FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
41
INSECTES COLÉOPTÈRES
Carabidae Scaritinae
ll. Biologie
par
André PEYRIERAS
Docteur de l’Université de Montpellier
Il. Supplément à la Systématique
par
Pierre BASILEWSKY
Membre honoraire de la Société entomologique de France
Musée Royal de l'Afrique centrale, Tervuren
ORSTOM CNRS
Sourcé : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Correspondant de l’Institut
Recteur de l’Académie de Bordeaux
(alors Directeur adjoint de l'IRSM)
Comité de patronage
Son Excellence M. le Dr Raxkoro RATSIMAMANGA, membre correspondant
de l'Institut, Paris. — M. le Ministre de l'Éducation nationale, Tananarive. —
M. le Président de l’Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Uni-
versité de Madagascar, Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l'Univer-
sité de Madagascar, Tananarive. — M. le Directeur général du CNRS, Paris.
— M. le Directeur général de l'ORSTOM, Paris.
M. le Professeur Dr J. Mirror, membre de l’Institut, fondateur et ancien
directeur de l’IRSM, Paris. — M. le Professeur R. Hem, membre de l’Institut,
Paris.
MM. les Professeurs J. Dorsr, membre de l’Institut, Paris; A. CHABAUD,
Paris; C. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, Paris; J. GUIBÉ, Paris; P. LEHMAN,
Paris ; J.-M. PÉRÈs, Marseille ; M. RAKkoTOMARIA, Tananarive.
Comité de rédaction : M. R. PauLIAN, Président ; MM. C. DELAMARE DEBOUT-
TEVILLE, P. DrAcH, P. GRIVEAUD, À. GRJEBINE, J.-J. PETTER, G. RAMANANT-
SOAVINA, P. ROEDERER, P. VIETTE (secrétaire).
Les volumes de la « Faune de Madagascar », honorés d’une subvention
de ia République Malgache, sont publiés avec ie concours financier du
Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Office de la Recherche
Scientifique et Technique Outre-Mer.
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
41
INSECTES COLÉOPTÈRES
Carabidae Scaritinae
Il. Biologie
par
André PEYRIERAS
Docteur de l'Université de Montpellier
Il. Supplément à la Systématique
par
Pierre BASILEWSKY
Membre honoraire de la Société entomologique de France
Musée Royal de l'Afrique centrale, Tervuren
ORSTOM CNRS
Paris |
1976 ÎF6
Bibliothèque Centrale Muséum
(MN
8SSDWE MNHN, Paris
INSECTES COLÉOPTÈRES
Carabidae Scaritinae
Biologie (*)
par
André PEYRIERAS
2
{*) Ce travail a été l'objet d’une thèse d'Université soutenue à Montpellierle 24 juin 1974.
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
INTRODUCTION RAR RE En R tbe nee DR bee de Ne 5
(CÉNÉRADITÉS ER EN APE Name an eme 7
(CHAPITRE I Méthodes de récolte du, matériel..." 13
CHAPITRE II : Répartition géographique et écoéthologie des genres de
Scarilinae à Madagasca: 16
Cuaprrre III : Étude de quelques cas de dimorphisme sexuel chez les
IS CANILITLORN AIR ACHES ART de ee NC 73
CHAPitTRE IV : Les ilots forestiers malgaches et leur relations avec le
gigantisme de quelques populations. ............................. 79
CuarirRE V : Étude des larves des Scarilini malgaches..…. 82
Cuarrrre VI : Étude d’une population de Dinoscaris cribripennis dans
JeBMASS ST ANRATATIA M ER PERTE EE PR LEE ee Come ele 117
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Source : MNHN, Paris
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INTRODUCTION
enu en 1954 dans une zone encore primitive du Nord-Est de Madagascar,
alors que rien ne me préparait aux recherches entomologiques, je me suis trouvé,
par hasard, plongé dans un monde étrange et merveilleux, au milieu d’une faune
et d’une flore luxuriante et variée où tout était pour moi énigmes et mystères.
J'ai eu alors la chance exceptionnelle de rencontrer un grand naturaliste qui,
peu à peu, a su, avec patience, guider mes premiers pas et ma passion naissante.
Jean Vapox (1904-1970), dont je tiens ici à rappeler la mémoire, fut ce
magicien prestigieux qui m'ouvrit les voies de la Science. Ami et maitre, il m'ini-
ia à l'étude des sciences naturelles et c’est notamment à lui que je dois mes pre-
mières découvertes entomologiques.
Ma vocation de naturaliste fut ensuite fortement encouragée par la rencontre,
chez le maitre de la baie d'Antongil, de plusieurs chercheurs, et surtout de J.
J. PErrer, grand spécialiste des Primates et protecteur de la Nature madécasse,
qui venait régulièrement lui rendre visite au cours de ses missions et que j'ai accom-
pagné lors de nombreuses tournées dans la forêt malgache.
C'est aussi grâce à J. VADoN que j'ai eu le privilège de connaitre les profes-
seurs PAULIAN et LEGENDRE, qui ont bien voulu me faire l'honneur de diriger
cette thèse. Je tiens à les remercier très vivement pour les encouragements et
l’aide qu’ils n’ont cessé de m'apporter pour la mise au point et la rédaction de ce
travail.
Je tiens aussi à exprimer ma gratitude aux autres membres du jury qui ont
bien voulu aussi me conseiller : MM. M. Emerrr, G. BouIx.
C’est en 1969 que j'ai commencé à me consacrer complètement à l’entomo-
logie de terrain. A cette époque, j'ai reçu une aide extrêmement précieuse de la
part de M. Rorperer, directeur du Centre ORSTOM de Tananarive, qui m'a
ouvert les portes de son Institut, puis de M. de BorssEzoN, son successeur à ce
poste. Tous les deux n’ont cessé de favoriser mes recherches et de m’encourager.
C'est grâce à eux que j'ai pu bénéficer par la suite de contacts fréquents avec
de nombreux chercheurs spécialisés et je leur en suis très reconnaissant.
En 1972, ayant obtenu un contrat avec la Coopération, M. le Professeur
Camus, Directeur général de l'ORSTOM, M. SÉverac, Secrétaire général, les
membres du Comité technique et son Président, M. le Professeur Hirru, ont bien
voulu accepter de me prendre en charge au Centre ORSTOM de Tananarive.
Grâce à eux, j'ai pu intensifier mes recherches dans de bonnes conditions et
je voudrais leur exprimer combien j'ai été sensible à cette aide et combien je leur
en suis redevable.
J'ai pu aussi bénéficier des conseils du grand spécialiste des Scarites, M. Bast-
Lewsky (Musée Royal de l'Afrique centrale, Tervuren), que je tiens à remercier
tout particulièrement pour son aide diligente et efficace.
Source : MNHN,
Paris
6 A. PEYRIERAS
J'exprime, enfin, mes remerciements à tous mes collègues de l'ORSTOM
et de la RGP 225 du CNRS qui, sur le terrain ou au laboratoire, m'ont aussi ami-
calement aidé et encouragé : P. Griveau», U. CAMMAS, J. L. GUILLAUME,
Ch. BLANG, Ph. Morar et D. LIINARES.
Je suis aussi très redevable à mes amis du Muséum national d'Histoire
naturelle, Paris : J.-J. Perrer, P. Vigrre, A. DESCARPENTRIES, J.-M. BErscu,
G. et M. Parier et A. SCHILLING, qui, à tout moment, m'ont apporté un sou-
tien précieux aussi bien dans nos missions communes que pour la mise au point
de ce manuscrit.
La réalisation de ces recherches a été possible grâce à l’aide permanente et
amicale du personnel du Service des Eaux et Forêts de la République Malgache,
et, en particulier, de son Directeur, M. RaMANANTsoAvINA, et du Directeur des
Réserves naturelles, M. ANDRIAMANPIANINA, qui ont toujours cherché à faciliter
mon travail. Je leur exprime ici ma profonde gratitude.
Source : MNHN, Paris
GÉNÉRALITÉS
Les premiers Scarilinae de Madagascar furent récoltés vers 1830 par J. Gou-
por. DEJEAN (1831) décrivit la première espèce sous le nom de Scarites mada-
gascariensis.
Ensuite, et jusqu’à la fin du xixe siècle, d’autres espèces furent successivement
décrites par GuéRIN-MÉNEVILLE (1832), KLUG (1833), Purzeys (de 1846 à 1868),
CHaupomr (de 1843 à 1862), FammaAIRE (de 1868 à 1905), HaroLD (1879), Kün-
cKEL D'HERGULAIS (1881) et TSCHITSCHÉRINE (1894).
Au cours du xx° siècle, Bozau (1902), Vuiucer (1910), BÂNNINGER (de
1933 à 1958) et, surtout, ArzuauD (de 1902 à 1941) décrivirent encore de nom-
breuses espèces nouvelles.
Cette étape (1830-1941) de la connaissance des Scarilinae de la Grande Ile
fut surtout l’époque des grandes collectes, où de nombreux naturalistes envoyèrent
vers les musées ou les riches collections particulières d'Europe de considérables
quantités d’Insectes de tous Ordres. C’est aussi la grande période des descriptions
d'espèces.
En 1946 et 1949 parait le monumental ouvrage de JEANNeL. Il y traite l’en-
semble des Scarilinae connus à cette date et décrit, à son tour, de nombreuses
nouvelles espèces. Il étudie surtout la structure très particulière du champ humé-
ral et y voit une évolution orthogénétique extrêmement importante, ne se ren-
contrant que chez une série de genres propres à la Grande Ile.
De 1949 à nos jours, BasiLewsky complète l'œuvre du grand maitre. Il
publie des descriptions de plusieurs genres et de nombreuses espèces, mais devant
l'abondance du matériel, il est vite amené à envisager un nouveau travail
d'ensemble. Ce magistral ouvrage verra le jour en 1973 (1973 b).
N'ayant pourtant jamais visité les différentes régions de la Grande Ile, il y
fait preuve d’une grande clairvoyance dans la définition des espèces. 122 espèces
et sous-espèces, réparties dans 26 genres et 4 tribus, sont étudiées dans cet impor-
tant mémoire, mais, comme on pourra le voir à la fin de ce volume, la richesse
de la faune malgache permet de découvrir encore des nouveautés, même dans les
groupes qui paraissent les mieux connus. Il en est d’ailleurs de même pour toutes
les faunes tropicales.
La systématique des Scarilinae malgaches est actuellement assez bien établie,
mais nos connaissances morphologiques sont encore insuffisamment précises
et, dans beaucoup de cas, les indications relatives à la répartition géographique
des espèces sont erronées.
A titre d’exemple je citerai quelques localisations inexactes que BASILEWSKY
ne pouvait pas rectifier, ne connaissant que le seul étiquetage des spécimens
étudiés.
Avec J. Vapon, nous avons envoyé en 1964 des chasseurs dans la sous-pré-
fecture de « Vondrozo » et les récoltes furent transmises au Muséum national
Source : MNHN, Paris
d'Histoire naturelle, à Paris, avec cette indication de localité. Ce n’est que bien
plus tard, lorsque j'ai visité cette station, que j'ai constaté que Vondrozo est
situé à environ 150 m d’altitude et éloigné d’au moins 20 km de la grande forêt,
que les récoltes de nos chasseurs avaient été faites à l'altitude de 600 à 800 m et
que leurs lieux de chasse étaient quelquefois éloignés de plus de 60 km de Von-
drozo. C’est ainsi que Paradyscherus peyrierasi, étiqueté « Vondrozo », vient en
réalité de la lisère de la forêt du Madiorano, sur le plateau central, près du village
de Maropaika et à 750 m d’altitude. Cette localité est située à quelque 70 km de
Vondrozo.
D'autres indications de provenances, surtout celles des récoltes des premiers
chasseurs, sont rarement exactes et même, quelquefois, ne correspondent pas au
domaine géographique où vit l'espèce. C’est le cas du Slorthodontus ambreanus,
étiqueté « Cap d’Ambre », et que l’on retrouve uniquement à Andevoranto, dans
la province de Tamatave.
D’autres stations sont impossibles à localiser. Isokitra, station des frères
Perror vers 1890, reste introuvable autour de Diégo-Suarez, et il faut descendre
dans les sous-préfectures de Vohemar, Sambava et même Antalaha pour retrou-
ver des échantillons correspondant à leurs captures.
De plus, beaucoup de collecteurs ont étiqueté les récoltes en n’indiquant que
le lieu de leur résidence : Tananarive, Antanambe, Ambositra, etc. C’est ainsi
que Tapinoscaris raffrayi, qui ne vit que dans les sables des forêts côtières de l'Est,
est étiqueté « forêt Antsianaka ».
En ce qui concerne les autres aspects de l'étude des Searilinae, nous ne pos-
sédions, lorsque j'ai entrepris ce travail, que peu d'informations sur l'habitat et
l'écologie de ces Insectes. Seules, trois larves avaient été décrites de façon impré-
cise par Coquerez (1862) et F. I. VAN EmDEex (1942). Aucun terrier n'avait été
décrit et fouillé, en dehors de quelques observations de FABRE (1879 à 1910), sur
les plages de Sète, en France. Les mœurs des Scarites étaient, jusqu'à mainte-
nant, à peu près inconnues.
Compte tenu de l'intérêt biologique des Scarites (association prolongée de la
mère et de ses jeunes larves), de leur importance écologique comme prédateurs,
de leurs particularités biogéographiques et morphologiques et de la haute origi-
nalité de la sous-famille à Madagascar, celle-ci méritait une étude détaillée.
Il s'agissait là d’un travail de longue haleine. Dans une première phase, en
combinant des prospections très étendues et en toutes saisons, et des observations
suivies sur une station particulièrement favorable, j'ai pu réunir une documen-
tation originale et dégager un certain nombre de grands traits de la biologie des
Scarilinae malgaches.
Ce travail a essentiellement porté sur la tribu des Scarilini. Mes observations
sur les trois autres tribus malgaches, d’ailleurs peu diversifiées dans l'Ile (Clivini,
Dyschiriini et Salcedüni), se limitent à des faits de répartition et d’éthologie géné-
rale.
Chez les Scarilini (présentés à Madagascar par seize genres formant les sous-
tribus des Scarilina, Dyscherina et Storthodontina), j'ai pu étudier les problèmes
suivants
Répartition géographique et écologique de toutes les espèces ;
Étude du dimorphisme sexuel de quelques-unes d’entre elles ;
Étude du gigantisme apparaissant au sein d’une espèce ;
Étude des formes larvaires de quatorze des seize genres connus.
Source : MNHN, Paris
RITINAE 9
CARABIDAE
Soucieux de mieux analyser la place des Scarilinae dans l'équilibre biolo-
gique de Madagascar, j'ai d'autre part étudié en détail l'évolution, au cours de
L'année, d’une population d’une espèce : Dinoscaris cribripennis et son rôle dans
les chaines alimentaires des prairies du massif de l’Ankaratra.
LIEUX ET ÉPOQUES DES OBSERVATIONS
Mes premières observations sur les Scarilinae malgaches datent de 1958,
dans les environs du village de Fampanambo, km au Nord de Maroantsetr
J'ai, depuis cette époque, visité de nombreuses autres localités et partout j'ai
recherché ces Insectes. À partir de janvier 1966, cette recherche est devenue mon
objectif principal. Dans la liste ci-dessous, j'énumère les lieux et l’époque de mes
observations en reprenant la division des domaines géographiques suivie par
BasiLewskY dans son travail de 1973 b. Une carte de repérage (fig. 1) permet de
localiser ces stations.
DomaINE pu NorD
Montagne d'Ambre : 1-1966, XI1-1967, XII-1968, 1-1969, IX-1973.
Montagne des Français : IN-1973.
Forêt de Sahafary : 1-1966, 1-1969, IX-1973.
Ouest de la chaîne d’Andrañamena : VI-1971, 1-1972.
de la chaîne d’Andrafiamena :
Forêt de Mahory : X11-1966.
Forêt de l’Analamerana : IX-1973.
Forêt d’Antsoy : IX-1973.
Ankarana de Diégo : XI1-1966, I-
Vohemar, forêt d’Analalava : XI-1
969
SOHDNIS UE XD
DoMaAINE DE L'EST
11 Point kilométrique 25 au bord de la route de Sambava : XI1-1972.
12 Route à l'Ouest d’Andapa : XI-1968.
13 Belalona : XI et N11-1968, 11-1969, 11-1970.
14 Route de Sambava à Andapa, P. K. 5 : XII-1072.
15 Forêt d’Issana, 50 km au Nord d’Antalaha : 1-1966.
16 Baie d’Antongil, Fampanambo : 1958 à 1962, visites mensuelles régulières.
17 Hiaraka : 11-1969, I, III, IV, IX-1970.
18 Nandrivolo : 1970, nombreuses prospections.
19 Nosy Mangabe : 1965-1966, nombreuses prospections.
20 Ambodivoangy : 1965-1966, nombreuses prospections.
Mananara Nord, Ambatondrahely : X-1963.
22 Aniribe : X-1966.
23 Fahitrosy : VII-1968.
24 Ambodivoanio : VII-1968.
25 Mont Antampona : VIII-1966, X et XI-1967.
26 Antanambe : IX, X, X1-1966, III et IV-1967.
27 Antenina : X1-1965.
28 Soanierana Ivongo : X-1965.
29 Ambila Lemaitso : VIII-1972.
30 Beforona : IX-1971, IX et X-1973.
2
Source : MNHN, Paris
Fig. 1. — Carte de repérage des stations visitées.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE it
31 Périnet : XI-1972, I11-1974.
32 Route de Lakato : VII et VIII-1972, III et IV-1973.
33 Route d’Anosibe : V-1972.
34 Forêt d’Ampasinambo : 111-1972.
35 Région de Vondrozo, forêt du Madiorano : III et IV-1969, V-1973.
36 Tsararano : I, III et IV-1969.
37 Forêt de Mandena : 11-1974.
38 Forêt de Fitana : V-1972.
39 Col du Manangotra : V-1972.
40 Forêt d’Italy : IV-1969.
DOMAINE DU SAMBIRANO
4
À
50 km au Sud d'Ambanja : VIII-1973.
DomaiNE DU CE:
42 Andranobe : V-1971, IX-1972.
43 Ambohiboatavo : IV-1972, V-1973.
44 Ankazobe : 111-1972.
45 Point kilométrique 294, route nationale 7 : V-1973, 11-1974.
46 Plaine de Ranotsara : V-1973.
47 Montagne Vohibo IV-1973.
48 Forêt d’Ambavala 11-1972, IV-1973, 11-1974.
49 Antanifotsy : XII-1972, IV-1973, 11-1974.
50 Cirque de Manjarivolo : IV-1973.
51 Maropaika : IV-1£
DOMAINE DE L'OUEST
52 Ouest de la baie de Narinda : VIII-1973.
53 30 km au Nord du pont sur la Sofia : VIII-1973.
54 Ampijoroa : VIII-1971, 11-1972.
55 Soalala (baie de Baly) : 11-1973.
56 Forêt du Zombitsy : V-1966, VI-1972, 11-1974.
57 Forêt de l’Analavelona : VI-1972.
58 Forêt d'Herea : VI-1972.
DOMAINE DU SUD
59 Les Sept Lacs : XI-1969.
60 Tuléar : V-1972.
61 Plateau Mahafaly, 50 km au Sud d’Ampanihy : IV-1969, V-1972.
62 Bord du lac Tsimanampetsotsa : V-1969, V-1972.
63 Ankalirano : I et 11-1974.
64 5 km à l'Ouest de Tsihombe : IV-1969, V-1972.
65 15 km à l'Est de Tsihombe : IV-1969, V-1972.
66 Anjatelo : IV-1969.
67 Réserve naturelle intégrale n° XI (région sèche) : 11-1967.
68 Androatsabo : V-1972.
Source : MNHN, Paris
A. PEYRIERAS
DoMAINE DES HAUTES MONTAGNES
Marojejy : XI et XII-19
Ankaratra : 1971, 1972 et 1973, visites mensuelles régulières.
Massif de l’Ibity : 11-1973.
Massif de l’Itremo : 1-1973, 11-1974.
Chaines Anosyennes Nord : XI et XI1-1971.
Massif de l'Andohahelo : IV-1972, 1-1974.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE I
MÉTHODES DE RÉCOLTE DU MATÉRIEL
Depuis 1958, j'ai pratiqué diverses méthodes de récolte, que j'ai adaptées aux
différents milieux définis par leurs caractéristiques végétales, pédologiques ou
climatiques.
CHassE À vu Cette méthode pratiquée fréquemment, aussi bien par les
anciens collecteurs que par moi-même, n’a jamais donné de résultats satisfaisants.
La plupart des rares Scarites récoltés « déambulaient » sur un sentier forestier au
petit matin après une forte pluie nocturne. C’est cependant ce type de chasse qui
m'a fourni mes premières captures.
RECHERCHE DANS LES LAISSES D'INONDATION. — Lorsqu'un entomologiste a
la chance de se trouver au bord d’une rivière après une forte pluie, et cela au début
de l'été austral, il peut faire d’abondantes récoltes en récupérant les débris variés
abandonnés par les eaux dans leur retrait. A Madagascar, tous les petits Scarites
des genres Dyslichus, Dyschirius, Clivina, Coryza, Salcedia et denombreuses espèces
d’autres genres ont été récoltés par cette méthode. Lors d'une mission de la RGP 225
du CNRS dans l'Itremo en janvier 1973, j'ai pu ainsi constater l'efficacité d’une
inondation pour rassembler la faune. Alors que je cherchais depuis plusieurs jours
déjà le moyen de capturer des Prodyscherus, dont de nombreux élytres anciens
signalaient la présence mais dont il m'avait été impossible de localiser les Lerriers,
un seul gros orage, le premier de la saison, en a rassemblé des dizaines dans une
laisse, avec de nombreux Insectes de tous Ordres, ainsi que de nombreux Batra-
ciens, Serpents, Caméléons, etc. Par ce procédé cependant, on n'obtient que les
espèces qui vivent près des cours d’eau ou dans les marécages et les rizières. Cette
méthode n'est, en outre, valable qu'au début de la saison des gros orages où au
moment des cyclones.
RECHERCHE DANS LES rosses, -— Ch. ALLUAUD en 1901, lorsqu'il a prospecté
le Sud-Est de Madagascar, avait établi en lisière de forêt des pièges consistant en
fosses d'assez grande dimension creusées dans la terre. Il avait, par ce moyen,
capturé en forêt de Fitana (aujourd’hui disparue) au Nord du col de Manangotry,
les extraordinaires Dinoscaris gallienii et D. delriei, plus quelques Prodyscherus.
J'ai largement utilisé cette méthode de capture dans tous les biotopes. Les
meilleurs résultats ont été obtenus avec des fosses de 2,50 m de long sur
50 em de large et au moins 50 em de profondeur. Il faut que les parois des fosses
soient bien verticales et la profondeur de 50 em est un minimum pour que
les bêtes ne puissent pas s'échapper. Deux visites par jour sont nécessaires, car
la plupart des Scarilinae qui tombent dans les fosses sont des animaux errants,
sans gite fixe, et ils ont vite fait de se fabriquer une galerie pour s'enfuir. J'ai tou-
jours creusé une dizaine de fosses par localité prospectée. Les meilleurs résultats
sont obtenus dans les trois premiers jours. Les récoltes ne sont peut-être pas très
abondantes, mais elles représentent toujours assez bien la faune de la station visi-
tée. Toutefois, il est fort rare d'y prendre des femelles de Scarilina
Source : MNHN, Paris
14 A. PEYRIERAS
RECHERCHE PAR LAVAGE DE TERRE Er p'Humus. — De 1958 à 1966, avec
J. Vanon, nous avons fait de très nombreux lavages de terre dans la région de
Maroantsetra, J'avais été séduit par ce genre de récolte utilisé pour la recherche
de la faune endogée, quoiqu'à cette époque ces lavages ne nous aient donné aucun
exemplaire de Scaritinae. Nos méthodes de prélèvements de terre ou d'humus
n'étaient pas alors adaptées à ce genre de capture. La quantité prélevée était, en
effet, insuffisante : 1 décilitre environ, et comme nous recherchions une faune
endogée terrestre, nous prenions soin d'enlever, avant le prélèvement, toute la
litière. Nous obtenions ainsi des Cureulionides, des Carabiques, des Ténébrionides,
ete., mais en assez faibles quantités. Actuellement, mes prélèvements sont faits
sur deux et parfois plusieurs mètres carrés. Je prélève en premier lieu les litières
qui sont tamisées sur place (tamis Winkler) puis mises en sac (Berlese amélioré),
afin d'en extraire la faune. L'humus et une épaisseur d'environ 5 à 10 cm de terre
sont aussi tamisés. Un échantillon de 2 ou 3 dl est mis en sac, le reste est lavé
dans un demi-fût de 200 1 ou dans l’eau dormante d’un ruisseau. Les débris sont
recueillis dans un linge très fin et, après une journée de séchage à l'ombre, ils sont
également déposés dans les saes. Par cette méthode, j'ai obtenu des Anfireicheia,
des Brachypelus et de nombreux autres exemplaires de Scarilinae de petite taille.
IL est nécessaire de faire plusieurs prélèvements de cette importance dans une
même localité. Je n'ai, par exemple, obtenu qu’un seul exemplaire d’Andireicheia
dans la région de Périnet, et ce, lors de mon cinquième prélèvement.
RÉCOLTE DES IMAGOS EN FOUILLANT LES TERRIERS. — C'est en recherchant
les terriers et en pratiquant la fouille méthodique que j'ai obtenu le plus d'indivi-
dus pour les Searilinae dont les espèces mesurent au moins 15 mm de longueur.
La recherche des terriers n'est théoriquement pas difficile. Il faut savoir que des
espèces de Scarilinae existent dans tous les biotopes et dans toutes les régions de
Madagascar, sauf dans les zones quasiment azoïques. Nous verrons plus loin qu'à
chaque espèce d’un même genre peut correspondre un type de terrier différent.
Cest en fouillant ces derniers pour en retirer les imagos que j'ai obtenu un grand
nombre de renseignements biologiques sur ces Insectes. Une grande partie des
nombreuses larves que j'ai récoltées l'ont aussi été dans les terriers.
PAR DÉFRICHAGE DANS LES BIOTOPES
s ni dans les fosses ni
RÉCOLTE D'IMAGOS ET DE LARVI
ronesriers. — Certaines espèces ne peuvent être captu
en recherchant les terriers. C’est souvent le cas de quelques Prodyscherus fores-
tiers de l'Est et du Centre, des Typhlosearis et de bien d’autres Scarilinae de petite
taille. J'ai donc mis au point un système de défrichage systématique accompagné
d'un tamisage immédiat. Ce travail est réalisé sur une grande surface de terre
(4m x 4 m) et sur une grande profondeur de 40 à 60 em. C'est en pratiquant ces
défrichages que j'ai constaté que plusieurs espèces de Scarilinae cohabitaient
dans le même biotope, mais avaient des niches écologiques bien séparées, se
différenciant soit par la forme des terriers, soit par la période de reproduc-
tion.
LOCALISATION D'UNE POPULATION DE SCARITES GRÂCE A SES PRÉDATEURS.
Dans le Nord et le Nord-Ouest de l'Ile, quelques Araignées sont prédatrices de
Scarites. En forêt de Sahafary, une Mygale de grande taille, Monocentropus lam-
berloni, capture pour sa nourriture des Pilades ferus et des Dyscherus sicard
Après les avoir consommés, elle rejette les carcasses devant son terrier. Celui-ci
étant facilement repérable, il est alors aisé d’inventorier les espèces de Scarites
existant autour du nid de la Mygale.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 15
Une autre Araignée, Lalrodecles menavodi, que l'on peut rencontrer assez
fréquemment en soulevant les bois morts qui jonchent le sol des forêts, pratique
aussi la chasse aux Scarites, mais elle s'attaque aux plus petites espèces. Elle ne
rejette pas les restes de ses proies en dehors de son gite.
Dans le Sud-Est, j'ai rencontré de nombreux élytres de Scarites autour des
nids de Fourmis terrestres et, en fouillant systématiquement aux environs de ces
nids, j'ai obtenu des récoltes assez abondantes dans chaque station visitée.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE IT
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
ET ÉCOËÉTHOLOGIE DES GENRES
DE SCARITINAE A MADAGASCAR
La prospection, en toutes saisons, d'un réseau très étendu de stations dans
les diverses régions de Madagascar m'a permis de préciser à la fois la répartition
géographique des diverses espèces dans l'Ile, leur liaison avec tel type de biotope
et les grands traits de leur écoéthologie.
Ge sont ces éléments que je donne ici, genre par genre, sans revenir sur le
cadre systématique établi par BasiLewsky (1973 b et ce volume).
I. -— Tribu ScarirINt Lacordaire
A. -— Sous-tribu Scarilina Lacordaire
A Madagascar cette sous-tribu compte huit genres dont cinq sont endé-
miques. Un sixième (Typhloscaris) est actuellement connu par quatre espèces
malgaches et est représenté par plusieurs autres espèces sur les hautes montagnes
d'Afrique orientale. Les deux derniers genres ont une vaste répartition dans le
monde et les formes malgaches sont, d’ap + (1973 b), nettement
apparentées à des espèces africaines.
1. Genre Distichus Motschulsky
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. -— Ce genre comprend de nombreuses espèces
peuplant la région méditerranéenne, l'Asie centrale, méridionale et du Sud-Est
jusqu’à Bornéo, ainsi que l'Afrique et Madagascar.
Dans la Grande Ile, il comporte deux espèces à affinités africaines. On les
rencontre dans toute la partie basse de la région occidentale et dans le Sud. Elles
ne dépassent guère l'altitude de 300 m.
DisrrBuTIoN Er mABrraT (fig. 2). — Les Dislichus ne sont pas rares. Ils ont
été récoltés par de nombreux chercheurs, mais ces récoltes ont presque toujours
été faites pendant la période des gros orages et dans les débris d’inondations. Je
les ai recherchés dans la région d’Ampijoroa (Ankarafantsika) près des points
d'eau, et je les ai retrouvés au bord des malsabory (sorte d’étang) dans les terrains
tourbeux recouverts d’une haute végétation herbacée ou arborée (fig. 3). Je ne
les ai jamais rencontrés dans les tourbes ou autres terrains exposés directement
aux rayons du soleil.
Pendant la saison des pluies (été austral, de décembre à avril), ces animaux
sont faciles à capturer. Il suffit de prendre les tourbes du bord des mares où de
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 17
tout autre point très humide et de les jeter dans l'eau. Les Scarites s'y trouvant
flottent rapidement. J'ai ainsi recueilli jusqu’à 6 exemplaires par m°.
— Genre Distichus Motschulsky : distribution dans l’île,
Durant la saison sèche (hiver austral), ils sont plus difficiles à rencontrer.
Les malsabory ’assèchent lentement, mais les Scarites ne peuvent pas suivre cette
régression car ils se retrouveraient vite sans protection végétale. Ils se réfugient
dans les berges des rivières ou sous les épaisses touffes de roseaux existant autour
des malsabory et où il reste toujours un peu d'humidité.
La région la plus prospectée a été celle du Centre-Ouest, le long de l'Ikopa,
du Kamoro et de la Betsiboka. S'ils paraissent rares ailleurs c’est certainement
parce qu’ils n’y ont pas été recherchés et on doit pouvoir les retrouver dans toutes
Source : MNHN, Paris
18 A. PEYRIERAS
les zones où leur biotope existe. Je n’ai fait aucune capture au-dessus de l'altitude
300 m et les récoltes des anciens collecteurs ont toutes été effectuées en dessous
de cette limite.
Le fait que ces animaux suivent les régressions des eaux pendant la saison
sèche les expose aux inondations brutales des premiers gros orages. Les Dislichus
flottent et nagent admirablement bien et ont très vite fait de rejoindre une rive
ou une épave. Dans ce dernier cas, ils prennent rapidement leur envol pour
rejoindre la terre ferme.
Fig. 3. — Biotope de Distichus perrieri et de D: mediocris.
Les rerrers. — Les Dislichus mènent une vie errante qui est, selon la
saison, fonction du niveau des eaux. De ce fait, ils ne se construisent pas de terrier
fixe, mais à chaque emplacement ils aménagent des réseaux de galeries assez
importantes aboutissant toutes à la surface du sol sur le côté d’un caillou, d’un
bois mort ou d’une touffe herbacée. Plusieurs ouvertures rejoignent le réseau de
galerie. Pendant la saison sèche, et surtout en octobre et novembre, ces Scarites
creusent des galeries assez profondément (30 à 40 em) et, si l'endroit conserve un
peu d'humidité, ils y resteront jusqu’à la saison des pluies.
Acnviré Er REPRoDUerION. — La période la plus active commence av
les premières grosses pluies. Celles-ci chassent les Scarites de leurs profondes gale-
ries, où ils étaient un peu en hibernation. C’est à cette saison que l’on voit arriver,
quelquefois en abondance, les imagos aux sources lumineuses.
En mai (automne austral), après la tombée de la nuit, j'ai pu observer des
exemplaires parcourant les endroits dénudés et les petites plages situés au bord
des matsabory. L'accouplement doit avoir lieu pendant cette grande période d’acti-
vité mais je ne l'ai pas vu. Je n’ai pas non plus trouvé de pontes dans les endroits
fréquentés par ces Scarites. Je n’ai rencontré de larves que sous les grosses touffes
de jones que le niveau d’eau des malsabory atteint au moment des plus grandes
pluies. En novembre 1973, un de ces malsabory observé était asséché et loute la
surface était craquelée. Un sol assez meuble et humide subsistait sous les gross!
touffes de jonc. C’est dans ce type de terrain que se développent les larves. Par
contre, à cette époque, aucun adulte n’a été rencontré dans ce milieu ; ils avaient
sans doute rejoint les points d’eau avoisinants.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 19
2. — Genre Scarites Fabricius
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Le genre Scariles est très largement répandu
dans le monde. Il ne se rencontre cependant pas en Australie, ni en Nouvelle-
Zélande, ni en Nouvelle-Guinée, ni en Nouvelle-Calédonie. Il constitue une lignée
fort ancienne dont les éléments sont, en général, difficiles à séparer car ils ne se
distinguent que par des caractères peu tranchés et très variables.
Soaritos
biangulatus
Liontraus
@ faimaires
Fig. 4. — Genre Scarites Fabricius : distribution dans l'île.
DisrRIBUTION ET HABITAT (fig. 4). — Scariles madagascariensis est, de tous
les Scaritini de la Grande Ile, celui qui a la plus grande aire de répartition. On le
trouve dans tous les domaines et à toutes les altitudes. S'il n’a pas été trouvé sur
les hauts sommets des grands massifs, c’est peut-être qu’il n’y a pas été très recher-
ché et que son biotope y est assez réduit.
Source : MNHN, Paris
20 A. PEYRIERAS
J'ai récolté, ces dix dernières années, de très nombreux exemplaires de
S$. madagascariensis. Que ce soit sur la côte Est (baie d'Antongil), dans la région
de Majunga, sur les plateaux autour du massif de l'Ankaratra où au pied du mas-
sif de l’Andringitra, ce Scarite se rencontre toujours dans les endroits humides,
tourbeux ou dans les cultures. Il suMit de piocher dans les diguettes des rizières
pour le rencontrer.
Dans le domaine de l'Ouest, pendant l'hiver austral, les individus se ras-
semblent au bord des points d’eau ou dans les tourbes des bords de rivières. Pen-
dant l'été austral, ils se répandent dans tous les terrrains cultivés.
Au cours de mes nombreuses prospections à toutes les altitudes et dans tous
les domaines phytogéographiques, je n’ai jamais trouvé de S. madagascariensis
en forêt et il est probable qu’il n'y existe pas.
A la suite du passage d’un cyclone à pluies abondantes, j'ai vu, dans la baie
d’Antongil, un grand nombre de S. madagascariensis attirés par les sources lumi-
neuses. J'ai notamment vu arriver de nombreux exemplaires sur le pont du
bateau Ile Sainte-Marie, en rade de Maroantsetra (avril 1963). Ce fait est inté-
ressant à signaler, car les bateaux font souvent des liaisons directes entre les
rades de la côte Est de Madagascar et les Iles de la Réunion et Maurice, les Comores
et même l'Afrique du Sud et le Mozambique. Les exemplaires récoltés à la Réunion
pourraient provenir de ces embarquements clandestins.
Parmi les autres espèces du genre, l’une au moins, Scariles liostracus, qui est
un Scarite brachyptère, habite un biotope bien différent. Il occupe tout le plateau
calcaire Mahafaly ainsi que les sables roux de toutes les régions boisées du Sud.
Je l'ai récolté dans la région d'Amboasary et à Berenty dans les terrains semi-
sableux des forêts de Fanisilotra (Alluaudia procera), mais il ÿ est assez rare. Il
est par contre beaucoup plus abondant dans les sables roux du plateau Mahafaly
et surtout dans la zone des clairières (région d'Ankalirano) où d’abondantes popu-
lations vivent dans les prairies. Les plus grandes concentrations se rencontrent
autour des pares à zébus, où ces Scarites peuvent capturer un grand nombre de
Bousiers rouleurs de boules. Au bord du lac Tsimanampetsotsa, il fréquente sur-
tout les forêts sur sable blanc et plus particulièrement les zones où le sable est le
plus abondant. Je ne l'ai pas rencontré dans les endroits humides ou tourbeux.
Je n'ai pas pu retrouver $. biangulalus et S. fairmairei. Le premier, connu
au Nord de l'Ile, a pu être récolté par un de mes aides en un seul exemplaire dans
la région de Sambava, près du village Ambohimitsinjo. Ne connaissant pas cette
localité, je ne peux pas préciser si ce Scarite habite dans des terrains sablonneux
ou latéritiques. D'autres exemplaires du Muséum national, à Paris, sont étiquetés
Vohemar et Ikositra (ou Isokitra). Vohemar peut être une localité à retenir, mais
Isokitra, localité de récolte des frères Perror, n'a pu, jusqu’à ce jour, être située.
J'ai parcouru de nombreuses régions du Nord sans pouvoir localiser ce village,
mais il est possible qu'il se trouve au pied des grandes montagnes au Sud-Ouest
de Vohemar.
S. fairmairei, récolté par Perrier DE LA Bârie le long de la baie de Baly,
doit aussi être très localisé, Une mission à Soalala, en février 1973, ne m'a pas per-
mis de retrouver cette espèce, ni sur les croûtes latéritiques, ni dans les forêts
sableuses qui entourent la baie. J’attribue cet échec aux conditions défavorables
de la période où j'ai visité cette localité, les grosses pluies détruisant facilement
les terriers construits dans les sables. Il se pourrait aussi que, comme S. liostracus,
ce Scarite habite les prairies où je ne l'ai pas recherché à cette époque.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 21
LES reRRiERs. -— S. madagascariensis n’aménage pas de terrier individuel
d'habitation. Il creuse des galeries au hasard en recherchant sa nourriture et ces
galeries sont utilisées par plusieurs individus. Au bord du lac d'Ampijoroa (Anka-
rafantsika), j'ai pu en récolter en juin dans les terrains tourbeux humides 10 à
15 exemplaires par m? (fig. 5). Dans les digues des rizières, il construit ses galeries
sous les mottes nouvellement déposées. Lorsque le niveau de l’eau baisse, il le
suit et s’établit dans les tourbes de la rizièr
Fe. 5. -— Galeries et répartition de Scariles madagascariensis
dans 1 m? de terrain tourbeux humide.
Des autres espèces, je ne connais que le terrier de S. liostracus. En forêt, il le
creuse généralement sous la végétation basse, au bord des touffes herbacées ou
sous les débris divers qui jonchent le sol. Dans les clairières du plateau Mahafaly,
il habite sous les excréments des zébus et dans l’humus du pourtour des parcs. Le
boyau peut atteindre 70 em de long et la loge terminale se trouve à 40 cm au-
dessous du niveau du sol. Deux à quatre galeries sont aménagées à partir de l'em-
bouchure du terrier et parcourent la surface du sol. Elles sont bien repérables
sur toute leur longueur par le soulèvement du sable qui forme un are de cercle
fort visible.
L'extrémité de la galerie est toujours ouverte et le Scarite sort la nuit faire
de nombreuses rondes devant son logis. Pendant la journée, on le rencontre sur-
tout dans les galeries, et il ne gagne le fond de son terrier qu’à l'approche d’un
danger.
Source : MNHN, Paris
22 A. PEYRIERAS
Acrivrré gr ReproDuerIoN. — Dans tous les domaines et quelle que soit
l'époque de l’année, S. madagascariensis a une activité intense. Cette activité est
toutefois plus accentuée pendant la saison très chaude, mais elle est surtout due
alors aux grosses pluies, la montée des eaux le chassant de ses galeries où il était
établi pendant la saison sèche. J'ai rencontré des larves et des œufs à peu près à
toutes les époques. Ainsi, en baie d'Antongil, le 9 octobre 1966, quatre œufs mais
aussi une larve au 3e stade ont été trouvés dans une digue de rizière. Deux œufs
ont été récoltés dans les mêmes digues le 2 mars et deux autres en avril. Dans
l'Ouest, autour du lac d'Ampijoroa, j'ai récolté le 30 juin une larve de 2° stade
mais également trois œufs et, à la même époque, à Port-Bergé, au bord de la
Bemarivo, une larve encore au 1°" stade.
La période la plus active de S. liostracus se situe du début à la fin de la saison
des pluies (décembre à février). A cette époque, dans les clairières du plateau
Mahafaly, il n’est pas rare de rencontrer, au lever du jour, de nombreux Scarites,
surtout des mâles, errant dans la prairie ou à l'intérieur des pares à zébus. On les
nomme Fisiky et les villageois prétendent qu’ils peuvent tuer un bœuf.
La reproduction a lieu de décembre à février. J’ai récolté trois œufs dans un
terrier en janvier 1968 dans la région d'Amboasary et une larve au 2° stade le
18 avril de la même année. Cette larve cohabitait encore avec l’imago et elle avait
tous les caractères des larves du genre Scariles, ce qui confirme la place systéma-
tique donnée par Basizewsky (1973 b) à cette espèce.
Sur le plateau Mahafaly, en février, je n'ai rencontré que des larves au 1°" stade
cohabitant avec leur mère. En mai, autour du lac Tsimanampetsotsa, je n'ai
trouvé aucune larve dans les terriers. Elles avaient probablement creusé leurs
propres galeries, mais, dans le sable, il m'a été impossible de les voir.
3. — Genre Typhloscaris Kuntzen
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre comprend une vingtaine d'espèces
répandues sur les montagnes d'Afrique orientale et à Madagascar. Quatre sont
propres à la Grande Ile.
R. Decary, en 1996, découvrit les premiers exemplaires de Typhloscaris insu-
laris au pied du massif Ivohibe, à l'altitude de 1 000 m. Les trois autres espèces
ont été découvertes récemment, toujours dans les zones montagneuses au-dessus
de 1 000 m.
Nous ne connaissons que les stations de récolte très récentes et, de ce fait,
chaque espèce parait très localisée. Les Typhloscaris vivent entièrement dans
l'humus épais des grandes montagnes, de l'Andringitra aux chaines Anosyennes.
His peuvent être fort abondants ou très rares suivant le biotope.
Disrrmurron er magirar (fig. 6). — T. insularis a été récolté au pied du
pic Ivohibe, à l'altitude de 1 000 m. Il est très rare aux endroits où je l'ai cherché.
En employant la méthode de défrichage et de tamisage sur une surface de 8 m°,
je n'ai obtenu que deux exemplaires ; pour d’autres surfaces exploitées dans les
mêmes conditions, je n’ai obtenu aucun résultat. Un exemplaire a été récolté par
P. MonsarrAT dans les basses collines entre les sous-préfectures de Manantenina
et de Vangaindrano ; la localité exacte n’a pas été précisée. L'aire de distribution
&e T. insularis est donc importante (fig. 6), malgré le peu d'exemplaires re-
cueillis.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 23
Typhiosearis andringitrae est localisé dans le massif Sud-Ouest de l'Andrin-
gitra au cirque de Manjarivolo. Il est donc peu éloigné de T. insularis, puisque
cette station est à quelque 15 km du pic d’Ivohibe. La mission de la RCP 225 du
CNRS Ly avait récolté, à l'altitude 1 650 m où je l'y ai retrouvé, mais je l'ai aussi
récolté à 1 200 m au pied du massif. Une surface de 2 m? défrichée et tamisée m'a
permis d’en recueillir 18 exemplaires. Le terrain était constitué par un épais tapis
de 20 em d’humus et de radicelles. Il est fort probable que cette espèce habite une
grande partie de la région Sud-Est du massif, à partir de l'altitude 1 200 m, mais
aucune prospection n’y a été effectuée.
Je dois signaler qu'au cours des recherches faites dans la région du cirque de
Manjarivolo, j'ai été surpris de ne rencontrer aucun Scarite sur les pentes d’une
Source : MNHN, Paris
24 A. PEYRIERAS
belle forêt située sur la même chaîne de montagnes. J'ai effectué dans cette forêt
dense deux défrichages, le premier sur une surface de 16 m°, le second sur 12m
J'ai abandonné mes recherches lorsque j'ai trouvé, dans un horizon de 30 à 50 em
de profondeur, des débris de charbon pourris m'indiquant qu'à une époque loin-
taine cette forêt avait brûlé. Elle était, au moment de la prospection, comparable
aux forêts environnantes, mais la faune des Scarites paraissait ne pas y être reve-
nue. Cent ans au moins avaient pourtant été nécessaires pour que cette forêt
reprenne le même faciès que celle du massif.
T. descarpentriesi a été récolté dans les chaines Anosyennes au cours de là
mission de la RGP 225 du GNRS, en 1971. Ce biotope est comparable à celui où
vivent les précédentes espèces. S'il n’y a eu que peu d'exemplaires de récoltés,
c'est qu’à cette époque, je ne connaissais pas le biotope de ce Scarite. Je ne lai
rencontré qu’au cours d'un défrichage pour l'installation du camp à l'altitude de
1 000 m, mais je ne l'ai pas suflisamment recherché, la mission étant sur le
chemin du retour. Il est fort probable que d’autres recherches étendront l'aire
de distribution de cette espèce sur une grande partie du massif.
Un autre Typhloscaris, dont la position systématique n'est pas encore pré-
cisée, habite les crêtes forestières du massif de l’Andohahelo et y paraît très loca-
lisé. Je ne l’ai rencontré que dans une étroite bande forestière à l'altitude 1 850 m
où j'ai récolté 16 exemplaires, dans un tapis de 3 m? d’humus et de radicelles et
de 5 em d'épaisseur.
Les rerruers. — Les Typhloscaris, par leur petite taille, sont assez difficil
observer dans leur biotope et je n'ai pas pu détecter de terrier. Tous les exemplaires
que j'ai récoltés habitaient dans des couches très épaisses d'humus et de radicelles.
C'est aussi dans ce milieu que j'ai rencontré les larves et les nymphes. Ils doivent
donc faire, à travers ces couches, un réseau très important de galeries mais pas
de terrier fixe.
ACTIVITÉ ET REPRODUGrION. — Comme tous les Scarites, les Typhloscaris
ont une période d'activité maximum pendant tout l'été austral (décembre à
février), mais toute l'année ils parcourent leurs galeries avec plus ou moins d'éner-
gie. En mai, au cirque de Manjarivolo, la température nocturne était de + 5° C.
Tous les exemplaires que j'y ai récoltés se trouvaient répartis dans tous les ho
zons de la couche d'humus
La période de ponte est assez courte. Elle a lieu en novembre, dès le début
des grandes chaleurs et ne doit guère dépasser décembre. Je n'ai vu que deux
œufs, récoltés le 17 novembre 1967 dans le Madiorano (région de Vondrozo)
par l'un de mes chasseurs. Les quatre espèces paraissent avoir la même période
de ponte.
J'ai récolté trois des quatre espèces au début de mai. La moitié des imagos
était immature et de couleur brun clair. Au cours de ces recherches, je n'ai cap-
turé que deux larves près de la nymphose, aucune larve du 1e* ou du 2€ stade
n’a été rencontrée.
moi
La période de nymphose est aussi courte que la période de ponte, deu
environ. Elle commence début avril et parait terminée fin mai. Sur les dix-huit
exemplaires récoltés le 5 mai 1973 dans le cirque de Manjarivolo, onze étaient
immatures. Dans cette même surface, j’ai recueilli cinq nymphes et deux larves.
Dans le massif de l’Andohahelo, sur les dix exemplaires récoltés, cinq étaient
immatures, trois étaient de couleur brun clair, deux de couleur brun foncé à
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 25
noir. Je n’ai rencontré aucune nymphe ni larve dans ce périmètre. À cette époque
les éclosions étaient donc terminées dans cette population.
Les nymphes de Typhlosearis sont de couleur blanche, les mandibules et les
extrémités des pattes sont à peine teintées de marron très clair, et deviennent plus
foncées quelques jours avant l’éclosion. Les yeux sont à peine pigmentés. L’enve-
loppe nymphale est très fragile : sur les cinq nymphes récoltées, une seule était
intacte. L’abdomen est immobile ; les appendices sont collés au corps rendant
ainsi la nymphe rigide. Toute la partie tergale est hérissée de poils, les cinq pre-
miers urotergites sont pourvus chacun de deux touffes de longues soies.
J'ai obtenu en élevage un seul imago. À sa sortie de la phase nymphale, il
était de couleur générale blanche, sauf les mandibules et l’extrémité des pattes
qui étaient, deux jours avant l’éclosion, de couleur marron. Il lui a fallu deux
jours pour prendre une couleur beige qui devint de plus en plus foncée dans les
deux mois qui suivirent.
En captivité, l'imago commence à s’alimenter dès le cinquième jour. Il est
aussi capable, alors, de creuser des galeries dans l’humus. Dans la nature, il doit
rester dans la loge nymphale assez longtemps après sa transformation en imago.
J'ai récolté dans une loge un exemplaire déjà très foncé. En élevage, j'avais obtenu
cette couleur seulement deux mois après la sortie de nymphose.
4, — Genre Dyscaris Bänninger
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre est endémique à Madagascar.
Il comporte quatre espèces et une sous-espèce. Les premiers exemplaires d’une de
ces espèces, Dyscaris mordax (Fairmaire, 1869), ont été découverts vers le milieu
du xixe siècle. Cette espèce a été récoltée dans de nombreuses localités du Centre
de l'Ile et on pourrait, d’après les collectes, la considérer comme abondante. J'ai
cependant visité plusieurs de ces localités et malgré des efforts répétés, je ne suis
parvenu à y récolter que quelques exemplaires Lombés dans des fosses où errant
sur une piste. D’autres recherches seront nécessaires pour trouver son biotope
exact et ses Lerriers, Sa distribution est limitée à une bande forestière étroite mais
assez longue entre le Inc Alaotra et Ambositra. La zone de répartition de deux
autres espèces se trouve en continuité avec cette bande vers le Sud: D. seyrigi,
d’Ambalavao à Bekily, et D. decorsei, à Ambovombe.
Lorsque j'ai visité ces stations, je ne connaissais pas les biotopes et le terrier
de ces Scarites. De nouvelles recherches seront nécessaires pour connaître la bio-
logie de ces espèces.
D. striolifrons est localisé dans le Moyen-Ouest. Quatre séjours dans cette
région m'ont permis de retrouver et d'observer cette espèce. J'ai choisi la station
forestière d'Ampijoroa pour en étudier plus en détail les populations.
DisrriBuTion Et HABITAT (fig. 7). — D. sfriolifrons occupe toutes les forêts
situées sur terrains sableux non humides des régions du Moyen-Ouest. Je l'ai
récolté vers le Nord à Antsohihy, Port-Bergé et Antonibe et vers le Sud, au Sud
de Soalala, autour de la baie de Baly et à la station forestière d’Ampijoroa.
Je ne l'ai pas rencontré dans les forêts sur croupes latéritiques de toutes ces
régions, ni dans les fosses, ni dans les défrichages que j'y ai effectués. Il ne fré-
quente pas non plus les endroits humides ou tourbeaux.
Source : MNHN, Paris
26 A. PEYRIERAS
Dyscaris
mordaz
soyrigi
striolifrons
m4eox
nu
os deteste
Tic. 7. — Genre Dyscaris Bänninger : distribution dans l'île.
Les rerrens (fig. 8). — Le terrier de D. sfriolifrons est l’un des plus difi-
ciles à détecter. Aucun indice en surface du sol ou de la litière ne le signale. À
peine, quelquefois, une petite taupinière est visible quand le Scarite creuse son
terrier, mais comme il le fait toujours à la saison des grands orages, il est rare de
pouvoir l’observer, les pluies lavant les taupinières dès leur construction.
J'ai réussi à repérer ces terriers dans certaines régions sableuses, en recher-
chant, sous la litière ou la couche d’humus, des sables de couleur différente de
ceux de la surface, ces sables provenant du fond des terriers sont toujours plus
clairs. Ce procédé m’a donné de bons résultats, mais il faut une certaine habitude
pour reconnaître si on est en présence d’un terrier de ce Scarite car beaucoup
d’autres terriers de Gryllides, Crabes, etc. sont à peu près semblables.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 27.
Tous les terriers que j'ai visités sont bouchés par des déblais, au moins dans
les 10 premiers em. Ge début de terrier se prolonge par 5 à 10 autres em de galerie
ovale et bien dégagée, construite en pente légère, puis le terrier s'enfonce presque
à la verticale sur une longueur de 50 à 60 em et se termine par une petite loge
horizontale assez large pour permettre au Scarite de se retourner.
ACTIVITÉ ET REPRODUGTION. — Au début des gros orages, j'ai rencontré de
nombreux imagos de D. sfriolifrons, tant mâles que femelles, en dehors des ter-
riers. La pluie qui avait envahi leur logis, les en avait peut-être chassés. Il est
cependant plus probable que cette première manifestation d'activité soit due à
une augmentation de l'hygrométrie dans le terrier. Elle pourrait aussi corres-
pondre à la période de l’accouplement car j'ai rencontré, en décembre, à la sta-
tion forestière d'Ampijoroa, un mâle et une femelle in copula sous la litière.
En février, même après de gros orages, il est fort rare de trouver des femelles
hors de leur terrier. Dans les fosses que j'ai creusées dans cette station, j'ai obtenu,
en décembre et janvier, à peu près autant de mâles que de femelles. En février et
mars, les mâles représentaient les quatre cinquièmes des captures et en avril, à la
fin de la saison des pluies, je n’ai plus obtenu aucun spécimen. D. striolifrons a
donc une période très active à l’extérieur, de novembre à fin mari
J'ai recherché des imagos pendant l'hiver austral, entre juin et septembre.
Je n’ai rencontré, pendant cette période, que des femelles au fond de leur terrier.
Elles paraissent n'avoir aucune activité et je n’ai constaté la présence d'aucune
proie, ni d’aueun déchet de proie fraîchement consommée. En juin, au fond d’un
terrier, dans de vieux déchets, j'ai trouvé des coquilles d'œufs, ce qui confirmait
que ces femelles avaient eu, en début d'année, une période de ponte.
J'ai aussi récolté des imagos dans les terriers de novembre à mars. La pre-
mière ponte fut observée le 20 décembre. Deux œufs étaient déposés autour de la
loge terminale, dont ils étaient éloignés de 3 à 4 em et placés dans une petite
logette. J'ai constaté dans divers terriers des pontes en janvier et jusqu'à fin
Source : MNHN, Paris
28 A. PEYRIERAS
février aux environs de Soalala (baie de Baly). En février, un terrier contenait
trois œufs, paraissant fraîchement pondus, et, dans une petite galerie à 20 em de
profondeur, une larve était déjà au 2e stade. Cette dernière pouvait provenir d'une
première ponte faite entre décembre et janvier.
lai tenté, sans résultat, un élevage de larves et d’imagos à Tananarive. Les
imagos y vivent bien, mais je n'ai constaté aucune ponte. Les larves, malgré une
abondante nourriture, meurent au bout de quelques mois, généralement après
la 2e mue. Je n’ai pas observé la période exacte de la nymphose, mais elle doit
avoir lieu au début de la saison des pluies (octobre-novembre). Quelques imagos
récoltés en décembre étaient à peine matures.
En captivité, j'ai pu garder vivantes pendant deux ans des femelles récoltées
en février en dehors des terriers.
D. striolifrons a donc une longévité d'au moins deux ans et, chaque année,
au cours de deux périodes, deux ou trois œufs sont pondus. Leur phase active cor-
respond à l'été austral et à la saison des pluies. Leur longue période de repos cor-
respond à l'hiver austral mais l'arrêt complet de l’activité est surtout dû, dans ces
régions, au très faible degré d’hygrométrie existant à cette époque.
5. — Genre Madascaris Bänninger
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre est strictement malgache. Il
comporte trois espèces, toutes localisées dans le Nord-Est et le Centre de l'Ile.
Les premiers exemplaires, Madascaris enoplus, furent récoltés par les frères
Perror. Ils sont étiquetés : « Pays Antakara, d’Isokitra à Diego-Suarez, V-X-
1891 ». Cette localité étant inconnue dans la région du Nord, elle ne peut pas être
retenue. Les deux autres espèces paraissent très localisées, mais c’est certainement
dû à une insuflisance de prospections, car elles habitent des régions très acciden-
tées et souvent dépourvues de voies de pénétration.
Disrrurion er HAgrrar (fig. 9). — M. enoplus occupe la partie Nord-Est
de l'Ile. Son aire s’élargit à mesure que sont faites de nouvelles prospections. Il a
été récolté dans la région de Vohemar, très certainement dans les montagnes au
ad-Ouest de cette localité. Je l'ai retrouvé dans les régions de Sambava et
d’Andapa, aux altitudes de 200 à 1 200 m. J'ai aussi obtenu quelques exemplaires
dans la région de Mananara-Nord, le long de la piste allant à Mandritsara, aux
altitudes 300, 500 et 800 m. Cette espèce a donc une distribution de plus de 400 km
de long entre Vohemar et Mandritsara. Dans sa partie Sud, il paraît rester assez
éloigné de la côte. Je n’ai en effet rencontré aucun exemplaire dans les nombreuses
prospections faites autour de la baie d’Antongil. Dans son aire, il occupe surtout
les terrains latéritiques sous forêt ayant une mince couche (de 1 à 3 cm) de feuilles
mortes ou d’humus.
M. oclocostatus n’est représenté que par un unique exemplaire qui fut cap-
turé aux environs de Bealanana. Le récolteur et la station exactes sont inconnus.
Il est probable que cette espèce habite le massif forestier au Nord-Ouest de cette
localité.
M. marojejyanus est une espèce de haute altitude. Lors de la mission de la
RCP 225 du CNRS effectuée en décembre 1972 dans le massif du Marojejy, je l'ai
récolté à l'altitude 2 050 m. Une intense humidité règne sur ce massif et le sol y est
en permanence saturé d’eau. Le Scarite, qui ne peut se creuser un terrier dans ce
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 29
milieu, se réfugie dans l'humus et les terrariums des petits dômes rocheux. C'est
en fouillant ces milieux que j'ai récolté trois exemplaires adultes de cette espèce
ainsi que trois larves. Je ne l'ai pas retrouvée à l'altitude de 1 300 m et il est fort
probable qu’elle n’occupe que la partie supérieure du massif au-dessus de la forêt
dense sclérophylle de montagne.
