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- FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de a République Malgache
XXXV
OISEAUX
par
Philippe MILON, Jean-Jacques PETTER
et Georges RANDRIANASOLO
Volume honoré d'une subvention du
Secrétariat d'État aux Affaires Étrangères chargé de la Coopération
ORSTOM CNRS
Tananarive Paris
1973
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Recteur de l’Académie de Bordeaux
(alors Directeur adjoint de l'IRSM)
Comité de patronage
Son Excellence M. le Dr Rakoro RATSIMAMANGA, Ambassadeur extra-
ordinaire et plénipotentiaire de la République Malgache en France, Paris. —
M. le Ministre de l'Éducation nationale, Tananarive. — M. le Président de
l'Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l'Université de Mada-
gascar, Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l’Université de Mada-
gascar, Tananarive. — M. le Directeur général du CNRS, Paris. — M. le Direc-
teur général de lORSTOM, Paris. — M. le Directeur du centre ORSTOM
(anciennement IRSM), Tananarive.
M. le Professeur Dr J. Mizcor, membre de l'Institut, fondateur et ancien
directeur de J'IRSM, Paris. — M. le Professeur R. Heim, membre de l’Ins-
titut, Paris.
MM. les Professeurs A. S. BaLAcHowsky, membre de l'Institut, Paris ;
A. CHaBauD, Paris ; C. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, Paris ; J. GuiBÉ, Paris ;
P. LEHMAN, Paris ; G. Perir, Paris ; J.-M. PÉRÈS, Marseille.
Comité de rédaction : M. R. PauLiaw, Président ; MM. C. DELAMARE
Degourrevice, P. DrAcu, P. GRIVEAUD, À. GRJEBINE, J.-J, P: à, G. RAMA-
NANTSOAVINA, P. ROEDERER, P. Vierre (secrétaire).
Les volumes de la « Faune de Madagascar », honorés d'une sub-
vention de la République Malgache, sont publiés avec le concours
financier du Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Office
de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer.
:MNEN, Paris
— de À
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
XXXV
OISEAUX
par
Philippe MILON, Jean-Jacques PETTER
et Georges RANDRIANASOLO
Volume honoré d'une subvention du
Secrétariat d'État aux Affaires Étrangères chargé de la Coopération
ORSTOM CNRS
Tananarive
Bibliothèque Centrale Muséum
NN
SSTOHP PR, Paris
1973 |
SOMMAIRE
INTRODUCTION
Les noms malgaches .
Comment observer?
Où observer?
Le problème de l'extinction des espèces .
ï 1) Causes des extinctions anciennes
2) Causes actuelles de la disparition des Oiseaux
DÉTERMINATION DES FAMILLES.
ÉTUDES DES ESPÈCES
BIBLIOGRAPHIE
INDEX ALPHABÉTIQUE
PLANCHES.
pages
13
23
250
voir fascicule hors-texte
Source : MNHN, Paris
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Oiseaux 5
INTRODUCTION
Ce volume de la « Faune de Madagascar » a été écrit par des naturalistes
qui ont essayé de donner aux autres ce qu’ils auraient voulu trouver quand ils
ont commencé à observer les oiseaux à Madagascar.
C'est d’abord un manuel d'identification des oiseaux sur le terrain. Comme
bien d’autres sciences, l’ornithologie, ou science des oiseaux, a beaucoup trans-
formé ses méthodes depuis quelques années : il ne s’agit plus maintenant
d'abattre un oiseau pour faire étudier sa dépouille en quelque musée ; si de
telles récoltes furent nécessaires, elles ne le sont plus guère de nos jours ; au
stade atteint par l'ornithologie dans la plupart des pays du monde, et notam-
ment à Madagascar, on étudie surtout l'oiseau dans la nature en tant qu'être
vivant dans un certain milieu. L'observation d’un être aussi mobile que l’oiseau
nécessite, pour être utile, une bonne connaissance des caractères d’identifica-
tion, «au vol » ou « au poser », des différentes espèces.
Or, il n'existe actuellement aucun livre permettant d'acquérir cette connais-
sance pour les oiseaux malgaches : les ouvrages remarquables de A. MILNE-
Epwanps et A. GRANDIDIER, parus en 1885 en quatre volumes in-folio, complé-
tés par le supplément de L. LAVAUDEN en un volume publié en 1937, et qui
contiennent de nombreuses et très belles planches en couleurs, n’ont nullement
été conçus pour permettre une identification rapide, et de grands progrès dans
la connaissance des oiseaux ont été faits depuis l’époque où ils ont paru; en
outre, ils sont actuellement introuvables, et les rares exemplaires passant en
vente publique atteignent des prix très élevés.
Les relations de MM. J. Deracour et A. L. RanD à la suite de la mission
franco-anglo-américaine de 1929-1931, dont on peut dire qu'elle a véritable-
ment fondé l’ornithologie moderne de la Grande Ile (nous y ferons de fréquentes
allusions dans ce volume), ne sont pas non plus des manuels d'identification
et n’ont que de rares illustrations.
Le présent ouvrage est ensuite une tentative de classement sommaire des
connaissances actuelles sur les oiseaux de Madagascar. Bien entendu, ses
dimensions ne permettent pas de tout dire. Loin de là ! Cependant, le para-
graphe « Distribution et Mœurs » contient l’essentiel de ce qui est maintenant
connu sur la répartition de l'espèce à Madagascar, son statut de nicheur ou de
migrateur, son mode de reproduction, etc.
Manuel d'identification, exposé sommaire des connaissances acquises en
ornithologie malgache, notre ouvrage n’est pas qu’un travail de compilation.
Il est aussi composé d’un grand nombre d'observations originales faites par
nous au cours de longs séjours à Madagascar et qui n’ont pas encore été publiées.
C’est pourquoi on y verra figurer des notes nouvelles sur la biologie de certaines
espèces, en particulier sur leur reproduction. Ce livre contient cependant beau-
Source : MNHN, Paris
6 Pa. MIiLON ET AL.
coup de lacunes et si nous nous décidons quand même à le publier, c’est pour
inciter d’autres ornithologistes à le compléter.
On notera que les renseignements donnés pour chaque espèce ne répètent
pas les renseignements généraux donnés à la notice de la famille qui précède celle
des espèces et qu’il faut donc commencer par lire cette notice de la famille à
laquelle une certaine extension a parfois été donnée.
Nous voudrions que notre ouvrage soit une invitation à observer ; sachant
ce qu’on connaît, on veit tout ce qui reste à apprendre, à découvrir encore
dans ce domaine passionnant des Sciences de la Nature dont les vastes horizons
s'élargissent sans cesse à mesure qu'on y avance. Nous voudrions que chacun
de ces livres soit le compagnon fidèle d'ardents naturalistes de terrain parcou-
rant, jumelles au cou, appareil photographique en bandoulière, et sans fusil,
ces admirables paysages malgaches, de la pointe du Cap d'Ambre à l'embou-
chure du Mandrare.
Enfin, nous aimerions que ceux qui auront pris conscience des problèmes
de la Conservation de la Nature consacrent une partie de leur énergie à protéger
cette nature sauvage si précieuse, partout si menacée, et dont les oiseaux ne
sont qu'un élément. Il faut essayer de limiter l’action de ceux qui massacrent
pour le seul plaisir de détruire, et qui, par exemple, au détriment des vrais
chasseurs, se permettent pendant les périodes sèches, d’aller tuer dans les petits
lacs refuges, comme ceux de la région d’Antsalova, plus de 500 « canards » à la
fois.
Seule la participation active de tous ceux qui admirent et qui aiment la
variété sans cesse renouvelée de cette belle Nature malgache permettra d'en
conserver quelques vestiges presque intacts.
Nous tenons à remercier tout particulièrement M. le Recteur R. PAULIAN,
fondateur de la « Faune de Madagascar » et Président de son Comité de rédac-
tion, qui a patronné ce volume 35 de la « Faune» et qui a tout fait pour qu'il
voit, enfin, le jour, les peintres ornithologistes P. BarRuEzL et M. CABIDOCHE,
qui nous ont permis de l’illustrer, et P. Vierre, secrétaire du Comité de rédaction
de la « Faune », qui a passé un temps considérable à revoir la partie biblio-
graphique du manuscrit, ainsi que les premières épreuves et à les mettre au
point le mieux possible.
Nous sommes, en outre, très reconnaissants à tous les amis qui ont bien
voulu nous aider sur le terrain, qui nous ont fait part de leurs propres obser-
vations où qui ont contribué à la recherche des documents bibliographiques :
MMnmes M. ParieNrE, M. Th. MarGar et A. Perrer-RoussEAUX, MM. G. Rama-
NANTSOAVINA et J. ANDRIAMAMPIANINA, le Pr J. Bercioz, le Pr J. Dorsr,
R. ALmranac, O. Appert, A. Dnonpr, P. Griveaup, Chr. JOUANIN,
N.S. Mazcozm, À. Pevrieras, J. SALvAN et P. Vier
LES NOMS MALGACHES
Nous avons volontairement limité le nombre des noms malgaches, élimi-
nant d’une part ceux qui étaient les plus imprécis et ne conservant d'autre part
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 7
que ceux qui étaient les plus connus. Pour certains oiseaux très répandus, il
aurait fallu citer une longue série de noms correspondant à tous les dialectes
locaux. Ce n’était pas le but de cet ouvrage. On remarquera que certains noms
sont la traduction fidèle d’un trait du comportement original de l'oiseau.
D'autres représentent l’imitation d’une partie de leur cri. Il faut noter à ce
propos que dans la prononciation d’un nom malgache la lettre « o » se prononce
«ou » et la dernière lettre des mots ne se prononce généralement pas.
COMMENT OBSERVER ?
« Observer pour connaître, connaître pour mieux observer » a dit René
HuyGuss.
Pour bien observer il faut essayer avant tout de se munir de bonnes
jumelles.
Il est généralement possible d’avoir une idée sur la détermination d’un
oiseau après une vision très rapide si on en connaît, même de façon livresque,
la description. Une vérification rapide d’un détail permettra ensuite d’avoir une
certitude.
Un certain nombre de règles sont cependant bonnes à savoir appliquer
dans certains cas pour observer rapidement d’une façon analytique.
Quand il s’agit de la vision rapide d'un oiseau qui s’en va au milieu des
branches il est évident que l'on voit ce que l’on peut, parfois pas grand-chose ;
mais si l’on a la chance de pouvoir disposer d’un temps un peu plus long avant
la fuite de l'oiseau, un plan d'observation facilite les choses et aide à acquérir
de la précision. On peut par exemple regarder systématiquement les détails de
l'oiseau dans un certain ordre : tête et bec, queue, ailes et dos, pattes. Chacun
choisit l'ordre qu'il préfère.
Nous espérons que la clef dichotomique et surtout les planches rendront
plus facile ce travail de détermination qui est capital car, avant de noter un
détail sur les mœurs d’un oiseau, il faut savoir le reconnaître.
Il est très difficile, parfois impossible, de distinguer sur le terrain les détails
souvent infimes qui séparent les sous-espèces. Certaines de celles-ci sont
figurées sur les planches en couleur, surtout à titre d'exemple. Leur étude est
œuvre de spécialiste et c’est à cela que servent les grandes séries de peaux
réunies dans quelques grands Muséums. A Madagascar, cette collecte fut le
travail essentiel de la mission franco-anglo-américaine entre 1929 et 1931.
L'isolement d’une sous-espèce géographique est la première étape de la
spéciation, c'est pourquoi elle a un intérêt théorique important.
Où OBSERVER ?
Les espèces d'oiseaux malgaches les plus intéressantes sont généralement
celles que l’on trouve en forêt, mais elles sont souvent assez difficiles à voir. Les
Source : MNHN, Paris
8 Pa. MiLoN Er AL.
espèces aquatiques ou de rivage, aussi très intéressantes et nombreuses, sont
relativement plus faciles à observer.
Les indications données dans ce livre, à propos de chaque oiseau, ont pour
but de permettre une meilleure orientation des recherches : elles indiquent le
type de biotope, le niveau fréquenté le plus souvent et les habitudes de l'oiseau.
Certaines zones sont très favorables à l'observation de la faune avienne,
ce sont les lisières de forêt ainsi que les zones récemment dégradées.
Lorsque l’on séjourne à Tananarive, la meilleure façon de voir le maximum
d'oiseaux forestiers dans le minimum de temps est certainement d’aller visiter
la station forestière d'Analamazaotra à Périnet, au Nord-Est de Tananarive,
station que nous souhaitons vivement voir bientôt transformer en Parc national
de la Capitale. Une route, un train, un hôtel permettent d'y venir et d'y séjour-
ner avec un confort relatif. De larges allées permettent de circuler au milieu de
la forêt aussi bien près des ruisseaux que sur les crêtes sans aucune difficulté.
Avec un peu d'habitude, en une matinée, si l'on ne choisit pas la période
des pluies, on peut y voir près de la moitié des espèces de la forêt de l'Est.
D'autres zones, relativement près des grandes villes, sont aussi très favo-
rables pour l'étude des oiseaux. C’est le cas, par exemple, du Parc national de
la Montagne d’Ambre, près de Diégo-Suarez, et de la Réserve naturelle inté-
grale n° 7 de l’Ankarafantsika (avec les autorisations nécessaires) pour Majunga.
Pour la faune aquatique, les rizières et les petits lacs se trouvant autour de
Tananarive permettent d'observer un certain nombre d'espèces. Mais, géné-
ralement, pour voir beaucoup d'oiseaux il faut aller dans l'Ouest.
Les prairies et savanes des plateaux permettent de voir un certain nombre
d’espèces communes et souvent ubiquistes dont les mœurs et l'écologie ne
sont souvent pas mieux connues que celles des oiseaux les plus rares.
LE PROBLÈME DE L'EXTINCTION DES ESPÈCES
1) Causes des extinctions anciennes
La faune ornithologique de Madagascar est relativement pauvre (environ
220 espèces alors qu'il en existe plus du double en Afrique). Elle a pro-
bablement subi d'assez lourdes pertes au cours de ces derniers siècles et des
animaux très originaux s’y sont éteints vraisemblablement à la suite de varia-
tions climatiques entraînant la désertification du Sud du pays et, plus récem-
ment, à la suite du déboisement du plateau central. En considérant la faune
ancienne malgache et en comparant sa variété avec celle d’autres régions, on a
souvent l'impression qu’une série de catastrophes se sont abattues sur elle dans
le passé pour détruire de nombreux types qui n'ont pas encore complètement
trouvé de remplaçants.
Comme le pense R. E. Moreau (1966), certaines familles comme les
Philepüttidae ont certainement ainsi vu se réduire le nombre de leurs représen-
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 9.
tants. D'autres semblent avoir compensé des manques par une radiation évo-
lutive récente permettant l'occupation plus ou moins complète des « niches
écologiques » vacantes. Les Autruches géantes formant le groupe des Aepyorni-
thidae (comme c’est vraisemblablement le cas aussi pour toute une série de
Lémuriens géants) ont disparu à la suite de la destruction totale de la « niche
écologique » qu’elles occupaient. Elles n'ont évidemment pas été remplacées.
Si les recherches de fossiles n’ont pas permis de retrouver l’histoire de la
petite faune avienne dont les crânes, trop frêles, n’ont pas laissé beaucoup de
restes, de nombreuses études paléontologiques et des datations au radio-
carbone ont permis de reconstituer en partie le drame des Aepyornithidae. Il
est très vraisemblable que l’homme y ait été mêlé; on a retrouvé en effet des
vestiges d'industrie humaine dans les gisements de fossiles et l’on sait par les
traditions orales qui en ont gardé longtemps le souvenir et un témoignage de
FLacourr que ces Autruches géantes ont été les contemporaines de l’homme
à Madagascar.
En 1658, le Sieur de FLacourr décrivait en effet le « Vouron-Patra » dont
il avait entendu parler lors de son voyage dans le Pays Antandroy au Sud de
Madagascar :
« C’est un grand Oyseau qui hante les Ampastres, et fait des œufs comme
l'Autruche, c’est une espèce d’Autruche, ceux des dits lieux ne le peuvent
prendre, il cherche les lieux les plus déserts. »
J. Maé et M. SourpaT, dans une récente étude (1971), ont tenté de
résumer les recherches les plus récentes sur le déclin de,cette faune subfossile.
La datation absolue des ossements de subfossiles et des industries humaines du
Sud-Ouest de Madagascar montre que l'homme a probablement accéléré un
phénomène qui était déjà en route. Son implantation dans l’île n’est pas estimée
à plus de 1000 ans avant J.-C., alors que le déclin de cette faune était déjà
commencé entre les années 2 300 et 2 000 avant J.-C.
La cause primordiale de ce déclin ne peut être qu'une modification du
climat et du biotope. La faune ne s’est sans doute pas adaptée à l'installation
progressive d’un climat aride dans le Sud. Quelques sécheresses plus marquées
l'avaient concentrée et décimée autour des derniers points d’eau et la dispari-
tion de cette population amoindrie a été précipitée par l’homme.
2) Causes actuelles de la disparition des Oiseaux
Les Aepyornithidae ont mis vraisemblablement plusieurs milliers d'années
pour s'éteindre mais des actions directes et multiples de l’homme nous font
assister actuellement à une très nette accélération de la destruction des espèces
animales. Le nombre d'espèces qui s’éteignent dans le monde s'accroît d'année
en année et beaucoup d'espèces ont des effectifs si réduits qu’elles sont irré-
médiablement condamnées.
Une Conférence internationale sur l’Utilisation rationnelle et la Conser-
vation de la Nature, organisée à Tananarive sur l'initiative du Service des
Source : MNHN, Paris
10 Pa. MiLON ET AL.
Eaux et Forêts malgache et de l’Union internationale pour la Conservation
de la Nature et à laquelle participaient plusieurs organisations internationales
et laboratoires de recherche, a permis de réunir du 7 au 11 octobre 1970 de
nombreux chercheurs scientifiques intéressés à la Conservation et à l’étude de
la faune malgache. Ce fut l’occasion de bien mettre en évidence toutes les modi-
fications que la civilisation humaine entraîne à Madagascar pourtant encore peu
industrialisé, de bien préciser l'influence néfaste de l’homme sur la faune et
d'y chercher des remèdes.
En ce qui concerne les Oiseaux, les dégradations les plus graves sont
liées comme l’a notamment résumé J. SALVAN :
_— à la chasse et surtout au braconnage avec collecte d'œufs et de jeunes
oiseaux (destruction systématique des colonies d’Ardeidae),
— à l'épandage d’insecticides comme l’Aldrin (aux effets foudroyants sur
la faune aquatique notamment),
__ aux feux de brousse et à la dégradation des forêts,
— aux replantations d'Eucalyptus, de Mimosas et de Conifères (qui ne
conviennent qu’à des espèces d'oiseaux ubiquistes),
__ à la transformation de marécages en rizières ou en bassins de pisci-
culture,
__ à l'introduction de poissons herbivores voraces (qui, comme certains
Tilapias, dénudent les rives) et de poissons carnivores (qui, comme les Black-
Bass, mangent les poussins des oiseaux aquatiques),
—— à la pollution des eaux (principalement dans les lacs autour de Tana-
narive),
_— à l'ouverture de routes et d’aérodromes, qui accroissent la pression
humaine dans des zones reculées et qui permettent à des « chasseurs » irrespon-
sables de tout tuer le long des routes ou d’atterrir près de lacs isolés pour faire
des « cartons » avec les oiseaux aquatiques.
Les remèdes sont connus, mais, hélas, il est bien difficile de les appliquer.
Cependant, comme en médecine, il ne faudrait pas attendre que le patient
soit à moitié mort pour agir, mais savoir prévoir l’évolution du mal d’après ses
premiers signes.
Des lois excellentes existent déjà. Quelques modifications de détail sont
à apporter : notamment, la protection légale absolue de certaines espèces en
voie de disparition. Ces lois doivent être respectées par tous et il est nécessaire
de venir en aide au Service des Forêts, si l’on veut préserver le patrimoine
scientifique, cynégétique et touristique que représente l’avifaune madécasse.
Depuis 1927 des réserves naturelles intégrales ont vu le jour, à la suite de
la Conférence internationale pour la protection de la Nature tenue à Paris en
1923. Il faut améliorer l'efficacité de leur protection grâce à un personnel plus
nombreux.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
12 PH. MILON ET AL.
Il existe un certain nombre de réserves spéciales et le gouvernement de
la République Malgache a créé deux pares nationaux, mais le nombre des unes
et des autres doit être augmenté.
Les zones lacustres les plus intéressantes devraient être totalement pro-
tégées, par exemple : les petits lacs au Nord de Vohémar, les lacs Ihotry et
Kinkony, dans l'Ouest, ainsi que ceux de Bemamba et de Masama, darts la
région d'Antsalova (où les oiseaux d’eau, encore très abondants, se repro-
duisent et qui hébergent des espèces rares comme la Sarcelle de Bernier).
Conscient du danger, le Service des Forêts fait un immense effort, mais
la tâche est trop vaste au regard des moyens dont il peut disposer. Il faut
souhaiter qu’une aide extérieure, complètement désintéressée, vienne encourager
l'effort national.
La faune et la flore de la Grande Ile, comme celles d’autres îles à la surface
du globe (Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Guinée, etc.) représentent un patri-
moine scientifique unique au Monde.
Ce patrimoine ne pourra être conservé que : (a) si les formations végétales
naturelles, déjà beaucoup trop limit. ne sont plus attaquées par le fer et le
feu ; (b) si le nombre des gardes forestiers est considérablement accru, d'abord
pour faire respecter la loi, ensuite pour surveiller les réserves naturelles inté-
grales, les réserves spéciales et les pares nationaux (c’est là que l’aide extérieure
doit être apportée en priorité) ; (c) si, enfin et surtout, on apprend aux jeunes
générations de Malgaches, de l’école à l’université, le rôle essentiel, primordial
et utilitaire de la couverture forestière naturelle dans la conservation des sols,
dans la régularisation des cours d’eau et des précipitations amenant une éro-
sion moindre et dans la stabilisation des microclimats.
Formons le vœu que les habitants de la Grande Ile soient plus sages que
ceux des nations industrialisées !
Les auteurs ne cachent pas que ce travail, tel qu’il est publié, comporte
des imperfections. Comme l’a si justement fait remarquer J. Sazvan (1971 a :
37), il reste encore, contrairement aux idées reçues et avant qu'il ne soit trop
tard, beaucoup à faire dans l'étude des Oiseaux malgaches. On dira, par exemple,
que le recensement de l’avifaune pélagique n’est pas terminé, que la biologie des
espèces forestières est mal connue, que les rapports des espèces aviennes et
des biocénoses sont partout à compléter, etc. Il faut souhaiter que le présent
fascicule de la « Faune de Madagascar », malgré ses défauts, puisse faciliter
les futures recherches ornithologiques dans la Grande Ile.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 13
DÉTERMINATION DES FAMILLES
1. — Poniarrnipar, p. 23, pl. 1.
2. — DioMEDEIDAE, p. 25.
3. — PROCELLARIDAE
et HYDROBATIDAE, p. 26.
4. — LARIDAE
et STERCORARIDAE, p. 107 et 117.
5. PH
HONTIDAE, p. 29.
Source : MNHN, Paris
14 Pa. MiLON ET AL.
=) 1. — PELECANIDAE, p. 31.
3 2. — Surnar, p. 32.
A
; 3. — PHALACROCORACIDAE, p. 33, pl. 1.
&. — ANHINGIDAE, p. 34, pl. 1.
5. — FREGATIDAE, p. 35, pl. 1.
D
(MUSEUN)
PARIS,
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 15
1. — AnDEDAr, p. 37, pl 2.
2. — Scoripar, p. 53, pl. 3.
8. — Ciconupar, p. 55, pl. 3.
4. — THRESKIORNITHIDAE, p. 57, pl. 3.
5. — CHaRADRIDAE, p. 118, pl. 4 et 5.
6. — ScoLoPpAGIDAE, p. 133, pl. 5.
7. — RECURVIROSTRIDAE, p. 135.
Source : MNHN, Paris
16 PH. MiLON ET AL.
4. — DromaDipar, p. 136, pl. 4.
2. — GLaREoLIDAE, p. 137, pl. 4.
4. — MesoeNariDaE, p. 94, pl. 7.
5. — Turnicnar, p. 97, pl. 7.
=
_
.
6. — PHasiANIDAE, p. 91, pl. 7.
7. — PrerocLiDipAE, p. 138, pl. 7.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 17
1. — Treroninar, p. 140, pl. 7.
2. — CoLumBIDAE, p. 141, pl. 7.
à 3. — FaLconIDAE, p. 76, pl. 8 et 9.
F
|
STRIGIDAE, p. 161, pl. 8.
a
|
PsiTrAGIDAE, p. 143, pl. 10.
6. — Cucuripar, p. 147, pl. 11.
Source : MNHN, Paris
18 PH. MILON ET AL.
1. — Carrmmuzinar, p. 166, pl. 12.
2. — Aponipar, p. 168, pl. 12.
3. — CORACIHDAE Où CORACIADIDAE
p. 171, pl. 10.
4, — MenorDar, p. 177, pl. 10.
5. — Arceninipar, p. 178, pl. 13.
6. — Urupinar, p. 180, pl. 13.
Source : MNHN, Paris
À
Oiseaux 19
À. — PHiLEPITTIDAE, p. 181, pl. 16.
2. — HiRUNDINIDAE, p. 186, pl. 12.
3. — Pnornicorremipar, p. 62, pl. 3.
&. — ANATIDAE, p. 66, pl. 4.
5. — MusCiCAPIDAE, p. 218, pl. 13.
Source : MNHN, Paris
20
PH. MILON ET AL.
4, — Turpinar, p. 204, pl. 13.
2. — Syzvunar, p. 211, pl. 15.
3. — Timazupar, p. 191, pl. 15.
Hartertula flavoviridis
Neomixis tenella
Phyllastrephus xanthophrys
Oxylabes madagascariensis
Mystacornis crossleyi
Phyllastrephus madagascariensis
&, — PyenonoriDar, p. 202, pl. 16.
5. — CAMPEPHAGIDAE, p. 203, pl. 16.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 21
4. — DicruRIDAE, p. 189, pl. 16.
n
|
VanGinar, p. 223, pl. 17.
3. — NecrARINIIDAE, p. 240, pl. 16.
Cinnyris notatus (à gauche)
Cinnyris souimanga (à droite)
&. — ZostEROPIDAE, p. 243, pl. 16.
5. — MoraciLciDAE, p. 222, pl. 18.
6. — ALAUDIDAE, p. 185, pl. 18.
7. — PLoceipAE et ESTRILDIDAE, p. 245
et 248, pl. 18.
Source : MNHN, Paris
22
PH. MILON ET AL.
2. — Gonvipar, p. 190.
1. — Srunniar, p. 237, pl. 18.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 23
ÉTUDES DES ESPÈCES
La classification suivie, à quelques exceptions près, est celle publiée par
Alexander WermorE en 1960.
FAMILLE DES PODICIPITIDAE
(Grèbes)
Les Grèbes sont des oiseaux aquatiques nettement caractérisés par la
position de leurs pattes situées tout à l'arrière du corps, par leur palmure
lobée et par l'extrême réduction des plumes de la queue. Les deux ont
semblables. Ils vivent dans les eaux douces où ils nagent et plongent avec
aisance ; ils volent mal, tout au ras de l’eau avec de rapides battements de
leurs ailes courtes et ne se déplacent à terre qu'avec difficulté. Leur nid est
une sorte de radeau posé sur une eau calme et fixé aux végétaux aquatiques.
La ponte a lieu dès le début de la saison des pluies aque localité. i
sèche, les oiseaux abandonnent leurs étangs asséchés, où ils vivaient par
couples et se réunissent, parfois en assez grand nombre,-sur les lacs ou marais
qui sont restés en eau. Dans les plus grandes cuvettes lacustres on peut trouver
des pontes toute l’année (cas du lac Alaotra, par exemple). Les œufs sont
allongés, bleu pâle et vite teintés de brun par la fermentation des matériaux
du nid pendant la couvaison.
Les petites espèces de Grèbes, qui sont les seules que l'on rencontr
Madagascar, sont surtout piscivores et insectivores mais ne sauraient causer
cependant de dommage à la pisciculture.
à
La famille est cosmopolite, à l'exception des régions les plus voisines des
pôles et de la Polynésie. Trois espèces vivent à Madagascar.
*Podiceps pelzelnii Hartlaub (1)
(PL. 1, fig. 9)
Podiceps pelzelnit Hartlaub, 1861, Orn. Beitr. Faun. Madag., p. 83 (Ma
Podiceps minor var. pelelnii; À. MiLNE-EDWanDs et A. GRANDIDIER,
Poliocephalus pelzelnii aTER, 1924
Podiceps ruficollis pelzelnit ; LAVAU
Podiceps pelzelnii ; D) ur, 1932 :
Appenr, 1971 a : 61; SALVAN, 1972 c : 41.
, 1937 : 91.
Raxp, 1937 : 315 ; Voous et PAYNE, 1965 : 11 ;
Vivy (imitation du cri) ou Kiborano. — Grèbe malgache. — Madagascar
Little Grebe. — Madagaskar-Taucher.
(1) Les taxa précédés d’un astérisque sont propres à la Grande Île.
Source : MNHN, Paris
24 Pa. MiLON AL.
Identification : 26 em (1). Le Grèbe malgache se distingue du Grèbe casta-
gneux par sa gorge, Se joues, sa face inférieure nettement plus claires et,
également, par l'absence de la grosse tache jaunâtre que porte le Grèbe cas-
tagneux aux commissures du bec.
Distribution — Mœurs : Il est commun sur les ruisseaux, dans les peti
lacs, sur les marais et mares, même temporaires, de tout Madagascar, mai
i devenu rare à moins de 15 km de Tananarive. C’est une espèce propre à
re
pontes de trois et quatre œufs ont été observées (Ivohibe, lac Kin-
kony, Tuléar). Dans la région du Mangoky, O. Arrerr (1971) signale des
pontes le 4 février et le 15 mars et des jeunes dès le 28 mars.
Podiceps ruficollis capensis Salvadori
(pl. 1, fig. 7 et 8)
podiceps capensis Salvadori, 1884, Ann. Mus. Civ. Genova, p. 252.
Podiceps minor Hartlaub, 1877, Die Vogel Madagasear, P: 368.
Poliocephalus ruficollis capensis ; Scraten, 1924 : 4.
Podiceps ruficollis capensis ; RAND,
Avrerr, 1971 a : 63; SALVAN, 1972
Podiceps ruficollis ; Voous et Payne, 1965 : 13.
: 314 : LavauDEN, 1987 : 91 ; MiLon, 1946 b : 85 ;
Vivy. — Grèbe castagneux. — African Little Grebe. — Afrikanische
Zwergtaucher.
Identification : 26 em. Le Grèbe castagneux est un oiseau nettement plus
sombre que le précédent. La très visible tache claire qu'il porte aux commis-
sures du bec permet de l'en distinguer aisément, même de fort loin. Il s’hy-
bride avec l'espèce suivante, ce qui peut parfois rendre l'identification difficile.
Distribution — Mœurs : Podiceps ruficollis est une espèce dont les sous-
espè ont répandues dans la plus grande partie de l'Europe, de l'Afrique,
de l'Asie et de l'Australie. Un peu plus répandu à Madagascar que le Grèbe
malgache, le Grèbe castagneux se trouve cependant avec lui dans beaucoup
de localités : Nord de l'île, tous les Hauts-Plateaux (il a disparu vers 1955 d
environs de Tananarive et il est peu commun ailleurs) et le Sud-Ouest.
Selon O. Arret (1971 a) ce Grèbe est récemment devenu plus abondant dans la
région du Mangoky. Ce fait serait en relation avec l'introduction de poissons
herbivores étrangers qui pourrait avoir modifié la structure de nombreux
lacs et étangs dans un sens plus favorable à PL. ruficollis qu'à P. pe
init.
Dans la région du Mangoky, O. APPERT (Lc.) a observé une ponte de 4 œufs
le 24 février et des jeunes dès le 19 mars.
(1) Longueur moyenne mesurée de la pointe du bec à l'extrémité de la queue sur des
spécimens en peau.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 25
* Podiceps rufolavatus Delacour
Podiceps rufolavatus Delacour, 1932, L'Oiseau el la Rev. franç. Orn., (n. s.) 2, p. 6
(Madagascar, lac Alaotra).
Podiceps rufolavatus ; RaND, 1936 : 314 ; LavauDen, 1937 : 92 et 136 ; Voous et PAYNE,
1965 : 12 ; SaLvAN, 1972 c : 41.
Podiceps (Tachybaptus) rufolavatus ; SaLvAN, 1971 a : 37.
Vivy ou Kiborano. — Grèbe roussâtre. — Madagascar Rednecked Grebe.
Identification : 28 cm. Le Grèbe roussâtre diffère du précédent par ses
parties supérieures encore plus foncées et ses parties inférieures d’un brun
roussâtre. taille est légèrement supérieure et son bec un peu plus long. Cer-
taines variations de la coloration de la tête et du cou pourraient correspondre
à l'existence de deux phases de plumage.
K.H. Voous et H.A.W. PAYNE (1965) ont établi que P. rufolavatus, qui
serait une ancienne espèce endémique, s’hybride à Madagascar avec P. rufi-
collis (le plus commun des trois Grèbes malgaches), récemment arrivé dans
la Grande Ile, et que les deux peuvent être remplacés par une population
hybride stabilisée.
Distribution: — Mœurs : Le Grèbe roussâtre a d’abord été rencontré au
lac Alaotra où la mission franco-anglo-américaine a recueilli les spécimens
qui servirent à la description de cette nouvelle forme endémique. Il a été
trouvé aussi dans l’Isalo, l’Antsingy d’Antsalova, à Ankazobe et aux envi-
rons du lac Itasy (Sazvan, 1971 a).
FAMILLE DES DIOMEDEIDAE
(Albatros)
Les Albatros sont d’admirables voiliers aisément reconnaissables à leur
grande taille et à leur vol plané si caractéristique. Leur grand bec est formé
de plusieurs plaques cornées juxtaposées. Leurs narines sont en forme de
petits tubes et placées de chaque côté de la mandibule supérieure. L'un des
plus beaux souvenirs que le voyageur puisse rapporter des mers du Sud est
bien celui du vol majestueux de ces grands oiseaux lorsqu'ils accompagnent
les navires.
S'il n’existe aucun record authentique de ces oiseaux sur le sol de Mada-
gascar, il n’est pas douteux que plusieurs de leurs neuf espèces qui nichent
dans les îles subantarctiques fréquentent plus ou moins régulièrement les
eaux malgaches — sans s’y reproduire bien entendu.
La seule que nous admettrons dans notre liste est la plus grande espèce.
Diomedea exulans Linné, l’Albatros hurleur (longueur du corps : 90 cm),
est observé régulièrement en haute mer pendant l'hiver austral jusqu’à la
latitude de Mananjary environ et les pêcheurs de la région d’Androka
connaissent ce géant des mers qu'ils observent parfois de leurs pirogues.
Source : MNHN, Paris
26 Pu. MILON ET AL.
Deux autres espèces, Diomedea cauta Gould et D. chlororhyncha Gmelin,
ont été capturées à l’île de la Réunion.
FAMILLE DES PROGELLARIDAE ET DES HYDROBATIDAE
(Puñins, Pétrels)
Oiseaux océaniques comme les Albatros, ne touchant terre que pour Sy
reproduire, les membres de ce vaste groupe vont de la taille d’une Hirondelle
à celle d’une grosse Oie. Leur bec est, comme celui des Albatros, formé de
plusieurs plaques cornées et juxtaposées, mais leurs deux narines se terminent
ensemble à la fin d'un double tube au sommet de la mandibule supérieure.
Is ont un vol remarquablement aisé, plus battu que celui des Albatros, et
généralement très bas au-dessus des flots qu'ils semblent frôler des ailes.
On peut en voir plusieurs espèces sur les côtes où aux abords de Madagas-
car, dans l'Océan Indien et dans le canal de Mozambique. Seules, sont signa-
lées ci-dessous celles qui ont été effectivement observées, mais d’autres peuvent
vraisemblablement s'y rencontrer encore. Certaines, qui nichent sur les îles
subantarctiques ne font certainement que passer plus ou moins régulière-
ment. D’autres espèces, outre celle qui vient d'y être récemment découverte,
pourraient se reproduire dans les falaises ou sur les flots des côtes malgaches.
Il faut noter que ces oiseaux passent facilement inaperçus quand ils sont
sur le sol. La plupart croisent en haute mer pendant la journée et ne viennent
à terre que la nuit. Ils ne pondent qu'un seul œuf blanc et ils nichent dans
des terriers pendant les quelques mois que durent la couvaison et l'élevage du
poussin. Des observations sur la reproduction de ces oiseaux à Madagascar
seraient fort utiles.
Oceanites oceanicus (Kuhl)
(p. 13, n° 3)
procellaria oceanica Kuhl, 1829, Beitr. Zool., 1, p. 136.
Oceanites oceanites ; SeLATER, 1924 : 6.
Oceanites oceanieus oceanieus ; DELAcouR, 1932 : 85, n° 1; RanD, 1936 : 316; LAVAU-
DEN, 1937 : 92.
Pétrel de Wilson. — Wilson’s Storm-petrel. — Buntfüssige Sturm-
schwalbe.
Identification : 17 em. Le Pétrel de Wilson est grand comme une Hiron-
delle. 11 a la queue carrée et le corps tout brun avec le croupion et les cou-
vertures des ailes blancs. Ses palmures oranges, qui dépassent la queue, sont
visibles au vol. Il suit souvent les bateaux.
Distribution — Mœurs : Ce sont des oiseaux communs d'avril à juillet
aux abords des côtes malgaches où ils ne nichent sûrement pas. On les observe
souvent en grand nombre, répartis sur la mer jusqu’à l'horizon. Leurs lieux
de nidification les plus proches sont les îles subantarctiques. Pendant l'hiver
austral, ils émigrent jusque sur les côtes nord de l’Europe et de l'Amérique.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 27
Fregetta tropica (Gould)
Thalassidroma tropica Gould, 1844, Ann. Mag. Nat. Hist., 13, p. 866 (Sierra Leone).
Fregetta tropica melanogaster ; ScLaTEr, 1927 : 7; DeLacour, 1932 : 85, n° 2; RAND,
1936 : 316; LAvAUDEN, 1937 : 92
Pétrel au ventre noir. — Indian Ocean Black-bellied Petrel. — Schwarz-
bäuchiger Meeresläufer.
Identification : 18 cm. Le Pétrel au ventre noir est à peine plus grand
que le Pétrel de Wilson. Également brun en dessus avec le croupion blanc, il
s’en distingue aussitôt par les deux grandes zones blanches des côtés de la
face inférieure. Il ne suit pas les bateaux.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau a été observé à plusieurs reprises
près des côtes malgaches de l'Océan Indien. Comme la précédente espèce, il
niche dans les îles subantarctiques. Pendant l'hiver austral, il ne dépasse pas
la zone tropicale.
Pachyptila vittata (Gmelin)
Procellaria vittata Gmelin, 1789, Syst. nat., tome I, part. 2, p. 560 (Habitat in omni
hemisphaerio australi, …).
Pachyptila vitlata ; TemmiNcx, 1838 : DXXXVIIL.
Prion vittatus ; HarrLauD, 1877 : 376; A. Muxe-Enwanps et A. GRanDiIDIER, 1885 :
671.
Prion vittatus salvini ; MaTuEws, 1912, Birds Austral., II : 212; LAVAUDEN, 1937 : 93.
Pétrel bleu au large bec. — Broad-billed Whale Bird. — Kleiner Enten-
sturmvogel.
Identification : 20 em. Les Pétrels bleus ont le dessus du corps gris bleuâtre
et le dessous blanc. Volant en groupe au ras des vagues qu’ils semblent écrêter,
ils montrent alternativement l'une ou l’autre face de leur corps.
Distribution — Mœurs : Parmi les Pétrels bleus, seul Pachyptila vittata
a été capturé à Madagascar. Tous les Pétrels bleus sont des nicheurs de la
zone subantarctique et on peut les rencontrer, hors-reproduction, au large
des côtes malgaches. P. vittata niche, en particulier, aux îles Crozet.
Puffinus pacificus (Gmelin)
Procellaria pacifica Gmelin, 1789, Syst. nat., tome I, part. 2, p. 560.
Puffinus chlororhynchus ; HarrLau», 1877 : 369 ; A. Mive-Enwanps et A. GRANDIDIER,
1885 : 680.
Puffinus pacificus hamiltoni ; MAruEws, 1912 : 82; RanD, 1936 : 317; LAVAUDEN,
1937 : 92.
Puffinus pacificus ; Appenr, 1965 : 135; Sazvan, 1971 b : 213.
Vorotomany (Oiseau pleureur). — Puffin à queue en coin, Puffin du Paci-
fique. — Wedge-tailed Shearwater.
Identification : 43 em. Au vol, ce Puffin, dont le dessus du corps est de
couleur brun très sombre, est bien reconnaissable par sa queue très nettement
Source : MNHN, Paris
28 Pa. MILON ET AL.
en forme de coin. Cette espèce présente deux phases de plumage suivant la
coloration de la face inférieure : blanche chez l'une, gris brun chez l’autre.
Le bec et les pattes sont de couleur chair.
Distribution — Mœurs : Répandu sous différentes sous-espèces dans toute
la zone tropicale de l'Océan Pacifique et de l'Océan Indien, cet oiseau niche
aux Seychelles et aux Mascareignes (Newron 1861). Nous l'avons vu à plu-
sieurs reprises aux abords mêmes de Fort-Dauphin et en de nombreux points
le long de la côte Sud-Ouest de l'île. Il a été trouvé par O. APPERT (1965) nichant
sur des îlots près de Morombe (c'est là qu'on l'appelle Vorotomany) à la date
du 20 novembre. La nidification s'étendrait d'octobre à mars. Le nidest soit
au fond d’un terrier creusé par l'oiseau, soit dans une caverne naturelle très
étroite sous des rochers. Il est toujours dans un endroit bien protégé et sombre.
L'œuf unique est blanc et lisse.
Macronectes giganteus (Gmelin)
procellaria gigantea Gmelin, 1789, Syst. nat. tome I, part. 2, P. 563 (Habitat intra cireu-
lum Antarcticum,
Procellaria gigantea ; A. Muxe-EnwWaRps et A. GRANDIDIER, 1885 : 670.
Ossifraga gigantea ; HaurLauB, 1877 : 373.
Macronecles giganteus giganleus ; DeLacour, 1932 : 85, n° 3; RAND, 1936 : 317 ; LAVAU-
DEN, 1937 : 93; R. P., 1959 : 174.
Macronectes giganteus ; SaLvan, 1970 : 192.
Pétrel géant. — Giant Petrel.
Identification : 90 cm (envergure : 2,70 m). Ce très gros oiseau, le géant
de la famille des Procellariidae, est généralement d'un brun sombre assez
uniforme. Chez beaucoup d'individus, la tête et le cou sont d’un gris plus ou
moins clair ; il y a même des sujets tout blancs. Le bec est gris jaunâtre clair.
Cette pâleur du bec est importante à noter car elle permet.de distinguer cet
oiseau des Albatros bruns, dont le bec est toujours sombre. C’est un « charo-
gnard » se jetant sur tous les cadavres et détritus. Posé à terre, il se laisse appro-
cher sans défiance.
Distribution — Mœurs : Le Pétrel géant niche sur le continent antaretique
et dans toute la zone subantarctique. Il s’égare jusqu’au nord du tropique du
Capricorne. Plusieurs individus ont été capturés où observés sur les côtes du
sud de Madagascar. Cet oiseau manque complètement de méfiance envers
l’homme qu'il a, grâce à son genre de vie, encore le privilège de ne pas con-
naître. Nous avons vu l’un d’eux se laisser prendre à la main dans le port de
Tuléar en mai et J. SALVAN (1970) l'y a observé en mars.
Un exemplaire bagué au nid en février 1958 dans l’île Signy, Orkneys du
Sud (lat. 60043 S, long. 45036 N) a été pris le 9 juillet 1958 sur la côte Est dans
le district de Vangaindrano. Nous avons pu en approcher un à la nage et le
toucher sans qu'il cherche à fuir près d’une plage isolée de la presqu'île Masoala
au Nord-Est de Madagascar.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 29
FAMILLE DES PHAËTHONTIDAE
(Pailles-en-Queue)
Les Pailles-en-Queue ou Oiseaux du Tropique vivent exclusivement dans
la zone tropicale des trois océans. Ce sont de magnifiques oiseaux d’un blanc
éclatant avec quelques marques noires et caractérisés par l’extrême allonge-
ment et la minceur de la paire centrale de leurs rectrices. Ils ont un vol ramé
vif et puissant et plongent de très haut dans la mer comme font les Sternes ;
ils se posent parfois sur l’eau et leur queue relevée fait une courbe gracieuse ;
à terre, leurs pieds courts aux quatre doigts réunis par la même palmure sont
incapables de soulever leur corps et ils ne peuvent que se traîner sur le sol ;
ils grimpent le long des rochers à l’aide de leurs ailes et de leurs griffes pour
prendre leur vol d'un point élevé.
Ils nichent généralement en petites colonies lâches, dans des cavités situées
parfois dans de hautes falaises rocheuses, parfois au niveau du sol sous des
coraux, ou des buissons. Il n’y a pas d'apport de matériaux ; l’œuf unique,
rougeâtre, est pondu sur le sol ou sur le roc nu. Il n’y a pas de période de repro-
duction bien déterminée ; on les trouve couvant à toute époque de l’année.
Leur nourriture est composée de Céphalopodes surtout et aussi de Poissons.
Il existe seulement trois espèces de Pailles-en-Queue, dans le monde,
et toutes trois ont été observées sur les côtes de Madagascar. Phaëthon aethereus
y est très rare ; ses lieux de reproduction les plus rapprochés semblent être le
Sud de l'Arabie. Phaëthon rubricauda se reproduit régulièrement dans de
nombreuses îles aux abords de Madagascar, notamment Europa et à l’île
Maurice. Seul, Phaëthon lepturus, qui niche aussi, comme le précédent, sur les
îles voisines (Europa, la Réunion, etc.) est vraiment malgache car il se repro-
duit en assez grand nombre sur les côtes mêmes du Nord de la Grande Ile.
Phaëton lepturus Lacépède et Daudin
(. 13, n°5)
Phaëton lepturus Lacépède et Daudin, 1802, in Burron, Oiseaux, 18° édit., p. 280.
Phaëton candidus ; HanrLau, 1877 : 394; À. Muine-Enwanps et À. GRANDIDIER,
1885 : 609.
Phaëton lepturus ; ScLATER, 1924 : 18; Mazzv, 1966 : 24 ; SALVAN, 1970 : 193.
Phaëton lepturus lepturus ; Deracour, 1932 : 86 (oiseaux de mer, migrateurs et visi-
teurs accidentels, records certains).
Phaëton lepturus lepturus ; RaND, 1936 : 321 ; MiLoN, 1946 a : 33.
Kafotsy (Ka est probablement l’onomatopée du cri bas de protestation
que pousse l'oiseau que l’on veut extraire du trou où il niche ; Fotsy signifie
blanc). — Paille-en-queue à bec jaune (Paille-en-cul l’appelaient les marins au
vert langage, Paillank’ disent les Réunionnais). — Indian Ocean White-tailed
Tropic Bird. — Weissschwanz Tropikvogel.
Source : MNHN, Paris
30 PH. MIrON ET AL.
Identification : 50 cm. C’est le blanc éclatant du plumage qui frappe quand
on observe cet oiseau sous la lumière tropicale. Le Paille-en-queue à bec jaune
ne pourrait être confondu qu'avec une des deux autres espèces de Paille-en-
queue ; on les distingue comme suit :
Ph. lepturus bec jaune — queue blanche. Dos tout blanc, non barré de
noir.
Ph. rubricauda bec rouge — queue rouge. Dos tout blanc, non barré de
noir.
Ph. aethereus bec rouge — queue blanche. Dos finement barré de noir.
On doit noter que, dans les trois espèces, les oiseaux en plumage juvénile
ont le dos barré de noir. On notera aussi que les adultes des trois espèces pré-
sentent souvent une coloration diffuse rose ou jaunâtre qui peut n’apparaître
qu’à certaines époques de l’année et semble être due à une nourriture parti-
culière. L
Le vol du Paille-en-queue à bec jaune est le plus puissant et le plus élé-
gant de tous et ses rectrices semblent plus rigides.
Distribution — Mœurs : On observe assez souvent cet oiseau tropical sur
les côtes de Madagascar. J. Decacour (1932) l’a signalé près de Majunga.
J. SaLvan (1970) l'a observé à Tamatave. Une femelle obtenue à Antsirabe
se trouve dans les collections de l'ORSTOM à Tananarive. Il plonge avec
adresse pour pêcher des Poissons. Il se reproduit aux Seychelles et à Maurice,
niche aussi dans les falaises de l'entrée de la baie de Diégo-Suarez et sur les
lots coralliens de la même région. Il a été observé à l'île Europa par P. Mazzy
(1966).
La ponte n’est formée que d’un œuf rougeâtre avec des taches foncées.
L'œuf est généralement déposé dans un creux de rocher.
Phaëton rubricauda Boddaert
Phaëton rubricauda Boddaert, 1783, Tabl. pl. enlum., p. 57.
Phaëton rubricauda ; ScLarer, 1924 : 17; A. Miine-Enwanns et A. GRANDIDIER,
1885 : 697.
Phaëton phoenicurus ; HarrLauB, 1877 : 393.
Phaëton rübricauda rubricauda ; RAND, 1936 : 321 ; MiLoN, 1948 : 73 ; Mazzv, 1966 : 23.
Paille-en-queue à queue rouge. — Red-tailed Tropic Bird. — Rotschwanz-
Tropikvogel.
Identification : Voir Ph. leplurus.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau a été vu assez fréquemment, à Mada-
gascar surtout sur les côtes Est, Sud, Sud-Ouest, mais il n’a pas été trouvé
nichant dans le pays. Il a été observé à l’île Europa (Ph. Mizon 1948 et
P. Marzy 1966).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 31
Phaëton aethereus Linné
Phaëlon æthereus Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10+ édit., p. 184 (Habitat in Pelago
inter tropicos).
Phaëton aelhereus
: 173; RanD, 1936 : 321.
Paille-en-queue à bec rouge. — Red-billed Tropic Bird.
Identification : Voir Ph. lepturus.
Distribution — Mœurs : C’est un oiseau que l’on rencontre très rarement
sur les côtes malgaches. Un exemplaire a été capturé à Antsirabe.
FAMILLE DES PELECANIDAE
(Pélicans)
Les Pelecanidae sont tous de gros oiseaux au plumage blanc ou gris, aux
ailes longues et puissantes, remarquables surtout par leur long bec à mandi-
bule supérieure déprimée et terminée par un onglet crochu et à mandibule
inférieure constituée de rames flexibles entre lesquelles la peau fait des replis.
Cet ensemble forme avec le cou une poche très dilatable où l’oiseau peut accu-
muler de la nourriture (essentiellement des Poissons).
Ils ont des pattes courtes et des palmures bien développées qui leur per-
mettent de nager avec aisance. Ils capturent les poissons en plongeant comme
le font les Fous mais, à la différence de ces oiseaux, ils ne pénètrent pas pro-
fondément dans l’eau. Malgré leur volume, ce sont des oiseaux très légers grâce
au grand développement de leurs sacs aériens.
Ils nichent en colonies. Le nid assez grossier contient en général 2 ou
3 œufs blanc mat. Les jeunes naissent à un stade très peu développé.
Pelecanus rufescens Gmelin
(p. 14, n° 1)
Pelecanus rufescens Gmelin, 1789, Syst. nat., tome I, part. 2, p. 571 (Habitat in Africa
occidentali, …).
Pelecanus rufescens ; J. VERREAUX, 1865 : 4; A. MizNE-Enwanps et A. GRANDIDIER,
1885 : 697 ; Sccarer, 1924 : 267 ; DeLacour, 1932 : 86 (visiteur éventuel) ; RaND, 1936 : 497
(oiseau non malgache); R. P., 1959 : 173; R. PauLIAN, 1961 : 300.
Pélican. — Pink-backed Pelican. — Afrik. Rôtelpelikan.
Identification : 150 cm. C’est un gros oiseau blanc avec les ailes et la queue
grisâtres, le dos rosé et les rémiges noires. Son bec très caractéristique est
jaune et ses pattes sont noirâtres.
Distribution — Mœurs : Signalé pour la première fois de Madagascar
par J. VERREAUX (1865), cet oiseau est considéré comme visiteur accidentel
par DeLacour (1932) et comme ne faisant pas partie de la faune madécasse
par RanD (1936). R. Paurran (1961) signale une colonie prospère repérée
par P. Griveaup en 1958 près d’Antsalova et qui existait encore en août
Source : MNHN, Paris
32 Pa. MILON ET AL.
1960. Un groupe a été observé par YŸ. THéRezIEN et R. LEGENDRE en août
1959 au Nord de Belo sur Tsiribihina.
Il est probable que ce visiteur africain fréquente plus souvent qu'on ne le
pense les zones aquatiques isolées de l'Ouest malgache.
FAMILLE DES SULIDAE
(Fous)
Ce sont de grands oiseaux de mer aux longues ailes, à la queue courte,
au fort bec conique. Leurs pieds courts portent une palmure unissant les quatre
doigts ; cette particularité de la palmure qu'on trouve aussi chez les Pélicans,
les Frégates, les Pailles-en-queue, les Cormorans, les Anhingas, les fait classer,
avec toutes ces autres familles d'oiseaux dans l'ordre des Pélécaniformes
(les « Totipalmes » de certains auteurs).
Ils plongent de très haut dans la mer et poursuivent les Poissons très pro-
fondément sous l'eau ; cette habitude les fait aisément reconnaître de loin
car le plongeon de ces gros oiseaux soulève une gerbe d'eau généralement
bien visible.
Le nom de Fous (en anglais, Boobies) semble leur avoir été donné par
les marins en raison de leur manque de sauvagerie qui les fait se poser souvent
dans la mâture d'un bateau où ils se laissent prendre à la main. Il en est de
même à terre quand ils sont sur leur nid.
Ils nichent en colonies, toujours au bord de la mer et pondent, suivant les
espèces, un ou deux œufs dans un nid sur le sol ou sur des buissons ou des
arbres. Ces œufs ont une coquille bleuâtre masquée par un revêtement cal-
caire gras et blanc qui se salit vite pendant l’incubation.
Plusieurs espèces pourraient approcher des côtes malgaches. Une seule
y a été observée avec certitude.
Sula sula (Linné)
(p. 14, n° 2)
Pelecanus Sula Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12° édit., p. 218 (habitat in Pelago indico).
Sula piscatrix ; HarrLAus, 1877 : 397.
Sula piscator ; À. Mizve-Enwanps et A. GRanDiDiEr, 1885 : 695.
Sula sula; Marzv, 1966 : 24.
Sula sula sula ; Scxarer, 1924 : 19; Deracour, 1932 : 86 (oiseaux de mer, migrateurs
et visiteurs accidentels, records certains) ; RanD, 1936 : 322 ; LavAUDEN, 1937 : 94.
one rubripes ; Brvc00, 1955 : 211; Donsr et P. PAULIAN, 1960 : 284; Srau, 1970 :
Fou à pieds rouges. — Red-footed Booby. — Tülpel.
Identification : 80 em. Cette espèce présente deux phases de plumage
près de Madagascar, la seconde étant, de loin, la plus commune : (a) tout
blanc, souvent plus ou moins teinté de fauve, surtout à la tête avec le bord
des ailes et la queue grisâtres ; (b) tout brun, avec la queue blanche.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 33
L'oiseau de la phase (a) pourrait être confondu avec les Fous d'espèces
voisines. Il faut noter ses pieds rouges et, surtout le fait que, dans la région
malgache, il est généralement mêlé à des oiseaux de la phase (b).
Dorsr et P. PauLrAN (1960) signalent même trois phases de plumage
dans la série d'oiseaux des îles Tromelin et Europa et pensent qu'il serait
intéressant d'étudier ces oiseaux d’une façon systématique dans leur territoire
de reproduction.
L'espèce construit des nids de brindilles sur les buissons de Tourneorlia
et ne pond qu'un œuf.
A Tromelin, se reproduit également le Fou masqué (Sula dactylatra), qui,
contrairement à Sula sula, niche à même le sol sans faire de construction et
pond deux œufs (mais un seul jeune est élevé).
Distribution — Mœurs : Le Fou à pieds rouges est une espèce répandue
dans toutes les mers tropicales et est souvent observé pêchant sur les côtes
Sud-Ouest de la Grande Ile. Une colonie importante existe sur l’île Europa
(P. Mazzy 1966) et sur Tromelin (E. BryGoo 1955; R. PauLian in Dorsr
et P. PauLran 1960 ; SrauB 1970).
L'œuf est elliptique, blanc verdâtre quand il est frais ; la fermentation
des matériaux humides du nid (algues) imprègne l'œuf de pigments brunâtres
au fur et à mesure de l’incubation (J. SALVAN, comm. pers.).
FAMILLE DES PHALACROCORACIDAE
(Cormorans)
Ces oiseaux aquatiques sont caractérisés par leur long cou et leur long
bec assez mince et terminé par un crochet ; leur plumage est sombre, la face
supérieure au moins étant toujours noire (d'où vient le nom de Cormorans :
Corvus marinus, Corbeau de mer) ; leur queue est longue et arrondie ; leurs
ailes ne sont pas celles d'excellents voiliers mais leur permettent cependant
un vol ramé assez puissant; ce sont de remarquables plongeurs, pouvant
poursuivre longtemps leur proie sous l'eau ; comme leur plumage n’est pas
très dense, quand ils ont plongé quelques temps, ils se lèvent assez difficile
ment de la surface de l’eau ; ensuite, posés, ils étalent longuement leurs ailes
pour les sécher au soleil.
Ce sont des oiseaux sociables, nichant en colonies. Ils fréquentent, sui-
vant les espèces, les eaux douces ou les eaux marines où ils se nourrissent de
Poisson, Crustacés, Mollusques, etc.
Une espèce vit à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
34 Pa. MILON ET AL.
* Phalacrocorax africanus pictilis O. Bangs
(pl. 1, fig. 3 et 4)
Phalacrocoraz africanus piclilis O. Bangs, 1918, Bull. Mus. Comp. Zool. Cambridge,
Mass, LXI, p. 500 (Miandrivazo).
Halieus africanus ; HarrLauB, 1877 : 398.
Graculus africanus ; A. Mixe-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885 : 685.
Phalacrocorax africanus pictilis ; ScLATER, 1924 : 21 ; Decacoun, 1932 : 9, n° 14 ; RAND,
1936 : 322 ; LavauDEN, 1937 : 94 et 137; SALVAN, 197 c:41.
Phalacrocorax africanus ; WERDING, 1970
Le nom malgache de cet oiseau varie suivant les régions mais est presque
toujours lié à celui du crocodile qui joue un si grand rôle dans le folklore mal-
gache et fréquente comme lui les marais et les lacs. Fangalamotam-boay
(qui nettoie les yeux du crocodile), en pays sakalave, Kontonboay (fils de
crocodile), dans le Nord-Est, Vadimboay (femme du crocodile), etc.
Cormoran à longue queue. — Madagascar Long-tailed Cormoran. —
Riedkormoran.
Identification : 50 em. Ce Cormoran, le seul qu'on rencontre à Madagascar,
est tout noir (avec quelques taches claires à la face supérieure, mais qui ne
se voient que de près) et ne pourrait être confondu qu'avec l’Anhinga, qui
l'accompagne assez souvent (voir à cette espèce). Les jeunes se distinguent
des adultes par leur face inférieure brunâtre et non noire. L'iris des oiseaux
en période de reproduction est rouge vif alors qu’il est normalement brun rouge.
On le voit souvent au bord de l’eau, perché sur une branche ou un rocher.
Distribution — Mœurs : Le Cormoran à longue queue se rencontre dans
tout Madagascar (une autre sous-espèce de ce petit Cormoran est répandue dans
toute l'Afrique tropicale et australe). Cet oiseau ne niche pas en grandes colonies
exclusives, mais par petits groupes dans des colonies d’Ardeidae établies dans
les jones, ou dans les arbres (Hauts-Plateaux, lac Alaotra, etc.), ou dans les
palétuviers (région de Diégo-Suarez,. région de Morondava, etc.). Le nid de
brindilles est souvent construit assez haut.
La ponte a été observée à Madagascar durant toute l’année par J. SaLvaN
(comm. pers.). Elle est de deux ou trois œufs bleuâtres recouverts d’un léger
dépôt calcaire blanc.
FAMILLE DES ANHINGIDAE
(Anhingas)
Bien que très voisins des Cormorans, les Anhingas peuvent être classés
dans une famille particulière en raison de certaines différences anatomiques
et surtout en raison de leur bec pointu dont ils se servent comme d’un dard
pour pêcher. Ils ont un plumage foncé, une longue queue en forme d’éventail
et des ailes arrondies qu'ils tiennent souvent ouvertes et levées après la pêche,
comme font les Cormorans. Plus encore que les Cormorans, ils nagent très
enfoncés dans l’eau à tel point que leur tête et leur cou seuls sont visibles (d’où
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 35
leur nom anglais de « Snake Bird », oiseau serpent). Ils volent et plongent
comme les Cormorans : ils vivent de Poissons, de Batraciens et même de graines
de plantes aquatiques. Leur nidification est analogue à celle des Cormorans.
* Anhinga anhinga vulsini O. Bangs
(PL. 1, fig. 5 et 6).
Anhinga vulsini O. Bangs, 1918, Bull. Mus. Comp. Zool. Cambridge, Mass., LXI, p. 501
(Maevatanana).
Anhinga vulsini; DeLacour, 193
Anhinga rufa vulsini ; SCLATER, 19:
et 138; SALvAN, 1970 : 193, 1972 c : 42.
Plotus melanogaster ; HarrLaur, 1877 : 396 ; A. MILNE-EDWARDS et A. GRANDIDIER,
1885 : 690.
Vadimboay. — Anhinga malgache, Oiseau Serpent. — Madagascar Snake-
Bird. — Schlangenhalsvogel.
9, n°15.
: 22; Ranp, 1936 : 323; LAVAUDEN, 1937 : 95
Identification : 94 em. Noir de loin, comme le Cormoran, l'Anhinga s’en
distingue par son bec pointu et son cou paraissant plus long et plus clair. Sur
l'eau, la seule émergence du cou est caractéristique. Excellents planeurs, on
voit parfois de petits groupes monter très haut en cercle en vol alternative-
ment battu et plané. Le cou est tendu pendant le vol.
Distribution — Mœurs : Intermédiaire entre les formes d'Afrique et d'In-
domalaisie, l'Anhinga malgache est commun avec le Cormoran, dans tous les
biotopes favorables de Madagascar jusqu'à 1400 m d'altitude. Cet oiseau,
très répandu au lac Alaotra, est souvent capturé par les pêcheurs dans des
batteries de nœuds coulants placés sur des piquets où les oiseaux viennent se
poser. Les pêcheurs du lac prennent aussi les jeunes au nid et les nourrissent
de débris de poissons. C'est un spectacle commun de voir dans les villages de
ces jeunes Anhingas à l’engrais, parfois perchés sur le toit des huttes ; leur
chair est aussi appréciée que celle des Canards.
L'Anhinga niche, comme le Cormoran, le plus souvent au voisinage d’une
colonie d'Ardeidae ; parfois ses nids sont groupés en lisière de la colonie ; le
plus souvent, comme ceux des Cormorans, ils sont absolument méêlés.
Leurs œufs sont blanc jaunâtre.
FAMILLE DES FREGATIDAE
(Frégates)
Ces très grands oiseaux pélagiques aux longues ailes minces, à la longue
queue bifide, sont d’admirables voiliers ; la nuit ils se posent sur un arbre, un
buisson, un rocher très près du rivage et pendant toute la journée ils volent
au-dessus de la mer ou des îles, planant souvent, avec les ailes immobiles.
Source : MNHN, Paris
36 PH. MILON ET AL.
Pour se nourrir, ils pourchassent d’un vol très rapide d’autres oiseaux — les
Fous et les Sternes surtout — les forçant à dégorger leur pêche, ou ramassent
à la surface de l'eau quelques proies marines, jeunes Tortues, Céphalopodes,
etc.
Ils sont tout noirs, ou noirs dessus avec du blanc à la face inférieure. La
peau nue de la gorge est vivement colorée de rouge chez le mâle et forme une
large poche très visible et gonflée en période d’excitation. Les jeunes ont la
tête et le cou blanchâtres et sont très clairs à la face inférieure.
Les Frégates nichent en colonies; il n'y a pas de période de reproduction
unique ; on peut trouver à différentes époques de l’année, suivant les colonies,
leurs œufs blancs dans leur gros nid de brindilles.
Des cinq espèces reconnues et qui, toutes, habitent les mers tropicales,
deux ont des colonies situées dans les îles proches de Madagascar et peuvent
être observées-sur les côtes malgaches.
Fregata ariel iredalei Mathews
(pl. 1, fig. 2)
Fregala ariel iredalei Mathews, 1914, Austr. Av. Rec., 11, p. 121 (Aldabra).
Fregala ariel iredalei ; DeLacouR, 1932 : 10, n° 16 ; RanD, 1936 : 324; LAVAUDEN, 1937 :
95.
Monandry. — Petite Frégate ou Frégate Ariel. — Mascarene Lesser
Frigate Bird.
Identification : 75 cm. Cette espèce est aisément distinguée des autres
Frégates par les deux zones blanches des côtés du corps, très visibles d'en
dessous chez les deux sexes. Les mâles, à part ces deux taches blanches, ont
tout le plumage noir alors qu'on reconnaît les femelles à leur poitrine blan-
châtre. (Plus encore que les autres Frégates, cette espèce garde souvent les
plumes de la queue serrées surtout en vol ramé, mais même en vol plané, ce
qui cache le caractère bifide de la queue.)
Distribution — Mœurs : L'espèce a une vaste répartition, presque pantro-
picale. La présente sous-espèce Fr. a. iredalei, est limitée à la colonie de
l'île Aldabra. Elle a été citée de Tromelin (R. O. Morris 1964), mais ni SrauB
(1970), ni Jouanin (comm. pers.) ne l'y ont trouvée.
C'est la Frégate qu'on aperçoit souvent des bateaux qui arrivent à Mada-
gascar par le Nord.
Elle a été communément observée sur les côtes Nord et Nord-Ouest de
Madagascar, notamment au Cap d’Ambre et à Nosy Be, et même sur la côte
Est jusqu'à Antalaha et Maroantsetra.
Source : MNHN, Paris.
OISEAUX 37
Fregata minor aldabrensis Mathews
(pl. 1, fig. 1)
Éregala minor aldabrensis Mathews, 1914, Austr. Av. Rec., 11, p. 119 (Aldabra).
Tachypetes minor; HanrLaAuR, 1877 :
Tachypetes aquila var. minor; À. Mine-Enwanbs el A. GraNbibiën, 1885 : 705,
jala minor; DELAcouR, 1 10 ; Mazzy, 1966 .
Fregata minor aldabrensis ; RaND, 1936 ; LAVAUDEN, 1937 : 95.
Monandry-Be. — Grande Frégate. — Aldabra Frigate bird. — Binden-
Fregattvogel.
Identification : 80 em. Le mâle se distingue de celui de la précédente espèce
par l'absence des deux grosses taches blanches des côtés du corps. Sa taille est
légèrement plus grande. La femelle se distingue de toutes les autres Frégates
par sa gorge blanchâtre.
Distribution — Mœurs : L'espèce est répandue dans presque toutes les
mers tropicales. La présente sous-espèce a été décrite de l’île d’Aldabra où
existe une colonie. Il en existe également une à Tromelin (R. O.Monnis 1964).
Les nids y sont construits dans les buissons de T'ournefortia. Une colonie existe
aussi à l’île Europa (P. Marzy 1966), dans le canal de Mozambique, et des
oiseaux venant vraisemblablement de cette dernière île sont observés parfois
sur la côte Ouest de Madagascar.
FAMILLE DES ARDEIDAE
(Hérons, Aigrettes)
Longs tarses, longs becs emmanchés d’un long cou admirablement apte à
la vive détente en avant, ainsi peut-on caractériser les Hérons dont douze espèces
de différentes tailles et de différentes couleurs mettent vie, beauté, mouvement
dans la plupart des paysages malgaches, rizières, marais, étangs, savanes,
cours d’eau, rivages de la mer, îlots marins.
Au vol, leur cou n’est pas tendu en avant comme chez les Canards, par
exemple, mais replié verticalement en S, de sorte qu'on voit seulement d’en
dessous le bec pointant entre les deux épaules ; leur vol est ramé et assez lent.
La plupart des espèces, au moins les grandes, sont surtout piscivores et
ajoutent à leur régime Batraciens, petits Rongeurs, Insectes, Mollusques, etc.
Ils ne causent pas de dommages dans les eaux sauvages de la mer, des cours
d’eau, des rizières, où, leur pêche s'exerçant en partie sur certains poissons
prédateurs, contribue, au contraire, à l'équilibre naturel. Ils peuvent cependant
être nuisibles dans les bassins de pisciculture dont il est facile de les éloigner
en les effrayant sans leur faire de mal.
Lors de leur reproduction, presque tous ces oiseaux nichent en colonies
(héronnières) souvent fort importantes et habitées généralement par plusieurs
espèces. A cette époque, les adultes portent des plumes ornementales du plus
Source : MNHN, Paris
38 PH. MILON ET AL.
gracieux effet qui se développent à la tête, au cou, aux épaules et dont le déploie-
ment joue un grand rôle au cours des parades sexuelles et d’intimidation.
La saison de reproduction des Hérons est la saison des pluies ; cependant,
certaines espèces ont été trouvées nichant à d’autres époques de l’année dans
des régions où la sécheresse se fait peu sentir. Les douze espèces qui vivent à
Madagascar s'y reproduisent.
Quand on compare la faune malgache à la faune africaine, cette propor-
tion relative considérable d'Ardeidés et d'Oiseaux d’eau en général est remar-
quable par rapport au faible nombre relatif des.autres représentants de la faune
avienne et au faible développement de la faune de Poissons d’eau douce.
Ardea cinerea johannae Gmelin
(pl. 2, fig. 13).
Ardea Johannæ Gmelin, 1789, Syst. nat., tome I, part. 2, p. 629 (Habitat in insula
S. Johannae {= Anjouan])
Ardea cinerea; A. Mn
SazvaN, 1972 c : 42.
Ardea cinerea johannæ ; Scxater, 1924 : 24.
Ardea cinerea johannæ ; DeLacour, 1932 : 10, n° 18.
Ardea cinerea johannae ; RAND, 1936 : 326 ; LavauDen, 1937 : 95; Mizon, 1938 : 66 ;
SALvaN, 1970 : 193.
Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885 : 544; MiLon, 1950 D : 145;
Vano. — Héron cendré. — Comoro Gray Heron. — Fischreiher ou Grau-
reiher.
Identification : 90 cm. C'est un très grand Héron gris bleu dessus avec du
noir aux ailes, blanc dessous. Un trait noir derrière l'œil est très visible.
Les autres Hérons de grande taille avec lesquels on pourrait le confondre
s'en distinguent aisément par leur coloration. La Grande Aigrette est toute
blanche. Le Héron pourpré, un peu plus svelte que le cendré, est d’une teinte
que son nom indique et qui est plus sombre et surtout moins contrastée.
Le Héron de Humblot, légèrement plus grand que tous les autres, a une
silhouette massive caractéristique et sa teinte générale est d’un bleu ardoisé
nettement plus sombre et sans la face inférieure claire du Héron cendré.
Il n’est pas rare de le voir perché à marée haute sur les pieux où les pêcheurs
attachent leurs nasses ou leurs filets.
Distribution — Mœurs : Ces représentants malgaches d'une espèce eura-
siatique et africaine se rencontrent dans tout Madagascar aussi bien sur les
Hauts-Plateaux (jusqu’à 1 400 m d'altitude) que sur la côte, mais ils semblent
beaucoup plus communs dans l'Ouest. Ils nichent en colonie en novembre
et décembre. Le nid de branchage est construit sur un arbre, un buisson ou
même à terre. Sur les flots coralliens, nous l'avons trouvé nichant dans des
creux de rochers. La ponte est de trois œufs bleus.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 39
* Ardea purpurea madagascariensis van Oort
(pl. 2, fig. 14)
Ardea purpurea madagascariensis van Oort, 1910, Notes Leyden Mus., X)
(Madagascar).
Ardea purpurea ; HarrLAU», 1877 : 296 ; A. Mizxe-Enwanps et A. GRaNDiDiEr, 1885 :
543.
Pyrrherodia purpurea madagascariensis ; Scuaten, 1924 : 25.
Ardea purpurea madagascariensis ; DeLacour, 1932 : 10, n° 17; RanD, 1936 : 325;
LavauDEn, 1937 : 96 ; SALVAN, 1972 € : 42.
XI, p. 83
Vano-Be. — Héron pourpré. — Madagascar Purple Heron. — Purpur-
reiher.
Identification : 78 em. Le roux pourpré de la tête, du cou, de la poitrine,
le dessous sombre, la teinte ardoise du dessus caractérisent cet oiseau, qui est
un peu plus petit que le Héron cendré.
Il est rare de voir ce grand Héron au bord de la mer; il préfère les grands
marais (commun au lac Alaotra), les rizières, les bords vaseux des cours d’eau.
Distribution — Mœurs : Comme Ardea cinerea, l'espèce A. purpurea à
une vaste répartition eurasiatique et africaine ; la présente sous-espèce se ren-
contre dans tout Madagascar surtout dans l’intérieur.
Quand il niche dans les marais, son nid est placé peu au-dessus de l'eau
dans la végétation aquatique et les nids sont groupés en petite colonie. En
terrain sec il niche le plus haut possible dans un arbre — et, dans ce cas, il
s'agit généralement de nids isolés. La ponte est de trois œufs bleus.
Ardea melanocephala Vigors et Children
Ardea melanocephala Vigors et Children, 1826, in Denham & Cläpperton Travels, App.,
XI, p. 201.
Ardea cyanopus ; GMeuiN, 1788 : 644.
Ardea atricollis ; HanrLauB, 1877 : 295.
Ardea melanocephala ; A. Mizxe-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885 : 546 ; LAVAUDEN,
1937 : 95; SALVAN, 1970 : 194.
Vano. — Héron à tête noire. — Black-headed Heron. — Schwarzkopf-
reïher.
Identification : 95 em. Le Héron à tête noire rappelle le Héron cendré dont
il a la taille. Il a le dessus du corps ardoisé, le dessous gris cendré, la tête et la
nuque noirâtre, la gorge blanche et la partie antérieure du cou noire tachetée
de blanc. Le bec est noirâtre, sauf la base de la mandibule inférieure qui est
jaunâtre. Les pattes sont noires. Au vol, on distingue bien le dessous de l'aile
blanc.
Distribution — Mœurs : Cette espèce africaine semble exceptionnelle à
Madagascar.
Source : MNHN, Paris
40 PH. MILON ET AL.
Ardea goliath Cretzschmar
Ardea goliath €
Vogel, p. 39, pl. XXV
Ardea goliath ; HarrLaus, 1877 : 297 ; A. Mir
etzschmar, 1826, Atlas zur Reise im nordlichen Africa zu Ed. Ruppell,
waRDs ét À. GRANDIDIER, 1885 : 542.
Vanobe ou Langorobe. — Héron Goliath. — Goliath Heron. — Riesen-
reiher.
Identification : 150 em. Ce Héron géant a la face supérieure gris cendré
avec la tête, la nuque et le ventre brun roux, la gorge et la poitrine blanches
avec des taches noires. Le bec est noir sauf la base de la mandibule inférieure
qui est jaunâtre et les pattes sont noires.
A part la taille beaucoup plus grande, il ressemble au Héron pourpré mais
ce dernier a le dessus de la tête noir. Il est généralement seul, bien en évidence,
toujours au bord de l’eau. Son cri est une sorte d’aboiement.
Distribution — Mœurs : Le Héron Goliath est une espèce africaine et
asiatique, mais on peut l’observer aussi exceptionnellement à Madagascar.
* Ardea humbloti A. Milne-Edwards et A. Grandidier
(pl. 2, fig. 12)
Ardea Humbloti À. Milne-Edwards et A. Grandidier, 1885, Hist. phys., nat. et polit. de
Madag,, vol. XII, tome 1, p. 546 (Est de Madagascar).
Ardea humbloti ; ScuaTEr, 1924 : 24 ; DeLacour, 1932 : 10, n° 19; Rap, 1936 : 326 ;
MiLon, 1948 : 66 ; SALVAN, 1970 : 194, 1972 c : 42.
Vano Humblot. — Héron de Humblot. — Madagascar Heron. — Mada-
gaskar-Reiïher.
Identification : 90 cm. C’est une rencontre saisissante que celle de ce grand
et massif Héron entièrement bleu ardoisé avec quelques marques plus sombres
à la tête — et son gros bec jaune verdâtre ; sa taille, et surtout sa silhouette,
ne permettent pas de confusion avec une Aigrette dimorphe de phase sombre
à la teinte générale souvent analogue, mais tellement plus petite et plus fine.
Sa face inférieure toute sombre permet de le distinguer du Héron cendré dont
le ventre est blanc. L’allure plus élancée, les teintes chaudes du Héron pourpré
empêchent aussi toute confusion.
Comme le Héron cendré, le Héron de Humblot est tout à fait chez lui au
bord de la mer. Pêchant sur les vastes étendues que la mer découvre, il y reste
longtemps immobile et se laisse approcher assez facilement.
Distribution — Mœurs : Cette espèce de Héron très particulière et bien
différenciée est spéciale à Madagascar. C'est pourquoi les ornithologistes de
langue anglaise l’appellent « Madagascar Heron ».
Trouvé sur la côte orientale par le naturaliste Léon HumsLor en 1875,
il a été observé dans l'Ouest de l’île (lac Ihotry, lac Kinkony, côte en face
Source : MNHN, Paris:
OISEAUX 41
Be) par la mission franco-anglo-américaine. Nous l'avons observé
trois fois aux abords mêmes de Tananarive, et, plus souvent, au lac Alaotra
ainsi que dans l'extrême Sud-Ouest de l’île où nous connaissons une colonie
mixte d’Ardeidae contenant chaque année quelques nids de cette espèce. Il
a été observé par J. SaLvan (1970, 1972 c) au lac Itasy et à Ambato Boeni et
par N.S. MaLcoLM (comm. pers.) à Ampijoroa, dans l’Ankarafantsika.
Dans l'extrême Nord de l’île, où nous avons aussi observé cette espèce,
nous l'avons trouvée nichant au ras du sol, dans un trou de rocher corallien
enveloppé de végétation. La ponte était de trois œufs bleus. Plusieurs nids
furent aussi observés sur Nosy Manitra, îlot au Sud-Ouest de Madagascar, le
17 juillet dans un petit reste de forêt protégé par un fady (MiLon 1948).
Cet oiseau endémique à Madagascar présente un intérêt tout particulier.
Si on a pu l’observer à peu près dans toutes les provinces de l’île, il n’y a jamais
été commun et de récentes observations font état de son alarmante raréfaction ;
sa grande taille, son manque relatif de sauvagerie l'exposent particulièrement.
Aussi mérite-t-il une protection complète et attentive sans laquelle il rejoin-
drait bientôt le triste musée des espèces éteintes.
Egretta alba melanorhynchos (Wagler)
(pl. 2, fig. 15)
Ardea melanorhynchos Wagler, 1827, Systema Avium, Add., p. 9 (Sénégambie).
dea alba; À. Mixxe-Enwarps et À. GRaNDiDiER, 1885 : 548.
Gasmerodius albus melanorhynchus ; Scraten, 1924 :
Egretta alba melanorhynehos ; DeLacour, 1932 : 11, n° 20 ; RaND, 1936 : 327 ; LAVAUDEN
1937 : 96 ; MiLon, 1949 b : 100 ; PauLIAN, 1955 : 18 ; Griveaun, 1961 a : 40 ; Mazzv, 1966 : 24 ;
SaLvan, 1970 : 194, 1972 c : 42.
Vano Fotsy-Be ou Kilandry-Be. — Grande Aigrette. — African Great
White Egret. — Silberreiher.
Identification : 88 cm. La Grande Aigrette au plumage tout blanc se dis-
tingue des autres Hérons blancs par sa grande taille, son bec massif, jaunâtre
ou noir à base toujours jaune et ses pattes noires (jaunâtres vers le haut et
sur les côtés).
Les longues plumes ornementales effilées dont se pare cet oiseau en saison
des amours étaient très recherchées autrefois ; on les vendait au poids de l'or ;
elles servaient à la parure des femmes et même des colonels qui portaient alors
des plumes sur leur shako. Ce qui valait à cette espèce l'appellation qui n’est
pas encore oubliée en certains endroits « d’Aigrette-Colonel ». Le commerce de
la plumasserie n’est plus maintenant qu'un souvenir après son interdiction
internationale.
Ce qui frappe toujours chez la Grande Aigrette est que son long cou est
nettement plus anguleux, moins gracieusement ondulant en col de cygne que
celui de l’Aigrette dimorphe. Elle fréquente surtout les étendues d’eau d’une
certaine importance et les rizières.
Source : MNHN, Paris
12 PH. MILON ET AL.
Distribution — Mœurs : C'est la sous-espèce africaine de la presque cosmo-
polite Grande Aigrette. On la rencontre dans toutes les provinces de Mada-
gascar. Elle aime surtout les grands marais (abondante jadis au lac Alaotra),
les rizières étendues (commune sur les Hauts-Plateaux, notamment aux abords
de Tananarive et d’Antsirabe). Quelques exemplaires fréquentent de temps en
temps les petits lacs du parc de Tsimbazaza à Tananarive mais ne nichent pas
avec les autres espèces de Hérons.
Un seul oiseau de cette espèce a été observé par P. Marzv (1966) à l'île
Europa.
La reproduction a lieu d'août à fin mai. La ponte est généralement de 3 où
A œufs.
* Egretta garzetta dimorpha Hartert
(pl. 2, fig. 5 et 6)
Egrella dimorpha Hartert, 1914, Bull. Brit. Om. Club, XXXY, p. H4 (Ouest de Madagas-
car).
Ardea garsella: À. Muxe-Enwans et A. Granpiier, 1885 : 549.
Ardea gularis ; A. Mi pwars et A. GRanDinier, 1885 : 551.
Egretta g. garzelta ; ScxarEr, 1924 : 26.
Demiegretta dimorpha ; Sevater, 1924 : 27.
Sgrelta dimorpha ; Deracoun, 1932 : 11, n° 21 ; RaND, 1936 : 927 ; LAVAUDEN, 1937 : 96
et 139 ; Mizow, 1948 : 67, 1949 D : 100, 1959 b : 250; Mazzy, 19 5; WerDiNG, 1970 :
153 ; SauvAN, 1970 : 194, 1972 c : 43.
Egretta garzella dimorpha; PAULTAN, 1955 : 19.
Vano fotsy (phase blanche), Vano mainty (phase noire). — Aigrette
dimorphe. — Mascarene Reef Heron. — Seidenreiher.
Identification : 55 em. Cette petite Aigrette, sous-espèce particulière à
Madagascar de l'eurasiatique, australienne et africaine Aigrette garzette, se
présente sous deux phases de plumage: une partie des oiseaux sont tout blan
les autres ont un plumage sombre qui varie du gris ardoisé assez pâle au bleu
ardoisé très foncé et qui comporte des plumes blanches à la gorge et aux couver-
tures antérieures des ailes ; les sujets un peu intermédiaires sont rares et toujours
beaucoup plus près d’une des deux phases que de l’autre. Ce dimorphisme n’est
ni sexuel, ni saisonnier.
Un oiseau de la phase blanche pourrait être confondu avec la Grande
Aigrette (voir cette espèce) où avec le Héron garde-bœufs dont toujours la
distingueront, outre sa silhouette différente, son fin bec noir, ses Larses égale-
ment noirs et ses pieds jaunes.
Un oiseau de la phase sombre, dont le plumage d'une ardoise plus ou
moins sombre paraît généralement noir de loin, pourrait être confondu avec le
Héron ardoisé; mais au vol, on voit nettement, chez l’Aigrette, une tache
blanche au bord avant de chaque aile, à la base des premières rémiges pri-
maires. Sa technique de pêche est aussi complètement différente de celle du
Héron ardoisé.
Source : MNHN, Paris.
OISEAUX 43
Distribution Mœurs : L’Aigrette dimorphe existe à peu près partout
sauf dans la forêt dense et les grandes étendues de savane sèche. Elle n’est
rare nulle part. Au bord de la mer, dans les flaques que la marée découvre,
ces oiseaux pêchent de petits poissons, le plus souvent en marchant posément
dans l’eau peu profonde; mais nous les avons quelquefois observés se livrant à
une danse curieuse, pourchassant leur proie en battant des ailes et jetant leurs
pieds de côté et d'autre. Elles recherchent aussi les gros Orthoptères comme
les gros Grillons et les Criquets.
Elles nichent en petites colonies avec d’autres Hérons, souvent dans les
palétuviers ou dans les buissons des îlots près des côtes ; mais aussi à l’inté-
rieur du pays (Tananarive, Fianarantsoa); elles sont sédentaires et l'endroit
où elles nichent leur sert généralement de dortoir pendant toute l’année. Depuis
plusieurs années la héronnière du parc de Tsimbazaza à Tananarive en héberge.
Dans certaines de ces petites colonies existe un pourcentage particulier
d'oiseaux appartenant aux deux phases de couleurs. Dans la plupart des
colonies que nous avons observées le pourcentage des oiseaux de la phase
sombre variait de 10 % à 75 %. Sur les Hauts-Plateaux, la phase sombre est
rare ; il existe quelques colonies où elle n’est pas représentée. Il semble que
pour tout Madagascar, la proportion des sombres par rapport aux clairs atteigne
à peine 1/3. Un nid observé à Tananarive contenait 2 poussins blancs et un
noir. Les sombres semblent plus fréquents sur les côtes. Dans la héronnière du
parc de Tsimbazaza, les nids d’Aigrettes dimorphes sont généralement placés
à l'extrémité des branches, au-dessus des nids des Garde-bœufs mais les Aigrettes
semblent moins combatives que ces derniers. La ponte a lieu généralement à
la saison des pluies mais la période de reproduction dure pratiquement toute
l'année; à Tananarive il n'y a généralement qu'une ponte. Elle comprend
trois œufs bleus, quelquefois deux seulement ; les deux sexes concourent à
l’incubation ; les jeunes quittent le nid à une quinzaine de jours et se déplacent
alors dans les arbres, les buissons ou les jones de la colonie jusqu’à l’âge de
45 jours où ils commencent à voler.
Melanophoyx ardesiaca (Wagler)
1. 2, fig. 7 et 8)
Ardea ardesiaca Wagler, 1827, Systema Avium, Ardea, p. 20 (Sénégambie).
Ardea ardesiaca ; HarrLaus 1877 : 300 ; A. Mizxe-Enwarps et A. GRANDIDIER, 1885 :
547.
Melanophoryx ardesiaca ; SeLATER, 1924 : 26; Deracour, 1932 : 12, n° 22; RanND,
1936 : 330 ; LavauDEN, 1937 : 96; MiLon, 1946 b : 85, 1949 a : 9, 1949 D : 100 ; WERDING,
1970 : 753; Sazvan, 1970 : 194, 1972 c : 43.
Lombokohoma (se couvre pour manger). — Héron ardoisé. — Black
Heron. — Glockenreiher.
Identification : 50 em. Entièrement d’un bleu ardoisé très sombre qui
paraît noir de loin, cet oiseau ne pourrait être confondu qu'avec la phase
Source : MNHN, Paris
4 Pa. MILON ET AL.
sombre de l’Aigrette dimorphe (voir plus haut) si sa fameuse habitude de
pêcher à l'ombre de ses ailes ne le distinguait immédiatement. Son bec est
noir et ses pattes noires avec les doigts oranges.
I1 fréquente tout particulièrement les rizières des Hauts-Plateaux et de
l'Ouest.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau qui habite une grande partie de l'Afrique
tropicale et Sud-orientale se rencontre aussi dans tout Madagascar, sauf dans
les régions trop sèches. Les rizières des Hauts-Plateaux lui conviennent tout
particulièrement. Il fut autrefois très commun aux abords de Tananarive où
existait entre 1940 et 1950 une colonie de plus de 10 000 de ces oiseaux ; leur
colonie ayant été pillée ils sont devenus bien moins communs dans cette région.
IL est bien connu que cet oiseau « fait le parapluie » avec ses ailes au-dessus
de l'eau avant- de capturer sa proie ; c’est une habitude dont l'utilité est peut-
être de gêner la réaction de la proie convoitée. Elle permet probablement aussi
à l'oiseau de mieux voir dans l'eau en éliminant la réflexion sur la surface. C’est
un geste instinctif dont l'oiseau se départit rarement (un oiseau captif étendra
ainsi ses ailes au-dessus de l'assiette contenant sa nourriture) et qui apparaît
brusquement chez le jeune au moment où les parents cessent de le nourrir
(souvent c’est une aile seule d’abord, puis les deux).
Dans les grandes colonies mixtes d'Ardeidae qui existent près de Tanana-
rive et celle du pare de Tsimbazaza, les Hérons ardoisés nichent plus tard que
les Crabiers, de février à juin. Les nids sont placés comme tous ceux de cette
colonie, dans les grands massifs de zoz0r0s d'un étang ; les nids de branchettes
sont plus épais, plus solides que ceux des Crabiers ; la ponte est de trois où
quatre œufs, parfois de deux seulement, d’un bleu un peu plus foncé que ceux
des autres Hérons — sans jamais atteindre le bleu plus accentué de ceux des
Ibis falcinelles.
