’une vue apicale du crâne.
Ce n’est ensuite qu’en 1942 que F. AnGez publia un profil de la tête d'un
mâle.
La femelle ne semble pas avoir été encore représentée.
b) proposée: Figure 56. — Vue d’ensemble, in vivo, d’un spécimen mâle
(655/C) récolté à 45 km au Sud de Moramanga, mesurant 310 mm dont 175
pour la queue. Le rostre mesurait 8 mm.
Figures 57 et 58. — Profil et apex d’un mâle (403/C), provenant de Périnet,
mesurant 288 mm dont 156 pour la queue avec un rostre de 7,5 mm.
Figure 59. — Profil de la tête d’une femelle (453/C) de Iaraka, mesurant
283 mm dont 163 pour la queue.
Figure 60. — Profil de la tête d’une femelle (413/C) du massif du Tsarata-
nana mesurant 153 mm dont 86 pour la queue.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 179
20. — Chamaeleo minor A. Günther, 1879
DESCRIPTION ORIGINALE : 1879, GüNTHER, Ann. Mag. nat. Hist., (5) 4, pp. 256-247, pl. XIII.
(8 mâles et 1 femelle ; Rev. G. A. Saw coll. avec C. lateralis et C. gularis). Types au B.M. (N.EL).
Terra typica. — Fianarantsoa.
Dimensions des types. — M. : 8 inches 3/4 dont 4 1/2 pour la queue ; F. : pleine d'œufs:
5 inches 1/4 avec une queue de 3 inches.
— 1887, G.-A. Bouzencer : M. : 202 (115), 10,5 de come ; F. : 136 (72).
Dési@NarIoN. — Tandraonodrano (malgache) (F. ANGEL, 1942).
Erupss uLrérteures. — 1887, G.-A. BouLENGER : 464. — 1902, F. Wennen : 419-413, —
1909, F. Mocquano : 8. — 1911, F. WERNER : 29. — 1913, O. Borrron : 372. — 1021, F. ANGEL :
408. — 1942, F, ANGEI 58 et 172-173, pl. VII, fig. 6 et 6 a. — 1950, F. ANGEL : 555. — 1959,
D. Hizenius : 36-37. — 1963, D. Hrrcenius : 206. — 1966, R. MerTENs : 20,
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1942, F. ANGEL : Pays Betsileo ; Betafo ; Nord de Vinany
(forêt, alt. 1 300-1 800 m); Ouest d’Ambositra.
— 1963, E. R. Bry@oo : Belo-sur-Mer.
b) Aire géographique (carte 8, p. 67). — Le nombre, encore restreint, de
spécimens appartenant à cette espèce ne donne qu’une idée approximative de
son aire de répartition. On peut cependant considérer qu'il s’agit d’une espèce
du Sud du Plateau central, s'étendant vers l'Ouest. Notre récolte à Bélo-sur-
Mer, assez aberrante, semble élargir considérablement cette aire de répartition.
FRÉQUENCE. — Cette espèce peut être considérée comme rare. La collec-
tion du M.N.H.N.P. n’en possède que 5 spécimens. Nous n’en avons nous-
même récolté qu’un spécimen, une femelle.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — En 1879, A. GüNrner décrivait ainsi la nouvelle
espèce :
« This species is allied to Chameleon bifureus but considerably smaller, and also differing
from it in several other respects.
Snout of the adult male produced into two flat compressed horns, slightly divergent in front,
and covered with larges seutes, they are much approximated at their base, and connected by a
transverse scute, which also, in the female, is persistent, although, this sex, as usual is destitude
of horns. Occipital region flat, slanting from behind forwards, with a rounded margin behind and
Without lateral flaps. The dorsal crest is low, composed of a few isolated tubercles, and ceases
towards the middle of the back. No distinct gular or ventral median series of tubercles, the median
tubercles differing so slightly from those of the side as to scarcely deserve the designation of crest.
‘The scutes on the upperside of the head and on the cheek are rather large and irregular. No larger
tubercles on the body or limbs ; hell without spur or prominence.
Dark greenish, with a white streak along the median line of the throat and belly : female,
besides, with a similar white band along the hinder side of the hind leg, and continued for a short.
distance on each side of the tail. »
Source : MNHN, Paris
180 E.-R. BRYGOO
Fig. 61, Chamaeleo minor A. Günther, o et © (d’après A. Günrmenr, 1879).
En 1942, F. ANGEL signale :
— une crête latérale entourant tout le bord postérieur du casque, celui-ci,
plat, large, arrondi, postérieurement peu ou pas élevé ;
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 181
— la présence d’une bande blanche longitudinale, sur le milieu du ventre,
sans autre bande latérale ;
— un canthus supraciliaire finement denticulé ;
— une écaillure du tronc fine, 48 granules, ou plus, de la colonne verté-
brale au milieu du ventre ;
— une crête dorsale formée de quelques tubercules isolés sur la partie
antérieure du dos ;
— des appendices rostraux longs, osseux, comprimés, rapprochés à la
base, peu ou pas divergents à l'extrémité ;
— chez la femelle, 2 bandes blanches sur la face postéro-inférieure des
cuisses se continuant plus ou moins sous la queue.
En 1959, D. Hizrenius, après examen de 4 spécimens, 2 mâles et
2 femelles, concluait :
«In Gh. minor the parietal crest is mostly indicated, squamation homogeneous without
groups of scales in form of rosettes, gular crest sometimes combined with ventral crest, both
poorly developed, no lateral white bands, a single midventral white line, sometimes a pair of
white lines under the tail, rostral protuberances blunt at the end parallel, sometimes axillary pits,
no crest on the tail, the number of scales on the flank, counted on a vertical line from middorsal
to midventral, varies between 50 and 58 (average 53.6), the number of scales between parictal
crest varies between 3 and 7 (average 5.14). »
Dimensions maximales observées. — M.N.H.N.P. : n° 5474, M. 205 (115) ;
n° 06.165, F. 142 (70).
SPÉCIMEN OBsERvÉ. — Nous ne pouvons guère ajouter de données nou-
velles à ces descriptions détaillées. Le seul spécimen non encore décrit, que
récolta pour nous, à Belo-sur-Mer, R. LEGENDRE (M.N.H.N.P., n° 1961-614)
est une femelle contenant des ovules de 1,5 mm de diamètre. Elle mesure
136 mm dont 58 pour la queue. La crête pariétale n’est pas marquée mais les
- crêtes orbitales sont formées de petits tubercules bien individualisés qui se
prolongent sur les canthirostrales, celles-ci se terminent isolément par un petit
renflement,.
La crête dorsale est amorcée, formée de 6 tubercules, isolés.
La ligne blanche médio-ventrale qui va du menton à l'anus est marquée
par de petits granules ronds bien isolés, qui tranchent sur les écailles voisines
sans constituer de véritable crête.
DiaGnosE. — L'espèce C. minor de taille moyenne (20 cm) appartient
au groupe bifidus dont les représentants se caractérisent par l'existence, chez
les mâles, de deux appendices rostraux osseux, en même temps que par l’ab-
sence complète de lobes occipitaux.
En 1879, A. Günrner signalait que cette espèce était apparentée à
C. bifidus (C. bifurcus) mais beaucoup plus petite.
F. AGE, en 1949, la considérait comme voisine de C. willsii.
Source : MNHN, Paris
182 E.-R, BRYGOO
Nous avons récapitulé les caractères différentiels des espèces du groupe
au tableau 8 (p. 75).
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Il n'existe, croyons-nous, que deux représentations de
cette espèce. D'abord celle donnée par A. GünrHer en 1879 (pl. XIII) où cet
auteur représenta un mâle et une femelle entiers ainsi qu’une vue apicale de
la tête du mâle. En 1942, F. ANGEL proposa (pl. VII, fig. 6 et 6 a) des vues laté-
rales de la tête d’un mâle et d’une femelle. Il insistait (p. 173) sur les différences
entre ses observations et les dessins de A. Günruer : les deux canthirostrales
isolées chez la femelle, les apophyses rostrales parallèles chez le mâle.
b) proposée. — En l'absence d'éléments personnels nous proposons la re-
production du dessin des types de A. Günrmer (1879) (fig. 61).
21. — Chamaeleo monoceras O. Boettger, 1913
DescmPTIoN oRtGINALE : 1913, in Vorcrzxow, Reïse in Ostafr., 3, Rept. Amph., p. 307 et
p.372, pl. 26, fig. 3. Un mâle holotype, n° 6465, 4 a Cat. Merrens, n° 16 420 S.M.
Terra typica. — Betsako, près de Majunga.
Dimensions. — 130 (51).
ETUDES OU MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1921, F. ANGEL : 330. — 1942, F. AnGez : 155 et
162. — 1959, D. Hizzenrus : 11-15. — 1963, D. Hiizenrus : 210-213, fig. 1. — 1966, R. MERTENS :
20. — 1966, J.-P. Urnous (= C. angeli). — 1968, E.-R. BryGoo et Ch.-A. DoMERGUE : 33.
FRÉQUENCE. — Seul le type est connu.
Descriprion. — La description type par O. BoerrGer (1913) est la
suivante :
«Aus der Verwandschaft des Ch. rhinoceratus Gray, aber ohne Bauchkamm, mit noch
undeutlicherem Kehlkamm und mit einem einfachen, auffallend Nasenfortsatz, der dreimal so
lang ist wie die Orbita, während er bei der andern Art nur 2/3 des Orbital durchmessers erreicht.
Vorderkopf tief konkav ; eine lang kegelformige, auf den Schnauzenfortsatz übergehende,
ausgehôhlte Rinne bildend ; Helm hinten nur schwach erhôht, unter 1000 auf den Nacken abfal-
lend, mit stark zusammengedrücktem, schneidigem, ganz geradlining verlaufendem Parietal-
kamm. Abstand zwischen Mundcommissur und Helmspitze grôsser als dis Länge der Maulspalte,
so lang wie der Schnauzenfortsatz. Seitenkamm des Helmes nur schwach entwickelt, aber doch
vorn bis zur Orbita deutlich, durch schwach vergrosserte Tuberkeln ausgezeichnet. Schnauzen-
spitze mit einem von den scharfen Supraorbitalcristen ausgehenden, im Querschnitt dreieckigen,
langen, spitze, hinten knôchernen, vorn auf beiläufñg 5 mm beweglichen Fortsatz. Dies Schnau-
zenhorn ist uberall mit grossen, flachen Maschenschuppen bedeckt, die gegen die Spitze hin
konvexer werden und mit je einem kleinen, kegelfôrmigen Wärzchen endigen. Oben ist der
Fortsatz zweischneidig bis zur Spitze. Nasenloch gleichweit entfernt von Orbita und Schnauzens-
pitze. Kopfschuppen undeutlicht begrenzt, auf der Stirn kleiner, auf den Hinter, haupt gross.
Keine Spur von Hinterhauptslappen. Rumpf mit kleinen und grôssern Schüppchen unregelmässig
bedeckt ; die grosseren selten grôsser als doppelt so gross wie die ubrigen und an den Rumpfseiten
in mehrere unregelmässige, parallele Reichen gestellt. Ein Kamm von 20 isolierten, kegelfôrmigen
Tuberkeln ziert die beiden vorderen Drittel in der Rückenmitte. Die Tuberkel des Rückenkammes
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 183
verschwinden orst im letzten Schwanzdrittel. Auf der Kehle lässt sich die Spur eines Mittel-
Kkammes durch das Auftreten von etwa 10 Tuberkelschüppchen gerade noch erkennen ; dem
Bauche felht jede Spur eines Kammes und einer hellen Mittellinie, Eine tiefe Achseltasche : kein
Tarsalfortsatz. Schwanz stark komprimiert, viel kürzer als Kopf und Rumpf zuzammen,
Dunkelgrau in Alkohol, einzelne Teïle des Kopfes and das Nasenhorn heller; ein schmales
weisses Seitenband, das durch eine Reihe etwas vergrôsserter Seitenschüppchen bezeichnet wird ;
ein paar schwarze, von der Orbita ausstrahlende Linien in der Temporalgegend und auf den
Kieferrändern.
Masse eines erwachsenen 4 mit ausgestülptem Doppelpenis : Gesamtlänge 130 mm. — Von
der Spitze des Rostralfortsatzes bis zur Mundkommissur 22 ; mm. — Von ebenda bis zur Helms-
pitze 34 mm — Grôsste Helmbreite zwischen den Seitenkämmen 9 } mm — Hintere Kopfhôhe
(mit Unterkiefer gemessen) 14 mm — Kopfbreite 10 mm. — Rumpflänge 45 mm — Tibia
12 mm — Schwabzlänge 51 mm. »
DiaGNose. — La validité de cette espèce est loin d’être démontrée. Nous
avons déjà, en 1968, abordé ce problème.
Dans le tableau 5 (p. 43) récapitulatif des caractères morphologiques des
mâles des Caméléons à rostre de l'Ouest de Madagascar, on note immédiatement
que C. monoceras est très proche de C. rhinoceratus.
C. monoceras d'
Fig. 62, Chamaeleo monoceras O. Boettger, type.
C’est d’ailleurs de cette espèce que le rapprochait déjà O. Boerrr (1913)
et les deux caractères différentiels que donnait cet auteur ne peuvent plus être
retenus aujourd’hui : la crête ventrale est absente dans les deux espèces tandis
que la longueur de l'appendice nasal de C. rhinoceratus dépasse le plus souvent,
et de beaucoup, le diamètre orbitaire. C’est sans doute à cette espèce qu'il
conviendra un jour de rattacher C. monoceras. Nous suivons toutefois D. HizLe-
NIUS (1959) et considérons le statut de l'espèce comme incertain jusqu’à ce
que de nouvelles récoltes permettent de reprendre l'étude de ce problème.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Nous ne disposons que de la représentation donnée par
0. Borrrer en 1917, en même temps que la description type, puisque le
Source : MNHN, Paris
184 E.-R. BRYGOO
« Chamaeleo monoceras » n° 926/69 du Musée de Genève, étudié par D. Hiice-
NIUS (1963) n’appartient pas, selon nous, à cette espèce mais serait un C. rhino-
ceratus.
b) proposée. — Nous donnons (fig. 62) une reproduction de la figure ori-
ginale de O. BOETTGER.
22. — Chamaeleo nasutus A. Duméril et G. Bibron, 1836
Descmprion onr6rnaLe : 1836, A. Dumémiz et Bimrow, Erpet. génér., 3, pp. 216-217.
Benin réc. 3 mâles et 1 femelle ; syntypes, n° 6 643 M.N.H.N.P.
Terra typica. — Madagascar.
Dimensions. — 80 (45).
SYNONYMIE. — 4) non C. nasutus O. Bowrrerr, 1878.
b) — C. radamanus R. Mertens, 1933 ; Holotype : S.M. n° 22 132; synonymie proposée
par F. ANGEL, 1942.
TAXONOMIE. — Crassonota nasuta J. E. GRAY, 1864.
DÉSIGNATION, — Caméléon nasu À, Dumériz et G. Brerow, 1836 ; C. et A. Dumérix, 1851 ;
A. Duméiz, 1852 ; F. ANGEL, 1949.
The sharp-nosed chamaeleon (anglais) (J. E. Gray, 1845).
Erupes uLrérieurEs, — 1843, L. FirziNGER : 41. — 1845, J. E. Gray : 268. — 1849,
A. Surru : 3. — 1851, C. et A. Dumém : 32. — 1852, À. Duméuz, pl. XXII, fig. 4. — 1854,
J.E. Gray :477.— 1863, F. Pozuen : 335, — 1864, J. B. Gray : 477-478. — 1877, O. Boerr@er :
38. — 1878, O. BOETTGER : 278, fig. 4 et 5 : 483-485
(= C. boettgeri). — 1887, G.-A. BouLENGER : 473. — 1890, A. GüNrHE
GER : 122. — 1900, F. Mocquann : 97-98, pl. IL, fig. 3. —"1902, F: WERNER 424-425 et 457. —
1902, F. Mocquann : 6.— 1909, F. Mocquano : 8. — 1911, F. Wennen : 30. — 1913, P. MEraUEN
et J. Hewrrre : 191, — 1913, O. Borrr@rr : 322. — 1918, Th. Bansour : 485. — 1921, F. ANGEL. :
407, fig. 8. — 1922, W. KauDEnx : 432. — 1930, F. ANGL : 115. — 1931, F. AnarL : 506. — 1933,
R. MERTEN: 268-269 et 269-271 (C. radamanus) fig. 3. — 1942, F. ANGEL : 157 et 1
pl. VI Ag. 2. — 1943, F. Anez : 76. — 1949, F. ANGL : 52. — 1950, R. Drcany : 101.
R. Marrney : 716-717. — 1959, D. Hizuenrus : 25-28. — 1963, D. Hicuenrus
J. Arnouzr et R. Baucnor : 225. — 1965, Ch.-A. DomerGur : 22. — 1966, R. MERTENS : 21.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1843, L. FrrziGer : Afrique et Madagascar.
— 1849, A. Surru : Un mâle « Eastward of Port Natal», corps « 1 inch
10 lines », queue « 1 inch 9 lines ».
— 1887, G.-A. BouLENGER : near Tamatave (Rev. W. D. Cowan);
Betsileo (Mr. T. WATERS).
— 1890, A. Günrmer : District forestier Est de l’Imerina (Rev. James
WiLcs coll.).
— 1893, O. BogrrGer : Tananarive (F. Sixora leg.).
— 1900, F. Mocquanp : Sainte-Marie (M. Borvix, 1 M., 1 F., n° 1121
M.N.H.N.P.).
— 1902, F. WERNER : Ambohimitombo.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 185
— 1913, P. MerHuEN et J. Hewirr : Ambila et jardin d’essais de Tama-
tave.
— 1913, O. Borrr&er : Nosy Be 1 femelle (après séparation de C. boett-
geri).
— 1918, Th. Bargour : Forêt de l’Est entre Tananarive et Tamatave.
— 1922, W. KauUDERN : Fandrarazana.
— 1930, F. ANGEL : Ivohibe (forêt épaisse, 1 300 m, sept. 1926, R. Decarv
réc.); Fort Carnot (forêt, 600 m, oct. 1926, R. DEcary réc.) ; Tamatave
(avril 1926, R. Decary réc.).
— 1931, F. ANGEL : Région de Rogez (G. PETIT réc.).
— 1933, R. Merrens : Col Radama (Maroantsetra, 1 000 m), C. rada-
manus (H. BLUNTSCHLI réc.).
— 1942, F. ANGEL : Fort-Dauphin.
— 1963, E. R. BryGoo : Fanovana, Périnet, Ambavaniasy, lfanadiana,
Ampamaherana.
— 1963, J. Arnouzr et R. Baucaor : Ambatolampy.
— 1968, E. R. Bryoo : La Mandraka, Antoetra, Mont Vatovary, Nosy
Mangabe, Andapa, Fort-Dauphin ; un spécimen de l’O.R.S.T.O.M. de Tanana-
rive porte comme origine Sainte-Marie.
b) Aire de répartition (carte 15). — L'aire de répartition de C. nasulus
est assez étroitement localisée à la zone forestière de la Côte Est. Les attribu-
tions anciennes à l’Afrique (L. FrrzinGer, 1843) et, ultérieurement, plus pré-
cisément à Port Natal (A. Smrrn, 1849), ne sont plus admises. Il convient aussi
de discuter certaines localisations malgaches aberrantes. O0. Bozrrcer (1913)
signale une femelle de Nosy Be. A priori cette identification ne devrait pas
être contestable puisque la séparation de C. boettgeri de C. nasulus avait été
faite dès 1888. Toutefois, en raison d’une part de l'existence connue de
*C. boeltgeri à Nosy Be et d’autre part du fait que cette récolte est restée unique,
nous n’admettons qu'avec réserve cette localisation. F. ANGEL (1942) signalait
une récolte de Fort-Dauphin, nous l’y avons récemment retrouvé. De même,
une récolte récente de l’O.R.S.T.O.M. confirme la présence de l’espèce à Sainte-
Marie où elle avait déjà été signalée par F. Mocquarp (1900). Nous avons une
récolte de Nosy Mangabe (A. Pevrieras). Nos récoltes de Sambava étendent
encore l’aire de répartition de cette espèce vers le Nord-Est.
FRÉQUENCE. — Cette espèce n’est pas rare, elle peut même être considérée
comme abondante à Périnet. D. Hizrenius (1959) en avait examiné
53 spécimens.
Descriprions.
a) Données antérieures. — A. DumÉériz et G. Biron décrivaient ainsi,
en 1836, la nouvelle espèce :
Source : MNHN, Paris
186 E.-R. BRYGOO
e— C. nasutus
Carte 15, répartition de Chamaeleo nasutus.
« Caractères. Casque triangulaire, couché en arrière ; museau terminé par un petit lambeau
de peau comprimée. Quelques pointes molles isolées sur le dos des mâles.
Description. Ce Caméléon est une espèce de très petite taille fort voisine, mais néanmoins
distincte du Caméléon tigre. Elle est remarquable en ce qu’elle porte à l'extrémité du nez un
appendice semblable à celui qui pend sous le menton de l'espèce précédente. Cet appendice est
un lambeau de peau comprimé, qui saille un peu au-dessus de la bouche ; le bord antérieur en est
arrondi, faiblement festonné, et les côtés garnis d’écailles finement granuleuses.
Le casque a absolument la même forme que celui du Caméléon tigre, c’est-à-dire qu'il est
triangulaire ; mais au lieu d'offrir, sur la surface comme chez ce dernier, une arête médiane bifur-
quée en avant, il en présente deux formant un angle aigu, dont le sommet correspond à la pointe
de l’occiput. Du reste, ces deux arêtes sont très peu marquées, et celles qui surmontent les voûtes
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 187
orbitaires ne le sont guère plus. Celles-ci se prolongent en avant jusqu’à la naissance du petit
appendice nasal dont nous venons de parler ; et, en arrière, elles sont contiguës aux bords latéraux
du casque.
Les dents sont tricuspides, comprimées, et au nombre de seize à chaque mâchoire.
Ce petit Caméléon est grêle dans ses formes, Il a le dos un peu arrondi, et celui-ci donne
naissance à quelques pointes molles qu’on ne remarque pourtant que chez les individus mâles.
L'un et l’autre sexes sont dépourvus de dentelures sous la ligne médio-longitudinale du dessous
du corps. De petites plaques polygones aplaties revêtent le dessus et les côtés de la tête. Ce sont
des grains squameux très-fins, qui se montrent sur les parties latérales du museau. Les ouvertures
des narines sont circulaires et dirigées obliquement en arrière.
La peau de la gorge et de la poitrine est granuleuse. Sur le corps on voit des petites écailles
arrondies et plates, se mêlant à d’autres dont la figure est oblongue ou triangulaire, Les membres
en offrent de rhomboïdales, et le ventre et la queue de carrées. Sur cette dernière elles forment
des verticilles.
Coloration. Il règne un brun foncé très finement piqueté de noir sur les parties supérieures
du corps. Le ventre est grisâtre. Une teinte orangée apparaît sous forme de bande longitudinale
de chaque côté du corps, et sous celle d’anneaux interrompus autour de la queue.
Dimensions. Cette espèce de Caméléon est sans contredit la plus petite de celles que l’on
connaît aujourd’hui. Les quatre individus tous de même taille, que nous possédons sont évidem-
ment adultes ; car parmi eux il se trouve une femelle dont le ventre est rempli d'œufs qui étaient
prêts à être pondus. »
En 1878, O. Borrr&er confondit avec C. nasulus les représentants d’une
espèce nouvelle récoltés à Nosy Be. L'erreur fut rectifiée en 1888 par G.-A.
BouLENGER qui créa l'espèce C. boeltgeri.
En 1933, R. MerrEns, après avoir observé 17 adultes et 2 juvéniles récol-
tés au «col Pierre-Radama », décrivait ainsi l’espèce qu'il croyait nouvelle,
C. radamanus :
«Helm sehr schwach erhôht, ohne Parietalkante. Schnauze ganz schwach oder gar nicht
konkav. Temporalkante deutlich, kurz, die Helmspitze nicht erreichend. Helmspitze ist bei den
Männchen fast ebenso lang wie die Mundspalte, bei der Weïbchen im Allgemeinen kürzer als
letztere, Schnauze in beiden Geschlechtern mit einem häutigen, von ziemlich kleinen, deutlich
gewülbten Schuppen bedeckten, vorne abgerundeten Fortsatz, dessen oberer und unterer Rand
durch einzelne, tuberkelférmige Schuppen wie gezähnelt erscheint. Die Länge des Schnauzen-
anhangs schwankt zwichen 2 and 3 mm. Beider Männchen (.….) ist er in der Regel etwas langer als
beiden Weibchen und meist leicht nach unten gebogen, während er bei den Weïbchen (...) mehr
aufwärls gerichtet ist. Occipitallappen fehlen. Shuppen auf der Kopfoberseite und den Schläfen
flach, gross, wesentlich grôsser als die des Rumpfes. Auf diesem sind sie ungleïch ; doch ist der
unterschied zwichen den grossen und kleinen Schuppen nicht sharf ausgeprägt. Auf den Glied-
massen sind die Schuppen etwas grôsser als auf dem Rumpfe. Ein Ruckenkamm fehlt in beiden
Geschlechtern. Die Schuppen sind auf der Rückenmitte nicht so abgeflacht wie an den Rumpf-
seiten, sondern mehr gewôlbt. Die Mittelinie des Rückens ist bei den meisten Exemplaren etwas
vertief ; diese Vertiefung verläuft oft zwischen je paarweise nebeneinanderstehenden Schuppen.
Kehle mit deutlichen Längsfalten. Keine Achsltachen.
Die meisten Stücke sind grau bis braunlichgrau gefärbt. Bei einigen ist ein helles, ziemlich
breites Lateralband zu erkennen. Der Schwanz weist bei menchen Exemplaren eine helle und
dunkle Querbanderung auf, die allerdings stark verwaschen erscheint. »
La synonymie avec C. nasulus fut établie en 1942 par F. ANGEL et admise
par R. Merrexs en 1966.
En 1942, F. AnGez retenait les caractères suivants :
— appendice rostral simple, plus ou moins allongé, dermique, flexible,
présent dans les deux sexes ;
Source :
MNHN, Paris
188 E.-R. BRYGOO
— crête pariétale indistincte ;
— crête dorsale absente chez la femelle, et parfois chez le mâle ou formée
chez celui-ci de 1 à 10 tubercules mous, isolés, spiniformes ;
— écaillure finement granuleuse ;
— scutelles modérées sur les régions temporales et pariétales ;
— bord supérieur des labiales, formant le plus souvent des «dents de
scie ».
En 1959, D. Hicenius résumait ainsi les principaux caractères de cette
espèce
« In most specimens of Ch. nasutus the parietal crest is absent, the number of scales on the
temples varies between 5 and 8 (average 5.8), the casque is not elevated, the squamation is fine,
the canthus rostralis smooth. »
Chromosomes. — En 1957, R. MaTrHEY écrivait :
« La formule chromosomique est tout à fait particulière en ce qu’elle montre 16 M en forme
de V et 18 m ; la distribution en deux catégories est nettement tranchée. »
0 3
d 188/c Eh
C: nasutus
Fig. 63, Chamaeleo nasutus A. Duméril et G. Bibron, vue d'ensemble d’un mâle.
Hémipénis. — La morphologie de l’hémipénis de cette espèce a été étudiée
par Ch.-A. DomErGuE en 1963. Elle est bien individualisée parmi les autres
groupes.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 189
Dimensions maximales signalées. — 1887, G.-A. BouLeNGeR : M. 93 (45);
F. 91 (42). — 1911, F. WERNER, appendice nasal : M. 2 mm; F. 3 mm. —
1922, W. KauDERrx : 94 (48). — R. MertENs : M. 97 (43).
b) Spécimens observés. — Nous avons particulièrement étudié 15 spécimens
(6 mâles et 9 femelles) en provenance de différents points de l’aire de répartition
de l’espèce.
1. Coloration. — Cette espèce est habituellement de couleurs ternes avec
des ramages assez variables. L'animal vivant peut se montrer :
— gris-vert, clair, avec au travers du corps des veinures gris foncé, un
appendice et des labiales vert clair ;
ou :
— ocre-jaune clair avec, au travers du corps des veinures rouges, un
appendice rostral bleu, 3 écailles blanches derrière l’œil ;
mais le plus souvent :
— marron terne, plus ou moins sombre.
Après la mort la coloration s’éclaircit le plus souvent ; en alcool le corps
prend une couleur grise plus ou moins foncée, parfois une ligne rouge-brique
prolonge en avant et en arrière la fente oculaire ; sur quelques spécimens on
voit une ébauche de ligne blanche à mi-hauteur.
2. Ecaillure. — L’écaillure est homogène, formée d’écailles lisses et plates,
ou tout au plus légèrement hétérogène, avec des écailles agrandies sur les
membres. On peut observer des sillons obliques en bas et en arrière.
3. Dimensions. — Nous avons observé des spécimens dont les dimensions
dépassent les maximales signalées :
— un mâle d’Ampasina mesurant 108 mm dont 60 pour la queue,
— une femelle d’Ambahona mesurant 102 mm dont 55 pour la queue.
Tant chez les mâles que chez les femelles, la queue est plus longue que le
reste du corps.
4. Tête. — Le caractère principal de la tête est la présence, dans les deux
sexes, d’un appendice dermique, à extrémité arrondie. Sa taille est assez
variable, habituellement de 2 mm.
Il n'y a pas de crête pariétale, l’occiput est pointu, en partent deux crêtes
mousses à angle aigu.
Il n’y a pas de crête gulaire, sur les spécimens mâles la crête temporale
est souvent indiquée par quelques tubercules en saillie.
Le caractère « dent de scie », aspect particulier des labiales supérieures,
signalé par F. ANGEL, ne nous semble d’aucune signification.
Les écailles temporales sont agrandies mais leur diamètre est inférieur
à 1 mm.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
191
LE GENRE CHAMAELEO
C.
nasutus
Duméril et G. Bibron, vue d’ensemble d’une femelle de Périnet.
Fig. 65, Chamaeleo nasutus :
18
Source : MNHN, Paris
192 E.-R. BRYGOO
5. Corps. — Il n’y à ni crête caudale ni crête ventrale ni ligne de grandes
scutelles à mi-hauteur du flanc.
Le seul caractère à étudier est la crête dorsale. Sur 6 mâles étudiés, deux
ne présentaient pas de crête dorsale, les 5 autres avaient, à ce niveau, de 8
à 11 petits cônes, bien séparés, mesurant moins de 1/2 mm de haut, aucun ne
méritant l’épithète de spiniforme (on peut se demander si cet aspect n’est pas
en rapport avec une mue récente).
Aucune des 8 femelles examinées n'avait de crête dorsale.
Une fossette axillaire n’était visible que dans 3 cas.
DraGnose (cf. tabl. 11, p. 117). — Parmi les Caméléons à appendice nasal
flexible C. nasutus appartient au groupe sans lobes occipitaux (ceux-ci peuvent
n'être qu'à peine marqués, comme chez C. boettgeri). Dans ce groupe il se diffé-
rencie de C. gallus par la forme de l’appendice (pointue chez C. gallus) et de
C. fallax par l'absence de crête pariétale ainsi que par l’écaillure des tempes.
Nous avons longuement discuté de la valeur de l'espèce C. fallax au
chapitre la concernant.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Cette espèce a été assez fréquemment représentée. Dès
1852, A. Dumériz (pl. XII, fig. 4) présentait le dessin d’une tête, puis en 1900
F. Mocquarp la première partie du corps (pl. IL, fig. 3) ; en 1921, F. ANGEL
également une tête (fig. 8). En 1933, R. MerTENS donnait le profil entier du
mâle et de la femelle de C. radamanus et en 1942, F. ANGEL, à nouveau le
profil d’une tête (pl. VII, fig. 2), celle-ci fut reproduite par R. Drcary en 1950.
b) proposée. — La figure 63 donne une représentation d'ensemble d’un
spécimen mâle d’Ambavaniasy (188/C) mesurant 100 mm dont 50 pour la
queue et pesant 3 g.
