FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
37
INSECTES COLÉOPTÈRES
Carabidae Scaritinae
par
Pierre BASILEWSKY
Membre honoraire de la Société entomologique de France
Musée Royal de l’Afrique centrale, Tervuren
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Recteur de l'Académie de Bordeaux
(alors Directeur adjoint de l’'I.R.S.M.)
Comité de patronage
Sen Excellence M. le Dr Rakoto RATSIMAMANGA, Ambassadeur
extraordinaire et plénipotentiaire de la République Malgache en France,
— M. le Ministre de l'Éducation nationale, Tananarive. — M. le
ent de l'Académie Malgache, Tananarive, — M. le Recteur de
TUniversité de Madagascar, Tananarive, — M. le Professeur de Zoologie
de l'Université de Madagascar, Tananarive. — M. le Directeur général
du CNRS, Paris. — M. le Directeur général de l'ORSTOM, Paris. —
M. le Directeur du centre ORSTOM (anciennement IRSM), Tananarive.
M. le Professeur Dr J. Millot, membre de l’Institut, fondateur et
ancien directeur de l'IRSM, Paris. — M. le Professeur R. Her,
membre de l’Institut, Paris.
MM. les Professeurs A.S. BaLacHowsxy, membre de l'Institut,
Paris; A. CHABAUD, Paris; C. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, Paris;
J. GuIBÉ, Paris; P. LEHMAN, Paris; G. Perir, Paris; J.-M. PÉRÈS,
Marseille.
Comité de rédaction : M.R. PAuUzLrAN, Président ; MM. C. DELAMARE
Desourrevize, P. DRACH, A. GRIEBINE, J.-J. Perrer, G. RAMANANT-
SOAVINA, P. ROEDERER, P. VIETTE (secrétaire).
Les volumes de la « Faune de Madagascar », honorés d'une subven-
tion de la République Malgache, sont publiés avec le concours financier
du Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Office de la Re-
cherche Scientifique et Technique Outre-Mer,
Source : MNHN, Paris: :
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FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
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INSECTES COLÉOPTÈRES
Carabidae Scaritinae
par
Pierre BASILEWSKY
Membre honoraire de la Société entomologique de France
Musée Royal de l’Afrique centrale, Tervuren
ORSTOM CNRS
Paris } 4
1973
Bibliothèque Centrale Muséum
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TABLE DES MATIÈRES
I. Trib. Scaritini
A. Subtrib. Scaritina .....
Gen.
Gen.
16
8.
B. Subtrib. Dyscherina ae
9. Gen. Dyscherus Chaudoir
10. Gen. Dyscherinus Jeannel
11. Gen. Paradyscherus Basilewsky
SP SRI ER
le)
&
5
Gen. Prodyscherus Jeannel
Distichus Motschulsky
Scarites Fabricius
. Typhloscaris Kuntzen
. Dyscaris Bänninger
. Madascaris Bänninger
. Mecynoscaris Alluaud
. Prodyscherodes Jeannel ....................
(GESUD ETES Or RO ON INA nee ee ee
12.
13
14.
15.
16.
. Gen.
. Gen.
- Gen.
Gen
. Gen.
IT. Trib. Clivinini
17.
18.
19.
20.
21.
22.
23.
IL. Trib. Dyschiriini
24. Gen. Dyschirius Bonelli
25. Gen. Cribrodyschirius Miré
Gen.
Gen
Gen.
Gen.
Gen.
Gen.
Gen.
IV. Trib. Salcediini
26. Gen. Salcedia Fairmaire .
. Tapinoscaris Jeannel ….
. Dinoscaris Alluaud
. Storthodontus Chaudoir
. Grepidopterus Chaudoir … 54 de
. Pilades Heyne et Taschenberg ..............
. Glivina Latreille .…
. Coryza Putzeys
. Lophocoryza Alluaud
. Halocoryza Alluaud
. Brachypelus Putzeys
. Antireicheia Basilewsky
. Afroreicheia Jeannel
Considérations générales sur les Scaritinae malgaches.
1. Endémisme .
102
115
121
127
129
148
165
188
210
225
228
244
248
252
257
261
271
276
277
286
290
291
296
Source : MNHN, Paris
2. Spéciation 297
3. Affinités . 297
4. Origine 298
5. Aptérisme 299
6. L'environnement insulaire de Madagascar 2 300
FE Réparition dans l'E e ee eee ee lie eee 301
Liste systématique et synonymique des Scarilinae de Madagascar et des
iles voisines 309
Bibliographie 313
dax alphabétique 2e eco de 319
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
Nos connaissances de la faune entomologique de Madagascar ont fait
d’énormes progrès au cours de ces dernières décennies, par suite d’une prospec-
tion méthodique et approfondie de l’ile, par suite aussi du grand effort accompli
pour la mise à l'étude des collections recueillies et des abondantes publications
auxquelles ces recherches ont donné lieu. L'étude du peuplement zoologique
de cette région est d’un intérêt considérable, tant pour le taxonomiste que
pour le phylogéniste et le zoogéographe ; cet intérêt, déjà reconnu par les
anciens auteurs, a été spécialement mis en lumière par les travaux plus récents.
Nous sommes particulièrement redevables de cet état de choses au
programme élaboré et réalisé par l'Institut scientifique de Madagascar, à
Tananarive, sous l'impulsion de M. J. Mizcor et de M. R. PaurrAN, auquel
s’est étroitement associé le Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, et
notamment MM. P. Vrerte et A. DEscarPENTRIES, ainsi que l'ORSTOM
et le CNRS, avec l’aide des autorités malgaches. Il faut aussi insister sur la
contribution considérable apportée par de nombreuses personnes séjournant
dans l’île, fervents naturalistes dont le zèle et la compétence ont largement
enrichi notre documentation; ne pouvant les citer tous ici, qu'il me soit
cependant permis de mentionner le nom de Jean Vanon, dont nous déplorons
tous la récente disparition et dont l’apport dans ce domaine fut très important.
Cette exploration zoologique de la Grande Ile eut pour résultat l’accumu-
lation à Paris de collections entomologiques extrêmement abondantes, remar-
quables également par la précision avec laquelle furent notées les localités
de capture, alors que trop souvent auparavant on se contentait de mentions
vagues et trop générales, quand elles n’étaient pas erronées, ce qui arrivait
fréquemment pour les insectes répandus parmi les collectionneurs par quelques
marchands peu scrupuleux. Je crois que, parmi les Coléoptères, les Carabides
furent spécialement privilégiés, peut-être par suite de la relative facilité de
leur récolte, certainement aussi en raison de l'intérêt que portaient à ce groupe
de nombreux entomologistes. Devant l'importance des matériaux réunis au
Muséum, le Professeur René JEANNEL entreprit son monumental ouvrage
sur les Coléoptères Carabiques de la région malgache, qui parut en trois volumes
de 1946 à 1949. Ce magistral travail, qui restera longtemps la base de nos
connaissances sur la faune carabidologique de cette région, est une révision
complète de ce qui avait été publié auparavant et des importantes collections
réunies, ainsi que l'exposé de sa conception de la systématique générale de
toute la famille.
Mais depuis la parution de cet ouvrage, de nouveaux matériaux conti-
nuaient à parvenir à Paris. Non seulement des nouveautés étaient découvertes,
mais de nombreuses espèces, connues seulement par des spécimens uniques
et sans localités précises étaient reprises, parfois en séries abondantes. Entre-
temps, le Professeur JEANNEL, plongé dans d’autres recherches absorbantes,
ne désirait plus examiner ces nouveaux matériaux ; il m’incita à maintes
reprises à continuer et compléter son œuvre. Poussé aussi par mon excellent
ami R. PauLIAN, j'acceptai finalement de refaire l'étude de certains groupes
Source : MNHN, Paris
6 P. BASILEWSKY
de Carabides malgaches, et notamment celle des Scarilinae. Je pensais au
début que ce ne serait là qu'un supplément à ce qu'avait déjà fait connaître
JEANNEL, mais au fur et à mesure que j'avançais dans mon travail, je me
rendais compte que, par suite de l'abondance du matériel et des données
nouvelles qu'il nous apportait, un simple addendum devenait insuffisant et
qu’un nouveau travail d'ensemble était indispensable. C’est pourquoi, lorsque
MM. R. Pauzran et P. Vigrre me proposèrent de publier le résultat de mes
recherches dans un volume de la « Faune de Madagascar », j'acceptai d'emblée
leur suggestion.
L'étude que je présente aujourd’hui n’est donc pas un simple supplément
à celle de JEANNEL mais un nouvel exposé de nos connaissances sur les Scari-
linae de Madagascar et des îles voisines. Un examen plus approfondi et surtout
basé sur un matériel beaucoup plus abondant, m'a amené à modifier certaines
positions prises précédemment par l’illustre entomologiste. En outre, j'ai
pu profiter de l'entrée au Muséum de la prestigieuse collection R. Oberthür,
pour étudier les nombreux types qu’elle contenait et qui étaient restés inac-
cessibles à JEANNEL. Je me suis efforcé tout au long de mon travail de suivre
du plus près qu’il m'a été possible, tant dans la classification que dans les
descriptions, ce qui avait été écrit à ce sujet. Toutefois, j'ai été amené à modifier
quelque peu la systématique de JEaNNeL, qui reste cependant valable dans
ses grandes lignes, de donner des descriptions plus détaillées de toutes les
espèces et de mieux préciser leur répartition géographique. Grâce à l’amabilité
des autorités du Muséum, il m'a été possible d'utiliser les dessins originaux
qui ont servi à illustrer les Coléoptères Carabiques de la région malgache,
du moins ceux qui ont pu être retrouvés et ceux qui n’ont pas dû subir quelques
modifications.
Comme l'ont montré les travaux de J. Mizcor (1952, 1953) et de
R. PauLran (1961), la population zoologique des îles de l'Océan Indien envi-
ronnant Madagascar (Comores, Réunion, Maurice, Séchelles, etc.) est bien
distincte de celle de la Grande Ile et d’une origine nettement différente ; il
en sera d’ailleurs question plus loin. Le terme de «région malgache », dans le
sens que lui donnait R. JEANNEL, est donc actuellement dépassé et ne signifie
plus rien de concret. J’ai cependant tenu à inclure dans le présent ouvrage
les Scaritines, bien peu nombreux d’ailleurs, connus de ces îles.
D'importants travaux ont déjà été consacrés aux Scaritinae, notamment
par J. Purzeys (1846, 1866) et M. DE Caaupor (1855, 1879-1880). Le premier
de ces auteurs traitait exclusivement des Cliviniens et des Dyschiriens, tandis
que le second révisait les Scaritiens proprement dits. Mais ces études furent
rapidement dépassées par l'amélioration des moyens d’investigation et par
J'afflux constant de matériaux nouveaux provenant de toutes les régions du
globe, et il s'avéra que de nouvelles recherches étaient indispensables. C’est
pourquoi M. BANNINGER, à une époque bien plus récente (1937-1939) publia
une monographie des Scarilini du monde entier, excellent travail, mené avec
une grande méticulosité et après examen de la plupart des types. De son côté,
K. Kuzr a publié quelques travaux d’ensemble sur les grands genres Clivina
(1959) et Dyschirius (1954) de la région afro-malgache.
Dans sa « Faune de France » (1941) R. JEANNEL esquissa une nouvelle
systématique de l’ensemble des Scaritides, qu'il améliora et compléta dans
l'ouvrage dont il a déjà été question (1946).
#
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Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 7
La réalisation de mon travail a été uniquement possible grâce aux riches
collections et aux nombreux types conservés au Muséum national d'Histoire
naturelle, à Paris ; ces collections sont la base de toutes les recherches sur la
faune de Madagascar. Aussi, voudrais-je exprimer ma vive reconnaissance
à tous mes amis du Laboratoire d’Entomologie, et notamment à son directeur,
le Professeur A.S. Bazacaowskv, à M. André DESCARPENTRIES, qui s’est
particulièrement intéressé à mon travail et n’a pas ménagé sa peine ni son
temps pour la communication des matériaux et des renseignements qui
m'étaient nécessaires, à M. Pierre Vite, qui a bien voulu me faire profiter
de sa très grande compétence pour tout ce qui concerne la faune malgache,
à M. André Vizuiers, à Madame A. Bons, qui m'a aussi fortement aidé lors
de mes séjours à Paris.
Je tiens aussi à remercier spécialement M. Renaud Pauzian, Recteur
de l’Académie de Bordeaux, pour son aide si précieuse dans de nombreux
domaines ; c’est aussi grâce à son action compétente et dynamique que l’Ins-
titut scientifique de Madagascar a pu accomplir une œuvre magnifique dans
la prospection zoologique de l’île.
Mes remerciements vont aussi au Dr W. Saurer, de l’Entomologische
Institut de l’Eidgenüssische Technische Hochschule, à Zürich, au Dr F. HIEKE,
du Zoologisches Museum der Humboldt-Universität à Berlin et au Dr P.M.
HammonD, du British Museum (Natural History), Londres, qui n’ont pas
hésité à me confier des types de Kiuc et de BANNINGER, ainsi que d’autres
matériaux.
J'exprime également ma reconnaissance à Madame S. BERGER qui a
bien voulu, avec son talent bien connu, effectuer une partie des dessins illus-
trant ce volume.
La plupart des musées du monde contiennent des collections de Mada-
gascar, mais généralement elles ne sont que d’un faible secours pour une
révision approfondie par suite de l'absence de données géographiques précises
et authentiques. Par contre, les énormes collections réunies au Muséum de
Paris, sont, dans leur grande majorité, pourvues d’indications exactes et
précises des lieux de capture, et forment ainsi une documentation d’une
richesse exceptionnelle. Elles renferment, de plus, près de 90 % des types
malgaches. La presque totalité du matériel ayant servi à mon étude provient
donc de cette institution. Grâce à l’amabilité de ses autorités, une partie en
a été déposée au Musée Royal de l'Afrique Centrale à Tervuren,
Dans les pages qui vont suivre j'ai utilisé les abbréviations suivantes :
BM : British Museum (Natural History), Londres.
MP : Muséum national d'Histoire naturelle, Paris.
MRAC : Musée Royal de l'Afrique Centrale, Tervuren.
Source : MNHN, Paris
8 P. BASILEWSKY
SOUS-FAMILLE DES SCARITINAE Boxezrr, 1809
Les Scaritinae constituent une des plus importantes sous-familles des
Carabides, toujours facilement reconnaissables par l'aspect général et la
présence d’un pédoncule entre le prothorax et les élytres. La taille est très
variable ; rien que chez les espèces malgaches elle varie de 1,6 mm à 66 mm.
La coloration est toujours noire à brune, à l'exception de quelques groupes
non représentés à Madagascar.
Ailes très souvent absentes. Tête le plus souvent grosse et volumineuse,
avec de chaque côté, à la face ventrale, une gouttière marginale ou scrobe,
située entre le bord inférieur de l'œil et le rebord de la fente maxillaire ; ce
i sert à l'insertion d’une partie de l'antenne au repos, peut (chez
i) se prolonger sur la face ventrale du prothorax ; il est plus court
chez les Clivinini que chez les Scarilini. Le front présente une saillie latérale
(lobe sus-antennaire) au-dessus de l'insertion des antennes. Les mandibules
sont fortes et plus ou moins saillantes, leur base toujours cachée par le clypéus.
Les antennes sont souvent coudées par suite d’un fort allongement du scape ;
le 3 article est toujours plus ou moins plus long que le 2e, Le pronotum
est en général volumineux, son bord postérieur éloigné de la base des ély
dont il est séparé par le pédoncule. Scutellum toujours très réduit, ne s’i
pas entre les deux élytres mais situé sur le pédoncule. Elytres généralement
allongés et cylindriques ; leur champ radial atteignant l’angle sutural, entourant
ainsi entièrement les champs cubital et anal ; chez les Dyschiriini, cependant,
il est constitué très différemment, n’arrivant pas jusqu’à l’angle sutural mais
laissant les deux ou trois premiers intervalles s'étendre jusqu’au bord apical.
Epipleures simples, non tordus à leur extrémité apicale, se prolongeant jusqu’à
l'angle sutural.
Cavités coxales antérieures fermées en arrière, les intermédiaires disjointes,
la pointe du mésoépimère atteignant leur bord interne, séparant le méso-
sternum du métasternum. Mésosternum non caréné en avant. La partie anté-
rieure du mésothorax et l'extrême base des élytres sont fortement comprimées
et forment un pédoncule en arrière du pronotum. R. JEANNEL a cru devoir
séparer les Scaritines d’autres groupes voisins de Carabides par le fait que les
métépimères seraient bien distincts. En réalité, c'est là un caractère très
inconstant et sans grande valeur ; ainsi que l’ont déjà montré BANNINGER
(Mit. Münch. ent. Ges., 1949, 39, p. 155) et van EMDEN (Proc. Hawaïian
ent. Soc., 1953, 15, p. 54, fig. 2 et 3), ces métépimères sont particulièrement
petits chez la plupart des Scaritines, parfois même très fortement réduits.
Les pattes des Scarilinae, et plus particulièrement les pattes antérieures,
sont fort caractéristiques et montrent bien qu'il s’agit d'insectes fouisseurs.
Les protibias sont nettement adaptés à ce genre de vie, étant élargis et aplatis,
avec l'organe de toilette très évolué, en forme de large échancrure pectinée,
tandis que l’éperon terminal est fortement prolongé, digité même, et que la
face externe porte de fortes dents échelonnées sur le bord, décroissant de
taille de la partie distale vers la base. Protarses très grêles, ceux des mâles
semblables à ceux des femelles (à l'exception de deux ou trois genres améri-
cains) et démunis de phanères adhésives.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 9
La chétotaxie ne présente généralement pas de caractères particuliers.
Pas de soie mandibulaire ; soies frontales, prothoraciques, discales, ventrales
et anales presque toujours présentes ; la série ombiliquée est différemment
spécialisée selon les groupes, généralement nombreuse, réduite chez les Dys-
chiriini; chez les Salcediini on observe une réduction générale de toute la
chétotaxie.
L'organe copulateur du @ présente un bulbe basal généralement peu
développé, à orifice largement ouvert du côté ventral ; l’apex est comprimé
dans le plan sagittal chez la plupart des Scaritini, au contraire largement
aplati dans le plan horizontal chez les Clivinini. Les paramères sont assez
grands, subégaux, atténués vers l'extrémité qui est généralement sétifère.
Pas de caractères sexuels secondaires chez les représentants africains,
malgaches et asiatiques de la sous-famille.
Les Scarilinae forment une vaste lignée de Carabides fouisseurs, tous
adaptés à vivre dans des galeries souterraines ou, rarement, dans le bois en
décomposition. Cette adaptation se traduit surtout par la conformation parti-
culière des pattes antérieures, mais aussi par la présence du pédoncule méso-
thoracique qui libère entièrement le prothorax des élytres, donnant ainsi
une grande mobilité. C’est un groupe très ancien, actuellement représenté
dans le monde entier par de très nombreux genres dont les espèces traduisent
une multitude d’orthogenèses parallèles, toutes en harmonie avec leur genre
de vie et dont la réussite a permis sa vaste dispersion.
Dans la faune malgache on connaît actuellement 133 espèces et sous-
espèces, réparties dans 26 genres. L’endémicité y est particulièrement impor-
tante, ainsi qu’on le verra plus loin, dans la partie traitant de la répartition
et de l’origine des Scaritines de Madagascar.
Huit tribus sont représentées dans la faune afro-malgache, dont quatre
seulement se rencontrent à Madagascar.
Ces huit tribus peuvent se différencier à l’aide du tableau ci-dessous :
1.(14). Face ventrale du prothorax conformée normalement, sans
scrobes pour la réception des antennes ; seule la face ventrale
de la tête présente ces scrobes.
2. (9). Seule la soie frontale postérieure présente, parfois également
atrophiée. Antennes pubescentes à partir du cinquième article
(entièrement glabres chez le genre Passalidius).
3. (8). Scape des antennes allongé et cylindrique, toujours sans soie.
4. (5). Avant-dernier article des palpes labiaux beaucoup plus long
que le dernier, fortement élargi et aplati, frangé de soies au
côté interne, pourvu d’un fort lobe saillant arrondi à l’extré-
mité distale interne. Maxilles à lobe interne très long. Scape de
longueur normale"... (Trib. Ochyropini nova)
5. (4). Avant-dernier articles des palpes plus ou moins de même lon-
gueur que le dernier, cylindrique, nullement élargi et sans
frange de soies. Lobe interne des maxilles plus court, normal.
Source : MNHN, Paris
10 P. BASILEWSKY
6. (7). Fente maxillaire longue et large, profonde et arrondie en arrière
où elle dépasse fortement la base du menton et séparant très
nettement le submentum des paragènes. Scape trèslong ..
SU Ton pp Un DD UE I. Trib. Scaritini s. str. (p. 11)
7. (6). Fente maxillaire courte et étroite en arrière, n’atteignant pas
ou dépassant à peine la base du menton, n’entamant pas ou
guère le submentum. Antennes pubescentes à partir du cin-
quième article ou entièrement glabres (Passalidius). Scape non
ou à peine plus long que la normale... (Trib. Scapterini Putzeys)
8. (3). Scape des antennes en grande palette subarrondie et aplatie,
entièrement rebordée, pourvu d’une longue soie au bord posté-
rieur, les autres articles insérés excentriquement. Palpes nor-
maux. Fente maxillaire longue et très large, arrondie en arrière
où elle sépare le submentum, qui est exceptionnellement court,
des paragènes presque atrophiés. Mandibules très larges sur
toute leur longueur, terminées en avant par un crochet acéré.
Soies frontales absentes. (Trib. Gorintascarini nova)
9. (2). Les deux soies frontales présentes. Scape non ou à peine plus
long que la normale. Fente maxillaire prolongée et élargie en
arrière, le submentum bien séparé des paragènes.
10.(13). Champ radial de l'élytre atteignant l'angle sutural ; la gouttière
marginale se prolonge plus ou moins jusqu'à l’angle sutural,
séparant les premiers intervalles du bord apical.
11.(12). Scape antennaire sans soie ........ (Irib. Forcipatorini Jeannel)
12.(11). Scape antennaire avec une longue soie à son extrémité .......
ee ee II. Trib. Clivinini C. G. Thomson (p. 225)
13.(10). Champ radial de l’élytre n’atteignant pas l'angle sutural et lais-
sant les deux ou trois premiers intervalles s'étendre jusqu’au
bord apical. Scape antennaire avec une soie à son extrémité.
Re ee ci ee III. Trib. Dyschirini Jeannel (p. 276)
14. (1). Face ventrale du prothorax avec deux profonds sillons longitu-
dinaux prolongeant les scrobes céphaliques pour recevoir les
antennes au repos. Faciès de Colydien, large et aplati, avec
la tête déprimée, le pronotum et les élytres explanés et pourvus
de fortes carènes. Antennes pubescentes à partir du 2€ article.
Chétotaxie très réduite.. IV. Trib. Salcediini Alluaud (p. 290)
Quatre de ces huit tribus ne sont pas représentées à Madagascar :
10 Ochyropini, avec le seul genre Ochyropus Schioedte, qui ne comporte
qu'une espèce répandue en Afrique occidentale et centrale ;
20 Scapterini, composée des genres Scaplerus Dejean, Thlibops Putzeys
Parathlibops Basilewsky et Passalidius Chaudoir, distribuée en Afrique et
en Asie ;
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 11
3° Forcipatorini, avec le seul genre Scolyptus Putzeys en Afrique et de
nombreux autres en Amérique du Sud, dont Forcipator Maindron (= Oxysto-
mus Dejean, non Fischer) ;
40 Corinlascarini, ne comportant que le genre monotypique Corinlascaris
Basilewsky, connu seulement du Mozambique.
I. Trib. SCARITINI
Scaritides LacorpaIRe, 1854, Gen. Col., 1, p. 397.
dae Crauporr 1855, Bull. Soc. imp. Natur. Moscou, 28, n°1, p. 4.
des Purzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 3.
ni CHauDorr, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 2, p.
dae PÉRINGUEY, 1806, Trans. S. Afr. phil. So o 7h
des ANDREWES, 1929, Faune Brit. India, Carab., 1 Fe Do, 210.
ina BANNINGER, 1937, Deutsch. ent. Zeit., p. 85.
lae JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franc., 6, pp. 214, 235.
Scarilini Basizewsky, 1953, Explor. Parc. nat. Upemba, 10, p. 43.
Cette tribu diffère des autres Scarilinae, dont elle constitue le groupe
le plus important, par l’ensemble des caractères suivants :
Avant-dernier article des palpes plus ou moins de même longueur que le
dernier, cylindrique et nullement élargi ni aplati, pourvu seulement de quelques
soies terminales. Lobe interne des maxilles de longueur normale. Fente maxil-
laire longue et large, profonde et arrondie en arrière où elle dépasse fortement
la base du menton, séparant très nettement le submentum des paragènes.
Scape des antennes très long, toujours dépourvu de toute soie terminale.
La face ventrale du prothorax est conformée normalement, c’est-à-dire sans
sillons latéraux pour la réception des antennes au repos. Seule la soie oculaire
postérieure présente, l’antérieure toujours absente.
Ce sont des insectes de taille moyenne à grande ou très grande, d’un
noir mat à brillant ; à la face inférieure du corps on observe souvent de petites
taches d’un brun ferrugineux sur les côtés des derniers segments abdominaux.
La tête est toujours volumineuse, avec un large front et deux sillons frontaux
encadrant une convexité médiane constituant l’aire cérébrale ; les lobes sus-
antennaires du front sont souvent bien développés, parfois même saillants,
avec le bord antérieur simple où un peu échancré ; le labre est court, transverse
et trilobé. Les yeux sont toujours petits, bien que parfois assez saillants ; ils
sont constitués de facettes nombreuses et bien distinctes, mais souvent on
observe une tendance à l’atrophie; d’abord ces facettes deviennent peu
distinctes et comme oblitérées et on trouve des taches sombres de chitine,
qui parfois ne forment qu'une rondelle opaque au milieu, mais souvent aussi
s’agrandissent et s’épaississent jusqu’à recouvrir entièrement l'œil d’une couche
assez sensible ; ce phénomène s’observe très souvent chez une même espèce
et même au sein d’une seule population où l’on trouve des individus à facettes
bien distinctes et d’autres avec les yeux entièrement recouverts de chitine,
sans que des facteurs comme l'altitude ou la température semblent y avoir
la moindre influence ; il est probable que les yeux cessent d’être fonctionnels
dès que les facettes commencent à s’oblitérer. Au-dessus et en arrière des
yeux, le front présente des strioles, des sillons ou des rugosités au voisinage
de la soie oculaire, région nommée par ALLUAUD champ postoculaire. Laté-
ralement, en arrière et en dessous des yeux, les gènes (joues) forment le plus
Source : MNHN, Paris
12 P. BASILEWSKY
souvent une bosse saillante, parfois boursouflée ou même cornue, qui est le
calus oculaire. Les paragènes sont toujours bien individualisés, séparés du
menton et du submentum par la fente maxillaire ; leur bord interne est souvent
plus ou moins profondément entaillé, avec une dent au bord intérieur, le fond
de l'échancrure maxillaire est parfois prolongé sur la face du crâne par deux
carènes saillantes plus ou moins longues, les carènes paragénales, importantes
surtout chez les Sforthodontus (fig. 1). D’après JEANNEL, c’est le palpe maxil-
laire replié qui déterminerait cette encoche du bord interne du paragène.
Les antennes sont toujours courtes, généralement assez épaisses, avec le scape
toujours très long et démuni de toute soie terminale ; cette longueur du scape
donne souvent à tout l'organe un aspect coudé.
Fic. 1. — Face inférieure de la tête d’un Sforthodontus.
= labium ; fm = fente maxillaire; p — paragène ; ce — carène externe ;
ci = carène intérne ; y — yeux; co = calus oculaire; g = gène (joue); Pr =
prothorax.
Le pronotum est assez grand, de forme variable, parfois très transversal
ou même semi-lunaire ; les angles antérieurs sont parfois très fortement pro-
longés vers l’avant en lobes ou en angles aigus, enchâssant le cou ; les angles
postérieurs sont soit tout à fait arrondis, soit bien marqués et peuvent même
être fortement dentés ; le lobe basilaire médian n’est que rarement bien marqué ;
le repli marginal est continué sur la base par un rebord limitant le disque
au-dessus du pédoncule. Elytres avec le champ radial étendu jusqu'à l'angle
sutural ; série ombiliquée nombreuse, mais les pores petits, atrophiés chez les
genres à sculpture évoluée ; repli basilaire généralement absent, parfois remplacé
par plusieurs gros tubercules, réunis ou non entre eux ; la sculpture est très
variable, généralement homodyname, parfois hétérodyname, souvent aussi
plus où moins réduite; les intervalles externes ont souvent tendance à se
soulever ou même à devenir caréniformes, cachant alors souvent le bord externe,
partiellement ou même totalement.
Dessous à sculpture ordinairement médiocre. L'apophyse prosternale est
presque toujours bien individualisée à son extrémité postérieure, glabre ou
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 13
pourvue d’une touffe de soies ; la partie antérieure de l’apophyse mésosternale
qui lui fait face est presque toujours glabre. Métépisternes longs ou courts,
parfois étroits. Métasternum, en arrière des hanches médianes, de longueur
très variable par rapport à celle de la hanche postérieure. Epipleures élytraux
souvent très fortement élargis en avant. Les trois derniers segments abdominaux
sont parfois pourvus de sillons transversaux bien marqués. Les pattes sont
robustes et épaisses, de longueur moyenne, du type fouisseur ; les fémurs sont
gros et renflés ; les tibias un peu aplatis et élargis distalement, très larges aux
pattes antérieures (fig. 2) où ils présentent de notables variations donnant de
bons caractères taxonomiques, comme la présence ou l’absence d’une rangée
Fi. 2. — Protibia droit d’un Scariles (d’après JEANNEL).
médiane de soies bien alignées et la conformation des deux dents externes
terminales qui peuvent être soit portées sur une sorte d’apophyse et alors
leur bifurcation est située bien en avant du niveau de l'insertion des tarses,
soit simples et alors cette bifurcation n’est pas déportée vers l'avant; les
mésotibias ont une ou deux fortes dents à la partie distale de la face externe,
suivant les genres ; les métatibias sont inermes ou pourvus d’un denticule au
bord distal ; les tarses sont généralement courts et robustes.
Une seule soie oculaire située un peu en arrière de l’œil. Labre toujours
pourvu de trois soies à son bord antérieur. Soie clypéale présente ou absente.
Soies prothoraciques variables. Soies discales de l’élytre presque toujours
présentes et insérées sur la 3e strie ou sur le 4€ intervalle. Soies ventrales
(abdominales) toujours présentes. Deux soies anales de chaque côté chez les
deux sexes.
L'édéage des Scaritini est d’un type particulier. La partie basale, forte-
ment coudée et le plus souvent aplatie dans la coudure, présente un bulbe
assez individualisé et toujours pourvu d’un orifice largement ouvert ; la partie
apicale n’est guère chitinisée mais assez membraneuse, subissant ainsi très
souvent par dessiccation des déformations qui peuvent en dénaturer la forme
et le contour rendant ainsi son utilisation en taxonomie plus ou moins aléatoire ;
les paramères sont allongés, peu chitinisés, généralement assez étroits mais
longs, portant presque toujours à leur bord ventral, et surtout dans la moitié
distale, une frange de cils ou même parfois une membrane ciliée, mais pas de
soies terminales insérées dans l'axe. Les styles génitaux sont de forme variable,
le plus souvent avec le dernier article allongé, terminé en griffe pointue, et
pourvu d’une double rangée de soies épineuses.
Source : MNHN, Paris
14 P. BASILEWSKY
Les différences sexuelles secondaires sont imperceptibles. Souvent les
mâles sont de taille plus petite et ont la tête et les mandibules plus développées,
ces dernières parfois un peu autrement conformées ; les femelles, par contre,
sont parfois plus larges et plus trapues. Généralement, on ne peut discerner
les sexes sans dissection préalable. Dans la faune malgache je ne connais qu’un
seul cas où cette différenciation est aisée; il s’agit de Sforthodonlus aegeon
Chaudoir, dont la femelle diffère du mâle non seulement par la forme des
élytres mais aussi par la conformation de la carène paragénale, au point que
JEANNEL avait cru devoir l'en séparer sous le nom de S. manticoroides.
Ce n’est qu’en 1938 que M. BANNINGER découvrit chez quelques Scaritini
malgaches une structure très particulière du champ huméral et utilisa ce
caractère pour séparer Slorthodontus des autres genres. Il ne semble pas cepen-
dant y. avoir attaché une importance très grande, et considéra simplement
ce critère comme un bon caractère différenciel au niveau générique. Mais en
1946 R. JEANNEL étudia cette structure d’une manière approfondie et y vit,
à juste titre, une évolution orthogénétique extrêmement importante, ne se
rencontrant que chez une série de genres propres à Madagascar et ne se retrou-
vant dans aucune autre région du globe. Cette évolution consiste en un étale-
ment latéral du disque de l’élytre qui vient déborder la gouttière marginale,
de sorte que le 8e intervalle, toujours caréné, vient former le bord externe de
l'élytre et que le 9e, replié à la face ventrale, constitue un faux épipleure sur
le même plan que l’épipleure véritable ; elle offre des différences dans la structure
du bord préhuméral, c’est-à-dire du bord étendu depuis le pédoncule jusqu'à
l'angle de l'épaule. JEANNEL nous montre que les Scaritini malgaches présentent
Fic. 3. — Les trois types de champ huméral chez les Scaritini : base de
L'élytre, vue par la face ventrale (d’après JEANNEL). À - Scarilina ; B - Dyscherina ;
G- Siorthodontina. c.h. = rebord dorsal de l’épipleure, constituant le champ hu-
méral visible à la face dorsale ; ep = épipleure ; s.0. = série ombiliquée ; h =
angle huméral de l’élytre ; fx. e. = faux épipleure ; VIII et VII = côtes des
intervalles 8 et 7.
trois types bien différents de champs huméraux. Dans le type Scarites (fig. 3 A),
tout le bord préhuméral est constitué par le champ huméral et la dent humérale
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 15
de l’élytre est formée par l’angle externe du champ ; ce champ est donc entiè-
rement visible à la face dorsale et y constitue un rebord dorsal de l’épipleure ;
souvent les intervalles 7 et 8 sont carénés et prennent naissance à la bifur-
cation d’une crête, située après l’angle huméral, sur le bord marginal de l’élytre.
Chez le type Dyscherus (fig. 3B), le champ huméral visible à la face dorsale
n’occupe que la moitié interne du bord préhuméral ; c’est la crête formée par
l’origine commune des carènes des intervalles 7 et 8 (crête humérale) qui en
occupe la moitié externe, et la dent humérale, lorsqu'elle existe, est portée
par la bifurcation de cette crête. Enfin, chez le type Storthodontus (fig. 3 C)
Je champ huméral n’atteint pas le bord préhuméral et est invisible à la face
dorsale ; l’angle huméral, parfois denté, est constitué par la bifurcation de la
crête humérale qui donne naissance aux carènes des intervalles 7 et 8, lorsque
le 7e est caréné, ou qui se prolonge sans interruption par le 8e, lorsque le 7e
intervalle reste bas et effacé ; tout le bord préhuméral est donc formé ici par
cette crête, origine du 8e intervalle.
Se basant sur ces différentes conformations du champ huméral, R. JEANNEL
isole dans sa coupe des Slorthodontini les genres présentant la structure du
troisième type, et laisse dans ses Scarilini ceux des deux premiers types.
A mon tour, j’adopte pleinement l'opinion de JEANNEL sur l'importance de
cette structure, mais j'estime que chacun des trois types ci-dessus doit former
une sous-tribu distincte, ce qui m’amène à établir ici celle des Dyscherina.
Les Scaritini sont très largement répandus dans le monde et on les rencontre
presque partout. Ils sont très abondants à Madagascar où l’on observe un
endémisme particulièrement prononcé, presque absolu pourrait-on dire. On
ne connaît que bien peu de choses quant à leur biologie ; beaucoup d’espèces
se rencontrent sous les pierres mais d’autres vivent exclusivement dans des
terriers assez profonds, surtout les S{orthodontina, qu'ils ne quittent que la
nuit pour chercher les proies dont ils se nourrissent. Le regretté Jean VaDpon,
dont l'apport à la connaissance de la faune entomologique malgache est
immense, rechercha tout spécialement les représentants de ce groupe pendant
les dernières années de sa vie, réunissant une précieuse documentation sur
leur écologie ; il avait l'intention de publier ses observations sur ce sujet,
mais son décès prématuré ne lui permit point de mener ce projet à exécution
et j'ignore ce que sont devenues ses notes.
Les Scarilini de la faune afro-malgaches se répartissent en quatre sous-
tribus, dont trois sont abondamment représentées à Madagascar où deux
d’entre elles sont endémiques. Ces quatre sous-tribus peuvent être séparées
comme suit :
1. (2). Tibias intermédiaires et postérieurs très fortement élargis et
arqués, recouverts sur la face externe d’une sculpture très par-
ticulière, consistant en petites verrues en forme d'’écailles, for-
tement imbriquées à la base l’une dans l’autre, étroitement
rebordées latéralement et en avant, fortement pubescents ; les
antérieurs sont pourvus d’une digitation très développée, lon-
gue et étroite. Fente maxillaire particulièrement longue et
large, dépassant de loin en arrière la base du menton. Champ
huméral de l’élytre entièrement visible du dessus. ...........
- (Subtrib. Acanthoscelina Csiki)
2. (1). Tibias intermédiaires et postérieurs non ou très modérément
dilatés, dépourvus de la sculpture décrite ci-dessus.
Source : MNHN, Paris
16 P. BASILEWSKY
3. (6). Champ huméral visible du dessus, totalement ou partiellement.
4. (5). Champ huméral entièrement visible du dessus. Vue par la face
ventrale, la base de l’élytre est presque totalement constituée
par l'épipleure qui prend une grande extension et forme la tota-
lité du bord préhuméral ainsi que l’angle huméral lui-même ;
le faux épipleure ne dépasse pas cet angle huméral et n’empiète
nullement sur le bord (fig. 3 A) ................:..........
ee aie A. Subtrib. Scaritina s.
5. (4. Champ huméral visible à la face dorsale seulement sur la moitié
interne du bord préhuméral. Vue par la face ventrale, la base
de l'élytre est constituée en partie par l’épipleure, en partie par
le faux-épipleure qui forme la partie externe du bord préhumé-
ral et l'angle huméral lui-même (fig. 3 B) ...................
SU RE om GE) B. Subtrib. Dyscherina nova (p. 101)
6. (3). Champ huméral entièrement invisible à la face dorsale, n’attei-
gnant pas le bord préhuméral, dont il est séparé par le faux-
épipleure. Vue par la face ventrale, l’épipleure ne forme qu’une
étroite bande de la base de l'élytre, au côté interne, le faux-
épipleure en constituant la grande partie ainsi que l’entièreté
du bord préhuméral et l'angle huméral, atteignant le pédoncule
du pronotum (fig. 3 C) C. Subtrib. Storthodontina Jeannel (p. 127)
La sous-tribu des Acanthoscelina Csiki ne renferme que le genre Acan-
thoscelis Latreille, lui-même monospécifique. L’unique espèce, A. ruficornis F.,
est très étroitement localisée sur la côte Sud-Ouest de l’Afrique, entre Walfish
Bay et Somerset-West ; on la rencontre exclusivement sur le rivage océanique,
sous les varechs pourrissants.
Celle des Scaritina est presque aussi largement répandue dans le monde
que la sous-famille elle-même. Elle est représentée à Madagascar par huit
genres, dont deux à vaste répartition mondiale, un connu aussi d'Afrique
orientale et cinq endémiques.
La sous-tribu des Dyscherina (nova) est particulière à Madagascar et
compte trois genres.
Celle des Storthodontina Jeannel, également propre à la Grande Ile,
comporte cinq genres.
A. Subtrib. SCARITINA
La sous-tribu des Scarilina est caractérisée, parmi les autres groupes
de la tribu des Scaritini, par la conformation du champ huméral, qui est du
type normal et non évolué. Comme nous l'avons vu plus haut, chez de nom-
breux représentants malgaches de la tribu, cette partie du corps subit une évo-
lution orthogénétique très particulière et que je ne connais chez aucun Sca-
ritine des autres régions du globe : le disque de l’élytre s’étale latéralement
et déborde la gouttière marginale, de sorte que le 8e intervalle caréné vient for-
mer le bord externe de l’élytre et le 9e se replie à la face ventrale, constituant
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 17
un faux épipleure sur le même plan que l’épipleure vrai. Cette évolution se
produit en deux stades, et chacun d'eux caractérise les deux autres sous-
tribus. Chez les Scarilina, par contre, on ne trouve nulle trace de cette évolution
et le champ huméral se présente d’une manière tout à fait normale ; tout le
bord préhuméral est constitué par le champ huméral qui est donc entièrement
visible du dessus ; à la face ventrale, la base de l'élytre est presque totalement
constituée par l’épipleure qui prend une grande extension et forme tout le
bord préhuméral ainsi que l’angle huméral lui-même; le faux épipleure ne
dépasse pas cet angle huméral et n’empiète nullement sur le bord (fig. 3 A).
Ainsi comprise, la sous-tribu des Scaritina forme un très vaste ensemble
répandu sur presque toute la surface de la terre. Abondamment représentée
en Afrique, elle compte huit genres dans la région malgache, dont cinq endé-
miques. Un sixième (Typhloscaris) comporte plusieurs espèces en Afrique
orientale, surtout en région d’altitude, mais est aussi représenté à Madagascar
par trois espèces orophiles. Enfin, les deux derniers (Distichus et Scarites )
ont une très vaste répartition dans le monde et les formes malgaches sont net-
tement apparentées à des espèces africaines.
TABLEAU DES GENRES DE LA FAUNE MALGACHE
1. (2). Base des trois derniers segments abdominaux toujours rebordée
par des sillons ventraux. Lobe interne des maxilles crochu vers
l'intérieur à son extrémité distale. Mésotibia avec une seule
dent à la partie distale du bord supérieur ; métatibias distale-
ment inermes. Corps étroit et parallèle .
1. Gen. Distichus Motschulsky (p. 18)
2. (1). Base des segments abdominaux non rebordée.
3.(10). Lobe interne des maxilles crochu à son extrémité distale.
4. (5). Moïtié distale du bord supérieur des mésotibias avec deux for-
tes dents. Soie discale insérée sur la 3€ strie ................
OT ee 00 2. Gen. Scarites Fabricius (p. 23)
5. (4). Moitié distale du bord supérieur des mésotibias avec une seule
dent.
6. (7). Bord latéral de l'élytre (9° intervalle) entièrement libre et bien
visible du dessus sur toute son étendue, de la crête humérale
jusqu’à l'angle sutural ; le 8e intervalle est généralement peu
développé, très étroit ou presque effacé. Soies discales insérées
surla 3e strie. ::....... 3. Gen. Typhloscaris Kuntzen (p. 43)
7. (6). Bord latéral de l’élytre caché au moins dans la partie antérieure.
8. (9). Huitième intervalle de l'élytre jamais caréniforme, s'effaçant
près de l’épaule du bien plus ou moins oblitéré sur toute sa
longueur, le bord latéral caché près de l’épaule par le 7€ interval-
le. Soies discales insérées sur la 32 strie .....................
PR noce orne 4. Gen. Dyscaris Bänninger (p. 49)
2
Source : MNHN, Paris
18 P. BASILEWSKY
9. (8). Huitième intervalle caréniforme sur toute sa longueur, de la
dent humérale jusqu’à l’angle sutural, cachant entièrement le
bord latéral de l’élytre. Soies discales insérée sur le 4e inter-
VALLE SERRE 2 NE Ne 5. Gen. Madascaris Bänninger (p. 58)
10. (3). Lobe interne des maxilles arrondi à son extrémité distale, sans
crochet ni denticule.
11.(12). Mésotibias avec deux dents à la partie distale de la face externe.
Bord externe de l’élytre entièrement visible du dessus, même
dans la région humérale, non caché par la carène du 7€ ou du
8 intervalle. Corps subcylindrique, étroit et allongé. Métépis-
ternes allongés. Angles postérieurs du pronotum plus ou moins
marqués. Soies discales insérées sur la 3° strie : 5
Peer eee 6. Gen. Mecynoscaris Alluaud (p. 62)
12.(11). Mésotibias avec une seule dent à la partie distale de la face
externe. Bord externe de l’élytre presque toujours complète-
ment invisible du dessus dans sa partie humérale, caché par la
carène de l’intervalle externe. Métépisternes subcarrés. Corps
plus large et moins allongé. Angles postérieurs du pronotum
tout à fait effacés.
13.(14). Pas de pores sétigères sur le 4€ intervalle, les soies discales insé-
rées sur la 3€ strie. Mandibules larges à la base, à lobes internes
très saillants ; de chaque côté ces lobes sont constitués au bord
interne par une série de dents et de mamelons bien développés,
sans bord libre concave. Paragènes sans carène interne ........
ann AE 7. Gen. Prodyscherus Jeannel (p. 67)
14.(13). Quatre soies sur le 42 intervalle et deux sur la 3€ strie. Mandibu-
les longues et étroites, les lobes internes peu saillants ; à gauche,
ce lobe est remplacé par une expansion à bord libre concave
entre deux tubercules peu saillants et occupant toute la moitié
basilaire du bord interne de là mandibule ; à droite, le lobe
interne forme une expansion encore plus longue, peu saillante, à
bord libre concave mais mamelonné. Paragènes avec une ca-
rène interne courte et rectiligne
ë 8. Gen. Prodyscherodes |
1. Genre Distichus Motschulsky (1)
Distichus Motschulsky, 1857, Et. ent., 6, p. 96 (espèce-type : Scarites planus
Bonelli, 1813, par monotypie et désignation originelle).
Distichus Motschulsky ; Cæauporr, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22, p. 128.
Distichus Motschulsky : Cmauporr, 1880, Ann. Soc. ent. Belg, 23, p. 44.
Distichus Motschulsky ; BANNINGER, 1937, Deutsch. ent. Zeit., p. 124 (subgen.).
Distichus Motschulsky ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeil., p. 76 (subgen.).
& Pistichus Motschuiskÿ ; Jeanne, 1046, Faune de l'Empire frane., 6, pp. 237,
© Distichus Motschulsky ; Baszewsx, 1973, Rev, Zool. Bot. afr., 87, p. 77.
(1) Seules les références essentielles ou ayant trait à la faune malgache sont
reprises ci-dessous.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 19
Description. — Taille petite à très moyenne. Ailes présentes et fonction-
nelles. Forme allongée, étroite et subparallèle.
Tête médiocre, à sillons frontaux profonds et assez arqués en dehors ;
yeux moyens, calus oculaire faible et non saillant. Lobe interne des maxilles
crochu vers l’intérieur à son extrémité distale. Lobes latéraux du menton
grands et rebordés latéralement. Paragènes à bord interne profondément
arrondis, les postérieurs accusés mais non dentés chez les espèces malgaches.
Elytres étroits et allongés, subparallèles, sans rebord basilaire, l'épaule bien
marquée, l’angle huméral toujours plus ou moins denté ; le bord externe formé
par le 9e intervalle libre sur toute son étendue et parfaitement visible du dessus.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes longs, au moins deux fois
aussi longs que larges ; métasternum, en arrière des hanches médianes, plus
long que les hanches postérieures. Epipleures non spécialement élargis en
avant. Les trois derniers segments abdominaux sont pourvus à la base d’un
sillon transversal bien marqué sur toute sa longueur. Protibias avec la bifur-
cation des deux dents terminales externes située plus ou moins au niveau de
l'insertion des tarses ; mésotibias avec une seule dent à la partie distale du
bord supérieur ; métatibias sans denticule terminal.
Soies clypéales présentes. Soies prothoraciques antérieures et postérieures
présentes. Plusieurs soies discales sur la 3e strie.
Edéage très arqué, l’apex de forme variable, parfois déprimé en bec;
styles lamelleux, larges, leur extrémité avec une frange de soies nombreuses.
Styles génitaux de la femelle courts et épais, le sommet coupé en biseau, la
face plane du biseau tournée en dehors, sa base pourvue d’une touffe de poils
et d’une soie au sommet de la face interne.
Répartition géographique. — Le genre Distichus proprement dit com-
prend de nombreuses espèces peuplant la région méditerranéenne, l'Asie
centrale, méridionale et du Sud-Est, jusqu'à Bornéo, ainsi que l'Afrique et
Madagascar. Dans cette île il est représenté par deux espèces, à affinités nette-
ment africaines. Suivant JEANNEL, elles se rencontrent surtout dans les endroits
marécageux, au bord des eaux, et sont souvent attirées le soir par les lumières.
Discussion. — M. BÂNNINGER a inclu dans ce taxon de nombreuses
espèces, tant d'Amérique du Sud que de l’Ancien Monde. Cependant, les for-
mes américaines sont nettement caractérisées par la présence d’un groupe de
points sur la moitié interne du second sternite abdominal ; il est vraisemblable
qu’elles devront constituer un genre distinct (Lophogenius Motschulsky).
TABLEAU DES ESPÈCES DE LA FAUNE MALGACHE
1. (2). Elytres avec cinq soies discales sur la 3e strie. Clypéus pourvu
de plusieurs plis longitudinaux longs et profonds. Paramères de
l'organe copulateur fortement modifiés. Long. 10 à 14 mm ..…
DD To Co D CU 1. D. perrieri (Fairmaire)
2. (1). Elytres avec quatre soies discales sur la 3e strie. Clypéus sans
plis longitudinaux ou seulement avec des vestiges. Paramères
de l'organe copulateur G normaux. Long. 8 à 10mm .........
ot re ne ie ... 2. D. mediocris (Fairmaire)
Source : MNHN, Paris
20 P. BASILEWSKY
1. Distichus perrieri (Fairmaire) (fig. 4)
Scarites Perrieri Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 104.
Scarites (Distichus) perrieri Fairmaire ; BANNINGER,
1938, Deutsch. ent. Zeit., pp. 83, 86.
Distichus Perrieri Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de
Empire frang., 6, p. 239, fig. 100, 101 c et d.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, environs de Su-
berbieville (= Maevatanana) (H. Perrier de la Bâthie)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 10 à 14 mm. Aïlé. Corps sub-
parallèle et peu convexe. D'un noir brillant, les antennes,
les tibias et les tarses d’un ferrugineux roussâtre.
Tête assez large, les yeux relativement grands, les
joues non saillantes et ne formant pas de calus oculaire, les
lobes sus-antennaires modérément développés, avec un
fort pli latéral au-dessus de l’œil; mandibules moyennes,
recourbées ; sillons frontaux longs et profonds, divergents
fortement en arrière ; une forte dépression subarrondie de
chaque côté des sillons, un peu en dessous de la suture ;
Fi. 4. — Distichus Gevyant du clypéus avec plusieurs plis longitudinaux assez
PE D ANNE profonds ; arrière assez fortement mais peu densément
ponctué. Lobes latéraux du menton longs, fortement ridu-
lés en oblique, très fortement rebordés latéralement, le
bord antérieur tronqué en oblique. Antennes assez courtes
mais non épaissies, tous les articles plus longs que larges. Pronotum à peine trans-
verse, 1,20 fois plus large que long, peu convexe; bord antérieur subdroit,
les angles antérieurs largement arrondis et nullement avancés, les côtés recti-
lignes, très faiblement crénelés, les angles postérieurs arrondis mais bien mar-
qués par une interruption du rebord externe et un épaississement à cet endroit
du repli basilaire, formant une faible tubérosité un peu saillante; côtés de
la base descendant en oblique faible et régulier sur le pédoncule, ne formant
pas de lobe médian ; sillon longitudinal médian fin et peu profond, le trans-
versal antérieur bien mieux marqué et entier ; gouttière marginale très étroite
sur toute sa longueur, les dépressions basilaires distinctement marquées ;
surface brillante, à peine distinctement striolée transversalement au milieu du
disque, très faiblement granulée-ponctuée de chaque côté de la base. Elytres
longs, étroits et parallèles, l'épaule bien marquée, la crête humérale longue
et arquée, peu saillante intérieurement mais assez fort vers l'extérieur où
elle forme une dent humérale assez pointue et saillante ; stries bien marquées,
non ponctuées, continuées jusqu’à l’apex ; intervalles non convexes, à peine
soulevés, couverts d’une microsculpture réticulaire fine, très dense, donnant
à l’élytre un aspect mat et un peu alutacé ; le 7° intervalle un peu convexe
en avant et plus rétréci, séparé du 8e par une strie moins profonde que les autres.
Métépisternes longs et étroits, ponctués.
Soies prothoraciques présentes. Cinq soies discales sur la 3e strie.
Edéage (fig. 5 a-b) grand, longuement arqué, l’apex élargi en bec forte-
ment incurvé du côté ventral, sa face dorsale déprimée et concave, l'extrémité
transversalement arrondie, la partie basale coudée et très courte ; paramères
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 21
F1G. 5. — Gen. Distichus Motschulsky. Edéage et sommet du paramère
gauche. a-b, D. mediocris (Fairmaire) ; c-f, D. perrieri (Fairmaire) (d’après JEANNEL)
robustes, leur partie apicale doublée par une expansion hyaline, les soies for-
mant une sorte de membrane striée insérée sur la face externe de la partie
apicale. Style génital © fig. 7a.
Distribution dans l'île (fig. 6). —ManaGascar Norp : Diégo-Suarez
(Dr. Sicard, MP, MRAC, BM). — Nosy Mitsio (R. Paulian, I. 1960, MP).
MapaGascar OuEsr : Majunga (Dr. Decorse, 1899, MP). — Ambivy,
vallée du Kamoro (G. Schmitz, V. 1964, MRAC). — Environs de Marovoay
(J. Descarpentries, 1911, MP). — Boeni, prairies inondées de l’Ikopa (J. Decorse,
1901, MP). — Miandrivazo (J. Lemaire, VII. 1941, MP, MRAC ; J. Hermann,
1943, MP, MRAC). — Maevatanana (H. Perrier de la Bâthie, Dr. Sicard, J. De-
corse, MP, MRAC).
Mapagascar Sup : Pays Androy (Ch. Alluaud, 1900, MP). — Plateau
de l’Androy, région d’Ambovombe (J. Decorse, MP).
Cette espèce se rencontre dans la plus grande partie de l’île, à l'exception
du centre et de l’est,
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Distichus mediocris (Fairmaire)
Scarites mediocris Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 15.
Scarites (Distichus) mediocris Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deulsch. ent.
Zeit., pp. 83, 86.
Distichus mediocris Fairmaire ; Jeannez, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
pp. 239, 240, fig. 101 a, b.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, environs de Suberbieville (=
Maevatanana) (H. Perrier de la Bâthie) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 8 à 10 mm. Aïlé. Coloration et aspect du précédent,
mais nettement plus petit.
Source : MNHN, Paris
22 P. BASILEWSKY
Fic. 6. — Répartition géographique de Distichus perrieri (Fairmaire).
Tête aussi longue, les sillons frontaux moins profonds, le clypéus sans plis
longitudinaux ou ces derniers peu distincts. Pronotum un peu plus large et
un peu plus transverse, 1,24 à 1,27 fois plus large que long, les côtés un peu
moins nettement rectilignes et non crénelés, la dent de l'angle postérieur mieux
marquée. Elytres semblables, mais les stries un peu ponctuées et la 3° avec 3
ou 4 soies discales,
Edéage (fig. 5 c-d) assez différent, proportionnellement bien plus petit,
court et arqué, la partie basale coudée très courte, la partie apicale comprimée
transversalement, haute, l’apex formant une lame sagittale arrondie, la face
dorsale comprimée et concave seulement à l'extrémité ; les paramères sont
encore plus différents, ayant le type habituel des Scarites, larges, atténués au
sommet, sans expansion hyaline et la longue frange de soies disposée de manière
normale, sur le bord ventral. Style génital © fig. 7b.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 23
Distribution dans l'île (fig. 8). — Mapacascar Ouest : Majunga
(MRAC). — Ambivy, valée de la Kamoro (G. Schmitz, V. 1964, MRAC). —
Port-Bergé (J. Vadon, XII. 1936, MP). — Marovoay (J. Dubois, V. 1962,
MRAC). — Environs de Marovoay (J. Descarpentries, 1911, MP). — Boeni,
prairies inondées par l’Ikopa (J. Decorse, 1901, MP). — Maevatanana (H. Per-
rier de la Bâthie, MP, MRAC, BM).
MapaGascar CENTRE : Mandritsara (Michel, XII. 1936, MP, MRAC).
MapaGascar Sup: Sept Lacs, Tuléar (R. Paulian, I. 1960, MP).
Fig. 7. — Gen. Distichus Motschulsky. Styles génitaux de la Q. a, D. per-
rieri (Fairmaire) ; b, D. mediocris (Fairmaire).
Cette espèce semble surtout répandue dans la vallée de la Betsiboka, au
Nord-Ouest de l’île, mais s’est retrouvée près de Tuléar, dans le Sud ; elle
semble absente dans le Nord et dans l'Est. M. BANNINGER la cite de l’île de
Berafia (l’une des Radama), de Midongy, de Maroantsetra et de l’Androy,
mais toutes ces mentions méritent vérification ou confirmation.
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Genre Scarites Fabricius (2)
Scarites Fabricius, 1775, Syst. Ent., pp. 18, 249 (espèce-type : LATREILLE
(1810) désigne comme type Scarites gigas Fabricius, 1781, postérieur à l’établisse-
ment du genre ; cette désignation ne peut être retenue. Hope, en 1838, désigne
la même espèce. En 1840, Wesrwoon (Synopsis, p. 2) désigne C. beckwithii Ste-
phens, synonyme reconnu de Scariles sublerraneus Fabricius, 1775 ; c’est donc
cette dernière espèce qui est la vraie espèce-type du genre.
FRE Fabricius ; CHAuDoIR, 1855, Bull. Soc. imp. Nat. Moscou, 28, n° 1,
pp. 4, 51.
Scallophorites Motschulsky, 1857, Et. Ent. 6, p. 95 (espèce-type : Scarites
striatus Dejean, 1825, par désignation originelle).
Scariles Fabricius ; CHAUDoOIR, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22, p. 29.
Scariles Fabricius ; CHAUDOIR, 1880, Ann. Soc. ent. Belg., 23, p. 63.
Scallophorites Motschulsky ; CmAuDorn, 1880, Ann. Soc. ent. Belg., 23, p. 67
(subgen.).
(2) Seules les références essentielles ou ayant trait à la faune malgache sont
reprises ci-dessous.
Source : MNHN, Paris
24 P. BASILEWSKY
|
Fra. 8. — Répartition géographique de Distichus mediocris (Fairmaire).
Scaritolius Fairmaire, 1905, Ann. Soc. ent. Belg., 49, p. 115 (espèce-type :
Scaritolius politus Fairmaire, 1905 (non Bonelli, 1813 = S. fairmairei BANNINGER,
1933, nom. nov., par monotypie).
Scarilolius Fairmaire ; BANNINGER, 1933, Deulsch. ent. Zeit., p. 104 (syn.).
Scariles Fabricius ; BANNINGER, 1937, Deutsch. ent. Zeit, pp. 123, 128.
: ue Motschulsky ; BANNINGER, 1937, Deutsch. ent. Zeit, p. 126
subgen.
Scarites Fabricius ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit, 74.
Scallophorites Motschulsky; BANNINGER, 1938, Deutsch. DE Zeit, p. 152
(subgen.).
Scallophorites Motschulsky ; BANNINGER, 1949, Müitt. Münch. ent. Ges., 39,
p. 137 (subgen.).
Scarites Fabricius ; Jeanxez, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 237, 240,
& ER Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, p. 242
subgen
Scarites Fabricius ; BasiLEwskv, 1973, Rev. Zool. Bot. afr., 87, p. 178.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 25
Description. — Taille moyenne à grande (20 à 40 mm). Espèce ailées ou
aptères.
Tête généralement médiocre, mais parfois volumineuse, surtout chez les
mâles ; sillons frontaux modérément profonds et médiocrement prolongés
en arrière ; yeux le plus souvent petits, bien que parfois assez saillants ; calus
oculaire et lobes sus-antennaires variables, souvent bien développés. Mandi-
bules longues et bien développées. Lobes latéraux du labium larges, plus ou
moins tronqués au bord antérieur, nettement ridulés, les côtés plus ou moins
rebordés, parfois très faiblement. Paragènes fortement échancrés et dentés
au bord interne, sauf chez S. comoricus. Lobe interne des maxilles crochu à son
extrémité distale. Antennes de longueur variable, n’atteignant pas l’angle
postérieur du pronotum, les derniers articles souvent assez courts. Pronotum
de forme variable, souvent très transversel. Elytres généralement allongés et
parallèles chez les formes ailées, plus courts et plus ovales chez les aptères ;
Ja striation est tres variable, parfois presque nulle ; repli basilaire absent ;
bord externe libre et non caché par l'intervalle 7 ou 8 chez toutes les espèces
malgaches, à l'exception de S. comoricus.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes variables, mais toujours
plus longs que larges ; métasternum en arrière des hanches médianes plus long
que les hanches postérieures ; épipleures non particulièrement élargis en avant.
Segments abdominaux sans sillons transversaux. Mésotibias toujours pourvus
de deux fortes dents à la partie distale de la face supérieure ; métatibias inermes
à l'extrémité.
Soies du clypéus présentes. Une ou deux soies prothoraciques latérales
de chaque côté. Soies discales de l’élytre insérées sur la 8e strie, peu nombreuses
mais toujours présentes ; chez S. comoricus les soies prothoraciques et discales
sont absentes.
Edéage court et épais, sa partie apicale obtuse et comprimée latéralement ;
paramères courts, plus ou moins atrophiés au sommet, la frange ciliée du bord
ventral généralement assez réduite. Styles génitaux de la femelle courts et
épais, le dernier article ayant la face externe coupée en biseau dont le bord
ventral porte une rangée ininterrompue de soies épineuses.
Répartition géographique. — Le genre Scariles est très largement
répandu, tant dans l’Ancien Monde que dans les deux Amériques ; il ne se
rencontre pas toutefois en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Guinée,
ni en Nouvelle-Calédonie. Il constitue une lignée fort ancienne dont les éléments
sont, en général, difficiles à séparer par suite des caractères peu tranchés et
très variables qui les séparent. Très abondamment représenté en Afrique, il
comporte quatre espèces à Madagascar (dont une s'étendant aux Comores et
aux Séchelles) et deux spéciales aux Comores ; sa présence à la Réunion, bien
que signalée, est assez douteuse.
Discussion. — Le grand genre Scariles constitue un vaste complexe,
assez polymorphe ; il n’est pas impossible qu’une étude approfondie de tous ses
représentants dans le monde montre qu’il doive être scindé en plusieurs cou-
pes génériques. Il est donc difficile de donner actuellement sa définition précise
et je me suis contenté de préciser plus haut les caractères des espèces mal-
gaches. Parmi ces dernières, S. comoricus est d’ailleurs fort différent des autres
et provient certainement d’une lignée distincte.
Source : MNHN, Paris
26 P. BASILEWSKY
Scallophorites, créée comme genre indépendant par MorscnuLsky, fut
reconnu en tant que sous-genre par la plupart des auteurs, notamment par
CHaupor (1880) et par BÂNNINGER (1937, 1938, 1949). JEANNEL n’y voyait
par contre qu’un synonyme de Scarites. Pendant longtemps j'ai considéré
Scallophorites comme un genre valable, mais je partage maintenant le point
de vue de ce dernier auteur, les caractères distinguant les deux taxons étant
vraiment trop faibles, basés exclusivement sur la plus ou moins grande lon-
gueur des métépisternes. Bien entendu, cette synonymie n’est acceptée ici que
dans la conception d’un seul genre Scarites ; au cas où ce dernier devrait être
divisé, il n’est pas exclu que le nom de MorscmuLsky devienne nécessaire pour
désigner un genre distinct, mais basé alors sur d’autres critères.
Scarilolius, créé comme genre indépendant par FarRmAIRE, fut reconnu
comme simple synonyme de Scarites par BANNINGER en 1933. JEANNEL en
fait un sous-genre de ce dernier, mais les caractères mis en avant n’ont aucune
valeur.
TABLEAU DES ESPÈCES DE LA FAUNE MALGACHE
1.(10). Paragènes profondément échancrés au bord interne et forte-
ment dentés. Bord externe de l’élytre bien visible du dessus sur
toute sa longueur, nullement caché dans la région humérale par
la carène du 8e intervalle. Pronotum arrondi en arrière, les
côtés de la base se rétrécissant régulièrement, sans former
d’échancrure ni de lobe médian. Soies prothoraciques et ély-
trales présentes.
2. (7). Elytres normalement striés, étroits, subparallèles et convexes.
Pronotum peu transverse.
3. (6). Mandibules avec de larges lobes molaires se rejoignant à la base.
Lobes sus-antennaires non ou à peine saillants. Partie anté-
rieure du front pourvue d’une sculpture longitudinale faible ou
moyenne, toujours courte. Seule la soie prothoracique posté-
rieure présente ; une seule soie discale, peu distincte, insérée à
l’origine de la 3e strie.
4. (5). Métépisternes particulièrement longs et étroits, plus de deux
fois plus longs que larges au bord antérieur. Lobes sus-anten-
naires du front le plus souvent plus ou moins anguleux. Septiè-
me intervalle des élytres non ou à peine plus convexe que le 6e,
non caréné. Long. 20 à 30 mm... 1.S. madagascariensis Dejean
5. (4). Métépisternes nettement raccourcis, moins de deux fois plus
longs que larges au bord antérieur. Lobes sus-antennaires du
front peu développés, simples et arrondis. Septième intervalle
des élytres plus convexe que le 6€, un peu caréné. Long. 20 à
DA MM rte uen sue 2. S. inaequalis Fairmaire
6. (3). Mandibules étroites à la base où elles ne forment pas de larges
lobes se rejoignant comme chez les précédents, mais laissant
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 27
un large espace libre. Lobes sus-antennaires très développés,
prolongés généralement en hautes tubérosités saillantes. Partie
antérieure de la tête pourvue d’une forte sculpture longitudi-
nale formée de sillons profonds et assez longs, bien rapprochés.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes ;
deux soies discales sur la 3 strie, dans la moitié postérieure.
Long.-28 à:34 MM .......2..0..% 3. S. biangulatus Fairmaire
7. (2). Elytres lisses et non ou à peine striés, larges et peu convexes.
Pronotum très transverse.
8. (9). Calus très gros et très gonflé, fortement saillant bien qu’arrondi.
Avant du front fortement striolé longitudinalement. Elytres
courts, à peu près une fois et demie aussi longs que larges, les
stries fines et superficielles mais présentes. Soies prothoraciques
antérieures et postérieures présentes ; une seule soie discale sur
la 3e strie, au milieu de la déclivité apicale de l’élytre. Long. 24
Eee none donnee ee ce 4. S. fairmairei Bänninger
9. (8). Calus oculaire très faible, presque nul. Avant du front à sculp-
ture faible ou nulle, Elytres longs, presque deux fois aussi longs
que larges, les stries marquées uniquement par de vagues vesti-
ges, souvent absentes. Seule la soie prothoracique postérieure
présente ; deux soies discales sur la 3€ strie, toutes les deux en
arrière. Long. 34 à 40 mm .......... 5. S. liostracus Alluaud
10. (1). Paragènes ni échancrés ni dencés au bord interne. Bord margi-
nal de l’élytre caché en avant par la carène du 8£ intervalle.
Pronotum fortement échancré après l’angle postérieur, le lobe
médian basal fortement développé et son angle externe bien
marqué. Pas de soies sur le pronotum ni sur les élytres. Long.
STAR ee crc CR 6. S. comoricus Alluaud
1. Scarites madagascariensis Dejean
Scarites Madagascariensis Dejean, 1831, Spec. gén. Col., 5, p. 487.
Scarites madagascariensis Dejean ; KLuG, 1833, Ins. Madag., p. 39.
Taie laciturnus Chaudoir, 1855, Bull. Soc. Imp. Natur. Moscou, 28, n° 1,
p. 94.
Scarites madagascariensis Dejean, Caupoir, 1855, Bull. Soc. imp. Nalur.
Moscou, 28, n° 1, p. 95.
Scarites madagascariensis Dejean ; Coquerez, 1862, Ann. Soc. ent. France,
(4) 2, p. 104, pl. 3, fig. 2 (larve).
: Scarites madagascariensis Dejean ; Cmauporr, 1880, Ann. Soc. ent. Belg.,
, pp. 66, 72.
Re madagascariensis Dejean ; KëncxeL d'HercuLais, 1887, in A. GRAN-
Diner, Hist. phys. nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II, atlas,
1re partie, pl. 29, fig. 9.
Scarites madagascariensis Dejean ; Brancsix, 1893, Jahresh. naturw. Ver.
Trencsiner Comit., XN, p. 215.
Scarites madagascariensis Dejean ; HEyNE et TascHENBERG, 1895, Exot.
Käfer, p. 20, pl. 3, fig. 34.
Scarites madagascariensis Dejean ; AzLuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, 1900,
Hist. phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie,
P13;
Source : MNHN, Paris
28 P. BASILEWSKY
Scarites anguliceps Fairmaire, 1901, Rev. d'Ent., 20, p. 102.
Scarites madagascariensis Dejean ; ALLuAUD, 1916, Ann. Soc. ent. France,
85, p. 51.
Scarites Lantzi Alluaud, 1916, Ann. Soc. ent. France, 85, p
Scarites madagascariensis Dejean ; BANNINGER, 1933, Ponéchsent Zeit,
p. 107.
Scarites anguliceps Fairmaire ; BANNINGER, 1933, Deutsch. ent. Zeit., p. 107
(sun).
Scarites Roses pee J. Vinson, 1935, Trans. Roy. Soc. Arts
and Sci. Mauritius, (c) 3, p.
Scarites senegalensis sp. ee Dejean; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., p. 133, 144
Scarites madagascariensis Dejean ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, p. 243, fig. 102, 1
Scarites madagascariensis ssp. taciturnus Chaudoir ; JEANNEL, 1946, Faune
de l'Empire fran. 6, p. 243, fig. 102, 103.
Scarites madagascariensis SSp. sechellensis JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire
franç., 6, p. 244, fig. 103.
Scariles madagascariensis Dejean ; JEANNEL, 1953, Natur. malg., 5, p. 44.
Scarites madagascariensis Dejean : J. Vinson, 1954, Bull. Mauritius Inst.,
8, p. 270.
Scarites madagascariensis Dejean ; JEANNEL, 1955, Mém. Inst. Sci. Madag.,
E, 6, p
58, Searits madagascariensis Dejean ; BANNINGER, 1958, Rev. Zool. Bot. afr.,
p. 3
Types. — madagascariensis Dejean. Holotype : Madagascar (J. Goudot)
(Muséum, Paris).
taciturnus Chaudoir. Holotype: Madagascar (J. Goudot) (probablement
Muséum, Paris).
anguliceps Fairmaire. Holotype : Environs de Suberbieville (= Maevata-
nana (H. Perrier de la Bâthie) (Muséum, Paris).
lanizi Alluaud. Holotype: Ile de la Réunion (? type).
sechellensis Jeannel. Holotype: Séchelles, Ile Praslin (R. Dupont, III.
1909) (Muséum, Paris). ,
Description. — Long. 20 à 30 mm. Aïlé. Corps parallèle et allongé, l’avant-
corps pas plus long que l’arrière-corps.
Tête assez longue, les yeux plutôt gros et saillants, le calus oculaire petit
et non saillant, mais légèrement gonflé en arrière des yeux, plus ou moins
lisse ; lobe sus-antennaire assez variable, généralement plus développé chez le
mâle que chez la femelle, souvent assez saillant et assez profondément échancré
(fig. 9) ; labre très court, trituberculé ; mandibules assez longues, disymétri-
ques, légèrement arquées vers le sommet où elles sont acérées, le bord interne
fortement dentelé et mamelonné, le droit souvent profondément échancré
chez le mâle entre le rétinacle et le lobe molaire ; sillons frontaux courts et
rectilignes, étroits et peu profonds; partie antérieure du front pourvue de
quelques ridules longitudinales peu nombreuses ; parties médiane et postérieure
de la tête lisses et imponctuées. Lobes latéraux du menton larges, légèrement
ridulés, faiblement rebordés latéralement, à bord antérieur tronqué droit.
Antennes assez courtes et épaisses. Pronotum transverse, 1,40 à 1,50 fois plus
large que long, modérément convexe, le bord antérieur faiblement mais régu-
lièrement convexe, les angles antérieurs nullement avancés ni denticulés mais
largement arrondis, les côtés faiblement arqués, les angles postérieurs bien
marqués par un denticule émoussé au sommet, la base un peu prolongée vers
l'arrière mais ne formant pas de lobe médian ; sillon longitudinal médian très
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 29
Fra. 9. — Gen. Scarites F. a et b, tête de S. madagascariensis Dejean ; c, tête
de S. biangulatus Faïrmaire ; d, S. madagascariensis Dejean, maxille droite ; e,
id, Styles génitaux de la © (d’après JEANNEL).
étroit et superficiel, le transversal antérieur profondément marqué jusqu'aux
angles, la gouttière marginale étroite sur toute sa longueur, les dépressions
basilaires subarrondies mais peu profondes ; surface lisse, très légèrement et
finement granulée dans la région des dépressions basilaires. Elytres longs et
parallèles, non rétrécis en avant ni élargis après le milieu, assez convexes ;
épaule bien marquée, la crête humérale longue et saillante, peu oblique et
légèrement arquée, formant en arrière un angle bien denté et saillant ; inter-
valles plans et sensiblement de même largeur, seul le 7° un peu soulevé et
même convexe en avant, le 8e très large, plan, tombant progressivement dans
la gouttière marginale qui est très large, finement et densément granuleuse,
le bord externe de l’élytre nullement caché et bien visible du dessus sur toute
sa longueur ; dans la déclivité apicale la sculpture s’aplanit fortement, les
stries et les intervalles s’oblitèrent nettement.
Métépisternes longs et étroits, plus de deux fois plus longs que larges
au bord antérieur ; métasternum, en arrière des hanches médianes, nettement
plus long que les hanches postérieures.
Seule la soie prothoracique postérieure présente, l’antérieure étant absente.
Une seule soie discale, d’ailleurs peu distincte, à l'origine de la 3e strie.
Edéage (fig. 10 a) à partie basale étroite, la partie apicale fortement épais-
sie; paramères amincis vers l’extrémité, pourvus à la face inférieure d’une
Source : MNHN, Paris
30 P. BASILEWSKY
frange de cils faible et fine, assez caduque, parfois indistincte. Styles génitaux
dela O fig. 9 e.
Distribution dans l'île. — S, madagascariensis est fréquent à Madagascar;
on l'y rencontre un peu partout, surtout aux altitudes basses et moyennes ;
par contre, il n’a jamais été recueilli aux altitudes élevées et on ne le connaît
ni du Massif du Tsaratanana, ni de l’Ankaratra, de l’Andringitra ou de l’An-
dohahelo, d’où pourant de nombreux Scaritides ont été capturés.
Fig. 10. — Gen. Scarites F. Edéages. a, S. madagascariensis Dejean ;
b, S. inaequalis Fairmaire ; e, S. biangulatus Fairmaire ; d, S. comoricus Alluaud
(d’après JEANNEL).
MapaGascar Norp : Diégo-Suarez (Ch. Alluaud, I-IIT. 1893, MP). —
Chaîne de l’Andrafiamena, 500 m, district de Diégo-Suarez (A. Peyrieras, VI.
1971, MP, MRAC). — Montagne d’Ambre (Lavauden, X. 1928, MP). — Antan-
kares, entre Isokitra et Diégo-Suarez (E. et B. Perrot, V-X. 1891, MP, MRAC).
— Ambilobe (Abadie, V. 1945, MP).
MapaGascar SAMBIRANO : Nosy Be (H. Pierron, 1885, MP).
MapaGascar Esr : Andapa (J. Vadon, XII. 1935, XII. 1937, IV. 1954,
MP, MRAC). — Beanantsaladina, près d’Andapa (P. Soga, MP). — Beanana
(J. Vadon, XII. 1945, MP ; Michel, VIII. 1946, MP). — Antalaha (J. Vadon
XI. 1951, MRAC). — Andranofotsy (J. Vadon, VI. 1945, MP). — Antakotako
(MP, MRAC). — Fizono (J. Vadon, IX. 1959, MRAC). — Région de Maroantse-
tra (J. Vadon, I. 1935, V-VI. 1935, 1937, MP, MRAC). — Région de Maroantse-
tra (coll. Alluaud, MP ; MRAC ; J. Vadon, MP, MRAC ; Hoyt, VI. 1957, MP).
— Ambodivoangy (J. Vadon, VI. 1945, V. 1960, I. 1962, MP, MRAC). — Fam-
panambo (J. Vadon, IX. 1959, XII. 1960, II. 1961, I. 1962 MP, MRAC). —
Ankovana (J. Vadon, VIII. 1945, MP). — Sandrakatra, Mananara Nord
(J. Vadon, IX. 1952, MP). — Mananara (J. Vadon, VI-VIII. 1954, MRAC).
— Mont Antampona (J. Vadon et A. Peyrieras, MP). — Baie d’Antongil (A.
Mocquerys, 1898, MP). — Sud de la Baie d’Antongil (coll. Alluaud, MP, MRAC).
— Antanambe (J. Vadon et A. Peyrieras, MP). — Région de Soanierana (A.
Mathiau, 1905, MP, MRAC ; J. Descarpentries, 1907, MP). — Fénérive (Per-
rot frères, 1 trim. 1896, MP, MRAC). — Anjahambe, Fénérive (Ecole offic.,
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 31
VIT. 1943, MP). — Vavatenina (Ecole offic., V. 1943, MP). — Ivoloina (Clé-
ment, IX-X. 1949, MP, MRAC). — Environs de Tamatave (A. Raffray, 1884,
MP ; A. Fauchère, 1907, MP). — Route de Tamatave (XI. 1947, MP). — Tama-
tave (coll. Alluaud, MP, MRAC ; coll. Sicard, MP ; A. Mathiau, 1898, BM;
Ardouin, NV. 1898, MP). — Antezambo, Tamatave (J. Elie, MP). — Fito (Chau-
vin, MP). — Périnet (R. E., VII. 1958, MP). — Lakato (G. Dujardin-Delacour,
XI. 1964, MP). — Ankasina, route de Lakato (G. Dujardin-Delacour, XII.
1968, MP). — Ankasoka, route de Lakato (G. Dujardin-Delacour, XII. 1970,
MP). — Vatomandry (J. Vadon, MP, MRAC). — Région de Mananjary (A.
Mathiau, MP, MRAC). — Mananjary (MP). — Ifanadiana (coll. Alluaud,
MP). — Ambodihazo, Ifanadiana (MP). — Tasarabotary, lfanadiana (Ecole
offic., VIII. 1943, MP). — Ikongo ou Fort-Carnot (coll Alluaud, MP). — Von-
drozo (J. Vadon, MP et MRAC). — Midongy du Sud (R. Vitalis de Salvaza,
X. 1922, MP, MRAC).
MapaGascar CENTRE : Mandritsara (Michel, XII. 1936, MP). — Région
du lac Alaotra (R. Decary, 1921, MP). — Didy, près du lac Alaotra (MRAC). —
Antsianaka (Frères Perrot, 2e sem. 1893, MP, MRAC). — Ambatondrazaka
(BM). — Ampefy, lac Kavitaha (F. Keiser, III. 1958, Mus. Bâle). — Tana-
narive (Lamberton, 1912, MP, MRAC ; Walerlot, 1914-1919, MP, BML ;
Lasère, 1931, MP ; G. Olsoufieff, MP ; J. Dubois, III. 1952, MRAC ; J. Vadon,
MP, MRAC). — Tananarive-Tsimbazaza (R. Paulian, VII. 1947, III. 1948,
V. 1948, MP, MRAC ; P. Viette, XII. 1951, I. 1952, MP, MRAC). — Environs
de Tananarive (coll. Touzalin, MP, MRAC ; Waterlot, 1921, MP ; G. Olsoufieff,
MP). — Viliahazo, Tananarive (Ecole offic., V. 1943, MP). — Fiaferana, Tana-
narive (Ecole offic., V. 1943, MP). — Antenibe (MP, MRAC). — Route
de Tananarive à Tamatave, km 26 (R. Paulian, XI. 1950, MP). — Arivo-
nimano (Ecole offic., III. 1943, MP, MRAC). — Faratsiho (R. Beck, VIII.
1918, BM). — Andrangoloaka, 1 600 m (Sikora, MP). — La Mandraka (J.
Vadon, MP, MRAC). — Moramanga (MRAC). — Betsimisaraka du Centre
(MRAC). — Ambatolampy (R. Paulian, XII. 1952, MP ; P. Griveaud, III.
1957, MP ; G. Dujardin-Delacour, XII. 1964, II. 1965, MP, MRAC). — Antsirabe
(coll. Alluaud, MP ; MRAC). — Ambositra (coll. Alluaud, MP ; coll. Le Moult,
MRAC). — Ambohimahasoa, forêt Tsarañdy (P. Griveaud, XII. 1959, MP). —
Fianarantsoa (Grandidier, MP, MRAC). — Sahambava, Fianarantsoa (R.
Catala, MP). — Vohiparara (F. Keiser, IX. 1958, Mus. Bâle). — Ambala-
manakana (F. Keiser, I. 1958, Mus. Bâle). — Ranomafana (F. Keiser, I. 1958,
Mus. Bâle).
MapaGascar OuEsr : Îles Radama, I. de Berafia (1934, MP). — District
d’Analalava (MRAC). — Forêt de Bejofo, district d'Analalava (coll. Le Moult,
MRAC). — Basse Anzingo et Basse Maevarano, district d’Antsohihy (J. Des-
carpentries, 1906, MP, BM). — Majunga (J. Decorse, 1901, MP). — Ampivy,
vallée du Kamoro, près de Majunga (G. Schmitz, V. 1964, MRAC). — Maro-
voay (J. Descarpentries, 1911, MP). — Ampijoroa, district d’Ambato-Boeni
(G. Dujardin-Delacour et R. Viossat, XI. 1970, MP). — Ankarafantsika (A.
Peyrieras, MP). — Bevazaha, près d'Ankarafantsika (J. Elie, X. 1957, MP). —
Maevatanana (Mme. Guilgot, MP ; A. Seyrig, XII. 1932, MP). — Prairies
inondées par l’Ikopa (J. Decorse, 1901, MP). — Région de Morondava (G.
Petit, 1901, MP). — Route de Morondava à Ivato, forêt de Manamby (P.
Griveaud, XII. 1969, MP, MRAC). — Lac Ihotry, près Morombe (Z. Bigot,
V. 1965, coll. Bigot). — Station Agricole du Bas-Mangoky (MP). — Anka-
Source : MNHN, Paris
32 P. BASILEWSKY
zoabo (IX. 1947, MP). — Ihosy (A. Seyrig, I. 1933, MP). — Réserve spéciale
du Zombitsy (P. Vicite el P. Griveaud, I. 1969, MP). — Zombitsy, Sakaraha
(Raharizonina, XII. 1959, MP). — Ilaka, Sakaraha (A.R., III. 1956, MP,
MRAC). — Betroka (A. Seyrig, I. 1933, MP). — Tongobory (Ecole offic., VI.
1943, MP). — Betioky (M. Fresnel, MP, MRAC; J.F. Voisin, XII. 1967,
coll. Voisin). — Bekily (A. Seyrig, III. 1940, MP).
Mapacascar Sup : Tuléar, Sept-Lacs (Andria R., VI-VIL. 1957, MP). —
Tsivory (Fauchère, 1906, MP ; MRAC). — Behara (J. Decorse, 1901, MP ;
R. Paulian, I. 1954, MP, MRAC). — Tsitovempeky (J. Decorse, 1901, MP). —
Sud du pays Androy (Ch. Alluaud, 1900, BM). — Environs de Tranoroa
(P. Vielle et P. Griveaud, II. 1969, MP, MRAC). — Ambovombe (J. Decorse,
1901, MP ; R. Decary, 1925, MP ; R. Paulian, IV. 1953, I. 1954, MP, MRAC). —
Antanimora (Raharizonina, XII. 1959, MP).
Répartition géographique. — Madagascar, Comores et Séchelles.
Comores : Ile Moheli, Kangani (A. Robinson, MP, MRAC).
SécueLzes : Ile Praslin (R. Dupont, III. 1909, dans un tronc de cèdre,
1 ex. MP).
D'après Coquerer, plusieurs individus en auraient été recueillis par
Lanrz à Saint-Denis, dans l'Ile de la Réunion. Je considère cette mention
comme fort douteuse, l'espèce n'ayant plus jamais été reprise dans l'île.
Discussion. — Les espèces voisines de Scarites senegalensis Dejean
constituent un groupe répandu dans la majeure partie de l'Afrique et compor-
tant des formes nombreuses, à différenciation particulièrement malaisée.
Plusieurs auteurs ont décrit de nombreuses espèces de ce phylum en se basant
sur des caractères de valeur médiocre, fluctuant parfois dans une même popu-
lation. Ces descriptions s’attachent le plus souvent à mentionner de vagues
différences tirées de la conformation de la tête et des mandibules et affectent
généralement les mâles seuls ; ce fait ne facilite guère leur séparation, surtout
Chez des insectes où les caractères sexuels secondaires sont presque toujours
absents. Ce groupe est fréquent dans la région malgache et de prétendues
formes ont abondamment été décrites : madagascariensis Dejean, tacilurnus
Chaudoir, anguliceps Fairmaire, lantzi Coquerel, sechellensis Jeannel.
Dans une étude préliminaire à sa révision des Scaritines, M. BANNINGER
(1933) considérait S. senegalensis Dejean comme une espèce à vicariance
géographique très développée et y rapportait une série de races caractérisées
surtout par la forme de la mandibule droite du mâle et de celle de la tête :
ssp. senegalensis Dejean, ssp. madagascariensis Dejean (= anguliceps Fair-
maire), ssp. linearis Boheman, ssp. lunicollis Bänninger, ssp. aestuans Klug,
ssp. perpleus Dejean, ssp. hypsipus Alluaud, ssp. simogonus Chaudoir et ssp.
assimilis Bänninger. Il y exprimait l’opinion que madagascariensis constitue
la race la moins différenciée du senegalensis typique.
En 1938, dans sa monographie, cet auteur admet pour senegalensis les
mêmes sous-espèces qu'en 1933, en y ajoutant encore la ssp. inaequalis Fair-
maire, des Comores; faciturnus Chaudoir, anguliceps Fairmaire et lantzi
Coquerel ne sont pour lui que des synonymes de madagascariensis. On peut
se rendre compte cependant de la perplexité de l’auteur devant cet ensemble
si complexe, en consultant les tableaux dichotomiques qu’il établit pour diffé-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 33
rencier ces formes ; alors que dans l’ensemble de ce travail si documenté, si
méticuleux et tellement digne de louanges, les tableaux sont généralement
d’une très grande précision, il n’en va pas de même pour les sous-espèces de
senegalensis où ils sont au contraire fort vagues et parfois même quelque peu
contradictoires.
En 1946, dans son magistral ouvrage sur les Coléoptères Carabiques
de la région malgache, R. JEANNEL ne traite cette question que d’une manière
malheureusement trop superficielle. Tout d’abord, il reproche à BäNNINGER
d’avoir réuni en une seule espèce toutes ces formes différentes et écrit : «il
n'est pas douteux que les formes ainsi réunies par BANNINGER présentent
d'étroites affinités ; mais il me paraît préférable de ne pas les fondre, comme
le fait l’auteur allemand, dans une grande espèce linnéenne (Artenkreis),
mais de conserver leur indépendance spécifique toutes les fois que les carac-
tères sexuels le permettent ». Mais, comme nous l’avons déjà vu, l'examen de
l’édéage ne donne pas chez ces espèces tous les résultats que l’on pourrait en
attendre, par suite d’une incontestable variabilité et aussi de la constitution
molle de la partie apicale qui est fortement sujette à des déformations lors
de la dessiccation de ces pièces conservées à sec ; en outre, l’auteur s’est contenté
de disséquer un très petit nombre d'individus, souvent un seul exemplaire
par race envisagée. Il en résulte que l’étude de l'organe copulateur du mâle,
auquel JEANNEL accorde tant d'importance, ne donne le plus souvent que des
indications vagues et peu précises.
Cet auteur considère donc madagascariensis comme une espèce distincte
des formes continentales, bien qu’il n’en donne aucun caractère différentiel
permettant de le séparer de senegalensis. Il la subdivise en trois sous-espèces :
ssp. madagascariensis, ssp. faciturnus Chaudoir et ssp. sechellensis qu’il crée
pour un seul individu des Séchelles. La ssp. faciturnus serait caractérisée par
la conformation de la mandibule droite du mâle, pourvue toujours d’une pro-
fonde échancrure du bord interne, entre le rétinacle et le lobe molaire, par les
lobes sus-antennaires bien saillants chez le même sexe, par la partie apicale
de l’édéage n'ayant pas l’extrémité infléchie, le bord ventral étant sensiblement
rectiligne, et par les paramères portant une frange de cils très courts à la face
inférieure. Chez la ssp. madagascariensis, au contraire, les mâles seraient
toujours plus petits que les femelles, à tête petite, à lobes sus-antennaires
peu saillants, à mandibule droite sans profonde incisure déprimant le bord
interne et à édéage avec la partie apicale infléchie et le bord ventral concave,
tandis que les paramères sont plus atténués, ne portant que deux longs cils.
JEANNEL reconnaît que les femelles restent indéterminables et que ces deux
races ne sont pas bien isolées géographiquement, ce qui ne l'empêche pas
cependant de donner une carte de leurs répartitions réciproques. Il ajoute
aussi que l’échancrure de la mandibule de faciturnus et l’inflexion de l’édéage
de madagascariensis sont d’ailleurs variables et que peut-être ces variations
tiennent à des hybridations, alors qu'un peu avant il émettait l'hypothèse
d'espèces naissantes.
En 1958, BANNINGER revient à nouveau sur ce complexe du senegalensis
car ce qu'il en avait écrit précédemment ne lui donne plus satisfaction. Ce
nouveau travail montre à quel point l’auteur était resté préoccupé par ce
problème, et dénote, me semble-t-il, sa grande honnêteté scientifique. Influencé
peut-être par le point de vue exprimé par JEANNEL, certainement aussi par
le fait que l'observation d’un matériel plus abondant lui avait montré l’inter-
pénétration géographique des habitats des différentes races telles qu’il les
3
Source : MNHN, Paris
34 P. BASILEWSKY
avait définies en 1938, BANNINGER admet que la plupart de ces formes doivent
être élevées au rang d'espèces. Il en donne un nouveau tableau dichotomique,
qui malheureusement n'est guère plus convaincant que le précédent. Son
étude étant basée exclusivement sur du matériel africain, il en exclut les formes
malgaches, tout en critiquant au passage JEANNEL d’avoir séparé faciturnus
et sechellensis de madagascariensis, car il estime que les caractères de la tête
et des mandibules sont sujets à des variations individuelles, que les différences
mentionnées dans la forme des édéages sont dues à des déformations et que
celles tirées de la frange de cils des paramères proviennent simplement d’une
mauvaise observation,
Je ne cacherai pas que devant ces difficultés et ces contradictions je suis
longtemps resté perplexe, bien qu'à première vue tenté de suivre le point
de vue de JEANNEL, peut-être par suite d’un préjugé favorable pour les affir-
mations de mon regretté maître et ami, préjugé qui, je dois bien l'avouer,
m’a déjà plusieurs fois induit en erreur. Mais l'étude de très nombreux individus
provenant des régions les plus variées de l’île m'empêche de prendre parti
dans ce sens. S’il n’est pas niable que la conformation de la mandibule droite
du mâle et de son lobe sus-antennaire présente deux tendances distinctes
comme les a indiquées JEANNEL, il faut cependant reconnaître qu’elles ne sont
que rarement aussi nettement exprimées que l’a dit et figuré cet auteur ;
bien au contraire, dans la majorité des cas, on observe des structures inter-
médiaires penchant soit vers l’une soit vers l’autre tendance, et cela très
souvent au sein d’une même population. En ce qui concerne la forme de
l'édéage, je ne puis que donner raison à BANNINGER, les différences observées
par JEANNEL étant généralement la suite d’une déformation post-mortem
due à la dessiccation. Quant à la frange de cils de l’arête inférieure des para-
mères, elle est variable individuellement et serait peut-être la suite d’une
certaine usure.
Aucun de ces caractères ne pouvant servir à établir des critères discri-
minants, et n’en ayant pas trouvé d’autres, je me vois donc amené à considérer
ici madagascariensis et taciturnus comme de simples synonymes et ne puis y
voir deux races distinctes. Mais je me dois d'ajouter que la conformation
de la mandibule droite correspondante à celle de madagascariensis au sens
de JEANNeL est nettement plus fréquente chez les exemplaires provenant
de l'est et du sud de Madagascar que chez ceux habitant l’ouest, le centre
et le nord. Il est possible qu'il s'agisse là d’une différenciation progressive
de l'espèce en deux races distinctes, mais alors le processus évolutif ne serait
que peu entamé et l'isolement non tranché. Quant à sechellensis, j'estime
qu’il n’est pas possible de se prononcer sur le vu d’un seul individu. Enfin,
anguliceps et lanizi sont des synonymes déjà établis depuis longtemps, tandis
qu'inaequalis Fairmaire est une espèce bien distincte, dont il sera question
plus loin.
I1 me reste à parler encore du statut de madagascariensis dans le cadre
du complexe senegalensis. S'agit-il d’une espèce distincte ou bien d’une sous-
espèce insulaire d’une des espèces continentales de ce groupe ? Pour trancher
cette question il serait indispensable d’effectuer au préalable une étude appro-
fondie de toutes les formes africaines, ce qui ne rentre pas dans le cadre du
présent travail. Je considérerai donc ici madagascariensis comme une espèce
indépendante, tout en avouant qu'il ne s’agit là que d’une solution de facilité ;
mais Je seul fait qu'un tel problème existe montre à quel point madagasca-
riensis est voisin de senegalensis.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 35
2. Scarites inaequalis Fairmaire
Scarites inaequalis Fairmaire, 1893, Ann. Soc. ent. Belg., 37, p. 526.
Scarites inaequalis Fairmaire ; ALLuAUD, 1900, in. A: GRANDIDIER, Hlist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 13.
Scarites senegalensis ssp. inaequalis Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., pp. 134, 144.
Scarites inaequalis Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, pp. 243, 246. fig. 103 b.
gag is inaequalis Fairmaire ; BANNINGER, 1958, Rep. Zool. Bol. ajr., 58, p.
Type. — Holotype, Grande Comore (L. Humblot, 1884) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 20 à 24 mm. Aptère. Espèce voisine de la précédente
mais en différant par les caractères suivants :
Lobes sus-antennaires moins développés, entiers et subarrondis, sans aucune
échancrure au milieu. Yeux plus petits, Mandibule droite du mâle jamais
aussi échancrée que chez la plupart des exemplaires de madagascariensis.
Pronotum un peu moins transversal, 1,35 fois plus large que long. Elytres
un peu plus courts, moins parallèles et plus ovoïdes que chez le précédent ;
les intervalles 3 et 5 sont nettement plus larges que les autres, le 6 bien plus
étroit, le 8 moins individualisé et entièrement recouvert par la granulation
qui occupe la gouttière marginale, le 7 nettement soulevé sur toute sa longueur
et plus ou moins caréné ; les intervalles sont un peu aciculés et plus mats ;
l'épaule est mieux marquée et plus fortement dentée. Les métépisternes sont
bien plus courts chez cette espèce que chez madagascariensis, moins de deux
fois plus longs que larges au bord antérieur; le métasternum est également
plus court en arrière des hanches médianes, aussi long ou plus court que les
hanches postérieures.
Chétotaxie semblable chez les deux espèces.
Edéage (fig. 10 b) plus allongé, avec la partie apicale longue, peu arquée
et peu épaissie, l’apex obtusément arrondi.
Répartition géographique. — Cette espèce n’est connue que d’une des
îles de l'archipel des Comores.
Comores : Grande Comore (L. Humblot, 1884, MP, MRAC ; Prost, 1898,
MP).
3. Scarites biangulatus Fairmaire (fig. 11)
Scarites biangulatus Fairmaire, 1898, Ann. Soc. ent. Belg., 42, p. 392.
Scarites biangulatus Fairmaire ; ALLuAuD, 1900, in À. GraNDIDIER, Hlist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 13.
Scarites (Scallophorites) biangulatus Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit, pp. 160, 175, pl. 3, fig. 7.
Scarites biangulatus Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, pp. 243, 246, fig. 102, 103, 105.
Type. — Holotype, Madagascar Nord, Antankares, d’Ikositra à Diégo-
Suarez (E. et B. Perrot) (Muséum, Paris).
Source : MNHN, Paris
36 P. BASILEWSKY
Dans sa description FAIRMAIRE donne comme
localité de capture : Antsianaka (Perrot). Cepen-
dant, le type unique, qui est incontestablement
l'exemplaire décrit par l’auteur, porte l'étiquette
d’une autre provenance : Antankares, d’Ikositra
à Diégo-Suarez (E. et B. Perrot). Il s’agit là cer-
tainement d’une distraction de FAIRMAIRE, d’au-
tant plus que l’espèce ne descend pas si loin vers
le centre de l'île ; c’est donc cette dernière localité
que je considère comme typique.
Description. — Long. 28 à 34 mm. Aptère.
Corps allongé et modérément convexe, l'avant-
corps plus long que l’arrière-corps, les élytres
allongés et sub-ovoïdes.
Tête grosse et large, les yeux petits, le calus
oculaire très petit et faiblement saillant ; lobes
sus-antennaires assez variables, souvent prolon-
gés latéralement en hautes tubérosités très sail-
Jantes en dehors, parfois aussi assez bien moins
fortement développées, sans qu'il s'agisse de
Fi. 11. — Scarites variations sexuelles, comme on pourrait le croire
ons Fairmaire à première vue. Mandibules moyennes et arquées
COERSERRES à la base où elles sont nettement acérées, étroites
dès la base où elles ne forment pas de larges
lobes se rejoignant comme chez Îles précédents, mais laissant un large
espace ouvert entre chacune d'elles quand elles sont entrecroisées ; la
droite sans échancrure au bord interne, la gauche avec un grand lobe interne
distalement après le milieu. Toute la partie antérieure de la tête est pourvue
de nombreux sillons longitudinaux assez profonds, se prolongeant presque
jusqu’au milieu ainsi que près du bord interne des yeux, mais plus faiblement.
