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FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
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REPTILES
SAURIENS IGUANIDAE
par
Charles P. BLANC
Zoogéographie, Université Paul Valéry, Montpellier
Volume honoré d'une subvention de l'AUPELF
(Association des Universités
partiellement ou entièrement de langue française)
ORSTOM CNRS
Paris
1977
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAuLrAN
Gorrespondant de l’Institut
Recteur de l’Académie de Bordeaux
(alors Directeur-adjoint de PIRSM)
Collection honorée d’une subvention de l’Académie des Sciences (fonds Loutreuil)
Comité de patronage
Son Excellence M. le Dr Rakoro RATSIMAMANGA, membre correspondant de
l'Institut, Paris. — M. le Ministre de l'Éducation nationale, Tananarive. — M. le
Président de l'Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Université
de Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l'Université de Tananarive.
— M. le Directeur général du CNRS, Paris — M. le Directeur général de
l'ORSTOM, Paris.
M. le Professeur Dr J. Mirror, membre de l’Institut, fondateur et ancien
directeur de lIRSM, Paris. — M. le Professeur R. Hæim, membre de l’Institut,
Paris.
MM. les Professeurs J. Dorsr, membre de l’Institut, directeur du Muséum
national, Paris; J.-M. Près, membre de l’Institut, Marseille; A. GHABAUD, Paris;
G. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, Paris; P. LEumaAnN, Paris; M. RAakoOTOMARIA,
Tananarive.
Comité de rédaction : M. R. Pauzran, Président; MM. C. DELAMARE
DeBouTreviLze, P. Dracn, P. Griveaun, A. GRIEBINE, J.-J. Pevrer,
G. RAMANANTSOAVINA, P. ROEDERER, P. VIETE (secrétaire).
Les volumes de la « Faune de Madagascar », honorés d’une subvention de la
République Malgache, sont publiés avec le concours financier du Centre National
de la Recherche Scientifique et de l'Office de la Recherche Scientifique et Technique
Outre-Mer.
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Source :MNHN, Paris
Bibliothèque Centrale Muséu
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FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
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REPTILES
SAURIENS IGUANIDAE
par
Charles P. BLANC
Zoogéographie, Université Paul Valéry, Montpellier
Volume honoré d’une subvention de l'AUPELF
(Association des Universités
partiellement ou entièrement de langue française)
ORSTOM CNRS
Paris
1977
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
PRÉFACE.
INTRODUCTION .
HISTORIQUE . .
TAxoNOMIE
CLÉ
PREMIÈRE PARTIE :
DE DÉTERMINATION.
A - Genre Oplurus .
1. — Oplurus cyclurus
IL. — Oplurus cuvieri cuvieri
III. — Oplurus quadrimaculatus .
IV. — Oplurus fierinensis .
V. — Oplurus grandidieri .
VI. — Oplurus saxicola .
B - Genre Chalarodon. .
VII. — Chalarodon madagascariensis .
Observations biologiques
DEUXIÈME parrig : Relations phylogénétiques
A - MORPHOLOGIE
I. — Ecaillure et coloration
II. — Biométrie .
NT AH éMIPENS en
IV. — Squelette céphalique .
B - COMPORTEMENT. .
V. — Mouvements de parade .
G - ÉcoroGte .
VI. — Répartitions. .
D - CYroLoGtE. . .
VII. — Caryotypes.
Présentation des Iguanidés malgaches
Pages
Source : MNHN, Paris
6 SOMMAIRE
E - SÉROTAXONOMIE .
VIII. — Lactico-déshydrogénase .
IX. — Protéines sériques .
X. — Immunologie. .
CONCLUSIONS.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
INDEX ALPHABÉTIQUE.
Source : MNHN, Paris
PRÉFACE
La petite famille des /guanidae constitue l’un de ces joyaux de la faune malgache:
un groupe dont la présence est illogique au point de vue biogéographique, tout à la
fois homogène et diversifié, où s’exercent les forces de spéciation caractéristiques
du peuplement d’une place vide.
Ce sont ces groupes que les biogéographes utilisent avec prédilection et dont ils
tirent des arguments parfaitement contradictoires et trop souvent péremptoires,
simplement parce qu’ils ont oublié les sages préceptes d’un JEANNEL ou d’un BRUNDIN,
qui font d’une précise connaissance des espèces et des genres le point de départ de
toute réflexion plus générale.
Mais, pour trop de ces groupes, à Madagascar comme dans tous les autres
pays tropicaux, les documents dont disposent les chercheurs se limitent à des spéci-
mens morts, plus ou moins bien conservés et dont la seule morphologie externe peut
être étudiée.
En créant, en 1956, la série de la Faune de Madagascar, j'avais l'espoir que
cette initiative, provoquant un développement des recherches sur ce paradis des
naturalistes, permettrait, par l’association du travail sur le terrain et de l'étude
en laboratoire, de faire progresser notre compréhension de l’origine et de l’évolution
de l’une des faunes les plus remarquables du monde. Ainsi s'explique que parmi
des volumes de forme classique, qui constituent la base de notre connaissance de
bien des groupes malgaches, se soient glissés, de plus en plus fréquemment, des
volumes apportant une véritable monographie, aussi biologique que taxonomique,
des espèces malgaches. C’est ce qui caractérise les textes traitant des Anophelinae,
des Archaea, des Gastéracanthes, des Scaritinae, des Lémuriens.
L'ouvrage d’aujourd’hui se situe dans cette lignée et consacre plus des deux
tiers de son volume à des études approfondies de l’ostéologie, de la caryologie, de
la sérotaxonomie, mais aussi de la biologie, des quelques espèces malgaches
d’Iguanidae.
S’il ne nous apporte pas, pour autant, la solution du problème biogéographique
posé par la présence de la famille à Madagascar, du moins offre-t-il aux chercheurs
américains et mélanésiens, la base des indispensables comparaisons d’où peut naître
une meilleure compréhension de l’origine et de la distribution de ces Sauriens. Il
répond done au souhait de tous les chercheurs préoccupés de biogéographie mondiale.
L’inlassable énergie, la curiosité sans cesse en éveil, l’art d'utiliser au mieux
toutes les ressources disponibles, ont marqué l'élaboration sur le terrain et la rédaction
de ce travail; il constituera un apport essentiel à l’herpétologie et fait honneur
à son auteur.
Source : MNHN, Paris
Je souhaite que le succès qu’il rencontrera sûrement, confirme l'intérêt que les
scientifiques portent à la fois à la faune malgache et à la Faune de Madagascar.
Je souhaite aussi qu’il encourage d’autres naturalistes à préparer des études
conçues dans le même esprit et dont le besoin se fait sans cesse davantage sentir.
Bordeaux, 1 octobre 1974
R. PAULrAN
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
Les Iguanidés sont représentés à Madagascar par les deux genres endémiques
Oplurus et Chalarodon, renfermant sept espèces (la population isolée sur la Grande-
Gomore et élevée au rang subspécifique par F. ANGEL (1942), ne sera pas incluse dans
ce travail). Des cinq familles de Lacertiliens que compte la faune malgache, celle
des Iguanidés pose un problème de zoogéographie particulièrement intéressant.
Sa distribution, essentiellement néotropicale : Amérique, îles Galapagos, englobe
Madagascar et les îles Fidji, qui hébergent les deux espèces du genre endémique
Brachylophus. L'absence d’Iguanidés vivants et, dans l’état actuel de nos connais-
sances, de tout document paléontologique sur les continents entourant Madagascar :
Afrique, Asie, Australie, est l’un des thèmes favoris des biogéographes (revue in
G.P. BLanc, 1972 : 501), qui a contribué à justifier l'opinion de L. Cuénor (1932) :
« Le peuplement de Madagascar et des îles voisines est la plus difficile énigme de
la géographie zoologique ».
Ce travail a pour but de dégager les traits essentiels des relations entre les divers
Iguanidés malgaches aux niveaux générique et spécifique. La littérature (ir F. ANGEL,
1942; C.P. BLanc, 1969 a) met en évidence des différences morphologiques et écolo-
giques importantes entre les deux genres. Leur dispersion à très grande distance
incite à un examen soigné de leurs rapports. Complété ultérieurement par une
étude analogue au niveau familial, nous espérons qu'il permettra de retracer la
phylogenèse de ces représentants isolés dans l’océan Indien.
Une recherche de ce type impose le choix d'éléments de comparaison aussi
variés que possible. Cependant, bien que cela soit peu satisfaisant pour l'esprit,
nous devons nécessairement en limiter les termes, à cause des possibilités locales
limitées d’investigations, mais aussi du souci d'éviter les redondances. Chaque espèce
est abordée à cinq niveaux différents :
— régional : répartition, écologie générale;
— local : comportement des mâles au sein d’une population;
— individuel : morphologie, anatomie (ostéologie crânienne);
— cellulaire : caryotypes;
— moléculaire : biochimie (protéines sériques, déshydrogénases lactiques) et
immunologie.
Compte tenu de leur publication dans la Faune de Madagascar, nos résultats
seront présentés en deux parties :
— la première, systématique, apporte des précisions sur chacune des espèces
aux points de vue morphologie (coloration, description de l’hémipénis, biométrie),
répartition et écologie:
— la seconde est réservée à l’analyse des éléments de comparaison : nous
utiliserons les résultats apportés dans la première partie ainsi que ceux dont la
Source : MNHN, Paris
10 C. P. BLANC
présentation se prêtait mal à une fragmentation espèce par espèce (ostéologie crâ-
nienne, mouvements de parade, cytogénétique), ou qui, comme l’immunologie,
exigent d’emblée un contexte comparatif.
En dépit de leur intérêt, souvent souligné par les biogéographes, ces Lézards
n’ont été, jusqu'ici, l’objet que d’un nombre limité de travaux zoologiques ou
biologiques.
Ce travail a pu être réalisé grâce :
— à la collaboration de Mme F. BLANC, qui assura l’étude des relations séro-
taxonomiques et réalisa les préparations chromosomiques;
— au concours de M. Ch. DomEerRGuE, qui se chargea de la préparation des
hémipénis et de leur illustration photographique;
— à l’aide technique et aux conseils que nous avons reçus.
Nous avons le plaisir de remercier :
M. le Recteur R. PAULIAN, qui a bien voulu rédiger la préface de ce travail,
nous conseilla sa publication dans la Faune de Madagascar et favorisa sa rédaction
en nous accueillant dans son service à Montpellier;
M. le Professeur R. LEGENDRE, qui, en nous ouvrant l'accès de son Laboratoire
de Zoologie-Biologie générale à la Faculté des Sciences de Tananarive, a permis
nos premiers et exaltants contacts avec la nature malgache; nous ne pouvons oublier
ses conseils et son aide : il guida et favorisa toujours, malgré les difficultés, nos
sorties sur le terrain, puis nous accorda les ressources techniques de son service à
Montpellier;
M. le Professeur J. Guié, qui fut l’instigateur de ces recherches en attirant
notre attention sur l'intérêt des Iguanidés malgaches;
M. le Professeur Ch. DEviLLers, qui assura la direction scientifique de nos
premières recherches sur quelques aspects de la biologie de Chalarodon mada-
gascariensis permettant une approche particulière de ce groupe;
MM. les Docteurs E.R. BryGoo, Directeur de l'Institut Pasteur, J. SERRE,
Directeur de l’Institut d’'Élevage tropical, à Tananarive, ainsi que leurs collabo-
rateurs, pour l’aide technique qu’ils nous ont apportée. Sans leur bienveillante compré-
hension plusieurs chapitres n’auraient pu être écrits:
M. le Professeur P. Cazaz, Directeur du Centre de Transfusion sanguine à
Montpellier pour son accueil et nos collègues de l’'U.E.R. de Mathématique de
l'Université Paul Valéry à Montpellier grâce à qui l'exploitation des données biomé-
triques a pu être réalisée.
Nous aimerions également remercier tous nos amis, à Madagascar et en France,
pour leurs conseils et leur aide matérielle, tant au laboratoire que sur le terrain, en
particulier pour les récoltes et les prospections dans les régions d’accès difficile.
Nous adressons notre reconnaissance à nos excellents collaborateurs, M. Raza-
FIMANPIANDRA, agent technique si dévoué à Tananarive, Mme C. BARRET, qui assura
la dactylographie et M. B. Dannas, qui exécuta l'illustration de ce travail.
Source : MNHN, Paris
HISTORIQUE
F. ANGEL (1942) a retracé les principales étapes de la découverte des Lézards
de Madagascar. Nous apporterons à son étude quelques compléments, concernant
les Iguanidés, expliquant les vicissitudes qui ont marqué la nomenclature de plusieurs
espèces, et qui proviennent d’une série d'erreurs et de confusions répétées :
1. Albertus Sega, en 1734, décrit, dans son Thesaurus, sous le nom de Lacerta
Bras ou Quetzpaleo (1), un Lézard qu'il eroit originaire du Brésil; il en donne
une figure (pl. 97, fig. 4). Les caractères morphologiques : petite crête nuchale,
demi-colliers noirs très marqués au niveau des épaules, cycles d’écailles caudales
acuminées alternativement longs et courts (à l'exception de sa langue bifidel)
sont ceux d’Oplurus c. cuvieri.
Cette figure aurait, notamment, servi à Laurenr: (1768 : 52) pour décrire
Cordylus brasiliensis, que B. Merrem (1820: 56), place dans la synonymie d'Oplurus
cyclurus, et à LacéPne (Rept. in 40, 2 : 497) pour illustrer un fouette-queue (Uro-
mastix) appelé aussi Quetzpaleo.
2. En 1820, Blasius Merrem décrit (p. 56), dans le genre Uromastyx, l'espèce
yclurus (— O. cyclurus), la considérant aussi comme originaire du Brésil.
3. G. Cuvier, en 1829 (p. 47), crée, pour les Quetzpaleo, le genre Oplurus,
considéré comme monospécifique (p. 48) : Oplurus Torquatus Cuv. Le Baron Georges
Cuvien indique (p. 47, note infrapaginale 2) que le Tropidurus to(r)quatus Wied,
ne serait pas, comme le Prince Maximilien de Wien l'avait pensé, le Quetzpaleo
4. Dans l'ouvrage de E. Grirrrrn (1831), J.E. Gray (p. 139) donne une traduc-
tion du texte de G. Cuvrer (1829 : 47) puis, dans la seconde partie (p. 41), le met
en synonymie du binôme Tropidurus cuvieri, Gray :
« Cuvierës Tropidurus. Trop. Cuvieri, Gray. Oplurus Torquatus Cuv. ij 48. Seba j.t.
94 Î. 4.
1.C. Duméric et G. Bisron (1837 : 361), redécrivant vraisemblablement
l'exemplaire de G. Guvier, le nomment Oplurus sebae, binôme qui sera en général
utilisé ultérieurement. (Cette espèce est toujours considérée comme brésilienne).
Ils placent les Oplures parmi les Iguaniens.
6. Le nom générique sera modifié par L. France (1843 : 76) en Hoplurus
orthographe plus conforme à l'étymologie, qui sera le plus souvent utilisée par la
suite.
7. Ensuite, O. quadrimaculatus, en 1851, sera nommé par A. et C. Dumérir.
(1) Quetz
de l'Iguane (G
serait une corruption du mexicain : € aqua quetz pallia », l’un des noms
1er, 1829 : 47).
Source : MNHN, Paris
12 €. P. BLANC
8. En 1854, W. Perers fonde le genre Chalarodon et décrit Ch. madagascariensis,
sur un exemplaire récolté par A. Vorzrzkow, près de Saint-Augustin.
9. A. GrRanpipier recueille et décrit lui-même ©. saxicola et O. fierinensis,
en 1869.
10. Enfin, en 1900, F. Mocquarp fait connaître le dernier : ©. grandidiert.
TAXONOMIE
La taxonomie des Iguanidés malgaches a subi des modifications récentes en
application des règles de priorité.
1) JM. Savace (1952) établit que :
a) Le nom Oplurus Cuvier, 1829, monotype O. torquatus Cuvier, 1829 — Tropi-
durus cuvieri Gray, 1831, est seul valable. L'orthographe amendée Æoplurus de
FrrzGer, 1843, basée sur le monotype Oplurus sebae Duméril et Bibron, 1837 —
Tropidurus cuvieri Gray, 1831, nom substitutif d'Oplurus torquatus Guvier, 1829,
ne peut être retenue.
b) Le type du genre : Oplurus torquatus Cuvier, 1829, est un homonyme secon-
daire de Tropidurus torquatus Wied-Neuwied, 1821. Le premier terme acceptable
pour l'espèce décrite par Guvrer est Tropidurus cuvieri Gray, 1831. Oplurus sebae
A.M.C. Duméril et Bibron, 1837, étant apparemment le même spécimen que l'Oplurus
torquatus de Guvier, tombe en synonymie du terme antérieur de Gray, 1831.
La systématique des Oplurus s'établit donc comme suit :
Oplurus cyclurus (Merrem), 1820;
Oplurus c. cuvieri (Gray), 1831 avec une sous-espèce comorienne : ©. cuvieri
comorensis (Angel), 1942;
Oplurus quadrimaculatus Duméril, 1851;
Oplurus saxicola A. Grandidier, 1869;
Oplurus fierinensis A. Grandidier, 1869;
Oplurus grandidieri (Moequard), 1900.
2) R. ErnerinGe (1969) (1), a proposé en vertu de la Loi de Priorité, la conser-
vation du nom générique Chalarodon Peters, 1854 (espèce type, par monotypie :
Chalarodon madagascariensis Peters, 1854) et l’invalidation des termes suivants :
— nom générique : Tropidogaster Duméril et Bibron, 1837:
— nom générique : Tritropis Fitzinger, 1843;
lit Duméril et Bibron, 1837, publié dans le binôme
La Commission internationale de Nomenclature zoologique en 1970 a entériné
ces propositions (Opinion 955; R.V. MeLvie, 1971).
— nom spécifique : bain:
Tropidogaster blainvilii (
(1) Bull. zool. Nomencl., 1969, 25 : 224-296.
(2) Holotype 6869 (lg. 241-19) : 1 exemplaire d'origine inconnue
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 13
CLÉ DE DÉTERMINATION
En 1909, F. Mocquarn, dans son « Synopsis des Familles, genres, espèces des
Reptiles écailleux et des Batraciens de Madagascar », élabore la première elé complète
de détermination des Iguanidés malgaches. En 1942, F. ANGEL fournit un tableau
des espèces particulièrement détaillé, dans son volume : Les Lézards de Madagascar.
Nous avons élaboré, ci-dessous, une clé simplifiée, essentiellement pratique,
pour les genres et les espèces.
LÉ DE DÉTERMINATION DES GENRES
— Crête dorsale continue de la nuque à la base de la queue. . . . . Chalarodon
— Crête dorsale absente ou limitée à la nuque. . . . . . . . . . . Oplurus
CLÉ DE DÉTERMINATION DES ESPÈGES DU GENRE Oplurus
1. Écailles caudales fortement acuminées formant des verticilles saillants,
très marqués; une petite crête nuchale; base de la queue non déprimée. 2
1”. Écailles caudales épineuses mais formant des verticilles peu saillants;
absence totale de crête; base de la queue déprimée . . . . . . . .. 3
2. Verticilles tous égaux et acuminés . . . . . . . . . . . . O. cyclurus
2. Verticilles alternativement de taille très inégale . . . . . . O. c. cuvieri (3)
3. Ecailles dorsales grossièrement granuleuses, queue modérément dépri-
mée à sa base; quatre séries longitudinales dorsales de grandes taches
sombres, plus ou moins distinctes . . . . . . . . . O. quadrimaculatus
. Ecailles dorsales finement granuleuses, base de la queue et corps forte-
ment déprimés (2 replis longitudinaux bien marqués le long des flancs),
pas de grandes taches sombres dorsales. . . . . . . . . . . . . .. &
4. Ecailles de la région vertébrale hexagonales, plus grandes que les
écailles latéro-dorsales, écailles temporales agrandies. . . . . O. grandidieri
4. Ecailles de la région vertébrale semblables aux écailles latéro-dorsales 5
5. Coloration dorsale brunâtre, avec des vermiculations, écailles temporales
agrandies, striées ou carénées . . . . . . . . . . . . . . . . O. saxicola
5. Coloration dorsale gris verdâtre uniforme, écailles temporales ne pré-
sentant pas les caractères ci-dessus . . . . . . . . . . . . O. fierinensis
(3) La sous-espèce comorienne ©. c. comoriensis (Angel), 1942, fondée sur trois
(2 ex. syntypes n° 22-298 et 22-299, origine Grande-Comore, Avignon, et 1 ex. syntype 08
origine Grande-Comore, Humblot) s'en distinguerait, selon cet auteur, par une «variété spl
ciale de coloration » et son ornementation. Ce dernier caractère, notamment, nous paraît
discutable et des études plus précises sont souhaitables pour définir les relations entre la
forme comorienne et celle de la Grande Ile dont, certainement, elle dérive.
exemplaires
4
Source : MNHN, Paris
14 C. P. BLANC
Nous vERNACULAIRES. — Les noms vernaculaires des Reptiles varient souvent,
pour une même espèce, d’une ethnie à l’autre et, inversement, les mêmes noms
s'appliquent parfois à des espèces différentes. Aussi imagés soient-ils, ils ne sont,
pour les Iguanidés, que d’un intérêt relatif car ils ne reflètent que de façon approchée
leur systématique. Les Chalarodons sont nettement distingués et connus sous le
nom de « Dangalia », que leur donnent les Vezo. Les vocables par lesquels sont le
plus souvent désignés les Oplures sont, selon les régions : « Sitry » pour les Oplures
en général, et notamment pour ©. c. cuviert, seule espèce dans le Nord-Ouest de la
Grande-Ile, ou « Androngo » avec, parfois, une distinction entre « Androngohazo »
— gros lézards d’arbres, pour les Oplures arboricoles, et « Androngovato » — gros
lézards de rochers, pour les Oplures rupicoles. Les Masikoro de la vallée du Fiherenana,
près de Tuléar, confondant ©. quadrimaculatus et O. fierinensis, sympatriques, les
appellent : « Razamboay », littéralement « mère (— ancêtre) des Crocodiles ».
Cette imprécision du vocabulaire local tient au peu d'intérêt que les Malgaches
portent aux Iguanidés. Vivant à proximité même des villages, les Oplures ou les
Chalarodons très actifs, diurnes, curieux, sont bien connus. Difficiles à capturer
étant très agiles, inoffensifs, ils ne sont ni maltraités par les enfants ni l’objet d’inter-
dits, ou « fady », mais tout au plus d’une certaine crainte pour leur morsure. Une
symbiose s'établit : les Iguanidés contribuent à débarrasser les habitants de tous les
Insectes, Mouches notamment, qui pullulent sur les déchets divers, épandus autour
des villages.
Source : MNHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
PRÉSENTATION DES ESPÈCES
Nous indiquerons les caractères les plus remarquables relatifs notamment à la
coloration des adultes et des jeunes, à la morphologie de l’hémipénis, ainsi que des
données biométriques et des précisions sur la répartition et l'écologie. Nous précise-
rons, auparavant, les méthodes et le matériel utilisés pour chacune de ces investi-
gations.
1. Coloration. — Une première série d'indications sur la coloration générale
(parfois en alcool), ainsi qu’une illustration, des divers Iguanidés malgaches à été
apportée par F. ANGEL (1942). Nous nous proposons de compléter ces données en
précisant, pour chaque espèce, les principales variations individuelles, ainsi que les
différences sexuelles. La distinction des sexes est parfois peu aisée chez les Iguanidés.
En particulier, le renflement de la base de la queue des mâles, dû au développement
des hémipénis, caractère commode chez beaucoup de Lézards comme les Caméléons
par exemple, est ici peu marqué. Nous décrirons la livrée juvénile des diverses
espèces dans le souci pratique de permettre leur identification, et aussi pour la
compréhension qu’elle apporte dans l'interprétation du pattern adulte.
Nous discuterons, dans la seconde partie, de l'intérêt de ces observations dans
la recherche des affinités interspécifiques.
Matériel. — Nous avons examiné, pour cette étude, environ deux cents spéci-
mens, et utilisé des documents photographiques et cinématographiques en couleur,
de chaque espèce en période de reproduction.
Les localités d’origine sont les suivantes :
— Chalarodon madagascariensis : Tuléar.
— Oplurus cyclurus : Tuléar, Isalo.
— 0. c. cuvieri : Majunga, Soalala, Maevetanana, Ambato-Boeni.
— 0. quadrimaculatus : Ambositra, Andringitra, Tuléar, Isalo, Ibity.
— 0. fierinensis : Tuléar.
— 0. grandidieri : Thosy, Ankaramena.
— 0. saxicola : Horombe, Tsihombe, Beraketa, Tranomaro.
2. Hémipénis. — Nous décrirons les particularités morphologiques des hémi-
pénis dévaginés : leur préparation nécessite du matériel frais, vivant ou congelé,
mais elle permet une meilleure étude de ces organes.
Les préparations ont été effectuées par notre collègue Ch. A. DomerGur, selon
sa propre technique, par injection d’une masse colorée, fixation dans un bain formolé
et prélèvement de l'organe.
Source : MNHN, Paris
16 C. P. BLANC
La terminologie variant, avec les auteurs, nous désignerons, compte tenu de
L'orientation naturelle de l’hémipénis dévaginé, les différentes faces de la façon
suivante : face antérieure, celle qui porte le sillon spermatique; face médiale, celle
en regard du plan sagittal. Les faces opposées seront respectivement qualifiées de
postérieure et de latérale. L'extrémité distale, en vue supérieure, est appelée face
apicale.
Nous apporterons des précisions, pour chaque espèce, sur la forme générale et
chacune des trois parties : pédoncule, corps, apex, de l’hémipénis. Les dimensions
de l’apex seront toujours fournies dans l’ordre suivant : diamètre transversal X dia-
mètre antéro-postérieur. La longueur totale est mesurée du point le plus élevé
de l’apex à la base du pédoncule. Les dimensions et un certain nombre de caractères
pouvant varier avec l’état de turgescence produit par la masse d'injection, nous avons
toujours effectué des comparaisons sur les deux hémipénis du même animal.
Nous discuterons dans la seconde partie leur contribution à la classification
naturelle des Iguanidés malgaches. L'importance de la morphologie des hémipénis
chez les Reptiles a été soulignée par H.G. DowrinG et J.M. Savace (1960).
Matériel. — Une bonne préparation des deux hémipénis dévaginés a été obtenue
chez un mâle adulte de chaque espèce (tableau 1).
Tasceau À : Caractéristiques des exemplaires utilisés pour la préparation
des hémipénis.
e Taille (*) Provenance
Esrèces N FA
Localité Région
0. cyclurus 45 102 Tuléar Sud-Ouest
O. c. cuvieri — 126 Soalala Ouest
0. quadrimaculatus 42 123 Ambala- Centre
manakana
O. fierinensis 44 98 Tuléar Sud-Ouest
O. grandidieri … 14 110 Ihosy Centre-Sud
O. saxicola 19 109 Tsihombe Sud
Chalarodon madagascariensis | — 75 Tuléar Sud-Ouest
(*] Longueur du corps mesurée ventralement de l’ext
au cloaque.
ité du museau, tête en extension,
3. Biométrie. — Nous construirons, pour chaque espèce, un graphique en
coordonnées orthogonales indiquant les longueurs, en millimètres, du corps (L) et
de la queue (L’) de ses divers représentants. La longueur du corps est mesurée, sur
Ja face ventrale, de l'extrémité du museau en extension jusqu’au cloaque; la longueur
de la queue, du cloaque à l'extrémité. Les individus à queue manifestement cassée
ou régénérée ne sont pas pris en considération.
On calcule par la méthode des moindres carrés l'équation des deux droites de
régression : L = f (L’) et L’ = f (L), ainsi que le coefficient de corrélation, dans le
système d’axes rectangulaires. On obtient ainsi une représentation du mode d’accrois-
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 17
sement morphologique de l'espèce, depuis les plus jeunes stades, proches de l’éclosion,
jusqu'aux tailles maximales atteintes par les adultes. Nous indiquerons, en outre,
la longueur totale (L + 1°) en millimètres, suivie, entre parenthèses, de la longueur
de la queue (L') pour les tailles extrêmes.
Nous avons vérifié l'incidence du sexe sur la valeur moyenne et la distribution
L
du rapport R, = chez Chalarodon madagascariensis (tableau 2).
Le test réalisé sur Chalarodon madagascariensis montre qu’il n’existe pas, dans
cette espèce, de différences sexuelles dans le rapport entre les longueurs du corps
et de la queue, le sexe ayant été déterminé grâce aux plaques post-cloacales élargies.
Nous avons effectué un contrôle sur la valeur du rapport R, chez un Oplure :
O. quadrimaculatus (tableau 3).
Les valeurs moyennes très proches, d'écart inférieur à 4 %, nous autorisent,
ici encore, à traiter ensemble mâles et femelles.
4. Répartition. — Nous indiquons, pour chaque espèce, sa répartition choro-
logique et altitudinale. N'ayant pu bénéficier des mêmes efforts, compte tenu de
nos possibilités limitées de recherche sur le terrain et des difficultés de prospection,
les aires de distribution sont, pour les Oplures, moins bien connues que celle de
Chalarodon madagascariensis. Nous avons utilisé les localisations anciennes dans les
listes récapitulatives fournies par F. AnGeL (1942), et y avons ajouté les observations
recueillies soit par des collaborateurs bénévoles, soit au cours de nos propres prospec-
tions. Nous nous sommes attachés à déterminer les limites d'extension, leurs points
de chevauchement, et, dans ce cas, les variations des proportions relatives des
espèces sympatriques. Nous en discuterons dans la seconde partie du travail.
Tous ceux qui ont effectué des études sur la faune malgache se sont heurtés
au problème de la localisation des collectes surtout anciennes. Des difficultés de plu-
sieurs ordres se présentent. Les collecteurs se sont, le plus souvent, limités à indiquer
le nom de la ville ou du village les plus proches, sans indications écologiques. Les
données anciennes ne peuvent donc pratiquement être utilisées que pour la répar-
tition géographique. Les dégradations humaines, parfois considérables, rendent
d’ailleurs nécessaire un essai de reconstitution du paysage à l’époque de la récolte,
certaines datant de plus d’un siècle.
L'absence de carte définitive rend difficile le repérage de quelques localités.
En effet :
— certaines dénominations s'appliquent à des localités différentes (villages
ou lieux-dits) et, sauf cas particulier (itinéraire connu, ete.), il est impossible de
tranche:
— des noms de village sont tombés en désuétude, soit que ces localités aient
été abandonnées, soit que leur nom ait changé. Ils sont alors impossibles à localiser
sur les cartes actuelles; les anciennes cartes, telles celle de G. Granprnter, 1934,
permettent parfois de lever la difficulté;
— enfin, une orthographe défaillante (souvent phonétique), ou des erreurs de
transcription ultérieures, contribuent encore à agraver les difficultés de localisation
des collectes.
Source : MNHN, Paris
L’
TagLeau 2 : Valeur et distribution du rapport R; =
chez Chalarodon madagascariensis, en fonction du sexe.
7
Rapport R; =—
: æ Ê 5 “ Equation de la droite
Sexe Eftecut | de régression
Moyenne | Maximum | Minimum L'= 1 (L)
Femelle 86 1,7856 2,083 1,550 0115 0,013 L' = 1,313 L + 23,29 0,95
80 1,7846 2,000 1,532 0,109 0,012 L' = 1,519 L + 14,94 0,97
Total 166 1,785 2,083 0,112 0,009 L' 1,197 L + 14,98 0,97
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE
19
TasLeAu 3 : Valeur et distribution du rapport R; — rl
chez Oplurus quadrimaculatus, en fonction du sexe.
16
Rapport Ri =
Sexe Effectif =
Moyenne Maximum | Minimum a
type standa
Femelle 20 1,809 1,448 0,165 0,038
Mâle 17 1,866 1,567 0,194 0,050
Total 63 1,873 1,148 0,176 0,022
+ non
és)
Pour la commodité du lecteur, nous noterons, pour chaque localité, les coordon-
nées du carroyage qui a servi de base au découpage cartographique de Madagascar
au 1/100 000, ce qui permet un repérage rapide et fournit, de plus, le numéro de
la feuille correspondante (voir carte hors-texte).
F. ANGEL (1942) a utilisé un découpage de Madagascar en dix régions : Nord,
Nord-Ouest, Nord-Est, Ouest, Centre-Est, Sud-Ouest, Sud-Central, Sud-Est et Sud.
Nous avons souligné (C.P. BLanc, 1972 : 584) que ce découpage ne doit être considéré
que comme moyen commode de localiser approximativement les collectes, ainsi
que l’attestent la carte n° 3 des types de végétation par J. Bosse, in J. HERvIEU
(1967) et la carte phytogéographique d’après H. Humserr et G. Cours Danwe (1965).
Nous porterons ces indications sur nos tableaux de localités. Les altitudes ne
sont qu’exceptionnellement indiquées sur les anciens étiquetages. Compte tenu de
l'incertitude du point de collecte, nous figurerons une altitude moyenne approxima-
tive de la région considérée. En pratique, ici, la limite supérieure de répartition
altitudinale est d'importance au point de vue écologique. L’indication d’un massif
n'implique pas que l’extension de l'espèce considérée atteigne le point culminant
(bien que l’on puisse être tenté de transcrire l'altitude maximale : cas de l’Ivohibe
pour Oplurus saxicola).
Nos cartes de répartition montrent des extensions souvent importantes par
rapport aux aires antérieurement connues. Notons que leur précision est directement
liée à la disposition — et à l’état — des axes routiers. En ce qui concerne nos obser-
vations personnelles, nous nous sommes limités pour ne pas surcharger les cartes
et les tableaux à ne figurer que les localités les plus périphériques.
5. Ecologie. — Nous indiquerons brièvement, pour chaque espèce d’après son
aire de distribution, les caractéristiques essentielles du milieu : climat, végétation et
la nature des abris. Comme nous l’avons montré chez Ch. madagascarier
Source : MNHN, Paris
20 G. P. BLANC
ta
ion
(G.P. Banc 1969 a) les conditions climatiques, traduites par les données di
tions météorologiques et les types de végétation, sont responsables de la répart
chorologique et altitudinale à l'échelle régionale, tandis que la nature des abris
y est responsable de la distribution dans le détail.
Nous préciserons les conditions optimales d'environnement pour l'espèce
et nous diseuterons les facteurs susceptibles d’être limitants sur les confins de l’aire
de répartition, en recherchant, notamment, l'existence de mésoclimats que révèle
la nature de la végétation.
A - Genre Oplurus G. Cuvier
Oplurus Guy : Règne Animal, 2e édit., 1829, 2
Duomériz : E générale, 1837, 4 : 3:
Dumériz : Cat. méth. coll. Rept., Paris, 1851 : 83
Savac 2 (3) : 182.
: Copeia, 19
ITZINGER :
Hoplurus
Syst. Rept., Wien, 1843, 1
Perers : Reise nach Mossamb., 1882, 3 :
Bourexcer : Cat. Liz. Brit. Mus., 1885, 2
: Mém. Acad. malgache, 1942, 36 :
AXGE
I - Oplurus cyclurus (Merrem), 1820
56 — Uromastyx eyclurus. Localité type :
Oplurus maximiliani (S
m nat. Hist. nat., Pa
fide Bouex
no 1431 (Ig 41).
Brit. Mus., 18
dt. Akad. Wiss. Berlin, 1854 :
1885). Localité
in n° 674 (2), 3951
Tropidurus eyclurus
616
Hoplurus barn
di (partim; syn. fide
yntypes : Zool. Mus. Humboldt-
ach Mossamb, 1882, 3, fig. 2,
non
93. — Reise
: Cat. Liz. Brit. Mus., 1885, 2 : 130 — Hoplurus cyclurus.
Mocquano : Bull. Soc. philom. Paris, 8e série, 1894-18! 7 (3) ; ibid.
1 ibid., 1901-1902, 4 (1) : 12. — Nes h. Mus.,
, 1899-1900,
bhandl. Senck. nat. Gesell, 1877, 11 : 41. — In, Vorrrzkow, F
. Arb., 1913, 3 (4) : 296, 370.
et Hewrer : Ann./Meded. Transvaal Mus., 1913, 3 (4) : 188.
Banmoun : Bull. Mus. comp. Zoôl., 1918, 61 (11) : 483.
Bull. Acad. malgache, 1930, 13 : 112. — Faune Colon. franç., 1931, 4 (5; 3; 21) :
ÿ — Oplurus cyelurus. — Zool. Gart.,
: Senckenbergiana, 1933, 15 (3:
1955, 22 : 60, fig. 4, pl. 60.
Faune Colon. franç., 1934, 5 (6) : 313 — Hoplurus cyclurus.
192, 36 : 8%, pl 3, fig. 30e pl. 11, fig. 4.
Copeia, 1952 (3) : 182
Mém. Acad. malgache,
Savac
Annourr et Baucnor : Bull. Mus. nat. Hist. nat., Paris, (2), 1963,
Oplurus cyclurus.
: 219.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 21
DESCRIPTION.
B. Mennem (1820 : 56) a, dans le genre Uromastyx, décrit l'espèce cyclur
« CN. |
Habitat in Br:
&t (Note infrap
auda verlicillata).
aude corpoi
ginale)
uda tereti superne et inferne spinosa, dorso laeui (1)
duplo. »
Seba Thes, Lt. 97 fig.
Cordylus brasiliensis Laur. rept. p. 52.
zard Quetz-paleo Lacep. Quad. ov. LE p. 497.
ta azurea B, y Gmel. SN. L I p. 1061
Quetz-palco Bonnat. Erp. p. 58.
Stellio Quetz palco Daud. Mept. IV p. %6.
Le Fouette-Queuc à collier Cuvier r. a. I p. 33. »
Outre l'erreur relative à sa provenance et son attribution aux Agamidés, une
confusion avec O. cuvieri est manifeste (voir ci-après, page 28).
Type : inconnu,
Terra typica : B
sil (localité non précisé
ILLUSTRATION.
1882, : fig. 2, pl 6.
1942, fig. 30, pl. 3 et fig. 4 pl. M.
1955, R. fig. 4: 60.
1972, C.P. BLane : pl. ht. : 612.
ÉTUDE ULTÉRIEURE.
Nous n’indiquerons pas, sous cette mention, les nombreuxes références des
travaux biogéographiques qui se limitent le plus souvent à une simple citation des
noms d'espèces (voir C.P. BLanc, 1971 : 101). Les références des principaux travaux
concernant leur parasitologie sont rapportées p. 75.
J. Néuyex H. Ann (1970) étudie l'ultrastructure du cône papillair
CoLorariox (pl. I, en bas).
1 — Adulte.
a) Coloration fondamentale.
Sur un fond gris, assez sombre et terne, apparaissent des bandes noires et des
taches blanches.
Ilexiste toujours, en avant des épaules, une bande scapulaire noire bien marquée,
soulignée d’une strie blanche vers l'arrière. De part et d’autre de cette bande, on
distingue, plus ou moins facilement selon les individus, six bandes dorsales réguliè-
rement réparties, une septième, qualifiée de lombaire, entre les membres postérieurs,
et deux bandes nuchales. Il existe souvent deux taches noires sur la base de la queue,
postérieures à l’aplomb du cloaque. Toutes ces bandes sont bordées vers l'arrière
de taches claires, blanches ou bleutées, pouvant parfois fusionner en une strie
continue. Cependant, il est le plus souvent possible de reconnaître, tant par leur taille
que par l'intensité de leur teinte, deux rangées de taches paravertébrales et deux
rangées plus nettes, latérodorsales. Les bandes noires présentent en général un
Source : MNHN, Paris
22
PI.
CG. P. BLANC
L
Coloration dorsale d'Oplurus €. cuvi
ri
(haut)
et
L'exemplaire médian est un juvénile.
d'0.
cyclurus (bas).
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 23
étranglement dans le plan sagittal qui peut aboutir à une séparation complète. On
assiste parfois à un « dédoublement » de ces bandes qui sont alors séparées par une
fine strie noire, bordée vers l'arrière d’une série de très petites taches blanches
n'oceupant que 1-2 écailles, sans alignement longitudinal évident.
Latéralement, un réseau de stries brunes entoure de façon irrégulière des ocelles
clairs. La tête présente souvent une coloration bleutée. La face supérieure des mem-
bres est marquée de taches claires. Sur la face ventrale, on note une teinte rose au
niveau des aisselles, des épaules et du pli gulaire.
La gorge est parcourue de stries grises ou gris-bleu, fines, et les côtés du cou,
par trois stries brunes longitudinales, parallèles.
La face ventrale est claire, grisâtre sur le sternum:; la face inférieure de la queue
est légèrement rougeâtre.
b) Variations individuelles.
Les variations concernent notamment le nombre de bandes dorsales qui varie
de O à 7. Chez les sujets les plus sombres, leur présence peut être masquée par la
teinte générale. Dans tous les cas, comme F. ANGEL (1942) l'avait remarqué, les
taches claires indiquent leur emplacement. Ces taches blanches prennent parfois,
en fusionnant, l'aspect de chevrons à pointe dirigée vers l'avant.
€) Différences sexuelles.
Chez les mâles, la teinte rose, au niveau des épaules, est souvent plus accusée.
La face ventrale est plus sombre, avec un piquetis de points noirs ou gris, plus dense
sur le ventre et les cuisses. Il ne subsiste parfois que quelques écailles blanches isolées.