Bubulcus ibis ibis (Linné)
(PL. 2, fig. 9)
Ardea Ibis Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10° édit., p. 144 (habitat in Ægypto; regionis
purificator).
Ardea bubuteus ; A. Mue-Enwanps et A. Granpipien, 1885 : 552.
Bubuleus ibi R, 1924 : 27 ; SALVAN, 1972 € : 44.
Bubuleus ibis tbis ; Decacour, 1932 : 12, n° 23; RAND, 1936 : 831 ; LAVAUDERS 1937 :
97 ; Miuon, 1948 : 67, 1949 b : 100 ; PauztAN, 1955 : 18 ; GRIVEAUP, 1961 a : 40, 1961 b : 52.
Ardeola ibis; Werpina, 1970 : 753 et suiv.
Vorompotsy. — Héron garde-bœufs (ou à tort « Pique-bœufs »). — Buff-
backed Heron. — Kuhreïher.
Identification : 50 em. Le Héron garde-bœufs est généralement entièrement
blanc, mais le plumage de noces comporte de longues plumes roux violacé, sur
la tête, le cou et le dos. Il se distingue du Crabier chevelu par son bec jaunâtre
(rougeâtre en période dereproduction) plus court, légèrement arqué à lextré-
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 45
mité (il est aussi plus épais que celui de l’Aigrette dimorphe) et des pattes
brun vert (rougeâtres en période de reproduction) et plus longues. Les longues
plumes de la tête sont moins longues et moins nombreuses que celles du Crabier
chevelu. Il est plus haut sur pattes et a le cou plus long que le Crabier blanc.
Il vit en bandes de 6 à 30, parfois plus importantes, dans les marécages,
les rizières où même les cultures plus sèches. On le rencontre même sur les
chemins. Il reste rarement immobile et accompagne souvent les zébus.
Distribution — Mœurs : Get oiseau se rencontre dans toute l'Afrique et
dans l'extrême Sud de l'Europe ; une race très voisine occupe le Sud de l'Asie.
C'est le fameux « Vorompotsy » l'oiseau familier de presque tous les pay-
sages de la Grande Ile et qui doit sa notoriété à son attachement aux pas des
zébus, source et témoignage de toute richesse. « Tu t'émerveilleras de voir des
oiseaux blancs. »
S'ils suivent les troupeaux de bœufs, c'est que le passage de ces grands
animaux dérange et fait lever de nombreux insectes et autres bestioles dont
les petits Hérons se saisissent aussitôt. On voit aussi parfois l’un d'eux posé
sur un bœuf, et il lui arrive de débarrasser sa monture de quelque parasite ;
cependant, cette attitude et cette recherche des parasites, si elles ne sont pas
rares ne sont pas systématiques chez le Héron garde-bœufs comme elles le sont
chez les Pique-bœufs, petit oiseau brunâtre de la faune africaine qui n'existe
pas à Madagascar. Aussi, l'appellation « Pique-bœufs », que beaucoup
d'Européens de passage dans la Grande Ile donnent à cet oiseau, est-elle
impropre.
Sa nourriture comprend surtout des Insectes, des Araignées et de petits
Vertébrés ; il consomme beaucoup de Sauterelles et, lors des invasions de celles-
ci, il suit leurs vols pour faire bombance. Lorsqu'il voit un criquet posé dans
l'herbe, il s'approche lentement en faisant osciller latéralement son cou puis il
le saisit d’une brusque projection du bec. Ce comportement, que nous avons
souvent observé, a certainement pour rôle de retarder le saut de l'insecte en le
faisant hésiter sur la direction de son saut. Les Garde-bœufs passent la nuit
groupés, souvent en très grand nombre, dans des massifs de roseaux, des îlots
où ils se sentent en sûreté, et c’est un spectacle ravissant, le soir, que l’arrivée
au dortoir » de ces oiseaux blancs venant par petits groupes de tous les points
de l’horizon — le « dortoir » du petit lac, d’Antsirabe est bien connu ; celui du
pare de Tsimbazaza à Tananarive s’est constitué en 1966. En 1970, ils occupaient
trois flots du petit lac. Nous y avons compté plus de 500 nids mêlés à ceux des
Crabiers chevelus (plus de 400) et à ceux des Crabiers blancs et d’Aigrettes
dimorphes.
Ils nichent de septembre à avril dans les marais. Le plus grand rassemble-
ment de Hérons garde-bœufs nicheurs que nous ayons observé était dans des
palétuviers de la région de Diégo-Suarez ; il y avait là quelque 3 000 nids de
Vorompotsy, avec ceux de différents Hérons, d'Ibis falcinelles, de Cormorans
- Source : MNHN, Paris
46 PH. MiLON ET AL.
et d’Anhingas. La ponte des Garde-bœufs battait son plein en décembre. Il
existe aussi d'importantes colonies dans les marais du lac Alaotra et sur la côte
Ouest.
Nous avons toujours vu leurs nids de branchettes placés sur des arbres,
rarement au-dessous de 2 m et jamais dans la végétation plus basse des joncs
et des buissons où les Crabiers chevelus aiment nicher. Ces nids comme ceux
des Crabiers ne paraissent pas très solides et les oiseaux doivent les consolider
fréquemment pendant la couvét Sur les lieux de couvaisons, le Héron garde-
bœufs semble toujours prendre les meilleures places dans la compétition avec
les autres espèces. Les 2 parents se relayent pour couver et défendre le nid
contre des voisins trop rapprochés et toujours prêts à la dispute. Une cinquan-
taine de pontes observées en différents endroits étaient toutes de trois œufs
bleuâtres.
C’est lorsqu'il a 13 ou 14 jours que le jeune Garde-bœufs quitte le nid mais
il doit rester juste au voisinage. Il est très vulnérable et fréquemment attaqué
par les voisins s’il s'éloigne.
Il est alors très vorace et attend avec impatience, perché sur une petite
branche le retour d’un des parents dont il happe le bec pour lui faire dégorger
le poisson qu'il rapporte dans son jabot.
Ardeola ralloides (Scopoli)
(pl. 2, fig. 2)
Ardea ratloïdes Scopoli, 1769, Anni Historico naturali, p. 88 (Garniole).
rdea comata ; A. Mue-Enwanns et A. GranDipien, 1885 : 554.
Ardeola r. ralloides ; ScLaTEr, 1924 : 2
Ardeola ralloides ralloïdes ; Deracoun, 1932 : 13, n° 25 ; GRIVEAUD, 1961 a : 40.
Ardeola ralloïdes ; RawD, 1936 : 333; MILON, 1946 b : 85, 1949 a : 9; Wernin6, 1970 :
153 et suiv. ; SALVAN, 1970 : 195, 1972 c : 45.
Mpiandry-voditatatra (« celui qui garde la rizière »). — Crabier chevelu
(cette appellation de Crabier, pour cet oiseau comme pour le suivant, n’est pas
heureuse). — Squacco Heron. — Rallenreïher.
Identification : 50 em. Qu'il soit en plumage de noces (jaune ocre plus ou
moins pâle sur le dessus, le dessous étant blanc teinté et taché d’ocre) ou en
plumage de non-reproduction où du jeune âge (brunâtre tout flamméché de
roussâtre), le Crabier chevelu, de loin, paraît roussâtre et gris et passe facile-
ment inaperçu. Le jeune est plus roux et plus petit que le jeune A. idae. Le
Crabier chevelu est chez lui dans toutes les terres trempées d’eau douce, mais
Ja rizière l’attire tout particulièrement : il se tient dans la rizière tout contre
la diguette où vous ne soupçonnez pas Sa Pi ence jusqu’à son envol soudain.
11 découvre alors ses ailes toutes blanches qui l'emmènent d’un vol aisé, pas
très loin, à l’autre coin de la rizière où, fermant les ailes, il disparaît à nouveau.
Distribution — Mœurs : C’est l'oiseau type de la rizière et son nom mal-
gache l'indique bien. Cette espèce se rencontre dans le sud de l'Europe, dans
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 47
toute l'Afrique et le Moyen-Orient ; d’autres espèces de Crabiers, aux mœurs
très analogues, la remplacent dans les rizières asiatiques et indo-malaises, de
telle sorte que le soudain battement des ailes blanches d’un Crabier, sa silhouette
au vol, corps en coin, cou rentré, sont étroitement liés aux paysages de rizières
dans les souvenirs de randonnées d’un Naturaliste.
Ce Crabier existe dans toutes les provinces de Madagascar. Son implan-
tation dans l’île où il est en compétition avec A. idae (espèce endémique à
Madagascar) est probablement relativement récente.
Sa nourriture comprend surtout des petits Poissons et des Insectes. Dans
la campagne de Tananarive, les deux espèces de Crabiers, celle-ci et A. idae,
sont en plumage de noces au début de la saison des pluies : le bec des adultes
des deux espèces est alors d’un bleu magnifique avec la pointe noire ; les pattes
du Crabier chevelu sont jaunes verdâtres, tandis que celles de son cousin blanc
sont d’un rose assez vif.
Dans les colonies qui existent aux abords de la capitale, et où les 2 espèces
nichent côte à côte, c’est le Crabier chevelu qui est le plus commun.
Le massif de zozoros où est établie la colonie (qui, en dehors de la repro-
duction, est presque désert pendant la journée et ne reprend de l'animation
que le soir quand les oiseaux rentrent au dortoir) est alors grouillant d’anima-
tion pendant tout le jour ; de loin il semble couronné d’une multitude de grandes
fleurs blanches ; ce sont des Crabiers en parade ou d'autres, immobiles et lissant
leurs plumes auprès du nid où couve leur conjoint, en dessous, dans l'épaisseur
des jones.
Le nid des Crabiers chevelus est fait surtout de tiges mortes, de jones
simplement ramassés par eux sur l'étang ; il est placé généralement plus bas
que celui des Crabiers blanes qui est un peu plus épais et fait surtout de bran-
chettes mortes que les oiseaux sont allés casser sur les eucalyptus proches
de la colonie.
La parade des Grabiers chevelus et des Crabiers blancs est la même. L'oiseau
en parade se fait le plus gros possible en ébouriffant les plumes, écartant les
ailes, donnant des coups d’ailes et de bec. Le Crabier blanc, un peu plus gros,
domine généralement son cousin; c’est sans doute.pourquoi ses nids sont
placés un peu plus haut que ceux des Crabiers chevelus qui doivent se contenter
des moins bonnes places.
La ponte des Crabiers blancs est de 3 ou 4 œufs ; celle des Crabiers chevelus
généralement de 3, rarement de 2. Les œufs sont du même très beau bleu pâle
mat un peu verdâtre, ceux des Crabiers blancs un peu plus gros en moyenne.
L'incubation dure 18 jours. Dès qu'ils ont une dizaine de jours les poussins
quittent le nid et se déplacent avec beaucoup de dextérité dans le fouillis des
grandes tiges triangulaires des zozoros, s'aidant pour progresser et se cram-
ponner aux jones, de leurs pattes, de leurs ailes et de leur bec.
Source : MNHN, Paris
18 PH. MILON ET AL.
Ils restent plus d'un mois sans pouvoir voler ; peu à peu leurs ailes s’enhar-
dissent, et on les voit dans les massifs voisins. C’est le moment où les parents
cessent de pourvoir à leur nourriture. Dans le marais où ils sont nés, les jeunes
commencent à picorer eux-mêmes une larve, un Dytique.…; ils s'éloignent
de plus en plus, ils gagnent les marais voisins, puis une rizière. Un nouveau
Crabier commence sa vie indépendante.
Les Crabiers chevelus adultes au plumage terni et les jeunes restent toute
l'année dans la région.
* Ardeola idae (Hartlaub)
(pl. 2, fig. 3)
Journ. für Ornith., 8, p. 67 (Madagascar).
ps et A. GRANDIDIER, 1885
Ardea idæ Hartlaub, 1860
Ardea leucoptera var. idae
Ardeola ralloides idæ; ScLATER, 192 :
Ardeola idæ ; Deracour, 1932 : 12, n° 24.
Ardeola idae ; RAND, 193 ; LAvauDEn, 1937 : 97; MiLoN, 1946
1949 5 : 100 ; Unsem, 1952 : 93 ; SALVAN, 1971 a : 38, 1072 c : 44.
deola idea ; WenDixG, 1970 : 755
5, 1949 a : 9,
Mpiandry-voditatatra fotsy (même nom que le Crabier chevelu, les deux
espèces étant souvent confondu __ Crabier blanc. — Madagascar Squacco
Heron.
Identification : 45 em. Le plumage de noce est blanc avec des reflets roux
sur la calotte et sur le dos, au début de la saison des pluies d'octobre à mars.
Le plumage habituel est brun rayé de fauve. La couleur générale est plus foncée
que celle d'A. ralloides. Le bec est bleu à extrémité noire comme celui de A.
ralloides. Les pattes sont roses.
Le jeune a le dessus brunâtre et couvert de plumes noirâtres. On le trouve
souvent dans le même habitat que Bubulcus ibis qu'il accompagne fréquem-
ment. Il a une allure trapue et un cri rauque comme celui du Corbeau. Son
envol est brusque. Il vole avec le cou rentré comme À. ralloides.
Distribution — Mœurs : Le Crabier blanc se rencontre partout à Mada-
gascar, mais il est plus commun dans l'ouest que dans l’est. Alors que le Crabier
chevelu est sédentaire, le Crabier blanc disparaît aussitôt après la nidification
de la région où il s’est reproduit. Il émigre dans d’autres régions de Madagascar
(lac Alaotra, Manakara) et en Afrique (il a été signalé dans toute l'Afrique
Sud tropicale, de Zanzibar au Congo, d'avril à octobre).
C'est donc une espèce endémique à Madagascar et certainement en concur-
rence avec Ardeola ralloides qui a peuplé Madagascar à une période plus récente.
11 se nourrit essentiellement de Poissons et autres petits Vertébrés ainsi que
d’Insectes.
Il vit généralement isolé, parfois par couples mais niche aussi en colonies
mixtes importantes (plus de 1 000 nids) avec A. ralloides. On à pu observer
Source : MNHN, Paris.
OisEAux 49
800 à 1 200 nids d'Ardeola ralloides et 150 à 200 nids d'A. idae dans une même
colonie. On l’a observé comme nicheur à Tananarive, Diégo et Tuléar.
La reproduction a lieu d’octobre à mars. Les couples se forment dès que
le plumage de noce est complet. Dans ses observations à Tananarive, E. UrscH
(1952) signale la ponte de 3 œufs, le 30 octobre, le 2 novembre et le 4 novembre,
jour où le couple commença à couver. Le mâle et la femelle couvent : le mâle
de 9 à 16 heures et la femelle le reste du temps. Il est possible qu'il y ait 2 pontes
par saison : une en octobre et une en février-mars.
Les œufs sont blanc verdâtre. La couvaison dure 20 jour.
Les jeunes,
d’un duvet jaunâtre. Pendant
ent par régurgitation. Après
e déplacent à côté du nid et, après 25 jours, mangent seuls.
aveugles à l'éclosion, se recouvrent en 4 à 5 jou
les premières semaines, les parents les nourr
15 jours, les jeune
On doit faire ici état de la dramatique réduction du nombre d'oiseaux
de cette espèce à Madagascar.
Nycticorax nycticorax (Linné)
1. 2, fig. 10 et 11)
Ardea Nycticorax Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 142 (Habitat in Europa
australi).
Nyclicorax europaeus ; Harriaur, 1877 : 310.
yclicorax griseus ; À. MiLNE-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885
Nycticorax n. nyclicorax ; ScLater, 1924 : 29; Decacour, 1932
4; LAVAUDEN, 1937
Nyclicorax nycticorax ; MiLoN, 1949 a : 9 ; Urscn, 1950 : 59
SaLvan, 1972 e : 45.
6; RAND,
1936
WerDiNe, 1970 : 753 ;
Goaka (onomatopée du cri). — Héron bihoreau, Bihoreau de Madagas-
car. — Night Heron. — Nachtreiher.
Identification : 55 em. Ce Héron, au plumage supérieur noir verdâtre avec
2 longues plumes blanches sur la tête et le dessous blanc, n’est pas difficile à
identifier à cause de son allure courte et trapue, de son gros bec, mais surtout
en raison de ses habitudes crépusculaires : c’est, en effet, quand les autres
espèces rentrent le soir au dortoir commun qu’on l'en voit partir et se diriger
vers les terrains de pâture ; cependant, il pêche parfois aussi de jour, surtout
quand il a des petits à nourrir.
Son cri est un croassement bas qui lui a valu son nom malgache.
Les jeunes ont un plumage bien différent de celui des adultes, brunâtre,
très tacheté, mais leur allure est la même et on les identifie facilement aussi, ne
serait-ce que par leur vol qui est bien celui d’un Héron mais avec une allure
d'oiseau nocturne.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce à peu près cosmopolite ; seules,
deux races du Nord et du Sud de l'Amérique ont été différenciées ; l'oiseau
Source : MNHN, Paris
50 PH. MILON ET AL.
malgache est donc tout à fait le même que celui qui niche, par exemple, en
Hollande, en Indochine ou en Afrique tropicale.
Il est répandu dans tout Madagascar, au moins là où il peut trouver les
Batraciens, Insectes, Poissons de marais, Mollusques dont il fait sa nourriture.
Ce Héron, ainsi que les autres espèces qui nichent souvent en groupes dans
les marais, ne fait aucun tort aux cultivateurs ou aux pêcheurs. Trop souvent
leurs jeunes ou leurs œufs sont détruits malgré la loi qui interdit la vente ou
l'achat des œufs. Trop souvent aussi, ils gobent une grenouille porteuse d’un
hameçon accroché à un fil et vont, ainsi, se pendre dans les branches.
11 faut protéger ces oiseaux non seulement parce qu’ils sont utiles, mais
aussi pour la beauté de leur vol et la grâce de leurs attitudes.
Ils nichent en petites colonies, avec d'autres espèces, dans les dortoirs où
ils passent la journée. Leur nid de branchettes sèches est petit pour la taille de
l'oiseau et placé dans les marais sur de petits arbres, des buissons, des jones,
parfois à 50 em seulement du niveau de l’eau.
Nous avons vu aussi un groupe de quelques nids placé à plus de 5 m de
hauteur, en terrain sec, dans les branches supérieures et flexibles d’eucalyptus,
près d’un canal.
Les pontes complètes sont normalement de trois œufs bleus ; il ÿ a quelques
nids avec 2 œufs seulement et parfois avec 4 œufs.
Nous l'avons trouvé en période de ponte de février à juin sur les Hauts-
Plateaux et avons observé aussi des pontes fraîches en août au lac Alaotra et
en novembre à Tuléar.
Ces oiseaux s’élèvent bien et se reproduisent en captivité-E. Ursex (1950)
a ainsi pu observer un couple à Tananarive qui a pondu 4 œufs les 15, 17,18 et
19 février et a élevé les jeunes nés les 8, 9, 10 et 11 mars, et qui a pondu de
nouveau à partir du 22 avril une série de 4 nouveaux œufs.
A la naissance, les jeunes sont couverts d’un duvet jaune noirâtre ; leurs
yeux s'ouvrent dès le premier jour. Les parents les nourrissent de Poisson. Le
mâle et la femelle partent à tour de rôle pêcher : ils remplissent leur jabot de
poissons de toute taille et les y conservent une vingtaine de minutes. Puis,
tandis que les jeunes âgés de 2 à 3 jours, poussent de petits cris, l’un des parents
se pose sur le bord du nid, prend un court repos, puis hérisse les plumes de sa
tête et de son cou, dirige, le cou raide, Je bout du bec sur le fond du nid, fait
pendant 3 à 4 minutes des efforts de déglutition et vomit les poissons enduits
de suc digestif, un par un, par les côtés du bec. En une à deux minutes le jabot
est ainsi vidé. Les jeunes saisissent avidement les poissons et les avalent sou-
vent à grand peine, au prix d'efforts épuisants. Chaque jeune avale ainsi 2
à 3 poissons.
Au bout de 21 jours, ils sont presque couverts de plumes et se tiennent
au bord du nid. Au bout de 28 jours, ils gagnent les branches autour du nid,
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 51
et au bout de 35 jours effectuent leur premier vol. Au bout de 40 jours ils
pêchent tout seul
Les jeunes sont très gloutons. Dès qu’ils ont quelques semaines, ils se
battent en attendant les parents et quand ceux-ci arrivent ils se jettent dessus
et les saisissent par la tête pour leur faire dégorger plus vite leurs proies.
* Butorides striatus rutenbergi (Hartlaub)
(pl. 2, fig. 4)
Ardea rutenbergi Hartlaub, 1880, Proc. Zool. Soc. London, 1880, p. 39 (Nord de Mada-
gasear).
Ardea atricapilla ; HarrLaus, 1877 : 308.
Ardea atricapilla var. rutenbergi ; A. Mixne-Enwarps et À. GranDiier, 1885 : 556.
Butorides striatus rutenbergi ; ScLater, 1924 : 28 ; DeLacour, 1932 : 14, n° 27; RAND,
1936 : 334 ; LavauDen, 1937 : 97; GriveauD, 1961 a : 40; SALVAN, 1971 a : 38.
Vanomainty. — Blongios vert. — Madagascar Green Heron. — Mangro-
vereiher.
Identification : 40 em. Dos vert foncé, taché de jaune sur les ailes, face
inférieure gris cendre, menton blanc et gorge rousse. On pensait que c'était
un bout de bois jeté sur la grève et voilà que le petit Blongios vert s’est envolé.
Il n’aime pas se laisser approcher sur la plage et est parti de loin d'un vol léger.
Sa petite taille, son plumage général sombre avec des reflets verdâtres le feront
reconnaître aisément — mais l'immobilité qu’il adopte volontiers sur les grands
espaces découverts — joints à sa petite taille — sa répugnance aussi à s'envoler
quand il est sous le couvert de la végétation, font qu'il passe facilement ina-
perçu. Il vit généralement solitaire. Son cri rappelle un peu celui du Corbeau.
Distribution — Mœurs : Existe dans tout Madagascar, aussi bien chez lui
sur les sables de la baie de Diégo-Suarez et les vases de l'embouchure du Fihere-
nana que dans les marais du lac Alaotra ou sur les bords desséchés des petites
mares de la province de Majunga. Il est aussi très commun à Maroantsetra.
Nous ne l'avons pas trouvé cependant sur les Hauts-Plateaux. Il se nourrit
de Batraciens et d’Insectes aquatiques.
C'est un oiseau sédentaire à Madagascar et devant se reproduire en saison
des pluies. Le nid observé par Vernon D. van SomEREN (1947) était situé dans
un buisson épais surplombant une rivière et constitué d’une large plate-forme
faite de branchettes, à un peu plus d’un mètre au-dessus de l'eau. La ponte
est composée de 3 œufs bleu vert.
*]Ixobrychus minutus podiceps (Bonaparte)
(PL. 2, fig. 1)
Ardeola podiceps Bonaparte, 1855, Conspectus Generum Avium, IL, p. 134 (Madagascar).
Ardea podiceps ; HanTLauB, 1877 : 307.
AArdea minuta Var. podiceps; À. Mizne-Enwanps et A. GranDiDER, 1885 : 559.
Tzobrychus minutus podiceps ; ScLATER, 1926 : 30 ; Decacoun, 1932 : 14, n° 28; RAND,
1936 : 335 ; LavauDen, 1937 : 97 ; SaLvAN, 1971 a : 38, 1972 c : 46.
Source : MNHN, Paris
ro)
Pu. MILON ET AL.
Vanomainty. — Blongios nain. — Madagascar Little Bittern. — Zwerg-
rohrdommel.
Identification : 31 em. Ce petit Héron est certainement, des douze espèces
d’Ardeidae malgaches, la plus difficile à observer. I vit caché dans la végétation
dense des marais et ne s'envole pas volontiers.
Au vol, il est aisé à identifier, même pendant un de ses vols courts d’un
massif de jones à un autre : on voit sur chaque aile une grande tache claire qui
contraste avec la teinte sombre du reste de la face supérieure. Quand on peut
l'observer au repos à loisir, la teinte fauve clair du dessous avec la face supé-
rieure noirâtre est très reconnaissable chez le mâle, la femelle étant plus brune
que noire dessus et d'apparence générale plus striée.
C'est un petit Héron des marais couverts, des massifs de jones et des
roseaux. É
Comme le Blongios vert, on le trouve généralement isolé ; il se déplace
avec une extrême agilité en grimpant dans la végétation. Suivi de près par la
pirogue il ne s’envolera qu’à la dernière minute préférant même parfois adopter
en resserrant son plumage pour s’amincir, une attitude défensive d'immobilité
absolue, qui pourrait même le mettre en danger d'être capturé à la main. Son
envol est pénible ; son vol est d’abord bas au-dessus de l’eau, avec cou tendu,
mais il peut très bien voler plus aisément.
D'habitude semi-nocturne, il est difficile à observer en activité. Sa présence
se reconnaît par son cri, sorte de « Gaet-gaet ». Quand on le dérange en l’éclai-
rant à la lampe électrique, il se cache le plus souvent parmi les roseaux.
Distribution — Mœurs : Le Blongios nain a été observé sur les principaux
lacs de Madagascar. Il a été trouvé notamment par N. S. Marcozu sur le lac
Mandroseza près de Tananarive en novembre et par A. DHONDT (comm. pers.)
en novembre sur le lac Karanga (près du lac Itasy). Nous l'avons observé,
au lac Alaotra à cette même date. Il a été vu par A.L. Rap (1936) à Maroant-
setra et Andapa dans l'Est, dans le Sambirano et, dans l'Ouest, aux lacs Kin-
kony et [hotry.
Le Blongios nain est migrateur, il effectue souvent des déplacements
considérables, ce qui nous amène à nous demander quel est le statut de ces
oiseaux à Madagascar.
De cette espèce, on reconnaît actuellement, dans le domaine géographique
qui nous intéresse : 1) une sous-espèce eurasiatique et nord-africaine 1. m.
minutus (Linné, 1766) répandue de l'Ouest de la France à l’Oural et qui, après
s'être reproduite, descend vers le Sud, en automne, jusqu’au cap de Bonne-
Espérance; 2) une sous-espèce d'Afrique tropicale et australe 1. m. payesii
(Hartlaub, 1858) semblant y être généralement sédentaire; 3) une sous-espèce
malgache I. m. podiceps. Les caractères différenciant ces sous-espèces sont des
Source : MNHN, Paris:
OISEAUX 53
variations dans l'intensité de la coloration et de petites différences dans les
moyennes de taille.
1. m. payesit est assez difficile à distinguer d'J. m. minulus ; la sous-espèce
malgache /. m. podiceps est plus différenciée, étant nettement plus sombre,
beaucoup plus rousse à la face inférieure et de taille un peu plus grande ; cepen-
dant il y a chevauchement.
Or, nous avons eu entre les mains, au lai
nain adulte qui pré
Alaotra, en mai, un Blongios
entait tous les caractères d’1. m. minulus.
Il peut y avoir de ce fait deux explications : soit que certains exemplaires
de la sous-espèce de Madagascar arrivent à être indistinguables, surtout en
période de non-reproduction, des oiseaux de la sous-espèce nominative, soit,
ce que nous croyons possible, que des migrateurs paléarctiques d'Z. m. minutus
viennent visiter la Grande Ile pendant l'été austral, s’ajoutant ainsi, pendant
cette saison, au stock nicheur malgache d'I. m. podiceps.
Enfin, des oiseaux qui ont été classés comme appartenant à la sous-espèce
malgache 1. m. podiceps ont été capturés à Zanzibar ! Les différences entre les
sous-espèces malgaches et africaines étant plus faibles encore que celles qui
existent entre le: us-espèces malgaches et eurasiatiques, il nous apparaît
bien difficile de déterminer avec certitude l’origine d'oiseaux isolés
Toutefois, s'agissant d'une espèce aux habitudes migratoires connues,
on ne peut exclure la possibilité de migrations vers le continent africain d’une
partie des petits Blongios malgaches en saison de non-reproduction. Là encore,
il y a un problème à élucider. Le baguage y aiderait.
Le Blongios nain se nourrit d’Insectes aquatiques, de Mollusques, de
Grenouilles et de petits Poissons.
Pas plus que pour le Blongios vert, nous n'avons d information certaine
sur la nidification de ce petit Héron à Madagascar ; il y niche sûrement, s’y
trouvant en plumage de noces en saison des pluies, mais il n'existe encore
aucune observation précise sur cette phase intéressante de sa vie.
Le nid des Blongios nains observé ailleurs est normalement fait de brin-
dilles et d'herbes sèches sur une branche au-dessus de l’eau et la ponte est de
4 à 5 œufs blancs et lisses.
FAMILLE DES SCOPIDAE
(Ombrettes)
La famille des Scopidae ne comporte qu'une espèce, étudiée ci-dessous,
caractérisée surtout par la forme de son bec, élevé à la base et très comprimé
latéralement.
Source : MNHN, Paris
54 PH. MILON ET AL.
Scopus umbretta bannermanni O. Grant
(pl. 3, fig. 9)
jrant, 1914, Bull. Brit. Orn. Club, XXXN, p. 27
copus umbrelta bannermanni O.
(Kénya, Mont Leganisho).
Scopus umbrelta ; À. Muune-Enwanns et A. GranDipier, 1885 : 514.
Scopus umbrelta ; R. P., 1952 : 102.
opus umbrella bannermanni ; ScLaTER, 1924 : 32 ; Deracour, 1982 : 16, n° 34; Lavau-
Dex, 1937 : 97; GRivEAUD, 1961 a : 40.
Scopus umbrella tenuirostris Rand, 1
Scopus umbrella tenuirostris ; RAND, 1936 :
35, Americ. Mus. Novit., n° 827, p. 1.
339 ; Sauvan, 1972 c : 46.
Jakatra. — Ombrette, — Madagascar Hammerkop. — Hammerkopf.
Identification : 55 cm. Il est imposs ble de ne pas reconnaître aussitôt une
Ombrette. Son nom français évoque son plumage terne, entièrement brun ;
le nom anglais « Hammerkop », employé en Afrique du Sud, rend bien compte
de l'aspect de « Tête de marteau » que donnent à l'oiseau, plutôt bas sur pattes,
son gros bec et sa huppe massive qui se font pendant quand on l’observe au
poser. Au vol, le cou est tendu et la grosseur de la tête huppée est caractéris-
tique. Enfin, son nom malgache est une bonne onomatopée du cri fort que
l'oiseau émet très souvent en volant.
Il émet souvent aussi en volant une sorte de « où » très caractéristique à
chaque coup d’aile.
Même quand on n’observe pas l'Ombrette elle-même, sa présence dans une
région est décelée par son nid énorme, placé assez haut dans un gros arbre,
même un eucalyptus.
Distribution — Mœurs : C'est la seule espèce de la famille. On en reconnaît
deux sous-espèces : S. u. umbrella dans l'Ouest de l'Afrique noire et S. u. ban-
nermani dans l'Afrique centrale, orientale et australe, ainsi que dans l'extrême
Sud-Ouest de l'Asie et à Madagascar. Elle existe dans toutes les provinces
malgaches, mais y est beaucoup moins commune qu'autrefois, tous les Anciens
le disent. On ne sait comment expliquer cette diminution, car c’est un oiseau
respecté par l'homme. Il y a beaucoup de rizières où il pourrait chercher sa
nourriture et de gros arbres pour y faire son nid. Il est considéré comme de
mauvaise augure : le molester porterait malheur ; curieusement, il en est de
même dans tous les autres pays où vit l'Ombrette sur le continent africain.
C’est sans doute son plumage sombre et, plus encore, ses habitudes crépuscu-
laires qui la font considérer ainsi, car si l'Ombrette se nourrit aussi en plein jour,
sa chasse devient plus active et elle s’agite beaucoup au coucher du soleil ; on
la voit même chasser et crier en vol pendant la nuit.
Elle se nourrit surtout de Batraciens, Reptiles, Poissons et petits Crus-
tacés ; dans l’eau, on la voit souvent agiter pattes pour remuer la vase du
fond et recueillir ainsi plus facilement proies et débris. Elle consomme aussi
beaucoup de Sauterelles, quand elle en a la possibilité !
Source : MNHN, Paris:
OISEAUX 59
Les Ombrettes sont souvent sur les terrains de pâture par couples qui
semblent bien unis ; relativement peu sauvages, ces oiseaux se laissent observer
d'assez près, ne fuyant pas les abords des villages et des routes, se laissant
même facilement approcher de très près par les voitures.
Leur très gros nid sphérique (il peut atteindre 1,80 m de diamètre) situé
plus ou moins haut dans un arbre, auquel elles travaillent beaucoup et qu’elles
utilisent d'année en année, est fait de branchages secs et souvent décoré de
toutes sortes de matériaux étranges : chiffons, papiers, peaux de serpents.
Le trou d'entrée est sur le côté et maçonné de boue. De nombreux petits oiseaux
établissent souvent leur nid dans les matériaux extérieurs de cette volumineuse
construction, ce qui a donné lieu à la croyance populaire que toutes sortes
d'oiseaux aident l'Ombrette à construire son nid. Ce nid est respecté par les
populations qui ne le détruisent jamais car il est l'objet d'un « fady » (tabou)
puissant.
Les quelques pontes que nous avons observées étaient toutes de deux œufs
blancs, ce qui est nettement inférieur au nombre d'œufs signalés en Afrique :
4 à 6 œufs (D. A. BaNNERMAN 1953).
Aux abords de Tuléar, une femelle a pondu ses deux œufs en fin septembre.
Dans la province de Tananarive, c’est en août et septembre que nous avons
trouvé des pontes fraîches
Mais, A. L. Ranp (1936 : 340) a signalé aussi un jeune bien emplumé
dans un nid à Ivohibe, un 25 août, et une femelle pondant le 14 juillet à Von-
droz
FAMILLE DES CICONIIDAE
(Cigognes et Bec Ouvert)
C'est une famille d’échassiers de grande taille, aux longues pattes, au bec
fort et conique. Les sexes sont semblables. Leur nourriture consiste en Batra-
ciens ou autres petits vertébrés, Mollusques, Insectes et matière végétale.
‘ous les oiseaux de cette famille, contrairement aux Hérons, tiennent
au vol le cou tendu en avant, en droite ligne avec les pattes ; c’est un caractère
de terrain très important à observer.
Dix-sept espèces se répartissent dans les régions chaudes et tempérées du
globe. Deux espèces seulement de cette famille sont connues à Madagascar.
Ibis ibis (Linné)
C1. 3, fig. 1)
Tantalus Ibis Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12 édit, p. 241 (Habitat in Ægypto,
regionis purificator post inundationem transactam).
Tantalus ibis ; Hawriaun, 1877 : 315; A. Mixe-Enwanps et A. GRANDIDIER, T8
528.
Ibis ibis ; Scrater, 1924
Haxp, 1936 : 340; LAVAUDI
Decacour, 1932 : 34: Deracour, 1932 : 16, n° 35:
1937 : 98; SaLvan, 1971 a : 38.
Source : MNHN, Paris
56 Pu. MILON ET AL.
Mefo. — Tantale ibis (cette appellation d'ibis est impropre; cet oiseau
étant plus près des Cigognes que des Ibis). — Wood Ibis. — Nimmersatt où
Tantalusstorch.
Identification : 95 em. Cette sorte de grande Cigogne très haute sur pattes,
au long bec orange un peu courbe à son extrémité, au corps blanc avec le dos
rose et les rémiges et les rectrices noires, ne peut être confondue avec aucun
autre oiseau à Madagascar — à moin: qu'un jour une des Cigognes blanches
d'Europe, Ciconia ciconia (Linné 1758), qui viennent régulièrement passer
l'hiver boréal en Afrique et aux Indes, soit aperçue à Madagascar, ce qui n’a
encore jamais été signalé, bien qu'une de ses routes de migration les plus
importantes longe la côte orientale de l'Afrique. Ces vraies Cigognes ont le bec
droit et bien rouge (et non orange) et la queue blanche (et non noire comme
notre Tantale). Les jeunes Tantales ont le dessus du corps gris cendré et le
dessous gris jaunâtre.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce africaine. A Madagascar, elle
vit dans l'Ouest et le Sud-Ouest ; nous l'avons aussi observée souvent au lac
Alaotra. Elle se reproduit au lac Kinkony où des pêcheurs du lac élèvent des
jeunes. Elle a été signalée près de Tananarive dans les marais à quelques kilo-
mètres au Sud-Ouest (P. GRIVEAUD, comm: pers.) et à Maintirano, ainsi que
près de Maevatanana au niveau des rapides de la Betsiboka (J. Sazvan 1971 a).
C'est un oiseau qui aime les espaces découverts, aussi bien ceux des grandes
cuvettes lacustres de l'intérieur que ceux des estuaires vaseux de la côte Ouest
ou les grèves à marée basse.
Comme toutes les Cigognes, c’est une espèce qui peut effectuer de grands
déplacements et certains des oiseaux que nous voyons ici peuvent n'être que
des visiteurs venus d'Afrique.
Nous n'avons pas encore d'observation certaine de leur reproduction à
Madagascar.
Leurs nids, en Afrique, ressemblent à ceux des grands Hérons et sont
placés en colonies dans des arbres souvent élevés ; la ponte est de deux ou
trois œufs blancs.
Certaines colonies sont établies dans de grands arbres à l'intérieur même
des villes et villages.
* Anastomus lamelligerus madagascariensis A. Milne-Edwards
(pl. 3, fig. 4)
Anastomus madagascariensis A. Milne-Edwards, 1880, C. R. Acad: Seis,
(Madagascar).
Anastomus lamelligerus ; HARTLAUR, 1877 :
Anastomus madagascariensis ; A. Mr
Anastomus lamelligerus madagascarien
no 36; RanD, 1936 : 341; LAVAUDEN, 19
I, p. 1037
A. GranDipien, 1885 : 519.
; Seuarer, 1924 : 34; Deracour, 1932 : If,
98.
Source : MNHN, Paris:
OISEAUX 57
Famaky, Akora. — Bec-ouvert. — Madagascar Open-bill. — Klaffschnabel.
Identification : 85 cm. On reconnaîtra aussitôt cette sorte de Cigogne toute
noire dont l'immense bec plus clair a la curieuse particularité de sembler rester
toujours ouvert en raison de la forme des deux mandibules qui s’écartent l’une
de l'autre dans leur moitié distale alors que les pointes se touchent. (L'ouverture
du beg n’est cependant pas toujours bien visible sur le terrain). Les plumes du
corps ont terminées par des lamelles cornées. Les jeunes sont de couleur brun
roux.
Le Bec-ouvert vit dans les zones marécageuses de la Grande île, générale-
ment par petits groupes lâches pêchant dans l’eau peu profonde.
On voit souvent des groupes de ces oiseaux s'élever et décrire assez haut,
au-dessus des marais et des collines, des cercles comme font les Vautours ;
souvent ils sont accompagnés dans ces évolutions par des Milans noirs, des
Faucons ou des Corbeaux.
Ils se perchent volontiers haut dans les arbres.
Distribution — Mœurs : Cette espèce ne se rencontre qu’en Afrique noire
et à Madagascar. Les oiseaux de Madagascar ont été séparés des oiseaux afri-
cains par A. Mizne-Enwarps en 1880, sous le nom d'A. madagascariensis, en
raison de leur taille plus faible et de leur bec moins épais, plus ciselé.
Le Bec-ouvert se nourrit d’escargots aquatiques qu’il peut chercher et
manger grâce à la forme de son bec. Il enfonce, dans l’eau, son bec bien ouvert
semblant tâter la végétation aquatique, les deux mandibules à l'endroit où
elles se touchent normalement quand le bec est fermé restant séparées d’un
demi centimètre environ. Il semble suivre du bec les tiges des plantes d’eau.
Il est probable que la forme de la partie distale de son bec lui permet de mieux
saisir et maintenir les coquillages glissants qu'iltrouve aussi dans la végétation
submergée. Il peut plonger son bec dans l’eau une soixantaine de fois avant de
‘ ramener enfin un coquillage. Il le place tout à l'extrémité de son bec, la pointe
de la mandibule inférieure pénétrant dans le coquillage, puis le maintenant
très bas dans la végétation, et peut-être même dans l’eau, il secoue la tête à
plusieurs reprises. En cinq ou six secondes, il peut ainsi sortir le mollusque
de sa coquille et l’avaler aussitôt, d’un coup, en relevant la tête.
Les Bec-ouvert nichent en saison des pluies en petites colonies dans des
arbres à quelques mètres au-dessus de l’eau, du sol ou même plus bas dans des
massifs de jones. La ponte comprend deux ou trois œufs blanchâtres.
Au lac Alaotra, nous avons vu des jeunes commençant à voler à la mi-
février.
FAMILLE DES THRESKIORNITHIDAE
(bis, Spatule)
Les Threskiornithidae forment encore une famille d'assez grands échas-
siers, tenant au vol le cou tendu en avant. Les deux sexes sont semblables.
Source : MNHN, Paris
58 PH. MILON ET AL.
Les Ibis au bec arqué sont très ubiquistes, trois espèces vivent à Mada-
gascar. Les Spatules au bec en forme de spatule comprennent 5 espèces palu-
dicoles très ubiquistes, dont une se rencontre à Madagascar.
Plegadis falcinellus falcinellus (Linné)
(1. 3, fig. 8)
Tantatus Falcinellus Linné, 1766, Syst. nat, tome I, 12
, p. 241 (Habitat ir Austria,
Italia, cirea lacus).
Jbis falcinellus ; HawrLauB, 1877 : 316; À. Mir ipwanps et A. GRANDIDIER, 1885 :
529.
Plegadis fatcinellus falcinellus ; Seat, 1924 : 98 ; Decacour, 1932 : 14, ne 30 ; RAND,
1936 : 336; Lavaunex, 1937 : 98; GriveauD, 1961 @
Plegadis fatcinellus ; MiLoN, 1949 a : 9, 1949 D : 100 ; Sauvax, 1970 : 195, 1972 c : 46.
Doaka (onematopée du cri) ou Famakisifotra (qui hâche les coquilles). —
Ibis falcinelle. — Glossy Ibis. — Brauner Sichler.
Identification : 55 em. En le regardant de tout près, on voit que son plu-
mage est d’un brun rouge intense aux vifs reflets pourpres; mais dans la nature,
l'Ibis falcinelle paraît entièrement noir. Son grand bec arqué est très caracté-
ristique, au vol comme au poser. Il ne peut être confondu avec aucun autre
oiscau. C’est une espèce très grégaire et ses troupes sont généralement serrées
en toutes saisons.
$ marais que l’on trouve aussi aux abords vaseux des
lacs et des rivières, mais pas au bord de la mer. Il est craintif et difficile à
approcher.
Distribution — Mœurs : C'est une espèce tout à fait cosmopolite et qui,
dans la présente sous-espèce à une vaste répartition eurasiatique et africaine.
L' Ibis falcinelle était abondant à peu près partout à Madagascar. I l'est
encore dans certaines régions de l'Ouest, mais se raréfie presque partout ailleurs,
surtout sur les plateaux. SALVAN (1970) n'a observé que 30 oiseaux en
décembre 1969 au lac Itasy.
Cette espèce est très migratrice en d'autres lieux, mais, à Madagascar,
nous n'avons pas décelé de grands mouvements ; elle nous à paru généralement
sédentaire ; toutefois, la possibilité de grands déplacements de certaines bandes
n’est pas à exclure.
L'Ibis falcinelle passe la journée au bord des marais ou des zones inondées,
se nourrissant surtout de Poissons, de Batraciens et de petits Crustacés ainsi
que de Vers et de Mollusques et se perche de temps en temps pour se reposer
dans des grands arbres.
Le soir, les oiseaux rentrent au dortoir en bandes nombreuses serrées et
rapides venant des terrains de pâture. En arrivant au-dessus des massifs de
grands jones où ils passent la nuit, ils rompent brusquement leur bande, chaque
oiseau pirouettant avec beaucoup de légèreté pour aller se poser dans les joncs.
Source : MNHN, Paris.
OisEAUx 59
Ils nichent en grandes colonies, souventen co mmun avec des Hérons, à des
époques variant beaucoup suivant les régions. Nous l'avons trouvé en pleine
ponte en janvier et février dans la région de Diégo-Suarez, de février à juin sur
les Hauts-Plateaux, en juillet et août au lac Alaotra, en novembre et décembre
dans la province de Tuléar.
Les nids sont faits de branchettes quand ils sont pl dans les arbres,
mais dans les massifs de zozoros où ils sont en compétition avec les Hérons, ils
ne sont composés que de tiges de jones et sont placés très près de l'eau.
Les pontes sont presque toujours de trois œufs, rarement de deux seule-
ment, ces œufs sont d’un beau bleu foncé, moins mat, que ceux de la plupart
des grands Échassiers.
*Threskiornis aethiopicus bernieri (Bonaparte)
1: 3, fig. 3)
1bis Bernieri Bonaparte, 1855, Conspectus Generum Avium, I, p. 151, note (Madagas-
car).
Threskiornis Bernieri ; HanrLaur, 1877 : 313.
Ibis œthiopica var. Bernieri Muine-EpwanDs et A. GRANDIDIER, 1885 : 531.
Threskiornis ælhiopica bernieri ; ScuaTER, 1924 : 35.
Threskiornis œthiopica bernieri ; Dezacoun, 1932 : 15, n° 31.
Threskiornis æthiopicus bernieri ; RanD, 1936 : 337; LAVAUDEN, 1937 : 98.
Voronosy (— Oiseau-chèvre à cause de sa tête noire sur un corps blanc,
qui rappelle la couleur typique de certaines petites chèvres) ou Manarasoy-
Fotsy (— Falcinelle blanc). — Ibis sacré (parce qu'il était sacré dans l’ancienne
Égypte). — Sacred Ibis. — Heiliger Ibis.
Identification : 80 cm. C’est un oiseau très remarquable, assez bas sur
pattes, tout blanc avec la tête et le cou noirs entièrement sans plumes ; le
‘ croupion et la queue sont recouverts d’une masse de plumes ornementales d’un
noir profond qui tranchent nettement sur le plumage blanc du corps. La peau
nue du cou rougit au moment de la reproduction. Les jeunes ont la tête et le
cou couverts de petites plumes brunes et blanches mais le cou se dénude vite.
Il n’est certainement pas possible de le confondre avec un autre oiseau.
C’est l'Ibis sacré dés anciens Égyptiens, celui qui figure sur les obélisques
et autres monuments de cette antique civilisation, celui dont le corps, entouré
de bandelettes, était souvent embaumé pour l'éternité. Cet oiseau n'existe plus
de nos jours en Égypte, mais il vit toujours dans tout le reste de l’Afrique et
à Madagascar.
Ce sont des oiseaux grégaires et leurs vols compacts, le soir, quand ils
rentrent à leur dortoir sont très remarquables et ne peuvent être confondus avec
ceux d’aucun autre oiseau malgache ; les battements d'ailes alternant avec des
moments de vol plané.
Source : MNHN, Paris
60 Pa. MILON ET AL.
Distribution — Mœurs : L'espèce vit dans toute l'Afrique (sauf dans
l'extrême Nord-Est), à Madagascar et dans les îles voisines. Les oiseaux mal-
gaches dnt été séparés du stock africain par BONAPARTE en 1855 sous le nom
d’I. bernieri pour des différences de coloration bien légères, mais en discuter sr-
tirait du cadre de ce travail. Nous l'avons rencontré sur toute la côte Ouest, .
du cap d'Ambre au cap Sainte-Marie. Il est fréquent dans les estuaires vaseux
des rivières, par exemple dans celui du Fiherenana à Tuléar, et on peut même
le voir, plus loin dans la mer, parcourant les bai de sable déposés par les
rivières.
Il lui faut pour se nourrir des étendues de sol boueux et mou, qu'il trouve
au bord des rivières où on le voit marcher et se nourrir en enfonçant profon-
dément son bec dans la vase, parfois jusqu'aux yeux, pour y chercher des Vers
et des petits Crustacés.
A. L. Ranp (1936) a trouvé, le 11 janvier, deux nids contenant chacun
deux jeunes âgés d’une quizaine de jours. C'était à Anorotsanga, dans un
petit marais à près de 2 kilomètres de la côte ; les nids de branches placés dans
les arbres étaient importants et solides, situés à 2 ou 3 mètres au-dessus de
l'eau dans des fourches de grosses branches.
* Lophotibis cristata (Boddaert)
1. 3, fig. 2)
rantalus cristatus Boddaert, 1783, table des planches enluminées de Daubenton, p. 51
(Madagascar).
Lopholibis eristata ; HawrLaur, 1877 : 315 ; A. MILNE-EDWARDS et A. GraxDIDIER, 1885 :
536; Sccare, 1924 : 37.
Lopholibis cristata eristata ; Deacoun, 1932 : 15, n° 32 ; RAND, 1936 : 338 ; LAVAUDEN,
1937 : 98; Pauzran, 1955 : 18; Gmiveaun, 1961 D : 52.
Lophotibis cristala urschi Lavauden, 1929, Alauda, 1 p. 233 (Ankarafantsika).
Lophotibis eristata ursehi ; DeLacouR, 1932 : 15, n° 93 ; LAYAUDEN, 1932 : 632, 1937 :
98 et 140: Rann, 1936 : 339 ; PauLIAN, 1065 : 18; Arrenr, 1966 : 315, 1968 e : 8.
Akohon’-Ala ou Lampira. — Ibis à cimier, Ibis huppé ou « coq » des bois
ou Akouale (nom français) « Acoholahéhale » rapporte le Sieur DE FLACOURT
qui ajoute : «c'est une espèce de Faisan qui a le bec crochu, un peu long» (His-
toire de la Grande Isle de Madagascar, 1661, p. 166). — Crested Wood ibis. —
Madagaskar-Mähnenibis.
Identification : 50 em. Ce n’est nullement un Gallinacé, comme ses appella-
tions locales de coq ou de faisan pourraient le faire penser, ni un Échassier
comme le croyait Monsieur DE BUFFON (1783, Planche 841) qui l’appelait
« Courly hupé de Madagascar ».
C'est un Ibis assez différencié. On distingue deux sous-espèces assez peu
différentes : L. c. cristata vivant dans l'Est et L. c. urschi de l'Ouest.
On reconnaît aussitôt dans la forêt, où on l’observe toujours, ce grand
oiseau marron aux ailes blanches, au long bec de Courlis, à la peau nue rouge
Source : MNHN, Paris:
Oiseaux 61
de la face, à la longue huppe aux plumes vert métallique et rousses qui fait
pendant à son bec. Sa queue est noir verdâtre et ses pattes rouges. C’est l’un
des oiseaux les plus grands des forêts malgaches.
C'est un spectacle magnifique que celui de ces beaux et gros oiseaux que
l’on approche parfois de tout près sans le faire exprès. Ils marchent solitaires
ou souvent par 2 sur le sol des forêts qu'ils fouillent de leur bec et s’envolent
bruyamment lorsqu'ils sont surpris pour se poser un peu plus loin sur le sol
ou se percher sur une branche.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce propre à la Grande Ile, Très
sédentaire, elle y vit toute l’année. C’est un oiseau forestier.
On le trouve dans toute la forêt orientale humide (sous-espèce nominative
L. c. cristata). Is étaient très communs dans la forêt côtière, notamment près
de Maroantsetra, mais ils sont très chassés et se raréfient partout. Dans la
forêt occidentale où l'oiseau est moins fréquemment rencontré que dans l'Est,
la sous-espèce L. c. urschi existe cependant à peu près jusqu’à Tuléar dans la
zone où il y a tout de même un peu d’eau (marais, ruisseaux).
Les oiseaux de cette région de l’Ouest ont été séparés en raison de leur
coloration plus vive, plus claire, et de leur taille peut-être un peu plus grande.
Comme tous les Ibis, ils ont un régime de nourriture surtout animale captu-
rant petits Vertébrés, Insectes, Araignées, Vers et Mollusques. Ils enfon-
cent profondément leur bec dans le sol humide.
Nous en avons surtout observé à la Montagne d’Ambre et dans l’Anka-
rafantsika où ils ont l'habitude régulière de. se percher pour la nuit sur les
branches d'arbres qui surplombent les petits ruisseaux. Les chasseurs, connais-
sant cette habitude, suivent, la nuit, ces cours d’eau et, éclairant l’oiseau avec
une torche électrique, l’abattent facilement au poser. Ils sont pourtant théo-
riquement protégés par la loi.
Bien qu'ils fréquentent rarement les bords de mer, on les trouve quelque-
fois dans la mangrove. Ils nichent au début de la saison des pluies. O. APPERT
(1966) a pu observer un oiseau au nid, sur un Tamarinier. La ponte est de
3 œufs blancs.
Ch. A. DoMERGUE a observé un nid occupé au lac Thotry en novembre 1970
(J. Sazvan comm. pers.).
Platalea alba Scopoli
(LL. 3, fig. 7)
Platalea alba Scopoli, 1786, Del. Flor. et Faun. Insubr., I, p. 92.
Platalea tenuirostris ; HarrLAUB, 1877 : 314; A. MizNe-Enwanps et A. GRANDIDIER,
1885 : 524.
Platalea alba ; SeLater, 1924 : 38; Drracour, 1932 : 14, n° 29; Rann, 1936 : 336;
LAVAUDEN, 1937 : 98; SALvAN, 1970 : 195.
Sotrovava (bec en cuiller). — Spatule africaine. — Spoonbill. — Lôffler.
Source : MNHN, Paris
62 PH. MILON ET AL.
Identification : 90 em. La Spatule est un Échassier tout blanc, d'une taille
un peu supérieure à celle de l'Aigrette dimorphe. Vu de près, son bec singulier,
élargi à son extrémité en forme de spatule, l'identifie aussitôt.
Sotrovava, Spatule, Spoonbill, toutes les langues s'accordent à lui donner
ce nom de « bec en cuiller ».
Mais de loin sur le terrain, ce caractère du bec qui peut se présenter de
profil, n’est pas toujours très visible.
L'oiseau, que sa taille et sa teinte rapprochent d’une Aigrette dimorphe
blanche, ne se comporte cependant pas du tout comme celle-ci. 11 se nourrit
comme un Canard, plongeant son bec dans l'eau ou dans la vase et l’agitant de
côté et d'autre.
Après l’envol — qui ne tarde pas, car la Spatule n'aime pas se laisser
approcher — son cou tendu en avant empêcherait enfin toute confusion s’il
en était encore besoin.
Distribution — Mœurs : Les cinq espèces du groupe des Spatules sont
répandues dans le monde entier ; la nôtre est la Spatule africaine, n'existant
qu'en Afrique noire et à Madagascar.
Platalea leucorodia, espèce européenne et d'Asie mineure qui passe l'hiver
en Afrique orientale, en Arabie et aux Indes, s’en distingue par son bec et ses
pattes noires alors que la malgache a les pattes roses et le bec gris bleuâtre.
Chez les oiseaux d'Europe, l'avant de la tête est emplumé, alors qu’il est cou-
vert d’une peau nue rougeâtre chez Platalea alba.
Il n'est pas impossible que des oiseaux de cette autre espèce poussent
quelque jour jusqu'à Madagascar leur migration hivernale.
C’est donc à la coloration du bec et des pattes qu'on distinguerait aisément
ces migrateurs qui n'ont encore jamais été signalés dans la Grande Ile.
La Spatule madécasse est grégaire et assez craintive. On la rencontre
partout où le terrain lui plaît : sur les étendues vaseuses des embouchures des
fleuves de l'Ouest, au bord des lacs (lac Ihotry) dans le voisinage des grands
marais (commune au lac Alaotra), et même occasionnellement dans les rizières
des Hauts-Plateaux.
Au lac Alaotra, au début d'avril, nous avons observé des jeunes récemment
sortis du nid et encore incapables de voler.
D'après A. GRANDIDIER (1885), la ponte est de 3 œufs, gris roux avec
quelques taches brunes.
FAMILLE DES PHOENICOPTERIDAE
(Flamants)
Les Flamants forment en quelque sorte transition entre les Ciconiidae
et les Anatidae.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 63
Échassiers par leurs longues jambes, leur long cou et par bien d’autres
traits qui ne relèvent pas directement de l’ornithologie de terrain, les Flamants
sont des palmipèdes par les palmures de leurs pieds, par leur bec garni d’une
multitude de lamelles cornées, par leur grosse langue qui remplit toute la man-
dibule inférieure, presse l’eau après que l'oiseau ait pris sa nourriture et l’expulse
à travers les lamelles du bec qui la filtrent.
Ils ne se servent pas de leur bec comme les autres oiseaux, mais tiennent
la mandibule supérieure en bas quand ils cherchent leur nourriture dans l’eau
ou dans la boue, position que permettent la forme coudée de leur bec et
l'extraordinaire flexibilité du cou.
Leur plumage est blanc teinté de rouge plus ou moins foncé ; les rémiges
sont noires mais ne sont pas visibles sur l'oiseau posé qui apparaît tout rose.
Leur nourriture consiste en très petits animaux aquatiques et en matière
végétale existant en suspension dans l’eau et dans la vase.
Ils vivent sur des lagunes d’eau saumâtre ou dans les parties peu profondes
des grandes étendues d’eau douce ou des vasières. Ils y construisent, en grandes
colonies, leurs nids de boue en forme de tronc de cône peu élevé. Ils pondent
un seul œuf blanc. Les jeunes sont nidifuges et se groupent vite en grandes
compagnies. Leurs cris émis souvent au vol ressemble à ceux des oies.
Ce sont des oiseaux très grégaires qu'on voit toujours en troupes et qui
effectuent souvent de vastes déplacements.
La famille est presque cosmopolite.
On connaît six espèces dont deux existent à Madagascar.
Phoenicopterus ruber antiquorum Temminck
(pl. 3, fig. 6)
Phoenicopterus antiquorum Temminck, 1820, Man. d’Orn., 2e édit., II, p. 587 (Europe).
Phoenicopterus ruber antiquorum 9 ; DeLacour, 1932, 17, n°37; RAND,
1936 : 5 R P., 1959 : 173; GRivEAUD, 1961 a : 40.
Phoenicopterus ruber ; MiLoN, 1950 a : 64; Mazzy, 1966 : 155.
Phoenicopterus ruber roseus ; Arperr, 1971 €
Samaky ou garega (samaky désigne les Flamants en général et garega
signifie «fendu », allusion aux longues pattes de cet oiseau). Flamant rose. —
Greater Flamingo. — Rosaflamingo.
Identification : 1 importe de bien distinguer entre elles les deux espèces
de Flamants qu'on rencontre à Madagascar.
La différence de taille, critère dangereux dont se méfiera toujours l'orni-
thologiste de terrain, ne pourra servir que si les deux espèces sont observées
côte à côte ; ce qui se produit parfois sur les lacs du Sud-Ouest. On constatera
que Ph. ruber est en moyenne nettement plus grand que Ph. minor. Taille
Source : MNHN, Paris
64 PH. MILON ET AL.
environ 140 em pour le premier et 90 cm pour le second. Mais à l'intérieur
des deux espèces, il y a de grandes variations individuelles de taille. La colo-
ration du plumage et des tarses est un bon indice. Ph. minor est nettement
plus rouge et plus foncé dans son plumage et dans ses tarses que Ph. ruber qui
est de teinte générale blanc rosé.
Le moyen le plus sûr de les différencier semble encore être la coloration
du bec : PR. ruber a le tiers distal du bec noir alors que c'est une zone beaucoup
moins étendue, l'extrême pointe seulement, qui est noire chez Ph. minor : le
reste du bec est nettement rouge, alors qu'il est rosé chez Ph. ruber.
A Madagascar, on le rencontre en bandes importantes sur les grandes
étendues d’eau lagunaires ou lacustres qui lui conviennent particulièrement,
mais aussi en petits groupes de passage à peu près sur toutes les plages et même
dans certaines zones marécageuses ou sur les bancs ‘de sable des rivières.
Ce sont des animaux très craintifs, difficiles à approcher. Quand on cherche
à approcher une de leurs bandes, ils s’éloignent d’abord”/à pied, restant bien
ensemble et ne se hâtant pas de s'envoler, ce qu’ils ne feront qu'au dernier
moment et bien ensemble après avoir couru quelques temps en battant des
ailes. Au vol, ils montrent parfois une formation en « V », mais plus souvent
celle d’une longue ligne sinueuse de front. Én volant ils émettent des cris
gutturaux. C'est un des beaux spectacles de nos lacs du Sud-Ouest que tette
frange de leur immense vol rose qu'une sorte de mirage fait danser au-dessus
des eaux surchauffées.
Distribution — Mœurs : L'espèce habite les parties chaudes d'Eurasie,
d'Afrique et d'Amérique ; la sous-espèce malgache est celle de l'Ancien Monde ;
deux autres sous-espèces ont été décrites d'Amérique : Ph. r. ruber de la côte
de l'Atlantique, Ph. r. chilensis de la côte du Pacifique.
Nous en avons toujours trouvé des bandes importantes à chacune de nos
visites au lac Tsimanampetsotsa et au lac Ihotry (voir ci-dessous, à l’article
Phoeniconaias minor).
Sur le premier lac, d'après des relations dignes de foi, l'espèce aurait niché
à plusieurs reprises en août-septembre en colonies très importantes. Sur le
second, nous avons constaté une tentative de nidification en mai-juin : plu-
sieurs centaines de nids furent édifiés ; des pontes eurent lieu, puis les nids
et les œufs furent abandonnés.
L'influence humaine n’est pas étrangère à leur raréfaction car ce sont des
oiseaux très sensibles et craintifs surtout pendant là nid ation et tout survol
du lac par les avions de l’aéroclub de Tuléar, surtout à cette période, devrait
être interdit.
Ces oiseaux, ou ceux de l'espèce suivante, pourraient bien se reproduire
aussi plus au Nord, dans la province de Majunga.
Nous ignorons s’il y a des échanges entre les oiseaux malgaches et l'im-
portante population de la même espèce en Afrique méridionale.
Source : MNHN, Paris:
OISEAUX 65
Phoeniconaias minor (I. Geoffroy Saint-Hilaire)
(pl. 3, fig. 5)
Phoenicopterus minor I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1798, Bull. Sci. Soc. philomat., 1 (2),
n° 13, p. 98 (Sénégal).
Phoenicopterus erythraeus ; HAnrLAUR, 1877 : 335.
Phoenicopterus minor ; À. Muixe-Enwanps et A. GRaNDIDIER, 1882 : 612.
Phoeniconaias minor ; ScLarer, 1924 : 39 ; DeLacour, 1932 : 17, n° 38; RAND,
342 ; LAvAUDEN, 1937 : 99 ; MiLoN, 1950
SaLvan, 1970 : 195; Arpenr, 1971 c : 274.
Samaky (voir ci-dessus, au nom malgache de Phoenicopterus ruber). — Petit
Flamant. — Lesser Flamingo. — Zwergflamingo.
Identification : Voir plus haut à l’article Phoenicopterus ruber.
Distribution — Mœurs : Cette espèce a une aire de répartition beaucoup
moins vaste que celle du Flamant rose. Sa patrie est l'Afrique, au Sud du
Sahara et surtout l'Afrique orientale et méridionale, mais elle existe aussi
dans le Nord-Ouest de l’Inde. Aussi, Madagascar est-elle — au moins en longi-
tude — au centre même de son habitat.
Une observation, fin juin, vers 15 heures, au lac Ihotry permet de comparer
les habitudes des 2 espèces. À ce moment les petits Flamants sont surtout
sur le bord, bien qu’on en trouve à peu près sur tout le lac.
Ils sont en groupes de 100 à 3 000 oiseaux, généralement assez lâches,
parfois plus serrés. Estimation : 20 000 sur tout le lac.
Les grands Flamants sont en groupes unis de 30 à 3 000. Estimation :
8 000 sur tout le lac.
Les deux espèces forment des bandes distinctes, mais ces bandes se mêlent
assez souvent ; on peut voir les uns et les autres en un point quelconque du lac,
mais les grands Flamants sont, en moyenne, nettement plus loin des bords
que les petits.
Leurs vols, plus colorés que ceux de la grande espèce, plus franchement
roses et souvent nombreux, sont au moins aussi admirables dans le ciel bleu du
jour ou dans les reflets du soleil couchant.
Sur leur reproduction à Madagascar, on connaît encore moins de choses
que pour PR. ruber et nous ne trouvons aucune référence ou observation à citer.
O. Arrerr (1971 c) n’a pu également constater de nidification de Flamants
dans la région du Mangoky entre 1959 et 1966.
Il y a beaucoup à découvrir encore sur tous les Flamants du monde.
Leur reproduction à tous, semble irrégulière et n’a peut-être pas toujours
lieu tous les ans en tous lieux. Elle est liée à des questions de nourriture et
surtout à l'existence, à l'époque qui convient, d’étendues d'eau dont la profon-
deur ne doit pas varier beaucoup, à une protection, enfin, contre beaucoup
de prédateurs, hommes et autres. C’est dire combien il serait intéressant de
Source : MNHN, Paris
66 PH. MILON ET AL.
étudier à loisir une de leurs colonies à Madagascar, tout en se gardant
oiseaux sont extrêmement sensibles
ation.
pouvoi
soigneusement de les déranger car ci
aux intrusions dans leur colonie de nid
FAMILLE DES ANATIDAE
(Canards, Oies, Cygnes)
Ce sont les palmipèdes vrais, Canards, Oies ou Cygnes qui sont classés
dans cette vaste famille.
Leurs pattes palmées assez courtes, leur large bec à lamelles qui leur pere
met de séparer leur nourriture de l'eau, indiquent bien qu'ils appartiennent
au domaine aquatique.
Mais le domaine de l'air leur appartient aussi : ce sont d'excellents voi-
liers au vol généralement vif, rapide, et ils peuvent effectuer des déplace-
ments très importants et des migrations lointaines.
Différences entre les sexes, nourriture, mode de nidification varient
suivant les espèces.
Lors de leur mue après la période de reproduction, la plupart des espèces
subissent une perte simultanée de rémiges, ce qui leur enlève pendant quelques
jours la faculté de voler ; cette mue des rémiges se produit généralement quel-
ques semaines plus tard chez les femelles que chez les mâles.
Tous les poussins sont nidifuges, lestes et remuants, ils restent à peine
24 heures au nid après l’éclosion.
Dix espèces de Canards vivent à Madagascar; les Oies et les Cygnes n'y
sont pas représentés.
La grande proportion relative d'oiseaux d’eau et particulièrement de
Canards à Madagascar est remarquable quand on compare la faune malgache
à la faune africai oiseaux, bons voiliers, avaient des facilités pour
envahir Madagascar, mais aussi le grand nombre de milieux favorables dispo-
nibles dans le passé a probablement grandement facilité leur fixation.
Dendrocygna fulva (Gmelin)
(pl. 14, fig. 1)
Anas futva Gmelin, 1789, Syst. nat., tome 1, part. 2, p. 530 (Habilal in nova Hispania).
Dendrocygna major ; HanrLaur, 1877 : 359.
Dendrocygna areuata var. Major; A. Miine-Enwanps et A. GranDinien, 1885 : 731.
Dendrocyuna fulva : ScLATER, 1924 : 44; Decacour, 1982 ; 18, n° 42; RAND, 1980:
345; LavauDen, 1937 : 100; Gmveaun, 1961 a : 40; SaLvaw, 1970 : 195.
Tahia (onomatopée du cri). — Dendrocygne fauve. — Fulvous Tree Duck.
Identification : 50 em. Il y a deux espèces de Dendrocygnes à Madagascar.
Toutes deux y sont fort répandues.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 67
Les Dendrocygnes sont un peu plus hauts sur pattes et plus élancés que
les autres Canards madécasses ; ils attirent l'attention par leurs cris bruyants
d'un timbre-élevé, un peu sifflé, qu'ils font entendre souvent à l'envol etau
vol. Ces cris caractérisent tous les Dendrocygnes (que les ornithologistes de
langue anglaise appellent les « Whistling ducks » c'est-à-dire Canards siffleurs)
et a valu à nos deux espèces leurs noms malgaches qui sont de bonnes onoma-
topées ; T'ahia pour celui-ci — Tsiriry pour l’espèce suivante.
Le Tahia est d’une teinte générale rousse, alors que le T'siriry est plutôt
marron foncé et porte de grandes marques noires sur la tête et le cou.
Les Dendrocygnes n'ont pas, aux ailes, ces « miroirs » rehaussés de cou-
leurs métalliques que portent la plupart de ces autres Canards ; ils n'auraient
qu'une mue annuelle. Ils hantent les marécages, les rivières et les lacs d’eau
douce ou saumâtre.
Leur cri émis à tout moment, mais surtout en vol,
annonce de loin l'arrivée des oiseaux.
Distribution — Mœurs : Cette espèce répandue dans les régions tro-
picales d'Amérique, d'Afrique et d'Eurasie et existait semble-t-il dans tout
Madagascar. Elle se raréfie actuellement probablement à cause de la chasse.
Elle ne semble plus exister par exemple entre Mananara et Maroantsetra et
n'a pas été observée par J. SaLvan et G. RaNDRIANASOLO aux alentours de
Tananarive de 1962 à 1971.
fort, énergique et
On voit ces oiseaux se nourrir surtout en plongée, l'arrière-train seul
sortant de l'eau pendant que le bec fouille le fond ou la végétation. Ensuite
ils prennent de longs temps de repos sur les bords de sable, ou d'herbe, ou
encore posés sur l'eau. Ils se nourrissent volontiers de nuit, surtout quand ils
sont dérangés, de jour, par les allées et venues humaines.
Les deux sexes ont la même voix; les deux oiseaux du couple sont, dit-on,
attachés l'un à l’autre pour la vie ; en parade nuptiale les deux oiseaux se font
face, lèvent leur poitrine au-dessus de l'eau et ouvrent légèrement leurs ailes.
Tous deux s'occupent des poussins ; le mâle participe à l’incubation ; il fera
même la plus grande partie du travail.
Nous avons trouvé des pontes en avril au lac Alaotra, en janvier et février
à Diégo-Suarez, et il y a plus de dix ans en décembre aux environs de Tana-
narive ; elles étaient situées dans des îlots ou dans d'épais massifs de zozoros.
Le nid est assez profond et fait extérieurement de Liges de jonc et d'herbes ;
il est entièrement garni d'une épaisse couche de duvet que la femelle s’arrache
pour faire une coupe moelleuse à ses œufs. La ponte est de 6 à 10 œufs blancs.
© Source : MNHN, Paris
68 Pa. MILON ET AL.
Dendrocygna viduata (Linné)
(pl. 14, fig. 2)
Anas viduata Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12° édit., p. 205, n° 38 (Habitat in Cartha-
genϾ lacubus).
Dendrocygna viduala; HamrLAuB, 1877 : 358; A. MINE
rer, 1924 : 44 ; Decacour, 1932 : 18, n° 41 ; RAND, 19
100 ; GriveauD, 1961 a : 40 ; SALVAN, 1972 b : 167, 1972
et A. GRANDIDIER,
344 ; LAVAUDEN,
Tsiriry ou vivy. — Dendrocygne veuf. — White-faced Tree Duck. —
Witwenente ou Nonnenente.
Identification : 50 em. La coloration toute blanche de la partie avant de
sa tête est bien visible (voir Dendrocygna fulva).
Distribution — Mœurs : Le Dendrocygne veuf est une espèce des régions
tropicales d'Amérique, d'Afrique, de Madagascar et d’Indonésie. C’est de
beaucoup, avec Anas ergthrorhyncha, le Canard le plus commun à Madagascar :
on l'y trouve partout, aussi bien sur la côte qu’à l’intérieur.
Tout ce qui a été dit au sujet du Tahia s’applique au Tsiriry (mode de
préhension de la nourriture, parade nuptiale, observations sur l'attachement
l'un à l’autre des deux oiseaux du couple et sur la grande part que prendrait
le mâle dans les soins de l’incubation).
Cependant nous noterons une importante différence : alors que le Tahia
n'est vu que sur les eaux douces, le Tsiriry devient volontiers tout à fait marin.
A. PEYRIERAS (comm. pers.) en a observé au mois d'août plus de 1 000 posés
en pleine mer à quelques kilomètres des côtes dans le Nord-Est de Madagas-
car.
Il est fréquent d'en observer de petites bandes sur les grèves, aussi bien
sur la côte Est que sur la côte Ouest et même dans l'extrême Sud.
Il niche fréquemment sur les îlots marins assez éloignés des côtes. Tous
les îlots de la région de Diégo-Suarez situés dans l'Océan Indien et dans la baie
du Courrier abritent des nids de ce Canard et nous l'avons trouvé nichant à
l'abri d'un rocher de corail dans un trou qui aurait convenu à un Paille-en-
Queue ; ailleurs, les dix petits poussins récemment éclos en s’enfuyant lors
d'une arrivée, nous révélèrent la présence d’un Paille-en-Queue couveur qui
protesta bruyamment lors de leur passage près de son nid avant qu'ils dis-
paraissent dans la végétation dense de cet flot corallien où leurs parents, le cou
dressé, les appelaient avec inquiétude; dans leur nid, dans l'herbe, de la belle
ponte de onze œufs il ne restait qu'un œuf clair et des débris de coquilles des
œufs éclos.
L'espèce est également fort commune dans les grands marais de l'intérieur
et aussi sur les Hauts-Plateaux où, la nuit, ses bandes s’abattent souvent sur
les rizières.
Le nid du Dendrocygne veuf est comme celui du Tahia, mais placé souvent
en terrain moins humide, et, dans ce cas, souvent moins important. Sur un
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 69
îlot, la ponte était placée dans et sous l'herbe sèche et il n’y avait pas eu apport
de matériaux.
Il peut établir son nid très loin du bord de l’eau, souvent à plusieurs cen-
taines de mètres, qu'il parcourt à pied en se faufilant dans les buissons au bord
de la mer, car il ne vient jamais en volant sur son nid.
A:la naissance, les petits vont immédiatement dans l’eau et sont capables
de faire cette longue marche pour s’y rendre.
Nous avons observé des pontes fraîches de décembre à juin dans la région
de Diégo-Suarez, d'octobre à janvier sur les Hauts-Plateaux, en novembre à
Tuléar. La ponte est de 8 à 12 œufs blancs, lisses et brillants.
Anas punctata Burchell
(1. 14, fig. 4)
Anas punctata Burchell, 1822, Travels, I, p. 283 (Province du Cap : Zak River).
Querquedula Hottentota ; HanrLaus, 1877 : 365 ; A. MiLNE-EnwanDs et A. GRANDIDIER,
1885 : 723.
Anas punctala ; Scuaten, 1924 : 43; Decacour, 1932 : 19, n° 46; RaxD, 1936 : 346;
LAVAUDEN, 1937 : 99 ; SALVAN, 1972 c : 47.
Kizazaka (onomatopée de son cri) ou fotsielatra (aux ailes blanches). —
Sarcelle hottentote (l’appellation « Sarcelle » est souvent donnée en français,
assez arbitrairement, aux Canards de petite taille). — Hottentot Teal.
Identification : 35 cm. Ce petit Canard pourrait être confondu avec le
Canard à bec rouge auprès duquel on le voit souvent sur l’eau.
On notera, outre sa taille plus petite, la grosse marque brun noir en forme
de crosse qui est très visible sur chaque côté de la tête et ne lui laisse pas les
larges joues blanches qu'ont les Canards à bec rouge. Son aspect général est
plus terne, plus sombre et sa poitrine est largement tachetée de brun sombre.
Son bec est gris plomb, et non pas d’un beau rouge comme dans l’autre espèce.
Les sexes sont semblables, à ceci près que les mâles ont la face inférieure
plutôt barrée de sombre alors qu'elle est ponctuée chez la femelle.
A terre, il est particulièrement bas sur pattes. Au vol on remarque son dos
sombre et son miroir tout blanc à l’aile (au lieu d’un miroir plus large et blanc
rosé où blanchâtre chez le Canard à bec rouge).
A terre et sur l’eau il émet fréquemment des cancanages assez faibles, qui
lui ont valu son nom malgache, imité de sa voix.
Distribution — Mœurs : L'espèce habite l'Afrique centrale et méridionale
et Madagascar.
La Sarcelle hottentote est commune et répandue partout à Madagascar ;
nous n'en avons jamais vu de grands rassemblements mais l'avons toujours
observée par couples ou très petits groupes. Sur les bancs de sable, elles se
© Source : MNHN, Paris
70 Pu. MILON ET AL.
mélent volontiers aux bandes de Canards à bec rouge ou de Dendrocygnes se
reposant et faisant leur toilette.
A. L. RanD (1936), d'après des récoltes de jeunes ou d'adultes en phase
de reproduction, situe la reproduction de ce Canard en avril-mai-juin.
Anas erythrorhyncha Gmelin
(pl. 14, fig. 7)
Anas ergthrorhyneha Gmelin, 1789, Syst. nat., L, p. 517 (Habitat ad caput bonae spei.).
nas ergthrorhyncha ; HarrLaus, 1877 : 362; À. Miixe-EnWamDS ct A. GRANDIDIER,
1885 : 725 ; Scarer, 1924 : 43 ; Decacoun, 1932 : 19, no 44 ; RanD, 1936 : 345 ; LAVAUDEN,
1937 : 100; Sazvax, 1972 € : 46.
Rahaka, Fotsielatra, Sadakely ou menamolotro. — Canard à bec rouge. —
Red-bill. — Rotschnabelente.
Identification : 45 em. Son bec est rouge, ses noms français, malgache et
anglais ne trompent pas. On l'identifie assez bien, même de loin, par la cou-
leur du bec, mais il peut être confondu avec A. punclala quand le bec n’est pas
visible. De plus près, on voit une zone sombre au sommet du bec qui semble
prolonger la calotte noire. On distingue aussi très bien son miroir blanc rosé
sur l'aile, d’où lui vient son nom betsimisaraka « Fotsielatra ».
Ses joues sont bien blanches. Comme la Sarcelle hottentote, il a la calotte
noire. (Voir cette espèce pour les différences.)
A terre, il se tient généralement le corps plus redressé qu’elle et flotte un
peu plus haut sur l’eau.
Distribution — Mœurs : C'est une espèce répandue dans le Sud et l'Est
de l'Afrique. Elle est commune à Madagascar dans les régions marécageuses
et les ruisseaux. On l'a trouvée même en forêt et en montagne (petit lac au som-
met de la montagne d’Ambre). Selon N. S. MaccoLm (comm. pers.) c’est, en
octobre, le Canard le plus commun au lac Kinkony. Il est commun au lac Tsi-
manampetsotsa où nous l'avons vu en grand nombre en compagnie de Den-
drocygnes.
En septembre on les voit en groupes de 5 à plusieurs centaines d'individus,
très souvent une vingtaine, dans les lagunes, les marécages ou en mer à 1 ou
2 km des côtes.
Les Canards à bec rouge passent généralement la journée sur les bancs de
sable ou dans les parties calmes des rivières. A. DHONDT (comm. pers.) en a
même observé se reposant sur des jacinthes d’eau. Ils fréquentent souvent les
rizières pendant la nuit et les dégâts qu'ils peuvent y faire les font chasser par
les paysans.
Aucune observation n'a encore été faite sur la reproduction de cette espèce.
Source : MNHN, Paris: L
OISEAUX
*Anas melleri P. L. Sclater
(pl. 1, fig. 5)
Anas melleri P.L. Sclater, 1864, Proc. Zool. Soc. London, 1864, p. 487, pl NXXIV
(Analamazotra).
Anas melleri ; HanTLAUB, 1877 :
724 ; ScLaren, 1924 : 42 ; Deracour, 1932
99 ; SaLvan, 1970 : 196, 1972 e : 46.
50 ; A. Miixe-Enwarps et A. GRaNDiDIER, 1885 :
; Raw, 19:
LAVAUDEX, 1937 :
Angaka ou Akaka. — Canard de Meller. — Meller’s Duck.
Identification : 55 em. Ce grand Canard dont les deux sexes sont semblables
à la femelle du Canard sauvage d'Europe (Anas platyrhynchos dont dérivent
la plupart des races domestiques) mais avec le miroir vert au lieu de bleu, paraît
difficile à confondre avec un autre Canard malgache. En fait, il ne diffère du
Canard « col vert » européen, que par l’absence du brillant plumage de noces
que revêt le mâle de cette espèce ; les deux sexes d’Anas melleri portent toute
l’année leur plumage général assez terne et ne semblent subir qu'une mue
annuelle au cours de laquelle ils perdent toutes leurs rémiges à peu près simul-
tanément, (mais à des dates différentes pour les deux sexes comme il a été dit
plus haut à l’article Anatidae) ; c'est la seule différence en plus de la couleur
du miroir entre les deux espèces ; leur comportement, leur voix, haute pour
les mâles, basse pour les femelles, sont identiques. Chacun sait bien à Mada-
gascar que les mâles d'Anas melleri s'accouplent fréquemment avec des Can:
domestiques, ce qui n'a jamais lieu avec nos neuf autres espèces sauvages, et
que les oiseaux qui naissent de ces unions sont indéfiniment féconds.
Au lac Alaotra, lorsqu'il était encore abondant, ses poussins pris dans les
marais étaient fréquemment élevés avec des Canards domestiques dans les
villages.
Il serait certainement possible de le rattacher à Anas platyrhynchos pour
ne l'en distinguer que subspécifiquement, toutefois nous suivrons V. DELA et
E. Mayr (1965) qui, dans leur dernière révision de la famille («The Family Ana-
tidae » New York 1965), conservent à Anas melleri le statut d'espèce, tout en
le groupant avec Anas platyrhynchos dans une super-espèce (groupe 9 de leur
«tribu » des Anatinés). C'est dire combien une étude approfondie des mœurs
et surtout de la mue de ce Canard à Madagascar serait intéressante et utile.
On l’observe surtout par couples ou par très petits groupes. Il ne forme pas de
bandes comme le font les Canards à bec rouge (dont il n’a pas non plus la colo-
ration du bec) ou les Dendrocygnes dont les cris le distinguent aussitôt.
Distribution — Mœurs : Le Canard de Meller est commun dans toutes
les régions de Madagascar qui lui conviennent, surtout les grandes cuvettes
lacustres, les Hauts-Plateaux dont il aime visiter les rizières, les étangs d'eau
douce, les rivières de forêt, et même les très petites mares. Gibier apprécié,
il est souvent chassé et se laisse facilement tuer, les chasseurs faisant, paraît-il,
facilement des doublés.
Source : MNHN, Paris
72 PH. MILON ET AL.
A. L. Ranp (1936) signale des oiseaux en période reproductrice en juillet
à Vondrozo et en septembre à Ivohibe.
. MALcOLM (comm. pers.) a observé des poussins avec un adulte dans
la région de Fianarantsoa au début de décembre. Nous avons trouvé des pon-
tes de novembre à avril. Le nid est fait dans une toufe d'herbe surélevée, au
bord ou, même en plein marais. La coupe est faite d'herbe sèche; l'intérieur est
bien garni de duvet brunâtre.
La ponte comprend 5 à 10 œufs verdâtres.
* Anas bernieri (Hartlaub)
. 14, fig. 6)
Querqueduta Bernieri Hartlaub, 1860, Journ. f, Orn. p. 173 (Madagascar).
Anas gibberifrons var. Bernieri; A. Miine-Enwanns et A. GraxDinien, 1685 :
Anas bernieri ; HarrLaus, 1877 : 360 ; ScLATER, 1924 : DeLacouRr, 193
ann, 1936 : 346; LavauDEn, 1937 : 09 ; GniveauD, 1961 a : 40 ; SALVAN, 1970 :
Sarcelle de Bernier. — Madagascar Teal.
Identification : 45 em. Ce petit Canard est une des raretés ornithologiques
de Madagascar. Il est brun, plus pâle au-dessous qu'au-dessus du corps, avec un
liseré roussâtre à toutes les plumes. Les ail portent un grand miroir moitié
blanc et moitié noir verdâtre à reflets métalliques que borde en arrière une petite
raie blanchâtre. Les rémiges sont brunes. L'œil est brun ; le bec et les pattes sont
rouges.
Distribution — Mœurs : Les Canards de Bernier ne sont probablement pas
aussi rares qu’on le pensait mais leur répartition est encore assez mystérieuse.
Ils semblent très localisés dans les marais de la côte Ouest où ils n’attirent
pas l'attention. Les derniers spécimens trouvés proviennent des lacs Bemamba
et Masama dans la région d’Antsalova (GRIVEAUD 1961 a et Sazvan 1970) où
ils ont paru assez abondants.
Souhaitons que des Zoologistes patients ou d'anciens chasseurs repentis
étudient ses mœurs avec intérêt et bienveillance et nous renseignent bientôt
sur la vie de ce petit Canard. Souhaitons aussi qu'une réserve spéciale protège
cette région des lacs qui en plus de cette espèce rare héberge en outre de multiples
espèces d'oiseaux d'eau qui sont actuellement éhassés sans merci par des com-
merçants sans scrupules et des chasseurs inconscients.
* Nyroca innotata Salvadori
(pl. 14, fig. 8)
Nyroca innotata Salvador, 1894, Bull. Brit. Orn. Club, IV, p. 11 (pays Betsileo).
Aythya nyroca ; A. Muxe-Enwanps et À. GranDiDiEn, 1885 : 734.
Nyroca nyroca innotata ; SeLarer, 1924 : 40; LAVAUDEN, 1937 : 99 et 142.
Nyroca innolata ; Deacour, 1932 : 19, ne 47 ; Rann, 1936 : 347 ; SALVAN, 1972
Fotsy maso. — Milouin de Madagascar. — Madagascar Pochard.
Source : MNHN, Paris.
Oiseaux 73
Identification : 45 em. Sa livrée d’un brun roux vif paraît noire de loin, mais
le blanc pur des sous-caudales est toujours visible. La large zone blanche des
ailes et son dos sombre le distinguent aisément au vol du Thalassornis, la seule
espèce de Canard de Madagascar avec lequel son vol et son habitat, sa virtuosité
de plongeur pourraient le faire confondre. Les mâles bien adultes ont l'iris
blanc.
Distribution — Mœurs : Le Milouin malgache est très proche de l’eura-
siatique Nyroca nyroca, auquel certains auteurs le rattachent ; nous le traiterons
cependant encore comme espèce spéciale à Madagascar. On l'y rencontre dans
les marais d’eau douce assez ouverts, mais avec de l’eau libre où il se nourrit
en plongée.
On le rencontrait jadis communément au lac Alaotra et sur les étangs des
Hauts-Plateaux mais il y devient de plus en plus rare. Il mène une vie assez
retirée solitaire ou par couple, et n’est pas facile à observer ; c’est un plongeur
hors-ligne. Il niche dans une grosse touffe de jones ou d'herbes aquatiques au
plus fort du fourré ; un nid observé au lac Alaotra était bien garni de duvet et
contenait 2 œufs gris brunâtres.
Deux adultes avec deux poussins tout bruns, âgés d’une huitaine de jours,
ont été observés fin avril. Apeurés, les jeunes plongèrent tandis que silmulta-
nément les adultes s’envolèrent a environ 20 m de la pirogue.
Nettapus auritus (Boddaert)
(pl. 14, fig. 3)
Anas aurita Boddaert, 1783, Tabl. PL enl., p. 48 (Madagascar).
Nellapus auritus ; HarrLau», 1877 : 357 ; A. MiLne-Enwanps et À. GRANDIDIER, 188
714 ; Sczaren, 1924 : 45 ; DeLacour, 1932 : 18, n° 40 ; RanD, 1936 : 343 ; LAVAUDEN, 19.
100 ; GriveauD, 1961 a : 40 ; SaLVAN, 1972 c : 46
Sarcelle naine. — Dwarf
Vorontsara, Tsaravanga, Fiamboa ou Soa-fify.
Goose.
Identification : 35 em. Ce petit Canard a une coloration bien caractéris
tique. Sa tête est en partie blanche en partie verte comme le dos, avec de larges
taches vert clair latérales. Le ventre est brun roux. Le bec est roux et les pat-
tes noires.
On le rencontre dans les étangs, les lacs, les lagunes et les petits cours d'eau
par couple ou en petites bandes d’une dizaine au milieu de la végétation. Très,
actif, il vole rapidement, nage et plonge bien. Son cri est une sorte de « ouit-
ouit » imité par son nom malgache.
Distribution — Mœurs : La Sarcelle naine existe dans tout Madagascar où
nous l'avons observée de Diégo-Suarez à Tuléar et de Tananarive à Majunga
(elle semble cependant rare dans la région de Tananarive). P. GRIVEAUD (comm.
pers.) en a observé en abondance sur les canaux des Pangalana et les lacs annexes.
Source : MNHN, Paris
74 PH. MiLON ET AL.
Elle nage parmi la végétation flottante des eaux dormantes ; elle fréquente aussi
les eaux un peu saumâtres comme celles du lac Ihotry si celles-ci sont assez
couvertes de végétation. Cette espèce semble cependant nettement en régression
au moins localement. Abondante encore il y a 4 ans près de Maroantsetra où
on pouvait la voir toute l'année, elle n’y existe plus actuellement que très
sporadiquement. C'est la conséquence des excès de quelques chasseurs.
Un nid observé au lac Alaotra en avril était dans une véritable cavité
creusée dans une grosse touffe de Graminées au bord même du lac et il contenait
une ponte. L'oiseau n'avait pas apporté d’autres matériaux que son propre
duvet blanc dont une épaisse couche mêlée à des brindillés trouvées sur place
dans la touffe constituaient le nid proprement dit. Il y avait 5 œufs blancs
couverts de salissures brunes qui semblaient bien être postérieures à la ponte.
La coquille était lisse, légèrement brillante, couverte de nombreuses éraflures,
sans doute faites avec les griffes de l'oiseau, surtout au petit bout. Cette ponte
n'était certainement pas complète.
A la même date, nous avons observé à plüsieurs reprises des vols de 4et5
oiseaux bien unis comprenant deux adultes et deux ou trois jeunes. Les plus
âgés de ceux-ci pouvaient avoirs trois mois et nous pensons qu'ils étaient nés en
décembre.
Les deux oiseaux du couple semblent s'occuper des jeunes.
