FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
70
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
par
Gustave CHERBONNIER
Muséum national d'Histoire naturelle (Paris)
Editions de l'ORSTOM
INSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT EN COOPERATION
SUR
PÀ
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Correspondant de l’Institut
(alors Directeur adjoint de l’'IRSM)
Collection honorée du soutien
du Ministère de la Coopération
Comité de patronage
M. le Dr RAKOTO RATSIMAMANGA, membre correspondant de l’Institut, Paris.
— M. le Ministre de l'Education nationale, Tananarive. — M. le Président de
TAcadémie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Directeur général du CNRS, Paris. — M. le Directeur général
de l'ORSTOM, Paris.
MM. le Professeur J. DORST, membre de l’Institut, Paris ; J.-M. PÉRÈS, membre
de l'Institut, Marseille; J. CARAYON, Paris; A. CHABAUD, Paris; C. DELAMARE
DEBOUTTEVILLE, Paris; M. RAKOTOMARIA, Tananarive.
Comité de lecture :
M. R. PAULIAN, Président; MM. Ch.-P. BLANC, A. CROSNIER,
R.-P. DECHAMBRE, C. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, P. DRACH, A. GRJEBINE,
L. MATILE, J.-J. PETTER, G. RAMANANTSOAVINA, P. ROEDERER,
P. VIETTE (secrétaire).
Source : MNHN. Paris
Bibliothèque Centrale Muséui
(LUI
Copyright O.R.S.T.O.M. 1988 ISBN 2-7099-0895-6
Source : MNHN. Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
70
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
par
Gustave CHERBONNIER
Muséum national d'Histoire naturelle (Paris)
Editions de l'ORSTOM
INSTITUT FRANCAIS DE REC
ERCHE SCIENTIFIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT EN COOPERATION
PARIS, 1988
Copyright O.R.S.T OM. 1988 ISBN 2-7099-0895-6
INTRODUCTION
La faune des Holothuries de Madagascar fait suite à celle des Ophiurides, parue en
1978. Elle vient compléter partiellement nos connaissances sur les Echinodermes d'une
région connue essentiellement, jusqu'à une époque récente, par des récoltes sporadiques
de chercheurs isolés. Depuis une vingtaine d'années, des recherches systématiques ont
été entreprises, soit par l'équipe de l'antenne, à Tuléar, de la station marine d'Endoume
à Marseille, soit par quelques chercheurs isolés ou appartenant surtout à l'Institut
français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM),
grâce auquel cet ouvrage peut paraître.
Cette faune se révèle d'une grande richesse avec un total de 122 espèces dont 47
sont nouvelles pour la Science; cinq d'entre elles ont nécessité la création de deux
genres et d'un Sous-genre nouveaux. La liste de ces taxons nouveaux est donnée
ci-après :
Genres nouveaux
CUCUMARIIDAE
Koehleria
Parathyone
Sous-genre nouveau
PHYLLOPHORIDAE
Phyllonovus
Espèces nouvelles
HOLOTHURIIDAE
Actinopyga bacilla
Bohadshia mitsioensis
Holothuria (Selenkothuria) bacilla
Holothuria (Selenkothuria) spinea
Holothuria (Selenkothuria) vitalonga
Holothuria (Semperothuria) granosa
Holothuria (Thymiosycia) milloti
Holothuria (Platyperona) crosnieri
Holothuria (Platyperona) insolita
Holothuria (Mertensiothuria) albofusca
Holothuria (Lessonothuria) duoturricula
Holothuria (Cystipus) mammosa
Holothuria (Metriatyla) fuligina
CUCUMARIIDAE
Pentacta verrucula
Ocnus amiculus
Ocnus tantulus
Koehleria unica
Athyone exila
Athyone maculisparsa
Havelockia ferali
Havelockia turrispinea
Source : MNHN. Paris
4 GUSTAVE CHERBONNIER
Thyone carens
Thyone comata
Thyone crebrapodia
Thyone guillei
Thyone longicornis
Thyone sineturra
Thyone vadosa
Parathyone incurva
PHYLLOPHORIDAE
Cucumella decaryi
Neothyonidium dissimilis
Globosita murrea
Phyllophorus (Urodemella) oculus
Phyllophorus (Phyllonovus) anomalia
Phyllophorus (Phyllophorella) contractura
Thyonidiella exigua
Lipotrapeza ambigua
Lipotrapeza incurva
Cladolabes pichoni
SYNAPTIDAE
Opheodesoma sinevirga
Leptosynapta geyserensis
Leptosynapta tantula
Protankyra picardi
CHIRIDOTIDAE
Trochodota mira
Trochodota vivipara
L'ensemble du matériel, à l'exception de quelques récoltes faites à Zanzibar, aux
Comores et aux îles Glorieuses, provient de Madagascar et des îles côtières : Nosy Be,
Tanikely, Mitsio, notamment. Les animaux ont été récoltés soit dans la zone des ma-
rées, soit le plus souvent en plongée sous-marine, exceptionnellement en faubertage ou
en dragage, toujours par moins de 65 mètres de profondeur. Tout ce matériel est déposé
dans les collections du Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris.
Un glossaire explicatif des nombreux termes employés aide à la compréhension du
texte. Il est suivi d'une clé dichotomique de détermination des ordres, familles, genres
et sous-genres, chaque espèce prenant place ensuite dans la clé la concernant, accom-
pagnée de sa description complète : couleur (souvent variable) et forme des animaux
vivants ou tels qu'ils se présentent en alcool, anatomie externe et anatomie interne,
spicules, etc., et d'observations concernant les rapports et les différences avec des
espèces voisines, d'une synthèse sur sa répartition géographique ainsi que de son
écologie à Madagascar.
Des références bibliographiques concernant les auteurs et les œuvres citées sont
suivies d'un index alphabétique permettant de se reporter rapidement à l'espèce
recherchée.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 5
GLOSSAIRE
Ampoule tentaculaire : chez les Aspidochirotes, vésicule de longueur variable permettant
la turgescence ou la rétraction du tentacule.
Anneau aquifère : Anneau oral de l'appareil ambulacraire, situé à la base de la couronne
calcaire.
Anus : extrémité postérieure terminale, subdorsale ou dorsale, où débouche l'intestin.
Bivium : partie dorsale comprenant 2 radius et 3 interradius.
Canal hydrophore : tube partant de l'anneau aquifère, terminé par un madréporite
généralement calcifié.
Cloaque : poche anale où débouche l'intestin.
Coupe sensorielle : chez les Synaptidés, vésicule interne située à la base du tentacule.
Couronne calcaire : anneau calcaire péripharyngien, formé de pièces radiales et de pièces
interradiales.
Couronne cartilagineuse : chez les Synaptidés, couronne non calcifiée entourant et mas-
quant souvent la couronne calcaire, ou située à la base de celle-ci.
Dents : papilles calcifiées, au nombre de 5, entourant radiairement l'anus.
Disque calcaire : disque multiperforé soutenant la ventouse des podia.
Gonade : touffe de tubes ramifiés ou non, bourrés de produits sexuels, située d'un seul
côté ou de part et d'autre du mésenitère de l'interradius dorsal.
Interradius : une des 5 aires séparant les méridiens, nue ou avec des podia ou des pa-
pilles dispersés.
Introvert : partie invaginable externe, à la base des tentacules.
Mésentère : délicate membrane supportant l'intestin.
Muscle longitudinal : muscle radiaire allant de la bouche à l'anus.
Muscle rétracteur : chez les Dendrochirotes, muscle reliant chaque pièce radiale de la
couronne calcaire au muscle longitudinal correspondant.
Papille : podia modifiés sans ventouse ni disque calcaire.
Peristome : aire tégumentaire située entre la bouche et la base des tentacules.
Podia (singulier Podion) : tubes cylindriques sortant du tégument et terminés par une
ventouse soutenue par un disque calcaire.
Poumon ou organe arborescent : chez les Dendrochirotes et les Aspidochirotes, organe
paire très ramifié s'ouvrant dans le cloaque.
Radius : un des 5 méridiens allant de la bouche à l'anus, généralement visible par des
rangées de podia ou de papilles.
Spicules : corpuscules calcaires situés dans la peau du corps, les podia, les papilles, les
tentacules, parfois dans des organes internes, et dont les principales formes sont
les suivantes.
Ancre : chez les Synaptidés, spicule en forme d'ancre.
Bâtonnet : baguette lisse ou épineuse, simple ou ramifiée, des tentacules, des
podia et des papilles.
Biscuit : petit spicule, allongé, étroit, parfois à centre étranglé ou à extrémités
perforées.
Bouton : boucle perforée, à surface lisse ou noduleuse.
Corbeille : coupe perforée, à bord lisse ou dentelé.
Corps sigmoïde : chez les Chiridotidés, corps tridimentionnel en forme de S
tordu, pointu à une extrémité, en forme de crosse à l'autre.
Corpuscule crépu : rosette d'aspect mûriforme.
Ellipsoïde fenestré : bouton transformé, tridimentionnel, souvent en forme de
sphère ajourée, avec ou sans trabécules et anastomoses internes.
Grain : minuscule granule calcaire souvent abondant dans le tégument de
Source
6 GUSTAVE CHERBONNIER
quelques Stichopodidés.
Nodule : petite verrue ornant parfois la surface des boutons ou le disque des
tourelles.
Ovule : petit spicule rond ou ovale, généralement imperforé.
Plaque anchorale : chez les Synaptidés, plaque multiperforée supportant l'an-
cre.
Plaque perforée : plaque treillissée, multiperforée, de formes diverses.
Pseudo-bouton : bouton incomplet ou réduit.
Pseudo-tourelle : tourelle incomplète, à disque basal et flèche réduits.
Rosette : petit spicule en forme de barre à extrémités percées ou branchues, les
branches souvent dichotomisées ou complexes, la barre elle-même pourvue
d'expansions arrondies.
Roue : corps circulaire à au moins 6 rayons, dispersé ou localisé dans les ver-
rues chez les Chiridotidés.
Tourelle : spicule en forme de petite tour à base large, parfois réduite, lisse ou
noduleuse, à flèche de taille et de forme variable.
Tache oculaire ou organe photorécepteur : chez quelques Synaptidés, tache pigmentaire
rouge à la base de chaque tentacule.
Tentacules : podia modifiés entourant la bouche, caractéristiques des ordres :
Dendrochirotes (ramifiés ou arborescents); Aspidochirotes (peltés); Synaptidés
(pinnés ou digités); Chiridotidés (pelto-digités).
Trivium : partie ventrale comprenant 3 radius et 2 interradius.
Tubes de Cuvier : tubes insérés à la base des poumons chez certains Aspidochirotes.
Verrucosités : sortes de verrues plus ou moins grosses, alignées ou dispersées sur le
bivium et sur les flancs, d'où sort une petite papille.
Vertex : centre de la partie supérieure de l'arc d'une ancre.
Vésicule de Poli : vésicule suspendue à l'anneau aquifère.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 7
ETUDE SYSTEMATIQUE
CLE DES ORDRES, FAMILLES, GENRES ET SOUS-GENRES
Corps petit à très grand, à paroi plus ou moins épaisse et musculeuse, couvert de
podia et de papilles ou seulement de podia. 10 à 30 tentacules peltés ou arbores-
cents. Spicules : tourelles, plaques perforées, baguettes simples ou ramifiées, bou-
tons ou coupes, ellipsoïdes creux fenestrés, rosettes ou corpuscules crépus . . ...
. ASPIDOCHIROTIDA et DENDROCHIROTIDA ...2
Corps vermiforme, à paroi mince, dépourvu de podia et de papilles. 10 à 25 tenta-
cules pinnés, digités ou pelto-digités. Pas de muscles rétracteurs du pharynx,
d'ampoules tentaculaires ou d'organes respiratoires (poumons). Spicules : ancres
associées à des plaques anchorales, roues ou baguettes, corps sigmoïdes . ......
Tentacules peltés constitués d'une courte tige terminée par un disque élargi plus ou
moins couvert de petites digitations. Appendices ambulacraires pouvant être des
podia, des papilles ou les deux à la fois sur le même animal. Couronne calcaire
sans prolongements postérieurs bifurqués (queues). Pas de muscles rétracteurs
du pharynx, seulement des muscles longitudinaux radiaires. Présence d'ampoules
tentaculaires. Une ou deux touffes de gonades. Poumons bien développés. Tubes
de Cuvier présents ou absents. Spicules : tourelles, boutons lisses ou noduleux
parfois transformée en ellipsoïdes creux fenestrés, baguettes, rosettes, corpuscules
crépus, baguettes branchues, corpuscules en CouenS..................
ASPIDOCHIROTIDA ...3
Tentacules arborescents constitués d'un tronc principal sur lequel s'échelonnent
des ramifications branchues. Appendices ambulacraires sous forme de podia
limités au radius ou dispersés sur tout le corps. Couronne calcaire avec ou sans
queues. Pas d'ampoules tentaculaires. Muscles rétracteurs du pharynx s'attachant à
des muscles longitudinaux radiaires. Deux poumons. Pas de tubes de Cuvier.
Gonades disposées des deux côtés du mésentère dorsal. Spicules très variés...
RE OR ER PRE Minn ete C0 9 01 -@oid 0 D DENDROCHIROTIDA ... 22
Une seule touffe de gonades à gauche du mésentère dorsal. Spicules : tourelles,
boutons simples ou noduleux, parfois transformés en ellipsoïdes creux fenestrés,
bâtonnets, jamais de corpuscules en forme de C ou de S .…. . HOLOTHURIIDAE . . 4
Deux touffes de gonades disposées de chaque côté du mésentère dorsal. Spicules :
tourelles, baguettes branchues, pseudo-boutons, absence ou, le plus souvent, pré-
sence de nombreux corps en forme de C ou de S ..... ..STICHOPODIDAE 20
Tégument très épais et musculeux. Podia et papilles petits, répartis, très serrés, sur
le trivium et le bivium. Spicules : bâtonnets, ovules, rosettes, jamais de tourelles ni
deboutonskal AUTRE RM ER RIRE EE 5
Tégument mince à épais. Podia répartis sans ordre sur une face ventrale souvent
aplatie, ou localisés aux cinq aires ambulacraires, papilles dispersées sur une face
dorsale souvent bombée. Autres caractères très variés. Spicules : tourelles presque
toujours présentes, boutons, bâtonnets, plaques perforées et rosettes présentes où
non, corpuscules crépus, parfois minuscules baguettes branchues dichotomisées
ourlobéesaenib ele Mans NS CHR ETES MER ER RER TS 7
Source : MNHN. Paris
9a.
147
12°
GUSTAVE CHERBONNIER
Dix-huit à vingt tentacules. Anus entouré ou non de 5 groupes radiaires de papil-
les. Spicules : nodules arrondis ou de formes diverses, bâtonnets ramifiés ou
spinuleux, ou les deux à la fois ................. Bohadschia Jaeger, 1833
Vingt à vingt-cinq tentacules. Anus entouré de 5 groupes radiaires de papilles.
Spicules : bâtonnets ou pseudo-tourelles à base élargie, perforée, prolongée par un
long col étroit, spinuleux .............. Pearsonothuria Levin et al., 1984
Corps cylindrique ou vermiforme, à podia ventraux localisés sur les radius, à
papilles ou podia dorsaux dispersés ou alignés en nombreux rangs sur le bivium.
Couronne calcaire rubanée, c'est-à-dire dont les radiales sont unies aux interradi-
ales par un étroit ruban calcaire plus ou moins long. Spicules : tourelles
diversement développées, les unes à base réduite et flèche basse terminée par une
large couronne peu épineuse, d'autres à base bien développée et dentelée, à flèche
de hauteur modérée terminée par quelques longues épines: boutons, quand ils sont
présents, lisses, irréguliers ................ Labidodemas Selenka, 1867
Forme du corps et répartition des podia et des papilles très variables. Couronne
calcaire jamais rubanée. Spicules très divers et en combinaison variable . .......
Eee De M CE Holothuria Linné, 1767... 8
Spicules : uniquement des tourelles mélangées à des rosettes, des baguettes ou des
plaques perforées; parfois, les tourelles manquent ou sont de formes très variables.
JAMAIS IAE DOUONS SERRE ET TU RU AM RER EAN EN 9
Spicules : tourelles seules ou mélangées à des boutons, jamais uniquement avec
des baguettes ou des rosettes, bien qu'une de ces deux formes puisse être présente
Dec DIS Die D nouer gel Oro Du D onto teinte bas Eh © 9a
17 à 20 tentacules. Corps avec souvent un aplatissement ventral prononcé couvert
de podia, ceux-ci pouvant cependant être disposés uniquement sur les radius;
petites papilles dorsales dispersées sur le bivium ..
nee nEa Le pr nos Sous-genre Selenkothuria Deichmann, 1958
Spicules : tourelles toujours présentes, accompagnées de rosettes ou de baguettes.
Autres caractères très divers. à ÿ er 10
Tourelles à flèche terminée par de fortes épines formant, vues du dessus, une
Croix de Malte x TSOI AUS .. 1
12
Corps étroit, cylindrique, tégument mou, peu épais, podia plus ou moins nettement
disposés sur les radius ventraux, papilles dispersées sur tout le bivium. Spicules :
jamais de rosette; tourelles à base réduite ou absente, à flèche de hauteur modérée
terminée par des épines formant, vues du dessus, une simple ou double Croix de
Malin éraecye Gnré sels Sous-genre Semperothuria Deichman, 1958
Corps épais, cylindrique; podia disposés en rangs serrés sur chaque radius d'une
face ventrale aplatie ou, parfois, dispersés, peu nombreux, sur les interradius;
petites papilles réparties sans ordre sur le bivium. Spicules : présence de rosettes;
tourelles à base souvent réduite, à flèche modérée à haute terminée par des épines
formant, vues du dessus, une Croix de Malte simple ....................
PRAIRIE RERO rer CHUTIR EU. 20 Sous-genre Halodeima Pearson, 1914
Dix-huit à trente tentacules. Corps aplati ventralement, podia disposés uniquement
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 9
sur les radius, papilles dorsales dispersées sur le bivium. Spicules : tourelles à
disque plat ou incurvé, à bord lisse ou dentelé, percé de 4 trous centraux disposés
en croix, accompagnés de petits trous intercalés ou d'assez grands trous disposés
sur un cercle périphérique : boutons ovales, lisses, irréguliers, tordus, peu à très
perforés Sous-genre Stauropora Rowe, 1969
— Spicules : tourelles à base non percée de 4 trous centraux disposés en croix; bou-
tons toujours présents, accompagnés parfois de rosettes. Autres caractères très
divers 1
13. Spicules : boutons lisses, réguliers ou irréguliers, ou sous forme de pseudo-bou-
14
tons ar ent Mae TETE VERSA AIN RTS ne DE
— Spicules : boutons toujours noduleux ou rugueux; tourelles très fortement déve-
loppées, parfois modifiées en sphères creuses fenestrées . .............. 17
14. Spicules : tourelles à base à bord lisse, non dentelé .
— Spicules : tourelles à base à bord dentelé ou festonné .................. 16
15. Vingt tentacules. Corps plutôt vermiforme, souvent rugueux au toucher; podia et
papilles habituellement disposés irrégulièrement sur les deux faces, exceptionnel-
lement localisés aux 5 aires radiaires. Pas de papilles anales. Présence parfois
d'un collier de papilles peu apparent à la base des tentacules. Spicules : tourelles
bien développées, à base habituellement carrée percée généralement de 8 trous
périphériques, exceptionnellement multiperforée .................... ...
due Te RC eee Sous-genre Thymiosycia Pearson, 1914
à vingt tentacules. Corps aplati ventralement, podia ventraux très
nombreux sur tout le trivium, petites papilles dorsales dispersées sur un bivium
bombé; présence de papilles anales et d'un collier de papilles à la base des
tentacules. Spicules : tourelles fortes à base arrondie percée d'un nombre variable
de trous, flèche coiffée d'une couronne d'épines plus ou moins fortes; boutons
ovales, lisses (exceptionnellement très légèrement granuleux), le plus souvent à
ligne longitudinale médiane optique... ... Sous-genre Platyperona Rowe, 1969
16. Dix-huit à vingt tentacules. Corps cylindrique ou à faible aplatissement ventral;
podia et papilles dispersés sur tout le corps; pas de papilles anales ni de collier de
papilles à la base des tentacules. Spicules : tourelles à flèche basse terminée par une
couronne ou une touffe d'épines, ou tourelles dégénérées ou incomplètes . .....
Sous-genre Mertensiothuria Deichmann, 1958
_— Seize à trente tentacules. Corps cylindrique à aplatissement ventral plus ou moins
marqué, podia ventraux et papilles dorsales dispersés, papilles anales et collier de
papilles à la base des tentacules. Spicules : tourelles à flèche basse terminée par une
large couronne épineuse souvent irrégulière, pseudo-boutons abondants, lisses,
irréguliers, ou réguliers percés de 3 à 5 paires de trous... ................
Sous-genre Lessonothuria Deichmann, 1958
..18
17. Spicules : jamais de boutons transformés en ellipsoïdes creux fenestrés
19
— Spicules : boutons transformés en ellipsoïdes creux fenestrés
18. Vingt tentacules. Corps souvent vermiforme ou aplati dorso-ventralement, podia
localisés ou non sur les radius, papilles dorsales dispersées, parfois corps entière-
ment couvert de grosses verrucosités coniques. Pas de collier de papilles à la base
des tentacules ni de papilles anales. Spicules : tourelles à base noduleuse, à flèche
assez basse coiffée de nombreuses et courtes épines parfois si nombreuses qu'elles
peuvent dissimuler complètement la base; boutons simples à gros nodules réunis
parfois par des trabécules .............. Sous-genre Cystipus Haacke, 1880
Source : MNHN. Paris
10
194
20.
21%
227
28:
24.
25°
GUSTAVE CHERBONNIER
Vingt tentacules. Corps à tégument souvent parcheminé, à sole ventrale plus ou
moins nette; podia irrégulièrement dispersés sur le trivium, papilles ou grosses
verrucosités sur le bivium. Spicules : tourelles à base lisse, parfois carrée, à flèche
terminée par une couronne de petites épines; boutons à nodules irrégulièrement
répartis, exceptionnellement lisses ........ Sous-genre Metriatyla Rowe, 1969
Corps à tégument mince, à podia ventraux et papilles dorsales dispersés, les deux
sortant souvent d'une petite verrucosité conique. Pas de dents anales, mais présen-
ce de papilles anales et d'un collier de papilles à la base des tentacules. Spicules :
tourelles à flèche courte à modérée, terminée par une touffe de petites épines ou par
de nombreuses épines présentes également près du sommet des piliers ........
LASSRRRR APE NN E nb tes . Sous-genre Theelothuria Deichmann, 1958
Corps à tégument épais, coriace, à dos bombé et ventre aplati; podia ventraux
disposés sans ordre mais serrés, papilles dorsales peu nombreuses et présence ou
non d'énormes protubérances coniques latérales; dents anales. Spicules : tourelles
à base carrée ou à bord ondulé, à flèche courte, massive, terminée par une couron-
ne très épineuse, régulière ou irrégulière .. .Sous-genre Microthele Brandt, 1835
Spicules : nombreuses tourelles bien constituées, rosettes, baguettes ramifiées,
grands spicules en forme de C ou de S ............. Stichopus Brandt, 1835
Spicules : absence de vraies tourelles mais présence parfois, surtout chez les exem-
plaires juvéniles, de tourelles à flèche rudimentaire ou normalement formé; pas
de grand spicule en forme de C ou de S.. ........................ 21
Corps de grande taille, portant ou non de grandes formations foliacées dorsales.
Spicules : grains, baguettes, pseudo-boutons, plaques branchues plusieurs fois
ramifiées, lisses ou épineuses; jamais de tourelles ni de pseudo-tourelles. . .....
NP NEC RARE er le Thelenota H.L. Clark, 1921
Corps de taille moyenne, à podia ventraux vaguement répartis sur les radius, à
papilles dorsales rares, coniques, dispersées sur le bivium. Spicules : pseudo-bou-
tons très variés, petites baguettes, rares tourelles à esquisse de flèche chez les ani-
maux adultes, à grande base et haute flèche à 4 piliers chez les animaux juvéniles .
En Neostichopus Deichmann, 1948
Cucumariidae ... 23
JS er Phyllophoridae ... 34
Dix tentacules
Plus de dix tentacules
Corps avec une sole ventrale plus ou moins nette; podia ventraux sur le radius
médian et disposés à la limite de la sole; face dorsale couverte de plaques imbri-
quées entre où à travers lesquelles passent de petits podia ..... ........... #
RC RnEe MN RMRRUUANE EEE es = Psolidium Ludwig, 1886
Corps cylindrique ou fusiforme sans sole ventrale ni plaques dorsales imbriquées .
24
Spicules : boutons et plaques lisses ou noduleux, baguettes branchues, plaques
cruciformes ou lenticulaires, corbeilles parfois transformées en sphères creuses
TENCSTÉCS ARE EST EMEA EX 2e 2
Spicules : boutons et plaques lisses ou no:
modifiées en sphères creuses fenestrées . .......................... 27
Source : MNHN. Paris
26.
27.
28.
31;
32.
33?
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 11
Corps à section quadrangulaire plus ou moins nette; podia ventraux localisés sur
les radius, podia dorsaux dispersés ou alignés sur les radius et sortant souvent de
petites verrues. Spicules : boutons noduleux, plaques lenticulaires, corbeïlles sou-
vent modifiées en sphères creuses fenestrées ........ Pentacta Goldfuss, 1820
Corps jamais à section quadrangulaire; podia ventraux et dorsaux en un rang sur
chaque radius. Spicules : boutons épais à trous très enfoncés, plaques cruciformes
AVE D NS PRE ARR AIT Trachythyone Studer, 1876
Animaux de petite taille, à face ventrale plus ou moins aplatie, à face dorsale bom-
bée; podia ventraux et dorsaux en deux rangs sur chaque radius. Spicules : bou-
tons noduleux, jamais de plaques cruciformes. .. Ocnus Forbes et Goodsir, 1841
Animaux de taille petite à moyenne; présence ou non de dents anales. Spicules :
nodules, petites plaques lisses perforées ou bâtonnets simples se transformant en
plaques épaisses à bords très échancrés, rosaces très découpées . .......... 28
Présence de dents anales. Animaux de taille moyenne; podia ventraux disposés en
rangs serrés sur les radius, minuscules podia dispersés sur le bivium. Spicules :
uniquement de petits nodules calcaires dans le tégument des grands exemplaires; à
l'anus, petites plaques ou pseudo-bâtonnets, grandes plaques à réseau secondaire .
te re ne ee tes Pseudocolochirus Deichmann, 1930
Pas de dents anales. Animaux de petite taille; podia ventraux en 4 rangs serrés sur
chaque radius, podia dorsaux en 2 rangs sur chaque radius et, également, très
dispersés sur les interradius. Spicules : bâtonnets simples, plaques très épaisses à
bords déchiquetés, à trous très enfoncés, rosaces irrégulières très découpées . . ..
RAT I MAO Lo trs et RER EE MER Koehleria nov.gen.
Spicules : seulement des plaques, jamais de tourelles .. Athyone Deichmann, 1941
Spicules présence dé LOUTELES RE 30
Spicules : jamais de boutons. Podia répartis sur tout le corps ............. 31
Spicules : présence de boutons, d'ellipses fenestrées. Podia non répartis sur tout le
COIPSI RAI PP RER A tnsenio nt al JR PR 2e 32
Corps non effilé aux extrémités. Pas de dents anales. Couronne calcaire à corps
non fragmenté, les radiales seules étant prolongées par de courtes queues faites de
quelques grosses pièces. Spicules : tourelles à base carrée ou irrégulière, à bord
souvent lobé, percée de 2 à 4 trous centraux et d'un nombre variable de trous
périphériques, flèche à 2 piliers terminée par une couronne épineuse légèrement
creusée enécuelle APPART NERNNEREARE Havelockia Pearson, 1903
Corps effilé aux extrémités. Présence de dents anales. Couronne calcaire à corps
entièrement fragmenté, les radiales étant prolongées par de longues queues faites
de nombreuses petites pièces. Spicules : tourelles à base de forme très variable,
jamais vraiment carrée, à bord ondulé, exceptionnellement très déchiqueté . F
De dal ea ee ee En 0 eee Thyone Oken,
Spicules : boutons noduleux 33
Spicules : boutons lisses ou absence de vrais boutons, mais ellipses fenestrées
simples, qui, vues de profil, simulent une calotte fenestrée; rosette dans les podia,
les tentacules, se transformant en pseudo-tourelles dans l'introvert :
NE ENS ES RUN ENS Tong Le LES ROSES, Hemithyone Pawson, 63
Spicules : boutons ovoïdes à 4 trous et 12 nodules périphériques, pourvus d'un
arceau central sur les deux faces. 5 dents anales ......... Stolus Selenka, 1867
Spicules : boutons sans arceau central, ellipses fenestrées simples; pas de rosettes
Source : MNHN. Pa
12
34.
35"
36.
57
38.
392
40.
41.
GUSTAVE CHERBONNIER
dans les podia, les tentacules; tourelles dans les podia ..... Parathyone nov.gen.
Couronne calcaire à pièces compactes, sans queue; 20 tentacules en un seul cercle.
Spicules : corps ronds, lisses, à 2-4 perforations, devenant irréguliers, pseudo-bâ-
tonnets et plaques ornées de 1 à 4 nodules centraux .....................
Hbc to non ation oo ne Cucumella Ludwig et Heding, 1935
Couronne calcaire à radiales et, spi interradiales prolongées par des queues de
longueur variable 35
Couronne calcaire faite entièrement d'une mosaïque de petites pièces; radiales et
interradiales avec de longues queues. Spicules : tourelles à 2 piliers terminés habi-
tuellement par 2 à 4 courtes pointes, plaquettes irrégulières simulant parfois des
TOSCUES ER SNA ARE CRE Neothyonidium Deichmann, 1938
Couronne calcaire non entièrement mosaïquée, à radiales prolongées par des
queues moyennes à longues, faites de quelques gros morceaux ........... 36
Spicules : absence de tourelles dans le tégument..................... 37
Spicules : présence de tourelles ou de pseudo-tourelles dans tout ou partie du tégu-
MOT AUS MO O S Dee HER DO AD date é ou MR ICE SULE ETS RES 38
Spicules : courts bâtonnets à fortes épines médianes et terminales; corpuscules cré-
pus mûriformes dans le tégument, absents dans les tentacules, ceux-ci répartis en
deux cerclest(i0 HS) APR ra Ohshimella Heding et Panning, 1954
Spicules : lentilles bi-convexes épaisses, percées de trous très enfoncés séparés par
de petites aspérités en forme de pyramide triangulaire; bâtonnets à extrémités
lobées dans l'introvert, uniquement des bâtonnets dans les tentacules, ceux-ci
répartis en deux cercles (10 +5)............ Afrocucumis Deichmann, 1944
SPICUIES : PIÉSCNCE JO OUT NES MEME ne nelle selle 39
Spicules : présence de pseudo-tourelles à base creusée en écuelles, pourvue de
longues épines latérales et centrales, ou bâtonnets courts, épais, spinuleux; corpus-
cules crépus dans le tégument et les tentacules répartis en deux cercles (15 + 5)...
Reese nd Au AE Phyllophorus (Urodemella) Deichmann, 1944
Spicules : présence de tourelles uniquement dans le tégument anal; petites plaques
arrondies, à bord lisse, ondulé ou partiellement dentelé; corpuscules crépus non
mûriformes présents aussi dans les tentacules, ceux-ci répartis en deux cercles (15
+ 5) a daan ten mr cpeere en pipe an apres 20 Globosita Cherbonnier, 1958
Spicules : dans tout le tégument, tourelles à base ondulée, sans épines latérales ou
centrales, ou tourelles très rares ou absentes ........................ 40
Quinze tentacules .
Vingt à vingt-cinq tentacules ..
Couronne calcaire à radiales entières, hautes et étroites, prolongées par deux assez
courtes queues mais non unies à des interradiales lancéolées à base légèrement
fourchue. Spicules : tourelles à base multiperforée pourvue parfois d'un arceau
sous-jacent, à flèche à 4 (6) piliers coiffée d'une large couronne peu à très irrégu-
lière; corpuscules crépus uniquement dans les tentacules . ................
SUR MR GO ARE Lo Le Re Phyllophorus (Phyllonovus) nov. s/gen.
Couronne calcaire à radiales prolongées par de longues queues, interradiales faites
de plusieurs gros morceaux. Spicules : tourelles ou rares plaques lisses, quelques
bâtonnets dans les podia et les tentacules, corpuscules crépus dans les tentacules,
l'introvert et le tégument anal .......... Thyonidiella Heding et Panning, 1954
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 13
42*, Vingt tentacules en 3 cercles ................................. 43
— Vingt-cinq tentacules en 2 cercles (15 + 10). Couronne calcaire forte et compacte,
radiales à queues faites de quelques gros morceaux, interradiales à base non divi-
sée. Spicules : tourelles à base ondulée, à flèche à 4 piliers terminée par une étroite
couronne peu épineuse; petites plaquettes peu épaisses, lisses ou portant un arceau
ou une pointe centraux; rosettes dans le tégument, nombreux corpuscules crépus
existant également dans les tentacules .. . . Selenkiella Heding et Panning, 1954
43. Couronne calcaire à radiales pourvues de queues faites de quelques morceaux, à
ovules perforés; dans l'introvert, vraies tourelles à flèche terminée par un gros
buisson épineux .
44. Tentacules pinnés ou digités. Spicules : ancres et plaques anchorales . ...... 45
_—" Tentacules pelto-digités. Spicules : roues, jamais d'ancres ni de plaques anchorales
3 ds 51
45. Tentacules pinnés ......................................... 46
_— Tentacules digités. Spicules : ancres à bras denticulés, grandes plaques anchorales
subcirculaires percées de très nombreux trous denticulés, à base partiellement cou-
verte d'un épais réseau calcaire. .... ......... Protankyra Dstergren, 1898
46. Spicules : ancres à bras lisses, non dentelés, à vertex orné de minuscules nodules .
47
— Spicules : ancres à bras dentelé, à vertex sans nodules. .
47. Spicules : base des ancres fortement découpée et épineuse. .
— Spicules : base des ancres simplement épineuse. . ü
48. Spicules : plaques anchorales à partie principale séparée de la partie inférieure par
un étranglement plus ou moins fort; bâtonnets des tentacules lisses. Très nombreux
canaux hydrophores et nombreuses vésicules de Poli....................
ae bu ÉD bb 0 one PES RATE elonte Opheodesoma Fisher, 1907
— Spicules : plaques anchorales à partie principale non séparée de la partie inférieure
par un fort étranglement; bâtonnets des tentacules très rugueux. Ün canal hydro-
phore mais également très nombreuses vésicules de Poli .Euapta Qstergren, 1898
49. Spicules : ancres et plaques anchorales de très grande taille, ancres pouvant attein-
dre 980 mm de long, plaques rectangulaires ayant jusqu'à 700 pimm de large et
percées de très nombreux trous lisses; pas de bâtonnets dans les tentacules mais de
nombreuses rosettes que l'on retrouve dans le péristome et dans le tégument ..
Synapta Eschscholtz, 1829
— Spicules : ancres et plaques n'atteignant jamais une très grande taille, ayant, au
maximum, les ancres 420 mm de long, ies plaques 350 jimm de large, celles-ci
ï- des et à trous dentelés, et munies d'un pont surplombant la base . .........
Synaptula Drsted, 1849
50. Douze à treize tentacules à 4-6 paires de digitations. Spicules : plaques anchorales
* Voir Addenda, page 279.
Source : MNHN. Paris
14
51:
52°
D
GUSTAVE CHERBONNIER
Dix à douze tentacules à 3-5 paires de digitations. Spicules : plaques anchorales de
la partie orale grandes, à bord peu ou pas dentelé, les ancres correspondantes
larges et courtes; plaques de la région médiane bien plus petites et irrégulières, à
bord parfois dentelé, les ancres correspondantes longues et étroites: plaques de la
partie postérieure très petites, irrégulières, plus ou moins dentelées, les ancres
correspondantes le plus souvent assez longues et à bras étroits très incurvés .….
Spicules : roues non localisées dans de petites verrues; présence de corps sigmoï-
RÉ TE NE ANNE TS Trochodota Ludwig, 1892
Spicules : roues localisées dans de petites verrues, pas de corps sigmoïdes .. 52
Dix-huit tentacules. Urnes ciliées en grappes sur les mésentères. Spicules : dans le
tégument, roues accompagnées de bâtonnets à extrémités lisses ou légèrement
noduleuses, bâtonnets très grands et extrêmement rugueux dans le tronc des tenta-
cules, plus courts et presque lisses
ORDRE ASPIDOCHIROTIDA
FAMILLE HOLOTHURIIDAE
Genre ACTINOPYGA Bronn, 1860
CLE DES ESPECES MALGACHES
Seize tentacules. Podia ventraux en 8 à 12 rangs serrés sur les radius, également
nombreux sur les interradius. Nombreuses papilles dorsales, accompagnées de
quelques petits podia dispersés sur le bivium. Spicules : petits bâtonnets à bord
lisse ou ondulé, nombreux dans le tégument ventral, rares dans le tégument dorsal;
grands bâtonnets à bord déchiqueté, à surface lisse, rarement épineuse; en plus
dans le tégument dorsal, grandes plaques percées ou non de trous dentés
A. bannwarthi Panning
2
Vingt-cinq tentacules. Podia très nombreux et serrés sur l'ensemble du trivium,
bien moins nombreux et dispersés sur le bivium. Spicules : corps ronds, biscuits,
bâtonnets épineux, pseudo-plaques à bord dentelé dans le tégument ventral; pas de
Corps ronds mais présence de rosettes et de bâtonnets à bord dentelé dans le tégu-
ment dorsal k . À. mauritiana (Quoy et Gaimard)
3
Présence de tubes de Cuvier …
Pas de tubes de Cuvier ......
Podia ventraux et dorsaux répartis sur les radius et les interradius. Spicules : bä-
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 15
en forme de X..... tr sihnr sutalern even prnelt A. obesa (Selenka)
— Uniquement des papilles sur le bivium. Spicules : bâtonnets, nombreuses rosettes,
les deux formes bien plus grandes dans le tégument dorsal... À. crassa Panning
5. Anus entouré d'un grand cône plus clair que le reste du corps; podia ventraux peu
nombreux disposés en 5 à 6 rangs sur chaque radius, podia dorsaux peu nom-
breux, répartis sans ordre sur le bivium. Spicules : uniquement des rosettes .
RAT CAO A LAIC DEze A. lecanora (Jaeger)
s clair que le reste du corps. ......... 6
a
Podia ventraux alignés selon les radius . ... 3 à 5 ; E on7.
— Podia ventraux très nombreux sur les radius et les interradius. Spicules :
bâtonnets, petites rosettes, les deux formes plus grandes et différentes dans le
tégument dorsal $ A. serratidens Pearson
7... Podia dorsaux répartis en 8 à 10 rangs sur chaque radius, également nombreux sur
les interradius, accompagnés de quelques papilles. Spicules : petites rosettes,
bâtonnets, grandes plaques cruciformes dans le tégument ventral; rosettes plus
grandes et plus compliquées, prenant la forme de bâtonnets caractéristiques de
l'espèce, dans le tégument dorsal ................... A. plebeja (Selenka)
— Podia dorsaux dispersés sans ordre sur les radius et sur les interradius ...... 8
8. Spicules : épais bâtonnets non troués, à bord plus ou moins festonné, petites
plaques dans le tégument ventral; pas de bâtonnets mais grandes rosettes et
pseudo-plaques dans le tégument dorsal ............... À. bacilla nov.sp.
— Spicules : minces bâtonnets souvent troués, à bord non festonné, petites rosettes
dans le tégument ventral; grandes rosettes compliquées et pseudo-bâtonnets à
extrémités élargies en ramifications pointues ........... A. echinites (Jaeger)
Actinopyga bannwarthi Panning, 1944
(Fig. 1, A-K)
Actinopyga serratidens bannwarthi Panning, 1944 : 53, fig. 22.
Actinopyga bannwarthi - CHERBONNIER, 1955b : 136, pl. 36, fig. k-v.
Mülleria lecanora - VANEY, 1905 : 4. Non À. lecanora (Jaeger).
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Andilana, Navetsy), Cherbonnier coll.,
1959 : 2 ex.; Fort-Dauphin, Crosnier coll., 1960 : 1ex.
Les trois spécimens, très contractés, très plissés, à tégument de 4 à 5 mm d'épais-
seur, mesurent l'un 120 mm de long sur 55 mm de large, les deux autres 110 mm sur
60 mm. La bouche est ventrale, l'anus terminal armé de cinq fortes dents calcaires. La
face dorsale est bombée, la face ventrale aplatie. La couleur, brun foncé sur le dos, un
peu plus claire sur le ventre, est conservée en alcool.
Par suite de la forte contraction du corps, il est difficile de distinguer la répartition
des podia ventraux; ceux-ci semblent répartis sur cinq à six rangs sur les radius
latéraux, sur huit rangs sur le radius médian, avec de nombreux podia intermédiaires;
ces podia sont gros, courts, cylindriques, avec une large ventouse et un énorme disque
calcaire de 690 à 710 lim de diamètre; ils sont de même couleur que le tégument, mais
leur ventouse est marron très clair.
Source : MNHN. Paris
16 GUSTAVE CHERBONNIER
La face dorsale est uniformément couverte de nombreuses et courtes papilles
coniques, parmi lesquelles on trouve quelques podia à petite ventouse et disque calcaire
de 210 à 230 lim de diamètre; ces papilles et ces podia sont tous brun très foncé.
Seize très gros tentacules noirâtres. Couronne calcaire à larges radiales, à courtes
interradiales à sommet tronqué (fig. 1, I). Ampoules tentaculaires longues de 5 à 6
cm.Une vésicule de Poli piriforme de 4 cm. Un court canal hydrophore à petit madré-
porite sphérique. Gonade faite de très nombreux, fins et courts tubes blanchâtres.
Muscles longitudinaux très larges, bifides, à bords un peu ourlés. Poumons extrême-
ment développés et très feuillus, remontant jusqu'à la couronne calcaire. Intestin
contenant un sable coquillier grossier. Pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Dans le tégument ventral, c- trouve de nombreux bâtonnets simples
Gig. 1, À) ou à bord fortement dentelé, à surface le plus souvent lisse, rarement épineu-
se (fig. 1, C); il s'y mélange de nombreuses plaques plus ou moins cruciformes (fig. 1,
D), se transformant en petites plaques à perforations dentées (fig. 1, F).
Dans le tégument dorsal, les bâtonnets simples (fig. 1, A) sont très rares. En
revanche, il y a de nombreux bâtonnets à bords dentés et à surface parfois un peu
épineuse (fig. 1, C-D), accompagnés de pseudo-plaques (fig. 1, E), de grandes plaques
cruciformes très dentelées (fig. 1, G), et de corps cruciformes à longues expansions
latérales pointues (fig. 1, K).
Les rares bâtonnets des podia ventraux (fig. 2, H) et des papilles dorsales (fig. 1,
J) sont lisses, avec un ou deux trous à chaque extrémité. Les courts bâtonnets de la
couronne des tentacules sont peu épineux alors que ceux du tronc, très nombreux,
caractéristiques de l'espèce, sont longs, massifs, à bord finement denticulé et à extré-
mité très épineuse (fig. 1, B).
ECOLOGIE. — À. bannwarthi a été récoltée parmi les blocs, à la limite du tombant
corallien de la plage de Navetsy, et en dragage, à Fort-Dauphin, par 15 m, sur fond
sableux.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Djibouti, Madagascar.
Actinopyga mauritiana (Quoy et Gaimard, 1833)
(Fig. 2, À-M)
Holothuria mauritiana Quoy et Gaimard, 1833 : 138. - LUDWIG, 1882 : 134. - LAMBERT, 1896 : 59.
Mülleria mauritiana - BRANDT, 1835 : 74. - SEMPER, 1868 : 76. - SELENKA, 1867 : 315.
Actinopyga mauritiana - BELL, 1887 : 633, pl. 39, fig. 1. - H.L. CLARK, 1921 : 188. - PANNING, 1929
: 128, fig. 11 (synonymie). - BOONE, 1938 : 181, fig. 11. - PANNING, 1944 : 55, fig. 23-24
(synonymie). - CHERBONNIER, 1952 : 41, fig. 16; 1955 : 139. - DOMANTAY, 1962 : 94, fig. 15
a-e. - CLARK et Spencer DAVIES, 1966 : 600, 603. - CLARK et ROWE, 1971 : 176, pl. 27, fig. 3.
- ROWE et DOTY, 1977 : 228, fig. 2f, pl. 6 (d). - TORTONESE, 1980 : 104.
MATERIEL — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka), Millot coll., 1956 : 1 ex.
Pichon coll., 1963 : 1 ex.; Navetsy, Cherbonnier coll, 1959 : 1 ex.; Nosy Faniki,
Humes et Fourmanoir coll., 1955 : 1 ex.; flot Tanikely, Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.;
Fig. 1 — Actinopyga bannwarthi Panning. À : bâtonnets du tégument ventral; B : bâtonnets des
tentacules; C, D : plaques du tégument ventral; E, F, G, K : plaques du tégument dorsal; H : bâtonnets
des podia ventraux; I: couronne calcaire: J : bâtonnets des podia dorsaux.
1= éch. 1;B, K = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
18 GUSTAVE CHERBONNIER
îles Mitsio, Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.; Fort-Dauphin, Crosnier coll., 1960 : 3 ex:
Tuléar, Galenon, Peyrot-Clausade et Thomassin coll., 1972 : 37 ex., Rabesandratana
coll., 1986 : 2 ex.; Madagascar (sans autre précision), Douillet, coll., 1892 : 2 ex.
Audouin coll., 1898 : 1 ex., Geay coll., 1906 : 1 ex., Bastard coll., 1909 : 1 ex., Decary
coll., 1938 : 5 ex.
Comores : Grande Comore (Itsandra), Anthony coll., 1972 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Bouchet coll., 1977 : 1 ex.
Tous les spécimens sont très contractés; leur tégument, très épais et lisse, atteint
parfois 10 mm d'épaisseur. La longueur des animaux en alcool est comprise entre 6 et 20
mm, leur taille est de près du double dans leur milieu naturel. Leur coloration est très
variable; la face ventrale, généralement marron très clair à marron foncé, tachetée de
nombreuses plages blanchâtres, est couverte d'un très grand nombre de courts et gros
podia serrés, blanchâtres à jaunâtres, répartis à la fois sur les radius et sur les interradius,
à ventouse soutenue par un disque calcaire de 400 à 600 um de diamètre; la face dorsale,
marron foncé à presque noire, a des podia bien moins nombreux, peu serrés, bruns, éga-
lement répartis sur les radius et sur les interradius, à disque calcaire de 300 à 350 11m de
diamètre. Par suite de leur couleur et du nombre différent de podia, la face ventrale se
différencie très nettement de la face dorsale.
Vingt-cinq tentacules marron foncé à noirâtres, courts et très gros, entourés à leur
base d'une large collerette de nombreuses et longues papilles. Couronne calcaire très
épaisse, à interradiales à sommet triangulaire, à larges radiales à peine plus hautes que les
interradiales (fig. 2, H). Courtes ampoules tentaculaires. Une vésicule de Poli de 20 à 30
Him de long. Un, souvent trois à quatre canaux hydrophores dont l'un est quatre à cinq
fois plus grand que les autres; ils sont tous terminés par un gros madréporite ovoïde,
lisse. Muscles longitudinaux larges, épais, bifides. Gonade formée de très longs tubes
minces, plusieurs fois ramifiés. Poumons atteignant environ la moitié de la longueur du
Corps, portant tout du long de nombreuses touffes de courtes vésicules. Réseau admirable
très développé. Intestin contenant, suivant les lieux de récolte, du sable vaseux, du sable
pur ou mélangé de graviers et de débris de coquilles. Petit cloaque. Anus armé de cinq
fortes dents radiaires.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral se composent de corpuscules ronds,
ovoïdes ou en forme de biscuits (fig. 2, A), de bâtonnets le plus souvent finement
épineux (fig. 2, B), ainsi que de pseudo-plaques à bord dentelé. Le péristome renferme
de court bâtonnets à extrémités épineuses (fig. 2,F).
Le tégument dorsal est complètement dépourvu de spicules ronds, ovoïdes ou en
forme de biscuit; ils sont remplacés par des rosettes assez simples (fig. 2, C), plus
compliquées à la base des podia (fig. 2, D), et par des bâtonnets à bord dentelé (fig. 2,
E).
Les podia ont des bâtonnets un peu épineux, à bord lisse ou fortement déchiqueté
(fig. 2, G, I), ainsi que de grandes rosettes (ig. 2, J), pouvant prendre vaguement la
forme de petites plaques allongées (fig. 2, M).
Les bâtonnets des tentacules, petits et peu épineux dans la couronne (fig. 2, K),
deviennent grands et couverts de fines aspérités dans le tronc. (fig. 2, L).
ÉCOLOGIE. — A. mauritiana a été récoltée dans les herbiers de Nosy Bé, sous les
blocsbasaltiques de l'ile Mitsio, dans les dunes hydrauliques et les levées détritiques de
Tuléar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Espèce commune dans tout l'océan Indien ainsi
que dans l'océan Pacifique.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 19
Fig. 2. - Actinopyga mauritiana (Quoy et Gaimard) . A : ovules et biscuits du tégument central; B :
bâtonnets du tégument ventral, C : rosettes du tégument dorsal; D : rosettes des podia dorsaux; E :
bâtonnets du tégument dorsal: F : bâtonnets du péristome; G, I :bâtonnets des papilles dorsales; H :
couronne calcaire; J : rosettes des papilles dorsales; K : petit bâtonnet des tentacules; L, grands bâtonnets
des tentacules; M, pseudo-rosettes des papilles dorsales.
H = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
20 GUSTAVE CHERBONNIER
Actinopyga obesa (Selenka, 1867)
(Fig. 3, AK)
Mülleria obesa Selenka, 1867 : 312.
Actinopyga_obesa - FISHER, 1907 : 647, pl. 67, fig. 8. - CHANG, 1934 : 7, fig. 2, pl. 1, fig. 3. -
DOMANTAY, 1936 : 54, pl. 4, fig. 2. - CLARK et ROWE, 1971 : 176.
Holothuria (Actinopyga) obesa - PANNING, 1929 : 129, fig. 13.
Actinopyga obesa obesa - PANNING, 1944 : 56, fig. 25.
Holothuria rugosa Saville-Kent, 1890 : 5 (non H. rugosa Ludwig).
MATERIEL. — Comores : Ile Mayotte, Bouchet coll., 1977 : 1 ex.
L'unique exemplaire, très contracté, de couleur brun noirâtre, mesure 150 mm de
long sur 100 mm de large. Son tégument, épais de 4 à 5 mm, est lisse mais d'aspect gra-
nuleux. Bouche ventrale, anus terminal. Les podia ventraux, très nombreux, sont courts,
minces, terminés par une ventouse soutenue par un disque calcaire de 300 à 400 lim de
diamètre; par suite de la forte contraction du corps, il est difficile de dire s'ils s'alignent
ou non sur les radius. Les podia dorsaux, moins nombreux et très espacés, courts, termi-
nés par une ventouse soutenue par un disque calcaire de 200 à 220 11m de diamètre, sem-
blent répartis à la fois sur les radius et sur les interradius.
Vingt tentacules courts et épais. Couronne calcaire massive, à larges radiales, à inter-
radiales à court sommet triangulaire (fig. 3, K). Ampoules tentaculaires mesurant au
moins 60 mm de long. Un court canal hydrophore muni d'un madréporite cylindrique
(fig. 3, J). Une vésicule de Poli de 50 mm de long. Muscles longitudinaux larges,bifides.
Gonade faite de nombreux tubes simples, fins. Poumons très feuillus, atteignant presque
la longueur du corps. Présence de tubes de Cuvier. Anus armé de cinq très fortes dents
blanches.
Spicules . — Les spicules des téguments ventral et dorsal sont identiques. Ce sont
des bâtonnets à bord ondulé, lisses ou munis d'aspérités (fig. 3, À, B, D, F), perforés
parfois aux extrémités (fig. 7, E) ou en forme de X (fig. 3, C). La paroi des podia, aussi
bien ventraux que dorsaux, est surtout soutenue par des bâtonnets simples (fig. 3, A),
mais aussi par de très rares bâtonnets fourchus (fig. 3, H). Les bâtonnets des tentacules,
très épineux, sont droits (fig. 3, G) ou courbes Gig. 3,1).
ECOLOGIE. — À. obesa a été récoltée dans la passe M'Zamboro, par 18 m de pro-
fondeur, sur la pente externe peu structurée à grandes allées sableuses et pâtés coralliens.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Ile Mayotte, îles Philippines et Hawaii.
Actinopyga lecanora (Jaeger, 1833)
(Fig. 4, A-1)
Mülleria lecanora Tacger, 1833 : 18, pl. 2, fig. 2, 2b, pl. 3, fig. 8.- SEMPER, 1868 : 75, pl. 30, fig. 7,
pl. 35, fig. 2.
Actinopyga lecanora - PEARSON, 1914 : 182, pl. 29, fig. 9. - H. L. CLARK, 1921 : 156, 158, 188;
1938 : 538; 1946 : 441. - PANNING, 1941 : 1 fig. 1-2; 1944 : 46, fig. 14-15. - CLARK ct ROWE,
1971 : 176, pl. 27, fig. 2.
Holothuria (Actinopyga) lecanora - PANNING, 1929 : 127, fig. 9 (synonymic).
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 21
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Antafianambitry), Cherbon-
nier coll., 1960 : 2 ex., (Ambariobé), Millot coll., 1959 : 1 ex.; Tuléar, Thomassin coll.,
1972, 1 ex.
1 105cm 2iisritiss,t0Opm Bi un à à à à à + : OOwn
Fig. 3. — Actinopyga obesa (Selenka). A-F : bâtonnets du tégument; H : bâtonnet des podia; G, I :
bâtonnets des tentacules; J : canal hydrophore: K : couronne calcaire.
J,K = éch. 1; G, I : éch. 2; A-F, H = éch. 3.
22 GUSTAVE CHERBONNIER
Les spécimens mesurent entre 10 et 20 cm de long; leur dos est bombé, leur ventre
un peu aplati. La face ventrale est jaune, le dos jaune foncé à Terre de Sienne, parcouru
par des marbrures brun chocolat isolées ou se réunissant en larges plaques à contours
irréguliers; l'anus est entouré, sur une hauteur de 10 à 15 mm, d'une aire gris clair tran-
chant nettement avec la couleur du reste du corps et caractéristique de l'espèce.
Les podia ventraux sont longs, minces, cylindriques, à ventouse marron et disque
calcaire de 400 à 480 lim de diamètre; ils sont répartis en 5 à 6 rangs sur chaque radius.
Les podia dorsaux sont très petits, coniques, peu nombreux, répartis sans ordre sur tout
le bivium, et possèdent un petit disque calcaire de 100 à 120 1m de diamètre,
Vingt tentacules marron clair. Couronne calcaire à très larges radiales faiblement
sculptées, à étroites interradiales (fig. 4, I). Courtes ampoules tentaculaires. Une vésicule
de Poli. Un très court canal hydrophore à gros madréporite sphérique. Gonade faite de
tubes très fins, simples ou ramifiés. Poumons très feuillus remontant jusqu'à la couronne
calcaire. Muscles longitudinaux minces, larges, à bords légèrement ourlés. Pas de tubes
de Cuvier. Anus armé de 5 fortes dents calcaires.
Spicules . — Les rosettes du tégument ventral sont très petites, simples (fig. 4, A),
Où un peu plus grandes et festonnées (fig. 4, E); celles du tégument dorsal, nettement
différentes, plus allongées (fig. 4, B, D), prennent souvent la forme d'un X de grande
taille par rapport aux autres rosettes (fig. 4, C). La paroi des podia ventraux renferme des
rosettes identiques à celles du tégument ventral; celle des podia dorsaux a des bâtonnets
lisses ou épineux (fig. 4, F), ainsi que de grandes plaques (fig. 4, G). Les bâtonnets des
tentacules sont épineux aux extrémités (fig. 4, H).
ECOLOGIE. — À. lecanora a été récoltée, à Nosy Be, dans les levées détritiques,
parmi les débris d'Acropora et autres coraux pourris recouverts d'algues; à Tuléar, dans
un herbier du grand récif.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Côte des Somalis, côte est d'Afrique, Madagas-
car, îles Mascareignes, Ceylan, Baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Australie, îles
Philippines, Chine, Japon, Nouvelle-Guinée.
Actinopyga serratidens Pearson, 1903
(Fig. 5, A-J)
Aclinopyga serratidens Pearson, 1903 : 199, pl. 3, fig. 36-41; 1914 : 179, pl. 29, fig. 5. - MORTENSEN,
1937 : 56, fig. 452, 46, pl. 13, fig. 1-3. - PANNING, 1929 : 126, fig. 7. - HEDING, 1940b : 322,
fig- 1-16. - CHERBONNIER, 1955b : 138, pl. 26, fig. a. - DOMANTAY, 1953 : 121. - CLARK el
ROVWE, 1971 : 176.
Actinopyga serratidens serratidens - PANNING, 1944 : 53, fig. 21
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Antafianambitry, pointe Lokobé), Cherbon-
nier coll., 1959-1960 : 2 ex.
Le plus grand exemplaire, à dos légèrement bombé et face ventrale aplatie, mesure
180 mm de long sur 50 à 55 mm de large; le tégument, épais de 3 à 4 mm, est fortement
plissé. L'animal est uniformément brun chocolat, presque noir, avec des podia ventraux à
ventouse marron clair, des podia dorsaux marron foncé. Bouche ventrale, anus terminal
armé de 5 fortes dents calcaires. L'autre exemplaire, en assez mauvais état, a une lon-
gueur de 70 mm et est entièrement marron clair.
Les podia ventraux, très nombreux, sont répartis indifféremment sur tout le trivium ;
ils sont longs, cylindriques, à large ventouse et disque calcaire de 540 à 580 Him de dia-
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 23
mètre. Les podia dorsaux, identiques aux ventraux mais moins nombreux, envahissent
tout le bivium; leur petite ventouse est soutenue par un disque calcaire de 290 à 310 im
de diamètre.
Vingt tentacules à tige jaune et couronne marron. Couronne calcaire à larges radiales
et interradiales étroites (fig. 5, J). Courtes ampoules tentaculaires. Une longue vésicule de
Poli piriforme. Un court canal hydrophore logé dans le mésentère dorsal, terminé par un
petit madréporite sphérique. Muscles longitudinaux larges, minces, bifides, à bords
Fig. 4. — Actinopyga lecanora (Jacger). À, E : rosettes du tégument ventral; B-D : rosettes du tégument
dorsal: F : bâtonnets des papilles dorsales: G : plaques des papilles dorsales; H : bâtonnets des tentacules;
1: couronne calcaire.
1= éch. 1: F, G, H = éch. 2; A-E = éch 3.
Source : MNHN. Paris
24 GUSTAVE CHERBONNIER
libres. Gonade faite de nombreux tubes jaunes longs, biramifiés. Poumons extrêmement
feuillus, remontant jusqu'à la couronne calcaire. Pas de tubes de Cuvier. Vaste cloaque.
Spicules . — Dans le tégument ventral, on trouve de courts bâtonnets de formes
diverses (fig. 5, A), ainsi que de petites rosettes (fig. 5, B). Les bâtonnets du tégument
dorsal sont plus longs, plus compliqués (fig. 5, F), les rosettes bien plus grandes et de
forme très différente (fig. 5, G); à ces spicules s'ajoutent de très nombreuses plaques
vaguement cruciformes, armées de longues épines pointues (fig. 5, H), et des plaques
plus massives, nettement cruciformes ou étirées (fig. 5, D.
La paroi des podia ventraux, en plus des bâtonnets et des rosettes ci-dessus cités,
renferme de rares ou courts bâtonnets (fig. 5, C), alors que les bâtonnets des podia dor-
saux, plus longs et plus épineux, sont souvent ornés de gros nodules à chaque extrémité
(fig. 5, D).
Les bâtonnets du tronc des tentacules sont très longs et très finement épineux, ceux
de la couronne ne portant que quelques épines (fig. 5, E).
ECOLOGIE. — À. serratidens a été récoltée parmi les blocs de coraux morts couverts
d'algues et découvrant aux grandes marées.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Madagascar, îles Mascareignes,
Ceylan, golfe du Bengale, Indonésie, îles Philippines.
Actinopyga crassa Panning, 1944
(Fig. 6, A-O)
Actinopyga crassa Panning, 1944 : 51, fig. 19. - CHERBONNIER, 1955b : 137, pl. 27. - CHERBONNIER
et FERAL, 1984 a : 664, fig. 3.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be, Cherbonnier coll., 1959 : 1 ex.; Nosy Iranja,
Cherbonnier coll., 1959 : 1 ex.; Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 : 2 ex.
Les trois exemplaires, fortement plissés, mesurent, celui de Nosy Be 62 mm de long
sur 35 mm de large, les deux autres seulement 35 mm de long sur 20 mm de large, La
face dorsale, bombée et fortement mamelonnée, est séparée de la face ventrale, aplatie,
par un épais bourrelet. Bouche ventrale, anus terminal armé de cinq fortes dents calcaires.
Tégument lisse, épais de 2 à 4 mm, uniformément blanc jaunâtre en alcool. Les podia
ventraux courts, cylindriques, à ventouse soutenue par un disque calcaire de 380 à 400
Hm de diamètre, sont alignés en six rangs sur les radius, les interradius n'ayant que
quelques podia dispersés. Les papilles dorsales, coniques, courtes, sans disque calcaire,
sont réparties, très espacées, sur tout le bivium.
Vingt petits tentacules jaune paille. Couronne calcaire à larges radiales faiblement
sculptées, à interradiales à peu près deux fois plus courtes que Îes radiales (fig. 6, O).
Courtes ampoules tentaculaires. Une vésicule de Poli faite d'un long tube filiforme
terminé par une grosse ampoule. Un court canal hydrophore muni d'un gros madréporite
sphérique. Muscles longitudinaux simples, larges et plats. Gonade faite de quelques gros
tubes biramifiés. Poumons très feuillus ne remontant que jusque vers le milieu du corps.
Intestin rempli de sable corallien mélangé à des graviers. Assez grand cloaque. Présence
de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules caractéristiques du tégument ventral sont des bâtonnets
droits ou arqués (fig. 6, A); parmi eux, de nombreuses rosettes (fig. 6, B) prennent
souvent la forme de petits bâtonnets (fig. 6, C). Les spicules du tégument dorsal sont de
courts bâtonnets à bord plus ou moins festonné (fig. 6, D), ou atteignant une taille deux
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 25
2h Oum su ñ MOOm
Fig. 5. — Actinopyga serratidens Pearson. A : pseudo-bâtonnets du tégument ventral; B : rosettes du
tégument ventral; C : bâtonnets des podia ventraux; D : bâtonnets des podia dorsaux; E : bâtonnets des
tentacules: F : pseudo-bâtonnets du tégument dorsal; G : rosettes du tégument dorsal; H, I : plaques du
tégument dorsal; J : couronne calcaire.
3 = éch. 1; E = éch. 2, autres figures = éch. 3.
fois plus grande (fig. 6, K). Les rosettes, très nombreuses, sont bien plus grandes que
celles de la face ventrale (fig. 6, E, F, I, L), ou prennent la forme de corpuscules crépus
(fig. 6, G).
La paroi des podia et des papilles renferme des rosettes identiques à celles du
tégument correspondant, accompagnés, chez les podia, de rares et courts bâtonnets (fig.
6, J), chez les papilles, de quelques bâtonnets légèrement épineux (fig. 6, H). Les
bâtonnets de la couronne tentaculaire sont courts et peu épineux (fig. 6, M), ceux du tronc
des tentacules longs et à extrémités finement épineuse (fig. 6, N).
Source : MNHN. Paris
GUSTAVE CHERBONNIER
10 mm
2 oowm
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 27
ECOLOGIE. — À. crassa a été récoltée dans les levées détritiques.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique (île Querimba),
Madagascar, Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie.
a ie
Dhs sites t00pm
SC à à doom
A + 5 0pm
Fig. 7. — Actinopyga plebeja (Selenka). A, E : rosettes du tégument ventral; B, D, F : bâtonnets du
tégument ventral; C : plaque du tégument ventral; E : rosette du tégument ventral; G, H : rosettes du
tégument dorsal; I : plaques du tégument dorsal; J : bâtonnets des tentacules; K : bâtonnets des podia
ventraux; L : couronne calcaire; M : bâtonnets des podia dorsaux.
L = éch. 1; J = éch. 2; I, K, M = éch. 3; A-H = éch. 4.
<— Fig. 6. — Actinopyga crassa Panning. À, C : bâtonnets du tégument ventral; B, F : rosettes du
tégument ventral; D, K : bâtonnets du tégument dorsal; E : spicules branchus du tégument dorsal; G, I :
rosettes du tégument dorsal; H : bâtonnet des podia dorsaux; J : bâtonnet des podia ventraux; L : plaquette
du tégument dorsal; M, N : bâtonnets des tentacules; O : couronne calcaire.
O = éch. 1; autres figures = éch. 2
Source : MNHN. Paris
28 GUSTAVE CHERBONNIER
Actinopyga plebeja (Selenka, 1867)
(Fig. 7, AM)
Mülleria plebeja Selenka, 1867 : 312.
Actinopyga echinites plebeja - PANNING, 1944 : 50, fig. 18.
Actinopyga plebeja - CLARK et ROWE, 1971 : 176.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambaro, Ambatoloaka, Andilana, Mahatsin-
jo, Navetsy, Nosy Tangam), Cherbonnier coll., 1959 : 8 ex.; flot Tanikely (près Nosy
Be), Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.; îles Mitsio, Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.; Tuléar,
Thomassin coll., 1969, 3 ex., Rabesandratana coll., 1986 : 2 ex.
Les exemplaires, tous fortement contractés, à face dorsale légèrement bombée et face
ventrale aplatie, mesurent entre 35 et 350 mm de long sur 20 à 100 mm de large. Le
tégument est mince et lisse. Dans leur milieu, la couleur des animaux est assez variable;
ceux d'Ambatoloaka sont jaunâtres avec des traces de bandes transversales marron sur le
dos, des podia ventraux marron foncé et des podia ventraux marron clair; ceux de
Navetsy ont le ventre gris foncé, le dos gris avec de nombreuses lignes transversales
noirâtres, des podia ventraux jaunes et des podia dorsaux Terre de Sienne; les autres
spécimens sont intermédiaires entre ces deux colorations.
Les podia ventraux gros, courts, cylindriques, ont leur ventouse soutenue par un
disque calcaire de 300 à 320 Hm de diamètre; ils se disposent, chez le petit spécimen de
35 mm, en deux rangs serrés sur les radius avec quelques podia interradiaires, chez les
grands spécimens, en six à huit rangs sur les radius avec des podia interradiaires assez
nombreux.
Les podia dorsaux, plus minces que les ventraux, ont une petite ventouse à disque
calcaire de 230 à 240 lim de diamètre; comme les podia ventraux, ils se disposent en huit
à dix rangs serrés sur les radius, mais ils sont extrêmement nombreux sur les interradius
où ils sont mélangés à de petites papilles.
L'anus est armé de cinq fortes dents coniques.
Vingt courts tentacules marron clair. Petite couronne calcaire à larges radiales, à
interradiales étroites (fig. 7, L). Très longues ampoules tentaculaires. Un très court canal
hydrophore terminé par un gros madréporite sphérique, méandriforme. Une longue
vésicule de Poli cylindrique. Gonade faite de tubes simples longs et minces. Muscles
longitudinaux peu larges, bifides, épaissis en bourrelet. Poumons très feuillus remontant
jusqu'à la couronne calcaire. Intestin rempli de sable coquillier plus ou moins grossier.
Grand cloaque. Pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral se composent de rosettes assez
simples (fig. 7, A, E), de nombreux bâtonnets droits ou courbes (fig. 7, B) pouvant
atteindre une grande taille (fig. 7, D, F), de grandes plaques cruciformes (fig. 7, C), ainsi
que des plaques dont les ramifications se terminent par de courtes épines (fig. 7, I),
plaques qui existent aussi dans le tégument dorsal.
Les rosettes du tégument dorsal, généralement plus compliquées que celles du
tégument ventral (fig. 7, G), peuvent devenir plus longues et prendre une forme en
bâtonnet caractéristique de l'espèce (fig. 7, H).
Les bâtonnets des podia ventraux sont petits, lisses, pourvus souvent d'une
apophyse centrale (fig. 7, K); ceux des podia dorsaux, nettement différents, plus grands,
ont leur bord dentelé et une surface surtout épineuse à leurs extrémités (fig. 7, M). Les
bâtonnets des tentacules, peu nombreux, petits dans les lobes, très grands dans le tronc,
sont également peu à très épineux (fig. 7, J).
OBSERVATIONS. — À. plebeja est très proche de A. miliaris (Quoy et Gaimard)
dont elle ne se sépare que par la forme de certains spicules, notamment ceux de la figure
H, si bien qu'on pourrait la considérer comme une forme locale de l'espèce de Quoy et
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 29
Gaimard.
ECOLOGIE. — A Nosy Be, À. plebeja vit dans la zone détritique découvrant à marée
basse, parmi les débris d'Acropora et d'autres coraux pourris, les blocs couverts d'al-
gues vertes et d'ascidies roses; aux îles Mitsio, entre les blocs basaltiques; à Tuléar, dans
les herbiers du grand récif.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Zanzibar, île Querimba, Madagas-
car, île Maurice.
Actinopyga bacilla nov. sp.
(Fig. 8, A-R)
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Navetsy), Cherbonnier coll., 1959 : 2 ex.
(Holotype n° 2952, paratype n° 2951).
L'holotype et le paratype, dans leur milieu, ont le dos gris clair parcouru par de très
nombreuses bandes transversales irrégulières, étroites, gris foncé à noirâtres; le ventre est
entièrement gris clair; les podia, jaunâtres, ont leur ventouse Terre de Sienne cerclée de
brun. En alcool, les animaux sont devenus uniformément gris. Le dos est bombé alors
que la face ventrale est un peu aplatie. Bouche ventrale non entourée d'un cercle de papil-
les à la base des tentacules. Anus armé de cinq fortes dents calcaires tronconiques, chacu-
ne d'elles surplombée de deux petites papilles. L'holotype mesure 180 mm de long sur 40
mm de large, le paratype, 130 mm sur 35 mm. Leur tégument est peu épais, très plissé, si
bien qu'il semble couvert de petites verrues qui n'existent pas sur l'animal vivant.
Les podia ventraux, très nombreux et serrés, s'alignent sur huit rangs sur les radius
latéraux, sur douze rangs sur le radius médian; ils sont longs, assez minces, cylindriques,
avec une large ventouse et un disque calcaire de 500 à 540 11m de diamètre, il n'y a pas de
podia interradiaires.
Les podia dorsaux, très dispersés sur tout le bivium, semblent, pour certains, sortir
d'une petite verrucosité; ils sont courts, avec une ventouse soutenue par un disque calcai-
re de 200 à 220 Jim de diamètre.
Vingt gros tentacules marron foncé. Couronne calcaire à très larges radiales munies
postérieurement d'un nodule central proéminent, à interradiales étroites (fig. 8, R). Lon-
gues ampoules tentaculaires. Une grosse vésicule de Poli en forme d'outre. Un court ca-
nal hydrophore terminé par un gros madréporite en chou-fleur. Gonade faite de très longs
tubes fins, une à deux fois ramifiés. Muscles longitudinaux larges, bifides, à bords épais-
sis en bourrelet. Très longs poumons richement ramifiés. Intestin rempli de sable coquil-
lier grossier et de vase noire. Grand cloaque de 40 mm. Pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral sont des mélanges de bâtonnets, de
rosettes et de petites plaques de formes diverses. Les bâtonnets, très nombreux, sont
courts, larges, non perforés, à bord ondulé (fig. 8, A), plus longs et plus minces, à bord
peu ondulé (fig. 8, B), ou portant des tétons très prononcés (fig. 8, C). Les rosettes sont
assez simples (fig. 8, F), certaines en forme de petites plaques portant, parfois, un faible
épaississement longitudinal central (fig. 8, G).
Il n'y a pas de bâtonnets dans le tégument dorsal où les rosettes sont plus grandes et
plus compliquées que celles du tégument ventral (fig. 8, K); ces rosettes prennent souvent
une forme allongée, à bord festonné (fig. 8, L); d'autres, plus compliquées, parfois cruci-
formes, peuvent avoir également un faible épaississement longitudinal central (fig. 8, P).
Dans les deux téguments, on trouve des plaques armées de dents triangulaires
(fig.8, H, I), de grands bâtonnets (fig. 8, J, N), et des plaques peu épineuses, parfois
Source : MNHN. Paris
30 GUSTAVE CHERBONNIER
cruciformes (fig. 8, E, M).
Les bâtonnets des podia sont lisses, à bord ondulé ou festonné (fig. 8, D), ou à bord
fortement denticulé et à surface épineuse (fig. 8, Q); ceux des tentacules sont fortement
épineux, surtout aux extrémités (fig. 8, O).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente des affinités avec À. echinites
(Jaeger), dont la coloration, la forme de la couronne calcaire sont nettement différentes,
Fig. 8. — Actinopyga bacilla nov. sp. À, B, C : bâtonnets du tégument ventral; D : bâtonnets des podia
ventraux; E : plaque du tégument ventral; F : rosettes du tégument ventral; G : pseudo-rosettes du
tégument ventral; H : spicules des téguments ventral et dorsal; 1 : spicules du tégument dorsal; K, P :
rosettes du tégument dorsal; J, L : bâtonnets du tégument dorsal; M : plaque du tégument dorsal; N :
pseudo-bâtonnet du tégument dorsal; O : bâtonnets de tentacules: Q : bâtonnets des podia dorsaux; R :
couronne calcaire.
R = éch. 1;0 = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 31
qui n'a ni les bâtonnets caractéristiques du tégument ventral ni les rosettes dorsales, les
plaques cruciformes épineuses et les bâtonnets des podia debacilla . Elle se rapproche
aussi de À. serratidens Pearson et de A.bannwarthi Panning par quelques spicules du
tégument ventral.
ECOLOGIE. — À. bacilla a été récoltée dans un herbier découvrant à marée basse.
Actinopyga echinites (Jaeger, 1833)
(Fig. 9, A-P)
Mülleria echinites Jaeger, 1833 : 17, pl. 3, fig. 6. — LUDWIG, 1899 : 557.
Actinopyga echinites - SAVILLE-KENT, 1893 : 236. — DOMANTAY, 1933 : 53, pl. 4, fig. 5. —
CHERBONNIER, 1955b : 136, pl. 25. — ROWE, 1969 : 131, fig. 3. — CLARK et ROWE, 1971 :
176, pl. 27, fig. 1. — ROWE et DOTY, 1977 : 228, fig. 2 e, pl. 6 c. — TORTONESE, 1980 : 104.