Des taches jaunes, peu étendues, colorent la région pubienne et la partie médio-
postérieure de l'abdomen. On distingue, chez certains individus, une très petite
tache sur la base de la queue (écailles bordées de jaune). Les cuisses ne sont pas
colorées en jaune.
2 — Juvénile.
La coloration juvénile met particulièrement bien en évidence la striation transver-
sale noire : deux bandes nuchales, une scapulaire, passant juste en avant des épaules,
six dorsales, une lombaire et deux taches symétriques à la base de la queue. Les
gros ocelles blancs ont une disposition plus régulière que chez l'adulte; ils sont
séparés par de fines stries longitudinales bistres. On distingue nettement les très
petites taches blanches en avant des bandes noires. Les membres sont parsemés
de taches claires. On remarque trois bandes sombres obliques sur la face dorsale
des jambes. Les flancs sont tachetés d’ocelles blancs, alignés en correspondance
avec les ocelles latérodorsaux et paravertébraux.
Hémiwénis (pl. II, en bas).
a) Forme générale :
L'hémipénis est simple, bulbeux, bilobé. Il mesure 15 mm de longueur. Le
sillon est rectiligne, profond, de direction axiale.
b) pédoncule : long de 6 mm, sans ornementation et nettement rétréci.
Source : MNHN, Paris
©
GP.
BLANC
PI.
Il:
lémipénis d'Oplurus e. cuvieri (haut)
et po
Préparations et photographies de Ch
ieure.
d'O. eyclurus (bas) :
faces antérieure,
A. DomerGur
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE
c) Corps : quadrangulaire, presque aussi large que haut.
— Face antérieure : Le sillon est bordé d’une plage nue, lisse; son extrémité
distale est cachée par deux lèvres bien individualisées. Les petites cellules ne se
rencontrent que dans une zone restreinte, près des auricules. Une petite crête est
visible au-dessous des deux auricules, longues, recourbées vers l’arrière.
— Face postérieure : La zone celluleuse occupe les 4 mm distaux; on note son
passage insensible aux grandes cellules qui donnent neuf à dix replis transversaux,
et un fort renflement médian.
— Face latérale : Treize collerettes très saillantes.
d) Apex :
Nettement bilobé, de forme semi-circulaire : diamètre transversal : 7 mm;
diamètre antéro-postérieur : 3 mm.
La face antérieure est plane, avec deux lèvres bien développées, en arrière des-
quelles débouche le sillon spermatique, selon une petite fente, dans la commissure
apicale. Celle-ci a la forme d’un Y étroit, à cause de la présence d’un éperon posté-
rieur médian, bien marqué. Les deux dômes sont nettement saillants, sensiblement
égaux, et à axes parallèles. Le bourrelet périphérique est très peu accusé.
Biomérrie (fig. 1).
Équations des droites de régression :
L' = 1,0 17,97.
L = 0,824 L'— 4,01.
Coefficient de corrélation : 0,93.
Mensurations extrêmes (mm) : 86 (46); 252 (141).
150
100
O.cyclurus
ol = :
ss ps % 2 2
Fig. 1 : Relation entre la long:
La droite de rés
r du corps (L) et de la queue (L') chez Oplurus cyclurus.
a représentée est : L — 0,824 L' — 4,01.
Source : MNHN, Paris
ARTITION (fig. 2)
Altitude Domaine
Origine No Localité (m) Région phyto- Carroyage Observations
| géographique
AnGer, 1942 1 Tuléar côte s-0 Sud
2 Tongobory 100 — Sud
3 Anakao côte _ Sud
% Beheloka côte — Sud
5 Ampalaza côte Sud
6 Fort-Dauphin côte Est
7 Andrahomana = Est
8 Amboasar _ Sud
9 Angavo (massif) Sud
10 | Behara Sud
1 Imanombo Sud
12 Onilahy (vallée) Sud
13 É côte Ouest Belo-sur-Tsiribihina)
: _ Belo-sur-Mer)
dû Tsimanampetsa 50 Sud Tsimanampetsotsa)
15 Andranohinaly 200 Sud Andranohinalahy)
16 Amparihy 230 Sud
17 Ambovomb 140 Sud
18 Nosy ile (15) Ouest Ouest
19 Nosy-N île ? ? {
20 Nosy-Lava île (16) Ouest Ouest
OBSERVATIONS
ULTÉRIEURES
1961 Bejangoa 200 Ouest Ouest O. Arverr ré
A-X11961 Ankoba côte Ouest t _
30-X1-1961 Basibasy 100 Ouest t = —
VI11962 Mandronarivo 500 Ouest t =
Marerano 10 Ouest t Un
a-VI11196% (2) Bekopaka 50 Ouest t Antsingy
10-VIII-1964 Ambararata côte Ouest t Sud de Morondava
28-VIII-1964 Itampolo côte Sud 4 jeune
29-VII1-196% Beloha 100 Sud
15-11-1965 col des Tapia (Sud) 100 s-0 Centre
{pentes oce.les)
18-11-19 31 St-Augustin côte Sud Sud
23-11-1965 32 Lavanono côte Ouest Sud
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 27
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Fig. 2 : Carte de répartition d'Oplurus cyclurus et O. €. cuvieri.
À : O. eyclurus d'après F. Ancez (1942); B : O. cyclurus, observations ultérieures; C : O. c. cuvieri
d'après F. Ancez (1942); D : O. e. euvieri, observations ultérieures.
Source : MNHN, Paris
28 C. P. BLANC
ÉcoLoate.
Son aire de distribution se superpose remarquablement à celle de Chalarodon
madagascariensis. Ceci confirme les déductions que nous avions faites (C.P. BLANC,
1969 - a) sur la nature des facteurs bioclimatiques limitants, à grande échelle (voir
p. 20).
Comme 0. c. cuvier
, O. cyclurus est principalement arboricole, et occupe les
cavités des arbres. Selon les stations, on le rencontre aussi sur des rochers, le plus
souvent calcaires ou gréseux : sur les affleurements calcaires, notamment, les rochers
superficiels présentent des perforations tubulaires où nous avons vu à plusieurs
reprises des Oplurus cyclurus se retirer.
II - Oplurus cuvieri (Gray), 1831
Cuvien : Règne Animal 2e édit., 1829, 2 : 48 — Oplurus torquatus (homonyme
pour Tropidurus torquatus Wied, 1821). Localité type : ?. Holotype : Mus
Hist. nat, Paris, n° 1433
ondaire
nm nat.
Gray in Grirrrru : Cuvi Anim. Kingd. S;
substitutum pro Oplurus torquatus 0
op. 1831
r, 1829).
11. et Bimrox : Erpét. générale, 1837, 4 : 361 — Oplurus sebue. Localité 1}
Holotype : Muséum nat. Hist. nat., Paris, n° 1433.
yst. Rept., Wien, 1843, 1 : 76.
Trop. (idurus) cuvieri (nomen
sil.
FrrzinG
Perens : Mber. dt. Akad. Wiss. Berlin, 1854 : 616 (partim; syn. fide Bouuexcer, 1885) — Ho-
plurus barnardi. Localité type : ?. Syntypes : Zool. Mus. Humboldt-Univ., Berlin
n° 674 (2), 3951, 5303. — Monats. Akad. Berlin, 1873 : 793 — Hoplurus torquatus
(Nord de Madagascar). — Reise nach Mossamb., 1882, 3 : 31
Mus., 1885, 2 : 129 — Hoplurus sebae.
Mocquarp : Nles Arch. Mus., Par ie, 1909, 1 à
Abhandl. Senck. nat. Gesell. 1877, 11 . In Vo:
Arb. 1913, 3 (4) : 296, 370.
Bou.
at. Liz. Bri
n :
, 3 sé
KauDE; Zool. Jahrb., 1922, 45 3.
Banrsour : Bull. Mus. comp. Zoël., 1918, 61 (14) : 483.
ANGEL : Faune Colon. franç., 1931, 4 (5, 3, 21) : 517. — Mém. Acad. malgache, 1912, 36 :
83; pl. 3, fig. 4 et plA12, fig. 1. — Bull. Mus. nat. Hist. nat., Paris, 1950, (2), 22 (5) :
553.
Copeia, 1952 (3) : 183
SAVAGE
Oplurus cuvi
Oplurus cuvieri cuvieri
Mém. Acad. malgache, 1942, 36 : 833 pl. 3, fig. & et pl. 12, fig. 1 — Hoplurus sebue
(sebae). — Bull. Mus. nat. Hist. nat. Paris, 1950 (2), 22 (5) : 558.
Savace : Copeia, 1952 (3) : 183 — Oplurus cuvieri cuvieri.
DEscriPrion.
Les diagnoses suivantes nous montrent les critères retenus par les anciens auteurs :
— A. Sesa (1734 : 152) a donné ainsi la première description d’un Iguanidé
malgache :
« Squamae aequales, dilute gr
cae, sup
vero majores, atque albicantes; & eapitis vertieum abmodum minutae,
Auriculae limbus
reum majore
fimbriat obseure spadiceus. Notatu dignum est collare nigrum, cervici
applicatum, in medio separatum, Cauda tota, in apicem defines tenuissimum, squamis latis
spinosis, dorso quasi ex cornu conflatis munitur. »
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 29
G. Cuvier (1829 : 47) note les caractères suivants :
aussi les dents des
s et les écailles de
lions; les écailles
Quetzpaleo (Oplurus) (g. monotypique) : « Ont
agames, mais ils manqu
s lui donnent du
ntues et carénées, mais très
nt de pores aux €
eue pointue
du dos sont aussi pa
apport avec celle d
petites. »
ques : « Quetz
de chaque côté du cou. »
noir : O. Torquatus avec un demi-collier noir
JE. Gray, in E. Grirriru (1831 : 136-137) traduit le texte ci-dessus, en anglais,
et (p. 41, 2€ partie) ajoute quelques caractères morphologiques :
ail round tapering, with spinose, whorled seales, ca
spinose in front, back and belly
ate toothed. »
scales minute, ki
each side of the neck, »
led; caudal scale large, keeled; with a black half collar on
Cet animal est encore attribué au Brésil. Ce n’est que C. et A. DumémiL (1851)
qui mettront en doute cette origine et le rapporteront à la faune malgache.
Holotype (de Cuvien) : 1 exempla
Paris
n° 1433 au Muséum national d'Histoire naturelle,
ra Wypica : Brésil (localité non pr
ILLUSTRATIONS.
173%, A. Sema : fig.
1882, W. Perens : fig. 1, pl. 6.
192, F. Axenz : fig. 4, pl. 3 et fig. 1, pl. 12
19€ Dowzixe : p. 21 (photo).
190 Koxpo : (photo : Ankarafantsika).
pl 97.
ÉTUDES PARTICULIÈRE
W.J. Scnmivr (1909 : 381-384, fig. E) décrit l'organe parital.
R. Paucrax et H. Ranarrsaowa (1950) signalent deux cas de régénération
tératologique de la queue.
G.G. Gonxax et coll. (1967 : 292) décrivent le caryotÿpe de la femelle (fig. 10-a).
G.C. Gormax et coll. (1971 : 185; note additive) ont mis en évidence l'origi-
nalité biochimique de cette espèce par rapport aux Iguanidés américains et fidjiens,
sur un exemplaire (T. Parpenruss leg).
Coconwriox (pl. 1, en haut).
1 — Adulte.
a) Coloration fondamentale.
Sur une teinte de fond allant du gris au brun, on distingue une série de bandes
noires transversales. La première nettement délimitée, située juste en avant des
épaules, est toujours présente. Cette bande scapulaire est bordée, vers l'arrière, par
une strie blanche bien marquée. La face supérieure des membres est tachetée de
blanc. La partie antérieure du corps est marquée par un réseau de stries marron
formant un treillage fin, assez régulier, particulièrement net sur le cou et les flancs.
Des taches bleutées s'étendent sur les faces latérales de la tête, la gorge, les côtés
Source
: MNHN, Paris
30 €. P. BLANC
du corps et de la queue. Dorsalement, la teinte bleue est moins visible; elle n’est
alors nette que dans la région antérieure, en particulier au niveau des écailles nu-
chales saillantes.
La face inférieure est gristre avec quelques stries latérales sombres sur la gorge.
b) Variations individuelles.
Elles portent sur la teinte générale : certains individus sont d’un gris pâle,
d’autres entièrement brunâtres. Dans le premier cas, toute la région dorsale est
parsemée de petites taches claires bleutées (une écaille bleue pour deux à quatre
écailles grises). Les stries brunes ont une large extension, les taches bleutées sont
bien marquées. Chez les individus sombres, les taches claires peuvent faire presque
complètement défaut. Leur face ventrale, aussi, est beaucoup plus pigmentée, achetée
de points foncés épars.
Le nombre de stries dorsales varie de zéro à quatre (cinq); la dernière, lombaire,
située entre les deux membres postérieurs. Elles sont plus visibles chez les individus
clairs, mais ceux-ci peuvent n'avoir que la bande scapulaire. Les stries postérieures
sont les moins bien délimitées : elles s’estompent graduellement vers l'arrière. 11
existe souvent une fine strie noire nuchale, en arc-de-cercle à concavité antérieure,
et, plus rarement, deux petites taches sombres symétriques en avant de celle-ci.
Une coloration jaune à orangé teinte parfois les aisselles ainsi que la région
médio-ventrale au niveau du repli gulaire.
€) Différences sexuelles.
Chez le mâle, la teinte générale est souvent plus sombre. Sur la face ventrale,
des taches jaune orangé s'étendent sur le ventre, la face inférieure des cuisses et
les talons: sur la base de la queue quelques écailles sont bordées de jaune. Cette
teinte est particulièrement vive sur la région pubienne. Elle est toujours moins
marquée, parfois inexistante, chez la femelle.
2 — Juvénile.
les bandes
La teinte générale varie du gris au brun. Par rapport aux adulte
dorsales sont beaucoup mieux marquées. La bande scapulaire est toujours très nette :
noire, avec des contours bien tranchés et généralement soulignée vers l'arrière d’une
fine strie blanche postérieure; les cinq bandes suivantes sont faibles (quatre dorsales
et une lombaire), souvent de teinte et de largeur régulièrement décroissantes, bordées
en arrière par une rangée de taches blanches ou bleutées de trois à cinq écailles.
Les plus constantes et les plus marquées forment deux rangées para-vertébrales et
deux rangées latérodorsales. Il existe quelquefois des taches médio-dorsales. Ces
taches blanches, séparées par des stries longitudinales marron très fines, sont parti-
culièrement nombreuses sur les flancs. Les intervalles entre deux bandes dorsales
peuvent être divisés par une fine strie transversale, soulignée vers l'arrière par une
rangée de très petites taches blanches de une à deux écailles. Sur la nuque on note :
une strie transversale fine, bordée parfois de deux petites taches claires en avant
de celle-ci.
Les bandes sombres dorsales présentent souvent un étranglement médian,
la lombaire est parfois scindée en deux taches symétriques. Les taches claires latéro-
dorsales sont en général les plus nettes.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 31
La face ventrale est jaune pâle; la gorge gris-bleu, recouverte de vermiculations
grises. La partie postérieure de la queue est rougeâtre, ainsi que les côtés du cou,
les bords du tympan et l’arcade supraciliaire.
Le passage entre la coloration juvénile et le pattern adulte est marqué par une
altération de la disposition des ocelles clairs et des stries brunes qui les séparent,
due à leur multiplication considérable.
Hémirénis (pl. IT, en haut).
a) Forme générale :
L'hémipénis est un organe simple, elaviforme, de 20 mm de longueur, à apex
caliciforme. Le sillon est oblique et rectiligne. A sa partie distale, deux lèvres bien
développées le transforment en un véritable canal.
b) Pédoncule : très long (10 mm), sans ornementation.
€) Corps : en forme de trone de cône renversé, court, s’élargissant vers le haut.
— Face antérieure : Le sillon est étroit, bordé d’une zone lisse, étendue, en forme
de triangle. Seule la région des lèvres antérieures est recouverte de petites alvéoles
avec une légère crête plus médiane que les auricules qui sont longues, ornementées
de très petites cellules, recourbées vers la base et en arrière.
— Face postérieure : La limite entre grandes et petites cellules est transver-
sale; il n’y a pas d’incision médio-postérieure mais, au contraire, un éperon et quatre
renflements : deux médians, deux latéraux.
— Face latérale : Neuf replis transversaux forment des collerettes.
d) Apex :
Le complexe apical est en forme de calice peu déprimé limité par un rebord
bien marqué, ovale (11 mm X 7 mm), et deux dômes peu saillants à axes divergents,
reportés latéralement. Le bourrelet latéral est réduit, à peine indiqué sur la face
postérieure de chaque côté d’un fort éperon médian. Le sillon spermatique débouche
par un orifice circulaire en arrière des lèvres antérieures; la commissure apicale
est large et bifide (divisée par l’éperon postérieur).
Biomérrie (fig. 3).
Équation des droites de régression :
L' = 1,240 L + 20,32,
L — 0,757 L'— 9,53.
Coefficient de corrélation : 0,97.
Mensurations extrêmes (mm) : 119 (71); 373 (223).
Source : MNHN, Paris
Répanririon (fig. 2)
Altitude | Région ;
. _. approxima- | (d'après Dos :
Origine Ne Localité ee NA desl phyto- Carroyage Observations
(a) 1942) | Séographique
F. “| Ampasimarina côte N-0 Ouest
2 ajunga côte N-0 Ouest
3 Bekodoka 1 Ouest Ouest
ñ iorontsangana côte N-C
5 Soalala côte est
6 Miandrivazo 70 Ouest
vi Mahakamby »
8 Ste Marie de Marovoay 20 N-0 Ouest
9 Ambaton 00 Ouest Ouest Bongolava (Nord)
l
*
OBSERVATIONS
IEURES
IV-196% 10 Ifasi 1100 Centre M-51 Route Ambatofina
Itremo (n° 1
3-VITI-1964 11 Antsingy 300 Ouest Antsalova
5-VI111-1964 | 12 Bekopaka 50 Ouest Ouest
10-VI11-196% 13 Ambararata côte Ouest Ouest Morondava
20-X1-1964 1% Miadan 30 N-0 Ouest
3-IX-1966 15 20 Ou Ouest
14-11-1967 16 150 N-0 Ouest
17 Befandriana-Nord 315 N-0 Centre S-38 P. Davxes ré
(pentes oce.les)
2-X11-1969 | 18 Marokolohy 560 Centre Ouest nombreux
2-X11-1969 19 Tsinjorano 700 Centre Ouest peu abondants
8-X11-1969 20 Andriba (?) 900 Centre atré signalés (non obse:
{pentes oce.le
2 Ambilobe (?) 30 Nord Ouest U-32 ? localisation non vérifiée
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 33
L
150
100
50
O.c.cuvieri
L L
5 100 10 200 230
Fig. 3 : Relation entre la longueur du corps (L) et de la queue (L') chez Oplurus c. cuvieri.
Droite de régression : L = 0,757 L' — 9,5:
ÉcoLoctE.
L’aire de distribution d'Oplurus c. cuvieri est remarquablement limitée à la
partie septentrionale du domaine phytogéographique de l'Ouest, correspondant,
selon P. Lecris et F. BLasco in H. HumBerr et G. Cours Dane (1965) à sa va-
riante humide : moins de sept mois de sécheresse, indice xérothermique inférieur
à 160.
a) Le climat est caractérisé par : une alternance saison sèche-saison humide
très marquée (95 % des pluies annuelles tombent en saison humide), des tempé-
ratures maximales élevées et une insolation importante.
5) La végétation est du type forêt tropophile décidufoliée. Les Oplures semblent
plus nombreux dans les parties les plus clairsemées de cette forêt, sur les lisières,
en bordure des côtes, et des rivières.
Actuellement, la végétation a été très dégradée par les feux sauvages. Des
peuplements lâches de Sakoas (Poupartia (— Sclerocarya) caffra), et de Palmiers
(Hyphaene shatan) parsèment de vastes savanes. Le long des rivières subsistent
parfois des forêts galeries avec, notamment, des Tamariniers ou « Kily » (Tamarindus
indica).
c) Les supports et les abris étant constitués surtout par des arbres, la nature
très variée des terrains, est d'importance mineure pour cette espèce. En effet,
O. c. cuvieri se rencontre le plus souvent sur les arbres (agrippé à l'écorce, la tête en
bas) et se réfugie dans les fissures et cavités des branches et des troncs dont il bouche
l'orifice avec sa queue fortement épineuse. Les Tamariniers et les Sakoas offrent
des abris aux Oplures par la facilité que les branches mortes ont de pourrir en formant
Source : MNHN, Paris
34 G. P. BLANC
une excavation profonde. Chaque Lézard occupe en général toujours le même abri,
où il se retire seul. Il n’est pas rare, dans la région de Majunga, de trouver un ou
parfois deux Oplures sur chaque Sakoa. Notons que ces Lézards s’abritent parfois
dans les cavités des rochers calcaires (Soalala, Itremo). Une seule localité (4) est
située dans le domaine du Sambirano à affinités orientales. Il s’agit d’un village
côtier et, localement, les conditions peuvent être très voisines de celles régnant dans
TOuest.
Nous avons déterminé sur l’axe Tananarive-Majunga la limite de distribution
d’Oplurus c. cuvieri. Elle se situe entre 700 et 900 m, à la limite entre les domaines
de l'Ouest et du Centre, variante pentes occidentales, compte tenu des rentrants
occidentaux le long des vallées.
La station d’Ifasina, sur la piste Ambatofinandrahana-col de l’Itremo, est
intéressante : P. Monar (1969) signale précisément des anomalies phytogéographiques
dans cette région : groupements à Æuphorbia leucodendron dont le climat est l'étage
semi-aride. Nous sommes, ici, en présence d’un mésoclimat que les relevés de la
station d'Ambatofinandrahana ne traduisent pas.
Ceci montre l'importance des facteurs climatiques dans la répartition de cet
Iguanidé.
II - Oplurus quadrimaculatus Duméril, 1851
Durs : Cat. méth. Rept., Paris, 1851 : 83 — Oplurus quadrimaculatus. — Arch. Mus.,
4856, 8 : 558, pl. 22, fig. 4 — Centrura quadrimaculatus.
A. Graxmmien : Rev. Mag. Zool. (II), 1869, 21 : 340
Perens : Reise nach Mossamb., 1882, 3 : 31 — Hopluru
Bourexern : Cat. Liz. Brit. Mus., 1885, 2 : 131.
Soc. philom., 8° série, 189-1895, 7 (3) : 96: ibid., 9 série, 1899-1900, 2 (4) :
, 1901-1902, 4 (1) : 12. — Arch. Mus., Paris, 52 série, 1909, 1 : 23.
: Abhandl. Senck. nat. Gesell, 1877, 11 : 41
Hoplurus montanus). — In Vorrrzxow, Reise in O:
: 297, 370.
Mernvex et Hewrvr : Ann./Meded. Transvaal Mus., 1913, 3 (4) : 188.
Axcer : Bull. Acad. malgache, 1930, 13 : 112. — Faune Colon. franc, 1931, 4 (5, 3, 21) : 453.
— Bull. Mus. nat. Hist. nat, Paris, 1950 (2), 22 (5) : 553.
Menrexs : Senckenbergiana. 1933, 15 (3-4) : 266 — Oplurus quadrimaculatus. — Zool. Gart.,
Leipzig, 1955, 22 : 59, fig. 2
Axcez : Mém. Acad. malgache, 1942, 36 : 88, pl. 13, fig. 2. — Bull. Mus. nat. Hist. nat., Paris,
1950, 22 (5) : 553 — Hoplurus quadrimaculatus.
Savace : Copeia, 1952 (3) : 183 — Oplurus quadrimaculatus.
Oplurus montanus.
quadrimaculatus.
Mocquan» : Bull
= Hoplurus quadrimaculatus) ;
frika, Syst. Arb., 1913,
BorrrG
DESCRIPTION.
G. et A. Duméric (1851 : 83) donnent d’O. quadrimaculatus la description sui-
vante :
« Écuilles dorsales petites, lisses, convexes, non imbriquées; pas de crête sur le cou, ni
SUD IC dos sur ln que lles des tempes plate bord antérieur de l'oreille cinq ou
dentelures, deux taches rondes d’un noir profond derrière chaque épaule. »
« Holotype : un exemplaire n° 140% rapporté par le colonel Lyall et donné par la Société
Zool. de Londres. »
six
Terra typica : Madagascar.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 35
ILLUSTRATIONS.
1856, A.HLA. Duw
1942, F. AG
1955, R. M
. 2 (x Centrure quatre-taches »).
ÉTUDES ULTÉRIEURES.
W.I. Nerze (1958) lui attribue un habitat saumâtre.
A.G. Enmuxp (1969 : 156) donne la formule dentaire d'Oplurus quadrimaculatus
(spécimen A.M.N.H. : 71 452).
PI III : Coloration
d'Oplurus quadrimaculatus.
Source : MNHN, Paris
36 C. P. BLANC
Cororariox (pl. II).
1 — Adulte.
a) Goloration fondamentale.
Sur un fond de teinte très variable (du noir au gris pâle), apparaissent dorsale-
ment trois catégories d'éléments :
__ Des ocelles : disposés en quatre rangées longitudinales, les plus petits, para-
vertébraux, sont toujours bien distincts les uns des autres; les plus gros, latéro-
dorsaux, de sept à huit granules, surtout individualisés vers l'arrière, tendent vers
l'avant à fusionner pour former une ligne continue.
Entre les ocelles, on distingue de petites taches blanches n’occupant souvent
pas plus d’une à deux écailles, formant des lignes sinueuses transversales. Il existe
parfois des ocelles médio-dorsaux qui peuvent fusionner pour donner sur la nuque
une raie claire de un à deux centimètres.
_— Des bandes transversales noirâtres
© Une scapulaire, faiblement marquée;
© Six dorsales, et une lombaire, plus nettes, souvent scindées en deux taches sub-
symétriques, non jointives dans le plan médian et parfois décalées entre la moitié
droite et la moitié gauche du corps.
e Deux stries nuchales, en général peu visibles.
Il existe des taches brunes sur la base de la queue.
__ De fines stries : Entourant les ocelles, de teinte noire ou brune, d’une largeur
n’excédant pas une écaille, elles sont visibles surtout sur la nuque et la partie anté-
rieure du corps.
Sur les flancs, on distingue deux à cinq taches noires, s’estompant vers l'arrière,
en correspondance avec les stries dorsales. On remarque parfois l’existence d’une
sixième petite tache noire, juste en avant des membres postérieurs, en vis-à-vis
de la dernière strie dorsale. Ces taches peuvent être suivies d’un ocelle clair postérieur.
La face supérieure des membres est tachetée de blanc. Un vaste eau de lignes
grises ou noires s'étend sur toute la gorge et forme des marbrures transversales sur
la région sternale. La poitrine est grisâtre et le ventre jaunâtre, parsemé de petites
taches sombres. La face inférieure de la queue est rougeâtre.
b) Variations individuelles.
Elles concernent, outre la teinte générale, qui varie du noir au brun, vert oli-
vâtre, gris-bleu, gris-vert, jusqu’à un gris pâle, les trois catégories d'éléments que
nous avons relevés :
__ Les ocelles : leur teinte varie du blanc au gris-vert où à un jaune franc.
Si les ocelles médians sont toujours distincts, les ocelles latéraux peuvent
soit rester complètement individualisés, soit former deux lignes continues de la
nuque à la base de la queue.
Le développement des ocelles sur les flancs est variable : on les observe parfois
en continuité, formant des lignes transversales claires.
— Les taches sombres :
Noirâtres ou olivâtres, elles sont parfois peu visibles si la coloration générale
est très sombre. Leur extension latérale varie en proportion inverse du développe-
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 37
ment des ocelles latéro-dorsaux. Ces taches sont parfois totalement absentes chez
les individus les plus clairs. C’est chez eux que le réseau de stries est le plus déve-
loppé (bien qu'il puisse être exceptionnellement absent). Chez quelques individus
on compte sept à huit bandes dorsales (rarement cinq) : le nombre des gros ocelles
latéro-dorsaux permet de penser qu'il s’agit du dédoublement de l’une d’elles. I
existe en effet des individus avec six bandes d’un côté et sept de l’autre.
— Les stries dorsales :
Elles peuvent être limitées à la région nuchale et sont alors, en général, noires,
à orientation longitudinale, chez les individus sombres, pourvus de taches dorsales.
Chez les individus plus clairs (gris-bleu), sans taches dorsales, les stries gagnent vers
l'arrière et forment des lignes sinueuses, d'orientation longitudinale, brunes, entre
les quatre ou cinq rangées d’ocelles dorsaux. Sur quelques exemplaires nous avons
noté un élargissement des stries longitudinales esquissant une bande scapulaire
incomplète. Chez les individus gris jaunâtre très clair, provenant du massif de
l'Isalo, ces stries, de teinte marron, sont disposées, sur toute la région dorsale, en
forme d’ares autour de quatre ou cinq rangs d’ocelles blancs. On note l'absence des
taches sombres dorsales et latérales sur les flancs. Sur la face ventrale, la coloration
grise de la région sternale à une extension très variable. Il existe parfois une tache
jaune au niveau des replis gulaires.
c) Différences sexuelles.
Chez le mâle, la poitrine est plus sombre et la coloration ventrale jaunâtre est
souvent plus accusée, formant des taches confluentes sur le pubis, la région abdo-
minale postérieure, la base de la queue, les cuisses et les talons.
2 — Juvénile.
La coloration est très semblable à celle de l'adulte. On observe la même dispo-
sition régulière des ocelles clairs sur la face dorsale et les flancs. Leur réseau de
stries périphériques est très net : on le retrouve sur toute la face dorsale. Par endroits,
ces stries deviennent plus larges, fusionnent et dessinent l’amorce des taches sombres
entre les ocelles paravertébraux et latéro-dorsaux, qui existent chez les adultes.
On distingue trois barres sombres obliques sur les bras et les jambes ainsi que des
petites Laches brunâtres sur les cuisses.
La face ventrale est parsemée d’ocelles ronds blanc-
les observe sur toute la gorge ainsi que sur la région sternale où ils forment, en
arrière du repli gulaire, trois rangées transversales de taille décroissante. Ces ocelles
se détachent sur un fond gris sombre. Chez l'adulte, ne subsistent que les stries
grises ainsi que des marbrures sur la poitrine. La face ventrale est jaunâtre, piquetée
de petits points noirs, et la face inférieure de la queue, légèrement rougeâtre. Comme
chez les adultes, on note l'existence de deux replis latéraux sur les flancs.
osâtres où jaunâtres. On
Hémwénis (pl. IV, en haut).
a) Forme générale :
L'hémipénis est simple, bulbeux, légèrement bilobé, de 17 mm de longueur,
à sillon spermatique nettement hélicoïde, largement ouvert, sauf à sa base, avec un
bourrelet le long de la lèvre interne.
Source : MNHN, Paris
38 G. P. BLANC
b) Pédoneule : long (moitié de la longueur totale), non ornementé.
€) Corps : faiblesse de l'ornementation celluleuse qui est à peine indiquée.
_— Face antérieure : elle est remarquable par la réduction des lèvres antérieures
qui laissent le sillon déboucher largement ouvert, sur la face apicale. Les deux auri-
eules sont présentes, mais réduites à deux petites cornes, non recourbées.
__ Face postérieure : elle porte un éperon médian, légèrement bilobé, et quatre
renflements (deux médians, deux latéraux).
_— Face latérale : le spécimen étudié ne possède que six à sept replis transver-
peu saillants, non festonnés, mais douze collerettes ont été comptées sur un
autre spécimen.
d) Apex :
sau
De dimensions 9 X 5 mm, il est limité par un bourrelet périphérique; le bord
antérieur est rectiligne et fortement échancré par le sillon spermatique. La commissure
apicale est en forme de gouttière, en Y très évasée. Les deux dômes sont bien marqués
(lexterne un peu plus saillant), à axes convergents vers l'avant, à surface marquée
d’une faible ornementation sinueuse en puzzle.
LA
150 |
O.quadrimaculatus
So 100 20 20
: Relation entre la longueur du corps (L) et de la que
te de régression : L — 0,5
e (L') ehez Oplurus quadrimaculatus.
DE H:08
BromérE (fig. 4).
Équations des droites de régression :
L' = 1,535 L + 32,60.
L — 0,534 L'+ 1,08.
Coefficient de corrélation : 0,91.
Mensurations extrèmes (mm) : 155 (103); 390 (245).
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 39
DA
. 5: Carte de répartition d'Oplurus quadrimaculatus.
d'après F. Ax 1942; B : observations ultérieures.
ÉcoLocre.
L’aire de répartition couvre un large éventail de bioclimats : du domaine phyto-
géographique du Sud à celui de l'Est; du niveau de la mer à 1 900-2 000 m d'altitude.
a) Le climat s’échelonne done de l’aride au per-humide et subit les modifica-
tions liées à l'altitude (voir R. Pauzran et coll., 1974) : aggravation des écarts de
température et des minimums thermiques, ainsi que de la rapidité de leurs varia-
tions, insolation plus intense, mais souvent moins longue.
Source : MNHN, Paris
RéparrimioN (fig. 5)
”. s Altitude _. pose ;
Origine Ne Localité (ÿ Région phyto- Carroyage Observations
géographique
L Tanzamala 200 Sud-Ouest Sud — Anjamala
194 2 Anakao côte Sud-Ouest Sud
3 Lavenombato ? Sud-Ouest?
h Tuléar côte Sud
1000 Centre (pentes Ambohibola
5 Ambohibola
ï côte Sud Ambohibolo
6 Fort-Dauphin côte
7 Andrahomana côte
8 | Eminiminy 200 Sud-Est
9 Antanimora 300 Sud
10 Ivohibe (massif) 1 000-1 800 | Sud-Central
11 Ikongo 1 000-1 200 ëst forêt
12 Tsimanampetsa 50 Sud-F — lac Tsimanampetsotsa
(bords du lac)
13 Antandroy (pays) _ Sud Sud _
14 Sarondrano côte Sud-Ouest Sud
15 Androy-Nord > Sud Ouest ue
16 Sahambavy 1 300 Centre e (pentes 0-53 bord ruisseau
OBSERVATIONS
ULTÉRIEURES
20-X11-1962 17 Thosy 800 Sud-Central Ouest
27-X-1963 18 Ibity 1 800-1 900 Centre Centre (pentes massif
occidentales)
IV-1964 19 Itremo 1 600 Centre x (pentes M-51 rochers
atales)
29-VIII-1964 Amborompotsy 1 000 Sud Centre
30-VII1-1964 Tsihombe 70 Sud
30-VII1-1964 Ampan 250 Sud S
1-IX 4964 Ambalan: 1 800 Centre Centre pK 2
14-11-4965 Ambalav: 950 Sud-Central | Centre (pentes pK 485
15-11-1965 1100 Sud-Ouest
21-11-196: 26 400 Sud 1-60
20-VI1-1965 27 100 pays D-60
Mah:
8-X11-1969 28 (O0) Cent Centre (pentes N-44
| occidentales)
3-X1-1970 29 1 600 Centre Centre N-55 R.C.P. 225
X11-1970 30 2 000 Centre Centre N-55 R.C.P. 225
{réserve Andringitra)
9-V11-1971 31 Soavala 70 0-60
Le 11-1971 Lokara côte N-62
44-X11-1971 33 Androatsabo 400 M-61
Source : MNHN, Paris
42 C. P. BLANC
b) La végétation est, corrélativement, très diverse : depuis les hauts fourrés
épineux du « bush » Antandroy et Mahafaly jusqu'aux forêts ombrophiles et semper-
virentes de l'Est, tropophiles et décidufoliées de l'Ouest, selérophylles sur les pentes
occidentales du Centre (Tapia — Uapaca boyeri) des cols des Tapia Nord et Sud).
€) Ces Lé
nature variées :
lumites dans l’Ibil
wds sont rupicoles et inféodés à des rochers de morphologie et de
lcaires en pays Mahafaly, gneiss et granites le plus souvent, itaco-
etc.
er comme limite altitudinale 1 900-2000 m sur les Hautes
Antanifotsy, Itremo, Ibity, Mahatsinjo.
On peut consi
Terres centrales :
I s’agit, ici, d’une limite d'ordre climatique, probablement thermique. Le point
le plus haut connu est situé sur la bordure orientale du plateau d'Andohariana
(noté Antanifotsy : 30), à plus de 2 050 m d'altitude. 11 s’agit d’une limite maximale :
les Oplures se raréfient progressivement entre le village d'Antanifotsy, situé dans
la plaine (1 400 m), et le rebord du plateau d’Andohariana. [ls sont absents dans le
vaste désert de pierres sommital à 2 500 m.
Lors de la révision de F. Aneez (1942), le point le plus septentrional connu
était proche de Fianarantsoa. Nous avons progressivement doublé vers le Nord
(Mahatsinjo) l'allongement latitudinal de l'aire de dispersion. Des recherches complé-
mentaires sont nécessaires, surtout vers l'Ouest.
= Les O. quadrimaculatus sont certainement absents dans la plus grande partie
du domaine oriental. Nous les avons rencontrés à Soavala sur des dalles rocheuses
non seulement dans les parties déboisées (savoka secondaire à Aavenaia madagasca-
riensis) mais en pleine forêt ombrophile aux basses altitudes (70 m). Au-dessus, ils
étaient absents, de même dans le zone sommitale rocheuse, à 1 900 m.
En relation avec cet habitat varié, nous avons vu, ci-dessous, l'existence d’une
multitude de colorations homochromes allant d’une teinte claire, sur les rochers
gréseux de l'Isalo, à une teinte sombre, presque entièrement noire, en altitude et
sur les rochers recouverts de Lichens incrustants noirâtres.
Il ne s’agit probablement pas de sous-espèces géographiques car, à quelques
dizaines ou centaines de mètres de distance, nous avons observé, à maintes reprises,
des formes claires, des formes sombres, et des formes intermédiaires.
IV - Oplurus fierinensis A. Grandidier, 1869
3a1
note) = Hoplurus
, 7 (5): 973 ibid, 9e sé
1909, 1:29:
— In Vorurzkow, Reise in Ostafrika,
Oplurus fierinensis.
A. Graxpinier : Rev. Mag. Zool., 2€ série, 1869, 27
F) à Brit. Mus., 1885, 2 : 129 (cité
, 1894-18!
s, 52 s
nensis.
ie, 1899-1900,
philom., Paris, 8
2 (4) : 105. — Nes Arch. Mus.
MERTESS :
Savage : Copein, 19
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 43
DESCRIPTION.
A. GRANDIDIER à donné d'Oplurus fierinensis (1869 : 341) la diagnose suivante :
€ D'un gris verdâtre uniforme. Occipitel de grand
ont toutes leurs écailles carénées; dans les pattes posté
Les écailles des côtés du cou sont un F énées. Corps déprimé. »
eur moyenne. Les pattes antérieures
ures celles des cuisses sont lisses.
Type : quatre exemplaires syntypes n° 7638 (Ig 442) (récoltés par l’auteur pendant l'année
1869 sur la côte Ouest de Madagascar).
Dimensions : corps 100 mm, queue 175 mm.
Terra typiea : Mafale (= Mahafaly).
ILLUSTRATIONS.
1942, F. Anozz : fig. 1, pl. 13.
1955, R. Menrens : fig. 3 : 59.
COLORATION.
1 — Adulte.
a) Coloration fondamentale.
La teinte chez cette espèce (compte tenu de notre échantillonnage limité à la
région de Tuléar) est uniformément grisâtre, verdâtre ou bleuâtre. Quelques indi-
vidus présentent une raie médio-dorsale bistre, un peu plus colorée que la teinte
générale, et, par contre, deux raies latéro-dorsales, un peu plus claires, sur les trois
quarts antérieurs du dos. Toutes ces raies ont des limites confuses.
On observe parfois un semis de points bistres (1 écaille) très clairsemé sur toute
la région dorsale et la face supérieure des membres.
Dans quelques cas, on note une tache brunâtre peu visible en arrière de l'épaule,
prolongée vers l’avant par une courte strie au-dessus de l'épaule, que nous retrou-
verons chez O. saxicola.
La face inférieure est d’un blanc bleuâtre très clair, avec quelques stries peu
marquées sur les angles postérieurs de la mandibule. La région sternale est légèrement
grise et l'extrémité inférieure de la queue roussâtre. On notera l'absence de taches
claires ou de stries sur la face dorsale des membres et de taches brunes sur les côtés
du cou.
b) Variations individuelles.
Chez beaucoup d'individus, on notera l'absence de la tache sombre au-dessus
et en arrière de l'épaule, des stries sur la gorge, des deux raies claires latéro-dorsales,
du piquetis bistre, de la raie médio-dorsale ou de l’un ou l’autre de ces divers éléments.
La face ventrale est souvent entièrement blanche.
c) Différences sexvelles.
La coloration du mâle est essentiellement marquée par la présence de taches
jaunes, coalescentes, largement étendues sur l'abdomen, le pubis, la face inférieure
des cuisses et la base de la queue.
La poitrine peut être légèrement plus grise
La coloration de la raie dorsale ne semble pas en relation avec le sexe.
Source : MNHN, Paris
44 c. P. BLANC
2 — Juvénile.
Le jeune à l'éclosion est très semblable à l'adulte. I! est uniformément gris
sur le dos, la queue un peu plus bistre ainsi que la face supérieure des membres où
l'on note quelques écailles bordées de clair sur les cuisses. Les flancs sont plus clairs.