Sarkidiornis melanotos (Pennant)
(p. 19, n° 4, à gauche)
Anser melanotos Pennant, 1790, Ind. Zool., p. 12 (Ceylan).
Sarcidiornis africana ; HamrLaur, 1877 : 355.
Sarcidiornis melanonotus ; A. Miuxe-EDWanDs et A. GRANDIDIER, 1885 : 719.
Sarkidiornis melanonotus ; Seuaren, 1924 : 45; LAVAUDEN, 1937 : 100.
Sarkidiornis melanotos ; DELACOUR, 1932 : 17, n°45 ; RanD, 1936 : 343 ; SALVAN, 1972 c: 74.
Sarkidornis melanotos ; SALVAN, 1970 : 196.
Arosy, Tsivongo, Ongongo. — Canard à bosse: — Knob-billed Goose, Comb
Duck. — Hückergans.
Identification : 48 à 55 cm. La forte protubérance qui orne le dessus du bec
du mâle est bien caractéristique. Même sans cette « bosse » (jeunes et femelles n’en
ont pas) ce Canard ne peut être confondu avec aucun autre. Son apparence
contrastée blanche et noire, quand on le voit de loin, le fait identifier aussitôt.
La femelle a le même plumage que le mâle, mais elle est beaucoup plus petite ;
la différence de taille entre les sexes est même si forte qu'on pourrait les prendre
pour deux espèces différentes.
On observe le Canard à bosse par petits groupes dans les marais, sur les
lacs et les rivières, où ils aiment se reposer le jour, sur les bancs de sable.
Source : MNHN, Paris:
k
OISEAUX 75
Les femelles ont un cri qui rappelle le croassement du Corbeau ; les mâles
font entendre un sifflement bref.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau habite toute l'Afrique au Sud du
Sahara, ainsi que l’Inde. À Madagascar, on peut le rencontrer partout, mais il
est beaucoup plus rare dans l'Est que dans l'Ouest et devient de moins en
moins abondant. Quelques couples existaient il y a quelques années à Maroant-
setra ; ils ont été tués et aucun autre oiseau n’y a été revu depuis.
Il se nourrit d'herbes, de plantes aquatiques, et aussi de riz qu’il va manger
la nuit dans les rizières. Il se perche souvent sur les arbres. Nous l'avons vu
nicher dans des trous de falaises près de Tuléar. Il niche aussi dans les troncs
d'arbres, ou dans de vieux nids d'Échassiers, ou même à terre dans l'herbe. La
ponte est de 4 à 8 œufs blancs.
*Thalassornis leuconotus insularis Richmond
(pl. 14, fig. 9)
Thalassornis insularis Richmond, 1897, Proc. U. S. Nat. Museum, XIX, p. 678 (Est de
Madagascar : rivière Sakales).
Thalassornis leuconota ; HarTLAUB, 1877 : 366 ; A. MILNE-EnwaRDs et A. GRANDIDIER,
1885 : 735.
Thalassornis leuconotus insularis ; ScLATER, 1924 : 40 ; Deracour, 1932 : 20, no 48;
RanD, 1936 : 347; LavAUDEN, 1937 : 99 et 141.
Beloha. — Maheri-loha (Tête forte) ou Danamona (aux environs du lac
Alaotra). — Canard à dos blanc. — Madagascar White-backed Duck. —
Weissrückenente.
Identification : 35 à 45 cm. C’est un oiseau assez proche de la sous-espèce
africaine, mais de taille un peu plus faible. A l’envol son dos blanc l’identifie
immédiatement. Posé sur l'eau, on remarque aussitôt sa grosse tête, dispro-
portionnée pour son corps que réduit encore la position très enfoncée qu'il
a dans l’eau. De loin, il évoque ainsi beaucoup un Grèbe.
Les pattes étant placées très en arrière, il est aussi maladroit à terre que
les Grèbes. Comme eux c’est aussi un plongeur émérite.
Son cri, un sifflement aigu et bref, est caractéristique.
Distribution — Mœurs : Le Canard à dos blanc est répandu dans toute
la moitié Sud de l'Afrique. À Madagascar on le trouve à peu près partout, sauf
en altitude ; il ne semble pas dépasser 1 000 m. Il est commun au lac Alaotra
où il semble sédentaire. On le rencontre souvent en troupes de 50 à 100, surtout
dans les lacs et les étangs où la végétation flottante n'est pas trop dense. Il
semble se nourrir essentiellement de graines de plantes aquatiques.
Des jeunes ont été trouvés en mai, juin, juillet et la reproduction de cet
viseau s'étendrait donc d'avril à juillet et peut-être même jusqu’en septembre.
Source : MNHN, Paris
76 PH. MILON ET AL.
FAMILLE DES FALCONIDAE
(Rapaces diurnes)
La famille des Falconidae est la plus importante du groupe des Rapaces
diurnes.
Ces Oiseaux, aux caractères très homogènes, montrent cependant une
grande diversité pour le régime et le choix du milieu ambiant.
Le nid présente des caractères assez constants chez tous. Il est toujours
assez volumineux (aire), composé de branchages entrelacés. Ces Rapaces sont
monogames et les deux conjoints d'un même couple sont en général très liés.
Le rôle des Rapaces diurnes dans l'économie humaine est variable suivant
leur mode de vie. On a trop souvent accentué le caractère nuisible de ces oiseaux,
or, on s'aperçoit de plus en plus que les méfaits qu’on leur reproche sont peu
de chose par rapport à leur utilité. Utilité sanitaire de ceux qui se nourrissent
de charognes. Utilité agricole de ceux qui s’attaquent aux insectes et aux ron-
geurs. Utilité même de ceux qui s’attaquent au gibier ; capturant souvent des
animaux malades, ils assainissent les populations et forment ainsi un élément
d’un cycle biologique qu’il ne faut pas rompre.
Seize espèces de Falconidae se rencontrent dans les différents milieux de
Madagascar. C’est une famille très cosmopolite et riche en espèces. Il est inté-
ressant de remarquer que les Rapaces diurnes de Madagascar ne comprennent
pas de Vautour. Cette absence est à mettre en parallèle, comme le remarque
R. E. Moreau (1966), avec l'absence de Mammifères de taille moyenne dans
la faune naturelle de l'île. Les populations de Lémurs diurnes auraient pro-
bablement pu supporter cependant un prédateur puissant comme le Stepha-
noaetus coronatus, l’Aigle couronné africain, mangeur de singes qu'il sait capturer
au milieu du feuillage dense.
* Falco peregrinus radama Hartlaub
(pl. 8, fig 6)
Falco radama Hartlaub, 1861, Orn. Beitr. Fauna Madag., p. 17 (Madagascar).
Falco minor ; HarrLauB, 1877 : 10.
Falco communis var. minor ; À. Mine-Enwanns et A. GraNDiDrer, 1885 : 92.
Falco peregrinus radama ; ScLaten, 1924 : 60 ; DeLacour, 1932 : 35, n° 94; RanD, 1946:
377 ; LAVAUDEN, 1937 : 110.
Falco peregrinus ; Miuow, 1950 b : 145.
Voromahery. — Faucon pèlerin. — Madagascar Peregrine. — Wanderfalke.
Identification : 40 à 60 em. Ce sont des Rapaces bien reconnaissables à
leur grande taille, leur calotte noirâtre et leurs moustaches noires, au contraste
de leur plumage (dessus du corps gris brun, dessous blanc roussâtre taché de
brun noir) et à leurs caractères de Faucon (ailes longues et pointues, queue longue,
vol très rapide ressemblant à celui des Pigeons avec périodes de vol plané).
Source : MNHN, Paris. |
OIsEAUx 77.
La femelle est plus grande et plus sombre que le mâle. Le jeune est de cou-
leur brun foncé au-dessus du corps, jaunâtre rayé de brun noir au-dessous.
C'est en général une espèce difficile à approcher.
Distributions — Mœurs : Les Faucons pèlerins sont répandus presque dans
le monde entier. Peu communs, ils existent cependant partout à Madagascar
où ils sont représentés par une sous-espèce endémique de taille légèrement plus
petite. Ils fréquentent surtout les régions découvertes, parfois les lisières de
forêts.
Les Faucons en général sont des prédateurs particulièrement bien adaptés
pour la chasse en terrain découvert. Suivant leur mode de.chasse qui représente
un caractère important de leur « niche écologique», on peut les classer en deux
groupes principaux : les uns chassant en rase-mottes et fonçant par surprise
sur une proie découverte hors de son abri ; les autres observant en décrivant de
larges cercles en altitude et se laissant soudain tomber en piqué avec les ailes
presque fermées, pouvant ainsi grâce à la force d'impact tuer une proie plus
lourde qu'eux.
Le premier type, qui chasse surtout dans les zones assez arides ou entre-
coupées de gorges dont il suit les contours, n'existe pas à Madagascar. Le
second type, représenté à Madagascar par le Faucon pèlerin, recherche surtout
comme proie les Oiseaux d’eau et de rivage. Les Canards sont leur proie de pré-
dilection. Les Sternes de Dougall sont souvent leur proie sur la côte nord de
Madagascar. Certains individus peuvent parfois se spécialiser dans une espèce
d'oiseaux qu'ils attaquent de préférence et qu’ils peuvent presque faire dispa-
raître localement. Les Faucons pèlerins qui vivent par paire chassent ensemble ;
l’un rabattant en quelque sorte la proie dans une zone favorable pour que l'autre
l'attaque. C'est une habitude de chasse qui est mise à profit dans la Fauconnerie,
l’homme ou son chien servant de rabatteur à l'oiseau de proie. Le dépeçage se
fait à terre et le Rapace se contente, en général, de ne manger que le corps de
l'oiseau. Les Faucons pélerins comme les autres Faucons ont un comporte-
ment compliqué au cours de la parade. Le mâle peut notamment offrir une proie
à la femelle en la lui lançant ou la lui donnant pendant qu'elle vole.
Le nid de cet oiseau est généralement sur un rocher ou parfois sur un arbre,
mais aucun nid n’a encore été observé à Madagascar.
Falco eleonorae Gené
(LL. 8, fig. 10)
Falco Eleonoræ Gené, 1839, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne, [2° année], p. 105
(Sardaigne). È
Falco eleonorae ; HarrLaus, 1877 : 12 ; A. Miine-Enwanps et À. GRANDIDIER, 1885 :
37 ; ScLaten, 1924 : 51 et 185 ; DELAcoUR, 1932 : 35, n° 95 ; Ranp, 19: 377 ; LAVAUDEN,
1937 : 111 et 185 ; SALvAN, 1970 : 198.
Faucon d'Eléonore, — Eleonora’s Falcon. — Eleonorenfalke.
Source : MNHN, Paris
78 PH. MILON ET AL.
Identification : 37 em. La taille du Faucon d’Eléonore est un peu inférieure,
à celle de l'espèce précédente mais sa couleur est très semblable ; sa queue est
un peu plus longue et ses ailes sont noires et pointues. Il existe des individus
presque entièrement noirs.
Le genre de vie de ce Faucon est assez voisin de celui de l'espèce suivante
et de l'espèce précédente, dont il ne peut être différencié sur le terrain que par
un observateur très habitué.
Le Faucon d'Eléonore a cependant un vol moins puissant et des serres
nettement moins fortes que celles du Faucon pèlerin et, contrairement à ce
dernier, il chasse souvent en groupe. Il est actif surtout le soir et on l’observe
souvent, comme Falco newtoni, volant sur place en battant des ailes avec la
queue largement étalée.
Distribution — Mœurs : Le Faucon d’Eléonore est une espèce des îles de la
mer Méditerranée et de la mer Égée ainsi que des côtes Nord-Ouest de l'Afrique,
qui fréquente surtout les côtes d'Afrique du Nord où il se reproduit en petites
colonies de 5 à plus de 100 individus. Il n'est qu'un visiteur en Afrique orientale
et à Madagascar, où il est généralement assez rare. Ce qui n’est pas étonnant,
car sa population mondiale évaluée par Vaucan (1961) ne dépasserait pas
4 000 individus. N. S. MazcoLm (comm. pers) l'a observé près de Moramanga
en octobre et novembre et aux environs de Tananarive de temps en temps
entre octobre et mars et même au début d'avril. Il chasse alors aux environs
et même dans la ville, surtout le soir, en compagnie de Falco newtoni. Nous en
avons observé en janvier sur la Montagne d'Ambre de nombreux individus
volant au ras de la cime des arbres en compagnie de Falco concolor pour capturer
des Cétoines sur les inflorescences.
Le Faucon d'Eléonore a une force inférieure à celle du Faucon pèlerin et
ne peut chasser que des oiseaux de taille plus faible. Pendant la période de
reproduction (en juillet-août), qui est décalée de 6 mois par rapport à celle du
Faucon pèlerin, il se nourrit surtout d'Oiseaux migrateurs européens et profite des
migrations dirigées vers le Sud et passant au-dessus des rivages et flots médi-
terranéens. À Madagascar, il semble fréquemment se nourrir d’Insectes.
Falco concolor Temminck
(pl. 8, fig. 8 et 9)
Falco concolor Temminek, 1825, pl. col. livr. 56 (Sénégal).
Falco concolor ; Hanriaus, 1877 : 15 ; A. MiLNE-EnwanDs et À. GRANDIDIER 1885 : 37;
Sczaren, 1924 : 52 ; Deracour, 1932 : 36, ne 96 ; Ranp, 1936 ; 377 ; Lavaupen, 1937 : 111;
Sazvan, 1971 a : 40.
Firasembalala, — Faucon concolore. — Sooty Falcon. — Blaufalke.
Identification : 34 em. L’allure générale du Faucon concolore ressemble à
celle du Faucon pèlerin mais sa taille est plus petite. L'adulte est très reconnais-
sable à sa couleur entièrement gris cendré, mais il existe aussi une phase plus
Source : MNHN, Parisk
OisEAUx 79
terne qui rappelle la phase sombre de Falco eleonorae. Chez les jeunes et subadul-
tes, la couleur générale est brune avec une tache blanchâtre sur le cou et les
plumes sont plus ou moins marquées de beige à leur extrémité. Le bec et les
pattes sont jaunes.
Ils volent avec agilité ; leurs ailes gris foncé sont recourbées en faucille
comme celles des Hirondelles.
Distribution — Mœurs : En migration de décembre à avril, les Faucons
concolores sont communs à Madagascar mais, semble-t-il, surtout dans l'Ouest
et le Sud-Ouest. J. Sazvan (1971) en a cependant observé près d’Ivato et sur le
lac Alaotra et nous en avons vu dans la forêt de la Montagne d'Ambre en janvier.
Ce sont des migrateurs africains, qui comme les F. eleonorae se reproduisent dans
le Nord-Est de l'Afrique et sur les bords de la Mer Rouge 6 mois après les
autres espèces, pouvant ainsi profiter des migrations des Passereaux et des
petits Échassiers européens et émigrer ensuite à Madagascar pendant la saison
des pluies. On les voit alors en grand nombre, souvent par groupe de 8 à 15 à
la fois et il est possible que toute la population se concentre alors à Madagascar.
Les Faucons concolores fréquentent les savanes et les régions peu boisées et
se nourrissent d’Insectes, surtout de Sauterelles, dont ils suivent souvent les
vols. Nous en avons observé sur la Montagne d’Ambre en train de capturer des
Cétoines près de la cime des arbres en compagnie de F. eleonorae. Ils attaque-
raient de petits oiseaux mais ils n’ont jamais été observés en train de chasser
des Fody malgré leur grand nombre à proximité.
Il est probable, comme le pense R. E. Moreau (1966), que ces deux Faucons,
F. eleonorae et F. concolor, atteignent Madagascar par l'Afrique orientale et
qu'ils n’auraient pas choisi Madagascar s'ils avaient pu vivre en Afrique. Une
compétition trop forte avec les Faucons africains mais aussi avec un très
grand nombre d’autres espèces comme F. subbuteo, F. vespertinus, F. naumanni,
F. amurensis les en a sans doute éloignés.
* Falco newtoni newtoni (Gurney)
(pl. 8, fig. 3, 4 et 5)
Tinnunculus Newtoni Gurney, 1863, Ibis, p. 34 (Madagascar).
Tinnuneulus Newtoni ; HarrLaur, 1877 : 17 ; A. MizNE-Enwanns et A. GRANDIDIER,
1882 : 43.
Falco newtoni ; ScLATER, 1924 : 54; DeLacoun, 1932 : 36, ne 97 ; Rann, 1936 : 378;
Miron, 1948 : 67 ; GriveauD, 1961 a : 40 ; Sierre et Fnosr, 1970 : 400.
Falco Tinnunculus Newtoni ; LAVAUDEN, 1937 : 111.
Hitsikitsika. — Crécerelle malgache. — Madagascar Kestrel. — Mada-
gaskar-Turmfalke.
Identification : 30 à 33 em. Le mâle est un peu plus petit que la femelle.
Leur couleur générale est brun roux taché de noir. La tête est grise, la queue
Source : MNHN, Paris
80 Pa. MILON ET AL.
grise à larges barres noires et les pattes jaunes. La coloration du plumage est
assez variable suivant l'âge et la saison : on trouve des exemplaires à poitrine
rousse ou à poitrine blanche en quantité à peu près égale dans l'Est etle Centre;
dans l'Ouest il n'existe que la deuxième forme.
La Crécerelle est l’un des Rapaces les plus populaires. Elle aime le voisi-
nage des maisons, fréquente les villes (pares de Tananarive) et se perche sou-
vent sur les toits, les arbres morts, les poteaux où les termitières. Des battements
d'ailes rapides avec vol sur place sont fréquents ; elle se la
sa proie.
e tomber sur
Distribution — Mœurs : Ce petit Faucon commun partout, sauf. dans les
forêts denses, se nourrit d’Insectes (Sauterelles) et de petits Vertébrés Il est
possible que son augmentation en nombre dans les zones cultivées soit en
relation avec l'augmentation des souris. On le rencontre souvent en compagnie
des Milans. Son cri « Kitike Kitike » est à l'origine de son nom malgache.
Sa reproduction a lieu de septembre à janvier.
Le nid est parfois construit sur les arbres ou dans le creux de vieux troncs,
mais surtout dans les trous de murailles.
La ponte est de 4 ou 5 œufs blanc roux tachés de brun.
*Falco zoniventris Peters
(1. 8, fig. 7)
Falco zoniventris Peters, 1854, Ber. Verhandl. Akad. Wi
dagascar : baie de Saint-Augustin).
Dissodectes zoniventris ; HarrLauB, 1877 : 7.
Falco soniventris ; À. Miine-Enwanps et A. GRanDiDiER, 1882 : 35 ; SGLATEN, 1924 :
sLacoun, 1932 : 36, n° 98 ; Raw, 1936 : 379 ; LavauDEn; 1987 : 111.
ss. Berlin für 1853, p. 783 (Ma-
Fandrao-Kibo (qui ramasse la Caille). — Faucon à ventre rayé. — Banded
Kestrel.
Identification : 36 em. Ce petit Faucon peu farouche est bien reconnaissable
à sa couleur gris sombre au-dessus et à ses parties inférieures finement rayées
de noir. Au vol, on remarque nettement le dessous de ses ailes aussi finement
rayées de noir.
On le voit souvent en lisière de forêt perché sur une souche morte où il
reste pendant de longues périodes.
Distribution — Mœurs : Ce Faucon, qui ne vit qu'à Madagascar, y est
régulièrement distribué mais assez rare et paraît plus commun dans le Nord-
Est et le Sud-Ouest. N. S. MALCOLM (comm. pers.) l'a notamment observé plu-
sieurs fois aux environs de Tuléar. Il semble surtout se nourrir d'Oiseaux, de
Reptiles et d’Insectes. C’est une espèce encore très mal connue.
Source : MNHN, Parisk
OISEAUX 81
*Aviceda madagascariensis (A. Smith)
(pl. 9, fig. 8)
Pernis madagascariensis A. Smith, 1834, South Afr. Quart. Journ., 2e
dagascar).
Baza madagascariensis ; HarrLaur, 1877 : 22; À. Mnix
68.
viceda madagi
1936 : 380 ; LAVAUDEN, 1937 :
ér., p. 285 (Ma-
DWARDS et À. GRANDIDIER,
1882
scariensis ; SCLA
111.
ER, 1924 : 57 ; DELAcOUR, 1932 : 36, n° 99 ; RaNb,
Bubuka ou Endrina. — Baza malgache. — Madagascar Cuckoo Falcon.
Identification : 40 à 45 cm. Les Bazas sont bien reconnaissables à leur ci
occipitale caractéristique. Ce sont de gros Rapaces de forêt. Ils ont une mandi-
bule supérieure à double denticulation. Leurs tarses sont partiellement emplum
couverts de scutelles en avant et réticulés sur leur face postérieure et leurs
serres sont relativement faibles.
Leur face supérieure est brun plus ou moins clair suivant l’âge. Toutes
les plumes ont la base blanche. La queue est marquée de quatre bandes foncées.
La gorge est blanchâtre et tachée de brun ou entièrement brun roux. La face
inférieure est blanche, coupée au-dessus de la poitrine par une large bande
latérale brune irrégulière et variable. Les pattes sont blanchâtres. Cette colo-
ration est en tout point comparable à celle de Buteo brachypterus qui fait
souvent confondre ces deux oiseaux lorsqu'ils sont perchés. Les tarses du Baza
sont cependant plus courts, plus forts et partiellement emplumés mais ce
caractère est peu visible à distance. Au vol, on peut le distinguer de B. brachyp-
lerus par sa tête plus grosse, sa queue légèrement fourchue et son croupion
blanc. Ce sont les seuls gros Rapaces à teinte claire.
Ils fréquentent la lisière des bois et restent parfois des heures immobiles
perchés sur un arbre où ils passent le plus souvent inaperçus.
Distribution — Mœurs : Les Bazas existent en Afrique, en Asie et en Aus-
tralie. L'espèce malgache se rencontre dans toute l'île, mais est peu commune.
Elle existe aux environs de Tananarive ; on en a même observé dans le pare
de Tsimbazaza. Ce sont des oiseaux actifs surtout au crépuscule ou au lever
du jour. Ils ont un vol lourd et maladroit. Ils se nourrissent en partie d’Insectes
qu’ils capturent parfois au vol et rapportent sur un perchoir pour les manger.
Ils recherchent particulièrement les Caméléons, même quand les Sauterelles
ou d’autres Reptiles sont abondants. Quand ils chassent, ils émettent un cri
très reconnaissable, sorte de « kiou, ki-ou » qui s'entend de loin. La reproduction
a lieu en septembre-octobre.
Les Bazas construisent un nid robuste en forme de coupe à une hauteur
variable dans un arbre et l'entourent de végétation fraîche et de feuilles qu'ils
renouvellent constamment. Ils pondent 2 œufs verdâtres tachés et rayés de brun.
Source : MNHN, Paris
82 PH. MILON ET AL.
Milvus migrans parasitus (Daudin)
(pl. 8, fig. 1 et 2)
Falco parasitus Daudin, 1800, Traité d’Orn., 11, p. 150 (Afrique du Sud).
ilvus aegyplius ; HauTLAUB, 1877 : 27.
élous Korschun Var. aegyptius ; À. Miixe-EnwanDs et A. GRANDIDIER, 1882 : 66.
Milvus migrans parasitus ; , 192 acour, 1932 : 37, n° 100 ; RAND, 193
380 ; LavauDen, 1937 : 111; Gmiveaun, 1961 a : 40 et 1961 b: 52.
ilan noir. — Yellow-billed Kite. — Schwarzer Milan.
Papango. —
Identification : 60 em. Les Milans noirs ont, comme les autres Milans, des
ailes et une longue queue comme celles des Bu rds mais leur queue est fourchue.
Le dessus du corps est brun roux, plus clair sur la tête et les ailes. Huit bandes
foncées plus ou moins nettes barrent la queue. Le dessous du corps est roux
plus ou moins strié de brun passant au gris sous le menton. Le jeune est plus
foncé que l’adulte.-Le bec est noir et les pattes sont jaunes.
C'est le plus commun des Rapaces malgaches et il vit très souvent près
des villes. Son vol est lent ; il plane longtemps en faisant de grands cercles et
se dirige par des mouvements de queue.
Il rase le sol pour saisir sa proie.
Son eri est une sorte de miaulement aigu.
Distribution — Mœurs : Les Milans noirs sont très communs dans le Centre
et l'Ouest, un peu moins sur la côte Est et plus rares dans le Sud-Ouest. Leur
nourriture est très variée. Près des villages, ils viennent avec audace prendre
les poussins et parfois manger des charognes. Ailleurs, ils se nourrissent de
petits Vertébrés divers et d'insectes. Ils suivent les vols de Sauterelles. Ils se
réunissent souvent en groupes de 30 à 40 individus près des feux de brousse
pour manger les animaux qui s’enfuient. Ils mangent les rats dans les champs
de riz.
La reproduction a lieu en septembre-octobre.
Le nid est construit en haut d’un arbre, il est assez petit pour la taille
le l'oiseau et de structure grossière, mais garni de feuilles et de mousse.
La ponte est de 3 ou 4 œufs jaunâtres à marbrures brunes.
Machaeramphus alcinus anderssoni (Gurney)
(pl. 8, fig. 13)
Stringonyz anderssoni Gurney, 1865, Proc. Zool. Soc. London, 1865, p. 618 (Damaraland).
Machæramphus anderssoni; HarTLAUR, 1877 : 25; A. MILNE-EDWARDS et A. GRANDIDIER,
1882 : 77 ; SCLATER, 1924 : 58.
Machæramphus alcinus anderssoni ; Deacoun, 1932 : 37, n° 101 ÿ RanD, 1936 : 381 ;
LavauDEN, 1937 : 112 et 187.
Fandrantsandambo ou Sendika. — Buse des Chauves-souris. — Bat-eating
Hawk. — Fledermausbussard.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 83
Identification : 45 cm (moyenne très variable). Le plumage des côtés de la
tête est très fourni. Le corps est presque entièrement brun noir, souvent plus
clair en dessous, taché de blanc de façon extrêmement variable suivant les
individus. On distingue un collier blanc sur la nuque, des taches blanches
sur la tête, sur la gorge ou les côtés de l'abdomen et de la poitrine. Les exem-
plaires malgaches sont divisés à peu près en parties égales entre une phase
claire et une phase foncée. Le bec est très particulier avec une sorte de crête ;
la bouche est très large et les yeux très grands. Pendant le jour, ce Rapace crépus-
culaire se tient au repos, de préférence au milieu du feuillage dense et est très
difficile à voir. Au vol, on peut distinguer ses ailes longues et pointues et sa
. Son cri est très semblable à celui des Faucons.
Distribution — Mœurs : Chez cette espèce, les variations individuelles
sont très importantes aussi bien pour la taille que la couleur et il n'existe aucun
critère pr pour séparer les exemplaires malgaches de ceux d'Afrique.
Répandu dans toutes les forêts de Madagascar, mais assez rare, on trouve
ce Rapace près des falaises ou des autres endroits habités par des Chauves-
souris. Son vol rapide lui permet de capturer au vol avec ses serres des Chauves-
souris, de gros Insectes ou même de petits Oiseaux qui sont avalés en entier.
Le nid en brindilles bordé de feuilles fraîches est construit à une dizaine
de mètres de haut dans un arbre.
La ponte est de 2 œufs gris pâle.
* Eutriorchis astur Sharpe
CL. 9, fig. 2)
Eutriorchis astur Sharpe, 1875, Proc. Zool. Soc. London, 1875, p. 73, pl. XIII (Sud de
Madagascar).
- Eutriorchis astur; HanrLau», 1877 : 6; A. Muxe-Enwanps et A. GranDinren, 1882 :
31; Scrarer, 1924 : 63; DeLacour, 1932 : 38, n° 102; LAVAUDEN, 193
Rann, 1936 : 382
: 635, 1937 : 112 et 186;
Aigle autour de Madagascar. — Madagascar Serpent Eagle.
Identification : 66 em. Le dessus du corps est brun. Toutes les plumes de
la tête, qui forment une crête, et quelques plumes du dos et des ailes sont bordées
de blanc. Le dessous du corps est blanc rayé ou taché de brun. Au vol, on di
tingue ses ailes courtes, claires, couvertes de lignes sombres et sa queue, longue,
rayée de huit bandes sombres.
Distribution — Mœurs : Ce Rapace qui vit dans le Nord-Est de Madagascar
est une espèce très rare et encore très mal connue, fréquentant la forêt dense.
Ses ailes courtes et sa queue longue sont des caractères bien adaptés au vol
entre les branches. Il se nourrit de Reptiles, notamment de Caméléons mais,
selon L. LAVAUDEN (1937), il attaque aussi les petits Mammifères et les volailles
près des maisons forestières. On ne connaît encore rien sur sa reproduction.
Source : MNHN, Paris
84 Pu. MILON ET AL.
+ Haliaeetus vociferoïdes Desmurs
(pl. 9, fig. 3 et 4)
Haliætus vociferoïdes Desmurs, 1845, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne, 8° année,
». 176 bis (Madagascar).
Haliæelos vociferoïdes ; HanrLAu», 1877 : 4.
Haliæetus vociferoides ; À. MiLne-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1882 :
1939 : 38, no 103.
Haliaeetus vociferoïdes ; RAND, 1936 : 382 ; SALVAN, 1871 a : 41.
Cuncuma vociferoides ; SeLaTer, 1924 : 65 ; LAVAUDEN, 1937 : 112.
5 ; DELACOUR,
Ankoay. — Pygargue malgache. — Madagascar Sea Eagle. — Seeadler.
Identification : 68 à 80 em. Ce très grand Aigle pêcheur, bien reconnaissable
au vol par ses ailes larges et sa queue courte, ne peut être confondu avec aucun
autre oiseau de Madagascar.
La planche 9 représente un oiseau adulte avec la queue blanche. Les jeunes
ont un plumage brun varié de roussâtre et n'acquièrent pas avant l’âge de 4 ans
cette queue toute blanche si caractéristique du groupe des Pygargues et qui
leur vaut souvent le nom d’Aigle à queue blanche.
A Madagascar, on peut rencontrer la Pygargue sur les lacs et les larges
fleuves mais c'est surtout l'oiseau des palétuviers ; on l'aperçoit perché sur
un grand arbre au-dessus de l’eau ou de la boue ; l’autre oiseau du couple n’est
généralement pas loin du premier. Dérangés, ils s’envolent sans hâte et ne
s'éloignent guère ; ils poussent souvent, à cette occasion leurs cris gutturaux
qui ne sont pas sans rappeler la voix du Goéland dominicain (peut-être ces
cris sont-ils moins sauvages, plus musicaux que ceux du Goéland) ; ce sont
des aboïements élevés, plusieurs fois répétés, qu’on entend de fort loin, émis
au vol ou lorsqu'ils sont posés, et qui leur ont valu leur nom sakalava d'Ankoay.
On voit souvent le soir, les deux oiseaux du couple monter en cercle en poussant
ces cris.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce propre à Madagascar, mais assez
voisine du Pygargue africain Haliaeetus vocifer audin).
Le Pygargue était encore à la fin du siècle dernier très répandu sur l’en-
semble des côtes malgaches et A. GRANDIDER mentionnait son existence sur
la côte Est où il n'a pas été signalé depuis très longtemps. Il y a probablement
disparu. Nous en avons observé, ainsi que N. S. MazcoLM (comm. pers.),
P. Griveaun (comm. pers.) et J. Sazvan (1971 a), encore récemment à
Ampijoroa dans l'Ankarafantsika.
Sur la côte Ouest, il était encore commun notamment entre Nosy Be et
Soalala en 1929, d’après les observations de À. L. RAD (1936) qui en a même
vu sur le lac Kinkony.
Huit spécimens ont été vus, sur le lac Masama et sur le Manambolo, par
la mission ORSTOM/Armée française à Ambereny et Antsalova (P. GRIVEAUD
comm. pers.).
Source : MNHN, Paris: À
Oiseaux 85
I y a une dizaine d'années, il était encore fréquemment rencontré sur
une bonne partie de la côte Ouest entre le Mangoky et le Fiherenana. Revenant
récemment dans cette région, nous n’en avons plus trouvé et nous soupçonnons
les amateurs de beaux coups de fusil d’être responsables de cette disparition !
L'assassinat d’un de ces grands oiseaux sans méfiance ne peut cependant être
un sujet de gloire.
Ils se nourrissent seulement de Poissons qu'ils capturent serres ouvertes
en efleurant la surface de l’eau. Après avoir capturé le poisson, il l’emmène
aussitôt sur une de ses branches perchoirs pour s’en repaître.
Il n’y a pas de bonne observation sur la reproduction de ces oiseaux. Il
semble qu’ils ne se reproduisent pas avant l’âge de 4 à 5 ans et qu'ils nichent
en saison sèche.
Leur nid volumineux, souvent très visible de loin, est fait de branchages
au sommet d’un arbre. Ils pondent 1 ou 2 œufs blancs et n’élèvent que rarement
plus d’un poussin.
Cet oiseau mérite une complète protection pour que longtemps encore,
pour la beauté des paysages malgaches, on puisse observer le vol majestueux
de l’Aigle pêcheur.
*Buteo brachypterus Hartlaub
1. 9, fig. 7)
Buteo brachypterus Hartlaub, 1860, Journ. Orn., p. 11 (Madag .
Buteo brachypterus ; HarrLau», 1877 : 1 ; A. Miine-Enwanns et À. GRANDIDIER, 1882 :
84 ; Scuaren, 1924 : 67 ; Deuacour, 1932 : 38, n° 104; Rann, 1936 : 383; LAVAUDEN, 1937:
112 ; Griveaun, 1961 a : 40 ; Azsronac, 1970 : 224 et 226
Bemano Beririna ou Hindry (parfois appelé papango comme le Milan). —
Buse malgache. — Madagascar Buzzard.
Identification : 48 à 51 cm (femelle un peu plus grande que le mâle). La
Buse a une forme massive, des ailes et une queue larges. Les ailes sont relati-
vement plus courtes que celles des autres espèces. Sa coloration est très semblable
à celle d'Aviceda madagascariensis. On remarque une variabilité assez grande
de la répartition et de l'importance des zones brunes de la face inférieure.
On voit souvent ce Rapace perché sur une souche isolée permettant un
large champ de vision.
Son vol est lourd. Il plane et tournoie très haut dans le ciel.
Son cri est une sorte de miaulement plaintif aigu.
Distribution — Mœurs : La Buse malgache est très semblable à la Buse
africaine. Elle est commune dans toutes les régions boisées de Madagascar.
Dans certaines villes situées près de la forêt, elle peut même jouer le rôle des
Milans.
Source : MNHN, Paris
86 Px. MiLoN ET AL.
La Buse se nourrit de petits Mammifères, Serpents, Caméléons, Lézards,
Grenouilles, Sauterelles dont elle suit souvent les vols avec les Milans.
Elle est souvent harcelée par les Dicrurus et son passage à proximité des
troupes de certains Lémuriens (Varecia el Propithecus) déclenche souvent
leurs cris bruyants et des réactions de défense. 1l est probable qu’elle s'attaque
de temps en temps à leurs jeunes.
La reproduction a lieu de juillet à novembre.
Le nid de structure grossière mais tapissé de feuilles est construit sur un
rocher près de la forêt ou au sommet d'un arbre.
La ponte est de deux œufs légèrement granuleux, blanchâtres.
Les jeunes au nid sont assez bruyants.
* Accipiter madagascariensis A. Smith
(pl. 9, fig. 5 et 6)
Accipiter madagascariensis A. Smith, 1834, South. Afr. Quart. Journ., 2e sér., p. 282
Accipiler madagascariens
ren, 1924 : 68 ; 1
NDiDiEr, 1882
3 RaxD, 1936
106 ; Scra-
Firasa ou Fandraokibo (comme Falco zoniveniris). — Epervier de Mada-
gascar. — Madagascar Sparrow Hawk.
Identification : 34 à 40 cm (la femelle est plus grande que le mâle). Les
Éperviers ont des ailes courtes, arrondies el une queue longue. Le dessus du
corps est gris brun foncé assez variable, la face inférieure est blanche finement
rayée de noirâtre sauf sur la gorge qui est marquée de lignes brunes. Les sous-
caudales sont blanches, la queue est rayée de 7 à 8 bandes claires.
Le jeune plus clair en dessus a le dessous du corps blanchâtre taché de
roux. Les pattes sont jaune vert.
L'Épervier fréquente surtout les clairières ou les lisières de forêt. Son vol
est bas : il se faufile à travers les arbres et se cache dans le feuillage quand il
est perché.
Distribution — Mœurs : Ce petit Épervier, très voisin des deux espèces
suivantes A. henstii et A. francesüi, est plus abondant dans l'Ouest que dans le
reste de Madagascar. Selon J. SALVAN (comm. pers.) il dépasse rarement l’alti-
tude de 900 m. On peut cependant le voir aux environs de nanarive et N.S.
MaLcoLm (comm. pers.) l'a observé à nanarive même.
Il se nourrit essentiellement de petits Oiseaux.
La méthode de chasse des Éperviers est assez uniforme. Ce sont des Rapaces
de forêt adaptés grâce à leurs ailes courtes et rondes et leur longue queue à
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 87
manœuvrer rapidement entre les branches pour poursuivre leurs proies. Ils
ont l'habitude de repérer celles-ci en observant depuis un perchoir ou en faisant
des au-dessus de la forêt, puis en volant juste au-dessus des arbres en
une succession de glissements interrompus par des batlements d'ailes rapide
Une brusque plongée au milieu du feuillage leur permeL de capturer leur proie.
cercles
s:
L'existence de trois espèces d'Éperviers à Madagascar esL en liaison av
l'importance des zones forestières. Une grande variété de proies est disponible
et la différence de taille existant entre les mâles et les femelles permet à ce groupe
de Rapaces une prédation très large. Il serait intéressant par des études suivies
de mieux connaître la nature des proies choisies par les différentes espèces mâles
et femelles.
Ce sont des Rapaces peu bruyants. On les entend crier surtout lorsqu'ils
nichent. Le cri est une sorte de « Kek kek » répété, peu différent d'une espèce
à l’autre.
La reproduction a lieu en novembre.
Le nid est construit dans les bouquets d'arbres à environ 6 m du sol, fait
de branchages et bordé de branches plus fines ; il a environ 50 cm de large.
La ponte est de 3 œufs blancs, lisses et marqués irrégulièrement de brun.
* Accipiter henstii (Schlegel)
(pl. 9, fig. 1)
Aslur Henstii Schlegel, 1873, Mus. Pays-Bas, II, Rev. Ois. de proie, p. 62 (Ouest de Mada-
gascar : Morondava).
ur hensti ; HarTLAUB, 1877 : 29 ; LAVAUDEN, 1937 : 112.
stur henstii ; À. MiLNE-Ebwanps el A. GRaNDiDiEn, 1882 : 98; ScLarEn, 1924 : 69:
Deracour, 1932 : 39, n° 106 ; LAVAUDEN, 1932 : 635 ; RanD, 1936 : 386.
Rehila, Firasa ou Sendika. — Autour de Henst. Henst's Goshawk,
Identification : 52 à 62 cm (la taille de la femelle est d’un cinquième plus
grande que celle du mâle). L’allure générale de l’Autour de Henst est voisine de
celle de l'Épervier malgache mais il est beaucoup plus grand. Le dessus du
corps est brun roux avec la queue rayée de 6 à 7 bandes foncées et terminée par
une étroite zone blanche. Le dessous est finement rayé de brun et de blanc ou
roux taché de noir chez le jeune. Les pattes sont jaune vert.
Distribution — Mœurs : C'est une espèce forestière, mais que l’on voit
quelquefois près des espaces découverts. On la rencontre dans les forêts de l'Est
et de l'Ouest de Madagascar. sez peu abondant actuellement, ce Rapace
est certainement en régri
ion.
Il se nourrit de gros oiseaux (Pintades, Sarcelles, etc.). Il s'attaque aux Pou-
Iels et certainement aussi aux Lémuriens.
Source : MNHN, Paris
88 Pa. MILON ET AL.
Le reproduction a lieu en novembre.
Le nid grossier en branchages bordé de petites branches avec des flocons de
duvet est construit en haut d’un arbre.
La ponte es constituée de 2 œufs blancs el lisse
* Accipiter francesii A. Smith
(pl. 9, fig. 9 et 10)
Accipiter francesii A. Smith, 1834, South Afr. Quart. Journ., 2° série, p. 280 (Madagascar).
Scelospizias franciscae ; HarrLaur, 1877 : 33.
Astur francesit var, typicus ; A. Miixe-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1882
stur francesit ; Scaten, 1924 : 71 ; DELAGOUR, 1
113 ; GriveauD, 1961 a : 40, 1961 b : 52
Astur francesii francesii ; RAND, 1936
3 LAVAUT
387.
Astur morelii ; A. Miixe-Enwarps et À. GRANDIDI
Nisoïdes morelii ; SCLATER, 1924 : 71 ; RAND, 1936
R, 1882 : 105.
7 (n. infrap. 1).
Hits
kitsik’ala. — Autour malgache. — Madagascar Goshawk.
Identification : 30 à 35 em (femelle un peu plus grande que le mâle). Sa
couleur est souvent plus pâle dans l'Ouest que dans l'Est. Son allure générale
est voisine de celle de l'Épervier malgache, mais sa couleur est différente, sa
tête plus grosse et ses pattes plus fortes.
Le mâle a le dessus du corps bleu, le dessous blanc, parfois finement rayé
de roux. Quelques bandes plus sombres sont peu visibles sur la queue. La
femelle a le dessus du corps brun foncé avec sept bandes plus foncées sur la
queue, le dessous, finement rayé de brun et de blanc mais as: variable. Le
jeune a une couleur voisine de celle de la femelle, mais plus pâle. Les pattes
sont jaunes. Les Autours sont en général peu farouches, on les rencontre par
couples en lisière des bois, perchés sur un arbre ou sur un poteau télégraphique.
Distribution — Mœurs : Ce Rapace est commun dans les régions boisées
de l'Ouest et de l'Est, mais semble plus commun dans le Nord-Est. On le ren-
contre dans le centre jusqu’à Tananarive. Il a été observé au parc de Tsimba-
zaza par P. GRivEAUD (comm. pers.) et obtenu par BLANCOU à Ambohibe
(comm. pers.).
Il se nourrit de petits Oiseaux et autres petits Vertébrés variés ainsi que
d’Insectes.
La reproduction a lieu en octobre-novembre.
Le nid est construit en haut d’un arbre.
La ponte est formée d’un œuf blanc à marbrures brun clair.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 89
* Gymnogenys radiatus (Scopoli)
(pl. 9, fig. 11)
Vultur radiatus Scopoli, 1876, Del. Flor. et Faun. Insul., Il, p. 85 (Madagascar).
Polyboroïdes radiatus ; HarTLAUB, 1877 : 42.
Polyboroïdes radiatus var. madagascariensis ; A. MiLN
1882 : 50.
mnogen!
388 ; LAVAUDEN, 1937 : 113 ; GRIVEAU, 1
Gymnogeni
WARDS et A. GRANDIDIE)
s radiatus ; ScLATER, 1924 : 74 ; DELACOUR, 1932 : 40, n° 108 ; RAD, 1936:
61 a : 40 et 1961 b : 52.
s radiatus radiatus ; LAVAUDEN
Fihiaka ou Fanindry. — Polyboroïde rayé de Madagascar ou petit Ser-
pentaire. — Madagascar Harrier Hawk.
Identification : 60 à 62 cm. La peau nue de la face, tout à fait typique chez
ce grand Rapace, le rend très facile à reconnaître. La femelle est un peu plus
grande que le mâle; le plumage est semblable dans les deux sexes. Le Polyboroïde
malgache est assez voisin du Polyboroïde africain. Le dessus du corps est gris
clair ; les plumes de la tête sont allongées en crête ; l'extrémité de l'aile est noire ;
la queue est noire rayée de deux bandes blanches et blanche à l'extrémité. Le
dessous du corps et les jambes sont blancs finement rayés de brun noir, sauf la
poitrine qui est gris clair. Le jeune a un plumage très différent de celui de
l'adulte ; le dessus du corps est brun clair ; les plumes de la tête sont blanches
tachées de brun ; les ailes sont brunes tachées de blanc ; cinq bandes plus fon-
cées marquent le dessus de la queue ; le dessous du corps, sauf la gorge qui est
blanche, est brun plus ou moins clair. Chez l'adulte, la peau nue sur les joues est
généralement jaune pâle, elle devient rouge à l'époque de la reproduction. Les
pattes sont jaunes.
Le cri du Polyboroïde est une sorte de sifflement puissant, imité par son
nom malgache et qu'il est facile de reproduire en sifflant. On le rencontre soit
seul, soit par couple en lisière des forêts dans les endroits humides, souvent près
des marais à mangrove (Nosy Be), ou même dans les savanes. Il vit en plaine
aussi bien qu’en altitude et s'approche souvent des villages à la recherche des
poussins égarés.
Son vol lourd est lent. Il peut planer en décrivant des cercles comme le
Milan.
Distribution — Mœurs : Les Polyboroïdes sont assez communs partout,
sauf dans le Centre où ils sont rares. Ce sont des oiseaux au régime peu spécia-
lisé. Ils cherchent les Insectes (surtout les Sauterelles), les Reptiles et les Batra-
ciens en courant sur le sol où en parcourant les branches au milieu du feuillage.
Ils cherchent systématiquement dans les fentes des écorces. Un individu
conservé en captivité par A. L. RanD (1936) explorait systématiquement les
interstices du plancher. Nous en avons observé un qui se suspendait sous les
branches en s'accrochant par les serres aux écorces. Il arrivait à les décoller par
quelques secousses puis revenait s'installer dans la même position pour manger
les larves ainsi découvertes. Ils mangent aussi des œufs et des jeunes oiseaux
Source : MNHN, Paris
90 PH. MiLoN ET AL.
{mème des Ploceidae qu'ils savent extraire de leur nid), des Chauve-souris, des
Rongeurs et beaucoup de Poulets près des villages. Ils cherchent à manger de
jeunes Lémuriens nouveau-nés qu'ils peuvent capturer en effrayant les adultes
par leur vol rapproché et leur présence déclenche souvent une forte réaction
de leur part. Ils peuvent aussi manger la pulpe de certains fruits comme ceux des
palmiers à huile.
Le reproduction a lieu de septembre à novembre.
Le nid de structure grossière est fait de branchage en haut d’un arbre de
10 à 16 m souvent près du nid d’un Milan ; parfois il est posé sur une plante
épyphyte ou même construit près du sol dans la végétation d’un marais.
La ponte est de 3 œufs marbrés de brun rouge.
* Circus aeruginosus macrosceles A. Newton
(pl. 9, fig 12)
Circus macrosceles A. Newton, 1863, Proc. Zool. Soc. London, 1863, p. 180 (Madagascar).
ireus macroscelus ; HanrLAUB, 1877 : 38.
Cireus maillardi var. macroscelis ; À. Mir pwarps et A. GRANDIDIER, 1882 : 90.
Circus maillardi macroscelis ; ScLaTer, 1924 : 73 ; LAVAUDEN, 19 3
Circus œruginosus macrosceles ; DELAcOUR, 1932 : 40, n° 109.
Cireus aeruginosus macrosceles ; RAND, 1936 : 389 ; SALVAN, 197
98, 1972 e : 50.
pwarps et A. GraNDinier, 1883 : 747, note 1 ; SGLATER,
389 (n. infrap. 1).
Cireus Humbloti
1924, append. : 840 ; RaN
Fandrasalambo. — Buzard de Maillard. — Madagascar Harrier.
Identification : 65 à 68 em (femelle légèrement plus grande que le mâle et de
couleur un peu plus claire ou semblable). C'est un Rapace au corps élancé avec
de longues pattes, des ailes longues mais moins pointues que celles des Faucons
et une queue longue non échancrée. Le dessus dü corps est brun plus ou moins
foncé suivant l'âge où la saison, mais très variable. Les plumes sont liserées
de jaune. Six bandes foncées plus ou moins nettes marquent la queue qui peut
devenir gris brun chez l'adulte. Le côté du cou est brun, devenant noir pendant
la saison de reproduction. Le dessous du corps est brun devenant blanc sur le
ventre pendant la saison de reproduction. L'oiseau au vol peut alors paraître
blanc et noir, la partie antérieure du corps et l'extrémité des ailes étant sombre,
le reste du corps étant clair. Ses pattes sont jaunâtres.
Les Buzards de Maillard vivent dans les régions marécageuses ou herbeuses
avoisinantes. Ils aiment les vastes espaces comme par exemple le plateau de
l'Horombe.
Comme tous les Buzards, leur vol est assez bas et ils chassent près du sol
en se jetant sur leur proie dans les herbes ou les roseaux. Ils peuvent aussi
planer assez haut au-dessus des plaines.
Ils vivent dans les mêmes régions qu'Asio capensis. Leur niche écologique
en diffère essentiellement par leur rythme diurne.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 91
Distribution — Mœurs : Les Buzards sont des oiseaux à vaste dispersion
mondiale. À Madagascar, ils existent dans l'Est et l'Ouest, ainsi que sur les
plateaux. Ils y sont en général rares. Ils sont cependant assez communs au lac
Jhotry et près de Vohemar.
Pendant la période de reproduction, les Buzards se livrent à des vols
acrobatiques, plongeant depuis une grande hauteur, planant en spirale, puis
remontant et plongeant à nouveau. Le mâle apporte parfois une proie en
cadeau à la femelle. Ils se nourrissent de Batraciens, de Reptiles, de Rats,
d'Oiseaux et même d’Insectes. Ils semblent attaquer quelquefois les jeunes
Marcassins.
La reproduction a lieu en décembre.
Le nid est construit près de l'eau dans un marais. Il est fait d'herbes et de
plantes aquatiques bien assemblées.
La ponte est de 3 à 5 œufs blancs.
FAMILLE DES PHASIANIDAE
(Perdrix, Cailles, Pintädes)
Les Phasianidae vivent principalement en Asie et dans toutes les régions
tropicales et tempérées du monde, sauf en Polynésie. Trois espèces se rencon-
trent à Madagascar.
La famille des Phasianidae appartient au grand Ordre des « Gallinacés »
et renferme des oiseaux terrestres à ailes courtes et arrondies, dont les types
bien connus sont le Faisan, la Perdrix et la Caille.
Chez ces oiseaux, le dimorphisme sexuel est souvent très marqué, mais
il ne l’est que modérément chez les Perdrix, les Cailles et les Pintades, seuls
oiseaux de cette famille représentés à Madagascar.
Tous, sauf certaines Cailles, sont sédentaires et généralement bien connus
des chasseurs. Les Pintades sont connues depuis très longtemps à l'état semi-
domestique en Afrique et ont été certainement introduites à Madagascar où
on les conserve souvent semi-apprivoisées au milieu des poules.
*Margaroperdix madagascariensis (Scopoli)
(1. 7, fig. 16 et 17)
Tetrao madagascariensis Scopoli, 1786, Del. Flor. et Faun. Insubr., II, p. 93 (Madagas-
car). à
Margaroperdix striata ; HarrLaus, 1877 : 277; A. MiLNE-Enwanps et A. GRANDIDIER,
1885 : 487.
Margaroperdix madagascariensis ; ScLATER, 1924 : 92 ; DELAcOUR, 1932 :
Raxp, 1936 : 370 ; LavauDEN ; 1937 : 109 ; MiLon, 1951 b : 167 et 175 ; ALBIGNA
SaLvAN, 1972 b : 169.
32, no 85
1970 : 226;
Tsipoy ou Traotrao. — Perdrix de Madagascar. — Madagascar Partridge.
— Madagaskar-Rebhuhn.
Source : MNHN, Paris |
92 Px. MILON ET AL.
Identification : 31 em. Le mâle est bien renconnaissable par ses couleurs
et les deux lignes claires qui marquent le côté de sa tête; sa face supérieure
est roux taché de noir et de blanc ; les côtés de sa tête sont gris rayés de deux
lignes claires, la gorge noire, la poitrine rousse et le ventre noir taché de blanc.
La femelle est de couleur générale plus pâle et a le menton et l'abdomen
blanchâtre. Les pattes et le bec sont gris bleu.
Les Perdrix se rencontrent seules, par 2 où 3, où parfois par bandes en
« compagnies » de 6 à 12 après la nidification. Elles courent rapidement et
ne s’envolent, en général, que si elles sont poursuivies. Elles volent alors au
ras du sol sur une courte distance.
Distribution — Mœurs : Les Perdrix étaient très communes sur les plateaux.
Malheureusement, trop chassées et surtout trop braconnées, leur nombre
diminue d'année en année. Elles sont communes dans le reste de l’île sauf dans
les forêts (on les trouve cependant dans les clairières) et l'extrême Sud-Ouest.
Elles émettent un cri sourd que l'on entend rarement. Elles fréquentent
les régions herbeuses et les champs cultivés où elles se nourrissent surtout de
graines.
La reproduction a lieu de mars juin (Sazvan 1972 b) sur les plateaux mais,
semble-t-il, dès le début de l’année près de la côte.
Le nid est construit sur le sol, caché au milieu des touffes d'herbe.
La ponte est de 15 à 20 œufs brun roux, tachés de brun foncé.
Originellement propre à Madagascar, l'espèce a été introduite et acclimatée
aux Mascareignes (BerLroz 1946 : 41).
Coturnix delegorguei Delegorgue
(pl. 7, fig. 15)
Coturnix Delegorguei Délegorgue, 1847, Voy. Afrique austr., IL, p. 615 (Oury [dans la
haute vallée du Limpopo}).
Coturnix delagorguei delagorguei ; Scuaren, 1924 : 93 ; Deracoun, 1932 : 32, n° 86.
Coturnix delegorguei ; LAVAUDEN, 1931 : 553, 1932 : 634, 1937 : 109 et 151.
Coturnix delegorguei delegorguei ; RAND, 1936 : 370.
Kibon’omby. — Caille d'Oury, Caille harlequine. — Harlequin Quail. —
Harlekinwachtel.
Identification : 18 em. Le mâle est bien reconnaissable à ses couleurs contras-
tées. Sa couleur générale est brun noir tacheté de roussâtre. Une tache noire
médiane sur la poitrine s’étend jusqu'aux côtés de la tête. Les taches blanches
sur les joues et le devant du cou et les lignes blanches au-dessus des yeux sont
bien visibles. Le ventre est brun clair, le bec noir et les pattes rosâtres. La
femelle a le menton et la gorge blanche, les côtés du cou et les joues blancs
tachetés de noir.
Source : MNHN, Paris
OIsEAUx 93
On rencontre souvent les Cailles harlequines par groupes de 5 à 10. Elles
fréquentent les régions herbeuses et les champs de manioc et de riz quand ce
dernier est en grains.
Distribution — Mœurs : Ces Cailles africaines semblent assez communes
dans le Nord de Madagascar. Nous en avons observé en novembre et en janvier.
Elles ont été aussi observées dans le Sud-Ouest, aux environs du lac Ihotry
en juin-juillet. Elles ont l’habitude de faire de vastes migrations sur le territoire
africain et il n’est pas étonnant qu'elles fréquentent Madagascar. L. LAVAUDEN
(1932) a récolté un jeune en février près d'Ambanja, ce qui prouverait qu’elles
peuvent nicher à Madagascar où une population peut être sédentaire.
Goturnix coturnix africana Temminck et Schlegel
1. 7, fig. 14)
Coturnix vulgaris africana Temminek et Schlegel, 1849, Faun. Jap., p. 103 (Afrique du
Sud, province du Cap).
Coturnix communis ; HanrLaus, 1877 : 283; A. Miine-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885 :
492.
Coturnix coturnix africana ; ScLATER, 1924 : 93 ; DeLacoun, 1932 : 33, n° 87; RAND, 1936 :
371 ; LAVAUDEN, 1937 : 109.
Papelika. — Caille commune. — Cape Quail. — Wachtel.
Identification : 18 cm. La Caille commune a des couleurs peu tranchées.
Son dos est brun roux rayé longitudinalement de jaune, sa poitrine et ses flancs
roussâtres, sa gorge et son ventre blanchâtres. Son bec est gris et ses pattes
jaunâtres.
On observe les Cailles souvent au bord des petites routes et des chemins
où elles se faufilent au milieu des herbes.
Distribution — Mœurs : Comme les précédentes, ces Cailles, toutes erratiques,
font de vastes migrations en Afrique et il n’est pas rare qu’elles arrivent à Mada-
gascar. On les rencontre au Nord et à l'Est de l'Ile. Elles sont aussi assez com-
munes sur les plateaux du Centre. P. GRIVEAUD (comm. pers.) en a observé
récemment dans l’Itasy, autour du lac Alaotra et près de Tananarive.
Leur genre de vie est voisin de celui de l’espèce précédente.
Les œufs brun rouge sont tachés de roux.
Numida mitrata mitrata Pallas
1. 7, fig. 10)
Numida mitrata Pallas, 1767, Spic. Zool., I, fase. IV, pl. III (Madagascar).
Numida mitrata ; HARTLAUB : 275.
Numida mitrala var. tiarata ; A. Muxe-Enwarps et A. GRaNDIDIER, 1885 : 500.
Numida mitrata mitrata ; Scuaren, 1924 : 96 ; DeLacour , 1932 : 33, n° 88 ; LAVAUDEN,
09.
Numida meleagris mitrata ; RAND, 1936 : 371.
Source
: MNHN, Paris
94 PH. MILON ET AL.
Akanga. — Pintade mitrée. — Madagascar Helmet Guinea Fowl. —
Perlhuhn.
Identification : 60 em. La Pintade a un plumage noir taché régulière-
ment de blanc. La tête, la base du bec et les extrémités des caroncules sont
rouge vif. Le tour de l'œil, le cou et la base des caroncules sont blanchâtres.
Le casque est rouge foncé et le bec jaune.
Ces oiseaux bien connus de tous, puisqu'on les élève en basse-cour, vivent
dans la nature en bandes de 20 ou plus, mais on les rencontre par couples à la
saison des amours.
Elles sont assez craintives, courent rapidement et s’envolent pour se per-
cher sur un arbre dès qu’elles sont poursuivies. Elles émettent parfois une
sorte de sifflement harmonieux fait de 2 sons : Hu-hui » répétés, mais le cri
le plus caractéristique est une sorte de ckree-ke-ke-ke-ke-ke» répété et très sonore
qu’elles émettent en groupe quand on les dérange, surtout quand il y a des
chiens.
Distribution — Mœurs : Assez communes dans l'Est jusqu'à 1 500 m, encore
très communes dans l'Ouest, elles disparaissent progressivement de la région
centrale, selon P. GrIvEAUD (comm. pers.), par suite d’une chasse et d’un pié-
geage trop intense. On les rencontre parfois dans les rizières, surtout dans les
régions herbeuses ou en lisière de forêt et même dans la grande forêt.
Elles cherchent souvent pour passer la nuit un grand arbre où elles se per-
chent en groupe régulièrement et où elles sont souvent la cible des chasseurs
qui connaissent leurs habitudes et les attendent à la nuit tombante.
Leur nourriture est surtout constituée de graines.
La reproduction a lieu en novembre-décembre.
Le nid est formé par une dépression dans le sol dans lequel la femelle
pond 6 à 10 œufs.
Famizce DES MESOENATIDAE OU MESITORNITHIDAE
(Mésites et Monias)
Les Mesoenalidae sont longtemps restés très rares dans les collections et
leurs mœurs sont encore mal connues.
Par leur allure, on ne peut leur trouver aucune parenté proche; par certains
caractères anatomiques, ils se rapprochent des Râles, et, bien que par beaucoup
d’autres caractères ils s’en éloignent, on les a considérés comme proches des
ancêtres de ces oiseaux. P. R. Lowe (1924 : 1151), en se basant sur des consi-
dérations anatomiques, a proposé de placer cette famille dans un ordre spécial
Source : MNHN, Paris!
h
k
Oiseaux 95
proche des Gruiformes. Ces oiseaux ont, comme les Hérons, des taches de duvet
poudreux sur le corps ; leur plumage est peu abondant et leurs ailes très courtes
et arrondies les rendent peu aptes à voler.
On les rencontre le plus souvent à terre où ils courent rapidement comme
les Râles, ou perchés dans les petits buissons où ils construisent un nid de
branchages assez grossier en forme de coupe.
Ils pondent en décembre de gros œufs allongés, aux deux bouts semblables,
qui rappellent ceux des Râles. Ils vivent par couples ou en petits groupes et
les poussins sont précoces.
Les Mesoenatidae sont strictement localisés à Madagascar où ils ne com-
prennent que 3 espèces groupées en 2 genres.
*Mesoenas variegata (I. Geoffroy Saint-Hilaire)
(Pl. 7, fig. 4)
Mesites variegaa 1. Geofiroy S
Mesiles variegala ; À. MINE
nt-Hilaire, 1838, G.R. Acad. Sei.,
DWARDS et A. GRANDIDIER, 1885 :
p. 443 (Madagascar).
01 ; ScLATER, 1924 :
75.
Mesoenas variegata ; DELACOUR, 1932 : 30, n° 8 ; LAVAUDEN, 1931 :
: 108 et 147 ; RaND, 1936 : 364.
97, 1932 :
Tolohon’ala (Toulou des bois) ou Fangadekovy. — Mésite variée. —
White-breasted Mesite.
Identification : 30 em. La Mésite variée a le dessus du corps roux devenant
gris vers l'avant, la tête rousse en dessus, blanchâtre en dessous. Une ligne
longitudinale brune entourée de blanchâtre qui orne les joues se distingue faci-
lement de loin. Le dessous du corps est blanchâtre taché de noir, devenant gris
roux dans sa partie postérieure. Le bec est droit et nettement plus court (20 mm)
que celui des Monias.
La femelle ressemble au mâle, mais la partie inférieure de son corps est
plus sombre. On a longtemps considéré que cette espèce et l’espèce suivante
représentaient les deux sexes d’un même oiseau. On les voit généralement courir
sur les sols forestiers en changeant fréquemment de direction sans essayer de
voler et émettant quelques « Tsik » brefs.
Distribution — Mœurs : Les Mésites variés vivent dans tout l'Ouest de
Madagascar,
Leur reproduction a neu en octobre (L. LavauDEn 1932).
Le nid est construit sur un buisson peu élevé.
La ponte comprend 1 à 3 œufs blancs rosés avec des petites taches brunes.
Les poussins, selon L. LAVAUDEN (1937), sont couverts d'un duvet noirâtre.
Source :
MNHN, Paris
96 PH. MILON ET AL.
* Mesoenas unicolor (Desmurs)
(pl. 7, fig. 3)
Mesites unicolor Desmurs, 1845, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne, 8° année,
p. 176 ter (Madagascar).
Mesites unicolor ; HanrLaus, 1877 : 127.
Mesites variegala ; À. Mr Dwarps et A. GRAN DIDIER, 1885 : 601 ;
Mesænas unicolor ; DeLacour, 1932 : 30, n° 82 ; LAVAUDEN, 1931 :
Rap, 1936 : 364, 1951 : 23.
Roatelo. — Mésite unicolore. — Brown Mesite.
Identification : 30 em. La Mésite unicolore ressemble beaucoup d’allure
à l'espèce précédente, mais le bec est nettement plus court (d'au moins 0,5 cm),
les pattes nettement plus longues (de presque 1 cm) et la queue un peu
moins longue. Ses habitudes sont voisines de celles de Mesoenas variegata. Les
deux sexes sont semblables.
Distribution — Mœurs : Ces Mésites vivent dans le centre Est de Mada-
gascar. Elles existent dans la forêt Sihanaka ainsi que dans la partie sud de la
forêt de l'Est. Elles ne semblent pas plus rares que les précédentes, mais seraient
l'objet d’un « fady » (tabou) puissant de la part des populations du centre Est.
En 1948, H. HoocsrraaL (in Rap 1951) a pu trouver deux nids de Mésite
unicolore à environ 72 km au Nord de Fort-Dauphin et à 9 km de la mer. Les
deux étaient dans la grande forêt : l'un à environ 1 m du sol, l’autre à environ
2 m. Ils étaient posés sur des basses branches et leur accès était facile en sautant
depuis le sol sur des branches intermédiaires. Ils étaient constitués de rameaux
imbriqués formant une sorte de plateforme de 20 à 25 cm de large. Chacun
ne contenait qu'un seul œuf ovale blanchâtre légèrement teinté de gris vert et
marqué de brun.
L'un des nids fut trouvé le 24 novembre, l’autre le 25 décembre et, dans
les 2 cas, la femelle qui couvait se laissa capturer.
Comme ceux de M. variegata, les poussins sont couverts d'un duvet noi-
râtre.
* Monias benschi Oustalet et G. Grandidier
1. 7, fig. 1 et 2)
Monias Benschi Oustalet et. G. Grandidier, 1903, Bull. Mus. Hist. nat., 9, p. 11 (Est de
Tuléar, Vorondreo).
Monias benschi ; Harrerr, 1912 : 373, pl. 1; Scuaten, 1924 : 76; LAVAUDEN et POISSON,
1929 : 665 ; DeLacour, 1932 : 31, n° 83 ; LAVAUDEN, 1931 : 398, 1932 : 633, 1937 : 108 et 149;
Ranp, 1936 : 364 ; Griveaun, 1961 a : 40; Arrerr, 1968 d : 402.
Naka. — Monias. — Bensch's Rail.
Identification : 30 em. La taille et la coloration générale du corps des Monias
sont assez voisines de celles des Mésites. Les différences les plus marquantes
avec ces espèces sont la couleur plus sombre des parties supérieures ainsi que
Source : MNHN, Paris.
Oiseaux 97
la taille du bec qui est nettement plus grand (40 mm) et de forme nettement
arquée. Comme les Mésites, les Monias volent mal et semblent toujours pré-
férer fuir en courant, même si le danger est grand. Leur cri le plus typique est
imité par leur nom malgache. C’est une sorte de « Crr nak nak nak » qu'ils
émettent fréquemment. Ils marchent en hochant la tête et la queue et courent
très vite. On peut difficilement les approcher à moins de 20 mètres, mais il
est facile de les suivre grâce à leur cri et, si l’on reste immobile, ils peuvent
s'approcher très près (surtout les femelles) pour venir inspecter l’observateur.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce étroitement localisée au Nord-
Est de Tuléar entre le Fiherenana et le Mangoky sur une bande côtière d'environ
70 km de large dans la forêt adaptée à la sécheresse qui longe la côte. Les oiseaux
vivent sur le sol sableux couvert de feuilles mortes, au milieu d’une brousse
sclérophylle dense et habitent les parties les plus reculées de la forêt, ne venant
que très rarement près des cultures.
Ils vivent par bandes de 4 à 20 individus où les mâles sont plus nombreux
et se nourrissent de petits fruits et d’Insectes variés. Selon L. LAVAUDEN (1937),
les oiseaux ne prennent leur vol que s’ils sont poursuivis par un petit carnivore
ou un chien. Ils se perchent alors comme les Pintades et crient, comme elles,
après l’ennemi du haut de leur refuge.
La reproduction a lieu en décembre (A. L. RanDp 1936 et L. LAVAUDEN
1932).
Selon les observations d'O. ApperT (1968 d), un mâle peut s’accoupler avec
2 femelles qui peuvent pondre dans le même nid. Le mâle et la femelle couvent
et s'occupent des jeunes qui sont très précoces et suivent les parents dès les
premiers jours. Le nid, de structure si lâche qu’on peut voir à travers, est cons-
truit sur un arbuste à environ 1,50 m du sol et formé, selon A. L. Ranp (1936),
d’une plate-forme de petites branches recouverte d’une couche de fibres de
palmier et d'herbes fines. Son emplacement est choisi de façon à ce qu’une
sorte de rampe naturelle, faite de branches inclinées, en permette facilement
l'accès sans voler.
Le nid contient généralement un œuf, parfois deux. L'œuf est gros rela-
tivement à la taille de l'oiseau, de couleur générale blanchâtre et marqué de
brun noir et de brun roux. Les poussins sont couverts d’un plumage brun et
blanchâtre.
FAMILLE DES TURNICIDAE
(Hémipodes)
La famille des Turnicidae où Hémipodes comprend de petits oiseaux
terrestres au bec court et grêle, aux ailes courtes et arrondies, rappelant l'allure
des Cailles. Ils volent rarement et vivent presque toujours à terre, se dissimulant
au milieu des herbes.
Source :
MNHN, Paris
98 PH. MILON ET AL.
Ils pondent entre septembre et janvier 3 œufs blanchâtres, très tachetés.
Les jeunes sont nidifuges et sortent de l'œuf couverts de duvet et capables
de se déplacer.
Les Hémipodes sont caractérisés par une inversion des caractères sexuels
secondaires : les femelles sont plus brillamment colorées et plus combatives
que les mâles (c'est à cause du comportement des femelles qu'on nomme souvent
les Hémipodes « Cailles batailleuses »). Elles peuvent avoir plusieurs mâles,
possèdent une voix sonore et laissent aux mâles la tâche d'élever les jeunes.
On rencontre ces oiseaux dans les régions tropicales et tempérées chaudes
de l'ancien monde. Une espèce vit à Madagascar.
* Turnix nigricollis (Gmelin)
(pl. 7, fig. 12 et 13)
Tetrao nigricollis Gmelin, 1789, Syst. nat., Lome 1, pars 2, p. 767 (Habitat in Madagas-
rnix nigricollis ; HarrLaur, 1877 : 284 ; A. Mnine-Epwanps et A. GRANDIDIER,
94 ; ScLATER 1924 LAVAUDEN, 1931 : 553 ; DeLacour, 1932 : 31, n° 84; RAND,
: 368 ; LavauDen, 1937 : 109 ; Mion 1948 : 67, 1951 D: 167 et 175; GRIVEAUD, 1961 a: 40.
Kibo ou kibobo. — Caille de Madagascar, Hémipode à cou noir. — Mada-
gascar Button Quail.
Identification : 16 em. La femelle de l'E Iémipode est un bel oiseau au plumage
bien contrasté. Le dessus de son corps est roux tacheté de brun foncé. Les
principales plumes du dos ont leur bord latéral blanc. Les ailes sont couvertes
de taches blanches. La tête est tachetée de blanc. Les épaules et les flancs sont
brun roux et une large tache noire s'étend sur le ventre et le milieu de la gorge.
Les épaules et les flancs sont aussi d'un beau brun roux.
Les mâles sont nettement plus petits avec un plumage plus pâle et n'ont
ni la tache noire du ventre, ni le brun roux des épaules. Les pattes sont gris
noir. On les observe souvent solitaires ou en groupes de 2 ou 3. Ils courent
rapidement. Leur cri faible n’attire pas l'attention.
Distribution — Mœurs : C'est une espèce malgache commune partout.
On les rencontre dans les régions herbeuses avec des petits buissons et dans
les champs de manioc. Ils grattent la terre pour trouver leur nourriture : graines
ou Insectes. Leur vol est court et rapide.
Habite Madagascar et les Mascareignes (BErL10Z 1946 : 38).
Selon les observations d'A. L. RanDp (193€), la reproduction a lieu de
septembre à janvier. Le nid posé sur le sol, à la base d’un petit arbre parmi
les herbes, est placé dans une petite dépression probablement faite par l'oiseau
et complètement entourée et recouverte par des herbes et des feuilles sèches.
La ponte est de 4 à 5 œufs, lisses, blanc roux tachés de brun foncé et de
gris.
Source : MNHN, Paris. |
Oiseaux 99
FAMILLE DES RALLIDAE
(Râles)
La famille des Rallidae est très importante pour le nombre de ses espèces.
Elle groupe des oiseaux le plus souvent semi-aquatiques, de taille moyenne,
aux pattes assez longues terminées par 4 doigts, dont 3 sont très longs, et dépour-
vus de membranes interdigitales.
Les ailes, toujours courtes, sont souvent plus ou moins atrophiées. La
queue est toujours courte. Les jeunes, couverts de duvet à la naissance, peuvent
se nourrir seuls dès le premier jour.
Ce sont des oiseaux adaptés aux zones humides et ils vivent près des maré-
cages. Leurs longs doigts leur permettent de se déplacer facilement sur la vase
et la végétation aquatique.
Ils se cachent au milieu des herbes et leur corps effilé leur permet de s’y
faufiler avec aisance et sans bruit.
Leurs habitudes discrètes les rendent souvent très difficiles à observer.
Ce sont de bons nageurs.
Malgré leur capacité de vol, faible ou nulle, les Râles sont répandus dans le
monde entier et l’on en trouve souvent jusque dans les plus petites îles. Ils
forment ainsi un groupe d'oiseaux probablement très ancien et particulière-
ment intéressant pour l'étude de l'Évolution.
*Actophilornis albinuca (I. Geoffroy Saint-Hilaire)
(pl. 4, fig. 11)
Parra albinuca I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1832, Mag. Zool., 2° année, Classe II [Aves]
signat. 14, pl. 6 (Madagascar).
Parra albinucha ; HanrLaue, 1877 : 352 et 354; A. Mixe-Enwanps et A. GRANDI-
Diër, 1885 : 579 et 581.
Actophilus albinucha ; ScLatEn, 1924 : 142.
Aclophilornis albinucha ; DeLacour, 1932 : 26, n° 69; RanD, 1936 : 355; LavauDeN
1937 : 106 et 184.
Tsikay. — Jacana malgache ou Jacana à nuque blanche. — Madagascar
Jacana.
Identification : 30 cm. La femelle est toujours plus grande que le mâle. Le
Jacana a le corps brun roux vif, le front et la gorge noirs, le dessus de la tête, le
tour des yeux, le dessus du cou et les sus-caudales blancs. Les pattes et le bec
sont gris perle. Ce bel oiseau est immédiatement reconnaissable à son allure, à
ses grandes pattes et à ses couleurs bien tranchées.
Le Jacana africain, A. africana (Gmelin 1788), a été signalé à Madagascar.
Il se différencie par sa nuque noire au lieu de blanche et par sa gorge blanche au
lieu de noire,
Source :
MNHN, Paris
100 Pu. MILON ET AL.
Distribution — Mœurs : Rare dans J'Est où il existe au lac Alaotra, le
Jacana malgache est plus commun dans les savanes du Nord-Est, du Sambirano
et de l'Ouest où on l’observe dans les petits lacs, les étangs et le bord des rivières.
C'est un oiseau bruyant qui se tient, grâce à ses doigts très longs, en équi-
libre sur la végétation aquatique. Quand il est dérangé, plutôt que de chercher
à se cacher au milieu des jones, il court sur la végétation. Le jeune couvert
de duvet réagit comme l'adulte en face d’un danger. Il se nourrit d’Insectes
et de graines de plantes aquatiques. A. L. RAND (1936) a observé des animaux
en état de se reproduire en décembre au lac Ihotry, des jeunes en mars et avril
au lac Kinkony et des pontes en juin à Bekopaka.
Le nid contient 4 œufs brun vert, rayés de brun noir et de gris.
* Canirallus kioloïdes (Pucheran)
(L. 6, fig. 2)
Gallinula kioloïdes Pucheran, 1845, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne, 8° année,
p. 279 (Madagascar).
Canirallus griseofrons ; A. MiLne-Enwarps et A. GranDipien, 1885 : 571.
Cantrallus kioloïdes ; Seuaren, 1924 : 100 ; DeLacour, 1932 : 26, n° 70 ; SaLVAN, 1970 :
198.
Canirallus kioloïdes kioloïdes ; RAND, 1936 : 356.
Mentocrex kioloïdes kioloïdes ; LAVAUDEN, 1937 : 107.
Mentocrez kioloïdes berliori Salomonsen, 1934, 1bis, n° 24, p. 382 (Bezona, northern
Madagascar).
Canirallus kioloïdes berliozt ; RAD, 1936 : 357 ; SALVAN, 1970 : 198.
Tsikoza-ala, Tsikoza vohitra ou Drovikala. — Râle à gorge blanche. —
Graythroated Rail ou Wood Rail.
Identification : 28 em. Le Râle à gorge blanche a le dessus du corps vert
roussâtre, le dessus de la tête gris, la queue brun roux, le dessous du corps roux
vif, avec une petite tache blanche bordée de noir sous le cou et le bas du ventre
brun jaunâtre. L'œil est rouge, les pattes brun rouge et le bec bleuâtre à base
noire.
Cette espèce peut être confondue avec la suivante ; toutes deux ont une
tache blanche sous le cou mais, chez elle, cette tache est beaucoup moins nette
et souvent blanc gris. Elle se différencie aussi de l'espèce suivante par une taille
un peu plus faible et un bec moins long, détails souvent difficiles à apprécier dans
la nature. Elle fréquente en outre un habitat plus nettement forestier.
Son cri que l'on entend souvent en forêt est très caractéristique, c'est une
succession de sifflements passant du grave à l'aigu et qui s’amplifient. L'oiseau
répond d’ailleurs assez bien à limitation de son cri.
Deux formes géographiques ont été distinguées, la sous-espèce nomina-
tive CG. k. kioloïdes (Pucheran) et une sous-espèce plus pâle C. k. berliozi
(Salomonsen).
Source : MNHN, Paris, |
OISEAUX 101
Distribution — Mœurs : C. k. kioloïdes est un oiseau commun dans les forêts
humides de l'Est particulièrement dans les zones les plus humides le long de
la côte. C. k. berliozi est une sous-espèce localisée, mais très commune, dans le
Sambirano et qui, selon J. SALvAN (comm. pers.), atteint les Hauts-Pla-
teaux occidentaux.
Il court sur le sol et vole rarement, même pour fuir.
Les bücherons le capturent avec des pièges placés sur les chemins, qui en
se détendant l’attrapent par les pattes.
Il se nourrit d’Insectes, de Grenouilles et de graines.
A. L. RanD (1936) a observé des jeunes en juin à Maroantsetra et une
femelle en état de se reproduire en octobre à Manombo. Un juvénile presque
noir a été observé avec un adulte à Ambatoloana, sur les hauts de la Mandraka,
le 18 novembre par J. SALvAN (comm. pers.).
Son nid est une coupe faite assez simplement avec des herbes et des feuilles.
Il est placé dans un buisson ou dans les lianes à 2 ou 3 m du sol. Il contient
2 œufs blanc rosé tachés de gris et de roux.
* Dryolimnas cuvieri cuvieri (Pucheran)
(PL. 6, fig. 8)
Rallus Cuviert Pucheran, 1845, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne, 8° année, p. 279
Gle Maurice).
Rallus gularis; Harriaus, 1877 : 337; A. Muxe-Enwarps et A. GRANDIDIER, 1885 :
569.
Dryolimnas cuviert euvieri ; DeLAcour, 1932 : 26, n° 71 ; RAND, 1936 : 357 ; LAVAUDEN,
1937 : 106 ; Azmrenac, 1970 : 224.
Dryolimnas cuvieri ; SazvaN, 1972 © : 49.
Tsikoza. — Râle de Cuvier. — White-throated Rail.
Identification : 34 em. Le Râle de Cuvier a le dos vert olive taché de noir, la
tête et la nuque rousses, la gorge blanche et le reste du corps roussâtre, teinté
de verdâtre sur le bas du ventre.
Le bec est rouge à la base et noir à l'extrémité, Les pattes sont verdâtres.
Moins craintif que les autres Râles, il fréquente les lagunes, les rivières et
les bois marécageux. Le soir, il émet, de temps en temps, un fort et long siffle-
ment et parfois aussi une sorte de cri qui est imité par le nom malgache.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce propre à Madagascar, commune
dans le Nord-Ouest et VEst, plus rare sur les plateaux. On peut deviner sa
présence et quelquefois l'apercevoir dans la forêt où il vit dans la végétation
assez touffue, au bord des étangs et des marais. Dans les savanes de l’Ouest, il
se cache au milieu des roseaux et se nourrit de Mollusques, de Vers et d’Insectes
aquatiques. Il court principalement au milieu de la végétation et vole assez
rarement.
Source :
MNHN, Paris
102 Pu. MILON ET AL.
Son nid est construit dans les plantes aquatiques à environ 1 mètre du
sol.
A. L. Raw (1936) a observé des pontes en novembre à Tabiky et en mars à
Namoroka. La ponte comprend 3 ou 4 œufs brunâtres avec des marques brunes
et grises surtout sur le gros bout.
*Rallus madagascariensis J. Verreaux
(pl. 6, fig. 3)
$ Verreaux, 1833, South Afric. Quart. Journ. p.80 (Madagascar).
; HaRTLAUR, 18 10.
Epwars et A. GranDipien, 1885 : 568 ; SCLATER,
Ranp, 1936 : 359 ; GriveauD, 1961 D : 52.
is : LavAUDEN, 1987 : 107 ; SALvAN, 1971 a : 40, 19720:
Rallus madagascariens!
Biensis madagascariens.
Rallus madagascariensis ; À. MILNE-
: 568; DeLAcoUR, 19:
Rallus aquaticus madagas
1
49.
Tsikoza. — Râle de Madagascar ou Râle d’eau malgache. — Madagas-
car Rail. — Madagaskar-Ralle.
Identification : 25 em. Le Râle de Madagascar a un bec nettement plus
long que celui des autres espèces (4 em). Le dessus de son corps est vert olive
avec de nombreuses taches noires allongées et le dessous est roux. La tête est
teintée de gris et les pattes sont gris brun.
Ce Râle se rencontre dans les zones marécageuses de la forêt mais il est
très craintif et difficile à voir.
Distribution — Mœurs : Le Râle de Madagascar est une espèce propre à
l'île. On le rencontre sur la côte Est où il est assez commun surtout en altitude |
mais a été signalé dans le massif du Marojejy (P. Griveaup 1961 b) et sur les
Hauts-Plateaux à Anjozorobe et à Ivato (J. SALVAN 1971 a).
Il court sur le sol au milieu de la végétation dense, près des marécages.
Il se cache avec soin et ne s’envole que très rarement ; dans ce cas il se pose
à une courte distance.
Il se reproduit d'août à octobre.
Ses œufs sont blancs rougeâtres tachetés de brun.
Porzana pusilla obscura Neumann
1. 6, fig. 9)
Porsana obseura Neumann, 1897, Orn. Monatsb., p. 191 (Tanganyika : Kibaya)-
Porsana pygmaea ; Hanriaus, 1877 : 342 ; A. MiLNE-EnwaRDS et A. GRANDIPIEN
1885 : 578.
Porzana pusilla obseura ; SeLarer, 1934 : 103 ; Decacour, 1932 : 27, n° 73 ; RAND
1936 : 359 : LAvAUDEN, 1937 : 107 ; Sauvax, 1971 a : 40, 1972 c : 49.
Tsikoza. — Râle de Baillon. — African Spotted crake. — Zwergsumpfhuhn:
Source : MNHN, Paris. |
OISEAUX 103
Identification : 17 em. C'est un petit Râle à bec court. Le mâle adulte a le
dessus du corps brun taché de blanc, les côtés de la tête et le dessous du corps
gris ardoisé. La partie postérieure du ventre et le dessous de la queue noir
rayé de blanc. La femelle a la gorge blanche et la poitrine et le ventre bruns
Il est très difficile à voir, mais on entend de temps en temps son chant
fait d’une succession rapide de sons aigus.
Distribution — Mœurs : Le Râle de Baiïllon est un oiseau peu commun
et très discret, mais répandu dans toutes les zones humides avec de grosses
touffes d'herbes aquatiques, aussi bien près de la côte qu’en altitude. Il nous
a même été signalé par sa description dans une rizière près de Tananarive.
Il peut courir sur la végétation flottante.
Le nid en forme de coupe est construit sur une touffe de plantes. Il contient
5 ou 6 œufs brun jaune.
*Amaurornis olivieri (G. Grandidier et Berlioz)
(pl. 6, fig. 1)
Porzana Olivieri G. Grandidier et Berlioz, 1929, Bull. Acad. malg., (n. s.) 10, (1928), p. 83
{région de Maintirano, Antsalova).
Amaurornis olivieri ; Decacour, 1932 : 27, ne 74 ; RanD, 1936 : 359.
Porzana olivieri ; LAVAUDEN, 1937 : 107 et 143.
Tsikoza. — Râle d'Olivier. — Olivier’s Rail. — Oliviers Ralle.
Identification : Ce Râle n’est connu que par 8 spécimens récoltés par la
mission franco-anglo-américaine.
Distribution — Mœurs : C’est un oiseau rare et probablement très localisé.
Le type provient d’Antsalova (province de Maintirano) et les autres spécimens
ont été collectés à Ambararatabe (province de Soalala) dans la savane de l'Ouest.
étation flottante. Il
Il vit au milieu des Phragmites et court sur la
se cache au milieu des Phragmites quand il est dérangé.
Des jeunes ont été observés en mars par A. L. Ranp (1936).
* Sarothrura insularis (Sharpe)
(1. 6, fig. 6 et 7)
Corethrura insularis Sharpe, 1870, Proc. Zool. Soc. London, 1870, p. 400, n° 37 (Sud-
Est du lac Alaotra, Nossivola).
Corethrura insularis ; HarrLAUB, 1877 : 343.
Ortygometra insularis ; A. Muxxx Epwarps et A. GRANDIDIER, 1885 : 575.
Sarolhura insularis ; SeLaren, 1924 : 107 ; DeLacou, 1932 : 28, n° 75; RaND, 1936 : 360;
LAVAUDEN, 1937 : 107 : Griv EAUD, 1961 12 ; ALBIGNAC, 1970 : 224 et 226.
Biry ou Tsobeboka. — Râle insulaire. — Madagascar Crake. — Madagaskar-
Sumpfhuhn.
Source :
MNHN, Paris ||
104 Pa. MiLON ET AL.
Identification : 15 em. Ce petit Râle a, chez le mâle, la tête, la poitrine
ainsi que la queue d’un beau brun roux ; le reste du corps est noir finement
strié de jaunâtre sur le dos et de blanc sous le ventre. La femelle a le dessus
du corps brun foncé finement strié de roux ct le dessous beige roussâtre.
Le bec est noir et les pattes brunâtres.
C’est un oiseau très difficile à voir bien qu'on entende très souvent son cri,
mais on le détermine facilement par sa taille et sa couleur, même si on ne l'aper-
çoit que pendant une seconde.
Distribution — Mœurs : Nous avons observé ce petit Râle dans la forêt de
l'Est, le Sambirano et la Montagne d’Ambre. Il est assez commun dans la
végétation secondaire, les zones herbeuses bordant la forêt et les clairières.
Il s'envole très rarement ; s’il le fait, il se pose quelques mètres plus loin et
disparaît.
Son cri est assez fort et prolongé. On l'entend très souvent vers 17 h et
on peut l'imiter par une succession de « Bir Bir » de plus en plus rapprochés.
(C’est de son cri que lui vient son nom malgache.)
Des pontes ont été trouvées par A. L. RanD (1936) en octobre à Manombo.
Le nid mesure à l'extérieur 170 x 120 mm, il a des parois assez épaisses faites de
grosses feuilles d’herbe assemblées. L'intérieur est densément tapissé d'herbe
fine. Il contient 2 à 4 œufs blancs.
* Sarothrura watersi (Bartlett)
1. 6, fig. 4 et 5)
Zapornia watersi Bartlett, 1879, Proc. Zool. Soc. London, 1879, p. 772, pl. LXIII (Sud-
Est du pays Betsileo).
Ortygometra Watersi ;
Sarothrura watersi
361; SaLvAN, 1972 b : 168, 1972 c : 49.
Lemurolimnas watersi ; SALOMONSEN, 1934 : 388.
Râle de Waters. — Waters's Crake. — Waters Sumpfhuhn.
Identification : 14 em. Le mâle a toute la partie antérieure d'un beau brun
roux, le dos olivâtre tacheté de noir, la queue roux vif et le ventre gris.
La femelle a le dessus du corps brunâtre et le dessous grisâtre. Le bec
est noirâtre et les pattes brunes.
C’est un oiseau presque impossible à apercevoir au milieu de la végétation
dense où il vit.
Distribution — Mœurs : Le Râle de Waters est une espèce rare, découverte
par Thomas Warers dans le Sud-Est Betsileo et qui a été retrouvée à 1 800 m
près d’Andapa par la mission franco-anglo-américaine et près d'Ivato par
J. Sazvan (1972 b).
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 105
|
|
Il vit près des marécages dans les herbes au voisinage du S. insularis qui |
préfère les zones plus sèches. |
A. L. RanD (1936) a observé une femelle prête à pondre en septembre à |
Andapa.
Gallinula chloropus pyrrhorrhoa A. Newton
(pl. 6, fig. 11)
Gallinula pyrrhorrhoa A. Newton, 1861, Proc. Zool. Soc. London, 1861, p. 19 (ile Maurice).
Gallinula pyrrhorrhoa ; HarrLaUB, 1877 : 348.
Gallinula chloropus var, pyrrhorrhoa ; A. MILNE-EbwanDs et A. GRANDIDIER, 1885 : 594.
Gallinula chloropus pyrrhorrhoa ; Sc R, 1924 : 108 ; Decacour, 19: noi T
RanD, 1936 : 361 ; LAVAUDEN, 1937 : 108 ; GuiveaUD, 1961 a : 40 ; SALVAN, 1972 c : 49.
Gallinula chloropus ; ALBIGNAG, 1970 : 226.
Aretaka. — Poule d'eau. — Madagascar Moorhen. — Teichhuhn.
Identification : 32 em. La Poule d'eau malgache ressemble beaucoup à celle
d'Europe. Elle est gris ardoisé avec des reflets vert roussâtre sur le dos et des
taches blanches sur les flancs. Le dessous de la queue est blanc roux au lieu
de blanc comme chez la forme européenne. Le bec est jaune à l'extrémité et
rouge à la base comme la plaque frontale. Les pattes sont vert jaunâtre.
On l'observe généralement sur l’eau où elle paraît noire, mais une ligne
blanche sur les flancs et une tache blanche sous la queue sont très visibles.
Elle nage avec des mouvements de tête saccadés en remuant sa queue.
On entend souvent son cri, sorte de « croou » caractéristique.
Distribution — Mœurs : La Poule d'eau est un oiseau commun partout
même sur les plateaux, dans les mares, les lacs et les étangs où elle nage à la
limite de la végétation, prête à se protéger dans les roseaux.