Holothuria (Actinopyga) echinites - PANNING, 1929 : 129, fig. 12 (synonymie).
Actinopyga echinites echinites - PANNING, 1944 : 48, fig. 17 (synonymie).
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Navetsy), Fourmanoir et Humes coll, 1965 :
1 ex., (Ambatoloaka, Andilana), Cherbonnier coll., 1959 : 3 ex.; flot Tanikely (près
Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 2 ex.; Tuléar, Thomassin coll., 1965, 1972, 1977 :
28 ex; Geay coll., 1905 : 1 ex.; baie de Saint-Augustin, Bastard coll, 1909, 1 ex.;
ForsDanphine Decary coll., 1932 : 1 ex; île Sainte-Marie (Ambatoroa), Randioby coll.,
1959 : 1 ex.
Les exemplaires, très contractés, mesurent entre 65 et 250 mm de long sur 30 à 50
mm de large; la bouche est ventrale, l'anus terminal entouré de cinq fortes dents calcaires
triangulaires très épaisses. Le dos est marron foncé, le ventre très légèrement plus clair.
Les podia sont répartis sur 12 à 15 rangs sur le radius ventral médian, sur 5 à 6 rangs sur
les radius latéraux; il existe également quelques podia dispersés sur les interradius; ces
podia sont courts, cylindriques, terminés par une large ventouse brune soutenue par un
disque calcaire de 300 à 350 1m de diamètre. Les podia dorsaux, bien moins nombreux
que les ventraux, se répartissent à la fois sur les radius et les interradius; de même couleur
que les podia ventraux, ils sont plus fins, avec une ventouse soutenue par un disque
calcaire de 250 à 270 pim de diamètre. Le tégument est peu épais, lisse, très plissé.
Vingt gros tentacules bruns. Couronne calcaire à larges radiales, à interradiales
terminées antérieurement par une courte pointe triangulaire (fig. 9, P). Ampoule
tentaculaire de longueur variable, allant de 20 à 35 mm. Une vésicule de Poli de 12 à 15
mm de long. Un à trois canaux hydrophores. Gonade faite de longs tubes ramifiés
bourrés d'oeufs chez quelques spécimens. Intestin contenant du sable vasard assez
grossier. Poumons très feuillus atteignant la longueur du corps. Muscles longitudinaux
larges, bifides. Petit cloaque. Pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral se composent de petites rosettes de
formes diverses (fig. 9, A-E), de bâtonnets plus ou moins perforés aux extrémités et
aussi sur une partie de leur surface (fig. 9, B, C), ainsi que de peu nombreuses pseudo-
plaquettes (fig. 9, D, F). Les spicules du tégument dorsal se composent de corpuscules
(fig. 9, A, B) et de rosettes nettement différentes de celles du tégument ventral, plus
grandes, à expansions latérales plus nombreuses (fig. 9, J, K) ou à extrémités
triangulaires pointues (fig. 9, M), parfois en forme de X (fig. 9, L); des spicules, sortes
de bâtonnets à extrémités très élargies et pouvues de ramifications pointues, sont
caractéristiques de l'espèce (fig. 9, O).
La paroi des podia ventraux est soutenue par quelques bâtonnets droits, à extrémités
Source : MNHN. Paris
32 GUSTAVE CHERBONNIER
parfois légèrement épineuses (fig. 9, G), ainsi que par des rosettes (fig. 9, À, B); ces
rosettes se retrouvent dans la paroi des podia dorsaux dont les bâtonnets (fig. 9, G) sont
totalement absents.
Les bâtonnets du tronc des tentacules, généralement de grande taille, droits (fig. 9,
H) ou courbes (fig. 9, N), sont très Épineux, Surtout aux extrémités; ceux de la couronné
sont très courts (fig. 9, I).
ECOLOGIE. — 4. echinites a été récoltée dans les levées détritiques, dans des
herbiers à Cymodocea ciliata et à Cymodocea rotundata .
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Espèce commune dans tout l'océan Indien,
depuis la mer Rouge, la côte est d'Afrique, les îles Mascareignes, Madagascar, jusqu'au
nord de l'Australie, les îles Philippines, les côtes de Chine et du Japon.
Genre BOHADSCHIA Jaeger, 1833
CLE DES ESPECES MALGACHES
Face dorsale brune, ornée de grandes taches circulaires marron très clair; face
ventrale uniformément jaune à marron très clair. Podia ventraux et dorsaux dispersés
Sur les radius et sur les interradius. Spicules : ovules pleins ou perforés, biscuits,
rosettes dans le tégument ventral; uniquement des rosettes nettement différentes dans
le tégument dorsal -...B. argus Jaeger
2
fo)
Pas comme ci-dessus
— Face dorsale marron plus ou moins foncé, sillonnée de larges bandes brunes à
noirâtres; ventre blanc laiteux à marron clair. Podia ventraux et dorsaux dispersés
Sur les radius et sur les interradius. Un cercle de podia à la base des tentacules, cinq
our de l'anus. Spicules : ovules, pseudo-plaquettes
dans le tégument ventral; uniquement des rosettes dans le tégument dorsal . ......
B. marmorata Jaeger
D)
Face ventrale d'une couleur uniforme
— Face ventrale de couleur brique, parsemée de larges plaques jaune clair: face dorsale
uniformément jaunâtre. Podia ventraux et dorsaux peu nombreux, dispersés, très
espacés, sur les radius et sur les interradius. Spicules : ovules pleins ou perforés,
pseudo-rosettes dans le tégument ventral: pas d'ovules, uniquement des rosettes
différentes dans le tégument dorsal . .............. . B. mitsioensis nov. sp.
4. Face dorsale couverte de papilles. Podia ventraux plus nombreux sur les radius que
sur les interradius. Dos brun chocolat, ventre marron clair. Spicules : ovules pleins
ou perforés, petites rosettes dans le tégument ventral; pas d'ovules mais de très
grandes rosettes dans le tégument dorsal . B. subrubra (Quoy et Gaimard)
Fig. 9. — Actinopyga echinites (Jacger). A-F : spicules du tégument ventral: G : bâtonnets des podia
ventraux; I, H, N : bâtonnets des Lentacules; J-M, O : spicules du tégument dorsal: P : couronne calcaire,
P=éch. 1; H, I, N = éch. 2; A-G, J-M, O = éch. 3.
Source : MNHN. Paris!
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 33
ES
(AUSEUN)
00m
Source : MNHN. Paris
34 GUSTAVE CHERBONNIER
—— Face dorsale couverte de podia ........................... “S
5. Base des podia ventraux et dorsaux entourée d'un cercle marron foncé à brun
tranchant nettement sur un tégument jaune; podia dispersés sur les radius et sur les
interradius. Spicules : ovules pleins, biscuits, pseudo-rosettes dans le tégument
ventral; pas d'ovules et rosettes différentes dans le tégument dorsal ............
PA PR ND ES OS ER EE EE A ARENE LIR B. vitiensis (Semper)
— odia ventraux et dorsaux non entourée d'un cercle de couleur différente de
6. Face dorsale noirâtre, face ventrale marron très foncé. Podia ventraux et dorsaux
dispersés sur les radius et sur les interradius. Spicules : ovules pleins, rarement
perforés, rosettes dans le tégument ventral; pas d'ovules, uniquement des rosettes
très différentes dans le tégument dorsal ............ B. cousteaui Cherbonnier
— Face dorsale marron, face ventrale blanche à jaunâtre.Podia ventraux plus nombreux
sur les radius que sur les interradius. Podia dorsaux dispersés sans ordre,
accompagnés de quelques grandes papilles coniques. Anus entouré de 5 groupes
radiaires de podia. Bouche entourée d'un double cercle de grandes papilles coniques
identiques à celles du tégument dorsal. Spicules : rares ovules, rosettes dans le
tégument ventral; pas d'ovules et rosettes nettement différentes dans le tégument
dorsal --B. tenuissima (Semper)
Bohadschia argus Jaeger, 1833
(Fig. 10, A-I)
Bohadschia argus Jaeger, 1833 : 19, pl. À, fig. 1, 1b.
Holothuria (Bohadschia) argus - PANNING, 1929 : 121, fig. 2 (synonymie).
Bohadschia argus - PANNING, 1944 : 36, fig, 7 (synonymie). — CLARK et ROWE, 1971 : 176, pl. 27,
fig. 6. — ROWE et DOTY, 1977 : 229, fig. 2 h, pl. 6f.
Holothuria argus - DOMANTAY, 1962 : 84, fig. 3 a-g.
Holothuria leapardus Saville-Kent, 1893 : 56, 237, pl. 34, fig. 2, pl. 12, fig. 7.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Navetsy, Nosy Tangam),
Cherbonnier coll., 1959-1960 : 5 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll.,
1960 : 1 ex.; Tuléar, Thomassin coll., 1965 : 2 ex.
Le plus petit exemplaire a une longueur de 90 mm, le plus grand de 200 mm. Leur
couleur est très caractéristique : la face ventrale est uniformément jaune à marron très clair;
la face dorsale, marron foncé à brun chocolat, est ornée de grandes taches circulaires de 3
à 5 mm de diamètre qui sont soit marron clair à bordure jaunâtre, soit entièrement jaunes;
le centre de ces taches est occupé par un petit podia de 1 à 1,5 mm de haut, à ventouse
brune; parfois, ces taches se réunissent, au nombre de 2 à 3, pour former une large aire à
contours irréguliers; elles sont plus ou moins ali gnées en rangs alternes, ou réparties sans
ordre sur tout le bivium. En alcool, les couleurs sont partiellement conservées, mais les
taches circulaires ont tendance à être de la couleur de la face dorsale et, par conséquent,
devenir peu visibles.
Tégument mince, lisse. Bouche ventrale et anus terminal, sans dents. Podia ventraux
nombreux mais non serrés, répartis sur les radius et sur les interradius, parfois plus
nombreux sur les radius; ils sont courts, cylindriques, à large ventouse gris clair et disque
calcaire de 400 à 415 Hm de diamètre. Podia dorsaux moins nombreux que les ventraux,
subconiques, à petite ventouse et disque calcaire, à larges mailles, de 220 à 230 um de
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 35
100
Fig. 10. — Bohadschia argus (Jæger). À, B : nodules du tégument ventral: C : rosettes du >
ventral; D : bâtonnets des podia ventraux; E : bâtonnets des podia dorsaux; F : bâtonnets et plaque des
tentacules; G, H : rosettes du tégument dorsal.
1= éch. 1; A-H, J-P = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
36 GUSTAVE CHERBONNIER
diamètre; ils sont répartis sans ordre sur tout le bivium.
Vingts courts tentacules bruns à noirâtres. Couronne calcaire à larges radiales
sculptées, à étroites interradiales. Très longues ampoules tentaculaires. Une énorme
vésicule de Poli de 20 à 40 mm de long. Un canal hydrophore souvent tortillé dans le
mésentère dorsal, à madréporite libre, ovale et criblé de trous. Gonade faite de longs et
gros tubes ramifiés. Muscles longitudinaux très larges, minces, à bords légèrement
ourlés. Poumons très feuillus remontant jusqu'à la couronne calcaire. Intestin contenant
un sable grossier mélangé de graviers. Cloaque marron. Très gros tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral sont de deux sortes : des nodules
pleins, ronds, en biscuits à centre étranglé, en forme de trèfle (fig. 10, A), ou plus ou
moins troués (fig. 10, B); des rosettes très simples, de formes variées (fig. 10, C).
Le tégument dorsal n'a pas de nodules mais uniquement des rosettes (ig. 10, G,
H).
Les bâtonnets des podia ventraux sont courts, imperforés (fig. 10, D); ceux des
podia dorsaux sont nettement différents, parfois en forme de X (fig. 10, E).
Dans les tentacules, on trouve des bâtonnets épineux et de grandes plaques informes
localisées dans le tronc (fig. 10, F)
ECOLOGIE. — B. argus a été récoltée sur le sable des herbiers de Nosy Be et dans
les herbiers du grand récif de Tuléar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Seychelles, Madagascar, Indonésie, nord de
l'Australie, îles Philippines, Chine, Japon, île Guam.
Bohadschia marmorata Jaeger, 1833
(Fig. 11, A-L)
Bohadschia marmorata Jaeger, 1833 : 18, pl. 3, fig. 9. — CHERBONNIER, 1955 b : 132, pl. 22, fig. a-i.
— AM. CLARK et ROWE, 1971 : 176, pl. 27, fig. 8. — ROWE et DOTY, 1977 : 229, fig. 3a, pl.
6, fig. g-h.
Holothuria (Bohadschia) marmorata - PANNING, 1929 : 120, fig. 1 (synonymie).
Bohadschia marmorata marmorata - PANNING, 1944 : 39, fig, 9-10.
Holothuria marmorata - SEMPER, 1868 : 79, pl. 80, fig. 10, pl. 35, fig. 3, pl. 36, fig. 8, pl. 37, fig.
1-4. — H.L. CLARK, 1938 : 523.
Holothuria ualensis Selenka, 1867 : 341.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Andilana, Antafianambitry, pointe Lokobé,
Nosy Tangam), Cherbonnier coll., 1959-1960 : 8 ex., (Mahatsinjo), Fourmanoir et
Humes coll., 1955 : 1 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 2 ex.;
baie de Diego-Suarez, Bouchet coll., 1977, 2 ex.; Tuléar, Thomassin coll., 1965, 1972 :
7 ex.; Madagascar, sans localité, Lantz coll., 1865 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Vergonzanne coll., 1975 : 1 ex.
Les exemplaires, dont certains sont parasités par des Eulimidés, sont de grande
taille; ils mesurent de 130 à 300 mm de long sur 50 à 80 mm de large. Leur dos est jaune
foncé, marron clair à marron foncé, sillonné par de larges bandes violacées, brunes à
noirâtres, s'étendant sur les flancs; le ventre est blanc laiteux ou marron clair avec de
larges plaques jaunâtres. Le tégument est lisse, épais de 4 à 6 mm suivant l'état de
contraction du corps.
Les podia ventraux courts, cylindriques, minces, sont pourvus d'une ventouse
brune, petite, soutenue par un disque calcaire de 300 à 320 Him de diamètre; ils sont très
nombreux et répartis sans ordre sur tout le trivium. Les podia dorsaux, identiques aux
Source : MNHN. Paris.
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 37
ventraux, avec un disque calcaire de même taille, sont moins nombreux que les ventraux
mais également disposés sur les radius et sur les interradius. Un cercle de podia entoure la
base des tentacules, et l'anus présente cinq groupes radiaires de chacun trois à quatre
podia.
Vingt tentacules gros, courts, marron clair. Couronne calcaire massive, à larges
radiales, à interradiales triangulaires antérieurement (fig. 11, L). Très courtes ampoules
Peer an ir 1 OOun GR PE EN 50 1777
Fig. 11.— Bohadschia marmorata Jaeger. A-E : spicules du tégument ventral; F : spicules du tégument
dorsal; G, I, J, K : bâtonnets et plaques des podia; H : bâtonnet de tentacules; L : couronne calcaire.
L: éch. 1; H = éch. 3; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
38 GUSTAVE CHERBONNIER
tentaculaires. Une vésicule de Poli de 4 à 5 cm de long. Un très court canal hydrophore
terminé par un madréporite cylindrique. Muscles longitudinaux très larges, épais, à bords
ourlés. Gonade faite de très nombreux tubes minces et longs, simples. Poumons très
gros, longs, très touffus. Tubes de Cuvier présents. Intestin contenant du sable plus ou
moins vaseux. Grand cloaque noir. Anus sans dents.
Spicules . — Les spicules du trivium et du bivium sont très nettement différents.
Ceux du tégument ventral se composent d'ovules non perforés, de tailles et de formes
diverses (fig. 11, A, D), perforés (fig. 11, B), de corpuscules parfois vaguement
cruciformes (fig. 11, E) ou de pseudo-plaquettes (fig. 11, C). Ceux du tégument dorsal
sont des rosettes ressemblant à des corpuscules crépus (fig. 11,F).
La paroi des podia, aussi bien ventraux que dorsaux, est soutenue principalement
par des plaquettes (fig. 11, G, K), des spicules de forme variable (fig. 11, J), et de rares
bâtonnets à bord ondulé (fig. 11, D).
Les bâtonnets des tentacules sont longs, non percés, épineux aux extrémités (fig.
11, H).
ECOLOGIE. — A Nosy Be et à l'ilot Tanikely, B. marmorata a été récoltée sur les
plages de sable fin et dans Îes herbiers à Cymodocea ciliata et Cymodocea rotundata ; à
Tuléar, sur le grand récif et dans les herbiers.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Espèce commune depuis la mer Rouge, la côte
est d'Afrique jusqu'à celles de l'Australie, des îles Philippines, de Chine et du Japon, très
répandue également dans l'océan Pacifique.
Bohadschia mitsioensis nov. sp.
(Fig. 12, A-H)
MATERIEL. — Ile Mitsio, Crosnier coll., 1960 : 2 ex (Holotype n° 3545, paratype n°
3546).
L'holotype atteint une longueur de 170 mm, une largeur de 60 mm. Son tégument
est mince, lisse, sa bouche et son anus terminaux. En alcool, la face ventrale est de
couleur brique, parsemée de larges plaques jaune clair réparties sans ordre; la face dorsale
est uniformément gris jaunâtre. Les podia ventraux sont courts, cylindriques, ténus, à
ventouse soutenue par un disque calcaire de 320 à 340 lim de diamètre; ils sont répartis
sans ordre sur tout le trivium, assez espacés les uns des autres; on en dénombre 30 à 35
par cm2. Les podia dorsaux, très petits, minces, tronconiques, ont une ventouse soutenue
par un disque calcaire de 170 à 180 11m de diamètre; comme les ventraux, ils sont dis-
persés sur tout le bivium au nombre de 18 à 20 par cm2.
Vingt petits tentacules rougeîtres. Couronne calcaire à larges radiales et étroites
interradiales (fig. 12, D). Ampoules tentaculaires de longueur moyenne. Une vésicule de
Poli en forme d'outre. Un canal hydrophore terminé par un petit madréporite sphérique.
Muscles longitudinaux très larges, à bords ourlés. Gonade formée de très longs tubes
fins, plusieurs fois ramifiés. Enormes poumons très feuillus. Nombreux tubes de Cuvier,
gros, courts, blanc laiteux.
Spicules. — Le tégument ventral possède uniquement des nodules pleins (fig. 12,A)
ou perforés (fig. 12, B), dont certains ressemblent à de pseudo-rosettes. Les podia ven-
traux ont d'assez nombreux bâtonnets de formes très variées (fig. 12, C).
On rencontre, dans le tégument dorsal, des rosettes assez simples (fig. 12, G), mais
aucun spicule semblable à ceux du tégument ventral. Les bâtonnets des podia dorsaux,
très peu nombreux, sont nettement différents de ceux des podia ventraux (fig. 12, E).
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 39
Fig. 12. — Bohadschia mitsioensis nov. sp. À, B : nodules du tégument ventral; C : bâtonnets des podia
ventraux; D : couronne calcaire; E : bâtonnets des podia dorsaux; F, H : bâtonnets des tentacules; G :
rosettes du tégument dorsal.
D = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
40 GUSTAVE CHERBONNIER
Les bâtonnets du Sommet des tentacules sont courts, à peine épineux (fig. 12,P),
alors que ceux du tronc sont très grands et toujours assez fortement épineux.
par une face dorsale grise, légèrement violacée, une face ventrale de couleur brique avec
des taches plus claires peu apparentes.
OBSERVATIONS. — C'est avec beaucoup d'hésitation que je crée cette nouvelle
espèce de Bohadschia . Elle diffère de toutes celles décrites ici par une couleur très
caractéristique, une répartion originale des podia, une couronne calcaire particulière et des
spicules un peu différents.
ECOLOGIE. — Les deux spécimens de cette nouvelle espèce ont été capturés en
chalutage, sur la côte nord-ouest des îles Mitsio, l'holotype par 40m de profondeur, le
Paratype par 30m, tous les deux sur un fond de sable gris, fin.
Bohadschia subrubra (Quoy et Gaimard, 1833)
(Fig. 13, AK)
Holothuria subrubra Quoy et Gaimard, 1833 : 136. — HOFFMANN, 1874 : 55,
Bohadschia subrubra - CHERBONNIER, 1952 : 36, fig. 14.
MATERIEL. — Comores : île Mayotte, Bouchet coll., 1977 : 1 ex.
L'unique spécimen, de grande taille, mesure 220 mm de long sur 80 mm de large; sa
face dorsale est bombé ; Sa face ventrale légèrement aplatie. Le dos, de couleur brun
nombreux, sont petits, cylindriques, minces, à ventouse noirâtre et à disque calcaire de
dépourvu de dents calcaires, n'est pas entouré de groupes radiaires de podia.
Vingt tentacules 810$ et courts. Couronne calcaire à très larges radiales, à inter-
radiales à sommet triangulaire court et Peu prononcé (fig. 13, K). Longues ampoules
Très nombreux tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral se composent de petits nodules pleins
(fig. 13, A) ou plus ou moins perforés (fig. 13, B), ainsi que de rosettes de taille variable
Fig. 13. — Bohadschia subrubra (Quoy et Gaimard). A-D : nodules et rosettes du tégument ventral: E :
rosettes du tégument dorsal; F : bâtonnets des Podia ventraux; G : bâtonnets des tentacules; H, 1, J : bâ-
tonnets des podia dorsaux; K : couronne calcaire.
K = éch. 1; J = éch. 2; G = éch. 3; H,1= éch. 4; A-F = éch5.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 41
Source : MNHN. Paris
42 GUSTAVE CHERBONNIER
les unes plus petites et assez simples (fig. 13, D), d'autres plus grandes et plus ramifiées
(fig. 13, C).
OBSERVATIONS. — Bien que la face ventrale de mon spécimen ne soit, en alcool,
pas blanche mais marron clair, je pense que par son dos brun parsemé de taches noirâtres,
ainsi que par la forme de ses spicules identiques à ceux de l'holotype, il appartient bien à
l'espèce de Quoy et Gaimard.
ECOLOGIE. — B. subrubra a été récoltée à l'île Mayotte, sur la pente externe du
récif frangeant de la pointe nord de l'île Pamanzi (12°452S -45°16'7 E) sur des pâtés
Coralliens parsemés sur le sable, par 8m de profondeur.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Ile Mayotte, île Maurice.
Bohadschia vitiensis (Semper, 1868)
(Fig. 14, A-I)
Holothuria vitiensis Semper, 1868 : 80, 247, pl. 30 fig. 12. — PEARSON, 1913 : 57, pl. 7, fig. 6.
(2) YAMANOUTTI, 1939 : 615, pl. 1, fig. 2-3.
Bohadschia vitiensis - PEARSON, 1914 : 170.
Bohadschia marmorata vitiensis - PANNING, 1944 : 40, fig. 11.
(® Holothuria clemiens Ludwig, 1875 : 107, pl. 7, fig. 49.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Pointe Lokobé, Navetsy, Nosy Tangam),
Cherbonnier coll., 1959 : 3 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 1
ex.; Tuléar, Thomassin coll, 1963, 1965 : 3 ex; île Sainte-Marie (ile aux Nattes), Maugé
coll., 1962 : 1 ex.
couverte de podia nombreux mais non serrés qui, rétractés pour la plupart, apparaissent
comme de petits cercles marron foncé à centre jaunâtre; en réalité, ils sont minces, courts,
Fig. 14. — Bohadschia vitiensis (Semper). — A, B : nodules et rosettes du tégument ventral; C :
bâtonnets du tégument ventral; D : rosettes du tégument dorsal; E : bâtonnet du tégument dorsal; F :
bâtonnets des tentacules; G, H : bâtonnets des podia ventraux; I : couronne calcaire.
I = éch. 1; A-H = éch. 2.
Source : MNHN. Paris:
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 43
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ue (pr GARD Re sept nr ire © Leroy)
Source : MNHN. Paris
44 GUSTAVE CHERBONNIER
à tige marron clair, à ventouse jaunâtre soutenue par un disque calcaire de 280 à 320 Um
de diamètre, à base largement cerclée de marron foncé. La face dorsale, jaune foncée, est
uniquement par un tégument bien plus foncé mais couvert de podia identiques, quant à
leur forme et leur couleur, à ceux des autres exemplaires.
Vingt petits tentacules jaunes ou grisâtres. Couronne calcaire à larges radiales et
interradiales étroites (fig. 14, I). Longues ampoules tentaculaires. Un court canal
longitudinaux larges, plats, à bords ourlés. Poumons assez feuillus, remontant jusqu'à la
Couronne calcaire. Nombreux tubes de Cuvier blanc laiteux. Vaste cloaque marron clair.
ie ï 8&ument ventral sont des nodules pleins, ovoïdes ou
en forme de biscuit à centre étranglé (fig. 14, A), accompagnés de pseudo-rosettes peu
compliquées (fig. 14, B). Ceux du tégument dorsal sont des rosettes nettement différentes
des pseudo-rosettes ventrales (fig. 14, D), accompagnées de quelques bâtonnets (fig. 14,
E).
La paroi des podia ventraux est soutenue par de très rares bâtonnets à bords
dentelés, surtout par de nombreux bâtonnets assez courts et de formes diverses (fig. 14,
G) ou nettement plus longs (fig. 14, H), bâtonnets que l'on retrouve, mais en petit
nombre, dans les podia dorsaux. Les bâtonnets des tentacules, droits ou légèrement
courbes, sont finement épineux (fig. 14, 1H)
OBSERVATIONS. — Cette espèce est caractérisée Par Ses podia à base cerclée de
marron foncé.
ECOLOGIE. — À Nosy Be et à l'ilot Tanikely, B. vitiensis vit dans les herbiers
découvrant aux grandes marées, à Tuléar, dans les dunes hydrauliques et les herbiers à
Halophila decipiens .
REPARTION GEOGRAPHIQUE. — Madag
Indonésie, Nouvelle-Calédonie, îles Samoa et Fi
Scar, baie du Bengale, île Nicobar,
i.
Bohadschia cousteaui Cherbonnier, 1954
(Fig. 15, A-K)
Bohadschia cousteaui Cherbonnier, 1954a : 252; 1955b : 133, Pl. 23, fig. a-k; 1963 : 5; 1967 : 55.
MATERIEL. — Madagascar : flot Tanikely, Fourmanoir et Humes coll, 1955 : 1 ex.;
Tuléar, Thomassin coll., 1965 : 1 ex.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 45
Fig. 15. — Bohadschia cousteaui Cherbonnier. A, B : nodules et rosettes du tégument ventral; C, D :
rosettes du tégument dorsal; E : bâtonnets des podia ventraux; F : plaque en X du tégument dorsal; G :
bâtonnets des podia dorsaux; H, I, J : bâtonnets des tentacules; K : couronne calcaire.
K = éch. 1; H-J = éch. 2; E-G = éch. 3; A-D = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
46 GUSTAVE CHERBONNIER
L'anus est dépourvu d'un cercle de papilles.
Vingt tentacules courts et gros, marron foncé. Couronne calcaire très calcifiée, à lar-
ges radiales et courtes et étroites interradiales (fig. 15, K). Ampoules tentaculaires d'une
longueur de 30 mm. Une vésicule de Poli de 18 mm et un canal hydrophore de 2 mm ter-
miné par un madréporite cylindrique de 4 mm. Gonade faite de très nombreux tubes
simples, jaune clair. Muscles longitudinaux simples, très gros. Poumons très feuillus
remontant jusqu'à la couronne calcaire. Nombreux tubes de Cuvier brunâtres. Grand
cloaque blanchâtre marbré de marron clair.
Spicules . — Dans le tégument ventral se trouvent de très nombreux corps sphéri-
ques ou en forme de biscuits, généralement imperforés, rarement percés de 1 à 3 trous
minuscules (fig. 15, A) ainsi que de petites rosettes peu compliquées, à branches assez
épaisses (fig. 15, B). Les parois pédieuses sont renforcées par de courts bâtonnets peu
épais (fig. 15, E).
Les spicules du tégument dorsal se composent uniquement de rosettes, à l'exclusion
des corps sphériques ou en forme de biscuits; quelques-unes de ces rosettes sont sembla-
bles à celles du tégument ventral (fig. 15, C), mais leur grande majorité sont bien plus
grandes, plus délicates, à nombreuses ramifications (fig. 15, D). Il existe aussi des pla-
quettes en forme de X (fig. 15, F), souvent localisées près du sommet des podia dont la
tige renferme de forts bâtonnets imperforés (fig. 15, G). Les bâtonnets des tentacules, de
formes très diverses, sont épineux (fig. 15, H, I, J).
Le spécimen de Tanikely, bien moins contracté, mesure 140 mm de long sur 70 mm
de large; de même couleur que le spécimen précédent, il n'en diffère que par des podia
ventraux et dorsaux bien plus clairs, parfois translucides.
ECOLOGIE. — A Tuléar, B. cousteaui a été récoltée dans une dune hydraulique du
grand récif, en bordure du lagon.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Madagascar.
Bohadschia tenuissima (Semper, 1868)
(Fig. 16, A-I)
Holothuria tenuissima Semper, 1868 : 85, 248, pl. 30, fig. 20.
Bohadschia marmorata tenuissima - PANNING, 1944 : 42.
Bohadschia tenuissima - CHERBONNIER, 1955a, 135, pl. 22, fig. j-s; 1963 : 5; 1984 : 675.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Navetsy, Nosy Tangam),
Cherbonnier coll. 1959-1960, 6 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll.,
1960 : 1 ex; Tuléar, Thomassin coll., 1965, 1972 : 5 ex.
Les spécimens, à dos bombé et ventre aplati, à bouche ventrale et anus terminal,
avaient, vivants, le dos marron uni ou parsemé de quelques taches légèrement plus fon-
cées, les flancs plus clairs, le ventre blanc à jaunâtre. Leur taille est comprise entre 12 et
25 cm de long sur 4 à 6 cm de large.
Fig. 16. — Bohadschia tenuissima (Semper). A, B : nodules et rosettes du tégument ventral; C : pla-
quettes caractéristiques du tégument ventral; D : rosettes du tégument dorsal; E, G : bâtonnets des podia
dorsaux; F : bâtonnets des tentacules; H : bâtonnets des podia ventraux; I : couronne calcaire.
1= éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
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48 GUSTAVE CHERBONNIER
La face ventrale est couverte de longs et gros podia cylindriques, jaune foncé à mar-
ron clair, à base non entourée d'un cercle brun, à large ventouse et disque calcaire de 420
à 440 im de diamètre; ils sont plus nombreux et plus serrés sur les radius que sur les
interradius. Les podia dorsaux, translucides à jaunâtres, répartis sur tout le bivium, moins
nombreux et moins serrés que les podia ventraux, sont plus fins que ceux-ci, pourvus
d'une ventouse soutenue par un disque calcaire de 310 à 330 1m de diamètre; parmi eux,
on note la présence de quelques papilles coniques 2 à 3 fois plus longues.
Chez le spécimen de la plage d'Ambatoloaka, de 135 mm de long et 60 mm de large,
la bouche est entourée d'un double cercle de longues papilles semblables aux grandes
papilles dorsales; l'anus, sans dents, est orné de 5 groupes radiaires de chacun 6 à 8 peti-
tes papilles juchées sur une assez grosse verrue. De tels détails ne sont pas visibles sur les
autres spécimens très contractés et à tentacules invaginés.
L'anatomie interne de tous les exemplaires, dont certains sont partiellement éviscé-
rés, est identique. Vingt longs et gros tentacules gris foncé. Couronne calcaire très calci-
fiée, à très larges radiales, à courtes interradiales (fig. 16, I). Grosses et courtes ampoules
tentaculaires. Deux vésicules de Poli dont, chez un exemplaire, une longue piriforme et
une petite digitiforme. Un minuscule canal hydrophore à madréporite sphérique. Larges
muscles longitudinaux à bords ourlés. Poumons très feuillus remontant jusqu'à la cou-
ronne calcaire et portant, à leur base, de très longs tubes de Cuvier. Gonade faite d'une
touffe de tubes fins, longs, non ramifiés. Intestin rempli de sable gris. Le tégument inter-
ne est souvent ponctué de petites taches noires. Vaste cloaque marron clair à jaunâtre.
Spicules. — Le tégument ventral possède essentiellement de petites rosettes (fig. 16,
B), dont certaines semblent caractéristiques de l'espèce (fig. 16, C); parmi elles, on note
la présence d'ovules peu nombreux et de formes variées (fig. 16, A); ces nodules n'exis-
tent pas dans le tégument dorsal dont les rosettes sont nettement différentes de celles du
tégument ventral (fig. 16, D). La paroi des podia ventraux est soutenue par des bâtonnets
à extrémités perforées, ainsi que par des bâtonnets un peu épineux (fig. 16, H); celle des
podia dorsaux possède de longs bâtonnets légèrement épineux, d'autres à extrémités
ramifiées (fig. 16, G), ainsi que d'assez nombreux corpuscules cruciformes (fig. 16, E).
Le tronc des tentacules a de longs bâtonnets épineux, le disque de courts bâtonnets lisses
(fig. 16,F).
OBSERVATIONS. — Par leur coloration, la répartition des podia ventraux, l'absence
d'un cercle brun à la base des podia, mes exemplaires diffèrent sensiblement de B. vitien-
sis , mais correspondent bien aux descriptions de Semper et de Panning. Je n'ai pas tenu
compte des origines des animaux déterminés comme B. tenuissima par Ludwig (1882),
Sluiter (1888), Pearson (1903), Koehler et Vaney (1908), leurs descriptions étant sujettes
à caution par leur brièveté.
ECOLOGIE. — A Nosy Be, B. tenuissima vit parmi les débris de coraux morts des
levées détritiques, les blocs couverts d'algues vertes, les herbiers découvrant aux grandes
marées; à l'ilot Tanikely, sur le sable des herbiers; à Tuléar, sur les dunes hydrauliques et
parmi les herbiers du grand récif.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Madagascar, îles Philippines, îles
Samoa.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 49
Genre PEARSONOTHURIA Levin et al., 1984
Une seule espèce de ce genre est présente à Madagascar.
Pearsonothuria gräffei (Semper, 1868)
(Fig. 17, A-F)
Holothuria gräffei Semper, 1868 : 78, pl. 30, fig. 9.
Bohaschia graeffei - PANNING, 1929 : 124, fig. 5 (synonymic), 1944 : 44, fig. 13. — TORTONESE,
1953 : 39, fig. 3. — CLARK et SPENCER DAVIES, 1966 : 600. — CLARK et ROWE, 1971 : 176,
pl. 27, fig. 7. — ROWE et DOTY, 1977 : 229, fig. a, 8, pl. 6 e. — CHERBONNIER et FERAL,
1984a : 669, fig. 6.
Pearsonothuria graeffei - LEVIN et al, 1984 : 33-38, fig. 1-2.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Lokobe, Nosy Tangam), Cherbonnier coll.,
1960 : 3 ex; Tuléar, J.M. Pérès coll., 1962 : 1 ex, Thomassin coll., 1972 : 1 ex.
Comores : île Mayotte, Bouchet coll., 1973 : 1 ex.
Les six exemplaires, à peu près de même taille, mesurent de 18 à 20 cm de long sur
4 à 5 cm de large: leur dos est légèrement bombé, leur face ventrale un peu aplatie. La
bouche est ventrale, l'anus terminal. Le tégument est épais de 4 à 6 mm. Les tentacules
ont une hampe noire, un disque gris souris, un péristome blanc nacré. La face dorsale,
gris jaunâtre, est couverte de très nombreuses petites taches brunes lui donnant un aspect
moucheté; les papilles, marron clair sur les trois-quarts de leur longueur, se terminent par
une pointe blanche et sont souvent entourées d'un large cercle brun chocolat. La face ven-
trale, fondamentalement gris jaunâtre, porte des podia gris annelés de marron foncé, à
ventouse gris foncé.
Les podia du trivium, très gros, longs, cylindriques, avec une large ventouse soute-
nue par un disque calcaire de 220 à 240 11m de diamètre, sont d'abord bisériés aux
extrémités pour s'aligner ensuite sur quatre à cinq rangs serrés sur le radius médian, sur
deux rangs aussi serrés sur les radius latéraux. Les papilles dorsales sont petites,
coniques, sans ventouse ni disque calcaire; peu nombreuses et espacées, elles s'alignent
sur 10 à 12 rangs longitudinaux plus ou moins nets.
L'un des exemplaires de Nosy Be possède 20 tentacules, deux autres 22, celui de
Nosy Tangam 25 dont deux ventraux très petits. Couronne calcaire massive, à
interradiales impossibles à distinguer des radiales; toutes les pièces finement fragmentées
chez un exemplaire (fig. 17, F), entières chez les autres. Ampoules tentaculaires de
longueur moyenne. Une très grosse vésicule de Poli. L'un des spécimens possède cinq
canaux hydrophores d'un côté du mésentère dorsal et deux de l'autre côté, les autres
spécimens deux grappes de huit à neuf canaux hydrophores; ces canaux, très courts, se
terminent par un madréporite globuleux, méandriforme. Gonade faite de très nombreux
tubes longs et simples. Poumons très feuillus, remontant jusqu'à la couronne calcaire.
Nombreux tubes de Cuvier. Anus sans dents, entouré de papilles.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral et du tégument dorsal, identiques,
sont de deux sortes : des pseudo-tourelles sans disque basal mais à partie inférieure élar-
gie, carrée ou ovoïde, percée d'un large trou central, prolongée par une flèche pointue
haute, étroite et épineuse (fig. 17 A); il s'y mêle quelques pseudo-tourelles plus hautes,
plus épineuses, surtout nombreuses dans la région anale (fig. 17, B), des rosettes qui
vont du simple bâtonnet à quelques grandes plaques vaguement cruciformes (fig. 17, C).
La paroi des podia et des papilles n'a pas de bâtonnets mais uniquement des rosettes sem-
blables à celles du tégument. Le tégument anal, en plus des rosettes et des fortes pseudo-
tourelles, possède des plaques à bord dentelé (fig. 17, E), mais on n'y trouve aucune
50 GUSTAVE CHERBONNIER
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 51
tourelle à disque basal bien constitué, à flèche à quatre piliers coiffés d'une couronne
épineuse, ni de grandes plaques épineuses. Les grands bâtonnets des tentacules ont leurs
extrémités élargies et leurs bords festonnés, ou prennent la forme de rosettes très déve-
loppées (fig. 17, D).
OBSERVATIONS. — Une autre espèce, P. drachi (Cherbonnier), de mer Rouge, est
très proche de P. gräffei par son aspect, Sa coloration et son anatomie interne; elle n'en
diffère que par sa couronne calcaire, des tourelles et des rosettes plus compliquées, et par
la présence, dans le tégument anal, de tourelles bien constituées, à flèches à quatre piliers
coiffés d'une couronne épineuse, ainsi que par de grandes plaques épineuses.
ECOLOGIE. — P. gräffei a été récoltée, à Nosy Be, entre 0 et 6 m de profondeur,
dans des herbiers; à Tuléar, dans une crique du front externe du grand récif, à l'île
Mayotte, sur le platier envahi par les Alcyonnaires.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, île Mayotte, îles Maldives,
Indonésie, îles Philippine, Guam et Fidji.
Genre LABIDODEMAS Selenka, 1867
CLE DES ESPECES MALGACHES
Labidodemas pertinax (Ludwig, 1875)
(Fig. 18, A-L)
Holothuria pertinax Ludwig, 1875 : 100, pl. 7, fig. 50. — THEEL, 1886 : 208. — SLUITER, 1888 :
186, pl. 1, fig. 1-2.
Labidodemas semperianum - ROWE, 1969 : 132, fig. 4. — CLARK et ROWE, 1971 : 176, pl. 28, fig. 12.
— PRICE, 1983 : 86, 88, fig. 45. Non Selenka, 1867.
MATERIEL. — Iles Glorieuses, Millot coll. 1958 : 1 ex; Vergonzanne coll., 1973 : 1
ex
Le plus grand spécimen mesure 80 mm de long sur 10 mm de large à la base des
tentacules: le corps s'élargit ensuite progressivement pour former, au mileu du corps, un
Fig. 17. — Pearsonothuria gräffei (Semper). À, B : pseudo-tourelles du tégument ventral; C : pseudo-
rosettes du tégument ventral; D : bâtonnets et plaques des tentacules; E : plaques du tégument anal; F :
couronne calcaire.
F= éch. 1; E = éch. 2; A-D = éch. 3.
52 GUSTAVE CHERBONNIER
renflement translucide de 25 mm de large, qui se prolonge jusque près de la partie anale
où il se rétrécit brusquement; l'autre spécimen, cylindrique, mesure 70 mm sur 10 mm.
Leur tégument est mince, très plissé, rugueux, entièrement blanc.
Une partie des tentacules, la couronne calcaire, les ampoules tentaculaires, le canal
oral et ses dépendances ont été arrachés lors de la capture; c'est ainsi que le grand spéci-
men n'a plus que 16 tentacules très petits, l'autre seulement 8. Par ailleurs, il ne reste plus
qu'une grande partie de l'intestin contenant un sable grossier et de gros débris coralliens,
un important réseau admirable, des gonades faites de longs tubes simples, blanchâtres,
bourrés d'oeufs, et des poumons très feuillus remontant jusqu'aux trois-quarts du corps.
Apparemment, pas de tubes de Cuvier. Anus sans dents.
Les podia ventraux s'alignent, sur les radius, en 2 rangs serrés; ils sont longs, cylin-
driques, assez minces, et se terminent par une ventouse soutenue par un disque calcaire à
grandes mailles, de 250 à 270 lim de diamètre; il n'y a pas de podia interradiaires. Les
podia dorsaux, peu nombreux, sont dispersés sur tout le bivium; ils sont très courts, min-
ces, coniques, et possèdent un disque calcaire à faible réseau secondaire, de 90 à 100 lim
de diamètre.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral sont des tourelles massives, à quatre
piliers, dont la base, fortement échancrée, est percée de quatre trous centraux (fig. 18, A),
accompagnés parfois de quelques trous marginaux (fig. 18, B); leur flèche, très courte, se
termine par une grande couronne à large perforation centrale (fig. 18, A, B). Vues de
1 imm
Fig. 18. — Labidodemas pertinax (Ludwig). A-D : tourelles du tégument ventral; E : bâtonnets des podia
ventraux; F : bâtonnets des podia dorsaux; G : bâtonnets des tentacules; H, I, J, L : tourelles du tégument
dorsal; K : couronne calcaire.
K = éch. 1, autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 53.
profil, ces tourelles ont un aspect très particulier (fig. 18, C, D).
Les tourelles du tégument dorsal sont plus petites (fig. 18, H); vues du dessous,
elles présentent une croix basale bien dessinée (fig. 18, I); vues de profil, elles sont plus
trapues que les ventrales, et d'aspect plus simple (fig. 18, J, L).
La paroi des podia ventraux est soutenue par des bâtonnets dont certains sont un peu
épineux (fig. 18, E); celle des podia dorsaux ont des bâtonnets un peu plus grêles (fig.
18, F). Les rares bâtonnets des tentacules sont très minces (fig. 18, G).
OBSERVATIONS. — Malgré l'absence de couronne calcaire, de l'anneau oral et de
ses dépendances, c'est sans hésitation que je rapporte les spécimens des îles Glorieuses à
l'espèce de Ludwig, tant par ses spicules semblables à ceux figurés par cet auteur, que
par son aspect morphologique. De plus, j'ai com
paré leurs spicules à ceux d'un exemplai-
re de L. pertinax , du British Musum, récolté par Gardiner, probablement aux îles Maldi-
ves, et déterminé par miss A. M. Clark; ils sont absolument identiques.
Des deux autres espèces de l'océan Indien du genre Labidodemas , L. semperianum
dont la couronne calcaire est similaire à celle de
L.pertinax , a des tourelles dont la flèche
se termine par une Croix de Malte à très longues ‘branches, l'ensemble dépassant souvent
1e diamètre de la base. La couronne calcaire de L. rugosum (Ludwig) est beaucoup moins
rubannée, et l'on trouve, dans le tégument, des boutons qui n'existent pas chez les deux
autres espèces, ainsi que des tourelles totalement différentes.
Je représente (fig. 18, K) la couronne calcaire de L. pertinax , prélevée sur un exem-
plaire d'autre origine; les radiales sont raccordées à de minuscules interradiales par un
long ruban étroit, d'où le nom de rubannée donné à cette forme de couronne.
ECOLOGIE. — Aux îles Glorieuses, L. pertinax a été récolté en dragage, sur fond de
sable, par 10 et 30 m de profondeur.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Iles Glorieuses, îles Maldives, Java, Samoa.
Labidodemas rugosum
(Ludwig, 1875)
(Fig. 19, A-T)
Holothuria rugosa Ludwig, 1875 : 110, pl. 7, fig. 33 d-e. — PANNING, 1934 : 75, fig. 7 (synonymie).
Labidodemas rugosum - ROWE, 1969 : 133. — CLARK et ROWE, 1971 : 176, fig. 88a, pl. 28, fig. 14.
_— TORTONESE, 1980 : 104, fig. 3.
MATERIEL. — Ile Ankazoberavina, à 20 miles au SW de Nosy Be, Fourmanoir et
Humes coll. 1955 : 2 ex.
Iles Glorieuses, Vergonzanne coll., 1973 :
Les deux exemplaires de l'île Ankazobera
1 ex. juvénile.
vina mesurent respectivement 95 mm de
long sur 20 mm de large et 90 mm sur 25 mm. Leur tégument, un peu rugueux, très
plissé, épais de moins de 1 mm, est uniformément marron très clair. Les podia ventraux
longs, cylindriques, à large ventouse brun chocolat soutenue par un disque calcaire de
480 à 520 pm de diamètre, sont disposés en quatre rangs serrés sur le radius médian, en
trois rangs sur les radius latéraux; un espace d'
environ un centimètre de haut situé sous
les tentacules ainsi qu'à la partie anale, est presque totalement dépourvu de podia et de
papilles dorsales. Celles-ci, très petites, coniq}
disque calcaire, s'alignent sur tout le bivium en
ues, marron très clair, sans ventouse ni
12 à 14 rangées plus ou moins nettes; ces
papilles, assez peu nombreuses, sont séparées les unes des autres par un espace de2à3
mm.
54 GUSTAVE CHERBONNIER
Vingt tentacules brun chocolat. Couronne calcaire à très larges radiales réunies à de
courtes interradiales par une bande vaguement rubannée (fig. 19, S). Très courtes am-
poules tentaculaires. Une vésicules de Poli de 35 à 40 mm de long. Un très court canal
hydrophore pourvu d'un gros madréporite sphérique. Muscles longitudinaux très larges
et plats. Gonade faite de nombreux et longs tubes fins, simples. Poumons extrêmement
feuillus remontant jusqu'à la couronne calcaire. Intestin contenant un sable mélangé de
vase brune. Nombreux tubes de Cuvier.
L'exemplaire juvénile des îles Glorieuses mesure 45 mm de long sur 6 mm de large;
entièrement éviscéré, il n'a plus ni tentacules, ni couronne calcaire. Les podia ventraux
sont répartis en deux rangs sur le radius médian, sur un rang sur les radius latéraux. Les
papilles dorsales ne s'alignent que sur cinq rangées.
Spicules . — Les boutons les moins nombreux sont réguliers, percés de trois à dix
paires de trous inégaux (fig. 19, A), boutons qui peuvent prendre la forme de petites pla-
ques (fig. 19, C); les plus nombreux sont difformes, mimant parfois des bâtonnets (fig.
19, B).
Les tourelles les plus fréquentes ont une base à bord dentelé, percée de quatre trous
centraux et d'une douzaine de trous périphériques; leur flèche à quatre piliers est surmon-
tée d'une grappe d'épines parfois très longues (fig. 19, H); le bord de la base de ces tou-
relles est souvent muni de longues et fortes épines (fig. 19, I, K); vues de profil, leur
flèche est assez épaisse, de hauteur moyenne, et leurs piliers portent quelques fortes épi-
nes latérales (fig. 19, M, N). Mais on rencontre aussi d'assez nombreuses tourelles à
piliers parfaitement lisses (fig. 19, L).
La paroi des podia ventraux contient quelques courts bâtonnets (fig. 19, D) ainsi que
des plaques à bord dentelé (fig. 19, E); les bâtonnets de celle des papilles sont plus longs
(fig. 19, G), prenant la forme de plaquettes (fig. 19, F). Les très rares bâtonnets des
tentacules sont très courts et minces (fig. 19, J).
Chez le spécimen juvénile des îles Glorieuses, il n'y a absolument que des tourelles
à piliers lisses (fig. 19, R); leur base ne possède jamais de longues épines; certaines ont
une flèche terminée par une couronne finement épineuse à centre perforé (fig. 19, O).
Enfin, dans le tégument anal, se trouvent des tourelles à haute flèche gracile à quatre
piliers et une à trois entretoises, coiffée d'une étroite couronne perforée (fig. 19, Q).
OBSERVATIONS. — Rowe (1969) range Holothuria rugosa dans le genre Labido-
demas, dont les espèces sont caractérisées par une couronne calcaire rubannée. Cette
forme est peu nette chez nos spécimens qui, par ailleurs, correspondent bien à la diagnose
du genre telle qu'elle a été établie par Selenka (1867).
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Iles Maldives, Madagascar, baie du Bengale,
Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines, des Navigateurs, Waigiou, Palau,
Nouvelle-Bretagne.
Fig. 19. — Labidodemas rugosum (Ludwig). A, B, C : boutons; D, E : bâtonnets et plaques des podia
ventraux; F, G : bâtonnets des papilles dorsales; H, I, K-N : tourelles: J : bâtonnets des tentacules; O-R,
T : tourelles du spécimen juvénile; S : couronne calcaire.
S = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 55!
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56 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre HOLOTHURIA Linné, 1767
Sous-genre SELENKOTHURIA Deichmann, 1958
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules : tourelles à base très variée, à courte flèche terminée par une couronne
régulière, irrégulière, généralement peu épineuse, exceptionnellement massive et
hérissée de courtes épines. Très nombreux et courts bâtonnets à bord fortement
denté . H. (S.) spinea nov. sp.
— Spicules : 2
2. Spicules : présence de plaquettes perforées .
— Spicules : absence de plaquettes perforées .
. 4
3. Spicules : dans le tégument ventral, grandes plaquettes à surface lisse,accompagnées
de longs bâtonnets et de pseudo-bâtonnets lisses; dans le tégument dorsal, très gran-
des plaquettes perforées tout le long de leur bord, plaquettes à trois branches et longs
bâtonnets, toutes ces formes peu épineuses aux extrémités; bâtonnets des tentacules
très épineux sur toute leur surface. ............... H. (S.) vittalonga nov. sp.
— Spicules : dans tout le tégument, petites plaquettes, courts pseudo-bâtonnets, longs
bâtonnets étroits, tous à surface lisse, avec, en plus, dans le tégument dorsal, des
plaquettes plus grandes souvent assez peu épineuses; bâtonnets des tentacules épi-
neux seulement aux extrémités .................. H.(S.) erinaceus Semper
Holothuria (Selenkothuria) spinea nov. sp.
(Fig. 20, A-N)
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambariobe), Millot coll., 1959 : 1 ex.
(Holotype n° 2832).
L'animal a un corps fusiforme aminci à l'anus, mesure 75 mm de long et 15 mm
de large au mileu du corps. Le tégument, très mince, translucide par endroits, est, en
alcool, jaunâtre avec, dorsalement, des traces marron foncé. Les podia ventraux gros,
courts, cylindriques, à ventouse soutenue par un disque calcaire de 420 à 450 lim de
dia- mètre, sont localisés, sur chaque radius, en deux rangs serrés. Les podia dorsaux
courts, coniques, sans ventouse mais avec, parfois, un disque calcaire de 150 à 160 um
de diamètre, sont dispersés, peu nombreux, sur tout le bivium. Anus bordé de petites
papilles, mais sans dents calcaires.
Dix-sept tentacules jaunâtres dont le disque se divise en cinq branches noduleuses,
largement séparées. Couronne calcaire à large radiales, à interradiales plus courtes que
les radiales (fig. 20, N). Courtes ampoules tentaculaires. Une vésicule de Poli de 5 mm.
Un court canal hydrophore muni d'un madréporite cylindrique peu calcifié de 20 mm de
long. Muscles longitudinaux larges et plats. Gonade non observée. Intestin contenant
un sable graveleux légèrement vaseux. Poumons remontant jusqu'à la couronne calcaire
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 57
20. — Holothuria (Selenkothuria) spinea nov. sp. A : bâtonnets; B, D : bâtonnets du tégument
Fig.
EK, M : tourelles; L : plaque du tégument anal; N : couronne
anal; C : bâtonnets des tentacules;
calcaire.
N = éch. 1; autres figures = éch. 2
58 GUSTAVE CHERBONNIER
et portant, échelonnées, de petites grappes de cinq à six paires de gros tubes courts.
Nombreux tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules caractéristiques de l'espèce sont de courts bâtonnets
imperforés à fortes épines; ils sont accompagnés de quelques bâtonnets plus larges,
noduleux ou épineux, percés de trous latéraux, exceptionnellement pourvus d'un arceau
(fig. 20, A). Dans le tégument anal, on trouve aussi de longs bâtonnets plus ou moins
noduleux (fig. 20, B, D). Il existe également des tourelles peu nombreuses (une ou
deux par cm2); les plus communes se présentent avec un disque à bord dentelé, percé de
quatre trous centraux et d'un nombre variable de trous marginaux, à flèche à quatre
piliers de hauteur moyenne (fig. 20, H); cette flèche, parfois en voie de formation, se
termine par une couronne peu épineuse plus ou moins régulière, percée d'un large trou
ou de trois à quatre petits trous (fig. 20, F). On trouve aussi de petites tourelles à bord
ondulé (fig. 20, E) ou orné de pseudo-nodules peu marqués (fig. 20, G). D'autres
tourelles ont leur disque vaguement carré, percé d'un trou central et de huit trous péri-
phériques, et une flèche à couronne très épineuse; ces tourelles rappellent celles de H.
(Th.) impatiens (fig. 20, M). Enfin, surtout dans le tégument dorsal, des tourelles ont
un disque un peu plus grand, une flèche assez mince à quatre piliers et une petite
couronne peu épineuse (fig. 20, I) ou, au contraire, une flèche massive très épineuse
(ig. 20, J) qui, vue du dessus, apparaît formée d'une croix épineuse surmontée d'une
petite couronne perforée (fig. 20, K). Le tégument anal possède, en plus des différents
spicules décrits ci-dessus, d'assez grandes plaques de formes diverses (fig. 20, L). Je
n'ai découvert aucun spicule dans les podia ventraux et dorsaux. En revanche, ils sont
très nombreux dans les tentacules sous forme de bâtonnets noduleux à surface rugueuse
(fig. 20, C).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce est nettement différente, par sa morpho-
logie et les formes si caractéristiques de ses spicules (bâtonnets et tourelles) de H.
(Selenkothuria) erinaceus Semper, 1868, H. (S.) moebi Ludwig, 1883 et H. (S.)
parva Lampert, 1885.
Holothuria (Selenkothuria) vittalonga nov. Sp.
(Fig. 21, A-K)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 1 ex. (Holotype n°
3547).
L'holotype et unique exemplaire, assez contracté, mesure 116 mm de long sur
environ 45 mm de large. Le tégument, très épais, est fortement plissé transversalement.
La face ventrale, marron très clair, est parcourue par deux lignes interradiaires de très
petites taches marron plus foncé. La face dorsale, marron foncé, est ornée de deux étroi-
tes bandes noires radiaires.
Les podia ventraux, extrêmement nombreux, très serrés, sont répartis uniformé-
ment sur les radius et les interradius; ils sont longs, gros, cylindriques, terminés par une
ventouse soutenue par un grand disque calcaire de 550 à 600 11m de diamètre, Les podia
dorsaux sont bien moins nombreux, dispersés sur tout le bivium, écartés les uns des
Fig. 21. — Holothuria (Selenkothuria) vittalonga nov. sp. A-D : bâtonnets et plaque du tégument
ventral; E, F, I, J : bâtonnets du tégument dorsal; G : couronne calcaire; H : bâtonnets des tentacules.
G = éch. 1; A-F, H = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
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60 GUSTAVE CHERBONNIER
trivium, et donne à l'animal un aspect semblable aux spécimens d'Actinopyga
mauritiana (Quoy et Gaimard, 1833).
L'anus est bordé de cinq groupes radiaires de six à huit longs podia dont le disque
terminal n'a plus que 150 à 160 um de diamètre. Il n'y à aucune trace de dents anales.
bord (fig. 21, F)et d'autres, à trois branches, se rencontrent assez souvent (fig. 21, I).
Les spicules des tentacules, peu percés, ont, en revanche, de très nombreuses
aspérités réparties sur toute leur surface (fig. 21,H, J).
OBSERVATIONS. — Par la forme de ses spicules, cette nouvelle espèce est proche
de H. (S.) erinaceus Semper, 1868, mais diffère très nettement des autres espèces de
Selenkothuria citées dans ce travail,
ECOLOGIE. — }H. (S.) vittalonga a été récoltée dans les levées détritiques du grand
récif de Tuléar.
Holothuria (Selenkothuria) erinaceus Semper, 1868
(Fig. 22, A-G)
Holothuria erinaceus Semper, 1868 : 91, pl. 30, fig. 24, pl. 34, fig. 9, pl. 35, fig. 14, pl. 36, fig. 11,
pl. 38, fig. 1-2. — LAMPERT, 1885 : 90. — SLUITER, 1888 : 186; 1895 : 78. — #. L'
CLARK, 1932 : 232.
Selenkothuria erinaceus - DEICHMANN, 1958 : 315, pl. 7, fig. 10-15.
Holothuria (Selenkothuria) erinaceus - CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 28, fig. 5. — TORTONESE,
1980 : 105, fig. 4.
Holothuria andersoni Bell, 1886 : 28.
Holothuria glaberrima - KOEHLER et VANEY, 1908 : 8, pl. 1, fig. 6. Non Selenka, 1867,
Holothuria marenzelleri Ludwig, 1883 : 167; 1888 : 810.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1969 : 3 ex; Rabesandra-
tana coll., 1980 : 1 ex.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
simm 21
kothuria) erinaceus Semper. A-C : bâtonnets et plaquettes du tégument
Fig. 22. — Holothuria (Seleni
nt dorsal; E : bâtonnets des tentacules; F : couronne calcaire.
ventral; D : plaquettes du tégume
F= éch. 1; A-E = éch. 2.
62 GUSTAVE CHERBONNIER
Le plus petit exemplaire a une longueur de 48 mm sur une largeur de 15 mm; le
plus grand 150 mm sur 30 mm. Les animaux, très contractés, à tentacules invaginés,
ont un tégument très plissé, épais de 3 à 4 mm, marron clair ventralement, marron plus
foncé dorsalement; de plus, le dos du spécimen de 150 mm est parcouru par deux ban-
des longitudinales radiaires presque noires; celui de 130 mm, récolté par Rabesandra-
tana, a une dizaine de larges taches noires sur chaque radius. La bouche est ventrale;
l'anus, terminal, est entouré de cinq groupes radiaires de six à huit papilles coniques
dépourvues de ventouse et de disque calcaire. Les podia ventraux longs, minces,
blanchâtres, à large ventouse soutenue par un disque calcaire de 700 à 720 pim de dia-
mètre, semblent disposées sur cinq à sept rangs très serrés sur les radius, alors que les
interradius paraissent en être dépourvus. Les podia dorsaux très courts, subconiques, à
petite ventouse soutenue par un disque calcaire de 280 à 300 Lim de diamètre, sont
épars, non serrés, sur tout le bivium.
Vingt tentacules marron foncé. Couronne calcaire à hautes et étroites radiales, à
interradiales à pointe triangulaire (fig. 22, F). Courtes ampoules tentaculaires. Un seul
canal hydrophore en forme d'étroit ruban de 50 mm de long. Une vésicule de Poli.
Gonade formée de courts tubes plusieurs fois ramifiés. Intestin contenant un sable assez
grossier. Muscles longitudinaux très larges, bifides. Longs poumons portant de très
nombreux petits tubes échelonnés sur le tronc principal. Tubes de Cuvier très courts,
d'à peine 1 cm de long. Grand cloaque de couleur blanc rosé.
Spicules .— Les spicules du tégument ventral et du tégument dorsal sont de cons-
truction semblable. Les spicules du tégument ventral se composent de pseudo-bâtonnets
à bord plus ou moins échinulé (fig. 22, A), de bâtonnets longs et étroits perforés aux
extrémités (fig. 22, B), de plaquettes plus larges, plus perforées, prenant parfois l'as-
pect de bâtonnets allongés (fig. 22, C). Tous ces spicules ont leur surface entièrement
lisse. On retrouve, dans le tégument dorsal, les mêmes spicules avec, en plus, des pla-
quettes lisses ou, le plus souvent, un peu ou très épineuses (fig. 22, D).
Les parois des podia ventraux et dorsaux n'ont pas de vrais bâtonnets mais des
spicules semblables à ceux figurés en A et en B.
Les bâtonnets de la couronne tentaculaire sont minces, lisses ou légèrement
épineux (fig. 22, G), ceux du tronc étant plus longs, souvent plus larges, à extrémités
multiperforées et très épineuses (fig. 22, E).
ECOLOGIE. — }. (S.) erinaceus a été trouvée uniquement dans les levées détriti-
ques.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, Ceylan, Baie du Bengale, Indoné-
sie, nord de l'Australie, îles Philippines, Chine, Japon.
Holothuria (Selenkothuria) bacilla nov. Sp.
(Fig. 23, A-F)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Galenon coll., 1972 : 2 ex. (Holotype n°
2952, paratype n° 2951); flot Tanikely (près de Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960, 1
ex.
Fig. 23. — Holothuria (Selenkothuria) bacilla nov. sp. À : bâtonnets du tégument ventral; B :
bâtonnets des podia ventraux; C : bâtonnets des tentacules; D : couronne calcaire; E : bâtonnets du
tégument dorsal; F : bâtonnets des podia dorsaux.
D = éch. 1, C = éch. 2; A, B,E, F = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 63
64 GUSTAVE CHERBONNIER
Les deux spécimens de Tuléar, entièrement brun chocolat, sont strictement identi-
ques; fusiformes, ils mesurent 65 mm de long sur 25 mm de large au milieu du corps.
Le tégument, fortement ridé transversalement, est très mince. Les podia ventraux, gros
et courts, à ventouse soutenue par un disque calcaire de 500 à 520 jim de diamètre, sont
répartis, serrés, sur tout le trivium, cependant un peu plus nombreux sur les radius. Les
podia dorsaux, bien plus petits et plus fins que les ventraux, à ventouse soutenue par un
disque calcaire de 230 à 250 um de diamètre, peu nombreux, sont répartis sans ordre
sur tout le bivium. Le spécimen de Tanikely, juvénile, ne mesure que 32 mm de long.
Vingt tentacules marron gros et courts, piquetés de jaune. Couronne calcaire à
interradiales bien plus courtes que les radiales (fig. 23, D); assez longues ampoules
tentaculaires. Une vésicule de Poli cylindrique, de 25 mm de long. Un canal hydropho-
re d'une longueur de 20 mm, constitué d'un mince cylindre peu calcifié de 10 mm, suivi
d'une partie élargie, mince, aplatie en rame. Muscles longitudinaux larges et plats, bifi-
des. Gonade formée de très nombreux tubes minces, courts, simples. Poumons très
feuillus remontant jusqu'à la couronne calcaire. Intestin contenant un sable grossier et
de gros cailloux.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral se présentent uniquement sous
forme de bâtonnets allongés, étroits, plus ou moins épineux, la plupart imperforés,
d'autres percés à une extrémité (fig. 23, A). Les bâtonnets du tégument dorsal, nette-
ment différents, perforés ou non, portent des épines plus nombreuses, des expansions
latérales assez prononcées, et peuvent même se transformer en pseudo-plaques (fig. 23,
E). Les bâtonnets des podia ventraux sont courts, lisses ou munis de quelques épines
(fig. 23, B); ceux des podia dorsaux sont soit courts, minces, lisses, soit longs à extré-
mités noduleuses (fig. 23, F). Les longs bâtonnets des tentacules, très caractéristiques
et de formes très variées, sont le plus souvent très épineux aux extrémités (fig. 23, C).
ÉCOLOGIE. — Cette nouvelle espèce a été récoltée dans les levées détritiques de
l'flot Tanikely ( près de Nosy Be) et du platier de Tuléar.
Holothuria (Selenkothuria) parva Lampert, 1885
(Fig. 24, A-G)
Holothuria parva Lampert, 1885 : 246, fig. 38; 1896 : 56, fig. 3.
Halodeima parva - HEDING, 1940 : 120. — CHERBONNIER, 1955b : 142, pl. 29, fig. f-p.
Holothuria lubrica - KOEHLER et VANEY, 1908 : 10, pl. 1, fig. 5 a-b. Non Selenka, 1867.
Holothuria (Selenkothuria) parva - CLARK et ROWE, 1971 : 178. — TORTONESE, 1980 : 106.
MATERIEL. — Madagascar : Antsirana, Alluaud et Belley coll., 1896 : 2 ex.;
Madagascar, Bastard, 1909 : 1 ex.; flot Tanikely (près de Nosy Be), Cherbonnier coll.
1960 : 1 ex.; île Mitsio, Cherbonnier coll., 1960 : 2 ex.; Tuléar, Pérès coll., 1962 : 1
ex., Galenon, Peyrot-Clausade et Thomassin coll., 1972 : 6 ex.
Comores, Anthony coll., 1972 : 16 ex.
Les spécimens, tous fusiformes, à milieu renflé et extrémités amincies, mesurent
de 3 à 10 cm de long sur 2 à 2,5 cm de large vers le milieu du corps. La face dorsale est
‘brune à noirâtre, la face ventrale un peu plus claire avec des podia jaunâtres.
Les podia ventraux, gros et courts, à large ventouse soutenue par un disque calcai-
re de 350 à 400 im de diamètre, sont très nombreux, serrés, répartis sur les radius et
sur les interradius. Les podia dorsaux sont peu nombreux, très espacés, bien plus
minces que les ventraux, blanchâtres; ils sont également répartis sans ordre sur tout
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 65
21 1 à à “ ( 1 1 1 1 1100
Fig. 24. — Holothuria (Selenkothuria) parva Lampert. À, B : bâtonnets du tégument ventral; CADE
bâtonnets du tégument dorsal; E, F : bâtonnets des podia ventraux; G : bâtonnets des tentacules; H :
couronne calcaire.
H = éch. 1; A-G = éch. 2.
66 GUSTAVE CHERBONNIER
le bivium; leur ventouse est soutenue par un disque calcaire de 220 à 250 pim de
diamètre. Il n'y a pas de cercle de podia à la base des tentacules, mais l'anus, dépourvu
de dents, est entouré de cinq groupes radiaires de chacun trois à quatre petits podia
blanchâtres.
Vingt petits tentacules marron clair. Couronne calcaire à larges et hautes radiales, à
interradiales assez étroites et un peu plus courtes que les radiales (fig. 24, H). Courtes
ampoules tentaculaires. Une grosse vésicule de Poli. Un canal hydrophore en forme de
ruban étroit, tacheté de marron, de 4 à 5 cm de long, percé sur toute la longueur d'une
multitude de petits orifices. Gonade faite de quelques longs tubes très fins, non rami-
fiés. Muscles longitudinaux larges et plats. Poumons atteignant les trois-quarts de la
longueur du corps, portant des formations arborescentes espacées. Présence de tubes de
Cuvier. Petit cloaque.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral se présentent sous forme de gros et
courts bâtonnets à bord et à surface épineux (fig. 24, A, B); on rencontre aussi des
pseudo-plaques plus fortes que les bâtonnets, parfois perforées (fig. 24, C). Les
spicules du tégument dorsal sont plus gros, de forme plus compliquée, souvent plus
épineux, plus ou moins perforés (fig. 24, D).
La paroi des podia ventraux et dorsaux, en plus des spicules décrits ci-dessus, est
renforcée par de longues baguettes à surface tourmentée (fig. 24, E), et par de larges
plaques épineuses et multiperforées (fig. 24, F).
Les bâtonnets des tentacules, de taille variable, ont leur bord dentelé, leur surface
peu à très épineuse (fig. 24, G).
ECOLOGIE. — Cette espèce vit essentiellement dans les levées détritiques mais
aussi parmi les blocs basaltiques des îles Mitsio.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
golfe Persique, îles Andaman, Ceylan.
Sous-genre SEMPEROTHURIA Deichmann, 1958
CLE DES ESPECES MALGACHES
Spicules : tourelles présentes dans les téguments ventral et dorsal .......... 2
— Spicules : pas de tourelles dans le tégument ventral, qui contient uniquement des
bâtonnets granuleux à bord ondulé; tourelles du tégument dorsal à base élargie,
percée de 4 à 8 trous, à flèche de hauteur moyenne, assez épaisse ............
ones SP. 0 bei /0 6-0 Abu à oi uicie Sec SA H. (S.) granosa nov. sp.
2. Spicules : tourelles à base non percée, très étroite, à peine plus large que la flèche;
celle-ci mince, haute, terminée par une couronne de fortes épines pointues ......
RTS on AA ES CAES EL 0 SO H. (S.) flavomaculata Semper
— Spicules : tourelles à large base percée de quatre grands trous, à courte flèche
terminée par une couronne d'épines à pointe mousse . .H. (S.) cinerascens Brandt
Holothuria (Semperothuria) granosa nov. sp.
(Fig. 25, A-K)
MATERIEL. — Madagascar : île Sainte-Luce, au nord de Fort-Dauphin, Crosnier
coll. 1960 : 1 ex. (Holotype n° 2727).
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 67
L'exemplaire, très contracté, mesure 9 cm de long sur 3 cm de large; vivant,
l'animal devait atteindre une taille d'environ 20 cm. Le dos est marron foncé, parcouru
sur les flancs par des bandes transversales noirâtres situées dans de profondes rainures
séparées par des bandes jaunâtres à marron très clair. Le ventre est jaunâtre, parcouru
lui aussi par de profondes rainures brunes.
Bouche terminale. Anus terminal, sans dents; mais, à l'intérieur du cloaque, deux
grosses protubérances coniques calcaires sont disposées côte à côte à 3 mm de
l'ouverture anale, une autre se situant au milieu du cloaque. Podia ventraux gros,
courts, cylindriques, disposés sans ordre, très nombreux et très serrés, sur tout le
trivium; leur large ventouse est soutenue par un énorme disque calcaire, très réticulé, de
650 à 700 im de diamètre. Podia dorsaux invaginés, à disque marron soutenu par un
disque de 300 à 310 lim de diamètre; ils sont répartis sans ordre sur tout le bivium,
nombreux mais moins serrés que les podia ventraux.
Vingt tentacules noirâtres, pourvus de longues ampoules. Couronne calcaire de
grande taille, à interradiales plus courtes que les radiales (fig. 25, K). Deux vésicules de
Poli, dont une ramifiée dès son origine. Un canal hydrophore à madréporite sphérique.
Une touffe de gonade à très nombreux tubes fins plusieurs fois ramifiés. Muscles
longitudinaux très plats, à bords libres. Intestin contenant un sable grossier; très
important réseau admirable. Poumons remontant jusqu'à la couronne calcaire, faits d'un
gros tronc sur lequel s'échelonnent de très nombreux et fins tubes marron foncé.
Apparemment, pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Le tégument ventral contient uniquement des bâtonnets finement
granuleux, à bords ondulés (fig. 25, A). En plus de ces bâtonnets, la paroi des podia
ventraux est soutenue par de fins bâtonnets très finement granuleux (fig. 25, C),
bâtonnets que l'on retrouve dans les podia dorsaux. Le tégument dorsal renferme deux
sortes de spicules : des bâtonnets à bords déchiquetés, généralement à granules plus
gros que ceux des bâtonnets ventraux (fig. 25, D); des tourelles à quatre piliers, une
entretoise (fig. 25, B),terminés par une Croix de Malte plus ou moins régulière (fig. 25,
F, G, H, D); leur base, très irrégulière, est extrêmement variée (fig. 25, E, G, H, I, J).
Les spicules des tentacules sont des bâtonnets semblables à ceux du tégument.
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente des affinités avec A. (S.)
cinerascens Brandt, 1835. Elle en diffère par sa coloration, la forme de la couronne
calcaire, des bâtonnets plus courts et plus granuleux, l'absence totale de tourelles dans
le tégument ventral, celles-ci ne se trouvant, d'ailleurs peu nombreuses, que dans le
tégument dorsal; elles sont nettement différentes de celles de l'espèce de Brandt.
ÉCOLOGIE. — H. (S.) granosa a été récoltée à mer basse, sans autre précision.
Holothuria (Semperothuria) flavomaculata Semper, 1868
(Fig. 26, A-K)
Holothuria flavomaculata Semper, 1868 : 87, pl. 30, fig. 26. — LAMPERT, 1885 : 80, fig. 13. —
LUDWIG, 1888 : 808. — SLUITER, 1895 : 77. — PANNING, 1928 : 231, fig. 32-34. —TORTO-
NESE, 1953 : 41.
Halodeima flavomaculata - CHERBONNIER, 1965 : 77, fig. 1, a-m, fig. 2, n-q.
Holothuria (Semperothuria) flavomaculata - CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 27, fig. 35. —
CHERBONNIER, 1980 : 634, fig. 10.
Holothuria fuscocoerulea Théel, 1886 : 211. — SLUITER, 1895 : 77.
GUSTAVE CHERBONNIER
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 69
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Antafianambitry, Navetsy), Cherbonnier
coll., 1960 : 2ex.; îlot Tanikely (près de Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.;
Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1976 : 1 ex.
Les exemplaires étaient, lors de leur récolte, bleu foncé dorsalement, bien plus
clairs ventralement; en alcool, ils sont marron violacé dorsalement, marron clair ventra-
lement. Leur forme est cylindrique, de la partie postérieure jusqu'aux deux-tiers du
corps où ils s'effilent progressivement jusqu'à la bouche, en position terminale. Ils
mesurent entre 50 et 110 mm de long sur 15 à 30 mm de large au milieu du corps.
L'anus est terminal, bordé de cinq groupes radiaires de chacun deux gros podia, alors
que la lèvre de la bouche est festonnée.
Les podia ventraux, relativement peu nombreux, se disposent, sur les radius et sur
les interradius, en 10 à 12 rangées longitudinales largement séparées; de couleur jaune,
ils sont gros, courts, cylindriques, à large ventouse et disque calcaire de 400 à 420 lim
de diamètre. Les tubes ambulacraires dorsaux sont un mélange de petites papilles coni-
ques et de podia dont la minuscule ventouse est Soutenue par un disque calcaire de 220 à
240 im de diamètre; de même couleur que les podia ventraux mais moins nombreux, ils
s'alignent en 8 à 10 rangées longitudinales occupant les radius et les interradius.