Lobes latéraux du menton larges et grands, bien arrondis sur les côtés et un
peu en avant, légèrement ridulés, non rebordés latéralement. Antennes robustes
et atteignant presque l'angle postérieur du pronotum, les articles 9 et 10
presque aussi larges que longs. Pronotum grand, peu convexe, peu transverse,
1,20 à 1,23 fois plus large que long, à bord antérieur faiblement concave, les
angles antérieurs non avancés mais très largement arrondis, les côtés nettement
arqués, les angles postérieurs arrondis et non dentés, le repli latéral et basal
simplement interrompu à cet endroit, la base comme chez les précédents ;
sillon longitudinal médian très fin et très étroit, superficiel, le transversal
antérieur bien marqué quoiqu’un peu oblitéré au milieu, la gouttière marginale
très étroite sur toute sa longueur, les dépressions basilaires indistinctes, la
surface sans sculpture apparente. Elytres allongés et subovoïdes, rétrécis
en avant et élargis après le milieu ; épaule bien marquée, la crête humérale
saillante et oblique, plus où moins en épaulette, formant en arrière un angle
bien denté : intervalles internes très plans, les externes plus soulevés, surtout
le 7e qui est fortement convexe à la base ; la gouttière marginale est large
et granuleuse, rétrécie un peu en avant où cependant le bord externe est visible
du dessus sur toute sa longueur ; stries fines et lisses, les externes un peu plus
profondes ; dans la déclivité apicale la sculpture est notablement effacée mais
les stries restent distinctes jusqu’au sommet.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 37
Métépisternes raccourcis, moins de deux fois plus longs que larges au
bord antérieur ; métasternum un peu plus court en arrière des hanches médianes
que les hanches postérieures.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, l’antérieure
située bien plus bas que l’angle ; deux soies discales sur la moitié postérieure
de la 3e strie.
Edéage (fig. 10c) assez court, la partie apicale épaisse et non infléchie,
les paramères larges, atténués au sommet et frangés de longs cils.
Distribution dans l’île (fig. 12). — L'espèce est fort rare et n’est connue
que par quelques exemplaires.
MapaGascar NorD : Antankares, d’Ikositra à Diégo-Suarez (E. et B.
Perrot, V-X. 1891, MP).
MapaGascar Esr : Vohémar (coll. Le Moult, MP).
Madagascar (ex. coll. Alluaud, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
4. Scarites fairmairei Bänninger
Scaritolius politus Fairmaire, 1905, Ann. Soc. ent. Belg., p. 115 (non Bonelli,
13).
Scarites fairmairei Bänninger, 1933, Deutsch. ent. Zeit., p. 104 (nom. nov.).
Scarites (Scallophorites) fairmairei Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., pp. 169, 176.
Scarites (Scaritolius) Fairmairei Bäünninger; JEannez, 1946, Faune de
l’Empire franç., 6, pp. 248, 247, fig. 107 a.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, Soalala (H. Perrier de la Bâthie)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 24 à 32 mm. Aptère. Corps oblong et peu convexe,
très brillant, l’avant-corps plus large que l’arrière-corps.
Tête très grosse, surtout chez les mâles, les yeux assez grands, le calus
oculaire très gros et très saillant, arrondi, formant une forte tubérosité en
arrière de l'œil; lobes sus-antennaires bien développés, un peu anguleux au
milieu ; front nettement aplani, tout l'avant pourvu de strioles longitudinales
bien marquées, ainsi que la partie latérale de la tête; champ postoculaire
fortement déprimé en arrière des yeux où une fossette se prolonge en arrière
par un sillon rectiligne, en dedans par un autre sillon oblique, limitant le calus.
Mandibules très développées, longues mais peu arquées, très acérées au sommet,
la droite échancrée au bord interne entre le rétinacle et la mola, la gauche
fortement lobée. Lobes latéraux du menton très larges, fortement arrondis
sur les côtés et même en avant qui n’est pas tronqué, légèrement ridulés et
partiellement rebordés; paragènes profondément échancrés et dentés au
bord interne. Antennes longues, dépassant considérablement l’angle postérieur
du pronotum, les derniers articles beaucoup plus longs que larges. Pronotum
Source : MNHN, Paris
38 P. BASILEWSKY
court et très transverse, 1,75 fois plus large que long, peu convexe ; bord
antérieur subdroit, les angles antérieurs très largement arrondis et non avancés,
les côtés bien arqués, rétrécis vers l'arrière, l'angle postérieur arrondi mais
marqué par un très faible denticule, plutôt par un renflement du repli latéral ;
base comme chez les précédents ; sillon longitudinal médian fin et superficiel,
le transversal antérieur très modérément marqué, la gouttière marginale un
peu élargie, les dépressions basilaires indistinctes, la surface lisse, avec quelques
vestiges de strioles au milieu du disque. Elytres courts, larges et peu convexes,
à peu près une fois et demie plus Jongs que larges, ovoïdes et un peu élargis
après le milieu ; épaule bien marquée, la crête humérale courte et quelque
peu arquée, faiblement oblique, élargie en arrière où elle forme un léger denti-
cule ; tout le disque est lisse et légèrement aplani, les stries indiquées par de
très fines lignes superficielles, s'effaçant complètement en arrière ; tous les
intervalles plans à l'exception du 7€ qui est nettement soulevé et même convexe
en arrière ; le bord externe est visible du dessus sur toute sa longueur, bien que
très étroitement en avant. Métépisternes très courts, à peine plus longs que
larges au bord antérieur ; métasternum en arrière des hanches médianes bien
plus court que les hanches postérieures.
Les deux soies prothoraciques présentes, l'antérieure située loin en arrière
de l'angle antérieur ; une seule soie discale sur la déclivité apicale.
Edéage (fig. 14 a) fort court et épais, sa partie apicale haute et comprimée
latéralement, les paramères courts, très atténués et pointus, avec une frange
de cils sur le bord ventral.
Distribution dans l'île (fig. 12). — L'espèce n’est connue que d'une
seule localité.
Mapacascar Ouesr : Soalala, sur la baie de Baly (A. Perrier de la Bâthie,
MP, MRAC).
Madagascar (MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Le nom de politus, employé par FAIRMAIRE, est préoccupé
par Scarites politus Bonelli, 1813 : aussi BANNINGER a-t-il rebaptisé l’espèce
sous le nom de fairmairei.
5. Scarites liostracus Alluaud (fig. 13)
Scarites liostracus Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 18, fig. 6.
Scarites (Scallophorites) Uostracus Aluaud ; BÂnninGer, 1938, Deutsch.
ent. Zeil., pp. 164, 176, pl. 3, fig. 6.
Rent (Scaritolius) Uostracus Alluaud ; Jeanez, 1946, Faune de l'Empire
franc. 6, pp. 243, 248, fig. 107 b.
Type. — Holotype, Madagascar Sud, région d’Ambovombe (Ch. Alluaud,
1900) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 30 à 40 mm. Aïlé, l’avant-corps aussi long que
l'arrière-corps, les élytres plus allongés que chez le précédent, tout le corps très
luisant.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 39
@ liostracus Al.
V fairmairei Bänn.
® biangulatus Frm.
% inaequalis Frm,
A comoricus All.
© madagascariensis
Dej.
F1G. 12. — Gen. Scarites F. Répartition géographique (S. madagascariensis
est, en outre, répandu dans toute l’île).
Tête grosse et fort épaisse en arrière, les yeux petits, le calus oculaire
très faible, formant un léger bandeau transversal en arrière des yeux ; lobes
sus-antennaires modérément développés, simples et arrondis, ni anguleux ni
échancrés ; front aplani en avant, très faiblement striolé, les sillons frontaux
assez profonds ; champ postoculaire sans trace de fossette ni de dépression
près des yeux. Mandibules modérées, arquées et acérées au sommet, la droite
non échancrée, lobes latéraux du menton et paragènes comme chez l'espèce
précédente. Antennes courtes et assez épaisses, n’atteignant pas tout à fait
l’angle postérieur du pronotum, les derniers articles plus longs que larges.
Pronotum très transverse et assez court, 1,60 à 1,62 fois plus large que long,
peu convexe, le bord antérieur subdroit, les angles antérieurs largement
arrondis et nullement saillants, les côtés arqués et rétrécis en arrière,
Source : MNHN, Paris
40 P. BASILEWSKY
les angles postérieurs arrondis et marqués
par un très petit denticule, la base comme
chez l'espèce précédente ; sillon longitudinal
médian fin et superficiel, le transversal anté-
rieur presque complètement effacé, la gouttière
marginale un peu élargie en avant, les dépres-
sions basilaires indistinctes, la surface lisse.
Elytres longs, peu convexes, près de deux fois
aussi longs que larges ensemble, subparallèles ;
épaule bien marquée, la crète humérale longue
et saillante, rectiligne, oblique, un peu élargie
en arrière où elle forme un petit denticule obtus;
surface presque entièrement lisse, à l'exception
de vagues indications de stries formées par de
très faibles rangées de petits points alignés,
souvent presque complètement effacées ; bord
externe visible du dessus sur toute sa longueur,
bien que plus étroitement dans la région
humérale.
Métépisternes assez larges, près de deux
fois aussi longs que larges en avant; métas-
fernum en arrière des hanches médianes un
peu plus long que les hanches postérieures.
Seule la soie prothoracique postérieure
présente ; deux soies discales sur la 3° strie,
toutes deux en arrière.
: $ Edéage (fig. 145) allongé, la partie apicale
ne And (su 1e ë Note droite et progressivement épaissie de la base
$. BERGER). à l’apex, la partie basale fortement coudée,
paramères explanés et sans soies.
Tic. 14. — Gen, Scarites F. Edéages. a, S. fairmairei Bänninger ; b, S. lios-
tracus Alluaud (d’après JEANNEL).
Distribution dans l'île (fig. 12). — L'espèce est strictement limitée au sud
de l’île, de Tuléar à Amboasary.
Mapacascar Sup : 10 km à l’est de Tuléar (G. Grandidier, 1909, MP). —
Androka (Li. Gaudron, 1911, MRAC). — Ambovombe (Ch. Alluaud, 1900, MP;
J. Decorse, 1901, MP, BM; RJ.E., III. 1957, MRAC). — Anjahantely, près
Amboasary (A. Peyrieras, IV. 1963, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE Aa
6. Scarites comoricus Alluaud (fig. 15)
Scarites comoricus Alluaud, 1932, Afra, 5, p. 22, fig.
Scarites (Scallophorites) comoricus Alluau ANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., p. 159.
Scarites comoricus Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
pp. 243, 247, fig. 103 d, 106.
Type. — Holotype, Ile Mayotte (Dr Joly, 1900) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 37 mm. Aptère. Dessus peu brillant et assez mat.
Avant-corps un peu plus long que les élytres.
Tête très grosse et très volumineuse, épaisse et convexe en arrière ; yeux
petits, non recouverts de chitine chez le seul exemplaire connu mais à facettes
assez oblitérées et ne paraissant pas fonctionnels ; calus oculaire très gros et
arrondi, non saillant ; lobes sus-antennaires convexes et bien développés mais
non échancrés ; sillons frontaux courts et assez profonds mais étroits, partie
antérieure du front pourvue de nombreuses strioles longitudinales, plus faibles
Fic. 15. — Scarites comoricus Alluaud (d’après JEANNEL).
Fi. 16. — Typhloscaris andringitrae Basilewsky (dessin de Mme S. BERGER).
en avant, le restant de la surface lisse, à l’exception du champ postoculaire
qui est pourvu de quelques rides transversales. Mandibules assez longues,
légèrement recourbées en avant et plutôt émoussées au sommet, la droite
sans échancrures au bord interne. Paragènes grands, sans échancrure ni denti-
Source : MNHN, Paris
42 P. BASILEWSKY
cule au bord interne ; pas de carène interne ; lobes latéraux du labium forte-
ment tronqués au bord antérieur, largement rebordés au bord externe, sans
carène médiane, fortement ridulés longitudinalement. D’après la description
d’AzzLuauD les antennes sont fines et courtes, dépassant de peu le milieu du
pronotum ; chez le type unique les antennes sont maintenant partiellement
absentes. Pronotum modérément transverse, 1,40 fois plus large que long,
peu convexe, nettement plus large que les élytres ; bord antérieur légèrement
concave, les angles antérieurs nullement avancés, effacés et arrondis au sommet,
les côtés un peu arqués en avant et en arrière, presque rectilignes sur une
grande partie de leur longueur, les angles postérieurs tout à fait effacés et arrondis,
la bordure ne présentant aucune trace de denticulation ni même d’épais-
sissement ; après les angles postérieurs, les côtés de la base se rétré-
cissent fortement en oblique, puis se redressent brusquement et tombent
en ligne droite, après avoir formé une large échancrure et constituent un lobe
médian basal volumineux dont l'angle externe est bien marqué ; sillon longi-
tudinal fin et étroit, le transversal antérieur fin mais long, atteignant les angles
antérieurs ; gouttière marginale très étroite, effacée à l'angle postérieur où
il n'y a pas de rebord latéral ; rebord basilaire épais mais interrompu et vague-
ment délimité ; dépressions basilaires subarrondies et bien marquées ; surface
non sculptée, à l'exception de courtes strioles longitudinales en avant. Elytres
peu convexes et subparallèles ; pas de rebord basilaire ; crête humérale en
épaulette oblique et très saillante, terminée à l'épaule en une forte dent saillante
vers l'extérieur ; bordure marginale cachée en avant par la carène du 8e inter-
valle qui est fortement saillante jusqu’au début de la déclivité ; le 7e est
également constitué en carène saillante, s’arrêtant un peu avant celle du 8°
avec qui elle forme en dessous de l'épaule une large bifurcation ; le 6e intervalle
est plus étroit que les internes, un peu caréniforme ; les intervalles 1 à 5 sont
assez larges, devenant un peu soulevés vers l'extérieur, très finement aciculés
et faiblement granuleux ; stries fines et superficielles, non ponctuées, celle
séparant les intervalles 7 et 8 en large gouttière assez granuleuse ; sur la déclivité
apicale les stries s'effacent et les intervalles s'aplatissent. Apophyse prosternale
glabre. Métépisternes près de deux fois plus longs que larges au bord antérieur.
Protibias sans soies au milieu de la face supérieure, avec la bifurcation des
deux dents terminales externes situées au niveau de l’insertion des tarses ;
mésotibias avec les deux dents externes fortes.
Pas de soies prothoraciques latérales ni de soies discales élytrales ; soie
clypéale présente.
Edéage (fig. 10 d) très allongé, à partie apicale droite et fusiforme, atténuée
à l’apex qui est légèrement infléchi ; paramères courts et larges, sans traces
de soies.
Répartition géographique. — Cette espèce n’est connue que par le type.
Comores : Ile Mayotte (Dr. Joly, 1900, MP).
Discussion. — S. comoricus présente plusieurs caractère insolites, tels la
conformation du bord interne des paragènes, celle de la base du pronotum,
le masquage du rebord latéral de l'élytre par la carène du 8° intervalle en avant,
les paramères de l’organe copulateur glabres. Ces caractères, non seulement
isolent l’espèce de toutes les autres formes de la région malgache mais sont
même à mon avis, suflisants pour constituer un genre distinct. Toutefois,
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 43
avant de la séparer des autres Scarites dans un taxon particulier, je crois qu’il
serait souhaitable de se livrer à une étude approfondie de toutes les espèces
africaines rangées actuellement dans le genre.
3. Genre Typhloscaris Kunizen
Typhloscaris Kuntzen, 1914, Deutsch. ent. Zeit., p. 455 (espèce-type : Typhlo-
scaris macrodus Kuntzen, 1914, seule espèce citée).
Typhloscaris Kuntzen ; Hopæaus, 1924, l’Abeille, 32, p. 164, note.
Typhloscaris Kuntzen ; BANnINGEr, 1929, Ent. Blätter, 25, p. 85.
Typhloscaris Kuntzen ; BäxninGEr, 1937, Deutsch. ent. Zeil., p. 124.
Oroscaris Bänninger, 1937, Deutsch. ent. Zeil., p. 127 (espèce-type : Menigius
mamboianus Bates, 1886, par désignation originelle) (syn. nova).
Oroscaris Bänninger ; BANNINGER, 1939, Deutsch. ent. Zeil., p. 129.
Typhloscaris Kuntzen ; BANNINGER, 1039, Deutsch. ent. Zeil., p. 145.
Typhloscaris Kuntzen : JeANNEL, 1946, Faune de l'Empire iranç., 6, pp. 237,
250
Oroscaris Bänninger ; JeanneL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, p. 250.
Typhioscaris Kuntzen ; Basiewsky, 1973, Rev. Zool. Bot. afr., 87, p. 179.
Description. — Taille petite. Aptère. Corps étroit et allongé. Tête médio-
cre, les yeux petits ou très petits, parfois tout à fait atrophiés, le calus oculaire
souvent très saillant. Lobe interne des maxilles crochu vers l’intérieur à son
extrémité distale. Lobes latéraux du menton bien rebordés. Paragènes plus
fortement échancrés et dentés au bord interne chez le G que chez la Q. Prono-
tum peu transverse, les angles postérieurs dentés ou non. Elytres ovalaires,
sans rebord basilaire, à striation variable, l’angle huméral denté ou non;
le bord externe est entièrement libre, bien visible du dessus sur toute sa lon-
gueur, de la crête humérale jusqu’à l'angle sutural ; le 8° intervalle est géné-
ralement peu développé, soit presque effacé soit très étroit.
Apophyse prosternale glabre ou avec quelques soies. Métépisternes petits,
un peu plus longs que larges ou un peu subtransverses. Métasternum très
raccourci en arrière des hanches médianes, bien plus court que les postérieures.
Epipleures élytraux fortement élargis en avant. Segments abdominaux sans
sillons transversaux. Protibias avec la bifurcation des deux dents externes
terminales située plus ou moins au niveau de l'insertion des tarses ; mésotibias
avec une seule dent distale au bord supérieur ; métatibias sans dent distale.
Soie clypéale présente ou absente. Soies prothoraciques généralement
présentes. Plusieurs soies discales sur la 3e strie ou le 3e intervalle, souvent
aussi sur le 5€.
Edéage fortement coudé, avec l’apex toujours plus ou moins atténué
en bec et aplati ; les paramères plus courts que le pénis, amincis apicalement,
les soies souvent réduites. Styles génitaux de la femelle courts, avec l’extrémité
du dernier article fourchue, presque bilobée, et avec 4 à 5 soies épineuses sur
chaque bord de la face externe.
Répartition géographique. — Le genre comporte une vingtaine d’espè-
ces répandues sur les montagnes d'Afrique orientale ; trois d’entre elles sont
particulières à Madagascar, ne se rencontrant qu’à des altitudes assez élevées
et sont très localisées.
Discussion. — Oroscaris fut établi par BÂANNINGER, comme sous-genre
de Scarites, sur des caractères inconsistants ou bien faibles. Les seuls critères,
Source : MNHN, Paris
44
P. BASILEWSKY
séparant les trois espèces d'Afrique que cet auteur classe parmi les Typhloscaris
des Oroscaris d'Afrique et de Madagascar consistent en fort peu de choses.
Chez les premiers la soie clypéale est absente et l'angle huméral est denté,
chez les autres cette soie est présente et l'angle simple. Il ne s’agit là que de
caractères spécifiques. JEANNEL relève le peu de valeur des caractères mis
en avant pour établir cette coupe et en fait un sous-genre de Typhloscaris,
ce qui est tout aussi injustifié. À mon avis, il n’y a pas lieu de séparer ces espèces
et je considère Oroscaris comme synonyme de Typhloscaris.
1. (2).
2. (1).
3. (4.
4. (3).
TABLEAU DES ESPÈCES DE LA FAUNE MALGACHE
Intervalles des élytres plus ou moins convexes, très brillants,
sans microsculpture mais finement et éparsement ponctués, le
Te caréniforme sur presque toute sa longueur ; stries bien mar-
quées. Pronotum moins transverse. Sculpture de la tête plus
forte. Pas de soies discales sur le 5e intervalle. Long. 12 à 14 mm
ce re ae 1. T. insularis (Bänninger)
Intervalles des élytres très plats, mats, à microsculpture réticu-
Jaire très dense, la 72 convexe seulement en avant ou tout à fait
plan ; stries superficielles ou vestigiales. Pronotum plus trans-
verse. Sculpture de la tête plus faible. Cinq à six soies discales
sur le 5e intervalle.
Septième intervalle caréniforme en avant. Toutes les stries fai-
bles mais présentes, y compris le 76. Dent humérale bien mar-
quée. Sillons longitudinaux de l'arrière de la tête faibles mais
distincts. Pronotum bien ridulé transversalement sur le disque,
les angles antérieurs largement arrondis, les angles postérieurs
bien marqués par une interruption et un épaississement du
bourrelet. Bandeau basilaire granuleux de l’élytre développé.
Métépisternes un peu plus longs que larges. Long. 12 à 14 mm
ABC RAR A ONU ONE 2. T. andringitrae Basilewsky
Septième intervalle tout à fait plan, sans la moindre trace de
carène en avant. Toutes les stries à peine vestigiales, la 7€ tout
à fait effacée. Dent humérale nulle, à peine marquée par un très
léger épaississement de la crête humérale à son extrémité. Sil-
Jons longitudinaux de l'arrière de la tête à peine distincts. Pro-
notum sans aucune ridulation sur le disque, les angles antérieurs
en petits denticules saillants, les postérieurs complètement ef-
facés et arrondis. Bandeau basilaire granuleux de l'élytre ré-
duit à quelques granules. Métépisternes subtransverses. Long.
13 mm ... 3. T. descarpentriesi Basilewsky
1. Typhloscaris insularis (Bänninger)
Scarites insularis Bänninger, 1935, Ent. Bläller, 31, p. 158.
Scarites (Oroscaris) insularis Bänninger ; BÂNNINGER, 1939, Deutsch. ent.
Zeit.,
pp. 131, 136.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 45
Typhloscaris (Orosearis) insularis Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune de
FEmpire franç., 6, p. 252, fig. 109 d.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Ivohibe (R. Decary, 1926) (Mu-
séum, Paris).
Description. — Long. 12 à 14 mm. Brillant. L'avant-corps à peu près de
même longueur que les élytres.
Tête médiocre ; yeux moyens, le calus oculaire gros et assez gonflé, arrondi,
pas plus saillant latéralement que les yeux ; lobes sus-antennaires bien déve-
loppés et assez saillants, mais entiers et non échancrés ; labre très court, trilobé,
le lobe médian fort développé ; sillons frontaux larges et assez profonds, plus
ou moins rectilignes, non convergents en arrière, longs, continués assez loin
sur le vertex ; la convexité médiane du front, ainsi que presque toute la surface
pourvue de rides longitudinales longues et profondes, assez nombreuses,
continuées fort loin en arrière, presque jusqu’à la base, et d’une petite ponc-
tuation très fine. Mandibules robustes, peu recourbées au sommet. Lobes
latéraux du menton larges et grands, bien ridulés longitudinalement et forte-
ment rebordés sur les côtés ; paragènes (Q) à peine échancrés au bord interne,
plutôt longuement sinués et non dentés. Antennes courtes et épaisses, les
articles 6 à 10 plus larges que longs. Pronotum modérément transverse, 1,25
à 1,26 fois plus large que long, modérément convexe, à bord antérieur subdroit,
les angles antérieurs non avancés en lobes mais largement arrondis, les côtés
presque rectilignes, les angles postérieurs non dentés mais bien marqués par
une interruption du repli et un élargissement à cet endroit du repli basilaire ;
côtés de la base obliques mais ne formant pas de lobe basilaire ; sillon longi-
tudinal médian fin et peu profond, le transversal antérieur peu marqué, la
gouttière marginale étroite, les dépressions basilaires à peine distinctes; disque
finement ponctué et pourvu d’une ridulation transverse assez nette. Elytres
nettement ovoïdes, à côtés subarrondis assez régulièrement, la plus grande
largeur située un peu après le milieu, assez acuminés en arrière ; pas de repli
basilaire mais le bandeau granuleux très large ; épaule modérément marquée,
la crête humérale longue et très oblique, en épaulette saillante, élargie en
arrière où elle forme un angle huméral bien denté ; intervalles assez convexes,
surtout les internes, brillants et sans microsculpture, mais finement et épar-
sément ponctués, le 7° nettement plus soulevé que les autres, caréniforme
surtout en avant, sa face interne bien abrupte, tandis que l’externe s’abaisse
progressivement sur le 8° qui ne devient apparent qu'après le premier quart,
confondu extérieurement avec la gouttière marginale qui est large et fortement
granuleuse, libre sur toute sa longueur ; stries étroites et non ponctuées, assez
profondes, à l’apex la sculpture s’oblitère nettement mais reste distincte
presque jusqu’au sommet.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes peu allongés bien que nette-
ment plus longs que larges ; épipleures fortement élargis en avant; tout le
métasternum glabre. Abdomen finement ruguleux surtout en arrière.
Soie clypéale présente. Soies prothoraciques antérieures et postérieures
présentes. Six à sept soies discales sur la 8e strie, aucune sur le 5° intervalle.
Mâle inconnu.
Distribution dans l'île (fig. 18). — Mapacascar Esr : Vondrozo (J.
Vadon, MP et MRAC).
Source : MNHN, Paris
46 P. BASILEWSKY
Mapacascar CENTRE : Ivohibe, base nord, forêt de moyenne altitude,
1 000-1 200 m (R. Decary, 1926, MP).
L'indication de JEANNEL « Pic d’Ivohibé, alt. 1 500 m » n’est pas exacte.
D'après P. Vierre, qui tient ce renseignement de M. R. Decary lui-même,
il ne s’agit pas du pic mais d’une localité située au nord de celui-ci, vers 1 000
à 1200 m d'altitude.
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Typhloscaris andringitrae Basilewsky (fig. 16)
Typhloscaris andringitrae Basilewsky, 1971, Bull. Soc. ent. France, 76, p. 254.
Type. — Holotype 4, Madagascar Centre, Andringitra Sud, cirque Man-
jarivolo (A. Descarpentries, mission CNRS, RCP 295, 1970) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 14 à 18 mm. Espèce voisine de la précédente, les
élytres mats.
Fi. 17. — Typhloscaris andringintrae Basilewsky. a, édéage ; b, style géni-
tal de la ©.
Diffère d’insularis par les sillons frontaux plus courts et moins profonds
arqués et convergents vers l'arrière, délimitant une convexité médiane plus
large et plus arrondie, par toute la sculpture de la tête plus faible et plus rapi-
dement effacée en arrière, par les mandibules plus recourbées au sommet et à
denticulation interne plus robuste, par les lobes du menton plus faiblement ridu-
lés et peu rebordés latéralement, le bord interne des paragènes du @ étant
assez fortement échancré et distinctement denté. Le pronotum a le sillon
transversal antérieur presque effacé et tout le disque est pourvu d’une ridu-
lation plus faible ; il est également nettement plus transversal, 1,35 à 1,40 fois
plus large que long. Mais c’est surtout par les élytres que ces deux espèces diffè-
rent ; chez andringitrae les intervalles sont bien plus plats et nullement soulevés,
même en avant, pourvus d’une microsculpture réticulaire forte et serrée, ren-
dant toute la surface mate, entremêlée de ridules obliques ; le 6e est un peu plus
étroit que les autres mais pas plus soulevé, le 7e convexe seulement en avant,
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 47
caréniforme exclusivement à l’extrême sommet, le 8 encore moins individua-
lisé que chez insularis ; les stries sont très fines et très peu profondes ; dans
la déclivité apicale la sculpture est nettement plus effacée.
Quatre à cinq soies discales sur la 3e strie, et cinq à six sur le 5e intervalle,
près de la 5e strie.
Chez la plupart des exemplaires examinés, les yeux sont entièrement recou-
verts par de la chitine.
Edéage fig. 17 a. Style génital de la Q fig. 17 b.
Distribution dans l'île (fig. 18). — MapaGascar CENTRE : Andringitra
Sud, Andrianony, cirque Manjarivolo, 1 650 m, FDHM 1 (A. Descarpeniries,
mission CNRS, RCP. n° 225, X-XI. 1970, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Typhloscaris descarpentriesi Basilewsky
jjguPhtosearis descarpentriesi Basilewsky, 1972, Bull. Soc. ent. France, 77,
Type. — Holotype, Madagascar Est, Chaînes anosyennes, Massif nord,
moyenne Ranomandry, 1 050 m (Mission CNRS, RCP 225, 11-30. XI. 1971)
Muséum, Paris).
Description. — Long. 13 mm. Brun de poix assez foncé ; dessous d’un
brun ferrugineux ainsi que les pattes et les antennes.
Tête large et grosse, assez convexe ; yeux petits, le calus oculaire gros et
gonflé, enchâssant bien l'œil mais nullement saillant ; lobes sus-antennaires
réduits, à bord externe presque rectiligne, nullement échancrés ; labre court,
tridenté, le lobe médian très développé; sillons frontaux très profonds et
assez longs, non divergents en arrière, continués presque sur le vertex, la
convexité médiane bien bombée et lisse; pas de strioles à l’avant du front,
celles de l’arrière de la tête vestigiales, mais plusieurs sillons longitudinaux
bien marqués à l'extérieur du pore frontal ; surface lisse et brillante, à micro-
sculpture peu apparente; mandibules longues et arquées, assez acérées au
sommet ; lobes latéraux du labium larges et grands, finement réticulés, rebordés
latéralement, arrondis au bord antérieur ; paragènes (Q) à peine échancrés au
bord interne et non dentés. Antennes courtes, les articles 5, 6 et 7 plus longs
que larges, 8, 9 et 10 un peu plus larges que longs. Pronotum bien transverse,
1,36 à 1,38 fois plus large que long, modérément convexe ; bord antérieur sub-
droit, les angles antérieurs en petit denticule bien saillant vers l'avant ; côtés
subparallèles, à peine distinctement arqués; angles postérieurs tout à fait
effacés et arrondis, sans la moindre interruption ni aucun épaississement du
repli qui est régulièrement continué sur toute sa longueur, en léger oblique
vers le court pédoncule ; sillon longitudinal médian fin et peu profond, le
transversal antérieur complètement effacé, la gouttière marginale très étroite,
les dépressions basilaires indistinctes ; surface lisse, sans ponctuation ni ridu-
lation, sans microsculpture apparente. Elytres ovoïdes et légèrement convexes,
courts, environ 1,50 fois plus longs que larges ensemble, à largeur maximale
située à peu près au milieu, les côtés régulièrement arrondis, non acuminés au
Source : MNHN, Paris
48 P. BASILEWSKY
1]
@ andringitrae
# insularis
Y_ descarpentriesi
ic. 18. — Gen. Typhloscaris Kuntzen. Répartition géographique.
sommet ; épaule peu marquée et tombante, la crête humérale oblique et peu
arquée, longue mais très peu saillante, un peu épaissie à son extrémité où elle
ne forme cependant pas de dent humérale, continuée régulièrement et sans la
moindre interruption par le repli extérieur ; pas de bandeau granuleux à la
base mais quelques tubercules sétigères ; striation extrêmement réduite ne
comportant que de faibles vestiges de stries, la 72 complètement absente,
les intervalles tout à fait plans, un peu mats par suite d’une microsculpture
isodiamétrique réticulaire formée de mailles bien fermées mais très petites et
très serrées ; gouttière marginale visible du dessus sur toute sa longueur, non
granuleuse à part les petits tubercules bien marqués de la série ombiliquée.
Dessous lisse et brillant, les côtés des sternites abdominaux un peu ridulés.
Métépisternes très courts et un peu transverses, lisses. Epipleures des élytres
très élargis en avant. Apophyse glabre.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 49
Soies clypéales présentes. Soies prothoraciques antérieures et postérieures
présentes. Neuf soies discales sur la 3e strie, six sur la 5e.
Mâle inconnu. Styles génitaux de la femelle semblables à ceux de T. an-
dringitrae.
Distribution dans l’île (fig. 18). —Manacascar Esr: Chaînes anosyennes,
Massif nord, moyenne Ranomandry, 1050 m, forêt dense humide de moyenne
altitude (A. Peyrieras, mission CNRS, RCP 225, 11-30. XI. 1971, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
4. Gen. Dyscaris Bänninger
Dyscaris Bänninger, 1937, Deutsch. ent. Zeit., p. 127 (espèce-type : Scarites
mordax Fairmaire, 1869, par désignation originelle).
Dyscaris Bänninger ; BANNINGER, 1939, Deutsch. ent. Zeit., p. 126.
3, Püsearis Bänninger ; JrarL, 1946, Faune de l'Empire franc, 6, pp. 237,
252.
Dyscaris Bänninger ; BasiLEwsxv, 1973, Rev. Zool. Bot. afr., 87, p. 180.
Description. — Taille moyenne, de 18 à 30 mm. Espèces aptères, à élytres
plus ou moins ovoïdes.
Tête assez volumineuse, parfois très grosse chez les mâles ; yeux petits,
le calus oculaire variable, formant souvent une forte tubérosité mamelonnée
en arrière des yeux; lobes sus-antennaires modérément développés, simples
ou nettement entaillés ; sillons frontaux courts et plats. Lobes latéraux du
menton larges, tronqués droit en avant ou en oblique, ridulés, plus où moins
rebordés latéralement ; paragènes variables, l’échancrure du bord interne
toujours indiquée, la dent forte ou à peine marquée. Lobe interne des maxilles
crochue à son extrémité distale. Pronotum modérément à nettement trans-
verse. Elytres allongés et ovoïdes, sans rebord basilaire, rétrécis en avant et
plus ou moins élargis en arrière, l'épaule dentée ; bord externe caché par le
7e intervalle au moins dans la partie antérieure, le 82 jamais caréniforme,
s’effaçant près de l'épaule ou bien plus ou moins oblitéré sur toute sa longueur,
Apophyse prosternale glabre ou pourvue de quelques courtes soies. Mété-
pisternes à peine ou nettement plus longs que larges ; métasternum en arrière
des hanches médianes un peu plus court ou de même longueur que les hanches
postérieures ; épipleures non spécialement élargis en avant. Segments abdomi-
naux sans sillons transverses. Protibias avec la bifurcation des deux dents
externes terminales situées en avant ou à peu près au niveau de l'insertion des
tarses ; mésotibias avec une seule dent dans la partie distale de la face supé-
rieure ; métatibias avec ou sans denticule à la partie distale.
Soies clypéales présentes ou absentes. Chétotaxie du pronotum variable,
Soies discales sur la 3e strie.
Edéage court et épais, l’apex obtusément arrondi ou peu à peu épaissi
jusqu’au sommet ; paramères atténués au sommet, frangés de cils à la face
ventrale. Styles génitaux de la femelle de conformation variable.
Répartition géographique. — Genre endémique à Madagascar, où il
comporte trois espèces.
Source : MNHN, Paris
50 P. BASILEWSKY
Discussion. — Dyscaris se rapproche quelque peu du genre africain
Mamboicus Bates, dont il diffère surtout par les épipleures élytraux non élargis
en avant où 1ls sont nettement plus étroits que les métépisternes.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (4). Corps étroit et convexe, surtout les élytres qui sont bien ovoi-
des, rétrécis vers la base et fortement élargis ; le 8° intervalle
n’est qu’à peine séparé du 7° par un faible vestige de strie ; le
bord externe, vu de dessus, n’est caché dans la région humérale
que par le 7° intervalle. Calus oculaire très développé et saillant.
Mandibules longues et étroites, peu recourbées au sommet. Mé-
tasternum en arrière des hanches médianes nettement plus court
que les hanches postérieures. Métépisternes à peine plus longs
que larges. Epipleures très larges en avant. Bifurcation des
deux dents externes terminales du protibia située au niveau de
l'insertion des tarses. Métatibias avec un denticule distal à la
face externe.
2. (3). Tête presque lisse en avant, dépourvue de strioles longitudinales
sur le front. Paragènes à bord interne plus profondément échan-
cré et plus fortement denté. Calus oculaire fortement gonflé,
mais sans boursouflure saillante en arrière chez le G. Apophyse
prosternale pourvue de quelques courtes soies. Dessus très
brillant, les élytres non alutacés mais seulement un peu ponc”
tués. Long. 18 à 26 mm ......... 1. D. mordax (Fairmaire)
3. (2). Tête fortement sculptée, pourvue de nombreuses strioles lon-
gitudinales, couvrant presque toute la partie antérieure et
médiane. Paragènes à bord interne moins profondément échan-
cré et moins fortement denté. Calus oculaire très gonflé, avec
une forte boursouflure saillante en arrière chez le G. Apophyse
prosternale glabre. Dessus plus ou moins mat, les élytres aluta-
cés. Long. 18 à 24 mm.. 2. D. seyrigi (Bänninger)
4. (1). Corps plus large et plus plat, surtout les élytres qui sont à peine
ovoïdes ; le 8e intervalle est nettement séparé du 7e sur toute
sa longueur par une strie aussi profonde que les autres ; le bord
externe, vu de dessus, est caché dans la région humérale par le
7e intervalle d'abord, puis par le 8. Calus oculaire modéré-
ment développé. Mandibules plus courtes, plus larges et plus
recourbées. Métasternum, en arrière des hanches médianes, à
peu près de même longueur que les hanches postérieures. Mété-
pisternes plus longs que larges. ipleures non élargis en avant.
Protibias avec la bifurcation des deux dents externes terminales
située en avant de l'insertion des tarses ; métatibias sans denti-
cule distal à la face externe. Long. 21 à 30 mm ............--
ee nr re ouai 3. D. striolifrons (Fairmaire)
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 51
1. Dyscaris mordax (Fairmaire) (fig. 19)
Scarites mordax Fairmaire, 1869, Ann. Soc. ent. France, (4) 9, p. 181.
9, Scores mordaz Fairmaire ; Cwaunom, 1880, Ann, Soc. ent. Beig., 23, pp. 68,
125.
Scariles mordax Fairmaire ; ArzuauD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist. phys.
nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopi., tome I, texte, 1re partie, p. 14.
Scarites (Dyscaris) mordax Fairmaire; BANNINGEr, 1939, Deutsch. ent.
Zeit., pp. 127, 128.
Dyscaris mordax Fairmaire ; Jeanner, 1946, Faune de l’Empire franç., 6,
p. 258, fig. 110, 111 a et c.
Type. — Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 18 à 26 mm. Corps étroit, allongé et assez convexe,
bien brillant, l’avant-corps plus long que les élytres.
Tête généralement plus volumineuse chez le &
que chez la ©, les yeux assez petits, souvent entière-
ment recouverts de chitine noire, le calus oculaire
très gonflé, et très saillant, surtout chez le mâle,
formant une grosse saillie quadrangulaire en bajoue
en arrière des yeux ; lobes sus-antennaires modéré-
ment développés et quelque peu sinués au bord
antérieur ; sillons frontaux assez profonds mais peu
longs, avec deux fortes fossettes en avant ; partie
antérieure non striolée, la postérieure lisse. Mandi-
bules longues et assez droites, le plus souvent effilées
au sommet et peu recourbées. Lobes latéraux du
labium ridulés longitudinalement, avec une forte
convexité allongée médiane, le bord antérieur tron-
qué droit. Paragènes assez profondément échan-
crés au bord interne et munis d’un denticule, Anten-
nes fort courtes et assez épaisses, n’atteignant pas
la mi-longueur du pronotum, les 7 derniers articles
plus larges que longs. Pronotum assez convexe,
modérément transverse, 1,22 à 1,27 fois plus large
que long, le bord antérieur à peine concave, les an-
gles antérieurs fort petits et complètement arrondis,
les côtés un peu arqués, les angles postérieurs effacés
Fic. 19, — Dyscaris et arrondis ; les côtés de la base nettement sinués et
mordax (Fairmaire) formant un lobe basilaire très court ; gouttière mar-
(d'après JEANNEL). ginale étroite sur toute sa longueur, le sillon longi-
tudinal médian étroit mais bien marqué, le sillon
transversal antérieur superficiel, les dépressions basi-
laires distinctes ; disque lisse, avec une très fine ponctuation à peine distincte.
Elÿytres étroits en avant, élargis un peu vers l'arrière, convexes, épaule effacée,
la crête humérale saillante en épaulette, assez longue, formant à son extrémité
un angle denté ; intervalles faiblement soulevés, le 7° bien convexe, presque
caréné dans sa partie antérieure, le 8° peu séparé du 7, très plan ; bord externe
caché en avant seulement par le 72 intervalle ; le dessus des intervalles sans
microsculpture apparente mais très finement ponctué ; stries fines, modérément
profondes, non ponctuées, la 7e à peine vestigiale ; dans la déclivité apicale les
stries s’affaiblissent et les intervalles s’aplanissent.
Source : MNHN, Paris
52 P. BASILEWSKY
Apophyse prosternale pourvue de quelques courtes soies de chaque côté ;
métépisternes à peine plus longs que larges au bord antérieur. Métasternum,
en arrière des hanches médianes, nettement plus court que les hanches posté-
rieures ; épipleures élargis en avant. Protibias avec la bifurcation des deux
dents externes terminales située à peu près au niveau de l'insertion des tarses ;
métatibias avec un denticule distal au côté externe.
Fire. 20. — Gen. Dyscaris Bänninger. a, D. mordar (Fairmaire), édéage;
b, id, Style génital de la Q ; e, D. seyrigi (Bänninger).
Soies clypéales présentes. Soies prothoraciques antérieures et postérieures
présentes, ainsi que quelques soies marginales et basales, ces dernières assez
caduques. Cinq soies discales dans la 3° strie, l’antérieure insérée assez loin
en arrière de la base.
Edéage (fig. 20 a) épais, la partie basale coudée, la partie apicale droite ;
paramères atténués et relevés au sommet, avec une frange de cils nombreux
sur le bord ventral. Styles génitaux de la femelle (fig. 20b) grêles, le dernier
article très mince et eñilé, sans surface ovale en biseau mais avec une double
rangée de soies épineuses peu nombreuses sur le côté externe.
Distribution dans l'île (fig. 21). — Espèce répandue dans le centre de
l'ile, de la région Antsianaka, au sud du lac Alaotra, jusque dans le district
d’Ambositra.
MapaGaAscaAR CENTRE : Antsianaka (Perrot frères, 2e sem. 1892, MP,
MRAC). — Andrangoloaka (Sikora, MP, MRAC). — Tananarive (Nania,
Sicard, Waterlof, Lamberton, MP et MRAC). — Andranomasina, près de Tana-
narive (Ecole offic., V. 1943, MP). — Forêt d’Ambatoloana, à l’est de Tanana-
rive, 1000 m (R. Decary, 1927, MP). — Ambatoloana (4. Humbert, 1912,
MP). — Ambatolampy (G. Dujardin-Delacour, LI. 1965, MP, MRAC). —
Ambohibeloma (R.P. Camboué, 1914, MP, MRAC). — Ivoviandriana (coll.
Fleutiaux, IV. 1907, MP) — Lohariana, près d'Ambatofitorahana, région
d’Ambositra (4. Peyrieras, III. 1969, MP).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 53
MapaGascar Esr : Périnet, Amparafara (IV. 1937, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Dyscaris seyrigi (Bänninger)
Scarites Seyrigi Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent, 1, p. 130.
ssieariles (Dyscaris) seyrigi Bänninger ; BANXINGER, 1939, Deutsch. ent. Zeit.
p. 198.
Dyscaris Seyrigi Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
pp. 253, 255, fig. 111 b.
Dyscaris tripunctatus Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 253, 255,
(syn. nova).
Types. — seyrigi Bänninger. Holotype G, Madagascar Centre, Bekily
(A. Seyrig, IIL. 1933) (Muséum, Paris).
tripunctatus Jeannel. Holotype ©, Madagascar Ouest, Maevatanana
(4. Seyrig, XII. 1932) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 18 à 24 mm. Espèce voisine de D. mordax dont
elle diffère par les caractères suivants :
— corps et surtout les élytres plus mats ;
— calus oculaire aussi gonflé mais un peu plus saillant, avec une bour-
souflure à l'angle externe du bord postérieur ;
— lobes sus-antennaires moins développés, entiers au bord antérieur ;
— tête pourvue de nombreuses strioles longitudinales bien marquées,
couvrant presque toute la partie antérieure et médiane ;
— apophyse prosternale glabre ;
— intervalles des élytres pareillement conformés mais entièrement et
très finement aciculés, sans ponctuation, donnant à toute la surface un aspect
mat ;
— côtés de la base du pronotum en oblique plus régulier, non sinué, ne
formant pas de lobe basilaire ;
— stries des élytres plus superficielles.
Soie clypéale généralement absente, parfois présente. Soies prothoraciques
antérieures et postérieures présentes, ainsi que les basales, mais les marginales
sont absentes bien que l’on observe souvent une seconde soie antérieure. Quatre
soies discales alignées le long de la 3e strie, l’antérieure au tiers antérieur.
Edéage (fig. 20 c) plus allongé, la partie basale plus brusquement coudée,
l’apicale plus épaissie et moins atténuée; paramères à peu près semblables.
Styles génitaux de la femelle plus courts, à dernier article non grêle mais bien
plus épais, moins effilé et moins acéré au sommet.
Distribution dans l'île. (fig. 21) — Espèce connue seulement de la par-
tie méridionale des domaines de l'Ouest et du Centre.
MapaGascar CENTRE : Ambalavao (A. Seyrig, IX. 1935, MP, MRAC). —
Bekily (A. Seyrig, III. 1933, MP, MRAC).
MapaGascar Ouesr : Rivière Menarandra (sec. BÂNNINGER).
Source
: MNHN, Paris
54 P. BASILEWSKY
%# striolifrons
© mordax
Y seyrigi
Fic. 21. — Gen. Dyscaris Bänninger. Répartition géographique.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussions. — Sous le nom de fripunctalus, JEANNEL décrivit une Q
de Maevatanana qui ne diffère nullement de seyrigi, ainsi que j'ai pu m'en
convaincre en comparant les types. Les très légères différences signalées par
l'auteur rentrent dans le cadre normal de la variation individuelle de l’espèce
et ne méritent pas d’être relevées. Quant à l'indication de provenance (Maeva-
tanana), qui sans aucun doute à fortement influencé l’opinion de JEANNEL,
elle est certainement due à une erreur d’étiquetage. C’est donc sans hésitation
que je considère {ripunctalus comme un simple synonyme de seyrigi.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 55
3. Dyscaris striolifrons (Fairmaire) (fig. 22)
Scarites Pluto Brancsik, 1893, Jahresh. naturw. Ver. Trencsiner Comit., 15,
p. 214 (non Künckel, 1887).
Scarites Pluto Brancsik ; ALLuAU», 1900, in A. GranDirer, His. phys. nat.
polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 14.
Scariles Striolifrons Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 30, p. 102.
Scarites pluto Brancsik ; BANNINGER, 1933, Deutsch. ent. Zeit., p. 98.
Scarites striolifrons Fairmaire ; BANNINGER, 1933, Deuisch. ent. Zeil., p. 98.
Scarites (Dyscaris) striolifrons Fairmaire ; BANNINGER, 1939, Deutsch. ent.
Zeit, p. 128, pL. 4, fig. 4
speariles (Dyscaris) pluto Brancsik ; BäxinGer, 1939, Deutsch. ent. Zeit,
p.
Parallelomorphus striolifrons Fairmaire ; Jeanez, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, p. 250, fig. 108.
Types. — plulo Brancsik. Holotype, Madagascar, Nosy Be (P. Frey)
(Chicago Natur. Hist. Museum).
striolifrons Fairmaire. Holotype, Madagascar, Plateau de Hukurie [An-
kara] (4. Perrier de la Bâthie) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 21 à 30 mm. Corps
large et assez plat, brillant, l’avant-corps pas
plus long que les élytres.
Tête très large et courte, fortement
épaissie en arrière; yeux petits, souvent re-
couverts partiellement par un peu de chitine ;
calus oculaire très faible, lisse, non gonflé ni
saillant, un peu prolongé vers l’intérieur;
lobes sus-antennaires larges mais peu saillants,
assez nettement sinués au bord antérieur ;
sillons frontaux longs ; toute la moitié anté-
rieure de la tête est pourvue de strioles lon-
gitudinales fortes et serrées, se continuant par-
fois plus loin en arrière. Mandibules courtes et
larges, fortement recourbées. Lobes latéraux
du menton grands, sans carène ni convexité
médianes, nettement ridulés longitudinale-
ment, fortement rebordés sur les côtés, à bord
antérieur tronqué en oblique ; paragènes for-
tement échancrés et dentés au bord interne.
Antennes courtes, atteignant à peine le pre-
mier tiers du pronotum, les articles 6 à 10 un
peu plus larges que longs. Pronotum peu con-
vexe et bien transverse, 1,35 à 1,40 fois plus
large que long, le bord antérieur presque droit,
Fe Go les angles antérieurs très petits mais faiblement
de Mme S. BERGER). émoussés, les côtés bien régulièrement arqués,
l'angle postérieur arrondi bien que légèrement
accusé par un épaississement du rebord, les
côtés de la base en oblique régulier et ne for-
mant pas de lobe basilaire ; sillon longitudinal médian assez profond, le trans-
versal antérieur effacé ; gouttière marginale très étroite sur toute sa longueur ;
dépressions basilaires à peine distinctes ; surface lisse. Elytres assez larges et peu
Source : MNHN, Paris
56 P. BASILEWSKY
convexes, déprimés même sur le disque, très faiblement ovoïdes, les côtés peu
rétrécis vers l'avant, à peine élargis après le milieu ; épaule bien marquée et
saillante, la crête humérale assez saillante, arquée et de longueur moyenne, forte-
ment élargie en arrière où elle forme une assez forte dent ; intervalles à peine
soulevés, le 6° pas plus large que les autres, le 7e plus étroit en avant où il est
fortement convexe, le 8e bien nettement séparé du 72, assez convexe et étroit en
avant où il s’oblitère cependant avant d'atteindre l'angle huméral ; le bord
externe, vu de dessus, est caché dans la région humérale d’abord par le 7€ in-
tervalle, puis par le 8°; stries assez profondes mais lisses et étroites, la 7e aussi
régulièrement conformée que les autres, toutes plus superficielles en arrière où
cependant elles atteignent l’apex.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes nettement plus longs que
larges ; métasternum, en arrière des hanches médianes, à peu près de même
longueur que les hanches postérieures ; épipleures étroits en avant. Protibias
avec la bifurcation des deux dents externes terminales située nettement en
avant de l'insertion des tarses ; métatibias sans denticule distal au bord externe.
Pas de soies clypéales. Seule la soie prothoracique postérieure présente,
et, parfois, une soie marginale antérieure. Trois soies discales sur la 3 strie,
mais seule la postérieure toujours bien distincte.
Edéage (fig. 23 a) allongé, la partie basale très coudée, la partie apicale
droite, peu à peu épaissie jusqu’à lapex qui est obtus, le côté ventral un peu
aplani ; paramères atténués au sommet et munis d’une frange de cils à la face
ventrale et au sommet. Styles génitaux de la femelle (fig. 23 b) courts et épais,
la surface en biseau ovale large et rugueuse, les deux arêtes du dernier article
portant une rangée de soies épineuses.
ic. 23. — Dyscaris striolifrons (Faïrmaire). a, édéage ; b, styles génitaux
de la Q (d’après JEANNEL).
Distribution dans l'île (fig. 21). — Espèce propre à la partie septentrio-
nale des domaines de l'Ouest et du Centre.
Mapacascar Ouesr : Soalala, sur la baie de Baly (H. Perrier de la Bâthie,
sec. JEANNEL). — Ampijoroa, distr. d'Ambato-Boeni (G. Dujardin-Delacour
et R. Viossat, XI. 1970, MP, MRAC). — Ampijoroa-Ankarafantsika (R.E.,
I. 1957, MP, MRAC). — Forêt d'Ankarafantsika (Raharizonina, XII. 1959,
MP). — Plateau de l’'Ankara, au sud-ouest de Maevatanana (H. Perrier de
ta Bäthie, MP). — Ankorika, dans le Bongolava (Sicard, MP).
Mapacascar CENTRE: Ambolantsotry, Mandritsara (J. Vadon, XII.
1936, MRAC).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 57
La provenance du type est erronément transcrite par FAIRMAIRE; ce
n’est pas «Plateau de Hukurie » qu'il faut lire, mais bien «Plateau de l’An-
Kara ». Quant à celle du type de plulo Brancsik (Nosy Be), BANNINGER, qui a vu
l’exemplaire, affirme qu’il est en réalité étiqueté « Baly Bay ». Cité aussi de
Diégo-Suarez par le même auteur, mais cette provenance est certainement
erronée.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Sous le nom de Scarites pluto Grandidier, BrANcsIK
signalait en 1893 un exemplaire recueilli prétendument à Nosy Be par P. Frey,
le rapportant à cette espèce d’après une figure publiée par KÜNGKEL dans l'His-
toire naturelle de Madagascar, de GRANDIDIER, en 1887. Bien qu’assez courte,
la description de Brancsrk montre qu’il ne peut s’agir de cette espèce et M. Bän-
NINGER, qui a vu le type conservé dans la collection Knirsch, maintenant
au Musée d'Histoire naturelle de Chicago, établissait que c'était en réalité
une forme bien différente du vrai pluto Künckel, mais très proche du Sca-
rites striolifrons Fairmaire ; ce même auteur estimait même que les différences
entre le type de FarrmaimE et l’exemplaire de Brancsix étaient si faibles qu'il
ne s'agissait probablement que d’une variation individuelle. Maintenant que
de plus nombreux exemplaires de cette espèce sont connus, la synonymie de
ces deux noms est certaine et JEANNEL l’a considérée comme telle.
C'est à juste titre que BANNINGER classait en 1939 sfriolifrons Fairmaire
dans sa nouvelle coupe Dyscaris, malgré des différences assez importantes que
présente cette espèce avec les deux autres formes connues. Je ne puis com-
prendre pour quelles raisons JEANNEL a cru devoir l’en retirer et la placer dans
le genre Parallelomorphus, avec lequel l'espèce n’a rien de commun et qui
n’est pas représenté à Madagascar.
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47%
Dans son ouvrage sur les Coléoptères Carabiques de la région malgache
(946, 1, pp. 253 et 254), R. JEaANNeL décrit un Dyscaris decorsei (2 © d’Ambo-
vombe, Dr. J. Decorse) et sa subsp. D.d. latipennis (1 © de Betroka, A. Seyrig).
Ces trois spécimens n'ont pu être retrouvés dans les collections du
Muséum de Paris, et on se perd en conjonctures sur leur sort. La description
de JEANNEL est assez brève et aucun des nombreux Dyscaris que j'ai examinés
ne correspond à ce qu’en dit l’auteur. Il n’est pas impossible, d’ailleurs, qu'il
s’agisse d'individus aberrants de D. seyrigi Jeannel.
Dans ces conditions, il m’a été impossible d'interpréter cette espèce et
je dois donc me contenter de reproduire textuellement ce qu’en dit JEANNEL.
« Dyscaris Decorsei, n. sp. ; type : Ambovombé (Mus. Paris).
«Subsp. latipennis, nov ; type : Betroka (coll. Alluaud, Mus. Paris).
« Long. 20 à 22 mm. Bord antérieur du front couvert de strioles longitudinales
qui n’atteignent pas le vertex ; toute la moitié postérieure du front est lisse. Joues
saillantes contre les yeux, mais non quadrangulaires, non dilatées en bajoues en
arrière. Pronotum nettement transverse, les côtés plus arrondis que chez mordax,
la base sans saillie médiane lobée au-dessus du pédoncule. Elytres peu convexes,
à striation forte à la base, superficielle au sommet.
« Pronotum avec plusieurs soies marginales sur les côtés et le bord basal.
Quatre soies discales sur la 3e strie et une soie apicale au sommet du 2€ interstrie.
La première soie discale se trouve tout à fait en avant, sur le bord de la déclivité
basale, où son insertion est plus ou moins dissimulée dans les granulations de cette
partie de l’élytre.
Source : MNHN, Paris
58 P. BASILEWSKY
« Mâle inconnu.
« Chez la forme typique (deux femelles), les élytres sont étroits aux épaules,
élargis après le milieu. La subsp. latipennis au contraire a les élytres larges à la
base, subparallèles (une femelle).
« Madagascar, dans l’extrème Sud.
« Subsp, Decorsei, s. str. - Sud : Ambovombé, dans l'Androy (Dr Decorse).
« Subsp. latipennts, nov. - Oues sud : Betroka (Seyrig). »
5. Gen. Madascaris Bänninger
Madascaris Bänninger, 1937, Deutsch. ent. Zeit., p. 126 (espèce-type : Scarites
enoplus Alluaud, 1930, par désignation originelle).
Madasearis Bänninger ; BANNINGER, 1939, Deutsch. ent. Zeil., p. 137.
: Madascaris Bänninger : JeANNEz, 1046, Faune de l'Empire franç., 6, PP.
37, 255.
SP tascaris Bänninger ; Basizewsky, 1978, Rev. Zool. Bot. afr., p. 179.
Description. — Taille moyenne (17 à 24 mm). Espèces aptères.
Tête assez volumineuse, à mandibules bien développées et assez acérées
au sommet; yeux petits, le calus oculaire très gros et fortement gonflé en
arrière de l'œil ; lobes sus-antennaires moyens et non échancrés ; sillons fron-
taux longs et profonds. Lobes latéraux du labium grands, ridulés, à bord anté-
rieur très oblique, le sommet acuminé et prolongé vers l'avant, pourvus d’une
forte carène longitudinale submédiane ; paragènes fortement échancrés au
bord interne et légèrement dentés. Lobe interne des maxilles crochu à son
extrémité distale. Antennes courtes et épaisses, n’atteignant pas l'angle posté-
rieur du pronotum, les derniers articles presque aussi larges que longs. Prono-
tum bien transverse, les angles postérieurs marqués et légèrement dentés.
Elytres aplatis et mats, à sculpture hétérodyname, portant des côtes saillantes ;
rebord basilaire présent ; épaule dentée ; 8e intervalle caréniforme sur toute
sa longueur, de la dent humérale jusqu'à la suture, cachant entièrement le
bord externe.
Apophyse prosternale pubescente. Métépisternes petits mais un peu plus
longs que larges ; métasternum bien plus court en arrière des hanches médianes
que les hanches postérieures ; épipleures très élargis en avant. Segments abdo-
minaux sans sillons transversaux. Protibias larges, avec la bifurcation des
deux dents terminales externes située au niveau de l'insertion des tarses ;
mésotibias avec une seule dent dans la partie distale de la face supérieure ;
métatibias sans dent distale.
Pas de soies clypéales. Soies prothoraciques normales, présentes de chaque
côté. Soies discales insérées sur le 4e intervalle et non sur la 3e strie.
Répartition géographique. — Madagascar.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (2). Pronotum fortement rétréci en arrière où les côtés de la base
forment une échancrure presqu’à angle droit, descendant en-
suite parallèlement et presque perpendiculairement sur le pé-
doncule, formant un lobe basilaire médian bien développé ;
angles postérieurs bien dentés ; disque fortement ridé. Inter-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 59
valles 7 et 8 des élytres se rencontrant très peu en dessous de
l'angle huméral et ne formant qu’une hampe commune courte
et presque verticale. Apophyse mésosternale sans soies à sa par-
tie antérieure. Long. 17 à 24 mm........ 1. M. enoplus (Alluaud)
2. (1). Pronotum se rétrécissant progressivement vers l'arrière, les
côtés de la base étant régulièrement obliques jusqu’au pédon-
cule, sans former d’échancrure ni de lobe médian ; angles posté-
rieurs accusés mais arrondis ; disque presque lisse. Intervalles
7 et 8 des élytres se réunissant loin en arrière de l’angle huméral,
formant une hampe commune longue et arquée, avec la dent
humérale forte. Apophyse mésosternale avec sur la partie anté-
rieure la même touffe de soies que sur la partie postérieure de
l’apophyse prosternale. Long. 21 mm. 2. M. octocostatus (Bänninger)
1. Madascaris enoplus (Alluaud) (fig. 24)
Scarites enoplus Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 18.
Sceariles (Madascaris) enoplus Alluaud; BANNINGER, 1939, Deulsch. ent.
Zeit., p. 139.
Madascaris enoplus Alluaud ; Jeannez, 1946, Faune de l’Empire franç., 6,
pp. 256, fig. 111, 112.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Vohémar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 17 à 24 mm. Corps mat, l’avant-corps à peu près
de même longueur que les élytres.
Tête volumineuse, épaissie en arrière ; yeux
petits, le calus oculaire gros et gonflé, saillant
latéralement mais arrondi, prolongé assez loin en
arrière ; lobes sus-antennaires modérément déve-
loppés et simples, non échancrés ni sinués ; sillons
frontaux longs et assez profonds, le plus souvent
assez rectilignes ; surface pourvue de rides lon-
gitudinales assez profondes et assez longues de
chaque côté de la convexité médiane. Mandibules
généralement très moyennes, modérément re-
courbées et acérées en avant. Lobes latéraux du
labium larges mais surtout longs, fortement ca-
rénés latéralement, le bord antérieur subacuminé ;
paragènes à bord interne profondément échancré
et fortement denté. Antennes courtes et épaisses,
les articles 6 à 10 nettement plus larges que longs.
Pronotum peu convexe, bien transverse, environ
1,50 fois plus large que long, à bord antérieur lé-
gèrement concave, les angles antérieurs en larges
lobes arrondis mais à peine avancés, les côtés
faiblement arqués jusqu'aux angles postérieurs
FIG 24 DE Modascarts qui sont bien marqués et assez fortement dentés,
enoplus (Alluaud) (d’a- les côtés de la base profondément échancrés, en-
près JEANNEL). suite rectilignes et parallèles, formant ainsi un
Source : MNHN, Paris
60 P. BASILEWSKY
grand lobe basilaire ; sillon longitudinal médian étroit mais assez profond
et long, le transversal antérieur bien marqué, la gouttière marginale
étroite sur toute sa longueur, les dépressions basilaires marquées mais
peu profondes ; disque entièrement couvert de fortes rides, transversa-
les sur le milieu, plus ou moins entremêlées sur les côtés. Elytres ova-
laires, déprimés, nettement plus étroits que le pronotum, les côtés légèrement ar-
rondis et un peu acuminés au sommet, la plus grande largeur située un peu en
arrière du milieu ; épaule bien marquée, la crête humérale saillante en épaulette,
peu oblique et élargie en arrière où elle forme une dent assez aiguë ; en dessous de
cette dent humérale se trouve une très courte hampe d'où bifurquent rapi-
dement les côtes 7 et 8; rebord basilaire présent et bien marqué, quelque
peu ondulé, situé assez loin de la base dont il est séparé par un espace granu-
leux assez large ; sculpture hétérodyname, les intervalles 1, 2, 3, 4 et 6 larges
et non ou à peine soulevés, fortement aciculés et pourvus d’une sculpture quel-
que peu aciculée-granuleuse donnant à l'élytre un aspect mat, 1 et 2 cependant
très brièvement soulevés et même un peu caréniformes à l'extrême base où
ils sont fortement arqués vers le dehors, tandis que sur le 3 cette partie caréni-
forme est bien plus longue ; par contre, le 5° intervalle est étroitement tecti-
forme-caréniforme sur toute sa longueur, et le 7€ et le 8e sont conformés en forte
carène depuis l'épaule jusqu’à l’apex et séparés par un espace assez large,
formant gouttière et transversalement granulé ; stries peu profondes et assez
larges, vaguement ponctuées ; à l’apex la sculpture devient moins nette mais
se maintient presque jusqu’au sommet.
Apophyse prosternale pubescente au sommet, tandis que celui de la
mésosternale qui lui fait face est glabre ; métépisternes petits mais un peu
plus longs que larges ; épipleures très élargis en avant, ensuite fortement
rétrécis vers l'arrière. Abdomen ridulé-aciculé, surtout latéralement. Pattes
robustes.
Six soies discales insérées sur le 4° intervalle et non sur la 3e strie, l’anté-
rieure fortement déportée vers le dehors, au niveau du 5° intervalle et insérée
presque contre le repli basilaire.
Frs. 25. — Madascaris enoplus (Alluaud). a, édéage ; b, style génital de la
Q (d’après JEANNEL).
Edéage (fig. 25 a) grand et très arqué, la partie basale longuement incurvée,
J’apex atténué en bec bien infléchi ; paramères très effilés au sommet, pourvus
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 61
à la face ventrale d’une forte frange de longs cils. Styles génitaux de la femelle
(fig. 25 b) grêles, le dernier article effilé et pointu, avec quelques fortes soies
épineuses des deux côtés de l’arête externe.
Distribution dans l'île (fig. 26). — Cette espèce n’est connue que du
nord et du nord-est de l’île.
MapaGascar NorD: Antankares, d’Isokitra à Diégo-Suarez (E. el B.
Perrot, V-X. 1891, MP).
MapaGascar Esr : Vohémar (récolteur inconnu, MP, MRAC). — Amba-
tosaratra, 1700 m, distr. Sambava, Rés. nat. int. XII, Marojejy (P. Soga,
XI. 1960, MP). — Belalona, 30 km S.W. de Sambava (A. Peyrieras, MP,
MRAC). — Andapa (A. Peyrieras, XI. 1968, MP, MRAC). — Ouest d’Andapa
(A. Peyrieras, MP). — Manakambahiny, entre Maroantsetra et Antalaha (J.
Vadon, XII. 1938, MP). — Mont Antampona, distr. Mananara Nord (J.
Vadon et A. Peyrieras, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Madascaris octocostatus (Bänninger)
Scarites octocostatus Bänninger, 1933, Deutsch. ent. Zeit., p. 96.
Scarites (Madascaris) octocostatus Bänninger ; BANNINGER, 1939, Deutsch.
ent. Zeit., p. 129.
Madascaris octocostatus Bänninger ; JEANNE, 1946, Faune de l’Empire fran.
6, pp. 256, 257.
Type. — Holotype G, Madagascar Centre, Bealanana (Ent. Institut,
Zürich).
Description. — Long. 21 mm. Bien que proche de la précédente, cette
espèce en diffère par des caractères importants. Tout d’abord, le pronotum est
autrement conformé dans sa partie postérieure, les côtés de la base descendant
en oblique régulier sur le pédoncule, sans qu’il y ait échancrure ou formation
d’un lobe médian ; l’angle postérieur est beaucoup moins denté et le disque
est presque lisse. L’épaule également a une autre structure ; la dent humérale
chez oclocostatus se trouve bien plus haut et plus à l’intérieur, au niveau de la
6° côte, et la hampe commune aux intervalles 7 et 8 est très longue, arquée et
oblique, venant s’imbriquer non directement sur l'angle huméral mais le con-
tournant par en dessous. L’apophyse mésosternale est pourvue à sa partie
antérieure, qui fait face à l'apophyse prosternale, d’une touffe de poils, tandis
qu’elle est glabre chez enoplus. Le calus oculaire est plus gros chez octocostatus,
plus fortement gonflé, ce qui fait paraître l'œil plus petit. Les mandibules
d’octocostalus sont plus longues et plus étroites, plus acérées aussi, surtout la
gauche. Enfin, les stries entre les côtes sont marquées de petits points chez
octocostatus ; l'intervalle 3 est en carène étroite et brillante jusqu'à la mi-lon-
gueur, le 5 jusqu'aux deux tiers, le 7 presque jusqu’à l’apex.
L’édéage du mâle n’a pas été examiné.
Distribution dans l'île (fig. 26). L’unique exemplaire mâle connu de
cette espèce proviendrait de Bealanana, dans la partie méridionale de l’Ankai-
zina ; on peut supposer qu’elle est propre à cette région.
MapaGascar CENTRE : Bealanana (Ent. Institut, Zürich).
Source : MNHN, Paris
62
P. BASILEWSKY
Répartition géographique. — Madagascar.
!
© enoplus
%# octocostatus
Fic. 26. — Gen. Madascaris Bänninger. Répartition géographique.
6. Genre Mecynoscaris Alluaud
Mecynoscaris Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 20 (espèce-type : Dyscherus longulus
Fairmaire, 1905, par désignation originelle).
Mecynoscaris Alluaud ; BANNINGER, 1937, Deutsch. ent. Zeit., p. 121.
Mecynoscaris Alluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch, ent. Zeil., p. 45.
Mecynoscaris Alluaud : JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire fran. 6, pp. 238,
257.
Mecynoscaris Alluaud ; Basinewsxy, 1973, Rev. Zool. Bot. afr., 87, p. 176.
|
Description. — Espèces de taille moyenne (19 à 25 mm). Le corps très
étroit et assez convexe, subcylindrique. Aptères.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 63
Tête modérément convexe, les yeux moyens ou petits, le calus oculaire
gonflé mais peu saillant, les lobes sus-antennaires modérément développés,
le labre très court. Mandibules très longues et grêles, recourbées et acérées
au sommet, les dents internes fortement réduites. Lobes latéraux du menton
très larges, fortement ridulés longitudinalement, sans carène médiane et fai-
blement rebordés latéralement, le bord antérieur fortement tronqué droit ;
paragènes fortement échancrés au bord interne, avec une dent très nette.
Lobe interne des maxilles arrondi à son extrémité. Antennes assez longues et
fines, les articles terminaux un peu plus longs que larges. Pronotum non trans-
verse, non où à peine plus large que long, les angles antérieurs arrondis et
effacés, les postérieurs toujours marqués, souvent bien dentés. Elytres très allon-
gés, plus de deux fois plus longs que larges ensemble, rétrécis à la base et sans
rebord basilaire ; angle huméral denté ; bord externe toujours visible du dessus,
bien que chez l’une des espèces le 7e intervalle ait tendance àle cacher un peu
en avant ; gouttière marginale très large et fortement granuleuse.
Apophyse prosternale glabre. Pièces sternales et épipleures finement
ponctuées. Métépisternes allongés, presque deux fois plus longs que larges en
avant ; métasternum, en arrière des hanches médianes, non ou à peine plus court
que les hanches postérieures. Segments abdominaux sans sillons ventraux.
Pattes modérément robustes ; protibias sans soies à la face supérieure, les deux
dents externes terminales indépendantes et non portées sur une apophyse
saillante, leur bifurcation située au niveau de l'insertion des tarses ; mésoti-
bias avec deux dents à la partie distale externe ; métatibias inermes à l’extré-
mité ou avec une dent.
Soie clypéale présente; les soies prothoraciques antérieures et posté-
rieures présentes ; cinq à sept soies discales sur la 3€ strie, l’antérieure tou-
jours très éloignée de la base.
Edéage de forme caractéristique : la partie basale est longuement arquée,
la partie apicale progressivement élargie, l’apex très gros, très épais, infléchi,
à sommet obtusément arrondi; paramères larges et courts, les cils groupés
sur des denticules du bord ventral. Chez la femelle, les styles génitaux sont
courts, l’hémisternite particulièrement large, l’article distal à bord externe
aplati et tranchant, l’extrémité non aiguë ni pointue, mais un peu en spatule,
la face intérieure pourvue d’une rangée de soies épineuses sur toute sa longueur.
Répartition géographique. — Ce genre, propre à Madagascar, ne com-
porte que deux espèces confinées à la Montagne d’Ambre, dans l'extrême nord
de l’île.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (2). Aspect mat, les élytres à microsculpture forte. Front couvert de
longues strioles longitudinales fines et nombreuses, toute la sur-
face de la tête pourvue d’une sculpture nette, continuée jusqu’en
arrière. Calus oculaire gonflé mais court, s’oblitérant graduelle-
ment en arrière. Angles postérieurs du pronotum faiblement
dentés ; gouttière marginale de l’élytre étroite en avant, pres-
que cachée par le 72 intervalle. Partie distale des métatibias
avec une forte dent. Long. 21 à 25 mm.. 1. M. longulus (Fairmaire)
2. (1). Aspect brillant, les élytres à microsculpture indistincte, presque
Source : MNHN, Paris
64 P. BASILEWSKY
nulle. Front avec sept ou huit longues strioles longitudinales de
chaque côté, sans autre sculpture ni en avant ni en arrière. Ca-
lus oculaire fortement gonflé, s’étendant fortement en arrière où
il s'arrête brusquement, tombant perpendiculairement et
abruptement sur le cou. Angles postérieurs du pronotum forte-
ment dentés ; gouttière marginale de l'élytre large en avant,
bien visible du dessus. Partie distale des métatibias sans dent.
Long. 19 à 23 mm ......... are 2. M. ambreanus Bänninger
1. Mecynoscaris longulus (Fairmaire) (fig. 27)
Dyscherus longulus Fairmaire, 1905, Ann. Soc. ent. Belg., 49, p. 115.
Mecynoscaris longulus Fairmaire; BANNINGER, 1939, Deulsch. ent. Zeit,
pp. 46, 47, pl. 1, fig. 9.
Mecynoscaris longulus Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, p. 258, fig. 113, 114.
Type. — Holotype, Madagascar Nord, Diégo-
Suarez (Muséum, Paris).
Description. — Long. 21 à 25 mm. Corps al-
longé et subparallèle, d'aspect mat.
Tête longue, assez convexe, épaissie en. arrière,
Yeux petits, le calus oculaire arrondi et saillant bien
gonflé mais court, s’oblitérant graduellement en
arrière, les lobes sus-antennaires non ou à peine
échancrés au bord antérieur ; sillons frontaux longs,
modérément profonds et convergents en arrière ;
partie antérieure du front couverte de strioles lon-
gitudinales longues, fines et nombreuses, continuées
assez loin en arrière, avec de nombreux petits points
entre les strioles, toute la partie médiane et posté-
rieure est nettement sculptée avec des strioles obli-
ques, en zigzag ou même transverses et plus où moins
entremêlées. Pronotum modérément convexe, non
transverse, non ou à peine plus large que long ; bord
antérieur légèrement sinué, les angles antérieurs non
avancés en lobes, très arrondis et ne formant aucune
trace de denticule ; les côtés subparallèles et non
Fuc. 27. — Mecyno- arqués, les. angles postérieurs légèrement dentés, le
scaris longulus (Fair- lobe basilaire médian court mais un peu individua-
maire) (d’après JEAN- lisé; sillon longitudinal médian très étroit et fort
NEL). superficiel, le transversal antérieur un peu marqué
au milieu mais ayant une nette tendance à s’effacer
sur les côtés; gouttière marginale très étroite sur
toute sa longueur, les dépressions basilaires indistinctes ; milieu du disque
pourvu de fines strioles transversales assez nombreuses, toute la surface à mi-
crosculpture très légèrement marquée. Elytres étroits, allongés, assez con-
vexes, nettement rétrécis vers la base et un peu élargis après le milieu ; l'épaule
peu marquée, la crête humérale en épaulette courte mais très saillante,
fortement oblique, formant en arrière une faible dent humérale ; gouttière
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 65
marginale large et granuleuse sur toute sa longueur, se rétrécissant quelque
peu en avant, de sorte que près de l'épaule le 7e intervalle vient presque la
cacher, bien que le bord externe reste nettement visible sur toute sa longueur ;
les trois premiers intervalles sont larges et plans, 4, 5 et 6 un peu plus étroits
et s’élevant au fur et à mesure que l’on s'éloigne vers l’extérieur, le 7e devenant
nettement plus convexe tout en restant large et non caréniforme même à la
base, le 8 plan et effacé dans le dernier quart ; tous les intervalles sont pourvus
d’une microsculpture nette devenant de plus en plus forte vers l'extérieur,
le 8° granuleux contre la gouttière ; stries étroites mais assez profondes, non
ponctuées ; l’apex pas plus mat que le disque, avec les intervalles nettement
aplanis, les stries s’effaçant un peu avant l'extrémité.
Fi@. 28. — Gen. Mecynoscaris Alluaud. a, Protibia droit de M. longulus
(Fairmaire) ; b, maxille droit du même ; c, édéage du même ; d, style génitaux
Q de M. ambreanus Bänninger ; e, édéage du même (d’après JEANNEL).
Métatibias avec une forte dent à l'extrémité distale.
Cinq à six soies discales sur le 3° intervalle, l’antérieure très éloignée de
la base.
Edéage fig. 28 c.
Distribution dans l'île (fig. 29). — Mapacascar Norp: Diégo-Suarez
(coll. Fairmaire, coll. Maindron, coll. Alluaud, coll. Le Moult, MP, MRAC,
BM). — Cap d'Ambre (coll. Schneider, MP). — Montagne d’Ambre (coll.
Sicard, coll. Le Moult, MP, MRAC; Ch. Alluaud, I-IV. 1931, MP ; À. Pey-
rieras, X. 1967, XII. 1968, MP, MRAC).
R. JEANNEL suppose que M. longulus se rencontre à Diégo-Suarez, sur-
tout à basse altitude, aux alentours de la ville, tandis que l'espèce suivante
occupe des régions plus élevées, dans la Montagne d’Ambre. Cependant, aucune
5
Source : MNHN, Paris
66 P. BASILEWSKY
capture certaine ne permet une telle hypothèse et il me paraît vraisemblable
que les deux espèces habitent exclusivement ce massif, où PEvRIERAS les a
prises ensemble.
Au Muséum de Paris se trouvent deux exemplaires étiquetés : région de
Tamatave (ex. coll. Sicard). Il s’agit certainement de fausses provenances et
JEANNEL ne les cite même pas.
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Mecynoscaris ambreanus Bänninger
Mecynoscaris ambreanus Bänninger, 1933, Deutsch. ent. Zeit., p. 86.
Mecynoscaris ambreanus Bänninger ; BANNINGER, 1937, Deutsch. ent. Zeil.,
pp. 46, 47.
Mecynoscaris ambreanus Bänninger ; JEANNEz, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, p. 258, fig. 114c.
Type. — Holotype, Madagascar Nord, Amber-Gebirge (devrait se trou-
ver au Zoologische Museum à Berlin, mais n’y a pas été retrouvé ; un cotype
existe dans la collection Bänninger, à Zürich).
Description. — Long. 19 à 23 mm. Espèce très voisine de la précédente,
au premier abord, mais d’un aspect nettement plus brillant et en différant par
plusieurs caractères importants.
Front très brillant et sans microsculpture, portant de chaque côté 7 ou 8
fortes strioles longitudinales assez profondes et rectilignes, se poursuivant
généralement jusqu’à la base de la tête ; sillons frontaux plus fortement mar-
qués mais moins convergents vers l'arrière ; calus oculaire gros et saillant,
bien plus long en arrière où il s'arrête abruptement ; les yeux un peu plus petits.
Pronotum brillant, à surface presque lisse, avec les angles postérieurs plus
fortement dentés. Elytres de même forme allongée, l'angle huméral plus forte-
ment denté, la gouttière marginale non rétrécie, de sorte qu’elle est largement
visible du dessus et nullement cachée par le 7e intervalle ; intervalles très bril-
lants, à microsculpture nulle ; stries internes moins profondes.
Métatibias inermes à la partie distale.
Six à sept soies discales sur la 3e strie.
Edéage (fig. 28 e) plus grand que chez longulus, la partie basale plus recour-
bée, formant un angle moins ouvert ; partie apicale très évasée, l’apex énorme,
très infléchi et obtusément arrondi; paramères plus courts. Styles génitaux
de la femelle fig. 28 d.
Distribution dans l'île) (fig. 29). — Comme l'espèce précédente, ambreanus
est confiné dans l'extrême nord.
Mapacascar Norp : Montagne d’Ambre (coll. Sicard, coll. Le Moult,
MP, MRAC, BM). — Id. (Ch. Alluaud, I-IV. 1931, MP). — Id. (A. Peyrieras,
XII. 1967, XII. 1968, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 67
V Mecynoscaris
© pluto
% pauliani
F1G. 29. — Répartition géographique du genre Mecynoscaris Alluaud, de
Prodyscherodes pauliani Jeannel et de Prodyscherus pluto (Künekel).
7. Gen. Prodyscherus Jeannel
Prodyscherus Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franc, 6, pp. 238, 259 (espèce-
type : Scarites pluto Künckel, 1887, par désignation originelle).
Prodyscherus Jeannel ; BasiLEwsky, 1973, Rev. Zool. Bot. afr., 87, p. 177.
Description. — Espèces de taille variable (18 à 42 mm), généralement
brillantes, à corps allongé et assez convexe, l’avant-corps ordinairement plus
long que les élytres. Aptères.
Tête volumineuse, épaisse en arrière, les yeux petits, le calus oculaire
variable, le plus souvent gonflé en dessous des yeux, souvent ridé ou bour-
Source : MNHN, Paris
68 P. BASILEWSKY
souflé ; lobes sus-antennaires simples ou plus ou moins profondément échan-
crés ; sillons frontaux généralement assez courts, droits ou convergents en
arrière ; l'avant du front plus ou moins fortement striolé longitudinalement,
rarement plus ou moins lisse ; champ postoculaire et partie postérieure de la
tête sans sculpture ; pore frontal parfois avec plusieurs soies. Mandibules larges
à la base, rétrécies et plus ou moins recourbées au sommet, les lobes internes
très saillants de chaque côté, fortement dentés, multilobés ou mamelonnés,
sans bord libre concave. Lobes latéraux du menton larges, généralement ridulés
longitudinalement et rebordés latéralement, le bord antérieur le plus souvent
tronqué droit, parfois oblique, rarement subarrondi. Paragènes triangulaires,
profondément échancrés au bord interne et presque toujours fortement dentés,
sans carène interne. Lobe interne des maxilles arrondi, sans trace de crochet
ou de dent. Antennes assez courtes, généralement épaisses, les derniers articles
ayant généralement tendance à se raccourcir. Pronotum peu où moyennement
transversal, les angles antérieurs non saillants en lobes vers l'avant maisen
faibles denticules, les côtés rectilignes ou légèrement arqués, l'angle posté-
rieur toujours complètement effacé, le lobe basilaire médian plus ou moins nul.
Elytres en ovale plus ou moins allongé, généralement nettement rétrécis à la
base et élargis après le milieu ; pas de repli basiloire ; un étroit bandeau granu-
leux sur la déclivité basale ; sculpture homodyname, avec les intervalles larges
et plans, séparés par des stries fines et peu profondes, ou plus ou moins hété-
rodyname, avec les intervalles externes plus étroits et plus soulevés, souvent
carénés, le 7e toujours en carène au moins en avant, le 8e presque toujours en
carène étroite et tranchante, cachant le bord externe de l’élytre dans la région
humérale ; crête humérale plus ou moins saillante et formant une dent humérale
assez forte.
Apophyse prosternale glabre ou pubescente. Métépisternes petits, sub-
carrés ou un peu plus longs que larges. Métasternum, en arrière des hanches
médianes, plus court que les hanches postérieures. Conformation du champ
huméral de l'élytre comme chez les vrais Scariles. Pas de sillons ventraux.
Pattes robustes; mésotibias avec une seule grande dent à la partie distale
du bord externe, accompagnée souvent de quelques petits denticules.
Soie frontale simple, très rarement avec plusieurs soies dans le pore pos-
térieur ; soies clypéales présentes. Soies prothoraciques antérieures et posté-
rieures présentes, les marginales présentes ou absentes, les basales le plus sou-
vent présentes. Soies discales sur la 3 strie et en nombre variable.
Edéage à partie basale courte et coudée, l’apicale souvent très allongée,
droite ; apex plus ou moins atténué ; paramères bien développés, non atrophiés
au sommet mais atténués, leur bord ventral avec une longue frange de cils.
Styles génitaux de la femelle du type habituel, très longs et effilés, l’article
terminal ayant la forme d’une griffe très aiguë, armée d’une double rangée de
soies épineuses à la face externe.
Répartition géographique. — Ce genre est propre à Madagascar. Il
comporte 19 espèces répandues dans le centre, l’est et le sud de l'ile ; on n’en
connaît aucune remontant plus au nord que le lac Alaotra (fig. 30).
Discussion. — Dans sa monographie des Scaritina, M. BÂNNINGER
(1938) rangeait dans le genre Dyscherus de nombreuses espèces qui, en réalité,
appartiennent à deux phylums bien distincts. C’est donc à juste titre que
R. JEANNEL créait en 1946 le genre Prodyscherus pour les espèces dont le bord
préhuméral de l'élytre est conformé comme chez les vrais Scarites, c’est-à-dire
Source : MNHN, Paris!
CARABIDAE SCARITINAE 69
Fic. 30. — Répartition géographique du genre Prodyscherus Jeannel.
formé par le rebord dorsal de l’épipleure dont l’angle externe correspond à la
dent humérale, ne laissant dans le genre Dyscherus que celles chez lesquelles
le rebord de l’épipleure n'apparaît que sur la partie interne du bord préhuméral
de l’élytre, l'angle huméral étant constitué par la bifurcation du tronc commun
des carènes des intervalles 7 et 8 ; c’est là une évolution présentant un stade
de régression de l’épipleure qui annonce celui réalisé chez les Storthodontina,
évolution dont il a déjà été parlé.
Ce genre malgache se rapproche quelque peu des Haplotrachelus d'Afrique
du Sud ; ces derniers en diffèrent essentiellement par le 8 intervalle des élytres
nettement caréné sur toute sa longueur, constituant ainsi la continuation de la
crête humérale, au lieu du 7€.
Source : MNHN, Paris
70 P. BASILEWSKY
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (2). Bord interne des paragènes simplement échancré mais nulle-
ment denté. Premier article des protarses grêle et très long,
plus long que les quatre suivants réunis; les deux dents
externes terminales du protibia situées sur une longue apo-
physe, leur bifurcation très loin en avant du niveau de l'inser-
tion des tarses. Calus oculaire très saïllant, en forme de petite
corne pointue vers l'extérieur. Pore supraorbital pourvu de
plusieurs soies. Long. 25 à 36 mm ....... 1. P. pluto (Künckel)
2. (1). Bord interne des paragènes profondément échancré et for-
tement denté. Premier article des protarses plus épais et
presque toujours plus court et plus épais, généralement
nettement moins long que les quatre suivants réunis; les
deux dents externes terminales du protibia non placées sur
une apophyse, leur bifurcation située cependant généralement
en avant du niveau de l'insertion des tarses. Calus oculaire gonflé,
souvent plus ou moins saillant, mais jamais en forme de
corne pointue vers l'extérieur. Pore supraorbital simple.
3.(24). Sculpture de l’élytre normale et plus ou moins homodyname,
les sept premiers intervalles plus ou moins aussi larges les
uns que les autres, non ou modérément convexes, les stries
étroites et peu profondes, 6 et 7 pas plus larges que les autres
et pareillement sculptées.
4.(23). Huitième intervalle des élytres parfaitement individualisé
sur presque toute sa longueur, sauf à l'extrême base et souvent
à l’apex, formant une carène longue et étroite, cachant le
bord externe de l'élytre dans la région humérale, séparé du
septième intervalle par une strie profonde.
5.(14). Huitième intervalle des élytres s’effaçant en arrière et n’attei-
gnant pas la région de l'angle suturo-apical.
6. (9). Septième intervalle des élytres soulevé seulement dans le
premier tiers, ensuite aussi plan que les autres ; la strie qui le
sépare du 8° un peu mieux marquée que les autres. Calus
oculaire très saillant, formant une petite apophyse nettement
dirigée vers l'avant.
7. (8). Septième strie un peu élargie à sa mi-longueur. Bord externe
de l'élytre, vu du dessus, caché sur presque toute sa partie
antérieure; stries internes effacées complètement dans la
déclivité apicale. Calus oculaire plus fortement saillant vers
l'avant. Pronotum plus transversal (1,55 à 1,65 fois plus
large que long). Antennes plus longues et plus grêles. Long.
82 à 42: mm ...................-... 2. P. ovatus (Bänninger)
8. (7). Septième strie non ou à peine élargie au milieu. Bord externe
de l’élytre, vu du dessus, caché seulement dans le tiers anté-
Source : MNHN, Paris
9. (6).
10.(11).
11.(10).
12.(13).
13.(12).
CARABIDAE SGARITINAE
rieur ; stries internes plus faibles en arrière mais plus ou
moins distinctes sur la déclivité apicale. Calus oculaire moins
fortement saillant vers l'avant. Pronotum moins transversal
(1,40 à 1,48 fois plus large que long). Antennes plus courtes
71
et moins grêles. Long. 26 à 32 mm .... 3. P. nigrita (Bänninger)
Septième intervalle des élytres caréniforme à la base, mais
plus ou moins soulevé sur presque toute sa longueur ; la strie
qui le sépare du 8° semblable aux autres, ni plus large ni plus
profonde. Calus oculaire peu saillant, ne formant pas où
guère d’apophyse dirigée vers l'avant.
Extrémité apicale des élytres fortement rugueuse et cha-
grinée. Sillon sus-oculaire long, nettement recourbé vers
l'extérieur en dessous de l'œil et limitant plus ou moins le
calus oculaire. Lobes latéraux du menton faiblement rebordés
extérieurement, le rebord généralement présent seulement
dans la moitié postérieure. Trois soies discales sur la 3e strie,
l'antérieure toujours fortement éloignée de la base. Huitième
intervalle des élytres limité extérieurement par un sillon bien
marqué presque jusqu’à l’apex, limitant nettement une gout-
tière marginale étroite et granuleuse. Apophyse prosternale
glabre. Long. 24 à 35 mm
Extrémité apicale des élytres presque lisse. Sillon sus-oculaire
plus court, arrêté plus ou moins au niveau du pore frontal,
rectiligne et non recourbé au-dehors. Lobes latéraux du
menton fortement rebordés extérieurement, le rebord se con-
tinuant presque jusqu’au sommet. Cinq soies discales sur la
3e strie. Huitième intervalle des élytres peu nettement séparé
extérieurement par un sillon, la gouttière marginale plus
large et peu granuleuse. Apophyse prosternale glabre ou avec
une soie de chaque côté.
Lobes sus-antennaires larges, séparés de la saillie des joues
par un sillon large et profond, formant avec cette dernière
une échancrure profonde et un peu anguleuse. Elytres plus
ou moins ovoides, fortement rétrécis vers l’avant; épaule
modérément dentée, la crête humérale moins saillante et
presque rectiligne ; stries plus ou moins effacées près de l’apex,
la 7e plus courte en arrière. Apophyse prosternale avec une
soie de chaque côté. Long. 19 à 34 mm ................
4. P. rugatus (Bänninger)
TRS AR CC BORD op 5. P. mandibularis (Fairmaire)
Lobes sus-antennaires étroits, séparés de la saillie des joues
par un sillon étroit et peu profond, formant avec cette dernière
une échancrure peu distincte, jamais profonde ni anguleuse,
mais arrondie, Elytres plus ou moins subparallèles, peu rétrécis
en avant; épaule fortement dentée, la crête humérale très
saillante et arquée ; stries continuées plus loin en arrière, la
7e plus longue. Apophyse prosternale glabre, exceptionnelle
ment avec une soie de chaque côté. Long. 20 à 27 mm .
6. P. pseudomandibularis (Bänninger)
Source : MNHN, Paris
72
14. (5).
15.(18).
16.(17).
17.(16).
18.(15).
19.(22).
20.(21).
21.(20).
22.(19).
23. (4).
24. (3).
25.(32).
P. BASILEWSKY
Huitième intervalle des élytres se rétrécissant en arrière et
restant caréniforme dans la région de l’angle suturo-apical.
Lobes sus-antennaires profondément échancrés.
Intervalles 7 et 8 des élytres peu rapprochés l’un de l’autre,
la strie 7 plus large que les stries internes. Calus oculaire ridulé.
Avant du front fortement striolé longitudinalement. Long.
27 à 31 mm 7..P. rapax (Fairmaire)
Intervalles 7 et 8 des élytres particulièrement rapprochés l’un
de l’autre, la strie 7 pas plus large que les stries internes.
Calus oculaire lisse. Avant du front faiblement striolé. Long.
DIR ASD MINE nn es 8. P. androyanus Jeannel
Lobes sus-antennaires non ou à peine échancrés.
Intervalles larges et plans, 7 et 8 particulièrement rapprochés
l’un de l’autre, la 7€ strie pas plus large que les autres.
Quatre à cinq soies discales sur la 3e strie. Pronotum peu
transverse (1,20 à 1,30 fois plus large que long), les côtés
subparallèles. Sillons frontaux plus courts. Elytres moins
ovoïdes en arrière. Long. 25 à 27 mm .. 9. P. grandidieri Jeannel
Trois soies discales sur la 3e strie, l’une en avant, à l’origine
de cette dernière, les deux autres en arrière. Pronotum plus
transverse (1,44 fois plus large que long), les côtés nettement
arqués. Sillons frontaux longs. Elytres plus ovoïdes en arrière.
Long. 24 mm .. .. 10. P. meridionalis Jeannel
Intervalles 7 et 8 séparés l’un de l’autre par une strie large,
nettement plus large que les stries internes, un peu plus étroits
et plus soulevés que les autres. Long. 22 à 24 mm ........
A ec ee ee 11. P. decaryi Jeannel
Huitième intervalle des élytres à peine individualisé, séparé
du septième par une strie très faible, souvent à peine vesti-
giale, formant le plus souvent une continuation du septième,
jamais caréniforme même partiellement, ne cachant pas le
bord externe de l’élytre qui est à peine marqué près de l’angle
huméral par le septième. Long. 19 à 23 mm ............
eo ee. 12. P. anosyensis Basilewsky
Sculpture de l’élytre plus ou moins hétérodyname, les inter-
valles externes plus étroits et plus soulevés que les internes,
tandis que les stries externes sont nettement plus larges
que les internes.
Apophyse prosternale glabre.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE
26.(31). Intervalles 4 et 5 des élytres semblables aux trois premiers,
le 6e plus ou moins semblable au 7e.
27.(80). Cinq soies discales sur le 3e intervalle,
28.(29). Toute la partie antérieure du front assez fortement striolée,
les strioles s'étendant assez loin en arrière sur le milieu, avec
une ponctuation très fine. Calus oculaire plus gonflé, plus
saillant latéralement et plus boursouflé. Angles antérieurs
du pronotum presque nuls. Stries externes plus larges et plus
fortement sculptées. Bifurcation des deux dents terminales
externes du protibia située plus en avant du niveau de l’inser-
73
tion des tarses. Long. 30 à 40 mm.. 13. P. praelongus (Fairmaire)
29.(28). Seule la bande frontale antérieure pourvue de quelques strioles
espacées et peu profondes; sillons frontaux plus larges et
moins profonds; ponctuation absente ou à peine distincte.
Calus oculaire moins gonflé et moins saillant latéralement,
moins boursouflé. Angles antérieurs du pronotum bien marqués.
Stries externes des élytres moins larges et moins sculptées.
Bifurcation des deux dents externes terminales du protibia
située plus ou moins au niveau de l'insertion des tarses. Long.
23 à 33 mm
30.(27). Trois soies discales sur le 3e intervalle, l’antérieure à l’origine
de la 3e strie, les deux autres sur la déclivité apicale, aucune
sur la partie moyenne de l’élytre. Sculpture frontale faible.
Pronotum assez transverse. Les cinq intervalles internes très
plats et nullement soulevés, les stries étroites et peu profondes.
Long. 27 mm
31.(26). Intervalles plus convexes, 4 et 5 nettement plus étroits que
les trois premiers, le 6e nettement plus étroit et plus bas que le
7e, plus ou moins carénés. Six soies discales sur le 3e intervalle.
Long. 20 à 29 mm.
32.(25). Apophyse prosternale pubescente.
33.(34). Intervalles 7 et 8 des élytres assez rapprochés l’un de l’autre,
séparés par une gouttière étroite et lisse. Les trois premiers
intervalles modérément larges et subconvexes, les stries pro-
fondes et lisses, continuées assez loin vers l’apex. Long. 18 à
20 mm
34.(33). Intervalles 7 et 8 des élytres plus éloignés l’un de l’autre,
séparés par une gouttière large et granuleuse. Les trois premiers
intervalles s’aplanissant fortement dans le dernier quart. Stries
externes fortement ponctuées.
35.(36). Front pourvu de strioles fines et nombreuses, arquées en
dehors. Déclivité apicale des élytres lisse sur sa plus grande
partie, rugueuse seulement à l'extrême sommet. Long. 23
à 32 mm
Creer 14. P. externus (Fairmaire)
Re ne ee 15. P. australis Jeannel
16. P. sexiessetosus Jeannel
P. alluaudi (Bänninger)
DR en ro 18. P. curtipennis (Fairmaire)
Source : MNHN, Paris
74 P. BASILEWSKY
36.(35). Front sans strioles. Presque toute la partie apicale de l’élytre
assez rugueuse, le dernier quart couvert d’une granulation
fine mais assez dense, consistant en petits tubercules arrondis
bien distincts. Long. 25 à 32 mm .... 19. P. granulatus Jeannel
1. Prodyscherus pluto (Künckel) (fig. 31)
Scarites Pluto Künekel d’Herculais, 1887, in A. GRanDiner, Hist. phys.
nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II, atlas, 17 partie, pl. 29.
fig. 10.
Dyscherus ovulipennis Fairmaire, 1901, Notes Leyden Museum, 23, p. 66.
Dyscherus ovulipennis Fairmaire; BANNINGER, 1933, Deulsch. ent. Zeit.
p. 84 (syn).
Dyscherus pluto Künckel ; BANNINGER, 1938, Deulsch. ent. Zeil., pp. 49, 54.
Prodyscherus Pluto Künckel ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire fran, 6,
pp. 261, 962, fig. 116, 117.
Types. — pluto Künckel. Holotype, Ma-
dagascar (Muséum, Paris).
ovulipennis Fairmaire. Holotype, Mada-
gascar Sud, Plateau de l'Androy (J. Decorse)
(devrait se trouver au Muséum de Paris, mais
je ne l'y ai pas retrouvé).
Description. — Long. 26 à 36 mm. Corps
trapu et assez brillant, l’avant-corps un peu
plus long que les élytres. Espèce aptère.