On la voit souvent perchée sur les roseaux où même sur un arbre surplom-
bant une mare.
A. L. RanD (1936) a observé des pontes en mars et en décembre. Selon
J SaLvaN (comm. pers.), la reproduction a lieu en saison des pluie:
Le nid, parfois placé à terre, est souvent construit dans un buisson à faible
hauteur (1 à 3 m) au-dessus de l'eau.
Il contient souvent 5 œufs brunâtres tachés de brun et de gri
Porphyrula alleni (T.R.H.
(PL. 6, fig. 10)
. Porphyrio alleni T.R.H. Thomson, 1842, Ann. Mag. Nat. Hist, 10, p. 204 (Afrique
oceid : Idda [sur le fleuve Niger]).
Porphyrio alleni ; HawrLAuB, 1877 : 346 ; A. Mixe-Enwarps et A. GRANDIDIER, 1885 :
‘homson)
Porphyrula allent ; Se.ATER, 1924 : 107 ; DeLacouR, 1932
L'AVAUDEN, 1937 : 108.
9, n°78 ; RaND, 1936 : 36
Source : MNHN, Paris||
106 PH. MILON ET AL.
Talevakely ou Hesetrika. — Petite Poule sultane ou Porphyrion d’Allen. —
Allen’s Reed Hen. — Afrikanisches Sultanshuhn.
Identification : 29 em. C’est une petite Poule sultane (voir l'espèce suivante).
Le dessus du corps est verdâtre. La tète et le dessous du corps sont bleu foncé,
Le bec et les pattes sont rouges et le prolongement frontal du bec est verdâtre.
Les jeunes sont entièrement brunâtres.
Elle émet une sorte de coassement et un cri aigu.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce migratrice largement répartie
en Afrique et en Europe. La petite Poule sultane est assez commune à Mada-
gascar, On la rencontre sur la côte Est, dans le Sambirano et les savanes du
Nord et de l'Ouest, près des grands étangs. Son habitat est semblable à celui
de l’espèce précédente.
Elle marche sur la végétation flottante comme le Jacana, mais elle est
toujours prête à regagner l'abri des roseaux. On la rencontre, en général, par
couple. Elle nage bien et se nourrit de graines, de feuilles et d’Insectes.
La reproduction a lieu en janvier.
*Porphyrio madagascariensis (Latham)
(pL. 6, fig. 14)
Gallinula madagascariensis Latham, 1801, Ind. Om., Suppl., p. LXVIIT (Madagascar).
Porphyrios smaragnotus ; HanrLaUB, 1877 : 345 ; À. MILNE-EDWARDS et A. GRANDIDIER,
1885 : 587.
Porphyrios madagascariensis ; ScLATER, 1924 : 107 ; Deracour, 1932 :
Ranp, 1936 : 363 ; LAvVAUDEN, 1937 : 108 ; SaLvaN, 1972 c : 49.
Talevana. — Poule sultane à dos vert. — King Reed-Hen. — Mada-
gassisches Sultanshuhn.
Identification : 40 cm. La Poule sultane a le corps entièrement bleu vert,
sauf la zone anale qui est blanche. Les pattes et le bec, ce dernier surmonté
d’une plaque frontale, sont rouge vif.
129, n° 79;
Ses longs doigts lui permettent de courir sur la végétation flottante.
Peu craintive, elle se laisse observer assez facilement.
Distribution — Mœurs : C’est un oiseau assez commun dans tout Mada-
gascar, partout où il existe de grandes étendues d'eau plus ou moins maréca-
geuses et où poussent les Papyrus et les Phragmites. Il se déplace au milieu
de la végétation. Quand il est dérangé, il s'envole en remuant les pattes et
va se percher au milieu d’un buisson de roseaux.
La reproduction a lieu en janvier.
Le nid est construit près de l’eau ou dans un petit arbre surplombant l'eau.
Il contient 3 à 5 œufs brunâtres plus ou moins teintés de rouge.
Source : MNHN, Paris: |
Oiseaux 107
Fulica cristata Gmelin
(pl. 6, fig. 12 et 13)
Fulica cristata Gmelin, 1789, Syst. nat., tome 1, pars 2, p. 704 (Habitat in Madagascar
et Sina,
Fulica cristata ;
Harriaus, 1877 : 352; A. Mir
EDWARDS et A. GRAN DIDIER, 1885 :
586 ; Sezaren, 1924 : 109 ; DeLacoun, 1932 : 29, ne 80 ; RanD, 1936 : 363 ; LAVAUDEN, 1937 :
108.
sohia, Otrika, Vontsiona où Akoharano (Poule d'eau). — Foulque de
Madagascar, Foulque à crête. — Red-Knobbed coot. — Kammblässhuhn.
Identification : 44 em. La Foulque a un peu l'allure d'un Canard noir quand
on l’aperçoit sur un étang. Son plumage est de couleur générale noire devenant
roussâtre sur les ailes. On remarque bien le bec et la plaque osseuse blanc bleuté
qui le surmonte mais on remarque plus difficilement les caroncules charnues
brun rouge qui dominent cette plaque et qui forment une sorte de crête. Les
pattes sont gris bleu.
La Foulque a le même type de hochement de tête que la Poule d’eau pen-
dant la nage et elle plonge souvent. Elle émet de temps en temps un cri bref
et sonore.
On la rencontre fréquemment près des étendues d’eau, où elle nage très
bien grâce à ses pattes aux membranes lobées.
Distribution — Mœurs : C'est une espèce migratrice très répandue dans
le monde. À Madagascar, elle est commune dans toutes les zones humides
de l'île, On la trouve même au lac Tsimanampetsotsa. Quand elle est apeurée,
elle nage vers le milieu du lac. Son vol est lourd. Elle s'aide des pattes pour
s'envoler. Elle se nourrit d’Insectes, de feuilles et de graines.
La reproduction a lieu en janvier et en février.
Le nid est souvent placé sur une touffe d'herbe ou un radeau flottant.
Une ponte de 7 œufs brun roux a été trouvée au lac Tsimanampetsotsa.
FAMILLE DES LARIDAE
(Goélands, Guiffettes, Sternes)
La famille des Laridae comprend des oiseaux généralement marins,
grégaires, nicheurs en colonies, aux ailes longues et pointues et bien doués
pour le vol. Les mâles et les femelles sont généralement semblables.
Les Goélands où Mouettes sont des oiseaux robustes, bons voiliers et
bons nageurs. Contrairement à la plupart des Sternes, ils ne plongent pas et
se nourrissent de ce qui flotte sur l'eau ou de ce qu’ils trouvent à terre sur le
Tivage : Poissons morts ou débris de toutes sortes. Deux espèces vivent à Mada-
gascar.
Les Sternes, appelés souvent Hirondelles de mer, sont des oiseaux généra-
lement plus légers et au vol extraordinairement aisé. Elle se nourri
sent surtout
Source :
MNHN, Paris,
108 PH. MILON ET AL.
de petits Poissons qu'elles attrappent en plongeant après de fréquents vols
sur place très caractéristiques. Elles se rencontrent dans le monde entier,
Certaines comptent parmi les plus grands migrateurs connus
Larus dominicanus Lichtenstein
(p. 13, n° 4)
Larus dominicanus Lichtenstein, 1823, Ve: 82 (côtes du Brésil).
Larus dominicanus ; O. BAN 2 k, 1924 : 144 ; DELAGOUR, 1932:
6, ne 3; Rav, 1936 : 317; LavauDEN, 1987 : 100 ; Minow, 1948 : 62, 1950 a : 6
Kolokoloka. — Goéland dominicain, — Southern Black-backed Gull. —
Dominikanermüwe.
Identification : 60 cm. st un très bel oiseau, très facile à reconnaître
à sa grande taille, à sa couleur blanche, sauf sur le dessus du corps et sur les
ailes qui sont noirâtres, à son vol superbe lorsqu'il étend ses longues ailes
souples aux battements lents. Ses pattes sont jaunes. Son bec jaune est taché
d'orange à la mandibule inférieure. Les jeunes et les subadultes ont un plu-
mage taché de brun.
On voit souvent les Goélands dominicains près des côtes, par paires où
par petits groupes, immobiles sur le sable pendant la journée. Souvent peu
farouches ils se laissent approcher jusqu'à une trentaine de mètres.
Leurs cris, sorte de « coi » brefs, répétés, ou de forts « koué » successifs
s'entendent surtout le matin ou lorsqu'on les dérange.
Distribution — Mœurs : Les Goélands dominicains ont une large répartition
dans le monde. On les rencontre sur les côtes d'Amérique du Sud, d'Afrique
du Sud, de Madagascar et de Nouvelle-Zélande. On peut les considérer comme
les homologues pour l'hémisphère Sud des Goélands marins de l'hémisphère
Noid. Ils sont assez communs le long des côtes du Sud-Ouest de Madagascar
et sont abondants au lac Tsimanampetsotsa (observation notamment en
janvier d’un groupe de 45 posés isolés ou en groupes lâches) (MiLon 1950 a).
Il est fréquent de les voir s'élever en cercle, comme des Rapaces, en utili-
sant les courants aériens.
Leur voracité (Ph. Micon, 1948, signale un œuf entier de Sterne trouvé
dans un estomac) et leur force en font des prédateurs redoutés et ils prélèvent
un large tribut sur toute la vie animale qui les entoure, mangeant aussi bien
des œufs, des poussins qu'ils attaquent à la sortie du nid, que des cadavres.
(Quand ils survolent les colonies nicheuses de Sternes, ils sont fréquemment
poursuivis par ces oiseaux). Ils peuvent se nourrir aussi de Poissons, de Crus-
tacés ou de Vers qu'ils pêchent ou ramassent au bord du rivag
La reproduction a lieu d'octobre à janvier. Ph. Micon (1950 a) signale
des jeunes en janvier près du lac Tsimanampetsotsa. A. L. RaND (1936) signale
des oiseaux en plumage immature en mars.
Source : MNHN, Paris, |
OISEAUX 109
Le nid est fait d’un grossier amas de cailloux et d'herbes sur le sol.
La ponte est de 2 ou 3 œufs brun vert pâle avec des taches brun foncé.
Larus cirrocephalus Vieillot
Larus cirrocephalus ; À, MuN n, 1885
145 ; Decacour, 1932 : 7, n° 4 ; RAND, 1936 : 317 ; LAVAUDEN, 1937 : 100 ; G
40; SaLvaw, 1972 e : 41.
Larus cirocephalus ; SALVAN, 1970 : 193.
Varevake — Goéland à tête gri
môüwe.
— Gray-headed Gull. — Graukopf-
=
Identification : 40 cm. Ces Goélands, en majeure partie de couleur grise,
sauf la nuque et le ventre blancs, se distinguent des Goélands dominicains
surtout par leur taille beaucoup plus petite.
La couleur de leur plumage est très variable, les jeunes tachés de brun
présentent souvent divers états de transition avec le plumage adulte. Le bec
et les pattes sont rouges, les yeux sont jaune pâle. On les rencontre surtout
près des lacs en petits groupes.
Distribution — Mœurs : Les Goélands à tête grise ont une vaste aire de
répartition qui s’étend de l'Amérique du Sud à l'Afrique avec Madagascar
pour limite orientale. On peut les considérer comme les homologues pour
l'hémisphère Sud de la Mouette rieuse de l'hémisphère Nord.
Ils ont notamment été observés en mai-juin au lac Alaotra et en novembre-
décembre au lac Kinkony, au lac Lotry, au lac Itasy ainsi qu'aux environs de
Tananarive et d’Antsalova.
La reproduction a lieu de juin à décembre et leurs deux ou trois œufs,
souvent brun vert, mais de couleur très variable, sont pondus à même le sol.
Hydroprogne caspia (Pallas)
(- 111, n° 1)
Sterna caspia Pallas, 1770, Nov. Comm. Petrop., XIV, pars 1, p. 582 (mer Caspienne).
Sterna caspia ; A. MiiNE-Eowanns'et A. GRANDIDIER, 1885 : 650.
Hudroprogne caspia ; ScLarer, 1924 : 148; DeLacour, 1932 : 7, n° 5; LAVAUDEN,
1932 : 630, 1937 : 101 ; RanD, 1936 : 318; MILON, 1950 c : 545 ; Sauvaw, 1971 b : 214.
Samby. — Sterne caspienne ou Sterne tchégrava. — Caspian Tern. —
Raubseeschwalbe.
Identification : 55 em. Ce sont de grandes Sternes à l'allure de Mouettes.
Le dessus de la tête est noir plas ou moins net, le dessus du corps est gris bleu ;
le bout des ailes est noirâtre ; le reste du corps est blanc. La queue est légère-
ment fourchue, les pattes sont noires et le bec rouge.
Source :
MNHN, Paris]
110 Pu. MiLON ET AL.
Leur cri sonore ressemble un peu à celui du Corbeau et s'entend de très
loin.
Leur grande taille et leur énorme bec rouge les font aisément reconnaître,
Distribution — Mœurs : Ce sont des oiseaux assez fréquemment observés
par petits groupes sur les côtes de l'Ouest, du Nord, et du Nord-Est de Mada-
gascar. Cette Sterne a notamment été observée en novembre par A. DHoxpr
(comm. pers.) sur le lac Mandroseza près de Tananarive ; nous en avons observé
plusieurs volant lentement au-dessus du lac sacré d'Anivorano Nord au Sud
de Diégo-Suarez. Elle fréquente le bord de mer (J. Sazvan 1971 b) ou les lacs
et plonge facilement pour pêcher les Poissons.
En Afrique, elle niche en colonies sur les côtes de Tunisie, dans le Golfe
de Suez et sur la côte de Mauritanie. À Madagascar elle est sédentaire et niche
en petites colonies sur les côtes, notamment près de Diégo, de Tamatave et
d’Androka entre mars et juillet et sur Nosy Manitra, îlot du Sud-Ouest de
Madagascar, de début juin à fin août.
Le nid est généralement une dépression dans le sable. Il contient deux œufs
de taille variable (60 à 80 mm) de couleur chamois et tachés de gris brun et de
gris.
Chlidonias leucopareia sclateri Mathews et Iredale
Chlidonias leucopareia sclateri Mathews et Iredale, 1921, Man. Birds Australia, I, p. 84
(Afrique du Sud).
Sterna hybrida; A. MiLxe-Enwarps et A. GRanDiDIER, 1885 : G49.
Hydrochelidon leucopareia delalandii ; O. BAGs, 1918 : 492, n° 13
Chlidonias leucopareia sclateri ; ScLATER, 1924 : 15: our, 1932 : 7, n° 6; Ra,
1936 : 318; Lavaunex : 1937, 101; MizoN, 1946 b : 85; SALVAN, 1970 : 193.
Chlidonias hybrida sclateri ; MoN, 1947 : 183, 1949 € : 195; R.P., 1951 : 91.
Chlidonias hybrida (Pallas) ; SALVAN, 1972 e : 41.
Samby. — Guifette moustac. — South African Whiskered Tern. — Weiss-
bartseeschwalbe.
Identification : 32 em. La Guifette moustac à le dessus du corps gris
cendré avec le sommet de la tête et la nuque noirs, le menton et les joues blanc
pur et la face inférieure gris noir. (Le jeune a le front blanc). Le bec est rouge
et les pattes jaune orangé. Son cri grinçant paraît désagréable ; c’est une sorte
de « skai-ah ».
Distribution — Mœurs : Cette Sterne qui habite dans tout l’ancien monde
a été signalée par Ph. Mizox (1946 b, 1947) comme nichant à Tananarive.
N.S. Marcozm (comm. pers.) l’a également observée à Tananarive en sep-
tembre et au lac Kinkony en octobre. Elle a aussi été observée à Alarobia
début novembre par A. DHonpr (comm. pers.). J. SALVAN (1970) l'indique
comme commune sur les marais d'Ambereny en juillet. On la voit fréquem-
ment raser la surface de l’eau comme une Hirondelle pour manger les Insectes
aquatiques. Elle niche à Madagascar en octobre-novembre. Le nid est un petit
Source : MNHN, Pari:
111
tas d'herbes ou de débris aquatiques flottant au milieu de la végétation aqua-
tique. Il contient en général 3 œufs brunâtres tachés de brun sombre.
Ghlidonias leucoptera (Temminck)
Sterna leucoplera Temminek, 1815, Man. d'Ornith., 1re édit., p. 483 (rivages de La Mé
terranée).
Chlidonias leucoptera ; ScLaTER, 1924 : 153; D
318; LAvAUDEN, 1937 : 101.
AcoUR, 1932 : 7, n° 7 ; RaxD, 1936 :
Samby. — Guifette leucoptère, — White-winged Black Tern. — Weissflü-
gelseeschwalbe.
Identification : 25 cm. C’est un visiteur à Madagascar pendant l'hiver
paléarctique. Le dessus du corps est alors gris sombre avec des taches noires
sur les épaules et derrière l'œil. La tête, le cou et le dessous du corps sont blani
Le bec est noir. Son cri est une sorte de « kerr ». On l’observe parfois au-dessus
des étendues d’eau douce mais souvent aussi très loin dans les terres.
Distribution — Mœurs : On rencontre la Guifette leucoptère en décembre-
janvier surtout sur les lacs où elle peut pêcher des Poissons mais elle se nourrit
surtout d'Insectes, notamment de Sauterelles qu’elle capture en volant par-
à 1. — Hydroprogne caspia
— Sterna bengalensis
3. — Sterna fuscata
4. — Sterna anaetheta
5. — Sterna hirundo
<< 6. — Sterna albifrons
Source : MNHN, Paris
112 Pu. MILON ET AL.
fois très loin des étendues d’eau. Elle niche en zone paléarctique, mais il en
existe aussi des colonies nicheuses au Kénya et au Tanganyika.
Sterna bengalensis (Mathews et Iredale)
(p. 111, n°2)
Pelecanopus bengalensis Mathews et Iredale, 1921, Man. Birds Australia, I, p. 94 (mer
Rouge).
Sterna edia ; A. Muxe-Enwanps et A. Granniien, 1885 : 656.
Sterna bengalensis arabicus ; O. BanGs, 1918 : 492, n° 14.
Sterna bengalensis ; ScLATER, 1924 : 150 ; Deracour, 1932 : 7, n° 8; RanD, 1936:
318; LavauDEN, 1937 : 102; MiLow, 1950 e : 548; SALVAN, 1971 b : 214.
Samby. — Sterne du Bengale. — Arabian Lesser Crested Tern. — Rup-
pellsche Seeschwalbe.
Identification : 35 cm. La Sterne du Bengale ressemble à Sterna bergit
en plus petit. Comme cette espèce elle a le dessus du dos et les ailes clairs,
ainsi que le bec jaune orange et les pattes foncées. La taille seule permet de
les différencier dans la nature et c'est un critère difficile à évaluer.
Son cri est rauque.
Distribution — Mœurs : Les Sternes du Bengale habitent la Méditerranée
et l'Océan Indien.
Ce sont les Sternes de beaucoup les plus communes à Madagascar. On
les rencontre sur toutes les côtes où elles peuvent se rassembler par groupes
de plusieurs centaines sur le sable.
Pendant la grande chaleur elles se perchent souvent dans les arbres de
la mangrove.
On rencontre parfois des petits groupes de S. b. bergii mêlés à leurs troupes.
Elles capturent leurs proies en plongeant ou en nageant.
Leur reproduction’ autour de Madagascar en juin et juillet est probable
(J. SALVAN comm. pers.).
Sterna hirundo Linné
(. 111, n° 5)
Sterna Hirundo Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 137, n° 2 (Habitat in Europa).
Sterna hirundo ; ScLATER, 1924 : 148 ; DeLacou, 1932 : 8, n° 9 ; RaND, 1936 : 319 ; MILON
1950 c : 548.
Samby. — Sterne hirondelle, Sterne Pierre-Garin. — Common Tern. —
Flussseeschwalbe.
Identification : 35 em. Ce sont des Sternes au dos et aux ailes claires. Le
bec est rouge à pointe noire ou presque entièrement noir.
Source : MNHN, Paris
OISE.
Ux 113
Distribution — Mœurs : La Sterne Pierre-Garin est très sociable, on l'observe
ôtes Nord-Ouest de Madagascar, entre décembre et janvier.
souvent sur les
Elle niche en Afrique du Nord.
Sterna dougallii Montagu
Sterna dougallit Montagu, 1813, Orn. Dict. Suppl. (aucune pagination) (Cumbrae Is,
Firth of Clyde).
Sterna dougallit
145, 1950 c : 549 ; Sax
Sterna dougallit arideer
1936 : 319; LAVAUDEN, 1937 Sai
Sterna dougalit dougallii ; MiuoN, 1948
5 MinoN, 1950 D:
acour, 1932 : 8, n° 10; RAND,
Samby ou Kirinin
Rosenseeschwalbe.
. — Sterne de Dougall, — Seychelles Roseate Tern. —
Identification : 37 em. C’est aussi une Sterne au dos et aux ailes claires
mais elle est encore plus claire que l'espèce précédente. Le bec est souvent
entièrement noir. Le cri le plus fréquent est une sorte de « K
Distribution — Mœurs : Cette espèce ubiquiste est assez erratique en
Afrique. A. L. RanD (1936) en a observé en septembre sur la Côte Nord-Est
de Madagascar et au Nord de Vohémar, des groupes d'environ 200 posés sur
la terre découverte à marée basse ; Ph. MrLoN (1948) en a évalué un nombre
de plus de 9 000 en juillet sur l’ilot Nosy Manitra au Sud-Ouest de Madagascar
et J. SALVAN (comm. pers.) un groupe de 6 dans la baie de Diégo-Suarez.
6 » répé
Elle se reproduit entre avril et juillet au Sud de Tamatave (J. SaLvaN
1971 b) et du début juillet à fin septembre au Sud de Tuléar (Ph. MiLon 1948).
Le 18 juillet sur Nosy Manitra, flot situé au Sud-Ouest de Madagascar, le
nombre des nids fut évalué (Ph. Micon 1948) à environ 4 000 et il y avait 1
ou 2 œufs par nid (41 % des nids avec 1 œuf, 59 % avec 2 œufs et 0,3 % avec
trois œufs en estimant les pontes complètes. Dans 20%, des nids les œufs avaient
été pondus par deux femelles.) Il n'existait pas en fait de nid véritable, le
sable était simplement un peu gratté et les pontes se trouvaient à environ
0,50 m les unes des autres.
Sterna bergii bergii Lichtenstein
Sterna bergii Lichtenstein, 1823, Verz. Doubl., p. 80 (Cap de Bonne Espérance).
Sterna bergii ; A. Mnxe-Enwanps et A. Granpinren, 1885 : 652; Minon, 1948 : 66,
1950 e : 547; SaLvan, 1971 b : 216.
Sterna bergii bergii ; Scuaten, 1924 : 150; Drracour, 1
320; LAVAUDEN, 1937 : 101.
8, no 11; RanD, 1936 :
Samby.
Sterne huppée. — Mascarene Swift Tern. — Eilseeschwalbe,
Identification : 42 em. C'est une grande Sterne avec un bec jaune et des
pattes d'un gris plus sombre que celui de la Sterne du Bengale. Une bande
blanche sépare le bec de la calotte noire.
Source :
MNHN, Paris
114 PH. MILON ET AL.
On voit souvent les Sternes huppées sur les plages, mais elles semblent
aimer surtout les bords des petits flots où elles se reposent à côté de l’eau.
Distribution — Mœurs : Ce sont des oiseaux assez communs sur les côtes
de Madagascar. On les voit rarement en grandes troupes; de petits groupes
d’une vingtaine d'oiseaux s'associent souvent aux rassemblements de S. benga-
lensis dans les baies où la marée découvre de larges bancs de vase. Comme
ces dernières elles aiment se percher dans la mangrove pendant les fortes
chaleurs.
Leur nourriture est essentiellement composée de Poissons. Elles se repro-
duisent sur les petits îlots des côtes de Madagascar entre avril et juillet
(Ph. Miron 1948, J. Sazvan 1971 b). Comme la plupart des autres Sternes,
elles déposent leurs œufs directement sur le sol.
Sterna albifrons saundersi Hume
(. 111, n° 6)
Sterna saundersi Hume, 1877, Str. Feath, V, p. 327 (Karachi).
Sterna minuta ; HanrLAUB, 1877 : 390.
Sterna albifrons saundersi ; ScLATER, 1924 : 151 ; DELACOUR, 1932 : 8, n° 12 ; RaND, 19:
320; LAvAUDEN, 1937 : 101.
Sterna albifrons ; MiLox, 1948 : 66.
Samby. — Sterne naine. — Indian Little Tern. — Zwergseeschwalbe.
Identification : 24 em. C’est un visiteur à Madagascar pendant l'hiver
paléaretique. Le dessus du corps est alors gris pâle avec une barre noirâtre
sur les ailes et le front est blanc. Une couronne noirâtre et blanche orne le dessus
de la tête. Le dessous du corps est blanc pur. Le bec est noir et les pattes oranges.
Distribution — Mœurs : On rencontre ces Sternes par petits groupes d’une
trentaine sur la côte Ouest de Madagascar entre novembre et mars. Elles
semblent moins communes que les Sternes huppées. Elles se nourrissent de
Poissons en plongeant à la manière typique des Sternes.
Sterna fuscata Linné
(p. 111, n° 3)
Sterna fuscata Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12e édit., p. 228, n° 6 (Habitat in Insula
Dominicenti).
Sterna fuscata subsp. : DeLAcoUR, 1932 : 85, n° 7
Sterna fuscata ; LAVAUDEN, 1932 : 630 ; RaND, 1936 :
1950 € : 550; SALvAN, 1971 b : 213 et 216.
Sterna fuscata nubilosa ; MiLoN, 1948 :
Samby ou Sarevaka (imitation du cri). — Sterne fuligineuse. — Sooty
Tern. — Russ-Seeschwalbe.
Identification : 37 em. Le dessus du corps et la tête sont noirs ; le front
est blanc. Une ligne noire part de la base du bec et rejoint la calotte noire
; Annoux, 1950 : 57 ; MILON;
5, 1950 c : 549; Mazzy, 1966 : 24.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 115
en englobant l'œil. Le dessous du corps est blanc. Le bec et les pattes sont
noirs. Le cri est une sorte de « Varevak » ou « Ka-e-Karek » bien reconnais-
sable. Au vol on distingue surtout le front blanc plus large que celui de
S. anaetheta.
Distribution — Mœæurs : C'est une espèce que l’on croyait rare à Mada-
gascar : une capture avait été faite près de Rogez par L. LAvAUDEN en 1932,
mais Arxoux (1950) et JouanIN (comm. pers.) en ont observé une très impor-
tante colonie à l’îlot du Lys (Glorieuses), le premier en avril 1948, le second en
novembre 1970. BarAU (comm. pers.) a observé la reproduction aux Roches
Vertes (Glorieuses) en avril 1971, Ph. Mirox (1948) et J. Sacvan (1971 b),
au Sud de Tamatave et au Sud de Tuléar, de mi-juillet à fin septembre. L'espèce
a aussi été observée aux îles Europa et Juan de Nova (P. Mazzy 1966). Dans
cette dernière, le début de la reproduction a été noté par J. SaLvan le 2 novem-
bre 1970 (comm. pers.). Le problème posé par les dates de reproduction de
Sterna fuscata aux alentours de Madagascar mériterait d'être étudié, On sait
que l'espèce souvent n’a pas un rythme de reproduction annuel (ASHMOLE
1963).
Le 17 juillet, sur Nosy Manitra, 8 nids furent observés (Ph. Micon 1948)
bien à découvert sur le sable, en bordure des nombreux nids de Sterna dougallii.
Ils contenaient tous un seul œuf.
Sterna anaetheta antarctica Lesson
(p. 111, n° 4)
Sterna antaretica Lesson, 1831, Traité d'Ornith., p. 621 (île de France [— Maurice]).
Sterna anœætetha ; À. Mixe-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885 : 6:
Sterna anϾthetus antarctica ; SczaTER, 1924 : 152; DeLacour, 1932 :
Sterna anaethetus antaretica ; RAND, 1936 0; SALVAN, 1971 b : 21
Sterna anaethela antarctica ; LAVAUDEN, 19 102.
Sterna anaetheta fuligula ; Minon, 1948 : 65; 1950 c : 549.
Samby, Mavolambosy (dos couleur de cendre). — Sterne antarctique,
Sterne bridée. — Mascarene Bridled Tern. — Braunzügelseeschwalbe.
Identification : 35 em. Le dessus du corps est gris brun avec la tête noire
et la nuque blanche, le dessous du corps blanc. Une ligne blanche marque le
dessus des yeux et le front.
Son cri, sorte de « ouë-ouè » assez peu sonore est très différent de ceux de
Sterna dougallii et de Sterna fuscata. Au vol on la distingue bien de S. fuscata
par son front blanc nettement plus étroit.
Distribution — Mœurs : Cette Sterne que l’on rencontre dans toutes les
mers intertropicales a été observée sur la côte Ouest. Un groupe d’une tren-
taine a été signalé par A. L. Ranp (1936) entre Nosy Be et Ampasimena en
décembre. Ph. MiLon (1948) l'a observée près de Tuléar et à Nosy Manitra
dans le Sud-Ouest de Madagascar où le 19 juillet il a pu compter 250 oiseaux.
Source :
MNHN, Paris
116 Pu. MILON ET AL.
Cette Sterne est plus tardive que S. fuscata car à cette date il n’y avait encore
aucune ponte. Elle recherche spécialement l’abri des buissons pour y ins-
taller son nid. Sa période de nidification s’étendrait de mi-juillet à fin septembre,
L'œuf unique est blanc rougeâtre semé de taches brunes.
Gygis alba monte Mathews
Gygis alba monte Mathews,
Gygis alba ; HanriAUB, 18
Gygis candida; A. Mr Epwarps et A. Granppier, 1885 : 661.
Leucaneus albus monte ; LAVAUDEN, 1937 : p. 102.
Gygis alba monte ; RanD, 1936 : 321.
Birds Australia, 1, p. 143.
9.
Gygis blanc. — Indian Ocean White Tern.
Identification : 31 em. Le Gygis a un plumage entièrement blanc, sauf la
base des plumes des ailes et de la queue qui sont noires. Le bec est noir bleuté
et les pattes bleuâtres.
Distribution — Mœurs : Cette Sterne vit à l'Ouest de l'Océan Indien. Elle
se reproduit aux Seychelles et peut-être aussi dans les Mascareignes (NEWTON
1861). Il n'est pas étonnant qu'on la trouve quelquefois sur les côtes de Mada-
gascar.
Elle fait souvent la chasse aux Poissons volants qu'elle saisit lorsqu'ils
sortent de l'eau.
Deux œufs blanc verdâtre, légèrement tachés de brun rouge sont pondus
directement, à la bifurcation de deux grosses branches à faible hauteur.
Anous stolidus rousseaui Hartlaub
Anous Rousseaui Hartlaub, 1861, Orn. Beitr. Fauna Madag., p. 86 (Madagascar).
Anous stolidus, A. Mizxe-Enwanps et A. GranDinier, 1885 : 664, pl. 289.
Anous stolidus rousseaui ; DeLacour, 1932 : 85, n° 9; RAND, 19€ 13 LAVAUDEN, 1937:
102; Sauvax, 1971 b : 216 et suiv.
Noddi niais. — Mascarene Noddy. — Noddiseeschwalbe.
Identification : 40 em. Le plumage du Noddi niais est de teinte générale
brun roux, avec une tache noire à la base de l’aile et de la queue. Le sommet
de la tête est gris avec une tache noire au-dessus et en arrière de l'œil. Le bec
et les pattes sont noirs.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau fréquente toutes les mers chaudes.
On le rencontre dans l'Océan Atlantique, l'Océan Pacifique et l'Océan Indien.
On l'observe quelquefois près des côtes de Madagascar et il se reproduit entre
mars et juin au Sud de Tamatave (J. Sazvan 1971 b). JouaNIN (comm. pers.)
a observé la reproduction en novembre 1970 à l’île du Lys (Glorieuses).
Les œufs sont blanc rose avec de grosses taches brunes.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 117
Megalopterus tenuirostris tenuirostris (l'emminck)
Sterna tenuirostris Temminck, 1823, pl. col., livr. 34, pl. 202.
Anous lenuirostris ; À. MiLNE-Enwanps et À. GRANDIDIER, 1885 : 665.
Megalopterus tenuirostris lenuirostris ; ScLarer, 1924 : 155 ; DeLacoun, 1932 : 85, no 9;
Raw», 1936 : 321; LAVAUDEN, 1937 : 102.
Anous t. tenuirostris; MiLoN, 1948 : 66, 1950 € : 53
0,
Vorontoloho (Oiseau qui ressemble au Toloho). — Noddi à bec grêle. —
Seychelles White-capped Noddy.
Identification : 32 cm. Le Noddy à bec grêle ressemble à l'espèce pré
dente mais sa taille est plus petite, son plumage plus foncé et son bec plus
faible. Les pêcheurs de la côte du Sud-Ouest de Madagascar le comparent au
Toloho à cause surtout de sa couleur sombre.
Distribution — Mœurs : Cette Sterne qui fréquente l'Ouest de l'Océan
Indien n’est pas rare au voisinage des côtes de l'Ouest de Madagascar (Ph.
Mizox 1948). Elle ne semble pas nicher sur les flots du Sud-Ouest de Madagas-
car. Ses œufs sont plus petits que ceux de l'espèce précédente mais de cou-
leurs semblables.
FAMILLE DES STERCORARIIDAE
(Labbes)
La famille des Stercorariidae groupe des oiseaux strictement marins assez
proches les uns des autres à tel point qu'il est souvent difficile d'identifier avec
précision les espèces. Les Labbes sont de véritables oiseaux de proie marins et
se nourrissent généralement en harcelant les autres Oiseaux marins, Sternes,
Goélands ou Fous, auxquels ils volent les proies. Ils se différencient nettement
des Laridae par la présence d’une « cire » à la base du bec.
Gatharacta antarctica intercedens Mathews
: Catharacta lonnbergi inte)
Stercorarius catarractes v:
cedens Mathews, 1913, Birds Australia, 1, p. 494 (Kerguelen).
antarctieus ; À. DWARDS et A. GRANDIDIER, 18
ILNE
643.
Catharacta antarctica intercedens
DEN, 1937 : 100; Sazvan, 1971 b :
DeLacour, 1932 ; 85, ne 5 ; RanD, 1936 : 317 ; LAVAU-
je
Labbe antarctique. — Kerguelen Skua. — Grosse Raubmüwe.
Identification : 60 em. Le Labbe antarctique est entièrement brun foncé.
Son bec est gris foncé devenant noir à l'extrémité et ses pattes sont grises.
Distribution — Mœurs : Ce Labbe vit dans toutes les régions australes et
peut être observé exceptionnellement près des côtes de Madagascar (J. SaL-
VAN 1971 b). Son vol est très puissant. Sa taille le rend dangereux pour les
oiseaux de mer qu'il attaque pour se nourrir.
Source : MNHN, Paris
118 Pu. MiLON ET AL.
FAMILLE DES CHARADRIIDAE
(Pluviers, Gravelots, Tournepierre)
Les Charadriidae forment une famille homogène. Ils ont une tête ronde
et leur pouce a généralement disparu. Les deux sexes ont le plus souvent un
plumage semblable ou presque. Ils vivent sur les plages, les prairies humides,
les marais ou près des ruisseaux, sui spèces. Généralement très actifs,
ils courent près de l’eau à la recherche des petites proies animales. Ils nichent
sur le sol et les jeunes sont nidifuges.
Charadrius squatarola squatarola (Linné)
(1. 4, fig. 1)
inné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 149, n° 13 (Habitat in
Tringa Squatarola
Europä).
Squatarola varia : HarrLaus, 1877 : 228; A. Mu
1885 : 506.
Charadrius varius ; À. Muixe-Enwanps et A. GRaNDIDIER, 1885
Squatarola squatarola squatarola ; ScLarer, 1924 : 122; Deracour, 193
Ranp, 1936 : 351; LavauDEN, 1937 : 105; Mazzy, 1966
Squatarola squatarola ; Homes, 1947 : 517; SALvAN, 1971 a : 39.
Pluvialis squatarola ; Avpenr, 1971 b
Epwarps et A. GRANDIDIER,
Viky viky (nom assez général pour désigner les petits oiseaux de rivage). —
Pluvier argenté ou Pluvier gris. — Gray Plover. — Kiebitzregenpfeifer.
Identification : 27 em. C’est un Pluvier de grande taille aux ailes longues.
Le dessus du corps est brun noir avec des taches brun doré. On distingue bien
sa queue blanche et des lignes blanches sur les ailes ainsi que ses « aisselles
noires » au vol.
Son pouce n’a pas complètement disparu.
Le Pluvier argenté fréquente les plages sableuses et les bancs vaseux.
On le voit parfois perché dans la mangrove quand il fait très chaud.
Distribution — Mœurs. Ce migrateur niche dans le grand Nord et hiverne
en Afrique et à Madagascar. On le rencontre sur la côte Nord-Est de Mada-
gascar ; mais, selon A. L. RaxD (1936), il semble surtout commun dans l'Ouest
et le Sud subdésertique où il vient entre fin septembre et début avril.
R. C. Homes (1947) l'a observé dans le Nord de Madagascar en mai, juillet et
août et, selon O. Apperr (1971 b), il doit toujours en rester une petite popu-
lation en hiver à Madagascar, mais ils sont plus nombreux en septembre. Ils
arrivent alors du Nord et certains sont encore en plumage nuptial. P. Marzy
(1966) en a vu à Europa.
On l'observe souvent solitaire ou en petits groupes et, selon O. APPERT,
toujours le long des côtes.
Il se nourrit de Vers et de petits Mollusques.
Source : MNHN, Paris:
OISEAUX 119
Gharadrius pecuarius pecuarius Temminck
(p1. 4, fig. 6)
Charadrius pecuarius Temminck, 1823, PL col., livr. 31, pl. 183 (cap de Bonne-Espé-
rance).
Charadrius pecuarius ; HawrLaur, 1877 : 511
1885 : 511.
Charadrius pecuarius pecuarius
RawD, 1936 : 352; LAVAUDEN, 19.
Charadrius pecuarius ; SALVAN, 1971
Viky viky. — Gravelot pâtre ou Pluvier de Kittlitz. — Kittlit
Plover. — Hirtenregenpfeifer.
; A. Mux
WARDS et A. GRANDIDIER,
ATER, 1924 : 119; Dr
cour, 1932 : 24, no 62;
0, 1972 c : 48 ; Appenr, 1971 D : 70.
Sand
Identification : 14 em. C’est un petit Gravelot, sans bande pectorale sombre,
mais avec la poitrine teintée de roux. Une bande noire suit la base du front
blanc. Un trait noir prolonge le bec et un collier blanc prolonge sur la nuque
la bande blanche du front.
Cette espèce fréquente les zones côtières mais aussi les régions maréca-
geuses et les rivières de l'intérieur. Selon O. Aprerr (1971 b), près du lac Ihotry
on le voit non loin des mares dans les zones où paissent les zébus. Il se cache
dans les empreintes laissées par les sabots et s'envole brusquement quand on
passe à proximité.
Son cri est une sorte de « pipip ». C'est, d’après O. Aprerr (1971 6), l'un
des Charadrius les plus fréquents à l'intérieur, mais on ne le voit à peu près
jamais sur les plages.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau sédentaire est assez commun près
des côtes Ouest et Sud, mais il semble plus rare près de la côte Est. A l'inté-
rieur du pays, on le trouve, selon A. L. RanD (1936), jusqu’à une altitude de
1000 m.
On le rencontre dans les zones vaseuses près de la mer et des larges rivières
ou en bordure des zones marécageus ur le lac Ihotry, O. Appert (1971)
en à vu parfois plusieurs centaines ensemble. On l'observe sur les bancs, le
long des fleuves mais rarement sur les étangs. Les groupes sont généralement
assez lâches.
À. L. RaxD (1936) a trouvé des oiseaux en état de se reproduire en mai à
Maroantsetra et en septembre à Vohémar. O. Appert (1971 b) a trouvé au
même moment des nids, des couples et des oiseaux isolés. Il a en outre remarqué
la présence d'œufs, à divers moments de l’année et pense que ces oiseaux
doivent se reproduire toute l'année à Madagascar.
Le Gravelot pâtre niche généralement sur le sable et recouvre souvent sa
ponte, parfois très mal, quand il la quitte. Elle est composée de 2 œufs brun
foncé. L'adulte, selon O. Appert (1971 b), ne couve pas vraiment ses œufs
mais reste au-dessus pour leur faire de l'ombre.
Source :
MNHN, Paris
120 Px. MILON ET AL.
Charadrius dominicus fulvus Gmelin
Charadrius fulous Gmelin, 1789, Syst. nat. tome I, part. 2, p. 687 (Habitat in Tahiti...
Charadrius apricarius fulvus ; AprenT, 1965 a : 68.
Pluvialis dominica fulva ; Apvenr, 1971 b : 55
Viky viky. — Pluvier doré asiatique. — Asiatic golden Plover. — Braun-
achsel-Goldregenpfeifer ou Sibirischer Goldregenpfeifer.
Identification :.24 em. Le Pluvier doré asiatique ressemble beaucoup au
Pluvier doré. En hiver, il a sur tout le corps des marques dorées très nettes.
Il n’a pas de blane à l'aile et ne possède pas de pouce contrairement au Plu-
vier argenté (CR. squatarola) qui en possède un petit. Comme ce dernier, c’est
un gros Pluvier qui, quand il est un peu dérangé, s'envole mais revient à la
même place. On l'en différencie cependant assez bien au vol car il n’a pas de
on cri est une sorte de « dlui-dlui » assez typique. |
Distribution — Mœurs : Cet oiseau rare à Madagascar est un migrateur
qui vient de Sibérie. Il a été vu une fois (2 exemplaires) par O. Arrerr (1965 a
et 1971 b) au lac Ihotry le 25 novembre. |
noir aux aisselles
Arenaria hiaticula tundrae (Lowe)
(pl. 4, fig. 3)
Aegialitis hiaticula tundrae Lowe, 1915, Bull. Brit. Orn. Club, XXXVI, p. 7 (vallée du
Y'ennissei).
Charadrius hiaticula tundrae
52; LAVAUDEN, 1937 : 1
Charadrius hiaticula ; Marzy, 19
SeLaren, 1924 : 117 ; DeLacouR, 1932 : 23, ne 60 ; RAND,
1936
: 25; Arppgur, 1971 b : 55.
Viky viky. — Grand Gravelot ou Pluvier à collier. — Siberian Ringed
Plover. — Sandregenpfeifer.
Identification : 19 em. Le Grand Gravelot a le haut du front, une ligne
prolongeant le bec, ainsi qu'une bande sur la poitrine brun noir, le bas du front,
un collier et le dessous du corps blancs. Le dessus du corps est brun sombre.
Les pattes sont oranges comme le bec, dont l'extrémité est noire.
Au vol, on distingue un dessin blane sur l'aile.
On l'observe surtout dans les zones vaseu assez vastes.
Le cri qu'il émet souvent au vol est une sorte de «souhi » répété.
Distribution — Mœur: C'est un migrateur paléarctique qui fréquente
les côtes de l'Ouest de Madagascar ainsi que les rivages des lacs d'octobre à
mars. Il a été vu à l’île Europa (P. Mazzy 1966).
Selon O. Aprerr (1971), il est fréquemment observé près du fleuve Man-
goky et ce serait le seul migrateur paléarctique commun qui soit complète- |
ment absent entre juin et août. |
Source : MNHN, Paris]
Oiseaux 121
Il se nourrit de petits Mollusques, de Crustacés et d’Insectes. Il est sou-
vent seul ou, selon A. L. Ran» (1936), en petits groupes avec Calidris testacea.
‘Très actif, il court rapidement, s’arrêtant brusquement de temps en temps
pour ramasser une proie.
* Arenaria marginatus tenellus (Hartlaub)
(1. 4, fig. 4)
Charadrius tenellus Hartlaub, 1861, Orn. Beîtr. Fauna Madag., p. 72 (Madagascar) et
1877 : 288.
Charadrius marginatus var. tenellus ; A. Muxe-EnwarDs et À GranDipier, 1885 : 509.
Charadrius marginatus pallidus ; O. BANGs, 1918 : 493, n° 18.
Charadrius marginatus tenellus ; S, R, 1924 : 118; DeLacour, 1932 : 24, ne 61:
RawD, 1936 : 352; LavauDEx, 1937 : 105; Minon, 1950 b : 145 ; Arprt 1971 b : 69.
Viky viky ou Fandy fasky. — Pluvier à front blanc. — Madagascar White-
fronted Sand Plover.
Identification : 14 em. Le pluvier à front blanc a le dessus du corps brun
pâle avec une ligne blanche sur les ailes et le bord du croupion blanc. Son |!
front blanc, sa petite calotte noire et la ligne noire en prolongement du bec |
le rendent facile à reconnaître. Le dessous du corps est blanc avec la poitrine
teintée de fauve. Les pattes sont jaunâtres.
C'est un oiseau que l’on peut observer à peu près partout et rencontrer |
à toutes les saisons. Il simule fréquemment un oiseau blessé quand on l’approche. }
Distribution — Mœurs : C’est un oiseau commun à l’intérieur et sur toutes
les côtes de Madagascar. Nous pensons, avec O. Arperr (1971 b), que c’est |
l'oiseau de rivage le plus commun. On le rencontre toute l’année dans la région |
du Mangoky et c’est d’après A. L. Ranp (1936) le seul Charadrius fréquent
près de la côte Est. Nous l’avons vu souvent à Mananara et à Maroantsetra,
et A. DnonDr (comm. pers.) en a observé beaucoup fin novembre à Anta-
nambe. On peut l'observer par paires ou en petits groupes sur les plages |
sableuses ou les étendues vaseuses. A l’intérieur, on le voit souvent, selon |
0. Arrerr (1971 b), en compagnie de C. pecuarius. Cet observateur en a vu un
groupement de plusieurs centaines près de la côte. A. L. RaND (1936) a trouvé
une femelle avec des ovaires développés en mai près de Maroantsetra et une
femelle prête à pondre en octobre près de Farafangana.
A. Dnoxpr (comm. pers.) a vu le 28 novembre à Antanambe, un jeune |
très petit avec ses parents et O. Apperr (1971), qui a vu un jeune le 12 juin,
pense que dans la région du Mangoky, ils nichent toute l’année mais surtout
pendant la période sèche. Il n’y aurait le plus souvent qu’un seul jeune.
Source : MNHN, Paris
122 Pa. MiLoN ET AL.
* Arenaria thoracicus (Richmond)
1. 4, fig. 5)
Aegialitis thoracica Richmond, 1896, Proc. Biol. Soc. Washington, X, p. 53 (Est de Mada-
gascar : Loholoka).
Charadrius thoracicus ; ScLaTeR, 1924 : 120 ; Di
352 ; LAVAUDEN, 1937 : 105 et 143 ; MiLON, 1948
Arret, 1968 e : 8, 1971 b : 71
Viky viky. — Pluvier à bandeau noir. — Madagaskar-Regenpfeifer.
932 : 24, n° 63; RanD, 1936:
65; Sazvan, 1971 a: 40;
Identification : 14 em. Bien reconnaissable à la bande noire surmontée
d’un trait blanc qui va de l'œil à la nuque et à son large collier noir, ce Pluvier
a le dessus du corps brun roux clair et le dessous blanchâtre.
Il a été observé sur la vase près des mares à l'embouchure des rivières
mais, selon O. Aprerr (1971 b), il préfère les pelouses rases fréquentées par
les zébus et est rare sur les plages au bord de la mer.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau, qui semblait assez rare à Madagascar,
est en fait plus commun qu’on ne le pensait. Il a ét trouvé sur la côte Sud
et sur la côte Est.
A. L. Ranp (1936) en a récolté 3 exemplaires dans le Sud, MiLoN (1948)
en à observé un sur Nosimborona, près de la côte Sud-Ouest et des jeunes
ainsi que des animaux en train de couver ont été vus sur le lac Tsimanampetso-
tsa (Mizon 1950).
Selon les observations récentes d'O. Appert (1971 b), ce Pluvier est assez
fréquent près du fleuve Mangoky mais il n’a pas été observé au lac Ihotry.
Ce serait le seul Pluvier endémique malgache. J. Sazvan (1971 a) l'a vu à
Mangamila (alt. 1 400 m), à 60 km au Nord-Est de Tananarive en janvier 1971
lors du passage de la dépression tropicale « Félicie ».
On peut l'observer par 2 ou en petits groupes, souvent avec C. pecuarius
et son cri (sorte de « tui tui tui »), ainsi que son comportement, sont très voi-
sins de ceux de cette espèce.
Au repos, O. Apperr a surtout observé des petits groupes de 3 ou 4 sépa-
rés. Le plus important rassemblement de dortoir était composé de 33 animaux
sur une dune couverte de végétation.
Un nid observé par O. Arrenr le 29 novembre près d'Ambohibe, sur une
pelouse sèche, était constitué d’une cuvette contenant quelques brins de gra-
minées secs. Il contenait 2 œufs de grande taille par rapport à la taille de
l'oiseau, brun foncé tachés de lignes brun noir avec des taches de fond gri-
sâtres et une coquille peu brillante.
Il est intéressant de remarquer que ces œufs rappellent ceux du C. pecuarius.
L'oiseau recouvre parfois plus ou moins ses œufs de sable ou de brin-
dilles.
Un jeune, encore incapable de voler, a aussi été vu par O. AprerT le
3 décembre.
Source : MNHN, Paris,
Oiseaux 123
* Arenaria tricollaris bifrontatus (Cabanis)
1. 4, fig. 7)
Charadrius bifrontatus Cabanis, 1882, Orn. Centrabl., 7, p. 14 (Madagascar).
Charadrius tricollaris ; HarrLauR, 1877 : 290 ; A. Mizne-Enwanps et A. GRANDIDIER,
1885 : 510.
Charadrius bifrontatus bifrontatus ; ScLaTer, 1924 : 126.
Charadrius tricollaris bifrontatus ; DeLacouRr, 1932 : 24, no 64 ; RanD, 1936 : 353 ; LAVAU-
DEN, 1937 : 105 ; SaLvAN, 1970 : 197, 1972 c : 48 ; Apperr, 1971 b : 73.
Vorombato (Oiseau des pierres). — Pluvier à triple bandeau. — Mada-
gascar Three-banded Plover. — Dreibandregenpfeifer.
Identification : 15 cm. C’est un des plus beaux Pluviers. Son front blanc
et la bande blanche entourant sa calotte noire ainsi que le large bandeau noir
coupé d’une ligne blanche sur la poitrine le rendent très reconnaissable.
C'est une espèce que l’on observe souvent dans les zones très humides
de l'intérieur, surtout près des étangs ou des rivières mais rarement près des
côtes. J. SALvaN (1970) l’a signalée très près de la mer dans la région de Tuléar.
Distribution — Mœurs : Cette sous-espèce malgache assez commune
partout fréquente, souvent solitaire ou par paire, les bords des petites étendues
aquatiques.
On le rencontre même en altitude (1 800 m) et, selon O. Aprerr (1971 b),
il est en partie actif la nuit.
La ponte a lieu de juillet à septembre.
Le nid est situé dans une zone sèche parsemée de touffes d'herbes, à quel-
ques mètres du bord de l’eau. C’est une simple dépression dans le sol entourée
de quelques petites pierres. Il contient un ou deux œufs fortement tachés et
rayés de brun noir et de gris, donc nettement plus sombres que ceux des espè-
ces précédentes.
Arenaria leschenaultii (Lesson)
(PI. 4, fig. 8 et 9)
Charadrius Leschenaultii Lesson, 1836, Nouv. dict. hist. nat., XLII, p. 36 (Pondichéry).
Charadrius Geoffroyi ; A. Muxe-Enwarps et À. GranDiier, 1885, p. 507.
Charadrius leschenauli ; SeLaTER, 1924 : 121 ; Decacoun, 1932 : 25, n° 65 ; RAND, 1936 :
354; Mon, 1950 a : 64.
Charadrius_ leschenaulti
Arrerr, 1971 b : 56.
Vorombato. — Gravelot de Leschenault. — Great Sand Plover. — Wüs-
tenregenpfeifer.
Identification : 21 em. C’est un Gravelot de grande taille. Le mâle a une
bande rousse sur la poitrine et une ligne noire prolonge le bec. Le dessus du
Corps est gris cendré. Ce beau Gravelot, bien reconnaissable, se rencontre
souvent sur les plages en petits groupes.
Source :
MNHN, Paris]
124 Pa. MIoN ET AL.
Son cri, rarement émis, est une sorte de sifflement.
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur très commun partout le long
des plages sableuses et des baies entre septembre et mai, mais jamais à l'in-
térieur. Selon O. Apperr (1971 b), c'est le migrateur le plus abondant près du
Mangoky. En avril, le nombre des oiseaux diminue nettement mais quelques-
uns restent l'été. Depuis septembre, leur nombre augmente beaucoup.
On le rencontre généralement en petits groupes de 5 à 20. A. DHonpr
(comm. pers.) en a observé en janvier, isolés ou par deux sur la plage de Nosy
Be.
Arenaria interpres (Linné)
: (1. 4, fig 2)
Tringa Interpres Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10° édit. p. 148, n° 4 (Habitat in Europa
& America septentrionali).
Strepsilas interpres ; HarrLau, 1877 : 293; A. Mune-Enwanps et A. GRANDIDIER,
1885 : 512.
Arenaria interpres interpres ; ScLaren, 1924 : 127 ; DeLacoun, 1932 : 23, n° 58; RAND,
1936 : 351; LavauDen, 1937 : 105; Homes, 1947 : 517; Miron, 1950 D : 145.
Arenaria interpres ; Mazy, 1966 : 25 ; Aprenr, 1968 e : 9, 1971 b : 57 ; SaLVAN, 1970 :
197.
Vorombato. — Tournepierre à collier. — Turnstone. — Steinwälzer.
Identification : 22 em. C’est un oiseau assez trapu, brun sombre, sauf la
gorge, le ventre, la partie supérieure du dos et une double bande sur l'aile
qui sont blanchâtres. Ses pattes oranges sont bien visibles.
On l'observe sur les plages où il retourne souvent les cailloux ou se repose
sur les rochers. C’est la seule espèce avec une double bande blanche sur l'aile.
Son cri est haché et très caractéristique.
Distribution — Mœurs : C’est aussi un des migrateurs les plus abondants.
Il vient du grand Nord pour hiverner entre septembre et mai. Selon O. APPERT
(1971 b), quelques-uns restent cependant toute l’année. Il est très commun
sur les plages de Madagascar où on le trouve par petits groupes. Il a été observé
à l'île Europa (Mazzy 1966).
11 se perche souvent pendant la journée dans la mangrove pour se protéger
de la chaleur. On ne le voit qu'exceptionnellement à l'intérieur. O. APPERT
(1971 b) l'a observé une fois cependant au lac hotry.
Son habitude de retourner les cailloux qu’il rencontre en courant sur Ja
plage est remarquable. Il déniche ainsi de petites proies qui y trouvaient un
abri.
Source : MNHN, pal
OISEAUX 125
Numenius arquatus (Linné)
CL. 5, fig. 1)
Seolopax Arquata Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 145, n° 5 (Habitat in
Europa).
Numenius lineatus Cuvier, 1829, Règne anim., 2e édit, p. 521.
Numenius_ madagascariensis ; HARTLAUB 1877 k
Numenius arqualus Var. madagascariensis ; A. MILNE-
1882, pl. 254, 1885, p. 619.
Numenius arquata arquata ; ScLaTER, 1924 : 134.
Numenius arquatus arquatus (Linné) et orientalis Brehm ; DeLacour, 1932 : 20, n° 49.
Numenius arquata ; RAND, 1936 : 348; Apperr, 1971 b : 57.
Numenius arquata lineatus ; LAVAUDEN, 1937 : 103.
Numenius arquatus ; SALVAN, 1970 : 196.
EDWARDS et A. GRANDIDIER,
Manta Vazana. — Courlis cendré. — Curlew. — Grosser Brachvogel.
Identification : 55 em. Les Courlis se différencient nettement des autres
oiseaux de rivage par leur bec long et recourbé vers le bas, ainsi que par leur
taille et leur coloration générale brun jaunâtre.
Malgré sa taille plus forte, Numenius arquatus est souvent difficile à dis-
tinguer dans la nature de l'espèce suivante. Contrairement à cette dernière,
il n’a pas de ligne sombre sur le côté de la tête et son croupion blanc est bien
visible.
Son cri le plus caractéristique est imité par les syllabes « cour-li » ou «cur-
lew » de ses noms français et anglais.
Distribution — Mœurs : Migrateur à Madagascar, on le trouve sur toute
la côte Ouest de novembre à avril mais il est assez rare et généralement soli-
taire. À marée haute, selon O. APPERT (1971 b), on en trouve cependant des
groupes près de la côte. C’est la moins commune des 2 espèces. Il fréquente
les zones très vaseuses où il cherche avec son long bec les Vers et les Mollusques
dans la vase. On l'observe souvent au milieu de la mangrove. Selon O. Apperr
(1971 6), on peut en trouver toute l'année dans l'Ouest.
Numenius phaeopus phaeopus (Linné)
(1. 5, fig. 2)
Seolopax Phacopus Linné, 1758, Syst. nat., tome 1, 10e édit, p. 146, n° 6 (Habitat in
Europa).
Numenius phaeopus ; HarrLaUR, 1877 : 322 ; A. Miixe-EnwanDs et A. GRANDIDIER, 1885 :
621; LavauDEx, 1932 : 631 ; Mazzy, 1966 : 25; SaLvan, 1970 : 196; Arpenr, 1971 b : 58.
Numenius phæopus phæopus ; SeLarer, 1924 : 621; DeLacour, 1932 : 21, ne 50.
Numenius phacopus phaeopus ; RAND, 1936 : 348 ; LAVAUDEN, 1937 : 103; Homes
1947 : 517,
Mantazazana ou Koikoika. — Petit Courlis ou Courlis corlieu. — Whim-
brel. — Regenbrachvogel.
Identification : 50 cm. Le Courlis corlieu a une taille légèrement plus faible
Mais ressemble au précédent dont il est souvent difficile de le différencier
Source : MNHN, Paris
126 Px. MiLON ET AL.
dans la nature. Son bec est cependant proportionnellement plus court et on
distingue deux lignes sombres au-dessus et au-dessous de l'œil qui n'existent
pas chez N. arquatus ; il est beaucoup plus abondant que ce dernier. L'un de
ses cris peut être imité en prononçant le mot « courli »; un autre cri est une
sorte de hennissement aigu qui permet parfois de le distinguer de l’autre espèce.
C'est aussi un oiseau trés méfiant.
Distribution — Mœurs : Le Courlis corlieu, qui vit dans tout l’ancien
monde, est un migrateur venant d'Europe septentrionale à Madagascar où
on le trouve sur les côtes Est et Ouest entre septembre et avril. Selon O. Ar-
rent (1971 b), quelques-uns restent cependant pendant l'hiver. On les observe
seuls ou par petits groupes de 2 ou 3, mais ils peuvent localement être très
abondants dans les zones vaseuses favorables et souvent ils se groupent à
marée haute. O. Apperr (1971 b) en a observé 400 à la fois. Il vit dans le même
biotope que l'espèce précédente. Il semble plus souvent localisé près des côtes,
sur les bancs de sable mais on le trouve aussi dans les rizières et O. APPERT
(1971 b) en a observé au lac Ihotry.
Xenus cinereus cinereus (Güldenstädt)
(p1. 5, fig. 3)
Scolopaz cinerea Guldenstadt, 1775, Nov. Comm. Petrop., p. 473 (Sud-Est de la Russie :
rivière Terek).
Terekia cinerea; HarrLAUB, 1877 : 325; À. Mne-Enwanps et A. GnanDiDier, 1885:
629 ; LAvVAUDEN, 1937 : 103.
Xenus cinereus cinereus ; ScLaten, 1924 : 132 ; DeLAcoUR, 1932 : 21, n° 51 ; RanD, 1936:
348.
Xenus cinereus ; SALVAN, 1970 : 197.
Viky viky. — Bargette de Terek ou Bargette cendrée. — Terek Sandpiper.
— Terekwasserläufer.
Identification : 22 cm. Le dessus du corps est gris brun avec quelques |
taches noires sur les ailes. Le dessous du corps est blanc plus ou moins pur:
Le bec noir est faiblement retroussé vers le haut et taché d'orange àla base. |
Les pattes relativement courtes et de couleur orange sont très visibles et il |
balance continuellement sa queue. Il partage cette habitude avec le Chevalier
guignette dont le bec est nettement plus court, et le dessus du corps plus
sombre.
C'est le seul Bécasseau au bec retroussé vers le haut.
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur qui niche en Sibérie. Il est
commun sur les côtes vaseuses à mangrove de Madagascar entre octobre et
avril. Selon O. Aprerr (1971), un petit nombre reste en hiver. On le rencontre
solitaire ou en groupes pouvant atteindre, selon J. SALVAN (1970), jusqu'à
500 individus. Il se perche sur les arbres de la mangrove pendant la forte |
chaleur.
Source : MNHN, Paris: |
OISEAUX 127
Tringa hypoleucos Linné
(PL. 5, fig. 7)
Tringa Hypoleucos Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 149, n° 8 (Habitat in
Europa).
Actitis hypoleucus ; HanrLaUB, 1877 : 327 ; A. MILNE-EnwanDs et A. GRANDIDIER, 1885 :
6:
Actitis_hypoleuc
Homes, 1947 : 517.
Tringa hypoleucos ; Decacour, 1932 : 21, n° 52; SaLvan, 1970 : 197, 1972 c : 48
Arrerr, 1971 b : 60.
; ScLaTER, 1924 : 132; RanD, 1936 : 349; LAVAUDEN, 1937 : 103;
Viky viky. — Chevalier guignette.. — Common Sandpiper. — Flussufer-
läufer.
Identification : 19 em. Le Chevalier guignette est le plus petit de tous les
Chevaliers. Il a le dessus du corps brun vert, la gorge ainsi que la poitrine
blanches, plus ou moins rayées de gris brun, le ventre blanc et le croupion
brun. La queue, parfois un peu étalée en éventail, est brune avec l'extrémité
et les bords blancs.
Il rappelle un Bécasseau, mais on le reconnaît dans la nature surtout
par le balancement permanent et irrégulier très caractéristique de sa queue
et de sa tête. A chaque envol, il émet des séries de sifflements rapides. On
remarque alors la barre blanche et le dessous blanc de ses ailes dont le batte-
ment est rapide et irrégulier avec, de temps en temps, un vol plané en tenant
les ailes inclinées vers le bas
Distribution — Mœurs : C'est un migrateur venant d'Europe qui fré-
quente le bord des cours d’eau ou des grandes mares de Madagascar entre
août et mars. Nous l'avons souvent observé aussi en bordure de la mer à
Maroantsetra. Il est généralement solitaire ou par deux. L'espèce n’est pas
rare sur les Hauts-Plateaux, du moins au bord de l’eau, d'août à mars ; on
peut voir un couple tous les 200 m environ sur le lac d'Ambohibao et celui
d'Ivato-aéroport (près de Tananarive) (J. Sazvan 1972 c). Selon O. Arr
(1971 b), l'oiseau est rare en hiver.
Tringa nebularia (Gunnerus)
(pl. 5, fig. 6)
Scolopax nebularia Gunnerus, 1767, Beskr. Finmarl
Totanus glottis ; HarrLAUB, 1877 Mir
630.
Lapp., p. 251 (Norvège).
6 wanps et A. GRanDiiEn, 1885 :
inga nebularia ; SeLATER, 1924 :
LAVAUDEN, 1937 : 104 ; Arperr, 1971 b : 59.
; Decacour, 1932 : 21, n° 53 ; RaND, 1936 : 349 ;
Viky viky. — Chevalier aboyeur. — Greenshank. — Grünschenkel.
Identification : 30 em. Le Chevalier aboyeur a le dessus du corps gris
brun tacheté de brun. Ses pattes sont verdâtres et son bec est très légèrement
Source :
MNHN, Paris]
128 Pa. MizoN ET AL.
incurvé vers le haut. Au vol, c’est un Échassier facile à reconnaître par ses
longues pattes vertes qui dépassent nettement la queue, ainsi que par la cou-
leur blanche de son croupion et de la partie inférieure de son dos. Sa tête paraît
beaucoup plus pâle que le dessus du corps quand il est posé.
Son cri est une sorte de « tiou tiou » répété.
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur qui niche dans le Nord de
l'Europe et de l'Asie. Il fréquente les baies vaseuses de la côte Ouest et la
côte Est ou les bords des lacs de Madagascar entre septembre et mars.
O. Arrerr (1971 b) en a observé beaucoup le long des côtes, au bord des
fleuves, des étangs et des rizières ainsi que près du lac Ihotry. Ils étaient seuls
ou par petits groupes comprenant rarement plus de vingt oiseaux. Quelques-uns
restent en hiver, car O. Arrerr en a observé en juin, juillet et août.
= Tringa ochropus Linné
Tringa Ochropus Linné, 1758, Syst. nat, tome I, 10e édit., p. 149, n° 8 (Habitat in Eu-
ropa).
Tringa ochropus ; ScLATER, 1924
LavAUDEN, 1937 : 103; Aprrr, 1971 D
132 ; Dezacour, 1932 : 86, no 17; RaND, 1936 : 349;
Viky viky. — Chevalier cul-blanc. — Green Sandpiper. — Waldwasser-
läufer.
Identification : 22 em. Le dessus du corps du Chevalier cul-blanc est très
sombre et sa queue très blanche, barrée de trois grosses bandes noires. Le
dessus du corps est blanc et le dessous de l'aile est noir (voir 1. glareola).
Les pattes sont gris vert. Le croupion, très blanc, contraste avec l'allure sombre
du corps et permet de reconnaître assez facilement cet oiseau dans la nature.
On peut cependant le confondre aisément avec l'espèce suivante lorsqu'il est
posé.
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur paléarctique vers l'Afrique
qui arrive de temps en temps jusqu'à Madagascar.
Tringa glareola Linné
Tringa Glareola Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 149, n° 11 (Habitat in
Europa).
Tringa glareola ; SeLaren, 1924 : 133; SALVAN, 1970 : 197
ppEnr, 1965 a: 67, 1971 D: 59.
Viky viky. — Chevalier sylvain. — Wood
Sandpiper. — Bruchwasser-
läufer.
Identification : 20 em. Le Chevalier sylvain ressemble à l'espèce pré
dente, mais sa queue est rayée latéralement de fines bandes brunes au lieu
de 3 larges bandes noires, et le dessous des ailes est clair au lieu d’être sombre,
ce qui permet de le distinguer à l'envol. Il est cependant difficile à déterminer
et peut être confondu avec T. ochropus et T. slagnatilis. I a le même cri
sifflé que ce dernier.
|
|
Source : MNHN, Paris,
Oiseaux 129
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur venant du Nord de l'Europe
et de l'Asie et arrivant exceptionnellement à Madagascar. J. SALvAN (1970)
en a dénombré 36 à Tuléar en mars et O. Apperr (1965 a et 1971 b) en a observé
à Morombe d'octobre à février, isolés ou par deux, près des flaques du terrain
d'aviation et sur les bords des étangs, souvent en compagnie d’autres limicoles
comme 7’. nebularia et C. testacea.
Tringa stagnatilis (Bechstein)
Totanus stagnatilis Bechstein, 1803, Orn. Taschenb., II, p. 292 (Allemagne).
Tringa stagnatilis ; ScLA
Viky viky. — Chevalier stagnatilis. — Marsh Sandpiper. — Teichwasser-
läufer.
Identification : 22 em. Tringa stagnatilis ressemble par la taille et l'allure
à T. glareola et à T. ochropus, mai ède un bec beaucoup plus fin. Le
blanc du croupion est plus large que chez T. ochropus, et, contrairement à cette
espèce, le dessous des ailes est clair. La queue est rayée de bandes fines comme
chez cette espèce.
Il ressemble en plus petit à T. nebularia par la couleur pâle du plumage.
Distribution — Mœurs : C'est un migrateur venant du Sud de la Russie
et d'Asie. Il hiverne en Afrique et atteint quelquefois Madagascar (J. SALVAN
comm. pers.).
Comme T'. glareola, il fréquente essentiellement les eaux douces. Il est
généralement solitaire.
Limosa lapponica (Linné)
Scolopax lapponica Linné, 1758
Lapponia).
Limosa rufa ; A. Mu
yst. nat., tome I, 10 édit, p. 147, n° 12 (Habitat in
pwanps et A. GranDinten, 18]
Limosa lapponica ; S , 1924 : 134; Aprenr, 1971 b : 58.
Limosa lapponica subsp. ; DeLacour, 1932 : 86, n° 18.
Limosa lapponica lapponica ; RanD, 1936 : 349 ; LAVAUDEN, 1937 : 103.
Barge rouss
. — Bar-tailed Godwit. — Pfuhlschnepfe.
Identification : 38 em. Le plumage d'hiver de la Barge rousse, le seul
possible à observer à Madagascar, est gris jaune plus ou moins tacheté (au
lieu de roux en été). Le bec est très long et légèrement relevé. Les pattes noires
sont moins longues que chez l'espèce suivante. La queue est rayée latéralement
de petites bandes noires. Elle fréquente surtout les bancs de sable au bord de
la mer où on peut l’observer en compagnie de divers autres espèces.
Distribution — Mœurs : La Barge rousse est un migrateur venant des
régions arctiques et qui peut atteindre Madagascar. O. Arrerr (1971 b) l’a
observée sur des bancs de sable à marée basse de novembre à mars, toujours
avec Dromas ardeola et près de Crocetia alba, ainsi que d'avril à juillet en compa-
gnie de Numenius phaeopus.
Source :
MNHN, Paris
130 PH. MILON ET AL.
C’est un oiseau très silencieux, qui se déplace en groupe et qui selon O. AP-
perT préfère généralement Je bord de la mer, surtout les baies protégées, aux
eaux douces.
Limosa limosa (Linné)
Scolopax Limosa Linné, 1758, Syst. nat. tome I, 10° édit, p. 147, n° 10 (Habitat in
Europa).
Limosa limosa limosa ; ScLATER, 1924 : 134.
Limosa limosa : SALvAN 1970 : 197, 1972 c: 48 ; Appenr, 1971 b : 59 (n. inf).
Barge à queue noire. — Black-tailed Godwit. — Uferschneple.
Identification : 40 em. La Barge à queue noire a un plumage très semblable
à celui de l'espèce précédente dont on peut la distinguer cependant par le bec
plus long et droit, les pattes un peu plus longues et par la queue qui est rayée
transversalement d’une large bande noire. On la reconnaît surtout au vol
par une bande large et blanche visible sur les ailes.
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur à Madagascar. J. SaLvan (1970)
en a observé dans une rizière au Nord de Tananarive.
C’est un oiseau silencieux.
Contrairement à L. lapponica, elle préfère souvent les eaux douces.
Calidris testacea (Pallas)
(PL. 5, fig. 5)
Scolopaz testacea Pallas, 1764, in Vrore, Cat. coll. Adumbrat, p. 6 (Pays-Bas).
Tringa ferruginea ; BRÜNNICH, 1764
Tringa subarcuala ; HarrLAUB, 1877 :
1885 : 624.
Erolia testacea ; SeLarer, 1924 : 130 ; DeLacour, 1932 ; 22, n° 54 ; RaND, 1936 : 349 ;
LavauDEN, 1937 : 104 ; SaLvan, 1970 : 197.
Calidris testacea ; HoMEs, 1947 : 517.
Calidris ferruginea ; Apperr, 1971 b :
Viky viky. — Bécasseau cocorli. — Curlew Sandpiper. — Sichelstrand-
läufer.
Identification : 18 em. Le dessus du corps du Bécasseau cocorli est gris
avec une légère bande blanche sur les ailes. Le dessous est blanc taché de roux:
Le croupion est blanc pur, ce qui le différencie nettement du C. alpina. Le
bec est fin et nettement recourbé vers le bas. On peut l’observer assez souvent
sur la vase, le long des rives des grands fleuves. C'est un des Calidris les plus
, très semblables à ceux du C. alpina, sont des sortes de
A. Mizne-Enwanps et A. GRANDIDIER,
330 ;
5.
communs. Ses
sifflements courts.
Source : MNHN, Paris!
OISEAUX 131
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur assez commun à Madagascar
sur les côtes de l'Ouest et sur le bord des lacs entre octobre et mars. Il fré-
quente les zones sableuses ou vaseuses loin des arbres. Au lac Ihotry par exemple,
on le trouve le long du rivage plus ou moins marécageux en petits groupes de
5 à 30. Il se mêle souvent aux autres limicoles.
Calidris alpina (Linné)
GE. 5, fig. 4)
Tringa alpina Linné, 1758, Syst. nat., tome 1, 10° édit., p. 149, n° 7 (Habitat in Lap-
ponia).
Viky viky. — Bécasseau variable. — Dunlin. — Alpenstrandläufer.
Identification : 17 em. Ce Bécasseau a le dessus du corps gris sombre, le
dessous blanc teinté de gris sur la poitrine. Le bec est noir, légèrement recourbé
vers le bas. Il se distingue de C. festacea (au croupion blanc) par son croupion
blanc traversé en son milieu par une ligne sombre, et du C. alba par un bec
long et moins de blanc sur l'aile.
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur venant d'Europe et d'Asie
septentrionales pour hiverner en Afrique. Il semble rare à Madagascar.
On peut l’observer en troupe mêlé aux autres limicoles, sur les côtes où
sur les rives des lacs bien découverts
Calidris minuta (Leisler)
Bechstein Naturg. Deutschl., p. 75.
. GranDiDiER, 1885 : 6!
32 : 86, n° 19; RaxD, 1936 : 350 :
Tringa minula Leisler, 18
Tringa minuta
Erolia minuta : S:
| SaLvan, 1972 c : 48.
Calidris minuta ; Apperr, 1971 b : 65.
2, Nachtr
NE-EDWanDs et
, 1924 : 130 ; De
| Viky viky. — Bécasseau minute. — Little Stint. — Zwergstrandläufer.
Identification : 14 em. En hiver, le Bécasseau minute a le dessus du corps
gris bleu et le dessous blanc. Il est facile à reconnaître par sa taille de la plu-
part des Bécasseaux. On ne peut le confondre qu'avec C. alpina (voir cette
espèce). Les deux: ont une ligne sombre sur le croupion et du blanc sur les
| ailes
Distribution Mœurs : C'est un oiseau identel à Madagascar. O. Ar-
| PERT (1971 b) en a cependant observé quelques individus près du lac Ihotry
en novembre (observation confirmée par la récolte de spécimens) et J.
(comm. pers.) sur des flaques d’eau à Arivonimamo.
Source : MNHN, Paris]
132 Pa. Miro #
AL.
Grocethia alba (Pallas)
(pl. 5, fig. 9)
Tringa alba Pallas, 1764, in VrorG, Cat. coll. Adumbrat, p. 7 (Pays-Bas).
Calidris arenaria HarrLaus 1877 : 333 ; A. Miixe-EnwanDs et A. GRANDIDIER, 1885:
CGrocethia alba ; SevaTER, 1924 : 131 ; DeLacour, 1932 : 22, n° 55
LAVAUDEN, 1937 : 104
Calidris alba ; Aprerr, 1971 b : 66.
Viky-viky
3 RaND, 1936 : 350 ;
— Bécasseau de Sanderling. — Sanderling (anglais et allemand).
Identification : 20 em. En hiver, c'est le plus clair des Bécasseaux : le
dessus du corps est gris très pâle et le dessous blanc. Le croupion a une barre
longitudinale sombre comme chez C. alpina. Son pouce a complètement disparu.
Le coude de l'aile est noir et l'aile est barrée par une large bande blanche. Le
cri une sorte de « pit » rapide et il court très rapidement. Selon O. APPERT
(1971 b), c'est la seule espèce avec C. marginatus que l’on rencontre sur les lon-
gues plages sableuses.
Distribution — Mœurs : C’est un migrateur qui vient du grand Nord, mais
selon O. Arrerr (1971 b), quelques individus restent pendant l'hiver à Mada-
gascar. Il est très commun sur les côtes de l'Ouest de Madagascar et on l'observe
entre septembre et mars, souvent en petits groupes sur les côtes sableuses mai
parfois en rassemblements plus importants sur les étendues vaseuses. Il court
avec une très grande vitesse comme les Crabes. On dirait qu'il roule sur le sable. Il
suit les vagues dans leur avance et leur recul pour récolter les petits Crustacés
Son vol est brusque et rapide.
Philomachus pugnax (Linné)
Tringa Pugnax Linné, 1758, Syst. nat. Lome I, 10e édit., p. 148, n° 1 (Habitat in Europa
minus_boreali).
Philomachus pugnaz
cLATER, 1924 : 131 ; Appeur, 1965 a : 67, 1971 b : 66.
Chevalier combattant. — Ruff (3), Reeve (9). — Kampflaüfer.
Identification : 30 em. La taille de la femelle est le tiers de celle du mâle Le
plumage des deux sexes est semblable en hiver (l'été, en Europe ou en Asie, le
mâle possède une collerette de longues plumes et se livre à une parade compli-
quée). Le plumage d'hiver, seul possible à voir à Madagascar, est gris brun
parsemé de grosses taches sombres sur le dessus du corps et blanc au-dessous.
La queue n'est pas rayée latéralement, mais possède deux bandes blanches longi
tudinales symétriques. Son bec est relativement très court pour un Chevalier.
La couleur de ses pattes est variable : orange, jaune ou verte.
Distribution — Mæurs : C'est un migrateur venant d'Europe moyenne pour
émigrer en Afrique. Il est rare à Madagascar. O. Aprerr (1971 b) l'a rencontré
deux fois : en novembre au lac Ihotry et en décembre à Morombe. On peut l'ob-
Source : MNHN, Pari:
OISEAUX 133
server surtout près des marais, plus rarement sur les côtes. C’est une espèce
très sociable, se déplaçant souvent en larges groupes. O. APperT l’a observé sur
la vase près d’une bande de C. {estacea, de quelques C. pecuarius et de C. hiaticula.
FAMILLE DES SCOLOPAGIDAE
(Bécassines et Rostratules)
La famille des Scolopacidae rassemble des oiseaux au bec assez mou,
allongé, à l'extrémité mousse, riche en corpuscules sensoriels et dont la mandi-
bule supérieure est creusée de deux sillons où s'ouvrent les narines.
Les Scolopacidae ont un genre de vie souvent assez comparable à celui
des Pluviers. Ils vivent le plus souvent au bord de l’eau, près de la mer ou des
étangs.
Ce sont des oiseaux très cosmopolites qui constituent partout des gibiers
très appréciés des chasseurs.
Capella macrodactyla (Bonaparte)
(pl. 5, fig. 10)
Gallinago macrodactyla Bonaparte, 1839, Icon. Faun. Ital. Uce., fase. XXV (sans loca-
lité [Madagasear]).
Gallinago bernieri ; HanrLau», 1877 : 333.
Gallinago nigripennis var. bernieri ; A. MUNE
Capella macrodactyla ; SeLaTEr, 192
350 ; LavauDEn, 1937 : 104 ; ALBrGNAG, 1970 :
Enwanps et A. GnanDinier, 1885 : 637.
DeLacour, 1932 : 22, n° 56 ; RanD, 1936 :
9 ; SaLvan, 1970 : 197, 1972 € : 48.
Kitanatana où Harakaraka ou Rava rava. — Bécassine malgache. — Mada-
gascar Snipe. — Afrikanische Bekassine,
Identification : 26 em. La Bécassine a le dessus du corps brun noir taché de
clair et le dessous blanchâtre tacheté de brun roux. Deux lignes claires bordées
de brun marquent la tête. Les deux sexes sont semblables. Ce sont des oiseaux
au long bec mou et presque droit.
On les observe rarement à terre et c’est en général leur envol qui attire
l'attention. Le cri caractéristique est une sorte de «ke ke ke ke ke » rapide. Elles
produisent aussi un bruit très reconnaissable imité par le nom malgache « rava
rava » dù à la vibration des plumes des ailes quand elles volent en piqué à la
tombée de la nuit.
Distribution — Mœurs : Les Bécassines sont presque cosmopolites. La
Bécassine malgache est un oiseau commun dans toutes les zones humides de
l'Est. Elle atteint la Sakay et a été signalée du Tsaratanana par ALBIGNAG
(1970) à 2 700 m d'altitude. Elle vit au voisinage des étangs et dans des zones
marécageuses. Comme la B ine d'Europe, elle se tient cachée dans l’herbe,
se laisse approcher et s'envole brusquement avec un bruit caractéristique
imité par son nom malgache, mais son vol est moins rapide que celui de la
Bécassine d'Europe et c’est un gibier facile à tuer.
Source : MNHN, Paris
134 PH. MILON ET AL.
La Bécassine se nourrit de Vers, de larves ou de petits Crustacés qu’elle
recherche dans la vase ou le sol meuble. L'extrémité de son bec, riche en corpus-
cules tactiles, lui permet de déceler et de capturer ses proies sans les voir.
La ponte a lieu en juillet-août.
Un nid observé par A. L. Ranp (1936) était complètement caché dans
l'herbe. C'était une faible dépression tapissée d’un peu d'herbe. Un chemin à
peine visible le reliait au marécage. Il ne contenait qu’un œuf piriforme de
couleur brune avec quelques taches plus foncées et une large tache couvrant
complètement le gros bout.
Rostratula benghalensis (Linné)
(pl. 5, fig. 11 et 12)
© Rallus benghalensis Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 153, n° 4 (Habitat in
Asia).
Rhynchea capensis ; HarrLAUB, 1877 : 335 ; A. MIiNE-Enwanps et A. GRANDIDIER,
ScLarer, 1924 : 129 ; Deracour, 1932 : 22, n° 57; Rann,
1; LAVAUDEN, 1937 : 104 ; Arperr, 1971 b : 69.
Takoka. — Rhynchée, Bécassine peinte ou Rostratule. — Painted Snipe. —
Goldschnepfe.
Identification : 23 em. Il existe chez la Rostratule un net dichromatisme
sexuel : chez les deux sexes, le dessus du corps est brun avec un « V » roux pâle
sur le dos ainsi qu'un trait roux sur la tête et le ventre est blanc, mais le mâle
a le cou gris brun, tandis que celui de la femelle est roux vif bordé par une bande
noire sur la poitrine.
C’est une Bécassine moins agile que la précédente. Les femelles sont plus
bruyantes que les mâles. Leur cri est une sorte de roucoulement ainsi qu’un
bruit sec que l’on peut imiter par les syllabes « takouk » répétés. Elles émettent
aussi une sorte de sifflement que l'on entend surtout pendant la période de
reproduction.
Distribution — Mœurs : Les Rhynchées existent en Afrique, en Asie
tropicale et en Amérique du Sud. A Madagascar, c'est un oiseau plus ou moins
commun suivant les régions, mais on peut l'observer dans toutes les zones
humides près des étangs et des rizières. Selon O. Aprerr (1971 b), elles semblent
rares dans le Sud-Ouest où on en observe isolées ou par deux près des marécages.
Comme la Bécassine, la Rostratule se laisse approcher et s'envole brus-
quement, mais elle se pose généralement non loin. Lorsqu'elle s'envole, ses
pattes pendent comme celles des Râles. Quand elle atterrit elle reste souvent
un moment immobile avec la partie postérieure du corps inclinée. A. L. RAND
(1936) a récolté un mâle en activité sexuelle en novembre à Anaborano et un
jeune en août à Ivohibe.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 135
Comme le suggère leur plumage plus brillant, ce sont les femelles qui ont
un rôle sexuel actif. Elles sont polyandres, paradent et luttent pour la possession
des mâles, tandis que ceux-ci s'occupent de l'incubation des œufs.
Leur nid est une faible dépression près d'un marais. Il est plus ou moins
tapissé d'herbes. La ponte est généralement de 2 à 4 œufs.
FAMILLE DES RECURVIROSTRIDAE
(Avocette, Échasse)
Les Recurvirostridae sont des oiseaux très reconnaissables par leur long
bec et leurs hautes pattes. Les Avocettes ont le bec recourbé vers le haut et dé-
primé à la base. Les Échasses ont au contraire le bec droit et cylindrique. Les
pattes des Avocettes, un peu plus courtes que celles des Échasses, ont un pouce et
des membranes entre les doigts. Celles des Échasses, au contraire, sont dépour-
vues de pouce et ont des doigts libres.
Les Recurvirostridae, bien que pauvres en espèces, sont des oiseaux très
répandus dans toutes les zones tempérées et chaudes du monde.
Recurvirostra avosetta Linné
(. 15, n° 7)
Recurvirostra Avosella Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 151, n° 1 (Habitat in
Europa australiore).
Recurvirostra avosetta ; SeLaTER, 1924 : 127 ; Decacour, 1932 : 86, ne 21 ; RanD, 1936:
354; LAVAUDEN, 1937 : 106 ; Arpenr, 1971 b : 66.
Avocette, — Avocet.
Säbelschnäbler.
Identification : 42 em. L'Avocette est un oiseau très reconnaissable par
son long bec noir, pointu et fortement recourbé vers le haut et par son plumage
noir et blanc. Le dessus de la tête, la nuque, le dos et le tour des ailes sont noirs.
Les pattes très longues sont bleuâtres et dépassent nettement la queue pendant
le vol.
Son cri est une sorte de sifllement flûté.
Distribution — Mœurs : L'Avocette est un oiseau rare à Madagascar, mais
il est possible qu’elle y niche. (Elle niche en Afrique, mais ce continent reçoit
aussi des migrateurs d'Europe). O. Apperr (1971 b) l'a observée une fois en
avril dans le Sud-Ouest.
Elle fréquente habituellement les zones de vase, les bancs de sable, les
embouchures de rivière où elle se déplace avec agilité et elle nage bien. Elle se
nourrit dans l'eau peu profonde de petites proies qu’elle capture de façon très
particulière en fouettant l'eau latéralement avec son bec.
Elle se reproduit en petites colonies. Les nids sont des sortes de cuvettes de
boue parmi les herbes sur le sable ou les prés humides. L'oiseau y pond 2 à 3 œufs
plus ou moins fortement tachés de brun.
Source : MNHN, Paris
136 PH. MILON ET AL.
Himantopus himantopus himantopus (Linné)
(pl. 5, fig. 8)
Charadrius Himantopus Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 151, n° 10 (Habitat
ropa australiore).
Glareola ocularis ;
in E
292.
pwarps et A. GRANDIDIER, 1885 : 635.
Himantopus himantopus himantopus; Scuare, 1924 : 128 ; Decacour, 1932 : 25, n° 66;
Ranp, 1936 : 354 ; LavAUDEN, 1937 : 106 ; Appenr, 1971 b : 75.
Himantopus himantopus ; GRIVEAUD, 1961 a : 40.
Takapaly ou Tsakaranta. — Échasse blanche. — Black-winged Stilt. —
Stelzenläufer.
Identification : 35 em. Bien reconnaissable à ses longues pattes roses qui
Jui ont valu son nom, l'Échasse a un plumage tout blanc, sauf sur le dos et les
ailes qui sont noirs chez l'adulte et bruns chez le jeune. Le bec est noir, long
et fin ; l'iris est rouge foncé. C'est un oiseau très facile à reconnaître et son cri
d'alarme, sorte de « kit kit kit kit » rapide, est très caractéristique.
Distribution — Mœurs : L'Échasse est un oiseau très répandu en Europe,
en Asie et en Afrique. Elle est commune dans toute la Grande Ile jusqu’à une
altitude de 750 m. Elle fréquente les rives des lacs et des cours d’eau, ainsi
que les rizières inond où elle se nourrit d'Insectes aquatiques. Elle peut
nager quand elle est forcée de gagner l'eau profonde. C'est un oiseau assez
bruyant que l'on rencontre par paires ou en petits groupes. S. MaLcoLM (comm.
pers.) a observé des groupes d’une quinzaine d'oiseaux en septembre-octobre.
A. L. Ranp (1936) a observé une femelle prête à pondre en mars, mais aucune
colonie de ponte n’a été trouvée à Madagascar (ailleurs, les oiseaux se groupent
généralement en colonie pour pondre). Le nid est construit sur le sol, mais sou-
vent sur un amas d'herbes. La ponte est de 3 ou 4 œufs blanchâtres fortement
tachés de brun.
FAMILLE DES DROMADIDAE
(Dromas)
La famille des Dromadidae est réservée au seul Dromas ardeola. C'est un
oiseau intermédiaire entre les Charadriiformes et les Ciconiiformes. Son gros
bec est comprimé latéralement. Les yeux sont très développés en rapport avec
ses habitudes nocturnes. Le pouce est très développé et les doigts sont réunis
par des membranes.
On le rencontre en petits groupes sur les rivages asiatiques, africains et mal-
gaches de l'Océan Indien. Il ne quitte pas le bord de mer où il se nourrit et se
reproduit. Sa nourriture est très spécialisée.
Ses œufs rappellent ceux des Ardéidés. Ils sont tout blancs et non tachetés
comme ceux des Charadriiformes.
Les jeunes restent longtemps au nid, mais peuvent cependant se déplacer
dès leur naissance.
Source : MNHN, Paris.
Oiseaux 137
Dromas ardeola Paykull
(Pl. 4, fig. 10)
Dromas ardeola Paykull, 1806, Kongl. Svenska Velenskaps - Akadem. Handlingar, X3
p. 182 (Indes).
Dromas ardeola ; HanrLAUR, 1877 : 320 ; A. Mi
614 ; ScLater 1924 : 141 ; D
106 ; Arrenr, 1971 d : 6
WARDS et A. GRANDIDIER, 18!
ELAGOUR, 1932 : 25, n°0 67 ; RaND, 1936 : 354 ; LAVAUDEN, 193
Tsakaranta (comme les Échasses
Reïherläufer.