Il existe une petite tache sombre en arrière et au-dessus des épaules. La face inférieure
est entièrement blanchâtre, avec quelques stries gris très clair aux angles de la man-
dibule chez certains individus. L'extrémité de la queue est légèrement rougeâtre.
PL IV : Hémipénis d'Oplurus quadrimaculatus (haut) et d'O. ficrinensis (bas).
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 45
Hémipénis (pl. IV, en bas).
a) Forme générale :
L'hémipénis est simple, claviforme, de 11,5 mm de longueur, le sillon largement
ouvert, hélicoïdal, et l’apex légèrement bilobé, en forme de demi-calice.
b) Pédoneule : un peu moins long que le corps, lisse.
c) Corps : largement évasé vers le haut, à collerettes peu saillantes, sur une hauteur
égale à la zone
Iluleuse.
— Face antérieure : Les auricules sont absentes. Les lèvres antérieures sont
réduites à un bourrelet saillant qui ne rétrécit pas le sillon spermatique, mais rend
la face antérieure plane.
— Face postérieure : On note un éperon saillant, bilobé et trois renflements,
un médian, deux latéraux.
— Face latérale : On compte environ douze collerettes.
d) Apex :
Nettement ovale de dimensions 7 X 4,5 mm, avec deux dômes hémisphériques
peu accusés, à surface marquée de très petites rugosités, un bourrelet périphérique
et un éperon dorsal. La gouttière est en forme de Y.
wi]
150 |
|
100
|
|
]
so
|
| © fierinensis
° — gr + ae
So 180 10 206 20
Fig. 6 : Relation entre la longueur du corps (L) et de la queue (L') chez Oplurus ficrinensis
Droite de régression : L — 0,498 L' — 0,666.
Bromérnie (fig. 6).
Équation des droites de régression :
L’ = 1,935 L + 6,43.
L — 0,498 L'— 0,666.
Coellicient de corrélation : 0,98.
Mensura tions extrêmes (mm) : 107 (78); 309 (210).
Source : MNHN, Paris
46 C. P. BLANC
Fig. 7
firinensis; B : O. grandidieri, d'après F. AxG
ultérieures; D : 0. saxicola, d'après F. Acer. (1942);
stition d'Oplurus fierinensis, O. grandidieri et O. savicola.
(1949); G : O. grandid
: 0. saricola, observatio
arte de rép
ÉcoLocre.
L’aire de distribution de cette espèce est encore insuffisamment connue. Nous
l'avons rencontrée, relativement abondante, sur les entablements calcaires et leurs
versants dans la région de Tuléar : vallée du Fiherenana, plateau de la Table, de Saint-
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 47
Réparremon (fig. 7)
| Région 288 & |,
7. Ps Altitude (d'après | SR) S | 84
Origine Ne Localité (m) F. Ange |BS2| © | 32
ro ARE) Ë |SÉ
182) AË S
T I ]
_ Sud-Ouest | Sud types|
côte Sud-Ouest
Sud-Ouest
Sud-Ouest
Sud-Ouest
ne aux mêmes tin ; etes d'âge Roc ne. Sur les ne es (Es
en surface, ces Oplures sont homochromes, et, par suite, peu visibles. Ils se réfugient
dans les fissures étroites. Ils grimpent parfois aux arbres mais y semblent moins
habiles.
Le climat type est celui de Tuléar, caractérisé par son aridité.
La végétation (climax) est le «bush » de type Mahafaly : haut fourré épineux à
Didiéracées, sur calcaires, parfois indurés en surface par l'existence de croûtes.
V - Oplurus grandidieri (Mocquard), 1900
Mocquanp : Bull. Soc. philom. Pa
— Bull. Mus., Paris, 1900
Borrrcer : In Vorcrzkow, Rei:
AX
MErTEN
ie, 1899-1900, 2 (4) : 105
les Arch. Mus., P.
ika, Syst. Arb., 1913, 3 (4) : 370
36 : 85, pl. 19, fig. 2.
8, fig. 1 — Oplurus grandidieri.
1
, 5€ série,
Hém. Acad. malgache, 1
Zool. Gart., Lei
Copeia, 1952 (3) : 182.
SAVAGE :
DESCRIPTION.
La diagnose de cette espèce, la dernière à avoir été décrite, a bénéficié d’une
double publication, en 1900, par F. MocquaRD qui consigne quelques caractéristiques
de l’écaillure et de la coloration, note la présence d’une bande vertébrale claire et
souligne les affinités de cette espèce avec Oplurus fierinensis.
Type : un exemplaire mâle n° 99-359 au Muséum natic nal d° "Histo:
Dimensions : corps : 106 mm, queue : 200
Terra typica : Vinanitelo (forêt d’Ikongo).
Source : MNHN, Paris
48 CG. P. BLANC
PI. V : Coloration dorsale d'Oplurus grandidieri (haut) et d'O. saæicola (bas).
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAË 49
Cocorariox (pl. V, en haut).
1 — Adulte.
a) Coloration fondamentale.
Cette espèce est aisément reconnaissable à l’existence d’une raie dorsale vert
pâle, brillante, s'étendant depuis la nuque jusque sur la base élargie de la queue.
Cette raie tranche sur le fond olivâtre ou brunâtre de la coloration dorsale. Des
vermiculations noires couvrent le cou et le thorax.
Les flancs sont roux. Toute la tête est brun rougeâtre, y compris la face inférieure
marquée de quelques stries brunes. La face ventrale est gris blanchâtre, piquetée de
gris, la queue rougeâtre, sauf à sa base.
b) Variations individuelles.
Elles portent sur :
— la largeur de la raie dorsal
est toujours nettement discernable;
: elle peut être réduite à une mince ligne, mais
_— les vermiculations : elles s'étendent parfois largement sur le dos en arrière
du thorax. Dans quelques cas, elles sont réduites à un semis de petits points noi-
râtres sur la plus grande partie de la région dorsale; ceux-ci s'étendent quelquefois
jusqu'au niveau des membres postérieurs et envahissent alors la raie dorsale verte.
Certains individus montrent un piquetis de petites taches claires de trois à six
granules, à alignement transversal, avec une rangée de taches plus nettes (une quin-
zaine) de chaque côté de la raie claire.
€) Différences +exuelles.
Chez le mâle, la tête et surtout la gorge semblent un peu plus roses, ainsi que la
face inférieure de la queue. La raie dorsale chez quelques échantillons est plus large
et plus claire. Le meilleur caractère semble être l'existence de taches jaune vif,
s'étendant sur la région pubienne, tout l'abdomen, la face inférieure des cuisses et
la région proximale de la base de la queue. Ces taches sont nettement séparées les
unes des autres.
2 — Juvénile.
La raie médio-dorsale, bleutée, est bien marquée. Elle est bordée, latéralement,
de taches noires plus vives, qui se détochent sur la coloration brunâtre. De chaque
côté, jusque sur les cuisses, on note un piquetis de points noirs et de très petits ocelles
blancs. Les plus proches de la raie médio-dorsale (environ une quinzaine) sont les
plus gros.
Les flanes sont bistres; la queue, sauf à la base, est entièrement rougeâtre, de
la même teinte que les côtés de la tête (labiales, écailles temporales et supraciliaires)
et la gorge. Gelle-ci présente quelques stries noires sur les branches de la mandibule.
La face inférieure est grisâtre. Les bras et les jambes sont coupés de trois stries brunes.
Source
: MNHN, Paris
50 C. P. BLANC
PL VI : Hémipénis d'Oplurus grandidieri (haut) et d'O. savicola (bas).
Hémirénis (pl. VI, en haut).
a) Forme générale :
C’est un organe allongé, bulbeux, de 17,5 mm de longueur, bilobé. Le sillon est
hélicoïdal, largement ouvert sur toute la hauteur.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 51
b) Pédoncule : long (la moitié de la longueur totale), inerme, à section circulaire.
€) Gorps : aussi haut que large, avec une large zone à cellules de très petite taille.
— Face antérieure : Elle ne montre pas d’aplatissement, occupée surtout par
un sillon très large, limité par une zone étendue dépourvue d’ornementation. Les
aurieules sont à peine visibles.
_ Face postérieure : Il n’y a pas de ligne médiane à l'affrontement des petites
cellules. On note un éperon médian, légèrement bilobé.
— Face latérale : Elle est pourvue de dix à treize collerettes.
d) Apex :
De forme ovale, mesurant 7,5 X 5 mm, largement échancré sur la face antérieure,
iL est limité par un bourrelet périphérique qui donne, vers l'avant, deux lèvres anté-
rieures peu développées, ne marquant aueun rétrécissement du sillon spermatique.
Les deux dômes sont fortement saillants, à axes parallèles, ornementés d’un système
de petites crêtes parfois polygonales, l’externe étant le plus développé. La commissure
apicale affecte, à cause de l’éperon postérieur, la forme d’un V.
Ci
10 |
100 |
50 | À
O. grandidieri
|
50 100 150 200 250
Fig. 8 : Relation entre la
Droite
longueur du corps (L) et de la queue (L’) chez Oplurus grandidieri.
de ré D — 0,5% L' — 6,73.
ssion
Biomérrie (fig. 8)
Équation des droites de régression :
L' = 1,611 L + 16,4.
L == 0,59 L'— 6,73.
Cosfficient de corrélation : 0,98.
114 (74); 348 (230).
Mensurations extrêmes (mm) :
Source
: MNHN, Paris
Répanrmon (fig. 7)
Région
Altitude | (d'après Domaine
Origine No Localité (m) Angel … phyto- Carroyage Observations
1969 | géographique
|
| |
L Vinanitelo 1 200 Centre
2 Ikongo 1 000-1 200 Le
|
= er =
ivaTions
ÉRIEURES |
VI1-1960 3 Belorabato 200 | Ouest Ouc: mi re (0. APPER1 3)
VI11-1960 ñ Ambatovory 300-500 Ouest Ouest | le long du Mangoky
| (0. Arperr réc.)
VI-1961 5 Tsilanandro 200 Ouest O. APrert r
6 Ankazoabo ù Ouest O. APrErT réc
1-1970 | 7 Sahambano | 700 Sud-Central Ouest route Ihosy-Ivohibe
| (10 km d'Ihosy)
14-11-1965 less Ambalavao 950 Sud-Central pentes \ pK 485 : 1 jeune
| ales)
je Ihosy 800 Sud-Central Ouest
L L
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 53
ÉcoLoGre.
Cet Oplure n’était connu que de deux stations rangées par F. ANGEL (1942)
dans l'Est, mais, en fait, à la limite des domaines phytogéographiques de l'Est et
du Centre. Il est abondant entre Ambalavao et Ihosy, dans le domaine du Centre,
variante des pentes occidentales, d’où il déborde dans l'Ouest. Les altitudes maxi-
males s’échelonnent de 200 à 1 200 m de l'Ouest vers l'Est.
Le climat est caractérisé par une pluviométrie et une nébulosité modérées, des
températures maximales élevées et des écarts de température importants. La végé-
tation à été particulièrement endommagée par les feux de brousse. Dans la région
de Vinanitelo et du massif de l’Ikongo, il s’agit de la forêt de type oriental, ombro-
phile. En allant vers l'Ouest, elle fait place aux formes d’altitude (domaine du Gentre)
puis à la forêt sclérophylle des pentes occidentales et, enfin, à la forêt occidentale
tropophile du haut bassin du Mangoky.
Cette espèce est rupicole, inféodée aux inselbergs granito-gneissiques, utilisant
les fissures comme abris.
VI - Oplurus saxicola A. Grandidier, 1869
A. Granpinienr : Rev. Mag. Zool., 2° ie, 1869, 21 : 340 — Oplurus saxicola.
BouLENGER :
Brit. Mus., 1885, 2 : 129 (cité en note) — Hoplurus saxicola.
Mocquano : Bull. Soc. philom. Paris, 8 série, 1894-1805, 7 (3) : 96. — Nles Arch. Mus., Paris,
5e série, 1909, 2 : 23.
Abhandl. Senck. nat. Gesell, 1877, 11 : 4h. — In Vorr
Syst. Arb., 1913, 3 (%) : 870.
: Ann./Meded. Transvaal Mus., 1913, 3 (A) : 188.
Ancer : Bull, Acad. malgache, 1930, 13 : 112. — Faune Colon. franç., 1934, 5 (6, 29) : 313.
— Mém. Acad. malgache, 1942, 36 : 86, pl. 12, fig. 2. — Mém. Inst. Sci. Madagascar,
1949, (A), 3 (2) : 157.
Savacr : Copeia, 1952 (3) : 182 — Oplurus sai
BorrrcE
zkow, Reise in Osti
ka,
Mernuex et Hewn
‘cola.
DESCRIPTION.
En 1869, A. Granip1eR récolte et décrit :
« Oplurus savicola : corps extrêmement déprimé. D'un vert rougeâtre marqué de taches.
Abdomen blanc. Gorge noirâtre. Occipital très grand, de forme triangulaire. Les écailles des
ieures sont toutes carénées; dans les pattes postérieures, celles des cuisses le sont
Écailles des côtés du cou pareilles à celles du dos. »
es : deux exemplaires syntypes n° 7637 (A. Granproien leg.) au Muséum national
d'Histoire naturelle, à Paris.
Dimensions :
Terra typica
ongueur corps : 75 mm; de la queue : 125 mm.
ILLUSTRATION.
1942, F. ANGEL : fig. 3, pl. 12.
Source : MNHN, Paris
P. BLANC
54
Cozonarron (pl. V, en bas).
1 — Adulte.
a) Goloration fondamentale.
Sur un fond brunâtre ou olivâtre, se détachent des vermiculations noires, éparses
sur le cou et la région thoracique. Une raie dorsole fine, roussâtre, légèrement plus
claire que le fond, s'étend de la nuque à la base de la queue. On distingue souvent
deux lignes latéro-dorsales plus claires, mal délimitées, sans ocelles individualisés.
Chez presque tous les spécimens examinés nous avons observé une tache noire en
arrière de l'épaule qui se raccorde, par-dessus celle-ci, à une large strie longitudinale
brune sur les côtés du cou; cette strie atteint le tympan et parfois l'œil. Il existe
en outre une strie noire, plus ventrale, et une autre dorsale. La teinte ventrale est.
très contrastée : la gorge et la poitrine sont grises, le ventre blanchâtre, avec quelques
points gris épars. Sur la gorge les stries sont peu visibles, parfois limitées à une simplé
tache sur la partie postérieure de la mandibule.
b) Variations individuelles.
Elles concernent essentiellement :
— L'importance des taches noires sur les flancs : chez de rares spécimens,
elles font complètement défaut; sur d’autres, au contraire, on observe deux à quatre
taches arrondies.
_— La raie médio-dorsale a une largeur variable et elle est parfois peu visible.
_— L'importance des deux raies latéro-dorsales plus claires : toujours très peu
marquées, elles sont fréquemment indiscernables.
__ Les vermiculations peuvent être réduites à un semis de petits points noîrs.
Leur extension va de la région nuchale à toute la région dorsale, y compris la raie
médiodorsale. On note parfois un piquetis de très fins points blancs sur la région
lombaire. Chez certains individus, la face inférieure de la queue et des bords de la
mandibule présentent une coloration rougeàtre.
Nous avons pu examiner deux individus femelles capturés en mars 1960 à
Andabolava (Tsivory) et en bon état de conservation. Ces deux exemplaires sont
remarquables par : (a) la présence d’un réseau continu polygonal formant un treillage
brun ou bistre sur fond gris très clair et (b) l'existence sur les flancs d’un système
de taches latérales comprenant, d'avant en arrière : quatre taches noires (brunâtres
sur l'animal à réseau polygonal bistre), larges, étirées transversalement sur toute
la largeur du flanc; en arrière, une petite tache noire étroite ayant l’aspect d’une
barre transversale et enfin une petite tache noire oblongue très nette, surtout sur
l'animal bistre. Nous voyons ici, au complet, les homologues des six bandes dorsales.
On observe même entre les taches sombres toujours une, rarement deux fines stries
transversales.
— Une tache noire juste en avant des épaules occupe une position homologue
de la bande scapulaire bien développée chez d’autres espèces d’Oplures.
Les stries longitudinales sur les côtés du cou sont présentes, et, par-dessus le
tympan, atteignent l'œil. Chez l'individu taché de noir, cette bande s’élargit pour
former deux taches latéro-nuchales presque séparées. La tête, la gorge et la poitrine
sont sombres. L’individu le plus clair montre un piquetis clairsemé de points sombres
qui ne couvrent qu’une écaille.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 55
Des observations analogues ont pu être réalisées par l'examen d’une série
d'Oplurus saxicola récoltés dans la même région à Androatsabo, près de Tranomaro
(R.C.P. 225).
Deux remarques :
1 — Les O. saxicola dont nous venons de décrire la coloration sont beaucoup
plus proches du schéma de coloration fondamental des Iguanidés malgaches (p. 88).
Ils en dérivent par un estompement des marques colorées dorsales, les latérales étant
seules conservées. Ils offrent l'avantage de permettre une liaison indiscutable avec
le pattern type et de justifier les homologies que nous serons conduits à établir (p. 85).
2 —— La répartition géographique des collectes les situe dans le vaste hémi-
cycle limité par le rebord Manambien au Nord (massif de l’Ivakoany). Une sous-
espèce géographique pourrait être justifiée par la dissemblance des colorations. Mais
des études plus précises sur le terrain doivent être menées pour étayer cette hypo-
thèse.
c) Différences sexuelle:
La région nuchale d’un mâle en période de reproduction prend une belle teinte
mauve. Les flancs sont rougeâtres. La gorge et la poitrine sont entièrement noires,
et le ventre largement piqueté de brun. La région abdominale postérieure, les cuisses,
la base de la queue sont marquées de taches jaune pâle. Seule la région pubienne est
colorée en jaune vif. Toutes ces taches sont nettement séparées les unes des autres.
2 — Juvéi
Le jeune à l’éclosion, ou un peu plus âgé, présente sur un fond brunâtre, un
semis irrégulier de petites taches claires, blanches ou jaune pâle. Ces taches, à ali-
gnement vaguement transversal, ne concernent pas plus d’un à trois granules. On
les retrouve sur toute la face dorsale ainsi que la face supérieure des cuisses et la
base de la queue. Elles sont entourées, de façon très incomplète, par de fines stries
noires à disposition irrégulière. Les jambes et les bras sont coupés de trois bandes
transversales, parallèles, sombres.
On remarque la présence de deux stries plus claires, jaunâtres, latéro-dorsales,
du niveau du cou jusqu’au milieu du dos.
Sur la face inférieure, on note des vermiculations grises entre les branches de
la mandibule, avec un piquetis fin sur la gorge. Le reste est blanc jaunâtre.
Sur les flancs, on observe les mêmes taches sombres que chez l’adulte.
H
iwénis (pl. VI, en bas).
a) Forme générale :
L'hémipénis est simple, nettement bulbeux, de 11,5 mm de longueur, à apex
légèrement bilobé, en forme de demi-calice, avec un sillon spermatique hélicoïdal,
largement ouvert.
5) Pédoncule : nettement plus court que le corps, sans ornementation.
Source : MNHN, Paris
RÉPARTITION (fig. 7)
=
Région Domaine
Origine Ne Localité Eos ss vel … phyto- Carroyage Observations
1949) géographique
|
F. AnGet, l Fiérin cé ? ? Type : pour Fiherenana?
1942 2 Antanimora 300 Sud Sud
3 Ivohibe (massif) 1 000-1 800 | Sud-Central Centre n° 30-299
4 Ampanihy 250 Sud Sud
5 Tsihombe 70 Sud Sud
{ 300 Ouest Ouest près de Manja
6 Miary } 300-900 Sud-Central Ouest
( ou Ouest Ouest
7. Ambovombe 140 Sud Sud K-62
Onsenvarions
ULTÉRIEURES
111-1960 8 Andabolava 200 Sud-Central Sud K-60 P. Mazzy ri
près de Tsiv
29-VII1-9164 5} 100 Sud Sud H-62
20-11-1965 10 À 400 Sud Ouest H-60
25-X11-1965 11 Tranoroa 210 Sud Sud H-61
25-X11-1965 42 Amborompotsy 220 Sud Ouest G-61
111-1967 13 Horombe 1 000 Sud-Central Ouest J-56 plateau
27-X11-1969 14 Ejeda 270 Sud Sud F-60
14-X11-1971 15 Androatsabo 400 Sud Sud M-61 près de Tranomaro
Source
: MNHN, Paris
er
La
REPTILES IGUANIDAE
€) Corps : largement évasé vers l'extrémité.
__ Face antérieure : La zone celluleuse a une large extension. Il n'existe ni
auricules, mais une légère saillie latérale externe, ni lèvres antérieures.
__ Face postérieure : Les collerettes sont peu développées et en nombre limité
par rapport aux petites cellules. L'éperon médian, légèrement bilobé, non saillant,
forme une ligne continue avec les deux dômes latéraux.
__ Face latérale : On compte six à sept collerettes, légèrement festonnées, les
proximales irrégulières; la ligne de raccordement des cellules est peu visible.
d) Apex :
Nettement ovale, il mesure 6 mm x 3 mm. Le bourrelet périphérique n'est
pas marqué. Les deux dômes peu saillants sont lisses, l'externe légèrement plus élevé.
Le sillon spermatique débouche largement dans une gouttière évasée, en forme de V.
Œ
150
100
5
O.saxicola
L
ol tr
50 100 150 200 250
Fig. 9 : Relation entre la longueur du corps (L) et de la queue (L') chez Oplurus saxicola.
Droite de régression : L — 0,575 L' — 5,34.
Biomérrie (fig. 9).
fquation des droites de régression :
L' = 1,604 L + 18,43.
L = 0,575 L'— 5,34.
Coefficient de corrélation : 0,96.
Mensurations extrêmes (mm) : 119 (40); 294 (186).
Source : MNHN, Paris
58 C. P. BLANC
ÉcoLoGrr.
Cette espèce est localisée dans le Sud et l'Extrême-Sud de Madagascar. Elle
est très abondante entre Beraketa, Antanimora, Tsihombe, Ejeda sur les larges
affleurements gneissiques (figure 7). Les caractéristiques de l’environnement sont
les suivantes :
a) Climat.
Le climat est caractérisé par :
— La faiblesse des totaux pluviométriques, les plus faibles de toute l'Ile
(840 mm à Tuléar), mais mieux répartis au cours de l’année que dans l'Ouest.
— Une nébulosité très faible et une insolation élevée.
— Une température élevée en saison chaude et relativement basse en saison
fraiche.
b) Végétation.
Ces Oplures chassent sur les dalles rocheuses et à proximité. Sur les affleure-
ments, la végétation est souvent arbustive et très clairsemée (Pachypodium, Xero-
phyta, ete.). Alentour, la végétation typique est le « bush » Antandroy, fourré épineux
à Didiéracées (en particulier des Alluaudia), et à Euphorbiacées arborescentes
(g. Euphorbia).
€) Abris.
Get Oplure est rupicole : il est inféodé aux larges aflleurements cristallins sub-
horizontaux, si caractéristiques du pays Antandroy. Sauf pour les mâles en parure
nuptiale, lhomochromie est remarquable : corps bistre, tête noirâtre.
L'existence de nombreuses fissures étroites et profondes dans ce matériel bien
lité, assure en abondance à ces Lézards des retraites contre les prédateurs et des
abris nocturnes, autorisant localement de véritables pullulations : sous la même
dalle, on trouve parfois jusqu’à une vingtaine d'Oplurus saicola de toutes tailles,
qui s’y sont réfugiés pour la nuit.
Au voisinage de la limite septentrionale de l’aire chorologique, la raréfaction
semble due :
— pour une part importante, à des raisons climatiques : augmentation de la
pluviométrie, diminution de l’'insolation et des températures minimales;
— peut-être, aussi, à des raisons géolithologiques : les larges affleurements gneis-
siques font place à des reliefs granito-gneissiques (inselbergs), épars sur les hautes
terres latéritiques, qui sont moins étendus et faits d’un matériel moins apte à déve-
lopper, sous l'effet des variations de température, des fissures servant d’abris.
11 faut néanmoins remarquer que dans la région d’Ihosy, en particulier selon
l'axe Thosy-[vohibe, on trouve des remontées de la végétation typique du Sud, avec
sa faune de Gastropodes terrestres, traduisant l'existence de conditions méso-
climatiques locales, non décelées par les stations climatologiques. C’est ainsi que nous
comprenons la présence (non vérifiée personnellement) de cette espèce dans la région
du massif Ivohibe.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 59
La limite orientale nous parait devoir être le rebord Manambien et les contre-
forts des chaines Anosyennes. Tout l'immense amphithéâtre de l’Ivakoany est
oceupé par une végétation de type méridional.
La limite occidentale est plus indécise : aucune station n’est donnée du plateau
Mahafaly calcaire. Nous avons rencontré cette espèce jusqu’au pied de ce plateau
(Œjeda : 27-X11-1969) mais pas à l'intérieur. Les conditions climatiques restent les
mêmes (la ation est toujours le « bush » épineux : si la composition floristique
se modifie, les conditions édaphiques en sont responsables). Oplurus saxicola semble
mal s'adapter aux rochers calcaires à système de fissuration grossier et plus
géométrique.
B - Genre Chalarodon Peters
ans : Monat. Kônig. Akad. Wiss. Berlin, 1854 : 616. — Reise nach Mossamb., 1882, 3 : 33.
at. Liz. Brit. Mus., 1885, 2 : 128.
n. Acad. malgache, 1942, 36 : 89.
: Copria, 1952 (3) : 182.
VII - Chalarodon madagascariensis Peters, 1854
Monat. Kënig. Akad. Wiss. Berlin, 1854 : 616. — Reise nach Mossamb., 1882, 3 :
34, pl 6, fig. 3.
Bourexcen : Cat. Liz. Brit, Mus., 1885, 2 : 128.
Mocquann : Bull. Soc. philom. Paris, 8 série, 1894-1895, 7 (3) : 97; ébid., 9° sér
2: 405; ibid, 1901-1909, 4 (1) : 1 es Arch. Mus. Paris, 59 s
Abhandl. Senck. nat. Gesell., 1877, 11 : 46. — In Von
\ rb., 1913, 3 (A) : 295, 370.
Meruven et Hewrer : Ann./Meded. Transvaal Mus., 1913, 3 (4) : 188
Banvour : Bull. Mus. comp. Zoël., 1918, 51 (14) : 483.
Pere : Budl. Soc. zool. France, 1928, 53 (6) : 401.
Perenrs :
1899-1900.
2,
zxow, Reise in Osta
BoETTGER :
Axerz : Bull. Acad. malgache, 1930, 13 : 112. — Mém. Acad. malgache, 1942, 36 : 89, fig. 3,
pl 43.
Menrexs : Senckenbergiana, 1933, 15 : 266. — Zool. Gart., Le:
Savace : Copeia, 1952 (3) : 182.
Mervirse : Bull. Zool. Nomencl., 1971, 28 (1-2) : 26
ig, 1955, 22 : 60.
DESCRIPTION.
rs donne, dans le chapitre des A gamae; les diagnoses suivantes :
En 1854, W. Per
Chalarodon : nov. gen.
«Enyalio dentibus habituque similis, sed corpore sub-depresso, scutellis capitis majoribus,
in rostro longitudinalibus, carinatis, coll profunde transversim plicato, squalis hypodactylus
carinatis. »
«13 Ch. madagas
fuscis. »
Terra typica : Madagascar, baie de St-Augustin.
riensis n. sp cinereo-carneus, vitta dorsali fasciisque transversis nigro-
Source : MNHN, Paris
60 CG. P. BLANC
ILLUSTRATIONS.
1882, ig. 3, pl. 6.
1942, F. Ance : fig. 3, pl. 13.
1963, N. Koxpo : 2 photos.
1963, L. CraassEx : photo de couverture (in Lacerlu).
1969, C.P. Brawc : fig. 9-11 : 314.
ÉTUDES ULTÉRIEURES.
— L. GLAASSEN (1963 : 10).
— R. EruerinGe (1965 : 166) : La disposition des côtes abdominales post-
xiphisternales, libres et non fusionnées médioventralement, confère aux genres
Chalarodon (fig. 2 B, p. 165) et Oplurus (matériel étudié, p. 167: O. cyclurus, O. quadri
maculatus et O. cuvieri — O. torquatus) une originalité que ne partage aucun autre
Iguanidé.
— C.P. BLanc
e 1965 : Étude ostéologique de Chalarodon, qui permet de rapprocher ce Lézard
de genres peu évolués d’Iguanidés américains, à mœurs terrestres.
e 1969 a : Observations écologiques.
e 1969 b : Cycle reproducteur de la femelle.
e 1971 a, b et e : Étude histochimique et ultrastructurale de l’ovogenèse.
— N.N.D. Goswamr et A.J. RosenBErG (1968) : dosent l’activité de trois
enzymes hépatiques.
— R. Horrsrerrer et J.P. Gasc (1969): complètent l’étude des vertèbres.
— G.P. BLanc et C.G. GarpenrER (1970) : étude du comportement en période
de reproduction.
— R. Baucuor, R. PLarez et R. Perermanx (1972) : comparent les relations
pondérales encéphalo-somatique de cette espèce avec quelques autres, dont
O. c. euvieri.
CoLorarion (pl. VII).
1 — Adulte.
Nous n’aurons que peu de choses à ajouter aux descriptions de F. AnGet,
1942, et celle que nous avons donnée (G.P. BLancG, 1969 a). Les variations individuelles
sont importantes. Nous rappellerons simplement les éléments suivants :
De chaque côté de la crête nuchale on observe chez certains individus une rangée
d’ocelles paravertébraux; puis des ocelles latéro-dorsaux souvent fusionnés en une
bande claire continue. Entre ces deux rangées d’ocelles existent des taches sombres,
marron où brunes : deux sur le cou, une au niveau des épaules, six (ou sept) sur le
dos, deux sur la région lombaire, d’autres en arrière sur la queue. On note un fréquent
décalage entre les taches droite et gauche en vis-à-vis. Les deux taches sur la région
scapulaire sont en correspondance avec une strie latérale de même teinte passant
en avant des épaules, et les six (sept) paires dorsales avec les stries principales
latérales.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 61
pl. VII : Coloration dorsale de Chalarodon madagascariensis:
Ces stries sont bordées vers l'arrière par une rangée d'ocelles clairs blancs
souvent on note une (ou quelquefois deux) stries
es entre deux stries principales, elles-mêmes soulignées
où jaunes sur les flancs.
secondaires beaucoup plus fin
vers l'arrière d’ocelles clairs, tn
s petits.
Source : MNHN, Paris
62 HP. BLANC
La face inférieure à dominante blanche, parfois teintée de jaune ou de rose,
montre quelques stries grises, discrètes, sur la gorge, et dans quelques cas, une
teinte grisâtre sur la zone sternale et rosâtre sur la queue. Nous avons indiqué
(G.P. BLaxc, 1969 b) les caractères sexuels secondaires chez Chalarodon madagasca-
riensis.
2 — Juvénile.
Chez le jeune, à l’éclosion ou âgé de quelques semaines, le pattern fondamental
est toujours bien marqué, notamment les ocelles et taches dorsales qui ont tendance,
chez l'adulte, à s’estomper ou au contraire à se fusionner pour donner une str'ation
longitudinale.
Héaipénis (pl. VIII).
a) Forme générale
L'hémipénis est subeylindrique; il à 10 mm de longueur et un apex nettement
bilobé.
b) Pédoncule : court (1 mm), sans ornementation, peu visible sar la face antérieure.
c) Corps : ornementation celluleuse de deux types : des petites cellules polygonales
dont la taille décroit en direction de l’apex et de grandes cellules, allongées transver-
salement et formant des replis saillants ou collerettes.
— Face antérieure : Elle est nettement plane. Le sillon spermatique est profond,
étroit, rectiligne du pédoneule à l’apex et de direction axiaie. Il est bordé d’une
zone lisse, peu étendue, puis de deux à trois rangs de cellules polygonales, et enfin
d’une rangée de grandes cellules. Les deux auricules, bien développées, à orientation
transversale, sont légèrement recourbées vers la face postérieure. Une crête saillante,
formée par l'articulation de deux rangées d’alvéoles, borde latéralement la face
antérieure.
— Face postérieure : Elle est entièrement celluleuse. L’extrémité distale, bifide
sur environ 2 mm, présente deux lobes renflés, recouverts de cellules de taille décrois-
sante vers l’apex, et marqués d’une petite strie en creux dans l’axe de chacun d’eu
La commissure médiane postérieure est bordée de deux lèvres saïllantes et soulignée
par un renflement peu accusé. À sa base, on compte de six à sept collerettes.
— Face latérale : Sauf à l’extrémité, l'ornementation ne comprend que des
cellules allongées, bordées de replis saillants, formant des collerettes légèrement
festonnées. Le raccordement des systèmes cellulaires antérieur et postérieur est
marqué par deux lignes obliques très nettes, la supérieure partant de l’auricule.
d) Apex :
L'apex est formé par deux dômes peu saillants, parallèles, allongés el inclinés
d’avant en arrière; ils sont séparés par un sillon large, rectiligne, et sont ornés de
quelques légères rugosités. La face apicale a une forme quadrangulaire, de
2,7 X 2,5 mm, à bord antérieur rectiligne; elle est limitée par un bourrelet périphé-
rique peu marqué qui s’épaissit, à l'avant et à l'arrière, en lèvres symétriques.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 63
PI. VIII : Hémip.
de Chalarodon madagascariensis.
Source : MNHN, Paris
64 G. P. BLANC
Bromérae (fig. 10 et 11).
Nous avons séparé, pour cette espèce, les mâles et les femelles.
Équations des droites de régression et coefficients de corrélation :
— mâles L? = 1,519 L + 14,94 ,
À = y nie ON
AE ec poc dun ecoulense no Me AU a L'= 1,343 L +239 | Go
DO de 101,
Le noir D
males eee ee L' = 1,499 L + 1498 | Go7.
L = 0,622 L'— 5,61 |
Mensurations extrêmes (mm) :
— minimales : 79 (51);
__ maximales : mâle : 223 (143); femelle : 185 (109).
L
80.
so
; Chalarodon
20 . D
50 100 140
Fig. 10 : Relation entre la longueur du corps (L) et de la queue (L') chez Chalarodon
madagascariensis mâle.
Droites de régression : 1) L’ = 1,519 L + 14,94; 9) L = 0,617 L' — 5,46.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 65
L 2
8
5.
. Chalarodon Q
20 T T T T Ê
#0 bo n®
Fig. 41 : Relation entre la longueur du corps (L) et de la queue (L') chez Chalarodon
madagascariensis femelle.
Droites de régression : 1) L’ = 1,313 L + 23,29; 2) L — 0,685 L'— 10,81.
RÉPARTITION.
La carte de distribution de cette espèce a été figurée in G.P. BLano, 1969 a :
295, fig. 1. Il convient d'y ajouter les deux seuls compléments suivants :
— localité d’Antsepoka, signalée par F. AnGe, 1942, qui est située sur la côte
occidentale entre Tuléar et Morombe, au cœur de l’aire de répartitio!
— une observation (F. BLANC, avril 1971) au pied oriental du massif de l’Isalo,
près du village de T'ameantsoa, à l'intérêt de se placer sur la limite de l’aire de répar-
tition que nous avions déduite par intrapolation.
Écorocre.
Il nous suflira de rappeler ici les conclusions de notre précédente étude
(G.P. Blanc, 1969 a) :
a) Climat.
Chalarodon est localisé dans la région de Madagascar ayant la plus forte insola-
tion et la plus faible pluviométrie. Ces deux facteurs climatiques nous ont paru les
plus importants. Le climat est chaud, subaride à aride; les températures maximales
parmi les plus élevées de l'ile, C'est un Lézard xérophile et héliophile qui vit en plein
soleil.
b) Végétation.
La végétation caractéristique est le « bush » xérophile sur terrains meubles,
assez clairsemée pour ménager au sol l’ensoleillement nécessaire.
Source
: MNHN, Paris
66 G. P. BLANC
€) Abris.
Chalarodon est inféodé aux milieux sablonneux où il creuse ses terriers.
Ges Lézards sont abondants sur les dunes côtières de sables récents (sables
blancs) où quaternaires (sables roux).
OBSERVATIONS BIOLOGIQUES
1. — Mœurs
Les Iguanidés malgaches sont diurnes. [ls s’abritent, durant la nuit et les jours
de pluie, dans des refuges, soit naturels fissures de rochers ou cavités dans les arbres
pour les Oplures, soit aménagés par eux : terriers de Chalarodon madagascariensis
(G.P. BLano, 1969 «). Leur période d'activité varie au cours de la journée et des
saisons.
__ Au cours d’une journée :
En saison chaude, dès le lever du soleil, ou peu après, ces lézards exposent
Jeur dos aux rayons («basking »). Leur teinte, en général, tend à s’éclaircir. La période
de plus grande activité commence : nutrition, défense du territoire, reproduction,
avec des modalités variables selon le sexe et la position sociale. Puis, la température
s’élevant, les rochers ou le sable deviennent brülants et les lézards se concentrent
peu à peu à proximité des zones d'ombre. Au cours de l'après-midi et jusqu’au
coucher du soleil, seuls quelques individus manifestent une activité modér
e En saison fraiche, aux heures ensoleillées, des Iguanidés sont bles en
nombre variable. Nous avons noté la présence, le 1-IX-1964, près d’Ambalamanakana
(pK [point kilométrique] 293,5), à 1 800 m d'altitude, d'O. quadrimaculatus peu
actifs sur des rochers : le ciel était couvert, avec quelques éclaircies, le vent froid et
modéré, la température sur le rocher, à 1 m du sol, de 190 C.
— Au cours de l’année :
© Durant la longue période de sécheresse qui caractérise l'Ouest et le Sud de
Madagascar, l'activité biologique générale est faible. La quantité de nourriture dispo-
nible pour les Lézards est limitée.
e Aux premières pluies annuelles succède une explosion de vie, tant végétale
qu’animale (Insectes et autres Invertébrés). L'activité est alors intense; c’est l’époque
de la reproduction. La saison des pluies dure, en moyenne, de décembre à mars.
Elle est d’autant plus courte et apporte des pluies d'autant plus faibles, et surtout
plus irrégulières, que l'on va vers le Sud (J. Téreronr et D. Wixrnesenr, 1966,
ont mème signalé quelques inversions pluviométriques des saisons).
Source : MNHN, Paris
S
REPTILES IGUANIDAE 6
. — Nutrition
Les Iguanidés de Madagascar sont insectivores. Nous avons rapporté (C.P. BLANG
1969 a : 310) les contenus stomacaux de quelques individus de Chalarodon mada-
gascariensis : Hémiptères et Coléoptères divers, Sauterelles, Fourmis, Mouches,
asticots, et décrit les modes de capture de leurs proies. Les Ghalarodons qui peuvent
atteindre localement des densités considérables, jouent un rôle biologique important
dans les écosystèmes sur sols sablonneux, car cette espèce compte les effectifs les
plus nombreux parmi les Lézards sabulicoles. Il en est de même pour les Oplures
rupicoles sur les surfaces rocheuses isolées où ils pullulent littéralement.
Nous traiterons spécialement, dans la seconde partie de ce travail, des compé-
titions interspécifiques entre les différentes espèces sympatriques d’Iguanidés. Nous
indiquerons ici, quelques exemples de compétition alimentaires entre lézards insec-
tivores : Mabuya gravenhorsti et M. aureopunctata (Scincidés) qui chassent surtout
à terre, entrent principalement en compétition avec Chalarodon. Zonosaurus quadri-
lineatus et Z. trilineatus (Gerrhosauridés), de grande taille, se cantonnent aux zones
d'ombre, auprès des buissons sous lesquels ils fouillent parmi les feuilles mortes,
alors que les Iguanidés sont héliophiles. Il en est de même pour Tracheloptychus
madagascariensis et T. petersi (Gerrhosauridés) qui ont des mœurs très voisines
des Zonosaures.
Les Caméléons, exploitent de préférence les frondaisons, alors que les Oplures
arboricoles se cantonnent généralement sur les troncs et les plus grosses branches;
les Brookésies (Brookesia stumpft) se limitent principalement aux litières sous forêts
assez épaisses et n’entrent guère en concurrence. Les Gekkonidés sont représentés
par une grande variété d'espèces différant par la taille et les mœurs. Nombre d’entre
eux (genre Phyllodctylus, Geckolepis, Hemidactylus) sont nocturnes et n’entrent ni
en compétition alimentaire ni pour l'habitat constitué par des crevasses ou des
fissures sous de vieilles écorces épaisses. Les autres, diurnes, ont des tailles variant
de quelques centimètres (Phelsuma dubium, Liygodactyles) à 10 ou 15 em (Phelsuma
standingi, Blaesodactylus boivini); pourvus de lamelles sous-digitales adhésives,
ces Lézards exploitent, notamment les arbres à écorces lisses. Les Scincidés à membres
réduits où nuls, (Seelotes, Grandidierina,.….) nettement fouisseurs, utilisent la faune
du sol et n’entrent pas directement en compétition avec Chalarodon.
3.— Reproduction
3-1 : TERRITORIALITÉ.
L'époque de la reproduction est marquée par des modifications de la structure
sociale. Nous avons apporté (C.P. Banc et C.C. Canpexrer, 1969) des précisions
sur la transformation du domaine vital de Chalarodon madagascariensis en territoire,
l'acquisition d’une parure nuptiale chez les mâles dominants et décrit leur incessante
activité de surveillance qui se manifeste par des mouvements de parade et des
combats.