Tête très large et très courte ; yeux petits ;
calus oculaire très grand, fortement saillant
en forme de petite corne pointée vers l’exté-
rieur et fortement ridulé ; lobes sus-antennaires
largement échancrés ; sillons frontaux courts,
larges et modérément profonds, pourvus de
plusieurs strioles ; toute la partie antérieure
du front assez fortement et densément striolée
longitudinalement ; champ postoculaire lisse ;
sillon extra-oculaire très large, terminé en
arrière par un fort tubercule saillant, arrondi,
à la base duquel se trouve le pore frontal qui
donne naissance à plusieurs fortes soies. Man-
dibules courtes et très arquées, presque cou-
Fic. 81. — Prodyscherus dées, leur surface le plus souvent ridée, à den-
pluto (Künckel) d’après a à È a . =
JEANNEL). ticulation interne très développée. Lobes la-
téraux du menton très larges, faiblement ri-
dulés, fortement rebordés latéralement, le
bord antérieur entièrement tronqué, paragènes triangulaires, à bord interne sim-
plement sinué mais nullement denté. Antennes assez longues et grêles, les der-
niers articles nettement plus longs que larges. Pronotum très transverse, 1,35 à
1,48 fois plus large que long, assez convexe, à bord antérieur droit, les angles an-
térieurs non avancés en lobes mais formant simplement un petit denticule aigu,
les côtés très modérément courbés, le lobe basilaire médian presque nul ; sillon
longitudinal médian étroit et superficiel, le transversal antérieur presque
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 75
complètement effacé, la gouttière marginale très étroite mais un peu élargie
en avant, les dépressions basilaires à peine distinctes. Elytres assez courts,
convexes, fortement élargis après le milieu ; épaule arrondie, la crête humérale
saillante, de longueur moyenne et faiblement arquée, épaissie en arrière où
elle forme une dent généralement moyenne mais parfois très saillante ; les
six premiers intervalles larges et plats, se soulevant un peu vers l'extérieur,
le 7€ plus étroit et saillant, caréniforme seulement en avant, le 8e très étroit,
caréniforme et tranchant, cachant le bord externe dans le quart antérieur,
non prolongé au-delà des trois quarts de la longueur ; stries étroites et peu
profondes, non ou à peine distinctement ponctuées, la 72 un peu plus profonde
que les autres mais pas plus large ; apex lisse et brillant, les stries s’effaçant
assez loin avant l'extrémité.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits et subcarrés. Protibias
larges, avec les deux dents terminales externes portées sur une longue apophyse
prolongée vers l’avant, leur bifurcation située très loin en avant du niveau
de l'insertion des tarses. Premier article des tarses antérieurs très long et
assez grêle, plus long que les quatre suivants réunis.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que
quelques soies basales ; cependant, la soie antérieure et les basales manquent
quelquefois. Six soies discales, la première éloignée de la base.
Edéage (fig. 32) épais, sa base brusquement coudée, la partie apicale
droite, l’apex obtus; paramères droits, larges, un peu atténués au sommet,
presque aussi longs que le lobe médian, la frange de soies bien développée.
Fic. 32. — Prodyscherus pluto (Künckel). a, protibia droit; b, édéage ;
e, côté droit de la tête (d’après JEANNEL).
Distribution dans l'île (fig. 29). — L'espèce n’est connue que du sud,
à proximité de la côte, du lac Iotry (près de Morombe) à Andrahomana (à
l’ouest de Fort-Dauphin).
Source : MNHN, Paris
76 P. BASILEWSKY
MapaGascar Esr : Andrahomana (Ch. Alluaud, XI. 1900, MP).
Mapacascar Ouesr : Réserve du Zombitsy, près de Sakaraha (P. Viette
et P. Griveaud, I. 1969, MP).
MapaGascar Sup: Ambovombe (J. Decorse, 1901; R. Decary, 1921 ;
Besairie, VI. 1939; MP, MRAC, BM). — Beloha (R. Decary, 1918; Andria
Robinson, VIII. 1948 ; P. Griveaud ; MP, MRAC). — Pays Androy (Ch. Alluaud,
1900, MP, MRAC). — Androka (Lieut. Gaudron, 1913, MRAC). — Pays
Mahafaly (Bastard, 1900, MRAC). — Itampolo (R. Paulian, V. 1951, MP). —
Lac Tsimanampetsotsa (P. Vielle et P. Griveaud, II. 1969, MP). — Anakao,
région de Tuléar (G. Pelit, 1922, MP). — Lac lotry, près Morombe (Andria
Robinson, VII. 1957, MP).
Deux exemplaires de la coll. Sicard (MP) sont étiquetés : Manampatra,
province de Farafangana ; cette provenance me paraît erronée.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — La synonymie d’ovulipennis et de plulo a déjà été signalée
par M. BänninGer en 1933.
2. Prodyscherus ovatus (Bänninger) (fig. 33)
Dyscherus ovatus Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent., 1, p. 126.
Dyscherus ovatus Bänninger ; BANNINGER, 1933, Deutsch. ent. Zeit., pp. 50, 54.
Prodyscherus ovatus Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, pp. 261, 264, fig. 117.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, Andranohinalaly (A. Voel{zkow)
(Zool. Mus., Berlin).
F1c. 33. — Prodyscherus ovatus (Bänninger) (dessin de Mme S. BERGER).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 77
Description. — Long. 33 à 42 mm. Espèce large et trapue, l’avant-corps
plus long que les élytres, le dessus fort brillant.
Tête large et très volumineuse ; calus oculaire très saillant, formant une
petite apophyse nettement dirigée vers l'avant ; lobes sus-antennaires entiers ;
mandibules larges et assez longues, modérément recourbées au sommet et
moyennement acérées, fortement multicarénées à la face supérieure ; sillons
frontaux larges et multiples, assez courts ; avant du front pourvu de nombreuses
strioles longitudinales, la partie postérieure de la tête lisse. Lobes latéraux
du menton larges, tronqués très droits au bord antérieur, légèrement ridulés,
faiblement rebordés sur les côtés. Antennes longues et grêles, les articles 5,
6 et 7 bien plus longs que larges. Pronotum très transversal, 1,55 à 1,65 fois
plus large que long, à bord antérieur subdroït, les angles antérieurs non avancés
en lobes mais en forme de petite dent saillante et aiguë; côtés légèrement
arqués et un peu rétrécis en arrière, la largeur maximale déportée en avant
du milieu ; lobe basilaire médian nul ; sillon longitudinal médian fin et assez
court, le transversal antérieur à peine marqué ; gouttière marginale très étroite
en arrière mais élargie en avant; dépressions basilaires nettement marquées
mais peu profondes; surface lisse et imponctuée, parfois avec des ridules
faiblement perceptibles au milieu du disque, la partie antérieure pourvue
de courtes rides longitudinales modérément marquées. Elytres assez courts,
convexes, ovoides, un peu élargis après le milieu ; bord externe, vu de dessus,
caché sur presque toute la moitié antérieure ; épaule arrondie, la crête humérale
courte et oblique, formant une dent bien saillante à l'épaule ; intervalles
FiG. 34. — Gen. Prodyscherus Jeannel. a, P. ovatus (Bänninger), édéage ;
b, id., styles génitaux Q ; c, L. nigrita (Bänninger), édéage ; d, P. rugatus (Bän-
ninger), édéage ; e, P. pseudomandibularis (Bänninger), édéage (d’après JEANNEL).
Source : MNHN, Paris
78 P. BASILEWSKY
1 à 6 plans ou à peine convexes, assez larges, le 7 plus étroit, plus ou moins
caréné en avant, le 8 en carène dans toute sa moitié antérieure, s’aplatissant
et s’élargissant dans la partie postérieure, formant une nette bifurcation avec
Je 7 sous l'épaule ; stries fines et étroites, imponctuées sauf les externes, la
7e s’élargissant nettement au milieu où elle est plus fortement ponctuée ;
dans la déclivité apicale les stries s’oblitèrent et les intervalles s’aplanissent
y compris le 8, tandis que toute la surface est faiblement rugueuse.
Apophyse prosternale pubescente, rarement glabre. Métépisternes petits
et subcarrés. Protibias avec la bifurcation des deux dents terminales externes
située un peu en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que de
nombreuses soies basales, mais pas de marginales. Cinq soies discales, l’anté-
rieure à l’origine de la 3e strie.
Edéage fig. 34 a. Styles génitaux fig. 34 b.
Distribution dans l'île (fig. 35). — Espèce répandue dans le Domaine
de l'Ouest.
Mapacascar Ouesr : Ankazoabo (C. Le Barbier, 1926, MP, MRAC). —
Pays Isalo, haute vallée du Fiherenana (Grandidier, 1899, MP). — Sakaraha
(Dujardin-Delacour, 1. 1967, MP, MRAC). — Andranohinalaly, à l'est de
Tuléar (A. Voellzkow, ZMB). — Betioky, pays Mahafaly (Ecole off., V. 1943,
MP, MRAC ; Clément, IX. 1948, MP, MRAC). — Entre Ranohira et Sakaraha,
sur la route de Tuléar, dômes sableux à l’est du Col des Tapia (J.F. Voisin,
II. 1967, coll. Voisin). — Réserve du Zombitsy, 12 km à l’est de Sakaraha
(R. Viossat et G. Dujardin-Delacour, IV. 1972, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Prodyscherus nigrita (Bänninger)
Dyscherus nigrita Bänninger, 1934, Rev. franç. d'Ent., 1, p. 125.
À jDéscherus nigrila Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deulsch. ent, Zeit, pp. 50,
54, pl. 2, fig. 10.
Prodyscherus nigrita Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire frang.,
6, pp. 261, 263, fig. 1174.
Type. — Holotype, Madagascar Sud, Tuléar (Ent. Inst., Zürich).
Description. — Long. 26 à 32 mm. Espèce très proche de la précédente,
mais de taille plus petite.
Tête aussi forte et sculptée un peu plus faiblement ; calus oculaire moins
fortement saillant vers l'avant, tout en formant une nette apophyse. Antennes
plus courtes et moins grêles, les articles 5, 6 et 7 un peu plus longs que larges,
8, 9, 10 presque aussi larges que longs. Pronotum moins transversal, 1,40 à
1,48 fois plus large que long, de forme et de sculpture semblables, bien que
les côtés soient légèrement plus arrondis et pas plus rétrécis en arrière qu’en
avant. Elytres aussi ovalaires mais généralement un peu moins brillants ;
bord externe, vu de dessus, caché seulement dans le tiers antérieur ; stries
internes plus faibles en arrière mais plus ou moins distinctes dans la déclivité
apicale qui est moins rugueuse, presque lisse, la 72 non ou à peine élargie au
milieu.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 79
Apophyse prosternale pubescente. Métépisternes petits et subcarrés.
Protibias avec la bifurcation des deux dents externes terminales située moins
en avant de l’insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, de même que
quelques marginales et quelques basales. Cinq soies discales, l’antérieure à
l'insertion de la 3 strie.
Edéage fig. 34 c.
Distribution dans l’île (fig. 37). — Espèce de la région malgache occi-
dentale.
MapaGascar Ouest: Ranohira (F. Keiser, III. 1958, Mus. Bâle). —
Zombitsy, Sakaraha (P. Griveaud, MP). — Réserve du Zombitsy, à l’est de
Sakaraha, matsabory (G. Dujardin-Delacour, II. 1966, MP). — Forêt d’Andra-
novory, 64 km à l’est de Tuléar (P. Griveaud et Ratovoson, V. 1967, MP, MRAC).
ovatus
rugatus
mandibularis
decaryi
e = 4+e
praelongus
F1G. 35. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
80 P. BASILEWSKY
Mapacascar Sup: Tuléar (sec. BANNINGER). — Tongobory, vallée de
VOnilahy (Lavauden, 1930, MP ; Ecole ofjic., VI. 1943, MP). — Betioky (M.
Fresnel ; Ecole offic., V. 1943 ; MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
4. Prodyscherus rugatus (Bänninger)
26
Dyscherus rugatus Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent.. 1, k
ent. Zeit, pp. 51,
p. 1
Dyscherus rugatus Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
54, pl. 2, fig. 11.
Prodyscherus rugatus Bänninger ; JeANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, pp. 261, 264, fig. 118a.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Tananarive (Ent. Inst., Zürich).
Description. — Long. 24 à 35 mm. Espèce allongée, assez convexe,
J’avant-corps à peine plus long que les élytres.
Tête volumineuse et assez courte; calus oculaire fortement gonflé en
arrière des yeux, arrondi, non saillant vers l'extérieur ni vers l’avant ; lobes
sus-antennaires nettement échancrés; sillon sus-oculaire long, nettement
recourbé vers l’extérieur en dessous de l'œil et limitant plus ou moins le calus
oculaire ; surface faiblement sculptée, les strioles longitudinales de l'avant
peu nombreuses ; sillons frontaux simples, de profondeur et longueur moyennes.
Mandibules moyennement développées, peu recourbées et peu acérées au
sommet, à carinulation de la face supérieure moyenne. Lobes latéraux du
menton tronqués en oblique au bord antérieur, longitudinalement ridulés,
faiblement rebordés au côté externe, ce rebord généralement présent seulement
dans la moilié postérieure. Antennes courtes, les derniers articles subcarrés.
Pronotum peu transverse, 1,26 à 1,28 fois plus large que long, assez convexe ;
bord antérieur à peine subeoncave, les angles antérieurs non prolongés en lobes
vers l'avant et ne formant guère de denticule saillant, les côtés à peine arqués,
presque rectilignes, le lobe basilaire médian nul ; sillon longitudinal médian
fin et peu profond, le transversal antérieur à peine marqué, presque superficiel,
les dépressions basilaires peu distinctes ; surface non ou à peine distinctement
ridulée en travers sur le disque, les strioles longitudinales de l'avant faibles
ou à peine distinctes. Elytres allongés, un peu ovoiïdes, légèrement élargis
en arrière ; bord externe, vu de dessus, caché seulement dans le tiers ou le
quart antérieur, épaule arrondie, la crête humérale courte, oblique, modé-
rément saillante, formant une dent très moyenne à l'épaule ; les six premiers
intervalles sont larges et plans, à peine un peu soulevés en avant, le 7e caréni-
forme à la base, plus ou moins soulevé sur presque toute sa longueur, le 8e
limité extérieurement par une strie bien marquée presque jusqu’à l’apex,
limitant très nettement une gouttière marginale étroite et granuleuse ; stries
fines et assez superficielles, non ponctuées, la 7° semblable aux autres, ni
plus large ni plus profonde ; déclivité apicale fortement rugueuse et chagrinée,
les stries prolongées assez loin en arrière.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes un peu plus longs que larges.
Protibias avec la bifurcation des deux dents externes terminales située un peu
en avant de l'insertion des tarses.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 81
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que
deux soies marginales et quelques basales. Trois soies discales sur la 3e strie,
l'antérieure toujours fortement éloignée de la base.
Edéage fig. 34 d.
Distribution dans l'île (fig. 35). — Espèce du centre, connue de la région
s'étendant d’Antsianaka (lac Alaotra) à Ambositra.
MapaGascar CENTRE: Antsianaka (Perrot frères, 1892, 1893, MP,
MRAC). — Ranomainty (XI. 1952-I. 1953, MRAC). — Ambatondrazaka
(Abadie, I. 1944, MP). — Tananarive (MP). — Miantsoarivo, près de Tana-
narive (Ecole offic., V. 1943, MP, MRAC). — Arivonimamo, près de Tananarive
(£cole offic., V. 1943, MP). — Violahazo, près de Tananarive (Ecole offic., V.
1943, MP). — Ambohibeloma (MP). — Manjakatompo, Ankaratra, 1 700-
1 800 m (R. Benoist, XII. 1951, MRAC). — Ambatolampy, 1 800 m (R. Benoist,
MRAC ; Lasère, 1931, MP). — Betafo, près d’Antsirabe (coll. Fairmaire, sec.
JEANNE). — Betsileo (D. Cowan, X. 1881, MP). — Ambositra (MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
5. Prodyscherus mandibularis (Fairmaire)
Dyscherus mandibularis Fairmaire, 1901, Notes Leyden Mus., 23, p. 66.
Dyscherus mandibularis Faïirmaire ; BANNINGER, 1934, Rev. franç. Ent. 1,
p. 124.
DIRE mandibularis Fairmaire ; BAÂNNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.,
pp. 51, 53.
Prodyscherus mandibularis Fairmaire ; JEANNeL, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, pp. 261, 265, fig. 118.
Type. — Holotype, Madagascar Sud, plateau d’Androy (J. Decorse)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 19 à 24 mm. Corps allongé et assez étroit, l’avant-
corps pas plus long que les élytres.
Tête large et assez courte; calus oculaire assez saillant et boursouflé,
le sillon sus-oculaire court, arrêté à peu près au niveau du pore frontal, recti-
ligne et non recourbé vers l'extérieur ; lobes sus-antennaires larges, plus ou
moins fortement et profondément échancrés au milieu, l’échancrure souvent
assez anguleuse ; sillons frontaux assez courts et subparallèles ; surface assez
fortement striolée longitudinalement dans la partie antérieure mais lisse en
arrière. Mandibules courtes et larges, modérément recourbées au sommet.
Lobes latéraux du menton fortement rebordés au côté externe sur presque
toute leur longueur, ridulés longitudinalement, le bord antérieur tronqué
en oblique. Antennes moyennes, les derniers articles à peu près aussi larges
que longs. Pronotum assez transverse, 1,38 à 1,42 fois plus large que long,
fort peu convexe, le bord antérieur presque droit, les angles antérieurs non
prolongés en lobes vers l’avant mais en petit denticule moyennement aigu,
les côtés très faiblement arqués, le lobe basilaire médian nul; sillon longitu-
dinal médian fin et superficiel, l'antérieur visible seulement au milieu, la
gouttière marginale très étroite sur toute sa longueur, les dépressions basilaires
indistinctes ; surface presque lisse, les ridules transversales au milieu du disque
généralement nulles, les ridules longitudinales de l'avant presque nulles ou
6
Source : MNHN, Paris
82 P. BASILEWSKY
très faibles. Elytres assez fortement ovoïdes, rétrécis en avant mais nettement
élargis en arrière du milieu, peu convexes et même aplanis sur le disque ;
l'épaule effacée, la crête humérale courte, peu saillante et presque rectiligne,
formant une petite dent modérément saillante ; les six premiers intervalles
larges et plats, le 7° un peu caréniforme à la base, plus ou moins soulevé sur
presque toute sa longueur, le 8° caréné seulement dans sa partie antérieure,
large et plat au milieu et en arrière, moins nettement limité par une strie
externe ; stries étroites et assez superficielles, la 7e semblable aux autres, ni
élargie ni plus profonde ; déclivité apicale lisse, sans aucune granulation ni
ponctuation, les stries s’estompant dès le début.
Apophyse prosternale avec une soie de chaque côté. Métépisternes courts
et subcarrés. Protibias avec la bifurcation des deux dents externes terminales
située un peu en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, de même qu’une
marginale et quelques basales. Cinq soies discales sur la 3e strie.
Edéage fig. 36 a.
Fi. 36. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Edéages. a, P. mandibularis (Fair-
maire) : b, P. rapax (Fairmaire) ; e, P. androyanus Jeannel ; d, P. decaryi Jeannel ;
e, P. grandidiert Jeannel ; f, Pape maxillaire droit de P. mandibularis Fairmaire
(d’après JEANNEL).
Distribution dans l'île (fig. 35). — Manacascar Esr: Andrahomana
(Ch. Alluaud, XI. 1901, MP).
MapaGascar Sup : Pays Androy (Ch. Alluaud, 1900, MP, MRAC). —
Ambovombe (J. Decorse, 1901, MP ; Besairie, VI. 1939, MP, MRAC). —
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 83
Région d’Ambovombe (MP, MRAC). — Analavodnrove, Ambondro, région
de l'Androy (J. Decorse, 1901, MP). — Beloha (A. Robinson, VIIL 1948,
MP ; P. Griveaud, II. 1958, MRAC).
Un spécimen (MP) porte l'étiquette : Ankazoabo (J. Bastard, 1902) et
un autre (MP) : Forêt Tanala (Ch. Alluaud, 1901). Ces deux indications me
paraissent erronées ou du moins douteuses.
Répartition géographique. — Madagascar.
6. Prodyscherus pseudomandibularis (Bänninger)
Dyscherus pseudomandibularis Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent., 1, p. 124.
Dyscherus pseudomandibularis Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deulsch. ent.
Zeit., pp. 51, 54.
Prodyscherus pseudomandibularis Bänninger; JEANNEL, 1946, Faune de
l'Empire franç., 6, pp. 261, 266, fig. 18e.
Type. — Holotype, Madagascar, Morafenobe am Manambaho (Ent.
Inst. Zürich).
Description. — Long. 20 à 27 mm. Espèce très voisine de la précédente,
mais en différant par les lobes sus-antennaires étroits, séparés de la saillie des
joues par un sillon étroit et moins profond, formant avec cette dernière une
échancrure arrondie et peu distincte. Le pronotum est assez variable en largeur,
1.31 à 1.46 fois plus large que long. Les élytres sont plus ou moins subparallèles,
peu rétrécis en avant ; l’épaule est plus fortement dentée, avec la crête humérale
plus saillante et plus arquée ; les stries sont continuées plus loin en arrière,
surtout la 7e. Apophyse prosternale presque toujours glabre, exceptionnelle-
ment avec une soie de chaque côté.
La chétotaxie est la même chez les deux espèces, mais il n’y a chez pseu-
domandibularis qu’une seule soie marginale au pronotum et souvent pas de
basales.
Edéage (fig. 34 e) plus grêle, sa partie basale plus fortement coudée, l’apex
droit et plus long, atténué et un peu infléchi, les paramères plus longs et plus
robustes.
Distribution dans l'île (fig. 37). — L'espèce est largement répandue
dans la partie méridionale.
MapaGascar CENTRE : Ambalavao (A. Seyrig, IX. 1935, MP, MRAC).
— Betroka (A. Seyrig, 1. 1933, MP, MRAC). — Bekily (A. Seyrig, MP).
MapaGascar OuEsr : Station agricole du Bas-Mangoky (MP). — Anka-
zoabo (J. Bastard, 1902, MP).
MapaGascar Sup: Tsivory (Fauchère, 1906, MP). — Imanombo (J.
Decorse, 1901, MP ; Capit. Vacher, 1901, MP). — Mt Ihara, moyen Mandrare
(J. Decorse, 1901, MP). — Behara (A. Seyrig, XI. 1940, MP, BM). — Environs
de Tranoroa (P. Viette et P. Griveaud, IT. 1969, MP). — Ampanihy (L. Griveaud,
IL. 1958, MP).
Le type proviendrait de Morafenobe, sur le Manambaho, dans la province
de Maintirano (dans l’ouest de l’île), ce qui est certainement erroné. BANNINGER
cite aussi l'espèce d’Ambatondrazaka, ce qui est également faux.
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
84 P. BASILEWSKY
pseudomandibularis
sexiessetosus
*
Y
© nigrita
M grandidieri
©
anosyensis
Fre. 37. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Répartition géographique.
7. Prodyscherus rapax (Fairmaire)
Scarites rapax Fairmaire, 1883, Le Naturaliste, 5, p. 364.
Scarites rapaz Fairmaire ; Farrmarre, 1884, Sielüin. en. Zeit., 45, p. 129.
Dyscherus rapax Fairmaire ; Farrmarne, 1884, Seitin, ent. Zeit., 45, p. 274.
Dyscherus rapax Fairmaire ; KüNexeL d'HercuLAIS, 1887, in À. GRANDIDIER,
Hist, phys. nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II, atlas, 17e partie,
1. 29, fig. 11.
D carites rapax Fairmaire ; AzzuAUD, 1900, in A. GrANDIDIER, Hist, phys.
nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat, Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 14.
Dyscherus rapaz Fairmaire ; BANNINGeR, 1988, Deutsch. ent. Zeit., pp. 52, 54.
Prodyscherus rapax Fairmaire ; JeANNeL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 262, 267, fig. 119 a.
. Broduscherus rapar Fairmaire ; Basizewsxv, 1971, Bull. Soc. ent. France,
, p.255.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 85
Type. — Holotype, Madagascar (Hildebrandt) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 26 à 31 mm. Corps allongé et convexe, l’avant-
corps un peu plus long que les élytres. L
Tête grande mais pas spécialement volumineuse, plutôt allongée que
large; calus oculaire gonflé mais non saillant, fortement ridulé ou même
boursouflé; lobes sus-antennaires assez profondément échancrés; sillons
frontaux courts mais assez profonds, rectilignes. Mandibules longues, faible-
ment recourbées mais assez acérées, fortement carénées longitudinalement.
Lobes latéraux du menton larges, bien rebordés sur les côtés, à bord antérieur
tronqué presque droit, la surface sans ridules bien marquées. Antennes courtes
et robustes, assez épaisses, les derniers articles aussi larges que longs. Prono-
tum modérément transversal, 1,24 à 1,31 fois plus large que long, modérément
convexe ; bord antérieur subdroit, les angles antérieurs non prolongés vers
l'avant en lobes mais quand même nettement saillants en petite dent aiguë,
les côtés à peine arqués, le lobe basilaire médian nul ; sillon longitudinal médian
fin et superficiel, le transversal antérieur presque complètement effacé, la
gouttière marginale particulièrement étroite sur toute sa longueur, les dépres-
sions basilaires à peine indiquées ; surface lisse et sans rides ni sillons. Elytres
convexes et peu ovales, faiblement élargis en arrière du milieu, l'épaule peu
marquée, la crête humérale oblique et assez longue, bien saillante surtout en
arrière où elle forme une dent assez forte ; intervalles internes larges et subégaux,
à peine soulevés, le 7° un peu plus convexe que les autres mais pas plus étroit,
le 8e caréné en avant, élargi et moins bombé au milieu, formant une carène
qui se prolonge en arrière presque jusqu’à l’angle sutural ; stries fines mais
assez profondes, souvent un peu ponctuées, la 72 plus large que les autres et
finement granulée dans le fond ; la déclivité apicale fortement rugueuse, sans
stries ni intervalles.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes à peine plus longs que larges.
Protibias avec la bifurcation des deux dents externes terminales située à peine
en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes; une soie
marginale souvent absente ; quelques soies basales. Trois à quatre soies discales
sur la 3€ strie, l’antérieure insérée à l’origine de la 3e strie ou à une certaine
distance,
Edéage fig. 36 b.
Distribution dans l'île (fig. 39). — Mapacascar Esr: Forêt Tanala
(MRAC).
MaDaGascar CENTRE: Fianarantsoa (J. Descarpentries, 1923, MP;
MRAC). — Ambalavao (A. Seyrig, IX. 1935, MP, MRAC). — Andringitra
Est, Forêt Ambalamarovandana, 1530 m (Mission CNRS, RCP n° 225,
XII. 1970, MP). — Antanifotsy, 1470 m, prairies (Mission CNRS, RCP
n° 225, XII. 1970, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
8. Prodyscherus androyanus Jeannel
Prodyscherus androyanus Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 262,
268, fig. 118 d.
Source : MNHN, Paris
86 P. BASILEWSKY
Type. — Holotype, Madagascar Central, monts Kalambatitra (A. Seyrig)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 21 à 30 mm. Espèce voisine de rapax Fairmaire
et en partageant la plupart des caractères. Elle en diffère surtout par les inter-
valles 7 et 8 particulièrement rapprochés l’un de l’autre, avec la strie 7 étroite
et pas plus large que les autres. Le calus oculaire est plus où moins lisse, tandis
que la partie antérieure du front est plus faiblement striolée. Le pronotum est
un peu plus transverse, 1,37 à 1,39 fois plus large que long.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que deux
marginales et quelques basales. Cinq soies discales, l’antérieure à l’origine de
Ja 3e strie ou quelque peu éloignée.
Edéage (fig. 36 c) à base très courte et repliée à angle aigu, la partie apicale
moins longue et arquée du côté ventral, l’apex constitué par une large dilata-
tion à parois molles, soutenues par deux renforcements latéraux ; paramères
particulièrement larges, triangulaires, avec une frange de soies sur le bord
ventral.
Distribution dans l'île (fig. 39). — L'espèce n’est connue que de deux
localités.
= Manacascar CENTRE : Monts Kalambatitra, à l’est de Betroka (A. Seyrig,
I. 1933, MP).
MapaGascar Sup : Pays Mahafaly (MP).
Au MRAC se trouvent deux exemplaires étiquetés : Ambositra (ex. coll.
Le Moult). Cette provenance est vraisemblablement erronée.
Répartition géographique. — Madagascar.
9. Prodyscherus grandidieri Jeannel
Prodyscherus Grandidieri Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 262,
269, fig. 119 d.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Fianarantsoa (A. Grandidier)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 25 à 27 mm. Corps allongé et étroit, assez brillant,
l’avant-corps un peu plus long que les élytres.
Tête volumineuse, courte et large; calus oculaire peu développé, gonflé
mais non saillant; lobes sus-antennaires entiers, sans aucune échancrure ;
l'avant du front pourvu de quelques strioles longitudinales assez bien marquées
mais peu profondes ; sillons frontaux fins et courts. Mandibules assez longues,
légèrement recourbées mais fortement acérées au sommet. Lobes latéraux
du menton faiblement ridulés, à bordure latérale forte mais n’atteignant pas
le sommet, à bord antérieur faiblement tronqué, presque arrondi. Antennes
courtes, épaisses, les derniers articles aussi larges que longs. Pronotum peu
transverse, 1,20 à 1,30 fois plus large que long, convexe, bord antérieur sub-
droit, les angles antérieurs très peu saillants, en petits denticules, les côtés
presque rectilignes, un peu arqués en avant et en arrière, le lobe basilaire
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 87
médian presque nul ; sillon longitudinal médian fin et superficiel, le transversal
antérieur effacé, la gouttière marginale très étroite sur presque toute sa longueur,
les dépressions basilaires peu distinctes ; disque lisse. Elytres en ovale très
allongé, fortement rétrécis en avant, épaule peu marquée, la crête humérale
bien saillante, un peu arquée, formant une dent assez forte ; intervalles internes
légèrement soulevés, le 6e souvent plus étroit que les autres, le 72 caréné en
avant mais assez large au milieu, le 8° très rapproché du précédent, formant
en avant une très longue bifurcation, étroit et caréné dans la partie antérieure
ainsi qu’en arrière où il se continue presque jusqu’à l’angle sutural ; stries
fines et assez profondes, légèrement ponctuées, la 7e étroite et pas plus large
que les autres ; apex fortement rugueux.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes nettement plus longs que
larges. Protibias avec la bifurcation des deux dents terminales externes située
un peu en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, généralement
une ou deux marginales et quelques basales. Quatre à cinq soies discales,
l’antérieure insérée à l’origine de la 3e strie ou un peu éloignée.
Edéage fig. 36 e.
Distribution dans l'île (fig. 37). — Manacascar CENTRE : Betsileo (D)
Cowan, 1881, MP ; MRAC). — Ambatofitorahana, route de Mananjary, km 303
(MP, MRAC). — Ambohimahasoa (Macie, I. 1956, MP). — Fianarantsoa
.A. Grandidier, 1891, MP ; MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
10. Prodyscherus meridionalis Jeannel
Prodyscherus meridionalis Jeannel, 1955, Mém. Inst. Sci. Mad, E, 6, p. 44.
Type. — Holotype Q, Madagascar Est, Andohahelo (R. Paulian) (Mu-
séum, Paris).
Description. — Espèce très proche de P. grandidieri et en partageant
la plupart des caractères. Elle en diffère par l’avant-corps moins allongé, le
pronotum plus court et plus transversal, 1,44 fois plus large que long, à côtés
non subparallèles mais nettement et régulièrement arqués d'avant en arrière,
avec le bord antérieur plus concave et les angles antérieurs mieux marqués,
formant de petits lobes saillants vers l’avant et pointus. Sillons frontaux
plus longs, bien profonds et convergents un peu en arrière, la partie antérieure
du front avec les strioles plus fortes et plus nombreuses. Elytres plus ovoïdes,
plus fortement élargis en arrière, avec la même sculpture, les stries internes
moins profondes, l’apex moins rugueux.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, avec en outre
une marginale et quelques basales. Trois soies discales sur la 3° strie, l’antérieure
située à l’origine de cette dernière, les deux autres en arrière, sur la déclivité.
Chez le type, qui est le seul exemplaire connu, les yeux sont partiellement
recouverts par une chitine noire.
Mâle inconnu.
Source : MNHN, Paris
88 P. BASILEWSKV
Distribution dans l'île (fig. 39). — Mapagascar Esr: Massif de l’An-
dohahelo, près de Fort-Dauphin, 1 800 m (R. Paulian, I. 1954, 1 © MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
11. Prodyscherus decaryi Jeanne]
Prodyscherus Decaryi Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 262,
267, fig. 119 b.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Ivohibe (R. Decary) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 22 à 24 mm. Allongé et étroit, l’avant-corps à
peine plus long que les élytres.
Tête assez longue et convexe; calus oculaire gonflé mais non saillant ;
lobes sus-antennaires entiers, non échancrés ; partie antérieure du front avec
F1G. 38. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Edéages. a, P. sexiesselosus Jeannel ;
b, P. exiernus (Fairmaire) ; c, P. praelongus (Fairmaire) ; d, P. curtipennis (Fair-
Hs) ; e, P. australis Jeannel ; f, P. granulatus Jeannel ; g, P. anosyensis Basi-
ewsky.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 89
quelques strioles longitudinales courtes et peu profondes; sillons frontaux
étroits et assez courts, mais profonds. Mandibules moyennes mais légèrement
recourbées et fortement acérées au sommet. Lobes latéraux du menton non
ridulés, à bordure latérale présente seulement dans la moitié postérieure, le
bord antérieur très obliquement tronqué. Antennes moyennes, les derniers
articles presque aussi larges que longs. Pronotum à peine transverse, 1,15 fois
plus large que long, assez convexe, le bord antérieur à peine concave, les angles
antérieurs en petits denticules saillants, les côtés subparallèles, le lobe basilaire
médian presque nul; sillon longitudinal médian bien marqué mais étroit,
le transversal antérieur effacé, la gouttière marginale étroite sur toute sa
longueur, les dépressions basilaires petites mais distinctes ; surface lisse, sans
strioles transversales sur le disque. Elytres ovales, légèrement rétrécis à la
base ; épaule arrondie, la crête humérale assez longue et arquée, épaissie en
arrière où elle forme une dent petite mais bien marquée ; intervalles internes
à peine soulevés, finement pointillés, le 6e plus étroit que les autres, un peu
caréné à la base, le 72 caréné sur presque toute sa longueur, ainsi que le 8e
qui cache le bord externe dans son tiers antérieur et se continue en carène
jusqu’à l'angle sutural; stries fines et peu profondes, peu distinctement
ponctuées, la 7€ nettement élargie au milieu ; déclivité apicale aciculée mais
non rugueuse.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits et subcarrés. Protibias
avec la bifurcation des deux dents externes terminales située presqu’au niveau
de l’insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi qu’une
marginale et quelques soies basales. Cinq soies discales, l’antérieure insérée
à l’origine même de la 3e strie.
Edéage fig. 36 d.
Distribution dans l'île (fig. 35). — MapaGascar CENTRE: Base nord
du pic d’Ivohibe, 1 000-2000 m (R. Decary, 1926, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
12. Prodyscherus anosyensis Basilewsky
Prodyscherus anosyensis Basilewsky, 1972, Bull. Soc. ent. France, 77, p. 220,
fig. 1.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Chaînes anosyennes, Massif nord,
haute Ranomandry, 1900 m (Mission CNRS, RCP 225) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 19 à 23 mm. D’un noir brillant, le dessous brun
de poix foncé, pattes et antennes d’un brun plus clair ; corps étroit et allongé,
presque cylindrique. Espèce aptère, à élytres soudés.
Tête grande, très épaisse surtout en arrière où le cou est gros et convexe ;
yeux infonctionnels, moyens, très peu saillants, recouverts d’une couche de
chitine chez la plupart des spécimens ; calus oculaire grand, proéminent en
rectangle allongé et anguleux tant en avant qu’en arrière, dépassant les yeux
en largeur mais nullement pointé vers l'extérieur, profondément sillonné
Source : MNHN, Paris
90 P. BASILEWSKY
au milieu ; lobes sus-antennaires très moyennement développés, longs mais
peu élargis, presque arrondis chez la femelle, légèrement échancrés chez le
mâle ; sillons frontaux longs et profonds, un peu convergents en arrière et
effacés en avant, délimitant une aire cérébrale ovoïde ; avant du front non ou
à peine striolé, mais l’espace entre le bord externe de l'œil et le sillon frontal
pourvu de quelques fines rides longitudinales obliques ; champ postoculaire
presque lisse; surface sans vraie microsculpture mais très finement et épar-
sément pointillée. Labium grand, superficiellement striolé longitudinalement,
rebordé latéralement, le bord antérieur très droit, la dent médiane courte et
large, pas plus haute que les lobes ; paragènes profondément échancrés et
dentés, sans carène interne. Mandibules longues et acérées au sommet, arquées,
le lobe interne de la droite long et saillant, pourvu d'une dent distale et de
plusieurs mamelons dentiformes ; surface faiblement ridulée. Antennes courtes,
les articles 5 à 10 un peu plus longs que larges. Pronotum relativement petit et
étroit, bien que 1,20 à 1,26 plus large que long, un peu déprimé sur le disque, à
largeur maximale située près des angles antérieurs ; bord antérieur longuement
concave, avec les angles petits mais saillants ; côtés presque rectilignes jusqu'à
l'angle postérieur qui est effacé, ensuite en oblique non sinuée jusqu’au pédon-
cule, le lobe basilaire médian court, mais bien prononcé ; sillon transversal
antérieur peu distinct, presque complètement effacé parfois, le longitudinal
médian fin et court; gouttière marginale extrêmement étroite sur toute sa
longueur ; surface très finement et très éparsément pointillée, généralement
avec quelques légères rides transversales, très superficielles, sans microsculpture
apparente. Elytres étroits et allongés, 1,75 à 1,83 fois plus longs que larges à la
base, très étroits en avant, un peu élargis en arrière surtout chez la © ; pas
de repli basilaire ; épaule bien marquée, la crête humérale bien saillante et
assez longue, oblique et très légèrement arquée, terminée par une dent humé-
rale assez forte ; bandeau granuleux de la base peu large ; sculpture homody-
name mais assez particulière, avec les sept premières stries assez profondes
et étroites, non ponctuées, s’oblitérant à partir du dernier tiers, presque com-
plètement effacés un peu avant l’apex, les intervalles internes à peine bombés,
les externes un peu plus, le 6e plus étroit que les autres, surtout en avant où
il n’atteint pas la base, le 7e convexe seulement en avant où il est même un peu
caréniforme, le 8e à peine individualisé, séparé du précédent par une strie très
faible, souvent à peine vestigiale, formant généralement la continuation du
7e, jamais même partiellement caréniforme comme chez les autres espèces
du genre ; le bord externe n’est masqué par le 7e que tout à fait en avant, juste
en dessous de l'angle huméral ; les intervalles sont pourvus d’une très faible
ponctuation, semblable à celle du pronotum, formée de points minuscules,
très superficiels et épars, la microsculpture proprement dite n’apparaissant
que dans le dernier tiers ; granulation du bord latéral assez faible.
Dessous assez lisse, simplement microsculpté, les côtés des segments
abdominaux finement ridulés. Métépisternes petits, subcarrés, presque lisses.
Apophyse prosternale avec quelques soies. Protibias avec la bifurcation des
deux dents externes terminales située à peu près au niveau de l'insertion des
tarses.
Pore frontal parfois avec deux soies. Deux soies prothoraciques laté-
rales antérieures présentes, ainsi que la soie postérieure et plusieurs soies
basales. Sept soies discales sur la 3e strie, l’antérieure assez éloignée de la base.
Edéage fig. 38 g.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 91
Distribution dans l'île (fig. 37). — Mapagascar Esr : Chaînes ano-
syennes, Massif nord, haute Ranomandry, 1 900 m (Mission CNRS, RCP 225,
17-26. XI. 1971, MP, MRAC). — Id., moyenne Ranomandry, 1 050 m (Mis-
sion CNRS, RCP 225, 11-30. XI. 1971, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Cette espèce diffère de toutes les autres formes du genre
par la conformation très particulière du 8° intervalle des élytres, très effacé
et nullement caréniforme.
13. Prodyscherus praelongus (Fairmaire)
Scarites praelongus Fairmaire, 1898, Ann. Soc. ent. Belg., 42, p. 392.
Dyscherus major Alluaud, 1934, Bull. Acad. malg., 7, p. 591.
Dyscherus praelongus Fairmaire, BANNINGER, 1938, Deulsch. ent. Zeit., pp.
Scarites praelongus Fairmaire ; ALLuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1" partie, p. 14.
Dyscherus major Âlluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit, p.52 (syn.).
Prodyscherus praelongus Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, pp. 262, 269, fig. 119 e.
Types. — praelongus Fairmaire. Holotype, Madagascar Centre, Fiana-
rantsoa (Perrot frères) (Muséum, Paris).
major Alluaud. Holotype, Madagascar Centre-Sud (Ch. Alluaud, 1901)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 30 à 40 mm. Allongé et assez étroit, brillant,
l’avant-corps nettement plus long que les élytres.
Tête large et volumineuse ; calus oculaire fortement gonflé, saillant laté-
ralement, fortement boursouflé et ridulé tout autour de l’œil ; lobes sus-anten-
naires entiers et non échancrés ; avant du front assez fortement striolé, les
strioles s'étendant assez loin en arrière après le milieu, avec une ponctuation
très fine; sillons frontaux larges et profonds, assez courts, convergents, en
arrière, mandibules modérément longues, larges à la base, très acérées en avant
et nettement recourbées. Lobes latéraux du menton légèrement ridulés, forte-
ment rebordés latéralement sur presque toute leur longueur, tronqués en oblique
au bord antérieur. Antennes robustes et assez longues, les derniers articles
plus longs que larges. Pronotum modérément transverse, 1,25 à 1,35 fois
plus large que long, convexe ; bord antérieur presque droit, les angles antérieurs
non prolongés vers l'avant et peu marqués, formant un très faible denticule
peu saillant ; côtés subparallèles ; lobe basilaire médian presque nul; sillon
longitudinal médian fin et superficiel, le transversal antérieur presque effacé,
la gouttière marginale très étroite sur toute sa longueur, les dépressions basi-
laires peu marquées ; surface presque lisse, avec quelques ridules transversales
à peine distinctes au milieu du disque. Elytres ovalaires, légèrement rétrécis
à la base et quelque peu élargis en arrière, l’épaule arrondie, la crête humérale
modérément saillante, assez courte, en oblique non ou à peine arquée, épaissie
en arrière où elle forme un denticule assez gros mais émoussé ; sculpture hété-
rodyname, les cinq premiers intervalles assez semblables, modérément convexes,
le 6° beaucoup plus étroit, surtout en avant et en arrière où il est caréné, le
Source : MNHN, Paris
92 P. BASILEWSKY
7e étroit et caréné sur toute sa longueur, de même que le 8 qui cache le bord
externe dans le quart antérieur et se poursuit jusqu’à l’angle sutural ; stries
internes fines et assez étroites, faiblement ponctuées, les externes devenant
de plus en plus larges et granulées dans le fond ; déclivité apicale fortement
rugueuse mais les stries continuées très loin en arrière.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits et subcarrés. Protibias
avec la bifurcation des deux dents externes terminales située en avant de l’inser-
tion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, de même que
quelques soies basales, mais pas de marginales. Cinq soies discales, l’antérieure
insérée à l’origine de la 3e strie ou à proximité de celle-là.
Edéage fig. 38 c.
rapax
androyanus
meridionalis
O0 4+e
curtipennis
Fi. 39. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 93
Distribution dans l'île (fig. 35). — Manacascar Est: Forêts au nord
de Fort-Dauphin (Ch. Alluaud, 1900, MP, MRAC). — Forêt Tanala (ex. coll.
Le Moult, MRAC).
MapaGascar CENTRE : Betsileo (D. Cowan, 1881, BM). — Fianarantsoa
(Perrot Frères, 1892, MP, MRAC ; J. Descarpeniries, 1923, MP).
Un exemplaire au MP est étiqueté : Andrambovata, chemin de fer Tana-
narive à Tamatave (Thérézien, XI. 1956); cette indication me paraît fort
douteuse.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Sous le nom de major, ALLUAUD a décrit un exemplaire
de très grande taille mais ne différant pas de praelongus. BANNINGER a déjà
d’ailleurs signalé cette synonymie en 1938.
14. Prodyscherus externus (Fairmaire)
Scarites externus Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 103.
Prodyscherus externus Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 262, 266, fig. 118 g. :
Prodyscherus externus Fairmaire ; Basizewsxy, 1971, Bull. Soc. ent. France,
76, p. 255.
Type. — Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 23 à 33 mm. Espèce très voisine de praelongus
et en partageant la plupart des caractères, s’en séparant par la taille plus faible,
par l'avant du front bien plus faiblement sculpté, seule la bande antérieure
étant pourvue de quelques strioles espacées et peu profondes, par les sillons
frontaux plus larges et moins profonds, et la ponctuation absente ou à peine
distincte. Les angles antérieurs du pronotum sont bien marqués, nettement
saillants vers l'avant et aigus, formant un assez grand denticule. Le calus
oculaire est moins gonflé et moins saillant latéralement, moins ridulé où bour-
souflé. Aux élytres, les stries externes sont moins larges et moins fortement
sculptées. Enfin, aux protibias la bifurcation des deux dents externes terminales
est située plus ou moins au niveau de l'insertion des tarses.
Chétotaxie du pronotum et des élytres semblable à celle de praelongus.
Edéage fig. 38 b.
Distribution dans l’île (fig. 40). — L'espèce est assez largement répandue
dans le Domaine du Centre, depuis le lac Alaotra jusqu’à l’Andringitra.
MapaGascar CENTRE: Antsianaka (Perrot frères, 1892-1893, MP, lex.
MRAC). — Andrangoloaka (MRAC). — Betsileo (D. Cowan, 1881, MP, MRAC
MP ; MRAC). — Fianarantsoa (Shaw, MP ; J. Descarpentries, 1923, MP). —
Forêt Vakoana, Ambalamarovandana, Andringitra - Ambalavao, 1530 m
(P. Griveaud, I. 1956, MP, MRAC). — Andringitra central, plateau Andoha-
riana, 2 000-2 100 m, enfouis dans la végétation (A. Descarpentries, mission
CNRS, RCP n° 225, XI-XII. 1970, MP, MRAC). — Andringitra Est, rivière
Antsifotra, rebord oriental du plateau d’Andohariana, 2 100 m (id, XII. 1970,
Source : MNHN, Paris
94 P. BAsILEWSKY
MP). — Id., Anjavidilava, 1 980 m (id, XII. 1970, I. 1971, MP, MRAC). —
Andringitra Sud, chaîne de l’Andrianony, cirque Manjarivolo, 1700 m (id.
X-XI. 1970, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
15. Prodyscherus australis Jeannel
Prodyscherus australis Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 262,
271, fig. 119 g.
Type: — Holotype, Madagascar Est, Andrahomana (R. Decary, 1926)
(Muséum, Paris).
]
externus
australis
alluaudi
+ = 4e
granulatus
F1G. 40. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 95
Description. — Long. 27 mm. Avant-corps plus long que les élytres.
Tête volumineuse et convexe en arrière; calus oculaire modérément
saillant et boursouflé, yeux partiellement recouverts de chitine noire chez le
seul exemplaire connu ; front avec quelques strioles dans la partie antérieure,
les sillons frontaux courts et peu profonds, lobes sus-antennaires à peine échan-
crés. Pronotum transverse, 1,46 fois plus large que long, le bord antérieur
presque droit, les angles antérieurs en petites pointes aiguës et saillantes, les
côtés presque rectilignes. Elytres en ovale assez régulier; épaule largement
arrondie, la crête humérale faible et peu saillante, fortement élargie en arrière
où elle forme un bourrelet arrondi mais non denté ; les intervalles internes sont
très plats et nullement bombés, 4e et 5e à peine plus convexes, 6e et 7e plus
étroits et nettement plus soulevés, plus ou moins carénés en avant, surtout le
7e, 8° caréniforme sur presque toute sa longueur, bien marqué jusque près de
l'angle sutural ; stries internes très fines et peu profondes, lisses, la 5e un peu
plus profonde, 6 et 7 plus larges et assez granuleuses dans le fond ; déclivité
fortement rugueuse.
Apophyse prosternale glabre.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que les
basales, mais pas de soies marginales ; trois soies discales, l’antérieure insérée
à l’origine de la 32 strie, les deux autres sur la déclivité apicale, aucune dans la
région moyenne.
Edéage (fig. 38e) à partie apicale arquée, l’apex peu atténué et faiblement
infléchi ; paramères étroits, les bords parallèles jusqu'au sommet.
Distribution dans l'île. (fig. 40). — Manacascar Est: Andrahomana,
sur la côte méridionale de l’île, entre l'embouchure du Mandrare et Fort-
Dauphin (R. Decary, 1926, 1 & MP).
C’est par erreur que JEANNEL attribue cette capture à Ch. ALLuAUD.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Dans son tableau dichotomique R. JEANNEL donne pour
cette espèce deux soies frontales. C’est là un lapsus évident.
16. Prodyscherus sexiessetosus Jeannel
Prodyscherus sexiessetosus Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp.
262, 267, fig. 118 f.
Prodyscherus striclipennis Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp.
262, 269, fig. 119 c (syn. nova).
Types. — sexiesselosus Jeannel. Holotype, Madagascar Est, Farafangana
(R. Decary) (Muséum, Paris).
strictipennis Jeannel. Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 20 à 29 mm. Allongé et étroit, l’avant-corps plus
long que les élytres.
Tête large et épaisse, modérément convexe ; calus oculaire gonflé mais
non saillant latéralement, avec quelques ridules espacées ; lobes sus-antennaires
Source : MNHN, Paris
96 P. BASILEWSKY
légèrement échancrés ; sillons frontaux profonds et droits ; l'avant du front
le plus souvent tout à fait lisse. Mandibules longues, très rétrécies en avant où
elles sont recourbées et fortement acérées. Lobes latéraux du menton presque
lisses, fortement rebordés latéralement, le bord antérieur faiblement tronqué,
un peu arrondi. Antennes courtes et épaisses, les derniers articles presque
aussi larges que longs. Pronotum modérément transversal, 1,22 à 1,27 fois
plus large que long, faiblement convexe, le bord antérieur peu concave, les
angles antérieurs non prolongés en lobes vers l’avant mais formant un petit
denticule saillant, les côtés rectilignes, le lobe basilaire médian nul, les dépres-
sions basilaires petites mais bien distinctes ; sillon longitudinal médian très
étroit et très superficiel, le transversal antérieur presque effacé ; surface presque
lisse. Elytres allongés et étroits, un peu rétrécis à la base et faiblement élargis
en arrière, aplanis sur le disque ; épaule faiblement arrondie, la crête humérale
longue et un peu arquée, fortement saillante en arrière où elle est très épaissie
et forme un fort denticule ; sculpture hétérodyname, les trois premiers inter-
valles larges et nettement soulevés, 4 et 5 bien plus étroits et plus convexes,
le 6 très étroit et peu élevé, légèrement caréniforme, le 7 caréniforme sur toute
sa longueur, de même que le 8 qui cache le bord externe dans le quart antérieur
et continue jusqu’à l'angle sutural ; les cinq premières stries étroites et non
ponctuées, la 6e plus large, la 7° formant une étroite gouttière marginale un
peu granuleuse ; déclivité apicale à peine rugueuse, les stries continuées très
loin vers l’apex.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits et presque subcarrés.
Protibias avec la bifurcation des deux dents externes terminales située très peu
en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, de même que
quelques soies basales ; rarement une ou deux marginales, Six soies discales,
l’antérieure presque toujours insérée à l’origine de la 3° strie.
Edéage fig. 38 a.
Distribution dans l'île (fig. 37). — MapaGascar Esr: Région de
Mananjary (A. Mathiau, MP). — Tsianovoha, forêt près de Fort-Carnot (R.
Heim, MRAC). — Forêt Tanala (Ch. Alluaud, 1901, MP ; ex. coll. Le Moult,
MRAC). — Ivohimanitra, forêt Tanala (F. Major, X-XI. 1894, MP). — Von-
drozo (J. Vadon, MP, MRAC). — Farafangana (R. Decary, 1921, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Je n’ai pu trouver aucune différence sensible entre les
types de sexiesselosus et de strictipennis, ce qui m’amène à considérer le second
comme simple synonyme du premier.
17. Prodyscherus alluaudi (Bänninger)
Dyscherus Alluaudi Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent., 1, p. 127.
Su DUscrerus alluaudi Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit, pp.
, 54.
Prodyscherus Alluaudi Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire frang.,
6, pp. 262, 270.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Mananjary (Ch. Alluaud) (Muséum,
Paris).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 97
Description. — Long. 18 à 20 mm. Corps allongé et étroit, l'avant-
corps un peu plus long que les élytres. Pattes d’un brun rougeâtre.
Tête modérément volumineuse, quelque peu épaissie en arrière; calus
oculaire faiblement gonflé sous l'œil, non saillant, avec quelques boursouflures,
lobes sus-antennaires faiblement échancrés ; sillons frontaux fins mais assez
profonds, rectilignes ; l'avant du front avec une striolation très faible et très
espacée, très finement et superficiellement ponctué. Mandibules étroites et
acérées en avant. Lobes latéraux du menton presque lisses, rebordés latéra-
lement seulement sur la moitié postérieure, le bord antérieur à peine tronqué.
Pronotum modérément convexe, assez transverse, 1,34 à 1,37 fois plus large
que long, le bord antérieur faiblement concave, les angles antérieurs saillants
vers l'avant et aigus, les côtés assez rectilignes, avec la largeur maximale
nettement située en avant du milieu, le lobe basilaire médian presque nul ;
sillon longitudinal médian très fin et très superficiel, le transversal antérieur
presque effacé, la gouttière marginale étroite sur toute sa longueur, les dépres-
sions basilaires à peine distinctes ; surface lisse. Elytres très étroits rétrécis
à la base et un peu élargis en arrière ; épaule peu marquée, la crête humérale
assez longue, en oblique, un peu arquée, peu saillante en avant mais fortement
épaissie en arrière où elle forme un angle huméral en dent épaisse mais obtuse ;
les trois premiers intervalles sont larges et faiblement soulevés, le 4e un peu
plus étroit et tectiforme, le 52 très convexe en avant et s’aplanissant fortement
un peu après le milieu, le 6e étroit et caréniforme sur toute sa longueur, le 7e
caréniforme et très saillant, continué assez loin en arrière, le 8e très étroit et
tranchant, caréniforme, cachant en avant le bord externe dans son quart anté-
rieur, prolongé en arrière jusqu’à l’angle sutural ; stries lisses et étroites, seule
la 7e formant une gouttière de faible largeur; l’apex légèrement ruguleux,
avec les stries continuées très loin en arrière ; tous les intervalles sont légère-
ment aciculés et mats.
Apophyse prosternale pubescente. Métépisternes petits et subcarrés,
presque transverses. Protibias avec la bifurcation des deux dents externes
terminales située à peu près au niveau de l’insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes ; pas de soies
marginales ni basales. Cinq soies discales insérées dans des pores profonds,
l’antérieure loin de l’origine de la 3e strie.
Mâle inconnu.
Distribution dans l'île (fig. 40). — Mapagascar Esr: Forêt près de
Mananjary (Ch. Alluaud, 1901, MP). — Namorona, près de Mananjary (Ecole
offic., IX. 1943, MP, MRAC).
L'espèce semble être très strictement localisée.
Répartition géographique. — Madagascar.
18. Prodyscherus curtipennis (Fairmaire) (fig. 41)
Searites curtipennis Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 103. ;
Dyscherus curlipennis Fairmaire ; BANNINGEr, 1938, Deutsch. ent. Zeit.
pp. 52, 54.
Source : MNHN, Paris
98 P. BASILEWSKY
Prodyscherus curtipennis Fairmaire; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, pp. 262, 270, fig. 119 f, 120.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Farafangana (R.P. Blucheau)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 23 à 32 mm. Corps allongé, modérément convexe,
l'avant-corps nettement plus long que les élytres.
Tête grosse et épaisse ; calus oculaire fortement
gonflé en dessous de l'œil mais non saillant, fortement
ridulé et boursouflé ; lobes sus-antennaires faible-
ment mais nettement échancrés ; sillons frontaux
courts et profonds, pas très larges ; la partie anté-
rieure du front avec des strioles fines et nombreuses,
arquées en dehors. Mandibules assez courtes, recour-
bées et acérées au sommet. Lobes latéraux du menton
faiblement ridulés, peu rebordés latéralement et
seulement dans la moitié postérieure, le bord anté-
rieur plutôt arqué que tronqué. Antennes courtes
et épaisses, les derniers articles à peine plus longs
que larges. Pronotum modérément transverse, 1,25
à 1,32 fois plus large que long, peu convexe ; bord
antérieur légèrement concave, les angles antérieurs
petits et émoussés, les côtés faiblement arqués, le
lobe basilaire médian nul ; sillon longitudinal médian
étroit et superficiel, le transversal antérieur presque
effacé, la gouttière marginale étroite sur toute sa
longueur, les dépressions basilaires indistinctes ;
surface presque lisse, avec de très faibles rides trans-
versales au milieu du disque. Elytres courts et ova-
laires, déprimés, l'apex atténué ; épaule arrondie,
la crête humérale saillante et arquée, s’élargissant
en arrière où elle forme une forte dent ; les trois pre-
Fac. 41. — Prody- Ê ù à
scherus pen miers intervalles larges et peu convexes, 4 et 5 bien
(Fairmaire) (d’après soulevés et plus étroits, 6 encore plus étroit et caré-
JEANNEL). niforme en avant, 7 caréniforme sur toute sa lon-
gueur et continué fort loin en arrière, 8 caréniforme
et tranchant, cachant le bord externe dans le premier
quart, prolongé en arrière jusqu’à l’angle sutural ;
stries internes lisses, 5 à 8 pourvues d’une grosse
ponctuation, 7 particulièrement large ; la déclivité apicale est lisse sur sa plus
grande partie, rugueuse seulement à l’extrême sommet.
Apophyse prosternale pubescente. Métépisternes petits et subcarrés.
Protibias avec la bifurcation des deux dents externes terminales située un
peu en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que
quelques soies basales, mais pas de marginales. Cinq à six soies discales, l’anté-
rieure à l’origine de la 3e strie.
Edéage fig. 38 d.
Source : MNHN, Paris.
CARABIDAE SCARITINAE 99
Distribution dans l’île (fig. 39). — Manacascar Esr : Farafangana (AR.
P. Blucheau, MP, MRAC). — Vondrozo (J. Vadon et A. Peyrieras, MP, MRAC).
JEANNEL (1946) mentionne pour cette espèce Manantenina et Fort-Dau-
phin. J’ai vu ces exemplaires ; ils appartiennent en réalité à P. granulats.
Répartition géographique. — Madagascar.
19. Prodyscherus granulatus Jeannel
Prodyscherus granulatus Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 262,
271, fig. 119 R.
Type — Holotype, Madagascar Est, Fénérive (F. Génot, 1902) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 25 à 32 mm. Espèce très proche de la précédente,
en différant par le front dépourvu de strioles en avant et surtout par la partie
apicale de l’élytre entièrement rugueuse, le dernier quart couvert d’une granu-
lation fine et assez dense, consistant en petits tubercules arrondis bien distincts.
Les stries internes de l’élytre sont lisses seulement dans la partie basale. Le
lobe sus-antennaire est presque entier, à peine sinué.
Chétotaxie semblable.
Edéage (fig. 38 f).
Distribution dans l'île (fig. 40). — Manacascar Esr: Manantenina
(F. Génot, 1901, MP, MRAC). — Forêt d’Isaka (R. Catala, X. 1934, MP). —
Fort-Dauphin. (Ch. Alluaud, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
8. Genre Prodyscherodes Jeannel
Prodyscherodes Jeannel, 1955, Mém. Inst. Sci. Madag., E, 6, p. 45. (espèce-
type : Prodyscherodes pauliani Jeannel, 1955, par désignation originelle).
Prodyscherodes Jeannel ; Basizewsky, 1973, Rev. Zool. Bot. afr., 87, p. 177.
Description. — Genre voisin de Prodyscherus Jeannel, établi par R. JEAN-
NEL en 1955 pour une seule espèce, présentant quelques caractères insolites.
S’il présente beaucoup de points communs avec ce genre, Prodyscherodes
en diffère par la forme des mandibules qui sont longues et étroites, à lobes
internes peu saillants, le gauche représenté par une expansion à bord libre
concave entre deux tubercules peu saillants et occupant toute la moitié basale
du bord interne de la mandibule ; le droit forme une expansion encore plus
longue, peu saillante, à bord libre concave mais mamelonné ; cette conforma-
tion des mandibules diffère beaucoup de celle des deux genres précédents,
chez qui elles sont plus courtes, à lobes internes très saillants, denticulés et
multilobés. Les paragènes de Prodyscherodes présentent une carène interne
courte mais bien saillante et rectiligne. Enfin, et c’est là un caractère également
très important, la chétotaxie des élytres est très particulière, avec seulement
lBTÉL.DU
MUSEUM
PARIS
Source : MNHN, Paris
100 P. BASILEWSKY
deux soies insérées dans la 3 strie, l’une au bord de la déclivité basale, l’autre
près de l’apex, et quatre soies insérées en plein milieu du 4€ intervalle, dans
son tiers basal.
Répartition géographique. — Le genre ne comporte qu’une seule espèce,
connue seulement de l’Andohahelo, dans l'extrême sud de l’île.
Prodyscherodes pauliani Jeannel
Prodyscherodes Pauliani Jeannel, 1955, Mém. Inst. Sci. Madag., E, 6, p. 45,
fig. 1.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Andohahelo (R. Paulian) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 28 à 32 mm. Corps convexe et allongé, l'avant-
corps plus long que les élytres.
Tête grande et robuste, les yeux petits, le calus oculaire gonflé en dessous
de l'œil mais non saillant vers l'extérieur, fortement ridulé ; lobes sus-anten-
naires à peine sinués ; sillon sus-oculaire arqué en dehors, sillons frontaux assez
courts, rectilignes, profonds ; avant du front faiblement striolé ; champ post-
oculaire pourvu de quelques ridules obliques ; mandibules longues, recourbées
et acérées au sommet, les lobes internes tels qu'ils ont été décrits dans la dia-
gnose générique ; lobes latéraux du menton larges, fortement ridulés longitu-
dinalement, à peine rebordés latéralement, le bord antérieur tronqué en obli-
que ; carène paragénale interne présente, courte et rectiligne. Antennes assez
allongées, les derniers articles plus longs que larges. Pronotum assez transversal,
1,30 fois plus large que long, modérément convexe, le bord antérieur très fai-
blement concave, les angles antérieurs à peine saillants en très petits denti-
cules, les côtés presque rectilignes, le lobe basilaire médian presque nul ; sillon
longitudinal médian peu marqué, le transversal antérieur presque effacé, la
gouttière marginale très étroite sur toute sa longueur, les dépressions basilaires
indistinctes ; surface presque lisse, le milieu du disque avec quelques strioles
transversales superficielles. Elytres subcylindriques et convexes, à peine élargis
en arrière ; épaule arrondie, la crête humérale en épaulette saillante et assez
longue, légèrement arquée, formant en arrière une forte dent ; les trois premiers
intervalles larges et subplans, 4 et 5 un peu soulevés, 6 plus étroit, convexe
et tectiforme, 7 très saillant et caréné sur presque toute sa longueur, 8 étroit
et caréné, caché en avant par la forte carène du 7e, masquant lui-même le bord
externe de l’élytre dans tout le quart antérieur, prolongé en arrière jusqu’à
l'angle sutural ; stries internes profondes mais étroites et lisses, 5, 6 et 7 deve-
nant un peu plus larges et granuleuses dans la fond ; apex aciculé et même
rugueux tout à fait en arrière, les stries devenant moins profondes en arrière
mais restant distinctes presque jusqu'à l'extrémité, les intervalles aplanis à
l'exception du 8e.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits et subcarrés ; proti-
bias avec la bifurcation des deux dents externes terminales située à peu près
au niveau de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que
quelques soies basales ; pas de soies marginales. Deux soies discales sur la
Source : MNHN, Paris!
CARABIDAE SCARITINAE 101
3e strie, l’antérieure insérée au bord de la déclivité basale, la postérieure sur
la déclivité apicale ; quatre soies alignés sur le milieu du 4° intervalle dans le
tiers basal.
FiG. 42. — Prodyscherodes pauliani Jeannel. Edéage.
Edéage (fig. 42) très allongé, à partie basale courte et coudée, la partie
apicale large et émoussée ; paramères presque aussi longs que le lobe médian,
atténués au sommet, leur bord ventral avec une forte frange de soies. Je ne
connais pas l'organe génital de la femelle.
Distribution dans l'île (fig. 29). — Mapacascar Esr : Massif de
l’Andohahelo, 2 000 m (R. Paulian, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
B. Subtrib. DYSCHERINA nova
Chez les représentants de cette sous-tribu le champ huméral de l’élytre
présente le premier stade de l’évolution orthogénétique, dont j'ai déjà parlé
à plusieurs reprises. Ce champ huméral n’est visible, chez les Dyscherina, à
la face dorsale, que sur la moïitié interne du bord préhuméral. Quand on regarde
l'insecte par en dessous, on constate que la base de l’élytre est constituée en
partie par l’épipleure et en partie par le faux épipleure qui forme la partie
externe du bord préhuméral et de l'angle huméral lui-même; c’est la côte
formée par l’origine commune des carènes des intervalles 7 et 8 qui en occupe
la moitié externe et la dent humérale, lorsqu’elle existe, est portée par la bifur-
cation de cette côte. Contrairement aux Sforthodontina, ce faux épipleure
n’occupe donc pas tout le bord préhuméral, ne se recourbe pas à l’intérieur
vers le pédoncule, de sorte qu'une partie du champ huméral reste constituée
par lépipleure et est bien visible du dessus (fig. 3 B).
R. JEANNEL a parfaitement montré le mécanisme de cette évolution en
trois stades et en a reconnu toute l'importance taxonomique. Toutefois, il
n’a pas cru devoir séparer les genres qui présentaient le stade décrit plus haut
et les a laissés parmi les Scaritina. Cela ne me paraît guère logique, car si l’au-
teur ne voulait pas augmenter le nombre de taxa supragénériques, il aurait pu
tout aussi bien classer ces genres parmi les Slorthodontina, et plus d’un argument
pourrait militer en faveur de ce rattachement. En fait, il n’y a pas plus de
raisons de ranger ces genres parmi les Scaritines que parmi les Storthodon-
Source : MNHN, Paris
102 P. BASILEWSKY
tines, et la seule façon correcte de trancher Ja question mesemble d’en faire
trois sous-tribus distinctes et bien caractérisées. C'est pourquoi j'établis ici
pour ces genres la sous-tribu des Dyscherina.
Cette sous-tribu n’est connue que de Madagascar où elle comporte trois
genres, tous exclusivement composés d’espèces aptères.
TABLEAU DES GENRES
1. (4). Lobe interne des maxilles plus ou moins arrondi à son extré-
mité distale et dépourvu de crochet. Striation de l'élytre
normale.
2. (3). Soies discales de l’élytre insérées sur le 3° intervalle ou la
3e strie, Carène du 7e intervalle toujours bien marquée, au
moins dans la moitié antérieure. . 9. Gen. Dyscherus Chaudoir (p. 102)
3. (2). Soies discales de l’élytre insérées sur le 4° intervalle ou la
4e strie, Carène du 7€ intervalle nulle ou faiblement indiquée
à l'extrême base ........ 10. Gen. Dyscherinus Jeannel (p. 115)
4. (1). Lobe interne des maxilles fortement crochu à son extrémité.
Striation de l’élytre évoluée et dédoublée ............--.-
EAP ouRonon 11. Gen. Paradyscherus Basilewsky (p. 121)
9. Genre Dyscherus Chaudoir
Dyscherus Chaudoir, 1855, Bull. Soc. Imp. Nat. Moscou, 28, n° 1, pp. 4, 21
(espéce-type : Scarites coslatus Klug, 1833, par monotypie et désignation subsé-
quente, MorscnuLsky, 1857).
Dyscherus Chaudoïr ; Morsemursey, 1857, El. entom., 6, p. 95.
Dyscherus Chaudoir ; Cnauporm, 1870, Ann. Soc. ent. Belg., 22, pp. 128, 172.
Dyscherus Chaudoir ; BANNINGER, 1997, Deutsch. en. Zeil., p. 123.
Dyscherus Chaudoir ; BAnxinGer, 1938, Deutsch. ent. Zeit., p. 47.
Dyscherus Chaudoir ; AN Empen, 1942, Trans. R. ent. Soc. London, 92, p. 27
(larve).
; Dyscherus Chaudoir ; Jeanwez, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 238,
72
Description. — Espèces de taille moyenne (7 à 36 mm), à élytres
allongés et généralement convexes, aptères.
Tête forte, à mandibules moyennes à longues, toujours très robustes ;
champ postoculaire toujours lisse ; paragènes à bord interne entier, plus ou
moins tordu vers le sommet, sans échancrure ni denticulation et sans carène
interne. Lobe interne des maxilles plus ou moins arrondi à son extrémité et
dépourvu de denticule ou de crochet. Pronotum transverse, 1,25 à 1,50 fois
plus large que long, à surface généralement lisse ; les angles antérieurs ne sont
jamais saillants en lobes mais le plus souvent en petite dent plus où moins
aiguë, tandis que les postérieurs sont toujours effacés ; le lobe basal médian
est nul ou fort petit. Elytres brillants, rarement mats, généralement allongés
et convexes, à sculpture variable, homodyname ou hétérodyname, la carène
du 7e intervalle toujours bien marquée au moins dans la moitié antérieure ;
pas de rebord basilaire mais avec un bandeau granuleux en avant, de largeur
Source : MNHN, Paris:
CARABIDAE SCARITINAE 103
assez variable ; striation simple, jamais dédoublée ; à l’épaule l'angle huméral
est denté et la bifurcation après la crête humérale des intervalles 7 et 8 est
toujours bien marquée.
Apophyse prosternale avec ou sans soies. Métépisternes petits, un peu
plus longs que larges au bord antérieur. Protibias généralement dépourvus
de rangées de soies au milieu de la face supérieure, sauf chez s{orthodontoides
qui possède une ou deux soies ; bifurcation des deux dents externes terminales
toujours située en avont de l'insertion des tarses. Mésotibias avec une dent
au côté externe.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures presque toujours présentes,
la première souvent dédoublée. Soies discales de l’élytre insérées toujours sur
le 3 intervalle ou la 3e strie.
Edéage à partie basale courte et coudée, la partie apicale souvent fort
allongée et droite, l’apex plus ou moins atténué ; paramères bien développés,
à bord ventral toujours pourvu d’une longue frange de cils. Styles génitaux
de la femelle longs, l’article distal long et effilé, en forme de griffe aiguë, armée
d’une double rangée de soies épineuses sur la face externe, assez semblables
chez les différentes espèces.
Répartition géographique. — Ce genre, propre à Madagascar, comporte
six espèces localisées dans la région est de l’île, de Sambava à l’Andringitra.
Discussion. — BANNINGER n'avait pas remarqué la conformation très
particulière du champ huméral caractérisant ce genre; aussi y classa-t-il
de nombreuses espèces que JEANNEL, à juste titre, sépara dans le genre Pro-
dyscherus.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (6). Sculpture de l’élytre normale et non modifiée, consistant en
stries fines et étroites, imponctuées, séparant des intervalles
homodynames peu convexes et brillants, seuls les externes
plus ou moins différents des autres.
2. (5). Soies prothoraciques latérales antérieures et postérieures
présentes. Calus oculaire toujours marqué et plus large que
les yeux. Sixième strie des élytres étroite et semblable aux
internes.
3. (4). Epaule bien marquée, la crête humérale plus saillante, non
ou à peine arquée, formant un petit denticule émoussé à la
bifurcation des carènes des intervalles 7 et 8. Base des élytres
avec un bandeau granuleux assez large. Calus oculaire formant
une tubérosité saillante et arrondie en dessous des yeux. Côtés
du pronotum presque subparallèles. Soies prothoraciques anté-
rieures et postérieures simples, avec quelques soies supplé-
mentaires sur le bord basal. Milieu du labium pourvu d’une
carène longitudinale bien marquée. Long. 24 à 34 mm ....
1. D. mocquerysi Bänninger
Source : MNHN, Paris
104 P. BASILEWSKY
4. (3). Epaule très arrondie, la crête humérale peu saillante, très
arquée, ne formant pas de denticule. Base des élytres avec
un bandeau granuleux plus étroit. Calus oculaire peu ou à
peine saillant en dessous des yeux, souvent un peu prolongé
vers l'avant, toujours marqué. Une série de soies protho-
raciques latérales, avec quelques unes le long du bord basal.
Milieu du labium à carène longitudinale faible et peu saillante,
souvent presque nulle. Long. 24 à 27 mm... 2. D. sicardi Jeannel
5. (2). Soies prothoraciques latérales antérieures et postérieures
absentes, seules quelques soies basales présentes. Calus oculaire
complètement nul. Épaule arrondie, la crête humérale très
arquée et très oblique, bien saillante en arrière. Sixième strie
des élytres très large et fortement aciculée ou ridulée trans-
versalement. Long. 32 mm. ................. 3. D. viettei n.sp.
6. (1). Sculpture de l’élytre autrement conformée, le plus souvent
hétérodyname ou à intervalles mats.
7. (8). Apophyse prosternale glabre. Calus oculaire légèrement sail-
lant en dessous de l’œil, arrondi et boursouflé. Sculpture de
l'élytre quelque peu variable ; le plus souvent les intervalles
1, 3, 5'et 7 sont plus ou moins caréniformes et brillants,
tandis que les pairs sont moins élevés, parfois même très faibles
et nettement granuleux; parfois aussi les intervalles pairs
et impairs sont presque tout aussi soulevés et alors les impairs
ne sont pas carénés. Long. 26 à 36 mm.... 4. D. costatus (Klug)
8. (7). Apophyse prosternale avec une touffe de soies. Calus oculaire
particulièrement faible, presque nul.
9.(10). Sculpture élytrale très hétérodyname, les intervalles 1, 3, 5
et 7 soulevés et carénés, larges, lisses et brillants ; 2, 4 et 6
plats et granuleux, mats, étroits; stries bien marquées et
ponctuées. Pronotum moins transversal, avec plusieures soies
marginales et basales. Toute la surface labiale et gulaire
pourvue de fortes rides transversales, obliques sur les para-
gènes. Crête humérale très courte, fortement épaissie à l'endroit
de la bifurcation des carènes externes. Long. 20 à 25 mm.
Re A A Pn 5. D. subgranulatus Basilewsky
10. (9). Sculpture élytrale assez homodyname, les six premiers inter-
valles subégaux, 3 et 5 un peu plus soulevés, saillants seule-
ment près de la base, tous non ou peu bombés, mats, légère-
ment granuleux. Pronotum plus transversal, avec une soie
antérieure et une ou deux postérieures. Surface labiale et
gulaire normalement sculptée. Crête humérale longue et non
épaissie à la bifurcation des carènes externes. Long. 17 à
PAR no pau RAS PR ONE 6. D. storthodontoides Bänninger
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 105
1. Dyscherus mocquerysi Bänninger
Dyscherus Mocquerysi Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent., 1, p. 128.
Düscherus Mocquerysi Bänninger; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.
pp. 53, 54.
Dyscherus Mocquerysi Bänninger, JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 273, 274, fig. 123 a.
Type. — Holotype, Madagascar Est, sud de la Baie d’Antongil (4.
Mocquerys) (Muséum, Paris). :
Description. — Long. 24 à 34 mm. Epais et convexe, noir brillant.
Avant-corps volumineux, plus long que les élytres.
Tête grosse et épaisse, le calus oculaire formant une tubérosité saillante
et arrondie en dessous des yeux, boursouflée ; sillons frontaux longs, recti-
lignes, assez profonds mais étroits ; l'avant du front avec quelques brefs sillons
longitudinaux très espacés, le vertex et le champ postoculaire lisses et brillants.
Lobes latéraux du menton largement tronqués en avant ; le milieu du labium
pourvu d’une carène longitudinale saillante bien marquée, la surface et les
paragènes presque lisses, de même que la surface gulaire. Pronotum modérément
transverse, 1,30 à 1,32 fois plus large que long, les angles antérieurs en petite
pointe saillante, les côtés presque sub-parallèles, les angles postérieurs effacés,
le lobe basal médian presque nul, la gouttière marginale très étroite sur toute
sa longueur, le sillon longitudinal médian et le transversal antérieur très super-
ficiels, les dépressions basilaires faibles et peu distinctes, la surface lisse et
imponctuée, sans microsculpture apparente. Elytres ovalaires, convexes, à
largeur maximale située un peu après le milieu, l’apex obtus; épaule bien
marquée, la crête humérale bien saillante, non ou à peine arquée, en oblique
presque rectiligne, formant un petit denticule émoussé à la bifurcation des
carènes des intervalles 7 et 8; la base est pourvue d’un bandeau granuleux
assez large ; intervalles subégaux et plans, sauf à la base où ils sont assez
nettement bombés, le 7€ subcaréné dans toute sa moitié antérieure ; stries
fines, peu profondes, imponctuées.
Apophyse prosternale avec une touffe de soies à l'extrémité.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, et souvent
quelques autres le long du bord basal. Sept soies discales.
Edéage fig. 44 a.
Distribution dans l'île (fig. 45). — Espèce localisée au sud de la baie
d’Antongil.
MapaGascar Esr : Sud de la Baie d’Antongil (A. Mocquerys, 1897, MP,
MRAC, Ent. Inst. Zürich, BM). — Baie d'Antongil (A. Mocquerys, 1895,
MP). — District de Mananara N., Antanambe (J. Vadon et A. Peyrieras,
MRAC ; P. Soga el Raharizonina, IV. 1958, MP). Id., Mt Antampona (J.
Vadon et A. Peyrieras, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Dyscherus sicardi Jeannel (fig. 43)
Dyscherus Sicardi Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franc., 6, pp. 274, 278,
fig. 129, 123 b. à
Dyscherus humeralis Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 273, 275
(syn. nov).
Source : MNHN, Paris
106 P. BASILEWSKY
Types. — sicardi Jeannel. Holotype, Madagas-
car Nord, Sakaramy (A. Sicard) (Muséum, Paris).
humeralis Jeannel. Holotype, Madagascar Nord,
Diégo-Suarez (Muséum, Paris).
Description. — Long. 24 à 27 mm. Aspect du
précédent, comme lui très brillant mais un peu moins
convexe.
Tête semblable, le calus oculaire faible, non ou à
peine saillant en dessous des yeux, les sillons fron-
taux plus courts et plus arqués, moins rectilignes,
l'avant du front à sillons plus faibles. Lobes latéraux
du menton moins nettement tronqués en avant, la
carène médiane presque complètement effacée ou
très faible. Pronotum modérément transverse, 1,25
à 1,35 fois plus large que long, les angles antérieurs à
sommet émoussé, les côtés nettement arqués ou
subarrondis sur toute leur longueur, les angles posté-
rieurs effacés, le lobe médian presque nul, la gout-
tière marginale très étroite, les dépressions basilaires
Fig, 48. — Dysche- à peine distinctes ; surface lisse et imponctuée, sans
rus sicardi Jeannel ; x à à
(d’après JEANNEL). microsculpture apparente, très brillante, le sillon
transversal antérieur presque effacé, le longitudinal
médian superficiel. Elytres un peu plus courts et un
peu plus convexes que chez le précédent, ovalaires, à largeur maximale un peu
déportée en arrière du milieu ; épaule très arrondie, la crête humérale peu sail-
lante, fortement arquée, ne formant pas de denticule ni de tubercule à la bifur-
cation des carènes des intervalles 7 et 8 ; la base avec un bandeau granuleux très
étroit : intervalles subégaux et plans, à peine soulevés à la base ; le 7€ est sub-
caréné sur une bonne partie de sa longueur ; stries très faibles et lisses.
Apophyse prosternale pourvue généralement d’une touffe de soies, mais
chez quelques rares individus ces soies sont absentes et on n’en voit même
pas le point d’insertion.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, accompagnées
de nombreuses autres marginales, généralement 5 à 6, et de plusieurs autres
insérées à l'arrière du bord externe, avec une interruption au milieu.
Edéage fig. 44 b.
Distribution dans l'île (fig. 45). — Espèce très localisée dans la région
de la Montagne d’Ambre. Il est probable que l'indication « Diégo-Suarez »
se rapporte en réalité à ce massif.
Mapacascar Norp : Sakaramy, vers 1 000 m, sur le versant sud de la
Montagne d'Ambre (A. Sicard, MP). — Sahafary, district de Diégo-Suarez
(A. Peyrieras, V. 1957, MP, MRAC). — Diégo-Suarez (MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. Sous le nom de humeralis JEANNEL a séparé un individu
ayant la crête humérale très courte et les stries des élytres encore plus super-
ficielles. Il ne s’agit, à mon avis, que d’une simple variante individuelle.
Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SCARITINAE 107
Fi. 44, — Gen. Dyscherus Chaudoir. Edéages. a, D. mocquerysi Bännin-
ger ; b, D. sicardi Jeannel ; c, D. costatus (Klug) (d’après JEANNEL).
3. Dyscherus viettei n.sp.
Type. — Holotype, Madagascar Est, forêt d’Ampasinambo (A. Pey-
rieras, 8.111.1972) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 32 mm. Espèce épaisse et convexe, d’un noir
bien brillant. Avant-corps volumineux, un peu plus long que les élytres.
Tête grosse et épaisse ; yeux assez petits ; calus oculaire tout à fait nul;
sillons frontaux longs et subrectilignes, profonds, modérément larges ; l'avant
du front avec quelques brefs sillons longitudinaux, très espacés et peu marqués,
le restant de la surface, y compris le champ postoculaire, lisse et brillant.
Lobes latéraux du labium largement tronqués en avant, les côtés non rebordés,
modérément sillonnés longitudinalement, la carène médiane bien marquée
mais faiblement saillante. Pronotum assez transversal, 1,37 à 1,50 fois plus
large que long, à largeur maximale située en avant du milieu, les angles anté-
rieurs en petite pointe saillante, le bord antérieur bien concave, les côtés modé-
rément mais nettement arqués sur toute leur longueur, un peu plus rétrécis
en arrière qu’en avant, les angles postérieurs complètement effacés, le lobe
basilaire médian court mais distinct; gouttière marginale étroite sur toute
sa longueur, le sillon transversal antérieur presque effacé, le longitudinal
médian fin et assez superficiel, les fossettes basilaires peu distinctes ; surface
lisse et imponctuée, sans microsculpture apparente. Elytres ovales et assez
convexes, 1,60 fois plus longs que larges réunis, à largeur maximale située
un peu après le milieu, l’apex obtus ; épaule arrondie et modérément arquée,
la crête humérale très oblique et très saillante, encore fortement épaissie en
arrière mais ne formant pas de denticule à la bifurcation des deux carènes
Source : MNHN, Paris
108 P. BASILEWSKY
Y
% sicardi
mocquerysi
© subgranulatus
Fic. 45. — Gen. Dyscheru° Chaudoir. Répartition géographique.
externes ; base avec un bandeau granuleux assez large ; les trois intervalles
internes plats et brillants, sans microsculpture apparente ; 4 et 5 plus étroits
que le précédent, un peu bombés surtout en avant où ils sont même légèrement
soulevés, faiblement aciculés sur les côtés ; 6 très effacé en avant, soulevé
et un peu tectiforme à partir du premier tiers, avec les côtés nettement chagrinés;
7 en carène très saillante et étroite, brillante ; 8, qui forme le bord externe,
en bourrelet assez épais sauf à l’apex ; tous les intervalles, y compris le 7€,
s’effacent fortement dans le dernier tiers où ils deviennent de plus en plus
chagrinés, ruguleux même à l’apex ; stries fines et peu profondes, imponctuées,
la 6e, entre les intervalles 6 et 7, large et fortement aciculée, presque ridulée
transversalement ; la gouttière entre les intervalles 7 et 8 large et aciculée.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 109
Apophyse prosternale avec une touffe de soies à son extrémité.
Pas de soies prothoraciques latérales antérieures et postérieures, mais
quelques soies basales. Six soies discales sur la 32 strie.
Le seul mâle connu est fortement mutilé, avec l’édéage brisé; styles
génitaux de la femelle semblables à ceux des autres espèces, l'extrémité du
dernier article obtuse.
Je dédie cette espèce à mon excellent collègue M. Pierre Vrerre, dont
la contribution à la connaissance de la faune entomologique malgache est
particulièrement importante.
Distribution dans l’île (fig. 48). — Manacascar Est: Forêt d’Ampa-
sinambo, sous-préfecture de Nosy Varika, env. 1 000 m (A. Peyrieras,8.III. 1972,
2 ex., MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
4. Dyscherus costatus (Klug) (fig. 46)
Scariles costatus Klug, 1833, Ber. Madag. Ins., p. 38, pl. 1, fig. 6.
Duscherus costatus Klug ; Cnauvom, 1865, Bull. Soc. Imp. na. Moscou, 28,
n° 1, p. 22.
Dyscherus costatus Klug ; CHAuDoIR, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22, p. 173.
Dyscherus costatus Klug : KüncKeL D'HercuLais, 1887 in À. GRANDIDIER,
Hist-phys. nat. polit. Madag, XXII, Hist. nat. Colopt., tome II atlas, 1re partie,
pl. 29, fig. 1.
Dyscherus multicostatus Fairmaire, 1887, Le Natur., 9, p. 56, fig. 3.
Dyscherus costatus Klug ; ALLuAUD, 1900, ir A. GRANDIDIER, His. phys. nat.
polit, Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 11.
Dyscherus mullicostatus Fairmaire ; ALLUAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, 1. €.
1
Dyscherus costatus Klug ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit., pp. 53, 55.
Dyscherus multicostatus Faïrmaire ; BÂNNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.
p. 53, note (syn.).
Dyscherus costatus Klug ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franc., 6, pp. 274,
276, fig. 123 ce, 124.
Dyscherus macrocephalus Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franc., 6, pp. 274,
276, fig. 123 d (syn. nova).
Types. — coslatus Klug. Holotype, Madagascar (J. Goudot) (Zool. Mus.
Berlin).
mullicostatus Fairmaire. Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
macrocephalus Jeannel. Holotype, Madagascar, Betsimisaraka (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 26 à 36 mm. Corps allongé et assez convexe;
lavant-corps plus long que les élytres.
Tête épaisse et bombée, le calus oculaire peu saillant mais dépassant
quelque peu l’œil en arrière, arrondi et boursouflé ; sillons frontaux rectilignes,
assez profonds mais étroits, de longueur très moyenne; l’avant du front
pourvu de strioles longitudinales modérément rapprochées et peu longues,
le restant de la surface, y compris le champ post-oculaire, lisse et imponctué.
Lobes latéraux du menton à peine ridulés, tronqués droit en avant ; le milieu
Source : MNHN, Paris
110 P. BASILEWSKV
du Jlabium pourvu d'une carène bien
saillante se prolongeant jusqu'à l'extrémité
de la dent. Pronotum volumineux et trans-
verse, 1,40 à 1,50 fois plus large que long, les
angles antérieurs petits et émoussés, les côtés
non ou à peine arqués, l'angle postérieur tout à
fait effacé, le lobe médian court mais mieux
marqué que chez les espèces précédentes, la
gouttière marginale très étroite sur toute sa
longueur, les dépressions basilaires peu distinc-
tes; surface presque lisse, avec des strioles
transversales sur le milieu du disque, faibles
et à peine distinctes ; quelques-unes plus fortes
près des fossettes basilaires ; sillon transversal
antérieur très faible, le longitudinal médian
mieux marqué. Elytres ovalaires et un peu
déprimés sur le disque ; épaule arrondie mais
bien marquée par suite de la crête humérale
saillante, épaisse et assez longue, formant un
petit denticule à la bifurcation des deux carè-
nes externes; bandeau basilaire granuleux
étroit ; la sculpture est assez variable ; le plus
souvent les intervalles 1, 3, 5 et 7 sont plus
saillants que les autres, un peu caréniformes,
Fi. 46. — Dyscherus plus lisses et brillants, tandis que 2, 4 et 6
costatus (Klug) (d’après sont moins élevés, parfois même très faibles
JEANNEL).
et nettement granuleux; cependant, on
trouve aussi des individus chez lesquels
les intervalles impairs sont un peu moins élevés, contrairement aux
pairs qui se soulèvent et sont aussi brillants qu'eux, de sorte que se présente
une certaine tendance à l’homodynamie, bien que les pairs soient toujours
bien plus étroits que les autres ; la carène du 7° intervalle est saillante et longue ;
les stries sont aussi assez variables, parfois très faibles parfois plus fortes et
ponctuées, parfois même pourvues de petits éléments transversaux réunissant
les intervalles.
Apophyse prosternale sans touffe de soie à son extrémité.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, le plus souvent
aussi quelques soies basales. Six à sept soies discales.
Edéage fig. 44 c. Style génital de la O© fig. 47 c.
Distribution dans l'île (fig. 48). — Cette espèce est assez largement.
répandue dans la moitié septentrionale du domaine de l'Est, de Sambava
jusque Périnet, empiétant quelque peu dans celui du Centre près du lac Alaotra
et même jusqu'à Tananarive, si les huit exemplaires que j'ai vus portant
cette indication sont correctement localisés.
Mapacascar Esr: Belalona, 30,5 km de Sambava (4. Peyrieras, II.
1969, MP). — Antalaha (Abadie, II. 1943, MP). — Maroantsetra (J. Vadon,
XI. 1934, V. 1935, I. 1936, V. 1936, XI. 1949, MP, MRAC). — Ambodivoangy,
région de Maroantsetra (J. Vadon, III. 1945, V. 1945, XI. 1947, VIII. 1948, j
1. 1959, 1960, MP, MRAC). — Fampanambo, région de Maroantsetra (J. Vadon,
|
Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SCARITINAE 111
Fi. 47. — Gen. Dyscherus Chaudoir. a, D. subgranulatus Basilewsky,
Ce b, D. storthodontoides Bänninger, édéage ; c, D. costatus (Klug), style
génital ©.
XII. 1960, MP ; A. Peyrieras, MP). — Navana, région de Maroantsetra (J.
Vadon, III. 1939, MP). — Andranofosty, région de Maroantsetra (J. Vadon,
VI. 1937, MP). — Nandihizina, région de Maroantsetra (J. Vadon, XII. 1938,
MP). — Andrahidrakivalo (J. Vadon, II. 1935, MP, MRAC). — Antongo-
nivitsika (J. Vadon, V.1950, MP). — Manambolosy (J. Vadon, XII. 1958,
MP). — Ampandrana (J. Vadon, XI. 1945, MP). — Sud de la Baie d’Antongil
(A. Mocquerys, 1897, MP). — Ambohitsitondrona, presqu'île Masoala (Michel,
III. 1947, TI-III. 1948, I. 1950, I. 1951, XII. 1951, MP, MRAC; J. Vadon
et A. Peyrieras, X.1968, MP, MRAC). — Mananara (J. Vadon, 1963, MP,
MRAC). — Mont Antampona, district de Mananara (J. Vadon et A. Peyrieras,
MRAC). — Antanambe, district de Mananara (J. Vadon et A. Peyrieras, MP,
MRAC). — Antenina, Andranomalaza, Réserve naturelle intégrale III (P.
Soga, IV. 1957, MP). — Ambatovositra, Andranomalaza, Réserve naturelle
intégrale III (P. Soga, I. 1957, MRAC). — Vallée d’Ivelona, Andranomalaza,
Réserve naturelle intégrale III (P. Soga, X. 1957, MP). — Soanierana (4.
Mathiau, 1905, MP). — Anjahambe, près Fénérive (Ecole offic., VII. 1948,
MP, MRAC). — Fénérive (E. Perrot, MP). — Tamatave (XI. 1943, MP ;
Olsoufieff, XI. 1943, MP, MRAC).— Tamatave et forêt d’Alahakato (E. Perrot,
1er sem. 1888, MP, MRAC). — Forêt d’Analamazoatra, à quelques km au
sud de Périnet (G. Olsoufieff, IV. 1931, MP).
Source
: MNHN, Paris
112 P. BASILEWSKY
@ costatus
%_ storthodontoides
W viettei
Fire. 48. — Gen. Dyscherus Chaudoir. Répartition géographique.
Mapacascar CENTRE: Antsianaka (Perrot frères, 2e sem. 1893, MP,
MRAC). — Tananarive (Lamberton, 1912, MP, MRAC).
Quelques exemplaires au MP étiquetés Diégo-Suarez, Betsimisaraka,
Mananjary et Vondrozo sont manifestement mal localisés.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Ainsi que l’a déjà signalé BANNINGER, mullicostatus
Fairmaire n’est qu’un synonyme de costalus. Sous le nom de macrocephalus
JEANNEL sépara de cette espèce quelques exemplaires ayant l’avant-corps
particulièrement développé mais ne différant pas autrement de l’espèce de
Kiuc.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 113
5. Dyscherus subgranulatus Basilewsky (fig. 49)
Dyscherus subgranulatus Basilewsky, 1954, Le Natur. malg., 6, p. 35.
Type. — Holotype, Madagascar Centre,
massif de l’Ankaratra, Manjakatompo (R. Pau-
lian) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 20 à 25 mm. Corps
allongé et convexe, brillant, l’apex des élytres
mats. L’avant-corps à peine plus long que les
élytres.
Tête grosse et large, épaisse en arrière ; calus
oculaire nul ; sillons frontaux assez longs, un peu
arqués en dedans, profonds en avant mais s’af-
faiblissant en arrière, de largeur moyenne ;
l'avant pourvu de strioles longitudinales assez
longues au milieu, plus courtes sur les côtés, assez
fortes et peu rapprochées ; le restant, Y compris
le champ postoculaire, lisse et imponctué. Lobes
latéraux du labium faiblement ridulés, ‘tronqués
droits au bord antérieur ; le milieu pourvu d’une
carène longitudinale assez forte, prolongée jus-
qu’à la dent; paragènes pourvus de fortes rides
obliques, ainsi que toute la surface gulaire. Pro-
notum convexe, modérément large, 1,33 à 1,42
fois plus large que long; angles antérieurs très
Fia. 49. — Dyscherus petits mais aigus, les côtés rectilignes et presque
subgranulatus Basilew- subparallèles, les angles postérieurs tout à fait
sky (dessin de Mmes. effacés, le lobe médian basilaire nul, la gouttière
BERGER). marginale très étroite sur toute sa longueur, les
dépressions basilaires transversales et marquées ;
toute la surface est lisse et imponctuée ;
sillon transversal antérieur faiblement marqué, le longitudinal médian un
peu plus fort. Elytres convexes et nullement déprimés sur le disque, sub-
ovalaires, assez étroits, un peu élargis à l’arrière ; épaule bien marquée et
presque dentée par suite d’un fort épaississement en arrière de la crête humérale,
à l'endroit de la bifurcation des carènes externes ; cette crête humérale est
très courte ; pas de granulation le long de la base ; la sculpture est très parti-
culière, fortement hétérodyname, avec les côtes 1, 3, 5 et 7 plus hautes et
bien plus larges que les paires, très brillantes, tandis que ces dernières sont
bien plus étroites et plus basses, plus ou moins aciculées ; 7e intervalle en
carène longue et très saillante, assez éloignée de la 8; en arrière toutes les
côtes s’aplatissent et sont pourvues d’une granulation assez forte qui fait
paraître mate toute la partie postérieure ; les stries sont étroites mais bien
marquées, assez fortement ponctuées, plus faibles en arrière.
Apophyse prosternale avec une touffe de soies à son extrémité.
Deux à trois soies prothoraciques latérales en avant et sur les côtés, une
soie postérieure et quelques petites soies à la base. Cinq soies discales.
Edéage fig. 47 a.
Source : MNHN, Paris
114 P. BASILEWSKY
Distribution dans l'île (fig. 45). — Espèce propre au massif de lAnka-
ratra et à la région s'étendant à l’est de celui-ci.
MapaGascar CENTRE : Manjakatompo, massif de l’Ankaratra (R. Paulian,
IX. 1948, MP, MRAC). — Id., 2 150 m (P. Griveaud et A. Peyrieras, N. 1971,
MP, MRAC). — Id. (R. Paulian, V.1951, MP, MRAC). — Id., battage des
mousses (A. Robinson, XII. 1950, MRAC). — Ankaratra, col, 1 700 à 2 000 m
(R.F. Lawrence, 1.1956, MP). — Forêt d’Antarivady, 2000 m, massif de
l'Ankaratra (A. Peyrieras, VIII. 1971, MP, MRAC). — Ambatolampy (G.
Dujardin-Delacour, XII. 1964, MP).
Mapacascar Est: Forêt au nord d’Anosibe (4. Robinson, VIII. 1952,
MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
6. Dyscherus storthodontoides Bänninger
Dyscherus storthodontoides Bänninger, 1935, Eni. Blätter, 31, p. 151.
Dust storthodontoides Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.,
p. 53, 55.
Ê Dyscherus storthodontoides Bänninger ; JeanxeL, 1946, Faune de l’Empire
franç., 6, pp. 273, 277.
Dyscherus storthodontoides Bänninger ; Basrzewskv, 1971, Bull. Soc. ent.
France, 76, p. 255.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Ivohibe (R. Decary, 1926)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 17 à 24 mm. Corps allongé et peu convexe, l’arrière-
corps mat et terne, l’avant-corps un peu plus long que les élytres.
Tête large et épaisse, le calus oculaire presque nul ; sillons frontaux très
longs et bien arqués ; toute la partie antérieure pourvue de strioles longitu-
dinales fines et peu profondes mais particulièrement longues, envahissant
également la convexité médiane et se prolongeant, entre les yeux et cette
convexité, loin en arrière ; entre ces strioles se trouvent de nombreux petits
points assez rapprochés ; champ postoculaire lisse. Lobes latéraux du labium
tronqués obliquement en avant, fortement ridulés ; une forte carène longitu-
dinale au milieu, continuée sur la dent antérieure ; paragènes et surface gulaire
sans strioles obliques ou transversales bien marquées. Pronotum modérément
transversal, 1,35 à 1,45 fois plus large que long, très modérément convexe ;
les angles antérieurs petits mais saillants et dentiformes, les côtés fortement
arrondis sur toute leur longueur, de l'angle antérieur jusqu’à la base, les
angles postérieurs complètement effacés, le lobe médian basilaire fort court,
la gouttière marginale très étroite sur toute sa longueur, les dépressions
basilaires bien distinctes; surface pourvue de strioles transversales assez
nettes sur le disque, bien qu’à peine distincte chez quelques individus, et
avec une ponctuation très fine et superficielle. Elytres en ovale allongé, un
peu élargis en arrière, très nettement déprimés ; épaule bien marquée et même
quelque peu dentée, la crête humérale étant saillante, longue, assez arquée,
marquant fort bien la bifurcation des deux carènes externes ; bandeau basilaire
granuleux large; sculpture assez homodyname, les six intervalles internes
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 115
étant tous faiblement soulevés et de même largeur, bien que le 3 et le 5 soient
un peu plus larges et plus hauts, le plus souvent carénés à l'extrême base où
se trouve généralement un tubercule saillant allongé, tous pourvus d’une
microsculpture très fine et très dense, donnant à toute la surface un aspect
mat, terne et alutacé ; la 7e côte est caréniforme en avant mais souvent ne
dépasse pas la mi-longueur de l’élytre; stries faibles, à ponctuation assez
variable, parfois indistincte, parfois bien marquée.