Le mâle 424/C dont nous représentons la tête (fig. 64) mesurait 103 mm
dont 53 pour la queue, il avait un hémipénis de 8 mm, un appendice nasal de
2 mm.
La femelle représentée figure 65 (545/C) provenait de Périnet et celle
figure 66 (558/C) de la région de Maroantsetra,
23. — Chamaeleo oshaughnessyi A. Günther, 1881
Descuerion onremnaLe : 1881, A. Günruer, Ann. Mag. nat. Hist., (5) 7, p. 358, pl. XIX;
un mâle : Mr. T. Warens coll. (G. A. BouLenGen, 1887). Type au B.M. (N.H.).
Terra typica. — Pays Betsileo.
Dimensions. — 15 } (9) inches.
Erupes uLrÉRIEURES. — 1887, G. A. BouLeNGER : 467. — 1902, F. WERNER :
459. — 1909, F. Mocquanp : 7. — 1911, F. WERNER : 31. — 1913, O. Bogrr@ 72. — 1921,
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
194 E.-R. BRYGOO
F. AnGetz. : 411. — 1930, F. ANGEL : 114. — 1942, F. ANGEL : 159, 176 et 177. — 1955, H. Marx:
149. — 1959, D. Hizcenius : 34-35. — 1963, D. Hirzenius : 205-206. — 1965, K. P. Scminr et
R. F. INGER : 91. — 1966, R. MERTENS : 21.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1887, G.-A. BoucenGer : Est Betsileo (Rev. W. D. Cowan).
— 1902, F. Werner : Forêt d'Ambohimitombo.
_— 1930, F. ANGEL : Ikongo (forêt, 900-1 200 m, oct. 1926, R. DECARY
réc.) ; Befotaka (forêt, 600 m, août 1926, R. DEcARY).
— 1942, F. ANGEL : environs de Maroantsetra.
__ 1963, E. R. BryGoo : Ifanadiana : erreur, il s’agissait d’une espèce
oubliée : C. balteatus.
— 1968, E. R. BryGoo : Antoetra, Betatao.
— M.N.H.N.P. Ambanja (n° 57 204).
b) Aire de répartition (carte 7, p. 55). — L’aire de répartition de cette
espèce est, malgré le petit nombre des récoltes, assez étendue. Elle comprend
toute la forêt de la côte Est mais remonte aussi vers le Nord et le Nord-Ouest.
On aurait pu, en effet, se demander si la localisation de Maroantsetra donnée
par F. ANGEL (fin déc. 1934, mission R. Herm, n° M.N.H.N.P. 36 3) n'était pas
une erreur, mais une récolte d’Ambanja (M.N.H.N.P. 57 204) vient encore
étendre vers le Nord et l'Ouest le domaine de cette espèce.
FRÉQUENCE. — L'espèce n’est pas très rare, le M.N.H.N.P. en possède
6 spécimens, 5 mâles et une femelle. Nous en avons examiné 7 autres spéci-
mens : un mâle et 6 femelles ou juvéniles.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — Décrivant l’espèce nouvelle en 1881, A. Gün-
HER s’exprimait ainsi :
« Snout of the adult male produced into two flat compressed high horns, slightly divergent
in front, and covered with large seutes ; the space between them is broad and deeply concave and
covered with rather large shields. Occipital region flat, slanting from behind forwards, with a
rounded margin behind, and without lateral flaps. À dorsal crest is indicated by a short row of
small pointed tubercles, and ceases entirely before the middle of the length of the trunk. No
median series of enlarged tubercles on the throat or abdomen, Skin of the body and tail finely
granular, with series of rather large rounded tubercles on the throat. Heel without spur or
prominence.
The coloration is now uniform brownish grey, the lower jaw and throat nearly black, with
the tubercles yellowish white. »
En 1942, F. AnGez retenait les caractères suivants :
— lobes occipitaux se levant bien sous la pression du doigt, non en contact
à leur partie supérieure ;
— casque large, tronqué ou arrondi postérieurement, jamais pointu ;
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 195
d (] 4cm
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Fig. 67, Chamaeleo oshaughnessyi A. Günther, vue d'ensemble d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 197
— région pariétale plane ou légèrement renflée de chaque côté de la crête
médiane ;
— museau du mâle avec deux grands appendices osseux, comprimés
latéralement, divergents, dirigés vers le haut ;
— scutelles bordant la ligne vertébrale de chaque côté, plus grandes et
d’un dessin différent de celles qui garnissent les côtés du corps ; ceux-ci cou-
verts de fines granulations mélangées à des tubercules distinctement agrandis
et aplatis;
— pas de crête gulaire ni ventrale.
Dimensions maximales signalées. — 1887, G. A. BouLeNGER : M. 380 (220) ;
F. 380 (200). — M.N.H.N.P. (n° 36 3) M. 385 (220).
b) Spécimens observés. — Outre 6 spécimens du M.N.H.N.P., 5 mâles et
1 femelle, nous avons disposé de 7 nouvelles récoltes : 1 mâle, 4 femelles et
2 juvéniles.
1. Coloration. — La coloration est le plus souvent vert terne mais ornée
de marques colorées variées :
— la partie inférieure des lobes occipitaux peut être vert-bleu ;
— sous la gueule et sur les flancs, les lignes d’écailles plus grandes ont
souvent une coloration vert-bleu ;
— parfois une ébauche de tache blanche s’observe au milieu de chaque
flanc, à d’autres moments ce sont 3 bandes vertes, obliques sur les flancs ;
— sur les orteils, et parfois sur les doigts, peuvent exister des taches
blanches.
2. Ecaillure. — L'hétérogénéité de l’écaillure se traduit par :
— une alternance régulière de grandes et de petites écailles dans la région
gulaire ;
— un semis assez régulier de grandes écailles sur les flancs et la face exté-
rieure des membres.
Il n’y a pas de ligne latérale de grandes scutelles.
Les écailles sur les lobes ne sont pas agrandies.
3. Dimensions. — Aucun des nouveaux spécimens récoltés ne dépassait
les dimensions antérieurement signalées. Le n° 363 du M.N.H.N.P. représente
le plus grand mâle actuellement connu : 385 (220).
Dans les deux sexes la queue est nettement plus longue que le reste du
corps.
4. Tête. — Les lobes occipitaux sont beaucoup plus importants que ceux
de C. parsonü, ce ne sont pas de simples plis en arrière des tempes (F. ANGEL,
Source : MNHN, Paris
198
+ BRYGOO
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C. oshaughnessyi £ By 705 Q Sn
Fig. 69, Chamaeleo oshaughnessyi A. Günther, vue d’ensemble d’une femelle.
Source : MNHN, Paris
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C. _oshaughnessyi
Source : MNHN, Paris
200 E.-R. BRYGOO
1942) et l'expression de D. Hizenius (1959) : «feebly developed » ne les
représente que fort mal.
Les plus petits observés dans notre série le furent chez un sujet juvénile
de 218 mm (126) : ils mesuraient 16 mm de corde et 3 de flèche. Mais sur les
sujets adultes les dimensions les plus communes sont de 25 mm de corde pour
4 à 6 mm de flèche.
La crête pariétale manque régulièrement. Sur nos spécimens, l’occiput
est tronqué dans 5 cas, en ellipse dans 1 cas, arrondi dans un autre.
Chez le mâle, les appendices osseux, horizontaux, légèrement divergents,
ont un bord supérieur crénelé. Ils mesurent 9 mm de long pour une largeur
(hauteur) de 10 à leur base et de 7 à l’extrémité ; l'épaisseur est de 2 mm.
Chez les femelles les deux canthi-rostrales se terminent indépendamment,
sans renflement nasal marqué.
On observe dans la région temporale des rides, nettement moins marquées
cependant que chez C. globifer.
La distance occiput-gonion est inférieure à celle qui sépare le gonion du
menton.
Il n’y a pas de crête gulaire.
5. Corps. — Chez le mâle la crête dorsale n’est qu’amorcée par 5 à 6 tuber-
cules de 1 mm de haut.
Sur les 6 autres spécimens la crête dorsale manque complètement chez 2,
elle est amorcée chez un, tandis que chez les 3 autres elle est formée de petits
cônes, réguliers, de moins de 1 mm, dont les dimensions décroissent rapide-
ment vers l’arrière du corps.
Il n’y a ni crête ventrale ni fossette axillaire.
DraGnose. — Cette espèce appartient au groupe parsonit: Caméléons
moyens ou grands dont la tête du mâle s’orne de deux appendices rostraux
osseux, robustes mais relativement courts.
Nous avons résumé les caractères différentiels dans le tableau 7, p. 61.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — A notre connaissance la seule représentation de cette
espèce qui ait jamais été donnée est celle qui accompagnait la description type
1. XIX). Il est d’ailleurs remarquable qu’alors que A. Günrmer (1881) écrit :
«I have seen only one specimen of this very distinct species, from Betsileo,
itis an adult male », la planche qu’il donne, avec pour légende C. oshaughnessyi,
montre un mâle entier et une vue apicale d’un crâne de mâle et de femelle.
b) proposée. — Figures 67 et 68. — Mâle. 479/C (By 704), d'Antoetra,
récolté en mars 1968, mesurant 350 mm (195), appendice de 9 mm.
Figure 69. — Femelle. By 705, d’Antoetra, récoltée en mars 1968, mesu-
rant 350 mm (197).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 201
Figure 70. — Femelle. 416/C, forêt près d'Ambositra, récoltée en octobre
1967, mesurant 310 mm (175).
REMARQUE. — K. P. Scamipr et R. F. INGEr (1965) signalent avoir
observé un spécimen de cette espèce capable de prendre directement un ali-
ment avec ses mâchoires, sans l’intervention de la langue.
24. — Chamaeleo oustaleti F. Mocquard, 1894
DEseRPTION ORIGINALE : 1894, F. Mocquan», C. R. Soc. philom. Paris, 9, pp. 3-5. Six mâles
syntypes : ALLuau» et Bezuy rec., 1893, n° 93-155 à 93-158 M.N.H.N.P. et Carar rec. ne 91-22
MNHN.P.
Terra typica. — Madagascar et les îles voisines ; Betsileo, Diégo-Suarez (Antsirana).
Dimensions. — 630 (346).
Synonyme. — 1894, C. verrucosus G. A. Boulenger.
Dési@naTIoN. — Tana, Sangorita (malgache) (F. ANGEL, 1942).
— Caméléon d’Oustalet (français) (F. ANGEL, 1943).
— Malagasy Giant Chameleon (anglais) (A. Loveninr, 1957).
— Helmeted Chameleon (anglais) (D. ArrexsorouGn, 1961).
— Riesen Chamäleon (allemand) (W. Kasrr, 1967).
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1894, G. A. BOULENGE! 13. — 1895, F. MOGQUARD :
112, 113-114. — 1900, F. Mocquann : 94-95. — 1902, F. Werner : 371-373 et 457, pl. XXV. —
1909, F. Mocquanp : 7. — 1911, F. Werner : 19. — 1913, O. Borrr@er : 304-305, 371. — 1918,
Th. BarBour : 486. — 1921, F. ANGEL : fig. 3. — 1922, W. KAUDE: 28-431, fig. 13. — 1927,
E. Au : 47. — 1931, F. ANGEL : 501-502. — 1942, F. AnGEL : 155, 156 et 163, pl. VI, fig. 4. —
1943, F. AnGez : 65. — 1950, R. Decary : 101. — 1950, F. ANGEL: 554. — 1956, R. MATrHEY
et J. van BriNk : 245. — 1957, R. Marrney : 712. — 1957, A. Loveniper : 206. — 1959, D. Hiz-
LENIUS : 21-24. — 1961, D. ArrensorouGn : 96 a. — 1963, D. Hizzenius : 205. — 1963,
J. ArNouLr et R. Baucnor. — 1963, H. FRANGKE : 348. — 1964, H. FRANCKE : 54. — 1965, Ch.-A.
21. — 1966,
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1895, F. Mocquanp : 1 spéc. Betsileo (M. Carar réc.).
— 1900, F. Mocquarp : Tuléar, Saint-Augustin (G. GRANDIDIER coll.
1898-1899).
— 1917, O. BogrrGer : Majunga ; Marambitsy (N.-0.), Soalala (avril
1892), Kandani, Menabe.
— 1918, Th. Barsour : Morondava ; Tuléar, 10 km Nord de Tuléar
(Wuzsin coll.).
— 1922, W. KauDerN : Majunga ; Sainte-Marie de Marovoay.
— 1931, F. ANGEL : Vallée du Fiherenana ; Majunga (G. Perir réc.).
— 1942, F. ANGEL : Vallée de l'Onilahy ; Ankarafantsika ; Analaivo ;
Maroantsetra ; Ambovombe ; Vohemar.
Source :
MNHN, Paris
202 E.-R. BRYGOO
— 1950, F. ANGEL signale l'existence au Muséum de Strasbourg d’un
exemplaire de Randani récolté par Voecrzow (sic).
— 1957, A. LovERIDGE : introduit en Afrique centrale : Ngong Forest, près
de Nairobi (Kénya).
— 1959, D. Hizcenius : Ivohibe ; Périnet ; Fort-Dauphin ; Lac Alaotra.
— 1963, E. R. BryGoo : Ampasimbe, Doany, Andapa, Antalaha, Maro-
antsetra, Maevatanana, Andriba, Ikalamavony, Ankaramena, Besalampy,
Morafenobe, Maintirano, Antsalova, Miandrivazo, Masoarivo, Diégo-Suarez,
Majunga, Mandritsara, Mitsinjo, Marovoay, Ampijoroa-Ankarafantsika.
— 1963, J. Arnouzr et R. Baucuor : Périnet, Ambositra, Lac Alaotra.
— 1968, E. R. BryGoo : Ankara, Manja, Tuléar.
b) Aire de répartition (carte 16). — Malgré la première affirmation de
F. Mocquarp (1894) C. oustaleti n’a jamais été récolté dans « les îles voisines »
de Madagascar. Mais cette espèce est celle qui, parmi les Caméléons malgaches,
a la plus vaste répartition. Plus rare en zone de forêt humide qu’en région sèche
elle ne manque en fait nulle part. Il est certes possible qu’un certain nombre
de récoltes données comme des C. oustaleti soient en fait des C. verrucosus mais
ceci ne saurait modifier l’aspect général de la carte. À noter que selon À. Love-
RIDGE (1957) cette espèce aurait été introduite au Kenya «Ngong Forest, near
Nairobi ».
FRÉQUENCE. — C'est, avec C. lateralis, l'espèce la plus fréquemment
récoltée.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — F. Mocquarp décrivait ainsi l'espèce nouvelle
en 1894 :
«Très voisin de Ch. verrucosus Cuv., dont il se distingue principalement par la présence
d'une poche axillaire, et en ce que le casque se dirige en arrière beaucoup moins obliquement ;
en d’autres termes : l'angle formé par la fente buccale et une droite allant de la commissure des
lèvres à l'extrémité postérieure du casque diffère peu d’un angle droit, tandis qu'il est très obtus
chez Ch. verrucosus. En outre, chez Ch. oustaleti, la crête ventrale, séparée de la crête gulaire, est
toujours très nette chez les adultes comme chez les jeunes, ce qui n’a pas lieu chez Ch. verrucosus,
où elle n’est bien distincte que dans le jeune âge ; enfin les écailles de l’occiput et des tempes, de
même que les tubercules épars sur les flancs, sont moins développés.
Cette espèce atteint une grande taille et a été confondue jusqu'ici avec Ch. verrucos
Habite Madagascar et les îles voisines. Nombreux spécimens, dont un de Betsileo par
M. Garar, et six de Diégo-Suarez par MM. ALLUAUD et BELLY. »
La même année, le même auteur donna une description plus détaillée de
la nouvelle espèce :
« Le casque est très élevé, pourvu d’une crête médiane ou pariétale convexe et très saillante,
dont le bord libre décrit un quart de cercle presque régulier. Les crêtes latérales, bien marquées
et en continuité avec la crête surciliaire, se redressant fortement dans leur partie postérieure en
se rapprochant de la verticale. Il n'y a pas de lobes occipitaux. La distance entre la commissure
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 203
des lèvres et l'extrémité du casque dépasse la longueur de la fente buccale. Le museau est dépourvu
d’appendice dans les deux sexes. Une poche axillaire large et profonde est présente. Sur la ligne
vertébrale est une crête formée de tubercules pointus, plus longs dans la moitié postérieure du
tronc, et qui se prolonge sur une grande partie de la queue. Il existe également une crête gulaire
et une crête ventrale en discontinuité sous le cou et formées de petits tubercules coniques offrant
une teinte blanc jaunâtre. De même que la crête dorsale, la crête gulaire devient plus saillante
chez les grands spécimens. La tête est recouverte d'écailles très inégales, dont quelques-unes, sur
les tempes et les côtés de l’occiput, sont très grandes, polygonales ou arrondies, Le tronc est revêtu
de granules parsemés, surtout dans la moitié supérieure des flancs, de tubercules plats de grandeur
variable. Le tarse ne porte pas d'éperon. La queue est sensiblement plus longue que la tête et
le corps. »
e— C. oustaleti
Carte 16, répartition de Chamaeleo oustaleti.
Source : MNHN, Paris
204 E.-R. BRYGOO
F. ANGEL (1942) retenait les caractères suivants :
— casque très élevé, anguleux postérieurement, crête pariétale forte ;
— plaques temporales et pariétales de grandeur modérée ;
— crête dorsale formée par une série de tubercules au nombre de 45 au
minimum, les antérieurs ne dépassant pas en hauteur le quart du diamètre
de l'œil chez l’adulte ;
— crête gulaire (modérée) et ventrale séparées sous la gorge ;
— écaillure modérément hétérogène ;
— une rangée de scutelles latérales modérément agrandies ou peu
distinctes.
Chromosomes. — En 1956, R. Marrmey et J. van Brink écrivaient :
« C. oustaleti Mocq. a exactement la même formule que C. pardalis (2 N = 22) »
et en 1957 R. MATTHEY :
«Les chromosomes forment une série assez progressivement décroissante ; seuls quatre
éléments peuvent être considérés comme m-chromosomes. »
Hémipénis. — La liasse de tirés à part QA 100 du M.N.H.N.P. contient
un dessin au crayon de l’hémipénis d’un Chamaeleon oustaleli (GEAY coll.)
signé F. A. (ANGEL ?)
L'hémipénis de C. oustaleli a été étudié par Ch.-A. DomErGuE en 1963. Il
est apparenté à celui de C. pardalis avec une différenciation apicale. En 1968,
R. BourGar et E. R. Brycoc ont utilisé l’étude de la morphologie détaillée
des structures pour différencier les C. oustaleti des C. verrucosus de la région
de Tuléar.
Dimensions maximales signalées. — Le spécimen du Betsileo récolté par
M. Carar et mentionné dans la publication princeps de F. MocquarD comme
mesurant 630 mm (346) resta pendant longtemps le plus grand signalé, mais
en 1968 H. Urgce fit état d’un spécimen de 27 inches : 685 mm.
b) Spécimens observés. — Nous avons eu l’occasion d'observer de nom-
breux spécimens récoltés dans différentes régions de l'Ile.
1. Aspect général et coloration. — Sur le vivant, la coloration de cette
espèce varie ; elle est habituellement terne, avec, semble-t-il, des dominantes
géographiques : plus claire ici, plus sombre là. Les très grands spécimens du
Sud des Hauts Plateaux et de l'Ouest sont d’un brun-rouge pratiquement
sans variation.
Après conservation en alcool la coloration peut varier grandement. Les
labiales sont souvent plus claires que le reste du corps sur lequel on observe
des alternances de gris, de jaune et de brique, les écailles agrandies des flancs
étant plus claires.
Source : MNHN, Paris
205
LE GENRE CHAMAELEO
Sem
Suarez
iégo_
D:
d
C: oustaleti
Chamaeleo oustaleti F. Mocquard, vue d'ensemble d’un mâle.
71,
Fig.
Source : MNHN, Paris
206
Fig. 72
E.-R. BRYGOO
Chamaeleo oustaleti F. Mocquard, profil de la tête d’un mâle.
2cm
0
d 447/c
C. oustaleti
Source : MNHN, Paris
207
LE GENRE CHAMAELEO
C. oustaleti
d
414/C
2cm
Fig. 73, Chamaeleo oustaleti F. Mocquard, profil de Ja tête d’une femelle.
14
Source : MNHN, Paris
208 E.-R. BRYGOO
Il n’y a pas de ligne blanche ventrale.
Alors que le mâle est d’une couleur terne, marron à bistre, la femelle est
souvent plus richement colorée avec :
— du rouge vif à la partie supérieure du corps et du crâne, parfois au
niveau des membres antérieurs ;
— de grands ramages sur les flancs, souvent vert clair et noir, parfois
de grandes bandes rouge-orange ;
— au niveau de la queue une succession d’anneaux noir et vert.
2. Ecaillure. — L’écaillure du corps est nettement hétérogène. Un semis
assez régulier d’écailles agrandies parsème les flancs et la face externe des
membres.
Une ligne d’écailles, encore plus grandes, s’observe à mi-flanc, mais chez
les très grands spécimens elle ne se distingue plus du semis de grandes écailles
éparses sur tout le corps.
3. Dimensions. — Aucun des spécimens observés ne dépassait les dimen-
sions maximales déjà signalées. C’est dans le Centre Sud et le Sud-Ouest
(région de Manja) que cette espèce atteint sa plus grande taille.
4. Tête. — La tête se caractérise par l’absence de tout lobe occipital et
de tout appendice rostral, les canthirostrales se terminant isolément au museau.
Le casque est élevé, la crête pariétale, très marquée, est crénelée par des
écailles osseuses régulières. Alors que chez les mâles adultes la distance qui
sépare l’occiput du gonion est constamment supérieure à celle séparant le
gonion du menton, chez les femelles le rapport est régulièrement inversé. Il
n'existe pas de véritable crête temporale. La crête latérale, marquée parfois
par des épines osseuses légèrement en relief, se continue par la crête orbitaire.
Au niveau des tempes s’observent des écailles agrandies dont 1 atteint souvent
2 à 3 mm de diamètre.
L'occiput est pointu.
La crête gulaire est bien marquée, mais elle commence en arrière du men-
ton et n’est pas en continuité avec la crête ventrale. Les cônes les plus impor-
tants sont ceux du milieu de la crête.
5. Corps. — La crête dorsale est formée de tubercules pointus très régu-
lièrement disposés, les plus grands étant situés à quelque distance en arrière
de la nuque, la taille va ensuite régulièrement en décroissant vers l'arrière.
Il y a plus de 45 cônes entre la nuque et l’aplomb de l’anus chez les femelles
comme chez les mâles. La crête se poursuit sur la queue mais les tubercules
y deviennent rapidement indistincts.
La crête ventrale est marquée par une série régulière d’écailles agrandies
mais qui n’atteignent la dimension, ni de celles de la crête gulaire ni des cônes
de la crête vertébrale. Chez les grands spécimens elle est à peine marquée.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 209
DraGnose. — Le plus grand des Caméléons, puisqu'il peut dépasser 60 em
de long et que les spécimens de plus de 40 ne sont pas rares, ne possède ni
rostre ni lobes occipitaux. Mais un casque particulièrement élevé, associé à
la présence d’une importante crête dorsale, d’une crête gulaire et d’une écaillure
hétérogène lui donne un aspect des plus caractéristiques.
Le seul diagnostic à discuter est celui de C. oustaleli avec C. verrucosus.
En créant l'espèce C. ouslaleti, F. Mocquarp (1894) donnait les caractères
différentiels suivants avec C. verrucosus :
— présence d’une poche axillaire ;
— casque beaucoup plus élevé, ce que traduit l’angle formé par la fente
buccale et une droite allant de la commissure des lèvres à l’extrémité postérieure
du casque : presque droit chez C. oustaleli, largement obtus chez C. verrucosus ;
— crête ventrale très nette même chez les adultes ;
— écailles de l’occiput et des tempes, tubercules sur les flancs moins
développés.
L’individualité de cette espèce fut discutée, en particulier par G.-A. Bou-
LENGER (1894) qui retenait surtout le fait que la présence ou l’absence d’une
poche axillaire ne peut être tenue comme un caractère taxonomique du fait
des grandes variations dans une même espèce. En 1895, F. Mocquarp répon-
dait à cette objection et en 1902 F. Werner admettait qu’en fait C. verrucosus
devait être beaucoup plus rare que C. oustaleti.
Aucun des caractères signalés par F. MocquaRD pour séparer sa nouvelle
espèce ne peut être considéré aujourd’hui comme ayant une valeur absolue.
Et si les spécimens typiques s'individualisent facilement, du moins quand il
s’agit de mâles adultes, il est souvent des individus pour lesquels le diagnostic
hésite entre C. verrucosus et C. oustaleti. Le caractère qui nous semble le plus
constant est le grand nombre de tubercules de la crête dorsale (plus de 45),
comptés entre la nuque et l’aplomb de l’anus.
Nous avons déjà signalé les conclusions que l’on pouvait tirer de l’étude
de la morphologie des hémipénis.
Mais s’il peut arriver que le diagnostic hésite lorsqu'il s’agit de mâles,
chez les femelles adultes les différences sont toujours bien marquées : crête
dorsale incomplète et écaillure hétérogène caractérisent celle de C. verrucosus.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La description originale n’était pas illustrée. La première
représentation de cette espèce fut celle donnée en 1902 par F. WERNER
(pl. XXV) : sur la même planche, côte à côte, la tête d’un verrucosus mâle, d’un
oustaleti mâle typique et celle d’un ousfaleti mâle (Zwischenform). En 1921,
F. ANGEL représenta une tête (fig. 3); en 1922 F. KauDerN publia (fig. 13)
la photographie du profil d’un jeune C. oustaleti. En 1942, F. ANGEL donna à
nouveau le profil d’une tête de C. oustaleti qui fut reproduit par R. DEcary
(1950). En 1961, D. Arrensoroucx proposa (p. 96 a) une bonne photographie
Source : MNHN, Paris
210 E.-R. BRYGOO
de cette espèce, une autre fut publiée par H. Ursce en 1968. Un très beau spé-
cimen de Sakaraha fut représenté par N. Konpo (1963), mais sous le nom
erroné de « C. pearsoni ».
b) proposée: Figure 71. — Un spécimen mâle de Diégo-Suarez, ferra typica
de l’espèce.
Figure 72. — Profil de la tête d’un mâle 447/C, de Fianarantsoa, récolté en
janvier 1968, mesurant 430 mm (200), pesant 160 g ; la crête dorsale comptait
49 cônes.
Figure 73. — Profil de la tête d’une femelle 414/C, d’Ampijoroa.
Remarques. — En 1963 et 1964, H. FranckE publia des observations
sur cette espèce. K. P. Scamipr et R. F. INGEr (1965) signalèrent qu’elle pou-
vait, au laboratoire, se nourrir de souris.
Une femelle de C. ouslaleti, récoltée en décembre 1968, mesurait
400 (210) mm. Le 17 février 1969 elle pondait dans sa cage 61 œufs, de dimen-
sions moyennes 10,8 x 15,1 mm, pesant au total 56 g. Après la ponte cette
femelle pesait 125 g.
25. — Chamaeleo pardalis G. Cuvier, 1829
Descmprion on1GINALE : 1829, G. Cuvier, Règne animal, 2e édit, 2, pp. 60-61.
Terra typica. — Ile de France (Maurice).
Synonvare.— C. fimbriatus Wied., 1831, synonyme donné par J. E. Gray, 1831.
— CG. ater R. Lesson, 1832, synonymie établie par A. Dumériz et G. BrBxow, 1836.
— GC. niger A. Duméril et G. Bibron, 1836, pro C. ater.
_— G. guentheri G.-A. Boulenger, 1888, synonymie établie par E. R. Bnycoo, 1969.
— C. longicauda A. Günther, 1891, synonymie établie par F. MocquARD, 1909 ; n’était pas
admise par F. Wenxer, 1911 ; semble adoptée depuis.
— GC. arillaris F. Werner, 1899, synonymie établie par F. Werner, 1902.
— C. krempfi P. Chabanaud, 1928, synonymie établie par l’auteur, la même année.
Taxonom. — 1831, var. de C. pumilus J. E. Gray.
1843, Bradypodion pardalis L. FITzINGER.
1864, Cyneosaura pardalis J. E. GAY.
DésiénATIoN. — Caméléon noir (R. Lesson, 1832) (C. ater).
— Caméléon panthère (2) (A. Dumérix. et G. Biron, 1836; C. et A. Duménix, 1851).
— Le grand endormi (La Réunion) (J.-C. et F. ALLAIRE, 1968).
— L'Endormi, Crocodile (2) (La Réunion) (R. BourGar, 1969).
_— The Bourbon chameleon (anglais) (J. E. Gray, 1845).
— Pantherchamäleon (allemand) (H. FRANCKE, 1963 ; H. Scnirrer, 1965).
— Tana (malgache) (F. AGE, 1942).
-— Amboalavo (malgache, betsimisaraka) (R. Bounar, 1969).
(20) En 1831, J. E. Gray désigne comme « Panther Chameleon » C. tigris Kuhl 1820.
1960) (21) A la Réunion, le terme « Caméléon » désigne le Calotes versicolor Daudin ! (R. BOURGAT,
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 211
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES, — 1831, J. E. Gray : 53, 154, 155. — 1832, R. Lesson
(C. aten, XXXIV. — 1836, A. Dumérir et G. Bipron : 228-230 (C. niger). — 1843, L. Fir-
ZANGER (Bradypodion pardalis): 43. — 1845, J. E. Gray (C. niger): 266, — 1851, C. et
A. Duméniz : 33. — 1852, A. Dumérur. : pl. XXII, fig. 11. — 1863, F. PoLuen : 335. — 1864,
J. E. Gray (Cyneosaura pardalis ) : 465, 479. — 1869, W. Petens : 12. — 1873, W. PETERS : 792. —
1877, O. Bosrreen : 25-27, 38, pl. I, fig. 5 a-d. — 1878, O. Borrroer : 281-282, fig. 6. — 1879,
0. Borrraen : 482. — 1880, W. Perens : 509. — 1881, O. Borrrarn : 478-470. — 1887, G.-A. Bou-
LeNGER : 454-455. — 1888, G.-A. BouLENGER (C. guentheri) : 22-23, pl. III, fig. 1 et 2. — 1891,
A. Günruer (C. longicauda) : 287, pl. XIV. — 1893, O. Bosrrerr : 120. — 1895, F. MocQuARD :
114. — 1899, F. Werner (C. axillaris, 2 femelles) : 183-184. — 1902, F. WERNER : 370-380
(C. longicauda), 376-379. — 1908 a, O. Toronn : 453-456. — 1908 b, O. Toro : 36-39, — 1909,
P. Krerrr : 634-637. — 1909, F. Mocquanp : 7. — 1910, À. Faun : 825-827. — 1910, P. KRErrT :
427-430. — 1911, F. Werner : 19-20. — 1913, P. Mernuex et J. Hewrrr : 190. — 1915, A. FAR :
276-277. — 1918, Th. Barmoun : 485. — 1921, F. ANGEL : 331, fig. 5. — 1928, P. CHABANAUD
(C. kremph) : 209-210 et 558. — 1931, F. ANGEL : 504. — 1933, R. MerTENS : 266. — 1942,
F. AnczL : 156, 165 et 166, pl. VI, fig. 7 et 8. — 1946, R. Mentens : 28. — 1950, R. Drcary :
101.—1950, F. Ana : 554. — 1956, R. Marruey et J. van Brin : 245. — 1959, D. HILLENIUS :
21-25. — 1963, D. Hizenrus : 205. — 1963, H. Franckr : 348. — 1964, H. FRANCKE : 55-56. —
1965, Ch.-A. Domeraur : 22. — 1965, H. Scmrren : 179-181, fig. 1. — 1966, R. MenTENS : 22. —
1967, R. Bouraar : 221-230. — 1968, H. Ur : 512. — 1968, R. Bounaar : 78-81, 227-232, 355-
356. — 1968, J. C. et F. ALLame : 20-21. — 1969, E. R. Bnvaoo. — 1969, R. Bouraar (plusieurs
publications).