Vingt tentacules bleuâtres. Couronne calcaire à larges radiales, à courtes interra-
diales étroites à sommet triangulaire (fig. 26, H). Ampoules tentaculaires longues de 15
à 20 mm. Six vésicules de Poli dont la longueur varie de 10 à 40 mm. De chaque côté
du mésentère dorsal existe un groupe de six courts canaux hydrophores terminés par un
petit madréporite sphérique. Gonade faite de nombreux et longs tubes jaunes à extrémité
fourchue. Muscles longitudinaux simples, plats, à bords légèrement ourlés. Intestin
rempli de sable fin. Poumons marron clair, remontant jusqu'à la couronne calcaire, à
tronc portant des grappes espacées de courts tubes ramifiés. Pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les tourelles du tégument, à quatre piliers et une entretoise, ont une
base étroite ornée de deux dents latérales (fig. 26, A), ou une base arrondie (fig. 26, B);
elles se terminent par une couronne de fortes épines (fig. 26, A, B) qui, vue du dessus,
apparait percée d'un petit trou central (fig. 26, D); vue du dessous, la base des tourelles
présente une croix dont les branches se terminent en angle obtus (fig. 26, E).
Les bâtonnets du tégument, très caractéristiques de l'espèce, sont couverts de
verrues à contours irréguliers (fig. 26, C). La paroi des podia ventraux possède de
grandes plaques à bord échancré, largement trouées (fig. 26, G), ainsi que des bâton-
nets plus ou moins couverts de verrues et de petites épines (fig. 26, I, J);en revanche,
celle des papilles et des podia dorsaux n'a que de courts bâtonnets lisses (fig. 26, F).
Les bâtonnets des tentacules, courts dans la couronne, très grands dans le tronc, sont
imperforés et très épineux (fig. 26, K).
ECOLOGIE. — A Tanikely, A. (S.) flavomaculata a été récoltée par 8 m de pro-
fondeur, en plongée, sur le sable d'un herbier à Cymodocées; ailleurs, sur le sable,
entre des rochers découvrant aux grandes marées.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
Indonésie, îles Palao, Samoa, Philippines.
Fig. 25. — Holothuria (Semperothuria) granosa nov. sp. À : bâtonnets du tégument ventral; B, E- :
tourelles; C : bâtonnets des podia ventraux; D : bâtonnets du tégument dorsal; K : couronne calcaire.
K = éch. 1; À, C, D = éch. 2; B, EJ = éch. 3.
70 GUSTAVE CHERBONNIER
Holothuria (Semperothuria) cinerascens (Brandt, 1835)
(Fig. 27, A-F)
Stichopus (Gymnochirota) cinerascens Brandt, 1835 : 35.
Holothuria cinerascens - BELL, 1887 : 654, pl. 40, fig. 2. — PANNING, 1934 : 37, fig. 32 (synony-
mie).
Halodeima cinerascens - CHERBONNIER, 1955b : 143, pl. 29, fig. d-e.
Holothuria (Semperothuria) cinerascens - CLARK et ROWE, 1971 : 178, Fig. 85 e, PL. 27, Fig. 12.
— TORTONESE, 1980 : 106.
MATERIEL. — Madagascar : sans localité, Grandidier coll., 1899 : 1 ex; Nosy Be
(Ambatoloaka), Millot coll., 1956 : 1 ex.; Nosy Be (Andilana, pointe Lokobé, Navet-
sy), Cherbonnier coll., 1959-1960 : 9 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier
coll., 1960 : 3 ex.; Tuléar, Geay coll., 1906 : 1 ex., Galenon, Peyrot-Clausade et
Thomassin coll., 1972 : 58 ex.; baie de Saint Augustin, Bastard coll., 1909 : 3 ex.;
Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 et 1938 : 4 ex., Crosnier coll., 1960 : 2 ex.; île Sainte
Marie (Ambatoroa), Zandevly coll., 1959 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Millot coll., 1959 : 1 ex.
Les spécimens mesurent entre 6 et 15 cm de long; leur corps étroit, cylindrique, est
généralement marron foncé, avec des podia marron clair; ceux-ci sont très nombreux et
serrés sur la face ventrale, gros, courts, cylindriques, à large ventouse soutenue par un
très grand disque calcaire de 450 à 500 im de diamètre; ils sont, suivant l'état de
contraction de l'animal, répartis uniformément sur tout le trivium ou disposés en trois à
quatre rangs sur les radius, les interradius étant très étroits. Les podia de la face dorsale,
également gros et courts, sont bien moins nombreux, éparpillés sur les radius et les
interradius; leur base est souvent entourée d'un large cercle jaunâtre et leur ventouse est
soutenue par un disque calcaire n'excédant pas 300 1m de diamètre. Il n'y a pas de
collerette de podia à la base des tentacules.
Vingts tentacules courts et très gros, marron un peu plus clair que le tégument.
Ampoules tentaculaires très longues. Couronne calcaire très forte, à interradiales trian-
gulaires, à peine encochée à la base, à larges et hautes radiales avec une légère encoche
médiane postérieure (fig. 27, D). Un canal hydrophore très long, très large, en ruban,
sans madréporite apparent. Une vésicule de Poli très longue, cylindrique. Muscles lon-
gitudinaux larges, bifides. Intestin bourré le plus souvent de sable coquillier grossier.
Poumons atteignant la longueur du corps, portant, de part et d'autre du tronc principal,
des touffes espacées de courtes vésicules. Gonade faite de courts tubes simples. Pas de
tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral se composent de tourelles à base
étroite, quadriperforée, à flèche massive terminée par des pointes formant une Croix de
Malte (fig. 27, À, B); les tourelles du tégument dorsal sont à flèche plus haute (fig. 27,
E); on rencontre aussi, surtout dans la paroi des podia, des bâtonnets très caractéris-
tiques à surface entièrement épineuse ou noduleuse (fig. 27, F). Les bâtonnets des
tentacules ont leur bord finement denticulé et leur surface couverte d'assez nombreuses
aspérités (fig. 27, C).
ECOLOGIE. — Espèce vivant dans les levées détritiques, sur le sable de différents
herbiers, sous les blocs ensablés, dans les fissures des blocs de Beach-Rock.
Fig. 26.= Holothuria (Semperothuria) flavomaculata Semper. — À, B, D, E : tourelles; C : bâton-
nets du tégument; F : bâtonnets des papilles dorsales; G : plaque des podia ventraux; H : couronne
calcaire; I, J : bâtonnets des podia ventraux; K : bâtonnets des tentacules.
H = éch. 1; K = éch. 2; F, G, I, J = éch. 3; A-E = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 71
EE
(aUSEUN)
72
GUSTAVE CHERBONNIER
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Mascareignes, îles Maldives, Ceylan, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Austra_
lie, îles Philippines, Chine, J. apon, îles Hawaïi.
Fig. 27. — Holothuria (Semperothuria) cinerascens (Brand). A, B : tourelles du tégument ventral; C :
bâtonnet des tentacules; D : couronne calcaire; E : tourelles du légument dorsal; F : bâtonnets des podia.
D = ech. 1; A-C, E, F = éch. 2.
Sous-genre HALODEIMA Pearson, 1914
CLE DES ESPECES MALGACHES
Animaux noirâtres. Spicules : tourelles à large base percée de 4 grands trous
centraux et de 4 petits trous intermédiaires . ............. H.(H.) atra Jaeger
Animaux à face ventrale rose saumon à rouge vif, à face dorsale noirâtre à lie de
vin. Spicules : tourelles à base très étroite, arrondie, percée d'un unique trou
central .. ÉCRAN ROSE ENT Ti H. (H.) edulis Lesson
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 73
Holothuria (Halodeima) atra Jaeger, 1833
(Fig. 28, A-J)
Holothuria atra Jaeger, 1833 : 22. — PANNING, 1934 : 30, fig. 22 (synonymie). — YAMANOUTI,
1939 : 615.
Halodeima atra - HEDING, 1940 a : 120. — PANNING, 1944 : 61, fig. 29. — CHERBONNIER, 1951 b
: 14, pl. 2, fig. 11-14; 1955 b : 141, pl. 29, fig. a-b.
Holothuria affinis Brandt, 1835 : 56.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka et Ambariobe) Millot coll.,
1956 et 1959 : 2 ex., (Andilana, pointe Lokobé, Navetsy), Cherbonnier coll., 1959 : 19
ex.; Nosy Be, Thomassin coll., 1969 : 1 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbon-
nier coll., 1960 : 9 ex.; îles Mitsio, Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.; Tuléar, Boisdin
coll., 1853 : 1ex., Geay coll., 1905 : 5 ex., Decary coll., 1938 : 1 ex., Galenon et
Thomassin coll, 1965, 1967, 1972 : 41 ex., Rabesandratana coll., 1980 et 1986 : 3
ex.; île Sainte Marie (île aux Nattes), Maugé coll., 1962 : 1 ex., (Ambatoroa),
Randinoby coll., 1959 : 1 ex.
Tous les exemplaires sont noirs à brun noir, aussi bien ventralement que
dorsalement. Leur corps, plus où moins vermiforme, à tégument lisse de 1,5 à 2 mm
d'épaisseur, a une longueur comprise entre 10 et 25 cm. Les podia ventraux, très
courts, sont dispersés, peu serrés, Sur les radius et sur les interradius; ils sont
cylindriques, terminés par une ventouse soutenue par un disque calcaire de 350 à 400
Lim de diamètre. Les podia dorsaux, moins nombreux que les ventraux mais également
épars sur les radius et sur les interradius, sont soit coniques, soit tronconiques et alors
terminés par une très petite ventouse soutenue par un disque calcaire à larges mailles, de
150 à 200 pim de diamètre. Il existe, mais pas toujours, un cercle de podia à la base des
tentacules.
Vingt tentacules courts, noirs. Couronne calcaire à courtes interradiales
antérieurement triangulaires, à larges radiales (fig. 28, J). Assez longues ampoules
tentaculaires. De 12 à 18 canaux hydrophores, en deux touffes. Six à dix vésicules de
Poli dont, généralement, une très grosse. Muscles longitudinaux très larges, plats.
Gonade formée de très nombreux tubes fins, simples ou ramifiés. Poumons très
feuillus, atteignant la longueur du corps. Intestin contenant de gros cailloux et des
débris coquilliers. Pas de tubes de Cuvier. Petit cloaque. Anus sans dents et non cerclé
de groupes radiaires de podia.
Spicules . — Les tourelles du tégument ont, typiquement, une base percée de
quatre grands trous centraux €t de quatre petits trous intercalaires (fig. 28, G),
surmontée d'une flèche à quatre piliers et une entretoise (fig. 28, À, B) terminée par une
couronne en forme de Croix de Malte (fig. 28, D); la base peut être irrégulière (fig. 28,
E) ou pourvue d'assez fortes expansions latérales (fig. 28, F).
Les rosettes sont simples, de petite taille (fig. 28, H). La paroi des podia ventraux
et des papilles et podia dorsaux est soutenue non par des bâtonnets mais par de
pseudo-plaques (fig. 28, C). Les tentacules renferment de très rares bâtonnets courts,
non perforés, à bord plus ou moins dentelé, à extrémités avec ou sans nodules (fig. 28,
D.
ECOLOGIE. — À. (H.) atra a été récoltée, à Nosy Be, sur le sable, parmi les blocs
pourris; à Tanikely, dans les herbiers à Cymodocea ciliata et Cymodocea rotundata ; à
l'île Mitsio, sur le sable, entre les blocs basaltiques; à Tuléar, dans les levées détritiques
et les herbiers du grand récif.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
golfe Persique, îles Maldives, Ceylan, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Australie,
Source : MNHN. Paris
74 GUSTAVE CHERBONNIER
îles Philippines, Chine, Japon, îles Hawaï; cette espèce,
essentiellement littorale, est
également très répandue dans l'océan Pacifique.
Fig. 28. — Holothuria (Halodeima) atra Jaeger. À,
B, D-G : tourelles; C : plaquettes des podia: H :
rosettes; I :bâtonnets des tentacules; J : couronne calcaire.
J= éch. 1;C, I = éch. 2; A, B, D-H = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 75
Holothuria (Halodeima) edulis Lesson, 1830
(Fig. 29, A-I)
Holothuria edulis Lesson, 1830 : 125, pl. 46, fig. 2. — PANNING, 1934 : 43, fig. 36 (synonymie).
__H. L. CLARK, 1938 : 519. — DOMANTAY, 1962 : 87, fig. 6 a-c.
Halodeima edulis - OHSHIMA, 1935 : 144. — PANNING, 1944 : 65, fig. 32. — CHERBONNIER,
1951 a : 399, fig. 3; 1955 b : 142, pl. 29, fig. c.
Holothuria (Halodeima) edulis - CLARK et ROWE, 1971 : 176, pl. 27, fig. 14. — PRICE, 1983 : 87,
91, fig. 48.
Trepang edulis - JAEGER, 1833 : 24.
Holothuria fuscocinerea Selenka, 1867 : 337, pl. 19, fig. 86.
Holothuria signata Ludwig, 1875 : 23, fig. 36.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambariobe), Millot coll. 1959 : 1ex.,
(Antsamantsara, pointe Lokobé, Mahatsinjo, Navetsy), Cherbonnier coll., 1959 : 13
ex.); Nosy Be, Crosnier coll., 1962 : 1 ex., Ledoyer coll.: 1 ex.; Tuléar, Pérès coll.,
1962, Thomassin coll., 1969 et 1972 : 12 ex., Rabesandratana coll., 1980, 1986 : 2 ex.
La couleur des animaux vivants varie selon leur taille. Les plus petits, d'au plus 40
mm, ont leur face ventrale rouge vif, leur face dorsale noirâtre, des tentacules jaune pail-
le, des podia ventraux jaune vif à base cerclée de violet sombre, une ventouse jaune
citron. Les plus grands, dont la taille peut atteindre 30 cm, ont soit le ventre rose sau-
mon, le dos couvert de larges plages brunes, soit entièrement lie de vin avec, dorsale-
ment, des plages plus sombres; leur anus est souvent cerclé de noir. Tous les intermé-
diaires existent entre ces formes extrêmes. Les couleurs sont partiellement conservées
en alcool.
Les animaux, très contractés, ont la forme de boudin, avec une bouche et un anus
terminaux. Leur tégument lisse, épais de 1 à 3 mm, présente, sous la loupe, de nom-
breux points brillants dus à la présence de multiples tourelles.
Les podia ventraux sont longs, cylindriques, répartis en double rang peu serré sur
chaque radius chez les petits exemplaires, mais sont dispersés sur tout le trivium chez
les grands spécimens; leur ventouse est soutenue par un disque calcaire de 430 à 450
um de diamètre.
Vingt tentacules gris rosé chez les grands spécimens. Couronne calcaire à larges
radiales, à courtes interradiales (fig. 29, 1). Courtes ampoules tentaculaires. Deux à trois
vésicules de Poli. Un à quatre canaux hydrophores. Muscles longitudinaux larges et
plats. Gonade faite de nombreux tubes simples, parfois à extrémité biramifiée. Pou-
mons portant tout du long des grappes de gros tubes courts; ils remontent jusqu'à la
Couronne calcaire. Intestin contenant du sable pur ou du sable coquillier grossier. Petit
cloaque.
Spicules . — Les tourelles, à base très petite, arrondie, percée au centre (fig. 29,
D), ont une flèche couronnée de quelques épines formant une petite Croix de Malte (fig.
29, A), ou de nombreuses épines (fig. 29, B) qui, vues de dessus, présentent un aspect
bien particulier (fig. 29, C). Les rosettes les plus nombreuses ont leur bord festonné et
sont percées de quatre trous disposés en croix, deux grands et deux très petits (fig. 29,
E); on rencontre aussi, surtout dans le tégument dorsal, des rosettes à six et plus
perforations losangiques à pentagonales, ainsi que de petites plaques circulaires à quatre
trous centraux et une dizaine de trous périphériques (fig. 29, F).
La paroi des podia ventraux renferme de grandes plaques et des bâtonnets (fig. 29,
J); celle des podia dorsaux comporte uniquement des bâtonnets parfois un peu noduleux
aux extrémités, à moins que celles-ci ne s'élargissent avec de nombreux trous (fig. 29,
G). Les bâtonnets des tentacules sont courts dans le disque, larges et très épineux dans
le tronc (fig. 29, H).
Source : MNHN. Paris
76 GUSTAVE CHERBONNIER
ÉCOLOGIE. — H. (H.) edulis a été récoltée dans les levées dé itiques, sous les
pierres ou dans les herbiers découvrant aux grandes marées, ainsi qu'en dragage, à
Nosy Be, par 15 m de profondeur.
21 L MO à à 15m 4L \5Qun
Fig. 29. — Holothuria (Halodeima) edulis Lesson. A, B, C, D : tourelles; E, F : rosettes des podia
dorsaux; G : bâtonnets des podia dorsaux; H : bâtonnets des tentacules; I : couronne calcaire; : plaque
et bâtonnet des podia ventraux.
1= éch. 1; F = éch. 2; G, H, J = éch. 3; A-E = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES Hi
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
mer d'Oman, golfe Persique, îles Maldives, golfe du Bengale, Indonésie, nord de
l'Australie, Chine, Japon, îles Philippines, Mariannes, Hawaii.
Sous-genre STAUROPORA Rowe, 1969
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules : tourelles à large base circulaire, surmontée d'une haute flèche terminée
par une étroite couronne épineuse; boutons lisses, à 3 ou 4 paires de trous; pseudo-
boutons plus ou moins tordus ................ H. (S.) hawaïiensis Fischer
— Spicules : tourelles à base à bord échancré, surmontée d'une courte flèche épaisse
coiffée d'une assez large couronne peu épineuse; boutons lisses ou finement gra-
nuleux, imperforés ou percés de 1 à 3 petits trous irrégulièrement répartis ......
ns en one 2 AM GRR NORE Srr Ernst H. (S.) olivacea Ludwig
Holothuria (Stauropora) hawaïensis Fischer, 1907
(Fig. 30, A-N)
Holothuria hawaïensis Fischer, 1907 : 668, pl. 68, fig. 4 a-8.
Holothuria (Stauropora) hawaiiensis - ROWE, 1969 : 141.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Galenon coll., 1972 : 1 ex., Thomassin coll. :
1ex.
Le spécimen récolté par Galenon, long de 40 mm, devient peu à peu plus épais de
la bouche, ventrale, où il mesure 7 mm de large, jusqu'à l'anus, terminal, où sa largeur
atteint 10 mm. Le tégument, gris jaunâtre, avec quelques taches marron clair près de
l'extrémité antérieure dorsale, est assez épais, très ridé sur la plus grande partie du corps
mais devenant très mince, translucide, sur une longueur postérieure de 16 mm. La face
ventrale est légèrement aplatie, la face dorsale bombée. Sur la partie translucide du
corps, les podia gros, courts, à ventouse et disque calcaire de 360 à 380 lim de
diamètre, sont très nettement disposés en double rang sur chaque radius; cette répartition
est bien moins nette sur le reste du corps par suite de sa forte contraction; les podia
semblent envahir aussi les interradius, alors qu'il est vraisemblable qu'ils se disposent
également uniquement sur les radius. Les podia dorsaux, peu nombreux, minces,
courts, tronconiques, à disque calcaire de 90 à 100 11m de diamètre, sont répartis sans
ordre sur tout le bivium.
Vingt tentacules marron à base non entourée d'un cercle de papilles. Couronne
calcaire à larges radiales et assez courtes interradiales (fig. 30, L). Courtes ampoules
tentaculaires. Une petite vésicule de Poli cylindrique. Un très court canal hydrophore à
madréporite sphérique peu calcifié. Muscles longitudinaux larges, plats, bifides. Frag-
ment d'intestin contenant un sable très fin. Ni gonade, ni poumons, ni éventuellement
de tubes de Cuvier.
Spicules. — Les boutons du tégument sont très variés; ils sont lisses à trois ou
quatre paires de trous (fig. 30, F), ou très grands, pourvus de trabécules et percés de
cinq à six paires de trous (fig. 30, G), ou transformés en pseudo-boutons plus ou
moins tordus (fig. 30, K).
Les tourelles sont de deux sortes. Les plus nombreuses ont une base circulaire
(fig. 30, A) ou légèrement ondulée (fig. 30, B), percée de quatre trous centraux
Source : MNHN. Paris
78 GUSTAVE CHERBONNIER
disposés en croix et de huit trous périphériques, plus rarement à grande base ayant
quelques petites perforations triangulaires intercalaires entre les dix trous périphériques
(fig. 30, E); leur haute et mince flèche à quatre piliers et trois à cinq entretoises (fig. 30,
D), se termine par une petite couronne épineuse à centre perforé (fig. 30, C). D'autres
tourelles, assez peu nombreuses, ont une base semblable mais une flèche courte,
massive, à quatre piliers et une entretoise, terminée par quelques fortes dents pointues
Gig. 30, I, J).
Les podia, aussi bien ventraux que dorsaux, ont de longs bâtonnets droits (fig. 30,
H) ou courbes (fig. 30, N), alors que ceux des tentacules sont toujours petits et imper-
forés (fig. 30, M).
L'autre spécimen, d'aspect semblable, contracté et partiellement éviscéré, n'a que
32 mm de long mais possède 22 tentacules.
OBSERVATIONS. — Par leur aspect, la forme des tourelles, des boutons, des
bâtonnets des podia et des tentacules, ces deux spécimens correspondent bien à la
description et aux figures de Fischer, ainsi qu'aux préparations microscopiques d'un
exemplaire des îles Hawaii déterminé par Heding. Neuf des syntypes de Fischer ont 30
tentacules, un seul de l'île Necker n'en a que 25, ce qui suppose une certaine variabilité
quant à leur nombre, qui se retrouve chez les animaux de Madagascar; il n'y a donc pas
lieu, à mon avis, de séparer spécifiquement l'holothurie de Madagascar de celle des îles
Hawaii.
ÉCOLOGIE. — H. (S.) hawaïiensis a été récoltée dans les levées détritiques du
platier de Madagascar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, îles Hawaii.
Holothuria (Stauropora) olivacea Ludwi 8, 1888
(Fig. 31, A-P)
Holothuria olivacea Ludwig, 1888 : 11, pl. 30, fig. 8-17. — SLUITER, 1890 : 106.
Holothuria (Stauropora) olivacea - ROWE, 1969 : 141.
Holothuria ludwigi Lampert, 1889 : 810, pl. 24, fig. 2.
Holothuria fuscoolivacea Fischer, 1907 : 672, pl. 69, fig. 3 a-f, pl. 70, fig. 3. — H. L. CLARK, 1932
: 232. — TORTONESE, 1953 : 44, fig. 6.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Navetsy), Cherbonnier
coll., 1959 :6ex. (Ambariobe), Millot coll., 1959 : 1 ex.; Antsakoabe, Pichon coll.,
1963 : 1 ex.; Tuléar, Galenon coll., 1972 : 2 ex.
Le plus grand spécimen mesure 80 mm de long, le plus petit 32 mm. De couleur à
peu près identique, leur dos est olivâtre foncé avec des taches plus claires, leur ventre
gris verdâtre. De forme subcylindrique, à dos légèrement bombé, ils s'effilent légère-
ment vers une bouche ventrale et un anus terminal; leur tégument, peu épais, est lépère-
ment rugueux. Les podia ventraux sont gros, courts, cylindriques, blancs, presque
translucides par endroits, avec une ventouse soutenue par un disque calcaire de 440 à
460 11m de diamètre; ils sont répartis sur quatre à cinq rangs serrés sur le radius
médian,
Fig. 30. — Holothuria (Stauropora) hawaïensis Fischer. A-E, I, J : tourelles; F, G, K : boutons; H,
N : bâtonnets des podia; L : couronne calcaire: M : bâtonnets des tentacules.
L= éch. 1; H, M, N = éch. 2; A-G, I-K = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
80 GUSTAVE CHERBONNIER
sur deux à trois rangs plus lâches sur les radius latéraux; il y a également des podia sur
les interradius, de plus en plus nombreux depuis le plus petit spécimen, où ils sont
assez serrés, jusqu'au plus grand où ils sont particulièrement abondants. Papilles dor-
sales courtes, minces, coniques, blanchâtres, très espacées sur tout le bivium; elles sont
sans ventouse ni disque calcaire,
Dix-huit à vingt tentacules jaunâtres. Couronne calcaire à radiales hautes et assez
étroites, à interradiales deux fois plus courtes (fig. 31, P). Trois courtes ampoules tenta-
culaires. Une vésicule de Poli. Un canal hydrophore avec un madréporite en forme de
manchon. Gonade formée de très nombreux tubes fins, simples, blanc laiteux. Muscles
longitudinaux larges, bifides, à bords ourlés. Poumons très feuillus remontant jusqu'à
la couronne calcaire. Très longs tubes de Cuvier.
Spicules . — Les tourelles du tégument sont très caractéristiques avec leur base à
quatre trous rectangulaires centraux disposés en croix, entre lesquels s'intercalent par-
fois quelques trous bien plus petits (fig. 31, A, B, C); cette base porte assez souvent,
sur son bord, de très légers granules (fig. 31, E). La flèche des tourelles est courte,
épaisse, à une entretoise, coiffée d'une couronne assez épineuse (fig. 31, F, J) dont le
centre est percé (fig. 31, A, B, C, E).
Les boutons, à perforations parfois presque oblitérées, sont soit lisses (fig. 31, D,
D), soit, généralement, très finement granuleux (fig. 31, H).
La paroi des podia ventraux est soutenue par des plaques multiperforées à bord très
dentelé (fig. 31, G, K), celle des papilles dorsales par des bâtonnets ou des
pseudo-plaques ornés d'apophyses latérales épineuses (fig. 31, L, M, N). Dans les
tentacules existent des bâtonnets à extrémités et bord épineux, à surface portant des
verrucosités couvertes de fines épines (fig. 31, O).
ECOLOGIE. — A Nosy Be, H. (S.) olivacea se trouve dans les levées détritiques
ou sous les blocs de coraux morts.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Madagascar, Indonésie, nord de
l'Australie, îles Bougainville et Hawaii.
Sous-genre THYMIOSYCIA Pearson, 1914
CLE DES ESPECES MALGACHES
Podia à la fois sur les faces ventrale et dorsale .. BRU
— Uniquement des papilles sur les faces ventrale et dorsale . .
13
2. Face ventrale uniformément jaune clair; face dorsale jaunâtre à marron clair, avec
2 rangées plus ou moins nettes de 6 à 8 grandes plages brunes pouvant se réunir
pour former des bandes transversales. Spicules : tourelles typiques à base sub-
carrée percée de 4 grands trous centraux et de 4 petits trous intercalaires, à flèche
basse surmontée d'une petite couronne peu épineuse; autres tourelles à base
circulaire percée de 4 trous centraux et de 10 à 14 petits trous périphériques;
boutons lisses à 3-4 paires de trous ............. -H. (T.) arenicola Semper
Fig. 31. — Holothuria (Stauropora) olivacea Ludwig. À, B, C : tourelles du tégument ventral; D, 1:
pseudo-boutons du tégument ventral; E, F, J : tourelles du tégument dorsal; G, K : plaques des podia
ventraux; H : boutons du tégument dorsal; L, M, N : bâtonnets des podia dorsaux; O : bâtonnets des
tentacules; P : couronne calcaire.
P = éch. 1; G, L, M, N = éch. 2; O = éch. 3; K = éch. 4; A-F, H, J = éch. 5.
Source : MNHN. Paris
81
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
J son
SL
50m
1 100pm à
1
3l
Source : MNHN. Paris
82 GUSTAVE CHERBONNIER
— Face ventrale jaune citron, parsemée de taches marron foncé allant du simple point
à des aires de 2 mm de diamètre; face dorsale également jaune citron parcourue par
2 rangée radiaires d'une douzaine de taches marron foncé ne se réunissant pas pour
former des bandes transversales. Spicules : tourelles soit à base carrée percée de 4
grands trous centraux et de 4 petits trous périphériques, ou à base circulaire à bord
ondulé percée de 4 grands trous centraux et de 10 à 15 petits trous périphériques; la
flèche des tourelles se termine par une large couronne très épineuse. Boutons
réguliers à 3-6 paires de trous, accompagnés de pseudo-boutons très irréguliers . .
AOL oi en tn era 0 ice doi ce OT CRE Te H. (T.) milloti nov. sp.
3. Tégument dorsal parcouru par 4 à 6 rangées longitudinales alternes de verrucosités
blanches à base jaune à marron clair qui se fusionnent en bandes chez les animaux
contractés. Spicules : tourelles à base circulaire percée de 4 grands trous centraux
et d'une douzaine de petits trous périphériques, à flèche de hauteur moyenne
terminée par une couronne peu épineuse. Boutons à 3 paires de trous dans le
tégument ventral, accompagnés de pseudo-boutons très petits et nettement
différents dans le tégument dorsal . H.(T.) hilla Lesson
— Tourelles à base percée de 8 trous périphériques 4
4. Papilles réparties sans ordre sur les deux faces. Spicules : tourelles à base à peu
près carrée, percée de 4 grands trous périphériques et de 4 trous plus petits
alternes, à flèche basse terminée par une couronne très épineuse, et boutons lisses
avec 3 paires de trous et axe longitudinal optique .. . .H. (T.) impatiens (Forskal)
— Papilles alignées en 8 rangées longitudinales sur chaque face. Spicules : tourelles à
base circulaire à bord ondulé, percée de 8 grands trous périphériques, à flèche
basse terminée par une couronne peu épineuse; boutons lisses, peu noduleux ou
pourvus d'un épaississement ou d'un arceau central .... H.(T.) gracilis Semper
Holothuria (Thymiosycia) arenicola Semper, 1868
(Fig. 32, A-L)
Holothuria arenicola Semper, 1868 : 81, pl. 20, pl. 30, fig. 13, pl. 35, fig. 4. — PANNING, 1935 :
88, fig. 73 (synonymie); 1944 : 69, fig. 36. — CHERBONNIER, 1955 b : 152, pl. 30, fig. a-x.
Holothuria (Thymiosycia) arenicola - ROWE, 1969 : 147. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 28,
fig. 3. — TORTONESE, 1980 : 108. — PRICE, 1983 : 87, 93, fig. 50.
Holothuria maculata - HEROUARD, 1893 : 133, pl. 7, fig. B. — MITSUKURI, 1912 : 103.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Amporaha, Andilana, Navetsy); Nosy
Tranja, Nosy Komba, Humes coll., 1955, Cherbonnier coll., 1959-1960, Frontier coll.,
1960, Thomassin coll., 1969 : 12 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll.,
1960 : 1 ex.; Tuléar (Grand récif, Sangoritelo, Nosy Ve), Fourmanoir coll., 1965,
Peyrot-Clausade, Thomassin coll., 1962, 1972, 1976, Galenon coll., 1972, Rabesan-
dratana coll., 1980, 1986 : 28 ex.
Iles Glorieuses, Vergonzanne coll., 1973 : 4 ex.
Les exemplaires sont soit cylindriques, soit renflés au milieu du corps avec les
extrémités légèrement amincies. Leur longueur varie de 70 à 160 mm. Deux exemplaires
ont la face ventrale jaune clair, la face dorsale parcourue par deux lignes longitudinales
radiaires de six à huit grandes plages brunes, le reste étant jaune piqueté de marron; chez
un autre exemplaire, les taches brunes se transforment en bandes transversales marron
clair, au nombre de 10 à 15; les autres spécimens sont entièrement jaunes, soit marron,
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 83
J an
10—2imm
2er 1 1 1 00m L n 1 1 )50um
Fig. 32. Holothuria (Thymiosycia) arenicola Semper. — A, B, D, E, G, H : tourelles; C, F :
boutons; I : bâtonnet des podia; J : couronne calcaire; K : canal hydrophore; L : bâtonnets des
tentacules.
1, K = éch. 1; 1, L : éch. 2; A-H = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
84 GUSTAVE CHERBONNIER
avec, peu visibles, des taches un peu plus foncées. Le tégument, peu épais, est lisse.
Les podia de la face ventrale sont répartis, assez nombreux mais peu serrés, sur les
radius et sur les interradius; ils sont gros, courts, munis d'une large ventouse soutenue
par un disque calcaire de 350 à 400 lim de diamètre. Ceux de la face dorsale, disposés
sans ordre sur tout le bivium, sont très petits, cylindriques, pourvus d'une minuscule
ventouse et d'un disque calcaire de 180 à 200 im de diamètre. L'anus, dépourvu de
dents, est entouré radiairement de cinq groupes de trois podia.
Vingt petits tentacules bruns. Couronne calcaire à très larges radiales, à interra-
diales à sommet triangulaire (fig. 32, J). Courtes ampoules tentaculaires. Une longue
vésicule de Poli. Un court canal hydrophore terminé par un madréporite digitiforme
(fig. 32, K). Gonade formée par de très nombreux tubes fins, une à plusieurs fois
ramifiés. Poumons très longs, noirâtres, portant de part et d'autre du tronc principal des
ramifications espacées pourvues de grappes de tubes courts. Muscles longitudinaux très
larges, bifides.
Spicules . — Les tourelles des téguments sont identiques et de deux sortes. L'une
de ces formes, caractéristique de l'espèce, plus abondante dans le tégument dorsal que
dans le tégument ventral, a une base subcarrée percée de quatre grands trous centraux et
de quatre petits trous intercalaires, une flèche basse à quatre piliers et une entretoise, ter-
minée par une couronne d'épines à pointes émoussées, perforée au centre (fig. 32, A,
G). L'autre forme a une base circulaire percée de quatre trous centraux et de 10 à 14
trous périphériques, une flèche un peu plus haute et moins épaisse avec une couronne
souvent plus épineuse et plus large (fig. 32, D, E); entre ces deux formes, on constate la
présence de tourelles intermédiaires (fig. 32, B, H).
Les boutons sont lisses, le plus souvent à trois paires de trous, exceptionnellement
à quatre paires de trous (fig. 32, C, F). Les bâtonnets des podia, aussi bien ventraux
que dorsaux, sont longs, droits ou légèrement arqués, élargis en leur milieu, perforés au
centre et aux extrémités (fig. 32, I); ceux des tentacules, très peu nombreux, ont leurs
bords denticulés avec, parfois, une ou plusieurs excroissances médianes ou aux extré-
mités (fig. 32, L).
ECOLOGIE. — Cette espèce a été récoltée dans les levées détritiques, sous les
blocs, souvent enfoncée dans le sable, sa présence n'étant signalée que par un orifice en
forme d'entonnoir.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Mascareignes, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines,
Chine, Japon, îles Hawaïi.
Holothuria (Thymiosycia) milloti nov. Sp.
Fig. 33, A-M)
MATERIEL. — Iles Glorieuses (nord de Madagascar), J. Millot coll., 1958 : 1 ex.
(holotype n° 2722).
L'unique spécimen, cylindrique, mesure 125 mm de long sur une largeur moyenne
de 20 mm. Le tégument, lisse, épais de 1 mm, est fondamentalement jaune citron; la
face ventrale est parsemée de taches marron foncé, allant du simple point à des aires de
près de 2 mm de diamètre; la face dorsale est parcourue par deux rangées radiaires d'une
douzaine de taches brun chocolat, de 2 à 5 mm de diamètre, le reste de cette face étant
ponctué de nombreux petits points de même couleur. Ces teintes sont partiellement
conservées en alcool.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 85
Les podia ventraux, qui portent des traces de pigmentation marron, sont dispersés,
peu nombreux, sur le trivium, quoique on note une disposition radiaire vers le milieu du
corps; ils sont petits, cylindriques, à large ventouse soutenue par un disque calcaire à
nombreuses petites mailles, de 380 à 400 11m de diamètre.
Les podia dorsaux, très peu nombreux, plus petits que les ventraux, sont tronco-
niques, pourvus d'une petite ventouse et d'un disque calcaire de 200 à 220 pim de dia-
mètre; ils sont répartis sans ordre sur tout le bivium.
La bouche, ventrale, n'est pas entourée d'un cercle de papilles. L'anus, terminal,
est fermé par cinq valves triangulaires de 2,5 mm de côté portant chacune quatre paires
de podia et un podia terminal (fig. 33, J).
Vingt petits tentacules jaunâtres, ponctués de brun. Couronne calcaire bien calci-
fiée, à larges radiales, à interradiales à sommet émoussé, la partie postérieure de
l'ensemble étant fortement échancré (fig. 33, 1). Très courtes ampoules tentaculaires.
Une longue vésicule de Poli et un seul canal hydrophore. Gonade formée de longs tubes
simples ou fourchus. Muscles longitudinaux larges, bifides, très épais. Poumons très
feuillus, brun chocolat, remontant jusqu'à la couronne calcaire. Intestin rempli de sable
corallien. Pas de tubes de Cuvier. Grand cloaque de 30 mm de long.
Spicules . — Dans tout le tégument, les tourelles les plus simples ont une base
carrée percée de quatre grands trous centraux et de quatre, parfois six, petits trous péri-
phériques (fig. 33, A); leur flèche, à quatre piliers et une entretoise, est coiffée d'une
large couronne perforée au centre, faite d'un cercle externe d'épines à pointe émoussée,
et d'un cercle interne d'épines de même forme, mais isolées (fig. 33, A); vue de profil,
la flèche de ces tourelles est de hauteur moyenne, et présente, au sommet, une épaisse
touffe d'épines (fig. 33, D, F). D'autres tourelles, particulièrement nombreuses dans le
tégument dorsal, ont leur base plus grande, plus arrondie, percée toujours de quatre
grands trous centraux mais de onze à quinze petits trous périphériques (fig. 33, B); leur
flèche est plus massive, à couronne plus épineuse (fig. 33, E).
Les boutons du tégument ont, pour les plus nombreux, trois à quatre paires de
trous, mais peuvent atteindre une taille deux fois plus grande et être percés de cinq à six
paires de trous inégaux, avec une esquisse de carène centrale (fig. 33, G). À ces bou-
tons se mêlent de nombreux pseudo-boutons ou plaquettes de formes très diverses
(fig. 33, H).
Les longs bâtonnets des tentacules ont leurs extrémités fortement épineuses
(fig. 33, C, K); ceux des podia sont lisses, percés sur toute leur surface (fig. 33, L)et
prennent souvent la forme de grandes plaques allongées percées de huit à dix paires de
trous (fig. 33, M).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente d'étroites affinités avec A. (T. )
arenicola Semper; si l'on se réfère à la diagnose et aux figures de cet auteur, elle a la
même forme, une coloration semblable, des valves anales identiques; mais la couronne
est nettement différente, les tourelles, plus massives, ont leur flèche couronnée d'un
important bouquet de nombreuses épines, et l'on ne trouve pas, chez arenicola , les
pseudo-boutons caractéristiques de milloti . Par ses tourelles très épineuses, cette espèce
se rapproche également de H. (T.) truncata Lampert, de la grande barrière d'Australie.
Holothuria (Thymiosycia) hilla Lesson, 1830
(Fig. 34, A-L)
Holothuria (Fistularia) hilla Lesson, 1830 : 226, pl. 78.
Holothuria hilla - CHERBONNIER, 1951 a : 532, fig. 1; 1955 b : 153, pl. 32, fig. g-r; 1963 : 5. —
TORTONESE, 1953 : 42, fig. 5.
Source : MNHN. Paris
86 GUSTAVE CHERBONNIER
Holothuria (Thymiosycia) hilla - ROWE, 1969 : 147. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 28, fig. 9.
— TORTONESE, 1980 : 107. — PRICE, 1983 : 87, 93, fig. 51
Holothuria monacaria - SELENKA, 1867 : 331, — PANNING, 1929 : 69, fig. 47 (synonymie). —
DOMANTAY, 1933 : 67, pl. 1, fig. 10. — H. L. CLARK, 1938 : 526, pl. 16, fig. 7; 1946 : 436.
— CLARK et SPENCER DAVIES, 1966 : 600, 603. Non Lesson, 1830
Holothuria monacaria viridis H.L. Clark, 1938 : 527.
MOOum
Fig. 33. — Holothuria (Thymiosycia) milloti nov. sp. — A, B, D, E, F : tourelles: C, K : bâtonnets
des tentacules; G : boutons; H : pseudo-boutons; I : couronne calcaire; J : valve anale: L : bâtonnet; M
: plaque allongée des podia.
I, J = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 87
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be, Clouet coll., 1847 : 1 ex.; Nosy Be
(Ambatoloaka, Ambariobe, Andilana, Mabhatsinjo, Navetsy, Nosy Tangam), Cherbon-
nier, Legendre, Millot coll., 1959-1960 : 89 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Humes
et Fourmanoir coll., 1955 : 1 ex., Cherbonnier coll., 1960 : 2 ex.; îles Mitsio, Cherbon-
nier coll., 1960 : 2 ex.; Tuléar (grand récif, Lobové, Sangoretilo), Galenon, Peyrot-
Clausade, Thomassin coll., 1972 : 39 ex., Bastard coll., 1909 : 2 ex.; Tamatave,
Sartigues coll., 1885 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Vergonzanne coll., 1975 : 8 ex.
Les spécimens, de forme cylindrique, parfois amincis aux extrémités, ont une taille
allant de 25 à 200 mm; leur bouche, un peu ventrale, est entourée d'un cercle de petites
papilles, l'anus, terminal, de cinq groupes radiaires de deux à quatre papilles blanches.
Le tégument, mince, est légèrement rugueux.
La couleur des animaux est très variable. Les spécimens mesurant entre 25 et 50
mm sont, le plus souvent, marron très clair à presque blancs, avec, dorsalement, trois
bandes longitudinales marron plus ou moins foncé, parfois à peine visibles; ceux d'une
taille supérieure ont le dos jaune à marron, avec quatre à six rangées longitudinales
alternantes de verrucosités coniques blanches à base jaune ou marron très clair, d'où
émerge un petit podia fin à ventouse et disque calcaire de 210 à 220 | mde diamètre;
lorsque l'animal est contracté, ces verrucosités se fusionnent en bandes longitudinales.
La face ventrale, blanche, jaunâtre ou marron très clair, porte de gros podia cylindriques
jaunâtres, à large ventouse et disque calcaire de 510 à 535 11m de diamètre; ils sont
répartis en deux à trois rangs sur chaque radius. Ces couleurs sont plus ou moins bien
conservées en alcool, des spécimens devenant entièrement blancs, d'autres marron à
brun chocolat, sans aucune trace de taches sombres dorsales.
Vingt (exceptionnellement 18 ou 19) tentacules gris à jaunâtres. Couronne calcaire
à larges radiales, à courtes interradiales antérieurement triangulaires pointues (fig. 34,
J). Courtes ampoules tentaculaires. Une à deux longues vésicules de Poli. Un canal
hydrophore torsadé, à gros madréporité sphérique (fig. 34, K). Gonade faite de tubes
courts, simples. Muscles longitudinaux larges, épais, bifides. Poumons assez feuillus,
remontant jusqu'à la couronne calcaire; cependant, le poumon droit est parfois atrophié
pour ne mesurer pas plus de 5 mm. Nombreux tubes de Cuvier.
Spicules . — Les tourelles du tégument ventral ont une base circulaire percée de
quatre grands trous centraux et d'une douzaine de trous périphériques (fig. 34, A); leur
flèche, à quatre piliers et une entretoise, se termine par un groupe d'épines à pointe
émoussée (fig. 34, H). Les tourelles du tégument dorsal ont souvent une base rectangu-
laire à quatre trous centraux, un à deux trous à chaque angle et une couronne irrégulière
(fig. 34, B, D); parmi elles, des tourelles à base souvent plus grande que celle des
tourelles ventrales, mais par ailleurs identiques (fig. 34, I); dans le tégument ventral on
trouve, en plus, des boutons bien plus petits et de formes diverses (fig. 34, F).
La paroi des podia ventraux renferme des plaques treillissées que l'on retrouve
chez les podia dorsaux (fig. 34, L) avec, en plus, quelques bâtonnets (fig. 34, G). Les
bâtonnets des tentacules, peu nombreux, sont minces, courts, imperforés (fig. 34, C).
ECOLOGIE. — H. (Th.) hilla a été récoltée dans des milieux aussi divers que les
levées détritiques, les tombants coralliens, sous les roches, sur le sable des herbiers à
Syryngodium et grandes Cymodocées, parmi les blocs basaltiques de l'île Mitsio.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Espèce très commune en mer Rouge et dans
tout l'océan Indien : côte est d'Afrique, Madagascar, Mascareignes, îles Maldives,
Ceylan; également très répandue dans une partie de l'océan Pacifique : Indonésie, nord
de l'Australie, îles Philippines, Chine, Japon, îles Hawaïi.
Source : MNHN. Paris
88 GUSTAVE CHERBONNIER
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 89
Holothuria (Thymiosycia) impatiens (Forskal, 1775)
(Fig. 35, A-K)
Fistularia impatiens Forskal, 1775 : 121, pl. 39, fig. b
Holothuria impatiens - HAACKE, 1880 : 46. — VANEY, 1905 : 4. —H. L. CLARK, 1921 : 178, pl.
19, fig. 3 et 5. — PANNING, 1935 : 86, fig. 72 (synonymie); 1941 : 7, fig. 5-6; 1944 : 70, fig.
37. — HEDING, 1940 a : 121, fig. 5. — TORTONESE, 1953 : 224. — CLARK et SPENCER
DAVIES, 1966 : 599, 603.
Holothuria impatiens concolor H. L. Clark, 1921 : 179.
Holothuria impatiens lutea H. L. Clark, 1921 : 179.
Holothuria impatiens pulchra H. L. Clark, 1921 : 179, pl. 19, fig. 3.
Holothuria (Thymiosycia) impatiens - PEARSON, 1914 : 171. — ROWE, 1969 : 145, fig. 13. —
CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 26, fig. 2, pl. 28, fig. 8. — TORTONESE, 1980 : 107. —
PRICE, 1983 : 88, 95, fig. 52.
Holothuria ophidiana Quoy et Gaimard, 1833 : 134.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (pointe Lokobe), Humes coll., 1955 : 1 ex.,
(Ambariobe, Ambanoro, Ambatoloaka, Andilana, Navetsy, Nosy Tangam), Cherbon-
nier coll., 1959-1960 : 46 ex., (pointe à la fièvre), Aboudou coll., 1963 : 1 ex.,
(Antsakoabe), Pichon coll., 1963 : 3 ex.; îlot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier
coll., 1960 : 2 ex.; Nosy Iranja, Crosnier coll., 1959 : 1 ex.; Le Banc Vert (près Nosy
Be), Cherbonnier coll., 1959 : 1 ex.; îles Mitsio, Cherbonnier coll., 1959 : 1 ex.;
Tuléar, Geay coll., 1906 : 5 ex., Peyrot-Clausade, Thomassin coll., 1972 : 51 ex.; baie
de Saint-Augustin, Bastard coll., 1909 : 1 ex.; Fort-Dauphin, Decary coll., 1938 : 1
ex.; Antsirane, Decary coll., 1919 : 1 ex.;
Comores : île Mayotte, Crosnier coll., 1959 : 1 ex.; Grande Comore, Anthony
coll., 1972 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Vergonzanne coll., 1975 : 2ex.;
Cette espèce est représentée par 119 individus dont la longueur varie de 2 à 40 cm
et, pour les grands exemplaires, d'une largeur de 30 à 40 mm. Les appendices ambula-
craires se présentent comme des papilles coniques terminées par un tube très fin, cylin-
drique; ces papilles se répartissent irrégulièrement sur tout le corps, pas très serrées,
mais elles offrent souvent des alignements longitudinaux sur une distance plus ou moins
grande des radius. Chez les animaux bien étalés, le tégument est mince, mou, légère-
ment rugueux. La couleur, très variable, va du jaune sale au marron foncé, parfois
violacée à noirâtre, parsemée de taches blanches ou brun foncé; les papilles sont géné-
ralement bien plus claires que le reste du tégument.
Vingt tentacules très gros et assez courts; leur base est entourée d'un collier plus ou
moins visible de petites papilles. Couronne calcaire très forte, à courtes interradiales
triangulaires et à radiales larges et hautes (fig. 35, G). Courtes ampoules tentaculaires.
Une vésicule de Poli et un canal hydrophore terminé par un madréporite généralement
peu calcifié, globuleux ou en forme de manchon. Gonade faite de longs et gros tubes
simples. Poumons n'atteignant généralement pas plus de la moitié de la longueur du
corps, très feuillus, le gauche souvent un tiers plus court que le droit. Très nombreux
tubes de Cuvier. Muscles longitudinaux larges, épais, bifides.
Fig. 34. — Holothuria (Thymiosycia) hilla_Lesson. A : tourelles du tégument ventral; B, D, E :
tourelles du tégument dorsal; C : bâtonnets des tentacules; F : boutons du tégument ventral; G :
bâtonnets des podia dorsaux; H : tourelles vues de profil; I : boutons réguliers du tégument; J :
couronne calcaire; K : canal hydrophore; L : plaque des podia ventraux et dorsaux.
J,K = éch. 1; F, G, I = éch. 2; C, L = éch. 3; A, B, D, E, H = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
90 GUSTAVE CHERBONNIER
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 91
Spicules .— Les tourelles du tégument se présentent le plus souvent avec une base
carrée percée de huit trous, quatre grands et quatre petits alternes, surmontés d'une très
forte flèche à quatre piliers et une entretoise, terminée par une couronne très épineuse, à
centre perforé (fig. 35, À, B); parfois, le bord de la base est dentelé, celle-ci à trous plus
nombreux, et la couronne de la flèche est moins épineuse (fig. 35, F). Les boutons, très
nombreux, sont à trois paires de trous (fig. 35, E). Les bâtonnets des papilles ventrales
sont courts, perforés au centre et aux extrémités (fig. 35, C, D), alors que ceux des
papilles dorsales sont bien plus longs et seulement percés aux extrémités (fig. 35°4
K). Le tronc des tentacules est renforcé par de longs bâtonnets à extrémités épineuses,
le plus souvent imperforées (fig. 35, D), ceux de la couronne étant bien plus courts et à
peine épineux (fig. 35, 1).
ECOLOGIE. — À Madagascar, H. (Th.) impatiens vit dans les herbiers, les levées
détritiques, sous les blocs de coraux pourris; aux îles Mitsio, elle a été récoltée parmi les
blocs basaltiques et, sur le banc Vert, en faubertage, par 15 m de profondeur, parmi les
coraux branchus.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — H. (Th.) impatiens est une espèce presque
cosmopolite trouvée en Méditerranée, en mer Rouge, partout dans les océans Indien et
Pacifique, peut-être aussi sur la côte atlantique des Etats-Unis.
Holothuria (Thymiosycia) gracilis Semper, 1868
(Fig. 36, À-K)
Holothuria gracilis Semper, 1868 : 84, 248, pl. 23, pl. 30, fig. 17, pl. 31, fig. 8, pl. 33, fig. 1, pl.
35, fig. 6. — LAMPERT, 1885 : 68.
Holothuria (Thymiosycia) gracilis - ROWE, 1969 : 147. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 28, fig.
6.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Tafondro), Millot coll., 1958 :1ex.
L'unique exemplaire, subcylindrique, légèrement effilé aux extrémités, mesurait,
vivant, 65 mm de long sur 18 mm de large. Le tégument mince, très rugueux, est fine-
ment granuleux. Le dos, gris verdâtre, est tacheté de vert sombre sauf les extrémités qui
sont piquetées de marron clair; il est parcouru par huit rangées longitudinales de chacune
34 à 38 assez grosses verrucosités coniques, blanchâtres, d'où sort une mince papille
subconique. Le ventre, blanc jaunâtre piqueté de points bruns assez espacés, est égale-
ment parcouru par huit rangées longitudinales de chacune 38 à 42 verrucosités identi-
ques, quoique un peu plus petites, à celles du tégument dorsal, et dont la petite papille,
translucide, est pourvue d'une minuscule ventouse cerclée d'une couronne de spicules
faisant saillie à travers la paroi du corps. La bouche et l'anus sont terminaux, celle-là
non entourée d'un cercle de papilles. En alcool, l'animal ne mesure plus que 52 mm, et
sa couleur a partiellement disparu.
Vingt très petits tentacules jaunâtres. Couronne calcaire très petite mais bien calci-
fiée, à larges radiales, à courtes interradiales (fig. 36, E). Très courtes ampoules
tentaculaires. Une vésicule de Poli et un très court canal hydrophore à madréporite
Fig. 35. — Holothuria (Tkymiosycia) impatiens (Forskal). — À, B, F : tourelles: €, D: bâtonnets
des podia ventraux; E : bouton; G : couronne calcaire; H, K : bâtonnets des papilles dorsales; I, J :
bâtonnets des tentacules.
G = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
92 GUSTAVE CHERBONNIER
sphérique. Gonade faite d'une dizaine de longs tubes plusieurs fois ramifiés. Muscles
longitudinaux très larges, peu épais, bifides. Intestin partiellement éjecté. Poumons très
minces, remontant jusqu'à la couronne calcaire, portant, échelonnés sur le tronc
Fig. 36. — Holothuria (Thymiosycia) gracilis Semper. À, B, L : boutons; C : bâtonnets des papilles;
D : bâtonnets des tentacules; E : couronne calcaire; F-K : tourelles du tégument.
E = éch. 1; C, D = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris.
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 93
principal, des tubes simples et des grappes de quatre à cinq tubes à courtes ramifications
digitiformes latérales. Pas de tubes de Cuvier. Anus sans dents et non bordé de papilles.
Spicules . — Les boutons sont de trois formes principales : des boutons lisses,
ornés de nodules ou, le plus souvent, parcourus par un épaississement central, percés
généralement de trois paires de trous accompagnés, parfois, d'un trou supplémentaire à
chaque extrémité (fig. 36, A); des boutons nettement plus forts, à épaississement central
plus prononcé (fig. 36, B); de nombreux boutons à contours irréguliers et cinq à huit
paires de trous inégaux (fig. 36, L).
Les tourelles sont, pour un assez grand nombre, à base subcarrée et bord ondulé,
percée d'un large trou central et de huit trous périphériques à peu près égaux (fig. 36,
F); les autres ont une base plus cireulaire, percée de trous inégaux (fig. 36, G, H), ou
une base de grande taille, ornée parfois d'un ou plusieurs nodules périphériques (fig.
36, K). Leur flèche à quatre piliers et une entretoise, gracile (fig. 36,F, G) ou assez
massive (fig. 36, H, I), se termine par une étroite couronne peu épineuse (fig. 36, E;
G) ou plus développée et plus épineuse (fig. 36, H, 1); la flèche des grandes tourelles
(fig. 36, K) n'est percée que d'un grand trou basal (fig. 36, J).
Les bâtonnets des papilles sont petits, grêles, un peu noduleux et non perforés
(fig. 36, D); ceux des tentacules ont des extrémités élargies, perforées; assez arqués, ils
sont souvent tordus en hélice (fig. 36, GC)
OBSERVATIONS. — Par sa forme, Sa couleur, la répartiton des papilles, la forme
de la couronne calcaire et l'absence de tubes de Cuvier, mon exemplaire correspond
bien à ceux décrits et figurés par Semper; Ses tourelles sont semblables, certains de ses
boutons (fig. 36, L) sont similaires à celui figuré par Semper, lequel omet de signaler
ceux de nos figures À et B, lesquels n'existent peut-être en abondance que dans les
exemplaires qui, comme le mien, sont de petite taille, ceux de Semper atteignant 350
m.
H{Th.) gracilis présente des affinités avec deux espèces de Thymosycia :
impatiens (Forskal), d'aspect similaire mais de couleur différente, dont Ja base des
tourelles rappelle celle de notre figure F, mais avec une flèche à sommet bien plus
épineux, des boutons non semblables, et qui possède des tubes de Cuvier; aphanes
Lampert, à boutons noduleux plus compliqués que ceux de gracilis , à tourelles bien
différentes, et qui possède également des tubes de Cuvier.
ECOLOGIE. — H. (Th.) gracilis a été récoltée sous les pierres, à marée basse.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Zanzibar, Madagascar, îles Philippines et
Palau.
Sous-genre PLATYPERONA Rowe, 1969
CLE DES ESPECES MALGACHES
eu
Spicules : boutons lisses à axe optique, présents dans tout le tégument ....... &
— Spicules : boutons noduleux présents dans tout le tégument ou seulement dans le
tégument dorsal none ete CERTES STE ne 2
2. Spicules : boutons à surface ornée de petits nodules, présents dans tout le tégu-
ment; tourelles à base circulaire, à bord ondulé, percée de 10 à 12 grands trous et
d'un nombre variable de petits trous périphériques, à flèche courte et épaisse
surmontée d'une couronne irrégulière très épineuse. . A. (P.) excellens (Ludwig)
Source : MNHN. Paris
94 GUSTAVE CHERBONNIER
— Spicules : boutons lisses percés de trous minuscules, accompagnés de nombreux
boutons à nodules réunis entre eux par des ponts d'importance variable; grandes
plaques en forme de semelles à minuscules trous présentes dans les podia; tourel-
les à base carrée ou circulai périphériques, les 2
€ émoussée . ....
3. Spicules : présence de tourelles à grande base irrégulière devenant cruciforme, à
haute flèche gracile terminée par une étroite couronne d'épines minuscules; autres
nombreuses tourelles à base circulaire percée de 1 trou central et de 8 grands trous
périphériques seuls ou avec 8 petits trous intercalaires sur un cercle externe, à
flèche basse, épaisse, et couronne très épineuse; boutons à 3-6 paires de trous
H. (P.) altimensis H. L. Clark
4. Spicules : tourelles typiques à base circulaire ondulée percée d'un trou central, de
8 grands trous entre chacun desquels s'intercale un trou minuscule, à flèche basse,
épaisse, à couronne très épineuse; boutons percés de 3 à 4 paires de trous irrégu-
SR EAN 0 me CP H. (P.) difficilis Semper
5. Spicules : tourelles dominantes à base subcirculaire, à bord ondulé très échancré,
percée d'un trou central et de 8 trous non circulaires, à flèche grêle de hauteur
épines, soit par une touffe de nombreuses et grandes épines. Dans tout le tégu-
ment, boutons à 5-6 paires de trous. ............ -H. (P.) crosnieri nov. Sp.
Holothuria (Platyperona) excellens (Ludwig, 1875)
(Fig. 37, A-N)
Mülleria excellens Ludwig, 1875 : 98, pl. 7, fig. 32. — LAMPERT, 1885 : 97.
() Argiodia excellens - PEARSON, 1914 : 170.
Holothuria (Microthele) excellens - PANNING, 1929 : 132, fig. 16.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka), Cherbonnier coll., 1960 : 1
ex., (Navetsy), Cherbonnier coll., 1959 : 1 ex.
gris foncé. Le tégument, lisse, est épais de 4 à 5 mm.
Les podia ventraux grisâtres, à large ventouse marron et disque calcaire de 530 à
610 im de diamètre, sont longs, gros, cylindriques; très nombreux et serrés, ils sont
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 95
répartis sans ordre sur tout le trivium. Les papilles dorsales, très courtes et fines, coni-
ques, blanchâtres à pointe noire, sont peu nombreuses, très espacées, réparties sans
ordre sur tout le bivium; leur base est entourée d'un étroit cercle gris; elles sont pouvues
d'un très petit disque calcaire à très important réseau secondaire, de 100 à 130 11m de
diamètre, ou en sont totalement démunies. La base des tentacules est entourée d'une
couronne de papilles coniques, plus développées que celles de la face dorsale.
Vingt tentacules noirâtres. Couronne calcaire à larges radiales, à très courtes
interradiales (fig. 37, N). Courtes ampoules tentaculaires. Une grosse et très longue
vésicule de Poli. Un court canal hydrophore à madréporite hélicoïdal ponctué de noir.
Gonade faite d'une touffe de longs et gros tubes blanchâtres. Muscles longitudinaux
épais, bifides. Poumon droit peu développé, ne dépassant pas le cinquième de la
longueur du corps. Traces de tubes de Cuvier. Anus armé de cinq fortes dents.
Spicules . — Les tourelles de tout le tégument ont une grande base plus ou moins
circulaire à bord ondulé, percée d'une couronne interne de dix à douze grands trous et
d'un nombre variable de trous périphériques (fig. 37, À, B, C); leur flèche, à quatre
piliers, est courte, massive, irrégulière (fig. 37, D) ou plus élancée (fig. 37, E, F); elle
se termine par de très nombreuses épines (fig. 37, E, F); vue du dessus, cette couronne
épineuse prend plus ou moins nettement un aspect cruciforme (fig. 37, À, B, C).
Les boutons, à bord et à surface finement noduleux, sont percés de trois à sept
paires de trous (fig. 37, J, L); leurs nodosités sont parfaitement distinguables lorsqu'ils
sont vus de trois-quarts ou de profil (fig. 37, L). De nombreux boutons du tégument
dorsal sont nettement plus larges, à trous plus réguliers (fig. 37, D).
Les podia et les papilles dorsales sont soutenus par de longs bâtonnets (fig. 37,
G), ainsi que par des plaques multiperforées (fig. 37, K). Les tentacules possèdent des
bâtonnets arqués très épineux (fig. 37, M).
OBSERVATIONS. — Miss Deichmann (1958) considère H. (P.) excellens comme
synonyme de H. (P.) difficilis Semper, synonymie adoptée par Rowe (1969). Or,
l'aspect et la couleur des individus de ces deux espèces sont nettement différents, ainsi
que leurs spicules; les tourelles de H. (P.) excellens ont une flèche bien plus massive,
terminée par une couronne plus large et à épines bien plus fortes, flèche dont les piliers
sont parfois épineux; les boutons, finement noduleux, sont identiques à ceux figurés par
Ludwig pour son espèce. En conséquence, j'estime que A. (P.) excellens est une
bonne espèce, proche mais différente de H. (P.) difficilis .
ECOLOGIE. — À Madagascar, H. (P.) excellens a été récoltée dans une levée
détritique découvrant aux grandes marées.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, îles Samoa.
Holothuria (Platyperona) strigosa Selenka, 1867
(Fig. 38, A-O)
Holothuria strigosa Selenka, 1867 : 334, pl. 19, fig. 77-79. — LUDWIG, 1880 : 6.
Holothuria boutani Herouard, 1893 : 132, pl. 7, fig. A.
MATERIEL. — Madagascar : baie de Saint-Augustin, Geay coll., 1906 : 1 ex.
L'unique exemplaire, fortement cintré, très plissé, à tégument épais de 3 à 4 mmet
tentacules invaginés, dont les viscères pendent à l'anus, mesure environ 150 mm de
long sur 28 mm de large au milieu du corps; celui-ci s'amincit légèrement de l'extrémité
orale à la partie anale. En alcool, le ventre est marron clair, le dos un peu plus foncé. La
Source : MNHN. Paris
96 GUSTAVE CHERBONNIER
bouche est ventrale, l'anus terminal. Les podia ventraux gros, courts, cylindriques, sont
très nombreux, répartis sans ordre sur les radius et les interradius; leur ventouse, jaune
très clair, est soutenue par un disque calcaire de 400 à 430 lim de diamètre; leur tige,
blanchâtre, est entourée, à la base, d'un mince cercle brun. Les podia dorsaux, moins
nombreux que les ventraux, sont disséminés sur tout le bivium; ils sont courts, minces,
tronconiques, blanc jaunâtre, et leur ventouse est Soutenue par un disque calcaire de
Ludwig). A-F, H : tourelles; G : bâtonnet; K : plaque
Fig. 37. — Holothuria (Platyperona) excellens (
des podia et des papilles; I, J, L : boutons; M : bâtonnet des tentacules: N : couronne calcaire.
N = éch. 1; M = éch. 2; G, K = éch. 3, A-F, H, I, J, L = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 97
300 à 320 jm de diamètre. L'anus est entouré de cinq groupes radiaires de chacun cinq
grosses papilles coniques, blanchâtres. Peut-être présence d'un collier peu apparent de
papilles coniques à la base des tentacules.
Vingt minuscules tentacules marron clair. Couronne calcaire bien calcifiée, à larges
radiales, à interradiales étroites et nettement plus courtes que les radiales (fig. 38, O).
Très courtes ampoules tentaculaires. Une vésicule de Poli et un canal hydrophore, libre,
de petite taille, à madréporite peu développé. Gonade faite de longs tubes simples ou
une à deux fois ramifiés, remplis d'œufs. Muscles longitudinaux bifides, très épais.
Longs poumons peu feuillus. Intestin contenant une fine vase grise. Très nombreux et
longs tubes de Cuvier.
Spicules . — Les tourelles de tout le tégument sont de deux sortes : les unes ont
une base subcarrée, percée le plus souvent de quatre trous centraux, de quatre, parfois
cinq à six petits trous intercalaires (fig. 38, D, I); d'autres ont une base plus grande,
subcirculaire, percée de quatre trous centraux et d'une douzaine de petits trous péri-
phériques (fig. 38, G). La flèche des tourelles, à quatre piliers, est courte, mince, (fig.
38, E), plus épaisse (fig. 38, F) à très épaisse (fig. 38, H); elle est couronnée de dents à
pointe émoussée, peu à très nombreuses (fig. 38, D, E, F, H, I).
Les boutons, lisses, du tégument ventral, sont en majorité percés de quelques très
petits trous (fig. 38, A); cependant, il s'y mélange des boutons à trous plus grands, plus
nombreux, et à très net axe optique (fig. 38,B, J); certains de ces boutons lisses se
retrouvent, en assez grand nombre, dans le tégument dorsal (fig. 38, J), mélangés à des
boutons très nettement différents, plus développés que les ventraux; ils sont ornés de
quelques nodules centraux (fig. 38, K), le plus souvent de nodules disposés sans ordre
et réunis entre eux par des ponts d'importance variable (fig. 38, L). Dans les podia
ventraux et dorsaux et à leur base, se trouvent de longues plaques étroites en forme de
semelle, percées de nombreux petits trous alignés latéralement, et à axe optique très
visible (fig. 38, C).
Les podia ventraux ont, en plus, de petites plaques multiperforées ainsi que de
courts bâtonnets (fig. 38, M).Les podia dorsaux ont, uniquement, des bâtonnets (fig.
38, N).
Je n'ai décelé aucun spicule dans les tentacules.
OBSERVATIONS. — Ce spécimen, par la forme du corps, la répartition des podia,
la forme de la plupart des tourelles et la présence de grandes plaques en forme de semel-
le, semble bien correspondre à H. (P.) strigosa . Il se pourrait aussi que Holothuria
boutani Hérouard, 1893, de mer Rouge, soit synonyme de strigosa (bien que Hérou-
ard ne signale pas la présence de tubes de Cuvier), et non de H. arenicola , comme
suggéré par les auteurs; en effet, on retrouve, chez boutani , des spicules semblables à
ceux de strigosa : certaines tourelles (fig. 38, D, I) et des plaques en forme de semelles
(fig. 38, C); de plus, l'examen d'une préparation, faite par Hérouard, de la partie anale
de sa nouvelle espèce, montre la présence de boutons noduleux identiques à ceux de la
figure L. Quant à la position sub-générique de strigosa , je crois qu'il est peut-être
préférable de ranger cette espèce parmi les Platyperona plutôt que (Rowe, 1969) dans
les Thymiosycia..
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Zanzibar, Madagascar.
Holothuria (Platyperona) altimensis H. L. Clark, 1921
(Fig. 39, A-Q)
Holothuria altimensis H. L. Clark, 1921 : 172, pl. 27, fig. 20-29.
Source : MNHN. Paris
98 GUSTAVE CHERBONNIER
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 2 ex.; flot
Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 4 ex.
Iles Glorieuses, Millot coll., 1958 : 1 ex.
Les sept spécimens juvéniles, de très petite taille, mesurent entre 7 et 9 mm de long
sur 2,5 à 4 mm de large. En forme de concombre, légèrement renflés au milieu, ils sont
entièrement blancs. Les podia ventraux, très gros, sont disposés en un rang sur chaque
radius; leur large ventouse est soutenue par un disque calcaire de 210 1m de diamètre.
ji
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HOOpm she L
1100
Fig. 38. — Holothuria (Platyperona) strigosa_ Selenka. A, B : boutons du tégument ventral; C :
semelles du tégument dorsal; D, EI : tourelles du tégument; J, K, L : boutons du tégument dorsal; M
bâtonnets des podia ventraux; N ; bâtonnets des podia dorsaux; O : couronne calcaire,
O = éch. 1;C, M, N = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 99
Les papilles dorsales, tronconiques, rares, sont dispersées sur tout le bivium.
Bouche ventrale, anus terminal armé de papilles calcifiées rudimentaires.
Douze (?) très petits tentacules. Couronne calcaire à larges radiales dissemblables,
à courtes interradiales (fig. 39, M). Une grosse vésicule de Poli. Un court canal
hydrophore logé dans le mésentère dorsal, à petit madréporite sphérique. Minuscules
ampoules tentaculaires. Muscles longitudinaux larges et plats. Poumons (2). Gonade
(2). Très gros et courts tubes de Cuvier blanc laiteux. Intestin bourré de sable jaune
foncé.
Spicules .— Les boutons du tégument, à axe optique, sont le plus souvent à trois
paires, parfois à 5-6 paires de trous (fig. 39, N). Les tourelles, de très loin les plus
nombreuses, ont une base circulaire à trou central et huit trous périphériques (fig. 39,
A); leur flèche, à quatre piliers et deux entretoises, est surmontée d'une couronne par-
fois très épineuse (fig. 39, E); d'autres très rares tourelles ont une base à bord ondulé
(fig. 39, B) ou lisse, pourvue d'une couronne externe de petits trous intercalés entre les
grands trous de la couronne interne (fig. 39, C, Q); ces dernières tourelles ont une haute
flèche gracile à 3-4 entretoises, surmontée d'une étroite couronne épineuse (fig. 39,D,
F). Enfin, des tourelles à base ‘cruciforme et très haute flèche (fig. 39, G, L) se trans-
forment en tourelles à base imparfaite (fig. 39, H) ou subcirculaire (fig. 39, J). La paroi
des podia est soutenue par des bâtonnets (fig. 39, O) et des plaques à bord dentelé (fig.
39, P). Dans les tentacules, on trouve de grands bâtonnets (fig. 39, K), accompagnés
de petits spicules arqués (fig. 39, I).
OBSERVATIONS. — On retrouve chez les spécimens de Madagascar les mêmes
spicules que chez l'holotype de H. L. Clark, ainsi qu'une couronne calcaire similaire et
de gros tubes de Cuvier identiques . Seule différence, la présence, chez mes spécimens,
de minuscules papilles anales calcifiées non signalées par H. L. Clark.
Deichmann (1938) considère H. (P.) altimensis comme un jeune de A. (P.)
difficilis Semper, 1868. J'ai pu examiner des spécimens juvéniles de cette dernière
espèce, chez lesquels je n'ai pas trouvé les très nombreuses tourelles (fig. 39, A), ni les
spicules cruciformes à branches à extrémités denticulées (fig. 39, G, L), pas plus que
es tourelles des figures 39, H, J. De plus, chez mes spécimens, les spicules (fig. 39,
C, Q) sont fort rares. Enfin, la couronne calcaire est bien plus proche de celle de
altimensis figurée par H. L. Clark que de celle de difficilis . Aussi, sans nier formel-
lement que altimensis ne soit qu'un jeune de difficilis , est-ce provisoirement que je
tiens pour valable l'espèce de H. L. Clark.
ECOLOGIE. — À Madagascar, H. (P.) altimensis a été récoltée parmi la crypto-
faune du platier interne de Tuléar, à l'ilot Tanikely, en faubertage sur des coraux morts,
par 5 à 10 m de profondeur; aux îles Murray, sous un frament de roche.
Holothuria (Platyperona) difficilis Semper, 1868
(Fig. 40, A-K)
Holothuria difficilis Semper, 1868 : 92, pl. 30, fig. 21. — DENDY et HINDLE, 1907 : 98, pl. 18, fig.
19. — ERWE, 1913 : 88, pl. 7, fig. 17.
Actinopyga difficilis - DEICHMANN, 1922 : 206, fig. 6, 8.
Microthele difficilis - CLARK et SPENCER DAVIES, 1966 : 603.
Holothuria (Microthele) difficilis - PANNING, 1929 : 136, fig. 20.
Holothuria (Platyperona) difficilis - ROWE, 1969 : 143, fig. 12. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl.
27, fig. 9.
Actinopyga parvula - FISHER, 1907 : 645, pl. 67, fig. 2. Non Selenka, 1867.
(Aron
IBL.DU
MUSEUM,
100 GUSTAVE CHERBONNIER
Mülleria parvula - HELFER, 1912 : 330. Non Selenka, 1867.
Argiodia parvula - PEARSON, 1914 : 177, pl. 28, fig. 4. Non Selenka, 1867.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambariobe), Millot coll., 1959 : 1 €x.,
(Andilana), Legendre coll., 1959 : 1 ex., (Ambatoloaka, Andilana, Antafianambitry,
Navetsy), Cherbonnier coll., 1959-1960 : 34 ex.; îlot Tanikely (près Nosy Be),
Cherbonnier coll., 1960 : 6 ex.; Tuléar, Galenon, Peyrot-Clausade, Thomassin coll.
1972, 1973 : 27 ex.; Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 : 3 ex.; Nosy Manitsy, Petit
coll., 1926 : 1 ex.
Fig. 39. — Holothuria (Platyperona) altimensis H. L. Clark. A-H, J, L, Q : tourelles; I, K : bâtonnets
des tentacules; M : couronne calcaire; N : boutons; O : bâtonnet des podia; P : plaque des podia.
M = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 101
Le plus grand des spécimens mesure 60 mm de long sur 5 mm de large, mais
l'espèce peut atteindre 120 mm; tous sont cylindriques, de couleur uniformément
marron plus ou moins foncé. Le tégument est assez épais, très plissé, rugueux. Sur les
animaux contractés, les podia ventraux sont dispersés sur tout le trivium, très nom-
breux, gros, courts, à large ventouse soutenue par un disque calcaire de 350 à 400 im
de diamètre; les papilles dorsales, de même forme mais bien moins nombreuses que les
podia ventraux, n'ont pas de disque calcaire et sont également éparpillées sur tout le
bivium. Chez les exemplaires étalés, les podia ventraux se disposent en trois rangées
serrées sur les radius, les papilles dorsales sur deux rangs alternes sur chaque radius.
Vingt tentacules marron foncé, très gros et courts, munis de très courtes ampoules
tentaculaires. Couronne calcaire à bord postérieur légèrement ondulé, à étroites inter-
radiales triangulaires et larges radiales massives (fig. 40, J). Une ou deux vésicules de
Poli tachetées de violet. Un très court canal hydrophore en doigt de gant, sans madré-
porite apparent. Muscles longitudinaux larges et plats. Gonade formée de quelques
tubes simples et courts. Poumons peu feuillus remontant jusqu'à la couronne calcaire.