Hadasoaris
© enplue
À octocostatus
À narojejyanus
Fire. 9. — Genre Maduscaris Bänning distribution dans l'île.
Les rerrieRs. — M. enoplus construit son terrier dans les terrains latéri-
tiques peu encombrés de litière. Il aménage un important réseau de galeries à la
surface du sol et il est facile de les détecter en écartant les feuilles mortes. Il creuse
un terrier ovale de 30 à 40 cm de profondeur, toujours en pente douce. La
loge terminale est à une vingtaine de centimètres de la surface du sol.
Source : MNHN, Paris
30 A. PEYRIERAS
M. marojejyanus n'a pas de terrier bien net, tout au moins à l’époque où je
Vai récolté. Je n’ai rencontré que des galeries dans les terrariums des dômes
rocheux mais sans loge terminale.
Rvrnme D'Acnvrré Er Repropuerio. — Les Madascaris ont le même
rythme d’activité que les Typhlosearis. Dans toutes les prospeetions que j'ai
effectuées pour rechercher des imagos de M. enoplus, j'ai toujours rencontré des
terriers et des galeries bien entretenus montrant une activité permanente.
La ponte a lieu de novembre à février. En décembre, trois œufs ont été récol-
tés dans un terrier de M. enoplus à Belalona (région de Sambava) ; trois œufs ont
aussi été trouvés dans un autre terrier à Ankotrika (région de Mananara-Nord).
Je n'ai pas recueilli de larves de cette espèce dans les terriers.
Pour M. marojejyanus, je n'ai constaté qu’une seule ponte de deux œufs.
Ceux-ci étaient déposés dans de petites loges sur le côté d’une galerie. Je n’ai pas
recueilli l'imago dans cette galerie et je n'ai eu la certitude que les œufs apparte-
naient à cette espèce qu’à l’éclosion des lar
es. Les trois larves, déjà au 3e stade,
que j'ai récoltées dans les terrariums des dômes rocheux ne pouvaient provenir
que d’une ponte ancienne d'au moins dix mois. L’une était proche de la phase
nymphale, son abdomen étant déjà gonflé de tissu adipeux. La nymphose et l’éclo-
ion des imagos ont donc lieu pendant les mois les plus chauds de l’année (novembre
à février).
6. -— Genre Mecynoscaris Alluaud
RÉPARTITION GoGrAPnIQuE. — Ce genre, propre à la Grande Ile, ne com-
porte que deux espèces très localisées dans l'extrême Nord. Elle n'ont été récoltées
avec certitude que sur les pentes orientales de la montagne d’Ambre.
DisrmiBurion ET Hagrrar (fig. 10). — Les deux espèces se distinguent sur-
tout par leur aspect brillant ou mat. J'ai effectué à la montagne d’Ambre cinq
missions à des époques et années différentes (décembre, janvier et septembre).
J'ai fait des récoltes dans les environs de Joffreville (aux altitudes de 500 m et
600 m) et autour de la station des Roussettes aux altitudes de 1 000 à 1 200 m.
Toutes les captures que j'ai effectuées dans ces stations ont « Montagne d’Ambre »
comme indication de provenance et il m’est actuellement impossible de dire si les
deux espèces ont été capturées ensemble. Au cours de ma dernière mission, en
septembre 1973, je n'ai découvert que deux exemplaires de M. ambreanus à
l'altitude de 900 m. M. longulus pourrait ne pas dépasser l'altitude de 600 m, ce
qui correspond à la limite d’une zone forestière beaucoup plus sèche, mais d’autres
prospections devront le confirmer. Les deux espèces n’ont été récoltées que dans
les zones forestières et la plupart des exemplaires ont été ramassés dans des fosses
ou en faisant des défrichages.
LES rERRIERS. — J'ai fouillé un seul terrier de M. ambreanus. Il était établi
parmi une population de Dinosearis rostralus et sur un terrain presque dépourvu
de litière, À cette époque, des traces d’un petit réseau de galeries étaient encore
visibles mais non entretenues. L'ouverture du terrier, à peine plus grande que le
Scarite, était presque ronde. Le puits était creusé presque à la verticale sur 60 cm
de long, puis il se prolongeait en pente douce sur encore 30 em. La loge terminale
était à 70 em de la surface du sol et était assez large pour permettre à l’imago de se
jer ayant été découvert à la fin de ma dernière mission, je n’ai pas pu
retourner. Ce te
vérifier si ce Scarite creusait les mêmes terriers dans les surfaces à humus très épais.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 31
GP,
d
3 Longulus
Ô axbroanus
——
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — Le peu d'observations effectuées ne me per-
met pas de connaître le rythme d’activité de ces animaux. Je peux seulement signa
ler que les captures dans les fosses ont été réalisées entre décembre et février. Un
aide a surveillé ces fosses entre les mois de mars et septembre. Pendant cette
période, aucune capture n’y a été effectuée. Je n’ai, en outre, rencontré ni ponte
ni larve dans les défrichages.
7. — Genre Prodyscherus Jeannel
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre est propre à Madagascar. Il
comporte 19 espèces, la plupart réparties dans la zone méridionale de l'Ile. On
le trouve aussi bien près des côtes qu’à des altitudes élevées (massifs de l’Andrin-
3
Source : MNHN, Paris
32 A. PEYRIERAS
gitra et de l'Itremo, 1bity, Analavelona, le Centre-Est, chaînes Anosyennes el le
Sud de l'Ile).
© into
Y ovatus
O nigrita |
% rugatus |
r
pee | | | Ï
SG randibularis
& pseudonanätbulari #
@ rapax
@ anôroyenue
@ rrandiétert
+ moriétonalis
o
decaryi
anosyensis
praelongus
externus
curtipennie
grandlatus
Funec+ee
el : distribution dans l’île.
Tic. 41. — Genre Prodyscherus Jear
Disrmiurron Er magrrar (fig. 11). — J'ai parcouru les régions du Sud à
plusieurs reprises entre les années 1964 et 1971 et y ai trouvé de nombreuses
espèces de Searites. Bien que le Sud soit la patrie des Prodyscherus, je n’en avais
trouvé que quelques rares exemplaires pendant toutes ces prospections. C'est seu-
lement au cours de la mission de la RCP 225 du CNRS de 1972, lors d’une tournée
dans la région de l'Analavelona et la forêt d'Herera, que j'ai réussi à trouver
Thabitat et les premiers terriers de ce genre.
Les Prodyscherus ont colonisé tous les biotopes existant, de l'Ouest à l'Est et
äu Sud au Centre, en passant par les sommets des hautes montagnes. Ils ne fré-
quentent toutefois pas les endroits marécageux ou trop secs et dénudés des basses
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 33
altitudes. Certaines espèces habitent l'épaisse couche d’humus saturée d’eau des
hautes montagnes.
La délimitation des aires de distribution de chaque espèce est très complexe,
notamment entre Fianarantsoa et Midongy du Sud, et il faudra de minutieuses
recherches pour la préciser. Beaucoup de ces zones paraissent se chevaucher.
Cependant, je n'ai jamais rencontré deux espèces de Prodyscherus dans le
même biotope. Dans la forêt d’Ambavala, d’une cinquantaine d'hectares de
superficie et à 1 500 m d'altitude, située au pied du massif de l'Andringitra, près
du village d’Antanifotsy, j'ai récolté une dizaine d'exemplaires de P. exernus.
Dans les prairies qui entourent cette forêt, je n’ai capturé que des spécimens de
P. rapax, d’ailleurs en grand nombre. Les deux espèces vivent done bien séparées.
P. ovatus occupe toutes les forêts sèches comprises dans le triangle Ankazoabo-
Betioky-Ranohira. Je l’ai récolté en abondance dans la forêt d'Herea et dans la
erve du Zombitsy. Il y est très commun et l’on peut rencontrer jusqu’à quatre
terriers par m°.
P. nigrila est une espèce très proche de P. ovalus et il est curieux de consta-
ter que les deux taxa ont toujours été récoltés dans les mêmes stations. Des
récoltes plus abondantes montreront peut-être qu’il s’agit d’une même espèce où
permettront de préciser leur biotope respectif.
P. rugalus est une espèce localisée dans le Centre de l'Ile. Il a surtout été
récolté par les anciens chasseurs autour du massif de l’Ankaratra. Je l'ai retrouvé,
en deux exemplaires, dans le massif de l’Ibity. Toute cette région étant dépourvue
de forêt, cette espèce s’est donc adaptée aux prairies altimontaines, où elle vit sur
les terrains non encore durcis par l'érosion. J'ai aussi récolté un exemplaire à
Ambohiboatavo dans des terrains latéritiques sous une épaisse forêt. Il paraît
peu abondant dans cette dernière localité.
P. mandibularis semble être localisé dans l'extrême Sud, entre Amboasary
et Beloha. J'ai récolté un seul exemplaire à 5 km à l'Ouest de Tsihombe, Son ter-
rier était construit au milieu d’une population de Crepidoplerus meridionalis dans
un terrain presque dépourvu de litière.
P. pseudomandibularis se rencontre dans l'aire de distribution de P. mandi-
bularis. Il occupe les forêts xérophiles d’une grande partie du Sud. Des récoltes
plus abondantes seront nécessaires pour définir si les deux espèces sont bien sépa-
rées ou ne sont que des populations isolées d’une même espèce.
P, rapax est localisé entre la région de Fianarantsoa et le massif de l'Andrin-
gitra. La mission de la RCP 225 du CNRS l’a récolté à Ambalamarovandana et
à Antanifotsy. Je l'ai moi-même retrouvé dans toutes les prairies et les terrains
cultivés autour de ces localités. Il y est abondant et les feux périodiques qui par-
courent ces prairies ne réduisent pas la population.
P. androyanus a été capturé pour la première fois au mont Kalambatitra par
A. Sevrr. Cette espèce est voisine de P. rapax, mais elle ne se rencontre pas dans
l'aire de distribution de ce dernier. Jen ai récolté une trentaine d'exemplaires dans
la plaine de Ranotsara. Elle y oceupe tous les lambeaux forestiers et ne se retrouve
pas dans les prairies avoisinantes trop dénudées. Cette région est attenante au
mont Kalambatitra qui paraît être le centre de l’aire de distribution de l’espèce.
P. grandidieri est une espèce localisée dans le centre Betsileo à l'altitude de
1 300 à 1 600 m. On le rencontre dans les forêts denses humides de montagne où
le sol est recouvert d’un épais tapis d’humus et de radicelles. Je l'ai récolté à
Source : MNHN, Paris
34 A. PEYRIERAS
Ambatofitorahana, au km 292 de la route nationale ne 7. Cette localité parait être
le centre de l’aire de distribution de l'espèce.
P. meridionalis se rapproche de P. grandidieri et en partage la plupart des
caractères (Baszzwsxv, 1973 b). Ces deux espèces, quoique vivant à la même
altitude, sont séparées par de nombreux massifs. Au cours des deux missions que
j'ai effectuées dans le massif de l'Andohahelo, je n'ai pu le retrouver. Il serait sou-
haitable que d'autres prospections plus minutieuses soient réalisées sur ce massif,
afin de récolter des séries de ce Prodyscherus ainsi que des Prodyscherodes oceur
pant la même zone. Pendant ma dernière mission, j'ai récolté, À l'altitude de
1 800 m, une série de Prodyscherus qui sont actuellement à l'étude. Is ressemblent
à première vue à P. meridionalis, mais sont aussi très proches des Prod cherodes
par les mandibules, les deux soies discales en arrière sur la déclivité et les veux
recouverts par une chitine noire.
P. decaryi fut récolté en 1926 par R. Drcary au pied du pic d’Ivohibe. Depuis
cette date, aucune recherche n’a été effectuée dans cette région et on ne connait
pas l'étendue de son aire de distribution. La forêt de cette localité est du type
4 forêt dense humide de montagne », avec un sol recouvert par une épaisse couche
de radicelles et d'humus.
P. anosyensis à été trouvé dans les chaines Anosyennes lors de la mission de la
RGP 225 du CNRS, en novembre 1971. Tous les exemplaires proviennent du
sommet du massif à l'altitude de 1 900 m et ont été récoltés par exemplaires errants
où dans l'humus des dalles rocheuses. Les individus de l'altitude 1 050 m (Bas
Lewsxv, 1973 b) ont dû être mal étiquetés avant l'envoi au Muséum national, à
Paris, car ils proviennent aussi du sommet. L'espèce doit occuper toutes les prai-
ries altimontaines au Nord et au Sud de la station « haute Ranomandrÿ ».
P. praelongus est l'un des plus grands Prodyscherus. Il a été capturé dans des
régions très éloignées les unes des autres : Nord de Fort-Dauphin, forêt Tanala,
Fianarantsoa. Je l'ai retrouvé dans le Sud-Ouest du massif de l’Andringitra, au
cirque de Manjarivolo, mais seulement dans une petite forêt séparée du reste du
massif par une rivière descendant des pentes du cirque. Dans les forêts de ee
cirque, on rencontre une autre espèce : P. exlernus. J'ai capturé des séries de ces
deux Scarites, ainsi que de nombreuses larves. Toutes les larves sont semblables
et ont un caractère spécifique particulier, avec une grosse bosse sur la tête
(fig. 34 C), qui ne se retrouve pas chez les larves des autres espèces. Je pense que
P. praelongus n’est qu'une forme de gigantisme de P. exlernus, ces populations
étant isolées. Pour plus de certitude, d’autres recherches seront nécessaires dans
toute l'aire de distribution. P. praelongus et P. exlernus ne se rencontrent que
dans des forêts à humus très épais, au-dessus de l'altitude de 700 m, dans la forêt
orientale entre Ambatondrazaka et Fort-Dauphin.
P. australis est un proche parent de P. meridionalis de l'Andohahelo et il en
partage la plupart des caractères. La région où il a été découvert n’a plus été pros-
pectée depuis que R. Dcary y découvrit cette espèce en 1926. La localité exacte
de capture n'est pas connue, mais le spécimen doit provenir des pentes Ouest du
massif situé au Nord du col de Ranopiso où R. Decary effectua des recherches
et récolta des échantillons du Palmier Neodypsis decaryi à l'altitude de 200 à 300 m.
P. sexiesselosus fait partie d'un groupe de quatre espèces réparties dans la
basse région sud-orientale de l'Ile, entre Farafangana et Fort-Dauphin. Il occupe
les restes forestiers des environs de Vondrozo, Fort-Carnot et Farafangana. Je l'ai
récolté en avril dans des fosses en lisière de la forêt orientale à Tsararano I (région
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 35
de Vondrozo). J'ai aussi récolté dans les mêmes fosses des exemplaires de P. cur-
lipennis, mais cette dernière espèce semble être plus courante dans les prairies.
P. alluaudi paraît être très localisé. Je n'ai pas visité la région où il fut cap-
turé, mais, d’après les récoltes, c'est une espèce de basse altitude occupant les
petites forêts autour de la ville de Mananjary.
P. granulalus se rencontre dans la partie extrême de l'aire de distribution du
groupe entre la rivière Manampanihy et Fort-Dauphin. Je l'ai récolté à Mandena
dans les forêts sur sable, mais il occupe aussi les forêts sur latérite puisqu'il a été
récolté par R. CATALA dans la forêt d’Isaka.
LES TERRIERS. — Les terriers des espèces de ce genre peuvent se grouper
en trois types :
1) Les terriers de P. ovalus sont localisés dans les forêts denses sèches de la
région de Sakaraha et d’'Herea, sur le terrain sableux où le sol est quelquefois
recouvert d’une bonne couche de litière. Ce Scarite y est très abondant. Il creuse
son terrier d’abord en pente peu inclinée, sur 30 à 50 cm, puis la pente devient
très forte, quelquefois verticale, et redevient peu inclinée ou horizontale une ving-
taine de centimètres avant la loge terminale, La longueur du terrier peut atteindre
3 m, mais elle mesure toujours plus d’un mètre. Un immense réseau de galeries,
débutant à l’orifice et pouvant atteindre plus de 6 m est construit juste sous la sur-
face du sol. Les galeries de plusieurs terriers peuvent parfois correspondre. La loge
terminale est à une profondeur de 80 cm à 1,50 m. Dans Îles forèts à litière peu
abondante, le terrier est signalé par une importante taupinière allongée. En rasant
horizontalement cette taupinière avec une bêche affûtée, il n’est pas difficile de
trouver la galerie et de la suivre jusqu'à l'entrée du terrier. Aucune galerie
n’aboutit à la surface du sol.
2) Les terriers de P. rapax sont établis dans les prairies. Je les ai observés
près du village d’Antanifotsy, sur la face orientale de la chaîne centrale de l’Andrin-
gitra. Ils se trouvent le plus souvent au pied des grosses pierres ou des grosses
toufres d’herbe. L'entrée est très souvent visible et il n'y a pas de longues galeries
horizontales au-dessous de la surface du sol. Le terrier est en pente presque ver-
ticale et ne mesure pas plus de 60 cm. De nombreux terriers sont aussi creusés
dans les champs cultivés (maïs, pommes de terre ou haricots).
3) J'ai pu observer des terriers de P. exfernus dans la forêt dense humide de
montagne du cirque de Manjarivolo. Ce Scarite creuse de longues et nombreuses
galeries entre le sol latéritique et l’humus. Il est facile de les repérer, mais à tra-
vers l’humus assez épais, il n’est pas toujours aisé de les suivre et d'arriver à l'entrée
des terriers. Ce Scarite creuse, en effet, de nombreux puits et j'en ai trouvé jusqu’à
cinq reliés au même réseau de galeries. Leur longueur est très variable, de 20 à
80 em. Pour rechercher les imagos, il m'a été nécessaire d'adopter la méthode du
défrichage, sur une profondeur de 80 em, dans les endroits où les galeries de sur-
face me signalaient les individus.
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — Les Prodyscherus ont une vie entièrement
souterraine et sont, de ce fait, très difficiles à observer. Tous ont une activité
maximum après les premières pluies d'orage et pendant toute la saison pluvieuse
de l'été austral (novembre à avril).
Dans les forêts xérophiles du Sud et du Sud-Ouest, l’activité se réduit au
fur et à mesure que diminue le degré d'hygrométrie. En juin, les galeries de sur-
face sont moins fréquentées et, en septembre, elles sont en partie abandonnées et
Source : MNHN, Paris
36 A. PEYRIERAS
obstruées par des toiles d’Araignées ou de petites radicelles. Le Scarite est alors
au repos au plus profond de son terrier, comme en hibernation. J'ai fait les mêmes
observations pour la population des prairies d'Antanifotsy (alt. 1 500 m), mais
1à, l'activité peut être ralentie et même arrêtée éventuellement par les tempéra-
tures très basses qui sévissent dans cette région pendant l'hiver austral.
Les Prodyscherus des forêts humides de montagne n'ont pas d'arrêt complet
&activité. En juillet et septembre, les galeries sont toujours fréquentées, mais
elles sont protégées du froid et du vent par une épaisse couche d’humus qui sert
d'isolant.
Les Prodyscherus, qu'ils vivent dans les forêts denses sèches du Sud-Ouest,
dans les prairies des plateaux ou dans les forêts humides de montagne, ont la
même période de reproduction. Ils pondent leurs œufs de décembre à février et
les larves sont toutes au 2° ou au 3€ stade début mai. Ces larves ne restent pas
dans le terrier maternel, mais se tiennent dans des galeries qui communiquent
avec ce dernier.
La nymphose a lieu d'octobre à décembre, période qui correspond au début
des grandes chaleurs pour ceux des montagnes et des prairies d'altitude el au
début des pluies pour ceux des forêts sèches.
Les œufs sont, comme ceux de beaucoup d’autres Scarites, déposés dans le
terrier principal. J'en ai récolté trois dans un terrier de P. exlernus en forêt d'Amba-
vala (Antanifotsy) le 27 décembre 1972. Au cirque de Manjarivolo, en mai 1973,
j'ai trouvé trois larves au 3e stade et deux au 2° stade autour d'un même terrier.
Il y a donc au moins deux pontes pendant une saison.
En captivité, j'ai obtenu une nymphe le 22 décembre 1973, la larve avait été
récoltée au cirque de Manjarivolo en mai de la même année ; elle était déjà au
3e stade (voir plus haut).
Une autre larve, nymphosée le 30 janvier, a éclos le 24 mars, restant ainsi
plus de cinquante jours à l'état de nymphe.
__ Genre Prodyscherodes Jeannel
Rérarrrrrox Géocrarnique. -— Ce genre est propre à Madagascar. Il ne
comporte qu’une seule espèce, P. pauliani, connue seulement du massif de l'Ando-
hahelo, où quelques exemplaires furent récoltés par R. PauLIAN en janvier 1954.
DisrrBurion Er HArrar (fig. 12). — Les deux missions que j'ai effectuées
dans le massif avaient surtout pour but de rechercher cette espèce. En mai 1973,
j'en ai retrouvé deux exemplaires.
En janvier 1974, j'ai revu ce même Prodyscherodes de l'altitude 1 700 m jus-
qu'au sommet, mais je n'ai pas pu découvrir son biotope, malgré de nombreuses
prospections, tant dans les restes forestiers et les prairies du versant Ouest que
dans la forêt dense humide de montagne du versant oriental.
Lorsque R. PauLrAN récolta ses exemplaires de grosses perturbations atmo-
sphériques affectaient la région. Les pluies abondantes avaient peut-être délogé
ces Scarites de leurs terriers.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 37
Froûyscherodes
D} Pauliant
Fi. 12. — Genre Prodyscherodes Jeannel : distribution dans l'ile.
B. — Sous-tribu Dyscherina Basilewsky
Cette sous-tribu n’est connue que de Madagascar. Chez ses représentants, le
champ huméral de l'élytre présente le premier stade de l'évolution orthogéné-
tique découverte par BânniNGer en 1938 et étudiée d’une manière approfondie
par JEANNeL en 1946. Elle comporte trois genres, tous exclusivement composés
d'espèces aptères, réparties surtout du Nord au Sud de la région orientale et dans
le Sambirano. Une seule espèce, Dyscherus subgranulalus, occupe le massif de
l'Ankaratra dans le Centre.
Source : MNHN, Paris
38 A. PEYRIERAS
9. — Genre Dyscherus Chaudoir
Rérarririon céoërarmiQue. — Ce genre comporte six espèces déjà décrites.
six autres sont à l'étude.
Les premiers Dyscherus ont été récoltés vers le début du x1x° siècle (D. cos-
talus), mais il faut remonter au début du xx° pour que quatre nouvelles espèces
soient découvertes et décrites. Ce genre nous réserve d’ailleurs encore bien des
surprises. J'ai effectué, au début de 1973, des prospections dans les régions de
Mantasoa et Beforona et j'y ai rencontré quatre nouvelles espèces. Une autre
prospection de quelques heures dans le massif du Manongarivo m'a aussi permis
de découvrir une nouvelle espèce et, tout récemment, j'en ai récolté une autre dans
a région de Périnet (cette dernière station est pourtant l'une des plus prospectées
de l'Ile). Ce matériel est à l'étude, mais ces nouvelles découvertes nous montrent
combien il est difficile de se prononcer sur la distribution et la systématique d'un
genre à Madagascar.
Disrmisurion er masrrâr (fig. 13). — D. mocguerysi est localisé autour du
village d’Antanambe (sous-préfecture de Mananara-Nord). C'est par erreur que
des exemplaires se retrouvent étiquetés avec l'indication de provenance « Mont
Antampona ». Mes chasses transmises à J. Vapox avec des récoltes du mont
&Antampona ont dû être mélangées à l'occasion de leur expédition. Je ne l'ai en
effet rencontré que dans les forêts sableuses du bord de mer qui s’étalent sur 3 à
5 km de profondeur et une vingtaine de km de long.
D. sicardi a été récolté dans toutes les petites forêts de la plaine de Diégo-
Suarez, sur la montagne des Français, et sur tout le versant « Est » de la mon
tagne d'Ambre jusqu’à l'altitude de 700 m. On le trouve aussi bien dans les ter”
rains sableux de la forêt de Sahafary, dans les calcaires de la montagne des Fran-
ais, que dans les terrains volcaniques de la montagne d'Ambre. Il est toujours plus
abondant dans les terrains sableux. Je n'ai rencontré aucun exemplaire de cette
espèce dans le massif de l’Analamerana et dans celui de l’Ankarana.
D. vielle est localisé dans la sous-préfecture de Nosy-Varika. Je n’ai rencontré
qu'un seul exemplaire et une dépouille sur la piste d'Ampasinambo, à l'altitude
de 500 m. Lorsque j'ai visité cette région, je ne savais pas encore chercher les ter
riers, maïs j'avais rencontré de nombreux élytres sous les bois morts, ce qui
laisse supposer que l'espèce n’y est pas rare, surtout dans la forèt sur terrain
latéritique.
D. coslalus est l'espèce la plus répandue. On la rencontre de Sambava au
Nord, jusqu’à la rivière Mangoro au Sud. Elle a été signalée de Périnet (900 m),
mais, malgré de nombreuses prospections, je ne ’ai rencontrée que bien plus bas
à l'altitude de 500 m, dans la région de Beforona. Elle occupe aussi les Lerrains
latéritiques et ne fréquente pas les terrains sableux à gros grains de quartzite.
D. subgranulalus a été découvert par R. PAULIAN en 1948 ; il est propre à
VAnkaratra. Il y occupe tous les restes forestiers jusqu’à 2 200 m et toutes les
prairies altimontaines de 2 400 m jusqu'au sommet du Tsiafajavona. C'est d'ail-
leurs sous les gros cailloux du sommet que l’on trouve la plus grosse concentra-
tion de ce Scarite. Je n’aipas trouvé d'individu entre 2 200 et 2 400 m et les deux
populations paraissent nettement séparées. L'espèce a été signalée des forêts au
Nord d'Anosibe, ce qui paraît douteux et demande confirmation, Anosibe étant
à l'altitude d'environ 500 m. Il aurait fallu que cette espèce traverse l'aire de dis-
tribution de D. peyrierasi et la falaise de l’Angavo !
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 39
Zrachorue
mooquerysi
sicarét
vettel
costatue
storthodontoides
peyrlorast
oceidentalie
pauliant
descarpentri oi
punctatost:
sp. (in
CPCPETETTTTI
erus Chaudoir : distribution dans l'île.
3. — Genre Dys
D. storthodontoides a été découvert par R. Decary en 1926 au pied du pic
d’Ivohibe, il fut retrouvé dans l’Andringitra en 1948 par P. A. RoBiNsox, puis en
1970 par la mission de la RCP 225 dans ce même massif.
Je l'ai récolté dans le massif du Madiorano (sous-préfecture de Vondrozo)
aux altitudes de 500 et 700 m et, très récemment, dans chaque petite forêt du
massif de Vohibory. Dans tous les massifs, il occupe aussi bien les terrains quart-
zitiques ayant peu de litière que les terrains latéritiques à humus abondant.
D. peyrierasi (1) que je viens de récolter dans les falaises de l'Angavo, à l'Est
du lac de Mantasoa, occupe tous les terrains latéritiques sous forêt, mais est sur-
(1) D. peyrierasi Basilewsky 1975 (voir p. 186 de ce volume}.
Source : MNHN, Paris
40 A. PEYRIERAS
tout abondant dans les creux des vallées recouverts d’une épaisse couche d’humus
et de radicelles.
Deux autres espèces (in lil.) occupent le même massif mais ne se rencontrent
pas dans les mêmes terrains. J'ai collecté D. descarpenb si (2), sur des terrains
quartzitiques à l'Est du lac de Mantasoa et D. pauliani (9), dans les terrains ferral-
ditiques très pauvres au Sud-Ouest du lac. Sur ces terrains, les arbres ne dépassent
pas 6 m de haut. Il est intéressant de signaler que cette région est la première où
Ton rencontre trois espèces d’un même genre dans un espace d'un km. Elles sont
cependant réparties sur des formations pédologiques différentes.
D. punctalostrialus (+) se rencontre dans les restes forestiers de la région de
Beforona, à l'altitude de 500 m, où il cohabite avee une population de Tapinosearis
rugulicollis et peut-être confondu avec ce dernier. Je ne peux Pas préciser qu'il
occupe les terrains latéritiques ou quartzitiques.
D. occidentalis (+) est aussi une espèce forestière. Je l'ai récolté dans le massif
au Manongarivo à l'altitude 450 m. Il y occupe les mêmes biotopes que les autres
Dyscherus de forêt.
Lorsque j'ai effectué la prospection de ce massif, j'ai été frappé par le fait qu'il
y existe une très belle forêt jusqu'à l'altitude de 400 m où je n'ai rencontré aucun
Yuter de Scarite. Au-dessus de cette limite, par contre, la forêt est moins belle,
avec beaucoup de trones assez gros, vieux et délabrés. On y rencontre un supplé-
ment d'espèces forestières (Palmiers et Pandanus) qui n'existent pas en dessous
de 400 m, J'y at trouvé de nombreux terriers de Scarite ; la belle forêt de basses
altitudes, où les arbres ont un diamètre maximum de 60 em, ne peut être qu’une
jeune forêt ayant jadis été coupée pour faire des cultures de riz- D'après les ren-
Seïgnements que m'ont fournis les habitants de la région, cette forêt peut avoi
de 60 à 100 ans. Cette durée n’a pas sui pour que les Searites puissent recoloniser
ces surfaces.
Les rertuens. — Le terrier des Dyscherus de forêt se rencontre généralement
Sous les couches d'humus ou de litières. Construit en pente assez forte, il mesure
30 à 70 em de long. La loge terminale est à 40 em de la surface du sol. Un réseau
de galeries est établi devant l'entrée, entre l'humus ou la litière et le sol. Je n'ai,
outefois, pas pu trouver le terrier de D. storfhodonioides. Ce dernier Scarite, que
j'ai seulement récolté dans l’humus des forêts, paraît construire des galeries sans
fin, C'est autour de ces galeries, qui ne dépassent pas la profondeur de 10 cm dans
le sol, que j'ai récolté ses larves et, une fois, sa nymphe:
D. subgranulaus, dont j'ai signalé plus haut les deux populations dans le
massif de l'Ankaratra, a retenu plus particulièrement mon attention.
La population de forêt creuse ses Lerriers comme les autres Dyseherus : les
galeries en surface du sol sont seulement un peu plus longues. 11 m'est arrivé de
Encontrer des exemplaires dans les bois pourris encore debout et aussi dans
Yhamus des arbres recouverts de mousse, à plus d’un mètre de la surface du sol:
11 n’est pas rare de rencontrer, dans lemême terrier, un mâle et une femelle,
ainsi que des larves à deux stades différents. Je n'ai jamais trouvé plusieurs
femelles occupant les mêmes galeries.
Basilewsky 1975 (voir p. 184 de ce volume).
4975 (voir p. 187 de ce volume}.
{voir p. 188 de ce volume).
%) D. occidentalis Basilewsky 1975 (voir p. 182 de ce volume).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE At
La population du sommet de l’Ankaratra, vivant dans le sol des prairies et
sous les gros cailloux, n’établit pas de galeries en surface du sol. Elle se construit,
par contre, un important réseau de galeries souterraines, où il est rare de rencon-
trer une loge terminale.
Plusieurs fois, j'ai essayé de suivre une galerie découverte depuis le début,
en soulevant un caillou. Rapidement, j'ai rencontré des embranchelments mul-
tiples, où j'ai trouvé, de temps à autre, un imago mâle ou femelle. J'ai ainsi pu
récolter jusqu’à 5 individus par m°?. Cette population forme done une véritable
colonie.
RYTHME D'ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — Les Dyscherus ont un rythme
d'activité très comparable à celui des Prodyscherus. Is mènent une vie très activ
pendant l'été austral et un peu plus ralentie, mais sans interruption, pendant le
reste de l’année. Seule, la population de D. sicardi, des forêts sablonneuses de la
plaine de Diégo-Suarez, montre une interruption d’activité totale. Chez cette
espèce, les terriers sont déjà obstrués fin mai, mais encore détectables ; en juin
et septembre, il est impossible de les trouver sans pratiquer de défrichage. Les
femelles hibernantes sont au repos au fond de leur terrier. À la montagne d’Ambre,
les terriers sont toujours détectables et exploités. Je n’ai trouvé aucun mâle de
cette espèce pendant les prospections effectuées en septembre.
Dans la population de D. subgranulalus des hauteurs de l'Ankaratra, la ponte
a lieu de janvier à mars ; c’est seulement à cette époque que les femelles paraissent
faire un terrier rejoignant une galerie située près de la surface du sol. Lorsque j'ai
rencontré des œufs, il m’a été possible de trouver une femelle au fond d’une loge
terminale en suivant une galerie. Les larves coexistent avec les imagos, mais, le
plus souvent, elles creusent leurs propres galeries autour du terrier de la mère. La
nymphose n’a lieu qu'au début de l'été austral, après les premières pluies, et les
premières éclosions ont lieu fin décembre.
Pour les autres espèces, la ponte a aussi lieu au début des grandes pluies,
mais la nymphose parait plus ou moins avancée suivant les espèces. Chez D. pey-
rierasi, j'ai pu voir des imagos immatures en avril. Ces imagos étaient dans une
loge à quelques centimètres du terrier de la mère. Je suppose qu’à cette époque il
s’agissait d’une fin d’éclosion.
Dans le massif du Manongarivo, en septembre, deux jeunes imagos imma-
tures de D. occidentalis étaient encore près des terriers de leur mère, mais dans
cette localité, le climat doux et humide persistant, typique du domaine du Sambi-
rano, peut rendre les éclosions plus précoces.
La présence des jeunes imagos autour des terriers laisse supposer que les
larves ne quittent jamais définitivement leur mère. J'ai, en effet, rencontré jusqu’à
deux larves au 2e stade dans des terriers de D. peyrierasi.
Des larves au 3° stade de cette dernière espèce, mises en élevage en mars 1973
sans leur mère, sont mortes en novembre et décembre de cette même année. Mal-
gré une abondante nourriture, elles ont dépéri très lentement sans faire ni mue, ni
nymphose.
10. — Genre Dyscherinus Jeannel
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Le genre comporte trois espèces réparties
sur les hauteurs des forêts orientales, au-dessus de l’altitude 700 m, de Périnet à
Fort-Dauphin. Il fut créé par JEANNEL en 1955, lorsqu'il étudia les récoltes de
Source : MNHN, Paris
42 A. PEYRIERAS
R. PauLIAN faites dans le massif de l’Andohahelo en janvier 1954. Depuis, deux
autres espèces ont été décrites. L'une d'elles, D. pseudomodus, avait été placée
par BâxniNGER en 1934 dans le genre Dyschert
Disrasunmon er Harar (fig 14) — D. pauliani occupe l'ensemble dés
hauteurs du massif des chaines Anosyennes. Après R. PauLIAN, je l'ai récolté, lors
de la mission de la RCP 225 du CNRS en mai 1973, sur tout le plateau de l'Ando-
hahelo de l'altitude de 1 600 m jusqu’au sommet. Il y occupe aussi bien le versant
oriental qu’occidental. Lors de la même mission, mais un peu plus tôt, en novembre
1972, je l'avais rencontré au Nord du massif, sur le plateau de la haute Ranomanr
ay, à l'altitude de 1 900 m. Je n'ai pas récolté d’exemplaires sur les pentes orien
tales et l'altitude de 600 m, indiquée par Basizewsky (1973 b), est certainement
une erreur due à une confusion d'étiquettes lorsque j'ai envoyé les récoltes au
Muséum national, à Paris. En mai 1974, mes chasseurs ont aussi rencontré cette
espèce dans le massif de Kalambatitra, à 40 km env. au Sud-Est de Betroka.
D. pauliani se rencontre actuellement aussi bien dans les restes forestiers
que dans les prairies altimontaines. Ces dernières, à la suite des feux périodiques,
s'étendent de plus en plus sur tous les hauts du massif de l'Andohahelo et D. pat
liant ne subsiste dans cette formation que grâce aux nombreux cailloux sous les-
quels il peut se réfugier.
D. vadoni et D. pseudomodus ont été récoltés à des altitudes plus basses, 700
à 900 m, D. vadont a été récolté dans les fosses ; il occupe les forêts latéritiques à
humus très épais du massif de Madiorano, entre Befotaka et l'Andringitra: D-
pseudomodus habite les mêmes formations dans la région de Périnet. Il n’a été
capturé avec certitude qu'à Ankasoka, par exemplaires errants. La provenanet
de Mahatsinjo me parait douteuse, cette station étant très éloignée de Périnet
et située déjà à des basses altitudes sur les pentes occidentales (route de Tana-
narive à Majunga).
Les TERRES. — Je ne connais que les terriers de D. pauliani mais, étant
donné que les deux autres espèces ont été capturées dans des formations sem
blables, par exemplaires errants ou dans les fosses, elles doivent avoir le même
type de terrier. Lorsque j'ai prospecté le plateau de la haute Ranomandry, je n'y
ai récolté également que des individus errants, plus deux exemplaires dans l'épaisse
couche d’humus d’un reste forestier. A l'Andohahelo, j'ai capturé de très nom-
breux spécimens, la plupart ayant été trouvés sous de larges cailloux plats. Ces
Scarites aménagent un petit réseau de galeries dans la partie la plus sèche de
Vhumus et quelquefois un terrier de 10 à 15 em de profondeur. J'ai constaté que
tous ces terriers étaient occupés par des femelles. Dans la couche d’humus sous
forêt, D. pauliant construit aussi un réseau de galeries, mais il m'a été impossible
de suivre ces dernières et je n'ai constaté la présence du Scarite dans ce milieu
que par défrichage. Dans les surfaces dégradées par les feux périodiques, D: pat
Tant cherche sous les cailloux plats des refuges bien abrités et permettant de
conserver au moins une cavité sèche en toutes saisons. C’est autour de cette cavité
qu'il construit ses galeries et y dépose, le moment venu, sa ponte.
Doniié ei HEPRODUCIION — J'ai Visité les Chaînes Anosÿennes à roi
époques différentes. En novembre, sur le plateau de la haute Ranomandry (parie
Nord du massif), D. pauliani menait une vie errante qui, avec le début de la
saison des pluies, correspondait au début de la période la plus active. Dans les
défrichages effectués en forêt et où des imagos furent capturés, aucun œuf ni
larve ne furent rencontrés.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 43
Dyschertnus
paultent
pseudonodus
ni.
Pic. 14. — Genre Dyscherinus Jeannel : distribution dans l'ile.
En février, dans l'Andohahelo (partie Sud du massif), beaucoup de galeries
occupées par des femelles contenaient des pontes ou déjà de jeunes larves. Un
terrier contenait quatre œufs, c’est le maximum constaté. Trois de ces œufs
étaient déposés dans de petites loges, sur le côté d’une galerie. Le quatrième se
trouvait aussi dans une loge mais vers le milieu du petit terrier à une profondeur
d'environ 5 cm.
En avril, dans la même partie du massif, je n’ai plus rencontré de pontes,
mais les larves étaient nombreuses et cohabitaient avec des femelles ou en étaient
peu éloignées. Le plus grand nombre de larves observé dans un terrier a été de
trois, déjà au 2e stade.
Tous les imagos récoltés en novembre et en mai étaient matures. Je suppose
donc que la nymphose et l’éclosion doivent avoir lieu de décembre à février. Le
Source : MNHN, Paris
44 A. PEYRIERAS
98 janvier 1974 j'ai rencontré, dans le terreau, sous un large caillou, une nymphe
prête à éclore.
11. — Genre Paradyscherus Basilewsky
RrARTITION cÉOorAPRIQUE. —— Trois iespèces sont actuellement connues
dans ce genre endémique à Madagascar. Deux oceupent la bordure la plus interne
de la grande forêt orientale (alt. 750 à 900 m) et la troisième, une petite forêt située
au bord de la chaîne centrale de l’Andringitra (alt. 1 500 m).
Disrrsunon ET HaBrrar (fig. 15). — Le genre Paradyscherus a été créé par
Basrewsry en 1971, en étudiant des récoltes faites par la mission de la RPG 22 5
au CNRS en janvier 1971. Un seul exemplaire de Paradyscherus blanci était alors
connu, Dans sa révision des Scarilinae malgaches (1973 b), P. BASILEWSKN décrit
deux autres espèces, qui ne sont représentées chacune que par un unique exem-
plaire.
P. blanci n’est actuellement connu que de la petite forêt d’Ambavala Gette
forêt, située au milieu des prairies au Nord d'Antanifotsy, couvre une superficie
une cinquantaine d'hectares. J'y ai effectué des prospections en décembre,
février et mai. À chaque visite, j'ai pu récolter quelques individus. J'ai visité
Maures lambeaux forestiers de cette région, mais n’y ai rencontré aucun Spécir
men. L'espèce parait done être très localisée. Elle fréquente surtout les terrains
rocailleux et cherche les endroits les plus secs.
P. jeanneli oceuperait la région de Moramanga, mais, malgré de nombreuses
prospections, aueun exemplaire n'a été repris.
P. peyrierasi habite les lambeaux de la forèt orientale, à l'Est qu village
Maropaika. L’unique exemplaire a été trouvé errant sur un sentier. Ces petites
forêts ont subsisté grâce aux amoncellements de rochers qui les ont protégées des
feux et des cultures. Ces vestiges correspondent assez bien au biotope occupé
par P. blanci.
Les rermens. — N'ayant récolté que P. blanci dans son milieu naturel,
je ne connais pas le type de terrier des deux autres espèces.
P. blanci construit son terrier de la même manière que Dyscherinus pau
liant. Tous les exemplaires que j'ai pu récolter ont été rencontrés sous de gros
cailloux plats ou de gros bois morts. Les galeries, peu entretenues, sont établies
entre le caillou et le sol dans les endroits très secs. Une ouverture est aménagée
généralement du côté le plus élevé qu caillou. Elle débouche dans l'humus et est
peu visible de l'extérieur. J'ai aussi trouvé quelques galeries sous une épaisse
Éouche d'humus sans y rencontrer d'imago, mais en les fouillant, j'en ai retiré
un œuf qui fut mis en élevage. Quelques jours après, une larve de P- blanci en
éclosait. Il est done probable que ce Scarite avait anciennement comme habitat
es endroits à humus très épais. Ces surfaces étant maintenant très réduites par
le passage et le surpâturage des zébus, il a dû se réfugier en partie sous les dalles
rocheuses, Deux femelles, en captivité, ont construit, sous deux bouts de planche,
les mêmes galeries que dans la nature. L'une des femelles a creusé un unique ter
rier qu’elle a abandonné quatre jours après.
Acnviré Et nerropueron. — Les Paradyscherus semblent avoir une vie
peu active. Au cours de mes prospections en forêt d'Ambavala, m'a été très
Eicile de rencontrer les premiers exemplaires. J'ai pratiqué la méthode de défri-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 45
Blanci
A jeameli
M poyrieran
Tic. — Genre Paradyscherus Basilews] : distribution dans l'ile.
chage sur deux surfaces de 20 m°. Dans une surface où les cailloux étaient nom-
breux, un P. blanci fut récolté ; à peu de distance de celui-ci, mais à 30 em de
profondeur, un autre imago, paraissant fraîchement éclos mais bien mature, était
dans une loge. L'autre périmètre défriché dans un endroit moins rocailleux ne
m'a donné aucun spécimen.
En mai 1973, douze fosses furent creusées et, une fois par semaine, régul
rement visitées jusqu'en février 1974. Pendant toute cette période, deux exem-
plaires seulement de P. blanci furent capturés, et uniquement en janvier, Un
autre Scarite, habitant la même forêt, y fut récolté en plus de cent exemplaires.
P. blanci est donc une espèce rare et s’il est bien réellement localisé à la
seule forêt d'Ambavala, il disparaîtra dans les vingt prochaines années. Cette
Source : MNHN, Paris
46 A. PEYRIERAS
forêt est en effet actuellement surexploitée par les habitants des villages voisins
et par les troupeaux de zébus. Les feux périodiques y pénètrent tous les ans un
peu plus avant.
En décembre 1972, un terrier sous un gros caillou contenait un œuf. En
février 1973, dans une galerie sous humus épais, un autre œuf était rencontré.
Un troisième terrier, sous dalle rocheuse, avait encore trois membranes d'œufs.
Ge sont les seules pontes que j'ai observées. Elles ont donc lieu de décembre à
février. Les œufs sont déposés sur le côté des galeries dans des loges profondes de
1em.
Les larves ne paraissent pas rester auprès des femelles. La première larve
obtenue était tombée dans une fosse, en février, et elle avait déjà fait une mue.
En mai, aucune larve n'a été retrouvée, même dans les périmètres défrichés.
D’autres prospections seront nécessaires pour mieux connaître la biologie de
l'espèce.
C. — Sous-tribu Slorlhodontina Jeannel
La sous-tribu des S{orlhodontina présente le stade final de l’évolution ortho-
génétique du champ huméral de l’élytre. Elle est endémique à Madagascar où elle
comporte cinq genres, montrant une vaste répartition dans l'Ile.
12. — Genre Tapinoscaris Jeannel
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre comprend neuf espèces actuel-
lement décrites et réparties dans les domaines oriental et central, en deux zones
bien distinctes. La première, du domaine oriental, va de Maroantsetra jusqu'à la
rivière Mangoro (groupe Nord). La seconde couvre le massif de l’Andringitra el
es pentes orientales entre Fort-Carnot et Vondrozo (groupe Sud).
Peu de recherches ont été effectuées dans la zone séparant ces deux secteurs
et d’autres espèces y seront certainement découvertes. La provenance « Tuléar »
attribuée à T. rugalulus demande confirmation.
Disrrumion £r Hagrrar (fig. 16). — T. chaudoiri présente, d’après les
localités de récolte, une distribution assez vaste. Je l’ai capturé en abondance à
Nosy Mangabe, dans la région de Fampanambo et sur les collines boisées plus au
Sud, jusqu’à la rivière Fananehana. Il occupe, dans ces régions, les Lerrains laté-
ritiques et peut atteindre l'altitude de 300 m. Les frères Pernor l'ont récolté dans
la région de Fénérive et OLsourrier dans celle de Tamatave (Ambodirafia). Ces
provenances étendent sa distribution de Maroantsetra à Tamatave, mais ces der-
nières localités mériteraient de nouvelles et précises prospections.
L'espèce est aussi signalée du Centre : Tananarive (Lamberlon) et Antsianaka
(Humblol). Ces indications de provenance me paraissent fausses.
T. rugulicollis ressemble à première vue à T. chaudoiri. Il a été collecté à
Fanovana par OLsourrmer. Je l'ai retrouvé à Beforona (alt. 500 m), mais iln’atteint
pas la région de Périnet (alt. 900 m). Il occupe, comme le précédent, les terrains
atéritiques, mais seulement ceux qui sont recouverts d'un peu d'humus où
de feuilles mortes. Les terrains à humus abondant sont oceupés par d’autres
espèces de Scarilinae.
T. raffrayi montre une distribution allant de Maroantsetra à Ambila-Lemaits,
maïs il est probable que d’autres prospections étendront son aire vers le Sud. Je
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE
ST
OCxFec+ure
chaudot rt
rattrayl
ragatulus
tricostis
descerpentrieui
varioloeus
Jeannel :
Pic. 16. — Tapinoscaris
47
distribution dans l'ile.
ne l'ai récolté que dans les forêts côtières sur sable, que ce soit à Maroantsetra,
Mananara, Soanierana-Ivongo ou Ambila-Lemaitso. Je n'ai rencontré aucun
exemplaire à plus de 80 m d'altitude. Les individus provenant du pays Antsia-
naka (Humblol) sont probablement faussement étiquetés. Cependant, dans cer-
taines plaines de la cuvette du lac Alaotra présentant de grandes étendues de
sable quart:
confirmer ou infirmer cette provenance.
itique, de nouvelles prospections seront nécessaires avant de pouvoir
T. rugalulus est une espèce très voisine de T. raffrayi. Elle n’a pas été retrou-
vée dans la région de Tuléar, d’où elle a été décrite, mais les for
s sur sable y
étant nombreuses, de nouvelles prospections devraient confirmer son existence.
T. tricostis se retrouve par populations isolées dans l'aire de distribution de
T. raffrayi. D'après les localités de récolte connues, il pénètre plus à l'intérieur des
4
Source : MNHN, Paris
48 A. PEYRIERAS
terres. Je l'ai en effet récolté aussi bien dans les forêts sur sable (Ambatondrahelÿ)
que sur les collines latéritiques (autour d'Antanambe). P. Soca l'a récolté dans
la réserve naturelle intégrale n° 3, dite de Zahamena, mais la provenance précise
n'a pas été relevée ; les exemplaires ont pu être récoltés entre 500 et 1 300 m d'alti-
tude, ce qui correspond au versant Est (forêt très humide) ou au plateau central
(forêt basse à humus très épais et peu humide).
T. razananae fut la première espèce du groupe Sud à être découverte par
J. DescarPenTRIEs en 1922 dans l'Andringitra.T. r. razananae habite toutes les
Surfaces dénudées s'étendant au-dessus de 2000 m, s’abritant surtout sous les
pierres et les dalles rocheuses. T. r. anjavidilapae occupe la partie orientale de
l'aire de répartition de l'espèce, à une altitude plus basse et dans un massif boisé
(Philippia).
T. carnoli vit dans la forêt orientale. Il a été capturé dans la région de Fort-
Carnot. Je l'ai retrouvé dans le Madiorano à l'Ouest de Vondrozo où il occupe les
terrains latéritiques à fortes concentrations d’humus et de radicelles. Il est très
difficile de détecter ses terriers et en employant la méthode du défrichage, je n’en
ai rencontré qu'un exemplaire tous les 10 m?.
T. descarpentriesi a été récolté au cours de la mission de la RCP 225 du CNRS
en décembre 1970 dans la partie Sud du massif de l'Andringitra (Andrianonÿ) à
Valtitude de 1 650-1 700 m. Il y occupe le même biotope à humus et à radicelle
très épais que l'espèce précédente, mais le terrain est beaucoup plus sableux et
comprend surtout du granite décomposé mélangé à l’humus.
T. variolosus est décrit de Madagascar, sans autre précision. Il n’a pas été
retrouvé, mais par sa ressemblance avec T. carnoli et T. descarpentriesi, il fait
partie du groupe Sud et il faudra le rechereher dans des localités situées autour du
massif de l'Andringitra.
T. peyrierasi (1) est le plus grand Tapinoscaris connu. Il occupe la petite forêt
&’Ambavala au Nord du massif de l'Andringitra, à l'altitude 1 500 m, en compa-
gnie de Paradyscherus blanci et de Prodyscherus externus. C’est le seul endroit où
je l'ai rencontré. Le terrain y est assez sableux et il y a très peu d’humus. Un
tapis herbacé tondu par les zébus y occupe toute la surface du sol.
Les rerriens. —— Les Tapinoscaris du groupe Nord construisent tous le
même type de terrier, mais il est plus où moins difficilement repérable, suivant
qu'il est construit dans les forêts sur sable ou sur latérite.
Le puits mesure 30 à 40 em de long, la loge terminale est à environ 20 em de
profondeur. Devant l'entrée, sous la litière, il existe toujours un réseau de galeries
plus ou moins important.
Les Tapinoscaris du groupe Sud construisent des terriers semblables aux
premiers, mais les espèces étant de plus grande taille, les terriers sont plus pro”
fonds. La loge terminale de T. peyrierasi se trouve souvent à 30 ou 40 cm de la
surface du sol. Les espèces des hauts sommets, T. razananae surtout, construisent
leur terrier dans l’humus et les sables qui sont retenus par les dalles rocheuses.
Très souvent, ce terrier est sommaire et ne sert que d’habitat passager. Pendant
les grandes pluies, ces animaux mènent surtout une vie errante.
Acnvrré er nepropucrron. -— Les deux groupes, quoique habitant des
régions et des altitudes bien différentes, ont, au cours de l'année, la même période
(1) T. peyrierasi Basilewsky 1975 {v
jr p. 191 de ce volume).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 49
d'activité. Elle se situe, comme pour beaucoup d'espèces de Scarilinae, au début
de la saison chaude et pluvieuse.
Pour le groupe Nord, j'ai observé des œufs dans les terriers de T. rugulicollis
en décembre et janvier. Le maximum d'œufs rencontrés pour une ponte a été de
trois. Dans un de ces terriers, une larve d’une première ponte cohabitait avec sa
mère. En septembre, des larves de deux stades différents étaient toujours dans le
terrier avec l'imago. Je n’en ai jamais trouvé plus de deux. En octobre, la larve
se construit une loge à 2 ou 3 em sous les déblais du terrier, quelquefois très près
de l'entrée. C’est là qu’elle se transforme en nymphe, puis, début novembre, en
imago. J'ai constaté les mêmes faits chez T. raffrayi, dans les forêts sur sable
d’Ambila-Lemaitso.
Pour le groupe Sud, j'ai surtout observé T. peyrierasi de la forêt d’Ambavala.
La ponte de cette espèce a lieu aussi en décembre. Fin avril, on ne rencontre que
quelques larves avec la mère, mais il est possible de les retrouver dans de petites
galeries qu’elles se sont creusées à proximité du terrier. C’est certainement dans
ces galeries qu’elles construisent leur loge nymphale. L'imaginose a lieu aussi vers
novembre. Des adultes récoltés en décembre étaient immatures.
Les femelles paraissent avoir au moins une longévité de deux ans. Un terrier
fraîchement creusé, observé le 29 décembre 1972, était toujours occupé par une
femelle le 10 février 1974 et contenait une jeune larve.
13. — Genre Dinoscaris Alluaud
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre comporte actuellement sept
espèces et deux sous-espèces, répandues dans la partie orientale de l'ile, de la
montagne d'Ambre jusqu’à Fort-Dauphin. Une espèce étend son aire de distribu-
tion dans le massif du Manongarivo (Sambirano).
DisriBurioN Er HaABrrar (fig. 17). — D. rostralus est le plus petit des
Dinoscaris : 26 à 33 mm de long. Cette espèce occupe les terres volcaniques du
haut de la montagne d'Ambre au-dessus de 800 m, mais elle a été retrouvée par
P. GivkAuD et P. ANDRrA Romrxsox, en décembre 1960, dans le massif du Manon-
garivo. Il est fort probable qu’elle occupe aussi toutes les pentes Ouest du massif
du Tsaratanana, entre l'altitude de 800 à 1 500 m. Les deux localités de récolte
sont très éloignées et surtout séparées actuellement par des formations végétales,
pédologiques et climatiques très différentes. P. Bastrewsky serait tenté de
considérer ces deux populations comme des sous-espèces distinctes. Je pense que
des récoltes plus abondantes viendront confirmer cette hypothèse. Les plus
grands exemplaires récoltés à la montagne d’Ambre ne dépassent pas 28 mm,
ceux du Manongarivo sont nettement plus grands.
D. gallienit est le plus grand représentant du genre et le plus grand des Sca-
rilinae de Madagascar. Il fut découvert par Ch. AzLauD en 1901 dans la forêt de
Fitana. Cette forêt a aujourd'hui disparu, mais on peut retrouver l’espèce dans
d'autres localités de la région.
Je l'ai récolté sous forêt dans les dunes sableuses de la baie d’Italy où il est
très abondant, mais assez localisé. Je l'ai aussi retrouvé à Marovoalavo, versant
Ouest des chaines Anosyennes, dans des cultures de manioc (terrains très meubles)
entre 400 et 600 m d'altitude.
D. delriei delriei cohabitait, d’après ALLUAU», avec D. gallienti dans la forêt
de Fitana. Je ne l'ai pas retrouvé dans cette région, mais je n’ai pas pu visiter les
Source : MNHN, Paris
50 A. PEYRIERAS
Dinc
gallientt
trot
eornt eul atus|
vonator
cribripennis
sicardi
À Vateni
De+®a®e«
Fi. 17. — Genre Dinoscaris Aluaud (lire detriei) : distribution dans l'île.
hautes pentes Ouest de la vallée de Ranomafana, qui sont encore très boisées.
L'espèce a colonisé les forêts sur sable de a station forestière de Mandena où j'ai
rencontré de nombreuses élytres autour des nids de Fourmis et où, en février
1974, j'ai pu récolter 7 exemplaires.
D. delriei corniculalus se trouve localisé sur les sommets Nord des chaînes
Anosyennes. Lors de la mission de la RCP 225 du CNRS, en novembre 1971, une
dizaine d'exemplaires ont été capturés sur le plateau terminal à l'altitude 1 950 m.
Son aire de distribution doit s'étendre vers le Nord sur toutes les hauteurs du
massif en direction de Midongy du Sud.
1 faut remonter sur le plateau central, entre Ambositra et Ambatondrazaka,
pour retrouver quatre autres espèces (voir chapitre VI).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 51
D. cribripennis fera, plus loin, l'objet d’une étude plus approfondie. C’est une
espèce entièrement adaptée aux formations herbacées du massif de l’Ankaratra.
D. venalor, que j'ai rencontré sur le plateau du tampoketsa d’Ankazobe, a le
même biotope que D. cribripennis. Ces deux espèces occupent maintenant des
surfaces dépourvues de végétation arbustive, périodiquement parcourues par les
feux de brousse, mais, malgré ces feux, les populations de Scarites s’y maintiennent.
Cette adaptation n’est possible que grâce aux pluies abondantes et au haut degré
d'hygrométrie qui maintiennent les sols humides toute l’année. Les prospections
que j'ai faites dans ces biotopes élevés mont permis de constater qu’ils possé-
daient une importante faune de Scarabacidae, offrant ainsi une nourriture suffi
sante pour assurer la survie de la population de Scarites.
D. sicardi cohabiterait avec D. atrox atrox, mais ce n’est pas une certitude,
car il pourrait très bien occuper d’autres biotopes, les collines quartzitiques
sableuses étant nombreuses dans la région. Les exemplaires récoltés peuvent
provenir des zones plus élevées des falaises de l’Angavo ou des basses altitudes
des régions de Lakato et Anosibe.
D. atrox alrox a une répartition assez bien connue. Cette espèce vit dans les
forêts sur terrains latéritiques meubles recouverts d’une épaisse couche d’humus
aux altitudes comprises entre 800 et 1 300 m.
D. atrox vadoni occupe, sur les plus basses pentes orientales, une aire consi-
dérable, en comparaison de celle des autres espèces.
Je l'ai récolté à Belalona (région de Sambava). D’autres exemplaires pro-
viennent d’Antalaha et cette espèce doit occuper une partie du cap Masoala. On
la retrouve à Ambodimanga, vallée de la Rantabe (et non de la Lokoho comme
l’a indiqué par erreur R. JEANNEL) ; enfin, j’en ai récolté à Antanambe, région de
Mananara-Nord, puis, plus au Sud à Soanierana-Ivongo, Aucun individu n’a été
rencontré au-dessus de l'altitude de 400 m. Tous les exemplaires capturés étaient
errants. Il paraît toujours très rare et se rencontre uniquement dans les terrains
latéritiques.