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes en dehors de Madagascar. — 1831, J. E. Gray : Cap de Bonne-
Espérance.
— 1836, A. DumÉiz et G. BiBron : Ile de France : M. de Nivoy ; Bour-
bon : DEsJARDINS, GarNor et LESsON, en plus de Madagascar.
— 1843, L. FITziNGER : Afrique, Madagascar, Bourbon.
— 1851, C. et A. DuméÉris : Ile de France : Lesson et GarNor, M. DEs-
JARDINS ; Ile Bourbon ; M. Nivoy ; en plus de Madagascar.
— 1864, J. E. Gray : Bourbon (en plus de Madagascar).
— 1869, W. Perers : plusieurs exemplaires de Nosy Be.
— 1873, W. Perers : nombreux exemplaires de Nosy Be et Nosy Faly
(F. PoLLEN réc.).
— 1880, W. Peters : Nosy Be (J. M. HILDEBRANDT réc.).
— 1887, G.-A. BouLENGER : Bourbon, Mauritius (en plus de Madagascar).
— 1902, 1911, F. Werner : Mauritius et Bourbon (en plus de Madagascar).
— 1923, P. CHaBanauD : (C. krempfi) « L'une des petites îles du golfe
du Siam, peut-être Poulo Condore. » L'auteur rectifia lui-même, la même année.
— 1942, F. ANGEL : Bourbon et Maurice, en plus de Madagascar.
— 1966, R. Merrens : introduit à la Réunion et Maurice.
— 1967, R. BourGar : La Réunion (Saint-Paul).
b) Récoltes à Madagascar. — 132, R. Lesson : C. ater, Ile de Madagascar,
Roy, chirurgien de la marine.
Source : MNHN, Paris
212 E.-R. BRYGOO
__ 1836, A. Duméni et G. Bisron : Madagascar, M. PreTRE, M. BERNIER.
— 1851, C. et A. DumÉriz : Madagascar, M. BERNIER, M. CLoué.
— 1864, J. E. Gray : Madagascar.
__ 1877, 1878, 1879, 1881, O. Borrrarr : Nosy Be : 5 exemplaires, 3 jeunes
mâles et 2 femelles.
— 1887, G.-A. BouLENGER : Madagascar.
_— 1888, G.-A. BouLenGer : Nosy Be (C. guentheri).
__ 1891, A. GüNTEr : Anorontsangana (N.-O.) (C. longicauda).
_— 1893, O. Borrcer : Tamatave (Dr. C. KELLER).
__ 1895, F. Mocquarp : Environs d’Antsirana; Montagne d’Ambre
(AzzuauD et BELLY réc. 1895).
— 1910, P. Krerrr : Nosy Be.
1913, P. Merauex et J. Hewrrr : Côte Est.
__ 1918, Th. Barsour : Entre Tananarive et Tamatave (coll. WuLsin).
— 1931, F. ANGEL : Ile Sainte-Marie (G. Perrr réc.) signale comme autres
localités : Baie d’Antongil, « Vohima », « Fohizana ».
_— 1942, F. ANGEL : signale comme autres localités : Vohémar, Soanierana.
__ 1950, F. ANGEL : signale au Musée de Strasbourg 2 exemplaires de
Tohizona (G. GraNDiDiER 1881).
1959, D. Hrzcenrus : La Mandraka, Fort-Dauphin, Ankarafantsika.
__ 1963, E. R. Brycoo : Mananara, Manampana, Fandrarazana, Soanie-
rana-Ivongo, Ambodifototra, Foulpointe, Maroantsetra, Diégo-Suarez, Nosy
Be, Ambanja, Fort-Dauphin.
_— 1968, E. R. Bry@oo : Ankara, Fenerive, Antalaha.
c) Aire de répartition (carte 17). — Bien que la {erra typica de cette espèce
soit, selon Cuvier (1829), l'Ile de France (aujourd’hui Maurice) il semble bien
qu’elle n’y ait jamais vécu. De même sa localisation africaine par J. E. GRAY
(1831) et L. FrrziGer (1843) résulte très vraisemblablement d'une erreur. Par
contre l’espèce existe bien à Bourbon (Ile de la Réunion) où la colonie, géogra-
phiquement très localisée dans la région de Saint-Paul, a été soigneusement
étudiée récemment par R. BourGar (1967, 1968, 1969).
A Madagascar, c’est une espèce du domaine côtier où le climat est à la fois
chaud et humide. La localisation de La Mandraka, relevée par D. HizLENIUS
(1959) ne peut être retenue qu'avec réserves, elle demande confirmation. Par
contre celle de l’Ankarafantsika est beaucoup plus admissible.
Fréquence. — L'espèce est abondante dans son domaine.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 213
e— C. pardalis
Carte 17, répartition de Chamaeleo pardalis.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — Créant l'espèce, G. Cuvier, en 1829 (p. 60)
écrivait :
« Une espèce de l'Ile de France (Cham. pardalis, Cuv.), a le casque plat comme celle du Séné-
gal, mais son museau a un petit bord proéminent en avant de la bouche ; des grains plus gros sont
pars parmi les autres, et son corps est semé irrégulièrement de taches rondes, noires, bordées de
blanc. »
Ce qui sera traduit en anglais en 1831 par J. E. Gray mais, avant de donner
cette traduction l’auteur (p. 53) semblait faire de C. pardalis une variété
(with larger processes on the head » du C. pumilus (Gmelin).
Source : MNHN, Paris
214 E.-R. BRYGOO
Après une courte diagnose latine, R. P. Lesson en 1832 décrivait ainsi,
avec quelques détails, l’espèce C. aler qu’il considérait comme nouvelle :
« Ce Caméléon est entièrement noirâtre. Toutes les écailles qui revêtent le corps sont petites,
chagrinées et à peu près égales entr’elles. Celles de l'occiput sont pentagonales, rangées en pavé.
Le dessus du museau est légèrement concave, et les bords sont munis d’écailles un peu coniques,
ce qui les rend raboteux et granuleux sur la partie qui saille au-dessus du maxillaire supérieur
par un mince ressaut, marqué d’une petite échancrure en avant. Les arcades sourcillières sont
légèrement convexes et presque lisses. Elles se recourbent pour se dilater en arrière, de sorte que
l'occiput décrit un ovale aigu à l'extrémité ; légèrement disposé en toit, et ayant à sa partie
moyenne une petite lame dentée formée d’écailles verticales. Le rebord occipital est le résultat
de deux rangées d’écailles légèrement coniques ou mamelonnées. Les mâchoires sont égales, et
les dents antérieures de toutes les deux sont en peigne, c’est-à-dire fines et régulièrement placées
sur l'os, excepté en avant où règne un très petit vide. Les latérales sont nombreuses et coniques.
Toute la ligne supérieure du corps à partir de l’occiput jusqu’à l'extrémité de la queue, est mince,
en festons réguliers et arrondis, séparés par de légères dépressions, et garnie d’écailles spinescentes
Lrès marquées sur la nuque. Les écailles de la gorge sont perlées ; au milieu, on remarque une rangée
d'écailles un peu plus grosses. Enfin, sur le ventre est une rangée de lamelles triangulaires, qui
va jusqu’au bassin. Les membres antérieurs sont longs et grêles ; les postérieurs sont un peu plus
forts. Tous les ongles sont jaunes. »
En 1864, J. E. Gray (p. 465) donnait, à propos de C. pardalis, les préci-
sions suivantes :
« There is considerable difference in the sexes, especially of the horned species which, I
believe, was first established in my « Monograph » but Uhis difference does not appear to be common
to all the species of the Horned Chameleons ; for while the female of C. owenii, C. bifidus and
C. parsonii are hornless, the expansions on the sides of the nose of C. pardalis, which are analogous
to the horn in C. bifidus, are so much expanded in the adult female as in the males of that
species. »
En 1888, G.-A. BouLeNGER décrivait ainsi l'espèce C. guentheri:
« Casque elevated posteriorly, with strong, curved parietal rest ; the distance between the
commissure of the mouth and the extremity of the casque equals the distance between the end
of the snout and the posterior border of the orbit ; lateral crest strong and distinct all round the
head, strongest and tubereular on the canthi rostrales ; upper head-scales very unequal in size ; the
snout terminating in the male in a short, horizontal, bony process, broader than long, half as
long as the diameter of the eye, concave above (like the frontal region, of which it is the conti-
nuation), and notched mesialy ; a mere indication of this rostral process in the female ; casque
angular posteriorly ; no trace of occipital lobes. Body covered with moderate-sized granules
intermixed with numerous slightly enlarged ones. A dorsal crest of large conical tubercles, stronger
in the male than in the female ; a strong ventral crest, interrupted from or subcontinuous with a
less developed gular crest. No tarsal process. Tail longer than head and body. Uniform black. »
En 1891, A. GüNTHER décrivait ainsi l’espèce C. longicauda qu’il croyait
nouvelle :
« Occiput rather raised in the middle, a distinct crest dividing the crown into two halves.
No occipital lobes. The supraorbital margin continued as a prominent ridge along the canthus
rostralis, slightly projecting in front of the snout. Seutes covering the head rather large. Body
coarsely tubercular, larger tubereles being interspersed among the small ones. A distinct gular
row of pointed tubercles passed without interruption into the ventral series. dorsal crest of
short, pointed, conical tubercles. No tarsal spur. Greenish ; a rather broad, whitish, black-edged
band runs from the tympanic region above the shoulder along the side of the body.
An adult male is nearly 15 inches long, the tail mesuring 8 inches.
Anorontsangana (N. W. Madagascar). »
En 1899, F. Werner décrivait à son tour C. axillaris qu’il croyait appar-
tenir à une espèce nouvelle :
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 215
« Nächst verwandt dem Ch. cephalolepis Gthr., dem es in der Grôsse und in der Kérper-
gestalt sehr nahe steht, aber durch folgente Merkmale leicht zu unterscheïden :
Schnauzen —, Supraciliar —, Lateral — und Postorbitalkante mit weniger vorspringenden
Tuberkelschuppen besetzt ; Stirn flacher ; während bei Ch. cephalolepis der Lateralkamm ganz
einfach aus der Postorbitalkante entspringt (in der Rückwärts verlängerung einer Linie, welche
horizontal durch das Augencentrum gezogen wird) ist bei der vorliegenden Art der Lateral-
kamm nach vorn gegabelt, wobei der untere Ast dem Lateralkamm von Ch. cephalolepis, der
obere aber einem schief nach hinten und unten gerichteten Fortsatz des Supraciliarkammes
entspricht. Rückenkamm aus dicht hintereinanderstehenden, nach hinten immer kleiner werden-
den länglich dreieckigen Schuppen bestehend, (bei Ch. cephalolepis dagegen erscheinen die Zacken
des Rückenkammes um ihre ganze Breite und noch mehr von einander getrennt, indem zwischen
je zwei grôsseren ein ganz kleiner, wenig vorragender Stachel steht). Der Kehlkamm besteht aus
spitzigen Läppchen, die dicht hinter einander stehen (während er beim & von cephalolepis sehr
wenig bemerkbar ist und aus mehr abgerundeten Hückern besteht und beim $ dem Rücken-
kamme ähnelt). Die Beschuppung ist feiner als bei der Comorenart und mit ein wenig grôsseren,
flachen, rundlichen Tuberkelschuppen auf der Aussenseite der Beine, der Schwanzbasis und den
Flanken untermiseht. Sehr deutliche und tiefe Achseltaschen (welche bei cephalolepis fehlen).
Färbung schmutzig hellgraubraun ; Rücken dunkelgrau reticuliert; Seiten mit einer
Längsreihe grésserer, undeutlich und breit dunkel begrenzter heller Flecken.
2 g von ziemlich gleicher Grôsse (Mus. Berlin). »
En 1909, P. KreFrT envisageait l’éventualité de l’existence de deux formes
distinctes chez le C. pardalis de Nosy Be.
En 1923, Paul CHaBaNAUD, trompé par une attribution géographique
erronée, décrivait sous le nom de C. krempfi un C. pardalis typique. Il devait
rectifier lui-même, la même année, cette erreur.
F. AnGeL (1942) insiste sur les caractères suivants :
— appendice rostral court, mesurant au plus un demi-diamètre orbitaire ;
les deux canthi-rostrales réunis formant un bourrelet, parfois encoché en avant,
surplombant la marge labiale chez les deux sexes ;
— casque large, sub-arrondi postérieurement, plat de chaque côté de la
crête pariétale qui est forte mais peu arquée ;
— crête dorsale présente seulement jusqu’au milieu du dos chez la femelle,
se poursuivant sur la queue chez le mâle ;
— écaillure très hétérogène, les plus grands tubercules aplatis étant sou-
vent quatre fois plus développés que les plus petits.
R. BourGar (1969) a donné une description détaillée du C. pardalis de
la Réunion et de Madagascar.
Dimensions maximales signalées. — 1831, R. Lesson (C. alter): 15 pouces
et demi (tête 2 pouces ; corps 3 pouces, 8 lignes ; queue 7 pouces 10 lignes). —
1836, A. Dumérir et G. Bisron : 470 (240). — 1881, O. BoerrGer : M. 314
(174) ; F. 377 (210). — 1887, G. A. BourenGER : 485 (265). — 1895, F. Moc-
quanrp : M. 445 (210). — 1911, F. Werner : M. 485 (265). — 1969, R. BourGaT,
a) Réunion : M. 440 (258) ; F. 306 (158) ; b) Madagascar : M. 520 (270).
Hémipénis. — L'hémipénis de cette espèce fut étudié en 1963 par Ch.-A.
Domerqus. Sa forme se rapproche de celui de C. oustaleli avec néanmoins une
différenciation apicale et se rattacherait à celle des C. lateralis et C. rhinoceratus.
R. Bouraar (1969) a complété cette étude.
Source : MNHN, Paris
216 E.-R. BRYGOO
Chaque hémipénis est en forme de massue avec un apex deux fois plus
large que la base. Sur la face ventrale, deux lèvres bordent une gouttière axiale,
l’externe recouvrant l’interne à la base. La face dorsale est garnie de cellules
polygonales dont la taille diminue de la base vers l’apex. La zone des cellules
se termine par un bourrelet qui, du côté ventral, se continue par les deux lèvres
de la gouttière.
Une dépression médiane sépare l’apex en deux parties, à peu près symé-
triques ; elles présentent, dorsalement, un auricule épineux, ventralement,
une excroissance pédonculée dont l'extrémité est épineuse et la base garnie
de barbillons.
Chromosomes. — Le génome de cette espèce fut étudié en 1956 par R. MarT-
THEY et J. van BRink :
« Quant à C. pardalis il ne possède que 22 chromosomes, la sériation étant essentiellement
la même que celle des deux espèces précédentes [C. voeltrkowi (= C. labordi) et C. lateralis] :
signalons pourtant la tendance acrocentrique de la troisième paire. »
b) Spécimens étudiés. — Nous avons pu étudier de nombreux spécimens
récoltés dans différentes régions de Madagascar ainsi que des individus en
provenance de la Réunion et récoltés par R. BoURGAT.
1. Aspect général et coloration. — Les couleurs du mâle peuvent être parti-
culièrement vives.
Les C. pardalis de la Côte Nord-Ouest et de Nosy Be ont une coloration
verte beaucoup plus riche que ceux de la côte Est. Pour ces derniers, il n’est
pas rare d'observer chez les mâles des colorations grises ou gris-bleu remar-
quables. Mais, dans la région de Maroantsetra en particulier, on observe par-
fois des mâles avec une coloration générale rouge vif, parsemée de points blancs,
une grande ligne blanche sur chaque flanc, des marbrures noires sur les flancs,
les membres inférieurs et le dessous de la queue, les labiales blanches et les
canthirostrales gris-ardoisé.
Les femelles ont des coloris habituellement beaucoup moins riches ; on
observe souvent sur chaque flanc 3 ou 4 taches claires, jaunes ou rose-crème.
R. Bouraar (1969) signale une modification de la coloration de la femelle entre
l’accouplement et la ponte, celle-ci devenant très foncée.
2. Ecaillure. — L'écaillure est hétérogène, irrégulièrement granuleuse sur
l’ensemble du corps.
3. Dimensions. — Grande espèce dont les mâles atteignent et dépassent
souvent 40 cm. La queue est plus longue que le reste du corps.
4. Tête. — La longueur de la crête pariétale est inférieure à la moitié de la
distance occiput-museau, de même que la distance occiput-gonion est inférieure
à celle qui sépare le gonion du menton.
L'élément essentiel, mais qui n’est malheureusement bien visible que
sur les adultes, est la fusion des deux canthirostrales au-dessus du museau.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 217
0 5
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C. pardalis
Fig. 74, Chamaeleo pardalis G. Cuvier, vue d’ensemble d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
218 E.-R. BRYGOO
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Fig. 75, Chamaeleo pardalis G. Cuvier, vue latérale de la tête d’un mâle.
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Source : MNHN, Paris
219
LE GENRE CHAMAELEO
C. pardalis
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422/C
Fig. 76, Chamaeleo pardalis G. Cuvier, vue dorsale de Ja tête d’un mâle,
Source : MNHN, Paris
220 E.-R. BRYGOO
Chez les femelles il ne s’agit que d’un simple rebord, tandis que chez les mâles
il peut exister un plateau horizontal débordant de quelques millimètres la
lèvre supérieure, plateau séparé en deux parties.
La crête pariétale est habituellement peu marquée, la forme du crâne, en
arrière, est assez variable, tantôt arrondie tantôt pointue. La signification de
cette variation reste à définir.
La crête gulaire est constante, formée de 15 à 20 cônes.
C. pardalis g Nosy-Be CARRE ne
Fig 77, Chamaeleo pardalis G. Cuvier, vue d'ensemble d’une femelle.
Source : MNHN, Paris
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cm
C.pardalis g #9/c
1GG OHTAVNVHD HUNHO AT
Source : MNHN, Paris
222 E.-R. BRYGOO
5. Corps. — La crête dorsale est constante, dans les deux sexes, habituelle-
ment formée de plus de 50 cônes (#), petits, réguliers, dont la taille décroît
progressivement pour finir par s’estomper sur la queue.
Une crête ventrale prolonge la crête gulaire.
La présence d’une fossette axillaire est inconstante.
DiaGnose. — Les nombreux synonymes de cette espèce soulignent sa
relative variabilité. Nous avons récemment (1968) établi une dernière syno-
nymie en démontrant que l'espèce C. guentheri, encore admise dans la révision
du genre par R. MERTENS, ne pouvait être retenue comme valide. Il n’est pas
impossible que des études de populations conduisent à individualiser ultérieu-
rement des races géographiques mais il sera alors nécessaire de partir de bases
entièrement nouvelles.
Si les adultes sont bien caractérisés par la morphologie très spéciale de la
formation nasale, la diagnose des éléments jeunes, avec par exemple de jeunes
C. oustaleli, là où les deux espèces coexistent, nous semble particulièrement
difficile.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Cette espèce, du fait de son aptitude à vivre en captivité,
est une de celles, parmi les Caméléons malgaches, dont liconographie est
particulièrement riche. La première représentation fut, semble-t-il, celle qu’en
donna R. Lesson (1832) sous le nom de Caméléon noir : une vue générale et
une vue apicale de la tête. En 1852, A. Duméric publia un dessin d’une tête
pl. XXII, fig. 11) puis O0. Bogrrcer successivement, en 1877 (fig. 5 a à d) une
vue de profil et une vue apicale de la tête d'un mâle et d’une femelle de Nosy
Be et, en 1878 (fig. 6), la vue apicale de la tête d’un jeune mâle, encore de Nosy
Be. En 1891, A. Günrner donna (pl. XIV) une vue d’un animal entier ainsi
qu'une vue apicale du crâne de ce qu’il considérait comme une espèce nouvelle :
C. longicauda. En 1908, O. Toror publia une représentation d’un C. longi-
cauda, identifié par Tornier. Le spécimen est remarquable par l'importance
de l’appendice nasal, nous n’en avons jamais personnellement observé d'aussi
long. O. ToroxR, après avoir indiqué que l'espèce longicauda est très proche
de pardalis précise d’ailleurs « Der Oberkiefer-Fortzatz ist beim Panther-
Chamäleon etwas kürzer ». En fait, il ne s’agit pas d’un caractère propre au
longicauda puisque la description type de A. Günrmer (1891) précisait pour
cette espèce : « … slightly projecting in front of the snout ». Jusqu'à preuve
du contraire il faut admettre qu’il ne s’agit que d’une variation individuelle.
Cette image fut reproduite par P. Krerrr en 1910, tandis que, la même
année, A. FAHR proposait une bonne reproduction d’un C. pardalis mâle,
typique. En 1921, puis en 1942, F. ANGEL proposa le dessin de la tête d’un
C. guentheri et d’un C. pardalis, ces deux figures furent reproduites en 1950
(22) R. BourGar (1969) a compté, chez les individus de La Réunion, de 66 à 84 cônes chez
les mâles comme chez les femelles.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 223
par R. Decarv. En 1965 H. Scmirrer, puis en 1968 H. Uisre, publièrent de
belles photographies de cette espèce, H. UrgLe, sous le nom de C. guentheri.
En 1968, R. BourGarT donna plusieurs photographies de l’accouplement des
C. pardalis de la Réunion et en 1969 divers documents présentant cette
espèce.
b) proposée. — Nous représentons un mâle (fig. 74) et une femelle (Gig. 77)
de Nosy Be. Les figures 75 et 76 donnent une vue latérale et une vue apicale
de la tête d’un mâle, 422/C, récolté à Maroantsetra en octobre 1967, mesurant
317 mm (165).
La figure 78 propose le profil de la tête d’une femelle 419/C, récoltée à
Antalaha le 25 octobre 1967. Il s’agit d’une jeune femelle ne mesurant que
149 mm (77) dont les ovaires ne portaient que des ovules de 1 mm.
REMARQUES. — En 1963 et 1964, H. FRANCKE étudia, entre autres, le
comportement de cette espèce.
En 1965, H. Scmirrer publia des observations sur le comportement de
cette espèce en captivité et en 1967 et 1968, R. BourGaT une étude écologique
sur le C. pardalis de l’Ile de la Réunion, avant d'étendre ses recherches à la
comparaison des populations des deux îles.
Les données sur le taux de croissance des Caméléons sont encore très
éparses, aussi signalons-nous l'observation suivante : en six mois, pendant
l'été austral (du 29-X-1961 au 26-IV-1962) une jeune femelle de C. pardalis,
reçue de Maroantsetra, vit sa taille passer de 215 (125) à 290 (150) mm en
même temps que son poids s'élevait de 16 à 51 g.
26. — Chamaeleo parsonii G. Cuvier, 1824
26 a. — Chamaeleo parsonii parsonii G. Cuvier, 1824
DescmprioNs ORIGINALES : 1768, J. Parsons, Philos. Trans., 58, p. 195, pl. VIII, fig. 1-2;
G. Cuvrer, 1824, Rech. Ossem. foss., 2e édit., 5 (2), p. 269, pl. XVI, fig. 30 et 31.
Terra typica. — Non désignée.
SYNONYME.
— Chamaeleo rariss. J. Parsons, 1768.
— Lacerla chamaeleo Gmelin var. d. identification par A. Duménr
— C. bifidus B. Merrem pro parte, 1820. et G. BiBron, 1838
— C. madecasseus R. Lesson, 1882, n° 8 177 M.N.H.N.P.
— C. parsonsii G.-A. Boulenger, 1887.
= C. parsonsi var. cristifer P. Methuen et J. Hewitt, 1913, synonymie proposée par R. Men-
Tes, 1966, rejetée par E. R. BryGoo.
— C. partonsi W. Kaudern, 1922.
TAxoNoMrE, — 1843, C. (Furcifer) parsonii L. Firzncer.
— 1864, Dicranosaura parsonit J. E. Gray.
DÉSIGNATION. — Caméléon madécasse (C. madecasseus) (R. LESsON, 1832).
— Caméléon de Parson (A. Dumérrz et G. BrBrow, 1839 ; C. et A. DumÉnir, 1851).
15
Source : MNHN, Paris
224 E.-R. BRYGOO
_— Parson’s Chameleon (anglais) (J. E. Gray, 1831, 1845).
__ Kabé ; Tambarikosy ; Tanalahinala (malgache) (G. Granpinier, 1907).
Erupes er menrions uLrémeunes. — 1829, G. Cuvren : 60 et 61. — 1830, J. WaGLer : 163.
__ 1831, J. E. Gray : 54, 155. — 1832, R. Lesson (C. madecasseus): pl. XXXV. — 1836,
G. Cuvian : 39, pl. CCXLIV, fig. 30, 31. — 1838, A. DuméRiL et G. Brpnon : 3, 231-233. — 1843,
L France : 42. — 1845, JE. Gray : 269. — 1851, C. et A. Dumériz : 33. — 1852, A. Dumériz:
pl. XXIL fig. 12. — 1863, F. Poruen : 335. — 1864, J. E. Gra (Dicranosaura parsonit) : 465,
Do. — 1877, 0. Borrreen : 38. — 1887, G.-A. Boucenan : 466. — 1900, F. MocquaRD : 95. —
1902, F. Mocouann : 6. — 1902, F. Wennen : 300-301, pl. XX. — 1903, F. Mocuann : 215. —
1909, F. Mocquarn : 8. — 1911, F. Werner : 31. — 1913, P. A. Mernuen et J. Hewrrr (C. par-
sonsi var. cristifer) : 191, pl. XI, fig. 1-2. — 1913, O. Borréen : 372. — 1921, F. ANGEL : 411,
Ag. 13. —— 1922, W. KauDenn : 431-432. — 1925, H. W. Parwen (C. parsoni var. éristifer) :
382.308 — 1931, F. ANGeL : 503. — 1932, G. Granpnrer et G. Perir : 169. — 1942, F. ANGEL :
159 et 177, pl. VIII fig. 6. — 1950, R. Decany : 100-101. — 1957, R. Marrumy : 714. — 1959,
D. Hnzenrus : 34-35. — 1961, D. Arrengorouen. — 1963, D. Hizzenius : 205-206. — 1963,
H France : 344, 348. — 1963, N. Konpo (C. pearsoni). — 1963, J. P. Gasc. — 1964, H.
Francke : 54-55. — 1965, Ch.-A. Domerqur : 22. — 1966, R. MERTENS : 22.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1836, A. Duméric et G. Bisron : 2 spécimens de Mada-
gascar (Quoy et GarmarD) ; 2 autres de Madagascar (Saanzi) ; 1 de l'Ile de
France (DUSSUMIER).
__ 1843, L. Frrzin&er : Afrique, Madagascar, Maurice.
__ 1851, C. et A. Dumérir : Madagascar (Quoy et GAIMARD) ; (SGANZIN)
(M. et F.) ; (M. Heraï) ; Nosy Be (M.-L. RoussEAU).
__ 1887, G.-A. BouLenGEr : Madagascar, Maurice.
__ 1900, F. Mocquarp : Ikongo (forêt) (G. GRANDIDIER coll. 1898-1899).
__ 1902, F. Werner : Imerina, Sahambendrana (0’Swazp coll.), signale
encore Maurice comme localité.
__ 1922, W. KauDERN : Fénérive (abondant).
_— 1925, H. W. Parwer : Pays Sihanaka (C. parsoni var. cristifer).
__ 1931, F. Ancer : Sahatavy (forêts, G. Perir réc.), signale aussi Sainte-
Marie.
_— 1942, F. ANGEL : signale encore Maurice.
_ 1963, J.-P. Gasc : Ifanadiana (F. PETTER réc.).
__ 1963, E.R. Brycoo : Ambodifototra, Vavatenina, Fanovana, Périnet,
Ambavaniasy.
— 1966, R. Merrens : Nosy Be et «eingeführt auf Mauritius ».
__ 1968, E. R. Bryaoo : Fénérive, Kianjavato, Mananjary, Sainte-Marie,
Ifanadiana.
__ M.N.H.N.P. : Fort-Dauphin, Ambanja, Tsaramandroso (réc. J. MiLLOT
et R. PauLrAN, 1957).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 225
b) Aire de répartition (carte 18). — En 1836, A. DumÉriz et G. BiBroN
signalaient une récolte de l’Ile de France par DussuMiER, à leur suite plusieurs
auteurs, dont encore en 1942 F. ANGEL, inscrivirent Maurice comme faisant
partie de l’aire de répartition de l'espèce. En réalité rien n’est jamais venu
confirmer cette première attribution. R. MERTENS (1966) de son côté signale
ceingeführt auf Mauritius». De même, la mention «Afrique» donnée par
L. FirziNGER en 1843, ne semble reposer sur aucune donnée sûre.
e—C: parsoni
+#— C: parsoni
var. cristifer
Carte 18, répartition de Chamaeleo p. parsonit et C. p. var. cristifer.
Source : MNHN, Paris
226 E.-R. BRYGOO
A Madagascar même, la répartition est assez bien limitée à la zone fores-
tière de l'Est. Certaines localisations doivent être discutées. S’il semble ne
faire aucun doute que l'espèce se rencontre à Sainte-Marie, par contre il ne
semble pas sûr que Nosy Be appartienne à son domaine. Si R. MERTENS (1966)
le signale encore c’est peut-être sur la très ancienne récolte mentionnée par
C. et A. Dumériz en 1851. L'espèce ne semble pas y avoir été récoltée depuis.
L’affirmation de R. Decary (1950) reprise par J.-P. Gasc (1963) que cette
espèce vit dans le Nord-Ouest pouvait paraître d’autant plus curieuse que cela
ne ressort nullement des localisations données par F. ANGez, 1942. Cependant,
deux récoltes de J. Mizor et de R. PauLian, entrées en collection au
M.N.H.N.P. en 1957, l’une d’Ambanja, l’autre de Tsaramandroso, étendant
au Nord-Ouest le domaine géographique de l'espèce, ne rendent plus si impos-
sible sa récolte à Nosy Be. Les mêmes auteurs envoyèrent également un spéci-
men de Fort-Dauphin. La localisation Sakaraha, donnée par N. Konpo (1963)
pour «C. pearsoni » est erronée, car il s'agissait d’un C. ousfaleli faussement
déterminé.
Fréquence. — Cette espèce n’est pas rare dans son domaine. En 1959,
D. Hizcenius en étudiait 21 spécimens. Nous en avons eu entre les mains
plus de 12 nouveaux.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — La description princeps de James Parsons, lue
le 12 juin 1768, indiquait entre autres :
«It is chiefly in the structure of the head that this difference appears, … ; for the head is
very large in proportion to the rest of the animal, and all others of the same class ; and the more
so, if we measure from the two anterior flat processes, to posterior extremity or process of the
cranium, which measures three inches and a quarter. This posterior process extends backwards,
over the neck, to the first vertical process of the spine ; and the interior processes, one of each
side ; project forwards and upwards in an oblique direction over the nasal hole, and are bluntly
serrated all round ; the surface of the entire face is covered with tubercles and scales, which, by
being in a dry state, have loft their protuberance and lustre, which the scales certainly were
endowid while the animal was alive.
The length of the two mandibles is equal, and is two inches and a quarter from the articula-
tion of the lower with the upper jaw, to the apex of each ; both being furnished with a fine set
of small pointed teeth ; all of a size, and so set, that, upon the animals closing his mouth, the
teeth do not meet, but those of the upper fall with those of the under alternately. There are no
molares nor canine teeth.
The orbits are extremely large and deep, so that this Cameleon must have had very great
eyes, and very globular ; for they are each more than a third of the whole length of the mandible
in diameter.
From a close inspection of the skin, which is now contracted and dried close to the skeleton,
it appears scaled all over ; the larger scales are upon part of the head and upon the sides of the
neck ; the smaller, under the jaws, upon the neck, and over the whole body ; but we can form no
idea of its proper colour whilst the animal is alive, yet do not doubt of its having had a very
beautiful covering.