Important réseau admirable. Nombreux tubes de Cuvier. Anus fermé par cinq petites
dents triangulaires.
Spicules . — Les spicules caractéristiques du tégument sont des tourelles à base à
bord ondulé, percée de huit grands trous centraux et de huit petits trous périphériques
intercalaires, à flèche basse à quatre piliers terminée par une couronne épineuse vague-
ment à quatre branches latérales (fig. 40, B). D'autres tourelles, assez nombreuses chez
les petits spécimens, ont une base plus petite percée de huit grands trous et de un ou
deux petits trous intercalaires (fig. 40, D), ou sans ces petits trous (fig. 40, E). Vues de
profil, les tourelles des formes À et B présentent une flèche massive à une entretoise,
terminée par une ou plusieurs couronnes de fines pointes (fig. 40, G, H). Il n'existe
aucune tourelle à base cruciforme.
Les boutons du tégument sont, le plus souvent, percés de trois paires de trous,
parfois de quatre à six paires de trous (fig. 40, F). Les podia ventraux et les papilles
dorsales ont de longs bâtonnets droits ou plus ou moins contournés (fig. 40, C) et de
grandes plaques multiperforées (fig. 40, K). Les bâtonnets des tentacules, droits ou
courbes, imperforés mais parfois noduleux aux extrémités, ont leur bord finement den-
ticulé (fig. 40, D.
ECOLOGIE. — H. (P.) difficilis vit dans les levées détritiques, dans des cuvettes
occupées par quelques algues, sous les blocs couverts ou non d'algues.
Holothuria (? Platyperona) insolita nov. sp.
(Fig. 41, A-M)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1962 : 1 ex. holotype n°
3548.
‘unique exemplaire, de petite taille, un peu contracté, subcylindrique, mesure 25
mm de long sur 8 mm de large. Le tégument, mince et mou, est blanc jaunâtre, sillonné
transversalement de minces lignes marron accompagnées de quelques petites taches
marron foncé. Bouche ventrale entourée d'un cercle de papilles, anus terminal. Les
podia ventraux, courts et minces, à ventouse soutenue par un disque calcaire de 150 um
de diamètre, sont très peu nombreux puisqu'on n'en dénombre, au plus, qu'un par
mm, ils semblent alignés en zig-zag Sur chaque radius avec quelques podia dispersés
sur les interradius; cependant, sans doute par suite de la contraction du corps, ils sont
plus nombreux et plus serrés au voisinage de la bouche et de l'anus. Les podia dorsaux,
Source : MNHN. Paris
102
GUSTAVE CHERBONNIER
1100
Fig. 40. — Holothuria (Platyperona) ie Semper. À, B, D, E, G, H : tourelles; C : bâtonnet des
podiaï F : bouton; I : bâtonnet des tentacules; J : couronne calcaire; K : plaque des podia.
J= éch. 1;C,I,K = ie Abe éch. 3.
Source : MNHN. Paris.
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 103
minuscules, bien moins nombreux que les ventraux, Sont répartis sans ordre sur le
bivium; leur ventouse est soutenue par un disque calcaire identique à celui des podia
ventraux.
Vingt (?) tentacules minuscules, rétractés chacun dans une cupule membraneuse.
Couronne calcaire bien calcifiée, à larges radiales et courtes interradiales (fig. 41, FE).
Courtes ampoules tentaculaires. Une grosse vésicule de Poli. Un canal hydrophore
torsadé, terminé par un gros madréporite sphérique. Gonades (2). Muscles longitu-
dinaux larges et très plats. Intestin contenant un sable fin légèrement vaseux. Poumons
remontant jusqu'à la couronne calcaire, portant, échelonnées, des grappes de gros tubes
courts. Pas de trace de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules du tégument sont des tourelles à base à bord plus ou
moins ondulé, percée d'un trou central et de huit trous périphériques (fig. 41, À, B);
Jeur assez haute flèche étroite, à quatre piliers et deux à trois entretoises (fig. 41, D, G),
se termine par une petite couronne peu épineuse (fig. 41, À, B); d'autres tourelles,
abondantes surtout dans la région anale, ont une base plus percée, une courte flèche à
quatre piliers terminée par une large couronne dont les nombreuses épines se terminent
en pointe mousse (fig. 41, J); enfin, mélangées aux autres sans localisation précise,
quelques tourelles à grande base multiperforée - un rang interne de trous assez grands et
un rang irrégulier de nombreux trous plus petits - dont la flèche souvent brisée (fig. 41,
C, E) est probablement plus haute (fig. 41, 1) que celle des tourelles À et B. Les parois
des podia sont soutenues par de rares bâtonnets (fig. 41, H). Dans la région anale, et
uniquement dans celle-ci, se trouvent de grands boutons lisses, percés de cinq à dix
paires de trous avec un axe optique peu visible (fig. 41, K); on y trouve également
quelques pseudo-boutons (fig. 41, M) et d'assez nombreuses petites plaques (fig. 41,
L). Il n'y a pas de spicules dans les tentacules.
OBSERVATIONS. — C'est avec quelque réticence que je range cette nouvelle espèce
dans le sous-genre Platyperona , essentiellement par la présence d'un collier de papilles
à la base des tentacules, la forme de la base des grandes tourelles percée de deux cou-
ronnes de trous, celle des boutons possédant un axe optique Jongitudinal, et aussi, parce
qu'elle présente des affinités avec À. (P.) crosnieri ; elle s'écarte cependant nettement
de celle-ci par la répartition des podia ventraux et la présence de podia dorsaux et non de
papilles, l'absence totale de boutons dans presque tout le tégument, la forme de la plu-
part des tourelles.
ECOLOGIE. — H. (P.) insolita a été récoltée devant le laboratoire de Tuléar, dans
une cuvette à Diplanthera uninervis située au niveau moyen.
Holothuria (Platyperona) crosnieri nOv. SP.
(Fig. 42, A-Q)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar (Mahavatsy), Thomassin coll., 1962 : 1 ex.
holotype n° 3549.
L'unique exemplaire, subcylindrique, uniformément marron très clair, mesure 18
mm de long sur 8 mm de large. La bouche est ventrale, l'anus terminal. Le tégument
mince, rugueux, est hérissé de pointes qui sont les sommets des hautes flèches des tou-
relles. Les podia ventraux, nombreux et serrés, gros, cylindriques, hauts de1,5à2
mm, sont disposés apparemment Sans ordre sauf aux extrémités où ils se disposent en
double rang sur chaque radius; leur ventouse est soutenue par un disque calcaire de 90 à
160 im de diamètre. Le dos de l'animal est couvert de grosses papilles coniques
Source : MNHN. Paris
104
GUSTAVE CHERBONNIER
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Fig. 41. — Holothuria (Platyperona) insolita nov. Sp. AE, G, L, J': tourelles; F : couronne calcaire; H
: bâtonnets des podia; K : boutons de la région anale; L : petites plaques; M : pseudo-bouton du tégu-
ment anal.
F= éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 105
A-G, I, K, L : tourelles; H : bouton; J :
© : bâtonnets des tentacules; P : grande
Fig. 42. — Holothuria (Platyperona) crosnieri nov. Sp.
bâtonnet des tentacules; M : couronne calcaire; N : bouton;
plaque du tégument dorsal et des papilles; Q : bâtonnet des podia ventraux.
M = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
106 GUSTAVE CHERBONNIER
Pouvant atteindre 2,5 mm de haut et 1 mm de diamètre à la base. Un collier de papilles
entoure la couronne tentaculaire.
Dix-huit tentacules 8T0S, Courts, marron assez foncé. Couronne calcaire bien
calcifiée, à larges radiales et courtes interradiales (fig. 42, M). Petites ampoules
de Cuvier peu nombreux, 8r0s et courts. Minuscules papilles anales.
Spicules . — Les tourelles du tégument, qu'il soit ventral ou dorsal, se présentent
Sous trois formes différentes. Les plus nombreuses ont une base peu large, à bord on-
dulé, percée d'un grand trou central et de huit à dix trous périphériques; de cette base
s'élève une flèche de moyenne hauteur, à quatre piliers et quatre entretoises, coiffée
d'une étroite couronne dé petites épines (fig. 42, A, B,F). D'autres tourelles, encore
petits (fig. 42, C, D); leur haute flèche, à six ou sept entretoises, est coiffée d'une touffe
de petites épines (fig. 42, G, 1). Enfin, des tourelles, surtout présentes dans les papilles
dorsales, ont une très grande base irrégulièrement perforée (fig. 42, E), ou dont la
Couronne interne de trous est accompagnée d'une couronne périphérique de très nom-
breux petits trous (fig. 42, K); leur flèche, très haute, à quatre piliers réunis par une
dizaine d'entretoises (fig. 42, L), est terminée Par une couronne étroite de petites épines
(fig. 42, K) ou, au contraire, par une touffe de nombreuses et grandes épines (fig. 42,
L). Les grands boutons du tégument, toujours à cinq ou six paires de trous, ont un axe
optique net (fig. 42, H, N). De grandes plaques rares se trouvent dispersées dans tout le
tégument. La paroi des podia et des papilles est soutenue par quelques bâtonnets tous à
peu près semblables (fig. 42, Q). Le tronc des tentacules possède de longs bâtonnets
épineux (fig. 42, J), les lobes terminaux de très courts bâtonnets peu épineux (fig. 42,
O).
ÉCOLOGIE. — Cette nouvelle espèce a été récoltée dans une cuvette sableuse du
bas du niveau moyen, occupée en partie par Thalassodendron ciliatum .
Sous-genre MERTENSIOTHURIA Deichmann, 1958
CLE DES ESPECES MALGACHES
2. Face dorsale marron avec 4 à 6 bandes transversales noirâtres et de grosses verru-
cosités jaunes. Spicules : pseudo-boutons typiques de l'espèce, de taille variable,
peu percés, à bord festonné ou fortement lobé; tourelles à base carrée, parfois
circulaire, percée généralement de 4 grands trous centraux et de 4 petits trous inter-
calaires, à flèche de hauteur moyenne terminée par quelques pointes émoussées . .
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 107
3. Tégument entièrement marron plus ou moins foncé. Podia ventraux et dorsaux
limités aux radius. Spicules : quelques boutons réguliers percés de 3 à 5 paires de
trous, surtout pseudo-boutons irréguliers de formes très variées; tourelles à base à
bord lisse ou très échancré, percée de 4 trous centraux et d'un nombre variable de
trous périphériques, à courte flèche terminée par une grande couronne percée d'un
grand trou central, bordée de 8 (10) grandes épines .H. (M.) leucospilota (Brandt)
_— Face dorsale brun chocolat, ventre blanc jaunâtre, anus cerclé de marron clair.
Podia ventraux et dorsaux disposés sur les radius et sur les interradius. Spicules :
grands boutons avec 3 à 6 paires de trous et petits pseudo-boutons; tourelles à
grande base circulaire à bord légèrement ondulé, percée de 4 grands trous centraux
et de 10 à 12 trous périphériques, à flèche courte, massive, terminée par une
couronne peu épineuse sans grand trou central. ..... H. (M.) albofusca nov. sp.
Holothuria (Mertensiothuria) pervicax Selenka, 1867
(Fig. 43, A-K)
Holothuria pervicax Selenka, 1867: 327, pl. 18, fig. 54. — A. M. CLARK, 1952 : 204. — CLARK et
SPENCER DAVIES, 1966 : 600, 603.
Holothuria (Mertensiothuria) pervicax - ROWE, 1969 : 149. — CLARK et ROWE, 1971 : 176. —
TORTONESE, 1980 : 109. — CIIERBONNIER et FERAL, 1984 a: 685, fig. 12.
Holothuria curiosa ar. pervicax - PANNING, 1935 : 134, fig. 109 (synonyme); 1944 : 73, fig. 40.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Andilana, Nosy Tangam,
Navetsy), Cherbonnier coll. 1959-1960 : 12 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be),
Cherbonnier coll., 1959 : 2 ex.; Tuléar, Galenon coll., 1975 : 1 ex., Peyrot-Clausade
coll., 1975 : 1 ex., Rabesandratana coll,, 1980 : 1 ex.
Comores : lagon de Mayotte, Crosnier coll., 1959 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Millot coll., 1958 : 1 ex.
Le plus petit exemplaire mesure 47 mm de long, le plus grand 100 mm; ils sont
tous cylindriques, à bouche ventrale et anus terminal. Le tégument mince, très ridé, est
rugueux, granuleux. La face dorsale, marron clair, est parcourue par quatre à six bandes
transversales brun chocolat à noirâtres; elle possède, assez espacées, de grosses verru-
cosités jaunes ponctuées de nombreuses petites taches ‘blanches, rondes, bombées; de
chaque verrucosité sort une mince et courte papille conique à base cerclée de noir, à tige
marron, à pointe blanchâtre, possédant ou non un très petit disque calcaire à très larges
mailles, de 90 à 100 im de diamètre.
La face ventrale, blanc jaunâtre, est couverte de longs podia cylindriques de même
couleur, terminés par une large ventouse soutenue par un disque calcaire de 500 à 520
yum de diamètre; sur le plus grand spécimen, les podia radiaires sont plus nombreux et
plus serrés que les podia interradiaires.
Par suite de la forte contraction du corps, la bouche semble entourée d'un cercle de
papilles coniques longues et minces. L'anus, largement cerclé de noir, possède cinq
groupes radiaires de petites papilles blanches.
Vingt longs tentacules jaunâtres ponctués de brun. Courtes ampoules tentaculaires.
Couronne calcaire petite, à larges radiales, à interradiales deux fois plus courtes que les
radiales (fig. 43, H). Une vésicule de Poli de 30 à 40 mm de long. Un court canal
hydrophore terminé par un madréporite cylindrique peu calcifié. Gonade faite de très
nombreux et longs tubes ocre jaune, simples. Muscles longitudinaux larges, épais,
bifides. Poumons peu feuillus, remontant jusqu'à la couronne calcaire. Gros tubes de
Cuvier. Petit cloaque.
Source : MNHN. Paris
108 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules . — Les tourelles les plus nombreuses de tout le tégument ont une base
carrée à plus ou moins circulaire, percée de quatre grands trous centraux et de quatre
trous triangulaires intercalaires (fig. 43, A); leur flèche, assez haute, est à quatre piliers
et une entretoise, piliers qui se terminent chacun Par une pointe (fig. 43, C). On trouve
aussi, surtout dans le tégument dorsal, des tourelles à base plus perforée, à flèche haute
et mince terminée par quatre pointes réunies par des arceaux (fig. 43, B).
Les pseudo-boutons du tégument ventral sont petits, à bord festonné (fig. 43, D);
ceux du tégument dorsal sont plus développés, à trous plus nombreux, avec parfois
quelques nodules (fig. 43, E).
La paroi des podia ventraux renferme des bâtonnets (fig. 43, K), ainsi que
quelques grandes plaques allongées (fig. 43, F) ou ovoïdes et à bord échancré (fig. 43,
G); la paroi des papilles dorsales possède de nombreux longs bâtonnets (fig. 43, J), des
bâtonnets identiques à ceux des podia ventraux (fig. 43, K), mais aucune des plaques
de la fig. G:; les bâtonnets de la couronne des tentacules sont courts, lisses, ceux du
tronc longs et à extrémités finement épineuses (fig. 43, I).
ÉCOLOGIE. — A Nosy Be, H. (M.) pervicax a été récoltée à marée basse, sous les
Coraux morts, ainsi que dans les cuvettes à fond de gros graviers couverts d'algues.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
île Maurice, îles Maldives, baie du Bengale, nord de l'Australie, îles Philippines, Chine,
Japon, îles Hawaii.
Holothuria (Mertensiothuria) fuscocinerea Jaeger, 1933
(Fig. 44, A-O)
Holothuria fuscocinerea Jaeger, 1933 : 22. — HEDING, 1934 : 24, — CHERBONNIER, 1955 a : 135,
fig. 1 a-p, fig. 2, q, y.
Holothuria curiosa Ludwig, 1875 : 34, pl. 7, fig. 29. — PANNING, 1935 : 4, fig. 107 (synonymie).
Holothuria (Mertensiothuria) fuscocinerea - ROWE, 1969 : 148. — CLARK et ROVWE, 1971 : 176. —
CHERBONNIER et FERAL, 1984 a : 680, fig. 10.
MATERIEL. — Madagascar : sans localité, Geay coll., 1905 : 3 ex.; Nosy Be
(Ambatoloaka, Andilana, Navetsy, Nosy Tangam), Cherbonnier coll., 1959 : 5 ex.,
(Pointe à la fièvre), Humes et Fourmanoir 1953 : 1 ex. (Ambatoloaka), Millot coll.,
1956 : 1 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll, 1960 : 1 ex.; Tuléar
(récif Sangoritelo), Thomassin coll., 1969 : 1 ex.
Le plus grand exemplaire, récolté à Ambatoloaka, est cylindrique et mesure 20 cm
de long. Vivant, il avait le dos gris parcouru par de larges plages marron, des verruco-
sités coniques grises ou marron d'où sortait une petite papille blanche largement cerclée
de marron à la base; ces verrucosités sont nombreuses, assez espacées, plus ou moins
alignées sur les radius et sur les interradius. Sur les flancs, de Chaque côté, s'alignent
Fig. 43. — Holothuria (Mertensiothuria) pervicax Selenka. A B, D: tourelles; C, E : pseudo-bou-
tons; F, G : plaques des podia ventraux; H : couronne calcaire; I : bâtonnets des tentacules; J, K :
bâtonnets des podia et des papilles.
H = éch. 1; 1 = éch. 2; G-J, K = éch. 3; A-F = éch. 4.
Source : MNHN. Pari$
109
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
Source : MNHN. Paris
110 GUSTAVE CHERBONNIER
une dizaine de grosses verrucosités blanches, presque cylindriques, de 5 à 7 mm de
haut, terminées chacune Par une mince papille à base cerclée de brun. Le ventre, blanc
grisâtre, possède de nombreux podia translucides à ventouse blanc jaunâtre, répartis,
assez peu serrés, sur tout le trivium. Tentacules blanc jaunâtre. Anus noir, sans dents et
Sans papilles. A la base des tentacules, on note la présence d'un bourrelet festonné
Simulant une couronne de petites papilles. Les couleurs sont partiellement conservées en
alcool.
Les autres exemplaires mesurent entre 60 et 150 mm et sont partiellement ou
totalement dépigmentés. Tous ont un tégument lisse et très mince. Un Spécimen de
Navetsy a un collier de papilles à la base des tentacules ainsi qu'autour de l'anus.
remontant jusqu'à la couronne calcaire. Nombreux tubes de Cuvier blancs. Intestin
Contenant un sable corallien grossier. Petit cloaque.
Spicules . — Les tourelles du tégument se présentent sous des formes diverses.
quatre longues pointes (fig. 44, F). Il existe aussi, dans les papilles dorsales, de très
grandes tourelles (fig. 44, G), parfois en voie de formation (fig. 44,1),
ECOLOGIE. A Madagascar, H. (M.) fuscocinerea a été trouvée, à mer basse,
dans les levées détritiques et parmi les débris de coraux morts.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Mascareignes, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines,
Chine, Japon.
Fig. 44. — Holothuria (Mertensiothuria) fuscocinerea Jaeger. A-H : tourelles; I : plaque du tégument
dorsal; J, K : boutons; L : plaque et bâtonnet des podia et des papilles; M : bâtonnet des tentacules: O :
Couronne calcaire; N : bâtonnet des papilles dorsales.
O = éch. 1; autres figures = éch, 2,
Source : MNHN. Paris
111
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
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ce : MNHN. Paris
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112 GUSTAVE CHERBONNIER
Holothuria (Mertensiothuria ) leucospilota (Brandt, 1835)
(Fig. 45, A-P)
Holothuria (Gymnochirota) leucospilota Brandt, 1835 : 51.
Holothuria leucospilota - LUDWIG, 1881 : 595. —H. L. CLARK, 1921 : 179.
Holothuria (Mertensiothuria) leucospilota - ROWE, 1969 : 148, fig. 14. — CLARK et ROWE, 1971 :
176, pl. 28, fig. 19. — TORTONESE, 1980 : 108. — PRICE, 1983 : 87, 91, fig. 49. —
CHERBONNIER et FERAL, 1984 a : 682, fig. 11.
Holothuria vagabunda Selenka, 1867 : 343, pl. 19, fig. 75-76. — PANNING, 1934 : 67, fig. 45
(synonymie); 1944 : 66, fig. 33. — HEDING, 1940 : 121. — CHERBONNIER, 1955 b : 145,
pl. 31, fig. p-s.
Holothuria oxurropa Sluiter, 1888 : 190, pl. 1, fig. 3-5.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Lava, Bastard coll., 1896 : 1 ex.; Nosy Be
(Ambatoloaka, Andilana, pointe Lokobé, Mahatsinjo, Navetsy), Cherbonnier coll.,
1959-1960 : 8 ex., (Navetsy), Humes et Fourmanoir coll., 1955 : 1 ex., (Madirokely),
Legendre coll., 1959 : 1 ex.; îlot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 3
ex.; Tuléar, Galenon et Thomassin coll., 1972 : 37 ex.; Fort-Dauphin, Crosnier coll.
1960 : 1 ex.; Madagascar (sans localité), Geay coll., 1905 : 3 ex.; Antsirane, Decary
coll., 1919 : 1 ex.
Comores : Grande Comore, Anthony coll., 1972 : 1 ex.
La grande majorité des exemplaires, à tégument épais, sont de couleur marron
foncé, aussi bien dorsalement que ventralement, quoique la face ventrale soit parfois un
peu plus claire; quelques spécimens, conservés en alcool, sont complètement décolorés.
Le plus grand exemplaire mesure 12 cm de long, le plus petit 4 cm. Les podia ventraux,
assez gros et courts, à ventouse brune, presque noire, sont disposés sur quatre à cinq
rangs Sur les radius, alors que les dorsaux, plus fins, ne le sont que sur deux à trois
rangs; cette situation radiaire est peu visible chez les spécimens de moins de 5 cm, où ils
paraissent envahir aussi les interradius. Pas de dents anales.
Vingt gros tentacules courts, marron foncé. Couronne calcaire forte et épaisse, à
interradiales triangulaires pointues, à très larges radiales (fig. 45, K). Courtes ampoules
tentaculaires. Une très longue vésicule de Poli. Un court canal hydrophore. Muscles
longitudinaux très larges, bifides. Gonade formée de très nombreux tubes plusieurs fois
ramifiés. Nombreux tubes de Cuvier de couleur lie de vin.
Spicules . — Les spicules du tégument se composent de tourelles et de boutons.
Ceux-ci sont le plus souvent percés de six trous inégaux, mais peuvent l'être de huit à
dix trous (fig. 45, L, N); des pseudo-boutons irréguliers (fig. 45, M, P) ou à bord
échancré (fig. 45, O) occupent surtout le tégument anal. Les tourelles ont une base
subcarrée ou circulaire percée de quatre trous centraux et d'un nombre variable de trous
marginaux plus petits; leur flèche, à quatre piliers, se termine par une couronne très
caractéristique percée d'un très grand trou central et portant généralement huit courtes
épines périphériques (fig. 45, A, B); vues de profil, ces tourelles présentent une courte
flèche massive à une entretoise (fig. 45, I). Le tégument dorsal possède, en plus, de
grandes tourelles à bord lisse ou orné de fortes épines, avec une couronne plus épineuse
Gig. 45, D, H).
Les podia, pourvus d'un disque calcaire de 650 à 720 Hm de diamètre, ont leur
paroi soutenue par de grandes plaques (fig. 45, J), ainsi que par des bâtonnets de tailles
Fig. 45 .— Holothuria (Mertensiothuria) leucospilota (Brandt). À, B, D-F, H, I: tourelles; C, J :
plaques; G : bâtonnet des podia et des papilles: K : couronne calcaire; L-P : boutons.
J = éch. 1; C, G, 1 = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
113
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
]
Source : MNHN. Paris
114 GUSTAVE CHERBONNIER
diverses portant parfois quelques épines aux extrémités (fig. 45, C, G). Je n'ai pas
trouvé de spicules dans les tentacules.
ECOLOGIE. — H. (M.) leucospilota a été récoltée dans les levées détritiques, dans
les herbiers, sous des amas caillouteux recouverts d'algues filamenteuses gluantes.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Mascareignes, golfe Persique, îles Maldives, Ceylan, Baie du Bengale, Indonésie,
nord de l'Australie, Chine, Japon, îles Philippines et Hawaii.
Holothuria (Mertensiothuria) albofusca nov. sp.
(Fig. 46, A-O)
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Navetsy), Cherbonnier coll., 1959 : 2 ex.
(holotype n° 2753, paratype n° 2770); Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 1 ex.
Les deux spécimens de Nosy Be, subcylindriques, à face ventrale légèrement apla-
tie, mesurent 140 mm de long sur 25 mm de large (holotype) et 120 mm sur 25 mm
(paratype); celui de Tuléar, 60 mm sur 25 mm. Leur couleur est tout-à-fait typique: le
dos est uniformément brun chocolat, avec des podia de même couleur, alors que le ven-
tre, blanc jaunâtre, a des podia marron. L'anus est cerclé de marron. Le tégument min-
ce, lisse, est, à l'intérieur du corps, ponctué de larges taches noirâtres, très nombreuses
dorsalement, rares ventralement.
Les podia ventraux sont dispersés sur tout le trivium, assez peu nombreux puis-
qu'on n'en dénombre pas plus d'une quinzaine par cm2; ils sont courts, gros, cylin-
driques, à large ventouse et disque calcaire de 480 à 520 j1m de diamètre. Les podia
dorsaux, très petits, tronconiques, se terminent par une petite ventouse et un minuscule
disque calcaire à large maille, à bord découpé, de 95 à 100 lim de diamètre; ils sont
dispersés sur tout le bivium, au nombre de 6 à 7 par cm2. Un demi-cercle dorsal de dix
grosses papilles se situe à la base des tentacules. Anus sans dents et sans papilles.
Dix-huit courts tentacules gris verdâtre. Très petite couronne calcaire à larges
radiales, à interradiales plus courtes que les radiales (fig. 46, O). Une vésicule de Poli
de 18 à 20 mm de long. Un très court canal hydrophore hélicoïdal terminé par un
madréporite cordiforme. Très courtes ampoules tentaculaires, Gonade faite de nom-
breux tubes simples, filiformes. Poumons jaune citron, remontant jusqu'à la couronne
calcaire. Muscles longitudinaux larges et plats. Intestin contenant du sable un peu
vaseux. Très nombreux tubes de Cuvier.
Spicules . — Dans tout le tégument, les boutons sont généralement à trois paires
de trous, parfois à quatre ou cinq paires de trous (fig. 46, B, C); ils sont accompagnés,
dans le tégument ventral, de pseudo-boutons de formes très diverses, qui sont presque
totalement absents dans le tégument dorsal (fig. 46, A).
Les tourelles du tégument ventral ont une base circulaire à bord ondulé, percée de
quatre grands trous centraux et de dix à douze trous périphériques inégaux (fig. 46, D);
leur flèche massive, courte, à quatre piliers et une entretoise (fig. 46, F), se termine par
une couronne peu à très épineuse, largement perforée au centre (fig. 46, D). Dans le
tégument dorsal, ces tourelles sont relativement rares par rapport à de grandes tourelles
très diverses, à couronne imparfaite ou avortée; quelques-unes ont une base carrée,
percée de quatre grands trous centraux triangulaires et de quatre petits trous périphé-
riques intercalaires; leur flèche se réduit à quelques nodules et à un pilier surmonté
d'une petite plaque à peine épineuse (fig. 46, G); d'autres, très nombreuses, ont une
très grande base à contours irréguliers, toujours percée de quatre grands trous triangu-
laires centraux et d'un nombre variable de trous périphériques inégaux; leur flèche peut
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 115
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Fig. 46. — Holothuria (Mertensiothuria) albofusca nov. sp. À : pseudo-boutons du tégument ventral;
B, C : boutons; D, F : tourelles du tégument ventral; E : bâtonnets des tentacules; G-J, N : tourelles du
tégument dorsal; K, L : bâtonnets des podia dorsaux; M : plaque des podia ventraux; O : couronne
calcaire.
O = éch. 1: E, K, L, M = éch. 2; A-D, F-J, N = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
116 GUSTAVE CHERBONNIER
être à quatre piliers et une entretoise (fig. 46, I),terminée par une couronne subcarrée
épineuse à trou central contourné (fig. 46, G), ou par des trabécules juchées sur chaque
pilier (fig. 46, G), d'où l'aspect très particulier de ces tourelles vues de profil (fig. 46,
J, N). Quelques grandes tourelles peuvent avoir une flèche à 6 piliers (fig. 46, H).
La paroi des podia ventraux possède uniquement de grandes plaques multiperfo-
rées (fig. 46, M), à l'exclusion de tout autre spicule. En revanche, celle des podia dor-
saux est soutenue par de longs bâtonnets lisses (fig. 46, K) ou élargis et perforés au
centre et aux extrémités (fig. 46, L). Les bâtonnets des tentacules, presque toujours
imperforés, sont épineux (fig. 46, E).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce est voisine de H. (M.) leucospilota
(Brandt, 1835), surtout de H. (M.) papillifera Heding, 1938, de mer Rouge, dont
certaines tourelles et des pseudo-boutons sont à peu près semblables; mais elle s'en
sépare nettement par sa couleur si particulière, l'absence de papilles dorsales longues et
molles et la présence de tubes de Cuvier.
ECOLOGIE. — A Nosy Be, H. (M.) albofusca a été trouvée, lors d'une grande
marée, dans un herbier à Cymodocea ciliata ; à Tuléar, dans une dune hydraulique
terrigène.
Sous-genre LESSONOTHURIA Deichmann, 1958
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. 20 (18) tentacules. Spicules : tourelles à base fortement échancrée, percée de 4 à 5
trous centraux et d'un nombre variable de trous périphériques, à courte flèche
terminée par une couronne irrégulière peu à très épineuse; boutons lisses, pseudo-
boutons irréguliers, tordus, souvent percés d'une seule rangée de 3 à 8 trous et
portant quelques nodules H. (L.) pardalis Selenka
— Plus de 20 tentacules . ...
2. Vingt-cinq tentacules. Dos noirâtre tacheté de jaune, ventre gris foncé à petites
taches jaunes. Podia ventraux limités aux radius, papilles dorsales dispersées.
Spicules : nombreuses tourelles à grande base à bord ondulé ou festonné, percée
de 4 ouvertures triangulaires centrales et d'un ou deux cercles de trous irréguliers,
à courte flèche surmontée d'une couronne peu épineuse ayant parfois, sous elle, de
longues expansions mimant une Croix de Malte; pseudo-boutons plats, tordus, ou
pourvus'deitrabécules meme ne -H. (L.) duoturricula nov. sp.
— Vingt-quatre à trente tentacules. Dos marron clair marbré de larges taches noirâtres,
ventre jaune foncé parcouru par 3 raies longitudinales brunes. Podia ventraux et
papilles dorsales dispersées sur les radius et sur les interradius. Spicules : nom-
breuses tourelles à 4 piliers, à base circulaire à bord denticulé ou fortement 1 bé, à
flèche courte, massive, et couronne assez épineuse, régulière à irrégulièr
tourelles à 6 piliers; nombreux pseudo-boutons évoluant vers des boutons irrégu-
HÉTSPN CN Chine EE PS ne AU detente H. (L.) verrucosa Selenka
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 147
Holothuria (Lessonothuria) pardalis Selenka, 1867
(Fig. 47, A-O)
Holothuria pardalis Selenka, 1867 : 336, pl. 19, fig. 85. — HEDING, 1934 : 23. — PANNING, 1935:
3, fig. 106 (synonymie). — CHERBONNIER, 1955 b : 150, pl. 36, fig. æp.
Holothuria (Lessonothuria) pardalis - ROWE, 1969 : 149, fig. 15. — CLARK ct ROWE, 1971 : 176,
pl. 28, fig. 11. — TORTONESE, 1980 : 109.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka), Millot coll., 1956 : 3 ex. et
Cherbonnier coll., 1959 : 1 ex., (Andilana), Legendre coll., 1959 : 1 ex., (Andilana,
Antafianambitry, Mahasinjo, Navetsy, Tafondro), Cherbonnier coll., 1959-1960 : 15
ex., (Pointe Lokobé), Fourmanoir et Humes coll. : 5 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be),
Cherbonnier coll., 1960 : 2 ex.;Tuléar (Grand récif, Mahavatsy, Sangerotilo), Fourma-
noir, Peyrot-Clausade, Thomassin coll., 1961-1972 : 19 ex.; Antsirana, Decary coll.,
1919 : 7 ex.; Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 : 4 ex., Geay coll., 1906 : 2 ex.
Comores : île Mayotte, récif de Mzambourou, Crosnier coll., 1959 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Millot coll., 1958 et Vergonzanne coll., 1975 :12ex.
Tous les exemplaires ont un corps subcylindrique de 30 à 120 mm de long et de 10
à 30 mm de large au milieu du corps, à partir duquel la plupart s'amincissent réguliè-
rement jusqu'à la bouche et à l'anus. Le tégument, souvent très plissé, a une épaisseur
de 1 à 2 mm. Le ventre est généralement blanc jaunâtre à jaune vif, parfois verdâtre,
souvent piqueté de brun; le dos, marron plus où moins foncé, est parcouru par deux
lignes radiaires de cinq à dix larges taches noirâtres assez espacées qui, lorsque l'animal
est très contracté, s'accolent pour former un nombre équivalent de bandes transversales.
La bouche, terminale, est entourée d'un double cercle de fortes papilles. Les podia ven-
traux, gros, courts, à tige jaune à marron clair, ont une large ventouse jaune cerclée de
brun, ventouse soutenue par un disque calcaire de 380 à 420 im de diamètre; ils sont
répartis, serrés, sur tout le bivium, quoique plus nombreux sur les radius, surtout chez
les spécimens de petite taille. Les podia dorsaux gros, coniques, marron très clair, à
ventouse blanche cerclée de brun et disque calcaire de 270 à 290 jm, sortent de larges et
basses verrucosités blanc jaunâtre à jaune très clair: ils sont répartis sur tout le bivium,
mais bien moins nombreux que les podia ventraux. D'assez nombreux spécimens sont,
en alcool, complètement décolorés.
Dix-huit à vingt tentacules marron clair. Couronne calcaire à interradiales plus
courtes que les radiales (fig. 47, 1). Courtes ampoules tentaculaires. Une à trois vési-
cules de Poli. Un canal hydrophore très court, libre dans la cavité générale. Muscles
longitudinaux larges, épais, bifides. Gonade formée de tubes simples ou ramifiés, sOu-
vent verruqueux. Intestin contenant généralement un sable assez grossier mélangé de
petits cailloux. Poumons ocre jaune à marron, très feuillus à la base, puis ne portant
ensuite que de longs tubes vésiculeux échelonnés sur un tronc commun; deux exem-
plaires avaient le poumon gauche avorté. Pas de tubes de Cuvier. Petit cloaque.
Spicules. — Les tourelles des téguments ventral et dorsal ont le bord de la base
fortement échancré, percée de quatre à cinq trous centraux (fig. 47, a), accompagnés
d'un nombre variable de trous périphériques (47, B); leur flèche, à quatre piliers, se
termine par une large couronne peu épineuse, souvent irrégulière (fig. 47, B, G). Sur-
tout dans le tégument dorsal, on trouve des tourelles à grande base (fig. 47, C), à flèche
massive et plus épineuse (fig. 47, F). Les podia dorsaux possèdent de rares tourelles à
haute flèche massive, très irrégulière (fig. 47, L). De nombreux boutons sont petits,
lisses (fig. 47, H); ils sont accompagnés de pseudo-boutons irréguliers plus ou moins
tordus (fig. 47, J, N), parfois allongés, percés d'une seule rangée de trois à huit trous,
portant quelques nodules ou prenant la forme de petits bâtonnets.
Les bâtonnets des podia ventraux et dorsaux sont droits ou courbes, épais, à
Source : MNHN. Paris
118 GUSTAVE CHERBONNIER
Fig. 47. — Holothuria (Lessonothuria) pardalis Selenka. À, B, C, FE, G, L : tourelles; D, E :
bâtonnets des tentacules; H, J, K, N : boutons; I : couronne calcaire; M : plaque des podia ventraux; O :
bâtonnets des podia
1 = éch. 1; D, E, M, O = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris:
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 119
extrémités simples ou légèrement noduleuses (fig. 47, O); des plaques treillissées (fig.
47, M), semblables à celle figurée par Ludwig, se trouvent dans les podia ventraux.
Les bâtonnets du disque des tentacules sont courts et minces (fig. 47, D), ceux du
tronc plus longs et plus épais (fig. 47, E); tous sont plus ou moins épineux.
ECOLOGIE. — H. (L.) pardalis vit dans les herbiers à Diplanthera beaudettei, dans
les levées détritiques, sous les blocs de coraux morts, aux îles Mitsio parmi les blocs
basaltiques.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — L'espèce est largement répandue dans tous
l'océan Indien, de la mer Rouge à Madagascar, et des côtes est d'Afrique jusqu'à celles
d'Australie, de Chine et du Japon. Elle est également très commune dans tout l'océan
Pacifique.
Holothuria (Lessonothuria) duoturricula nov. sp.
(Fig. 48, A-N)
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (plage d'Ambatoloaka), levées détritiques,
Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex (holotype n° 2655).
L'unique exemplaire, partiellement éviscéré, long de 45 mm, large de 14 mm, a la
face ventrale aplatie, le dos légèrement bombé, une bouche ventrale et un anus terminal.
Le dos est noirâtre, tacheté de nombreuses et larges plages jaunes dont le centre est
occupé par une papille; ces taches, plus ou moins alignées longitudinalement, se
transforment en basses verrucosités sur les flancs de l'animal où elles forment une
frange assez nette. Le ventre, gris très foncé, a de petites taches jaunes plus nombreuses
que celles du bivium et dispersées sur tout le trivium. Le tégument, très plissé, lisse,
n'est épais que de 0,5 à 1 mm. Les podia ventraux très gros, cylindriques, à base
cerclée de jaune, se disposent en deux rangs serrés sur les radius; ils se terminent par
une large ventouse soutenue par un disque calcaire, à trous nombreux et petits, de 370 à
380 1m de diamètre. Les papilles dorsales, peu nombreuses, réparties sans ordre sur
tout le bivium, à base entourée d'un mince cercle noir, sont petites, coniques, sans
ventouse ni disque calcaire. Il ne semble pas y avoir de cercle de papilles à la base des
tentacules, ni de papilles autour de l'anus.
Vingt-cinq tentacules jaunâtres. Couronne calcaire à larges radiales assez fortement
sculptées, à courtes interradiales (fig. 48, N). Très courtes ampoules tentaculaires. Une
vésicule de Poli cylindrique de 4 mm. Un canal hydrophore à madréporite cylindrique,
l'ensemble n'ayant pas plus de 2 mm de long. Muscles longitudinaux larges, minces,
bifides. Il ne reste plus qu'une courte partie antérieure de l'intestin contenant un sable
coquillier grossier, les gonades, les poumons, éventuellement les tubes de Cuvier, ayant
été éjectés lors de la capture.
Spicules . — Les tourelles du tégument sont de deux sortes. Les plus nombreuses
ont une base plus ou moins irrégulière, percée de quatre ouvertures triangulaires centra-
les, de quatre grands trous leur faisant face et d'un cercle de trous périphériques (fig.
48, À, B, D, E); le bord de la base est simplement ondulé (fig. 48, À, D), ou armé
d'épines à pointe émoussée (fig. 48, B) qui peuvent aussi se trouver sur une partie de
leur surface (fig. 48, E); leur flèche, à quatre forts piliers et une entretoise, est Sur-
montée d'une couronne peu épineuse (fig. 48, À, D, E), ayant parfois sous elle de
longues expansions mimant une Croix de Malte incomplète (fig. 48, B); vues de profil
ou de trois-quarts, ces tourelles présentent une base légèrement creusée en écuelle (fig.
48, G); vues du dessous, cette base est percée d'un grand trou central, les trous
Source : MNHN. Paris
120 GUSTAVE CHERBONNIER
Fig. 48. — Holothuria (Lessonothuria) duoturricula nov. sp. A-H : tourelles; I, J : pseudo-boutons; K
: plaque des podia ventraux; L : bâtonnet des papilles dorsales; M : bâtonnets des tentacules; N :
couronne calcaire.
N=éch. 1;K, L, M = éch. 2; A-J = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 121
triangulaires se trouvant à la base des piliers de la flèche (fig. 48, F). D'autres tourelles,
moins fréquentes, à base circulaire dont le bord est ondulé et percé toujours de quatre
trous triangulaires centraux (fig. 48, C), ont une haute flèche grêle à quatre piliers et
deux entretoises (fig. 48, H), terminée le plus souvent par une petite couronne peu épi-
neuse (fig. 48, C, H).
Les pseudo-boutons, surtout abondants dans le tégument dorsal, sont de formes
très diverses, les uns plats, à perforations jamais circulaires (fig. 48, D), d'autres plus
ou moins tordus (fig. 48, J).
La paroi des podia ventraux est soutenue uniquement par de grandes plaques à
nombreux trous inégaux (fig. 48, K), celle des papilles dorsales n'ayant que des
bâtonnets (fig. 48, L). Les rares bâtonnets des tentacules, très petits, sont parfois un
peu épineux aux extrémités (fig. 48, M).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente des affinités surtout avec H.
(L.) verrucosa Selenka, 1867, dont les tourelles à bord denté ont un aspect similaire,
mais chez laquelle n'existent pas les tourelles à bord ondulé et à haute flèche grêle, et
dont les pseudo-boutons sont nettement différents. Elle s'éloigne nettement des autres
espèces indo-pacifiques du sous-genre Lessonothuria , c'est-à-dire glandifera Cherbon-
nier, 1955, insignis Ludwig, 1875 et pardalis Selenka, 1867.
Holothuria (Lessonothuria) verrucosa Selenka, 1867
(Fig. 49, A-M)
Holothuria verrucosa Selenka, 1867 : 338, pl. 19, fig. 88. — (?) SLUITER, 1901 : 13. — LAMPERT,
1885 : 70.
Holothuria (Lessonothuria) verrucosa - CLARK et ROWE, 1971 : 176 : pl. 28, fig. 7. —
CHERBONNIER et FERAL, 1984 a: 675, fig. 8.
Holothuria immobilis Semper, 1868 : 90, pl. 20, pl. 30, pl. 35, fig. 8.
Holothuria collaris Haacke, 1880 : 48.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Mahatsinjo, Navetsy),
Cherbonnier coll., 1959 : 7 ex.
Les sept spécimens, en forme de saucisse, fortement contractés, à bouche ventrale
et anus terminal, ne mesurent en alcoo! pas plus de 80 mm, alors que dans leur milieu,
leur taille était comprise entre 130 et 150 mm sur une largeur de 20 à 23 mm; ils avaient
1e dos marron clair marbré de larges taches brun noir, le ventre jaune foncé orné de trois
raies longitudinales brunes, la médiane de 2 à 3 mm de large, les latérales ne dépassant
pas 1 mm; les tentacules étaient jaune verdâtre, les podia ventraux blanchâtres, les pa-
pilles dorsales à pointe orangée. Ces couleurs ne subsistent que très partiellement en
alcool.
Les podia ventraux très longs, cylindriques, ont une large ventouse soutenue par
un disque calcaire de 230 à 250 um de diamètre; très nombreux, ils sont répartis sur tout
le trivium avec, cependant, une plus grande abondance sur les radius. Les papilles dor-
sales, courtes, coniques, très minces, sortent de larges mais peu hautes verrucosités
réparties indifféremment sur tout le bivium.
Le nombre de tentacules varie selon les spécimens, l'un en ayant 24, quatre autres
26, le septième 30; leur base est entourée d'un collier de grosses papilles. La couronne
calcaire, très petite, a de larges et hautes radiales fortement sculptées, des interradiales
étroites et bien plus courtes (fig. 49, M). Courtes ampoules tentaculaires. Deux à trois
vésicules de Poli atteignant 5 cm de long. Un à trois courts canaux hydrophores à
Source : MNHN. Paris
122 GUSTAVE CHERBONNIER
Source : MNHN. Paris:
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 123
madréporite globuleux. Gonade faite d'une dizaine de tubes simples ne dépassant pas
un centimètre. Muscles longitudinaux larges, très épais, bifides. Un seul poumon droit
de couleur brune, très feuillu, remontant jusqu'à la couronne calcaire. Petit cloaque.
Anus sans dents, bordé de cinq à dix grosses papilles.
Spicules . — Les tourelles sont identiques dans tout le tégument. Sous leur forme
la plus simple, elles se présentent avec une base circulaire à bord finement denticulé, à
flèche courte, massive, à quatre piliers surmontés d'une couronne peu épineuse (fig.
49, A); d'autres tourelles ont une base plus grande, à denticules plus prononcés, à
flèche à large couronne assez épineuse, régulière (fig. 49, C) ou irrégulière (fig. 49,B);,
vues de profil, ces tourelles ont leur base plus ou moins creusée en écuelle (fig. 49, D).
On rencontre aussi quelques tourelles à six piliers (fig. 49, E). À ces tourelles se mélan-
gent de pseudo-boutons (fig. 49, F) qui évoluent vers la forme de vrais boutons, les
plus grands, assez rares, percés de quatre paires de trous (fig. 49, G).
La paroi des podia ventraux est soutenue par de grandes plaques (fig. 49, H), pla-
ques que l'on retrouve dans les papilles dorsales avec, en plus, des bâtonnets de formes
diverses (fig. 49, I, L).
Les bâtonnets des tentacules, peu nombreux et de petite taille, sont droits (fig. 49,
J) ou arqués et pourvus d'une apophyse centrale (fig. 49, K), tous finement épineux sur
tout ou partie de leur surface.
ECOLOGIE. — À Madagascar, H. (S.) verrucosa vit soit dans les levées détriti-
ques, le plus souvent dans des cuvettes peuplées d'herbiers divers.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, îles Mascareignes, Indonésie,
nord de l'Australie, îles Philippines et Hawaii.
Sous-genre CYSTIPUS Haacke, 1880
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Faces ventrale et dorsale couvertes chacune d'une vingtaine de rangées de grosses
verrucosités coniques terminées par une minuscule papille blanche ...........
OR M RQ mammosa NOV. SP.
__ pas de verrucosités. Podia ventraux en double rang sur chaque radius, papilles
dorsales réparties sans ordre sur le bivium...........:-:°° rigida Selenka
Holothuria (Cystipus) mammosa nov. Sp.
(Fig. 50, A-Q)
MATERIEL. — Madagascar : côte nord-ouest, baie d'Ambaro, Crosnier coll., 1964
: 1 ex. (Holotype n° 3550).
Fig. 49. — Holothuria (Lessonothuria) verrucosa Selenka. A-E : tourelles; F : pseudo-boutons; G:
boutons: H : plaque des podia et des papilles: I, L : bâtonnets des papilles: J, K : bâtonnets des
tentacules; M : couronne calcaire.
M = éch. 1: H, I, L = éch. 2; A-G = éch. 3; 1, K = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
124
GUSTAVE CHERBONNIER
Fig. 50. — Holothuria (Cystipus)
boutons du tégument ventral; E, F,
calcaire; O : bâtonnet des papilles ana
N = éch. 1; J, O = éch, 2; E-H,
Source : MNHN. Paris!
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 125
L'holotype, partiellement décoloré en alcool, très contracté, à tégument mince
fortement plissé transversalement, porte encore des traces de marron sur la face dorsale,
alors que le ventre est uniformément gris jaunâtre très clair. En forme de concombre
fortement renflé au milieu du corps, à bivium plus court que le trivium, il mesure dorsa-
1ement 90 mm entre la bouche et l'anus et 140 mm ventralement entre ces deux ouvertu-
res; aminci aux deux extrémités, sa largeur, au milieu du corps, est de 60 mm. L'animal
est couvert, aussi bien sur le trivium que sur le bivium, uniquement de grosses verrues
coniques dont le sommet s'orne d'une minuscule papille blanche à pointe mousse; ces
verrues ont un diamètre basal de 4 à 5 mm et un apothème de 3 à 3,5 mm, sauf à
l'approche de l'anus et de la bouche où elles sont très nettement plus petites; elles s'ali-
gnent sur une vingtaine de rangées dorsales et ventrales, au nombre d'environ une
quarantaine, sans qu'on puisse noter une différence de taille pemettant de distinguer le
bivium du trivium; en dehors de ces verrues, il n'existe aucun podion ni aucune papille
sauf à l'anus où l'on note la présence de minuscules papilles d'environ 1,5 mm de long,
qui ne semblent pas être disposées en cercle.
Vingt tentacules très courts, marron clair. Couronne calcaire à larges radiales, à
interradiales à sommet pointu (fig. 50, N). Ampoules tentaculaires d'une vingtaine de
millimètres de long. Une vésicule de Poli. Un minuscule canal hydrophore sans madré-
porite calcifié. Gonade faite de longs tubes simples bourrés d'œufs. Muscles longitu-
dinaux très larges et épais. Intestin envahissant toute la cavité générale, rempli d'une
fine vase grise assez foncée. Poumons réduits à quelques grappes de tubes courts
échelonnés le long du canal principal. Apparemment, pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les tourelles du tégument ventral, parfois réduites et informes (fig.
50, A), ont une base circulaire à bord légèrement noduleux, percée de huit à douze trous
irréguliers périphériques, de quatre trous centraux; cette base est surmontée d'une assez
courte flèche à quatre piliers, terminée par une couronne peu épineuse (fig. 50, B) ou
plus ou moins irrégulière (fig. 50, H). Les boutons de ce même tégument sont assez
réguliers, noduleux, percés de deux à cinq paires de trous (fig. 50, D).
Les tourelles du tégument dorsal, bien plus irrégulières que celles du tégument
ventral, se transforment souvent en sphères creuses fenestrées (fig. 50, H). Les bou-
tons sont bien plus irréguliers que ceux de la face ventrale (fig. 50, 1).
Dans les verrues se trouvent, en plus des tourelles citées ci-dessus, des tourelles à
base peu à pas noduleuse, surmontée d'une flèche irrégulière souvent terminée par plu-
sieurs couronnes épineuses superposées (fig. 50, E), ainsi que des tourelles à flèche
massive faite d'un épais réseau calcaire multiperforé (fig. 50, G) qui cache partiellement
ou totalement la base (fig. 50, F). On constate aussi la présence de bâtonnets et de
plaques noduleuses, parfois de grande taille, à réseau secondaire peu à très développé
(fig. 50, J, K, L).
Dans les papilles anales existent de nombreux bâtonnets noduleux (fig. 50, O),
ainsi que de grandes tourelles à courte flèche irrégulière à quatre piliers (fig. 50, P, Q).
Les longs bâtonnets des tentacules, non perforés, sont à bord dentelé, à surface
soit lisse, soit le plus souvent peu à très épineuse (fig. 50, M).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente des affinités avec H. (C.)
rigida (Selenka, 1867), de Zanzibar, et H. (C.) jousseaumei Cherbonnier, 1954, de
mer Rouge : tourelles à base noduleuse, transformées parfois en sphères creuses fenes-
trées; mais elle s'en écarte nettement par tous les autres caractères, notamment par la
présence, sur tout le corps, de grosses verrues qui la font ressembler grossièrement à
H. (Metriatyla) albiventer Semper, 1868.
ECOLOGIE. — H. (C.) mammosa a été capturée, en dragage, par 24 m de profon-
deur, sur un fond de vase gris foncé.
Source : MNHN. Paris
126 GUSTAVE CHERBONNIER
Holothuria (Cystipus) rigida (Selenka, 1867)
(Fig. 51, A-M)
Stichopus rigidus Selenka, 1867 : 317, pl. 18, fig. 30-31.
Cystipus pleuripus Haacke, 1880 : 47.
Holothuria (Cystipus) pleuripus - LAMPERT, 1885 : 75. — THEEL, 1886 : 230.
Holothuria pleuripus - LUDWIG, 1883 : 174. — KOEHLER, 1895 a : 283. — BEDOT, 1909 : 374. —
H. L. CLARK, 1932 : 235.
Holothuria rigida - LUDWIG, 1899 : 557. — H. L. CLARK, 1946 : 424, 432.
Holothuria (Cystipus) rigida - CLARK et ROWE, 1971 : 176, texte-fig. 87, j
PRICE, 1983 : 87, 89, fig. 46.
j', pl. 28, fig. 13. —
MATERIEL. — Iles Glorieuses, Vergonzanne coll., 1973 : 1 ex.
L'unique exemplaire, de forme cylindrique, à bouche ventrale et anus terminal, très
contracté et fortement plissé, mesure 120 mm de long sur 30 mm de large. En alcool, il
est uniformément blanc jaunâtre, piqueté par endroits de points noirs. Le tégument,
légèrement rugueux, est épais de 2 à 3 mm. Les podia ventraux courts, gros, cylindri-
ques, à tige noirâtre et large ventouse soutenue Par un disque calcaire de 300 à 330 Him
de diamètre, sont disposés, sur chaque radius, en deux rangs très lâches. Les papilles
dorsales, réparties sans ordre sur tout le bivium, sont courtes, coniques, sans ventouse
ni disque calcaire. Anus bordé de cinq groupes radiaires de chacun trois à quatre papil-
les blanchâtres.
Vingt très petits tentacules marron clair. Couronne calcaire à larges radiales, à bord
postérieur légèrement ondulé (fig. 51, L). Une petite vésicule de Poli. Un court canal
hydrophore muni d'un très gros madréporite sphérique. Longues ampoules tentacu-
laires. Gonade faite de quelques tubes simples. Muscles longitudinaux très larges,
minces, à bords libres. Intestin contenant du sable corallien. Poumons extrêment feuil-
lus, remontant jusqu'à la couronne calcaire. Quelques longs tubes de Cuvier. Très
grand cloaque. Pas de dents anales.
Spicules . — Les boutons du tégument sont de deux sortes : des boutons noduleux
le plus souvent à trois ou quatre paires de trous, exceptionnellement cinq à huit (fig.
51, C); de rares boutons transformés en ellipsoïdes ovales (fig. 51, M). Les tourelles
sont très variées; les unes ont une base lisse ou peu à très noduleuse, percée de quatre
trous centraux plus ou moins réguliers (fig. 51, É) et de cinq à huit trous périphériques
(fig. 51, A); leur flèche, à quatre piliers, se termine par une large couronne très épineu-
se, percée au centre, régulière ou irrégulière (fig. 51, A,F, G, H); de nombreuses tou-
relles ont une grande base à bord épineux (fig. 51, B), et leur flèche se termine parfois
par une couronne massive, irrégulière, envoyant des prolongements sur le disque (fig.
51, D), prolongements parfois si nombreux que les tourelles peuvent prendre l'aspect
d'une masse subsphérique.
La paroi des podia et des papilles renferme de longs bâtonnets multiperforés (fig.
51, 1). De petits bâtonnets se trouvent dans la Couronne des tentacules (fig. 51, J), leur
tronc étant renforcé par de très longs bâtonnets épineux (fig. 51, K).
OBSERVATIONS. — H. (C.) rigida a été décrite par Selenka d'après des spécimens
provenant de Zanzibar, des îles de la Société et de Floride, Ces derniers appartiennent,
en réalité, à H. (C.) cubana Ludwig, 1875 (= H. fossor Deichmann, 1926), alors que
les spécimens indo-pacifiques sont considérés, par tous les auteurs, comme d'authenti-
ques rigida , bien qu'il soit difficile de savoir sur quels animaux Selenka a fondé sa
diagnose. Par ailleurs, je Soupçonne que À. inhabilis Selenka, 1867, récoltée aux îles
de la Société et aux Hawaï, ne soit autre chose que des exemplaires de rigide , bien que
Selenka n'ait pu y reconnaître la présence de tubes de Cuvier, peut-être rejetés au
moment de la capture.
Source : MNHN. Paris!
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 127
imm
CURE RS EU
Fig. 51. — Holothuria (Cystipus) rigida (Selenka). À, B, D'H : tourelles; € : boutons; I : plaques des
podia; J, K : bâtonnets des tentacules; L : couronne calcaire; M : ellipse fenestrée du tégument dorsal.
L = éch. 1; autres figures = éch. 2.
ECOLOGIE. — H. (C.) rigida vit, à Madagascar, Sur le sable, parmi les blocs
coralliens; H. L. Clark la signale dans la vase, par 20 m de profondeur, aux îles de Low
de la grande barrière d'Australie.
Source : MNHN. Paris
GUSTAVE CHERBONNIER
128
Source : MNHN. Parisi
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 129
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Zanzibar, Madagascar, île
Maurice, archipel Malais, nord de l'Australie, îles Philippines.
Sous-genre METRIATYLA Rowe, 1969
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Faces ventrale et dorsale parcourues par 8 à 12 rangs alternes de verrucosités
terminées chacune par un long podia . . .H. (M.) albiventer Semper
_— Faces ventrale et dorsale sans verrucosités . 2,
2. Podia ventraux et dorsaux disposés sur 2 rangs alternes sur chaque radius.
Spicules : tourelles à haute flèche étroite et couronne de petites épines; boutons
.…..H. (M.) Sp.
terminée par une large couronne très épineuse ....... H.(M.) fuligina nov. sp.
___ Podia sur la face ventrale, papilles sur la face dorsale.......:4.4442#421 4
4. Dos gris foncé à noirâtre parcouru par de larges rayures transversales blanches,
ventre blanc à gris très clair. Spicules : tourelles à flèche toujours basse terminée
par une grande couronne épineuse à grand trou central; pas de tourelles à haute
flèche H. (M.) scabra Jaeger
— Dos et ve
haute, à piliers lisses, terminée par une étroite couronne de petites épines, et
tourelles à très haute flèche, à piliers lisses couronnés de petites épines ou à piliers
et sommets dentés
Holothuria (Metriatyla) albiventer Semper
(Fig. 52, AD
Holothuria albiventer Semper, 1868 : 67, 248, 277, pl. 30, fig. 14. — PANNING, 1934 : 103, fig. 96
(symonymie). — H. L. CLARK, 1932 : 230. — CHERBONNIER, 1955 a : 155, pl. 38, fig. a-r.
Holothuria (Metriatyla) albiventer - ROWE, 1969 : 160. — CLARK et ROWE, 1971 : 176, pl. 28, fig.
2
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar (Grand récif, Mahavatsy, Sangoritelo),
Thomassin coll., 1965-1969 : 35 ex.; Antsirana, Decary coll., 1919 : 1 ex.
Zanzibar, Rousseau coll., 1841 :1ex.
Fig. 52. — Holothuria (Metriatyla) albiventer Semper. À : boutons; B-E : tourelles; F, I : bâtonnets
des podia; G : bâtonnets des tentacules; H : couronne calcaire.
H = éch. 1; G = éch. 2; A-F = éch. 3.
Source : MNHN.
130 GUSTAVE CHERBONNIER
Les spécimens mesurent entre 30 et 75 mm de long sur 15 à 25 mm de large; très
contractés, très plissés, leur tégument épais de 2 à 3 mm est très rugueux. La face
dorsale est très différente de la face ventrale; le dos est gris foncé à marron, ponctué de
nombreuses petites taches gris foncé à noirâtres avec, intercalés, de gros points blancs
jaunâtres; les longs podia, assez nombreux et répartis sur le bivium en dix à douze rangs
plus ou moins nets, sortent d'une basse verrucosité conique; leur ventouse blanche est
Soutenue par un disque calcaire de 80 à 110 1m de diamètre. La face ventrale, bien plus
claire que la face dorsale, est jaunâtre, sillonnée par d'étroites bandes marron clair et
ponctuée de taches de même couleur; elle porte de grosses verrucosités coniques rigi-
des, blanches à jaunâtres, pouvant atteindre 3 mm de haut et 2 mm de diamètre à la
base, d'où émerge un assez long podia translucide terminé par une ventouse et un dis-
que calcaire de 150 à 180 1m de diamètre; ces podia se répartissent en huit à dix rangs
alternes. La bouche ventrale est entourée de grosses papilles coniques; l'anus, terminal,
est bordé de cinq groupes radiaires de chacun trois à cinq petites papilles, parfois si
serrées qu'elles forment un cercle continu.
Vingt gros et courts tentacules marron très clair. Couronne calcaire à larges radia-
les, à interradiales étroites à pointes émoussées (fig. 52, H). Courtes ampoules tentacu-
laires. Une grosse vésicule de Poli. Un très court canal hydrophore terminé soit par un
long madréporite sphérique, soit par un madréporite étalé en feuille bilobée. Muscles
longitudinaux très larges, plats, bifides. Gonade faite de longs et minces tubes plusieurs
fois ramifiés. Intestin contenant un sable fin, légèrement vaseux. Enormes poumons
très feuillus remontant jusqu'à la couronne calcaire. Très gros tubes de Cuvier blanc
laiteux.
Spicules . — Les boutons sont en grande majorité à deux nodules centraux et trois
paires de trous, très exceptionnellement à quatre ou cinq paires de trous (fig. 52, A).
Les tourelles ont un grand disque à bord ondulé, non noduleux, percé d'un nombre
variable de trous inégaux (fig. 52, B, E), une flèche à six-huit piliers à bords souvent
denticulés, terminée par une large couronne à plusieurs étages d'épines (fig. 52, B, E),
Couronne si large qu'elle peut parfois masquer presque complètement le disque (fig. 52,
D). Vues de trois-quarts ou de profil, ces flèches sont assez élancées (fig. 52, C) ou
massives (fig. 52, D).
La tige des podia est soutenue par des bâtonnets et des pseudo-plaques (fig. 52,
F), bâtonnets pouvant atteindre de grandes dimensions Gig. 52, I); celle des tentacules
possède des bâtonnets couverts de fines épines (fig. 52, G).
OBSERVATIONS. — Hérouard (1893), étudiant plusieurs spécimens d'holothuries
de mer Rouge, mais sans indication précise de localités, figure, comme indiqué ci-des-
sus, des spicules typiques de H. (M.) albiventer , mais d'autres (pl. VIII, fig. 1, 2, 3,
4,5, 16, 17), notamment des tourelles à quatre piliers, qui semblent bien appartenir à
H. (M.) martensi Semper, 1868, connue de Djibouti. Curieusement, Hérouard émet
l'hypothèse erronnée que H. (M.) aculeata Semper, 1867, H. (M.) bowensis Ludwig,
1875, et H. (Stauropora) modesta Ludwig, 1875, sont synonymes, où tout au plus des
variétés d'albiventer , mais omet de faire le rapprochement avec martensi .
ECOLOGIE. — A Madagascar, H. (M.) albiventer a été trouvée dans les herbiers
des cuvettes terrigènes intertidales.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Côte est d'Afrique, Madagascar, îles Maldives,
Indonésie, Amboine, nord de l'Australie, îles Philippines, côtes de Chine et du Japon.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 131
Holothuria (Metriatyla) sp.
(Fig. 53, A-O)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar (Mahavatsy), Thomassin coll., 1962 : 2 ex.
L'un des deux spécimens de cette petite holothurie, en forme de concombre, ne
mesure que 13 mm de long sur 7 mm de large. Le tégument mince, rugueux, très plissé,
est uniformément gris clair piqueté de noir. La bouche ventrale semble entourée d'un
collier de papilles, collier difficile à mettre en évidence, les tentacules étant invaginés.
Anus terminal bordé de longs podia, mais dépourvu de dents. Les podia ventraux sont
longs, cylindriques, à large ventouse soutenue par un disque calcaire de 200 à 270 um
de diamètre; ils sont disposés selon les radius, en deux rangs alternes de 30 à 40 podia.
Les podia dorsaux, de même taille et de même forme que les ventraux, se disposent
également, au nombre de 15 à 25, en deux rangs alternes sur chaque radius.
Vingt très petits tentacules marron clair, Petite couronne calcaire à base légèrement
ondulée (fig. 53, E). Très courtes ampoules tentaculaires. Une vésicule de Poli. Un
court canal hydrophore à madréporite sphérique. Gonade (?). Muscles longitudinaux
larges et plats. Intestin contenant un sable fin légèrement vaseux. Poumons très feuillus
remontant jusqu'à la couronne calcaire. Deux gros et courts tubes de Cuvier blanc
nacré.
L'autre spécimen ne mesure que 9 mm de long sur 5 mm de large; semblable au
premier, il n'a pas de gonade et possède trois gros tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules sont identiques dans tout le tégument. Les boutons, lis-
ses, localisés à la base des podia, ont de quatre à huit paires de trous, parfois 10-12
paires (fig. 53, J). Les tourelles les plus nombreuses ont une base à bord ondulée, per-
cée d'un large trou central et de huit à douze trous périphériques; leur haute flèche à
quatre piliers et plusieurs entretoises se termine par une petite couronne épineuse à cen-
tre perforé (fig. 53, À, 1). De nombreuses tourelles ont un disque plus grand, toujours
avec un grand trou central, mais huit trous internes accompagnés d'un nombre variable
de trous périphériques (fig. 53, B, D); leur flèche est très haute, à quatre piliers réunis
par quatre à huit entretoises (fig. 53, H, K, O); le sommet des piliers n'est jamais
épineux latéralement (fig. 53, L). Dans le tégument anal, on trouve aussi des tourelles à
disque très petit, à flèche relativement courte (fig. 53, C).
La paroi des podia ventraux et dorsaux est soutenue par de longs bâtonnets (fig.
53, F) et par de petites plaquettes peu nombreuses (fig. 53, G). La couronne des tenta-
cules renferme quelques petits bâtonnets lisses, arqués (fig. 53, M), leur tronc, de longs
bâtonnets souvent brisés (fig. 53, N).
OBSERVATIONS. — Cette petite holothurie immature est proche de Æ. (M.)
tortonesi Cherbonnier, 1979, de mer Rouge; de H. (M.) martensi Semper, 1868, assez
commune dans tout l'océan Indien et présente en mer Rouge et à l'île Kerimba (côte
nord du Mozambique); de H. (M.) bowensis Ludwig, 1875, de la côte nord de l'Aus-
tralie; de H. (M.) sluiteri Ludwig, 1888, d'Ambon (Indonésie).
H.(M.) bowensis a des tourelles dont la base est semblable à celle des tourelles de
notre figure A, ou rappelant celles de nos figures B, D; mais leurs flèches sont nette-
ment différentes, moins hautes, moins graciles, à piliers toujours épineux près de leur
sommet.
H.(M.) tortonesi , en plus de tourelles nettement différentes à Ja fois de celles de
bowensis et de celles de nos spécimens, possède des boutons que l'on ne rencontre ni
chezhowensis ni chez nos spécimens.
Les tourelles de H. (M.) martensi si elles ont, elles aussi une flèche haute et gra-
cile, sont pourvues de piliers très épineux près de leur sommet, et les boutons sont tou-
jours fortement noduleux, ce qui n'est pas le cas de ceux de nos spécimens et debo-
wensis , bien que quelques boutons de celle-ci soient parfois très faiblement noduleux.
Source : MNHN. Paris
132 GUSTAVE CHERBONNIER
H. (M.) sluiteri a des tourelles qui ont une base à bord échancré, une flèche
moins haute; son tégument est dépourvu de boutons.
ECOLOGIE. — Vit sur le platier du grand récif de Tuléar dans le sable des herbiers
formés d'un mélange de Syringodium isoetifolium , de Cymodocea serrulata et de
Thalassodendron ciliatum .
Fig. 53. — Holothuria (Metriatyla) sp. A-D, H, I, J, K, L, O : tourelles; E : couronne calcaire; F :
bâtonnets des podia; G : plaque des podia; J : boutons; M, N : bâtonnets des tentacules.
E = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 133
Holothuria (Metriatyla) fuligina nov. sp.
(Fig. 54, A-P)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 2 ex. (holotype n°
2887, paratype n° 2895).
Les deux spécimens, d'aspect identique, à tentacules invaginés et tégument épais,
rugueux, un peu parcheminé, Sont très contractés et fortement plissés; l'holotype me-
sure 38 mm de long sur 17 mm de large, le paratype 35 mm sur 23 mm. La face dor-
sale, fondamentalement gris foncé, est piquetée de très nombreux points noirs ce qui
donne à l'ensemble une teinte fuligineuse. La face ventrale, aplatie, est uniformément
jaune foncé mais les flancs sont de couleur crème. Par suite du fort plissement du
tégument, la répartition des podia est difficile à préciser, les podia dorsaux courts, min-
ces, tronconiques, à ventouse soutenue par un disque calcaire de 210 à 230 um de
diamètre, semblent peu nombreux et dispersés sur tout le bivium; les podia ventraux,
cylindriques, bien plus gros que les dorsaux, ont une ventouse soutenue par un disque
calcaire de 340 à 380 jm de diamètre; ils semblent également peu nombreux et sans
répartition précise. La base des tentacules est entourée d'un cercle de petites papilles.
L'anus est cerné de cinq groupes radiaires de chacun trois longues papilles piquetées de
noir.
Les deux spécimens ont éjectés la plus grande partie de leur intestin lors de la cap-
ture. Ils possèdent vingt petits tentacules bruns, une couronne calcaire à larges et hautes
radiales, à interradiales bien plus courtes et à partie antérieure angulaire (fig. 54, L).
Très courtes ampoules tentaculaires. Une longue vésicule de Poli aplatie en rame. Canal
hydrophore non décelé. Gonade faite de quelques tubes simples. Muscles longitudinaux
très larges et plats. Poumons très ramifiés, remontant jusqu'à la couronne calcaire.
Spicules. — Les spicules caractéristiques de l'espèce sont des tourelles à grand
disque vaguement circulaire, à bord ondulé, percé d'un grand nombre de trous inégaux
ronds, triangulaires ou polygonaux (fig. 54, D), ou à disque carré et à trous moins
nombreux (fig. 54, C, F); leur flèche, à quatre piliers, assez haute (fig. 54, N), rare-
ment mince et très haute (fig. 54, M), est terminée par de nombreuses petites épines
disposées en couronne (fig. 54, H, I, K, M) ou en bouquet (fig. 54, N). Ces tourelles
sont plus nombreuses dans le tégument ventral que dans le dorsal; elles sont accom-
pagnées de tourelles à petite base comparativement peu perforée (fig. 54, À, B), dont la
flèche basse, massive, toujours à quatre piliers, est surmontée d'une couronne plus
large et à épines plus fortes (fig. 54, E).
Les boutons de l'ensemble du tégument sont irrégulièrement noduleux, courts,
percés de trois paires de trous, où plus allongés et pourvus de quelques petits trous
supplémentaires (fig. 54, J); quelques-uns de ces boutons, de grande taille et à huit à
dix paires de trous, ont de très gros nodules (fig. 54, P). Les bâtonnets de tous les
podia sont de formes très diverses (fig. 54, O); ceux des tentacules sont finement épi-
neux (fig. 54, G).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce diffère de toutes celles du sous-genre
Metriatyla notamment par ses tourelles à grand disque multiperforé et la forme de ses
boutons ornés de petits nodules.
ECOLOGIE. — H. (M.) fuligina a été récoltée sur le platier du grand récif de
Tuléar, dans une cuvette à Halodule uninervis .
Source
MNHN. Paris
134 GUSTAVE CHERBONNIER
Fig. 54. — Holothuria (Metriatyla) fuligina nov. sp. A-F,
tentacules; J, P : boutons; L : couronne calcaire; O : bâtonnets des podia.
L = éch. 1;G, O = éch. 2; autres figures = éch. 3.
HI, K, M, N : tourelles; G : bâtonnets des
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 135
Holothuria (Metriatyla) scabra Jaeger, 1833
(Fig. 55, A-O)
Holothuria scabra Jaeger, 1833: 23. — PANNING, 1934 : 80, fig. 66 (synonymie). — MORTENSEN,
1937 : 6. — HEDING, 1934 : 24. — CHERBONNIER, 1955 b : 145, pl. 32, fig. ac. —
DOMANTAY, 1962 : 86, fig. a-d. — JAMES, 1979 : 61.
Holothuria (Merriatyla) scabra - ROWE, 1969 : 160, fig. 60. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, fig.
87/1, pl. 15, fig. 15.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Baie d'Ambaro, Antsamantsara, Nosy
Tangam), Cherbonnier coll., 1959 : 6 ex.; îles Mitsio, Crosnier coll, 1960 : 1 ex.;
Tuléar, Geay coll., 1906 : 5 ex., Pérès coll., 1962 : 1 ex., Thomassin coll. 1965 et
1972 : 6 ex.; île Sainte-Marie (Ambatoroa), Randinoby coll., 1959 : 1 ex.
Zanzibar, Grandidier coll, 1864 : 1 ex.
Le plus grand des vingt spécimens mesure 40 cm de long, le plus petit 10 cm; ils
ont tous le dos bombé, la face ventrale aplatie; en alcool, leurs dimensions sont réduites
d'environ un tiers, mais leurs teintes sont à peu près bien conservées. Le dos, gris plus
ou moins foncé, noirâtre chez un spécimen de 30 cm, est parcouru par de larges rayures
transversales blanches, accompagnées de nombreuses petites taches de même couleur;
les papilles, noires, sont cerclées de gris très clair; les flancs, gris très clair à jaunâtre
moucheté de noir, possèdent des papilles noires; le ventre, blanc à gris très clair, a des
podia gris foncé. La bouche, ventrale, est entourée d'un cercle de petites papilles.
L'anus, étoilé, est bordé de cinq groupes radiaires de chacun six à huit grosses papilles.
Le tégument, légèrement rugueux, est épais de 4 à 6 mm.
Les podia ventraux, nombreux mais assez espacés, sont dispersés sur tout le trivi-
um; le plus souvent rétractés, leur présence est signalée par leur petite ventouse noire
soutenue par un disque calcaire de 230 à 250 um de diamètre. Les papilles dorsales,
toujours rétractées, peu nombreuses, dispersées sur tout le bivium, ne sont visibles que
sous forme d'un petit disque gris; parmi elles existent quelques podia plus gros, coni-
ques, à ventouse et disque calcaire de 100 1m de diamètre.
Vingt tentacules gris foncé ponctué de marron. Couronne calcaire dont la radiale
médio-ventrale est plus développée et nettement différente des autres radiales (fig. 55,
O). Courtes ampoules tentaculaires. Une longue et étroite vésicule de Poli. Le canal
hydrophore très long (8 cm chez le grand exemplaire) a la forme caractéristique figurée
par Selenka (1867) pour H. (M.) tigris (pl. 19, fig. 71) et redécrit par Mitsukuri (1912)
pour H. (M.) scabra . Gonade faite de longs tubes blanchâtres, plusieurs fois ramifiés.
Muscles longitudinaux remontant jusqu'à la couronne calcaire. Pas de tubes de Cuvier.
Vaste cloaque jaune, piqueté de marron.