Identification : 36 em. C’
avec les pattes grises.
— Pluvier crabier. — Crab Plover. —
st un oiseau noir et blanc, au bec noir et pointu
Le noir du plumage couvre le dos et les grandes plumes des ailes.
Son cri une sorte de « siiiirr » caractéristique.
Distribution — Mœurs : Le Pluvier crabier est commun sur les côtes de
l'Ouest de Madagascar. Selon O. Arrerr (1971 b), il est assez abondant pr
du Mangoky où on le trouve toute l’année mais il semble plus fréquent en ét
On le rencontre en général par petits groupes lâches de 4 à 20 quand ils sont
actifs mais ces troupes sont parfois beaucoup plus importantes le long des
plages de sable au bord de l'eau ou dans les étendues de vase. O. Arrerr (L.c.)
en a vu jusqu'à 400 rassemblés à marée haute.
Il se nourrit de Mollusqui
breux au bord de l’eau.
et surtout de petits Crabes qui sont très nom-
I niche probablement à Madagascar. Le nid des Pluviers crabiers est fait
habituellement dans un tunnel creusé dans le sable.
FAMILLE DES GLAREOLIDAE
(Glaréoles)
Les Glareolidae sont intermédiaires par leurs caractères anatomiques entre
l'ordre des Lariformes et celui des Charadriiformes.
Leur taille est toujours assez faible et leur bec court et robuste. Ce sont des
oiseaux bons voiliers qui arrivent à se poser en groupes dans les steppes ou au
bord des eaux. Ils se nourrissent d’Insectes. On les rencontre dans les régions
tempérées et chaudes de l'Ancien continent.
* Glareola ocularis J. Verreaux
(pl. 4, fig. 12)
Glareola ocularis Nerreaux, 1833, South Afric. Quart.
Glareola ocularis ; HawrLaUs, 1877 : 292 ii
SeLaTER, 1924 : 140 ; DeLacour, 1932 : 25, n° 68 ;
nr, 1971 D: 67.
Journ., p. 80 (Madagascar).
WARDS et A. GRANDIDIER, 1885
RAND, 1 ; LAVAUDEN, 19.
LNH)
106 ; App
Source
: MNHN, Paris]
138 Pa. MiLoN ET AL.
Viko-viko. — Glaréole malgache. — Madagascar Pratincole. — Mada-
gaskar-Brachschwalbe.
Identification : 25 em. Les Glaréoles sont des oiseaux élancés à pattes courtes,
aux ailes sombres très longues et très pointues et à la queue assez longue et
fourchue. Le corps est en dessus brun roussâtre avec de légers reflets verdâtres.
Le dessus de la tête est plus foncé. La gorge, la poitrine et les flancs sont gris
brun. Le haut du ventre est roux, le bas est blanc. Le bec noir est rouge à la base.
Il rappelle par sa forme celui d’un Gallinacé.
Leur cri fréquent, sorte de « Kitt-kirr », ressemble à celui d’une Sterne.
On les voit souvent courir sur les plages ou le long des cours d’eau. Elles aiment
à se percher sur les rochers au bord de la mer.
Distribution — Mœurs : Les Glaréoles sont assez communes dans les zones |
humides de l'Est ou dans les savanes du Nord, du Sambirano et de l’Ouest.
Elles n'avaient pas été signalées dans le Sud avant les observations d'O. Arperr
(1971 6) qui en a vu des groupes de 12 à 100 ensemble près du Mangoky pendant
la période des pluies. Selon R. E. Moreau. (1966), elles émigrent d'août à
novembre en Afrique de l'Est. Elles aiment les régions à allure steppique. On
les observe souvent au repos en petits groupes sur les zones asséchées près
des étangs. Il y en a, par exemple, très souvent sur les terrains d'aviation de
Maroantsetra et de Tamatave. Elles fréquentent aussi le bord de la mer où
elles se posent souvent sur les petits flots rocheux.
Leur vol, aisé et rapide, rappelle celui des Sternes. Elles se nourrissent prin-
cipalement d'Insectes (Névroptères, Hyménoptères, Coléoptères) qu'elles attra-
pent généralement au vol.
Elles se reproduisent probablement à Madagascar, mais le lieu et la période
sont inconnus. La seule référence précise est la découverte par A. PEYRIERAS
(comm. pers.) de deux œufs à Nosy Mangabe (près de Maroantsetra) en novembre.
Le nid est une petite dépression sur le sol et contient normalement 2 où
3 œufs gris jaune fortement tachés de noir.
FAMILLE DES PTEROCLIDIDAE
(Gangas)
Les Pteroclididae représentent un type intermédiaire entre les Columbi-
formes et les Galliformes, ce que leur nom anglais de Grouse-Pigeons indique
clairement. Ce sont des oiseaux lourds, bas sur pattes, vivant le plus souvent à
terre et dans les endroits arides. Leurs ailes longues et larges leur permettent
de voler avec facilité à la manière des Pigeons. Ils peuvent effectuer en grandes
troupes des migrations considérables
Les Pteroclididae, dont on connaît 16 espèces, ne se rencontrent que dans
les régions steppiques et subdésertiques de l’ancien continent. Une seule espèce
vit à Madagascar.
Source : MNHN, Paris |
OISEAUX 139
*Eremialector personatus (Gould)
(pl. 7, fig. 11)
Pterocles personatus Gould, 1843, Proc. Zool. Soc. London, 1843, p. 15 (Madagascar : baie
de Majambo).
personal
1885 : 481 ; Appenr et E
Eremialector personalus ; 158 ; Decacoun, 1932 : 33, n° 89 ; RAND, 1936:
372 ; LAVAUDEN, 1937 : 109 ; GriveauD, 1961 a : 40.
Hanriaus, 1877 : 273; A. MizNe-EbwarDs et A. GRANDIDIER,
2 : 179
| Katrakatra. — Ganga masqué. — Madagascar Sand Grouse. — Mada-
gaskar-Flughuhn.
} Identification : 35 em. Le mâle adulte a la partie supérieure du corps jaune
| brun, plus foncé sur le dos, la gorge blanchâtre, la poitrine et le ventre jaune
brun ; le ventre et les cuisses sont finement rayés de roux et de noir ; une large
tache noire couvre la face
La femelle et le jeune n’ont pas de tache noire sur la face et ont de fines
rayures brunes sur tout le corps, sauf la gorge et la poitrine. Les pattes et le
bec sont gris.
| La peau nue autour du bec est jaune chez le mâle en période nuptiale,
noire chez la femelle.
| Les Gangas sont difficiles à approcher mais facilement reconnaissables à
| leur couleur en général brun jaune. Ils courent vite comme les Perdrix mais
s'en distinguent facilement par leur longue queue et on les reconnaît aisément
| au vol grâce à leurs longues ailes pointues et leur cou court. On les voit souvent
par groupes de 3 ou 4, mais parfois par 20, 30 ou plus. Leur vol est rapide et ils |
émettent souvent en volant un cri qui ressemble à des croassements imités
par leur nom malgache.
| Distribution — Mœurs : Les Gangas sont assez communs dans l'Ouest et
: le Sud-Ouest de Madagascar.
| Ils vivent dans les zones peu boisées et les plaines des régions sèches où ils
recherchent souvent les étendues d’eau temporaires. On les rencontre aussi
près des lacs et rivières sur les bancs de sable.
nt surtout de graines.
s semblent pouvoir se reproduire toute l’année. Le nid, recouvert d'herbe,
est formé par une dépression dans le sol située sur un petit monticule.
0. Arperr (1962) a trouvé un nid à 20 km au Nord-Ouest d’Ankazoabo-
d, sur un terrain plat à peu près couvert de végétation très courte. Il
était en forme d’une petite coupe creusée sur le sol et entourée d’une couronne de
folioles de Tamarinier. 11 était tapissé avec quelques brins de fibres végétales.
Les trois œufs de la ponte étaient très semblables en plus petits à ceux du
Ganga africain (P. orientalis). La forme ellipsoïde de ces œufs et leur couleur
Source : MNHN, Paris,
140 Pu. MiLON ET AL.
beige avec des taches rousses et des macules gris pâle sont très caractéristiques
du genre.
Les poussins sont nidifuges.
FAMILLE DES TRERONIDAE
(Pigeons frugivores)
Les Treronidae sont des Pigeons strictement arboricoles. Comme les autres
Pigeons ils ont un plumage abondant et serré, mais s’en distinguent par leurs
tarses plus courts et en grande partie emplumés. Leur plumage est souvent
très coloré. Leur nourriture est constituée de graines et surtout de fruits dont
l'état de maturité oriente leurs déplacements. Ils comprennent plus de 120
espèces, toutes propres aux régions tropicales de l'Ancien Monde, dont deux
vivent à Madagascar.
* Alectroenas madagascariensis (Linné)
(1. 7, fig. 9)
Columba madagascariensis Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12° édit, p. 283, n° 21
(Habitat in Madagascar).
Funingus madagascariensis ; A. Muixe-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885 : 476.
Alectroenas madagascariensis ; HarrLaus, 1877 : 262 ; ScLATER, 1924 : 177 ; DELAGOUR,
1932 : 33, no 90 ; RanD, 1936 : 373 ; LAVAUDEN, 1937 : 110 ; GRiVEAUD, 1961 D: 5
Finingo-manga (Pigeon bleu) ou Finingo menamaso (Pigeon à yeux rouges)
ou Finingo menavody (Pigeon à queue rouge). — Finingo malgache ou Pigeon
bleu. — Madagascar Blue-Pigeon.
Identification : 31 em. Ces magnifiques Pigeons sont très reconnaissables
par leur couleur générale bleu foncé avec le menton blanchâtre et une collerette
gris bleu, leur queue en partie rouge pourpre (on distingue bien au vol la teinte
rouge sous la queue), la peau nue rouge vif autour de l’œil, le bec gris vert à la
base, jaunâtre à la pointe et les pattes rose foncé. Ils se tiennent généralement
bien en évidence au sommet d'un arbre ou sur une branche élevée et se laissent
souvent approcher suffisamment pour que certains chasseurs soient tentés d'en
tuer 2 où 3 d'une même cartouche.
Leur cri est une sorte de roucoulement.
Distribution — Mœurs : On les observe dans l'Est et l'Ouest jusque vers
Tsiandro au Sud, mais ils sont peu communs à la Montagne d’Ambre et dans
le Sambirano. Ils semblent effectuer des migrations régulières. Ils vivent en
hauteur, dans la grande forêt pendant l'été et descendent dans les plaines de
mars à juillet. Ils sont en général communs dans les régions boisées où on les voit
souvent en bordure de clairières.
Ils se nourrissent principalement de fruits. Ils mangent, entre autre, ceux de
l'Ylang-ylang qui les saoulent et ils se laissent tuer alors en grand nombre par
les paysans. Ils vivent par groupes de 2 à 12, mais parfois en bandes plus impor-
Source : MNHN, Pari:
OISEAUX 141
tantes. Leur vol est rapide. Ils peuvent se rassembler en groupes le soir pour
effectuer des vols crépusculaires. La reproduction a lieu de juillet à mars. Un
seul œuf de couleur blanche est pondu dans un nid fait de branches entrelacées.
* Vinago australis australis (Linné)
(Pl. 7, fig. 5)
Columba australis Linné, 1771, Mantissa, p. 526 (Madagascar).
Vinago australis ; HarTLAUB, 1877 : 259 ; A. MiuNe-Enwarps et A. GRANDIDIER, 1885:
LATER, 1924 : 175 ; DELacoUR, 1932 : 34, ne 91 ; GriveauD, 1961 b : 52.
Vinago australis australis ; RaND, 1936 : 374 ; LAVAUDEN, 1937 : 110.
Treron australis xenia Salomonsen, 1934, Ibis, p. 386 (Ouest de Madagascar).
Vinago australis xenia ; RAND, 1936 : 375 ; LAVAUDEN, 1937 : 110 et 153.
470 ;
Finingo maitso ou Voron’adabo. — Colombar austral ou Pigeon vert. —
Madagascar Green Pigeon.
Identification : 33 em. Ces Pigeons sont très reconnaissables à leur belles
couleurs vertes dégradées. Leur dos est vert olive, le reste du corps est vert clair
et la face inférieure de la queue marron ; le bec est gris et les pattes jaune
orange. Au vol, on remarque bien le contraste des ailes sombres avec le dessous
du corps plus clair. Leurs habitudes sont très voisines de celles de l'espèce
précédente ; leur chair est aussi appréciée. Leur cri est très particulier. C’est
une sorte de sifflement que l’on peut imiter par les syllabes « O-oui-oui-ououi »,
répétées rapidement.
Distribution Meœurs : Très commun dans toutes les régions boisées de
l'ile, à proximité de la côte, dans les savanes et forêts galeries, les Pigeons
verts se rencontrent jusqu’à Namoroka dans le Sud. Selon F. SALOMONSEN (1934)
on pourrait distinguer une sous-espèce plus pâle dans l'Ouest. Cette espèce
est relictuelle, sinon absente, sur les-Hauts Plateaux (J. SaLvaN comm. pers.).
Ils mangent des fruits et des graines, en particulier de Ficus (d’où leur
nom malgache), et se tiennent souvent en lisière de forêt et près des plantations.
Leur vol semble un peu moins rapide que celui des Pigeons bleus.
La reproduction a lieu en octobre.
Le nid fait de branches entrelacées est souvent construit dans des régions
assez sauvages de la grande forêt.
La ponte comprend 1 ou 2 œufs blancs.
FAMILLE DES COLUMBIDAE
(Pigeons, Colombes et Tourterelles)
La famille des Columbidae, assez homogène, comprend des oiseaux de taille
petite ou moyenne, d'aspect assez trapu et dont le type bien connu est le Pigeon
où la Colombe. Ils se distinguent des Tréronidés par des tarses plus courts et nus,
et une couleur généralement plus terne. Leur régime est plus granivore. Très
Source : MNHN, Paris,
142 Pa. MiLON ET AL.
répandus dans le monde, on en compte plus de 200 espèces. Ces oiseaux se
rencontrent partout sauf dans les territoires arctique et antarctique. Deux
espèces vivent à Madagascar.
Streptopelia picturata picturata (Temminck)
(pl. 7, fig. 8)
Columba picturata Temminek, 1813, Pig. et Gall., 1, pp. 315 et 480 (Île de la Réunion).
Turtur picturatus ; HarrLaur, 1877 : 268; À. MiLne-EnwanDs et À. GRanDrDren, 1885:
Streptopelia picturata picturata ; Seuarer, 1924 : 165 ; DeLacour, 1932 : 34, n° 91; RaND,
75 ; LavAUDEN, 1937 : 110 ; GriveauD, 1961 a : 40 et 1961 b : 52; AzmraNac, 1970:
Domohina. — Tourterelle peinte. — Madagascar Turtle Dove.
Identification : 28 em. La Tourterelle peinte a la tête grise, le menton
biane, le cou, le haut du dos, la gorge et la poitrine violets ; le reste de la face
supérieure est gris vert. Le côté du cou est taché de noir, le ventre est blanc et
les flancs sont teintés de rose.
Ces belles Tourterelles d’allure typique sont assez farouches. On les ren-
contre souvent en marchant sur les chemins dans les forêts denses. Elles fré-
quentent aussi beaucoup les rizières ainsi que les forêts secondaires et dégradées
et les zones de tavy. On les trouve par couple ou par petites bandes. Elles
s'envolent rapidement et vont se percher sur les grands arbres. Leur vol est
rapide et silencieux et elles font de nombreux tours avant de revenir se poser.
Elles émettent un roucoulement doux caractéristique.
Distribution — Mœurs : Les Tourterelles sont communes dans toutes les
régions encore boisées de l'île et près des plantations.
La reproduction a lieu entre juillet et octobre.
Le nid, construit dans les arbres à faible hauteur ou dans les buissons, est
aplati et grossier ; il est formé d'herbes et de brindilles entrelacées.
La ponte se compose de 2 œufs blancs.
Cette sous-espèce est propre à Madagascar et aux Mascareignes (BERLIOZ,
1946 : 44).
* Oena capensis aliena O. Bangs
(1. 7, fig. 6 et 7)
Oena capensis aliena O. Bangs, 1918, Bull. Mus. comp. Zool., LXI, p. 491 (Tuléar).
Oena capensis ; HarrLaus, 1877 : 272 ; A. Mue-Enwanps et A. GranDiDier, 1885:
465.
Oena capensis aliena ; Seuaren, 1924 : 171 ; DeLacoun, 1932 : 35, no 93 ; Rann, 1936:
376 ; LavauDen, 1987 : 110 et 185 ; Griveaun, 1961 a : 40 ; SALVAN, 1970 : 198.
Katoto ou Tsiazotenonina (dont on ne doit pas prononcer le nom). —
Colombe à masque de fer. — Madagascar Long-tailed Dove. — Kaptäubchen
ou Zwergtaube.
Source : MNHN, Paris]
Oiseaux 143
Identification : 28 em. Le mâle a le dessus gris avec la tête, les côtés et le
dessus des ailes gris. La queue très longue est grise bordée de blanc. Les pattes
sont très courtes. Une large tache noire couvre toute la face, la gorge et la poi-
trine. Les plumes des ailes sont bordées de brun. La face inférieure est blanchâtre.
Chez la femelle qui est un peu plus petite et de couleur moins vive, la tache
noire antérieure ne s'étend que sur la poitrine. Le bec est jaune.
Ces petites Colombes très familières sont très faciles à reconnaître.
Elles sont souvent posées sur les routes où elles marchent lentement.
C’est un des seuls oiseaux qui restent actifs pendant la chaleur du milieu de la
journée. Elles s’envolent à l'approche des voitures en rasant le sol. Elles sont
généralement par couples, parfois en bandes de 15 à 20, mais, même à l’intérieur
des bandes, elles restent généralement 2 par 2.
Distribution — Maœurs : Les Colombes à masque de fer sont communes
partout sauf dans l'Est où elles sont un peu plus rares. Elles sont tout à fait
sédentaires. Leur aire de dispersion semble en fait s'étendre d'année en année,
comme le faisait déjà remarquer L. LAvauDEN (1937). Selon N. S. MazcoLM
(comm. pers.), elles semblent être devenues plus communes en quelques années
sur les Hauts-Plateaux où elles sont cependant beaucoup plus rares que dans le
Sud et l'Ouest. Elles sont encore rares entre Ambositra et Tananarive (J. SALVAN
1970). Cette extension générale de leur zone de peuplement est probablement
liée à la dégradation croissante des zones forestières. Contrairement à l'espèce
précédente, ces Colombes fréquentent les régions peu boisées et les champs en
friche près des villages où elles viennent manger des graines.
st de cette habitude que provient leur nom malgache. Ce sont, en effet,
pour certains paysans, des oiseaux de mauvaise augure car ils fréquentent
souvent, pour chercher des graines, les zones abandonnées où se trouvaient
d'anciens villages ou d'anciennes cultures.
FAMILLE DES PSiTTACIDAE
(Perroquets et Perruches)
La famille des Psitlacidae représente un des groupes d'oiseaux percheurs
les plus évolués et les plus spécialisés et possède des caractères homogènes. Les
facultés psychiques très développées de ces oiseaux leur permettent limitation
du langage articulé et leurs possibilités d'adaptation à la captivité sont remar-
quables. Les caractères de leur crâne massif et de leur bec les différencient nette-
ment de tous les autres oiseaux. La mandibule supérieure est en effet articulée
et non soudée avec le frontal, ce qui permet au bec, grâce au mouvement des
deux mandibules, une grande variété d'usages et le rend notamment très utile
pour décortiquer les fruits et rechercher les graines. Ce sont surtout, grâce à ce
gros bec robuste et mobile et à la disposition de leurs doigts opposés 2 à 2, des
viseaux arboricoles, tous très bons grimpeurs. Souvent grégaires, ils vivent en
famille ou en colonies.
Source : MNHN, Paris
144 PH. MILON ET AL.
Le plumage est peu abondant et dur et la plupart des Perroquets, contrai-
rement aux Perroquets malgaches qui sont de couleur noire, ont une pigmenta-
tion très voyante. Le jeune est nidicole et complètement nu à la n: nce.
Le vol est en général aisé et rapide, mais peu soutenu.
Cette famille est à peu près confinée à la zone intertropicale des deux conti-
nents et de leurs territoires insulaires. Trois espèces vivent à Madagascar : une
Perruche et deux Perroquets. Ces deux dernières espèces ne présentent que de
légères différences écologiques et vivent dans l'Est de Madagascar, dans les
mêmes régions. Elles ont, en outre chacune, une sous-espèce dans l'Ouest dont
les aires de dispersion se superposent. Une solution à ce curieux problème bio-
géographique est proposée par Raxp (1936) : Une espèce (C. nigra) qui semble
mieux adaptée aux régions humides serait originaire de l'Est, tandis que
l'autre (C. vasa) serait originaire de l'Ouest. Ces deux types se seraient difté-
renciés chacun en sous-espèces en s'étendant au-delà des limites de leur aire de
dispersion normale, l’une vers l'Ouest, l'autre vers l'Est. C’est ainsi par l'étude
détaillée de l'écologie d’une espèce que l'on peut parfois trouver des
arguments
pour l'explication d’une répartition géographique curieuse.
* Coracopsis vasa vasa (Shaw)
(pl. 10, fig. 5)
Psittacus vasa Shaw, 1811, Gen. Zool., VIT, part. 2, p. 528 (« Afrique du Sud » — Mada-
gascar).
Coracopsis obseura ; À. Micxe-Enwanps et A, GRanDIDIER, 1882 : 1.
Coracopsis vasa ; HanrLaus, 1877 : 228; ScLaten, 1924 : 197.
Coracopsis vasa vasa ; DELAcoUR, 1932 : 42, n° 115; RaND, 1936; 393; LAVAUDEN,
1937 : 116; GriveauD, 1961 b : 5
Coracopsis vaza drouhardi Lavauden, 10-IX-1929, Alauda, I, p.
Coracopsis vaza drouhardi ; DeLacour, 1932 : 42, n° 116 ; LAVAUDEN, 1932
116 et 155; RanD, 1936 : 394; Mizon, 1950 a : 65.
Goracopsis vasa wulsini O. Bangs, 31-X-1929, Proc. New England Zool. Club, XL
p. 49 (Miandrivazo).
1 (Tongobory).
, 19:
Siotsabe, Boloky ou Boeza be. — Grand Perroquet vasa. — Greater Vasa
Parrot.
Identification : 50 em. Le « grand Vasa » se différencie du «petit Vasa » par
son bec beaucoup plus massif, sa taille plus grande, sa queue plus longue et son
vol plus lent.
La sous-espèce de l'Est, C. v. vasa, a le corps entièrement brun noir. La sous-
espèce de l'Ouest, C. v. drouhardi, est de teinte légèrement plus pâle. La peau
nue de la tête est jaunâtre, les pattes brun noir, le bec de couleur variable, jau-
nâtre ou noir.
Les grands Vasas, que l'on voit souvent perchés sur des arbres morts en
lisière de forêt, vivent en petits groupes de 6 à 8 individus, et sont surtout actifs
le matin ou le soir. Ils volent souvent très haut au-dessus de la forèt, même
Source : MNHN, Paris
OISEAUX L
parfois la nuit au clair de lune. Leurs cris généralement désagréables et bruyants,
sorte de « Kio-kiu-kia-kia » répétés et très variés, attirent l'attention. En
captivité, ils s’apprivoisent bien. Dans l'Ouest, leur présence est souvent
plus visible car ils ont des habitudes moins forestières et font parfois des dégâts
dans les cultures. A cause de cela ils sont souvent, de même que les Corbeaux,
détestés des populations du Sud.
Distribution — Mœurs : Les C. v. vasa sont communs dans les forêts et les
plaines côtières de l'Est. On les rencontre cependant aussi très au-dessus du
niveau de la mer. Les C. v. drouhardi sont communs dans le Sambirano, les
savanes du Nord et de l'Ouest et la région subdésertique du Sud, où ils n’hé:
tent pas à descendre parfois sur les plages du bord des rivières ou dans les
terrains de culture, emportant parfois des épis de millet pour aller les décorti-
quer dans un arbre. Les grands Vasas se nourrissent de fruits et de graines variés,
mais semblent de tendance plus granivore que les Coracopsis nigra.
La reproduction a lieu d'octobre à décembre.
Le nid est fait dans la cavité d’un tronc creux où l'oiseau descend comme
dans un puits parfois à plusieurs mètres de profondeur ou dans un trou d'arbre
à quelques mètres de haut. Pour la sous-espèce de l'Ouest, le nid est souvent
dans des trous creusés dans le tronc des baobabs et l'on trouve parfois plusieurs
nids dans le même arbre.
La ponte est de 2 œufs de couleur blanche.
* Coracopsis nigra nigra (Linné)
(pl. 10, fig. 6)
Psitlaeus niger Linné, 1758, Syst. nat., tome 1, 10e édit., p. 99, n° 17 (Habitat in Mada-
gascar).
Coracopsis nigra ; Hawrzaur, 1877 : 227 ; A. MILNE
1882 : 6; ScLaren, 1924 : 198.
Coracopsis nigra nigra; DeLacour, 1932 : 43, ne 117; RanD, 1936 : 395; Lavaur
117; Gmveaun, 1961 b : 52; AumiGnac, 1970 :
acopsis nigra libs O. Bangs, 1927, Proc. New England Zool. Club, IX, p. 83 (Mian-
DwanDs et A. GRANDIDIER,
193
drivazo).
Coracopsis nigra libs ; Dexacour, 1932:
117 et 156.
Ve
3, n°118; RaND, 1936 : 396; LAVAUDE
, 16
Koakio ou Boloky. — Petit Perroquet vasa. — Lesser Vasa Parrot.
Identification : 40 em. La sous- spèce de l'Est, C.n.nigra, est très semblable
Comme coloration au Coracopsis vasa vasa. La forme de l'Ouest, C. n. libs, est
de teinte légèrement plus pâle et il existe de nombreuses nuances intermédiaires.
Leur taille d’un tiers plus faible, leur bec moins massif, leur pouce plus court,
leur vol plus rapide et leurs cris constitués surtout de sifflements, permettent de
les en di inguer facilement. Leur peau nue autour de l'œil est rosée, leur bec
plus où moins noir et leurs pattes noires.
Source : MNHN, Paris
146 PH. MILON ET AL.
Leurs habitudes sont assez semblables à celles de l'espèce précédente. Ils
vivent aussi en petites bandes dans les mêmes régions souvent au sommet des
arbres. Ils sont nettement moins bruyants que les grands Vasas. Leurs cris
sont surtout composés de sifflements variés, parfois harmonieux. Un refrain
souvent répété est une sorte de «hui-u-o-u » sifflé mais ils ont aussi un cri rauque
qui ressemble à celui de C. vasa.
Distribution Mœurs : Les « petits Vasas » sont communs dans l'Est, le
Nord, le Nord-Ouest et les régions les plus boisées du Sud-Ouest et du Subdésert,
Selon N. S. Mazcom (comm. pers.), dans l'Ouest ils sont généralement moins
communs que les grands Vasas. Ils fréquentent les forêts denses humides et maré-
cageuses plus souvent que l'espèce précédente, mais on les trouve aussi souvent
dans les zones dégradées. Ils mangent des fruits parfois sur les arbres que les
Lémuriens nocturnes exploitent. Ils seraient plus frugivores que Coracopsis vasa,
descendant jusque dans les buissons pour y chercher des fruits. Ils aiment
beaucoup les galles du Hintsy (Afzelia bijuga). ls s'apprivoisent bien en
captivité et en les nourrissant de fruits et de riz, ils se conservent a: bien
en semi-captivité, s'ils n’ont pu apprendre à voler dans leur jeune âge.
Leur reproduction a lieu en décembre.
Agapornis cana (Gmelin)
(pl. 10, fig. 1 et 2)
Psitlacus canus Gmelin, 1788, Syst. nat., tome I, part. 1, p. 350 (Habitat in insulis
Madagascar et S. Mauritii).
Psillacus cana ; HaAnTLAUR, 1877
Psillacula madagascariensis ; A. Mi WARDS et À. GRANDID:
Agapornis cana cana ; LAVAUDEN, 1937 : 117 ; ScLaTER, 1924 : 20
ne 119; Rann, 1936 : 396; R. P., 1953 b : 108.
Agapornis madagascariensis ablectanea O. Bangs, 1918, Bull. Mus. comp. Zoo! LXI,
p. 503, n° 66 (delta de la Morondava).
Agapornis cana ablectanea : SGLAI
1936 : 397 ; LavAUDEN, 1937 : 117 et
Sarivazo, Karaoka ou Kitrehoka. — Petite Perruche de Madagascar,
Inséparable à tête grise. — Grayheaded Love Bird.
, 1882 : 17.
; DeLacour, 1932 : 43,
, 1924 : 204 ; Decacour, 1932 : 44, n° 120 ; RAND,
; Giveaun, 1961 a : 41.
Identification : 15 em. Les deux sous-espèces À. c. can et À. c. ablec-
tanea sont très proches. La seconde ne diffère de la première que par sa teinte
générale un peu moins jaune. Ces belles petites Perruches sont bien reconnais-
sables à leur taille et à leur couleur. Le mâle adulte a la tête, le cou et la poitrine
gris clair, le dessus du corps vert foncé plus ou moins teinté de roux et le dessous
du corps jaune vert, le dessous des ailes noir et une large bande noire à l'extré-
mité de la queue.
La femelle et le jeune mâle ont le dessus du corps, ÿ compris la tête, entiè-
rement vert roux pâle, le dessous du corps et les ailes jaune vert et la bande
noire de la queue moins large que celle du mâle. Le bec et les pattes sont gris
clair.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 147
Elles vivent généralement en groupes de 5 à 20 individus, mais souvent
plus importants. Leur vol est puissant et rapide et leurs cris aigus sont très
bruyants. Elles se perchent souvent au sommet des arbres, des poteaux télé-
graphiques ou dans des buissons. On les voit fréquemment aussi sur les routes.
Distribution Mœurs : Ces petites Perruches sont communes dans l'Est,
le Sambirano et l'Ouest en lisière de forêt et dans les clairières. On les voit
souvent sur les routes. Elles sont plus communes dans les régions côtières que
dans l’intérieur. La sous-espèce du Sud est as commune dans les régions
les moins arides de la zone subdésertique. Elles se nourrissent de fruits et de
graines qu’elles mangent souvent sur le sol. Elles peuvent faire des dégâts
dans les rizières. S'habituant assez bien à la captivité, elles sont souvent conser-
vées en cage où elles se reproduisent facilement, mais elles sont très fragiles.
Le nid est fait dans un arbre creux, peu profond : nous en avons observé
un dans un « Almandra » mort dont le fond était tapissé de petites feuilles
coupées en menus Morceaux.
R. PauLiAN [R. P.] (1953 b) signale une nidification dans le Parc de Tsim-
bazaza mais il s'agissait peut-être d'oiseaux échappés de chez un éleveur.
FAMILLE DES CUCULIDAE
(Coucous, Coucals, Couas et Malcohas)
La famille des Cuculidae comprend des oiseaux de taille moyenne ou
petite, à l'allure svelte, à la queue longue et au bec de taille variable mais tou-
jours plus ou moins incurvé. Le mode de reproduction de ces Oiseaux est très
variable selon les types et, si des cas fréquents de parasitisme ont rendu cette
famille célèbre, ce n’est pas le cas général. Ce sont généralement des Oiseaux
défiants et diMiciles à voir bien qu’ils restent souvent au voisinage de l'homme,
Les Cuculidae sont généralement solitaires, leur nourriture est surtout
composée de proies animales.
Ce groupe est tout à fait cosmopolite dans les régions tempérées et tropi-
cales du globe. On peut y distinguer plusieurs types différents dont : les Coucous,
propres à l'Ancien Monde, tous parasites, au vol rapide, qui sont représentés
par 2 espèces à Madagascar ; les Coucals qui sont propres aux régions tropicales
de l'Afrique, l'Asie, et l'Océanie, non parasites, aux ailes courtes, représentés
par 1 espèce à Madagascar ; et les Malcohas, groupe principalement indomalais,
non parasites, représentés par 9 espèces de Couas à Madagascar et dont les
Caractères les plus typiques sont leurs ailes courtes et rondes, leurs plumes peu
serrées, leur longue queue raide, leurs longues pattes et leur peau souvent nue
autour des yeux.
Le parasitisme du Coucou a toujours intrigué les ornithologistes.
Source : MNHN, Paris
148 PH. MILON ET AL.
Il est en effet d'assez grande taille mais ses œufs ne sont pas plus gros que
ceux d'un Tchitrea, particularité qui lui permet de pondre dans le nid de petits
oiseaux.
Ces œufs dont la couleur ressemble à ceux des oiseaux qu'il parasite sont
pondus de façon très espacée ; la femelle ne sait pas les couver, ni faire de nid,
mais les dépose dans des nids d'oiseaux différents au fur et à mesure de leur
ponte.
Cet espacement est probablement une adaptation du même ordre que
celle qui pousse le jeune Coucou dès sa naissance à faire tomber du nid les jeunes
oiseaux ou les œufs de l'oiseau qu'il parasite.
Il va grossir vite et aura en effet besoin de la totalité de la nourriture
apportée par ses « parents adoptifs ».
Les différentes espèces de Couas sont assez étroitement localisées et différent
par leur couleur ou leurs proportions. Contrairement aux Cuculus, ils ne sont
pas parasites d’autres oiseaux. La plupart habitent les forêts. Ils volent le
plus souvent mal. Beaucoup sont essentiellement coureurs et fréquentent,
les zones découvertes ou faiblement boisées. On peut les diviser en Couas grim-
peurs ou arboricoles : C. caerulea, C. cristata, C. verreauxi et en Couas coureurs :
C. reynaudü, C. serriana, C. ruficeps, C. cursor, C. coquereli, C. gigas et C. dele
landei (peut être actuellement éteint).
Les Couas forment un groupe d’Oiseaux parmi les plus intéressants de
Madagascar. Aucun autre groupe d'Oiseaux malgaches en dehors des Vangidae
ne montre en effet une telle radiation évolutive. Ils n'ont pourtant pas de spé-
cialisation morphologique nette bien que la taille sépare cependant C. gigas
des autres espèces terrestres et particulièrement de C. coquereli avec qui il
pourrait être surtout en compétition.
Le bec est de forme et de taille assez uniforme dans tout le groupe. H est
cependant un peu plus faible chez C. verreauxi qui paraît en compétition avec
C. coquereli, mais dont une différence dans le régime le sépare probablement.
Une telle différence sépare probablement aussi C. serriana et C. reynaudii qui
vivent dans la même région. C. ruficeps se trouve aussi plus où moins en COnCur-
rence dans le Sud et le Sud-Ouest avec C. cursor, C. coquereli et C. gigas.
Les différences entre les espèces de Coua sont de toute façon assez peu
importantes. Des différences écologiques (qu sont encore à préciser dans le
détail) permettraient seules d'expliquer en partie leur évolution. Pour R.E.
Moreau (1966), il semble essentiel que des barrières écologiques aient persisté
sans arrêt assez longtemps, pour qu'une incompatibilité génétique se soit établie
entre ces populations. Il nous paraît cependant possible que des mutations
chromosomiques suffisamment nettes soient apparues par évolution robertso-
nienne, isolant sexuellement des noyaux de population. Les faibles possibilités de
déplacement de ces oiseaux rendaient cet isolement génétique plus efficace pour
favoriser la spéciation. Cette particularité peut expliquer pourquoi, bien qué
Source : MNHN, Pari:
Oiseaux 149
l'évolution ait pu réaliser des exemples aussi diversifiés que les Couas, elle n’a
pas produit une faune avienne plus riche en espèces. Il se pourrait aussi, comme
le pense R. E. Moreau (1966), qu'à cause d’extinctions multiples, nous n'ob-
servions, en fait, actuellement à Madagascar que les relictes de groupes beaucoup
plus différenciés dans le passé.
Le jeune Coua ruficeps possède un dessin remarquable à l'intérieur du
bec. O. APrerr l’a décrit pour la première fois chez cette espèce (1967 ; 1968 e,
1970 6) en en présentant plusieurs photos (p. 55 et 56). Il consiste en une paire
d'ocelles sur le voile du palais et un grand écusson à la base de la langue. Selon
HLi (1935), Coua crislata possède également une paire d'ocelles mais
on sur la langue semble manquer. Il est probable que les autres espè
présentent aussi plus ou moins ces marques colorées.
* Cuculus poliocephalus rochii Hartlaub
(pl. 10 fig. 7)
Cuculus rochit Hartlaub, 1862, Proc. Zool. Soc.
Cuculus poliocephalus var. rochii ; À. Mn:
Cuculus poliocephalus rochii ; Sc
1936 : 397 ; LavauDEN, 1937 : 114; M
Arrerr, 1968 e :
London, 1862, p. 224 (Madagascar).
pwanDs et A, GRANDIDIER, 1882 : 176.
ATER, 1924 : 179; Deracour, 1932 : 44, n° 121 ; RAND,
ox, 1950 a 9 RIVEAUD, 1961 D : 52;
: 224 ; Sauvan, 1970 : 198.
; ALBIGNAC, 197
Kakafotra ou Taotao kafo (d'après son cri). — Petit coucou. — Madagascar
Cuckoo. — Gackelkuckuck.
Identification : 28 em. Le Petit coucou a le dos gris brun, le ventre blanc |
rayé transversalement de noir, la gorge, le côté du cou et la poitrine gris, la
queue longue et brune tachée de blanc, les pattes et les paupières jaunes. Le
jeune a le dos brun rayé de roux et de blanc et le ventre blanc rayé de brun.
Son cri caractér
ique, imité par les 3 syllabes de son nom, signale très
fréquemment sa pré
ence de septembre à mars. On l'observe rarement car
c'est un oiseau méfiant, difficile à voir.
Distribution — Mœurs : Ce Petit coucou vit dans toutes les régions boisées,
même dans le Sud de l’île, mais émigre régulièrement d'Est en Ouest et jusqu’en |
Afrique pendant la saison des pluies. Il passe à Madagascar la saison humide |
(fin septembre à avril), il évite seulement l'extrême Sud trop sec. Dans les |
zones orientales, où la saison sèche est peu marquée, quelques arrivées peuvent
avoir lieu plus tôt, dès le mois d'août, et quelques individus peuvent rester
toute l'année. 11 semble généralement moins abondant dans la zone côtière
du Nord-Est. On se pose à son sujet un curieux problème biogéographique :
l'espèce, en effet, vit aussi en Asie et s’y reproduit tandis qu'elle se reproduit
à Madagascar, de début octobre à début avril, mais pas en Afrique. Il existe
alors deux populations séparées entre elles par près de 5 000 km et l'on peut
se demander quelle était la population la plus ancienne. Comme le signale
RE. Moreau (1966), ces 2 populations ne différent que par la longueur des
Source : MNHN, Paris!
150 PH. MILON ET AL.
ailes et la séparation a dû se faire tardivement. Or, les émigrants malgaches
arrivent en Afrique jusqu'au Kenya et en Ouganda. S'ils représentent le stock
primitif ils peuvent avoir voyagé plus au Nord dans le passé, lorsque les régions
voisines du Nord de l'Océan Indien et de la mer d'Arabie étaient moins arides,
et peuvent avoir laissé des représentants en Asie.
Les émigrants Indiens, par ailleurs, ont été trouvés en grand nombre sur
les régions côtières du Tanganyika. Certains de leurs représentants auraient
pu coloniser Madagascar, dans le passé. On n’a pas d'argument pour trancher
entre ces deux hypothèses. Il est intéressant de remarquer que le Coucou est
un cas spécial, car pour s'adapter à une nouvelle région, il doit, non seulement
se plier aux conditions d'un nouveau milieu, mais aussi s’habituer à parasiter
un nouveau type d'oiseau.
L'autre espèce de Coucou malgache Cuculus audeberti qui est très rare,
: l'est peut-être devenu à cause de la concurrence de ce nouveau venu.
Le Petit coucou se nourrit d’Insectes, surtout de Chenilles, mais comme
beaucoup d'autres oiseaux profite aussi de vols de Sauterelles.
Il se reproduit d'octobre à avril et dépose son œuf blanc taché de brun le
plus souvent dans le nid de Cisticola cherina mais aussi, bien que plus rarement,
dans celui de Neomiris lenella ou de Tchitrea mulata (Ph. Mion, 1959). Une
observation systématique de 200 pontes de Cisticola cherina a montré que 5
étaient parasitées.
L'œuf est blanc, parfois teinté de beige avec des taches brun rouge surtout
au gros bout. Sa ressemblance avec ceux des espèces parasitées n'est que très
approximative.
* Cuculus audeberti Schlegel
Cuculus Audeberti Schlegel, 1879, Notes from the Royal Zool. Mus. of the Netherl. al Leyden,
(Notes from the Leyden Mus.), 1, p. 99 (baie d'Antongil, Ambodikilo près de Mananart).
Cuculus Audeberti : À. Muxe-Enwarps et A. GRaNDIDiER, 1882 : 179 ; LAVAUDEN,
539, 1937 : 114 et 187.
Pachycoceyx audeberti ;
1932
; Ranp, 1936
aren, 1924 : 181; Decacour, 1932 : 84, n° à
Coucou d’Audebert. — Madagascar Thick-billed Cuckoo.
s avec
Identification : 41 em. Le Coucou d’Audebert à la tête et le dos bru
quelques reflets verdâtres. Des petites franges blanchâtres bordent l'extrémité
des plumes des ailes et de la queue. Le dessous du corps est entièrement blanc.
Le bec est fort et large à la base.
Selon L. LavauDEx (1937), qui a pu interroger quelques büûcherons connais"
sant bien cet oiseau, ses sous-caudales rayées transversalement de noir SU
fond blanc sont très visibles au vol et ne permettent aucune confusion.
Source : MNHN, Paris!
OISEAUX 151
Distribution — Mœurs : Ce grand Coucou, très rare, est voisin du C. validus
Rechn, d'Afrique centrale. Il est connu seulement par cinq spécimens et semble
uniquement cantonné dans la forêt de l'Est. Il a été trouvé à Mananara dans
Ja baie d'Antongil et dans la forêt Sihanaka.
Ses mœurs sont encore inconnues.
* Centropus toulou toulou (P.L.S. Müller)
(pl. 11, fig. 1 et 2)
Cueulus toulou P.L.S. Müller, 1776, Syst. nat. suppl, p. 90 (Madagascar).
Centropus toulou ; HarrLauR, 1877 : 251 ; SaLvAN, 1972 c : 50.
Centropus madagascariensis ; A. Muxxe-Epwarps et À. GraNDiDiER, 1882 : 1
Centropus toulou toutou ; ScuATER, 1924 : 183 ; DeLacour, 1932 : 44, n° 122 ; Rax
399 ; LaVAUDEN, 1937 : 115 ; Mizon, 1 ; Giveaup, 1961 a : 41 et 1961 D:
Toloho. — Coucal malgache. — Madagascar Coucal. — Tulu, Spornkuckuck.
Identification : 40 à 50 cm. Bien que très variable pour la taille et la couleur,
le Toulou est très facile à reconnaître par son allure, sa longue queue, son compor-
tement et son cri caractéristique. On peut distinguer deux types de coloration.
Pendant la saison des noces (fin de la saison sèche) le corps est noir et les ail
sont brun roux vif. Le jeune ainsi que les adultes pendant la saison des pluies
ont le dessus du corps brun roux avec de nombreuses stries plus foncées sur
les plumes, le dessous noir taché de jaune. Tous les intermédiaires existent
entre ces deux types de coloration. Les pattes sont grise:
On reconnaît facilement la présence d'un Toulou par son cri d'alarme,
sorte de « tiche » plus ou moins prolongé ou par son cri « toulou, toulou... »
répétés et d'intensité décroissante ressemblant au bruit d'une grosse bouteille
qui se vide. Il fréquente le sol des forêts, les arbustes, les buissons et les roseaux
épais. On le trouve solitaire ou par couple. Son vol est lourd, il se pose maladroi-
tement dans le feuillage qui froisse ses plumes. Peu méfiant, on peut l'approcher
d'a: près en forêt, mais généralement il se faufile et se cache au milieu de
la végétation. Il se réchauffe au soleil, le matin ou après la pluie avec les ailes
ouvertes et pendantes. Il est souvent « fady » et protégé par les paysans et
de nombreuses légendes en font l'allié des hommes à qui il indique par son cri
la présence du crocodile.
Distribution — Mœur.
au moins
: Le Toulou est très commun dans toutes les régions
légèrement boisées de l'île ainsi que dans les roseaux des bords des
lacs, marais et rivi Il se nourrit de gros Insectes (surtout d'Orthoptères),
d'Araignées, de Myriapodes et de Mollusques qu'il cherche activement en
grimpant sur les troncs et en se faufilant dans les buissons. Il détruit aussi
les petits Reptiles et beaucoup de nids d'oiseaux dont il mange les œufs qu'il
emporte souvent dans son bec (particulièrement de Foudia et d'Hypsipetes).
La reproduction a lieu d'octobre à mars.
Source : MNHN, Paris]
152 PH. MILON ET AL.
Le nid est construit dans une région boisée en bordure d'une clairière où
d’une plantation, souvent à faible hauteur, il a environ 30 em de diamètre et
est grossièrement tissé et tapissé d'herbe sèche.
La ponte est de 2 œufs blancs.
* Coua caerulea (Linné)
(pl. 11, fig. 5)
Cuculus cæruleus Linné, 1766, Syst. nat., tome 1, 12e édit., p. 171, n° 15 (Habitat in
Madagascaria).
Coua coerulea ; HartLauB, 1877 : 115: A. Mn
, 1924 : 188
79;
waRDs et À. GRANDIDIER, 1882 : 148.
x, 1932 : 45, n° 123 ; RaND, 1936 : 400;
un, 1961 b : 52; AumrNac, 1970 : 224 et
Coua caerulea ; S
LAvAUDEN, 1937 : 115; MILON, 19
227.
Taitso manga où Mariha. — Coua bleu. — Blue Coua. — Blauer Kua.
Identification : 50 em. Cette grande espèce de forêt est très facile à recon-
naître par sa couleur. Son corps est relativement court et sa queue est longue.
Il est entièrement bleu foncé avec des reflets violacés sur les plumes des ailes
et de la queue. Une zone de peau nue bleu clair s'étend autour des yeux. Ses
ailes sont relativement grandes et ses doigts longs.
Le Coua bleu vit surtout dans la forêt dense où il fréquente principalement
le niveau moyen des arbres. Parfois solitaire, on l’observe souvent par couple
ou en petites bandes. Peu sauvage, il court à travers les branches. Ses mouve-
ments sont lents, son vol lourd et, par ses habitudes, il rappelle beaucoup les
Touracos africains. On le voit souvent planer en descendant pour traverser une
route, une clairière ou une rivière. Après la pluie, il profite des moments de
soleil pour se sécher les plumes en s’étalant sur une branche bien exposée.
Assez bruyant, il émet des cris variés qui attirent l'attention. Ce sont
surtout des cris d'alerte, sorte de « crere-cre ». Parfois il émet un «re » toutes
les 3 à 4 secondes. On l'entend souvent, même lorsqu'il se cache au milieu des
feuillages. Plus rarement et surtout le soir, on entend aussi une sorte de « coaee
sonore qui semble correspondre à un signal d'espacement.
Distribution — Mœurs : Le Coua bleu est commun dans la forêt de J'Est,
le Sambirano et le Nord-Ouest. On le rencontre jusqu'à 1 500 m au Tsarata-
nana (AzBIGNAG 1970). Il ne semble pas exister sur la Montagne d'Ambre.
N.S. MaLcoLm (comm. pers.) signale sa présence dans la forêt de Bora, près
d’Antsohihy, forêt sèche située à 100 km au Sud du Sambirano qui représente
peut-être une zone relicte de son aire de dispersion après recul de la forêt
humide. Il se nourrit de fruits, de gros Insectes, de Caméléons et de Geckos
variés dont il semble très friand. Son absence dans l'île réserve de Nosÿ Man-
gabe y explique probablement l'abondance des Uroplates. Sa chair et sa peall
ont une odeur forte et désagréable.
La reproduction a lieu en novembre.
Il ne pondrait qu'un seul œuf.
Source : MNHN, Paris.
OISEAUX 153
* Goua cristata Linné
(1. 11, fig. 3)
Cueulus cristatus Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12° édit., p. 171, n° 19 (Habitat in
Madagascaria).
Coua cristata; HanrLaur, 1877 : 243.
Coua cristata typica ; A. Mnxe-Enwans et A. GRANDIDIER, 1882 : 143.
Coua cristata cristala ; ScLaren, 1924 : 188 ; DELAcOUR, 1 45, n° 124 ; RaND, 1936:
402; LavauDeN, 1937 : 115; Mizon, 1952 : 80; R. P., 1961 : 237.
Coua cristala dumonti Delacour, 1931, L'Oiseau el la Rev. franc. Orn., (n. s.) 1, p. 475
(Antzingy, ouest de Madagascar, Tsiandro).
Coua cristata dumonti ; Decacour, 1932 : 45, n° 125; RanD, 1936 : 403 ; LAVAUDEN
1937 : 115 et 154; Mizon, 1952 : 80.
Coua pyropyga A. Grandidier, 1867, Rev. et Mag.
a pyropyga, id., p. 392.
Coua cristata var. pyropyga ; A. Miixe-Enwarps et A. GRANDIDIER, 1881 : 146.
Coua cristata pyropyga ; ScLaren, 1924 : 188; DeLacour, 1932 : 45; n° 126; RanD,
1936 : 403; LavauDen, 1937 : 115; R. P., 1961 : 237; GmiveauD, 1961 a : 41; ArrErr,
1968 f : 30.
Coua cristata maima Mülon, 1950, Bull. Mus. nat. Hist. nat., (2) XXII (1), p. 65.
Coua crislata mazima ; Mizox, 1952 : 80.
Zool., (2) XIX, p. 86, C. cristata var.
Tivoka ou Tsiloko. — Coua huppé. — Crested Coua. — Haubenkua.
Identification : 40 em. Le Coua huppé est un des oiseaux les plus beaux de
Madagascar, il ressemble au Coua verreauri par sa huppe et sa couleur générale
gris vert mais il s'en distingue surtout par la coloration roussâtre de sa poi-
trine. Des nuances dans la coloration générale du plumage permettent de dis-
tinguer plusieurs formes : une sous-espèce du Nord et de l'Est (C. c. cristata)
a le dessus du corps à reflets verts plus ou moins nets, les ailes et la queue
en majeure partie bleu vert, sauf les 2 médianes, les plumes de la queue avec
l'extrémité blanche sur environ 2,5 em, une huppe grise, la poitrine roussâtre,
le ventre blanc et la peau nue bleu clair autour de l'œil bordée d’une ligne de
plumes noires.
Une sous-espèce du centre Ouest (C. c. dumonti Delacour) est très voisine
de la précédente mais de teinte générale légèrement plus pâle, intermédiaire
entre C. c. cristata et C. c. pyropyga ; la huppe est légèrement plus grande que
dans les 2 autres formes ; la queue a une bordure blanche de 5 cm comme
C. c. pyropyga.
.… Une sous-espèce du Sud (C. c. pyropyga) est aussi très voisine de C. c.
rislala mais de teinte légèrement plus pâle ; elle en diffère en outre par les
plumes de la queue qui, sauf les 2 médianes, sont blanches à l'extrémité sur
environ 5 cm et par la couleur foncée des sous-caudales.
: La sous-espèce C. c. matima est plus grande et plus sombre que C. c.
crislala. On ne distingue pas de blanc à la face inférieure.
Ce sont des oiseaux au vol lourd qui courent et sautent au milieu des
branchages à la recherche de leurs proies en hochant la queue très souvent. Ils
Source : MNHN, Paris,
154 Px. MILON ET AL.
descendent quelquefois sur le sol et ils aiment, le matin, se chauffer au soleil
avec les ailes à moitié ouvertes, se laissant admirer parfois de près sans s'in-
quiéter.
On les voit souvent en groupes de 3 à 5 sauf au moment de la reproduction,
ou bien ils vivent par couple. Quand on les dérange, ils émettent souvent des
sortes de petits grognements. Leur cri le plus caractéristique, d'où leur
vient leur nom, est surtout entendu le matin et le soir : c’est un cri bref, sonore
sorte de « ouak » (imité par le nom malgache et le nom français) qui est émis
par exemple assez régulièrement entre 16 et 17 heures et repris de loin en loin
dans la forêt par tous les individus les uns après les autres.
Dans le Sud, ils crient souvent ainsi dans les grands arbres près des villages.
Distribution — Mœurs : C. c. cristata est assez commun dans le Sambi-
. rano, très commun dans le Nord, plus rare sur la côte Est. On ne le rencontre
que dans la forêt humide et dense, et il est rare au-dessus de 600 m.
C. c. dumonti est assez commun entre Majunga et Morondava où la rivière
servirait de limite avec la sous-espèce suivante.
CG. c. pyropyga est commun dans les régions subdésertiques du Sud sauf
dans la zone du lac Tsimanampetsotsa.
C. c. maxima a été observé près de Fort-Dauphin.
O. Arrert (1968 b) a observé des individus à sous-caudales moins vive-
ment teintés qui semblaient faire transition avec la sous-espèce C. c. dumonti
à la hauteur de Morondava.
Dans le Sud, on les rencontre aussi bien dans la forêt primitive que la
forêt dégradée ou la savane. Selon O. Arrerr (1968 b), la forêt dégradée semble
être cependant son habitat préféré. Il est plus rare dans la savane claire et a
été rencontré, mais rarement, dans les palétuviers de la côte. Il a été observé
jusqu’à 900 m d'altitude environ.
Il n'est pas rare de le voir à proximité de C. verreauxi dans la zone de
dispersion commune. Pour ces 2 formes, les limites précises de dispersion et
les différences écologiques restent à préciser.
Le Coua cristala se nourrit d'Insectes, de Mollusques et de fruits. Comme
les autres Couas il mange probablement souvent des œufs de petits oiseaux:
La reproduction a lieu d'octobre à mars.
Le nid volumineux est généralement situé entre 9 et 4 m de haut dans un
fouillis de petites branches. Il est construit par le mâle et la femelle ensemble.
Les deux sexes couvent.
Source : MNHN, Paris:
Oiseaux 155
* Coua verreauxi A. Grandidier
(1. 11, fig. 4)
Coua verreauxi A. Grandidier, 1867, Rev. et Mag. Zool., (2) 19, p. 86, n° 7 (côte sud-
ouest de Madagascar), p. 417, n° 85 (cap Sainte-Marie
Coua verreauxi ; HarrLAUB, 1877 : 243 ; A. Mnixe-Enwarps et A. GRaNDiDiER, 1882 :
46; Deacour, 1932 : 46, n° 126 ; RanD, 1936 : 404 ; LAVAUDEN, 1937 : 115 ; MILoN, 1952
81 ; Arrenr, 1968 f: 31.
Coua cristala verreauxi ; ScuateR, 129 : 188.
Tivoka. — Coua de Verreaux. — Verreaux’s Coua.
Identification : 38 em. C'est avec Coua cristata le seul Coua possédant une
huppe. Le dessus du corps est gris pâle avec des taches plus sombres à l’extré-
mité de la huppe. Les ailes sont grises avec des reflets verts. La queue est bleu
métallique ; sauf la paire médiane, les plumes sont terminées par une bande
blanche. Le dessous du corps est blanchâtre, légèrement teinté de roux sur le
ventre. La peau autour de l'œil est peu étendue et non bordée de plumes noires.
Le bec est robuste mais nettement plus court que celui des autres Couas.
Distribution — Mœurs : Le Coua de Verreaux fréquente les forêts sèches
(Didiéreacées) et les buissons des régions subdésertiques du Sud entre l'Onilahy
et la Menarandra où il est assez commun. On le rencontre parfois au voisinage
de Coua cristata. Ces deux espèces peuvent même être observées perchées par-
fois dans le même arbre.
* Goua reynaudii Pucheran
(pl. 11, fig. 7)
Coua Reynaudii Puéheran, 1845, Rev. zoologique, par -la Soc. Cuvierienne, année 1845,
p. 51, n° 2 (Madagascar).
Coua reynaudii ; RaND, 1936 : 405.
oua reynaudii ; HARTLAUR, 187
9 ; A. MuE
£pwanps et A. GRANDIDIER, 1882 :
141; Scuarer, 1924 : 188; Decacounr, 1932 : 46 : ne 128; LAVAUDEN, 1937 : 115; MILON,
1952 : 83 ; Giveaup, 1961 b : 1970 : 224, 225, 226 et SALVAN, 1972 D:
169.
Koa où Taitoaka (d’après son cri) ou Fandikalalana. — Coua de Reynaud.
— Red-fronted Coua.
Identification : 40 em. Le Coua de Reynaud est bien reconnaissable à sa
Couleur : le dessus du corps est vert cuivre ; le sommet de la tête, la gorge et
la poitrine sont roux ferrugineux. La peau nue bleue autour de l'œil est entourée
d'une bordure de plumes noires. Le dessous du corps est gris plus ou moins
teinté de vert ou de roux.
C'est avec le Coua cursor l'une des espè édant les ailes les plus
Courtes. Il marche souvent sur le sol et traverse ainsi les routes d’où le nom
de «Fandikalalana » qui lui est parfois donné. Il vole lourdement et grimpe dans
les branches basses. Il aime les endroits très couverts de végétation, les buis-
Source : MNHN, Paris
156 PH. MiLON ET AL.
sons en bordure de forêt et la végétation herbacée des clairières où on peut le
voir souvent se chauffer au soleil après la pluie. Son cri est une sorte de «Kouen»
prolongé.
Distribution — Mœurs : Commun dans l'Est et le Sambirano, il est plus
fréquemment rencontré en altitude que pr des côtes. Nous l’avons observé
dans le Centre : dans la forêt Tsarafidy (district d'Ambohimahasoa) et au
Bongolava et J. SaLvan (1972 6) sur les hauts de la Mandraka. Selon R. Azer
GnaG (comm. pers.), il existe jusqu’à 2300 m sur le Tsaratanana. N.S. Mar-
coLM (comm. pers), signale sa présence avec le Coua caerulea dans la forêt
de Bora près d'Antsohihy, forêt sèche qui représente peut-être une zone relicte
de son aire de répartition ancienne après recul de la forêt humide. On le ren-
contre souvent au voisinage de C. serriana. Il serait plus insectivore que ce
dernier. Il se nourrit de gros Insectes, de chenilles, d'œufs de Reptiles, de petits
fruits et de végétaux divers.
La reproduction a lieu d'août à novembre.
L'œuf est blanc.
* Coua serriana Pucheran
(pl. 11, fig. 6)
Coua Serriana Pucheran, 1845, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne, année 1845,
p. 51, n° 1 (Madagascar).
Coua Serriana ; HARTLAUB, 1877
150 ; Sczare, 1924 : 188 ; DELAGOUR, 1
116; Mizon, 1952 : 83.
Enwanps et A. GRANDIDIER, 1881:
: RaND, 1936 : 406 ; LAvAUDEN, 1937:
40 ; À. MILN
46, ne 12:
Koa ou Tsivoka. — Coua de Serre. — Red-breasted Coua.
Identification : 42 em. Le Coua de Serre est bien reconnaissable à sa teinte
sombre et sa poitrine brun rouge. Le.dessus du corps est brun vert plus ou moins
teinté de roux. Les ailes et la queue sont bleu métallique, le cou et la poitrine
brun rouge, et le ventre brun vert. La peau nue bleue autour des yeux est
bordée d’une bande de petites plumes noires plus large en dessou: Le tarse
et le bec sont relativement longs par rapport à ceux des autres espèces.
Ce Coua se tient presque toujours sur le sol de la forêt et a un peu l'allure
d’un faisan. On le voit parfois perché près du sol. C'est un oiseau aux MOUYE
le à observer qui se sauve en courant
ments lents mais assez craintif et difi
quand on approche.
Distribution — Mœurs : Assez commun dans le Nord de la forêt de l'Est
il est surtout très commun aux environs de Maroantsetra et dans la forèt
Sihanaka. On le rencontre souvent au voisinage de C. reynaudü ; il serait plus
frugivore que ce dernier.
Le Coua de Serre se nourrit principalement de fruits tombés qu'il recherche
sous les arbres, mais il mange aussi des Insectes et de petits Vertébrés.
Source : MNHN, Paris:
OISEAUX 157
* Goua delalandei (Temminck)
Coceyzus delalandei Temminck, 1828, Nouveau recueil de Planches colori
II, pl. 440 (74e livraison) et tableau méthodique, 1838, p. 39.
Cochlothraustes delalandei ; CaBaNIS et HeINE, 1862 : 74; HarrLaur, 1877 : 248.
Coua delalandei ; A. MiLNe-EDwarDs et A. GRANDIDIER, 1882 : 152 ; LAVAUDEN, 1937 :
115 et 188.
es d’Oiseaux,
Famakiakora (qui hache les coquilles). — Coua de Delalande. — Dela-
lande’s Coua.
Identification : 57 em. Ce Coua de forte taille est remarquable parmi le
groupe des Couas par son bec extrêmement développé, gros, long et fort et ses
doigts garnis de fortes scutelles semblables à celles des tarses. Le dessus du corps
est bleu foncé à reflets pourpres sur le dos et verdâtres sur les ailes et la queue.
Toutes les rectrices sauf les 4 médianes sont frangées de blanc. La peau nue
autour des yeux est entourée d’un cercle de plumes noires qui s’élargit en
dessous de l'œil. La gorge et la poitrine sont blanches, les flancs et le ventre
brun roux sombre et les sous-caudales brunâtres. Les pattes sont noires.
Distribution — Mœurs : Ce Coua qui fut découvert dans l'Est de Mada-
gascar dans l’île Sainte-Marie et dans les forêts de la Pointe à Larrée, était
considéré comme très rare et semble y avoir disparu à la suite de la mise en
culture des zones forestières. Il est généralement considéré comme une espèce
éteinte.
Selon L. LavauDEN (1937), il vivrait aussi dans les forêts les plus pro-
fondes entre Maroantsetra et Fito. Il y serait très rare et très farouche ce qui
expliquerait qu'on ne l'ait pas retrouvé.
En fait, depuis LAVAUDEN, on ne l’a pas beaucoup cherché dans ce milieu
forestier.
Selon LAvAUDEN, les bücherons le connaissent mais ne peuvent le prendre
que dans les pièges et, dan: s, en se débattant, il perdrait la majorité de
plumes qui tiennent, paraît-il, très mal.
Selon A. GRanbipier (1882), ce Coua se déplace de roche en roche et de
branche en branche à la recherche des grosses Achatines où autres Mollusques
terrestres dont il fait sa principale nourriture : dès qu'il aperçoit une coquille,
il la prend dans son bec et l'emporte auprès d'une grosse pierre sur laquelle
il la frappe en tournant la tête alternativement à droite et à gauche ; quand
elle est cassée, il la maintient avec sa patte et retire le mollusque pour l’avaler
aussitôt,
Les spécialisations anatomiques de cette espèce (développement du bec
ét scutelles) en rapport avec son écologie particulière, ainsi que la fragilité de
Son plumage (qui représente peut-être un mécanisme de défense contre les
prédateurs) lui donnent un relief spécial et il serait intéressant de la rechercher
avec plus de soins dans la zone forestière où elle existe peut-être encore.
Source : MNHN, Paris
158 PH. MILON ET AL.
* Coua gigas (Boddaert)
(pl. 11, fig. 11)
Cuculus gigas Boddaert, 1783, Tabl. pl. enl., p. 50 (Madagascar).
Coua gigas ; HarrLauB, 1877 : 247; A. Muxe-Enwarps et A GRANDIDIER, 1882 :
, 1884 : 189 ; Decacour, 1932 : 47, no 134 ; Rap, 1936 : 410 ; LAVAUDEN, 1937 :
fox, 1952 a : 84 ; Arrenr, 1968 e : 6, 1968 f: 34, 1970 f : 429.
Eoke. Coua géant. Giant Coua. Riesenkua.
Identification : 62 em. C’est le plus grand des Couas. Il est aussi de couleur
sombre : le dessus du corps est vert plus ou moins teinté de roux surtout sur
la tête ; la queue, relativement très longue, est noirâtre avec des reflets violets ;
sauf les 2 médianes, les plumes sont terminées par une bande blanche ; le men-
ton est blanchâtre, la poitrine jaune roux et le ventre brun roux.
C'est une esp! essentiellement terrestre au corps très lourd qui court
lentement sur le sol des forêts primaires, mais on le trouve aussi dans les éten-
dues découvertes. Il se perche parfois près du sol. Son vol est lourd et peu
fréquent. Son cri s'entend de loin dans la forêt.
Distribution — Mœurs : Le Coua géant est assez commun dans les savanes
de l'Ouest et à la limite des régions subdésertiques du Sud près de Ihotry.
Selon O. Arrerr (1968 f), on le trouve souvent dans les forêts à grands arbres
et à feuilles surtout persistantes, à la différence de C. coquereli et C. ruficeps
que l'on voit peu dans ces formations auxquelles ils préfèrent la forêt décidu-
foliée.
C. gigas semble, selon cet auteur, surtout rechercher les sols forestiers
assez peu couverts de plantes herbacées. C’est dans ces zones qu'on peut le
rencontrer dans l'Ouest avec C. coquereli et C. ruficeps olivaceiceps, mais il
ne les accompagne pas dans les zones trop dégradées. N.S. MaLcoLM (comm.
pers.) l'a observé au Nord de la Betsiboka près d’Ampijoroa en compagnie
de C. r. ruficeps. Dans le Sud, il cohabite avec C. r. olivaceiceps et avec
C. cursor.
* Goua ruficeps Gray
(pl. 11, fig. 8)
CGoua ruficeps Gray, 1846, Gen. Birds, 11, p. 454 (Madagascar).
Coua ruficeps ; HanrLau, 1877 : 246.
oua ruficeps typicus ; A. Miixe-Enwars et A. GRaNDIDIER, 1882 : 156.
Coua ruficeps ruficeps ; SeLarer, 1924 : 189 ; Deuacour, 1932 : 46, n° 130; Raw,
1936 : 407 ; LavauDeN, 1937 : 116 ; MiLon, 1952 : 83 ; SALVAN, 1971 a : 41.
Sericosomus olivaceiceps Sharpe, 1875, Proc. Zool. Soc. London, 1875, p. 615 (Sud-Ouest
de Madagascar).
Coua ruficeps var. olivaceiceps ; A. Mizxe-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1881 : 157.
Coua ruficeps olivaceiceps ; SeLarer, 1924 : 189 ; Decacour, 1932 : 47, n° 131; RAND,
1936 : 407 : LavauDEN, 1937 : 116 ; Mizon, 1952 : 83 ; Appenr, 1967 : 52, 1968 e : 7, 1968 [:
31, 1970 b : 440.
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 159
Aliotsy ou Akoke (Sud-Ouest). — Coua à tête rousse. — Red-Capped
Coua. — Braunkopfkua.
Identification : 42 em. Ce Coua est reconnaissable à sa tête rousse et son
menton blanc bien visible. On distingue deux sous-espèces :
Chez C. rujiceps ruficeps, le dessus du corps est gris vert, la tête rousse
avec le menton blanchâtre, les ailes vert clair à reflets métalliques ; la queue,
relativement très longue, est bleu métallique avec une bande blanche à l'extré-
mité de chaque plume sauf sur les 2 médianes ; la peau nue bleue autour de
l'œil est bordée de plumes noires formant une bande noire en arrière de l'œil.
Le dessous du corps est roussâtre. Comme chez Coua serriana les pattes sont
relativement très longues.
Chez C. ruficeps olivaceiceps, de taille légèrement plus grande, le dessus
de la tête est fortement teintée de vert, la nuque grise et la poitrine plus ou
moins teintée de violet pâle.
Ce sont des oiseaux communs que l'on rencontre dans les régions sableuses
sur le sol des forêts. Ils sont en général solitaires, sauf au moment de la repro-
duction où ils vivent par couple. Leur corps est assez svelte mais leur vol est
lourd et ils volent rarement. Leur cri est une sorte de « cruii cruii cruïi » très
vibré.
Distribution — Mœurs : C. ruficeps est commun dans l'Ouest et au Nord-
Ouest au bord du lac Kinkony. Il est commun aussi selon J. SaLvan et N.S.
MazcoLm (comm. pers.) dans l'Ankarafantsika près d'Ampijoroa au Nord de
la Betsiboka. C. r. olivaceiceps est très commun près du lac Ihotry, moins
commun plus au Sud ; il a été observé jusqu'à Faux Cap par Ch. DOMERGUE
et J. Savan. On peut le rencontrer en même temps que d'autres espèces terres-
tres comme C. cursor et C. gigas.
C'est un habitant des forêts sèches, des plaines boisées ou des savanes
des régions subdésertiques du Sud. Comme C. c. pyropyga, on le rencontre
dans tous les types de végétation. Selon O. APperr (1968 f), c’est le Coua le
plus adaptable aux formations dégradées et, dans le Sud-Ouest, le seul Coua
coureur qui parfois s'éloigne un peu des arbres ou des buissons pour se
promener en terrain découvert. (Si un Coua traverse la route devant une
automobile, il s'agit presque toujours de cette espèce). Selon cet observateur,
on le trouve même dans les zones à sol rocheux, à végétation très pauvre,
inhabitée par C. cursor bien que situées dans son aire de dispersion.
Cette observation permet de mieux préciser les différences des niches
écologiques des deux espèces et aide à interpréter les coïncidences de leur répar-
tition.
Il se nourrit de gros Insectes et de fruits tombés sous les buissons et les
arbres.
La reproduction a lieu de février à avril.
Source : MNHN, Paris
160 Pa. MILON Er AL.
Le nid est situé entre 1,50 m et 4 m du sol. Il est construit de brindilles
finement entrelacées. Il contient 1 ou 2 œufs légèrement arrondis, blancs et
lisses.
+ Goua cursor A. Grandidier
(pl. 11, fig. 9)
Coua cursor À. Grandidier, 1867, Rev. et Mag. Zool., (2) 19, p. 86, n° 6, (Côte Sud-Ouest
de Madagascar), p. 391, n° 81 (Cap Sainte-Marie et Machikora).
Coua cursor ; À. MILX wars et À. GRANDIDIER, 1882 : 158 ; ScLaTER, 1924 : 189 ;
Deracour, 1932 : 47, n° 132; RanD, 1936 : 408 ; LavAUDEN, 1937 : 116; Micon, 1952 : 83;
Gmveaun, 1961 a : 41; Arrerr, 1968 e : 6, 1968 f : 32, 1970 b : 436.
Aliotsy. — Coua coureur. — Running Coua. — Rennkua.
Identification : 40 em. Le Coua coureur ressemble beaucoup comme atti-
tude, taille et coloration à C. coquereli. Selon O. Arrerr (1968 /), la ressemblance
de leurs chants est aussi frappante. Le dessus du corps est gris vert ; les ailes
et la queue sont brunâtres à reflets violacés ; les plumes de la queue, sauf les
4 médianes, sont terminées par une bande blanche ; le menton est blanchâtre,
la gorge jaune roux, la poitrine teintée de violet et le ventre blanc ; la peau
nue autour de l'œil est bleue, devenant rouge en arrière de l'œil et bordée par
une bande de plumes noires. (La coloration rouge de la peau nue en arrière
de l'œil est peut-être en rapport avec la reproduction).
Les ressemblances constatées entre C. cursor, C. coquereli et C. gigas
sont suffisamment frappantes (les chants et les nids sont, selon O. APPERT
(1968 /), aussi très semblables) pour les considérer comme des espèces très
proches. Les Coua cursor et les Coua coquereli sont cependant beaucoup plus
sveltes et agiles que les Coua gigas.
Essentiellement terrestre et coureur, C. cursor est une forme très adaptée
aux régions désertiques et O. Arperr (1968 /) le considère comme une adapta-
tion désertique de C. coquereli.
Distribution — Mœurs : Ce Coua vit dans la région subdésertique du Sud
où il fréquente les forêts basses. Il n'est pas rare au lac Ihotry, mais plus com-
mun au Sud. On le trouve souvent en même temps que C. ruficeps, dans le
Sud et Sud-Ouest, et que C. ruficeps olivaceiceps et C. gigas, dans le Sud-Ouest.
Selon O. Appert (1968 /) dans la région du Mangoky, partout où Coua
cursor habite, Coua ruficeps olivaceiceps existe aussi (mais pas inversement) et
généralement dans la même partie de forêt. Cet auteur signale un nid trouvé
à Morombe à environ 100 m de celui d’un Coua ruficeps olivaceiceps.
La reproduction a lieu d'octobre à décembre.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 161
* Coua coquereli A. Grandidier
(1. 11, fig. 10)
Coud Coquereli A, Grandidier, 1867, Rev. et Mag. Zool., (2) 19, p. 86, no 5 (Côte Sud-
Ouest de Madagascar), p. 391, n° 80 (Mouroundava).
joua coquereli ; HantLauR, 1877 : 237; A. MiiNE-Enwanps et A. GRaNDiDiER, 1882
159 ; ScLaTER, 1924 : 189 ; DeLacoun, 1982 : 47, n° 133 ; RAND, 1936 : 409 ; LAVAUDEN, 193
116; Mirox, 1952 : 84; Arrenr, 1968 f : 33, 1970 b : 434.
Gory ou Aliotsy. — Coua de Coquerel. — Coquerel's Coua. — Coquerels
Kua.
Identification : 42 cm. C'est, comme nous l'avons vu, une espèce très proche
pour la taille et la couleur de C. cursor (voir cette espèce). Le dessus du corps
est vert foncé plus où moins teinté de roux ; les plumes de la queue à reflets
métalliques sont terminées par une bande blanche (sauf les 4 médianes) ; la
gorge est blanchâtre, la poitrine et le ventre roux foncé, la peau nue autour
de l'œil bleue devenant rose en arrière de l'œil et entourée d'une bordure de
plumes noires.
On le rencontre généralement solitaire ou par couple ; c'est une espèc
terrestre à mouvements lents qui vit surtout dans les zones de forêts primitives
denses. Selon O. Arrerr (1968 /), on le trouve rarement dans la forêt dégradée,
Distribution — Mœurs : On rencontre le Coua de Coquerel dans l'Ouest
et aux limites du Sambirano où il est très commun. On peut le trouver commun
ou rare localement dans le Sud-Ouest. Il n'a pas été observé par la mission
franco-anglo-américaine au lac Ihotry.
Il se nourrit principalement d’Insectes el de fruits.
La reproduction a lieu en janvier, février, mars.”
FAMILLE DES STRIGIDAE (ASIONIDAE)
(apaces nocturnes)
La famille des Strigidue où Rapaces nocturnes présente des caractères très
homogènes dont les plus Lypiques sont la tête volumineuse avec un cou court,
des yeux dirigés vers l'avant et un bec erochu dont la base est cachée par d’abon-
dantes vibrisses.
Ces oiseaux ont un vol silencieux et présentent une adaptation parfaite à la
vie nocturne. Ils se nourrissent de proies animales dont ils régurgitent les déchets
inassimilables agglomérés en « pelotes de réjection » que l'on trouve parfois
en grand nombre près de leur lieu de repos.
Source
: MNHN, Paris
162 PH. MiLoN ET AL.
Ils nichent dans des trous ou les nids d’autres espèces et pondent des œufs
blancs.
Ce groupe présentant des adaptations variées aux divers milieux est très
cosmopolite. Six espèces se rencontrent à Madagascar.
* Asio helvola hova Stresemann
(PL. 8, fig. 14)
Asio helvola Hova Stresemann, 1922, Orn. Monatsber., XXX, p. 64 (Madagascar : baie
de Bombetok).
Asio helvola hova ; Scuaren, 1924 : 240 ; RaxD, 1936 : 390; LAVAUDEN, 1937 : 114;
N, 1972 e : 50.
Otus capensis ; Hanrcaur, 1877 : 47.
Asio capensis Var. major ; A. Muixe-Enwanos et A. GranDiDier, 1881 : 118.
hova ; DeLacour, 1932 : 41, n° 111.
SaL
Asio capensis
Vorombozaka ou Vorondolo (nom souvent donné à toutes les espè de
Chouettes). — Hibou du Cap. — Madagascar Marsh Owl. — Kapohreule.
Identification.: 54 em. Ce Hibou est facile à reconnaître à la petite taille des
toutes de plumes en « oreilles » qui surmontent sa tête. Le dessus du corps est
brun légèrement tacheté de roux, la poitrine brunâtre, et le ventre blanc roux
tacheté de brun. Le disque autour des yeux est brun roux au centre, plus clair
en périphérie et bordé d’un liseré brun.
On le rencontre dans les régions herbeuses près des marécages.
Distribution — Mœurs : Cette espèce, largement répandue en Afrique, vit
dans l'Est et l'Ouest de Madagascar. Elle a souvent été aussi observée sur les
plateaux, non loin de Tananarive, près des zones marécageuses et des canaux
d'irrigation. Ce sont des oiseaux aux habitudes relativement plus diurnes que
les autres Hiboux, spécialement pendant la saison de reproduction, commen-
çant à chasser plus tôt et finissant plus tard le matin. Ils sont très silencieux el
chassent en observant depuis un perchoir sur le sol ou en volant près du sol. Ils
se nourrissent surtout de petits Mammifères et d’Insectes. Il n'est pas rare qu'ils
soient attaqués pendant le jour par des bandes de petits oiseaux (Newlonia,
Cynniris, etc.) qui les harcèlent.
La reproduction à lieu en avril, mai et juin.
Le nid est fait dans une petite dépre
végétation, à côté d'un étang où d'un pré.
on, sur le sol, près d'un mas
Il contient en général 2 à 4 œufs blancs. Il peut y avoir plusieurs pontes au
cours de l’année, la reproduction semblant varier avec les fluctuations des
populations de Rongeurs.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 163
*Asio madagascariensis (A. Smith)
(pl. 8, fig. 15)
+ Smith, 1834, South Afr. Quart. Journ., 2° série, p. 316 (Mada-
Otus madagascariensi
gascar).
Otus madagascariensis ; HanTLAUB, 1877 : 44.
Asio madagascariensis ; A. MiLNE-Enwanps et A. GRaNDIDIER, 1882 : 119; SCLATER,
39 ; DELAGOUR, 1932 : 40, n° 110 ; RanD, 1936 : 300 ; LAVAUDEN, 1937 : 114.
Asio Chauvini Lamberton, 1927, Bull. Acad. malg., p. 40 (forèt Sianaka).
Asio Chauvini ; DeLacour, 1932 : 41.
1924
Vorondolo ou Hanka (dans l'Ouest). — Hibou malgache. — Madagascar
Long-eared Owl.
Identification : Mâle 40 em. La femelle est plus grande que le mâle (50 em)
et de couleur plus sombre. Le Hibou malgache se différencie bien du Hibou du
Cap par la grande taille des touffes de plumes en forme d'oreilles qu’il porte sur
la tête. La face et les parties supérieures sont brun foncé tachées de fauve et
les plumes de la tête sont brunes bordées d’une zone claire. La queue est brune,
coupée par six bandes claires. Le dessous du corps est roux taché de brun. Les
aigrettes de plumes au-dessus des yeux sont formées de quatre ou cinq plumes
brunes, frangées de roux sur leurs barbes internes. Le disque autour des yeux
est roux bordé extérieurement d’un demi-cercle plus foncé.
Le Hibou malgache vit dans les forêts surtout au voi:
des lacs.
Ces Rapaces sont assez communs dans |
Sambirano mais difficiles à voir. Ils sont plus rares dans l'Ouest. Ci
oiseaux purement nocturnes. Leurs cris, fréquents, sont très variés. Les plus
sortes de « ououk » répétés.
sonores sont des
Ils nichent souvent dans de vieux nids d’autres oiseaux parfois près du sol,
parfois haut dans les arbres.
La ponte comprend 4 ou 5 œufs, parfois plus.
*Ninox superciliaris (Vicillot)
(pl. 8, fig. 16)
diction, d’hist, nal., VII, p. 35
Strix superciliaris Vicillot, 182
Athene (Ninox) superciliaris ;
Ninox superciliaris ; HARTLAUS, 1877
no 113; RaxD, 1 391; LAVAUDEN, 194
3, Nouv
243; Derac
UD, 1961 b :
— White-browed Owl.
Vorondolo. — Chevèche à sourcils
Identification : 34 em. Le de du corps est brun semé de taches blanches ;
le dessous est blanchâtre rayé transversalement de roux. Une ligne blanche en
forme de sourcil est plus ou moins nette au-dessus de l'œil. Les pattes sont
blanchâtres.
Source : MNHN, Paris
164 PH. MILON ET AL.
Il existe une autre phase de plumage où le brun est remplacé par du gris
brun. La Chevêche vit dans les petits bois ou les clairières des forêts, souvent près
des villages.
Son cri, très souvent entendu la nuit, est une sorte de miaulement faible.
Distribution — Mœurs : Commun dans l'Ouest et même dans les régions
les plus boisées du Sud. Ninox est l'un des trois genres d'oiseaux (avec Hyp-
sipeles et Copsychus) non endémique malgache qui n'existe pas en Afrique. Il est
largement représenté en Asie et R. E. Moreau (1966) pense que sa répartition
malgache est une relicte d'une ancienne répartition plus vaste comprenant
jadis l'Afrique.
Les Chevêches ont des habitudes mi-diurnes, mi-nocturnes. Elles peuvent
capturer des Insectes au vol et se nourrissent aussi de Souris, de petits Oiseaux,
de Chauve-Souris, de Reptiles et de Batraciens.
Elles se reproduisent d'octobre à décembre et font un nid sur le sol où elles
pondent de 3 à 5 œufs blancs brillants.
* Otus rutilus rutilus (Pucheran)
(pl. 8, fig. 12)
Scops rulilus Pucheran, 1849, Rev. et Mag. zool., (2) 1, p. 29 (Madagascar).
Scops rutilus ; HARTLAUB, 1877 : 44.
Scops manadensis ; A. MizxE-Enwarps et A. GRANDIDIER, 1882 : 133.
s ; ScLaTER, 1924 : 242; Decacour, 1932 : 41, n° 112; RanD, 1936 : 391 ;
: 114.
Toro-toroka. — Scops malgache. — Madagascar Scops Owl.
Identification : 26 em. C’est le plus petit Rapace nocturne malgache. Son
plumage est variable : le dessus du corps est brun plus ou moins sombre taché
de gris, de noir et de blanchâtre ; le dessous est plus clair. Les pattes sont jaunâ-
tres. Il existe aussi une phase ou le brun est nettement teinté de gris.
Le Scops passe la journée caché dans le feuillage épais. En cas de danger il
peut rester immobile, protégé par le camouflage de sa robe. Son cri est très sou-
vent entendu la nuit dans la forêt, il est formé d’un son musical, sorte de « Kiu »
sonore répété.
Distribution — Mœurs : Le Scops est commun dans les forêts et les régions
boisées de l'Est, ainsi que dans les régions buissonneuses de l'Ouest et du Sud
de Madagascar.
Cette espèce existe aux Comores et est représentée par une sous-espèce dans
l'ile Pemba près de la côte d'Afrique orientale à 800 km des Comores, mais
n'existe ni à Zanzibar, ni à Mafia, ni en Afrique. Sa distribution actuelle est
considérée, par R. E. Moreau (1966), comme une relicte d’une distribution
ienne plus vaste.
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 165
Les Scops chassent surtout des Insectes qu'ils guettent depuis un perchoir.
La reproduction a lieu en novembre.
La ponte est en général de 4 à 5 œufs posés dans un trou d’arbre où dans un
nid abandonné. Il ne cherche jamais à construire de nid.
Tyto alba affinis (Blyth)
(PL. 8, fig. 11)
Strix afjinis Blyth, 1862, Ibis, p. 308 (Cap de Bonne-Espérance).
Strix flammea ; HARTLAUR, 1877 Ebwanps et A. GranDrDiER, 1882 : 111.
Tyto alba affinis R, 1 Deracour, 1932 : 42, n° 114.
Tyto alba hypermetra ; LAVAUDE : 113 et 154; Rawn, 1936 : 302; Gnivaun,
1968 : 74.
Tararaka ou Hora. — Effraye africaine. — African Barn Owl.
eule.
Schleier-
Identification : 32 em. Le Effrayes sont très reconnaissables à leur masque
caractéristique et sont souvent groupées en une famille spéciale, les Tytonidae.
L’Effraye africaine a le dessus du corps gris plus ou moins teinté de jaunâtre ;
ses ailes sont tachées de brun et de blanc ; sa queue est rayée de trois bandes
brunes transversales. Le dessous du corps est blanc plus ou moins taché de
brun. Les jeunes sont couverts au début d’un court duvet beige. C’est à l’âge
de deux mois qu'ils ont le plumage adulte.
Comme dans la plupart des autres régions du monde où vit cette espèce, on
trouve à Madagascar deux phases de couleur : le plumage de la poitrine est soit
blanc, soit orange.
L'Effraye fréquente souvent les habitations, granges ou greniers où elle
dort durant le jour.
Distribution — Mœurs : L'Effraye est une espèce certainement fort ancienne
et largement distribuée dans le Monde où il en existe de nombreuses sous-espèces
géographiques jusqu'en Amérique du Sud et en Australie. Elle est assez commune
dans toute l'Afrique du Sud ; on la trouve dans tout l'Est de Madagascar ainsi
que sur les plateaux. Les Effrayes vivent généralement par couples et se nour-
issent surtout de petits Rongeurs, mais aussi de petits Oiseaux et d’Insectes
qu'elles cherchent la nuit. On peut trouver dans leur abri un nombre considé-
rable de pelotes de réjection contenant des os de petits Mammifères qu'il est
très important de recueillir quand on en trouve pour les envoyer à un Labo-
ratoire de Zoologie. L'étude des crânes contenus dans ces pelotes permet, en
effet, de connaître la faune des petits Mammifères vivant dans toute la région
environnante.
Le masque très caractéristique des Effrayes peut être considéré comme
formé de deux paraboles dont les sommets sont tangents aux yeux et dont le
Source : MNHN, Paris
166 PH. MILON ET AL.
rôle pourrait être un renforcement des sons transmis à l'oreille, hypothèse qui
paraît confirmée par leur très grande acuité auditive pour localiser les proies.
La reproduction a lieu à la fin de la saison sèche. A. L. RAND (1936) signale
des pontes en mai.
La ponte est faite dans une habitation humaine ou dans une ruine et,
s’il n’y en a pas, dans un arbre creux ou un éboulement rocheux.
Quatre à sept œufs très allongés sont déposés sur des restes de pelotes et
des débris divers assemblés sans forme de nid. On signale parfois 2 pontes dans
l'année chez les Effrayes. Il serait intéressant de confirmer ce fait pour Madagas-
car.
*Tyto soumagnii (A. Grandidier)
Heliodilus Soumagnii À. Grandidier, 1878, Bull. Soc. philomat, Paris, (7) 2, (1877-1878),
p.66 (Madagascar).
Heliodilus soumagnei ; A. MILNE
1924 : 237.
Heliodilus soumagnei ; RAND, 1936
Tylo soumagnei ; LAVAUD
Enwanps et A. GRANDIDIER, 1885 : 113; SCLATER,
393; GriveauD, 1968 : 74.
36, 1937 : 113 et 187.
Effraye de Soumagne ou Chouette jaune. — Soumagne’s Owl, Madagascar
Red Owl.
Identification : 30 em. L’allure de cette Chouette est voisine de celle de
l'espèce précédente. Elle s’en distingue cependant par sa teinte générale plus
sombre, par sa taille plus faible et par la longueur plus grande de ses ailes.
Ses yeux ont un iris noir entouré de rouge clair.
Distribution — Mœurs : Cette espèce très rare semble confinée à certaines
zones de la forêt de l'Est. Quelques spécimens ont été obtenus de la forêt Siha-
naka et dans la presqu'île de Masoala.
Selon L. LavauDex (1937), elle se nourrit de Batraciens. Sa reproduction
est encore inconnue.
FAMILLE DES CAPRIMULGIDAE
(Engoulevents)
Les Engoulevents sont des insectivores à bec court mais très large, aux
habitudes crépusculaires ou nocturnes. Leurs ailes sont très longues et poin-
tues et leurs pattes très courtes.
Ils restent au repos durant le jour, à l'abri du soleil sur le sol ou posés
parallèlement sur une branche. Ils se confondent alors parfaitement avec le
milieu, se laissent approcher de très près et on est souvent surpris par leur
brusque envol. Ils entrent en activité au crépuscule et s'élancent d’un vol silen-
cieux coupé de crochets brusques, de glissades et de vols sur place à la pour-
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 167
suite des Insectes. Ils chas
immense pour engloutir 1
chercher jusque sur le sol.
ent à la manière de Martinets, ouvrant leur bouche
Insectes qu'ils rencontrent et qu'ils peuvent aller
Ce sont des oiseaux assez discrets que l’on remarque souvent surtout par
leurs cris.
Le groupe des Engoulevents est très répandu dans le monde, surtout
en Amérique. Deux espèces vivent à Madagascar.
* Gaprimulgus madagascariensis madagascariensis Sganzin
(pl. 12, fig. 1)
ganzin, 1840, Mém. Soc. Hist. nat. Strasbourg, LUI, p. 28
Caprimulqus madagascariensis S
(ile Sainte-Marik
Caprimulgus madagascariensis ; HARTLAUR, 1877 : 53 ; A. MILNE-Enwanps et A. GRAN-
DIDIER, 1882 : 206; MiLon, 1946 b : 85; Grr UD, 1961 a : 41.
Caprimulgus madagascariensis madagascariensis ; SeLATER, 1924 : 249: DerAcoun,
1932 : 48, n° 135 ; RAND, 1936 : 411 ; LAVAUDEN, 1937 : 119; Griveaup, 1961 b : 59 ; San.
VAN, 1972 b : 166.
Langoapaka ou Tantarako d’après son cri ou.Matoriandra (qui dort le
jour). — Engoulevent malgache. — Madagascar Night-jar.