….: in this Cameleon the fingers are very long, and terminated with pointed nails bending
downwards ; three of the fingers of each anterior extremity are inwards in the place of the thumb,
and the other two are outwards ; whereas in the posterior extremities, three are outwards, and
the other two indwards, having between them such a large space, or division, as is between the
thumb and the fingers of men.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 227
The vertical edge of the spine is scolloped all along from the neck to the extremity of the
tail, and has on each side a row of knobs, or processes, as far as the articulation of the thigh with
the bone that runs up towards the spine ; but from thence, where the tail begins, there is a second
lateral row of knobs, which continue all along the tail. »
En 1829, G. Cuvier décrivait aussi l’espèce nouvelle :
« Une autre espèce (Cham. Parsonü, Cuv.) trans. phil. LVIII, à casque plat, un peu tronqué
en arrière, a la crête du sourcil prolongée et relevée de chaque côté sur le bout du museau, en un
lobe presque vertical. Ses grains sont égaux, et il n’a de dentelure ni en dessus ni en dessous. »
En 1831, J. E. Gray avant de donner la traduction en anglais de ce texte
écrivait (p. 54) :
«Scales ovale, equal ; occiput flat, truncated behind ; eyebrow-crest, produced and elevated
on each side the muzzle into a long irregular lobe. Mus. Bell. and Col. Surg. »
En 1832, après une courte diagnose latine, R.-P. LEsson décrivait ainsi
en détail l’espèce C. madecasseus qu'il considérait comme nouvelle :
«Ce Caméléon est, avec le Dilepis de LEAcr, la plus grande espèce du genre, et a été confondu,
par plusieurs auteurs et par M. uvre lui-même, avec le Chamaeleo bifurcus de M. BRONGNIART,
qui s'en distingue par une taille d'un tiers moindre, sa patrie, et les prolongements du front qui
sont aplatis, droits et pointus.
Ce Caméléon madécasse, dont nous avons étudié plusieurs individus comparés au Caméléon
des Moluques, ou bifurcus.
La voûte du crâne est plane, légèrement concave, marquée d’une simple rainure au milieu
de l'occiput, qui s'élève en capuchon en arrière, Des petites plaques, tantôt déprimées et penta-
gonales, tantôt inégales et bossuées, recouvrent la surface supérieure du casque, dont les contours
sont ovalaires en arrière, raboteux et hérissonnés sur les arcades sourcillières. En avant des yeux
naissent deux cônes épais, courts, débordant de 6 lignes au plus la mâchoire supérieure et diver-
geant l’un et l’autre. Ces cônes sont revêtus d’écailles inégales assez larges ou convexes, et les
narines en occupent la base sur les côtés et vers l'extrémité du museau. L’orbite est grand, arrondi,
tapissé d’une membrane finement granuleuse. Des écailles aplaties et régulièrement pentagonales
revêtent les joues. Les mâchoires sont égales, bordées de lamelles carrées et bombées. Les dents
sont nombreuses, les antérieures petites, les latérales aiguës et fortes. Une peau dilatable, lisse,
couverte d'écailles arrondies en petites perles, enveloppe la gorge. Le corps, la queue et les membres
sont recouverts d’écailles plates, petites, plus ou moins quadrilatères. Le dos est comprimé, lisse,
ainsi que la ligne inférieure de l’abdomen, de même que la queue, soit en haut soit en bas. Celle-ci,
taillée en biseau en dessus, est au contraire arrondie et charnue en dessous. L'ouverture anale
est en fente transversale ou en croissant. Les membres sont robustes et trapus. Les doigts surtout
forment deux paquets épais, fortement soudés chacun, et terminés par de petits ongles. Toutefois
les deux doigts externes sont plus longs que les trois internes et les écailles de la plante des pieds
sont petites et très régulièrement rangées. Les ongles sont crochus, comprimés et assez durs.
La couleur de ce Caméléon est un bleu glaucescent changeant. Deux taches jaunes règnent
sur chaque flanc, au milieu d’une ligne claire du fond de la coloration générale. On le trouve assez
abondamment dans l’Ile de Madagascar, d’où M. Roy, chirurgien de la marine, en a rapporté
plusieurs individus. »
En 1942, F. ANGEL retenait comme caractéristiques les éléments suivants :
— la présence des lobes occipitaux peu développés, bien distincts au
toucher, non en contact à leur partie supérieure ;
— un casque large, tronqué ou arrondi postérieurement, jamais pointu,
peu élevé ;
— des scutelles bordant la ligne vertébrale, plus grandes et d’un dessin
différant de celles qui garnissent les côtés du corps ;
Source : MNHN, Paris
228 E.-R. BRYGOO
— une écaillure du corps homogène, des sillons verticaux sur les côtés
du corps;
— ni crête gulaire, ni crête ventrale ;
— chez le mâle, sur le museau, deux grands appendices osseux, comprimés
latéralement, divergents, dirigés vers le haut.
Hémipénis. — L'hémipénis de C. parsonit a été étudié, en 1965, par
Ch.-A. DomerGus. Il se caractérise « par son corps en majeure partie lisse, les
cellules peu marquées étant localisées à une faible zone distale sur la face
tergale, un apex hémisphérique pourvu de 4 ou 5 protubérances pileuses ».
Chromosomes. — En 1957, R. MaTTHEY écrivait :
«Les divisions spermatogoniales nous montrent la même formule que chez Brookesia:
12 Men Vet 24 m.»
Dimensions maximales signalées. — 1832, R. Lesson (C. madecasseus) :
«tête 3 pouces, corps 6 pouces 9 lignes, queue 12 pouces », total 21 pouces et
quelques lignes. — 1836, A. Dumérir et G. Biron : 550 (300). — 1887,
G.-A. BouLencer : 570 (310). — 1922, W. Kaupern : 612 (245). — 1963,
J.-P. Gasc : M. 695 (400). — 1968, E. R. Brvaoo : F. 495 (295).
En 1950, R. Decary considérait C. parsonii comme « la plus grande espèce
du genre (et) peut atteindre jusqu’à 65 centimètres ». Il ne citait aucune réfé-
rence alors que F. ANGEL, le dernier à avoir étudié les Caméléons de Madagascar
avant lui, ne donnait comme dimensions maximales que 612 mm et considérait
que le plus grand Caméléon connu était C. ousfaleti.
b) Spécimens observés. — Nous avons disposé de nombreux exemplaires
récoltés en différents points de l’aire géographique de l’espèce.
1° Coloration. — C’est une des espèces de Caméléons malgaches dont la
coloration est particulièrement stable. Du vivant de l'animal la couleur varie
du vert au bleu-vert avec, souvent, une tache jaune, médio-latérale. Les orbites
peuvent être jaune d’or. Le dessous du corps est d’une teinte blanc sale.
20 Ecaillure. — L'écaillure est homogène, lisse, formée d’écailles quadran-
gulaires, de chaque côté de la colonne vertébrale qui deviennent ensuite insen-
siblement plus petites. Il n’y a pas d’écailles agrandies sur les flancs ou sur la
face externe des membres.
30 Dimensions. — C’est l’un des deux plus grands Caméléons connus.
Les mâles atteignent facilement de 50 à 60 cm. Les femelles sont de taille un
peu moindre.
La queue est, dans les deux sexes, nettement plus longue que le reste
du corps.
Source : MNHN, Paris
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C. parsoni
68 OHTAVNVHO AUNAO AT
Source : MNHN, Paris
230
E.-R. BRYGOO
C. parsonii 9 C167 su
Fig. 80, Chamaeleo parsonii G. Guvier, vue d'ensemble d’une femelle.
Le crâne est plat, sans crête pariétale, l’occiput est arrondi. La distance
occiput-gonion est inférieure à celle qui sépare le gonion du menton.
Les replis occipitaux ne sont souvent mis en évidence que par la palpation.
Chez une femelle de 495 mm de longueur totale, ils mesuraient 32 mm de haut
sur seulement 3 mm en leur plus grande largeur.
Il n’y a pas de rides nettes au niveau de la région temporale.
Source : MNHN, Paris
231
LE GENRE CHAMAELEO
C. parsonii
do:
Fig. 81, Chamaeleo parsonii G. Cuvier, profil de la tête d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
232 E.-R. BRYGOO
2 cm
473/C
?
C. parsonii
Fig. 82, Chamacleo parsonit G. Cuvier, profil de la tête d’une femelle.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 233
Le dimorphisme sexuel n’est marqué qu’au niveau des formations ros-
trales. Chez la femelle, les canthirostrales se terminent isolément, sans relief
particulier ni écailles épineuses. Chez les mâles au contraire s’observent deux
forts appendices osseux dont le rebord supérieur est souvent verruqueux,
crénelé. Leur grand axe est horizontal, divergent. Chez un mâle de 470 mm de
longueur totale ils mesuraient 12 mm de long sur 14 de haut et 4,5 d'épaisseur.
L'écart entre les deux appendices à leur extrémité était de 20 mm.
5° Corps. — Ni crête dorsale, ni crête ventrale.
DraGnose. — Bien que l’un des premiers décrits, ce grand Caméléon très
caractéristique, fut, au début, assez souvent confondu.
«… plusieurs auteurs, parmi lesquels nous citerons DAUDIN et MERREM,
l’aient prise [la figure donnée par Parsons] pour celle du Caméléon à nez
fourchu. GMELIN, de son côté, l’a considérée, à tort comme une variété de son
Lacerta chamaeleo » (A. Dumériz et G. BrBron, 1838, p. 233). Ces auteurs
établissaient par ailleurs la synonymie de C. madecasseus.
Nous avons, au chapitre C. balleatus, donné un tableau récapitulatif
(tabl. 7, p. 61) des caractères différentiels des grands Caméléons, porteurs de
lobes occipitaux plus ou moins développés, dont les mâles sont bicornes.
Parmi les Caméléons du groupe, cette espèce, outre son écaillure homo-
gène, se distingue par des lobes occipitaux réduits à des replis cutanés, l’absence
de crête dorsale, et, chez le mâle, par deux robustes appendices à grand axe
horizontal.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La première représentation de cette espèce fut donnée
par J. Parsons sous le titre : « Cameleonis rarissima species a Jacobo Parsons
M. D. Jam primo descripta 1768. » C'était le profil entier et la vue apicale de
la tête d’un mâle très altéré par une dessication poussée mais cependant par-
faitement identifiable.
Créant l'espèce, G. Cuvier, en 1824, proposait (fig. 30 et 31) le dessin du
squelette de la tête de C. parsonii. En 1832, R. LessonN donna le profil d’en-
semble et une vue apicale de l’apex du crâne de C. madecasseus. La même année,
A. DumÉri publiait le dessin d’une tête (pl. XXII, fig. 12) du Caméléon de
Parsons. En 1870, St. G. Mivarr donna une série de dessins particulièrement
précis, non seulement des muscles de cette espèce mais aussi de la tête d’un
spécimen mâle. En 1902, F. Werner (fig. 20) donnait le profil entier d’un
spécimen de « C. parsonsii », la légende indique qu'il s’agit d’une femelle, du
Muséum de Hambourg, erreur manifeste, les appendices rostraux caracté-
risent un mâle.
C’est une tête de C. parsonii mâle (fig. 13) que publiait F. ANGEL en 1921
il en proposait une autre représentation en 1942 (pl. VII, fig. 6), reproduite
par R. Decary (1950).
Source : MNHN, Paris
234 E.-R. BRYGOO
Une belle photographie en couleur de la tête d’un mâle de C. parsonii
sert de frontispice au livre de D. ATTENBOROUGH (1961). Dans le même ouvrage
se trouvent un autre gros plan photographique d’une tête de mâle ainsi que
trois vues montrant la prise de nourriture par un C. parsonit mâle. Il semble
que ce dernier spécimen possédait une crête dorsale. Il s’agirait alors de la
variété cristifer.
En 1963 et 1964, H. FraNGkE publia deux photographies d’un mâle de
cette espèce.
b) proposée. — Le mâle, X.58, que nous représentons, figure 79, provenait
de Vavatenina ; il mesurait 640 mm dont 370 pour la queue. Les appendices
rostraux avaient une longueur de 15 mm.
Figure 80. — Femelle, 167/C, provenant d’Ambavaniasy, récolte du
28 avril 1961, mesurant 280 mm dont 165 pour la queue.
Figure 81. — Le mâle, 244/C, récolté en janvier 1964 à Ifanadiana, mesu-
rant 605 mm dont 345 pour la queue.
Figure 82. — Femelle, 473/C, sans origine géographique, mesurant 495 mm
dont 295 pour la queue.
Remarques. — C'est sur cette espèce que St. G. Mrvarr, dès 1870, faisait
une étude particulièrement poussée de la myologie des Caméléons.
— En 1963, J.-P. Gasc étudia l'adaptation à la marche arboricole chez
le Caméléon.
— En 1963 et 1964, H. Franck publia des observations de son compor-
tement.
26 b. — Chamaeleo parsonii var. cristifer P. A. Methuen
et J. Hewitt, 1913
DESCRIPTION ORIGINALE : 1913, Ann. Transvaal Museum, 3 (4), p. 191. Plusieurs spécimens,
mâles et femelles. Type : n° 4 222-27 dans la collection du Transvaal Museum.
Terra typica. — Analamazaotra.
Dimensions. — M : 265 (172).
— Considéré comme un synonyme de C. p. parsonii par R. MErrens, 1966.
SYNONYMIE.
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1942, F. ANGEL : 177. — 1966, R. MerTENS : 22.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE (carte 18, p. 225). — Le domaine de cette variété
semble géographiquement très limité. Les spécimens types provenaient d’Ana-
lamazaotra (Périnet), le M.N.H.N.P. possède un spécimen (n° 8886) provenant
également de Périnet et qui présente toutes les caractéristiques de la variété.
Nous avons eu entre les mains 3 mâles et 2 femelles de la même origine tout
aussi caractéristiques.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 235
C: parsoni var. crnistifer d 659/c are re fn
Fig. 83, Chamaeleo parsonii var. cristifer P. Methuen et J. Hewitt, vue d'ensemble d’un mâle.
Source : MNHN, Paris
236 E.-R. BRYGOO
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — Décrivant la variété cristifer P. METHUEN et
H. Hewirr s’exprimaient ainsi, en 1913 :
« Differs from parsonsi in the possession of a dorsal crest on the body and an ill-developed
parietal crest on the head. It is related also to Ch. globifer, from which, however it difiers essen-
tially in the shape of the rostral processes, which apEar +o be typical for parsonsi. Our specimens
show some variation in the lepidosis of the body and limbs ; in most of the examples this lepidosis
is homogeneous, but in one or two individuals a few somewhat enlarged tubercles are developed
on the forearm. »
En 1942, F. ANGEL séparait la variété de la forme typique :
«par la possession d’une crête dorsale et pariétale peu développée ».
b) Spécimens observés. — Nous avons disposé du spécimen mâle n° 8886
du M.N.H.N.P. et de 5 individus nouveaux, 3 mâles et 2 femelles.
Très proches du C. parsonii typique, ces spécimens s’en distinguent
cependant par un certain nombre de caractères.
1. Coloration. — La coloration d'ensemble est verte ou bleu-vert, mais
sur les 5 spécimens examinés vivants se remarquaient 3 bandes plus sombres,
obliques de haut en bas et d'arrière en avant, sur chaque flanc. Sur le spécimen
du M.N.H.N.P. elles apparaissent comme 3 lignes noires.
Trois spécimens avaient une grande tache jaune-orange sur chaque flanc ;
l'un des mâles présentait en outre de grands ramages d’un bleu vif.
2. Ecaillure. — L’écaillure, très voisine de celle de C. parsonii, présente
cependant une certaine hétérogénéité au niveau de la face externe des membres,
en particulier antérieurs, sous la forme d'un semis d’écailles légèrement
agrandies.
3. Dimensions. — Les 4 mâles observés étaient tous plus grands que celui
dont les dimensions étaient données par P. Merauen et J. Hewirr : 440 (265),
475 (260), 482 (272) et 485 (265) tandis que les deux femelles mesuraient 275
(210) et 395 (220). Pour tous la queue était donc nettement plus longue que
le reste du corps.
4, Têle. — Si la tête est « classique » pour un C. parsonii on peut cependant
souligner l'existence d’une zone rugueuse, ridée, temporale, tandis que les
lobes occipitaux ne mesurent guère plus de 3 mmen leur plus grande largeur.
Sous la gueule s’observe un semis régulier de grandes écailles rondes qui
forment des lignes à peu près parallèles.
Chez les mâles les appendices rostraux sont robustes, aussi hauts que
longs, mesurant de 8 à 10 mm.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
238 E.-R. BRYGOO
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C. parsonii var. cristifer 9 660/C TRE En |
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Fig. 85, Chamaeleo parsonii var. cristifer P. Methuen et J. Hewitt, vue d’ensemble d’une femelle.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 239
5. Corps. — L'élément caractéristique est la présence d’une crête dorsale,
présente dans les deux sexes, nette seulement sur la première moitié ou sur les
deux premiers tiers du dos, formée de petits tubercules coniques, réguliers,
serrés les uns contre les autres, ne dépassant guère 1 mm et au nombre d’une
trentaine.
Il n’y avait pas de fossette axillaire.
DraGNose. — Les spécimens appartiennent incontestablement à l'espèce
C. parsonii mais on peut admettre la validité de cette variété, et ne pas en faire
un synonyme de C. parsonii comme R. Merrens (1966), puisque d’une part
la description type de C. parsonii signalait l’absence de toute crête dorsale et
que d’autre part ce caractère aberrant, la présence d’une crête dorsale, s’observe
dans une population très étroitement localisée. On peut donc considérer qu'il
s’agit d’une sous-espèce géographique.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — En 1913, P. A. METHUEN et J. Hewirr, donnèrent
1. XI, fig. 1 et 2) le profil de la tête d’un mâle et une vue d'ensemble d’une
femelle de C. parsonii var. cristifer.
b) proposée : Figure 83. — Vue d'ensemble d’un mâle n° 659/C, de Périnet
(K1-1968) mesurant 485 (265) mm, avec des appendices de 8 mm de long sur
8 de large et une crête dorsale, nette seulement sur la première moitié du corps,
dont les tubercules ne dépassent pas 1 mm.
Figure 84. — Profil de la tête d’un autre mâle, n° 514/C, de Périnet, mesu-
rant 475 (260) mm, avec des appendices rostraux de 10 mm et une crête dorsale
d'environ 80 cônes de moins de 1 mm, occupant la première moitié du corps.
Figure 85. — Vue d’ensemble d’une femelle, n° 660/C, de Périnet (X1-1968),
mesurant 375 (210), avec une ébauche de crête dorsale.
27. — Chamaeleo rhinoceratus (J. E. Gray, 1843)
DESCRIPTIONS ORIGINALES : a) mâle, 1843, J. E. Gray, Ann. Mag. nat. Hist., p. 46. Un
spécimen, récolte faite pendant le voyage du « Sulphur », Sir E. BeLcuer don. Type au B.M. (N.H.).
Terra typica : Madagascar ?
Dimensions : du mâle : 144 (75) G.-A. BouLenGrn, 1887.
b) femelle, 1968, E. R. Brycoo et Ch.-A. DomErGus.
SYNoNyMIES. — C. rhinoceros J. E. Gray, 1843, nomen oblitum.
— C. antimena À. Grandidier, 1872, pour F. Mocquarn, 1893, et auteurs ultérieurs, syno-
nymie rejetée par E. R. Brycoo et Ch.-A. DomErGuE, 1968.
— C. labordi A. Grandidier, 1872, synonymie proposée par D. Hizzenius, 1959, rejetée
par R. Menrens, 1966.
— G. voeltzkowi O. Boettger, 1893, synonymie proposée par D. Hizzenius, 1959.
16
Source : MNHN, Paris
240 E.-R. BRYGOO
= CG. rhinoceratus lineatus P. Methuen … } synonymies proposées par D. Hizuenrus, 1959,
et J. Hewitt, 1913 rejetées par E. R. BRYG00
— G. varbouri H. Hechenbleikner, 1942 et Ch.-A. DoMERGUE, 1968.
= GC! rhinoceratus rhinoceratus (Gray) R. MerTENs, 1966.
rhinoceratus labordi (Grandidier) R. Merrens, 1966, rejeté par E. R. Brvaoo et
Ch.-A. DomerquE = C. labordi.
TaxoNomIE. — Sauroceras rhinoceratum J. E. Gray, 1864.
Désrénarion. — The rhinoceros chameleon (anglais) (J. E. Gray, 1845).
ErupEs ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1845, J. E. Gray : 267. — 1864, J. E. Gray : 478
(Sauroceras rhinoceratum), pl. XXXII, fig. 2. — 1877, O. BOETTGER : 39. — 1887, G.-A. Bou-
LeNGEr : 456. — 1893, O. Bozrréer : 120 (C. voeltzkowi). — 1902, F. WERNER : 381-382,
pl. XXVIL. —1911, F. Werner : 21 (C. rhinoceratus), 21-22 (C. voeltzkowi ). — 1913, P. METHUEN
et J. Hewrer : 190 (C. rhinoceratus lineatus), pl. X. — 1913, O. BoerTGer 306 (C. voeltzkowi)
808, (C. rhinoceratus). — 1921, F. ANGEL : 331, fig. 4. — 1922, W. KauDERN : 432. — 1942,
F. ANGEL : 156 et 164-165, pl. VI, fig. 5 et 6. — 1942, H. HECHENBLEIKNER : 103-104. — 1950,
R. Decany : 101. — 1959, D. Hizcenrus : 11-16. — 1960, R. Marrmey et J. van BRINK : 335. —
1963, D. Huzzenius : 205 et 209-213 (C. monoceras), fig. d, €, f. — 1963, J. ArnouLr et E. BAuU-
cor : 225. — 1965, Ch.-A. DomerGuE : 22. — 1966, R. MERTENS 25. — 1968, E. R.
Brycoo et Ch.-A. Domereur : 23-30, fig. 12 à 18. — 1968 : H. Ursue : 511.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1893, O. BorrrGer : Antema (baie de Bombetoka),
A. Vocrzxow leg. (C. voeltzkowi).
— 1913, O. BoeTrGer : Soalala.
1922, W. Kauperx : Sainte-Marie de Marovoay, Amborovy.
__ 1963, J. Arnouzr et R. Baucnor : Lakato (C. voellzkowi).
_— 1963, E. R. Brycoo : Majunga, Ampijoroa.
— 1968, H. UiBLe : Ampijoroa.
— 1968, E. R. Brycoo et Ch.-A. DOMERGUE : Ankarafantsika, Ampijoroa.
Dans notre étude de 1968, nous avions négligé de citer la récolte d’un
mâle et d’une femelle, à Tuléar en 1903-1904, signalée par O. BoerTGEr (1913,
p. 308) et qu'il considérait comme des C. rhinoceratus Gray. Il s'agissait très
probablement de C. antimena.
La femelle fut capturée par Ch.-A. DoMERGUE, sur une route, dans l’Anka-
rafantsika, à 22 h!
b) Aire de répartition (carte 6, p. 40). — Bien que l'attribution de cette
espèce à Madagascar n’ait été donnée qu’avec un certain doute, lors de la
description type, il s’agit bien d’un Caméléon endémique.
Toutes les localités de récoltes se trouvent dans la région Nord-Ouest de
Madagascar. La récolte d’un « C. voeltzkowi » à Lakato, 55 km de Moramanga,
signalée par J. Arnouzr et R. Baucor (1963), n’a pas pu être confirmée.
Fréquence. — En 1864, J. E. Gray signalait que l’on ne connaissait de
cette espèce qu’un unique mâle.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 241
En 1911, F. WerNER donne 2 mâles pour C. rhinoceralus (+ C. antimena)
et 2 mâles pour C. voeltzkowi.
En 1968, avec Ch.-A. DoMERGUE nous avons décrit 4 nouveaux mâles
et la première femelle,
DESCRIPTION.
a) Données antérieures. — En 1843, J. E. Gray décrivait Chameleo
rhinoceros :
«Back and belly with a toothed keel ; occiput low, prismatic, with a central keel ; nose
with a large projecting trigonal prominence, with a single smooth keel on its lower, and a toothed
Keel, separated by a deep groove, on each side on its upper surface. Colour dark, white-spotted
in spirits), with a pale streak along the middle of each ride. Hab. Madagascar ? »
Deux ans plus tard le même auteur changeait le nom en rhinoceratus et,
après une répétition de la description, ajoutait : « Male of C. verrucosus ? ».
0. BorrrGer décrivait ainsi, en 1893, l'espèce C. voeltzkowi qu’il considé-
rait comme nouvelle :
« Nächst verwandt Ch. labordi Gran., aber mit heterogener Beschuppung, und Ch. rhinoce-
ratus Gray, aber mit hinten hôherem Helme, Mangel des hinteren Seitenkammes am Helme und
mit ununterbrochenem Kehl-Bauchkamm. — Vorderkopf tief konkav. Helm hinten stark
erhôht, mit vorn sehr hohem, stark zusammengedrücktem, schneidigem, anfangs schwach
gekrümmtem, dann gradlinig verlaufendem Parietalkamm. Entfernung zwischen Mund-
commissur und Helmspitze so gross wie zwischen Mundcommissur und halber Schnauzenhorn-
länge. Seitenkamm des Helmes nur vorn entwickelt, auf dem Schnauzenanhang, der Schnauzen-
kante und dem vorderen Teile der Supraciliarbügen mit gerundeten, wenig vorragenden, ziemlich
grossen Tuberkeln besetzt, nach hinten vollkommen verflacht und die Helmseiten verundet.
Schnauzenspitze mit einem stark comprimierten, vorn verrundeten, knôchernen, an den Seiten
mit nahezu flachen Pilasterschuppen gedeckten Forttsatz, der den Durchmesser der Orbita nicht
ganz erreicht und etwa so lang ist, wie die Entfernung vom Nasenloche zur Schnauzenspitze ;
dieser Fortsatz zeigt oben eine tiefe Längsrinne, während er längs seiner Unterkante schmäler
und schneïidig ist. Helm hinten fast rechtwinklig zum Rücken abfallend ; Kopfschuppen gross,
von sehr unregelmässiger Form; keine Spur von häutigen Hinterhauptslappen. Kôrper mit
kleinen, ziemlich flachen Schüppchen bedeckt, die namentlich im oberen Rumpfdrittel untermischt
sind grüsseren, flachen, runden Schuppen. An den Seiten zieht eine fast ununterbrochene
Längsreihe solcher grôsserer Schuppen von nabezu viereckiger Gestalt entlang. Ein Kamm
von 39-44 isolierten, hohen, konischen Tuberkeln längs des Rückens, der sich in gleicher Stärke
noch über die zwei ersten Drittel des Schwanzes fortsetz. Eine Reïhe von konischen Tuberkeln
bildet einen fortlaufenden Längskamm auf kehle und Bauch. Eine tiefe Achselgrube ; kein
Tarsalfortsatz. Schwanz 1 1/3 mal so lang wie Kopf und Rumpf zuzammen.
Dunkel schieferblau in Spiritus, ein feines weisses Seitenband, das durch die erwähnte
Reihe vergrôsserter Seitenschuppen bezeichnet wird, Bauchkamm und je 2 Linien, die die Unter-
seite der Schwanzbasis einfassen, gelblichweïss. »
En 1942, F. ANGEL caractérisait ainsi l’espèce C. rhinoceratus :
— appendice rostral, mesurant les deux tiers ou la longueur du diamètre
orbitaire, plus ou moins osseux à la base, flexible à l'extrémité, qui est arrondie ;
— écaillure hétérogène ;
— crêtes gulaire et ventrale interrompues sur la poitrine ;
— présence d’une bande latérale claire.
D. Hizrenius, en 1959 établissait la synonymie de C. voeltzkowi avec
C. rhinoceratus.
Source : MNHN, Paris
242 E.-R. BRYGOO
Chromosomes. — En 1960, R. MarruEey et J. van Brick décrivaient le
génome d’un spécimen de « C. monoceras » qui, selon nous, était en fait un
C:. rhinoceratus :
« Cette espèce de Madagascar a une formule insulaire typique, les chromosomes, la longueur
des éléments décroissant régulièrement : à la suite de 8 paires de V. (les chromosomes des couples
3,4 et 7 étant, avec un rapport } des bras, les moins symétriques), nous trouvons une paire de
petits acrocentriques et deux paires de m. On remarquera que la différence de taille est très faible
entre les acrocentriques de la neuvième paire et les m — chromosomes. »
Dimensions maximales signalées. — 1893, O. Boerrcer : 226 (130)
(C. voeltzkowi). — 1911, F. Werner : 197 (100), appendice de 6 mm (C. rhino-
ceratus + C. antimena). — 1942, F. ANGEL : 240. — 1968, E. R. BryGoo et
Ch.-A. DomerGuE : M. 274 (134) ; F. 120 (55).
b) Spécimens observés. — Nous avons, en 1968, donné avec Ch.-A. Do-
MERGUE une description détaillée du mâle et de la femelle de cette espèce, l’un
et l’autre bien caractérisés par la présence d’un rostre cartilagineux, qui, chez
le mâle, peut atteindre une grande longueur.
1. Coloration. — Après conservation en alcool la coloration est gris plus
ou moins foncé, avec les labiales claires.
Il n’y a pas de ligne blanche médio-ventrale mais quatre des six spécimens
examinés, après conservation en alcool, montrent une ligne blanche, longitu-
dinale, sur chaque flanc, à mi-hauteur, tranchant sur l’aspect gris plus ou moins
foncé du reste du corps.
2. Ecaillure. — L’écaillure générale du corps peut être considérée soit
comme homogène, soit comme régulièrement hétérogène : de petits tubercules,
un peu plus grands que les autres, parsemant régulièrement un fond homogène.
On remarque souvent une ligne d’écailles élargies, sans atteindre deux
fois les dimensions moyennes, à mi-hauteur des flancs.
3. Dimensions. — La longueur des mâles varie de 13 à 27 cm, la queue
étant au plus égale au reste du corps. La femelle, beaucoup plus petite, ne
mesurait que 12 cm.
4. Tête. — Chez le mâle: L’allure générale de la tête se caractérise par un
casque bas, une crête pariétale à peine marquée, des crêtes orbitales nettes se
prolongeant directement par les canthirostrales pour former le rostre.
La distance entre le gonion et l'extrémité du museau (sans le rostre) est
plus grande que celle qui le sépare du sommet de la crête pariétale.
L'élément caractéristique est le rostre. Il se présente comme un élément
volumineux, aplati dans le sens vertical, formé par l'union des deux canthi-
rostrales, la dualité des éléments constitutifs étant nettement visible jusqu’à
son extrémité. Il est très mince. À sa partie supérieure les crêtes orbitales deve-
nant les canthirostrales délimitent une dépression triangulaire. Chez les spéci-
ment les plus grands les bords supérieurs du rostre présentent une ondulation
régulière formée par les écailles du recouvrement.
Source : MNHN, Paris
144
“arpur un,p 2181 EL op [Uoud (AeA9 “A *L) snmaaoua our) ‘98 “LI
2cm
178/C
g
C.: rhinoceratus
OHTAVNVHO AUNHO 41
Source : MNHN, Paris
244 E.-R. BRYGOO
Nous avons mesuré la longueur du rostre à partir de l'extrémité antérieure
du maxillaire supérieur, ne tenant compte que de la partie se projetant en
avant de la face. Dans ces conditions la longueur du rostre est toujours supé-
rieure au diamètre orbitaire.
Chez C. rhinoceratus le rostre se caractérise à la fois par sa faible épaisseur
et sa hauteur importante, celle-ci étant souvent supérieure à la moitié de la
longueur telle que nous la mesurons.
La crête gulaire est soit totalement absente, soit à peine ébauchée par de
petits tubercules.
Chez la femelle: Le casque est bas, la crête pariétale n’est marquée qu’à
la partie postérieure du crâne. Les autres crêtes sont à peine indiquées. Le
rostre, légèrement oblique en haut et en avant, est cartilagineux, formé par
C. rhinoceratus g Ampijoroa Pen mec)
Fig. 87, Chamaeleo rhinoceratus (J. E. Gray), vue d'ensemble d’une femelle d’Ampijoroa.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 245
l’accolement de deux éléments latéraux. On compte cinq rangs d’écailles sur
les côtés du rostre, les supérieures donnent un aspect crénelé au bord qu'elles
délimitent. Long de 3 mm, épais de 0,9, le rostre est, à la base, large de 2,5 mm
et n’a plus que 2 mm près de son apex.