Spicules . — Les tourelles du tégument, aussi bien ventral que dorsal, sont, pour
les plus nombreuses, à base vaguement circulaire à carrée, à bord ondulé, percée de
quatre grands trous centraux et de huit à dix petits trous périphériques (fig. 55, A, B);
leur flèche, à quatre piliers et une entretoise, se termine par une couronne épineuse à
grand trou central (fig. 55, À, B, K). D'autres tourelles, à disque percé de trous
périphériques plus nombreux, ont une flèche plus massive, plus épineuse (fig. 55, D,
E, J); quelques-unes, surtout dans le tégument dorsal, ont le bord de leur disque orné de
quelques légers nodules (fig. 55, H), ou une couronne très irrégulière (fig. 55, D.
Les boutons sont tous plus ou moins noduleux, les plus courants à trois paires de
trous, assez souvent à six paires et alors fortement noduleux (fig. 55, G), ou plus
grands, avec de quatre à six paires de trous et avec des esquisses de nodules (fig. 55,
N). A ces boutons se mêlent, surtout dans la région anale, des corps cruciformes (fig.
55, C) ainsi que des plaquettes à bord et à trous dentés (fig. 55, F). S
La paroi des podia et des papilles est renforcée par de longs bâtonnets (fig. 55, M);
celle des tentacules a des bâtonnets à extrémités finement épineuses (fig. 55, L), bâton-
nets pouvant atteindre une longueur de 600 à 700 im.
Source : MNHN. Paris
136 GUSTAVE CHERBONNIER
En
(ÉSEU)
Paris
1 iem
2 hou FR Re mes
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 137
ECOLOGIE. — A Nosy Be, H. (M.) scabra a été trouvée uniquement dans divers
herbiers; elle a été récoltée, aux îles Mitsio, en dragage, sur fond de sable, par 15 m de
profondeur, à Tuléar, parmi les herbiers du grand récif.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
île Maurice, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines, Chine,
Japon.
Holothuria (Metriatyla) martensi Semper, 1868
(Fig. 56, A-P)
Holothuria martensi Semper, 1868 : 86, 277, pl. 30, fig. 16. — LUDWIG, 1875 : 136. — PANNING,
1934 : 96, fig. 85 (synonymic). — SERENE, 1937 : 26. — H. L. CLARK, 1946 : 431. —
CHERBONNIER, 1955 b : 159, pl. 42, fig. a-l. — PRIOR, 1982 : 11. — LIAO, 1984 : 239, fig.
18.
Holothuria (Metriatyla) martensi - ROWE, 1969 : 160. — CLARK et ROWE, 1971 : 178.
Holothuria subverta H. L. Clark, 1921 : 182, pl. 38, fig. 25-32.
MATERIEL. — Madagascar : Antsirana, Decary coll., 1919 : 1 ex.; Tuléar (Maha-
vatsy), Thomassin coll., 1962 : 2 ex.
Le plus grand exemplaire mesure 50 mm de long sur 17 mm de large. Le tégu-
ment, gris très foncé, fortement plissé, d'une épaisseur de 1 mm, est très rugueux par
suite de la présence de très nombreuses tourelles dont la flèche saille et est nettement
visible sous la loupe. Les podia ventraux sont gros, de 1,5 mm de haut, à large ventou-
se soutenue par un disque calcaire d'un diamètre le plus souvent de 330 à 350 pim, mais
pouvant avoir entre 160 et 240 11m; de couleur gris pâle, ces podia sont nombreux et
dispersés sur le trivium, Les papilles dorsales, tronconiques, hautes de 2 à 3 mm, tran-
chent nettement sur le tégument gris foncé par leur couleur blanche; elles sont nombreu-
ses, dispersées sur tout le bivium. Bouche et anus terminaux.
Vingt très petits tentacules, grisâtres. Couronne calcaire à interradiales nettement
plus courtes que les radiales (fig. 56, O). Très courtes ampoules tentaculaires d'au plus
10 mm de long. Une vésicule de Poli, cylindrique, de 18 mm. Un canal hydrophore
dont le madréporite, cylindrique, est à surface noduleuse (fig. 56, P). Gonade faite de
longs tubes une à deux fois ramifiés. Muscles longitudinaux larges, épais. Intestin et
poumons éjectés lors de la récolte. Vaste cloaque blanchâtre.
Un second exemplaire, de 27 mm de long et 11 mm de large, très contracté, est
d'aspect et de couleur identiques au spécimen précédent. L'intestin contient une vase
grise et l'on note la présence de très nombreux tubes de Cuvier.
Le troisième exemplaire, semblable aux deux précédents mais de couleur marron
assez clair, mesure 45 mm de long sur 22 mm de large; il est complètement aplati avec,
comme les autres, les tentacules invaginés; la bouche est entourée d'un cercle de
papilles blanchâtres, en forme de massue, l'anus étant bordé de petites papilles. Les
papilles dorsales envahissent tout le bivium, mais les podia ventraux se disposent en
deux rangs serrés sur chaque radius et se disposent aussi, bien moins nombreux, sur les
Fig, 55. — Holothuria (Metriatyla) scabra Jaeger. À, B, D, E, H-K : tourelles; C, F: plaquettes; G, N
: boutons; L : bâtonnets des tentacules; M : bâtonnet de podia et des papilles; O : couronne calcaire.
O = éch. 1; L= éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
138 GUSTAVE CHERBONNIER
interradius. Anatomiquement, l'animal a des poumons peu feuillus remontant jusqu'à la
Couronne calcaire, et de nombreux, très &T0S et courts tubes de. Cuvier.
tourelles; D, I : boutons; E :
tonnet des podia ventraux; M :
; O : couronne calcaire; P : madréporite.
O, P = éch. 1; autres figures : éch. 2.
Source : MNHN. Parisi
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 139
Spicules . — Les tourelles majoritaires de tout le tégument ont une base à bord
ondulé, peu perforée, surmontée d'une flèche à quatre piliers terminée par une couronne
généralement peu épineuse, souvent érodée (fig. 56, A) ou une base plus grande, plus
perforée, à couronne plus épineuse (fig. 56, B); vues de profil, ces tourelles présentent
une flèche soit haute et mince (fig. 56, F), soit plus courte, plus massive, à piliers den-
tés sur tout ou partie de leur longueur (fig. 56, G). Dans le tégument dorsal existent
aussi des tourelles à base étroite, à haute flèche dont les bords parallèles sont réunis par
huit à dix entretoises, à sommet pourvu d'une couronne de dents minuscules (fig. 56,
H). Mais c'est dans les papilles dorsales que l'on trouve les tourelles les plus dévelop-
pées, à base soit très grande et multiperforée (fig. 56, C), soit à base étroite, les deux
formes pourvues d'une très haute flèche épaisse à quatre forts piliers dentés réunis par
six à huit entretoises (fig. 56, E, J, K).
Les boutons de tout le tégument sont soit à forts nodules (fig. 56, D) ou plus
allongés, à perforations plus nombreuses et à nodules esquissés (fig. 56, I).
Les bâtonnets des podia ventraux et des papilles dorsales sont grands, lisses, à
centre biperforé et extrémités élargies percées de trois à cinq petits trous (fig. 56, L);
leurs parois renferment également de grandes plaques rectangulaires à trous très
nombreux (fig. 56, M). Les bâtonnets des tentacules, peu nombreux, sont extrêmement
épineux (fig. 56, N).
OBSERVATIONS. — Par ses piliers à bords dentés, H. (M.) martensi présente des
affinités avec H. (M.) bowensis , d'Australie, espèce non retrouvée depuis sa descrip-
tion par Ludwig en 1875.
ECOLOGIE. — A Tuléar, H. (M.) martensi a été récoltée dans des cuvettes du haut
du niveau moyen, occupées par Thalassodendron ciliatum et Diplanthera uninervis .
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Maldives, Indochine, Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines, côtes de
Chine et du Japon.
Sous-genre THEELOTHURIA Deichmann, 1958
Une seule espèce de ce sous-genre a été trouvée à Madagascar.
Holothuria (Theelothuria) maculosa Pearson, 1913
(Fig. 57, A-L)
Holothuria maculosa Pearson, 1913 : 53, pl. VI, fig. 3.
Holothuria (Theelothuria) maculosa - ROWE, 1969 : 158. — CHERBONNIER et FERAL, 1984 a : 690,
fig. 14.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Iranja, Fourmanoir coll., 1959 : 1 ex.; Tuléar,
Pérès et Thomassin coll., 1962-1963 : 4 ex., (Mahavatsy), Thomassin coll., 1962 et
1971 : 3 ex., (Sangoritelo et Sarodrano), Thomassin coll., 1969-1972 : 19 ex.
Le plus grand exemplaire mesure 15 cm de long sur 2 cm de large, le plus petit 4
cm sur 1 cm. La majorité des spécimens ont le ventre marron grisâtre parcouru par de
Source : MNHN. Paris
140 GUSTAVE CHERBONNIER
nombreuses et larges verrucosités blanches disposées sans ordre mais non serrées,
verrucosités d'où sort une mince et petite papille conique grise, sans ventouse ni disque
calcaire. Le-dos, gris foncé, -porte, sur chaque radius, huit à dix larges taches brun
chocolat à noirâtres; les papilles dorsales, très dispersées, coniques, minces, noirâtres,
Sans ventouse ni disque calcaire, sortent, elles aussi, de verrucosités blanches, cepen-
dant moins nettes que les ventrales. L'anus, sans dents, est entouré de cinq groupes
radiaires de quatre à cinq podia munis d'une petite ventouse soutenue par un disque
calcaire de 110 à 120 Him de diamètre.
Fig. 57. — Holothuria (Theelothuria) maculosa Pearson. A : boutons réguliers; B : boutons
irréguliers; C : nodules; D : bâtonnets des podia; E, F, G, H, J, K : tourelles; I : couronne calcaire; L :
bâtonnet des tentacules.
1 = éch. 1; L, D = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 141
Bouche et anus terminaux. Vingt petits tentacules marron. Couronne calcaire à
interradiales étroites, à base très fortement échancrée, deux fois plus courtes que les très
larges radiales (fig. 57, 1). Longues et minces ampoules tentaculaires. Une vésicule de
Poli. Un court canal hydrophore tortillonné, terminé par un petit madréporite sphérique.
Gonade faite de nombreux et longs tubes très fins, simples. Muscles longitudinaux très
larges et épais. Poumon droit généralement deux fois plus long que le gauche.
Nombreux tubes de Cuvier. Assez grand cloaque.
Spicules . — Les spicules de tout le tégument sont identiques; ils se composent de
boutons, de pseudo-boutons et de tourelles de formes très variées.
Les boutons, peu noduleux, sont le plus souvent à trois paires de trous, assez
fréquemment à huit-dix paires (fig. 57, A). Les pseudo-boutons, relativement nom-
breux, très variés, ont un aspect tourmenté (fig. 57, B); on rencontre également de petits
nodules quadriperforés (fig. 57, C).
Les tourelles présentent trois aspects. Des tourelles hérissées d'épines ne formant
pas une couronne régulière perforée (fig. 57, E); des tourelles à base plus ou moins
dentelée, percée de quatre trous centraux et de huit à douze trous périphériques, excep-
tionnellement d'une vingtaine de trous, d'où s'élève une flèche courte et massive à
quatre piliers, terminée par une couronne perforée peu épineuse (fig. 57, F, J) ou par
une couronne irrégulière (fig. 57, G, H). Dans le cercle entourant la base des papilles,
quelques tourelles ont une base plus grande, dentelée ou ondulée, percée de quatre trous
centraux et de huit jusqu'à plus de 20 trous périphériques, une haute flèche gracile à
quatre piliers et deux ou trois entretoises, terminée par une petite couronne perforée plus
ou moins épineuse (fig. 57, K). Chaque papille ne renferme que deux à trois bâtonnets
(fig. 57, D). Les bâtonnets des tentacules sont très rares et courts (fig. 57, L).
OBSERVATIONS. — Par la forme, la couleur, la couronne calcaire, mes spécimens
correspondent à la description de Pearson pour maculosa . Mais, en plus des tourelles et
des boutons figurés par cet auteur, on trouve des pseudo-boutons et des tourelles à hau-
te flèche qu'il ne signale pas. Malgré ces différences dues, peut-être, à une omission de
Pearson, je ne doute pas que les spécimens de Madagascar ne soient des maculosa . Au
musée de Copenhague existe une holothurie déterminée par Heding comme maculosa et
provenant de l'île Inhaca, qui correspond exactement, aussi bien par l'aspect que par les
spicules, aux exemplaires de Madagascar.
ECOLOGIE. — A Nosy Iranja, l'animal a été trouvé enfoncé dans le sable, dans un
terrier pourvu d'un orifice de sortie; à Tuléar, H. (T.) maculosa vit dans les levées dé-
tritiques, le plus souvent dans des cuvettes littorales à herbiers de Halophila decipiens ,
H. minor, H. ovalis , Cymodocea serrulata et Diplanthera beaudetei .
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Aldabra, Inhaca, Madagascar.
Sous-genre MICROTHELE Brandt, 1835
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Face dorsale couverte de podia peu serrés, à milieu noir d'où partent de grandes
plages de même couleur séparées par de larges aires jaunes. Face ventrale grise
ponctuée de brun et couverte de podia serrés. Enormes protubérances coniques sur
les flancs. Spicules : tourelles à base circulaire et courte flèche épaisse terminée par
une large couronne de grandes épines à pointe émoussée URONE
H. (M.) nobilis Selenka
Source : MNHN. Paris
142 GUSTAVE CHERBONNIER
— Face dorsale Terre de Sienne à jaune citron, zébrée d'étroites bandes brunes à
noirâtres; ventre blanc laiteux à milieu gris clair. Podia ventraux et dorsaux peu
nombreux, disposés sans ordre. Pas de protubérances coniques sur les flancs.
Spicules : tourelles à base étroite, dentelée, à flèche basse, épaisse, terminée par
une couronne épineuse mal formée ou par un gros bouquet d'épines ..........
-... H. (M.) fuscopunctata Jaeger
Holothuria (Microthele ) nobilis (Selenka, 1867)
(Fig. 58, AL)
Mülleria nobilis Selenka, 1867 : 313, pl. 17, fig. 13-15.
Holothuria (Microthele) nobilis Panning, 1929 : 131, fig. 15 (synonymic). — CLARK et SPENCER
DAVIES, 1966 : 600, 603. — ROWE, 1969 : 162, fig. 21. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl.
28, fig. 20. — ROWE et DOTY, 1977 : 234, fig. 3 f, fig. 7, d. — SLOAN, CLARK et TAYLOR,
1979 : 122.
Microthele nobilis - PANNING, 1944 : 58, fig, 28 (synonymie). — CHERBONNIER, 1955 b : 140, pl.
28.
Holothuria whitmaei Bell, 1887 : 534, pl. 45, fig. 6.
Mülleria maculata - LUDWIG, 1881 : 593. — ERWE, 1913 : 368, pl. 6, fig. 12. Non Brandt, 1835.
Actinopyga maculata - BEDFORD, 1899 : 50. Non Brandt, 1835.
Argiodia maculata - PEARSON, 1914 : 170. Non Brandt, 1835.
Holothuria guamensis Quoy et Gaimard, 1833 : 137.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Navetsy), Cherbonnier coll., 1959 : 2 ex.;
Nosy Komba (près Nosy Be), Humes coll., 1969 : 1 ex.; Tuléar, Pérès et Thomassin
coll., 1965 et 1967 : 3 ex., Rabesandratana coll., 1980, 1986 : 2 ex.; canal de
Mozambique, Bouchet coll., 1977 : 3 ex.
Les spécimens sont tous de grande taille, mesurant entre 25 et 35 cm de long sur
10 à 12 cm de large. De forme subcylindrique, le dos est fortement bombé et la face
ventrale aplatie. Le tégument, très coriace, peut atteindre 10 mm d'épaisseur chez les
spécimens fortement contractés. Leur coloration est identique : le milieu du dos, noir,
émet de grandes plages latérales de même couleur, séparées par de larges aires jaune
plus ou moins foncé; le ventre est gris clair à gris foncé, ponctué ou rayé de brun.
Bouche ventrale, anus légèrement dorsal. La face ventrale est entièrement couverte
de podia serrés, courts, cylindriques, minces, à ventouse gris foncé soutenue par un
disque calcaire de 500 à 520 lim de diamètre. Les podia de la face dorsale sont répartis,
peu serrés, sur tout le bivium, visibles seulement par leur minuscule ventouse noire,
celle-ci soutenue par un disque calcaire de 280 à 300 Hm de diamètre. La face ventrale
est séparée de la face dorsale par six à huit énormes protubérances coniques situées sur
chaque flanc.
Vingt tentacules assez grands, brun noir. Couronne calcaire relativement petite, à
interradiales antérieurement triangulaires, à base très échancrée, à larges radiales à bord
postérieur presque droit (fig. 58, L). Ampoules tentaculaires de 6 à 8 cm de long. Une
seule vésicule de Poli, de 5 à 9 cm de long, un court canal hydrophore sans madréporite
apparent. Gonade en une touffe de très nombreux tubes fins, simples ou une à plusieurs
fois ramifiés. Poumons très développés, portant de chaque côté du tronc principal de
longues expansions pourvues de nodules arrondies ou de courts diverticules digiti-
formes. Muscles longitudinaux très larges, à bords épaissis en bourrelet, Pas de tubes
de Cuvier. Très grand cloaque de couleur noire. Anus entouré de cinq fortes dents
noduleuses, surplombées chacune par un groupe de deux à trois gros podia.
Spicules . — Les tourelles du tégument ventral, dorsal et anal, sont identiques.
Source : MNHN. Paris:
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 143
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Fig. 58. — Holothuria (Microthele) nobilis (Selenka). A, B, C, E, G : tourelles; D, J : corps fenestrés
du tégument dorsal; F : plaque des podia; H, I : corpuscules du tégument ventral; K : bâtonnets des
tentacules; L : couronne calcaire.
L = éch. 1; K = éch. 2; D, F, H, I, J = éch. 3; A, B, C, E, G = éch.d.
Source : MNHN. Paris
144 GUSTAVE CHERBONNIER
Leur base circulaire, à bord ondulé, est percée de quatre grands trous centraux et de huit
à douze trous marginaux (fig. 58, B, C); leur flèche, massive et peu élevée, est sur-
montée d'une couronne régulière, perforée au centre, armée de nombreuses épines
latérales et centrales à pointe émoussée (fig. 58, C, G), ou d'une couronne plus simple,
parfois irrégulière, à épines moins nombreuses (fig. 58, B, E). D'autres tourelles, plus
rares et sans doute en voie de formation, ont leur disque très irrégulier (fig. 58, A).
Les boutons du tégument ventral, allongés et multiperforés, sont soit lisses ou
légèrement noduleux (fig. 58, H), soit pourvus de nodules ou de trabécules plus ou
moins anastomosées (fig. 58, 1). Les boutons du tégument dorsal, nettement différents,
sont des ellipsoïdes allongés, fenestrés (fig. 58, D, J). La paroi des podia ventraux et
dorsaux possède de grandes plaques très réticulées, à bord échancré (fig. 58, F). Les
bâtonnets des tentacules sont Courts, Verruqueux, ou très longs, épineux seulement aux
extrémités ou sur toute leur surface (fig. 58, K).
ECOLOGIE. — H. (M.) nobilis a été récoltée dans les levées détritiques et sur le
grand récif de Tuléar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Seychelles, Madagascar, îles
Mascareignes, îles Maldives, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Australie, îles
Philippines, Chine, Japon, île Guam, îles Hawaï.
Holothuria (Microthele) fuscopunctata Jaeger, 1833
(Fig. 59, A-P)
Holothuria fuscopunctata Jaeger, 1833 : 23. — SEMPER, 1868 : 86, 277, pl. 30, fig. 29. —
LAMPERT, 1885 : 75. — THEEL, 1886 : 235. — LUDWIG, 1882 : 136. — SLUITER, 1894 :
104. — CHERBONNIER, 1980 : 623, fig. 5, A-H.
Q@) Holothuria axiologa H. L. Clark, 1921 : 175, pl. 38, fig. 1-13.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Antsamantsara, Nosy Tangam), Cher-
bonnier coll., 1959 : 2 ex.
Les deux spécimens, de taille identique, à dos bombé, à ventre aplati et tégument
épais de 7 à 8 mm, mesurent 50 cm de long sur 10 cm de large. L'un a le dos Terre de
Sienne, rayé transversalement d'une dizaine d'étroites bandes brunes allant des flancs
jusque près du milieu du dos; l'autre a le dos jaune citron, également zèbré de bandes
noirâtres; les podia dorsaux courts, coniques, répartis sur tout le bivium au nombre de
10 à 15 par cm2, marquent le dos, par leur couleur brune, d'une moucheture très
caractéristique. Le ventre, blanc laiteux sur les flancs, gris au milieu, est couvert de
petits podia cylindriques ocres à ventouse jaune ou marron clair; on en dénombre 20 à
25 par cm2. La ventouse des podia ventraux est soutenue par un disque calcaire de 690
à 720 jim de diamètre, celle des podia dorsaux par un disque de 390 à 410 Lim de
diamètre. Tentacules brun chocolat. Anus noir, sans dents. En alcool, les couleurs sont
partiellement conservées.
L'un des spécimens n'a que 16 tentacules, l'autre 20. Couronne calcaire à larges
radiales sculptées, à interradiales nettement plus courtes que les radiales (fig. 59, F).
Longues ampoules tentaculaires. Animaux totalement éviscérés, si bien qu'il ne reste
aucune dépendance du canal oral, pas de gonade, d'intestin ni de poumons.
Spicules . — Les tourelles des téguments ventral et dorsal sont identiques. Les
unes, relativement peu nombreuses, ont une base étroite, souvent très irrégulière, avec
une flèche basse terminée par une couronne épineuse mal formée (fig. 59, A): les autres
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 145
G
Fig. 59. — Holothuria (Microthele) fuscopunctata Jaeger. A-F : tourelles; G : bâtonnets; H, L :
plaques des podia; I, O : boutons; J, K, M, N : ellipsoïdes; P : couronne calcaire.
P = éch. 1: G, H, L = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
146 GUSTAVE CHERBONNIER
ont une base plus régulière (fig. 59, B), une flèche à quatre piliers et une entretoise
terminée par une couronne très épineuse (fig. 59, C, E, F), ou une courte flèche avec
une couronne assez peu épineuse à centre perforé (fig. 59, D).
Les boutons sont assez rares, avec de trois à cinq paires de trous et quelques nodu-
les centraux (fig. 59, O), parfois ornés d'arceaux (fig. 59, I, K); à ces boutons se
mêlent de très nombreux ellipsoïdes fenestrés allongés, assez simples (fig. 59, M), ou
couverts d'excroissances latérales se faisant face (fig. 59, N); on rencontre également
des ellipsoïdes à bords denticulés (fig. 59, J). Les parois de tous les podia sont soute-
nues par des bâtonnets un peu épineux (fig. 59, G) et par des plaques (ig. 59, H, L).
Les bâtonnets des tentacules, de grande taille, imperforés, sont extrêmement épineux.
ECOLOGIE. — A Nosy Be, H{(M.) fuscopunctata à été récoltée dans des herbiers
découvrant aux grandes marées,
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, Indonésie (Célèbes, Amboine),
nord de l'Australie, Nouvelle-Calédonie.
FAMILLE STICHOPODIDAE
Genre STICHOPUS Brandt, 1835
CLE DES ESPECES MALGACHES
Spicules : nombreuses rosettes dans le tégument ....
— Spicules : absence totale de rosettes dans le tégument ..... S. chloronotus Brandt
2. Spicules : tourelles des papilles dorsales à grande base multiperforée et haute
flèche conique lisse à 3-4 entretoises S. horrens Selenka
— Spicules : tourelles des papilles dorsales à flèche erminée par deux couronnes
superposées fortement épineuses, jamais à flèche conique et lisse ............
Stichopus chloronotus Brandt, 1835
(Fig. 60, A-O)
Stichopus (Perideris) chloronotos Brandt, 1835 : 50, — THEEL, 1886 : 180.
Stichopus chloronotus - LUDWIG, 1888 : 812. — LAMPERT, 1885 : 107. — THIEEL, 1886 : 159,
pl 7, fig. 6. — BELL, 1887 a : 140. — SLUITER, 1888 : 196. — KOEHLER ct VANEY, 1908 :
23. — MITSUKURI, 1912 : 157, fig. 27 (synonymie). — GRAVELY, 1927 : 165.
HEDING, 1940 b : 330. — PANNING, 1944 : 30, fig. 3 (synonymic). — H. L. CLARK, 1946
© 417. DOMANTAY, 1954 : 351. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 27, fig. 18. —
ROWE et DOTY, 1977 : 227, fig. 2c, 6a.
Stichopus chloronotus fuscus Pearson, 1903 : 204.
Stichopus cylindricus Haacke, 1880 : 47.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka), Fourmanoir et Humes coll.
1955 : 1 ex., (Ambariobe et Ambatoloaka), Millot coll., 1956 et 1959 : 3 ex., (Andila-
na, Antafianambitry, Navetsy, Nosy Tangam), Cherbonnier coll., 1959-1960 : 7 ex.;
flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll, 1960 : 2 ex.; Tuléar (grand récif),
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 147
Geay coll., 1905 : 6 ex., Pérès coll., 1962 : 2 ex., Thomassin coll., 1972 : 1 ex.;
Comores : Grande Comore, Anthony coll., 1972 : 2 ex.
Les exemplaires, dont la taille varie de 10 à 30 cm, ont le dos bombé, vert olive à
vert bouteille. Le ventre, aplati en sole, est généralement un peu plus clair, parfois mar-
ron verdâtre. La bouche, ventrale, est entourée d'un cercle de grosses papilles. Anus
terminal, noirâtre. Le tégument, lisse, est épais de 1 à 2 mm. Les radius dorsaux portent
un double rang de grosses verrucosités d'où sort une petite papille conique, rouge. Le
bivium est séparé du trivium par une ligne serrée de grosses verrucosités avec, parfois,
de petites papilles intercalaires. Les podia ventraux, longs, gros, cylindriques, verdâtres
à large ventouse vert clair à Terre de Sienne, sont répartis, très serrés, sur huit à dix
rangs sur le radius médio-ventral, sur cinq à six rangs sur les radius latéraux; il n'y a
pas de podia interradiaires.
Dix-neuf à vingt tentacules jaune verdâtre à vert sombre. Couronne calcaire à lar-
ges radiales, à interradiales un peu plus courtes que les radiales (fig. 60, O). Courtes
ampoules tentaculaires. Une à trois vésicules de Poli. Gonades faites de longs tubes
plusieurs fois ramifiés. Muscles longitudinaux larges, plats, à bords ourlés, bifides.
Intestin contenant un sable vaseux ou du sable plus ou moins grossier. Réseau admi-
rable peu développé. Grand cloaque verdâtre. Pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Les spicules caractéristiques de l'espèce sont des tourelles à disque
étroit, percé de quatre trous centraux et de quatre trous intercalaires plus petits, à flèche
terminée par une couronne peu épineuse (fig. 60, A, C), exceptionnellement très épi-
neuse (fig. 60, F); il existe également des tourelles à base plus grande et à couronne
plus simple (fig. 60, B); ces tourelles sont accompagnées de nombreux spicules en C
(fig. 60, G), mais on ne trouve aucune rosette dans tout le tégument. Les tourelles des
verrucosités dorsales ont une très grande base multiperforée et une très large couronne
(fig. 60, E). Les podia ventraux renferment de longs bâtonnets à centre élargi et à bord
denticulé (fig. 60, D), ainsi que de grandes plaques treillissées (fig. 60, L). Les papilles
dorsales n'ont que de longs bâtonnets lisses (fig. 60, M) que l'on retrouve dans les ten-
tacules, accompagnés de bâtonnets granuleux (fig. 60, N), de petites plaques (fig. 60,
H) se transformant en pseudo-tourelles (fig. 60, I, J), ainsi que des spicules massifs, à
surface fortement sculptée (fig. 60, K).
ÉCOLOGIE. — S. chloronotus a été récolté sur le sable des herbiers, sur les peti-
tes aires sableuses cernées d'Alcyonaires, parmi des blocs rocheux couverts d'algues.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Côte est d'Afrique, Madagascar, îles Masca-
reignes, golfe Persique, îles Maldives, Ceylan, baie du Bengale, Indonésie (Amboine),
nord de l'Australie, Chine, Japon, îles Philippines et Hawaï.
Stichopus horrens Selenka, 1867
(Fig. 61, A-P)
Stichopus horrens Selenka, 1867 : 316, pl. 18, fig. 27-29. — LAMPERT, 1885 : 105. — H. L.
CLARK, 1921 : 187, pl. 18, fig. 4: 1922 : 64, pl. 2, fig. 19-23. — PANNING, 1944 : 35. —
TOKIOKA, 1953 : 147, pl. 7, fig. 8-11. — CHERBONNIER, 1955 a : 323. — CLARK et ROVWE,
1971 : 178, 201, pl. 27, fig. 19. — ROWE et DOTY, 1977 : 227, fig.. 24, 6b — CHERBON-
NIER, 1980 : 649, fig. 17, A-Q.
Source : MNHN. Paris
148 GUSTAVE CHERBONNIER
Stichopus godeffroyi Semper, 1868 : 75, pl. 20, fig. 4. — SLUITER, 1901 : 31.
Stichopus godeffroyi var. pygmaeus Semper, 1868 : 75.
Stichopus godeffroyi var. b Semper, 1868 : 246. — LAMPERT, 1885 : 105. — LUDWIG, 1888 : 812.
Stichopus tropicalis Fisher, 1907 : 676, pl. 70, fig. 1 a-i.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambotoloaka), Cherbonnier coll., 1959-
1960 : 3 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll, 1960 : 1 ex. juvénile.
Deux des exemplaires, semblables, mesurent respectivement 72 et 150 mm de long
sur 25 et 40 mm de large; ils ont le dos bombé, le ventre aplati en sole. Leur couleur en
alcool est uniformément gris jaunâtre. Le tégument est mince, rugueux. La bouche est
ventrale, l'anus terminal. Les podia ventraux gros, cylindriques, sont répartis unique-
ment sur les radius, en six rangs Sur le radius médian, en quatre rangs sur les radius
latéraux; leur ventouse est soutenue par un disque calcaire de 360 à 380 Him de diamètre.
Par suite de la forte contraction du Corps, il n'est pas possible de distinguer la répartition
des papilles dorsales; celles-ci sont larges et peu élevées; en revanche, une frange laté-
rale de grandes papilles sépare nettement le bivium du trivium.
madréporite sphérique. Gonades faites de deux touffes de tubes simples, gros et courts.
Muscles longitudinaux larges, plats, bifides. Pas d'intestin. Poumons très feuillus re-
montant jusqu'à la couronne calcaire,
Le spécimen juvénile, de 35 mm de long sur 10 mm de large, est entièrement
éviscéré. Les podia ventraux sont répartis en trois rangs sur le radius médian, en deux
rangs sur les radius latéraux. Les papilles dorsales, larges et aplaties, se répartissent
Sans ordre sur tout le bivium, Une frange latérale de grosses papilles sépare le bivium
Corps en X, courts ou allongés (fig. 61, A). Les corps en C sont de tailles variées (fig.
61, L). Les tourelles les plus nombreuses ont une base circulaire à quatre grands trous
à disque percé seulement de quatre grands trous centraux, à flèche terminée par une
Couronne fortement épineuse (fig. 61, K). En plus de ces tourelles On trouve, chez le
Spécimen juvénile, des tourelles à grand disque circulaire percé de quatre trous ovoïdes
centraux et de quatre à six trous triangulaires intercalaires, à flèche terminée par une
couronne faite de petites épines (fig. 61, G).
Les tourelles des papilles dorsales sont caractéristiques de l'espèce; de leur grande
base multiperforée (fig. 61, I, N), s'élève une haute flèche conique, lisse, à 3-4
entretoises (fig. 61, H).
La paroi des podia ventraux renferme des bâtonnets à prolongement latéral central
(fig. 61, P), ainsi que de grandes plaques à nombreux trous (fig. 61, O), celle des
papilles dorsales, de longs bâtonnets légèrement épineux (fig. 61, F); les bâtonnets des
Fig. 60. — Stichopus chloronotus Brandt. À, B, C, E, F : tourelles; D, L : bâtonnet et plaque des
podia ventraux; G : corps en C du tégument; H, 1, J : plaque et pseudo-tourelles des tentacules: K :
Sour
MNAHN. Paris
149
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
MNAHN. Paris
Source
150 GUSTAVE CHERBONNIER
tentacules, de grande taille, on
petites épines (fig. 61, IE):
t leur surface partiellement ou totalement couverte de
Fig. 61. — Stichopus horrens Selenka.. À : rosettes; B, C, D : tou
relles; E : bâtonnet des tentacules;
F : bâtonnet des papilles; G :
tourelle d'un jeune spécimen; H, I, N : tourelles des papilles: J, K :
tourelles des podia; L : corps en C; M : couronne calcaire d'un jeune spécimen; O : plaque et P :
bâtonnet des podia.
M = éch. 1;E,F, L = éch. 2: H, O, P = éch. 3; A-D, G, I-N = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 151
ECOLOGIE. — A Nosy Be, S. horrens a été récolté dans des herbiers ne décou-
vrant qu'aux grandes marées; à l'îlot Tanikely, en faubertage, par 5 à 8 m de profon-
deur, Sur coraux morts.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Indonésie, nord de l'Australie, Nouvelle-
Calédonie, Chine, Japon, îles Philippines, Guam, Hawaii.
Stichopus variegatus Semper, 1868
(Fig. 62, A-S)
Stichopus variegatus Semper, 1868 : 73, pl. 16, pl. 30, fig. 1, 6, pl. 35, 1, 11, 12, 13. — KOEHLER
et VANEY, 1908 : 23. — PEARSON, 1903 : 205. — MITSUKURI, 1912 : 178, fig. 32 (synony-
mie). — H. L. CLARK, 1921 : 186, pl. 18, fig. 2; 1922 : 67. — ENGEL, 1933 : 11, fig. 11-12,
pl. 1, fig. 1. — H. L. CLARK, 1938 : 513. — HEDING, 1940 a : 116; 1940 b : 330. —
PANNING, 1944 : 31, fig. 4. — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 27, fig. 20. — PRICE, 1983 :
86, 95, fig. 53. — CHERBONNIER et FERAL, 1984 b : 827, fig. 17, A-M.
Stichopus variegatus hermanni Semper, 1868 : 73, pl. 17, pl. 30, fig. 2.
Stichopus variegatus pallidus H. L. Clark, 1938 : 514.
Stichopus variegatus trepangi Domantay, 1936 b : 12, pl. 1, fig. 26-27.
Stichopus naso Haacke, 1880 : 46.
Stichopus levis Sluiter, 1888 : 198, pl. 1, fig. 6.
Stichopus vastus Sluiter, 1888 : 198, pl. 2, fig. 46-48.
Stichopus kirotai Mitsukuri, 1912 : 161, fig. 28.
Stichopus obshimae Mitsukuri, 1912 : 171, fig. 30.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Pointe Lokobe), Fourmanoir et Humes
coll., 1955 : 3 ex., (Ambaro, Ambatoloaka, Andilana, Navetsy, Nosy Tangam),
Cherbonnier coll., 1959-1960 : 14 ex.; Nosy Be, en dragage par 15 m, Crosnier coll.,
1962 : 1 ex., (Antsakoabe), Pichon coll., 1963 : 1 ex.; îlot Tanikely (près Nosy Be),
Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.; Tuléar, Geay coll., 1905 : 4 ex., Thomassin coll.,
1965 : 3 ex., Rabesandratana coll., 1986 : 2 ex.; Baie de Diego-Suarez, Cherbonnier
coll., 1954 : 1 ex.; Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 : 2 ex.
Le plus petit exemplaire mesure 33 mm de long, le plus grand 200 mm. En alcool,
ils sont uniformément soit jaune sale, soit marron clair. Bouche ventrale, entourée de
dix-huit à vingt tentacules marron foncé. Anus terminal. Les podia ventraux courts,
cylindriques, à large ventouse soutenue par un disque calcaire de 340 à 380 Jim de
diamètre, sont disposés sur trois à cinq rangs sur les radius latéraux, sur six à huit rangs
sur le radius médian. Les papilles dorsales, sortant de grosses verrucosités dispersées
sur les radius et les interadius, sont longues, minces, coniques, sans disque calcaire.
La couronne calcaire, relativement petite mais bien calcifiée, est formée de courtes
interradiales à bord postérieur ondulé, de larges radiales à bord postérieur fortement
échancré au centre ou pourvues de deux courts et minces prolongements postérieurs
comme Mitsukuri le figure pour une radiale dorsale chez Srichopus ohshimae ,
prolongements qui se retrouvent sur trois radiales d'un de nos grands spécimens (fig.
62, S), alors que les autres radiales ont leur bord postérieur ondulé ou faiblement
échancré. Très courtes ampoules tentaculaires. Une longue vésicule de Poli et un très
court canal hydrophore. Gonades portant tout du long du canal principal des grappes de
tubes courts et minces, et débouchant à la base interne des tentacules dorsaux par une
longue papille. Muscles longitudinaux larges et plats. Poumon gauche parfois très
court, atteignant à peine le quart de la longueur du corps, ou égal au poumon droit qui
s'étend jusqu'à la couronne calcaire. Pas de tubes de Cuvier.
Source : MNHN. Paris
152 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules . — Les tourelles du tégument, toutes à quatre piliers, sont de tailles fort
diverses. Les unes ont une petite base percée de quatre grands trous centraux (fig. 62,
flèche porte une couronne irrégulière (fig. 62, A) ou régulière (fig. 62, I, B, F). On
rencontre également des tourelles à grande base circulaire percée de 4 énormes trous
centraux et de quatre à six petits trous triangulaires intercalaires (fig. 62, C, D), ainsi
que des tourelles à base échancrée, toujours percée de quatret trous centraux et d'un
nombre variable de trous périphériques (fig. 62, E). À ces tourelles se mêlent de
nombreuses rosettes prenant parfois une forme en X (fig. 62, H), ainsi que des corps
en C plus grands dans le tégument dorsal (fig. 62, R) que dans le tégument ventral (fig.
62, Q), et des spicules de forme bizarre (fig. 62, P). La paroi des podia ventraux
renferme des tourelles à très grande base (fig. 62, K), de grandes plaques
multiperforées à bord échancré (fig. 62, M), et des bâtonnets épineux (fig. 62, N) à
fortes expansions latérales (fig. 62, L); celle des Papilles dorsales a aussi de grandes
tourelles dont la flèche se termine par deux couronnes superposées fortement épineuses
(fig. 62, G, J). Les grands bâtonnets des tentacules sont couverts de nombreuses petites
épines (fig. 62, O).
ECOLOGIE. — $. variegatus a été récolté dans les levées détritiques, dans les her-
biers découvrant aux grandes marées ou, à Diego-Suarez, par 10 m de profondeur, sur
un fond sableux.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Mascareignes, golfe Persique, Ceylan, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Aus-
tralie, îles Philippines, Chine, Japon; il n'est pas connu des îles Hawaii.
Genre THELENOTA H.L. Clark, 1921
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Face dorsale ornée de verrucosités tri à quadrilobées. Spicules : pseudo-tourelles et
grandes plaques épineuses en forme de X -..T. ananas (Jaeger)
— Face dorsale ornée de verrucosités coniques jamais tri à quadrilobées. Spicules :
pas de tourelles ni de pseudo-tourelles; présence de grains minuscules ronds ou
ovales ainsi que de grandes plaques lisses en forme de X .….. T. anax H. L. Clark
Thelenota ananas (Jaeger, 1833)
(Fig. 63, A-K)
Trepang ananas Jaeger, 1833 : 24, pl. 3, fig. 1.
Holothuria ananas - QUOY et GAIMARD, 1833 : 110, pl. 6, fig, 1-3.
Holothuria (Thelenota) ananas - BRANDT, 1835 : 253.
Stichopus ananas - LUDWIG, 1882 : 133. — SLUITER, 1901 : 30, pl. 2, fig. 1.
Thelenota ananas - H. L. CLARK, 1921 : 184, pl. 18, fig. 2. — PANNING, 1944 : 27, fig. 1-2
(ynonymie). — CLARK et ROWE, 1971 : 178, pl. 27, fig. 17. — ROWE c! DOTY, 1977 : 277,
Fig: 2 b, 5e. — CHERBONNIER et FERAL, 1984 b : 829, fig 18.
Holothuria (Thelenota) grandis Brandt, 1835 : 253.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1955 : 1 ex.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 153
Tic mi
J100um 3L
Fig. 62.— Stichopus variegatus Semper. — A-G , I-K : tourelles; H : rosettes; L, N : bâtonnets des
podia: M : plaque des podia: O : bâtonnet des tentacules, P : plaquette du tégument dorsal; Q, R : corps
en C;S : couronne calcaire.
S = éch. 1.; L-O = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
GUSTAVE CHERBONNIER
154
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 155
L'unique exemplaire, très contracté, à dos bombé et ventre aplati, mesure 190 mm
de long sur 50 à 60 mm de large. La bouche est ventrale, l'anus terminal. Vivant,
l'exemplaire récolté par Thomassin avait la face dorsale rouge orangé, de grosses
verrucosités rouges tri à quadrilobées ayant un peu l'aspect d'une macre, dite "châtai-
gne d'eau", de petites taches circulaires brunes, traces de petites papilles rétractées, et de
très nombreux points blancs correspondant à des amas de minuscules grains calcaires; la
face ventrale était rosée, également piquetée de blanc, couverte de podia marron foncé.
Le tégument, légèrement rugueux, est épais, suivant les régions, de 8 à 10 mm.
Le dos est uniformément couvert des grosses verrucosités citées ci-dessus, dont
chaque corne se termine généralement par une fine papille conique dépourvue de ven-
touse et de disque calcaire; entre ces verrucosités on aperçoit, très dispersées, de petites
papilles brunes. Les podia ventraux, courts, gros, cylindriques, se répartissent, très
serrés, sur tout le trivium; ils se terminent par une large ventouse soutenue par un dis-
que calcaire de 430 à 450 j1m de diamètre.
Vingt tentacules marron clair. Couronne calcaire relativement petite par rapport à la
taille des animaux, à larges radiales, à interradiales étroites plus courtes que les radiales
(fig. 63, J). Ampoules tentaculaires de 25 à 30 mm de long. Deux vésicules de Poli
partant d'un tronc commun, l'une petite et cylindrique, l'autre très grosse pourvue de
vésicules simples ou lobées. Six très courts canaux hydrophores dont un seul se termine
par un petit madréporite bien calcifié. Muscles longitudinaux bifides, étroits, à bords
ourlés. L'animal, partiellement éviscéré, n'a ni intestin, ni gonades, ni organes
respiratoires. L'espèce est réputée n'avoir pas de tubes de Cuvier.
Spicules . — Tout le tégument contient de très nombreux grains blancs de 2à3
Lim de diamètre, ainsi que de grands spicules branchus (fig. 63, A). Dans le tégument
ventral, on trouve des bâtonnets et de petites plaques dont certaines, un peu épineuses,
portent un petit nodule central (fig. 63, B). Les verrucosités dorsales, en plus des spicu-
les précédemment décrits, possèdent d'assez nombreuses pseudo-tourelles à base faite
de quatre pieds divergents, d'où s'élancent quatre à cinq grandes pointes (fig. 63, D); à
ces pseudo-tourelles se mélangent des bâtonnets lisses à fortement épineux (fig. 63, G),
ainsi que des plaques épineuses vaguement en forme de X (fig. 63, F). La paroi des
podia ventraux renferme de petits bâtonnets épineux (fig. 63, L) et de grandes plaques
allongées multiperforées, lisses (fig. 63, K). Les tentacules possèdent de très petits
bâtonnets de formes variées (fig. 63, E), accompagnés par de grandes plaques à bord
échancré, à trous le plus souvent pentagonaux, et ornées de quelques épines centrales
(fig. 63, H).
OBSERVATIONS. — Cette holothurie peut atteindre et même dépasser 60 cm; c'est
un élément très recherché du Trépang.
ECOLOGIE. — T. ananas a été récolté dans un chenal d'herbier à Thalassia hem-
prichi du grand récif de Tuléar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Côte est d'Afrique, Madagascar, Nouvelle-
Calédonie, Indonésie, nord de l'Australie, côtes de Chine et du Japon, îles Philippines,
Mariannes, Carolines, Fidji, Nouvelle-Irlande, ainsi qu'en Polynésie.
Fig. 63. — Thelenota ananas (Jaeger). À : plaque branchue du tégument; B : spicules du tégument
ventral; € : bâtonnets des papilles: D : tourelles des verrues dorsales; E : bâtonnets des tentacules; F, G
: spicules des verrues dorsales; H : plaque des tentacules; I, K : bâtonnets des podia; J : couronne
calcaire.
J = éch. 1; C, EI, K = éch. 2; À, B, D = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
156 GUSTAVE CHERBONNIER
Thelenota anax H.L. Clark, 1921
Fig. 64, A-M)
Thelenota anax H. L. Clark, 1921 : 185, pl. 18, fig. 3. — YAMANOUTI, 1939 : 633, pl. 17. —
CLARK et ROWE, 1971 : 178. — LIAO, 1975 : 205, fig. 6. — ROWE et DOTY, 1977 : 227, fig.
5. — CHERBONNIER, 1979 a : 9, fig. 5. — CHERBONNIER ct FERAL, 1984 b : 831, fig. 19.
MATERIEL. — Iles Glorieuses, en plongée, 25 m de profondeur, sable corallien,
avril 1977 : 1 ex.
En alcool, l'animal mesure 550 mm de long sur 170 mm de large. La bouche est
ventrale et l'anus nettement dorsal. Le tégument, lisse, à 25 mm d'épaisseur dorsale-
ment et seulement 10 à 12 mm ventralement. La face dorsale, bombée, est marron foncé
sur les flancs, rougeâtre par ailleurs; elle est couverte de deux sortes d'appendices
ambulacraires : des protubérances coniques de 6 à 8 mm de haut et de 4 à 6 mm de
diamètre à la base, Pourvues au sommet d'une fine papille conique marron foncé,
dépourvue de ventouse et de disque calcaire; de minuscules podia visibles seulement par
de séries longitudinales.
À la limite des faces ventrale et dorsale, les grosses protubérances coniques de-
viennent plus hautes et plus larges, atteignant 10 à 12 mm de haut sur 7 à 8 mm de large
à la base, et se disposent sur trois à quatre rangs longitudinaux.
La face ventrale est entièrement couverte de fins et courts podia cylindriques de
Spicules . — Les spicules Caractéristiques de l'espèce se présentent dans tout le
tégument comme des Corps en X ou à branches délicates dichotomisées ornées
d'aspérités pointues (fig. 64, D); une multitude de grains minuscules, ronds ou ovales,
d'une taille de 3 à 5 Hm, sont mélangés à ces spicules.
Dans les podia ventraux, des spicules en lunette ou Yaguement cruciformes (fig.
64, A) sont accompagnés de bâtonnets droits ou courbes, à bord ondulé (fig. 64, B),
Fig. 64. — Thelenota anax H. L. Clark. À, B : spicules des podia ventraux; C : pseudo-tourelles du
fégument; D : corps branchus du tégument; E : plaque du tégument anal; F : plaque des tentacules; G :
plaque des papilles; H : couronne calcaire; I : corps en X des tentacules; J, M : bâtonnets des papilles: K
: plaque des papilles; L : bâtonnet des tentacules.
H=éch. 1;F, G, I-M = éch. 2; AE = éch, 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 157
Source : MNHN. Paris
158 GUSTAVE CHERBONNIER
ainsi que de petites plaques portant, au centre, une courte éminence les faisant
ressembler à des tourelles en voie de formation (fig. 64, C). Les spicules des papilles
dorsales sont nettement différents; ce sont de longs bâtonnets, perforés ou non, munis
souvent d'expansions latérales (fig. 64, J, M), et des plaques de formes diverses,
hérissées d'aspérités (fig. 64, K) et portant parfois de petites éminences centrales et
latérales (fig. 64, G).
Le tégument anal, en plus des spicules cités ci-dessus pour le tégument, possède
des plaques perforées, nues, pouvant atteindre plus de 2 fois la taille de celle figurée
(fig. 64, E).
La paroi des tentacules est renforcée par quelques courts bâtonnets noduleux (fig.
64, L), par des corpuscules vaguement en X, à bord très dentelé (fig. 64, I), surtout par
de grandes plaques allongées, perforées, couvertes d'aspérités (fig. 64,F).
ÉCOLOGIE. — Espèce vivant entre 10 et 25 m de profondeur, sur le sable des
récifs coralliens.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Iles Glorieuses, mer de Banda (exemplaire du
Musée de Copenhague déterminé par Mortensen), îles Murray, Eniwetok, îles de
Guam, Palao, Xisha.
Genre NEOSTICHOPUS Deichmann, 1948
Une seule espèce de ce genre a été trouvée à Madagascar.
Neostichopus grammatus (H. L. Clark, 1923)
(Fig. 65, A-L; 66, A-I)
Holothuria grammata H. L. Clark, 1923 : 424.
Neostichopus grammatus - DEICHMANN, 1948 : 336, pl. 17, fig. 1-17.
MATERIEL. — Madagascar : Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 : 3 ex.
Les trois spécimens, subcylindriques, à bouche ventrale et anus terminal, mesurent
respectivement 40, 22 et 10 mm de long. Leur couleur en alcool est uniformément mar-
ron clair, alors que, d'après H. L. Clark, ses exemplaires vivants étaient rouges. Les
podia ventraux, difficiles à dénombrer vu la forte contraction et le plissement du tégu-
tudinaux larges, épais, à bords libres. L'animal - ainsi que les deux autres spécimens -
est totalement éviscéré.
Source : MNHN. Paris.
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 159
Fig. 65. — Neostichopus grammatus (H. L. Clark). A, B : pseudo-boutons; C : bâtonnets du
tégument; D : bâtonnets des tentacules: E, F, H : tourelles; G : plaque des podia; I : couronne calcaire;
J: spicule en forme de biscuit; K : plaque du tégument anal; L : bâtonnet du tégument anal.
1 = éch. 1: J, K, L, G = éch. 2; A-F, H = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
160 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules — Le tégument du grand spécimen renferme essentiellement des pseudo-
boutons de formes diverses, percés d'un grand trou central (fig. 65, A), ou de deux à
quatre trous (fig. 65, B); on y trouve aussi de petites baguettes, droites ou arquées,
perforées ou non, certaines en forme de C ou de X (fig. 65, C), ainsi que de gros
spicules en forme de biscuit étranglé centralement (fig.65,7).
tree ï 1007
Fig. 66. — Neostichopus grammatus (H. L. Clark). Exemplaire juvénile. A-H : tourelles; I : bâtonnet
du tégument anal.
A:I = à l'échelle.
|
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 161
De très rares tourelles occupent surtout le tégument de la partie anale; elles sont à
quatre trous centraux accompagnés souvent de plusieurs petits trous latéraux, pourvues
généralement d'une trace de flèche, rarement d'une flèche à quatre piliers surmontés
d'une étroite couronne (fig. 65, E). D'autres tourelles, très rares, ont un grand disque à
quatre trous centraux, huit à douze trous périphériques, une flèche rudimentaire à quatre
piliers (fig. 65, F) ou en forme d'arceau (fig. 65, H). La paroi des podia et des papilles
est soutenue uniquement par de grandes plaques allongées, multiperforées (fig. 65, G).
Les papilles anales renferment, en plus, des bâtonnets à extrémités légèrement épineuses
(fig. 65, L), ainsi que de grandes plaques à bord et à trous dentés (fig. 65, K). Les
bâtonnets des tentacules sont petits (fig. 65, D).
Chez le spécimen de 22 mm, aux gonades très petites mais à tubes assez
nombreux, les pseudo-boutons (fig. 65, A, B) et les baguettes deviennent rares, alors
que les tourelles se font nettement plus nombreuses, à flèche mieux développée. En
revanche, le spécimen juvénile de 10 mm, dépourvu apparemment de gonades, a des
tourelles très abondantes alors que les boutons (fig. 65, À, B) et les bâtonnets (fig. 65,
C) sont rarissimes. Les tourelles ont un disque similaire, bien que plus grand (fig. 66,
À, B, C, D) à celui des tourelles des deux autres spécimens, mais sont toutes munies
d'une flèche à quatre piliers, de hauteur moyenne, à une entretoise (fig. 66, E, F) ou
haute et plus mince, avec de trois à cinq entretoises (fig. 66, G, H). Les flèches des
tourelles se terminent par une couronne épineuse à centre perforé (fig. 66, A, B, C, D);
vues de profil, elles paraissent terminées par quatre à six, parfois huit fortes pointes
(fig. 66, E, F, G, H). On trouve également, dans tout le tégument, quelques biscuits
(fig. 65, J), ainsi que de grands et gros bâtonnets, droits ou courbes, lisses ou rayés
médianement (fig. 66, I).
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Côte est d'Afrique du Sud, de East London à
Durban, Madagascar.
ORDRE DENDROCHIROTIDA
FAMILLE CUCUMARIIDAE
Genre PSOLIDIUM Ludwig, 1886
Psolidium ornatum (Ed. Perrier, 1893)
(Fig. 67, A-N)
Georisia ornata Ed. Perrier, 1893 : 357. — LUDWIG, 1894 : 136.
Psolidium ornatum - R. PERRIER, 1905 : 54. — DEICHMANN, 1948 : 364.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin et Peyrot-Clausade coll., 1972 : 3
ex.
Les trois exemplaires, blanc jaunâtre, l'un à tentacules dévaginés, mesurent respec-
tivement 14 mm de long sur 3 mm de large au milieu du corps, et 9 mm sur 5 mm;
étroits antérieurement, assez fortement renflés au milieu, ils se terminent par une petite
cheminée conique. La bouche, terminale, est cernée d'un chevauchement de grandes
plaques lisses, à large base prolongée par un long col étroit, et par quelques petits
podia. La face ventrale présente une sole peu à très prononcée, dont les bords sont
pourvus de gros podia disposés sur deux rangs, de tels podia s'alignant en trois rangs
sur le radius médian; leur ventouse est soutenue par un disque calcaire de 200 à 220 lim
Source : MNHN. Paris
162 GUSTAVE CHERBONNIER
de diamètre. La face dorsale est couverte de plaques triangulaires imbriquées dont la
hauteur peut atteindre jusqu'à 800 Hm; parmi elles s'insinuent des plaques ou des nodu-
les ovoïdes à rectangulaires, mesurant 200 à 300 Em; sur le cône anal, les grandes pla-
ques se recouvrent les unes les autres comme les tuiles d'un toit; de rares petits podia,
dont la ventouse est soutenue Par un disque calcaire de 130 à 140 im de diamètre (fig.
67, M), sont dispersés entre les plaques imbriquées de la face dorsale.
Fig. 67. — Psolidium ornatum (Ed. Perrier). À : boutons; B, C, D : corbeilles; E : plaque du
égument; F, H : bâtonnets des podia; G : corps crépus du tégument; ! : plaque, J : bâtonnets, K, corps
crépus des tentacules; L : plaque des podia ventraux: M : disque calcaire des podia dorsaux; N : couronne
calcaire.
N = éch. 1; M = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 163
Dix tentacules dont deux ventraux plus petits. Couronne calcaire à larges radiales,
à interradiales plus courtes que les radiales (fig. 67, N). Une vésicule de Poli. Canal
hydrophore (?). Muscles rétracteurs très fins, s'attachant, vers le milieu du corps, à des
muscles longitudinaux étroits et plats. Gonades en deux touffes de nombreux tubes
blancs, fins et courts. Poumons jaune foncé, faits de tubes courts échelonnés sur le
tronc principal. Assez grand cloaque.
Spicules . — Les spicules du tégument se composent de boutons, de corbeilles et
de corpuscules crépus. Les boutons sont noduleux, généralement percés de quatre trous
disposés en croix, parfois allongés et à trous plus nombreux (fig. 67, A). Les corbeilles
présentent deux aspects principaux : les unes sont à quatre branches épineuses ramifiées
(fig. 67, B), d'autres, plus petites, ont le bord festonné et une surface ornée de petites
épines (fig. 67, C); vues de profil, ces corbeilles apparaissent peu profondes (fig. 67,
D).
Les corpuscules crépus ont l'aspect de rosettes ou de petites boules noduleuses
(fig. 67, G). La paroi des podia, aussi bien ventraux que dorsaux, est soutenue par des
plaques lisses (fig. 67, E) ou noduleuses (fig. 67, L), ainsi que par de nombreux bâton-
nets simples (fig. 67, F) à plus ou moins noduleux (fig. 67, H). Les tentacules ont de
longs bâtonnets (fig. 67, J), des plaques fortement incurvées (fig. 67, I) et des corpus-
cules crépus plus développés que ceux du tégument (fig. 67, K).
OBSERVATIONS. — L'holotype de G. ornata , étudié seulement par transparence
après éclaircissement dans l'huile de Cèdre, a disparu des collections du Muséum. La
longue description de l'animal par Ed. Perrier correspond bien à celle de nos exem-
plaires de Tuléar : forme du corps semblable, même disposition des podia ventraux et
dorsaux, même répartititon des plaques orales, dorsales, anales, nombre et forme des
tentacules identiques. La description des spicules par Perrier est tout-à-fait sommaire,
non accompagnée de figures, si bien qu'il eut été difficile de se faire une opinion sur la
validité de cette espèce si je n'avais pu me procurer une préparation microscopique du
tégument de l'holotype faite par Hérouard, vraisemblablement vers 1896; ces spicules
sont conformes à ceux trouvés chez les spécimens de Tuléar, sauf en ce qui concerne les
corbeilles cruciformes (fig. 67, B); chez G. ornata , ces corbeilles ont, dans leur grande
majorité, leurs extrémités biramifiées, sans épines; cependant, quelques-unes présen-
tent, à ce même niveau, quelques faibles aspérités, ainsi qu'il en est pour certaines
corbeilles de nos spécimens. Malgré cette légère différence, je pense que le spécimen de
Madagascar est identique à celui de Ed. Perrier. L'holotype ayant disparu des collec-
tions du Muséum, je propose que l'exemplaire récolté par Thomassin à la station 703
soit considéré comme le néotype de Ps. ornatum .
ECOLOGIE. — Ps. ornatum a été récolté à la benne, par 5 à 6 m de profondeur,
sur le grand récif de Tuléar, dans une vasque à sable grossier entourée de grands ripple-
marks. G. ornata avait été récoltée par 25 m de profondeur, dans le canal de
Mozambique.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Canal de Mozambique, Madagascar.
Genre PENTACTA Goldfuss, 1820
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Face dorsale sans podia dispersés entre de petites verrucosités. Spicules : boutons
noduleux pouvant prendre la forme de grandes plaques lenticulaires très épaisses;
absence de Vraies CONDEILES 2 Fee ee cn armee P. dispar (Lampert)
Source : MNHN. Paris
164 GUSTAVE CHERBONNIER
— Face dorsale ayant de petits podia dispersés entre de grosses verrucosités.Spicu-
les : courts et larges pseudo-bâtonnets très noduleux accompagnés de boutons
noduleux; corbeilles cruciformes à branches terminées par de fines épines. Pas de
grandes plaques lenticulaires . P. verrucula nov. sp.
Pentacta dispar (Lampert, 1889)
(Fig. 68, A-L)
Colochirus dispar Lampert, 1889 : 820, fig. 4. — EKMAN, 1918 : 32, pl. 3, fig. 25, pl. 4, fig. 26.
Pentacta dispar - CLARK et ROWE, 1971 : 180.
Colochirus gravieri Vaney, 1905 : 187.
Pentacta gravieri - CHERBONNIER, 1955 b : 162, pl. 48, fig. k-s.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka), Cherbonnier coll., 1959 : 1
ex.; Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 37 ex.
Les spécimens, plus ou moins contractés, droits ou incurvés, légèrement effilés à
la partie anale, sont soit blanc jaunâtre ventralement, blanc tacheté de marron dorsale-
ment, Ou, pour les plus petits, entièrement blancs: les deux plus grands mesurent
respectivement 50 et 27 mm de long sur 16 et 12 mm de large au milieu du corps; les
autres se répartissent en deux groupes : l'un comprend 25 animaux ayant entre 6 et 15
mm de long, le second 11 dont la taille varie de 2 à 4 mm. Le tégument, peu épais,
coriace, est très rugueux. La face dorsale, généralement un peu bombée, à radius nette-
ment saillants à l'approche de la bouche et de l'anus, est couverte de petites verrues
d'où sort une minuscule papille; ces verrues sont plus nombreuses sur les radius les-
quels se terminent, oralement, chacun par une valve ovoïde proéminente portant, sauf
chez les petits spécimens, quelques papilles translucides. La face ventrale, un peu apla-
tie, a, sur chaque radius, deux à quatre rangs serrés de gros podia à large ventouse
jaunâtre soutenue par un disque calcaire de 200 à 240 lim de diamètre; il n'y a pas de
podia interradiaires. Comme les radius dorsaux, les radius ventraux se terminent orale-
ment par une valve proéminente ornée de quelques papilles translucides. L'ouverture
anale est parfois bordée de petites papilles noirâtres.
Dix tentacules jaunâtres dont deux ventro-médians bien plus petits. Couronne
calcaire à base fortement échancrée, à radiales à sommet encoché, à interradiales poin-
tues, la radiale ventro-médiane étant partiellement fusionnée avec les interradiales
adjacentes (fig. 68, J). Une grosse vésicule de Poli, Un court canal hydrophore tortillé,
terminé par un madréporite sphérique peu à bien calcifié. Muscles rétracteurs très fins,
S'attachant, vers le milieu du corps, à des muscles longitudinaux plats et étroits. Pou-
mons remontant jusqu'à la moitié du corps, à tronc portant des grappes espacées de
longs tubes ramifiés, translucides. Gonades formées de longs tubes simples bourrés de
gros œufs chez les deux grands spécimens. Intestin contenant un sable fin pur ou légè-
rement vaseux.
Spicules . — Les boutons du tégument sont irrégulièrement noduleux, percés de
quatre à six trous (fig. 68, B), plus développés et plus perforés (fig. 68, C), devenant
massifs, globuleux, pour finalement prendre la forme d'énormes plaques lenticulaires
épaisses, de près d'un millimètre. En plus, on rencontre dans le tégument dorsal des
boutons bien plus petits et à nodules réduits (fig. 68, A). Les plaques du tégument,
aussi bien ventral que dorsal, sont identiques : de forme quadrangulaire, elles sont
couvertes soit de quelques gros nodules (fig. 68, E), ou de nodules plus petits, plus
nombreux (fig. 68, F) à très nombreux (fig. 68, G, H); elles ne prennent jamais la for-
me de corbeilles.
Les bâtonnets des podia sont droits ou arqués (fig. 68, L); ils sont accompagnés de
MNHN. Paris|
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 165
100
100un 5 50m
Fig. 68.— Pentacta dispar (Lampert). À, B, C : boutons; D : bâtonnets des tentacules; E-H : plaques
du tégument; I : corpuscules crépus des tentacules; J : couronne calcaire; K : plaques des podia; L :
bâtonnets des podia.
J = éch. 1; A, B, C, K = éch. 2; E-H = éch. 3; D, L = éch. 4; I = éch. 5.
Source : MNHN. Paris
166 GUSTAVE CHERBONNIER
petites plaques lisses ou portant des esquisses de nodules (fig. 68, K). Les bâtonnets
des tentacules, très petits dans les digitations, sont bien plus grands dans le tronc (fig.
68, D'oùils peuvent atteindre 400 11m de long. De très nombreuses rosettes, de taille et
de forme variées, sont mélangées à ces bâtonnets.
OBSERVATIONS. — Les exemplaires de Madagascar correspondent bien par leur
aspect, leur anatomie et leurs spicules, à P. gravieri (Vaney, 1905), de la côte des
Somalis. Cet auteur et moi-même avions signalé les étroites affinités de gravieri avec P.
dispar, des côtes nord de l'Australie, qui présente le même aspect et une spiculation
similaire. Malgré l'éloignement de leurs lieux de récolte, et après avoir revu atten-
tivement la description de dispar par Ekman (1918), je penche à nouveau pour
considérer gravieri comme Synonyme de dispar , qui a la priorité. Par ailleurs, il est
probable que le Colochirus doliolum signalé en mer Rouge par Helfer (1912), n'est
autre que P. dispar.
ECOLOGIE. — A Nosy Be, P. dispar vit dans les cuvettes sableuses découvrant
aux grandes marées, à Tuléar, à basse-mer, sur la pente externe du grand récif. P.
gravieri a été récolté par 20 m de profondeur, les spécimens australiens de P. dispar ,
entre 4 et 22 m.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, golfe d'Aden, Madagascar, nord
de l'Australie.
Pentacta verrucula nov. sp.
(Fig. 69, A-S)
MATERIEL. — Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 11 ex. (Holotype n° 2944,
Paratypes n° 2906, 2907, 2915).
L'holotype, à corps nettement pentagonal et tégument très rugueux, mesure 21 mm
de long sur 8 mm de large. La bouche est étoilée, l'anus terminal. La face dorsale, mar-
ron foncé, est couverte de verrucosités serrées dues à la présence de gros nodules mas-
sifs d'une longueur pouvant dépasser 1 mm et d'une épaisseur maximum de 500 pm;
entre ces nodules, et dispersés sur tout le bivium, on aperçoit quelques petits podia à
ventouse soutenue par un disque calcaire de 140 à 150 Him de diamètre. La face ventrale
a un tégument finement granuleux par suite de la plus faible dimension des nodules; les
interradius, très étroits, sont dépourvus de podia; ceux-ci, gros, courts, blanc pur, à
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 167
Fig. 69. — Pentacta verrucula nov. sp. À, B : bâtonnets du Légument; C-F, HK : corbeilles; G : bou-
ton du tégument; L, O, S : bâtonnets des podia; M, R : plaquettes des podia; N : corpuscule crépu; P :
couronne calcaire; Q : bâtonnets des tentacules
P = éch. 1; À, B, G = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
168 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules . — Les spicules du tégument, caractéristiques de l'espèce, sont des
bâtonnets et des corbeilles cruciformes. Les bâtonnets, assez longs et étroits, noduleux,
Ont Souvent des arceaux transversaux (fig. 69, A); vus de profil ou de trois-quarts, les
nodules se montrent assez proéminents (fig. 69, B). Parmi eux, On trouve des boutons
noduleux (fig. 69, G), rares chez l'holotype, plus nombreux chez les petits Paratypes,
ainsi que de rares Corpuscules crépus que l'on retrouve, nombreux, dans les tentacules
Les corbeilles de loin les plus nombreuses sont peu profondes, cruciformes,
munies sur les bords de fines épines pointues (fig. 69, C, D) ou profondes et à bords
La région anale, en plus des dents, possède de grandes plaques rectangulaires,
Dans les podia, aussi bien ventraux que dorsaux, on trouve de grands bâtonnets
droits (fig. 69, L), courbes (fig. 69, O) parfois un peu noduleux (fig. 69, S), ainsi que
de nombreuses petites plaques de formes variées (Ëg. 69, M, R). En plus des rosettes,
les tentacules ont des bâtonnets simples, lisses (fig. 69, Q).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce se différencie des autres Pentacta de
l'océan Indien Par des bâtonnets noduleux (fig. 69, A) et la forme particulière des
corbeilles dont beaucoup sont cruciformes et rappellent celles de P. ornata . Elle
s'éloigne nettement de P. dispar Lampert, 1889, de mer Rouge, ainsi que de P. tristis
Ludwig, 1875), de Zanzibar, tel que l'holotype a été redécrit par Panning (1949).
ECOLOGIE. — P. verrucula a été récoltée parmi la Cryptofaune de la pente externe
du grand récif de Tuléar.
Genre TRACHYTHYONE Studer, 1876
Une seule espèce de ce genre a été trouvée à Madagascar.
Trachythyone crucifera (Semper, 1896)
(Fig. 70, A-H)
Cucumaria crucÿfera Semper, 1896 : 121, pl. 1, fig. 1 ac. — THEEL, 1886 : 100. — LUDWIG, 1887:
1235. — LAMPERT, 1896 : 60. — LUDWIG 1899 - 561. — DEICHMANN, 1948 : 343, pl. 18.
fig. 133.
Trachythyone crucifera - PANNING, 1049 : 427, fig. 15. — CHERBONNIER, 1955 b : 164, PL. 45, fig.
KV. — CLARK et ROWE, 1971 : 182, fig, 92, b.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be, Crosnier coll., 1962 : 2 ex.; Tuléar,
Peyrot-Clausade coll., 1972 : 7ex.
Les 9 spécimens, en forme de concombre, à tentacules invaginés, mesurent entre
15 et 25 mm de long sur 5 à 10 mm de large. Ils sont jaunâtres à marron très clair, et
leur tégument, peu épais, est lisse. Les podia ventraux, gros, Courts, à ventouse soute-
nue par un disque calcaire de 140 à 150 lim de diamètre, sont répartis en deux rangs
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 169
serrés sur chaque radius. Les podia dorsaux, identiques aux ventraux, sont également
disposés sur chaque radius en deux rangs peu serrés.
Dix gros tentacules jaune verdâtre. Couronne calcaire à radiales à sommet bifide, à
partie postérieure fortement échancrée, à interradiales à pointe émoussée (fig. 70, G).
Une longue vésicule de Poli. Un très court canal hydrophore. Muscles rétracteurs gros,
à section circulaire, attachés, au tiers antérieur du corps, à d'épais muscles longitudi-
naux. Poumons feuillus remontant jusqu'aux trois-quarts de la longueur du corps.
Spicules . — Les spicules du tégument sont de deux sortes : des corps cruciformes
plus ou moins épineux (fig. 70, A); de gros nodules épais, à trous très enfoncés (fig.
70, B), devenant plus perforés et qui, vus de profil, ont un aspect caractéristique (fig.
70, C). La paroi des podia est soutenue par des bâtonnets arqués à extrémités perforées
et, souvent, avec un élargissement central à bord festonné et largement percé (fig. 70,
D). La paroi des tentacules possède des rosettes (fig. 70, E), ainsi que des bâtonnets
(fig. 70, F) pouvant atteindre une grande taille (fig. 70, H).
Fig. 70. — Trachythyone crucifera (Semper). À : spicules cruciformes; B, C: spicules massifs; D :
bâtonnets des podia; E : rosettes des tentacules; F, H : bâtonnets des tentacules; G : couronne calcaire.
G = éch. 1; B, C = éch. 2; À, D = éch. 3; E, F, H = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
170 GUSTAVE CHERBONNIER
ECOLOGIE. — À Tuléar, T. crucifera vit parmi la cryptofaune des platiers
émergeant aux basses-mers des vives-eaux; à Nosy Be, elle a été récoltée en faubertage,
dans le corail, par 10 m de profondeur.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, Aden, Zanzibar, Durban,
Madagascar.
Genre OCNUS Forbes et Goodsir, 1841
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Gros podia ventraux et minuscules podia dorsaux alignés sur les radius. Spicules :
boutons noduleux, pseudo-boutons noduleux de formes très variées; corbeilles
assez petites, bordées de petits nodules et, parfois, d'un gros nodule central
Ocnus tantulus nov. Sp.
(Fig. 71, A-P)
MATERIEL, — Madagascar : Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 26 ex. (holo-
type n° 2917, paratypes n° 2903).
est blanc, le dos très légèrement jaunâtre. La face ventrale, aplatie en sole, a ses gros
vent à 8-10 trous (fig. 71, A); il existe aussi de pseudo-boutons vaguement triangulaires
(fig. 71, B), à petits nodules (fig. 71,C, E), ainsi que de nombreuses formations à
extrémités un peu élargies réunies Par un étranglement à très gros nodule central (fig.
71, D). Les corbeilles sont généralement à quatre trous centraux, accompagnés d'un où
peu creuses (fig. 71, G). Mêlées aux boutons et aux Corbeilles se trouvent de grandes
plaques multiperforées, surtout nombreuses dans le tégument anal Gig. 71, H). La paroi
des podia est Soutenue par des bâtonnets droits (fig. 71, K) ou incurvés (fig. 71, M).
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 171
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Fig. 71. — Ocnus tantulus nov. sp. À, B : boutons; C, D : pseudo-boutons; E : petite plaque nodu-
leuse: F, G : corbeilles; H : plaques lisses du tégument; I, N : bâtonnets des tentacules; L': couronne
calcaire; O : disque calcaire des podia ventraux; P : disque calcaire des podia dorsaux.
L = éch. 1: H = éch. 2;J = éch. 3; A-E, I, K, M, P = éch. 4; F, G = éch. S.
Source : MNHN. Paris
172 GUSTAVE CHERBONNIER
Les tentacules ont de petites plaques (fig. 71, 1), ainsi que de grands bâtonnets
(fig. 71, N).
OBSERVATIONS, — Cette nouvelle espèce est nettement différente, par son aspect
caractéristique et la forme de ses spicules, de ©. capensis (Théel, 1886) et de O.
Cylindricus Semper, 1867, des îles Mascarei gnes.
ÉCOLOGIE, — O. tantulus vit parmi la cryptofaune du grand récif de Tuléar.
Ocnus amiculus nov. Sp.
(Fig. 72, A-O)
MATERIEL. — Madagascar, Tuléar, Galenon coll., 1976 : 1 ex. (holotype n°
3552)
L'holotype, et unique spécimen, à bouche et anus terminaux, à tentacules étalés,
mesure 13 mm de long; la face ventrale est aplatie, la face dorsale bombée; le tégument,
assez épais, marron très clair, est rugueux par suite de l'abondance des spicules. Dix
tentacules marron foncé, dont deux ventraux plus petits. Les podia ventraux, très gros
le radius médian. Les papilles dorsales, rétractées, minuscules, ne sont visibles que par
leur extrémité jaunâtre dépourvue de ventouse et de disque calcaire; elles sont réparties
Spicules . — Les spicules du tégument se composent de très nombreux boutons
noduleux à quatre trous (fig. 72, A), assez Souvent à cinq-huit trous (fig. 72, B),
accompagnés de grandes plaques lisses (fig. 72, D) ou noduleuses (fig. 72, C), de
quelques courts bâtonnets noduleux (fig. 72, F), de quelques plaques noduleuses,
plates, surmontées d'une anse Ou d'un réseau de trabécules (fig. 72, J). Les corbeilles
Sont peu profondes, à quatre ou Cinq trous, à bords noduleux (fig. 72, G).
Les plaques de l'introvert, de forme très variable, sont soit peu perforées avec des
nodules dispersés Gig. 72, O), soit très perforées et couvertes de nodules (fig. 72, M).
Le tégument anal possède, en plus des spicules signalés ci-dessus, de nombreuses
très grandes plaques lisses (fig. 72, N).
Les podia et les papilles ont leurs parois Soutenues par des baguettes droites ou
courbes (fig. 72, E).