Apophyse prosternale avec une touffe de soies à son extrémité. Protibias
parfois munis d’une ou deux soies sur le milieu de la face supérieure, à l'endroit
où les Storthodontus présentent leur rangée caractéristique de soies. BANNINGER
et JEANNEL ont vu là un caractère important différenciant storthodontoides
des autres Dyscherus ; en réalité, il s’agit d’un critère peu constant, ne s’obser-
vant pas chez tous les spécimens examinés, variable aussi parfois chez certains
individus qui le présentent d’un côté et pas de l’autre. Je dois ajouter cependant
qu'il ne s’observe jamais chez les autres Dyscherus.
Une soie prothoracique antérieure et une ou deux postérieures. Six ou
sept soies discales.
Edéage fig. 47 b.
Distribution dans l'île (fig. 48). — Cette espèce est propre au massif
de l’Andringitra et descend plus au sud dans la région d’Ivohibe et de Vondrozo.
L’indication de JEANNEL « Pic d’Ivohibe » est inexacte, d’après une commu-
nication de M. R. Decary à M. P. Vierre; en réalité le type a été recueilli
au nord de ce pic, vers 1 000 à 1 200 m d'altitude.
MapaGascar CENTRE : Andringitra, forêt de Vakoana, 2100 m (4.
Robinson, IX. 1949, MP). — Andringitra est, forêt d’Ambalamarovandana,
1530 m (Mission CNRS, RCP n° 225, I. 1971, MP). — Andringitra est,
Anjavidilava, 2000 m (Mission CNRS, RCP n° 225, XII. 1970-I. 1971,
MRAC). — Andringitra est, forêt d’Imaitso, 2030 m (P. Griveaud, I. 1958,
MP). — Base nord du pic Ivohibe, 1 000-1 200 m (R. Decary, 1926, MP).
MapaGascar Esr: Vondronzo (J. Vadon, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
10. Genre Dyscherinus Jeannel
Dyscherinus Jeannel, 1955, Mém. Inst. Sci. Mad., (E) 6, p. 47 (espèce-type :
Dyscherinus pauliani Jeannel, 1955, par monotypie et désignation originelle).
Description. — Genre voisin de Dyscherus, avec la même conformation
du champ huméral et le lobe interne des maxilles arrondi au sommet, ni crochu
ni denté. Il en partage la plupart des caractères mais diffère par un critère
chétotaxique important, à savoir l'insertion des soies discales élytrales sur le
4e intervalle, contre la 4e strie, au lieu de se trouver dans la 3€ strie comme
chez les Dyscherus. Ce caractère a une importance considérable chez les Scaritines
et c’est pourquoi j'estime la création de ce taxon par JEANNEL parfaitement
justifiée.
Source : MNHN, Paris
116 P. BASILEWSKY
Répartition géographique. — Les trois espèces de ce genre, propre à
Madagascar, ne sont connues que de la partie orientale de l’île, du lac Alaotra
au massif de l’Andohahelo.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (2). Apophyse prosternale glabre. Elytres brillants, le 72 intervalle
effacé bien que la crête humérale soit normale et forme un angle
fortement denté à l'épaule. Long. 18 à 28mm. 1. D. pauliani Jeannel
2. (1). Apophyse prosternale pourvue d’une touffe de soies à son
extrémité. Elytres mats, avec le 7e intervalle toujours bien
marqué et caréné, ne fut-ce qu’en avant.
3. (4). Tous les intervalles élytraux bien soulevés, à surface finement
mais densément granuleuse. Crête humérale moins oblique,
fortement saillante et élargie en arrière. Long. 23 à 26 mm.
ee et eu 2. D. pseudomodus (Bänninger)
4. (3). intervalles élytraux très plats, à l'exception du 3° qui est
soulevé en avant, et du 7€ qui forme une carène très fine dans le
tiers antérieur, dépourvus de toute granulation mais très
finement alutacés. Crête humérale plus oblique, moins sail-
lante, non ou à peine élargie en arrière. Long. 26 à 32 mm.
à 3. D. vadoni n. sp.
1. Dyscherinus pauliani Jeannel
Dyscherinus Pauliani Jeannel, 1955, Mém. Inst. Sci. Malg., (E),6,p. 48, fig.2.
Dyscherinus pauliani Jeannel ; Basizewsky, 1972, Bull. Soc. ent. France,
77, p. 221.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Andohahelo (R. Paulian, 1.1954)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 18 à 28 mm. Corps brillant, allongé et élancé,
l’avant-corps à peine plus long que les élytres.
Tête volumineuse et bombée en arrière, les yeux petits, en partie recouverts
d’une fine couche de chitine noire, le calus oculaire nul ; sillons frontaux assez
profonds, un peu convergents en arrière. Mandibules acérées au sommet et
bien arquées. Pronotum modérément transverse, 1,37 à 1,40 fois plus large
que long, le bord antérieur faiblement concave, les angles antérieurs nettement |
saillants vers l’avant, les côtés légèrement arqués ; lobe basal médian presque
indistinct ; sillon longitudinal médian faiblement marqué, les transversaux |
plus fortement ; gouttière marginale très étroite sur toute sa longueur ; dépres- |
sions basilaires légèrement distinctes ; surface lisse, parfois avec de légères
ridules transversales sur le disque. Elytres allongés, légèrement rétrécis vers
l'avant et faiblement élargis en arrière, peu convexes ; épaule peu marquée ;
crête humérale très oblique, bien saillante, élargie et épaissie en arrière où
elle forme une dent bien marquée ; tous les intervalles plats, les quatre internes
larges et à microsculpture faible, les externes plus étroits, un peu plus soulevés
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 117
F1G. 50. — Gen. Dyscherinus Jeannel et Paradyscherus Basilewsky. a, D.
pauliani Jeannel, édéage : b, id., style génital Q; c, D. vadoni n.sp., édéage ;
d, D. pseudomodus (Bänninger), édéage : e, P. peyrierasi n.sp., style génital 9:
et pourvus d’une très fine granulation, le 72 pas plus élevé sur toute sa longueur
que le 6e et ne formant ni crête ni carène ; le 8e est en forte carène prolongée
jusqu’à l'angle sutural et forme le bord marginal en avant ; stries fines et peu
profondes, surtout les internes, à ponctuation très faible; dans la déclivité
apicale les stries s’effacent progressivement, les intervalles s’aplatissent encore
et se couvrent d’une granulation très fine mais assez régulière.
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes un peu plus longs que larges.
Bifurcation des deux dents externes terminales des protibias située nettement
en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi que
quelques soies basales, mais pas de marginales. Sept soies discales, l’antérieure
à l’origine de la 3e strie.
Edéage fig. 50 a. Style génital de la © fig. 50 b.
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| Distribution dans l’île (fig. 51). — MapaGascar Esr : Andohahelo,
| 1800 m (R. Paulian, I.1954, MP, MRAC). — Chaînes anosyennes, massif
| nord, 1 900 m, haute Ranomandry (Mission CNRS, RCP n° 225, XI. 1971,
| MP, MRAC). — Id., 600 m, moyenne Ranomandry, entre Bekasaha (camp 7)
| et rivière Ranomandry (camp 7 bis) (1d., XI. 1971, MP).
|
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Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
118 P. BASILEWSKY
V pauliani
© pseudomodus
% vadoni
Fic. 51. — Gen. Dyscherinus Jeannel. Répartition géographique.
2. Dyscherinus pseudomodus (Bänninger)
Dyscherus pseudomodus Bänninger, 1933, Deutsch. ent. Zeil.,
p. 85.
Dyscherus pseudomodus Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.,
pp. 53, 55, pl. 5, fig. 12.
Dyscherus pseudomodus Bänninger ; JeANNEz, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, pp. 274, 276.
Dyscherus pseudomodus Bänninger ; BANNINGER, 1949, Mütf. Münch. ent.
Ges., 39, p. 140.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Mahatsinjo (Ent. Inst., Zürich).
Description. — Long. 23 à 26 mm. Arrière-corps mat, plus courte qu
les élytres.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 119
Tête volumineuse et massive, très épaisse en arrière ; yeux petits, libres
et fonctionnels chez le type, partiellement ou entièrement recouverts de chitine
chez les autres exemplaires connus ; calus oculaire nul ; sillons frontaux longs
et assez profonds, un peu convergents en arrière ; mandibules recourbées et
acérées au sommet ; lobes sus-antennaires fortement développés ; partie anté-
rieure du front pourvue de strioles longitudinales fines et assez longues, la
postérieure lisse. Pronotum assez transverse, 1,42 à 1,43 fois plus large que
long, le bord antérieur légèrement concave au milieu, les angles antérieurs
guère prolongés vers l'avant mais formant un petit denticule aigu et saillant ;
côtés à peine arqués ; lobe basilaire médian court mais bien marqué; sillon
longitudinal médian fin, les transversaux bien marqués ; gouttière marginale
étroite sur toute sa longueur; dépressions basilaires étendues mais peu pro-
fondes ; surface brillante, avec de faibles ridules transversales sur le disque ;
le bandeau antérieur presque totalement dépourvu de ridules longitudinales.
Elytres allongés et bien déprimés, ovoïdes, pas plus rétrécis en avant qu’en
arrière; épaule bien marquée, à crête humérale modérément oblique, très
saillante et élargie en arrière où elle forme une forte dent ; tous les intervalles
sont nettement soulevés, de plus en plus au fur et à mesure que l’on s'éloigne
vers l'extérieur, très mats, pourvus d’une granulation fine mais assez dense,
le 3e généralement un peu plus convexe que les autres et formant une fine
carène, très étroite et modérément saillante, à milieu un peu entrecoupé ;
le 8° forme une carène bien saillante jusqu’à l'angle sutural ; stries internes
peu profondes, les externes mieux marquées, toutes plus où moins ponctuées ;
dans la déclivité apicale les intervalles et les stries s’oblitèrent et la surface
devient uniformément granuleuse.
Apophyse prosternale pourvue d’une touffe de soies à son extrémité.
Métépisternes presque carrés. Bifurcation des deux dents externes terminales
du protibia située très légèrement en avant de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, ainsi qu'une
ou deux marginales et quelques basales. Cinq soies discales, l’antérieure à
l’origine de la 3e strie.
Edéage fig. 50 d.
Distribution dans l'île (fig. 51). — Manacascar Esr : Route de Lakato
(G. Dujardin-Delacour, I. 1969, MRAC). — Ankasoka, route de Lakato (G.
Dujardin-Delacour, IL. 1970, MP).
MapaGascar CENTRE : Mahatsinjo (Ent. Inst., Zürich).
L’exemplaire que BäNNINGER (1949) cite d’Ifanadiana appartient proba-
blement à l'espèce suivante.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Cette espèce fut décrite par BÂNNINGER dans le genre
Dyscherus mais dans son texte l’auteur spécifie bien que les soies discales
sont situées sur le 4° intervalle, ce que j'ai pu vérifier sur le type. Ce fait a
échappé à JEANNEL qui, autrement, l'aurait incorporé dans son nouveau
genre Dyscherinus. Comme l'indique BäniNGER, les soies clypéales manquent
chez son exemplaire; mais c’est là un caractère individuel, probablement
tératologique.
Source : MNHN, Paris
120 P. BAsILEWSKY
3. Dyscherinus vadoni n. sp. (fig. 52)
Type. — Holotype G, Madagascar Est, forêts de Befotaka (A. Peyrieras)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 26 à 32 mm. Arrière-corps mat, nettement plus
court que l’avant-corps.
Tête très volumineuse et épaisse en arrière, les mandibules recourbées
et acérées au sommet ; yeux petits, libres et apparemment fonctionnels chez
les trois exemplaires connus ; calus oculaire nul ; lobes sus-antennaires forte-
ment développés; partie antérieure du front pourvue de quelques strioles
longitudinales de largeur moyenne, la postérieure lisse ; sillons frontaux plus
courts que chez l’espèce précédente, assez profonds et étroits, nettement
convergents en arrière. Pronotum semblable à celui de pseudomodus, 1,40 à
1,45 fois plus large que long, les côtés un peu plus arqués, les dépressions
basilaires et le sillon transversal postérieur mieux marqués, les strioles trans-
versales plus fortes en arrière. EÉlytres un peu plus allongés, en ovale plus
Fic. 52. — Dyscherinus vadoni n.sp. (dessin de Mme S. BERGER).
FiG. 53. — Paradyscherus jeanneli n.sp. (dessin de Mme S. BErGER).
atténué en avant et surtout en arrière, à disque moins déprimé ; intervalles
élytraux larges et plats, non convexes sauf le 3 qui est un peu plus soulevé
que les autres et forme en avant un fort tubercule saillant, allongé et brillant ;
la surface est mate, finement alutacée mais dépourvue de toute granulation ;
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 121
le 7e forme une carinule très fine et très étroite en avant ; carène du 8e continuée
jusqu’à l'angle sutural ; stries finement mais nettement ponctuées, la gouttière
séparant les intervalles 7 et 8 bien plus large et assez profonde ; les stries sont
continuées plus loin vers l’apex où l’on ne voit cependant ni rugosité ni
granulation.
Apophyse prosternale pourvue d’une touffe de soies à son extrémité.
Métépisternes petits, un peu plus longs que larges. Bifurcation des deux dents
externes terminales du protibia située nettement en avant de l'insertion des
tarses.
Chétotaxie du pronotum comme chez l’espèce précédente, avec une seule
soie marginale. Sept soies discales, l’antérieure assez éloignée de la base.
Edéage (fig. 50 c). Styles génitaux de la © semblables à ceux de pauliani,
mais le dernier article est plus épais et avec un plus grand nombre de cils
épineux.
Distribution dans l'île (fig. 51). — Managascar Esr : Vondrozo (J.
Vadon, 2 ex., MP, MRAC). — Forêts de Befotaka, district de Midongy-Sud (A.
Peyrieras, 1 ex., MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
11. Genre Paradyscherus Basilewsky
Paradyscherus Basilewsky, 1971, Bull. Soc. ent. France, 76, p. 255 (espèce-
Ho are blanci Basilewsky, 1971, par monotypie et désignation ori-
ginelle).
Description. — Espèces de taille assez grande (33 à 37 mm). Aptères,
d’un aspect bien caractéristique par suite de la largeur des élytres.
Tête forte, large, épaissie en arrière, à mandibules assez moyennes mais
acérées et recourbées au sommet ; champ postoculaire toujours lisse ; paragènes
comme chez Dyscherus, à bord interne simple, sans échancrure ni denticulation
mais un peu tordus au sommet ; lobes latéraux du labium très larges, légère-
ment tronqués en avant, sans carène médiane ; dent labiale forte et pointue.
Yeux très petits. Lobe interne des maxilles, contrairement aux deux genres
précédents, pourvu à son extrémité interne d’un fort crochet en bec d'oiseau.
Pronotum assez transversal, 1,42 à 1,58 fois plus large que long, à bord anté-
rieur à peine concave, les angles antérieurs non lobés mais en petits denticules
saillants ; lobe basal médian très court ou nul. Elytres très larges et peu
convexes, à gouttière marginale large ; pas de rebord basilaire ; épaule toujours
arrondie, la crête humérale ne formant aucun denticule; la sculpture est
variable suivant les espèces, mais les stries sont toujours dédoublées : trois
rangées de points entre les intervalles 1 et 3, et six à huit entre 3 et 7 ; le 7e
intervalle est soit soulevé en carène, soit tout à fait effacé,
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits, un peu plus longs
que larges en avant. Côtés des premiers segments abdominaux strigulés longi-
tudinalement. Protibias très larges, toujours dépourvus de soies au milieu
de la face supérieure ; bifurcation des deux dents externes terminales située
en avant de l’insertion des tarses. Mésotibias avec une seule dent distale
externe.
Source : MNHN, Paris
122 P. BASILEWSKY
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes, sans soies
marginales ni basales. Quatre à six soies discales insérées sur la 3° ou la 4e
strie. J’attribue cette diversité dans l'endroit de l'insertion de ces soies à une
certaine perturbation de la chétotaxie provoquée par le dédoublement des
stries ; c’est pourquoi je ne lui accorde pas la même valeur taxonomique que
chez les genres précédents.
Mâles inconnus. Dernier article des styles génitaux de la femelle en griffe
très mince et allongée, munie d’une double rangée de soies épineuses à la face
externe.
Répartition géographique. — Trois espèces sont connues à ce jour
dans ce genre, toutes trois propres à la région orientale de l’île.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (4). Intervalle 7 des élytres formant une forte carène saillante,
doublant la carène marginale jusqu’assez loin après le milieu,
constituant avec cette dernière une bifurcation située immé-
diatement après l'épaule. Soies discales insérées à l’emplace-
ment de la 3° strie. Elytres plus ovoïdes et moins longs.
2. (3). Toute la surface élytrale très brillante, sans aucune micro-
sculpture, les intervalles tout à fait plans, sans aucune côte
soulevée ; stries constituées par des rangées de points bien
alignés. Dent labiale large et très acérée. Long. 33 mm.
D Ce 1. P. blanci Basilewsky
3. (2). Toute la surface élytrale mate, les intervalles 1 et 3 soulevés
en côtes modérément convexes mais formant deux bandeaux
bien marqués, à microsculpture nette, le restant plan, à sculp-
ture forte, la partie externe granuleuse ; stries formées de
points peu individualisés et plus irrégulièrement disposés.
Dent labiale courte et triangulaire. Long. 37 mm. 2. P. jeanneli n. sp.
4. (1). Intervalle 7 des élytres simple sur toute sa longueur, ne
formant ni carène ni même de côte soulevée, le bord de l’élytre
simple et formé uniquement par la carène du & intervalle.
Soies discales insérées à l'emplacement de la 4 strie. Elytres
plus longs et plus étroits. Long. 34 mm.. 3. P. peyrierasi n. sp.
1. Paradyscherus blanci Basilewsky
Paradyscherus blanci Basilewsky, 1971, Bull. Soc. ent. France, 76, p. 256, fig. 1.
Type. — Holotype ©, Madagascar Centre, forêt d'Ambavahala (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 33 mm. Tout le dessus particulièrement brillant,
l’avant-corps un peu plus long que les élytres.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 123
Tête grosse et épaisse, les mandibules larges et assez courtes, recourbées
et pointues à l’apex, les yeux petits et partiellement recouverts de chitine ;
sillons frontaux assez longs mais peu larges et modérément profonds ; toute
la surface est pourvue d’une ponctuation extrêmement petite, superficielle
et espacée, l'avant du front avec quelques rides obliques bien marquées, le
restant lisse ; pas de microsculpture, ce qui rend tout le dessus très brillant ;
lobes latéraux du labium très larges, à bord antérieur modérément tronqué,
entièrement ridulés ; dent médiane très acérée et très longue, subcarénée
longitudinalement au milieu ; paragènes ridulés obliquement. Pronotum assez
transverse, 1,58 fois plus large que long, le bord antérieur à peine concave,
les angles antérieurs prolongés vers l’avant en faibles lobes assez aigus au
sommet, les côtés faiblement mais régulièrement arqués, ensuite fortement
arrondis, confluant avec la base sans former de lobe médian, les angles posté-
rieurs effacés ; gouttière marginale étroite sur toute sa longueur ; dépressions
bosilaires faiblement marquées ; surface très brillante, les ridules tant trans-
versales que longitudinales presque complètement effacées, le sillon transversal,
antérieur bien marqué au milieu, mais s’oblitérant sur les côtés. Elytres ovoïdes
et peu convexes, 1,52 fois plus longs que larges ensemble, à largeur maximale
située un peu en arrière du milieu ; pas de rebord basilaire ; épaule très arrondie,
ni anguleuse ni dentée, la crête humérale très légèrement épaissie et assez
saillante, assez longue et un peu arquée, régulièrement bifurquée à son extré-
mité d’où partent les deux carènes marginales ; granulation du bord antérieur
faible et peu étendue; surface très faiblement sculptée et microsculpture
nulle, ce qui lui donne un éclat assez vif ; les stries, constituées par des rangées
régulières de points bien formés et moyennement profonds, assez bien alignées,
sont d’un nombre plus élevé que de coutume ; c’est ainsi qu'on trouve trois
rangées au lieu de deux entre les intervalles 1 et 3, trois entre, 3 et 5 et quatre
entre 5 et 7, ces dernières moins régulières ; les intervalles sont complètement
plats, le 3€ beaucoup plus large que les autres, le 5° un peu ; le 7€ intervalle est
en carène saillante jusqu’au dernier quart, doublant ainsi la carène marginale
du 8e intervalle ; à l’apex de l’élytre les stries disparaissent et sont remplacées
par une chagrination assez nette.
Dessous brillant. Métépisternes petits, à peine plus longs que larges au
bord antérieur.
Quatre soies discales dans la 3° strie, toutes dans la moitié postérieure
de la longueur.
Mâle inconnu.
Distribution dans l'île (fig. 54). — Seul l’holotype Q de cette espèce
est connu.
MADAGASCAR CENTRE : Forêt d’Ambavahala, au nord d’Antanifotsy,
près de l’Andringitra, 1 500 m (Mission CNRS, RCP n° 225, I. 1971, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Paradyscherus jeanneli n. sp. (fig. 53)
Type. — Holotype ©, Madagascar Est, Moramanga (coll. Le Moult)
(Musée Royal de l'Afrique centrale, Tervuren).
Source : MNHN, Paris
124 P. BASILEWSKY
Description. — Long. 37 mm. Dessus mat, l’avant-corps à peine plus
long que les élytres.
Tête grosse et épaisse, les mandibules comme chez l'espèce précédente
mais moins recourbées et un peu plus émoussées au sommet ; yeux petits et
partiellement recouverts de chitine; sillons frontaux longs et assez larges
mais modérément profonds ; toute la surface est imponctuée mais avec une
microsculpture très fine, visible seulement à fort grossissement, l’avant avec
des rides obliques ou longitudinales, modérément marquées ; lobes latéraux
du labium comme chez blanci, mais la dent médiane est plus courte et moins
acérée ; paragènes semblables, Pronotum assez transverse, 1,53 fois plus large
que long, le bord antérieur presque droit, les angles postérieurs effacés, la base
formant un lobe médian très court et peu distinct; gouttière marginale très
étroite sur toute sa longueur; dépressions basilaires faiblement marquées ;
surface pourvue de très faibles ridules longitudinales moyennes en avant du
sillon transversal antérieur qui est bien marqué, mais s'oblitérant assez nette-
ment sur les côtés. Elytres allongés et peu ovoïdes, presque subparallèles,
1,55 fois plus longs que larges ensemble ; pas de rebord basilaire ; épaule très
arrondie, ni anguleuse ni dentée, la crête humérale non épaissie et assez saillante,
longue, bien arquée, régulièrement bifurquée à son extrémité postérieure d’où
partent les deux carènes marginales ; granulation du bord antérieur marquée
mais très courte ; surface fortement sculptée, avec une microsculpture fine
mais nette, donnant à l’ensemble un aspect mat ; les stries sont constituées
par des rangées de points moins profonds et moins bien individualisés que
chez l'espèce précédente, plus allongés et moins régulièrement alignés, d’un
nombre plus élevé que de coutume; c’est ainsi que l’on trouve trois stries
entre les intervalles 1 et 3, tandis que les stries externes sont noyées dans une
sculpture confuse et irrégulière, chagrinée, avec des granules saillants et petits,
bien nets ; les intervalles 1 et 3 sont nettement soulevés, assez larges, à sculpture
plus faible que celle sur le restant de l’élytre, ce qui leur donne l'aspect de
bandeaux longitudinaux fort bien marqués ; le 5 est peu soulevé étroitement,
tout en restant granulé comme le fond ; 7€ intervalle soulevé en carène saillante
et étroite continuée jusqu’au début du quart postérieur et doublant ainsi la
carène marginale du 8e; à l’apex de l’élytre les côtes et carènes sont effacées
et la surface est plane et très chagrinée.
Dessous plus mat. Métépisternes petits et à peine plus longs que larges
au bord antérieur.
Six soies discales insérées dans la 3e strie, l’antérieure pas très éloignée
de la base.
Mâle inconnu.
Distribution dans l'île (fig. 54). — Seul l’exemplaire holotypique est
connu actuellement.
MapaGascar Esr : Moramanga (coll. Le Moult, au Musée Royal de l’Afri-
que Centrale, Tervuren). Comme pour une grande partie des insectes ayant
passé entre les mains d’Eugène Le Mourr, cette indication ne présente pas de
certitude d'authenticité.
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 125
Je dédie cette intéressante espèce nouvelle à mon regretté maître et ami
le Professeur Dr. R. JEANNEL, dont la contribution à l'étude de la faune cara-
bidologique malgache fut fondamentale et restera la base de toutes les recherches
ultérieures dans ce domaine.
© blanci
X jeanneli
Y peyrierasi
Fic. 54. — Gen. Paradyscherus Basilewsky. Répartition géographique.
3. Paradyscherus peyrierasi n. sp. (fig. 55)
Type. — Holotype O, Madagascar Est, Est de Vondrozo (Muséum, Paris).
Description. — Long. 34 mm. Dessus assez brillant, l’avant-corps à
peu près de même longueur que les élytres.
Source : MNHN, Paris
126 P. BASILEWSKY
Tête grosse et épaisse, les mandibules
larges, fortement amincies vers l’extrémité où
elles sont nettement recourbées et quelque peu
acérées, les yeux petits et partiellement recou-
verts de chitine ; sillons frontaux assez courts
et rectilignes, peu larges mais assez profonds ;
toute la surface est très brillante, imponctuée,
avec quelques faibles ridules obliques en avant ;
lobes latéraux du menton larges, nettement
ridulés longitudinalement, tronqués droit en
avant ; dent médiane très acérée, mais moins
longue que chez blanci; paragènes comme chez
ce dernier. Pronotum convexe et modérément
transverse, 1,42 fois plus large que long, le
bord antérieur très faiblement concave, les
angles antérieurs en lobes très courts et émous-
sés au sommet, les côtés faiblement arrondis,
les angles postérieurs effacés, les côtés de la
base obliques et rectilignes, avec un lobe mé-
dian court mais distinct ; gouttière marginale
très étroite sur toute sa longueur ; dépressions
basilaires bien distinctes ; surface brillante et
lisse, imponctuée, sans strioles longitudinales
ou transversales, le sillon transversal antérieur
faible mais visible sur toute sa longueur.
ne Te Fe ours de Elytres assez convexes, allongés et étroits,
Mme S. BErGEn). 1,72 fois plus longs que la largeur des deux
réunis, pas plus larges que le pronotum, à
largeur maximale située vers le milieu de la
longueur, longuement atténués vers le sommet ;
pas de rebord basilaire ; épaule bien marquée mais largement arrondie, la crête
humérale longue, un peu arquée, en oblique plus proche de la verticale, dimi-
nuant un peu de largeur à l'endroit où chez les autres espèces, se trouve la bifur-
cation des deux carènes marginales ; champ basilaire granuleux presque nul ;
la surface est parcourue par une large côte saillante et brillante, sans aucune
microsculpture, formée par le 3 intervalle ; le 1€r est un peu soulevé en avant ;
entre ces deux intervalles on observe trois rangées de petits points assez irré-
gulièrement alignés, et tout l’espace est faiblement aciculé ; à l'extérieur du
3° intervalle, vers la bordure, on trouve huit rangées de petits points devenant
de plus en plus confuses vers la bordure et avec une microsculpture de plus en
plus forte; contrairement aux deux espèces précédentes, le 7e intervalle est
complètement effacé, ne formant ni côte ni carène, et la carène du 8e intervalle,
qui forme le bord extérieur, n'est donc pas accompagné d’une deuxième carène ;
dans le tiers postérieur de l'élytre la sculpture devient plus confuse et fortement
chagrinée.
Dessous modérément brillant. Métépisternes petits, à peine plus longs que
larges au bord antérieur.
Six soies discales dans la 4° strie, l’antérieure assez près de la base.
Mâle inconnu. Styles génitaux de la © fig. 50 a.
Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SCARITINAE 127
Distribution dans l'île (fig. 54). — Seul le type de l'espèce est connu
jusqu’à présent.
Madagascar Est : Est de Vondrozo (A. Peyrieras) (MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Cette nouvelle espèce est très différente des deux précé-
dentes, notamment par la conformation du 72 intervalle des élytres, qui ne
forme pas de carène, et par l'insertion des soies discales sur la 4£ strie et non
sur la 32, J'ai déjà employé ces critères pour séparer des lignées en genres,
et, logiquement, P. peyrierasi devrait être placé dans une coupe générique
distincte. J’ai renoncé à le faire, du moins provisoirement, surtout parce que
ces trois espèces ne sont connues que par des individus uniques, malheureu-
sement des femelles ; en outre, pour le second caractère, il n’est pas impossible
que l’évolution sculpturale de l’élytre amenant le dédoublement des stries,
ne soit la cause d’une perturbation accidentelle de l'insertion des pores discaux.
Je dédie cette espèce à M. André PEyRIERAS qui a recueilli d’abondantes
séries de Scaritines malgaches et continue à contribuer fortement à l’avance-
ment de l’étude de ce groupe.
G. Subtrib. STORTHODONTINA Jeannel
Storthodontina Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 237, 277.
Les Siorthodontina présentent le stade final de l’évolution orthogénétique
du champ huméral de l’élytre. Ici, ce champ huméral n’atteint pas le bord
préhuméral et est entièrement invisible du dessus ; l’angle de l’épaule, souvent
denté, est constitué par la bifurcation de la crête humérale qui donne naissance
à la carène du 8° intervalle, et à celle du 7° quand elle existe, ou qui se prolonge
sans interruption par le 8e lorsque le 7® reste bas et effacé. Tout le bord préhu-
méral est donc formé par cette crête, originaire du 8e intervalle. Le 9€, entiè-
rement replié à la face ventrale, forme un faux épipleure sur le même plan que
l'épipleure véritable et se continue jusqu’au pédoncule, contrairement à ce qui
se passe chez les Dyscherina, chez lesquels le vrai épipleure constitue partiel-
lement le champ huméral visible de la face dorsale (fig. 3c).
On comprend fort bien le mécanisme de cette évolution en examinant le
champ huméral des Tapinoscaris ; chez les espèces de ce genre le faux épipleure
se prolonge bien jusqu’au pédoncule mais seulement par une étroite bande cou-
rant le long du bord préhuméral et continuant la crête séparant le faux épi-
pleure du vrai, avec quelques points de la série ombiliquée bien distincts. En
observant l’insecte en vision oblique, ce caractère est mieux visible que vu par
en dessous.
Les Storthodontina sont des insectes de taille moyenne à très grande, pou-
vant atteindre jusqu'à 66 mm de long, à tête généralement volumineuse, avec
des mandibules souvent énormes, toujours aptères.
Les genres Slorthodontus et Crepidopterus furent créés en 1885 par CHAu-
poir et séparés l’un de l’autre par la conformation de l'extrémité distale du
Source
: MNHN, Paris
128 P. BASILEWSKY
lobe interne des maxilles, arrondi chez le premier, denté ou crochu chez le second.
Mais BäANNINGER (1938) n’attacha qu'une importance secondaire à ce carac-
tère ; il considéra le second comme un simple sous-genre du premier et le définit
par l’absence de la rangée médiane de soies alignées à la face supérieure du
protibia chez Crepidoplerus et sa présence chez Storthodontus. J'ai pu me
convaincre qu’il ne s’agissait là que d’un caractère spécifique, comme on le
voit fort bien chez le genre Pilades, pouvant même varier individuellement
chez quelques Tapinoscaris. C’est donc à juste titre que JEANNEL reprend le
caractère proposé par CæauDoi et résidant dans la forme du lobe interne des
maxilles. Tout en reconnaissant la valeur générique de ce critère, j'estime
quant à moi devoir donner la préférence à un troisième caractère, qui me paraît
plus important et plus facile à observer ; il consiste dans la conformation du
bord externe de l'élytre constitué tantôt uniquement par la carène du 8 inter-
valle, celle du 7€ étant alors complètement effacée, tantôt par les carènes des
intervalles 8 et 7, très rapprochées l’une de l’autre, la dernière doublant la
première sur la plus grande partie de sa longueur. Ces deux critères, auxquels
il convient d’ajouter celui tiré de la forme des paragènes, m’amènent à consi-
dérer Dinoscaris non comme un sous-genre de Crepidopterus mais comme un
genre bien distinct, plus proche d’ailleurs de Slorthodontus. D'autre part,
Pilades mérite également, me semble-t-il, d’être élevé au rang générique, tandis
que Selenoscaris sera mis en synonymie de ce dernier.
La sous-tribu des Storthodontina n’existe qu'à Madagascar ; elle est incon-
nue aux Comores, aux Mascareignes et aux Séchelles. Elle comporte cinq
genres présentant une vaste répartition dans l’île.
TABLEAU DES GENRES
+ (2). Paragènes dentés sur leur bord interne. Elytres avec une
double carène marginale formée par les intervalles 7 et 8. Lobe
interne des maxilles arrondi à son extrémité. ...............
2. (1). Paragènes triangulaires, sans dent ni échancrure à leur bord
externe.
3. (6). Elytres avec une double carène marginale formée par les inter-
valles 7 et 8.
Fa
(5). Lobe interne des maxilles crochu à son extrémité distale, ter-
miné par une dent saillante en dedans :
DS er ne en rt 13. Gen. Dinoscaris Alluaud (p. 148)
5. (4). Lobe interne des maxilles arrondi à son extrémité distale, sans
dent ni crochet ...... 14. Gen. Storthodontus Chaudoir (p. 165)
o
. (3). Elytres avec une simple carène marginale, formée seulement
par le 8e intervalle.
7. (8). Lobe interne des maxilles crochu à son extrémité, terminé par
unesdentrsalanteren dedans. 204 dance rech
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 129
8. (7). Lobe interne des maxilles arrondi à son extrémité, sans dent
ni crochet...... 16. Gen. Pilades Heyne et Taschenberg (p. 210)
12. Genre Tapinoscaris Jeannel
Tapinoscaris Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franc. 6, pp. 277, 294 (espèce-
type : Crepidopterus raffrayi Fairmaire, 1885, par désignation originelle).
Description. — Espèces de taille moyenne (16 à 32 mm), à élytres
presque toujours fortement déprimés.
Tête forte, à mandibules longues, plus ou moins droites et aiguës ; champ
postoculaire lisse en dedans de la soie frontale ou avec quelques grosses rides
obliques d’avant en arrière et de dedans en dehors, jamais confusément rugueux ;
calus oculaire variable, paragènes avec une dent saillante au bord interne et la
carène interne toujours présente, courte ou longue ; lobes du menton avec
ou sans carène longitudinale médiane. Lobe interne des maxilles arrondi à son
extrémité, mais généralement pas aussi nettement que chez Storthodontus,
présentant parfois à son extrémité un très petit crochet au sommet. Pronotum
court et transverse, assez semi-lunaire, à angles antérieurs aigus, les postérieurs
effacés. Elytres mats et déprimés, ovales ou elliptiques, avec les épaules assez
arrondies, ni anguleuses ni dentées ; bord externe toujours bicaréné, la carène
du 7e tendant souvent à se rapprocher de celle du 8, parfois même à se confon-
dre presque avec elle ; chez la plupart des espèces les intervalles impairs sont
plus ou moins bien marqués ; stries simples, non dédoublées,
Apophyse prosternale avec ou sans soies à son extrémité. Métépisternes
généralement un peu plus longs que larges. Protibias avec une série de soies
médianes alignées sur la face supérieure, comportant 4 à 5 soies (carnoti el
variolosus), 1 à 3 (chaudoiri, rugatulus, raffrayi, tricostis, descarpeniriesi)
ou 0 à 1 (razananae, rugulicollis) ; bifurcation des deux dents externes termi-
nales située au niveau de l'insertion des tarses, rarement un peu en avant
(razananae) ou un peu en arrière (descarpentriesi).
Soie prothoracique postérieure toujours présente, l’antérieure souvent
absente. Soies discales sur le bord externe du 3 intervalle,
Edéage allongé et grêle, les styles longs, à longue frange de soies sur le
bord ventral. Styles génitaux de la femelle allongés, l’article distal en forme
d’ongle un peu épaissi distalement et arqué en dehors, la face concave bordée
par deux rangées de 5 à 6 épines assez fortes ; ce dernier article est assez sem-
blable chez les différentes espèces, seul le nombre de soies épineuses variant
quelque peu.
Répartition géographique. — Huit espèces sont actuellement connues
de ce genre, toutes propres à Madagascar et assez localisées dans l’île. La plu-
part d’entre elles se rencontrent dans le domaine de l'Est, de Maroantsetra à
Brickaville ; deux sont plus méridionales, mais toujours orientales.
Discussion. — Les premières espèces, décrites par FarrmaAIRE (1869,
1887) et par HaroD (1879) furent placées par ces auteurs dans le genre Dys-
cherus, mais déjà en 1879 Caauporr écrivait à propos de fricostis : « Cette espèce
n'appartient que très imparfaitement au genre Dyscherus et devra probable-
9
Source : MNHN, Paris
130 P. BASILEWSKY
ment en constituer un nouveau ». BANNINGER (1931, 1938) et AzruauD (1934)
les classèrent tous deux dans le genre Sforthodontus et ce n’est qu’en 1946
que JEANNEL, à juste titre, les isola dans un taxon générique distinct.
Comme je l’ai déjà dit, la conformation du champ huméral chez Tapi-
noscaris constitue un peu le passage entre les Dyscherina et les Storthodontina.
En effet, bien que le faux épipleure se prolonge également jusqu’au pédoncule,
comme chez les autres Storthodontiens, cette liaison se fait par une étroite
bande courant le long du bord préhuméral et continue la crête séparant le
faux-épipleure du vrai, avec quelques points de la série ombiliquée ; cette
structure n’est pas toujours nettement distincte vue de la face ventrale, mais
bien visible en oblique.
TABLEAU DES ESPÈCES
1.(10). Champ postoculaire dépourvu de toute sculpture particulière.
Carène interne des paragènes courte ou très courte. Pronotum
moins transverse (1,36 à 1,53 fois plus large que long), avec une
ou deux soies latérales.
2. (5). Carène de la 7€ côte élytrale très rapprochée de la 8°, l’espace qui
les sépare formant une gouttière très étroite, bien plus étroite
que l’espace qui la sépare de la 6e,
3. (4). Apophyse prosternale avec des soies longues et nombreuses.
Lobes latéraux du labium sans carène longitudinale médiane.
Dent des paragènes moyenne. Calus oculaire très saillant mais
non anguleux en avant. Dépressions basilaires du pronotum
bien marquées. Base des élytres non rebordée. Long. 18 à 21 mm
rente en ne nn cc LD echaudoirt (Haro|d)
4. (3). Apophyse prosternale sans soies à son extrémité. Lobes latéraux
du labium avec une carène longitudinale submédiane. Dent des
paragènes moyenne. Calus oculaire très saillant en dehors et
anguleux en avant. Dépressions basilaires du pronotum indis-
tinctes. Base des élytres presque entièrement rebordée. Long.
177220 MM nee 2. T. rugulicollis (Fairmaire)
5. (2). Carène de la 7e côte élytrale éloignée de la 8, l’espace qui les
sépare formant une gouttière très large, aussi large que l’espace
la séparant de la 6€ ou même de la 5€.
6. (9). Carène de la 8e côte, vue du dessus, visible sur toute sa lon-
gueur, de l’épaule à l’apex. L'espace séparant les côtes 7 et 8
presque égal à celui séparant 7 et 5. Côtes 3, 5, 7 et 8 soulevées
en très fortes carènes subégales. Soies prothoraciques anté-
rieures absentes. Dent des paragènes très forte.
7. (8). Front lisse, sans strioles longitudinales ; en dedans du profond
sillon bordant extérieurement l’œil se trouvent deux ou trois
gros plis obliques très courts. Pronotum à côtés plus arrondis, à
Source : MNHN, Paris
8. (7.
9. (6).
10. (1).
11.(12).
12.(11).
13.(16).
CARABIDAE SCARITINAE
surface lisse. Elÿtres moins allongés et moins elliptiques, moins
131
atténués au sommet. Long. 18 à 25 mm. 3. T. raffrayi (Fairmaire)
Front pourvu d’une série de grosses strioles longitudinales
arquées dans la partie antérieure ; le sillon sus-oculaire bordé
en dedans par une série de gros plis courts et nombreux. Calus
oculaire bosselé par une série de gros plis rayonnant autour de
l'œil. Pronotum à côtés nettement moins arrondis, avec une
série de courts plis longitudinaux le long du bord antérieur.
Elÿtres plus allongés et plus elliptiques, plus atténués au som-
met LONS EDEN RAR MEME ER 4. T. rugatulus Jeannel
Carène de la 8 côte, vue du dessus, plus où moins cachée dans
la région humérale. L'espace séparant les côtes 7 et 8 plus
étroit que celui séparant 7 et 5, plus ou moins égal à celui que
l'on observe entre 7 et 6. Côtes 3, 5, 7 et 8 soulevées en carènes
plus courtes. Soies prothoraciques antérieures présentes. Dent
des paragènes faible. Pronotum moins transverse. Long. 16 à
DST Se ae dr Le er 5. T. tricostis (Fairmaire)
Champ postoculaire fortement ridé obliquement en dedans de la
soie frontale. Carène interne des paragènes très longue. Mandi-
bules particulièrement allongées. Pronotum plus transverse (1,71
à 1,88 fois plus large que long), avec deux soies latérales. Apo-
physe prosternale pourvue de nombreuses soies assez longues
à son extrémité.
Surface des élytres convexe, les stries presque lisses, les inter-
valles très peu bombés. Champ postoculaire avec 6 à 7 gros plis
en V ouvert en dehors, en dedans de la soie frontale. Front peu
striolé. Espace séparant les côtes 7 et 8 étroit mais normal. Bi-
furcation des deux dents distales du protibia située en avant de
l'insertion des tarses ; série médiane sur la face supérieure du
protibia réduite à une ou deux soies ou tout à fait absente.
Long-"197à 32m ere eee 6. T. razananae (Alluaud)
Surface des élytres très plane et même déprimée, les stries
ponctuées, le 3€ intervalle légèrement caréné sur presque toute
sa longueur et situé au milieu de la largeur élytrale. Champ
postoculaire avec des rides obliques, fortement en zigzag. Front
bien striolé. Espace séparant les côtes 7 et 8 particulièrement
étroit, presque nul. Bifurcation des deux dents externes ter-
minales du protibia située au niveau ou en dessous de l’inser-
tion des tarses ; série médiane sur la face supérieure du protibia
comportant quelques soies.
Elÿtres moins étroits et moins allongés, 1,50 à 1,60 fois plus
longs que larges ensemble, l’épaule arrondie mais bien marquée,
la crête humérale plus proche de la transversale, plus longue,
avec la bifurcation des deux carènes externes située plus loin,
en dessous de l'épaule ; tout le disque à sculpture faible à très
Source : MNHN, Paris
132 P. BASILEWSKY
faible, plus ou moins régulière et non confuse. Protibias à bifur-
cation des deux dents externes terminales située au niveau de
l'insertion des tarses.
14.(15). Elytres très ovoïdes et fortement acuminés vers l’apex ; seul le
3e intervalle soulevé en légère carène ; la surface entre les côtes
peu régulièrement sculptée, avec des rangées de gros points
irrégulièrement disposés. Pronotum nettement plus étroit que
les élytres, à sculpture bien moins fine. Front fortement dé-
primé, les sillons frontaux débouchant en arrière dans des fos-
settes larges et profondes ; sculpture fine, dense et assez pro-
fonde ; calus oculaire moins saillant. Quatre à cinq soies au
milieu de la face supérieure du protibia. Long. 28 à 32 mm .....
a men ee dinar 7. 'T. carnoti (Alluaud)
15.(14). Elytres peu ovoïdes et plutôt arrondis à l’apex ; le 3e intervalle
en carène tandis que le 52 est aussi mais moins fortement sou-
levé ; la surface entre les côtes très finement et régulièrement
sculptée, avec des fines rangées de points régulièrement alignés.
Pronotum à peu près de même largeur que les élytres, à sculp-
ture plus forte. Front nullement déprimé, les sillons frontaux
étroits et assez profonds, très rectilignes, à fossettes postérieures
presque nulles ; sculpture bien plus faible et plus espacée ; calus
oculaire plus saillant. Une à trois soies au milieu de la face supé-
rieure du protibia. Long. 18 à 19,5mm......................
D a ne 8. T. descarpentriesi Basilewsky
16.(13). Elytres particulièrement étroits et allongés, près de 1,90 fois
plus longs que larges ensemble, l'épaule effacée, la crête humé-
rale très oblique et très courte, la bifurcation des deux carènes
externes située sur l'épaule même ; tout le disque à sculpture
très grossière et très irrégulière assez confuse. Protibias à bifur-
cation des deux dents externes terminales située un peu en des-
sous de l'insertion des tarses. Long. 19 mm... re.
Re Re ee cc 9. T. variolosus (Alluaud)
1. Tapinoscaris chaudoiri (Harold)
Dyscherus Chaudoiri Harold, 1879, Stettin. ent. Zeit., 40, p. 329.
Storthodontus depressus Künckel d’Herculais, 1887, in A. GRANDIDIER,
Hist. phys. nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II, atlas, 1re partie,
pl. 29, fig. 4.
Scarites medioxymus Fairmaire, 1898, Ann. Soc. ent. Belg., 42, p. 392.
Dyscherus Chaudoiri Harold ; ALLuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist. phys.
nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 11.
sue medioxymus Fairmaire ; ALLUAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, L. c.,
P.
Storthodontus chaudoiri Harold ; BÂANNINGER, 1931, Deutsch. ent. Zeit., p. 194.
Storthodontus chaudoiri Harold ; NINGER, 1933, Deulsch. ent. Zeit., p. 84.
_ Storthodontus chaudoiri Harold ; BÂNNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit., p. 62,
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 133
Tapinoscaris Chaudoiri Harold ; JkANNEL, 1946, Faune de l'Empire frang., 6,
pp. 296, 299. :
Types. — chaudoiri Harold. Holotype, Madagascar (J. Goudot) (Muséum,
Paris).
depressus Künckel. Holotype, Madagascar (J. Goudot) (Muséum, Paris).
medioxymus Fairmaire. Holotype, Madagascar Centre, Antsianaka (Hum-
blot) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 18 à 21 mm. Avant-corps non particulièrement
volumineux.
Tête moyenne, le front finement striolé mais le champ postoculaire et toute
la partie postérieure lisse; calus oculaire très saillant mais non anguleux en avant,
pourvu de boursouflures bien marquées; lobes latéraux du labium fortement ridés
mais sans carène longitudinale médiane; paragènes à dent moyenne et émoussée,
à carène interne courte. Pronotum très transverse, environ 1,50 fois plus large
que long, semi-circulaire, à côtés très arrondis, les angles antérieurs modéré-
ment saillants, les postérieurs complètement effacés, le milieu de la base en lobe
faible, la gouttière marginale étroite; surface couverte d’une fine rugosité
transverse assez serrée mais moyennement saillante, devenant longitudinale
en avant du sillon transversal antérieur qui est bien marqué ; dépressions basi-
Fi. 56. — Gen, Tapinoscaris Jeannel. Edéages. a, T. chaudoiri (Harold) ;
b, T. carnoti (Alluaud).
Source : MNHN, Paris
134 P. BASILEWSKY
laires bien marquées. Elytres assez plans, ovalaires, à sommet obtusément
arrondi ; rebord basilaire absent ; épaule arrondie ; les intervalles 3, 5, 7 et 8
soulevés, les deux premiers en côtes mates et larges, les deux derniers en carè-
nes étroites, brillantes, très rapprochées l’une de l’autre et ne laissant entre elles
qu’une gouttière étroite ; les autres intervalles fort modérément soulevés et
finement microréticulés ; stries finement ponctuées. Apophyse prosternale avec
une forte touffe de soies longues et nombreuses. Métépisternes courts, à peine
plus longs que larges. Bifurcation des deux dents externes terminales du pro-
tibia située au niveau de l'insertion des tarses ; série médiane de soies sur la
face supérieure du protibia réduite à une ou deux soies.
Seule la soie prothoracique postérieure présente, l’antérieure absente.
Six à sept soies discales, l’antérieure un peu en dehors des autres et près de la
base.
Edéage figure 56 a.
Distribution dans l’île (fig. 58). — Espèce répandue dans les domaines
de l'Est et du Centre, du nord de la Baie d’Antongil à Tananarive.
MADAGAsGaR Est : Nosy Mangabe, district de Maroantsetra (J. Vadon
et A. Peyrieras, MP, MRAC). — Fampanambo, près de Maroantsetra (J. Vadon
et À. Peyrieras, III. 1962, MP, MRAC ; À. Peyrieras, XII. 1968, MP, MRAC). —
Baie d’Antongil, Anandrivola (A. Villiers, X. 1970, MP). — Fénérive (Perrot
frères, 1896, MP). — Tamatave (sec. BANNINGER). — Région d'Ambodirafia
(G. Olsoufieff, I-IL. 1934, MP).
MaDAGAsGAR CENTRE : Antsianaka, environs du lac Alaotra (Humblot,
MP). — Tananarive (Lamberton, 1912, MP). — Pays des Betsimisaraka (Fau-
chère, Nicolas et Houreau, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Tapinoscaris rugulicollis (Fairmaire)
Dyscherus rugulicollis Fairmaire, 1887, Le Natur., 9, p. 70, fig. 1.
Dyscherus rugulicollis Fairmaire ; ALLuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 11.
Storthodontus rugulicollis Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deulsch. ent. Zeit.,
p. 62.
Tapinoscaris rugulicollis Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 296, 298, fig. 134 d.
Storthodontus rugulicollis Fairmaire ; BAnNINGER, 1949, Mütt. Münch. ent.
Gesellsch., 35-39, p. 140.
Type. — Holotype, Madagascar (B. Perrol) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 17 à 20 mm. A première vue ressemble à T. chau-
doiri, mais en diffère par de nombreux caractères.
Front bien moins striolé longitudinalement ; calus oculaire plus saillant en
dehors et anguleux en avant, mais plus lisse. Lobes latéraux du labium avec
une forte carène longitudinale médiane ; paragènes avec une dent semblable
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 135
et la carène interne aussi courte. Pronotum de même forme, 1,45 à 1,48 fois
plus large que long, mais à sculpture plus fine et plus régulière, à dépressions
basilaires indistinctes. Elytres à peine plus convexes, mais en ovale moins
régulier, les côtés plus subparallèles, moins rétrécis en arrière et en avant ;
rebord basilaire presque complet ; épaule plus saillante et moins arrondie ;
intervalles internes presque plats, le 3 soulevé en étroite carène à la base mais
s’effaçant très rapidement, le 4 modérément bombé dans sa moitié antérieure,
le 5 nettement soulevé dans ses quatre premiers cinquièmes, sans toutefois
former de carène, le 6 tout à fait plan, 7 et 8 en fines et étroites carènes saillantes
et brillantes, très rapprochées l’une de l’autre, ne laissant entre elles qu’une
gouttière étroite ; stries très finement ponctuées, cette ponctuation nulle par
endroits. Apophyse prosternale glabre. Métépisternes un peu plus longs que
chez l’espèce précédente. Bifurcation des deux dents distales et série médiane
de soies du protibia comme chez chaudoiri.
Seule la soie prothoracique postérieure présente, l'antérieure absente.
Cinq à six soies discales, avec des pores très petits, la basale absente.
Edéage fig. 57 c.
FrG. 57. — Gen. Tapinoscaris Jeannel. Edéages. a, T. raffrayi (Fairmaire) ;
b, T. rugatulus Jeannel ; c, T. rugulicollis (Fairmaire) ; à, T. razananae (Alluaud)
(d’après JEANNEL).
Distribution dans l'île (fig. 63). — Espèce localisée dans la région cen-
trale du domaine de l’Est, dans les environ de Tamatave et à l’est de Tana-
narive,
MapaGascar Esr : Tamatave (Lamberton, 1912, MP ; coll. Alluaud, MP).
— Environs de Fanovana, près de Périnet (G. Olsoufieff, MRAC).
Source
: MNHN, Paris
136 P. BASILEWSKY
MapaGascar CENTRE : La Mandraka (sec. BANNINGER).
BANNINGER (1949) cite aussi l'espèce d’Ifanadiana (Est) et d’Ambanja
(Sambirano), d’après des spécimens du Musée de Prague. Ces individus devraient
être revus, la première indication me semblant fort douteuse, la seconde cer-
tainement erronée.
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Tapinoscaris raffrayi (Fairmaire)
Crepidopterus Raffrayi Fairmaire, 1884, Ann. Soc. ent. France, (6) 4, p. 226.
Crepidopterus Raffrayi Fairmaire; Küncxez D'HercuLais, 1887, in A.
GRANDIDIER, Hist. phys. nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat., Coléopt., tome II,
atlas, 1re partie, p. 28, fig. 1.
Dyscherus tricostis Künckel d’Herculais, 1887, in A. GRANDIDIER, L c., pl. 29,
fig. 2 (non Fairmaire, 1869).
Scarites Raffrayi Fairmaire ; FArRMAIRE, 1898, Ann. Soc. ent. Belg., 42, p. 392.
Crepidopterus Raffrayi Fairmaire ; ALLuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1e partie, p. 13.
Storthodontus raffrayi Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit., pp.
61, 66
Tapinoscaris Raffrayi Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 296, 297, fig. 133, 134.
Tapinoscaris Raffrayi subsp. succinicola Jeannel, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, p. 297 (syn. nova).
Types. — raffrayi Fairmaire. Holotype, Madagascar Est, Tamatave
(A. Raffray) (Muséum, Paris).
succinicola Jeannel. Holotype, Madagascar Nord, forêt de la Montagne
d’Ambre (Lavauden) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 18 à 25 mm. Avant-corps volumineux, plus long
et plus large que les élytres.
Tête particulièrement grosse ; front lisse et brillant ; calus oculaire grand,
très saillant en dehors, un peu anguleux en avant, uni; champ postoculaire
lisse. Lobes latéraux du labium larges et tronqués droits en avant, avec une
carène longitudinale médiane ; paragènes avec une dent interne forte et pointue
et une carène interne assez longue, droite et oblique. Pronotum très transverse,
1,50 à 1,53 fois plus large que long, presque semi-circulaire, les côtés bien
arrondis, les angles antérieurs plus aigus que chez les deux espèces précédentes,
les postérieurs effacés, le milieu de la base à peine lobé, la gouttière marginale
étroite ; surface lisse et brillante ; dépressions basilaires indistinctes. Elytres
courts, légèrement bombés, ovales, à sommet obtusément tronqués ; rebord
basilaire très incomplet ; épaule arrondie, la crête humérale oblique et arquée ;
les intervalles 3, 5, 7 et 8 fortement soulevés en carènes étroites et saillantes,
brillantes, la première atteignant ou dépassant la mi-longueur de l’élytre, la
seconde au moins les quatre cinquièmes, les deux autres encore plus longues ;
intervalles 1, 2, 4 et 6 à peine soulevés, mats, pourvus d’une microréticulation
particulièrement fine ; les carènes 7 et 8 ne sont pas particulièrement rappro-
chées, l’espace qui les sépare formant une gouttière assez large, pas plus étroite
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 137
que l’espace séparant les intervalles 7 et 6; la carène de la 8e côte, vue de
dessus, est visible sur toute sa longueur, de l'épaule à l’apex ; stries nettement
ponctuées. Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes courts et larges,
pas plus longs que larges. Bifurcation des deux dents externes terminales du
protibia située au niveau de l'insertion des tarses ; série médiane de soies sur
Ja face supérieure comportant 1 à 3 soies.
Seule la soie prothoracique postérieure présente, l’antérieure absente.
Cinq à six soies discales, la basale absente.
Edéage fig. 57 a.
Distribution dans l’île (fig. 59). — Espèce répandue dans les domaines
de l'Est et du Centre, de la Baie d’Antongil jusqu’à la région de Tamatave,
ainsi que près du lac Alaotra.
@ chaudoiri
x razananae
Y carnoti
Fi. 58. — Gen. Tapinoscaris Jeannel. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
138 P. BASILEWSKY
MapaGascar Esr: Antakotako, au nord de Maroantsetra (J. Vadon,
VII. 1935, MP). — Sud de la Baie d'Antongil (A. Mocquerys, 1897, MP). —
Soanierana Ivongo, forêt à l'Ouest de Manompana (P. Griveaud, X. 1960,
MP). — Fénérive (Perrot, sec. Fairmaire). — Ambodirafia, au nord-ouest
de Tamatave (G. Olsoufieff, sec. JEANNEL). — Tamatave (4. Raffray, MP :
Dr. Sicard, MP ; BM). — Région de Tamatave (MP). — Forêt de Tampina,
au sud de Tamatave (Lavauden, MP, MRAC, BM).
MADAGASGAR CENTRE : Ambatondrazaka, sud-est du lac Alaotra (coll.
Alluaud, MP). — Forêt d’Antsianaka (Z. Humblot, 1888, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
© raffrayi
%X tricostis
FiG. 59. — Gen. Tapinoscaris Jeannel, Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 139
Discussion. — JEANNEL a décrit deux exemplaires, provenant préten-
dûment de la forêt de la Montagne d’Ambre, dans l'extrême nord de l’île, sous
le nom de subsp. succinicola et qui auraient les angles huméraux de l’élytre
plus arrondis et plus effacés. Je n’ai vu aucune différence en examinant atten-
tivement ces deux spécimens et de nombreux autres exemplaires et ne vois
aucune raison de maintenir ce nom. Il est probable que l’auteur s’est laissé
abuser par une provenance certainement erronée.
4. Tapinoscaris rugatulus Jeannel
Tapinoscaris rugalulus Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 296,
298, fig. 134 c.
Type. — Holotype, Madagascar Sud, Tuléar (Geay) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 25 mm. Espèce très voisine de raffrayi, en diffé-
rant par les caractères suivants :
Front pourvu dans sa partie antérieure d’une série de grosses strioles lon-
gitudinales arquées ; le sillon sus-oculaire est bordé en dedans par une série
de gros plis courts et nombreux ; calus oculaire bosselé par une série de gros
plis rayonnant autour de l’œil, ce qui fait que tout le pourtour de ce dernier est
aussi fort inégal et bosselé. Pronotum à côtés nettement moins arrondis, avec
une série de courts plis longitudinaux près des angles antérieurs. Elytres plus al-
longés, plus elliptiques et nettement plus atténués au sommet, mais avec la
même sculpture et les mêmes caractères chétotaxiques.
Edéage fig. 57 b.
Distribution dans l'île (fig. 63). — Seul le spécimen holotype de cette
espèce est actuellement connu. MapaGascar Sup : Tuléar (Geay, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
5. Tapinoscaris tricostis (Fairmaire)
Scariles (Dyscherus) tricostis Fairmaire, 1869, Ann. Soc. ent. France, (4) 9,
p. 180.
Dyscherus tricostis Fairmaire ; Cmaupoim, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22, p.
5.
Dyscherus tricostis Fairmaire ; ALLUAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist. phys.
nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 11.
Storthodontus tricostis Fairmaire; BANNINGER, 1938, Deulsch. ent. Zeit.,
pp. 61, 66
Tapinoscaris tricostis Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire frane.,
6, pp. 296, 298.
Type. — Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 16 à 23 mm. Avant-corps plus petit que chez
raffrayi, tout le corps plus étroit.
Source : MNHN, Paris
140 P. BAsILEWSKY
Front tout à fait lisse, ainsi que toute la surface de la tête, y compris le
champ postoculaire ; calus oculaire fortement saillant mais arrondi, lisse éga-
lement. Lobes latéraux du labium fortement avancés vers l'avant, avec une
carène longitudinale médiane ; paragènes à dent faible et émoussée, à carène
interne médiane. Pronotum moins transverse que chez les espèces précédentes,
1,36 à 1,42 fois plus large que long, à côtés parallèles, les angles antérieurs courts
et peu saillants, les postérieurs effacés, le milieu de la base un peu lobé, la
gouttière marginale particulièrement étroite; la surface lisse et brillante,
sans sculpture, le disque convexe ; dépressions basilaires indistinctes. Elytres
assez plans, assez étroits et allongés, ovales, à sommet obtusément arrondi ;
rebord basilaire presque complet ; épaule arrondie ; crête humérale continue
sur le bord basal ; intervalles 3, 5, 7 et 8 soulevés en carènes étroites et brillan-
tes, les deux premières continuées après la mi-longueur, les deux dernières
pas anormalement rapprochées l’une de l’autre, l'espace les séparant égal à
celui qui sépare les côtes 7 et 6 ; la carène du 8e, vue de dessus, plus ou moins
cachée dans la région humérale ; les intervalles 2, 4 et 6 à peine soulevés, mats,
pourvus d’une microréticulation extrêmement fine ; stries légèrement ponc-
tuées. Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes un rien plus longs que
larges. Bifurcation des deux dents externes terminales du protibia située
au niveau de l'insertion des tarses ; série médiane de la face supérieure du pro-
tibia réduite à 1 ou 2 soies.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Six soies dis-
cales, l’antérieure un peu en dessous de la base.
Edéage fig. 62 a. Styles génitaux de la Q fig. 62 b.
Distribution dans l'île (fig. 59). — Espèce du domaine de l'Est, de la
Baie d’Antongil jusqu’à Brickaville, connue aussi dans la région du lac Alaotra,
dans le domaine du Centre.
MapaGascar Esr : Baie d’Antongil (A. Mocquerys, 1898, MP). — Manana-
ra (J. Vadon, X. 1963, MP, MRAC). — Mt Antampona, district Mananara N.
(J. Vadon et À. Peyrieras, MP, MRAC). — Ambatodrahely, district Mananara N.
(J. Vadon et A. Peyrieras, MP). — Manambolosy (J. Vadon, MP). — Réserve
naturelle intégrale, Andranomalaza, vallée d'Ivelona (P. Soga, X. 1957, MP,
MRAC). — Forêt d'Anabandranaka, près de Tamatave (Dr. Sicard, MP). —
Fanovana, près de Périnet (G.R., I. 1957, MP). — Ambila, près Brickaville
(4. Robinson, IV. 1951, MP).
MaDaGascaR CENTRE : Forêt d’Antsianaka (L. Humblot, 1888, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
6. Tapinoscaris razananae (Alluaud) (fig. 60)
Tapinoscaris razananae razananae (Alluaud)
Dyscherus Razananae Alluaud, 1924, Bull. Acad. malg., n. s., 7, p. 590.
Storthodontus razananae Alluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.
pp. 60, 67.
Tapinoscaris Razananae Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 296, 300, fig. 154 e.
76, ge gpinosearis rarananae Alluaud ; Basivewsxv, 1971, Bull. Soc. ent. France,
; p. 257.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 141
Type. — Holotype, Madagascar centre, massif de l’Andringitra (J. Des-
carpentries, I. 1922) (Muséum, Paris).
Fic. 60. — Tapinoscaris razananae (Alluaud) (dessin de Mme S. BErGE).
Fig. 61. — Tapinoscaris carnoti (Alluaud) (dessin de Mme S. BErGER).
Description. — Long. 19 à 32 mm. Avant-corps grand et large, plus
long que les élytres.
Tête très grande, surtout chez les mâles, avec des mandibules très longues,
nettement arquées au milieu ; front striolé dans les sillons frontaux ; champ
postoculaire avec six à sept plis obliques en V largement ouvert en dehors;
calus oculaire peu saïllant et lisse. Lobes latéraux du labium plans et sans carène
longitudinale médiane, à bord antérieur tronqué droit ; paragènes à dent forte
mais peu saillante, à carène interne longue. Pronotum particulièrement trans-
verse, 1,85 à 1,88 fois plus large que long, semi-lunaire, court, les angles anté-
rieurs fortement prolongés vers l'avant et assez pointus, les postérieurs complè-
tement effacés, le milieu de la base légèrement lobé, la gouttière marginale
étroite ; surface lisse et sans sculpture, le sillon transversal antérieur bien
marqué en forme d’accolade ; dépressions basilaires très peu marquées. Elytres
un peu convexes, courts, en ovale peu marqué, très obtusément arrondis au
sommet ; rebord basilaire absent, la crête humérale faible ; épaule arrondie ;
intervalles des élytres à peine soulevés et plutôt plans , à l’exception du 3 qui
est plus large et plus bombé, surtout en avant, nettement ridulés en travers et
pourvus d’une micro-granulation très faible mais distincte ; intervalles 7 et 8
soulevés en carènes étroites et saillantes, brillantes, la première bien plus courte
Source : MNHN, Paris
142 P. BASILEWSKY
que l’autre, très rapprochées l’une de l’autre mais non tangeantes et laissant
un intervalle étroit mais formant une nette gouttière ; stries à ponctuation fai-
ble, souvent indistincte. Apophyse prosternale avec de nombreuses soies.
Métépisternes plus longs que larges. Bifurcation des deux dents distales externes
du protibia située un peu en avant de l’insertion des-tarses ; série médiane
de soies sur la face supérieure du protibia réduite totalement ou ne conservant
qu’une ou deux soies.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Huit à neuf
soies discales, l’antérieure située en dehors de la série, contre le 5e intervalle,
assez loin de la base.
Edéage fig. 57 d.
Distribution dans l'île (fig. 58). — T. razananae ne se rencontre que
sur le massif de l’Andringitra, où il fut découvert en janvier 1922 par J. Descar-
PENTRIES, à une altitude de 2 000 m. Il y fut repris en 1958 par R. PAULIAN,
et tout récemment par la mission du CNRS 1970-1971.
MapaGascar CENTRE : Massif de l’Andringitra, 2 000 m (J. Descarpentries»
I. 1922, MP). — Andringitra central, zone sommitale, cirque Boby, 2 500 m
(Mission CNRS, RCP n° 225, IX. 1970, MP, MRAC). — Id., Cirque Boby,
2500 m (R. Paulian, I. 1958, MP, MRAC). — Id., zone sommitale, base du
Pic Bory (Mission CNRS, RCP n° 225, XI. 1970, XII. 1970, MP, MRAC). —
Id., zone sommitale, face ouest du Pic Bory (id., XII. 1970, MP, MRAC). —
Id., sommet du Pic Boby, 2 650 m (id., XI. 1970, XII. 1970, MP, MRAC). —
Id., zone sommitale, falaise d’Ivangomena, 2 100-2 500 m (id, XI-XII. 1970,
MP, MRAC). — Andringitra Est : Marositry, est rivière Antsifotra, 2 000 m
(ëd., XII. 1970, MP, MRAC).
De nombreux individus furent recueillis soit se déplaçant en plein soleil,
soit sous les pierres et les dalles rocheuses.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Chez cette espèce propre aux altitudes élevées, on observe
une modification considérable de l'œil ; alors que chez une partie des individus
les yeux, bien qu’assez petits, sont constitués normalement et paraissent fonc-
tionnels, les facettes étant bien conformées, chez de nombreux autres spécimens
cet organe est entièrement recouvert par une mince couche de chitine noire,
ne laissant deviner son emplacement que par un léger bombement ; on voit
aussi des exemplaires chez lesquels les facettes du milieu s’oblitèrent, d’autres
chez lesquels le centre de l'œil est recouvert partiellement. Ce phénomène
n’est pas local et la plus ou moins grande altitude des stations de récolte ne
semble pas l’influencer, car on le retrouve à tous les stades, et dans des propor-
tions plus ou moins semblables, dans chacune de ces stations.
Tapinoscaris razananae anjavidilavae Basilewsky
76, inoscaris razananae anjavidilavae Basilewsky, 1971, Bull. Soc. ent. France,
, p. 258.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Andringitra oriental, Anjavidi-
lava (Mission CNRS, RCP n° 225) (Muséum, Paris).
Source : MNHN, Paris:
CARABIDAE SCARITINAE 143
Description. — Long. 20 à 26 mm. Difère de la sous-espèce nominative
par les élytres autrement conformés, en ovale très régulier, et pas plus élargis
en arrière, les côtés étant plus régulièrement arrondis sur toute leur longueur,
avec l’épaule plus arrondie et plus régulière, la bifurcation des deux carènes
située un peu plus bas et ne provoquant aucune irrégularité dans le contour
général, les carènes des côtes 7 et 8 étant plus nettement rapprochées l’une
de l’autre, l’apex plus atténué et plus acuminé ; la surface est moins convexe
et plus aplanie, tout en n’étant pas déprimée, tout le dessus complètement mat,
couvert d’une aciculation chagrinée très fine, très dense et très régulière, avec
les intervalles très plats, seul le 3e soulevé en côte plus haute en avant et tran-
chant nettement en arrière ; les stries sont mieux marquées et plus nettement
ponctuées. Le champ postoculaire a les rides longitudinales moins marquées en
forme de V.
Edéage et styles génitaux de la © comme chez T. r. razananae.
Distribution dans l'île (fig. 58). — Cette sous-espèce provient de la
station la plus orientale connue de la répartition de l'espèce, en même temps
que de l'altitude la plus basse.
MaDaGascar CENTRE: Andringitra oriental, Anjavidilava, 1980 m
(A: Descarpentries, mission CNRS, RCP n° 225, XII. 1970- I. 1971, MP,
MRAC).
7. Tapinoscaris carnoti (Alluaud) (Gg. 61)
Storthodontus Carnoti Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 15, fig. 11.
7. Siorthodontus carnoti Alluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeil., pp. 62,
67.
Tapinoscaris Carnoti Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire frang.,
6, pp. 297, 301.
Type. — Holotype, Madagascar Est, région d’Ikongo ou Fort-Carnot
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 28 à 32 mm. Avant-corps volumineux.
Tête très grande et très forte chez les deux sexes, avec des mandibules
particulièrement longues et puissantes, peu arquées au sommet ; front déprimé,
avec les sillons frontaux élargis vers l'arrière en deux vastes fossettes arrondies,
pourvu de nombreuses stries longitudinales assez profondes et longues ; champ
postoculaire pourvu de cinq à six rides grosses et profondes, obliques et en
zig-Zag ; calus oculaire peu saillant, légèrement plissé ; lobes latéraux du labium
larges, plans, sans carène longitudinale médiane, à bord antérieur tronqué ;
paragènes à dent vive et saillante, à carène interne très longue et un peu arquée.
Pronotum fort transverse, 1,74 à 1,78 fois plus large que long, court, un peu
semi-lunaire, plus étroit que les élytres, les côtés bien arrondis, les angles
antérieurs assez saillants mais modérément aigus, les postérieurs effacés, le
milieu de la base formant un lobe court mais nettement marqué, la gouttière
marginale assez large ; surface assez plane, pourvue de quelques rides trans-
versales faibles et espacées, avec des ridules longitudinales assez nombreuses
en avant du sillon transversal antérieur qui est bien marqué, de même que le
Source : MNHN, Paris
144 P. BASILEWSKY
sillon longitudinal médian qui est fin mais profond ; dépressions basilaires nettes
mais peu profondes. Elytres larges et déprimés, ovalaires, à sommet fortement
acuminé ; rebord basilaire absent ; épaule saiilante et arrondie, la crête humérale
très fortement soulevée ; disque fortement déprimé, avec les intervalles 1, 2, 4
et 6 tout à fait plats, séparés par des stries fortement ponctuées mais très irré-
gulières, les points disposés le plus souvent sans ordre apparent, de sorte que
Ton compte quatre lignes de gros points entre la suture et le 3 intervalle, et
cinq entre ce dernier et le 7° avec une microréticulation très fine, donnant à
tout le disque un aspect fort mat ; le 3° intervalle forme une côte soulevée située
à peu près à la mi-largeur de l'élytre, incurvée en dedans dans la partie basi-
laire ; les intervalles 7 et 8 formant des carènes saillantes étroites, tellement
rapprochées l’une de l’autre qu’elles ne laissent entre elles qu’une toute fine
gouttière. Apophyse prosternale pourvue de nombreuses soies. Métépisternes
nettement plus longs que larges, plus étroits que chez les espèces précédentes.
Bifurcation des deux dents externes terminales du protibia située au niveau
de l'insertion des tarses; série médiane sur la face supérieure du protibia
comportant 4 à 5 soies.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Cinq soies
discales, l’antérieure près de la base.
Edéage (fig. 56 b) assez particulier, très allongé et très aminci à la partie
apicale ; paramères avec une frange terminale de soies.
Fc. 62. — Gen. Tapinoscaris Jeannel. a, T. fricostis (Fairmaire), édéage ;
b, id., style génital © ; c, T. descarpentriesi Basilewsky, édéage.
Distribution dans l'île (fig. 58). — Espèce connue seulement de la forêt
Tanala et dans la région de Vondrozo, un peu plus au sud.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 145
MapaGascar Esr: Forêt Tanala, région d’Ikongo ou Fort-Carnot, au
nord-est du massif de l’Andringitra (Bauer, MP). — Vondrozo (J. Vadon,
ITI-IV. 1969, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
8. Tapinoscaris descarpentriesi Basilewsky
ge, TéPinoscaris descarpentriesi Basilewsky, 1971, Bull, Soe. ent. France, 76, p.
258, fig. 2.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Andringitra sud, Andrianony,
cirque de Manjarivolo (Mission CNRS, RCP n° 225) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 18 à 19,5 mm. Avant-corps volumineux, un peu
plus long que les élytres, modérément brillant, ces derniers mats.
Tête très grosse et épaisse en arrière, avec les mandibules particulièrement
longues, presque droites, un peu arquées et fortement acérées à leur extré-
mité; yeux petits; calus oculaire assez saillant mais non anguleux ; front
nullement déprimé, les sillons frontaux rectilignes, assez profonds mais pas très
larges, sans fossettes postérieures bien marquées ; la partie antérieure est
presque lisse, mais de chaque côté des sillons se trouvent des fines strioles lon-
gitudinales superficielles et assez rapprochées ; la partie postérieure de la tête
est finement striolée dans tous les sens tandis que le champ postoculaire est
pourvu de ridules obliques et en zigzag, moins nettes et moins profondes que
chez T. carnoli ; lobes latéraux du labium larges, plans, sans carène longi-
tudinale médiane, finement ridulés, à troncature antérieure faible, presque
arrondie ; paragènes à dent vive et saillante, à carène interne très longue et
faiblement arquée. Pronotum très transverse, 1,70 à 1,80 fois plus large que
long, court, assez semi-circulaire, à peu près de même largeur que les élytres ;
bord antérieur presque droit, les angles antérieurs saillants vers l'avant et
assez pointus, les côtés faiblement mais modérément arrondis, les angles pos-
térieurs effacés, les côtés de la base descendant en oblique, formant en arrière
un lobe médian court mais bien individualisé, la gouttière marginale étroite
sur toute sa longueur, les dépressions basilaires distinctes ; sillon longitudinal
médian étroit et court mais profond, le transversal antérieur bien marqué mais
effacé près des angles, tandis que le postérieur, bien marqué également, sépare
nettement le lobe basilaire ; surface très finement et superficiellement ridulée
et striolée, transversalement au milieu du disque, longitudinalement en avant
du bord antérieur, tandis que sur les côtés et en arrière cette sculpture s’efface
un peu plus et devient entremêlée. Elytres déprimés, en ovale moins marqué
que chez carnoli, bien moins acuminés à l’apex ; pas de rebord basilaire ; épaule
bien marquée mais arrondie, la crête humérale forte et saillante, assez longue,
en oblique peu marquée ; le 3° intervalle forme une carène assez saillante et
assez longue, et le 5e est aussi un peu soulevé, mais bien plus faiblement, tandis
que les autres sont plans et pourvus d’une microréticulation très fine mais très
serrée, donnant à tout l’élytre un aspect mat; carènes des intervalles 7 et 8
très rapprochées ; les stries sont très régulières et nullement dédoublées, formées
de rangées de points petits mais bien marqués et très régulièrement alignés.
Apophyse prosternale avec de nombreuses soies. Métépisternes petits, presque
10
Source : MNHN, Paris
146 P. BASILEWSKY
aussi larges au bord antérieur que longs. Protibias avec une à trois soies sur le
milieu de la face antérieure ; bifurcation des deux dents externes terminales
située au niveau de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Cinq soies
discales, l’antérieure près de la base.
Edéage fig. 62 c ; paramères peu pubescents.
@ rugulicollis
V rugatulus
% descarpentriesi
Fi. 63. — Gen. Tapinoscaris Jeannel. Répartition géographique.
Distribution dans l'île (fig. 63). — Mapacascar CENTRE : Andringitra
Sud, Andrianony, cirque de Manjarivolo, 1 650-1 700 m, dans l’humus sous la
végétation (A. Descarpentries, mission CNRS, RCP n° 225, XII. 1970 - I. 1971,
MP, MRAC).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 147
Répartition géographique.
Madagascar.
Discussion. — A première vue, cette espèce ressemble à T. carnoli,
de la forêt Tanala, et pourrait être prise pour de petits exemplaires de ce dernier.
Un examen plus approfondi montre qu’elle en diffère très nettement par les
élytres plus ovoïdes et plus arrondis qu’acuminés vers l’apex, et avec une sculp-
ture assez différente, par le pronotum autrement sculpté, par le front nullement
déprimé, avec les sillons étroits et assez profonds, très rectilignes et dépourvus
en arrière de la fossette caractéristique du carnoti. Les protibias n’ont qu'une à
trois soies sur la rangée médiane de la face antérieure. Enfin, l'édéage et les
paramères du mâle sont quelque peu différents.
9. Tapinoscaris variolosus (Alluaud)
Strothodontus variolosus Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 17, fig. 12.
Storthodontus variolosus Aluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.
p. 61, 67.
Donna Ait JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franc.
6, pp. 296, 300.
Type. — Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 19 mm. Avant-corps volumineux, un peu plus
long que les élytres. Corps étroit et allongé, assez brillant,
Tête grosse et épaisse en arrière, les yeux moyens, le calus oculaire modé-
rément saillant mais non anguleux, rugueux ; mandibules longues, un peu
arquées mais à peine recourbées au sommet où elles sont fortement acérées ;
sillons frontaux profonds et peu larges, divergeant en arrière où ils forment
une fossette allongée moins forte que chez carnoli ; partie antérieure du front
lisse, sauf sur les côtés où on voit des ridules longitudinales qui envahissent
presque toute la surface frontale, fines, nombreuses et serrées, tandis qu’en
arrière et sur les côtés se forme une sculpture irrégulière et entremélée plus
superficielle ; le champ postoculaire est pourvu de nombreuses rides obliques
en zigzag, assez fortes ; lobes latéraux du labium assez larges, presque lisses,
sans carène longitudinale, arrondis au bord antérieur ; paragènes à dent sail-
lante et vive, à carène interne longue et régulièrement arquée. Antennes assez
longues et fines, plus longues que chez les autres espèces. Pronotum transverse,
1,76 fois plus large que long, semi-lunaire, plus large que les élytres ; bord
antérieur presque droit, les angles antérieurs peu accusés, ne formant presque
pas de lobes, très émoussés au sommet ; côtés un peu arqués ; angles postérieurs
tout à fait effacés ; lobe médian court mais individualisé ; sillons habituels bien
marqués ; toute la surface est densément sculptée, avec des rides longitudi-
nales au milieu du disque, entremêlées sur les côtés et en arrière ; gouttière mar-
ginale étroite, dépressions basilaires bien distinctes. Elytres déprimés, parti-
culièrement étroits et allongés, 1,90 fois plus longs que larges ensemble, bien
ovoïdes ; pas de rebord basilaire ; épaule bien effacée, la crête humérale très
oblique et très courte, avec la bifurcation des intervalles 7 et 8 située sur l'épaule
même ; le 3e intervalle est soulevé en une carène assez longue, séparant le disque
en deux parties ; dans la région interne les intervalles sont bien plats et on voit
quatre rangées irrégulières de gros points, non alignés mais assez irrégulière-
ment disposés ; dans la partie externe, la sculpture devient encore plus confuse
Source : MNHN, Paris
148 P. BASILEWSKY
et les côtés ont une certaine tendance à se soulever légèrement ; carènes des
intervalles 7 et 8 très rapprochées, presque tangentes. Apophyse prosternale
avec plusieurs soies. Métépisternes un peu plus longs que larges au bord anté-
rieur. Protibias avec une rangée médiane de cinq soies sur la face supérieure ;
bifurcation des deux dents externes terminales située un peu en dessous de
l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Cinq soies
discales sur la 3 strie.
Organes copulateurs des deux sexes inconnus.
Distribution dans l'île. — Un seul exemplaire connu, étiqueté « Mada-
gascar », sans autre précision.
Répartition géographique. — Madagascar.
13. Genre Dinoscaris Alluaud
Storthodontus subgen. Dinoscaris Alluaud, 1902, Bull. Soc. ent. France, p. 123
(espèce-type : Storthodontus (Dinoscaris) galienii Alluaud, 1902, désignée ici
pour la première fois).
Crepidopterus subgen. Dinoscaris Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Em-
pire franç., 6, p. 279
Description. — Espèces de taille moyenne à très grande (26 à 68 mm),
de forme généralement allongée et modérément convexe.
Tête forte, à mandibules longues et assez droites, aiguës ; champ posto-
culaire presque lisse à rugueux, calus oculaire variable ; paragènes triangu-
laires et sans aucune dent au bord interne, à carène interne absente ou parfois
présente mais alors assez courte ; lobes du labium sans carène longitudinale
médiane ou submarginale. Lobe interne des maxilles terminé par un crochet
saillant en dedans. Pronotum court et généralement bien transverse, les angles
antérieurs aigus et saillants, les postérieurs effacés. Elytres ovales ou allongés,
avec les épaules jamais dentées, la base non rebordée ; bord externe bicaréné,
la carène du 7° intervalle doublant sur une grande longueur celle du 8e ; souvent
les côtes sont plus ou moins soulevées ; la sculpture est généralement simple
mais parfois évoluée, présentant alors une certaine tendance au dédoublement
des stries et des côtes.
Apophyse prosternale sans soies, sauf chez rostralus. Métépisternes petits,
subcarrés où un peu plus longs que larges. Protibias avec ou sans rangée de
soies médianes à la face supérieure ; bifurcation des deux dents externes ter-
minales située en avant de l'insertion des tarses, sauf chez rostralus où elle se
trouve à son niveau.
Soie prothoracique antérieure présente, sauf chez cribripennis ; la posté-
rieure toujours présente. Soies discales insérées sur la 3° strie.
Edéage allongé et assez grêle, les paramères longs, pourvus d’une longue
frange de soies sur le bord ventral. Styles génitaux de la femelle allongés et
grêles, le dernier article en forme d’ongle eflilé et arqué en dehors, avec deux
rangées de fortes épines.
Pour les autres caractères, semblable au genre suivant.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE
149
Répartition géographique. — Le genre est endémique à Madagascar.
Les sept espèces qu’il comporte sont répandues dans toute la partie orientale
de l’île, de Sambava dans le Nord à Fort-Dauphin dans le Sud.
Discussion, — Ce taxon fut créé par ALLUAUD en tant que sous-genre
de Storthodontus. En séparant les genres Storthodontus et Crepidopterus, sur
la base de la conformation du lobe interne des maxilles, JEANNEL le considéra
comme sous-genre de Sorthodontus. J'estime qu’il mérite amplement d'être
élevé au rang générique.
C2),
5. (4).
7. (8).
TABLEAU DES ESPÈCES
Apophyse prosternale avec soies. Protibias avec une série de
soies médianes à la face antérieure et avec la bifurcation des
deux dents externes terminales située au niveau de l'insertion
des tarses. Pas de carène interne aux paragènes. Soies protho-
raciques latérales antérieures et postérieures présentes. Petite
espèce allongée, à élytres ovales, avec les épaules effacées
et tous les intervalles plus ou moins soulevés, les stries sim-
ples. Long. 26 à 33 mm
Apophyse prosternale sans soies. Protibias avec la bifurcation
des deux dents externes terminales située en avant de l’in-
sertion des tarses.
. Carène interne des paragènes présente. Protibias avec une
série de soies médianes à la face antérieure. Soies prothora-
ciques antérieures et postérieures présentes.
Taille très grande. Calus oculaire fortement saillant et bosselé.
Pronotum très transverse. Intervalles des élytres toujours
plus ou moins individualisés. Carène interne des paragènes
1. D. rostratus (Fairmaire)
nettement arquée. Long. 45 à 68mm .... 2. D. gallienii (Alluaud)
Taille moins grande. Calus oculaire presque nul. Pronotum
moins transversal. Intervalles des élytres presque complè-
tement effacés. Long. 37 à 49 mm.......... 3. D. detriei (Alluaud)
. Carène interne des paragènes absente. Protibias sans série
de soies médianes à la face antérieure.
Soie prothoracique antérieure absente. Gouttière marginale
du pronotum très large, élargie encore en arrière où les côtés
sont assez fortement relevés. Elytres plus courts et plus larges,
très ovales, à sculpture très réduite, les intervalles très plans,
les stries formées de fines rangées de petits points espacés.
Long. 26 à 42 mm................ 4. D. cribripennis (Chaudoir)
. Soie prothoracique antérieure présente. Gouttière marginale
du pronotum étroite et non élargie en arrière. Elytres plus
allongés, à sculpture plus forte.
Source : MNHN, Paris
150 P. BASILEWSKY
9.(12). Sculpture élytrale normale, au moins dans sa partie interne
où les trois premiers intervalles sont larges et égaux, séparés
entre eux par une rangée simple de points régulièrement ali-
gnés ; à l'extérieur du 3e intervalle la sculpture est un peu
moins régulière mais sans dédoublement vraiment apparent.
10.(11). Les trois premiers intervalles très plats, nullement soulevés,
lisses et brillants, sans microsculpture ; intervalles externes
moins confusément sculptés ; la base du 5° un peu soulevée et
formant un tubercule plus ou moins développé. Crête humérale
plus longue et moins saillante. Elytres moins allongés et plus
subovoïdes. Pronotum généralement à sculpture plus faible.
Première soie discale plus éloignée de la base. Long. 32 à 45 mm
ÉRT OT PRE NS ORNE S ER AÈAE à 5. D. venator (Chaudoir)
11.(10). Les trois premiers intervalles un peu soulevés, toujours plus
ou moins mats et pourvus d'une microsculpture réticulaire
très fine mais toujours présente et distincte ; intervalles exter-
nes plus confusément sculptés ; la base du 5e n’est pas soulevée
et sans tubercule. Crête humérale plus courte et plus saillante.
Elytres en général plus allongés et plus subparallèles. Prono-
tum généralement plus fortement sculpté. Première soie dis-
cale plus rapprochée de la base. Long. 35 à 45 mm........
RO Te ee 6. D. sicardi (Jeannel)
12. (9). Sculpture élytrale évoluée, présentant une nette tendance
au dédoublement des stries et des côtes, même dans la partie
interne où les trois premiers intervalles sont inégaux, avec
deux rangées de points entre les intervalles 2 et 3, tandis
qu’à l'extérieur de ce dernier cette tendance s’accentue nette-
ment, avec quatre rangées de points entre 3 et 5 (au lieu de
deux) et la ponctuation devient tout à fait confuse entre 5 et 7.
LÉonp #86 DOM RER eee 7. D. atrox (Bänninger)
1. Dinoscaris rostratus (Fairmaire)
Dyscherus rostratus Fairmaire, 1905, Ann. Soc. ent. Belg., 99, p. 114.
Storthodontus rostratus Fairmaire ; ALLuAUD, 1930, Afra, 1, p. 11.
Storthodontus rostralus Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit,
pp. 59, 67.
Crepidopterus (Dinoscaris) rostratus Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de
l'Empire franç., 6, pp. 280, 282.
Type. — Holotype, Madagascar Nord, Diégo-Suarez (Muséum, Paris).
Description. — Long. 26 à 33 mm. Corps étroit et allongé.
Tête plus étroite que le pronotum, à sillons frontaux larges et assez pro-
fonds, le front pourvu de quelques strioles longitudinales souvent faibles et
peu distinctes, et de très fines ridules près de la convexité médiane, le champ
postoculaire presque lisse; calus oculaire faible, légèrement bosselé ; lobes
latéraux du labium à bord antérieur subtronqué, finement ridulés ; pas de
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 151
carène interne aux paragènes ; mandibules très longues et acérées. Pronotum
transversal, 1,48 à 1,51 fois plus large que long, à côtés fortement arrondis et
entiers, les angles antérieurs aigus et saillants, les postérieurs tout à fait effacés,
le milieu de la base en lobe bien marqué, la gouttière marginale étroite sur
toute sa longueur; disque généralement finement striolé en travers, cette
sculpture devenant entremélée sur les côtés et en arrière ; dépressions basi-
laires faiblement marquées. Elytres ovales et assez étroits, l'épaule bien effacée,
la carène humérale oblique et modérément soulevée ; base non rebordée ;
tous les intervalles un peu soulevés, les externes plus fortement que les internes,
très aplanis en arrière, la carène du 72 fine et assez longue, atteignant presque
le quart apical de la longueur, le 8e formant un bord externe peu tranchant ;
stries fines et non ponctuées, les internes très superficielles, les externes un peu
plus profondes ; surface des intervalles mate, à chagrination très fine et très
serrée.
Apophyse prosternale avec quelques soies. Métépisternes petits mais
un peu plus longs que larges. Epipleures des élytres larges jusque très près du
sommet. Protibias avec une série médiane de soies à la face antérieure ; bifur-
cation des deux dents externes terminales située au niveau de l'insertion des
tarses.
Les deux soies prothoraciques latérales présentes, la postérieure parfois
dédoublée. Quatre soies discales, l’antérieure près de la base.
Edéage fig. 69 b.
Distribution dans l'île (fig. 66). — Espèce localisée dans le nord.
MapaGascar Norp: Diégo-Suarez (coll. Fairmaire, MP ; coll. Alluaud,
MP ; coll. Le Moult, MRAC).
MapaGasCar SAMBIRANO : Poste Maromandia, Manongarivo, 1150 m,
district d'Analalava (A. Robinson, XII. 1960, MRAC).
L’exemplaire du Sambirano est plus grand que les autres (33 mm), a le
pronotum lisse et très brillant et présente sept soies discales aux élytres. Il
s’agit peut-être d’une sous-espèce distincte, mais les édéages sont semblables.
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Dinoscaris gallienii (Alluaud) (fig. 64)
Storthodontus (Dinoscaris) Gallienii Alluaud, 1902, Bull. Soc. ent. France,
123.
Storthodontus gallienii Alluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeil., pp. 60,
© Crepidopterus (Dinoscaris) Gallienii Alluaud ; Jeanne, 1946, Faune de
l'Empire frang., 6, pp. 280, 289, fig. 126, 127 b.
Type. — Holotype, Madagascar Est, forêt de Fitana (Ch Alluaud)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 45 à 66 mm. Corps allongé et subparallèle, l'avant-
corps très volumineux.
Source : MNHN, Paris
152 P. BASILEWSKY
Fig. 64. — Dinoscaris gallieni (Alluaud) (dessin de Mme S. BERGER).
Tête très grosse, aussi large que le pronotum,-à sillons frontaux larges mais
peu profonds ; la partie antérieure est couverte de strioles longitudinales assez
profondes, rapprochées, tandis que la postérieure n’est que rarement plus ou
moins vermiculée, avec le champ postoculaire plus fortement rugueux ; calus
oculaire grand et saillant, rugueux ; lobes latéraux du labium tronqués au
sommet, nettement ridulés transversalement ; carène interne des paragènes
forte mais courte, ne dépassant guère la mi-longueur du labium, légèrement
arquée. Mandibules grandes et robustes. Pronotum très transversal, environ
1,90 fois plus large que long, court et semi-lunaire, les côtés peu arrondis, les
angles antérieurs larges et très peu saillants, les postérieurs tout à fait effacés,
le milieu de la base en lobe court mais bien marqué, la gouttière marginale très
étroite ; surface très brillante généralement, comme celle de la tête, le plus
souvent presque dépourvue de ridules transversales sur le disque, avec des
sillons longitudinaux en avant et très vermiculée sur les côtés et en arrière ;
dépressions basilaires indistinctes. Elytres subparallèles et nettement aplanis
sur le disque, l'épaule bien marquée mais arrondie, la carène humérale saillante
mais très arrondie à sa rencontre avec les carènes élytrales des côtes 7 et 8,
assez soulevée et plutôt courte ; base non rebordée ; intervalles très plans et
assez individualisés, le milieu soulevé en crêtes étroites et légèrement saillantes,
presque lisses, celle du 3° plus large et plus haute que les autres, la surface
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 153
séparant ces crêtes fortement vermiculée transversalement ; chez certains
exemplaires ces crêtes ont tendance à disparaître ou disparaissent même com-
plètement sauf celle du 3e, qui est toujours bien marquée ; la carène du 7e
intervalle toujours forte, saillante et très longue ; les stries sont parfois plus ou
moins nettement dédoublées, s’effaçant sur le tiers postérieur.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes petits mais un peu plus
longs que larges. Epipleures des élytres modérément larges en avant, se rétré-
cissant progressivement dans le dernier tiers. Protibias avec une rangée médiane
très courte de soies à la face antérieure ; bifurcation des deux dents termi-
nales externes située nettement en avant de l'insertion des tarses.
Les deux soies prothoraciques latérales présentes. Cinq soies discales,
l’antérieure près de la base.
Edéage fig. 65 b.
Fi. 65. — Gen. Dinoscaris Alluaud. Edéages. a, D. detriei (Alluaud) ;
b, D. gallienii (Alluaud); c, D. cribripennis (Chaudoir) ; à, D, venator (Chaudoir).
Distribution dans l'île (fig. 68). — Espèce limitée à la région de Fort-
Dauphin.
MapaGascar Esr : Forêt de Fitana, au fond de la vallée d’Ambolo, au
nord de Fort-Dauphin (Ch. Alluaud, 1.1901, MP, MRAC). — Col de Manan-
gotry, d’Isaka-Ivondro à Ranomafana, 600 m (A. Peyrieras, V.1972, MP,
MRAC). — Forêt d’Italy, 30 km SW de Fort-Dauphin (À. Peyrieras, IV.1969,
MP, MRAC). — Ouest de Fort-Dauphin, forêt côtière sur dunes de sable
(A. Peyrieras, XIL.1971, MP).
MapaGascar Sup : Sud-est de Tranomaro, village de Marovoalava, près
d’Androatsabo, 400 m (A. Peyrieras, V.1972, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
154 P. BASILEWSKY
3. Dinoscaris detriei (Alluaud)
Dinoscaris detriei detriei (Alluaud)
Storthodontus (Dinoscaris) Detriei Alluaud, 1902, Bull. Soc. ent. France, p.124.
Siorthodontus detriei Alluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit, pp. 60,
67.
Crepidopterus (Dinoscaris) Detriei Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’'Em-
pire franç., 6, pp. 280, 283, fig. 127 a
Type. — Holotype, Madagascar Est, vallée d’Ambolo, au nord de Fort-
Dauphin (Ch. Alluaud, 1.1901) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 37 à 49 mm. Cette espèce est fort proche de D.
gallienii, avec laquelle elle cohabite, ce qui ne permet pas de la considérer
comme sous-espèce de cette dernière. Charles ALLUAUD, le seul à avoir recueilli
les deux formes, les a prises dans les mêmes pièges. D'autre part, il ne peut
s'agir de variations œdimères, comme le suggère R. JEANNEL, les caractères
différenciels étant trop nets.
Taille moins grande que chez D. gallienit. Tête nettement moins volumi-
neuse, avec le calus oculaire presque nul, les carènes internes des paragènes
presque droites. Pronotum moins transversal (1,70 fois plus large que long),
à disque peu vermiculé. Surface de l’élytre très plane, les intervalles effacés
à l'exception d’un très faible vestige de la 3e côte encore présente dans la
partie postérieure ; tout le dessus très mat et uni, un peu alutacé, avec quelques
petits points, mais sans la moindre granulation.
Edéage fig. 65 a.
Les autres caractères sont semblables.
Distribution dans l'île (fig. 70). — Espèce strictement limitée dans le
sud-est.
MapaGascar Esr : Forêt de Fitana, au fond de la vallée d’Ambolo, au
nord de Fort-Dauphin (Ch. Alluaud, I. 1901, MP, MRAC, BM).
Répartition géographique. — Madagascar.
Dinoscaris detriei corniculatus Basilewsky
Dinoscaris detriei corniculatus Basilewsky, 1972, Bull. Soc. ent. France, 77,
p. 221.
Type. — Holotype, Madagascar Est, chaînes anosyennes, 1900 m,
haute Ranomandry (Mission CNRS, RCP n° 225, XI. 1971) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 36 à 43 mm. Proche de la sous-espèce nominative
dont elle diffère par la surface élytrale moins plane, avec une faible trace de
l'intervalle 3, parfois aussi, mais dans une mesure moindre, 5 et 6 qui sont
vestigiaux mais quand même distincts ; tout le dessus de l’élytre finement
mais densément sculpté, vaguement chagriné avec de nombreux et très petits
granules arrondis. L'avant-corps est plus mat, moins brillant que chez d. detriei,
et la tête est un peu moins profondément sculptée.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 155
Edéage et styles génitaux de la © semblables.
Distribution dans l'île (fig. 70). — Mapagascar Esr : Chaînes ano-
syennes, Massif Nord, haute Ranomandry, 1900 m (Mission CNRS, RCP
n° 225, XI.1971, MP, MRAC). — Befotaka, Midongy du Sud (Ent. Inst.
Zürich).
Répartition géographique. — Madagascar.
# rostratus
® cribripennis
Fig. 66. — Gen. Dinoscaris Alluaud. Répartition géographique.
4. Dinoscaris cribripennis (Chaudoir) (fig. 67)
Scarites cribripennis Chaudoir, 1843, Bull. Soc. Imp. Nat. Moscou, 16, n° 4,
p. 723.