Ghez les Oplures, nos observations sont moins avancées : une coloration nuptiale
n'apparaît nettement que chez O. savicola (p. 55) alors qu’elle est très discrète,
Source : MNHN, Paris
68 G. P. BLANC
ou inexistante, dans les autres espèces. Les mouvements de parade, caractéristiques
de chaque espèce, sont décrits (p. 42). Les combats très spectaculaires de Chalarodon,
chez lequel nous avons analysé les doubles-sauts retournés, n’ont pas été observés
chez les Oplures. Les espèces rupicoles sociales comme 0. saxicola et 0. grandidieri
paraissent avoir une territorialité plus estompée, ce qui leur permet d'atteindre
des densités élevées sur les surfaces limitées dont elles disposent.
3-2 : AGGOUPLEMENT.
L'accouplement a été décrit chez Chalarodon madagascariensis (voir C.P. BLAD
1969 c). Rappelons qu'il commence par une poursuite d'abord rec ligne, pui
spirale de plus en plus fermée, jusqu'au moment où le mâle saisit la femelle au
niveau de l'épaule. La pariade dure environ cinq secondes puis les deux partenaires
se séparent et restent quelques instants immobile:
en
L'accouplement des Oplures est difficile à étudier. Près de Beraketa
reprises, un mâle d’O. saricola poursuivant une femelle a saisi entre ses mâchoires
la base déprimée de sa queue, sans que la pariade ait eu lieu. Nous avons obsert
près de Soavala (9-X1-1971) l’accouplement d’O. quadrimaculatus : après une pour-
suite entrecoupée d’arrêts, sur une dalle rocheuse, le mâle saisit brusquement la
femelle au défaut de l'épaule (fig. 12) et, Ja maintenant à l’aide de sa patte antérieure,
glisse son cloaque sous le sien. Là encore, l’accouplement ne dure que quelques
secondes.
à plusieurs
Hg. 12 : Posture d'accouplement chez Oplurus quadrimaculatus (d'aprè
Soavala, le 9-X1-1971).
une diapositive, à
3-3 : Pon1
Les Iguanidés malgaches sont ovipares. Leurs œufs ellipsoïdaux ont une coque
souple parcheminée. Ils sont pondus au début de la saison des pluies.
Nous rappellerons les principales conclusions d’une étude détaillée (G.P. BLaNc,
1969 c) relative à Chalarodon. La période de ponte, correspond à la saison humide
et chaude : décembre à mors. Il n'existe qu’un cycle annuel de ponte. Un seul ovocyte
est pondu à la fois par chaque ovaire. Comme il y a un synchronisme approximatif
entre les deux ovaires, la ponte est généralement constituée de deux œufs. La taille
d’un œuf est, en moyenne, de 14 à 15 mm dans son grand axe et 7 mm pour le petit
axe, ce qui correspond à un volume considérable pour une femelle dont le corps ne
mesure parfois que 5 em. Le fonctionnement particulier de l'ovaire permet d'orienter
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 69
l'effort physiologique de la femelle vers les deux seuls ovocytes en phase de grand
accroissement: en outre, il favorise l’espacement des pontes.
Chez les Oplures, les œufs sont relativement moins volumineux mais les pontes
comptent souvent de quatre à six œufs.
Les œufs de Chalarodon et d’0. cyclurus sont déposés dans le sable. O. quadri-
maculatus pond dans des fissures assez larges pour qu'un peu de terre s'y soit aceu-
mul
A la ponte, les œufs présentent déjà une cicatricule très nette colorée en rose
par les ilots sanguins. Le développement embryonnaire est rapide. Les premières
éclosions ont lieu en janvier pour Chalarodon madagascariensis. Nous avons récolté
un très jeune ©. grandidieri le 14-11-1965, près d'Ambalavao (pK 385). Le maximum
d’éclosions se situe, selon les années, en mars-avril.
— Développement post-embryonnaire
Seul Chalarodon madagascariensis a fait l'objet d’une étude portant sur un total
de 531 individus capturés dans les environs de Tuléar, à trois reprises : mi-septembre,
fin décembre, mi-avril. Nous complèterons par des comparaisons plus disparates
chez les Oplures.
4-1 : SEX-RATIO.
L'échantillon de 531 Ghalarodons, était constitué de 256 mâles et 275 femelles,
le sexe ayant été déterminé d’après la présence où l'absence de plaques post-cloacales
élargies (voir p. 62). Le sex-ratio, égal à 48 : 52, est donc très proche de l'égalité
numérique des sexes. Notons qu'environ 1 % des femelles (G.P. BLaxc, 1969 b)
possèdent des écailles post-cloacales, ce qui réduit à moins 2 % l'écart entre le nombre
des mâles et des femelles.
En ce qui concerne Oplurus, nous avons, sur un lot de 96 O. quadrimaculalus,
vérifié par dissection le sexe de 61 d’entre eux pris au hasard : 30 mâles, 31 femelles,
soit un sex-ratio de 49 : 51.
4-2
CROISSANCE LI
faune (fig. 13 et 14).
Après anesthésie par le froid, la longueur du corps des 531 Ghalarodons à été
mesurée au demi-millimètre près. Ces mensurations, groupées par classes de 2 mm,
sont rassemblées dans le tableau 4.
Nous avons estimé (C.P. BLaxc, 1969 c), en appliquant à ces données la méthode
des quartiles, la rapidité de croissance de Chalarodon. Si di, d,, ds représentent V'ac-
croisement. de taille pour les premier, deuxième et troisième quartiles entre les mois
de septembre et de décembre pour lesquels nous avons le plus de données, nous
obtenons les valeurs suivantes (tableau 5).
Source : MNHN, Paris
Fig. 13 :
G. P. BLANC
| DbbecEMeRE
n—#
Chalarodon o°
ÉTAT CRAN CU 0
: Structure des populations chez Chalarodon madagascariensis mâle.
Nombre (N) d'individus par classe de 2 mm de longueur du corps (L).
JL li CL 4m
N
DOUTE CINE)
20 |
| |
Il
1 | L DECEMBRE
21 | fl
| Chalarodon 9
allllil
0 BU D 0 0 pm SEPTEMBRE
STONES INT NET 1
scariensis femelle.
44 : Structure des populations chez Chalarodon madag
Nombre (N) d'individus par elasse de 2 mm de longueur du corps (1).
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 71
Tasceau 4 : Structure d'une population de Chalarodon madagascariensis
en septembre, décembre 1963 et avril 1964.
2"
at MAIES FEMELLES
du corps
(am) septembre | décembre | avril décembre | avril
28 0 0 0 1
30 : l 0 1 0
32 0 0 3 0 p ä
34 0 0 1 2 0 2
36 0 0 6 1 6 2
38 3 0 nr] ji 2 3
40 16 0 En VA] 241 6 3
22 6 0 a en 3 5
a ñ 0 5 17 5 7
46 13 0 5 9 5 2
48 9 0 4 7 p 1
50 14 1 5 1 17 ñ
52 7 0 1 0 23 3
54 7 1 2 1 2% 0
56 eu 1 2 0 23 2
58 8 p 2 1 10 0
60 6 3 6 0 14 2
62 5 5 1 1 2 2
64 3 9 0 1 0 5
66 2 6 0 0 2 0
68 4 3 0 0 0 1
70 2 10 0 0 0 1
72 0 15 0 0 | 0 2
7h 0 14 0
76 0 3 0 |
78 0 4 0 |
80 0 3 0
82 0 1 0
TaëLeau 5.— Accroissement de la taille corporelle chez Chalarodon madagascariensis.
d (mm) Mâles Femelles
à 19,17 14,99
d 19,85 19,76
d 16,77 ao
d moyen 18,63 12,0%
Il en résulte que l'accroissement de taille des mâles est plus élevé que celui
des femelles (18 mm contre {2 mm en trois mois et demi), et que la taille adulte est
obtenue approximativement au bout d’un an, l'accroissement pendant la saison
hivernale n’étant que de 10 mm environ.
Source : MNHN, Paris
72 G: P. BLANC
4-3 : CROISSANCE PONDÉRALE.
Le tableau 6 regroupe les poids des Iguanidés utilisés pour nos manipulations,
après un jeûne suffisant pour que le tube digestif soit vide. Les variations individuelles
sont dues à l’état physiologique des animaux, en particulier au développement des
corps rétro-pubiens, et au stade de développement des organes reproducteurs chez
les adultes. Pour éviter de surcharger le graphique correspondant (figure 15), les
sexes n’ont été séparés que chez ©. c. cuvieri et O. quadrimaculatus pour lesquels
nous avions assez de données.
Nous remarquons que :
a) L’accroissement pondéral est sensiblement le même dans les deux sexes;
b) Les points obtenus en portant les poids en fonction de la taille corporelle
s’alignent, pour les différentes espèces, sur une courbe de forme exponentielle.
Ces résultats sont analogues à ceux obtenus, par exemple, chez Chamaeleo
lateralis (F. BLanc, 1970 : 341, fig. 17).
TaBLeau 6 : Poids P (g) en fonction des mensurations (mm)
du corps (L) et de la queue (L°) chez les Iguanidés malgaches.
F
Espèce Sexe | L D: p Observations
l
0. eyclurus 45 102 = 10,02
19 ol 93 _ 3118 | 2 +2 œufs in utero
69 9 97 804 | 36,97
92 9 87 109 22,53
100 Ci 119 — 50,86
103 9 77 98 11,33
104 el 106 = 27,00
O. c. cuvieri 8 4150 | 190
& | 140 =
NE 0e
g | 130 | 206
9 | 130 =
a | 154 491
9 —"% | 2 + 2 ovocytes (1 em)
é 171
113 166 es (1,6 mm)
| SAS 156
| a |0135 =
& | 13 182
4 |131 = 82,23
a "127 _—_ lien
OS ECS M2 19,38 | ovocytes (2,5 mm)
9 63 99
95 $ 50 82
96 ç 59 84
105 ç 69 99
Source : MNHN, Paris
TagLeau 6 (suite)
Espèce Sexe | L 15 p Observations
0. quadri 8 | 1% 58,68
maculatus UE 53,85
2193 = 60,86
a 1|M122 =
@ | 120 200 ovocytes (2 mm)
@ | 114 210
M UES =
? | 107 185 2 + 2 ovocytes (2 mm)
& | 103 152
& | 12% 196
SES 237
Su E122 222
® | en 202 ovocytes (2 mm)
Ci 90 qat
SNL: 227
9 |104 192 ovocytes (2 mm)
9 | 107 186
O. fierinensis É 98 = 26,05
® 91 — 19,04 2 + 1 œufs in utero
? 82 155 10,117:97 1+1 in utero
Q 79 121 13,21 tes (2 mm)
9 83 165 18,11
4 76 161 13,03
O. grandidieri 12 (] 4 + 1 œufs in utero
mn 4
59 Q 1 + Tovocytes (6 mm)
7 Q
7
76 é
79 9 ovocytes (2-3 mm)
101 9
107 9 2 + 3 ovocytes (2 mm)
108 ê
0. saxicola 15 ? 88 157 16,56 | 2 + 2 ovocytes
(14 mm)
16 92 17,79 1 + T'ovocyte (6 mm)
17 93 21,80 | 1 + 1 œufs (1,8 em)
19 103 26,81
68 101 32,13
|
Chalarodon 71 ç 55 1,30
madagasca- 72 & 70 116 9,16
riensis 7h 5 72 131 10,00
— = | & — 1,33
= —=n| 258 — 1,08
28 _ 1,16
e) 60 a,61 1 + 1 œufs (8 mm)
4 69 115 9,25
Source : MNHN, Paris
130 |
125 À
120
115 À
DE
105 À
1007
°5 À
901
85 À
801
CE
702
66
601
55
50
45
407
35
30
25
20
15 À
101
©. P. BLANC
_
Mrs
Légende :
10
1. 0. cyclurus; 2
mr T Tee CAP EE
æ do 4 5 fo 10 to #0 10
g. 15 : Croissance pondérale des Iguanidés malgaches. Poids (P), en grammes, en fonction
de la longueur du corps (L), en millimètres.
O. c. cuvieriz 3 : 0. quadrimaculatus; 4 :
5 : O. grandidieri; 6 : O. saxicola; 7 : Ch. madagascariensis.
O. ficrinensis;
Source : MNHN, Paris
«
Gi
REPTILES IGUANIDAE
5. Prédateurs
Les prédateurs les plus importants des Iguanidés semblent être les Serpents et
les Rapaces diurnes. Nous avons indiqué les espèces prédatrices les plus communes
de Chalarodon madagascariensis (C.P. BLaxc, 1969 c : 19); le film (réf. 56) montre
les principales étapes de la mise à mort et de la déglutition d’un Chalarodon par
un Mimophis mahafalensis. Malgré sa petite taille, ce Serpent est capable d’avaler
les plus gros spécimens mâles de Chalarodon.
6. — Parasites
6-1 : PARASITES EXTERN
__ Chalarodon : La présence de parasites externes est exceptionnelle chez
Chalarodon madagascariensis : une seule récolte, à Sakaraha, le 5-IV-1964, de quatre
exemplaires d’une espèce nouvelle du genre Schoengastia, référence RMI 46212
(comm. pers., C.E. Yunker, 19-V-1966).
__ Oplurus: La présence de petits Acariens rouges de la famille des Pterygo-
somidae est relativement fréquente sur divers Oplures, notamment ©. quadri-
maculatus. Ces parasites se fixent généralement entre les écailles coniques sur les
côtés du cou, ou en arrière de l'insertion des membres. En outre, nous avons récolté
des Tiques, soit implantées soit dans les refuges des Oplures suivants : O. quadri-
maculatus, 0. fierinensis et O. grandidieri, de l'espèce Argas (Secretargas) hoogstraali
Morel et Vassiliades, 1965, (Argasidae) (H. HoosrraL, G. UILENBERG et C.P. BLANC,
1967). 11 serait intéressant de vérifier si cette espèce parasite également ©. saxicola,
le quatrième Oplure rupicole ainsi que les Oplures arboricoles. Notons qu'Argas
(S.) hoogstraali vit dans le Sud de Madagascar où nous l'avons récolté à Ihosy
(30-VIIL-1964 et IT1-1965), Tuléar (VIL-1963), Tsihombe - Antanimora (29-VIIT-1964)
et Bekily (III-1965).
Signalons, toutefois, qu’une autre espèce du même sous-genre, A. (S.) echinops
Hoogstraal, Uilenberg, Blanc, 1967, fut récoltée dans la même région sur Echinops
teljairi (Insectivores). Done, même si À. (S.) hoogstraali ne parasitait pas les Oplures
arboricoles ni Chalarodon, il pourrait s’agir non d’un manque d’affinités biochimiques,
mais d’une raison purement écologique : ces Tiques vivent sous des pierres dans une
mince couche de fins débris minéraux et organiques secs où elles font preuve d’une
grande résistance à la sécheresse.
6-2 : PARASITES INTERNES.
G. Capazero R. (1968) a étudié les Nématodes du tractus digestif des Igua-
nidés malgaches : nous rapporterons ici la liste des onze formes parasites, dont sept
nouvelles pour la science, et de leurs hôtes :
Oxyuridae :
Pharyngodon : Ph. dimorpha Chab. et Br
riensis, O. cyclurus, O.c. cuvieri, O. fierinensi
rg., 1962, chez Chalarodon madagasca-
Source : MNHN, Paris
76 G. P. BLANC
Thelandros : Th. meridionalis Chab. et Bryg., 1962, chez O.c. cuviert et O. saxicola.
— Th. blanchardi, chez O. quadrimaculatus. — Th. chabaudi, chez O. quadrimaculatus.
Heterakidae :
Spinicauda (Moaciria) : $. (M.) freitasia Chab. et Bryg., 1960, chez O. quadri-
maculatus et O. fierinensis.
Strongyluris : S. winteri, chez O. grandidieri. — S. skrjabini, chez O. grandidieri
et O. saxicola.
Physalopteridae :
Physalopteroides : P. dolljusi, chez O. c. cuvieri.
Abbreviata : A. brygooi, chez O. quadrimaculatus. — A. legendrei, chez
maculatus, O. cyclurus, O. c. cuvieri.
D. quadri-
Onchocercidae :
Madathamugadia : M. opluri Chab., And. et Bryg., 1959, chez O. e. cuvieri.
Les principales conclusions d'intérêt biogéographique de cet auteur sont les
suivantes :
__ importante spécificité parasitaire chez les Iguanes malgaches;
— endémicité au niveau spé
générique;
que, sauf pour la Filaire qui l'est à l'échelle
— affinités variées de cette faune avec les continents voisins
y compris l'Amé
rique du Sud, paraissant un peu plus importantes avec la région australienne
— pas d'anomalies de composition par rapport aux Reptiles d’autres régions
du monde.
Concernant les relations interspécifiques, G. Gaazcero R. (loc. cit.) note
que cette faune de Nématodes est, au niveau générique, « très comparable à celle
des Iguanes insectivores américains » (p. 63), mais pose un problème intéressant
chez O. quadrimaculatus : cette espèce est parasitée par deux Oxyures qui ne se
retrouvent pas chez les autres Oplures et dont un au moins a des aflinités nettes
avec un Oxyure de Tortue herbivore. Ces divergences ne nous paraissent pas expli-
cables par des différences de régime alimentaire. L'Oxyure Pharygodon dimorpha
qui parasite les deux genres malgaches « s’égare parfois chez des Caméléons » (p. 24).
7. — Statut biologique des Iguanidés malgaches
A Madagascar, chaque année, au cours de la saison sèche, des superficies c
dérables sont la proie des flammes, conséquences des méthodes agricultural.
pastorales traditionnelles. Les savanes, pour la plupart secondaires, sont brülées
et les forêts souvent reculent. Nous devons considérer l'impact de cette dégradation
de la végération primitive sur la survie des Iguanidés malgaches.
Chalarodon : Nous avons indiqué (G.P. BLanc, 1969 a), que la régression de la
végétation primitive dans l'aire de répartition de Chalarodon madagascariensis
ne mettait pas en danger, dans un avenir proche, la survie de cette espèce. En effet,
adaptée à une vie sabulicole, héliophile et xérophile, elle ne semble pas actuellement
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 77
souffrir du processus d’assèchement du Sud malgache, tout au moins ant que la
végétation reste suffisante pour assurer son alimentation en Insectes et stabiliser
le sol.
Oplures : Les mêmes considérations s'appliquent aux Oplures rupicoles. En
général, les surfaces rocheuses sont un obstacle au passage des feux et ces Lézards
n’en souffrent pas directement. Mais la végétation proche, entièrement anéantie
dans les zones herbeuses, ne permet plus le ravitaillement en insectes.
Les Oplures arboricoles sont en grande partie tributaires d'arbres assez âgés
pour offrir des cavités servant de refuges. En maints endroits, l'habitat parait être
le facteur limitant de la densité des populations : chaque cavité de taille convenable
est occupée par un Oplure. Dans ces conditions, toute réduction de la forêt tropophile
occidentale entrainera une diminution des effectifs, bien que la mutilation des arbres
par les feux puisse, dans certains cas et de façon très temporaire, provoquer la
formation de nouveaux refuges.
Source : MNHN, Paris
SECONDE PARTIE
RELATIONS PHYLOGÉNÉTIQUES
Alors que la première partie a été consacrée à la présentation des différentes
espèces d’Iguanidés malgaches, la seconde est destinée à l’étude de leurs relations.
Dans la littérature nous n’avons trouvé que les deux mentions suivantes qui concer-
nent les affinités d'O. grandidieri : F. Mocquarn (1900) la rapproche d'O. fierinensis
tandis que F. AxGEL (1942 : 86) écrit : « Les affinités de cette espèce avec Aopl.
saxicola sont très grandes. »
Pour cela, nous discuterons les données rassemblées sur la morphologie (colo-
rations, mensurations, hémipénis) ainsi que sur l'écologie. Nous complèterons ces
résultats par des considérations de morphologie externe (écaillure), d'anatomie
(ostéologie cränienne), d'éthologie (mouvements de parade), de caryologie et de
biochimie (protéines sériques, lactico-deshydrogénase et immunologie). Nous nous
proposons de dégager de l'analyse de chacun de ces termes les affinités interspéci
fiques dans une perspective phylogénétique (absence de fossiles ne permettra pas
d'en connaître la chronologie), et d'apprécier les relations de parenté entre les deux
genres malgaches, Oplurus et Chalarodon. S'ils s’avéraient suffisamment proches,
nous pourrions établir les caractéristiques de leur éventuel ancêtre commun dont
l'intérêt zoogéographique serait notoire.
A - MORPHOLOGIE
I. — ÉGAILLURE ET COLORATION
Après avoir indiqué quelques particularités de la pholidose des différentes
espèces d’Iguanidés malgaches, nous discuterons de l'intérêt de leurs colorations,
décrites dans la première partie. Nous en déduirons, d’après leur degré de probabilité,
les éléments essentiels du pattern fondamental et nous chercherons les voies adapta-
tives selon lesquelles s’est opérée sa différentiation ainsi que les affinités interspéci-
fiques qu'elle révèle.
I-1 : Ecaillure.
Les synopsis systématiques font principalement appel à des considérations sur
l’écaillure, à cause de son abord très aisé au déterminateur. Malheureusement, les
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE #9
Iguanidés malgaches ne présentent guère d’écailles remarquables par leurs dimen-
sions ou par leur forme. Nos moyens d'investigation ne nous ont permis qu’une étude
comparative de morphologie macroscopique sommaire.
10 fÉcaille pariétale (fig. 16 et 17) : On notera l'existence, chez tous les Iguanidés
malgaches, d’une écaille pariétale nettement agrandie, recouvrant l’orifice pariétal
qui est toujours situé sur la suture rectiligne frontopariétale et échancre plus large-
Pig. 16 : Ecaillure céphalique, en vue latérale et apicale, d'Oplurus cyelurus (19-63 1G).
Source : MNHN, Paris
80 G. P. BLANC
ment le pariétal que le frontal. Un œil pariétal, bien visible, marque le centre de
cette écaille. En général noire chez le jeune, sa coloration tend à s'estomper chez
l'adulte.
ous avons signalé un dimorphisme sexuel net de la hauteur
halarodon. Cependant, cette crête d'écailles coniques n’est
jamais très développée, même chez les mâles (C.P. BLaxc, 1969 b, fig. 1 a, b). Dans
les deux sexes, elle est continue de la nuque jusque sur la base de la queue.
©.fierinensis
Fig. 17 : Ecaillure céphalique, en vue latérale et apicale, d'Oplurus fierinensis (206-64 IG).
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 81
Les Oplures arboricoles, seuls, présentent une courte crête nuchale que l’on
pourrait considérer comme le reliquat d’une crête dorsale. On note également un
dimorphisme sexuel : les écaille nuchales d'Oplurus cyclurus, au nombre de six à
dix — en moyenne neuf — ont, chez la femelle, l'aspect de granules arrondis, alors
que chez le mâle, elles sont plus hautes et coniques; il en est de même chez O.c. cuvieri
qui a de trois à huit écailles nuchales avec une moyenne de cinq.
30 Écailles caudales : Elles sont toujours disposées en verticilles successifs,
sauf dans la partie basale déprimée. Ces verticilles sont de taille égale, à raison de
deux par vertèbre, chez les Oplures rupicoles (radiographie). Chez les Oplures arbo-
ricoles, les écailles caudales subissent une accentuation marquée de leur épine. On
trouve encore deux cycles d’écailles par vertèbre chez O. c. cuvieri, mais l’un d’entre
eux est réduit, surtout dans la partie proximale de la queue, à un verticille de petites
écailles. Notons chez un spécimen d’O. quadrimaculatus, récolté dans l’Isalo, une
différenciation nette dans la longueur des verticilles successifs, l’un étant approxi-
mativement le double de l’autre; cette tendance, moins accusée, a été observée chez
plusieurs spécimens de Chalarodon madagascariensis. Chez O. cyclurus on ne trouve
plus qu’un cycle de grandes écailles acuminées par vertèbre caudale, correspondant
à la disparition totale du verticille réduit.
4° Écailles temporales (fig. 16 et 17) : Le tableau 7 indique le nombre d’écailles
temporales comptées sur une ligne allant du rebord postérieur de l'orbite au tympan.
Ce nombre est nettement plus élevé chez les deux Oplures arboricoles et, corrélati-
vement, la taille des écailles est plus petite. Oplurus quadrimaculatus occupe une
position intermédiaire.
50 Denticulations tympaniques : Des écailles saillantes sur le rebord antérieur
du tympan existent chez tous les Oplures, sauf O. cyclurus (tableau 7). Elles sont
plus nombreuses chez les Oplures rupicoles que chez O.c. cuvieri.
6° HÉcailles latérales des doigts : Des écailles en forme de denticules latéraux,
sur les doigt ent que chez Chalarodon (C.P. BLanc, 1970 : 296, fig. 12).
Leur présence peut être mise en relation avec l'habitat sabulicole de cette espèce,
de même que la forme particulière de ses griffes (loc. cit. : 297, fig. 13).
T° Écailles de la face supéro-postérieure des cuisses : Ces écailles ne sont bien
développées et pourvues d’une épine que chez les formes rupicoles. Nous pensons
qu'elles favorisent la reptation dans les fissures étroites et jouent un rôle dans l’accro-
chage quand l’animal est saisi dans son refuge. On note un rang d’écailles élargies,
acuminées, sur la face externe du tarse d’O. fierinensis.
Les écailles caudales des Oplures arboricoles, assurent ces deux rôles, avec le
concours, chez O.c. cuvieri, des écailles dorsales carénées : l'animal se gonfle d’air
de façon à s’ancrer sur les parois de son abri.
80 Écailles post-cloacales : Nous avons représenté (G.P. BLanc, 1969 c, fig. 21)
les écailles post-cloacales agrandies chez Chalarodon. Ces écailles sont situées en
ar d’une petite fossette bordant la fente cloacale. Aux très fines granulations
de la lèvre postérieure du cloaque, succède une rangée transversale d’écailles imbri-
quées, en forme de granules: nettement plus grosses, les écailles post-cloacales
occupent toujours la rangée suivante. Viennent ensuite des séries transversales
Source : MNHN, Paris
Taezeau 7 : lcailles temporales et tympaniques ches les Oplures.
0. quadrima-
DRDAES 0. cyclurus | O. c. cuvieri Ares O. ficrinensis | O. grandidieri | 0. :
Ecailles lemporales : Peu différentes des écailles | Agrandies, lisses Agrandies, coniques ou polyédriques
voisines, petites, lisses ou légèrement s
Nombre d'exemplaires ............... 19 5 36 6 27 39
Somme (droite + gauche) ............. 357 87 113 8 378 465
Moyenne par côté...... 9,4 8,7 5,7 7,0 7,0 6,0
Limites de variation.................. | 8-11 8-10 5-9 5-8 6-8 (a) 5-8
Denticulations tympaniques :
Nombre d'exemplaires ............... 19 | 5 31 6 26 39
Somme (droite + gauche) 0 | 27 297 16 178 299
Moyenne par côté... 0 2,7 4,8 3,8 3,4 3,8
Limites de vari — 24 1-7 35 (2) 3-5
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 83
d’écailles bien plus petites que les écailles post-cloacales et dont la taille croît dista-
lement. Dans certains cas, une partie des écailles de la rangée contiguë postérieure
aux écailles post-cloacales subit un certain élargissement.
La répartition par espèce est la suivante :
— Nombre d'écailles post-cloacales dans un échantillon de deux cent cinquante
Chalarodon madagascariensis (G.P. BLanc et C.C. Garpenrenr, 1969) : 2 — 90 %;
3— 6%; 4 — 4 %. Leur présence est exceptionnelle chez les femelles : moins de
4% de notre échantillon;
— Liste des espèces d’Oplures, par ordre de taille décroissant de leurs écailles
post-cloacales :
© O. fierinensis : 4 écailles post-cloacales, exceptionnellement 2, 3 ou 5, trois
fois plus grandes que celles du rang immédiatement postérieur;
© 0. saxicola et O. grandidieri : 4 à 5 écailles, parfois agrandies de 1,5 à 2 fois
par rapport aux suivantes;
e 0. quadrimaculatus : leur nombre est variable. Ainsi, sur vingt mâles nous
en avons compté : 0 — 1 fois, 1 — 2 fois, 2 — 1 fois, 3 — 4 fois, 4 — 7 fois, 5 — 3 fois
. Leur taille est 1,25 à 2 fois plus grande;
clurus : nous n’avons noté qu’un petit nombre (1, 2 à 3) d’écailles élargies
e 0. c. cuvi
post-cloacales agrandies: chez quelques-uns, on observe 1 à 2 écailles très légèrement
plus grandes que les suivantes.
i : les mäles ne possèdent qu'exceptionnellement des écailles
D'une façon générale, moins la taille des écailles post-cloacales se différencie
du rang suivant, plus leur nombre est fluctuant. En particulier, ces écailles ont,
latéralement, une taille graduellement décroissante et le rang postérieur peut être
aussi, en partie, affecté par l'augmentation de taille. Il est également plus fréquent
de trouver des femelles avec des écailles agrandies.
En conclusion, nous noterons d'importantes variations de détail dans l’écaillure
d’un individu à l’autre ou chez le même, de part et d'autre du plan sagittal ainsi
qu'une évolution vers un rôle de protection et partiellement de locomotion, par
augmentation de leur taille et renforcement de l’épine terminale, des écailles caudales
chez les Oplures arboricoles et des écailles postéro-supérieures des cuisses chez les
Oplures rupicoles.
L'intérêt de l’écaillure dans la recherche des affinités phylogéniques sera discuté
à la fin de ce chapitre, en même temps que les données concernant les colorations.
1-2 : Colorations.
L'analyse des descriptions données dans la première partie de ce travail pose,
dans notre contexte comparatif, le double problème des variations (individuelles
et sexuelles) et des homologies entre les divers éléments de coloration.
19 Variations individuelles.
Les variations individuelles ont une amplitude et concernent des éléments de
coloration différents selon les espèces (tableau 8).
Source : MNHN, Paris
84 G. P. BLANC
TagLEau 8 : Importance des variations incividuelles
dans la coloration des Iguanidés malgaches.
VARIATIONS
Éléments de
coloration : Fe :
fortes modérées faibles
Teinte de fond Chalarodon ©. cyclurus O. fierinensis
0. quadrimaculatus | O. grandidieri |
O. 6. euvieri O. saxicola
Taches (ou stries) latén
sombres
les! O. quadrimaculatus | Chalarodon
O. saxicola
Bandes dorsales O. quadrimaculatus
O. €. cuvieri
0. cyclurus
Verm
ou stries dorsales O. 6. cuvieri O0. grandidieri
0. cyelurus
culations O. quadrimaculatus | 0. saxicola
Taches claires dorsales Chalarodon 0. grandidieri
0. saxicola O. saxicola
O. cyclurus
0. quadrimaculatus
Le tableau 8 montre que, dans l’ensemble, les variations dans la coloration
sont très fortes chez ©. quadrimaculatus et Chalarodon, assez fortes pour O.c. cuvieri
et ©. cyclurus, faibles pour O. saxicola et O. grandidieri, très faibles pour 0. fierinensis.
Nous avons observé une corrélation entre les variations de coloration et l’habitat;
ce fait est particulièrement net chez :
— O. quadrimaculatus : sur des rochers sombres (Ambositra), ces Oplurus
sont franchement noirs. Inversement, dans l’Isalo, sur des rochers clairs, ces Lézards
ont une teinte gris pâle, sans barres dorsales, avec un fin réseau de stries brunes bien
apparentes. Il est fréquent que les formes d'altitude, jusqu’à 1 800-1 900 m dans
l'Ibity (C.P. et F. BLaxc, 1967), 2 000 m dans l’Andringitra et dans la région d’Ambo-
sitra, soient plus sombres que les formes de plaine à climat plus chaud, obéissant
à la règle de mélanisation en altitude (L. Guénor et A. Térny, 1951).
— Chalarodon madagascariensis : G. Perir (1928), avait remarqué une relation
entre la coloration sombre ou claire des Chalarodons et celle du substrat. Il existe,
néanmoins, partout, un mélange de Lézards des deux teintes. Nous avons mentionné
(G.P. Branc et C.C. Carpenrer, 1969) l'existence, chez les Ghalarodons vivant sur
les dunes de sables roux, d’une coloration rougeâtre qui persiste quand on les isole
sur des substrats différents.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE S5
Inversement, dans la même région peuvent coexister des formes différentes de
la même espèce. F. AxGEL (1942) cite le cas de trois Oplurus cyclurus, capturés à
Anakao, montrant trois colorations différentes. Nous avons souvent constaté des
variations, chez des individus sympatriques, concernant le nombre de taches sombres
dorsales chez O. cyclurus et O. c. euvieri, la teinte de fond chez 0. quadrimaculatus,
Chalarodon madagascariensis, l'étendue des vermiculations chez O. grandidieri.
En outre, la teinte de fond peut varier pour diverses raisons physiologiques,
notamment avec la température : les Lézards à la sortie de leur terrier, le matin,
sont plus sombres, et avec l’activité sexuelle : livrée nuptiale. Ces variations, indé-
pendantes ou liées au sexe, rendent douteuse, a priori, l'existence de taxa subspéci-
fiques, tel ©. c. cuvieri comorensis isolé sur la Grande Comore (F. ANGEL, 1942),
mais relèvent plutôt de la combinaison de gènes allèles. Le polymorphisme le plus
accusé se rencontre dans les espèces qui, présentant les plus larges répartitions, oceu-
pent les milieux les plus variés : O. quadrimaculatus et Chalarodon madagascariensis.
20 Différences sexuelles.
Les différences sexuelles de coloration sont variables selon les espèces. Chez
toutes, la gorge tend à s’assombrir chez les mâles; tous les Oplurus présentent, à des
degrés divers, une coloration jaune péricloacale.
Chez O. quadrimaculatus et O. fierinensis nous n'avons pas relevé d’autres
différences que ces deux éléments sur la face ventrale, assez peu marquées, et. que
l'on retrouve d’ailleurs, parfois, chez les femelles.
Chez O. grandidieri, O. c. cuvieri et O. cyclurus s’y ajoute une coloration rouge
ou bleue un peu plus accusée de la tête et du cou.
Une véritable livrée nuptiale n'existe que chez O. saxicola et Chalarodon mada-
gascariensis, chez lequel nous avons démontré que son expression est liée à l’état
de dominance (G.P. BLanc, 1969 « : 33).
30 Homologies entre les éléments de coloration.
La compilation des données nous autorise à établir quelques homologies relatives
aux éléments suivants (tableau 9) :
a) Raïe médio-dorsale :
Chez les Oplurus à corps très déprimé, ©. saxicola, O. grandidieri, O. fierinensis,
elle peut être considérée comme l’homologue des ocelles, ou (et) des taches sombres,
fusionnés entre eux pour former une bande continue. En effet, chez O. saxicola et
0. fierinensis, il est possible de reconnaitre, sur la région dorsale, deux bandes latéro-
dorsales un peu plus claires que la teinte de fond; chez Chalarodon madagascariensis,
on observe parfois de chaque côté de la crête dorsale, deux bandes paravertébrales
continues, bistres, résultant de l’uniformisation des ocelles et des taches brunes;
chez O. saxicola et notamment ©. grandidieri, la raie dorsale pourrait être lhomo-
logue des ocelles médio-dorsaux, peut-être en association avec les ocelles paraverté-
braux (ou une coloration indépendante?); chez O. fierinensis, cette raie, plus sombre,
représenterait les bandes dorsales : sur de rares individus on peut distinguer, vers
l'arrière, des taches subsymétriques, légèrement plus sombres que le fond.
b) Bandes noires transversales :
Les bandes complètes d’O. c. cuvieri et d’O. cyclurus sont homologues des
taches sombres dorsales et des ocelles noirs en correspondance sur les flancs séparés,
Source : MNHN, Paris
TaBLeAu 9 : Rapports entre le pattern des différents Iguanidés malgaches.
OPLURUS CHALA-
RODON
Eléments du pattern r Es “
. quadri- : Re. :
eyclurus c. cuvieri US fierinensis grandidieri saxicola madagasca-
riensis
| médiodorsale :.… — — (+) + + + (+)
Ocelles ou raies | baravertébrale. . + 4 4 + # % cr
en position
| latéro-dorsale.… + de + (+) = (+) 2e
Bandes transversales noires. ....... ua 1 + (+) = 4 ae
Ocelles sur les flanes + + & = = = à
Taches rouges ou jaunes sur la face
ventrale (gorge, queue) ......... + + + à ci JL re
éintelblenese 2 + 1e de + = (+) +
Poitrine ghise 2. + ne + 2 dE (+)
Taches claires en arrière des bande
noir nr Se + — _— — (+)
Vermiculations ou stries ou points
BOMPrES er es -me + A + — ce + de
Taches ou stries sombres sur la gorge. 2e + + + _ + de.
Subdivision des bandes noires (fine
strie en arrière) + + + _ — _ +
— : Caractères absents.
ctères présents.
actères peu marqués.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 87
par le développement des ocelles latéro-dorsaux, des autres Oplures car les ocelles
noirs latéraux sont parfois suivis d’une tache claire. Les bandes, dans certains cas
décalées de part et d'autre du plan sagittal, présentent à ce niveau, soit un étrangle-
ment, soit une coupure complète, selon les individus.
c) Stries, vermiculations, points noirs :
Ces éléments, généralement répandus sur la région nuchale et thoracique,
semblent de même nature. Les vermiculations et les semis de points noirs se retrou-
vent à la fois dans les mêmes espèces (0. grandidieri et O. saxicola); en outre, la
striation très nette chez le jeune O. saxicola, passant à des vermiculations chez
l'adulte, l'existence de stries, les unes longitudinales, les autres en forme d’arc
(0. quadrimaculatus) où irrégulières (Chalarodon madagascariensis), rapprochent
stries et vermiculations.
d) Taches claires :
Elles existent chez toutes les espèces où des bandes sombres sont différenciées.
Les ocelles paravertébraux et latéro-dorsaux n’en sont que des éléments particu-
lièrement visibles. Ces taches sont blanches, grisâtres, bleuâtres ou jaunâtres. Si
leur allongement est longitudinal, elles confluent en lignes claires latéro-dorsales;
s’il est transversal, on obtient les lignes claires postérieures aux bandes noires. Les
ocelles clairs sur les flancs paraissent quelquefois en correspondance avec les ocelles
dorsaux. Nous citerons une remarque de F. AnGeL (1942), relative à un exemplaire
{n° 30-299) d’O. saxicola provenant du massif d’Ivohibe, chez lequel : « les taches
claires s’enlèvent sur la teinte sombre plus franchement que chez les autres indi-
vidus et elles affectent un arrangement plus régulier en formant des bandes trans-
versales composées de petits ocelles clairs ».
1-3 : Pattern fondamental (fig. 18).
Les résultats obtenus plaident en faveur d’une dérivation commune des deux
genres malgaches à partir d’un pattern ancestral commun dont nous allons préciser
les éléments de coloration, la teinte et les particularités de la pholidose.
19 Éléments de coloration.
e Hautement probables :
a) Quatre rangées d’ocelles dorsaux :
_— 2 rangées d’ocelles paravertébraux, les plus petits;
__ 2 rangées d’ocelles latéro-dorsaux, de plus grande taille ayant tendance à
devenir coalescents pour former deux stries plus ou moins continues (même dans ce
cas, les ocelles sont encore partiellement visibles).
b) Dix (onze) bandes noires dorsales, parfois non symétriques ou interrompues
dans le plan sagittal, présentes chez O. quadrimaculatus, O. c. cuvieri, O. cyclurus :
_ 4 passant juste en avant des épaules (scapulaire),
— 2 sur la nuque (nuchales),
= 6 (7) sur le dos (dorsales) :
bres quand elles sont interrompues par des ocelles latéro-dorsaux.
ces bandes donnent sur les flancs des taches som-
Source : MNHN, Paris
88
Fig. 18 :
G. P. BLANC
Schéma du pattern fondamental de coloration chez les Iguanidés malgaches.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 89
— { entre les membres postérieurs (lombaires).
c) Des taches claires, parfois fusionnées en une ligne plus ou moins continue,
soulignant vers l'arrière chacune des bandes sombres dorsales, assez souvent subdi-
visées pour donner une double rangée de taches dorsales comme chez Chalarodon.
d) Des taches claires sur les flancs et la face supérieure des membres.
e) Un réseau de stries brunes sous le cou, plus marquées latéralement qu'au
milieu (au moins trois longitudinales sur les branches de la mandibule).
e Éventuels
a) Une fine raie claire médio-dorsale, nette chez Chalarodon et chez O. grandi-
dieri, un peu moins chez O. saxicola, correspondant à une échancrure des stries
dorsales chez ©. quadrimaculatus, O. c. cuvieri, surtout juvénile, et O. cyclurus.
b) Trois bandes sombres sur le stylopode et le zeugopode pouvant se résoudre
en taches noirâtres, éparses.
c) Taches bleues ou rouges sur la tête; face inférieure de la queue rougeâtre.
d) Taches jaunes abdominales : présentes chez tous les Oplurus et chez Chala-
rodon femelle (lèvres du cloaque).
e) Strie sombre sur les côtés du cou : fréquente chez O. quadrimaculatus, O. saxi-
cola, Chalarodon.
f) fcailles caudales bordées de brun (chez tous les Oplurus).
g) Barre médiane claire limitée par deux barres sombres sur la face postérieure
des cuisses, très nette chez O. quadrimaculatus, O. grandidieri, O. c. cuvieri, O. saxicola,
Chalarodon, peu marquée chez O. cyclurus (série d’ocelles), absente chez O. fierinensis.
h) Taches claires sur la face dorsale des cuisses, réduites à une écaille ou à
sa partie distale chez ©. quadrimaculatus et quelquefois ©. grandidieri, O. saxicola,
O. fierinensis, recouvrant plusieurs écailles chez ©. c. cuvieri et O. cyclurus. Ces
taches sont en relation, dans les stades jeunes, avec trois bandes sombres.