Les tentacules possèdent de longs bâtonnets à bord ondulé, avec quatre à six
grands trous centraux et de nombreux petits trous aux extrémités (fig. 72, H), de petites
plaques lisses (fig. 72, K) ou de grandes plaques rectangulaires à tiangulaires (fig. 72,
L).
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 173
OBSERVATIONS. — ©. amiculus , assez proche de O. tantulus est, comme celle-
ci, très nettement différente de O. capensis (Théel, 1886) et de O. cylindricus Semper,
1867.
ECOLOGIE. — O. amiculus a été récolté dans les levées détritiques du grand récif
de Tuléar.
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6e2°
Fig. 72. — Ocnus amiculus nov. sp. À, B : boutons; C, D, J : plaques du tégument; E : bâtonnets des
podia; F : bâtonnet noduleux du tégument; G : corbeilles; H : bâtonnet des tentacules: I : couronne cal-
caire; K, L : plaquettes des tentacules; M, O : plaques de l'introvert; N : plaque du tégument anal.
1 2 éch. 1: C, D, N = éch. 2; E, H, K, L, M, O = éch. 3; A, B, F, J = éch. 4; G = éch. 5.
Source : MNHN. Paris
174 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre PSEUDOCOLOCHIRUS Deichmann, 1930
Pseudocolochirus violaceus (Théel, 1886)
(Fig. 73, A-G:; fig. 74, A-J)
Colochirus violaceus Théel, 1886 : 78, pl. 5, fig. 4, pl. 13, fig. 1-2. — KOEHLER, 1895 b : 375, —
KOEHLER et VANEY, 1908 : 24. — SERENE, 1937 : 25.
Colochirus violaceus mekongi Hérouard (Serène, 1937 : 26, nomen nudum).
Pseudocolochirus violaceus - CLARK et ROWE, 1971 : 180. — JAMES, 1976 (1979) : 59.
Cucumaria tricoler Sluiter, 1901 : 81, pl. 1, fig. 3, pl. 7, fig. 8. -— PEARSON, 1903 : 188. —
HEDING, 1934 : 15. — MORTENSEN, 1934 : 6.
Pseudocolochirus tricolor - CLARK et ROWE, 1971 : 180, 195.
Colochirus axiologus H. L. Clark, 1914 : 171, pl. 25. — (?) EKMAN, 1918 : 26, pl. 2, fig. 1, pl. 3,
fig. 16-19.
Pseudocolochirus axiologus - H. L. CLARK, 1938 : 456. — BURTON et BURTON, 1970 : 2060 (photo
Couleur). — A. M. CLARK; 1977 : 105 (photo couleur).
Pseudocolochirus bicolor Cherbonnier, 1970 b : 494, fig. 1.
Pentacta arae Boone, 1938 : 186, pl. 69-70. — CLARK et ROWE, 1971 : 195.
MATERIEL. — Madagascar : côte ouest, banc de Pracel, Crosnier coll., 1959 : 1
ex.; Nosy Be, baie d'Ambaro, 20 m, Crosnier coll., 1968 : 1 ex.; Tuléar, 23°22'42"S -
43°36'22"E, 36 m, Pichon coll., 1969 : 1 ex. (holotype de P. bicolor Cherbonnier).
L'exemplaire de Nosy Be, conservé primitivement en formol, est en forme de sa-
bot, l'anus et la bouche étant dressés vers le haut; de ce fait, le bivium, qui mesure 10
(fig. 73, À). Parmi ces spicules, on trouve des formes allongées à bord lisse, à très
petits trous (fig. 73, C). Les spicules des podia sont localisés sous le disque calcaire
en spatule, de minces baguettes dans les lobes de la couronne (Gig. 73,P).
L'exemplaire de Tuléar, décrit sous le nom de P. bicolor Cherbonnier, ne présente
aucune différence essentielle avec celui décrit ci-dessus. En revanche, celui du banc de
sur les radius latéraux, en six rangs sur le radius médian. Les papilles dorsales,
minuscules, rétractées, sont difficiles à déceler; elles semblent très rares, sans répartition
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 175
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Fig. 73. — Pseudocolochirus violaceus (Théel). À, B : boutons du tégument ventral; C : plaques du
tégument ventral; D : plaque des podia ventraux; E : bâtonnet des podia ventraux; F : bâtonnets des
tentacules; G : couronne calcaire.
G = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
176 GUSTAVE CHERBONNIER
précise, mais sans alignements radiaires. L'anatomie interne est identique à celle des
spécimens décrits ci-dessus, la couronne calcaire étant de forme semblable (fig. 74, B).
En dehors des podia, des papilles et autour de l'anus, le tégument ne possède aucun
spicule; cependant, sous la loupe, la peau apparait chargée de petits nodules calcaires
groupés ou isolés.
COR ONLC
Fig. 74. — Pseudocolochirus violaceus (Thé). À : plaques des podia ventraux; B : couronne calcaire;
€ : plaques du tégument anal; D : bâtonnet des podia ventraux; E : plaque du égument anal; F : plaque
des papilles dorsales; G, I, J : bâtonnets des tentacules; H : plaques des tentacules.
E = éch. 1; B = éch. 2; À, D, F, G-J = éch. 3; C = éch. 4.
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Source : MNHN. Paris |
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 177
Les spicules des podia ventraux se présentent sous forme de plaques variées (fig.
74, A) et de bâtonnets (fig. 74, D). Les papilles dorsales ont, au sommet, une petite
plaque (fig. 74, F) entourée de quatre à cinq bâtonnets. Autour de l'anus se trouvent de
nombreuses petites plaques ou pseudo-bâtonnets (fig. 74, C), ainsi que de très grandes
plaques , parfois lisses mais le plus souvent à réseau secondaire (fig. 74, E) pouvant
atteindre une grande épaisseur. Les tentacules ont de petits bâtonnets (fig. 74, G) et des
plaques (fig. 74, H) dans les lobes de la couronne, de longs bâtonnets dans le tronc
(fig. 74, I, D.
OBSERVATIONS. — Le genre Pseudocolochirus comprend actuellement cinq
espèces indo-pacifiques : violaceus (Théel, 1886), sricolor (Sluiter, 1901), axiologus
CH L. Clark, 1914), arae (Boone, 1938) et bicolor Cherbonnier, 1970; leur forme en
tonneau, à bouche et anus dorsaux, est identique.
Le spécimen du banc de Pracel correspond à axiologus qui ne possède aucun
spicule dans le tégument, seulement quelques bâtonnets dans les tentacules, une répar-
tition similaire des podia et des papilles, une anatomie interne identique. La seule diffé-
rence, à part la couleur non relevée sur le vivant de notre spécimen, est la présence, chez
celui-ci, de spicules dans les podia, les papilles et la région anale que H. L. Clark ne
signale pas chez axiologus , mais qui y sont peut-être présents. Le spécimen décrit par
Cherbonnier sous le nom de P. bicolor , ainsi que celui de Nosy Be, ont une coloration
similaire à celle de tricolor , sauf les bandes rouges radiaires d'un syntype de cette espè-
ce dont Sluiter (1901, pl. 1, fig. 3) donne une représentation en couleur; ce syntype,
dont j'ai les préparations microscopiques, a les spicules du tégument ventral à peu près
identiques à ceux debicolor mais aucun spicule dans le tégument dorsal. H. L. Clark
note, chez l'holotype d'axiologus conservé en alcool, une couleur rose pourpre, des
tentacules bruns, et suppose l'animal vivant peut-être uniformément pourpre brillant. Or
A. M. Clark (1977) publie une photo couleur d'un spécimen d'Australie d'axiologus
qui a exactement la couleur du syntype de tricolor , donc sans doute aussi celle de
l'holotype d'axiologus .
P. violaceus possède des podia ventraux sur les radius, quelques podia inter-
radiaires, de nombreuses papilles dorsales disséminées sur le bivium. Les spicules du
tégument sont d'une construction similaire à celle des spicules de bicolor et de tricolor ,
ainsi que les bâtonnets des podia. La couleur, en alcool, de l'holotype, était violet clair
avec, par endroit, des zones jaunes et bleuâtres, si bien que l'on peut estimer l'animal
vivant également tricolore.
P. arae est certainement, par sa forme, la répartition des podia et des papilles, son
anatomie interne et la plupart de ses spicules, identique à violaceus .
Quant au spécimen juvénile de Colochirus axiologus décrit par Ekman (1918), son
appartenance éventuelle à l'espèce de H. L. Clark soulignerait à nouveau la différence
existant entre les spicules des jeunes et des adultes chez lesquels, parfois, ils disparais-
sent complètement.
Ces observations m'amènent à penser que tricolor , axiologus , bicolor et arae ne
sont que des formes de violaceus de couleur à peu près identique, à podia et papilles de
répartition un peu variable, à spicules similaires ou parfois absents du tégument.
ECOLOGIE. — A Nosy Be, P.violaceus a été récolté en dragage, par 20 m de
profondeur, sur un fond de vase grise très fine; à Tuléar, sur des dalles de Madré-
poraires morts recouverts de nombreuses algues et de Cnidaires variés; sur le banc de
Pracel, en dragage, par 55 m, sur sable fin.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — P. arae : Vietnam, îles Poulo Condore; P.
axiologus : Nord de l'Australie; P. bicolor : Madagascar; P. tricolor : Ceylan, îles
Aru, Hong-Kong; P. violaceus : mer Rouge, Madagascar, baie du Bengale, îles de la
Sonde, Vietnam, îles Philippines.
Source : MNHN. Paris
178 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre KOEHLERIA nov. gen.
Espèce type : Koekleria unica nov. sp.
DIAGNOSE. — Dix tentacules de taille égale; podia ventraux répartis en quatre
rangs serrés sur chaque radius, podia dorsaux en deux rangs sur chaque radius mais
aussi en petit nombre sur les interradius; corps petit, en forme de concombre; pas de
dents anales. Spicules : bâtonnets simples et plaques très épaisses à bords déchiquetés,
à trous très enfoncés, rosaces irrégulières très découpées; dans les podia, longs bâton-
nets; dans les tentacules, longs bâtonnets à extrémités élargies et multiperforées, accom-
pagnés de nombreux corpuscules crépus.
Koehleria unica nov. sp.
(Fig. 75, A-L)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 1 ex. (holotype
n°2960).
L'unique spécimen, en forme de concombre, à tégument très plissé épais d'envi-
ron 1 mm, mesure 27 mm de long sur 17 mm de large; il est entièrement jaunâtre. La
bouche, terminale, est étoilée, l'anus, terminal, n'a ni dents, ni papilles. Les podia ven-
traux gros, courts, cylindriques, à ventouse large et disque calcaire de 150 um de
diamètre, sont répartis, très serrés, en quatre rangs sur chaque radius. Les podia
dorsaux sont difficilement discernables par suite des très nombreux plis transversaux du
tégument; ils semblent répartis sur deux rangs assez lâches sur chaque radius, ainsi
qu'en petit nombre, et dispersés, sur les interradius; leur disque calcaire est semblable et
de même taille que celui des podia ventraux. Tentacules rétractés, au nombre de dix de
taille égale, très gros, très feuilus, marron clair piqueté de blanc. Couronne calcaire dont
les radiales ont une base assez profondément encochée; les interradiales, pointues, sont
presque aussi hautes que les radiales (fig. 75, H). Deux vésicules de Poli, Un très court
canal hydrophore terminé par un gros madréporite sphérique. Muscles rétracteurs spé-
ciaux, formés chacun de deux muscles épais, bien séparés, issus de la couronne calcaire
et s'attachant, vers le mileu du corps, à des muscles longitudinaux simples, très épais.
Spicules . — Les spicules du tégument partent de bâtonnets simples, peu épais, se
transformant en bâtonnets épais (fig. 75, B), puis en plaques très épaisses à trous
enfoncés (fig. 75, C, F, G, D), s'allongeant parfois en pseudo-bâtonnets (ig. 75, E); le
bord de ces plaques est orné de pointes de longueur variée. A ces spicules se mélangent
des plaques très particulières, généralement circulaires, faites de trabécules issues d'une
rosace à trous inégaux (fig. 75, K). Les parois des podia ventraux et dorsaux sont sou-
tenues par des bâtonnets à extrémités légèrement élargies et percées de nombreux petits
trous (fig. 75, L), ainsi que de nombreux corpuscules crépus et de courts et minces
bâtonnets (fig. 75, D).
OBSERVATIONS. — Ce nouveau genre, proche de Pseudocolochirus , s'en distin-
gue principalement par l'absence de dents anales et la forme si particulière des spicules.
Fig. 75. — Koehleria unica nov. sp. A-I : spicules dû tégument; D : corpuscules crépus des tentacules;
H : couronne calcaire; J : bâtonnets des podia; K : rosace du tégument; L : bâtonnets des tentacules.
E = éch. 1; A-C, E-L = éch. 2; D = éch. 3.
Source : MNHN: Paris|
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 179
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Source : MNHN. Paris
180 GUSTAVE CHERBONNIER
ECOLOGIE. — K. unica a été récoltée, à marée basse, dans les cuvettes à crypto-
faune du platier interne de Tuléar.
Genre ATHYONE Deichmann, 1941
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Podia nombreux répartis serrés sur tout le Corps sauf sur l'introvert où ils se dispo-
sent radiairement A. maculisparsa nov. sp.
— Podia disposés sur 2 rangs serrés sur les r. us, avec ou non quelques podia inter-
FAURE SERRE QU de du A. exila nov. sp.
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Fig. 76. — Athyone maculisparsa nov. sp. À, F : rosettes du tégument anal; B : disque calcaire des
podia; C : rosettes de l'introvert et des tentacules; D : couronne calcaire; E : bâtonnets des tentacules.
D = éch. 1; B = éch. 2; E = éch. 3; A, C= éch. 4.
Source : MNHN. Paris|
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 181
Athyone maculisparsa nov. sp.
(Fig. 76, A-F)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Galenon coll., 1972 : 1 ex. ( holotype n°
2831).
L'unique spécimen, vermiforme, un peu effilé à la partie anale, mesure 112 mm de
long sur 8 mm de large; l'introvert, long de 10 mm, est mince, translucide; le reste du
corps, marron clair, est parsemé de nombreuses taches noirâtres de 2 à 3 mm, se réunis-
sant parfois pour former des lignes irrégulières de 6 à 12 mm de long. Les podia, nom-
breux et serrés, sont répartis sur tout le corps sauf sur l'introvert où ils se disposent en
deux rangs serrés sur chaque radius. L'anus est armé de cinq petites dents triangulaires
surmontées chacune de trois petits podia.
Dix tentacules dont deux ventraux très petits. Couronne calcaire à radiales prolon-
gées chacune par deux longues queues, interradiales à base pourvue de quatre grosses
pièces rectangulaires accolées aux queues des radiales (fig. 76, D). Un très court et min-
ce canal hydrophore terminé par un petit madréporite cordiforme. Une vésicule de Poli
cylindrique de 15 mm. Muscles rétracteurs courts, épais, s'attachant à des muscles
longitudinaux larges et épais. Poumons remontant jusqu'à la couronne calcaire, à tronc
portant, tout du long, des grappes de courtes digitations. Gonades faites de quelques
tubes minces et courts. Intestin contenant un sable grossier vaseux. Vaste cloaque de 20
mm.
Spicules . — A part la région anale, le tégument ne contient aucun spicule; ceux-ci
se trouvent, à proximité de l'anus, sous forme de nombreuses rosettes (fig. 76, A, F),
accompagnées de grandes plaques arrondies multiperforées de 400 à 480 jim de
diamètre. À part leur large disque calcaire (fig. 76, B), les podia ventraux et dorsaux
n'ont, eux aussi, aucun spicule, alors que les parois des podia surplombant les dents
anales sont soutenues par quelques bâtonnets (fig. 76, E). Les tentacules, ainsi que
l'introvert, possèdent uniquement des rosettes semblables, groupées ou non en amas, et
très nombreuses (fig. 76, C).
ECOLOGIE. — Il n'est pas fait mention, par le récolteur, de la nature du fond sur
lequel a été récolté cet animal.
Athyone exila nov. sp.
(Fig. 77, A-I)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 3 ex. (holotype n°
3599, paratypes n° 3554).
Les trois spécimens, de couleur marron clair, sont de très petite taille, l'holotype
mesurant 8 mm, les paratypes 5 mm. Les podia sont répartis en deux rangs serrés sur
les radius, avec quelques podia interradiaires chez l'holotype, nettement plus nombreux
chez un paratype; ces podia sont longs, filiformes, avec un disque calcaire de 110 à 120
pum de diamètre. L'anus est armé de cinq minuscules dents calcaires.
Dix tentacules dont deux ventraux très petits. Couronne calcaire peu calcifiée, à
radiales prolongées par des queues faites de pièces peu visibles (fig. 77, E). Une vési-
cule de Poli et un canal hydrophore. Muscles rétracteurs étroits et plats, s'attachant, vers
le milieu du corps, à des muscles longitudinaux larges et peu épais. Gonades faites cha-
cune d'une grappe d'une dizaine de tubes gros et courts. Poumons remontant jusqu'au
milieu du corps, le tronc portant, échelonnées, quelques grosses vésicules digitiformes.
Intestin contenant une fine vase grise.
Source : MNHN. Paris
182 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules . — Les spicules du tégument, de loin les plus nombreux et caractéris-
tiques de l'espèce, sont des plaques presque ovoïdes, percées de quatre grands trous
(fig. 77, A); ces plaques peuvent prendre un aspect plus allongé, à quatre ou six trous
(fig. 77, B); il existe aussi, mais en petit nombre, des corps en C ou en forme de sablier
(fig. 77, C). En plus de ces spicules, le tégument anal possède de petites plaques de
forme variée (fig. 77, F). La paroi des podia est soutenue surtout Par des bâtonnets
légèrement arqués (fig. 77, D), auxquels se mélangent d'autres bâtonnets ainsi que des
plaques à centre élargi quadriperforé, à extrémités amincies et uniperforées (fig. 77, G).
Les tentacules possèdent des bâtonnets (fig. 77, H), ainsi que de petites plaques et de
rares corpuscules crépus (fig. 77, I).
ECOLOGIE. — À. exila a été récoltée dans les levées détritiques du grand récif de
Tuléar.
Se?
ES 11 _jimm f
J100ym
Fig. 77. — Athyone exila nov. sp. À, B, C : spicules du tégument; D, G : bâtonnets des podia; E :
couronne calcaire; F : plaques du tégument anal; H : bâtonnet des tentacules; I : corpuscule crépu et
plaquette des tentacules.
E = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 183
Genre HAVELOCKIA Pearson, 1903
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules : tourelles à base fusiforme percée de 4 trous centraux, parfois accom-
pagnés de 2 à 5 trous supplémentaires, ou à base vaguement triangulaire, les
deux formes à flèche à 2 piliers terminés par une étroite couronne dentelée, non
perforée; dans l'introvert, les tourelles ont une base plus grande, percée d'une
vingtaine de trous, à flèche terminée par une large couronne biperforée, à bord
déchiqueté; pas de bâtonnets dans les tentacules mais présence de nombreux
corpuscules Crépus .....................:.......: H. ferali nov. sp.
— Spicules : tourelles les plus fréquentes à base carrée percée de deux trous centraux
et de six, parfois huit à neuf trous périphériques, à flèche à deux piliers terminée
par une formation à 3-4 courtes branches à bord finement dentelé; base d'autres
tourelles plus grande, irrégulière, plus perforée, à flèche terminée par une large
couronne perforée, épineuse; longs et minces bâtonnets dans les tentacules,
corpuscules mûriformes uniquement dans le péristome et dans l'introvert.......
en RC Een ee PACE H. turrispinea nov. Sp.
Havelockia ferali nov. sp.
(Fig. 78, A-M)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 2 ex. (holotype n° 3544,
paratype n° 3591), Peyrot-Clausade coll., 1972 : 7 ex.; îlot Tanikely (près Nosy Be),
Cherbonnier coll., 1960 : 2 ex.
L'holotype, de couleur jaunâtre, à corps légèrement incurvé et bouche et anus un
peu amincis, mesure 17 mm de long sur 3 mm de large au milieu du corps. Les podia,
longs, assez minces, peu ou pas rétractiles, jaunâtres à ocre, sont répartis serrés sur
tout le corps, sans sériation radiaire visible; leur ventouse est soutenue par un disque
calcaire de 115 à 120 jim de diamètre. Les spécimens de Tuléar, de même couleur que
l'holotype, mesurent entre 4 et 14 mm de long et sont droits ou légèrement courbes,
leurs podia sont complètement rétractés. Les spécimens de Nosy Be ont 8 et 10 mm de
long, l'un moucheté de nombreux points marron, le plus petit entièrement blanc crème.
Dix tentacules dont deux ventraux minuscules. Couronne calcaire à interradiales et
radiales non fragmentées; radiales prolongées par d'assez longues queues constituées de
morceaux peu prononcés (fig. 78, J). Une grosse vésicule de Poli sphérique. Un canal
hydrophore presque de la longueur de la couronne calcaire, à madréporite non calcifié
déployé en éventail à bord épais déchiqueté. Muscles rétracteurs fins, s'attachant au
quart antérieur du corps à des muscles longitudinaux étroits et plats. Gonades faites de
nombreux tubes gros et courts. Poumons remontant jusqu'à la couronne calcaire, por-
tant de nombreux petits tubes blancs échelonnés le long du tronc. Intestin contenant une
vase grise fine. Cette description de l'holotype est valable pour tous les autres spéci-
mens.
Spicules . — Les tourelles de tout le tégument ont une base soit fusiforme, quadri-
perforée (fig. 78, A), soit allongée irrégulière et percée de quelques trous supplémentai-
res (fig. 78, B); la base d'autres tourelles, bien plus grande, est vaguement triangulaire,
percée de six à neuf trous inégaux (fig. 78, C); la flèche, à deux piliers, de toutes ces
tourelles, se termine par une étroite couronne dentelée (fig. 78, B, C); on trouve aussi
de rares petites plaques carrées largement percées et dépourvues de flèche (fig. 78, E).
Les tourelles des podia ont une base étroite, allongée, à quatre trous centraux et un à
deux trous à chaque extrémité (fig. 78, H); leur courte flèche à deux piliers, souvent
Source : MNHN. Paris
184 GUSTAVE CHERBONNIER
percée d'un trou minuscule près du sommet, se termine par un nombre variable de
petites épines (fig. 78, D, G, H). Dans le tégument entourant l'anus, on constate la
présence de tourelles à base circulaire, à flèche à deux piliers terminée par une étroite
Couronne dentelée à centre perforé, ou à base ovoïde percée de quatre trous, et dont la
flèche se termine par une baguette à extrémités en dents de scie (fig. 78, L).
Les tourelles de l'introvert sont très caractéristiques; de leur grande base allongée et
multiperforée s'élève une flèche à deux piliers terminée par une large couronne biperfo-
rée, à bords déchiquetés, parfois à base étroite et flèche terminée par une baguette peu
épineuse (fig. 78, M).
Les tentacules n'ont pas de bâtonnets mais des corpuscules semblables à des cor-
puscules crépus et d'aspect divers (fig. 78, F, I), accompagnés de grandes plaques
dérivées de ces corpuscules (fig. 78, K).
ECOLOGIE. — L'holotype et le paratype de H. ferali ont été récoltés dans une cu-
vette à Cymodocea serrulata située à un niveau moyen devant le laboratoire de Tuléar,
les spécimens de Tanikely, en faubertage, par 10 m de profondeur, sur des coraux
morts.
Havelockia turrispinea nov. sp.
(Fig. 79, A-O)
MATERIEL. — Ile Mayotte, nord de Dzaoudzi, Bouchet coll., 1977 : holotype n°
2953; Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 15 ex.
L'holotype, en forme de tonneau, à tentacules invaginés, est de très petite taille, —
mais cependant adulte — puisqu'il ne mesure que 7 mm de long sur 5 mm de large. Le
tégument est uniformément marron clair, les podia de couleur brique; ceux-ci, assez
longs, serrés, terminés par une ventouse soutenue par un disque calcaire de 130 à 135
Hm de diamètre, sont répartis sans ordre sur tout le corps. L'anus est dépourvu de dents
calcaires.
Huit (?) longs tentacules marbrés de rouge. Une vésicule de Poli de 2 mm. Un
canal hydrophore filiforme pourvu d'un très petit madréporite sphérique. Couronne
calcaire non mosaïquée, peu calcifiée, à radiales prolongées postérieurement par deux
queues faites, apparemment, de plusieurs morceaux (fig. 79, I). Gonades formées
d'une vingtaine de très gros tubes courts blanc laiteux, Muscles rétracteurs très minces
et étroits, s'attachant au tiers antérieur du corps à des muscles longitudinaux larges et
peu épais. Poumons très ramifiés remontant jusqu'à la couronne calcaire. Intestin con-
tenant un sable très fin.
Les spécimens de Tuléar mesurent entre 2 et 12 mm; de couleur identique à celle de
l'holotype, les uns sont contractés en boule, d'autres, les plus grands, allongés et
droits. Le nombre de leurs tentacules varie de 8 à 13 et, dans ce dernier cas, les deux
ventraux sont minuscules et peu discernables. La couronne calcaire, peu calcifiée, est
semblable à celle de l'holotype avec, parfois, les morceaux formant les queues
nettement prononcés. Les gonades ne sont développées que chez les animaux ayant, au
minimum, 6 mm de long.
Fig. 78. — Havelockia ferali nov. sp À, B, C : tourelles du tégument; D, G, H : tourelles des podia;
E : plaquette du tégument; F, I, K : plaqueties des tentacules; J : couronne calcaire: L : tourelles du
tégument anal; M : tourelles de l'introvert.
J = éch. 1; M = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
185
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
DT RL ET OO 77
Source : MNHN. Paris
186 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules . — Les tourelles le plus fréquemment rencontrées dans le tégument ont
une base carrée percée de deux trous centraux, de six trous périphériques accompagnés,
parfois, d'un où deux petits trous supplémentaires; leur flèche, à deux piliers, se
termine par une formation branchue non percée, finement épineuse (fig. 79, A, C);
d'autres tourelles, moins nombreuses, ont une base plus irrégulière et plus perforée,
une flèche semblable à celle des tourelles décrites ci-dessus (fig. 79, D, F) ou largement
percée au centre (fig. 79, B, E). Vues de profil, toutes ces tourelles ont une flèche assez
massive, basse, à couronne terminale légèrement creusée en écuelle (fig. 79, N, O).
La paroi des podia est soutenue par des baguettes simples, sans flèche (fig. 79, J)
où avec flèche à sommet bifurqué épineux (fig. 79, G), ainsi que par des tourelles à
base allongée multiperforée, dont la flèche se termine Par une couronne dentelée (fig.
79, K, M). Les bâtonnets des tentacules, très nombreux, longs et minces, sont tous
semblables (fig. 79, L). Dans le péristome et, peut-être, dans l'introvert, se trouvent de
nombreux corpuscules crépus (fig. 79, H).
ECOLOGIE. — À Mayotte, H. turrispinea a été récoltée de nuit, en plongée, par 20
m de profondeur, sur fond de sable vaseux à Heteropsammia et nombreux Antipa-
thaires et Pennatulaires; à Tuléar, sur une dune hydraulique de ballast d'Acropora de la
corne sud du grand récif, sur fond de sable.
Genre THYONE Oken, 1815
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Corps couvert de très nombreux podia filiformes lui donnant un aspect chevelu.
Spicules : tourelles à base irrégulière percée de 10 à 15 trous, à flèche basse, mas-
sive, à 2 piliers terminés par quelques courtes pointes; baguettes arquées des
podia à flèche terminée par une pointe ou deux cornes; bâtonnets dans les tenta-
cules; petites tourelles et nombreux corpuscules dans l'introvert .............
:4
3. Spicules : bâtonnets et nombreux corpuscules crépus plats dans les tentacules;
tourelles de l'introvert à base arrondie peu perforée, à flèche assez mince terminée
par 4 pointes simples ou bifides, et tourelles à très grande base multiperforée et
flèche terminée par un réseau irrégulier de baguettes parfois un peu épineuses;
disque calcaire des podia à grandes mailles sans aire centrale de petits trous ..
SOLE E ago à ieo-e--cee-.. T7. carens’ nov.sp.
— Spicules : bâtonnets et nombreux Corpuscules crépus massifs dans les tentacules:
tourelles de l'introvert à base ondulée ou fortement échancrée, à flèche assez épais-
se terminée par quelques pointes ou par un réseau de petits bâtonnets superposés
jamais épineux, disque calcaire des podia à nombreux petits trous centraux entou-
rés d'une couronne à grands trous, elle-même cernée par trois cercles de trous de
taille intermédiaire -.T. vadosa nov. sp.
Fig. 79. — Havelockia turrispinea nov. sp. A-F: tourelles du tégument: G, K, M : tourelles des podia;
1: bâtonnets des podia; 1 : couronne calcaire; H : corpuscule crépu de l'introvert; L : bâtonnels des
tentacules; N, O : tourelles vues de profil. 1 = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
187
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
Source : MNHN. Paris
188 GUSTAVE CHERBONNIER
4. Spicules : absence de vraies tourelles; petites plaques à bords très échancrés for-
mant de longues digitations pointues, possédant, centralement, des nodules à sec-
tion triangulaire ou de petites baguettes parallèles à la base: t. anal et tentacules
avec de nombreux corpuscules müriformes . ; -T. sineturra nov. sp.
— Spicules : présence de tourelles . ........ cs dead
Ca
Tourelles dans le tégument et l'introvert .
— Tourelles seulement dans le tégument ....
6. Spicules : tourelles du tégument à petite base circulaire percée de 4 trous centraux
et d'un nombre variable de trous périphériques, à courte flèche terminée par 4
pointes simples ou bifides: tourelles de l'introvert à très grande base percée de
nombreux petits trous, à flèche identique à celles des tourelles du tégument; tenta-
cules avec des corpuscules crépus prenant un grand développement, avec un
fort épaississement central dans l'introvert T. crebrapodia nov. sp.
— Spicules : petites tourelles à base ovoïde percée de 4 trous disposés en croix, à
courte flèche à 2 piliers terminée par une étroite couronne imperforée de minus-
cules épines; bâtonnets rares et nombreux corpuscules crépus dans les tentacules
ainsi que dans l'introvert où ils ne deviennent jamais grands avec un épaississe-
ment central, et où ils sont accompagnés par des tourelles à petit disque circulaire
percé d'une dizaine de trous .................... T. avenusta Cherbonnier
7. Spicules : tourelles à base subcarrée à bord fortement échancré, à flèche à deux
piliers coiffée d'une couronne, perforée ou non, d'une quantité variable de petites
épines; baguettes des podia à flèche à deux piliers et petite couronne épineuse; dans
les tentacules, bâtonnets à bord fortement lobé, corpuscules crépus et pseudo-
boutons oduleux STE NN A Ne T. guillei nov. sp.
— Spicules : tourelles à base subcirculaire percée de 4 grands trous centraux, de 4
petits trous intercalaires, à flèche à deux piliers terminée par deux longues cornes
divergentes; dans les podia, bâtonnets arqués à deux piliers terminés aussi par
deux cornes; bâtonnets des tentacules à bord très ondulé . .T. longicornis nov. sp.
Thyone comata nov. sp.
(Fig. 80, A-K)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 8 ex. (holotype n°
3592, paratypes n° 3570, 3571, 3572, 3573, 3593).
Comores : île Mayotte, Bouchet coll., 1977 : 1 ex.
L'holotype, en forme de concombre légèrement effilé à l'anus, a une longueur de
15 mm. Le tégument, mince, est entièrement rosé. Les longs podia filiformes, à ventou-
se Soutenue par un disque calcaire de 100 Hm de diamètre, sont répartis très serrés sur
tout le corps, donnant à l'animal un aspect chevelu. L'anus est armé de cinq petites
dents calcaires.
Muscles rétracteurs s'attachant vers le milieu du corps, à d'étroits et épais muscles
longitudinaux. Poumons très feuillus atteignant à peine le milieu du Corps.
Les autres spécimens mesurent entre 5 et 22 mm de long; leur couleur varie du
blanc laiteux au blanc rosé, et leur Couronne calcaire est peu à très mosaïquée.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 189
Spicules . — Les spicules du tégument sont de très grandes et larges plaques allon-
gées, percées d'un nombre variable de trous (fig. 80, A), portant au centre une flèche à
deux piliers terminés par deux à quatre pointes (fig. 80, C). En plus, dans le tégument
anal, se trouvent de très nombreuses petites tourelles à base carrée où rectangulaire, à
flèche identique à celles des précédentes (fig. 80, I, J). La paroi des podia ventraux et
dorsaux est soutenue par des baguettes arquées, percées de quatre trous centraux et d'un
nombre variable de trous aux extrémités, pourvues au centre d'une flèche pointue (fig.
80, D); ces baguettes deviennent plus petites dans les podia anaux et à flèche terminée
par deux fortes pointes (fig. 80, K). Les bâtonnets des ramifications des tentacules sont
courts et minces (fig. 80, H), ceux du tronc plus forts, à bords parfois festonnés. L'in-
trovert possède de très nombreux corpuscules crépus (fig. 80, G) ainsi que des tourelles
à petit disque multiperforé et à flèche basse (fig. 80, E, F).
ON
00
Fig. 80.— Thyone comata nov. sp. A, C : tourelles du téguments B : couronne calcaire et madrépo-
rites D : tourelles des podia; E, F : tourelles de lintroverts G : corpuscule crépu des tentacules; H :
batonnet des tentacules: I, J : tourelles du 1égument anal; K : tourelles des papilles anales.
B = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
190 GUSTAVE CHERBONNIER
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente des affinités avec T. pedata
Semper, de la mer de Chine, dont les grandes plaques du tégument, comme figurées par
Clark et Rowe (1971), rappellent celles de T. comata, mais dont la flèche des spicules
des podia se termine toujours par deux pointes, ce qui est très exceptionnel chez l'es-
pèce malgache.
ECOLOGIE. — T. comata a été récoltée à la benne, par 8 m de profondeur, dans
du sable un peu vaseux de la passe sud du grand lagon, ainsi que sur le grand récif de
Tuléar dans une dune hydraulique de ballast d'Acropora ; à Mayotte, elle a été trouvée
sur le récif interne de Bouéni, par 32 m, dans du sable grossier à Amphisorus ayant des
taches de Cyanophycées rougeâtres à sa surface.
Thyone carens nov. sp.
(Fig. 81, A-O)
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka), Cherbonnier coll., 1959 : 1
ex.; Tuléar, Thomassin et Peyrot-Clausade coll., 1972 : 114 ex. (holotype n° 3555,
paratypes n° 3556).
La taille des spécimens varie de 15 à 35 mm. En forme de concombre, leurs extré-
mités sont légèrement amincies. Leur couleur varie du blanc rosé au rose, parfois à
marron très clair, la face dorsale étant un peu plus foncée que la face ventrale. Les podia
sont répartis sur tout le corps, nombreux mais non serrés, plus nombreux sur les radius
dorsaux où ils s'alignent sur deux rangs alternes: ils sont gros, courts, pourvus d'une
large ventouse soutenue par un disque calcaire de grande taille (fig. 81, N); chez les
podia entourant l'anus et surplombant les cinq fortes dents calcaires, ce disque est très
réduit (fig. 81, M). On dénombre dix tentacules, huit grands très feuillus et deux très
petits situés ventralement. La couronne calcaire se compose de dix pièces, cinq radiales
et cinq interradiales; la partie antérieure des radiales et des interradiales est légèrement
incurvée; les radiales sont faites d'une mosaïque de petites pièces et se terminent par
deux queues fractionnées en sept à huit morceaux; les interradiales, pareillement mosaï-
quées, se terminent un peu au-delà de la moitié de la longueur des radiales (fig. 81, F).
Une très grosse vésicule de Poli. Un long et fin canal hydrophore pourvu d'un madré-
porite en forme de haricot (fig. 81, K). Muscles rétracteurs larges, annelés, s'attachant
au tiers antérieur du corps à des muscles longitudinaux larges et plats. Gonades faites de
très nombreux tubes simples. Poumons très ramifiés, remontant jusqu'à la couronne
calcaire. Intestin bourré de sable coquillier grossier. Petit cloaque. Anus bordé de cinq
fortes dents calcaires.
Spicules . — Le tégument proprement dit et la presque totalité des podia sont dé-
pourvus de spicules; ceux-ci ne se trouvent que dans les tentacules, l'introvert, et sous
forme de petits biscuits (fig. 81, O) dans les cinq podia surplombant les dents calcaires.
Les spicules de l'introvert, peu nombreux, se présentent comme des tourelles à
flèche à deux piliers et une entretoise (fig. 81, D); elles ont soit une petite base plus ou
moins arrondie, percée de 8 à 15 trous inégaux, une flèche terminée par des pointes
simples ou bifides (fig. 81, A, B), ou une base bien plus grande, circulaire à triangu-
laire, à très nombreuses perforations, avec une flèche à couronne très irrégulière (fig.
81, G, H, L); à ces tourelles se mélangent de nombreux corpuscules crépus (fig. 81, C)
Surtout concentrés à la base des tentacules où ils forment, par leur accumulation, une
mince couronne blanchâtre nettement visible à travers la paroi. Les mêmes corpuscules
crépus se retrouvent, peu nombreux, dans les tentacules, accompagnés de bâtonnets à
bord festonné (fig. 81, J) et de très nombreux bâtonnets simples (fig. 81, I) ou
Source : MNHN. Paris
191
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
Fig. 81.— Thyone carens nov. sp. À
l'introvert et des tentacules; E, I, J : spicules des tentacules; F : cou:
disque calcaire des podia anaux; N : disque calcaire des autres podia;
F, K = éch. 1; C = éch. 3; autres figures = éch. 2.
O : bâtonnet des podia anaux.
Source : MNHN. Paris
192 GUSTAVE CHERBONNIER
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 193
vaguement en forme de X (fig. 81, E), ceux des ramifications étant bien plus petits que
ceux du tronc.
OBSERVATIONS. — Par son absence de spicules dans le tégument, T. carens se
rapproche de T. okeni Bell, 1884, d'Australie (Port Jackson); mais celle-ci ne possède
pas de dents anales et les spicules qui, éventuellement, se trouveraient dans les tenta-
cules et dans l'introvert, ne sont pas décrits.
ECOLOGIE. — T. carens a été récoltée, aussi bien à Nosy Be qu'à Tuléar, unique-
ment dans les levées détritiques.
Thyone vadosa nov. sp.
(Fig. 82, A-G)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Galenon, Peyrot-Clausade, Thomassin coll.,
1962 et 1972 : 45 ex. (holotype n° 3594, paratypes n° 2146, 2149, 2988, 3567, 3595,
3596, 3597).
L'holotype et plus grand spécimen atteint une longueur de 80 mm sur une largeur
de 8 mm, le plus petit spécimen 5 mm sur 3 mm. Tous en forme de concombre, leur
couleur est uniformément marron très clair, à introvert blanc suivi d'un collier de 1 à 4
mm de haut, à anus cerclé de noir. Les podia sont répartis, très serrés, sur tout le corps;
ils sont courts, cylindriques, à disque calcaire de 250 à 400 pum de diamètre.
Bouche et anus terminaux, celui-ci armé de cinq fortes dents calcaires triangulaires.
Dix tentacules dont deux ventraux très petits, blancs pigmentés de brun ou à ramifica-
tions uniformément brunes. Couronne calcaire à corps mosaïqué, à radiales prolongées
postérieurement par des queues faites d'un nombre variable d'articles (fig. 82, E). Une
grosse vésicule de Poli. Un court canal hydrophore à madréporite en forme de haricot.
Muscles rétracteurs filiformes, s'attachant au quart antérieur du corps à de larges et
épais muscles longitudinaux. Poumons très feuillus remontant jusqu'au milieu du
corps. Gonades en deux touffes de chacune une vingtaine de tubes courts et fins chez
l'holotype, les spécimens de moins de 10 mm en étant dépourvu. Intestin contenant soit
de la vase jaunâtre, soit une poudre calcaire blanche.
Spicules . — Le tégument proprement dit ne contient absolument aucun spicule et
les podia ne possèdent que le disque calcaire (fig. 82, A). Les tentacules ont, dans leurs
digitations, des bâtonnets (fig. 82, G), ainsi que de nombreux corpuscules crépus que
l'on retrouve dans le péristome et dans l'introvert (fig. 82, F); à la base du tronc des
tentacules et dans l'introvert, existent des tourelles à flèche terminée par une couronne
de forme très variée (fig. 82, B, C, D). De très grandes plaques à multiples trous, par-
fois avec un faible réseau secondaire, accompagnent les dents calcaires anales.
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce, par l'absence de spicules dans le tégu-
ment et dans les podia, ressemble également à T. okeni Bell, 1884, et aussi à T. carens
dont elle diffère par ses tourelles, ses corpuscules crépus et l'absence de spicules dans
les podia anaux.
ECOLOGIE. — T. vadosa a été récoltée sous les blocs des herbiers du grand récif
de Tuléar, ainsi que dans la vase calcaire ‘blanche du lagon d'Ifaty.
Fig. 82. — Thyone vadosa nov. sp. À : disque calcaire des podia; B, C, D : tourelles de l'introvert; E :
couronne calcaire: F : corpuscules crépus des tentacules; G : bâtonnets des tentacules.
E = éch. 1; À = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
194 GUSTAVE CHERBONNIER
Thyone sineturra nov. sp.
(Fig. 83, A-K)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 1 ex. (holotype
n° 3566).
L'holotype, de couleur uniformément blanc crème, en forme de concombre, mesu-
re 7 mm de long sur 3 mm de large au milieu du corps. Il est entièrement couvert de
gros podia serrés, à ventouse soutenue par un disque calcaire de 70 à 100 im de dia-
mètre. L'anus est entouré de cinq dents calcaires.
Dix tentacules jaune foncé, huit grands et deux ventraux très petits. Couronne
calcaire à corps grossièrement mosaïqué, à radiales triangulaires à sommet arrondi,
pourvues de queues faites de quatre forts articles; interradiales triangulaires pointues
(fig. 83, H). Une grosse vésicule de Poli. Canal hydrophore non décelé. Muscles
rétracteurs épais, s'attachant au quart antérieur du corps à des muscles longitudinaux
étroits et plats. Animal éviscéré, probablement lors de la capture.
Spicules . — Les spicules du tégument se présentent sous forme de plaques à
bords fortement dentés, le plus souvent percées de quatre à six trous (fig. 83, A) ou de
plaques plus allongées, plus grandes, plus perforées (fig. 83, C); toutes ces plaques
portent, centralement, des nodules triangulaires plus ou moins développés (fig. 83, A,
C); quelques pseudo-bâtonnets se mêlent à ces spicules (fig. 83, B), ainsi que, bien
moins nombreuses, des plaques ornées de formations centrales très irrégulières (fig. 83,
D), peut-être portées par deux fins piliers (fig. 83, E). Le tégument anal possède, en
outre, des plaques à bord orné de boutons (fig. 83, G), ainsi que de rares corpuscules
crépus mûriformes (fig. 83, F) ou à surface très tourmentée (fig. 83, K), lesquels sont
très abondants dans les tentacules où ils s'agglomèrent pour former d'étroites bandes
transversales. Les bâtonnets des podia sont de formes très variées (fig. 83, J); ceux des
tentacules sont plus grands et souvent à extrémités élargies, multiperforées (fig. 83, 1).
OBSERVATIONS. — Par la forme de ses spicules, ainsi que par le nombre de
tentacules, et la forme, décrite mais malheureusement non figurée, de la couronne
calcaire, T. sineturra est proche de T. curvata Lampert, 1885, espèce originaire de
Zanzibar. Lampert n'a figuré qu'un seul spicule de son espèce: la forme de ce spicule,
rappelant fortement celle des espèces de Phy/lophorus du sous-genre Urodemella , a
fait supposer à Clark et Rowe (1971 : 195, note 20) que T. curvata était peut-être un
jeune de P. (U.) brocki Ludwig, 1888. Il semble, cependant, que les observations de
Lampert concernant le nombre de tentacules et la forme corrélative de la couronne calcai-
re soient exactes et en conformité, bien que différentes, avec celles faites pour T.
sineturra . Mais tant que l'on n'aura pas examiné le type de Lampert — s'il existe
encore — il sera impossible de savoir si curvata est différente de sineturra .
ECOLOGIE. —T. sineturra a été récoltée, sans autre précision, sur le platier du
grand récif de Tuléar.
Fig. 83. — Thyone sineturra nov. sp. À, C, D, E : plaques et pseudo-tourelles du tégument: B :
pseudo-bâtonnets des tentacules; F : corpuscule crépu des tentacules; G : spicule du tégument anal; H :
couronne calcaire; I : bâtonnets des tentacules; J : bâtonnets des podia; K : corpuscule crépu du
tégument anal.
H = éch. 1; K = éch. 3; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 195
1100077
Source : MNHN. Paris
196 GUSTAVE CHERBONNIER
1007
Fig. 84. — Thyone crebrapodia nov. sp. À, B : tourelles du tégument; C : bâtonnets des podia; D :
tourelles de l'introvert; E, H : bâtonnets des tentacules; F : disque calcaire des podia; G : couronne
calcaire; I : corpuscules crépus des tentacules.
G = éch. 1; autres figures = ech. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 197
Thyone crebrapodia nov. sp.
(Fig. 84, A-I)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1962, 1969, 1972 : 5 ex.
(holotype et paratypes n° 3557).
L'holotype mesure 13 mm de long sur 8 mm de large, les paratypes entre 12 et 24
mm sur 4 à 5 mm. Le tégument mince, jaune, est couvert de gros podia jaune foncé à
marron clair, dont la large ventouse est soutenue par un petit disque calcaire de 90 à 100
um de diamètre (fig. 84, F). La couleur des paratypes est identique à celle de l'holo-
type, sauf celle du spécimen de 24 mm qui est entièrement rougeâtre.
Dix tentacules dont deux ventraux bien plus petits. Couronne calcaire très longue,
à corps morcelé et radiales prolongées par de longues queues (fig. 84, G). Une vésicule
de Poli et un petit canal hydrophore à madréporite sphérique. Gonades faites de tubes
simples, bourrés d'œufs chez l'holotype. Muscles rétracteurs très courts, attachés à des
muscles longitudinaux étroits et épais. Anus armé de cinq dents triangulaires souvent
difficiles à déceler.
Spicules . — Les tourelles du tégument ont, le plus souvent, une base percée de
quatre gros trous et de quatre trous intercalaires plus petits, très rarement à trous inter-
calaires plus nombreux (fig. 84, A); leur flèche, assez basse, à deux piliers et une entre-
toise, se termine par quatre courtes pointes (fig. 84, B). La paroi des podia est soutenue
par des bâtonnets à base arquée, surmontée d'une flèche à deux piliers terminée par
deux ou quatre pointes, très exceptionnellement par une pointe (fig. 84, C). L'introvert
possède des tourelles à base ovoïde, triangulaire ou circulaire, à nombreuses perfora-
tions, d'où s'élève une flèche à deux piliers ou, très rarement, une sorte de pont irré-
gulier (fig. 84, D). Dans les tentacules, on trouve des bâtonnets simples (fig. 84, E) ou
ramifiés (fig. 84, H), accompagnés par des corpuscules crépus qui, à la limite de
l'introvert, prennent un grand développement avec, au centre, un fort épaississement
(fig. 84, D.
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente quelques affinités avec Te
villosa Semper, 1867 et T. dura Koehler et Vaney, 1908.
ÉCOLOGIE. — T. crebrapodia vit, sur le grand récif de Tuléar, dans un faciès à
Fungia scissipares , parmi les herbiers à Thalassodendron ciliatum , Syringodium sp.,
Cymodocea serrulata et, sur le récif de Sarodrano, parmi les micro-atolls nombreux sur
un sédiment grossier réduit.
Thyone avenusta Cherbonnier, 1970
(Fig. 85, A-M)
Thyone avenusta Cherbonnier, 1970 a : 286, fig. A-M.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1963, 1969 : 7 ex.
Les quatre spécimens à base tronquée mais ayant conservé leurs tentacules et leur
couronne calcaire, ont une longueur comprise entre 5 et 8 mm, les trois autres, qui en
sont dépourvus, mesurent entre 10 et 12 mm. Leur corps, en forme de concombre, est
marron clair et couvert de podia nombreux et serrés, parfois un peu plus nombreux sur
les radius: leur disque calcaire a entre 80 et 90 um de diamètre (fig. 85, M).
Source : MNHN. Paris
198 GUSTAVE CHERBONNIER
Dix tentacules dont huit longs, peu feuillus, et deux ventraux plus petits. Couronne
calcaire peu calcifiée, finement fragmentée, à radiales prolongées postérieurement par de
longues queues faites de six à sept articles étroits (fig. 85, F). Une vésicule de Poli et
un minuscule canal hydrophore. Gonades faites de quelques gros tubes contenant, cha-
cun, six à huit gros œufs. Muscles rétracteurs très gros et courts, s'attachant à des mus-
cles longitudinaux étroits et plats. Poumons remontant jusqu'au milieu du corps, formés
de quelques tubes simples échelonnés sur le tronc principal. Intestin contenant un sable
fin jaunâtre. Anus armé de cinq minuscules mais épaisses dents calcaires rectangulaires.
Spicules . — Les spicules caractéristiques du tégument sont des corps ovoïdes à
quatre trous disposés en croix (fig. 85, A) qui, vus de profil, présentent une flèche
assez massive à deux piliers terminés par deux, ou plus, petites pointes émoussées (fig.
85, B); quelques-uns de ces spicules, plus grands, ont deux, exceptionnellement six à
huit trous accessoires, leur flèche se terminant par six à huit courtes pointes (fig. 85,C,
D). La paroi des podia est soutenue par des bâtonnets arqués (fig. 85, I), d'où s'élève,
centralement, une flèche à deux piliers (fig. 85, G, J), parfois terminée par une seule
pointe chez un spécimen. Les très rares et minuscules bâtonnets (fig. 85, H) ne se trou-
vent qu'à l'extrémité des digitations des tentacules lesquels, par ailleurs, sont remplis de
nombreux petits corpuscules crépus (fig. 85, K). Des corpuscules crépus bien plus
grands (fig. 85, L) se retrouvent dans l'introvert, accompagnés de petites tourelles (fig.
85, E).
OBSERVATIONS. — Ces exemplaires correspondent bien par leur forme, leur
couleur et leurs spicules à l'holotype, récolté sur la côte du Mozambique; ils n'en
diffèrent que par la présence de minuscules dents anales non détectées chez celui-ci. T.
avenusta présente des affinités, par la forme de ses spicules, avec T. papuensis Théel,
1886, du détroit de Torrès, T. micra H. L. Clark, 1938, de Pearl Shoal, Broome, ouest
Australie, T. profusus Cherbonnier, 1981, des îles Philippines, et surtout T. castanea
Lampert, 1889, de l'île Dampier, mais dont la flèche des tourelles est très nettement
différente; certains auteurs considèrent castanea comme synonyme de papuensis .
ÉCOLOGIE. — T. avenusta a été récoltée dans le sable de la plage sud du grand
récif de Tuléar, à marée basse, ainsi que dans un sédiment grossier réduit sur le platier à
micro-atolls du récif de Beloza.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, côte du Mozambique.
Thyone guillei nov. sp.
(Fig. 86, A-P)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1968 et 1972 : 77 ex. (holo-
type n° 3558, paratypes n° 2139, 2147, 3559, 3561).
Les 77 spécimens sont de très petite taille, l'holotype mesurant 7 mm de long, les
paratypes 2 à 6 mm. Leur corps est subcylindrique, légèrement aminci à l'extrémité
postérieure. Le tégument est mince, translucide, de couleur rosée; il est couvert, sur les
radius et les interradius, de podia longs et gros vu la taille des animaux.
Fig. 85. — Thyone avenusta Cherbonnier. A-D : tourelles du tégument; E : tourelles de l'introvert: F :
couronne calcaire; E, I, J : bâtonnets des podia; K : corpuscule crépu des tentacules; H : bâtonnets des
tentacules; L : corpuscule crépu de l'introvert.
F = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
199
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
BIBL.
MUSE
PAR
s À
ource : MNHN. Pà
200 GUSTAVE CHERBONNIER
Les tentacules, blanc grisâtre, sont au nombre de dix dont deux ventraux très
petits.La couronne calcaire, peu calcifiée le plus souvent, est formée de cinq radiales et
de cinq interradiales composées de quelques grandes pièces, les radiales pourvues cha-
cune de deux longs prolongement postérieurs (fig. 86, K); cette couronne est à contours
imprécis chez la plupart des paratypes. Une vésicule de Poli très courte, cylindrique et
un seul canal hydrophore. Gonades faites de quelques tubes blancs chez l'holotype.
Poumons courts, peu feuillus. L'anus est fermé par cinq dents rectangulaires, surplom-
bées d'un cercle de cinq fortes papilles coniques.
Spicules. — Les spicules sont uniquement des tourelles à deux piliers, à disque
plutôt irrégulier percé d'un nombre variable de trous Gig. 86, A, B, D, N); les flèches
sont courtes, épaisses, terminées Par une couronne, perforée ou non en son centre, fai-
te d'un nombre variable de petites pointes (fig. 86, G), ou plus élancées, plus minces, à
Couronne terminale régulière (fig. 86, J); de nombreuses tourelles du tégument anal ont
un disque très irrégulier, plus perforé, une flèche à couronne perforée (fig. 86, N) ou
imperforée (fig. 86, D), ainsi que des tourelles à disque circulaire à bord ondulé percé
de 15 à 20 trous inégaux, à flèche très gracile (fig. 86, O). Les podia ont un disque
terminal dont le centre, occupé par de petits trous, est entouré d'une couronne de six à
sept grands trous vaguement triangulaires séparés par une ou plusieurs rangées de trous
identiques aux trous centraux, et cernés par une ou deux rangées de trous allongés
bordant le disque; leurs parois sont soutenues par des spicules courbes, à flèche à deux
piliers et une entretoise, terminée Par une couronne de petites épines (fig. 86, F, I, M,
P). Les spicules des tentacules sont de trois sortes : de longs bâtonnets à extrémités à
peine élargies (fig. 86, E), des bâtonnets plus courts et plus épais, à bord fortement 10bé
(fig. 86, C), des corpuscules crépus (fig. 86, H), ainsi que des sortes de boutons
noduleux (fig. 86, L).
OBSERVATIONS. — T. guillei présente des affinités avec T. dura Koehler et
Vaney, 1908, de la mer d'Oman, mais elle s'en écarte nettement par la forme de la
couronne calcaire et des spicules.
ECOLOGIE. — A Tuléar, T. guillei a été récoltée, entre 6 et 21 m de profondeur :
dans la passe sud de la baie; sur la pente externe du grand récif d'Ankaradanova; sur la
plage nord de Piherenana, dans un sable fin un peu vaseux à Madréporaires libres et à
Foraminifères; sur le platier à micro-atolls et sédiment grossier du grand récif de Beloza.
A l'île Mayotte, elle a été trouvée par 33 m, en plongée, sur fond de sable organogène.
Thyone longicornis nov. Sp.
(Fig. 87, A-L)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 8 ex. (holotype n°
2771, paratypes n° 3562, 3563).
L'holotype, de couleur rose, est de petite taille puisqu'il ne mesure que 12 mm de
long sur 3 mm de large. Les paratypes, de même couleur, mesurent entre 5 et 18 mm.
Le tégument, mince, translucide par endroits, est lisse. Les podia, assez longs pour un
animal. de cette taille, sont répartis sur tout le Corps, cependant plus nombreux et plus
serrés Sur chaque radius.
Fig: 86. — Thyone guillei nov. sp. À, B, D, G, J, N, O : tourelles du tégument: C, E : bâtonnets des
fentacules; F, 1, M, P : bâtonnets des podia; H : corpuscule crépu des tentacules: K : couronne calcaire;
L : pseudo-corpuscule crépu des tentacules. K = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
201
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
MNHN. Paris
202 GUSTAVE CHERBONNIER
Les tentacules, invaginés, sont au nombre de dix dont huit assez longs et finement
ramifiés et deux ventro-médians minuscules. La couronne calcaire, peu calcifiée, se
compose de cinq interradiales et de cinq radiales à corps à fragmentations peu visibles,
radiales pourvues chacune de deux longues queues faites de morceaux allongés et étroits
(fig. 87, J). Le gros estomac musculeux est suivi d'un intestin contenant du sable jaune,
quelques graviers, ainsi que des débris de piquants d'oursins. L'unique canal hydro-
phore est court à madréporite lenticulaire criblé de trous (fig. 87, H). La vésicule de
Poli, piriforme, contient en son centre un très gros nodule rouge vif (fig. 87, I). Les
gonades sont faites de très longs tubes minces débouchant entre les tentacules dorsaux.
Muscles rétracteurs longs et très minces s'attachant, vers le milieu du corps, à des
muscles longitudinaux larges et épais. Les poumons, peu feuillus, sont formés de quel-
ques grappes de tubes simples étagées le long du tronc principal. II ne semble pas y
avoir de dents calcaires, pas plus que chez les paratypes, semblables en tous points à
l'holotype et qui, quelle que soit leur taille, ont des gonades bien développées.
Spicules . — Les spicules du tégument sont uniquement des tourelles à base sub-
circulaire percée de huit trous, quatre grands entre lesquels s'intercalent quatre petits
trous triangulaires (fig. 87, A, B, D); leur flèche est basse, à deux piliers et une entre-
toise, terminée le plus souvent par deux longues pointes opposées faisant entre elles un
angle très obtus (fig. 87, D, E), exceptionnellement par quatre petites pointes (fig. 87,
A). Les podia ont un disque calcaire largement ajouré (fig. 87, G); leurs parois sont
soutenues par des spicules cornus (fig. 87, L). Les bâtonnets des tentacules sont de
trois sortes : les uns sont longs, à bord lisse, à extrémités légèrement élargies percées de
trous minuscules (fig. 87, K); d'autres sont à bord plus ou moins festonné (fig. 87, C),
termes de passage à des sortes de rosettes (fig. 87, F) situées à la base des tentacules
ainsi que dans l'introvert.
OBSERVATIONS, — Malgré la couronne faiblement fragmentée, je pense que cette
nouvelle espèce doit prendre rang dans le genre Thyone ; elle est proche de T. hicornis
Ohshima, 1915, des côtes japonaises, dont les tourelles ont une base bien différente
surmontée d'une flèche basse à deux piliers terminée par deux cornes moins diver-
gentes, et dont les spicules des podia sont nettement différents.
ÉCOLOGIE. — T. longicornis a été récoltée dans la passe sud du lagon de Tuléar,
par 10 m de profondeur, dans un sable très oxydé, ainsi que dans le sédiment grossier
réduit du platier à micro-atolls du récif de Beloza.
Genre STOLUS Selenka, 1867
Stolus buccalis (Stimpson, 1856)
(Fig. 88, A-G)
Thyone buccalis Stimpson, 1856 : 386. — THEEL, 1886 : 136. — H. L, CLARK, 1921 : 167.
Thyone buccalis bourdesae Domantay, 1962 : 104, fig. 22, a-o.
Thyone buccalis pallida H. L. Clark, 1938 : 462.
Fig- 87. — Thyone longicornis nov. sp. À, B, D, E : tourelles du tégument; C, F, K : bâtonnets des
fentacules; G : disque calcaire des podia; H : madréporite; 1 : vésicule de Poli:] : couronne calcaire: L :
tourelles des podia,
J = éch. 1; H, 1 = éch. 2; L = éch. 3; A--G, K = éch. 4.
MNAN. Paris
203
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
MNAHN. Paris
Source
204 GUSTAVE CHERBONNIER
Stolus buccalis - CLARK et ROWE, 1971 : 182, Fig 85 g, pl. 29, fig. 14.
Stolus sacellus Selenka, 1867 : 355, pl. 20, fig. 115-116. — HEDING, 1940 a : 126. — CHERBON-
NIER, 1955 b : 167, pl. 44, fig. u-z (synonymie).
Thyone sacellus - LAMPERT, 1885 : 154. — BELL, 1886 : 27. — SLUITER, 1901 : 92.
Thyone sacella - MARENZELLER, 1882 : 134, — SLUITER, 1888 : 206.
Thyone rigida Semper, 1868 : 66, pl. 13, fig. 23, pl. 15, fig. 7.
Stereoderma murrayi Bell, 1883 : 61, pl. 15, fig. 6, 6 a-b.
MATERIEL. — Madagascar : sud-ouest des îles Mitsio, 30 m, Crosnier coll., 1960
2 ex.
L'un des exemplaires, à tégument très plissé, peu épais, rugueux, mesure 57 mm
de long; il grossit progressivement depuis la base des tentacules où sa largeur est de 10
mm jusqu'à l'anus où elle atteint 22 mm. Le second exemplaire, de même forme que le
précédent, atteint 75 mm de long sur une largeur moyenne de 18 mm. Leur dos est brun
chocolat, le ventre marron clair; les tentacules et l'introvert sont noirs. Les podia ven-
traux se répartissent en rangées longitudinales sur tout le trivium; ils sont assez gros,
cylindriques, jaunâtres, à large ventouse soutenue par un disque calcaire de 280 à 300
Him de diamètre. Les podia dorsaux, moins nombreux que les ventraux, sont, eux aussi,
répartis en rangées longitudinales sur tout le bivium; coniques, ils sortent d'une verru-
cosité basse et sont dépourvus de disque calcaire. L'anus étoilé est muni de cinq dents
calcaires assez fortes.
Dix tentacules dont deux ventro-médians plus petits. Très haute couronne calcaire
(20 mm) à interradiales en fer de lance, à radiales profondément échancrées antérieure-
ment, la radiale ventro-médiane, plus courte et plus étroite, étant fusionnée avec les
interradiales adjacentes; le corps de cette couronne est entièrement mosaïqué, et les
longues queues sont faites de pièces dont la forme rappelle celle des pinnules de cer-
taines Comatules (fig. 88, D). Une vésicule de Poli cylindrique, de 30 mm de long.
Vingt-six à vingt-huit canaux hydrophores à petits madréporites sphériques. Muscles
rétracteurs larges et minces, s'attachant, vers le milieu du corps, à des muscles longi-
tudinaux étroits mais épais. Gonades faites de très nombreux et longs tubes simples,
jaunes. Poumons dont le tronc porte, échelonnées, des grappes d'assez nombreux tubes
translucides. Intestin contenant un sable fin. Petit cloaque piqueté de marron.
Spicules . — Les boutons, dans leur grande majorité, sont ovoïdes, à quatre trous
et douze nodules périphériques (fig. 88, A), portant un arceau central sur les deux faces
(fig. 88, B). On rencontre aussi quelques boutons plus petits, dont un des arceaux est
coiffé de quatre à six petites pointes (fig. 88, C). La paroi des podia est soutenue par
des bâtonnets à centre élargi, le plus souvent quadriperforés (fig. 88, G). Dans les
tentacules, on trouve de très nombreux corpuscules semblables à des rosettes ou à des
corpuscules crépus (fig. 88, E), ainsi que quelques bâtonnets de formes diverses Gig.
NE).
ECOLOGIE. — Aux îles Mitsio, cette espèce a été récoltée en dragage, sur du sable
fin, par 30 m de profondeur; en dehors de Madagascar, elle a été trouvée entre 5 et 40
m.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge; côte est d'Afrique, depuis le sud
de l'Arabie jusqu'au Mozambique et à Madagascar; golfe d'Iran, golfe du Bengale,
Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines, Chine, côtes sud du Japon.
Source : MNHN. Paris
205
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
RUE NEs ES eme nes)
21,1. )100m
A-C : boutons du tégument; D : couronne calcaire; E :
Fig. 88. — Siolus buccalis (Stimpson).
des podia.
éch. 3.
F : bâtonnets des tentacules; G : bâtonnets
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Source : MNHN. Paris
206 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre PARATHYONE nov. gen.
Espèce type : Parathyone incurva nov. sp.
DIAGNOSE. — Dix tentacules dont deux ventraux très petits; podia ventraux et
dorsaux disposés en deux rangs sur les radius, pas de podia interradiaires; petites
Holothuries incurvées en V ou en U, à tégument épais, rigide; couronne calcaire à corps
faiblement fragmenté, à radiales prolongées par de très longues queues. Spicules :
pseudo-corbeilles, boutons noduleux à quatre trous, grandes plaques noduleuses dans
le tégument; tourelles à flèche à deux piliers dans les podia; petites plaques et bâtonnets
dans l'introvert, plaques allongées noduleuses et grands bâtonnets dans les tentacules.
Parathyone incurva nov. sp.
(Fig. 89, A-O)
MATERIEL. — Madagascar : banc de Pracel, chalutage, 65 m, Crosnier coll., 1959
:2 ex. (holotype + paratype, n° 3568).
Les deux spécimens, uniformément blanc jaunâtre, ont le tégument épais, rigide.
L'holotype, incurvé en V très ouvert, mesure dorsalement 20 mm, ventralement 30 mm:
le paratype, en forme de U à branches très rapprochées, mesure 20 mm dorsalement, 30
mm ventralement. Chez les deux spécimens, la partie buccale est large de 4 mm; le
corps s'épaissit ensuite graduellement jusqu'au milieu où sa largeur atteint 6 mm, puis
s'effile ensuite progressivement jusqu'à l'anus qui est entouré d'un cercle de gros podia
rigides par suite de la présence de très grandes plaques lisses à nombreuses et grandes
perforations.
Les podia ventraux fins, non rigides, se disposent en deux rangs assez serrés sur
chaque radius; les podia dorsaux, semblables aux ventraux quoique un peu plus courts,
s'alignent, peu nombreux, sur un rang sur chaque radius; tous se terminent par une pe-
tite ventouse soutenue par un disque calcaire de 130 à 140 lim de diamètre: il ne semble
pas y avoir de podia interradiaires.
Dix tentacules dont deux ventraux très petits. Couronne calcaire à corps faiblement
fragmenté, à radiales à sommet fourchu, prolongées par de très longues queues faites
chacune d'une douzaine d'articles; les interradiales sont à sommet triangulaire pointu,
sauf l'une des ventro-médianes bifide antérieurement (fig. 89, L). Une vésicule de Poli
et un minuscule canal hydrophore. Muscles rétracteurs filiformes, s'attachant au quart
antérieur du corps à des muscles longitudinaux étroits et minces. Les deux spécimens
étant éviscérés, je n'ai pu constater la présence de gonades ni de poumons; une très
courte partie de l'intestin contient un sable vaseux grisâtre.
Spicules . — Les spicules du tégument sont de trois sortes : de nombreuses
pseudo-corbeilles de formes très variées (fig. 89, A); des boutons à quatre trous, rare-
ment lisses, le plus souvent noduleux (fig. 89, B), pouvant atteindre une taille double
de celle des petits (fig. 89, C) et qui, vus de profil, offrent d'importants et gros nodules
(fig. 89, D); de grandes plaques noduleuses, circulaires, rectangulaires ou vaguement
ovoides (fig. 89, F).
Les podia possèdent des tourelles dont la base est à centre élargi, quadriperforé, à
extrémités percées de deux à quatre trous (fig. 89, G), d'où s'élance une flèche conique
à deux piliers, de hauteur moyenne (fig. 89, G, H). Les tourelles du tégument anal ont
une base circulaire à bord ondulé, lisse ou noduleuse (89, O), d'où part une flèche en
sea à deux piliers, terminée par un court tétin ou par une courte pointe éffilée (fig.
89, O).
Source : MNHN. Paris:
ECHINODERMES : HOLOT HURIDES 207
irrégulières (fig. 89, E),
g. 89, I, N).
de petites plaques
dre de grandes dimensions (fi
Les spicules de l'introvert se composent
de bâtonnets courbes ou droits pouvant atteint
J100pun
incurva nov. sp. À : pseudo-corbeilles du tégument; B, C, D : boutons du
introvert: F : plaque noduleuse du tégument; G, H : tourelles des podia; 1, N :
€ calcaire: K, M : bâtonnets des tentacules; L : plaque noduleuse des
iles du tégument anal.
Fig. 89. — Parathyone
tégument; E : plaques de
bâtonnets de l'introvert; J : couronn
tentacules; N : bâtonnets de l'introvert; O : tourel
J = éch. 1; E, I, K-N = éch. 2; autres figures = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
208 GUSTAVE CHERBONNIER
Il existe trois sortes de spicules dans les tentacules : de nombreuses plaques allon-
gées très noduleuses (fig. 89, L), de courts bâtonnets arqués dans les digitations (fig.
89, M), de grands bâtonnets droits dans le tronc (fig. 89, K).
OBSERVATIONS. — Il m'a été impossible de ranger cette espèce dans un genre
connu de Cucumariidae. Par ses boutons noduleux à quatre trous (fig. 89, B, C), elle se
rapproche d'espèces du genre Aslia , comme À. forbesi (Bell, 1886), des côtes du
Pakistan et de l'archipel Mergui. La couronne calcaire est celle des Thyoninae, mais elle
s'éloigne nettement des espèces de cette sous-famille par ses boutons noduleux (fig. 89,
B, C), ses pseudo-corbeilles (fig. 89, A) rappelant celles de Neothyone gibbosa
Deichman, 1941, du golfe de Californie, les spicules des podia (fig. 89, G, H) sem-
blables à ceux de Thyone strangeri Deichmann, 1941, de la côte ouest du Mexique et
du golfe de Californie. Mais on ne trouve, chez ces trois espèces, ni les grandes plaques
noduleuses (fig. 89, F), ni les tourelles du tégument anal (fig. 89, O), pas plus que les
plaques noduleuses des tentacules (fig. 89, L) et les petites plaques de l'introvert (fig.
89, E).
Genre HEMITHYONE Pawson, 1963
Hemithyone semperi (Bell, 1884)
(Fig. 90, A-H)
Cucumaria semperi Bell, 1884 : 147, pl. 9, fig. A.; 1889 : 7. — PEARSON, 1910 a : 185, fig. 18:
1910 b : 169. — H. L. CLARK, 1946 : 388.
Hemithyone semperi - PAWSON, 1967 : 159, fig. 1-10 (synonymie). — CLARK et ROWE, 1971 :
180, fig. 92, J, J', pl. 29, fig. 15.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Komba (près Nosy Be), Crosnier coll., 1962 :
1 ex., Pichon coll., 1963 : 1 ex.; Canal de Mozambique, 20 à 25 m, Heurtel coll., 1886
:SJex.
Les sept exemplaires, fusiformes, dont un bien étalé, les autres étant fortement
contractés et plissés, mesurent respectivement 40, 36, 30, 30, 28, 26 et 26 mm. Leur
tégument mince, uniformément jaunâtre, porte, sur chaque radius, un double rang de
gros et courts podia serrés, dont la couleur marron tranche vivement sur le reste du
corps; de rares podia sont dispersés sur les interradius dorsaux; leur ventouse est sou-
tenue par un disque calcaire de 200 à 210 1m de diamètre. La bouche est terminale, ain-
si que l'anus, dépourvu de dents.
Dix gros tentacules jaunâtres piquetés de brun, dont deux ventraux au moins deux
fois plus petits que les autres. Couronne calcaire à pièces largement mosaïquées, à radi-
ales terminées postérieurement par deux queues de longueur moyenne faites de cinq
articles (fig. 90, D). Une grosse vésicule de Poli globuleuse. Un très court canal hydro-
phore à madréporite en forme de haricot. Muscles rétracteurs larges et plats. Gonades
faites de très longs tubes marron clair, simples, bourrés de petits œufs. Poumons
remontant jusqu'à la couronne calcaire, portant, sur le tronc principal, des grappes
espacées de six à dix tubes très courts. Intestin contenant un sable fin. Petit cloaque.
Spicules . — Le tégument, aussi bien ventral que dorsal, est rempli de spicules en
forme d'ellipsoïdes fenestrés, c'est-à-dire vaguement circulaires, percés de six à sept
trous surmontés d'arceaux longitudinaux et transversaux (fig. 90, A, B). La paroi de
tous les podia est soutenue par une majorité de longs bâtonnets quadriperforés, accom-
pagnés de bâtonnets plus larges à quatre trous centraux et trois à cinq trous à chaque
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 209
tonnets des podia;
acules; H
Fig. 90. — Hemithyone semperi (Bell). À, B : corps ellipsoïdes du tégument; C : bâi
D : couronne calcaire: E : plaque des podia: F : plaquettes des tentacules; G : bâtonnets des tent
: spicules de l'introvert.
D = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
210 GUSTAVE CHERBONNIER
extrémité (fig. 90, C); on y trouve également quelques grandes plaques de formes diver-
ses (fig. 90, E). Les tentacules ont des bâtonnets, petits dans la couronne, bien plus
grands dans le tronc (fig. 90, G). Des bâtonnets semblables à ceux des podia s'y mélan-
gent, ainsi que de nombreuses rosettes de formes très diverses (fig. 90, F). Les spicules
de l'introvert sont nettement différents des rosettes des tentacules; ce sont des plaques
portant le plus souvent, au centre, des excroissances pouvant se transformer en une es-
quisse de flèche; certaines atteignant une taille assez grande (fig. 90, H).
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Côte est d'Afrique, Madagascar, golfe de
Manaar, baie du Bengale, îles Aru, nord de l'Australie.
FAMILLE PHYLLOPHORIDAE
Genre CUCUMELLA Ludwig et Heding, 1935
Une seule espèce de ce genre a été trouvée à Madagascar.
Cucumella decaryi nov. sp.
(Fig. 91, A-H)
MATERIEL. — Madagascar : Fort-Dauphin, Decary coll. (sans autre précision),
1932 : 1 ex. (holotype n° 3598).
L'unique exemplaire, en forme de concombre, à bouche et anus terminaux, mesure
50 mm de long sur 13 mm de large. L'animal, sans doute d'abord fixé au formol, puis
conservé en alcool, a un tégument très plissé, peu épais, lisse, gélatineux, uniformé-
ment marron clair. Les podia ventraux, très gros, se disposent en quatre rangs serrés
sur chaque radius; leur large ventouse est soutenue par un disque calcaire de 420 à 450
Him de diamètre. Les papilles dorsales, peu nombreuses, semblent réparties en deux
rangs alternes sur chaque radius; la plupart sont minuscules, coniques, sans ventouse ni
disque calcaire, mais on trouve aussi, parmi elles, de grandes papilles au moins trois à
quatre fois plus longues, dont la répartition est impossible à préciser.
Vingt grands tentacules disposés en un seul cercle. Couronne calcaire à très larges
radiales légèrement sculptées, à étroites interradiales (fig. 91, C). Une vésicule de Poli
cylindrique. Un court canal hydrophore à madréporite sphérique collé à la paroi du
corps. Gonades femelles faites de tubes plusieurs fois ramifiés. Muscles rétracteurs très
courts, s'attachant à des muscles longitudinaux larges et plats. Poumons très ramifiés,
remontant jusqu'à la couronne calcaire. Petit cloaque.