Source : MNHN, Paris
156 P. BASILEWSKY
Scarites amputator Chaudoir, 1843, Bull. Soc. Imp. Nat. Moscou, 16, n° 4,
. 725.
Crepidopterus cribripennis Chaudoir ; CHauDomR, 1855, Bull. Soc. Imp. Nat.
Moscou, 28, n° 1, p. 29.
Crépidopterus cribripennis var. amputator Chaudoir ; CHauporm, 1855, Bull.
Soc. imp. nat. Moscou, 28, n° 1, p.
CERIPIQNE cribripennis Chaudoir ; CHAuDoIr, 1880, Ann. Soc. ent. Belg.,
23, p.
ire cribripennis Chaudoir ; Küncexez D'HercuLaïs, 1887, in
A. GRANDIDIER, Hist. phys. nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II,
atlas, 1re partie, pl. 29, fig. 7.
Crepidopterus cribripennis Chaudoir; ALLuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, His. nat. Coléopt., tome I, texte, 17e partie, p. 12.
Storthodontus (Crepidopterus) cribripennis Chaudoir; BANNINGER, 1038,
Deutsch. ent. Zeit., pp. 72,
Crepidopterus ont ) cribripennis Chaudoir ; Jeanne, 1946, Faune de
PEmpire franç., 6, pp. 280, 283, fig. 127 c.
Crepidopterus (Dinoscaris) cribripennis var. amputator Chaudoir ; JEANNEL,
1946, Faune de l'Empire franç., 6, p. 284.
Types. — cribripennis Chaudoir. Holotype, Madagascar (J. Goudot)
(Muséum, Paris).
ampulator Chaudoir. Holotype, Madagascar (J. Goudof) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 26 à 42 mm.
Corps plus court et plus large que chez les
autres espèces, l’avant-corps plus large et
plus long que les élytres.
Tête volumineuse, toute la partie anté-
rieure assez fortement striolée longitudi-
nalement près de la convexité médiane, les
sillons frontaux larges mais modérément
profonds, le champ postoculaire presque
lisse, de même que toute la partie posté-
rieure qui est nettement bombée; calus
oculaire nul ; lobes latéraux du labium très
fortement tronqués en avant, faiblement
vermiculés ; pas de carène interne aux para-
gènes; mandibules saillantes et aigues.
Pronotum très transverse et semi-lunaire,
1,90 à 2,00 fois plus large que long, les côtés
assez variables, arrondis ou presque droits,
les angles antérieurs saillants mais émous-
sés, les postérieurs tout à fait effacés, le
milieu de la base ne formant guère de lobe ;
gouttière marginale large et profonde, en-
core élargie en arrière où les côtés sont net-
tement relevés, se prolongeant jusque bien
au delà de la soie postérieure, jusqu'aux
côtés du pédoncule ; surface à peine sculptée,
avec des vestiges de ridules transversales
sur le disque et des sillons longitudinaux
RG Ua ni. assez superficiels en avant du sillon trans-
pennis (Chaudoir) (dessin de versal antérieur ; dépressions basilaires
Mme S. BERGER). indistinctes. Elytres courts et ovales, assez
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 157
larges et assez convexes, à peine une fois et quart plus longs que larges ensemble,
très déclives et atténués en arrière ; épaule très arrondie et peu marquée, la carène
humérale oblique et moyennement saillante, longue, la bifurcation des deux
carènes marginales située assez bas ; bord basal non rebordé; les intervalles sont
très plats et pourvus d’une très fine chagrination, le 3e un peu plus large et plus
bombé que les autres, à microsculpture un peu moins serrée, la carène du 7e forte
et saillante mais modérément longue, atteignant à peine le tiers apical ; stries
très fines, dédoublées comme chez les précédents, formées de petits points
superficiels, les pores donnant naissance aux soies discales généralement assez
profonds.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes petits et subcarrés. Pro-
tibias sans rangée médiane de soies à la surface antérieure et avec la bifur-
cation des deux dents externes terminales située assez bien en avant de l’inser-
tion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures absentes, les postérieures présentes.
Cinq à six soies discales, l’antérieure près de la base.
Edéage fig. 65 c.
Distribution dans l'île (fig. 66). — Espèce connue seulement du centre
de l’île, surtout de Tananarive et des environs, de l’Ankaratra, vers l’est jusqu’à
Beparasy, vers le sud au moins jusqu’à Antsirabe ; l'indication d’Ambositra
mérite vérification.
BANNINGER la cite de la région du lac Alaotra et de Mananara, ce qui
est certainement faux. Un exemplaire du MP porte l'étiquette Tamatave,
ce qui est tout aussi erroné.
MapaGascar CENTRE: Ambohidratrimo, dans l’Imerina (Ecole offic.,
I. 1944, MP, MRAC). — Tananarive (J. Goudot, MP, MRAC; Ecole offic.,
MP, MRAC). — Arivonimamo, près de Tananarive (Ecole offic., V. 1943,
MP, MRAC). — Miantsoarivo, près de Tananarive (Ecole offic., V. 1943, MP,
MRAC). — Antenimbe, près de Tananarive (Ecole offic., V. 1943, MP). —
Viliahazo, près de Tananarive (Ecole ofic., V. 1943, MP). — Manjakatompo
(R. Capuron, MP). — Ankaratra, Ambohimirandrana, prairie, 2 200 à 2 400 m
(A. Peyrieras, 1.1972, MP, MRAC). — Environs d’Ambatolampy, Ankaratra,
1 800 m (MRAC). — Ambatolampy (Dujardin-Delacour et Viossat, 1-II. 1965,
MP, MRAC).— Antsirabe (Waterlot, 1916, MRAC; Dujardin-Delacour et
Viossat, I. 1970, MP, MRAC). — Ambositra (coll. Le Moult, MRAC).
MapaGascar Esr: Nouvelle route de Beparasy (Dujardin-Delacour et
Viossat, I. 1966, MP). — Lakato (Dujardin-Delacour et Viossal, I-IL. 1964,
MP ; Id., IV. 1966, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Amputator Chaudoir n'est, ainsi que l’a déjà signalé
BÂNNINGER, qu'un nom se rapportant à de grands exemplaires à tête très
volumineuse, et ne mérite pas d'être retenu.
5. Dinoscaris venator (Chaudoir)
Crepidopterus venator Chaudoir, 1855, Bull. Soc. Imp. Nat. Moscou, 28, n° 1,
p. 29.
Source : MNHN, Paris
158 P. BASILEWSKY
Crepidopterus venator Chaudoir; Cmaupoir, 1880, Ann. Soc. ent. Belg.,
23, p. 8.
Storthodontus Nimrod KüncxeL D'HercuLais, 1887, in A. GRANDIDIER,
Hist. phys. nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II, atlas, 1re par-
tie, pl. 29, fig. 5 (non Chaudoir 1855).
Crepidopterus venator Chaudoir ; AzLuAUD, 1900, ir A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 13.
Storthodontus tenuepunctatus Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 101.
Storthodontus venator Chaudoir ; BANNINGER, 1931, Deutsch. eni. Zeit., p. 195.
Storthodontus tenuepunctatus Fairmaire ; BANNINGER, 1931, Deutsch. ent.
Zeit., p. 195.
Storthodontus (Crepidopterus) venator Chaudoir ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., pp. 72, 73.
Crepidopterus (Dinoscaris) venator Chaudoir ; JEANNEL, 1946, Faune de
Empire franç., 6, pp. 280, 285, fig. 127 d, 131 f.
Types. — venalor Chaudoir. Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
tenuepunctatus Fairmaire. Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 32 à 45 mm. Corps allongé, l’avant-corps très
grand ; dessus brillant.
Tête volumineuse mais plus étroite que le pronotum, à sillons frontaux
larges mais courts et peu profonds, la partie antérieure du front pourvue de
strioles longitudinales assez espacées et pas très longues, le champ oculaire
lisse, les yeux très petits, le calus oculaire nul; lobes latéraux du labium
largement tronqués en avant, assez fortement ridulés ; pas de carène interne
aux paragènes ; mandibules très larges. Pronotum transverse, 1,60 à 1,75 fois
plus large que long, les côtés faiblement arqués en avant, les angles antérieurs
aigus et saillants, les postérieurs effacés, le milieu de la base formant un lobe
court mais bien indiqué; gouttière marginale largement explanée dans sa
partie antérieure, rétrécie et effacée sur le bord basal ; surface très faiblement
sculptée, avec quelques très légères ridules transversales sur le milieu du disque,
parfois à peine indiquées, le sillon transversal antérieur peu profond mais
bien entier, la partie en avant de celui-ci avec des ridules longitudinales peu
profondes ; dépressions basilaires courtes et peu distinctes. Elytres modéré-
ment allongés, plutôt subovoïdes, les côtés arqués sur la plus grande partie
de la longueur ; épaule arrondie et peu marquée, la crête humérale assez longue
et modérément saillante ; bord basal non rebordé, tous les intervalles très
plats et nullement soulevés, particulièrement les trois premiers qui sont tout à
fait lisses et brillants, sans la moindre microsculpture, les externes à sculpture
très faible et non confuse ; le 5€ intervalle est un peu soulevé à la base et forme
un petit tubercule saillant plus ou moins allongé ; la carène du 7€ est forte
et saillante jusqu’au dernier quart, s’écartant assez fortement de celle du 8e
un peu après l'épaule, laissant entre les deux une gouttière fort large ; stries
formées de rangées de points alignés, assez petits mais profonds, régulièrement
disposés, un peu moins régulières à la partie externe.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes petits et subcarrés. Pro-
tibias sans rangée médiane de soies à la face antérieure et avec la bifurcation
des deux dents externes terminales située assez bien en avant de l'insertion
des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Cinq soies
discales, l’antérieure éloignée de la base.
Edéage fig. 65 d. Styles génitaux de la ©, fig. 69 d.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 159
sicardi
À galtenit
F1G. 68. — Gen. Dinoscaris Alluaud. Répartition géographique.
Distribution dans l'île (fig. 70). — Cette espèce semble être étroitement
localisée dans la région de Tananarive, jusqu’à Moramanga vers l’est et Ambohi-
tantely vers le nord.
MapaGascar CENTRE : Tananarive (Ch. Lamberton, MRAC ; MP). —
Vialahazo, près de Tananarive (Ecole offic., V. 1943, MP, MRAC). — Anga-
vokely, à 25 km à l’est de Tananarive (J. Riquier, IL. 1958, MP). — Mora-
manga (MP). — Tampoketsa d'Ambohitantely, district d'Ankazobe, 1 600 m,
prairie (A. Peyrieras, IV. 1972, MP, MRAC).
Plusieurs exemplaires (MP, MRAC) sont munis d'étiquettes manifeste-
ment fausses, comme Diégo-Suarez, Tamatave, Ambositra.
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
160 P. BASILEWSKY
6. Dinoscaris sicardi (Jeannel)
Crepidopterus (Dinoscaris) Sicardi Jeannel, 1946, Faune de l'Empire frang.,
6, pp. 280, 285, fig. 127 c.
Type. — Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 35 à 45 mm. Espèce très proche de venalor Chau-
doir, mais en différant nettement par les caractères suivants :
Les trois premiers intervalles des élytres sont un peu soulevés, toujours
plus ou moins mats et pourvus d’une microsculpture réticulaire très fine mais
toujours présente et distincte ; les intervalles externes plus confusément sculptés
et les stries moins régulièrement alignées ; la base du 5e intervalle n’est pas
soulevée et ne forme pas de tubercule. Crête humérale plus courte et plus
saillante. Elytres généralement plus allongés et plus subparallèles. Pronotum
en général plus faiblement sculpté.
Les autres caractères et la chétotaxie sont semblables, mais il y a sept
à huit soies discales, dont l’antérieure est plus rapprochée de la base.
Edéage fig. 69 c.
Fc. 69. — Gen. Dinoscaris Alluaud. a, D. atrox (Bänninger), édéage ;
b, D. rostralus (Fairmaire), édéage ; c, D. sicardi (Jeannel), édéage ; d, D, venalor
(Éhaudoir), style génital 9!
Distribution dans l'île (fig. 68). — L'espèce semble localisée plus au sud
et à l’est que la précédente, mais il est difficile de préciser son aire d'habitat,
car plusieurs indications me paraissent douteuses.
Source : MNHN, Paris!
CARABIDAE SCARITINAE 161
MapnaGascar Esr : Région de Périnet (G. Olsoufieff, MP). — Ankasoka,
route de Lakato (Dujardin-Delacour et Viossat, X. 1969, II. 1970, MP, MRAC). —
Andakana (coll. Ch. Alluaud, MP). — Nouvelle route de Beparasy (Dujardin
Delacour et Viossat, I. 1966, MP, MRAC). — Ambodivoro, ancienne route de
Beparasy (Dujardin-Delacour et Viossat, XI. 1969, MP). — Anosibe (Moinier,
MRAC ; Dujardin-Delacour et Viossat, X. 1966, III. 1968, MP, MRAC). —
Route d’Anosibe (Dujardin-Delacour et Ratovoson, I. 1970, MP, MRAC). —
Sandrangato (A. Robinson, III. 1954, MP).
MADAGASGAR CENTRE : Tananarive (Ch. Lamberton, 1912, MRAC). —
Moramanga (coll. Le Moult, MRAC). — Ambohimanga, 20 km au nord de
Tananarive (G. Olsoufieff, MP).
D’autres exemplaires (MP) portent des indications fort douteuses comme
Tamatave, lac Alaotra, Ambositra, réserve du Zombitsy (district de Tuléar).
VW detriei
X s.corniculatus
@ venator
J
F1@. 70. — Gen. Dinoscaris Alluaud. Répartition géographique.
11
Source : MNHN, Paris
162 P. BASILEWSKY
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Cette espèce fut décrite par R. JEANNEL d’après deux
exemplaires sans localité précise, que l’auteur séparait de venalor par la forme
de l’édéage et les élytres bien plus courts, environ une fois et quart aussi longs
que larges. Ainsi que j’ai pu m'en convaincre par l’examen des types et d’autres
individus, ces caractères sont inconsistants ; la différence mentionnée par
JEANNEL dans la conformation de l'organe copulateur est simplement due
à une déformation par dessication de la préparation ; quant à la forme plus
courte de l’élytre, elle n’est pas constante et varie dans une certaine mesure
chez les deux espèces. Néanmoins, sicardi est une espèce parfaitement valable
par suite d’autres caractères non signalés par l’auteur mais pourtant facilement
repérables et que j’ai mentionnés plus haut. N'ayant pas remarqué ces carac-
tères, JEANNEL a mélangé les deux espèces lors de la séparation des individus.
7. Dinoscaris atrox (Bänninger)
Dinoscaris atrox atrox (Bänninger) (fig. 71)
Crepidopterus venator ssp. atrox Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent., 1, p. 180.
Storthodontus (Crepidopterus) venaor ssp. atrox Bänninger ; BANNINGER,
1938, Deutsch. ent. Zeit, pp. 72, 74, pl. 2, fig. 13.
Crepidopterus (Dinoscaris) Salléi Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
pp. 280, 286, fig. 127 (Syn. nova).
Crépidopterus (Dinoscaris) atrox Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Em-
pire franc, 6, pp. 280, 286, fig. 128, 130 a.
Crepidopterus (Dénoscaris) atrox ssp. obtusus Jeannel, 1946, Faune de l’Em-
pire franç., 6, p. 287 (syn. nova).
Types. — atrox Bänninger. Holotype, Madagascar Centre, Tananarive
(Entom. Inst. Zürich).
sallei Jeannel. Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
obtusus Jeannel. Holotype, Madagascar Centre, Tananarive (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 36 à 56 mm. Corps allongé et subparallèle, l’avant-
corps volumineux.
Tête grande, pas plus large que le pronotum, à mandibules robustes et
larges, acérées et arquées au sommet ; sillons frontaux larges mais peu profonds ;
front couvert en avant de strioles longitudinales assez grossières et assez
profondes mais bien espacées, tandis que la partie postérieure est faiblement
ou à peine vermiculée, avec le champ postoculaire presque lisse ; calus oculaire
tout à fait effacé ; lobes latéraux du labium tronqués très droits au sommet,
avec une ridulation irrégulière ; pas de carène interne aux paragènes. Pronotum
transverse, 1,50 fois plus large que long, à côtés faiblement arqués et entiers,
les angles antérieurs modérément saillants et un peu acuminés au sommet,
les postérieurs tout à fait effacés, le milieu de la base formant un lobe court
mais bien marqué, la gouttière marginale étroite sur toute sa longueur, surtout
en arrière ; surface faiblement striolée au milieu du disque, devenant un peu
vermiculaire sur les côtés ou en arrière ; cette vermiculation pouvant presque
disparaître ; dépressions basilaires indistinctes. Elytres allongés et subparallèles,
environ une fois et demie plus longs que larges ensemble ; l'épaule est peu
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 163
F1c. 71. — Dinoscaris atrox (Bänninger) (d’après JEANNEL).
variable, en général bien arrondie, rarement un peu anguleuse par suite de
la conformation de la crête humérale qui est modérément saillante et surtout
plus ou moins courte, suivant que sa rencontre avec la bifurcation des carènes
7 et 8 est située un peu plus haut, ou un peu plus bas; base non rebordée,
sculpture nettement évoluée, présentant une certaine tendance au dédouble-
ment des stries et des côtes même dans la partie interne où les trois premiers
intervalles sont inégaux, avec deux rangées de points entre les intervalles
2 et 3, tandis qu’à l'extérieur de ce dernier cette tendance s’accentue nette-
ment, avec quatre rangées de points entre 3 et 5 (au lieux de deux) et la ponc-
tuation devient tout à fait confuse entre 5 et 7 ; les intervalles 1 et 3 (parfois
aussi 2) sont mieux individualisés, un peu soulevés et moins mats ; à la base,
à l'emplacement de la 5e côte, se trouve un tubercule court mais saillant ;
carène du 7e forte et longue.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes petits et un peu plus
longs que larges. Epipleures des élytres larges sur presque toute leur longueur.
Protibias sans rangée médiane de soies à sa face antérieure et à bifurcation
des deux dents externes terminales située en avant de l'insertion des tarses.
Source
: MNHN, Paris
164 P. BASILEWSKY
Les deux soies prothoraciques latérales présentes, ainsi que quelques
soies basales. Sept soies discales, l’antérieure très près de la base.
Edéage fig. 69 a.
% atrox
@ s.vadoni
Fi@. 72. — Gen. Dinoscaris Alluaud. Répartition géographique.
Distribution dans l'île (fig. 72). — Sous-espèce assez strictement loca-
lisée dans la région centre-est, du lac Alaotra jusqu’à la région du Mangoro.
MapaGascar CENTRE : Antsianaka (Perrot frères, 1892, MRAC). — Tana-
narive (Barrier, MP). — Ambatolampy (Dujardin-Delacour et Viossat, X. 1964,
MP).
Source : MNHN, Paris|
CARABIDAE SCARITINAE 165
MapaGascar Esr : Andranomalaza, réserve naturelle intégrale III, vallée
d’Ivelona (P. Soga, X.1957, MP). — Nouvelle route de Beparasy (Dujardin-
Delacour et Viossat, I. 1966, MP). — Anosibe (id., III. 1968, MP, MRAC). —
Route d’Anosibe (id., I. 1970, MP ; id., II. 1971, MP, MRAC). — Moramanga
(coll. Le Moult, MRAC). — Ankasoka, route de Lakato (E.R., XII, 1956, MP).
J'ai vu en outre trois exemplaires étiquetés Fianarantsoa (Perrot frères,
1892, MP, MRAC), ce qui me paraît très douteux, et un autre portant l’indi-
cation : Ivohimanitra, forêt Tanala (F. Major, X-XI. 1894, MP), ce qui est
certainement inexact.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Sallei n'est qu'un individu un peu aberrant d’afrox,
dont la carène du 7e intervalle est anormalement peu élevée, crénelée et courte ;
ce nom ne mérite pas d'être retenu. Sous celui d’obfusus JEANNEL à séparé,
à titre de sous-espèce, deux individus à épaule plus arrondie que chez les
autres spécimens, avec la crête humérale plus arquée et sa bifurcation située
un peu en dessous de l’angle, tandis que le 3e intervalle est plus soulevé en
côte. À mon avis, il n’y a pas lieu de maintenir cette sous-espèce, d'autant
plus que j'ai pu constater qu'il s’agissait là de variations individuelles relati-
vement fréquentes, se présentant chez des exemplaires provenant d’une même
localité.
Dinoscaris atrox vadoni (Jeannel)
Crepidoplerus (Dinoscaris) atrox ssp. Vadoni, Jeannel, 1946, Faune de l’Em-
pire franç., 6, p. 287.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Antalaha (J. Vadon, VIL.1935)
(Muséum, Paris).
Description. — Très proche de la sous-espèce nominative mais géogra-
phiquement bien séparée et caractérisée par la très grande taille (66 à 65 mm),
par les intervalles 1, 3 et 5 bombés, lisses et saillants, et par la ponctuation
très forte des stries.
Distribution dans l'île (fig. 72). — Sous-espèce limitée dans le nord du
domaine de l'Est, dans les districts de Maroantsetra, Antalaha et Sambava.
MapaGascar Non : Belalona, 30 km au sud-ouest de Sambava (4.
Peyrieras, II. 1970, MRAC). — Antalaha (J. Vadon, VII. 1935, MP). —
Ambodimanga, vallée de la Lokoho, près d’Antalaha (J. Vadon, sec.R. JEANNEL).
— Beanana, région de Maroantsetra (J. Vadon, VIII. 1938, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
14. Genre Storthodontus Chaudoir
Storthodontus Chaudoir, 1855, Bull. Soc. imp. Nat. Moscou, 28, n° 1, pp. 4
(Horthodontus err.), 23 (espèce-type : Storthodonius nimrod Chaudoir, 1835, par
désignation subséquente [MorscHuLskv, 1857]).
Storthodontus Chaudoir ; MorscHuLskv, 1857, Et, ent., 6, p. 94.
Storthodontus Chaudoir ; Gmaupor, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22, pp. 128,
176.
Source : MNHN, Paris
166 P. BASILEWSKY
Storthodontus Chaudoir ; ALL
Storthodontus Chaudoir ; BA
auD, 1930, Afra, 1, p. 10.
INGER, 1931, Deutsch. ent. Zeit., p. 194.
Storthodontus Chaudoir ; BANNINGER, 1937, Deutsch. ent. Zeit., p. 117.
Storthodontus Chaudoir : BANNINGER, 1938, Deulsch. ent. Zeit., p. 55.
Storthodontus Chaudoir ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp.
277, 301
Description. — Espèces de taille assez grande (23 à 46 mm) et de forme
variable.
Tête forte, à mandibules grandes, surtout larges à la base ; champ postocu-
laire généralement bien rugueux ; calus oculaire variable ; paragènes triangu-
laires et sans dent au bord interne, à carène intérieure présente ou absente ;
lobes du labium sans carène longitudinale médiane mais parfois avec une
carène submarginale. Lobe interne des maxilles arrondi à son extrémité et
sans dent ni crochet. Pronotum court et généralement transverse, les angles
antérieurs aigus et saillants, les postérieurs effacés. Elytres ovales ou allongés
et presque subparallèles, avec l’épaule non dentée, le plus souvent arrondie
et effacée, parfois un peu anguleuse ; rebord basilaire très variable, nul à presque
complet, parfois représenté seulement par un tubercule situé au niveau du
5e intervalle ; bord externe bicaréné, la carène du 7€ intervalle doublant sur
-une plus ou moins grande longueur celle du 8; côtes et striation variables,
les stries parfois dédoublées.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes généralement petits et
subcarrés, rarement un peu plus longs que larges. Protibias toujours avec une
série médiane de soies à la face supérieure ; bifurcation des deux dents externes
terminales située au niveau de l'insertion des tarses.
Soie prothoracique antérieure rarement présente (mathiauvi, peyrierasi,
nimrod), la postérieure toujours présente. Soies discales insérées sur le bord
externe du 3e intervalle.
Edéage assez semblable à celui de Dinoscaris. Styles génitaux de la femelle
de forme variable ; alors que chez la plupart des espèces ils sont allongés et
grêles, le dernier article en forme d’ongle efilé et arqué en dehors et pourvu
de deux rangées de fortes soies émineuses, chez quelques-unes (S£. impressi-
frons, St. boileaui, St. peyrierasi) il se présente sous forme de plaque aplatie,
inerme intérieurement ou avec une seule soie.
Répartition géographique. — Ce genre, endémique à Madagascar,
comporte onze espèces, localisées dans le nord du domaine de l'Est, de la région
de Tamatave jusqu'à Vohémar ; une espèce (S. impressifrons) est propre au
domaine du Nord et une autre (S£. peyrierasi) à celui de l’Ouest.
Discussion. — Le genre fut créé par Cmauporr en 1855 pour deux espèces,
mais s'agrandit rapidement par suite de nouvelles découvertes. La plupart
des auteurs y placèrent indifféremment tous les Sforthodontina et ce n’est
que JEANNEL qui montra qu'il méritait largement d’être scindé.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (6). Carène interne des paragènes absente.
2. (3). Elytres allongés et subparallèles, assez étroits, plus arrondis
Source : MNHN, Paris
& E).
5. (4)
6. (1).
7.22).
8. (9).
9. (8).
10.(17).
11.(12).
12.(11).
CARABIDAE SCARITINAE
qu’atténués au sommet ; épaule mieux marquée que chez les
autres espèces bien qu’elle ne soit pas vraiment dentée ; pas
de rebord basilaire entre la crête humérale et la suture, avec
simplement un tubercule saillant au sommet du 5° intervalle.
Pronotum avec les deux soies prothoraciques latérales présen-
tes. Long. 28 à 32 mm.
. Elytres ovalaires, plus courts et plus trapus, assez larges,
plus ou moins fortement atténués au sommet ; épaule nette-
ment bien moins marquée, plus arrondie, la crête humérale
étant plus régulièrement arquée ; rebord basilaire incomplet
mais présent. Pronotum avec seulement la soie postérieure
présente, l’antérieure toujours absente.
Disque des élytres convexe, défléchi sur les côtés où la partie
latérale n’est pas aplanie devant la carène du 7e intervalle ;
sculpture effacée, stries superficielles, intervalles simplement
finement chagrinés mais sans aucune granulation ; rebord
basilaire assez long et saillant, atteignant la 3e strie. Long. 31
167
1. S. mathiauxi Jeannel
CT ES na ne Goo e où 2. S. reticulatus Basilewsky
Disque des élytres plat, aplani sur les côtés où la partie latérale
est fortement explanée devant la carène du 7€ intervalle ;
sculpture mieux marquée, les intervalles pourvus d’une gra-
nulation très nette; rebord basilaire court et interrompu,
n’atteignant pas la 3 strie. Long. 29 à 35 mm..........
Carène interne des paragènes présente.
Striation de l’élytre normale, les stries simples.
Elytres longs et étroits, près de deux fois aussi longs que
larges. Calus oculaire saillant mais petit. Pronotum modérément
3. S. diastictus Alluaud
transverse. Long. 23 à 28 mm ............ 4. S. elegans Jeannel
Elytres tout au plus une fois et demie aussi longs que larges.
Pronotum plus transverse.
Calus oculaire fortement saillant. Taille moyenne.
Epaule particulièrement tombante et complètement effacée,
la crête humérale faible et courte, très oblique, le rebord
basilaire nul, la carène du 7° intervalle très faible et courte.
Pronotum relativement petit et très court, très transverse,
pas plus large que la tête. Long. 28 à 34 mm............
CNRS D codec eo ant 2000 5. S. ambreanus Boileau
Epaule bien marquée, la crête humérale forte, élevée et sail-
lante, moins oblique, assez longue, formant un léger angle
huméral à la bifurcation des intervalles 7 et 8; carène du 7e
Source
: MNHN, Paris
168 P. BASILEWSKY
intervalle bien marquée et assez longue. Pronotum plus volu-
mineux, moins court et un peu moins transverse, nettement
plus large que la tête.
13.(16). Avant-corps à sculpture assez forte, la tête pourvue de sillons
et de rides longitudinaux bien marqués et avec une sculpture
ruguleuse sur le champ postoculaire. Pronotum à disque den-
sément couvert de rides transversales, entremêlées de rides
longitudinales, les côtés assez fortement entaillés. Elytres à
intervalles plats, densément mais finement chagrinés, un peu
granuleux. Seule la soie prothoracique postérieure présente.
14.(15). Taille plus faible. Intervalles des élytres très plats. Côtés du
pronotum assez fortement entaillés. Long. 30 à 36 mm ........
Re oc dessecee......... 6. S. impressifrons (Fairmaire)
15.(14). Taille plus forte. Les cinq premiers intervalles des élytres légè-
rement soulevés. Côtés du pronotum plus fortement entaillés.
Long. 31 à 47 mm. & : 7. S. boiïleaui Alluaud
16.(13). Avant-corps à sculpture faible, la tête pourvue de sillons
frontaux profonds et de rides faibles et espacées, le champ
postoculaire presque lisse. Pronotum à disque brillant à
sculpture rare et superficielle, les côtés non entaillés. Elytres
dissemblables chez les deux sexes : déprimés chez le.G avec
les côtes très planes ; bien convexes chez la Q avec les inter-
valles fortement soulevés et lisses au milieu. Soies protho-
raciques antérieures et postérieures présentes. Long. 35 à
AD MMA ne cree ein eu 8. S. peyrierasi n. sp.
17.(10). Calus oculaire non ou peu saillant, déprimé longitudinale-
ment. Taille grande.
18.(21). Carène interne des paragènes courte, son extrémité posté-
rieure dépassant à peine celle de la carène externe et restant
bien au delà de celle-ci.
19.(20). Elytres allongés et. subparallèles, presque une fois et demie
aussi longs que larges ensemble. Intervalles plus élevés, les
stries généralement distinctes ; le 7e à carène plus longue,
occupant les trois quarts de la longueur de l’élytre ; rebord
basilaire plus court et plus irrégulier. Long. 45 à 56 mm.
DSC APE DERNIERE 9. S. bresseti Boileau
20.(19). Elytres très larges, à peine d’un sixième plus longs que larges
ensemble. Intervalles moins élevés, les stries généralement
indistinctes ; la carène du 7€ plus courte, n'occupant que les
deux tiers de la longueur de l'élytre ; rebord basilaire plus
long et plus régulier. Long. 41 à 57 mm. 10. S. aegeon Chaudoir Q
21.(18). Carène interne des paragènes longue et arquée en dehors,
son extrémité postérieure dépassant amplement le niveau de
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 169
l'extrémité de la carène externe et venant sur la même ligne
que celle-ci. Rebord basilaire de l’élytre régulier et assez long.
intervalles moins élevés. Long. 41 à 57 mm. 10. S. aegeon Chaudoir G
22. (7). Striation de l’élytre évoluée, ayant une nette tendance au
dédoublement des stries entre les côtes 1 et 3, plus forte entre
3 et 5, très forte entre 5 et 7 avec trois rangées de points entre
la suture et le 32 intervalle, quatre entre le 3e et le 5°, quatre
ou cinq entre le 5e et le 7e. Soies prothoraciques antérieures et
postérieures présentes. Long. 29 à 45 mm 11. S. nimrod Chaudoir
1. Storthodontus mathiauxi Jeannel
Storthodontus Mathiauxi Jeannel, 1946, Faune de l’Empire frang., 6, pp. 303,
305.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Soanierana (A. Mathiau, 1905)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 28 à 32 mm. Corps étroit et allongé.
Tête plus étroite que le pronotum ; front entièrement striolé, les strioles
espacées mais assez profondes, le champ postoculaire avec une assez forte
rugosité irrégulière ; calus oculaire très modéré et arrondi, à peine saillant,
pourvu de quelques courts bourrelets ; lobes latéraux du labium arrondis au
bord antérieur, ridulés longitudinalement; paragènes sans carène interne.
Pronotum transverse, 1,44 fois plus large que long, assez convexe, à côtés
très peu arrondis, quelque peu entaillés, les angles antérieurs très émoussés,
les postérieurs effacés, le milieu de la base en lobe nettement marqué, la
gouttière marginale étroite ; surface modérément sculptée, pourvue de nom-
breuses rides transversales peu profondes et moyennement espacées, avec
entre elles une fine ponctuation assez dense, la partie située en avant du sillon
transversal antérieur fortement ridée longitudinalement ; fossettes basilaires
petites. Elytres allongés et subparallèles, assez étroits, faiblement élargis après
le milieu et obtusément arrondis au sommet ; épaule bien marquée, presque
angulaire bien que non vraiment dentée, la crête humérale formant une
épaulette saillante ; base non rebordée mais avec un tubercule fortement
saillant au sommet du 5€ intervalle ; tous les intervalles légèrement bombés,
aplanis en arrière, le 3° un peu plus large que les autres, le 7° formant une
carène longue, étroite et saillante, continuée jusqu’après le quart apical, le
82 formant le bord externe non tranchant ; stries bien ponctuées.
Métépisternes petits et subcarrés. Epipleures élytraux très larges en
avant et restant larges presque jusqu’au sommet.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Six soies
discales, la première près du bord basal.
Edéage fig. 79 d.
Distribution dans l'île (fig. 75). — Espèce très localisée dans la vallée
de la Soamianina.
Source : MNHN, Paris
170 P. BASILEWSKY
Mapacascar Esr : Soanierana, province de Fénérive (A. Mafhiau, 1905,
MP). — Antenina, sur la riv. Soamianina, à 50 km au nord-ouest de Soanierana
(J. Vadon, XI, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Storthodontus reticulatus Basilewsky (fig. 73)
Storthodontus reticulatus Basilewsky, 1957, Bull. Soc. ent. France, 62, p. 94,
fig. 1a.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Ma-
nambolosy (J. Vadon, 1956) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 31 à 44 mm. Corps
allongé et assez étroit, l’avant-corps volumi-
neux.
Tête grosse, à peine plus étroite que le
pronotum ; front finement striolé longitudina-
lement, les strioles fines et assez rapprochées,
peu profondes, le champ postoculaire avec une
assez forte rugosité irrégulière ; calus oculaire
modéré et arrondi, peu saillant, non bosselé ;
lobes latéraux du labium sub-arrondis en
avant, ridulés longitudinalement ; paragènes
sans carène interne. Pronotum assez transverse,
1,52 fois plus large que long, peu convexe, les
côtés un peu arrondis et quelque peu entaillés,
les angles antérieurs assez pointus et saillants,
les postérieurs complètement effacés, le milieu
de la base en lobe peu marqué, la gouttière
marginale modérément étroite ; surface cou-
verte de rides transversales régulières au milieu
du disque mais devenant très ruguleuse sur
les côtés où ces dernières sont entrecoupées de
rides obliques ou longitudinales donnant un
aspect craquelé et pourvue entre ces rides
d’une ponctuation rare et très fine, la partie
dues se Siorhonentes antérieure ridée longitudinalement ; dépres-
reticulatus Basilewsky (des- es ETES FLD See 2
sin de Mme S. BERGER) sions basilaires modérément distinctes. Ely-
tres ovalaires, plus courts et plus trapus que
chez l’espèce précédente, assez larges, plus ou
moins fortement atténués vers le sommet, nettement défléchis sur les côtés où la
partie latérale n’est pas aplanie devant la carène du 7€ intervalle, convexes sur le
disque ; épaule bien marquée mais non anguleuse, la crête humérale courte,
moyennement saillante et peu oblique; base assez longuement et fortement
rebordée jusqu’au niveau de la 3e strie ; surface assez plane, les intervalles peu
ou presque pas soulevés, finement chagrinés mais sans aucune granulation,
le 7° en carène saillante dépassant la mi-longueur de l’élytre, la carène du 8e
formant le bord externe non tranchant ; stries superficielles, à ponctuation
distincte seulement sur les côtés.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 171
Métépisternes petits et presque subcarrés. Epipleures des élytres larges
en avant et conservant une certaine largeur jusqu’à l’apex.
Seule la soie prothoracique postérieure présente. Cinq soies discales,
l’antérieure assez éloignée du bord basal.
Edéage fig. 79 a.
Distribution dans l'île (fig. 75). — Espèce connue seulement du district
de Mananara et de celui de Maroantsetra.
MapaGascar Esr : Rantabe (J. Vadon, V. 1938, MP). — Beanana (Michel,
VIII. 1946, MP). — Masoala (J. Vadon, I. 1954, MP). — Manambolosy (J.
Vadon, II. 1956, XII. 1956, MP, MRAC ; MP, MRAC). — Fahitrosy (J. Vadon
et A. Peyrieras, VII. 1968, MP, MRAC). — Ambodivoanio (J. Vadon et A.
Peyrieras, VII. 1968, MP, MRAC). — Mananara (J. Vadon, XII. 1937, VI.
1954, 1963, MP, MRAC). — Aniribe (J. Vadon et A. Peyrieras, X. 1966, MP). —
Soavinerivo (Ecole offic., VII. 1943, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Storthodontus diastictus Alluaud
Storthodontus diastictus Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 14, fig. 10.
Sorthodontus diastictus Alluaud ; BANNINGER, 1988, Deutsch. ent. Zeit,
pp. 59, 67.
Storthodontus diastictus Alluaud ; JEANeL, 1946, Faune de l’Empire franc.
6, pp. 303, 305.
Storthodontus platypterus Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp.
303, 306, fig. 136 a (sYn. nova).
Storihodontus suggrundatus Basilewsky, 1957, Bull. Soc. ent. France, p. %6,
fig. 10 (syn. nova).
Types. — diastictus Alluaud. Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
platypterus Jeannel. Holotype, Madagascar (F. Geay) (Muséum, Paris).
suggrundatus Basilewsky. Holotype, Madagascar (Muséum, Paris).
Description. — Allongé et déprimé, assez étroit, l’avant-corps modéré-
ment volumineux.
Tête plus étroite que le pronotum; front finement striolé, les strioles
superficielles et peu rapprochées, le champ postoculaire assez fortement et
irrégulièrement ruguleux; calus oculaire petit, très modérément saillant,
arrondi, non ou à peine bosselé ; lobes latéraux du labium tronqués au sommet,
presque lisses; paragènes sans carène interne. Pronotum très transverse,
1,68 fois plus large que long, presque semilunaire, modérément convexe, les
côtés subparallèles en avant et arrondis en arrière, légèrement entaillés, les
angles antérieurs saillants mais émoussés, les angles postérieurs généralement
complètement eflacés mais parfois un peu marqués par un arrondi moins
régulier et moins net, le milieu de la base en lobe bien marqué, la gouttière
marginale assez étroite ; surface ridulée transversalement, irrégulièrement sur
les côtés, longitudinalement en avant, avec une ponctuation fine mais bien
distincte ; dépressions basilaires indistinctes. Elytres ovalaires, assez trapus,
plus ou moins fortement atténués vers le sommet, le disque plat, aplani encore
Source : MNHN, Paris
172 P. BASILEWSKY
sur les côtés où la partie latérale est fortement explanée devant la carène
du 7€ intervalle ; épaule bien marquée mais non anguleuse, la crête humérale
courte, saillante et oblique ; base avec un rebord très court et très incomplet,
débutant en dessous de la crête humérale et continuant jusqu'au niveau du
4e intervalle ; surface assez plane, les intervalles à peine soulevés, les impairs
parfois un peu plus larges et plus bombés que les autres, les externes plus
plats, tous pourvus d’une granulation fine mais très nette, le 7° en carène
saillante atteignant presque le dernier tiers de l’élytre, la carène du 8€ formant
le bord externe un peu tranchant ; stries à ponctuation assez bien marquée,
ayant une certaine tendance à se dédoubler.
Métépisternes petits et subcarrés. Epipleures des élytres très larges sur
toute leur longueur, surtout en avant.
Seule la soie prothoracique postérieure présente. Cinq soies discales insérées
dans des pores exceptionnellement petits, l’antérieure éloignée du bord basal.
Edéage fig. 74 a.
F1G. 74. — Gen. Sforthodontus Chaudoir. Edéages. a, S. diastictus Alluaud ;
b, S. elegans Jeannel ; c, S. boileaui Alluaud ; 4, S. impressifrons (Fairmaire) ;
5 S. ie Chaudoir ; f, S. ambreanus Boileau ; g, S. bresseli Boileau (d’après
EANNEL).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 173
Distribution dans l'île (fig. 75). — Il est probable que cette espèce
est localisée dans la région de Tamatave, l'indication de Tananarive méritant
confirmation.
MapaGascar : Humblot, 1885, MP, MRAC; F. Geay, 1911, MRAC,
BM).
X mathiauxi
© reticulatus
Y diastictus
Fi@. 75. — Gen. Storthodontus Chaudoir. Répartition géographique.
Mapacascar Esr: Andondabe, près de Foulpointe (Ecole offic., VIII.
1943, MP).
MapaGascar CENTRE : Tananarive (Lamberton, 1912, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
174 P. BASILEWSKY
Discussion. — JEANNEL a cru devoir séparer sous le nom de platyplerus
un exemplaire @ différant, d’après lui, de diasticlus par les angles postérieurs
du pronotum fortement accusés, quoique arrondis, par les angles huméraux
effacés et par quelques autres caractères tout aussi peu consistants, J'ai longue-
ment examiné ce spécimen, le comparant au type et à plusieurs autres de
diastictus et n’ai pu trouver comme différence que l’angle postérieur du prono-
tum non complètement effacé mais très légèrement indiqué, et j'ai pu me
convaincre qu'il s'agissait là de très faibles différences purement individuelles,
et non sexuelles comme l’a supposé ArLuAuD. Il s’agit donc là d’un simple
synonyme. La description de JEANNEL est erronée en plusieurs points, ce qui
m'a induit en erreur lorsque j'ai décrit à mon tour suggrundatus, qui est égale-
ment un synonyme de diastictus.
4. Storthodontus elegans Jeannel (fig. 76)
og, Srtiodentus elegans Jeannel, 1946, Faune de Empire franç., 6, pp. 303,
_ Type. — Holotype, Madagascar Est, Maroantsetra (J. Vadon, V.1935)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 25 à 28 mm. Corps
particulièrement étroit et allongé, différant par là
de tous les autres Sforthodontus connus.
Tête très volumineuse et très allongée, net-
tement plus étroite que le pronotum, avec les
tempes très développées et les mandibules lon-
gues, fines en avant, particulièrement dentées
au côté interne ; surface fortement et densément
chagrinée, avec une ponctuation fine et espacée
mais assez profonde, le front pourvu de strioles
longitudinales bien marquées, surtout sur la
convexité médiane ; champ postoculaire modéré-
ment rugueux, plutôt simplement bosselé ; calus
oculaire petit mais saillant à sa partie antérieure,
bosselé ; lobes latéraux du labium subarrondis
au sommet, ridulés longitudinalement ; carène
interne des paragènes présente mais assez variable
en longueur, son extrémité postérieure ne dépas-
sant pas celle de la carène externe et restant très
en dedans de cette dernière. Pronotum peu trans-
verse, 1,29 fois plus large que long, peu convexe,
les côtés subparallèles en avant et subcrénelés,
les angles antérieurs très saillants, les postérieurs
arrondis et effacés, le milieu de la base en lobe
bien marqué, la gouttière marginale étroite ; sur-
face à sculpture bien marquée, consistant en
Fe rt ridules longitudinales serrées sur le disque, deve-
(dessin de Mme S. BEr- nant une forte chagrination sur les côtés, avec
GER). partout une ponctuation fine et assez serrée ;
Source : MNHN,
Paris
CARABIDAE SCARITINAE 175
dépressions basilaires marquées. Elytres longs et étroits, près de deux fois
plus longs que larges réunis, le sommet obtusément arrondi ; épaule bien mar-
quée, la crête humérale très saillante et fort oblique, continuée en un court
repli basilaire atteignant l’origine de la 3e strie ; rebord basilaire long ; disque
très déprimé ; intervalles presque plans mais bien individualisés, nettement
séparés par des stries bien marquées mais faiblement ponctuées, le 7€ en carène
saillante et longue, continuée jusqu’au dernier quart, celle du 8e formant un
bord externe tranchant.
Métépisternes allongés, plus longs que larges. Epipleures des. élytres
larges sur toute leur longueur, se rétrécissant seulement très près de la suture,
Seule la soie prothoracique postérieure présente. Sept soies discales, la
première insérée loin du rebord basal.
Edéage fig. 74 b.
Distribution dans l'île (fig. 77). — Espèce propre à la région de la
Baie d’Antongil, dans les districts de Maroantsetra et de Mananara.
MapaGascar Esr : Région de Maroantsetra (J. Vadon, V. 1935, MP). —
Fampanambo (J. Vadon et A. Peyrieras, MP, MRAC). — Ambodivoangy
(J. Vadon, X. 1947, X. 1950, XI. 1958, MP, MRAC). — Antanambe (J. Vadon
el A. Peyrieras, MP, MRAC). — Mont Antampona (J. Vadon el A. Peyrieras,
MP). — Analabe (J. Vadon, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
5. Storthodontus ambreanus Boileau
Storthodontus ambreanus Boileau, 1902, Bull. Soc. ent. France, p. 126.
Storthodontus ambreanus Boileau ; BäxNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.
pp. 63, 67.
Storthodontus ambreanus Boileau ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 304, 307, fig. 136 f.
Type. — Holotype, Madagascar Nord, région de la Montagne d’Ambre
(Ent. Inst., Zürich).
Description. — Long. 28 à 34 mm. Corps court.
Tête grosse, à peine plus étroite que le pronotum, les mandibules longues
et fines en avant ; front fortement et profondément sillonné, les sillons frontaux
larges et profonds, la convexité médiane saillante ; champ postoculaire rugueu-
sement sculpté, limité en dehors par un large sillon oblique bordé de chaque
côté par une carène très saillante ; calus oculaire fortement saillant, anguleux
en avant, boursouflé ; lobes latéraux du labium fortement ridulés longitudi-
nalement mais sans carène médiane, arrondis au sommet ; carène interne des
paragènes présente, forte, longue et oblique, prolongée en avant jusqu'au
milieu du bord basal du labium. Pronotum court, fortement transverse, environ
1,75 fois plus large que long, presque semilunaire, les côtés très arrondis et
très rétrécis vers l’arrière, à peine distinctement entaillés, les angles antérieurs
peu saillants, les postérieurs effacés ; lobe basal médian bien saillant ; disque
peu convexe, à sillon transversal antérieur fortement marqué, de même que
Source : MNHN, Paris
176 P. BASILEWSKY
elegans
% ambreanus
Y _impressifrons
F1c. 77. — Gen. Storthodontus Chaudoir. Répartition géographique.
le sillon longitudinal médian qui est déprimé ; toute la surface est fortement
chagrinée, avec des rides transversales dans le centre, entremêlées et irrégu-
lières tout autour; gouttière marginale très étroite ; dépressions basilaires
presque indistinctes. Elytres courts et larges, ovales, convexes, d’un quart
seulement plus longs que larges ensemble, à côtés très arrondis ; épaule effacée,
particulièrement oblique et tombante, la crête humérale faible et très oblique ;
pas de rebord basilaire ; intervalles presque plans, finement chagrinés, un peu
granuleux latéralement, la carène du 7° faible et très courte, celle du 8e formant
un bord externe tranchant; stries superficielles.
Métépisternes petits et subcarrés. Epipleures des élytres larges en avant
et au milieu, se rétrécissant fortement un peu avant l’apex.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 177
Seule la soie prothoracique postérieure présente. Six soies discales, l'anté-
rieure éloignée de la base.
Edéage (fig. 74/).
Espèce très caractérisée par un faciès particulier dû à la briéveté et la
convexité des élytres et les épaules très tombantes.
Distribution dans l'île (fig. 77). — L'espèce fut décrite par Borreau
sur une petite série de la collection Schneider étiquetée « Cap d’Ambre ». Elle
ne fut jamais reprise sur la Montagne d’Ambre, pourtant abondamment
prospectée, et JEANNEL croyait qu’elle devait habiter plutôt la région côtière.
Je pense quant à moi que la vraie patrie d'ambreanus est la région de Tamatave
et que seuls les exemplaires recueillis par Bougr sont correctement étiquetés.
Mapacascar Non: Cap d’Ambre (ex. coll. Schneïder, Ent. Inst., Zürich,
MP, MRAC). Provenance douteuse.
MapaGascar Esr : Andevorante et Beforona, région de Tamatave (G.
Bouel, 1905, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
6. Storthodontus impressifrons (Fairmaire)
Crepidoplerus impressifrons Fairmaire, 1898, Ann. Soc. ent. Belg., 42, p. 391.
Crepidopterus impressifrons Fairmaire ; ALLUAUD, 1900, in A, GRANDIDIER,
Hist. phys. nat, polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie,
p. 12.
Storthodontus impressifrons Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deulsch. ent. Zeit.,
pp. 64, 67.
Storthodontus impressifrons Fairmaire ; JeANNEL, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, pp. 304, 308, fig. 136 d.
Type. — Holotype, Madagascar Nord, Antankara (E. ef B. Perrot)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 30 à 36 mm.
Tête volumineuse, à peine plus étroite que le pronotum, les mandibules
longues et fines en avant; front striolé longitudinalement, les strioles bien
marquées et peu serrées, ne dépassant pas où guère les sillons frontaux qui
sont larges et profonds ; champ postoculaire rugueux, limité en dehors par une
forte carène saillante ; calus oculaire saillant, anguleux en avant, bosselé ;
lobes latéraux du labium arrondis en avant, légèrement ridulés, avec une
large carène longitudinale submarginale, carène interne des paragènes effacée
en avant, flanquée contre le côté externe d’un fort tubercule arrondi et lisse,
l'extrémité postérieure dépassant un peu celle de la carène externe et restant
très écartée en dedans. Pronotum assez volumineux, très transverse, 1,75 à
1,77 fois plus large que long, les côtés fortement arrondis et nettement entaillés,
les angles antérieurs très peu saillants, les postérieurs effacés, le lobe basal
médian bien saillant; disque peu convexe, les sillons transversal antérieur
et longitudinal médian bien marqués ; toute la surface chagrinée, couverte
de rides transversales, entremêlées de rides longitudinales ; gouttière marginale
12
Source : MNHN, Paris
178 P. BASILEWSKY
modérément étroite; dépressions basilaires presque nulles. Elytres ovales,
près d’une fois et demie aussi longs que larges, les côtés bien arrondis ; épaule
bien marquée, la crête humérale forte, élevée et saillante, peu oblique et assez
longue, formant un léger angle huméral à la bifurcation des carènes 7 et 8;
pas de rebord basilaire ; intervalles plats mais bien individualisés, densément
mais finement chagrinés et un peu granuleux ; carène du 7e intervalle modéré-
ment saillante, souvent un peu crénelée, atteignant au moins la mi-longueur
de l'élytre, celle du 8e formant un bord externe assez tranchant ; stries bien
tracées mais peu profondes, presque superficielles, à peu près lisses.
Métépisternes petits et carrés. Epipleures des élytres très larges sauf à
l'extrême sommet.
Seule la soie prothoracique postérieure présente. Quatre à cinq soies
discales, l’antérieure très éloignée du bord basal.
Edéage fig. 74 d. Styles génitaux de la femelle (fig. 83 D) avec le dernier
article de forme très particulière, en plaque étroite et allongée, inerme sur
le côté à l’exception d’une soie apicale.
Distribution dans l'ile (fig. 77). — Seuls les exemplaires de la série
typique sont connus jusqu’à présent, ce qui porte à croire que l’espèce est
- extrêmement localisée.
Mapacascar Norp : Antankara, entre Isokitra et Diégo-Suarez (E. et
B. Perrot, X.1891, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
7. Storthodontus boileaui Alluaud (fig. 78)
Storthodontus Boileaui Alluaud ; 1930, Afra
1, p. 18.
Storthodontus boileaui Alluaud ; BANNIN-
cer, 1938, Deutsch. ent. Zeit., p. 63, 67.
Storthodontus Boileaui Alluaud ; JEANNEL,
1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 304,
308, fig. 136 c.
Type. — Holotype, Madagascar Nord,
Vohémar (Muséum, Paris).
Description. — Long. 31 à 47 mm. Espèce
très voisine de la précédente, en différant seu-
lement par la taille plus forte, les cinq premiers
intervalles des élytres légèrement soulevés
et les côtés du pronotum plus nettement entail-
lés, ce dernier encore plus transverse, 1,77 à
1,80 fois plus large que long.
Chétotaxie semblable. Edéage (fig. 74 c)
également très proche de celui de l’espèce pré-
cédente. Dernier article des styles génitaux de
Fe ns nt Ja femelle (fig. 83 c) très large, la frange de
de Mme S. BERGER). soies épineuses réduite à une seule soie.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 179
Distribution dans l'île (fig. 80). — Espèce localisée dans le nord du
domaine de l'Est.
)
FiG. 79. — Gen. Storthodontus Chaudoir. Edéages. a, S. reliculatus Basi-
lewsky ; b, $. nimrod Chaudoir ; e, S. peyrierasi n.sp. ; d, 8. mathiauxi Jeannel.
MapaGascar Est: Vohémar (MP, MRAC). — Sambava (J. Vadon,
XII. 1951, MP, MRAC). — Belalona, 30 km au sud-ouest de Sambava (4.
Peyrieras, XI-XIT. 1968, IT. 1969, XI. 1969, II. 1970, MP, MRAC). — Maroant-
setra (J. Vadon, X. 1952, MP).
Cette dernière localité me paraît assez douteuse.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — S. impressifrons et S. boileaui ne cohabitent pas, bien
que leur répartitions soient assez voisines. On pourrait être tenté de n’y voir
que deux races géographiques d’une seule espèce ; cependant la conformation
différente des styles génitaux de la femelle ne permettent pas, à mon avis,
une telle interprétation.
8. Storthodontus peyrierasi n. sp. (fig. 81)
Type. — Holotype G, Madagascar Ouest, Ankarafantsika, près d’Ampi-
joroa (A. Peyrieras, I11.1969) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 35 à 40 mm. Avant-corps brillant et convexe.
Tête un peu plus étroite que le pronotum, le front pourvu de quelques
strioles longitudinales fines, les sillons frontaux larges mais peu profonds ;
calus oculaire bien saillant, un peu pointé vers l’avant mais émoussé au sommet
nettement bosselé ; sillon susoculaire arqué en dehors ; champ postoculaire
faiblement et irrégulièrement ruguleux, presque lisse ; lobes latéraux du labium
tronqués en avant, légèrement ridulés mais sans carène ; carène interne des
paragènes courte, atteignant en arrière le niveau de la carène externe qui elle
Source : MNHN, Paris
180 P. BASILEWSKY
% boileaui
Y nimrod
® bresseti
Fic. 80. — Gen. Storthodontus Chaudoir. Répartition géographique.
aussi est fort courte, touchant en avant le tubercule labial, en ogive peu arrondie.
Pronotum convexe, très transversal, 1,70 fois plus large que long, plus étroit
que les élytres mais plus large que la tête, la surface brillante, pourvue de rides
transversales assez espacées sur le disque; côtés arrondis en avant, réguliè-
rement en oblique vers l'arrière, non entaillés, angles antérieurs assez largement
saillants vers l’avant, formant un large coin émoussé au sommet, les postérieurs
effacés ; milieu de la base en lobe assez bien marqué, nettement entaillé au
milieu; gouttière marginale assez large en avant, plus étroite en arrière;
dépressions basilaires indistinctes. Elytres bien dissemblables chez les deux
sexes ; chez le G le disque est nettement déprimé, les côtés en ovale peu net,
obtusément acuminés vers l’apex ; l'épaule est bien marquée, la crête humérale
est bien saillante, oblique, formant une légère dent à la bifurcation des côtes
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 181
FiG. 81. — Storthodontus peyrierasi n.sp. (dessin de Mme S. BERGER).
FiG. 82. — Siorthodontus bresseti Boileau (dessin de Mme S. BErGER).
7 et 8; rebord basilaire absent ; intervalles très plats, les externes non ou à
peine individualisés, très finement et densément chagrinés, à peine granuleux
par endroits, le 3€ un peu plus saillant que les autres ; carène du 7€ saillante
et brillante, atteignant presque le dernier quart de l’élytre ; stries très fines
et non ponctuées ; chez la © le disque est bien convexe, les côtés en ovale
plus arrondi, plus obtusément acuminés vers l’apex, l'épaule est moins saillante
et sans formation de dent humérale ; rebord basilaire absent ; tous les inter-
valles sont nettement soulevés et fort bien individualisés, plus faibles dans
le dernier tiers, le 3° pas plus large que les autres ; le milieu des côtes est géné-
ralement lisse, tandis que les côtés sont très finement ponctués-aciculés ;
la carène du 7 est fine et nettement moins saillante que chez le G, bien marquée
cependant jusqu’au dernier quart, celle du 8° bien tranchante, comme chez
le G'; stries très fines et très superficielles, non ponctuées.
Métépisternes petits et subcarrés. Epipleures des élytres larges en avant,
se rétrécissant seulement un peu avant l’apex.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Quatre à
cinq soies discales.
Source : MNHN, Paris
182 P. BASILEWSKY
Edéage fig. 79 c. Styles génitaux de la © très particuliers (fig. 83 d), les
deux derniers articles complètement soudés en lame étroite et incurvée, abso-
lument inermes.
Fi. 83. — Gen. Storthodontus Chaudoir. Styles génitaux de la Q. a, S. bres-
seli Boileau : b, S. impressifrons (Fairmaire) ; e, S. boileaui Alluaud ; d, S. peyrierasi
n.Sp.
Distribution dans l'île (fig. 84). — C’est le seul S{orthodontus connu
du domaine de l'Ouest.
Mapacascar Ouesr : Ankarafantsika, près d’Ampijoroa, réserve naturelle
intégrale n° 7, district d’Ambato-Boeni (A. Peyrieras, III, 1969, 13 ex., MP,
MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
9. Storthodontus bresseti Boileau (fig. 82)
Storthodontus Bresseli Boileau, 1902, Bull. Soc. ent. France, p. 127.
Ga Susiotaus bresseti Boileau ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit., pp. 64,
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 183
Storthodontus Bresseti Boileau ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franc.
6, pp. 304, 310, fig. 137 a.
Storthodontus Decaryi Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 304,
310, fig. 137 b (syn. nova).
Types. — bresseli Boileau. Holotype, Madagascar Est, Sud de la Baie
d’Antongil (A. Mocquerys) (Ent. Inst. Zürich).
decaryi Jeannel. Holotype, Madagascar Sud, Ifotaka, sur le moyen Man-
drare (R. Decary) (Muséum, Paris).
Description. — Allongé et parallèle, les élytres généralement plus courts
et plus larges, plus trapus, plus convexes chez les femelles, avec les côtés plus
arrondis.
Tête grande mais plus étroite que le pronotum ; front brillant, pourvu
d’une série de fines strioles longitudinales peu profondes et assez espacées,
les sillons frontaux larges et modérément profonds ; calus oculaire très peu
saillant et effacé ; sillon susoculaire arqué en dehors ; champ postoculaire plus
ou moins finement ridulé ; lobes latéraux du labium tronqués en avant, modé-
rément ridulés, sans carène longitudinale ; carène interne des paragènes courte
et presque droite, n’atteignant pas la moitié du labium, son extrémité posté-
rieure dépassant à peine celle de la carène externe, qui est courte elle aussi,
et restant toujours bien en dehors de celle-ci. Pronotum court, très transverse,
1,74 à 1,81 fois plus large que long, un peu plus étroit que les élytres ; côtés
modérément arrondis en avant, quelque peu entaillés ; les angles antérieurs
sont peu saillants mais à sommet assez vif, les postérieurs effacés, le milieu
de la base ne formant qu'un lobe très court et peu saillant ; disque pourvu
de ridules transversales fines, peu profondes et espacées, mais tout autour
cette sculpture devient une rugosité faible et superficielle ; gouttière marginale
étroite, dépressions basilaires indistinctes. Elytres étroits et longs chez le &,
subparallèles, environ 1,47 fois plus longs que larges ensemble, tandis que
chez la Q ils sont plus convexes, plus courts et plus larges, près de 1,35 fois
plus longs que larges, les côtés plus arrondis, plutôt ovales ; épaule peu saillante,
la crête humérale courte mais bien élevée, peu oblique, formant chez le G
une faible dent humérale à la bifurcation des carènes des côtes 7 et 8, tandis
que chez la © cette dent est complètement effacée ; rebord basilaire continué
par la crête humérale jusqu'au niveau du 49 intervalle ; les intervalles sont
plats mais bien individualisés, semblables chez les deux sexes, pourvus d’une
chagrination assez forte et d’une ponctuation dense, mais les points petits ;
la carène du 7 intervalle forte et saillante, longue, atteignant ou dépassant
le quart apical, celle du 8e formant un bord externe peu tranché ; stries nettes
mais non ou à peine ponctuées.
Métépisternes petits et subcarrés. Epipleures élytraux modérément larges
en avant, ne se rétrécissant que près du sommet.
Seule la soie prothoracique postérieure présente. Cinq à six soies discales,
l’antérieure généralement modérément éloignée de la base.
Edéage fig. 74 g. Styles génitaux de la © fig. 83 a.
Chez cette espèce, le polymorphisme sexuel ne porte que sur la forme
des élytres et, dans une moindre mesure, sur la dent humérale. Par contre,
la conformation des carènes paragénales est identique chez les deux sexes.
Source : MNHN, Paris
184 P. BASILEWSKY
Distribution dans l'île (fig. 80). — Espèce propre à la partie septen-
trionale du domaine de l'Est, près de la Baie d’Antongil, dans les districts
d’Antalaha, de Maroantsetra et de Mananara.
MapaGascar Est: Antalaha (MP, MRAC). — Maroantsetra (C. Lam-
berton, 1910, MP ; coll. Sicard, MP ; J. Vadon, IX. 1936, MP). — Navana
(J. Vadon, XI. 1937, MRAC). — Marofotatsa (J. Vadon, VIII. 1938, MP). —
Antogononivitsika (J. Vadon, XI-XII. 1947, MP, MRAC). — Andranofotsy
(J. Vadon, II. 1938, MP). — Ambohitsitondrona (Michel III. 1949, MP). —
Ambodilalona (J. Vadon, Mus. Bâle). — Andrakidrakivalo (J. Vadon, II. 1935,
MP). — Fampanambo (J. Vadon, Il. 1935, MRAC). — Ambodivoangy (J.
Vadon, III. 1945, V. 1946, II. 1948, 1959, MP, MRAC). — Ankalampona
(. Soga et E. Raharizonina, III. 1958, MP). — Manambolosy (J. Vadon,
MP). — Presqu'île Masoala, Ambobhitsitondrona (J. Vadon et A. Peyrieras,
II. 1969, MP). — Id, Hiaraka (J. Vadon et A. Peyrieras, II. 1969, MRAC). —
Sud de la Baie d’Antongil (A. Mocquerys, MP, Ent. Inst., Zürich). — Aniribe
(J. Vadon, VIII, MP, MRAC ; J. Vadon et A. Peyrieras, X. 1966, MP, MRAC).
Les deux seuls spécimens provenant de la presqu'île de Masoala (1 G
et 1 ©) sont fort petits tous les deux (45 mm) et pourraient peut-être constituer
une sous-espèce distincte. Le G de Fampanambo ne mesure que 47 mm et un
des G d’Antalaha 46 mm, tandis qu’un autre de la même localité n’a que 47 mm.
Les G sont en général plus petits que les Q, mais atteignent 50 mm.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Sous le nom de decaryi JEANNEL a décrit une © provenant
prétendûment d’Ifotaka, sur le moyen Mandrare (R. Decary, 1912), dans le
district d’Amboasary, domaine du Sud. Le type ne me paraît pas pouvoir être
séparé de bresseli, les caractères donnés par l’auteur étant, à mon avis, mal
observés et ne dépassant pas le cadre de la variation individuelle. Je considère
ce nom comme un simple synonyme de bresseti. Quant à la localité, elle est
certainement fausse, aucun S{orthodontus n'étant connu du sud de Madagascar.
10. Storthodontus aegeon Chaudoir
Storthodontus Aegeon Chaudoir, 1862, Rev. Mag. Zoo, (2) 14, p. 487.
1 SRROREE Aegeon Chaudoir ; CHAuDoir, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22,
p. 178.
Storthodontus Aegeon Chaudoir ; Azzuau», 1900, in A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 12.
mi Storthodontus aegon Chaudoir ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit., p. 63,
Storthodontus Aegeon Chaudoir ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6., pp. 304, 309, fig. 136 e.
Storthodontus manticoroides Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
pp. 304, 309 (syn. nova).
Types. — aegeon Chaudoir. Holotype, Madagascar Est, Tamatave (J.
Goudot) (Muséum, Paris).
manticoroides Jeannel. Holotype, Madagascar Est, sud de la Baie d’An-
tongil (A. Mocquerys) (Muséum, Paris).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 185
Description. — Long. 41 à 57 mm. Cette espèce, très voisine de la pré-
cédente, offre un dimorphisme sexuel tout à fait exceptionnel chez les Stor-
thodontina, ce qui m’amène à parler séparément des deux sexes.
G- Très voisin de bresseti, mais plus étroit et plus allongé, les élytres encore
un peu plus subparallèles ; pronotum à sculpture semblable mais plus pronon-
cée, avec les angles antérieurs moins saillants et plus effacés, le lobe basal
médian un peu mieux marqué. Pronotum 1,70 à 1,74 fois plus large que long.
Elytres 1,50 à 1,54 fois plus longs que larges ensemble, les autres caractères,
tant morphologiques que chétotaxiques sont les mêmes, à l'exception de la
carène paragénale interne qui est très longue et oblique, son extrémité posté-
rieure dépassant amplement celle de la carène externe et venant en dehors de
celle-ci, sur la même ligne. Edéage fig. 74 e.
© aegeon
% peyrierasi
F1G. 84. — Gen. Storthodontus Chaudoir. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
186 P. BASILEWSKY
Q. Diffère nettement du mâle tout d'abord par son aspect général dû
à une autre forme des élytres qui sont particulièrement courts et larges, plus
convexes, 1,30 fois plus longs que larges ensemble, à côtés plus arrondis et
nullement subparallèles, à sculpture encore plus effacée, l’épaule moins marquée,
avec la dent humérale effacée. Pronotum 1,70 fois plus large que long. En outre,
la carène interne des paragènes est longue mais fortement coudée en dedans et
prolongée vers l'extérieur, ce qui fait que son extrémité postérieure dépasse
à peine le niveau de celle de la carène externe et reste bien en dedans de celle-ci.
Le dernier article des palpes vaginaux est du même type que chez bresseti,
mais avec l'extrémité apicale bien plus fine, plus allongée et acérée.
Distribution dans l'île (fig. 84). — L'espèce est beaucoup plus localisée
que la précédente, ne se rencontrant avec certitude que dans le nord du district
de Mananara.
MapaGascar Esr: Sud de la Baie d’Antongil (A. Mocquerys, 1897 et
1898, MP, BM). — Aniribe (J. Vadon, VIIT, MRAC ; J. Vadon et A. Peyrieras,
X. 1966, MP). — Antanambe (J. Vadon et A. Peyrieras, X. 1966, XII. 1969,
MP, MRAC).
Un exemplaire (MP) est étiqueté : Tamatave (J. Goudot), et un autre:
Antsihanaka. Ce sont là manifestement deux fausses indications.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Le dimorphisme sexuel que l’on observe chez cette espèce»
et particulièrement celui résidant dans la conformation de la carène paragé-
nale, est à tel point exceptionnel que JEANNEL n’hésita pas à considérer la
seule femelle qu’il avait sous les yeux comme une espèce bien distincte qu'il
décrivit sous le nom suggestif de manlicoroides. Jean VADoN, d’abord seul,
puis avec son ami André PEyrIERAS, recueillit de nombreux exemplaires
des deux formes dans le nord du district de Mananara, mais dans leurs abon-
dantes récoltes ne figuraient que des G d’aegeon et que des © de manticoroides,
ce qui leur parut déjà suspect. Mais aucun doute ne fut plus permis quand ils
découvrirent, à plusieurs reprises, les deux formes dans le même terrier. Bien
que pas très convaincu lors des premières lettres du regretté VaDoN, je fus bien
obligé de me rendre à l'évidence par la suite et il me paraît maintenant évident
que manticoroides n’est que la femelle d’aegeon.
11. Storthodontus nimrod Chaudoir
nue Nimrod Chaudoir, 1855, Bull. Soc. Imp. Natur. Moscou, 28,
no 1, p. 24.
Storthodontus Actaeon Chaudoir, 1855, Bull. Soc. Imp. Natur. moscou, 28,
n° 1, p. 27 (syn. nova).
Storthodontus Nimrod Chaudoir ; Morscnursxv, 1857, Et. ent., 6, p. 94.
ONE Nimrod Chaudoir ; CæAuDoir, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22,
p. 180.
3 Storthodontus Actacon Chaudoir; Cmauom, 1879, Ann. Soc. ent. Bel,
; p. 181.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 187
Storthodontus Nimrod Chaudoir ; ALLuAuD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hlist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 12.
Storthodontus nimrod Chaudoir ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit., pp.
Storthodontus actaeon Chaudoir; BANNINGER; 1938, Deutsch. ent. Zeit.,
pp. 64, 67.
Storthodontus Nimrod Chaudoir ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 304, 311.
Storthodontus Actaeon Chaudoir ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire fran.
6, pp. 305, 311.
Types. — nimrod Chaudoir, Holotype, Madagascar (J. Goudot) (Muséum,
Paris).
actacon Chaudoir. Holotype, Madagascar (J. Goudoi) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 29 à 45 mm. Corps allongé, plus étroit chez le G
que chez la ©.
Tête grosse et volumineuse mais nettement plus étroite que le pronotum,
front densément mais assez finement striolé, les strioles nombreuses et plutôt
superficielles, les espaces qui les séparent pourvus d’une ponctuation fine et
serrée, les sillons frontaux peu profonds ; calus oculaire faiblement saillant, à
peine bosselé ; sillon susoculaire oblique en dehors ; champ postoculaire plus ou
moins finement ridulé ; lobes latéraux du labium subarrondis au sommet,
finement ridulés mais sans carène médiane; carène interne des paragènes
moyenne, atteignant ou dépassant un peu la mi-longueur du labium, de même
longueur que la carène externe et située très en dehors d’elle. Pronotum court,
fortement transverse, 1,70 fois plus large que long, moyennement convexe ;
côtés arrondis en avant, fortement entaillés ; les angles antérieurs peu saillants
en larges lobes bien arrondis et émoussés au sommet, les postérieurs tout à fait
effacés, le lobe médian basal assez prononcé ; surface assez sculptée, couverte
d'une ridulation assez serrée, transversale au milieu du disque, irrégulière et
entremêlée sur les côtés, avec une ponctuation fine et serrée entre les rides ;
gouttière marginale assez large; dépressions basilaires indistinctes. Elytres
allongés et subparallèles chez le G, avec tout le disque déprimé, très peu déclive
vers l'arrière ; chez la © ils sont nettement plus convexes, plus ovales, à côtés
plus arrondis, déclives vers l’apex ; l'épaule est bien marquée chez le G ou
l'on distingue une faible dent humérale, tandis que chez la © elles sont plus
effacées et la dent est indistincte ; crête humérale courte, assez saïllante surtout
en arrière, peu oblique; rebord basilaire très court, s'étendant de la crête
humérale jusqu’au niveau du 4° intervalle ; intervalles plans mais un peu
indiqués, le 3e et souvent le 5e un peu plus soulevés, la carène du 7€ assez longue
bien que n’atteignant pas toujours le quart apical, celle du 8e formant un bord
externe assez tranchant ; les stries sont bien marquées et ponctuées, ayant une
nette tendance à se dédoubler entre les côtes 1 et 3, très forte entre 5 et 7;
la surface élytrale est fortement chagrinée, devenant granuleuse sur les côtés,
surtout chez le G.
Métépisternes petits et subcarrés. Epipleures des élytres très larges sur
toute leur longueur.
Les deux soies prothoraciques latérales présentes. Six à sept soies discales,
l’antérieure pas très éloignée de la base.
Edéage fig. 79 b.
Source : MNHN, Paris
188 P. BASILEWSKY
Distribution dans l’île (fig. 80). — Cette espèce n'existe probablement
que dans la région de Tamatave.
Madagascar (J. Goudot, MP ; MRAC, BM).
MapaGascar Esr : Tamatave (J. Goudot, MP). — Tamatave et forêt d’Ala-
hakoto (E. Perrot, 1888, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Le dimorphisme sexuel s’observe chez cette espèce d’après
des caractères assez variés et jamais bien prononcés ; la © a la striolation fron-
tale plus faible, le calus oculaire encore moins saillant, le pronotum à ponc-
tuation plus faible, les élytres plus larges et moins parallèles, plus convexes et
plus fortement défléchis en arrière. C’est en se basant sur ces critères que
CHaAupoir a séparé le G sous le nom d’acfaeon. BANNINGER et JEANNEL ont
admis cette seconde espèce, ne connaissant que le type du second et deux ou
trois exemplaires du premier. Ayant eu l’occasion de voir un nombre plus élevé
d'individus, cette synonymie me paraît évidente.
A première vue, S. nimrod pourrait être confondu avec S. diastictus Alluaud,
chez qui on observe aussi une certaine tendance au dédoublement des stries,
bien que dans une mesure nettement moindre ; mais chez l’espèce d’ALLUAUD
la carène interne des paragènes est complètement absente, ainsi que la soie
prothoracique antérieure.
15. Genre Grepidopterus Chaudoir
Crepidopterus Chaudoir, 1855, Bull. Soc. imp. Nat. Moscou, 28, n° 1, pp. 4, 27
(espèce-type : Scarites goudotii Guérin, 1832, par désignation subséquente [Mor-
scHuLsKY, 1857]).
Crepidopterus Chaudoir ; Morscauzsky, 1857, Et. ent., 6, p. 95.
Crepidopterus Chaudoir ; Cauporr, 1879, Ann. Soc. ent. Belg., 22, p. 128.
Crepidopterus Chaudoir; Cæauporr, 1880, Ann. Soc. ent. Belg., 23, p. 5.
Storthodontus subg. Crepidopterus Chaudoir ; BANNINGER, 1931, Deutsch. ent.
Zeit., p. 194.
Storthodontus subg. Crepidopterus Chaudoir; BANNINGER, 1937, Deutsch.
ent. Zeit., p. 117.
Storthodontus subg. Crepidopterus Chaudoir; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., p. 59.
Crepidopterus Chaudoir ; JeanneL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp.
277, 278, 279. À Fe
Description. — Espèces de taille moyenne à grande (23 à 58 mm), de
forme quelque peu variable.
Tête forte, à mandibules volumineuses et plus ou moins recourbées au
sommet; champ postoculaire à sculpture variable ; calus oculaire également
de conformations différentes suivant les espèces ; paragènes triangulaires et
jamais dentées, à carène interne toujours absente; lobes du menton sans
carène longitudinale ; lobe interne des maxilles crochu à son extrémité, terminé
par une petite dent saillante, parfois en forme de crochet. Pronotum transverse
à très transverse, les angles antérieurs en lobes saillants, les postérieurs varia-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 189
bles, effacés ou bien marqués, dentés chez morosus. Elytres ovales ou allongés,
un peu subparallèles parfois, avec l'épaule variable, généralement effacée,
parfois nettement marquée, un peu dentée chez morosus ; rebord basilaire éga-
lement très variable, le plus souvent très incomplet mais parfois presque entier,
souvent avec des tubercules saillants à l’origine des intervalles 3 et 5; bord
externe simple, formé seulement par la carène du 8e intervalle, celle du 7e
complètement effacée, sculpture le plus souvent unie, les côtes assez rarement
soulevées, les stries montrant quelquefois une tendance au dédoublement.
Apophyse prosternale sans soies, sauf chez arrowi. Métépisternes petits
et subcarrés. Protibias sans rangée médiane de soies à la face antérieure, sauf
chez descarpentriesi ; la bifurcation des deux dents externes terminales située
presque toujours au niveau de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques latérales le plus souvent présentes. Soies discales
sur la 3e strie ou le 3€ intervalle.
Edéage allongé, à partie basale courte et repliée, l’apex court et obtus.
Styles génitaux de la femelle à dernier article de longueur variable mais toujours
en ongle effilé vers l’extrémité et avec une double rangée de fortes épines au
côté interne, comme chez les Sforthodontus du type bresseli.
Répartition géographique. — Genre propre exclusivement à Mada-
gascar, d'où on connait actuellement douze espèces.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (4). Elytres grossièrement rugueux, couverts de grosses rides
transversales au travers desquelles les côtes des intervalles
apparaissent plus ou moins.
2. (3). Calus oculaire grand et saillant, assez arrondi. Pronotum
avec les angles postérieurs bien marqués par une nette inter-
ruption entre le repli latéral et le basilaire, ce dernier étant plus
large et plus élevé ; pas de soies latérales. Epaule bien marquée
par la crête humérale large et saillante, ne s’intégrant pas
directement dans la carène marginale, bien plus basse et plus
étroite, dont elle est nettement séparée. Long. 31 à 58 mm.
Done no ne nd 1. G. decorsei (Fairmaire)
3. (2). Calus oculaire nul. Pronotum avec l'angle postérieur com-
plètement effacé, le repli latéral continué par le basilaire
sans aucune interruption ; les deux soies latérales présentes.
Epaule très arrondie, non dentée, la crête humérale continuée
par la carène marginale sans aucune discontinuité. Taille
plus petite : 27 à 80 mm 2. G. seyrigi (Alluaud)
4. (1). Elytres non rugueux, les stries plus où moins finement
ponctuées.
5. (6). Elytres avec une seule côte saillante, médiane, formée par le
3e intervalle qui est assez fortement soulevé et en dehors
duquel la surface est unie et à peu près lisse. Soies protho-
Source : MNHN, Paris
190 P. BASILEWSKY
raciques latérales présentes. Calus oculaire nul. Long. 28 |
EU ne ES do LOC AUE bo AUTO 3. G. pipitzi Fairmaire
6. (5). Elytres unis ou avec plusieurs intervalles légèrement soulevés.
7. (8). Epaule présentant une dent assez marquée, formée par la crête
humérale recourbée vers l’intérieur et sans continuité avec la
carène marginale. Angles postérieurs du pronotum dentés par
suite d’une interruption entre le repli basilaire et le latéral.
Soies prothoraciques latérales présentes. Calus oculaire effacé.
Long. 38 mm ... : 4. G. morosus Bänninger
8. (7). Epaule sans la moindre dent, la carène marginale directe-
ment continuée par la crête humérale.
9.(14). Calus oculaire saillant. Angles antérieurs du pronotum en
forme de lobes étroits et saillants, encadrant la base de la
tête, les postérieurs bien marqués et même dentés par suite
d’une nette interruption entre le repli latéral et le basilaire.
Elytres courts et cordiformes, l’apex très atténué. Pas de
soies prothoraciques latérales.
10.(11). Rebord basilaire de l’élytre court, allant de l’épaule jusque
tout au plus le niveau du 32 intervalle où il se termine par un
petit tubercule saillant. Intervalles des élytres très plans,
non distinctement soulevés et presque lisses, les stries souvent
à peine distinctes sur le disque. Front pourvu de strioles
longitudinales très superficielles, à peine distinctes. Long.
DOPAP DANS ere mes rrier een 5. G. cordipennis Fairmaire
11.(10). Rebord basilaire de l’élytre complet, de la crête humérale
jusqu’à la suture, pourvu de deux petits tubercules saillants,
l’un au niveau du 32 intervalle, l’autre au niveau du 5e.
Intervalles des élytres nettement soulevés, à sculpture plus
nette. Front pourvu de strioles longitudinales bien marquées.
12.(13). Angles antérieurs du pronotum en lobes plus courts, n’attei-
gnant pas le tiers de la distance séparant le bord antérieur du
pronotum du bord postérieur de l’œil. Strioles longitudinales
du front plus fortes et plus espacées, l'aire cérébrale plus
ou moins lisse. Surface élytrale à sculpture modérée, non
chagrinée transversalement. Long. 21 à 29 mm. 6. G. geayi Jeannel
13.(12). Angles antérieurs du pronotum en lobes plus longs, atteignant
la moitié de la distance séparant le bord antérieur du pro-
notum du bord postérieur de l’œil. Toute la tête, y compris
Jaire cérébrale, pourvue de strioles longitudinales très fines
et très rapprochées. Surface élytrale à sculpture très parti-
culière, forte, fortement chagrinée transversalement. Long.
21 à 28 mm .. 7. G. meridionalis n. sp.
Source : MNHN, Paris
14. (9).
15.(16).
16.(15).
17.(20).
18.(19).
19.(18).
20.(17).
21.(22).
22.(21).
CARABIDAE SCARITINAE
Calus oculaire tout à fait nul. Angles antérieurs du pronotum
de forme normale, non prolongés en lobes vers l'avant, les
postérieurs complètement effacés.
Soies prothoraciques latérales absentes. Protibias avec une
rangée médiane de soies à la face supérieure. Strioles fron-
tales recouvrant l'aire cérébrale. Elytres à surface parti-
191
culièrement unie. Long. 32 à 35 mm. 8. G. descarpentriesi n. sp.
Soies prothoraciques latérales présentes, au moins la posté-
rieure. Protibias sans rangée médiane de soies à la face
supérieure,
Rebord basilaire de l’élytre entier et ininterrompu, sans
tubercules saillants; élytres convexes, ovoïdes, les côtés
fortement arrondis, la surface presque lisse à part de fines
rangées de points alignés.
Soies prothoraciques antérieures simples. Elytres moins larges
et moins arrondis. Taille plus petite : 32 à 38 mm ..
TO AR ses... 9. G. sublevipennis (Alluaud)
Soies prothoraciques antérieures et postérieures dédoublées.
Elytres plus larges et plus arrondis. Taille plus grande : 40
Ad MMS etre ee ... 10. G. sublevis Jeannel
Rebord basilaire de l’élytre incomplet, la crête humérale
continuée seulement jusqu’à la 5° strie, avec des tubercules
saillants à l’origine des intervalles 3 et 5, séparés entre eux.
Elytres déprimés et allongés, les côtés non arrondis, la surface
plus fortement sculptée, avec des intervalles en côtes géné-
ralement indiquées, les stries bien visibles, nettement dédou-
blées.
Apophyse prosternale sans soies. Tête légèrement striolée
en avant, lisse en arrière. Intervalles des élytres nettement
soulevés, les stries plus profondément marquées. Soies pro-
thoraciques latérales antérieures et postérieures présentes,
dédoublées ou même plus nombreuses. Long. 38 à 50 mm.
de le 11. G. goudoti (Guérin)
Apophyse prosternale avec une touffe de soies. Tête forte-
ment striolée en avant, ponctuée sur toute sa surface, surtout
en arrière. Intervalles des élytres plans et peu marqués ; stries
faiblement indiquées. Soies prothoraciques antérieures absentes,
les postérieures présentes, doublées ou triplées. Long. 36 à
54 mm ô
1. Crepidopterus decorsei (Fairmaire) (fig. 85)
12. G. arrowi Bänninger
Storthodontus Decorsii Fairmaire, 1901, Notes Leyden Museum, 23, p. 65.
Storthodontus (Crepidopterus) decorsei Fairmaire ; Bânnincer, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., pp. 69, 72.
Source
: MNAN, Paris
192 P. BASILEWSKY
Crepidopterus Decorsei Fairmaire ; JeanneL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pr. 281, 287, fig. 129, 130 b.
Crepidopterus feroz Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 281, 288,
fig. 130 d (syn. nova).
Crepidopterus cyclopterus Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 281,
289, fig. 130 f (syn. nova).
Fc. 85. — Crepidopterus decorsei (Fairmaire) (dessin de Mme S. BerGER).
Types. — decorsei Fairmaire. Holotype, Madagascar Sud, plateau de
l'Androy (Dr. Decorse) (Muséum, Paris).
ferox Jeannel. Holotype, Madagascar Sud, Ambovombe (Dr. Decorse)
(Muséum, Paris).
cyclopterus Jeannel. Holotype, Madagascar Centre, Betroka (4. Seyrig)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 31 à 58 mm. Corps épais et convexe, l’avant-
corps très volumineux.
Tête grosse et bombée mais plus étroite que le pronotum, les sillons fron-
taux larges mais peu profonds, la partie antérieure pourvue d’une striolation
longitudinale bien marquée et moyennement espacée, la postérieure et la
convexité médiane plus ou moins lisses ; champ postoculaire lisse ; calus ocu-
Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SCARITINAE 193
laire saillant vers l'avant, formant une petite dent, non ou à peine bosselé ;
lobes latéraux du labium tronqués en avant, faiblement ridulés ; pas de carène
interne aux paragènes, qui cependant sont fortement gonflés et soulevés à
l'endroit où cette carène prend naissance, ce qui pourrait sembler former un
léger début de carène ; mandibules fortes, très larges à la base. Pronotum
très transverse, 1,90 à 2,00 fois plus large que long, les côtés faiblement arqués
et très légèrement entaillés par endroits, les angles antérieurs aigus et un peu
saillants, les postérieurs bien marqués et même un peu dentés par suite d’une
nette interruption entre le repli latéral et le basilaire, ce dernier étant plus large
et plus haut, le milieu de la base en lobe large mais très court, la gouttière
marginale étroite sur toute sa longueur ; toute la surface est fortement vermi-
culée, sur le milieu du disque plus fortement striolée en travers ; dépressions
basilaires indistinctes. Elytres courts et trapus, convexes, souvent un peu
plus plats chez les mâles que chez les femelles ; épaule arrondie mais bien
marquée par suite de la crête humérale arquée et dentée à l'angle huméral
au delà duquel elle n’est prolongée par la carène du 8 intervalle qu'après une
petite interruption ; base incomplètement rebordée, avec deux petits tuber-
cules lisses au niveau des intervalles 3 et 5 ; tous les intervalles soulevés et
même nettement saillants, mais plus ou moins interrompus par de nombreu-
ses rides transversales qui coupent les côtes et forment, surtout entre les exter-
nes, de véritables alvéoles cloisonnées.
Apophyse prosternale glabre. Protibias sans rangée médiane de soies à
la face antérieure et avec la bifurcation des deux dents externes terminales
située au niveau de l'insertion des tarses.
Pas de soies prothoraciques latérales. Six à sept soies discales.
Edéage fig. 86 a.
F16. 86. — Gen. Crepidopterus Chaudoir. Edéages. a, C. decorsei (Fairmai-
re); b, G. seyrigi (Alluaud) ; c, C. cordipennis Fairmaire (d’après JEANNEL).
13
Source
: MNHN, Paris
194 P. BASILEWSKY
Distribution dans l'île (fig. 87). — Cette espèce est largement répandue
dans tout le sud, du district de Tuléar jusqu’à celui de Betroka et de Fort-
Dauphin.
MapaGascar Esr: Befotaka (sec. Bänninger). — Entre Ikongo et Fort-
Dauphin (G. Grandidier, 1902, MP). — Fort-Dauphin (P. Godel, 1914, MP ;
Delacour-Dujardin et Viossat, V. 1965, MP, MRAC). — Antanimora, district
de Fort-Dauphin (E. Raharizomina, XII. 1959, MP).
MapaGascar Ouesr: Betroka (A. Seyrig, I. 1933, MP). — Bekily (4.
Seyrig, VII. 1938, MP). — Manaimpala (coll. Sicard, MP).
MapaGascar Sup: Tuléar (A. Peyrieras et A. Villiers, X. 1970, MP,
MRAC). — Sept-Lacs, près de Tuléar (P. Griveaud, II. 1958, MP, MRAC). —
Androka, Pays Mahafaly (Li. Gaudron, 1911, MP). — Imanombo, nord du
@ decorsei
% sublevipennis
Y goudoti
Fig. 87. — Gen. Crepidopterus Chaudoir. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 195
pays Androy (Capl. Trousselle, Capl. Vacher, 1901, MP). — Sampana, pays
Androy (Besairie, VI. 1939, MP, MRAC). — Pays Androy (Ch. Alluaud,
1900, MP, MRAC). — Tsivory (MP). — Ranomainty (MP, MRAC). — Ifotaka,
sur le moyen Mandrare (Dr. J. Decorse, sec. JEANNEL). — Ambovombe (Dr. J.
Decorse, 1901, MP ; Besairie, MP, MRAC ; R.J.E., III. 1957, MRAC). — Am-
boasary (A. Villiers, X. 1970, MP).
BÂNNINGER cite l’espèce d'Ambositra, mais c'est une erreur manifeste.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — C. decorsei est une espèce assez variable, tant par la
taille que par la forme plus ou moins large et courte des élytres, ainsi que leur
sculpture, par la conformation plus ou moins anguleuse de l'angle postérieur
du pronotum et aussi, dans une mesure moindre, par la forme de la partie
basale de l’édéage et des paramères, ces derniers pouvant être plus larges ou
plus étroits. Ainsi que le dit JEANNEL, il est très possible que ces différences
puissent servir à caractériser quelques races locales lorsque l'on disposera d’un
matériel plus adéquat.
Cela n’a cependant pas empêché JEANNEL de séparer de decorsei sous
le nom de ferox un très grand mâle (56 mm), avec les élytres moins convexes
que d'habitude et la base de l’édéage un peu plus brusquement coudée ; ce
sont là des caractères insignifiants que l’on observe chez d’autres individus et
ferox n’est qu'un synonyme de decorsei. Sous le nom de cyclopterus le
même auteur à séparé un petit mâle (36 mm), ayant les élytres plus courts et
plus larges, qui est aussi indubitablement la même espèce.
2. Crepidopterus seyrigi (Alluaud)
Storthodontus Seyrigi Alluaud, 1935, Afra, 10, p. 2.
Storthodontus (Crepidopterus) seyrigi Alluaud : BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeil., pp. 69, 73.
Crepidopterus Seyrigi Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franc., 6,
pp. 280, 290, fig. 130 c.
Type. — Holotype, Madagascar Est, massif du Kalambatitra (A. Seyrig,
I. 1933) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 27 à 30 mm. À première vue cette espèce ressemble
fortement à C. decorsei, bien que de taille plus petite et le corps moins trapu ;
mais d'importants caractères l'en éloignent considérablement.
Tête volumineuse mais nettement plus étroite que le pronotum, les sillons
frontaux longs et assez profonds, l’avant du front à striolation très réduite, la
partie postérieure lisse, ainsi que le champ postoculaire ; calus oculaire tout à
fait nul ; lobes latéraux du labium tronqués droit en avant, faiblement ridulés;
pas de carène interne aux paragènes. Pronotum très transverse, 1,80 à 1,92 fois
plus large que long, les côtés bien arqués et non entaillés, les angles antérieurs aigus
et légèrement saillants, les postérieurs effacés, le repli latéral continué sans au-
cune interruption par le repli basilaire, le milieu de la base ne formant pas
de lobe, les côtés de la base continués en ligne convexe ; gouttière marginale
Source
: MNHN, Paris
196 P. BASILEWSKY
étroite, les dépressions basilaires marquées ; surface très faiblement vermi-
culée, avec de faibles et courtes rides transversales au milieu du disque. Elytres
courts et ovoïdes, peu convexes, l’épaule tout à fait arrondie ; la crête humérale,
qui est très modérément saillante et très courbée, continue sans aucune interrup-
tion la 8 carène qui forme sa prolongation exacte; rebord basilaire in-
complet, avec un petit tubercule saillant à la base de la 3e côte et un autre
à celle de la 5e; surface à sculpture assez semblable à celle de decorsei mais
moins forte et sans cloisonnements sur les parties latérales ; les intervalles sont
un peu soulevés et chez un des deux exemplaires de Betroka le 3° forme une
côte plus saillante et plus brillante sur presque toute sa longueur.
Apophyse prosternale glabre. Protibias comme chez decorsei.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Cinq soies
discales.
A seyrigi
© pipitzi
© meridionalis
Fic. 88. — Gen. Crepidopterus Chaudoir. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 197
Edéage fig. 86 b.
Distribution dans l'île (fig. 88). — Mapagascar Esr : Massif du Kalam-
batitra (A. Seyrig, I. 1933, MP).
MapaGascar CENTRE : Betroka (A. Seyrig, I. 1933, MP ; J. Mellez, II.
1953, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Crepidopterus pipitzi Fairmaire
Crepidopterus Pipitzii Fairmaire, 1884, Stetlin. ent. Zeit., 45, p. 274.
Crepidopterus Pipitzii Fairmaire ; KüNcxeL D’HercuLais, 1887, in A. GRAN-
Diorer, Hist, phys. nat. polit. Madag, XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II, atlas,
1re partie, pl. 29, fig. 3.
Crepidopterus Pipitzi Faïrmaire ; ALLUAUD, 1897, Bull. Soc. ent. France,
1897, p. 151.
Crepidoplerus Pipitzi Fairmaire ; ALLUAUD, 1900, in A. Graninrer, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 12.
Storthodontus (Crepidopterus) pipitzi Fairmaire ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., pp. 69, 73.
Crepidopterus Pipitzi Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç.,
6, pp. 281, 290, fig. 131 a.
Type. — Holotype, Madagascar (Dr. Pipitz) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 28 à 37 mm. Corps assez allongé et modérément
convexe.
Tête grosse et volumineuse, mais plus étroite que le pronotum ; sillons
frontaux modérément larges et assez profonds ; l’avant du front avec de faibles
strioles longitudinales, la partie médiane et postérieure de la tête, ainsi que le
champ oculaire, lisses ; calus oculaire nul ; lobes latéraux du labium très tron-
qués en avant et faiblement ridulés ; paragènes sans carène interne. Pronotum
transverse, 1,60 à 1,70 fois plus large que long, les côtés non ou pas arqués,
les angles antérieurs avancés et aigus, les postérieurs effacés ; gouttière mar-
ginale très étroite sur toute sa longueur, le lobe basal médian presque nul, les
dépressions basilaires presque indistinctes ; surface lisse et un peu brillante.
Elytres courts et ovales, l'épaule arrondie et non dentée, la crête humérale
faiblement saillante et très arquée, le rebord basilairé très incomplet, arrêté
au niveau de la 5€ côte où se trouve un tubercule saillant ; surface très plane,
avec seulement le 3€ intervalle soulevé, formant une côte saillante et brillante,
généralement assez longue, le restant parsemé de rangées de points alignés,
petits et peu profonds, souvent à peine distincts ; ces rangées sont les traces
de stries dédoublées et très confuses.,
Apophyse prosternale glabre. Protibias sans rangée médiane de soies à
la face supérieure et avec la bifurcation des deux dents externes terminales
située au niveau de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Cinq soies
discales.
Edéage fig. 92 a.
Source : MNHN, Paris
198 P. BASILEWSKY
Distribution dans l'île (fig. 88). — L'espèce est assez commune et a
une assez grande répartition, depuis Ambositra jusque Androka.
Mapacascar Esr : Haute vallée du Mananjary (R. Calala, 1936, MP). —
Vohilava, près de Mananjary (R. Catala, 1936, MP). — Forêt Tanala (ex.
coll. Alluaud, MP ; MRAC). — Vondrozo (1921, MP).
Mapacascar CENTRE: Tananarive (Lamberton, 1912, MRAC; King-
don, BM; MRAC). — Environs de Tananarive (ex. coll. Touzalin, MP). —
Ambositra (Abadie, XII. 1944, MP ; ex. coll. Maindron, Sicard et Alluaud,
MP ; MRAC). — Région d’Ambositra (J. Descarpentries, 1907, MP). — Ambo-
himitombo Forest (C.J.F. Major, 1905, BM). — Betsileo (Deans Cowan, MP,
BM). — Fianarantsoa (MP, MRAC).
Mapacascar Sup: Amboasary, Ambovombe (Marie, I. 1957, MP). —
Androka, province de Tuléar (Li. Gaudron, MP).
La présence de l’espèce à Tananarive me paraît quelque peu douteuse,
aucune capture certaine ne venant confirmer la chose, les renseignements four-
nis par LamBErToN s'étant souvent avérés faux. D'autre part, BÂNNINGER
signale pipitzi de Maroantsetra, ce qui est indubitablement erroné.
Répartition géographique. — Madagascar.
4. Crepidopterus morosus Bänninger
Crepidopterus morosus Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent. 1, p. 129.
Storthodontus (Grepidopterus) morosus Bänninger ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit, pp. 70, 73, pl. 2, fig. 15.
Crepidopterus morosus Bänninger ; JeanNer, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp 281, 290.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Antsihanaka (Ent. Inst., Zürich).
Description. — Long. 38 mm. Corps allongé et parallèle.
Tête assez grosse et épaisse, finement et assez densément striolée longitu-
dinalement en avant, bien plus éparsément en arrière, le champ postoculaire
lisse, le calus oculaire effacé ; lobes latéraux du labium tronqués en avant,
finement ridulés, les paragènes sans carène interne. Pronotum transversal,
assez plat sur le disque, les angles antérieurs saillants et aigus, les postérieurs
assez fortement dentés par suite d’une nette interruption entre le repli latéral
et basilaire, ce dernier nettement saillant vers l'extérieur; milieu du disque
pourvu de strioles longitudinales assez grossières, tandis que sur les côtés la
surface devient irrégulièrement vermiculée. Elytres allongés et très modé-
rément ovalaires, l'épaule bien marquée par une sorte de dent formée par la
crête humérale, forte et saillante, excentrée intérieurement par rapport à
la 8e carène qui ne le continue pas ; rebord basilaire absent, mais un tubercule
assez saillant se trouve au niveau de la base du 5e intervalle ; surface déprimée,
à sculpture presque nulle, très finement et densément chagrinée, sans aucune
trace de stries.
Apophyse prosternale glabre. Protibias sans rangée médiane de soies à
la face supérieure, la bifurcation des deux dents externes terminales située
au niveau de l'insertion des tarses.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 199
Soies prothoraciques antérieures et postérieures présentes. Cinq soies
discales.
Edéage non examiné.
Distribution dans l'île. — Manacascar CENTRE: Antsianaka (1 ex.
Ent. Inst., Zürich).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Cette espèce n’est connue que par le type de BANNINGER,
conservé à l’Institut entomologique de Zürich. J'ai pu l’examiner et je ne
cacherai pas qu’elle me laisse fort perplexe. Elle est trop caractéristique pour
avoir jamais pu être confondue avec une autre forme ; par ailleurs, il est sur-
prenant qu’elle n’ait jamais été reprise. J’ai constaté que cet unique individu
a la tête, le pronotum et les élytres recollés ensemble et a été acheté par BAN-
NINGER à Le MouLr. Quand on connaît l’habileté de ce dernier à reconstituer
des spécimens brisés pour en faciliter la vente, on pourrait se demander s’il
ne s’agit pas tout simplement d’un «artefakt » très bien exécuté et non d’une
espèce valable. Je préfère ne pas me prononcer sur ce sujet.