20 Teintes.
Nous noterons la fréquence, sur la face dorsale, des teintes suivantes :
— de fond : grisâtre, gris bleuté ou verdâtre;
— taches, vermiculations, barres : bistre à marron ou noir;
— ocelles : blanc à jaune.
La tête présente souvent une coloration bleutée, s'étendant plus ou moins
sur la partie antérieure du corps. Cette coloration est bien développée chez O. c. cuvieri
et ©. cyclurus, ainsi que chez le mâle dominant de Chalarodon madagascariensis.
Sertains individus d’Oplurus quadrimaculatus et d’O. fierinensis ont des écailles
disséminées d’un bleu vif. F. AxGeL (1942) signale la teinte bleue de l’écaille occipitale
d’un jeune d’O. saxicola.
La face ventrale est blanchâtre ou grisâtre dans la région sternale. L'abdomen
est souvent parsemé de points noirâtres chez toutes les espèces d’Oplurus et, rare-
ment, chez Chalarodon. I existe, parfois une tache gulaire jaune ou rouge.
Source : MNHN, Paris
90 G. P. BLANC
30 Caractères de la pholidose.
a) Existence d’une crête dorsale et nuchale continue. Complète chez Chala-
rodon, il n’en reste des reliquats que chez les Oplures arboricoles, à corps non
déprimé.
b) Grande plaque occipitale, percée en son centre d’un œil pinéal, très visible
chez tous les jeunes et conservée chez les adultes.
c) Repli gulaire bien marqué, mais pas de fanon.
d) Écailles post-cloacales chez les mâles et quelquefois les femelles.
e) Écailles de la queue acuminées, disposées en double verticille par vertèbre.
1-4 : Modifications du pattern fondamental.
Dans ce paragraphe, nous examinerons, pour les différentes espèces, les prin-
cipales modifications subies par le pattern ancestral et nous rechercherons leur
valeur adaptative. Elles affectent les éléments suivants :
19 Bandes dorsales.
Elles concernent soit le nombre, soit l'intensité des bandes dorsales, ainsi que
des taches sombres latérales qui les prolongent. Le nombre de bandes dorsales aug-
mente parfois de 6 à 7 où 8 chez Chalarodon madagascariensis, Oplurus quadrimacu-
latus et O. cyclurus. Par exception, leur nombre peut être différent à droite et à
gauche du plan sagittal. 11 ne s’agit, quelquefois, que d’un dédoublement, partiel
ou total, de certaines bandes, comme on peut l'observer par la disposition, quand
ils existent, des gros ocelles clairs latérodorsaux. Beaucoup plus fréquemment, on
assiste à une réduction du nombre de bandes dorsales à l’échelle spécifique ou
individuelle :
@ O. c. cuvieri n’a, au maximum, que quatre bandes dorsales, exceptionnelle-
ment cinq (un seul individu dans notre échantillon). Les fines stries existant entre
les bandes sombres sont plus probablement des stries intermédiaires que des bandes
réduites.
e Chez O. c. cuvieri et O. cyclurus, les bandes dorsales peuvent disparaitre,
mais la bande scapulaire subsiste toujours (sauf chez O. cuvieri comorensis). Les
bandes postérieures ont une teinte plus atténuée que les antérieures.
e Chez 0. quadrimaculatus, toutes les bandes dorsales ainsi que la bande scapu-
Jaire sont susceptibles de s’estomper : leur teinte sombre s’atténue progressivement,
jusqu’au moment où elles ne deviennent plus discernables.
© Chez O. saxicola, il n’y a jamais de bandes dorsales. Les taches latérales varient
de quatre à une : leur disparition complète est rare.
e Chez O. fierinensis, une tache latérale, très faible, existe parfois.
e Chez O. grandidieri, nous n’avons jamais noté de trace de bande dorsale.
Remarquons que les ocelles clairs qui bordent, vers l'arrière, les bandes sombres
subissent une atténuation et une disparition parallèle à celles-ci, mais souvent
avec quelque retard. Le pattern est toujours plus visible dans les formes juvéniles.
Il existe donc de fortes variations d’une espèce à l’autre, et à l’intérieur de
chaque espèce; elles sont en relation avec celles de la teinte générale, dont nons
avons discuté plus haut (p. 84) la valeur cryptique.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 91
29 Coloration bleutée de la partie antérieure du corps.
O. c. cuviert et O. cyclurus présentent, au plus haut degré, une coloration bleutée
de la partie antérieure du corps. Nous avons décelé des traces de couleur bleue
chez la plupart des Iguanidés malgaches, d’où la présomption que cette teinte
existait chez leur ancêtre commun. Peut-être a-t-elle subi une accentuation eryp-
tique chez ces deux espèces, en relation avec leur vie arboricole et une posture fré-
quente : le corps est appliqué contre le tronc, retenu par les griffes postérieures
solidement implantées dans l'écorce, la queue vers le haut et la tête redressée à l’hori-
zontale, done se détachant sur le fond du ciel?
30 Verticilles caudaux.
O. cuvieri et O. cyclurus présentent le plus grand développement des verticilles
caudaux. Certaines écailles sont épaisses, longues, avec une pointe acérée, très déve-
loppée (voir p. 81). Leur valeur adaptative est évidente. Ces deux Oplures sont
arboricoles. Leur queue épineuse obstrue l'entrée des cavités dans les arbres où ils
s’abritent. Elle contribue, en outre, par des mouvements ondulatoires latéraux
à la progression dans les galeries étroites. O. cyclurus grimpant sur un tronc, la tête
le haut, utilise sa queue comme appui, comme le fait un Pic; corrélativement,
ï est plus courte et plus robuste que celle des autres Oplures.
4° Crête dorsale.
Gette crête, continue chez Chalarodon, comme nous supposons qu’elle l'était,
chez l'ancêtre commun, se réduit à une crête nuchale, encore haute chez O. cuvieri,
un peu plus basse, un peu plus longue, chez O. cyclurus. On n’en trouve plus trace
chez les autres Oplures qui sont rupicoles.
Ceux-ci s’abritent dans d’étroites fentes de rochers. L'existence d’une crête
serait un élément défavorable à l’occupation de beaucoup de sites. La clé dichoto-
mique de F. Mocquarn (1909) fait ressortir un parallélisme entre la finesse de
l'écaillure dorsale et la disparition de la crête.
On remarque, en outre, une relation avec la morphologie générale : les Oplures
rupicoles ont un corps nettement déprimé, contrairement à Chalarodon, O. cyclurus,
O. c. cuvieri encore tous pourvus d’une crête. Ces Lézards, ont des abris à section
circulaire, terriers ou cavités des troncs et des branches.
1-5 : Relations phylogénétiques.
Après analyse des principales variations subies par le pattern fondamental,
et discussion de leur valeur adaptative, les affinités s’établissent comme suit :
10 Affinités.
a) Caractères communs aux deux genres d’Iguanidés malgaches :
— crête dorsale et nuchale. — queue à écailles acuminées. — éléments fonda-
mentaux de coloration. — face inférieure de la queue rougeâtre. — tête bleutée. —
stries sur la gorge. — face ventrale claire.
b) Caractères communs à tous les Oplures :
— écailles caudales bordées de brun. — face ventrale parsemée de points
sombres. — griffes acérées, recourbées.
Source : MNHN, Paris
TagLeau 10 : Caractères différentiels d’écaillure et de coloration dans le genre
Oplurus.
Esrà O. eyelurus | O.c. cuvieri | O. quadrimaculatus | 0. firinensis | 0. grandidieri | 0. saxicola
illes coniques sur le cou. + de + ” — 2
ments fondamentaux de coloration . = + + ù : =
Lignes latéro-dorsales (+) — “ “ =
Taches en (+) +) ‘5 ” E k
Tache/gulairene aus eu rouge jaune jaune = = =
Points noirs sur le dos ......... _ | = à ri Le ®
Taches claires sur les membre à + _ me LS
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 93
Les caractères différentiels sont regroupés dans le tableau 10.
c) Caractères communs aux Oplures arboricoles : ©. c. cuvieri et O. cyclurus
— crête nuchale. — écailles post-cloacales non agrandies. — corps non déprimé.
— bande scapulaire bien marquée, soulignée d’une ligne blanche continue. — teinte
rougeâtre des aisselles et des côtés du cou. — verticilles caudaux accusés et inégaux. —
teinte bleue prononcée de la région antérieure.
d) Caractères communs aux Oplures rupicoles :
— corps déprimé.
- replis longitudinaux de la peau des flancs. — pas de
nuchal
rète
e) Principales différences entre O. quadrimaculatus et les trois autres espèces
rupicoles (tableau 11).
TaëLeau 11 : Caractères morphologiques différentiels
chez les Oplures rupicoles.
O. fierinensis
Esrèces | 0. quadrimaculatus O. saxicola
O0. grandidieri
Corps Peu déprimé Très déprimé
Ecaillure dorsale Grossièrement granuleuse inement granuleus
Pattern Proche du type ancestral Fortement modifié
Assez faible
Absentes
blanches sur les
29 Conclusions.
Cette étude permet de conclure, par une analyse de la morphologie externe,
à l'existence d’un pattern de coloration commun aux deux genres d’Iguanidés de
Madagascar.
Les éléments de coloration remarquables chez les Iguanidés malgaches se
retrouvent chez divers Iguanidés américains (tableau 12).
Le tableau 12 montre que la plupart des caractéristiques du pattern se retrouvent
dans les quatre genres nord-américains : Holbrookia, Callisaurus, Sceloporus et
Uta, eb notamment les diverses sous-espèces d’Æolbrookia maculata.
Des taches, stries, ocelles, lignes claires, de valeur cryptique indiscutable, se
retrouvent chez beaucoup d’autres Lézards appartenant à différentes familles,
Agamidés, Lacertidés, Gekkonidés. Mais leur disposition établit des affinités assez
étroites au sein de la famille des Iguanidés, et, à l’intérieur de celle-ci, entre les
deux genres malgaches.
Dans l’ensemble, en effet, les colorations de Chalarodon madagascariensis et
d'Oplurus quadrimaculatus sont plus proches du « pattern fondamental » des Iguanidés
malgaches, que des autres genres nord-américains, ce qui indique soit une parenté,
soit une convergence entre ces deux genres endémiques.
Source : MNHN, Paris
94 GC. P. BLANC
TagLeau 12 : Éléments du pattern de coloration
|
| Taches
Espèces 2 taches 1 bande | 6 (7) bandes sombres
nuchales | seapulaire sur les
| flanes
|
|
Dipsosaurus dorsalis : 106
Holbrookia maculata : 117 4: 123) + + CE Se de
Callisaurus draconoïdes : 146-7 | + (+) + + +
Sceloporus cyanogenys : 202 | + + + + (+)
|
Uta stansburiana steijnegeri : 285 + + + + +
IT. — BiomËTRIE
Nous avons mis en évidence dans le chapitre précédent la valeur adaptative
de la taille de la queue et de l'aspect plus ou moins déprimé du corps des Iguanidés
malgaches. F. MocquarD (1909) puis F. AnGeL (1942) ont, d’ailleurs, fondé leurs
clés de détermination sur ce dernier caractère.
Nous nous proposons, grâce à l'analyse d’un petit nombre de mesures soignées,
relevées sur un large échantillon, de quantifier les affinités interspécifiques dans le
genre Oplurus, relatives à ces deux caractères et ensuite entre les deux genres.
IT-1 : Matériel et méthodes.
Nous utiliserons les mensurations relevées sur un échantillon de 596 Iguanidés,
rassemblé de 1962 à 1971, soit : 166 Chalarodons (869 et 80 3) de la région de Tuléar,
et 430 Oplures des deux sexes provenant de nos différentes localités de récolte.
La répartition par espèce est consignée dans le tableau 13.
Les mensurations concernant le tronc sont peu aisées car elles varient avec
l'état de réplétion du tube digestif et le stade de l’ovogenèse chez les femelles. Il
n’en est pas de même pour la base de la queue, à condition que sa hauteur ne soit
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 95
de quelques Iguanidés américains, d’après H.M. Surrit (1967)
Raies clai Ligne claire
(ou ocelles) en arrière 3 bandes
des taches Petites Décalage ortes
sombres | Réseau taches gauche- | variations
ou rangées | sombre éparses droite des | intraspé-
Médio- d'ocelles | dorsal | sur la sur segment | marques | cifiques
dorsales alignées queue |labdomen| des dorsales
transversa- membr
lement
+ +
+ + ce 6180) +| + (182) + + ee
+ + + + + + +
|
ce + = | + = à
{variabi- | (variabi- | | . se
lis :186) | is : 186 | Ù {u. undu- | (u. conso-
undulatus | latus : brinus)
garmani à Ï | |
229) | |
|
+ + + + + dre, LlNepE Wi te +
| | l
TagLeau 13 : Répartition des espèces utilisées pour la biométrie.
Re Nombre | % du total | % du total
“SR RER d'individus (N) | des Oplures | des Iguanidés
cyclurus 53 | | 8,9
c. cuvieri 63 10,6
quadrimaculatus 96 16,1
Oplurus | fierinensis 68 | 11,2
grandidieri 84 | tai
saxicola 66 111
Total partiel 130 99,9
Chalarodon | madagascarien 166 27,9
(80 4; 869)
Total général 596 99,9
L
Source : MNHN, Paris
TasLau 14 : Incidence de la nature du sexe sur les rapports L/1, 1/h, L/h.
Moyenne |
Rapport = Différence sé Ge ne
? (a) Va
femelle
O. euvieri : L/1 7,229 0,08% 0,222 0,38 nulle
n = 99 (13 4 et 16 9) 1h 1,162 0,020 0,026 0,77 nulle
LJh 8,507 0,313 0,13 2,64 douteuse
0. quadrimaculatus | L/1 | 6,64 0,04 0,06 0,62 nulle
n = 59 (29 et 30 ©) 1/h 1,810 0,2 0,024 9,31 re.
| L/h 10,423 11,968 | 1,545 | 0,122 12,66 PAR
1
n = nombre d'individus;
= estimation de l’écart-type de la moyenne;
in du test de Student
vn.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 97
que modérément affectée par la présence des hémipénis chez les mâles. Nous avons
complété les mensurations de la longueur du corps (L) et de la queue (L'), par celles
de la largeur (1) et de la hauteur (h) de la base de la queue : 1 et h, représentant
les valeurs maximales de la largeur et de la hauteur de la queue, sont mesurées, sui-
vant les espèces, soit au niveau du cloaque, soit un peu en arrière.
Notons que sur l'effectif total à notre disposition, certaines des quatre mensu-
rations n’ont pu être relevées. C’est le cas des individus à queue cassée ou régénérée,
où anormalement amaigris pour lesquels, respectivement, les valeurs de L’, 1 et h
ne seraient pas significatives.
Nous avons effectué sur deux espèces un test pour vérifier l'incidence de la
nature du sexe contrôlé par dissection, sur les rapports : L/I, 1/h, L/h (tableau 14).
Le rapport L’/L est indépendant du sexe (p. 18).
La nature du sexe chez O. c. cuvieri n’a aucune incidence sur les trois rapports
étudiés. Chez O. quadrimaculatus, la largeur de la queue n’est pas affectée par la
nature du sexe. Par contre, les différences entre mâles et femelles, concernant
la hauteur de la queue (rapports 1/h et L/h) sont significatives.
Elles sont cependant relativement faibles (environ 13 %) par rapport aux
différences interspécifiques, ce qui, compte tenu du sex-ratio voisin de 1 dans nos
échantillons, nous autorise à traiter chaque espèce dans son ensemble, mâles et
femelles confondus.
La distribution des données, liées à la structure des populations au moment
. : JPA LI LM A 1
des collectes, n’est pas normale. Mais les six rapports SEE et — ont,
FT nn
eux, une distribution normale qui permet une étude comparative entre les six espèces
d’Oplures. L’inversion d’un rapport n’ayant pas d'incidence sur les résultats, nous
nous sommes limités à ceux indiqués ci-dessus. Pour chaque espèce sont établies
les matrices des variances, covariances et des coefficients de corrélation. De cette
dernière, on extrait les axes principaux qui sont les vecteurs propres de cette matrice
(A. Moreau, 1972; L. Lesarr et J.P. FENELON, 1971). L'importance de chacun
de ces vecteurs est mesurée par la valeur propre qui lui est associée dans la matrice.
(On dit qu'un axe résume 70 % de la variance si sa valeur propre représente 70 %
de la somme des valeurs propres). L'intérêt des axes principaux réside dans le fait
que les 2 ou 3 premiers d’entre eux résument généralement une très grande propor-
tion de l'information, ce qui permet une représentation graphique simplifiée des
relations entre les espèces.
Une analyse hiérarchique peut en être dégagée. Elle est basée sur le calcul des
distances entre les points moyens des six espèces d’Oplures. Rappelons que, si le
point moyen de l'espèce i est déterminé par ses coordonnées sur les axes principaux
(ci, to, ds, s'ils sont au nombre de 3), la distance euclidienne entre les espèces i
et j est définie par :
Pi = (eh — 2h) + (aie — 2) + (ris —
La matrice des distances euclidiennes pour les six espèces permet de construire
une « ultramétrique » représentée par un arbre hiérarchique. Parmi les multiples
méthodes existantes, celle dite de la sous-dominante (M. Roux, 1968) a été adoptée.
Source : MNHN, Paris
98
G. P. BLANC
I1-2 : Affinités entre les espèces du genre Oplurus.
Disposant de beaucoup plus de données pour les mensurations L,, 1 et h que
pour L’ (dans certaines espèces, près de la moitié des individus ont leur queue endom-
magée), nous avons, dans un premier temps, étudié les trois seuls rapports :
L L 1
ET mi TR
1° Analyse en composantes principales des données L, 1 et h (fig. 19).
Matrice des coefficients de corrélation des trois rapports
L OL
Vecteurs propres :
Cocfficients du vecteur propre
pour les rapports
Axes Valeur propre Importance
(%) L L ;
1 h is
1% 2,126 71,2 — 0,605 0,882 &E
2e 0,866 28,6 À 0,596 0,79
3° 0,007 0,2 0,424 — 0,843 À
Le troisième axe, qui n'intervient que pour 2 0/0, peut être négligé, et les résul-
tats représentés graphiquement sur deux axes rectangulaires (fig. 19).
Equations :
L des Due 1
1er axe : — 0,605 — + , 2 Le
2 0,506 079 —
2 axe: + 5: FRA mn
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 99
axe
13
12
n
10
2° axe
10 12 14 16
Fig. 19 : Graphique représentant les relations interspécifiques dans le genre Oplurus par ana-
lyse en composantes principales pour les donnéesäL, 1 et h.
Légende : Pour chaque axe sont indiqués la moyenne, son intervalle de confiance et l'écart-
type; L — longueur du corps, let h — largeur et hauteur de la base de la queue; voir figure 15.
Source : MNHN, Paris
100 C. P. BLANC
Coefficients numériques :
1er axe 2e axe
26
_. pese
= VN
©. cyclurus ...... | 53 3,86 + 0,93 0,25
©. c. cuvieri ..... | 60 4,34 + 0,96 0,25
O. quadrimaculatus | 93 7,72 + 1,63 0,16
O. fierinensis 67 11,63 + 2,01 0,28
O. grandidieri …. 7 40,13 + 2,49 0,23 |
©. saxicola....... 66 9,09 + 2,07 0,22
Morte. 113 8,02 + 3,25 | "|
m = moyenne;
6 = écart-type;
20 — intervalle de confiance de la moyenne.
VN
Analyse hiérarchique : matrice des distances interspécifiques.
ex
2 3 ñ
1 2,59 4,36 20,5 15,13 13,97
3,00 | 1782 | 1943 | 1120
3 18,07 12,69 11,93
a 5430 |) 6,67
5 1,29
Gette matrice permet de rapprocher les Oplures arboricoles d’une part, et
encore plus étroitement ©. grandidieri et O. saxicola d'autre part. Par contre,
O. quadrimaculatus est reporté très près des Oplures arboricoles.
20 Analyse en composantes principales des données L, L’, 1 et h.
a) Pour les six espèces d’Oplures (fig. 20).
Nous avons ici sélectionné les seuls individus sur lesquels l’ensemble des quatre
mesures ont été effectuées. Il s’ensuit une réduction importante de l'effectif qui
Source : MNHN, Paris
101
REPTILES IGUANIDAE
L, L 1 4 ;
ee CU ii utilisés ci-dessus.
GTR
décroit de N à n (tableau 15). Nous avons testé, tout d’abord l'incidence de la réduc-
Le tableau 15 montre que ces écarts sont relativement peu importants vis-à-vis
tion d’effectif sur les rapports
des différences interspécifiques.
ffaxe
50
40
e
Iyse en composantes principales pour les données L, L’, let h.
longueur de la queue; voir figure 19.
Fig. 20
Légende : L' —
Source : MNHN, Paris
As Î
TagLeau 15 : Incidence de la réduction d’effectif sur les rapports 1° Ge et ns
O. eyclurus | 0. € cuvieri | O. quadrimaculatus | 0. fierinensis | O. grandidieri | 0. saricola
Total 2)
Efeetit
39
6,84
m8
11,62
1,70
1,70
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 103
Matrice des coefficients de corrélation dans la population réduite, d’effectif n
DNA
(ensemble des Oplures à queue intacte), des six rapports =, —, —, —, —
et pour les six espèces d'Oplures :
f1,0000 0,3157 0,6240 0,6482 0,8163 0,6629
1,0000 — 0,0404 0,4976 — 0,1564 — 0,5153
1,0000 0,5351 0,9464 0,8671
1,0000 0,6347 0,1875
1,0000 0,8688
1,0000
Vecteurs propres :
Coefficients du vecteur propre pour les rapports
Valeur | Importance
Ax propre »
ne INR TSUE (9 L L L 1 D 1
T l h 1 ñ h
1e | 2,80 63,3 |—0,88 |—0,22 | 0,93 | 0,63 | 1 0,88
2e 1,61 26,8 61 | 1 0,70 | 0,79 | 0,5 |—0,44
3e 0,56 9,8 20 | 052 | 0,77 |—0,50 | o17 | 0,47
Le 0,02 {
5e 0,006 0,6 es.
‘ 000 || négligeables
Les trois premiers axes résument 99,4% de la variance et permettent une
bonne représentation graphique des relations ernte les six espèces, dans un espace
à trois dimensions (fig. 20).
Equations :
L L L L’ L’ 1
1éaxe: st — 0,22 =ÿ + 0,93 Fe + 0,63 mm “a + 0,88 =
DA L 1 ù
2 axe: 044 + 0,70 = +0,79 + 05-04
L fi 1 È 1
8 axe: +082 à +0,77 5e — 050 + O7 + OUT
Source : MNHN, Paris
Coefficients numériques :
4er axe 2 axe 3e axe
Elfectif
a mæ+o ae m + 6 2 mo 2
F Va Va Vn
0. 26 24,43 Æ 8,74 147 16,80 + 1,97 0,77 8,98 1,09 0,18
0. 43 28,65 + 6,25 4,91 18,56 + 3,35 1,02 8,95 L 1,47 0,45
O. quadrimaculatus 63 40,23 Æ 6,46 1,63 1819 + 2,00 0,50 41,20 + 2,04 0,51
O. ficrinensis 39 53,13 L 6,17 1,98 18,86 + 2,19 0,70 15,15 + 2,03 0,65
O. grandidieri.…..…..... 40 45,87 + 8,61 9,72 18,67 + 3,37 1,06 13,28 2,55 0,81
O. savicola 47 44,16 + 6,00 1,75 18,75 + 2,56 0,75 42,45 + 2,04 0,59
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 105
Analyse hiérarchique :
La distance euclidienne entre les points moyens est calculée dans l’espace
des trois premiers axes principaux.
Matrice des distances interspécifiques
2 3 4 5 6
1 | as7 |'acos | 2025 | 21,95 | 2018
2 [80 17,76 | 15,90
3 = 6,03 | 4,16
ai ; 7,50 | 9,37
con 2 1,90
Arbre hiérarchique (fig. 21) :
11 permet de séparer les Oplures arboricoles des Oplures rupicoles. Les affinités
entre O. grandidieri et O. saxicola sont, ici encore, très étroites. Nous pouvons appli-
quer l’analyse en composantes principales aux seuls Oplures rupicoles afin d'obtenir
une étude plus précise de leurs relations.
Fig. 21 : Arbre hiérarchique pour les données L, L', 1 et h dans le genre Oplurus.
Légende : voir figure 20.
b) Pour les quatre espèces rupicoles :
Matrice des coefficients de corrélation, dans la population réduite n des quatre
espèces : O. quadrimaculatus, O. fierinensis, O. grandidieri et O. saxicola, pour les
1K il
six rapports : —, —, —
Source : MNHN, Paris
106 G. P. BLANC
1,0000 — 0,1697 — 0,2163 — 0,6727 — 0,5678
| 1,0000 0,3281 0,8386 0,3349
1,0000 0,3534 0,9226
1,0000 0,5556
1,0000
Vecteurs propres :
Coefficient du vecteur propre pour les rapports
Valeur Importance
es opre %
Axes | propre (%) L PAITE É Fr A
D 1 h 1 mn h
1e | 3,106 53,2 0,65 | 0,55 | 0,89 0,76 | 1 0,55
ge | 1,932 32,2 0,31 |—0,82 | 0,48 |—0,79 | 0,29 | 1
ge | 0,859 14,3 1 0,66 | 0,42 |—0,06 |—0,4 |—0,04
“ | 0006 |
5e 0,004 02 :
0.001 | négligeables
Les trois premiers axes résument 99,8 % de la variance.
Equations :
L L fl 0 Mir
en ane y Mens
der axe : — 0,65 + 0,55 — + 0,89 + 0,76 + +055
; A eee
ru D 0e DORE 0 20 UN
2e axe : 0H — 082 + 048 — 0,70 + 0,29 +
É É ë : 1 1
axe : + 0,66 —+ 0,42 — — 0,06 0,4 0,04
L I h 1 h h
Ayant supprimé l'influence des deux Oplures arboricoles, l'analyse limitée aux
quatre seuls Oplures rupicoles établit les affinités suivantes :
— 0. quadrimaculatus est très nettement séparé des trois autres Oplures à corps
plus déprimé.
— Parmi ceux-ci, 0. fierinensis se distingue ensuite du groupe O. grandidieri
et O. saxicola dont les aflinités morphologiques sont très étroites.
Source : MNHN, Paris
Coefficients numériques:
0.
O. grandidieri.….…
O. saxicola
quadrimaculatus à.
O. ficrinensis
1er axe 2e axe 36 axe
Effectif
(n) 2 © 26 2 6
m+o = m le = mæ+o =
va Vn Van
|
| 63 0,56 4,4% 1,12 0,05 + 0,38 0,09 0,12 Æ 0,93 0,23
: 39 58,79 + 6,42 2,06 2,32 + 2,6 0,79 9,18 + 0,83 0,26
10 51,92 + 9,39 2,97. —0,22 + 2,46 0,78 9,00 + 1,24 0,39
a7 50,30 + 6,50 1,90 —1,10:-E 2,31 0,67 8,75 EL 0,96 0,28
Analyse hiérarchique
: matrice des
distances interspécifiques.
Source : MNHN, Paris
108 C. P. BLANC
30 Conclusions.
De cette étude biométrique, on peut dégager les considérations suivantes :
1 - Quand on ne considère que les Oplures ayant permis à la fois les quatre
mensurations, la réduction des effectifs n’affecte que très peu les moyennes des
rapports morphologiques (tableau 15) et suggère un ordre de grandeur pour un
échantillon représentatif de ces lézards.
2 - Nous avons testé séparément l'influence de la section et de la longueur
de la queue rapportée à celle du corps. Rappelons, qu'outre son intérêt systématique,
le rapport 1/h est un paramètre important pour apprécier les tendances adaptatives
vers un habitat constitué par d’étroites fissures; la longueur relative de la queue
(L?) permet d'apprécier sa tendance au raccourcissement chez les Oplures arboricoles,
chez lesquels elle joue le rôle d’organe protecteur et locomoteur :
__ Les dimensions relatives de la section de la queue (et du corps) montrent
qu'O. quadrimaculatus est proche des Oplures arboricoles, les autres Oplures rupicoles
étant beaucoup plus aplatis.
— Le paramètre longueur relative de la queue, associé au précédent, permet,
au contraire, de séparer nettement les deux Oplures arboricoles des Oplures rupicoles.
Cette étude biométrique montre qu'O. quadrimaculatus occupe une position
intermédiaire entre les Oplures rupicoles et arboricoles. A partir de cette espèce,
deux voies évolutives se dégagent : d’une part, l’aplatissement du corps chez les
autres Oplures rupicoles, avec des affinités très fortes entre O. grandidieri et O. saxi-
cola, d'autre part, le raccourcissement de la queue chez les Oplures arboricoles.
C’est ce que nous allons vérifier en étudiant les aflinités des deux genres d’Iguanidés
malgaches.
11-3 : Affinités des deux genres Chalarodon et Oplurus.
Dans le genre Chalarodon seules les longueurs du corps et de la queue ont été
mesurées. La section au niveau du cloaque est circulaire chez les femelles, quadran-
gulaire chez les mâles, les hémipénis provoquant un renflement bien visible; largeur
et hauteur sont sensiblement égales.
_— 1 - La figure 22 représente la distribution du rapport R; = (tableau 16)
chez les différentes espèces d’Iguanidés malgaches.
La position de Chalarodon proche des Oplures rupicoles indique que l'évolution
a dû consister en un raccoursissement de la queue chez les Oplures arboricoles.
_— 2 - Si l’on admet une parenté entre les deux genres malgaches, il est clair
que l’évolution s’est faite dans le sens d’un aplatissement du corps chez les Oplures
h
rupicoles. La distribution du rapport R; == (tableau 17) montre une très nette
évolution vers l’aplatissement : ce rapport voisin de 0,9 chez les Oplures arboricoles
— comme chez Chalarodon — diminue fortement (environ 0,5) chez les Oplures
rupicoles spécialisés. 0. quadrimaculatus occupe, ici, une position intermédiai
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 109
2,5
204
05
L'
Fig. 22 : Distribution des rapports Ri = —Eet Re les Iguanidés malgaches.
Légende : voir figure 20; 7 : Chalarodon madagascariensis. On à indiqué successivement la
moyenne, l'erreur-standard, l'écart-type et l'amplitude totale de v
proche de ces derniers. 11 nous a paru intéressant de vérifier quelle contribution
chacun des deux facteurs 1 et h apportaient respectivement à cet aplatissement,.
La distribution du rapport R; = A (tableau 18) montre une augmentation
sensible de la largeur relative de la queue des Oplures arboricoles vers les Oplures
h
rupicoles (fig. 23). Cette évolution est parallèle à celle du rapport R; (tableau 19)
Source : MNHN, Paris
Tagzeau 16 : Valeur et distribution du rapport R, = —
chez les Iguanidés malgaches.
L
Rapport R; +
Esrèces Effectif
Moyenne Maximum Minimum Ecart-type reur-standard
0. cyclurus 26 1,293 1,5 1,019 0,191 0,026
O. 0. cuvieri k 13 1,483 TR 1,180 012% | oo,
O. quadrimaculatus 63 1,873 2,802 1,448 ot
O. ficrinensis 39 2,030 FT 2268 1,809 je
O. grandidieri 40 1,880 2,185 rs 4
O. saxicola 47 1,900 2185 | 1,667
Chalarodon madagascariensis 155 175 | 208 _ 1459 F
Source : MNHN, Paris
TaBLEau 17 :
Valeur et distribution du rapport R;
h
—— chez les Oplures.
1
R Re
HORS Eauation Coefficient
Espèces Effectif de Ja [droite de
de régression
Moyenne | Maximum | Minimum | Ecart-type | Erreur- h=f (I)
standard
0. cyclurus 53 0,929 0,750 0,013 | h — 1,006 1— 0,79 0,9%
O. ce. cuvieri 60 0,884 0,714 0,010 | h — 0,925 1— 0,47 0,98
0. quadrimaculatus 93 0,600 0,400 0,008 | h — 0,573 1 + 0,39 0,88
0. ficrinensis 67 0,440 0,313 0,008 0,379 1 + 0,62 0,85
0. grandidieri Ta 0,501 D: 0,085 0,010 | h—0,483 1 + 0,12 0,91
O. saxicola | 66 0,543 0,714 0,333 0,086 0,011 |h = 0,2% 1 +1,09 0,90
Source : MNHN, Paris
TasLau 18 : Valeur de distribution du rapport R; —
Rapport ? Ra =
Equation
la droite
Coefficient
-
Esrèces Effectif de
= corrélation
Moyenne | Maximum | Minimum | Ecarttype | Erreur
è standard
0. eyclurus 53 0,129 0,179 0,100 0,015 0,002 1= 0,139 L — 0,79 0,92
O. c. cuvieri 60 0,128 0157 0,092 0,016 0,002 |1— 0,158 L— 2,70 0,98
0. quadrimaculatus 93 0,149 0,179 0,120 0,012 0,001 |1—0,173 L — 2,40 0,96
O. fierinensis 67 0,176 0,105 0,015 0,002 0,192 L — 2,59 0,98
O. grandidieri Ta 0,151 0,208 0,104 0,019 0,002 |1= 0,182 L—2,13 0,96
: = É =| ar 3
(0. savicota 66 0,147 0,200 0,114 0,018 0,002 |1— 0,184 L —2,31 0,96
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 113
020
015 à À
£ A
À
©
©
co
Q Ra=
o le
©
©
o0
ë T
Ë ë H FN Épr
g dans le genre Oplurus.
1
Fig. 28 : Valeurs moyennes des rapports R; = et Ri =
Légende : voir figure 20.
Source : MNHN, Paris
h
Tameau 19: Valeur et distribution du rapport R; — = chez les Oplures.
| Co fl
ee Equation Coefficient
Effectif de la droite .
D de régression | corrélation
Moyenne | Maximum | Minimum | Ecart-type sue h=tf{L)
ù standard
0. cyclurus 53 | 0120 0,165 0,080 0,018 0,003 |[h—0145L-—2,04| 0,90
O. 0. cuvieri 60 0,113 0,151 0,076 | 0,018 0,002 |h = 0,147 L— 3,06 0,96
O. quadrimaculatus 93 0,088 0,108 0,056 0,012 0,001 |h—0101L—1,28| 0,87
O. ficrinensis CRT 0,097 0,049 0,009 0,000 |h=—0,07%6L—0,58| 0,87
O. grandidieri 7 0,076 0,123 0,051 0,016 0,002 | h = 0,085 L—0,71
. saxicola 66 0,080 0,109 0,053 0,012 0001 [h=—007%6L-+014| 0,86
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 115
traduisant un aplatissement relatif de la base de la queue. L’apparence déprimée
des Oplures rupicoles les plus spécialisés est due, en partie, à un élargissement
mais surtout à un aplatissement relatifs de la base de la queue, en fait du corps
tout entier qui subit les mêmes tendances évolutives.
Nous mettons donc en évidence deux tendances évolutives imposées par l’habi-
tat. Les Oplures rupicoles ont tenté d'occuper des fissures de plus en plus étroites où
ils ne subissaient pas la concurrence d’O. quadrimaculatus, notamment, et trouvaient
une meilleure protection contre leurs prédateurs. Les Oplures arboricoles et plus
particulièrement ©. cyclurus ont manifesté une tendance à tranformer leur queue
en un organe défensif et locomoteur par le développement de cycles d’épines acérées,
saillantes et un raccourcissement qui la rend moins eflilée (chez la moitié des indi-
vidus d’0. cyclurus son extrémité est mutilée).
LI. — HémiPénis
Des descriptions données dans la première partie, il ressort un certain nombre
de similitudes qui permettent de dégager les caractéristiques fondamentales de l’hémi-
pénis des différents Iguanidés malgaches, et de préciser leurs affinités.
ITI-1
Caractères communs à toutes les espèces.
Chez tous les Iguanidés de Madagascar, l'hémipénis est un organe :
— simple;
— dilaté à son extrémité apicale;
_— dépourvu d’épines, languettes ou appendices filiformes, mais ornementé
uniquement d’un système cellulaire. Ge système est composé de petites cellules poly-
gonales et de grandes cellules allongées transversalement, à rebords saillants, lor-
mant des collerettes. Il existe tous les intermédiaires entre les deux types cellulaires;
— à pédoneule toujours différencié et sans ornementation;
ure en forme
— à apex pourvu de deux dômes apicaux, séparés par une commi
de gouttière et déterminant deux renflements sur la face postérieure du corps; il
existe toujours sur cette face un troisième renflement médian, au-dessous des deux
précédents;
— à sillon spermatique simple, profond, bordé d’une zone dépourvue d’orne-
mentation;
— à face apicale inclinée d'avant en arrière (la face postérieure étant la plus
haute).
Chez Oplurus, l’éperon médian postérieur est homologue des lèvres posté-
rieures de Chalarodon. Get éperon détermine le quatrième renflement médian distal
sur la face postérieure et la forme bifurquée de la gouttière apicale. La fusion des
lèvres postérieures donne un apex passant de la forme bilobée à une forme subcali-
ciforme.
III-2 : Différences interspécifiques.
Elles sont groupées dans le tableau 20.
Source : MNHN, Paris
Tasceau 20 : Particularités morphologiques des hémipénis.
Éléments
de
OPLURUS
CHALARODON
cyclurus
€. cuvieri
qurimaculatus
fierinensis
grandidieri
saxicola
madagascariensis
Lorme générale
eur corps de
l'animal
Pédoneule
Longueur/taille HP .
Corps
À forme
Sillon
e (forme)
Collerettes (nombre) .
lle des cellules poly-
gonales
Étendue du a cellu-
laire
Rapport des diamètre
transversaux apex/b
Apex
Forme.
Type
Rapport des diamètres .
Éperon médian postérieur
Gouttière apicale {forme}
Bourrelet périphérique. .
bulbeux
15/102 = 0,15
étroit
rectiligne ax
faible
plane
13
moyenne:
à pe
étendu
{face post
bilobé
2,1
sent
n
bifide
hémisphériques
bien développées |
elaviforme
20/126 = 0,15
0,5
étroit
rectiligne oblique
convexe
9 à 12
grandes à petites
limité
caliciforme
1,6
présent
impai
latéraux
lisse
peu saillants
en Y
+
x développées |
bulbeux
17/1238 = 0,14
0,5
large
hélicoïdal
semi-cireulaire
bilobé
LS
bifide
hémisphériques
crêtes sinueuses
saillants
en Y
+
peu développées
claviforir
11,5/98 = 0,12
hélicoïdal
plane
12
très petites
hén
petit
|
faible
sphériques
rugosités
saillants
)
bulbeux
larg
subhélicoïdal
convexe
10-13
1,9
bifide
sphériques
tes polygonales|
fortement bulbeux
11,5/109 = 0,11
0,4
large
hélicoï
petites
étendu
ovale
bilobé (cali
iforme)
2,0
présent
bifide
hémisphériques
lisse
peu saillants
en V en V
" en
peu développées =
|
subeylindrique
10/75 = 0,13
0,1
étroit
rectiligne ax
longues
forte
plane
6-7
+
ades à petites
étendu
15
quad
bilobé
1,1
absent
allongés
légères rugosités
peu saillants
simple
+
bien développées
Sotree-: MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 117
II1-3 : Affinités.
De l'analyse des éléments de comparaison ci-dessus, nous pouvons dégager, sur
les deux plans générique et spécifique, les aflinités suivantes :
a) Au niveau générique.
Nous pouvons maintenant, aux similitudes déjà rassemblées plus haut (page 115),
ajouter, avec une certaine probabilité, les caractères suivants :
présence de deux auricules,
face antérieure plane,
crête au-dessous des auricules,
forme subeylindrique,
sillon rectiligne et étroit,
lèvres antérieures bien développées.
Ce grand nombre de caractères communs dans la morphologie de leur hémipénis
oppose les Iguanidés à tous les autres Lézards malgaches que nous avons observés,
et établit des aflinités étroites entre les deux genres.
Les principales différences sont les suivantes :
Oplurus Chalarodon
Pédoncule.…. long très court
lèvres postérieures ........ absentes présentes
Éperon médian postérieur . ...... présent absent
(GOULHIÈTOLAPICAlE A PAR ERP TRE bifurquée simple
Région apicale ............. NORD IUellarge quadrangulaire
que profonde
On note chez Oplurus une tendance à l'élargissement de l’apex et une réduction
de l’ornementation, d’ailleurs moins symétrique, qui donne un pédoncule plus long.
b) Au niveau spécifique.
Nous examinerons, ici, les différences entre les espèces d’Oplures. Deux groupes
s'opposent :
O. cyclurus et autres
O. c. cuvieri
, ( étroit large
SION, 0e ÉPNE ER AR EANUP ) de tlene Dec
Lèvres antérieures bien développées réduites ou nulles
Crête au-dessous des auricules ...... . présente absente
Nous retrouvons done l'opposition entre Oplures arboricoles et Oplures rupicoles.