LES rERRIERS. — Les Dinoscaris présentent plusieurs types de terrier. Les
différences sont surtout visibles dans l'aménagement de l'entrée. Je décrirai, dans
l'étude de la population du massif de l’Ankaratra, le terrier de Dinoscaris occupant
la prairie.
Les Dinoscaris de forêt ont, extérieurement, tous le même type de terrier :
un réseau de galeries, plus ou moins important suivant les espèces, est, en effet,
toujours aménagé devant l'entrée.
L'intérieur du terrier de D. rostratus, que j’ai pu examiner plus en détail à la
montagne d’Ambre, mesure de 40 à 60 em de profondeur. En septembre 1973,
quelques terriers avaient un ou deux divertieules de 5 à 10 em et construits ho
zontalement sur le côté. Dans tous les terriers ayant ces diverticules, on pouvait
voir un jeune Scarite immature au fond de la loge maternelle. Les mêmes diver-
ticules ont été aussi rencontrés dans les terriers de D. venalor des forêts du km 292
de la route nationale n° 7, près d’Ambatofitorahana.
Les terriers de toutes les espèces sont construits en pente douce jusqu’à la
loge terminale.
A la station forestière de Mandena, le terrier de D. detriei detriei présente une
construction particulière. Cette forêt sur sable peut être très facilement saturée
d’eau pendant la saison des pluies, aussi le Scarite aménage son terrier dans tous
Source : MNHN, Paris
52 A. PEYRIERAS
les reliefs dépassant la surface du sol. J'ai récolté mes sept exemplaires dans
Y'humus de vieilles souches entièrement pourries et envahies de radicelles. Dans
ce milieu, le terrier n’est constitué que de galeries ayant de nombreuses sorties à
l'extérieur.
Rvmae p'Acrviré gr reprouerion.— Les Dinoscaris sont répartis des
plus basses aux plus hautes altitudes (baie d’Italy, dans le sable, 20 me Anka-
ratra, 2 640 m). De ce fait, chaque espèce a une période de reproduction et un
rythme d'activité différents.
La population de D. gallienii de la baie d’Italy, que j'ai pu observer en mars
1966, juillet 1970, novembre 1970 et mai 1972, a une activité maximale en janvier
et minimale en juin, mais sans arrêt complet. J'ai élevé quelques couples en Cap
tivité et ai obtenu de bons résultats : le 20 juillet, j’ai capturé en baie d'Italy,
une vingtaine d'exemplaires que j'ai installés à Tananarive dans de grands aqua-
riums : les Scarites ont creusé des terriers comme dans la nature et, le 5 novembre,
une première larve a été apergue hors du terrier. La ponte avait donc eu lieu début
octobre. Le 27 décembre, trois larves étaient hors du terrier de leur mère.
Sur le terrain, j'ai rencontré, en décembre, des larves du même âge, ce qui
confirme que le début de la reproduction se situe vers octobre. En janvier, aucun
terrier n'avait de ponte et il en était de même en mai et juillet.
Pendant l'élevage, j'ai observé des larves dans leurs loges où elles faisaient
jeur mue. Ces loges étaient toujours construites devant le terrier de la mère et à
3 ou 4 cm de profondeur, Dans la nature, en mai, j'ai rencontré également des
larves devant les terriers, mais, dans le sable, il m'a été impossible de voir si ces
larves étaient dans des loges. En mai et juillet, aucune larve n’a été vue dans le
terrier avec la mère.
Je n'ai pas pu observer les terriers des espèces forestières du Centre, ni ceux
de D. alrox vadoni, du domaine de l'Est. Ces espèces paraissent toujours rares et
on ne les capture que par exemplaires errants ou tombant dans les fosses.
Les espèces des hautes prairies (Ankaratra et tampoketsa d'Ankazobe)
reprennent une vie très active au début des premières pluies. La reproduction a
lieu de janvier à avril (voir le chapitre VI consacré à l'étude de la population de
L'Ankaratra). Nous verrons plus loin que cette activité est surtout liée aux degrés
hygrométriques du sol et que les basses températures de ces stations ne l'in-
fluencent pas.
D. rostralus, de la montagne d’Ambre, n’a pas d'arrêt complet d'activité. La
plus grande période active se situe entre janvier et avril. La ponte a lieu de
décembre à fin janvier. Je n'ai constaté pour cette espèce qu’une seule ponte
annuelle et'un maximum de trois œufs. Je n'ai pas suivi le développement de la
larve, mais, en août, la plupart des terriers des femelles contenaient un jeune
imago. C'est à cette époque que j'ai observé des terriers avec un ou deux divertir
cules, au fond desquels un jeune imago immature cohabitait avec une femelle
adulte. Celle-ci parait défendre le jeune ; elle se tient peu éloignée de l'ouverture
du terrier et il m'est arrivé à deux reprises d'extraire de son terrier une femelle
qui avait mordu l'extrémité du morceau de bois que j'avais introduit pour ne pas
perdre le boyau. Dans d'autres terriers, lorsque j'avais pioché les trois quarts du
tunnel, la femelle sortait précipitamment, la tête levée et les mandibules écar-
tées, alors que d'ordinaire, les Scarites miment la mort lorsqu'on les capture. Les
jeunes imagos ont toujours été rencontrés dans la loge terminale de la femelle. Les
larves creusent, en premier lieu, une petite galerie et construisent une loge nym-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 53
phale ; puis, après l'imaginose, l'individu agrandit cette galerie pour rejoindre le
terrier de la mère.
14. — Genre Storthodontus Chaudoir
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre comporte onze espèces, toutes
localisées sur la côte orientale entre Vohemar et Vatomandry. Une seule, S. pey-
rierasi, se trouve dans le domaine de l’Ouest (massif forestier de lAnkarafant-
sika).
Les Slorfhodontus ne dépassent pas l'altitude de 600 m. Les populations les
plus abondantes se rencontrent aux altitudes les plus basses.
DisrRIBUTION ET HABITAT (fig. 18 Les S{orlhodontus de la région orien-
tale occupent surtout les terrains latéritiques. On ne les rencontre pas dans les
Lerrains humides. S. peyrierasi, qui habite la forêt de l'Ankarafantsika, est le seul
à s'être adapté aux terrains sableux et ne se rencontre jamais sur les croupes
ques, qui occupent pourtant d'assez grandes surfaces dans la région. Sur
ses croupes, j'ai rencontré un autre Sforthodontina (Crepidoplerus subleipennis),
qui, lui, ne pénêtre jamais dans les terrains sableux. J'ai pu observer ainsi le
deux espèces à quelques mètres de distance : à la séparation des terrains sableux
et latéritiques.
S- peyrierasi n’est connu que de deux stations : la réserve forestière d'Ampi-
joroa et au Nord de la réserve naturelle intégrale no 7 (Ankarafantst ka). Il est fort
probable qu’il sera retrouvé dans d’autres zones lorsque de nouvelles prospec-
tions pourront être effectuées.
La distribution des autres Slorthodontus est assez régulière. Les espèces
paraissent s'échelonner le long de la côte Est, dans un ordre parfait. Seule, la dis
Wibution de S. elegans, espèce de très petite taille, chevauche celles de trois autres
L'espèce la plus septentrionale, S. sfriolifrons, a été récoltée par les frères
Pennor en 1891. Elle n’a pas été retrouvée dans la région du Nord. Je pense qu’elle
st localisée au Sud-Ouest de Vohemar, au pied des premières grandes montagnes
‘le la région de l'Est. $. striolifrons est, d'après Basiuewsky (1973 D), très proche
de 5. boileaui. 11 en diffère surtout par sa taille plus petite et je pense qu'il ne
s’agit là que d’une sous-espèce géographique.
S:. boileaui occupe surtout les pentes et les petites montagnes de la face Est
du massif du Marojejy. J'ai récolté des exemplaires aux altitudes de 200 et de
500 m autour du village de Belalona (route de Sambaya à Andapa). Au Sud,
l'espèce ne dépasse pas la rivière Lokoho.
S: bresseli a une vaste distribution, de la rivière Lokoho (région de Sambava)
jusqu'à la rivière Mananara (au Sud de la baie d’Antongil) et dans la plus grande
partie de la presqu’ile du Masoala.
L'espèce est connue de nombreuses localités autour de Maroantsetra, mais
£ peu d'exemplaires. Des prospections précises et systématiques sont nécessaires,
Car je pense que S. bresseli représente un ensemble de plusieurs sous-espèces géo
graphiques.
Dans l'extrême Sud de son aire de répartition, S. bresseli forme deux ilots.
Entre les rivières Fambahy et Mananara, existent quelques collines côtières
fhcore recouvertes de belles forêts. Trois d’entre elles ont été visitées. Dans les
deux situées à environ 200 m du bord de mer, j'ai rencontré une population dense
Source : MNHN, Paris
54 A. PEYRIERAS
Storthotontue
mathiauxi
retioulatus
diastiotus
+n00@P+>4e
Fire. 18. — Genre Storthodontus distribution dans l’île.
haudoir :
de S. bresselt à l'intérieur de la forêt et un unique S. reticulalus à la lisière. La troi-
Sième colline, sttuée à 5 km à l'intérieur des terres à l'Ouest des deux premières
citées, est entièrement occupée par S. reficulalus, comme tout l'arrière pays. Ces
deux populations de S. resseli sont très isolées des autres, que Jon rencontre sur-
tout sur les collines environnant Maroantsetra. L'espèce occupe aussi l'ile Nosy
Mangabe.
$: relicutalus a été récolté dans la région de Rantabe (sous-préfecture de
Maroantsetra) en 1938. Depuis, l'espèce a été retrouvée dans de nombreuses sta-
tions entre les rivières Rantabe et Mananara, du bord de la mer at environs de
Fahitrosy, à l'altitude de 600 m. Je l'ai capturée à Soavinarive, à 6 km de Mana-
nara-Nord, sur la rive droite de la rivière Mananara, mais je ne l'ai pas retrouvée
en altitude dans le massif forestier situé au Sud de cette région. Dans Son aire de
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 55
répartition, $. reliculalus occupe tous les terrains boisés, ainsi que les forêts sur
sable du bord de mer.
Un exemplaire de cette espèce a été capturé par J. M. TrNAyRE (coll. J. Vadon)
à Fampotabe, sur la rive occidentale du cap Masoala en janvier 1954. On reviendra
plus loin sur la présence de S. reliculalus dans cette localité.
S. aegeon est une espèce très localisée. Elle n’est actuellement connue que
d’une seule localité (Antanambe). Je l'ai récoltée sur les premières pentes (alti-
tude 200 m) à l'Ouest de ce village. C’est par erreur que J. VADON a envoyé au
Muséum national d'Histoire naturelle à Paris, des exemplaires portant l’indica-
tion de provenance « Aniribe », cette localité étant seulement occupée par une
population de S. bresseli. J'ai recherché S. aegeon plus au Sud, dans la région de
Manompana, mais sans succès. La rivière Anove parait être sa limite méridionale
de distribution.
S. malhiauxi a été récolté aux environs de Soanierana-Ivongo par MATHIAU
en 1905. Je l'ai retrouvé dans cette localité, mais bien plus à l'intérieur : dans la
région d’Antenina. La limite de sa distribution vers le Sud n’est pas connue, mais
l'espèce ne doit pas dépasser la rivière Maningory. Dans cette région, le défrichage
par « tavy » a réduit considérablement la surface de la forêt et il faut quelquefois
parcourir plus de 40 km à partir du bord de la mer pour l’atteindre.
S. diasticus semble être localisé à Andondabe, au Nord de Tamatave, mais je
ne l'ai jamais capturé. Je connais bien cette région pour l'avoir survolée maintes
fois. Quelques lambeaux forestiers y subsistent, mais ils sont tous les ans un peu
plus réduits par les feux et les défrichages. Plus au Sud, la réserve naturelle inté-
grale n° 1 de Betampona pourrait peut-être encore abriter cette espèce ?
S. ambreanus n’a été retrouvé ni dans le Nord, ni dans la région de Beforona.
Il est fort probable que cette espèce occupe les lambeaux forestiers situés entre
Ranomafana, Andevoranto et Beforona. Il ne m'a pas encore été possible de pros-
pecter cette ré
S. nimrod n’a pas non plus été retrouvé. L'indication de provenance « Tama-
tave » est certainement fausse ; par contre, la localité « Alahakato » indiquée par
les frères Pernor me parait plus juste et situerait cette espèce plus au Sud de
S. ambreanus, sur les basses pentes de la forêt de Lakato.
elegans est la plus petite espèce du genre. C’est aussi la seule qui cohabite
avec S. bresseli, S. reliculatus et S. aegeon. Elle s'étend même sur l'aire de distri-
bution de S. malhiauxi dans la région de Manompana (région de Soanierana-
Ivongo). J'ai rencontré ses terriers à côté de ceux des trois premières espèces
citées ci-dessus et ils vivent apparemment en parfaite harmonie.
Les renier. —— Tous les Storthodonlus ont le même genre de terrier. Le
puits, toujours ovale, en pente douce, dépasse rarement 60 em de long. La loge
terminale est à une profondeur de 30 à 40 em en dessous de la surface du sol. Le
terrier débouche sous la litière et est prolongé par trois ou quatre galeries, qui
peuvent mesurer de 20 à 40 em et qui aboutissent à l’air libre. Les entrées sont
toujours bien visibles.
Pour les grandes espèces, on trouve généralement un terrier par 20 à 30 m°.
Pour $. elegans, il n’est pas rare d’en rencontrer jusqu’à trois par m? et cela sur
toute son aire de distribution.
J'ai observé dans une petite forêt près de Mananara-Nord la population de
bresseli déjà signalée plus haut. Cette population, isolée dans une forêt d’une
Source : MNHN, Paris
56 A. PEYRIERAS
surface ne dépassant pas 100 ha, présente une densité d’un terrier tous les 2 m? et
quelquefois plus dans toute la partie occidentale. Dans la partie Est, qui a été
brûlée pour la culture du riz il y a environ 50 ans, mais où une nouvelle forêt de
8 m de haut a repoussé, je n'ai récolté aucun spécimen. Les premiers exemplaires
ne furent rencontrés qu’à quelque 20 m à l'intérieur de la vieille forêt.
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — L’aire de répartition des S{orfhodontus dans
le domaine de l'Est est caractérisée par une température toujours assez élevée et
à écarts annuels peu marqués. C’est aussi la région de la Grande Ile où la plus forte
pluviosité est enregistrée.
J'ai observé les quatre espèces qui peuplent le pourtour de la baie d'Antongil
à toutes les périodes de l’année et je n’ai pas constaté chez elles de ralentissement
d'activité. J'ai rencontré des œufs dans les terriers de S. bresseli en avril, mai et
novembre à Hiaraka, en août, novembre et janvier à Aniribe, en février à Fam-
panambo. Beaucoup de terriers renfermant des pontes contenaient déjà des
larves.
Celles-ci sont d’ailleurs fréquentes dans les terriers et cohabitent avec la mère.
A Aniribe, en août, deux larves de taille très différente cohabitaient ; elles appar-
tenaient à deux pontes bien distinctes. Il y avait en outre trois œufs. À la même
date, quelques imagos ont été récoltés, porteurs de lambeaux d’exuvie nymphale.
En octobre, des imagos étaient encore immatures. Cette dispersion dans le temps
des pontes et des apparitions d’imagos, ainsi que la présence de larves de taille dif-
férente cohabitant, peuvent s'expliquer par l'existence de deux périodes de repro-
duction au cours de l'année ou, plus vraisemblablement, par une reproduction à
peu près continue.
Des observations semblables ont été faites sur les populations de S. elegans.
J'ai pu, en outre, chez cette espèce, découvrir une nymphe dans sa loge, située au
bout d’une petite galerie de 15 à 20 em, creusée par la larve et prenant naissance
vers le milieu du terrier. Cette galerie remontait un peu et la loge nymphale se
trouvait placée à 5 em sur le côté et au-dessus de la loge terminale de la mère.
S. peyrierasi est la seule espèce du genre à occuper le domaine de l'Ouest où
elle a dû s'adapter aux conditions climatiques de la région. Sa période la plus
active se situe entre novembre et mars, au moment des premiers orages et de la
grande saison des pluies. Je n’ai observé qu’une seule période de ponte : entre jan-
vier et fin février. De nombreux terriers avaient de deux à quatre œufs, d’autres
avaient d’une à trois larves. Un terrier, où se trouvait une larve déjà âgée (2e stade),
contenait en outre quatre œufs paraissant fraichement pondus. S. peyrierasi fait
donc deux pontes d'environ quatre œufs pendant une saison. Les femelles ont une
longévité s'étendant au moins sur deux périodes de reproduction. Des terriers
repérés en février 1973, donc en période d'activité, étaient obstrués en mai et même
très souvent introuvables, mais le 30 novembre ils étaient à nouveau ouverts et
entretenus. La fouille de ces terriers ne livrait que des vieilles femelles. Pendant
la saison sèche (mai à octobre), S. peyrierasi reste dans la loge terminale, sans
aucune activité. Le terrier est alors entièrement obstrué.
15. — Genre Crepidopterus Chaudoir
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — On connait actuellement treize espèces et
une sous-espèce de ce genre, qui sont réparties du Nord au Sud de l'Ile mais plus
nombreuses dans le Sud. Aucun représensant du genre n’a été récolté dans la
grande forêt du Nord-Est et dans le Sambirano.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 57
DisrmBurioN Er HABrrar (fig. 19). — Certains Crepidoplerus sont, parmi
les Scarilinae malgaches, ceux dont l'aire de distribution est la plus étendue.
D'autres, très localisés, paraissent avoir été séparés d’une souche mère par des
bouleversements climatologiques et pédologiques et se sont différenciés en espèces
ou sous-espèces distinctes.
Czepidepterus
docorsoi
soyriei
pipitet
Éescarpentriesi
sub]
subleris
goudoti
Dres+exm 0 60
Fig. 19. — Genre Crepidopterus Chaudoir : distribution dans l’île.
C. decorsei, décrit par FarmmAmRe en 1901, a une très large distribution. Il
occupe tout le cirque de l'Androy et remonte en pays Bara jusqu'à Betroka,
Beraketa et Bekily. Je l’ai récolté en pays Mahafaly sur le plateau calcaire entre
Androka et Tuléar. Dans cette dernière région, les exemplaires sont peu nom-
breux et je n'ai pas trouvé de population dense comme dans l’Androy. C, decorsei
se rencontre jusqu’à l'altitude de 600 m sur les flancs Ouest du massif de l'Ando-
Source : MNHN, Paris
58 A. PEYRIERAS
hahelo. Je ne l'ai pas retrouvé au-dessus de cette limite. Les anciens auteurs le
signalent comme provenant de la région de l'Est, mais sa présence dans ce domaine
est peu probable. Befotaka, qui est signalé comme localité de provenance, est
Situé bien au-delà du massif de l’Ivakoany où l'altitude la plus basse dépasse
1 200 m. De même, Ikongo et Antanimora sont situés dans l'Androy et ne font pas
partie du domaine de l'Est. Les autres récoltes citées peuvent aussi provenir de
TAndroy oriental. Dans cette région, peu éloignée de Fort-Dauphin, la séparation
Est-Ouest s'effectue brutalement au col de Ranopiso sur à peine quelques kilo-
mètres et les anciens collecteurs ont très souvent étiqueté leurs chasses du lieu
de leur résidence plus que de la station même.
G. seyrigi est une espèce proche de C. decorsei. Je ne l'ai pas capturée, mais
son aire de distribution chevauehant celle de C. decorsei me paraît suspecte et je
pense que de nouvelles récoltes seront nécessaires pour confirmer sa validité.
G. pipilzi est de tous les Crepidoplerus l'espèce ayant la plus grande distri-
bution géographique. On la rencontre de Fandriana au Nord d’Ambositra jusqu'à
Androka dans l'extrême Sud. Elle a été récoltée près de Mananjary sur la côte
Est, Je l'ai retrouvée, dans les prairies, sur les pentes du massif de l’Andringitra
en montant au cirque de Manjarivolo à l'altitude de 1 500 m, dans la plaine de
Ranotsara, près d’Ihosy, à l'Analavelona et dans la forêt d'Herea (région d'Ankar
zoabo). Elle sera certainement retrouvée encore plus au Nord-Ouest lorsque des
prospections pourront y être réalisées. C. pipilzi oceupe dans les régions du Sud:
les zones boisées et plus particulièrement les forêts sur sable. Dans le Centre, il
s'est adapté aux prairies dont les parties dénudées et durcies par les érosions el
ïe soleil ne sont cependant plus habitées. Il ne fréquente que très rarement les
forêts d'altitude et paraît être mieux adapté aux régions sèches du Sud.
1 présente dans son aire de distribution des populations qui sont maintenant
très isolées, Celle de Mananjary paraît oceuper dans cette région les zones déboi-
sées jusqu'à la limite de la grande forêt de l'Est. Une autre est répartie autour
d'Ambositra et jusqu’à Fianarantsoa, mais n’a pas été retrouvée dans les envi-
rons d'Ambalavao. Une troisième colonie est encore abondante dans la plaine de
Ranotsara, dans le massif du Vohibory et jusqu’au pied Sud-Ouest du massif de
V'Andringitra. Toutes ces populations sont très localisées et occupent souvent des
restes forestiers de quelques dizaines d'hectares.
C. morosus est une espèce actuellement contestée. L'unique exemplaire pro-
viendrait du pays Antsianaka. Au cours d’une prospection faite à l'Ouest du lac
Alaotra (route d’Andriamena), j'ai rencontré quelques élytres d'un Crepidoplerus
dans un nid d’Araignée mais n'ayant pas trouvé d’imagos vivants, d’autres
recherches seront nécessaires pour savoir s'il s’agit de cette espèce.
C. cordipennis fait partie d’un groupe de trois espèces et d’une sous-espèce
qui peuplent les forêts de l'extrème Sud. Il occupe les forêts xérophiles entre Ambor
ombe et Tsihombe. Je ne l'ai récolté que dans une station à 15 km à l'Ouest de
Tsihombe dans des formations de sables blancs.
G. meridionalis est peu éloigné de C. cordipennis. La rivière Manambovo
sépare les deux populations. 11 habite aussi les forêts xérophiles où le sol est cons-
titué par une couche de sédiments de 5 à 15 em sur un socle entièrement cristallin.
Je ne l'ai pas récolté dans les forêts sur sable roux de la région de Beloha.
C. geayi geayi et C. geayi reduclus occupent tout le plateau calcaire Mahafaly,
de la rivière Fiherena (au Nord de Tuléar) jusqu’à la rivière Menarandra. Le
fleuve Onilahy, pourtant très important, n’a pas constitué une barrière et
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 59
C: g. geayi se rencontre sur les deux rives. Dans le Sud du plateau, la Linta sépare
la sous-espèce C. geayi reduclus, qui ne dépasse pas la rivière Menarandra.
C. descarpeniriesi n’est connu que de la forêt d’Analamerana au Sud-Est de
Diégo-Suarez. J'ai séjourné, en septembre 1973, une dizaine de jours dans cette
région sans pouvoir le retrouver et je n’ai vu aucune trace de vieux élytres dans
les nids des Araignées. D’autres prospections devront être réalisées à la saison des
grandes pluies pour définir son biotope. En septembre, tous les Scarites de cette
région sont en hibernation au fond de leur terrier.
Un groupe de deux autres espèces habite les forêts xérophiles du Moyen-
Ouest dans les régions de Majunga et de Soalala.
C. sublevipennis occupe tous les dômes latéritiques recouverts de forêts dans
un triangle Maevatanana, Majunga, Soalala. La plus grosse population a été
observée dans la région d'Ampijoroa, où l’on peut rencontrer un terrier par m°,
C. sublevis est signalé comme provenant de la région de Kiranomena, à envi-
ron 100 km au Sud-Ouest de Tsiroanomandidy. Je ne l'ai pas rencontré dans cette
localité, mais je l'ai retrouvé dans la sous-préfecture de Soalala près du village
Baly, où il occupe les forêts à sol plus ou moins sablonneux. Si la première indica-
tion est juste, cette espèce a une aire de distribution très grande. Peu de recherches
ont été effectuées dans cette partie de l’Ile, les voies de communication étant la
plupart du temps impraticables à la saison des éclosions. Un exemplaire en très
mauvais état a été récolté par P. GriveaUD dans la réserve naturelle intégrale
n° 9 (région d’Antsalova).
C. goudoli est la seule espèce bien connue habitant la forêt de l'Est. Elle est
signalée comme provenant de la région Antsianaka (frères PERroT), mais les
exemplaires des collections viennent plus probablement des pentes orientales de
la falaise : aux environs de Fito, où E. et. B. PErRoT ont beaucoup chass
J'ai récolté ce Scarite dans la région de Beforona, à l'altitude de 500 m. Je ne
J'ai pas retrouvé aux altitudes plus élevées de la région de Périnet. Il se rencontre
toujours par rares exemplaires tombant dans des fosses ou errant sur un sentier
forestier.
C. arrowi est probablement, à en juger par sa ressemblance avec C. goudoli,
une espèce vivant en forêt de l’Est ou autour de la cuvette du lac Alaotra. Peu de
prospections ont été réalisées dans cette région. Les anciens chasseurs ont tou-
jours donné comme lieu de récolte : « Antsianaka », ce qui représente le pays de la
tribu Sihanaka, mais aucune localité sûre n’a été précisée.
C. mahaboensis (1) est le plus grand des Crepidoplerus. J'ai récolté cette espèce
dans une forêt d’une centaine d’ha, à 5 km au Sud-Est du village de Maropaika.
Cette formation est restée isolée au milieu des prairies et se trouve à une trentaine
de km de la grande forêt du Madiorano. La population paraît être concentrée sur
le haut de cette formation où règne une humidité beaucoup plus forte et cons-
tante.
Les TERRIERS. — Tous les Crepidoplerus ont le même type de terrier. L’ouver-
ture est toujours bien visible (fig. 20), les déblais sont répartis tout autour et bien
égalisés. Il ressemble, de ce fait, à un terrier de Crabe et seule la forme ovale de
l'entrée l’en différencie. Le puits est construit en pente douce. Il atteint une lon-
{1) G. mahaboensis Basilewsky 1975 (voir p. 197 de ce volume).
Source : MNHN, Paris
60 A. PEYRIERAS
gueur de 40 à 60 cm, aussi bien pour les petites que pour les grandes espèces. La
loge terminale se trouve située à une trentaine de centimètres de la surface du sol.
Acnvié er Repropucrrox. — Le genre Crepidoplerus comprend trois
groupes bien distinets. L'un occupe dans le Sud toutes les régions sèches. Le
Second s’est établi dans le centre de la forêt orientale entre Ambatondrazaka et
Moramanga. Le troisième est localisé dans le Moyen-Ouest (région de Majunga).
Chacun de ces trois groupes a un rythme d'activité lié aux conditions atmosphé-
riques locales.
20. — Terrier de Crepidopterus.
Le groupe Sud est le plus important par le nombre d'espèces et par l'étendue
de la région occupée. Dans le Sud, les grandes pluies de l’été austral ont lieu entre
novembre et février. Ce sont elles qui conditionnent la reprise de l’activité, et, un
mois après la première pluie, le début des éclosions. De novembre à janvier, tous
les terriers sont occupés par des imagos âgés et il n’est pas rare de rencontrer un
mâle et une femelle dans la même loge. La période entre février et mai correspond
à la ponte. Le plus grand nombre d'œufs récoltés dans un terrier a été de cinq,
mais le nombre de quatre œufs est le plus fréquent.
C’est en mai que l’on observe la plus grande densité de terriers pour une
population donnée. Les éclosions sont alors terminées, tous les terriers sont bien
fréquentés et chaque Scarite parait avoir une activité maximale, Sur 50 terriers
prospectés, 14 ont fourni un imago immature ; 19 autres étaient occupés par des
femelles âgées avec de 1 à 3 larves, quelquefois à des stades différents.
Entre les mois de mai et de décembre, l’activité se ralentit mais n’est jamais
totalement arrêtée. Pendant l'hiver austral, les températures nocturnes du Sud
sont faibles et peuvent atteindre + 5° C, mais le degré d’hygrométrie est toujours
élevé. Il n’est pas rare de Voir au petit matin une épaisse couche de brouillard et
surtout une forte rosée. Octobre et novembre sont par contre les mois où l'activité
est la plus réduite. La rosée nocturne est alors moins fréquente et le degré d'hygro-
métrie est à son point le plus bas.
Ces données ne s'appliquent pas à C. pipilzi ; les populations du Sud sont
toutes en hibernation fin mai, sauf la population de l’Analavelona qui paraît avoir
une activité plus ou moins grande toute l’année. En juin 1972, des larves de cette
espèce étaient déjà dans leur loge nymphale.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 61
Je n'ai pas pu étudier les espèces qui occupent la partie centrale de la forêt
ntale, mais elles paraissent avoir une période d'activité maximale de novembre.
à janvier. C’est pendant cette époque qu’on les rencontre par exemplaires errants
ou tombés dans les fosses. En septembre 1972, j’ai récolté, à Beforona, une larve
proche de la nymphose.
or
J'ai plus particulièrement étudié le groupe du Moyen-Ouest, la station fores-
tière d’Ampijoroa étant facilement accessible toute l'année. Le plus grand nombre
d'observations a été fait sur l'espèce C. sublevipennis.
Ce Scarite creuse ou refait son terrier dès les premières pluies d'orage qui se
situent généralement au début du mois de novembre. L'accouplement à lieu trè
rapidement. Déjà fin novembre, de nombreux terriers sont occupés par des couples.
La ponte débute en décembre et se poursuit jusqu’en février. J'ai constaté pour
une saison un maximum de deux pontes par femelle. Ces pontes sont de trois à
cinq œufs.
En février, on rencontre fréquemment des œufs et des larves dans les terriers.
En avril, les larves ne cohabitent plus avec la mère ; elles ont été retrouvées dans
des loges où des galeries quelquefois éloignées de plus d’un mètre du terrier mater-
nel. Elles sont alors à une profondeur de 40 à 60 em de la surface du sol.
Il est encore possible de rencontrer des terriers jusqu'à la fin d'avril, mais
généralement à la fin de la saison des pluies ceux-ci ne sont plus entretenus et se
bouchent.
Tant que le degré d'hygrométrie reste assez élevé à l'intérieur du terrier, le
Scarite vient souvent près de l'ouverture. Fin mai, tous les terriers que j’ai fouillés
étaient obstrués à l'entrée, mais bien entretenus à l'intérieur. Par contre, en juil-
let et jusqu’en novembre, l'imago reste dans sa loge sans bouger. Deux terriers,
repérés en février et fouillés en septembre, étaient entièrement obstrués, mais les
imagos étaient toujours vivants au fond de leur loge. Dans d’autres terriers trou-
vés en février, l'imago était à nouveau actif en novembre de la même année. Les
femelles de cette espèce ont une vie active pendant au moins deux périodes de
reproduction.
16. — Genre Pilades Heyne et Taschenberg
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre comporte quatre espèces à répar-
tition géographique assez bien connue. Trois espèces occupent le Nord de l'Ile,
la quatrième n’est connue que par deux exemplaires provenant de la région de
Bekily, dans le Sud de Madagascar.
DisrriBuriox Er maBrrar (fig. 21). — Les quatre espèces de Pilades sont
toutes de très grande taille. On les trouve actuellement, à l'exception de Pilades
seyrigi, par populations isolées dans tous les lambeaux forestiers et dans les îles
de la côte du Nord-Ouest. P. coguereli est l'espèce la plus commune, elle présente
dans son aire de distribution une subspéciation explosive. Elle occupe tous les
lambeaux forestiers de la région de Diégo-Suarez. Je lai récoltée depuis les plus
basses altitudes jusqu'au sommet de la montagne d’Ambre. Le long de la côte
Est, une population occupe les forêts côtières de la région de Sambava. Le long de
la côte Ouest, je l'ai trouvée sur les premières pentes du massif du Manongarivo
et, plus au Sud, dans les forêts bordant la baie de Narinda. Trois populations
occupent les iles de la côte Nord-Ouest et ont été décrites comme sous-espèces
géographiques.
Source : MNHN, Paris
62 A. PEYRIERAS
joquereli
narinéas
sambara
paaliant
exbli ponte)
goltatn
poyrierasi
4 saines
onmaseti
seit
ox roxa8®
91. — Genre Pilades Heyne et Taschenberg : distribution dans l'île.
Neuf sous-espèces sont actuellement connues et il est fort probable que
d'autres prospections permettront d’en découvrir de nouvelles qui formeront une
seule espèce très variable quand des récoltes plus abondantes auront été effectuées.
Lorsque j'ai prospecté la chaine d’Andrafamena, la forêt d’Analamerana et la
forêt d'Antsoy, j'ai pu récolter une nouvelle sous-espèce que BASILEWSKY a
nommée P. c. peyrierasi. J'ai été surpris de constater les très grandes différences
de taille qui existent entre des populations qui, quelquefois, ne sont éloignées que
de quelques kilomètres. P. e. peyrierasi est de taille constante, mais très réduite,
dans les forêts de la chaine d’Andrafiamena où il n’est pas rare de rencontrer un
à deux terriers par m. Dans la forêt d’Analamerana, la population est de taille
moyenne assez régulière ; les terriers sont, ici, plus espacés : je n’en ai rencontré
qu'un tous les 10m? ou 20 m°. La forêt d'Antsoy n’est séparée de celle de l'Anala-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 63
merana que par à peine une dizaine de kilomètres de formations herbacées.
P.c. peyrierasi s'y retrouve, mais il y est de très grande taille et peu abondant ; les
terriers ne s'y rencontrent qu'à la densité d’un tous les 50 ou 100 m2. Ces trois
forêts n'ont été séparées qu'assez récemment, par l’action de l’homme, Cette
période paraît avoir été cependant assez longue pour permettre aux populations
d'évoluer de façons différentes.
Les autres sous-espèces, vivant aussi bien sur les Iles que sur la Grande Terre,
ont été séparées par des phénomènes paléoclimatiques anciens et peut-être par les
transgressions et régressions de l’époque flandrienne.
On trouve actuellement P. c. coquereli à Nosy Be et à Nosy Komba; P.
c. amplipennis à Nosy Beraphia (iles Radama) ; P. c. pauliant à Nosy Mitsio :
P. c. camuseli à la montagne d'Ambre et dans l’Ankarana ; P. e. golialh à la mon.
tagne des Français ; P. c. peyrierasi dans les forêts de l’Analamerana, d’Antsoy et
la chaine d'Andrafiamena Est; P. c. narindae autour de la baie de Narinda :
P. c. sambiranus sur les pentes Ouest du massif du Manongarivo ; P. c. sambava
à 25 km au Nord de Sambava (fig. 21).
P. sakalava est un proche parent de P. coguereli. Il se rencontre dans le bassin
S'il n'est connu que de deux stations de cette région, c'est que peu de
recherches y ont été effectuées. Je n'ai pas pu visiter la localité type le long de la
e Bemarivo, mais j’ai trouvé l'espèce dans les lambeaux forestiers à 20 km
au Nord du nouveau pont ae la Sofia. Il est fort probable qu'elle occupe tous les
lambeaux forestiers plus à l'intérieur des terres en direction de la région de Man-
dritsara. Je n’ai rencontré P. sakalava que dans des terrains à croupe latéritique.
Les nombreuses étendues sableuses de cette région paraissent ne pas lui convenir.
La population que j'ai reconnue comprenait des exemplaires de très grande taille,
de 50 à plus de 60 mm. Il est fort probable que, comme chez P. coquereli, les
populations isolées dans les lambeaux forestiers ont évolué vers le gigantisme. On
rencontre généralement un terrier tous les 10 m2,
P. ferus se retrouve dans une grande partie de l'aire de distribution de P. coque-
reli, dans les forêts de la région d’Ambilobe, près de la côte Ouest, et dans les forêts
côtières de type xérophile au Sud de Vohemar, près de la côte Est. Il occupe toutes
les formations boisées au Nord de ces deux localités, y compris la montagne des
Français et la montagne d'Ambre. Comme pour les deux espèces citées plus haut,
P. ferus forme de nombreuses populations de tailles très variables. De la forêt
d’Analabe (1 dans la grande forêt »), J. VADON avait reçu une série d'exemplaires
de très petite taille, 35 à 42 mm. Dans une autre forêt peu éloignée de cette der-
nière et nommée Analalava (« dans la longue forêt ») je n'ai récolté que des exem-
plaires de grande taille : 45 à 62 mm. J'ai là aussi constaté que toutes les étendues
forestières peu importantes contenaient des populations tendant vers le gigantisme
(forêts de Sahafary, du Mahory, divers lambeaux forestiers de la chaine d’Andra-
fiamena et une partie de la montagne des Français), alors que dans les grandes
étendues boisées on rencontre surtout des exemplaires de petite taille (forêt d’Ana-
labe et montagne d'Ambre). P. ferus et P. coquereli quoique ayant la même aire de
distribution, ne cohabitent pas. Lorsque les deux espèces existent dans le même
lambeau forestier, une espèce, généralement P. ferus, occupe les parties les plus
sèches et l'autre, P. coquereli, se rencontre plus fréquemment dans les bas fonds.
où dans les endroits forestiers les plus ombragés.
P. ferus n’est pas étroitement adapté à un type de terrain ; il se rencontre en
aussi grand nombre dans les forêts sur sable de Sahafary que dans les terrains
Source : MNHN, Paris
64 A. PEYRIERAS
volcaniques de la montagne d’Ambre, les latérites de la chaine d'Andrafñamena
où les calcaires du massif de l’Ankaranana.
P. seyrigi est très proche de P. ferus. Son aire de répartition est pourtant
éloignée de près de 1 500 km de celle de ce dernier. Les deux seuls exemplaires
connus proviennent de la région de Bekily et d'Ampandrandava. Je n'ai pas
prospecté ces localités et aucun chasseur, à ma connaissance, n'a Vi té ces sta-
tions après la disparition d'A. Sevru. Depuis 1946, les feux périodiques ont
détruit dans cette région d'importantes surfaces de forêts, mais il sera peut-être
possible de retrouver cette intéressante espèce sur le mont Kalambatitra, peu
éloigné à l'Est des stations types.
Les rermers, — Les Pilades ont à peu près le même type de terrier que
les Crepidoplerus. L'ouverture ovale est toujours bien visible pendant tout le Lemps
de la période la plus active; étant de grande taille, il est facilement repérable.
Le terrier mesure de 50 à 70 cm de longueur et il est toujours construit en pente
douce. La loge terminale se trouve à environ 40 em de profondeur pour P. ferus
et P. coguereli et entre 15 et 25 pour P. sakalava. Pendant l'hiver austral, P. ferus
aménage quelques petites galeries sous les feuillles qui sont tombées sur l'ouver
ture. L'été suivant, si l'imago d’un de ces terriers est toujours vivant, l'ouverture
sera dégagée et à nouveau bien visible.
autres Scarites,
andes pluies.
Acrivrré er repropuerion. — Comme pour la plupart dl
les Pilades ont une période d'activité intense dès le début des g
Le terrier des imagos ayant hiberné est nettoyé et parfois prolongé. L'entrée
est À nouveau souvent fréquentée. Pendant la journée, si l'on s'approche lente-
ment, on peut voir l’imago à l'affût, les mandibules écartées et prêt à saisir toute
proie qui s’aventurera à portée de son gite. J'ai constaté que ces vieux imagos ne
quittent pas leur logis ou que, s'ils s'aventurent la nuit autour du terrier, ils ne
dépassent guère un rayon de 20 à 30 cm. P. ferus parait ne pas avoir d'arrêt com-
plet d'activité, mais seulement un ralentissement qui débute à la fin de la saison
des pluies (avril-mai et qui se prolonge pendant tout l'hiver austral. Cest pendant
cette période qu'il aménage, devant l'ouverture du terrier, quelques galeries sous
les feuilles nouvellement tombées.
P, coquereli et P. sakalava ont une période d'activité bien définie. Elle com-
mence après les premières pluies de l'été austral et se poursuit pendant toute la
durée de cette période humide, orageuse et pluvieuse. Le degré d'hygrométrie
oscille alors entre 60 et 100 %,. En mai, les pluies deviennent rares, le sol s’assèche
et, à mesure que le degré hygrométrique diminue, les imagos abandonnent l'ouver-
ture de leur terrier et se réfugient vers le fond où ils fréquentent un boyau de 10
à 20 em qui reste encore bien entretenu. A la fin de l'hiver austral, avant sep
tembre et jusqu'aux premières pluies de l'été (de novembre à janvier suivant les
régions), les imagos observent un repos complet. Les terriers sont en grande partie
obstrués et toute trace extérieure a disparu. En septembre, je n'ai pu retrouver
des terriers que grâce à une espèce d’Arachnide qui en envahit un nombre impor-
tant, cohabitant ainsi avec l’imago, et laisse l'ouverture des terriers toujours
Visible. J'ai fouillé une centaine de ces terriers. Chez les premiers, la présence de
ces Araignées, avec très souvent une abondante progéniture, m'avait dérouté et
ce n'est que par hasard, alors que je voulais récolter tout le contenu d’un terrier
d'Araignée, que je rencontrai un imago de P. sakalava bien vivant mais peu
agressif. Il était au repos et l’Araignée, qui constitue pour lui une proie pendant
1'été, n’était pas inquiétée, se permettant même de venir construire le fond de sa
toile parfois directement sur l’'imago.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 65
Tout ce qui vient d'être dit est valable pour les deux espèces, P. coguereli et
P. sakalava, lorsqu'elles habitent les régions sèches du Nord ou de l'Ouest jusqu'à
une altitude de 300 m. Les exemplaires que j'ai récoltés à la montagne d'Ambre,
sur les pentes du Manongarivo et à l'altitude de 500 m dans la chaine d’Andrafa!
mena avaient encore des ouvertures de terriers fréquentées et entretenues en
septembre, Aucune Araignée ne cohabitait avec les imagos.
La reproduction des Pilades a lieu, comme pour beaucoup d’autres espèces,
entre décembre et mars. J'ai rencontré des œufs de P. ferus en décembre et jan
vier : le plus grand nombre a été de trois dans le même terrier. La larve cohabite
avec sa mère au moins jusqu'au second stade, mais je n’en ai jamais trouvé plus
d'une par terrier.
Les mêmes observations ont été faites chez P. coquereli, le nombre d'œufs est
cependant plus élevé et va jusqu'à cinq par terrier.
La nymphose doit avoir lieu au début de l'été et la période d'éclosion s'étale
de janvier à mars ; c'est à cette époque que l’on rencontre des imagos errants, en
majorité mâles. Tous les exemplaires récoltés hors du terrier appartenaient alors
à la génération nouvellement éclose. Dans le genre Pilades, j'ai pu constater que
des imagos mâles pouvaient hiberner, Sans doute ces imagos avaient-ils éclos trop
tard pendant la saison humide ou alors à un moment où le degré hy grométrique
était trop faible et ils n'avaient pas pu quitter leur terrier ? Dans les récolles que
j'ai effectuées en septembre 1973, j'ai rencontré une moyenne d’un mâle par dix
exemplaires, aussi bien chez P. sakalava que chez P. coquereli. En février cette
moyenne était de trois à quatre pour dix exemplaires récoltés. À cette époque Ja
plupart des mâles cohabitaient avec les femelles.
J'ai décrit dans le chapitre 1 (méthodes de récolte du matériel) comment on
pouvait détecter l'existence d’une espèce en inventoriant les élytres rencontrés
dans certains nids d'Araignées. Dans la forêt d'Analamerana j'ai fait ainsi un
ramassage systématique des élytres de Scarites dans une vingtaine de nids de
Lalrodecles menavodi. Sur 67 paires d'élytres, 62 appartenaient à des mâles, 5 seu.
lement à des femelles. 11 est done certain que très peu de femelles quittent à un
moment donné leur terrier, alors que tous les mâles paraissent mener une vie
errante pendant la totalité de leur existence.
IT. — Tribu Crivininr Lacordaire
Les représentants de cette tribu sont des Insectes de petite taille. IIs sont
très abondants dans toutes les parties du globe et comprennent un nombre élevé
de genres et d'espèces.
À Madagascar, la Lribu comporte sept genres, avec un nombre relativement
restreint d'espèces. Deux de ces genres sont endémiques dans l'Ile.
Au cours des prospections effectuées pour étudier plus particulièrement la
ibu des Scarilini, j'ai pu faire de nombreuses observations sur plusieurs genres
le la tribu des Clivinini. Les pages qui suivent résument les faits les plus mar-
quants.
17. — Genre Clivina Latreille
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Six espèces de Clivina sont actuellement
connues dans la Grande Ile. Quatre sont endémiques et sont localisées dans des
Source : MNHN, Paris
66 A. PEYRIERAS
régions bien précises. Les deux autres sont répandues sur Lout le territoire malr
gache, dans tous les milieux qui leur sont propices et se retrouvent aussi Sur une
grande partie du continent africain.
Drsrreurion er magrrar. — La distribution de chaque espèce a été indi-
quée dans le travail de P. BasiLewsky (1973 b) et les informations recueillies 10rs
de mes récoltes confirment ces répartitions.
Au cours de mes prospections, j'ai surtout étudié le biotope des espèces ren-
contrées, Que ce soit à Maroantsetra, à Vondrozo, dans la région de Diégo-Suarez,
de Majunga ou sur les plateaux du Centre, elles oceupent toutes le même biotope.
On les rencontre au bord des cours d’eau, petits ou grands, autour des mares et
dans tous les terrains très humides. Les plus importantes populations sont con-
centrées sur les plages de sable humide très nombreuses le long des rivières de la
côte Ouest.
Aux mois de juin et septembre 1972, j'ai rencontré sur les plages de la rivière
Kamoro des populations extraordinairement denses. Pour chaque poignée de
sable jetée dans l'eau, il n'était pas rare de voir surnager de quatre à dix Clivina.
Dans un comptage réalisé sur un mètre carré, j'ai pu recueillir plus de 300 exem-
plaires.
En novembre 1973, j'ai assisté à une montée des eaux sur cette même rivière
et j'ai pu voir des milliers et des milliers de ces petits Clivina partir à la dérive vers
la mer, ou regagner les rives à la nage ou au vol.
Deux espèces sont très courantes le long de ces rivières : C. rugiceps et C. mada=
gascariensis. Lorsqu'on a assisté à un rejet à la mer de quantités aussi importantes
de ces animaux, on ne peut s'empêcher de penser que les radeaux ont joué et con-
tinuent à jouer un grand rôle dans la dispersion de ces deux espèces entre Mada-
gascar et l'Afrique. C. madagascariensis, beaucoup plus répandu dans le Nord de
L'Ile, a très bien pu joindre les iles Comores par ce moyen, Des courants favorables
y existent pendant une grande partie de l'été austral, qui correspond à la période
des cyclones et des gros orages.
Acnviré er Repropucrron. — Les Clivina ont une activité intense pendant
toute l’année. Ayant une grande agilité pour se déplacer, ces Scarites suivent les
populations de Staphylins et de petits Carabiques qui fréquentent le bord des
eaux. Une population est facilement repérable par les très nombreux petits trous
donnant l'aspect d’une surface granuleuse aux sables fins des plages ou des berges
des rivières, En captivité, je n'ai pas obtenu de reproduction. Dans la nature, j'ai
seulement constaté qu’en août et septembre beaucoup d’imagos n’ont pas encore
leur couleur définitive. En dehors de cette période, tous les imagos rencontrés
étaient de couleur normale done loin de la période des éclosions.
18. — Genre Coryza Putzeys
Je n'ai récolté que deux exemplaires de ce genre et par hasard, je ne peux
done pas apporter d'informations précises sur la seule espèce existant à Mada-
gascar. Les deux exemplaires récoltés sont venus aux sources lumineuses et pro-
Viennent d’Ambatoñtorahana. Le point de chasse était situé sur des collines très
dénudées et sèches à 50 m d’une petite forêt. Les points d’eau les plus rapprochés
étaient à plus de 300 m.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 67
19. — Genre Lophocoryza Alluaud
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre comporte actuellement 3 espèces.
Elles sont réparties sur les plages d'Obock, des Séchelles et de Madagascar. Une se
rencontre aux Séchelles et sur la côte Ouest malgache.
DISTRIBUTION ET HABITAT. — Le genre est représenté à Madagascar par deux
espèces. Le nombre d'exemplaires connus est très réduit, car peu de récoltes ont
été effectuées dans leur biotope.
L. vadoni fut récolté en 1931 et 1936 par J. Vanox à Maroantsetra. Les exem-
plaires furent recueillis le soir sur un tapis de jeu de cartes. Ils avaient été attirés
par la lampe électrique qui éclairait la pièce. Les deux fois les captures furent
effectuées au moment de grosses pluies et d’un début d'inondation. J'ai retrouvé
cette espèce dans les petites dunes sableuses du bord de mer, surtout autour de
l'embouchure de la rivière Antanambalana (baie d’Antongil). Certains exemplaires
ont été récoltés au-dessous de la limite de la marée haute dans des détritus de végé-
tation,
J'ai rencontré L. sechellensis dans les globes des sources lumineuses d’un res-
taurant de l’île Praslin. Cet établissement était installé au bord d’une grande plage
encore peu fréquentée. En février 1978, j’ai retrouvé la même espèce à Soalala
dans la baie de Baly. Tous les exemplaires que j'ai trouvés ont été récoltés à
marée basse, sous de gros cailloux ou des bois pourris ; ils se trouvaient quelque-
fois à un niveau inférieur d’un mètre au niveau normal des eaux à la marée haute.
Aucune population dense n’a été rencontrée et tous les exemplaires récoltés l'ont
été par individus isolés.
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — Les deux espèces malgaches paraissent avoir
une période très active entre les mois de novembre et avril. N'ayant récolté que
très peu d'exemplaires je n'ai pas pu tenter un élevage.
20. — Genre Halocoryza Alluaud
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre représenté par une seule espèce
est réparti dans la partie occidentale de l'océan Indien et dans le Sud de la Mer
Rouge. Il n’a pas encore été découvert aux îles Séchelles où il doit pourtant occu-
per un bon nombre des plages. Il vient seulement de l'être sur celles de Mada-
gascar.
DISTRIBUTION ET HABITAT. — H, maindroni n’a été rencontré jusqu’à ce
jour que dans la région de la baie de Baly. Je l’ai récolté avec des Lophocoryza
sechellensis et dans le même biotope. Les exemplaires étaient tous au-dessous du
niveau des plus hautes marées. Ces petits animaux sont très difficiles à rechercher,
surtout lorsqu'ils sont peu répandus. Ils paraissent plus nombreux aux Comores
(ile de Pamanzi) et sur les plages de l'ile Maurice, où J. Vixsox a pu récolter des
larves avec les imagos.
AGTIVITÉ ET REPRODUCTION. — Halocoryza maindroni parait avoir une vie
active pendant toute l’année. Cette espèce a été récoltée en janvier, février, avril,
août et octobre, Les larves observées par J. Vinsox l'ont été pendant l'été austral,
En février, dans la baie de Soalala, je n’ai pu trouver aucune larve dans les bio-
topes des imagos, même en faisant de nombreux lavages de sable et de détritus
dans de l’eau douce.
Source : MNHN, Paris
68 A. PEYRIERAS
21. — Genre Brachypelus Putzeys
RéparrITION GÉOGRAPHIQUE. -— Le genre Brachypelus est exclusivement
malgache. Les espèces, étant toujours de très petite taille et vivant dans l'humus
très épais des forêts, sont très difficiles à rencontrer. Elles occupent surtout la
région orientale de l’Ile. Un seul exemplaire, d’une espèce encore à l'étude, à été
récolté dans les causses du Kelifely (région occidentale).
DisrRIBUTION ET Hagrrar. — Deux espèces seulement étaient connues
lorsque P. Basrmewsky termina son travail en 1973.
B. obesus était décrit depuis 1866 (Madagascar); je l'ai retrouvé dans
Lhumus des forêts côtières sur sable, à Ambatondrahely dans la région de Mana-
nara-Nord. C’est par erreur que des exemplaires portent sur leur étiquette « Mont
Antampona », où l'espèce n’a pas encore été capturée.
B. minor est cité de la région de Périnet et de Fanovana, deux localités peu
éloignées, situées en bordure de la grande forêt d'Analamazaotra, J'ai pu prospec-
ter de nombreuses autres localités de cette région par la méthode de défrichage et
de lavage. Les meilleurs résultats ont été obtenus dans les forêts où le sol du sous-
bois est recouvert d’une épaisse couche d’humus. Ces diverses prospections m'ont
fourni une moyenne de 3 imagos par m°.
Des sondages réalisés dans la forêt du Madiorano (région de Vondrozo) m'ont
aussi permis d’y récolter des exemplaires. Ils y occupaient le même biotope que
ceux d'Ambatondrahely et de Périnet. Aucun exemplaire n’a encore été récolté
au-dessus de 1 400 m d'altitude.
Ces découvertes étendent considérablement l'aire de distribution du genre
et il semble probable que cette aire recouvre de grandes étendues de la forêt orien-
tale, lorsque des recherches méthodique y auront été effectuées. Plusieurs espèces
sont actuellement à l'étude, mais il faudra encore de nombreuses années pour bien
connaître la systématique et la biologie de ce genre.
Acriviré Er RePRopuerION. — Rien n’est connu sur le mode de reproduc-
tion des Brachypelus. De mes élevages, je n'ai pu obtenir aucune ponte, je peux
seulement signaler qu'il est possible de récolter des Brachypelus à toutes les
époques de l'année et que j'ai rencontré des imagos immatures en avril et mai
dans la région de Périnet.
22, -— Genre Antireicheia Basilewsky
RépantinIoN Géocrapnique. -— Les premiers exemplaires d’Anlireicheia
malgaches furent découverts par R. PAULIAN au cours d’une mission qu’il effectua
dans le massif de l’Andringitra en janvier 1958. Jusqu'à cette date, le genre ne
comportait qu’une espèce sud-africaine de la région du Cap. Les recherches efïec-
tuées dans le cadre de la mission de la RCP 225 du CNRS sur les hautes montagnes
ont permis de préciser que ce genre occupe les hauts sommets du massif de PAn-
dringitra et du Sud de l'Ile au-dessus de l'altitude de 1 700 m, lorsque ces sommets
sont encore couverts par leur végétation primitive.
Dismmgurion ET mABrraT. — Six espèces d’Anfireicheia ont été décrites.
D’autres sont à l'étude, mais il est fort probable que de nouvelles seront décou-
Vertes dans les années à venir. A ce jour, trois zones importantes des hautes mon-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 69
tagnes ont été prospectées, ce sont le massif de l’Andringitra et les chaînes Ano-
syennes (massif Nord, haute Ranomandry, et massif Sud, Andohahelo).
Les études déjà réalisées montrent que chaque espèce est très localisée, à tel
point que quatre ont été décrites du seul massif de l’Andringitra. Elle ne sont
séparées que par une centaine de mètres d'altitude ou par un à 2 km de distance.
Il reste donc un très grand travail à réaliser pour mieux connaître la distribution
exacte des espèces et l’aire exacte occupée par le genre dans les hautes montagnes
de l'Ile.
Dans les trois stations citées, toutes les espèces ont été récoltées dans l’épaisse
couche d'humus des forêts denses humides de montagne ou des fourrés à Philippia.
Certaines populations peuvent être très denses, d’autres très rares, mais cette
différence peut tenir à l’époque où l’on entreprend les recherches. À Anjavidilava,
dans le massif de l'Andringitra, le 28 décembre 1972, j'ai récolté 30 exemplaires
dans un lavage d’humus sur une surface d’un m2. Dans le massif de l’Andohahelo,
en mai 1973, j'ai rencontré à peu près la même densité au m°, mais en janvier 1974
dans la même localité je n'ai trouvé aucun exemplaire malgré trois lavages effec-
tués dans des parcelles différentes et aux endroits des anciennes captures. Dans
Jes chaines Anosyennes (massif Nord, haute Ranomandry) en novembre 1971, je
n'avais obtenu que 2 à 3 exemplaires par m° exploité.
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION, — J'ai tenté deux élevages avec des exem-
plaires capturés à Anjavidilava (massif de l’Andringitra) en décembre 1972, Sur
26 imagos, 17 étaient encore vivants le 20 juin 1973 et je n'en ai retrouvé que 3 en
décembre 1973. Pendant toute cette période, je n’ai observé aucune ponte. D’autres
élevages devront être effectués dans le biotope de ces animaux.
2,
— Genre Afroreicheia Jeannel
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre est réparti sur la dorsale congo-
laise et en Afrique orientale. Treize espèces y ont déjà été rencontrées. À Mada-
gascar, c'est R. PAULIAN qui découvrit la première dans le massif de l'Andringitra
en janvier 1958. Ce genre, très longtemps ignoré, parait occuper une grande partie
de la falaise orientale au-dessus de 500 m d'altitude, entre Périnet et Fort-Dauphin.
DistmBUTIoN Er HABrraAr. — Trois espèces sont actuellement décrites :
elles proviennent de régions très éloignées les unes des autres. Plusieurs sont à
l'étude et de nouvelles découvertes seront certainement réalisées dans l'avenir.
A. elongala occupe la face Nord-Ouest du massif de l'Andringitra où il a été
récolté dans le même biotope que les Antireicheia. En décembre 1972, j'ai retrouvé
quelques exemplaires à 1 600 m d'altitude dans un terrain sableux recouvert d’une
légère couche d’humus. L’aire de distribution de cette espèce parait très réduite,
mais probablement par suite d’une insuffisance de prospections, toute la face Est
du massif étant encore inexplorée.
A. bonsae se rencontre dans la région de Périnet. Cette espèce parait occuper
une grande partie de la forêt d'Analamazaotra. Elle a été capturée à Périnet par
H. Franz et je l'ai retrouvée à une quinzaine de km plus à l'Est et plus au Nord et
le long de la route de Lakato. Dans la région de Périnet, elle parait très rare et je
ne l'ai récoltée qu’au cinquième lavage de terre, explorant chacun une surface
dun m? dans une parcelle d'un demi-hectare. La forêt de cette station est du
type dense humide de montagne, avec toujours une épaisse couche de 20 à 40 cm
d'humus et de radicelles sur le sol.
Source : MNHN, Paris
70 A. PEYRIERAS
A. fransi provient de l'extrême Sud et a été récoltée par H. Franz au col de
Manangotry à 600 m d'altitude. J'ai visité cette localité et j'ai trouvé ce Scarite à
500 m d'altitude au Sud et au-dessous du col. Le biotope est identique à celui des
autres espèces.