5. Crepidopterus cordipennis Fairmaire
Crepidopterus cordipennis Fairmaire, 1901, Notes Leyde Mus., 23, p. 65.
Storthodontus (Crepidopterus) cordipennis Fairmaire ; BANNINGER, 1938,
Deutsch. ent. Zeil., pp. 70, 73.
Crepidopterus cordipennis Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, pp. 281, 291, fig. 130 e.
Type. — Holotype, Madagascar Sud, Ambovombe (Dr. Decorse) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 27 à 29 mm. Corps large et court, modérément
convexe.
Tête large mais plus étroite que le pronotum, le front nettement aplani
en avant, à l'exception de la convexité médiane et pourvu de strioles longi-
tudinales fines et nombreuses, alors que la moitié postérieure et le champ
postoculaire sont lisses ; sillons frontaux larges mais peu profonds ; calus
oculaire étroit, saillant vers l’avant mais non pointu ; lobes latéraux du labium
subarrondis en avant, fortement ridulés longitudinalement ; paragènes sans
carène interne. Pronotum très transversal, 2,20 à 2,30 fois plus large que long,
les côtés à peine arqués, les angles antérieurs en forme de lobes étroits, longs
et saillants, enchâssant fortement la partie postérieure de la tête, assez pointus
au sommet, les postérieurs arrondis mais présentant un petit denticule par
suite d’une nette interruption entre le repli latéral et le repli basal, le lobe
médian basilaire presque nul ; gouttière marginale étroite sur toute sa longueur ;
dépressions basilaires indistinctes ; milieu du disque fortement ridé en travers
au milieu, rugueux-vermiculé sur les côtés. Elytres courts et un peu cordi-
formes, larges en avant, atténués en arrière; épaule très arrondie, la crête
humérale très soulevée et saillante, étroite et arquée ; rebord basilaire court,
Source : MNHN, Paris
200 P. BASILEWSKY
allant de l'épaule jusqu’au niveau du 3€ intervalle où se trouve un petit tuber-
cule saillant ; surface très mate, finement chagrinée, les intervalles internes
tout à fait plats, les externes souvent à peine sub-bombés, parfois presque
aussi plats que les internes, les stries légèrement dédoublées, à peine distinctes,
en fines lignes de petits points.
Apophyse prosternale glabre. Protibias sans rangée médiane de soies à
la face antérieure, avec la bifurcation des deux dents externes terminales
située au niveau de l'insertion des tarses.
Pas de soies prothoraciques latérales. Sept à huit soies discales.
Edéage fig. 86 c.
Le mâle est nettement plus petit que la femelle, à élytres moins larges
et moins arrondis, ovalaires, à sculpture généralement plus faible et à sur-
face moins brillante.
Distribution dans l’île (fig. 93). — Espèce connue exclusivement de
la région d’Ambovombe, dans l'extrême sud.
MapaGascar Sup : Ambovombe (Besairie, MP ; Dr J. Decorse, MP,
MRAC, BM). — Pays Androy (Ch. Alluaud, 1900, MP, MRAC, BM). —
Environs de Tsihombe, bush xérophile (A. Peyrieras, V. 1972, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
6. Crepidopterus geayi Jeannel
Crepidopterus Geayi Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 281, 292.
Type. — Holotype, Madagascar Sud, plaine du Bas Fiherenana (Geay)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 21 à 22 mm. Espèce proche de la précédente,
mais en diflérant par les strioles du front plus fortes et moins nombreuses,
par le calus oculaire plus large, plus saillant et très pointu vers l’avant, par le
pronotum plus fortement et plus densément rugueux, avec les angles posté-
rieurs plus accusés, par les élytres moins atténués en arrière ; rebord basilaire
complet et prolongeant la crête humérale, pourvu de deux petits tubercules
saillants, l’un au niveau du 3e intervalle, l’autre à celui du 5e, les intervalles
assez nettement soulevés, surtout les internes, à sculpture plus nette, toute la
partie interne étant un peu granuleuse, mais non chagrinée transversalement,
les stries bien marquées et plus nettement dédoublées.
Les autres caractères sont semblables, ainsi que la chétotaxie.
Répartition géographique. — Madagascar.
Distribution dans l'île (fig. 93). — Cette espèce, propre à la partie
méridionale du domaine du sud, présente dans l’extrême sud de son habitat
une race locale assez bien caractérisée et j'estime nécessaire de séparer ces
deux sous-espèces.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 201
Grepidopterus geayi geayi Jeannel (fig. 89)
Description. — Long. 26 à 32 mm. Aspect plus brillant. Tête plus volu-
mineuse et plus bombée en arrière ; pronotum à surface moins rugueusement
sculptée ; élytres nettement plus larges et plus ovoïdes, plus courts aussi, à
stries plus distinctes, à intervalles internes dépourvus de granulation. Edéage
fig. 90.
Distribution dans l'île. — Managascar Sup : Districts de Tuléar
et de Betioky, plaine du Bas Fiherenana, près de Tuléar (F. Geay, 1905, MP). —
Saint-Augustin, à 8 km de Tuléar (P. Griveaud, I. 1958, MP). — Entre Tuléar
et Sarodrana (A. Peyrieras, VI. 1972, MP, MRAC). — Réserve naturelle inté-
grale n° 10, lac Tsimanampetsotsa (A. Peyrieras, IV. 1969, MP, MRAC), id.
(A. Peyrieras, VI. 1972, MP, MRAC).
F16. 89. — Crepidopterus geayi geayi Jeannel (dessin de Mme S. BerGEn).
Crepidopterus geayi reductus n. subsp.
Type. — Madagascar Sud, entre Ampanihy et Androka (A. Peyrieras,
IV. 1969) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 21 à 28 mm. Aspect plus mat, tête moins volu-
mineuse et moins bombée en arrière, le pronotum à surface plus rugueuse,
les élytres plus allongés et moins larges, peu ovoides, à stries moins distinctes,
surtout sur le disque, à intervalles internes pourvus d’une petite granulation
espacée mais bien distincte. Edéage semblable.
Source : MNHN, Paris
202 P. BASILEWSKY
Fi. 90. — Crepidopterus geayi Jeannel. Edéage.
Distribution dans l'île. — Mapagascar Sun : District d’Ampanihy,
plateau calcaire entre Ampanihy et Androka (A. Peyrieras, 6 ex., IV. 1969, MP,
MRAC). — Sud du plateau Mahafaly, 50 km à l’ouest d'Ampanihy (A. Peyrie-
ras, 10 ex., V. 1972, MP, MRAC).
7. Crepidopterus meridionalis n. sp.
Type. — Holotype, Madagascar Sud, environs de Tsihombe, bush xérophile
(A. Peyrieras, N. 1972) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 21 à 28 mm. À première vue cette espèce est
très proche de C. geayi Jeannel, mais elle en diffère par plusieurs caractères
bien nets et constants.
Toute la surface de la tête est pourvue d’un fin réseau de rides longitu-
dinales étroites et peu profondes, très longues, atteignant plus ou moins la
base, l’espace les séparant vermiculé transversalement ; aire cérébrale fine-
ment vermiculée transversalement ; calus oculaire saillant et pointu vers l’avant.
Pronotum très transversal, deux fois plus large que long, les côtés légèrement
arqués, le bord antérieur modérément sinué, les angles antérieurs en lobes très
saillants et très longs, atteignant la moitié de la distance séparant le bord
antérieur du pronotum du bord postérieur de l'œil, l'angle postérieur bien
marqué, en denticule épais et émoussé au sommet ; toute la surface très forte-
ment sculptée, vermiculée, les rides transversales entremêlées d’autres, longi-
tudinales ou obliques. Elytres de forme semblable, à rebord basilaire complet,
allant de la crête humérale à la suture, avec deux petits tubercules à la base
des intervalles 3 et 5, plus faible après ce dernier ; surface à sculpture carac-
téristique, les intervalles un peu soulevés chez les deux sexes, les stries larges
et guère marquées, avec de nombreux petits granules arrondis et saillants,
disposés irrégulièrement et une forte chagrination transversale, surtout bien
marquée chez le mâle.
Les autres caractères sont semblables à ceux de C. geayi, de même que
l’édéage du mâle et les palpes vaginaux de la femelle.
Distribution dans l'île (fig. 88). — Managascar Sup : environs de
Tsihombe, bush xérophile (A. Peyrieras, 10 ex., V. 1972, MP, MRAC)
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SCARITINAE 203
8. Crepidopterus descarpentriesi n. sp.
Type. — Holotype Q, Madagascar Nord, Analamerana (Andria Robinson,
I. 1959) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 32 à 35 mm. Corps plus allongé et moins trapu
que chez les espèces précédentes, les élytres bien ovoides et nullement cordi-
formes.
Tête modérément volumineuse et peu élargie en arrière, bien plus étroite
que le pronotum ; mandibules longues, acérées et recourbées au sommet ; sil-
lons frontaux larges mais peu profonds ; toute la surface fortement sculptée,
pourvue de nombreuses strioles longitudinales fortes et rapprochées, couvrant
entièrement la convexité médiane (aire cérébrale) et se prolongeant un peu
plus loin que cette dernière, la sculpture devenant plus confuse et plus vermiculée
en arrière et sur les côtés, le champ postoculaire également sculpté ; calus
oculaire nul, lobes latéraux du labium tronqués en oblique au bord antérieur,
ridulés longitudinalement ; pas de carène interne aux paragènes ; toute la sur-
face du labium fortement rugueuse transversalement. Pronotum très trans-
verse, 1,97 à 2,00 fois plus large que long ; côtés arrondis en avant, les angles
antérieurs en lobes très courts et émoussés au sommet mais enchâssant bien
la tête, les postérieurs tout à fait effacés ; gouttière marginale très étroite sur
toute sa longueur, le lobe basal médian presque nul, les dépressions basilaires
indistinctes ; surface fortement sculptée, avec de fortes rides transversales au
milieu du disque, les côtés fortement vermiculés, tandis que la partie située
en avant du sillon transversal antérieur est pourvue de sillons longitudinaux
profonds et serrés. Elytres allongés et très ovoïdes, les côtés bien arrondis et
modérément atténués vers l’arrière ; épaule très arrondie, sans la moindre
denticulation, la crête humérale pas plus large ni saillante que la carène du
8° intervalle dont elle forme la prolongation ; rebord basilaire ne continuant
pas plus loin vers l’intérieur que le 5° intervalle, sans aucun tubercule saillant ;
surface très plane, les intervalles et les stries à peine discernables, tout le
dessus étant uniformément et finement sculpté, aciculé-chagriné, un peu gra-
nuleux sur les côtés.
Apophyse prosternale glabre. Protibias avec une rangée médiane de soies
à la face supérieure, contrairement à toute les autres espèces du genre ; bifur-
cation des deux dents externes terminales située au niveau de l’insertion des
tarses.
Soies prothoraciques latérales absentes. Cinq à six soies discales, peu
distinctes, à pores très petits.
Mâle inconnu.
Je suis heureux de dédier cette espèce très bien caractérisée à mon cher
ami et collègue André DESCARPENTRIES, qui m’a grandement aidé dans l’éla-
boration de ce travail.
Distribution dans l'île (fig. 93). — Cette espèce n’est connue que de
l'extrême nord de la Grande Ile.
MapaGascar Norp : Forêt d’Analamerana, à 50 km au sud-est de Diégo-
Suarez (Andria Robinson, 2 ex., I. 1959, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
204 P. BASILEWSKY
9. Crepidopterus sublevipennis (Alluaud) (fig. 91)
Storthodontus sublevipennis Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 12.
Storthodontus (Crepidopterus) sublevipennis Alluaud; BAxnINGER, 1938,
Deutsch. ent. Zeit., pp. 71,73.
Crepidopterus sublevipennis Alluaud ; JEANNEz, 1946, Faune de l’Empire
franç., 6, pp. 281, 292, fig. 131 b.
Fic. 91. — Crepidopterus sublevipennis (Alluaud) (dessin de Mme S. BErGEr).
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, Soalala (H. Perrier de la Bâthie)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 32 à 38 mm. Corps court et épais, assez convexe,
l’avant-corps épais et volumineux.
Tête grosse et bombée, épaisse en arrière, les mandibules assez courtes,
très larges à la base, les sillons frontaux larges et courts, la partie antérieure
avec quelques rares strioles longitudinales peu profondes, toute la partie
postérieure et le champ oculaire lisses ; calus oculaire nul ; lobes latéraux du
labium tronqués droit en avant, ridulés ; pas de carène interne aux paragènes ;
surface du labium presque lisse. Pronotum transverse, 1,75 à 1,80 fois plus large
que long, les côtés légèrement arqués, les angles antérieurs faiblement saillants
mais acuminés au sommet, les postérieurs tout à fait effacés, le lobe médian
basal insignifiant, la gouttière marginale étroite sur toute sa longueur, les
Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SCARITINAE 205
dépressions basilaires peu marquées ; surface presque lisse, avec de très légères
strioles transversales au milieu du disque et des ridules longitudinales bien
marquées en avant du sillon transversal antérieur. Elytres courts et ovales, à
sommet atténué, plus convexes chez les © que chez les G ; épaule très arron-
die, la crête humérale oblique et arquée, continuant la carène du 8e intervalle
et aussi étroite et pas plus saillante que cette dernière ; rebord basilaire entier
et ininterrompu, sans tubercules saillants ; surface à peu près lisse, avec seu-
lement quelques vagues traces d’une très fine ponctuation striale, les stries
paraissant dédoublées, surtout les internes.
Apophyse prosternale glabre. Protibias sans rangée médiane de soies à
la face supérieure et avec la bifurcation des deux dents externes terminales situées
au niveau de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques latérales antérieures et postérieures présentes, sim-
ples. Sept à huit soies discales.
Edéage fig. 92 b.
Fi. 92. — Gen. Crepidopterus Chaudoir. Edéages. a, C. pipitzi Fairmaire ;
b, C. sublevipennis (Alluaud) ; €, C. goudoti (Guérin) ; d, C. sublevis Jeannel :
e, C. arrowi Bänninger (d’après JEANNEL).
Distribution dans l'île (fig. 87). — Espèce propre au nord-ouest de l'île.
MapaGascar OUEST : Ampijoroa, près Tsaramandroso (MP). — Majunga
(Dr. Sicard, sec. JEANNEL). — Soalala (H. Perrier de la Bâthie, MP). — Suber-
bieville (H. Perrier de la Bâthie, MP, MRAC). — Marohogo, près de Majunga
(MP). — Ankarafantsika (A. Peyrieras, III. 1969, MRAC, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
206 P. BASILEWSKY
10. Crepidopterus sublevis Jeannel
Crepidopterus sublevis Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 281,
298, fig. 131 d.
Type. — Holotype, Madagascar (coll. Sicard) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 40 à 45 mm. Espèce proche de la précédente,
mais de taille plus grande, les élytres plus larges et obtusément arrondis au
sommet, moins convexes chez le G que chez la Q, chez laquelle ils sont plus
élargis au milieu.
Plusieurs soies prothoraciques latérales, tant en avant qu'en arrière.
Les autres caractères morphologiques et chétotaxiques sont semblables,
mais l'organe copulateur du G est autrement conformé (fig. 92 d).
Distribution dans l'île (fig. 93). — Cette espèce n’est connue que d’une
seule localité :
Mapacascar Ouesr : Claims de l’Ankiranomena, près de Tsiroanoman-
didy (MP).
Madagascar (coll. Le Moult, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
11. Crepidopterus goudoti (Guérin)
Scarites Goudotii Guérin, 1832, Mag. ZooL., el. IX, pl. 5.
Scarites cephalotes Klug, 1833, Ber. Madag. Ins., p. 88, pl. 1, fig. 5.
Crepidopterus Goudotii Guérin ; Cnauporr, 1855, Bull. Soc. imp. Nat. Moscou,
28, n° 1, p. 28.
Crepidopterus cephalotes Klug ; Cnaupomm, 1855, Bull. Soc. imp. Nat. Moscou,
28, n° 1, p. 28.
Crepidopterus Goudoti Guérin ; Cauporr, 1880, Ann. Soc. ent. Belg., 23, p. 6.
Crepidopterus Goudoti Guérin ; Küncxez p'HercuLaïs, 1887, in A. GRAN-
piier, Hist. phys. nat. polit. Madag., XXII, Hist. nat. Coléopt., tome II, atlas,
1re partie, pl. 29, fig. 8.
Crepidopterus Goudoti Guérin; ALLuAuD, 1900, in A. GrANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 12.
Crepidopterus Vickii Fairmaire, 1901, Rev. d’Ent., 20, p. 101.
Storthodontus (Crepidopterus) goudoti Guérin ; BANNINGER, 1938, Deutsch.
ent. Zeit, pp. 71, 73.
Storthodontus (Grepidopterus) goudoti sp. vicki Fairmaire; BANNINGER, 1938,
Deutsch. ent. Zeit., pp. 71, 73
Crepidopterus Goudoti Guérin ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire frang., 6,
pp. 282, 203, fig. 131 c.
Crepidopterus Goudoti var. Vicki Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Em-
pire fran. 6, p. 203
Types. — goudoti Guérin. Le type est perdu. Je désigne comme néotype
un exemplaire étiqueté «Madagascar, ex. coll. Chaudoir» (Muséum, Paris).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 207
cephalotes Klug. Holotype, Madagascar (Zool. Mus, Berlin).
vicki Fairmaire. Holotype, Madagascar (Vick) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 38 à 50 mm. Corps allongé et subparallèle, l’avant-
corps volumineux.
Tête large et épaisse en arrière, un peu plus étroite que le pronotum,
mandibules fortes, très recourbées au sommet ; sillons frontaux larges et modé-
réments profonds, le front avec des strioles longitudinales peu nombreuses et
peu profondes, la partie postérieure et le champ postoculaire lisses, le calus
oculaire nul ; lobes latéraux du labium sub-arrondis en avant, assez fortement
ridulés longitudinalement ; pas de carène interne aux paragènes. Pronotum
très transverse, semilunaire, 1,83 à 1,90 fois plus large que long, les côtés
bien arrondis en avant, les angles antérieurs saillants, arrondis au sommet, les
postérieurs complètement effacés, le lobe médian de la base bien marqué, la
gouttière marginale assez large et régulière, les dépressions basilaires peu dis-
tinctes ; surface assez déprimée, presque lisse, avec quelques strioles trans-
versales superficielles au milieu du disque et des strioles profondes et rappro-
chées en avant du sillon transversal antérieur. Elytres très modérément ovales,
presque subparallèles, déprimés, l'épaule bien marquée mais arrondie, la crête
humérale à peine plus saillante que la carène du 8€ intervalle dont elle consti-
tue la prolongation, cette dernière continuée elle même par le rebord basilaire
jusqu’au 5€ intervalle, avec des tubercules saillants à l’origine des intervalles
5 et 3, bien séparés entre eux ; intervalles très légèrement marqués, 3 et 5
un peu plus indiqués que les autres, à surface légèrement aciculée, surtout vers
l'extérieur ; chez de nombreux exemplaires les trois premiers intervalles sont
mieux marqués que les autres ; stries bien visibles, formées de points petits
mais assez profonds et bien alignés, dédoublées, avec trois rangées entre les
intervalles 1 et 3, la 2e strie étant double, quatre rangée entre 3 et 5 et six à
sept entre 5 et le bord externe.
Apophyse prosternale glabre. Protibias sans rangée médiane de soies sur
la face supérieure, avec la bifurcation des deux dents externes terminales située
au niveau de l'insertion des tarses.
Pronotum avec plusieurs soies antérieures, postérieures et basales. Huit
soies discales.
Edéage fig. 92 c.
Distribution dans l'île (fig. 87). — Cette espèce est localisée sur la côte
est, au nord et au sud de Tamatave. Les exemplaires provenant d’Antsianaka,
s'ils sont correctement étiquetés, étendraient sensiblement vers le centre son
aire de dispersion.
MapDaGascar CENTRE : Antsianaka, au sud du lac Alaotra (Perrot frères,
1893, MP, MRAC).
MapaGascar Esr: Fénérive (E. Perrot, MP). — Tamatave et forêts
d’Alahakoto (E. Perrot, 1888, MRAC). — Forêt de Tampina, au sud de Tama-
tave (Lavauden, III. 1929, MP).
Le MRAC possède 4 individus étiquetés Mahatsinjo, dans le district
de Maevatanana, ce qui est certainement inexact; trois autres spécimens
du MP portent l'indication de Tananarive, ce que je pense faux également,
de même que la citation de Moramanga faite par BANNINGER, encore plus
celle de Maroantsetra du même.
Source : MNHN, Paris
208 P. BASILEWSKY
cordipennis
geayi
s. reductus
descarpentriesi
40+%xe»>
sublevis
Fic. 93. — Gen. Crepidopterus Chaudoir. Répartition géographique.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — C’est déjà CHauporr qui, en 1855, mentionna la synonymie
de cephalotes et goudoti. Quant à vicki, JEANNEL reconnait qu’il ne s’agit que
de très petits exemplaires, à sculpture élytrale peu accentuée et ne constituant
qu'une variation individuelle que l’on rencontre dans les mêmes localités
que le goudoti typique.
12. Grepidopterus arrowi Bänninger
Crepidopterus Arrowi Bänninger, 1934, Rev. franç. Ent., 1, p. 219.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 209
Storthodontus (Crepidopterus) arrowi Bänninger ; Bäxnincr, 1938, Deutsch.
ent. Zeit., p. 70, 72.
Grepidopterus Arrowi Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franc.,
6, p. 282, 294, fig. 131 e.
Type. — Holotype, Madagascar Gritish Museum, Nat. Hist., Londres).
Description. — Long. 36 à 45 mm. Corps allongé et assez subparallèle,
l’avant-corps volumineux.
Tête plus étroite que le pronotum, les mandibules assez courtes, recourbées
et acérées au sommet ; sillons frontaux larges mais peu profonds; tout le
devant est couvert de longues strioles longitudinales, empiétant également
sur la convexité médiane, avec quelques points entre elles, surtout sur cette
dernière, tandis que la partie postérieure est assez fortement ponctuée, de
même que le champ postoculaire qui n’a pas d’autre sculpture ; calus oculaire
nul ; lobes susantennaires bien développés ; lobes latéraux du labium légère-
ment tronqués en avant, ridulés longitudinalement ; pas de carène interne
aux paragènes. Pronotum transverse et semilunaire, 1,76 à 1,78 fois plus large
que long, assez plat sur le disque ; côtés bien arrondis, les angles antérieurs
peu saillants et émoussés au sommet, les postérieurs tout à fait effacés, le
lobe médian basilaire bien marqué, la gouttière marginale assez large et
régulière, les dépressions basilaires indistinctes ; surface sculptée transver-
salement sur le disque, un peu vermiculaire sur les côtés, la partie située en
avant du sillon transversal antérieur pourvu de fortes rides longitudinales,
avec une très fine ponctuation entre celles-ci. Elytres nettement ovales, atténués
au sommet, les côtés assez arrondis, la surface déprimée, la gouttière marginale
large et explanée ; épaule très arrondie, la crête humérale conformée comme
chez goudoti, le rebord basilaire incomplet, n’allant que jusqu’à la 5e strie,
avec des petits tubercules saillants à l’origine des côtes 5 et 3 ; toute la surface
est très plane, les intervalles sont distincts mais nullement soulevés, sauf le
3° qui est parfois un peu plus bombé, tous très finement aciculés ; les stries
sont très faiblement marquées par des rangées de points alignés, petits et
peu profonds ; elles sont dédoublées comme chez l'espèce précédente, surtout
à la partie externe de l’élytre.
Apophyse prosternale avec une touffe de soies, contrairement à toutes
les autres espèces du genre. Protibias sans rangée médiane de soies à la face
supérieure, la bifurcation des deux dents externes terminales nettement
déportée en avant de l'insertion des tarses.
Pas de soies prothoraciques antérieures ; les postérieures sont présentes
et accompagnées de deux ou trois soies basales. Sept soïes discales, l’antérieure
près de la base.
Edéage fig. 92 c.
Distribution dans l’île. — Je ne connais que trois exemplaires de
cette espèce, ne portant pas d’autres indications de provenance que « Mada-
gascar ».
Répartition géographique. — Madagascar.
14
Source : MNHN, Paris
210 P. BASILEWSKY
16. Genre Pilades Heyne et Taschenberg
Pilades Heyne et Taschenberg, 1894, Exot. Käfer, pl. 3, fig. 19, pp. 20 et
XXXVI (espèce-type : Crepidopterus coquereli Fairmaire, 1868, par monotypie).
Storthodontus subgen. Selenoscaris Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
pp. 301, 303 (espèce-type : Storthodontus ferus Tséhitschérine, par monotypie)
(sÿn. nova).
Siorthodontus subgen. Pilades Heyne et Taschenberg ; JEANNEL, 1946, Faune
de l’Empire franc., 6, pp. 301, 303.
Description. — Taille grande à très grande (35 à 60 mm), de forme va-
riable.
Tête toujours très volumineuse, les mandibules grandes et larges, très
robustes et acérées à l'extrémité; champ postoculaire chagriné à fortement
rugueux, calus oculaire variable ; yeux souvent très petits ; paragènes trian-
gulaires, non dentés, avec ou sans carène interne ; lobes latéraux du labium
sans carène longitudinale ; lobe interne des maxilles arrondi à son extrémité,
sans dent ni crochet. Pronotum très large, souvent particulièrement court et
transversal, en demi-lune, jusqu’à 2,60 fois plus large que long, les angles
antérieurs en lobes fortement saillants vers l'avant, les postérieurs effacés
ou dentés. Elytres généralement ovoïdes, avec l'épaule arrondie ou un peu
dentée, le rebord basilaire absent ou présent, souvent avec des tubercules
saillants à l’origine des intervalles 3 et 5 ; bord externe simple, formé seulement
par la carène du 8° intervalle, celle du 7° complètement effacée ; surface bien
unie ou avec les côtes un peu soulevées ; stries faiblement marquées et toujours
simples ou tout à fait effacées.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes petits, subcarrés ou un
peu allongés. Protibias avec une rangée médiane de soies à la face supérieure,
sauf chez seyrigi qui en est dépourvu ; bifurcation des deux dents externes
terminales située au niveau de l’insertion des tarses, à l’exception de seyrigi
chez qui elle est déportée un peu en avant.
Soie prothoracique antérieure toujours absente, la postérieure présente,
sauf chez ferus.
Edéage à partie basale coudée à angle droit, la partie apicale déprimée
et plus ou moins effilée, parfois incurvée du côté ventral. Styles génitaux
de la femelle de conformation assez variable.
Répartition géographique. — Ce genre, propre à Madagascar, ne com-
porte que quatre espèces, ayant chacune une répartition fortement réduite
dans l’île, une dans l'extrême sud, une dans le nord-ouest et deux dans le nord.
Une de ces dernières présente une raciation très intéressante.
Discussion. — Dans leur ouvrage « Die exotischen Käfer in Wort und
Bild» (1894), Heyne et TascmeneerG figurent sur la planche 3 (fig. 19)
Crepidopterus coquereli Fairmaire sous le nom générique de Pilades ; par contre,
à la page 20 du même travail, ils déclarent : « Der auf Tafel 3 der abgebildeten
Art beïgegebene Gattungsname Pilades\ muss in Siorthodontus umgeändert
werden»; à la page XXXV, dans l'index, figure la mention: Pilades: s.
Storthodontus 20, 1. Bien que ce soit là une façon peu orthodoxe d'établir
un taxon générique nouveau, que l’on met presque immédiatement en syno-
nymie, le nom est valable d’après les règles du Code international de Nomen-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 211
clature zoologique. En classant coquereli dans le genre Storthodontus, BANNINGER
considère Pilädes comme un synonyme du premier. Mais en 1946, JEANNEL
estime nécessaire de rétablir l'espèce dans une coupe distincte et reconsidère
un sous-genre spécial de Storthodontus pour lequel il reprend le nom de Pilades ;
en même temps, il crée un autre sous-genre, Selenoscaris, pour Storthodontus
ferus.
Les espèces classées par JEANNEL parmi les Pilades et les Selenoscaris
présentent en commun les élytres à carène marginale simple, le lobe interne
des maxilles arrondi à l'extrémité et le bord interne des paragènes simple,
non denté; par la présence simultanée de ces trois caractères elles ne sont
certainement pas des Sforthodontus et ne peuvent rentrer dans aucun des
autres genres de Sforthodontina tels qu’ils ont été définis dans le présent travail.
D'autre part, Selenoscaris et Pilades, bien que présentant un aspect quelque
peu dissemblable, ne diffèrent entre eux que par des caractères qui, chez les
autres genres, n’ont servi à séparer tout au plus que des groupes d’espèces.
Je me vois donc amené à les grouper dans un seul genre qui devra porter le
nom de Pilades, celui de Selenoscaris en étant un synonyme plus récent.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (4). Carène interne des paragènes présente et toujours longue.
Pronotum bien plus modérément transverse, moins de deux
fois plus large que long. Calus oculaire bien saillant.
2. (3). Carène interne des paragènes rectiligne, oblique, son extré-
mité postérieure dépassant celle de la carène externe et venant
en dehors sur la même ligne que cette dernière. Elytres à
bord basilaire incomplet ou absent; épaule non ou à peine
dentée. Front faiblement striolé. Côtés du pronotum moins
fortement arrondis. Styles génitaux de la femelle à confor-
mation très particulière, les deux articles presque soudés, le
dernier en lame étroite et inerme. Long. 34 à 58 mm........
1. P. coquereli (Fairmaire)
3. (2). Carène interne des paragènes arquée, à concavité interne,
son extrémité postérieure dépassant en arrière le niveau
de celle de la carène externe mais restant bien en dehors de
cette dernière. Elytres à bord basilaire presque complet
épaule bien dentée. Front fortement et densément strio
Côtés du pronotum plus fortement arrondis. Styles génitaux
de la femelle à conformation normale, le dernier article assez
court, pourvu de deux rangées de cils épineux. Long. 48 à
51 mm 2. P. sakalava (Alluaud)
4. (1). Carène interne des paragènes absente. Pronotum particu-
lièrement large et transverse, semi-lunaire, plus de deux fois
plus large que long. Calus ocalaire nul.
5. (6). Angles postérieurs du pronotum complètement effacés, de
même que l'angle huméral. Protibias avec la série médiane
de soies présente à la face supérieure ; bifurcation des deux
Source : MNHN, Paris
212 P. BASILEWSKY
dents externes terminales située au niveau de l'insertion
des tarses. Soies prothoraciques latérales absentes. Long.
35 à 60 mm ...................... 3. P. ferus (Tschitschérine)
6. (5). Angles postérieurs du pronotum dentés, l'angle huméral de
l'élytre bien accusé. Protibias sans série médiane de soies
à la face supérieure ; bifurcation des deux dents externes ter-
minales située au niveau de l'insertion des tarses. Soies pro-
thoraciques antérieures absentes, les postérieures présentes.
Long. 50 mm ........................ 4. P. seyrigi (Jeannel)
1. Pilades coquereli (Fairmaire)
Scarites (Crepidopterus) Coquerelii Fairmaire, 1868, Ann. Soc. ent. France,
(4) 8, p. 754.
Storthodontus Coquereli Fairmaire ; Cmaupom, 1879, Ann. Soc. ent. Belg.,
29, p. 177.
Storthodontus Coquereli ; KünekeL »'HercuLais, 1887, in A. GRANDIDIER,
Hist. phys. nat. polit. Madag., XXII, His. nat. Coléopt., tome IL, atlas, 1°e par-
tie, pl. 29, fig. 6.
Scarites Coquereli Fairmaire ; BRANGsIK, 1891, Jahresh. naturw. Ver. Trencsi-
ner Comit., XIII et XIV, 1890 /91, p. 154.
Storthodontus Coquereli Fairmaire ; BrancsiK, 1893, Jahresh. nalurw. Ver.
Trencsiner Comil., XN, p. 214.
Pilades Coquereli Fairmaire ; HEYNE et TASCHENBERG, 1894, Exot. Käfer,
p. 20, pl. 8, fig. 19.
Storthodontus Coquereli Fairmaire ; ALLUAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat, Coléopt., tome I, texte, 1e partie, p. 12.
Storthodontus coquereli Fairmaire ; BÂNNINGER, 1938, Deulsch. ent. Zeit.,
pp. 65, 68.
Storthodontus (Pilades) Coquereli Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’'Em-
pire franç., 6, pp. 305, 312, fig. 137 d, 139.
Description. — Long. 34 à 58 mm. Corps allongé, l’avant-corps presque
aussi grand que les élytres.
Tête très volumineuse et allongée, le front déprimé, les sillons frontaux
larges, longs et profonds, encadrant une convexité médiane allongée et sub-
carénée au milieu, la partie antérieure de la surface assez faiblement déprimée,
la postérieure lisse, à l’exception du champ postoculaire qui est très rugueux ;
calus oculaire saillant et bosselé ; mandibules très longues, pointues à l’extrémité
mais peu recourbées ; yeux fort petits; lobes latéraux du labium tronqués
en avant, faiblement ridulés, sans carène longitudinale ; carène interne des
paragènes présente, longue et rectiligne, oblique, son extrémité postérieure
dépassant amplement celle de la carène externe et venant aboutir sur la même
ligne que celle-ci. Pronotum très transverse, 1,65 à 1,95 fois plus large que
long, presque semi-lunaire, les côtés modérément arrondis et fortement entaillés,
les angles antérieurs petits mais assez saillants, les postérieurs tout à fait
effacés, le milieu de la base formant un lobe bien marqué, la gouttière marginale
étroite sur toute sa longueur, les dépressions basilaires indistinctes ; disque
assez nettement striolé en travers, tandis que sur les côtés la sculpture est
Source : MNHN, Paris!
CARABIDAE SCARITINAE 213
nettement, souvent même assez fortement vermiculée, Elytres ovales, sub-
convexes, nettement plus courts et plus larges chez les femelles que chez les
mâles, les côtés faiblement arrondis, explanés et un peu soulevés chez les
mâles, plus arrondis et convexes chez les femelles ; épaule arrondie et non
dentée, la crête humérale bien arquée, continuée sans transition par la carène
marginale ou avec un hiatus très faiblement marqué ; le rebord basilaire est
complètement absent, ou bien chez certaines races remplacé par quelques
tubercules à l’origine des intervalles 3, 4 et 5, le plus souvent plus ou moins
réunis ; intervalles tout à fait plats ou un peu soulevés ; stries toujours simples,
généralement peu marquées.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes petits et subcarrés, Epi-
pleures des élytres très larges, surtout en avant. Protibias avec une rangée
médiane de soies à la face supérieure ; bifurcation des deux dents externes
terminales situé au niveau de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures absentes, les postérieures généralement
présentes. Cinq à six soies discales.
Edéage (fig. 95 b) assez court, bien coudé dans sa partie basale qui est
courte et peu aplatie dans le coude, la partie apicale droite et fortement amincie
à sommet émoussé, non infléchi ; paramères peu atténués au sommet et quelque
peu incurvés sur la face dorsale du lobe médian chez la plupart des races.
Les styles génitaux de la femelle (fig. 99 a) ont une forme très particulière
et assez semblable chez les différentes sous-espèces ; les deux derniers articles
sont presque soudés, le dernier en forme de lame étroite, inerme; chez la
ssp. amplipennis la courbure postérieure est plus forte, tandis que chez la
ssp. camuseli il y a une soie apicale.
Répartition géographique. — Madagascar.
Distribution dans l'île (fig. 96). — Cette espèce habite le nord de Mada-
gascar elle est assez variable selon les régions, tant en ce qui concerne la taille
que par plusieurs autres caractères et forme une série de sous-espèces géogra-
phiques bien définies, toutes strictement localisées, et qui peuvent se diffé-
rencier comme suit :
1. (6). Base de l’élytre partiellement rebordée, ce rebord consistant
en quelques tubercules saillants à l’origine des intervalles 3,
4 et 5.
2. (3). Crête humérale formant une petite dent à l'épaule par suite
d’un contact moins intime entre la carène marginale et cette
première, qui est plus large et plus haute. Long. 47 à 58 mm
re nee a. P. c. coquereli (Fairmaire)
3. (2). Crête humérale continuée sans interruption par la carène
marginale qui n’est ni plus étroite ni plus basse.
4. (5). Dessus moins brillant, surtout les élytres (à l'exception du
sommet des côtes), qui sont nettement mais finement aciculés.
Pronotum densément couvert de rides transversales sur le
milieu du disque, tandis que les côtés sont fortement vermi-
culés. Long. 36 à 53 mm... b. P. c. amplipennis (Bänninger)
Source
: MNHN, Paris
214 P. BASILEWSKY
5. (4). Dessus très brillant, les élytres dépourvus de toute acicu-
lation. Pronotum avec quelques très légères traces de rides
transversales au milieu du disque. Long. 35 à 40 mm......
bed One r OHoU O HLito ac ee dort d c. P. c. pauliani n. subsp.
6. (1). Base de l’élytre dépourvue de toute trace de rebord.
7. (8). Taille moindre, les élytres plus courts, plus brillants, à stria-
tion distincte ou effacée, le sommet plus obtus. Long. 34 à
A5 MMA... creuser d. P. c. camuseti (Boileau)
8. (7). Taille très grande, les élytres plus allongés et convexes, mats,
généralement sans trace de striation, le sommet plus atténué.
Long. 46-57 mm .................. e. P. c. goliath (Alluaud)
Pilades coquereli coquereli (Fairmaire)
Voir bibliographie p. 212.
Type. — Holotype, Madagascar Sambirano, Nosy Be (Ch. Coquerel)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 47 à 58 mm. Base de l'élytre partiellement rebor-
dée, ce rebord consistant le plus souvent en quelques tubercules saillants à
l'origine des intervalles 3, 4 et 5. Crête humérale formant une petite dent à
l'épaule par suite d’une légère interruption, la carène marginale plus étroite
et moins élevée. Les élytres des mâles sont généralement plus déprimés que
ceux des femelles ; intervalles légèrement soulevés en côtes larges ; striation
indiquée mais peu marquée ; toute la surface plus ou moins aciculée. Pronotum
très transversal et court, environ 1,90 fois plus large que long. Calus oculaire
bien saillant mais modérément anguleux.
Distribution dans l'île. — Mapacascar SamBrrano : Nosy Be (Ch.
Coquerel; Cloué, 1847 ; H. Pierron, 1885; R. Suzor, 1899 ; Guillot ; et des ex.
sans indication de récolteur, MP, MRAC, BM). — Nosy Be, Hellville (T.
Tschitschérine, MP). — Nosy Komba (MRAC).
Un exemplaire du MP est étiqueté : Mayotte, Ed. Marie ; c'est manifes-
tement une indication erronée.
Pilades coquereli amplipennis (Bänninger) (fig. 94)
Storthodontus coquereli ssp. amplipennis Bänninger, 1938, Deusch. ent. Zeit.
pp. 65, 68, pl. 5, fig. 8, 9.
Storthodontus coquereli amplipennis Bänninger ; VAN Empen, 1942, Trans.
ent. Soc. London, 92, p. 60, fig. 89 (larve).
Storthodontus Coquereli ssp. amplipennis Bänninger ; JEANNEL, 1946, Faune
de l'Empire frane., 6, p. 313.
Type. — Holotype, Madagascar Sambirano, Nosy Berafia (Ent. Inst.,
Zürich).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 215
FiG. 94. — Pilades coquereli amplipennis (Bänninger) (dessin de Mme S. BERGER).
Description. — Long. 36 à 53 mm. Comme la forme nominative, mais
la crête humérale n’est nullement dentée, continuée sans interruption par la
carène marginale qui n’est ni plus élevée ni plus large. Pronotum très trans-
verse, 1.90 fois plus large que long, densément couvert de rides transversales
sur le disque, vermiculé sur les côtés. Elytres plus larges, les côtés nettement
plus arrondis, surtout chez les femelles ; les intervalles sont assez nettement
soulevés en côtes larges et modérément saillantes, toute la surface finement
mais densément aciculée. Calus oculaire saillant et anguleux.
Distribution dans l'île. — ManaGascar SamBirANo : Nosy Berafia, l’une
des îles Radama (MP, MRAC, BM).
Se rattachent incontestablement à cette forme deux exemplaires du MP,
l’un étiqueté « Ambanja, Mellis», l’autre «Maromandia, Mellis». Bien que
ces localités situées sur la côte nord-ouest de Madagascar, ne soient pas très
éloignées des îles Radama, surtout la seconde, ces indications me paraissent
fortement suspectes et j'estime que l’on ne peut en tenir compte pour établir
la distribution de cette race.
Source : MNHN, Paris
216 P. BASILEWSKY
F1G. 95. — Gen. Pilades Heyne et Taschenberg. Edéages. a, P. ferus (Tschits-
chérine); b, P. coquereli (Fairmaire); c, P. sakalava (Alluaud) (d’après JEANNEL).
Pilades coquereli pauliani n. subsp.
Type. — Holotype, Magadascar Nord, Nosy Mitsio (R. Paulian, I. 1960)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 35 à 40 mm. Se rapproche d’amplipennis, avec le
rebord basilaire des élytres indiqué par une légère crête saillante au niveau des
intervalles 3, 4 et 5, constituée par des tubercules fusionnés, et la crête humérale
non dentée, continuée sans interruption par le bord externe. Elle en diffère
par la taille plus petite et tout le dessus du corps très brillant, dépourvu d’aci-
culation et de sculpture. Tête à sillons longitudinaux faibles et peu profonds,
le champ postoculaire plus faiblement sculpté. Pronotum très brillant, avec
des traces très superficielles de rides transversales, moins transversal, 1,65
à 1,68 fois plus large que long. Elytres un peu moins acuminés vers l’apex,
le dessus très brillant, dépourvu de toute aciculation, les stries très faibles,
les intervalles très peu soulevés. Calus oculaire saïllant et anguleux, l'extrémité
de l'angle émoussé.
Distribution dans l'île. — Manacascar Norp : Nosy Mitsio (R.
Paulian, 13-14.1.1960, 5 ex., MP, MRAC).
Je suis heureux de dédier cette race intéressante à mon excellent collègue
et ami le Dr R. Paurran, Recteur de l'Académie de Bordeaux, dont l’action
scientifique à Madagascar fut des plus fructueuses pour la prospection zoologique
de la Grande Ile,
Source : MNHN, Paris,
CARABIDAE SCARITINAE 217
FiG. 96. — Gen. Pilades Heyne et Taschenberg. Distribution géographique
de P. coquereli et de ses sous-éspèces dans le nord de Madagascar : 1, P.c. coquereli
(Fairmaire) ; 2, P.c. amplipennis (Bänninger) ; 3, P.c. pauliani n. subsp. : 4, P.c.
camuseti (Boileau) ; 5, P.c. goliath (Alluaud).
Pilades coquereli camuseti (Boileau)
Storthodontus Camuseti Boileau, 1902, Bull. Soc. ent. France, p. 125.
Storthodontus brevipennis Fairmaire, 1905, Ann. Soc. ent. Belg., 49, p. 114
(syn. nova).
Storthodontus camuseti Boileau ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit, pp.
Storthodontus brevipennis Fairmaire ; BANNINGEr, 1938, Deutsch. ent. Zeit.,
pp. 66, 68.
Storthodontus Coquereli ssp. Camuseti Boileau ; JEANNEL, 1946, Faune de
l’Empire franç., 6, p. 314.
Storthodontus Coquereli ssp. Camuseti var. brevipennis Fairmaire ; JEANNEL,
1946, Faune de l'Empire frang., 6, p. 314. '
Types. — camuseli Boileau. Holotype, Madagascar Nord, région d’Am-
bre (Ent. Inst., Zürich).
brevipennis Fairmaire. Holotype, Madagascar Nord, Diégo-Suarez (Musé-
um, Paris).
Source : MNHN, Paris
218 P. BASILEWSKY
Description. — Long. 34 à 45 mm. Rebord basilaire de l’élytre tout à
fait absent, la crête humérale s’effaçant au niveau du 6€ intervalle ; épaule
bien arrondie, cette crête à peine plus élevée que la carène marginale. Elytres
assez courts, le sommet obtus ; surface presque complètement plane ou bien
les intervalles très légèrement soulevés et la striation est alors nette ; ces der-
niers exemplaires ont reçu le nom de brevipennis, mais toutes les transitions
existent et il n’y a pas lieu de maintenir cette dénomination. Pronotum assez
transverse, 1,76 à 1,78 fois plus large que long, à sculpture très moyenne. Calus
oculaire saillant et anguleux.
Distribution dans l'île. — Mapacascar Norp: Montagne d’Ambre
(nombreux exemplaires de récolteurs divers, MP, MRAC, BM). — Id. (4.
Peyrieras, XI11.1967, XI-XI1.1968, MP, MRAC). — Ankarana, crête calcaire
au sud de la Montagne d’Ambre, district de Diégo-Suarez (A. Peyrieras,
1.1966, MP, MRAC). — Sahafary, à l’est du village Sadjoavato, district de
Diégo-Suarez (A. Peyrieras, 1.1966, MP, MRAC).
Les dernières captures d’A. PEYRIERAS montrent que cette forme n’est
pas uniquement cantonée sur la Montagne d’Ambre mais déborde vers le sud
sur l’Ankarana et vers l’est.
Des individus du MP et du MRAC étiquetés « Diégo-Suarez » proviennent
certainement de la Montagne d’Ambre.
Pilades coquereli goliath (Alluaud)
Storthodontus Goliath Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 11, fig. 9.
Storthodontus Meloui Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 12, fig. 5, 7, 8 (syn. nova).
Storthodontus goliath Alluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit. pp. 66,
68.
_ Storthodontus meloui Alluaud ; BÂNNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit., pp. 66,
Storthodontus Goquereli ssp. Meloui Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Em-
pire franc. 6, p. 314.
Storthodontus Coquerelli ssp. Goliath Alluaud ; JeANNEL, 1946, Faune de l’Em-
pire franç., 6, p. 314.
Types. — goliath Alluaud. Holotype, Madagascar Nord, Montagne des
Français (Muséum, Paris).
meloui Alluaud. Holotype, Madagascar Nord, Montagne des Français
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 45 à 57 mm. Très voisin du précédent ; les seuls
exemplaires connus sont de très grande taille et ont les élytres très larges et
très convexes, élargis après le milieu. Sous le nom de meloui, ALLUAUD a séparé
de goliath deux individus un peu moins grands, à élytres plus allongés et plus
convexes, plus mats et sans traces de striation. Il est évident qu’il n’y a pas
lieu de maintenir ce nom, car il ne s’agit que de variations individuelles comme
il s’en rencontre chez les autres races de l'espèce. Calus oculaire saillant et
très anguleux.
Source : MNHN, Paris!
CARABIDAE SGARITINAE 219
Distribution dans l'île. — Mapacascar Norp : Montagne des Français,
au sud-est de Diégo-Suarez (coll. Alluaud, MP).
Un exemplaire au MRAC étiqueté simplement «Madagascar ».
Discussion. — Je ne sais si cette indication de provenance est exacte.
Dans l’affirmative, et s’il ne s’agit pas en réalité d'individus provenant de la
Montagne d’Ambre, il est vraisemblable que cette sous-espèce géographique
soit valable, vue la forte tendance à la subspéciation de l’espèce. Si elle ne
l'était pas, et il y a quelques présomptions pour cela, il faudrait réunir cette
forme à camuseli comme simple variante individuelle. Quant à meloui, il n'y
a aucune raison de conserver ce nom.
2. Pilades sakalava (Alluaud)
Storthodontus sakalava Alluaud, 1902, Bull. Soc. ent. France, p. 125.
Siorthodontus sakalava Alluaud ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeil., pp.
, 68.
Storthodontus (Pilades) sakalava Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, pp. 305, 314, fig. 137 e.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, Bemarivo (Lieut. Camuset)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 48 à 51 mm. Corps allongé et assez étroit, l’avant-
corps plus court que les élytres.
Tête grande et longue, les mandibules très longues, acérées et recourbées
au sommet, le front aplani, à sillons larges et peu profonds, toute la surface
fortement sculptée, avec des strioles longitudinales fines et assez rapprochées
en avant, devenant plus grossières en arrière, plus vermiculeuses sur les côtés
où le champ postoculaire est fortement et grossièrement rugueux ; calus oculaire
assez saillant et bosselé, mais non anguleux en avant où il est arrondi ; lobes
latéraux du labium tronqués droit en avant, faiblement ridulés et sans carène
longitudinale ; paragènes à carène interne longue, très arquée en dedans, son
extrémité postérieure ne dépassant pas celle de la carène externe. Pronotum
court et très transverse, 1,90 fois plus large que long, à largeur maximale
située en avant ; côtés très arrondis, les angles antérieurs modérément avancés
et petits mais pointus à l'extrémité, les postérieurs tout à fait effacés, le milieu
de la base légèrement lobé ; surface fortement sculptée, le milieu du disque
avec de fortes rides transversales, devenant rapidement vermiculées, les côtés
fortement chagrinés ; gouttière marginale étroite, les dépressions basilaires
nulles. Elytres ovales, assez allongés chez le G, plus amples chez la O, larges
aux épaules, atténués au sommet, les côtés modérément arqués ; épaule saillante
et fortement dentée, la crête humérale, qui est longue et régulièrement arquée,
surplombe fortement la carène marginale ; rebord basilaire presque complet,
continuant cette crête jusqu’à l’origine du 3e intervalle ; disque régulièrement
convexe, toute la surface mate, finement chagrinée et aciculée ; intervalles
tout à fait plats, les stries indistinctes.
Apophyse prosternale sans soies. Métépisternes petits et subcarrés. Epi-
pleures des élytres larges en avant, se rétrécissant plus rapidement en arrière
Source : MNHN, Paris
220 P. BasiLEwsSky
que chez coquereli. Protibias avec une rangée médiane de soies à la face supé-
rieure ; bifurcation des deux dents externes terminales située au niveau de
l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieures absentes, les postérieures présentes. Pas
de soies discales aux élytres.
Edéage (fig. 95 c) épais, à partie basale courte et coudée à angle droit,
non aplatie dans le coude, la partie apicale large et déprimée, l’apex long
et atténué, non infléchi, à sommet émoussé ; paramères atténués, nettement
plus courts que le lobe médian, non incurvés sur la face dorsale de ce dernier.
Styles génitaux de la femelle (fig. 99 b) du type normal, à dernier article assez
court et non incurvé, pourvu de deux rangées de cils épineux.
Distribution dans l'île (fig. 98). — MapaGascar OuEsr : Bemarivo,
bassin de la Sofia, au nord-est de Majunga (Lieutenant Camuset, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Pilades ferus (Tschitschérine) (fig. 97)
Storthodontus ferus Tschitschérine, 1894, Horae Soc. ent. Ross., 28, p. 231.
Storthodontus lunicollis Fairmaire, 1898, Ann. Soc. ent. Belg., 42, p. 391.
Storthodontus ferus Tschitschérine ; ALLuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 11e partie, p. 12.
Storthodontus lunicollis Fairmaire ; AzzuauD, 1900, in A. GRANDIDIER, L €.
p. 12.
Storthodontus ferus Tschitschérine ; BÂNNINGER, 1931, Deulsch. ent. Zeit.
p. 194.
Storthodontus lunicollis Fairmaire ; BANNINGER, 1931, Deulsch. ent. Zeit.
p. 194.
Storthodontus ferus Tschitschérine ; BANNINGER, 1938, Deutsch. ent. Zeit.
pp. 64, 68, pL. 1, fig. 1, 4, 5.
Storthodontus (Selenoscaris) ferus Tschitschérine ; JeANNEL, 1946, Faune de
l’Empire franç., 6, pp. 305, 312, fig. 137 c, 138.
Types. — ferus Tschitschérine. Holotype, Madagascar (Mus. Zool.,
Léningrad).
lunicollis Fairmaire. Holotype, Antsianaka (Perrol) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 35 à 60 mm. Espèce de taille très variable, avec
lavant-corps très volumineux, le pronotum particulièrement large.
Tête très épaisse et très robuste, les mandibules puissantes et fortes,
recourbées et acérées à l’extrémité ; toute la partie antérieure, à l’exception
de la concavité longitudinale latérale, pourvue d’une striolation très forte,
serrée, particulièrement rapprochée près de l'aire cérébrale qui elle-même
en est couverte ; vers l'arrière cette striolation devient fortement vermiculée ;
les sillons frontaux sont très larges mais peu profonds; yeux très petits ;
champ postoculaire modérément chagriné, calus oculaire nul ; lobes latéraux
du labium acuminés au sommet, sans carène médiane, faiblement ridulés ;
dent médiane fortement élargie et tronquée au sommet, nullement aiguë ;
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 221
FiG. 97. — Pilades ferus (Tschitschérine) (dessin de Mme S. BERGER).
pas de carène interne aux paragènes. Pronotum très large et assez court, plus
large que les élytres et même que la tête, très transversal, 2,40 à 2,60 fois
plus large que long, en forme de demi-lune, avec les angles antérieurs assez
nettement prolongés en lobes vers l'avant mais arrondis à l'extrémité, les
côtés bien arrondis et obliques, les angles postérieurs complètement effacés,
le lobe médian de la base presque nul; gouttière marginale assez large en
avant et rétrécie en arrière, les dépressions basilaires indistinctes ; milieu du
disque, près du sillon longitudinal, pourvu de fortes strioles transversales,
tandis que tout le reste de la surface est fortement vermiculé ; le bandeau
antérieur est étroit et fortement striolé longitudinalement. Elytres ovales
et modérément convexes, atténués au sommet, les côtés régulièrement arrondis ;
épaule arrondie et très effacée, la crête humérale en parfaite continuité avec
la carène marginale, très oblique, peu saillante ; base non rebordée ; surface
régulièrement convexe, unie, le plus souvent mate, presque sans traces de
côtes sur les intervalles, les stries tout à fait effacées et tout l’élytre finement
rugueux.
Source
: MNHN, Paris
222 P. BASILEWSKY
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits et subcarrés. Epipleures
élytraux larges en avant et sur presque toute leur longueur. Protibias avec
une rangée médiane de soies sur la face supérieure; bifurcation des deux
dents terminales externes située au niveau de l'insertion des tarses.
Pas de soies prothoraciques ni de soies discales sur l’élytre.
Edéage (fig. 95 a) à partie basale coudée à angle droit, la partie apicale
épaisse, déprimée, un peu arquée, l’apex en forme de long bec très aplati,
très incurvé du côté ventral et terminé en pointe aiguë; paramères longs,
brusquement atténués vers l’apex, n’atteignant pas le sommet du lobe médian,
incurvés de façon à envelopper la face dorsale de l’apex de ce dernier. Styles
génitaux de la femelle (fig. 99 c) du type habituel, le dernier article long et
grêle, en forme de griffe très amincie et très aiguë, avec une double rangée
de cils épineux à la face ventrale.
,f
© ferus
sakalava
V seyrigi
F1G. 98. — Gen. Pilades Heyne et Taschenberg. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 223
Distribution dans l'île (fig. 98). — L'espèce est répandue sur la Mon-
tagne d’Ambre et vers l’est jusqu’à la forêt d’Analalava et Vohémar, où elle
semble particulièrement abondante.
MapaGascar Nonp : Chaîne de l’Andrafiamena, district de Diégo-Suarez
(4. Peyrieras, VI. 1971, MP). — Sahafary, district de Diégo-Suarez (A. Pey-
rieras, I.1966, MP, MRAC). — Sakaramy, sur les pentes de la Montagne
d'Ambre (A. Sicard, MP). — Montagne d'Ambre (4. Peyrieras, XI-XII.
1966, MP, MRAC).
MapaGascar Esr : Vohémar (divers récolteurs, très nombreux ex, MP,
MRAC, BM). — Forêt d’Analalava, à 37 km au sud de Vohémar (P. Vielte
et P. Griveaud, XII. 1968, MP, MRAC). — Analabe, près de Vohémar (.
Vadon, XI. 1935, MP, MRAC). — Bords de la Loky, entre Ambilobe et Vohémar
(Z. Mollet, V. 1952, MP).
Plusieurs individus sont étiquetés « Diégo-Suarez », mais il s’agit certaine-
ment de la région de la Montagne d’Ambre. FaiRMAIRE a décrit son lunicollis
d’Antsianaka, au sud du lac Alaotra, mais c’est là une indication de provenance
erronée, de même que celle de Bas-Sambirano, citée par BANNINGER.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — La synonymie de lunicollis Fairmaire et de ferus Tschi-
tschérine a déjà été établie par BänniNGer en 1931.
4. Pilades seyrigi (Jeannel)
Storthodontus (Selenoscaris) Seyrigi Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, p. 1122.
Type. — Holotype, Madagascar Centre: Bekily (A. Seyrig) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 50 mm. Espèce présentant l'aspect du précédent,
un peu plus déprimée et d’un noir plus mat. La tête est moins fortement sculp-
tée, la moitié antérieure pourvue de strioles longitudinales plus rares et moins
rapprochées, les sillons frontaux encore plus faibles, l'aire cérébrale lisse, la
partie postérieure à peine distinctement striolée ou vermiculée, le champ
postoculaire encore plus lisse, les mandibules encore plus robustes ; lobes
latéraux du labium arrondis en avant et non acuminés, faiblement ridulés,
dent médiane aiguë au sommet ; pas de carène interne aux paragènes. Prono-
tum aussi large et aussi semi-lunaire que chez ferus, très transversal, 2,42 à
2,45 fois plus large que long, les côtés moins arrondis et moins obliques, les
angles antérieurs en lobes nettement plus avancés et plus nettement accolés
au cou, les postérieurs bien marqués, dentés même par suite d’une forte inter-
ruption entre le bord basilaire et le latéral ; surface plus déprimée au milieu
du disque où l’on voit des strioles transversales plus fortes et plus longues ;
gouttière marginale plus étroite en avant. Elytres aplanis, atténués en arrière,
les côtés peu arrondis ; épaule bien marquée par une légère dent entre la carène
marginale et la crête humérale qui est plus large et plus saillante que cette
dernière, oblique et peu arquée ; le bord basilaire est plus transverse, dépourvu
également de tout rebord ; surface mate, unie et déprimée, les stries à peine
indiquées par des rangées de points très fins.
Source : MNHN, Paris
224 P. BASILEWSKY
Apophyse prosternale glabre. Métépisternes petits mais un peu allongés.
Epipleures des élytres comme chez ferus. Protibias sans rangée médiane de
soies à la face supérieure ; bifurcation des deux dents externes terminales située
en avant du niveau de l'insertion des tarses, contrairement à celle de l’espèce
précédente.
FiG. 99. — Gen. Pilades Heyne et Taschenberg. Styles génitaux ©. a, P.
coquereli (Fairmaire) ; b, P. sakalava (Alluaud) ; c, P. ferus (Tschitschérine).
Pas de soie prothoracique antérieure, mais la postérieure présente, alors
qu’elle manque chez ferus. Pas de soies discales aux élytres.
Mâle inconnu. Styles génitaux de la femelle assez semblables à ceux de
l’espèce précédente.
Distribution dans l'île (fig. 98). — Cette espèce n’est connue que
par deux exemplaires provenant de la région de Bekily.
MapaGascar CENTRE : Bekily (A. Seyrig, II. 1942, 1 Q MP). — Ampan-
drandava (4. Seyrig, 1 © MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — À première vue, cette magnifique espèce se rapproche
de ferus et lui ressemble considérablement. Elle en diffère cependant par des
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 225
caractères importants, comme l'angle postérieur du pronotum et l'angle humé-
ral dentés, par l’absence de la rangée médiane de soies à la face postérieure du
protibia et la position de la bifurcation des deux dents externes terminales ainsi
que par la présence de la soie prothoracique postérieure ; ces trois derniers
caractères avaient échappé à JEANNEL. Il est intéressant de constater que
deux espèces qui se ressemblent tellement sont localisées aux deux extrémités
de l’île.
IL. Trib. CLIVININI
Clivinides Lacordaire, 1854, Gen. Col. 1, p. 397.
Clivinina C. G. Thomson, 1859, Skand. Col., 1, pp. 4, 185.
Clivinae Leconte, 1861, Class. Col. N. Amer, 1, p. 13.
Clivinides Putzeys, 1866, Ann. Soc. eni. Belg., 10, p. 3.
Glivinini Bedel, 1881, Faune Col. Bassin Seine, 1, p. 46.
Clivinae G. Horn, 1881, Trans. Amer. ent Soc., 9, p. 191.
Clivinidae Péringuey, 1896, Trans. S. Afr. philos. Soc., 7, pp. 378, 403.
Clivinides Andrewes, 1929, Fauna Brit. India, 1, pp. 209, 343.
Clivinina Burgeon, 1935, Ann. Mus. Congo Belge, 49, Zool., III, 2, pp. 143, 147.
Clivinina Bänninger, 1937, Deutsch. ent. Zeit. p. 83.
Clivinitae Jeannel, 1941, Faune France, Carab, 1, pp. 251, 255.
Clivinitae Antoine, 1943, Bull. Soc. Hist. nat. Afr. Nord, 34, p. 200.
Clivinitae Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 214, 219.
Clivinini Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, p. 221.
Clivinini Basilewsky, 1953, Explor. Pare nai. Upemba, 10, p. 43.
Clivinitae Antoine, 1955, Mém. Soc. Sci. nat. Maroc, NS, 1, pp. 67, 68.
Insectes de taille petite, le plus souvent noirs ou brunâtres, de forme
allongée et subcylindrique.
Tête assez petite, avec généralement de chaque côté du clypéus des ailes
clypéales et un lobe sus-antennaire bien séparés. Labre bien développé. Bord
antérieur du clypéus simple ou muni de dents ou de tubercules. Sillons frontaux
le plus souvent larges et profonds. Veux exceptionnellement atrophiés, le
plus souvent très gros et très saillants. Maxillaires à lobe interne aigu ; fente
maxillaire du labium prolongée et élargie en arrière, le submentum nettement
séparé des paragènes. Palpes à dernier article grand, sécuriforme ou fusiforme,
les labiaux dichètes. Antennes courtes et épaisses, le plus souvent submoni-
liformes, pubescentes à partir du 3e ou du 4e article, le 2e souvent plurisétulé ;
scape non ou à peine plus long que la normale, avec une longue soie à son
extrémité distale. Pronotum généralement subglobuleux, rarement allongé
et parallèle, rebordé latéralement souvent jusqu’au pédoncule. Elytres sub-
cylindriques, plus ou moins fortement striés ; le champ radial a la forme d’une
gouttière profonde, s'étendant le long du bord apical jusqu'à l'angle sutural ;
l'épipleure se continue tout aussi loin, parfois sinué où même tordu et laissant
voir l’extrémité terminale de la carène radiale interne (fig. 100a). La face
ventrale du prothorax conformée normalement, sans sillons pour la réception
des antennes au repos. Pattes courtes, toujours du type fouisseur ; protibias
bien développés et élargis, à dents externes généralement fortes, souvent
-en longues digitations ; protarses simples dans les deux sexes : ongles des
tarses parfois atrophiés.
15
Source : MNHN, Paris
226 P. BASILEWSKY
Les deux soies frontales et la soie clypéale présentes, de même que les
deux soies prothoraciques latérales. Pore basilaire de l’élytre presque toujours
présent. Chétotaxie de l’élytre variable. Série ombiliquée toujours formée
de pores nombreux, alignés en série continue sur toute la gouttière marginale,
depuis son origine jusqu’à l'angle sutural. Soies ventrales et anales présentes.
Edéage avec l’apex non comprimé en lame sagitale ; les paramères sont
inégaux, souvent dissemblables, sétifères.
Pas de dimorphisme sexuel secondaire.
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Fic. 100. — Sommet de l’élytre gauche : a, chez Clivina ; b, chez Dyschirius
(d’après JEANNEL).
Les représentants de cette tribu sont extrêmement abondants dans toutes
les parties du globe, comportant un nombre élevé de genres et d'espèces. Elle
devra un jour être scindée en plusieurs sous-tribus bien définies et nettement
caractérisées, mais un tel travail nécessiterait avant tout une étude compa-
rative approfondie des Clivinini du monde entier, qui en ferait ressortir les
affinités et les dissemblances. L'état actuel de nos connaissances ne nous
permet pas un tel travail qui comporterait, je le crains, trop d’imprécisions
et d’incertitudes. En 1957, R. JEANNEL a isolé dans une sous-tribu des Reicheina
une série de genres de l’ancien monde voisins des Reicheia, de taille toujours
petite ou très petite, aveugles ou microphthalmes, souvent dépigmentés ;
cette sous-tribu n’est d’ailleurs que très vaguement définie par l’auteur qui
y place tous les genres chez lesquels l’angle postérieur du pronotum est complè-
tement oblitéré, alors que chez les autres Cliviniens il est toujours bien marqué
soit par une dent ou un denticule, soit par une interruption entre le rebord
marginal et le basilaire, pourvu d’un épaississement plus ou moins fort. S'il
semble à première vue que l’isolement de ces genres dans une coupe supra-
générique soit mérité, il est assez évident d'autre part que ce critère est
insuffisant et ne peut à lui seul justifier la création d’une sous-tribu distincte,
surtout en dehors du cadre d’une étude générale de tous les Cliviniens. En
outre, comme le nombre peu élevé de genres de cette tribu représentés dans
la faune malgache ne rend pas une telle subdivision nécessaire, je préfère
ne pas en tenir compte ici, surtout pour préserver l’homogénéité de la tribu
et ne pas utiliser des caractères qui pourraient s’avérer de valeur trop mince
lors de leur transpolation dans la faune mondiale ou même simplement africaine.
La tribu comporte sept genres à Madagascar et un nombre relativement
restreint d'espèces. Deux de ces genres seulement sont endémiques dans l’île.
Source : MNHN, Paris
1.(10).
2. (9).
8. (4.
4. (3).
5. (6).
6. (5).
5
(8)
8. (7).
9. (2)
CARABIDAE SCARITINAE
TABLEAU DES GENRES DE LA FAUNE MALGACHE
Angles postérieurs du pronotum toujours plus ou moins bien
marqués, le plus souvent par une nette interruption de la
gouttière formant un petit denticule ou un simple épaississe-
ment du bourrelet à l'emplacement de la soie prothoracique
postérieure. Pleures prothoraciques non ou à peine dilatés.
Disque du pronotum faiblement séparé du pédoncule et
situé plus ou moins sur le même plan que ce dernier. Striole
scutellaire toujours présente. Côté externe du protibia forte-
ment denté.
Front dépourvu de carènes longitudinales, parfois l'arrière
de la tête avec une simple rugosité longitudinale irrégulière.
Côté externe du protibia fortement denté. Pas d’ocelles
labiaux .
Front pourvu d’une forte carène longitudinale médiane très
saillante ou d’une série de carènes longitudinales latérales.
Ocelles labiaux présents.
Front avec une seule forte carène longitudinale médiane, for-
mant cimier sur le milieu, limitée en arrière par un sillon
227
17. Gen. Clivina Latreille (p. 228)
PONCIUÉ RTE 18. Gen. Coryza Putzeys (p. 244)
Front pourvu d’une série de fortes carènes longitudinales de
part et d'autre de la ligne médiane,
Front avec quatre carènes sur le vertex, les deux internes longi-
tudinales et parallèles, les externes obliques, toutes limitées
en arrière par une carène transversale, Bord antérieur du
clypéus avec quatre tubercules allongés. Pronotum sans autres
sillons longitudinaux que le médian, le rebord latéral pro-
longé jusqu’au pédoncule sans interruption. Epaule fortement
POINTER ee ee 19. Gen. Lophocoryza Alluaud (p. 248)
Front avec six à dix carènes longitudinales saillantes et sub-
parallèles, sans carène transversale postérieure. Bord anté-
rieur du clypéus avec trois tubercules. Pronotum pourvu
de deux sillons longitudinaux sinueux de chaque côté du mé-
dian ; rebord latéral continué jusqu’un peu après le pore pos-
térieur où il forme un crochet après lequel il est remplacé par
un repli indépendant. Epaule plus ou moins arrondie......
Disque du pronotum nettement séparé du pédoncule et situé
sur un plan bien plus élevé; le repli basilaire continué sans
interruption par le repli latéral en un large arrondi. Striole
scutellaire absente. Côté externe du protibia très peu denté
20. Gen. Halocoryza Alluaud (p. 252)
21. Gen. Brachypelus Putzeys (p. 257)
Source : MNHN, Paris
228 P. BASILEWSKY
10. (1). Angles postérieurs du pronotum complètement effacés. Pleures
prothoraciques souvent dilatés. Pédoncule très court, sans
trace de constriction.
11.(12). Gouttière marginale du pronotum entière, nullement effacée
en arrière où elle est prolongée par un rebord basilaire continu,
qui s'étend sur la base du disque et sépare celui-là du pédon-
cule-Pdéage à 10be-basal Simple...
; 22. Gen. Antireicheia Basilewsky (p. 261)
12.(11). Gouttière marginale du pronotum s’effaçant peu à peu en
arrière du pore sétigère postérieur jusqu'aux côtés de la
base, la partie postérieure du disque sans rebord basilaire
la séparant du pédoncule. Edéage à lobe basal généralement
déformé par un pli longitudinal de sa paroi dorsale........
: 23. Gen. Afroreicheia Jeannel (p. 271)
17. Genre Clivina Latreille (5)
Clivina Latreille, 1802, Hist. nat. Ins., 3, p. 06 (espèce-type : Scarites are-
narius Fabricius = Clivina fossor Linné, par désignation subséquente, Hopé,
1838).
Clivina Latreille ; Purzeys, 1846, Mém. Soc. Sci. Liège, 2, pp. 523, 577.
Eupalamus Schmidt-Goebel, 1846, Fauna Col. Birm., pl. 3, fig. 4 (espèce-
type : Éupalamus clivinoides Schmidt-Goebel = Clivina castanea Westwood, par
monotypie).
Clivina Latreille ; Purzevs, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 107.
Clivina Latreille ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire frang., 6, p. 221.
Clivina Latreille ; Kuzr, 1959, Rev. Zool. Bot. afr., 60, p. 175.
Description. — Espèces de petite taille, à corps fortement pédonculé
et allongé, avec les élytres parallèles, longs et étroits, d’une couleur noire
à brun-clair. Toutes les espèces sont normalement ailées. Pas de caractères
sexuels secondaires.
Tête assez large, avec les yeux gros et saillants, les mandibules courtes
et arquées; clypéus bien développé, à bord antérieur droit ou légèrement
concave, terminé latéralement de chaque côté par une extension générale-
ment saillante et assez vive; ailes clypéales au même niveau que ce bord
antérieur où un peu en dessous, de forme assez variable mais toujours assez
séparées ; lobes sus-antennaires grands et arrondis, rebordés latéralement chez
les espèces malgaches ; labium à dent médiane courte; dernier article des
palpes allongé et fusiforme, semblable chez les deux sexes ; languette pointue
et aussi saillante que les paraglosses. Antennes assez courtes, ne dépassant
pas l’angle postérieur du pronotum, pubescentes à partir du 3€ article, 4 à 10
plus où moins moniliformes. Pronotum le plus souvent assez rectangulaire,
généralement à peine plus large que long, les côtés rebordés jusqu’au pédoncule ;
(3) Seules les références essentielles ou ayant trait à la faune malgache sont
reprises ici. ‘
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 229
bord basal très rapproché du pédoncule, l'angle antérieur arrondi, le postérieur
saillant en petit denticule ; bord basal très rapproché du pédoncule, Elytres
longs et cylindriques, assez convexes, subparallèles, deux fois plus longs que
larges ensemble ou un peu moins ; épaule arrondie : stries profondes, souvent
ponctuées, généralement s’affaiblissant près de l’apex ; striole juxtascutellaire
longue.
Dessous le plus souvent assez brillant ; proépisternes ordinairement
fortement chagrinés, pourvus de ridules transversales assez profondes, parfois
ponctués ; segments abdominaux souvent pourvus d’une microsculpture réti-
culaire bien distincte, surtout les derniers. Pattes robustes ; les protibias
palmés et du type fouisseur, avec au côté externe un éperon terminal très
long et deux dents plus ou moins bien marquées, la 3e le plus souvent vesti-
giale ; mésotibias dilatés, avec de longues soies rigides sur le bord externe et
pourvus près de l'extrémité d’un long tubercule en forme d’apophyse, acuminé
asymétriquement à son extrémité, mais ce tubercule est absent chez certaines
espèces, ou bien très court et large ; métatibias plus étroits, pourvus des mêmes
soies au côté externe mais qui ne forment pas de frange.
Deux soies frontales. Les deux soies prothoraciques latérales toujours
présentes. Quatre soies discales sur le 3e intervalle et une apicale. Série ombi-
liquée formée de nombreux fouets disposés en série continue, Un pore basilaire
à l’origine de la première strie. Soies ventrales toujours présentes ; au bord
postérieur du segment anal se trouvent des soies dont le nombre et la dispo-
sition fournissent de bons caractères spécifiques.
Edéage allongé et peu arqué, l’orifice basal ovale, obliquement tronqué ;
le sac interne forme une vésicule sétifère très développée. Paramères grêles,
longs, effilés, généralement sétifères, le plus souvent avec une où deux soies
terminales et de petites soies latérales. Styles génitaux de la femelle à dernier
article en forme de longue griffe, pourvue de plusieurs soies assez rigides.
On rencontre fréquemment des Clivina dans les milieux les plus divers,
généralement sous les pierres et d’autres abris dans des endroits un peu humides,
souvent aussi près des cours d’eau. On les prend fréquemment aux lumières,
et il semblerait que les femelles présentent un phototropisme plus fort que
les mâles.
Répartition géographique. — On connaît jusqu'à présent quelque
70 espèces en Afrique au sud du Sahara, mais six seulement ont été recueillies
à Madagascar, dont deux identiques à celles que l’on rencontre sur le continent,
les quatre autres étant des endémiques propres. Aucun représentant de ce
genre n’est connu des Séchelles, de Maurice ni de la Réunion, mais une des
espèces madécasses se rencontre aussi aux Comores.
Discussion. — D'après les catalogues généralement employés, le genre
Clivina serait répandu dans le monde entier. Récemment, plusieurs auteurs,
et notamment K. Kuzr, ont montré qu’il s'agissait en réalité d’un très vaste
complexe, d’un aspect fort homogène, mais présentant une série de bons
critères taxonomiques qui ont déjà permis de la subdiviser en quelques coupes
génériques distinctes, notamment pour les espèces américaines. Il est vrai-
semblable qu’une étude comparative de toutes les formes de l'Ancien Monde
permettra la découverte de lignées bien différenciées et l'établissement d’un
certain nombre de genres parfaitement caractérisés, comme l’a déjà fait en
partie l’auteur précité. Quoiqu'il en soit, une telle étude ne peut même être
Source : MNHN, Paris
230 P. BASILEWSKY
effleurée dans le cadre d’une faune aussi géographiquement restreinte que
celle dont il est question ici. C’est pourquoi, dans la définition que j'ai donnée
plus haut, je n’ai fait que résumer les critères caractérisant les espèces mal-
gaches et leurs plus proches parents du continent africain.
12).
2. (1).
3. (6).
4. (5).
5. (4).
6. (3).
TABLEAU DES ESPÈCES DE LA FAUNE MALGACHE
Front entièrement couvert de fortes rugosités longitudinales,
devenant un peu obliques en avant. Segment anal avec un
seul pore sétigère de chaque côté du bord postérieur ; parfois
un de ces pores est muni de deux soies au lieu d’une. Pas
d’éperon au bord externe du mésotibia. Noir ou brun de
poix, Long. 6 47,5mmt Me. 1. C. rugiceps Klug
Front sans rugosités longitudinales ou obliques. Segment
anal avec deux pores sétigères de chaque côté du bord posté-
rieur.
Les deux pores sétigères de chaque côté du bord postérieur
du segment anal très rapprochés l’un de l’autre, l’espace les
séparant de loin inférieur à celui existant entre eux et les
pores de l’autre côté.
Pronotum lisse, sans ridulation, à ponctuation nulle ou peu
distincte. Partie médiane du clypéus large, à bord antérieur
légèrement sinué, nettement rebordé; sillons frontaux très
larges et très profonds, très longs et atteignant presque le
niveau de la mi-longueur de l'œil, la carène longitudinale
limitant le disque très court, s’étendant de la mi-longueur de
l'œil jusqu’au niveau de la partie postérieure de celui-ci.
Proépisternes presque lisses. Mésotibias, dans le quart distal,
avec un tubercule sétifère long et cylindrique, finement asy-
métrique à son extrémité. Noir brillant. Long. 7 à 8 mm
Pronotum distinctement ridulé transversalement et souvent
un peu ponctué. Partie médiane du clypéus bien plus courte,
à bord antérieur droit et non rebordé ; sillons frontaux larges
et profonds mais assez courts, la carène longitudinale limitant
le disque très longue, débutant presque au sillon clypéo-
frontal. Proépisternes grossièrement ridulés transversale-
ment, parfois ponctués. Tubercule du mésotibia très court,
bien plus large que long. Long. 5 à 6,5 mm..............
Les deux pores sétigères situés de chaque côté du bord pos-
térieur du segment anal largement séparés par un espace
subégal à celui séparant les deux pores internes de chaque côté.
Mésotibias pourvus, au côté externe, d’un long éperon à la
partie distale.
Source : MNHN, Paris
2. G. simplicifrons Fairmaire
3. G. madagascariensis Putzeys
7.(10).
8. (0).
9. (8.
10. (7).
CARABIDAE SCARITINAE
Bord antérieur du clypéus pourvu de chaque côté d’un den-
ticule nettement saillant vers l'avant, bien séparés de l'aire
clypéale latérale. Front et vertex non ou peu ponctués. Seg-
ments abdominaux imponctués sur les côtés. Proépisternes
non où à peine ponctués.
Vertex assez bombé, abruptement séparé de la constriction
collaire. Ailes clypéales courtes, situées un peu en arrière du
bord antérieur du clypéus, fortement saillantes en triangle.
Yeux plus petits et surtout moins saillants. Pronotum non
transverse, presque aussi large que long, les côtés à peine
crénelés. Intervalles des élytres à microsculpture distincte
seulement dans la moitié apicale. Long. 5,5 à 6,5 mm......
231
ere do ee ee 4. GC. mocquerysi Alluaud
Vertex aplani, non séparé de la constriction collaire mais la
continuant. Ailes clypéales larges, situées plus ou moins au
niveau du bord antérieur du clypéus, non saillantes et pas
triangulaires mais arrondies, leur bord horizontal nettement
plus long que le bord vertical. Yeux plus gros et plus saillants
Pronotum un peu transverse, 1,18 à 1,20 fois plus large que
long, les côtés plus fortement crénelés. Intervalles des élytres
à microsculpture distincte sur toute sa longueur. Long. 5,5
à 6,1 mm
Bord antérieur du clypéus sans denticule saillant de chaque
côté, non séparé de l’aile clypéale qui semble le continuer.
Front et vertex fortement ponctué. Segments abdominaux
fortement ponctués sur les côtés. Proépisternes fortement
5. G. seyrigi Jeannel
ponctués. Long. 5,6 à 6 mm.......... 6. C. ampandrandavae n. sp.
1. Clivina rugiceps Klug (fig. 101)
ina rugiceps Klug, 1832, Symb. phys., 3, p. 12, pl. 8, fig. 6.
arugiceps Klug ; PuTz
na rugiceps Klug ; Cuauporr, 1878, Rev. Mag. Zool., (3) 6, p. 76.
na rugiceps Klug ; ALLUAUD, 1919, Bull. Soc. ent. France, p.
na rugiceps Klug ; ALLUAUD, 1929, Rev. Zool. Bot. afr., 17, p. 88.
Ys, 1846, Mém. Soc. Sci. Liège, 2, p. 595.
ina rugiceps Klug : Purzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 118.
ina rugiceps Klug ; Purzevs, 1868, Ann. Soc. ent. Belg., 11, pl. 1,
na rugiceps Klug ; KoLex, 1807, Deutsch. Ost-Afrika, Col., p. 47.
9
na rugiceps Klug ; BURGEON, 1935, Rev. Zool. Bot. afr., 27, p. 386.
fig. 7.
na rugiceps Klug ; Lursanik, 1926, Acta Soc. ent. Stauropol., 2, p. 46.
Clivina rugiceps Klug ; BURGEON, 1935, Ann. Musée Congo Belge, série-4°,
Zool., III, 2, p. 148.
Glivina rugiceps Klug ; Scnarzmavr, 1936, Publ. Mus. P. Rossi, 1, pp. 29, 30.
Clivina rugiceps Klug ; JeANNez, 1946, Faune de l’Empire frang., 6, pp. 222,
294, fig, 90. ;
Clivina rugiceps Klug ; Basiewsxy, 1948, Bull. Mus. roy. Hist. nat. Belg.,
24, n° 5, p. 12. : ï
Clivina rugiceps Klug ; Basizewsky, 1952, Bull. Inst. roy. Sci. nat. Belg.,
28, n° 26, p. 6.
Clivina rugiceps Klug ; BasiLewskv, 1953, Bull. IFAN, 15, p. 526.
Clivina rugiceps Klug ; BasiLewsxy, 1956, Rev. Zool. Bot. afr., 53, p. 420.
Source : MNHN, Paris
232 P. BasILEwSKY
Clivina rugiceps Klug ; Basivewsky, 1958, South Afr. Anim. Life, 5, p. 225.
Clivina rugiceps Klug ; Kur, 1959, Rev. Zool. Bot. afr., 60, p. 178.
Glivina rugiceps Klug ; BasiLewskY, 1961, Rev. franç. Enf., 38, p. 214.
Clivina rugiceps Klug ; MaNDz, 1963, Ann. naturh. Mus. Wien, 66, p. 420.
Clivina rugiceps Klug; Mareu, 1966, Bull. IFAN, 28, p. 1505,
Type. — Holotype, Aegyptus superior (Hemprich et Ehrenberg) (Zool.
Mus., Berlin).
Fra. 101. — Gen. Clivina Latreille. a, C. rugiceps Klug ; b, id., palpe maxil-
laire ; c, id, palpe labial ; d, C. madagascartensis Putzeys, tête (d'aprés JRANNEL).
Description. — Long. 6 à 7,5 mm. Noir ou brun de poix très foncé,
le dessous parfois un peu éclairci. Pattes et antennes d’un brun de poix foncé,
les palpes bruns. Aïles présentes.
Tête large et assez courte, les yeux très gros et très saillants ; clypéus
large, à bord antérieur très sinué et nettement rebordé, l'aile clypéale située
nettement en arrière du bord antérieur, saillante mais arrondie, les lobes
sus-antennaires grands, boursouflés longitudinalement et rebordés ; une carène
transversale en arc au milieu du clypéus ; suture clypéo-frontale bien enfoncée :
sillons frontaux larges et très profonds, dépassant un peu en arrière le bord
antérieur de l'œil ; toute la surface frontale couverte de fortes rugosités longi-
tudinales, devenant un peu obliques en avant, le milieu un peu déprimé longi-
tudinalement ; constriction collaire assez forte et ponctuée. Antennes assez
épaisses, n’atteignant pas l'angle postérieur du pronotum, les articles 5 à 10 |
submoniliformes. Pronotum non transverse, 1,04 à 1,05 fois plus long que {
lèrge, a largeur maximale assez fortement déportée en arrière. les côtés à
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 233
peine arqués et rétrécis vers l'avant, le bord antérieur subdroit, l'angle posté-
rieur denticulé ; surface assez convexe, faiblement striolée transversalement,
les rides devenant plus fortes à la base, très finement, superficiellement et
éparsément ponctuée, à microsculpture indistincte ; sillon longitudinal médian
profond et large sur toute sa longueur, le transversal antérieur bien marqué.
Elÿtres longs et parallèles, bien convexes, à peine plus de deux fois plus longs
que larges ensemble, les épaules bien arrondies, les côtés très finement crénelés
dans la région humérale ; stries profondes et ponctuées jusqu’à l’apex ; inter-
valles convexes, formant 3 ou 4 tubercules à la base, très finement et super-
ficiellement ponctués.
Dessous assez brillant, les proépisternes fortement ridulés transversale-
ment, non ponctués mais à microsculpture grossière, les derniers segments
abdominaux faiblement chagrinés. Protibias pourvus au côté externe de deux
fortes dents en plus de l’éperon terminal, et d’une troisième à peine vesti-
giale. Pas de tubercule au bord externe du mésotibia ; segment anal avec un
seul pore de chaque côté du bord antérieur, ce pore pourvu d’une seule soie,
parfois asymétriquement deux d’un côté.
Edéage (fig. 102 a) allongé, assez grand, régulièrement mais faiblement
arqué, l’apex infléchi et mousse; vésicule sétigère du sac interne peu volu-
mineux ; paramères très efilés, surtout le droit ; leur extrémité, un peu renflée,
porte deux soies terminales et deux ventrales.
e
Fi@, 102. — Gen, Clivina-Latreille. Edéages. a, C. rugiceps Klug : b, C. ma-
dagascariensis Putzeys ; c, C. mocquerysi Alluaud ; d, C. seyrigi Jeannel.
Source : MNHN, Paris
234 P. BASILEWSKY
Distribution dans l'île (fig. 103). — Espèce africaine, fréquente un peu
partout à Madagascar.
MaDaGascAR SAMBIRANO : Ambanja (IX. 1947, MP, MRAC).
MapaGascar Esr: Fampanambo, près de Maroantsetra (J. Vadon,
IX. 1959, MRAC). — Ambodivoangy, près de Maroantsetra (J. Vadon, MRAC).
— Antanambe, district de Mananara (coll. Alluaud, MP).
MapaGascar CENTRE : Mandritsara (Michel, XII. 1936, MP). — Tana-
narive (ex. coll. Alluaud, MP).
MapaGascar Ouesr: Ambivy, près Majunga, vallée du Kamoro (G.
Schmitz, NV. 1964, MRAC). — Bords de la rivière Mitsinjo (R. Paulian, IX.
@ rugiceps
% ampandrandavae
FiG. 103. — Gen. Clivina Latreille. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 235
1952, MP, MRAC). — Prairies inondées de l’Ikopa (J. Decorse, X-XI.1899
et 1901, MP). — Maevatanana (Mme Guilgot, MP). — Andriba, vallée de
l’Ikopa (Lieut. Jobit, MP). — Vilanandro, Namoroka (R. Paulian, IX. 1952,
MP). — Station agricole du Bas-Mangoky (MP, MRAC).
MapaGascar Sup : Sept Lacs, près de Tuléar (P. Griveaud, II. 1958,
MP, MRAC). — Tongobory (Andria Robinson, MP). — Lit à sec du Tsite-
vempeko, dans le pays Androy (Ch. Alluaud, 1900, MP).
Répartition géographique. — Cette espèce est largement répandue
en Afrique centrale et orientale, et je l’ai également signalée du Togo et du
Dahomey, Mareu de l’Ennedi.
2. Clivina simplicifrons Fairmaire
Clivina simplicifrons Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 105.
Clivina madagascariensis Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, p. 222,
fig. 90 (parlim) (non Putzeys 1846).
gg, {Lvina simplicifrons Fairmaire ; KuLr, 1959, Rev. Zool. Bot. afr., 60, pp.
186, 197, 198.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, environs de Suberbieville (= Mae-
vatanana) (H. Perrier de la Bâthie) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 7 à 8 mm. Noir brillant, le dessous brun de poix ;
pattes, antennes et palpes d’un brun ferrugineux, parfois un peu foncé. Espèce
ailée,
Tête large et assez courte, les yeux très gros et saillants ; clypéus large,
à bord antérieur nettement sinué au milieu et rebordé, l’aile clypéale saillante
et un peu en dessous de ce bord antérieur, le lobe sus-antennaire grand et
lisse, brillant, nettement rebordé ; en arrière, le clypéus présente une légère
dépression semi-circulaire; suture clypéo-frontale modérément marquée ;
sillons frontaux très larges et très profonds, très longs, atteignant presque le
niveau de la mi-longueur de l’œil, très brillante et sans microsculpture appa-
rente, avec seulement des petits points épars et très superficiels, et une petite
fossette médiane arrondie ; constriction collaire bien marquée, Antennes peu
épaisses, atteignant à peine l’angle postérieur du pronotum, les articles 4
à 10 allongés et nullement moniliformes. Pronotum très légèrement transverse,
1,10 à 1,12 fois plus large que long, à largeur maximale fortement déportée
en arrière, les côtés fortement arqués en arrière, faiblement en avant, le bord
antérieur droit, l'angle postérieur faiblement denticulé ; surface assez convexe,
très brillante, sans ridulation et à ponctuation nulle ou peu distincte, à micro-
sculpture indistincte ; sillon longitudinal médian fin et peu profond, le trans-
versal antérieur bien marqué. Elytres longs et parallèles, un peu moins de
deux fois plus longs que larges ensemble, les épaules largement arrondies,
les côtés apparemment non crénelés dans la région humérale; stries fines
mais assez profondes, ponctuées dans les deux premiers tiers: intervalles
modérément convexes, formant 4 ou 5 tubercules à la base, lisses et brillants.
Dessous brillant, les proépisternes lisses ou faiblement chagrinés, mais
ni ridulés ni ponctués, les derniers segments abdominaux brillants et non
Source : MNHN, Paris
236 P. BASILEWSKY
chagrinés. Protibias pourvus au côté externe, en plus de l’éperon terminal,
de deux dents, la première forte, la seconde faible, sans trace de troisième.
Mésotibia avec un tubercule sétifère long et cylindrique dans le quart distal,
finement asymétrique à son extrémité. Segment anal pourvu au bord postérieur
de chaque côté de deux pores sétigères rapprochés l’un de l'autre.
Je n’ai pas vu de mâle de cette espèce.
Distribution dans l'île (fig. 105). — Je ne connais cette espèce très
particulière que de deux localités, très éloignées l’une de l’autre, ce qui semble
indiquer qu’elle est largement répandue,
MapaGascar Ouest: Maevatanana (/. Perrier de la Bäthie, MP, MRAC).
MaDaGascar CENTRE : Ampandrandava (A. Seyrig, 1933, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — JEANNEL n’a pas vu le type de cette espèce, alors dans la
collection René Oberthür qui lui était inaccessible et l'a placée en synonymie
de C. madagascariensis Putzeys, qui en est bien distincte.
3. Clivina madagascariensis Putzeys
Ctivina madagascariensis Putzeys, 1846, Mém. Soc. Sci. Liège, 2, p. 591.
Clivina Natalensis Putzeys ; Purzeys, 1863, Mém. Soc. Sci Liège, 18, pp. 33,
63.
Clivina Natalensis Putzeys ; Purzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 134.
Clivina Madagascariensis Putzeys ; Purzevs, 1866, Ann. Soc. ent. Belg.,
10, p. 135.
Clivina natalensis Putzeys ; Cmaupoir, 1876, Rev. Mag. Zool., (3) 4, p. 333.
Clivina natalensis Putzeys ; PÉriNGuEY, 1806, Trans. $. Afr. Philos. Soc., 7,
pp. 406, 409.
Clivina concinna Péringuey, 1896, Trans. S. Afr. philos. Soc., 7, p. 406.
Clivina cognata Péringuey, 1896, Trans. S. Afr. philos. Soc., 7, p. 410.
Clivina madagascariensis Putzeys ; ALLUAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Elist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 14.
Clivina pallitibia Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 106.
Clivina madagascariensis Putzeys ; ALLuAuD, 1919, Bull. Soc. ent. France,
p. 99.
Clivina natalensis Putzeys ; BurGxoN, 1935, Rev. Zool. Bot. afr., 28, p. 386.
Clivina natalensis Putzeys ; BURGEON, 1935, Ann. Musée Congo belge, série-40,
Zool, III, 2, p. 149.
Clivina natalensis Putzeys ; BurGroN, 1937, Expl. Parc nat. Albert, 5, p. 4.
Clivina natalensis Putzeys ; AzzuauD, 1937, Ann. Mag. nat. Hist., (10) 19,
p. 274.
Clivina natalensis Putzeys ; Basiewsky, 1946, Ark. f. Zool., 88 À, n° 18, p. 18
Glivina madagascariensis Putzeys ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, p. 222 (partim).
Clivina palliditibia Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 222, 293.
Clivina Alluaudi Kult, 1947, Acta Soc. ent. Cechoslov., 44, p. 32 (syn. nova).
Clivina natalensis Putzeys ; BasiLewsxy, 1948, Bull. Mus. Roy. Hist. nat.
Belg., 24, n° 5, p. 11.
Glivina natalensis Putzeys ; Brirron, 1948, Brit. Mus. Exp. S.W. Arabia, 1,
p. 95.
: Clivina Jralalensis Putzeys ; BasiLewsky, 1951, Expl. Hydr. L. Tanganika,
, n° 2, p. 15.
Clivina nalalensis Putzeys ; Basizewsxv, 1952, Bull. Inst. Roy. Sci. nat.
Belg., 28, n° 96, p. 6.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 237
Clivina natalensis Putzeys ; BasiLEwskY, 1953, Mém. IFAN, 15, p. 526.
Clivina natalensis Putzeys: BasiLewskv, 1953, Linn. Soc. Journ., Zool.
49, p. 277.
Clivina nalalensis Putzeys ; Basizewsky, 1953, Bull. IFAN, 15, p. 1034.
Clivina natalensis Putzeys ; Basizewsky, 1953, Expl. Parc nat. Upemba, 10,
p. 47.
Clivina nalalensis Putzeys ; BasiLewskv, 1955, Publ. Cult. Comp. Diam.
Angola, 27, p. 101.
Glivina natalensis Putzeys ; Basizewsky, 1956, Rev. Zool. Bot. afr., 53, p. 420.
Clivina natalensis Putzeys ; Basiewsky, 1957, Linn. Soc. Journ., Zool., 43,
p. 189
ivina natalensis Putzeys ; Basiewsxv, 1958, S. Afr. anim. Life, 5, p. 225.
a Alluaudi Kult; Kuzr, 1959, Rev. Zool. Bot. afr., 60, pp. 184, 196.
na nalalensis Putzeys ; Kur, 1959, Rev. Zoo. Bot. afr., 60, pp. 189, 198,
200.
Clivina natalensis Putzeys ; Basizewsy, 1965, Bull. IFAN, 27, p. 205.
Clivina natalensis Putzeÿs ; BasiLewskv, 1967, Bull. IFAN, 29, p. 1733.
Types. — madagascariensis Putzeys. Holotype, Madagascar (Muséum,
Paris).
natalensis Putzeys. Holotype, Natal (Inst. Roy. Sci. nat. Belg., Bruxelles).
concinna Péringuey. Holotype, Salisbury (South Afric. Mus., Cape Town).
cognata Péringuey. Holotype, Salisbury (South Afric. Mus., Cape Town).
Dalliibia Fairmaire. Holotype, Madagascar Ouest, environs de Suber-
bieville (= Maevatanana) (H. Perrier de la Bâthie) (Muséum, Paris).
alluaudi Kult. Holotype, Madagascar Sambirano, Ambanja (coll. Kult,
Prague).
Description. — Long. 5 à 6,5 mm. Noir brillant, dessus noir à brun
de poix, pattes brun foncé à brun-rouge, antennes et palpes d’un brun clair
plus où moins ferrugineux. Espèce ailée.
Tête (fig. 101 d) modérément large et assez allongée, les yeux très gros et
très saillants ; clypéus plus étroit que chez les espèces précédentes, à bord
antérieur droit et rebordé, non sinué, l’aile clypéale située au même niveau que
ce bord antérieur et assez proéminente, le lobe sus-antennaire grand, lisse,
nettement rebordé; pas de carène transversale ; suture clypéo-frontale large
et profonde ; sillons frontaux larges, profonds, assez courts, la carène longi-
tudinale limitant le disque très longue, débutant presque à la suture ; toute
la surface frontale très brillante, sans microsculpture mais avec une ponctua-
tion très fine, les points étant petits, superficiels et bien épais ; une fossette
médiane assez profonde, arrondie ou allongée ; constriction collaire très large
et rugueuse. Antennes non épaissies, atteignant plus où moins l'angle posté-
tieur du pronotum, les articles allongés et non moniliformes. Pronotum non
ou à peine transversal, 1,02 à 1,10 fois plus large que long, à largeur maximale
à peine déportée en arrière du milieu, les côtés un peu arqués en arrière, presque
rectilignes en avant où ils sont à peine plus rétrécis qu’en arrière, le bord anté-
rieur droit, les angles postérieurs très faiblement denticulés ; surface modé-
rément convexe, pourvue d’une ridulation transverse toujours bien distincte
et d’une ponctuation éparse, très fine et très superficielle, à microsculpture
non apparente ; sillon longitudinal médian assez profond et assez large, le
transversal antérieur bien marqué et fortement ponctué. Elytres longs et
parallèles, 1,84 à 1,96 fois plus longs que larges ensemble, les épaules bien arron-
dies, les côtés non crénelés dans la région humérale ; stries profondes et régu-
lièrement ponctuées jusque près de l’apex où elles s’amenuisent et disparais-
Source : MNHN, Paris
238 P. BASILEWSKY
sent ; intervalles modérément convexes, formant quatre tubercules à la base,
brillants et presque lisses, sans microsculpture apparente et à ponctuation le
plus souvent presque indistincte.
Dessous brillant ; les proépisternes fortement ridulés transversalement et
à microsculpture isodiamétrique forte, avec parfois une ponctuation pouvant
être assez développée chez certains individus, souvent asymétrique, le plus
souvent absente ; les derniers segments abdominaux finement microréticulés
mais non chagrinés. Segment anal avec deux pores sétigères de chaque côté
du bord postérieur, très rapprochés l’un de l’autre. Protibias pourvus au côté
externe, en plus de l’éperon terminal, de deux fortes dents et souvent des ves-
tiges d’une troisième. Au côté externe du mésotibia un tubercule sétigère
très court, bien plus large que long.
Edéage (fig. 102 6) petit et peu arqué, l’apex épais et mousse ; paramères
grêles, avec deux soies terminales, le droit présentant en outre deux soies pré-
apicales.
Distribution dans l'île (fig. 104). — Espèce africaine, très fréquente
dans toute la Grande-Ile.
Mapacascar Norp : Diégo-Suarez (Ch. Alluaud, 1893, MP, MRAC).