Source : MNHN, Paris
118 G. P. BLANC
Oplures arboricoles : On note une tendance à l'élargissement de la région apicale
qui devient subealiciforme chez 0. c. euvieri. C'est O. cyclurus qui conserve le plus
de caractères communs avec l’hémipénis moyen que nous avons défini ci-dessus :
0. cyclurus O. 0. cuvieri
Forme générale ......... Ne ..... bulbeux claviforme
Re ee ... #bifide (1) caliciforme
Direction du sillon... . “axiale (1) oblique
Face antérieure... un Pre *plane (1) convexe
saillants *peu saillants (!)
Dômes apicaux ...... cree Fotiee
Oplures rupicoles : Leurs relations sont rassemblées dans la figure 24.
Les affinités sont particulièrement marquées entre O. saricola et O. fierinensis.
Oplurus quadrimaculatus conserve le plus de caractères plésiomorphes.
11I-4 : Conclusions.
L'analyse d’une quarantaine de caractères morphologiques de lhémipénis
des Iguanidés malgaches a mis en évidence de nombreuses similitudes. Ces ressem-
blances nous paraissent suffisamment importantes — malgré quelques différences
au niveau générique — pour plaider en faveur d’une origine commune aux deux
genres Oplurus et Chalarodon. Une vingtaine de caractères, dont la probabilité a
été discutée, définiraient la morphologie de l’hémipénis ancestral.
Les différences interspécifiques dans le genre Oplurus, confirment la scission
entre arboricoles et rupicoles.
Parmi ces derniers, c’est 0. quadrimaculatus qui conserve le plus grand nombre
de caractères primitifs, bien qu'il soit moins proche de Chalarodon madagascariensis
que ne l'est 0. cyclurus. Les affinités entre O. fierinensis el O. saricola sont les plus
fortes.
IV. — SqueLerre cépazique (pl. IX à XV)
Nous limiterons notre étude à l’ostéologie crânienne. Notre but est, ici encore,
d'établir des comparaisons, d’une part entre les deux genres Chalarodon et Oplurus,
d'autre part entre les différentes espèces du genre Oplurus. Le squelette céphalique
nous à paru particulièrement apte à rendre compte des tendances évolutives mises
en évidence en étudiant la morphologie externe de ces Lézards.
IV-1 : Matériel et méthodes.
Nous avons préparé, par des dissections alternées avec des macérations, le
squelette céphalique (crâne et mandibule), de 24 spécimens adultes : 2 mâles et
2 femelles pour chacune des six espèces malgaches d’Oplures (tableau 21). A l’aide
isque sont communs avec le genre Chalarodon.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 119
: quadrimaculatus
sillon
rectiligne
crandidieri,
corps
subeylindrique
6-7 collerettes
hémipénis des quatre Oplures rupicoles.
hologiques entre 1
; b) caractères évolués.
ctères plésiomorphe
Allinités_ mo
a) care
d’un compas à balustre, trois mensurations ont été effectuées : longueur du crâne (C),
dans le plan sagittal de l'extrémité du museau au condyle occipital; largeur (c) et
hauteur (H), dans leur plus grande dimension. Les pesées ont été réalisées sur pièces
anatomiques desséchées à l’étuve à 90-1000C.
Les données concernant le squelette céphalique de Chalarodon sont extraites
d’une précédente étude de l'ensemble de son ostéologie (C.P. Branc, 1965).
Source : MNHN, Paris
120 G. P. BLANC
PI. IX : Squelette céphalique d'Oplurus cyclurus.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 121
PI. X : Squelette céphalique d'Oplurus c. cuvieri.
Source : MNHN, Paris
G. P. BLANC
PI, XI : Squelette céphalique d'Oplurus quadrimaculatus
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 123
PI. XII : Squelette céphalique d'Oplurus ficrinensis.
Source : MNHN, Paris
124 C. P. BLANC
PI. XIII : Squelette céphalique d'Oplurus grandidieri.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 125
PI. XIV : Squelette céphalique d'Oplurus saxicola.
Source : MNHN, Paris
126
P. BLANC
e sa denture
PI. XV : Squelette céphalique de Chalarodon madagascariensis et comparaison di
avec celle d'Oplurus
. cuvieri (cliché inférieur) montrant, ce dernier
des euspides latérales sur les dents anté
ares.
Source : MNHN, Paris
TasLeau 21 : Caractéristiques des spécimens utilisés pour l'étude du squelette céphalique.
: : Dimensions (mm) Origine
Sexe Code E : = Date
è Corps (1) Queue (2) Région
Gt 19 93 = Sud-Ouest avril 1970 31,18
c2 100 19 — Sud-Ouest avril 1970 50,86
0. cyclurus La LE # Pres ET ree
5 c3 97 — 1970 —
? ci 97 = mars 1970 36,97
Sb1 1 19% Ambato-Boeni décembre 1969 -
: g Sb2 61 ia Majunga 1970
O. €. cuvieri L =
= Sb3 2 = Anjohib 1969 —
“ Shi — Ankarafantsika r 1970 —
À Qi 10 19% 20% Ambalamanak janvier 1970 58,68
g Q2 60 103 152 Ambalamanak Centre février 1970 29,20
O. quadrimaculatus lie cs “2. —
P Q3 50 200 Ambalamanakana| Centre janvier 1970 55,08
À Qu 56 185 Ambalamanakana] Centre février 1970 31,20
F1 46 93 =— Antaikoaka Sud-Ouest janvier 1970 at
; . g 9% 95 189 Tuléar Sud-Ouest avril 1970 —
O. firinensis E $ Le. 2 a =
se F3 48 91 ÿ Tulé Sud-Ouest
+ FA 73 79 Antaikoaka
110 182 Ihosy janvier 1970
O. grandidieri IE SERRE 16 nn Rae ur Ü
115 Ihosy janvier 1970 —
93 169 Thosy février 1970 ue
103 Tsiombe janvier 1970 26,81
. 101 Fsiombe fé 1970 32,13
O. saxicola = — Se s — —
93 ombe Sud 70 21,80
94 ombe Sud 1970 =
mité du museau, tête en extension, au cloaque.
Source : MNHN, Paris
Taszeau 22 : Relations linéaires entre les crânes osseux des Oplu
Mensuration (mm) | Rapports
Esrècrs Code i
Longueur Largeur Hauteur te
© 4 TH) Moyennes | Gym | Moyennes | &yn | Moyennes
s 11 | 1,48 2,01 1,62
©) 10 |
. eyclurus É ir. | Es
; 9 2,50 1,64
L 9 ||
5 | 1,10 2,35 1,67
| $ |
.e. cuvieri = | es 2
= 12 | 148 1,10 2,39 1,71
? 12 37
a | 1,85
| 4 SE |
. quadrimaculatus = ILES
8,5 | 4,447 1,47 2,84 1,93
* 8 1,47
|
F 7 | 1,10 1,40 3,00 3,00 2,14
$ 7 1,40 3,00
. ficrinensis 5
1,46 1% 3,5
c 1E ë ea
? | 1,42 3,36
z 8 1,32 1,33 3,12 2,35
4 7 | 1,3%
. grandidieri 2 | 2 a E 2 =
su | 1,37 1,38 3,06
$ 6 1,40 3,50
: d || 1,47 144 3,36 3,36
aa 4 7 | 1,42 3,36
. suxicola er [pere _
: 1,40 1,43 3,00
e | 146 3,42
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 129
IV-2 : Résultats.
Étude comparative des différentes espèces du genre Oplurus.
1° Forme générale.
L'aspect général du squelette céphalique est sensiblement différent au niveau
spécifique dans le genre Oplurus : chez O. c. cuvieri et O. cyclurus, le crâne osseux
est régulièrement ovoide; dans les autres espèces à tête aplatie, le museau est nette-
ment marqué, dans le plan horizontal par un resserrement en avant des orbites
et, dans le plan sagittal par un frontal nettement aplati, alors qu’il est bombé
dans les deux espèces précédentes. En outre, l'examen de nos préparations met en
évidence des différences dans leurs dimensions relatives et l'aspect plus ou moins
massif de leurs constituants.
a) Étude des relations linéaires (tableau 22).
Le tableau 22 montre que le rapport C/c entre la longueur et la largeur maximales
du crâne osseux varie, d’une espèce à l’autre et entre les deux sexes, de 1,32 à 1,52
soit au total de 15 %. Compte tenu des variations individuelles, ce rapport est donc
relativement constant dans le genre Oplurus (moyenne : 1,43). Par contre, la hauteur
est un facteur de variation beaucoup plus sensible. Le graphique (fig. 25) représente
les variations de la hauteur H du crâne en fonction de sa largeur relative (c/H).
(Remarquons qu’un graphique très analogue et les mêmes conclusions s’obtien-
draient en représentant les variations de H en fonction de la longueur relative C/H).
c/H
Fig. 25 : Rapport entre la hauteur (H) du crâne et sa largeur relative (c/H) chez les Oplures.
Légende : voir figure 15.
Source : MNHN, Paris
TasLrau 23 : Relations pondérales entre les crânes osseux des Oplures.
Poids (mg) Rapport Volume Rapport ]
Sexe | Code = DME =. re apparent | —————
Mandibule | Ge + Ma | Moyennes C.c.H Moyennes
(Ma) M {mmf) (mm)
Gt 246,0 687,3 1,794 | 4675 147 l F |
4 |c2 238,8 620,2 1,597 | 170 | 4 318 144 { 145 |
. eyclurus pe L. 1,64 Rae 125
os 149,0 PA 2 871 101 1e {
8 |ca 136,0 1,540 | 158 3455 at (ENS
men 501,0 1 326,1 1,647 | 8 998 A47 l |
F 4 |sb2 575,1 1 477,1 1,568 | 1:61 8 250 179 | 163
D. e. cuvieri e SET _— =} 1,65 - 450
uses 117,2 1 168,6 1,800 |. 1 7 560 |
8 |Sb« 312,7 805,4 En ON) 6 600 (SEEN |
alor 264,0 701,4 HS en) a 182 | |
: 4 22 93,3 265,6 asus | 175 | 2 932 91 (RES
le quadrimaculatus —— —— —— » 1,74 1 113
E 166,0 452,0 HP \ i 3 612 125 l
£ 93,8 256,8 1,737 | 178 2 640 97 { 11
FA | 1664 94,0 lo 2 205 117 |
L 48 |r 197,8 119,0 | A7 | 2 205 444 ( EU
D. fierine É —) 475 |— cm 116
F3 | 1220 68,8 Len è 1 865 102 :
$ |r4 88,0 48,5 { 179 \ 1 393 103 { 103
Ice ls 20%,9 TE EE 3 800 1)
ae 8 |Go | 2723 164,0 1,660 | 64 | 3 084 (pure |
D. grandidieri se & 1 pe Las
L 422,5 280,8 1,861 | \ 4199 167 |
“ 156,0 89,4 1,744 | 1:80 1 890 130 { 148 |
= 229,8 138,2 Ti das 140 le
6) 287,3 174,5 1,646 | 165 170 LES |
D. saxicola ju : 1,79 EEE 435
Sx 3 | 156,2 82,2 238,4 1,900 | ÿ 108 ES \
9 |Sxa | 139,2 71,0 210,2 1,960 | 193 122 | 115 |
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 131
Les trois espèces Oplurus fierinensis, O. saxicola et O. grandidieri sont particulière-
ment proches, avec la hauteur crânienne la plus faible et le rapport c/H le plus élevé.
O. quadrimaculatus occupe une situation intermédiaire entre eux et les Oplures
0. cyclurus et O. c. cuvieri, qui sont proches (rapport c/H le plus faible).
e a la plus importante hauteur cränienne, même si l’on tient compte de
la taille des individus (tableau 21).
b) Étude des relations pondérales (tableau 23).
Nous avons cherché à vérifier si l'aspect plus massif du crâne osseux d’O. c. cuvieri
et d’'O. cyclurus, et notamment de certains os comme le pariétal, correspond à des
différences significatives dans les relations pondérales en établissant les deux rapports
suivants :
— Rapport entre le poids du crâne et le poids de la mandibule.
Nous avons calculé, dans chaque espèce, la moyenne des rapports entre les
poids secs du crâne et de la mandibule pour les mâles et les femelles. Les variations
individuelles importantes (de 1,54 à 1,96) montrent que le dimorphisme sexuel
n'intervient pas, et que les différences entre espèces ne sont pas significatives. Dans
le genre Oplurus, ce rapport a pour moyenne : 1,72.
— Rapport entre le poids du squelette céphalique et le « volume apparent » du
crâne.
Nous appelons « volume apparent » du crâne le produit de ses trois dimensions :
longueur (C), largeur (c), hauteur (H) définies ci-dessus. Dans ce cas, nous avons
encore des variations individuelles importantes. Il semble que ce rapport soit, en
général, un peu plus élevé chez les mâles que chez les femelles. Mais l'aspect plus
ou moins massif du crâne ne correspond pas à des différences sensibles dans le poids
des pièces osseuses.
20 Étude détaillée de quelques éléments.
Il n’est pas dans notre propos de redécrire ici, intégralement, le squelette cépha-
lique de chaque espèce d’Iguanidés. Nous avons préféré relever les différences essen-
tielles en essayant, quand cela est possible, de les quantifier. Il nous a semblé plus
intéressant de dégager les lignes évolutives à l’intérieur de ce genre et de voir comment
elles se sont réalisées.
a) Crâne osseux et orifices (fig. 26).
Nous avons relevé les différences suivantes (planches IX à XV) :
e En vue dorsale :
— Prémaxillaire : Chez O. c. cuviert et O. cyclurus les prémaxillaires sont nette-
ment en forme de T. L’épine médiane est toutefois moins longue que chez Chalarodon.
Chez les Oplures rupicoles le prémaxillaire est subquadrangulaire, par élargissement
de l’apophyse médiane dont l'extrémité encore nettement effilée chez ©. quadrimacu-
latus, devient presque transversale chez les autres Oplures rupicoles.
— Frontal : Le frontal conserve sa forme remarquable avec deux apophyses
transversales vers l'arrière et trois vers l’avant, qui encadrent les nasaux. Il est
peu entaillé par l’orifice pariétal. Sa largeur entre les deux orbites est nettement
plus faible chez les Oplures rupicoles que chez les arboricoles.
Source : MNHN, Paris
132 C. P. BLANC
PRO.
Fig. 26 a : Mensurations relevées sur la face ventrale et nomenclature des os du crâne (squelette
halique d'Oplurus grandidieri femelle).
naximales de la fenêt
Légende: Fetf longueur ct largeur
ensurations orthogonales
sous-oculaire; e — largeur de l'apophyse antér ygoïde; abréviations : B.O.
basi-occipital; : basisphénoïde; CO. : : canal semi-cireulaire
postérieur; E. : épiptérygoïde; EC. : ectoptérygoid ; F.LPT. : fente
inter-ptérygoïdienne; F.M. : foramen magnum; F.P. fosse post-
P
temporale; FR. : frontal; J. : jugal; L. : lacrymal; MX 1; NE. : narine
externe; N e; ORB. : orbite; P ontal; PL. palatin;
P.MX. : prémaxillai ; P.P.O. : processus para-occipital de l'opistho-
tique; PT. : ptérygoïde; Q. : carré; S.O. : supra-occipital; SQ. : squamosal; V. : vomer.
e En vue ventrale :
— Arcade palatin-ptérygoide : Gette arcade limite vers l’intérieur la fenêtre
sous-oculaire. Très large chez les Oplures arboricoles, avec une suture palatin-ptéry-
goïde longue, oblique et irrégulière, elle est arquée vers le plan sagittal, beaucoup
plus étroite, avec une suture courte, chez les Oplures rupicoles. Là encore, O. quadri-
maculatus occupe une position intermédiaire entre les deux groupes.
— Fenêtre sous-orbitaire : La fenêtre sous-orbitaire passe d’une forme sub-
triangulaire chez les Oplures arboricoles à une forme losangique chez les Oplures
rupicoles.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 133
PMX.
MX.
NE.
L PFR.
FR.
ORB.
PT:
EC:
J.
PO
FPT/SO: CO. EM.
Fig. 26 b : Face dorsale du crâne d'Oplurus grandidieri femelle
Légende : voir figure 26 a.
Fig. 26 c : Face postér
e d'Oplurus _grandidieri femelle.
Légende : voir figure 26 4.
Source : MNHN, Paris
TasLeau 24 : Relations linéaires sur la face ventrale des crânes osseux des
Oplures.
Fenêtre sous-oculaire
Me
urations
Rapports FJI
Plérygoïde
Largeur (e)
Largeur de la fenêtre (f)
L droite gauche
Esrèces Sexe Code - : L
ci 1 m 1,36
£ Ge 21 2 1,05
0. eyclurus —
l C3 10 95
ï Ci it on 2,00
sb 1 1,17
$ SE 0,86
0. 6. cuvieri =
; sb 3 1,15
©) Sb 4 1.00 0,93
Q1 37,5 2,39
$ Q 36
0. quadrimaculatus =
5 Q 3 30
? Q 385
= Fi
® IA)
O. ficrinensis | 5.85
f 2 F3
FA
z on
$
0
grandidieri
1,38
0.
saxi ola
Sx 2
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 135
La figure 26 a indique les mensurations effectuées pour caractériser ces modi-
fications morphologiques. Les données sont rassemblées dans le tableau 24. Le
graphique (fig. 27) met en évidence la position particulière d’O. quadrimaculatus
entre les Oplures arboricoles et les autres Oplures rupicoles.
— Fenêtre interptérygoïdienne : Cette fenêtre étroite et longue chez les Oplures
arboricoles s’élargit dans sa région postérieure chez les Oplures rupicoles, notamment
©. saxicola, O. fierinensis et O. grandidieri.
— Basisphénoïde : Gorrélativement à l'élargissement postérieur de la fenêtre
interptérygoïdienne, les deux apophyses antérieures du basisphénoïde s’allongent
et deviennent moins transversales.
e En vue latérale :
On notera, surtout, la modification de forme de l'orbite : régulièrement ovoide
chez les Oplures arboricoles, elle est étirée vers l'arrière chez les rupicoles. Par contre,
l'orientation de l’épiptérygoïde (angle avec l’apophyse postérieure du ptérygoïde)
ne se modifie pas sensiblement.
b) Mandibule.
Le tableau 25 met en évidence une diminution importante de la hauteur totale
de la mandibule. L’apophyse coronoïde passe d’une forme élevée, arquée vers l'arrière,
à une forme basse, quadrangulaire. Cependant la diminution de hauteur totale
(fig. 28) est due autant à une réduction du dentaire que de l’apophyse coronoïde.
Parallèlement, le processus interne de l’articulaire, nettement transversal chez
O. c. cuvieri et O. cyclurus, est recourbé vers l'avant chez les Oplures rupicoles et
Fi
ï 5 2 25 3
Fig. 27 : Distribution des mensurations relevées sur la face ventrale
du crâne osseux des Oplures.
Légende : voir figures 15 et 26 a.
Source : MNHN, Paris
TaBLeau 25 : Mensurations sur la mandibule des Iguanidés malgaches.
hauteur apophyse
Esrèces coronoïde Le HAUSSE. Sr x 100 | dèche () — x 100
nn Tongueur mandibule Tongueur mandibule
O. cyclurus 19,2 24 50 14,0
O. &. cuvieri 12,9 24,7 52 13,5
O. quadrimaculatus … 10,8 19,2 56 10,8
O. fierinensis 8,5 17,0 50 10,8
O. grandidieri.…. 9,0 17,0 53 10,0
O. saxicola 88 17,5 50 11,0
Chalarodon 12,8 29,9 56 18,8
(1) La flèche est déterminée par rapport à une ligne passant par les extrémités du processus rétroarticulaire et de la symphyse mandibulaire
Source
: MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAF 137
t
25
© ©
©
2
©
©
© ©
15
A A
À
ol o!
oi
a A A
ro | À
n]
D) 0 o)
5 © A
A B
J C
É H 3 3 H ë ;
Fig. 28 : Valeur moyenne des mensurations relatives relevées sur la mandibule des sept espèces
d’Iguanidés malgaches.
Légende : À — rapports de la hauteur totale à la longueur de la mandibule; B — rapports
de la courbure (flèche) à la longueur de la mandibule; C — rapports de la hauteur de l'apophyse
coronoïde à la longueur de la mandibule; en abeisse, 1 à 7 : voir figure 22.
Source : MNHN, Paris
TaaLEau 96 : Relations numériques entre les dentures des Oplures.
Dents E
ents jugales (Jug Dents mandibulaires (Ma Fe Sommes
Dents jugales (Jug) Dents mandibulaires (Md) Ro ee (PL ommes
Sexe | Code - 3 E
+ un :
c1 5 5 87 97
ë C 5 ñ 76 | 85
0. eyclurus == £ ù = fee 7 Le 93
cs 6 5 80 91
d Cu 6 % 86 99
21 20 8 101
: $ 18 7 5 0 |
O. c. euvieri Le es 39 | (Se
18 18 8 8 89
8 20 1 6 6 97 |
Qt 23 46 7 7 90 10%
$ Q2 19 | 9 6 1 | w3 |
0. quadrimaculatus _ <= = mn 42 86 101
5 Q3 15 \ 8 Û 90 | 106 \
Qu 45 8 8 86 102 )
Fi 47 0 0 ”7 |
$ F2 1) 0 0 un |
O. fierinensis pe 47 37 Be Le mn
à F3 50 \ 0 0 %
+ F4 #7 0 0 3 |
x ci 26 0 0 10% 10%
9 62 26 | 0 0 102 / 10 |
O. grandidieri = Ë 50,5 50 ir — 101 101
: 63 5 \ 0 0 106 | 106
is Ga mn 0 0 91 | on)
50 0 0 os 98
$ 5 | n 0 106 | 10 |
O. saxicola = - 50 48,5 = k= | s 98
a Sx 3 26 51 47 0 0 98 98
$ Sx À % 15 | 6 | 0 0 in “ |
Moyennes | 45,0 90,25 %6,
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 139
raccordé par une lame osseuse au processus rétro-articulaire. De même, la suture
dentaire — supra-angulaire tend à se déplacer nettement en arrière de l’apophyse
coronoïde chez ces derniers.
c) Denture.
Le tableau 26 rassemble les données concernant le dénombrement des dents,
en réalité des emplacements disponibles, pour chacune de nos préparations. Ces
dents se répartissent en deux catégories, selon leur lieu d'implantation : dents margi-
nales (dents jugales et dents mandibulaires) et dents ptérygoïdiennes.
Nous noterons que, compte tenu des variations individuelles, il n'y a pas de
différence numérique sexuelle significative au sein d’une même espèce.
c-l) Dents marginales.
Morphologie : Ces dents, typiquement tricuspides et homodontes, tendent à
devenir, vers l'avant, unicuspides et à présenter une concavité tournée vers l’inté-
rieur de la bouche (dent en forme de « croc »). Les extrémités distales ne sont plus
alors jointives comme elles le demeurent latéralement. On trouve une ou deux, rare-
ment rois, formes intermédiaires, bicuspides. Le nombre de dents unicuspides est,
assez souvent différent à droite et à gauche, aussi bien à la mâchoire supérieure que
sur la mandibule (tableau 27). Il ne présente pas de variations significatives d’une
espèce à l’autre.
Nombre : Le nombre total des dents jugales et mandibulaires varie, sur notre
matériel, de 73 à 104. Bien que limité, notre échantillon met en évidence une augmen-
tation du nombre des dents marginales — corrélative d’une réduction de taille —
des formes arboricoles aux formes rupicoles spécialisées (fig. 29). Ici encore, O. qua-
Md
4 |
|
. Æ
# # 5 Ed # ne
Fig. 29 : Distribution numérique des dents jugales (Jug) et mandibulaires (Md) chez les Oplures.
Légende : voir figure 15.
Source : MNHN, Paris
Taaxau 27 : Morphologie des dents jugales et mandibulaires chez les Oplures.
Dents jugales (Jug) Dents mandibulaires (Md)
unicuspides unicuspides
Erin : - — ——| Dents
Esrèces Sa Gen les : AE à lie Moyenne
Ë d Ë É Ê E 2 à Ê unieuspides|
: Ë À = | È fi Ë
ci 43 9 18 | ma 7 15 33 |
ÿ 2 28
ë c? 39 7 GA CAN ANE 37 ñ 5 9 ce 23
0. cyclurus |} = ALES = 25
: C3 30 5 MEN 6 6 12 ea
H cé me 6 6 1 LEE 5 5 10 { e à
m 7 DER m 7 m =. me
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ce. cuvieri ul 5 | ET 2
3 Sb 3 36 6 CAEEUL: 37 5 6 Ha) #
É Sb 4 “1 10 10 201012 %4 7 8 TES 35 \ æ
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0. quadrimaculatus - 1 Ë = E à LE à |
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O. grandidieri EE les = E. À = 33
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48 6 5 met 46 6 10 | 105 + ||
Source
: MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 141
drimaculatus occupe une position intermédiaire entre ces deux groupes. Le rapport
entre le nombre de dents jugales et mandibulaires est peu différent de 1.
c-2) Dents ptérygoïdiennes.
Nous n'avons observé de dents ptérygoïdiennes que dans les trois espèces
O. c. cuvieri, O. cyclurus et O. quadrimaculatus. Leur nombre varie de 9 à 16 (de
4 à 9 pour chaque ptérygoïde). Remarquons leur absence chez les espèces les plus
déprimées.
Un exemplaire d'O. quadrimaculatus (OQ.62) présente des dents palatines.
c-3) Nombre total de dents.
La somme du nombre des dents marginales et ptérygoïdiennes, manifeste une
constance remarquable à l’intérieur du genre (moyenne 97 + 4).
IV — 3 : Discussion.
En comparant les genres Oplurus et Chalarodon nous notons essentiellement un
aplatissement du crâne, déjà marqué chez O. quadrimaculatus et exagéré chez
O. fierinensis, O. grandidieri, O. saxicola (fig. 30).
24
O.c.cuvieri
EE
O.fierinensis
Fig. 30 : Diagramme d’Arey-Thompson pour les erânes osseux d'Oplurus €. cuvieri et
d’O. fierinensis.
Source : MNHN, Paris
142 C. P. BLANC
Les modifications morphologiques corrélatives concernent :
1 — Le basculement des globes oculaires vers le haut entraînant une réduction
de la largeur du frontal ainsi qu’un élargissement des fenêtres sous-oculaires par
courbure et rétrécissement de l’arcade palatin-ptérygoïde.
2 — L'architecture d'ensemble du museau qui se rétrécit en avant des orbites
dans un plan horizontal en même temps que son extrémité s’arrondit, par élargisse-
ment du prémaxillaire, et s’aplatit, dans le plan sagittal, par réduction de la hauteur
du processus frontal des maxillaires.
3 — L'élargissement relatif du crâne, en arrière des orbites, par dilatation de
la fenêtre interptérygoïdienne et allongement des apophyses antérieures du basisphé-
noïde, entrainant une rotation vers l’avant du rebord inférieur de l'orbite.
4 — La réduction de la hauteur de la mandibule corrélative de celle du crâne
osseux (fig. 31).
Les Oplures arboricoles, pour tous ces caractères, sont les plus proches de
Chalarodon.
©. fierinensis
Fig. 31 : Diagramme d’Arcy-Thompson pour les mandibules d'Oplurus e. euvieri et
d'O. fierinensis.
B - COMPORTEMENT
V. — MOUVEMENTS DE PARADE
Nous décrivons le mouvement de parade pendant la période de reproduction.
Une série de travaux sur le comportement des Iguanidés américains, notamment
ceux de C.C. Carpenter, 1961 à 1967; R.L. CLarke, 1963; R.T. Lynx, 1965;
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 143
1. Ersi-Eisesreznr, 1966 « et b, ont démontré la spécificité de leurs mouvements
de parade. Seul, celui de Chalarodon madagascariensis à analysé (C.P. BLanc
et C.C. Garpenrer, 1969). Nous discuterons de leur intérêt dans la recherche des
affinités entre les Iguanidés malgaches.
V — 1: Matériel et méthodes.
Nous avons filmé, dans la nature, à 24 images par seconde, avec une caméra
Nizo-S.T., super-8 mm, des Oplures mâles adultes. Les prises de vue sont été réalisées,
par temps ensoleillé, en décembre 1969 et janvier 1970, dans les localités suivantes :
HTUÉAT (SU Ouest) ... 0. cyclurus
— Ambato-Boeni (Ouest) ............... rer MO: c CHULErU
— Saint-Augustin (Sud-Ouest)
— Vallée du Fiherenana (Sud-Ouest)
0. quadrimaculatus
O. fierinensis
— Ihosy (Centre-Sud) :............. 0. O. grandidieri
2m BeraKEte (Centre SU) A PR ©. saxicola
Chaque mouvement de parade a été analysé, image par image, et nous avons
construit le diagramme des variations de la hauteur de l'extrémité du museau par
rapport au support. La précision avec laquelle il est possible d'évaluer la durée de
chaque mouvement est d’une image, soit 1/24 de seconde, ce qui correspond, pour
une séquence, à une précision de 5 %.
La terminologie utilisée dans l'exposé de nos résultats est celle définie par
G.C. CarpeNTER, 1962 a :
— le site, qui est lié à l'habitat de chaque espèce, ne sera pas pris en considéra-
tion dans cette étude comparative;
— le mouvement-type est une oscillation de la tête et de la partie antérieure du
tronc, par flexions et extensions rythmées des bras sur les avant-bras (fig. 32);
— une oscillation ou unité de mouvement est caractérisée par son amplitude et
sa durée;
— chaque mouvement de parade comporte une série d’unités de mouvement
effectuées sans interruption. Le nombre et la durée des unités de mouvement succes-
sives, appelés respectivement séquence et cadence, sont caractéristiques au niveau
spécifique.
Un ou plusieurs (en général deux ou trois) mouvements de parade sont exécutés,
séparés par un intervalle plus ou moins long. Les variations, assez larges, sont corré-
latives, notamment, de l’état d'activité ou d’agressivité du mâle. Comme nous
l’avions constaté chez Chalarodon madagascariensis, la séquence d’un mouvement
de parade est elle-même susceptible de légères variations, de même que la cadence
des diverses unités de mouvement.
V — 2: Analyse des mouvements de parade.
Nous avons groupé (fig. 32) les mouvements de parade de chacune des six
espèces du genre Oplurus, ainsi que leur posture correspondante. En trait plein,
nous indiquons la position la plus haute et, en pointilllé, la plus basse atteintes au
Source : MNHN, Paris
144 G. P. BLANC
Fig. 32 : Mouvement de parade (amplitude en fonction du temps {1) en secondes) et posture
pour chacune des six espèces du genre Oplurus.
: O. eyclurus; 2 : O. c. cuvieri; 3 : O. quadrimaculatus; 4 : O. fierinensis; 5 : O. grandidieri;
6 : O. saricola.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 145
cours d’un mouvement. Ces schémas, calqués directement sur une visionneuse,
indiquent les parties du corps qui se déplacent. Sur les diagrammes, pour plus de
précision, nous avons doublé l'amplitude des oscillations.
Les diagrammes de la figure 32 montrent que dans le genre Oplurus une séquence
de parade comprend fondamentalement quatre oscillations de la tête. Ces oscilla-
tions sont le plus souvent simples, mais présentent parfois un dédoublement, en
général peu accusé. La durée de chaque mouvement est rapportée dans le tableau 28.
TaBLeau 28 : Durée des quatre unités de mouvement de parade
des Iguanidés malgaches.
nn Durée des unités de mouvement ne
{en 1/2 de seconde)
Chalarodon madagascariensis 25
O. saxicola ............... 18 —19
0. quadrimaculatus 24 — 25
O. 6 eupigri rss. 16
0. 21
O. fierinensis 29
O. grandidieri.…........... 2%
IT est intéressant de noter l'existence d’une oscillation principale ayant une
durée de 8 à 9 vingt-quatrièmes de seconde, présente chez toutes les espèces à
l'exception d'Oplurus c. cuvieri. 11 semble, à titre d’hypothèse de travail, que l’on
puisse considérer les oscillations 2 + 3 comme analogues de l’oscillation principale
des autres espèces, qui présente d’ailleurs un dédoublement moins accentué chez
O. cyclurus et encore moins marqué chez ©. grandidieri.
11 devient alors possible de dresser le tableau 29.
TaBLeau 29 : Distribution et durée des unités de mouvement.
Nombre d'unités de mouvement Durée de Ja période
ps PE RU ultérieures | totale principale
Chalarodon
madagascariensis| 3 1 1 24 —25
Oplurus
quadrimaculatus 2 1 1 2 —25
0. saxicola . 2 1 1 8—19
O. 6. euvieri 1 1 (double) 1 16
0. fierinensis 1 2?) 1 2 29 2
O. grandidieri . 1 1 2 % 19
0. eyclurus 1 1 2 2 17
Source : MNHN, Paris
146 C. P. BLANC
Si nous appelons « période fondamentale » l'ensemble (oscillations préliminaires
+ oscillation principale + la première oscillation suivante), nous obtenons la
répartition indiquée par le tableau 30.
TauLeau 30 : Répartition des espèces
en fonction de la durée de la « période fondamentale ».
= Réduetion
Nombre Durée de la « période fondamentale » totale
2% —25 18—19 16 —17 8
Chalarodon
madagasca-
1 riensis
0. savicola 0. e.
0. quadri-
maculatus
2 O. ficrinensis | 0. grandidieri | 0. cyclurus
(29) (24 — 95) (21) (8)
&—5 6 &—5
V — 3 : Affinités.
Le tableau 30 met en évidence, d’une part, la position particulière d'Oplurus
quadrimaculatus au voisinage de Chalarodon madagascariensis, que l’on peut inter-
préter comme proche de la souche à partir de laquelle ont pu diverger les autres espèces
et, d'autre part, la séparation des Oplures en deux groupes suivant qu'ils ont, ou
non, une seconde oscillation postérieure au mouvement principal MP. La distribu-
tion obtenue présente un remarquable parallélisme avec les ressemblances morpho-
logiques établies verticalement : ©. fierinensis est, par divers caractères assez proche
d’Oplurus quadrimaculatus ; O. saxicola et O. grandidieri ont entre elles des affinités
très marquées; il en est de même pour les deux formes arboricoles ©. c. cuvieri et
©. cyclurus.
En admettant notre hypothèse, l’évolution semblerait s'être orientée vers une
réduction de la durée de la « période fondamentale », et de la période totale puisque
leur écart est constamment voisin de un cinquième de seconde. Le raccourcissement
des périodes totale et « fondamentale » est de 8/24, soit un tiers de la durée. La figure
33 montre une nette diminution des oscillations antérieures au mouvement-type
principal (MP), en nombre : de 2-3 à 1, et en durée : de 11-12 à 5-4 vingt-quatrièmes
de seconde.
V — 4: Conclusions et discussion.
a) Chaque espèce d’Iguanidé malgache possède un mouvement de parade dont
la séquence et la cadence lui sont propres, ce qui confirme les conclusions de
G.G. Carpenrer, 1967, sur les Iguanidés américains.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 147
0 05
ER Ne Se
entation schématique des cadence: tions du mouvement
les Iguanidés malgaches (en trait épais : le mouvement principal MP). Échelle
de temps : 0,5 seconde
Légende : voir fi 2.
b) Le mouvement de parade des Iguanidés malgaches est constitué de 4 à 5 oscil-
lations de la tête. Le nombre 5 ne se rencontre que chez Chalarodon madagascariensis,
(et peut-être chez ©. fierinensis?). Nous avions remarqué chez Chalarodon
(G.P. BLaxe, 1969 e : 35) qu’une séquence ne comporte parfois que 4 oscillations :
2 petites suivies de 2 grandes. Les affinités entre les deux genres malgaches sont
renforcées, par l'existence dans chaque séquence d’une oscillation caractéristique
(MP), la plus longue : 8 à 9 vingt-quatrièmes de seconde.
c) L'évolution semble s'être faite vers un raccourcissement de la durée de la
séquence de parade dû à la réduction du nombre et de la durée des oscillations précé-
dant le mouvement principal (MP).
d) La structure de leurs mouvements de parade permet de répartir les Oplures
en trois groupes de deux espèces ayant des affinités morphologiques très nettes.
Dans chaque groupe, les mouvements de parade diffèrent par l'existence d’une
seconde oscillation postérieure au mouvement principal (MP).
e) Il est probable que les caractéristiques (séquence et cadence) d’un mouvement
de parade jouent un rôle éthologique dans la reconnaissance interspécifique.
Une étude expérimentale, chez les espèces sympatriques, pourrait permettre
d’en déterminer les critères. A titre d’hypothèse de travail, il semble que les deux
facteurs suivants puissent être de quelque intérêt : la distribution (S) des oscilla-
tions par rapport au mouvement principal (MP) et la durée totale (T) du mouve-
ment de parade.
Source : MNHN, Paris
148 ©. P. BLANC
Le schéma (fig. 34) représente les facteurs S et T susceptibles de jouer un rôle
éthologique dans les mouvements de parade, entre espèces sympatriques (voir p. 149).
Nous indiquons, pour chaque espèce, la position du mouvement principal (MP),
notée par le signe//, dans la série des oscillations d’un mouvement de parade, et
sur la deuxième ligne la durée, en vingt-quatrièmes de secondes, de la période totale
suivie, s'il y a lieu, entre parenthèses, par celle de la « période fondamentale ».
Nous avons noté, entre parenthèses, les facteurs dont le rôle nous semble dou-
teux. Les différentes espèces sympatriques, à une exception éventuelle près, nous
paraissent done susceptibles de distinguer leurs mouvements de parade, par Pun
au moins des deux critères S et T.
0. cyclurus
1/72
21 (17)
US ©
0. quadrimaculatus
Se SS
EN
9. Darandidiert a.soateolo
11/2
24 (19) 18-19
Fig. 34 : Rôle éthologique possible de la dur {S) des mouvements
g totale (T) et de la
dr
ade.
C - ECOLOGIE
VI. — Répari
Nous considérerons successivement le rôle de l'habitat et celui du climat dans
la répartition des Iguanidés malgaches.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDA 149
VI. — 1 : Habitat : étude des sympatries.
Les cartes de répartition (fig. 2, 5 et 7) mettent en évidence une superposi-
tion des aires chorologiques de quelques espèces. Le problème se pose des niches
écologiques. Cette optique, dans le cadre de notre étude comparative, nous parait
féconde et permet de nous limiter à quelques aspects biologiques précis. Nous distin-
guerons donc les sympatries au niveau des genres, puis entre les espèces d’Oplures.
1° Sympatrie entre Chalarodon et Oplurus.
L’aire chorologique de Chalarodon se superpose à celle de l'espèce Oplurus cyclurus
et chevauche partiellement celles d’O. quadrimaculatus, O. fierinensis, O.cyclurus,
O. saxicola, O. c. cuvieri et, dans le Moyen Mangoky, celle d'O. grandidieri.
Il n’y a pas, en fait, de chevauchement des habitats (film réf. 56) : Chalarodon
se cantonne à terre, sur des sols sablonneux meubles, tandis que les Oplurus vivent
soit sur les rochers, soit sur les arbres.
Comme tous ces Iguanidés sont insectivores, les différences d’habitats évitent
que les niches écologiques n’empiètent les unes sur les autres par une concurrence
directe, tant alimentaire que pour les abris.
20 Sympatries entre espèces du genre Oplurus.
Le problème est ici plus complexe. Les sympatries entre espèces d’Oplures
sont représentées par la figure 35.
C'ACUMNE NI cyclurus
quadrimaculatus sSaxicola
fierinensis grandidieri
Fig. 35 : Sympatries entre esp
Nous avons en effet, les sympatries suivantes :
_— dans la région de Tüléar (vallée du Fiherenana, Sarodrona, Saint-Augustin :
O. fierinensis, O. cyclurus, O. quadrimaculatus ;
— dans l’Extrême-Sud : O. cyclurus, O. quadrimaculatus, O. saxicola ;
— sur le plateau Mahafaly : ©. cyclurus, O. quadrimaculatus ;
— entre Ihosy et Ambalavao : 0. grandidieri et O. quadrimaculatus ;
— entre Betroka et Beraketa : ©. saxicola et O. quadrimaculatus ;
— près de Morondava : O. cyclurus et ©. c. cuviert.
Source : MNHN, Paris
150 G. P. BLANC
Rappelons que les habitats sont des rochers pour O. grandidieri, 0. quadrima-
culatus, O. fierinensis, O. saicola, surtout des arbres pour ©. eyclurus et O. c. cuvieri.
Nous avons pu mettre en évidence quelques différences dans l'habitat des couples
d’Oplures rupicoles : 0. grandidieri - O. quadrimaculatus ; O. saxicola - 0. quadrima-
culatus. Dans les deux cas, dont la distribution ne se superpose pas puisque les
aires de O. saricola et O. grandidieri sont séparées, ces deux dernières espèces occupent.
les surfaces rocheuses lisses, présentant des fissures de faible hauteur, tandis
qu’'O. quadrimaculatus se cantonne sur les aflleurements massifs à fissuration irré-
gulière et plus large. Gette différence d'habitat est poussée jusque dans le détail :
il suffit souvent, soit sur une large dalle peuplée d'Oplurus saxicola où d'O. grandi-
dieri soit à son voisinage immédiat, d’un amoncellement de gros blocs — et même
d'un seul s’il est assez fissuré — pour qu'O. quadrimaculatus s’y soit installé (fig. 4;
pl XVI).