Il n’y a pas de crête gulaire. On observe des écailles temporales élargies.
La distance entre l’occiput et l’angle postéro-inférieur de la mâchoire est de
11,5 mm, alors que 13 mm séparent cet angle de l’extrémité antérieure du
museau (rostre non compris). L'orbite mesure 5,5 mm de diamètre.
5. Corps. — Tous les spécimens examinés présentent une fossette axillaire.
La crête dorsale n’est nette que dans sa première moitié. Elle débute par
douze à quinze tubercules bien isolés les uns des autres, minces, aigus, de 1 à
2 mm de haut, encore plus petits chez la femelle. Ces tubercules deviennent
ensuite indistincts tout en se prolongeant sur la queue.
La crête ventrale manque totalement ou est à peine ébauchée.
Il n’y a pas de crête caudale.
DraGnosE. — En 1845, J. E. Gray, se demandait si le sujet qu’il décrivait
n’était pas en fait le mâle de C. verrucosus.
Parmi les Caméléons à rostre rigide de l’Ouest de Madagascar, C. rhino-
ceratus est caractérisé par :
— un rostre lamellaire, rigide mais latéralement déformable ;
— un casque bas;
— une crête dorsale qui n’existe que sur la première moitié du corps.
Nous donnons au chapitre C. angeli (tabl. 5, p. 43) un tableau des carac-
tères différentiels des mâles et au chapitre C. anfimena (tabl. 6, p. 53) un autre
pour ceux des femelles.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La première représentation de cette espèce fut, semble-t-il,
donnée par J. E. Gray en 1864 (pl. XXII, fig. 2). Il s'agissait d’une tête, vue
de profil, de « Sauroceras rhinoceratum ». En 1902, F. WERNER donna un dessin
I. XXVII) d’après le spécimen type de « C. voeltzkowi ». La figure (pl. X) de
C. rhinoceratus lineatus proposée en 1913 par P. MerHUEN et J. Hewrrr repré-
sentait la femelle de C. antimena. F. ANGEL, en 1921, donne (fig. 4) le dessin
de la tête d’un C. rhinoceratus et, en 1942, des vues latérales de la tête d’un
«C. voellzkowi » et d’un C. rhinoceratus ; cette dernière devant être reproduite
en 1950 par R. Decary. En 1963, D. Hirrenrus représente, sous le nom de
«C. monoceras » (fig. d, e, f.), divers aspects d’un C. rhinoceralus. Avec Ch.-A.
DomerGus, en 1968, nous avons publié divers dessins de 3 spécimens mâles
(üig. 12 à 15) et 3 (fig. 16 à 18) de la première femelle décrite.
Source : MNHN, Paris
246 E.-R. BRYGOO
2cm
Source : MNHN, Paris …
RE
2
8
C. rhinoceratus
Fig. 88, Chamaeleo rhinoceralus (J. E. Gray), profil de la tête d’une femelle.
LE GENRE CHAMAELEO 247
b) proposée: Figure 86. — Reproduction du profil d’un mâle, 178/C, déjà
donné en 1968 : sujet de 230 mm dont 115 pour la queue, avec un rostre de
13,5.
Figure 87. — Vue d'ensemble d’un nouveau spécimen de femelle, prove-
nant d'Ampijoroa.
Figure 88. — Reproduction du profil de la femelle 179/C, déjà donné en
1968 : sujet de 120 mm dont 50 pour la queue, rostre long de 3 mm.
28. — Chamaeleo tsaratananensis E. R. Brygoo et Ch.-A. Domergue, 1968
DESCRIPTION ORIGINALE : 1968, E. R. Bryaoo et Ch.-A. Domeraur, Bull. Mus. nat. His.
nat., (2) 39 (5), (1967), pp. 829-832, 2 fig. Une femelle type conservée au M.N.H.N.P. sous le
n° A-59.
Terra typica : Massif du Tsaratanana, 2 500 m alt. réc. de R. AzB1GNAc, en novembre 1966
(mission conjointe Armée française/O.R.S.T.O.M.) (carte 12, p. 109).
Dimensions : 110 (66).
FRÉQUENCE. — Seul le type de cette espèce est actuellement connu. Mais
D. Hicenius (1959) signala avoir observé, parmi 8 C. malthe en provenance
du Tsaratanana, au M.N.H.N.P., deux spécimens «aberrants», un mâle et
une femelle, caractérisés l’un et l’autre par la taille des écailles des lobes occi-
pitaux, la présence d’une crête gulaire et une squamation particulière. Il est
possible que ces deux spécimens puissent être rattachés à l’espèce C. {sarata-
nanensis.
Descriprion. — 1. Coloration. — En alcool, la couleur générale est grise
avec des zones plus sombres au niveau de la queue et plus claires sur le dos et
sous le ventre ;
— d’après des photos prises du vivant de l’animal la couleur était brun-
rouge, assez proche de celle des Chamaeleo brevicornis.
2. Ecaillure. — L’écaillure, formée de plaques inégales et irrégulières, sur
la tête et le dessus du corps, devient remarquablement homogène à la partie
inférieure.
Deux points particuliers sont à souligner :
— sur les lobes occipitaux, de chaque côté, s’observent 3 grandes écailles,
dont les deux inférieures, à peu près circulaires, ont 2,5 mm de diamètre, ce
qui en fait les plus grandes écailles de tout le corps ;
— le long de chaque flanc s’observe une série d’écailles, tranchant plus
par leur coloration claire que par leur taille, qui trace une ligne latérale, très
nette sur notre spécimen en alcool.
Source : MNHN, Paris
248 E.-R. BRYGOO
3. Tête. — La tête se caractérise au premier coup d’œil par :
— la présence de lobes occipitaux ;
— la présence d’une crête gulaire bien marquée ;
— l'absence d’épine occipitale, de crêtes osseuses proéminentes et de
rostre ou d’appendice.
Les lobes occipitaux se présentent comme des formations foliacées, arron-
dies, qui partent de l’occiput pour aborder à mi-hauteur la branche montante
de la partie latéro-postérieure et verticale de la tête. Au niveau de l’occiput
ils s’unissent l’un à l’autre sur 1 mm, sans présenter d'incissure nette, leur plus
grande largeur est de 4 mm.
La crête gulaire est formée de 9 cônes aigus, dont le plus grand (4e à partir
du menton) mesure 2 mm.
La crête pariétale, les crêtes latérales et temporales, sont visibles mais leur
relief est à peine indiqué. Les crêtes orbitaires, mieux marquées, se prolongent :
— en arrière, sur 3,5 mm, parallèlement à la crête temporale ;
— en avant, pour devenir les canthirostrales qui s'unissent au-dessus du
museau, sans former de rostre.
4. Corps. — Absence de toute crête dorsale.
DrAGNosE (tabl. 10, p. 93). — Cette espèce se distingue des autres Camé-
léons malgaches à lobes occipitaux bien différenciés par :
— la forme du crâne ;
— l'absence de crête dorsale ;
— l'importance de la crête gulaire ;
— l’écaillure des lobes occipitaux ;
— l'importance de la crête gulaire.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Nous avons, avec la description type, donné une série
de trois dessins.
b) proposée. — Nous proposons (fig. 89) une nouvelle vue d’ensemble du
seul spécimen connu.
REMARQUE. — Le statut de cette espèce ne pourra être défini que lorsque
des récoltes de mâles auront permis de nouvelles comparaisons avec C. malthe.
Peut-être y aura-t-il lieu alors de ne la considérer que comme une sous-espèce
de C. malthe.
Source : MNHN, Paris
249
LE GENRE CHAMAELEO
C
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Source : MNHN, Paris
250 E.-R. BRYGOO
29. — Chamaeleo verrucosus G. Cuvier, 1829
29 a. — Chamaeleo verrucosus verrucosus G. Cuvier, 1829
DESCRIPTION ORIGINALE : 1829, Règne animal, 2e édit., II, p. 60 (Mizrus don.), holotype,
n° 6 635 M.N.H.N.P.
Terra typica: Ile de Bourbon (La Réunion).
Synonvmr, — C. monilifer Boie, 1831, synonymie proposée par J. E. Gray, 1831, p. 53;
nomen nudum in R. MERTENS, 1966.
— C. semicristatus ©. Boettger, 1894, synonymie proposée par D. Hizuenrus, 1959, consi-
déré comme une sous-espèce par R. MerTENs, 1966.
Taxonomir. — 1843, Bradypodion verrucosum L. FirzinGer.
DÉSIGNATION. — Caméléon verruqueux (A. DumÉric et G. BrBroN, 1836 ; C. et A. Dumé-
mi, 1851).
— Beaded chameleon (anglais) (J. E. Gray, 1831).
— The warty chameleon (anglais) (J. E. Gray, 1845).
— Sangorita (malgache) (F. ANGEL, 1942).
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1830, J. WacLen : 163. — 1831, J. E. Gray : 53
et 154. — 1836, A. Duménic et G. Bisron : 3, 210-212, pl. XX VII, fig. 1. — 1843, L. FITzINGER :
43. — 1845, J. E. Gray : 267. — 1851, C. Duméris et A. DuMÉRIL : 32. — 1852, A. DuMÉRIL,
pl. XXIL, fig. 2. — 1863, F. Pouen : 334. — 1864, J. E. Gray : 468-469. — 1869, W. C. H. Pr-
Tes : 12. — 1873, W. Perens : 792, — 1877, O.Boerrcen : 38. — 1880, W. Perens : 508. — 1881,
O. Borrr@er : 477-478. — 1882, O. BoETTGER : 182-183. — 1887, G.-A. BOULENGER : 454. —
1893, O. Bozrrer : 119-120. — 1900, F. Mocquarp : 95. — 1902, F. WERNER : 370-371, 457. —
1902, F. Mocguan» : 6, pl. XXV. — 1909, F. Mocquano : 7. — 1911, F. Wennen : 18-19. — 1913,
P. Merauex et J. Hewirr : 190. — 1913, O. Borrrar : 304 et 371. — 1921, F. ANGEL : 381,
fig. 2. — 1922, W. KAuDERN : 428 (note). — 1931, F. AnGeL : 501. — 1933, R. MERTENS : 266. —
1949, F. ANGEL : 155 et 163-164, pl. VI fig. 3.— 1943, F. ANGEL : 74. — 1950, R. DrcARY : 101. —
1955, H. Marx : 189. — 1959, D. Hixzeius : 21-24. — 1963, D. Hnizenius : 205. — 1963,
J. ArNouLr et R. Baucnor : 225. — 1966, R. MERTENS : 28. — 1968, R. Bouraar et E.-R.
BrY@oo : 419.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récolles. — 1836, A. Dumériz et G. BiBron : Madagascar, 2 spécimens
MM. Quoy et GAIMARD.
— 1843, L. FirziNGer : Afrique, Madagascar, Bourbon.
— 1851, C. et A. DumÉric : Madagascar, M. Forssac.
— 1869, W. Perers : Kanatzi, forêt, côte Ouest.
— 1873, W. Perers : nombreux exemplaires de Nosy Faly (F. POLLEN
réc.).
— 1880, W. Perers : Nord-Ouest de Madagascar (J.-M. HiLDEBRANDT
réc.).
— 1881, O. Borrrcer : 1 F. de Mahazamba (15-1608. ; 47-4800.) envoyée
par RUTENBERG Curisr au Musée de Brême ; signale qu’à sa connaissance n’a
été récolté qu’à Kanatzi (côte Ouest de Madagascar) et par Peters dans le
Nord-Ouest.
— 1887, G.-A. BouLeNGEr : Madagascar, Bourbon, Mauritius ; 1 mâle de
Mauritius C. TELFAIR esq.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 251
— 1893, O. BoerrGer : Majunga ; Kandani (Sud de la baie de Bombe-
toka) ; Marambitsy (Ouest de Madagascar) (A. Vorzrzkow, réc. 1893).
— 1900, F. MocquarD : Morondava, St-Augustin, Belo (G. GRANDIDIER
coll., 1898-1899).
— 1902, F. WerNER : Diégo-Suarez ; le signale encore de Bourbon et
de Maurice.
— 1911, F. WErNER : le signale encore de Bourbon et de Madagascar.
— 1913, P. Merauen et J. Hewirr : Tuléar.
- 1917, O. BogrrGer : Tuléar, Menabe.
— 1931, F. ANGEL (récoltes G. Perir) : Tsivovo, Androka (Pays Mahafaly,
1926), Tuléar, Lavenombato, Vallée du Fiherenana, Lac Ihotry, Ampalaza
(Prov. Tuléar), Anakao (Prov. Tuléar), ajoute à ces localités : Pays Androy (N.),
Isaka (Nord de Fort-Dauphin).
— 1933, R. Mertens (récoltes BLunrscuzt) : Ihosy, Eminiminy,
Amboasary.
— 1942, F. ANGEL ajoute à ces localités : Ambovombe, Vallée de l’'Oni-
lahy ; « a été aussi signalé de l’Ile Maurice et de Bourbon ».
— 1963, J. Arnouzr et R. Baucor : Tamatave, Fénérive, Ampijoroa.
— 1963, E. R. BryGoo : Ikalamavony, Morafenobe, Maintirano, Moron-
dava, Mandritsara, Sakaraha, Tuléar, Ejeda, Tranoroa, Imonti, Ampanihy,
Manambo, Ihosy, Ranohira.
— 1968, E. R. Brycoo : Ihotry, Manja, Tanandava, Morondava, Sakoa,
Lavenombato, Fort-Dauphin.
b) Aire de répartition (carte 19). — Bien que la {erra typica de cette espèce
signalée par G. Cuvrer en 1829 soit l'Ile Bourbon elle ne semble, en fait, n’y
avoir jamais existé, pas plus qu’en Afrique (L. FirziNGEr, 1843) ou à Maurice
(G.-A. BouLenGEr, 1887). Cependant en 1942, F. ANGEL indiquait encore
«a été aussi signalé de l'Ile Maurice et de Bourbon ». Rien ne permet d’étayer
ces affirmations.
À Madagascar même, l’aire de répartition de cette espèce n’est pas connue
avec toute la précision souhaitable. La confusion possible avec C. oustaleli
ne doit faire admettre qu'avec beaucoup de réserves de nombreuses localisa-
tions, ainsi, parmi les plus récentes, celles de J, ArNouzr et R. BAUCHOT qui
signalent des récoltes de Tamatave et de Fénérive (?) Le domaine certain de
l’espèce comprend le Sud et le Sud-Ouest.
FRÉQUENCE. — L'espèce est une des plus abondantes, du moins dans son
domaine du Sud et du Sud-Ouest.
Source : MNHN, Paris
252 E.-R. BRYGOO
e— C. verrucosus
Carte 19, répartition de Chamaeleo verrucosus.
DESCRIPTION.
a) Données antérieures. — En 1829, G. Cuvier (p. 60) décrivait ainsi la
nouvelle espèce :
« Une autre espèce voisine de l’Ile de Bourbon (Cham. verrucosus Cuv.) a des grains plus gros,
épars parmi les autres et une série de verrues parallèle au dos aux deux tiers de la hauteur, Le
capuchon est comme dans la femelle du commun ; les dentelures du dos sont plus fortes ; celles
du ventre sont plus faibles. »
Cette description fut traduite en anglais en 1831 par J. E. Gray.
En 1942, F. ANGEL caractérisait ainsi l’espèce C. verrucosus :
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 253
— casque très élevé, anguleux postérieurement ; crête pariétale forte ;
— écaillure très nettement hétérogène. Une rangée de scutelles latérales,
très agrandies, bien distinctes ; plaques temporales et pariétales très grandes,
plus ou moins bordées de fins granules ;
— crête dorsale formée d’au maximum une quarantaine de tubercules,
les antérieurs aussi hauts ou plus hauts que le tiers du diamètre de l'œil, chez
l'adulte ;
— forte crête gulaire séparée sous la gorge de la crête ventrale.
Hémipénis. — Nous avons, en 1968, étudié, avec R. BourGaT, comparati-
vement la morphologie de l’hémipénis de cette espèce avec celle de celui de
C. oustaleti.
Dimensions maximales signalées. — 1836, A. Dumériz et G. BiBroN :
550 (290). — 1887, G.-A. BouLenGEr : 505 (270). — 1911, F. WERNER :
M. 565 (300). — 1913, P. Meruuex et J. Hewrrr : 22 inch.
b) Spécimens observés. — Nous avons étudié des spécimens de la région
de Tuléar et de Morombe (Tanandava).
1. Aspect général et coloration. — De leur vivant les représentants de cette
espèce ne présentent guère de couleurs vives. La teinte la plus tranchée qu’ils
peuvent prendre semble être un vert clair.
Il n’y a pas de ligne blanche médio-ventrale.
La coloration allie le beige, le gris et le vert, avec une bande claire latérale
et parfois trois disques sombres sur les flancs.
Après la mort, il ne subsiste plus qu’une coloration gris clair avec des
zones foncées d'importance variable.
2. Ecaillure. — L'écaillure est hétérogène avec une ligne de grandes écailles
ou scutelles à mi-flanc, de 2 à 3 mm de diamètre.
3. Dimensions. — Sur 6 mâles particulièrement étudiés, le plus grand
mesurait 415 mm (232) pour un poids de 115 g, le plus petit 146 (78) pour un
poids de 14 g.
Une femelle contenant 11 œufs (6 + 5), dont le plus gros atteignait 10 mm
de long, mesurait 213 (112) et pesait 15 g ; une autre mesurait 173 (90) mm.
4. Tête. — Sans lobes occipitaux ni appendice rostral, la tête ne se carac-
térise que par l'importance de la crête pariétale, le cimier du casque étant
cependant moins élevé que chez C. oustaleti et plus rejeté en arrière : l’angle
occiput-gonion-menton est plus ouvert.
La crête pariétale est mince, tranchante, l’occiput pointu. La crête latérale
se continue par la crête orbitaire, il n’y a pas de véritable crête temporale. Les
canthirostrales se terminent isolément au niveau du museau.
Source : MNHN, Paris
254 E.-R. BRYGOO
C. verrucosus d'
Tanandava
Fig. 90, Chamaeleo v. verrucosus G. Cuvier, vue d'ensemble d'un mâle de Tanandava.
Les écailles du casque sont grandes, ainsi que celles de la région temporale
où plusieurs écailles dépassent 2 mm de diamètre.
La crête gulaire est nette, d'importance variable suivant les sujets, elle
comprend de 15 à 20 cônes, pointus, agrandis, dont la série commence en arrière
du menton.
Source : MNHN, Paris
Lt
9 snsoonua ‘a 09e) “16 “LA
cm
518/C
cé
C: verrucosus
OXTAVNVHO AUNAO AT
Source : MNHN, Paris
256 E.-R. BRYGOO
Chez les femelles la distance qui sépare l’occiput du gonion est inférieure
à celle qui sépare le gonion du menton. Chez les mâles elle est légèrement
supérieure.
5. Corps. — Chez les mâles la crête dorsale est complète, se continuant
même sur la première moitié de la queue mais il existe une différence nette
entre les premiers cônes, grands, espacés et ceux qui les continuent vers la fin
du dos, petits, contigus.
Si l’on compte l'ensemble des cônes entre la nuque et l’aplomb de l'anus,
leur nombre peut atteindre 35. Sur un spécimen de 415 mm de longueur totale,
il y avait 36 cônes, les plus grands avaient 4 mm de haut sur 4 de base.
Chez les femelles, la crête dorsale est réduite à de petits tubercules, 5à8,
de 1 mm de haut sur 1 de base.
La crête ventrale est pratiquement inexistante. On observe parfois une
certaine différenciation des écailles médio-ventrales mais elles sont à peine
plus grandes que leurs voisines.
Sur 7 spécimens du Sud-Ouest, la poche axillaire n’était présente qu’une
seule fois.
Dracnose. — L'identification de cette espèce peut quelquefois poser un
problème. Deux espèces sont à étudier dans ce cadre : C. oustaleti et C. semi-
cristatus. Nous avons déjà longuement traité de la différenciation entre C. verru-
cosus et C. oustaleti, l'élément qui nous semble le plus caractéristique est le
nombre des cônes de la crête dorsale. Chez le mâle, la crête de C. verrucosus
a moins de 40 tubercules, comptés entre la nuque et l’aplomb de l'anus ; il y
en a 45, et plus, chez C. oustaleti. Chez les femelles la différence est encore plus
nette : chez G. ousfaleli la crête dorsale est complète, elle est à peine amorcée
chez C. verrucosus.
La question du diagnostic différentiel avec C. verrucosus semicristatus
sera abordée lors de l’étude de cette sous-espèce.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La première représentation de C. verrucosus fut, semble-
t-il, proposée par A. DumÉRIL et G. Brgron en 1836 (pl. XXVIL fig. 1).
En 1852, A. Dumériz (pl. XXII, fig. 2) en publia une tête, puis en 1902,
F. Werner, également le profil de la tête d’un mâle (fig. 25). F. AnGec, en 1921
fig. 2) et en 1942 (pl. VIT, fig. 3), proposa lui aussi le profil de la tête d’un
GC. verrucosus, reproduite par R. Decary en 1950. Une belle photographie en
couleur sert d'illustration à la brochure publiée par N. KonDo en 1963.
Toutes ces représentations ne concernent, apparemment, que des mâles,
la femelle n’a, semble-t-il, jamais été encore représentée.
b) proposée: Figure 90. — Spécimen mâle de Tanandava (région de
Morombe).
Source : MNHN, Paris
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‘UTYANEG-7104
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verrucosus 9 538/C
C:
LT OHTAVNVHD HUNHO AT
Source : MNHN, Paris
258 E.-R. BRYGOO
Figure 91. — Profil de la tête d’un mâle (518/C) de Bevilany (région de
Fort-Dauphin), 12.68, dont la crête dorsale comprenait 35 cônes, le plus grand
mesurant 4 mm de haut pour 3 de base.
Figure 92. — Vue d’ensemble d’une femelle (538/C), de la sous-préfecture
de Fort-Dauphin, mesurant 255 (130) mm. La crête dorsale ne compte que
10 cônes dont les plus grands n’atteignent pas 2 mm de haut. Ce spécimen est
très proche du C. semicristatus.
Figure 93. — Profil de la tête d'une femelle (557/C) en provenance de
Tanandava.
Remarque. — L. Arvy (1964) étudia sur cette espèce le dimorphisme
sexuel rénal.
29 b. — Chamaeleo verrucosus semicristatus O. Boettger, 1894
DESGRIPTIONS ORIGINALES : a) femelle, 1894, O. BorrrGer, Zool. Anz., 17, p. 445, 138 (une
femelle), holotype S.M. 16 371.
Terra typica: Pointe Sud de Madagascar, C. BraNcsix coll., 1893.
Dimensions : 280 (45).
b) mâle, 1913, O. Bosrrarr, in A. Vorcrzxow, Reise in Ostafrika, 3, p. 305.
Synonvmre. — ? C. melanocephalus sensu F. Mocquann, 1899-1900.
— C. verrucosus pour D. Euizenivs, 1959.
— C. verrucosus semicristatus pour R. MerTEns, 1966.
Désinarton. — Sangorita (malgache) (F. ANGEL, 1942).
ETUDES ULTÉRIEURES. — 1899-1900, F. MocquarD (C. melanocephalus): 95. — 1902,
F. Werner : 373-374 et 458, pl. XXI. — 1902, F. MocquanD : 6. — 1911, F. WERNE: .
1921, F. ANGEL : 330. — 1931, F. ANGEL : 502. — 1942, F. AnGeL : 155 et 161-162. — 1959,
D. Hiirenius : 21-23. — 1966, R. MERTENS : 28.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1902, F. Werner : Une femelle de Fort-Dauphin (Musée de
Vienne).
— 1913, O. BoerrTcer : Andranohinaly (Sud-Ouest) : Tulear (2 femelles).
— 1931, F. ANGEL (récoltes G. Perir) : Tulear ; Lac Ihotry ; Lavenom-
bato (Tulear) ; Ianzamaly (vallée du Fiherenana) ; Beheloka (Tulear) ; Anakao
(Tulear).
— 1942, F. ANGEL y ajoute : Belo, Ambolisatra, Isaka, Fort-Dauphin.
FRÉQUENCE. — En 1911, F. WERNER indiquait que seules deux femelles
étaient connues.
Descriprions. — En 1894, O. BorrGer, après quelques lignes d’une
diagnose latine, décrivait ainsi, en détails, l'espèce C. semicristatus :
Source : MNHN, Paris
69G
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 261
« Helm schmal, hinten stumpf zugespitz und verrundet, mässig in die Hôhe gezogen :
Parietalkamm niedrig, aber kräftig, schneiden, fast geradlinig ; Abstand zwischen der Rachen-
commissur und der Helmspitze so gross wie die Maulspaltenlänge. Seitenkämme um den ganzen
Kopfherum deutlich, längs der Canthi rostrales kräfti jert und hier von grosse, conischen
Tuberkeln gebildet ; vorn nähern sich die in gleichmässiger Krümmung nach vorn verlaufenden
Schnauzenkanten kurz vor der Schnauzenspitz, ohne sich zu vereinigen und ohne einen Rostral-
fortsatz zu bilden. Die Frontalregion ist der Länge nach tief ausgehôhlt, die Parietalgegend links
und rechts vom Kammes leicht gewühlbt (nicht vom Kamm aus steil abschüssig wie bei Ch. Ous-
taleti Mocqu.). Kofschuppen gross, am grüssten in der Mitte des Interorbitalraumes und je in der
Mitte der Hinterhauptsseiten ; Temporalgegend wenig ausgedehn, fast ganz durch fünf bis sechs
auffallend grosse, runde Schildschuppen eingenommen ; keine Spur von Hinterhauptslappen.
Rumpf und Gliedmassen mit sehr ungleichen Granulations-schuppen gedeckt, dit mit zahlreichen,
grésseren, gewôlbten Tuberkeln auf der Dorsolaterallinie. Rückenkamm nur vorn deutlich, aus
sechs bis sieben conischen, erhobenen, weit von einander abstehenden Tuberkeln im ersten
Rumpfdrittel bestehend ; statt der Tuberkel in den zwei letzen Rumpfdritteln nur etwa 18 grôs-
sere, scharf gekielte Schuppen auf der Rückenfirste ; Schwanzkamm deutlich, fein sägezähnig.
Kinnmitte mit einem Kamm von 18 verlängert conischen, spitzen Tuberkeln ; Bauchkamm voll-
kommen fehlend. Keïne Spur von Achseltaschen ; kein Tarsalsporn. Schwanz etwas länger als
Kopf und Rumpf zuzammen,
Blauschwarz mit einem breiten gelblichen Längswisch an den Kôrperseiten ; inder Tiefe
der Kôrperrunzeln, namentlich in der Kehlgegend, ist vielfach blutrothe Färbung zu bemerken. »
En 1913, O. Borrrcer décrivait ainsi le mâle de C. semicristatus :
«Ich glaube im vorliegenden erwachesenen 5 zum erstenmal das 4 dieser Art unter den
Händen zu haben. Es unterscheïdet sich von 9 durch hôherem Helm, der um 1/3 länger (von der
Helmspitze zur Rachenkommissur gemessen) ist als die Maulspalte, durch deutlichen, nur an
der Brust und zwichen Nabel und After fehlenden, aus einer Schuppenreihe gebildeten Bauch-
kamm und durch den über 2/3 des Rückens ziehenden hôheren und längeren Rückenkamm.
Der Kehlkamm trägt wie beim © 18 spitze Dornschuppen der Rückenkamm, bei dem
anfangs gleichgrosse Tuberkelspitzen, dann je zwei abwechselnd kleinere und grüssere und gegen
die Rückenmitte hin immer je 3 an grôsse zunehmende Tuberkelspitzen zu bemerken sind, zählt
etwa 17 grôssere Kegelspitzen, von denen die 9-10 vordesren sich aus 3-4 Querwülsten zusammen-
gesetzt zeigen, so dass sie wie aus Stockwerken auf gebaut erscheinen. Der Schwanz ist bemer-
kenswert lang und durch zahlreiche wellenfürmig laufende lange Längsreïhen schwarzer runder
Kärner auf hellem Grunde sehr zierlich gezeichnet. »
Il s'agissait d’un mâle d’Andranohinaly (Sud-Ouest) mesurant 252 (142).
En 1942, F. ANGEL retenait comme caractéristiques les éléments suivants :
— casque peu ou moyennement élevé ; crête pariétale basse, mais forte,
presque rectiligne ;
— écaillure hétérogène, avec une rangée de plus grands tubercules sur
les côtés ;
— crête vertébrale faible, distincte seulement sur les deux tiers antérieurs
du dos, composée de 6 à 20 tubercules coniques également distants les uns des
autres ou alternant en grands et petits ;
— crête ventrale absente ou parfois partiellement indiquée vers le milieu
du ventre seulement ;
— souvent une large bande jaunâtre, continue ou formée de taches, sur
laquelle se trouvent les tubercules agrandis.
PosiTION SYSTÉMATIQUE. — En 1894, O. BoETTGER caractérisait l'espèce
par
— l'absence de crête ventrale ;
Source : MNHN, Paris
262 E.-R. BRYGOO
— la présence d’une crête dorsale distincte seulement sur la première
partie du corps.
En 1913, décrivant le mâle O. Borr@er écrivait (p. 305) :
« Unterscheïdet sich von Gh. verrucosus Cuv. durch halbe grôsse, geradlinigen Parietal-
kamm, Canthus rostralis mit schwächer entwickelten Tuberkeln, hinten mehr seitlich zusammen-
gedrückten und mehr zugespitzen Helm, einen nur in den ersten zwei Rumpfdritteln deutlich
vergrôsserten Rückenkamm und nur 15-18 grôssere Rückentuberkel. Der Schwanz ist länger als
Kopf und Rumpf, und eine helle Dorsolaterallinie ist vorhanden. »
F. ANGEL (1931) :
« Cette espèce est extrêmement voisine de Chamaeleo verrucosus dont elle ne représente
peut-être qu’une variété localisée dans le Sud-Ouest de Madagascar. »
En 1942 F. AnGer semble admettre la validité de l'espèce tout en signalant
qu’elle présente « le plus d’affinités » avec Ch. verrucosus.
En 1959, D. Hizcenrus, après une étude particulièrement serrée en arrive
à la conclusion suivante :
« It seems clear to me that Ch. semicristatus (Boettger, 1894) is a synonym of Ch. verrucosus
Cuvier, 1829. The original description of Ch. verrucosus is the description of a male specimen,
that of Ch. semicristatus is of a female. »
Le seul reproche que l’on puisse faire à son argumentation est le fait qu'il
semble avoir négligé la description du mâle de C. semicristatus donnée par
©. BoerrGer en 1913.
En 1966, R. MerTENS ramène C. semicrislatus au rang de sous-espèce de
C. verrucosus.
Nous avons examiné au M.N.H.N.P. les 31 spécimens qui sont rangés sous
l'étiquette C. semicristatus. Pour tous il s’agit soit de juvéniles soit de femelles,
ce qu'avait bien vu D. Hizcentus. L'un d’eux est particulièrement intéressant,
le n° 01 127 récolté par Ch. AzLuauD à Isaka, car il avait été d’abord enregistré
comme C. melanocephalus. Un autre spécimen, n° 1961 621, sans localité d’ori-
gine, est selon nous une femelle de C. oustaleti, mais à cette seule exception
près, tous les autres spécimens sont, pour nous, des juvéniles ou des femelles
d’authentiques C. verrucosus.
Nous sommes donc tout disposé à admettre le point de vue de D. HiLLE-
xius et à placer C. semicristatus dans la synonymie de C. verrucosus. Toutefois,
afin de ne pas modifier une fois encore la place de ce taxon nous proposons
de lui conserver, pour le moment, le statut de sous-espèce jusqu’à ce qu’une
étude précise de la population des C. verrucosus, sensu lato, de l'extrême Sud
de Madagascar ait permis de mieux connaître les limites de variations de
l’espèce C. verrucosus.