Ces découvertes montrent que les Afroreicheia occupent une grande partie
des forêts denses humides de montagne. On les rencontre dans les biotopes à humus
épais et au-dessus de 500 m d'altitude. Beaucoup d’autres recherches restent à
réaliser pour mieux connaitre la répartition et le nombre des espèces malgaches
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — Il ne m'a pas été possible de réaliser l’éle-
vage des espèces de ce genre en captivité, le nombre d'exemplaires récoltés étant
insuffisant. Dans la nature, j'ai rencontré des imagos en novembre, décembre,
février, mai et août. Ils paraissent donc actifs toute l’année. Aucune observation
n’a été faite sur leur mode de reproduction.
III. — Tribu Dyscnrrunt Jeannel
Cette tribu ne comprend que cinq genres, dont deux seulement sont présents
à Madagascar. Ils comprennent des Insectes de très petite taille qui peuvent être
ailés ou aptères.
924. — Genre Dyschirius Bonelli
Rérarrrrox GéoGraPniQuE. — Genre largement représenté par un grand
nombre d'espèces en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Nord; il
semble absent en Amérique du Sud et en Australie. Six espèces sont connues à
Madagascar.
DisrrBuTIoN ET HABITAT, — Chaque espèce de la Grande Ile paraît avoir
une aire de distribution très limitée, sauf D. madagascariensis qui occupe une
grande partie du Sud et du Sud-Ouest, mais la plupart des espèces ne sont qu'à
peine connues.
D. exaralus n'existe qu’en un seul exemplaire. Il n’a pas encore été retrouvé
et sa présence devra être confirmée par des recherches systématiques, surtout
dans la partie Ouest de l'Ile qui n’a encore été que très peu prospectée à cel égard.
D. opislholius est localisé dans les restes forestiers sur terrain granitique de la
région de Maevatanana, II doit être strictement attaché à ce biotope, car aucun
exemplaire n'a été rencontré dans les débris dus aux inondations de la rivière
Ikopa qui traverse la région.
D. lamberloni n’est connu que par un unique exemplaire, provenant de la
bordure Nord-Ouest du plateau central malgache (C. Lamberlon, VI-1910). La
localité n’est pas précisée. Il pourrait avoir été capturé dans la région de Mandrit-
sara ?
D. vadoni a été trouvé dans des débris d'inondation au bord de la forêt
d'Ambodivoangy (Andranofotsy). Cette espèce, connue aussi par un unique exem-
plaire, n’a pas été revue dans les laisses des grandes inondations de cette région.
D. madagascariensis est l'espèce la plus commune. Elle occupe une grande
partie du Sud. On la rencontre au bord des rivières ou dans les laisses d’inonda-
tions. Elle est considérée comme étant halophile. Je pense qu’elle vit plutôt dans
T'humus et les terres meubles des forêts galeries où il subsiste toute l'année un peu
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 71
d'humidité. J'en ai récolté dans ce milieu deux exemplaires à Anjatelo (région
d’Amboasary) en mai 1968.
D. milloli a été récolté sur le sommet du mont Tsiafajavona par le Pr J. Mir-
Lor. La mission RCP 225 du CNRS en a retrouvé un exemplaire sur le même mas-
sif. J'ai pu collecter un troisième individu dans l’humus des restes forestiers de ce
massif, à l'altitude de 1 900 m. Des lavages dans les berges des ruisseaux n'ont
fourni aucun exemplaire.
Toutes les espèces de Dyschirius paraissent être très rares, puisque sur six
espèces, quatre ne sont connues que par un unique exemplaire et la cinquième
par trois. Mais cette rareté ne doit être que relative, car leur vrai biotope n’a
pas encore été découvert.
Lors de la mission RGP 225 de 1973 du CNRS, la prospection du massif de
l’Itremo a fourni une série d’une espèce du genre Prodyscherus. Dans les mêmes
laisses d’une très grosse inondation, j’ai récolté aussi en abondance une espèce de
Dyschirius qui est actuellement à l'étude. J'avais, avant l'inondation, prospecté
les endroits les plus humides du bord de ce ruisseau sans en rencontrer. Leur
habitat doit se situer dans une zone sûrement toujours un peu humide mais jamais
entièrement mouillée par l’eau.
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — J'ai essayé de réaliser un élevage du Dyschi-
rius de l'Itremo. Une vingtaine d'exemplaires furent mis dans un aquarium de
dans une serre grillagée à Tananarive. Ces animaux.
juillet, acceptant bien les petits Vers de terre et les
50 x 25 x 30 em ct instal
restèrent actifs de février
Termites ou d'autres petits Insectes. Ils creusèrent de très nombreuses galeries.
Is fréquentaient surtout les endroits où l'humidité était la moins élevée. Pendant
cette période je n'ai observé aucune reproduction. Un soigneur ayant mal refermé
l'aquarium, une grosse pluie détruisit l'élevage.
Les exemplaires récoltés en janvier étaient tous bien matures.
— Genre Cribrodyschirius Ph. de Miré
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE. — Le genre comporte actuellement quatre
espèces africaines, deux espèces malgaches et au moins une asiatique. L'une des
espèces malgaches a une large répartition dans l'Ile et l’autre est localisée sur la
côte Nord-Est, autour de la baie d’Antongil.
DisriBurION ET HABITAT. — C. gibbicollis est l'espèce la plus abondam-
ment rencontrée. Elle a été récoltée dans à peu près toutes les régions de l'Ile et à
diverses altitudes. Si elle n’est pas connue du Sud-Ouest et du Sud-Est, c'est
qu’elle n'y a peut-être pas été bien recherchée. J'airécolté cette espèce à Ampijoroa,
à Maroantsetra et sur les bords du Mangoro (près de Moramanga). Elle occupe
dans ces trois régions le même type d'habitat : les bords des ruisseaux ou des
rivières dans les terrains bien en place, qu’ils soient latéritiques, argileux ou
sableux, même s'ils sont très abrupts. Elle ne fréquente pas les endroits tourbeux
et trop mouillés.
C. mocquerysi a une aire de distribution ne dépassant pas la baie d'Antongil.
Gette espèce se rencontre dans le même biotope que C. gibbicollis. À Fampanambo,
j'ai capturé les deux espèces au bord du même ruisseau.
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — Je n’ai pas réalisé d'élevage de cette espèce.
Je peux seulement affirmer qu’elle se rencontre à toutes les époques de l’année à
Source : MNHN, Paris
72 A. PEYRIERAS
Fampanambo (baie d'Antongil) et à Ampijoroa (région de Majunga). Les popula-
tions paraissent occuper les endroits où abondent les petits Carabiques et les
Staphylins.
IV. — Tribu SALCEDIINI Alluaud
Cette tribu n’est connue que de l'Afrique, de Madagascar et de l'Inde. Elle
ne comporte qu’un seul genre.
26. — Genre Salcedia Fairmaire
RéranTInIoN GÉOGRAPHIQUE. — Ce genre n'est représenté à Madagascar
que par une seule espèce endémique : S. perrieri.
DisrRBUTION ET HABITAT. — S. perrieri paraît avoir dans l'Ile une grande
aire de distribution. Peu de collecteurs l’ont recherché dans son biotope et presque
tous les exemplaires ont été récoltés dans des débris d'inondation. Avec J. VADON,
à Maroantsetra, nous l'avons retrouvé au bord des cours d’eau dans le même bio-
Lope que les Gribrodyschirius, mais il semble fréquenter les endroits plus humides
et plus tourbeux. Partout où nous l'avons capturé, nous avons aussi trouvé d’abon-
dantes populations de Staphylins et de petits Carabiques.
ACTIVITÉ ET REPRODUCTION. — J'ai vainement essayé de réaliser un élevage
de S. perrieri. Des exemplaires récoltés à Ampijoroa, en juin 1972, ont été conservés
plus d’un an, mais je n’ai constaté aucune reproduction. Sur onze exemplaires mis
en élevage, dix étaient toujours vivants en décembre 1973 et en avril 1974. Is
acceptent bien la nourriture qu’on leur donne (petits Vers de terre et petits Insectes
divers). J’attribue l'échec de cet élevage, ainsi que de tous ceux que j'ai essayé de
réaliser dans les tribus des Clivinini et des Dyschirüini, au trop grand nombre
d'exemplaires mis dans un espace trop réduit.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE III
ÉTUDE DE QUELQUES CAS DE DIMORPHISME SEXUEL
CHEZ LES SCARITINI MALGACHES
Le premier cas de dimorphisme sexuel a été observé chez les Scarilini mal-
gaches dans le genre Storthodontus.
Lorsqu'il me fut possible, pour la première fois, de trouver des terriers de
Scarites dans les milieux forestiers, je pus, en les fouillant, faire d’abondantes
récoltes et surtout, au fond de certaines loges, rencontrer des couples.
Le premier couple que j'ai pu ainsi examiner appartenait à l'espèce Slortho-
dontus bresseli et fut capturé dans la forêt d’Issana (région d'Antalaha). La femelle
était plus large et plus bombée que le mâle ; ce dernier avait en plus, une fois lavé,
le dessus des élytres d’un aspect plus mat.
Dans la région d’Antanambe, j'ai pu de même rencontrer plusieurs terriers
de Slorthodontus aegeon, occupés par des couples, mais nous déterminions les mâles
comme appartenant à l'espèce S. aegeon et les femelles à l'espèce S. manticoroides.
Ces chasses transmises à J. VaDox le laissèrent très perplexe et il ne fut vrai-
ment convaincu de la réalité de ces captures qu’en y participant lui-même.
P. BASILEWSKY, à qui J. VADON envoya ce matériel, fut lui aussi difficile à
convaincre, mais, comme il le dit dans sa monographie, il fut bien obligé de se
rendre à l'évidence. Il s'agissait de la même espèce : S. degeon, étant donné que,
dans le matériel récolté, tous les aegeon étaient des mâles et tous les manticoroides
étaient des femelles (1).
Une étude complémentaire faite sur sept espèces de Sforfhodontus que j'ai
récoltées montre qu’il est possible de reconnaitre les mâles et les femelles, sans
dissection préalable (fig. 22).
Les espèces S. aegeon et S. peyrierasi ont un dimorphisme sexuel élytral très
prononcé et aucun doute n’est possible. Pour les autres espèces, un examen plus
approfondi est nécessaire. Il faut bien nettoyer les élytres des imagos puis, sous
une loupe binoculaire, il est alors facile de voir que les mâles ont des élytres pré-
sentant une structure différente et une couleur plus mate que ceux des femelles
et possèdent une dent humérale beaucoup plus marquée.
Les genres Crepidoplerus et Pilades montrent généralement les mêmes dimor-
phismes élytraux entre les mâles et les femelles. Crepidoplerus decorset a, chez les
deux sexes, les élytres à peu près de même forme. Mais, si ceux-ci sont soigneuse-
ment nettoyés, on constate que chez les femelles le bord des eloisonnements de la
structure élytrale est arrondi, à aspect d'ensemble lisse et brillant, tandis que chez
: 186) que des exemplaires de cette espèce auraient
qui les ai récoltés en août et octobre 1966 et je ne
pense pas qu’un mélange de chasse ait pu se faire. Or, dans mes chasses, aucun exemplaire
d'aegeon n'a été capturé à Aniribe, J'ai toutefois remarqué que certains mâles de bresseti
avaient quelques ressemblances avec les mâles d’aegeon.
Source : MNHN, Paris
CS
Pic. 22. — Élytres de Storthodontus : À, & X 2200; B,@ X 2300.
Source : MNHN, Paris
Fic. 23, — Élytres de Tapinoscaris : À, & X 2300; B, 9 x 2300
Source : MNHN, Paris
76 A. PEYRIERAS
les mâles, les cloisonnements de la structure élytrale sont plus aigus et d'aspect
rugueux et mat (fig. 24 A et B).
Le sexe des autres espèces de Crepidoplerus peut être plus aisément reconnu.
Chez le mâle, la forme des élytres est plus étroite et plus plate ; chez la femelle,
elle est plus large, plus arrondie et plus bombée (fig. 24).
Fi.
io
|
5
xuel : À, Crepidopterus decorsei; B, Crepidoplerus geayi ;
, Typhloscaris andringitrae.
Dans le genre Pilades, on retrouve nettement tous ces caractères, surtout
dans les espèces P. sakalava et P. coguereli ; le mâle a même les bords des élytres
subparallèles. Chez P. ferus, il faut avoir recours à une loupe binoculaire pour dis-
tinguer la structure et la couleur des élytres.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE AT,
Chez les Dyscherinus, il existe une autre sorte de dimorphisme sexuel. Dans
nre, comme chez Dyscherinus pauliani par exemple, les femelles ont la face
le des tibias de couleur jaune bistre, alors qu’elle est noire chez les mâles.
Lorsqu’au début de mes recherches je faisais d'abondantes récoltes en recherchant
les imagos sous les cailloux (plus de 400 exemplaires dans l’Andohahelo), je croyais
avoir obtenu une grande quantité de femelles et peu de mâles, pensant alors que
la coloration des tibias caractérisait ces dernie fus très surpr
que les exemplaires à tibias colorés appartenaient à des femelle
plus tard de rechercher ces
des
de constater
Cela me permit
femelles dans de petits terriers partant du dessous
ailloux, alors que les mâles se rencontrent directement sous les cailloux.
Jen’ai pas trouvé de dimorphisme semblable dans les autres genres de Scarilini.
— Dimorphisme sexuel de la tête : À, Madascaris enoplus :
B, Scarites madagascariensis.
Source : MNHN, Paris
78 A. PEYRIERAS
Quelques cas de dimorphisme mandibulaire sont, en outre, à signaler mais il
ne s’agit pas là d’une règle absolue et ce dimorphisme n'existe que dans certaines
populations.
Chez Madascaris enoplus, de la région de Sambava et d'Andapa, les exem-
plaires récoltés, mâles ou femelles, ont la même structure mandibulaire ; par
contre, les exemplaires récoltés dans la région de Mananara-Nord, en particulier à
Ankoetrika, présentent, chez les mâles, une structure mandibulaire très différente
(fig. 25 A).
La même constatation a été faite chez deux populations de Typhloscaris
andringitrae. La population du cirque de Manjarivolo, à l'altitude de 1 650 m,
montre une structure mandibulaire semblable dans les deux sexes, alors que dans
la population qui occupe le même massif, mais à l'altitude de 1 200 m, le mâle
présente un dimorphisme mandibulaire extraordinaire : la mandibule droile étant
plus longue que la gauche (fig. 24 C).
Un dimorphisme mandibulaire assez semblable a déjà été constaté chez
Scarites madagascariensis et, là aussi, ce phénomène est plus prononcé dans les
populations de la côte Est (ex S. m. lacilurnus) que dans celles de la côte Ouest
(localité type de S. madagascariensis) (Mg. 25 B)-
Nous retrouvons là lun des aspects du dimorphisme sexuel des organes
atteints d’allométrie déformante dans l’un des sexes et de façon inégale selon les
populations. Cette variabilité a, très généralement, une base génétique et, lorsque
es individus sont de taille différente, peut avoir une base trophique.
En ce qui concerne les autres genres, il faut avoir recours à des examens à
fort grossissement pour distinguer les structures élytrales différentes entre les
sexes.
Je nai vu que dans une seule population un dimerphisme qui ne se traduisait
que par des différences de taille.
Dans les restes forestiers de l’Ankaratra, on rencontre fréquemment l'espèce
Duncan eu branuluits La taille des spécimens ini ÿiet jamais }UIeS SLVÉ (20 à
mm). Une autre population de eette espèce occupe les prairies altimontaines,
de l'altitude de ? 400 m jusqu'au sommet du mont Tsiafajavona (point culminant
à 643 m). Les mâles de ce groupe sont à peu près de même taille que les mâles des
lambeaux forestiers de plus basse altitude, mais les femelles mesurent toutes
plus de 30 mm et atteignent même 45 mm. On observe donc 1à un phénomène de
gigantisme, qui est certainement en rapport avec Visolement de la deuxième
population.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE IV
LES ILOTS FORESTIERS MALGACHES
ET LEURS RELATIONS
AVEC LE GIGANTISME DE QUELQUES POPULATIONS
La faune malgache, du fait de la destruction par l’homme d'une grande partie
de son couvert forestier, a subi de profonds bouleversements. Très peu d’ani-
maux, habit ce couvert forestier et vivant dans l’humus ou dans les terres
meubles, ont pu s'acclimater aux zones dégradées et les recoloniser. L’aire d’une
espèce a souvent été ainsi multidivisée et des ilots se sont formés où des fragments
de population ont continué à évoluer.
Madagascar est, actuellement encore, parsemée d’une grande quantité de
petites zones forestières. Les naturalistes ont le plus souvent dédaigné d'examiner
ces parcelles, ayant parfois à peu de distance et à leur disposition la grande forêt
orientale ou les grandes étendues des forêts occidentales. Ces îlots ont pourtant
joué le même rôle de conservation que les iles de la côte Nord-Ouest ou de la baie
d'Antongil.
Dans le Nord-Ouest, lors de la dernière ou des précédentes transgressions
marines, des populations de l'espèce Pilades coquereli sont restées isolées les unes
des autres sur les iles (îles Radama, Nosy Be, Nosy Mitsio). Ces groupes y ont
évolué et ils forment actuellement autant de sous-espèces.
Sur la Grande Terre, les îlots forestiers qui subsistent ont de même isolé des
populations, qui ont, elles aussi, évolué pour se différencier en sous-espèces. En
septembre 1973, j'ai découvert l’une de ces nouvelles sous-espèces dans les forêts
de l’Analamerana, d'Antsoy et de la chaîne d'Andrafñamena.
J'ai décrit au chapitre T, dans l'étude du genre, comment ces trois popula-
tions ont évolué de manière différente à l'intérieur de cette sous-espèce : l'une
est restée de taille moyenne : 38 à 50 mm ; la seconde a une taille plus petite, les
plus grands spécimens mesurant 40 mm ; pour la troisième, tous les exemplaires
récoltés mesuraient plus de 50 mm. Le gigantisme observé chez cette « forme » se
manifeste aussi au sein des autres sous-espèces. Deux exemplaires capturés près
des grottes de l’Ankarana par P. MoNrsaraT mesuraient en effet plus de 50 mm,
or cette station est dans l'aire de distribution de Pilades coquerelt camuseli, dont
les plus grands exemplaires connus ne dépassent pas 45 mm.
J'ai déjà parlé, lors de l'étude du genre Pilades, des forêts d’Analabe et
dAnanalava, situées près de Vohemar, La première est occupée par une popula-
tion de Pilades ferus de petite taille : 35 à 42 mm, la seconde par la même espèce,
mais de taille beaucoup plus grande : 48 à 60 mm.
Chez ces espèces, le gigantisme a toujours été observé dans les plus petits
lambeaux forestiers. Au Nord du fleuve Sofia, j'ai ainsi récolté de très grands
exemplaires du Pilades sakalava dans des lambeaux forestiers d'à peine un hectare.
6
Source : MNHN, Paris
80 A. PEYRIERAS
Beaucoup de régions de l’Ile présentent de tels phénomènes d'isolement de
population. Dans le massif de l'Ankaratra, j'ai pu constater que l'espèce Dyscherus
subgranulalus était scindée en deux populations. Les femelles de celle qui avait
recolonisé les prairies des sommets ou qui y étaient restées ont évolué vers le
gigantisme.
Prodyscherus praelongus, qui ne se rencontre que par populations dispersées
et que j'ai récolté dans une forêt isolée du cirque de Manjarivolo, est à peine éloi-
gnée de cinq cents mètres d’une population de Prodyseherus exlérnus. J'ai déjà
Signalé la ressemblance qui existe entre les larves de ces deux espèces et je pense
que L. praelongus n’est qu'une forme géante de P. exfernus, développée après la
séparation du groupe du reste de la population.
On peut encore citer deux cas de gigantisme par isolement de population,
mais il s’agit là d’espèces.
Le premier, le genre Tapinosearis, ne comporte que des espèces forestière
dont les plus grandes mesurent 25 mm pour le groupe Nord et 32 mm pour le
groupe Sud. Tapinoscaris peyrierasi, de découverte récente, qui mesure jusqu'à
42 mm et qui est strictement localisé dans la petite forêt d'Ambavala d’une super-
ficie de 50 ha, doit être considéré comme une forme spécifique ayant évolué vers
le gigantisme. Ses proches parents sont incontestablement T. razanande razananae
et T razananae anjavidilava. Ce dernier, qui occupe la grande forêt, est le plus
petit : 20 à 26 mm ; T. razananae rarananae, de taille plus grande : 32 mm, ne se
rencontre qu'aux hautes altitudes autour du pic Boby à partir de l'altitude de
2000 m.
Le deuxième cas a été observé dans une petite forêt d'environ cent hectares
et située au Sud-Est du village de Maropaika. Il s'agit d’une espèce de Crepidople-
rus découverte récemment et qui oceupe les hauts de cette forêt. Or, c’est le plus
grand des Crepidoplerus (il mesure 56 mm).
On peut se demander si l'isolement de populations réduites, aboutissant à
Y'apparition de formes géantes, n’annonee pas la proche disparition de l'espèce
(Ratites, Columbiformes insulaires géants).
On doit considérer que les ilots forestiers représentent à Madagascar les der-
niers refuges de bien des espèces encore inconnues et il est fort regrettable de voir
ces ilots disparaître aussi rapidement.
Les chercheurs les ont souvent négligés, les trouvant trop réduits. C’est
pourtant sur l’un d'eux @), en baie d'Antongil, à la station d’Ambodivoangy,
que J. Vanox a effectué ses plus merveilleuses découvertes.
La valeur de ces ilots n’est cependant pas seulement liée à la conservation
des espèces qu'ils renferment, mais leur taille semble avoir une influence sur l’évo-
lution de ces formes.
On constate en effet, comme on la vu plus haut, que partout où sont ren-
contrées une même espèce ou des formes proches à la fois dans la grande forèt et
dans l'un de ces petits ilots forestiers voisins, les spécimens de grande taille sont
toujours dans ces derniers.
{1} Get lot rattaché à la terre depuis peut-être des millénaires est encore isolé de la
grande forêt par des sables et des rivières qui sont tout juste un peu au-dessus du niveau
des hautes marées.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 81
Les raisons précises de ce phénomène nous échappent. Elles peuvent être
en rapport avec une faible taille de la population, favorisant la dérive génétique :
certains ilots, en effet, ne paraissent pas contenir plus de 200 ou 300 individus,
ce qui est très faible, Elles peuvent aussi être liées à une carence dans la prédation,
Les prédateurs de Scarites sont mal connus. Je n’ai constaté que l’action des
Araignées : une Mygale de grande taille, Monocentropus lambertoni, et une Arai-
gnée de plus petite taille, Lalrodecles menavodi. J'ai aussi observé, une seule fois,
un Buleo brachyplerus en train de déchiqueter l'abdomen d’un Dinoscarus atrox
vadoni.
I est fort probable que cette prédation est, d’abord, plus importante dans
la grande forêt mais, aussi, plus variée : les populations abondantes de Tanrecidae
aux nombreuses adaptations pouvant très bien avoir une importance dans la sélec-
tion des tailles.
Enfin, un fait est peut-être intéressant à signaler dans la population de
Dyscherus subgranulalus de V'Ankaratra ayant évolué vers le gigantisme. Alors
ue la population des lambeaux forestiers est la seule espèce à occuper ce domaine,
la population des prairies altimontaines est en concurrence directe avec la popu-
lation de Dinoscaris cribripennis qui, elle, est de taille plus grande.
Dans ce cas, il se pourrait qu’une séleciton soit intervenue, afin de permettre
à la population de Dyscherus subgranulalus des prairies de se maintenir à égalité
avec l'espèce concurrente.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE V
ÉTUDE DES LARVES DES SCARITINI MALGACHES
Les larves des Scarilini n'ont été que très peu étudiées. La première fut décou-
verte et décrite par Coouener. en 1862. Elle appartenait à l'espèce Scariles made
qascariensis. Quelques larves furent aussi récoltées dans le Nord, à Nosy Be, et
dans le Sud, en pays Androy.
F. L van Ewpex publia en 1942 une clé pour la détermination des larves des
Scarites du monde. Trois larves d'espèces malgaches y sont décrites assez succine
tement, Parmi elles, on reconnait assez bien le genre Scarifes. Celles attribuées au
genre Storthodontus correspondent en fait au genre Pilades (les larves doivent
appartenir à l'espèce Pilades coquereli) et celles attribuées au genre Dyscherus
correspondent au genre Crepidoplerus (les larves semblent appartenir à l'espèce
Crepidoplerus decorsei).
Contrairement à ce que pense cet auteur, il n’y a pas chez les larves de Crepi-
dopterus decorsei, d'articulation sur les urogomphes mais seulement des parties
non sclérifiées.
En dehors de ces larves, aucune autre n’était connue jusqu'à maintenant.
C'est pour combler cette lacune que j'ai essayé d'entreprendre des récoltes systé-
matiques et l'étude d'au moins une larve par genre.
Malgré plusieurs prospections, je n'ai pas pu récolter les larves des Mecyr
noscaris de la montagne d'Ambre, ni celles du genre Prodyscherodes du massif de
Y'Andohahelo, 11 se pourrait d'ailleurs que l'existence de ce dernier genre ne soit
pas confirmée par de nouvelles études. L'exemplaire qui est au Muséum national,
À Paris, peut fort bien n'être qu'un animal porteur d'une déformation élytrale.
Je n'ai pas vu le second spécimen.
Les larves que j'ai trouvées, et qui appartiennent à l'espèce Dislichus perrieri,
ne correspondent pas à celles qui sont décrites dans la clé de van Eupen. Chez
l'espèce malgache étudiée, la ligula est présente et les épipleurites sont divisés
Quatorze espèces appartenant à quatorze genres seront décrites dans les
pages qui vont suivre. À la fin de chaque description, on trouvera une discussion
de quelques caractères génériques et spécifiques.
DÉTERMINATION DES LARVES DE Sci lini MALGA
Ce sont des larves de taille moyenne, grande ou très grande. Suivant les
genres, leur couleur passe du noir mat où brillant au marron foncé où clair et au
beige foncé ou clair ; une même larve peut porter ces trois couleurs.
Leurs caractères morphologiques distinctifs sont les suivants : Tête sub-
carrée ou subrectangulaire, sans cou distinct et à côtés subparallèles. Suture
épicraniale toujours bien distincte et généralement longue. Suture frontale en V
largement ou faiblement ouvert et à branches peu sinuées. Épistome portant
généralement quatre macrochètes plus ou moins grands. Nasal saillant et plus
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 83
ou moins denticulé ou en corne triangulaire. Articulation dorsale de la mandibule
libre. Côte tentoriale plus ou moins visible sur le bord antérieur du crâne, entre
l’épistome et le frontal. Frontal avec ou sans macrochètes.
Antennes pas plus longues que les mandibules et insérées dorsalement par
rapport à ces dernières. Premier article toujours plus court que le deuxième ou le
troisième. Troisième article plus où moins dilaté et tronqué dans sa partie antéro-
externe, celte partie tronquée portant un grand ou plusieurs sensorii convexes
ou concaves et une soie dans la partie basale. Quatrième article portant trois
grandes soies et à l’apex quatre organes sensiti
petite soie (fig. 26).
dont un est surmonté d’une
Mandibules gén
ralement longues et acérées. Rétinacle plus ou moins déve-
loppé.
Maxilles allongées. Palpes formés de trois articles de taille décroissante. Basal
portant toujours une soie sur la face ventrale. Lobe externe formé de deux articles,
le premier portant une soie. Lobe interne présent ou remplacé par une soie,
Prémentum plus où moins trapézoïdal avec deux ou de nombreux macro-
chètes, ligula bisétulée. Palpes labiaux formés de deux articles égaux ou inégaux.
Pattes courtes et robustes du type fouisseuses, à six articles épineux. Tibia
portant deux épines dans sa partie dorso-distale. Tarse constitué par deux griffes
égales.
Tergites thoraciques et abdominaux subrectangulaires, recouvrant entiè-
rement ou en partie la région dorsale et divisés par une ligne longitudinale. Scu-
tum plus où moins bordé par un préscutum et un postscutum.
Neuf stigmates abdominaux et un mésothoracique, ce dernier de forme
variable et en position plus ou moins sternale.
Sclérites ventraux et pleuraux très développés, contigus, Les ventraux sont
quelquefois soudés ou séparés par d'étroites sutures. Sur le huitième segment
abdominal, le sternite et les sternelles sont réunis.
Le neuvième segment abdominal ne porte pas de stigmates, mais seulement
des urogomphes plus ou moins sclérifiés et noduleux, de taille et de forme va
Uropode plus où moins long portant toujours quelques soies.
CLÉ GÉNÉRIQUE DES LARVES
1: Maxilles sans lobe interne articulé, mais parfois avec de fortes épines..
—— Maxilles avec un lobe interne articulé.
2
N
2. Sillon cervical présent...
— Sillon cervical absent. ........
3. Sillon cervical atteignant la suture épicraniale.......... vero
— Sillon cervical n’atteignant pas la suture épicraniale.
4 Mandibules avec la térébra régulièrement recourbée ; rétinacle court,
ne formant qu’un décrochement en angle droit dans la partie basale de
la térébra, sa partie antérieure faisant corps avec la moitié basale de
la mandibule (fig. 28). ......... sise. Genre Scarifes
-— Mandibules droites dans les deux tiers proximaux avec l’apex de la téré
bra très recourbé formant crochet ; rétinacle bien individualisé, court
et crochu (fig. 31)........ re Genre ysrents
a» Su
Source : MNHN, Paris
Fic. 26. — Organes sensitifs antennaires : A, Dyscherus peyrierasi X 2 300;
B, Paradyscherus blanci X 1100.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 85
5. Mandibules courtes, très larges à la base et peu recourbées.
se... Genre Typhloscaris
gulièrement recourbées. 6
— Mandibules longues, moins larges et r
6. Rétinacle petit et court. Urogomphes courts, rectilignes dans les deux.
tiers proximaux, sans nodules et recourbés vers l'intérieur dans le tiers
disais D Cou Dot
— Rétinacle long et efilé. Urogomphes longs, en V dans les deux tiers
proximaux, noduleux et très recourbés dans le tiers distal. ..........
OR conocis CG NC
7. Tibia et tarse disparaissant presque dans la couronne d'épines du
médium (RÉ NSS EPP AEEMR E E IGE Ten ererus
MN TibiAs Etitarsenonnane ee 0 ee M 8
BSterites portent es sol D chertnns
— Sternites ne portant pas de soies.…. $ 9
9. Mandibules très larges de la base jusqu’au rétinacle : rétinacle et térébra
presque d’égale importance. (fig. 39). -.. Genre Paradyscherus
Mandibules normales ; rétinacle bien plus petit que la térébra.
DATENT PDA ne EE) APE Tape eds onn cdncenuse | CONS
10. Bord interne de la térébra portant une frange de soïes libres... 11
Bord interne de la térébra ne portant pas de frange de soies libres... 12
11. Rétinacle très finement denticulé sur son bord interne (fig. 42).......
PRÉ atoUo s SHAGUS Genre Slorthodontus
Genre Pilades
— Rétinacle non denticulé sur son bord interne...
12. Térébra à bord interne non denticulé............. : Genre Tapinoscaris
— Térébra à bord interne denticulé................... DbaLésacNaba 13
13. Mandibules courtes ; rétinacle dépassant une ligne allant de la base à
l'apex dela mandibule, "0.0.0. 00 Genre Crepidopierus
— Mandibules longues ; rétinacle restant à l’intérieur d’une ligne allant de
base à l’apex de la mandibule (fig. 41)... ...... nre Dinoscaris
Le Genre Distichus Motschulsky
Larve de Dislichus perrieri (Fairmaire) (fig. 27).
Longueur 17 mm, au 3e stade.
Têle. — Subcarrée, de couleur générale brun foncé ; suture frontale en V
largement ouvert, à branches à peine sinuées ; suture épicraniale longue : côtes
tentoriales à peine visibles ; frontal portant deux macrochètes ; épistome avec
deux macrochètes et deux microchètes, il est bordé par un nasal subrectangulaire
non denté ; épicrâne portant une carène longitudinale partant du condyle dorsal
et rejoignant la bordure postérieure du crâne ; il porte en outre des macrochètes :
trois dorsaux, un temporal, un petit sur le sclérite antennifère et un sus-oculaite :
Sillon cervical bien marqué atteignant la carène longitudinale de l’épicrâne : aire
oculaire délimitée par une carène et montrant antérieurement une grosse masse
pigmentaire et postérieurement trois ocelles enfoncés.
Premier article antennaire plus court que le deuxième et le troisième ; le troi-
Sième, très élargi à l’apex, porte sur la partie tronquée un seul grand sensorium.
Source : MNHN, Paris
ieri: À, avant-corps, vue dorsale ; P, nasal, mandi-
D, complexe maxillo-labial, face ventrale ; E, der-
Fc. 27. — Larve de Distichus perr
“bule et antenne ; C, sternite abdominal ;
niers tergites abdominaux et urogomphes.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 87
Mandibules longues, régulièrement eflilées vers l’apex et recourbées en arc
de cercle ; la face externe porte à la base deux macrochètes dressés ; rétinacle
court et simple (fig. 27 B).
Maxille avec le stipe allongé, cilié sur son bord interne et sur la moitié de la
face dorsale, armé sur le bord externe de macrochètes et de microchètes : lobe
interne absent, remplacé par une grande et une petite soie.
Prémentum trapézoïdal portant deux macrochètes sur la face ventrale : face
dorsale et bords hérissés de soies longues et fines.
Thorax. — Tergites de couleur brun clair ; prothorax portant seize petites
soies, le scutum bordé par un préscutum bien visible et un postscutum très effacé :
méso- et métathorax avec un préscutum peu visible et portant douze petites soies.
Stigmates mésothoraciques de forme arrondie et grands.
attes courtes et robustes ; hanche portant six soies le long des sutures ; tro-
chanter avec deux rangées de cinq épines et deux soies impaires et ventrales ;
fémur montrant deux rangées de six épines dont deux très grandes ; medium
portant une soie à sa base interne et une couronne de huit épines dans sa partie
distale.
Abdomen. — Tergites de couleur beige foncé portant chacun quatorze
petites soies ; scutum bordé par un préseutum délimité par une ligne très foncée
(fig. 27 E) ; pas de postseutum visible.
Sclérites ventraux et pleuraux avec des soies : quatre sur le sternite, quatre
Sur les sternelles, six sur les épipleurites et quatre sur les hypopleurites.
Urogomphes moyennement longs, rigides, rectilignes dans les deux tiers
proximaux, régulièrement recourbés vers l'intérieur dans le tiers distal (fig. 27 E)
et portant chacun neuf longues soies.
Uropode ne dépassant pas les urogomphes et portant quelques petites soies.
Discussion. —— Je n'ai récolté que deux larves de D. perrieri. Je ne connais
pas celle de D. mediocris.
2. — Genre Scarites Fabricius
Larve de Scariles madagascariensis Dejean (fig. 28).
Longueur 36 mm, au 3e stade ; couleur générale marron foncé.
Têle. — Subcarrée ; suture frontale en V largement ouvert, à branches non
sinuées ; suture épicräniale longue ; côte tentoriale peu visible, longue : épistome
portant six macrochètes, il est bordé par un nasal trapézoïdal ; frontal avec six
macrochètes ; épicrâne portant une carène longitudinale comme chez Dislichus :
sillon cervical bien marqué atteignant la suture épicraniale ; aire oculaire déli-
mitée par une carène profonde, qui montre antérieurement une grosse masse pig-
mentaire et, quelquefois postérieurement, trois petits ocelles ; épicrâne avec des
macrochètes : quatre dorsaux, trois ventraux, quatre temporaux, un sus- et un
sous-oculaire, un sur le sclérite antennifère et un sur le sclérite mandibulaire ven-
tral ; face ventrale de l’épicrane portant une carène longitudinale partant du
sclérite maxillaire et n’atteignant pas le bord postérieur (fig. 28 D).
Source : MNHN, Paris
88 A. PEYRIERAS
Articles antennaires du type Distichus, le troisième porte dans la partie tron-
quée vingt-et-un petits sensorii répartis sur quatre rangées (fig. 29).
Mandibules longues ; térébra très efilée et recourbée en are de cercle, la face
externe porte trois macrochètes ; rétinacle formant un simple décrochement à
la base de la térébra (fig. 28 A).
Maxille avec le lobe interne comme chez Dislichus ; deuxième article du lobe
externe portant une soie sur sa face dorsale.
Prémentum du type Dislichus.
… Irc. 28. — Larve de Scarites madagascariensis : À, avant-corps, vue dorsale ; B, der
niers tergites abdominaux et urogomphes ; C, patte ; D, complexe maxillo-labial, face ven-
trale.
Source : MNHN, Paris
Fi6. 99. — Organes sensitifs antenn
B, Se. liostracus X 115;
es : A, Scarites madaga
>, Dyscaris striolifrons X 220.
x
Source : MNHN, Paris
90 A. PEYRIERAS
Thorax. — Tergites prothoraciques du type Distichus ; méso- et métathorax
portant quatorze soies.
Stigmates mésothoraciques grands, ovales et très concaves.
Pattes courtes et robustes ; hanche portant de nombreuses soies, les princi-
pales étant le long des sutures (fig, 28 C) ; trochanter avec trente épines réparties
sur deux rangées vers la base et sur quatre vers l’apex, il porte aussi trois soies
ventrales : fémur avec dix-sept épines réparties sur deux rangées ; médium por-
tant une couronne de quinze épines dans sa partie distale.
Abdomen. — Tergites du type Disli
mates et concaves.
us, avec en plus quelques zones plus
Sclérites ventraux et pleuraux avec de nombreuses soies : six sur le sternite,
quatre grandes et huit petites sur les sternelles, huit grandes et quatre petites sur
les épipleurites, huit grandes et quatre petites sur les hypopleurit
Urogomphes longs et noduleux, en partie non sclérifiés et portant huit longues
soies (fig. 28 B).
Uropode portant quelques petites soies et atteignant la moitié de la longueur
des urogomphes.
Discussrox. — Je n'ai récolté qu’une autre espèce de Scariles, S. liostracus.
Chez cette espèce, les caractères génériques sont bien nets. Les mandibules ont la
même forme que celles de S. madagascariensis, surtout dans l'architecture du
rétinacle qui fait corps avec la base de la mandibule jusqu’au décrochement à la
base de la térébra. Les urogomphes, quoique plus courts, ont aussi une forme
typique avec des nodules et des parties non sclérifiées.
Les caractères spécifiques sont les suivants :
Tête de couleur marron ; prothorax et pattes de couleur beige clair ; méso-,
métathorax, tergites abdominaux ainsi que sclérites ventraux et pleuraux de
couleur noire.
Mandibules ayant une térébra plus longue, moins régulièrement eflilée, un
peu crochue à l’apex et portant à sa base externe six soies.
Aire oculaire portant deux rangées de trois ocelles.
Bord des tergites thoraciques et abdominaux portant de très nombreuses
soies.
Stigmate grand et ovale, situé un peu en dehors de la zone sternale.
Pattes portant de nombreuses soies sur la hanche; épines principales du
fémur disposées en couronne dans sa partie distale et portant en outre des soies
sur sa partie dorsale.
Sclérites ventraux comme chez S. madagascariensis.
Sclérites pleuraux portant de nombreuses soies : douze sur les hypopleurites,
seize grandes et de nombreuses petites sur les épipleurites.
Urogomphes courts, pas plus longs que l’uropode ; ils portent chacun cinq
grandes et quatre petites soies.
S. madagascariensis et S. liostracus sont considérés, le premier comme un
microendémique, le second comme un mégaendémique. Il est intéressant de signa-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 91
ler que, bien qu’ils aient probablement une souche commune lointaine, les carac-
tères génériques de ces deux Scarites sont restés stables.
3. — Genre Typhloscaris Kuntzen
Larve de Typhloscaris andringitrae Basilew
ky (fig. 30).
Longueur 13 mm, au 3° stade ; couleur des segments thoraciques et abdo-
minaux beige clair.
Téle. — Subearrée, de couleur marron clair ; suture frontale en V à branches
sinuées ; suture épicraniale moyennement longue ; côte tentoriale courte : sillon
cervical court, bien visible (fig. 30 A) ; aire oculaire à peine délimitée, pas d'ocelles
visibles mais seulement une partie membraneuse opaque ; épistome portant quatre
macrochètes, il est bordé par un nasal vaguement trilobé ; épicrâne portant un
macrochète et trois microchètes dor: aux, trois macrochètes ventraux, deux tem-
poraux, un sur le sclérite antennifère, un sus-oculaire et un sur le sclérite mandi-
bulaire ventral.
Premier et deuxième articles antennaires égaux ; troisième article une fois
et demie plus long que le premier, la partie tronquée porte un seul grand senso-
rium et sur un des côtés quelques organes sensitifs.
Mandibules courtes, très larges à la base, à peine recourbées vers l'intérieur
à l'apex, le bord externe ne porte pas de macrochètes ; rétinacle court et simple,
situé à la base du tiers apical (fig. 30 B).
Maxille du type Dislichus.
Prémentum trapézoïdal portant trois macrochètes sur la face ventrale :
deuxième article des palpes labiaux une fois et demie plus long que le premier.
Thorax. — Tergites thoraciques du type Dislichus, les soies étant seule-
ment plus petites.
Stigmates mésothoraciques de forme arrondie, situés en dehors de la zone
sternale.
Pattes courtes ; les deux derniers articles de couleur marron foncé ; épines
courtes, en nombre variable d’une patte à l’autre ; le trochanter en porte environ
vingt-cinq, le fémur une dizaine, le tibia une couronne de huit.
Abdomen. — Tergites du type Dislichus, à peine sclérifiés : ligne délimitant.
le préscutum du scutum à peine visible.
Sclérites ventraux et pleuraux portant un nombre de soies variable : huit sur
le sternite, douze sur les sternelles, huit sur les épipleurites et douze sur les hypo-
pleurites.
Urogomphes de couleur marron clair, très courts, un peu noduleux et portant
cinq soies.
Uropode aussi long que les urogomphes (fig. 30 D).
Discussion. — Je n'ai récolté que deux larves de Typhloscaris andringitrae.
Je ne connais pas celles des autres espèces.
Source : MNHN, Paris
Pic. 30, — Typhloscaris andringitrae : À, avant-corps, vue dorsale ; B, nasal, man-
dibule et antenne ; C, complexe maxillo-labial, face ventrale ; D, derniers tergites abdomi-
naux et urogomphes.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 93
4. — Genre Dyscaris Bänninger
Larve de Dyscaris slriolifrons (Fairmaire) (fig. 31).
Longueur 23 mm, au 2e stade; de couleur générale marron.
Téle. — Subrectangulaire ; suture frontale en V à branches à peine sinuées :
suture épicraniale normale ; côte tentoriale peu marquée, visible par transpaz
rence ; épistome portant quatre macrochètes, bordé par un nasal de forme trapé-
zoïdale ; épicrâne avec un macrochète dorsal, trois ventraux, deux temporaux,
un sus-oculaire, un sur le sclérite antennifère et un sur le sclérite mandibulaire
ventral ; face ventrale de l’épicrâne portant une carène longitudinale, partant du
selérite maxillaire et atteignant presque le rebord postérieur du crâne ; sillon cer-
vical profond, atteignant la suture épicraniale ; aire oculaire bien délimitée par
un sillon profond et portant deux rangées de trois ocelles.
Premier article antennaire très court ; deuxième article trois fois plus long
que le premier (fig. 31 D); troisième article très aplati, très large à l’apex et
portant dans sa partie tronquée trois rangées de sensoriums (fig. 29 C).
Mandibules longues, très droites et crochues vers l’apex ; face externe por-
tant quatre macrochètes ; rétinacle très court et crochu (fig. 31 D).
Maxilles du type Dislichus ; deuxième article du lobe externe portant une
soie à sa base dorsale ; stipe très cilié.
Pièces labiales du type Dislichus, très ciliées à la base.
Thorax. — Tergite prothoracique portant huit soies ; tergites méso- et méta-
thoraciques avec seize soies : ces nombres étant plus ou moins variables.
Stigmate mésothoracique grand, allongé et ovale, très concave, ayant ten-
dance à gagner la région sternale.
Pattes courtes et très robustes ; hanche portant un hérisson d’épines sur la
face avant (fig. 31 C) ; trochanter et fémur portant deux rangées de dix à douze
épines ; médium, tibia et tarse du type Dislichus.
Abdomen. — Tergites portant chacun dix soies.
Sclérites bien sclérifiés et portant des soies : quatre sur le sternite, un sur
chaque sternelle, sept sur chaque épipleurite, cinq sur chaque hypopleurite.
Urogomphes du type Scariles portant chacun cinq grandes soies.
Uropode atteignant la moitié de la longueur des urogomphes et portant vingt
soies sur la partie ventrale et quatre sur la partie dorsale.
Discussion. — Je ne connais que la larve de Dyscaris striolifrons.
5. — Genre Madascaris Bänninger
Larve de Madascaris marojejyanus Basilewsky (fig. 32).
Longueur 33 mm, au 3e stade ; couleur générale marron à marron clair dans la
partie postérieure.
Têle. — Subrectangulaire ; suture frontale en V largement ouvert, à branches
légèrement sinueuses; suture épicraniale très longue ; côte tentoriale courte, de
Source : MNHN, Paris
— Dyscaris striolifrons : À, avant-corps, vue dorsale ;
o-labial, face ventrale ; C, patte ; D, nasal, mandibule et antenne.
B, complexe m
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 95
couleur foncée ; épistome bordé par un nasal bilobé, chaque lobe étant crénelé
(g. 32 B) ; macrochètes épicraniaux réduits : un dorsal, un temporal, un ventral,
un sus-oculaire, un sur le sclérite antennifère et un sur le sclérite mandibulaire
ventral ; sillon cervical court, atteignant à peine le tiers de la distance le séparant
de la suture épicraniale ; aire oculaire délimitée par une petite carène et portant
deux rangées de trois ocelles.
Premier article des antennes plus court que le second : deuxième et troisième
articles d'égale longueur ; troisième article très élargi dans sa partie apicale, la
partie tronquée portant un seul grand sensorium.
Mandibules longues et étroites, très effilées, aiguës et très recourbées dans le
tiers apical : la face externe porte un macrochète ; rétinacle long et étroit, crochu
et aigu (fig. 32 B).
Pièces maxillaires du type Dislichus, mais le lobe interne commence à se
développer et apparait autour du macrochète ; deuxième article du lobe externe
portant une soie à la base de sa partie dorsale (fig. 32 E).
Pièces labiales du type Dislichus
plus long que le premier.
deuxième article du palpe une fois et demie
Thorax. — Tergite prothoracique portant quatre soies, le méso- et le mé
thoracique avec huit soies chacun.
Stigmate mésothoracique du type Dyscaris.
Pattes à épines réduites et Variables : soies éparses sur Ia hanche, deux rangées
de cinq épines sur le trochanter, deux rangées de quatre sur le fémur, une cou.
ronne de huit sur le médium.
Abdomen. — Tergites en forme de losange, chacun portant huit soies.
Sclérites très développés couvrant presque toute la surface ventrale et por-
tant tous des soies : quatre sur le sternite, deux sur chaque sternelle interne, une
sur chaque sternelle externe, deux sur chaque épipleurite et hypopleurite (fig. 32 C).
Urogomphes très longs, ouverts en V, à branches droites dans les deux tiers
basaux, recourbés en are de cercle vers l'intérieur dans le tiers apical, chacun por-
tant six grandes soies (fig. 32 A).
Uropode très allongé, atteignant presque l’apex des urogomphes.
Discussrox. — Trois larves seulement ont été récoltées pour cette espèce.
Les larves des autres ne me sont pas connues. Il est intéressant de signaler que les
larves de Madascaris marojejyanus paraissent occuper une place intermédiaire
entre les espèces ayant ou n'ayant pas de lobe interne.
Genre Prodyscherus Jeannel
Larve de Prodyscherus ovalus Bänninger (fig. 33). FA
Longueur 35 mm, au 2e stade ; avant-corps de couleur marron foncé, arrière
corps de couleur beige.
féle. —— Subcarrée ; suture frontale en V très largement ouvert et à branches
Sinuées ; suture épicraniale longue ; frontal portant quatre macrochètes : épistome
bordé par un nasal subtriangulaire à bord dentelé ; épicrane avec quatre macro.
chètes dorsaux, trois ventraux, un sus-oculaire, un sur le sclérite antennifère et
7
Source : MNHN, Paris
1
F
NE
ic. 32. — Madascaris marojejyanus : À, d
B, nasal, mandibule et antenne ; C, sternite abdominal ; D, patte; F
labial, face ventrale.
s Lergites abdominaux et urogomphes ;
; complexe maxillo-
Source : MNHN, Paris
Pic. 33. = Prodyscherus ovatus : À, derniers tergites abdominaux et urogomp
B, avant-corps, vue dorsale ; C, complexe maxillo-labial, face ventrale ; D, patte ; E, antenne.
Source : MNHN, Paris
98 A. PEYRIERAS
un sur le sclérite mandibulaire ; aire oculaire peu délimitée portant une trace
membraneuse à la place des ocelles.
Premier article antennaire court ; deuxième article aussi long que le troisième
et une fois et demie plus long que le premier ; troisième article portant sur la
partie tronquée un grand et trois petits sensorii plus quelques organes sensit
fig. 35 B): premier, deuxième et Lroisième articles portant de nombreuses soies
(fig. 33 E).
Mandibules longues, effilées et aiguës (fig. 33 B) ; bord externe portant deux
macrochètes et cinq soies ; rétinacle court, situé au tiers basal de la mandibule
(fig. 33 B).
Maxille avec le stipe subparallèle et régulièrement arqué ; lobe interne pré-
sent et très développé portant une soie sur sa face dorsale ; deuxième article du
lobe externe et premier article du palpe portant de nombreuses soies.
Prémentum trapézoïdal, portant six macrochètes sur sa face ventrale ; pre-
mier article du palpe labial une fois et demie plus long que le deuxième et portant
deux soies sur le côté interne.
Thorax. — Tergites portant chacun vingt soies ; scutum bordé par un préseu-
tum large et de couleur plus claire ; postscutum bien visible, large sur les côtés,
étroit dans sa partie centrale.
allongée (Lype larve de Dinoscaris
Stigmates mésothoraciques de forme trè
cribripennis) (fig. 49).
Pattes très courtes et trapues ; hanche portant sur la face antérieure une
zone de petites soies hérissées ; trochanter avec deux rangées de dix épines, petites
Vers la base, grandes vers l’apex ; fémur avec une demi-couronne d’épines sur
l'apex de la face ventrale ; médium portant une couronne de quatorze épines :
tibia très réduit ne formant plus qu’un bourrelet surmonté d’une couronne d'épines;
épines du tarse droites, courtes et renflées à leur base.
Abdomen. — Tergites portant chacun vingt soies réparties sur trois rangées (
nombre est variable selonles spécimens); préseutums et postseutums peu marqués.
et
Sclérites armés de nombreuses soies : sternite et sternelles internes réunis
portant vingt-huit soies ; sternelles externes avec chacun deux soies ; épipleurites
portant chacun quatre soies ; hypopleurites avee chacun six soies.
Urogomphes longs et régulièrement arqués, portant chacun six longues soies
(fig. 33 A).
Uropode atteignant le tiers de la longueur des urogomphes et ar
breuses soies.
né de nom-
Discussrox. — Dans ce genre jai pu étudier les larves de cinq autres espèces,
à savoir : P. praelongus, P. externus, P. androyanus, P. rapax, un Prodyscherus
indéterminé de la région de Tsihombe et un autre de la forêt de l'Analavelona.
Ces larves peuvent se différencier comme suit :
1. Sternite et sternelles internes bien séparés ; nasal tronqué. .......-
7 Sternite et sternelles internes soudés ; nasal subtriangulaire (fig. 34 D).
... Prodyscherus ovalus
2. fpistome portant une grosse bosse dans l'aire ensiforme (fig. 34 C)..-
A D PouseuMeens © Proune praelongus
__ fépistome ne portant pas de bosse dans l'aire ensiforme. ............ 3
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 99
3. Deuxième article antennaire portant des soies dans sa partie médiane
(région de Tsihombe)..................... Prodyscherus indéterminé
— Deuxième article antennaire ne portant pas de soies.…. 4
4. Tergites thoraciques portant quatre soies ; sternite abdominal avec
GK oies Re A RER Prodyscherus rapax
— Tergites thoraciques portant seize soies ; sternite abdominal avec dix
soies (forêt d'Analavelona).….….… -.... Prodyscherus indéterminé
= Tergites thoraciques portant dix soies ; sternite abdominal avec quatre
os
La chétotaxie est, comme nous le voyons, un élément spécifique stable. Tou-
tefois, je n’ai tenu compte que des soies principales présentes chez plusieurs exem-
plaires ; de nombreuses petites soies sont parfois implantées au hasard sur n’im-
porte quelle partie sclérifiée du corps. J'ai réuni deux espèces, P. praelongus et
P: exlernus, car je n’ai trouvé aucune différence spécifique pour les séparer.
Il faut aussi noter le caractère générique constant dans Ia forme de la man-
dibule, avec une térébra assez élancée et un rétinacle court implanté au tiers basal
de la mandibule (fig. 34).
7. — Genre Dyscherus Chaudoir
L:
Longueur 27 mm, au 3 stade ; avant-corps rouge brique ; arrièr.
nant de couleur beige ; urogomphes marron clair.
arve de Dyscherus peyrierasi Basilewsky (fig. 36).
-corps deve-
Têle. — Subcarrée ; suture frontale en V très largement ouvert, à branches
très ondulées ; suture épicraniale longue ; côtes tentoriales bien marquées ; fron-
tal portant deux petites soies ; épistome bordé par un nasal de forme arrondie
(fig. 36 D) ; épicräne portant un macrochète sur la partie dorsale, un sus-oculaire
et un sur le sclérite mandibulaire ; sillon cervical atteignant la moitié de la dis-
tance le séparant de la suture épicraniale ; aire oculaire avec deux rangées de trois
ocelles.
Premier article antennaire plus court que le deuxième et le troisième qui sont
égaux ; troisième article portant dans sa partie tronquée un seul grand sensorium
et sur le côté externe trois organes sensitifs.
Mandibules moyennes, à face externe régulièrement recourbée et portant un
macrochète à la base externe ; térébra un peu renflée et grossièrement denticulée
sur le bord basal interne ; rétinacle moyen, perpendiculaire et renflé sur les deux
bords, grossièrement denticulé sur son bord interne.
Maxille à stipe très allongé, subparallèle et portant deux macrochètes et
quelques microchètes ; face dorsale et bord interne ciliés ; lobe interne présent ;
lobe externe portant une soie sur chaque article ; basal avec une soie.
Prémentum trapézoïdal ; premier article du palpe labial plus court que le
second.
Thorax. — Tergites portant deux soies chacun. Stigmates mésothoraciques
du type Dinoscaris. Pattes du type Scarites à épines réduites.
Abdomen. — Tergites portant quatre soies ; préscutum bien marqué : pas
de postscutum visible.
Source : MNHN, Paris
ie. 34. — Nasal, mandibule et antenne de différentes espèces de Prodyscherus :
À, P. rapax ; B, P. androyanus ; C, P. externus ; D, P. ovatus; E, P. sp.
Source : MNHN, Paris
antennairé
B, Prodyscherus
\
ovalues.
va
\, Typhloscaris andringitrèrz
Source : MNHN, Paris
102
derniers tergites abdominaux et urogomphes ;
o-labial, face ventrale ; D, tête, vue dorsale.
Fc. 86. — Dyscherus peyrierasi :
B, sternite abdominal ; C, complexe ma
Sclérites abdominaux bien séparés ; pas de soies sur le sternite et les hypo-
pleurites ; sternelles et épipleurites avec chacun une soie.
Urogomphes droits et noduleux, en partie non sclérifés, chacun portant cinq
soies (fig. 36 A).
Uropode atteignant les deux tiers de la longueur des urogomphes.
Diseussion. — J'ai récolté des larves appartenant à deux autres espèces
de ce genre. Les caractères génériques se retrouvent dans l'architecture des man-
dibules de chaque espèce. Les caractères spécifiques portent surtout sur la ché-
totaxie ; ces larves peuvent se différencier comme suit :
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 103
1. Sternite et sternelles internes bien SÉPATÉS Diese 2
— Sternite et sternelles internes soudés... Dyscherus slorthodonloïdes
2. Longueur au 3e stade ne dépassant pas 25 mm ; tergite prothoracique
portant deux soies. Tergites méso- et métathoraciques avec chacun
quatre soies ; hypopleurites portant chacun une soie... A.
sesesesese......... Dyscherus descarpentriesi
—— Longueur au 3e stade dépassant 25 mm ; tergite prothoracique ne por-
tant pas de soie ; tergites méso- et métathoraciques avec chacun deux
soies ; hypopleurites ne portant pas de soies... Dyscherus peyrierasi
8. — Genre Dyscherinus Jeannel
Larve de Dyscherinus pauliani Jeannel (fig. 37).
Longueur 40 mm, au 3° stade ; avant-corps de couleur rouge brique brillant ;
apex du rétinacle et la térébra de couleur noire; reste du corps de couleur marron mat.
Téle. — Subrectangulaire ; suture frontrale en V à branches peu sinuées :
frontal portant deux soies ; épistome bordé par un nasal en forme de corne courte,
arrondie à l'apex ; épicräne portant une soie dorsale, une ventrale, une sus-oculaire,
une temporale, une sur le sclérite antennifère et une sur le sclérite mandibulaire :
aire oculaire du type Dyscherus.
Antennes du type Dyscherus (fig. 38 B).
Mandibules en forme de faucille portant sur le bord basal externe un grand
macrochète ; térébra régulièrement efilée jusqu’à l’apex, tranchante et finement
denticulée sur son bord interne ; rétinacle très grand, bossu sur son bord basal
externe, creux, tranchant et finement denticulé sur son bord interne (fig. 37 A).
Pièces maxillaires et pièces labiales du type Dyscherus.
Thorax. — Tergites, stigmates et pattes du type Dinoscaris (fig. 41).
Abdomen. — Tergites portant chacun deux soies.
Sclérites avec quatre soies sur le sternite, une sur chaque sternelle et sur
chaque épipleurite, deux sur chaque hypopleurite.
Urogomphes très longs, en partie non sclérifiés : ils portent chacun sept soies.
Uropode atteignant à peine la moilié de la longueur des urogomphes.
Discussion. — J'ai récolté de nombreuses larves de cette espèce, mais celles
des autres me sont inconnues.
9. — Genre Paradyscherus Basilewsky
Larve de Paradyscherus blanci Basilewsky (fig. 39).
Longueur 30 mm, au premier stade; couleur marron foncé sur la partie
antérieure, plus clair sur la partie postérieure.
Têle. — Subrectangulaire ; suture frontale en V très largement ouvert, à
branches très ondulées; suture épicraniale très longue; côte tentoriale bien
visible ; épistome bordé par un nasal en forme de corne évasée et recourbée vers
la face ventrale ; épicrâne, sillon cervical et aire oculaire du type Dyscherus.