Nous avions montré l'intérêt des modalités de l’érosion agissant sur un matériau
particulier, les itacolumites, dans la répartition des Lacertiliens du massif de l'Ibity
(C.P. Braxc et F. BLanc, 1967). Dans le Centre et le Sud de Madagascar, qui nous
concernent ici, nous observons une opposition très nette entre les deux aspects
suivants de l’action érosive :
_— Une fissuration subparallèle à la surface des affleurements, ayant pour ori-
gine principale la fragilisation du matériel cristallin par les tensions dues aux varia-
tions quotidiennes de températures. Il en résulte une délamination superficielle
sous forme de dalles d'épaisseur variable, généralement de quelques centimètres
à quelques décimètres. Sur une pente, cette fissuration, partant du bas, peut s'exercer
pendant longtemps avant que la dalle ne se détache. C’est là un abri éminememnt
favorable pour les Lézards qui y trouvent une bonne protection contre les eaux de
ruissellement. Le fonctionnement permanent de ces phénomènes de desquamation
superficielle contribue à renouveler ces abris. De tels phénomènes sont importants
sur les affleurements cristallins « granitiques » et gneissiques, souvent lités et peu
diaclasés, très répandus dans les aires de distribution des Iguanidés rupicoles.
—— Un déblaiement et un élargissement des diaclases naturelles dans les affleu-
rements granitiques saillants, comme les kopjes, sortes de longs « murs » de un à
plusieurs mètres de hauteur. Dans ce cas, la fissuration est irrégulière, avec des
plans d'orientation très divers. [l en est de même dans les chaos de blocs par accumu-
lation.
En fait, il semble bien qu'il y ait une réelle concurrence, malgré cette spéciali-
sation des habitats, car, partout où ©. quadrimaculatus est seul, il occupe toutes les
fissures, y compris celles provoquées par la desquamation. C’est le cas sur les Hautes
Terres du Centre (Ambalamanakana) et dans l'Est (Soavala). O. quadrimaculatus
apparait done comme une espèce à large distribution qui, dans deux régions distinctes
de son aire, est concurrencée par les deux espèces plus spécialisées : ©. grandidieri
et O. saxicola à sociabilité plus grande : le même abri renfermant parfois une vingtaine
d'individus groupés. Bien que moins évidentes, des considérations analogues pour-
raient intervenir dans la distribution de détail d’O. quadrimaculatus et O. fierinensis.
Par contre, nous n’avons pas, jusqu'ici, observé de spécialisation particulière dans
Phabitat des Oplures arboricoles : O. c. cuvieri et O. cyclurus.
Nous allons voir si des incidences climatiques peuvent être mises en cause.
Source : MNHN, Paris
PI. XVI : Habitats des Oplures rupicoles :
1 : Habitat typique d'O. grandidieri où d'O. saxicola : on remarque les nombr
de délamina
e des diac
« Kopje » rocheux ses où s’abrite O. quadrimaculatus.
3 : Dôme roche
4 : Répa
diaclasé. 5 :
comme abri (ré
x où vivent en sympatrie ©. quadrimaculatus et O. sazicola [région de Be
ition de détail de ces deux e
Détail de l'habitat d'Oplurus saxicola : la fissure de délamination est utilisée
ion de Betroka). 6 : Habitat d'O. quadrimaculatus (massif ruiniforme de l’Isalo).
: 0. quadrimaculatus est perel
Source : MNHN, Paris
152 C. P. BLANC
VI — 2 : Climat, rôle écologique.
Nous avons montré pour Chalarodon madagascariensis (C.P. BLANC, 1969 a),
le rôle important des facteurs climatiques tels que :
__ la pluviométrie : hauteur des précipitations et distribution, soit au cours
de l’année (importance de la saison pluvieuse), soit au cours de la journée (incidence
sur l'insolation);
— la température qui intervient, dans la biologie des Lézards étudiés, par la
M+m
=) et l'écart (M-m) des moyennes des maximums du mois le
moyenne
plus chaud (M) et des minimums du mois le plus froid (m), en réglant le niveau
et la durée d'activité, ainsi que par les valeurs les plus basses de saison fraîche
(loc. cit. : 296).
Compte tenu de ces considérations, il paraît intéressant d'utiliser le climagramme
macroclimatique de Madagascar (fig. 36), modifié d’après P. Morar (1969), dans
les axes orthogonaux semi-logarithmiques suivants :
— en abscisse, la moyenne des minimums du mois le plus froid;
_— en ordonnée, le rapport :
N
Le 365 PN
Pme GES
2
dans lequel P est la pluviométrie moyenne annuelle en mm et N le nombre annuel
de jours de pluie.
Ce climagramme, appliqué par son auteur à quelques végétaux, lui a permis
de définir quatre étages bioclimatiques caractérisés par leurs associations végétales :
a) Étage semi-aride : QT < 20; la pluviométrie est très faible (P < 750 mm)
et la saison sèche dure de 8 à f1 mois. La végétation climax-type est xérophytique :
bush à Didiéréacées ou Euphorbes et forêt dense sèche caducifoliée. La zone littorale,
avec QT <5, pourrait être qualifiée d’aride. Cet étage englobe le Sud et la partie
méridionale du domaine occidental (Sud-Ouest).
b) Étage subhumide : la valeur de QT est approximativement comprise entre
20 et 65. Selon les valeurs de m, la végétation-climax est soit une forêt caducifoliée
(m > 14) soit une forêt sempervirente (m < 14). Cet étage englobe les Pentes
Occidentales, le Moyen-Ouest et le Nord-Ouest. Il est caractérisé par une longue
saison sèche de 7 mois.
c) Étage humide : QT passe de 65 à 140. Cet étage est celui du Domaine du
Centre, du Sambirano et de la région de Fort-Dauphin (Domaine de l'Est). La
végétation-climax est la forêt sempervirente. La pluviométrie est forte et la saison
sèche coupée de pluies fines et de brouillards.
d) Étage perhumide : QT > 140. Cet étage englobe, sauf la région de Fort-Dau-
phin, tout le domaine oriental. Les pluies sont importantes (2000 mm et plus)
et régulièrement distribuées. La végétation-climax est la forêt ombrophile semper-
virente.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 153
ot
î
PERH
| | | |
| |
ne 8 a LE ee
FU a à
nn 5 6 0 % %» æ 2
HIVER TEMPERE HIVER CHAUD
4 7
HIVER FROID D'HIVER FRAIS
Fig. 36 : Climagramme pour Madagascar, d'après P. Morar (1969), modifié.
Légende : voir tableau annexe.
Les aires de distribution des Iguanidés correspondent assez approximativement
aux étages bioclimatiques, dont nous avons rappelé ci-dessus la définition, ou à
leurs subdivisions en fonction de la moyenne m des minimums du mois le plus froid,
en général juillet (fig. 37). Comme P. Morar (1969 : 211) le préconise, une amélio-
Source : MNHN, Paris
154 €. P. BLANC
| SUBHUMIDE
J0.cyclurus ca
| “Chalerodon cas
T 0.grändidieri ce)
SEMI ARIDE
[PR
7
5 Ï
20. saxicolà(o) |
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Î Î Î Ï be
ï 579 D nv à 4 6 6 hp 6 à æ an
ATOS ee Er,
HIVER FROID © lHIVER FRAIS | HIVER TEMPERE | HIVER CHAUD
Fig. 37 : Distribution climatique des aires de répartition des différentes espèces d'Oplures.
ration à ce climagramme devrait être recherchée dans la répartition des jours de
pluie. Son intérêt pour la distribution des Iguanidés serait particulièrement grand.
@ ©. c. cuvieri : Son aire chorologique vaste est limitée à l'étage subhumide
à hiver chaud, la localisation entre Ambatofinandrahana et l'Itremo ayant fait
(p. 34) l'objet de réserves à cause de son mésoclimat particulier.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 155
e O. cyclurus et Chalarodon : Leur répartition recouvre l'étage semi-aride (et
aride), à l'hiver tempéré ou chaud.
e 0. quadrimaculatus : Le climagramme met bien en évidence le vaste éventail
de climats supportés par cette espèce. Sa tolérance est maximale aussi bien pour la
pluviométrie : c’est la seule à être distribuée dans l'étage humide jusqu'à la limite
du perhumide, que pour la rigueur des minimums hivernaux (hiver froid). Il est
probable que des températures minimales moyennes de 3,5 à 40 C, corrélatives de
gelées fréquentes soient un facteur limitant. On notera que son aire de distribution
à l'exception de l’Itremo, exclut celle d'O. c
cuvieri.
@ 0. grandidieri, O. saricola et O. fierinensis : La distribution de ces trois Oplures
rupicoles est restreinte à l'étage semi-aride. O. grandidieri en occupe la partie la
plus proche de l'étage subhumide, tandis que O. fierinensis est localisé dans sa
variante aride. Rappelons que, géographiquement (fig. 7), O. grandidieri et O. saxicola
de mœurs semblables, n’ont jamais été observés en sympatrie.
D - CYTOLOGIE
VII. — CARYOTYPES
par Charles P. et Françoise BLANC
L'étude des caryotypes chez les Reptiles a été, au cours de ces dernières années,
l'objet d’investigations actives. Une analyse de la littérature en est donnée par
R. Mari (1970). Dans cette Classe, les chromosomes se répartissent, selon les
espèces, en deux catégories plus ou moins bien tranchées : des macrochromosomes
(M) et des microchromosomes (m) généralement punetiformes. La formule
12 M +24 m se rencontre dans beaucoup de familles de Lacertiliens (Iguanidés,
Agamidés, Chamaeleonidés, Amphisbaenidés, Cordylidés, Teiïdés, etc.) sans que
les auteurs s'accordent pour savoir s’il s’agit d’une formule primitive ou, au contraire,
d'équilibre.
Concernant les Iguanidés malgaches, seul le caryotype d’une femelle
d’O. c. cuvieri (= 0. sebae) est connu. G.C. Gorman et coll. (1967 : 292, fig. 10a),
ont montré que son génôme diploïde est de formule : 12M + 24 m. Les macrochro-
mosomes sont tous métacentriques; les microchromosomes ont une taille réguliè-
rement décroissante, les deux premières paires nettement métacentriques, les
suivantes punctiformes. De l'observation de ce caryotype, G.C. Gorman et coll.
concluent (p. 297) : « There is nothing peculiar about the chromosomes of the Mada-
gascar iguanid Oplurus sebae that can give us any hint of the relationship of the
Madagascar genera to other iguanids. »
Plus intéressantes nous ont paru les variations de formules chromosomiques
à l’intérieur d’un même taxon. Ainsi, dans le genre Anolis (Iguanidés), G.C. Gormax
et L. Arxixs (1968) ont montré que les deux groupes & et 8 — définis par R. Ernr-
RIDGE (1960) sur des critères ostéologiques — correspondent à des génômes diffé-
rents, pourvus respectivement de 12 et 14 macrochromosomes. L. Jackson et
D. Huxsaker (1970) ont établi que les deux espèces du genre Sceloporus (Iguanidés),
diffèrent dans leur formule chromosomique par le nombre de microchromosomes
Source : MNHN, Paris
156 G. P. BLA
(Sc. graciosus : 12 M + 18 m et Sc. occidentalis : 12 M + 10 m). D. Peccrxt (1970)
signale, en outre, des variations géographiques dans le caryotype d’une même espèce
d’Iguanidé : Polychrus marmoratus. L.A. PENocx et coll. (1969) ont démontré,
dans le genre Uta (Iguanidés), l'existence d’une hétérogamétie sexuelle.
VII—
: Matériel et technique.
L'origine des animaux utilisés pour cette étude est précisée dans le tableau 31.
Tasceau 81 : Matériel utilisé pour l'étude des caryotypes.
: Nombre de j
One: Dato rations étudiées
0. cyclurus Tuléar 1- 1969 20
0. 6. cuvieri Majunga 11-1970 7
0. quadrimaculatus uléar III - 1970 9
0. ficrinensis Tuléar 11-1970 16
0. grandidieri Ihosy 11-1970 19
0. saxicola Bcrakcta HIL - 1970 2
Chalarodon Tu IT - 1969 19
La méthode utilisée est celle des « squashes » appliquée à la rate, la moelle
osseuse et, éventuellement, aux testicules. Environ 12 heures avant le prélèvement
des organes, on injecte à l'animal, par voie intrapéritonéale une solution de colchi-
cine à 0,05 %, (0,01 ml/g de poids frais). Les organes sont alors découpés grossière-
ment, soumis à un choc hypotonique, puis écrasés sur une lame. Les préparations
sont fixées au carnoy et colorées au bleu de toluidine.
VII —
: Résultats.
Le génôme des différentes espèces d’Iguanidés malgaches se compose de deux
groupes bien tranchés de chromosomes, différant par leur taille : 12 macrochromo-
somes métacentriques et un nombre variable de microchromosomes. Compte tenu
des données de la littérature d’une part, de l'orientation comparative de notre étude
d’autre part, nous nous limiterons, dans la présentation de nos résultats à l’analyse
de la structure des macrochromosomes dans les caryogrammes du sexe mâle. Pour
chaque paire, nous avons déterminé les deux caractéristiques suivantes :
— indice centrométique — rapport de la longueur du bras le plus court à celle
des deux bras;
— longueur relative — rapport entre la longueur du macrochromosome consi-
déré et la longueur totale du génôme haploïde (soit, en pratique, des macrochromo-
somes).
Le tableau 32 rassemble, par espèce, les moyennes des mesures caractéristiques
pour chacune des six paires de macrochromosomes. Les figures 38 «& b et c en four-
nissent un diagramme avec, en abscisses, la longueur relative et, en ordonnées,
Source : MNHN, Paris
indice centromérique
3 2
|
|
| O.cyclurus
6 -Cy
040. Fe bé
.
1
.
030 ]
A
z
is 1
9 .
G *
ci O.c.cuvieri
6
.
040.
2
*
0.30 J
A
1
s
4
* Es
À : ©. quadrimaculatus
. . 3
a
040.
#2
030]
. ; : : longueur relative
0 040 020
Fig. 38 a : Valeurs s 5
par ordre de longueur relative décroissante chez 0. cyelurus, O. e. cuvieri et O. quadrimaculatus.
Source : MNHN, Paris
indice centromérique
1
. “
ë *
“le O.fierinensis
6
0.40 |
2
*
0.301
A
3 1
al* .
: n
# ©.grandidieri
6
040
2
*
0301
1
7 *
*
$ H * a O.saxicola
*
040!
0.30
5 : - , longueur relative
0 040
Fig. 38 b : Valeurs caractéristiques des six paires de r
par ordre de longueur relative décroiss
chromosomes, numérotés de 1 à 6
, O. grandidieri et O. saxicola.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 159
A indice centromérique
1
+
4
5
TES
$ Chalarodon
040.
2
.
030.
T T longueur relative
° 010 020
Fig. 38 c : Valeurs caractéristiques des six paires de macrochromosomes, numérotés de 1 à 6
par ordre de longueur décroissante chez Chalarodon madagascariensis.
l'indice centromérique : nous avons, pour chaque espèce, construit un rectangle
indiquant leurs variations extrèmes et noté, d’une astéristique, les valeurs moyennes.
Les macrochromosomes sont numérotés de 1 à 6 par ordre de longueur relative
décroissante. Nous obtenons une bonne séparation des six paires. Pour préciser
leurs similitudes nous porterons, sur un même graphique, les moyennes des valeurs
caractéristiques pour chaque espèce (fig. 39).
VII3 : Affinités.
19 Interspécifiques.
Le profil des courbes de la figure 39 met en évidence :
a) L'originalité d'O. cyclurus : l'indice centromérique du macrochromosome
de plus grande longueur relative (n° 1) a, comme celui du macrochromosome n° 2
de toutes les autres espèces, la plus faible valeur des six paires. Tout se passe done,
dans cette espèce, comme si le macrochromosome le plus long avait subi une réduction
de taille le faisant passer de 22-23 % à 19 % de la longueur du génôme haploïde.
b) Une grande similitude des caractéristiques des macrochromosomes pour
toutes les autres espèces, mise à part la valeur élevée de l'indice centromérique
de la deuxième paire chez O. saxicola. Notons que O. quadrimaculatus et O. c. cuvieri,
Source : MNHN, Paris
160 CG. P. BLANC
ont le même ordre d'importance relative des indices centromériques :
1>2<3<425.
20 Intergénériques.
La figure 39 montre que dans le genre Chalarodon les valeurs caractéristiques
des macrochromosomes sont très proches de celles des Oplures, en particulier
d'O. e. cuvieri et d'O. quadrimaculatus, pour ordre des indices centromériques.
Ces résultats renforcent les affinités entre les deux genres d’Iguanidés malgaches.
en me
|
IC EX
042 7
ch 4
O.cyclurus 040 NA pes
O.c.cuvieri
O.quadrimaculatus
©: fierinensis
O.grandidieri
re Are
O.saxicola Lo |
+ à
Chalarodon e
LR
010 0,20
Fig. 39 : Moyennes des valeurs istiques : indice eentromérique (IC) en fonction de
la longueur relative (LR) des six paires de macrochromosomes (1 à 6) chez les mâles des
Iguanidés malgaches.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 161
TanLEau 32 : Valeurs moyennes des indices centromériques (1C)
et des longueurs relatives (LR) pour les six paires de macrochromosomes
chez les Iguanidés malgaches.
Macrochromosomes
Moyenne # Ait
4 2 3 & 5 6
FE IC 0,3% 04 | 04 0,10
ra LR 0,21 0,19 0,17 0,09
us IC 0,45 037 | 0,4 0,41
Qaecurier LR 0,22 0,20 0,17 0,10
5 IC 037 | O1 0,12
0. r ICI s ÿ k À
quadrimaculatus HA Le GE
ren IC 038 | 0,5 041
Dr cninenr LR 020 | 0,17 0,08
STAR IC 038 | 0,45 0,41
©. grandidieri a vx | 047 Oo
3 = IC 041 | 0,42 0,42
L co LR 0,21 0,16 0,09
à IC 0,39 0,44 0,41
Chalarodon LR 0,20 | 0,17 0,08
E - SEROTAXONOMIE
par Françoise BLANG
L'approche biochimique est un moyen très intéressant pour obtenir des mesures
quantitatives permettant d'apprécier les relations interspécifiques. Une abondante
littérature atteste de l'intérêt des protéines en taxonomie et dans les études phylo-
génétiques (G.A. Leoxr, 1964; J.G. Hawkes, 1968). En effet, des différences entre
protéines reflètent des différences entre les gènes structuraux homologues qui
déterminent leurs séquences d’acides aminés; done, la comparaison des propriétés
des protéines homologues de diverses unités taxonomiques permet, en quelque
sorte, de comparer une partie de leurs génômes. Un grand nombre de techniques
peuvent être utilisées pour ces comparaisons, l'idéal étant de connaître les séquences
complètes des amino-acides dans les protéines envisagées. De telles déterminations
séquentielles, exigent des moyens coûteux, sont fastidieuses et peu avancées chez
les Reptiles (O.P. Banc et E.L. Surru, 1965; S.K. Cnax, L. TuzLoss et E. MarGo-
LiAsu, 1966 ont étudié le cytochrone c chez deux espèces seulement), et n’ont
encore jamais classifié la phylogénie d’aucun taxon.
Les autres techniques, basées sur les propriétés des protéines, traduisent une
hétérogénéité de composition et de structure moléculaires : il s’agit des techniques
électrophorétiques et immunochimiques.
Source : MNHN, Paris
162 CG. P. BLANC
étude des mobilités électrophorétiques fournit des éléments de comparaison
d’un intérêt certain; cependant, l'identité des mobilités d’une protéine, chez deux
espèces, ne prouve pas son identité structurale mais seulement qu’elle a une charge
électrique et une configuration similaires. Néanmoins, si ces deux espèces présentent
des mobilités électrophorétiques identiques pour plusieurs protéines, l'existence de
relations génétiques étroites'est alors probable. Nous admettrons la proposition inverse.
Ainsi, les mobilités électrophorétiques de l’hémoglobine sont différentes chez Anolis
trinitatis et A. aeneus (G.G. Gormax et H.C. Dessauer, 1966); or, il en est de même
pour la sérumalbumine (G.C. Gorman et L. Arkins, 1969). En outre, il existe une
excellente concordance entre les groupes d’espèces d’Anolis, définis par les mobi-
lités électrophorétiques de la lactico - déshydrogénase et ceux qui résultent de l'étude
de leurs caryotypes (G.C. Gormax et H.C. DessauEer, 1966). Toutefois, chez les
Agamidés des genres Agama et Uromastix, la concordance entre ces deux para-
mètres est moins bonne (G.C. Gormax et D. Suocwar, 1972); l'électrophorèse ne
permet done pas, dans ce cas, de caractériser les espèces.
Ajoutons que certains biologistes critiquent la valeur des caractères électro-
phorétiques pour la détermination des relations entre espèces, à cause du polymor-
phisme intraspécifique.
A côté des méthodes électrophorétiques, les méthodes immunologiques, faisant
appel au pouvoir immunogène des macromolécules et notamment des protéines,
permettent aussi d'évaluer leur degré de relation structurale. Bien que d’une inter-
prétation parfois délicate, elles sont d’une remarquable précision : il est possible
de déceler des modifications minimes dans la séquence des amino-acides. Les pro-
téines étudiées réagissent avec l’immunsérum correspondant, soit en immunodiffusion
simple dans un gel, soit par analyse immuno-électrophorétique qui sépare chaque
zone protéique selon sa charge électrique et sa réaction immunologique. On peut
utiliser un immunsérum dirigé contre une protéine purifiée ou bien un immun-
sérum contre les protéines sériques totales d’une espèce, en caractérisant ensuite
un certain nombre d’entre elles par des réactions de coloration spécifiques. Ceci
suppose, s’il s’agit d’un enzyme, que le site enzymatique ne soit pas bloqué par
anticorps.
Plusieurs protéines ont été l’objet d’études immunologiques comparatives
chez les Reptiles du continent américain (voir revue ir G.C. Gormax et coll., 1971).
La sérumalbumine et la lactico-deshydrogénase se sont révélées d’un grand intérêt
phylogénétique.
ces deux méthodes ne sont pas équivalentes mais se complètent car l'hétéro-
généité de charge ou de configuration moléculaire, détectée par électrophorèse, est
indépendante des déterminants antigéniques.
Dans ce travail, nous nous sommes limitée à l'étude comparée d’un petit nombre
de protéines dans les sept espèces d’Iguanidés malgaches. Nous avons étudié, tout
d’abord, les propriétés électrophorétiques de la lactico-déshydrogénase, enzyme
bien connu du point de vue biochimique et génétique. Nous avons, ensuite, déter-
miné par électrophorèse les proportions relatives des différentes fractions protéiques
du sérum; une dernière partie a été consacrée à l'examen immunologique de quelques-
uns de ses constituants.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 163
VIIL. — LACTICO-DÉSHYDROGÉNASE
VIA : Introduction.
La lactico-déshydrogénase (EG 1 : 1.1.27) est un enzyme important du méta-
bolisme cellulaire, qui catalyse la transformation réversible suivante :
acide pyruvique + NADH + H+ LDH acide lactique + NAD+
Sa masse moléculaire est voisine de 140 000 chez les Vertébrés.
J.B. Nizanps (1952) a, le premier, montré l’hétérogénéité électrophorétique
de la lactico-déshydrogénase extraite du muscle cardiaque de bœuf. Depuis, de
nombreux travaux ont été consacrés aux formes isozymiques de cet enzyme. Une
revue en à été donnée par J.H. Wizkinson (1965). Il est admis (E. AppELA et
C.L. Markenr, 1961; N.0. Kapran et coll., 1961; R.D. Caux et coll., 1962) que la
molécule de LDH se présente typiquement, dans la plupart des organes des Vertébrés,
sous cinq formes isozymiques distinctes.
Les travaux fondamentaux de C.L. Markerr (1961 et 1963), C.L. Markerr
et E. AppeLLa (1963), ont montré que chaque isoenzyme est composé par quatre
sous-unités polypeptidiques de deux types différents M et H. Le type M (ou A) est
le plus abondant dans le muscle squelettique et le type H (ou B), dans le muscle
cardiaque. L'association de ces sous-unités conduit à la formation des cinq tétra-
mères suivants : H4— LDH; Hy M = LDH-,; H, M, — LDH-,; H My — LDH:
M, = LDH,
La synthèse des deux sous-unités M et H paraît être contrôlée par deux gênes
différents (C.L. Markerr, 1961), les deux sous-unités s’associant au hasard pour
constituer les formes isozymiques.
Les cinq tétramères de la LDH diffèrent par leurs propriétés électrophorétiques,
immunologiques, cinétiques et chimiques (D.T. Linpsay, 1961; CL. Markenr
et E. ApeLra, 1963). Ils peuvent être séparés par électrophorèse : l'isoenzyme
LDH-, plus abondant dans le muscle cardiaque, est le plus anodique; LDH-;, plus
abondant dans le muscle squelettique, est le plus cathodique.
La distribution relative des cinq isoenzymes varie de manière considérable
dans une espèce donnée, non seulement d’un tissu à l’autre, mais aussi au cours du
développement embryonnaire (I.Y. Mammoun et J. Kiicxa, 1971, chez Chelydra
serpentina; F. BLANC, 1972, chez Chamaeleo lateralis), au cours du cycle sexuel
chez la femelle (F. BLaxc, 1972), ou avec la distribution géographique de l'espèce
(SN. Saurue, 1969, chez Rana pipiens et R. palustis; S.N. Sauru et E. Nevo,
1969, chez Acris crepitans).
Les variations spécifiques des isoenzymes dans un tissu donné, diffèrent avec
les espèces envisagées. G.C. Gorman et H.C. Dessauer (1966) étudient les mobi-
lités électrophorétiques de LDH dans les globules rouges d’un grand nombre d’Anolis,
en particulier ceux du groupe roquet, des petites Antilles, ainsi que de huit autres
genres américains : les isoenzymes des espèces d’Anolis du groupe roquet sont remar-
quables par leur taux de migration anodique lente en tampon alcalin. Les caracté-
ristiques des LDH peuvent donc servir à la définition de ce groupe.
Source : MNHN, Paris
164 G. P. BLA
En 1968, E.T. Me LauemiN montre que les mobilités électrophorétiques des
LDH de quelques organes, chez trois autres espèces d’Anolis de Porto-Rico, pré-
sentant des différences morphologiques externes, ne permettent pas de les différencier.
Par contre, l'isoenzyme cardiaque, LDH-, purifié d’/guana iguana est susceptible
de caractériser certaines espèces à l’intérieur du genre Jguana (G.C. Goma,
AC. Wizsox et Mixrve Nakaxisur, 1971).
Une intéressante étude concerne les LDH, l’hémoglobine, la sérumalbumine et
les caryotypes de dix espèces d'Agamidés du Proche-Orient (G.C. Gormax et D. Scno-
car, 1972). Il en résulte que, pour les espèces étudiées, des genres Agama et Uro-
mastix, les mobilités électrophorétiques de LDH ne permettent pas toujours une
discrimination aussi fine que l’hémoglobine et la sérumalbumine.
NII — Matériel et méthodes.
Les mâles adultes, de même origine que ceux utilisés pour l’étude des caryo-
types (tableau 31), sont sacrifiés par décapitation. Nous prélevons le foie, le ventricule
cardiaque et les muscles squelettiques de la cuisse. Ces organes sont immédiatement
homogénéisés dans un broyeur, à piston de Téflon, Potter-Elvejehm, maintenu
dans la glace fondante, dans les proportions de { g de tissu frais pour 2 ml de tampon
Tris-EDTA de pH 7,6, respectivement 0,1 M et 0,01 M.
Pour chaque manipulation, nous utilisons de 1 à 15 adultes. L’homogénat est
centrifugé à 0° C, pendant 20 mn, à 12000 g. Le surnageant est utilisé soit immé-
diatement, soit conservé congelé à —250C, jusqu’à 4 semaines au maximum.
Les isoenzymes de LDH sont séparés par électrophorèse; les migrations sont
réalisées sur acétate de cellulose en tampon véronal + véronal sodique, respecti-
vement 7 et 53 mM par litre, à pH 8,6 (force ionique : 0,05), dans les conditions expé-
rimentales suivantes : potentiel : 12 V/em, durée de la migration : 4 h, température :
— 40G. Nous avons dû adopter cette température pour réduire l’évaporation liée
à l’échauffement et éviter une variation de concentration du tampon. De plus, les
formes anodiques seraient dénaturées à la température du laboratoire, après une
migration trop longue.
Les préparations sont révélées à 370C dans un milieu adapté de celui préconisé
par C.L. Manxerr et H. UrsPruNG (1962). L'évaluation quantitative des diffé-
rents isoenzymes a été déterminée, sur les bandes colorées, après transparisation,
par lecture sur densitomètre Bexper et HoBgi, muni d’un intégrateur Elphon
Integraph et Cellomatic, Sera.
Dans toutes les manipulations, les extraits des sept espèces sont testés dans la
même cuve, toutes conditions expérimentales étant, par ailleurs, identiques.
Nous comparons les valeurs moyennes des divers isoenzymes de chaque tissu,
obtenues par lectures densitométriques, aux valeurs calculées en prenant pour
hypothèse la constitution au hasard des cinq tétramères isozymiques à partir d’une
variation continue du rapport H/M. Par approximation, nous pouvons donc déduire
de nos mesures, les valeurs du rapport H/M caractéristique de chaque organe, dans
les sept espèces étudiées.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 16:
VIII : Résultats.
19 Composition qualitative et quantitative des zymogrammes.
a) Tissu cardiaque (pl. XVII).
Cinq isoenzymes existent dans le tissu cardiaque d'Oplurus; LDH semble done
résulter, comme dans l'hypothèse classique, de l’activité de deux loci indépendants,
H et M.
Les isoenzymes cardiaques migrent plus rapidement vers l'anode que ceux du
tissu squelettique. Le tableau 33 indique les densités relatives, en pourcentage, des
divers isoenzymes (LDH-, et LDH-;, très peu abondants, sont notés O), pour chaque
e, ainsi que la détermination du rapport d'expression génétique de H et de M.
Dans le tissu cardiaque, le locus H est prédominant; le rapport H/M varie, dans le
genre Oplurus, de 9 à 14 et permet de distinguer deux groupes d'espèces. Le premier
groupe comprend Oplurus eyclurus et O. c. cuvieri, chez lesquels le rapport H/M est
ivement de 14 et 13; le deuxième groupe comprend Oplurus quadrimaculatus,
nensis, O. grandidieri et O. saricola chez lesquels H/M, nettement plus faible,
varie entre 9 et 10. On retrouve donc, ici, l'opposition fréquente entre les deux
espèces arboricoles et les quatre espèces rupicoles.
espèc
Taszeau 33 : Pourcentage des isoenzymes de LDH
dans le muscle cardiaque des Iguanidés malgaches.
: Isoenzymes H
Densités _ =
5 n 3 2 1
1 0 0 23 7 .
©. cyelurus & 0,001 01 21,7 1&
ARE 1 0 0 1 25 à
O. ec. cuvieri ts 0,002 0,1 2,6 D Li
; 1 0 0 5
O0. quadrimaculatus É 0,01 03 18 ÿ
1 0 0 2 9
ss d 9
O. ficrinensis e 0,01 0,3 4,8 65,6
RE 1 0 0 6 68
0. grandidieri a 0,006 0,2 a1 68,3 do
u 1 0 0 ë 30 9
O. saxicola & 0,01 0,8 4,8 29,1 é
Chalarodon 1 3 ñ 11 33 5
madagascariensis e 0,07 CO ET 38,6
les lectures di
1: densités relatives, d’apn
ques;
€ : densités relatives, calculées d'après la prédiction binominale d’ex] sion de H et de M.
Source : MNHN, Paris
Boom smmwoita- nets: v99 2e 901 vu Paruono- vas: V99
_— \
22 907 mu sweno-mes- V9 zoom
O.quadrimaculatus O.fierinensis
22-007 mu enrmmno- mes V9 22-907 mu ntm mes de
O.grandidieri Osaxicola |
Chalarodon
t
PI.
VII : Enregistrements densitométriques des isoenzymes de LDH d'extraits cardiaques
des Iguanidés malgaches mâles.
Légende : la flèche indique le point d'application de l'extrait; les numéros correspondent
aux isoenzymes.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 167
Le zymogramme cardiaque de Chalarodon, apparaît distinct des Oplures, avec
un rapport H/M voisin de 5. Néanmoins, au vu de ce rapport, Chalarodon est plus
proche des Oplures rupicoles que des arboricoles. Notons que nous avons observé,
dans le tissu cardiaque de Chalarodon, plusieurs cas d’hétérozygosité du locus H.
Cette particularité intéressante, que nous n'avons jamais relevée dans le genre
Oplurus, mériterait des investigations plus poussées et pourrait servir à caractériser
certaines populations de cette espèce qui présente, d’ailleurs, un dimorphisme dans
la pigmentation générale, claire ou sombre.
b) Tissu musculaire squelettique (pl. XVIID.
Dans le muscle squelettique c’est, au contraire, le locus M qui est prédominant.
Les variations du rapport d'expression génétique de H et de M sont moins impor-
tantes que dans le tissu cardiaque (tableau 34). Chez les Oplures rupicoles et
O. c. cuvieri, ce rapport est égal à 12; il est un peu plus élevé (— 14) chez l’espèce
arboricole ©. cyclurus. Dans le muscle squelettique de Chalarodon nous trouvons
un rapport M/H de 30, ce qui différencie nettement cette espèce du groupe des
Oplures.
TaBLeau 34 : Pourcentage des isoenzymes de LDH
dans le muscle squelettique des Iguanidés malgaches.
; Isoenzymes M
Densités ee,
5 ñ 3 2 1 it
1 76 3 0 0
0. eyclurus k Æo nan Longell 2
_ 1 ñ 0 0 ;
O. c. cuvieri : 4 00 Mo 008 112
O. quadrimaculatus 1 72 2 n 0 0 12
0. ficrinensis 1 73 22 5 1 0 12
O. grandidieri 1 72 2% 5 0 0 12
cola 1 70 0 12
Chalarodon 1 87 9 1 0 _.
madagascariensis e 87,7 11,7 | 0,6 | 001 | 0,001
Légende : 1 et e, voir tableau 33.
€) Tissu hépatique (pl. XIX).
Le tableau 35 résume les mesures que nous avons effectuées chez les mâles
des sept espèces envisagées. On peut révéler les cinq isoenzymes chez tous les Oplures,
quatre seulement chez Chalarodon madagascariensis. Leur intensité est variable
selon les espèces et d’autre part, il n’a pas été possible de déterminer, de façon
simple, la valeur approximative du rapport H/M selon la prédiction binomiale.
Source : MNHN, Paris
22-901 mu sua: mass vos 22-0014 snuond- vues: v09
O.cyclurus — cuvieri
0. quadrimaculatus .
2e vo mu a 2 vo mu mms ns: vo9
O.grandidieri O.saxicola
Chalarodon
|
|
HÉSET ae
-w +
PI. XVIII : Enregistrements densitométriques des isoenzymes de LDH d'extraits de muscle
squelettique des Iguanidés malgaches mâles.
Légende : la flèche indique le point d'application de l'extrait; le signe + marque le côté
anodique; les numéros correspondent aux cinq isoenzymes.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 169
11 se peut que des constituants du tissu hépatique, variant selon les conditions
physiologiques de l'animal, modifient la migration de certains isoenzymes. En parti-
culier, l'accumulation de réserves lipidiques, avant la saison froide, pourrait inter-
venir dans ce phénomène qui rappelle, ce qui a été observé chez la femelle de Cha-
maeleo lateralis, en fonction du cycle sexuel (F. BLawce, 1972).
2° Mobilités électrophorétiques.
a) Isoenzyme LDH...
En pH alcalin (— 8,6), la mobilité électrophorétique de l’isoenzyme LDH-
diffère selon les espèces. Nettement cathodique chez Chalarodon madagascariensis
et chez Oplurus cyclurus, cette forme isozymique est anodique chez tous les autres
Oplures, dans des conditions expérimentales identiques. Sa position permet de
distinguer deux groupes : un groupe à LDH, rapide, comprenant Oplurus fierinensis,
O. grandidieri, O. saxicola et O. quadrimaculatus et un groupe à LDH-, plus lente
comprenant ©. cyclurus et 0)
vieri. Dans le groupe rapide, Oplurus grandidieri
et O. saxicola sont toujours très proches et O. quadrimaculatus situé dans nos diffé-
rentes expériences, tantôt entre ©. saxicola et O. fierinensis, tantôt en avant de ce
dernier, manifeste done un certain polymorphisme.
TasLEau 35 : Pourcentage des isoenzymes de LDH
dans le foie des Iguanidés malgaches.
0. eyclurus 18 21,5 17 22 22
O. c. cuvieri 7 17 21 29 26
©. quadrimaculatus 12 22 20 24
0. fierinensis 11 29 26 rail}
©. grandidieri 21 26 27 20 7
O. saxicola
Chalarodon madagascariensis
La figure 40 rend compte des mobilités électrophorétiques de LDH-, dans les
genres Chalarodon et Oplurus : Chalarodon madagascariensis apparait assez différent
des Oplures, mais cependant plus proche des deux espèces arboricoles que des espèces
rupicoles; parmi les Oplures, on soulignera, d’une part, la similitude du comporte-
ment électrophorétique de LDH-, chez Oplurus saxicola et O. grandidieri, d'autre
part, des variations notables dans la mobilité de cet isoenzyme chez ©. quadri-
maculatus.
Source : MNHN, Paris
id
es mn mn aonm
O.cyclurus O.c.cuvieri
an aq Le EH ne me ne
0.quadrimaculatus 0 fierinensis
0. grandidieri 0.saxicola
Chalarodon
des Iguanidés malgaches mâles.
Légende : voir planche XVII.
Enregistrements densitométriques des isoenzymes de LDH d'extraits hépatiques
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 171
B 7. 56 4312
- +
40. : Relations interspécifiques déduites des mobilités électrophorétiques de LDH.
et LDH, chez les mâles d’Iguanidés malgaches.
Légende : Le point d'application de l'extrait est indiqué par une flèche; le signe + marque
ôté anodique; voir figure 22;
LDH; du muscle squelettique; B : LDH-, du muscle cardiaque.
b) Isoenzyme LDH.
Si l’on examine la mobilité électrophorétique de l’isoenzyme anodique LDH,
on retrouve les principales caractéristiques de LDH-,. La position de cet isoenzyme
est nettement moins anodique chez Chalarodon madagascariensis que chez les Oplures.
Ces derniers, sont assez bien groupés : Oplurus saxicola et O. grandidieri presque
identiques, sont les plus lents, à leur voisinage immédiat se trouve O. fierinensis :
0. cyclurus et O. c. euvieri sont les plus rapides. La position de LDH-, chez ©. quadri-
maculatus est, là aussi, relativement variable, tantôt en avant du groupe ©. c. cuvieri-
O. cyclurus, tantôt entre ces deux espèces ou même en arrière.
IX. — PROTÉINES SÉRIQUES
Nous nous sommes limités à comparer les proportions relatives des différentes
fractions protéiques, séparées par électrophorèse pour chacune des sept espèces
d'Iguanidés malgaches. Bien que de nombreux travaux aient été effectués dans ce
domaine, notamment chez les Mammifères — les Primates en particulier — et chez
les Poissons, les investigations à orientation phylogénétique ou z0ogéographique
sont relativement moins étendues chez les Reptiles (par exemple, W. Frair, 1964
et 1972, sur les relations entre Tortues; G.C. Gorman et H.C. Des AUER, 1965,
sur les Anolis (Iguanidés) des Antilles; J.H. Warenrs, 1969, sur les populations
insulaires du Chélonien Chrysemys picta).
(
X—1 : Matériel et méthodes.
Les animaux, de provenance indiquée dans le tableau 31, sont à jeun depuis
48 heures, un jeûne prolongé pouvant provoquer une diminution de la fraction
albuminique. Les sexes sont séparés et nous n’utilisons que les sérums de mâles
car plusieurs auteurs, notamment A. DriLuox (1968), ont mis en évidence l'existence
d'un dimorphisme sexuel dans les protéines sériques.
Le sang est recueilli après décapitation et le sérum conservé à — 250€. Les
échantillons étudiés sont des pools d’une dizaine de mâles de même origine géogra-
phique. Pour chaque espèce, 3 à 4 pools sont analysés.
Source : MNHN, Paris
172 G. P. BLANC
Les électrophorèses sont pratiquées sur acétate de cellulose (Sesra) en tampon
véronal sodique — HCI, à pH 8,6, sous une tension de 12 volts/em.
La densité des différentes fractions est enregistrée sur un appareil Cellomatic
Sera où Bennen et HoREx, muni d'intégrateur.
IX—2 : Résultats et discussion.
ions protéiques principal
pouvant être dédoublée
La méthode employée permet de séparer cinq fr
dans les sérums d’Oplurus et de Chalarodon, certaines
En acétate de cellulose, les cinq fractions migrent du côté anodique, comme ch
l'Homme. Le problème se pose de leur identification.