Iconographie. — La seule représentation de cette sous-espèce est, croyons-
nous, celle qu’en donna F. Werner en 1902 (pl. XXI), un profil entier, d’après
le type du Musée Senckenberg à Francfort-sur-le-Main. Nous proposons une
reproduction de ce dessin (fig. 94).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 263
30. — Chamaeleo willsii A. Günther 1890
30 a. — Chamaeleo willsii willsii A. Günther 1890
DescriprioN ORIGINALE : 1890, À. GüNruer, Ann. Mag. nat. Hist., (6) 5, p. 71, pl. VI.
a) Spécimens. — Deux mâles et deux femelles récoltés par le Rév. James Wizzs dans le
district forestier, à l’Est de l’Imerina.
b) Terra {ypica. — Région forestière à l'Est de l’Imerina.
c) Dimensions. — M. 6 } (3 4) inch. ; F. 4 4 (24) inch.
ETUDES ET MENTIONS ULTÉRIEURES. — 1893, O. BoeTT@En : 121. — 1902, F. WERNER :
413-414. — 1909, F, MocquaRn : 8. — 1911, F. WERNER : 29. — 1913, O. BorrrG@Enr : 372. — 1921,
F. ANG 408.— 1930, F. ANGEL : 115. — 1931, F. ANGEL : 505. — 1942, F. ANGEL : 158 et 173,
pl. VIL fig. 7et 7 a. — 1959, D. Hizzenius : 36-38. — 1960, R. Marrney et J. van BRiNK : 335. —
1963, D. Hienius : 206. — 1966, E. R. Brycoo et Ch.-A. DomMERGUE : 353-358, fig. 1 (hémi-
pénis). — 1966, R. MERTENS : 29, — 1966, J.-P. Urnous. — 1969, S. PARCHER : fig.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1893, O. BoETTGER : Tananarive (F. Sikora leg.).
— 1902, F. WERNER : Ambohimitombo (forêts).
— 1930, F. AxGeL : Massif de l’Ikongo (en forêt, alt. 900-1 000 m, X-1927).
— 1931, F. AnGeL : Région de Rogez (G. Perir réc.).
— 1948, J. MizLor : un spécimen de l'Ankarafantsika (M.N.H.N.P. 57 114).
— 1963, E. R. Brycoo : Ambavaniasy.
— 1966, E. R. Brycoo et Ch.-A. DoMERGuUE : Périnet et Ambavaniasy
(région de Moramanga) nombreux spécimens.
— 1968, E. R. BryGoo : 1 femelle d’Ambatolampy (BRUNES réc. X-1967);
La Mandraka.
b) Aire de répartition (carte 20). — L'aire de répartition de cette espèce
serait homogène et localisée à la zone centrale de la forêt orientale si une récolte
de J. Mirror en 1948, dans l’Ankarafantsika, ne venait l’étendre considéra-
blement vers le Nord-Ouest. Nous avons examiné ce spécimen, il est apparem-
ment typique de l’espèce et nous ne suivons pas D. HizLENIUS qui le considérait
comme aberrant. Il est à souhaiter que d’autres récoltes viennent confirmer
cette localisation insolite. Une récolte à Ambatolampy montre que l'espèce
subsiste dans les restes forestiers des Hauts Plateaux.
FRÉQUENGE. — L'espèce peut être considérée comme abondante à Périnet.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — À. Günrer décrivait ainsi, en 1890, la nouvelle
espèce :
«This species is closely allied to Chamaeleon minor (.. .) but differs by its broader head,
which is quite flat between the orbits in the female, and very slightly concave in the male, whilst
Source : MNHN, Paris
264 E.-R. BRYGOO
m—C. willsi petteri
Carte 20, répartition de Chamaeleo w. willsii et C. w. pelteri.
in Chamaeleon minor the upperside of the head is deeply concave in both sexe. Snout of the adult
male produced into two flat compressed horns, divergent in front and covered with large scutes,
of which one in the middle of the upper edge projects like a prong ; the horns are much less
approximate at the base than in Chamaeleo minor; they are, as usual, absent in the female.
Occipital region with a rounded margin behind, without any prominent parietal crest, which in
Chamaeleon minor is rather conspicuous. No lateral occipital flaps. À dorsal crest is present in
the male only, and consists of a few conical tubercles which occupy the nape of the neck. No
gular nor ventral median series of tubercles. Head covered with small, flat, irregular scutes ;
seutes of the body uniform, flat, scarcely smaller than those of the head, but much larger than
in Chamaeleon minor. Heel without spur or prominence.
Dark greenish or yellowish, with a white streak along the mesian line of the throat and
abdomen ; a narrow yellow ring round the middle of the foot ; a similar marking is indicated by
one or two small spots on the hand, female with an interrupted yellow line along the hinder side
of the hind limb and continued for a short distance on each side of the tail.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 265
En 1942, F. ANGEL retenait les caractères morphologiques suivants pour
définir cette espèce :
— l’appendice rostral double et osseux chez le mâle, avec des éléments
comprimés, divergents, écartés à la base ;
— crête latérale entourant le bord postérieur du casque qui est plat, large,
arrondi postérieurement, peu ou pas élevé ;
— une bande blanche longitudinale sur le milieu du ventre sans autre
bande latérale ;
— canthus supraciliaire plat, non denticulé ;
— moins de 48 granules sur une ligne transversale entre le dos et le milieu
du ventre;
— crête dorsale, formée, chez le mâle, de quelques tubercules isolés sur
la nuque, absente ou faible chez la femelle.
Il précisait également que la présence d’une bague jaune sur les orteils ne
pouvait être considérée comme un caractère constant.
De son côté, D. Hizcenrus (1959) donnait de l’espèce la description
suivante :
« Ch. willsi in most cases has an indication of a parietal crest, squamation slightly hetero-
geneous with groups of scales more or less arranged in rosettes, especially just behind the forelegs,
ventral crest sometimes combined with a gular crest, both poorly developed, no lateral white
bands, a single midventral white line, a pair of white lines under the tail, rostral protuberances
pointed at the end, parallel or divergent, no axillary pits, no crest on the tail, the number of
scales on the flank, counted on a vertical line from middorsal to midventral, varies between
44 and 50 (average 46.2) the number of scales between parietal crest and lateral crest varies
between 5 and 7 (average 6.17). »
Chromosomes. — En 1960 R. Marruey et J. van BRINK décrivaient ainsi
le génome de C. willsit:
« Le tableau chromosomique de cette espèce malgache est assez original qui présente une
série de 14 V suivie d’une série de 14 m.
La septième paire de V étant formée d'éléments relativement très petits (1,2 u) et le premier
couple de m, de chromosomes relativement grands (0,8 ), la distinction entre M et m est moins
tranchée que dans une formule continentale typique.
La métaphase I confirme ces données et les tétrades ont, en outre, une particularité que
je n’ai observée que dans cette espèce, soit la localisation proximale des chiasmas qui, pour plu-
sieurs bivalents, n’ont encore esquissé aucune terminalisation au moment de la métaphase. »
Dimensions maximales signalées. — 1902, F. Werner : M. 163 (88);
F. 113 (56). — 1911, F. Werner : M. 165 (89) ; F. 114 (57). — 1966, E. R. Bv-
Goo et Ch.-A. DomMERGUE : F. 145 (70).
b) Spécimens observés. — Nous avons déjà, en 1966 avec Ch.-A. Do-
MERGUE, donné une description détaillée de cette espèce, nous utiliserons ce
travail en le complétant éventuellement par quelques observations. Nous
disposons de 8 mâles et 8 femelles.
Source : MNHN, Paris
266 E.-R. BRYGOO
1. Aspect général et coloration. — L'aspect général de ce petit Caméléon
est très caractéristique. Le mâle, comme la femelle, ne présente que peu de
variations. C’est à notre avis la plus belle des espèces de Caméléons malgaches.
0 3em
c. willsi d 471/c Es
Fig. 95, Chamaeleo w. willsii A. Günther, vue d'ensemble d’un mâle.
La coloration du mâle est habituellement vert foncé avec quelques marques
plus claires ; labiales supérieures blanches, écailles au début de la ligne verté-
brale au-dessus de l'épaule. La femelle a une coloration beaucoup plus variable
avec des séries de points jaunes et blancs alignées, le long des flancs, en bandes
obliques parallèles, dirigées de haut en bas et d’arrière en avant.
Tous les spécimens présentent une ligne ventrale blanche bien marquée
mais qui ne commence que nettement en arrière du menton. Chez 15 des
Source : MNHN, Paris
()
A
SITE 17
DIRE
OATAVNVHO AUN4O 41
gd 255/c
C: willsi
Source: MNHN, Paris.
268 E.-R. BRYGOO
16 spécimens s’observe à la base des orteils une marque jaune, rectiligne, trans-
versale, bien visible sur le vivant mais qui peut disparaître en alcool.
Chez la plupart des spécimens on note la présence de lignes sous-caudales,
bien marquées, de part et d'autre de la base de la queue. Elles se prolongent
sur une plus ou moins grande partie de la queue.
2. Ecaillure. — Le tégument de cette espèce est remarquablement doux
au toucher. Il est formé d’écailles homogènes. D. HILLENIUS (1959) le consi-
dérait comme «légèrement hétérogène ». Nous n'avons observé chez aucun
de nos spécimens les «rosettes » caractéristiques de l’espèce bifidus et que
D. Hizzenius notait comme faiblement développées chez tous les spécimens (6)
qu’il observait.
Le nombre des écailles, sur une ligne allant des vertèbres à la ligne ven-
trale, au milieu du corps, variait dans notre série de 40 à 51.
3. Dimensions. — Pour les 8 mâles adultes observés les dimensions
variaient de 110 à 170 mm, ce dernier, dont la queue mesurait 96 mm, récolté
à la Mandraka (716/C), est vraisemblablement le plus grand connu. Pour les 7
dont la queue était complète, celle-ci était nettement plus longue que le reste
du corps.
Les 8 femelles dont les dimensions totales variaient de 123 à 145 mm,
étaient toutes plus grandes que ne l'indiquait F. ANGEL : 113 mm ; pour toutes
la longueur de la queue était au plus égale à celle du reste du corps.
Le poids, cherché sur 10 spécimens, variait de 4 g (1 mâle de 110 mm)
à 11 g (1 mâle de 150 mm).
4. Tête. — Aussi bien chez les mâles que chez les femelles on peut, sur
certains spécimens déshydratés, noter une ébauche de crête pariétale. Mais
chez tous, la bordure postérieure du crâne, observée en vue apicale, montre un
arrondi régulier.
Les «taches rostrales » dont nous signalions la présence irrégulière, au
niveau du museau, à la base du rostre, sous forme de deux petites taches
rondes, de moins de 2 mm de diamètre chacune, correspondent à des artefacts ;
elles traduisent des modifications post-mortem au niveau des fosses nasales.
Nous les avons retrouvées chez d’autres espèces, toujours sur des sujets morts.
Chez les femelles il n’existe pas trace de formation rostrale, les canthiros-
trales s’effacent au niveau du museau.
Chez les mâles les appendices rostraux sont doubles, osseux, comprimés
latéralement, écartés à la base, nettement divergents, pointus à leur extrémité.
Le bord supérieur de chaque appendice peut être irrégulier. La taille de ces
appendices, mesurée à partir du museau, peut varier de 5 à 10 mm.
Il n’y a pas de lobe occipital ni de véritable crête gulaire. Tout au plus
les écailles blanches de la ligne axiale gulaire peuvent-elles être légèrement en
relief. C’est sans doute pourquoi D. Hiccenrus signalait « parfois une crête
gulaire faiblement développée ».
Source : MNHN, Paris |
LE GENRE CHAMAELEO 269
5. Corps. — La crête dorsale est toujours à peine marquée. On peut
cependant individualiser quelques tubercules plus importants que les autres
à la partie antérieure, singulièrement chez les mâles. Dans notre série, le nombre
de ces tubercules variait, chez les mâles, de 3 à 8 et chez les femelles de 0 à 2.
RAR 0 4cm
C: willsi QU '5557C ER Re en fe Ni)
Fig. 97, Chamaeleo w. willsii A. Günther, vue d’ensemble d’une femelle.
Il n’y a pas de crête ventrale mais, parfois, comme pour la « crête » gulaire,
une certaine hypertrophie des cônes de la ligne blanche.
Aucun des 16 spécimens ne présente de fossette axillaire.
Source : MNHN, Paris
270 E.-R. BRYGOO
6. Hémipénis. — Nous avons, en 1966, donné un dessin de l’hémipénis de
C. willsii.
Sur un spécimen de 152 mm (70), dont les appendices mesuraient 10 mm,
les hémipénis développés mesuraient 18 et 16 mm; sur un autre de 140 ils
mesuraient 13 mm.
Chaque hémipénis comprend deux lobes antérieurs (sternaux) subhémi-
sphériques que termine une cupule ou calice, à bord denticulé, flanquée, en
position latérale externe, par un complexe formé de 4 à 5 lames épineuses. En
arrière de chaque lobe, en position post-apicale, s’observe une oreille posté-
rieure denticulée et, à la base du lobe, en position sternale, une barbule ou
languette simple. Les faces tergale et latérales du corps sont couvertes par un
réseau de grandes cellules polygonales ; le sillon est largement ouvert.
Diacnose. — Décrivant la nouvelle espèce A. GÜNTHER en 1890 écrivait :
« Closely allied to C. minor. » L'identification en est facile, c’est le plus commun
des Caméléons bicornes de petite taille ; mais seul le mâle est porteur de ces
appendices.
Nous avons, au chapitre C. bifidus, donné avec le tableau 8 (p. 75), une
récapitulation des caractères différentiels.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Avec la description originale, À. GÜNTHER, en 1890, donna
une représentation du profil du mâle et de la femelle dans leur ensemble ainsi
qu’une vue apicale de la tête des deux sexes. Ce n’est qu’en 1942 que fut pro-
posée une seconde illustration, par F. ANGEL 1. VIL fig. 7 et 7 a) avec la vue
latérale de la tête d’un mâle et d’une femelle. Malheureusement cette dernière
n’est absolument pas reconnaissable. S. PARCHER (1969) a donné une bonne
photographie d’un mâle.
b) proposée : Figure 95. — Mâle 471/C de Périnet, récolté en mars 1968,
mesurant 128 mm de longueur totale dont 68 pour la queue, le rostre débordant
de 5 mm l'extrémité du museau.
Figure 96. — Mâle 255/C, de Périnet, récolté en novembre 1964, mesurant
140 mm dont 84 de queue.
Figure 97. — Femelle 555/C de Périnet, récoltée en mars 1963, pesant 8 g,
mesurant 145 mm dont 70 de queue.
Figure 98. — Femelle 520/C de Périnet mesurant 118 (66).
30 b. — Chamaeleo willsii petteri E. R. Brygoo et Ch.-A. Domergue, 1966
DESCRIPTIONS ORIGINALES : a) Femelle, 1966, E. R. BrvGoo et Ch.-A. Domenqur, Bull.
Mus. nat. Hist. nat., 2° Ser., 38, (4), pp. 353-361.
1) Spécimens. — Deux spécimens récoltés l’un par J. J. Perren en janvier 1966, en bordure
Est du Massif de l'Ankarana, au km 105 de la route de Diégo-Suarez, l'autre par J. M. Berscn, à
Source : MNHN, Paris
aruwey aun,p 2197 EL 2p (WOIT Un *V
10 ‘M 072DUDU) (86 ‘BL
1744
OATAVNVHO AUNAO AT
st
520/C
9
C. willsii
Source : MNHN, Paris
272 E.-R. BRYGOO
Joffreville, forêt de M. Bruelle, le 9-XI1-1965. Le premier (holotype) est conservé au M.N.H.P.
sous le n° A-47.
2) Terra typica. — Massif de l'Ankarana.
3) Dimensions. — 141 (70).
b) Mûte, 1968, E. R. Bryaoo et Ch.-A. DOMERGUE.
1) Spécimen. — Un spécimen récolté le 23 décembre 1967 au Parc national de Joffreville
(Diégo-Suarez) par A. PEYRIERAS, n° À. 115 M.N.H.N.P.
2) Dimensions. — 168 (78).
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — Outre les types, nous avons examiné un nouveau spécimen
mâle (Mme VuiLLemin réc.) de Diégo-Suarez.
b) Aire de répartition (carte 20, p. 264). — Le domaine géographique de
cette sous-espèce est, pour le moment, localisé à la terra typica : Massif del’Anka-
rana, à Joffreville et à Diégo-Suarez, c'est-à-dire à l'extrême Nord de Madagascar.
FRÉQUENCE. — Seuls deux femelles et deux mâles ont pu, jusqu’à présent,
être récoltés.
Descriprions. — Nous reprenons les descriptions types données en 1966
et 1968 avec Ch.-A. DomerGuE en y incorporant les observations faites sur la
nouvelle récolte.
1. Aspect général et coloration.
Sur le vivant. — Coloration d'ensemble verte avec une ligne ou bande
blanche ventrale, commençant en arrière du menton pour se terminer à l’anus
et une ébauche de double ligne blanche à la face postérieure des cuisses qui se
prolonge sous la base de la queue.
Chez le mâle on observe en outre :
_— une mince ligne blanche latérale à mi-hauteur des flancs ;
— des labiales supérieures blanches.
Chez les femelles on note :
__ 9 taches latérales mauves, de 3 mm de diamètre, au niveau de la région
antérieure des flancs ;
— la région préfrontale violacée ;
_— une large marque rouge, en losange, au niveau de la région fronto-
pariétale ;
__ une coloration mauve violacée de la partie antérieure de la ligne
dorsale ;
__ une alternance de bandes vertes et jaunes dans la région gulaire ;
__ au niveau des orteils externes, une marque blanc-jaunâtre en chevron.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 273
0 2cm
C2 WillsiMpettenitl} di 0532/c) Me 5;
Fig. 99, Chamaeleo willsit petteri E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, vue d'ensemble d’un mâle.
En alcool. — Persistance chez les femelles de la tache rouge céphalique,
des bagues des orteils et de la ligne blanche médio-ventrale, le reste du corps
prend un aspect gris-bleuâtre. Chez le mâle, même coloration d'ensemble gris-
bleuâtre, avec persistance de la ligne blanche abdominale et d’une ébauche de
ligne latérale.
2. Ecaillure. — L'écaillure est homogène, sans rosace. Chez les femelles :
54 et 59 écailles sur les flancs, 59 et 62 chez les mâles.
3. Dimensions. — Nous avons rappelé plus haut les dimensions des types.
La 2e femelle mesurait 117 mm (60), le 2e mâle 125 (60).
4. Tête. — Il n'y a ni crête gulaire ni lobes occipitaux, mêmes ébauchés.
Source : MNHN, Paris
274 E.-R. BRYGOO
Le casque est bas, la crête pariétale à peine ébauchée. En arrière le crâne
montre une amorce de pointe occipitale.
Le canthus supraciliaire est plat.
Chez la femelle, les canthirostrales ne sont pas surélevées, il n’y a pas trace
d’appendice rostral.
Chez le mâle, on observe deux appendices rostraux, osseux, de grandes
dimensions : 9 mm de la pointe du museau à l’apex avec une hauteur (largeur)
de 4 mm à la base et de 3 mm à 2 mm de l’extrémité chez le type, 8 mm de
long chez le nouveau spécimen.
En vue apicale ces deux appendices ont des bords externes parallèles
tandis que les bords internes forment un V à ouverture antérieure.
En vue latérale la direction générale des appendices est légèrement oblique
en haut et en avant et leurs bords, sont, sur la plus grande partie de leur lon-
gueur, à peu près parallèles. Les appendices sont recouverts d’un tégument
lisse, avec écailles agrandies.
5. Corps. — Il n’y a ni crête dorsale ni crête ventrale. La discrète hyper-
trophie des premières écailles en arrière de la nuque ne peut même pas être
considérée comme un début de crête dorsale. Seul 1 des 4 spécimens a une
poche axillaire.
6. Hémipénis. — La forme générale de l’hémipénis de C. w. pelteri est
semblable à celle de C. w. willsit. Nous y retrouvons les deux lobes antérieurs
(sternaux) que termine une cupule ou calice, à bord denticulé, flanquée, en
position latérale externe, par un complexe formé de 4 à 5 lames épineuses. En
arrière de chaque lobe, en position post-apicale, s’observe une oreille posté-
rieure denticulée et, à la base du lobe, en position sternale, une barbule ou
languette simple. Les faces tergale et latérales du corps sont couvertes par
un réseau de grandes cellules polygonales ; le sillon est largement ouvert.
L'organe, chez le type, a une longueur de 15 à 17 mm, soit 1/5° du corps.
Dracnose. — Dans l’état actuel de nos connaissances les spécimens de
la sous-espèce se différencient des représentants de la sous-espèce nominative
par:
— une écaillure plus fine ;
— une ébauche de pointe occipitale.
Chez le mâle la forme des appendices rostraux les rapproche, à la taille
près, plus de ceux de C. bifidus que de ceux de C. willsii sensu stricto.
Pour le reste la diagnose se résume aux rapports avec C. minor et C. bifidus.
Nous en avons présenté les éléments dans le tableau 8 (p. 75).
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — La description type ne s'accompagnait d'aucun dessin.
En 1968, nous avons donné les premiers dessins du mâle.
Source : MNHN, Paris
SL&
OMTIAVNVHO AUNHD HI
etteri
C: willsii
Source: MNHN, Paris.
276 E.-R. BRYGOO
b) proposée: Figures 99 et 100. — Deux représentations du nouveau
spécimen mâle 532/C.
Figure 101. — Première représentation du profil de la femelle, type de la
sous-espèce.
5.2. — AuTREs CAMÉLÉONS SIGNALÉS DE MADAGASCAR
Un certain nombre d'espèces de Caméléons furent, à un moment ouàun
autre, signalées comme appartenant à la faune malgache mais elles ne sont
plus retenues par les auteurs des dernières révisions. Ce sont :
— C. calyptratus, C. calcaratus et C. calcarifer, le même spécimen ayant
successivement été désigné par ces trois noms ;
— C. cephalolepis, Caméléon des Comores qui sera étudié au chapitre
suivant ;
— C. jacksonü ;
— C. melanocephalus ;
— C. monachus.
*
xx
C. calyptratus C. et A. Duméril, 1851.
C. calcaratus W. Peters, 1870 (non C. calcaratus Merrem, 1820).
C. calcarifer W. Peters, 1871.
Le problème posé par l’espèce C. calcarifer W. Peters, 1871, n’est pas encore
résolu. Une étude détaillée de la question fut faite par D. Hizzenius en 1966.
En 1854, W. Perers signala la récolte d’un C. calyptratus « Westküste
von Madagasar (sic) (Bay Bembatuka) ».
L'espèce C. calyptratus avait été décrite par C. et A. DumÉriL en 1851
(Cat. méth. Rept., p. 31), sans indication d’origine (*) mais l’année suivante
A. Dumériz indiquait « Région du Nil».
Tenant compte de la récolte de W. Perers, F. PoLcen, en 1863, puis
J. E. Gray, en 1864, signalèrent C. calyptratus comme de Madagascar. Toute-
fois ce dernier précisait : «I only know this species from the description of
M.-A. Duméril. »
En 1870, W. Perers considéra qu'il s'agissait en fait du type d’une nou-
velle espèce qu'il nomma C. calcaratus :
«Das einzige Exemplar stammt aus Bembatuka (West-Küste von Mada-
gascar) wo es im November 1843 von meinem Freunde F. BARNARD gefangen
wurde. »
Mais W. Perers s'étant rendu compte que le nom de calcaralus avait été
employé par MERREM dès 1820, il nomma, en 1871, son Caméléon C. calcarifer.
sn (23) Contrairement à ce qu’écrit D. Hizzenrus (1966) mais comme l’a bien noté R. MERTENS
(1966).
Source : MNHN, Paris
PU aun,p 9191 EL ep [UOAd ‘onFHoUtOG *Y ‘UD 19 00BLAI “AI ‘ET M27J0d
02DUDUD LOT “BU
LLT OATAVNVHO HUNAHD AT
cm
9 321/C
etteri
C- willsii
Source : MNHN, Paris
278 E.-R. BRYGOO
En 1877, O. Bogrreer citant J. E. Gray (1864) signale encore l'espèce
C. calyptratus comme de Madagascar en précisant « West-Küste », mais il y
ajoute C. calcaratus Peters sans se rendre compte qu’il s’agit de la même
récolte.
Puis les auteurs ne considérèrent plus cette espèce comme appartenant
à la faune malgache, estimant erroné le lieu de récolte.
Après une étude particulièrement poussée d’une importante série de
Caméléons d'Arabie D. Hicenius (1966) en arrive à la conclusion que le
C. calcarifer, dont seul le type est encore connu, présente un mélange de carac-
tères de C. chamaeleon arabicus et de C. calyptratus tandis que pas un seul
caractère ne peut être mentionné comme typique de cette seule forme :
«Probably it is to be considered a hybrid of these two species, though the
provenance is unknown. »
Préalablement D. Hizcenius avait noté : « Theoretically the possibility
exists that Ch. calcarifer is not a South Arabian chameleon, as it was caught
in Bombatoka. But — added to the ressemblance with both Ch. calyptratus
and Ch. arabicus — I think that Anderson’s reasoning about the South Arabian
origin is right. »
C. jacksonii G. A. Boulenger, 1896 (fig. 102)
Description originale : 1896, G.-A. Bouzenaer, Ann. Mag. nat. Hist., (6) 17, p. 376.
Terra typica. — Uganda, précisée ultérieurement en Kikuyu by Nairobi, Kenya.
Fig. 102, Chamaeleo jacksoni G. A. Boulenger © (d’après F. WEerRNER, 1902, pl. 26).
Rapports avec Madagascar. — Selon F. ANGEL (1921, p. 328 et p. 406),
O. BogrrGer aurait, en 1908, signalé cette espèce comme de Madagascar.
Les auteurs ultérieurs n’en font plus mention.
Source : MNHN, Paris
Paris.
Source : MNHN,
“(88T *SWNLEA “AA SQUde,p) 519304 A d2/Papn9 ogavumyt) “EOT “BL
6L& OHTAVKVHO HUNHD 471
280 E.-R. BRYGOO
C. melanocephalus (J. E. Gray, 1865) (fig. 104)
Description originale : 1864, J. E. GRAY, Proc. z0ol. Soc. London, 1864, p. 474.
Terra typica. — Port Natal (Microsaura melanocephala).
Synonyme. — 1911, C. melanocephalus : F. Werner, 1911.
— 1959, C. pumilus melanocephalus : D. Hizzenrus, 1959.
Rapports avec Madagascar. — En 1900, F. Mocquarp (p. 94 et p. 95)
étudiant les spécimens collectés par G. GranDipier en 1898-1900 signale
3 exemplaires de C. melanocephalus Gray provenant des environs de Tuléar,
de Belo et d’Ambolisatra. Il ajoute : « Ce Caméléon est fort rare au Natal et
[qu’il a sans doute été introduit par des vaisseaux venant de la Côte Sud-
Ouest de Madagascar, où il semble beaucoup plus commun. »
En 1902, F. Werner (p. 362, pl. XXII) écrivait : « Nach MocquarD
auch bei Tulear, Belo and Ambolisatra auf Madagascar. »
Fig. 104, Chamaeleo melanocephalus (J. E. Gray) o (d'après F. Werner, 1909, pl. 23).
En 1911, F. WErRNER (p. 22) fait suivre la mention Madagascar de
«eingeschleppt ? ».
En 1921, F. ANGEL (p. 328) écrivait « Ch. melanocephalus Gray bien
qu'ayant été signalé à Madagascar a dû être importé, ne paraît pas devoir être
attribué à la faune de l’Ile.…. ».
En 1942, F. AnGeL (p. 161) semble considérer que les spécimens étudiés
par F. Mocquanp étaient des C. semicristatus. De fait, les spécimens du
M.N.H.N.P. autrefois classés par F. Mocquarp comme des C. melanocephalus,
sont, selon nous, des femelles de C. verrucosus.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 281
En 1959, D. Hizrenius (p. 64-65) écrivait : « I examined two specimen
(Paris Ch. 62?) : One specimen is labelled « Madagascar », which is probably
not to be taken seriously. This specimen,…
C. monachus J. E. Gray, 1865 (fig. 105)
Description originale : 1864, J. E. GrAY, Proc. zool. Soc. London, 1864, pp. 470-471, plLXXXI.
Terra lypica : « Madagascar ».
Fig. 105, Chamaeleo monachus J. E. Gray (d’après J. E. Gray, 1864, pl. 31).
Source : MNHN, Paris
282 E.-R. BRYGOO
En créant l'espèce, J. E. Gray mettait dans sa synonymie partielle
C. cucullatus et C. parsonii. Il précisait que M. A. DumÉriz avait représenté
sous le nom de C. cucullatus une tête de C. monachus, espèce différente et
nouvelle.
©. Boerrcer, en 1877, signale encore (p. 39) l'espèce comme de Mada-
gascar.
En 1911, F. WERNER (p. 14) ne donne plus comme seul habitat de l'espèce
que Sokotra. Par la suite C. monachus ne sera plus considéré comme apparte-
nant à la faune malgache.
En 1959, D. Hicenius (p. 52) écrivait « One female specimen (Paris
Ch. 45-6656, with probably false provenance : Madagascar) possesses rudi-
mentary tarsal spurs ».
5.3. — CAMÉLÉONS DES COMORES
Chamaeleo cephalolepis A. Günther, 1880
DESCRIPTION ORIGINALE : 1880, A. GüNTHER, Ann. Mag. nat. Hist., (5) 6, pp. 237-238, fig.
Types au B.M. (N.H.), Sir J. Kirk (C.).
Terra fypica. — Comoro Islands.
Dimensions. — Mâle : 6 } inches dont queue 3 3.
Erupes uvréreures. — 1887, G.-A. BouLenGER : 455. — 1887, L. VAILLANT : 132. —
1909, F. Wenwer : 374-375. — 1911, F. Werner : 20. — 1913, O. Borrren : 338. — 1921,
F. Ancet : 330, fig. 1. — 1942, F. ANGEL : 155, 162, pl. VI, fig. 1. — 1943, F. ANGEL : 74. — 1950,
R. Decary : 101. — 1957, R. Marruer : 713-714. — 1959, D. Hizuenrus : 8-11. — 1963, D. Hir.-
LENIUS : 203. — 1066, R. MERTENS :
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE.
a) Récoltes. — 1887, L. VAILLANT : quatorze spécimens, dont 10 mâles,
récoltés à la Grande Comore par L. HumBLor.
— 1908, O. BogrrGer : Madagascar, fide F. ANGEL, 1921.
— 1913, O. BoETrGER : BOULENGER : Grande Comore, VoELTzKow :
Grande Comore ; 1 mâle, 1 femelle donnés par F. WEICHBERGER à Vienne,
de Mayotte.
— 1921, F. ANGEL : Madagascar.
— 1942, F. ANGEL : Grande-Comore ; Mayotte ? ; Anjouan ?
b) Aire de distribution. — En 1913, O. BoeTrGEr signale cette espèce
comme des Comores.
«Schon durch BouLeNGer von Gross-Comoro erwähnt. — Vorrzxow sammelle am
26 Juni 1903 ein erwachsene 4 bei La Grille in 1 000 m Hôhe. — Der Schnauzenanhang besteht
aus 2 + 2 hintereinanderstehenden Tuberkeln, die links und rechts noch seitlich durch je ein
kleineres Tuberkel gestützt werden.
Wir besitzen & une 9 diesier Art (gek. 1890 V. F. Wercusencer in Wien) angeblich auch
aus Mayotte, wo das Tier nach F. Werner durch Ch. polleni Pts. ersetzt sein soll. »
Source : MNHN, Paris!
€8c
“a[EUL Un,p 2{quiosuo,
D onA ‘rouquno ‘y sidapopyde o9opuby") “907 “BA
cephalolepis
C.
OATAVNVHO AUNHO AT
Source : MNHN, Paris
284 E.-R. BRYGOO
On ne voit pas l’origine de la mention de F. ANGEL (1921) selon laquelle
O. Borrtrcër aurait, en 1908, signalé C. cephalolepis comme appartenant à
la faune malgache.
Bien que signalée de Madagascar, de Mayotte, d’Anjouan ?, cette espèce
semble bien localisée à la seule Grande-Comore.