Source : MNHN,
Paris
Na
seu
Fac. 37. — Dyscherinus pauliani : À, nasal, mandibule et antenne ;
B, complexe maxillo-labial, face ventrale ; C, avant-corps, vue dorsale.
Fic. 38. — Organes sensitifs antennaires : A, Pilades ferus ; B, Dyscherinus pauliani.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Fic. 39. — Paradyscherus blanci : À, nasal, mandibule et antenne ; B, derniers ter-
gites abdominaux et urogomphes ; C, complexe maxillo-labial, face ventrale ; D, sternite
abdominal,
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 107
Articles antennaires du type Dyscherus.
Mandibules trapues, très larges à la base ; térébra courte et très recourbée,
denticulée sur son bord interne; rétinacle presque aussi important que la térébra,
bosselé sur son bord basal interne, aigu à l’apex, denticulé sur son bord interne”
Maxilles du type Dyscherus, mais plus trapues et plus arquées.
Prémentum surmonté d’un U ; chaque branche est hérissée de soies sur les
côtes et sur la face dorsale ; premier article du palpe deux fois moins long que le
second.
Thorax. — Tergites, stigmate mésothoracique et pattes du type Dinoscaris
(fig. 41 C).
Abdomen. — Tergites portant chacun deux soies ; sclérites bien séparés ;
Sternite sans soie, sternelles et hypopleurites avec une soie sur chacun d'eux ;
épipleurites en portant chacun deux.
Urogomphes longs, noduleux et en partie non sclérifiés, avec sept soies sur
chaque branche.
Uropode atteignant les trois quarts de la longueur des urogomphes.
Discussion. — Seules deux larves de cette espèce sont connues.
10. — Genre Tapinoscaris Jeannel
Larve de Tapinoscaris rugulicollis (Fairmatre) (fig. 40).
Longueur 18 mm, au 2e stade ; tête de couleur marron clair, reste du corps
de couleur beige clair.
Téle. —- Subcarrée ; suture frontale en V largement ouvert, à branches
Sinuées ; suture épicraniale courte ; côte tentoriale bien visible ; épistome bordé
par un nasal vaguement trilobé, lobe médian tronqué ; épicrâne portant une soie
dorsale, une ventrale, une sus-oculaire, une temporale et une sur le sclérite man.
dibulaire ; aire oculaire non délimitée, ocelles du type Dyscherus.
Premier, deuxième et troisième articles antennaires d'inégale longueur, le
premier étant le plus court (fig. 40 A) ; troisième article portant un grand senso.
rium et trois organes sensitifs.
Mandibules régulièrement recourbées en forme d’arc sur leur bord externe,
portant à la base un macrochète; térébra régulièrement efilée sur toute sa lon
gueur et portant une frange de soies minuscules, visibles seulement à fort grossis.
sement ; rétinacle moyennement grand (fig. 40 A), avec une denticulation gros-
sière sur son bord interne et externe.
Pièces maxillaires et labiales du type Dyscherus. —-
Thorax. — Tergite prothoracique portant deux grandes soies et quatre
petites ; tergites méso- et métathoraciques avec six soies.
Stigmates mésothoraciques du type Dinoscaris.
Pattes ayant un nombre d'épines réduit ; hanche avec cinq épines sur les
sutures et quelques petites soies éparses ; trochanter portant deux rangées de
quatre épines ; fémur avec une couronne de six épines, plus deux sur la face ven.
trale ; médium portant une couronne de huit épines.
Source : MNHN,
Paris
B
BE
(usEG
Fans
Tic, 40. — Tapinoscaris rugulicollis : À, nasal, mandibule et antenne ;
B, derniers sternites abdominaux et urogomphes.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 109
Abdomen. — Tergites portant deux grandes et quatre petites soies.
Sclérites réduits, laissant une grande surface membraneuse; sternite portant
quatre soies ; sternelles, épipleurites et hypopleurites avec chacun deux soies,
Urogomphes de couleur bistre, courts et noduleux, chacun portant cinq soies.
Uropode atteignant les deux tiers de la longueur des urogomphes.
Discusstow. -— Comme je l'ai dit dans l'étude des genres, les Tapinoscaris
paraissent former deux groupes. J'ai récolté les larves de T. raffrayi et de T. rugu-
licollis pour le groupe Nord, et celle de T. peyrierast pour le groupe Sud. Ces trois
larves se différencient comme suit :
1. Couleur générale beige clair ; rétinacle denticulé sur son bord interne ;
larves trapue: Re On ee oO o)
—— Couleur générale bistre à marron clair ; rétinacle non denticulé sur son
RATES ARCS Mo ONU ne
2. Mandibule à bord interne basal formant une lame convexe et tran-
chante ; sternelles et épipleurites portant chacun une soie. ..........
è cesstesaieerees....... © Tapinoscaris raffrayi
— Mandibule à bord interne basal ne formant pas une lame convexe et
tranchante ; sternelles et épipleurites avec chacun deux soies (fig. 40).
se... Tapinoscaris rugulicollis
Ce genre est le seul où j'ai constaté une grande différence mandibulaire entre
1es espèces du groupe Nord et celles du groupe Sud. Chez l'espèce T. peyrierasi,
le térébra porte sur son bord interne, comme dans le genre Storthodonlus et le
genre Pilades, une frange de soies libres. La récolte des larves des autres espèces
de ce groupe et de grandes séries d'imagos permettra peut-être de les séparer en
deux genres distincts ?
11. — Genre Dinoscaris Alluaud
Larve de Dinoscaris gallienit (Alluaud) (fig. 41).
Longueur 33 mm, au 1e stade ; couleur générale marron foncé.
Tle. — Subcarrée ; suture frontale en V largement ouvert à branches très
fines et peu visibles ; côte tentoriale à peine visible ; épistome bordé par un nasal
subtriangulaire portant deux petites cornes à la base ; apex recourbé vers la face
Yentrale ; aire oculaire non délimitée, portant deux rangées de trois ocelles ; épi-
crâne portant des macrochètes comme chez Tapinoscaris.
Premier article antennaire court, deuxième et troisième une fois et demie
plus longs que le premier ; troisième article portant dans sa partie tronquée un
seul grand sensorium et trois organes sensitifs. :
Mandibules longues, en forme de faucille, portant à la base externe un macro-
chète ; térébra très longue et très efilée, à bord interne denticulé ; rétinacle
moyennement grand, à bords tranchants et denticulés (fig. 41 B).
Pièces maxillaires et labiales du type Dyscherus, le stipe maxillaire est seule-
ment plus étroit à la base de son bord externe (fig. 41 D).
Thorax. — Tergites portant quatre soies.
Source : MNHN, Paris
A, derniers tergites abdominaux et urogomphes ;
patte ; D, complexe maxillo-labial, face ventrale.
Tic. 41. — Dinoscaris gallieni:
B, avant-corps, vue dorsale ;
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINA 111
Stigmates mésothoraciques ovales, très allongés et occupant une partie de la
région sternale (du type Dinoscaris cribripennis) (fig. 49).
Pattes robustes ; hanche avec une rangée d’épines sur chaque suture, une
zone hérissée de soïes sur la face antérieure (fig. 41 C); trochanter portant deux
rangées de douze à quinze épines ; fémur avec une demi-couronne de six épines
sur l’apex de la face ventrale ; médium portant une couronne de douze soies.
Abdomen. — Tergites portant deux grandes et quatre petites soies.
Sclérites très sclérifiés ; sternite sans soie; sternelles et épipleurites avec cha-
cun une soie ; hypopleurites portant chacun deux très petites soi
Urogomphes longs et étroits, noduleux et en partie non sclérifiés : chacun
avec cinq grandes soies.
Uropode long et évasé, atteignant les trois quarts de la longueur des uro-
gomphes (fig. 41 A).
Discussiox. — Dans ce genre, les larves de trois espèces sont connues et
peuvent se différencier comme suit :
1. Sternelles et hypopleurites sans grande soie... Dinoscaris cribripennis
— Sternelles et hypopleurites avec chacun une grande soie...
ee Dinoscaris gallienii
— Sternelles externes et épipleurites avec chacun une grande soie.
Re Se nee ee Dinoscaris atrox vadoni
12. — Genre Storthodontus Chaudoir
Larve de Slorthodontus bresseli Boileau (fig. 42).
Longueur 37 mm, au 2e stade ; couleur rouge brique à marron foncé.
Tèle. — Subrectangulaire ; suture frontale, épistome et aire oculaire du
type Dinoscaris ; chétotaxie épicraniale du type Tapinoscaris.
Premier article antennaire court ; deuxième et troisième subégaux : troisième
article avec, dans la partie tronquée, deux sensoriums et quelques organes sen-
sitifs.
Mandibules longues, rectilignes dans le tiers basal externe puis régulièrement
recourbées jusqu'à l’apex ; bord interne de la térébra tranchant, très finement den-
ticulé ; rétinacle à bord externe régulièrement recourbé et à bord interne tr
chant et très finement denticu
Pièces maxillaires et pièces labiales du type Dyscherus, le stipe de la maxille
est seulement plus bombé sur son bord externe.
Thorax. — Tergites, stigmates et pattes du type Dinoscaris.
Abdomen. — Tergites portant deux soies (fig. 42 A) ; sclériteé séparés seule-
ment par des lignes bien visibles; sternite, sternelles internes et hypopleurites
sans soie, chaque sternelle externe et épipleurite avec une soie,
Urogomphes longs, un peu recourbés vers le haut et l'intérieur dans le tiers
apical ; chaque branche porte cinq soies (fig. 42 A).
Uropodes atteignant la moitié de la longueur des urogomphes.
8
Source : MNHN, Paris
ii : À, derniers tergites abdominaux et urogomphes ;
atrale ; C, profil des derniers segments abdominaux ;
Storthodontus br:
B, complexe maxillo-labial, face v
D, nasal, mandibule et antenne
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 113
DiscussioN. — Dans ce genre, j’ai récolté les larves de six espèces difté-
rentes. Les larves de S. boileaui, S. bresseli, S. reticulatus et S. aegeon sont abso-
lument semblables ; elles ont la même architecture mandibulaire et la même ché.
totaxie. S. elegans et S. peyrierasi ont aussi la même architecture mandibulaire,
mais elles peuvent très bien être différenciées par leurs couleurs, les sclérites abdo-
minaux et la chétotaxie. Je ne connais pas les larves des espèces de la région de
Tamatave, qui sont proches de S. elegans au moins par la taille et la forme des
élytres. Lorsqu’elles seront connues, il se pourrait que les espèces de Storlhodontus
de la côte Est soient séparées en deux groupes bien distincts, mais génériquement
stables. Les espèces connues peuvent se différencier comme suit :
1. Sternites et sternelles internes bien SÉDATES Ne EE 5
Slorthodontus au groupe Nord : $. boileaui, S. bresseli, S. reliculalus, S. aegeon
— Sternites et sternelles internes ne formant qu’un seul sclérite......... 2
2. Larves de couleur générale marron ;sternite et sternelles internes
réunis, ne portant pas de soies.............. Sforfhodonlus peyrierast
— Larves de couleur beige clair ; sternites et sternelles réunis, portant
CE etat
13. — Genre Crepidopterus Chaudoir
Larve de Crepidoplerus geayi Jeannel (fig. 43).
Longueur 25 mm, au 2e stade ; couleur générale bistre.
Tèle. — Subcarrée; suture frontale en V largement ouvert, à branches À
peine sinuées ; frontal portant deux soies ; suture épicraniale longue ; épistome
bordé par un nasal arrondi (fig. 43 C) ; aire oculaire avec deux rangées de trois
ocelles ; épicrne portant des macrochètes comme chez Tapinoscaris.
Articles antennaires du type Dinoscaris.
Mandibules régulièrement courbées sur le bord externe, avec à la base un
macrochète; térébra grossièrement denticulée sur le bord interne; rétinacle bossu
sur son bord externe, grossièrement denticulé sur son bord interne (fig. 43 B).
Pièces maxillaires et pièces labiales du type Dyscherus.
Thorax. — Tergite prothoracique portant quatre soies : tergites méso- et
métathoraciques avec huit soies.
Stigmates mésothoraciques et pattes du type Dinoscaris.
Abdomen. — Tergites portant six soies; bordure postérieure foncée.
Sclérites biens séparés ; sternite portant deux soies ; sternelles, épipleurites
et hypopleurites avec chacun une soie.
Urogomphes courts, noduleux et un peu rétrécis après les premières soies ;
chaque branche porte cinq soies.
Uropode dépassant légèrement la longueur des urogomphes. !
Discussion. — J'ai récolté les larves de neuf espèces, qui peuvent se diffé-
rencier comme suit :
1: Urogomphes très courts ; uropode aussi long que les urogomphes.…… 2
= Urogomphes très longs ; uropode atteignant la moitié de la longueur des
urogomphes........... _ Li ROUE Se es 4
Source : MNHN, Paris
114 A. PEY RIERAS
9. Mandibules à bords internes du rétinacle et de la térébra finement den-
ticulés : nasal en forme de corne allongée.
__ Mandibules à bords internes du rétinacle et de la térébra grossièrement
denticulés ; nasal de forme arrondie.................
ne Ne Crepidoplerus g. geayi, C. g. reduclus, C. meridionalis
am
mm
Fc. 43. — Crepidopterus geayji : À, complexe maxillo-labial, face ventrale ;
B, nasal, mandibule et antenne ; C, avant-corps, vue dorsale.
3. Larves mesurant plus de 30 mm au 3e stade.. Crepidoplerus decorsei
= Larves mesurant moins de 30 mm au 3e stade. Crepidoplerus cordipennis
4. Nasal en forme de corne subearrée ; mandibules de couleur noire à den-
ticules fins et courts...................... .. Crepidopterus goudoti
__ Nasal en forme de corne étroite et allongée; mandibules de couleur
marron clair à denticules fins et longs......................... 5
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 115
5. Sternelles et hypopleurites portant chacun une soie. ................
Pr nn eee Cr doter mutations te
— Sternelles et hypopleurites sans soie. ............................ 6
6. Larves mesurant moins de 30 mm àl'éclosion. Crepidoplerus sublevipennis
— Larves mesurant plus de 30 mm à l’éclosion... Crepidoplerus sublevis
Nous voyons dans ce genre un groupe de trois espèces ou sous-espèces ayant.
des larves semblables par la forme des mandibules, du nasal, de la chétotaxie et
par les urogomphes. Ce sont C. g. geayi, C. g. reduclus et C. meridionalis. À côté,
deux autres espèces, C. decorsei et C. cordipennis, qui ont la même forme de mandi_
bules finement denticulées, le même nasal allongé, mais des urogomphes qui les
font se rattacher aux trois premières. Ces deux espèces ne peuvent être séparées
que par leur taille. Un troisième groupe est formé par C. sublevipennis et C. suble-
vis : là, aussi, seule la taille les sépare. Je n’ai récolté qu’une seule larve de Cre-
Pidoplerus de la forêt de l'Est, mais en mauvais état. Elle se différencie par son
nasal en corne subcarrée beaucoup plus large que chez les autres espèces et par
les mandibules à denticules courts. Enfin, C. mahaboensis est différenciable des
autres espèces par sa chétotaxie.
14. — Genre Pilades Heyne et Taschenberg
Larve de Pilades ferus (Tschitschérine) (fig. 44).
Longueur 45 mm, au 2e stade ; couleur générale marron foncé.
'éle. — Subrectangulaire ; suture frontale en V non largement ouvert, à
branches sinuées ; suture épicraniale très longue ; côtes tentoriales bien marquées :
épistome bordé d’un nasal subtriangulaire (fig. 44 B) ; épicrâne avec un macrochète
dorsal, un temporal, un sus-oculaire, un ventral et un sur le sclérite antennifère ;
aire oculaire avec deux rangées de trois ocelles.
Premier article antennaire court ; deuxième et troisième articles deux fois
plus longs que le premier ; troisième article portant sur la partie tronquée deux
sensorii (fig. 44 B).
Mandibules longues et très larges à la base, le bord externe porte un macro-
chète ; bord interne de la térébra tranchant, portant une frange de soies libres
bien visibles ; rétinacle extraordinairement grand (fig. 44 B) à bords tranchants.
Pièces maxillaires et pièces labiales du type Dyscherus.
Thorax. — Tergite prothoracique avec deux soies : tergites méso- et méta-
thoraciques portant quatre soies ; préseutum et postscutum bien marqués.
Stigmates mésothoraciques et pattes du type Dinoscaris.
Abdomen. — Tergites portant deux grandes et deux petites soies.
Sclérites bien séparés et très sclérifiés ; sternites et hypopleurites ne portant
pas de soies ; sternelles et épipleurites avec chacun une soie.
Urogomphes de couleur noire, longs et recourbés vers l’intérieur et le haut
dans le tiers apical; chacun portant cinq soies.
Uropode de couleur noire, atteignant les trois quarts de la longueur des uro-
gomphes.
Source : MNHN,
Paris
116 A. PEYRIERAS
Discussion. — Seule la larve de cette espèce a été récoltée. Les caractères
génériques correspondent à ceux de la larve décrite par van Empxx, récoltée à
Nosy Be et se rapportant à Pilades coguereli.
B
Tic. 44. — Pilades ferus : À, complexe maxillo-labial, face ventre
B, nasal, mandibule et antenne.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE VI
ÉTUDE D'UNE POPULATION
DE DINOSCARIS CRIBRIPENNIS
DANS LE MASSIF DE L'ANKARATRA
après la monographie de P. BasiLewsky (1973), la répartition de Dinoscaris
cribripennis (Chaudoir) peut être représentée par la carte de la figure 45,
On peut constater que trois autres espèces chevauchent l'aire de répartition
de D. cribripennis.
D'après cette carte, D. cribripennis occupe le massif de l'Ankaratra, mais se
retrouverait aussi à Lakato, « route de Beparasy », dans certaines localités autour
de Tananarive et à « Ambositra ».
Une enquête auprès des collecteurs cités par P. BasiLEWsSKy (1973 b) permet
de mettre en doute l'exactitude de ces provenances. G. DusARDIN DELACOUR et
R: Viossar, qui ont commencé leurs collectes en 1964, ne peuvent pas les certifier,
car vers 1964-1966, ils récoltaient principalement des Lépidoptères et ne sc
souviennent pas de ces captures.
Ayant moi-même, sans y parvenir, essayé de trouver ce Scarite dans les
Stations mentionnées, je n'ai rencontré dans les falaises de l'Angavo (alt. 1 350 m)
ct dans les régions des routes d’Anosibe, de Lakato et de Beparasy (alt. 900 m)
que Dinoscaris atrox. Cette espèce y est d’ailleurs probablement rare, n’ayant été
trouvée qu’en quelques exemplaires dans les fosses. Je n'ai pu que très partiel.
lement prospecter les zones déboisées de ces localités, n'ayant eu connaissance de
ces stations à D. cribripennis que par le travail de P. BasiLEewsky, mais leur ré
lité reste douteuse. Si l'on considère en effet la répartition des Dinoscaris, on cons.
tate que sur sept espèces existantes, quatre cohabiteraient dans les mêmes sta.
tions. Cette erreur probable est sûrement due au fait que les récoltes effectuées
dans cette région par les anciens collecteurs portent l'étiquette « Moramanga »,
les routes de Lakato, d’Anosibe et de Beparasy n’existant pas encore.
TABLEAU DE RÉPARTITION DES ES ES CONSIDÉRÉES
LOCALITÉS D. cribri- D.venaltor D.sicardi D. atrox
pennis
route de Lakato......... X(1) X (3) X (4)
route d’Anosibe. à X (3) X (4)
route de Beparasy X (1) X (3) X (4)
Moramanga.… X (2) X (3) X (4)
(1) Pas encore retrouvé par moi-même, très douteux.
(2) Considéré comm» douteux. Je n'ai retrouvé cette
1 600 m (forêt du tampoketsa d'Ankazobe et à Ambatofite
nationale 7).
(8) Retrouvé dans ces stations par G. Dusanpix Deacour et R. Vrossar, son biotope
é ni.
Ité dans toutes ces stations par moi-même à l'altitude 900 m et celle de 1 350 m
ses de l'Angavo.
sus de l'altitude
ahana au km 294 de la route
pèce qu'au-de
dans les fal
Source : MNHN, Paris
118 A. PEYRIERAS
Dans toutes les régions de Madagascar où j'ai recherché des Scarilinae, j'ai
bien rencontré plusieurs espèces cohabitant dans le même biotope, mais elles
n'appartenaient jamais au même genre ou avaient des niches écologiques diffé
rentes. Il se peut que des populations spécifiquement distinctes soient voisines,
mais elles habitent alors des terrains différents. C’est par exemple le cas pour les
Storthodontus de la région de Mananara-Nord ou des Dyscherus de la région d'Ambo-
hiboatavo.
A Madagascar, il serait tout à fait exceptionnel qu’une espèce de Scarilinae
vivant à 2 600 m puisse être retrouvée à 900 m. Je considère donc provisoirement
ces indications comme peu probables.
Les indications de localités situées autour de Tananarive et marquées « École
officielle » ne peuvent pas être retenues. Les exemplaires doivent provenir du
flanc Ouest de l'Ankaratra. En effet, ces captures étaient effectuées par les élèves
qui, souvent, récoltaient à plus de 100 km de leur école. C'est ainsi que nous avons
reçu, avec J. Vanox, à Maroantsetra des collectes provenant des sous-préfectures
de Mandritsara, Vohemar, Antsirabe, Fandriana, etc., mais les Insectes avaient
souvent été capturés dans des localités très éloignées de ces sous-préfectures.
L'indication « Ambositra » (ex coll. Le Moult), et que P. BasiLEWSky met
ailleurs en doute, doit aussi être considérée comme inexacte. Lors de la mission
RCP 225 au mois de janvier 1973, à laquelle je participais, le massif de l'Itremo
et une partie du massif de l'Ibity ont été visités. Ces deux localités sont au Sud-
Ouest et au Nord-Ouest d’Ambositra. Je n’y ai trouvé aucun représentant de
D. cribripennis. J'ai seulement récolté deux exemplaires de D. venalor dans le
forêts d'Ambatoñtorahana au point kilométrique 294 de la route nationale 7, à
30 km au Sud d'Ambositra.
En limitant la répartition de D. cribripennis aux seules stations certaines
(marquées par un x£ sur la carte) on voit que l'espèce occupe uniquement le massif
de l'Ankaratra (fig. 46).
I. — PRÉSENTATION DU MILIE
Le massif de l'Ankaratra est situé entre 19021” et 19925’ delatitude Sud et
A7 12/ et 47018 de longitude. II s'élève juste au milieu du plateau de l’Imerina à
environ 50 km au Sud-Ouest de Tananarive. Il présente au-dessus de 2000 m une
extension Nord-Sud de 25 km et une extension Est-Ouest de 5 km dans sa partie
la plus large. Cette énorme masse est constituée entièrement de matériaux vol-
caniques. Le point culminant est le mont Tsiafajavona (2 644 m).
On accède au massif par la route de Tananarive à Ambatolampy. De là, une
piste praticable toute l’année avec des véhicules tout terrain mène jusqu'au pied
du mont Tsiafajavona à l'altitude de 2 500 m environ.
out le massif est recouvert d’une vaste prairie altimontaine, presque uni-
forme. À peine y subsiste-t-il encore quelques fourrés à Philippia et, sur le versant
Est, de 1 700 à 2 200 m, quelques lambeaux d’une forêt dense humide de mon-
tagne à sous-bois herbacé. C'est dans ces milieux que j'ai rencontré plusieurs
populations de Scaritinae et, en particulier, les D. eribripennis que j'ai plus parti-
culièrement étudiés.
La population de D. cribripennis de l'Ankaratra occupe en plus où moins
grande concentration toutes les surfaces de prairies altimontaines et de fourrés
Source : MNHN, Paris
À Ve
Flg.45 : Répartition géographi qu a d'après le mamusorit de P. BASILENSEY —
© D. cribripemnis - @ D. atror atror — M D. venator.
A D, sioardi —
ve MAUAANDATNE
IA MANGA]
me
Pig. 46 : Répa:
en géographique d'après des récoltes certaines - Q D. cribripennis - D. sicardi -
@ D. atrox atrox.
Source : MNHN, Paris
120 A. PEYRIERAS
à Philippia, mais ne pénètre pas dans les restes de la forêt dense humide de mon-
tagne.
Nous voyons done que pour la seule espèce D. cribripennis il est très difficile
de définir une distribution exacte. Un astérisque y£ indique sur la carte les localités
certaines où j’ai moi-même récolté cette espèce dans l’aire présumée de distribu-
tion.
II. — RÉPARTITION DE L'ESPÈCE DANS LE MASSIF
Les uamrrars. — La partie haute du massif de l'Ankaratra comporte quatre
types de couverture végétale constituant autant d'habitats différents :
1 — Forêt dense humide de montagne à sous-bois herbacé.
2 —— Fourré à Philippia.
3 — Prairies altimontaines à Penlaschislis sp.
4 —- Prairies altimontaines à Digilaria ankaratrensi
Des comptages de populations ont été faits à diverses périodes de l’année
(février à mai) dans chaque habitat, en travaillant sur des carrés de 20 m de côté :
soit 400 m2,
Dans les trois premiers habitats, les comptages ont entrainé la destruction
des peuplements des zones d'étude correspondantes.
La zone correspondant à l'habitat 4 a été conservée intacte et l’évolution de
la population a alors pu être suivie de façon continue.
1. — Forêl dense humide de montagne
La forêt n’a subsisté que sur quelques pentes du côté Est du massif, à partir
de la station forestière de Manjakatompo et jusqu’à l'altitude de 2 200 m (forêt de
Betay et d'Ambitsika). Le sous-bois est entièrement recouvert par une strate
herbacée, ce qui permet une circulation très aisée.
Il faut signaler que de nombreux zébus parcourent tout l’ensemble forestier
ainsi d’ailleurs que l’ensemble du massif. Nous verrons plus loin que ce rensei-
gnement a une grande importance pour le développement de la population de
l'habitat 4.
J'ai fait dans ce milieu, en mars 1973, l'inventaire de trois périmètres de
400 m°?. Le premier était situé près de la station forestière à l’altitude de 1 700 m.
Je n'ai trouvé dans ce périmètre aucun terrier de D. cribripennis. Pour le second,
j'ai choisi un emplacement à l’intérieur de la forêt de Betay (alt. 2 100 m) et à
200 m de la lisière. Je n’y ai pas non plus rencontré de terrier de D. cribripennis.
J'ai choisi le troisième périmètre en lisière de la forêt de Betay à l'altitude de
2200 m. J'ai pu y voir trois terriers de D. cribripennis occupés par des femelles,
plus un D. cribripennis mâle errant. Pour plus de certitude, j'ai prospecté à vue
plusieurs parties de la forêt et je n’y ai, jusqu'à ce jour, jamais rencontré ni terrier,
ni imago. J'ai fait, en outre, vingt fosses de 2,50 X 0,50 X 0,50 réparties dans les
trois périmètres prospectés, mais n’y ai obtenu aucune capture. Ce qui prouve que,
même en lisière, les animaux sont rares et que s’ils existent en forêt, ils y sont cer-
tainement encore plus rares.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 121
2. — Fourré à Philippia
J'ai réalisé en mars 1973 dans ce milieu, plusieurs prospections à vue et ai
compté le nombre d'imagos vivant dans deux périmètres de 400 m2. Les pre-
mières m'ont permis de préciser l'existence dans cette formation de D. eribr
pennis. Dans le premier périmètre inventorié, à l'altitude 2 300 m, dans un fourré
serré à Philippia atteignant environ 2 m de hauteur, j'ai pu compter 10 terriers
habités, dont 9 occupés par des femelles et un par un couple. J'ai trouvé en outre
3 mâles errants. Le second périmètre, situé à la même altitude mais éloigné de
plus d'un kilomètre du premier, montrait un fourré à Philippia plus épars et attei-
gnant environ un mètre de haut. Le sol y était parsemé de gros cailloux. Cinq ter-
riers occupés par des femelles, un terrier occupé par un mâle et un mâle errant ont
été rencontrés.
3. — Prairies allimonlaines à Pentaschistis Sp.
Le massif de l’Ankaratra est aux trois quarts recouvert par cette formation.
J'ai choisi trois périmètres éloignés de plusieurs kilomètres et représentant assez
bien les divers biotopes.
a) Le premier comptage a été effectué à l'altitude de 2 500 m, sur la pente
qui mène directement au sommet du Tsiafajavona. Ce versant, balayé par les
vents pendant tout l'hiver austral, est aussi la région la plus froide du massif.
Le sol était recouvert de 2 cm de neige le 12 juin 1972. L'inventaire fait le 7 avril
1972 a donné les résultats suivants :
— onze terriers occupés par des femelles,
— trois terriers occupés par un mâle et une femelle,
un mâle errant,
soit 18 imagos pour une surface de 400 m?2.
Les prospections à vue m'ont permis de trouver des terriers dans toute la
région au-dessus de 2500 m. Le plus haut terricr a été rencontré à l'altitude
2635 m.
b) Le second inventaire, fait le 19 avril 1972, fut effectué dans une zone située
l'altitude de 2 400 m, près des formations à Philippia et éloignée de 5 km de celle
du premier comptage. J'ai trouvé :
_— deux terriers occupés par des femelles,
- un terrier occupé par un mâle,
soit 3 imagos seulement pour ce périmètre.
Les prospections à vue m'ont permis de confirmer la rareté des terriers dans
ce secteur.
€) Le troisième périmètre a été choisi à l'altitude de 2 200 m au-dessus de la
forêt d'Ambitsika. Le 22 mars 1972, j'y ai rencontré
_ quatorze terriers occupés par des femelles,
- deux terriers occupés par un mâle et une femelle,
_- un mâle errant,
soit 19 imagos.
Source : MNHN, Paris
122 A. PEYRIERAS
— Prairies allimontaines à Digitaria ankaratrensis
C’est dans ce milieu, de 2 200 à 2 400 m d'altitude, que j'ai trouvé les plus
abondantes populations de D. cribripennis.
Ces formations se présentent par plaques, le plus souvent dans les creux des
vallons. La Graminée Digilaria ankaralrensis y atteint à peine une hauteur de
5 em mais forme une épaisse toison herbacée. Cette zone est très fréquentée par
de nombreux Bovidés qui, au passage, laissent une quantité d’excréments assez
considérable.
Ges excréments attirent en particulier des Coléoptères du genre Heleronychus,
offrant ainsi à la population de D. cribripennis un apport appréciable de nour-
riture. C’est certainement l’une des raisons de la grande concentration de ce
Scarite dans cette formation.
Du mois de février à fin mai, Dinoscaris cribripennis fait une grande consom-
mation d’Heleronychus et rejette à l'extérieur de son terrier, au-dessus du tapis
herbacé, tous les déchets d’élytres. Il est donc facile de détecter les terriers sans
détruire le biotope.
J'ai fait le premier comptage dans ce milieu le 13 janvier 1972. Il y avait
alors pour une surface de 22 x 18 m, soit 396 m2:
- 54 terriers visiblement occupés,
—— un mâle errant,
done une plus forte concentration d'animaux que dans les autres stations.
IL est fort probable que lors de ce premier comptage, je n’ai pas trouvé tous
les mâles errants, car il aurait fallu détruire toute la couche herbacée. J'ai visité
systématiquement tous les terriers se trouvant dans une autre zone de cette for-
mation ét j'ai constaté que tous étaient occupés. Le fait que, dans cet habitat les
Dinoscaris cribripennis étaient plus nombreux que partout ailleurs peut être attri-
bué à deux raisons :
a) Les feux qui détruisent périodiquement toutes les zones herbacéi
Pentaschistis sp. et Philippia ne pénètrent pas dans les zones à Digilaria ankar!
trens
b) L’énorme concentration d'Heleronychus, qui viennent se réfugier sous les
excréments des Bovidés pour y pondre leurs œufs, offre à la population de Dinos-
caris cribripennis une nourriture abondante pendant Loute la période d’acti
En conclusion, on constate que D. cribripennis est une espèce actuellement
adaptée aux formations herbacées et aux fourrés à Philippia du massif de l'Anka-
ratra.
On distingue sur ce mass
a) une zone non habitée ou à peine fréquentée (restes forestiers du versant
Est) ;
b) une zone où les individus sont dispersés, plus où moins rares ou abondants
(prairies à Penlaschistis sp. et fourrés à Philippia) ;
€) une zone à population dense (formations à Digilaria ankaralrensis).
La présence de D. cribripennis au-dessous de l'altitude 1 600 m n’est pas
confirmée et parait peu probable.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 123
IL. — LE TERRIER
Dinoscaris cribripennis creuse ses terriers du début de novembre à fin mars.
Pendant cette période, il est facile de détecter les nouveaux terriers par la pré-
sence d’une petite « taupinière » à leur entrée.
Pour déterminer tout d’abord si l’on est en présence d’un terrier de Scarite
et non pas de celui d’un Gryllide, il faut vérifier à l’aide du doigt si l’orifice est
ovale et si la galerie montre un diamètre régulier sans présenter de rétrécissement
en entonnoir.
F1G. 47. — Terrier de Dinoscaris cribripennis.
Les terriers anciens et encore occupés ont devant leur orifice, à cette même
époque de l’année, quelques débris de vieux élytres d’Heleronychus, mais rarement
une petite « taupinière ». L'ouverture est, par contre, toujours entretenue et il
n’est pas rare de constater l'existence de couloirs bien aménagés de 5 à 15 em de
long entre le sol et le tapis herbacé de Digilaria ankaratrensis. Tous ces couloirs
débouchent discrètement sur ce tapis et sont pratiquement invisibles pour un œil
non averti.
Le terrier est fait en deux temps :
1° Lorsque l’imago, encore prisonnier dans sa loge nÿymphale, veut s’en libé-
rer, il creuse un tunnel en direction de la surface du sol. Ce tunnel est toujours
assez redressé et peut parfois être vertical près de la surface. J'ai constaté un cas
où l’imago avait rejoint le terrier de sa mère et cohabitait avec elle. Devant le
vieux terrier, il n’y avait pas de taupinière.
2° Quand l’imago a atteint la surface du sol, il commence l'aménagement de
l'entrée. Il perce une sortie à travers la couche herbacée, puis commence le déblaie-
ment du terrier. Le Scarite utilise, pour faire ce travail, ses deux protibias et ses
mandibules. La terre est prise par brassées avec les protibias ; les mandibules
baissées sur ceux-ci font fonction de râteau et le Scarite se dirige à reculons vers
la sortie.
Source : MNHN, Paris
124 A. PEYRIERAS
Les premiers déblais sont laissés à l'entrée du terrier en desssous du tapis
herbacé, mais après une dizaine de va-et-vient, le Scarite évacue ses déblais à
une dizaine de centimètres de l'entrée principale.
Généralement, deux nuits suffisent pour aménager l’intérieur du terrier, mais
dans le mois qui suit l'installation, le Scarite prolonge son tunnel et de nouveaux
déblais apparaissent devant un terrier, celui-ci, comme j’ai pu le vérifier une ving-
taine de fois, est occupé par une femelle. Huit terriers, n'ayant pas montré de
déblais au cours du mois suivant leur creusement, étaient tous soit occupés par
des mâles soit vides.
Le tunnel peut atteindre une longueur de 40 à 70 em. Sa section est toujours
ovale, de 2 em de large et 1,50 em de haut. Il aboutit à une loge terminale qui est
un simple élargissement permettant à l’imago de se retourner aisément. Cette loge
est à une profondeur variable, entre 23 et 35 em.
Tic. 48. — Coupe d’un terrier de Dinoscaris cribripennis
J'ai trouvé quelques terriers ayant un él ement de 10 em avant la loge
terminale. Dans ce cas, l'imago avait dû allonger le tunnel au début de la deuxième
année d'activité. J'ai recueilli devant les entrées de ces terriers des débris de vieux
élytres d'Heleronychus et des restes d'œufs de Scarites ensevelis dans les déblais
de terre nouvellement creusée et provenant d’une précédente saison d'activité.
rai,
De début juin à début octobre, l’activité des Scarites semble nulle ou très
faible (fig. 55).
IV. — LA PONTE
ribripennis est, de tous les Scarites, celui chez qui j'ai constaté le
plus grand nombre de pontes et d'œufs en captivité. C’est ainsi que j'ai pu obtenir
une ponte de 6 œufs et quelques autres de 1 à 3 œufs. Elles ont toujours eu lieu
quelques jours après la mise en élevage et devaient correspondre à la fin d’une
période de ponte. Je n’ai pu ex obtenir aucune autre en conservant des femelles
pendant de longues périodes, même en mettant ces dernières dans de grands terra-
riums de plusieurs mètres carrés.
Les observations dans la nature, dont les résultats sont résumés ci-dessous,
correspondent à des prélèvements faits à époques régulières sur un ensemble de
270 terriers.
A la reprise de l’activité, qui a lieu début octobre et jusqu’à fin décembre, il
est fort rare de rencontrer des œufs dans les terriers. Le 20 décembre, sur 30 ter-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 125
riers visités, je n’ai constaté que deux débuts de ponte, avec un œuf dans le pre-
mier cas et deux dans l’autre.
Le 25 janvier, sur 72 terriers visités, 54 avaient des pontes. En voici le détail :
NOMBRE DE TERRIERS NOMBRE D'ŒUFS OBSERVATIONS
3 1 œufs de couleur beige clair
7 2 —=
1 3 ==
4 4 Das
6 5 =
9 6 _
12 “É —
5 8 œufs soit beige clair soit beige foncé
2 fs) =
1 8 —=
2 10 =
2 12 _
Toutes les femelles étaient donc en pleine période de ponte avec, à cette date,
un maximum de 12 œufs pondus.
Le 12 mars 1972, le contenu de 42 terriers montrait un nombre d'œufs impres-
Sionnant et inattendu :
17 terriers avaient de 3 à 8 œufs,
11 terriers avaient de 9 à 12 œufs,
14 terriers avaient de 13 à 17 œufs.
Le nombre de 17 œufs est le plus élevé rencontré. La couleur très foncée et
en partie noire de certains de ces œufs pouvait faire croire à l'existence de pontes
successives ou d’un parasitisme, Pour m'en assurer et contrôler la durée du dé
loppement embryonnaire des larves et des parasites, j'ai mis en élevage quelques
contenus de terriers.
Le 13 avril 1973, un terrier contenant 8 œufs fut prélevé. Les naissances des
larves se sont succédé les 14, 16, 19, 20, 24 avril et le 4 mai 1973.
En supposant que le prélèvement ait été fait au jour de la ponte du dernier
œuf, l'incubation durerait 24 jours.
Deux œufs restaient en élevage. Ils sont devenus, chaque jour, un peu plus
foncés et le 30 mai, deux Hyménoptères parasites en sont sortis. Ces derniers sont
ainsi restés au moins 48 jours dans les œufs avant l'éclosion. Ils appartiennent à
la famille des Scelionidae et, probablement, au genre Telemorus.
L'élevage d'une douzaine d’autres pontes a confirmé ce temps d’incubation,
aussi bien pour les larves que pour les parasites :
21 à 2
jours pour les Scarites,
48 à 50 jours pour les Hyménoptères parasites.
Pour préciser s’il y avait des pontes successives el leur nombre, il était inté-
ressant de suivre l'évolution de quelques prélèvements :
Le 17 avril 1973, un terrier contenait :
4 œufs de couleur beige clair,
1 œuf de couleur beige foncé, supposé parasité.
Source : MNHN,
Paris
126 A. PEYRIERAS
J'ai obtenu :
1 Hyménoptère parasite le 24 avril 1973,
2 larves le 2 mai 1973,
1 larve le 5 mai 1973,
le 5e œuf, endommagé, s'était desséché.
De ces éclosions et des observations mentionnées ci-dessus faites sur l’évolu-
tion d’une ponte, il était possible de déduire que l'œuf qui avait donné l'Hymé-
noptère parasite correspondait à une première ponte qui avait eu lieu au moins
48 jours avant (soit vers le début mars), ponte dont les autres œufs étaient déjà
éclos et que les larves des 2 et 5 mai provenaient d’une seconde ponte ayant eu
lieu vers le 10 avril 1973. La femelle habitant ce terrier avait done pondu deux
séries d'œufs.
Le contenu d’un autre terrier mis en élevage également le 17 avril 1973
comprenait 6 œufs beige clair, 5 œufs visiblement parasités et 6 œufs déjà vides.
Au fond du terrier restaient quelques débris d'œufs mélangés à des restes d’ Insectes.
Le 18 avril, il était trouvé dans la cage d'élevage trois Hyménoptères parasites,
deux autres éclosaient le 19 et le 21 avril. Ces éclosions correspondaient donc à une
ponte effectuée début mars et provenaient des 5 œufs parasités. Le 19 avril, une
larve éclosait de l’un des œufs beige clair et le 10 mai un parasite sortait égale-
ment de la série des œufs beige clair. Ces éclosions provenaient d’une ponte ayant
eu lieu fin mars. Des autres œufs furent obtenus : une larve le 21 avril et deux
parasites le 13 mai, le dernier œuf s'étant desséché.
Lors de la première ponte, les œufs (7 à 8) sont disposés dans le tiers externe
du terrier, de chaque côté du fond et dans de petites loges, le premier pondu étant
le plus proche de l'ouverture. La seconde ponte (de 6 à 7 œufs) est disposée de la
même manière, mais plus profondément dans le terrier, un peu au-delà du tiers
médian, Lorsqu'il y a une troisième ponte, les œufs (de 5 à 6) sont d’abord disposés
au fond du terrier et même dans la loge terminale, puis, faute de place, de nouveau
au début du tunnel à peu près à l'emplacement des premiers œufs pondus. D. cri-
bripennis est capable de pondre, pendant une saison, environ 20 œufs, en trois fois.
Comme nous le verrons plus loin, une femelle a une vie active pendant deux
ans. Je n’ai pas constaté de diminution de la fécondité pendant la deuxième année.
Tous les terriers occupés en 1972 et fouillés en 1973 paraissaient avoir contenu
deux ou trois pontes. Tous avaient encore des œufs le 15 avril 1973. Une femelle
pond donc, pendant son existence active, une quarantaine d'œufs.
— LES PARASITES
On aura pu remarquer que les pontes sont en général assez fortement para-
sitées. Ce parasitisme prend une importance considérable pour les populations de
l’Ankaratra. Sur 98 œufs provenant de 10 terriers prélevés le 17 avril, j'ai obtenu
41 larves et 48 Hyménoptères parasites, soit plus de 50 % de parasitisme ; 9 œufs
ayant eu le chorion endommagé se sont desséchés.
Le parasitisme n’est pas régulier et est plus où moins élevé suivant les ter-
riers et la saison. Deux terriers contenant 16 et 17 œufs étaient parasités à 100 %.
Deux autres prélèvements de 6 et 7 œufs ont donné un seul parasite et 12 larve
Sur l’ensemble des prélèvements que j'ai effectués entre janvier et mai, il est
intéressant de signaler que le pourcentage d'œufs parasités était plus élevé au
début de la période d'activité. C’est pour cette raison que, dans les prélèvements
Source : MNHN, Paris
RABIDAE SCARITINAE 127
de fin de saison, des concentrations de 14 à 17 œufs, représentant deux ou trois
pontes cumulées, ne présentent que deux ou trois derniers œufs qui ne soient pas
parasités.
Il est important de tenir compte du fait que ce pourcentage de parasitisme a
certainement été faussé par mon prélèvement, et que, si les œufs étaient restés
dans les terriers, un grand nombre auraient probablement été, à leur tour, para-
sités.
La population de Scarites étudiée en 1972 et 1973 est restée stable à une
unité près, les pertes dues au parasitisme éliminent une bonne partie des œufs, mais
ne suffisent pas à expliquer cette stabilité.
VI — Les Pr
'ATEURS DES LARVES
Un autre facteur limitant s'ajoute au parasitisme pour maintenir la stabilité
des populations. En effet, les larves subissent à leur tour une prédation intense.
Les principaux prédateurs sont les Myriapodes Chilopodes et principalement le
genre Scolopendra.
Au cours de prospections réalisées autour des terriers, sur une surface de
1 m? et une profondeur de 30 em, j'ai rencontré à deux reprises l’un de ces Chilo-
podes dévorant une larve de 2e stade. J'en ai aussi rencontré occupant des loges
ayant appartenu à des larves. Une de ces loges contenait encore des restes de
mandibules d’une larve.
11 y avait généralement 3 à 6 Chilopodes par m° dans la zone du périmètre
étudié prospectée. Un m? en contenait jusqu'à 15.
Ces Chilopodes poursuivent les larves dans leur galerie où il leur est alors
facile de les attaquer.
mportance combinée du parasitisme des œufs et de la prédation des œufs
et des larves ressort clairement d’un relevé fait autour et à l'intérieur de 30 ter-
riers le 15 mai 1973, c’est-à-dire en fin de saison de reproduction. Il existait alors
un maximum de cinq larves par terrier et souvent il n’y en avait plus une seule,
Le tableau ci-dessous donne le résultat de cette prospection :
NOMBRE DE TERRIERS NOMBRE DE LARVES TOTAL DES LARVES
PAR TERRIER
2 5 10
L 4 4
7 3 21
4 2 8
9 1 9)
7 0 0
30 52
Si on évalue à une vingtaine d'œufs la ponte moyenne de chaque femelle au
Cours de la saison, soit 30 X 20 — 600 œufs, 9 % seulement de ces œufs correspon-
daient à des larves encore vivantes à cette date.
J'ai remarqué dans les prairies de l’Ankaratra une grande abondance d’une
espèce de Microgale, qui, bien que je n’aie pu observer, peut certainement
capturer les larves lorsque ces dernières sortent par hasard du terrier de leur mère.
9
Source : MNHN, Paris
128 A. PEYRIERAS
Je n’ai rencontré aucun autre prédateur de larves et je pense que les Chi-
lopodes sont, avec les Hyménoptères parasites, les principaux régulateurs de la
population de D. cribripennis.
Quelques cas de mortalité inexpliquée en élevage et sur le terrain sont peut-
être imputables à l'action de virus, d’Acariens ou à des mycoses, mais leur impor-
tance quantitative dans les conditions normales semble très faible.
VIL. ÉTUDE DE LA LARVE (fig. 49).
La larve éclot 21 à 24 jours après la ponte. J'ai pu observer de nombreus
éclosions. Elles sont toutes à peu près identiques. L'œuf est alors un peu bombé
sur un côté et incurvé sur l’autre, le dos de la larve étant du côté bombé.
Deux jours avant l'éclosion, les yeux de l'embryon se pigmentent et sont bien
visibles à travers le chorion de l’œuf. L'embryon est couché sur le dos et plié en
trois parties : la tête et le premier segment du thorax sont repliés sur le deuxième et
le troisième segments de ce dernier ; les quatre derniers segments de l'abdomen sont
repliés sur les autres vers l'intérieur. Tous les organes de la tête et du premier
segment du thorax (antennes, maxilles, nasal, soies, paire de pattes prothoraciques)
sont allongés vers l'avant. Les mandibules se rejoignent, mais ne se croisent pas. La
térébra a déjà pris sa forme normale, mais le rétinacle est, comme tous les autres
organes, allongé vers l'avant (fig. 50 C). La paire de pattes mésothoraciques est
recroquevillée, pliée en trois parties. La paire métathoracique est allongée vers
l'arrière le long de l'abdomen. Toutes les soies de l'abdomen sont régulièrement
croisées, sans aueun désordre. Toute la surface de la peau parait fripée.
A $a naissance, la larve est blanche ; seuls, les yeux sont pigmentés. Une
première mue semble se produire à l’éclosion, des lambeaux d’exuvie restant à
l'intérieur de l'œuf.
Après avoir rompu la membrane de l'œuf généralement vers le milieu par une
déchirure irrégulière, la larve reste dans la position où elle se trouvait, c'est-à-
dire toujours pliée en trois, remuant seulement de temps à autre la tête et les
pattes. Il lui faut deux jours pour arriver à sa couleur normale. Les mandibules
sont les premières à prendre une couleur foncée dès le premier jour, puis les pattes
et enfin tout le reste du corps.
Dès le troisième jour, la larve quitte la membrane de l'œuf qui s’est desséchée ;
elle est en état d’avoir une activité normale.
10) Alimenlalion. — En captivité, la larve accepte bien la nourriture qui lui
est proposée, maïs il faut que Vers de terre ou larves diverses soient déjà entamés
et un peu écrasés. Toute nourriture avariée est cependant refusée.
Dans la nature, j'ai rencontré les jeunes larves avec leur mère au fond du
terrier. J'ai tenté quelques élevages afin de voir si les femelles s’occupaient des
jeunes larves.
Deux types d'expériences ont été réalisées : une femelle prélevée dans la
nature avec ses larves a été installée dans un bac. Dans un second bac, une autre
femelle a été disposée avec ses œufs pour observer son comportement avec les
très jeunes larves au moment de leur éclosion. Dans les deux cas, aucune agressi-
vité de la mère envers les larves n’a été remarquée. Si celles-ci lui passent entre les
pattes ou sur le corps, elle se contente seulement de les repousser légèrement avec
ses mandibules.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 129
Fig. 49. — Larves de Dinoscaris cribripennis : face dorsale et face ventrale.
Lorsque plusieurs fragments de vers étaient distribués, chaque larve en atta-
quait un morceau, mais lorsque la femelle mangeait une proie, les larves venaient
participer au repas et mordiller cette proie le plus près possible des mandibules
maternelles. La proie est parfois maitrisée avec les pattes prothoraciques. Les
mandibules se referment plusieurs fois de suite sur celle-ci, puis s’immobilisent.
Les maxilles malaxent alors la proie puis un abondant liquide sort peu à peu de
la bouche. Le malaxage, soit par les mandibules, soit par les maxilles, se continue
assez lentement et est entrecoupé de repos de 5 à 10 secondes. Toutes les trois
minutes environ une partie du liquide est absorbée, Un temps de repos plus pro-
Source : MNHN, Paris
130 A. PEYRIERAS
longé (15 à 20 secondes) suit cette absorption, puis de nouveau, le liquide apparaît
et ainsi de suite. Ceci correspond vraisemblablement à une digestion externe.
Suivant la proie et sa grosseur, le repas peut durer de quatre à six heures et quel-
quefois plus pour un Coléoptère et de deux à trois heures pour un ver ou une larve.
Les larves isolées, même fraichement écloses, emploient la même technique,
lorsqu'elles ont saisi une proie. Si la mère est présente, elles préfèrent venir près de
ses mandibules et profiter du liquide qu’elle sécrète.
Les larves participent au malaxage de la proie dans les mêmes conditions
que la femelle. À la fin du repas, les restes de la proie se réduisent à une peau
fripée et vide.
Au cours de mes prélèvements dans les terriers, entre le 15 janvier et le 20 mai,
j'ai toujours rencontré des larves au premier stade cohabitant avec des femelles.
Le plus grand nombre observé a été de trois, mais l’on rencontre plus couramment
une ou deux larves.
20) Les mues. — La première mue véritable a lieu 20 à 30 jours après l'éclo-
sion. La larve creuse un petit tunnel en partant du terrier de sa mère et, à quelques
centimètres seulement, construit une loge d’environ les trois quarts de sa longueur
et s’y recroqueville le dos en bas. Elle reprend ainsi la position qu'elle avait dans
l'œuf avant son éclosion. Généralement, trois jours suffisent pour cette mue, puis
la larve reprend son activité.
Elle peut alors revenir avec sa mère et y rester un ou deux mois, mais presque
toujours elle s’en écarte et creuse un tunnel qui l’éloignera de plus d’un mètre du
terrier maternel.
Le second stade de la vie larvaire est le plus long. Il dure au moins 5 mois,
mais, pendant tout ce temps, la larve peut être active où simplement au repos
dans une loge. J'en ai rencontré maintes fois dans leur loge en prospectant autour
des terriers.
La seconde mue a lieu de septembre à mars. Aussitôt après, la larve entre
dans une période de grande activité. Elle creuse de nombreuses galeries et se nour-
rit abondamment. Cette période de sa vie est très courte. En élevage elle dure de
15 à 30 jours. Pendant ce stade, qui est le dernier, la larve grossit beaucoup. Tout
son abdomen se distend et forme une sorte de boudin. On voit nettement sous sa
peau un abondant tissu adipeux. Elle est alors prête pour la construction de sa
loge nymphale et elle construit une loge spacieuse. Cette dernière, en forme de
cylindre, a un fond plat ou à peine incurvé. Son diamètre est égal à la longueur
de la larve ; sa hauteur de 12 à 15 mm.
Une fois dans sa loge, la larve grossit et son abdomen se distend ; les pattes
s'engourdissent et, deux jours avant la nymphose, elles ne sont plus fonctionnelles.
A partir de ce moment, la larve effectue des rotations autour de son grand axe,
comme si elle était montée sur une broche. Ces mouvements sont de plus en plus
lents et la tête, quelques heures avant la nymphose, prend peu à peu une position
à angle droit par rapport au corps, ce qui met un terme aux mouvements de la
larve en l’obligeant à rester couchée sur le dos. Lentement, l'abdomen s’élargit,
la tête, continuant son mouvement, rejoint la face ventrale. C’est à ce moment
que la première cassure de l’exuvie a lieu à la fourche de la suture épicraniale et
se prolonge sur tous les tergites thoraciques le long de la ligne médio-longitudinale.
Quinze minutes suffisent pour que la nymphe sorte de l’exuvie. Tout le travail
de sortie est fait par des mouvements de dilatation et de contraction de l’abdo-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 131
men, à la façon d’un Ver de terre qui sort de son trou. Ces mouvements sont à
peine perceptibles à l'œil. Ayant quitté son exuvie, il faut près de 6 heures à la
nymphe pour prendre une position normale. À la sortie de l’exuvie, l'abdomen
est arrondi. Il va s’allonger et s’aplatir ; les étuis des pattes, les antennes et les
ptérothèques vont se placer sur la face ventrale, très étroitement appliqués. Une
heure plus tard, le tout sera soudé, ce qui rendra la nymphe rigide, les segments
abdominaux n'étant plus fonctionnels. En dernier lieu, la face ventrale de l’abdo-
ment se rétrécit d'environ un quart de sa longueur, ce qui entraîne, étant couchée
sur le dos, un relèvement des extrémités, alors que le corps s'élargit du 4e au 7e seg-
ment. Puis la nymphe s'immobilise et restera ainsi, en arc de cercle, jusqu’au
stade d’adulte.
VIIL — La Nympne (fig. 50).
Les nymphes des Scarites que j'ai pu observer sont toutes entièrement rigides.
Dans sa loge, la nymphe n’est en contact avec le sol que par les soies des cinq
premiers segments dorsaux. Ces segments sont en effet pourvus d'une série de
soies qui sont fixées au sol. Si l’on cherche à déplacer la nymphe, ces soies se
brisent immédiatement. Elles semblent avoir pour rôle de maintenir la nymphe
légèrement éloignée du sol. Tout le reste de la surface du corps est dépourvu de
soies.
Les observations en élevage ont montré que la nymphose a une durée de 26
à 28 jours (une larve nymphosée le 4 octobre s’est transformée en adulte parfait
le 30 octobre, une larve nymphosée le 6 octobre est devenue imago le 31 octobre).
Quelques jours avant l'éclosion, les yeux brunissent ainsi que l'apex des
mandibules et des pattes. Les yeux sont d’ailleurs toujours plus ou moins pig-
mentés dès la nymphose.
Elle
Je n’ai assisté qu’à une seule sortie de nymphose, chez un Tapinoscari
a commencé à 18 heures et l’imago était sorti à 19 h 30.
Le V de la suture frontale et la suture épicraniale (fig. 50 A) sont toujours
présents. Une suture prolonge l’épicraniale et se continue sur les segments tho-
raciques (fig. 50 B). C’est par une rupture le long de ces sutures que l’imago se
libère de l'exuvie nymphale, en pratiquant les mouvements de dilatation et de
contraction de l'abdomen que nous avons décrits plus haut à propos de la nym-
phose.
Les transformations qui accompagnent l’imaginose sont presque impercep-
tibles.
Les élytres prennent progressivement leur place en sortant des ptérothèques :
elles ne seront soudées que lorsque l’imago aura durci. À sa sortie de la phase
nymphale, l'imago est en grande partie de couleur blanche, Seules, les mandibules
sont noires, déjà dures et fonctionnelles. Le premier jour, la couleur passe au brun
clair, le second jour au brun foncé, puis il faut attendre une dizaine de jours pour
obtenir une couleur marron foncé à noirâtre.
L’imago peut alors commencer son activité, mais n’aura pris sa couleur nor-
male que deux mois plus tard.
Source : MNHN, Paris
10m m
tête vue de face ;
D, vue d'ensemble.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 133
IX. — RENOUVELLEMENT DE LA POPULATION AU COURS DE L'ANNÉE
L'étude du renouvellement annuel de la population a nécessité des comptages
dans le biotope à Digilaria ankaratrensis, situé à 2 200 m d’altitude. La distribu-
tion des terriers dans le périmètre étudié fait ressortir des zones où peu d’exem-
plaires ont été dénombrés. Ce sont des surfaces un peu plus basses que le reste du
terrain où, pendant la saison des pluies, l’eau stagne plus longtemps.
Le premier comptage (fig. 51) du 13 janvier 1972 avait permis de dénombrer,
pour une surface de 396 m° :
54 terriers utilisés,
1 mâle errant.
Un second comptage (fig. 51), effectué le 30 mars, donnait des chiffres un
peu difrérents :
4 terriers nouvellement creusés,
- 44 terriers toujours utilisés,
— 10 terriers obstrués visiblement abandonnés,
soit 48 terriers habités.
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Source : MNHN, Paris
134 APE
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D'autres comptages effectués pendant l'hiver austral le 12 juin, le 10 août
et le 14 septembre 1972, montrèrent pendant toute cette période que la majorité
des terriers étaient partiellement ou entièrement obstrués. Il était impossible de
dire si ces terriers étaient toujours occupés ou vides, sans les détruire.
La reprise de la période active a lieu après la mi-octobre et est totale au début
de novembre.
Un nouveau comptage (fig. 52) effectué le 5 novembre montrait :
_— 19 terriers nouvellement creusés,
36 anciens terriers utilisés,
- 12 terriers anciens, visiblement abandonnés,
soit à cette époque, 55 terriers habités.
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19723 © Terrie:
nouveaux le 5 Novembre 1972.
Le 12 janvier 1973, un an après mon premier comptage, la population com-
prenait (fig. 53) :
— 7 terriers nouvellement creusés,
— 33 terriers anciens encore utilisés,
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 135
— 13 des terriers nouvellement creusés le 5 novembre 1972 toujours utilisés.
— 9 terriers obstrués et abandonnés dont 6 des terriers nouvellement creu-
sés au 5 novembre 1972, soit 53 terriers habités.