MAaDAGASGAR SAMBIRANO : Grande terre [Madagascar], en face de Nosy
Be (coll. Sicard, MP).— Ambanja, Bas-Sambirano (Andria Robinson, Vi.
1948, MP, MRAC).
MapaGascar Esr : Andapa (MP). — Ankalampona, Navana-Maroantsetra
(P. Soga et E. Raharizonina, III. 1958, MP). — Région de Maroantsetra (J.
Vadon, VI-VII. 1935, II. 1936, MRAC, MP). — Ambodivoangy, près de
Maroantsetra (J. Vadon, III. 1945, VIII. 1945, VI. 1960, VII. 1961, MP,
MRAC ; J. Michel, VII. 1949, MP ; P. Soga et E. Raharizonina, III. 1958,
MP, MRAC). — Fampanambo, près de Maroantsetra (J. Vadon, II. 1960,
XII. 1960, IT. 1961, MRAC ; P. Soga et E. Raharizonina, III. 1958, MP). —
Beanana (J. Michel, VI. 1945, MP, MRAC). — Andranofotsy (J. Vadon,
IV. 1938, MP, MRAC). — Antakotako (J. Vadon, V. 1935, MP). — Baie d’An-
tongil (A. Mocquerys, 1898, MP). — Vondrozo (J. Vadon, MP, MRAC). —
Fort-Dauphin (Ch. Alluaud, 1900, MP).
MapaGascar CENTRE : Mandritsara (MRAC). — Région de Mandritsara
(J. Vadon et Ingahibe, XII, 1937, MP, MRAC). — Ampandrandava (A. Seyrig,
MP, MRAC). — Betroka (A. Seyrig, I. 1933, MP).
MapaGascar OuEsr : Amboanjo, près de Majunga (Gaiffe, MP). — Maeva-
tanana (H. Perrier de la Bâthie, MP). — Environs de Marovoay (J. Descarpen-
tries, 1911, MP). — Miandrivazo (J. Herrman, 1943, MP). — Station Agricole
du Bas-Mangoky (MP, MRAC). — Tanandava, sur le Bas-Mangoky (G. Schmilz,
1963, MRAC).
MaDaGascar Sup : Sept-Lacs, près de Tuléar (P. Griveaud, II. 1958, MP,
MRAC). — Tongobory (Andria Robinson, IV. 1952, III. 1956, MP, MRAC). —
Tsitevempeky, région d’Antanimora, Haut-Mandrare (J. Decorse, 1901, MP). —
Mares d’Antaly, plaine d’Etsaramonto, région d’Ambovombe (J. Decorse,
1901, MP).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 239
. Fi. 104. — Distribution géographique de Clivina madagascariensis De-
jean.
Répartition géographique. — Cette espèce est largement répandue
dans presque toute l'Afrique Noire ; fréquente à Madagascar, elle est aussi
connue des Comores.
Comores : Grande-Comore, Mrotso (J.Millot, XI. 1954, MP). — Mohéli,
Kongoni (J.Miüllot, VI. 1954, MP, MRAC).
Discussion. — Kuzr a établi en 1959 que C. madagascariensis Putzeys
et C. natalensis Putzeys ne constituent qu’une seule et même espèce. J'ai
pu me convaincre du bien fondé de cette affirmation par l'étude comparative
des deux types et l'examen de très nombreux individus de diverses prove-
Source : MNHN, Paris
240 P. BASILEWSKY
nances. Cette synonymie est certaine, mais je ne sais pour quelle raison Kuzr
a donné à l’espèce le nom de natalensis, alors que madagascariensis est de loin
antérieur et doit avoir la priorité.
Le même auteur a également signalé que C. cognala Péringuey et C. concinna
Péringuey étaient aussi des synonymes de cette espèce, après avoir vu les types
de PÉRINGUEY qui aurait méconnu le vrai natalensis. Il a de même mis en
synonymie de madagascariensis C. pallitibia Fairmaire, ce qui est parfaitement
exact, après vérification du type.
Par contre, KuLr a cru devoir séparer sous le nom d’alluaudi quelques
exemplaires madécasses ayant sur les proépisternes, en plus de la forte ridu-
lation transversale, une série plus ou moins nombreuse de points. Après avoir
examiné de très nombreux madagascariensis, j'ai pu constater qu'il s'agissait
là d’un caractère purement individuel ; non seulement on trouve tous les pas-
sages entre une ponctuation nulle et une ponctuation abondante, mais cette
dernière peut aussi être asymétrique et ne se rencontrer que d’un seul côté.
Je n'hésite donc pas à considérer alluaudi comme un simple synonyme.
R. JEANNEL (1946) n’a pas pu voir les types de madagascariensis Putzeys
et de simplicifrons Fairmaire, tous les deux alors dans la collection R. Oberthür
et inaccessibles. Aussi a-t-il confondu ces deux espèces et C. pallitibia Fairmaire,
et ce qu’il en écrit est tout à fait inexact.
4. Clivina mocquerysi Alluaud
Clivina Mocquerysi Alluaud, 1935, Afra, 10, p. 4.
Clivina Mocquerysi Alluaud ; ALLuAUD, 1936, Afra, 11, p. 20.
Clivina Mocquerysi Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
pp. 229, 224, fig. 90.
Clivina Mocquerysi Alluaud ; Kurr, 1959, Rev. Zool. Bot. afr., 60, p. 213.
Type. — Holotype, Madagascar Est, baie d'Antongil (4. Mocquerys)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 5,5 à 6,5 mm. Brun de poix brillant, parfois brun-
rougeâtre, le dessous plus clair; pattes, antennes et palpes d’un brun ferru-
gineux plus ou moins clair. Espèce ailée.
Tête large et assez allongée en avant, les yeux relativement petits et modé-
rément saillants ; clypéus de largeur moyenne, à bord antérieur droit et non
rebordé, avec un angle saillant, bien qu’arrondi au sommet, de chaque côté ;
ailes clypéales bien séparées de ce bord antérieur, courtes, situées un peu en
arrière du bord antérieur du clypéus, fortement saillantes en triangle ; lobes sus-
antennaires grands et rebordés, non boursouflés et imponctués ; suture clypéo-
frontale indistincte ; sillons frontaux larges et profonds, assez longs, rugueux
dans le fond ; surface frontale finement et éparsément ponctuée, avec une fos-
sette médiane sub-arrondie, le vertex assez bombé, nettement et abruptement
séparé de la constriction collaire ; cette dernière bien marquée et très finement
ponctuée. Antennes atteignant l'angle postérieur du pronotum, les articles 4
à 10 moniliformes. Pronotum non transverse mais presque aussi long que large,
à largeur maximale non déportée en arrière du milieu, la base pas plus large
que le bord antérieur qui est subdroït ; angles postérieurs légèrement denti-
culés ; côtés faiblement et régulièrement arqués, pas plus rétrécis en avant
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCGARITINAE 241
qu'en arrière, à peine crénelés ; surface assez fortement sculptée, ponctuée et
ridulée transversalement, à microsculpture isodiamétrique forte ; sillon Jlongi-
tudinal médian profond mais pas très large, le transversal antérieur bien marqué
et crénelé dans le fond. Elytres convexes, longs et parallèles, 1,85 à 1,95 fois
plus longs que larges ensemble ; épaule bien arrondie, les côtés nettement cré-
nelés dans la région humérale ;: stries moyennes, s’oblitérant dans le quart
apical, non ou à peine ponctuées, mais crénelées dans le fond ; intervalles peu
convexes, formant deux petits tubercules à la base, à microsculpture distincte
sur toute leur longueur.
Dessous modérément brillant, les proépisternes fortement microréti-
culés, grossièrement ridulés transversalement mais non ou à peine ponctués ;
segments abdominaux à microsculpture isodiamétrique fine sur toute la surface,
non ponctués latéralement ; segment anal avec deux pores sétigères de chaque
côté du bord postérieur, très largement séparés entre eux. Protibias avec, à
la face externe, et en plus de l'éperon terminal, deux dents et pas de trace de
troisième. Mésotibias avec un tubercule sétigère à la partie distale du côté
externe, très long, acuminé asymétriquement au sommet.
Edéage (fig. 102 c) grêle et peu arqué, l'apex allongé, formant une tige chiti-
neuse peu à peu atténuée et recourbée vers le bas : vésicule sétifère du sac
interne peu développée ; paramères larges et lamelleux, assez minces, les soies
réduites : une terminale au gauche, une terminale et une ventrale au droit.
Distribution dans l’île (fig. 105). — Mapacascan SamBrrano : Ile
Berafña, dans les Radama (coll. Alluaud, MP). — Ambanja, Bas-Sambirano
(Andria Robinson, MP).
MaDaGascar Esr : Maroantsetra (J. Vadon, été 1946, MP, MRAC). —
Antakotako, région de Maroantsetra (J. Vadon, IV. 1938, MP, MRAC). —
Andranofotsy, région de Maroantsetra (J. Vadon, II-IV 1938, MP, MRAC). —
Ambodivoangy (P. Soga et E. Raharizonina, IT. 1958, MP). — Forêt d’Antan-
drokolaka, près d’Amboditavolo (J. Vadon, II. 1954, MRAC). — Ankovana
(J. Vadon, XII. 1945, MP). — Baie d’Antongil (4. Mocquerys, 1897, MP). —
Ivoloina, district de Tamatave (Clément, VI. 1949, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
5. Clivina seyrigi Jeannel
Clivina Seyrigi Jeannel, 1946, Faune de l'Emp. franç., 6, pp. 222, 295, fig. 90.
Clivina Seyrigi Jeannel ; Kuvr, 1959, Rev. Zool. Bol. afr., 60, pp. 213, 214.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Betroka (A: Seyrig) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 5,5 à 6,1 mm. Brun à testacé rougeâtre, le dessous
plus clair, les appendices d’un ferrugineux testacé. Espèce ailée.
Se rapproche fortement de l'espèce précédente et les différences externes
sont assez faibles, bien que toujours constantes. Le vertex n’est pas convexe
mais bien plan, non séparé en arrière de la constriction collaire mais la conti-
nuant. Les ailes clypéales sont autrement conformées, larges, situées plus où
16
Source : MNHN, Paris
242 P. BASILEWSKY
simplicifrons
© mocquerysi
* seyrigi
Fi. 105. — Gen. Clivina Latreille. Répartition géographique.
moins au niveau du bord antérieur du clypéus, non saïllantes et nullement
triangulaires mais arrondies, leur bord horizontal nettement plus long que le
bord vertical. Yeux plus gros et très saillants. Pronotum un peu transverse,
1,18 à 1,20 fois plus large que long, les côtés plus fortement crénelés. Les inter-
valles des élytres sont lisses dans la partie basale et centrale, et ne sont micro-
réticulés qu’en arrière et sur les côtés.
Par contre, l'organe copulateur du mâle est tout autrement conformé chez
les deux espèces, ce qui ne permet pas de considérer seyrigi comme une race
méridionale du précédent, bien que les deux formes ne semblent pas cohabiter.
Source : MNHN, Paris|
CARABIDAE SGARITINAE 243
Edéage (fig. 102 d) plus grand, plus arqué dans sa partie apicale qui est
plus dilatée et renferme une vésicule sétifère extrêmement développée ; apex
long, infléchi, renflé en massue ; paramères larges et assez courts, lamelleux
et très amincis à l’extrémité qui est dépourvue de soies.
Distribution dans l'île (fig. 105). — Espèce localisée dans le sud et l’ouest
de Madagascar.
MapaGascar Ouest : Morondava, forêt au sud de Befasy (R. Paulian,
I. 1956, MP, MRAC). — Antanimiheva, district de Morombe (Randriamosy,
XI. 1958, MP). — Station agricole du Bas-Mangoky (G. Schmitz, 1963-1964,
MRAC). — Ranohira, district d'Ihosy (Y. Gomy, IL. 1967, MRAC).
MapaGascar CENTRE : Betroka (A. Seyrig, I. 1933, MP, MRAC).
MapaGascar Sup : Provinces de Morondova et de Tuléar (J. Descar-
peniries, 1907, MP). — Sept-lacs, près de Tuléar (P. Griveaud, II. 1958, MP,
MRAC). — Tongobory (Andria Robinson, IV. 1953, MP). — Behara (R. Pau-
lian, II. 1954, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
6. Clivina ampandrandavae n. sp.
Type. — Holotype G, Madagascar Centre, Ampandrandava (A: Seyrig,
1933) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 5,6 à 6 mm. Brun de poix à brun-rouge foncé,
le dessous brun ; pattes et antennes brunes, parfois un peu éclaircies ; palpes
légèrement plus clairs. Espèce ailée.
Tête large et assez courte, les yeux très gros et particulièrement saillants ;
clypéus large, à bord antérieur concave, mais arrondi sur les côtés et ne formant
pas de denticule saillant vers l’avant comme chez la plupart des espèces du
genre, assez nettement rebordé ; ailes clypéales situées au niveau des côtés
du bord antérieur, arrondies, non séparées de ce dernier qu’elles continuent
plus ou moins sans interruption ; lobes sus-antennaires grands et rebordés,
non boursouflés mais finement chagrinés sur le pourtour ; sillons frontaux
larges et profonds, longs, fortement rugueux dans le fond ; surface frontale
pourvue d’une ponctuation irrégulière, assez plane, avec une grande fossette
médiane subarrondie, la constriction collaire assez faible et éparsément bien
que rugueusement ponctuée. Antennes atteignant l’angle postérieur du pro-
notum mais ne le dépassant pas, les articles 4 à 10 modérément allongés, sub-
moniliformes. Pronotum à peine transverse, 1,05 à 1,09 fois plus large que long,
à largeur maximale à peine distinctement déportée en arrière du milieu, les
côtés guère plus rétrécis en avant qu’en arrière, à peine distinctement crénelés,
presque rectilignes ; bord antérieur subdroit, l’angle postérieur très faiblement
denticulé ; surface modérément convexe, nettement mais assez éparsément
ponctuée, avec de très légères ridules transversales, le sillon longitudinal médian
large et moyennement profond, le transversal antérieur bien marqué, non ponc-
tué mais finement crénelé. Elytres longs et parallèles, bien convexes, deux fois
Source : MNHN, Paris
244 P. BASILEWSKY
plus longs que larges ensemble, les épaules bien arrondies, les côtés non crénelés
dans la région humérale ; stries profondes et continuées presque jusqu’à l’apex
où elles sont cependant moins creusées, non ponctuées mais finement crénelées
dans le fond ; intervalles très convexes, formant deux petits tubercules à la
base, moins bombés en arrière, à microsculpture réticulaire bien marquée dans
la moitié postérieure et sur la totalité des intervalles externes.
Dessous modérément brillant, les proépisternes ridulés transversalement,
fortement ponctués et ruguleusement chagrinés, la microsculpture étant assez
forte ; segments abdominaux à microsculpture très nette et ponctués sur les
côtés ; segment anal avec deux pores sétigères de chaque côté du bord posté-
rieur, très largement séparés entre eux. Protibias avec deux fortes dents à la
partie externe, en plus de l’éperon terminal, et un faible vestige d’une troisième.
Mésotibias avec un tubercule sétigère à la partie distale du côté externe, très
long, acuminé asymétriquement au sommet.
Edéage (fig. 102 e) très étroit et très allongé, à partie basale peu développée,
à partie apicale incurvée en avant, la face ventrale creusée en cuillère ; paramères
très étroits, avec deux soies terminales.
Cette espèce semble se rapprocher quelque peu de C. mirrei Kult, d’Ery-
thrée, d’après la trop brève description originale, mais il ne m'a pas été possible
d’examiner le type de cette espèce, qui se trouve dans la collection de son
auteur, à Prague. Elle en diffère cependant par le pronotum bien ponctué
et transversalement ridulé, et ne peut être confondue avec aucun autre repré-
sentant malgache du genre.
Distribution dans l'île (fig. 103). — Cette nouvelle espèce n’est connue
que par quelques exemplaires d’une seule localité.
Mapacascar CENTRE (Sud) : Ampandrandava (A. Seyrig, 1933, 1 G et
6 Q). Holotype au Muséum national d'Histoire naturelle, Paris ; paratypes
dans la même institution et au Musée Royal de l’Afrique centrale, à Tervuren.
Répartition géographique. — Madagascar.
18. Genre Coryza Putzeys
Coryza Putzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 194 (espèce-type : Clivina
maculata Nietner, 1856, par désignation subséquente, ANDREWES, 1920).
Coryza Putzeys ; TscurrsCHÉéRINE, 1904, Rev. russe Ent je D. 258.
Goryza Putzeys ; JAcoBsoN, 1906, Jouki Rossii, 4, p.
Coryza Putzeys ; ANDREWES, 1928, Fauna Brit. India, . 1, p. 344, 346.
Goryza Putzeys : ScHATzmAYR, 1933, Bull. Soc. ent. Egypte, 17, p. a
Coryza Putzeys ; SCHATZMAYR, 1936, Publ. Mus. ent. P. Rossi, 1; 251.
Coryza Putzeys ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6 pp. 3df, 225.
Coryza Putzeys ; FOCARILE, 1965, Bull. Soc. ent. Ital., 95, p.
Espèces de taille moyenne, le plus souvent noires ou d’un brun foncé,
toujours ailées.
Tête assez petite et un peu déprimée, les yeux gros et saillants, clypéus
tridenté au bord antérieur, les ailes clypéales saillantes en forme de dent trian-
gulaire, les lobes sus-antennaires grands et saillants, rebordés latéralement ;
mandibules longues et saillantes. Dent médiane du labium proéminente, attei-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 245
gnant le niveau des lobes latéraux. Palpes bien développés, à dernier article
des maxillaires sécuriforme, des labiaux fusiforme, ocelles labiaux présents.
Le front est toujours pourvu d’une longue carène médiane longitudinale,
formant comme un cimier de casque, et le plus souvent de deux carènes laté-
rales obliques plus faibles et plus courtes, débutant au bord antérieur du front
qui n'est pas nettement séparé du clypéus, limitées en arrière par un sillon
ponctué. Pronotum convexe, les côtés finement rebordés, les angles postérieurs
sans denticule mais avec un épaississement du bourrelet près du pore postérieur,
le repli latéral continué jusque sur le pédoncule. Elytres convexes et allongés,
à strie fortes et ponctuées, à intervalles assez convexes et allongés ; épaule
bien arrondie ; striole scutellaire présente. Pattes courtes, les protibias antérieurs
fortement dentés, digités même en avant.
Deux soies orbitales et deux soies clypéales. Deux soies prothoraciques
latérales de chaque côté. Pore basilaire de l’élytre présent. Pas de soies discales
sur le 3° intervalle, du moins chez les espèces afro-malgaches ; mais il existe
des soies dressées alignées sur chaque strie entre les piliers, plus nombreuses
sur la moitié apicale. Série ombiliquée formée de pores nombreux alignés sur
toute la gouttière, depuis la région préhumérale jusqu’à l’angle sutural. Soies
ventrales présentes.
Edéage du même type que chez les Clivina mais très arqué ; orifice basal
largement ouvert, transverse, les bords évasés ; l’apex aigu et asymétrique ;
paramères larges, lamelleux, avec deux soies terminales.
Répartition géographique. — Ce genre comporte une bonne dizaine
d'espèces, répandues en Afrique centrale et orientale jusqu’au Tchad, l'Ennedi
et le Tassili des Ajjers, au Turkestan, en Iran, en Arabie, en Inde, à Ceylan
et en Birmanie. Une seule espèce est connue de Madagascar.
Goryza globithorax (Fairmaire) (fig. 106)
Civina globithorax Fairmaire, 1901, Rev. Ent., 20, p. 105.
Clivina carinala Vuillet, 1912, Insecta, 2, p. 42.
Coryza globithorax Fairmaire : ALLUAUD, 1919, Bull. Soc. ent, France, p. 100.
CGoryza globithorax ssp. bekitra Alluaud, 1919, Bull. Soc. ent. France, p. 100.
(Syn. nova).
Coryza carinata Vuillet ; ALLUAUD, 1919, Bull. Soc. ent. France, p. 100.
Goryza globithorax Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç., 6,
6.
p. 22
Coryza globithorax ssp. bekitra Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire
franç., 6, p. 226, fig. 91.
Types. — globithorax Fairmaire. Holotype, Madagascar Ouest, environs
de Suberbieville (= Maevatanana) (H. Perrier de la Bâthie) (Muséum, Paris).
carinata Vuillet. Holotype, Madagascar Centre, Tananarive (Ch. Lam-
berton) (Muséum, Paris).
bekütra Alluaud. Holotype, Madagascar Ouest, Bekitra (Ch. Alluaud,
1900) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 4 à 5,1 mm. Noir, souvent un peu bronzé, les
élytres généralement plus clairs que le pronotum, parfois même d’un brun
un peu métallique ; antennes brunes, pattes noires, les tibias et les tarses bru-
nâtres, parfois un peu ferrugineux ; palpes d’un brun ferrugineux ou testacé.
Source : MNHN, Paris
246 P. BASILEWSKY
Fi. 106. — Gen. Coryza Putzeys. C. globithorax (Fairmaire). a, palpe la-
bial ; b, palpe maxillaire ; cet d, édéage, vu de profilet de face (d’après JEANNEL.)
Tête petite, les yeux très gros et très saillants, les mandibules longues et
proéminentes ; bord antérieur du clypéus fortement tridenté, la dent médiane
souvent plus courte, plus large et moins pointue que les autres ; ailes clypéales
en forme de fortes dents triangulaires vers l’avant ; lobes sus-antennaires
grands et saillants, non arrondis mais plutôt anguleux sur les côtés, largement
explanés sur le pourtour mais très convexes au milieu et pourvus d’un profond
sillon longitudinal ; pas de sillon complet séparant le clypéus du front ; une
forte carène médiane parcourt presque toute la longueur de la tête ; de part
et d'autre de cette carène le front est soulevé par une carène latérale oblique,
devenant verticale en arrière ; sillons frontaux profonds et surtout très larges ;
en arrière les carènes et les plis s'arrêtent sur le bord du sillon collaire qui est
très faiblement marqué ; surface très brillante, imponctuée et sans microsculp-
ture apparente. Antennes courtes, n’atteignant pas les angles postérieurs du
pronotum, les articles 5 à 10 très moniliformes, presque subarrondis. Pronotum
convexe, peu transverse, 1,09 à 1,12 fois plus large que long, à largeur maximale
située à la mi-longueur ; bord antérieur droit, les angles antérieurs un peu sail-
lants vers l'avant ; côtés régulièrement et assez fortement arqués sur toute leur
longueur ; angles postérieurs très arrondis, sans denticule mais marqués par un
faible épaississement du bourrelet ; pédoncule de la base assez étroit, ses angles
bien marqués ; sillon longitudinal médian long et très profond, le transversal
antérieur marqué seulement par une série de points ; gouttière marginale assez
large et régulière ; disque brillant, lisse et sans microsculpture apparente. Ely-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 247
tres allongés et subparallèles, légèrement atténués dans la moitié postérieure,
1,80 à 1,95 fois plus longs que larges ensemble ; épaule bien marquée et peu
arrondie ; stries profondes et fortement ponctuées dans la moitié antérieure,
puis s’atténuant rapidement et s’effaçant complètement près de l’apex ; tous
ces points donnent naissance à une pubescence longue et dressée : intervalles
un peu convexes en avant, lisses et brillants, sans microsculpture apparente.
Dessous brillant et lisse ; proépisternes lisses, ni ridulés ni ponctués ;
segments abdominaux avec quelques points et quelques soies ; bord postérieur
du segment anal avec une série de pores sétigères. Pattes courtes et épaisses,
les fémurs renflés et pubescents ; protibias avec deux fortes dents au côté
externe en plus de l’éperon terminal, sans vestige de troisième ; mésotibias
sans dent ni tubercule, tarses étroits sauf les antérieurs qui sont un peu dilatés.
@ giobithorax
X vadoni
Fi. 107. — Répartition géographique de Coryza globithorax (Fairmaire) et
de Lophocoryza vadoni Alluaud.
Source : MNHN, Paris
248 P. BasiLEwWSKY
Edéage (fig. 106 c et d) très arqué, l’apex en forme de bec aigu, nettement
infléchi vers la gauche ; paramères très larges, avec deux soies terminales.
Distribution dans l'île (fig. 107). — L'espèce est largement répandue
mais est toujours rare. On ne connaît rien de sa biologie.
MapaGascar Norp : Montagne des Français, district de Diégo-Suarez
(Andria Robinson, II. 1959, MP).
MapaGascar CENTRE : Tananarive (Ch. Lamberton, MP, MRAC).
MapaGascar Ouest : Maevatanana (H. Perrier de la Bäthie, MP). —
Province de Morondava et de Tuléar (J. Descarpentries, 1907, MP). — Lamboma-
kandro, Sakaraha (P. Griveaud, II. 1958, MP, MRAC). — Bords du Manam-
bahy, à Bekitra, chez les Antandroy du Nord (Ch. Alluaud, IX. 1900, MP).
MapaGascar Sup : Ampanihy (Y. Gomy, VIII. 1969, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — Cette espèce fut redécrite par A. VuILer sous le nom
de Clivina carinata, mais dès 1919 Ch. AzLuAUD signalait qu’il s'agissait bien
-de la même espèce. Par contre, ce dernier auteur créait pour deux exemplaires
de la partie méridionale de l’île une sous-espèce C. gl. bekitra, admise comme
telle par R. JEANNEL. À mon sens il s’agit simplement de variations individuelles
se rencontrant un peu partout, les caractères mis en avant par JEANNEL étant
illusoires ; quant à la légère différence constatée dans la conformation de
l’apex de l’édéage, elle ne peut provenir que d’une déformation accidentelle,
JEANNEL n'ayant disséqué qu’un seul exemplaire et je ne l'ai retrouvée chez
aucun des individus examinés.
19. Genre Lophocoryza Alluaud
Lophocoryza Alluaud, 1941, Rev. franç. Ent., 8, p. 6 (espèce-type : Coryza
araticeps Fairmaire, 1802, par désignation originelle).
Lophocoryza Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 221,
27.
Description. — Insectes d’un testacé pâle, de faciès assez particulier.
Espèces ailées.
Tête très grosse et très sculptée, les yeux gros et fortement saillants ; cly-
péus non séparé du front, le bord antérieur avec quatre tubercules cylindriques
longs et très saillants, l’externe assez tordu sur lui-même et pouvant aussi être
pris pour l’aile clypéale fusionnée avec ce tubercule; lobes sus-antennaires moins
grands et moins saillants que chez les autres genres, terminés en triangle aigu (
vers le sommet ; le front avec quatre carènes longitudinales limitées en arrière
par une carène transversale, les carènes externes plus courtes et plus obliques
que les internes ; mandibules aplaties et très longues, falciformes ; palpes très
grêles, le dernier article des maxillaires fusiforme et allongé, plus long que
l’avant-dernier ; labium sans dent médiane, avec deux larges fossettes ocellées
et profondes. Antennes atteignant l'angle postérieur du pronotum, pubescentes
à partir du 2 article, les articles 5 à 10 moniliformes et à peine plus longs que
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 249
larges. Pronotum convexe, sans autres sillons longitudinaux que le médian,
à gouttière marginale profonde sur toute sa longueur, assez large en avant,
continuée jusqu'au pédoncule mais fortement rétrécie ; angles postérieurs
bien marqués et subdenticulés ; rebord marginal continué sur le pédoncule.
Elytres en ovale très allongé, assez convexe, l’épaule bien marquée par un petit
denticule vif et saillant ; stries profondes et non ponctuées ; striole scutellaire
présente.
Dessous non ponctué ni chagriné. Pattes courtes, les protibias très élargis,
fortement dentés au côté externe, l'éperon terminal longuement digité, les
tarses courts et étroits.
Deux soies frontales et une soie clypéale de chaque côté. Deux soies protho-
raciques latérales de chaque côté. Pore basilaire de l'élytre présent. Quatre
soies discales sur le 3e intervalle. Soies ventrales présentes et plusieurs longues
soies au bord postérieur des derniers segments ; segment anal avec deux pores
sétigères bien espacés de chaque côté du bord postérieur.
Répartition géographique. — Ce genre comporte trois espèces ; l’une
(L. araliceps Fairmaire) est connue seulement d'Obock, la seconde est propre
à Madagascar et la troisième a été trouvée aux Séchelles et dans l’ouest de Ma-
dagascar.
TABLEAU DES ESPÈCES MALGACHES
1. (2). Pronotum à surface très uniformément chagrinée, pourvue de
rides et de carinules entremélées, sans aucun tubercule ; côtés
légèrement arqués, pas plus rétrécis en avant qu’en arrière, les
angles antérieurs saillants vers l’avant en lobes arrondis. Lobes
sus-antennaires grands, en coquille, fortement saillants vers
l'avant, à bord externe arrondi. Front plus fortement granuleux
entre les côtes longitudinales. Long. 3,3 à 5 mm 1. L. vadoni Alluaud
2. (1). Pronotum à surface couverte de petits tubercules arrondis et
saillants, brillants au sommet ; côtés non arqués mais presque
subparallèles bien que très légèrement atténués vers le som-
met, les angles antérieurs non proéminents. Lobes sus-antennai-
res non en coquille mais plus étroits et très allongés, à bord ex-
terne non arrondi mais rectiligne, parfois même un peu sinué.
Front moins granuleux entre les côtes longitudinales. Long.
POSER ENS AR Se 2.L. sechellensis Basilewsky
1. Lophocoryza vadoni Alluaud (fig. 108)
Lophocoryza Vadoni Alluaud, 1941, Rev. franç. Ent. 8, p. 6, fig. 1.
Lophocoryza Vadoni Alluaud ; JeANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
p. 227, fig. 92.
Type. — Holotype, Madagascar Est, environs de Maroantsetra (J. Va-
don) (Muséum, Paris).
Source : MNHN, Paris
250 P. BASILEWSKY
Description. — Longueur très variable, de
3,3 à 5 mm, les © généralement plus petites.
Entièrement d’un testacé assez pâle, la tête et le
disque des élytres un peu rembrunis, la pointe
des mandibules et les carènes céphaliques brunes,
les yeux noirs. Pattes d’un brun ferrugineux à
testacé; antennes et palpes testacés. Espèce
ailée.
Tête très grosse, longue et large, les yeux
particulièrement gros et saillants ; bord antérieur
du clypéus avec quatre longs et forts tubercules
saillants vers l'avant, émoussés au sommet ;
ailes clypéales absentes, fusionnées avec le tu-
bercule externe du clypéus ; lobes sus-antennaires
grands, en coquille, fortement et anguleusement
saillants vers l'avant ; le clypéus, qui n’est séparé
du front par aucun sillon ni suture, porte une
longue carène longitudinale médiane très élevée
et une autre de chaque côté, bien plus courte et
moins haute ; front pourvu de chaque côté du
milieu d’une longue et haute carène longitudinale
Fic. 108. — Lophoco- droite, flanquée latéralement d’une autre de
ryza vadoni Alluaud même hauteur, un peu oblique et fortement
(d’après JEANNEL). raccourcie en avant et d’une seconde plus externe,
très courte et située avant le bord antérieur del’œil;
ce dernier est fortement séparé du disque par une
longue carène longitudinale de même hauteur que les autres ; toutes ces carènes
sont limitées en arrière par une carène transversale un peu concave et séparées
entre elles par un espace très fortement microgranuleux; mandibules aplaties et
très longues, un peu falciformes, acuminées mais arrondies à l’extrême sommet.
Antennes courtes, atteignant à peine l’angle postérieur du pronotum, les arti-
cles 5 à 10 moniliformes. Pronotum convexe, transverse, 1,30 à 1,50 fois plus
large que long, à largeur maximale située à la mi-longueur ; bord antérieur sub-
droit, les angles antérieurs saillants vers l’avant en lobes arrondis, les côtés
très faiblement arqués, pas plus rétrécis en avant qu’en arrière, à peine distinc-
tement crénelés, les angles postérieurs marqués par un faible tubercule ; sillon
longitudinal médian long et assez large, le transversal antérieur presque accolé
au bord antérieur, le postérieur profondément marqué ; gouttière marginale
large, encore élargie en avant mais fortement rétrécie le long du pédoncule ;
surface très uniformément chagrinée. Elytres en ovale très allongé, 1,65 à
1,90 fois plus longs que larges ensemble ; épaule bien marquée et pourvue d’un
petit denticule saillant ; stries profondes jusqu’au sommet, non ponctuées ;
intervalles convexes, faiblement granuleux transversalement, formant à la
base quelques petits tubercules saillants.
Dessous assez brillant, non ponctué ni chagriné, les proépisternes lisses ;
segments abdominaux non ponctués sur les côtés, pourvus sur le bord posté-
rieur de plusieurs pores sétigères bien espacés. Protibias larges, pourvus d’un
long éperon distal, de deux fortes et longues dents palmées au côté externe
et d’une troisième courte et arrondie. Mésotibias sans tubercule distal. Tarses
très courts et très étroits.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 251
Edéage (fig. 109) petit et relativement peu chitinisé, épais et modérément
long, très moyennement arqué ; partie basale large mais non individualisée ;
partie apicale large et très mousse ; paramères de largeur moyenne, pas très
longs, avec deux soies terminales,
Distribution dans l'île (fig. 107). — Cette espèce n’est connue que de
deux endroits de Madagascar, tort éloignés l’un de l’autre.
MapaGascar Esr : Maroantsetra (J. Vadon, II. 1931, XI. 1936, II. 1951,
IV. 1960, I. 1962, MP, MRAC).
MapaGascar Sup : Saint-Augustin, près de Tuléar (Andria Robinson,
III. 1956, MP, MRAC).
FiG. 109. — Lophocoryza vadoni Alluaud. Edéage.
Répartition géographique. — Madagascar.
Discussion. — L'espèce est très proche de L. araticeps Fairmaire, de
Djibouti, et n’en constitue peut être qu’une sous-espèce ; elle en diffère par la
taille souvent plus petite la coloration plus claire, la forme plus large, le front
moins fortement granuleux entre les carènes et les yeux plus gros. Le pronotum
est plus finement granuleux chez vadoni, avec les côtés plus parallèles, les angles
antérieurs un peu plus proéminents et les intervalles des élytres convexes. Je
ne connais pas l’organe copulateur d’araticeps.
2. Lophocoryza sechellensis Basilewsky
Lophocoryza sechellensis Basilewsky, 1973, Bull. et Ann. Soc. Roy. belge Ent.
109, p. 202.
Type. — Holotype, Séchelles, Ile Praslin, Grande Anse (4. Peyrieras)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 2,8 à 3 mm. Diffère des deux autres espèces du genre
par les caractères suivants :
Taille plus petite. Veux aussi gros que chez vadoni, nettement plus gros
que chez araticeps. Front moins granuleux entre les côtes longitudinales que
chez les deux autres. Lobes sus-antennaires non en coquille mais plus étroits
et très allongés, à bord externe non arrondi mais rectiligne, parfois même un
Source : MNHN, Paris
252 P. BASILEWSKY
peu sinué. Pronotum assez transversal, à côtés non arqués mais presque sub-
parallèles, bien que très légèrement atténués vers le sommet, les angles anté-
rieurs non proéminents ; sa sculpture est bien distincte : toute la surface, au
lieu des rides et carinules entremêlées, est couverte de petits tubercules arron-
dis et saillants, brillants au sommet ; cette sculpture différencie au premier
abord cette espèce des deux autres.
L’édéage de L. sechellensis est bien différent de celui de vadoni ; ses para-
mères sont pourvus de deux soies terminales, alors que l’espèce d’ALLUAUD
n’en a qu'une.
Distribution dans l'île. — Cette espèce fut décrite des Séchelles mais
vient d’être retrouvée à Madagascar.
MapaGascar OuEsr: Soalala, sur la plage (A. Peyrieras, II. 1973, MP,
MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar et Séchelles.
SÉCHELLES : Île Praslin, Grande Anse, le long de la plage, à la lumière
(A. Peyrieras, IV. 1972, MP, MRAC).
20. Genre Halocoryza Alluaud
Halocoryza Alluaud, 1919, Bull. Soc. ent. France, p. 100 (espèce-type : Halo-
coryza maindroni Alluaud, 1919, par monotypie).
Halocoryza Alluaud ; SCHATZMAYR, 1933, Bull. Soc. ent. Egypte, p. 124.
Halocoryza Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, p. 221, 228.
Halocoryza Alluaud ; WmireHEAD, 1966, Psyche, 73, pp. 219, 220.
Description. — Insectes de très petite taille, de forme très allongée et
parallèle, cylindrique. Couleur testacée, sans reflets métalliques. Ailes présentes.
Tête plus étroite que le pronotum, les yeux petits et peu saillants, le bord
antérieur du clypéus tridenté, très caractérisée par la présence sur le front de
dix carènes longitudinales très saillantes, plus ou moins parallèles, non limitées
en arrière par une carène ou un sillon ; clypéus pourvu de deux petites carènes
obliques divergentes vers l’avant non séparé du front ; cou large et épais, sans
constriction ; mandibules assez allongées et saillantes, recourbées au sommet ;
labium peu profondément échancré au milieu, à dent médiane très faible, pourvu
à la base de deux grands ocelles sensoriels ; palpes nettement sécuriformes
et allongés, avant-dernier article des labiaux bisétulé. Antennes courtes et
épaisses, les articles 5 à 10 presque transverses et arrondis, nettement monili-
formes, le 2e plurisétulé, 3 à 11 pubescents. Pronotum presque rectangulaire
et non ou à peine plus long que large, les angles antérieurs un peu proéminents
vers l’avant, les côtés plus ou moins perpendiculaires, le disque pourvu de
sillons longitudinaux modérément profonds ; rebord marginal continué jus-
qu’un peu après le pore postérieur où il fait un fort crochet vers l'extérieur et
d’où part le repli du pédoncule. Elytres étroits et parallèles, à stries fortes et
profondes, l’épaule non denticulée.
Deux soies frontales et une soie clypéale de chaque côté. Deux soies protho-
raciques latérales de chaque côté. Pore basilaire de l’élytre présent. Nombreux
pores sétigères sur les intervalles 3,5 et 7 des élytres. Série ombiliquée formée
de pores nombreux, disposés en série continue.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 253
Répartition géographique. — Le genre comporte une espèce répandue
dans la partie orientale de l'Océan Indien (Djibouti, îles de la mer Rouge,
Comores, île Maurice, île de la Réunion, Ouest de Madagascar) et deux autres
d'Amérique centrale.
Discussion. — Pendant longtemps le genre Halocoryza ne comporta
qu’une seule espèce, limitée à l’ouest de l'Océan Indien. Mais dernièrement
D.R. Warreneap (1966) décrivit H. acapulcana d’Acapulco, au Mexique,
espèce qu’il attribua à ce genre dans lequel il rangea également Schizogenius
arenarius Darlington, connu de Barahona, en République Dominicaine, et de
Rio Piedras, à Puerto-Rico. A cette occasion, l’auteur se livra à une excellente
étude du genre Halocoryza qui, ainsi qu'il le montre, est nettement apparenté
au genre américain Schizogenius Putzeys. D’après les minutieuses et excellentes
descriptions que donne WaiTEmEAD des deux espèces du Nouveau Monde,
accompagnées de bonnes figures, il ne peut guère subsister de doute quant à
l’appartenance au même genre des deux espèces américaines et de H. main-
droni. Tout au plus pourrait-on relever quelques différences dans la présence
d’une carène longitudinale submédiane au pronotum, et une conformation
distincte de la partie apicale de l'édéage. WuniTEHEAD suggère la possibilité
d'établir deux sous-genres distincts, l’un pour les formes d'Amérique, l’autre
pour celle de l'Ancien Monde. En admettant même qu'il s'agisse de deux taxa
différents, ils seraient si proches l’un de l’autre que le problème de leurs loca-
lisations aussi éloignées n’en serait ni résolu, ni facilité.
L'auteur se livre aussi à diverses spéculations, toutes dignes d'intérêt,
pour expliquer cette ségrégation géographique et admet l’Afrique comme
centre de dispersion. Ce cas, pour intéressant qu'il soit, n’est pas unique chez
les Carabides et on pourrait en citer plusieurs autres exemples, qui ont permis
à R. JEANNEL d'élaborer des processus de peuplement fort intéressants, si pas
toujours très convaincants.
Les affinités d’Halocoryza et de Schizogenius et la répartition géographique
très particulière du premier pourraient laisser d’ailleurs supposer que ce genre
appartient à une lignée bien différente de Coryza et que les points communs
seraient dus plutôt à de la convergence.
Halocoryza maindroni Alluaud (fig. 110 et 111)
Coriza araticeps Alluaud, 1899, Bull. Soc. ent. France, p. 379 (non Fairmaire).
Coryza araticeps Alluaud ; AzLuauD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist. phys.
nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 15 (par-
tim).
Halocoryza Maindroni Alluaud, 1919, Bull. Soc. ent. France, p. 100.
Halocoryza Maindroni Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç., 6,
p. 229, fig. 93.
Halocoryza maindroni Alluaud ; BrirroN, 1948, Brit. Mus. Exp. S. W. Arabia,
1, p. 95.
Halocoryza jeanneli J. Vinson, 1956, Mauritius Inst. Bull, 3, p. 313, fig. 1-4 ;
larve, p. 315.
Halocoryza jeanneli J. Vinson ; J. Vinson, 1958, Mauritius Inst. Bull., 4, p. 7.
Halocoryza maindroni Alluaud ; J. ViNsoN, 1962, Mauritius Inst. Bull, 4,
p. 282.
Halocoryza maindroni Alluaud ; WeiremEAD, 1966, Psyche, 73, p. 222.
Source : MNHN, Paris
254 P. BASILEWSKY
Types. — maindroni Alluaud. Holotype, Djibouti (M. Maindron. 1893)
(Muséum, Paris).
Jeanneli J. Vinson. Holotype, Ile Maurice, Black River (J. Vinson, L. 1955)
(British Museum, N.H.).
Description. — Long. 2,3 à 2,7 mm. Entière-
ment d’un rouge testacé, parfois un peu plus foncé
sur le disque, les antennes, les palpes et les tarses
plus pâles. Les ailes sont présentes et paraissent
fonctionnelles, bien qu’elles soient très fines et fra-
giles, pouvant passer inaperçues ches les vieux
exemplaires en collection, c’est ce qui a induit
JEANNEL en erreur.
Tête volumineuse mais un peu plus étroite que
le pronotum, un peu élargie à la base ; yeux petits
et très peu saillants, aplatis même, à peine distincts
du dessus, avec des ocelles bien formés et certaine-
ment fonctionnels ; bord antérieur du clypéus pourvu
de trois denticules allongés et symétriques, émoussés
au sommet ; ailes clypéales en forme de petit triangle
saillant vers l’avant ; lobes susantennaires grands
mais peu proéminents, obliques, convexes au milieu ;
labre à peine distinct, avec le bord antérieur forte-
ment sinué ; clypéus non séparé du front et pourvu
de deux carènes obliques convergentes vers l'avant ;
front pourvu de dix fortes carènes longitudinales
très saillantes, non limitées en arrière par une carène
Re Te transversale et dont les trois internes de chaque
ryza maindroni Al côté sont plus ou moins parallèles, la première plus
luaud (dessin de longue en avant que les autres, la 4° un peu incurvée
Mme S. BErGer). vers l’extérieur, la 52 plus courte, près du bord ex-
terne de l’œil et généralement interrompue au milieu ;
l'espace entre ces carènes est nettement granuleux ;
cou épais et sans constriction ; mandibules assez longues et saillantes, bien re-
courbées au sommet. Antennes courtes et épaisses, n’atteignant qu'à peine
l'angle postérieur du pronotum, légèrement pubescentes à partir du 2e article,
plus fortement au 3e, les articles 5 à 10 globuleux et très moniliformes, pas plus
longs que larges. Pronotum rectangulaire, aussi long que large, modérément
convexe, presque aussi large que les élytres, le bord antérieur droit, les angles
antérieurs proéminents vers l’avant en petits lobes triangulaires émoussés au
sommet ; côtés parallèles non crénelés ; angles postérieurs effacés et arrondis 8
gouttière marginale étroite sur toute sa longueur, complètement oblitérée
après le pore postérieur le long du pédoncule ; sillon longitudinal long et pro-
fond, assez large, les transversaux bien marqués ; sur le disque, de chaque
côté du sillon médian, on voit deux sillons longitudinaux peu profonds, l’in-
terne sinueux et formant avec celui de l’autre côté un dessin en forme de lyre,
l'externe plus court, près des côtés ; la surface est brillante à l'exception du
fond des sillons où elle est légèrement microsculptée isodiamétriquement.
Elÿtres allongés et étroits, près de deux fois plus longs que larges ensemble ;
épaule effacée, les côtés très finement crénelés dans la région humérale ; stries
fortes sur presque toute leur longueur et plutôt crénelées que ponctuées ; inter-
valles convexes, surtout en avant.
Source : MNHN,
Paris
CARABIDAE SCARITINAE 255
en forme de lyre, l’externe plus court, près des côtés ; la surface est brillante à
l'exception du fond des sillons où elle est légèrement microsculptée isodiamé-
triquement. Elytres allongés et étroits, près de deux fois plus longs que larges
ensemble ; épaule effacée, les côtés très finement crénelés dans la région humé-
rale ; stries fortes sur presque toute leur longueur et plutôt crénelées que ponc-
tuées ; intervalles convexes, surtout en avant.
Fic. 111. — Halocoryra maindroni Alluaud. a, labium et palpe labial ;
b, palpe maxillaire ; e, sommet de l’élytre droit ; d, dérnier article des tarses pos’
térieurs ; e, tibia postérieur gauche ; f, protibia droit ; g, édéage (d’après JEAN
NEL).
Dessous assez brillant et lisse, glabre à part les soies ventrales : proépis-
ternes finement chagrinés ; segment anal pourvu au bord postérieur de deux
pores de chaque côté, très éloignés l’un de l’autre. Pattes courtes, surtout les
médianes et les postérieures ; protibias très élargis, avec l'éperon terminal
longuement digité, deux dents fortes et longues et une troisième vestigiale ; un
très léger tubercule aux mésotibias ; tarses petits, les articles décroissant
de taille, les griffes minuscules et cachées derrière un empodium lamelleux.
Edéage (fig. 1119) très court et épais, l’apex court et obtus, la vésicule
sétifère bien développée; paramères très larges, avec deux soies apicales diver-
gentes.
La larve fut recueillie, en même temps que l'adulte, par J. VINson à
l’île Maurice et décrite en 1956 par cet auteur.
Distribution géographique (fig. 112). — H. maindroni a une répartition
intéressante dans la partie occidentale de l'Océan Indien et le sud de la mer Rou-
ge. Décrit de Djibouti, dans la Côte française des Somalis, il a été signalé de
plusieurs îles et vient d’être trouvé à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
256 P. BASILEWSKY
Fic. 112. — Distribution géographique de Halocoryza maindroni Alluaud.
COTE FRANÇAISE DES SomaLis : Djibouti (M. Maindron, 1893, MP).
Mer Rouce : Ile Perim (J.J. Walker, BM, MRAC ; M. Cameron, X. 1902,
sous des plantes marines, BM). — Ile Kamaran, près des côtes du Yemen
(M. Cameron, IV. 1903, sous des plantes marines, BM).
Comores : Iles Pamanzi (Ch. Alluaud, 1897, à marée basse sous des gros-
ses pierres, MP). — Ile Mohéli, Moihani (Y. Gomy, VIII. 1969, tronc cocotier,
MRAOC).
Maurice : Black River (J. Vinson, I. 1955, X. 1955, sous des plantes
marines desséchées juste au-dessus des marques de la marée haute, MP, MRAC,
BM, coll. J. Vinson).
La Réunion : Ravine des Trois Bassins (Y. Gomy, IV. 1965, sous laisses
de mer, MRAC).
MapacGascar OuEsr: Soalala, sur la plage (A. Peyrieras, II. 1973, MP,
MRAC).
Discussion. — J. Vinson a redécrit cette espèce sous le nom de H. jean-
neli sur une petite série provenant de l’île Maurice, abusé par la mauvaise
description et le dessin inexact de JEANNEL. Ayant vu le type, il a immédiate-
ment reconnu son espèce et signalé la synonymie.
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Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SCARITINAE 257
21. Genre Brachypelus Putzeys
Brachypelus Putzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 31 (espèce-type :
Brachypelus obesus Putzeys, 1866, par monotypie).
Brachypelus Putzeys ; Scuaïzmavr, 1933, Bull. Soc. ent. Egyple, p. 123.
Brachypelus Putzeys ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, p. 231.
Description. — Espèces aptères, de forme courte et assez large.
Tête petite par rapport au pronotum, épaissie en arrière : labre légèrement
concave au bord antérieur ; clypéus subdroit en avant, sans dents ni tubercules,
fortement relevé de chaque côté en lobes saillants, larges et assez longs, émoussés
au sommet ; ailes clypéales complètement fusionnées avec le clypéus ; lobes
sus-antennaires plus ou moins grands, mais peu ou modérément saillants, rebor-
dés latéralement, séparés des gènes par un large sillon où se trouve l’œil, quand
il est présent ; gènes saillants ; sillons frontaux très larges et très profonds ;
surface non sculptée. Mandibules très larges et assez courtes, fortement recour-
bées et quelque peu acérées au sommet. Labium large, avec une dent médiane
arrondie, aussi proéminente que les lobes latéraux. Palpes maxillaires et labiaux
à dernier article sécuriforme, l’avant-dernier bisétulé. Antennes courtes et
épaisses, atteignant à peine l'angle postérieur du pronotum, pubescentes à
| partir du 88 article, bien que le second soit plurisétulé, les articles 5 à 10 courts
| et globuleux, presque arrondis. Pronotum un peu transversal et plus large
que long, peu convexe, entièrement rebordé de l'angle antérieur jusque sur
| tout le pédoncule, le rebord arrondi à l'angle postérieur qui est peu marqué et
|
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bien arrondi, continué sans interruption par le rebord basilaire ; sillon Jongi-
tudinal médian fin et peu profond, le transversal antérieur effacé ; pas de
dépressions basilaires ; gouttière marginale fort étroite, Elytres très ovoïdes,
bien convexes, profondément striés ; pas de striole scutellaire.
| Dessous assez brillant, plus ou moins lisse. Sillons ventraux présents sur
les derniers segments abdominaux, l’anal plus ou moins ridé transversalement.
Pattes courtes et robustes ; les protibias élargis, munis au côté externe d’un
éperon terminal long et droit, et de deux dents dont la première est très moyenne
et la deuxième très faible ; mésotibias également quelque peu élargis distale-
ment, sans dents ni tubercules au côté externe, microgranuleux à la face infé-
rieure ; tarses modérément réduits, à ongles normalement développés.
Deux soies frontales de chaque côté et une soie clypéale. Les deux soies
prothoraciques latérales présentes. Pore basilaire de l'élytre présent. Chétotaxie
| élytrale variable, nulle ou avec un ou plusieurs pores sur le 3e intervalle, par-
| fois aussi sur les intervalles 5 et 7. Soies ventrales présentes. Deux soies anales
de chaque côté du bord postérieur. Série ombiliquée comportant de nom-
| 2 breux pores alignés et sans interruption.
| Edéage volumineux et arqué, l’orifice basal très échancré, l’apex un peu
| infléchi vers la droite ; paramères assez inégaux, le gauche étant bien plus large,
| les deux efilés et avec deux soies terminales.
Répartition géographique. — Ce genre, exclusif à Madagascar, ne com-
porte jusqu’à présent que deux espèces, fort rares d’ailleurs, et dont la biologie
est inconnue.
| : 5 É
| Discussion. — JEANNEL a cru devoir ranger le genre Brachypelus
|
parmi ses Scaplerini, assez mal définis d’ailleurs. Il n'y à aucune raison cependant
de le séparer des Clivinini vrais.
| 17
Source : MNHN, Paris
258 P. BASILEWSKY
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (2) Epaule complètement arrondie, sans denticule ni épine, le
repli basilaire continué sans interruption par le repli marginal
de l'élytre. Intervalle 3 de l’élytre pourvu d’un à plusieurs
pores discaux. Yeux bien visibles, formés d’un grand nombre
de facettes situées en dessous du lobe sus-antennaire et enca-
drés latéralement et très étroitement par les gènes qui ne
sont pas saillants. Base des élytres sans tubercules saillants.
Pronotum plus transversal. Elytres plus courts et plus larges.
Long. 6 à 7 mm ........................ 1. B. obesus Putzeys
2. (1). Epaule avec un denticule très net, le repli basilaire formant
une épaulette saillante, non continuée directement par le repli
marginal de l’élytre. Intervalle 3 des élytres sans pores dis-
caux. Yeux nuls, quelques facettes vestigiales dans la fente
séparant le lobe sus-antennaire des gènes qui sont quelque peu
saillants. Base des élytres avec quelques tubercules saillants.
Pronotum moins transversal. Elytres plus longs et moins
larges. Long. 4,8 à 5 mm.................. 2. B. minor Alluaud
1. Brachypelus obesus Putzeys
Brachypelus obesus Putzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 31.
Brachypelus obesus Putzeys ; ALLUAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist. phys.
nat. polit, Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 17e partie, p. 14.
Brachypelus obesus Putzeys ; ALLuAUD, 1935, Afra, 10, p. 3.
Brachypelus obesus Putzeys ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
2.
p. 23
Type. — Lectotype, Madagascar (ex. coll. Mniszech) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 6 à 7 mm. Noir brillant; mandibules, pattes,
antennes et palpes d’un brun plus clair.
Fic. 113. — Gen. Brachypelus Putzeys. Edéages. a, B. obesus Putzeys ;
b, B. minor Alluaud.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 259
Tête lisse, sans microsculpture apparente, très finement et éparsément
ponctuée, les points très petits et très superficiels ; lobes sus-antennaires un
peu plus saillants et plus convexes. Veux présents, les facettes occupant un
large espace en dessous du lobe sus-antennaire, rebordés très étroitement à
l'extérieur par le gène qui est moins saillant ; ces yeux paraissent être fonction
nels. Pronotum grand et peu convexe, 1,16 à 1,27 fois plus large que long ;
bord antérieur subdroit, un peu relevé sur les côtés où les angles antérieurs
forment de petits lobes légèrement saillants mais bien arrondis au sommet :
largeur maximale très déportée en arrière, presque au niveau du pore protho-
racique postérieur, les côtés très légèrement arqués et un peu rétrécis vers
l’avant ; surface comme celle de la tête, lisse et sans microsculpture apparente,
avec des points très épars, petits et superficiels. Elytres courts et larges, ovoi-
des, 1,43 à 1,46 fois plus longs que larges ensembie, bien convexes : l'épaule
bien arrondie et effacée ; le repli basal, qui est bien formé à partir du niveau
de la 8 strie, est régulièrement continué après l'épaule par le repli latéral,
sans aucune interruption, la gouttière marginale étroite ; stries profondes et
ponctuées, continuées assez loin en arrière, presque jusqu'à l’apex ; intervalles
larges et assez convexes, avec une microsculpture subréticulaire fine mais
bien distincte, ne formant aucun tubercule à la base.
Dessous lisse et brillant ; proépisternes imponctués et non ridulés ; segment
anal faiblement ridulé transversalement,
Chétotaxie de l’élytre très variable ; chez le type il ny a qu’un pore sur
le 3° intervalle un peu en arrière du milieu ; chez un autre spécimen il y a
7 pores sur ce même intervalle ; chez un autre enfin, il y a plusieurs pores
sétigères sur les intervalles 3, 5 et 7.
Edéage fig. 113 a.
Distribution dans l'île (fig. 115). — Madagascar (coll. Mniszech, MP ;
MRAC).
MapaGascar Esr : Mont Antampona, district Mananara N. (J. Vadon
el A. Peyrieras, VII, MP). — Ambatodrahely, district Mananara N. (J. Vadon
el À. Peyrieras, X, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Brachypelus minor Alluaud (fig. 114)
Brachypelus minor Alluaud, 1935, Afra, 10, p. 2.
Brachypelus minor Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç., 6,
p. 232, fig. 96.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Périnet (G. Olsoufieff, III. 1935)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 4,8 à 5 mm. Brun de poix brillant, le pronotum
plus foncé que le reste.
Tête lisse, avec une microsculpture à peine distincte par places, et une
ponctuation un peu plus forte que chez le précédent ; les lobes sus-antennaires
Source : MNHN, Paris
260 P. BASILEWSKY
Fic. 114. — Brachypelus minor Alluaud. a, profil de la tête ; b et c, palpe
maxillaire et labial (d’après JEANNEL).
moins saillants et moins convexes. Les yeux sont absents ; dans le sillon qui
les sépare des gènes se trouvent quelques facettes très effacées et à peine dis-
tinctes. Pronotum grand et convexe mais très peu transversal, 1,11 à 1,14 fois
plus large que long ; bord antérieur un peu plus concave que chez obesus, un
peu plus relevé sur les côtés où les angles antérieurs sont un peu plus nettement
détachés ; largeur maximale fortement déportée en arrière, située au niveau
du pore prothoracique postérieur, les côtés presque droits,plus nettement
rétrécis vers l'avant ; surface à microsculpture très faible, à peine distincte
à fort grossissement, avec des points petits, superficiels et épars. Elytres conve-
xes et ovoides, un peu plus longs et moins larges que chez l’espèce précédente,
1,57 à 1,60 fois plus longs que larges ensemble ; épaule bien marquée, avec un
petit denticule très saillant en dehors à la fin du rebord basilaire qui forme une
épaulette saillante à partir du 3° intervalle, le rebord marginal nettement séparé
du basilaire par ce denticule ; gouttière marginale étroite ; stries profondes et
ponctuées, arrêtées moins loin en arrière que chez obesus ; intervalles convexes
en avant, très lisses et brillants, formant quelques tubercules à la base.
Dessous lisse et brillant, les proépisternes brillants, très finement ridulés
transversalement. Segment anal assez rugueusement chagriné-ridulé trans-
versalement.
Pas de soies sur le 3e intervalle.
Edéage fig. 113 b.
Distribution dans l'île (fig. 115). — Mapacascar Esr : Forêt des envi-
rons de Périnet (G. Olsoufieff, IIL.1935, MP). — Italaviana, 6 km au nord-
ouest de Fanovana (P. Griveaud, VI.1956, MRAC).
Source : MNHN, Paris]
CARABIDAE SCARITINAE 261
Répartition géographique. — Madagascar.
@ obesus
%X minor
F1G. 115. — Gen. Brachypelus Putzeys. Répartition géographique.
22. Genre Antireicheia Basilewsky
Antireicheia Basilewsky, 1951, Rev. Zool. Bot. afr., 44, p. 267 (espèce-type :
Reicheia promontorit Péringuey, 1896, par désignation originelle).
Antireicheia Basilewsky ; Basizewsxv, 1951, Rev. Zool. Bol. afr., 45, p. 135.
Antireicheia Basilewsky ; JEANNEL, 1957, Rev. franç. Ent., 24, pp. 147, 148.
Antireicheia Basilewsky ; JEANNEL, 1958, Rev. franç. Ent., 25, p. 160.
Description. — Taille petite (2,4 à 4,6 mm). Coloration d’un brun-rouge
ferrugineux à ferrugineux testacé. Espèces toujours aptères.
Source : MNHN, Paris
262 P. BASILEWSKY
Tête moyenne, épaissie en arrière, à voussure latérale grosse et généra-
lement saillante ; yeux très petits ou tout à fait absents, toujours infonctionnels,
situés au sommet de cette voussure; palpes pubescents, le dernier article
allongé et sécuriforme, très renflé et élargi à la base, fortement et souvent
longuement aminci et acuminé vers le sommet. Mandibules assez longues,
acérées au sommet et plus ou moins arquées. Antennes grêles, à scape épais,
le 2e article assez long, les autres plus ou moins moniliformes, 6 à 10 non ou
peu plus longs que larges. Pronotum assez volumineux, les angles antérieurs
effacés ou peu saillants, les postérieurs toujours arrondis et tout à fait effacés ;
pédoncule réduit, sans trace de constriction à sa base ; gouttière marginale
prolongée en arrière par un rebord continu qui sépare la base du disque du
pédoncule. Elytres modérément convexes, à épaule plus ou moins marquée
mais toujours arrondie, parfois très tombante, le bord posthuméral toujours
plus ou moins fortement crénelé ; stries internes toujours nettes, consistant
en rangées de points plus ou moins gros, continuant plus ou moins loin en
arrière, les externes vestigiales ou tout à fait effacées, rarement bien marquées.
Pattes courtes, les protibias digités mais avec les dents du bord externe
obtuses ; mésotibias aplatis et dilatés, garnis de soies rigides sur le bord externe
mais sans apophyses épineuses.
À Deux soies frontales toujours présentes de chaque côté. Deux soies protho-
raciques latérales de chaque côté. Soies discales de l’élytre à peine distinctes.
Soies ventrales présentes. Deux soies anales de chaque côté chez les deux
sexes. Série ombiliquée sans caractère particulier.
Edéage petit, avec l’apex souvent déversé à gauche et le lobe basal simple
et réduit; paramères très larges, armés de deux soies terminales.
Répartition géographique. — Ce genre comporte actuellement une
espèce sud-africaine (A. promontorii Péringuey), de la région de Cape Town,
et six espèces à Madagascar, toutes du massif de l’Andringitra ou des chaînes
anosyennes, dans le sud-est de l’île, et toujours à altitude élevée (fig. 119).
Discussion. — Les Reicheia et genres voisins forment un complexe
de Cliviniens toujours de petite ou très petite taille, endogés, aveugles, aptères,
de coloration brun-rouge à testacée, souvent plus ou moins dépigmentés.
Pendant de longues décennies on n’en connaissait qu’une série d’espèces du
bassin méditerranéen et une seule en Afrique du Sud, dans la région du Cap.
Cette répartition géographique discontinue et très particulière ressemble à
celle de plusieurs autres groupes zoologiques, notamment à celle des Coléoptères
Scydmaenidae Mastigini. Dans sa « Genèse des faunes terrestres », R. JEANNEL
(1942) supposait ces Carabides d’origine africaine, passés dans la région médi-
terranéenne pendant le Montien et survivant dans le domaine endogé sur
les restes des vieux massifs qu’ils ont peuplés, tandis qu'ils auraient été à
peu près anéantis en Afrique, puisqu’une seule espèce y subsistait, à l'extrémité
méridionale du continent. Il ajoutait, fort pertinemment qu'il n’était pas
exclu que quelques Reicheia puissent un jour être découvertes en Afrique
orientale. Cette prédiction s’avéra exacte, puisque N. LELEuP capturait une
espèce de ce groupe en 1951, sur l’Itombwe, au Kivu, que je décrivais la même
année. Depuis lors, de nombreuses autres espèces furent trouvées en divers
points de la Dorsale Congolaise (au Kivu et au Rwanda) et en Afrique orientale,
sur les Monts Uluguru, par N. Lereur, J.M. CÉLis et par moi-même, que je
décrivais pour la plupart. En outre, lors de ses prospections entomologiques
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 263
en Afrique du Sud (1960-1962), N. Leceup en découvrait encore de nombreuses
séries, qui n’ont pu encore être étudiées mais qui comportent certainement
plusieurs espèces distinctes.
En explorant le massif de l’Andringitra, en janvier 1958, R. PAULIAN
retrouvait pour la première fois le groupe à Madagascar, en capturant par
lavage de terres trois espèces qui furent décrites par R. JEANNEL en 1958.
La récente mission du CNRS dans le même massif (1970-1971) en découvrit
encore deux autres, que j'ai décrites dernièrement, et A. PeyRIERAS, dans
le cadre de la même mission, en trouvait deux autres nettement plus au sud,
sur les chaînes anosyennes (1971-1972). Dans les pages qui vont suivre, j'en
ferai connaître encore deux autres espèces, l’une de Périnet, l’autre de la région
de Fort-Dauphin, ce qui montre que si en Afrique ces bêtes sont nettement
orophiles, on peut les trouver à Madagascar également à des altitudes moyennes.
Il semblerait que ces insectes soient plus abondants qu’on ne pourrait le penser
et surtout plus largement répartis ; la rareté de leur capture provient vrai-
semblablement de la difficulté de leur recherche dans les milieux endogés
qui leurs sont exclusifs et où ils passent facilement inaperçus par suite de leur
couleur, de leur petite taille et de l'immobilité qu’ils observent généralement
quand ils sont dérangés.
En décrivant la première espèce de la Dorsale congolaise, j’ai cru devoir
établir une coupe subgénérique nouvelle (Antireicheia), différant des Reicheia
du bassin méditerranéen par différents critères, notamment l’oblitération
presque complète des stries externes de l’élytre. Quelques années plus tard
(957), R. JEANNEL, dans une étude d'ensemble rendue nécessaire par le
nombre sans cesse croissant d'espèces africaines découvertes, élevait cette
coupe au rang générique et créait un second genre (Afroreicheia), différant
du premier par la conformation de la gouttière marginale du pronotum. Bien
que les critères utilisés jusqu’à présent pour séparer ces deux genres entre
eux et du genre paléarctique Reicheïa puissent sembler quelque peu arbitraires,
ils me semblent cependant justifiés et je les utiliserai provisoirement. Il est
probable que l'étude de matériaux plus abondants, existant déjà et non
encore étudiés ou à découvrir encore, confirmera ce point de vue en s'appuyant
sur des caractères plus convainquants.
Il est intéressant de noter la présence à Madagascar aussi bien des Anti-
reicheia que des Afroreicheia. Si, en 1942, JEANNEL pensait que la souche
primitive des Reicheia provenait d’Afrique orientale, d’où elle s'était répandue
aussi bien vers le nord que vers le sud, en 1958 il émettait l'opinion que l’origine
de ce phylum était bien l’Afrique du Sud, d'où il aurait remonté en Afrique
intertropicale pendant le secondaire et aurait donné naissance aux souches
des Reicheia tyrrhéniens, passées dans la région méditerranéenne au Montien.
C’est à cette façon de voir, je pense, que nous devons nous rallier et y voir
un argument de plus en faveur de la théorie de la Sudamadie de JEANNEL.
Quoiqu'il en soit, le peuplement de Madagascar par ces insectes ne peut-
être qu’ancien ; il a dû avoir lieu pendant que l’île était encore réunie au
continent et il est certain qu'à cette époque les deux genres étaient déjà bien
différenciés.
TABLEAU DES ESPÈCES DE LA FAUNE MALGACHE
1.(10). Taille plus petite (2,4 à 3,3 mm). Pronotum un peu ou nette-
ment plus long que large. Elytres plus régulièrement ovoiïdes,
Source : MNHN, Paris
264 P. BAsILEwWSKY
faiblement rétrécis en arrière où l’apex est très largement
arrondi ; stries effacées dans la déclivité apicale.
2. (9). Corps pas particulièrement étroit, à tête proportionnellement
plus petite, à cou moins épais. Pronotum moins étroit et moins
allongé. Elytres moins longs et plus larges.
3. (4). Bord de l'élytre longuement et assez fortement crénelé sur
tout le premier tiers de sa longueur, avec de nombreux den-
ticules bien distincts. Epaule nettement marquée. Long.
DD ne ee ee el ee ie 1. A. pauliani Jeannel
4. (8). Bord de l’élytre bien plus faiblement crénelé, seul le denticule
posthuméral bien distinct.
5. (6). Yeux très petits mais présents, sous forme d’une petite aire
translucide ovale, sans traces de pigmentation, au sommet
de la voussure latérale. Articles 6 à 10 des antennes subglo-
buleux, à peu près aussi larges que longs. Epaule nettement
marquée. Long. 2,7 à 2,8 mm.... 2. A. antsifotrae Basilewsky
ce
(G). Yeux presque tout à fait absents.
ë
(8). Tête à microsculpture distincte seulement en avant, le milieu
du front et la partie postérieure lisses. Articles 6 à 10 des
antennes moniliformes, nettement plus longs que larges.
Epaule très tombante et effacée. Long. 3,2 à 3,3 mm......
Te um on 3. À. peyrierasi Basilewsky
8. (7). Tête pourvue d’une légère microsculpture bien distincte sur
toute sa surface. Articles 6 à 10 des antennes subtransverses,
un peu plus larges que longs. Epaule nettement marquée.
Long. 2,4 mm - 4. À. descarpentriesi Basilewsky
9. (2). Corps très étroit, à tête proportionnellement moins petite,
le cou plus épais. Pronotum très étroit et fort allongé, nette-
ment plus long que large. Elytres longs et étroits. Long.
RU SN Ter re do 5. À. gracilis Jeannel
10. (1). Taille plus grande (3,8 à 4,6 mm). Epaule effacée et très
tombante. Articles 6 à 10 des antennes un peu plus longs que
larges, nullement subtransverses. Pronotum à peine plus long
que large, subcarré. Elytres moins régulièrement ovoides,
assez fortement rétrécis en arrière où l’apex est très atténué,
presque subacuminé ; stries continuées nettement plus loin
en arrière. Long. 3,8 à 4,6 mm ........ 6. À. grandis Basilewsky
1. Antireicheia pauliani Jeannel (fig. 116)
Antireicheia Pauliani Jeannel, 1958, Rev. franç. Ent., 25, p. 161, fig. 1-4.
Antireicheia pauliani Jeannel ; Basiewskv, 1971, Bull. Soc. ent. France,
76, p. 259, fig. 3 c.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 265
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Andringitra, forêt d’Imaitso
(R. Paulian) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 3,3 mm. D'un brun ferrugineux rougeâtre, assez
foncé et brillant, les antennes plus claires, presque testacées.
F16. 116. — Anlircicheia pauliani Jeannel. a, tête de profil ; b, palpe maxil-
aire (d’après JEANNEL).
Tête petite, allongée, à microsculpture assez nette, presque réticulaire,
les sillons frontaux profonds; yeux très petits mais toujours bien distincts,
réduits à une petite aire claire et ovale, sans trace de pigmentation, au sommet
de la voussure latérale ; mandibules longues, à pointe eflilée et recourbée ;
dernier article des palpes sécuriforme, prolongé en pointe aiguë. Antennes
courtes, le deuxième article au moins deux fois aussi long que large, les articles
6 à 10 pas plus larges que longs, arrondis, presque subtransverses. Pronotum
à peine plus long que large (1,08 fois), élargi en arrière où se trouve la largeur
maximale, les côtés plus arqués en arrière qu’en avant, le pédoncule très court ;
gouttière marginale entière, prolongée en arrière sans interruption par un
rebord continu sur la base du disque, le sillon longitudinal médian l’atteignant
presque. Elytres oblongs, régulièrement ovoïdes, 1,73 à 1,75 fois plus longs
que larges ensemble, faiblement rétrécis en arrière où l’apex est très largement
arrondi ; épaule arrondie et bien marquée, le bord posthuméral assez fortement
Source : MNHN, Paris
266 P. BASILEWSKY
crénelé sur tout le premier tiers de sa longueur; les quatre stries internes
fortes, représentées par des rangées de points réunis par un trait continu,
5 et 6 plus faibles, les autres vestigiales, toutes effacées dans la déclivité
apicale.
Edéage (fig. 117 c) relativement grand, fortement coudé du côté ventral,
presque à angle droit dans son quart distal, l’apex tourné dans le plan sagittal,
avec l'orifice apical ouvert sur la face gauche; paramères longs et larges,
avec deux soies terminales.
Distribution dans l'île (fig. 119). — MapaGascar CENTRE : Andringitra
Est, forêt d’Imaitso, 2000 m, en lavant la terre (R. Paulian, I. 1958, MP,
MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
2. Antireicheia antsifotrae Basilewsky
: Antireicheia antsifotrae Basilewsky, 1971, Bull. Soc. ent. France, 76, p. 260,
g. 3 b.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Andringitra, riv. Antsifotra,
2000 m (Mission CNRS, RCP n° 225, XII. 1970) (Muséum, Paris).
Fic. 117. — Gen. Antireicheia Basilewsky. Edéages. a, A. grandis Basi-
lewsky : b, A. anisifotrae Basilewsky ; c, A. pauliani Jeannel ; d, A. peyrierasi
Basilewsky.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 267
Description. — Long. 2,7 à 2,8 mm. Très voisin du précédent, mais la
conformation bien différente de l'organe copulateur du mâle montre qu’il
s’agit d’une espèce distincte.
Coloration un peu plus claire et taille plus petite. Tête plus petite et plus
allongée, plus étroite, moins épaissie en arrière, à microsculpture semblable
mais les mailles plus petites. Pronotum 1,09 à 1,10 fois plus long que large,
à côtés plus fortement arrondis. Elytres moins étroits, 1,69 fois plus longs
que larges ensemble, à bord posthuméral bien plus faiblement crénelé, seule
la crénelure humérale bien distincte ; stries un peu plus fortes.
Edéage (fig. 1178) très différent de celui de pauliani, nettement plus
petit, la partie apicale non coudée vers le plan sagittal, l'orifice apical ouvert
à la face supérieure ; paramères longs et très larges, avec deux soies terminales.
Distribution dans l'île (fig. 119). — MapaGascarR CENTRE : Andringitra
Est, riv. Antsifotra, 2 000 m, sol au pied d’un Agauria (Mission CNRS, RCP
n° 225, 2-4.XT1.1970, MP, MRAC). — Id., sol sous litière dans forêt à mousses
(d., 4.XI1.1970, MP, MRAC). — Id., dans forêt à mousses, sous une branche
morte à terre (1d., 4.XII1.1970, MP).
3. Antireicheia peyrierasi Basilewsky
Antireicheia peyrierasi Basilewsky, 1972. Bull. Soc. ent. France, 77, p. 222,
fig. 2.
Type. — Holotype, Madagascar Est, haute Ranomandry (4. Peyrieras,
X. 1971) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 3,2 à 3,3 mm. D'un ferrugineux un peu rougeâtre,
le pronotum moins foncé que les élytres, les antennes et les palpes plus testacés.
Tête petite, très allongée et assez étroite, à microsculpture distincte
seulement sur la partie antérieure du front, le restant lisse ; sillons frontaux
très profonds ; yeux extrêmement petits, presque entièrement absents et à
peine distincts, sans aucune trace de pigmentation ; voussure latérale modéré-
ment saillante mais longue; dernier article des palpes élargi, sécuriforme
à la base, prolongé en pointe longue et effilée ; mandibules longues, à pointe
fine et aiguë, bien recourbée. Antennes courtes, le 2 article trois fois plus
long que large, les articles 6 à 10 moniliformes, un peu plus longs que larges.
Pronotum 1,11 à 1,12 fois plus long que large, pas élargi en arrière, à largeur
maximale située à peu près au milieu de la longueur, les côtés très faiblement
et très régulièrement arqués, presque subparallèles, le pédoncule court ; gouttière
marginale entière, prolongée en arrière par un rebord continu sur la base
du disque, le sillon longitudinal médian assez profond mais arrêté avant ce
dernier ; surface imponctuée et brillante, à microsculpture presque indistincte.
Elytres oblongs, régulièrement ovoides, 1,61 à 1,62 fois plus longs que larges
ensemble, faiblement rétrécis en arrière où l’apex est largement arrondi;
épaule arrondie mais très tombante et effacée, à peine marquée, le bord
posthuméral faiblement crénelé, avec un seul denticule distinct; striation
Source : MNHN, Paris
268 P. BASILEWSKY
réduite, les quatre premières stries représentées par une série de points assez
gros mais peu profonds, dépassant à peine la mi-longueur de l’élytre, tandis
que les stries externes sont presque complètement effacées.
Edéage (fig. 117 d) grand, bien coudé du côté ventral mais moins nettement
dans sa partie distale, l’apex tourné dans son plan sagittal, avec l’orifice apical
ouvert sur la face gauche ; paramères longs et modérément larges, avec deux
soies terminales.
Distribution dans l’île (fig. 119). — Manaascar Esr : Chaînes ano-
syennes, massif nord, haute Ranomandry, 1 850 m (A. Peyrieras, mission
CNRS, RCP n° 225, XI.1971, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
4. Antireicheia descarpentriesi Basilewsky
Anlireicheia descarpentriesi Basilewsky, 1972, Bull. Soc. ent. France, 77, p. 223.
Type. — Holotype, Madagascar Est, haute Ranomandry (A. Peyrieras,
XI. 1971) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 2,4 mm. D'un brun ferrugineux rougeâtre, l’avant-
corps plus clair que les élytres ; pattes et antennes d’un brun clair.
Tête petite, étroite et très allongée, à microsculpture isodiamétrale faible
mais distincte sur toute son étendue ; sillons frontaux assez profonds mais
pas très longs, le cou épais et renflé, les yeux complètement atrophiés ; voussure
courte mais bien saillante ; dernier article des palpes élargi à la base, effilé
au sommet; mandibules très longues, la partie apicale très rétrécie, effilée
et assez recourbée. Antennes courtes, le 2€ article deux fois plus long que large,
les articles 6 à 10 très courts, subtransverses, un peu plus larges que longs.
Pronotum plus court, 1,08 fois plus large que long, non élargi en arrière, la
largeur maximale située près du milieu, les côtés régulièrement arqués, la
courbure assez prononcée, ce qui ne donne pas à tout le corselet d’aspect
subparallèle ; le pédoncule très court; gouttière marginale entière, prolongée
en arrière par un rebord continu sur la base du disque, le sillon longitudinal
médian assez large, n’atteignant pas ce dernier; surface imponctuée mais
légèrement pointillée par endroits, à microsculpture faible et peu distincte,
Elytres oblongs, régulièrement ovoides, 1,66 fois plus longs que larges ensemble ;
côtés faiblement rétrécis en arrière où l’apex est largement arrondi; épaule
arrondie et bien marquée, le bord posthuméral ne présentant qu’un seul mais
fort denticule ; striation consistant en sept rangées de points assez gros et
régulièrement alignés, continuées jusqu’au début du dernier tiers, les stries
externes aussi fortes que les internes.
Mâle inconnu.
Distribution dans l’île (fig. 119). — ManaGascar Esr : Chaînes ano-
syennes, massif nord, haute Ranomandry, 1900 m (A. Peyrieras, mission
CNRS, RCP n° 225, XI.1971, 1 © MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 269
5. Antireicheia gracilis Jeannel (fig. 118)
Antireicheia gracilis Jeannel, 1958, Rev. franc.
Ent., 25, p. 162, fig. 5.
Anlireicheia gracilis Jeannel ; BASILEWSKY,
1971, Bull. Soc. ent. France, 76, p. 260, fig. 3 a.
Type. — Holotype, Madagascar Centre,
Andringitra, forêt d’Imaitso (R. Paulian) (Mu-
séum, Paris).
Description. — Long. 3 mm. Plus petit et
plus étroit que pauliani. Tête proportionnellement
moins petite, le cou plus épais ; sillons frontaux
profonds ; yeux très petits, représentés par une
vésicule blanchâtre et non pigmentée. Palpes et
antennes comme chez pauliani. Pronotum plus
étroit et plus allongé, plus long que large, non
élargi en arrière, les côtés plus régulièrement
arqués ; gouttière marginale prolongée en arrière
par un rebord continu sur la base. Elytres longs
Fig. 118. — Anireicheia et étroits, les épaules plus effacées mais quand
gracilis Jeannel (d’après même marquées, la crénulation du bord marginal
JEANNEL). plus forte; même striation effacée en dehors.
Mâle inconnu.
Distribution dans l'île (fig. 119). — Mana-
GASCAR CENTRE : Andringitra Est, forêt d’Imaitso, 2 000 m, en lavant la terre
(R. Paulian, 1. 1958, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
6. Antireicheia grandis Basilewsky
Anlireicheia grandis Basilewsky, 1971, Bull. Soc. ent. France, 76, p. 260, fig. 1 a
Type. — Holotype, Madagascar Est, Andringitra, forêt d’Anjavidilava
(Mission CNRS, RCP n° 225) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 3,8 à 4,6 mm. D'un ferrugineux foncé ; antennes,
palpes, tibias et tarses d’un ferrugineux testacé.
Tête grande, épaisse en arrière, à microsculpture très faible ; yeux très
petits mais bien distincts et un peu saillants au-dessus de la grosse voussure
latérale, non pigmentés ; sillons frontaux profonds ; mandibules longues, très
acérées au sommet ; dernier article des palpes longs et étroits, moins élargi
en arrière et plus longuement et plus étroitement acuminé vers le sommet
que chez les autres espèces. Antennes grêles, les articles 6 à 10 nettement
plus longs que larges. Pronotum presque aussi large que long, à peine 1,03 fois
plus long que large, nettement élargi en arrière, la largeur maximale située
Source : MNHN, Paris
270 P. BASILEWSKY
pauliani, gracilis,
antsifotrae,
grandis
% descarpentriesi,
peyrierasi
FiG. 119. — Gen. Antireicheia Basilewsky. Répartition géographique.
au niveau du pore postérieur; côtés légèrement arqués; microsculpture à
peine distincte : sillon longitudinal médian fin et long; gouttière marginale
entière, se réunissant en arrière sans interruption au rebord basilaire. Elytres
convexes, 1,73 fois plus longs que larges ensemble, assez nettement rétrécis
vers l'arrière, l’apex atténué, presque subacuminé ; épaule effacée et très
tombante, le bord posthuméral très faiblement crénelé, présentant seulement
deux à trois légères crénelures ; les trois stries internes fortes, représentées
par des rangées de points bien réunis entre eux, 4 et 5 plus faibles maïs distinctes,
les autres vestigiales, toutes continuant assez loin à l’apex.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 271
Edéage (fig. 117 a) très grand, d’un type semblable à celui de pauliani,
fortement coudé du côté ventral dans son quart apical, l’apex tourné dans le
plan sagittal, avec l’orifice apical ouvert sur la face gauche ; paramères grands
et très larges, surtout le gauche, avec deux soies terminales.
Distribution dans l'île (fig. 119). — Manacascar Esr : Andringitra
Est, forêt d’Anjavidilava, 1980 m (4. Descarpentries, mission CNRS, RCP
n° 225, 23-25.X11.1970, MP, MRAC). — Id., 2 000 m, dans la litière de Cussonia
(Id., 20.X11.1970, MP). — Id., 2 000 m, dans des mousses au sol (Zd., 23.XII.
1970, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
23. Genre Afroreicheia Jeannel
Afroreicheia Jeannel, 1957, Rev. franç. d’Ent., 24, pp. 147, 149 (espèce-type :
Antireicheia jeanneli Basülewsky, 1951, par désignation originelle).
Afroreicheia Jeannel ; JEANNEL, 1958, Rev. franç. d'Ent., 25, p. 163.
Description. — Ce genre est bien distinct d’Andireicheia par l'absence
du rebord basilaire du pronotum, la gouttière marginale s’effaçant peu à peu
en arrière du pore sétigère postérieur, atteignant parfois le sillon transversal
postérieur mais ne continuant pas vers l’intérieur. Les yeux sont généralement
réduits à une petite vésicule dépigmentée ou totalement absents.
Répartition géographique. — Afroreicheia compte actuellement treize
espèces d'Afrique orientale et de la Dorsale congolaise et trois à Madagascar.
TABLEAU DES ESPÈCES DE LA FAUNE MALGACHE
1. (2). Taille plus grande (2,3 à 2,6 mm). Gouttière marginale du
pronotum prolongée sans interruption le long du bord latéral
jusqu’au sillon transversal postérieur, mais sans former de
rebord basilaire. Pronotum à côtés faiblement arqués, à
largeur maximale fortement déportée en arrière, à angles
antérieurs un peu saillants. Côtés des élytres modérément
crénelés sur la moitié antérieure de la longueur. Yeux petits
mais bien distincts, un peu saillants au sommet de la voussure
latérales Rte ne ee 1. À. bonsae n. sp.
2. (1). Taille plus petite (1,60 à 1,75 mm). Gouttière marginale du
pronotum s’oblitérant en arrière et n’atteignant pas le sillon
transversal postérieur. Pronotum à côtés nettement arqués,
à largeur maximale située au milieu, à angles antérieurs
presque ou complètement effacés. Côtés des élytres forte-
ment crénelés sur la plus grande partie de leur longueur.
Yeux nuls ou à peine distincts.
Source : MNHN, Paris
272 P. BASILEWSKY
3. (4). Corps particulièrement étroit et allongé, le pronotum nette-
ment plus long que large, les élytres presque deux fois aussi
longs que larges ensemble. Tête très allongée et particuliè-
rement épaisse et convexe en arrière, les yeux nuls, articles
6 à 10 des antennes fortement transverses. Sculpture élytrale
moins forte ; crénelure des côtés très forte et longue, continuée
presque jusqu’à l’apex. Long. 1,6 mm. 2. A. elongata Jeannel
4. (3). Corps bien moins long et modérément étroit, le pronotum
pas plus long que large, les élytres 1,58 fois seulement plus
longs que larges ensemble. Tête moins allongée, modérément
épaissie en arrière, les yeux minuscules mais distincts ; articles
6 à 10 des antennes aussi longs que larges mais non transverses.
Sculpture élytrale plus forte ; crénelure des côtés moins forte,
ne dépassant pas les deux tiers de la longueur. Long. 1,75 mm.
à à : 3. A. franzi n. sp.
1. Afroreicheia bonsae n. sp.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Périnet (Muséum, Paris).
Description. — Long. 2,3 à 2,6 mm.
D'un ferrugineux rougeâtre assez clair ;
pattes, antennes et pièces buccales d’un
K testacé clair.
Tête grande et épaissie en arrière,
à microsculpture très faible et superf-
cielle, ne formant pas de réseau, souvent
à peine distincte ; yeux petits mais visi-
bles, réduits à une petite aire claire et
plus ou moins transparente, un peu
F16. 120. — Afroreicheia bonsae saillante au sommet de la voussure laté-
Basilewsky. Edéage. rale, sans aucune pigmentation ; sillons
frontaux profonds et larges ; mandibules
peu longues, recourbées et acérées au sommet ; dernier article des palpes
fortement élargi et aplati à la base, puis finement et assez brièvement
acuminé vers le sommet. Antennes peu grêles, le 22 article assez court
et épais, 3 à 5 moniliformes et subarrondis, 6 à 10 aussi larges
que longs mais non transversaux. Pronotum à peu près aussi long que
large, un peu élargi vers l'arrière, la largeur maximale située au niveau du
pore postérieur, les côtés faiblement arqués, les angles antérieurs un peu sail-
lants vers l'avant ; microsculpture peu distincte ; gouttière marginale pro-
longée sans interruption le long du bord latéral jusqu’au sillon transversal
antérieur, sans former toutefois de rebord basilaire. Elytres assez convexes,
ovoïdes, courts et un peu trapus, 1,55 fois plus longs que larges ensemble,
à largeur maximale située à la mi-longueur, nettement rétrécis et un peu
atténués vers l’apex; épaule modérément marquée, le bord posthuméral
nettement mais peu fortement crénelé jusqu’à la mi-longueur; les quatre
stries internes fortes, représentées par des rangées de points gros et profonds
4
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Source : MNHN, Paris|
CARABIDAE SGARITINAE 273
mais non réunis entre eux par une strie, les autres faibles ou vestigiales, toutes
arrêtées un peu avant le début de la déclivité apicale.
Edéage (fig. 120) allongé et bien arqué, le lobe basal long mais étroit,
l’apex atténué et infléchi, la partie supérieure déformée ; paramères larges,
pourvus de trois soies terminales.
Distribution dans l'île (fig. 122). — Manacascar Esr: Périnet (Gex., MP,
MRAC). — Périnet, forêt de transition (Æ. Franz, 15.1V.1969, 1 ex., coll. Franz,
Vienne). Holotype et un paratype au Muséum de Paris, un paratype au Musée
Royal de l'Afrique centrale à Tervuren, et un paratype dans la collection
Franz.
Répartition géographique. — Madagascar.
J'ai le vif plaisir de dédier cette nouvelle espèce à Madame A. Bons,
du Laboratoire d’Entomologie du Muséum, Paris, en remerciement pour son
aide précieuse et sa grande amabilité.
2. Afroreicheia elongata Jeannel (fig. 121)
Afroreicheia elongata Jeannel, 1958, Rev. franç. Ent., 95, p. 163, fig. 6-10.
Afroreicheia elongala Jeannel ; 1971, Basizewsxv, Bull. Soc. ent. France, 76,
p. 261.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, Andringitra, forêt d’Imaitso
(R. Paulian, I. 1958) (Muséum, Paris).
FiG. 121. — Afroreicheia elongata Jeannel. a, tête de profil ; b, palpe maxil-
laire ; c, édéage ; d, sac interne (d’après JEANNEL).
18
Source : MNHN, Paris
274 P. BASILEWSKY
Description. — Long. 1,6 mm. D'un ferrugineux très clair, presque
testacé. Corps particulièrement étroit et allongé, subparallèle.
Tête très allongée, épaisse et convexe en arrière, à microsculpture faible
et superficielle mais légèrement réticulaire ; yeux tout à fait absents ; sillons
frontaux profonds et larges ; voussure latérale courte et peu bombée, mandi-
bules longues, très acérées au sommet et fortement arquées ; dernier article
des palpes sécuriforme, à pointe longuement effilée. Antennes grêles, le scape
relativement long, le 2€ article moins de deux fois plus long que large, 3 à 5
moniliformes et subarrondis, 6 à 10 nettement transversaux. Pronotum étroit
et long, 1,18 fois plus long que large, non élargi en arrière, avec la largeur
maximale située à la mi-longueur, les côtés régulièrement mais modérément
arqués, les angles antérieurs complètement effacés ; gouttière marginale effacée
en arrière, après le pore postérieur, et n’atteignant pas le sillon transversal
postérieur ; microsculpture faible. Elytres très longs et très étroits, 1,92 fois
plus longs que larges ensemble, assez fortement convexes et subparallèles ;
épaule effacée, les côtés fortement crénelés sur toute leur longueur ; les quatre
stries internes représentées par des rangées de points très gros mais peu profonds,
non réunis entre eux, les externes très superficielles.
Edéage (fig. 121 c, d) allongé et modérément arqué, le lobe basal court,
l’apex atténué et infléchi ; paramères moyens, pourvus de deux soies terminales.
Distribution dans l’île (fig. 122). — Mapacascar CENTRE : Andrin-
gitra, forêt d’Imaitso, 2000 m, en lavant la terre (R. Paulian, 1.1958, MP,
MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Afroreicheia franzi n. sp.
Type. — Holotype, Madagascar Est, col de Manangotra (A. Franz,
V. 1969) (Coll. H. Franz, Vienne).
Description. — Long. 1,75 mm. D'un brun ferrugineux rougeâtre, les
antennes, pièces buccales, tibias et tarses d’un ferrugineux clair.
Tête grande et modérément allongée, médiocrement épaissie en arrière,
à microsculpture réticulaire large et superficielle ; yeux extrêmement petits
et non pigmentés, en forme d’une toute petite boule transparente au sommet
de la voussure latérale qui est bien bombée et assez longue, un peu gonflée
en arrière ; sillons frontaux très larges et assez profonds ; mandibules longues,
très acérées au sommet et arquées ; dernier article des palpes comme chez
l'espèce précédente, mais à partie apicale plus allongée et plus acuminée.
Antennes moins grêles, le scape long, le 2€ article une fois et demie aussi long
que large, 3 à 5 subarrondis et moniliformes, 6 à 10 aussi larges que longs
mais non transverses. Pronotum modérément convexe, aussi large que long,
à microsculpture très faible, les angles antérieurs presque effacés, les côtés
très fortement arrondis, non élargis en arrière, à largeur maximale située vers
la mi-longueur ; gouttière marginale s’effaçant en arrière et n’atteignant pas
le sillon transversal postérieur. Elytres courts et trapus, 1,58 fois plus longs
Source : MNHN, Paris!
CARABIDAE SCARITINAE 275
© bonsae
%# elongata
V franzi
F1G. 122. — Gen. Afroreicheia Jeannel. Répartition géographique.
que larges ensemble, assez régulièrement ovoïdes, plus rétrécis en arrière
qu’en avant où l'épaule est bien marquée, quoique non saillante : bord latéral
modérément crénelé sur les deux premiers tiers; sculpture assez forte, les
cinq stries internes bien marquées, consistant en rangées de points gros et
profonds, assez rapprochés, les externes vestigiales.
Edéage inconnu ; bien que l’unique exemplaire de cette espèce soit un
mâle, je n’ai pas voulu risquer d'en extraire l'organe copulateur, opération
minutieuse et difficile chez les représentants de ce genre quand on ne possède
qu’un seul individu.
Source : MNHN, Paris
276 P. BASILEWSKY |
Distribution dans l’île (fig. 122). — Manacascar Esr : Col de Manan-
gotra, au nord de Fort-Dauphin, 680 m, en forêt de montagne (A. Franz,
4.V.1969, 1 G, coll. Franz).
Je dédie cette espèce à mon excellent collègue, le Dr H. Franz, qui a
bien voulu me confirmer l'exactitude de l'altitude, qui me paraissait assez
basse.
Répartition géographique. — Madagascar.
III. Trib. DYSCHIRIINI
Dyschiriini Jeannel, 1941, Faune de France, Carab., 39, pp. 255, 260.
Dyschiriitae Antoine, 1943, Bull. Soc. Hist. nat. Afr. Nord, 34, p. 201.
Dyschiriilae Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franc. 6, pp. 213, 214.
Dyschiriini Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, p. 214.
Dyschiriinae Ph. de Miré, 1952, Ann. Soc. ent. France, 121, p. 50.
Dyschiriini Basilewsky, 1953, Explor. Pare nat. Upemba, 10, p. 43.
Quschiriilae Antoine, 1955, Mém. Soc. Sci. nat. phys. Maroc, Zool., N.S., 1,
pp. 68,
Insectes de taille toujours fort petite, et très nettement caractérisés par
la conformation bien particulière de l’apex de l’élytre où le sommet du champ
radial n’atteint pas l’angle sutural, les deux ou trois premiers intervalles
aboutissant directement au bord apical. La tête est petite, avec des yeux
gros et saillants ; palpes à dernier article sécuriforme, surtout chez les mâles, |
l'avant-dernier des labiaux dichète. Pronotum le plus souvent globuleux et
convexe, les angles postérieurs toujours effacés, le rebord marginal dépassant
rarement le pore postérieur. Aux élytres, la septième strie est approfondie à
Japex en une striole contenant les pores subapicaux (fig. 100 b); striole scutel-
laire absente. Le segment génital du mâle, ainsi que l’a montré Ph. DE Mir,
présente une structure primitive et presque exceptionnelle chez les Carabides ;
en effet, il ne forme pas d’anneau dans lequel seraient logés le pénis et. les
paramères, mais un sternite asymétrique et un tergite qui recouvrent 1
au repos (ce caractère reste cependant à vérifier chez tous les Dyschirini) ;
l’orifice apical est limité à sa base par un ou deux processus chitineux (ligule).
L’arrête externe des tibias antérieurs est infléchie vers l’arrière en sorte que
la tranche paraît arrondie et non tranchante. Deux soies frontales et deux
soies prothoraciques latérales. Série ombiliquée spécialisée, séparée en deux
groupes de pores peu nombreux, l’huméral formé normalement de 3 pores, |
mais souvent réduit à 2, à 1, ou même à 0, l’apical toujours avec 3. Les carac-
tères énumérés ci-dessus [s'appliquent aux Dyschiriini afro-malgaches ; une
étude plus approfondie des représentants asiatiques et américains de la tribu
pourraient quelque peu modifier et élargir sa définition.
Les Ardistomini, assez voisins, constituent une tribu limitée exclusivement
à l'Amérique centrale et méridionale ; ils présentent la même structure du
champ radial de l’élytre mais ont des palpes à dernier article fusiforme et
semblable chez les deux sexes, tandis que la série ombiliquée est formée de
nombreux pores disposés en rangée continue. Le segment génital du mâle |
est normal chez les représentants de cette tribu, formant un anneau bien
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 277
constitué, comme chez les autres Scaritines. Enfin, un caractère important
chez les Ardistomiens réside dans les protarses du mâle le plus souvent dilatés.
Cinq genres composent la tribu des Dyschiriini: Dyschirius Bonelli,
Cribrodyschirius Ph. de Miré, Neodyschirius Kult, Clivinopsis Bedel et Torre-
lassoa Schatzmayr et Koch, mais cette énumération n’est pas limitative.
À Madagascar on n’en connait que les deux premiers.
TABLEAU DES GENRES DE LA FAUNE MALGACHE
1. (2). Pièces sternales toujours imponctuées. Front sans carène
MÉDANÉ RAR 24. Gen. Dyschirius Bonelli (p. 277)
2. (1). Pièces sternales couvertes de points, cette ponctuation pouvant
s'étendre au-dessus sur le pronotum ou au contraire être réduite
au bord postérieur des pièces métasternales et aux pro-
épisternes. Front toujours caréné au milieu..............
ne dre 25. Gen. Gribrodyschirius Ph. de Miré (p. 286)
24. Genre Dyschirius Bonelli (*)
Dyschirius Bonelli, 1813, Observ. entom., 1, Tab. synopt. (espèce-type :
Scarites thoracieus Panzer, 1813 — Dyschirius arenosus Stephens, par désignation
subséquente [Curris, 1831, Brit. Ent., 8, p. 354]).
Dyschirius Bonelli ; Purzevs, 1846, Mém. Soc. Sci. Liège, 2, p. 522, 524.
Dyschirius Bonelli ; Purzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 522.
Dyschirius Bonelli ; ANDREWES, 1929, Fauna Brit. India, Carab., 1, p. 390.
Dyschirius Bonelli; JeAnez, 1941, Faune de France, 39, pp. 250, 260.
Dyschirius Bonelli ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire frane., 6, p. 215.
Dyschirius Bonelli; Ph. pe Miré, 1952, Ann. Soc. ent. France, 121, p. 50.
Dyschirius Bonelli ; ANTOINE, 1955, Mém. Soc. Sci. nat. phys. Maroc, Zool,
NS. 1, p. 69.
Description. — Espèces de petite taille, presque toujours ailées, à corps
très fortement pédonculé, de couleur le plus souvent noir-brunâtre ou bronzée,
Tête petite, les yeux gros et saillants, les mandibules proéminentes et
arquées, sans dent prémolaire ; clypéus grand, séparé du front par une suture
située dans un sillon transverse de forme variable, son bord antérieur pourvu
de deux dents saillantes latérales, et parfois une médiane ; front sans carène
médiane. Palpes à dernier article sécuriforme chez les mâles, plus fusiforme
chez les femelles ; l’avant-dernier des labiaux dichète. Dent médiane du labium
généralement réduite. Antennes courtes, pubescentes à partir du 3 article,
le scape court. Pronotum plus ou moins sphérique ou ovoïde, rarement allongé,
(4) Seules les références essentielles ou se rapportant à la faune malgache
sont reprises ci-dessous.