Identification : 21 cm. Corps entièrement brun noir tacheté de gris, de
beige et de roux. Une tache blanche est assez visible au bout de l'aile, La
femelle est plus petite et moins teintée de roux.
Au crépuscule, les Engoulevents malgaches volent en général en terrain
découvert ou survolent la forêt. Ils ne semblent pas pénétrer loin en forêt
dense.
Ils passent la journée endormis sur le sol et on les voit souvent posés au
milieu de la route quand on circule le soir ou la nuit ; l'attention est générale-
ment attirée par leurs yeux qui brillent à la lumière des phares
Ils vivent d'ordinaire par couples.
Leur cri est triste et monotone. C’est une série de « Coua-pak pak pak »
de plus en plus serrées et d'intensité décroissante, dont le début est bien imité
par le nom malgache de l'oiseau. Ce cri peut ressembler au son d'une grosse
bille rebondissant sur une pierre.
Distribution — Mœurs : C'est une espèce commune que l'on rencontre
dans toutes les régions boisées et qui s’adapte aux zones dégradées, même
replantées en Eucalyptus sur les Hauts-Plateaux (J. SALVAN, comm. pers.).
On l'observe à Tananarive.
Les Engoulevents malgaches se nourrissent d’Insectes variés : scarabé
longicornes, papillons ou fourmis qu'ils capturent en vol.
La reproduction a lieu en octobre-novembre.
Source : MNHN,
Paris
168 PH. MILON ET AL.
Le nid est fait de quelques brindilles posées à terre ou simplement d’une
petite cuvette de sable, à peine à l'ombre dans un endroit découvert. Un tel
nid a été observé à Maroantsetra par A. PEYRIERAS (comm. pers.). Tous les
jours la femelle déplaçait petits de quelques em ou de quelques mètres
sur le sol.
* Caprimulgus enarratus Gray
(pl. 12, fig. 2)
Caprimulgus enarratus Gray, 1871, Ann. Mag. Nal. Hist., (4) 8, p. 428 (Madagascar).
Caprimulgus enarratus ; HawrLauB, 1877 : 55 ; A. MILNE-EDWARDS et À. GRANDIDIER,
; DeLacour, 1932 : 48, n° 136 ; RAND, 1936 : 412 ; LAVAUDEN,
224 el 227.
Matoriandro, — Engoulevent à collier. — Collared Night-jar.
Identification : 24 em. L'Engoulevent à collier a le corps brun roux tacheté
de noir, de gris, de beige et de jaune et un collier jaune pâle très visible sur la
nuque bordant une zone brun roux unie. C'est un bel oiseau au plumage plus
touffu que celui de l'espèce précédente.
Au contraire de l'espèce précédente, ces oiseaux semblent habiter exclusi-
vement dans la forêt dense et se tiennent, le jour, à terre entre les racine des
gros arbre
Distribution — Mœurs : C'est une espèce peu commune qui vit dans
l'Est et le Sambirano. Il a été observé sur le Tsaratanana, non loin de Fort-
Dauphin (J. SALvAN, comm. pers.) ainsi que sur le Cap Masoala (A: PEYRIERAS,
comm. pers.) près du bord de la mer et en altitude.
Ses mœurs sont voisines de celles de l’espèce précédente.
Sa reproduction a lieu en octobre-novembre. Un oiseau a été observé
sur un nid contenant deux œufs tachés de brun en novembre sur le Tsarata-
nana à 1500 m d'altitude (ArmiGNac, 1970).
FAMILLE DES APODIDAE
(Martinets)
Tous les Martinets ont un corps de forme aérodynamique et des ailes
très longues et pointues. Par leur allure ils peuvent ressembler à des Hiron-
delles, mais ils en sont très différents par leurs caractéristiques anatomiques,
principalement leur crâne aplati et leurs 4 doigts dirigés en avant. Leur vol
est très rapide et la majeure partie de leur vie se passe dans l'air. Leur bec,
petit mais largement fendu, leur permet de happer au vol les Insectes qui
constituent leur nourriture.
Leurs pattes sont courtes el ne leur permettent pas de se mouvoir à Lerre
La plupart vivent en troupes nombreuses. Ce sont de grands migrateurs qu'on
trouve sur la terre entière sauf dans les zones arctiques et antarctiques. Quatre
espèces se rencontrent à Madagascar.
Source : MNHN,
Paris
OISEAUX 169
* Apus apus balstoni (Bartlett)
(pl. 12, fig. 3)
Cypselus balstoni Bartlett, 1879, Proc. Zool. Soc. London, 1879, p. 770 (« S. W.
Betsileo country »).
Cypselus apus ; À. Mixe-Enwanps et A. Granpinier, 1882 : 189.
Apus apus balstoni ; DeLacour, 1932 : 48, n° 137 ; RaND, 1936 : 413 : LAVAUDEN, 1937 :
119 ; SaLvAN, 1970 : 198, 1972 b : 166 et 168.
Apus Balstoni ; GRiveauD, 1961 6 : 52.
interior
ditsidina (même nom que les Hirondelles). — Martinet malgache. —
Madagascar Black Swift. — Mauersegler.
Identification : 16 em. Le plumage du Martinet malgache est entièrement
noirâtre avec le menton blanchâtre. Il se distingue bien du Martinet européen
par les taches plus abondantes de sa gorge et les bordures blanches apparentes
des plumes du ventre et du dos.
I ressemble à Apus apus barbatus (Sclater) d'Afrique du Sud dont il
diffère cependant par le noir plus brillant de son plumage.
sociables, on rencontre parfois ces Martinets en troupes importantes.
Leur vol est très rapide et ils se posent rarement. Ils se poursuivent souvent,
en poussant de longs cris stridents, pendant la saison de reproduction.
Distribution — Mœurs : Le Martinet malgache existe partout mais sur-
tout dans les régions où il peut facilement nicher.
La reproduction a lieu en octobre-novembre.
Le nid est construit sous les toits ou dans des trous de falaises ou d'arbres.
Il niche à Tananarive et à Arivonimamo dans les hangars.
* Apus melba willsi (Hartert)
(pl. 12, fig. 4)
Micropus willsi Hartert, 1896, Novit. Zool., LI, p. 231 (« East Imerina, in
»).
Apus melba willsi ;
637, 1937 : 120; RaxD, 1936
astern Mada-
1924 : 259; Decacounr, 1932 : 49, n° 138; LAVAUDE
413.
Hela kela. — Martinet à ventre blanc. — Madagascar White-bellied
Swift. — Alpensegler.
Identification : 20 em. Le Martinet à ventre blanc est facile à distinguer
des autres espèces par sa taille plus grande et sa couleur. Le dessous de son
corps est blanc avec une bande brune sur la poitrine. Le dessus du corps est
brun.
Les Martinets à ventre blanc sont de grands voiliers au vol puissant que
l'on observe parfois par bandes de 100 à 1 000 individus, généralement très
haut.
Is se poursuivent fréquemment en criant au moment de la reproduction.
Source
: MNHN, Paris
170 PH. MILON ET AL.
Il est d'intensité d’abord
Le cri au vol diffère de celui des autres espèce
croissante puis décroissante.
Distribution — Mœurs : Le Martinet à ventre blanc se rencontre dans
l'Est, dans l'Ouest et le Sud à la limite des régions subdésertiques. Il est com-
mun dans le Nord-Est. Ces oiseaux font des migrations dans le Nord et le Sud
de Madagascar. Comme les autres Martinets, ils capturent des Insectes au
vol. Dans des contenus stomacaux, L. LAVAUDEN (1937) a trouvé des débris
d'Hémiptères, d'Hyménoptères et de Coléoptères mais jamais de Diptéres.
Dans le Sud, au moment des migrations de Sauterelles, ils peuvent se nourrir
de ces Insectes.
Le nid est construit dans les rochers élevés. Selon L. LAVAUDEN (1937),
cette espèce nicherait dans des grands es carpements du Nord-Ouest de l'île
(en bordure du Sambirano et de la Ramena) et tout à fait au Sud (dans les
montagnes au Nord de Fort-Dauphin) et les oiseaux se livreraient à des migra-
tions entre ces deux régions, passant régulièrement deux fois par an au-dessus
de Tananarive.
* Gypsiurus parvus gracilis (Sharpe)
(pl. 12, fig. 5)
oc. London, 1871, p. 315 (Madagascar).
WaRDS et A. GRANDIDIER, 1882 :
Cypselus gracilis Sharpe, 1871, Proc. Zool. &
Cypselus parous ; Hanrzau», 1877 : 61 ; A. Mi
189.
Tachynautes parvus gracilis ; ScLatEn, 1924 : 261.
Cypsiurus parous gracilis ; DeLacour, 1932 : 49, n° 139 ; Ra», 1936 : 414 ; L'AVAUDEN,
1937
Manaviandro ou ditsidina. — Martinet des palmes. — Madagascar
Palm Swift. — Palmensegler.
Identification : 15 à 17 em. La femelle est légèrement plus petite que le
mâle. Le plumage est entièrement gris brun plus ou moins sombre avec des
reflets métalliques sur les ailes et la queue qui sont plus foncés. La gorge est
blanchâtre.
es mœurs sont semblables à ceux d'Apus apus balstoni. Il se perche
parfois sur les feuilles de palmiers. Au vol, on distingue souvent sa queue
nettement fourchue.
Distribution — Mœurs : Le Martinet des palmes est assez commun dans
l'Est en bordure de la forêt surtout près de la côte, souvent très commun
dans les plaines à palmiers de l'Ouest et à Nosy Be, rare dans le Sud. Les exem-
plaires de l'Est et du Nord semblent un peu plus grands que ceux du Sud.
La reproduction a lieu de septembre à novembre.
Le nid est construit à la base des feuilles de palmier à 2 ou 3 m du sol,
les replis d'une feuille formant un toit au nid.
La ponte est composée de 3 œufs blancs.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 171
*Zoonavena grandidieri (J. Verreaux)
(1. 12, fig. 7)
Chaelura Grandidieri Verreaux, 1867, Nouv. Ann. Mus., Bull, III p. 3 (côte Est,
Mandrisi).
Chaelura Grandidieri ; A. Muxe-Enwanps et A. GRaNDIDIER, 1882 : 196.
onavena grandidieri ; ScLaTER, 1924 : 264 ; DeLacoun, 1932 : 50, no 140 ; LAVAUDEN,
639 ; RaND, 1936 : 415; Gnivaun, 1961 b : 52.
193
Manaviandro ou Tsiditsidina. — Martinet de Grandidier. — Madagas-
car Spine-tailed Swift.
Identification : 12 em. La couleur du Martinet de Grandidier est assez
mblable à celle de Cypsiurus parvus gracilis avec qui il est souvent confondu
bien que sa taille soit inférieure. Le dessus du corps est brun sombre avec des
reflets verdâtres sur les ailes et la queue, contrairement à celle de . parvus
gracilis, n'est pas fourchue. Le dessous du corps est gris foncé, légèrement
taché de blanchâtre sur la gorge et sous le croupion.
Ce sont les seuls Martinets de forêt à Madagascar ; on les rencontre dans
les forêts où ils chassent en vol près du sol ou dans les clairières. On les voit
aussi en bordure des bois, près des champs de riz. Ils volent le plus souvent
par 2 ou 3, mais ils peuvent former de grandes bandes le soir.
Distribution — Mœurs : On trouve le Martinet de Grandidier dans toutes
les forêts, mais il est plus commun dans l'Est à basse altitude et rare dans le
Sud.
La reproduction a lieu de juillet à septembre et d'octobre à janvier.
FAMILLE DES CORAGIIDAE OÙ CORACIADIDAE
(Rolliers, Courols)
Les Coraciadidae comprennent des oiseaux de taille assez forte ou moyenne.
Leur bec de taille moyenne est épais et robuste, rappelant un peu celui des
Corbeaux.
Sauf Leplosomus, qui est un type un peu aberrant et que l’on considérait
jadis comme le représentant d’une famille endémique à Madagascar (Leptoso-
malidae), les Coraciadidae forment un groupe assez homogène et facile à recon-
naître à leur silhouette élancée et leur couleur souvent bigarrée où dominent
le bleu et le verdâtre.
Cette famille comprend une vingtaine d'espèces propres aux régions
intertropicales et tempérées de l'Ancien Continent. Sept espèces se rencontrent
à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
172 Pa. MILON ET AL.
* Eurystomus glaucurus glaucurus (P.L.S. Müller)
(pl. 10, fig. 8)
Coracias glaucurus P.L.S. Müller, 1776, Syst. nat., suppl., p. 86 (Madagascar).
Eurystomus madagascariensis ; HanrLAUR, 1877 : 234.
Eurystomus glaucurus typieus ; A. Miine-Enwanps et A. GraNDier, 1882 : 214.
Eurystomus glaucurus ; ScLaer, 192 : 208; Decacour, 1932 : 50, n° 50; Rann,
1936 : 416 ; Lavaunex, 1937 : 117; GmiveauD, 1961 b : 52; Arrenr, 1968 a : 4 ; ALBIGNAC,
1970 : 223 ; SaLvaN, 1970 : 199.
Vorom-baratra (Oiseau du tonnerre) ou Tsararaka ou hahak. — Rollier
malgache. — Madagascar Broad-billed Roller. — Zimtroller.
Identification : 32 em. Ce bel oiseau ne peut être confondu avec aucun
autre. Ses couleurs et surtout son cri le font identifier très facilement. Le dessus
du corps est brun rouge, le dessous violet ; le dessus des ailes est bleu, vif, le
dessous bleu pâle ; les plumes de la queue sont terminées par une bande bleue
foncée ; le bec est jaune et les pattes jaune vert. Ê
C’est un oiseaü assez farouche mais souvent perché, seul, par couple ou en
compagnie de 2 ou 3 autres, bien en vue, immobile à l'extrémité d’une branche
morte. Il attend une proie qu'il va prendre avec son bec puis il revient se percher.
Son vol est lourd mais rapide.
Son cri rauque, que l'on entend souvent dans les bois, est une sorte de
coassement saccadé très bruyant et caractéristique, répété rapidement en
périodes plus ou moins longues et avec des nombreuses variantes. Il est imité
en partie par son nom malgache « Tsararaka ».
Distribution — Mœurs : C’est un oiseau migrateur qui arrive à Madagascar
en septembre-octobre pour repartir sur la côte africaine entre mars et mai.
Il est surtout abondant dans le Nord-Ouest de l’île. Il se nourrit d’Insectes :
Coléoptères divers (surtout gros Elatérides) et Orthoptères.
Sa reproduction va de décembre à janvier. J. SALVAN (comm. pers.) a
observé des juvéniles non émancipés dans le massif de l’Isalo en janvier 1970.
Le nid est fait dans le trou d’un tronc d’arbre. Le mâle et la femelle couvent
alternativement. Très aggressifs, ils attaquent souvent les autres oiseaux qui
approchent de leur nid. L'œuf est blanc.
*Leptosomus discolor discolor (Hermann)
(pl. 10, fig. 14 et 15)
Cuculus discolor Hermann, 1783, Tabula affinitatum Animalium, p. 186 (Madagascar).
Leptosomus discolor ; HarrLauB, 1877 : 255 ;
1882 : 224; SaLvan, 1970 : 199; Arperr, 1968 b : 116, 1968 e : 7.
Leptosomus discolor discolor ; SeLarer, 1924 : 209 ; Decacour, 1932 : 51, n° 142; RaND
: 417 ; LAVAUDEN, 1937 : 117; Gmiveaun, 1961 a : 41 et 1961 b : 52 ; ALBiGNaG, 1970 :
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 173
Vorondreo (« Oiseau dréo», dans le Centre) ou Kirombo («qui plane», dans
l'Ouest). — Le Courol. — Kirombo Courol. — Kurol.
Identification : 50 em. Les Leptosomes occupent une place intermédiaire
entre les Coraciadidae et les Cuculidaë. Le mâle en livrée de noces en novembre
a la majeure partie de la tête et le dessous du corps gris plus ou moins sombre, le
dos vert à reflets métalliques, les plumes des ailes et de la queue bleu métallique
à reflets verts et pourprés ; le bec noir est gros et fort ; les pattes sont jaunes.
Le mâle et la femelle en dehors des noces ont la tête brun noir rayée trans-
versalement de roux, le dos brun vert taché de roux, les plumes des ailes bleu
vert à reflet métallique, la queue roussâtre. Chez la femelle, le dessous du corps
est roussâtre avec les plumes terminées par une grosse tache noire.
Les Courols fréquentent les forêts ou leur voisinage. Ils.vivent par couples
au moment de la reproduction. En dehors de cette période, on peut les ren-
contrer par petits groupes comprenant parfois jusqu’à une dizaine d'individus,
où les mâles sont plus nombreux.
Peu farouches, ils se laissent parfois approcher de très près. Ils volent
quelquefois le jour en décrivant des cercles à grande hauteur à la manière des
Rapaces.
Le cri est triste et plaintif, il est souvent émis pendant que l'oiseau plane :
c’est une sorte de « Kiou kiou kié-kié » (les 2 premières syllabes étant fortes et
prolongées et nettement séparées, les deux dernières moins fortes et rappro-
chées), cri qui est en partie imité par les noms malgaches « dréo dréo ».
Distribution — Mœurs : Les Courols sont des oiseaux communs partout où
il y a des bois. Ils semblent faire des migrations d'Est en Ouest pendant la saison
humide. Ils fréquentent souvent la lisière des forêts mais pénètrent aussi dans
la forêt dense. Ils chassent les Insectes (Coléoptères, Sauterelles, chenilles)
et les Reptiles. Ils sont connus pour leur habitude de manger les chenilles
velues que la plupart des autres oiseaux dédaignent.
Pendant la période de reproduction, lorsque la femelle couve, le mâle fait
fréquemment une sorte de danse en plein vol comprenant des ascensions suivies
de piqués avec les ailes presque fermées.
Selon O. Arrerr (1968 b et e), le mâle vient aus,
elle couve.
nourrir la femelle quand
Les Sakalavas se servent de plusieurs parties de son corps (œil, plumes
des ailes) pour composer des philtres d'amour.
La reproduction a lieu en novembre.
Il niche dans les trous d’arbres à 5 ou 6 m de haut. Selon O. Apperr (1968 D
et e), il dépose ses œufs sur le fond d’une cavité sans faire de nid.
La ponte est de quatre à cinq œufs blanchâtres légèrement teintés de vert
beige. Les jeunes, à la naissance, ont un duvet très long.
Source : MNHN, Paris
174 PH. MILON ET AL.
* Brachypteracias leptosomus (Lesson
YP 5
(pl. 10, fig. 9)
Colaris leptosomus Lesson, 1833, Il. Zool., pl. 20 (Madagascar).
Brachypteracias leptosomus ; HarrLauB, 1877 : 70; A. Mn:
Dipier, 1882 : 235 ; ScLaTER, 1924 : 210 ; Decacour, 1932 : 51, n° 14
LAVAUDEN, 1937 : 118.
pwarDs et À. GRaN-
; Ranp, 1936 : 418;
Fandikalalana. — Le Brachyptérolle leptosome. — Short-legged Ground
Roller.
Identification : 38 em. Ce bel oiseau au plumage très varié est malheu-
reusement difficile à observer. Le dessus de sa tête est roux plus ou moins
violet, avec une tache blanchâtre au-dessus des yeux. Le cou est brun taché de
blanc avec un large collier blanc. Le dos est brun roux teinté de bleu en arrière.
Les ailes sont brun roux, rayées par une.bande blanche et tachées de blanc.
Le dessous du corps est brun roux sombre. La queue est rousse terminée par
une bande noire suivie, sauf sur les plumes médianes, d’une tache bleue entourée
de blanc qui disparaît quand les plumes sont usées. Le bec est gris et les pattes
gris rose.
Cet oiseau vit généralement solitaire ou par couple. Il est surtout actif le
matin et le soir. Il court presque toujours sur le sol dans les parties les plus
humides de la forêt où il recherche, en grattant la terre avec ses pattes, les petil
Invertébrés qui lui servent de nourriture. Il vole peu et mal, se perche parfo
à faible hauteur et reste immobile. Il est alors souvent très difficile à voir,
même à quelques mètres, la couleur de son plumage le rendant très malaisé
à distinguer de la végétation. Son cri est une sorte de « coee coce » rappelant
un peu l’un des cris du Lémurien Hapalamur griseus.
Distribution — Mœurs : C’est un oiseau assez rare. Il vit dans les zones les
plus humides du Nord et du Centre de la forêt de l'Est. Son régime semble pure-
ment insectivore. Un contenu stomacal comprenait de grosses Fourmis appar-
tenant à 2 ou 3 espèces et des élytres de petits Coléoptères.
Il se reproduit en décembre et fait son nid dans un terrier profond d'environ
1 m, creusé dans un talus.
*Brachypteracias squamigera Lafresnaye
(pl. 10, fig. 10)
Brachypteracias squamigera La Fresnaye 1838, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne,
année 1838, p. 224 (Madagascar).
Geobiastes squamigerus ; Harriaur, 1877 : 74,
Brachypteracias squamigera ; A. Muixe-Enwanns et A. GnraNDiDIER, 1882 : 241;
Deracour, 1932 : 51, n° 143; RanD, 1936 : 419; LAVAUDEN, 1937 : 118.
Geobiastes squamigera ; ScLaren, 1924 : 210,
Roatelo. — Le Brachyptérolle écaillé. — Scaled Ground Roller.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 175
Identification : 31 em. C'est aussi un très bel oiseau mais difficile à observer.
Le dessus de sa tête est rayé de brun et de blanc roux avec une bande noire sur
le front et deux en arrière de l'œil. Le dos est vert roux et les ailes vert roux
tachées de blanc et de bleu clair. Les plumes de la gorge, du cou et du dessous
du corps sont blanc roux tachées au centre et frangées de brun noir ce qui les
fait ressembler à des écailles. Le ventre est brun roux et les pattes brun rouge.
Le bec est moins fort que celui de l'espèce précédente.
Les habitudes sont très semblables à celles de l'espèce précédente. Comme
elle, il est surtout actif le matin tôt et difficile à observer car, par sa couleur, il
est aussi parfaitement camouflé dans le sous-bois sombre où de fins rayons
de lumière filtrés par le feuillage font briller de multiples détails.
Distribution — Mœurs : Le Brachyptérolle écaillé a la même distribution que
l'espèce précédente, mais semble plus rare ou plus localisé. Aucun détail n’est
encore connu sur la reproduction de cet oiseau.
*Atelornis pittoides (Lafresnaye)
(Pl. 10, fig. 12)
Brachypleracias pilloides Lafresnaye, 1834, Mag. Zool., 4° année, p. [cl. II, pl. 3
pl. 82 (Madagascar).
Brachypteracias pilloides ; A. Mi
Atelornis pilloides ; HarrLAUR, 187 Sc 924 : 210; Deracoun, 1932 : 52,
n° 145; Rann, 1936 : 419 ; LAVAUDEN, 1937 : ; 1972 D : 169,
32],
Fangadiovy ou Tsakoka. — Le Brachyptérolle pittoïde. — Pitta-like
Ground Roller.
Identification : 26 em. Le Brachyptérolle pittoïde est un bel oiseau dont le
dessus de la tête est bleu foncé avec les plumes frangées de roux, les sourcils
et les joues noirs, le dos vert roux, les ailes brunes coupées par une bande blanche,
la queue bleue (sauf les 2 plumes médianes) et la gorge blanc pur bordée par un
collier bleu ; le dessous du corps est brun roux plus ou moins clair ; les pattes
sont gris rose. C’est un oiseau craintif, difficile à approcher. On voit nettement
la tache blanche presque en bout d’aile lorsqu'il sort brusquement de son terrier
et vole au ras du sol.
Distribution — Mœurs : Le Brachyptérolle pittoïde vit dans les forêts de
l'Est et du Nord de Madagascar. Commun à la Montagne d’Ambre, sur l’Andrin-
gitra et dans la forêt Sihanaka, il semble assez rare ailleurs. Nous l'avons observé
aussi dans la presqu'île de Masoala et A. PEYRIERAS (comm. pers.) l’a rencontré
dans le Sud-Est, sur les chaînes Anosyennes. Il n’est rare ni sur les hauts de
la Mandraka, ni à Didy (J. SaLvaN comm. pers.). Nous l'avons toujours trouvé
à une altitude supérieure à 400 m.
Il niche comme les Brachypteracias dans des trous creusés dans la terre ;
c’est probablement ce qui fait dire à certains bûcherons qu'il peut hiberner
comme les Tanrecs.
Source : MNHN, Paris
176 Pa. MILON ET AL.
L'endroit choisi est souvent sombre. L'ouverture du terrier est sur le flanc
d'un talus d’au moins un mètre de haut. Le boyau a environ 10 em de dia-
mètre au début et s'enfonce de plus d'un mètre. L'oiseau guette souvent au
bord du trou et en sort brusquement lorsqu'il est dérangé en émettant un petit
cri bref. Il s'envole à ras de terre et revient au bout de 5 minutes. Il se pose alors
sur le sol, près de l’entrée du nid, et observe un moment les environs avant d'y
entrer.
L'œuf semble unique. Il est de couleur blanchâtre.
* Atelornis crossleyi Sharpe
(pl. 10, fig. 13)
Atelornis crossleyi Sharpe, 1875, Proc. Zool. Soc. London, 1875, p. 74, pl. XIV (Ampas-
monhavo) [?].
Brachypteracias erossleyi ; À. Mir: warps et A. GraNDiniER, 1882 : 240.
Atelornis crossleyi ; HarrLaur, 1877 : 77; ScLaren, 1924 : 210; DeLacouRr, 1932
n° 146; LavauDEN, 1932 : 637, 1937 : 118 et 189 ; RanD, 1936 : 420 ; Griveaun, 1961 b :
Aurinac, 1970 : 223 et 227.
Le Brachyptérolle de Crossley. — Crossley’s Ground Roller.
Identification : 26 em. Le Brachyptérolle de Crossley rappelle par son
allure générale l'espèce précédente. Sa tête, son cou et sa poitrine sont brun
roux plus ou moins teintés de vert ; un large collier de plumes noires tachées de
blanc orne la poitrine ; le dos est brun vert ainsi que les ailes qui sont coupées
par une bande blanche ; la queue est vert roux ; le dessous du corps est rous-
sâtre ; les pattes sont noires.
Le jeune qui a été décrit et figuré par LavauDpeN.(1937, pl. 12) est très
différent de l'adulte. Il présente sur toute la tête une calotte bleu-violette au
lieu de rousse (qui se décolore peu à peu avec le temps sur l'oiseau naturalisé).
Il ne présente pas non plus de collier régulier.
Ses habitudes semblent être voisines de celles des espèces précédentes.
Distribution — Mœurs : Le Brachyptérolle de Crossley est un oiseau qui
vit dans le Centre et le Nord de la forêt de l'Est. Il a été observé au Marojejy
(P. Griveaup 1961 b) et à 1 500 m d'altitude sur le Tsaratanana (ALBIGNAC
1970). Il n'est pas rare à Didy (J. SaLvan comm. pers.). Aucune donnée n'existe
sur sa reproduction.
*Uratelornis chimaera W. Rothschild
(pl. 10, fig. 11)
Uratelornis chimaera W. Rothschild, 1895, Novit. Zool., II, p. 479 (Madagascar).
Uratelornis chimaera ; Sczarer, 1924 : 211 ; Decacour, 1932 : 52, n° 147 ; RanD, 1936:
420 ; LAvAUDEN, 1937 : 118 et 157 ; Griveaun, 1961 a : 41 ; Arrenr, 1968 c : 264 et 1968 e
Bokitsy, Teroboky ou Tolohoranto. — Brachyptérolle à longue queue. —
Longtailed Ground Roller.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 177
Identification : Corps 17 em; queue 30 cm. Ce magnifique oiseau est très
facile à reconnaître. Le mâle a la tête gris roux tachée de brun ; un sourcil blanc
et une bande noîre partant de l'œil descendent sur le côté du cou et forment un
collier ; le dessus des ailes est bleu clair : la queue a de très longues plumes
médianes gris roux (chaque plume portant une série de bandes claires) et des
plumes latérales bleu clair. Le dessous du corps est blanc.
La femelle est assez semblable, mais sa taille est légèrement plus faible et
sa queue plus courte. Le jeune ressemble à la femelle.
Le Brachyptérolle à longue queue vit par petits groupes de 4 à 5 dans
la végétation d'Euphorbes et Didierea. Il est souvent à terre, mais on l’observe
parfois perché. Ses ailes sont très courtes et il vole mal, Ses habitudes sont
voisines de celles d'A. pittoïdes.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau qui est l’un des plus élégants de la faune
malgache est malheureusement très menacé. Il est en effet localisé dans une
petite zone du Sud-Ouest : entre le Mangoky et le Fiherenana au Nord de Tuléar
et selon, J. SALvAN (comm. pers.), à une altitude inférieure à 80 m. Or, la végé-
tation de cette zone est en rapide dégradation.
Il se nourrit essentiellement d’Insectes (Sauterelles, Coléoptères, Blattes)
et de Cloportes. Son activité est surtout nocturne et crépusculaire.
La période de reproduction va d’octobre à janvier. La ponte est de 3 ou
4 œufs blanc brillant globuleux. Selon O. Apperr (1968), il creuse un tube long
de plus d’un mètre dans le sol légèrement incliné et sableux pour y couver ses
œufs. Le mâle et la femelle se partagent le travail de terrassement qui est réalisé
avec le bec et les pattes. Une galerie observée par O. Apperr mesurait 120 em
de long et la chambre terminale avait un diamètre de 20 cm. Le fond était
légèrement tapissé de matériel végétal. Selon O. Arperr, la femelle est déjà
nourrie par le mâle avant que la ponte ait commencé.
La méthode des indices kilométriques d’abondance montre que la popu-
lation totale entre Tuléar et le lac Ihotry n'est pas supérieure à 500 couples,
et voisine de 250 couples avec une probabilité de 80 % (J. SALvAN, comm.
FAMILLE DES MEROPIDAE
(Guêpiers)
La famille des Meropidae, très homogène, comprend des oiseaux de taille
assez faible, à la silhouette élancée et aux ailes longuës et pointues. Leur bec est
allongé, leurs pattes courtes et leur plumage très coloré. Ils vivent souvent en
colonies importantes et leur vol agile leur permet de capturer adroitement les
Insectes qui constituent leur nourriture.
22 espèces sont propres aux régions tropicales et subtropicales de l'Ancien
Monde, une seule vit à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
178 Pa. MILON ET AL.
Merops superciliosus Linné
(pl. 10, fig. 16)
Merops superciliosus Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12° édit., p. 183, n° 4 (Habitat in
Madagascar).
Merops madagascariensis (ypicus ; À. Miixe-EnwanDs et A. GraNDrDiER, 1882 : 262.
Merops superciliosus ; HarrLaur, 1877 : 81 ; ScLaTER, 1924 : 219 ; DeLacoun, 1932 : 53,
no 148; RanD, 1936 : 421 ; LAVAUDEN, 1937 : 119; Griveaup, 1961 a : 41 et 1961 b:52;
SALvAN, 1972 b : 166-169.
Kirio ou Kirioka. — Guêpier de Madagascar. — Madagascar Bee eater.
— Madagaskar-Bienenfresser.
Identification : Mâle 30 cm, femelle 28 em. C'est un oiseau facile à recon-
naître grâce à ses vives couleurs, à son bec long et fin et à ses cris caractéris-
tiques. Le dessus du corps est vert plus ou moins teinté de brun. Le front et
une bande au-dessus et en dessous des yeux sont blanchâtres. Une bande
noire s'étend en arrière de l'œil. Le menton est jaunâtre, la gorge brun roux, le
ventre bleu vert. Les mâles ont des couleurs légèrement plus vives que les
femelles et la paire médiane des plumes de la queue est plus développée.
Ce sont des oiseaux faciles à observer lorsqu'ils sont perchés en train de
guetter les Insectes. En forêt, ils se perchent à la cime des grands arbres, mais
en savane ils restent près du sol, souvent perchés sur une branche tombée ou
sur un piquet.
On les voit fréquemment en petits groupes.
Ils sont bruyants quand ils volent et leurs cris, sorte de « crruic », imité
par le nom madécasse de l'oiseau, sont très reconnaissabl
Distribution — Mœurs : Les Guépiers se rencontrent toute l’année à
Madagascar où ils se reproduisent. Communs dans toutes les régions boisées,
ils sont plus rares dans la forêt dense. Certains émigrent en Afrique où on en a
trouvé de mai à septembre.
Ils se nourrissent d’Insectes, plus particulièrement d'Hyménoptères,
qu'ils saisissent souvent au vol et tiennent à l'extrémité de leur bec. Ils les
tuent généralement à coup de bec avant de les avaler.
La reproduction a lieu de septembre à octobre. Ils nichent par colonies.
Le nid est fait à l'extrémité d’un tunnel de 1 à 2 m de long, creusé latérale-
ment dans les berges de rivières ou de ravins.
La ponte est de 2 à 3 œufs blancs.
FAMILLE DES ALCEDINIDAE
(Martins-pêcheurs et Martins-chasseurs)
Cette famille comprend des oiseaux d’un type très homogène et spécialisé
facilement reconnaissables. Leur bec est droit, conique et généralement très
allongé et robuste ; leurs ailes sont courtes ainsi généralement que leur queue ;
Source : MNHN, Paris |
Oiseaux 179
leur plumage présente le plus souvent une pigmentation brillante très caracté-
ristique du groupe. Les Alcedinidae se'divisent en 2 types : l’un à bec plus long,
comprimé latéralement et aux habitudes aquatiques (Martins-pécheurs) ; l’autre
à bec plus épais et plus déprimé, aux habitudes et au régime moins spécialisés.
Ils comprennent une centaine d'espèces réparties, malgré le faible pouvoir de vol
de ces oiseaux, dans toutes les régions tropicales et tempérées de la Terre.
Les deux types d’Alcedinidae sont représentés chacun par une espèce à
Madagascar.
* Gorythornis vintsioides vintsioides (Eydoux et Gervais)
(1. 13, fig. 2)
Alcedo Vinisioides Eydoux el Gervais, 1836, Mag. Zool. (Voy. de « La Favorite à),
6e année, p. 30, pl. 74 (Madagascar).
Corgthornis cristala ; HanrLau», 1877 : 78.
Gorylhornis cristatus ; A. Miixe-Enwanps et A. GraNDiDien, 1882 : 255.
Corythornis vintsioides ; SeLarEn, 1924 : 213 ; DeLacour, 1932 : 53, ne 149 ; RaND, 1936 :
422 ; GriveauD, 1961 b : 5!
Corythornis cristata vintsioides ; LAVAUDEN, 1937 : 118; SALVAN, 1972 b : 166-169,
1972 € : 50.
Vintsy. — Martin-pêcheur malgache. — Malachite Kingfischer.
Identification : 16 em. Ce très joli petit oiseau au plumage brillant a le
dos bleu foncé et des plumes sur la tête, longues, brunes, coupées de raies bleu
pâle ; une bande bleu foncé marque latéralement le cou ; les ailes sont brunes à
reflets bleus, la queue bleue, le menton blanchâtre, les joues et le dessous du
corps brun. Les pattes sont rouge orange, et le bec noir.
Le Martin-pêcheur vit le long des rivières bordées de roseaux, près desrizières
inondées, ou dans les petites mares herbeuses, parfois le long des ruisseaux et
dans les marécages de la forêt dense.
On le rencontre généralement solitaire, mais parfois par couple.
Il reste souvent immobile sur son perchoir au bord de l’eau en guettant une
proie. Mais c’est généralement son passage, comme une petite flèche bleue qui
brille dans un rayon de soleil ou son cri perçant, qu’il répète rapidement, qui
attirent l'attention.
Distribution — Mœurs : C'est un oiseau commun dans l'Ouest et l'Est,
partout où il y a des marais ou des lacs. On le rencontre également dans le
Nord-Ouest sur les mangroves ou les rochers au bord de la mer.
Il vit aux dépens de la petite faune aquatique, et plonge pour chercher un
Insecte (Libellule, Hémiptère aquatique), une Grenouille ou un petit Poisson
et retourne sur son perchoir pour l'avaler. Il peut aussi manger des Écrevisses
et des Sauterelles.
La reproduction a lieu de septembre à mars.
Source : MNHN, Paris
180 Pu. MILON ET AL.
Le nid est fait dans une chambre au bout d’un tunnel montant creusé dans
la berge d’un ruisseau. Il contient deux œufs blancs.
* Ispidina madagascariensis (Linné)
(PL. 13, fig. 3)
Alcedo madagascariensis Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12e édit., p. 179, n° 5 (Habitat
in Madagascar).
Ispidina madagascariensis ; HarrLau», 1877 : 80; A. Muxxe-Enwanps et A. GRAND
Der, 1882 : 250; ScLarer, 1924 : 214; Deracour, 1932 : 53, n° 150; RanD, 1936 : 423 ;
LAvauDEN, 1937 : 118; SaLvAN, 1972 b : 169.
Vintsy-ala ou Vintsy-mena.
Pigmy Kingfisher.
Martin-chasseur malgache. — Madagascar
Identification : 14 em. Bien qu'il n’ait pas les couleurs brillantes du Martin-
pêcheur, c’est aussi un très bel oiseau avec ses teintes rouge orange sur le dessus
du corps et rose saumon au-dessous ; ses ailes sont brun roux ; ses pattes et son
bec sont rouges.
Ce petit Martin-chasseur vit dans les forêts, surtout dans les parties humides,
mais n'exige pas la présence d’une étendue d'eau. On l’observe souvent seul
ou le plus souvent par couple près des petits ruisseaux forestiers perché en train
de guetter une proie.
Il émet un petit cri aigu quand il est dérangé mais, peu farouche, il se laisse
facilement observer de très près.
Distribution — Mœurs : 11 semble peu commun dans la forêt de l'Est et
rare dans l'Ouest ; il est par contre commun à la Montagne d’Ambre et dans le
Sambirano où on le rencontre souvent près des ruisseaux.
Il se nourrit de Grenouilles, Reptiles, Sauterelles, petits Crustacés d’eau
douce, Araignées ou petits Insectes. Il revient manger sa proie sur son perchoir
après l'avoir capturée. Nous en avons observé un à Nosy Mangabe en train
d’avaler un petit Uroplate de 5 cm de long après l'avoir fortement martelé de
son bec sur une branche.
FAMILLE DES UPUPIDAE
(Huppes)
La famille des Upupidae, assez proche de celle des Bucerotidae ou Calaos
d’Afrique et d'Asie, en diffère cependant par plusieurs caractères anatomique:
Elle comprend des oiseaux au bec toujours très allongé, grêle et plus ou moi
arqué, nichant en général dans des trous d'arbres. Tous sont propres à l'Ancien
Monde; une espèce vit à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 181
* Upupa epops marginata Cabanis et Heine
(1. 13, fig. 1)
Upupa marginata Cabanis et Heine, 1860, Mus. Heine, pl. Il, p. 127 (Madagascar).
Upupa marginala ; HarrLaur, 1877 : 84.
Upupa epops marginala ; A. Mixxe-Enwanos et A. GraNDIDIER, 1882 : 270 ; SCLATEn,
1924 : 282 ; Deracour, 1932 : 53, n° 151 ; RaNn, 1936 : 424; R. P., 1953 a : 106; LAVAUDEN,
1987 : 119 ; GmvEauD, 1961 a : 41 ; PauLIAN, 1964 : 275 ; SaLvaN, 1970 : 199, 1972 b : 166.
Takodara. — Huppe de Madagascar. — Madagascar Hoopoe,
Identification : 32 em. La Huppe est un très bel oiseau au plumage contrasté
facile à reconnaître du premier coup d'œil. Le mâle a le dessus du corps roux ;
sa huppe mobile est roux foncé avec une tache noire au bout de chaque
plume ; les épaules et les plumes des ailes sont rayées de bandes noires et
blanches ; le dessous du corps est rose et la queue noire avec une large bande
blanche au milieu. La femelle est légèrement plus petite que le mâle et a des
teintes moins vives. Le bec est légèrement arqué et les pattes sont noirâtres.
Les Huppes vivent dans les régions découvertes, souvent près des trou-
peaux. On les observe le plus souvent à terre où elles marchent à petits pas
rapides. Elles volent assez mal. Leur chant très caractéristique diffère de
celui de l'espèce européenne ; c'est une sorte de «rouououou » calme, assez
voisin du chant de la Tourterelle.
Distribution — Mœurs : Les Huppes sont communes dans l'Ouest, le
Nord, les régions subdésertiques du Sud et sont de plus en plus abondantes
dans les régions des plateaux et dans l'Est, où elles envahissent les régions
déboisées. Plusieurs nidifications ont été signalées aux abords de Tananarive
(R.P. IR. PauLIAN] 1953 et 1964) (P. GriveauD, comm. pers.). Elles se nour-
rissent d’Insectes et de Vers qu'elles recherchent en marchant sur le sol.
La reproduction a lieu de septembre à décembre.
Le nid, généralement tr.
mètres du sol.
sale, est installé dans un trou d’arbre à quelques
Les œufs sont lisses et tachés de brun et de rouille.
FAMILLE DES PHILEPITTIDAE
(Philepittes)
La famille des Philepittidae, endémique à Madagascar, groupe deux genres :
Philepitia et Neodrepanis. Ce dernier classé jadis avec les Nectariniidae a été
rattaché aux Philepittidae en 1951 par D. Amapon.
Bien que ses affinités soient encore très douteuses, on rattache souvent la
famille des Philepittidae aux Pillidae où « Brèves » qui vivent presque tou-
jours près du sol dans l’obscurité des sous-bois des régions tropicales humides
de l'Ancien Monde, surtout en Asie et en Océanie. Les Philepitta sont des
Source
: MNHN, Paris
182 Pa. MILON ET AL.
oiseaux de forêt mangeurs de fruits, d’allure assez paresseuse. Les Neodrepanis
sont plus actifs, ont un bec long qu'ils utilisent pour chercher les Insectes
dans les fleurs et un plumage à reflets métalliques. Leur ressemblance externe
avec les Nectariniidae est une convergence étonnante. Selon R. E. Moreau
(1966), les 2 branches largement divergentes des Philepitlidae peuvent bien
être les seules relictes qui restent d’une première radiation évolutive ancienne
de cette famille à Madagascar. De telles extinctions inexpliquées semblent être
produites dans d’autres groupes d'oiseaux malgaches dans un passé récent
et marquent aussi nettement les populations de Mammifères. Elles ont été
très importantes notamment dans le groupe des Lémuriens.
Les Philepittidae comprennent trois espèces.
* Philepitta castanea (P.L.S. Müller)
(pl. 13, fig. 4 et 5)
Müller, 1776, Syst. nat., suppl., p. 143 (Madagascar).
Turdus castaneus P.L.
Philepitla fala; HanrLaus, 1877 : 160.
Philepitta castanea ; À. MiLNE-Enwarps et A. GRaNDiDIER, 1882 : 296 ; ScLaTER, 1924 ;
308 ; Decacounr, 1932 : 54, ne 152 ; RaND, 1936 : 425; LavauDEN, 1937 : 120 ; MiLon, 1951 :
167 et 176 ; ALmiaNAG, 1970 : 223 ; SALVAN, 1972 D : 16
ty ou Soy-Soy. — Philépitte veloutée ou Merle doré. — Velvet Asity.
Identification : 16 em. Le mâle en plumage normal (entre août et sep-
tembre) est noir avec les plumes bordées de jaune (sauf celles du menton,
des ailes et de la queue) et des petites taches jaune orange sur l'épaule ; la
peau nue autour de l’œil est vert foncé. En plumage de noces, il est noir pur
avec une tache orange sur l'épaule ; la peau nue autour de l’œil devient ver-
dâtre surmontée d'une caroncule bleue bordée de vert. La femelle et le jeune
ont le dessus du corps vert jaune, les plumes des ailes bordées de vert olive,
la gorge jaunâtre, le dessous du corps brun vert taché de jaune, ainsi que la
peau nue autour de l'œil d’un vert foncé moins large que chez le mâle. Les
pattes sont brun jaune et le bec noirâtre.
Les Philépittes veloutées vivent dans les buissons de la grande forêt et
la végétation secondaire basse en lisière de la forêt. Ce sont de beaux oiseaux
calmes et peu sauvages, qui se laissent facilement observer. Elles sont générale-
ment solitaires mais on les observe parfois 2 ou 3 ensemble ou même mélées
à d’autres espèces. Le mâle a un chant agréable ressemblant à celui du merle.
Leur vol est peu soutenu et en ligne droite.
Distribution — Maœurs : Cette Philépitte est commune dans l'Est de Mada-
gascar, mais plus rare près de la côte. Elle existe aussi dans le Sambirano et
a été collectée à 1 300 m dans le massif de Manongarivo par P. GRIVEAUD
(comm. pers.) et à 1 700 m sur le Tsaratanana (Mizox 1951 b). Elle nous a
paru assez abondante près du Marojejy et n’est pas rare, selon J. SALVAN, sur
les hauts de la Mandraka. Son régime est essentiellement frugivore.
La reproduction a lieu en août-septembre,
Source : MNHN, Paris
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Oiseaux 183
Le nid est construit à 2 ou 3 m de haut, dans un arbre de la forêt dense.
Il est en forme de poire dont la partie supérieure est tissée sur la branche qui
le supporte. Une sorte de toit de 5 à 6 cm surplombe l'entrée. Le nid est fait
de mousses et de fibres de palmiers entremélées de feuilles. 11 est garni de
feuilles mortes à l’intérieur.
La ponte comprend 3 œufs lisses de couleur blanche.
*Philepitta schlegeli Pollen
(PI. 13, fig. 6 et 7)
Philepitta schlegeli Pollen in Sem L, 1866, Proc. Zool. Soc. London, 1866, p. 422
(Madagascar).
Philepilla schlegeli ; HawrLaur, 1877 : 163 EpwanDs et A. GRANDIDIER,
1882 : 302 1 308 ; DELAGOUR, 1932 : 54, n° 153 ; RaND, 1936 : 427 ; LAVAUDEN,
1937 : 120 et 190.
Asity (Sakalavas, à Maromandia). — Philépitte de Schlegel.
Asity.
Identification : 13 em. Cette espèce plus petite que la précédente s’en
distingue facilement par son bec plus court et plus fort et par la coloration de
l'adulte.
Le mâle en plumage de noces a la tête noire, le bas du cou et le dessous du
corps jaune, avec la base des plumes noire, le dos, les ailes et la queue jaune
vert, ainsi que les caroncules entourant complètement l'œil bleues bordées de
vert.
Schlegel’s
La femelle et le jeune ont une coloration semblable à celle du jeune
P. castanea. Les pattes sont brun jaune.
La Philépitte de Schlegel semble se tenir le plus souvent au niveau moyen
de la végétation. Son comportement est très voisin de celui de l'espèce précé-
dente.
commun dans la forêt
Distribution — Mœurs : C'est un oiseau assez
dense du Sambirano et l'Ouest de Madagascar.
Ses mœurs semblent assez voisines à celles de l'espèce précédente, mais
on manque de précisions sur sa biologie.
* Neodrepanis coruscans Sharpe
(pl. 16, fig. 6 et 7)
Neodrepanis coruscans Sharpe, 1875, Proc. Zool. Soc. London, 1875, p. 76 (Madagascar).
Neodrepani: Hanriaur, 1877 : 94 WARDS et A. GRANDIDIER,
1882 : 289 ; Scrar DeLac 932 : 78, n° 220; SALOMONSEN, 1934 : 1;
MizoN, 1951 b SALVAN, 1972 b
Neodrepanis coruscans coruscan
Neodrepanis hypoxantha ; SALOMo!
Neodrepanis coruscans hypoxantha ; LAVAUDEN, 1937 : 132
Source
: MNHN, Paris
184 PH. MiLON ET AL.
Soymanga. — Souimanga caronculé. — Wattled Sunbird.
Identification : Par certains caractères anatomiques, notamment : double
rangée de scutelles sur la face postérieure du tarse, syrinx dépourvu de muscles
pour le chant, langue formée d’un seul tube au lieu de deux, ces Souimangas
caronculés s’éloignent des vrais Souimangas (Nectariniidae) auxquels ils étaient
rattachés. Dans ce livre, ils sont figurés sur la même planche que ces derniers
mais ils ont été groupés avec les Philepitta depuis les travaux de D. AMaDOoN
(1951) et de F. SALOMONSEN (1965) qui ont remarqué cependant chez eux de
nombreux caractères de convergence avec les Souimangas.
10 cm. Le mâle, pendant la période de reproduction, à partir de mars,
est nettement reconnaissable à une caroncule bleu vif autour de l'œil ; le dessus
de son corps est bleu métallique, le dessous jaune vif plus ou moins taché de
noir ; les plumes des ailes sont brunes frangées de jaune.
Selon L. LAvAUDEN (1937), l'oiseau mue complètement de janvier à mars
et le plumage de noces s’installe en octobre-novembre par une mue partielle
du petit plumage qui ne prend pas de teinte métallique et par une transfor-
mation du reste du plumage avec l'apparition de couleurs métalliques. En
saison froide, la peau autour de l'œil est emplumée sans trace de caroncule.
La femelle et le mâle subadultes ont une taille très légèrement inférieure, un
plumage plus terne et pas de caroncule, le dessus du corps, la gorge ainsi que
la poitrine vert jaune et le ventre jaune. Leur long bec (2,5 cm), très incurvé,
et leurs pattes sont noires.
On peut penser qu’il existait deux sous-espèces : N. c. coruscans et
N. c. hypoxantha. Cette dernière, qui n’est en fait connue que par deux spé-
cimens capturés par D. Cowan en 1881 dans les forêts de l'Est de Tanana-
rive et n’a pas été retrouvée depuis, est généralement considérée comme éteinte.
Elle était d’une teinte beaucoup plus vive ; les parties inférieures étant entière-
ment jaunes et les supérieures bleu verdâtre non métallique. Le bec était plus
faible et moins incurvé. Comme le pensait L. Lavaupen (1937) il y a peut-être
encore des chances de retrouver cet oiseau dans les zones de forêts des
plateaux encore existantes situées à l'Est d’Ankazobe.
Les Souimanga caronculés fréquentent surtout la forêt dense où on les
trouve à tous les niveaux, parfois en petits groupes mais plus souvent solitaires.
Ils semblent moins actifs que les Nectariniidae dont ils partagent pourtant
le$ habitudes. Ce sont des oiseaux peu sauvages, qui, comme le signalait déjà
A. GRANDIDIER (1882), fréquentent les fleurs d’Impatiens humblotiana, balsa-
mines rouges fréquentes dans les clairières et auxquelles leur bec est remar-
quablement adapté.
Distribution — Mœurs : On les rencontre dans les forêts de l'Est, où ils
semblent plus communs en altitude. Ils ont été observés à 1700 m au Tsara-
tanana (MiLox 1951 b) et nous en avons vu beaucoup sur les pentes dégradées
du Marojejy.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 185
N. coruscans est très attiré, comme tous les vrais Souimangas, par les
floraisons d'Hedychium coronarium : il ÿ en a parfois des densités extraordi-
naires à Ambatoloana (Sarvan 1972 b).
Ils cherchent les Insectes sur les branches et leur long bec recourbé leur
permet de visiter les fleurs à corolles très longues comme celles d’Zmpatiens
Rumblotiana.
Leur reproduction a lieu de septembre à octobre.
FAMILLE DES ALAUDIDAE
(Alouettes)
Les Alaudidae où « Alouettes » sont des Passereaux aux habitudes plus
ou moins exclusivement terrestres possédant un bec robuste, des tarses allongés
et des doigts bien développés avec le pouce terminé par un ongle très long.
Elles sont surtout réparties dans les régions sèches de l’Ancien continent,
mais quelques formes habitent cependant l'Amérique.
Les Mirafra constituent un groupe d’Alaudidae tropical important, com-
prenant de nombreuses espèces en Afrique, en Indomalaisie et en Australie.
Une espèce vit à Madagascar.
* Mirafra hova Hartlaub
(PL. 18, fig. 2)
Mirafra hova Hartlaub, 1860, Journ. f. Orn., p. 116 (baie de Saint-Augustin).
Alauda hova ; HanrLaus, 1877 : 221; A. Miine-Enwarns et A. GRaNDIDIER, 1885 :
456.
Mirafra hova ; ScLATER, 1924 : 310 ; Deracour, 1932 : 80, n° 223 ; RaND, 1936 :
LAVAUDEN, 1937 : 133 et 194 ; MiLow, 1950 a : 62 et
QE
ALBIGNAG, 1970 : 227 et 228.
Sorohitra ou Boria. — Alouette malgache. — Madagascar Bush Lark.
Identification : 13 em. Les Alouettes ont le dessous du corps beige taché
de brun et le dessous blanchâtre, avec un collier brun plus ou moins net sur
la poitrine ; les plumes des ailes et de la queue sont brunes, bordées de roux ;
les pattes sont grises.
On les rencontre souvent par petits groupes dans les zones découvertes.
Elles courent sur le sol à la recherche d’Insectes et de graines. Ce sont des
oiseaux faciles à observer. On en voit souvent le long des routes. Tôt le matin
elles s'élèvent à 50 ou 100 m de haut et chantent en faisant des cercles.
Distribution — Mœurs : Les Alouettes sont très communes dans toutes
les régions déboisées de l'île où elles ne semblent pas varier. Nous en avons
rencontré jusqu’à 2 500 m dans l'Ankaratra. Elles ont un régime mixte gra-
nivore et insectivore. Comme beaucoup d’autres oiseaux, elles consomment
aussi des Sauterelles en septembre dans le Sud.
La reproduction a lieu pendant toute l'année.
Source
: MNHN, Paris
186 Pa. MiLoN ET AL.
Le nid en coupe est généralement construit soit dans un espace sec cou-
vert d'herbes, soit dans une excavation du sol ou du sable. Quand on approche
du nid, il est fréquent que la femelle imite l'allure d’un oiseau à aile cassée
en quittant le nid pour en détourner l'attention.
La ponte est de deux œufs lisses blanchâtres tachés de brun et de gris.
FAMILLE DES HIRUNDINIDAE
(Hirondelles)
La famille des Hirundinidae constitue un groupe d'oiseaux homogène et
très caractéristique. Les Hirondelles sont étroitement adaptées à une vie aérienne
par leur forme aérodynamique, leurs ailes très longues et pointues, leur bec
court, mais largement fendu, et leurs pattes courtes et faibles.
Comme les Martinets, les Hirondelles peuvent se percher mais ne marchent
pas. Elles se nourrissent exclusivement d'Insectes qu’elles capturent au vol
et vivent généralement en groupe.
On rencontre ces oiseaux dans le monde entier sauf dans les terres arctiques
et antarctiques et dans quelqu de l'Océanie. Leur grande puissance de
vol leur permet de vastes mi) Quatre espèces se rencontrent à Mada-
gascar, dont 2 sont endémiques, et une exceptionnelle. Aucune n’est très com-
mune partout et comme l'estime RE. Moreau (1966), il n’y a pas de raison de
penser que leurs possibilités pour nicher à Madagascar diffèrent beaucoup de
celles de l'Afrique aux mêmes latitudes et ce groupe n'utilise probablement
pas toutes les possibilités qui lui sont offertes à Madagascar.
* Phedina borbonica madagascariensis Hartlauh
(pl. 12, fig. 8)
Phedina madagascariensis Hartlaub, 1860, Journ. Orn., p. 83 (Madagasc:
Phedina borbonica Var. madagascariensis ; A: MizNe-EbwarDs et
395.
Phedina borbonica madagascariensis ; ScLaTER, 1924 : 582 ; Di
Ranp, 1936 : 428 ; LAVAUDEN, 1937 : 128 ; MILON, 1950 a : 64 et 1
1961 a : 41 ; SaLvAN, 1970 : 199, 1972 b : 168 et 169.
Tsidi-tsidina (nom donné aux Hirondelles qu'on ne voit qu'en vol). —
Hirondelle des Mascareignes. — Madagascar Martin.
GRANDIDIER,
1885
LAcoUR, 1932 : 55, n° 156 ;
1 b: 168 et 176 ; GRIVEAUD,
Identification : 15 em. L'Hirondelle des Mascareignes a le dessus du corps
gris brun, les ailes et la queue noirâtres et le dessous du corps blanchâtre plus
ou moins rayé de brun. Les pattes sont gris noir.
sent
Elles volent généralement en petit
les Insectes au vol au-dessus des petit:
forêt.
s bandes d’une vingtaine et cha
s mares, des champs de riz ou dans la
Source : MNHN,
Paris
OIsEAux 187
Distribution — Mœurs : Les Hirondelles des Ma: areignes sont assez
communes partout, mais leur répartition est irrégulière. Elles effectuent pro-
bablement des migrations dans l’île suivant les saisons.
On en a trouvé à 2 200 m sur le Tsaratanana en train de nicher (MiLon
1951 b).
La reproduction a lieu d'août à novembre à la Montagne d’Ambre, et sur
le Tsaratanana.
Le nid est souvent construit près de l'eau à quelques mètres de haut sur
une paroi de terre ou de rocher. Il est fait de branchettes et d'herbes sèches.
Elles peuvent aussi nicher assez souvent dans les maisons ou dans les grottes.
L'œuf est blanc tacheté de brun.
Riparia riparia riparia (Linné)
Hirundo riparia Linné, 1758, Syst. nat., tome 1, 10e édit, p. 192, ne 4 (Habitat in
Europae...).
Riparia riparia riparia
1936 : 427; LAVAUDEN, 1937
ScLaten, 1924 : 582; Deracour, 1932 :
12127
, n° 154; RAND,
Tsiditsidina. — Hirondelle de rivage. — Sand Martin. — Uferschwalbe.
Identification : 12 em. L'Hirondelle des rivages a le dessus du corps gris
brun, et le dessous blanc avec une bande brune sur la poitrine.
Ce sont des oiseaux grégaires que l’on peut observer en décembre et jan-
vier, cherchant leur nourriture au vol surtout au-dessus des étendues d'eau.
Distribution — Mœurs : L'Hirondelle des rivages est un oiseau européen
(la plus petite Hirondelle d'Europe) rencontrée durant la migration hivernale
en Afrique du Sud et à Madagascar. Elle a été observée au lac Ihotry. C'est le
seul Passereau européen avec Hirundo rustica (plus exceptionnelle) qui ait
été rencontré en migration hivernale à Madagascar, alors qu’en dehors des
oiseaux de mer, des petits Échassiers et des Faucons, les migrateurs d'Europe
et d’Asie ne visitent pas l'île.
*Riparia paludicola cowani (Sharpe)
(PL. 12, fig. 6)
Cotyle cowani Sharpe, 1882, Journ. Linn. Soc. London, Zool., XVI, p. 322 (pays Betsileo,
forêt d'Ankafana [Ankafina]).
Colyle paludicola Var. cowani ; A. Miixe-Enwarns et A. GRANDIDIER, 1885 : 398.
Riparia riparia Cowani ; Scuarer, 1924 : 584.
Riparia paludicola cowani ; Dezacour, 1932 : 55,
: 128 ; SaLvaN, 1972 à : 167 et 168, 1972
50.
Firifinga. — Hirondelle des sables. — Madagascar Sand Martin. — Afrik.
Uferschwalbe.
n° 155 ; RaND, 1936 : 427 ; LAVAUDEN,
Source : MNHN, Paris
188 Px. MiLON ET AL.
Identification : 11 em. L'Hirondelle des sables a le dessus du corps brun
sombre, le dessous gris avec la gorge plus pâle. Les sous-caudales blanc pur se
distinguent très nettement au vol.
C’est une sous-espèce très voisine de la sous-espèce africaine.
On observe ces Hirondelles généralement en petits groupes de 2 ou 3,
parfois plus, surtout dans les régions découvertes, près des petites mares ou
des champs de riz. Elles passent et repassent souvent en rasant le sol, au même
endroit le long des talus, au bord des routes ou des champs. On entend souvent
leur cri, sorte de petit bêlement faible qu’elles émettent en volant. Elles se
perchent de temps en temps sur les branches des petits arbres à 2 ou 3 m de
haut, le long des routes.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce sédentaire. Assez commune
dans l'Est et à partir de 500 m sur les plateaux ; elle semble manquer près de la
côte. Nous l'avons rencontrée en abondance à 2 400 m dans l'Ankaratra ainsi
que dans diverses régions forestières montagneuses de Madagascar volant
près des talus des petites routes.
Un nid a été observé par R. PauL1aN en 1951 sur la Tsaratanana à 2 100 m
d'altitude. C’est une espèce endémique à Madagascar, mais certainement venue
d'Afrique et acclimatée à une époque relativement récente.
La reproduction a lieu de décembre à avril. Le nid d’herbes sèches est fait
dans une cavité à l'extrémité d’un tunnel d’une quarantaine de cm de long
creusé dans les talus, souvent au bord de la route.
La ponte est de trois à cinq œufs blancs (J. SALVaN comm. pers.).
Hirundo rustica Linné
Hirundo rustica Linné, 1758, Syst. nat., tome I, 10e édit., p. 191, n° 1 (Habitat in Euro-
pæ domibus intra tectum).
Hirundo rustica ; RAND, 1931
: 427.
Hirondelle des cheminées. — Swallow. — Rauchschwalbe.
Identification : 19 em. Le dessus du corps est bleu sombre métallique,
le front et la gorge brun rouge, le bas de la gorge bleu foncé, le reste du dessous
blanc crème. Ces Hirondelles ont une queue très fourchue. Leur vol est rapide
et gracieux et elles chassent souvent au-dessus de l’eau.
Distribution — Mœurs : L'Hirondelle de cheminée est commune en Eu-
rope et elle émigre en Afrique pendant l’hiver européen mais elle est considérée
comme exceptionnelle à Madagascar. Elle a cependant plusieurs fois été observée
près de la côte Ouest et elle est peut-être plus abondante à Madagascar qu’on
ne le pense. A. Daonpr (comm. pers.) l'a récemment observée en février dans
la mangrove au Nord de Morondava se reposant perchée dans un arbre et
cherchant des Insectes au raz de l’eau.
|
|
Source : MNHN, Paris |
Oiseaux 189
FAMILLE DES DiCRURIDAE
(Drongos)
La famille des Dicruridae ou « Drongos » est très homogène. Elle comprend
des oiseaux strictement percheurs aux pattes courtes et robustes, aux ailes
longues, au bec robuste pourvu de vibrisses, au plumage serré et générale-
ment noir.
Perchés bien en vue sur une branche isolée ‘ils guettent leurs proies et
attrapent au vol tous les Insectes qui passent à leur portée.
Ils se rencontrent dans les régions tropicales de l'Ancien Monde depuis
l'Afrique occidentale jusqu'en Nouvelle-Guinée. Une espèce vit à Madagascar.
*Dicrurus forficatus forficatus Linné
(1. 16, fig. 11)
Lanius forficatus Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12e édit, p. 134, n° 1 (Habitat in
Madagascar).
Dicrurus forficatus ; HARTLAUS, 187
399.
Dicrurus forficatus ; ScLATER, 1924 : 596 ; DrrAcoUR, 19 1, n° 200 ; RaND, 1936 :
459 ; LAVAUDEN,1987 : 128 ; Gmiveaun, 1961 a : 41 et 1961 b : 52 ; ALmranac, 1970 : 224.
Dicrurus forficatus viridior Salomonsen, 1934, Proc. Zool, Soc. London, 1934 (part 1), p. 223
(Madagascar Ouest, Tabiky).
Dicrurus forficatus viridior ; LAVAUDEN, 1937 : 128 et 177.
48 ; A. MINE
DWARDS et À. GRANDIDIER 1885 :
Rendovy ou Railovy. — Drongo malgache. — Madagascar Crested Drongo.
Identification : 26 em. C’est un oiseau entièrement noir brillant avec une
queue fourchue et une huppe très caractéristique sur le front qui le fait sou-
vent appeler « roi des oiseaux ». Le jeune a les plumes sous la queue et les ailes
bordées de blanc et la queue moins fourchue. Les pattes et le bec sont noirs.
Le Drongo vit dans les régions boisées. Il se perche bien en vue et guette
les Insectes. Il suit souvent le voyageur dans la brousse, les groupes de Lémurs
en déplacement ou les groupes mixtes d'oiseaux pour profiter des Insectes
qui sont dérangés. Au moment des nids, leur combativité fait fuir des oiseaux
beaucoup plus gros qu'eux et ils attaquent fréquemment en « piqué » les Lémurs
qui approchent trop près de leur nid. On les observe généralement solitaires,
mais parfois en couple ou en groupe ou en compagnie d'autres espèces dans la
forêt.
, imitent souvent les cris des autres oiseaux et même
mble
Leurs cris très var:
les cris des Lémurs ou les miaulements du chat. Le cri le plus fréquent re:
aux notes des petits moulins à musique d'enfants.
Distribution — Mœurs : Les Drongos sont très communs dans les régions
boisées de toute l'île (sauf dans la Montagne d’Ambre) et même dans les régions
découvertes. Ils se raréfient au-dessus de 1 000 m et manquent au centre du
Source : MNHN, Paris
190 Pa. MioN ET AL.
plateau central. Ils ont cependant été observés par N.S. MaLcoLm (comm.
pers.) au chantier de reboisement du Haut-Mangoro au Nord de Moramanga.
Ces oiseaux ne varient presque pas sur toute leur aire de répartition mais
F. SALOMONSEN (1934) a réussi à distinguer cependant une sous-espèce D. f.
viridior, groupant des oiseaux un peu teintés de vert bronze, provenant des
petits bois de l'Ouest et du Sud-Ouest. Les Drongos consomment des Insectes
très divers et à certaines époques mangent beaucoup de Fourmis ailées et de
Termites.
La reproduction a lieu de septembre à décembre.
Le nid en coupe peu profonde est construit dans un arbre à quelques
mètres de haut, souvent en lisière. Il est fait d'herbes sèches et de feuilles
liées par des toiles d’Araignées.
La ponte est généralement de trois œufs lisses, blancs, tachés de brun et
de gris.
FAMILLE DES CORVIDAE
(Corbeaux)
La famille des Corvidae comprend des oiseaux d’assez grande taille,
robustes et intelligents le plus souvent grégaires. Leur plumage est généra-
lement sombre et leur régime est omnivore. Leur voix est généralement rauque
et désagréable. Très résistants et assez polyvalents, ces oiseaux sont répandus
dans le monde entier, ne faisant défaut que dans quelques petites Îles et dans
l'Antarctique. Une espèce vit à Madagascar.
Corvus albus P.L.S. Müller
(p- 22, n° 2)
Corvus albus P.L.S. Müller, 1776, Syst. nat., suppl, p. 85 (Sénégal).
Corvus scapulatus ; HarrLaur, 1877 : 201 ; A. Mizne-Enwanps et A, GRAN DIDIER, 1885
444.
Searer, 1924 : 650 ; DeLacour, 1932 : 83, n° RaxD, 1936
LavauDen, 1937 : 134 ; Mon, 1950 a : 62 ; Griveaup, 1961 a : 41, 1961 b :
1970 : 201, 1972 b : 166-170.
Goaka, Gaga Voronkahaka. — Corbeau-Pie. — Pied crow.
Identification : 45 cm. Comme leur nom de « Corbeau-Pie » l'indique ce
sont des oiseaux entièrement noirs et blanc. Ils ont un manteau blanc sur les
épaules et une large ceinture blanche sous la poitrine. Les pattes et le bec sont
noirs.
Les Corbeaux-Pies fréquentent surtout les régions découvertes mais se
rencontrent parfois aussi en forêt dégradée. Ils sont familiers près des villages
où ils viennent par centaines se percher dans les arbres pour la nuit.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 191
Distribution — Mœurs : Ces oiseaux communs partout à Madagascar
sont aussi très répandus du Sud de l'Afrique au Sénégal et à l’Abyssinie. A
cause de l’homogénéité des populations, on a pensé que cette espèce était venue
récemment à Madagascar, mais elle ne varie pas non plus sur sa vaste zone
de répartition africaine. Il existe aussi, selon C. W. Br SON (comm. pers.),
aux Comores, dans l'archipel d'Aldabra et aux Glorieuses. Dans la campagne,
les Corbeaux suivent souvent les vols de Criquets pour s'en nourrir, mais ils
mangent aussi les graines des cultures, des petits Mammifères et pillent les
nids des autres oiseaux. Aux abords des villes, ils jouent le rôle de nettoyeurs
et on les voit souvent près des dépôts d'ordures et des abattoirs. Sur les plages,
ils mangent les Poissons morts.
La reproduction s'étend tout au long de la saison des pluies.
Le nid, placé en haut des arbres, est fait ass
branches sèches entrelacées.
Z gros
èrement de petites
La ponte est de quatre ou cinq œufs verts tachés de brun.
FAMILLE DES TIMALHDAE
Mystacornis, Berniéries, Oxylabes)
Une révision des T'imaliidae a permis à F. SALOMONSEN en 1934 de réunir
les genres Neorr et Hartertula (anciennement Syloiidae) avec les Timaliidae.
Nous adopterons ce point de vu
Cette famille importante et très hétérogène groupe en fait des insectivores
de caractères variés qu'il est parfois malaisé de séparer des Pycnonolidae. C'est
le cas par exemple de l'ancien genre Bernieria (aujourd’hui Phyllastrephus)
que certains auteurs considèrent comme de vrais « bulbuls ».
F. SALOMONSEX (1934) et J. DeLacour (1943), dans leurs révisions des
T'imaltidae, ont bien mis en évidence la grande ressemblance de certaines
formes malgaches et africaines et il est probable qu'il s'agisse souvent de conver-
gences, une certaine radiation évolutive s'étant produite dans différentes régions
du globe à partir d’un ou deux types de Sylviidae primitifs.
On comprend donc bien que la systématique générale de ce groupe soit
difficile et prête à discussion car il est artificiel de relier des formes qui ont
évolué séparément.
On peut considérer que les T'imaltidae malgaches représentent un bon
exemple de radiation évolutive insulaire, comparable au cas des Drepanididae
d'Hawaï et des Geospizidae des Galapagos, comme le sont d’ailleurs au moins
deux autres groupes d'oiseaux malgaches, celui des Couas et la famille des
Vangidae.
Dans l'ensemble, ce sont des Passereaux de taille moyenne possédant le
plus souvent un bec et des pattes robustes. Ils rappellent souvent beaucoup les
Source
: MNHN, Paris
192 Pu. MiLON Er AL.
Turdidae et occupent parmi les oiseaux d'Extrème-Orient une place impor-
tante. On les rencontre dans les régions tropicales et subtropicales de l'Asie, de
l'Océanie et de l'Afrique.
*Neomixis viridis (Sharpe)
(PL. 15, fig. 8)
Eroessa viridis Sharpe, 1883, Cat. Birds Brit. Mus., VII, p. 152 (pays Betsileo, forêt
d'Ankafana [Ankafina]).
Neomixis viridis ; ScLaTER, 1924 : 531; DeLacour, 1932 : 65, no 179.
Neomixis viridis viridis ; RAND, 19 446; LAVAUDEN, 1937 : 121 et 164.
viridis delacouri Salomonsen, 1934, Ann. Mag. Nat. Hist, (10) XIV, p. 63
Neomiri:
(Maroantsetra).
Neomixis viridis delacouri ; RaND, 1936
1951 b 170 et 177.
446; LavauDen, 1937 : 121 et 164; Minon,
Jery. — Éroesse verte. — Green Jery.
Identification : Le genre Neomixis est bien connu grâce aux abondantes
séries obtenues par la mission franco-anglo-américaine 1929-1931.
Neomixis viridis (11 cm) se distingue nettement des autres espèces par
ses parties supérieures entièrement vert olive. La queue et les ailes sont
gris noirâtre teintées de vert olive, les côtés de la tête, blanc jaunâtre fine-
ment mouchetés de gris, les parties inférieures, de couleurs mélangées blanc,
jaune pâle et gris. Les pattes sont brun jaune.
Ces petits oiseaux très mobiles vivent dans la forêt près du sommet
des arbres ou buissons. Ils sautillent de branche en branche en recherchant
activement les Insectes. On les voit souvent en compagnie d’autres espèces :
Zosterops, Newtonia et Neomixis. Ils émettent de petits sifflements faibles très
fréquents.
Distribution — Mœurs : Les Éroesses vertes sont des oiseaux communs en
altitude (on les trouve de 100 à 1 800 m et toujours loin des côtes), dont la
répartition est limitée à la région orientale. F. SaLomoNsEN (1934) considère
2 sous-espèc NN. v. viridis, au Sud, et N. v. delacouri, plus terne, au Nord.
La reproduction a probablement lieu de septembre à avril comme pour les
autres Neomixis.
* Neomixis striatigula Sharpe
GL 15, fig. 7)
Neomixis striatigula Sharpe, 1881, Proc. Zool. Soc. London, 1881, p. 195 (Fianarantsoa).
vessa lenella ; HanrLaun, 1877 : 111.
Eroessa tenella var. major ; A, Muxe-Enwanps et A. GRANDIDIER, 1881
Neomixis strialigula; ScLaten, 1924 : 530.
Neomixis strialigula striatigula ; DELAcOI
LavauDen, 1937 : 121 et 160 ; GriveauD, 1961 a : 41.
: 64, no 177; Rann, 1936 : 411:
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 193
Neomixis slrialigula sclateri Delacour, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n. s.) 1,
p. 480 (centre-est de Madagascar, Fanovana).
Neomiris striatigula pallidior Salomonsen, 1934, Ann. Mag. Nat. Hist., (10) XIV, p. 65
(Madagascar Sud-Ouest, Ampotaka).
Neomizis striatigula pallidior ; LAVAUDEN, 1937 : 121 et 162.
Jery Kimimitsy. — Grande Éroesse. — Stripe-throated Jery.
Identification : 12 em. La Grande Éroesse se distingue par sa taille un peu
plus grande, son bec plus long et presque noir et les marques plus sombres de sa
tête et de sa gorge. Le dessus de la tête, le croupion, la queue et les ailes sont
vert olive jaunâtre ; la nuque et le haut du dos sont gris plus ou moins mélangé
de jaune vert. Le menton est blanc jaunâtre ; la gorge jaune striée de gris
passant au jaune pâle sur la poitrine et au blanc sale sur le ventre. Les pattes
sont brun vert.
Il existe de grandes variations dans l'intensité et l'étendue des stries et
du jaune de la gorge.
Son chant très fréquent attire l'attention; bien composé il ressemble un
peu à celui du Pouillot siffleur européen. C’est un decrescendo qu'on peut imiter
par les syllabes : «tiu tiutiu tie tie tie tie cre tsi tsi tsi tsi tsi ».
striatigula est représenté par deux sous-espèces. N. sfr. striati-
gula Sharpe, la sous-espèce nominative, et N. str. sclateri Delacour, qui est nette-
ment plus foncée et a des contrastes de teintes plus nettes. SALOMONSEN (934)
sépare une sous-espèce plus pâle subdésertique N. sfr. pallidior.
Distribution — Mœurs : N. sr. striatigula vit dans les zones boisées du
Sud et remonte au Nord jusqu'à Ihosy. N. sir. sclateri est beaucoup plus rare
et se rencontre localisé dans la région forestière du centre Est et du Nord-Est,
entre 800 et 1 800 m.
Les mœurs de la Grande Éroesse sont très proches de celles de Neomixis
viridis. On les rencontre souvent en compagnie de N. £. {enella et des Zosteraps,
Thamnornis et Newtonia.
Pendant la saison de reproduction, le mâle s’installe souvent sur un per-
choir bien en vue pour chanter.
La reproduction a lieu en novembre-décembre. Le nid, ovale avec une
ouverture sur le côté près du sommet, est construit par le mâle et la femelle
dans un arbre à 1 où 2 m du sol, à l’extrémité d’une branche. Il est en parti
suspendu et fait d'herbes et de duvets végétaux. Des feuilles mortes sont collées
sur sa surface par des toiles d'araignées, ce qui le rend difficilement visible.
D'après A. L. RanD (1936) il mesure à l'extérieur 9 em de large sur 17,5 em de
profondeur. La cavité intérieure en dessous de l’ouverture mesure 5,5 em de
large sur 3,5 cm de profondeur.
Les œufs sont bleuâtres tachés de brun noir.
Source : MNHN, Paris
194 PH. MILON ET AL.
* Neomixis tenella (Hartlaub)
(pl. 15, fig. 4, 5 et 6)
Eroessa tenella Hartlaub, 1866, Proc. Zool. Soc. London, 1866, p. 218 (Nor tde Mada-
gascar
roessa tenella ; HARTLAUR, 187
roessa lenella typiea
tenella ; ScLATER, 1924
eomixis lenella tenella ; DELAcoUR, 1
121 et 162.
Neomixis tenella decaryi Delacour, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n.s.) 1, p. 482
(fsiandro).
Neomixis lenella decaryi ; DeLAcour, 1932 :
121 et 164.
Neomixis lenella debilis Delacour, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n.s.) 1, p. 482
(Sud du lac lotry, Tabik
Neomixis lenella debilis ; DeLacour, 193
1937 : 121 et 164; Gmiveaun, 1961 a : 41.
Neomixis lenella orientalis Delacour, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n.s.) 1, p. 482
novana).
Neomixis lenella orientalis ; DeLacour, 1932 :
121 et 162,
\, 1970 : 199, 1972 b : 169.
65, n° 180 ; RanD, 1936 : 446; LAVAUDEN,
1937
5, n° 181; RAND, 1936 : 447; LAVAUDEN.
1937
RanD, 1936 : 447; LAVAUDEN,
(Æ.
55, n° 183 ; RAND, 1936 : 448 ; LAVAUDEN.
1937
Jery, Kimimitsy, Zea Zea. — Petite Éroesse. — Northern, Eastern, Sub-
desert or Decary's Jery.
Identification : 10 em. La Petite Éroesse se distingue des espèces précé-
dentes par sa taille un peu plus petite, son bec plus faible et la couleur de son
corps qui est nettement plus terne, tandis que celle du dessus de la tête, du
croupion, de la queue et des ailes est jaune olive brillant. La gorge et la poi-
trine sont jaune vif légèrement strié de gris vert et le collier nuchal gris. Le
ventre est presque blanc. Les pattes sont brun jaune. Son cri, une sorte de
« Ki » traînant, est fréquent.
eomixis lenella est représentée par quatre sous qui probable-
ment se mélangent aux limites de leurs aires de répartition, mais qui sont
très homogènes dans l'ensemble de leur habitat (les distinctions entre sous-
espèces ne peuvent se faire facilement que lorsqu'on dispose de séries abon-
dantes et leur représentation sur la planche en couleur est surtout destinée à
montrer à quel point ces différences de teinte peuvent être subtiles) :
l. tenella, la sous-espèce nominative.
N. 1. orientalis, dont la couleur de la tête et de la queue sont plus foncées,
le dos plus terne, le collier gris plus large et plus foncé et le reste du corps plus
teinté de gris.
AN. . debilis dont le dos est encore beaucoup plus terne et grisâtre, le
collier peu apparent et le reste du corps teinté de gris.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 195
{. decaryi dont les parties supérieures, semblables à celles de la forme
précédente, ont cependant une couleur plus vive et dont le collier gris est assez
net.
Ce sont des oiseaux souvent grégaires que l'on observe généralement
avec d’autres espèces. Ils fréquentent surtout le sommet des arbres où ils
recherchent activement de petits Insectes.
Distribution — Mœurs : L. tenella vit dans tout le Nord de Madagas-
car, dans l'Ouest jusqu'à Soalala et dans l'Est jusqu'au Sud de Maroantsetra.
C’est un oiseau commun, très abondant dans les savanes du Nord et que l'on
rencontre même parfois dans les mangroves du Nord-Ouest.
Sa reproduction a lieu de septembre à avril.
Le nid est très semblable à celui de N. viridis. Un nid observé par
A. L. RaxD (1936) au lac Kinkony, près d’un village, était à environ 3 m de
haut dans un bouquet de brindilles à l'extrémité d’une branche.
N. L orientalis, appelée Zea-Zea chez les Bara (imitation de leurs cris),
est commun dans le Centre et le Sud de la côte orientale.
Sa reproduction a lieu de juillet à octobre. Deux nids trouvés par
A. L. Ranp (1936) étaient aus 3 m de haut dans un arbre.
N. {. debilis vit dans les régions sèches du Sud-Ouest. Peu sauvage cet
oiseau commun vient souvent près des habitations. On le rencontre fréquem-
ment en compagnie de Neomiris sir. striatigula et de T'hamnornis.
Sa reproduction a lieu d'octobre à décembre,
Deux nids trouvés par A. L. Rap (1936) étaient aussi à 3 m de haut dans
un arbre. Leur construction était très semblable à celle du nid de N. viridis,
mais les matériaux étaient entièrement blancs, comprenant du duvet végétal
soyeux et des toiles d'araignées.
La ponte était de 4 œufs, lisses, blancs, tachés de brun et de gris.
N. {. decaryi vit dans le centre de la région occidentale, à l'intérieur, y
compris l'Ouest du plateau central. Il semble être remplacé vers la côte, au
Nord par N. {. tenella et au Sud par N. £. debilis.
C’est un oiseau assez commun et de mœurs semblables à celles des espèces
précédentes.
* Hartertula flavoviridis (Hartert)
(PL. 15, fig. 9)
Neomixis flavoviridis Hartert, 1924, Bull. Brit. Orn. Club, XL, p.
Hartertula flavoviridi LATER, 1924 : 531; Decacour, 1932
1936 : 444; LAVAUDEN, 19: 120 et 160; AzmiGNac, 1970 : 227.
5 (Analamazaotra).
64, n° 176; RaND,
Jery. — Éroesse à longue queue. — Wedge-tailed Jery.
Source
: MNHN, Paris
196 Pa. MILON ET AL.
Identification : 12 em. La queue de cette Éroesse, très caractéristique,
est longue et étagée. Le dessus du corps est vert olive, devenant plus gris sur la
tête où la bordure des plumes est plus sombre. Une bande blanc jaunâtre
surplombe l'œil. Le dessous du corps est jaune vif, plus sombre sur le ventre.
Cet oiseau vit dans la végétation près du sol ou à faible hauteur dans la
forêt, par couple ou en petits groupes. On le trouve souvent avec Phyllas-
trephus zosterops, les plus proches du sol dans une bande d’autres oiseaux.
Distribution — Mœurs : C’est une espèce peu commune que l’on rencontre
dans la forêt du Centre et du Sud de la région orientale entre 500 et 800 m.
Elle ne semble pas exister dans la région de Maroantsetra.
* Mystacornis crossleyi (A. Grandidier)
(pl. 15, fig. 14)
Bernieria crossleyi A. Grandidier, 1870, Rev. et Mag. Zool., (2) XXII, p. 80 (voisinage
du lac Alaotra).
Mystacornis crossleyi ; HarrLauR, 1877 : 166 ; A. Mixe-Enwanps et A. GRANDIDIER,
1881 : 345 ; ScLarER, 1924 : 368 ; Decacour, 1932 : 66, ne 187 ; RawD, 1936 : 452.
Talapeutana (qui siffle sur le sol). — Mystacornis de Crossley. — Crossley’s
Babbler.
Identification : 16 em. Le mâle a le dessus du corps vert roux, le front
et la nuque gris, une bande noire sur la joue, bordée d’une bande blanche
au-dessous qui prolonge le bec, la gorge et la poitrine grises, le dessous du corps
gris teinté de roux sur les flancs. La femelle et le jeune ont le dessus du corps
plus pâle, la tête de même couleur que le dos avec une bande noire sur la joue
et une bande grise au-dessus de l'œil, la gorge blanchâtre. Les pattes sont
relativement longues et de couleur gris rosé.
Le Mystacornis de Crossley se rencontre par couples au moment de la
reproduction mais est généralement solitaire et plus ou moins terrestre. Il vit
dans les régions les plus humides de la forêt de l'Est et court sur le sol, cher-
chant des Insectes sous les feuilles mortes. Il s'envole bruyamment s’il est
dérangé et se pose un peu plus loin sur le sol, plus rarement sur une branche
basse. Son cri est une faible note sifflée.
Distribution — Mœurs : On observe cet oiseau dans toutes les zones
humides de la forêt de l'Est. Il est commun à Andapa, moins commun près
de la côte, rare dans le Sud-Est.
Son régime semble purement insectivore et lié à la faune du sol.
Sa reproduction a lieu en août-septembre.
Ses œufs sont blancs tachés de brun rouge.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 197
*Oxylabes madagascariensis (Brisson)
(pl 15, fig. 13)
Luscinia madagascariensis, Brisson, 176
, Ornithologie, III, p. 401, pl. XXII fig. 1.
Oxylabes madagascariensis ; HarrLAUB, 1877 : 165; A. MiLNE-Epwanps et A. GRAN-
DIDIER, 1881 : 357 ; ScLATER, 1924 : 369 ; Deracour, 1932 : 67, n° 188 ; RanD, 1936 : 452;
LAVAUDEN, 1937 : 121; SaLvAN, 1972 b : 165.
Foditany. — Oxylabe à gorge blanche. — White throated Oxylabes.
Identification : 16 em. Cette Oxylabe est très reconnaissable à gorge
blanche caractéristique et à sa tête brune avec une ligne blanche au-dessus des
_ yeux. Le mâle a le dessus du corps vert roux, la tête brun roux, le menton
et la gorge blancs, le dessous du corps brun roux clair, plus vif sur la poitrine.
La femelle est plus verdâtre et plus terne ; son bec est relativement plus long.
Distribution — Mœurs : L'Oxylabe à gorge blanche vit dans la végéta-
tion basse de la forêt de l'Est. Elle est très commune à Périnet, sur la Mon-
tagne d’Ambre et dans le Sambirano.
Cette espèce participe activement aux rondes dans les buissons de la forêt
(SaLvax 1972 b).
Ce sont, comme les Berniéries, des insectivores très actifs qui cherchent
leurs proies dans les buissons et sur le sol de la forêt. La reproduction a lieu
d'août à octobre.
*Phyllastrephus madagascariensis (Gmelin)
(pl. 15, fig. 18 et 19)
Muscicapa madagascariensis Gmelin, 1789, Syst. nat., tome I, part. 2, p. 940 (Habitat
in Madagascar).
Bernieria madagascariensis ; HarrLaus, 1877 : 144 ; A. MiLNEe-Enwanps et A. GRANDI-
DIER, 1881 : 349 ; SaLvan, 1972 b : 165.
Bernieria madagascariensis madagascarien: is ; SCLATER 1924 : 368; DELAcOUR, 1932
n° 194; RanD, 1936 : 455; LAvAUDEN, 1937 : 122.
Bernieria madagascariensis inceleber O. BANGs et Peters, 1926, Proc. New Engl. Zool.
Club, IX, p. 43 (Madagascar Ouest, haute vallée de la Tsi bihina.)
Bernieria madagascariensis inceleber ; DELAcOUR, 1932 : 69, n° 195 ; RanD, 1936 : 455;
LAVAUDEN, 1937 : 122 et 166.
Bernieria lenebrosa Stresemann, 1925, Orn. Monatsber., XXXIII, p.150 (Est de Madagas-
car, forêt Sianaka).
Bernieria tenebrosa ; ScLA‘
1986 : 638; Ranp, 1936 : 453.
Oxylabes tenebrosa ; LAVAUDEN, 1937 : 122 et 165.
Phylastrephus tenebrosa ; DeLAcour, 1943 : 24.
58,
, 1924 : 368; Decacour, 1932 : 68; n° 191; LAVAUDEN,
Phyllastrephus madagascariensis ; DeLacour, 1943 : 24; RanD, 1958 : 213.
Tetreka. — Vira-ombré de Madagascar, Berniérie tétraka, Berniérie
obscure. — Tetraka, dusky tetraka.
Source : MNHN, Paris
198 PH. MILON ET AL.
Identification : Mâle : 21 em. Femelle : 19 em. Le bec du mâle est relative-
ment plus allongé que celui de la femelle. Le dessus du corps est jaune vert,
le dessous jaune teinté de vert sur les flancs et l'abdomen.
On distingue deux sous-espèces : Ph. m. madagascariensis et Ph. m. ince-
leber, de couleur très voisine mais plus pâle. On peut en rapprocher aussi une
autre « forme » classiquement considérée comme une espèce distincte. PA.
tenebrosa qui est plus sombre, un peu plus petite et a le bec plus court que
Ph. m. madagascariensis.
Ces Berniéries vivent dans la forêt dense à tous les niveaux mais souvent
assez bas, par petits groupes de 5 à 10 souvent mélés à d'autres espèces, dans
des bandes plus importantes. Elles volent peu et le plus souvent restent dans
le feuillage, mais sont peu sauvages et se laissent facilement observer. Elles
grimpent parfois le long des troncs à la recherche des Insectes et ont souvent
tendance à se déplacer à un niveau supérieur à Ph. zosterops. Elles sont assez
bruyantes et émettent fréquemment leur cri d'appel, sorte de « Tché Tché »
souvent répété.
Distribution — Mœurs : Ph. m. madagascariensis est commune dans la
forêt de l'Est. Ph. m. inceleber est commune dans les régions boisées de l'Ouest,
du Sambirano et de la Montagne d'Ambre. Ph. tenebrosa, dont peu de spé-
cimens sont connus, vit probablement dans la partie centrale de la forêt
de l'Est.
Cette espèce participe ivement aux rondes d'oiseaux dans les buissons
de la forêt, avec Nesillas, Zosterops, Oxylabes, Copsychus, Nelicurvus et les
Foudis (SaLvaN 1972 b).
La période de reproduction comprend au moins le mois de septembre
pour Ph. m. madagascariensis et les mois d'octobre et mars pour Ph. m. ince-
leber.
*Phyllastrephus zosterops (Sharpe)
(pl. 15, fig. 21 et 22)
Bernieria zosterops Sharpe, 1875, Proc. Zool. Soc. London. 1875, p. 76 (Madagascar
Centre).