Spicules . — Par suite, sans doute, d'une fixation primitive au formol, de nom-
breux spicules sont attaqués, mais il en reste suffisamment d'intacts pour se faire une
idée de leur forme. Ce sont, pour la plupart, des corps ronds, rectangulaires, losan-
giques, percés de deux à quatre trous, ou des spicules à bords et trous irréguliers (fig.
91, A); ils sont accompagnés de pseudo-bâtonnets lisses ou pourvus d'un nodule cen-
tral (fig. 91, D) et de plaques à un ou deux nodules, très exceptionnellement à quatre
forts nodules, esquisses sans doute d'une flèche à quatre piliers (fig. 91, E).
En plus des spicules ci-dessus décrits, la paroi des podia renferme quelques petits
bâtonnets (fig. 91, G); autour et sous le disque calcaire se trouvent quelques grandes
plaques treillissées (fig. 91, B). Le sommet des papilles dorsales possède, à défaut de
disque calcaire, un groupe de six à huit spicules en forme d'haltère (fig. 91, H). Les
tentacules n'ont que quelques bâtonnets imperforés au sommet des ramifications (fig.
ONE)
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 211
Fig. 91. — Cucumella decaryi nov. sp. À : spicules du tégument; B : plaque des podia; C : couronne
calcaire: D : pseudo-bâtonnets du tégument; E : plaques du tégument; F : bâtonnets des tentacules; G :
bâtonnet des podia ventraux; H : halière des papilles dorsales.
C = éch. 1: B, F = ch. 2; autres figures = éch. 3.
OBSERVATIONS. — C'est des espèces du genre Cucumella Ludwig et Heding,
1935, que se rapproche le plus cette nouvelle espèce, tant par le nombre et la disposition
des tentacules, la couronne calcaire sans prolongement caudaux et la plupart des
Source : MNHN. Paris
2h02 GUSTAVE CHERBONNIER
spicules.Cependant, par suite de l'absence de tourelles à flèche à deux ou trois piliers, il
ne m'est pas possible de l'inclure formellement dans ce genre signalé comme ayant 15
tentacules par Ludwig et Heding (1935) et 20 (14) tentacules par ces mêmes auteurs en
1954.
Genre NEOTHYONIDIUM Deichmann, 1938
Une seule espèce de ce genre a été trouvée à Madagascar.
Neothyonidium dissimilis nov. sp.
(Fig. 92, A-S)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 1 ex. (holotype n°
2769).
L'holotype, très contracté, très plissé, en forme de concombre, mesure environ 25
mm de long sur 15 mm de large; son tégument mou, épais, est uniformément blanc jau-
nâtre. Les podia, peu nombreux, sont répartis sur tout le corps sauf sur une distance de
5 mm sous les tentacules où ils sont localisés en quatre à cinq rangs sur les radius où ils
forment une sorte de grappe de raisins très serrés. Il n'y a pas de dents anales.
On dénombre dix grands tentacules sur un cercle externe et dix petits sur un cercle
interne. Les muscles rétracteurs, courts et très épais, s'attachent au tiers antérieur du
corps à des muscles longitudinaux étroits et plats. Une vésicule de Poli très longue,
filiforme. Un long canal hydrophore terminé par un madréporite bien calcifié, sphéri-
que, méandriforme. La couronne calcaire, qui atteint 15 mm de long, se compose de
cinq interradiales étroites et très longues, et de cinq radiales au moins deux fois plus
larges, à sommet terminé par deux paires de fines pointes séparées l'une de l'autre par
un évidement peu prononcé; elles se prolongent postérieurement par deux courtes
queues; l'ensemble de la couronne est constitué d'une mosaïque de petites pièces (fig.
92, N). Les poumons, abondamment ramifiés, atteignent environ la moitié du corps. Je
n'ai pas constaté la présence de gonades.
Spicules . — Les spicules du tégument sont nombreux et très divers. On y trouve
des sortes de boutons plus ou moins perforés à bord ondulé avec, au centre, une
esquisse de flèche à deux piliers (fig. 92, G, J); de petites plaques munies d'un nombre
variable de minuscules perforations (fig. 92, K); des plaquettes irrégulières, certaines
simulant des rosettes (fig. 92, H, P, R); des tourelles à base percée, le plus souvent , de
quatre à huit trous, à flèche formée de deux piliers courts (fig. 92, B), ou de taille mo-
yenne (fig. 92, A, C,E, F, I); la flèche se termine par deux pointes divergentes simples
Gig. 92, À, B, C, D) ou par un nombre variable de pointes (fig. 92, E, F); cette flèche
est percée le plus souvent d'un trou central (fig. 92, B, C, E, I) ou de deux trous super-
posés (fig. 92, À, F). Quelques-unes de ces tourelles ont un disque plus grand et à
trous plus nombreux (fig. 92, O, Q).
Les podia groupés radiairement à la base des tentacules possèdent uniquement des
tourelles à très grand disque multiperforé et à flèche basse (fig. 92, L, M). Des tourelles
identiques occupent le tronc des tentacules à l'exclusion de tout bâtonnet, les ramifica-
tions étant totalement dépourvues de spicules.
Les podia du reste du corps ont des tourelles identiques à celles du tégument, ainsi
que des bâtonnets droits (fig. 92, D, S) ou portant un certain nombre de ramifications
latérales.
ECOLOGIE. — N. dissimilis a été récoltée dans une levée détritique.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 213
A Sem
Fig. 92. — Neothyonidium dissimilis nov. sp. À, B, C, E, F, I : tourelles du tégument; G, J :
pseudo-boutons du tégument; D, S : bâtonnets des podia; H, P, R : plaquettes du tégument; K : plaques
arrondies du tégument; L, M : tourelles des podia sous-tentaculaires; N : couronne calcaire; O, Q:
tourelles des tentacules et de l'introvert.
N = éch. 1: autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
214 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre GLOBOSITA Cherbonnier, 1958
Une seule espèce de ce genre a été trouvée à Madagascar.
Globosita murrea nov. sp.
(Fig. 93, A-N)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin et Peyrot-Clausade coll., 1972 : 5
ex. (holotype n° 3583, 4 paratypes n° 3580, 3581, 3582).
L'holotype, en forme de concombre légèrement effilé à l'anus, entièrement de
couleur châtain, mesure 35 mm de long sur 20 mm de large au milieu du corps. Les
podia ventraux, très nombreux, répartis sur tout le corps, sont blanc laiteux; les podia
dorsaux, moins nombreux que les ventraux mais également dispersés, sont marron
foncé à ventouse brune, parfois blanche; tous ces podia possèdent un disque calcaire de
190 à 220 11m de diamètre. Les autres spécimens, sauf un en forme de boule de 1 cm de
diamètre, sont de forme semblable à celle de l'holotype, mais de couleur un peu diffé-
rente; le plus grand mesure 40 mm de long sur 21 mm de large, le plus petit 17 mm sur
8 mm; le corps, châtain à marron foncé, a un anus très effilé, jaunâtre, terminé par un
long cône brun de 8 mm d'apothème chez le plus grand spécimen; les longs podia
ventraux, à large ventouse le plus souvent blanche, ont une tige jaune à brun foncé.
L'organisation interne est identique à celle de l'holotype, comme décrite ci-dessous,
ainsi que le nombre et la répartition des tentacules et la forme de la couronne calcaire.
Vingt tentacules très feuillus, brun noir, dont cinq sont nettement plus petits que
les autres et disposés sur un cercle interne. Couronne calcaire à interradiales terminées
en fer de lance, à radiales prolongées par de courtes queues faites de cinq à six articles
Gig. 93, M). Une grosse vésicule de Poli. Un minuscule canal hydrophore à petit
madréporite sphérique. Gonades faites de deux touffes de très nombreux tubes courts,
minces, une à deux fois ramifiés. Muscles rétracteurs très gros, courts, s'attachant au
cinquième ou au quart antérieur du corps à des muscles longitudinaux larges, épais,
bifides. Intestin contenant une fine vase grise. Anus sans dents.
Spicules . — Les spicules du tégument ventral sont, pour leur presque totalité, de
petits nodules perforés (fig. 93, A), des nodules plus grands à bord ondulé (fig. 93, B)
ou festonné (fig. 93, C); on observe aussi de rares plaquettes à excroissances centrales
(fig. 93, D), de très rares pseudo-tourelles (fig. 93, E), ainsi que de petits spicules
mimant des corpuscules crépus (fig. 93, F). Des spicules identiques se retrouvent dans
le tégument dorsal, accompagnés de corpuscules crépus (fig. 93, H). En revanche, les
nodules sont rarissimes dans le tégument anal où ils sont remplacés par de pseudo-
tourelles (fig. 93, I), de grandes tourelles (fig. 93, K) qui, vues de trois-quarts, présen-
tent une courte flèche irrégulière (fig. 93, N); en plus de très nombreux corpuscules
crépus (fig. 93, H), il existe de nombreuses plaques allongées minuscules, à perfora-
tions irrégulières, ressemblant vaguement à des boutons (fig. 93, J). La paroi des
podia, aussi bien ventraux que dorsaux, est soutenue par de grandes plaques allongées,
multiperforées (fig. 93; L). Les tentacules ont des bâtonnets lisses, très petits dans les
ramifications (fig. 93, G), ainsi que des corpuscules crépus identiques à ceux du tégu-
ment (fig. 93, H).
OBSERVATIONS. — Le genre Globosita ne renfermait, jusqu'ici, que deux espè-
ces : G. dobsoni (Bell, 1883), du Honduras, et G. argus (Heding et Panning, 1954),
de la mer de Java. Les auteurs de cette dernière espèce figurent uniquement quelques
nodules différents de ceux de murrea , ainsi que la couronne calcaire; or l'examen des
spicules de l'holotype révèle la présence de pseudo-tourelles et de tourelles semblables,
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 215.
mais non identiques à celles de murrea , ainsi que des corpuscules crépus de même
facture que ceux de l'espèce de Madagascar. C'est pourquoi je n'hésite pas à ranger
notre nouvelle espèce dans le genre Globosita , dont la diagnose devra être modifiée en
conséquence.
ECOLOGIE. — L'holotype de G. murrea à été récolté dans une dune hydraulique
du grand récif de Beakiou, les autres exemplaires, dans le lagon de Tuléar, entre 5 et 8
m de profondeur, dans un sable un peu vaseux.
1 5 mm
PRE LAURE secour onu
31 dents a 100077 LA
Fig. 93. — Globosita murrea nov. sp. A-D : spicules du tégument; E : tourelle du tégument ventral;
F : corps feuillu du tégument ventral; G : bâtonnets des tentacules; H : corpuscules crépus des tenta-
cules et du tégument anal; I, K, N : tourelles du tégument anal; J : pseudo-boutons du tégument anal;
L : plaque des podia; M : couronne calcaire.
M = éch, 1; J = éch. 3; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
216 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre OHSHIMELLA Heding et Panning, 1954
Une seule espèce de ce genre a été récoltée à Madagascar.
Ohshimella ehrenbergi (Selenka, 1868)
(Fig. 94, A-J)
Urodemas ehrenbergi Selenka, 1868 : 114, fig. 6-8.
Ohshimella ehrenbergi - HEDING et PANNING, 1954 : 133, fig. 57-59 (synonymie). — CLARK et
SPENCER DAVIES, 1966 : 603. — CLARK et ROWE, 1971 : 182, fig. 95 f, pl. 30, fig. 5. —
PRICE, 1983 : 88, 97, fig. 55.
Phyllophorus ehrenbergi - CHERBONNIER, 1955 b : 169, pl. 44, fig. in.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Antafianambitry, Navetsy),
Cherbonnier coll., 1959 : 45 ex., (Antsakoabe), Pichon coll., 1963 : 2 ex.; flot Tanikely
(près Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 5 ex.; Nosy Lava, Bastard coll., 1896 : 3
ex.; Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 : 1 ex.; Tuléar, Galenon, Peyrot-Clausade,
Thomassin coll., 1972 : 102 ex.
Le plus petit exemplaire ne mesure que 8 mm, le plus grand, très contracté, 60
mm; tous sont subcylindriques, la plupart à tentacules invaginés:; leur coloration varie du
marron clair au brun foncé, avec des tentacules noirâtres souvent tachetés de blanc. Le
tégument est épais, légèrement rugueux.
Les podia sont disposés sur quatre à cinq rangs sur les radius ventraux, en deux
rangs plus lâches sur les radius dorsaux avec des podia dispersés sur les interradius des
deux faces; ces podia sont courts, cylindriques, à large ventouse soutenue par un disque
calcaire de 150 à 150 um de diamètre.
Les tentacules se disposent en deux cercles : un cercle externe de dix grands, un
cercle interne de cinq très petits. La couronne calcaire a des interradiales triangulaires à
bord postérieur encoché, des radiales à corps non fragmenté mais pourvues d'assez
courtes queues faites de quatre à cinq pièces (fig. 94, G). Muscles rétracteurs très
courts, épais, s'attachant, vers le tiers antérieur du corps, à des muscles longitudinaux
larges et minces. Une assez longue vésicule de Poli cylindrique, parfois accompagnée
d'une autre petite vésicule de même forme. Un court canal hydrophore de couleur mar-
ron, pourvu d'un madréporite sphérique, en chou-fleur. Gonades formées de nombreux
tubes courts, simples. Poumons très feuillus, de presque la longueur du corps. Petit
cloaque. L'anus est clos par cinq petites dents triangulaires épaisses.
Spicules . — Les spicules du tégument sont de deux sortes : de courts bâtonnets
épais à fortes épines terminales et médianes (fig. 94, A), parfois minces et à épines plus
nombreuses (fig. 94, B), ainsi que — surtout dans le tégument anal — quelques rares
bâtonnets pourvus seulement de nodules (fig. 94, J); des corpuscules crépus müri-
formes (fig. 94, D). Les podia ont, à la fois, des plaques allongées multiperforées (fig.
94, C) et des bâtonnets (fig. 94, E, H). Le tronc des tentacules est bourré de longs
bâtonnets à extrémités dilatées, perforées, ornées de nombreux nodules (fig. 94, F),
alors que ceux des digitations, également noduleux, sont bien plus minces et plus courts
(fig. 94, I); on ne trouve pas de corpuscules crépus dans les tentacules.
Fig: 94. — Ohshimella ehrenbergi (Selenka). À, B : spicules du tégument: C : plaques des podia; D :
corpuscule môriforme du tégument; E, H : bâtonnets des podia; F, I : bâtonnets des tentacules :G:
Couronne calcaire; J : spicule bizare du tégument.
G=éch. 1; C, E, F, H, I = éch. 2: A, B, D, J = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
217
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
Dr ee 2 10 0/77,
RENE APR RE RRRS 0
Source : MNHN. Paris
218 GUSTAVE CHERBONNIER
ECOLOGIE. — A Nosy Be et à l'ilot Tanikely, O. ehrenbergi a été trouvée dans les
levées détritiques, sous les blocs couverts d'algues, à Tuléar, dans le grand récif et sur
le platier, dans les herbiers à Thalassodendron ciliatum et Syringodium sp.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Maldives, Ceylan.
Genre AFROCUCUMIS Deichmann, 1944
Une seule espèce de ce genre a été récoltée à Madagascar.
Afrocucumis africana (Semper, 1868)
(Fig. 95, A-E)
Cucumaria africana Semper, 1868 : 53, 270, pl. 15, fig. 16.
Afrocucumis africana - DEICHMANN, 1944 : 736. — HEDING et PANNING, 1954 : 108, fig. 39
(synonymie). — CLARK et ROWE, 1971 : 182, pl. 30, fig. 3.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambariobe, Andilana, Navetsy) et baie
d'Ambaro, Cherbonnier et J. Millot coll., 1959 : 10 ex.; îles Mitsio, Cherbonnier coll.,
1960 : 24 ex.; flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll., 1960 : 24 ex.; Tuléar,
Grandidier coll., 1899, 1 ex.; Geay coll., 1906 : 3 ex.; Galenon, Peyrot-Clausade,
Thomassin coll., 1972 : 255 ex.; Nosy Lava, Bastard coll, 1896 : 5 ex.; baie de
Saint-Augustin, 1909 : 16 ex.
Le plus grand des 338 exemplaires mesure 6 cm, le plus petit 2 cm. Sur le vivant,
ils sont tous bruns à presque noirs, avec l'introvert gris clair; conservés en alcool, la
plupart gardent ces couleurs quoique certains deviennent plus clairs, parfois jaune sale.
Le corps, subcylindrique, est souvent aminci à l'extrémité postérieure. Le tégument est
épais, assez rugueux, coriace. Les podia, longs et gros, assez rigides, sont disposés
uniquement sur les radius, ventralement très serrés et sur deux à trois rangs, dorsale-
ment bien moins nombreux, espacés, sur deux rangs alternes. Les vingt tentacules, de
couleur brun foncé, se répartissent en deux cercles : un cercle externe de 15 grands
tentacules très touffus, un cercle interne de cinq petits tentacules. Il n'y a qu'une seule
vésicule de Poli et un long canal hydrophore terminé par un petit madréporite sphéri-
que. La couronne calcaire, bien calcifiée, se compose de cinq interradiales en forme de
fer de lance", et de cinq hautes radiales subrectangulaires prolongées postérieurement
par de courtes queues faites de quatre à cinq petites pièces calcaires (fig. 95, D). Les
muscles rétracteurs, en forme de ruban, s'attachent, vers le milieu du corps, à des mus-
cles longitudinaux larges et plats. Les gonades, formées de grappes de gros tubes très
courts, débouchent par une longue papille gris clair située à la base des tentacules dor-
saux médians. Les poumons, de couleur noire, ramifiés sur toute leur longueur, attei-
gnent à peine la moitié du corps. L'intestin contient le plus souvent un sable assez gros-
Sier, voire de petits cailloux; il débouche dans un petit cloaque, et l'anus est dépourvu
de dents calcaires.
Spicules . — Les spicules du tégument sont très caractéristiques: ce sont des lentil-
les bi-convexes, épaisses, percées de trous très enfoncés entre lesquels se dressent des
aspérités à section triangulaire (fig. 95, B). Les spicules des podia se composent uni-
quement de plaquettes allongées, multiperforées (fig. 95, E). L'introvert possède de
courts bâtonnets à extrémités très lobées et finement perforées (fig. 95, A).
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 219
Les bâtonnets des tentacules, plus longs, sont nettement différents (fig. 95, C).
ECOLOGIE. — O. africana vit, à Nosy Be et à Tuléar, dans les levées détritiques,
souvent cachée sous les pierres littorales, dans un milieu sablo-vaseux à graveleux,
dans les cuvettes à herbiers; aux îles Mitsio, parmi les blocs basaltiques.
). À : bâtonnets de l'introvert; B : spicule lenticulaire du
Icaire; E : plaquette des podia.
Fig. 95.— Afrocucumis africana (Semper)
tégument; âtonnets des tentacules; D : couronne ca
D = éch. 1; A-C, E = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
220 GUSTAVE CHERBONNIER
REPARTITON GEOGRAPHIQUE. — À. africana est une espèce très répandue dans
tout l'océan Indien, depuis la côte est d'Afrique jusqu'à celles du nord de l'Australie, de
Chine, du Japon et de diverses îles du sud.
Genre PHYLLOPHORUS Grube, 1840
Sous-genre URODEMELLA Deichmann, 1944
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules. Nombreuses tourelles dans le tégument . ...... P. (U.) brocki Ludwig
— Spicules. Absence totale de tourelles dans le tégument .… .P. (U.) oculus nov. Sp.
Phyllophorus (Urodemella) brocki Ludwig, 1888
(Fig. 96, A-J)
Phyllophorus brocki Ludwig, 1888 : 813, fig. 21-25.
Phyllophorus (Urodemella) brocki - HEDING et PANNING, 1954 : 163, fig. 75 (synonymie). —
CLARK et ROWE, 1971 : 184.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Navetsy), Cherbonnier coll, 1959 : 1 ex.;
Tuléar (Mahavatsy), Thomassin coll., 1962 : 14 ex., (grand récif), Peyrot-Clausade
coll., 1962 : 1 ex.; canal de Mozambique, Heurtel coll., 1886 : 1 ex.
Le plus petit spécimen mesure 10 mm, le plus grand 40 mm; en forme de concom-
bre à partie anale légèrement effilée, ils sont entièrement marron plus ou moins foncé.
Les podia, répartis assez serrés sur tout le corps, sont longs, minces, à tige marron clair
et ventouse soutenue par un disque calcaire de 270 à 350 Jim de diamètre. Bouche et
anus terminaux, celui-ci sans dents calcaires.
Vingt tentacules, dix grands alternant avec cinq un peu plus petits et cinq très petits
disposés sur un cercle interne, ou dix grands et dix petits sur un cercle interne. Une
vésicule de Poli en forme d'outre. Un court canal hydrophore terminé par un madrépo-
rite cylindrique peu calcifié. Enormes gonades faites de courts tubes très gros, bourrés
de produits sexuels. Gros muscles rétracteurs s'attachant, au quart antérieur du corps, à
des muscles longitudinaux larges et épais. Poumons remontant jusqu'à la couronne cal-
caire; leur tronc porte, espacées, des grappes de gros tubes courts. Couronne calcaire à
radiales non mosaïquées, à queues assez longues faites de cinq à six pièces calcaires;
interradiales sans queues, d'une seule pièce (fig. 96, G).
Spicules . — Les tourelles du tégument, de formes assez diverses, ont leur base
percée de quatre grands trous (fig. 96, A) accompagnés parfois de quatre trous péri-
phériques (fig. 96, B, C); leurs expansions latérales, plus ou moins développées, sont
pointues (fig. 96, A) ou à sommet émoussé (fig. 96, B, C); vues de dessus, elles
présentent une croix dont les branches se terminent en angle aigu (fig. 96, A, B, C);
vues de trois-quarts (fig. 96, D) ou de profil (fig. 6, E), leur tourelle, basse et large, se
compose de quelques très fortes dents (fig. 96, D, E):
Fig. %6. — Phyllophorus (Urodemella) brocki Ludwig. A-E : tourelles du tégument; F : corpuscule
crépu; G : couronne calcaire; H : plaque des podia; I: bâtonnets des podia; J : bâtonnets des tentacules.
G=éch. 1, A-E, F, I = éch. 2; H = éch. 3; F = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 221
Source : MNHN. Paris
222 GUSTAVE CHERBONNIER
Il existe de très nombreux corpuscules crépus (fig. 96, F). La paroi des podia pos-
sède de nombreuses et grandes plaques (fig. 96, H), ainsi que quelques bâtonnets de
formes diverses (fig. 96, I), avec une colonne centrale à sommet peu à très épineux. Les
bâtonnets des tentacules, aux extrémités peu noduleuses, peuvent atteindre une longueur
de 300 um (fig. 96, J).
OBSERVATIONS. — Heding et Panning (1954) constatent l'absence totale de spi-
cules dans la paroi des podia; or, chez un de leurs exemplaires (5°37'S - 132°56'E) il
existe bien de nombreuses plaques identiques à celles de mes échantillons (fig. 96, H);
en revanche, on n'y trouve aucun des bâtonnets figurés en I.
ECOLOGIE. — A Nosy Be, P. (U.) brocki a été récolté dans les levées détriti-
ques, à Tuléar, dans les herbiers à Thalassodendron ciliatum et Syringodium isoetifoli-
um lors des basses mers. L'espèce vit entre 0 et 100 mètres.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, Ceylan, Indonésie, nord-ouest
d'Australie, îles Philippines.
Phyllophorus (Urodemella) oculus nov. sp.
(Fig. 97, A-H)
MATERIEL. — Canal de Mozambique, Heurtel coll., 1886 : 3 ex. (holotype et
paratypes, n° 2978).
Les trois exemplaires ont été conservés à sec et ont dû être réhydratés pour pouvoir
être examinés à peu près correctement. L'holotype mesure 80 mm de long sur 25 mm de
large, les paratypes respectivement 48 mm sur 10 mm et 37 mm sur 10 mm
L'holotype, dont la bouche et l'anus sont terminaux, a le tégument gris verdâtre
ponctué de points blancs; les gros podia sont répartis sur tout le corps à raison de 25 à
30 par cm?; ces podia à ventouse marron soutenue par un disque calcaire de 360 à 380
Hm, ont leur base entourée d'un bourrelet circulaire blanc, formé de nodules composés
essentiellement d'amas de corpuscules crépus; de ce fait, la robe de l'animal paraît
ocellée.
Vingt tentacules, quinze grands, marron piquetés de blanc, disposés sur un cercle
externe, cinq très petits sur un cercle interne. Couronne calcaire à pièces non divisées,
dont les radiales sont prolongées par des queues de longueur moyenne, faites de cinq
articles (fig. 97, G). Une vésicule de Poli. Un court canal hydrophore à madréporite
sphérique méandriforme. Muscles rétracteurs très larges et plats, s'attachant, vers le mi-
lieu du corps, à des muscles longitudinaux eux-mêmes larges et plats. Gonades faites
d'un très grand nombre de tubes fins et très longs, non ramifiés. Ni intestin ni pou-
mons. En revanche, chez l'exemplaire de 48 mm, les poumons portent, sur le tronc
principal, des grappes de tubes gros et courts. Les deux paratypes ont exactement le
même aspect que l'holotype.
Spicules . — Ce qui frappe tout d'abord, c'est l'extrême abondance, dans le tégu-
ment, de gros corpuscules crépus (fig. 97, E). Parmi eux on trouve, assez dispersés,
des spicules variés, souvent cruciformes, pourvus d'épines (fig. 97, A), ou plus déve-
loppés et percés d'un ou plusieurs trous (fig. 97, C): vus de profil, ces spicules se révè-
lent épais et totalement dépourvus de flèche (fig. 97, B). La paroi des podia renferme
des plaques à nombreux trous (fig. 97, F). Les bâtonnets des digitations des tentacules
sont étroits, parfois perforés aux extrémités (fig. 97, D), ceux du tronc sont grands, à
extrémités noduleuses (fig. 97, H); ils sont accompagnés de corpuscules crépus sembla-
bles à ceux du tégument.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 223
jimm 21 J100un
Fig. 97. — Phyllophorus (Urodemella) oculus nov. sp. À : spicules du tégument; D, H : bâtonneis des
tentacules; E : corpuscule crépu: F : plaques des podia; G : couronne calcaire.
G = éch. 1; F = éch. 2; A-E, H = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
224 GUSTAVE CHERBONNIER
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce est nettement différente de P. (U.)
brocki Ludwig, 1888, tant par la coloration du tégument, la forme de la couronne
calcaire et celle des spicules. Elle présente des affinités avec P. (P.) purpureopunctata
(Sluiter, 1901), au tégument également rempli de corpuscules crépus, mais dont les
spicules de l'holotype, à bords profondément déchiquetés, ont leur base surmontée
d'une courte flèche terminée par une couronne de petites épines et qui sont, dans leur
grande majorité, bien différents de ceux figurés par Sluiter.
ECOLOGIE. — P. (U.) oculus a été dragué, dans le canal de Mozambique, de 20 à
25 m de profondeur.
Sous-genre PHYLLONOVUS nov. s-g.
Espèce type. — Phyllophorus (Phyllonovus) anomalia nov. sp.
DIAGNOSE.— Quinze tentacules, dix grands sur un cercle externe, cinq petits sur
un cercle interne. Couronne calcaire à radiales entières prolongées postérieurement par
deux courtes queues, interradiales en fer de lance fourchues postérieurement; podia ven-
traux et dorsaux disposés en deux rangs sur chaque radius, quelques podia interradiai-
res; pas de dents anales. Spicules : tourelles de formes très variées, à base plate ou à
dessous muni d'un arceau, surmontée d'une flèche basse à quatre (très exceptionnelle-
ment six) piliers, terminée par une couronne épineuse largement percée; grandes plaques
multiperforées dans les podia, bâtonnets et corpuscules crépus dans les tentacules.
Phyllophorus (Phyllonovus) anomalia nov. sp.
(Fig. 98, A-K)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 2 ex. (holotype n°
2763, paratype n° 3569).
L'holotype, en assez mauvais état de conservation, à tentacules invaginés, mesure
16 mm de long sur 5 mm de large. Le tégument, mince et mou, est uniformément blanc
rosé. Les podia ventraux sont gros et courts, les podia dorsaux plus minces; leur répar-
tition n'a pu être précisée.
Dix grands tentacules sur un cercle externe, et cinq petits sur un cercle interne.
Couronne calcaire dont les radiales, à corps non segmenté, sont prolongées par des
queues faites de quelques pièces; interradiales en fer de lance, pourvues, à leur base, de
deux très courts prolongements (fig. 98, I). Une seule vésicule de Poli et un unique
canal hydrophore sans madréporite apparent. Gonades formées de quelques courts
tubes ramifiés. Poumons atteignant la longueur du corps, portant, sur leur tronc, des
touffes espacées de quelques tubes. Muscles rétracteurs très fins s'attachant, au tiers
antérieur du corps, à des muscles longitudinaux larges et plats. Intestin bourré de sable
grossier, débouchant dans un petit cloaque. Anus sans dents.
Le paratype, cylindrique, mesure 10 mm de long sur 5 mm de large; il est blanc
grisâtre et totalement éviscéré. Les gros podia ventraux sont répartis sur deux rangs
assez serrés sur chaque radius; les podia dorsaux, moins développés que les ventraux,
sont alignés, assez lâches, en deux rangs alternes sur chaque radius; il existe aussi
quelques podia interradiaires aussi bien ventralement que dorsalement: la ventouse de
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 225
Fig. 98.— Phyllophorus (Phyllonovus) anomalia nov. sp. À, B, F, H, K : tourelles du tégument; ce
plaques des podia; D, E : bâtomnets des tentacules; G : corpuscules crépus des tentacules; 1 : couronne
calcaire; J : tourelles à base en arceau.
1 = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
226 GUSTAVE CHERBONNIER
tous les podia est soutenue par un disque calcaire de 110 à 120 im de diamètre pour les
podia ventraux, de 70 à 80 lim pour les podia dorsaux. La couronne calcaire est iden-
tique à celle de l'holotype, et il y a également une vésicule de Poli et un canal hydro-
phore; pas de dents anales.
Spicules . — Les tourelles du tégument sont très diverses. Les unes ont une base
arrondie ou vaguement carrée, percée d'un nombre variable de petits trous, avec une
flèche à quatre piliers terminée par une couronne fortement épineuse, régulière ou non
(fig. 98, A); d'autres, parmi les plus nombreuses, ont une base ovale surmontée d'une
flèche à quatre piliers, terminée par une couronne épineuse assez largement ou très lar-
gement percée au centre (fig. 98, B); enfin, d'assez nombreuses tourelles ont leur
grande base surmontée d'une flèche soit à quatre piliers, soit exceptionnellement à six
piliers (fig. 98, F). Vues de profil, ces tourelles ont une flèche basse à une entretoise
(fig. 98, H), à base plate ou prolongée postérieurement par un arceau régulier ou de
forme bizarre (fig. 98, J). Vu du dessous, la base de la plupart des tourelles présente
une formation en X couvrant partiellement les quatre trous centraux (fig. 98, K). Les
podia possèdent uniquement de grandes plaques multiperforées (fig. 98, C). Les digi-
tations des tentacules ont de courts bâtonnets (fig. 98, D), le tronc des bâtonnets plus
grands (fig. 98, E), ainsi que des corpuscules crépus surtout abondants à leur base (fig.
98, G).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce est tellement différente, par sa couronne
calcaire et ses spicules, des espèces de Phyllophoridae à quinze tentacules (10 + 5), que
j'ai cru devoir l'incorporer au nouveau sous-genre Phyllonovus .
ECOLOGIE. — L'holotype a été récolté dans des levées détritiques, le paratype
parmi la cryptofaune du grand récif de Tuléar.
Sous-genre PHYLLOPHORELLA Heding et Panning, 1954
Une seule espèce de ce sous-genre a été trouvée à Madagascar.
Phyllophorus (Phyllophorella) contractura nov. sp.
(Fig. 99, A-L)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Peyrot-Clausade et Thomassin coll., 1972 : 2
ex. (holotype n° 3601, paratype n° 2918).
L'holotype, en forme de concombre et à tentacules invaginés, ne mesure que 9 mm
de long sur 4 mm d'épaisseur. De couleur marron clair, il est couvert, aussi bien sur les
radius que sur les interradius, de très gros podia courts, peu serrés, munis d'une large
ventouse soutenue par un disque calcaire dont la taille, très variable, va de 80 à 140 um.
L'anus est fermé par cinq fortes dents rectangulaires (fig. 99, G).
Les tentacules, au nombre de vingt, se répartissent en deux cercles, un cercle exter-
ne de dix grands tentacules, un cercle interne de dix très petits tentacules. La couronne
Fig. 99. — Phyllophorus (Phyllophorella) contractura nov. sp. À, B : tourelles du tégument; C :
corpuseules crépus des tentacules; D : corpuscule érépu du tégument anal; E, F, H : tourelles du
tégument anal; G : dent anale; I : couronne calcaire; J : plaque des podia; K : bâtonnet des podia; L :
bâtonnet des tentacules. 1= éch. 1; G = éch. 2; A-H, J-L = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
227
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
228 GUSTAVE CHERBONNIER
calcaire, bien calcifiée, se compose de dix pièces : cinq interradiales hautes, à sommet
triangulaire, cinq radiales, à corps massif non fragmenté, prolongées chacune par deux
courtes queues faites de quatre à cinq pièces (fig. 99, I). Deux vésicules de Poli, l'une
grosse, sphérique, l'autre courte et mince, en forme de doigt de gant. Le canal hydro-
phore, de couleur marron foncé, court et mince, ne possède apparemment pas de madré-
porite. Gonades non visibles, l'animal étant probablement immature. Muscles rétrac-
teurs assez forts, s'attachant au tiers antérieur du corps à des muscles longitudinaux
larges et plats. Poumons très courts, atteignant à peine le quart de la longueur du corps,
pourvus de grosses digitations simples ou deux à trois fois ramifiées.
Le paratype, semblable à l'holotype, d'une longueur de 11 mm, est en forme de V
très ouvert et de couleur lie de vin à l'intérieur du corps.
Spicules . — Les très rares tourelles du tégument ont une base circulaire percée
d'une quinzaine de trous inégaux, surmontée d'une courte flèche à une entretoise ter-
minée par une ébauche de couronne (fig. 99, B), ou à base percée de huit trous, à flèche
inachevée à quatre piliers (fig. 99, A). Les tourelles du tégument anal, un peu plus nom-
breuses, sont différentes; leur flèche basse, à quatre piliers, se termine soit par une
couronne régulière (fig. 99, H), irrégulière (fig. 99, E), ou plus grande avec un réseau
secondaire sous-jacent (fig. 99, F); de plus, le tégument anal renferme de nombreux
corpuscules crépus (fig. 99, D).
La paroi des podia est soutenue par de longs bâtonnets uniperforés aux extrémités
(fig. 99, K) et, sous le disque calcaire, par de longues plaquettes à perforations nom-
breuses et inégales (fig. 99, J). Les tentacules n'ont que quelques très petits bâtonnets
dans les digitations (fig. 99, L), mais un grand nombre de corpuscules crépus à la base
du tronc (fig. 99, C).
ECOLOGIE. — L'holotype de P. (P.) contractura a été trouvé dans les levées
détritiques, le paratype dans un sable mélangé de graviers et de débris d'Acropora .
Genre THYONIDIELLA Heding et Panning, 1954
DIAGNOSE MODIFIÉE. — Quinze tentacules, dix grands sur un cercle externe, cinq
petits sur un cercle interne. Cinq dents anales. Couronne calcaire à radiales prolongées
postérieurement par des queues de moyenne longueur, faites de quelques gros mor-
ceaux. Podia répartis sur tout le corps. Spicules : tourelles à quatre piliers ou seulement
grandes plaques dans le tégument, corpuscules crépus dans les tentacules.
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Podia peu nombreux dispersés sur tout le corps. Spicules : présence de nombreu-
ses tourelles dans le tégument...................... T. exigua nov. sp.
— Très nombreux podia dispersés sur tout le corps. Spicules : absence de tourelles
dans lé tégument "7" crie T. oceana Heding et Panning
Thyonidiella exigua nov. sp.
(Fig. 100, A-Q)
MATERIEL. — Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 1 ex. (holotype n° 1499).
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 229
L'animal, immature, de très petite taille, subcylindrique, ne mesure que 9 mm de
long sur 3 mm de large. Les podia, gros, courts, à large ventouse soutenue par un dis-
que calcaire de 190 à 210 im de diamètre, sont dispersés, peu nombreux, sur tout le
corps. La bouche, terminale, est entourée de quinze tentacules, dix grands sur un cercle
externe, cinq très petits sur un cercle interne. L'anus est armé de cinq dents calcaires
fusiformes, longues et étroites, mesurant 400 à 420 um de long sur 60 im de large en
leur milieu.
Couronne calcaire à interradiales antérieurement triangulaires, à larges radiales
pourvues de queues de moyenne longueur faites chacune de cinq morceaux (fig. 100,
Q). Une vésicule de Poli et un canal hydrophore terminé par un petit madréporite sphé-
rique. Gonades (?). Muscles rétracteurs épais, s'attachant au tiers antérieur du corps à
d'étroits et minces muscles longitudinaux. Intestin réduit à un tronçon de quelques milli-
mètres, vide. Poumons remontant jusqu'à la couronne calcaire et portant sur leur tronc
des grappes espacées d'une dizaine de gros tubes.
Spicules . — Les tourelles de la presque totalité du tégument sont, pour la plupart,
à disque à bord plus ou moins fortement ondulé, percé de huit trous périphériques et de
quatre trous centraux, surmonté d'une flèche étroite, à quatre piliers, terminée le plus
souvent par une grappe de nodules (fig. 100, A), plus rarement par une couronne peu
épineuse (fig. 100, B, C); on rencontre également quelques tourelles de grande taille à
bord nettement festonné, à flèche à quatre piliers terminée par une couronne incomplète
(fig. 100, D, N), ainsi que des spicules arrondis à esquisse de flèche (fig. 100, O). A la
base des podia sont couchées de grandes plaques multiperforées (fig. 100, G), dans
leur paroi des bâtonnets à centre pourvu de nodules ou de courts bâtonnets (fig. 100, H)
ou d'une courte flèche (fig. 100, I); dans ces podia, ainsi que dans le tégument, des
spicules de formes variées portent de légères formations calcaires sur une partie de leur
surface (fig. 100, E). Les tourelles du tégument anal sont bien plus régulières et ont
toutes leur flèche à quatre piliers terminée toujours par une couronne peu épineuse (fig.
100, L, P), tourelles atteignant parfois une taille double de celle des autres (fig. 100,
M), et accompagnées de petites rosettes (fig. 100, F). Les tentacules possèdent de très
nombreux corpuscules crépus et des plaques dérivées de ceux-ci (fig. 100, J), ainsi que
de courts bâtonnets (fig. 100, K).
ECOLOGIE. — T. exigua a été récoltée en dragage dans la passe sud du lagon de
Tuléar, sur un fond de sable très oxydé.
Thyonidiella oceana Heding et Panning, 1954
(Fig. 101, A-G:; fig. 102, A-G)
Thyonidiella oceana Heding et Panning, 1954 : 172, fig. 82.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Galenon, Thomassin coll., 1975 : 25 ex.
Les 25 spécimens, tous semblables, mesurent entre 11 et 21 mm de long sur 5 à 8
mm de large; très contractés, de forme cylindrique et de couleur marron très clair à
jaunâtre, leurs tentacules sont invaginés. Les podia, les plus nombreux assez longs et
gros, d'autres, plus rares, plus courts et plus minces, sont répartis, très serrés, sur tout
Je corps auquel ils donnent un aspect verruqueux. L'anus est armé de cinq dents rectan-
gulaires d'une longueur de 350 à 580 1m et d'une largeur de 80 à 100 pm.
Quinze tentacules, dix grands sur un cercle externe, cinq très petits sur un cercle
interne. Couronne calcaire à radiales prolongées par d'assez longues queues faites de
cinq articles, à interradiales composées de quelques gros morceaux et à sommet en angle
aigu (fig. 101, G).
Source : MNHN. Paris
GUSTAVE CHERBONNIER
230
MNHN. Paris
Source
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 231
Une grosse vésicule de Poli. Un canal hydrophore logé dans le mésentère dorsal, à
madréporite ovale. Muscles rétracteurs en forme de biceps, s'attachant au quart antérieur
du corps à des muscles longitudinaux larges et épais.
Fig. 101.— Thyonidiella oceana Heding et Panning. À : plaques du légument: B : bâtonnets des
podia; € : bâtonnet des tentacules; D : petit disque calcaire des petits podia; E : grand disque calcaire des
grands podia; F : corpuscule crépu des tentacules et du tégument anal; G : couronne calcaire.
G = éch. 1; A-E = éch. 2; G = éch. 3.
<- Fig. 100. — Thyonidiella exigua nov. sp. A-D, N, P: tourelles du tégument; E : bâtonnets du
tégument, F : corpuscule crépu du tégument anal; G : grande plaque du tégument; H, I : bâtonnets des
podia; J, K : plaques et bâtonnet des tentacules; L, M, N : tourelles du téugment anal; O : corps rond-du
tégument; Q : couronne calcaire.
Q = éch. 1; J = éch. 3; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
232 GUSTAVE CHERBONNIER
Gonades constituées de quelques tubes courts, gros, non divisés. Poumons re-
montant jusqu'à la couronne calcaire, portant des grappes de grosses vésicules espacées
sur le tronc.
Spicules . — Les seuls spicules existant dans tout le tégument sont quelques gran-
des plaques à trous inégaux (fig. 101, A). La paroi des podia est soutenue par de rares
bâtonnets (fig. 101, B), et leur disque calcaire est grand et très ajouré chez les £TOS po-
dia (fig. 101, E) jusqu'à deux fois plus petit et peu troué chez les petits podia (fig. 101,
D). Les tentacules possèdent de rares bâtonnets localisés dans les ramifications supé-
rieures (fig. 101, C), ainsi que de nombreux corpuscules crépus de tailles diverses, que
l'on retrouve dans l'introvert et dans le tégument anal (fig. 101,F).
OBSERVATIONS. — Les trois exemplaires originaux de T. oceana ; l'un provenant
des Moluques (Ambon), les deux autres de l'île Maurice, m'ont été aimablement com-
muniqués par le Dr. Madsen, ce dont je le remercie vivement.
Le spécimen capturé à Ambon a, comme le soulignent Heding et Panning, un peu
l'aspect d'un Ypsilothuria avec la bouche et l'anus dressés vers le haut; il mesure 26
mm ventralement, 40 mm dorsalement, avec une largeur médiane de 17 mm. Il est entiè-
rement marron clair. Les podia, très nombreux et serrés, sont répartis sans ordre sur
tout le corps; ils sont gros, courts, cylindriques, à large ventouse soutenue par un dis-
que calcaire de 300 à 320 11m de diamère. La couronne calcaire, semblable à celle figu-
réee par Heding et Panning, semble avoir les extrémités des prolongements caudaux
accolés, sinon soudés (fig. 102, B). Le tégument ventral est totalement dépourvu de
spicules, à l'exception de grandes plaques treillissées situées sous le disque pédieux
(ig. 101, A).
En revanche, le tégument dorsal possède de nombreuses tourelles de formes diver-
ses; d'une base régulière ou irrégulière, à bord festonné, s'élève une courte flèche à
quatre piliers (fig. 102, F), terminée par une couronne régulière (fig. 102, C, H), irré-
gulière ou en voie de formation (fig. 102, E). Les tentacules, l'introvert et le tégument
anal ont des corpuscules crépus (fig. 102, G). Il ne semble pas y avoir de dents anales.
Ce spécimen, par la présence de tourelles dans le tégument dorsal, ne correspond pas à
la description de l'espèce telle qu'elle a été définie par Heding et Panning. L'erreur
vient, sans doute, de ce que ces auteurs n'ont prélevé qu'un petit morceau du tégument
ventral en négligeant le tégument dorsal. Le spécimen d'Ambon semble n'être qu'un
représentant de Semperiella tenera (Ludwig, 1875), de mer Rouge et des îles Samoa; sa
couronne calcaire et ses tourelles ressemblent beaucoup à celles de cette espèce.
Les exemplaires de Madagascar sont semblables, à la fois par la forme, les spicu-
les, la couronne calcaire et les dents anales, aux deux spécimens de l'île Maurice dont le
corps jaune foncé, cylindrique, couvert de podia, à bouche et anus terminaux, mesurent
respectivement 42 mm de long sur 16 mm de large et 44 mm sur 12 mm, et qui sont
entièrement dépourvus de spicules sauf la présence de plaques treillissées sous le disque
calcaire des podia et celle de corpuscules crépus dans le tégument anal, les tentacules et
l'introvert, ainsi que par la possession de dents anales.
L'holotype n'ayant pas été formellement désigné par Heding et Panning, il serait
logique de considérer les deux spécimens de l'ile Maurice comme les syntypes de T.
oceana .
ECOLOGIE. — T. oceana a été récoltée, à mer basse, sous les blocs ensablés d'une
levée détritique du grand récif de Tuléar;
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, île Maurice.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 233
ceana Heding et Panning. À : grande plaque des podia; B : couronne
Fig. 102. — Thyonidiella o
du tégument; G : corpuseule crépu des tentacules, de l'introvert et du
calcaire; C-F, H : tourelles
tégument anal.
B = éch. 1; À, C-F, H = éch. 2; G = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
234 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre SELENKIELLA Heding et Panning, 1954
Selenkiella paradoxa Cherbonnier, 1970
Fig. 103, A-O)
Selenkiella paradoxa Cherbonnier, 1970 : 291, fig. 6, A-P.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar (Maähavatsy), Thomassin coll., 1962 : 6 ex.,
(grand récif), Thomassin coll., 1 ex.
Tous les animaux, fortement contractés et à tentacules invaginés, sont fortement
plissés transversalement; en forme de concombre à anus effilé; ils mesurent entre 30 et
40 mm de long sur 18 à 20 mm de large. Le tégument, épais et lisse, est uniformément
marron plus ou moins foncé. Le corps entier est couvert de podia assez serrés, identi-
ques, gros, courts, à ventouse cernée d'orange. Bouche terminale: anus terminal armé
de cinq petites dents calcaires fusiformes, celles-ci surplombées par cinq podia. La
ventouse des podia ventraux est soutenue par un disque calcaire de 380 à 420 um de
diamètre, celle des podia dorsaux par un disque d'au plus 210 Em.
Vingt-cinq tentacules mouchetés de noir, répartis en deux cercles : un cercle exter-
ne de quinze grands tentacules, un cercle interne de dix petits tentacules. Couronne
calcaire à interradiales en fer de lance, à radiales prolongées par des queues formées de
cinq à six pièces inégales (fig. 103, H). Une vésicule de Poli. Un petit canal hydro-
phore à madréporite sphérique. Gonades faites de gros tubes simples ou ramifiés.
Muscles rétracteurs courts, s'attachant au tiers antérieur du corps à d'épais muscles
longitudinaux. Poumons remontant jusqu'à la couronne calcaire, portant, tout du long
du canal principal, des touffes de tubes noirâtres. Petit cloaque.
Spicules . — Les spicules de tout le tégument sont identiques, sauf en ce qui con-
cerne les tourelles de la partie anale. Ils se composent essentiellement de plaquettes peu
épaisses, le plus souvent percées de quatre trous mais aussi de six à dix trous inégaux
(fig. 103, A); certaines de ces plaquettes, assez peu nombreuses, atteignent une plus
grande taille, prennent une forme arrondie à quadrangulaire et portent, au centre, une
petite élévation de forme très variée (fig. 103, B). Parmi ces plaquettes, on trouve de
petites rosettes simples, assez peu nombreuses (fig. 103, C). Les tourelles ont typique-
ment le bord de la base ondulée, base percée de quatre trous centraux et de huit trous
périphériques, à flèche à quatre piliers terminée par une étroite couronne plus ou moins
épineuse, à centre perforé ou non (fig. 103, F, M). Quelques tourelles sont plus peti-
tes, plus irrégulières, à base circulaire (fig. 103, F). Dans la partie anale, la base des
tourelles est plus grande, surmontée d'une flèche plus haute à couronne plus épineuse,
parfois incomplète (fig. 103, G), ou à base encore plus développée percée de 25 à 30
trous inégaux.
La paroi des podia renferme des bâtonnets très caractéristiques de l'espèce (fig.
103, L), des plaques allongées (fig. 103, K) et, essentiellement chez les podia entourant
l'anus, de grands bâtonnets lisses ou portant une esquisse de flèche (fig. 103, N), par-
fois une vraie flèche à deux piliers (fig. 103, O). Les rosettes de la partie anale sont plus
perforées que celles du reste du tégument (fig. 103, D).
Les bâtonnets des tentacules sont, pour la plupart, petits et minces, percés d'un
petit trou à chaque extrémité (fig. 103, I); ils sont accompagnés de très nombreux
corpuscules crépus (fig. 103, E).
ECOLOGIE. — L'holotype a été récolté dans le banc de sable du Rio Coche, au
cours d'une fouille par 35 m de profondeur. A Tuléar, l'espèce vit dans le sable putride
où très fin avec débris de coquilles, parmi les herbiers à Syringodium isoetifolium seul
ou mélangé à Cymodocea serrulata .
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 235
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Estuaire du Morrum Bene (Mozambique),
Madagascar.
Fig 103. — Selenkiella paradoxa Cherbonnier. À : plaquettes simples du tégument; B : plaquettes à
€ : rosettes du tégument; D : corpuscules crépus du tégument anal;
égument; G, J : tourelles du tégument anal; H:
ttes des podia; L, N, O : bâtonnets des podia.
excroissance centrale du tégument;
E : corpuscule crépu des tentacules; F, M : tourelles du
couronne calcaire: I : bâtonnets des tentacules; K : plaque
M = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
236 GUSTAVE CHERBONNIER
Genre LIPOTRAPEZA H. L. Clark, 1938
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules : présence de tourelles et de pseudo-tourelles uniquement dans le tégu-
ment anal L. ambigua nov.sp.
— Spicules : pas de tourelles ni de pseudo-tourelles dans le tégument anal ...... 2
D
Spicules : absence de spicules dans tout le tégument . ..... L. incurva nov. sp.
— Spicules : présence de plaques irrégulières dans le tégument anal ............
L. ventripes (Joshua et Creed)
Lipotrapeza ambigua nov. sp.
(Fig. 104, À-H)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 12 ex. (holotype et
paratypes, n° 2767).
Les douze exemplaires, entièrement marron clair à très clair, sont de forme cylin-
drique, sans amincissements antérieur et postérieur; l'holotype mesure 24 mm de long
sur 8 mm de large, les paratypes entre 10 et 35 mm de long sur 6 à 7 mm de large. Leur
corps est couvert, aussi bien sur les radius que sur les interradius, de gros et courts
podia terminés par une large ventouse soutenue par un disque calcaire de 200 à 220 im
de diamètre, sauf chez les podia entourant l'anus où le disque calcaire ne dépasse pas
102 à 140 um. L'anus est fermé par cinq dents anales subrectangulaires (fig. 104, G).
Tous les exemplaires ont leurs tentacules invaginés; ceux-ci, au nombre de 20, se
répartissent en trois cercles : un cercle externe de dix grands tentacules bruns, deux
cercles internes de chacun cinq petits tentacules marron clair. La couronne calcaire est
faite de dix pièces à corps non mosaïqué, les interradiales prolongées postérieurement
par une pseudo-queue de quelques grosses pièces, alors que les radiales ont de longs
prolongements caudaux (fig. 104, H). Une très grosse vésicule de Poli et un long et fin
canal hydrophore terminé par un petit madréporite sphérique. Gonades faites de longs
tubes simples. Muscles rétracteurs très gros, courts, s'attachant au cinquième antérieur
du corps à des muscles longitudinaux très larges et plats. Les poumons, portant de
grosses ramifications feuillus, atteignent à peine le milieu du corps.
Spicules . — Il n'y a absolument aucun spicule dans le tégument sauf à proximité
de l'anus où ils sont d'ailleurs excessivement rares. Ce sont des plaques portant un
nodule central et une trabécule latérale (fig. 104, B), ou des tourelles à base circulaire
percée de dix à douze trous périphériques et de quatre trous centraux, à flèche sans
doute à quatre piliers terminée par une couronne carrée (fig. 104, A); on dénombre
également de nombreux corpuscules crépus (fig. 104, D). Les podia ont de longues
plaquettes incurvées situées autour et sous le disque calcaire (fig. 104, E). Les tentacu-
les n'ont que de très rares petits bâtonnets dans les digitations (fig. 104, F), mais sont
es leur base par un ruban blanchâtre formé de très nombreux corpuscules crépus
(fig. 104, C).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce diffère de L. ventripes par la forme de
la couronne calcaire et par celle des spicules.
ECOLOGEE. — L. ambigua a été récoltée uniquement dans les levées détritiques du
grand récif de Tuléar, à l'aide d'une benne.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 237
Lipotrapeza incurva nov. sp.
(Fig. 105, A-I)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 8 ex. (holotype
n° 2959, paratypes n° 3600).
L'holotype, fortement courbé, à tentacules invaginés, mesure dorsalement 7 mm,
ventralement 15 mm, avec une largeur moyenne de 4 mm. Le tégument, assez épais, est
uniformément blanc crème. Les podia, très gros, plus nombreux sur le trivium que sur
le bivium, sont répartis sans ordre sauf à l'approche de la bouche et de l'anus, où ils
semblent s'aligner en double rang sur chaque radius; leur disque terminal mesure de 170
à 210 um de diamètre. L'anus est armé de cinq minuscules dents calcaires spatulées,
surmontées chacune d'un petit podia. Les paratypes, semblables en tous points à
l'holotype, ont une longueur comprise entre 7 et 10 mm.
Fig. 104. — Lipotrapeza ambigua nov. sp. À, B : tourelles du tégument anal; C : corpuseule crépu des
tentacules: D : corpuscule crépu du tégument anal; E : plaque des podia; F : bâtonnet des tentacules; G :
dent anale; H : couronne calcaire.
H = éch. 1; G = éch. 2; A-F = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
238 GUSTAVE CHERBONNIER
Vingt tentacules, apparemment dix grands sur un cercle externe et dix très petits
sur deux cercles internes. Couronne calcaire à larges radiales prolongées chacune par
deux queues petites et minces faites de trois fragments peu nets, interradiales à base
fortement échancrée (fig. 105, F). Une vésicule de Poli cylindrique, violacée, de 3 mm
de long. Canal hydrophore non décelé. Muscles rétracteurs, courts, épais, en forme de
raquette, s'attachant à des muscles longitudinaux larges, peu épais. Gonades faites de
très gros et courts tubes, violet foncé à brun chocolat, bourrés de gros œufs. Poumons
portant, échelonnés, des tubes simples ou plusieurs fois ramifiés. Petit cloaque.
Spicules . — À part la région anale où se trouvent de nombreuses petites rosettes
(fig. 105, D), le tégument ne possède aucun spicule. Dans quelques podia existent un
ou deux bâtonnets situés sous le disque calcaire (fig. 105, E). Les spicules des tentacu-
les sont fort divers : ce sont surtout de longs bâtonnets à extrémités multiperforées (fig.
105, H) ou fourchus (fig. 105, G), de petits bâtonnets occupant surtout les ramifica-
tions (fig. 105, I), des plaques peu nombreuses (fig. 105, B), des rosettes (fig. 105,
A), ainsi que de grands corpuscules crépus (fig. 105, C), ces deux dernières formes
coexistant dans l'introvert.
OBSERVATIONS. — L. incurva diffère assez nettement de deux espèces littorales
du sud de l'Australie : L. ventripes (Joshua et Creed, 1915) et L. vestiens (Joshua,
1914), à couronnes calcaires bien différentes, et dont les tentacules sont répartis en trois
cercles. D'après Joshua et Creed, ventripes n'aurait aucun spicule dans tout le tégu-
ment, alors que H. L. Clark (1938) déclare avoir trouvé, comme chez incurva , des
rosettes dans la région anale, l'introvert et les tentacules, et des bâtonnets dans les ten-
tacules et les podia.
Joshua note, chez vestiens, l'absence de spicules dans le tégument, ceux-ci ne se
trouvant que dans les tentacules sous forme de bâtonnets et de rosettes, alors que H. L.
Clark (1938) note la présence, dans la région anale de petits spécimens d'environ 50
mm, de nombreuses rosettes, de petites baguettes et même des tourelles, ainsi que de
microscopiques dents anales.
Si les spécimens originaux de ventripes et de vestiens sont identiques à ceux étu-
diés par H. L. Clark, il faut en déduire une assez grande variation dans la forme et la
distribution des spicules, en particulier selon la taille de l'animal.
ECOLOGIE. — L. incurva a été récoltée sur la pente externe du grand récif de
Tuléar.
Lipotrapeza ventripes (Joshua et Creed, 1915)
(Fig. 106, A-L)
Phyllophorus ventripes Joshua et Creed, 1915 : 19, pl. 2, fig. 1, pl. 3, fig. 5.
Lipotrapeza ventripes - H. L. CLARK, 1938 : 495; 1946 : 412. — HEDING et PANNING, 1954 : 175,
fig. 83.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 5 ex.
Les cinq exemplaires, dont trois sont en assez mauvais état, de couleur blanc rosé,
à tégument très mince, lisse, mesurent entre 12 et 20 mm; leur corps en forme de con-
combre légèrement aminci à l'anus est, chez les petits spécimens, entièrement couvert de
podia, alors que chez le spécimen de 20 mm, les podia dorsaux sont rares, séparés par
de larges aires nues. La ventouse de tous les podia est soutenue par un disque calcaire
de 140 à 160 im de diamètre. Les tentacules, invaginés, au nombre de 20, se répartis-
sent en un cercle externe de 10 grands tentacules et en deux cercles internes de chacun
MNAHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 239
cinq petits tentacules. La couronne calcaire a des interradiales en fer de lance, à base
fortement échancrée, des radiales prolongées par de courtes queues faites de quatre à
cinq pièces (fig. 106, I). Une ou deux vésicules de Poli et un seul canal hydrophore.
Muscles rétracteurs courts, épais, s'attachant au tiers antérieur du corps à des muscles
longitudinaux larges et plats. Chez le grand spécimen, les gonades sont faites de nom-
breux tubes simples, violet foncé. Anus armé de cinq fortes dents calcaires subrectan-
gulaires (fig. 106, F).
Fig. 105. — Lipotrapeza incurva nov. sp. À : corpuscule crépu des tentacules et de l'introvert; B :
plaque des tentacules; C : grand corpuscule crépu des tentacules; D : rosettes du tégument anal; E :
bâtonnets des podia; F : couronne calcaire; G, H, 1: bâtonnets des tentacules.
F = éch. 1; G, H, I = éch. 2; A-F = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
240 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules . — Le tégument proprement dit, à part la région anale, est totalement
dépourvu de spicules. Dans les podia, des bâtonnets incurvés entourent, en petit nom-
bre, le disque calcaire (fig. 106, G, K). En revanche, dans la région anale, on trouve
des plaques irrégulières, plus ou moins perforées, à bord simplement ondulé (fig. 106,
A) ou un peu échancré (fig. 106, B, C), accompagnées de corpuscules crépus (fig. 106,
D) ou de spicules dérivés de corpuscules crépus (fig. 106, E). Les tentacules ont des
bâtonnets droits ou courbes assez peu nombreux , à extrémités dentelées peu perforées,
parfois légèrement noduleuses (fig. 106, J), ainsi que des pseudo-plaques de grande
taille (fig. 106, H); on y trouve également, ainsi que dans l'introvert, des corpuscules
crépus différents de ceux de la région anale (fig. 106, L) et de moins grande taille.
OBSERVATIONS. — L. ventripes a été décrit d'après les spécimens du sud de
l'Australie, qui n'avaient aucun spicule dans le tégument, mais dont les podia possé-
daient un disque calcaire sous lequel se trouvaient quelques bâtonnets. Clark (1938)
note, sur un des paratypes, la présence de rosettes et de bâtonnets dans l'introvert et
dans le tégument anal, celle de nombreux podia sur la face ventrale, plus rares sur la
face dorsale avec de petites aires nues. La petitesse des exemplaires de Tuléar, dont
cependant la couronne calcaire est semblable à celle des spécimens d'Australie, explique
sans doute les variations constatées dans la distribution des podia ainsi que dans la for-
me et la répartition des spicules.
ECOLOGIE. — À Tuléar, L. ventripes a été récoltée, à mer basse, dans les levées
détritiques.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Madagascar, sud de l'Australie.
Genre CLADOLABES Brandt, 1835
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules : baguettes dérivées de tourelles à base en forme de bipied, à flèche termi-
née par une petite couronne d'épines ............. C. bifurcatus (Deichmann)
— Spicules : ovules perforés, corps en forme de navette effilée, pointue, à base élar-
bienperforée OHÉe CATCEAUX EC. C.pichoni nov. sp.
Cladolabes bifurcatus (Deichmann, 1944)
(Fig. 107, A-I)
Urodemas bifurcatum Deichmann, 1944 : 731-737, fig. 1.
Cladolabes bifurcatus - HEDING et PANNING, 1954 : 132.
MATERIEL. — Madagascar : Fort-Dauphin, Decary coll., 1932 : 1 ex.
Fig. 106. — Lipotrapeza ventripes (Joshua et Creed). À, B, C : plaques du tégument anal; D, E :
corpuscules crépus du tégument anal; F : dent anale; G, K : bâtonnets des podia; H : bâtonnet des
tentacules; I : couronne calcaire; J : bâtonnets des tentacules; L : corpuscule crépu des tentacules.
1= éch. 1; F = éch. 2; D, E, J = éch. 3; A-C, G,K, L= éch. 4.
Source : MNHN. Paris
241
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
fu 1mm
21—100pm
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Source : MNHN. Paris
242 GUSTAVE CHERBONNIER
100p77 ù
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 243
L'unique exemplaire, de petite taille, ne mesure que 24 mm. Le tégument mince,
légèrement rugueux, est entièrement marron. Les podia ventraux, gros, courts, sont
disposés en double rang sur chaque radius, mais il existe aussi quelques rares podia
interradiaires. Les podia dorsaux, rétractés et peu visibles, semblent également répartis
uniquement sur les radius.
Vingt tentacules en trois cercles : un cercle externe de dix gros tentacules touffus,
un cercle interne de cinq petits tentacules et, entre les deux, un cercle de cinq tentacules
de taille intermédiaire. Couronne calcaire à radiales et interradiales étroites échancrées à
leur base et réunies par une fine membrane (fig. 107, F). Huit courtes vésicules de Poli.
Une cinquantaine de minuscules canaux hydrophores disposés tout autour du canal oral.
Muscles rétracteurs épais, courts, s'attachant au quart antérieur du corps à des muscles
longitudinaux étroits et plats. Gonades formées de nombreux et longs tubes fins,
biramifiés. Poumons remontant jusqu'à la couronne calcaire, dont le tronc porte, assez
espacées, des grappes de trois à six petits tubes. Petit cloaque. Anus sans dents.
Spicules . — Les spicules du tégument sont des baguettes dérivées de tourelles, à
base bifurquée, à sommet terminé par une petite couronne d'épines (fig. 107, A), et qui,
vue du dessus, a la forme d'une étoile à six ou sept courtes branches latérales et deux à
quatre, ou plus, courtes épines plus ou moins centrales (fig. 107, B). Dans les podia,
dont la ventouse est soutenue par un disque calcaire de 290 à 320 11m de diamètre, on
trouve uniquement de grandes plaques (fig. 107, I). Dans l'introvert existent de
véritables tourelles à base soit semblable à celle des baguettes du tégument, soit, le plus
souvent, assez grande, circulaire ou à bords irréguliers, tourelles coiffées d'un gros
buisson épineux (fig. 107, C, D, H). Les bâtonnets des tentacules ont leurs extrémités
peu à très perforées (fig. 107, G); ils sont accompagnés de nombreuses plaques
allongées ressemblant à de grandes rosettes (fig. 107, E).
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Afrique du Sud (Umtvalumi, sud de Durban),
Madagascar.
Cladolabes pichoni nov. sp.
(Fig. 108, A-I)
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be, en dragage entre 64 et 68 m de profondeur,
Pichon coll., 1971 : 1 ex. (holotype n° 2943).
L'unique spécimen, très fortement contracté et à tentacules invaginés, en forme de
tonneau, mesure 50 mm de long sur 45 mm de large; la région anale a été arrachée lors
de la récolte; son tégument, lisse, épais de 4 à 6 mm, est uniformément marron très
clair. Les podia ventraux sont gros, courts, à large ventouse soutenue par un disque
calcaire de 490 à 510 lim de diamètre; ils sont répartis en deux rangs assez serrés Sur
chaque radius. Les podia dorsaux, identiques aux podia ventraux, sont dispersés, rela-
tivement peu nombreux, sur tout le bivium.
Vingt tentacules brun chocolat, répartis en trois cercles : dix très grands sur un
cercle externe, cinq moyens sur un cercle intermédiaire au cercle interne de cinq petits.
Couronne calcaire très haute, à radiales terminées postérieurement par une pointe étroite,
Fig. 107. — Cladolabes bifurcatus (Deichmann). À, B : spicules du tégument; C, D, H : tourelles de
l'introvert; E : corpuscule des tentacules; F : couronne calcaire; G : bâtonnets des tentacules; I : plaque
des podia.
F = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
244 GUSTAVE CHERBONNIER
à minces interradiales à extrémité postérieure bifurquée; les radiales et les interradiales
semblent formées de minuscules grains calcaires peu visibles, et sont réunis par une fine
membrane (fig. 108, B). Une quarantaine de petites vésicules de Poli. Très nombreux
canaux hydrophores de 1 à 2 mm de long, répartis en groupes tout le long du canal oral
dorsal. Gonades faites de très nombreux et longs tubes fins, simples, jaune foncé.
Muscles rétracteurs très courts, gros, renflés en "biceps", s'attachant à des muscles
longitudinaux larges et épais. La partie anale ayant été arrachée, tous les autres viscères
ont disparu.
Spicules . — Les spicules du tégument, de loin les plus nombreux, sont des
ovules à un ou deux petits trous, quelques-uns faisant transition à des sortes de navettes
(fig. 108, A); celles-ci sont simples (fig. 108, C), d'autres à base élargie ornée
d'arceaux (fig. 108, D, E), devenant plus longues, très pointues, avec un disque basal
plus ou moins important (fig. 108, F). La paroi des podia est soutenue par des plaques
arquées (fig. 108, H) et des bâtonnets percés sur toute leur surface (fig. 108, I). Les
tentacules possèdent de petits bâtonnets à bords festonnés, ainsi que des corpuscules
crépus (fig. 108, G).
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce, par la forme de sa couronne et de ses
spicules, diffère nettement des autres espèces de C'ladolabes, notamment de C. aciculus
(Semper, 1868), signalée par Heding et Panning (1954) à l'île Maurice, et de C.
bifurcatus (Deichmann, 1954).
ECOLOGIE. — La nature du fond n'a pas été relevée.
ORDRE APODIDA
FAMILLE SYNAPTIDAE
Genre OPHEODESOMA Fisher, 1907
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Face dorsale parcourue par trois larges bandes rose vif, face ventrale blanchâtre
avec deux bandes rose très pâle. Spicules : plaques anchorales à base fortement
ÉtTANE I PC ne el O. grisea (Semper)
— Face dorsale parcourue par trois larges bandes brunes séparées par d'étroits rubans
jaunâtres, face ventrale uniformément grise. Spicules : plaques anchorales à base
POLÉUTANLI EE ee ee ee lee ee O. sinevirga nov. Sp.
Opheodesoma grisea (Semper, 1868)
(Fig, 109, A-F)
Synapta grisea Semper, 1868 : 11, pl. 4, fig. 6-7. — COUTIERE, 1898 : 155.
Opheodesoma grisea - HEDING, 1928 : 129, fig. 4(7), 6 (7-9), 7 (3, 9). — CHERBONNIER, 1955 b :
171, pl. 49, fig. k-t (synonymie). — CLARK et ROWE, 1971 : 186, pl. 30, fig. 11. — ROWE et
DOTY, 1977 : 235, fig. 5a, 88.
Fig. 108. — Cladolabes pichoni nov. sp. A : corpuscules perforés du tégument; B : couronne calcaire;
C-F : navettes du tégument; G : bâtonnets des tentacules; H, I : plaque et bâtonnets des podia.
B = éch. 1; autres figures = éch. 2
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 245
Source : MNHN. Paris
246 GUSTAVE CHERBONNIER
Opheodesoma mauritiae Heding, 1928 : 130, fig. 4 (1), 6 (14-17), 7 (5-10).
Opheodesoma africana Heding, 1931 : 645, fig. 2 (1-3 et 6-11).
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (sans localité), Rousseau coll, 1841 :1
ex., (Nosy Komba), Humes et Fourmanoir coll., 1955 et 1959 : 2 ex., (Mahatsingo),
Humes et Fourmanoir coll.,1955 : 1 ex., (Nosy Tangam), Cherbonnier coll., 1959 : 1
ex., (Ambatoloaka), Cherbonnier coll., 1960 : 1 ex.; îles Mitsio, Crosnier coll., 1959 :
1 ex.; Fort-Dauphin, Decary coll.: 1 ex.
Les spécimens, dont quelques-uns seulement sont entiers, mesurent au maximum
40 cm de long; en alcool, ils sont complètement décolorés; vivants, leur dos, rosé, était
parcouru par trois larges bandes rose vif, leur ventre, blanchâtre, par deux bandes rose
très pâle, à peine visibles; les tentacules étaient jaune rosé; le tégument, qui accroche
fortement aux doigts, portait, chez quelques exemplaires, de nombreuses verrues ali-
gnées longitudinalement.
Quinze tentacules avec une trentaine de paires de digitations non unies par une
membrane. Couronne calcaire blanche, à radiales largement percées d'un trou penta-
gonal (fig. 109, F); elle est enrobée dans une mince couche cartilagineuse translucide.
Nombreuses vésicules de Poli longues, très minces. Une douzaine de petits canaux
hydrophores. Gonades en deux touffes de très nombreux tubes plusieurs fois ramifiés.
Urnes ciliées, très nombreuses, sur les mésentères (fig. 109, E).
Spicules . — Les plaques anchorales ont une base fortement étranglée, percée de
quatre à huit trous ovoïdes à subcarrés, un pont très simple (fig. 109, A). Les ancres
ont leur vertex orné de deux groupes de granules, leur base, souvent perforée au centre,
pourvue de six à huit ramifications épineuses (fig. 109, B). Les tentacules possèdent
uniquement des corpuscules crépus, que l'on retrouve dans le tégument et le disque oral
(fig. 109, D). Celui-ci possède, en plus, de nombreux bâtonnets aux extrémités renflées
et noduleuses (fig. 109, C).
OBSERVATIONS. — Les spécimens de Madagascar correspondent bien à la des-
cription de Semper pour ©. grisea, aussi bien par les spicules que par la forme de la
couronne calcaire, ainsi qu'à ceux que j'ai décrits de mer Rouge. Par ailleurs, il est plus
que probable que ©. africana Heding est synonyme de ©. mauritiae , du même auteur;
enfin, ainsi que le note Heding, les différences entre O. grisea et O. mauritiae sont si
minimes, qu'il est vraisemblable qu'elles sont identiques.
ECOLOGIE. — Cette espèce, qui peut atteindre plus d'un mètre, vit partiellement
enfoncée dans le sable vaseux des herbiers.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
île Maurice, baie du Bengale, Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines et Hawaii.
Opheodesoma sinevirga nov. Sp.
(Fig. 110, A-H)
MATERIEL. — Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 2 ex. (Holotype n° 2884, paratype
n° 2901).
L'holotype atteint une longueur de 50 cm, le paratype de 30 cm. Leur face dorsale
est parcourue par trois larges bandes longitudinales brunes, séparées par d'étroits ru-
bans jaunâtres; la face ventrale est uniformément grise.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 247
Le tégument, qui accroche assez fortement aux doigts, ne porte aucune verrue.
Les deux spécimens ont chacun quinze tentacules pourvus de 30 à 35 paires de
digitations non unies par une membrane; sur leur côté oral, il y a quelques taches ocu-
laires peu visibles. Couronne calcaire légèrement verdâtre, à radiales largement percées
d'un trou oval (fig. 110, G); elle est enrobée dans une mince couronne cartilagineuse
translucide. Nombreuses vésicules de Poli et une quinzaine de petits canaux hydropho-
res. Gonades faites de très nombreux longs tubes ramifiés. Muscles longitudinaux
larges, épais, bifides. Intestin formant une boucle vers le milieu du corps. Très nom-
breuses urnes ciliées sur les mésentères.
Fig. 109. — Opheodesoma grisea (Semper). À : plaques anchorales; B : ancres; C : bâtonnets du
péristome; D : corpuscules crépus du tégument et des tentacules; E : ue ciliée; F : couronne calcaire.
F = éch, 1: À, B = éch. 2; C, E = éch. 3; D = éch. 4.
Source : MNHN. Paris
248 GUSTAVE CHERBONNIER
Fig. 110. — Opheodesoma sinevirga nov. sp. À, D : plaques et ancre du tégument oral; B, E : plaques
et ancre du tégument médian; C, F : plaque et ancre du tégument anal; G : couronne calcaire; H :
corpuscule crépu du tégument, des tentacules et du péristome.
G = éch. 1; A-F = éch. 2; H = éch.3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 249
Spicules . — Les plaques anchorales de l'ensemble du tégument ont presque toutes
une base peu étranglée munie d'un pont simple surmontant deux grands trous latéraux
acompagnés de trois trous basaux dont le central, triangulaire, est bien plus grand que
les deux autres. Les plaques du tégument oral, assez trapues, supportent une ancre à
vertex orné de deux groupes de granules (fig. 110, A), celles du tégument médian, plus
allongées, une ancre plus longue (fig. 110, B), celles du tégument anal, bien plus étroi-
tes, une ancre plus gracile (fig. 110, C). Quelques rares plaques anchorales ont une
base différente, moins (fig. 110, E) ou plus perforée (fig. 110, D, F). Les tentacules et
le péristome ont uniquement des corpuscules crépus (fig. 110, H), que l'on retrouve, en
abondance, dans tout le tégument.
OBSERVATIONS. — Par ses tentacules aux digitations non unies par une membra-
ne, la couleur verdâtre de sa couronne calcaire, l'absence de bâtonnets dans les tentacu-
les et le péristome, cette nouvelle espèce est proche de ©. variabilis Heding, 1928, des
îles Hawaïi; elle en diffère essentiellement par la forme de sa couronne calcaire, la base
peu étranglée des plaques anchorales typiques, la rareté des anomalies de cette base, le
peu d'écartement des bras des ancres.
ECOLOGIE. — Les deux spécimens ont été récoltés, par une profondeur de 12 m,
sur la pente interne de la passe sud du lagon de Tuléar, dans un sable vaseux à Fora-
minifères et Madréporaires libres.