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Fig.53 + @ Inventaire du 12 Janvier 1913; ©
19733 © Terriers nouveaux 1e 12 Janvie:
Parmi les 7 nouveaux terriers, l'un était creusé sur l'emplacement d’un ancien
qui était abandonné lors du dernier comptage. La population était done, à une
unité près, la même qu’au 12 janvier 197
un nouveau comptage le 17 avril 1973 (fig. 54). Cette époque
représente la fin de l'apparition de nouveaux terriers et à peu près la fin de la
grande période d’activité. J'ai dénombré :
— 7 nouveaux terriers,
24 terriers inventoriés au 12 juin 1972,
— 15 terriers inventoriés du 5 novembre 1972 au 12 janvier 1973,
—_ 14 terriers obstrués (dont 5 nouveaux en 1973).
46 terriers restaient donc occupés par des imagos, soit une diminution de
2 unités dans la population, par rapport à avril 1972.
Source : MNHN, Paris
136 A. PEYRIERAS
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Terriers obstrués Le
CES
M7 Avril 1973
Le tableau ci-dessous présente le renouvellement et la disparition des terriers
et donc des imagos au cours de l’année.
DATE DE COMPTAGE
30.172 5.XI72 12.173 17.IV.73
Nombre de terriers constam-
ment habités. 54 44 36 33 24
Nouveaux terriers pa
tage. 4 19 7 7
Total des nouveaux terriers. . 4 23 30 37
Terriers obstrués par comp
Din 10 12 9 14
Total des terrier 10 22 31 45
Terriers aya
active très courte. 6 5
Nous constatons que sur 44 terriers anciens inventoriés le 30.11.1972 il n’en
reste que 24 encore occupés au 17.IV.1973. La population a done diminué à peu
près de moitié. Nous avons par contre enregistré 33 nouveaux terriers entre le
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 137
5.X1.1972 (début de la saison d’éclosion) et le 17.1V.1973 (période de la fin des
éclosions). Sur ces 33 terriers, 11 ont rapidement été abandonnés. En dehors du
périmètre étudié, j'ai visité une dizaine de terriers ayant aussi été creusés par des
imagos nouvellement éclos, puis abandonnés. Tous étaient vides et aucun déchet
de dépouille n’y a été observé.
En fin de période d’éclosion la population se composait comme suit :
— 24 terriers inventoriés au 12 janvier 1972,
—— 22 terriers nouveaux pour la période de novembre 1972 à mai 1973,
soit 46 terriers habités.
Au cours du tout dernier comptage effectué le 31 mars 1974, des 54 terriers
inventoriés le 13 janvier 1972, j’en retrouvais onze encore habités par des imagos
femelles. Ces exemplaires ont done eu à la date de ce comptage une longévité cor-
respondant à trois périodes de reproduction et avaient deux années d'existence.
Je n'ai pas pu réaliser le comptage des nouveaux terriers, les pins de la planta-
tion du périmètre étudié ayant grandi mais étant encore trop jeunes pour être
élagués et empêchant la circulation.
- RÉPARTITION DES MÂLES ET DES FEMELLES DANS LA POPULATION
Lorsque j’ai entrepris l'étude de ce périmètre, j’ai en même temps effectué
des comptages dans d’autres parcelles de formations semblables. J'ai fait à dif-
férentes époques des prélèvements dans ces populations afin d’y définir le pour-
centage de mâles et de femelles.
En mars 1972, j'ai fouillé 40 terriers pris au hasard dans un périmètre ; j'en
dénombrais :
_— 34 contenant une femelle,
2 contenant un mâle,
—— 3 contenant un mâle et une femelle,
_— 1 contenant deux mâles et une femelle.
Du même nombre de terriers fouillés le 27 juin et le 2 juillet, j'obtenais
40 femelles mais le 9 septembre une nouvelle fouille me donnait 39 terriers habités
par des femelles et un terrier occupé par un mâle.
Pendant une période de deux mois (janvier-février 1973) des chasses à vue
ont été réalisées sur une grande surface de prairies habitées par des populations
assez denses. Sur 27 imagos récoltés, 23 étaient des mâles.
Si nous revenons au tableau des différents comptages de la population étudiée
nous constatons que pour 33 terriers il y avait eu des éclosions pendant la période
comprise entre le 5 novembre 1972 et le 17 avril 1973, mais que pendant cette
période, 11 des nouveaux terriers avaient été abandonnés. Étant donné que la
majorité des imagos récoltés à vue étaient des mâles, ces 11 terriers doivent cor-
respondre à leur distribution dans la population.
XI. — LONGÉVITÉ DES MÂLES ET DES FEMELLES CAPTIVI
Les constatations faites au cours de l'étude du renouvellement de la popu-
lation montrent que de nombreux terriers restent habités pendant deux saisons
de reproduction et parfois plus. Ils sont en outre toujours occupés par des femelles.
Afin de mieux connaître la longévité des deux sexes, j'ai mis en élevage 10 mâles
et 5 femelles.
Source : MNHN,
Paris
138 A. PEYRIERAS
Les exemplaires femelles furent prélevés au mois de février 1972 et les exem-
plaires mâles en janvier 1973. Tous provenaient de terriers nouvellement creusés.
Chaque imago fut déposé dans un bac en plâtre de 15 x 12 x 8 em recouvert
par une vitre. La température dans la pièce d'élevage s'élevait à environ 200 C et
l'hygrométrie à l’intérieur des bacs était maintenue entre 80 et 100 %. La nourri-
ture leur était distribuée trois fois par semaine (Vers de terre ou larves de Cétoines).
Chez les 5 femelles, j'ai constaté la première mortalité le 22 décembre 1972. la
deuxième le 4 juin 1973 et la troisième en novembre de la même année. Les deux
dernières étaient toujours vivantes le 31 mars 1974. Elles avaient alors plus de
2 ans et auraient pu, dans la nature, participer à trois périodes de reproduction.
Dans l'élevage des 10 mâles, la première mortalité survint en février, un mois
à peine après l'installation dans les bacs. Deux autres eurent lieu en avril, trois au
début du mois de mai et deux autres vers la fin de ce mois. Des 2 derniers, l’un
mourut le 3 juin, l’autre le 20 juillet. Les mâles ont donc une vie relativement
courte, s’étalant entre 3 et 8 mois. Il est même possible que dans la nature cette
durée soit plus brève. Cette étude est confirmée par les prélèvements faits au mois
de juin et jusqu’en septembre où un seul mâle avait été inventorié. Cet exem-
plaire pouvait provenir d’une éclosion trop tardive, l’époque de la reproduction
étant terminée, il n'aurait pas quitté son terrier.
XII. — PérionE p'acrIviTÉ (fig. 55)
Les Dinoscaris cribripennis reprennent une vie active dès le début du mois
de novembre.
En octobre, la température sous abri se maintient à un maximum de
+ 180 C à midi et à un minimum de + 20 C à 6 h. Au début de novembre, le
maximum est inchangé mais le minimum est de + 10° C. Cette augmentation de
la température est importante pour la reprise de l'activité mais le principal régu-
lateur semble être le degré d’hygrométrie. En octobre, l'hygrométrie oscille aux
environs de 60 % avec des pointes de 90 %, vers le milieu de la nuit et de 40 à
30 % vers le milieu du jour (fig. 56). Tous les Scarites sont alors au repos au fond
de leur terrier.
En novembre, le degré d’hygrométrie change brusquement et se maintient
presque sans interruption à 80 % et au-dessus ; c’est le signal de la reprise de
l’activité. Les femelles qui viennent de passer l’hiver au fond de leur loge qui, très
souvent, est restée obstruée pendant une longue période, réaménagent en premier
l'entrée du terrier, puis elles rejettent au dehors tous les débris d’Insectes non
évacués pendant l'hiver austral. C’est d’ailleurs par ces débris mélangés à un peu
de terre que l’on reconnaît dans une population si le terrier est ancien ou s’il est
nouveau. Elles font ce travail aussi bien de jour que de nuit. J'ai observé une de
ces femelles pendant une matinée ; elle sortait quelques débris à intervalles non
réguliers et faisait de longs repos à demi enfoncée dans l'entrée du terrier.
En dehors de cette période, pendant la journée, les imagos viennent rarement
devant l’entrée et ils restent plus volontiers dans la loge terminale. J'ai surveillé
de nombreux terriers pendant des heures sans apercevoir leurs occupants. Lorsque
le soleil décline, chaque imago remonte vers la surface mais ne s'aventure pas au
dehors. J'ai assisté à une seule sortie d’imago avant la nuit, mais j'avais déposé
à 5 em de l'entrée un Heleronychus mutilé. Attiré par le bruit désordonné de
l'insecte blessé, le Scarite était venu le saisir pour l'emporter rapidement dans
loge.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 139
Les Scarites de Madagascar, comme ceux de FaBre sur les plages de Sète,
ont surtout une activité nocturne. Au début de la nuit, ils s’aventurent au dehors
mais ne dépassent guère un rayon de 20 cm et restent surtout vers le devant de
l'entrée du terrier. Ils prospectent cette surface très lentement, faisant de nom-
breuses haltes de 2 à 10 minutes lorsqu'ils sont à 20 cm de l'entrée. Chaque pros-
pection les ramène devant l'entrée et, là aussi, ils peuvent rester de longs moments
immobiles (jusqu’à une heure et plus). Ils paraissent écouter le moindre bruit et
sont toujours prêts à pénétrer, à reculons, dans le terrier si un danger se présente.
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Fic. — Tableau de Factivité annuelle de Dinoscaris crihl
ipennis.
En mars 1972, j'ai observé des terriers pendant quelques nuits entières avec
une source de lumière rouge, en me tenant éloigné d'environ 1,50 m allongé sur
le sol sans trop bouger. Les Scarites sont sortis de leur terrier vers 18 h. Si aucune
proie ne se présente, leurs explorations interrompues par des haltes se poursuivent
jusqu'au petit jour.
J'ai interrompu l'attente monotone en leur présentant des proies et en
l'occurence des Heleronychus qui paraissent être à cette époque leur principale
La première proie fut présentée à 20 h. Le Scarite rentra tout d’abord préci
pitamment dans son terrier, mais il en ressortit une dizaine de secondes plus tard.
D'abord méfiant il avança prudemment, ses antennes se mettant à vibrer lente-
ment ; il progressa par saccades pour reconnaitre la proie. Arrivé à quelques cen-
timètres, il s'arrêta quelques secondes la tête levée, les mandibules écartées et
les antennes ne bougeant plus. La proie reconnue, les antennes se mirent alors à
vibrer très vite et le Scarite fonça droit sur le gibier sans plus s'occuper des bruits
de l'environnement. La capture fut rapide, les mandibules saisirent puissamment
l'Heleronychus et, à reculons, le Scarite se dirigea vers le fond de son terrier. Pen-
dant tout le reste de la nuit, cet imago ne reparut pas.
Une autre proie présentée à une autre imago à une heure du matin fut saisie
dans les mêmes conditions que la première et Jà aussi l’imago fut invisible pen-
dant le reste de la nuit.
Le soir suivant l'un des imagos observés était présent devant son terrier ;
l’autre, celui qui avait eu la première proie, ne reparut que vers 20 h. Il rejeta
Source : MNHN, Paris
140 A. PEYRIERAS
au dehors cinq demi-élytres d’Heleronychus et quelques déchets d'abdomen puis
reprit ses explorations, coupées de phases de repos jusqu'au matin.
Je n’ai jamais vu de femelle s’aventurer à plus de 30 em de l'ouverture de
son terrier.
Les mâles ont le même rythme d’activité que les femelles pendant tout le
temps qu’ils habitent leur terrier. Chaque soir, ils sont devant l'entrée, mais ne
dépassent pas un rayon de 10 cm et restent surtout devant leur terrier. Lorsqu'ils
le quittent pour partir à la recherche des femelles, ils mènent une vie errante et
ils ne reviendront plus vers leur ancien gite. C’est pendant cette période que l'on
peut les rencontrer de nuit ou au petit matin, déambulant à travers la prairie ou
sur les sentiers. Pendant les heures les plus chaudes de la journée, ils se trouvent
un abri de fortune d’où ils ne ressortiront qu'au crépuscule.
J'ai assisté de nombreuses fois à la rencontre d'un mâle et d’une femelle.
Cette rencontre peut être brutale ou indifférente. Je n’ai pas observé d’accouple-
ment lors de la première rencontre.
Lorsqu'un mâle approche une femelle, ses antennes battent rapidement, très
souvent un combat s’engage face à face. La femelle saisit le mâle derrière les man-
dibules et le soulève rapidement de terre à plusieurs reprises, elle le pousse ainsi
en dehors de son territoire. Cette manœuvre peut être répétée mais l'agressivité
diminue et le mâle est bientôt admis dans le terrier. J'ai rencontré un terrier
occupé par une femelle et 2 mâles, cette femelle avait déjà pondu 8 œufs, et n'avait
aucune animosité envers les mâles.
Je n’ai jamais vu les mâles capturer une proie dans la nature et ceux dont j'ai
té, ils
exploré le terrier n’avaient aucun déchet d'Insecte autour d'eux, En capti
acceptent cependant très bien des Vers de terre ou des Insectes.
Il n’y a pas d'arrêt complet de l’activité dans une population, même pendant
les mois les plus froids (fig. 55). Aussitôt que la température et le degré d'hygro-
métrie remontent un peu, quelques femelles se présentent devant le terrier mais
n’en sortent pas. Aucun déchet d'Heleronychus n’est rejeté à l'extérieur pendant
cette période et l'entrée du terrier n’est pas entretenue.
XIII. — ACCOUPLEMENT
La période des accouplement se situe entre les mois de janvier et avril, mais
c'est surtout en janvier que l’on rencontre le plus grand nombre de mâles errants
à la recherche des femelles. Je n’ai pas assisté au début de l’accouplement dans la
nature, mais j'ai rencontré 2 imagos accouplés devant un terrier vers 19 h. Ma
présence ne les a pas dérangés. J'ai en outre pu observer un accouplement com-
plet en mettant dans un grand bac 2 femelles et 2 mâles, capturés en novembre
1972 et provenant de terriers nouvellement creusés.
Les couples furent mis en présence le 20 janvier à 8 h. A la première ren-
contre les animaux sont sur la défensive. Ils reculent brusquement et s'arrêtent
puis, plus hardi, le mâle avance doucement, ses antennes vibrant lentement de
bas en haut. Le début de la rencontre est toujours brutal ; la femelle repousse le
mâle et les 2 partenaires se saisissent par les mandibules, la femelle ayant toujours
l'avantage. Pendant ces acerochages, les antennes du mâle battent à un rythme
très rapide et cherchent à rencontrer celles de la femelle. Lorsqu'il y est parvenu,
si la femelle est consentante, son agressivité diminue ; les imagos s’immobilisent
ensuite et, seules, les antennes des 2 partenaires continuent à vibrer et à se tou-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 141
cher. Pour parvenir à ce stade, il faut quelquefois au mâle plus d’une heure de
persévérance. Très lentement, le mâle, qui jusqu’à présent faisait face à la femelle,
commence une rotation vers l'arrière de celle-ci mais les 2 paires d'antennes con-
tinuent à vibrer et ne se séparent pas ; elles ne se sépareront d’ailleurs à aucun
moment tant que durera l’accouplement.
Lorsque le mâle est monté sur la femelle le coît a lieu : à cemoment les antennes
du mâle vibrent très rapidement sur celles de la femelle, puis ces vibrations devien-
dront de plus en plus lentes jusqu’à l'arrêt complet. La femelle devient alors ner-
veuse mais les antennes du mâle recommencent à toucher, par battements rapides,
celles de sa partenaire et ceci la calme. Ce rythme se poursuit jusqu'à la fin du coit.
Le premier coït observé à duré 20 minutes; il peut avoir une durée plus
courte ou plus longue. Le couple observé dans la nature à 19 h était encore accouplé
à 20 h 30. A 21 h la femelle avait disparu et sans doute regagné le fond du terrier.
XIV. — PosSIBILITÉS D'EXTENSION TERRITORIALE D'UNE POPULATION
Nous avons constaté la stabilité relativement grande de la population étudiée
sur deux périodes de reproduction et de renouvellement. Les femelles ne quittent
que très rarement leur terrier. Pendant une saison nous avons vu que sur 27 ima-
gos récoltés à l'extérieur, 4 seulement étaient des femelles. Elles ne participent
donc que très peu à l'extension territoriale de la population. Cette extension est
peut-être plus importante par la dispersion des larves. J'ai signalé que certaines
pouvaient s'éloigner de plus d’un mètre du terrier de leur mère, en se creusant de
petites galeries. Il est fort probable qu’elles sont capables de franchir des dis-
tances plus importantes. Si nous nous reportons aux graphiques de comptage,
nous remarquons que des terriers nouvellement creusés sont éloignés de plus de
2 m de tout ancien logis maternel. Les larves participent donc activement à
l'extension territoriale au moins pour la population des Dinoscaris du massif
de l’Ankaratra. Cette extension parait se faire plus lentement pour les formes
forestières. J'ai signalé dans l'étude des genres Typhloscaris, Dyscherus et Stor-
thodontus, avoir visité des forêts convenables sans y rencontrer de spécimens de
Scarites : ces forêts, vieilles de 50 à 100 ans et plus, n’avaient pas encore été réoc-
cupées. Les populations paraissent même régresser dans certaines forêts dégradées.
constaté dans la population des Slorthodontus de la forêt d’Ani-
ribe ; cette régression est sans doute normale, les espèces forestières ne pouvant
pas s’acclimater aux espaces dénudés ou trop exposés à la lumière du jour.
X
HABITA)
. = PossIBILITÉS DE SURVIE DE LA POPULATION
LES PRAIRIES ALTIMONTAIN A PENTASCHISTIS
PARCOURUES PÉRIODIQUEMENT PAR LES FEUX.
Au mois d'octobre 1972, un feu de brousse détruisit une grande partie de la
végétation des prairies altimontaines du massif de l'Ankaratra. J'ai pu ainsi
suivre pendant plus d’une année le repeuplement de ces surfaces.
En novembre, les populations non perturbées reprennent leur activité et tous
les anciens terriers sont réaménagés. Dans les zones brûlées aucun ancien terrier
ne put être détecté et je n’ai rencontré le premier qu’au début du mois de décembre.
Il appartenait à un imago nouvellement éclos et encore immature. Le feu détruit
donc la population des anciens imagos mais les larves et les nymphes ne sont que
partiellement touchées.
Source : MNHN, Paris
A. PEYRIERAS
Pendant toute la saison des éclosions, du mois de janvier au mois d'avril, j'ai
fait l'inventaire de tous les terriers au fur et à mesure de leur apparition et je n'ai
observé qu’une moyenne d’un terrier tous les 200 m2. Les éclosions se sont éche-
lonnées régulièrement jusqu'au 15 avril.
Ges incendies ne détruisent donc pas entièrement les populations des prairies
altimontaines et si l’on se rapporte aux premiers comptages réalisés avant l’incen-
die dans ces milieux, on constate qu’un repeuplement assez important s'effectue
dans les cinq années qui suivent le passage du feu.
Ce laps de cinq ans est nécessaire pour que les touffes de graminées se recon-
stituent et permettent d'ailleurs à un nouvel incendie de se développer. Un
équilibre semble done imaginable.
PÈCES
XVI. — LE CANNIBALISME ENTRE ES
Tous les Scarites sont armés de puissantes mandibules qui leur servent à
capturer leurs proies. Ce sont tous de grands carnassiers. FABne a décrit la férocité
des Scarites des plages méditerranéennes. Ceux de Madagascar, plus puissamment
armés, ne paraissent pourtant pas avoir les mêmes mœurs.
Lorsque j'ai voulu assister à un accouplement de Dinoscaris cribripennis,
j'avais mis dans le même bac une dizaine d'exemplaires. Ils sont restés ensemble
pendant les mois de novembre et décembre. Ils se sont livré au début, de nom-
breuses batailles, mandibules contre mandibules, mais aucun n’a eu la moindre
blessure. Cette expérience a été renouvelée pour beaucoup d’autres espèces et je
peux affirmer que même les plus grands (Dinoscaris gallienii où Pilades ferus) ne
sont pas cannibales.
Il n’en ya pas de même lorsque deux espèces différentes se rencontrent. Ma
première expérience fut réalisée un peu par hasard. J'avais récolté pour faire des
élevages une vingtaine de Dyscherus subgranulalus. Tous avaient été mis dans
une boîte de petite dimension avec un peu de litière. Les bêtes, bien que serrées,
ne montraient entre elles aucune agressivité. Un de nos chasseurs introduisit
avec cette espèce deux exemplaires de Dinoscaris cribripennis. Le lendemain,
lorsque je visitai le contenu de la boite, je découvris les deux Dinoscaris bien
vivants mais tous les Dyscherus étaient morts et affreusement mutilés.
J'ai refait cette expérience avec des petites et des grandes espèces, toutes se
font une guerre sans merci. Si deux espèces sont de même taille, elles se mutilent
mutuellement les pattes jusqu’à ce que l’un d'elles ne puisse plus bouger. Cet
acharnement à se détruire est sans doute la raison pour laquelle deux espèces dif-
férentes d’un même genre, utilisant un type de terrier semblable, ne peuvent pas
cohabiter dans le même biotope et forment des populations isolées. Si l’on prend
en effet pour exemple la distribution du genre Pilades dans le Nord de l'Ile ou des
Storthodontus de la région de Mananara-Nord, on voit que ces espèces se succèdent
d’un lambeau forestier à l’autre sans jamais se mélanger.
XVII. — EssaI D'ANALYSE DE LA CONSOMMATION ALIMENTAIRE ANNUELLE
D'UN IMAGO GRÂCE A L'INVENTAIRE DES DÉPOUILL
REJETÉES DEVANT LE TERRIER
J'ai essayé d'évaluer avec le plus d’exactitude possible la consommation
annuelle d’un Dinoscaris cribripennis mais cette étude n’est valable que pour la
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 143
population du périmètre étudié. En effet, j'ai constaté que les populations des
formations à Penlaschislis ou des fourrés à Philippia n’ont que très peu de rejets
devant leur terrier et que ces rejets correspondent à une nourriture différente de
celle qui fait l’objet de cette étude.
Pendant une année, jai prélevé tous les déchets correspondant à 12 terriers
afin d'obtenir une moyenne. Il est toutefois impossible de faire des relevés exacts
par cette méthode, car la nourriture qui est à la disposition des imagos est très
v Bien souvent aucun déchet n’est rejeté, surtout lorsqu'il y a consomma-
tion de Vers de terre ou de larves diverses. Je n’ai cependant pas trouvé d'autre
méthode applicable et l’on peut obtenir par cette voie au moins un chiftre
minimum.
La population étudiée consomme, surtout pendant les mois de son activité
principale, un nombre très important de Scarabaeidae du genre Heleronychus.
Une fois consommée, la dépouille chitineuse est rejetée devant le terrier. Il est
alors facile de ramasser ces débris à époques régulières et d’en faire l'inventaire.
Pour toutes les autres proies consommées, je n’ai pu qu’en établir une liste,
mais leur nombre, trouvé au fond des terriers alors que l’imago les consommait,
m'a incité à réaliser l'inventaire de la nourriture disponible existant dans 1 m®
du périmètre étudié.
Ce sont ces résultats que je donne ci-dessous.
Prélèvements des déchets d'Heteronychus de 12 lerriers. — Les dépouilles
d’Heleronychus sont rejetées en dehors des terriers dès le début du mois de janvier
et jusqu’au 15 juin. Le tableau ci-dessous nous montre l'importance de ces rejets
pendant toute cette période. Les résultats obtenus entre les mois de juillet et de
décembre 1973 correspondant aux déchets rejetés hors du terrier à la reprise de
l'activité.
NOMBRES DE PAIRES D'ÉLYTRES RÉCOLTÉES
_.
DES
TERRIERS
16.1au 15.11.73 15. juillet rorar
15.11.73 à
décembre
73
L cl 49) 4 1 0 54
2 2 12 6 0 2 41
3 14 ot 5 3 3 70
4 8 7 6 0 1 37
5 4 15 5 1 0 42
6 22 25 9 2 4 92
7 0 9 18 1 2 44
8 5 11 17 5 0 60
9 1 6 10 2 0 30
10 0 3 18 0 2 42
11 0 0 6 9 0 27
12 5 8 15 23 0 3 54
Total des consommations pour 12 imagos : 593
— Consommation moyenne par imago, 593 : 12 — 49,4.
J'ai pesé à différentes époques (mars, avril, mai) des ensembles de 20 Hetero-
nychus, j'ai obtenu un poids moyen de 3,110 g.
10
Source : MNHN, Paris
144 A. PEYRIERAS
Le poids moyen de la consommation annuelle par imago est donc assez peu
3,110 x 49,4
20
consommée est à peu près égale à la moitié du poids, toute la carcasse chitineuse
étant rejetée.
7,681 g, d'autant plus que la partie véritablement
important : g
La quantité consommée dans le périmètre étudié est plus impressionnante,
49,4 x 45 — 2923 et nous montre que D. cribripennis est un prédateur
d'Heleronychus d’une grande importance.
Liste des proies observées dans les lerriers ou dans les déchels. — Lorsqu'on
creuse un terrier pour en extraire l'imago, il n’est pas rare de rencontrer ce dernier
avec une proie en cours de consommation. La liste que j'ai pu établir montre bien
que D. eribripennis s'attaque à tous gibiers à sa taille, s’aventurant près de son
terrier ou y pénétrant malencontreusement.
Les proies les plus couramment rencontrées sont les larves d'Heleronychus
et des Vers de terre puis, suivant la saison, des larves et des imagos d'Élaterides,
des Courtillères, des Grillons et des Araignées. D. cribripennis s'attaque aussi
aux Myriapodes Chilopodes mais, dans ce cas, la proie n’est pas entièrement con-
sommée : j'ai retrouvé deux cadavres rejetés en dehors du terrier dont seulement
la moitié postérieure avait été utilisée.
Les Diplopodes (Glomeris, lules, Polydesmes) sont aussi des proies courant
le Scarite n’a pas besoin de leur faire la chasse car elles viennent elles-mêmes se
réfugier dans le terrier. Je n'ai rencontré qu'une seule fois une chenille et un gros
Carabique.
En dehors du périmètre étudié, je signalerai que la population du sommet de
l'Ankaratra consomme des Dyscherus subgranulalus qui doivent malencontreuse-
ment s’aventurer dans son terrier.
Proies à la disposition de la population du périmètre éludié. — J'ai prélevé en
avril 1972 toutes les proies pouvant être consommées dans une surface de 1 m?.
Six prospections semblables ont été effectuées dans différents endroits du péri-
mètre. Le tableau ci-dessous nous donne le résultat de cet inventaire.
©
e
P) not n°4 n°5 n°6 TOTAL
Courtillères. 1 7 4 5 TELUS
Gryllides. . 1 0 0 1 1 4 7
Chenilles de Lépidoptères . 0 3 1 0 3 0 7
Nymphes de I è 0 2 0 0 0 0 2)
Heleronychus....... 4 1 0 L 0 0 6
Larves d'Heleronyehus 44 10 OMG RO
Élatéride ; 4 0 1 OL Ve 9
Larves d’Élatérides. 5 0 3 2 0 vai
Vers de terre... 8 6 2 2 (A AIS) AE
Chilopodes divers 15 8 7 2 4 200058
Araignées.….. 2 0 i 0 1 0 4
Total des proies : 252
La moyenne des proies à la disposition des 45 Scarites de ce périmètre est de :
6 m°
6m
— 16 632 proies.
Étant donné la variation de taille existant dans presque tous les groupes, il
serait difficile d’en estimer le poids. Seules les larves d’Heleronychus sont à cette
époque à peu près de même taille.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITI 145
XVIII. — PossiBILITÉ DE SURVIE D'UN IMAGO
SUIVANT LES PROIES DISPONIBLES ET LE DEGRÉ D'HYGROMÉTRIE
Nous avons vu que pendant la période la plus active, la population de D. cri
bripennis du périmètre étudié consomme une quantité importante d’Heleronychus.
Lorsque j'avais réalisé les comptages dans les formations de fourrés à Philippia,
j'avais été surpris de ne rencontrer aucun déchet de proie devant les terriers. En
les fouillant, je n’avais rencontré qu’une seule fois un imago consommant un Ver
de terre. Comment ces Scarites pouvaient-ils subsister avec si peu de nourriture ?
Un élevage abandonné pendant 2 mois et où les imagos étaient toujours vivants
m'incita à faire une expérience de survie sur une dizaine d'exemplaires.
Deux imagos femelles furent placés dans chacun des trois bacs en plâtre où
le degré d’hygrométrie fut maintenu entre 80 et 100 %. Aux exemplaires du bac
n° 1, je ne donnai aucune nourriture, ceux du bac n° 2 eurent un Ver de terre tous
les 15 jours, ceux du bac n° 3 un Ver de terre tous les mois. L’expérience fut com-
mencée le 12 mars 1972. Le premier décès fut enregistré dans le bac n° 1 le 4 octobre
1972, le second dans la deuxième quinzaine de décembre. Les femelles avaient
done vécu 7 et 9 mois sans recevoir de nourriture. Les exemplaires des bacs nos 2
et 3 étaient toujours vivants le 15 avril 1973. Je retrouvai un mort dans chaque
bac le 27 mai au retour d’une tournée. Les animaux avaient été abandonnés par
le soigneur et s'étaient desséchés. Les 2 autres exemplaires ne survécurent que
10 et 18 jours, même remis dans leur condition première. Une seconde expérience
fut réalisée avec 6 imagos, 3 furent mis dans des bacs recouverts d’une vitre.
Le degré d’hygrométrie devait y être aux environs de 40 %. Les 3 autres furent
logés dans des aquariums ayant 4 em de terre peu humide et abrités dans une
serre grillagée. L'aquarium n’était pas recouvert. Le degré de l’hygrométrie était
celui de l'air ambiant, variable entre 40 et 70 %. Aucune nourriture ne fut donnée.
Les exemplaires des bacs succombèrent en l’espace de 20, 27 et 31 jours. Ceux
des aquariums vécurent environ trois mois mais, déjà après un mois, ils n'étaient
plus vigoureux et paraissaient paralysés.
Le degré de l'hygrométrie est done l’un des principaux facteurs de survie
des Scarites dans la nature. Le dépeuplement de zones de basses altitudes où la
forêt a disparu est certainement en grande partie dû à un changement brutal du
degré hygrométrique. Ces animaux ne se sont adaptés dans les prairies altimon-
taines que grâce au maintien dans le sol d’une humidité plus régulière qu'aux
basses altitudes.
Les observations ci-dessus montrent que, à l’état adulte, les Scarites ne
paraissent jouer qu’un rôle assez faible dans la prédation. Je n’ai pas pu étudier le
régime alimentaire des larves dans la nature.
XIX:— POossIBILITÉS DE SURVIE D'UN IMAGO SURPRIS PAR UNE INONDATION
Lorsque des fosses sont creusées en forêt ou dans tout autre biotope et que
les grosses pluies arrivent, certaines de ces fosses sont inondées et gardent dans le
fond de 5 à 20 cm d’eau. Les Scarites, qui alors tombent dedans, ont, suivant les
espèces, la possibilité de surnager ou bien ils coulent et, dans ce dernier cas, meurent
vite.
Au cours de mes nombreuses prospections, j'ai constaté que tous les Scarites
que P. Basizewsky (1973 b) considère comme étant des mégaendémiques, plus
Source : MNHN, Paris
DIMANCHE
LOI EN
VENDREDI SAMEDI
Tr î ox
fe MERCREDI
Hors EX UR
tra, altitude 2 200 m.
Fire. 56. — Température et hygrométrie du 94.1X1973 au 1.X.1973. Massif de l'Ank:
Source : MNHN, Paris
SEUDI JE VENDREDI SAMEDI DIMANCHE 7
ï
DER IF
SSS== ——
EX
Fic. 57. — Température et hygrométrie du 5.X1.1973 au 12.X1.1973. Massif de l'Ankaratra, altitude 2 200 m.
Source : MNHN, Paris
MEN
CR)
Parts
LUNDI JL MARDI T7 MERCREDI JEUDI 7 VENDREDI / [SAMEDI L DIMANCHE 7
Ho? 25 A oN es 6 s 10XILe à E UE Te 2e or pe toNie EM LIN? FEDNE LEE
LE SSSe ce =
F16. 58. — Température et hygrométrie du 4.111974 au 41.114974. Massif de l'Ankaratra, altitude 2 200 m. Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 149
les Typhloscaris, n’ont aucune chance de survivre s’ils tombent dans les fosses
ayant de l’eau ou s'ils sont charriés vers le lit d’une rivière. Tous coulent irrémé-
diablement ou sont entrainés entre deux eaux, la tête dirigée vers le fond. Dans
ce dernier cas, ils ont une chance d’être déposés sur une berge dans une laisse lorsque
l'eau se sera retirée. Je n'ai récolté dans ces laisses que des Prodyscherus sur le
massif de l'Itremo. L'inondation avait duré une nuit mais sur vingt exemplaires
récoltés, quatre étaient déjà morts. J'ai plongé dans des récipients d’eau à peu
près toutes les espèces récoltées en forêt ; aucune n’a surnagé. Les grosses espèces,
Pilades, Slorthodontus, Crepidopterus, ete. coulent immédiatement vers le fond.
Dinoscaris cribripennis n'échappe pas à cette règle et c’est certainement pour
cette raison que je n'ai jamais rencontré de terrier de Dinoscaris dans les berges
qui risquent d’être inondées.
J'ai essayé de faire sortir des imagos de leur terrier en remplissant ce dernier
avec de l’eau. Le Scarite ne bouge pas, même si l'expérience est prolongée pendant
plusieurs heures. Sur le plateau Mahafaly, à la suite d’un très gros orage, j'ai assisté
à une inondation qui avait recouvert pendant plus de 4 h quelques terriers
de Crepidoplerus geayi que j'avais repérés auparavant. Le lendemain matin les
terriers étaient refaits et toujours occupés par les imagos. Je n’ai récolté au cours
de cette inondation qu’un Scariles madagascariensis qui, lui, surnageait aisément
et se dirigeait vers la rive.
Cette impossibilité de se maintenir sur l’eau est certainement la cause prin-
cipale qui fait que les espèces mégaendémiques de la Grande Ile n’ont pas colonisé
les endroits humides et inondables.
Source : MNHN, Paris
CONCLUSIONS
Au cours du dernier siècle, l'ile de Madagascar a été sillonnée en tous sens par
de nombreux naturalistes et beaucoup de travaux entomologiques ont déjà vu
le jour. Les Scarilinae n'ont pas été négligés et nous avons vu que, depuis 1830,
un nombre important de publications leur a été consacré. On pourrait donc sup-
poser que la systématique de cette sous-famille est actuellement bien connue ; 0r,
es résultats obtenus montrent encore beaucoup de lacunes.
Pour étudier la biologie des Scarites, et notamment pour observer des larves
dans les terriers, j’ai recherché les stations où les principales espèces décrites
avaient été trouvées et, au cours de ces prospections, plus de vingt espèces où
sous-espèces nouvelles ont été découvertes.
La carte des stations prospectées nous montre que de grandes surfaces des”
régions orientale, centrale et surtout occidentale n’ont pas encore été visitées.
De nombreuses missions sur le terrain — si faire se peut — sont donc encore
nécessaires pour avoir une vue d'ensemble de ce groupe, car il est bien certain
que beaucoup d'espèces restent encore à découvrir.
La collecte du matériel a nécessité la mise au point de méthodes de recherche
bien adaptées, car les anciennes techniques, surtout basées sur la récolte à vue où
dans des fosses, comme le préconisait ALLUAUD, étaient peu efficaces.
Des recherches persévérantes m'ont amené à découvrir en 1966 les premiers
terriers de Pilades. Leur orifice était bien visible et, après avoir soigneusement
examiné la forme de cette ouverture, il me fut facile ensuite de retrouver, dans
toutes les régions visitées, les terriers se rapportant à ce type.
L'expérience acquise à cette occasion ne m'a cependant pas permis de récol-
ter toutes les espèces dans les autres biotopes. C’est seulement en m’acharnant à
trouver les terriers, là où je savais que des Scarites avaient été collectés, que j'ai
pu découvrir ceux des Prodyscherus du Sud, dont généralement aucun signe exté-
rieur ne signale la présence et dont la profondeur, supérieure à un mètre, décou-
rage souvent les meilleures volontés.
Dans les forêts humides et denses des zones d'altitude (au-dessus de 800 m),
la recherche des terriers est beaucoup plus difficile. Le sol, recouvert par un épais
tapis d’humus et de radicelles, se prête en effet très mal aux fouilles et les petites
espèces qui vivent dans ce milieu n'y font pas de terrier fixe, mais seulement de
longues galeries creusées au hasard des déplacements. C'est dans ce milieu que j'ai
été amené à utiliser une méthode de tamisage systématique sur de grandes surfaces
ou, parfois, un défrichage sur une profondeur de 80 em.
Grâce à ces méthodes, j'ai pu constater l'existence de différents types de Ler
riers adaptés aux conditions climatiques d’habitats particuliers et aussi mieux
préciser les caractéristiques des biotopes fréquentés par les espèces de Scarilinac
(voir tableau 59).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 151
La fouille des terriers m’a permis de nombreuses découvertes sur la biologie
des Scarites, notamment sur l’emplacement des œufs dans le terrier, le nombre
de pontes annuelles, l’éclosion, les mues, le comportement des larves et des imagos,
la durée de la nymphose, la prédation et l'interaction entre différentes espèces.
Parmi c«
s observations, certains faits paraissent plus importants :
J'ai remarqué que dans les populations de l'Ankaratra, zone dépourvue de
couvert forestier, les pontes sont nombreuses (jusqu’à vingt œufs pondus annuel-
lement), tandis que leur importance parait être beaucoup plus faible dans les
milieux forestiers (moins de dix œufs par an). Ce fait peut être mis en relation
avec l'importance du parasitisme (Hyménoptère du genre Telenomus) dans les
populations des prairies, alors qu'aucun parasite n’a été observé en forêt. Il y
existe probablement, mais son taux est régulé par des facteurs que nous ignorons
encore. La grande fécondité observée en prairie peut être considérée comme une
réaction de défense de l'espèce.
En ce qui concerne les larves, j'ai notamment pu observer que chez certaines
espèces, elles cohabitent pendant tout leur développement avec la mère (Tapi-
noscaris du groupe Nord, Dinoscaris de la montagne d'Ambre, Dyscherus peyrierasi
de la falaise de l’Angavo), tandis que chez d’autres, elles ne restent avec leur mère
que pendant le premier stade (Dinoscaris gallienit, Scariles liostracus, Discaris
sriolifrons). Enfin, certaines larves ne connaissent jamais leur mère et s'en vont
à l'aventure dès leur naissance (Scariles madagaseariensis, Typhloscaris andrin-
gitrae, Distichus perrieri).
En ce qui concerne la prédation, elle est très forte sur les larves et elle est
principalement due aux Chilopodes, notamment aux espèces du genre Seolopendra,
qui savent rechercher leurs proies et les suivre dans leurs galeries. Ce sont certai-
nement les principaux prédateurs de larves dans les zones forestières.
Peu d'observations concernent les autres formes de prédation. Les Oiseaux
semblent n’avoir à peu près aucun rôle et parmi les Mammifères, seuls les Insec-
tivores Tenrecidae, nombreux en forêt, pourraient être considérés comme des
prédateurs potentiels d'adultes ou de larves en déplacement. Il est important de
signaler à ce propos la très grande abondance d’une espèce de Microgale trouvée
dans les prairies de l'Ankaratra.
Les Scarites semblent très tolérants entre eux, au sein d'une même espèce et
L'on peut, comme nous l'avons vu plus haut, en grouper un grand nombre en cap-
tivité sans dommage.
Il n’en va pas de même entre les différentes espèces. Les Scarites sont extrè-
mement agressifs et tout groupement en captivité aboutit à des hécatombes chez les
plus faibles ou, lorsqu'ils sont de même force, à de graves mutilations réciproques.
Get acharnement à se détruire mutuellement ne permet pas à deux espèces
d'occuper le même biotope et c’est certainement pour cette raison que nous trou-
vons toujours, quand il s’agit de deux espèces à peu près de même taille et du
même genre, comme par exemple chez les Pilades du Nord, une répartition en
mosaïque d’ilots forestiers où deux espèces ne cohabitent jamais.
Dans les biotopes où l’on trouve jusqu’à deux ou trois espèces différentes, ell
sont toujours assez dissemblables par la taille et n'ont ni le même type de terrier,
ni les mêmes habitudes, ni généralement la même période de reproduction. En
outre, les petites espèces cherchent toujours à fuir les plus fortes lorsqu'elles se
sentent en présence de ces dernières.
Source : MNHN, Paris
152 A. PEYRIERAS
Les rythmes saisonniers paraissent entièrement liés aux conditions clima-
tiques et plus particulièrement à l'hygrométrie. Par exemple, les populations de
Storlhodontus de la côte Est, où existe toujours un degré d’hygrométrie supérieur
à 80 %, montrent une activité permanente allant même jusqu’à une reproduction
continue, tandis que les Storlhodontus de l'Ankarafantsika où l’hygrométrie tombe,
durant une longue période, au-dessous de 60 %, n’ont qu’une période d'activité
courte (novembre à avril) et présentent un arrêt total d'activité pendant le reste
de l’année.
Les conditions hygrométriques ont joué aussi un grand rôle dans le passé
pour la conservation de certaines espèces. Les feux qui ont tant ravagé la Forêt
malgache n’ont laissé subsister des populations de Scarites que dans les zones où
lhygrométrie est restée importante. C'est notamment le cas des Dinoscaris cri
bripennis du massif de l'Ankaratra, du D. venalor des tampoketsa d’Ankazobe où
des populations de Prodyscherus des massifs de l'Itremo et de l’Ibity.
En dessous de 1 500 m, aucune espèce forestière de Scarilinae n’a pu se main-
tenir dans les zones dégradées soumises aux feux périodiques.
Lorsque le sol est encore recouvert de son manteau forestier, le premier pas-
sage des feux provoque une élévation de la température assez profondément, la
forte humidité du sol jouant le rôle de conducteur thermique (il n’en est pas de
même dans le cas d'un incendie sur litière peu humide, en terrain « sec », où l’iso-
lement thermique de la couche superficielle est plus efficace). Ceci entraine une
destruction importante de la faune dès le premier incendie. Après le passage de
ces feux, l’hygrométrie du sol devient trop faible ou trop variable pour maintenir
une faune qui sert de nourriture aux Scarites et pour leur permettre de survivre.
En effet, l'action des feux, ayant fait disparaître la couverture et la couche super-
ficielle du sol, supprime un tampon nécessaire pour limiter les oscillations thermo-
hydriques. La texture du sol, une fois mise à nu, peut ainsi varier rapidement
entre l'état dur et sec permettant, probablement, difficilement l'édification des
terriers et un état boueux ou inondé, entrainant l’asphyxie des animaux. Par
exemple, pendant la période des cyclones, il peut pleuvoir pendant trois jours
sans interruption.
Même si le terrain se trouve par la suite protégé des feux et que la forêt peut
reprendre, la recolonisation des lieux par les Scarites forestiers est certainement
très longue. Dans trois endroits, que nous avons cités dans l'étude des genres
(Typhloscaris, Dyscherus et Slorlhodontus) et où une forêt secondaire avait repoussé
depuis 50 à 100 ans, aucun exemplaire n’a pu être retrouvé.
Les zones dénudées des basses altitudes forment done, même si elles sont de
faible surface, des barrières infranchissables pour les populations forestières.
La plupart de ces espèces forestières sont actuellement considérées comme
des paléoendémiques (Basizewsky 1973 6). Leur isolement paraît total, car leur
transport par l’eau est en outre improbable. Elles sont, comme nous l'avons vu,
trop lourdes pour surnager et elles ne résistent que quelques heures à l'immersion.
Ces espèces s'opposent aux néoendémiques qui, dans leur distribution, ne
paraissent pas être limitées par des barrières naturelles. Ces néoendémiques ne
peuvent pas non plus survivre dans les zones dégradées (elles semblent même plus
inféodées aux milieux humides que les autres, car on ne les trouve qu’au bord des
eaux dont elles suivent le mouvement), mais, surprises par les inondations, elles
sont capables de surnager pendant longtemps et de gagner rapidement un rivage
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITIN
E 153
où un support flottant. Elles sont, en outre, généralement ailées, ce qui leur permet
de recoloniser les milieux qui leur sont favorables.
11 semble que les mégaendémiques (BasiLEwsky 1973 b) soient des espèces
purement malgaches et certainement très anciennes. Leurs affinités, plus ou moins
nettes chez certains genres (Prodyscherus, Dyscaris), sont certainement à recher-
cher, à notre avis, dans la faune africaine (si elles y existent encore ?) au niveau
des zones de contact présumées entre Madagascar et l'Afrique avant que ne se
produise leur séparation et leur dériv
La plupart des néoendémiques ont, au contraire, la possibilité d’être trans-
portées d’une terre à l’autre par radeaux, puisque nous avons vu que des milliers
d'individus pouvaient partir à la dérive lors de gros orages ou de cyclones. Leurs
affinités avec la faune africaine, d’ailleurs bien démontrées, sont ainsi faciles à
expliquer.
Parmi les paléoendémiques les plus intéressants pour l'étude de l'Évolution,
on distingue à Madagascar trois tendances :
Certains, Crepidoplerus pipilzi, Crepidoplerus decorsei, montrent une stabilité
spécifique remarquable. On trouve, en effet, sans changement notable des popu-
lations de ces formes sur de grandes étendues du territoire malgache. Ces espèces
se sont certainement différenciées dans des temps très anciens et ont peu évolué
depuis.
D'autres montrent une tendance plus marquée à la différenciation (exemple
Tapinoscaris du groupe Nord). On trouve là des formes plus où moins groupé
géographiquement et se ressemblant beaucoup, bien que l’on puisse les différen-
cier les unes des autres aussi bien par les adultes que par les larves. Elles sont
probablement, dans chaque groupe, issues de la même souche originelle, mais
leur différenciation est sans doute plus récente que celle des premières.
Une troisième catégorie (Slorlhodontus de la côte Est, Crepidoplerus du Sud-
Ouest) montre des formes qui sont aussi très proches géographiquement. Leurs
affinités sont cependant encore plus nettes car s’il est encore possible de distinguer
les adultes, ce n’est plus le cas pour les larves. Il s’agit probablement là d’une dif-
férenciation plus récente où le processus de spéciation est encore en cours.
La plus ou moins grande stabilité des formes, schématisée par ces trois caté-
gories, peut être en rapport avec une structure génétique particulière mais aussi
avec des événements qui ont marqué l’évolution géographique de leur biotope
et il est possible que nous disposions, avec l'évolution des Scarites malgaches, d’un
témoignage des diverses étapes paléoclimatiques qui ont marqué le pays.
Certaines recherches (BarrisrINt 1964) permettent en effet de retracer, par
exemple, une évolution assez récente et rapide du régime des eaux dans le Sud.
On peut, en effet, considérer qu’à la suite de la formation des grandes dunes du
Sud, puis de leurs sections par des cours d’eau importants (Linta, Menarandra,
Manambovo), drainant les précipitations des plateaux, un certain découpage des
biotopes a eu lieu entrainant une séparation des populations. Or, on retrouve
aujourd’hui une série de quatre espèces ou sous-espèces très proches et séparées
par ces cours d’eau. Elles proviennent probablement d'une même souche et les
larves de trois de ces espèces ou sous-espèces sont encore semblables.
La variation du niveau marin a entrainé une différenciation comparable sur
la côte Nord-Ouest et les ilots correspondants pour l'espèce Pilades coquereli et
ses sous-espèces.
Source : MNHN, Paris
154
PEYRIERAS
GENRES ET ESPÈCES
BORD
DES EAUX
s
DOUCE
BORD
DES EAUX
SALÉES
ESP.
DE FORÊT
ALT. DE 0
A 300 M
ALT. DE 300
A 900 m
ALT. DE 900
A1500m
AU DESS.
DE 1500 M
a
. Gen. DISTICHUS
1. perrieri.…
2. mediocris
. Gen. SCARITES
1. madagascariens
2, biangulalus
3. fairmairei.
À. liostracus…
. Gen. TYPHLOSCARIS
1. insularis.
2. andringitra
3. descarpentr
Asp
. Gen. DYscaRIs
1. mordax
2, seyrigi
3. striolifrons
4, d. decorsei
d. laterali
Gen. Mapas
1. enoplus.…
2. oclocoslali
. Gen. MEGYNOSCARIS
1. longulus.…
2: ambreanus
: praelongus
. exlernu:
. australi
. sexies.
. alluaudi. .
. curlipenni
. granulatus. .
OO
OO
oO 00
OO 000
00000
OO
(ee)
OO
OO
OO OO
OGC ORO110 O
000 O
Source : MNHN, Paris
GENRES ET ESPÈ,
CARABIDAE SCARITINAE
na
a
a
BORD
DES EAUX
DOUCES
BORD
ALT. DE 0
A 300 M
ALT. DE 300
A 900
AU DESS
DE 1 500 m
8. Gen. PRODYSCHERODES
1. pauliani.
9. Gen. DyscuErus
. mocquerysi
: subgranulalus…
: storlhodonloides.
: peyrierasi
: descarp!
| pauliani.
: occidentalis
11. punclalostrialus.
n
Soonauewnm
10.
2. pseudomodus
3. vadoni.….
11. Gen. PARADYSGHERUS
1. blanci.…….
2. jeannel
3. peyrieras
12. Gen. TAPINOSCARIS
1. chaudoiri
2, rugulicollis
3. raffrayi.
À. rugalulus.
5
6
. tricoslis..…
r. razananae.
r. anjavidilava
. carnoli.…
: descarpentriest
: variolosus. …
: peyrierasi.
7.
8.
9.
10.
13. Gen. DiNoscaRIS
. rostralus
2. gallien
d. detri
OO
OO
OO
0000
OO
000
OO
OO
OO
OO
000
OO
Source : MNHN, Paris
156
A. PEYRIERAS
GENRES ET ESPÈCES
BORD
DES EAUX
DOUCES
ESP.
DE FORÊT
ALT, DE 0
A 300
4 DE 300
A 900
ALT. DE 900
A1500
AU DESS.
DE 1500 m
14. Gen. SrorTHODONTUS
. malhiauxi
: reliculatus.
: diastieus.
: elegans.
: boileaui
: peyrierasi
: bresseli.
: aegeon.
: nimrod.
: cordipennis
2 g. geayi
. meridionalis.
: descarpentrie
: sublevipennis
. sublevis
: goudoli
: arrow.
: mahaboensis…
ambreanus.
impressifrons
9. reduclus. .
16. Gen. PILADES
il
3.
4.
€. coquereli
€. amplipenn
pauliani
camuseli.
ferus.
seyrigi.
17. Gen. CLrvina
gage
: ampandrandava
|
0000
O0 00000000
O0000000000
0000000 O ©
00000
000
oO
(e]
00 00
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE
157
èr
BORD
DES EAUX
DOUCES
BORD
DES EAUX
ESP.
DE FORÊ
ALT. DE 0
A 300
ALT. DE 300 |
A 900 M
A1500m
DE 1500M
ALT. DE 900
AU DESS.
18.
19°
23.
23.
Gen. Corvza
1. globithorax.
Gen. LoPHoCORYzA
1. vadoni.
2. sechellens
. Gen. HALOGORYZA
1. maindroni..........
. Gen. BRAGHYPELUS
1. obesus
2. minor.
. Gen. ANTIREICHEIA
ï :
. pauliani.
: antsifotra
. peyrierasi
descarpentries
LE CO 2
ae
Gen. AFROREIGHEIA
1. bonsae.
2. elongala.
3. franzi…
Gen. Dysciius
1. exaralus.
- opistholius. .
: lambertoni..
: vadoni.
: madag
millot
: blanci.…
RERO
. Gen. CRIBRODYSCHIRIUS
1. gibbicolli
2. mocquerysi
26. Gen. SALGEDIA
0000
OO
0000000 000 000000 OO
OO
O
OO
O0 O0
OO
00000
fe}
OO
Source : MNHN, Paris
158 A. PEYRIERAS
Dans la baie d’Antongil, la variation récente du niveau marin a aussi entrainé
l'isolement des populations de deux espèces de Storfhodontus (S. bresseli dans
l'ile de Nosy Mangabe et sur la Grande Terre et S. reliculalus récolté sur la côte
Est de la baie d’Antongil et à Fampotabé sur la pointe du cap Masoala), mais
elles n’ont pas encore eu le temps de s'isoler morphologiquement.
Cet ensemble de faits, ainsi que les éléments fournis par l’étude systématique
et biologique des imagos et de leurs larves, peut nous aider à mieux interpréter
l'histoire évolutive du groupe.
Le peuplement en Scarilinae de Madagascar a certainement deux origines
et il est probablement valable de distinguer une série de formes restées sur l'Ile
lors de sa séparation du continent africain et une autre ivée par migra-
tion. Les premières constituent les paléoendémiques. Elles n'ont aucune possi-
bilité de migration et ne peuvent regagner le continent africain. Elles ont généra-
lement une assez grande stabilité spécifique et une répartition géographique
gide. Les secondes constituent les néoendémiques. Grâce à leur plus grande plas-
ticité, elles ont pu arriver sur l’Ile par radeaux et peuvent facilement en repartir
à l'occasion des inondations. Ce sont, vraisemblablement, des formes en expansion.
Source : MNHN, Paris
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3!
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léoptères de Mad
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Source : MNHN, Paris
dE. 1
PE LUS D GTA D
sv 3
INSECTES COLÉOPTÈRES
Carabidae Scaritinae
Supplément à la Systématique
par
Pierre BASILEWSKY
Re)
Source : MNHN, Paris
Après la publication de ma récente révision des Scaritinae de la faune mal-
gache (Faune de Madagascar, 37, Insectes Coléoptères Carabidae Scarilinae. Paris,
1973) M. A. DescarPENTRIES m'a encore confié l'étude d’un matériel abondant
et très intéressant, provenant dans sa grande majorité des récoltes effectuées par
M. À. Pevrieras dans diverses régions de l'Ile. Parmi cet ensemble, se trouvaient
non seulement de nombreuses espèces et sous-espèces inédites, mais aussi d’autres
formes dont les nouvelles captures élargissaient considérablement les aires de dis-
persion ou apportaient des données supplémentaires importantes.
Ê
Aussi devenait-il nécessaire de publier un supplément à cette révision et je
suis particulièrement reconnaissant à MM. R. PAULrAN et P. Vigrte de m’en don-
ner ici l’occasion, ainsi qu'à M. A. DESCARPENTRIES de mavoir soumis ce maté-
riel et fourni de précieux renseignements. Je tiens aussi à rendre hommage, une
fois de plus, à M. A. PevrrERAS pour son zèle et son excellent travail sur le
terrain.
Pour faciliter l’'incorporation des données nouvelles dans ma révision, j'ai
chaque fois mentionné la pagination de cette dernière, à laquelle se rapportent
les indications inédites.
Source : MNHN, Paris
PÉCRI ire
(pur tee PAPROME LE
I. Trib. SCARITINI
A. Subtrib. SCARITINA
Genre Scarites Fabricius
Scarites madagascariensis Dejean (p. 27)
Nouvelles captures :
MaDAGAscaR CENTRE : Sud d'Ambalavao, Antanifotsy, 1 500 m (A. Peyrieras,
mission CNRS, RCP. n° 225, XII.1972, IV.1973, 4 ex.). — Massif de l’Itremo,
Ouest du col, 1 600 m (Jd., 1.1973, 6 ex). — Massif de l’Itremo, plateau ouest du
col, 1 600 m (4, 1.1973, 1 ex.). — Itremo (A. Peyrieras el P. Vielle, I1.1974, 2 ex.).
MapaGascar Ouesr : Route de Port-Bergé, forêt de Sarodrano (A. Peyrieras,
VIIL.1972, 4 ex.).
MapAGascar SUD : Plateau Mahafaly, région d’Ankalirano (A. Peyrieras et
P. Vietle, I1.1974, 1 ex.).
Scarites biangulatus Fairmaire (p. 35)
A. PevriERAs me fait savoir qu'il a capturé l'espèce à Ambohimitsinjo, à
l'Ouest de Sambava, mais je n'ai pas vu ces spécimens. En outre, il me signale
que la localité Antakares, d’où provient le type recueilli par les frères PERRoT, et
qui est jusqu’à présent restée assez énigmatique, serait probablement située à
proximité immédiate d’Ampanefena.
L'espèce est donc strictement limitée à la partie septentrionale du domaine
de l'Est et la carte que jai publiée doit être modifiée (voir fig. 1).
Scarites liostracus Alluaud (p. 38)
Nouvelles captures :
Mapagascar Sup : Plateau Mahafaly, région d'Ankalirano (A. Peyrieras el
P. Vielle, 1-I1.1974, 41 ex.).
Genre Typhloscaris Kuntzen (p. 43)
Le matériel plus abondant que jai pu voir depuis l'élaboration de ma révi-
sion m’amène à modifier le tableau dichotomique que jai publié précédemment,
1. (2). Intervalles des élytres plus ou moins convexes, très brillants, sans
microsculpture mais finement et éparsément ponctués, le 7 ca-
réniforme sur presque toute sa longueur ; stries bien marquées. Pro-
notum moins transverse. Sculpture de la tête plus forte. Long. 12 à
1. T. insularis (Bänninger)
2. (1). Intervalles des élytres très plats, mats, à microsculpture réticulaire
très dense, le 7e convexe seulement en avant ou tout à fait plan;
Source : MNHN, Paris
168 P. BASILEWSKY
=,
FuG. 1. — Distribution géographique de Scarites biangulatus Fairmaire.
stries faibles ou vestigiales. Pronotum plus transverse. Sculpture de
la tête plus faible.
3. (4). Septième intervalle caréniforme en avant. Toutes les stries peu
profondes mais bien marquées, y compris la 7e. Intervalles à micro-
sculpture isodiamétrale très forte. Sillons longitudinaux de l’arr
tête nets, Pronotum bien ridulé transversalement sur le disque, les
angles antérieurs largement arrondis, les postérieurs bien marqués
par une interruption et un épaississement du bourrelet. Dent
humérale de l’élytre bien marquée. Long. 12 à 15 mm............
2. T. andringitrae Basilewsky
4, (3). Septième intervalle tout à fait plan, sans la moindre trace de
carène;"même en avant. Toutes les stries très faibles, vestigiales, la
- Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 169
7 effacée. Intervalles à microsculpture très faible. Sillons longitu-
dinaux de la tête faibles à superficiels en arrière. Pronotum sans
ridulation transversale sur le disque, les angles postérieurs bien
arrondis.
© andringitrae
© insularis
X descarpentriesi
Y viettei
Frs. 2. — Gen. Typhloscaris Kuntzen. Répartition géographique.