Source : MNHN, Paris
278 P. BASILEWSKY
très renflé et même globuleux chez les espèces malgaches ; le rebord marginal
est toujours fin, ne dépassant pas le pore postérieur en arrière chez les espèces
malgaches, parfois très raccourci et n’occupant qu'un bref espace avant le
pore antérieur; pas de rebord basilaire. Elytres convexes, ovoïdes ou sub-
cylindriques, à gouttière marginale étroite, jamais prolongée sur la base chez
les espèces malgaches ; pas de rebord basilaire ; stries très fortement ponctuées,
les intervalles rarement convexes ; striole scutellaire absente. Protibias palmés,
à partie basale très courte, l’arête externe infléchie vers l’arrière ; mésotibias
non comprimés, sans apophyse apicale saillante et avec une rangée externe
de longues soies raides.
Deux soies frontales et deux soies prothoraciques latérales. Deux ou trois
soies discales sur le 3° intervalle, contre la 3e strie, souvent peu distinctes,
et une ou deux apicales. Série ombiliquée séparée en deux groupes bien distincts,
l’huméral avec 2 ou 3 pores chez les espèces madécasses, l’apical avec 3. Pore
basilaire de l’élytre absent ou présent.
Edéage peu arqué, l’orifice basal toujours largement ouvert, l’apex plus
ou moins tordu ; les espèces malgaches présentent un flagelle élastique spiralé ;
paramère gauche atténué, sétifère ou non.
Les Dyschirius sont des insectes fouisseurs, vivant souvent dans des
sols sablonneux où ils recherchent des galeries creusées par d’autres insectes,
notamment des Staphylinides ; on les trouve aussi sur les plages des cours
d’eau et de nombreuses espèces sont halophiles.
Répartition géographique. — Le genre Dyschirius, tel qu’il est admis
actuellement, comporte un grand nombre d’espèces en Europe, en Afrique,
en Asie et en Amérique du Nord; il semble absent en Amérique du Sud et
en Australie et les quelques espèces décrites de ces régions appartiennent
certainement à d’autres groupes taxonomiques.
Six espèces sont connues de Madagascar ; l’une d'elles est africaine tandis
qu’une autre est très proche d’une forme continentale ; pour les quatre autres
les affinités sont plus difficiles à établir, mais elles semblent bien être également
d’origine africaine.
Discussion. — À première vue, les Dyschirius forment un groupe homo-
gène mais l'étude des caractères chétotaxiques et l'examen des organes copu-
lateurs permettront probablement d’y distinguer des lignées bien différenciées
et peut-être d'établir des coupes génériques bien distinctes. Dans quelques
travaux récents, R. JEANNEL a fait un essai dans ce sens et a créé deux sous-
genres (Dyschiridius et Dyschiriodes), mais ces coupes se sont avérées assez
confuses et des recherches semblables ne peuvent donner de résultats valables
qu’en prenant pour cadre la faune mondiale et non des régions géographiques
limitées.
TABLEAU DES ESPÈCES MALGACHES
1. (8). Pore basilaire de l'élytre présent.
2. (5). Gouttière marginale du pronotum continuée au moins jusqu’au
pore latéral postérieur.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 279
3. (4). Stries élytrales très profondes, les intervalles bien convexes
jusqu’à l’apex. Bronzé foncé, légèrement métallique. Long.
252 0m een enr 1. D. exaratus Putzeys
4. (8). Stries élytrales peu profondes bien que fortement ponctuées,
les intervalles plans. Brun-rougeâtre luisant. Long. 2,8 mm.
2. D. opistholius Alluaud
5. (2). Gouttière marginale du pronotum fortement raccourcie, effacée
bien avant le pore latéral postérieur.
6. (7). Gouttière marginale du pronotum atteignant la mi-longueur
entre les deux pores latéraux. Pronotum subarrondi, à largeur
maximale située au milieu, pas plus large en arrière qu’en
avant, les côtés très arqués. Noir légèrement bronzé. Long.
DDRM PA eee ie 3. D. lambertoni Vuillet
7. (6). Gouttière marginale du pronotum très courte, réduite à un
petit crochet autour de l’angle latéral antérieur. Pronotum
fortement élargi en arrière, à largeur maximale fortement
déportée vers la base qui est bien plus large que le bord anté-
rieur, les côtés peu arqués. Noir brillant. Long. 2,5 mm.
4. D. vadoni Jeannel
8. (1). Pas de pore basilaire à l’élytre.
9.(10). Gouttière marginale du pronotum continuée jusqu'au pore
latéral postérieur. Bord antérieur du clypéus avec une dent
médiane en plus des deux latérales. Stries élytrales bien
marquées, les intervalles un peu convexes. Bronzé foncé.
Long. 2,9 à 3,2 mm .... 5. D. madagascariensis Ph. de Miré
10. (9). Gouttière marginale du pronotum effacée bien avant le pore
latéral postérieur. Bord antérieur du clypéus sans dent mé-
diane. Stries élytrales représentées seulement par une ligne
de points, les intervalles tout à fait plans. Brun de poix foncé,
presque noir. Long. 2 à 2,5 mm .......... 6. D. milloti Jeannel
1. Dyschirius exaratus Putzeys
Dyschirius exaratus Putzeys, 1866, Ann. Soc. ent. Belg., 10, p. 96.
Dyschirius apicesculptus Burgeon, 1935, Ann. Mus. Congo Belge, Zool.,
40, III, 2, p. 157.
Dyschirius exaratus Putzeys ; ScHATzMAyR, 1936, Publ. Mus. P. Rossi, 1,
pp. 32, 35.
Dyschirius arotus Alluaud, 1936, Afra, 11, p. 1.
Dyschirius arotus Alluaud ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire frang., 6, p.
7
Dyschirius exaratus Putzeys; Ph. DE Miré, 1952, Ann. Soc. ent. France,
1921, p. 56, fig. D 7.
Source : MNHN, Paris
280 P. BASILEWSKY
31e, DESchirius apicesculptus Burgeon ; Kuzr, 1954, Rev. Zool. Bot. afr., 50, pp.
Dyschirius arotus Alluaud ; Kuzr, 1954, Rev. Zool. Bot. afr., 50, pp. 318, 328.
Dyschirius exaralus Putzeys ; Basiuewsxv, 1961, Rev. Zool. Bot. afr., 28,
pp. 215.
qopusehirius exaratus Putzeys ; Maxpz, 1963, Ann. naturh. Mus. Wien, 66,
p. 420.
Dyschirius evaratus Putzeys ; BasiLewsxy, 1968, Mém. IFAN, 84, p. 326.
Dyschirius exaratus Putzeys ; Basrewsky, 1970, Bull. Ann. Soc. ent. Belg.,
106, p. 168.
Types. — exaralus Putzeys. Holotype, Egypte (Inst. Roy. Sci. nat.
Belg., Bruxelles).
apicesculptus Burgeon. Holotype, Congo, Mulongo (Dr. P. Gérard, VII.
1930) (Musée Royal Afrique centrale, Tervuren).
arolus Alluaud. Holotype. Madagascar (H. Perrier de la Bâthie) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 2,5 à 2,9 mm. Bronzé foncé, très légèrement
métallique ; pattes ferrugineuses, les fémurs et les tibias antérieurs plus foncés ;
antennes brunâtres, les trois premiers articles plus clairs. Espèce ailée.
Tête à sillons frontaux très profonds, délimitant entre eux une convexité
médiane allongée très convexe, sans aucune carène, sans microsculpture
apparente ; clypéus à bord antérieur avec deux dents latérales fort saillantes,
mais pas de dent médiane, à peine distinctement séparé du front; vertex
un peu rugueux en arrière des yeux, avec quelques strioles faiblement distinctes.
Pronotum convexe et arrondi, aussi long que large, à largeur maximale située
un peu en avant du pore postérieur, le disque très finement et à peine distinc-
tement pointillé ; sillon transversal bien marqué, le longitudinal médian long
et profond ; gouttière marginale prolongée jusqu’au pore latéral postérieur.
Elytres convexes, assez courts, un peu ovoides, l’apex largement arrondi,
l'épaule bien marquée ; stries profondes et bien ponctuées, continuées jusqu’au
sommet, la 8° aussi profonde et aussi longue que les précédentes, la première
atteignant le bord basilaire ; intervalles très convexes jusqu’à l’extrémité
apicale,
Pattes fortes, les protibias avec une dent latérale bien marquée, la seconde
très faible. Proépisternes imponctués.
Pore basilaire de l’élytre présent ; trois soies discales sur le 3e intervalle
et deux apicaux; série ombiliquée normale, le groupe huméral avec trois
pores.
Edéage peu mais régulièrement arqué, l’apex long, saillant et effilé,
paramères sans soies terminales.
Distribution dans l'île. — ALLUAUD à décrit son D. arolus sur un seul
exemplaire, étiqueté simplement : «Madagascar, Perrier de la Bâthie, ex
coll. Fairmaire », c’est une femelle immature, L'espèce n’a plus jamais été
rencontrée dans l’île où sa présence devrait être confirmée. S'agit-il d’une
erreur d’étiquetage, ou d’une capture accidentelle d’un spécimen importé ?
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 281
Répartition géographique. — D. eraratus se rencontre dans la majeure
partie de l’Afrique, de l'Egypte au Cap et de la Mauritanie à l'Afrique orientale.
Discussion. — C'est Ph. DE Miré qui le premier, en 1952, a établi la
synonymie d’apicesculptus et d’arotus avec l'espèce de Purzeys. J'ai pu vérifier
le bien fondé de cette assertion par comparaison des types.
F16. 123. — Gen. Dyschirius Bonelli. Edéages. a, D. madagascariensis
Miré ; b, D. zanzibaricus Chaudoir (Kenya, Maji Chumvi) ; c, D. vadoni Jeannel.
2. Dyschirius opistholius Alluaud
Dyschirius opistholius Alluaud, 1986, Afra, 11, p. 2.
Dyschirius opistholius Alluaud ; Jeanxer, 1946, Faune de l'Empire franc.
6, pp. 216, 218.
35, Puschirius opislholius Alluaud ; KuLr, 1954, Rev. Zool. Bol. afr., 50, pp. 321,
335.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, Belombo (H. Perrier de la Bäthie)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 2,8 mm. D'un brun rougetre brillant, presque
ferrugineux, les appendices un peu plus clairs. D’après JEANNEL l'espèce
serait aptère, ce que je n’ai pas vérifié.
Tête à sillons frontaux larges et profonds, la convexité médiane large
et saillante, sans aucune carène et sans microsculpture apparente ; clypéus
à bord antérieur pourvu de deux dents latérales proéminentes et sans dent mé-
diane, nettement séparé du front par un sillon transverse assez profond; vertex
lisse. Pronotum convexe et arrondi, presque aussi large que long, élargi vers l’ar-
rière, la largeur maximale située au niveau du pore postérieur; disque lisse et sans
microsculpture apparente, le sillon transversal antérieur peu marqué, de même
que le longitudinal médian qui est étroit et superficiel mais long ; gouttière
marginale prolongée jusqu’au pore latéral postérieur. Elytres convexes, courts
et bien ovoïdes, l’apex peu arrondi, l'épaule modérément marquée ; stries
peu profondes, marquées seulement par des rangées bien alignées de gros
Source : MNHN, Paris
282 P. BAsILEWSKY
points et s’oblitérant complètement dans la moitié postérieure, à l’exception
de la première qui continue jusqu’à l’apex mais devient très fine, les deux
externes très faibles, la première n’atteignant pas le pore basilaire ; intervalles
très plats.
Dents externes du protibia oblitérés. Proépisternes imponctués.
Pore basilaire de l’élytre présent; deux soies discales, la 3e absente;
deux soies apicales. Groupe huméral de la série ombiliquée avec seulement
deux pores.
Mäle inconnu.
Distribution dans l'île (fig. 124). — Mapacascar Ouesr : Belombo,
petite forêt en terrain granitique, près de Maevatanana (H. Perrier de la
Bâthie, MP).
=
s À
opistholius
vadoni
madagascariensis
e © «4 *
milloti
F16. 124. — Gen. Dyschirius Bonelli. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 283
L'espèce n’a plus été reprise.
Répartition géographique. — Madagascar.
3. Dyschirius lambertoni Vuillet
Dyschirius Lambertoni Vuillet, 1910, Bull. Soc. ent. France, p. 268, fig.
Dyschirius Lambertoni Vuillet ; JEANNEL, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 216, 218.
Dyschirius Lambertoni Vuillet ; Kuzr, 1954, Rev. Zool. Bot. afr., 50, pp. 323,
338.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, à la bordure nord-ouest du
plateau central malgache (Lamberton, VI. 1910) (Muséum, Paris).
Description, — Long. 2,5 mm. Noir, légèrement bronzé métallique,
dessous noir ; antennes et pattes brunes ; le dessus lisse et très brillant. Espèce
ailée,
Tête à sillons frontaux profonds, assez larges, la convexité médiane large
et convexe, sans carène et sans microsculpture apparente ; clypéus à bord
antérieur avec les deux dents latérales très saillantes mais sans dent médiane,
bien séparé du front par un sillon transversal très profond ; vertex lisse, sans
microsculpture apparente. Pronotum très convexe et très arrondi, à peine
plus large que long, les côtés très régulièrement arrondis, à peine élargi en
arrière, la largeur maximale située en avant du pore postérieur; gouttière
marginale très étroite et peu marquée, s’effaçant à mi-longueur entre les deux
pores; surface lisse et brillante; sillon transversal antérieur modérément
marqué, le longitudinal médian étroit mais profond. Elytres convexes, assez
allongés, à peine ovoïdes, nettement atténués vers l'arrière, l'épaule bien
marquée et subcarrée ; stries fines, marquées dans la moitié antérieure par
d'assez gros points, mais devenant imponctuées vers l'arrière où cependant
elles continuent jusqu’à l’apex, les externes faibles, la première atteignant
en avant le pore basilaire ; les intervalles sont très plats, mais les internes
se soulèvent à l’apex.
Protibias avec les deux dents externes bien marquées. Protibias imponctués.
Pore basilaire de l'élytre présent ; trois soies discales et deux apicales.
Groupe huméral de la série ombiliquée avec trois pores.
Mâle inconnu.
Distribution dans l'île. — Mapacascar CENTRE : À la bordure nord-
ouest du Plateau central malgache (C. Lamberton, VI.1910, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
4. Dyschirius vadoni Jeannel
Dyschirius Vadoni Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franc., 6, pp. 216, 218,
fig. 88 c.
Source : MNHN, Paris
284 P. BASILEWSKY
Dyschirius Vadoni Jeannel ; Kuzr, 1954, Rev. Zool. Bot. afr., 50, pp. 323, 338.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Andranofotsy (J. Vadon) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 2,5 mm. D'un noir peu brillant, un peu éclairci
en arrière, les antennes et les pattes brunes. Surface peu brillante mais plutôt
mate. Espèce ailée.
Espèce proche de lambertoni Vuillet et en partageant de nombreux carac-
tères. Elle en diffère cependant nettement par la forme du pronotum qui n’est
pas subarrondi mais plutôt en trapèze, fortement élargi en arrière où la base
est bien plus large que le bord antérieur, avec la largeur maximale fortement
déportée en arrière et les côtés peu arqués ; gouttière marginale très courte,
réduite à un crochet autour du pore antérieur. La tête et le pronotum sont
pourvus d’une microsculpture fine et serrée, assez distincte mais superficielle.
Les élytres sont un peu moins ovoïdes et plus allongés, à striation semblable,
les stries un peu plus fines et plus superficielles en arrière. Protibias avec seule
la dent externe terminale bien marquée.
Chétotaxie semblable à celle de lambertoni.
Edéage fig. 123 c; paramères glabres à l'extrémité.
Distribution dans l'île (fig. 124). — Manacascar Esr : Andranofotsy
(J. Vadon, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
5. Dyschirius madagascariensis Ph. de Miré
Dyschirius zanzibaricus Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, pp. 216,
218, fig. 88 a (partim ; non Chaudoir 1878).
Dyschirius zanzibaricus ssp. madagascariensis Ph. de Miré, 1952, Ann. Soc.
ent. France, 121, p. 52, fig. A2.
Dyschirius zanzibaricus Jeannel ; Kuzr, 1954, Rev. Zool. Bot. afr., 50, pp.
324, 339 (partim).
Type. — Holotype, Madagascar Sud, Andrahomana (Ch. Alluaud, 1900)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 2,9 à 3,2 mm. Bronzé foncé, assez métallique,
souvent plus claif en arrière; dessous brun-rouge, pattes d’un brun foncé,
antennes ferrugineuses. Espèce ailée.
Tête volumineuse, les sillons frontaux larges et profonds, longs, la convexité
médiane particulièrement large, lisse, sans carène et sans microsculpture
apparente, de même que le restant de la surface sauf une petite bande posté-
rieure très faiblement microréticulée ; bord antérieur du clypéus avec les
deux dents latérales très saillantes et une médiane, large, moins longue que
celle des côtés, s’atténuant souvent et devenant simplement une forte sinuosité.
Pronotum très convexe et arrondi, un peu plus large que long, les côtés régu-
lièrement arqués, la largeur maximale située un peu en arrière du milieu ;
Source
: MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 285
disque imponctué, parfois légèrement ridulé transversalement le long du
sillon longitudinal médian qui est fin et peu profond, le transversal extérieur
assez bien marqué ; gouttière marginale prolongée jusqu’au pore latéral posté-
rieur. Elytres convexes, allongés, peu ovoïdes et plutôt parallèles, arrondis
à l’apex, l'épaule bien marquée mais arrondie; stries assez bien marquées
et nettes jusqu’à l’apex, pourvues dans les deux premiers tiers de points assez
gros, les externes plus faibles, la 8 marquée par une ligne de points ; intervalles
un peu convexes, peu soulevés en arrière.
Dessous lisse, les proépisternes très brillants. Protibias avec les dents
externes effacées.
Pore basilaire de l’élytre absent. Trois soies discales et deux apicales à
l’élytre. Groupe huméral de la série ombiliquée formé seulement de deux
pores.
Edéage (fig. 123 a) allongé, régulièrement arqué, l’apex droit et émoussé,
bien saillant mais pas spécialement aminci ; paramères glabres à l'extrémité.
Distribution dans l'île (fig. 124). — Espèce halophile, assez fréquente
dans le sud de Madagascar.
MapaGascar OuEsr : Tanandava (G. Schmitz, 1963-64, MRAC). —
Thotry (L. Bigot, V.1956, coll. Bigot).
MapaGascar Sup : Bas-Anakao (Andria Robinson, IV.1953, MP). —
Tuléar (Andria Robinson, VI.1953, MP). — Manombo (P. Griveaud, MP). —
Ifaty (L. Bigot, VI.1965, coll. Bigot, MRAC). — Songoritelo (L. Bigot, IV.
1965, coll. Bigot, MP). — Soalara (Andria Robinson, IV.1953, MP, MRAC). —
Andrahomana, entre le Mandrare et Fort-Dauphin (Ch. Alluaud, 1900, MP,
MRAC, BM). — Bassin de la Tarasy, dans l’Androy (Ch. Alluaud, 1900, MP).
Répartition géographique. — Espèce propre à Madagascar et aux
îles Comores.
Comores : Ile Pamanzi, lac Dziani (J. Millot, VI., MP, MRAC).
Discussion. — Cette espèce est très proche de D. zanzibaricus Chaudoir,
de la côte orientale de l’Afrique, avec laquelle elle fut d’ailleurs confondue
par JEANNEL et par Kuzr. C’est à juste titre que Ph. DE Miré affirma que
les exemplaires malgaches attribués par ces auteurs à zanzibaricus en étaient
distincts, différant par quelques caractères bien constants ; il en fit une sous-
espèce de la forme de CHauporr sous le nom de ssp. madagascariensis, mais
j'estime qu’il s’agit là d’une bonne espèce, voisine mais différente. Tout d’abord,
il y a toujours trois pores au groupe huméral de la série ombiliquée chez
zanzibaricus, comme chez la plupart des Dyschirius, tandis que chez mada-
gascariensis il n’y en a que deux ; Ph. de Mrré dit bien que ce troisième pore peut
subsister parfois sur un seul élytre, mais je n’ai jamais constaté le cas chez
les nombreux exemplaires examinés. Les élytres sont plus étroits et plus
parallèles chez l'espèce malgache, les stries et les intervalles restant nets jusqu’à
l’apex, la huitième marquée par une ligne de points plus longue et plus forte.
Le bord antérieur du clypéus est bien plus fortement sinué en son milieu,
cette sinuosité devenant d’ailleurs souvent une dent large et assez forte. Enfin,
comme l'avait déjà constaté JEANNEL, l’apex de l’édéage est plus court et
plus épais (fig. 122 b). Les exemplaires des Comores appartiennent bien à
espèce madécasse et non à l’africaine, comme on pourrait plutôt s’y attendre.
Source : MNHN, Paris
286 P. BASILEWSKY
6. Dyschirius milloti Jeannel
Dyschirius Milloti Jeannel, 1949, Faune de l’Empire franç., p. 1121.
Dyschirius Milloti Jeannel ; Kur, 1954, Rev. Zool. Bot. afr., 50, pp. 324, 338.
Type. — Holotype, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, col du
Tsiafajavona (J. Müillot, XI. 1946) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 2,0 à 2,5 mm. Brun de poix foncé ou presque
noir, la tête ainsi que le pourtour des élytres plus clairs ; antennes, palpes
et pattes d’un testacé-rougeâtre. Espèce apparemment aptère.
Tête large et volumineuse, les sillons frontaux larges et profonds mais
coupés par le sillon transverse séparant le front du clypéus qui est très large
et très profond ; la convexité médiane large et modérément bombée, lisse,
sans carène et à microsculpture peu distincte; bord antérieur du clypéus
avec les deux dents latérales larges et saillantes mais pas de dent médiane ;
yeux grands et plats, modérément saillants. Pronotum convexe, un peu plus lar-
ge que long, à largeur maximale déportée loin en arrière, la base bien plus large
que le bord antérieur, les côtés à peine arqués, presque rectilignes ; gouttière
marginale effacée vers la mi-longueur entre les deux pores latéraux ; disque
presque lisse, à microsculpture à peine distincte, le milieu pourvu de quelques
points petits et superficiels ; sillon transversal antérieur bien marqué en V
largement ouvert et atteignant l'angle antérieur, le longitudinal médian très
fin et peu profond. Elytres courts et ovoides, un peu plus larges quele pronotum,
les épaules très effacées et arrondies, la largeur maximale située près du milieu ;
gouttière latérale atteignant l'épaule en avant mais ne continuant pas vers
le pédoncule; surface basale lisse et déclive; stries simplement marquées
par des lignes de points assez gros et espacés, s’effaçant sur les côtés et sur
presque toute la moitié postérieure ; intervalles tout à fait plans, à micro-
sculpture très faible.
Dessous lisse, les proépisternes brillants. Protibias courts, à dents externes
effacées.
Pore basilaire de l’élytre absent. Pas de soies discales aux élytres et deux
soies apicales. Groupe huméral de la série ombiliquée formé de trois pores.
Mâle inconnu.
Distribution dans l'île (fig. 124). — Manacascar CENTRE : Col du
Tsiafajavona, près du sommet de l’Ankaratra, 2 500 m (J. Millot, X1.1946,
MP). — Près du Tsiafajavona, sur rocher dans prairie sommitale, 2450 m
(J.-M. Beisch, 16.1.1972, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
25. Genre Cribrodyschirius Ph. de Miré
Cribrodyschirius Ph. de Miré, 1952, Ann. Soc. ent. France, 121, p. 151 (espèce-
type : Cribrodyschirius baguirmi Ph. de Miré, 1952, par désignation originelle).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 287
Description. — Genre voisin de Dyschirius, en différant par les carac-
tères suivants :
Sillons frontaux prolongés sur le vertex, un peu convergents vers l'arrière ;
front toujours pourvu d’une carène longitudinale médiane. Pièces sternales
couvertes de points, la ponctuation pouvant s'étendre au-dessus sur le pronotum
ou au contraire être réduite au bord postérieur des pièces métasternales. Elytres
avec sept stries complètes, normalement ponctuées jusqu’à l’apex ; la 8e est
nulle dans sa partie antérieure, vestigiale entre les pores du groupe apical
de la série ombiliquée où elle est assez nettement ponctuée. Pore basilaire
de l’élytre toujours présent. Elytres avec seulement deux soies discales sur le
3e intervalle, la seconde toujours dans la moitié postérieure ; deux soies apicales
très éloignées l’une de l’autre. Edéage étroit et allongé, peu arqué ; les para-
mères sont effilés, munis d’une apophyse basale crochue et d’une longue soie
terminale. Corps court et globuleux. Ailes présentes.
Répartition géographique. — Le genre comporte actuellement quatre
espèces africaines, deux de Madagascar et au moins une de l'Inde.
TABLEAU DES ESPÈCES MALGACHES
1. (2). Disque du pronotum et proépisternes fortement ponctués.
Elytres avec une grande tache rougeâtre préapicale. Long.
207823 Emme ee 1. G. gibbicollis (Fairmaire)
2. (1). Disque du pronotum faiblement ponctué, proépisternes peu
distinctement. Elytres bronzés, sans tache rougeâtre. Long.
26 ARS MM ete ec en 2. G. mocquerysi (Fairmaire)
1. Cribrodyschirius gibbicollis (Fairmaire) (fig. 125)
Dyschirius gibbicollis Fairmaire, 1897, Ann. Soc. ent. Belg., 41, p. 367.
Dyschirius gibbicollis Fairmaire ; ALuAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hlist.
phys. nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 1re partie, p. 14.
Dyschirius gibbicollis Fairmaïre ; Jeannez, 1946, Faune de l'Empire franç.,
6, pp. 215, 216, fig. 87 a-f.
Dyschirius gibbicollis Fairmaire ; Kuzr, 1954, Rev. Zool. Bot. afr., 50, pp.
322, 335.
Dyschirius gibbicollis Fairmaire ; JEANNELz, 1955, Mém. Inst. Sci. Mad.
E, 6, p. 44.
Type. — Holotype, Madagascar Nord, Diégo-Suarez (H. Perrier de la
Bâthie) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 2,6 à 3,1 mm. D'un bronzé brillant, le pronotum
plus foncé que les élytres, ces derniers avec une large tache rougeâtre sur la
déclivité apicale; dessous brun ferrugineux, l’abdomen plus clair; pattes
et antennes d’un brun testacé. Espèce ailée.
Tête assez grosse, lisse et brillante ; ailes suboculaires très grosses et
arrondies ; clypéus à bord antérieur droit et même un peu concave, les dents
Source : MNHN, Paris
288 P. BASILEWSKY
latérales très fortes, saillantes en oblique vers l'avant, pointues à l’apex, le bord
postérieur très marqué par un profond sillon transversal, entrecoupé au milieu
par une courte carène longitudinale saillante. Pronotum grand, arrondi et
globuleux, un peu plus large que long (1,09 fois), les côtés très arrondis, la lar-
geur maximale située à la mi-longueur ; tout le disque bien nettement ponctué ;
gouttière marginale prolongée jusqu’au pore latéral postérieur. Elytres courts
et ovoïdes, 1,66 fois plus longs que larges ensemble, un peu déprimés au milieu ;
épaule bien marquée et un peu saillante, apex faiblement acuminé et un peu
arrondi ; stries marquées par des rangées de gros points devenant plus petits
sur la déclivité apicale où cependant les stries sont nettes presque jusqu’à
l’apex ; 7e strie oblitérée, la 82 courte et formée de points tout petits ; inter-
valles plans.
F1G. 125. — Gen. Cribrodyschirius Miré. a, C. CHOEARE (Fairmaire) ; b,
id., palpe labial ; c, id., palpe maxillaire ; d, id., édéage ; e, id., sac interne ;
f, C2 mocquerysi (Jeannel), édéage (d’après JEANNEL).
Pièces sternales, surtout les proépisternes, fortement et densément ponc-
tuées. Protibias allongés, l’apophyse apicale externe très longue, les dents
externes saillantes. Trois soies au groupe huméral de la série ombiliquée. Trois
soies discales sur le 3° intervalle et deux soies apicales.
Edéage (fig. 125 d, e) grêle et peu arqué, l’apex atténué; paramères avec
une grande apophyse crochue, son extrémité atténuée et pourvue d’une grande
soie terminale. :
Distribution dans l'île (fig. 126). — Espèce largement répandue, se
rencontrant surtout au bord des eaux douces.
MapaGascar Norp : Diégo-Suarez (H. Perrier de la Bâthie, MP). — Ana-
lamerana, 50 km au sud-est de Diégo-Suarez (Andria Robinson, I. 1959, MP).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 289
MapaGascar OuEsr : Basse-Anjinjo et basse Maevarana, district d’Antso-
hihy (J. Descarpentries, XI. XII. 1908, MP). — Ampijoroa, Tsaramandroso
(MP). — Maevatanana (H. Perrier de la Bälhie, MP. MRAC). — Andobo,
forêt d’Antsingy, district d'Antsalova (P. Griveaud, II. 1957, MP, MRAC). —
Gorges du Manambolo (R. Paulian, III. 1950, MP).
MapaGascar Esr : Région de Maroantsetra (J. Vadon, I. 1936, MP). —
Baie d’Antongil (A. Mocquerys, 1898, MP). — Andohahelo, 1 800 m (R. Pau-
lian, MP). — Andrahomana, entre le Mandrare et Fort-Dauphin (Ch. Alluaud,
MP).
MaDaGascar CENTRE : Mandritsara (Michel, III. 1936, MP, BM). — Péri-
net (G. Olsoufieff, III. 1935, MP, MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
© gibbicollis
X mocquerysi
F1G. 126. — Gen. Cribrodyschirius Miré. Répartition géographique.
Source : MNHN, Paris
290 P. BASILEWSKY
2. Cribrodyschirius mocquerysi (Jeannel)
Dyschirius Mocquerysi Jeannel, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, p. 216,
fig. 87.
Dyschirius Mocquerysi Jeannel ; Kuzr, 1954, Rev. Zool. Bol. afr., 50, pp. 322.
5.
Type. — Holotype, Madagascar Est, Antongil (Mocquerys, 1897) (Muséum,
Paris).
Description. — Long. 2,8 à 3 mm. Dessus bronzé brillant, sans tache
rougeâtre sur les élytres, dessous brun, l'abdomen plus clair; pattes brunes,
antennes ferrugineuses. Espèce ailée.
Tête comme chez l’espèce précédente, la carène médiane un peu plus
longue. Pronotum de forme semblable à celle de C. gibbicollis, 1,10 fois plus
large que long, le disque presque lisse, avec quelques très petits points à peine
distincts. Elytres ovoïdes et un peu plus courts, 1,60 fois plus longs que larges
ensemble, l'épaule moins marquée, l’apex un peu plus acuminé; striation
comme chez le précédent, les stries un peu moins nettes à l’apex, les inter-
. valles un peu plus convexes.
Pièces sternales à ponctuation bien plus faible et bien plus espacée. Pattes
comme chez gibbicollis. Chétotaxie semblable.
Edéage (fig. 125 f) bien différent, plus épais mais pas plus arqué, la partie
apicale élargie, l’apex très arrondi; paramères comme chez gibbicollis.
Distribution dans l'île (fig. 126). — Cette espèce n’est connue que de
la région de la baie d’Antongil, dans le nord-est.
Mapagascar Esr : région de Maroantsetra (J. Vadon, V. 1935, MRAC). —
Andranofotsy, près de Maroantsetra (J. Vadon, III-IV. 1938, MP, MRAC,
BM). — Antakotako (J. Vadon, XII. 1935, IV. 1938, MP, MRAC). — Fampa-
nambo, près de Maroantsetra (J. Vadon et A. Peyrieras, III. 1961, MP). —
Sud de la baie d’Antongil (A. Mocquerys, 1897, MP).
Répartition géographique. — Madagascar.
IV. Trib. SALCEDIINI
Zelmides Andrewes, 1929, Fauna Brit. India, Carab., 1, pp. 209, 416.
Salcediini Alluaud, 1930, Afra, 1, p. 21.
Salcediina Burgeon, 1935, Ann. Mus. Congo Belge, Zool., 4°, III, 2, pp. 143,
159.
Salcediina Bänninger, 1937, Deutsch. ent. Zeil., p. 83.
Salcediitae Jeannel, 1946, Faune de l’Empire franç., 6, pp. 213, 233.
Salcediini Basilewsky, 1953, Explor. Parc. nat. Upemba, 10, p. 43.
Tribu très particulière parmi tous les Scaritides, tant par l'aspect général
(qui rappelle plutôt celui d’un Colydiide) que par des caractères bien spé-
ciaux. Parmi ceux-là, il faut surtout noter la présence à la face ventrale du
prothorax, de chaque côté, d’un scrobe large et profond, continuant les scrobes
Source : MNHN, Paris |
CARABIDAE SGARITINAE 291
céphaliques habituels, et servant à la réception de toute l’antenne au repos.
Corps large et aplati. Tête déprimée, le clypéus cachant par en dessus le labre
et les pièces buccales. Lobes latéraux du labium formant deux grandes et lon-
gues plaques saillantes. Antennes à scape dépourvu de soie terminale et pubes-
centes à partir du 2€ article. Pas de soie dans le scrobe externe des mandibules.
Sommet du champ radial de l’élytre atteignant l’angle sutural, la gouttière
marginale se prolongeant jusqu’à l'angle sutural, séparant les premiers inter-
valles du bord apical. Le bord externe de l’élytre est formé par la carène du
7° intervalle et le bord marginal primitif se trouve infléchi et replié à la face
ventrale, de sorte qu’il existe ici, comme chez les Scaritinae les plus évolués,
un faux épipleure en dehors de l’épipleure proprement dit. La chétotaxie habi-
tuelle des Scaritinae a ici complètement disparu, à l'exception des soies du
bord antérieur du labre et des soies anales.
Cette tribu ne comporte actuellement que le seul genre Salcedia, connu
d'Afrique, de Madagascar et de l’Inde. Toutefois, deux genres sudaméricains
(Solenogenys Westwood et Holoprizus Putzeys) présentent apparemment
certaines affinités remarquables, et il se pourrait qu’ils en fassent également
partie.
Bien que le nom de Salcedia Fairmaire, 1899, ait la priorité sur celui de
Zelma Andrevwes, 1920, il n’en va pas de même en ce qui concerne le taxon supra-
générique ; en effet, le nom de Zelmides (AnDrEwES, 1929) est antérieur à celui
de Salcediini (Arruaun, 1930) et la tribu devrait donc s'appeler Zelmini,
suivant les lois de la priorité. Mais le Code international de Nomenclature
zoologique se montre assez équivoque sur ce point, ayant malencontreusement
introduit dans son article 40 des restrictions ambiguës ; on peut donc, me sem-
ble-t-il, conserver à cette tribu le nom de Salcediini sous lequel il est générale-
ment connu, dans l'intérêt de la stabilité de la nomenclature.
26. Genre Salcedia Fairmaire
Salcedia Fairmaire, 1899, Ann. Soc. ent. Belg., 43, p. 512 (espèce-type :
Salcedia perrieri Fairmaire, 1899, par monotypie).
Zelma Andrewes, 1920, Ann. Mag. nat. Hist., (9) 5, p. 451 (espèce-type :
Zelma miranda Andrewes, 1020, par monotypie).
Zelma Andrewes ; ANDRewES, 1929, Fauna Brit. India, Carab., 1, p. 416.
Salcedia Fairmaire ; ALLuAUD, 1930, Afra, 1, p. 21.
9, D Sgcedia Fairmaire ; BunGxon, 1935, Ann. Mus. Congo Belge, Zool., 40, II,
, p. 156. :
Salcedia Fairmaire ; ANDRewEs, 1936, Ann. Mag. nat. Hist., (10) 18, p. 64.
Zelma Andrewes ; ANDREwEs, 1936, Ann. Mag. nat. Hist., (10) 18, p. 64.
Salcedia Fairmaire ; Jeanne, 1946, Faune de l'Empire franç., 6, p. 233.
Insectes de petite taille, de forme aplatie et ovalaire, assez large, res-
semblant plutôt à un Colydiide ou à un Ténébrionide qu'à un Carabide. Ailes
présentes et fonctionnelles.
Tête petite, déprimée, semicirculaire, large à la base qui est échancrée au
milieu, côtés assez serrulés, suture clypéale absente. Yeux assez grands mais
invisibles du dessus, situés entièrement sur la face ventrale. Labre très court,
entièrement caché par le clypéus et invisible du dessus, avec six soies au bord
19
Source : MNHN, Paris
292 P. BASILEWSKY
Fic. 197. — Salcedia nigeriense Alluaud (Gao). a, aspect général ; b, face
ventrale de la tête ; c et d, palpe maxillaire et labial ; e, sommet des élytres vu
des trois quarts ; f, protibia droit ; g, édéage (d’après JEANNEL).
antérieur. Mandibules courtes et très peu saillantes, légèrement recourbées
et pointues à l'extrémité, sans soie dans le scrobe. Toute la surface est fortement
sculptée, pourvue de carènes longitudinales et de tubercules. Clypéus arrondi
en avant et en forme de chaperon ; pas d’ailes clypéales mais des lobes susan-
tennaires assez proéminents. Entre les yeux et la cavité buccale se trouve un
profond scrobe pour la réception des quatre premiers articles des antennes.
Labium avec les lobes latéraux formant deux grandes et longues plaques sail-
lantes, la dent médiane petite ; paragènes représentés par une saillie allongée
et aplatie sur le même plan que les lobes. Palpes très courts et plus ou moins
cachés, le dernier article fusiforme et un peu élargi au milieu, l’avant-dernier
des labiaux dichète. Antennes n’atteignant pas la base du pronotum, à scape
court et épais, sans soie, un peu plus long que les trois articles suivant qui sont
allongés, tandis que les articles 5 à 10 sont subarrondis et non ou à peine plus
longs que larges ; la pubescence commence à partir du 2e article. Pronotum
très transverse, en forme de trapèze, pourvu de carènes longitudinales très sail-
lantes, les côtés très largement explanés, subparallèles et nettement serrulés
extérieurement ; bord antérieur fortement avancé au milieu par suite du pro-
longement de la carène médiane ; angles antérieurs et postérieurs bien marqués ;
base aussi large que le bord antérieur, le milieu formant un assez large pédon-
cule. Elytres aplatis et parallèles, carénés sur toute leur longueur ; leur bord
externe est formé par la carène du 7€ intervalle, de sorte qu'il existe un faux
épipleure en dehors de l’épipleure vrai ; épaule rectangulaire et bien marquée ;
|
Source : MNHN, |
CARABIDAE SCARITINAE 293
côtés serrulés sur presque toute leur longueur ; l’apex conformé un peu parti-
culièrement, assez profondément creusé, la troncature apicale presque droite
jusqu’à l'angle sutural où elle forme un angle un peu rentrant et deux petits
denticules saillants ; la base est profondément échancrée au milieu, les carènes
voisines fortement saillantes vers l'avant.
Dessous très caractérisé par les profonds scrobes latéraux sur la face
ventrale de la tête et du pronotum, servant à la réception de l'antenne au repos
(fig. 127) ; le milieu du prosternum est pourvu d’une forte carène longitudinale,
Métasternum sillonné, les métépisternes longs, étroits et sillonnés. Segments
ventraux fortement et profondément creusés de points ou même de petites
fossettes, 4 et 5 avec un profond sillon grossièrement ponctué. Pattes courtes ;
les profémurs fortement dilatés et renflés, les protibias avec une forte carène
longitudinale sur la face antérieure et deux petites dents en plus de l’éperon
terminal, les méso- et métatibias étroits et finement épineux, sans éperons ;
tarses très réduits.
Chétotaxie tout à fait absente, à l’exception des soies du bord antérieur
du labre et d’une soie anale de chaque côté chez les deux sexes.
Edéage petit et court, peu chitinisé, aplati, l’orifice basal largement ou-
vert, l’apex constitué par une lame saillante placée de champ, avec l’orifice
reporté sur la face droite ; sac interne avec une vésicule sétifère moyenne, Para-
mères courts et sans soies.
Répartition géographique. — Ce genre comporte une espèce orientale
(inde et Birmanie), cinq africaines et une seule malgache.
Biologie. — Les Salcedia vivent, du moins en Afrique, au bord des
cours d’eau et se trouvent en abondance en lavant la terre argileuse et en
tamisant des détritus abandonnés sur les rives. Bien que parfaitement ailées,
je n’ai jamais vu d'espèces de ce genre attirées par la lumière ni venir se faire
prendre aux pièges lumineux. Cependant, H.E. ANDREWES signale qu'un
des deux exemplaires connus de S. miranda Andrewes a été recueilli à Calcutta
«at light». De nombreux individus sont partiellement recouverts d’une couche
de terre argileuse séchée, souvent difficile à enlever, ce qui montre bien les habi-
tudes fouisseuses de ces insectes. E.B. Brirron (Ent. monthly Mag., 83, 1947,
p- 126) émet l’hypothèse de mœurs myrmécophiles ou termitophiles, par suite
de la présence de scrobes cachant entièrement l'antenne, mais je pense que
cette suggestion est à rejeter.
Salcedia perrieri Fairmaire (fig. 128)
Salcedia Perrieri Fairmaire, 1899, Ann. Soc. ent. Belg., 43, p. 512.
Salcedia Perrieri Fairmaire ; ALLUAUD, 1900, in A. GRANDIDIER, Hist, phys.
nat. polit. Madag., XXI, Hist. nat. Coléopt., tome I, texte, 17e partie, p. 15.
Salcedia Perrieri Fairmaire ; ALLUAUD, 1930, Afra, 1, p. 22.
Salcedia Perrieri Fairmaire ; JEANNEL, 1946, Faune de l’Empire franç., 6,
p. 234, fig. 98.
Type. — Holotype, Madagascar Ouest, Suberbieville (H. Perrier de la
Bâthie) (Muséum, Paris).
Source
: MNHN, Paris
294 P. BASILEWSKY
Description. — Long. 2,5 à 3,7 mm. Corps allongé et
déprimé, d’un brun ferrugineux foncé, les appendices un
peu plus clairs.
Tête en chaperon semi-circulaire cachant en avant le
Jabre et une partie des mandibules, pourvue en arrière
de quatre fortes carènes longitudinales, les deux médianes
se fondant en une seuie en avant, toute la surface grossière-
ment et profondément chagrinée. Antennes atteignant
presque la base du pronotum. Pronotum transverse et
aplati, 1,56 à 1,66 fois plus large que long quand on le
mesure en arrière jusqu'au niveau des côtes de la base,
un peu plus large que la tête et sensiblement de la même
largeur que les élytres ; milieu du bord antérieur fortement
prolongé et saillant vers l'avant, bien plus élevé que le
restant de la surface ; largeur maximale déportée en arrière
du milieu ; côtés subrectilignes et subparallèles, fortement
crénelés sur toute leur longueur ; partie latérale fortement
explanée ; deux carènes médianes légèrement divergentes
ic. 18. — Sat ©n arrière, et en dehors des petites saillies longitudinales
cedia perrieri Fair- entre lesquelles la surface est inégale, pourvue de petites
maire (d’après crêtes saillantes transversales et de gros points en fossette.
JEANNEL). Elytres oblongs et déprimés, 1,60 à 1,70 fois plus longs
que larges ensemble, les côtés subparallèles surtout en
avant où ils sont crénelés ; épaule carrée et vive ;
apex arrondis séparément ; disque pourvu d’une carène suturale basse et peu
saillante, et deux autres longitudinales très fortement élevées, celle du 3° inter-
valle atteignant presque l’apex, celle du 5° plus courte ; entre ces carènes se
trouvent deux à trois rangées de profondes fossettes dont les intervalles forment
des plis transverses.
Edéage fig. 129.
Fic. 129. — Salcedia perrieri Fairmaire. Edéage.
Distribution dans l'île (fig. 130). — L'espèce est probablement large-
ment répandue dans l'île, mais comme elle est rarement recueillie il n’est
guère possible de préciser l'aire de son habitat.
Mapacascar Ouest : Maevatanana (= Suberbieville) (H. Perrier de la
Bâthie, MP). — Morondava, forêt au sud de Befasy (R. Paulian, I. 1956, MP).
MapaGascar CENTRE : Tananarive, Tsimbazaza (MP, MRAC).
Mapaascar Esr : Ambodivoangy, près de Maorantsetra (J. Vadon,
MP). — Id., par lavage de terre (J. Vadon, I-II. 1959, MRAC). — Andrano-
fotsy, près de Maroantsetra (J. Vadon, IV. 1938, MP, MRAC). — Antako-
Source : MNHN, Pari:
CARABIDAE SCARITINAE 295
F16. 130. — Salcedia perrieri Fairmaire. Distribution géographique.
tako, près de Maroantsetra (J. Vadon, IV. 1938, MP). — Fampanambo, près
de Maroantsetra, inondations (J. Vadon, XII. 1958, MRAC). — Id. (J. Va-
don, III. 1955, II. 1960, MP, MRAC). — Ankofa (J. Vadon, XII. 1955, MP,
MRAC).
Répartition géographique. — Madagascar.
Source : MNHN, Paris
296 P. BAsILEWSKY
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
SUR LES SCARITINAE MALGACHES
1. ENDÉMISME
L'endémisme est extrêmement prononcé chez les Scaritinae de Madagas-
car, presque total au niveau spécifique, très considérable au niveau générique.
Bien qu’en général un fort endémisme soit chose courante chez les Carabides
de la Grande Ile, je ne connais guère d'autre sous-famille importante chez
laquelle on puisse l’observer à un tel degré.
Sur les 124 espèces citées, deux (Scarites inaequalis et S. comoricus) ne
sont connues que de l'archipel des Comores et n’ont pas été retrouvées à Mada-
gascar, qui comporte donc à ce jour 122 espèces. De ce nombre, quatre seule-
ment (Halocoryza maindroni, Clivina rugiceps, C. madagascariensis et Dyschi-
rius exaralus) existent également en Afrique, et encore la présence dans l’île
de la dernière est douteuse. Nous restons donc devant 118 espèces propres à
Madagascar, soit un endémisme de 95 %. En ce qui concerne les genres, 15 n’exis-
tent qu'à Madagascar et dans quelques îles de l'Océan Indien, tandis que 11 se
retrouvent également en Afrique ; parmi ces derniers, quatre ont une répartition
plus ou moins mondiale, trois sont largement répandus dans l'Ancien Monde
et quatre ne sont connus que d'Afrique et de Madagascar ; à ce niveau, nous
constatons donc un endémisme de 58 %.
Cet endémisme est encore plus prononcé quand on n’envisage que la tribu
des Scaritini, qui constitue la majeure partie des Scaritines malgaches. En
effet, sur les 94 espèces connues de Madagascar, toutes sans exception sont
endémiques, tandis que sur les 16 genres 13 sont exclusivement propres à
l'ile, ce qui donne respectivement 100 % et 81 % d’endémisme. Il faut noter
aussi que sur les trois sous-tribus de Scaritini représentées à Madagascar,
deux lui sont exclusives.
La plupart des auteurs qui se sont occupés de l’endémisme en faunistique
ont beaucoup insisté sur les diverses formes que ce phénomène pouvait présenter.
C’est ainsi qu’on peut distinguer, suivant le degré apparent de leur isolement
morphologique, les mégaendémiques, groupant des tribus, genres ou espèces
isolées n’ayant pas de formes parentes connues ailleurs, et les microendémiques
groupant des lignées d'espèces dont il est théoriquement aisé de trouver des
formes ancestrales dans une autre région du globe. D'autre part, on peut aussi
établir deux catégories fondées sur l'ancienneté de l'isolement et considérer
des paléoendémiques et des névendémiques. Ces deux classifications sont souvent
superposables, mais peuvent aussi différer sensiblement.
En ce qui concerne le groupe qui nous occupe ici, ces différentes distinc-
tions n’apparaissent pas toujours de manière évidente. On peut citer, de façon
certaine, parmi les mégaendémiques, trois espèces de Scarites (biangulatus,
fairmairei, liostracus) et toutes les espèces des genres propres à l'île. Parmi les
microendémiques, avec tout autant de certitude, on peut ranger un Scaritini
(Scarites madagascariensis), un Clivinini (Lophocoryza vadoni) et le seul
Salcediini. 11 semblerait également que l'on puisse ranger dans la seconde
catégorie la plupart des espèces appartenant à des genres représentés simul-
‘tanément en Afrique et à Madagascar.
Source : MNHN, a
CARABIDAE SCARITINAE 297
En utilisant le critère de l'ancienneté de l'isolement, je suis amené à
classer parmi les paléoendémiques tous les mégaendémiques cités et une série de
microendémiques dont la localisation dans l’île, et notamment sur les hautes
montagnes, laisse supposer une arrivée ancienne : les trois Typhloscaris, les
six Antireicheia et les trois Afroreicheia. Parmi les néoendémiques, je range
les trois microendémiques certains, les deux Distichus, Coryza globithorax et
une bonne partie des Clivina, des Dyschirius et des Cribrodyschirius.
2. SPÉCIATION
Conformément à la règle générale, la spéciation est nettement plus forte
dans les genres endémiques que dans les genres non endémiques. C’est ainsi que
nous observons que sur les 122 espèces connues de Madagascar, 85 se rangent
dans des genres endémiques. Parmi ces derniers, certains présentent une spé-
ciation presque explosive, tout particulièrement les genres Prodyscherus,
Tapinoscaris, Dinoscaris, Storthodontus et Crepidopterus.
Cette spéciation affecte la forme de la vicariance et surtout celle du cla-
disme ; par contre, il ne m’a pas été possible de reconnaître des clines, la difé-
renciation étant presque toujours désordonnée et ne se produisant pas le long
d’un axe géographique marqué par la variation continue d’un facteur phy-
sique.
À l'exception de Pilades coquereli, espèce propre à la partie septentrionale
de l’île et comportant quatre sous-espèces géographiques, les Scaritiens malga-
ches n’offrent qu’une très faible tendance à la raciation. C’est ainsi que je n'ai
pu constater la présence d’une sous-espèce que chez Tapinoscaris razananae,
Dinoscaris detriei, D. atrox et Crepidopterus geayi. Ce phénomène est dû vrai-
semblablement à l'ancienneté du groupe, ayant amené une notable fixation
des caractères discriminatifs, et aussi à une répartition géographique dans la
plupart des cas assez restreinte.
3. AFFINITÉS
Si pour l'énorme majorité des Insectes, l'essentiel de la faune malgache
se rattache au fond de la faune africaine, je ne pense pas qu’il y ait parmi les
Coléoptères d’autres familles où cette affinité soit aussi nette que chez les Cara-
bidae. Et parmi eux, les Scaritines sont particulièrement caractéristiques dans
ce sens. Sans parler d’aflinités néotropicales ou australes, qui sont inexistantes,
on peut être tout aussi catégorique pour d'éventuelles affinités orientales ;
aucune espèce malgache ne se rencontre en Asie et tous les genres non endé-
miques sont bien representés en Afrique, même si certains d’entre eux existent
aussi dans la région orientale.
Les microendémiques et les néoendémiques présentent tous des formes
nettement apparentées en Afrique, ainsi qu'une grande partie des paléoen-
démiques. Pour les mégaendémiques, ces affinités sont évidemment moins
nettes, mais il est indiscutable que certains d’entre eux (Prodyscherus, Pro-
dyscherodes, Dyscaris) dérivent de genres africains. D'autres représentants
de cette catégorie (Mecynoscaris, Madascaris, les Dyscherina et les Stortho-
dontina) n’ont guère d’aflinités apparentes avec des genres africains ; mais
Source : MNHN, Paris
298 P. BASILEWSKY
ils en ont encore moins avec des éléments provenant d’autres continents et cet
isolement morphologique, dû à son ancienneté et à une évolution insulaire plus
prononcée, constitue une des originalités de la faune malgache et ne diminue
nullement l'importance de ses affinités fondamentales avec la faune afri-
caine.
Parmi les Scariles, biangulatus, fairmairei et liostracus constituent des
espèces isolées, mais plus proches de formes africaines que d’aucunes autre:
Les trois Typhloscaris malgaches appartiennent à un genre typiquement ofr
cain et seule leur localisation sur les massifs montagneux de Madagascar m’amè-
ne à les ranger parmi les paléoendémiques, ainsi que les Anireicheia et Afro-
reicheia, dont l’origine africaine est indubitable.
On parle beaucoup des lacunes que présente la faune malgache ; pour
de nombreux auteurs ce serait même là une de ses caractéristiques. Si pour
bien des groupes zoologiques cette affirmation est exacte, elle ne l'est guère
en ce qui concerne les Scaritines, si on prend en considération leur origine
africaine. Bien sûr, de nombreux genres du continent ne sont pas représentés
à Madagascar ; mais si sur les huit tribus de Scaritinae africains quatre seu-
lement existent dans l’île, il faut noter que les quatre tribus manquantes ne
sont connues en Afrique que par un seul genre, souvent lui-même monospé-
- cifique. Par contre, on peut mentionner la pauvreté relative de la représenta-
jion malgache des Clivinini et, dans une mesure moindre, des Dyschiriini,
4. ORIGINE
Les Scaritinae ne se prêtent guère à une dissémination passive. La meilleure
preuve en est leur absence ou leur grande pauvreté dans les îles isolées, d’origine
océanique et n’ayant jamais été rattachées à un continent ; on pourrait en citer
de multiples exemples. Seule une propagation active, par voie de migration
et d'occupation progressive de nouvelles stations assure aux représentants de
ce groupe une large répartition. Puisque l’origine africaine du peuplement
scaritinien de Madagascar est bien établie, les différents éléments qui le com-
posent n’ont pu s'installer dans l’île qu’à une époque où elle était rattachée
au continent noir.
Cette époque de la séparation de Madagascar et de l'Afrique a donné
lieu à de nombreuses controverses. De même, le fait de savoir si cette ségré-
gation a été définitive ou si au contraire l’île fut par la suite de nouveau réunie
au continent par des liaisons plus ou moins précaires. Il semble actuellement
certain, et la plupart des auteurs sont maintenant d’accord sur ce point, que
Madagascar a été réuni à Afrique pendant tout le Primaire et la plus grande
partie du Secondaire, vraisemblablement jusqu’au Crétacé supérieur, et qne
son isolement pendant le Tertiaire a été quasi total. Certains auteurs, cependaut
situent la séparation au début du Tertiaire, tandis que d’autres admettent des
liaisons provisoires pendant cette dernière période, soit par d’étroites bandes
de terres immergées, soit par une série d’ilots séparés par des chen aux aisément
franchissables. Le caractère négatif des lacunes dans les séries sédimentaaires
marines montre que ces communications terrestres, si elles ont existé, n’ont
pu avoir lieu que pendant l'Eocène supérieur et le Miocène supérieur, et avec
la côte orientale d'Afrique, au niveau du Mozambique et non avec l'Afrique
du Sud. À moins d’avoir été très précaires, il semble que si elles avaient eu
lieu, elles auraient amené uue profonde modification de la faune malgache.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 299
Quoiqu'il en soit, c’est le rattachement de l’île à l'Afrique pendant le
Secondaire, et plus particulièrement pendant le Crétacé, qui nous intéresse
spécialement, puisque à cette époque les Carabides primitifs de l'Afrique étaient
déjà fortement diversifiés et présentaient la plupart des sous-familles et des
tribus existant de nos jours, et même de nombreux genres. C’est à cette époque
qu’a eu lieu le peuplement de la Grande Ile par la majorité des groupes de cette
famille, et notamment par la plupart des Scaritiens.
Frappé par les étroites et nombreuses affinités entre les faunes entomo-
logiques de l'Afrique du Sud et de Madagascar, R. JEANNEL a suggéré l’exis-
tence, pendant le Crétacé, d’une masse continentale groupant le massif monta-
gneux sud-africain (Province du Cap, Natal, Transvaal) et la Grande Ile. Et
en fait, l’origine sudafricaine du peuplement ancien de Madagascar ne laisse
guère de doutes et confirme très sérieusement cette théorie ; la « Sudamadie »
de JEANNEL semble bien être une réalité. En ce qui concerne la sous-famille
qui nous occupe ici, cette origine sudamadienne paraît très vraisemblable
bien qu’elle ne soit pas aussi évidente que pour d’autres groupes.
Comme nous l'avons vu plus haut, la presque totalité des Scaritines de
l'île sont des endémiques, avec une forte proportion de mégaendémiques et de
paléoendémiques. Ces lignées précrétacées, venues probablement d'Afrique du
Sud, ont été isolées depuis cette période et ont évolué indépendamment de leurs
ancêtres restés sur le continent, tout en présentant souvent un certain parallé-
lisme. Mais nous constatons fréquemment une évolution particulière, amenant,
chez les Scaritini notamment, l'apparition de deux phylums bien spéciaux
que j'ai isolés dans les sous-tribus des Dyscherina et des Storthodontina. Pour
d’autres lignées, nous observons un phénomène fort intéressant, ressortant
certainement de préadaptations datant d'avant leur migration dans l’île ;
c’est ainsi que les Typhloscaris d’une part, les Antireicheia et Afroreicheia
d’autre part, n'étaient certainement pas des lignées orophiles à l’origine, mais
largement répandues aux basses et moyennes altitudes ; pour des raisons cli-
matiques ou autres, on les trouve maintenant refugiées sur les montagnes de
chaque côté du Canal de Mozambique.
D'autre part, les migrants africains post-secondaires sont assez rares.
Si certains d’entre eux, comme Scarites madagascariensis et les deux Clivina
afro-malgaches sont des acquisitions récentes, la plupart des néoendémiques
ont passé dans l’île vraisemblablement peu après l'isolement de celle-là.
5. APTÉRISME
Plusieurs auteurs, et notamment DARLINGTON (1943, 1971), ont insisté sur
la forte tendance à l’aptérisme chez les Carabides des hautes montagnes et des
îles isolées. Ce phénomène se présente également chez les Scaritinae de Mada-
gascar, mais il n’offre qu’un intérêt relatif chez ce groupe dont les représentants
sont souvent aptères même dans d’autres régions. Néanmoins, nous constatons
que tous les paléoendémiques de l’île sont aptères, à l'exception du seul Sca-
riles liostracus. Chez les néoendémiques, par contre, les ailes sont toujours
présentes (Distichus perriert et D. mediocris, Scarites madagascariensis). Cet
aptérisme est plus significatif chez les Clivinini, où nous voyons que toutes les
espèces malgaches sont ailées, à l’exception des représentant des trois genres
que j'ai considérés comme des paléoendémiques : Brachypelus, Antireicheia et
Source : MNHN, Paris
300 P. BASILEWSKY
Afroreicheia. Enfin, chez les Dyschiriini et les Salcediini, dont le néoendémisme
est assez général, nous ne trouvons que deux espèces aptères (Dyschirius
opistholius et D. mülloti), la dernière étant orophile et propre à l’Ankaratra.
6. L'ENVIRONNEMENT INSULAIRE DE MADAGASCAR
Pendant longtemps toute la partie occidentale de l'Océan Indien fut consi-
dérée comme faisant partie d’une zone géographique bien distincte, reste de
l’ancienne Lémurie de SCLATER, et appelée communément : la région malgache.
Mais des travaux plus récents, et particulièrement ceux de J. Mirror (1952,
1953) et de R. PauLrAN (1961) ont montré que la délimitation de cette région
ressortait plus des données de la géographie physique que de l'analyse biolo-
gique. Il est maintenant bien établi que tant les Mascareignes que les Séchelles
n’ont jamais été réunies à Madagascar, du moins à une époque où une telle
liaison aurait pu avoir un impact quelconque sur leur population. Les flots
situés entre la Grande Ile et les Séchelles (Farquhar, Aldabra, Coëtivy, Ami-
rantes, Agalega, etc.) sont des atolls coralliens d’origine récente. Quant à
l’archipel des Comores, dont la situation à mi-chemin entre le nord de Mada-
-gascar et la côte orientale d’Afrique est particulièrement intéressante, pou-
vant suggérer les restes d’une liaison entre ces deux régions, R. PAULIAN
(1965) a établi clairement qu'il s’agissait d'îles d’origine volcanique, peu an-
ciennes, ayant reçu au moins l'essentiel de sa faune à une période très récente,
tant d'Afrique que de Madagascar, auquel sont venus s'ajouter des éléments
introduits au cours des deux derniers millénaires.
Comme je l’ai déjà dit, les îles d’origine volcanique sont toujours fort
pauvres en Scaritines, et celles environnant Madagascar ne font pas exception
à cette règle ; leur faune scaritinienne contraste considérablement avec celle
de la Grande Ile qui, rappelons-le, comporte 122 espèces, dont 113 endémiques.
Nous connaissons six espèces de l’archipel des Comores, dont une (Cli-
vina madagascariensis) est largement répandue en Afrique et à Madagascar,
deux (Scarites madagascariensis et Dyschirius madagascariensis) sont fréquentes
également à Madagascar, une autre (Halocoryza maindroni) estrépandue en Soma-
lie, dans les îles de la mer Rouge, à Madagascar, à Maurice et à la Réunion, et
deux seulement sont endémiques (Scarites inaequalis et S. comoricus), la pre-
mière ayant des affinités africaines certaines, la seconde très spéciale et morpho-
logiquement bien isolée. Notons que si le genre Scarites est représenté dans
l'archipel par trois espèces, elles ne semblent pas y cohabiter et ne sont connues
que d’une seule île chacune : madagascariensis de Mohéli, inaequalis de la Grande
Comore, et comoricus de Mayotte.
A l’île Maurice, on ne connaît qu’un seul Scaritine, Halocoryza maindroni,
espèce ayant une répartition très particulière ; en effet, cette espèce se rencontre
également en Somalie (Djibouti), à Madagascar, dans les îles de la mer Rouge
(I. Perim et I. Kamaran), à la Réunion et aux Comores (I. Pamanzi et Mohéli) ;
on la trouve toujours à proximité du rivage, souvent sous des plantes marines
desséchées. La dispersion du genre est d’ailleurs également assez exceptionnelle,
puisqu'on en connaît une espèce au Mexique et une autre à Puerto-Rico et à
Saint-Domingue.
À la Réunion, où pourtant les Carabides ont été bien recherchés, on n’a
trouvé jusqu’à présent que le même Holocoryza maindroni. Scarites madagas-
Source
: MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 301
cariensis en a été signalé sous le nom de S. lantzi, mais c’est là certainement
une indication erronée.
Aux Séchelles enfin, on connait que deux Scaritiens : Lophocoryza sechel-
lensis, découvert par A. PEvrrERAS à l’île Praslin, et retrouvé par le même natu-
raliste tout dernièrement dans l’ouest de Madagascar, et Scarites madagasca-
riensis recueilli dans la même île, où il a été probablement introduit accidentel-
lement. Quant aux divers atolls coralliens, ils sont dépourvus de tout Scaritine.
On peut donc constater qu’à l'exception des Comores, aucune des îles
n’héberge d’endémiques.
7. RÉPARTITION DANS L'ÎLE
Ainsi que l'ont établi les botanistes, et plus particulièrement H. PERRIER
DE LA BÂtuie (1936) et H. Humgerr (1955), Madagascar se divise en plusieurs
domaines assez distincts, basés sur la végétation, la nature du sol et les climats
locaux ; chacun d’entre eux se subdivise généralement en régions ou secteurs.
Ces divisions ont été acceptées dans leurs grandes lignes et resteront la base
de toutes les études phytogéographiques de l’île. En ce qui concerne la faune,
de semblables limites sont incomparablement plus difficiles à établir, ainsi
que l’a montré R. PAULrAN, ne fût-ce que par suite de sa richesse bien plus
considérable et sa mobilité plus grande. Cependant, la plupart des Zoologistes
ont adopté ces divisions, tout en y apportant quelques modifications, notam-
ment en introduisant un domaine du Nord pour la région septentrionale de
l’île, que les botanistes avaient incorporée dans celui de l'Ouest. Comme l’a
fait remarquer R. JEANNEL, on ne peut pas dire que les espèces d’Insectes
soient réparties dans ces domaines avec la mème rigueur que la flore, mais
on trouve cependant des différences très nettes dans le peuplement de l'Est
et de l'Ouest. C’est donc dans le cadre des domaines floristiques qu’il conviendra
d’examiner la répartition des espèces plutôt qu’en prenant simplement en
considération la latitude.
Pour autant qu’il m'a été possible d’en juger par mes recherches sur les
Carabides malgaches, et notamment sur les Scaritines, cette division en domaines
me paraît subjective, dans certains cas même arbitraire, si on veut l’appliquer
sans discernement à la plupart des groupes zoologiques, et pour beaucoup de
ces derniers la station joue souvent un rôle plus considérable que la région.
Il faut surtout retenir que Madagascar se partage en deux grandes zones :
l’occidentale (ou sous le vent), groupant l'Ouest et le Sud-Ouest, caractérisée
par des alizés presque complètement privés d’humidité et jouissant d’un
climat du type tropical sec, et la zone orientale (ou du vent), avecl’Est, le
Centre et les hautes montagnes, soumise à l’influence des alizés humides. Le
Sambirano semblerait devoir se rattacher à la zone orientale, malgré sa position
géographique, par suite essentiellement du relief avoisinant qui lui donne un
climat chaud et humide,
Il me semble que d’autres divisions devront être établies pour la réparti-
tion de la faune malgache que celles utilisés pour sa flore, mais il faudra attendre
que le peuplement zoologique de l’île soit mieux connu qu'il ne l’est actuelle-
ment, et surtout les composantes faunistiques mieux analysées et plus cor-
rectement interprétées. J'ai donc adopté dans les pages précédentes les domaines
tels qu'ils sont généralement acceptés par les zoalogistes et tels qu'ils sont
Source : MNHN, Paris
302 P. BASILEWSKY
représentés sur la carte ci-jointe (fig. 132), utilisée récemment par le Dr. K.V.
Kromeeix, de l’U.S. National Museum de Washington, qui a bien voulu
m'autoriser à la reproduire ici, ce dont je lui suis très reconnaissant. Les limites
entre ces différents domaines sont généralement progressives et graduelles ;
elles sont particulièrement difficiles à établir entre celui de l'Est et celui du
Centre et il est d’ailleurs possible que la notion de ce dernier ne puisse être
retenue et doive être remplacée par une extension de celui de l'Est, avec la
présence d’un type assez particulier de forêts ; de même entre les domaines
de l’Ouest et du Centre d’une part, de l'Ouest et du Sud d’autre part, on observe
des transitions très étendues mais aussi des affinités incontestables. Par contre,
les frontières entre le domaine du Sud et celui de l'Est paraissent bien marquées.
Les hautes montagnes enfin, constituent un domaine bien à part et très carac-
térisé, surtout leurs zones herbeuses culminales.
La distribution des Scaritines dans l’île est fort intéressante, mais je
pense qu’il serait prématuré d’en tirer des conclusions car toutes les régions
n’ont pas été explorées de la même façon ; les découvertes faites ces dernières
années montrent que bien des lacunes restent encore à combler. Mais on peut
constater le nombre relativement peu élevé d’espèces ayant une large distri-
bution et recouvrant plus ou moins toute la surface de l’île ; le faible pour-
centage d’espèces ailées a certainement son importance dans cet état de choses.
Ensuite, de très nombreuses formes se rencontrent dans deux ou trois domai-
nes différents, ce qui confirme la subjectivité de la constitution de ces derniers ;
on pourra observer ce fait en comparant les composantes des listes qui vont
suivre, listes dans lesquelles j’ai marqué d’un astérisque les espèces qui, d’après
nos connaissances actuelles, ne sont connues que d’un seul domaine.
A. ESPÈCES AYANT UNE LARGE RÉPARTITION DANS L'ÎLE :
Scarites madagascariensis
Coryza globithorax
Lophocoryza vadoni
Cribrodyschirius gibbicollis
Salcedia perrieri,
ainsi que deux espèces existant aussi en Afrique :
Clivina rugiceps
C. madagascariensis.
Il faut y ajouter aussi :
Distichus perrieri
D. mediocris
Clivina simplicifrons,
largement répandues dans la partie occidentale, mais absentes dans la partie
orientale,
Toutes ces espèces sont ailées et généralement rares ou absentes dans le
domaine du Centre. Ce sont toutes des microendémiques et des néoendémiques.
Source
: MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 303
B. DOMAINE DU NORD.
Peu d’espèces sont propres à ce domaine :
*Mecynoscaris longulus
*M. ambreanus
*Dyscherus sicardi
*Storthodontus impressifrons
*Crepidopterus descarpentriesi
*Pilades coquereli camuseti
*P. coquereli goliath
*P. coquereli pauliani (propre à Nosy Mitsio).
On peut y ajouter :
Dinoscaris rostratus, qui existe aussi dans le Sambirano, et trois es-
pèces dont l'habitat s'étend également dans la partie septentrionale du
domaine de l'Est :
Scarites biangulatus
Madascaris enoplus
Pilades ferus.
La Montagne d’Ambre ne possède pas de faune orophile à proprement
parler, et les deux Mecynoscaris lui sont endémiques.
G. DOMAINE DU SAMBIRANO.
Encore plus pauvre que le précédent et aucune espèce ne lui est particu-
lière à l'exception de deux sous-espèces de Pilades coquereli : P.c. coquereli à
Nosy Be et à Nosy Komba, et P.c. amplipennis à Nosy Berafa dans l'archipel
des Radama.
On y trouve aussi Dinoscaris rostratus, que l’on rencontre également dans
le domaine du Nord, et Clivina mocquerysi, espèce fréquente du domaine de
l'Est, surtout au nord de la baie d’Antongil.
D. DomaINE DE L’Esr.
C’est dans ce domaine, qui s'étend presque du nord au sud de l’île, que les
Scaritines sont les plus nombreux. Aucune espèce ne s’y retrouve dans toute
son étendue et il faut subdiviser le domaine en trois secteurs. De nombreuses
espèces se rencontrent aussi dans les domaines voisins.
Secreur pu Norp-Esr, de Vohémar au nord de la baie d’Antongil :
Scariles biangulatus
*Dinoscaris atrox vadoni
Pilades ferus.
SECTEUR DE LA BAIE D'ANTONGIL, du nord de cette baie jusqu’à la Mana-
nara, parfois même encore plus au sud :
Madascaris enoplus
Source : MNHN, Paris
304
P. BASILEWSKY
*Dyscherus mocquerysi
D. costatus
Tapinoscaris chaudoiri
T. raffrayi
*Storthodontus reticulatus
*S,. elegans
*S. bresseti
*S. aegeon
*S. mathiauxi
Clivina mocquerysi
*Brachypelus obesus
*Dyschirius vadoni
*Cribrodyschirius mocquerysi
SECTEUR pu CENTRE ET DU Sup.
Typhloscaris insularis
Dyscaris mordaz
Prodyscherus rapax
P. androyanus
P. praelongus
*P. sexiessetosus
P. alluaudi
*P. curtipennis
*Dyscherus viettei
D. costatus
D. subgranulatus
D. storthodontoides
Dyscherinus pseudomodus
*D. vadoni
*Paradyscherus peyrierasi
Tapinoscaris rugulicollis
T. raffrayi
*T. carnoti
*Dinoscaris detriei corniculatus
D. sicardi
D. atrox
Storthodontus diastictus
*S. ambreanus
*S. nimrod
Crepidopterus decorsei
C. seyrigi
C. pipitzi
C. goudoti
*Brachypelus minor
*Afroreicheia bonsae
SECTEUR DE L’EXTRÊME SUD :
Prodyscherus mandibularis
*P. granulatus
*P. australis
Source
: MNHN, Paris
CARABIDAE SCGARITINAE 305
*Dinoscaris detriei
*Afroreicheia franzi
ÆE. DOMAINE DU CENTRE.
SecrEurR DU CENTRE-Nonp :
*Madascaris octocostatus
SECTEUR DU CENTRE MOYEN :
Dyscaris mordax
*Prodyscherus rugatus
*P. externus
Dyscherus subgranulatus
D. costatus
Dyscherinus pseudomodus
*Paradyscherus jeanneli
Tapinoscaris chaudoiri
T. rugulicollis
T. raffrayi
T. tricostis
*Dinoscaris cribripennis
*D, venalor
D. sicardi
D. atrox
Storthodontus diastictus
Crepidoplerus pipitzi
C. goudoti
Secreur Du CENTRE-SUp :
Typhloscaris insularis
Dyscaris seyrigi
Prodyscherus pseudomandibularis
P. rapax
*P. grandidieri
*P. decaryi
P. praelongus
Dyscherus storthodontoides
F. DOMAINE DE L'Ouesr.
Secreur pu NorD-OUuESsT ET DE L'OUEST-MOYEN :
*Scariles fairmairei
*Dyscaris striolifrons
*Storthodontus peyrierasi
*Crepidopterus sublevipennis
*C. sublevis
*Pilades sakalava
*Clivina simplicifrons
Source : MNHN, Paris
306 P. BASILEWSKY
Lophocoryza sechellensis
Halocoryza maindroni
SecTEUR Du SuD-OuEsT :
Dyscaris seyrigi
Prodyscherus pluto
*P. ovalus
P. nigrila
P. pseudomandibularis
Storthodontus decorsei
*Pilades seyrigi
*Clivina simplicifrons
C. seyrigi
*C. ampandrandavae
Dyschirius madagascariensis
G. DOMAINE Du Sup.
*Scariles liostracus
Prodyscherus pluto
P. nigrita
P. mandibularis
P. pseudomandibularis
P. androyanus
*Tapinoscaris rugatulus
Crepidopterus decorsei
GC. pipitzi
*C. cordipennis
*C. geayi
*C. meridionalis
Clivina seyrigi
Dyschirius madagascariensis
H: DOMAINE DES HAUTES MONTAGNES (fig. 131).
Ce domaine est constitué par cinq massifs montagneux culminant au-
dessus de 2000 m et formant des ilôts correspondants aux plus hautes altitudes
de l’île. Les forêts entourant ces massifs comportent souvent une faune parti-
culière, mais pas nécessairement orophile ; cette dernière se rencontre surtout
dans les zones herbeuses du sommet.
Aucune espèce montagnarde africaine ne se retrouve sur les sommets
malgaches, bien que des genres comme Typhloscaris, Antireicheia et Afro-
reicheia comportent des espèces orophiles aussi bien en Afrique qu'à Mada-
gascar, D'autre part, aucune forme n’est connue simultanément sur deux ou
plusieurs hautes montagnes de l’île.
Ces dernières années, des prospections approfondies de certains de ces
massifs nous ont fait connaître des espèces particulièrement intéressantes
et il est probable que l'avenir nous réserve encore bien des découvertes.
Source : MNHN,
Paris
CARABIDAE SCARITINAE 307
F1. 131, — Les grands massifs montagneux de Madagascar. 1, Tsaratanana.
2, Marojejy. 3, Ankaratra. 4, Andringitra. 5, Chaines anosyennes et Andohahelo.
Aucun Scaritine n’a été recueilli sur le Tsaratanana, le massif le plus
élevé et le plus puissant de l’île, pas plus que sur le Marojejy ; il est cependant
vraisemblable qu’on en découvrira quand des recherches plus méthodiques
y auront été effectuées. Ainsi que je l’ai déjà mentionné lors d’une étude des
Anchomeninae du Tsaratanana, il semblerait bien que seules des récoltes de
Carabides arboricoles et herbicoles ont été faites d’une façon assez poussée,
au détriment de la faune lapidicole et terricole.
Du massif de l’Ankaratra, qui semble pourtant propice à héberger des
Scaritines orophiles, on ne connait jusqu’à présent que deux espèces : Dyscherus
subgranulatus et Dyschirius milloti ; cette pauvreté n’est probablement qu'appa-
Source
: MNHN, Paris
308 P. BasiLEWSKY
rente et due également à un manque de recherches appropriées. On y rencontre
aussi, à de plus basses altitudes, Prodyscherus rugatus et Dinoscaris cribri-
pennis, espèces caractéristiques du centre de l’île.
L’Andringitra a été récemment exploré par une mission du CNRS (RCP
225) (1970-71) qui a ajouté de nouveaux matériaux à ceux qui avaient déjà
été découverts par J. DEscaRPENTRIES et R. PauLran. Neuf espèces orophiles
sont connues actuellement de ce massif :
Typhloscaris andringitrae
Paradyscherus blanci
Tapinoscaris razananae
T. descarpentriesi
Anlireicheia pauliani
A. antsifotrae
A. gracilis
A. grandis
Afroreicheia elongata.
En outre, on y a trouvé aussi Prodyscherus rapax, P. externus et Dyscherus
storthodontoides, espèces également répandues dans les régions avoisinantes.
Le massif de l’Andohahelo et les chaînes anosyennes ont été prospectées
par R. Pauzran en 1954 et par une mission du CNRS (RCP 225) (1971-72).
Ces montagnes hébergent également une série de Scaritines orophiles :
Typhloscaris descarpentriesi
Prodyscherus meridionalis
P. anosyensis
Prodyscherodes pauliani
Dyscherinus pauliani
Dinoscaris detriei corniculatus
Anlireicheia peyrierasi
À. descarpentriesi.
Source :
MNHN, Paris|
Cap d'Ambre
MADAG ASCAR
Madagascar Centre
NN Madagascar Nord
IN Madagascar Sambirano /! Madagascar Ouest :
HE Modogorcar Est BH Madagascar Sud
û so 100 CCR)
a —
Maiunga
Morondava/ii
Cap Ste. Marie
Fi. 132. — Les domaines zoogéographiques de Madagascar (en partie
d’après HuMBERT, 1955). =
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 309
LISTE SYSTEMATIQUE ET SYNONYMIQUE DES SCARITINAE
DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES
I. Trib, SCARITINI
À. Subtrib. Scaritina
1. Gen. Distichus Motschulsky
perrieri (Fairmaire)
mediocris (Fairmaire)
2. Gen. Scarites Fabricius
(Scallophorites Motschulsky)
(Scaritolius Fairmaire)
madagascariensis Dejean
(laciturnus Chaudoir)
(anguliceps Fairmaire)
lantzi Alluaud)
sechellensis Jeannel)
inaequalis Fairmaire
biangulalus Fairmaire
fairmairei Bänninger
(politus Fairmaire)
liostracus Allaud
comoricus Alluaud
3. Gen. Typhloscaris Kuntzen
(Oroscaris Bänninger)
insularis (Bänninger)
andringitrae Basilewsky
descarpentriesi Basilewsky
4. Gen. Dyscaris Bänninger
mordax (Fairmaire)
seyrigi (Bänninger)
(tripunctatus Jeannel)
striolifrons (Fairmaire)
(pluto Brancsik)
decorsei Jeannel
ssp. latipennis Jeannel
5. Gen. Madascaris Bänninger
enoplus (Alluaud)
octocostalus (Bänninger)
6. Gen. Mecynoscaris Alluaud
tongulus (Fairmaire)
ambreanus Bänninger
7. Gen. Prodyscherus Jeannel
pluio (Künckel)
(ovulipennis Fairmaire)
ovatus (Bänninger)
nigrila (Bänninger)
rugalus (Bänninger)
mandibularis (Fairmaire)
pseudomandibularis (Bänninger)
rapax (Fairmaire)
androyanus Jeannel
grandidieri Jeannel
meridionalis Jeannel
decaryi Jeannel
anosyensis Basilewsky.
Madagascar Nord, Ouest, Sud
Madagascar Ouest, Est, Sud
Madagascar, Séchelles, Comores, ?
Réunion
Grande Comore
Madagascar Nord, Est
Madagascar Ouest
Madagascar Sud
Comores : Mayotte
Madagascar Est, Centre
Madagascar Centre
Madagascar Est
Madagascar Centre, Est
Madagascar Centre, Ouest
Madagascar Ouest
Madagascar Sud
Madagascar Ouest
Madagascar Nord, Est
Madagascar Centre
Madagascar Nord
Madagascar Nord
Madagascar Est, Ouest, Sud
Madagascar Ouest
Madagascar Ouest, Sud
Madagascar Centre
Madagascar Est, Sud
Madagascar Centre, Ouest, Sud
Madagascar Est, Centre
Madagascar Centre, Sud
Madagascar Centre
Madagascar Est
Madagascar Centre
Madagascar Est
20
Source : MNHN, Paris
310
10.
11.
12.
13.
P. BASILEWSKY
praelongus (Fairmaire)
(major Alluaud)
externus (Fairmaire)
australis Jeannel
sexiesselosus Jeannel
(strictipennis Jeannel)
alluaudi (Bänninger)
curtipennis (Fairmaire)
granulatus Jeannel
. Gen. Prodyscherodes Jeannel
pauliani Jeannel
Madagascar Est, Centre
Madagascar Centre
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
B. Subtrib. Dyscherina
. Gen. Dyscherus Chaudoir
mocquerysi Bänninger
sicardi Jeannel
(humeralis Jeannel)
viettei Basilewsky
costatus (Klug)
(multicostatus Fairmaire)
(macrocephalus Jeannel)
subgranulatus Basilewsky
storthodontoides Bänninger
Gen. Dyscherinus Jeannel
pauliani Jeannel
Pseudomodus (Bänninger)
vadoni BasileWsky
Gen. Paradyscherus Basilewsky
blanci Basilewsky
jeanneli Basilewsky
peyrierasi Basilewsky
Madagascar Est
Madagascar Nord
Madagascar Est
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est
Madagascar Centre
Madagascar Centre
Madagascar Est
C. Subtrib. Storthodontina
Gen. Tapinoscaris Jeannel
chaudoiri (Harold)
(depressus Künckel)
{mediozymus Fairmaire)
rugulicollis (Fairmaire)
raffrayi (Fairmaire)
(iricostis Künckel)
(succinicola Jeannel)
rugalulus Jeannel
tricostis (Fairmaire)
razananae (Alluaud)
ssp. anjavidilavae Basilewsky
carnoti (Alluaud)
descarpentriesi Basilewsky
variolosus (Alluaud)
Gen. Dinoscaris Alluaud
rostratus (Fairmaire)
gallienii (Alluaud)
detriei (Alluaud)
ssp. corniculatus Basilewsky
cribripennis (Chaudoir)
(amputator Chaudoir)
venator (Chaudoir)
(nimrod Künckel)
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est, Centre
Madagascar Sud
Madagascar Est, Centre
Madagascar Centre
Madagascar Centre
Madagascar Est
Madagascar Centre
«Madagascar » |
Madagascar Nord, Sambirano
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Centre
Madagascar Centre
Source : MNHN, Paris
14.
15;
16.
A7:
CARABIDAE SCARITINAE 311
(tenuepunctatus Fairmaire)
sicardi (Jeannel)
atrox (Bänninger)
Sallei Jeannel)
oblusus Jeannel)
ssp. vadoni Jeannel
Gen. Storthodontus Chaudoir
malhiauxi Jeannel
reticulatus Basilewsky
diastictus Alluaud
(Platypterus Jeannel)
(suggrundatus Basilewsky)
elegans Jeannel
ambreanus Boileau
impressifrons (Fairmaire)
boileaui Alluaud
peyrierasi Basilewsky
bresseli Boileau
(decaryi Jeannel)
aegeon Chaudoir
(manticoroides Jeannel)
nimrod Chaudoir
(actaeon Chaudoir)
Gen. Grepidopterus Chaudoir
decorsei (Fairmaire)
(ferox Jeannel)
(cyclopterus Jéannel)
seyrigi (Alluaud)
pipizi Fairmaire
morosus Bänninger
cordipennis Fairmaire
geayi Jennel
ssp. reductus Basilewsky
meridionalis Basilewsky
descarpentriesi Basilewsky
sublevipennis (Alluaud)
sublevis Jeannel
goudoti (Guérin)
(cephalotes Klug)
(icki Fairmaire)
arrowi Bänninger
Gen. Pilades Heyne et Taschenberg
(Selenoscaris Jeannel)
coquereli (Fairmaire)
Ssp. amplipennis (Bänninger)
ssp. pauliani Basilewsky
ssp. camuseti (Boileaui)
(revipennis Fairmaire)
Ssp. goliath (Alluaud)
(meloui Alluaud)
sakalava (Alluaud)
ferus (Tschitschérine)
(lunicollis Fairmaire)
seyrigi (Jeannel)
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est, Centre
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Nord
Madagascar Est
Madagascar Ouest
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est, Ouest, Sud
Madagascar Est, Ouest
Madagascar Est, Centre, Sud
Madagascar Centre (?)
Madagascar Sud
Madagascar Sud
Madagascar Sud
Madagascar Sud
Madagascar Nord
Madagascar Ouest
Madagascar Ouest
Madagascar Centre
«Madagascar »
Madagascar Sambirano
Madagascar Sambirano
Madagascar Nord
Madagascar Nord
Madagascar Nord
Madagascar Ouest
Madagascar Nord, Est
Madagascar Ouest
IT. Trib. CLIVININI
Gen. Clivina Latreille
(Eupalamus Schmidt-Goebel)
rugiceps Klug
Afrique centr. et orient., Madagascar
Source : MNHN, Paris
312 P. BasILEWSKY
simplicifrons Fairmaire Madagascar Ouest
(madagascariensis Jeannel)
madagascariensis Putzeys Afrique, Madagascar, Comores
(natalensis Putzeys)
(concinna Péringuey)
(cognata Péringuey)
(pallitibia Fairmaire)
(alluaudi Kult)
mocquerysi Alluaud Madagascar Sambirano, Est
seyrigi Jeannel Madagascar Ouest, Sud
ampandrandavae Basilewsky Madagascar Centre
18. Gen. Coryza Putzeys
globithorax (Fairmaire) Madagascar Nord, Centre, Ouest, Sud
(carinata Vuillet)
Gekitra Alluaud)
19. Gen. Lophocoryza Alluaud
vadoni Alluaud Madagascar Est, Sud
sechellensis Basilewsky Madagascar Ouest, Séchelles
20. Gen. Halocoryza Alluaud
maindroni Alluaud Somalie, mer Rouge, Comores, Mau-
(araticeps Alluaud) rice, Réunion, Madagascar Ouest
Gjeanneli Vinson)
21. Gen. Brachypelus Putzeys
obesus Putzeys Madagascar Est
minor Alluaud Madagascar Est
22. Gen. Antireicheia Basilewsky
pauliani Jeannel Madagascar Centre
anisifotrae Basilewsky Madagascar Centre
peyrierasi Basilewsky Madagascar Est
descarpentriesi Basilewsky Madagascar Est
gracilis Jeannel Madagascar Centre
grandis Basilewsky Madagascar Centre
23. Gen. Afroreicheia Jeannel
bonsae Basilewsky Madagascar Est
elongala Jeannel Madagascar Centre
franzi Basilewsky Madagascar Sud
IT. Trib. DYSCHIRIINI
24. Gen. Dyschirius Bonelli
exaratus Putzeys Afrique, ? Madagascar
(apicesculptus Burgeon)
(arotus Alluaud)
opistholius Alluaud Madagascar Ouest
lambertoni Vuillet Madagascar Centre
vadoni Jeannel Madagascar Est
madagascariensis Ph. de Miré Madagascar Ouest, Sud, Comores
(zanzibaricus Jeannel)
milloti Jeannel Madagascar Centre
25. Gen. Cribrodyschirius Ph. de Miré
gibbicollis (Fairmaire) Madagascar Nord, Ouest, Est, Centre
mocquerysi (Jeannel) Madagascar Est
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 313
IV. Trib. SALCEDIINI
26. Gen. Salcedia Fairmaire
(Zelma Andrewes)
perrieri Fairmaire Madagascar Ouest, Centre, Est
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 315
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| Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
318 P. BASILEWSKY
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
320 P. BASILEWSKY
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Source : MNHN, Paris,
CARABIDAE SGARITINAE 321
INDEX ALPHABÉTIQUE
Les noms des nouveaux taxa décrits dans ce volume sont précédés d’un
astérisque (*). Les synonymes sont en ifalique.
actaeon, 186.
aegeon, 184.
Afroreicheia, 271.
alluaudi (Clivina), 236.
alluaudi (Prodyscherus), 96.
ambreanus (Mecynoscaris), 66.
ambreanus (Storthodontus), 175.
* ampandrandavae, 243.
amplipennis, 214.
amputator, 156.
andringitrae, 46.
androyanus, 85.
anjavidilavae, 142.
anguliceps, 28.
anosyensis, 89.
Antireicheia, 261.
antsifotrae, 266.
apicesculptus, 279.
araticeps, 253.
arotus, 279.
arrowi, 208.
atrox, 162,
australis, 94.
bekitra, 245.
biangulatus, 35.
blanci, 122.
boileaui, 178.
* bonsae, 272.
Brachypelus, 257.
bresseti, 182.
brevipennis, 217.
camuseti, 217.
carinata, 245.
carnoti, 143.
cephalotes, 206.
chaudoiri, 132.
Clivina, 228.
CLIVININI, 10, 225.
cognata, 236.
comoricus, 41.
concinna, 236.
coquereli, 212.
cordipennis, 199.
* CORINTASCARINI, 10, 11.
corniculatus, 154.
Coryza, 244.
costatus, 109.
Crepidopterus, 188.
cribripennis, 155.
Cribrodyschirius, 286.
curtipennis, 97.
cyclopterus, 191.
decaryi (Prodyscherus), 88.
decaryi (Storthodontus), 183.
decorsei (Crepidopterus), 191.
decorsei (Dyscaris), 57.
depressus, 133.
descarpentriesi (Antireicheia), 268.
* descarpentriesi (Crepidopterus), 203.
descarpentriesi (Tapinoscaris), 145.
descarpentriesi (Typhloscaris), 47.
detriei, 154.
diastictus, 171.
Dinoscaris, 148.
Distichus, 18.
Dyscaris, 49.
*DYSCHERINA, 16, 101.
Dyscherinus, 115!
Dyscherus, 102.
DYSCHIRIINI, 10, 276.
Dyschirius, 277.
elegans, 174.
elongata, 273.
enoplus, 59.
Eupalamus, 228.
exaratus, 279.
externus, 93.
fairmairei, 37.
* franzi, 274.
gallienii, 151.
geayi, 200.
gibbicollis, 287.
globithorax, 245.
goliath, 218.
goudoti, 206.
gracilis, 269.
grandidieri, 86.
grandis, 260,
granulatus, 99.
Halocoryza, 252.
humeralis, 105.
impressifrons, 177.
inaequalis, 35.
insularis, 44.
jeanneli (Halocoryza), 253.
* jeanneli (Paradyscherus), 123.
lantzi, 28.
lambertoni, 283.
latipennis, 58.
liostracus, 38.
Jlongulus, 64.
Lophocoryza, 248.
lunicollis, 220.
Source : MNHN, Paris
322 P. BASILEWSKY
macrocephalus, 109.
madagascariensis (Clivina), 286.
madagascariensis (Clivina), 235.
madagascariensis (Dyschirius), 284.
madagascariensis (Scarites), 27.
Madascaris, 58.
maindroni, 253.
major, 91.
mandibularis, 81.
manticoroides, 184.
mathiauxi, 169.
Mecynoscaris, 62.
mediocris, 21!
medioxymus, 133.
meloui, 218.
meridionalis (Crepidopterus), 202.
meridionalis (Prodyscherus), 87.
milloti, 286.
minor, 259.
mocquerysi (Clivina), 240.
mocquerysi (Cribrodyschirius), 290.
mocquerysi (Dyscherus), 105.
mordax, 51.
morosus, 198.
mullicostatus, 109.
natalensis, 236.
nigrita, 78.
nimrod (Dinoscaris), 157.
nimrod (Storthodontus), 186.
obesus, 258.
oblusus, 162.
* OCHYROPINI, 9, 10.
octocostatus, 61.
opistholius, 281.
Oroscaris, 43.
ovatus, 76.
ovulipennis, 74.
pallitibia, 236.
Paradyscherus, 121.
pauliani (Antireicheïa), 264.
pauliani (Dyscherinus), 116.
*pauliani (Pilades), 216.
pauliani (Prodyscherodes), 100.
perrieri (Distichus), 20. :
perrieri (Salcedia), 293.
peyrierasi (Antireicheia), 267.
* peyrierasi (Paradyscherus), 125.
* peyrierasi (Storthodontus), 179.
Pilades, 210.
pipitzi, 197.
plalypierus, 171.
Plulo (Dyscaris), 55.
pluto (Prodyscherus), 74.
politus, 37.
praelongus, 91.
Prodyscherodes, 99.
Prodyscherus, 67.
pseudomandibularis, 88.
pseudomodus, 118.
\MUSEUM
raffrayi, 136.
rapax, 84.
razananae, 140.
reductus, 201.
reticulatus, 170.
rostratus, 150.
rugatulus, 139.
rugatus, 80.
rugiceps, 231.
rugulicollis, 134.
sakalava, 219.
Salcedia, 291,
SALCEDIINI, 10, 290.
sallei, 162.
Scallophorites, 26.
Scarites, 23.
SCARITINA, 16.
SCARITINI, 11.
Scaritolius, 26.
sechellensis (Lophocoryza), 251.
sechellensis (Scarites), 28.
Selenoscaris, 210.
sexiessetosus, 95.
seyrigi (Clivina), 241.
seyrigi (Crepidopterus), 195.
seyrigi (Dyscaris), 53.
seyrigi (Pilades), 223. ;
sicardi (Dinoscaris), 160.
sicardi (Dyscherus), 105.
simplicifrons, 235.
STORTHODONTINA, 127.
storthodontoides, 114.
Storthodontus, 165.
strictipennis, 95.
striolifrons, 55.
subgranulatus, 113.
sublevipennis, 204.
sublevis, 206.
succinicola, 136.
suggrundatus, 171.
laciturnus, 28.
Tapinoscaris, 129.
tenuepunctatus, 157.
tricostis, 139.
tripunctalus, 53.
Typhloscaris, 43.
yadoni (Dinoscaris), 165.
* vadoni (Dyscherinus), 120.
vadoni Dyschirius), 283.
vadoni (Lophocoryza), 249.
variolosus, 147.
venator, 157.
vicki, 206.
* viettei, 107.
zanzibaricus, 287.
Zelma, 2
Source : MNHN, Paris}
cd
Imprimerie Marcel Bon - 70001 Vesoul
Dépôt légal : 1874-IV-73
Source : MNHN, Paris
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe
zoologique. L’ordre de publication est indépendant de l’ordre systémati-
que général.
Adresser toute la correspondance concernant la « Faune de Mada-
gascar » au Secrétaire de la « Faune » : P. Verre, 45 bis, rue de Buffon,
Paris (52), ou à :
En vente à la Librairie René Taomas
36, rue Geoffroy - Saint-Hilaire, Paris (5°),
Date de publication de ce volume : le 30 novembre 1973.
Fascicules publiés
F français
I. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.-C. Fraser, 1956 35 F
IT. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidae, Acraeidae,
PAR EPAUETAN SL ODOE ne de 40F
IIT. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Vrerre, 1956 . . 30F
IV: — Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. Breu-
NING DA re 70 F
V. — Mantodea, par R. PAuULrAN, 1957 30F
VI. — Coléoptères Anthicidae, par P. BoNADONA, 1957 ...… 40 F
VIT. — Hémiptères Enicocephalidae, par A. Vrzurers, 1958 30F
NII. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Griveaup, 1959 50F
IX. — Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. LAWRENCE,
RÉ ea ne 30F
X. — Poissons des eaux douces, par J. ArNouLr, 1959 . 60F
XI. — Insectes. Coléoptères Scarabaeïdae, Scarabaeina et
Onthophagini, par R. PaurraN: Helictopleurina,
PAT LABS, AIO re 50 F
XII. — Myriapodes. Chilopodes, par le Dr R.-F. LAWRENCE,
RO ton no Fe ne 50F
XII. — Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines,
DAT RP ADITANS O0 100 F
XIV. — Lépidoptères Eupterotidae et Attacidae, par P.
CREUSE 50 F
XV. — Aphaniptères, parle Dr Lumarer, 1962 50 F
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. CRoSNIER,
LOG 50F
XVII. — Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. GRIvEAUD,
: ARR ne a 50F
XVIII. — Crustacés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par
AS CROENTER ID 50F
Source : MNHN, Paris
10e
XX(1).
(2).
XxT.
XXII.
XXIIT.
XXIV.
XXV.
XXVI.
XXVIT.
XXVIIT.
XXIX.
XXX.
XXXI.
XXXII.
XXXIIT.
XXXIV.
XXXV,
36.
37:
FAUNE DE MADAGASCAR
Fascicules publiés (suite)
Insectes. Coléoptères Erotylidae, par H. Prixrpr,
OCDE ee
Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae
(DOrt) DA: VIEDTE, 1OBD Een.
Id. Amphipyrinae (part.) et Melicleptriinae, 1967 ...
Octocoralliaires, par A. Trxrer-DurivauLr, 1969 ...
Insectes. Diptères Culici
(CRIPBINE BG ee rm in ss
Insectes. Psocoptères, par À. BADONNEL, 1967......
Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P.ES.
WHazLey, 1967
Insectes. Hétéroptères Lygaeidae Blissinae, par J.A.
SHATERS | JO er en ie und nue
Insectes. Orthoptères Acridoidea (Pyrgomorphidae
et Acrididae), par V.M. Drrsu et M. Descamps, 1968
Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. PAULIAN
CPPEVTERTE LOBB ect
Insectes, Hémiptères Reduviidae (1e partie), par
ANT OLTERSS JOB nn rem e
Insectes. Lépidoptères Notodontidae, par S.G.
KTRAROPR ALI
Insectes /Dermaptères, par À. BriNpLe, 1969
Insectes: Lépidoptères Noctuidae Plusïinae, par C,
DORAV LOTO SES Rene er an nee
Arachnides. Araignées Archaeidae, par R. LEGEN-
DEAD AD tn ee ne ee
Reptiles. Sauriens Chamaeleonidae, le genre Chamae-
leo, par E.-R. Bry@oo, 1971
Insectes. Lépidoptères Lasiocampidae, par Y. 0
ÉATONQUIR PE OP ee ee cnrs
Oiseaux, par Ph. Miro, J.-J. PerreRr et G. RAN-
DRTANASOLO, LOTD ne der neue crc
Mammifères. Carnivores, par R. ArBienac, 1973
Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae, par P.
BASIDENSR VS LMD eee re or ee
F français
35F
50F
70F
H0E
120 F
70F
30F
30F
70F
60Fr
70
80Fr
40F
80 Fr
50F
120 F
120 F
180 F
150 F
150 F
Source : MNHN, Paris