Chez les Reptiles, R.J. Masar et H.C. D UER (1968) ont étudié les propriétés
des albumines plasmatiques chez 14 espèces de Reptiles. La fraction albuminique,
grande mobilité anodique, est voisine de celle de l'Homme par son
poids moléculaire et ses propriétés électrophorétiques. Chez Oplurus et Chalarodon,
avec la méthode utilisée, le pourcentage de la sérumalbumine varie entre 30 et
40 %, des protéines totales (tableau 36); c’est donc, comme chez l'Homme, la frac-
tion la plus abondante du sérum. Nos données sont proches des résultats calculés
d’après R.J. Masar et H.C. Dessauer (loc. cit. : 123, fig. 2), rela trois Iguanidés
américains : 45 % chez Jguana iguana; 33 %, chez Dipsosaurus dorsalis ; 42 % chez
Phrynosoma cornutum.
ayant la plus
TaëLeau 86 : Fractions protéiques du sérum des Iguanidés malgaches mâles,
comparées à celles du sérum humain.
Pourcentages
ÿ 8 2 ca
0. eyclurus 10 20 20 13 37
O. ec. cuvieri 11 15 LAB 13 10
O. quadrimaculatus ii 28 22 7 30
O. fierinensis 13 28 20 7 32
O. grandidieri 10 27 97 ñ 32
O. saricola 9 23 28 k 36
Chalarodon madagascariensis 15 37
Homo sapiens 16 9 ue re
La mobilité électrophorétique de la sérumalbumine n’est pas identique chez
les sept espèces d’Iguanidés malgaches. On peut distinguer un groupe rapide compre-
nant Oplurus grandidieri et O. saxicola, un groupe intermédiaire formé par ©. quac
maculatus et O. fierinensis et un groupe lent comprenant O. c. cuvieri et O. cyclurus.
Chez Chalarodon madagascariensis, la sérumalbumine est encore plus lente que chez
ces deux derniers Oplures.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 173
40 |
30
3%
2)
DT m ë 8 &2 1 F1
Fig. “1 : Pourcentages des cinq fractions protéiques du sérum des Iguanidés malgaches mâles.
Légende : voir figure 15.
Les autres fractions protéiques du sérum ont été dénommées &, œ, 8 et y par
analogie avec la migration de ces mêmes fractions globuliniques chez l'Homme.
L'existence d’une fraction de mobilité y est un indice de la présence éventuelle
d'immunoglobulines chez ces Reptiles (fig. 41).
Les proportions relatives de ces fractions sont voisines dans les sept espèces
envisagées, sauf pour les &-globulines. Les x, représentent la fraction la plus faible
du sérum chez tous les Oplures rupicoles, par contre elle est deux fois plus élevée
chez les Oplures arboricoles et chez Chalarodon. Remarquons, en outre, que Chala-
rodon est la seule espèce dont le taux d’x,-globuline soit supérieur à celui des œ.
On soulignera l'importance de la fraction &, dans le genre Oplurus ; une teneur élevée
en œ-globulines a été mise en évidence dans le sérum de l’Iguanidé américain
Basiliscus americanus (H.J. Lewis, 1964-65). Le pic des y-globulines, assez élevé
chez Oplurus fierinensis et O. quadrimaculatus, révèle l’hétérogénéité probable de
cette fraction protéique. Certaines fractions sont même nettement dédoublées,
notamment la fraction B chez Chalarodon et chez O. c. cuvieri.
Source : MNHN, Paris
174 C. P. BLANC
En conclusion, Chalarodon semble assez distinct du genre Oplurus à la fois par
la mobilité électrophorétique de sa sérumalbumine et par les pourcentages des
autres fractions globuliniques du sérum. L'hétérogénéité de sa fraction 8 le rapproche
plutôt d’Oplurus c. cuvieri et les proportions relatives de sa fraction à, le rapprochent
à la fois d’O. c. cuvieri et d’O. cyclurus. A l’intérieur du genre Oplurus on constate
surtout la proximité des deux espèces ©. saxicola et O. grandidieri, et, à un moindre
degré, celle d'O. quadrimaculatus et O. firinensis d’une part, d'O. cyclurus et
O. 6. cuvieri d'autre part.
X. — IMMUNOLOGIE
Inrropucriox. — Dans la perspective de cet ouvrage, nous nous sommes limités
à la recherche de la parenté antigénique des protéines sériques chez les sept esp:
d’Iguanidés malgaches.
Des études comparatives ont été effectuées dans ce domaine chez les Reptiles
soit au niveau familial (W. Fran, 1964), soit au niveau générique (W. Frain, 1969),
soit au niveau spécifique (D.W. Groncx et H.C. Dessauer, 1970; G.C. Gorman
et coll, 1971). Ces derniers auteurs apportent une analyse critique des travaux
antérieurs.
X-
: Matériel et méthodes.
10 Préparation des immunsérums (1).
Des sérums antiprotéines sériques totales ont été préparés contre deux espèces
d’Oplures : un rupicole Oplurus quadrimaculatus et un arboricole ©. c. cuvieri. Des
pools de sérums d'animaux mâles, dont l’origine est indiquée dans le tableau 31,
furent seuls utilisés pour l’immunisation de deux lapins.
Le même protocole d'immunisation a été suivi dans les deux cas. Les animaux
reçoivent une première injection intradermique d’un mélange de 0,5 ml de sérum
(environ 30 mg de protéines) et 1 ml d’adjuvant complet de Freund. Quinze jours
après, on procède à une deuxième injection intradermique d’un ml de sérum. Puis
les injections sont sous-cutanées et régulièrement espacées par une semaine de
repos. L’immunsérum est prélevé huit jours après la troisième injection sous-cutanée
et conservé à — 250€ après addition de merthiolate (concentration finale 1/5 000).
Par la suite, on pratique des rappels en injectant 1 ml de sérum.
20 Techniques sérologiques.
— Immunodiffusion :
Les tests d’immunodiffusion simple sont pratiqués selon la technique de
O. Oucarercony (1948), en gel d’agar (Bacto-agar Difco à la concentration de
1%, en tampon véronal, à pH 8,2). L'incubation se fait à 40 C.
Les sérums des sept espèces d’Iguanidés malgaches sont testés contre les deux
immunsérums dilués dans un tampon Tris 0,1 M à pH 8,2.
(1) Les immunsérums ont été préparés à l’Institut Pasteur de Tananarive, dans le service
du Docteur J. Ricmaun.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 175
Quand la réaction antigène-anticorps est terminée, les gels sont lavés dans du
Tris 0,01 M pour éliminer les protéines n’ayant pas précipité, puis séchés à l’étuve.
La coloration générale des protéines a été faite au vert lumière. Les estérases carbo-
xyliques sont révélées par l’orthodianisidine diazotée en présence d’acétate de g-
naphtyle (J. Unie, 1960).
— Immunoélectrophorèse :
Les analyses immunoélectrophorétiques (P. Grapar et C.A. Wiccrams, 1955)
sont pratiquées dans un gel identique à celui qui est utilisé pour les tests d’immuno-
diffusion. Les électrophorèses sont développées sous un potentiel de 10 ou 12 volts/em,
appliqué pendant 1 h 30 à 20°C ou 40€.
Le développement de la réaction antigène-anticorps et le lavage des gels se
font à 40C.
Les réactions de caractérisation sont les mêmes que celles utilisées pour les
tests d’immunodiffusion simple.
Absorption : Les deux pools de sérums ont été absorbés par du sérum de Chala-
rodon madagascariensis mâle. À 1 ml d’immunsérum, on ajoute 1 ml de sérum de
Chalarodon; le mélange est porté à 370G pendant 1 heure, puis à 40C pendant
18 heures. Après centrifugation, le surnageant est porté à 50 % de saturation en
sulfate d’ammonium et incubé à 40 pendant deux heures. La préparation est
centrifugée puis le précipité est repris avec du tampon phosphate (0,05 M; pH — 7,35)
pour obtenir le même volume que l’immunsérum initial. Une deuxième absorption
a été nécessaire pour épuiser l'immunsérum antiprotéines sériques d'Oplurus
guadrimaculatus.
X—2 : Résultats.
L’'immunsérum anti-sérum d’Oplurus quadrimaculatus permet de dénombrer
quinze précipités en réaction homologue immunoélectrophorétique. L'albumine
constitue le composé le plus important du. groupe rapide. La majorité des précipités
se trouve dans les zones de mobilité &, et B, la zone & apparaissant très complexe.
Si l'on teste les sérums des cinq autres espèces d’Oplures contre le même immun-
sérum anti-Oplurus quadrimaculatus, on obtient respectivement (pl. XX) : treize
précipités avec O. grandidieri et O. saxicola, onze avec 0. fierinensis et dix avec
©. cyclurus et O. c. cuvieri (tableau 37). La parenté antigénique semble donc plus
étroite entre les protéines sériques d’Oplurus quadrimaculatus et celles d’O. saxicola
et d’O. grandidieri qu'avec les autres espèces, les plus éloig étant les espèces
arboricoles, ©. c. cuvieri et O. cyclurus. La présence de huit précipités entre le sérum
de Chalarodon madagascariensis et l'immunsérum anti-Oplurus quadrimaculatus
atteste une parenté antigénique relative entre ces deux genres.
D'autre part, le deuxième immunsérum de lapin, dirigé contre les protéines
sériques d'Oplurus c. cuvieri permet de dénombrer douze précipités en réaction
homologue; dix avec les sérums d’O. cyclurus et O. savicola, neuf avec ceux d’O. qua-
drimaculatus, O. grandidieri et O. fierinensis et seulement six avec Chalarodon
madagascariensis (pl. XX). En ce qui concerne l’antigénicité de ses protéines sériques,
O.c. cuvieri semble aussi proche d’O. cyclurus que d’O. saricola et un peu plus éloigné
d'O. grandidieri, O. quadrimaculatus et O. fierinensis.
Source : MNHN, Paris
176 C. P. BLANC
ASHN
AC
AC
AC
AC
AC
AO
AQ æ 0
M HER
Re SH
électrophorétique du sérum des Iguanid
um d'Oplurus e. cuvieri; s antisérum d
= sérum antisérum humain normal; SH — sérum humain;
PACE:
Légende :
maculatus; ASHN
nalgaches.
0. quadri-
boles
voir figure 39.
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 177
TasLeau 37 : Ares de précipitation obtenus par l’analyse immunoélectrophorétique
des protéines sériques.
: mm anti-sérum de
Sérum
Oplurus quadrimaculatus Oplurus c. cuvieri
O. eyclurus . 10 10
OL ee : 10 12
O. quadrimaculatus 15 9
O. fierinensis ............. 11 9
O. grandidieri 13 9
ORÉITAT De Cule cie da0e 13 10
Chalarodon
madagascariensis .......... 8 6
Enfin, en utilisant comme substrat l’acétate de B-naphtyle on peut caractériser
sur les analyses immunoélectrophorétiques deux estérases carboxyliques. L'une
d’entre elles migrant avec le groupe rapide, au voisinage de la sérumalbumine, semble
identique dans les sérums des sept espèces. Elle forme un arc flou qui fixe aussi
les colorants des protéines. La deuxième du groupe &, ne fixe pas les colorants des
protéines et paraît avoir une mobilité plus rapide chez Oplurus fierinensis que chez
les six autres espèces, y compris Chalarodon madagascariensis. Après absorption
de lPimmunsérum anti-Oplurus c. cuvieri par du sérum de Chalarodon, aucune des
deux estérases ne peut être mise en évidence par immunodiffusion simple chez aucune
espèce, ni même chez Oplurus fierinensis. Ceci montre qu’elles sont antigéniquement
semblables dans les sept espèces d’Iguanidés malgaches; Oplurus fierinensis étant
distinct des six autres espèces par la mobilité de son estérase-.
X—3 : Discussion et conclusion.
Remarquons tout d’abord que les deux immunsérums que nous avons utilisés
ne sont pas équivalents. L’immunsérum anti-sérum d’Oplurus c. cuvieri ne donne
que 12 précipités en réaction homologue, alors que celui préparé contre Oplurus
quadrimaculatus en fournit 15. Les résultats obtenus avec ces deux immunsérums
sont complémentaires, le deuxième permet une meilleure discrimination entre les
espèces.
L'analyse immunoélectrophorétique met en évidence une parenté antigénique
entre les deux genres Oplurus et Chalarodon en ce qui concerne huit protéines sériques
dont deux estérases. A l’intérieur du genre Oplurus, nous retrouvons ici l'opposition
entre les espèces arboricoles et rupicoles. Parmi les rupicoles, les affinités sont très
grandes entre O. saæicola et O. grandidieri. Oplurus quadrimaculatus semble plus
proche de ce couple qu’il ne l’est d’O. fierinensis. Cette dernière espèce apparaît,
d’autre part, originale en ce qui concerne la mobilité électrophorétique de son esté-
rase a. L'étude de ces constituants présente donc de l'intérêt en sérologie comparée
ainsi que l’a montré M. Kamixskr (1964-1965, 1969) chez certaines familles d’Oiseaux.
Source : MNHN, Paris
178 C. P. BLAN
CONCLUSIONS
Nous ne nous sommes pas, ici, attachés à décrire des formes taxonomiques
nouvelles dans le matériel que nous avons rassemblé. La diagnose des espèces
d’Iguanidés malgaches est ancienne : elle date du début du siècle et ni F. Mocquar»,
en 1909, dans son synopsis, ni F. AnGeL, en 1942, dans son volume sur les Lézards
de Madagascar, n’y ont apporté de modifications (si ce n’est que ce dernier auteur
fonde, pour la population d’Oplurus cuvieri, isolée sur la Grande Comore — à la
limite de notre dition —, une sous-espèce ©. cuvieri comorensis, sur des critères
apparemment discutables ou insuffisants). Nous nous sommes limités à signaler
l'intérêt des Oplurus saxicola vivant dans l’amphithéâtre de l’Ivakoany, qui diffèrent
par leur coloration de ceux de l’Extrême-Sud et de l'Horombe, et la nécessité d’infor-
mations complémentaires, en particulier aux limites de distribution, les subdivisions
infraspécifiques ne traduisant trop souvent que l'expression de quelques gènes
allèles.
Notre effort a consisté à acquérir une idée aussi complète que possible de chacune
des espèces en dégageant, notamment, l'étendue de ses variations morphologiques et
la diversité des milieux qu’elle occupe (nous n’avons pu le faire pour les caryotypes
et la sérologie). Nous discuterons, dans cette conclusion, des relations que nous
avons établies aux niveaux générique et spécifique, et nous rechercherons, dans leur
contexte général, les tendances évolutives qui ont pu, avec quelque probabilité,
s’exercer sur ce groupe ainsi que les structures qu’elles ont affectées. Notre analyse
qui est phénologique et « horizontale », ne peut que suggérer un schéma phylogéné-
tique car nous ne connaissons rien des vitesses d'évolution. Nous ne concluerons
donc pas sur un dendrogramme ou un cladogramme; pour éviter, de plus, l'arbitraire
introduit par le codage et la pondération des données, nous ne terminerons pas par
un traitement en taxonomie numérique (une analyse mathématique a été réservée
aux seules données biométriques : fig. 21).
I. — SYNTHÈSE DES RÉSULTATS
1° Relations entre les genres Chalarodon et Oplurus.
Parmi les éléments rassemblés dans cette étude, nous relevons, sur le plan géné-
rique, des divergences morphologiques (taille, écaillure, ornementation de l’hémipé-
nis, etc.) et structurales (composition qualitative et quantitative des zymogrammes
de la lactico-déshydrogénase, mobilité, antigénicité et importance relative des frac-
tions des protéines sériques). Notons que la présence d’écailles latérales sur les doigts
de Chalarodon madagascariensis est un caractère adaptatif à sa vie sabulicole.
Par contre, les deux genres malgaches possèdent en commun un nombre impor-
tant de caractères, comme l'indique le tableau 38. De plus, deux estérases sériques
sont immunologiquement identiques. Pour les caractères suivants, Chalarodon
est même plus proche de certaines espèces d’Oplurus que celles-ci ne le sont entre
elles :
— écailles nuchales présentes chez Chalarodon et les seuls Oplures arboricoles;
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 179
— écailles caudales de taille moyenne et modérément acuminées chez Chala-
rodon et les Oplures rupicoles;
— pattern fondamental très net chez Chalarodon, O. quadrimaculatus, et à un
degré moindre, 0. cyclurus:
— dents ptérygoïdiennes absentes seulement chez les trois Oplures rupicoles
spécialisés;
— mouvement de parade proche de celui d’Oplurus quadrimaculatus et 0.
nensis (fig. 33);
— valeurs caractéristiques des macrochromosomes voisines chez tous les Igua-
nidés malgaches, excepté ©. cyclurus:
— identité immunologique et électrophorétique des deux estérases chez Chala-
rodon et tous les Oplures, sauf ©. fierinensis.
2° Relations entre les espèces du genre Oplurus (fig. 42).
a) Deux groupes, les Oplures arboricoles et les Oplures rupicoles, s'opposent
par de nombreux caractères aussi divers que :
— la morphologie externe, générale : relations biométriques des proportions
corporelles (fig. 20) ou particulière : écaillure nuchale et caudale:
— la morphologie interne : nombreuses particularités du crâne osseux (fig. 25
et 27), de la mandibule (fig. 28), de la denture (fig. 29)
OT
: Principales relations phylo
g. Ch. : genre Chalarodon; g. O. : g
Oplures rupicoles (s
iques entre les Iguanidés malgaches.
plurus; O. a : Oplures arboricoles; O. r (s) :
pécialisés); voir figure 22.
Source : MNHN, Paris
180 G. P. BLANC
TasLeau 38 : Importance des affinités entre Chalarodon madagascariensis
et les différentes espèces d’Oplures.
Oplurus
Eléments de comparaison 8 & IN È
È $ EE È
Ÿ è SÈ È Ë
5 ÈS Ë Ë
5 s È È
Ecaillure :
dorso-nuchale a +
caudale + ++ | +4 | ++ | ++
post-cloacale Én salles SES
Coloration :
variabi or HIS “6 Dr
pattern fondamental .......... ++ + [+++ 1e
nuptiale des mâles............ + 22 + +++
Biométrie :
hauteur relative du corps... +++ +++) +
longueur relative de la queue . AL TO ere EE EE
Hémipénis :
morphologie et ornementation. Hine cn
Squelette céphalique :
morphologie osseuse . + +
dents ptérygoïdienn #3 Se ur,
Mouvements de parade :
É Rue reue] cu “ Qu
Répartition :
aire chorologique ............. see Ér _
Caryotypes :
caractéristiques des macrochro-
mosomes . de ae ad te
Lactico-déshydrogéna:
pourcentage des isoenzymes :
$ + + =
à
e
Protéines sériques :
mobilité de la sérumalbumine ..| ++ | ++ 2 ce
pourcentage des æ-globulines...| + de
Spécificité antigénique :
protéines sériques ............. _ +
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 181
— le comportement : mouvements de parade (fig. 33) et choix des abri:
— les caractéristiques de quelques-unes de leurs protéines sériques et tissulaires :
Pourcentage et mobilité des isoenzymes de la lactico-déshydrogénase (fig. 40),
mobilité de la fraction albuminique, comportement immunologique et spécificité
antigénique des protéines sériques.
b) Ces mêmes différents caractères concourent, le plus souvent, à distinguer,
parmi les Oplures rupicoles, 0. quadrimaculatus des trois autres espèces qui apparais-
sent morphologiquement plus spécialisées dans l'occupation des fissures étroites.
©) Deux d’entre elles, ©. grandidieri et O. saxicola sont particulièrement proches
pour la grande majorité de nos investigations, qu’elles soient :
© morphologiques : écaillure, biométrie (fig. 20 et 21):
© éthologiques : type de fissures utilisées comme abri, mouvement de parade,
réaction particulière d’évitement : lorsque l'animal effrayé ne peut rejoindre direc-
rement son refuge, il décrit de rapides spirales, irrégulières et saccadées, à la manière
des araignées Solénopides auxquelles on a retiré brusquement l'écorce ou la pierre
servant d’abri;
e Structurales : pourcentage et mobilité des isoenzymes de LDH, mobilité de
la sérumalbumine, spécificité immunologique des protéines sériques.
Ces affinités nombreuses traduisent une parenté étroite et non une simple
convergence adaptative. Cependant, quelques différences dans l’ornementation
des hémipénis, la coloration nuptiale, la structure des macrochromosomes, indiquent
qu’il ne s’agit pas d’espèces-jumelles.
30 Affinités interspécifiques entre les Iguanidés malgaches.
Nous préciserons la position relative de chaque espèce ou groupe d’espèces
dont nous venons de dégager, ci-dessus, l'originalité. Le problème se pose, en parti-
culier, des relations de Chalarodon avec les deux groupes d’Oplures et des affinités
d’Oplurus quadrimaculatus et d'O. fierinensis.
a) Afinités de Chalarodon avec les deux groupes d’Oplures (tableau 38).
Lorsque nous citerons une espèce, ces affinités la concernent plus particulière-
ment :
— avec les Oplures arboricoles : écaillure dorso-nuchale, hauteur relative du
Corps et forme générale du squelette, morphologie de l’hémipénis (0. cyclurus),
aire chorologique (0. cyclurus), mobilité de LDH-, (0. cyclurus), proportions des
groupes de protéines sériques et relations immunologiques;
— avec les rupicoles : écaillure caudale et post-cloacale, longueur relative de
la queue, mouvement de parade (0. quadrimaculatus), proportions des isoenzymes
de LDH dans le muscle cardiaque;
— par quelques caractères, Chalarodon est proche de représentants de l’un et
l’autre groupes : pattern fondamental (0. quadrimaculatus et O. cyclurus), valeurs
caractéristiques des macrochromosomes (0. c. cuvieri et O. grandidieri), mobilité
des isoenzymes de LDH (Oplures arboricoles : LDH-;, Oplures rupicoles : LDH).
Dans le cadre des informations recueillies, Chalarodon possède done des affinités
sensiblement équivalentes avec chaque groupe d’Oplures.
Source : MNHN, Paris
182 C. P. BLANC
b) O. quadrimaculatus occupe une position spéciale, intermédiaire entre les
deux groupes d’Oplures, pour de nombreux caractères de morphologie : relations
biométriques (fig. 20, 23 et 28), d’ostéologie crânienne ayant trait aux proportions
générales (fig. 25), qui sont une redondance partielle du cas prédédent, à la forme
des prémaxillaires et des fenêtres sous-orbitaire et interptérygoïdienne (fig. 27),
à la denture marginale (fig. 29), et de structure protéique (mobilité de la sérumalbu-
mine).
Par ailleurs, ses affinités avec Chalarodon sont particulièrement fortes, ainsi
que l’atteste le tableau 38. Si nous qualifions de plésiomorphe un caractère présent à
la fois dans les deux genres, 0. quadrimaculatus paraît plus primitif que les autres
Oplures. On remarquera que c’est l'espèce qui à le polymorphisme le plus élevé
pour la coloration, la mobilité des isoenzymes de LDH et quelques groupes de
protéines sériques, ainsi que la distribution chorologique et altitudinale la plus
vaste : c’est le seul Iguanidé dont l'extension recouvre tous les bioclimats depuis le
sub-aride jusqu'à la limite du perhumide exclus, et passe de 0 à 2000 m d'altitude,
alors que les autres espèces n’excèdent guère 1 000 m.
c) O. fieri
suivantes :
nsis occupe, le plus souvent, l’une ou l’autre des deux situations
_— au voisinage d’O. quadrimaculatus et, en général, entre cette espèce et le
couple 0. grandidieri - 0. saxicola, pour différents caractères du squelette céphalique
(fig. 25 et 28) et de la denture (fig. 29), la structure du mouvement de parade (fig. 33),
les valeurs caractéristiques des macrochromosomes (fig. 39), la mobilité de l'iso-
fme LDH: (fig. 40) et de la sérumalbumine, les affinités immunologiques des
riques:
el
protéines s
— plus évolué que les deux espèces 0. grandidieri et O. saxicola, pour ses rela-
tions biométriques (fig. 20 et 23), la forme des fenêtres du plancher crânien (fig. 27);
son originalité est encore accrue par la mobilité électrophorétique de son x, estérase.
Ces différents Oplures apparaissent done constitués par une mosaïque de carac-
tères, plus où moins évolués. De même, par exemple, O. cyclurus, très particulier
par la morphologie de son écaillure caudale et les valeurs caractéristiques de ses
macrochromosomes, conserve divers caractères plésiomorphes, comme la morpho-
logie de son hémipénis, une coloration assez proche du pattern fondamental et un
rapport élevé d'expression de H et M dans le codage de la LDH.
Nous avons observé, dans l’ensemble, une excellente concordance des résultats
de nos différentes investigations. Les considérations fournies par le comportement,
les caryotypes, les caractéristiques des protéines sériques et tissulaires, ont en général
corroboré, souvent nuancé, les conclusions qui auraient découlé d’une étude limitée
à la morphologie.
Les processus de diversification des espèces affectent, dans un organisme, de
nombreuses structures, sans relation évidente avec leur adaptation au milieu.
IL. — RELATIONS PHYLOGÉNÉTIQUES
Les affinités établies entre les deux genres malgaches paraissent suffisamment
importantes pour corroborer la conclusion de R. ErneribGe (1965) qui, d’après
la configuration de leurs côtes ventrales, attribue aux Iguanidés malgaches une
Source : MNHN, Paris
REPTILES IGUANIDAE 183
originalité que ne partage pas le genre Brachylophus des iles Fidji, ainsi que celle
de G-C. Gonmax et coll. (1971) qui, se basant sur la spécificité antigénique de son
albumine, montre qu'Oplurus cuvieri est un Iguanidé vrai qui a divergé depuis
longtemps de l'espèce Jguana iguana.
Les considérations suivantes peuvent en être déduites, avec une certaine sécurité :
1° Les deux genres actuels sont susceptibles de dériver directement d’un ancêtre
commun dont nous avons dégagé quelques caractéristiques concernant, en particulier,
sa morphologie externe (allure générale, écaillure et pattern de coloration : fig. 18)
et interne (squelette céphalique et denture), son mouvement de parade et les carac-
téristiques approximatives de ses macrochromosomes.
Le lieu d’élection des Iguanidés à Madagascar est le Sud et l'Ouest de lile, à
climat caractérisé par une réduction de la pluviométrie, des températures élevées
en saison chaude et un ensoleillement important toute l’année. Ces conditions parais-
sent réaliser l’optimum climatique actuel pour ce taxon. Une seule espèce, Oplurus
quadrimaculatus, a son aire chorologique qui s’étend sur les Hautes Terres Centrales.
Sa répartition fragmentée semble y jalonner les témoins d’une ancienne pénéplaine
tertiaire, de même que, par exemple, Scelotes igneocaudatus (Scincidés) observé
sur le plateau Mahafaly, l’Itremo et l'Ibity.
Comme pour Chalarodon (C.P. BLanc, 1969 a), les températures minimales de
saison fraîche semblent le facteur thermique limitant mais non les valeurs estivales
élevées (fig. 37); la pluviométrie, en liaison possible avec une insolation insuffisante,
est un facteur limitant prépondérant en saison chaude. Ces considérations présentent
quelque intérêt paléoclimatologique pour Madagascar.
L'importance biogéographique de cet ancêtre commun hypothétique est d’accroi-
tre la crédibilité de l'hypothèse d’un peuplement aléatoire de Madagascar, pour
cette famille de Reptiles.
2° De cet ancêtre commun, auraient dérivé, d’une part, Chalarodon par adapta-
tion à la vie sabulicole et d’autre part Oplurus, renfermant chacun des potentialités
multiples qui se traduisent par le polymorphisme morphologique (coloration) et
structural (protéinogrammes sériques) du premier, resté monospécifique, et la poly-
typie du second. Cette différence dans l’évolution des deux phylums génériques
nous parait être d’origine éco-éthologique : Chalarodon a pour habitat les terrains
sablonneux meubles où il creuse ses terriers, alors que la vie des Oplures est organisée
autour de supports rigides dont ils utilisent les cavités naturelles comme abris-
refuges. Deux voies évolutives ont orienté la différenciation spécifique des Oplures :
les cavités de section circulaire dans les rochers et, par excellence, dans les arbres,
sont utilisées par les deux espèces à mœurs surtout arboricoles, de distribution
allopatrique; les fentes des rochers sont le fief des quatre formes rupicoles. Parmi
celles-ci, on distingue trois espèces spécialisées dans l'occupation des fissures les
plus étroites, non sympatriques entre elles, mais coexistant avec Oplurus quadri
maculatus. Nous avons vu que cette quatrième espèce a conservé beaucoup de
caractères plésiomorphes, est la plus polymorphe, et présente la distribution chorolo-
gique et altitudinale la plus vaste.
Les trois espèces spécialisées ont subi des modifications concomitantes de
l’écaillure (finesse du tégument dorsal, tandis que les écailles des membres postérieurs,
agrandies et acuminées, ont un rôle locomoteur), des proportions du corps (fig. 22)
Source : MNHN, Paris
184 C. P. BLANC
et du squelette céphalique (fig. 30 et 31), de la denture (disparition des dents ptéry-
goïdiennes) et du comportement (accroissement de la sociabilité). L'adaptation des
espèces à des abris différents semble avoir été l’agent essentiel de leur évolution.
La faune herpétologique malgache renferme d’ailleurs un autre exemple intéressant,
avec la sous-famille des Gerrhosauridés. Des deux genres endémiques Tracheloptychus
et Zonosaurus, le premier, à l'instar de Chalarodon, a une distribution limitée aux
régions sablonneuses du Sud et du Sud-Ouest et ne renferme que deux espèces
affines : 7. madagascariensis et T. petersi; Zonosaurus, au contraire, occupe la totalité
des domaines climatiques de l’ile et s’est diversifié en une dizaine d’espèces. Des
études ultérieures sont, certes, nécessaires pour développer ce parallélisme, mais,
d’après notre expérience du terrain, cette adaptation paraît à dominante écologique
pour les Gerrhosauridés, et éthologique pour les Iguanidés. Nous avons, en effet,
signalé la distribution généralement très précise, des Oplures rupicoles : ©. quadri-
maculatus, bien qu'étant susceptible d’utiliser tous les types de fentes rocheuses de
dimension suffisante, n’occupe que les diaclases quand il est en sympatrie avec
©. grandidieri ouO. saxicola.
En résumé, nous avons montré d'importantes similitudes entre les deux genres
d’Iguanidés malgaches, ainsi que la probabilité de leur dérivation directe à partir
d’un ancêtre commun dont nous avons indiqué quelques caractéristiques.
L'adaptation à différents types d’abris naturels paraît être la cause essentielle
de la diversification des Oplures. Dans l’ensemble, les deux groupes arboricale et
rupicole ont réalisé des divergences comparables, en liaison avec l'habitat, la loco-
motion et la défense contre les prédateurs. Parmi les Oplures rupicoles, une espèce
polymorphe, à large distribution, conserve beaucoup de caractères primitifs; deux
autres ont entre elles d’étroites aflinités.
Nous préciserons, enfin, qu’un intérêt essentiel de cette étude, limitée aux seuls
Iguanidés malgaches, est de regrouper un ensemble de documents qui pourront,
ultérieurement, être utilisés dans une analyse des relations phylogénétiques au sein
de cette famille. 11 sera alors possible de conclure avec une plus grande sécurité
sur l’origine et les affinités des représentants vivant à Madagascar.
PARIS
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TABLEAU ANNEXE
REPTILES IGUANIDAE
Liste et caractéristiques
193
des stations pluviométriques à Madagascar, d’après P. Monar (1969)
(m — moyenne des minimums du mois le plus froid, Qt
référence correspondent à la figure
les numéros de
oefficient pluviothermique;
36).
SraTIoNS
N° de
férence
m
Ambalakondro .
Ambatobe.…
Ambato-Boeni
Ambatofinandrahana .
Ambatolampy
Ambatomainty
Ambatondrazal
Ambilobe
Ambodifototr
Ambodirano
Ambohibary
Ambohimandroso
Ambohimena .
Ambositra..
Ambovomb
Ampamahe
Ampangabe
Ampanihy
Amparihy-Est
Ampasimpolaka. .
Ampatakamaroren
Ampotaka.
Analalava .
Analamazaot
Anarafaly
Andapa .
Andemaka
Andilamena .
Androka
Angavoke
Ankavandra …
Ankazoabo .…
Ankazobe
Anosibe …
Antalaha .
Antanandav
Antanilosty
Antanimora .
Antokazo .
Antorembo
Antsakabary
Antsirabe-aérodrome
Antsirabe-école
Antsohihy.
Arivoninamo
Ambahivahibe .............
12,7
10,6
19,3
14,2
5,6
17,5
7,8
360,6
86,7
118,0
PRET
Source : MNHN, Paris
194
C. P. BLANC
STATIONS m Qt
Babetville . 48 10,1 49,4
Bealanan 10,7 46,7
andriana 17,9 54,8
10,7 8,0
10,0 9,2
: 15,2 33,6
Belo sur Tsiribihina 14,2 13,3
Beloha 118 6,3
Benenitra 11,9 10%
Beroroha . 12,6 10,1
Besalampy . 16,8 30,1
Betanimena . 12,4 3,1
Betioky sud . 11,9 8,5
Betomba 14,8 18,1
Betroka 10,0 18,3
11,3 5,9
15,5 2,2
ap Masoala 16,7 269,6
Diégo-Suarez . 20,8 “14
fandriana . 6,8
angan 16,6
atsiho . 6,3
ive 16,8
anarantsoa . 95
15,3
7,3
L'anadiana 12,0
Ihosy 10,9
Ivato 8,7
Ivoloina . 16,6
Kandreho . 16,6
Kianjasoa 10,8
Kianjavato 13,6
Mahabo.… 13,0
Mahajamba . 14,1
Mahanoro . 16,6
Macvatanana 18,2
Maintirano 18,1
Majunga-aéroport . 17,5
Majunga-ville 19,6
Malaimband, 14,1
Manakambahin} 11,2
Manakara 15,9
Manankazo . 7,8
Mananara 17,5
Mananjary . 15,8
Mandraka 8,2
Mandritsara . 15,5
Mangindrano 9,0
Manja 1
Manjakatompo . 5,5
Mantsoandakana ..…............. 12,0
Source : MNHN, Paris
REPTILES 1G
Srarrons
tsetra
rolambo .
Marotandrano .
Marovitsika
Marovoi
Soavinandriana .
Tamatave .
Tambohorano.
Tananari .C.M. .
Tananarive-observatoir
Tranoro: k
Tsaramandroso .
Tsaratanana ..
Tsiazompaniry
Tsihombe .
Tsinjoarivo .…
Tsiroanomandidy
Tsivory
Tuléar-aéroport .
Vatomandry .
Vohemar .
Vohidiala .
Stations accessoires :
Ambalavao … 143 6,5 23,7
Antsampandrany 145 2,5 131,8
lac Anony : ; 146 19,2 3,9
Nanisand.2 147 75 49,0
Source : MNHN, Paris
INDEX ALPHABÉTIQUE
Chalarodon, 59.
cuvieri cuvicri, 28.
cyclurus, 20.
grandidieri, 47.
quadrimaculatus, 3%.
madagascariensis, 59.
Oplurus, 20.
saxicola, 53.
Source : MNHN, Paris
E|r[e]4
s[k[L[minlofr
Lane doMORE
Moroni| !
pere
rafori}
No nes
cMoratenobe
Zsiroagomandidy
alr[s{rlulvlwx|v/z
NOSSI8É,
Hatt-vitteES
Pi be Ve
l Mandiisetg
Ÿ--.Mampikony!,
"eMarowgaÿ, | ©
Apbâto-Boëhi
Tsaratangna | #e*
91". Soanietang-|vongo, SAINTE MARIE
Maévatanans Arbo ifotgtra
È lAndylena
À Vavatenina of
Fenetive
7 Andiazdts —
RE Dm
Arkezobe
No
sue anga
Marärnes “oMiniékandiana
ju TS) pe À
riane © odrämasina :
artso NEA em} oAresibe
Brickaville
Vatomandry
Antanitéte
Ampanihylo_ |
Amborombeo
Bio da ser
6 para (dore
nue
2 oFdiars armée
ciné
Se
Aoinandrahanag
u
e/Mananjary
-Difénadians
Anboësaiy
—FDARAAS |
Source : MNHN, Paris
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe zoologique.
L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la « Faune de Madagascar » au
Secrétaire de la « Faune » : P. Vrgrre, 45 bis, rue de Buffon, 75005 Paris.
En vente à la Librairie René Tomas
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris
Date de publication de ce volume : 26 septembre 1977.
Fascicules publiés
1. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.-C. Fraser, 1956. . . . 50 F
II. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidae, Acraeidae, par
R. PauLran, 1956 (nest plus vendu qu'avec la collection
COMPTE CR DU or
III. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Vigrre, 1956. . . . . . 40 F
IV. — Goléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. BneuniNe, 1957 100 F
NS Mentodés par RPAtien 1087 UE
VI. — Coléoptères Anthicidae, par P. Boxanona, 1957 . . . . . 650F
VIT. — Hémiptères Enicocephalidae, par A. Vizuiens, 1958, . . . 40 F
VIIL. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Guiveaun, 1959. . . . 80 F
IX. — Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. Lawrence, 1959. . . 40 F
X. — Poissons des eaux douces, par J. Annour, 1959, . . . . TO F
XI: — Insectes. Goléoptères Scarabacidae, Scarabaeina et Onthopha-
gini, par R. PauLIAN; Helictopleurina, par E. Leris, 1960. . 60 F
XIT. — Myriapodes. Chilopodes, par le Dr R.-F. Lawrence, 1960 60 F
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des îles voi par
HUSPAG CT MO EE PO
Source : MNHN, Paris
Fascicules publiés (suite)
F français:
XIV . — Lépidoptères Eupterodidae et Attacidae, par P. Griveaup,
LOGIN RO RP RE ler 8F
XV. — Aphaniptères, par le Dr Lumarer, 1962. . . . . . . .. 60 F
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. Crosnrer, 1962 60 F
XVII. — Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. Gniveaun, 4964 80 F
XVIII. — Crustacés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par A. Cros-
NEA A0GE NS re EE RE ARE OR 60 F
XIX. — Insectes. Goléoptères Erotylidae, par H. Puiipr, 4965. . . 40 F
XX (1). — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae (part.), par P.
NIUE SAOGOE ERREUR 80 F
(2). — Id. Amphipyrinae (part.) et Melicleptriinae, 1967. . . . 100 F
XXI. — Octocoralliaires, par A. Truer-Durivaurr, 1969. . . . . 100 F
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par À. GRyEBINE,
RE le ee mot en 140 F
XXIII. — Insectes. Psocoptères, par ne BADONNEL, 1967... + QIOOVE
XXIV. — Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P.ES. WiALLey,
1967 50F
XXV. — Insectes. Hétéroptères Lygaei
1967 50 F
XXVI. — Insectes. Orthoptères Acridoidea (Pyrgomorphidae et Acri-
didae), par V. M. Dirsn et M. Descamps, 1968 . 100 F
XXVII. — Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. Paurran et
PDENVTRnTE 1068 CP RE NE 80 F
XXVIII. — Insectes. Hémiptères Reduviidae (1"e partie), par A. Vicuiers,
LORS EE DRE 8 F
XXIX. — Insectes. Lépidoptères Notodontidae, ges
LOGE SR SE RTS RE Se LU ON Ce 100 F
XXX. — Insectes. Dermaptères, par A. Brinpze, 1969 . . . . . . 50 F
XXXI. — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Plusiinae, par C. Duray,
eee Pi nue a mure 100 F
XXXII. — 4 nid Araignées Archaeidae, par R. LeGenDre, 1970 60 F
XXXIII. — Reptiles. Sauriens Ghamaelconidae, le genre Chamaeleo, par
BR ABRXGO0 19H SRE en 150 F
XXXIV. — Insectes. Lépidoptères Lasiocampidae, par Y. de Layon-
QUIÈRE: LOFT ES M em ne 150 F
XXXV. — Oiseaux, par Ph. MiLon, J.-J. Perrer et G. RAnDua to 0,
TR en M ES MU S ODA es pe tn ee 200 F
Source : MNHN, Paris
Fascicules publiés (suite)
F français
36. — Mammifères. Carnivores, par R. AzBrGnac, 1974. . . . . 180 F
37. — Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae, par P. Basr
LENS MO 70 SE dal: ee ones Le US D M ee EE A Ve 180 F
38. — Arachnides. Araignées Araneidae Gasteracanthinae, par
MO BMERITE LOT AE RERO NP PCR D re 180 F
39. — Insectes. Lépidoptères Agaristidae, par S. G. KtRrAKOFF et
PVrEr TE 107 DO Te PR TELE NE CNE 120
40. — Insectes. Coléoptères Gerambycidae Parandrinae et Prioninae,
par R. M. Quenrin et A. Vicirers, 1975. : . . : . . . . 180 F
41. — Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae : II. Biologie, par
A. Peyrieras. — III. Supplément à la Systématique, par
DABASIENSEr MOTOR RS An 180 F
42. — Arachnides. Acariens Astigmata Listrophoroïdea, par A. Far,
NOT En SORA M ONE PS te le 100 F
43 (1). — Insectes. Lépidoptères Lymantriidae ({re partie), par P.
IGRIVE A UD OA Se USD CR . 20F
44, — Mammifères. Lémuriens (Primates Prosimiens), par J.-J. pes
DER, RALBIGNAO et Y. RUMPLER, 1977. "MS "0" 400 F
45. — Reptiles. Sauriens Iguanidae, par C. P. BLanc, 1977 . . . . 200 F
Imprimerie Nouvelle - 6582-77 Dépôt légal : 4 trimestre 1977
53, quai de la Scine, Paris (196)
Source : MNHN, Paris