5. (6). Angle huméral de l’élytre arrondi et indistinct. Angles antérieurs
du pronotum en petits denticules saillants. Taille plus grande :
13m ee rite Int ap 3. T. descarpentriesi Basilewsky
6. (5). Angle huméral de l’élytre pointu et saillant. Angles antérieurs du
pronotum ne formant pas de denticule. Taille plus petite : 9,5
à 11,5 mm. : 4. T.viettei n. sp.
Source : MNHN, Paris
170 P. BASILEWSKY
Typhloscaris insularis (Bänninger) (p. 44)
Nouvelle capture :
Mapacascar Esr : Col de Madiorano, entre Maropaika et Vondrozo (A. Pey-
rieras, mission CNRS, RGP. n° 225, V. 1973, 1 9).
Get exemplaire présente deux soies discales sur la 5e strie ; l'absence ou la
présence de pores sur cette 5 strie n’est donc pas un caractère spécifique.
Typhloscaris andringitrae Basilewsky (p. 46)
Dans la description de cette espèce, je n'ai pas parlé d’un intéressant dimor-
phisme sexuel sur lequel M. Pevrigras a attiré mon attention et qui réside dans
la conformation des mandibules. En effet, alors que chez la © elles sont normales,
chez le 4 la mandibule gauche est un peu plus développée et plus épaisse, tandis
que la droite est particulièrement longue et rétrécie, devenant étroite et même
acérée vers l'extrémité où elle est nettement recourbée ; la dent mandibulaire
basale est normalement constituée, mais la distale est fortement reportée vers
l'avant et assez effacée.
Nouvelles captures :
Mapagascar CENTRE : Andringitra Sud, Andrianony, cirque de Manjarivolo,
base du cirque, 1 200 m (A. Peyrieras, V. 1973, 36 ex.).
Typhloscaris viettei n. sp.
Type. — Holotype &, Madagascar Est, chaînes Anosyennes, massif Sud,
plateau de l'Andohahelo, Sud-Ouest du Trafonaomby (Mission CNRS, RGP.
225, N. 1972) (Muséum, Paris).
Description. — Longueur 9,5 à 11,5 mm. Dessus brun de poix très foncé,
presque noirâtre, les appendices d’un brun ferrugineux clair.
Espèce voisine de T. descarpentriesi, de la haute Ranomandry (massif Nord
des chaînes Anosyennes), mais bien distincte par les caractères suivants :
Taille plus petite. Sillons frontaux plus courts et moins profonds, très faibles
à superficiels en arrière. Pas de rides longitudinales entre l'œil et l’aire cérébrale.
Lobes sus-antennaires bien développés et largement arrondis, non échancrés (chez
T. descarpentriesi très réduits et rectilignes au bord externe). Mandibules à carène
interne très faible (fortement saillante chez T. descarpentriesi). Pronotum à angles
antérieurs droits et non saillants en petits lobes pointus vers l'avant. Élytres beau-
coup plus rétrécis vers l'avant, à angle huméral bien pointu et saillant (presque
arrondi chez T. descarpentriesi), à crête humérale plus saillante et plus arquée ;
bandeau basal fortement granulé-vermiculé en plus des gros tubercules ; sculpture
semblable.
Chétotaxie identique.
Édéage fig. 4 a. Styles génitaux de la 9 plus ou moins semblables à ceux de
T. andringitrae, à dernier article tronqué droit au sommet, non échancré.
Contrairement à cette dernière espèce, la mandibules sont semblables chez
les deux sexes.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE dy
Distribution dans l’île (fig. 2). — Mapacascar Esr : Chaines Anosyennes,
massif Sud, plateau de l'Andohahelo, Sud-Ouest du Trafonaomby, 1770-1950 m
(mission CNRS, RGP. n° 225, V. 1972, 9 ex. dont l’holotype $ et 3 immatures).
— Andohahelo (A. Peyrieras, I. 1974, 6 ex.). Holotype et paratypes au Muséum
national d'Histoire naturelle, à Paris ; paratypes au Musée Royal de l'Afrique cen-
trale, à Tervuren.
Genre Dyscaris Bänninger
Dyscaris mordax (Fairmaire) (p. 51)
Nouvelle capture :
MADAGAScAR Esr
2 ex.).
Environs de Périnet, 910 m (A. Peyrieras, XII. 1972,
Dyscaris striolifrons (Fairmaire) (p.
Nouvelles captures :
MapaGascar Ouesr: Baie de Baly, près du cap Sada (
7 ex.). — Ankarafantsika, Ampijoroa (A. Peyrieras, II. 1.
A. Peyrieras, IL. 1973,
, 3 ex.).
Ce sont de petits exemplaires ne mesurant que 15 à 18 mm.
Genre Madascaris Bänninger (p. 58)
Ayant revu l'holotype de M. oclocoslalus Bänninger, conservé à l'Entomo-
logische Institut de V'Eidgenüssische Technische Hochschule à Zürich, j'ai constaté
qu'il s'agissait d’un exemplaire reconstitué et il me semble bien que l’avant-corps
n’appartient pas au même individu que le restant. Sans pouvoir l’aflirmer avec
certitude, je suis fort tenté de croire que nous avons affaire à un « artefact » et
non à une espèce valable, tout comme je l’a:
morosus du même auteur. Jusqu'à plus ample information je pense donc pré
rable de supprimer cette espèce de l'inventaire de la faune malgache.
ais déjà signalé pour Crepidopterus
D'autre part, deux espèces inédites de ce genre ont été découvertes par
A. PEyriEras. Ces faits m’amènent à modifier comme suit le tableau dicho-
tomique.
1. (2). Repli basilaire de l'élytre complet, allant du seutellum jusqu’à
l'épaule où il est surmonté par la crête humérale qui forme à son
extrémité un gros bourrelet indépendant de l’angle huméral formé
par le repli basilaire. Mandibules (3) particulièrement développées,
très élargies à la base, très longues, la gauche pourvue d’une forte
excroissance subarrondie avant son extrémité. Long. 20 mm....
1. M. centurio n. sp.
2. (1). Repli basilaire court et incomplet, continuant à la base la carène
ou la crête du 3° intervalle, s’arrêtant au point de rencontre avec
la crête humérale qui forme l’angle. Mandibules normales chez les
deux sexes.
3. (4). Sculpture élytrale bien développée, toutes les stries bien marquées,
le 3e intervalle plus ou moins soulevé et caréné en avant, 5 et
7 carénés sur presque toute leur longueur. Long. 17-24 mm.......
ARR D LR EL. 2. M. enoplus (Alluaud)
Source : MNHN, Paris
172 P. BASILEWSKY
4. (3). Sculpture élytrale peu développée, les stries à peine marquées, les
intervalles 3 et 5 non carénés mais seulement un peu bombés. Long.
25e D RE de Me ounees 3. M. marojejyanus n. sp.
Madascaris centurio n. sp. (fig. 3)
Type. — Holotype 4, Madagascar Est, Ankoetrika (A. Peyrieras, IL. 1969)
(Muséum, Paris).
Fic. 3. — Madascaris centurio n. sp. (dessin de Mme S. Bencrn).
Description. — Long. 20 mm. Corps brillant, les élytres mats: avant-
corps plus long que ces derniers.
Tête très volumineuse, épaissie en arrière ; yeux petits, le calus oculaire gros
et gonflé, sub-arrondi ; lobes sus-antennaires modérément développés et simples,
non échancrés ni sinués ; sillons frontaux larges et courts, assez profonds, presque
rectilignes ; surface brillante et lisse, avec quelques rides longitudinales peu pro-
fondes et très espacées. Mandibules (4) particulièrement longues et fortement
développées, larges à la base, acérées et recourbées à l'extrémité ; la gauche pour-
vue d’une longue carène interne, l’externe plus courte, la base fortement mame-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 173
lonnée, avec au côté interne une dent médiane large et émoussée, avec une forte
excroissance subarrondie un peu avant l'extrémité; la droite avec la carène
interne pas plus longue que l’externe, toute la base très élargie et pourvue d’un
gros mamelon subsphérique, la partie distale simple ; lobes latéraux du labium
larges mais surtout très longs, fortement carénés longitudinalement, le bord
antérieur acuminé ; paragènes à bord interne très modérément denté ; antennes
moyennes. Pronotum peu convexe, assez transverse, 1,44 à 1,47 fois plus large
que long, à bord antérieur légèrement concave, les angles antérieurs largement
arrondis et non saillants, les côtés légèrement arqués jusqu'aux angles posté-
rieurs qui sont bien marqués et assez nettement dentés, les côtés de la base ayant
la même forme caractéristique que chez M. enoplus ; sillon longitudinal médian
FiG. 4. — Hdéages. a, Typhloscaris vieltei n. sp.; b, Madascaris centurio n. sp.;
e, Prodyscherus morondavae n. sp.
étroit et peu profond, le transversal antérieur faible, peu marqué, n’atteignant
pas la région des angles ; gouttière marginale étroite sur toute sa longueur, les
dépressions basilaires marquées mais peu profondes ; disque très brillant et peu
sculpté, avec de légères rides transversales assez superficielles, devenant plus
grossières et plus profondes à la base et sur les côtés. Élytres ovalaires et peu
convexes, plus étroits que le pronotum, les côtés légèrement arrondis et acuminés
au sommet, la plus grande largeur située vers le milieu ; repli basilaire complet,
en forme d’un fort bourrelet allant du scutellum jusqu’à l'épaule où il forme un
angle huméral assez effacé et se continue par la bifurcation des intervalles externes ;
ce repli basilaire est fortement sinué, rencontrant vers l’avant, au niveau de la
2e strie, la crête humérale qui le surmonte et qui s'arrête brusquement, formant
un faux angle huméral ; sculpture hétérodyname, les intervalles 1, 2, 3 et 4 à peine
soulevés, le 3 un peu subtectiforme à la base, séparés par des stries peu nettes,
larges et imponctuées ; le 5 est étroitement mais fortement caréné sur la plus
grande partie de sa longueur, brillant sur la crête ; 6 assez étroit et à peine soulevé,
séparé des voisins par des stries plus nettes que les internes et légèrement ponc-
tuées ; 7 fortement et étroitement caréné comme le 5 et un peu plus long; 8 en
Source : MNHN, Paris
74 P. BASILEWSKY
carène prolongée jusqu’à l’angle sutural et séparé de 9 par un espace assez large,
avec une rangée de petits points au milieu ; à l’apex la sculpture devient moins
nette mais se maintient presque jusqu’au sommet.
Apophyse prosternale avec quelques soies au sommet, tandis que celle de la
mésosternale qui lui fait face est glabre ; métépisternes petits, un peu plus longs
que larges ; épipleures élargis en avant, ensuite fortement rétrécis vers l'arrière.
Abdomen ridulé-aciculé sur les côtés; pattes normales.
Sept à huit soies discales insérées dans des pores individualisés sur le 4€ inter-
valle ou la 4® strie.
éage (fig. 4 b) très différent de celui de M. enoplus.
Distribution dans l'île (fig. 5). — Mapacascar Esr : Ankoetrika, dis-
trict Mananara-Nord (A. Peyrieras, II. 1969, 2 5). Holotype au Muséum national
d'Histoire naturelle, à Paris; paratype au Musée Royal de l'Afrique centrale, à
Tervuren.
Madascaris enoplus (Alluaud) (p. 59)
J'ai cité cette espèce d’Antakares, d’après des récoltes des frères PERROT.
Au sujet de cette localité, voir ce que j'ai dit plus haut, parlant de Scarites
biangulatus.
Madascaris marojejyanus n. Sp.
Type. — Holotype 9, Madagascar Est, massif du Marojejy, 2 050 m (A. Pey-
rieras, XII. 1972) (Muséum, Paris).
Long. 25 mm. Espèce voisine de M. enoplus (Alluaud),
‘es suivants :
Description. —
en différant par les
Front très faiblement striolé longitudinalement en avant, tout à fait lisse en
arrière. Lobes latéraux du labium à angle antéro-externe bien moins pointé en
avant et dépourvu de carène médiane. Carène interne des paragènes plus saillante,
plus longue et moins oblique. Sculpture élytrale différente : stries à peine mar-
quées ; 3° intervalle non caréné en avant mais simplement un peu plus bombé
près de la base que les deux premiers ; 5° non caréné, tout à fait plan en avant et
en arrière, un peu soulevé au milieu ; tous les intervalles plus fortement ruguleux.
Mâle inconnu.
Distribution dans l’île (fig. 5). — MaDAGascaR massif du Marojejy,
2050 m (4. Peyrieras, XII. 1972, 1 9). Holotype au Muséum national d'Histoire
naturelle, à Paris. Le même récolteur a trouvé dans la même localité deux cadavres.
mutilés, sans pronotum et sans abdomen.
C’est le premier Scaritine connu de ce massif.
Genre Prodyscherus Jeannel
Prodyscherus ovatus (Bänninger) (p. 76)
Nouvelles captures :
Mapagascar Ouesr : Sud-Ouest d’Ankazoabo, forêt d’Herea, 580 m (A. Pey-
rieras, V. 1972, 30 ex.). — Réserve spéciale du Zombitsy, 600 m (A. Peyrieras,
VI. 1972, 4 ex.) (A. Peyrieras el P. Vielle, 111974, 2 ex.).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 175
© enoplus
© marojejyanus
% centurio
Fic. 5. — Gen. Madascaris Bänninger. Répartition géographique.
Prodyscherus rugatus (Bänninger) (80 p.)
Nouvelles captures :
MAGADASGAR CENTRE
t du lac Mantasoa, forêt d’Ambohiboatavo, 1 340 m
(P. Griveaud el A. Peyrieras, LIL. 1973, 1 ex.). — Massif de l’Itremo, Ouest du col,
1 600 m (Mission CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, L. 1973, 2 ex.).
Distribution voir fig. 6.
Prodyscherus mandibularis (Fairmaire) (p. 81)
Nouvelles captures :
MapaAGascar CENTRE : Forêt de Kalambatitra, à l'Est de Betroka, Sud-Est
du piton 1 644 m (IV. 1974, 2 ex.).
12
Source : MNHN, Paris
176 P. BASILEWSKY
X rugatus
Y morondavae
@ mandibularis
FiG. 6. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Répartition géographique.
Mapagascar Sup : Bord occidental du plateau Mahafaly, 5 km à l'Est d'Itam-
polo (P. Vielle el P. Griveaud, II. 1969).
Ces données élargissent considérablement la zone d'habitat de l'espèce (fig. 6).
Prodyscherus pseudomandibularis (Bänninger) (p. 83)
Nouvelles captures :
Mapacascar Sup : Plateau Mahafaly, région d’Ankalirano (A. Peyrieras
el P. Vielle, II. 1974, 14 ex.). Environs de Tsihombe, bush xérophile (A. Pey-
rieras, V.1972, 1 ex.).
Distribution voir fig. 7.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 177
Prodyscherus morondavae n. sp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Ouest, forêt d’Analabe (M. Pariente)
(Muséum, Paris).
Description. — Long. 27 à 28 mm. D'un noir très brillant ; corps étroit et
allongé.
Tête grande et large, très épaisse en arrière où le cou est gros et convexe ;
Yeux non fonctionnels, moyens, très peu saillants, entièrement recouverts de
chitine ; calus oculaire assez développé mais court, plus petit que les yeux, bien
arrondi en avant où il forme quand même une légère saillie faiblement ridulée ;
lobes sus-antennaires bien marqués, séparés de la saillie des joues par un sillon
profond ; sillons frontaux longs et profonds, larges, convergents seulement tout à
fait en arrière ; avant du front profondément sillonné longitudinalement, le res-
tant de la surface lisse, à l'exception du champ post-oculaire qui est finement et
superficiellement ridulé ; microsculpture à peine perceptible mais la surface est
finement, éparsément et superfciellement ponctuée ; labium grand, légèrement
striolé longitudinalement, rebordé latéralement seulement en arrière, le bord anté-
rieur des lobes arrondi et un peu acuminé, la dent médiane aiguë, un peu plus
longue que les lobes ; paragènes très fortement échancrés et dentés, sans carène
interne ; mandibules longues et acérées au sommet, faiblement recourbées, forte-
ment carénées sur toute leur longueur, mamelonnées à la base. Antennes très
courtes, les articles 6 à 10 au moins aussi larges que longs. Pronotu n relativement
petit, à peine plus large que la tête, peu convexe, modérément transverse (1,35
à 1,40 fois plus large que long ; bord antérieur à peine concave, avec les angles fort
petits mais saillants ; côtés presque rectilignes jusqu’à l'angle postérieur qui est
effacé, ensuite arrondis en oblique, le lobe basilaire médian indistinct ; gouttière
marginale très étroite sur toute sa longueur, le sillon longitudinal médian étroit
et très peu profond ; surface lisse, à microsculpture indistincte, avec de courtes
rides longitudinales en arrière du bord antérieur. Élytres étroits et allongés, 1,77
à 1,88 fois plus longs que larges ensemble, un peu ovoïdes et faiblement rétrécis
vers l'avant ; pas de repli basiiaire ; épaule modérément marquée, la crête humé-
rale courte mais bien saillante, oblique et légèrement arquée, terminée par une
dent humérale bien marquée ; bandeau granuleux de la base étroit ; sculpture
homodyname, avec les trois premiers intervalles presque tout à fait plans, le
2e plus étroit que les deux autres, 4, 5 et 6 un peu soulevés et sensiblement de
même largeur ; le 7€ continuant la crête humérale, très saillant et même caréné en
avant, restant bien soulevé sur toute sa longueur, un peu élargi après le premier
quart mais restant partout plus étroit que le 6e, s’effaçant en arrière au niveau
des autres ; le 8e très étroit et caréniforme sur toute sa longueur, caché par le 7e
dans le premier sixième de la longueur, continué en carène jusqu’à l'angle suturo-
apical ; les intervalles sont lisses et brillants, à microsculpture imperceptible, les
externes très finement et superficiellement pointillés ; stries imponctuées, les
internes moins profondes que les externes, touchant presque la base mais devenant
superficielles à l’apex où les intervalles s’aplanissent et où la microsculpture
devient plus distincte, les 7 et 8 semblables aux autres ; granulation du bord latéral
faible.
Dessous un peu brillant, finement et densément aciculé, plus finement sur le
milieu de l'abdomen, plus fortement sur les côtés. Métépisternes petits et sub-
carrés. Apophyse prosternale avec plusieurs soies à son extrémité. Protibias avec
la bifurcation des deux dents externes située au niveau de l'insertion des tarses.
Source : MNHN, Paris
178 P. BASILEWSKY
Pore frontal simple. Deux soies prothoraciques latérales antérieures, une
postérieure et plusieurs basales. Quatre à cinq soies discales sur la 3e strie, l’anté-
rieure fort éloignée de la base.
Édéage fig. 4 c.
Distribution dans l'ile (fig. 6). Mapacascar Ouesr : Forêt d'Ana-
labe, 5 km au Nord de Morondava (M. Pariente, 2 8). Holotype au Muséum natio-
nal d'Histoire naturelle, à Paris; paratype au Musée Royal de l'Afrique centrale,
à Tervuren.
Aucun Prodyscherus n’était encore connu de cette région.
Observation. — Pour pouvoir intercaler cette nouvelle espèce dans le
tableau des Prodyscherus que j'ai donné dans ma révision (pp. 70-74), les modifi-
cations suivantes devront y être apportées :
9 a. (13 a). Apophyse prosternale glabre ou avec une seule soie de chaque
côté.
13 a. (9 a). Apophyse prosternale avec plusieurs soies à son extrémité.
Extrémité apicale des élytres nullement rugueuse, presque
lisse. Lobes sus-antennaires séparés de la saillie des joues par
un sillon bien marqué. Long. 27 à 28 mm.................
M ROUE a El à 6 a. P. morondavae n. sp.
Prodyscherus rapax (Fairmaire) (p. 84)
Chez cette espèce la largeur des intervalles 6 et 7 est quelque peu variable ;
chez quelques individus ils ont tendance à se rétrécir un peu et les stries corres-
pondantes sont alors plus larges. Elle fait ainsi la transition avec le groupe d’espèces
ayant les intervalles fortement rétrécis, bien que ne pouvant jamais se confondre
avec les formes à sculpture hétérodyname. Long. 25 à 34 mm.
Nouvelles captures :
Mapaascar CENTRE : Sud d’Ambalavao, Antanifotsy, 1470 m (mission
CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, XII. 1972 et IV. 1973, 62 ex.). — Sud d’Amba-
lavao, Ambavahala, près d'Antanifotsy (1d., XII. 1972, 1 ex. ; IV. 1973, 2 ex. ;
IL. 1974, 29 ex.).
Prodyscherus androyanus Jeannel (p. 85)
Nouvelles captures :
MADAGASGAR CENTRE : Plaine de Ranotsara, Ambinda, entre Ihosy et Ivo-
hibe (mission CNRS, RCP. n° 225, V. 1973, 21 ex.). — Forêt de Kalambatitra,
Est de Betroka, Sud-Est du piton 1 644 m (IV. 1974, 3 ex.).
L'indication de la présence de cette espèce dans le pays Mahafaly est certai-
nement erronée (voir fig. 7).
Prodyscherus grandidieri Jeannel (p. 86)
Nouvelles captures :
Mapagascar CENTRE : Forêt d'Ambatofinandrahana, 1 680 m (A. Peyrieras,
VI. 1972, 1 ex.). — Massif de l’Itremo (A. Peyrieras et P. Vielle, II. 1974, 1 ex.).
Voir carte fig. 7.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 179
V grandidieri
% androyanus
@ pseudomandibularis |
Fc. 7. — Gen. Prodyscherus Jeannel. Répartition géographique.
Prodyscherus praelongus (Fairmaire) (p. 91)
Nouvelles captures :
MADaGAscAR CENTRE : Andringitra Sud, Andrianony cirque de Manjarivolo,
forêt isolée à la base du cirque, 1 200 m (A. Peyrieras, V. 1973, 9 ex.).
Prodyscherus externus (Fairmaire) (p. 93)
Nouvelles captures :
Mapaascar CENTRE : Andringitra Sud, Andrianony, cirque de Manjarivolo,
1 650 m (mission CNRS, RGP. n° 225, À. Peyrieras, V. 1978, 1 ex.):— Id., grande
forêt à la base du cirque, 1 200 m (Zd., V. 1973, 1 ex.). — Sud d'Ambalavao, Anta-
Source : MNHN, Paris
180 P. BASILEWSKY
nifotsy, 1 470 m (Id., IV. 1973, 1 ex.). — Sud d'Ambalavao, Nord-Ouest d'Anta-
nifotsy, forêt d’Ambavahala (Jd., XII. 1972 et IV. 1973, 3 ex.). — Sud d'Amba-
lavao, forêt de Valosoa, près d’Antanifotsy (Jd., IV 1973, 1 ex.).
Prodyscherus granulatus Jeannel (p. 99)
Nouvelle capture :
Mapagascar Esr : Forêt de Mandena, 8 km au Nord de Fort-Dauphin, forêt
sur sable blanc (A. Peyrieras, II. 1974, 1 ex.).
Genre Prodyscherodes Jeannel
Prodyscherodes pauliani Jeannel (p. 100)
Nouvelles captures :
Mapagascar Esr : Chaines Anosyennes, Sud-Ouest du Trafonaomby, pla-
teau de l’Andohahelo, forêt d’Andranomangara, 1 770-1950 m (mission CNRS,
RCP, n° 225, V. 1972, 2 ex.). — Andohahelo (A. Peyrieras, I. 1974, 15 ex.).
Les styles génitaux 9 de cette espèce sont semblables à ceux des Prodyscherus.
B. Subtrib. DYSCHERINA
Genre Dyscherus Chaudoir (p. 102)
Cinq espèces nouvelles de ce genre, dont on n’en connaissait que six, ont été
découvertes lors des récentes prospections de l'ile. Je suis donc amené à publier
un nouveau tableau dichotomique pour remplacer celui que j'ai donné dans ma
révision.
1. (4). Sculpture de l’élytre normale et non modifiée, au moins les six
premiers intervalles homodynames, larges, peu convexes, lisses
et brillants (parfois plus élevés à la base), séparés par des stries
fines et étroites. Apophyse prosternale pourvue de soies. Soies
prothoraciques antérieure et postérieure présentes.
Spaule bien marquée, la crête humérale plus saillante, non où à
peine arquée, formant un petit denticule émoussé à la bifurcation
des carènes des intervalles 7 et 8. Base des élytres avec un bandeau
granuleux assez large. Calus oculaire formant une tubérosité sail-
lante et arrondie en dessous des yeux. Côtés du pronotum presque
subparallèles. Soies prothoraciques antérieure et postérieure
simples, avec quelques soies supplémentaires sur le bord basal.
Milieu du labium pourvu d’une carène longitudinale bien mar-
quée. Long. 24 à 34 mm. 1. D. mocquerysi Bänninger
3. (2). Épaule très arrondie, la crête humérale peu saillante, très arquée,
ne formant pas de denticule. Base des élytres avec un bandeau
granuleux plus étroit. Calus oculaire peu ou à peine saillant en
dessous des yeux, souvent un peu prolongé vers l'avant, toujours
marqué. Une série de soies prothoraciques latérales, avec quelques-
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 181
unes le long du bord basal. Milieu du labium à carène longitu-
dinale faible et peu saillante, souvent presque nulle, Long. 24
À 27 MM Eee nie nenee 2. D. sicardi Jeannel
4. (1). Sculpture de l’élytre plus ou moins hétérodyname et plus ou
moins modifiée.
(10). Apophyse prosternale sans soies.
(). Calus oculaire très faible. Sculpture modérément modifiée. Soies
prothoraciques antérieure et postérieure présentes.
(8). Sculpture de l’élytre fortement hétérodyname, avec les intervalles
3, 5 et 7 nettement plus élevés que les autres, lisses au milieu, le
7 caréné sur presque toute sa longueur, 2, 4 et 6 moins hauts,
et fortement chagrinés-aciculés. Angle huméral bien marqué.
Pronotum moins transverse (1,40 à 1,50 fois plus large que long),
avec une ou deux soies prothoraciques antérieures : soies bas.
laires le plus souvent présentes. Bifurcation des deux dents
terminales du protibia située au niveau de l'insertion du tarse.
Long. 23 à 36 mm 3. D. costatus Klug
8 (7). Sculpture de l'élytre peu hétérodyname, les quatre premiers
intervalles à peu près semblables, brillants dans leur moitié anté-
rieure, fortement chagrinés en arrière, le 5e subcaréné dans le
premier tiers, le 6e seulement en avant, le 7e sur presque toute sa
longueur. Angle huméral ndi. Pronotum plus transverse
(1,55 fois plus large que long), les soies basilaires toujours absentes.
Bifurcation des deux dents terminales du protibia située en avant.
du niveau de l'insertion du tarse. Long. 36 à 39 mm. ne
4. D. occidentalis n. sp.
9. (6). Calus oculaire bien développé et saillant, boursouflé, bien plus
grand que l'œil. Sculpture élytrale très modifiée : intervalles 1,
2, 4 et 6 complètement plans et mats, à microsculpture isodiamé-
trale très fine mais très serrée, le 3e bombé sur une grande partie
de sa longueur et sub-brillant au milieu, le 5€ saillant, caréné sur
les deux premiers tiers de la longueur, 7 et 8 carénés presque
jusqu’à l’apex. Soies prothoraciques antérieure et postérieure
présentes. Long. 18 mm.............. 5. D. descarpentriesi n. sp.
10. (5). Apophyse prosternale pourvue de soies.
11. (12). Sculpture élytr érodyname, les intervalles 1, 3, 5 et 7
soulevés et carénés, larges, lisses et brillants : 2, 4 et 6 plats et gra
nuleux, mats, étroits ; stries bien marquées et ponctuées. Prono-
tum moins transversal, avec plusieurs soies marginales et basales.
Toute la surface labiale et gulaire pourvue de fortes rides trans-
versales, obliques sur les paragènes. Crête humérale très courte,
fortement épaissie à l'endroit de la bifurcation des carènes
externes. Long. 20 à 25 mm. 6. D. subgranulatus Basilewsky
12. (11). Sculpture différente.
13. (16). Soïes prothoraciques antérieures absentes. Sillon transversal
antérieur du pronotum effacé. Microsculpture des intervalles
faible ou indistincte.
Source : MNHN, Paris
182 P. BASILEWSKY
14. (15). Élytres assez brillants, à microsculpture indistincte. Intervalles
1, 2 et 3 bombés, le 3€ un peu plus large et très convexe en avant
seulement, le 4e convexe et très étroit à la base, le 5° caréniforme
dans la moitié antérieure et pas plus large que le précédent, le
6° large et modérément convexe. Six soies discales sur la 3e strie.
Lobes latéraux du labium tronqués en avant. Long. 32 mm.....
7. D. viettei Basilewsky
15. (14). Élytres mats, à microsculpture isodiamétrale petite mais bien
nette sur les premiers intervalles, à l’exception de la base du 3e.
Itervalles 1, 2 et 3 presque plans, le 3e plus large que les autres
et convexe seulement à la base, 4, 5 et 6 plus bombés, ayant une
certaine tendance à devenir tectiformes, le 5e bien plus large que
le 4e, le Ge étroit. Quatre soies discales sur la 3° strie. Lobes laté-
raux du labium subarrondis en avant. Long. 27 à
8. D. peyrierasi n. Sp.
16. (13). Soies prothoraciques antérieures présentes. Sillon transversal
antérieur du pronotum marqué. Microsculpture des intervalles
très forte, rendant toute la surface mate et aciculée.
17. (18). Premiers intervalles des élytres plans et non bombés. Côtés du
-pronotum non sinués en arrière mais régulièrement rétrécis jus-
qu’à la base. Long. 17 à 24 mm. 9. D. storthodontoides Bänninger
18. (17). Tous les intervalles des élytres assez bombés. Côtés du prono-
tum sinués en arrière, au niveau du lobe basilaire médian.
19. (20). Carène du 7e intervalle très longue, occupant les deux tiers de la
longueur totale. Intervalles pourvus de petits granules arrondis
bien individualisés. Stries étroites et faiblement ponctuées. Long.
22 à 23 mm 10. D. pauliani n. sp.
20. (19). Carène du 7e intervalle très courte, ne dépassant pas le premier
tiers de la longueur totale. Intervalles dépourvus de toute granu-
lation. Stries larges et fortement ponctuées. Long. 21 mm......
11. D. punctatostriatus n. sp.
Dyscherus costatus Klug (p. 109)
Nouvelles captures :
Mapacascar Esr : Route de Sambava à Andapa, P. K. 5 (A. Peyrieras,
XII. 1972, 2 ex.). — Presqu’ile Masoala, Hiaraka (A. Peyrieras, 2 ex.). osy
Mangabe (A. Peyrieras, 1. 1967, 5 ex.). — Antanambe, Mananara-Nord (A. Pey-
rieras, III. 1973, 4 ex.). — Route de Tamatave, P. K. 181, entre Beforona et
Ampasimbe (mis RS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, IX. 1972, 1 ex.). — Befo-
rona, Réserve naturelle intégrale n° 2 (A. Peyrieras, X. 1973, 4 ex.).
Dyscherus occidentalis n. sp.
Type. — Holotype 9, Madagascar Sambirano, massif du Manongarivo,
50 km au Sud d'Ambanja (A. Peyrieras, VIII. 1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 36 à 39 mm. Épais et convexe, d'un noir brillant.
Avant-corps particulièrement large et volumineux, nettement plus long que les
élytres.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 18
=]
© descarpentriesi
et peyrierasi
* viettei
© storthodontoides
F6. 8. — Gen. Dyscherus Chaudoir. Répartition géographique.
Tête grosse et épaisse, le calus oculaire non saillant mais un peu boursouflé
en arrière des yeux qui sont petits ; sillons frontaux peu profonds et assez étroits,
quelque peu convergents en arrière ; l'avant du front avec quelques sillons longi-
tudinaux assez espacés, le vertex et le champ postoculaire lisses et brillants ; lobes
latéraux du labium arrondis au bord antérieur, pourvus de profondes rides longi-
tudinales mais sans carène médiane; paragènes lisses, la surface légèrement
ridulée transversalement. Pronotum transverse, 1,55 fois plus large que long, le
bord antérieur concave, les angles antérieurs en petite dent recourbée vers le
cou, les côtés régulièrement mais peu fortement arqués jusqu’à l'angle posté-
rieur qui est légèrement marqué, bien qu’arrondi, ensuite régulièrement rétréci
et non sinué jusqu’au lobe basilaire médian qui est indistinct, la gouttière mar-
ginale très étroite sur toute sa longueur, le sillon longitudinal médian étroit et
Source : MNHN, Paris
184 P. BASILEWSKY
peu profond, le transversal antérieur peu profond, le postérieur bien marqué sur
les côtés, les dépressions basilaires faibles et peu distinctes, la surface lisse et
imponctuée, avec des vestiges de ridules transversales, sans microseulpture appa-
rente. Élytres convexes et ovalaires, à largeur maximale située un peu en arrière
du milieu, l’apex obtus ; épaule assez effacée et arrondie, la crête humérale sail-
lante, courte, un peu arquée et très oblique, ne formant pas de denticule à la
bifurcation des carènes des intervalles 7 et 8 ; la base est pourvue d’un bandeau
granuleux peu large; sculpture peu hétérodyname, les quatre premiers intervalles.
à peu près semblables, brillants dans leur moitié antérieure, fortement chagrinés
en arrière, le 5e subcaréné dans le premier tiers, le 6e seulement en avant, le 7e sur
presque toute sa longueur ; stries fines et peu profondes, imponctuées, les externes.
très larges.
Apophyse prosternale sans soies. Bifurcation des deux dents terminales
externes du protibia située en avant du niveau de l'insertion du tarse.
Soies prothoraciques antérieure et postérieure présentes, mais pas de basi-
laires. Quatre soies discales, l'antérieure très près de la base, les trois autres dans
le tiers apical.
Mâle inconnu. Style génital de la 9 normal, avec l'extrémité apicale longue
et eñilée.
Distribution dans l’île (fig. 10). — Mapagascar SAMBmaANo : Massif du
Manongarivo, 50 km au Sud d'Ambanja, 400 m (4. Peyrieras, VIII. 1973, 5 ©
dont deux avec les mandibules fortement abimées). Holotype et paratypes au
Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris; paratypes au Musée Royal de
l'Afrique centrale, à Tervuren.
est la première espèce du genre découverte dans la partie occidentale de
l'île.
Dyscherus descarpentriesi n. sp.
Type. — Holotype &, Madagascar Centre, forêt d’Ambohiboatavo (P. Gri-
veaud el A. Peyrieras, IIL. 1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 18 mm. Allongé et assez étroit, l’avant-corps bril-
lant, très volumineux par rapport aux élytres et nettement plus long qu'eux, à
microsculpture isodiamétrale fine et serrée.
Tête grande et fort large, très épaisse en arrière, le calus oculaire plus forte-
ment développé que chez les autres espèces du genre, formant une grosse saillie
latérale arrondie en avant, fortement boursouflée, séparée en arrière du restant
de la tête par un profond sillon ; yeux particulièrement petits, très étroits : sillons.
frontaux larges, longs, profonds et droits ; l'avant du front dépourvu de strioles
mais quelques traces sont présentes entre le bord de l'œil et le sillon ; vertex lisse,
toute la surface imponctuée ; lobes latéraux du labium assez pointés vers l'avant,
à bord antérieur tronqué, non ridulés mais avec une forte carène submédiane :
paragènes et surface du labium non striolés. Pronotum très modérément trans-
verse, 1,40 à 1,43 fois plus large que long; bord antérieur très légèrement con-
cave, les angles antérieurs en petits denticules saillants ; côtés faiblement arqués.
jusqu’à l'angle postérieur qui est tout à fait arrondi et effacé, ensuite rétrécis et
à peine distinctement sinués au niveau du lobe basilaire médian qui est très légè-
rement individualisé ; gouttière marginale très étroite sur toute sa longueur :
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 185
Sillon longitudinal médian étroit et modérément profond, le transversal anté-
rieur bien marqué en accolade, le postérieur profond ; dépressions basilaires indis-
tinetes ; surface brillante, non ponctuée, avec des vestiges de strioles longitu-
dinales. Élytres très mats, presque plans, étroits et ovalaires, non élargis après
le milieu ; épaule arrondie, la crête humérale assez longue, oblique et arquée, très
Saillante, élargie en arrière où elle ne forme cependant qu'un bourrelet très modéré :
bandeau basilaire granuleux moyennement large ; intervalles tout à fait mats, à
microseulpture forte, formée de mailles isodiamétrales petites et très serrées :
12, 4 et6 complètement plans ; le 3e bombé sur une grande partie de la longueur.
Fic. 9. — Gen. Dyscherus Chaudoir. Édéages. à, D. punclalostriatus n. sp. ;
b, D. descarpentriesi n. sp. ; ce, D. peyrierasi n. sp.
avec, au milieu, une légère et très étroite carène tectiforme, interrompue et sub-
brillante ; le 5° très saillant, caréné sur les deux premiers tiers de la longueur ;
le 7° fortement caréné presque jusqu’à l’apex, l’espace le séparant de la carène
du 8° pas spécialement élargi ; stries peu profondes, à ponctuation grosse mais
peu enfoncée,
Apophyse prosternale glabre. Bifurcation des deux dents terminales externes
du protibia située au niveau de l'insertion du tarse.
Pas de soies prothoraciques latérales. Quatre soies discales, toutes situées dans
le tiers apical.
Édéage fig. 9 b. Styles génitaux 9 normaux.
Distribution dans l'ile (fig. 8). — Mapacascan CENTRE : Forêt d'Ambo-
hiboatavo, à l'Est du lac Mantasoa, 1 340 m (P. Griveaud el A. Peyrieras, II.
1973, 1 6). — Ambohiboatavo, lac de Mantasoa (A. Peyrieras, XII. 1973, 2 4 et
2 9). Holotype et 2 paratypes au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris :
2 paratypes au Musée Royal de l'Afrique centrale, à T'ervuren.
Source : MNHN, Paris
186 P. BASILEWSKY
Dyscherus peyrierasi n. sp.
Type. — Holotype 3, Madagascar Centre, forêt d’Ambohiboatavo (P. Gri-
veaud el A. Peyrieras, 1111973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 27 à 32 mm. Allongé et assez étroit, surtout le 4,
l'avant-corps volumineux, plus long que les élytres.
Tête assez volumineuse et épaisse en arrière, le calus oculaire nul, les yeux
très petits ; sillons frontaux fins, courts, étroits et peu profonds, non ou à peine
convergents vers l’arrière ; l’avant du front très peu striolé, avec de chaque côté
quelques rides profondes et larges mais courtes et espacées, tout le milieu de
l'arrière restant lisse ; lobes latéraux du labium subarrondis en avant, faiblement
ridulés et non carénés ; milieu du labium avec une forte carène ; paragènes pour-
vus de sillons obliques à la partie antérieure. Pronotum peu à modérément trans-
versal, 1,37 à 1,48 fois plus large que long : bord antérieur faiblement et réguliè-
rement concave, les angles antérieurs en forme de très petits denticules saillants ;
côtés régulièrement et assez nettement arqués jusqu'aux angles postérieurs qui
sont arrondis et effacés, ensuite rétrécis et non sinués jusqu’au lobe basilaire
médian qui est très faible ; gouttière marginale particulièrement étroite sur toute
sa longueur ; sillon longitudinal médian étroit et superficiel, les transversaux
antérieur et postérieur effacés, les dépressions basilaires nulles ; surface lisse et
brillante, sans microsculpture apparente. Élytres mats, convexes, un peu ova-
laires, à largeur maximale en arrière du milieu ; épaule arrondie, la crête humérale
assez courte et arquée, bien saillante, épaissie en arrière où elle ne forme pas de
denticule ; bandeau basilaire granuleux très étroit ; intervalles à microsculpture
isodiamétrale petite mais nette sur les premiers intervalles, à l'exception de la
base du 3; 1, 2 et 3 presque plans, le 3° plus large et convexe seulement à la
base ; 4, 5 et 6 plus bombés, ayant une certaine tendance à devenir tectiformes,
le 5e bien plus large que les deux autres, le 6° étroit ; carène du 7€ très saillante et
longue, largement séparée de celle du 8°; stries étroites et superficielles, non
ponctuées.
Apophyse prosternale avec une touffe de soies à son extrémité. Bifurcation
des deux dents terminales externes du protibia située un peu en avant du niveau
de l'insertion du tarse.
Pas de soie prothoracique antérieure, les postérieures et les basilaires pré-
sentes. Quatre soies discale sur la 3e strie, l’antérieure très en avant, les autres
dans le dernier tiers.
Édéage fig. 9 c. Styles génitaux de la © du type habituel, à partie apicale
longue, fine et acérée à l'extrémité.
Distribution dans l’île (fig. 8). — Mapagascar CENTRE : Forêt d’Ambo-
hiboatavo, à l'Est du lac de Mantasoa, 1 340 m (P. Griveaud el A. Peyrieras,
LIL. 1973, 34 ex.). Holotype et paratypes au Muséum national d'Histoire natu-
relle, à Paris ; paratypes au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
Dyscherus storthodontoides Bänninger (p. 114)
Nouvelles captures :
MapaGascar Esr : Col de Madiorano, entre Maropaika et Vondrozo (mis-
sion CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, V. 1972, 1 ex.).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 187
MaDaGascar CENTRE : Andringitra Est, Anjavidilava, 1 600-1 800 m (mis-
sion CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, XII. 1972, 5 ex.). — Andringitra Sud,
Andrianony, cirque de Manjarivolo, base du cirque, 1 200 m (A. Peyrieras, V.
1973, 3 ex.). — Col d’Ivohibory, sous-préf. d’Ivohibe (mission CNRS, RGP n° 225,
A. Peyrieras, V. 1973, 2 ex.).
Voir carte fig. 8.
Dyscherus pauliani n. sp.
Type. — Holotype ?, Madagascar Centre, forêt d'Ambohiboatavo (A. Pey-
rieras, III. 1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 22 à 23 mm. Allongé et assez étroit, élytres mats,
Javant-corps un peu brillant, à peu près de même longueur que les élytres.
© occidentalis
Y punctatostriatus
© pauliani
Fig. 10. — Gen. Dyscherus Chaudoir. Répartition géographique,
Source : MNHN, Paris
188 P. BASILEWSKY
Tête de grosseur moyenne, lisse, le calus oculaire à peine gonflé en arrière
des yeux qui sont petits ; sillons frontaux étroits et assez profonds, un peu conver-
gents vers l'arrière ; l'avant du front peu striolé mais les côtés pourvus d'assez
longues strioles longitudinales ou obliques, descendant bien plus loin que le niveau
postérieur des yeux ; surface à microsculpture indistincte mais finement et épar-
sément pointillée ; lobes latéraux du menton subarrondis au bord antérieur,
fortement ridulés longitudinalement mais sans carène médiane ; milieu du labium
fortement caréné, sa surface et les paragènes à peine striolés transversalement.
Pronotum modérément transverse, 1,44 à 1,46 fois plus large que long ; bord anté-
rieur concave, les angles antérieurs en forme de petite dent saillante, les côtés
faiblement arqués jusqu'aux angles postérieurs qui sont bien arrondis, ensuite
rétrécis régulièrement et nettement sinués au niveau du lobe basilaire médian
qui est court [mais bien indiqué ; gouttière marginale très étroite sur toute sa
longueur ; sillon longitudinal médian fin et profond, les transversaux bien
marqués ; dépressions basilaires bien marquées et arrondies ; surface lisse et
assez brillante, encore plus faiblement pointillée que celle de la tête, avec
de nombreuses ridules transversales assez superficielles, sans microsculpture
apparente. Élytres allongés et étroits, peu convexes, à largeur maximale située
près du milieu ; épaule subarrondie, la crête humérale arquée, ‘assez longue, très
saillante surtout en arrière où elle est nettement épaissie, formant un denticule
large mais peu saillant et émoussé à la bifurcation des côtes 7 et 8 ; bandeau
basilaire granuleux étroit ; tous les intervalles assez bombés, pourvus de petits
granules arrondis et bien individualisés ; les quatre premiers intervalles sont
assez semblables entre eux, surélevés à la base ; 5 et 6 de même largeur et un
peu tectiformes au milieu, la carène du 7° très longue, occupant les deux tiers
de la longueur totale, très largement séparée de celle du 8°; stries étroites et
faiblement ponctuées.
Apophyse prosternale avec une touffe de soies. Bifurcation des deux dents
externes terminales des protibias située à peu près au niveau de l'insertion du
tarse.
Soies prothoraciques antérieure et postérieure présentes, l'antérieure dédou-
blée ; pas de soies basilaires. Quatre soies discales situées dans la moitié posté-
rieure.
Mâle inconnu, Style vaginal de la © du type habituel.
Distribution dans l'île (fig. 10). — Mapacascar Esr : Forêt au Nord
d’Anosibe (R. Paulian, I. 1951, 1 ®).
MapaGascar CENTRE : Forêt d'Ambohiboatavo, près du lac de Mantasoa
(A. Peyrieras, IL. 1973, 1 9). Holotype au Muséum national d'Histoire naturelle,
à Paris ; paratype au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
Dyscherus punctatostriatus n. sp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Est, route de Tamatave, entre Beforona
et Ampasimbe (A. Peyrieras, IX. 1972) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 21 mm. Allongé et assez étroit, brillant, à micro-
sculpture à peine apparente, l’avant-corps plus long que les élytres.
Tête volumineuse, fort épaisse en arrière, le calus oculaire très faible, sau-
lant seulement en arrière, les yeux très petits; sillons frontaux de longueur
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 189
moyenne mais assez larges et assez profonds, non ou à peine convergents en arrière :
l'avant du front pourvu de nombreuses strioles longitudinales courtes mais assez
profondes ; des strioles transversales présentes également sur les côtés, entre le
bord interne des yeux et les sillons frontaux, continuées assez loin vers la base
sans toutefois l’atteindre ; surface assez nettement et finement pointillée ; lobes
latéraux du labium arrondis au bord antérieur, fortement ridulés transversalement.
et en oblique, mais sans carène longitudinale ; milieu du labium fortement caréné ;
paragènes fortement ridulés en oblique. Pronotum modérément transverse,
1,40 fois plus large que long, à bord antérieur concave, les angles antérieurs en
petits denticules saillants, les côtés légèrement arqués jusqu’à l'angle postérieur
qui est bien arrondi, ensuite rétrécis en oblique et légèrement sinués au niveau
du lobe basilaire qui est court mais quelque peu individualisé ; gouttière mar-
ginale très étroite sur toute sa longueur ; sillon longitudinal médian étroit et pro-
fond, le transversal antérieur bien marqué mais peu profond à la base, le posté-
rieur profond ; dépressions basilaires bien apparentes ; surface faiblement striolée
transversalement, pourvue d’un pointillé extrêmement fin, à peine distinct. Élytres
mats, peu convexes, assez étroits, non élargis après le milieu (4) ; épaule arrondie,
la crête humérale oblique et arquée, modérément courte, très saillante, fortement.
élargie et épaissie en arrière où elle forme un gros bourrelet à la bifurcation des
intervalles 7 et 8 ; bandeau basilaire granuleux étroit ; tous les intervalles assez
bombés, les quatre premiers assez semblables bien que le 3e soit plus large et un
peu plus convexe, assez saillant à l'extrême base, 5 et 6 plus étroits et un peu tec-
tiformes au milieu, le 7° avec une carène très courte et modérément saillante en
avant, s’élargissant ensuite et devenant tout à fait plan en arrière ; sculpture
aciculée mais non granuleuse, la microsculpture isodiamétrale très fine et très
serrée ; espace séparant les intervalles 7 et 8 très large ; toutes les stries assez for-
tement ponctuées.
Apophyse prosternale avec une touffe de soies. Bifurcation des deux dents
terminales externes du protibia située nettement en avant du niveau de l’inser-
tion des tarses.
Deux soies prothoraciques antérieures, une postérieure et plusieurs basales.
Cinq soies discales.
déage fig. 9 a.
Distribution dans l’île (fig. 10). — Mapagascar E : Route de Tama-
tave, forêt du P. K. 181, entre Beforona et Ampasimbe, 540 m (A. Peyrieras,
IX. 1972, 1 4). Holotype au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris.
Genre Dyscherinus Jeannel
Dyscherinus pauliani Jeannel (p. 116)
Nouvelles captures :
MapaGascar Es Chaines Anosyennes, Sud-Ouest du Trafonaomby, pla-
teau Andohahelo, 1 770-1 950 m (mission CNRS, RGP. n° 225, V. 1972, 42 ex.).
Mapaascar Cexrre : Forêt de Kalambatitra, à l'Est de Betroka, Sud-Est
du piton 1 644 m (IV. 1974, 5 ex.).
Voir carte fig. 11.
Source : MNHN, Paris
190 BP. BASILEWSKY
ic. 11. — Répartition géographique de Dyscherinus pauliani Jeannel.
Dyscherinus pseudomodus (Bänninger) (p. 118)
Nouvelle capture :
Mapacascar Esr : Route d’Anosibe, P. K. 40 (A. Peyrieras, I. 1974,
1ex))
Genre Paradyscherus Basilewsky
Paradyscherus blanci Basilewsky (p. 122)
Cette espèce n’était connue que par une femelle. Je puis maintenant figurer
l'édéage du mâle (fig. 12 a) qui est très volumineux, fortement coudé à la base, la
partie apicale épaissie, l'extrême sommet formant un petit bec crochu. Style
génital © fig. 12 b.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 191
FiG. 12. — Paradyscherus blanci Basilewsky.
Nouvelles captures :
MaDaascar CENTRE : Forêt d'Ambavahala, au pied de l'Andringitra, à
l'Ouest d'Antanifotsy (A. Peyrieras, IV. 1973, 1 ex. ; II. 1974, 7 ex.).
C. Subtrib. STORTHODONTINA
Genre Tapinoscaris Jeannel
Tapinoscaris chaudoiri (Harold) (p. 132)
Nouvelles captures :
MapaGascar Esr : Nosy Mangabe (A. Peyrieras, I. 1967, 2 ex.).
Tapinoscaris rugulicollis (Fairmaire) (p. 134)
Nouvelles captures :
MapaGascar Esr : Route de Tamatave, forêt du P. K. 181, entre Beforona
et Ampasimbe, 540 m (mission CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, IX. 1972 et
I. 1973, 33 ex.).
Tapinoscaris raffrayi (Fairmaire) (p. 136)
Nouvelles captures :
Mapagascar Esr : Forêt à l'Ouest de Vavony, 9 km au Nord d’Ambila
(4. Peyrieras, IX. 1972, 11 ex.). — Ambila Lemaitso, près Brickaville (A. Pey-
rieras, IX. 1972, 2 ex.).
Tapinoscaris peyrierasi n. sp. (fig. 13)
Type. — Holotype $, Madagascar Centre, Ambavahala, près d'Antanifotsy
(A: Peyrieras, XII. 1972) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 29 à 37 mm. Avant-corps grand et large, plus long
que les élytres. Toute la surface assez mate.
13
Source : MNHN, Paris
192 P. BASILEWSKY
Se rapproche de T. razananae (Alluaud), de l’Andringitra, mais en diffère par
les caractères suivants :
Sillons frontaux très larges, formant en arrière une grande fossette arrondie
dont le fond est fortement sculpté-chagriné (chez T. razananae les sillons sont
profonds mais étroits, terminés assez brusquement en arrière où ils ne forment
pas de fossette). Champ postoculaire très grossièrement sculpté, avec 6 à 7 gros
bourrelets saillants en zigzag (chez T. razananae ce champ est occupé par 6 à
Tic. 13. — Tapinoscaris peyrierasi n. sp. (dessin de Mme S. Bencrn).
7 plis en V largement ouverts en dehors, bien moins saillants). Les lobes du labium
sont arrondis au bord antérieur et non tronqués dr comme chez T, razananae.
Pronotum encore plus transverse (2,10 à 2,15 fois plus large que long), les angles
antérieurs en lobes plus fortement développés et plus avancés, le sillon transver-
sal antérieur oblitéré sur les côtés, le disque plus fortement seulpté-striolé et le
lobe basilaire médian nettement moins développé. Aux élytres, l'angle hum!
est mieux marqué et même légèrement denté, tandis qu’il est arrondi chez T. nr
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 193
nanae ; intervalles effacés à l'exception du 3° qui est bien bombé sur toute sa lon-
gueur et les stries sont complètement oblitérées; chez l'espèce d’Alluaud les
intervalles sont un peu bombés et nettement marqués, les stries toujours indiquées ;
l'espace séparant les côtes 7 et 8 est particulièrement étroit, formant une rainure.
Les épipleures sont beaucoup plus larges chez la nouvelle espèce, surtout en
avant. Les protibias sont pourvus à leur face supérieure d’une série médiane de
4 à 5 fortes soies épineuses.
Édéage fig. 14 a. Styles génitaux de la 9 normaux.
Édéages. a, Tapinoscaris peyrierasi n. sp. ; b, Crepidopterus mahaboensis n. sp.
Distribution dans l’île, — CexrRe : Sud d’Ambalavao,
Ambavahala près d’Antanifotsy (mission CNRS, RCP. n° A. Peyrieras,
XIL. 1972 ; IV. 1973: II. 1974, 82 ex.). Holotype et paratypes au Muséum natio-
nal d'Histoire naturelle, à Paris ; paratypes au Musée Royal de l'Afrique centrale,
à Tervuren.
Remarque. — On pourra intercaler comme suit cette nouvelle espèce dans
mon tableau dichotomique :
11. (12). Surface des élytres convexe, les stries presque lisses, les intervalles
très peu bombés ou plans.
11 a (11 b). Champ postoculaire avec 6 à 7 plis en V largement ouverts.
Sillons frontaux profonds mais étroits, terminés assez brus-
Source : MNHN, Paris
194 P. BASILEWSKY
quement en arrière, sans former de fossettes. Espace séparant
les côtes 7 et 8 des élytres étroit mais normal. Protibias pour-
vus sur leur face supérieure de 0 à 3 soies. Long. 19 à
ÉD nnevecae rec EE te 6. T. razananae (Alluaud)
11 b. (11 a). Champ postoculaire bien plus fortement sculpté, avec 6 à 7
gros plis en zigzag très convexes. Sillons frontaux très larges,
formant en arrière une grande fossette arrondie dont le fond
est fortement sculpté. Espace séparant les côtes 7 à 8 des
élytres particulièrement étroit, presque en rainure. Protibias
pourvus sur leur face supérieure de 4 à 5 fortes soies. Long. 29
SATA rene D Ga. T. peyrierasi n. Sp.
Tapinoscaris carnoti (Alluaud) (p. 143)
Nouvelle capture :
MADAGASCAR EST :
sion CNRS, R.CP. n° 2
Col de Madiorano, entre Maropaika et Vondrozo (mis-
5, A. Peyrieras, V. 1973, 1 ex.).
Genre Dinoscaris Alluaud
Dinoscaris rostratus (Fairmaire) (p. 150)
Nouvelles captures :
Mapagascar Norp : Montagne d’Ambre, 2 km au Nord-Ouest de la station
des Roussettes, 900 m (4. Peyrieras, VIII. 1973, 20 ex.).
Ces exemplaires mesurent de 22 à 28 mm.
Dinoscaris gallienii (Alluaud) (p. 151)
Nouvelles captures :
MapaGascar Es
rieras, N. 1972, 14 ex.).
: Italy, 30 km au Sud-Ouest de Fort-Dauphin (4. Pey-
Dinoscaris detriei detriei (Alluaud) (p. 154)
Nouvelles captures :
MADAGASCAR : Forêt de Mandena, 8 km au Nord de Fort-Dauphin, forêt
sur sable fin (A. Peyrieras, IL. 1974, 7 ex.).
Ces exemplaires mesurent de 48 à 55 mm.
Voir carte fig. 15.
Dinoscaris detriei corniculatus Basilewsky (p. 154)
Nouvelle capture :
MapaGascar C
du piton 1 644 m (
Forêt de Kalambatitra, à l'Est de Betroka, Sud-Est
. Peyrieras, IV. 1974, 1 ex.).
Voir carte fig. 15.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 195
© verator
WW äctrii detriei
# dewriei corniculatus
15. — Gen. Dinoscaris Alluaud. Répartition géographique.
Dinoscaris venator (Chaudoir) (p. 157)
Nouvelles captures :
AR CEN Forêt d’Ambatofinandrahana, 1 680 m (A. Peyrieras,
— Forêt près d’Ambatofinandrahana, P. K. 293 de la route
nationale 7, 40 km au Sud d'Ambositra (A. Peyrieras, V. 1973, 2 ex.).
Voir carte fig. 15.
Dinoscaris atrox (Bänninger) (p. 162)
Nouvelle capture :
Mapaascar CENTRE : Forêt d'Ambohiboatavo, 1340 m (P. Griveaud et
A. Peyrieras, LIL. 1973, 1 ex.).
Source : MNHN, Paris
196 P. BASILEWSKY
Genre Storthodontus Chaudoir.
Storthodontus impressifrons (Fairmaire) (p. 177)
Cette espèce n’est connue que par les individus de la série typique, prove-
nant de « Antakares, entre Isokitra et Diégo-Suarez (Frères Perrot, X. 1891 ».)
Comme je l'ai déjà dit plus haut, la situation exacte de cette localité, restée long-
temps douteuse, a pu être précisée par A. PEvRIERAS et serait à proximité d'Ampa-
nefeka, dans la partie septentrionale du Domaine de l'Est (voir carte fig. 17).
Storthodontus boileaui Alluaud (p. 178)
Nouvelles captures :
Mapagascar Esr : Ambohitohako, Belalona, Sous-préf. de Sambava, 500 m
(A. Peyrieras, IX. 1973, 15 ex.).
S. impressifrons et S. boileaui cohabitent partiellement. Ces deux esp.
ressemblent extrêmement, mais la conformation très différente du style gén
de la permet une distinction facile.
Storthodontus bresseti Boileau (p. 182)
Nouvelles captures :
MapaGascar Esr : Au Nord d’Antalaha (A. Peyrieras, I. 1967, 4 ex.). — Hia-
raka, presqu'ile Masoala (4. Peyrieras, X. 1968, 2 ex.). — Nosy Mangabe (A. Pey-
rieras, I. 1967, 1 ex.). — Fampanambo (A. Peyrieras, XII. 1968, 1 ex.). — Aniribe,
Mananara-Nord (A. Peyrieras, X. 1966, 4 ex.).
Cette espèce est quelque peu variable et il se pourrait qu’elle comporte plu-
sieurs sous-espèces locales ; un matériel plus abondant serait nécessaire.
Storthodontus aegeon Chaudoir (p. 184)
be que je cite est due à une
erreur d'étiquetage de J. Varox. L'espèce n’est connue que de Antanambe,
Mont Antampona et Maroantsetra.