Descriprions. — À. Günruer, en 1880, décrivait ainsi l’espèce nouvelle :
«This species is allied to C. ligris from the Seychelles ; but the scales on the head, which
in the latter species are minute, are much larger and scutelike in the present new species. The
snout is not produced, but terminates in two pairs of pointed tubercles with which the canthus
rostralis is furnished. The canthus rostralis passes uninterruptedly into the superciliary ridge,
which is joined by a horizontal forward prolongation of the occipital ridge. A rather prominent
crest runs along the middle of the occipital region. Occiput narrow, but rounded behind, without
spine and without lateral flap. Scales of the body smooth, small, granular, equal. Dorsal crest
very low, showing some short isolated spines anteriorly only. The gular and ventral crest is rather
more distinct, but likewise very low. Coloration without distinct markings.
A single adult male from the Comoro Islands, 6 4 inches long, of which the tail takes
3 4 inches. »
En 1942, F. ANGEL retenait les caractères suivants :
_— crête dorsale, formée, sur le tiers ou la moitié antérieure du dos, de
quelques tubercules, coniques isolés ;
_— casque peu élevé, plutôt court, large, arrondi postérieurement ;
— crête pariétale forte ;
__ museau terminé par une ou deux paires de tubercules coniques, poin-
tant en avant, débordant légèrement la marge labiale chez le mâle ;
— crête gulaire et ventrale bien développée mais interrompue sur le cou.
De son côté D. Hircenrus (1959) soulignait les différences suivantes avec
C. polleni:
— chez les mâles, un processus rostral formé par quelques cônes à la
jonction des canthirostrales ;
— les écailles régulières sur le casque ;
— une crête gulaire bien développée.
Chromosomes. — En 1957, R. Marrney décrivait ainsi le génome de
l'espèce C. cephalolepis :
«28 chromosomes, soit sept paires de métacentriques de taille régulièrement décroissante ;
une paire d’acrocentriques dont les constituants dépassent légèrement trois # ; enfin cinq paires
de petits éléments dont les deux dernières, seules, méritent le nom de m-chromosomes (<1u)
La métaphase I confirme ces données, où nous dénombrons 14 bivalents, dont 2 très petits. »
Dimensions maximales signalées. — 1887, L. VaizLanr : 150. — 1902,
F. Werner : M. 154 (82) ; F. 120 (57). — 1911, F. Werner : M. 167 (90).
b) Spécimen examiné. — Nous n’avons disposé que d’un seul spécimen,
un mâle récolté en Grande-Comore, en janvier 1969 (698 C.).
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 285
1. Aspect général et coloration. — Caméléon de taille moyenne, d’allure
très svelte. De son vivant, vert tendre, avec les labiales plus claires. Une ligne
blanche à mi-flanc, formée par une série de taches blanches qui s'arrête avant
la première moitié du corps.
Le fond des plis de la gueule est jaune orange.
2. Ecaillure. — L'écaillure est homogène. On compte 60 écailles à mi-
corps, sur une ligne joignant le dos au ventre.
3. Dimensions. — Ce spécimen mesurait 163 mm dont 91 pour la queue.
Celle-ci était donc nettement plus longue que le reste du corps.
4. Têle. — Pas de lobes occipitaux mais une formation rostrale. Les canthi-
rostrales formées de gros tubercules jointifs se réunissent au-dessus du niveau
tout en restant séparées par un intervalle à peine plus grand que ceux qui
séparent les autres tubercules.
En vue apicale, l’extrémité du crâne, régulièrement concave, se termine
par deux tubercules séparés sur la ligne médiane. En vue latérale, la formation
1
C. cephalolepis dd 527/c © sie
Fig. 107, Chamaëleo cephalolepis A. Günther, vue dorsale de la tête d’un mâle.
déborde de presque un mm au-dessus et en avant du museau. Elle est formée
par la superposition de deux tubercules.
La crête pariétale est nette, ainsi que les latérales et orbitaires.
Il n’y a pas de crête temporale.
Source : MNHN, Paris
286 E.-R. BRYGOO
Les écailles temporales sont à peine agrandies, elles sont plus petites que
les pariétales. Le crâne est pointu en arrière.
La distance occiput-gonion est inférieure (12 mm) à celle qui sépare le
gonion du menton (15 mm).
La crête gulaire est formée par 12 à 13 cônes.
5. Corps. — La crête dorsale est formée par une série de cônes dont les
premiers sont bien isolés les uns des autres, leur taille ne dépasse pas un mm.
Celle-ci va ensuite en diminuant en même temps que les cônes se resserent.
Au niveau de la queue ils sont à peine visibles. Leur nombre est indistinct.
La crête ventrale, sans rapport avec la crête gulaire, est formée de tuber-
cules agrandis jusque sous la base de la queue.
Il n’y a pas de fossette axillaire.
DraGnose. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la Grande-
Comore, elle y est d’ailleurs la seule. Comme pour C. polleni ses affinités avec
les espèces africaines et malgaches restent à préciser. En 1887, L. VAILLANT
après avoir souligné les affinités avec C. pardalis et C. polleni écrivait que
C. cephalolepis « différait du premier par l’écaillure homogène et du second
par la présence d’une série d’écailles gulaires ». La même année, G. A. Bou-
LENGER écrivait : « I strongly suspect that C. polleni will prove to be the female
of C. cephalolepis ».
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — Avec la description originale A. Günrner publia le profil
et l’apex du type (un mâle).
En 1921, F. ANGEL donna le détail de l’extrémité du museau du mâle,
dessin reproduit en 1950 par R. Decarv. Mais en 1942 c’est un profil entier
d’une tête de mâle que proposa F. ANGEL.
b) proposée. — Nous proposons une vue d'ensemble (fig. 106) et une vue
apicale (fig. 107) de la tête du sujet que nous avons étudié.
Chamaeleo polleni W. Peters, 1873
DESCRIPTION ORIGINALE : 1873, W. Peters, Monatsber. Akad. Wiss., Berlin, 1874, p. 702.
Terra typica. — Mayotte, Comores.
ETUDES ULTÉRIEURES. — 1887, G.-A. BouLenGErR : 455 (cephalolepis). — 1887, L. VAIL-
LANT : 132. — 1902, F. WERNER : 376 et 458, pl. XV.— 1911, F. WERNER : 21. — 1942, F. ANGEL :
157 et 167-168, pl. VII, fig. 1. — 1959, D. HizLenius : 8-11. — 1963, D. Hizenius : 203. — 1966,
R. MERTENS : 23.
DOMAINE GÉOGRAPHIQUE. — En 1887, L. VarzLanr signalait la récolte
par L. HumBLor de 25 spécimens (dont 23 mâles) à Mayotte.
Source : MNHN, Paris]
L8T
“aquL Un,p 2[AWSUI,p NA “510104 ‘A JUPUOd 02PUDYD “BOT “BL
0 2cm
a ———
By 734
olleni dd 489/c-
C-
OATAVNVHO AUNAO 41
61
Source : MNHN, Paris
288 E.-R. BRYGOO
Cette espèce est propre à l’Ile Mayotte où elle est d’ailleurs la seule à avoir
été récoltée.
DESCRIPTIONS.
a) Données antérieures. — W. Peters décrivait ainsi l’espèce nouvelle :
« Oberseite des Kopfes und der Schläfengegend mit grossen platten Schuppen ; Oberseite
der Schnauze flach concav mit nur wenig vorspringenden Rändern ; Hinterhaupt flach, abger-
undet, mit einem mehr oder weniger vortretenden Langskiel Rücken und Bauch mit schwachem
Längskamm, Kinn ohne Schuppenkamm. Granule des Kôrpers fein und gleichfôrmig.
Von der Comoreninsel Mayotte.
Diese art ist dem Ch. pardalis sehr ähnlich, unterscheidet sich aber von demselben durch
die mit gesperrter Schrift hevorgehobenen Merkmale. »
En 1942, F. ANGEL retenait les caractères suivants :
— crête dorsale modérée, surtout marquée en avant ;
— casque moyennement élevé, de largeur modérée, sub-arrondi posté-
rieurement ;
— crête pariétale basse;
__ museau sans tubercules saillants, mais les deux canthi-rostrales
s'unissent en avant pour former un petit bourrelet qui ne dépasse pas l’aplomb
de la marge labiale.
De son côté, D. Hizcenrus, en 1959, insistait sur les éléments suivants :
— chez le mâle, portion postérieure du casque assez élevée ;
— crête dorsale formée de cônes isolés ;
— une crête ventrale plus où moins distincte suivant les spécimens.
Dimensions maximales. — 1911, F. Werner : M 143 (74); F. 123 (61).
b) Spécimen examiné. — Nous n'avons eu entre les mains qu’un seul
spécimen, un mâle de Mayotte (n° 489/C — By 734).
1. Coloration. — Après conservation en alcool l’aspect général est gris
bleu, avec la face interne des membres plus claire. Les labiales et les tubercules
qui marquent la ligne ventrale sont blancs.
De chaque côté, à mi-flanc, une ébauche de ligne plus claire part de l'épaule
vers l’arrière.
2. Ecaillure. — L’écaillure est homogène, sans écailles agrandies au niveau
du corps ; on compte 57 écailles à mi-corps, sur une ligne joignant le dos au
ventre.
3. Dimensions. — Ce spécimen mesurait 168 mm dont 85 pour la queue.
4. Tête. — Ni lobes occipitaux ni rostre. Les canthirostrales se terminent
isolément et sans relief au niveau du museau. La crête pariétale est à peine
Source : MNHN, Paris |
289
LE GENRE CHAMAELEO
C: polleni
d
489/C = By 734
Fig. 109, Chamaeleo polleni W. Peters, vue latérale de la tête d’un mâle.
Source : MNHN, Paris _
290 E.-R. BRYGOO
visible, et la crête latérale marquée par quelques tubercules agrandies. L’occiput
est pointu.
Les écailles temporales sont grandes.
La distance occiput-gonion est inférieure à celle qui sépare le gonion du
menton.
Il n’y a pas de crête gulaire.
5. Corps. — La crête dorsale est formée par de petits cônes dont les plus
grands mesurent moins de 1 mm et dont les premiers, en arrière de la nuque
sont bien séparés les uns des autres ; leur taille va ensuite en décroissant en
même temps qu’ils se resserrent et se prolongent sur la queue.
La crête ventrale est à peine marquée par une discrète hypertrophie des
cônes de la ligne axiale, colorés en blanc.
DraGnose. — W. Perers, 1873 : « Diese Art ist dem Ch. pardalis sehr
ähnlich, unterscheidet sich aber von demselben durch die mit gesperrter Schrift
heworgehobenen Merkmale. »
L. VAILLANT (1887) le signale «très voisin» de C. cephalolepis et de
C. pardalis, tandis que, la même année, G.-A. BouLENGER écrit (p. 455) : «I
strongly suspect that C. polleni will prove to be the female of C. cephalolepis »
négligeant ainsi l’antériorité de C. polleni. En 1902, F. WERNER le rapproche
de C. guentheri.
Seul Caméléon de Mayotte, son identification ne pose pas de difficulté.
Les affinités de cette espèce restent encore à définir, aussi bien avec les espèces
africaines que malgaches.
ICONOGRAPHIE.
a) antérieure. — En 1902, F. Werner représenta (fig. 15) un profil entier
de l’animal tandis qu’en 1942 F. ANGEL en proposait le dessin d’une tête.
b) proposée, — Nous présentons le profil entier (fig. 108) ainsi que celui de
la tête (fig. 109) du spécimen dont nous avons disposé.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 291
6. — Clefs des espèces du genre Chamaeleo à Madagascar
6.1. — CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS
Le grand nombre des espèces décrites dans le genre Chamaeleo — et même
retenues par les plus récentes révisions — impose au systématicien une étude
détaillée des sujets qu’il examine afin de sélectionner les caractères morpho-
logiques qui lui permettront de caractériser les espèces qu’il observe.
Le plus récent travail critique de ce point de vue est sans doute celui de
D. Hircenius (1959). Ce dernier sélectionne et étudie 10 caractères qui lui
semblent avoir plus ou moins d'intérêt du point de vue taxonomique, ce sont :
— les lobes occipitaux, — les fossettes inguinales,
— la crête dorsale, — la forme du casque,
— la crête gulaire et ventrale, — l’éperon tarsien (2),
— les lobes gulaires (21), — la ligne blanche médioventrale,
— l’écaillure, — les cornes crâniennes.
Ces caractères sont effectivement les plus importants de ceux qui per-
mettent l'identification d’une espèce. Il nous semble cependant que, du point
de vue pratique, l'examen d’un spécimen à identifier doit prendre en considé-
ration d’une part des données communes pour tous les échantillons et d’autre
part les caractères qui servent à établir une clef de diagnostic.
DonNNÉES COMMUNES. — Les données communes qu’il convient de pré-
ciser pour tout spécimen sont :
— l’origine géographique ;
— l’âge et la taille ;
—: le sexe.
Origine géographique. — La partie historique illustre combien avait pu
être difficile l’attribution géographique exacte des récoltes faites par les pre-
miers voyageurs. Même aujourd'hui des erreurs interviennent.
La question de l’origine n’est pas toujours facile à résoudre lorsqu'il ne
s’agit pas de récoltes personnelles. Or, une bonne localisation géographique
est indispensable parce qu’elle facilite souvent l'identification et aussi parce
qu’elle peut contribuer à une meilleure connaissance de la répartition de ces
Reptiles, dont les aires géographiques sont encore très mal connues, au moins
à Madagascar.
(24) Non représentés chez les espèces malgaches.
Source : MNHN, Paris
292 E.-R. BRYGOO
11 faut d’ailleurs parfois soumettre à la critique les origines qui semblent
les mieux garanties. Il n’est pas rare que l’homme transporte, habituellement
de manière volontaire, des Caméléons loin de leur lieu de capture et ce peut être
l’origine d'erreurs de localisation. On nous a, à plusieurs reprises, apporté
pour identification des grands Caméléons du Sud, récoltés dans la ville même
de Tananarive, qui s'étaient manifestement soustraits à la surveillance d’un
récolteur.
Age et taille. — T1 est important de déterminer si le spécimen examiné est
adulte. Les spécimens jeunes sont très souvent inidentifiables avec certitude.
Les caractères morphologiques retenus dans les descriptions correspondent
souvent aux seuls caractères des adultes. Ne sont considérés comme adultes
que les spécimens dont les caractères sexuels sont évidents.
On ne connaît que fort peu de chose sur la rapidité de développement
et la longévité des Caméléonidés ; tout au plus H. H. REICHENBACH-KLINKE
(1963) écrit-il : «Kleinere Reptilien wie Chamäleons und Eidechsen werden
nicht sehr alt. »
Cet auteur donne ensuite les précisions suivantes :
Scincus officinalis L. 9,5 ans d’après R. Hesse - F. DoLrEN (1935).
Uromastix acanthinurus Bell 9,5 ans d’après R. Hesse - F. Douren (1935).
Anguis fragilis 33 ans d’après R. Hesse - F. Douren (1935).
Eumeces laticeps 810 ans d’après H. M. Surrn (1957).
Par opposition la vie des Tortues est, elle, beaucoup plus longue.
Un Caméléon d’Antsalova, un C. verrucosus mâle pesant 131 g, mesurant
19,5 + 24 cm a vécu du 29-IX-1960 au 30-IV-1963 en terrarium à Tananarive
et sa mort fut accidentelle puisqu'il fut partiellement dévoré par un rat.
On peut supposer que les Caméléons ont un taux de développement parti-
culièrement rapide. En effet si l’on examine les captures que l’on effectue soi-
même (afin d'éviter toute sélection) on constate que si les très jeunes spécimens
peuvent être abondants à une certaine période de l’année, les éléments inter-
médiaires sont eux toujours beaucoup plus rares que les adultes pleinement
développés, ce qui, selon nous, est en faveur à la fois d’une croissance rapide
et d’une longévité assez grande des adultes.
Nous avons pu suivre, pendant près de 9 mois, du 17-11-1969 au 4-X1-1969,
la courbe de croissance d’un jeune C. lateralis, capturé lorsqu'il mesurait
55 mm. Au début, la croissance fut particulièrement rapide et, en 4 mois, la
taille atteignit 85 mm soit un gain de 30 mm. Dans une seconde phase, la
croissance s’arrêta presque complètement puisque du 15-VI au 30-VIII,
pendant les deux mois et demi de l’hiver austral, le gain ne fut que de 1 mm.
Ensuite, la croissance reprit, mais à un rythme plus lent que dans la première
phase, la taille passant de 86 mm le 30-VIII à 93 mm le 4-XI, fin de la période
d'observation. On peut donc admettre comme démontré, sur cet animal en
captivité, que le cycle de croissance complet, de l’éclosion à l’adulte, ne prend
qu’un an ce qui rend bien compte des données de l’observation directe.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 293
On note habituellement, pour tout spécimen, la longueur totale, de l’extré-
mité du museau ou éventuellement du rostre, jusqu’à celle de la queue. On
note ensuite la longueur de la queue, à partir de l’anus, en signalant si celle-ci
est entière ou semble amputée. Il peut être en effet intéressant, pour certaines
espèces, d'étudier le rapport entre la longueur du corps (tête + corps) et celle
de la queue. La taille est un bon caractère d’exclusion : un Caméléon de plus
de 16 cm de longueur totale, malgré ses deux cornes, n’est presque certainement
pas un C. willsii.
Mais pour savoir si un spécimen est adulte on en est pratiquement ramené
à rechercher les caractères de maturité sexuelle.
Sexe el dimorphisme sexuel. — Le mâle adulte présente un double renfle-
ment à la base inférieure de la queue, habituellement suffisamment net pour
permettre d'affirmer et le sexe et la maturité. Le caractère « base de la queue
du mâle gonflée » n’a, selon nous, aucune signification taxonomique. Cepen-
dant chez certaines espèces ce caractère peut être moins prononcé que chez
d’autres. Ainsi les mâles de C. brevicornis, C. cucullatus, C. parsonit n’ont
souvent qu’un renflement faiblement marqué.
Pour la femelle, malheureusement, il n’existe pas de signe extérieur per-
manent qui permette d’affirmer le sexe et le degré de maturité. On notera si
elle est porteuse d'œufs lorsque ceux-ci sont visibles à l'examen externe ;
chaque fois que possible on contrôlera l’état des ovaires.
L'étude de la morphologie des hémipénis et leur comparaison entre espèces,
telle qu’elle a été entreprise par Ch.-A. DOMERGUE, donnera sans doute un
bon caractère morphologique utilisable en taxonomie. Nous en sommes encore
au stade où se rassemblent les matériaux nécessaires pour une synthèse. Nous
avons appliqué cette technique à l'étude du complexe C. verrucosus X C. ous-
taleti avec R. BourGarT. La méthode nous a également fourni un caractère
de valeur pour la séparation de la sous-espèce C. gastrotaenia marojezensis.
L'importance du dimorphisme sexuel avait été notée dès 1864 par
J. E. Gray : « There is considerable difference in the sexes, especially of the
horned species which I believe was first established in my Monograph».
Cet auteur cependant faisait suivre sa remarque d’une précision inexacte
puisqu’à l’en croire l'expansion nasale du C. pardalis femelle aurait été aussi
marquée que celle du mâle, ce qui est faux.
De fait, le dimorphisme sexuel, souvent à peine marqué chez les Brookesia,
peut prendre, chez les Chamaeleo, une grande importance bien que ce ne soit
par une loi générale.
Deux exemples illustrent l’importance qu’il peut avoir. Chez C. labordi
le mâle peut atteindre 30 cm [308 (170)] alors que la plus grande femelle recueil-
lie jusqu’à présent, bien que prête à pondre, ne mesurait que 16 cm [164 (75)].
A cette différence considérable de taille s'associe une modification très impor-
tante de la forme de la tête : disparition presque complète de l’appendice
rostral, abaissement considérable de la crête pariétale.
Source : MNHN, Paris
294 E.-R. BRYGOO
Chez C. antimena le dimorphisme est tout aussi poussé : à un mâle de
33 cm [338 (178)] correspond une femelle de 15 cm [154 (72)] bien que contenant
10 œufs mûrs. Ici aussi, réduction considérable du processus rostral et de la
hauteur du casque.
Ce dimorphisme sexuel fut à l’origine d’un certain nombre d’erreurs de
détermination et ce ne sont pas moins de 5 formes qui furent décrites comme
nouvelles alors qu’il ne s'agissait que de femelles de mâles déjà connus. On
peut d’ailleurs rappeler, qu’examinant le premier spécimen de C.rhinoceratus,
en 1845, J. E. Gray se demandait s’il ne s'agissait pas du mâle de C. verrucosus.
— C. axillaris Werner, 1899 : femelle de C. pardalis pour F. WERNER,
1902.
— C. gularis Günther, 1879 : femelle de C. brevicornis pour G.-A. Bou-
LENGER, 1887.
— C. barbouri Hechenbleïkner, 1942 : femelle de C. labordi pour D. Hir-
LENIUS, 1959.
— C. rhinoceratus var. lineatus Methuen et Hewitt, 1913 : femelle de
C. antimena pour E. R. Bry@oo et Ch.-A. DoMERGUE, 1968.
— C. semicristatus Boettger, 1894 : femelle de C. verrucosus pour D. Hir-
LENIUS, 1959.
Inversement d’ailleurs, tel représentant d'une bonne espèce a pu être
considéré à tort comme étant la femelle d’une espèce déjà décrite. C. balteatus
décrit en 1851 par C. et A. Dumériz, fut abusivement considéré comme syno-
nyme de C. bifidus Brongniart, 1800, par G.-A. BouLeNGER en 1887. L'erreur
ne fut reconnue que dernièrement lorsque nous avons découvert le mâle de
cette espèce et étudié le type de C. balteatus au Muséum national d'Histoire
naturelle.
Une bonne connaissance des deux sexes est indispensable pour fixer les
limites et les rapports d’une espèce. La diagnose spécifique est parfois plus
facile pour les femelles que pour les mâles, ainsi des femelles de C. labordi et de
C. antimena d’une part et de C. oustaleti et C. verrucosus de l’autre.
CARACTÈRES INDIVIDUELS. — Après avoir relevé l’origine géographique
exacte et noté le sexe du spécimen, l'examen portera successivement sur :
la coloration d'ensemble, la tête et le corps.
Coloration. — On note la coloration. Cela peut sembler une gageure puisque
chacun attend du Caméléon un polychromisme des plus variables. De fait
l'aptitude à changer de couleur varie beaucoup avec les espèces ; de plus il
est possible de décrire pour chacune, sur l’animal vivant, outre la présence
fréquente de marques colorées constantes, une ou plusieurs colorations d’en-
semble habituelles. Celles-ci sont, au moins pour certaines, sous la dépendance
de l’état physiologique des individus.
On note la présence éventuelle d’une ligne blanche médio-ventrale
(C. lateralis), d’une ou plusieurs lignes blanches latérales (C. campani), parfois
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 295
de marques jaunes (C. parsonii) ou de dessins noirs (C. lateralis) sur les flancs.
Le fond des plis sous la gueule est souvent vivement coloré.
Tête. — Un examen attentif de la tête permet de relever d’arrière en avant
un certain nombre de caractères importants.
a) Lobes occipitaur. — Ce sont d’abord les lobes occipitaux, formations
foliacées, espèce de couvre-nuque, qui s’insèrent de chaque côté à la partie
postérieure du crâne (C. brevicornis). Parfois ces lobes sont réduits à de simples
replis de peau plus appréciables au toucher que visibles.
Ces replis peuvent être latéraux comme chez C. parsonii ou localisés
derrière la nuque comme chez C. gastrotaenia et C. boettgeri.
Ils peuvent être séparés l’un de l’autre par une encoche plus ou moins
profonde (C. brevicornis) ou être soudés complètement (C. malthe).
Les écailles qui recouvrent les lobes occipitaux peuvent être petites
(C. malthe) ou grandes (C. brevicornis).
b) Crâne. — On examine les différentes caractéristiques du crâne propre-
ment dit.
Il existe souvent une crête (?) axiale, allant de l’extrémité postérieure
du crâne, ou occiput, jusqu’à un point situé un peu en arrière de la ligne théo-
rique joignant les deux yeux. Cette crête est la crête pariétale qui, à son déve-
loppement maximal, constitue un véritable cimier de casque (C. verrucosus,
C. oustaleti, C. antimena).
Parfois, la crête pariétale, tout en étant nettement visible, n’imprime pas
au crâne ce caractère remarquable, il en est ainsi chez C. lateralis et C. pardalis.
Chez d’autres Caméléons encore, il n’y a absolument aucune crête parié-
tale, le dessus du crâne est plat, bordé par la crête latérale qui prend alors un
relief particulier. C’est ce que l’on observe chez C. parsonii et C. willsii.
On note également l'aspect général de la forme du crâne en arrière. Son
contour peut être arrondi, allongé, pointu ou même, parfois, présenter une
véritable pointe osseuse sous-cutanée (C. cucullatus).
De même on note les caractères de l’écaillure aussi bien dans la région
temporale (en arrière de l'œil) que sur les flancs du casque.
La crête latérale qui, lorsqu'il n’y a pas de cimier important, borde le
crâne en arrière, de chaque côté, se transforme en une crête susorbitaire qui
elle-même, se prolongeant en avant, devient le canfhus rostralis.
c) Extrémité antérieure. — Les deux canthi-rostrales peuvent soit se
terminer isolément au museau sans présenter de relief particulier à ce niveau
(25) Les spécialistes utilisent le même terme de «crête » pour désigner deux formations
différentes. Ce sont soit les saillies osseuses, formant arête, du sommet et des côtés du crâne, soit
les lignes de tubercules agrandis (cônes) qui peuvent orner le dos et la queue, le long de la colonne
vertébrale, ou marquer le milieu de la face inférieure du corps, au niveau de la gueule ou du ventre.
Source : MNHN, Paris
296 E.-R. BRYGUO
(C. lateralis, C. oustaleti, C. verrucosus) soit se transformer, en s’unissant, ou
isolément, en une formation ou appendice rostral.
Cette formation peut être un plateau horizontal, débordant plus ou moins
en avant sur les côtés de la mâchoire supérieure (C. pardalis). Ce peut être
une ou deux cornes. Les cornes doubles sont osseuses (C. parsonii, C. willsii),
elles s’observent chez les mâles ; on note leur dimension, leur forme générale
et leur direction.
Les formations rostrales simples peuvent être molles (dermiques, cas de
C. nasutus) ou de consistance cartilagineuse (C. antimena). Ces rostres s’ob-
servent souvent dans les deux sexes bien que leur importance puisse être alors
inégale. On doit noter également leur forme et leur dimension.
Si la présence d’appendices rostraux osseux est habituellement un carac-
tère taxonomique de grande valeur, il est cependant au moins une espèce où
ce caractère peut être contingent. On connaît en effet des mâles authentiques
de C. cucullatus avec ou sans la double protubérance rostrale. Dans l’état
actuel des récoltes il semble qu'il s'agisse cependant d’une seule espèce.
Avant de quitter la tête on recherche la présence d’une crête gulaire qui
peut orner le menton. Lorsqu'elle existe on note le nombre et la taille des
cônes qui la composent.
Corps.
a) Crêle dorsale. — Lorsqu’existe une crête dorsale, son examen apporte
toute une série d'éléments. Elle peut être constituée par la juxtaposition de
deux séries côte à côte de petits granules qui n’apparaissent qu’à un examen
attentif (C. lateralis, C. campani). Plus souvent il s’agit d’une série unique
de cônes vertébraux, sur tout ou partie du dos. Il est nécessaire de les compter
et, lorsque la crête se poursuit sur la queue, on dénombre ceux qui se trouvent
entre la nuque et l’aplomb de l’anus. On oppose ainsi des espèces dont les cônes
sont relativement petits et réguliers, donc nombreux, comme C. oustaleli et
C. labordi, respectivement à C. verrucosus et C. antimena dont les cônes sont
plus forts et moins nombreux. Ils sont plus de 40 chez C. oustaleti et plus de 35
chez C. labordi.
On a voulu accorder quelque importance au caractère « spiniforme » de
certains cônes dorsaux des espèces du groupe C. nasutus X C. fallax. Tinous
semble en fait que ce caractère dépend de la plus ou moins grande proximité
de la dernière mue de l’animal.
b) Crêle ventrale. — Présence éventuelle d’une crête ventrale allant du
cou jusqu’à l’anus, qui peut être (ou n’être pas) en continuité avec la crête
gulaire.
c) Fossette axillaire. — Présence éventuelle d’une « fossette axillaire »;
le creux de l’aisselle est, chez certains spécimens, particulièrement profond,
c’est la « fossette axillaire ».
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 297
d) Ecaillure. — On observe ensuite l’écaillure générale du corps. Chez
certaines espèces la peau est extraordinairement lisse au toucher (C. parsonii) ;
elle donne parfois une impression de douceur {C. willsii) mais est le plus souvent
rugueuse. Cette sensation tactile est en grande partie sous la dépendance de
la constitution propre du tégument. On parle d’une écaillure homogène, toutes
les écailles étant de tailles sensiblement égales entre elles, ou d’une écaillure
hétérogène lorsque de grandes et petites écailles sont juxtaposées. Certaines
espèces (C. verrucosus) présentent sur un fond hétérogène une série de grandes
écailles (dites parfois scutelles) formant une ligne assez régulière, latérale, à
mi-hauteur du flanc.
Chez certaines espèces, sur un fond d'écailles homogènes, s’observe un
semis d’écailles agrandies. Elles peuvent être disposées en lignes longitudinales
comme chez C. campani, ou sans ordre apparent sur l’ensemble des flancs et
des membres (C. oshaughnessyi), ou seulement sur la face externe des membres
(C. globifer). Parfois s’observent des groupements particuliers d’écailles for-
mant des lignes de « rosettes » à la base des flancs (C. bifidus). Lorsque l’écail-
lure est homogène, il peut être nécessaire de compter le nombre des écailles
sur une ligne verticale joignant la crête vertébrale à la ligne médioventrale,
dans la région du milieu du corps.
6.2. — CLEF GÉNÉRALE
À. — Caméléons présentant des lobes occipitaux développés
15 — L’extrémité antérieure de la tête porte :
— deux appendices osseux . . . ë PE: 2
— un appendice rostral bien Viablet osseux ou dermiqu,
dur ou mou . . . 5 3
— L’extrémité de la tête ne Dréentes pas sd ES pperdice na : 8
2. (1) — Présence d’une pointe osseuse, sous-cutanée, en arrière du
casque . . . . . . . . . C. cucullatus 6 ; R. (380) (**) (p. 103)
— L'arrière du crâne est arrondi, les lobes pe nets, ne
sont cependant pas très développés 2
G. oshanghneseyi) 8: n (380) (p: 192)
3. (1) — Appendice rostral osseux, dur . . . . . . . . . . . . . 4
— Appendice rostral dermique, mou . . . . . . « . . . . 6
4. (3) — Les lobes occipitaux sont largement unis l’un à l’autre, ils
portent de petites écailles, le crâne est allongé en arrière. .
. G. malthe 4; R. (260) (p. 169)
(26) La ou les lettres donnent une indication sur la fréquence de l'espèce, le chiffre entre
parenthèses indique la taille du plus grand spécimen connu (en mm).
€. : commun ; L.C. : localement commun ; L. : localisé ; R. : rare ; T. : seul le type est connu.
Source : MNHN, Paris
298 E.-R. BRYGOO
— Les lobes occipitaux, porteurs de grandes écailles, sont Sépa-
rés par une encoche bien marquée . . . . . . . . . #3 5
5. (4) — Chaque lobe occipital d’un seul tenant. . . . . . . . ..
DRE AGE EL De + G. b. brevicornis 4; C. (328) (p. 82)
— Chaque lobe occipital séparé en deux parties. . . . . . .
RS de RP CA CG. b. tsarafidyi 8; T. (203) (p. 95)
6. (3) — Présence d’une crête dorsale. . €. boettgeri; L.C. (130) (p. 76)
nt DE TCTÉLE dOTSAIe EE ee ON : re
7. (6) — Lobes occipitaux complètement séparés EE RARES
SEE + + + + + + + «+ G@ guibei; R. (350) (p. 145)
— Lobes occipitaux soudés en arrière. . . . . . . . . ..