Bernieria zosterops ; HanrLaus, 1877 : 146; A. Mi
1881 : 354 ; ScLarer, 192 , 1972 b : 169
Phyllastrephus = ; our, 1943 : 24; RanD, 19
Bernieria zosterops zosterops : DeLacour, 1932 : 68, no 192
VEAUD, 1961 d ; Aumianac, 1970 : 224.
Oxylabes zosterops zosterops ; LAVAUDEN, 1937 : 122 et 165.
EDWARDS el A. GRANDIDIER,
8 : 214.
3 Raxp, 1936 : 454 ; Gni-
Bernieria zosterops fulvescens Delacour, 1931, L'Oiseau et la Rev. franç. Orn., (n. s.) 1,
p. 483 (Montagne d’Ambre).
Bernieria zosterops fulvescens ; Deracour, 1932 : 68, ne 193 ; RanD, 1936 : 453.
Oxylabes zosterops fulvescens ; LAVAUDEN, 1937 : 122 et 166.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 199
Oxylabes zosterops andapae Salomonsen, 1934, Ann. Mag.
(Andapa).
Bernieria zosterops andapae ; RAND, 1936 : 454.
Oxylabes zosterops andapae ; LAVAUDEN, 137 : 122, 166.
Oxulabes zosterops maroantsetrae Salomonsen, 1934, Ann. Mag. Nat. Hist, (10) 14,
p. 69 (Maroantsetra).
Bernieria zosterops maroantsetrae ; RaAND, 1936 : 454.
Oxylabes zosterops maroantsetrae ; LAVAUDEN, 1937 : 122 et 165.
Oxylabes zoslerops ankafanae Salomonsen, 1934, Ann. Mag. Nat. Hist., (10) 14, p. 70
(forêt d’Ankafana [Ankafina]).
Bernieria zosterops ankafanae ; RAND, 1936 : 454.
Oxylabes zosterops ankafanae ; LAVAUDEN, 1937 : 122 et 166.
al. His, (10) 14, p. 69
Tetreka. — Berniérie à bec court. — Short-billed Tetreka.
Identification : Mâle 16 cm. Femelle 15 em. Le bec du mâle est, comme
pour l'espèce précédente, relativement plus long que celui de la femelle ; cette
Berniérie se distingue de l'espèce précédente par sa taille plus petite, son bec
relativement plus court et l’anneau de plumes jaunes qui entoure l'œil, Comme
chez Zosterops, la teinte générale du plumage est très variable et plus où moins
sombre. Le dessus du corps est vert sombre terne, le dessous, jaune plus ou
moins teinté de verdâtre. Les pattes sont brunâtres.
On distingue 2 sous-espèces principales : Ph. z. zosterops et Ph. z. fulves-
cens, de couleur générale très pâle. F. SALOMONSEN (1934) a, en outre, distingué
trois sous-espèces locales, qui ne sont reconnaissables que sur de grandes séries :
Ph, z. maroantsetrae, différent de Ph. z. zosterops par une teinte moins jaune,
Ph. z. andapae, intermédiaire entre Ph. z. fulvescens et Ph. z. maroantsetrae
et Ph. z. ankajanae simplement plus pâle que Ph. z. zoslerops.
La Berniérie à bec court est une sous-espèce peu sauvage, facile à observer.
C'est un oiseau très actif que l'on trouve souvent en petits groupes, fréquem-
ment en compagnie de Ph. m. madagascariensis et d'autres espèces formant
des groupes mixtes, surtout dans les buissons près du sol des forêts humides.
Elle va rarement au sommet des arbre , comme Ph. m. madagascariensis dont
les habitudes sont cependant très voisines.
Son chant est un babillage ressemblant à celui de certaines Fauvettes
européenn
Distribution — Mœurs : Comme nous l'avons vu on peut distinguer dans
cette espèce plusieurs sous-espèces géographiques distinctes :
Ph. 2. zoslerops vit à environ 1 000 m d'altitude de Manombo à Andapa.
Ph. z. fulvescens est commune dans la forêt humide au sommet de la
Montagne d’Ambre. Cette sous-espèce marque en fait une variation extrême
de l'espèce dont la taille semble augmenter légèrement du Sud au Nord et se
décolorer progressivement.
F. SALOMONSEN (1934) a remarqué que les exemplaires obtenus dans la
région de Maroantsetra : Ph. z. maroantsetra, puis ceux de la région d'Andapa
Ph. z. andapae représentaient des populations intermédiaires.
BI8L.DU
MUSEUM
PARIS
200 Pa. MIiLON ET AL.
La sous-espèce Ph. z. ankafanae correspond à une population plus pâle,
confinée en altitude au sud de l'aire de dispersion de l'espèce, près de Fiana-
rantsoa.
Ces distinctions sont possibles grâce aux importantes séries récoltées
par la mission franco-anglo-américaine dans lesquelles on peut distinguer
des oiseaux de teintes et de dimensions très constantes dans chaque localité.
C'est un exemple intéressant d’une espèce en train de se fragmenter en popu-
lations différentes, malgré la continuité de son habitat.
Les Berniéries ont un régime purement insectivore.
Leur reproduction a lieu de septembre à novembre.
Le nid hémisphérique, fait de matériaux très fins est construit à faible
hauteur.
La ponte est de 3 ou 4 œufs blanc rosé tachés de brun rouge.
*Phyllastrephus apperti Colston
Phyllastrephus apperti P. R. Colston, 1972, Ibis, 114, pp. 89-02.
Identification : 15 em. Cette nouvelle espèce, décrite par P. R. CoLSTON
en 1972 d’après deux spécimens récoltés par O. Apperr dans le Sud-Ouest
de Madagascar en septembre 1962, ressemble à Ph. zosterops mais sa taille
est légèrement plus faible, ses ailes sont plus courtes, les plumes de sa queue
ont des différences de tailles plus nettes ; son bec est plus étroit et ses tarses
sont plus faibles, son menton et sa gorge sont blancs, le reste des parties infé-
rieures jaune. Le dessus de la tête est gris, le reste des parties supérieures gris
olive avec les couvertures des ailes plus grisâtres. Les lores et une ligne au
dessus. des yeux, s'étendant un peu en arrière des yeux, sont blanchâtres. Les
pattes sont rouge pâle.
On l’observe surtout près du sol et son cri est une sorte de « Tsi » ou « Tsitsi »
et parfois une sorte de « Tsrirr » d'alarme.
Distribution — Mœurs : Ce très rare oiseau n’a été observé qu’à 40 km
au Sud-Est d'Ankazoabo dans le Sud-Ouest de Madagascar. Les seules obser-
vations connues sur ses mœurs proviennent d'O. APPERT.
Selon cet observateur (cité par CoLsron 1972), ces oiseaux vivent dans la
forêt sèche la plus dense, toujours en groupe de 5 à 8, cherchent leur nourriture
sur le sol dans les feuilles mortes et se perchent rarement quand on les dérange
sur les branches des buissons. Il semble que ce soit le seul Passereau aussi ter-
restre dans cette région.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 201
* Phyllastrephus cinereiceps (Sharpe)
L 15, fig. 12)
Oxulabes cinereiceps Sharpe, 1881, Proc. Zool. Soc. London, 1881, p. 197 (Fianarantsoa).
Oxulabes cinereiceps ; A. Miixe-Enwarps et A. GranDIDIER, 1881 : 362 ; ScLATER,
1924 : 369; RanD, 1936 : 453; LavauDEN, 1937 : 192.
Phyllastrephus cinereiceps ; DeLacouR, 1943 : 24 ; MiLow, 1951 b : 171 et 177.
Foditany. — Oxylabe à tête grise. — Gray-crowned Oxylabes.
Identification : 15 em. L'Oxylabe à tête grise a aussi une gorge blanche
caractéristique, mais une tête grise et pas de sourcil blanc, ce qui la différencie
des espèces précédentes. Le dessus du corps est vert roux, la poitrine et le ventre
jaune teinté de vert sur les flancs. Les Oxylabes à tête grise vivent dans la végé-
tation basse de la forêt dense. On les observe souvent en compagnie de Ph.
zosterops.
Distribution — Mœurs : Les Oxylabes à tête grise vivent dans la partie
centrale de la forêt de l'Est à une altitude moyenne. Elles ont été observées
aussi dans le Sud-Ouest (forêt de Lambomakandro à l'Est de Sakaraha) ainsi
que vers 2 000 m sur le Tsaratanana (Ph. Miron 1951 b).
Leurs mœurs sont voisines de celles des Ph. zosterops
*Phyllastrephus xanthophrys (Sharpe)
(pl. 15, fig. 11)
Oxulabes zanthophrys Sharpe, 1875, Proc. Zool, Soc, London, 1875, p. 76 (Madagascar
Est).
Crossleyia xanthophrys ; Hanriaun, 1877 : 168 ; À. Mizxe-Enwanns et A. GRANDIDIER,
1881 : 361; ScATER, 1924 : 368.
Oxulabes zanthophrys ; Deracour, 1932 : 67, ne 190 ; Rann, 1936 : 453 ; LAVAUDEN,
1937 : 122; AusiNac, 1970 : 226.
“Phyllastrephus xanthophrys ; DeLacour, 1943 : 24.
Foditany. — Oxylabe à sourcils jaunes. — Yellow-browed Oxylabes.
Identification : 17 em. Cette espèce est bien reconnaissable par sa ligne
jaune bien visible au-dessus des yeux et elle n'a pas de blanc sur la gorge. Le
dessus du corps est vert roux ; la tête plus foncée avec les plumes bordées de
noir est marquée par une bande brun foncé sur les joues en prolongement du
bec et bordant la ligne jaune vif du dessus des yeux. Le dessous du corps est
jaune teinté de roux sur la poitrine et les flancs.
Distribution — Mœurs : Cette espèce assez rare vit dans l'Est et la partie
centrale de la grande forêt orientale.
Ses mœurs sont probablement voisines de celles de l'espèce précédente.
Source : MNHN, Paris
202 Pu. Miron ET
AL.
FAMILLE DES PYCNONOTIDAE
(Bulbuls)
La famille des Pycnonotidae où « Bulbuls » est voisine des Muscicapidae
et des Timaliidae. Elle comprend des oiseaux strictement percheurs, aux pattes
courtes et faibles et au bec généralement un peu élargi à la base et pourvu de
quelques vibrisses
Dans certains cas il est très difficile de séparer les oiseaux de cette famille
de ceux de la précédente. On peut considérer qu'elle groupe les T'imaliidae les
plus évolués, formes qui peuvent en fait représenter des convergences à la suite
d'évolutions locales de certains T'imaliidae sans avoir de relations directes entre
elles. On peut y faire figurer notamment (A. L. Ranp 1958) le genre Phyllas-
trephus que nous avons laissé dans la famille précédente.
Ces oiseaux ont un régime insectivore et frugivore et ils vivent générale-
ment en groupes. On les rencontre dans les régions tropicales et tempérées
chaudes de l'Afrique, de l'Asie et de la Malaisie.
*Hypsipetes madagascariensis madagascariensis (P.L.S. Müller)
(pl. 16, fig. 10)
Turdus madagascariensis P.L.S. Müller, 1776, Syst. nal., suppl., p. 139 (Madagascar).
Hypsipeles ourovang : HanrLaur, 1877 : 130
Hypsipetes madagascariensis ; A. Mnxe-Enwanps et A. GraNDiien, 1881 : 372;
Sazvax, 1972 b : 16
Ixocinela madagascariensis ; GiveauD, 1961 a :
Ixocincla madagascariensis madagascariensis ; S 374; Di
69, n° 196 ; RanD, 1936 : 4 1937 : 123; Griveaup, 1961 b
cour, 1932 :
; ALBI
LAVAUDE
1970 : 224 et 226.
Microscelis madagascariensis madagascariensis ; Mio, 1951 b : 171 et 177.
Horovana, Tsakorovana. — Bulbul malgache. — Madagascar Bulbul.
Identification : 25 em. Le Bulbul malgache est un des oiseaux les plus
communs de Madagascar ; son comportement, ses cris et son bec jaune pe
mettent de le reconnaître très facilement. Le dessus de son corps est gris fonc:
avec des plumes noires lancéolées à reflets verts sur le dessus de la tête. Les
plumes des ailes et de la queue sont brun roux. Le dessous du corps est gris
clair avec le ventre blanchâtre. Les pattes sont brun jaune et le bec jaune
orange. C'est en fait un oiseau extrêmement variable selon l’âge, le sexe et
l'individu dans une même région.
Cet oiseau familier vit dans les forêts et le ons. Il est très facile à
observer et très bruyant : ses cris sont très variés, il répète fréquemment une
succession de 4 ou 5 notes, sur 2 tons ; sorte de « culic culic » que plusieurs
oiseaux reprennent parfois en une véritable explosion de cris. Le cri d'alerte est
une sorte de « Juuu » plaintif et répété. Il se tient au sommet des arbres, souvent
par petits groupes, parfois en bande, avec d’autres espèces dans la forêt de
l'Est.
Source : MNHN, Paris
OrsEaux 203
Distribution — Mo, : C'est un oiseau extrêmement abondant dans
toutes les régions au moins un peu boisées. Il existe encore dans les restes de
végétation des tampoketsa et c'est une des rares espèces forestières qui subsistent
dans les forêts dévastées.
Le Bulbul malgache qui n’est pas représenté en Afrique (Ninox, Copsychus
et Hypsipeles sont les trois seuls genres d'oiseaux non endémiques à Madagas-
car qui ne soient pas représentés en Afrique) existe sous des formes voisines
sur une grande partie du Sud de l'Asie, aux Comores, à Aldabra ainsi qu'aux
Seychelles où il est représenté par une espèce : A. crassirostris. Ces arguments
amènent E. L. Moreau (1966) à considérer que sa distribution malgache serait
une relicte d’une aire plus étendue comprenant aussi l'Afrique.
Les Bulbuls se nourrissent principalement de fruits mais aussi d’Insectes
variés qu'ils frappent souvent contre les branches avant de les manger.
La reproduction a lieu de septembre à janvier. Le nid en coupe est cons-
truit sur une fourche dans un arbuste à 2 où 3 m de haut, en bordure d’un
bois où d’un buisson. Il est solidement fait mais ses parois sont peu épaisses
et il est parfois possible de voir au travers. Les matériaux utilisés sont très
variés (herbes, feuilles, racines, peau de serpent, peau de lézard ou morceaux
de journaux).
La ponte est de trois œufs blanc rose tachés de brun rouge, d'olive
et de gri
FAMILLE DES CAMPEPHAGIDAE
(Échenilleurs)
La famille des Campéphagidés comprend des Passereaux essentiellement
arboricoles et percheurs. Leurs pattes sont faibles et leur bec est en général
assez fort et peu élargi à la base.
Leur régime est strictement insectivore. Très sociables, ils se déplacent
souvent en groupes et explorent les branches à la recherche d’Insectes, sur-
tout de chenilles dont ils sont très friands. On les rencontre dans les régions
tropicales de l'Ancien Monde, de l'Afrique occidentale jusqu'en Mélanésie.
Une espèce vit à Madagascar.
* Goracina cinerea cinerea (P.L.S. Müller)
(pl. 16, fig. 8)
Muscicapa cinerea P.L.S. Müller, 1776, Syst. nat. suppl. p. 171 (Madagas
Campephaga cinerea : Hawriaus, 1877 2 148: A, MiLNE-EbWanns et À. GRAN DIDIER,
1885 : 393,
Coracina cinereu : SAINAX, 1972 D : 169,
Coracina cinerea cinerea ; SrATER, 1924 : ©
3 LAVAUDEN, 1937 : 128,
oracina cinerea major ; SELATER, 1924 : 596.
16 ; DELAGOUR, 1932 : 70, n° 189 ; RAND,
1936
Source : MNHN, Paris
204 Px. MiLON ET AL.
Coracina cinerea pallida DeLacour, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n. s.) 1, p. 484
(sud-ouest de Madagascar, lac Tsimanampetsotsa).
Coracina cinerea pallida ; DeLacour, 1932 : 71, n° 199 ; RAD, 1936 : 458 ; LAVAUDEN,
1937 : 128 et 176.
Kikimavo. — Échenilleur malgache. — Madagascar Cuckoo Shrike. —
Schieferschnäpper.
Identification : 24 cm. C'est un oiseau entièrement gris foncé avec la tête,
la nuque et la gorge noires chez le mâle, gris foncé chez la femelle et le jeune.
Les pattes et le bec sont aussi noirs.
Deux sous-espèces : C. c. cinerea (P.L.S. Müller) et C. c. pallida Delacour
peuvent être distingués, la seconde étant plus pâle avec la tête plus grise.
Les Échenilleurs: vivent souvent par petites bandes de trois à huit et
sont fréquemment associés en de grandes bandes à d’autres oiseaux : Neomixis,
Newtonia, Artamella, Tylas, Zosterops… On peut les observer partout où il
y a de grands arbres. Ils se tiennent souvent près des cimes et volent de branche
en branche. Ce sont des oiseaux assez calmes, faciles à observer.
Distribution — Mœurs : C. c. cinerea est commun dans l'Est et l'Ouest
mais plus commun dans l'Est. C. c. pallida se rencontre dans les régions les
plus boisées du Sud-Ouest et de l'Ouest, du Cap Sainte-Marie à Majunga. On
trouve en fait dans les régions intermédiaires des formes faisant transition
entre les deux sous-esp, Ils fréquentent parfois les mangroves de la côte
Nord-Ouest.
Les Échenilleurs recherchent les Araignées, les gros Insectes, Sauterelles
ou Chenilles sur les branches en observant attentivement autour d'eux. Ils
frappent leur capture sur la branche avant de la manger. Leur cri est une sorte
de « Kee » saccadé ou prolongé.
La reproduction a lieu de novembre à mars. Les œufs sont blanc rosé
tachés de rouge.
FAMILLE DES TURDIDAE
(Dyals, Cossyphas et Traquets)
La famille des Turdidae, très variée et riche en espèces comprend des
oiseaux généralement plus grands que les Sylviidae. Leur bec rappelle celui
des Sylviidae mais il est plus robuste ; c’est aussi un bec d’insectivore typique.
Ils sont en général moins strictement arboricoles et certains vivent souvent à
terre. Leur mode de vie et leur apparence morphologique sont très variés et
on les trouve dans presque tous les milieux susceptibles de leur fournir une
alimentation animale suffisante.
Cette famille se rencontre dans le monde entier. Trois espèces vivent à
Madagascar.
Source : MNHN, Paris
OrsEaAux 205
* Gopsychus albospecularis (Eydoux et Gervais)
(1. 13, fig. 15, 16, 17, 18, 19 et 20)
Turdus albo-specularis Eydoux et Gervais, 1836, Mag. Zool., 6° année (voyage autour du
monde de la corvette La Favorite), Classe II, p. 9, pl. 64 (&) et (2 ) (Madagascar).
Copsychus albospecularis typicus ; A. Mnuxe-Enwanns et A. GrANDiDIER, 1882 : 363.
Copsychus albospecularis ; ScLATER, 1924 : 488.
Gopsychus albospecularis albospecularis ; Decacour, 1932 : 60, n° 166; Ran, 1936 :
437; LAVAUDEN, 1937 : 126 et 190.
Copsychus pica Pelzeln, 1858, Sil:b. Akad. Wien, >
gascar).
Copsychus albospecularis var. pica ; A. Miixe-Epwarps et A. GrANDIDIER, 1882 : 363.
Copsychus pica ; SeLaTEn, 1924 : 489 ; LAVAUDEN, 1937 : 196.
Copsychus albospecularis pica ; DeLAcour, 1932 : 61, ne 168 ; Rann, 1936 : 438 ; LAvAU-
DEN, 1937 : 192 ; MiLow, 1950 a : 65 ; Giveaup, 1951 a : 41 ; AumIGNAG, 1970 : 224.
Nat. Museum, XIX, p. 1897 (Est
XI, p. 323 (Nord-Ouest de Mada-
Copsychus inexpectatus Richmond, 1897, Proc.
de Madagascar : Fanantara).
Copsychus inexpectatus ; ScLATER, 1924 : 61.
Copsychus albospecularis forme inexpectatus ; DELACOUR, 1932 :
1961 D : 52.
Copsychus albospecularis inexpectatus ; RAND, 1936 : 437; LAVAUDEN, 1937 :
61, n° 167; GRIVEAUD,
92.
Fitatra ou Fitatr'ala ou Todia. — Merle dyal, Merle à miroir blanc ou
Dyal malgache. — Madagascar Magpie Robin.
Identification : 18 em. Le mâle est très légèrement plus grand que la femelle.
t un petit Merle de couleur noir et blanc pour le mâle et brun roux pour la
Suivant les sous-espèces, la répartition chez les mâles des parties blanches
et noires varie d’une façon très typique.
Chez C. a. albospecularis, le mâle est entièrement noir avec une tache blanche
sur l'aile. La femelle est brun roux plus où moins gris sur le cou et la poitrine
et a la nuque gris bleuâtre et une tache blanche sur l'aile.
Chez C. a. inexpectatus, le ventre est blanc chez le mâle et plus clair que
pour la forme typique chez la femelle.
Chez C. a. pica, dont la taille est légèrement plus grande, le ventre est
blanc chez le mâle et une ligne blanche longe le bord de l'aile et de la queue.
Chez la femelle une ligne blanche existe aussi sur l'aile et le plumage est plus
clair et moins roux que pour la forme typique. Les pattés sont légèrement plus
courtes et la queue légèrement plus longue que chez les autres formes.
Le Dyal est un oiseau peu sauvage et qu'on a plaisir à rencontrer. Il vit
sur le sol et les buissons dans la forêt mais aussi en bordure des villages, il se
laisse approcher facilement pouvant même chanter pendant très longtemps
à proximité d'un observateur dont la présence et les mouvements ne le
troublent nullement.
Source : MNHN, Paris
206 Pa. MiLON Er AL.
Son chant est harmonieux, varié et très agréable à entendre. On le trouve
solitaire ou par couple. On doit noter la tendance de cette espèce à participer
à des rondes de plusieurs espèces dans les buissons.
Distribution — Mœurs : Le genre Copsychus est avec les genres Hypsipeles
et Ninox l’un des trois genres non endémiques à Madagascar qui aient une
origine asiatique. C’est un oiseau très commun dans toute la région malaise,
en Indochine et aux Philippines où il fréquente les jardins. Rappelant par sa
familiarité, son chant et son allure, le Merle et le Rouge-gorge européen, c’est
un oiseau très populaire qui est aussi très apprécié en cage aussi bien en Chine
qu’en Europe.
Une espèce de grande taille vit au Seychelles. La petite espèce malgache
dont la mission franco-anglo-américaine a pu rapporter de nombreux spéci-
mens vit probablement depuis suffisamment longtemps à Madagascar pour
s'être nettement différenciée en sous-espèces géographiques bien séparées.
C. a. albospecularis vit sur le versant oriental humide et dans les régions
élevées (Nord-Est, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud-Ouest et Centre).
C. a. pica habite le Nord et quelques points des plateaux où il reste encore
des arbres. Il paraît uniforme dans toute son aire de répartition et serait selon
DELacour (1932) le type normal primitif de l'espèce.
La forme de l'Est à pattes longues et queue courte présente des variations
du Nord au Sud de son aire de dispersion.
Dans la zone orientale, s'étendant environ d’Andapa jusqu'au Sud de
Manombo, se trouve une population avec le ventre blanc, donc ressemblant,
mais par ce caractère seulement, à C. a. pica, et qui a été nommée C. a. inex-
pectatus. Elle se rattache en fait nettement à C. a. albospecularis, entièrement
noire, avec une tache blanche sur l'aile, dont l'aire de répartition forme un
noyau pur tout autour de la baie d’Antongil dans un rayon de 50 km environ
autour de Maroantsetra.
Les deux sous-espèces de C. a. albospecularis et C. a. inexpectatus se trouvent
mélangées du Sud de la baie d’Antongil jusque vers le milieu de la Côte Est où
l'on trouve tous les intermédiaires entre les deux.
Dans la région d’Ivohibe, on trouve de même tous les intermédiaires
entre les deux sous-espèces C. a. inexpectalus et C. a. pica de l'Ouest. Cette
zone est d’ailleurs une zone d'instabilité pour de très nombreuses espèces et elle
est particulièrement intéressante à prospecter en détail.
Ce sont des insectivores frugivores qui cherchent souvent des Insectes
ou des Vers et des petits fruits dans les buissons et sur le sol. Lorsque l'oiseau
est inquiet, il lève de temps en temps sa queue verticalement en la bougeant
par saccades. Le mâle en parade peut lever et étaler sa queue et étendre ses
ailes ce qui a pour effet de bien mettre en évidence le miroir blanc des ailes.
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 207
La reproduction a lieu de septembre à janvier. Selon A. L. RanD (1936),
le nid est construit en forme de sphère, sur une fourche à faible hauteur. Les
œufs sont bleu vert tachetés de brun violet.
Dans un nid observé à Diégo-Suarez en décembre, quatre œufs furent
pondus entre 6 h et 6 h 30 du matin. Ce gros nid était posé sur un pilier de
véranda et sa construction avait duré 10 jours.
La femelle n’a commencé à passer la nuit sur sés œufs que lorsqu'il y en eut
3 dans le nid. Elle couva seule mais, quand après 13 jours d’incubation 4 jeunes
furent nés, le mâle l'aida à les nourrir. Les petits restèrent 13 jours dans le
nid avant de s'envoler.
*Pseudocossyphus imerinus (Hartlaub)
(pl. 15, fig. 9, 10, 11, 12, 13 et 14)
Cossypha imerina Hartlaub, 1860, Journ. f. Orn., p. 97 (baie de Saint-Augustin).
Cossypha imerina ; HarrLAU», 1860 : 97, 1877 : 130 ; A. Miie-Enwanps et À. GRANDL-
Dir, 1882 :
Pseudocossyphus imerinus imerinus, ScLATER ; 1924 : 476.
Pseudocossyphus imerinus ; DeLacour, 1982 : 59, n° 163; Ranb, 1936 : 436: Mizow,
65 et 67.
Monticola imerina ; LAVAUDEN, 1937 : 1
Cossypha Sharpei Gray, 1871, Ann. Mag. Nat. Hist., (4) 8, p. 429 (Madagascar).
Cossypha Sharpei; HanrLaun, 1877 : 128; A. MiLxe-EpwanDs et A. GRANDIDIER,
1881 : 369.
Pseudocossyphus imerinus Sharpe ATER, 1924 : 476.
Pseudocossyphus sharpei sharpei ; Decacour, 1932 : 59, n° 164; Rann, 1936 : 436.
Monticola sharpei sharpei ; LAVAUDEN, 19:
Pseudocossyphus Sharpei (Richmond) (sic) ; Grive
jejy).
Pseudocossyphus sharpei : SALX
Pseudocossyphus sharpei, sous-espè
(massif du Tsaratanana).
UD, 1961 b : 52 (massif du Maro-
; 1972 b : 169.
à déterminer ; ALBIGNAG, 1970 : 224, 225 et 227
Monticola sharpet erythronota Lavauden, 1929, Alauda, p. 232 (Montagne d’Ambre) :
1937 : 125 et 171.
Pseudocossyphus sharpei erythronotus ; DeLacour, 1932 : 60, n° 165 ; Rann 1936 : 437.
Monticola imerina interioris Salomonsen, 1934, Novit. zoo1., XXXIX (1933-1936), p. 211
(massif de l'Ankaratra, Manjakatompo).
Monticola sharpei interioris ; LAVAUDEN, 1937 : 125 et 171.
Monticola bensoni T. Farkas, 1971, Ostrich, suppl. 9, pp. 83-90 (massif de l’Isalo).
Vorompotana ou Tsinoly (Est), Androbaka (Est). — Cossypha mal-
gache, Cossypha de Sharpe. — Madagascar Robin Chat, Eastern Madagascar
Robin Chat.
Le genre Pseudocossyphus que l'on peut rapprocher du genre Monticola
(SALOMONSEN 1934 ; GoopwiN 1956) comprend classiquement deux espèces :
P. imerinus et P. sharpei qui correspondent à des localisations géogra-
phiques éloignées. Il existe en fait plusieurs formes intermédiaires dont deux
ont été considérées comme des sous-espèces de P. sharpei.
Source
: MNHN, Paris
208 Px. MILoN ET AL.
Nous pensons que, comme pour le genre Copsychus, toutes les formes de
Pseudocossyphus pourraient être considérées comme des sous-espèces géogra-
phiques de P. imerinus qui fut décrit en premier.
Une espèce nouvellement décrite : Monticola (Pseudocossyphus) bensoni
Farkas, 1971, provenant du massif de l’Isalo vient enrichir la liste des formes
géographiques reconnues. Il existe en outre plusieurs autres variations dont
certaines seraient aussi intéressantes à préciser. LAVAUDEN (1929) a décrit
une forme erythronota plus rousse provenant de la Montagne d’Ambre et SALo-
MONSEN une forme inferioris de taille un peu plus forte provenant de l’Anka-
ratra, mais il a été observé en outre des oiseaux aux teintes sombres plus
étendues sur le massif du Tsaratanana (R. ALBIGNAC, comm. pers.) que l’on
pourrait nommer : tsaratananae. Cette espèce a aussi été vue dans le Mas-
sif du Manongarivo (P. GRIVEAUD, comm. pers.) et sur l’Ivohibe, dans le
massif de l'Andringitra (R. ALBIGNAC, comm. pers.). Il serait intéressant
de pouvoir préciser aussi les variations chromatiques même légères de toutes
ces populations.
Identification — imerinus (P. i. imerinus Hartlaub) 16 cm. Le mâle a le
dessus du corps, ainsi que la gorge et la poitrine gris cendré, le ventre roux, les
plumes des ailes et de la queue plus ou moins bordées de gris. La femelle a le
dessus du corps gris brun et le dessous blanchâtre teinté de brun.
— sharpei (P. i sharpei Gray) 16 cm. Le bec est un peu moins long
que chez la forme précédente. Le mâle a le dessus du corps gris bleu foncé
plus ou moins teinté de roux, les ailes brunes, la poitrine plus claire, le ventre
ainsi qu'une partie de la queue roux. La femelle a le dessous du corps vert
sombre, le dessous roussâtre et une bande transversale blanche sur la gorge.
Le jeune a le dessus du corps brun taché de beige, le dessous du corps jaunâtre.
— interioris (P. à. interioris Salomonsen). Elle se distingue de la forme
précédente essentiellement par sa taille un peu plus forte.
— erythronotus (P. i. erythronotus Lavauden). Le mâle a le dos et le haut
de la poitrine roux au lieu de gris. La femelle a la queue rousse avec les 2 plumes
médianes brunes et la couleur du dos et du ventre plus rousse.
— tsaratananae (P. i. tsaratananae n. subsp.). Dans cette population
du massif du Tsaratanana, les mâles ont la zone gris bleu foncé du dessus du
corps qui s'étend jusqu’au milieu de la poitrine (R. ALBIGNAC comm. pers.)
(mission conjointe Armée française-ORSTOM, X1-1966, 1500 m, 2 050 m).
— bensoni (P. i. bensoni T. Farkas). Se différencie de P. i. imerinus par
une teinte orange plus vive, une teinte grise plus sombre et une moins grande
étendue du gris clair de la gorge ainsi que par un bec légèrement plus court.
Ce sont des oiseaux assez calmes que l’on rencontre solitaires où par
couples, posés sur le sol, sur un rocher ou au milieu des buissons bas de la
forêt. Ils sont facile à observer et restent bien en évidence perchés à faible
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 209
hauteur souvent dans une pose caractéristique avec le bec légèrement dirigé
en l'air. Leur cri est une sorte de sifflement montant assez grave suivi parfois
de quelques « cra-cra-cra ».
Distribution — Mœurs : La forme imerinus vit dans les régions arides
du Sud et du Sud-Ouest. C’est un oiseau assez commun près des côtes.
On trouve la forme sharpei de 800 à 2 000 m dans la forêt de l'Est où elle
est le plus souvent assez rare.
La forme inlerioris est assez commune dans l’Ankaratra. Nous l'avons
observée jusque dans les derniers restes de forêts les plus près du sommet à
2 200 m d'altitude.
La forme erythronotus est commune entre 100 et 1 300 m dans la forêt
de la Montagne d'Ambre.
Pseudocosyphus existe aussi, comme nous l'avons signalé plus haut, dans
le massif du Tsaratanana, dans le massif de l’Andringitra, dans le massif du
Manongarivo et dans le Sambirano.
La forme bensoni, nouvellement décrite, correspond à des oiseaux loca-
dans le Sud-Ouest de Madagascar, principalement dans la région du
massif de l’Isalo.
Les Pseudocossyphus se rencontrent souvent dans les régions assez rocheuses
plus ou moins couvertes de végétation.
A
Sur l'Ankaratra, nous en avons observé surtout parmi les rochers, en
lisière des petites parcelles de forêt.
T. Farkas (1971) a observé des oiseaux au milieu des rochers de l'Isalo,
visitant de temps en temps les buissons et les petits arbres. Ils se protégeaient
du soleil dans les buissons les plus denses mais n’hésitaient pas à aller dans les
zones découvertes le matin tôt ou pendant les journées nuageuses.
Leur nourriture semble essentiellement constituée de baies variées et
d’Insectes qu'ils peuvent capturer au vol. La reproduction des formes de l'Est
a lieu d'octobre à décembre. Celle des formes du Sud et du Sud-Ouest semble
avoir lieu de décembre à février (A. L. Rap, 1936). Selon T. Farxas la forme
bensoni pourrait faire deux couvées où commencerait à se reproduire assez
tard en été car des oiseaux ont été observés en train de nourrir des jeunes fin
janvier.
Au moment de la reproduction, les mâles se délimitent un « territoire »
et montrent souvent un comportement trés caractéristique. Nous avons observé
ce comportement pour la forme interioris et T. Farkas le décrit longuement
pour la forme bensoni chez laquelle il semble plus élaboré : au milieu d’une
période de chant, alors qu'il est perché sur un rocher, l'oiseau s'envole soudain
à quelques mètres, presque verticalement, puis se laisse redescendre en chan-
Source : MNHN, Paris
210 PH. MILON Er AL.
Lant avec la queue largement étalée, d’un vol lent presque horizontal, jusqu'à
un autre rocher.
Un nid de la forme émerinus, observé par A. L. RanD (1936), contenait
2 œufs bleu vert sans tache. R. ALBIGNAG (comm. pers.) a observé un nid dans
le sous-bois à 1 700 m près du massif de l’Ivohibe. Il était construit à 2 m du
sol dans l'épaisseur d’une plaque de mousse, contre un rocher vertical. Il y
avait trois jeunes au début de novembre. Les deux parents participaient au
nourrissage des jeunes mais le mâle semblait plus actif que la femelle. T. Far-
KAs a observé des nids assez grossièrement faits en matière végétale très fine
dans une petite cavité sur des parois rocheuses verticales.
Saxicola torquata (Linné)
(pl. 13, fig. 8)
Muscicapa lorquata Linné, 1766, Syst. nat., tome 1, 12e édit., p. 328, n° 17 (Habitat ad
cap. b. spei
Molacilla sibilla Linné, 1766,
Madagascar).
Pratincola sibilla ; HarrLaus, 1877 : 121.
Pratincola torquata ; A. MiixE-Epwanps el À. GRANDI
Saxicola torquata sibilla ; ScuATER, 1924 : 468 ; Drrac
434 ; LAVAUDEN, 1937 : 195 ; GrivEauD, 1961 b : 5
Saxicola torquata ankaratrae Salomonsen 1934, Novit.
{massif de l'Ankaratra, Manjakatompo).
Saxicola torquata ankaratrae ; RAND, 1956 :
L. nat., tome I, 12* édit., p. 337, n° 44 (Habitat in
338.
3 RaND, 1936:
Zool., XXXIX (1933-1936), p. 210
6 ; LAVAUDEN, 1937 : 125 et 170.
Saxicola torquata Tsaratananae Milon 1951, Bull. Mus. nat. Hist. nat., (2) X
(1950), p. 705 (massif du Tsaratanana).
Saxicola lorquata tsaralananae ; MiLoN, 1951 b : 169 et 176 ; ALBieNAc, 1970 : 2
et 227.
Fitatra. — Traquet pâtre, Tarier à collier. — Schwarzkehlchen.
Identification : 14 em. Le mâle a le dessus de la tête et la gorge noirs, la
poitrine brun roux, le ventre blanchâtre et, de chaque côté du cou, à la base de
la queue et sur les ailes, une tache blanc pur. La femelle et le jeune en différent
par une teinte plus pâle avec le dessus du corps brun, la gorge grise, la poitrine
roux pâle et le ventre blanc.
En comparant les séries d'exemplaires naturalisés, SALOMONSEN (1934)
a pu distinguer une sous-espèce de l’Ankaratra, de taille légèrement supérieure :
S. &. ankaratrae, et Miro (1951) une sous-espèce du Tsaratanana : S. {. {sarata-
nanae, à teinte générale plus sombre avec une plus grande étendue des taches
noires au détriment du blanc et du brun.
Ce Traquet vit solitaire ou par couple dans les régions un peu découvertes.
C'est un oiseau peu sauvage, typique des Hauts-Plateaux. On le voit souvent
bien en évidence au bord des routes dans les clairières, tantôt perché sur une
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 211
branche isolée ou sur l'extrémité d’un piquet. Toujours très visible, il attire
l'attention. De son perchoir il guette les Insectes qu’il attrape au vol ou va
chercher à terre. Son vol est bas et saccadé. Il émet souvent un petit eri sec
et répété, sorte de « cree-cre-cre » en bougeant la queue et souvent les ailes
quand il est perché ou en volant d’un perchoir à l'autre. Quand il s'envole, on
distingue très bien la tache blanche à la base de la queue.
Distribution — Moœurs : C’est un oiseau assez commun partout à Madagas
car sauf dans les savanes du Nord et le Sud-Ouest où il est rare. Très commun
en altitude, nous l'avons observé encore en abondance à 2 400 m dans l'Anka-
ratra. Il semble moins commun cependant à basse altitude au-dessous de 500 m.
C’est une espèce à aire de dispersion très étendue : Europe, Asie, Afrique,
Madagascar. La seule différence avec les Oiseaux européens est une plus grande
pureté de couleur. La couleur et l'étendue des taches est d’ailleurs assez variable
d’un individu à l’autre.
Ce Traquet s’est probablement acclimaté sur l’île à une époque relativement
récente à partir de migrateurs africains et il y est probablement en cours de
différenciation actuellement. Il a aussi colonisé La Réunion, probablement indé
pendamment de Madagascar, et s’y est différencié.
Les deux sous-espèces d’altitude S. £. ankaratrae et S. L. isaratananae ont
probablement évolué indépendamment, isolées l'une de l’autre, la première
étant caractérisée par une augmentation de la taille par rapport à S. {. {orquata
tandis que la deuxième est caractérisée par un mélanisme très net. Ce Traquet
a aussi été observé par R. ALBIGNAC (comm. pers.) dans le massif de l’Andrin-
gitra et il serait intéressant de comparer les spécimens de cette région aux autres
sous-espèces décrites.
Cet oiseau a l'habitude de se délimiter un « territoire », particulièrement
lorsque la population est très abondante comme sur le massif de l'Ankaratra,
La reproduction a lieu d'août à octobre.
Le nid est posé sur un sol sec et herbeux, dans un creux à la base d’une
touffe d'herbe. Il est fait d'herbes et de tiges herbacées et tapissé d'herbes
fines.
La ponte est de trois œufs bleu vert tachetés de brun rouge et de gris.
Pendant la ponte, la femelle est très farouche et ne se laisse pas approcher.
FAMILLE DES SYLVIIDAE
(Fauvettes, Cisticoles, Dromaeocerque, Rousserolles)
La famille des Sylviidae est vaste et hétérogène.
Les Sylviidae sont, comme les Muscicapidae, des Passereaux insectivores
de petite taille mais ils différent de ces derniers par un bec plus fin et grêle et
Source
: MNHN, Paris
212 Pa. MiLoN Er AL.
dépourvu le plus souvent de vibrisses. Leur mode de vie est aussi plus varié.
Au lieu de capturer leurs proies au vol, ils préfèrent en général les rechercher
avec activité au milieu des feuillages et des buissons. Beaucoup sont d'excellents
chanteurs. Cette famille est largement répartie dans tout l'Ancien Monde
jusqu’en Polynésie. Sept espèces se rencontrent à Madagascar.
Gisticola cherina (A. Smith)
@L15, fig. 15)
Drymoica cherina À. Smith, 1843, Ill. Zool. S. Africa, Aves, pl. 77, fig. 2 (Madagascar).
Cisticola madagascariensis ; Hanriaus, 1877 : 118; A. MiLNe-Enwanps et A. GRAN-
pinten, 1882 : 325.
icola cherina ; ScLATER, 1924 : 548; Deracour, 1932 : 66, n° 184; RaND, 1936 :
449 ; LAVAUDEN, 1937 : 127 ; Arrerr, 1972 a : 83 ; SALVAN, 1972 b : 168.
Tinty ou Tsintsina. — Cisticole malgache. — Madagascar Grass Warbler.
Identification : 12 em. La Cisticole malgache a le dessus du corps brunâtre
taché de noirâtre et le dessous blanchâtre. L’extrémité des plumes de la queue
est terminée par une petite bande blanche plus ou moins nette.
Ces petites Cisticoles vivent dans les plaines, près des champs de mais et
des rizières. On les voit souvent en petites bandes de 5 à 10, très actives, hochant
continuellement la queue, grimpant et volant de tige en tige à la recherche des
Insectes. Elles se cachent souvent au milieu des tiges de Graminées. On les
remarque cependant facilement lorsqu'elles fuient à quelques mètres d’un vol
ondulant. Elles émettent souvent de petits cris en poussant un « tint tint »
métallique d’où vient leur nom malgache.
Distribution — Mœurs : À Madagascar, les Cisticoles sont très communes
partout, le long des routes, dans les régions herbeuses, marécageuses où même
dans les clairières de la forêt de l'Est. Elles sont encore très communes dans
les prairies d’altitude comme par exemple à 2500 m dans l'Ankaratra. Cette
Cisticole existe aussi dans les îles Glorieuses, Astove et Cosmoledo (C. W.BENSON,
comm. pers.).
La reproduction a lieu probablement toute l’année, mais peut-être pas
dans le Sud. O. Arrerr (1972 a) a observé des œufs ou des jeunes au nid dans la
région du Mangoky, dans le Sud-Ouest de Madagascar, de décembre à février.
Le nid piriforme est construit près du sol, dans une touffe de Graminées
dans une région découverte. Il est fait d'herbes sèches, de poils végétaux et de
toiles d'araignées et possède une ouverture près du sommet. Il est construit
par la femelle pendant que le mâle chante à côté.
La ponte est de 3 à 5 œufs lisses, bleu vert pâle tachés de brun.
Cette espèce est fréquemment « parasitée » par Cuculus poliocephalus
rochii (Ph. Mizon 1959 a).
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 213
* Nesillas typica typica (Hartlaub)
El. 15, fig. 2)
Ellisia typica Hartlaub, 1866, Journ. f. Orn., p. 92 (Madagascar).
Ellisia typica ; HarrLauB, 1877 : 116.
Ellisia madagascariensis fypica ; A. Miune-Enwarps et A. GRANDiDiER, 1882 : 329.
Nesillas typica ; MiLoN, 1950 a Arrerr, 1972 a : 82.
esillas typica typica ; ScLATER, 1924 : 518 ; DeLacour, 1932 : 62, no 170 : RAND, 1936 :
441; LAVAUDEN, 1937 : 126; MiLon, 1951 b : 181; Azpranac, 1970 : 225, 296 et 227.
Ellisia lantzii A. Grandidier, 1867, Rev. et Mag. Zool., (2) XIX, p. 86, n° 3 (côte Ouest de
Madagascar), p. 358, n° 38 (id.).
Ellisia lantzüi; Harriaur, 1877 : 116.
Ellisia typica var. lantzit ; À. Miixe-Enwarps et A, GRAN DID
Nesillas typica lantzii; ScuATER, 1924 : 518; DELacour, 1932 : 63, ne 172
443 ; LAVAUDEN, 1937 : 127; MizoN, 1951 b : 181; Appenr, 1972 a : 82.
Drymoica ellisii Schlegel et Pollen, 1868, Rech. Faune Mad., part. 2, p. 91 (Nord-Ouest
de Madagascar).
Ellisia filicum ; HanrLau», 1877 : 115.
Eliisia madagascariensis var. filicum ; A. WARDS et A. GRANDIDIER, 1881 : 330.
illas typica ellisii ; ScLATER, 1924 : 518 ; Decacour, 1932 : 62, n° 171 ; RaND, 1936
442 ; LAVAUDEN, 1937 : 126 ; MiLoN, 1951 b : 181 (N. £. ellisii un synonyme de N. £. lypica) :
GriveauD, 1961 D : 52.
Nesillas typica monticola Hartert et Lavauden, 1931, Bull. Brit. Orn. Club, L, p. 56
(9, sommet du Tsaratanana, 2 750 m, X-1929).
Nesillas typica monticola; DeLacour, 1932 : 85, n° 5; LAvAUDEN, 1932 : 638, 1937 :
127 et 174; Minox, 1951 b : 181 (N. L. monticola un synonyme de N. L. lypica).
Nesillas typica obscura Delacour, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n. s.) 1, p. 476
(rochers calcaires de l'Ambongo, Namoroka).
Nesillas typica obseura ; DeLacour, 1932 : 63, n° 173; RAD, 1936 : 442; LAVAUDEN,
1937 : 126; Micow, 1951 b : 181.
; 1881 : 330.
RaND, 1936 :
AILN:
Poretika ou Aritike. — Fauvette malgache. — Brush Warbler.
Identification : 17 em. La Fauvette malgache est un oiseau assez terne que
l'on remarque surtout grâce à son cri. Elle a une longue queue, le dessus du
corps brun roux teinté de vert, la gorge et la poitrine gris clair plus ou moins
teinté de brun, le ventre jaunâtre. L'œil est entouré d’une bordure de petites
plumes blanches. Les pattes sont brunes.
Grâce au grand nombre d'exemplaires obtenus par la mission franco-
anglo-américaine dans les différentes régions de Madagascar il a été possible
de reconsidérer la division de l'espèce en sous-espèces correspondant à des répar-
titions géographiques différentes.
Les sous-espèces N. £. typica, N. 1. ellisii, ainsi que N. 1. monticola (trouvée
à 2 700 m au sommet du Tsaratanana) semblent indifférenciables les unes des
autres et l’on peut considérer que l'espèce Nesillas typica ne comprend en fait
que 3 sous-espèces (MiLon 1951 6) :
N. t. typica (Hartlaub).
N. {. obscura Delacour, beaucoup plus foncée et moins jaunâtre avec un
bec un peu plus long.
Source
: MNHN, Paris
214 PH. MILON ET AL.
. {. lantzii (A. Grandidier), beaucoup plus pâle et plus grise que N. {.
typica.
Il existe en fait des intermédiaires nombreux entre ces sous-espèces,
surtout entre N. £. typica et N. {. obscura, là où elles sont en contact.
C’est un oiseau généralement solitaire que l’on observe souvent perché
bas sur les buissons ou même sur le sol.
Dans les buissons, on entend fréquemment ses «ticitie-ticitic-tic-tic-tic »
répétés parfois pendant très longtemps ; deux oiseaux se répondent brusque-
ment d’un buisson à l'autre mais on ne les distingue pas ; il faut s’arrêter et
observer longuement le lieu d'origine du cri pour avoir la chance d’une vision
furtive de son auteur, toujours à moitié caché dans le feuillage.
Distribution — Moœurs : N. {. typica est commune sur les plateaux ainsi que
dans l'Est et le Nord de l’île. On la trouve notamment à plus de 2 000 m sur
l'Ankaratra et sur le Tsaratanana. Sa période de reproduction s'étend de juillet
à octobre.
N. {. obscura est commune dans les plaines boisées de l'Ouest. Sa période
de reproduction s'étend au moins de novembre à mars.
N. {. lantzüt vit dans les régions subdésertiques du Sud-Ouest et de l'Ouest.
Sa période de reproduction comprend les mois de décembre et janvier.
Les Fauvettes malgaches se nourrissent d’Insec!
capturent au milieu des buissons.
très variés qu’elles
Leur nid à la forme d’une coupe profonde. Il est construit parmi les hautes
herbes à environ 50 em du sol. Il est fait d'herbes sèches grossières et tapissé à
l'intérieur d'herbes fines.
La ponte est de deux œufs lisses, brun rouge clair, tachés de gris et de brun.
*Dromaeocercus brunneus Sharpe
(pl. 15, fig. 16)
Dromaeocereus brunneus Sharpe, 1877, Proc. Zool. Soc. London, 1877, p. 23 pl. IL, fig. 1
{environs de Tananarive).
Dromaeocercus brunneus ; A. Mu
1924 : 574 ; Deracour, 1932
Ebwanps et A. GRANDIDIER, 1882 : 333 ; SGLATER,
66, n° 186 ; RaND, 1936 : 451 ; LAVAUDEN, 1937 : 127.
Voron-driviky. — Dromacocerque brun. — Brown Emustail,
lion : 16 cm. Comme la Fauvette malgache, le Dromaeocerque
ile à apercevoir et l’on remarque surtout sa présence par son cri.
Le dessus de son corps est brun roux sombre, le dessous brun avec le crou-
pion roux vif. La gorge est tachée de blanc. La queue a des plumes très carac-
téristiques aux barbes peu serrées et qui ressemblent à de petites arêtes de
poisson,
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 215
Quand on le voit dans la végétation basse, l'oiseau semble dépourvu de
queue.
C'est un oiseau qui vit dans les buissons bas de la forêt dense et se cache
constamment tout en signalant sa présence par ses cris, sortes de « tac-tac-
lacatac-tacatac » suivis de « Tia-Tia tic-tic ».
Distribution — Mœurs : C’est une espèce peu commune de la forêt de l'Est,
où elle vit à une altitude moyenne, mais localement abondante dans la forêt
Sihanaka et dans la forêt de Fierenana. Elle est assez commune à Périnet mais,
selon M. S. MarcoLm, (comm. pers.) ne semble pas exister dans la forêt de San-
drangato, au Sud de Moramanga, sur la route d'Anosibe.
Purement insectivore, le Dromaeocerque se nourrit de petits Insectes qu'il
recherche près du sol. Il est quelquefois très familier et se laisse approcher à
près d’1 m, tout en restant plus ou moins caché par le feuillage.
*Dromaeocercus seebohmi Sharpe
(pl. 15, fig. 17)
Dromaevcereus seebohmi Sharpe, 1879, Proc. Zool. Soc. London, 1879, p. 177 (environs
de Tananarive).
Dromacocereus seebohmi ; A. Mi
1924 : 574 ; DéLacoun, 1932 : 66, no 185
1972 € : 51.
Ebwanps et A. GRANDIDIER, 1882 : 334 ;
RaND, 1936 : 450 ; LAVAUDEN, 1037 : 127 : SaLvAx,
LATER,
Voron-driviky. Dromaeocerque tacheté. — Gray Emu-tail.
Identification : 16 em. Le Dromacocerque tacheté est une espèce très
voisine de l'espèce précédente mais son plumage est plus clair. Le dessus du
corps est brun roux taché de brun noir ; le menton et la gorge sont blanchâtre,
la poitrine et l'abdomen gris, et les flancs roux.
C'est un oiseau qu'on rencontre souvent solitaire près des mares herbeuses
de montagne et dans les buissons, en bordure des petits restes de forêt. Il est
comme l'espèce précèdente, difficile à voir car il fuit souvent à ras du sol comme
une souris au lieu de s'envoler, et se cache constamment. On le repère cependant
facilement par son fort et constant babillage.
Distribution — Mœurs : Cet oiseau vit dans les parties centrales hautes de
la région Est, de 1 800 à 2 600 m. Il est commun dans l'Ankaratra et au Tsara-
lanana. C'est l'un des rares oiseaux connu seulement de la région des plaleaux,
Comme l'espèce précédente, il semble se nourrir uniquement d'Insectes.
Selon A. L. RanD (1939), le nid est probablement placé dans la végétation
herbacée des petites mares. V. D. van SoMEREN (1947) a trouvé un nid avec
deux jeunes le 17 novembre aux environs de Fianarantsoa.
Source : MNHN,
Paris
216 PH. MiLON Er AL.
*Thamnornis chloropetoides (A. Grandidier)
(pl. 15, fig. 1)
Ellisia chloropetoides A. Grandidier, 1867, Rev. et Mag. Zool., (2) 19, p. 256, p. 357,
n° 36 (Prinia chl.) (Cap Sainte Marie).
Orthotomus grandidieri ; HanTLAUR, 1977 : 109.
Thamnornis chloropetoides ; À. Mir: DWARDS et À. GRANDIDIER, 1882
924 : 547 ; DeLacour, 1932 ; 63, n° 174 ; RaND, 1936 : 443; LAVAUDEN, 1937 :
1972 a : 76.
6 ; SGLATER,
127 ; APPERT,
Kiritika ou Aritike. — Fauvette chloropetoïde. — Thamnornis.
Identification : 15 em. Le dessus du corps est gris roux, avec la tête plus
foncée. Les plumes des ailes et de la queue sont bordées de jaune vert. Une tache
brune en fuseau caractéristique entoure les yeux. Le dessous du corps est gris
blanc, les flancs bruns, les pattes jaunâtres.
Cette fauvette a des habitudes très voisines de celles des Nesillas. Elle
vit dans les petits bois de buissons épineux des régions sèches. On la rencontre
par petits groupes de 5 ou 6, souvent avec Neomixis, Newlonia et parfois Foudia
ou Tchitrea.
Distribution — Mœurs : La Fauvette chloropetoide est, selon À. L. RanD
(1936), assez commune dans les parties les plus sèches des régions subdésertiques
du Sud, surtout aux environs du lac Ihotry. Selon O. Aprerr (1972), elle paraît
être bien représentée dans la zone basse du Mangoky, au Sud-Ouest de Mada-
gascar, où on la trouve toute l’année.
Elle se nourrit d’Insectes qu’elle recherche dans les buissons ou occasionnel-
lement sur le sol.
Sa période de reproduction comprend au moins les mois de novembre et
décembre. Selon O. Arr (1972 a), c'est probablement la femelle seule qui
construit le nid. Deux nids découverts par cet observateur le 7 décembre et le
24 novembre étaient bâtis dans les buissons au milieu de branches verticales
mais ces dernières n'étaient pas incluses dans la construction. La hauteur des
nids au-dessus du sol étaient de 25 et 27 cm. Une couvée comprenait trois œufs.
* Galamocichla newtoni (Hartlaub)
(pl. 15, fig. 3)
Calamoherpe newtoni Hartlaub, 1863, Proc. Zool. Soc. London, 1863, p. 165 (Madagascar :
Soamandrikazay).
Calamoherpe newtoni ; HawrLaus, 1877 : 113
Calamodyla newtoni ; A. MiLNE-Enwanps et
Catamocichla newtoni ; SELATER, 1
439 ; LAVAUDEN, 1937 : 126 ; Ar
3 RAND, 1936 :
SaLvaN, 1972 b : 168, 1972 c : 50.
Voron-bararata (oiseau des phragmites). — Rousserolle de Newton. —
Madagascar Swamp Warbler.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 217
Identification : 18 cm. La Rousserolle de Newton, placée récemment par
Harz et MorEAU (1970) dans le genre Acrocephalus, a le dessus du corps brun,
le dessous gris jaune taché de brun sur la gorge, le menton blanc et les pattes
grises.
Elle vit au voisinage des rivières ou des lieux marécageux couverts de
roseaux. Peu sauvage, elle se fait souvent remarquer par son cri. Son vol est
lourd, elle se faufile au milieu des Phragmites à la recherche des Insectes. On
la rencontre solitaire ou par couple au moment de la reproduction. C'est géné-
ralement le seul petit oiseau que l'on voit au milieu des roseaux.
Distribution — Mœurs : La Rousserolle est commune sur les plateaux,
dans l'Ouest et à la limite des zones subdésertiques du Sud dans les habitats
qui lui conviennent. Selon O. Apperr (972 a), elle existe dans toute la région
du Mangoky et près du lac Ihotry. Il en existe probablement plusieurs formes
géographiques car ses faibles possibilités de déplacement favorisent l'isolement
de sous-espèces distinctes. Il y a en fait trop peu d’études sur la faune des zones
humides malgaches pour le préciser.
La reproduction a lieu de septembre à mai.
Le nid est le plus souvent construit sur une fourche dans un buisson à
environ 1 m au-dessus de l'eau. Il est fait d'herbe, d'écorce, de racines, de Mousses
et de toiles d’Araignées. Il est peu visible malgré sa position bien en évidence
La ponte est de 2 ou 3 œufs lisses, bleuâtres tachés de gris brun.
*Randia pseudozosterops Delacour et Berlioz
Pl. 15, fig. 10)
Handia pseudo-zosterops Delacour et Berlioz, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n. 5.)
1, p. 3, pl. 1 (Nord-Est de Maroantsetra).
Randia pseudo-tosterops ; DeLAcour, 1932 : 64, n° 175 ; RAND, 193
1937 : 127 et 176 ; SALvAN, 1972 b : 169.
Randia pseudozosterops ; SALVAN, 1970 : 199.
Fauvette de Rand. — Rand’s Warbler.
Identification : 12 em. La Fauvette de Rand, genre nouveau créé en 1931
lors de l'étude des collections de la mission franco-anglo-américaine, a le dessus
du corps gris légèrement plus foncé sur la tête. Les sourcils, le menton, les joues
et la gorge sont blancs, le dessous du corps blanchâtre teinté de roux et les pattes
brunes.
44 ; LAVAUDEN,
Ce petit oiseau, très différent de tous les autres Sylviidae de Madagascar,
rappelle un peu, par son aspect et sa coloration, certains Zosterops.
C'est cependant un Sylviidae typique apparenté au groupe des Apalis
africains. 11 vit dans les grands arbres de la forêt. On le voit souvent en bandes
avec des Newtonia, Zosterops, Neomixis et Cyanolanius.
Source : MNHN, Paris
218 PH. MiLON ET AL.
Distribution — Mœurs : C'est une Fauvette rare, mais elle existe à partir
d'environ 800 m dans toutes les forêts de l'Est et du Nord-Est.
période de reproduction comprend le mois d'août.
Famize DES MusCicAPiDAE
(Gobe-mouches)
La famille des Muscicapidae est vaste et très hétérogène. Elle groupe de
petits Passereaux adaptés à un régime strictement insectivore et connus sous
le nom de « Gobe-mouches ». Bons voiliers, pourvus d’un bec élargi à la b
et muni généralement de vibrisses rigides, ils ont tous l'habitude de capturer
leurs proies au vol, tantôt près du sol, tantôt depuis un observatoire isolé qu'ils
ne quittent que de courts instants pour poursuivre les insectes qui passent à
proximité. Ils affectionnent surtout les endroits boi: et humides. On les
rencontre dans toutes les régions tempérées et tropicales de l'Ancien Monde,
jusqu’en Polynésie. Trois espèces vivent à Madagascar.
se
*Tchitrea mutata mutata (Linné)
(pl. 12, fig. 10, 11 et 12)
Muscicapa mutata Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12° édit., p
Madagascar).
Terpsiphone mutata ; HawrLauB, 1877 : 173; A. Mine
387.
chitrea mutala ; SALVAN, 1972 b : 169.
‘chitrea mutala mutala ; Sexaren, 1924 : 436; DeLacoun, 1932 : 58, no 161; RanD,
32; LavauDEN, 1937 : 124 et 192; Minon, 1950 a : 65; Griveaup, 1961 a : 41 et
1961 à ; Armraxac, 1970 : 223.
Tehitrea mutata singelra Salomonsen, 1933, Bull. Brit. Orn. Club, LILI, p. 119.
Tchitrea mulata singetra ; RaND, 1936 : 433.
n° 2 (Habitat in
DWARDS et A. GRANDIDIER,
1885
1936 :
Tsingitry. — Gobe-mouches de paradis malgache ou Terpsiphone mal-
gache. — Madagascar Paradise Flycatcher.
Identification : 18 em. Le plumage de ces élégants oiseaux est très variable
suivant le sexe et l’âge. La femelle est entièrement rousse sauf la nuque et le
dessus de la tête qui sont bleu foncé à reflets métalliques. Le jeune mâle est
d’abord semblable à la femelle puis devient plus foncé suivant les régions. Il
peut soit rester roux à l’âge adulte, soit évoluer vers un plumage noir et blanc :
les plumes des ailes deviennent noires à bordure blanche et atteignent une
longueur double des autres, puis les plumes de la queue grandissent et deviennent
blanches à l'extrémité. Pendant la reproduction, le dos et la gorge deviennent
noirs à reflets verts et la poitrine et le ventre deviennent blancs. Un anneau
charnu entoure l'œil. Les pattes et le bec sont gris.
Les Terpsiphones émettent souvent de petits cris perçants qui les font
remarquer lorsqu'ils s'envolent à la poursuite d’un insecte. Ils vivent dans la
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 219
forêt à tous les niveaux, mais surtout à une altitude moyenne et basse. On les
rencontre généralement par couple mais quelquefois en petits groupes ou
presque toujours en association avec d’autres espèces. Ils guettent les Insectes
depuis un perchoir, les capturent au vol et regagnent leur perchoir pour les
manger.
Distribution — Mœurs : Ces oiseaux familiers sont communs dans toutes
les régions boisées de l’île, aussi bien en altitude qu’au bord de la mer. Nous en
avons observé au plumage roux, jusqu'à 2 300 m, dans les derniers restes de
forêt d'altitude de l’Ankaratra.
Les femelles, les jeunes mâles, les mâles à longue queue en plumage roux
sont très semblables partout. Les mâles en plumage blanc sont au contraire
très variables. Dans le Nord-Est, et l'Est, le dos est presque entièrement noir.
Dans l'Ouest, le Sud-Ouest, le Sambirano et la région de la Montagne d'Ambre,
le blanc domine sur le dos. C’est ainsi que SALOMONSEN (1933) distingue de la
espèce nominative de l'Est, la sous-espèce occidentale T. m. singetra.
sous
La reproduction a lieu en septembre-octobre dans l'Est et s'étend proba-
blement d'octobre, à janvier dans l'ouest.
Le nid est établi à faible hauteur dans un buisson ou un petit arbre presque
toujours au bord de l'eau. Il est solidement construit avec de la mousse et de
l'herbe, en coupe assez profonde, et il est tapissé de matériaux délicats.
La ponte est de 3 œufs blanchâtres tachetés de brun.
* Pseudobias wardi Sharpe
(pl. 12, fig. 9)
Pseudobias wardi Sharpe, 1870, Ibis, 6, p. 498, pl.
Pseudobias wardi ; HanrLaus, 1877 : 172 ; A, MINE
5 ; ScLaren, 1924 : 418 ; D 2 : 58, n° 160 ; RAND, 1936
4; Minon, 1951 b : 168
KV (Madagascar).
Epwanps et A. GRANDIDIER, 1885 :
31 ; LAVAUDEN, 1937 :
Gobe-mouches de Ward. — Ward’s Flycatcher.
Identification : 15 em. Le Gobe-mouches de Ward a le dessus du corps noir à
reflets verts avec une tache blanche sur l'aile ainsi que le cou, la gorge et le
ventre blanc pur. Une large bande noire traverse la poitrine.
Ces Gobe-mouches vivent solitaires ou par couples, plus rarement en groupes
ou mélés à une bande avec d’autres espèces. Leurs habitudes sont très voisines
de celles des Tchitrea. Ils guettent les Insectes depuis un perchoir où
retournent après leur capture. Leur chant ressemble à celui des Copsychus.
Distribution — Mœurs : Le Gobe-mouches de Ward vit dans toute la forêt
de l'Est, mais il est généralement assez peu commun. On l’observe surtout
dans la forêt dense.
Source : MNHN, Paris
220 PH. MiLoN ET AL.
*Newtonia brunneicauda (A. Newton) (1)
(pl. 12, fig. 13 (amphichroa), 14 (archboldi) et 15)
Erythrosterna brunneicauda Newton, 1863, Proc. Zool. Soc. London, 1863, p. 180 (Mada-
gascar).
Newlonia brunneicauda ; HarrLAu», 1877 : 170 ; A. Mixne-Enwanns et A. GRANDIDIER,
1882 : 282 ; Deracour, 1932 : 56, ne 157, pl. col. h. t. (II) ; Griveau», 1961 b : 52 ; ALBIGNAC,
1970 : 223, 225, 226, 227.
Newlonia brunneicauda brunneicauda ; ScLATER, 1924 : 417 ; RaND, 1936 : 429 ; LAvAU-
DEN, 1937 : 123; MiLow, 1950 a : 64 et 1951 b : 168, 176 et 178-180.
Newlonia brunneicauda monticola Salomonsen, 1934, Novit. Zool., XXXIX (1933-1936),
p. 207 (massif de l’Ankaratra, Manjakatompo) ; RanD, 1936 : 430 ; MILON, 1951 b : 179 et 180.
Newlonia brunneicauda inornata Salomonsen, 1934, Ibis, n° XXIV, p. 382 (Ampotaka,
western Madagascar) ; LAVAUDEN, 1937 : 124 ; Mon, 1951 b : 179 et 180.
Newlonia amphichroa Reichenow, 1891, Journ. f. Orn., p.210 (Madagascar, interior meri-
dionalis).
Newlonia brunneicauda amphichroa ; ScLaten, 1924 : 417.
Newtonia amphichroa ; Deracoun, 1932 : 56 ; RanD, 1936 : 430 ; LAVAUDEN, 1937 : 124.
Newlonia olivacea Büttikofer, 1896, Notes from the Leyden Museum, p. 139 (Nord-Est de
Madagascar).
Newtonia brunneicauda olivacea ; ScLatEr, 1924 : 417.
Newlonia Archboldi Delacour et Berlioz, 1931, L'Oiseau et la Rev. franc. Orn., (n. s.) 1,
p. 1 (Tabiky, Sud-Ouest de Madagascar).
Newlonia archboldi ; DeLacour, 1932 : 57, ne 159, pl. col. ; RanD, 1936 : 431.
Newtonia brunnicauda archboldi ; LAVAUDEN, 1937 : 124.
Newtonia fanovanae Gyldenstolpe, 1933, Arkiv f. Zool., n° 2, pp. 1-3 (Fanovana) ; RAND,
1936 : 431; LavauDen, 1937 : 124; Minon, 1951 b : 178.
Tretretre ou Katekateky. — Gobe-mouches de Newton, Gobe-mouches
brun, Gobe-mouches d’Archbold. — Brown Newtonia, Dark Newtonia, Arch-
bold’s Newtonia.
Identification : N. br. brunneicauda : 12 em. Ces petits Gobe-mouches ont
les parties supérieures du corps et le tour de l'œil gris brun, le dessous du
corps roux pâle, presque rosé, les sous-caudales blanches et les cuisses roux
pâle ; les pattes sont grises et le bec, assez faible, est noir. L'œil est jaune pâle.
Les jeunes Newtonia ne sont ni rayés ni tachetés, ce qui rapproche ces oiseaux
des Silviidae.
Malgré l’abondante collection réunie par la mission franco-anglo-améri-
caine, il semblait difficile de distinguer des sous-espèces dans l'ensemble des
spécimens de N. brunneicauda récoltés, même pour les exemplaires du sommet
du Tsaratanana. SALOMONSEN (1934), cependant, en réétudiant les collections,
a décrit, en plus de la sous-espèce nominative, deux autres sous-espèces : N. br.
monticola et N. br. inornata.
N. br. monticola est une sous-espèce d'altitude, au manteau d’un gris
légèrement plus richement coloré et aux ailes un peu plus longues.
(1) Selon Ch. Vaur
quatre espèces de Newtonia
1953), qui a examiné des spécimens de collections, il existerait
N. brunneicauda, N. amphichroa, N. archboldi et N. fanovanae.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 221
+ br. inornata, caractérisée par une teinte plus pâle, est, en fait, très peu
distincte de N. br. brunneicauda, dont elle ne diffère que par la longueur de
l'aile.
Ph. Miron (1951 b) admet l'existence de ces trois sous-espèces. Trois
autres formes pourraient être aussi considérées comme des sous-espèces de
N. brunneicauda quoique cela ne soit pas admis par tous les auteurs.
La forme amphichroa : 12 cm, qui a été considérée par ScLarEr (1924)
comme une sous-espèce de N. brunneicauda. Son bec est plus fort que celui
de N. br. brunneicauda et sa couleur plus foncée ; le dessus du corps est brun
vert, et les sous-caudales roux pâle. Les pattes sont bleues, plus longues que
celles de N. br. brunneicauda. L'œil est brun jaune. Le jeune est roux vif, sauf
les plumes de la queue et des ailes.
La forme olivacea : 12 em, qui a été mise en synonyme par L. LAVAUDEN
(1937) avec la forme précédente dont il est difficile de la distinguer.
La forme archboldi : 12 cm, qui a été considérée par LAVAUDEN (1937)
comme une sous-espèce de N. brunneicauda. Son front est brun roux ; le dessus
de son corps, brun clair, est moins grisâtre et plus foncé que chez N. br. brunnei-
cauda, moins olivâtre et moins foncé que chez la forme amphichroa ; les parties
inférieures du corps sont brun roux clair. Cet oiseau diffère en outre des formes
précédentes par la couleur blanche de la base des membres et par son bec et
ses pattes noirs au lieu de gris ou bruns.
Une dernière forme, bien que connue insuflisamment, semble cependant
nettement différente des autres formes de Newtonia : c'est Newtonia fanovanae.
On n’en connaît qu'un seul spécimen provenant de Fanovana sur la ligne
de chemin de fer Tananarive-Tamatave. 12 cm. Elle a une tête grise et une
queue roux marron.
Les Newtonia vivent dans les petits bois et les taillis et volent de branche
en branche, surtout au sommet ou à mi-hauteur dans les arbres, à la recherche
des Insectes qu'ils capturent au vol moins souvent que les autres Gobe-mouches,
et qu'ils battent souvent contre les branches pour les tuer. On les voit souvent
en petits groupes ou associés avec d’autres petits oiseaux comme Meomiris
ou Zosterops. Ce sont des oiseaux peu sauvages. Leur chant est assez puissant
et leurs petits cris d'appel incessants (nous avons noté 2 « Tsetri » très forts
par seconde), ce qui les fait facilement remarquer. Ces petits cris, imités par le
nom malgache de l'oiseau, ressemblent un peu à ceux des Mésanges. Ils émettent
aussi des petits cris de colère quand on les dérange, sortes de « cher cher cher » LA
qui se succèdent rapidement. A. L. RanD (1936) a observé cette réaction
bruyante contre un Galidia qui se tenait dans un arbre à 5 m au-dessus d’un
oiseau.
Distribution — Mœurs : Ce sont des oiseaux très communs partout dans
les zones encore hoisées de Madagascar.
Source : MNHN, Paris
222 Pa. MILON Er AL.
On les rencontre aussi bien dans la forêt dense que dans la forêt secon-
daire, la forêt décidue de l'Ouest ou les zones subdésertiques. C'est, comme le
souligne R. E. Moreau (1966), un exemple de tolérance non rare à Madagascar
mais exceptionnel en Afrique (cas du Zosterops senegalensis) où la liaison à
un habitat semble beaucoup plus stricte qu'à Madagascar.
N. br. monticola serait une sous-espèce d'altitude probablement limitée
au massif de l'Ankaratra.
N. br. inornata serait la sous-espèce de l'Ouest et du subdésert.
La forme amphichroa vit dans la forêt humide de l'Est et sur la Montagne
d’Ambre. Elle semble moins commune dans l'Est que la forme brunneicauda et
plus souvent solitaire. Contrairement à la forme brunneicauda, elle se déplace
surtout dans la végétation basse de la forêt, rarement en haut des arbres.
Son chant semble plus puissant.
La forme archboldi vit dans les forêts basses des régions subdés rtiques
du Sud-Ouest où elle a été découverte par la mission franco-anglo-américaine
en 1931. Selon A. L. RaxD (1936), son cri est facile à différencier de celui de
N. br. brunneicauda avec qui elle cohabite au moins dans certaines zon
La saison de reproduction des Newtonia semble s'étendre de juillet à mars
pour brunneicauda et d'août à novembre pour amphichroa (A. L. RaND 1936).
FAMILLE DES MOTACGILLIDAE
(Bergeronnettes)
Les Motacillidae forment une famille assez homogène comprenant des
Oiseaux en général bons voiliers mais vivant souvent à terre courant avec
agilité sur leurs longues pattes à la recherche des Insectes. Beaucoup sont
de grands migrateurs. On les rencontre dans le monde entier, sauf en Poly-
nésie. Une espèce vit à Madagascar.
* Motacilla flaviventris Hartlaub
(PL. 18, fig. 1)
Motacilla faviventris Hartlaub, 1860, Journ. Ornith., p. 94 (Nord-Ouest de Madagasca
baie de Bombetoka).
Motacilla flaviventris ; HA
. Mi
AUS, 1877
EDWARDS et A, GRANDIDIER,
1881 : 342 ; Decacounr, 1932 : 79, ne 222 ; Ra» 6 : 475 ; LAVAUDEN, 1937 : 133; MILON,
1951 b : 174 et 78 ; SaLvAN, 1970 : 201.
Motacilla flaviventris_ flaviventri 5 1930 : 337,
Motacilla flaviventris icteriea Streseman, 1926, Ornith. Monatsber., 34, b. 147 (S. Gentr.
Madagascar).
Motacilia Jlaviventris icterica ; SeLaren, 1930 : 337; DéLacoun, 1032 : 79.
Trib-trio. — Bergeronnette malgache. —— Madagascar Wagtail.
Identification : 19 em. Les Bergeronnettes sont bien reconnaissables à
leur allure générale, à leur longue queue et à leur couleur. La tête et le cou
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 223
sont gris, le dos gris vert. Les ailes sont brun roux avec un miroir blanc. Les
plumes de la queue sont noirâtres, sauf les deux paires les plus externes qui
sont blanches. La gorge est blanche avec un collier noir et le ventre jaune.
La femelle et le jeune sont de couleur légèrement plus pâle que le mâle.
Les Bergeronnettes vivent en général dans les régions découvertes à
proximité d’un ruisseau, d’une mare où d'une rivière. Leur vol est saccadé
et près du sol. On les rencontre le plus souvent par couples. Elles marchent
ou courent sur le sol en cherchant des Insectes et hochent continuellement
leur longue queue (d’où leur nom français de « Hoche queue ») en émettant
souvent des « Tsirir » et parfois un « Ui-U » plus sonore.
Distribution — Mœurs : Les Bergeronnettes sont communes dans les
clairières de l'Est. On les rencontre en abondance en altitude sur les princi-
paux massifs. Nous en avons vu notamment jusqu'à 2 600 m dans l’Anka-
ratra. Elles sont abondantes dans l'Ouest, mais pas dans le Sud. Elles sont
très communes sur les plateaux. Les variations constatées dans leur coloration
sont individuelles où saisonnik et ne correspondent pas à des formes dil
tinctes.
Elle
ent d’Ins.
se nourri
ctes, de Vers où de petits Crustacés.
La reproduction a lieu d'août à novembre.
Le nid est construit dans une fourche d'arbre à quelques mètres au-dessus
d'un ruisseau ou sur une maison dans un village. Nous ‘en avons observé un
construit dans un creux de rocher à Nosy Mangabe sur la plage à un mètre
au-dessus de l'eau. Il est formé de tiges herbacées grossièrement assemblées
mélangées de débris divers.
La ponte comprend deux ou trois œufs lisses, blanchâtres tachés de brun
verl.
FAMILLE DES VANGIDAE
(Artamies, Oriolies, Vangas, Eurycères, Calicalics, Falculies)
La famille des Vangidae, qui comprend treize esp!
gascar où elle semble remplacer les Laniidae (« Pie:
pidae, dont certaines formes rapprochent.
, est propre à Mada-
rièches ») ou les Priono-
Gette famille comprend des oiseaux assez comparables pour la plupart
de leurs caractères sauf la forme de leur bec qui est extraordinairement variable
d'une espèce à l'autre,
Ce polymorphisme est tout à fait comparable à celui que l'on observ
d’autres espèces insulaires comme les Geospizinae des îles Galapagos
et les Drepanididae des îles Hawaii. Il s’est vraisemblablement réalisé au cours
des temps grâce à l'isolement de Madagascar. Très peu d'espèces étrangères
en effet ont pu envahir l'île et un type primitif assez polyvalent a ainsi pu, par
chez
Source : MNHN, Paris
224 Pa. Mion Er AL.
sélection, différencier des formes spécialisées qui ont occupé des niches écolo-
giques restées libres. C’est, avec le groupe des Couas, les meilleurs exemples
de radiation évolutive que l’on puisse trouver chez les Oiseaux malgaches.
On peut remarquer cependant, comme l'a fait E. L. Moreau (1966),
qu'en comparaison de l'Afrique, très peu d'espèces se sont différenciées à
l'intérieur des genres. Deux facteurs peuvent selon cet auteur avoir contribué
à ce résultat : ou bien il y a eu dans l'île un degré très limité de radiation (ce
qui semble très peu vraisemblable) ou bien il y a eu un nombre d’extinctions
considérables au cours du passé récent.
La famille des Vangidae a fait l’objet de plusieurs recherches systéma-
tiques récentes. On a voulu lui adjoindre quelques oiseaux isolés comme Hypo-
silla corallirostris (Sütlidae où Salpornithidae) où Mystacornis crossleyi (Tima-
liidae). Cette dernière espèce n'est cependant vraisemblablement pas un
Vangidæe, et quelques caractères particuliers rendent la place d'Hypositta
encore très incertaine.
Tylas eduardi rattaché jusqu'à maintenant aux Pycnonotidae où aux
Turdidae semble, par contre, selon une dernière étude de J. Dorsr (1960 c)
devoir être inclus dans cette famille. Nous grouperons ici Hypositta et Tylas
avec les Vangidae.
Les Vangidae sont essentiellement des oiseaux insectivores qui chassent,
suivant les espèces, soit à l'affût soit en se déplaçant sans cesse. On en ren-
contre souvent de petites bandes composées d'individus de plusieurs espèces
différentes auxquelles s’adjoignent fréquemment d'autres types d'oiseaux
insectivores. Ils restent cependant généralement par couple, même à l’intérieur
des bandes.
* Leptopterus viridis (P.L.S.
(pl. 17, fig. 16 et 17)
üller)
Lanius viridis P.L.S. Müller, 1776, Syst. nat, Suppl. p. 72 (Madagascar).
Arlamia leucocephala ; HarrLaur, 1877 : 151.
Artamia leucocephala typica ; A. Mixe-Enwars et A. GraNDiDiEr, 1885 : 405.
Artamella viridis viridis ; ScLArER, 1924 : 604; Deracour, 1932 : 73, no 204 ; RaND,
1936 : 462; LAvAUDEN, 1937 : 129; GriveauD, 1961 D : 52.
Artamella v. viridus ; ALmiGNAc, 1970 : 224.
Artamia annoe Stejneger, 1879, N. Mag. Naturvid., XXIV, p. 291 (Ouest de Madagascar).
Artamia leucocephala var. annoe ; A. Miixe-Enwarps et A. GranDiier, 1885 : 407.
Artamella viridis annae ; Scrater, 1924 : 604 ; Deracour, 1932 : 73, n° 205 ; RAN»,
1936 : 462 ; LAVAUDEN, 1937 : 129 ; Aprerr, 1968 a : 11, 1970'a : 118.
Artamella viridis viridis (Müller) > annae (Stejneger) ; MiLoN, 1951 b : 172 et 177.
Tretreky. — Artamie à tête blanche. — White-headed vanga. — Weiss-
kopfvanga.
Identification : 20 cm. L’Artamie à tête blanche est très reconnaissable
à ses couleurs tranchées : le mâle a la tête et le dessous du corps blancs, et le
Source
: MNHN, Paris
OISEAUX 225
dos noir à reflets verts ; la femelle a la tête grise. Le bec est court et épais.
Le jeune a le dessus du corps gris brun avec la tête plus claire et le dessous
du corps blanc roussâtre.
Deux sous-espèces peuvent être distinguées : L. viridis viridis Müller et
L. viridis annae (Stejneger) dont le bec est plus long et effilé et dont la couleur
du jeune serait plus pâle que chez l’autre forme.
Les espèces du genre Leplopterus forment avec Cyanolanius un groupe
de Vangidae aux ailes longues qui ont un vol rapide et capturent souvent le
Insectes au vol et en grimpant le long des branches. Ils volent d’arbre en arbre,
généralement près de la cime, souvent en petites bandes de 5 à 10, fréquem-
ment en compagnie d’autres oiseaux comme Tylas, Cyanolanius, Leptopterus
chabert, Hypositta, Coracina, Calicalicus, Bernieria, Euryceros et Oriola. Leur
cri, sorte de « Kier Kier - Kierkier » ressemble un peu à l’un des cris du Falculea
et selon O. Apperr (1970 a) ils font le même bruit en volant que ces derniers.
Distribution — Mœurs : L. v. viridis est commun dans la farêt de l'Est,
L. v. annae est assez commun dans les régions boisées (forêt ou savane arbo-
rée) de l'Ouest, du Sud et au Nord-Ouest, dans le Sambirano, sur les côtes à
palétuviers. On le rencontre aussi dans le bush à Didiereaceae.
Les deux sous-espèces se rencontreraient ensemble sur le Tsaratanana
où on les trouve jusqu'à 2000 m (P. GRIVEAUD, comm. pers.).
La reproduction a lieu d'octobre à janvier. O. Appert (1970 a) a observé
trois nids : l’un d'eux le 29 octobre, à 10 m de haut, contenant un œuf blanc
rougeâtre taché de roux gris, un autre le 15 novembre à 18 m de haut dans un
Adansonia grandidieri, avec des jeunes, et un le 15 décembre, à 15 m sur un
Adansonia madagascariensis. Des Falculea et des Leplopterus nichaient dans
le même arbre non loin de ce dernier nid. Les deux adultes nourrissaient les
jeunes. L'un de ceux-ci a même été nourri une fois par un Falculea qui avait
son nid à proximité. Le 25 décembre les jeunes étaient prêts à s'envoler.
*Leptopterus chabert (P.L.S. Müller)
(pl. 17, fig. 3)
Lanius chabert P.L.S. Muller, 1776, Syst. nat., suppl, p. 72 (Madagascar).
Leptopterus viridis ; HarrLaur, 1877 : 155.
Leptopterus chabert ; A. Muixe-Enwanps et A. Granpipien, 1885 : 414.
Abbottornis chabert ; ScLaren, 1924 : 604.
Leptopterus chabert chabert ; Decacour, 1932 : 71, no 201 ; RaND, 1936 : 460 ; LAVAUDEN,
1937 : 129 ; Minon, 1951 b : 171 et 176.
Abbottornis schistocerca Neumann, 1908, Bull. Brit. Orn. Club, XXII, p. 11 (Centre-
Ouest de Madagascar).
Abboltornis schistocerca ; SeLAtER, 1924 : 604.
Leptopterus chabert schistocereus ; DéLacour, 1932 : 72, n° 202; RanD, 1936 : 461;
: 129 et 177 ; Gmiveaup, 1961 a : 41 ; Arret, 1968 a : 10, 1968 e : 7, 1970
Source : MNHN, Paris
226 Pa. MiroN ET AL.
Tsa-Tsak ou Tsaramaso (bel œil). — Artamie de Chabert. — Chabert's
Vanga. — Ringvanga.
Identification : 14 em. L'Artamie de Chabert est un oiseau très facile à
reconnaître par ses couleurs bien tranchées. Le dessus de son corps est noir
à reflets verts, le dessous blanc pur. L'’œil est entouré d'un anneau charnu
bleu clair en haut et bleu violacé vers le bas ; les pattes sont noires et le bec
gris. Cette espèce est extrêmement variable par la grosseur du bec et par la
couleur plus ou moins blanche ou noire de la queue. C’est ainsi qu'on a pu
distinguer en étudiant les collections naturalisées deux sous-espèces : L. €.
chabert (Müller) la forme typique et L. c. schistocercus (Neumann) à la queue
plus légèrement marquée de blanc sur la moitié basale des rectrices externes
et au bec plus petit. L'Artamie de Chabert vit dans les régions boisées, souvent
au sommet des arbres en petits groupes de 4 à 12 ou plus et fréquemment avec
d'autres espèces en groupes mixtes. On la voit souvent aussi en dehors de la
forêt, en lisière, en zone dégradée ou même en savane. Selon O. Arperr (1970 a)
elle aime dormir én groupe dans la mangrove où on peut en observer jusqu'à
60 ensemble. Son vol est ondulant et elle crie souvent en volant. Son cri est
.» plus où moins longue, très caractéristique.
une série rapide de « Tui-Tui-Tui
Distribution — Mœurs : Ce sont des oiseaux communs dans l'Est et l'Ouest.
Dans tout l'Est on trouve des exemplaires à queue noire et à grand bec
mêlées à d'autres à petit bec et à queue plus ou moins marquée de blanc à la
base, sauf sur les plumes médianes.
Tous les spécimens de Maroantsetra ont un bec fort, les trois quarts ont
la queue toute noire.
Dans l'Ouest on trouve tous les intermédiaires possibles.
La sous-espèce L. c. schistocercus est limitée aux régions boisées du Sud.
Selon O. Arrerr (1968 a), c'est certainement le Vangidae le plus commun
de cette région et celui qui accepte de vivre dans les régions les plus faiblement
boisées.
Comme les deux espèi précédentes, l'Artamie de Chabert chasse les
Insectes en se déplaçant sans cesse en volant de branche en branche.
C'est, selon O. Arrerr (1970 a) certainement le Vangidae qui attrape
le plus d’Insectes en volant, mais il peut consommer aussi de petites baies. La
reproduction a lieu d'octobre à janvier. O. Arrexr (1970 a) a observé des nids
(photogr. dans Apperr 1970 a) dans un Adansonia à 20 m de haut et dans
d’autres arbres entre 4 et 9 m. Les deux adultes participent à la construction
du nid de fin octobre à fin novembre. Mâle et femelle couvent. Le nid est,
selon cet auteur, en forme de demi-boule avec un extérieur lisse. Il contient
trois œufs vert bleuâtre tâchés de gris violet et de brun olive qui sont pondus
entre le début de novembre et le début de décembre. A. DHonpr (comm.
pers.) a observé, près de Moramanga le 2 novembre, un couple en train de
nourrir deux jeunes immatures.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 227
* Cyanolanius madagascarinus madagascarinus (Linné)
(pl. 17, fig. 13)
Loxia madagascarina Linné, 1766, Syst. nat., tome 1, 12e édil., p. 306, ne 42 (Habitat in
Madagascar).
Cyanolanius bicolor ; HawrLauR, 1877 : 157; A. Mir
1885 : 410,
Cyanolanius madagascarinus madagasearinus ; Seraren, 1924 : 605 : DéLacour, 1932 :
72, n° 203 ; RanD, 1936 : 461 ; LavauD 129.
Cyanolanius madagascarinus ; Avvenr, 1968 a : 10, 1970 a : 124.
WARDS 6L A: GRANDIDIER,
Vorontsara-elatra. — Artamie azurée, Blue Vanga. — Blauvanga.
Identification : 17 em. L'Artamie azurée est très reconnaissable, même de
loin, par la belle couleur bleu azur du dessus de son corps qui contraste avec le
dessous blanc pur. Les plumes du front et du menton sont noires. La femelle
et le jeune ont cependant des teintes moins vives. Les pattes sont y
le bec bleu ; la mandibule supérieure, relativement variable est plus ou moins
longue et forte.
Ces splendides oiseaux vivent dans les forêts et la végétation secondaire,
rarement dans les forêts sèches. On les observe en général près de la cime des
arbres, souvent par petits groupes où par couples avec d'autres oiseaux comme
eomixis, Zosterops, Leptopterus, Bernieria, etc.
Peu farouches, ils vivent bien en captivité.
Distribution — Mœurs Les Artamies azurées sont des oiseaux assez
communs dans l'Est, la montagne d'Ambre et le Sambirano. Ils sont plus
rares dans l'Ouest et rares dans le Nord et dans le Sud. C'est la seule espèce
de Vangidae signalée hors de Madagascar ; C. W. BexsoN (1960) l’a rencontrée
à Mohéli. Ils recherchent les chenilles et, comme les autres Artami ent
des Insectes variés en se déplaçant sans cesse et les attrappent souvent au vol.
La reproduction a probablement lieu d'octobre à janvier. O. Aprert
(1970 a) a observé, le 2 décembre un nid en cours de construction par les deux
parents à 12 m de haut.
* Schetba rufa (Linné)
(pl. 17, fig. 9 el 10)
Lanius rufus Linné, 1766, $
gascar).
Lantzia rufa ; HawrLaus, 1877 : 194 ; A: Mie
Schelba rufa : Saren, 1924 : 606,
Schetba rufa rufa ; Déracour, 1932 : 73, n° 206 : RaND, 1936 : 46; LavaUD
130,
Schetba rufa oceidentalis
Nord-Est de Tuléar, Tabiky).
Sehetba rufa 0
: 130 et 178 ;
. nal., Lome 1, 12 édit, p. 137, n° 17 (Habitat in Mada-
Ebwaups el A; GraNDibren, 1885 : 418.
1931, L'Oiseau el la Rev, franc. Orn., (ns) 1 pe 185
ur, 1932 : 74, n° 207 : RaND, 1936 : 463 : LAVAUDEN,
11, 1968 e : 7, 1970 a : 105.
Arret, 1968 a :
Source : MNHN, Paris
228 Pu. MiLoN Er AL.
etriala ou Karapohovava (S. r. occidentalis). — Artamie rousse. —
Rufous Vanga. — Rotvanga.