Genre Crepidopterus Chaudoir
Crepidopterus decorsei (Fairmaire) (p. 191)
Nouvelles captures :
Mapacascar Sup : Sud-Est de Tranomaro, Androatsabo, 400 m (A. Pey-
rieras, V. 1972, 29 ex.). — Plateau Mahafaly, région d'Ankalirano (A. Peyrieras
el P. Vielle, I-IL. 1974, 1 ex.).
Crepidopterus pipitzi Fairmaire (p. 197)
Nouvelles captures :
. MapaGascar Ouesr : Sud-Ouest d'Ankazoabo, forêt d’Herca, 580 m (A. Pey-
rieras, V. 1972, 4 ex.). — Massif d’Analavelona, forêt, 1 250 m (mission CNRS,
RCP. n° 225, À. Peyrieras, NI. 1972, 8 ex.).
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 197
MADAGasCar CENTRE : Plaine de Ranotsara, abords du village d'Ambinda,
entre Ihosy et Ivohibe (A. Peyrieras, N. 1973, 1 ex. Forêt de Kalambatitra,
à l'Est de Betroka, Sud-Est du piton 1 644 m (A. Peyrieras, IV. 1974, 9 ex.).
Ces captures élargissent considérablement l'aire de dispersion de l'espèce
(voir carte fig. 16).
pipitzi
© sublevis
. 16. — Gen. Crepidopterus Chaudoir. Répartition géographique.
Crepidopterus mahaboensis n. sp.
Type. — Holotype 3, Madagascar Est, forêt de Mahabo (4. Peyrieras,
V.1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 42-52 mm. Corps assez convexe, les élytres nette-
ment plus courts que l’avant-corps.
Source : MNHN, Paris
198 P. BALISEWSKY
Tête très large et volumineuse, à mandibules très développées, fortement
sculptée, pourvue de nombreuses rides longitudinales longues, profondes et rap-
prochées, entamant même l'aire cérébrale et le champ postoculaire ; sillons fron-
taux très larges mais peu profonds, parcourus entièrement par les rides longitu-
dinales, convergents en arrière ; calus oculaire complètement nul, les yeux petits :
lobes latéraux du labium un peu subarrondis en avant ou légèrement tronqués,
non carénés mais pourvus de ridules longitudinales nombreuses et profondes :
paragènes à carène interne courte, obliquement ridulés, tandis que tout le labium
est fortement ridulé transversalement. Pronotum très transverse, presque deux
fois plus large que long, les angles antérieurs formant de larges lobes fortement
prolongés vers l'avant, les côtés nettement arqués jusqu’à l'angle postérieur où
le rebord forme un gros tubercule dentiforme saillant, le lobe basilaire médian
court mais bien marqué ; gouttière marginale pas spécialement étroite mais plu-
tôt quelque peu explanée ; dépressions basilaires indistinctes ; sillon longitudinal
médian long mais fin et très étroit, le transversal antérieur bien marqué sur toute
sa longueur ; toute la partie antérieure pourvue de rides longitudinales courtes et
profondes ; milieu du disque assez fortement striolé en travers et ponctué, cette
striolation devenant de plus en plus serrée et entremélée vers les côtés. Élytres
courts et assez convexes, fortement acuminés vers le sommet chez la 9, beaucoup
moins chez le ; repli basilaire complètement absent ; épaule très arrondie ; crête
humérale très saillante, bien arquée, quelque peu élargie, continuée sans inter-
ruption par le repli latéral ; surface très mate chez le d, dépourvue de côtes et
même de stries, mais pourvue d’une microsculpture très forte consistant en une
aciculation et une chagrination avec de tout petits granules subarrondis, tandi
que chez la 9 la 3e côte est nettement soulevée sur presque toute sa longueur, moins
sculptée au milieu, ce qui la rend plus brillante.
Apophyse prosternale sans soies. Protibias sans rangée médiane de soies à la
face antérieure, avec la bifurcation des deux dents externes terminales située un
peu en avant du niveau de l'insertion des tarses.
Soies prothoraciques antérieure et postérieure pr
sentes ; pas de soies basi-
laires. Cinq à six soies discales.
Édéage fig. 14 D.
Distribution dans l’île (fig. 17). — Mapacascar Esr : Forêt de Mahabo,
au Sud-Est de Maropaika (A. Peyrieras, V. 1973, 9 ex.). Holotype et paratypes
au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris; paratypes au Musée Royal de
l'Afrique centrale, à Tervuren.
Remarque. — Cette nouvelle espèce s’intercalera comme suit dans mon
tableau dichotomique :
14. (9). Calus oculaire tout à fait nul.
14 a. (14 6). Angles postérieurs du pronotum bien marqués en petits den-
ticules, les antérieurs prolongés en forts lobes vers l'avant
Soies prothoraciques antérieure et postérieure présentes.
Rebord basilaire de l'élytre absent, arrêté à la fin de la crête
humérale. Long. 42 à 52 mm..... 7a. C. mahaboensis n. sp.
14 5. (14 &). Angles postérieurs du pronotum tout à fait effacés, les anté-
rieurs courts, non prolongés en lobes vers l'avant mais dentés.
SE GO) AN Res me
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 199
@ C. sublevipennis
© S. impressipennis
À C. mahaboensis
Fig. 17. — Gen. Crepidopterus Chaudoir et Storthodontus Chaudoir.
Répartition géographique.
Crepidopterus sublevipennis (Alluaud) et C. sublevis Jeannel (p. 204, 206)
Ainsi que j'ai pu le constater en examinant d'assez nombreux exemplaires,
le dédoublement de la soie prothoracique antérieure est exceptionnelle et ne
présente pas un critère spécifique.
Ces deux espèces sont extrêmement voisines et diffèrent par la taille, la
sculpture élytrale, les soies prothoraciques postérieures et la forme de l'édéage.
Le tableau que j'ai donné (p. 191) devra donc être modifié comme suit :
18. (19). Taille plus faible (29 à 39 mm). Surface élytrale absolument
plane, aucun des intervalles n’étant soulevé même légère-
Source : MNHN, Paris
200
ponctuées. Soie prothoracique postérieure isolée, non accom-
pagnée de soies basilaires. Bord antérieur du pronotum à
strioles longitudinales moins profondes
9. C. sublevipennis (Alluaud)
19. (18). Taille plus forte (40 à 51 mm). Surface élytrale non tout à fait
plane, l'intervalle 3 toujours un peu soulevé, surtout en avant,
parfois aussi un peu le 5 ; stries très peu marquées et irrégu-
lières, à ponctuation superficielle. Soie prothoracique posté-
rieure accompagnée d’une à plusieurs soies basilaires. Bord
antérieur du pronotum à strioles longitudinales plus profondes.
RE TD oc TU EE 10. C. sublevis Jeannel
C. sublevipennis (Alluaud) (fig. 17)
Nouvelles captures
MaDaGaAscaR OuEsr : Ankarafantsika (A. Peyrieras, I. 1973, 34 ex.).
GC. sublevis Jeannel (fig. 16)
Nouvelles captures :
MaDaGascar Ouest : Soalala, à l'Est du village de Baly (baie de Baly)
(A. Peyrieras, IL. 1973, 23 ex.).
Crepidopterus goudoti (Guérin) (p. 206)
Nouvelle:
aptures :
AR Esr : Route de Tamatave, forêt du P. K. 181, entre Beforona et
« 1972, 1 ex.). — Beforona, P. K. 181 (A. Pey-
MapaG
Ampasimbe, 540 m (A. Peyrieras, IX
rieras, X. 1973, 2 ex.).
Genre Pilades Heyne et Taschenberg
Pilades coquereli (Fairmaire) (p. 212)
Au cours de ses prospections entomologiques dans le Nord de l'Ile, A. P.
MIERAS a recueilli de nombreux exemplaires de cette espèce, provenant de localités
très différentes. Cet abondant matériel m'a amené à revoir sa variation subsp.
cifique, ce qui m’a obligé à établir une série de sous-espèces nouvelles et à modifier
le tableau que j'avais donné antérieurement (pp. 213-214).
1. (14). Base de l'élytre partiellement rebordée, ce rebord consistant en
quelques tubercules saillants à l’origine des intervalles 3, 4 et 5,
parfois isolés, parfois réunis entre eux.
2. (7). Crête humérale continuée régulièrement et sans interruptions par
la carène marginale, formant un large arrondi et ne présentant à
leur rencontre ni denticule, ni bourrelet. Rebord basilaire bien
marqué.
3. (6). Surface de l’élytre pourvue de côtes élevées assez distinctes, tant
chez le 4 que chez la ©. Microsculpture des élytres modérée, ren-
dant la surface brillante, surtout chez la 9.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 201
4. (5). Dessus moins brillant, surtout les élytres (à l'exception du som-
met des côtes), qui sont nettement mais finement aciculés. Prono-
notum densément couvert de rides transversales sur le milieu du
disque, tandis que les côtés sont fortement vermiculés. Long. 36
à 53 mm... a. P. c. amplipennis (Bänninger)
ex
(4). Dessus très brillant, les élytres dépourvus de toute aciculation.
Pronotum avec quelques très légères traces de rides transversales
au milieu du disque. Long. 35 à40 mm... b. P.c. pauliani Basilewsky
6. (3). Surface de l’élytre à côtes indistinctes, tant chez le $ que chez la
Microsculpture des élytres plus forte, rendant toute la surface
mate chez les deux sexes. Long. 37 à 45 mm.................
c. P. c. narindae n. subsp.
à
(2). Crête humérale non continuée régulièrement par la carène margi-
nale mais formant une petite interruption avec un bourrelet ou un
épaississsement à cet endroit, où l'on voit parfois aussi les vestiges
de l'origine du 7e intervalle.
8. (11). Rebord basilaire bien marqué, les tubercules réunis entre eux par
une carène assez saillante.
9. (10). Taille plus grande (47 à 58 mm). Microseulpture élytrale bien
plus faible, surtout chez la ?, ce qui rend la surface plus brillante.
Pronotum plus transversal. Sillons frontaux plus larges et plus
profonds, à fossette terminale plus grande. ...................
d. P. c. coquereli (Fairmaire)
10. (9).
aille plus petite (43 à 45 mm). Microsculpture ély!
ment plus forte, ce qui rend la surface moins brillante, même mate
chez le $. Pronotum moins transver
la
Sillons frontaux moins
ges et moins profonds, à fossette terminale plus petite...
e. P. c. sambiranus n. subsp.
11: (8). ilaire peu marqué, les tubercules isolés et non réunis
entre eux par une crête.
12. (13). Sillons frontaux larges et courts, à fossette terminale particuliè-
rement grande et arrondie ; champ postoculaire plus fortement
sculpté. Pronotum plus grossièrement sculpté, à angles antérieurs
plus fortement lobés vers l’avant. Élytres plus convexes, plus
larges et plus courts chez la ©, à microsculpture plus faible, à
côtes mieux marquées ; vestige du 7° intervalle nul ou très faible.
IRL Et irinneecessnrtol nas f. P. c. peyrierasi n. subsp.
13. (12). Sillons frontaux très longs et bien plus étroits, à fossette terminale
plus petite et allongée ; champ postoculaire plutôt ponctué que
sculpté. Pronotum plus finement sculpté, les angles antérieurs
moins fortement lobés vers l'avant. Élytres peu convexes, plus
allongés et plus étroits chez la 9, bien moins trapus, à côtes moins
marquées ; vestige du 7° intervalle bien marqué à la base où il
bifurque du 8e à la fin de la crête humérale. Long. 40 à 44 mm.
ES EU Ve te g. P. ©. sambava n. subsp.
14. (1). Base de l’élytre dépourvue de toutes traces de rebord ou de tuber-
cules, formant un plan descendant régulièrement vers l'avant.
Surface de l'élytre à côtés indistinctes.
Source : MNHN, Paris
202 P. BASILEWSKY
15. (16). Taille moindre, les élytres plus courts, plus brillants, à striation
distincte ou effacée, le sommet plus obtus. Long. 34 à 45 mm.
h. P. c. camuseti (Boileau)
16. (15). Taille très grande, les élytres plus allongés et convexes, mats,
généralement sans trace de striation, le sommet plus atténué.
DONS GI A GER TN TR i. P. c. goliath (Alluaud)
a. Pilades coquereli amplipennis (Bänninger) (p. 214)
Sous-espèce propre à Nosy Beraña, île de l'archipel des Radama.
b. Pilades coquereli pauliani Basilewsky (p. 216)
Sous-espèce propre à Nosy Mitsio, ile située au Sud-Ouest de la pointe
septentrionale de Madagascar.
c. Pilades coquereli narindae n. subsp.
Type. — Holotype 4 Madagascar Ouest, baie de Narinda (A. Peyrieras,
IX. 1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 37 à 45 mm. Rebord basilaire de l'élytre présent,
constitué par une crête réunissant la base des intervalles 3 à 5, avec de légers
tubercules à la base de chaque côte ; chez l'unique 4 que j'ai sous les yeux, cette
crête est nettement plus faible que chez la Q. Sillons frontaux profonds mais
assez étroits, à fossette terminale peu étendue ; champ postoculaire peu sculpté,
simplement pourvu de points gros et profonds, assez espacés, non réunis entre
eux par de la ridulation, Tête et pronotum peu brillants, ce dernier très trans-
versal. Élytres à côtes indistinctes chez les deux sexes, à microsculpture forte,
rendant toute la surface mate.
Distribution dans l'ile (fig. 18). — Mapagascar Oursr: baie de Narinda,
canton d’Antonibe, au pied des collines à tsingy (calcaires) près d’Anjajavy
(A: Peyrieras, IX. 1978, 1 4 et 1 9). Holotype au Muséum national d'Histoire
naturelle, à Paris; paratype au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
d. Pilades coquereli coquereli (Fairmaire) (p. 214)
Sous-espèce propre à deux iles du Nord-Ouest de Madagascar : Nosy Be et
Nosy Komba.
e. Pilades coquereli sambiranus n. subsp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Sambirano : massif du Manongarivo
(A: Peyrieras, VIII. 1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long, mm. Rebord basilaire de l’élytre bien mar-
qué, formé par une crête saillante réunissant la base des intervalles 3 à 6, sans
tubercules. Sillons frontaux très larges et assez profonds, courts, à fossette ter-
minale petite et assez profonde; champ postoculaire fortement sculpté. Pro-
notum très transversal. Élytres allongés chez les deux sexes, peu ovoïdes, à côtes
bien distinctes, à microsculpture assez faible, surtout chez la 9, ce qui la rend
plus brillante que le 4, tandis que l’avant-corps est brillant chez les deux sexes :
aucun vestige du 7e intervalle.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 203
Distribution dans l'île (fig. 18). — Manacascar Samprrano : Massif
du Manongarivo, 50 km au Sud d'Ambanja (A. Peyrieras, VIII. 19 get59).
Holotype et paratypes au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris; pa
types au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
— Gen. Pilades Heyne et
sous-espèces dans le Nord de Mada
2, P. e.sambiranus n.subsp. ;3, P. c. amplipennis (B
n. subsp. ; 5, P. c. pauliani Basilew 6, P. €. golialh (Allua
(Boileau); 8, P. c. peyrierasi n. subsp. ; 9, P. c. sambava n. subsp.
Fi. À
P, coquereli et de s
maire 2
chenberg. Distribution géographique de
1, P. 6. coquereli (Fair-
narindae
. camuseli
f. Pilades coquereli peyrierasi n. subsp.
Type. — Holotype $, Madagascar Nord, chaine de l'Andrafamena (A. Pey-
rieras, VIIL. 1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 45 à 58 mm. Rebord basilaire tout à fait incomplet,
formé par un tubercule ou un bourrelet à la base des côtes 3 et 5, parfois vague-
ment réunis par un vestige de crête jamais bien saillant. Sillons frontaux très
larges et très fortement ridulés, assez courts, avec la fossette terminale particu-
lièrement grande et arrondie ; calus oculaire très saillant et à angle droit en avan
champ postoculaire fortement sculpté et ponctué. Pronotum très transvers
Élytres convexes, à côtes bien nettement soulevées ; épaule arrondie, générale-
ment sans vestige de 7° intervalle ou alors faible. Avant-corps brillant.
al.
Source : MNHN, Paris
204 P. BASILEWSKY
Les mâles sont toujours de taille plus faible, avec des élytres plus allongés
et plus étroits, peu ovoïdes, à sculpture plus forte, ce qui les rend mats ; chez les
femelles, par contre, les élytres sont plus convexes, bien plus courts et plus ovoïdes,
à microsculpture plus faible, ce qui les rend assez brillants.
Distribution dans l’île (fig. 18). — Mapagascar Non : Forêt d'Antsoy
(A. Peyrieras, NIIL. 1973, 7 ex.).— Forêt d'Analamerana (A. Peyrieras, VIII.
1973, 9 ex.). — Chaine de l'Andrafamena (4. Peyrieras, VIII. 1973, 19 e
Ankarana, crête calcaire au Sud de la montagne d’Ambre (A. Peyrieras, I. 1966,
2 ex.). — Sahafary, à l'Est du village Sadjoavato (A. Peyrieras, L. 1966, 3 ex.).
Holotype et paratypes au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris: para-
types au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
Cette sous-espèce occupe une aire de dispersion plus vaste que les autres ;
elle y forme souvent des populations assez homogènes, très légèrement différentes
de celles des forêts voisines, sans qu’il soit toutefois possible, à mon avis, de les
séparer. Les individus de la forêt d’Antsoy mesurent 49 à 58 mm, ceux de la forêt
d’Analamerana 45 à 51 et ceux de la chaîne de l’Andriafiamena 39 à 50 mm.
Dans ma révision, j'avais rapporté à P. ce. camuseli les exemplaires de l'Ankarana
et de Sahafary.
g. Pilades coquereli sambava n. subsp.
t, forêt à 25 km au Nord de Sambava
Type. — Holotype ?, Madagascar I
(A. Peyrieras, XII. 1972) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 40 à 44 mm. Rebord basilaire très faible, marqué
par un petit tubercule à la base du 5e intervalle, parfois aussi du 36, et une légère
élévation entre eux ne formant guère de crête. Sillons frontaux très longs et étroits,
à fossette terminale petite et allongée ; calus oculaire bien saillant ; champ post-
ire plutôt ponctué que sculpté. Pronotum très transversal, ridulé trans-
versalement sur le disque, fortement sculpté et chagriné sur les côtés, les angles
antérieurs très lobés vers l'avant. Avant-corps brillant, Élytres de la © allongé
et modérément ovoïdes, peu arrondis et très moyennement convexes ; côtes
légèrement soulevées et bien distinctes ; vestige du 7€ intervalle fin mais marqué,
prolongé jusqu’à mi-longueur de l’élytre.
Distribution dans l’île (fig. 18). — Mapacascar Esr : Forêt à 25 km
au Nord de Sambava, sur la route de Vohemar (A. Peyrieras, XII. 1972, 2 9).
Holotype au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris ; paratype au Musée
Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
h. Pilades coquereli camuseti (Boileau) (p. 217)
Sous-espèce propre à la montagne d’Ambre. Les individus que j'ai cités
d’autres provenances appartiennent à la subsp. P. c. peyrierasi.
Nouvelles captures :
MapAG
r NorD : Montagne d'Ambre (A. Peyrieras, III. 1973, 4 ex.).
i. Pilades coquereli goliath (Alluaud) (p. 218)
Sous-espèce propre à la montagne des Français.
Source : MNHN,
Paris
n
Se
Gi
CARABIDAE SCARITINAE
Pilades sakalava (Alluaud) (p. 219)
Nouvelles captures :
MaDAGAscAR Où Forêt à 40 km au Nord de la rivière Sofia sur la route
n° 6 (A. Peyrieras, IX. 1973, 10 ex.).
La seule localité d’où cette espèce était connue (Bemarivo) est mal indiquée
sur ma carte fig. 98 (p. 222) qui doit donc être remplacée par la carte fig. 19.
Fig. 19. — Répartition géographique de Pilades sakalava (Alluaud).
Source : MNHN, Paris
206 P. BASILEWSKY
II. Trib. CLIVIN
Genre CLIVINA Latreille
Clivina rugiceps Klug (p. 231)
Nouvelles captures :
Mapaascar NorD : Sud-Ouest de la forêt d’Analamera, au bord de la
rivière Bobakindro (A. Peyrieras, VIII. 1973, nombreux exemplaires).
Clivina madagascariensis Dejean (p. 236)
Nouvelles captures :
Mapagascar Esr : 42 km au Nord de Sambava, forêt d'Analabe (A. Pey-
rieras, XI. 1968, 8 ex.).
Genre Brachypelus Putzeys (p. 257)
Dans ma récente révision je ne citais que deux espèces de ce genre endé-
mique à Madagascar. Depuis lors, M. A. PEYRIERAS a recherché spécialement des
Brachypelus et a réussi à en recueillir de nombreux exemplaires en divers endroits.
Non seulement il a repris les deux espèces déjà connues, mais en a découvert
trois autres, ce qui m’amène à remanier le tableau dichotomique.
Tous les individus de ces intéressants Cliviniens endogés ont été recueillis
par tamisages et lavages de terre.
TABLEAU DES ESPÈCES
1. (4). Épaule complètement arrondie, sans denticule ni épine, le repli
basilaire continué sans interruption par le repli marginal de l’élytre.
3). Taille plus grande. Élytres presque aussi foncés que le pronotum.
Yeux bien plus grands, beaucoup plus larges que la bordure externe
des gènes, presque aussi larges que l’espace les séparant du sillon
frontal. Sillons frontaux bien plus larges dans le fond, Côtés du pro-
notum nettement plus arrondis. Stries élytrales plus profondes et
moins effacées en arrière. Styles de l'organe génital $ avec deux
soies terminales. Long. Fine sl oosonnon 1. B. obesus Putzeys
3. (2). Taille plus petite.
‘tres d’un brun nettement plus clair que le pro-
notum. Yeux beaucoup plus petits, un peu plus larges que la bordure
externe des gènes, beaucoup plus étroits que l’espace les séparant du
sillon frontal. Sillons frontaux moins larges dans le fond. Côtés du
pronotum moins arrondis. Stries élytrales plus profondes, plus effa-
cées en arrière. Styles de l'organe génital 4 avec une seule soie ter-
minale. Long. 4, 2. B. microphthalmus n. sp.
aule avec un denticule acéré, le repli basilaire formant une épau-
lette saillante, non continuée directement par le repli marginal de
l'élytre.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 207
- (6). Ailes clypéales bien séparées du lobe sus-antennaire par une pro-
fonde échancrure anguleuse. Yeux très petits, en fente courte et
étroite, à facettes rudimentaires ou incomplètes. Microsculpture du
dessus indistincte. Styles de l'organe génital 4 avec deux soies ter-
minales. Long. 4,8 à 5,8 mm........... ....... 3. B. minor Alluaud
6. (5). Ailes clypéales non ou à peine distinctement séparées du lobe sus-
antennaire, à échancrure nulle ou à peine distincte. Yeux plus
grands, en fente plus longue et plus large, à facettes bien conformées.
Styles de l'organe génital & avec une seule soie terminale.
&
. Microsculpture du pronotum et des élytres indistincte. Sillons
frontaux profonds et larges dans le fond. Fente oculaire très large.
Côtés du pronotum plus arqués, plus fortement élargis en arrière.
Intervalles des élytres convexes, les stries peu profondes. Long.
GDS 10m 0 4. B. pauliani n. sp.
8. (7). Microsculpture du pronotum et des élytres réticulaire et bien appa-
rente. Sillons frontaux profonds mais étroits dans le fond. Fente ocu-
laire plus étroite. Côtés du pronotum peu arqués et plus rectilignes,
moins élargis en arrière. Intervalles des élytres peu bombés, les
stries moins profondes mais mieux marquées jusqu'à l'apex. Long.
5,25 à 5,50 mm. 5. B. reticulatus n. sp.
1. Brachypelus obesus Putzeys (p. 258)
Nouvelles captures :
MapaGascar Esr : Beforona, P. K. 181, lavage de terre (A. Peyrieras, X.
1973, 2 €
2. Brachypelus microphthalmus n. sp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Est, Périnet
(Muséum, Paris).
Peyrieras, III. 1973)
Description. —— Long. 4,50 à 4,85 mm. Dessus noir et brillant, les élytres
d'un brun foncé nettement plus clair que l’avant-corps ; dessous brun de poix ;
mandibules, pattes, antennes et pièces buccales d’un ferrugineux clair.
Tête lisse, à microsculpture à peine apparente, très finement et éparsément
ponctuée, les points très petits et très superficiels ; lobes sus-antennaires nette-
ment saillants et convexes, séparés de l'aile clypéale par une échancrure angu-
leuse. Yeux très petits, avec des facettes rudimentaires, un peu plus larges que la
bordure externe des gènes, beaucoup plus étroits que l’espace qui les sépare des
sillons frontaux ; ces derniers profonds mais étroits dans le fond. Pronotum grand
et modérément convexe, 1,16 à 1,23 fois plus large que long ; bord antérieur sub-
droit, à peine relevé sur les côtés où les angles antérieurs sont peu marqués ; lar-
geur maximale très fortement déportée en arrière du milieu, presque au niveau
du pore prothoracique postérieur, les côtés légèrement arqués sur toute leur lon-
gueur, bien plus fortement rétrécis en avant qu’en arrière ; surface lisse, à micro-
sculpture réticulaire faible mais bien distincte. Élytres courts et larges, ovoïdes,
1,45 à 1,48 fois plus longs que larges ensemble, bien convexes ; épaule bien arron-
die et effacée ; le repli basal, bien conformé à partir de la base de la 4e strie, est
régulièrement continué après l'épaule par le repli latéral, sans aucune interrup-
tion ; gouttière marginale assez étroite sur toute sa longueur ; stries profondes et
14
Source : MNHN, Paris
208 P. BASILEWSKY
ponctuées, nettement oblitérées en arrière ; intervalles larges et convexes, pourvus
d’une microréticulation bien distincte ; pas de tubercules à la base.
Dessous lisse et brillant, les proépisternes mats, à microréticulation assez
forte. Segment anal réticulé et sillonné transversalement.
Un seul pore discal situé sur la partie postérieure de la 3e strie.
Édéage fig. 20 b : styles avec une seule soie terminale.
déages. a, B. pauliani n. sp
B. reliculatus n. sp.
20. — Gen. Brachypelus Putze:
b, B. microphihalmus n. sp
Distribution dans l'île (fig. — MApaGascar Esr : Périnet, temi-
sages et lavages de terre (A. Peyrieras, III. 1973, 8 ex.). — Périnet, forêt de la
Grande-lle (A. Peyrieras, X.1973, 1 ex.). Holotype et paratypes au Muséum
national d'Histoire naturelle, à Paris; paratypes au Musée Royal de l'Afrique
centrale, à Tervuren.
3. Brachypelus minor Alluaud (p. 259)
Nouvelles captures :
sr : Périnet, terre tamisée et lavée (A. Peyrieras, III.
Peyrieras, X. 1973, 2 ex.).
MADAGASCAR
, 3 Ex.). — Périnet, forêt de la Grande-lle (2
4. Brachypelus pauliani n. sp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Est, col de Madiorano (A. Peyrieras,
V.1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 5,15 à 5,70 mm. Dessus noir, les él res moins
foncés que l’avant-corps ; dessous brun de poix foncé, les appendices d’un ferru-
gineux rougeâtre.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 209
Tète lisse, à microsculpture et ponctuation indistinctes ; lobes sus-anten-
naires peu saillants, très légèrement séparés des ailes clypéales. Yeux assez grands,
pourvus de nombreuses facettes bien conformées, la fente oculaire très large et
sillons frontaux longs et profonds, très larges dans le fond. Pro-
assez longue ;
notum grand et modérément convexe, 1,20 à 1,23 fois plus large que long ; bord
antérieur subdroit, les côtés un peu relevés et les angles antérieurs assez sail-
lants en légers denticules ; largeur maximale fortement déportée en arrière du
Milieu, située presque au niveau du pore prothoracique postérieur, les côtés assez
arqués sur toute leur longueur et faiblement rétrécis vers l'avant ; surface lisse,
à microsculpture presque indistincte. Élytres ovoïdes et quelque peu allongés,
1,40 à 1,55 fois plus longs que larges ensemble, convexes ; épaule pourvue d’un
denticule posthuméral bien marqué, formé par la crête humérale qui est bien
arquée ; gouttière marginale un peu élargie sur toute sa longueur ; stries pro-
fondes et ponctuées, effacées près de l’apex, les intervalles très peu convexes et à
microsculpture non apparente ; pas de tubercules à la base.
Dessous lisse et brillant, les proépisternes sans microsculpture mais avec de
fortes rid transversales. Segment anal microréticulé et finement striolé en
travers.
Un seul pore discal sur la partie postérieure de la 3e strie.
Édéage fig. 20 a; styles avec une seule soie terminale.
Distribution dans l’île (fig. 21). — Manacascar Esr : Col de Madiorano,
entre Maropaika et Vondrozo (mission CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, V.
1973, 7 ex.). Holotype et paratypes au Muséum national d'Histoire naturelle, à
Paris; paratypes au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
Brachypelus reticulatus n. sp.
Type. — Holotype &, Madagascar Centre, forêt d’Ambohiboatavo, à l'Est
du lac de Mantasoa (A. Peyrieras, XII. 1973) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 5,25 à 5,80 mm. Dessus noir, élytres d’un brun foncé
plus clair que l'avant-corps ; dessous brun de poix, les appendices ferrugineux.
‘Tête lisse, à microsculpture non apparente mais toute la surface est pourvue
d'une ponctuation très fine, à points petits, superficiels et espacés ; lobe sus-
antennaire à peine saillant, non séparé de l'aile clypéale par une échancrure ;
yeux très moyens, avec des facettes bien développées mais peu nombreuses, la
fente oculaire bien plus étroite que chez B. pauliani ; sillons frontaux profonds
mais étroits. Pronotum grand mais faiblement convexe, 1,15 à 1,17 fois plus
large que long ; bord antérieur subdroit, surélevé latéralement, les angles anté-
rieurs marqués ; largeur maximale fortement déportée en arrière du milieu, située
à peu près au niveau du pore prothoracique postérieur, les côtés peu arqués et
presque rectilignes, modérément rétrécis vers l'avant ; surface lisse, à micro-
sculpture réticulaire bien marquée. Élytres courts et larges, ovoïdes, 1,37 à 1,50 fois
plus longs que larges ensemble, modérément convexes ; épaule pourvue d’un den-
ticule posthuméral bien marqué, formé par la crête humérale qui est moyenne-
ment arquée ; gouttière marginale assez large sur toute sa longueur ; stries peu
profondes et ponctuées, mais bien marquées loin en arrière, les intervalles très
peu convexes, pourvus d’une microseulpture semblable à celle du pronotum ;
pas de tubercules à la base.
Source : MNHN, Paris
210 P. BASILEWSKY
Dessous lisse et brillant, les proépisternes très finement réticulés et avec des
vestiges de sillons transversaux. Segment anal microréticulé.
Un seul pore discal sur la partie postérieure de la 3° strie.
éage fig. 20 c; styles avec une seule soie terminale.
© obesus
© minor
PACS Y reticulatus
X pauliani
Tic. 21. — Gen. Brachypelus Putzeys. Répartition géographique.
Distribution dans l’île (fig. 21). —- Manaascar CE Forêt d’'Ambo-
hiboatavo, à l'Est du lac de Mantasoa (A. Peyrieras, XII. 1973, 3 ex.). Holotype
et paratype au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris ; un paratype au
Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 211,
Genre Antireicheia Basilewsky (p. 261)
Un abondant matériel de ce genre m'a été communiqué récemment, prove-
nant de l’Andringitra et surtout de l’'Andohahelo, d'où aucun Reïichéine n'avait
encore été recueilli. J'y ai trouvé quatre espèces inédites, ce qui m’oblige à rema-
nier considérablement le tableau des espèces que j'avais donné dans ma révision.
Au fur et à mesure qu'augmente le nombre d’espèces connues des genres
Anlireicheia et Afroreicheia, tant à Madagascar qu’en Afrique, il semblerait que
la distinction de ces deux taxa devient moins nette et moins convainquante, et
une étude d'ensemble s'avère de plus en plus souhaitable. J'espère pouvoir bien-
tôt l'entreprendre, car de nombreux exemplaires d'Afrique méridionale et orien-
tale sont maintenant en ma possession, et leur examen pourrait peut-être appor-
ter quelques éclaircissements.
TABLEAU DES ESPÈCES MALGACHES
1. (18). Rebord basilaire du pronotum normalement conformé, bien mar-
qué au milieu.
2, (15). Taille plus faible (2,4 à 3,5 mm).
3. (14). Corps non particulièrement étroit, la tête proportionnellement
plus petite, le cou moins épais. Pronotum moins étroit et moins
allongé. Élytres moins longs et plus larges.
4. (5). Bord de l’élytre longuement et assez fortement crénelé sur tout le
premier tiers de la longueur, avec de nombreux denticules bien
distincts. Épaule nettement marquée. Long. 3,3 à 3,6 mm.
CAN IDE LA) ee EC AE 1. A. pauliani Jeannel
5. (4). Bord de l'élytre plus faiblement crénelé, un à trois denticules
posthuméraux distincts.
6. (11). Taille de moins de 3 mm.
7. (10). Yeux très petits mais bien distincts sous forme d’une petite aire
translucide ovale, sans trace de pigmentation, un peu saillante au
sommet de la voussure latérale. Articles 6 à 10 des antennes
subglobuleux, à peu près aussi larges que longs. Sillons frontaux
particulièrement courts, mais larges et profonds.
8. (9). Corps plus large et plus court, moins cylindrique et moins court.
Yeux mieux marqués. Côtés du pronotum fortement arrondis.
Élytres non acuminés au sommet, à stries fortes et profondes,
continuées assez loin en arrière. Long. 2,4 à 2,8 mm (Andringitra).
...... 2. A. antsifotrae Basilewsky
9. (8). Corps plus long et plus étroit, moins convexe et plus cylindrique.
Yeux encore plus petits. Côtés du pronotum très faiblement mar-
qués. Élytres nettement plus acuminés au sommet, à stries très
faibles, marquées seulement par des rangées de points, effacées
dans le dernier tiers. Long. 2 à 2,3 mm (Andohahelo)...........
res TU re a ivietteiune SD:
Source : MNHN, Paris
Fi.
10 (A)
11. (6).
12. (13).
13. (12).
14 (3).
P. BASILEWSKY
22. — Gen. Antireicheia Basilews ges. à, /
: andohahelana n. sp. :
b, A. transita n. sp. ; e, A. subgrandis n. sp. ; d, :
. viellei n. sp.
Yeux presque tout à fait absents. Articles 6 à 10 des antennes
sub-transverses, un peu plus larges que longs. Long. 2,4 mm
(Nord chaines Anosyennes)..... 4. A. descarpentriesi Basilewsky
Taille de plus de 3 mm.
Corps plus allongé et plus étroit, le pronotum 1,11 à 1,12 fois plus
long que large, les élytres 1,61 à 1,62 fois plus longs que larges
ensemble, Pronotum à largeur maximale située près du milieu,
les côtés très faiblement arqués, presque subparallèles. Articles
6 à 10 des antennes un peu plus longs que larges. Long. 3,2 à
3,5 mm (Nord chaines Anosyennes)... 5. A. peyrierasi Basilewsky
Corps plus court et plus large, le pronotum 1,03 fois plus large
que long, les élytres 1,54 fois plus longs que larges ensemble.
Pronotum à largeur maximale fortement déportée en arrière,
les côtés très arqués et nettement rétrécis vers l'avant. Articles 6
à 10 des antennes subtransverses. Long. 3,2 à 3,4 mm (Andoha-
helo) 6. A. andohahelana n. sp.
Corps très étroit, la tête proportionnellement moins petite, le cou
plus épais. Pronotum très étroit et allongé, nettement plus long
que large. Élytres longs et étroits. Long, 3 mm (Andringitra).
7. À. gracilis Jeannel
Taille plus forte (3,8 à 4,6 mm).
ête plus large et plus courte, à microsculpture réticulaire bien
marquée, à sillons frontaux plus larges et plus courts. Articles 6
à 10 des antennes plus transverses. Pronotum à largeur maximale
à peine déportée en arrière, à côtés peu arrondis, presque subrec-
tilignes. Stries élytrales plus profondes, les externes mieux mar-
quées. Long. 4 mm (Région d'Ambositra). 8. A. subgrandis n. sp.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 213
17. (16). Tête moins large et plus longue, à microsculpture très faible, à
sillons frontaux moins large et plus longs. Articles 6 à 10 des
antennes nettement plus longs que larges. Pronotum à largeur
maximale bien déportée en arrière du milieu, bien arrondi.
Stries élytrales moins profondes, les externes presque vestigiales.
Long. 3,8 à 4,8 mm (Andringitra)..... 9. A. grandi:
Basilewsky
18. (1). Rebord basilaire du pronotum assez faible, encore aminci au
milieu où il est souvent plus ou moins effacé. Corps assez étroit et
allongé, le pronotum un peu plus long que large. Yeux très petits.
Élytres modérément crénelés à l'épaule, à striation assez faible.
Long. 2,70 à 2,95 mm (Andohahelo)...… 10. A. transita n. sp.
1. Antireicheia pauliani Jeannel (p. 264)
Nouvelles captures :
MADAGASCAR CENTRE
FDH
Andringitra Est, Anjavidilava, 1 850-1950 m,
2 (mission CNRS, RCP. n° 225, XII. 1972, 6 ex.).
Espèce décrite de la forêt d’Imaitso, qui, d’après une communication de
M. R. PAuLIAN, est située en presque continuité avec celle d’Anjavidilava.
2. Antireicheia antsifotrae Basilewsky (p. 266)
Nouvelles captures :
MADAGASCAR CENTRE : Andringitra Est, Anjavidila
FDHM 2 (mission CNRS, RCP. n° 225, XII. 1972, 4 ex.).
XII. 1972, 9 ex.).
a, 1 850-1950 m,
— Id., 1 600 m (Jd.,
3. Antireicheia viettei n. sp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Est, plateau de l’Andohahelo (A. Pey-
rieras, V. 1972) (Muséum, Paris).
Description. — Long. 2 à 2,3 mm. D’un ferrugineux généralement assez
clair ; pattes et antennes plus claires.
Tête assez allongée et étroite mais épaissie et convexe en arrière, à micro-
sculpture moyennement marquée, devenant plus faible en arrière, les yeux parti-
ement petits mais distincts au sommet de la voussure qui est assez longue
mais peu saillante ; sillons frontaux courts mais larges et peu profonds ; antennes
courtes, les articles 6 à 10 subglobuleux, à peu près aussi longs que larges. Pro-
notum 1,11 à 1,15 fois plus long que large, non élargi en arrière, à largeur maxi-
male située près du milieu, les côtés faiblement arqués sur toute leur longueur,
pas plus rétrécis en avant qu’en arrière ; rebord basilaire entier bien qu’un peu
plus faible au milieu ; sillon longitudinal médian bien marqué, n’atteignant pas
la base ; surface imponctuée, très légèrement ridulée en travers, à microsculpture
réticulaire bien marquée. Élytres allongés et assez étroits, peu ovoïdes, 1,75 à
1,85 fois plus longs que larges ensemble, les côtés nettement rétrécis vers l'arrière
où ils sont un peu acuminés ; épaule fortement marquée, le bord posthuméral
présentant deux crénelures petites mais acérées ; striation faible, comportant cinq
à six rangées de points assez gros, effacée extérieurement et dans le dernier tiers.
age (fig. 22 d) petit, faiblement arqué sur toute sa longueur, la partie basale
étroite et courte, l’apicale épaisse ; styles avec 2 soies terminales et une subapicale.
Source : MNHN, Paris
214 P. BASILEWSKY
Distribution dans l'île (fig. 23). — Mapaascar Esr : Chaines Ano-
syennes, Sud-Ouest du Trafonaomby, plateau de l'Andohahelo, 1 770-1
lavages de terre (mission CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, V. 1972,
Holotype et paratypes au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris ;
types au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
4. Antireicheia descarpentriesi Basilewsky (p. 268)
Pas de nouvelles captures.
5. Antireicheia peyrierasi Basilewsky (p. 267)
Nouvelles captures :
massif Nord, haute Ranomandry,
CE 1971,.3.ex:).
: Chaines Anosyenn
ion CNRS, RGP. n°
1900 m, FDHM (mis
6. Antireicheia andohahelana n. sp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Est, Andohahelo (A. Peyrieras, V. 1972)
(Muséum, Paris).
Long. 3,20 à 3,40 mm. D'un brun rougeâtre assez foncé,
s buccales, les antennes et les pattes d’un ferrugineux clair.
Description.
le dessous, les piè
Tête modérément allongée, épaissie en arrière, à microsculpture assez forte,
les yeux petits mais bien saillants au sommet de la voussure latérale qui est
longue et modérément gonflée ; sillons frontaux longs, plus larges et surtout
plus profonds en avant ; antennes courtes, les articles 6 à 10 subtransverses. Pro-
notum à peine plus large que long, fortement élargi en arrière, à largeur maximale
déportée en arrière du milieu ; côtés très fortement arqués et bien plus rétrécis en
arrière qu’en avant ; rebord basilaire entier et bien marqué au milieu ; sillon
longitudinal assez profond mais étroit et n’atteignant pas la base ; surface lisse,
à peine distintement ridulée transversalement, à microsculpture bien marquée ;
épisternes prothoraciques invisibles du dessus. Élytres assez trapus et courts,
ovoïdes, 1,53 à 1,58 fois plus longs que larges ensemble, les côtés très arqués sur
toute leur longueur et non acuminés en arrière ; épaule bien marquée, le bord
posthuméral avec une seule crénelure assez forte mais non acérée; striation
moyenne, effacée extérieurement et en arrière, les stries pourvues de points assez
gros dans la moitié antérieure.
Édéage (fig. 22 a) de même forme que chez A. viellei, à partie basale plus
épaisse.
Distribution dans l'île (fig. 23). — Mapacascar Esr : Chaines Ano-
syennes, Sud-Ouest du Trafonaomby, plateau de l’Andohahelo, 1 770-1950 m,
lavages de terre (mission CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, N. 1972, 7 ex.). —
Holotype et paratypes au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris; para-
types au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
7. Antireicheia gracilis Jeannel (p. 269)
Pas de nouvelles captures.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 215
8. Antireicheia subgérandis n. sp.
Type. — Holotype $, Madagascar Centre, Ambatoñtorahana (A. Peyrieras,
XII. 1972) (Muséum, Paris).
Description. —— Long. 4 mm. Brun rouge foncé, les antennes, pièces buc-
cales et pattes ferrugineuses.
Tête large et courte, fortement épaissie en arrière, à microsculpture réticu-
laire bien marquée, les yeux moins petits que chez la plupart des autres espèces,
la voussure latérale longue et gonflée ; sillons frontaux larges et profonds mais
plus courts que chez A. grandis ; antennes assez courtes, les articles 6 à 10 sub-
transverses. Pronotum aussi long que large, à peine élargi en arrière, la largeur
maximale située un peu en arrière du milieu, les côtés très faiblement arqués et
presque rectilignes ; rebord basilaire entier et bien marqué au milieu ; sillon longi-
tudinal médian fin et peu profond, n’atteignant pas la base ; surface lisse, à micr
scuipture à peine distincte. Élytres allongés, très convexes, fortement ovoïdes,
légèrement acuminés au sommet, 1,70 à 1,78 fois plus longs que larges ensemble,
les côtés bien arqués sur toute leur longueur ; épaule faiblement marquée mais
moins tombante que chez A. grandis, le bord posthuméral pourvu d’une seule
crénelure assez faible ; stries profondes, les externes un peu mieux marquées que
chez les autres espèces, pourvues d'une ponctuation assez grosse et continuées
assez loin en arrière.
Édéage (fig. 22 c) très grand, fortement coudé en avant, à partie basale
épaisse : styles avec deux soies terminales et une subapicale.
Distribution dans l'île (fig. 23). — Mapacascar CENTRE : Ambatofito-
rahana, district d’Ambositra, km 303 de la route nationale 7, 1 600 m (A. Peyrie-
ras, XII. 1972, 26). Holotype au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris:
paratype au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
9. Antireicheia grandis Basilewsky (p. 269)
Nouvelles captures :
Mapagascar CENTRE: Andringitra Est, Anjavidilava, 1 850-1950 m, FDH M 2
(mission CNRS, RGP. n° 225, XII. 1972, 17 ex.).
10. Antireicheia transita n. sp.
Type. — Holotype 4, Madagascar Est, Andohahelo (A. Peyrieras, N. 1972)
(Muséum, Pari
Description. — Long. 2,70 à 2,95 mm. D'un ferrugineux clair, les pièces
buccales, antennes et pattes testacées.
Tête allongée et assez étroite, modérément épaissie en arrière, à microsculp-
ture réticulaire forte, surtout en avant, les yeux extrêmement petits, à peine dis-
tincts, la voussure latérale longue mais modérément proéminente ; sillons fron-
taux assez longs, larges et profonds seulement en arrière ; antennes courtes, les
articles 6 à 10 moniliformes et un peu plus longs que larges. Pronotum allongé,
1,15 à 1,16 fois plus long que large, la largeur maximale située vers le milieu de la
longueur, les côtés régulièrement mais modérément arqués, pas plus rétrécis en
arrière qu’en avant ; rebord basilaire bien plus faiblement marqué au milieu, chez
Source : MNHN, Paris
216 P. BASILEWSKY
certains exemplaires presque complètement effacé ; sillon longitudinal médian
étroit et peu profond ; surface lisse, avec quelques vestiges de ridules transver-
sales, à microseulpture réticulaire bien marquée. Élytres allongés, 1,72 fois plus
longs que larges ensemble, ovalaires, les côtés régulièrement mais faiblement
FiG. 23, — Gen, Antireicheia Basilewsky. Répartition géographique
n. sp. ; 2, A. pauliant Jeannel, A. antsifotrae Basilewsky, A. gracilis Je
Basilewsky ; 3, A. vieltei n. sp., A. descarpentriesi Basilewsk
A. andohähelana n. sp., A. transita n. sp.
1, A. subgrandis
nnel, A. grandis
A. peyrierasi Basilewsky,
arrondis sur toute leur longueur; épaule bien marquée, le bord posthuméral
pourvu d'une ou deux petites crénelures acérées ; striation faible, consistant en
7 rangées de points assez gros et profonds, les externes aussi bien marquées que les
internes, devenant de plus en plus faibles vers l'apex.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SCARITINAE 217
Édéage (fig. 22 b) de forme assez différente de celui des autres espèces, la base
très étroite et fortement coudée, la partie apicale rétrécie et recourbée ; style
gauche particulièrement large, avec deux soies terminales et une ventrale.
Distribution dans l'île (fig. 23). — Mapacascar Esr. : Chaines Ano-
syennes, Sud-Ouest du Trafonaomby, plateau de l'Andohahelo, 1 770-1950 m,
lavages de terre (mission CNRS, RCP. n° 225, A. Peyrieras, V. 1972, 18 ex.).
Holotype et paratypes au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris: para-
types au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
Genre Afroreicheia Jeannel
Afroreicheia bonsae Basilewsky (p. 272)
Nouvelles captures :
MADAGASGAR : Périnet, terre tamisée et lavée (A. Peyrieras, III. 1973,
1 ex.). Route de Lakato (A. Peyrieras, XI. 1972, 6 ex.).
Afroreicheia elongata Jeannel (p. 273)
Nouvelles captures :
Mapacascar CENTRE : Andringitra Est, Anjavidilava, 1 600 m, FDHMA
(mission CNRS, RGP. n° 225, XII. 1972, 2 ex.). — Id., 1 800 m, FDHMA (Id,
XII. 1972, 2 ex.).
II. Trib. DYSCHIRIIN
Genre DYSCHIRIUS Bonelli
Dyschirius milloti Jeannel (p. 286)
Nouvelle capture :
MADAGASGaR CE Massif de l’Ankaratra, 1 900 m, lavage de terre en
forêt (A. Peyrieras, X 1973, 1 4).
L'édéage (fig. 24 a) de cette espèce n'avait pas encore été figuré.
Dyschirius peyrierasi n. sp.
Type. — Holotype à,
n° 225, A. Peyrieras, I. 19
Madagascar Centre, Itremo (mission CNRS, RCP.
(Muséum, Paris).
Description, — Long. 2,5 à 2,6 mm. Dessus luisant, brun de poix très foncé,
éclairci sur l'avant de la tête ainsi qu’à la base et au sommet des élytres ; dessous
brun ferrugineux, les appendices d’un ferrugineux plus clair, Espèce aptère.
te large et volumineuse, les sillons frontaux larges et profonds, très longs,
continués jusqu’en dessous de l'œil ; sillon transversal profond ; convexité médiane
très large et bien bombée, lisse, sans carènes et à microsculpture indistinete ; bord
antérieur du clypéus avec les deux dents latérales larges et très saillantes, mais
sans dent médiane ; yeux grands et moyennement saillants ; articles 6 à 10 des
Source : MNHN, Paris
218 f. BASILEWSKY
antennes globuleux mais pas plus larges que longs. Pronotum très convexe, aussi
large que long, subarrondi, la largeur maximale légèrement déportée en arrière
du milieu, la base pas plus large que le bord antérieur, les côtés largement et for-
tement arqués sur toute leur longueur: gouttière marginale continuée jusqu’au
pore postérieur ; disque lisse, à microsculpture non apparente ; sillon transversal
antérieur bien marqué, en V largement ouvert et atteignant l'angle antérieur, le
longitudinal médian très étroit et superficiel. Élytres convexes, assez courts, 1,52
à 1,55 fois plus longs que larges ensemble, ovalaires, nettement plus larges que le
pronotum, les épaules légèrement marquées et arrondies, la largeur maximale
située à la mi-longueur ; gouttière latérale n’allant guère plus loin que l'épaule,
non prolongée à la base vers le pédoneule ; surface lisse et déclive ; stries marquées
par des rangées de points gros et assez profonds, bien espacés, disparaissant vers
le dernier tiers ainsi que sur les côtés ; intervalles plans, lisses, sans micro-
sculpture apparente.
Dessous lisse, les proépisternes brillants et imponctués. Protibias courts, les
dents externes effacées, la distale très longue.
Pore basilaire de l’élytre absent ; pas de soies discales aux élytres et deux
soies apicales ; groupe huméral de la série ombiliquée formé de 3 pores rappro-
chés, le 4° très éloigné.
Édéage fig. 24 b.
Cette nouvelle espèce se rapproche de D. milloli Jeannel, de l'Ankaratra, par
l'aspect général, l'absence de pore basilaire et de soies discales aux élytres. Elle en
diffère surout par la gouttière marginale du pronotum prolongée au moins jusqu’au
pore prothoracique postérieur, par la taille plus grande, par le pronotum pas plus
large que long, plus arrondi, à côtés bien plus fortement arqués, par les points
des stries élytrales plus gros, plus profonds, et plus espacés.
Distribution dans l'île (fig. 25). — MapaGascar CENTRE : Massif de
l'Itremo, 1 610 m, prairie, laisses d'inondation (mission CNRS, RCP. n° 225,
A. Peyrieras, I. 1973, 18 ex.). Holotype et paratypes au Muséum national d'His-
toire naturelle, à Paris; paratypes au Musée Royal de l'Afrique centrale, à Ter-
vuren. Il est probable que l'habitat normal de l’espèce se trouve à des altitudes
plus élevées.
Source : MNHN, Paris
CARABIDAE SGARITINAE 219
@ D-milloti
# D. peyrierast
Y B.microphthalmus
Fre.
95.— Gen. Brachypelus Putzeys et Dyschirius Bonelli. Répartition géographique.
CONSIDÉRATIONS
Dans les pages qui précèdent 19 espèces et 4 sous-espèces nouvelles sont
décrites, ce qui porte le total des Scaritinae connus de la faune malgache à
143 espèces et 13 sous-espèces.
L’endémisme déjà signalé précédemment est encore renforcé et s'élève à
96 %,. La plupart des espèces inédites peuvent être rangées parmi les mégaendé-
miques d'une part, les paléoendémiques d'autre part. Elles sont toutes aptères.
La découverte d’un abondant matériel de Pilades coquereli montre encore
plus nettement la tendance à la subspéciation de cette espèce, fait assez excep-
tionnel chez les Scaritines de Madagascar.
Source : MNHN, Paris
220 P. BASILEWSKY
Nul doute que bien d’autres espèces restent encore à découvrir, surtout sur
les hauts massifs. Le massif du Tsaratanana, montagne la plus élevée de la Grande-
lle, n’a encore fourni aueun Scaritine.
En ce qui concerne la répartition dans l'ile, il faut ajouter aux listes publiées
dans ma révision (pp. 303-308) les données suivantes :
Domaine pu Nonp.
* Pilades coquereli peyrierasi.
DOMAINE DU SAMBIRANO.
*Dyscherus occidentalis
*Pilades coquereli sambiranus.
DOMAINE DE L'Est.
Secreur pu Norn-Esr, de Vohemar au Nord de la baie d'Antongil :
* Pilades coquereli sambava.
SECTEUR DE LA BAIE D'ANTONGIE :
* Madascaris centurio.
SECTEUR pu CENTRE ET DU Sup :
Dyscherus pauliani
*D. punclalostrialus
*Crepidopterus mahaboensis
* Brachypelus pauliani
*B. microphthalmus.
DomaIN
DU CE:
RE.
Dyscherus pauliani
*D. descarpentriesi
*D. peyrierasi
*Tapinoscaris_peyrierasi
* Brachypelus reticulatus
*Anlireicheia subgrandis
*Dyschirius peyrierasi.
DoMaINx
E DE L'OUEST.
* Prodyscherus morondavae
*Dilades coquereli narindae.
DOMAINE DES HAUTES-MOoNTAGNES.
Marojejy :
* Madascaris marojejyanus.
Andohahelo
*Typhloscaris viellei
*Antireicheia viettei
A. andohahelana
*A. fransila,
Source : MNHN, Paris
INPRIMERIE PROTAT FR , MACON. NO 6340 — JA:
1er M 1976. — ÉDITEUR : 41
Source : MNHN, Paris
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe z0010-
gique. L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la « Faune de Madagascar »
au Secrétaire de la « Faune » : P. Vierrs, 45 bis, rue de Buffon, 75005 Paris.
En vente à la Librairie René Taowas
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris
Dale de publication de ce volume : 20 janvier 1976
Fascicules publiés
F français
I. — Odonates Anisoptères, par le Dr FRASER, 1956... 35F
IT. — Lépidoptères, Danaidae, Nymphalidae Acraeidae, par
RIPAUENN 1056 Le. Re 40 F
HT. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Vierre, 1956 30F
IV. — Coléoptères Cerambycidae, Lamiinae, par S. BREUNING,
A ee PR ie 70 F
V. — Mantodea, par R. PAULIAN, 1957............. Ra 30 F
VI. — Coléoptères Anthicidae, par P. BoNADoNA 1 40 F
VIT. — Hémiptères Enicocephalidae, par A. ViLLuërs, 1958... 30 F
VIII. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Giveaup, 1959... 50 F
IX. — Arachnides. Opilions, par le D' R.-F. LAWRENCE, 1959. 30 F
X. -— Poissons des eaux douces, par J. ArNouLr, 1959... 60F
XI. — Insectes. Coléoptères Scarabaeïdae, Scarabaeina et
Onthophagini, par R. PauLtAN ; Helictopleurina, par
HAPERIS (060 PRO en 50 F
Source : MNHN, Paris
Fascicules publiés (suite)
F français
XII. — Myriapodes. Chilopodes, par le D: R.-F. LAWRENCE,
LB O n messe 50F
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines, par
R. PAULIAN, 1961....:..........,............ 5 100 F
XIV. — Lépidoptères Eupterotidae et Attacidae, par P. Se
VEAUD, 1961.................... roses 5 50F
XV. — Aphaniptères, par le Dr Lumarer, 1962... : 50 F
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. CROSNIER,
1962. 50 F
XVII. — Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. GRIVEAUD,
LOGE ne Hures pos vases eee ee 50 F
XVIII. — Crustacés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par
A CROSNIER, 1060205... mc SErusres 50F
XIX. — Insectes. Coléoptères Erotylidae, par H. Pnrcrep, 1965. 35 F
XX (1). — Insectes. Lépidoptères Noctuidae ne
(part), par P. Vierre, 1965 50F
(2). — 14. Amphipyrinae (part.) et Melicleptriinae, 1967 70F
XXI. — Octocoralliaires, par A. Trxrer-DURIVAULT, 1966. ... 70 F
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par A. GRIE-
BINE, 1966. 120 F
XXIII. — Insectes. ne par À. non 1967. . 70F
XXIV. — Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P. R. s.
WHALLEY, 1967,.....,.,. 4.4 30F
XXV. — Insectes. Hétéroptères Lygacidae Blissinae, par J.
SLATER, 1967... 30 F
XXVI. — Insectes. Orthoptères Acridoidea (Pyrgomorphidae
et Acrididae), par V. M. Dinsx et M. Descamps, 1968. 70 F
XXVII — Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. PAULIAN
et P. VIETrE, 1968 ss 60F
XXVIIT. — Insectes. Hémiptères Reduviidae Ge partie), par
A. Viciers, 1968. 70F
XXIX. — Insectes. pepe Notodontidae, par S. G. KirIa-
KOFF, 1969..... 80 F
XXX. — Insectes. ar He BrINDLE, 1969........ 40F
XXXI. — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Plusiinae, par
GC: DurAY, 1970.52. etes esessovsesmeee 80F
XXXII. — Arachnides. Araignées Archaeidae, par R. LEGENDRE,
170 ee Re nue Lu 50F
XXXIIIL. — Reptiles. Sauriens Chamaeleonidae, le genre Chamae-
leo, par E.-R. Bry@o0, 1971............... 120 F
XXXIV. — Insectes. Lépidoptères Lasiocampidae, par
LAJONQUIÈRE, 1972... . S 120 F
XXXV. — Oiseaux, par Ph. MILoN, J.-J. PETTER et G. RANDRIA-
NASOLO, 1973............................. ses 180 F
Source : MNHN, Paris
36.
37.
38.
39.
40.
At.
Fascicules publiés (suite)
Mammifères. Carnivores, par R. ALBIGNAC, 1973...
Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae, par P. Ba-
SILEWSKY, 1973
Arachnides. Araignées Araneidae Gasteracanthinae,
par M. EMERIT, 1974.....
Insectes. Lépidoptères Agaristidae, par S. G. are
Korr et P. VIETTE, 1974................ Foneeteese
Insectes. Coléoptères Cerambycidae Parandrinae et
Prioninae, par R. M. QuenTIN et A. Vizzrers, 1975..
Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae: II. Bio-
logie, par À. Pevriras. — III. Supplément à la
Systématique, par P. BAsILEWSKY, 1975............
F français
150 F
150 F
150 F
100 F
180 F
180 F
Source : MNHN, Paris