RP ARAE Ta ANT +++ + + - - G: linotus 4; R. (109) (p. 166)
8-(1) "Pas dércréte dorsale FOIS En ee HE 9
— Présence d'une crête dorsale. . . . . . . . . . . . .. 11
9. (8) — Crête gulaire présente, 3 grandes scutelles sur les lobes occi-
PAUX NE Ce lo - G. tsaratananensis ; T. (130) (p. 247)
ER CLÉS DUIAITé a DSENtO RS Se 10
10. (9) — Ecaillure homogène . . . . . . . . G. linotus; R. (109) (p. 166)
— Ecaillure hétérogène sur l’ensemble du corps . . . . ..
Ra or PU GC. oshaughnessyi 9; L. (380) (p. 192)
11. (8) — Présence d’une pointe osseuse, sous-cutanée, en arrière du
CASQUE PRES - G. cucullatus ; R. (380) (p. 103)
— Encoche peu marquée entre les lobes; scutelles petites,
arrière du crâne allongé . . . . . G. malthe ; R. (260) (p. 169)
— Encoche très marquée entre les lobes occipitaux, ceux-ci
portent de grandes scutelles, bourrelet sus-nasal . . . . .
Re er de Da ed - + Gb. brevicornis; C. (245) (p. 82)
B. — Caméléons sans lobes occipitaux (#7)
de — Présence d'une crête dorsale formée de 2 rangées paral-
lèles de petits tubercules . . . . . . RE teen à 5 2
— Crête dorsale formée d’une seule rangée de cônes ou pas
décrète dorsale ne HOME ti SHC RTE 3
2. (1) — Crête gulaire présente. Coloration très variable, une bande
blanche médioventrale . . . . . G. lateralis ; C. (222) (p. 156)
— Crête gulaire absente. Trois lignes claires longitudinales
surles flancs. =. : 0 - - G. campani; L. (119) (p. 97)
(27) Les lobes occipitaux peuvent être remplacés par des replis cutanés.
Source : MNHN, Paris
10.
143
12.
LE GENRE CHAMAELEO 299
(1) L’extrémité antérieure :
— porte une formation, habituellement en liaison avec les
canthi-rostrales, qui dépasse ou surplombe l'extrémité
dumaxillaire supérieur 2 MEME ESE > 4
— ne présente pas d’appendice rostral ; les canthi-rostrales se
terminent séparément au museau, sans relief particulier. . 23
(8) La formation nasale se présente comme :
— un plateau osseux, dur, qui dépasse et déborde plus ou
moins l’extrémité antérieure du museau . . . . . . . .
D roro o oi DRU ed G. pardalis ; C. (485) (p. 210)
— un appendice impair et médian . . . . . . . . . . .. 5
— deux formations nettement séparées l’une de l’autre. . . . 16
(4) L'appendice, impair et médian est :
je mou eLIAETOTIMADIE NE Pet RE Ce nee 5 6
— dur et rigide, il peut être flexible latéralement . . . . . 8
A peines ébauche MR ne.
DC On GC. gastrotaenia marojezensis ; L. (144) (p. 136)
(4) — Appendice allongé . . . . . . . G. gallus; R. (110) (p. 124)
—“Appendice aFr0ndisee 5-0. CR 0 7
(6) — Crête pariétale présente, quatre à six écailles temporales. .
ne cer G. fallax; R. (110) (p. 113)
— Crête pariétale absente, cinq à huit écailles temporales . .
FERRER EARER +. . . . G. nasutus; L.C. (93) (p. 184)
(6) L’appendice impair, dur et rigide :
— se subdivise en une fourche . . . . C. furcifer ; R. (135) (p. 120)
= LOST UNIQUE nr A NT 52620 9
(8) Appendice rostral :
— réduit à une petite tubérosité sur le nez . . . . . . . . 10
— allongé, à peine plus haut que large . . . . . . . . . . 11
— comprimé latéralement, à extrémité plus ou moins arrondie 12
(9) = Femelle 2e Le de. G. labordi ; R. (157) (p. 147)
Ml er G. belalandaensis ; T. (229) (p. 63)
(9) La crête dorsale est :
—— complète sise rente. de G. angeli; L. (325) (p. 39)
— nette sur la première moitié du corps seulement. . .
Rene G. monoceras ; T. (130 » (p. 182)
(9) Sujets:mâles mec mr uen. ve 13
Sujets (femelles Res A ere ere Eamiunset-ge 15
300
13.
14.
15.
172
18.
20.
21.
22.
23.
(2) —
(3) —
(12) —
OS
(16) —
(ee
NAS)
G6) —
(20) —
@n —
C3) —
E.-R. BRYGOO
Casque bas . . . . . . . . C. rhinoceratus ; L. (274) (p. 239)
(Casque levé ee ton ete OUEST SOIT: A IT - 14
Crête dorsale avec plus de trente-cinq cônes de la nuque à
l’aplomb de l'anus, écaillure homogène. . .
. G. labordi 3: “rl (08) . 147)
Crête dorsale avec moins de trente-cinq cônes, écaillure
hétérogène . . . . . . . . .C. antimena @; L. (338) (p. 45)
Quatre à sept cônes à la crête dorsale, écaillure hétérogène,
PÉE d’une ligne blanche médio-ventrale . . .
ë . G. antimena 9 ; L. à77 (p: 45)
Treize cônes à ver dorsale, écaillure homogène, pas de
ligne blanche médio-ventrale . G. rhinoceratus ; R. (120) (p. 239)
Ebauches de lobes occipitaux (simple repli de peau en
arrière-des tempes, bien distinct au toucher) non en contact
à leur partie supérieure . Res Bot 17
Absence complète de lobes occipitaux . . . . . . . . . 20
Appendices rostraux comprimés latéralement . . . . . 18
Appendices globuleux, écaillure hétérogène sur les mem-
brest DR" SEC slobier d; R:(330)1(p. 139)
Pas de crête dorsale, écaillure homogène . . .
G. parsonä 4 ; L. C. (612) (p. 223)
Crête hors sur a Partie ANLÉFICUTE Mr ten 19
Ecaillure homogène . . . . . G. balteatus 4 ; R. (440) (p. 54)
Ecaillure hétérogène 3
.G. parsonii var. on 2 RL (485) (p. 234)
Présence de « rosettes », formations alignées le long de la
partie inférieure des flancs . . . G. bifidus 4; R.(395) (p. 65)
Pañide rose ttes DINAN NEC ARS SALIEG GILET es 21
Présence d’une crête pariétale et d’une crête gulaire. . .
Hire 7e ide LT - G. minor 4; R. (202) (p. 179)
Ni crête pariétale, ni crête gulaire . . . . . . . . . . . 20
Appendices pointus et divergents, crâne arrondi en arrière
G. w. willsii 4 ; L.C. (163) (p. 263)
pcnciees parallèles, crâne pointu en arrière . . .
se . G. w. petteri 4 ; R.L. GA) (p. 270)
Crête dorsale présente et bien marquée. . . . . . . : 24
Pas de crête dorsale (au maximum deux ou trois Dante
LUDErCUIES) EE SR TE rt ae. 26
Source : MNHN, Paris|
LE GENRE CHAMAELEO 301
24. (23) — Crête pariétale forte. . +. : . . . : . . cd 5 eo 25
— Pas de crête pariétale, museau pointu, un pli cutané en
arrière de l’occiput . G. g. gastrotaenia (2) 4 ; L. (140) (p. 128)
25. (24) — Moins de quarante tubercules à la crête dorsale comptés
entre la nuque et l’aplomb de l’anus (2) à
en à es . G. verrucosus ; de, (565) (p- 250)
— Plus de crie nice à la crête dorsale . .
BR . G. oustaleti ; C. (630) (p. 201)
26. (23) — Museau pointu, un petit repli cutané en arrière de l’occiput :
PORN G. g. gastrotaenia ©; L. (114) (p. 128)
AMuseau court. nul Pt He Nm 27
27. (26) — Ebauches de lobes occipitaux (relief sensible au toucher),
casque plat, large, arrondi en arrière . . . . . . . . . 28
— Absence complète de lobes occipitaux . . . . . . . . . 29
28. (27) — Ecaillure homogène sur l’ensemble du corps, douce au
toucher. . . . . . . . . . G. parsoniäü 9; L.C. (612 ?) (p. 223)
— Ecaillure hétérogène sur les membres . . .
CS globifer 9: R. (335) @: 139)
29. (27) — Présence d’une crête sise et d’une crête pariétale. à
Mob en ave . G. minor 9; R. (136) (p. 179)
— Pas de crête Fitas ni de crête ét ATOS 10 30
30. (27) — Présence de «rosettes », formations alignées le long de la
partie inférieure des flancs . . . CG. bifidus 9; R. (136) (p. 65)
— Présence d’une ligne blanche oblique allant de l'épaule à
laine, sur FLE flanc, sans «rosettes » .
SAR .C. balteatus 9: ïÉ (365) (p. 54)
— Ni«rosettes », ni ligne blanche cbliquet PAPE EE" 31
31. (30) — Crête pariétale nette. . . G. lateralis (forme de l'Ouest) (p. 156)
Pas" de/créteipariétale PNR AÉRIENNES 32
32. (31) — Occiput pointu. . . . . . GC. w. petteri 9; R.L. (141) (p. 270)
— Occiput arrondi . . . . . . C. w. willsii © ; L.C. (145) (p. 263)
(28) Une ébauche de processus rostral, crête susnarinaire : C. gastrolaenia marojezensis.
(29) Chez les sujets jeunes le diagnostic peut être pratiquement impossible entre ces deux
espèces ainsi qu'avec les spécimens de C. pardalis dont le plateau rostral n’est pas formé.
Source : MNHN, Paris
302
DD
30 (2) =
A0)
5. (4) —
6. (1) —
(6)
BED
E.-R. BRYGOO
6.3. — CLEr POUR LES CAMÉLÉONS MÂLES ADULTES
L’extrémité antérieure de la tête ne présente ni corne, ni
appendice, ni rostre ou plateau . . . JS 2
Une ou plusieurs formations, Re cle ent en bo
avec les canthi-rostrales, ornent l’extrémité du museau . . 6
Présence d’une crête dorsale formée de 2 ans paral-
lèles de petits tubercules . . . . . BAR 3
La crête dorsale est formée d’une sie série de cônes. . . 4
Crête gulaire présente. Coloration très variable, une bande
blanche médio-ventrale . . . . . .C. lateralis ; C. (222) (p. 156)
Crête gulaire absente. Trois lignes claires longitudinales
surlesflancs . . . . . . . . . .C. campani;L.(119) (p. 97)
Absence de crête pariétale, le casque est bas . . .
BAR re . G. g. gastrotaenia ; L. (140) 0) @: 128)
Dee et ee te ME Ne) 5
Moins de quarante tubercules à la crête dorsale, comptés
entre la nuque et l’aplomb de l'anus . . .
è £ G. verrucosus ; <e, (565) (@) . 250)
Plus ( de quasi tubercules à la crête dorsale . . .
. G. oustaleti; C. (630) (à 201)
Deux formations osseuses, rigides, naissent SRE de
la partie antérieure du museau PRebrt
Une formation axiale impaire et médiane termine Fete.
mité du museau ; cette formation peut être formée par la
juxtaposition étroite de deux éléments . . . . —_ 14
Un plateau osseux, dur, dépasse et déborde Ste ou moins
l'extrémité antérieure du museau . .
C. HÉROS ‘c. (485) 6. 210)
Les appendices rostraux sont globuleux, le tégument des
membres a une écaillure hétérogène . ë
SE eu Frise G. globifer: R (330) : 139)
Les Mes rostraux sont courts, les lobes occipitaux
sont bien développés . . . . GC. cucullatus ; R. (380) (p. 103)
Les appendices rostraux sont nettement allongés . . . . 8
Des lobes occipitaux petits mais nets ; le tégument du corps
et des membres a une écaillure hétérogène . . .
G. oshaughnessyi ; D (380) . 192)
(30) Avec une ébauche de processus rostral et deux crêtes susnarinaires : C. gastrotaenia
marojezensis.
(81) S’il y a moins de 25 cônes à la crête dorsale il s’agit de C. verrucosus semicristatus.
Source : MNHN, Paris
LE GENRE CHAMAELEO 303
— Les lobes occipitaux sont réduits à un repli en arrière des
tempes, bien distinct au toucher ; le tégument a une écail-
lure;-homogène IT ER SRE bat et 9
— Absence complète de lobes occipitaux . . . . . . . . . 10
9. (8) — Ni crête pariétale ni crête dorsale . . . . .
En GC. parsonii ; L.C. (612) ‘Gi 223)
— Ebauche de crête pariétale, présence d’une crête dorsale
ANT pe GC. parsonii var. cristifer ; R.L. (485) (p. 234)
10. (8) — Appendices parallèles, à grand axe horizontal . . . . . 11
| — Appendices non exactement parallèles . . . . . . . . . 12
11. (10) — Présence de lignes de « rosettes » sur la partie inférieure
dessflancs ses de ec nee G.bifidus ; R. (395) (p. 65)
— Tégument de la base des flancs homogène . . . . . . .
LE not RUE one G. willsii petteri ; R.L. (141) (p. 270)
12. (10) — Présence d’une crête pariétale et d’une crête gulaire. . .
htc su ONE . . . G minor; R. (202) (p. 179)
— Ni crête pariétale ni crête gulaire . . . . . . Soda 13
13. (12) — Présence d’une ligne blanche oblique allant de l’épaule à
l’aine, sur chaque flanc . . . . . C. balteatus ; L. (440) (p. 54)
— Pas de ligne blanche, tégument vert sombre avec points
blancs et marques jaunes . . . C. w. willsii ; L.C. (163) (p. 263)
14. (6) — L’appendice impair, dur et rigide, se subdivise en une
FOUTCRER ASE . - . . G. furcifer; R. (135) (p. 120)
— L'appendice a une consistance osseuse . . . . . SRE 15
— L’appendice a une consistance cartilagineuse, bien que
rigide il se 1aisse AéFOTMEr 2 ue € 19
— L’appendice est dermique, mou et flexible . . . . . . . . 22
15. (14) — Absence de lobes occipitaux . : . = 0. +... . « . 16
—=-Présence de lobes occipitaux. eu cu. 17
16. (15) — L’appendice est long . .: : . . . . G. angeli; L. (325) (p. 39)
— L'appendice est réduit à une faible protubérance . . .
RÉRESE e TE G. belalandaensis ; T. (229) (p. 63)
17. (15) — Les lobes occipitaux, porteurs de grandes écailles, sont
séparés par une encoche bien marquée . . . . . . ae 18
— Les lobes occipitaux sont largement unis l’un à l’autre, ils
portent de petites écailles, le crâne est allongé en arrière
MR ue G. malthe ; R. (260) (p. 169)
18. (17) — Chaque lobe occipital d’un seul tenant . . . . . . . . .
PE PE G. b. brevicornis ; C. (328) (p. 82)
20
Source : MNHN, Paris
304 E.-R. BRYGOO
— Chaque lobe occipital séparé en deux parties . . .
SC nina 1e G. b. tsarafidyi; T. (293) (P. 95)
19. (14) — L'appendice rostral atteint 3 fois le diamètre orbitaire
DER CMS UN G. monoceras ; T. (130 ?) (p. 182)
— L’appendice rostral n’atteint pas 3 fois le diamètre orbi-
LATE OMR RER RL Al UE ANA MERRETER ae ta HS 20
20 (I) ER CASQUE ÉTERNEL En 21
—=1Casque bas ® EU 199 ln GC. rhinoceratus ; ñ C7 e 239)
21. (20) — Crête dorsale avec plus de 35 cônes . G. labordi ; L. (308) (p. 147)
— Crête dorsale avec moins de 35 cônes . o rs CiBt es
op 2 or EE G. antimen: ; L. (338) (p. 45)
22. (14) — Présence de lobes occipitaux, qui peuvent être de taille
réduite tro tirs eh ME SR PMR. 23
DA PAS AEIODESIOCCIPItAUXE =. 4 eee Lo. 25
25. (22) tPasidefcréterdorsale tit. eme f Tr... 24
— Présence d’une crête dorsale. . .C. boettgeri ; L.C. (130) (p. 76)
24. (23) — Lobes occipitaux complètement séparés . . . . . .
SALE MEUNIER LYON A TENTE SR RERTRS G. guibei; R. (70) 16 145)
— Lobes occipitaux soudés en arrière . G. linotus ; R. (109) (P. 166)
29 (22) 22 ADPENTICe ATTON IE De LE 26
— Appendice allongé, pointu . . . . c. gallus ; R. (110) (p. 124)
26. (25) — Crète pariétale présente, 4 à 6 écailles temporales . 1
ETES G. fallax; R. (110) (P. 113)
— _ Crête pariétale Fret 5 à 8 écailles temporales .
RC . . - G. nasutus ; L.C. (3) (6x 184)
Source : MNHN, Paris
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— 1890. — Tenth Contribution to the knowledge of the Fauna of Madagascar.
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et Belly. (Bull. Soc. philom. Paris, (8) 7. pp. 112-135).
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris:
LE GENRE CHAMAELEO 315
8. — ANNEXES
8.1. — Lisre DES CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGAScAR (*?)
Genre Brookesia J. E. Gray, 1865
B. antoetrae E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1971.
B. decaryi F. Angel, 1938
B. dentata F. Mocquard, 1900 (non Boerrcn, 1913).
B. karchei E. R. Brygoo, Ch. P. Blanc et Ch. A. Domergue, 1970.
B. ebenaui (O. Boettger, 1880).
B. minima O. Boettger, 1893.
B. nasus G. A. Boulenger, 1887 (= B. betsileana Ahl, 1927).
B. perarmata (F. Angel, 1933).
B.
B.
B.
B.
B.
B.
. superciliaris (H. Kühl, 1820) (= Chamaeleon brookesia Gray, 1836; — C. (Furcifer)
brookesii Fitzinger, 1843.)
. stumpffi O. Boettger, 1894 (— B. superciliaris Boettger, 1879, non Kün, 1820).
thieli E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1969.
. therezieni E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1969.
. tuberculata F. Mocquard, 1894.
. vadoni E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1969.
Genre Chamaeleo Laurenti, 1768 (*)
angeli E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1968.
antimena À. Grandidier, 1872 (= C. rhinoceratus var. lineatus P. Methuen et J. Hewitt,
1913).
balteatus C. et A. Duméril, 1851.
belalandaensis E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1970.
bifidus A. Brongniart, 1800 (— C. (Furcifer) brongniardi, L. Fitzinger, 1843).
boettgeri G. A. Boulenger, 1888 (= C. macrorhinus T. Barbour, 1903).
b. brevicornis A. Günther, 1879 (= C. gularis A. Günther, 1879).
b. {sarafidyi E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1970.
campani À. Grandidier, 1878 (— C. octotaeniatus O. Boettger, 1881).
cucullatus J. E. Gray, 1831.
fallax F. Mocquard, 1900.
furcifer L. Vaillant et A. Grandidier, 1880 (— C. chauvini P. Methuen et J. Hewitt, 1913).
gallus A. Günther, 1877.
9. gastrotaenia G. A. Boulenger, 1888 (= C. grandidieri F. Mocquard, 1900).
9. marojezensis E. R. Brygoo, Ch. P. Blanc, Ch. À. Domergue, 1970.
globifer A. Günther, 1879.
guibei D. Hillenius, 1959.
labordi A. Grandidier, 1872 (= C. barbouri H. Hechenbleikner, 1942).
lateralis J. E. Gray, 1831 (= C. lambertoni F. Angel, 1921).
linotus L. Müller, 1924.
malthe A. Günther, 1870.
minor A. Günther, 1879.
monoceras O. Boettger, 1917.
nasutus A. Duméril et Bibron, 1836 (non C. nasutus O. Boettger, 1878 ; — C.radamanus
R. Mertens, 1933).
popnoppnnpnnnannnnnnon 90
(32) Liste des noms retenus par la dernière révision de R. MerTENS, 1966 et complétée
ar nous.
D 145) À Mexclodon Ge cœur de Comores Camus cephablepis A Ghther ct CO. pellent
W. Peters, 1873.
Source : MNHN, Paris
316 E.-R. BRYGOO
C. oshaughnessyi A. Günther, 1881. |
C. oustaleti F. Mocquard, 1894,
S: pardalis G. Guvier, 1829 (— C. ater R. Lesson, 1831 — C. guentheri G. A. Boulenger,
18
= C. longicauda F. Mocquard, 1909 = C. aillaris F. Werner, 1899 = C. krem-
pf P. Chabanaud, 1928).
C. p. parsonit G. Cuvier, 1824 (= C. madecassus R. Lesson, 1831).
C. p. var. cristifer P. A. Methuen et J. Hewitt, 1913.
C: rhinoceratus J. E. Gray, 1845 (= C. rhinoceros J. E. Gray, 1843, — C. voellzkowi O. Boett-
ger, 1893.
C: tsaratananensis E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1967.
C. v. verrucosus G. Cuvier, 1831 (= C. monilifer J. E. Gray, 1831).
C. v. semicristatus (O. Boettger, 1894).
C. w. willsii A. Günther, 1890.
C. w. petteri E. R. Brygoo et Ch. A. Domergue, 1968.
Source : MNHN, Paris.
8.2. — INDEX ALPHA!
Liste alphabétique
des espèces
et synonymes (*)
angeli (C.)
antimena (C.)
antoetrae (B.)
ater (C.)
axillaris (C.)
balteatus (C.)
balteus (C.)
barbouri (G.)
belalandaensis (C.)
betsileana (B.)
bifidus (C.)
bifurcatus (C.)
bifurcus (C:)
boettgeri (C.)
brevicornis (C.)
brongniardi (C.)
brookesia (C.)
brookesiana (C.)
brookesianus (C.)
brookesii (C.)
[calcaratus (C.)]
[calcarifer (C.)]
Icalyptratus (C.)]
campani (C.)
[cephalolepis (C.)]
chauvini (C.)
crassicornis (C.)
cristifer (C.)
cucullata (C.)
cucullatus (C.)
decaryi (B.)
dentata (B.)
ebenaui (B.)
fallax (C.)
fimbriatus (C.)
furcifer (
furcifer (C.
gallus (C.)
gastrotaenia (C.)
globifer (C.)
grandidieri (C.)
guentheri (C.)
guibei (C.)
gularis (C.)
fjacksonii (C.)]
LE GENRE CHAMAELEO
DE CAMÉLÉONIDÉS DE MADAGASCAR
(Genres Ghamaeleo et Brookesia)
Espèces à consulter Figures Cartes
1-2 6
3-6 6
pardalis (C.)
pardalis (C:)
7-9 7
balteatus (C.)
labordi (C.)
10 11
nasus (B.)
11-14 8
bifidus (C.)
bifidus (C.)
15-16, 9
4
17-22 10
bifidus (C.)
superciliaris (B.)
superciliaris (B.)
superciliaris (B.)
superciliaris (B.)
[calcariter (C.)]
103
23-24 11
106-107
furcifer (C.) 33 B
bifidus (C.)
parsonii (C.) 83-85 18
cucullatus (C.)
25-30 12
re 31-32 9
pardalis (C.
33 À 13
bifidus (C.)
34-36 9
37-40 13
41-43 7
gastrotaenia (C.)
pardalis (C.)
44 AB
brevicornis (C.)
102
317
IQUE DES NOMS D’ESPÈCES ET SOUS-ESPÈCES
Texte (*)
21, 30, 39
28, 43, 45, 294
21, 27, 29
34, 210
210, 204
20, 28, 54, 65, 294
54
21, 147, 240, 204
30, 63
27
30, 31, 36, 65
19, 65
65, 75
76, 145
82
14, 33, 65
6
20, 34
20
19, 34
32, 276
276
32, 276
97
21, 32, 282
120
54, 65
61, 234
103
10, 30, 31, 93, 103, 296
21, 27, 29
21, 27, 29, 30
21, 27, 29
30, 113
210
30, 120, 134
65
117, 124
121, 128
61, 139
129, 130, 134
ce,
20, 30, 80, 145
82, 84, 204
32, 278
(34) En caractères gras, le nom valide, suivi de (C.) pour Chamaeleo et de (B.) pour
Brookesia ; en caractères ordinaires les synonymes avec, dans la colonne suivante, le nom valide
auquel il convient de se reporter. Entre crochets les espèces qui n’appartiennent pas à la faune
malgache sensu stricto.
(35) En chiffres gras la référence principale.
Source : MNHN, Paris
318
Liste alphabétique
des espèces
et synonymes (*)
karchei (B.)
krempfi (C.)
Jabordi (C.)
lambertoni (B.)
lambertoni (C.)
lateralis (C.)
lincatus (C.)
linotus (C.)
longicauda (C.)
macrorhinus (C.)
madecassus (C.)
malthe (C.)
marojezensis (C.)
[melanocephala (C.)]
[melanocephalus (C.)]
minima (B.)
minor (C.)
monilifer (C.)
[monachus (C.)]
monoceras (C.)
nasus (B.)
nasutus (C.)
niger (C.)
octotaeniatus (C.)
o’shaugnessyi (C.)
oshaughnessyi (C.)
oustaleti (C.)
pardalis (C.)
parsonii (C.)
parsonsi (C.)
perarmata (B.)
etteri (C.)
fpolleni (C.)]
radamanus (C.)
rhinoceratum (C.)
rhinoceratus (C.)
rhinoceros (C.)
semicristatus (C.)
stumpffi (B
superciliaris (B.)
therezieni (B.)
thieli (B.)
tsarañdyi (C.)
tsaratananensis (C.)
tuberculata (B.)
vadoni (B.)
verrucosus (C.)
voeltzkowi (C.)
willsii (C.)
E.-R.
Espèces à consulter
pardalis (C.)
lateralis (C.)
antimena (C.)
pardalis (C.)
boettgeri (C.)
parsonii (C.)
gastrotaenia (C.)
verrucosus (C.)
pardalis (C.)
campani (C.
Er (G.)
parsonii (C.)
willsii (C.)
nasutus (C.)
rhinoceratus (C.)
rhinoceratus (C.)
verrucosus (C.)
brevicornis (C.)
rhinoceratus (C.)
BRYGOO
Figures
45-49
50-54
55
56-60
40
104
61
105
62
63-66
67-70
71-73
74-78
79-85
99-101
108-109
86-88
94
22
89
90-94
95-101
Cartes
12
13
16
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18
20
10;
12
19
20
Texte (*)
21, 27, 29
34, 210
28, 43, 53, 147, 240, 293
He en 29
5, 31, 33, 156, 292
, 204
45, 240,
20, 30, 80, 166
210
76
223
93, 169
21, 136, 293
280
32, 258, 280
21, 27, 29, 30
75, 179
t]
32, 113, 281
30, 43, 182
21, 27, 29, 30
19! 21, 31, 33, 86, 76, 117,
118, 184
210
97
61, 192
21, 34, 201
19, 27, 31, 33, 34, 210, 203
2 27, 84, 61, 223
Fe ot, 27, 29, 30, 31
30, 75, 270
21, 286
184, 187
239
31, 36, 43, 53, 147, 239
239
30, 258, 204
; 27, 29
6, 7, 19, 21, 27, 29, 34
21, 27, 29, 30, 31
7, 21, 27, 29
19, 21, 33, 250, 202
147, 239
75, 263
Source : MNHN, Pari:
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe z0olo-
gique. L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la « Faune de Madagascar »
au Secrétaire de la « Faune »: P. Vietre, 45 bis, rue de Buffon, Paris (6®), ou à:
M. Paul Griveaup, Centre O.R.S.T.O.M. (anciennement IR.S.M.),
B. P. 434, Tananarive (Madagascar).
En vente à la Librairie René Tnomas
36, rue Geoffroy - Saint-Hilaire, Paris (5e),
et à la Librairie de Madagascar,
avenue de l'Indépendance, Tananarive (Madagascar).
Date de publication de ce volume : 25 novembre 1971.
Fascicules publiés
Francs Francs
malgaches français
I. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.-C. FRASER, 1956.. 4.750fr, 35 fr.
II. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidae, Acraeidae, par
RE ÉDAUHIAN, LODbEe een ee 2.000 fr. 40 fr.
IT. — Lépidoptères Hesperidae, par P, Verre, 1956 .. 1.500 fr, 30 fr.
IV. — Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. Breu-
NING SRE ES 8.500 fr. 70 fr.
V. — Mantodea, par R. PAULIAN, 1957 000 fr. 30 fr.
VI. — Coléoptères Anthicidae, par P. BoNADONA, 1957... 2.000 fr. 40 fr.
VII. — Hémiptères Enicocephalidae, par À. Vicriers, 1958 . 1.500 fr. 30 fr.
VIT. — Lépidoptères Sphingidae, par P. GriveauD, 1959 ... 2500fr. 50 fr.
IX, — Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. LAWRENCE,
LI 1.500 fr. 30 fr.
X. — Poissons des eaux douces, par J. ArnouLr, 1959 .. 8.000 fr. 60 fr.
XI. — Insectes. Coléoptères Scarabacidae, Scarabaeïna ct
Onthophagini, par R. PauzrAN; Helictopleurina, par
DÉRRBIS TOGO ee + 2500fr. 50 fr.
XII. — Myriapodes. Chilopodes, par le Dr R.-F. LAWRENCE,
1960 50 fr.
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines, par
RE PAUPTAN LOI ee en no 5.000 fr. 400 fr.
a :: Source : MNHN, Paris
XIV. — Lépidoptères Eupterotidae et Attacidae, par P. Gri-
vEAUD, 1961 2.500 fr. 50 fr.
XV. — Aphaniptères, par le D' LumaAReT, 1962... ... 2500fr. 50 fr.
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. CROSNIER,
2.500 fr. 50 fr.
XVII. — Insectes.
1904 2.500 fr. 50 fr.
XVIII. — Crustaés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par
AS CR OSNEDRS LUOD ne let ie 2.500 fr. 50 fr.
XIX. — Insectes, Coléoptères Erotylidae, par H. Pairipp, 1965 4.750 fr. 35 fr.
XX (1). — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae
(non) par PNSErTE O6 ER en 2.500 fr. 50 fr.
(2): — Jd. Amphipyrinae (part.) et Melicleptriinae, 1967. 3.500 fr. 70 fr.
. — Octocoralliaires, par A. Tix1er-Durivauer, 1966.... 3.500 fr. 70 fr.
6.000 fr. 120 fr.
KXXIIL — _ 3.500 fr. 70 ir.
XXIV. — Insect ns :
NE LPEN UD ot nan ent 1.500 fr. 30 fr.
J. — Insectes. Hétéroptères Lygaeidae Blissinae, par J. À.
SHARER 1007 es de ue 4.500 fr. 30 fr.
XXVI. —— Insectes. Orthoptères Acridoidea (Pyrgomorphidae
didae), par V. M. Drrsu et M. Descamps, 1968 3,500 fr, 70 fr.
XXNIC EE . Lépidoptères Papilionidae, par R, PAULrAN
TE AOOB PR de do een 3.000 fr. 60
AVI . Hémiptères Reduviidae (1e partie), par
EDIDRS SA ODB EN es maniere 3.500 fr. El
XXIX. — Insectes. Lépidoptères Notodontidae, par S. G. f &
Kirraxorr, 1969 4.000 fr. €9 fr.
XXX. — Insectes. Dérmaptères, par À. BriNDce, 1969 .. . 2.000fr. 40 fr,
DOG ctes. Lépidoptères Noctuidae Plusiinae, par :
CDD TOO ne amont es 4.000 fr. 80 îr.
XXXII. —— Arachnides. Araignées Archaeidae, pers LEGENDRE, À !
D 2.500 fr. 50 fr.
XXXIII — Reptiles. Sauriens Chamaeleonidae, le genre Chamae- x
160) SDaR FE RS BRVGOOMO LS ne ue un 6.000 fr. 420 fr. =
Dépôt légal : 4e trimestre 1971
Pierre ANDRÉ, Imp. 3, rue Leverrier, Paris (