Identification : 22 em. L'Artamie rousse est aussi un très bel oiseau facile
à reconnaître à ses couleurs bien contrastées. Le mâle adulte a la tête, les
côtés du cou et la gorge noirs à reflets bleus, le dessus du corps brun roux et
le dessous blanc. La femelle et le jeune ont une couleur plus pâle, la nuque
grise, le cou et le menton blancs. Les pattes et le bec sont gris pâle. Le bec est
relativement variable en force et en largeur. On distingue deux sous-espèces
S.r. rufa (Linné) et S. r. occidentalis Delacour, dont la couleur est légèrement
plus pâle et le bec plus fort.
L'Artamie rousse vit dans les forêts (jamais en savane) en couples ou
par petits groupes de 4 ou 5 parfois avec d’autres espèces, souvent à un niveau
moyen ou près du sommet des arbres. Peu sauvage, cet oiseau se laisse observer
facilement et est nettement moins actif que Leplopterus chabert et Calicalicus
madagascariensis. Son vol est assez lent et ondulant. Ses cris sont variés et
agréables. Certains rappellent ceux d'Euryceros prevoslii.
Distribution — Mœurs : S. r. ruja est plus où moins commun dans l'Est
suivant les localités. S. r. occidentalis vit dans les fo pas trop sèches de
l'Ouest et du Sud-Ouest, de Soalala à Tabiky. C’est, selon O. Arperr (1968 a),
le Vangidae du Sud-Ouest le plus lié à la forêt.
Les Artamies rou nt d’Insectes et recherchent particulière-
ment les Sauterelles comme le montrent de nombreux contenus stomacaux.
Selon O. Arrert (1970 a) on les voit parfois à terre et ce serait même l'espèce
de Vangidae qui cherche sa nourriture le plus facilement sur le sol. Dans les
arbres, elles attendent souvent à l'affût et se tiennent généralement à une
hauteur moyenne.
La reproduction a lieu d'octobre à décembre. O. Appert (1970 a) a observé
en novembre un couple qui nourrissait deux jeunes et des jeunes indépen-
dants en décembre et janvier.
* Oriolia bernieri 1. Geoffroy Saint-Hilaire
(pl. 17, fig. 11 et 12)
Oriolia bernieri 1. Geofroy Saint-Hilaire, 1838, Rev. Zool, p. 50.
Arlamia bernieri ; HanTLAUB,
Oriolia bernieri ; E
605 ; Decacoun, 1
DWARD
18; RaND, 1
n, 1885 : 4
:AVAUDEN, 193
En, 1924 :
Oriolie de Bernier. — Bernier’s Vanga.
Identification : 25 em. Le mâle adulte est entièrement noir à reflets métal-
liques bleus. La femelle et le jeune sont brun roux finement rayé de noir. Les
pattes et le bec sont gris pâle.
Source : MNHN, Paris
OIsEAUx 229
Les Oriolies vivent près du sommet des arbres, souvent par couples, par-
fois avec d’autres espèces : Euryceros, Tylas, Leptopterus. Elles sont souvent
immobiles et il est généralement difficile de les repérer. Le mâle pousse de
temps en temps un petit cri plaintif.
Distribution — Mœurs : L'Oriolie est un oiseau assez rare et mal connu.
Elle est largement distribuée dans l'Est. Elle se nourrit d’Insectes qu’elle chasse
à l’affût comme le Vanga. Ce type de chasse est voisin de celui des Tyrans
américains dont l'Oriolie semble avoir le mode de vie.
*Vanga curvirostris (Linné)
(1. 17, fig. 7)
Lanius curvirostris Linné, 1766, Syst. nat., tome 1, 12e édit., p. 135, n° 8 (Habitat in
Madagascar).
Vanga curvirostris ; HanrLaus, 1877 : 188; A. Muxe-Epwarps et A. GRANDIDIER,
1885 : 423 ; Avperr, 1968 a : 13, 1970 a : 107.
Vanga curvirostris curvirostris ; ScLarEr, 1924 : 605 ; DeLAcouR, 1932 : 74, n° 210 ;
RanD, 1936 : 465 ; LAvAUDEN, 1937 : 130.
Vanga cristata ; ScLarer, 1924 : 606.
Vanga curvirostris cetera ©. Bangs, 1928, Proc. New England Zoël. Club, p. 107 (Tuléar).
Vanga curvirostris cetera ; Decacour, 1932 : 75, n° 211 ; RanD, 1936 : 466.
0.
Vanga curvirostris griseipectus Shelley, 1912, Birds Africa, V, p. 194, pl.
Vanga curvirostris griseipectus ; LAVAUDEN, 1937 : 130 et 179.
Vanga écorcheur. — Hakenvanga.
Identification : 25 em. Le Vanga écorcheur est facile à identifier par ses
couleurs bien tranchées. C’est un gros oiseau très visible dans la forêt. Son
large front blanc permet de le distinguer au premier coup d'œil des Xenopi-
rostris. Le mâle adulte a une couronne blanche sur la tête, le dessous du corps
blanc et le dos noirâtre. Un bandeau noir sur la nuque est séparé du dos par
un collier blanc. La queue est grise avec une bande foncée bordée de blanc à
son extrémité. La femelle et le jeune ont une tache noire sur la nuque plus
étendue. Les pattes sont grises. Le bec noir a! épais a un culmen courbe.
La couleur et la forme du bec permettent de séparer trois sous-espèces :
V. c. curvirostris (Linné), V. c. cetera O. Bangs, dont la tache blanche de la
couronne est réduite, n’atteignant pas le niveau des yeux, et dont le bec à un
culmen droit et V. c. griseipectus de couleur plus foncée.
Le Vanga écorcheur vit seul ou par couple dans les petits bois en bordure
des savanes et dans les forêts où il fréquente tous les niveaux. On le trouve
parfois mélangé à d’autres espèces. Il se perche souvent sur les grosses branches,
immobile, au milieu des feuilles. Il pousse de temps en temps, surtout le matin
au lever du soleil, un sifflement aigu et puissant qui fait remarquer sa présence.
Distribution — Mœurs : V. c. curvirostris est un oiseau assez commun
dans la forêt de l'Est, les régions boisées de l'Ouest et les mangroves de la côte:
Nord-Ouest. V. c. cetera est commun dans les régions boisées du Sud. V. c.
Source : MNHN, Paris
230 PH. MiLoN ET AL.
griseipectus semble assez rare et vit dans les forêts du Sud-Est depuis le Sud
de Farafangana jusqu'à Fort-Dauphin. Selon O. Aprerr (1968 a), il se ren-
contre aussi bien dans la savane plus où moins dense que dans les forêts. Il
est rare dans le bush à Didiereaceae.
Les Vangas écorcheurs nourrissent surtout d'Araignées, d'insectes
{surtout d'Orthoptères mais aussi de Coléoptères et de Diptères), de B
de petits Reptiles arboricoles (0. Arrerr (1970 a) en a observé un qui mangeait
un caméléon de 15 cm) et probablement de jeunes Oiseaux et Mammifères.
Ils chassent à la manière des oiseaux de proie, se tenant à l'affût immobiles
et fonçant sur les proies qui passent à leur portée. Leur bec crochu est bien en
rapport avec leur régime alimentaire.
La reproduction a probablement lieu de septembre à décembre. Les œufs
sont blancs tachés de gris. O. Arrert (1970 a) a observé un nid en construction
le 30 octobre. Un autre nid, trouvé le 26 novembre à plusieurs mètres de haut,
posé entre la bifurcation des deux principales branches d’un gros arbre, conte-
nait trois jeunes poussins de trois jours couvés par un des parents, qui resta
sur le nid jusqu'au dernier moment et attaqua le grimpeur qui venait l'obser-
ver. Les œufs sont blancs tachés de gris brun.
*Xenopirostris xenopirostris (Lafresnaye)
(pl. 17, fig. 4)
Vanga xenopirostris Lafresnaye, 1850, Rev. et Mag. Zool., p. 107, pl. 1, fig. 1 et 2 (Ma-
dagascar).
Nenopirostris lafresnayi ; HakrLaU, 1877
1885 : 420)
Xenopirostris xenopirostris ; SGLA:
: 466 ; LAVAUDEN, 1937 : 128 ; Aprerr, 1968 a : 15, 1968 e:
:191
WARDS et A. GRANDIDIER,
, 1924 : 603 ; Decacour, 1932 : 75, n° 212 ; RaND
1970 a : 109.
19.
ilovanga. — Vanga de Lafresnaye. — Lafresnaye’s Vanga.
*Xenopirostris polleni (Schlegel)
(pl. 17, fig. 5)
Vanga polleni Schlegel, 1868, Faun. Madag., II, p. 174, (Madagascar).
Xenopirostis pollen ; Harriaun, 1877 : 193 Miixe-EnwarDs et A. GRANDIDIER,
434 ; Sczaren, 1924 : 604 ; Deracour, 1932 : 76, n° 213 ; Rap, 1936 : 466 ; Lavau-
: 128.
Kinkimavo. — Vanga de Pollen. — Pollen's vanga.
*Xenopirostris damii (Schlegel)
Vanga damii Schlegel, 1866, Ned. Tijdschr., III, p. 82 (Nord-Ouest de Madagascar,
Ambuassuan).
Xenopirostris damii ; HarrLauB, 1877 : 192; A. MiixE-Enwarps et A. GRAN DID:
1885 : 431 ; ScLaren, 1924 : 604; DeLacour, 1932 : 85 n° 6; RanD, 1936 : 466; LAVAUDEN,
1937 : 120 et 193 ; SALVAN, 1970 : 200.
Le Vanga de Van Dam. — Van Dam’s Vanga.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 231
Identification : On connaît aujourd'hui trois espèces de Xenopirostris
(qu'il serait probablement préférable de considérer comme trois sous-espèces
d'une même espèce). Elles se distinguent entre elles par une distribution légère-
ment différente de la couleur de leur plumage, par les proportions relatives
de leurs ailes et de leur queue et surtout par la forme de leur bec.
X. xenopirostris (24 em) a le bec le plus haut et le plus comprimé. C'est
la plus grande des trois formes. Le dessus du corps est gris sauf la tête et les
joues qui sont noires à reflets verts (un peu moins noires chez la femelle). Un
collier blanc entoure le cou, sauf sur la partie dorsale. Le dessous du corps
est blanc. Le menton est quelquefois noir. Le jeune a le front gris roux et le
reste du corps plus où moins teinté de roux. Il peut rester une ligne blanche
sur le front chez l'adulte. Les pattes et le bec sont gris pâle.
damit (21 em) a le bec moins haut et qui reste toujours entrouvert par
suite de la grande courbure du bord supérieur de la mandibule inférieure,
Sa taille et la longueur de la queue sont inférieures à celles de la forme
édente. Sa coloration est un peu plus sombre. Les jeunes ont le front blanc.
pré
X. polleni (23 em) a le bec plus petit et relativement moins comprimé que
celui des deux autres formes. L'adulte a la tête, les joues, le menton, la
gorge d’un beau noir à reflets bleu violacé (vertes chez les formes précédentes).
Le rabat foncé de la gorge suffit pour le différencier des deux autres. Le
collier blanc, très étroit coupe le dessus du cou. Ses ailes sont aussi longues que
celles de X. xenopirostris et sa queue aussi courte que celle de X. damii.
voi:
Les Xenopirostris sont tr ins des Vangas. Ils fréquentent les buissons
épineux et les petits arbres. Ils se tiennent en général sur un perchoir bien en
vue. Ils semblent peu agiles. On les rencontre souvent par couple, rarement
en petits groupes. O. Arrerr (1970 a) en a observé un groupe de huit qui était
peut-être familial.
Distribution — Mœurs : X. xenopirostris est un oiseau peu commun dans
la végétation épineuse des sols sableux du Sud et du Sud-Ouest. Selon
O. Aprerr (1968 a) les forêts fréquentées par cette espèce sont d'habitude
assez denses et contiennent une forte proportion d'arbres ou d’arbrisseaux à
branches mortes. Ce serait le seul Vangidae de la région du Mangoky à être
restreint aux zones subdésertiques.
X. damii est une espèce rare qui avait été collectée dans le Nord-Ouest
(baie de Passandava). Il ne semble exister que dans la forêt de l’Ankarafantsika
où l’on vient d'en retrouver quelques exemplaires (près du lac Ampijoroa).
X. polleni est une espèce rare dans la forêt orientale. Il a été trouvé en
forêt Sihanaka et dans la région centrale (forêt de Tsarafidy, district d’Ambo-
himahasoa).
Les Xenopirostris se nourrissent surtout d’Insectes qu'ils chassent à l'affût.
Source : MNHN, Paris
232 PH. Miro ET AL.
Quelques observations intéressantes ont été faites récemment par
O. Arrerr (1970 a) sur la manière dont se nourrit X. xenopirostris. Cet animal
recherche sa nourriture sur le bois sec ou pourri, généralement les branches
assez grosses. Son bec puissant lui permet d'enlever l'écorce pour manger
les larves qu’il trouve en dessous. Pour ce travail, il se tient parfois la tête
en bas. Un oiseau a aussi été vu en train de manger une Chenille après l'avoir
écrasée en la frappant pendant longtemps sur une branche. Selon O. APPERT,
cet animal occupe donc une niche écologique très particulière en recherchant
très activement sa nourriture dans le bois mort ce qui la différencie des Falculea
qui ne travaillent pas pour rechercher les larves.
Le cri est décrit par O. APperT comme très agréable à entendre. C’est
une sorte de sifflement qu’on peut imiter par les syllabes « Tsi-uu ». O. APPERT
a observé un nid en novembre dans une forêt de Didiereaceae. La femelle cou-
vait le 7 décembre. Le nid était à 5 m du sol, construit avec un peu de feuilles,
de racines et de fibres d’écorces collées par des toiles d’Araignée. La femelle
n’était pas farouche et il a dû l'enlever du nid pour regarder les œufs. Il n’y en
avait que deux mais la ponte n'était probablement pas complète.
L'œuf est rouge clair avec des taches longitudinales gris rouge.
* Euryceros prevostii Lesson
(pl. 17, fig. 6)
Euryceros prevostii Lesson, 1830, Cent. Zool., p. 217 (Tintingue).
Euryceros prevostii ; HarrLaun, 1877 : 198; A. MILNE-Enwarps et A. GRANDIDIER,
1885 : 435 ; Deracour, 1932 : 76, n° 214 ; RanD, 1936 : 467 ; Gmiveaun, 1961 D : 52.
Areocharis prevostii ; ScLATER, 1924 : 606 ; LAVAUDEN, 1937 : 130.
Siketribe. — Eurycère de Prévost. — Helmet Bird.
Identification : 28 em. L’Eurycère de Prévost est une espèce très remar-
quable par son bec volumineux en forme de casque. La tête, le cou, les ailes
et la queue, sauf les deux plumes médianes, sont noirs à reflets violacés. La
face inférieure est noire, le reste du corps brun roux vif. La femelle légèrement
plus petite que le mâle ‘a le bec légèrement moins fort. Les pattes sont noires
et le bec, noir chez le jeune, devient progressivement bleu à partir de la base,
puis bleu foncé chez l'adulte.
C'est un oiseau de grande forêt. Il n’a jamais encore été observé en zone
dégradée. Il se déplace à faible hauteur dans les arbres, sur le haut des col-
lines et souvent en petits groupes de deux à six. Il est généralement mêlé à de
nombreux Leplopterus viridis, des Tylas, parfois un Oriola et à d’autres espèces.
Son cri est voisin de celui du Schetba rufa. Son vol est lourd et bruyant.
Distribution — Mœurs : C'est une espèce assez commune dans les forêts
du Nord-Est de l’île. Nous l’avons observé à Fampanambo (près de Maroant-
seträ) à partir de 250 m dans la forêt dense. Il a été observé dans la forêt au
Source : MNHN, Paris
OisEAUx 233
Marojejy par P. GriveauD (1961 b). Il existe aussi dans la forêt de la pres-
qu’île de Masoala entre 500 et 700 mètres où il est assez facile à observer.
Il se nourrit d’Insectes et de petits Vertébrés qu’il chasse à l'affût comme
les Vangas. Un contenu stomacal contenait des Sauterelles, des élytres de
Coléoptères et probablement des restes de Phasmes.
* Galicalicus madagascariensis (Linné)
(pl. 17, fig. 1 et 2)
Lanius madagascariensis Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12e édit., p. 137, n° 22 (Mada-
gascar).
Calicalicus madagascariensis ; HarrLaUB, 1877 : 186 ; A. Mizxe-Enwanps et A. GRaN-
Dinier, 1885 : 440 ; S er, 1924 : 606 ; DELavouR, 1932 : 74, n° 209 ; RAD, 1936 : 464 ;
LAVAUDEN UD, 1961 a: 41 ; Appenr, 1968 a : 12, 1970 a : 102; SALVAN
1972 b : 169.
Kiboala. — Calicalic malgache. — Red-Tailed Vanga. — Rotschwanz-
vanga.
Identification : 14 em. Ces petits Vangidae très actifs sont aisés à identifier
par leurs couleurs contrastées et leur comportement. Le mâle adulte a le dessus
du corps gris brun, une tache blanche sur le-front et les épaules brun roux.
Le cou, la gorge et la bordure de plumes autour de l'œil sont noirs. Le dessous
du corps est blanc, et la queue brun rouge. La femelle et le jeune ont le dessus
du corps gris vert, la bordure de plumes autour de l'œil blanche, pas de tache
blanche sur le front ni de tache rousse sur l'épaule et le dessus du corps rous-
sâtre. Les pattes sont grises et le bec noir et court.
Ils vivent dans la forêt près de la cime des arbres, généralement en bandes
mêlés à d’autres espèces et émettent de nombreux cris pendant qu'ils se
déplacent.
Distribution — Mœurs : Le Calicalic est abondant dans les forêts autour
de l'île, Il est moins commun dans les zones les plus sèches et manque seule-
ment dans l'extrême Sud-Ouest. Il a été observé jusqu’à 2 000 m sur le T
ratanana (P. GRIVEAUD, comm. pers.). Comme le fait remarquer A. L. RanD
(1936), il est absent de certaines localités de son aire de dispersion sans qu'on
puisse en expliquer la raison.
Par leur type de chasse ces oiseaux présentent une certaine convergence
avec les Mésanges. Ils sont, en effet, très actifs et se déplacent le long des
branches qu'ils explorent méthodiquement pour y chercher des Insectes.
La reproduction a lieu d'août à novembre. Selon O. Arrert (1970 a),
qui a observé un nid à environ 12 m de haut dans un arbre (photo. pp. 103
et 104), les deux parents participent à la construction du nid (pendant qu'ils
l'édifiaient un Dicrurus venait au fur et à mesure le piller). Ils couvent alter-
nativement. Le nid contient deux œufs bleu verdâtre avec des taches brun roux.
Source : MNHN, Paris
234 PH. MILON ET AL.
* Falculea palliata I. Geoffroy Saint-Hilaire
(pl. 17, fig. 8)
Falculea palliata 1. Geofiroy Saint-Hilaire, 1835, Bull. Soc. Sci. nat. France, juin, n° 5,
p. 115 (Madagascar).
Falculea palliala ; HanrLaus, 1877 : 86 ; À. Mix
304.
Faleulea palliata ; Scvater, 1924 : 671; Deracoun, 19
467 ; LAVAUDEN, 1937 : 134 ; Arpenr, 1968 a : 114, 1968
DWARDS et A. GRANDIDIER, 1881 :
2 : 76, n° 215 ; RaND, 1936,
7, 1970 a : 114.
Voronzaza (oiseau bébé). — Falculie mantelée. — Sicklebill. — Sichel-
vanga.
Identification : 32 cm. C'est un oiseau remarquable par son grand bec
(7 cm) recourbé vers le bas, son plumage noir et blanc et ses cris très caracté-
ristiques. Sa tête, son cou et le dessous de son corps sont blancs. Son dos, ses
ailes et sa queue sont noirs à reflets bleus. Ses pattes et son bec sont gris pâle.
On rencontre les Falculies dans les régions boisées et les savanes denses.
Elles vivent en bandes de 10 à 25 et plus, sauf pendant la période de repro-
duction. Selon O. Appert (1970 a) elles peuvent se réunir la nuit en groupe
de 30 à 40. Ce sont des oiseaux peu sauvages, remarquables par leurs cris très
variés, stridents et parfois plaintifs, rappelant les vagissements d'un nour-
risson. Si on les approche, elles poussent parfois aussi des cris de colère, sortes
de « kra-kra-kra.… » répétés et sonores.
On les rencontre souvent en compagnie de Leptopterus viridis.
Distribution — Mœurs : Les Falculies sont des oiseaux communs dans
les régions boisées de l'Ouest et du Sud où elles fréquentent souvent les Bao-
babs. Nous en avons observé aussi dans les mangroves de la côte Nord-Ouest
ainsi que dans les savanes boisées du Nord. Elles vivent aussi dans le Nord-
Est jusqu'au niveau de Sambava (A. P AS, comm. pe!
R
Comme le fait remarquer V. D. VAN SOMEREN (1947), les Falculea par
leur long bec courbe et leur allure ressemblent aux Phoeniculidae africains,
mais ce n’est là qu'une convergence intéressante.
Elles volent de branche en branche, grimpent le long des troncs et adoptent
toutes les positions possibles sur ou sous les branches pour chercher les Insectes
qu'elles capturent dans les trous ou les fentes avec leur long bec recourbé.
Comme le fait remarquer O. Arr (1970 a), elles peuvent parfois frapper les
branches avec le bec, presqu'à la manière des pics mais ne savent pas arracher
les écorce en avons observé se faire assaillir par des Dicrurus ou
d’autres espèces d'oiseaux qui leur volaient souvent leur proie, dès qu’elles
avaient réussi, parfois après beaucoup de mal, à l’extraire. Ces espèces peuvent
peut-être ainsi survivre grâce à cet oiseau dans les périodes d'extrême sécheresse.
Les Falculies sont passionnantes à observer lorsqu'elles cherchent les
tes sous les écorces : elles peuvent prendre des proies très variées et s’agrip-
pent sous les branches pour mieux enfoncer leur long bec dans les trous ; si
In:
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 235
les proies sont gro: (larve de forte taille ou lézard) elles les tiennent avec
une patte pour les déchiqueter avec le bec. Il est intéressant de remarquer
que, vu la curieuse absence de Pics à Madagascar, ces oiseaux sont les seuls
avec Hypositta corallirostris à exploiter systématiquement, pour leur nourri-
ture, les Insectes vivant dans les trous des branches. L’Aye-Aye (Daubentonia
madagascariensis), parmi les Lémuriens, est adapté grâce à son doigt filiforme
(3° doigt) et ses incisives puissantes à un même mode de nourriture. Nous
pensons avec E. L. Moreau (1966) que les Falculea et les Hypositta sont pro-
bablement insuffisants pour remplir les niches écologiques occupées par de
nombreuses espèces de Pics ailleurs et c'est peut-être ce qui explique la pré-
sence du Aye-Aye à Madagascar.
La reproduction a lieu de septembre à novembre. Le nid est plat, fait
d'un amas grossier de brindilles et placé souvent très haut dans un arbre qui
est fréquemment un Adansonia (entre 6 et 20 mètres selon O. Arrerr). Ce
nid, selon O. APrerr, est assez mal fait, contrairement à celui des autres Van-
gidae, et ressemble en plus petit à un nid de Corbeau ou de Rapace. Les deux
adultes participent à sa construction en octobre-décembre et, pour le faire,
cassent souvent de petites branches dans les arbres. O. APperr a trouvé 4 œufs
blanc crème avec des taches grises et rouges dans un nid.
Les jeunes sont nourris par les parents longtemps après leur envol du
nid, ce qui pourrait s'expliquer par le long apprentissage nécessaire à leur
type de chasse.
*Hypositta corallirostris (A. Newton)
(pl. 17, fig. 14 et 15)
. Newton, 1863, Proc. Zool. Soc. London, 1863, p. 85.
HarrLaus, 1877 : 105.
A. Miie-Epwarps et A. GRaNDIDIER, 1881 : 318 ; SCLATER,
77, n°216 ; RAND, 1936 : 468 ; LAVAUDEN, 1937 : 131 ; SALVAN,
Hypherpes corallirostris
Hypherpes coralliros
Hypositta corallirostr.
1924 : 714 ; DeLacour, 19:
1970 : 200.
Sokodidy (qui tourne). — Sittelle malgache. — Madagascar Nuthatch
ou Coral-billed Nuthatch.
Identification : 15 cm. La Sittelle malgache, de couleur a discrète
se remarque surtout par son comportement. Le mâle est entièrement gris
bleu foncé ; la femelle, plus terne, a le front, les sourcils, les joues et le dessous
du corps brun vert. Les pattes sont grises et le bec rouge vif. Cet oiseau, classé
jadis parmi les Siftidae, a été récemment, à la suite de considérations anato-
miques, rattaché aux Vangidae (J. Dorsr, 1960).
Les Sittelles sont tr
humides de la grande forêt. Elles grimpent en spirale le long des troncs qu'elles
inspectent méthodiquement pour chercher les Insectes sur les écorces ou dans
les trous. On en rencontre souvent deux ou trois au milieu des bandes d'oiseaux
de diverses espèces dans la forêt. Leur vol est court et rapide.
actives et se rencontrent surtout dans les parties
Source : MNHN, Paris
236 PH. MILON ET AL.
Distribution — Moœurs : Ce sont des oiseaux assez communs dans toutes
les forêts de l’Est et dans les derniers restes de forêts des plateaux. Elles sont
plus rares près des côtes.
A l'exemple des Sittelles européennes, elles explorent les trous et fouillent
les interstices des écorces où se cachent les insectes. Elles semblent cependant
incapables de se déplacer de haut en bas comme le font les vraies Sittelles.
Si ces oiseaux n’appartiennent pas au groupe des Sittelles ils représentent
une convergence étonnante avec ces derniers aussi bien par leur morphologie
générale que par leur genre de vie. Ce sont les seuls oiseaux malgaches avec
les Falculea palliata à chercher leur proie systématiquement dans les trous
des branches et des vieux troncs.
Leur reproduction a lieu en août-septembre.
* Tylas eduardi Hartlaub
I. 16, fig. 9)
Tylas eduardi Hartlaub, 1862, Proc. Zool. Soc. London, 1862, p. 152 (Madagascar).
Tylas eduardi ; Harriaus, 1877 : 142; DeLacoun, 1932 : 69, n° 197; Aprerr, 1968
a : 14, 1970 a : 113.
Tylas eduardi typicus ; A. Mixe-Enwarps et A. GraNDipier, 1881 : 377.
Tylas eduardi eduardi ; RaND, 1936 : 457 ; LAVAUDEN, 1937 : 123.
Tylas albigularis Hartlaub (ex ScuurGeL), 1877, Vog. Madag., p. 143.
Tylas eduardi var. madagascariensis ; A. Miixe-Enwarps et À. GranDiDIER, 1881 : 377.
Tylas eduardi albigularis ; RAND, 1936 : 457 ; LAVAUDEN, 1937 : 123.
Tylas-Vanga ou Kinkimavo. — Bulbul à tête noire.
Identification : 24 cm. Le plumage de T. eduardi est très variable, mais
c'est un oiseau facile à reconnaître : le dessus du corps est gris, le dessous
jaune roux avec un collier blanc. Les pattes sont noires. Le mâle adulte a la
tête et la gorge noires. La femelle et le jeune ont une couronne plus ou moins
grise et la gorge plus ou moins rayée de blanc, parfois toute blanche. Cet oiseau,
encore souvent appelé «bulbul», était précédemment rattaché aux Pycnono-
lidae. I a été inclu récemment (J. Dorsr 1960 c) dans le groupe des Vangidae
en se basant sur des caractères anatomiques.
On distingue deux sous-espèces : T. e. eduardi Hartlaub et T. e. albigu-
laris Hartlaub, de teinte plus pâle et au ventre entièrement blanc.
Distribution — Mœurs : C'est un oiseau de forêt commun dans l'Est,
depuis Andapa jusqu'à Ivohibe et Vondrozo ; rare dans l'Ouest où l’on trouve
la sous-espèce plus pâle T. e. albigularis. Il existe aussi dans la région du Man-
goky, dans le Sud-Ouest mais semble y être très rare (0. Apperr 1968 a).
Il a été observé dans la région centrale près de Tsarafidy (district d’Am-
bohimahasoa) (P. GRIVEAUD, comm. pers.).
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 237
Ses mœurs sont assez voisines de celles de Coracina cinerea : il se nourrit
essentiellement d’Insectes, mais aussi de graines diverses. On le rencontre sou-
vent en bandes dans des groupes mixtes comprenant des Cyanolanius, Bernieria,
Zosterops, Coracina, etc.
La reproduction semble avoir lieu en août-septembre dans l'Est.
FAMILLE DES STURNIDAE
(Étourneaux)
La famille des Sturnidae comprend des Oiseaux robustes, de taille moyenne,
aux ailes généralement pointues, au plumage à aspect souvent plus ou moins
métallique et aux pattes en général robustes. Ils volent avec aisance, mais
marchent et courent souvent sur le sol. Les Sturnidae ont en général une voix
très développée et des facultés psychiques remarquables qui en font un des
groupes les plus élevés des Oiseaux. Presque tous sont sociaux. Ils sont surtout
frugivores, mais leur nourriture peut être variée et ils sont souvent voraces et
hardis. Plusieurs espèces, remarquées pour leur utilité surtout comme destruc-
teurs d’Insectes, ont été introduites en diverses régions du globe, mais il s’y
sont souvent implantés au détriment d’autres espèces autochtones. C’est le
cas d’Acridotheres tristis (Martin triste), qui a été importé à Madagascar.
Plus de 120 espèces vivent dans les régions tempérées et surtout tropi-
cales de l'Ancien Monde. Une espèce se rencontre à Madagascar en plus du
Martin triste importé. Cette faible représentation des Sturnidae dans l’avifaune
malgache est assez curieuse. Il en existe, en effet, une douzaine d’espèces dans
la plupart des territoires africains. Comme le fait remarquer E.L. MoREAU
(1966), ce fait est à mettre en parallèle avec le relativement très petit nombre
d'oiseaux frugivores dans la faune malgache. C’est dans ce groupe des frugi-
vores que se remarque l'absence de plusieurs types d'oiseaux africains et il
faut peut-être en rechercher la raison, dans l'abondance de la faune mamma-
lienne frugivore, qui a occupé à ce point de vue toutes les niches écologiques
disponibles.
*Hartlaubius auratus (P.L.S. Müller)
(pl. 18, fig. 10)
Turdus auratus P.L.S. Müller, 1776, Syst. nat., suppl., p. 140 (Madagascar).
Hartlaubia madagascariensis ; HARTLAUB 1877 : 207.
Hartlaubius madagascariensis ; A. MiiNe-Enwars et A. GranDibiE, 1881 : 311.
Harllaubius auratus ; ScLATER, 1924 : 654 ; LavaUDEN, 1931 : 131 ; DeLacour, 1932:
82, n° 230; RanD, 1936 : 494.
Vorontainaomby (oiseau qui va dans les bouses de bœufs). — Étourneau
malgache. — Madagascar Starling.
Identification : 20 em. Le mâle adulte a le dessus du corps brun roux,
plus sombre sur la tête. Les plumes des ailes et de la queue sont bleues à reflets
Source : MNHN, Paris
238 Pu. MioN Er AL.
métalliques verts. Une bordure blanche bien visible longe le bord externe
des plumes des ailes et des deux plumes externes de la queue ; la poitrine et
les flancs sont brun roux clair et le ventre est blanc. La femelle et le
jeune ont un plumage plus clair et plus terne.
Ce sont des oiseaux peu sauvages, faciles à observer. Ils sont sociables
et on observe souvent des troupes de 4 à 20 individus ou parfois beaucoup plus
importantes. Ils se tiennent dans le haut des arbres mais souvent en lisière de
forêt, toujours dans les endroits humides, près des cultures ou au voisinage
des troupeaux.
Distribution — Mœurs : Les Étourneaux vivent dans les régions boisées
de l'Ouest et de l'Est, jusqu'à Tsiandro dans le Sud-Ouest et à la Montagne
d'Ambre. Selon D. Amapon (1956) cet oiseau aurait des affinités asiatiques
avec le genre Saroglossa mais, comme le pense E.L. Moreau (1966), ces deux
genres sont proches du genre Cinnyricinclus, qui est autant africain qu’oriental.
Ils se nourrissent de fruits et d’Insectes.
La reproduction a lieu de septembre à novembre.
Le nid est généralement fait dans un trou d’arbre.
La ponte est d’un œuf bleu clair taché de brun rouge.
Acridotheres tristis tristis (Linné)
(pl. 18, fig. 9)
Paradisea tristis Linné, 1766, Syst. nat., tome I, 12° édit, p. 167, n° 3 (Habitat in
Philippinis).
Acridotheres tristis ; HanrLaun, 1877 : 400 ; Scuaren, 1924 : 654 ; LAVAUDEN, 1937 :
131 ; Mon, 1951 a : 67 ; Himox, 1952 : 102 ; Vanon, 1953 : 241 ; R. PauLIAN, 1960 : 93 ;
SaLvAN, 1970 : 201.
Acridotheres fristis lristis ; DeLacour, 1932 : 83, no 231; RanD, 1936 ; 494.
Martaina. — Martin triste. — Indian Myna.
Identification : 21 em. C'est généralement un oiseau très bruyant que l’on
remarque avant tout par ses cris. Son corps est brun roux. Le dessus de la
tête est noire. Ses ailes et sa queue sont noires, à l'extrémité bordée de blanc.
Son bec et ses pattes sont jaunes.
C'est une espèce familière qui fréquente tous les lieux habités de la côte
Est. À certains endroits, le Martin triste est cependant très méfiant et, bien
qu'il signale sans cesse sa présence, ne se laisse pas facilement approcher, sachant
se préserver, mieux que la plupart des oiseaux malgaches, de la fronde des
enfants. Ses cris très variés, pouvant devenir agréables, s'entendent surtout
le soir mais parfois toute la journée, en juillet quand se forment de grandes
bandes.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 239
Distribution — Mœurs : Le Martin est une espèce asiatique récemment
introduite par l’homme à Madagascar. Cet oiseau, originaire de la région in-
dienne, est nettement en voie d'extension sur le continent asiatique. C'est
sans doute l'oiseau le plus universellement répandu aux Indes, particulièrement
aux abords des habitations humaines et il est rare de traverser une rue d’une
ville quelconque de ce pays sans en voir et en entendre quelques-uns. C’est du
mot hindoustani que lui vient le nom de Myna que lui ont donné les Anglais.
Le Martin est incapable de voler loin et si on le trouve maintenant dans
de nombreuses régions sur le pourtour de l'Océan Indien, à Maurice, à la Réunion
c'est qu'il ÿ a été introduit. C'est le Gouverneur général de Bourbon, en 1750,
qui le premier en fit venir quelques paires de l'Inde pour détruire les Saute-
relles. C’est depuis la Réunion que cet oiseau a certainement été introduit à
Madagascar au siècle dernier.
En 1879, A. GraNDipier le mentionnait comme très commun autour de
Tamatave. En 1930, A. L. Ranp le signalait commun de Tamatave à Bricka-
ville et annonçait sa présence à Fénérive et à Maroantsetra où J. VADoN en
observait une petite colonie en 1953. Il y est maintenant très commun. En
1948, il s'avançait vers Tananarive le long de la voie ferrée jusqu'à Mouneyres
(alt. 76 m). Il est actuellement à Rogez. En 1952, il a été signalé à Mananjary,
Manakara, Vohipeno, Vatomandry. Selon N. S. MALCOLM (comm. pers.), il est
maintenant commun à Farafangana et le long de la route vers Ihosy. Cette
extension semble être favorisée par les habitants : les Hindous aiment cet
oiseau familier dans leur pays et le conservent souvent apprivoisé, le trans-
portant avec eux. Cette dispersion semble aussi liée à l’extension des Ravenala.
Plusieurs essais d'introduction en d’autres points de Madagascar ont, en outre,
été tentés volontairement pour la destruction des Insectes. C'est ainsi, que
plusieurs couples ont été introduits à Ambanja sur la côte du Sambirano en
1957-1958, et plus récemment à Nossi Be. Il a été vu en 1969 par A. PEYRIERAS
(comm. pers.) à Amboasary et à Berenty sur des Baobabs dans les plantations
de Sisal.
Cet oiseau, en fait, ne semble pas aimer l'altitude ni la forêt, et son exten-
sion est une sorte de test de déforestation. Il paraît lié à la civilisation et affec-
tionne les villes, les régions cultivées, les jardins et vergers. L'extension de sa
répartition est un phénomène intéressant et facile à suivre.
Sa présence a malheureusement une influence néfaste sur la faune mal-
gache, car il entre en compétition avec d’autres oiseaux pour la recherche des
trous d’arbres et de sa nourriture. Il remplace notamment le Garde-bœuf qui
se raréfie et on le voit de plus en plus souvent marchant, à la manière de ce
dernier, près des zébus, pour profiter des Sauterelles qu'ils dérangent en brou-
tant.
La reproduction a lieu de novembre à décembre,
Le nid est fait d'une accumulation de brindilles, plumes, morceaux de
papier et débris divers. Il est souvent installé à 5 ou 6 m de haut sous les ché-
Source : MNHN, Paris
240 Pa. MILON ET AL.
neaux des bâtiments, dans des nichoirs artificiels, dans des trous d’eucalyptus
ou à l’aisselle d’une feuille de cocotier.
La ponte est de trois à quatre œufs brillants, bleu turquoise.
FAMILLE DES NECTARINIIDAE
(Souimangas)
Les Nectariniidae forment un groupe d'oiseaux très caractéristique par
la constitution tubuleuse et bifide de leur langue, par leur régime en grande
partie insectivore, par leur taille réduite, leur bec long, fin et pointu et l’éclat
métallique fréquent du plumage des mâles qui peut superficiellement les faire
ressembler aux Colibris (Trochilidae) d'Amérique.
Cette famille assez importante se rencontre dans les régions tropicales
et subtropicales de l'Ancien Monde jusqu'en Australie. Deux espèces vivent
à Madagascar.
Neodrepanis coruscans et N. hypoxantha, qui ressemblent, semble-t-il
par convergence, à un Nectariniidae et qui étaient jadis classés dans cette
famille, sont maintenant considérés comme des Philepittidae.
* Cinnyris souimanga (Gmelin)
1. 16, fig. 4 et 5)
Certhia souimanga Gmelin, 1788, Syst. nat., tome I, part.
gascar).
Neclarinia souimanga ; HARTLAUB, 187
1881 : 277.
Cinnyris souimanga ; SaLVAN, 1972 b : 164.
Cinnyris souimanga souimanga ; Scraten, 1924 : 693 ; DeLacour, 1932 : 77, ne 218 ;
LAVAUDEN, 1937 : 132 ; MiLoN, 1951 b : 173 et 177 : Giveaun, 1961 D: 52 ; ALBIGNAG, 1970 :
, 226 et 227.
Cinnyris sovimanga sovimanga ; RaxD, 1936 : 470.
p. 471. (Habitat in Mada-
87 ; A. MiNE-EpwanDs et A. GRANDIDIER,
Cinnyris souimanga apolis Hartert, 1920, Novit, Zool, XXVII, p. 428 (côte Ouest de
Cinnyris souimanga apolis ; Sex.
EN, 19.
8, n° 219 ; LavaU-
ER, 1924 : 693 ; DELacoUR, 1932
132 et 179 ; GmiveauD, 1971 a :
sovimanga apolis ; RAND, 1
Nectarinia souimanga apolis ; MiLoN, 19
Soy ou Sobitiky. — Souimanga malgache. — Souimanga Sunbird.
Identification : Le mâle de ce petit Souimanga se distingue généralement
aisément du Souimanga angaladian par son cri, sa taille et sa couleur mais
les femelles et les jeunes sont parfois plus difficiles à différencier. Le mâle
(12 cm) a la tête, le cou, le haut du dos et la gorge vert métallique à reflets
Source
: MNHN, Paris
OIsEAUx 241
violets, un collier brun roux sous la gorge, la poitrine brunâtre, le ventre jaune,
une tache jaune sur l'épaule et le dos gris vert. Les pattes sont noires. La
femelle (11 cm) a un plumage plus terne; le dessus du corps gris vert, le
dessous jaunâtre plus sombre sur la gorge et des pattes noirâtres. On peut
différencier deux sous-espèces C. s. souimanga (Gmelin) et C. s. apolis Hartert,
au plumage plus. grisâtre avec le dessous du corps blanc jaunâtre et des touftes
pectorales jaune pâle.
Ce sont de petits oiseaux très actifs que l’on rencontre souvent en groupe
de 4 ou 5 associés avec des bandes d’autres espèces. Ils cherchent les Insectes
sur les branches et les feuilles. Très attirés par les arbustes en fleur, on en voit
parfois une vingtaine autour de la même plante. Comme les Trochillidae, ils
restent sur place en battant rapidement des ailes devant les fleurs. Dans la
forêt, ils fréquentent souvent le sommet des arbres. Peu craintifs ils viennent
jusque dans les jardins. Leur vol rapide est peu soutenu. Ils émettent très
fréquemment de petits cris d'appel : « Soui-soui ».. caractéristiques, souvent
suivis de petites notes cristallines « tifitifiti tititi ti ti ». Ce cri, très fréquent,
est très typique des forêts malgaches. On l'entend à peu près à toute heure
même quand les autres oiseaux se taisent.
Le Souimanga malgache est plus commun que le Souimanga angaladian
sauf sur les Hauts-Plateaux.
Distribution — Mœurs : C. s. souimanga est très commun dans l'Ouest
et l'Est, aussi dans les mangroves de la côte. C’est un oiseau de forêt mais il
ccommode aussi bien des broussailles que de la brousse et des plaines.
Nous l’avons vu jusqu’à 2200 m sur l'Ankaratra et il a été observé à 2200 m
sur le Tsaratanana (ALBIGNAC, 1970). Selon C. W. BENSON (comm. pers.), on
rencontre aussi cette sous-espèce aux îles Glorieuses.
apolis est commun dans les bois et les régions couvertes de buissons
des régions subdésertiques du Sud.
Le Souimanga malgache se nourrit essentiellement de petits Insectes et
de nectar.
Sa reproduction a lieu en septembre-octobre dans l'Est (pendant les
mois les plus secs) et pendant les mois les plus humides dans l'Ouest.
Le nid est souvent construit à faible hauteur, 0,50 m à 2 m, dans un buis-
son par la femelle pendant que le mâle chante (A. L. Ranp, 1936 ; Ph. MILON,
1949). Il est en forme de poire à ouverture latérale avec un toit se prolongeant
au-dessus de l'entrée. La pluie ne peut pas le traverser. Ses parois, solides,
sont faites de fibres de mousse ou d'écorces reliées par des toiles d’Araignées.
Il est tapissé de duvet végétal solidement amarré par des câbles de soie animale.
Seule, la femelle couve et nourrit les jeunes ; parfois le mâle leur apporte de
la nourriture, mais il la leur donne hors du nid.
La ponte est de deux ou trois œufs blanchâtres tachetés de gris brun.
Source : MNHN, Paris
242 PH. MILON ET AL.
* Cinnyris notatus (P.L.S. Müller)
pl. 16, fig. 2 et 3)
Certhia notatus P. L. S. Muller, 1776, Syst. nat., suppl., p. 99 (Madagascar).
Nectarinia notata ; A. MiiNe-Enwarps et A. GRANDIDI 283.
Cinnyris notatus notatus ; ; 1924 : 688 ; D 7, n° 217; Ranp,
1936 : 469 ; MiLoN, 1951 b :
Cinnyris notatus ; Apr
a
1968 e : 8; SALVAN, 1972 D : 164.
Soy-mangavola.
bird.
Identification : Le mâle (14 cm) se distingue aisément de l'espèce précé-
dente par son cri, ses couleurs foncées et sa taille plus forte. Il a la tête, le cou,
la gorge, le dos et les sus-caudales vert doré brillant à reflets bleus et violets. Un
collier bleu métallique foncé orne la poitrine. Le reste du plumage est bleu
noir. Les pattes sont noires. La femelle et le jeune sont plus ternes. La femelle,
légèrement plus petite que le mâle, est parfois difficile à distinguer de la femelle
de l'espèce précédente. Elle a le dessus du corps brun vert, le dessous jaune
taché de brun sur la gorge et la poitrine, plus pâle chez les individus des régions
les plus méridionales. Les pattes sont noirâtres.
Souimanga angaladian. — Madagascar Green Sun-
Ce gros Souimanga fréquente surtout les clairières et les bananeraies
mais aussi la forêt dense. Il est très actif. Il se perche en haut des arbres, se
tient souvent près des fleurs de bananiers et peut pénétrer dans les fleurs à
corolles très allongées pour sucer le nectar, Dans l'Ouest il fréquente souvent
les fleurs de baobab.
Le cri d'appel est une sorte de « Chip-chip » très fréquent qui est un bon
moyen de différencier cette espèce de la précédente.
Distribution — Mœurs : C'est un bel oiseau assez commun dans la forêt
et la végétation basse de l'Est (jusqu'à 1 700 m sur le Tsaratanana) et de
l'Ouest. Il est surtout commun dans la plaine côtière de l'Est. On en observe
sur les plateaux, même à Tananarive. Il est rare dans le Sud.
Il se nourrit de nectar mais aussi d’Insectes et de petites Araignées qu'il
capture en explorant systématiquement les branches et les feuilles.
‘Sa reproduction a lieu d'août à novembre,
Le nid, construit dans un endroit abrité, est, comme celui de l'espèce
précédente, en forme de poire à ouverture latérale (photogr. dans Aprerr
1968 e : 9). Il est fait de débris végétaux et animaux solidement unis par des
toiles d’Araignées, et suspendu à faible hauteur (2 à 4 m) à l'extrémité de
petites branches par des câbles de soie animale.
La ponte est de deux œufs brun vert plus où moins foncé.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 243
FAMILLE DES ZOSTEROPIDAE
(Zosterops)
La famille des Zosteropidae comprend des petits oiseaux aux mœurs
discrètes et à la pigmentation terne. La plupart sont nettement caractéri
par le cercle de plumes blanches qui entoure l'œil et qui les a fait nommer
« Oiseaux à lunettes ».
Ils ont le même genre de vie que les petits Sylviidae, se faufilant au milieu
des buissons à la recherche d’Insectes et de petits fruits mais ils s’en différen-
cient facilement par leur allure beaucoup plus calme.
On les rencontre dans toutes les régions tropicales de l'Ancien Continent,
mais ils sont surtout abondants en Océanie. Une espèce vit à Madagascar.
E. L. Moreau (1966), en cherchant les variations de cette famille de Passereaux,
a montré que dans l'Océan Indien et en Afrique la longueur des ailes croît
avec la température maximum du milieu, décroît avec chaque élévation de
la température minimum du milieu et croît avec l'altitude. Il existe, en outre,
une corrélation étroite entre la longueur du bec et celle de l'aile. La coloration
tend à foncer avec l'humidité.
*Zosterops maderaspatana (Linné)
(pl. 16, fig. 1)
Motacilla maderaspatana Linné, 1766, Syst. nat., Lome I, 12e édit, p. 334, n° 28 (Habi-
fat in Madagascar).
Zosterops madagascariensis ; HarrLauB, 1877 : 120 ; A. Mrine-
pinier, 1881 : 291.
Zosterops maderaspatanus ; SALVAN, 1972 b : 164.
Zosterops madaraspatanus madaraspatanus ; ScLarer, 1924 : 678; RanD, 1936 : 473.
Zosterops madaraspatana madaraspalana ; DeLacour, 1932 : 78, n° 221 ; LAVAUDEN,
1937 : 132.
Zosterops m. maderpatana ; ALBIGNAG, 1970 : 223.
EpwarDs et A. GRAN-
Zosterops maderaspatana ampotakae Salomonsen, 1934, Proc. Zool. Soc. London, 1934
{part 1], p. 222 (Madagascar Sud-Ouest, Ampotaka).
Zosterops maderaspatanus ampotakae ; RaND, 1936 : 474 ; LavauDEn, 1937 : 132 et 181.
Zosterops maderaspatana analoga Salomonsen, 1934, Novit. Zoo, XXXIX, p. 208
(massif de l’Ankatatra, Manjakatompo).
Zosterops maderaspatana analoga ; LAVAUDEN, 1937 : 132 et 182.
Zosterops maderaspatanus analoga ; RAND, 1936 : 474; Miro, 1951 b : 173 et 178.
Zosterops hovarum Tristram, 1887, Ibis, 1887, p. 234.
Ramanjerika ou Fotsy-maso. — Zostérops malgache. — Madagascar
White-eye.
Identification : 11 em. Ce petit oiseau est toujours très facile à reconnaître
grâce à ses « lunettes » formées d’un cercle de plumes blanches bien visible
autour des yeux. Le dessus du corps est vert jaune sauf les plumes des ailes
qui sont brunes bordées de vert et celles de la queue qui sont brunes. Le men-
Source : MNHN, Paris
244 PH. MizON ET AL.
ton, la gorge et les sous-caudales sont jaunes, la poitrine et l'abdomen gris
clair. Les pattes sont noirâtres.
De légères différences dans la teinte du plumage ont permis à F. SaLo-
MONSEN (1934) de différencier trois sous-espèces : Z.”m. maderaspatana, Z.
m. ampotakae, de teinte générale plus claire et au bec un peu plus fin et Z. m.
analoga, très semblable à la sous-espèce nominative, mais dont la teinte de la
gorge est plus soutenue. R. E. MorEAU (1957) ne reconnaît qu’une seule de
ces trois sous-espèces.
Une « forme » hovarum (Z. hovarum Tristam), très différente, décrite sur
un seul spécimen, présente une couleur grise sur le dessus du corps, blanche
et fauve en dessous, sans trace de vert ni de jaune. Ce spécimen, qui était
conservé au Musée de Liverpool, a été détruit durant la Seconde Guerre mondiale
(C. W. BENSON, comm. pers.).
On trouve très souvent les Zosterops en compagnie de Newtonia, Neo-
mixis, Cinnyris, Bernieria, etc. en haut des arbres ou dans les buissons. Ils
restent toujours au milieu de la végétation mais sont peu farouches et se laissent
observer. Assez bruyants, ils émettent des « Tsei-Tsei » continuels caracté-
ristiques, même parfois en volant.
Distribution — Mœurs : Les Zosterops sont communs dans toutes les
régions boisées de l’île, même dans les petits bois et les zones dégradées. Ils
sont communs aussi à Tananarive dans les jardins. Nous en avons observé
jusqu’à 2 300 m sur l’Ankaratra et ils ont été vus jusqu'à 2 200 m sur le Tsa-
ratanana (ALBIGNAC, 1970).
La sous-espèce Z. m. ampotakae provient des broussailles du Sud-Ouest.
La sous-espèce Z. m. analoga vit dans l'Ankaratra. Le spécimen de la « forme »
hovarum provient probablement de la forêt des hauts plateaux. Il est possible
que cette « forme » soit éteinte, mais, comme pour Neodrepanis c. hypoxantha,
il y aurait intérêt à la rechercher près d'Anjozorobe.
Malgré ces faibles différences de coloration, on peut considérer avec R. E.
Moreau (1966) que les Zosterops ne varient presque pas sur l’étendue de leur
aire de répartition malgache alors qu'Aldabra possède une sous-espèce spéciale,
que les Seychelles en ont deux, que les Comores en ont trois et que Maurice
en a deux comme la Réunion. La relative stabilité de l'espèce malgache, qui
fréquente des milieux variés, pose un problème non résolu.
Les Zosterops recherchent les petits Insectes et le pollen dans les fleurs, «
mais se nourrissent souvent aussi de petits fruits. Quand ils cherchent leur
nourriture, leurs positions sont très variées. Leur vol est peu soutenu.
La reproduction a lieu en septembre-octobre et, probablement aussi en
mars, d'après V. D. van SOMEREN (1947).
Le nid en forme de coupe peu profonde, est construit solidement avec
des herbes et de la mousse dans un arbuste ou un buisson. Il contient générale-
ment trois œufs bleu vert pâle.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX 245
FAMILLE DES PLOGEIDAE
(Tisserins, Foudis)
La famille des Ploceidae comprend des Oiseaux de moyenne ou de petite
taille au bec en général court et épais qui présentent souvent un dimorphisme
sexuel et saisonnier et construisent des nids fermés, souvent suspendus aux
branches. Certains de ces Oiseaux sont très populaires comme, par exemple,
les Moineaux en Europe. On les rencontre dans les régions tempérées et tro-
picales du Sud de l'Asie et surtout en Afrique. Cinq espèces vivent à Mada-
gascar.
* Nelicurvius nelicourvi (Scopoli)
(pl. 18, fig. 3)
Parus nelicourvi Scopoli, 1786, Del. Faun. et FI. Insubr., 11, p. 96 (Madagascar).
Hyphantornis pensilis ; HanTLAUs, 1877 : 210.
Ploceus pensilis ; À. GRanDiDiER, 1885 : 446.
Nelicurvius nelicourvi ; Si ER, 1924 : ; DELacouUR, 1932 : 80, no 224; RAND,
1936 : 479 ; LAVAUDEN, 1937 : 133 ; MiLoN, 1951 b : 174, 176 et 178 ; GrivEAUD, 1961 D:
52; SaLvan, 1972 b : 164 et 165.
Fody-sahy. — Tisserin nélicourvi. — Nelicourvi Weaver.
Identification : 16 cm. Le mâle adulte est très facile à déterminer. C'est
un très bel oiseau. Il a la tête noire, la nuque, la gorge et la poitrine jaune vif
et le dessus du corps jaune vert ; les plumes des ailes et de la queue sont brunes
bordées de vert ; le ventre est gris. La taille de la femelle est légèrement plus
petite et sa tête est entièrement jaune avec une bande verdâtre en arrière de
l'œil. Les pattes sont brunes.
Ces Tisserins vivent souvent par deux ou trois en compagnie d’autres
espèces dans une bande. Ce sont des oiseaux actifs et bruyants le matin et le
soir.
Distribution — Mœurs : Les Tisserins sont communs dans les régions
boisées de l'Est où ils ne présentent pas de variations. On les rencontre jusqu'à
plus de 1700 m sur le Tsaratanana (Mizon, 1951 b).
Ils se nourrissent surtout de graines.
La reproduction a lieu d’août à décembre.
Le nid est attaché à une branche ou une liane, souvent à quelques mètres
au-dessus d’un ruisseau. Il est souvent seul, mais il y en a parfois plusieurs
autres au voisinage. Sa construction est fine, il est ovale avec une entrée en
tunnel deux fois plus longue que le nid. Cette entrée est souvent ornée de maté-
riaux verts frais.
s bleu vert.
La ponte est généralement de trois œufs li
Source : MNHN, Paris
246 PH. MILoN Er AL,
Foudia madagascariensis (Linné)
(pl. 18, fig. 4 et 5)
Loxia madagascariensis Linné, 1766, Syst. nat., tome 1, 12e édit. p. 300, n° 6 (Habitat in
Madagascar).
Ploceus madagascariensis ; A. Mix s et A. GnaNDipren, 1885 : 449.
Foudia madagascariensis ; DELacouR, 1932 : 80, ne 225 ; RaND,
1936 : 480 ; MILON, 1951 b : 174 ; Giveaun, 1961 b : 52 ; SALVAN, 1972 b : 165.
Fody. — Foudi rouge. — Red fody.
Identification : 15 em. Les Foudi sont des oiseaux très populaires à Mada-
gascar où la belle livrée rouge que les mâles revêtent dès le mois d'octobre
annonce le changement de saison. Leur couleur est, en effet, très différente
suivant l’âge, le sexe et la période de l’année. Le mâle en plumage de noce
a la tête, le dessous du corps ainsi que les sus-caudales rouge vif (parfois jaune
doré), le dessus du corps brun taché de rouge, une petite tache noire autour
de l'œil et le bec noir. La femelle et le mâle en plumage normal ont le dessus
du corps brun clair avec des taches plus foncées, le dessous grisâtre. Les pattes
sont gris rose et le bec brun.
Les Foudi rouges vivent en groupes plus ou moins importants et fré-
quentent les jardins des villes et le voisinage des plantations. Leur cri est une
sorte de «crisi crisi », cri aigu qu'ils répètent fréquemment, même en volant.
Distribution — Mœurs : Ce sont des oiseaux communs dans toutes les
régions découvertes de l'île. On ne peut distinguer de sous-espèces locales
bien que les exemplaires du Nord aient tendance à avoir le bec plus fort et
plus long que ceux du Sud et une couleur un peu plus verdâtre. Le rouge du
plumage de noce du mâle est partout identique. On les rencontre jusqu’à plus
de 2 000 m dans l'Ankaratra, au Tsaratanana, ainsi que dans les autres grandes
montagnes. En hiver, ils vivent en bandes très importantes et se réunissent
dans les arbres dortoirs, parfois en pleine ville (centre de Tananarive) pour
passer la nuit.
L'espèce est propre à Madagascar et aux archipels voisins (BERLIOZ
1946 :
Ils se nourrissent d’Insectes et surtout de graines et peuvent faire de
gros dégâts dans les rizières quand ils s'y abattent en bande. Ils vivent facile-
ment en captivité (J. Deracour, 1933).
La reproduction a lieu de septembre à mai.
Le nid est placé à 1 ou 2 m du sol dans une région découverte. Il est ovale
avec une ouverture en haut surmontée d’un tunnel incliné latéralement. Il
est solidement construit d'herbes et de brindilles par la femelle pendant que le
mâle chante à côté.
La ponte est de quatre œufs lisses bleu vert.
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 247
* Foudia omissa W. Rothschild
(pl. 18, fig. 8)
Foudia omissa W. Rothschild, 1912, Bull. Brit. Orn. Club, 1, p. 26 (Tamatave).
Foudia omissa ; ScLarER, 1924 : 757 ; Decacour, 1932 : 81, n° 226 ; RanD, 1936 : 482.
Foudia madagascariensis omissa ; LAVAUDEN, 1937 : 133 et 183.
Fody. — Foudi de forêt. — Red Forest Fody.
Identification : 15 em. C’est un Foudi voisin de F. madagascariensis, mais
de couleur plus verdâtre et possédant un bec plus allongé. En plumage de
noce, seuls la tête, le cou, la poitrine et le croupion sont rouges. La tache noire
qui entoure l'œil est plus allongée que chez F. madagascariens
Il vit dans la forêt au sommet des arbres, en bandes avec d’autres espèces,
ou parfois en lisière de forêt, mêlé à des F. madagascariensis. Il est beaucoup
moins familier que ces derniers.
Distribution — Mœurs Foudi de forêt est commun dans la pluvisilva
du domaine de l'Est mais nous l’avons vu aussi sur le plateau central. On peut,
en outre, l'observer en altitude dans les restes de forêt de l'Ankaratra et sur la
Montagne d'Ambre. Ses habitudes sont voisines de celles de F. madagasca-
riensis.
* Foudia sakalava (Hartlaub)
(pl. 18, fig. 6)
Ploceus sakalava Hartlaub, 1861, Beitr. Faun. Mad., p
Ploceus sakalava ; HarTLaUB, 1877 : 209 ; A. MILNE:
(Madagascar).
pwaups et À. GraNDiDiER, 1885 :
453.
Foudia sakalava ; ER, 19 :
Foudia sakalava sakalava ; DELAcoUR, 1932 : 82, n° 227 ; RaND, 1936 : 482 ; LAVAUDEN,
1937 : 133.
Foudia sakalava minor Delacour et Berlioz, 1931, L'Oiseau et la Rev. franç. Orn., (n. s.) 1,
p. 4 (Befandriana).
Foudia sakalava minor ; DeLacour, 1932 : 82, n° 228 ; RanD, 1936 : 483 ; LAVAUDEN.
1937 : 134 et 184; Gmveaup, 1961 a : 41.
Fody, Fody sahy (Sakalavas) ou Draky (Vezo). — Foudi sakalave. —
Sakalava Fody.
Identification : 16 em. Le mâle adulte en plumage de noce a le dessus du
corps brun sombre avec des plumes bordées de roux clair, la tête jaune et le
dessous du corps gris. À cette période, la peau nue autour de son œil est rose.
La femelle, légèrement plus petite, a comme le mâle en dehors de la période
de reproduction, un plumage plus pâle, la tête de la même couleur que le dos
et la peau nue autour de l'œil verdâtre. Les pattes sont roses et le bec gris.
Cette espèce se distingue bien de la précédente naturellement par sa couleur,
pour le mâle en période de reproduction, mais aussi par son bec plus puissant
et sa plus grande taille.
Source : MNHN, Paris
248 PH. MILoN Er AL.
Les Foudi sakalaves vivent dans les savanes et les régions boisées. Ils
viennent souvent dans les villages en groupe d'une cinquantaine. On les trouve
parfois en compagnie de F. madagascarien
L'examen des collections a permis de distinguer deux sous-espèces : F, 5.
sakalava (Hartlaub) et F. s. minor Delacour et Berlioz. Cette derni re, très
voisine de la précédente, a une taille légèrement plus petite et un bec un peu
plus faible.
Distribution — Mœurs : Le Foudi à tête jaune est localement très com-
mun. F,s. sakalava vit dans le Nord de Madagascar. F. s. minor est commun
dans les régiôns subdésertiques du Sud et localement plus ou moins abondant
dans l'Ouest où on trouve des intermédiaires entre les del sous-espèces.
La reproduction a lieu d'octobre à avril.
Les nids sont parfois construits dans les villages, accrochés dans les Coco-
tiers ou d’autres arbres à 2 ou 3 m, mais plus souvent très haut. Ils sont de
forme ovale ou en forme de poire et comportent à la partie supérieure un long
et solide tunnel d'entrée garni de feuilles vertes. Ils sont groupés dans un arbre
souvent à côté d’un nid de Corvus, Buteo où Milvus ou à proximité d'un nid
de guêpe. Les Foudis reviennent tous les ans au même endroit et refont souvent
les vieux nids.
La ponte est d’un à quatre œufs lisses bleu vert.
FAMILLE DES ESTRILDIDAE
(Spermestes)
Ce taxon a souvent été considéré comme une simple sous-famille des
Ploceidae (Berr10Z 1950 : 1039). Ce sont généralement de très petits oiseaux
montrant des ailes courtes et arrondies garnies d’un plumage le plus souvent
de coloration vive. Il peut exister un dimorphisme sexuel. La famille est surtout
africaine, mais il en existe des représentants dans le Sud-Est asiatique et dans
la région australienne, Une seule espèce habite Madagascar.
*Lonchura nana (Pucheran)
Cl. 18, fig 7)
Pyrrhula nana Pucheran, 1845, Rev. zoologique, par la Soc. Cuvierienne, année 1845,
p. 52, n° 4 (Madagascar).
Spermestes nana; HanrLAUR, 1877 : 219; A, Mixxe-Epwanps et A. GRANDIDIER, 1885 :
455 ; Scarer, 1924 : 771 ; DeLacour, 1932 : 82, no 229 ; RanD, 1936 : 492 ; LAVAUDEN,
1937 : 134 ; Givraun, 1961 b : 52; SALVAN, 1972 b : 170,
Tsikirity ou Tsakapia. — Spermeste naine ou Bouvreuil nain, — Madagas-
car Mannikin ou Nana.
Identification : 10 cm. Ces petits oiseaux familiers sont bien faciles à
reconnaître à leur taille et à la tache noire très caractéristique du mâle. Le
Source : MNHN, Paris
Oiseaux 249
dessus du corps est brun sombre, le dessous plus clair. Le mâle a une grosse
tache noire sous le menton. Les pattes sont roses et le bec noir.
Les Spermestes vivent en groupes de 3 ou 4 ou en bändes importantes
dans les régions herbeuses, en lisière de forêts, dans les petites clairières, près
des cultures et fréquentent souvent les villages. On les voit picorer dans les
zones d'herbe rase. Au repos, ils sont souvent perchés les uns contre les autres
sur une branche.
Distribution — Mœurs : Communs partout, même à plus de 2000 m sur
l'Ankaratra, les Spermestes ne présentent aucune variation géographique. Ils
se nourrissent essentiellement de petites graines.
La reproduction a lieu d'octobre à juin.
Le nid est construit à 2 ou 3 m du sol et même plus haut. On observe parfois
des groupes de nids sous les toits des wieilles maisons ou d'église. Ils sont fait
de fibres de Palmier, d'herbe ou même d’aiguilles de Pinus. Leur forme est
ovale avec un toit surplombant l'entrée.
La ponte est de quatre à sept œufs lisses et blancs.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE
Les références aux travaux anciens concernant les Oiseaux de Madagascar
pourront être trou à de rares et peu importantes exceptions près, ans le
volume XII de l'Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar rédigé
par A. Mizxe-Enwarps et À. GRANDIDIER.
Une seconde liste de références, allant des années 1880 à 1931 (incl.), a été
donnée par J. DELacour en 1932.
En conséquence, la bibliographie présentée ici, sauf pour ce qui est des auteurs
antérieurs à 1931 cités dans ce travail, ne concerne que les publications posté-
rieures à cette date.
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Source : MNHN, Paris |
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Oiseaux, volume XII, tome I, texte, 2 partie (datée sur la couverture 1881) :
volume XIV, tome III, atlas IT, 2 partie (datée sur la couverture 1879) !
volume XV, tome IV, atlas III (datée sur la couverture 1881). Imprimerie
nationale, Paris.
« La circulaire qui les accompagne prouve que ces parties n’ont pas pu être
publiées avant le 15 février 1882, et, en fait, ne l'ont été que bien plus tard :
beaucoup de planches portant des erreurs ont été changées pour d’autres recti.
fées. » (J. DELacour, 1932 : 87).
«les différentes parties de cet ouvrage, bien que datées des année 1879-82,
n'ont été vraiment publiées qu'en 1882. Un volume supplémentaire de planches
fut aussi publié, pour échanger avec celles données précédemment dans le second
tome du Vol. I de l'Atlas. Le texte de la partie ornithologique de ce grand travail
est poussé jusqu'à la fin des Pyenonotidés (pp. 177-376) et les espèces figurées
sont indiquées sous le titre des familles auxquelles elles appartiennent. » (J. DrLa-
cour, 1932 : 88).
— 1885. — Même travail, volume XII, tome I, texte (fin), pp. 376-779.
Imprimerie nationale, Paris.
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dans le Nord de Madagascar, de l’Oiseau du Tropique ou Paille-en-queue à
bec jaune (Alauda, volume ‘XIV, fascicule unique, pp. 33-43).
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pp. 82-86, 4 pl. phot. h.-t., [16] phot.).
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— 1948. — Notes d'observations à Madagascar : II. — Visites à Nosy-Mborono
et à Nosy-Manitra dans le Sud-Ouest de Madagascar. III, — Sur le Pail-
le-en-queue à queue rouge observé à l’île Europa (Alauda, volume XVI,
année 1948, pp. 55-74, 3 cartes, 1 croq., 3 pl. phot. h.-t., [8] phot.).
— 1949 a. — Les Crabiers de la campagne de Tananarive (Le Naturaliste mal-
gache, tome T, fascicule 1, pp. 3-9, [4] fg., 1 pl. phot. ht, 8 fig).
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siers noirs observés aux abords de Tananarive (Le Naturaliste malgache,
tome I, fascicule 2, pp. 93-100, [8] fig.).
Source : MNHN, Paris
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— 1950 b. — Visite arnnoeIque de Nosy-Andriangory (Le Naluraliste mal-
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— 1971 a. — Observations nouvelles à Madagascar (Alauda, volume XXXIX,
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— 1971 0. — Une visite sur les îlots au Sud de Tamatave (Madagascar) (Alauda,
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
INDEX ALPHABÉTIQUE
Les noms des Famit
S sont en capitales, ceux des Genres en égyptienne
et ceux des noms communs français, dans un sens général, en italique.
Le nom du nouveau taxon décrit dans ce volume est précédé d’un asté-
risque (*).
ablectana, 146
Accipiter, 86
Acridotheres, 238
Actophilornis, 99
aegyptius, 82
aeruginosus, 90
aethereus, 31
aethiopicus, 59
affinis, 165
africana (Coturnix), 93
africana (Sarkidiornis), 7
Agapornis, 14
Aïgreites, 37.
alba (Grocethia), 132
alba (Egretta), 41
alba (Gygis), 116
alba (Piatalea), 61
alba (Tyto), 165
Albatros, 2
albifrons, 111, 114
albigularis, 236
albinuca, 99
albospecularis, 205
albus (Gorvus), 190
ALCEDINIDAE, 18, 178
alcinus, 82
aldabrensis, 37
Alectroenas, 140
aliena, 142
alleni, 105
Alouettes, 185
alpina, 131
Amaurornis, 103
amphichroa, 220
ampotakae, 243
anactheta, 111, 115
Anas, 69
Anastomus, 56
ANATIDAE, 19, 66
andapae, 199
anderssoni, 82
ankafanae, 199
anhinga, 35
ANHINGIDAE,
analoga, 245
annoe, 224
Anous, 116
antarctica (Catharacta), 117
antarctica (Sterna), 115
antiquorum, 63
APODIDAE, 18, 168
apolis, 240
apperti, 20
apricarius, 120
Apus, 169
apus, 169
aquaticus, 102
arabicus, 112
archboldi, 220
Ardea, 38
ARDEIDAE, 15, 37
Ardeola, 46
ardeola, 137
ardesiaca, 43
Arenaria, 120
arenaria, 132
ariel, 36
arquatus, 15
Artamies, 223
Asio, ù
ASIONIDAE, 161
astur,
Atelornis, 175
atricapilla, 51
atricollis, 39
audeberti, 150
auratus, 237
auritus, 73
australis, 141
Aviceda, 81
Avoceltes, 135
avosetta, 135
balstoni, 169
bannermanni, 54
Bécassines, 133
Bec Ouvert,
bengalensis, 111, 112
benghalensis, 134
benschi, 96
bensoni, 207
Bergeronneites, 222
bergii, 113
berliozi, 100
(4
DerierlGeielle).
bernieri (Oriolia),
permit (Thres 59
DIN tatue 123
borbonica, 186
Brachypteracias, 174
brachypterus, 85
brunneicauda, 220
brunneus, 214
Source : MNHN, Paris
258
Bubulcus, 41
Bulbuls, 202
Buteo, 85
Butorides, 51
cacrulea, 152
Cailles, 91
Calamocichla, 216
Calcalics, 223
Calicalicus, 233
Calidris, 130
CAMPEPHAGIDAE, 20, 203
cana, 146
Canards, 66
candidus, 29
Canirallus, 100
Capella, 133
capensis (Asio), 162
capensis (Oena), 142
capensis (Podiceps), 24
capensis (Rostratula), 134
CAPRIMULGIDAE, 18, 166
Caprimulgus, 167
caspia, 109, 111
castanea, 182
Catharacta, 117
cauta, 26
cetera, 229
chabert, 225
CHARADRHDAE, 15, 118
Charadrius, 118
chauvini, 163
cherina, 2
hilensis, 6
chimaera, 176
Chlidonias, 110
chloropetoïdes, 216
chloropus, 105
chlororhyncha (Diomedea), 2
chlororhynehus (Pufinus), 27
inereiceps,
cinereus (Xenus), 126
Cinnyris, 240
Gircus, 90
cirrocephalus, 109
Gisticola, 212
Gisticoles, 211
Colombes, 141
COLUMBIDAE,
comata, 46
communis, 93
concolor, 78
Copsychus, 205
coquereli, 161
CORACIADIDAE.
17, 141
Coracina,
PH.
Miro Er AL.
Goracopsis, 144
corallirostsis, 235
Cormorans, 33
coruscans, 183
CoRvIDAE, 22, 190
Gorvus, 190
Gorythornis, 179
Cossyphas, 204
Coturnix, 02
coturnix, 93
Couas, 147
Coucals, 147
Coucous, 147 >
Courols, 171
wani, 187
stata (Corythornis), 179
cristata (Coua), 153
cristata (Fulica), 107
stata (Lophotibis), 60
Crocethia, 132
crossleyis (Atelornis), 176
crossleyi (Mystacornis), 196
CUCULIDAE, 17, 147
Cuculus, 149
cursor, 160
curvirostris, 229 À
cuvieri, 101
Gyanolanius, 227
cyanopus, 39
Cygnes, 66
Gypsiurus, 170
dactylatra, 33
damii, 230
debilis, 194
decaryi, 194
delacouri, 192
delalandei (Coua), 157
delalandii (Chlidonias), 110
delegorguei, 92
Dendrocygna, 66
DICRURIDAE, 21, 189
Dicrurus, 189
dimorpha, 42
Diomedea, 25
DIOMEDEIDAE, 13, 25
discolor, 172
dominicatus, 108
dominicus, 120
dougallii, 113 ?
DROMADIDAE, 16, 136
Dromaeocercus, 214
Dromaeocerque, 211
Dromas, 136
Dromas, 137
Drongos, 189
drouhardi, 144
Dryolimnas, 101
dumonti, 153
Source : MNHN, Paris
Echenilleurs, 203
edia, 112
eduardi, 236
Egretta, 41
eleonorae, 77
ellisii, 213
enarratus, 168
Engoulevents, 166
epops, 181
Eremialector, 139
Eroesses, 191
erythraeus, 65
erythronota, 207
erythrorhyneha, 70
ESTRILDIDAE, 248
Elourneaux, 237
europaeus, 49
Eurycères,
Euryceros, 232
Eurystomus, 172
Eutriorchis, 83
exulans, 25
fala, 182
falcinellus, 58
Falco, 76
FALCONIDAE, 17, 76
Falculea, 234
Falculies, 223
fanovanae, 220
Fauvettes, 211
ferruginea, 130
filicum, 2
Flamants,
flammea, 165
flaviventris, 222
flavoviridis, 105
forficatus, 189
Foudia,
Foudis, 245
Fous, 32
francesii, 88
Fregata, 36
Frégates,
FREGATIDA
Fregetta,
Fulica, 107
fuligula, 115
fulva (Dendrocygna), 66
fulvescens, 198
fulvus (Charadrius), 120
fuscata, 111, 114
Gallinula, 105
Grangas, 138
garzetta,
geofroyi, Fès
gibberifrons, 72
giganteus, 28
gigas, 158
£lareola, 128
OisEaux 259
Glareola, 137
Glaréoles, 137
GLAREOLIDAE, 16, 137
glaucurus, 172
glottis, 127
Gobe-mouches, 218
Goélands, 107
goliath, 40
gracilis, 170
grandidieri (Thamnornis), 216
grañdidieri (Zoonavena), 171
Gravelots, 118
Grèbes, 23
griseipectus, 229
100
Guiffeltes, 107
gularis (Dryolimnas), 101
gularis, (Egretta), 42
Gygis, 116
Gymnogenys, 89
Haliaeetus, 84
hamiltoni, 27
Hartertula, 195
Hartlaubius, 237
helvola, 162
Hémipodes, 97
henstii, 87
Hérons, 37
hiaticula, 120
Himantopus,
himantopus, 136
Hirondelles, 186
HIRUNDINIDAE, 19, 186
Hirundo, 188
hirundo, 111, 112
hottentota, 69
hova (Asio), 162
hova (Mirafra), 185
hovarum, 243
humbloti (Ardea), 40
humbloti (Circus), 90
Huppes, 180
hybrida, 110
HyproBaTIDAE, 13, 26
Hydroprogne, 109
hypermetra, 165
hypoleucos, 127
Hypositta, 235
hypoxantha, 183
Hypsipetes, 202
il s (Bubuicus), 44
icterica, 222
idae, 48
imerinus, 207
Source : MNHN, Paris
260 PH. MicoN ET AL.
inceleber, 197
inexpectatus, 205
innotata, 72
inornata, 220
insularis (Sarothrura), 103
insularis (Thalassornis), 75
intercedens, 117
interioris, 207
interpres, 124
iredalei, 36
Ispidina, 180
Ixobrychus, 51
johannae, 38
kioloïdes, 100
korschum, 82
Labbes, 117
lamelligerus, 56
lantzii, 213
lapponica, 129
LARIDAE, 13, 107
Larus, 108
Leptosomus, 172
leptosomus, 174
Leptopterus, 224
lepturus, 29
leschenaultii, 123
leucocephala, 224
leuconotus, 75
leucopareia, 110
leucoptera (Ardeola), 48
leucoptera (Chlidonias), 111
libs, 145
Limosa, 129
limosa, 130
lineatus, 125
Lonchura, 248
Lophotibis, 60
Machaeramphus, 82
Macrodactyla, 133
Macronectes, 28
macrosceles, 90
madagascariensis (Ardea), 39
madagascariensis (Asio), 163
madagascariensis (Avicéda), 81
madagascariensis (Calicalicus), 233
madagascariensis (Caprimulgus), 167
madagascariensis (Centropus), 131
madagascariensis (Eurystomus), 172
madagascariensis (Foudia), 246
madagascariensis (Gymnogenys), 89
madagascariensis (Hartlaubius), 237
madagascariensis (Hypsipetes), 202
madagascariensis (Ispidina), 180
madagascariensis (Margaroperdix), 91
madagascariensis (Nesillas), 213
madagascariensis (Numenius), 125
madagascariensis (Oxylabes), 197
madagascariensis (Phedina), 186
madagascariensis (Phyllastrephus), 197
madagascariensis (Porphyrio), 106
madagascariensis (Rallus), 102
madagascariensis (Tylas), 236
madagascariensis (Zosterops), 243
madagascarinus (Cyanolanius), 227
maderaspatana, 243
maïillardi, 90 2
major (Asio), 162
major (Coracina), 203
major (Dendrocygna), 66
major (Neomixis), 192
Malcohas, 147
manadensis, 164
Margaroperdix, 91
marginata (Upupa), 181
marginatus (Arenaria), 121
maroantsetrae, 199
Martinets, 168
Martins-pécheurs, 178
Martins-chasseurs, 178 *
maxima, 153
Megalopterus, 117
melanocephala, 39
melanogaster (Anhinga), 35
melanogaster (Fregetta), 27
Melanophoyx, 43
melanorhynchos, 41
melanotos, 74 +
melba, 169
meleagris, 93
melleri, 71
MERoPIDAE, 18, 177
Merops, 178
Mésites, 94
MESITORNITHIDAE, 94
Mesoenas, 95
MESOENATIDAE, 16, 94
migrans, 82
Milvus, 82
minor (Falco), 76
minor (Foudia), 247
minor (Fregata), 37
minor (Phoeniconaias), 65
minor (Podiceps), 23, 24 4
minuta (Calidris), 131
minuta (Sterna), 114
minutus (Ixobrychus), 51
Mirafra, 185
mitrata, 93
Monias, 94
monte, 116
monticola (Nesillas), 213
monticola (Newtonia), 220
morelii, 88
Motacilla, 222
Source : MNHN, Paris
MoracLLiar, 21, 222
MuscicaPiDAE, 19, 218
mutata, 218
Mystacornis, 191
Mystacornis, 196
nana, 248
nebularia, 127
NECTARINIDAE, 21, 240
nelicourvi, 245
Nelicurvius, 245
Neodrepanis, 183
Neomixis, 192
Nesillas, 213
Nettapus, 73
Newtonia, 220
newtoni (Calamocichla), 216
newtoni (Falco), 79
nigra, 145
nigricollis, 98
nigripennis, 133
Ninox, 163
notatus, 21, 242
nubilosa, 114
Numenius, 125
Numida, 93
Nycticorax, 49
nycticorax, 49
Nyroca, 72
nyroca, 72
obscura (Coracopsis), 144
obscura (Nesillas), 213
obscura (Porzana), 102
occidentalis, 227
oceanicus, 26
Oceanites, 26
oceanites, 26
ochropus, 128
ocularis (Glareola), 137
ocularis (Himantopus), 136
Oena, 142
Oies, 66
olivacea, 220
olivaceiceps, 158
olivieri, 103
Ombrettes, 53
omissa, 247
orientalis (Neomixis), 194
orientalis
Oriolla,
Oriolies, 223
Otus, 164
ourovang, 202
Oxylabes, 191
Oxylabes, 197
Pachyptila, 27
pacificus, 27
Pailles-en-queue, 29
palliata, 234
OIsEAUx 261
pallida (Coracina), 204
pallidus (Arenaria), 121
pallidior, 193
paludicola, 187
parasitus, 82
parvus, 170
pecuarius, 119
PELECANIDAE, 14, 31
Pélicans, 31
Pelecanus, 31
pelzelnii, 23
pensilis, 245
Perroquets, 143
Perruches, 143
peregrinus, 76
Perdrix, 91
personatus, 139
Pétrels, 26
haeopus, 125
HAËTHONTIDAE, 13, 29
Phaëton, 29
PHALACROCORACIDAE, 14, 33
PHASIANIDAE, 16, 91
Phedina, 186
Philepitta, 182
Philepittes, 181
PHILEPITTIDAE, 19, 181
Philomachus, 132
Phoeniconaias, 65
PHOENIGOPTERIDAE, 19, 62
Phoenicopteridae, 63
phoenicurus, 30
Phyllastrephus, 197
pica, 205
picturata, 142
Pigeons, 141
Pintades, 91
piscator, 32
piscatrix, 32
pittoides, 175
Platalea, 61
Plegadis, 58
PLOCEJDAE, 21, 245
Pluviers, 118
Podiceps, 23
podiceps, 51
PoprcipiripAE, 13; 23
poliocephalus, 149
polleni, 230
Porphyrio, 106
Porphyrula, 105
Porzana, 102
prevostii, 232
PROCELLARIDAE, 13, 26
Pseudobias, 219
Pseudocossyphus, 207
pseudozosterops, 217
PsrrrAcIDAE, 17, 143
PTEROCLIDIDAE, 16, 138
Pufins, 26
Puñfinus, 27
Source : MNHN, Paris
nax, 132
tata, 60
purpurea, 39
pusilla, 102
PyYexoNoTIDAE, 20, 202
ï gmaea, 102
Ent boat 05
radama, 76
radiatus, 89
Râles, 99
RALLIDAE, 16, 99
ralloides, 46, 48
Rallus, 102
Randia, 217
diurnes, 76
nocturnes, 161
Recurvirostra, 135
RECU RNROSTRIDAE, 15, 135
naudii,
Riparia, 187
riparia, 187
rochii, 149
Rostratula, 134
Rostratules, 133
rousseaui, 116
Rousserolles, 211
ruber, 63, 64
rubricauda, 30
rubriceps, 32
rufa AE 35
rufa (Limosa), 129
rufa (Schetba), 227
rufescens, 3
ruficeps, 1 8
rufcollis, 2:
rufolavatus,
rustica, 188
rutenbergi, 51
rutilus, 164
sakalava, 247
Sarkidiornis, 74
Sarothrura, 103
saundersi, 114
Saxicola, 210
Schetba, 227
schistocerca, 225
schlegeli, 183
sclateri (Chlidonias), 110
sclateri (Neomixis), 193
ScoLoPACIDAE, 15
ScoriDAE, 15, 5:
Scopus, 54
seebohmi, 215
serriana, 156
sharpei, 207
sibilla, 210
33
Pa.
MiLoN ET AL.
singetra, 218
smaragnotus, 106
souimanga, 21, 240
Souimangas, 240
soumagnii, 166
sovimanga, 240
Spatule, 57
Spermestes, 248
squamigera, 174
squatarola, 118
stagnatilis, 129
STERCORARIIDAE, 13, 117
Sterna, 112
Sternes, 107
stolidus, 116
Streptopelia, 142
striata (Margaroperdix), 91
striatigula, 192
striatus (Butorides), 51
STRIGIDAE, 17, 161
STURNIDAE, 29, 237
subarcuata, 130
sula, 32
Sula, 32
SULIDAE, 14, 32
superciliaris, 1
SYLVHIDAE, 20,
211
Tchitrea, 218
Lenebrosa, 197
tenella (Eroessa), 192
tenella (Neomixis), 194
tenellus (Arenaria), 121
tenuirostris (Megalopteru
tenuirostris (Platalea), 61
tenuirostris (Scopus), 54
testacea, 130
Thalassornis, 75
Thamnornis, 216
thoracicus, 122
Threskiornis, 59
THRESKIOR) HIDAE, 15, 57
tiarata,
TIMALHDAE, 20, 191
Tisserins, 245
torquata, 210
toulou, 151
Tournepierre, 118
Tourterelles, 141
Traquets, 204
TRERONIDAE, 17, 140
tricollaris, 123
Tringa, 127
tristis, 238
tropica, 27
*{saratananae (Pseudocossy
phus), 208
tsaratananae (Saxicola), 210
tundrae, 120
TURDIDAE, 20, 204
TURNIGIDAE, 16, 97
Turnix, 98
Source : MNHN, Paris
a (Coua), 153
a (Leptopterus), 224
î
Lypicus (L
Tyto, 165
umbretta, 54
unicolor, 96
Upupa, 181
UPUPIDAE, 18, 180
Uratelornis, 176
urschi, 60
Yanga,
ou
varia, 118
variegata (Mesites), 96
variegala (Mesoenas), 95
vasa, 144
verreauxi, 155
viduata, 68
OISEAUX 263
Vinago, 141
tsioides, 179
dior, 189
dis (Leptopterus), 224
is (Neomixis), 192
vittata, 27
ciferoïdes, 84
vulsini (Anhinga), 35
wardi, 219
watersi, 104
willsi, 169
wulsini (Coracopsis), 144
xanthophrys, 201
xenia, 141
Xenopirostris, 230
xenopirostris, 230
Xenus, 126
zoniventris, 80
Zoonavena, 171
ZOSTEROPIDAE, 21, 243
zosterops, 198
Zosterops, 243
Zosterops, 243
Zosterops, 243
4452 - 3e trimestre 1973 - IMPRIMERIE KAPP & LAHURE - 4, rue de Normandie, 92 - Asnières.
Source : MNHN, Paris
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe zoolo-
gique. L'ordre de publication est indépendant de l'ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la «Faune de Madagascar» au
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Tananarive (Madagascar).
En vente à la Librairie René THomas
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et à la Librairie de Madagascar
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Date de publication de ce volume : 25 juillet 1973
Fascicules publiés
Francs Francs
malgaches français
I. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.-C. Fraser, 1956 1.750 F 35 F
IL. — Lépidoptères Danaidae, pores Acraeidae, par
RS PAUAN 1056 + + 2.000 F 40 F
IT. — Lépidoptères Hesperiidae, . P. Ven, 1956 . +. -. 150F 32Fr
IV. — Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. Breu-
NING Jp nn Re rene + 3.500 F 70 EF
. — Mantodea, par R. Ps, 1957 HER Be on os 1.500 F 30 F
+ — Coléoptères Anthicidae, par P. BonADONA, 1957 . . . 2.000 F 40F
+: — Hémiptères Enicocephalidae, par A. Vizziers, 1958 1.500 F 30
. — Lépidoptères Sphingidae, par P. GriveauD, 1959 . . . 2,500F 50F
— Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. Law 1959 1.500 F 30 EF
. — Poissons des eaux douces, par J. ArNouLr, 19! es 3.000 F 60
- — Insectes. Coléoptères Scarabaeidae, Scarabaeina et
Onthophagini, par R. PauriAN; Helictopleurina,
DARABSIEERS 1060 EE 2.500 F 50 F
XII — Myriapodes. (hilopodes, par le D' REF. LAWRENCE,
TR ur 2.500 F 50 F
XIII. — Zoogéographie % Madagascar et des îles voisines,
PAR PAUPAN IG RE 5.000 EF 100 F
XIV. — Lépidoptères Eupterotidae et ANetréee, par P. GR
VÉAUD AIO Re 0... 02.5000F 50 F
FAUNE DE MADAGASCAR
Fascicules publiés (suite)
XV. — Aphaniptères, par le Dr LumareT, 1962 . . . . . 2.500 F 50 F
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. train.
PNR nr no e 2.500 F 50 F
XVII. — Insectes. Lépidoptères iretes jen P. Re
LR 2.500 F 50 F
XVIII. — Crustacés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par
A CROSNIER, 60 2.500 F 50 F
XIX. — Insectes. Coléoptères Brotyldue par H. Pxirrrr,
16 re 2e NN 35 F
XX (1). — Insectes. opeboes Nue pis
(part), par P, Viprre, 1965... 2.500 F 50 F
(2). — Id. Amphipyrinae (part.) et Melicleptrinae, 1967 3.500 F TDF
XXI. — Octocoralliaires, par A. Tixier-DurivauLr, 1966 . . . 3.500 F 7TF
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par A. GRyE-
BND 000 ee 6.009 F 120 F
XXII. — Insectes. Psocoptères, _ À. Emonnet, 1967 . . . . 3.500 F 7mF
XXIV. — Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P. E. S.
MALE SO TE 1.500 EF 30 F
XXV. — Insectes. Hétéroptères Lygaeïdae Blissinae, par J. A.
SLATER, AO 1.500 F 30 F
XXVI. — Insectes. Orthoptères Acridoidae Creme et
Acrididae), par V. M. Dinsx et M. Descamps, 1968 . . 3.500 F EF
XXVII. — Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. PAULIAN et
P. Vierre, 1968 . : . . . 3.000 F 60 E
XXVIII. — Insectes. Hémiptères Beduvidae (1 parti) ar De
L1ERS, 1968
XXIX. — Insectes. Lépidoptères Noiniens dee Bt s. G. aie
3.500 F 70 F
ROER LOG Cr nt . 4.000 F 80 F
XXX. — Insectes. Dermaptères, par A. Brinpze, 1969 . . . . 2.000 F 40 F
XXXI. — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Plusiinae, par
CAD OrASS PO nr 4.000 F 80 F
XXXII. — Arachnides. Araignées hratre, par R. LEGENDRE,
AT 2.500 F 50 F
XXXIII. -— Reptiles. Sauriens C aedenter ü genre Chamaeleo,
PARREREBRYCON 107 SR nr 6.000 À 120 F
XXXIV. — Insectes. Lépidoptères Lasiocampidae, par Y. de La-
DONQUIERE LTD Re tt de 6.000 F 120 F
XXXV. — Oiseaux, par Ph. Mio, J. J. Perrer et G. RANDRIA-
NAS OO LIT ER ee le 9.000 F 180 F