Genre EUAPTA Oestergren, 1898
Euapta godeffroyi (Semper, 1868)
(Fig. 111, A-J)
Synapta godeffroyi Semper, 1868 : 231, pl. 30, fig. 13. — HAACKE, 1880 : 46. LUDWIG, 1883 :
156. — LAMPERT, 1885 : 218. — THEEL, 1886 : 22. — SLUITER, 1894 : 105; 1901 : 123.
Euapia godeffroyi - OSTERGREN, 1898 : 113. — FISHER, 1907 : 721. — H. L. CLARK, 1907 : 72;
1991 : 158: 1924 : 462, pl. 1, fig. 1-4. — HEDING, 1928 : 137, fig. 8 (3-4), 9 (2), 10 (1-
DOMANTAY, 1936 a : 385, pl. 2, fig. 9. — CHERBONNIER, 1955 b : 172, pl. 48, fig. à
CLARK et SPENCER DAVIES, 1966 : 600. — CLARK et ROWE, 1971 : 184, pl. 30, fig. 8.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Ambatoloaka, Andilana, Navetsy), Cher-
bonnier coll., 1959 : 7 ex., (pointe Sanitry), Pichon coll., 1964 : 1 ex.; Tuléar, Tho-
massin coll., 1972 : 2 ex.
Iles Glorieuses, Millot coll., 1959 : 2 ex.
Zanzibar, Rousseau coll., 1841 : 1 ex.
Deux spécimens étudiés n'avaient pas d'extrémité céphalique. Le plus grand mesu-
re 42 cm de long, 10 mm de large sous les tentacules et seulement 5 mm à la partie ana-
le: les autres s'amincissent régulièrement depuis la bouche jusqu'à l'anus. Leur colo-
ration est semblable; vivants, les animaux avaient chaque radius dorsal sillonné longitu-
dinalement par un large ruban marron foncé à vert sombre, bordé de part et d'autre par
deux étroites bandes jaune vif à vert clair; sur chaque interradius dorsal s'alignent de
larges aires quadrangulaires de 2 à 2,5 mm de côté, brunes piquetées de blanc; entre ces
aires, le tégument est rosé; le ventre, blanc rosé à gris violacé, est parcouru par un large
ruban brun à violet sombre, situé sur le radius médian. Les tentacules étaient rosés à
gris bleuté. Ces couleurs sont partiellement conservées en alcool. Le tégument, mince,
Source : MNHN. Paris
250 GUSTAVE CHERBONNIER
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 251
rugueux, attache fortement aux doigts.
Anatomiquement, les spécimens sont identiques. Quinze très grands tentacules
portant chacun 28 à 35 paires de digitations unies par une membrane sur la moitié de
leur longueur. Couronne calcaire blanc verdâtre, non enrobée dans une couronne car-
tilagineuse, à pièces radiales percées pour le passage des nerfs (fig. 111, I). Très nom-
breuses vésicules de Poli, longues et filiformes. Un court canal hydrophore. Gonades
formées de très nombreux et longs tubes simples ou plusieurs fois ramifiés. Muscles
longitudinaux larges, simples, peu épais. Intestin contenant du sable corallien; il fait une
large boucle vers le milieu du corps. Sur les mésentères, très nombreuses urnes ciliées,
toutes de même taille et de même forme (fig. 111, H).
Spicules . — Quelle que soit la région du corps, les plaques anchorales et les an-
cres sont sensiblement de même taille et de même forme. Les ancres ont une longueur
de 430 à 480 pim, une largeur de 220 à 270 11m; leur vertex porte de petites dents répar-
ties par groupes de chaque côté du sommet où groupées au centre de celui-ci (fig. 111,
D, J); la base de la manivelle est fortement ramifiée (fig. 111, D), souvent très épineuse
(fig. 111, E). Les plaques anchorales ont une longueur de 320 à 380 jm, une largeur de
230 à 270 pm; elles sont allongées, un peu rétrécies à la hauteur de pont, percées de
sept trous principaux, de deux grands trous sous le pont, généralement de trous iné-
gaux à la base, ce nombre pouvant, exceptionnellement, être porté à cinq ou six (fig.
111, À, F); le pont est toujours très simple. Il n'y a jamais de plaques anormales.
Les corpuscules crépus, tous de même forme, sont extrèmement nombreux dans
tout le tégument et dans les tentacules; ceux-ci ont, en plus, des bâtonnets (fig. 111, G)
rugueux à fortement noduleux, comme d'ailleurs ceux du péristome (fig. 111, B).
ECOLOGIE. — E. godeffroyi vit dans les herbiers ou sous les pierres des levées
détritiques.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Maldives, Indonésie, nord de l'Australie, îles Philippines et Hawaii, Guam,
Nouvelle-Calédonie.
Genre SYNAPTA Eschscholtz, 1829
Synapta maculata (Chamisso et Eysenhardt, 1821)
(Fig. 112, A-F)
Holothuria maculata Chamisso et Eysenhardt, 1821 : 325, pl. 25. — H. L. CLARK, 1908 : 78, pl. 1,
Pl. 4, fig. 17-19, 26. — OHSHIMA, 1914 : 468. — H. L. CLARK, 1921 : 160; 1924 : 471, pl.
3, fig. 1-2, pl. 4, fig. 1, pl. 5; 1932 : 221. — HEDING, 1928 : 113, fig. 2 (1-10). — À. M.
CLARK, 1952 : 204. — CHERBONNIER, 1955 b : 170, pl. 47, fig. a-d. — CLARK et SPENCER
DAVIES, 1966 : 603. — CLARK et ROWE, 1971 : 186, pl. 30, fig. 9.
Synapta maculata - HEDING, 1928 : 113, fig. 2 (synonymic).
Synapta maculata andreae Heding, 1928 : 115, text-fig. 3, fig. 2 (9-11).
Synapta maculata sundaensis Heding, 1928 : 116, textefig. 3, fig. 3-5.
Fig. 111. — Euapta godeffroyi (Sempen). A, F : plaques anchorales; B : bâtonnet du péristome; Ce
corpuseule crépu du tégument et des tentacules; D, E, J : ancres; G : bâtonnets des tentacules; H : urnes
ciliées: I : couronne calcaire.
1 = éch. 1: À, B, D, F-H, J = éch. 2; C, E = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
252 GUSTAVE CHERBONNIER
Synapata beselii Semper, 1868 : 11, pl. 1, pl. VI, fig. 5-7, 10. — THEEL, 1886 : 9, pl. 1, fig. 12.
Chondrocloea beselii - KOEHLER et VANEY, 1908 : 46.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (sans localité), Rousseau coll., 1841 : 1
ex., (Ambariobe), Fourmanoir et Humes coll., 1955 : 2 ex., (Ambatoloaka, Andilana,
Lokobe, Navetsy), Cherbonnier, Legendre, Millot coll., 1959 : 6 ex., (Antsakoabe),
Pichon coll., 1963 : 1 ex.; Tuléar, Geay coll., 1906 : 1 ex., Decary coll., 1938 : 1 ex.
Thomassin coll., 1965 : 2 ex.; île Sainte-Marie (Ambatoroa), Randinoby coll., 1954 : 2
ex.
Iles Glorieuses, Vergonzanne coll., 1975 : 1 ex.
Le plus grand exemplaire atteint 150 cm de long sur 20 mm de large. Le tégument,
qui accroche fortement aux doigts, est soit rougeâtre parcouru par des bandes transver-
sales brunes, soit vert olive cerclé de nombreuses bandes marron de un à deux centimè-
tres de large, parfois annelé de couleur crème et de brun. Les uns présentaient de gros-
ses verrucosités alignées longitudinalement, d'autres semblaient en être totalement
dépourvues.
Quinze grands tentacules jaunâtres à marron clair, portant chacun de vingt à vingt-
cinq paires de digitations non unies par une membrane. Couronne calcaire blanche, à
pièces quadrangulaires, à radiales perforées; elle est enrobée dans une volumineuse
couronne cartilagineuse (fig. 112, C). Nombreuses et longues vésicules de Poli répar-
ties tout autour du canal oral. Un seul canal hydrophore. Urnes ciliées d'une seule
forme (fig. 112, E), placées à la base des mésentères. Intestin formant une large boucle
vers le milieu du corps.
Spicules . — Le tégument renferme un très grand nombre de rosettes simples (fig.
112, F). On retrouve de telles rosettes (fig. 112, B) dans les tentacules et le péristome
qui sont dépourvus de tout bâtonnet. Les ancres mesurent 800 à 960 lim de long sur
570 à 690 Jim de large; leurs bras ne sont pas denticulés et leur sommet porte ou non de
minuscules granules diversement répartis; la base de la manivelle est très épineuse (fig.
112, A). Les plaques anchorales mesurent 550 à 650 11m de long sur 300 à 370 lim de
large; leur base, élargie, est surmontée d'un pont étroit (fig. 112, D).
ECOLOGIE. — Cette espèce, qui peut atteindre près de trois mètres de long, vit
sous les pierres, surtout dans les herbiers.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar,
îles Mascareignes, du sud-est de l'Arabie au nord de l'Australie, aux îles Philippines,
Chine, Japon, îles Hawaïi.
Genre SYNAPTULA Grsted, 1849
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. - Faces ventrale et dorsale blanches; 12 tentacules. Spicules : plaques anchorales
assez allongées, pourvues d'un pont à fortes apophyses centrales ............
ÉD DST TAN NC UT OS DIS Se Tree d0 JOUE S. mortenseni Heding
— Faces ventrale et dorsale marron; 14 tentacules. Spicules : plaques anchorales
subcirculaires, pourvues d'un pont finement épineux, sans fortes apophyses
CONFAlOS ER NO Te ee st S. reciprocans (Forskal)
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 253
ne
Fig. 112. — Synapta maculata (Chamisso et Eysenhardt). A : ancre; B, F : rosettes du tégument, des
tentacules et du péristome; C : couronne calcaire; D : plaque anchorale; E : ume ciliée.
C = éch. 1; À, D = éch. 2; B, E, F = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
254 GUSTAVE CHERBONNIER
Synaptula mortenseni Heding, 1929
(Fig. 113, A-H)
Synaptula mortenseni Heding, 1929 : 144, fig. 3.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : 1 ex.
L'unique spécimen ne mesure que 15 mm de long. Le tégument, blanc, mince, est
translucide. Les tentacules, au nombre de douze, ont onze à douze paires très espacées
de digitations non unies par une membrane. Couronne calcaire à radiales largement
percées (fig. 113, D). Trois vésicules de Poli et un court canal hydrophore. Gonades
hermaphrodites formées de cinq gros tubes non ramifiés. Urnes ciliées en forme de
demi-entonnoir.
Spicules . — Les ancres et les plaques anchorales sont de même taille dans tout le
tégument. Les ancres, qui mesurent de 140 à 180 1m de long, ont trois à cinq granules
sur le vertex et une base de la manivelle très finement épineuse (fig. 113, E). Les pla-
ques anchorales ont entre 140 et 150 lim de long sur 90 à 110 pm de large; leur pont
porte le plus souvent une ou plusieurs apophyses centrales (fig. 113, A, B) ou est très
rarement dentelé (fig. 113, C). À ces ancres et à ces plaques s'ajoutent de nombreuses
rosettes (fig. 113, F), que l'on retrouve dans les tentacules; les bâtonnets du tronc de
ceux-ci sont courts et massifs (fig. 113, H), ceux des digitations plus fins et plus variés
(fig. 113, G).
OBSERVATIONS. — À part la présence de rosettes, mon spécimen corespond exac-
tement aux exemplaires de Heding. En ce qui concerne les ancres et les plaques, celles
de mon spécimen ont exactement la même taille que celles prélevées chez un syntype,
donc une taille nettement différente de celles indiquées par Heding. L'absence de roset-
tes chez les syntypes peut s'expliquer par une mauvaise conservation, puisque les
spicules d'un des syntypes sont partiellement attaqués. Quoi qu'il en soit, je ne pense
pas que la présence de rosettes chez l'exemplaire de Madagascar puisse justifier une
séparation spécifique de ceux de Zanzibar.
ECOLOGIE. — A Madagascar, S. mortenseni a été récoltée sur un banc de sable
graveleux d'une dune de ballast d'Acropora de la corne sud du grand récif de Tuléar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Zanzibar, Madagascar.
Synaptula reciprocans (Forskal, 1775)
(Fig. 114, AD)
Synapta reciprocans Forskal, 1775 : 121, pl. 38 A.
Synaptula reciprocans - HEDING, 1928 : 160, fig. 15 (1-9). — MORTENSEN, 1926 : 117. —
CHERBONNIER, 1955 b : 173, pl. 35, fig. e-o. — CLARK et ROWE, 1971 : 186, pl. 30, fig. 15.
Chondrocloea (Synapta) striata var. incurvata Vaney, 1905 : 190.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Komba (près de Nosy Be), Humes coll., 1955
: 1 fragment; îles Mitsio, Crosnier coll., 1960 : 2 ex.
Les deux exemplaires entiers mesurent respectivement 80 et 90 mm de long sur
une largeur moyenne de 10 mm; la face dorsale est uniformément marron foncé, la face
ventrale marron clair. Le tégument, très mince, adhère fortement aux doitgs. Ces spéci-
mens sont caractérisés par quatorze très petits tentacules gris foncé, puisque leur
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 255
longueur ne dépasse pas 3 mm; chacun d'eux porte une vingtaine de paires de minuscu-
les digitations rabattues sur le tronc, si bien qu'il est impossible de savoir si elles sont
réunies par une membrane.
La couronne calcaire, enrobée dans une forte couronne cartilagineuse, a les radiales
perforées pour le passage des nerfs (fig. 114, H). On dénombre douze à seize courtes
vésicules de Poli mais un seul canal hydrophore. Gonades formées de dix à quinze gros
tubes terminés par un bouquet et cinq à six grosses et courtes digitations. Muscles
longitudinaux très larges et épais. Intestin très plissé, contenant un sable fin mélangé de
petits graviers; il forme une large bouche vers le milieu du corps. Très nombreuses
urnes ciliées localisées sur les mésentères (fig. 114, G, I).
in
PEN LA EE PE ne Am) CR)
Fig. 113. — Synaptula mortenseni Heding. A-C : plaques anchorales; D : couronne calcaire; E : ancre;
F: rosettes du tégument et des tentacules; G, H : bâtonnets des tentacules.
D = éch. 1; A-C, E, G, H = éch. 2; F = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
256 GUSTAVE CHERBONNIER
Spicules . — Les ancres, toutes de la même forme et d'une longueur comprise en-
tre 230 et 250 um, ont de trois à six granules sur le vertex, et une base de la manivelle
très finement épineuse (fig. 114, D). Les plaques anchorales des régions orale et média-
ne ont un pont dentelé, et leur base est percée presque toujours de trois petits trous (fig.
114, A); en plus de ces plaques, on trouve, dans la région anale, des plaques plus ovoi-
des (fig. 114, B), ainsi que des plaques deux fois plus petites (fig. 114, C). Les cor-
puscules crépus du tégument sont peu nombreux (fig. 114, E), ceux des tentacules un
peu plus massifs (fig. 114, F); il n'y a pas de bâtonnets dans la paroi de ceux-ci.
OBSERVATIONS. — Les spécimens de Madagascar correspondent à ceux de la mer
Rouge par leur couleur, la forme de la couronne calcaire, des urnes ciliées, des ancres et
des plaques anchorales; ils n'en diffèrent que par la petitesse des tentacules et de leurs
digitations, unies ou non par une membrane. Ils présentent d'étroites affinités avec S.
rosea Heding, 1928, de l'île Jolo située au sud des Philippines, dont la couronne
calcaire, les plaques et les ancres, les urnes ciliées et les gonades sont semblables, mais
dont les digitations des tentacules sont unies par une membrane. Il se pourrait que rosea
ne soit qu'une simple forme de reciprocans .
11—imm 2 il 1100 3l _ 1 50m
Fig. 114. — Synaptula reciprocans (Forskal). À : plaques anchorales des téguments oral et médian; B,
C : plaques anchorales du tégument anal; D : ancre; E, F : corpuscules crépus; G, I : urnes ciliées; H :
couronne calcaire.
H = éch. 1; A-D, G, I = éch. 2; E, F = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 257
ECOLOGIE. — En mer Rouge, S. reciprocans a été récoltée entre 2 et 15 m sur la
paroi surplombante des récifs, enroulée autour des branches des Stylophora , ainsi que
sur le sable corallien; aux îles Mitsio, dans le sable, par des fonds de 30 à 40 mètres; à
Nosy Be, dans un herbier.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, golfe d'Aden, Madagascar.
Genre LEPTOSYNAPTA Verrill, 1867
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Treize tentacules. Spicules : plaques anchorales allongées, effilées postérieurement;
ancres à bras fortement incurvés. Granules miliaires en forme de C ou de O.....
L. tantula nov. sp.
2. Spicules : plaques anchorales un peu plus longues que larges, arrondies postéri-
eurement où elles sont percées d'un trou central en forme de sablier. Granules
miliaires entforme: de CURSEUR MEN L. geyserensis nov. Sp.
— Spicules : plaques anchorales ovoïdes, bien plus longues que larges, légèrement
effilées postérieurement sans trou central en forme de sablier. Granules miliaires en
forme de petites plaques perforées ................... L. oblonga nov. sp.
Leptosynapta tantula nov. sp.
(Fig. 115, A-J)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1969, 1972 : 42 ex. (holo-
type et paratypes n° 3591).
Le plus grand exemplaire en bon état, (holotype), mesure 27 mm de long et à peine
2 mm de large. D'autres spécimens, plus grands et plus gros, sont dépourvus d'extré-
mité céphalique, si bien que l'on peut estimer leur longueur à près de 50 mm sur 3 à 4
mm de large.
Les spécimens sont soit blanc grisâtre ou rosés, et possèdent treize tentacules por-
tant chacun quatre à six paires de digitations et six à dix coupes sensorielles. La couron-
ne calcaire, bien calcifiée, a les pièces radiales percées pour le passage des nerfs (fig.
115, F). Un gros estomac musculeux est suivi d'un intestin presque droit, bourré de
sable et d'assez gros graviers. Une à quatre vésicules de Poli très courtes, mais un seul
canal hydrophore terminé par un madréporite trilobé (fig. 115, I). Les muscles longitu-
dinaux sont larges et épais. Les urnes ciliées sont localisées sur la paroi de l'interradius
dorsal médian; elles sont nombreuses, non en grappes, et semblent réunies par un sto-
lon (fig. 115, J). Les gonades se composent de quatre à six gros tubes simples, bourrés
de très gros œufs chez quelques spécimens.
Spicules . — Les ancres et les plaques anchorales des téguments oral et médian
sont identiques. Les plaques anchorales, plus longues que larges, s'effilent plus ou
moins à leur partie postérieure qui est pourvue de quelques trous triangulaires où arron-
dis, le centre de la partie antérieure étant percé de sept trous de grandeur inégale (fig.
115, A, B). Les ancres sont courtes, à bras écartés du manche dont la base est simple-
ment ondulée (fig. 115, D). Les plaques anchorales de la région anale sont plus larges,
Source : MNHN. Paris
258 GUSTAVE CHERBONNIER
presque ovoïdes (fig. 115, C), les ancres, bien plus longues, ont leurs bras rapprochés
du manche dont la base est finement denticulée (fig. 115, E). Les spicules des bandes
radiaires sont en forme de O ou de C (fig. 115, H); les bâtonnets des tentacules sont
courts, à extréimités festonnées, perforées ou non (fig. 115, G).
2
10oum
Fig. 115. — Leptosynapta tantula nov. sp. À, B, C : plaques anchorales; D, E : ancres; F : couronne
calcaire; G : bâtonnets des tentacules; H : corpuscules des bandes radiaires; I : madréporite; J : ume
ciliée.
F, 1, J = éch. 1; A-E, G, H = éch. 2.
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente des affinités avec Leptosynapta
variopatina Heding, 1928, récoltée à Port-Jackson (Australie) sous les pierres littorales.
Les ancres et les plaques des parties antérieure et médiane du corps sont similaires mais
non identiques, ainsi que les bâtonnets des bandes radiaires et des tentacules; mais les
ancres et les plaques anchorales de la partie postérieure sont bien différentes.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 259
ECOLOGIE. — Grand récif de Tuléar et récif d'Ifaty, pente externe et interne, 7 à
12 m de profondeur, dans le sable ou sous les blocs ensablés; récif de Sarodrano, dans
les levées détritiques.
Leptosynapta geyserensis nov. sp.
(Fig. 116, A-M)
MATERIEL. — Banc du Geyser, ouest des îles Glorieuses, Bouchet coll., 1977 : 1
ex. (holotype n° 3574).
L'unique spécimen, et holotype, est fragmenté en deux morceaux : l'un, d'environ
15 mm, comprend l'extrémité céphalique et une partie du tégument oral; l'autre, égale-
ment de 15 mm de long sur 4 mm de large, se rapporte au tégument médian et, peut-
être, au tégument anal. L'animal, à tégument mince et lisse, est uniformément blanc.
Douze tentacules avec quatre paires de digitations, non unies par une membrane, et
une digitation terminale plus longue que les autres. La couronne calcaire (fig. 116, M) a
les radiales perforées et n'est pas incluse dans une couronne cartilagineuse. Deux vési-
cules de Poli et un canal hydrophore à petit madréporite oval. Muscles longitudinaux
larges et plats. Gonades (?). Intestin rompu ayant déversé dans la cavité générale un
sable corallien très grossier. Urnes ciliées de la forme ordinaire, en éventail, semblant
localisées à la base du mésentère dorsal.
Spicules . — Les plaques anchorales des téguments oral et médian sont plus lon-
gues que larges, à bords peu ondulés, percées de sept trous centraux, de quatre trous
latéraux et, à la base, de deux à quatre trous dont le central, étranglé au milieu, est en
forme de sablier (fig. 116, A, B, C); cependant, chez de très rares plaques, ce trou en
forme de sablier est remplacé par un ou deux petits trous ronds (fig. 116, D, L). Les
ancres correspondantes (fig. 116, E, G) ont une taille comprise entre 150 et 170 met
des bras ayant de quatre à sept petites dents. Les plaques anchorales, qui sont peut-être
celles du tégument anal, mélangées à quelques plaques décrites ci-dessus, sont plus
petites, à bords plus ondulés (fig. 116, H), dont l'ancre ne dépasse pas 95 à 100 met
à bras peu dentés (fig. 116, I). Le tégument et les bandes radiaires possèdent également
d'assez nombreux corpuscules en forme de C (fig. 116, F). Les bâtonnets des digita-
tions des tentacules, légèrement courbes, sont percés à une ou aux deux extrémités (fig.
116, J); la base du tronc des tentacules est occupée par de très nombreux corpuscules,
généralement en forme de C, perforés ou imperforés (fig. 116, K).
OBSERVATIONS. — Une seul espèce d'Australie, Leptosynapta dolabrifera
(Stimpson, 1856), a des plaques anchorales dont la base possède un trou allongé mais
ce trou n'est pas alors en forme de sablier; par ailleurs les contours de la base de ces
plaques sont , chez cette espèce, nettement moins ondulés que ceux des plaques ancho-
rales de L. geyserensis . De plus, les corpuscules du tégument et les bâtonnets des ten-
tacules sont très nettement différents, ainsi que la couronne calcaire; enfin, au contraire
de ce que nous constatons chez notre espèce, les ancres de dolabrifera sont plus lon-
gues dans la partie antérieure du corps que dans la partie postérieure.
ECOLOGIE. — Cette nouvelle espèce de synapte a été récoltée, à l'aide d'une su-
ceuse, par 3 et 8 m de profondeur, dans le lagon de la partie sud du banc du Geyser, sur
fond de sable corallien à dominante d'articles de l'algue calcaire Halimeda sp., espèce
très répandue sur les pâtés coralliens du platier proche.
Source : MNHN. Paris
260 GUSTAVE CHERBONNIER
100pu7n7
Fig. 116. — Leptosynapta geyserensis nov. sp. A-D, L : plaques anchorales du tégument oral; E, G :
ancres du tégument oral: F : corpuscules du tégument et des bandes radiaires; H : plaque anchorale du
tégument anal; : I : ancre du tégument anal; J : bâtonnets des tentacules; K : corpuscules du tégument;
M: couronne calcaire.
M = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 261
Leptosynapta oblonga nov. sp.
(Fig. 117, A-K)
MATERIEL. — Banc du Geyser, Bouchet coll., 1977 : 1 ex. (holotype n° 3575) et
8 fragments .
L'holotype est réduit à sa partie céphalique et à une courte portion du corps; il ne
mesure, en effet, que 10 mm de long. Le tégument, mince, translucide, est à peine
rugueux. On dénombre douze tentacules à quatre paires de grosses digitations et une
digitation terminale deux fois plus longue que les autres. La couronne calcaire, bien
calcifiée, non enrobée dans une couronne cartilagineuse, a des radiales percées d'un
petit trou lequel est coiffé d'un très léger bourrelet en forme de V renversé; elles sont
deux fois plus larges que les interradiales (fig. 117, J). Une vésicule de Poli et un seul
canal hydrophore. Gonades ? Muscles longitudinaux cordiformes. L'intestin, rompu,
contenait un sable corallien très grossier. Urnes ciliées ?
Les huit fragments, à localisation imprécise, mesurent entre 5 et 20 mm de long.
Spicules . — Les plaques anchorales caractéristiques de l'espèce, de loin les plus
nombreuses, sont oblongues, bien plus longues que larges, percées de sept trous cen-
traux à bords denticulés, de deux paires de trous latéraux réunis deux par deux par un
faible bourrelet, d'un petit trou ovoïde intercalé entre ces deux paires de trous, et de
trois trous basaux (fig. 117, A). L'ancre correspondante a des bras assez ouverts, den-
tés, sans nodules au sommet, et à base finement denticulée (fig. 117, B); d'autres
plaques, peu nombreuses, de même forme mais plus petites (fig. 117, F), ont une ancre
à bras plus arqués (fig. 117, C); de très rares grandes plaques, moins oblongues,
subrectangulaires, ont une base quelque peu différente (fig. 117, G). Dans le tégument
médian ou anal des fragments, on trouve, en plus des spicules précédents, des plaques
anchorales à côtés latéraux plus convergents (fig. 117, D), ou des plaques ovoïdes dont
l'ancre correspondante est courte (fig. 117, H). Les granules miliaires, que l'on trouve
aussi bien dans les bandes radiaires que dans le reste du tégument, ont des formes
extrêmement variées (fig. 117, K). Les bâtonnets des tentacules sont imperforés; ceux
des digitations (fig. 117, D) sont nettement plus longs que ceux du tronc qui prennent
parfois une forme en C (fig. 117, E).
OBSERVATIONS. — L. oblonga , récoltée comme L. geyserensis sur le banc du
Geyser, en diffère par la forme des plaques anchorales, celle des spicules des tenta-
cules, des granules miliaires du tégument et des bandes radiaires.
ECOLOGIE. — Cette nouvelle espèce a été récoltée, par 13 m de profondeur, dans
la partie sud du lagon du banc du Geyser, sur fond de sable corallien.
Genre PATINAPTA Heding, 1928
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules : plaques du tégument oral larges, subrectangulaires à 4-8 grands trous
antérieurs et de nombreux petits trous postérieurs, trous généralement à bord lisse;
plaques du tégument anal étroites, à contours irréguliers . .. P. crosslandi Heding
— Spicules : plaques du tégument oral très grandes, ovoïdes, percées de nombreux
petits trous irréguliers, dentés ou non, et avec une partie centrale nue; plaques an-
chorales du tégument anal très petites et très irrégulières. P. coplax (Marenzeller)
Source : MNHN. Paris
262 GUSTAVE CHERBONNIER
+
Fig. 117. — Leptosynapta oblonga nov. sp. À, F, G, I : plaques anchorales; B, C : ancres; D, E:
bâtonnets des tentacules; H : plaque et ancre du tégument anal; J : couronne calcaire; K : nodules
perforées du tégument.
J = éch. 1; autres figures = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 263
Patinapta crosslandi Heding, 1929
(Fig. 118, A-I)
Patinapta crosslandi Heding, 1929 : 146, fig. 4 (3-5), fig. 5. — TORTONESE, 1936 : 242, fig. 8; 1938
: 204.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Le Fur coll., 1971 : 4 fragments, Thomassin
coll., 1972 : 3 fragments dont 2 avec leur extrémité céphalique.
Deux spécimens, l'un de 9 mm de long sur 5 mm de large, l'autre de 6 mm sur 5
mm, possèdent seulement leur extrémité céphalique comprenant douze tentacules à
quatre paires de digitations, une petite couronne calcaire à base fortement ondulée et à
radiales largement percées (fig. 118, I), couronne non enrobée dans une couronne
cartilagineuse, trois vésicules de Poli et un canal hydrophore de forme imprécise. Les
autres spécimens ne sont que des fragments sans extrémité céphalique et sans partie
anale; le plus grand mesure 45 mm de long sur 5 mm de large, les autres 6 à 20 mm sur
5 à 6 mm de large. Les muscles longitudinaux sont larges et épais, les urnes ciliées, en
forme de demi-entonnoir, paraissent groupées par touffes sur le tégument. Gonades (?).
Une portion de l'intestin du plus grand spécimen contient un sable graveleux.
Spicules . — Les plaques anchorales du tégument oral sont larges, vaguement rec-
tangulaires, percées de quatre à huit trous principaux et, à la base, de nombreux petits
trous (fig. 118, A); celles de la région médiane sont plus courtes, bien plus étroites et de
formes très variées (fig. 118, C, D, F); ces plaques ont des trous en majorité lisses - un
ou deux peuvent être finement dentés - et une absence totale de pont (fig. 118, A, C).
Les ancres du tégument oral ont leurs bras dépourvus d'aspérités (fig. 118, G); celles
du tégument médian, un peu plus grandes, possèdent, sur chaque bras, une ou deux
dents souvent difficilement discernables (fig. 118, H). Dans le tégument et les bandes
radiaires on trouve de courts bâtonnets imperforés, droits ou en forme de C, ainsi que
des corps ovoïdes à centre perforé (fig. 118, E). Les bâtonnets des tentacules, droits ou
courbes, perforés aux extrémités, prennent parfois la forme d'un X dont chaque bran-
che est percé d'un trou (fig. 118, B).
OBSERVATIONS. — Nos spécimens, par le nombre des tentacules, la forme de la
couronne calcaire, celle des ancres et des plaques anchorales des régions orale et médi-
ane, correspondent bien aux paratypes de Heding qui, dans certaines préparations, ont
des plaques anchorales dont un ou plusieurs trous sont finement dentés. P. crosslandi
présente d'étroites affinités avec P. vaughani Cherbonnier, 1953, de l'île Maurice, mais
s'en écarte par le nombre des tentacules, la forme de la couronne calcaire, la disposition
en grappes des urnes ciliées, une forme un peu différente des plaques anchorales et des
bâtonnets des tentacules.
ECOLOGIE. — P. crosslandi habite les levées détritiques du grand récif de Tuléar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Mer Rouge, côte est d'Afrique, Madagascar.
Patinapta ooplax (Marenzeller, 1882)
(Fig. 119, A-N)
Synapta ooplax Marenzeller, 1882 : 122, pl. IV, fig. 1 a-d. — LAMPERT, 1896 : 66. — LUDWIG,
1899 : 562. — SLUITER, 1901 : 124.
Leptosynapia ooplax - OHSHIMA, 1912 : 254, pl. IV, fig. 5; 1914 : 464. — CHANG, 1934 : 35, fig.
18, pl. III, fig. 6.
Source : MNHN. Paris
GUSTAVE CHERBONNIER
264
simm 21
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 265
Patinapta ooplax - HEDING, 1928 : 238, fig. 41 (5-11), fig. 42 (1-4). — CLARK et ROWE, 1971 :
186, pl. 31, fig. 3.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1972 : grand récif, 698 ex.;
récif de Sarodrano, 6 ex.; Nosy Ve, 4 ex.
Parmi les 708 spécimens récoltés, les plus grands sont fragmentés en plusieurs
morceaux, si bien qu'il est difficile d'apprécier leur taille qui pourrait être, au maximum,
de 5 cm de long sur 2 à 3 mm de diamètre; en revanche, presque tous les petits exem-
plaires, les plus nombreux, ont une taille variant de 3 mm à 2 cmet sont intacts.
Le tégument, épais à translucide selon l'état de contraction de l'animal, est blanc
grisâtre à légèrement rosé. Les tentacules, au nombre de douze chez les grands exem-
plaires, de dix chez ceux n'ayant pas plus de 2 cm de long, portent de trois à cinq paires
de digitations et de deux à quatre coupes sensorielles (fig. 119, M). La couronne calcai-
re a ses radiales perforées pour le passage des nerfs (fig. 119, N). Une à trois vésicules
de Poli longues, cylindriques; un très court canal hydrophore. Gonades formées de un à
trois tubes de 1 à 2 mm. Les muscles longitudinaux sont généralement larges et épais.
Les urnes ciliées, très dispersées, sont localisées sur la paroi du corps (fig. 119, L).
Spicules . — Les plaques anchorales de la région antérieure sont ovoïdes, percées
de trous irréguliers dont certains sont dentelés, sauf une aire centrale nue assez grande
(fig. 119, A), les ancres correspondantes larges et courtes, à base de la manivelle
finement dentelée (fig. 119, E). Les plaques anchorales de la région médiane, bien plus
petites et plus irrégulières, à bord souvent denticulé (fig. 119, B), portent des ancres
plus longues que celles de la région antérieure, et à bras plus incurvés (fig. 119, F). Les
plaques anchorales et les ancres de la partie postérieure sont de deux sortes : de très
petites plaques irrégulières, à bord partiellement ou totalement denticulé (fig. 119, D),
ou arrondies et à bord presque lisse (fig. 119, C), les ancres correspondantes étant soit
courtes et à bras assez écartés (fig. 119, G) soit longues à bras très incurvés (fig. 119,
J); des plaques pourvues d'un pseudo-manche rappelant les plaques du genre
Labidoplax (fig. 119, K), ou de quelques espèces de Leptosynapta , par exemple L.
transgressor Heding, 1928 et L. reducta Heding, 1928. Les bandes radiaires possè-
dent des spicules perforés ou non (fig. 119, I), et les bâtonnets des tentacules sont
courts, unis ou multiperforés aux extrémités (fig. 119, H).
ECOLOGIE. — P. ooplax vit, à Tuléar, dans les levées détritiques du grand récif,
sous les blocs ensablés, parfois dans un sable assez grossier parsemé de gros morceaux
de Madréporaires morts.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Zanzibar, Madagascar, mer de Banda, côtes de
Chine et du Japon.
Fig. 118. — Patinapta crosslandi Heding. À, C, D, F : plaques anchorales; B : bâtonnets des
tentacules: E : corpuscules du tégument; G : ancre du tégument oral; H : ancre du tégument anal; I :
couronne calcaire.
1= éch. 1; A-H = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
GUSTAVE CHERBONNIER
266
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 267
Genre PROTANKYRA ÿstergen, 1898
Protankyra picardi nov. sp.
(Fig. 120, A-K)
MATERIEL. — Madagascar : baie de Saint-Augustin, 43°36'18"E - 23°20'25"S, 48
m, Guérin coll., 11-X-1963 : 1 ex. (holotype n° 3577).
L'unique spécimen, en assez mauvais état et incomplet, jaunâtre en alcool, mesure
35 mm de long sur 8 mm de large. Le tégument est mince et légèrement rugueux. Douze
tentacules dont huit ayant quatre digitations courtes et d'égale longueur. Couronne cal-
caire enrobée dans une forte couronne cartilagineuse; les radiales, terminées en angle
aigu, sont perforées, et les interradiales, de même longueur que les radiales, sont en
forme de doigt de gant (fig. 120, J). Une courte vésicule de Poli tubulaire. Un assez
long canal hydrophore tortillé, sans madréporite apparent. Intestin coupé à la hauteur
d'un gros œsophage sphérique, musculeux. Pas de gonades. Pas de mésentères, donc
absence d'urnes ciliées, aucune ne se trouvant sur la paroi du corps.
Spicules . — Les spicules sont identiques, qu'ils soient observés dans les tégu-
ments oral et médian, la partie anale manquant. La longueur des ancres est comprise
entre 700 et 800 um; leurs bras, dont l'écartement varie de 450 à 550 11m, portent de
fines dents pointues (fig. 120, B), ou d'assez fortes aspérités à sommet tronqué (fig.
120, A, C); leur base est simplement denticulée ou, plus rarement, ornée partiellement
de protubérances plus ou moins épineuses (fig. 120, G, H). Les plaques anchorales,
presque circulaires, mesurent entre 320 et 400 lim de diamètre; elles sont percées d'un
grand nombre de trous dentés et leur partie inférieure est partiellement recouverte d'un
réseau épais de fines trabécules enchevêtrées surplombant une étroite base lisse, trouée
(fig. 120, I, K). De petits spicules, en forme de biscuit ou de bâtonnet, se trouvent dans
tout le tégument (fig. 120, F). Des spicules de même forme mais deux fois plus grands,
occupent le tronc (fig. 120, D) et les digitations (fig. 120, E) des tentacules.
OBSERVATIONS. — Cette nouvelle espèce présente des affinités, par la forme et
l'ornementation des plaques anchorales, avec P. javaensis Heding, 1928, surtout avec
P.magnihamula Heding, 1928, dont les bras de certaines ancres ont des denticulations
semblables à celles des ancres de P. picardi , ancres dont la base est parfois d'une
ornementation similaire. P. javaensis a été récoltée dans la mer de Java, par 60 m de
profondeur, sur fond vaseux, P. magnihamula au large de Hong-Kong par 35 m.
ECOLOGIE. — P. picardi a été récoltée, au cours de la mission précontinent dirigée
par Picard, lors d'un dragage sur fond de vase sableuse situé à 48 m de profondeur.
Fig, 119. — Patinapta ooplax (Marenzeller). À : plaque anchorale du tégument oral; B : plaques
anchorales du tégument médian; C, D, K : plaques anchorales du tégument anal; E : ancre du tégumênt
oral: F : ancre du tégument médian; G : ancre du tégument anal; H : bâtonnets des tentacules; I :
corpuscules des bandes radiaires; L : umes ciliées; M : tentacule; N : couronne calcaire.
L, M, N = éch. 1; A-K = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
268 GUSTAVE CHERBONNIER
Bat
(uuSEUN)
PAS
Fig. 120. — Protankyra picardi nov. sp. A-C, G, H : ancres; D, E : bâtonnets des tentacules: F :
bâtonnets du tégument; I, K : plaques anchorales; J : couronne calcaire.
J = éch. 1; B, C = éch. 2; À, D, E, G, H, I, K = éch. 3; F — éch. 4.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 269
FAMILLE CHIRIDOTIDAE
Genre POLYCHEIRA Clark, 1907
Polycheira fusca (Quoy et Gaimard, 1833)
(Fig. 121, A-L)
Fistularia fusca Quoy et Gaimard, 1833 : 126, pl. 8, fig. 1-4.
Polycheira fusca - CHERBONNIER, 1952 : 16, fig. 5.
Chiridota rufescens Brandt, 1835 : 59. — LAMPERT, 1896 : 67. — LUDWIG, 1899 : 563. —
SLUITER, 1901 : 133. — KOEHLER et VANEY, 1908 : 48.
Polycheira rufescens - H. L. CLARK, 1908 : 120. — HEDING, 1928 : 306, fig. 65 (synonymie); 1929
: 192, fig. 7: 1931 : 684. — CHANG, 1934 : 40, fig. 20, pl. 3, fig. 8-9. — DOMANTAY, 1936 a
: 391, pl. 3, fig. 6. — CLARK et ROWE, 1971 : 188, fig. 100 b. — TORTONESE, 1980 : 109.
MATERIEL. — Madagascar : flot Tanikely (près Nosy Be), Cherbonnier coll.,
1960 : 14 ex.; Tuléar, Galenon coll., 1972 : 6 ex., Thomassin coll., 1972 : 80 ex.
Iles Comores : Grande Comore, Anthony coll., 1972 : 1 ex.
Iles Glorieuses, Millot coll., 1958 : 1 ex.;
Les exemplaires, uniformément brun rougeâtre y compris les tentacules, ont une
longueur comprise entre 35 et 100 mm. Leur tégument, assez épais, très plissé transver-
salement, est parsemé de nombreuses petites verrues où sont logés les spicules en forme
de roue. Dix-huit tentacules à longue hampe terminée par une couronne de 16 à 26 digi-
tations, et pourvus, sur la face interne du tronc, de deux à six très petites coupes senso-
rielles (fig. 121, G).
La couronne calcaire est composée de cinq radiales perforées et de 13 interradiales,
toutes ces pièces séparées les unes des autres, chez la plupart des spécimens, par une
profonde encoche (fig. 121, D), jointives chez les autres. Dix à douze vésicules de Poli,
deux à quatre très longues, les autres au moins trois fois plus petites. L'unique canal
hydrophore est contourné et terminé par un petit madréporite trilobé à peine calcifié (fig.
121, F). Muscles longitudinaux larges et assez épais. Les urnes ciliées forment des
grappes situées sur les mésentères, grappes faites parfois de plus de 50 urnes (fig. 121,
K); celles-ci sont toutes de même forme (fig. 121, H). Les gonades sont faites de très
longs et très nombreux tubes plusieurs fois ramifiés, le canal génital débouchant dorsa-
lement à la base des tentacules. L'intestin forme une boucle vers le milieu du corps.
Spicules . — Les spicules du tégument se présentent sous trois formes : des roues
de tailles inégales, à six rayons, groupées dans les petites verrues, les plus petites
situées centralement, les plus grandes à la périphérie (fig. 121, A); des bâtonnets
incurvés, à bord finement ondulé, aux extrémités ornées ou non de nodules (fig. 121,
D); quelques-uns de ces bâtonnets sont fourchus à une ou aux deux extrémités (fig.
121, L); des courts bâtonnets droits et lisses dans les bandes radiaires (fig. 121, J).
Les bâtonnets des tentacules, orientés selon l'axe longitudinal de ceux-ci, sont très
grands, extrêmement rugueux par suite de la présence de très nombreuses aspérités (fig.
121, C, E); mais on trouve aussi, localisés à l'extrémité des digitations, de courts
bâtonnets plus simples et presque lisses (fig. 121, B).
OBSERVATIONS. — Les spécimens de Madagascar sont en tous points conformes
à l'holotype de Fistularia fusca Quoy et Gaimard, dont Chiridota rufescens Brandi,
1835 est synonyme. En 1963, A. M. Clark proposait, à la commission de nomencla-
ture, la suppression de F. fusca et son remplacement par C. rufescens , sous prétexte
que ce dernier nom était plus connu et plus employé que le premier. L'holotype de F.
fusca étant conservé dans les collections du Muséum de Paris, et ayant été redécrit en
Source : MNHN. Paris
270 GUSTAVE CHERBONNIER
1952, je ne vois pas pourquoi on ne le considérerait pas comme valable.
ECOLOGIE. — A Nosy Be et aux îles Mitsio, P. fusca a été récoltée à marée basse,
sous des blocs rocheux; à Tuléar, dans les levées détritiques, notamment du récif de
Sarodrano.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Côte est d'Afrique, golfe du Bengale,
Indonésie, îles Philippines, nord de l'Australie, Chine, Japon, îles du Pacifique sud.
Genre CHIRIDOTA Eschscholtz, 1829
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Spicules : bâtonnets du tégument longs et larges, à extrémités portant un très grand
nombre de petites épines, ceux des tentacules bien plus petits et étroits avec seule-
ment quelques épines aux extrémités . ... C. stuhlmanni Lampert
— Spicules : bâtonnets du tégument courts, étroits, à extrémités à peine dentelées,
ceux des tentacules lisses, en forme de biscuits ou d'haltères ...............
C. violacea J. Müller
Chiridota stuhlmanni Lampert, 1896
(Fig. 122, A-G)
Chiridota stuhlmanni Lampert, 1896 : 67. — HEDING, 1928 : 302, fig. 64; 1931 : 676, fig. 12.
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Peyrot-Clausade coll., 1972 : 5 ex.,
Thomassin coll., 1972 : 7 ex.
Les exemplaires, blanc sale, mesurent de 16 à 32 mm de long sur 3 à 4 mm de
large. Quatre spécimens ont douze tentacules, un seul treize. Le tégument, très mince,
est couvert de verrucosités contenant les spicules en forme de roues.
Couronne calcaire très petite, formée de douze pièces, à radiales largement percées
(fig. 122, G). Dix à douze petites vésicules de Poli. Un seul canal hydrophore (fig.
122, F). Gonades formées d'une dizaine de gros tubes blanc laiteux. Muscles longitu-
dinaux étroits, épais. L'intestin, contenant un sable assez fin, forme une large boucle
vers le milieu du corps. Les urnes ciliées, localisées sur les mésentères, sont d'une
seule sorte (fig. 122, C); je n'ai pas constaté la présence, à la base des mésentères, des
grandes urnes ciliées signalées par Lampert et par Heding.
Spicules . — Les spicules du tégument sont de deux sortes : des bâtonnets, droits
ou légèrement courbes, à extrémités très épineuses (fig. 122, A); des roues localisées
dans des verrucosités, les petites situées au centre de celles-ci et mesurant 20 à 40 im
de diamètre, les grandes à leur périphérie, d'un diamètre de 100 à 120 pim (fig. 122, B).
Les spicules du tronc des tentacules sont plus courts, bien moins épineux que ceux
Fig. 121. — Polycheira fusca (Quoy et Gaimard). À : roue; B, C, E : bâtonnets des tentacules; D, L:
bâtonnets du tégument; F : canal hydrophore; G : tentacule; H, K : umes ciliées; I : couronne calcaire; J
: bâtonnets des bandes radiaires.
G = éch. 1; F, I, K = éch. 2; A-E, H, J, L = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
271
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES
Source : MNHN. Paris
272 GUSTAVE CHERBONNIER
du tégument; les baguettes des digitations sont minces, à bord partiellement ondulé, et
dépourvues d'épines (fig. 122, E). Les gonades contiennent des bâtonnets fourchus
longs et minces (fig. 122, D).
ie —imm
2 11007
Fig. 122. — Chiridota stuhlmanni Lampert. A : bâtonnet du tégument; B : roue; C : urnes ciliées; D :
bâtonnets des gonades; E : bâtonnets des tentacules; F : madréporite; G : couronne calcaire.
F, G = éch. 1; A-E = éch. 2.
ECOLOGIE. — C. stuhlmanni a été récoltée uniquement dans les levées détritiques
du grand récif de Tuléar.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Zanzibar (île Tumbatu), Madagascar, îles
Maldives et Fidji.
Source : MNHN. Paris.
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 273
Chiridota violacea J. Müller, 1850
(Fig. 123, A-D)
Chiridota violacea J. Müller, 1850 : 137. — SEMPER, 1869 : 120. — BELL, 1884 : 510. —
LAMPERT, 1885 : 233. — THEEL, 1886 : 34.— H. L. CLARK, 1907 : 116. — HEDING, 1928 :
296, fig. 61. — CLARK et ROWE, 1971 : 188, pl. 31, fig. 10.
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be (Andilana), Frontier coll., 1960 : 1 ex;
Tuléar, Catar coll., 1890 : 2 ex., Geay coll., 1906 : 8 ex., Thomassin coll., 1965 et
1972 : 10 ex.; baie de Saint Augustion, Bastard coll., 1909 : 15 ex.
Iles Glorieuses, Bouchet coll., 1973 : 1 ex.
Deux spécimens seulement ont conservé leur extrémité céphalique, le plus petit ne
dépassant pas 4 mm de long, le plus grand 20 mm; les autres ne sont que des morceaux
totalement éviscérés. Le tégument, rosé en alcool, est mince, parfois translucide.
Douze très petits tentacules à huit à douze digitations. Couronne calcaire très petite,
à radiales à sommet encoché (fig. 123, D). Douze vésicules de Poli et un minuscule
canal hydrophore. Gonades faites de quelques longs tubes filiformes. Muscles longitu-
dinaux très épais. Intestin contenant du sable assez fin. Je n'ai constaté la présence
d'urnes ciliées ni sur les mésentères, ni sur la paroi du corps.
Dans le tégument, les roues, de taille sensiblement égale, sont localisées dans de
petites verrucosités (fig. 123, A), alors que les très nombreux bâtonnets incurvés s'y
trouvent dispersés (fig. 123, B). Les tentacules possèdent des bâtonnets droits, en for-
me de biscuits ou d'haltères (fig. 123, C).
Fig. 123. — Chiridota violacea J. Müller. À : roue; B : bâtonnets du tégument; C : bâtonnets des
tentacules; D : couronne calcaire.
D = éch. 1; A-C = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
274 GUSTAVE CHERBONNIER
ECOLOGIE. — Cette espèce a été récoltée sur la pente externe du grand récif de
Tuléar, dans du sable fin, par 6 m de profondeur, à Nosy Be dans la zone intertidale
sous laisses de haute-mer, aux îles Glorieuses sur la pente externe du récif.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE. — Zanzibar, îles Glorieuses, Madagascar, canal
de Mozambique, îles Amirantes, mer de Banda.
Genre TROCHODOTA Ludwig, 1892
CLE DES ESPECES MALGACHES
1. Animal vivipare. Spicules : bâtonnets du tégument à extrémités très épineuses .
EU IGE caf T. vivipara nov. sp.
—— Animal non vivipare. Spicules : pas de bâtonnets dans le tégument ...........
ADR AIMENT EEE PMENEEE. A BONE RELAX. T. mira nov. sp.
Trochodota vivipara nov. sp.
(Fig. 124, A-H)
MATERIEL. — Madagascar : Nosy Be, Thomassin coll., 1972 : 2 ex.; Tuléar,
Thomassin coll., 1969, 1972 : 22 ex. (holotype et paratypes n° 3579).
Les vingt-quatre exemplaires, de couleur rosé à rouge vif, ont une taille variant de
3 à 8 mm de long sur 0,5 à 1 mm de large; certains sont en mauvais état ou incomplets.
L'holotype (fig. 124, G), d'une longueur de 4 mm, possède dix tentacules
pourvus de deux à trois digitations; son corps, renflé dans sa partie antérieure, est très
étroit dans sa partie inférieure; il est transparent et laisse apercevoir un intestin droit,
sans courbure, ainsi qu'un embryon logé dans la cavité générale, dont on distingue
nettement la couronne calcaire mais pas les tentacules, et qui ne possède, comme spicu-
les, qu'une roue dans sa région anale, mais aucun corps sigmoïde.
Chez les plus grands spécimens, les gonades sont constituées d'un seul tube très
court, et il existe une seule vésicule de Poli, le ou les canaux hydrophores, pas plus que
les urnes ciliées n'étant décelables. La couronne calcaire est faite de radiales horizonta-
lement en forme d'haltères, et d'interradiales rectangulaires (fig. 124, F). Le tégument
possède des roues et des corps sigmoïdes; les roues, très dispersées, sont hexagonales,
à six rayons, à bord interne orné de six à dix dents, sauf partiellement entre les rayons
(fig. 124, A); quelques-unes de ces roues ont également leur bord externe dentelé (fig.
124, H). Les corps sigmoïdes ont l'extrémité de leur crosse simple, arrondie (fig. 124,
B). Les bâtonnets des tentacules, droits ou légèrement courbes, ont leur bord et leurs
extrémités dentelés (fig. 124, C, D).
Les autres exemplaires diffèrent de l'holotype en ce qu'ils sont filiformes, d'un
diamètre constant, sans embryon dans la cavité générale; l'un d'eux, de 5 mm de long, a
sa gonade remplie d'œufs. Les tentacules des plus grands d'entre eux sont un peu
différents; leurs digitations sont ondulées, et l'on constate parfois la présence de deux
ou trois digitations supplémentaires internes très courtes (fig. 124, E); mais leurs
spicules sont absolument identiques à ceux de l'holotype.
Source : MNHN. Paris
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES DS.
Fig. 124. — Trochodota vivipara nov. sp. A, H : roues; B : corps sigmoïdes; C, D : bâtonnets des
tentacules; E : tentacules; F : couronne calcaire; G : holotype.
A-D, H = éch. 1; G = éch. 2, À, F = éch. 3.
Source : MNHN. Paris
276 GUSTAVE CHERBONNIER
OBSERVATIONS. — A ma connaissance, c'est la première fois que l'on signale une
Trochodota vivipare. Cette nouvelle espèce est assez proche de Trochodota maculata
H. L. Clark, 1921, trouvée littoralement sous des roches, aux îles Murray du détroit de
Torrès: elle en diffère par l'ornementation des roues et des corps sigmoïdes, le nombre
de digitations des tentacules et la forme des spicules de ceux-ci. T. allani (Joshua,
1912), du sud de l'Australie, possède des roues non denticulées à l'intérieur. T. dendyi
Mortensen, 1925, de Nouvelle-Zélande, a des roues à très nombreux et fins denticules.
ECOLOGIE. — T. vivipara a été récoltée, à Nosy Be, dans le sable à grandes
ripple-marks et dans un herbier à Halodule uninervis ; à Tuléar, dans le sable graveleux,
sur la pente externe du grand récif, par 20 m de profondeur; sur les récifs de Boloza et
de Sarodrano, parmi les micro-atolls du platier.
Trochodota mira nov. sp.
(Fig. 125, A-H)
MATERIEL. — Madagascar : Tuléar, Thomassin coll., 1969 : 25 ex. (holotype et
paratypes n° 3578).
L'holotype, de couleur rouge vif, mis entre lame et lamelle, ne mesure que 4 mm
de long. L'intestin ne semble pas faire de boucle, le reste de l'organisation interne
n'étant pas décelable. Chacun des dix tentacules possède de trois à quatre paires de très
courtes digitations. Couronne calcaire très petite mais bien calcifiée (fig. 125, H). Les
autres spécimens ont une longueur comprise entre 2 et 3 mm, et leur organisation
interne n'est pas plus décelable que celle de l'holotype.
Le tégument, très mince, laisse voir les spicules par transparence. Les roues, dis-
persées et non réunies dans des verrucosités, sont de plusieurs tailles mais construites
de façon identique; leur bord interne est finement denticulé sauf à la hauteur des ouver-
tures séparant chacun des six rayons (fig. 125, A, B). Les corps sigmoïdes ont leur
crosse terminée par une, le plus souvent deux pointes plus ou moins prononcées (fig.
125, D, E, F). Les bâtonnets du tégument ont leur extrémités renflées munies de nom-
breuses et fines aspérités (fig. 125, C, G); ceux des tentacules, très longs, ont leurs
extrémités un peu festonnées (fig. 125, I).
OBSERVATIONS. — T. mira , proche de T. vivipara , en diffère par les roues dont
les denticules internes sont plus fins et plus nombreux, par les corps sigmoïdes et les
bâtonnets épineux du tégument.
ECOLOGIE. — Levées détritiques du grand récif de Tuléar, et dans le sédiment
grossier des platiers à micro-atolls des récifs de Beloza et de Sarodrano.
Source : MNHN. Paris:
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 277
(user
Fig. 125. — Trochodota mira nov. sp. À, B : roues; C, G : bâtonnets du tégument; D, E, F : corps
sigmoïdes: H : couronne calcaire; I : bâtonnet des tentacules.
H = éch. 1; A-G, I = éch. 2.
Source : MNHN. Paris
278 GUSTAVE CHERBONNIER
CONCLUSION
Les Holothuries littorales des côtes malgaches, jusqu'ici mal connues, sont au
nombre de 122 espèces dont 47 sont nouvelles pour la Science et dont cinq d'entre elles
ont nécessité la création de deux genres et d'un sous-genre nouveaux. Leurs affinités
avec les Holothuries des autres régions de l'océan Indien, y compris la mer Rouge, sont
assez difficiles à préciser; en effet, comme en témoignent la monographie des Echino-
dermes de A.M. Clark et F.W.E. Rowe (1971) et nos observations personnelles, une
aire géographique allant du golfe d'Aden à la côte ouest de l'Inde a été peu ou non ex-
plorée; de plus, la prospection systématique des petites espèces dans les divers milieux
n'a pas été, généralement, effectuée aussi pleinement qu'à Madagascar, ce qui explique
peut-être le nombre important d'espèces nouvelles recensées.
Il est cependant remarquable que 24 Holothuriidae, trois Stichopodidae, deux
Cucumariidae, un Phyllophoridae occupent tout l'océan Indien, depuis la mer Rouge, la
côte est d'Afrique, Madagascar, les îles Mascareignes jusqu'en Indonésie, la Chine, le
sud du Japon, les îles Philippines, les îles Hawaï et le nord de l'Australie. Nous ne
tiendrons pas compte de ces espèces dans l'établissement des affinités de la faune
malgache avec celles des autres régions. Quelques espèces signalées comme vivant à
Madagascar n'ont pas été récoltées et ne figurent pas dans cette faune.
En mer Rouge, 17 espèces se retrouvent à Madagascar : Actinopyga bannwarthi,
À. serratidens, A. crassa, À. plebeja, Bohadschia cousteaui, B. tenuissima, Holothuria
(L.) parva, H. ($.) flavomaculata, H. (St) olivacea, H. (P.) strigosa, H. (C.) rigida,
Stichopus variegatus, Pentacta dispar, Trachythyone crucifera, Ohshimella ehrenber-
gi, Synaptula reciprocans et Patinapta crosslandi . Sur la côte est d'Afrique, depuis Dji-
bouti jusqu'à Durban, on retrouve les mêmes espèces qu'en mer Rouge avec, en plus :
Actinopyga obesa, Bohadschia argus, B. subruba, Personothuria gräffei, Labidodemas
rugosum, Holothuria (Th.) gracilis, Thyone avenusta, Hemithyone semperi, Selenkot-
huria paradoxa, Synaptula mortenseni, Patinapta ooplax, Chiridota stuhlmani, Ch.
violacea. En Afrique du Sud, depuis Durban jusqu'à East London, seulement trois
espèces sont communes à Madagascar : Neostichopus grammatus, Trachythyone
crucifera et Cladolabes bifurcatus . Cet exposé montre les relations étroites existant
entre les faunes de Madagascar, de mer Rouge, de la côte est d'Afrique et souligne le
peu d'affinités, pour l'instant, avec celle d'Afrique du Sud.
Si l'on excepte les espèces répandues dans tout l'océan Indien, les affinités de la
faune des Holothuries littorales de Madagascar avec celles des autres régions de cet
océan sont moins nettes, parfois inexistantes.
Les Holothuries des îles Mascareignes ont été peu étudiées, ce qui explique peut-
être que seulement six espèces malgaches s'y retrouvent : Actinopyga plebeja, A.
serratidens, Bohadschia subrubra, Holothuria (Lessonothuria) verrucosa, H. (Platy-
perona) rigida et Thyone oceana.
Les Holothuries littorales du golfe Persique, de la mer d'Oman, de Ceylan, de la
baie de Bengale, des îles Andaman et de l'archipel Mergui sont principalement connues
par celles récoltées dans ces régions par le "Mercator” et déterminées par Koehler et
Vaney (1908), ainsi que par les travaux de Bell, Sluiter, Pearson, Domantay dans l'ar-
chipel Indien. Les espèces malgaches y sont encore assez bien représentées puisqu'on y
recense Bohadschia tenuissima, Pearsonothuria gräffei, Labidodemas pertinax, Holo-
thuria (Selenkothuria) parva, H. (Semperothuria) flavomaculata, H. (Cystipus) rigida,
H. (Stauropora) olivacea, Stichopus variegatus, Ohshimella ehrenbergi .
Plus on va vers l'est, plus se font rares les Holothuries malgaches. En Indonésie,
on ne trouve plus que Pearsonothuria gräffei, Labidodemas pertinax, Holothuria
(Selenkothuria) verrucosa, H. (Stauropora) olivacea, Stichopus horrens, Patinapta 00-
plax, Chiridota violacea . Aux Philippines, P. gräffei, H. (S.) flavomaculata, H.
Source : MNHN. Paris!
ECHINODERMES : HOLOTHURIDES 279)
(Thymiosycia) gracilis, H. (P.) verrucosa, Stichopus horrens . Sur les côtes de Chine et
du Japon, seulement Srichopus horrens et Patinapta ooplax . Aux îles Hawaïi, Sticho-
pus horrens, H. (Lessonothuria) verrucosa, Actinopyga obesa, surtout Holothuria
(Stauropora) hawaïtensis, connue uniquement des îles Hawaï et de Madagascar, alors
que Holothuria (Platyperona) excellens est localisée aux îles Samoa.
Sur la côte nord de l'Australie, on constate une nette augmentation des espèces
malgaches : Holothuria (Lessonothuria) verrucosa, H. (Stauropora) olivacea, H.
(Cystipus) rigida, H. (Platyperona) altimensis, Pentacta dispar, Hemithyone semperi,
Thelenota anax, et, sur la côte sud, Lipotrapeza ventripes .
La Nouvelle-Calédonie est généralement considérée comme n'appartenant pas au
domaine océanique indien. Cependant, il peut être intéressant d'examiner les relations
existant entre sa faune littorale - dont une étude approfondie a été réalisée récemment - et
celles des diverses régions de l'océan Indien et de Madagascar. Toutes les espèces
largement répandues dans tout l'Indo-pacifique tropical, soit 24 Holothuriidae et trois
Stichopodidae, ont été récoltées en Nouvelle-Calédonie: seuls appartiennent en plus à la
faune malgache Actinopyga crassa, Holothuria (Theelothuria) maculosa, H. (Lessono-
thuria) verrucosa, Stichopus horrens et Thelenota anax . Cette analyse semble indiquer
qu'en ce qui concerne les Holothuries, la Nouvelle-Calédonie doit être incluse dans la
région océanique indienne.
Il ressort de l'ensemble de cet exposé que la faune malgache est étroitement
apparentée à celles de la mer Rouge et de la côte est d'Afrique - exception faite, pour
l'instant, des côtes d'Afrique du Sud - et que ses rapports avec les autres faunes
indiennes sont souvent peu prononcés. Toutefois, des récoltes littorales effectuées
systématiquement sur toutes les côtes et dans tous les milieux pourraient amener à
reconsidérer cette opinion.
Remerciements
La publication de cette faune des Holothuries littorales malgaches n'a été rendue
possible que grâce au concours financier de l'O.R.S.T.O.M. et à l'appui efficace
d'Alain Crosnier, Directeur de Recherches de cet organisme, qui, en particulier, avec
l'aide de Christine Lefevre et Pierre Opic, a entièrement assuré la composition de cet
ouvrage à l'aide d'un micro-ordinateur Macintosh.
F.E.W. Rowe, de l'Australian Museum de Sydney (Australie), a bien voulu exa-
miner le manuscrit provisoire et émettre des observations pertinentes dont la plupart ont
été retenues dans la rédaction définitive.
Je ne saurais également trop remercier tous ceux qui ont récolté soigneusement le
matériel et ont bien voulu me le confier pour étude.
ADDENDA
Page 13, dans la clé, ajouter au numéro 42 :
— Vingttentacules en 2 cercles (10 + 10). Couronne calcaire à corps non fragmenté,
à radiales prolongées par deux courtes queues faites de 4 à 5 pièces. Spicules : tou-
relles à flèche basse à quatre piliers, corpuscules crépus dans le tégument anal et
dans les entaCUle er REP ee LU
Source : MNHN. Paris
Le
, É à
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INDEX ALPHABETIQUE
Les nombres en gras renvoient aux pages où sont décrites les espèces.
aciculus (Cladolabes) ............
ACtinOpyga .........
aculeata (Metriatyla) .
affinis (Holothuria)
africana (Afrocucumis)
africana (Cucumaria) . . ..
africana (Opheodesoma)
Afrocucumis
albiventer (Holothuria)
albiventer (Metriatyla) 1257129181
albofusca (Mertensiothuria) . . . . 107, 114
allani (Trochodota) MEIMDT7G
altimensis (Holothuria) .
altimensis (Platyperona . .
ambigua (Lipotrapeza)
amiculus (Ocnus) . ..
ananas (Holothuria)
ananas (Stichopus) . ..
ananas (Thelenota)
ananas (Trepang) ..
anax (Thelenota) ...
andersoni (Holothuria) .
anomalia (Phyllonovus)
aphanes (Thymiosycia)
ADOdITa PTE
arae (Pentacta)
arae (Pseudocolochirus)
arenicola (Holothuria) . . .
arenicola (Thymiosycia). .
argus (Bohadschia) ..
argus (Globosita) . .
argus (Holothuria) .
ASIA TEE
ATHYONC APCE
atra (Halodeima)
atra (Holothuria)
avenusta (Thyone)
axiologa (Holothuria) . ;
axiologus (Colochirus) . ...
axiologus (Pseudocolochirus) .
bacilla (Actinopyga)
bacilla (Selenkothuria) .
bannwarthi (Actinopyga) .
beselii (Chondrocloaea) . .
beselii (Synapta) ..
bicolor (Cucumaria)
bicolor (Pseudocolochirus)
bicornis (Thyone)
bifurcatum (Urodemas)
‘14, 15, 31
252
252
bifurcatus (Cladolabes) . ...... 240, 244
Bohadschia 3
boutani (Holothuria) . .
bowensis (Metriatyla) 130, 131, 139
brocki (Phyllophorus) 220
brocki (Urodemella) 194, 220, 224
buccalis (Stolus) . .. .. 202
buccalis (Thyone) ........ ..202
buccalis bourdesae (Thyone) 1202
buccalis papilla (Thyone) 111202
capensis (Ocnus) RAT2NITS
carens (Thyone)
. 186, 190
ARS
castanea (Havelockia)
castanea (Thyone)
Chiridota
Chiridotidae .
chloronotos (Perideris) .
chloronotus (Stichopus) . .... .146
chloronotus fuscus Sin) 146
cinerascens (Halodeima) . . 70
cinerascens (Holothuria) 270)
cinerascens Rex . 66, 67, 70
cinerascens (Stichopus) . ..
Cladolabes
clemens CORNE
collaris (Holothuria) . 3
comata (Thyone) ...... ‘186, 188. 190
contractura (Phyllophorella) 226
cousteaui (Bohadschia)
crassa (Actinopyga) . .
crebrapodia (Thyone) ..
crosnieri (Platyperona) .
crosslandi (Patinapta) ..
crucifera (Cucumaria) ..
crucifera (Trachythyone)
cubana (Cystipus)
Cucumariidae .
Cucumella
curiosa (Holothu
curiosa pervicax (Holothuria)
curvata (Thyone)
cylindricus (Ocnus)
cylindricus (Stichopus) .
Cystipus
decaryi (Cucumella)
Dendrochirotida ..
dendyi (Trochodota)
difficilis (Actinopyga) . ..
difficilis (Holothuria) . .
difficilis (Microthele)
Source : MNHN. Paris
290
difficilis (Platyperona)
dispar (Colochirus)
dispar (Pentacta)
dissimilis (Neothyonidium) .
dobsoni (Globosita)
dolabrifera (Leptosynapta)
doliolum (Colochirus)
drachi (Pearsonothuria)
duoturricula (Lessonothuria) .
dura (Thyone) .
echinites (Actinopyga)
echinites (Holothuria, Actinopyga)
echinites plebeja (Actinopyga)
echinites (Mülleria)
edulis (Halodeima)
edulis (Holothuria)
edulis (Trepang)
ehrenbergi (Ohshimella) .
ehrenbergi (Phyllophorus)
ehrenbergi (Urodemas) .
erinaceus (Holothuria)
erinaceus (Selenkothuria)
Euapta
excellens (Argiodia) ..
excellens (Microthele)
excellens (Mülleria) . .
excellens (Platyperona)
exigua (Thyonidiella)
exila (Athyone)
ferali (Havelockia)
flavomaculata (Halodeima)
flavomaculata (Holothuria) 67
flavomaculata (Semperothuria) . 66, 67, 70
forbesi (Aslia) 208
fossor (Cystipus) .
fuligina Reno
fusca (Fistularia) .
fusca (Polycheira) .
fuscocinerea (Holothuria) |
56, 58, 60
13, 249
: 94
fuscocinerea (Mertensiothuria) . . 106, 108
fuscocoerulea (Holothuria) ..... 67,75
fuscoolivacea (Holothuria) 78
fuscopunctata (Holothuria) . ‘144
fuscopunctata (Microthele) 142, 144
(Geonsia PMP REP CE. 161
geyserensis (Leptosynapta) .257, 259, 261
gibbosa (Neothyone) 208
glaberrima (Holothuria) 60
glandifera (esonatsr 121
Globosita
godeffroyi (Euapta) .
godeffroyi (Stichopus) ;
godeffroyi pygmeus (Stichopus)
godeffroyi var. b (Stichopus)
GUSTAVE CHERBONNIER
godeffroyi (Synapta)
gracilis (Holothuria)
gracilis (Thymiosycia)
graeffei (Bohadschia) .
gräffei (Holothuria)
gräffei (Pearsonothuria)
grammata (Holothuria)
grammatus (Neostichopus) . .
grandis (Thelenota)
granosa (Semperothuria)
gravieri (Colochirus) .
gravieri (Pentacta)
grisea (Opheodesoma) . .
grisea (Synapta)
guamensis (Holothuria)
guillei (Thyone)
Halodeima
Havelockia
hawaïiensis (Holothuria)
hawaïiensis (Stauropora) . .
Hemithyone
hilla (Fistularia)
hilla (Holothuria)
hilla (Thymiosycia) .
hirotai (Stichopus)
Holothuriidae
Holothuria
horrens (Stichopu:
immobilis (Holothuria)
impatiens (Fistularia)
impatiens (Holothuria) .
impatiens (Thymiosycia) .. 58, 82, 89. 93
impatiens concolor (Holothuria) … 89
impatiens lutea (Holothuria)
impatiens pulchra (OI RU
incurva (Lipotrapeza) .
incurva (Parathyone) À
inhabilis (Holothuria) . . ..
insignis (Lessonothuria)
insolita (Platyperona)
javaensis (Protankyra) .
jousseaumei Cystpus) -
Koehleria
Labidodemas
Labidoplax
lecanora (Actinopyga)
lecanora (Holothuria, Actinopyga) ...
lecanora (Mülleria)
Jeopardus (Holothuria)
Leptosynapta . ... . 14, 257, 265
Lessonothuria 9, 116
leucospilota (Gymno: At.
leucospilota (Holothuria) as
leucospilota(Mertensiothurie 107,112
Source : MNHN. Paris.
ECHINODERMES
13, 236
188, 200
levis (Stichopus)
Lipotrapeza . .
longicornis (Thy =:
ludwigi (Holothuria) . ..
lubrica (Holothuria)
maculata (Actinopyga)
maculata (Argiodia)
maculata (Holothuria) .
maculata (Mülleria)
maculata (Synapta)
maculata andreae (Synapta) .
maculata sundaensis (Synapta)
maculata (Trochodota)
maculisparsa (Athyone)
maculosa (Holothuria)
maculosa (Theelothuria)
magnihamula (Protankyra)
mammosa (Cystipus). ....
marenzelleri (Holothuria)
marmorata (Bohadschia)
marmorata (Holothuria) .
marmorata tenuissima (Bohadschia) . : j ‘46
marmorata vitiensis (Bohadschia) .. ... 42
martensi (Holothuria) .......... 137
martensi (Metriatyla) . .
mauritiae (Opheodesoma)
mauritiana (Actinopyga)
mauritiana (Holothuria) ..
mauritiana (Mülleria) ..
Mertensiothuria
Metriatyla . ...
micra (Thyone) ..
Microthele
miliaris (Actinopyga)
milloti (Thymiosycia)
mira (Trochodota)
mitsioensis (Bohadschia)
modesta (Stauropora) . . .
moebii (Selenkothuria) . .
monacaria (Holothuria)
monacaria viridis (Holothuria)
mortenseni (Synaptula)
murrayi (Stereoderma)
murrea (Globosita)
naso (Stichopus)
Neostichopus
Neothyonidium
nobilis (Actinopyga)
nobilis (Microthele) .
nobilis (Mülleria) . .
obesa (Actinopyga) .
obesa (Mülleria)
oblonga (Leptosynapta)
obshimae (Stichopus)
: HOLOTHURIDES
291
ohshimae (Stichopus) .
Ohshimella
okeni (Thyone) ....
olivacea (Holothuria) . ..
olivacea (Stauropora)
ooplax (Leptosynapta)
ooplax (Patinapta) .
ooplax (Synapta)
Opheodesoma
ophidiana (Holothuria)
ornata (Psolidium)
ornatum (Georisia) . .
ornatum (Psolidium)
oxurropa (Holothuria)
papillifera (Mertensiothuri:
papuensis (Thyone) à
paradoxa (Selenkiella)
Parathyone
pardalis (Holothuria)
pardalis (Lessonothuria)
parva (Halodeima)
parva (Holothuria) . ..
parva (Selenkothuria)
parvula (Actinopyga)
parvula (Argiodia)
parvula (Mülleria)
Patinapta
Pearsonothuria
pedata (Thyone)
Pentacta
pertinax (Holothuria)
pertinax (Labidodemas)
pertinax (Mertensiothuria)
pervicax (Holothuria)
Phyllonovus
Phyllophorella
Phyllophoridae
Phyllophorus
picardi (Protankyra)
pichoni (Cladolabes)
pigra (Cucumaria)
pigra (Hemithyone)
Platyperona
plebeja (Actinopyga)
plebeja (Mülleria) . . ..
pleuripus (Cystipus)
pleuripus (Holothuria) . .
Polycheira
profusus (Thyone)
Protankyra
Pseudocolochirus
Source : MNHN. Paris
292
PSOLIUMME EE MR EPMERIEE 10, 161
purpureopunctata (Phyllophorus) 224
reciprocans (Synapta) ............ 2;
reciprocans (Synaptula)
reducta (Leptosynapta)
rigida (Cystipus)
rigida (Holothuria)
. 123, 125, 126
126
rigida (Thyone) 204
rigidus (Stichopus)
rosea (Synaptula) ñ
rufescens (Chiridota) 22069
rufescens (Polycheira) na 69
rugosa (Holothuria) . .. 20, 53
rugosum (Labidodemas)
sacella (Thyone)
sacellus (Stolus)
sacellus (Thyone)
scabra (Holothuria)
scabra (Metriatyla) . .
Selenkiella
Selenkothuria
semperi (Cucumaria)
semperi (Hemithyone)
semperianum (Labidodemas)
SeMperOtDUTIA RE NE EeR
serratidens (Actinopyga) 15; 22, 31
serratidens bannwarthi (Actinopyga) … 15
signata (Holothuria) .............. 75
sineturra (Thyone) ....... 188, 194
sinevirga (Opheodesoma) 244, 246
sluiteri (Metriatyla) 131,132
sp. (Metriatyla) ... . 129, 131
spinea (Selenkothuria) .......... 56
Stauropora
Stichopodidae .
Stichopus . ...
Stolus à
strangeri (Thyone) .............. 208
striata incurvata (Chondrocloea, “ni 254
strigosa (Holothuria) : ;
strigosa (Platyperona)
stuhimanni (Chiridota) .
subrubra (Bohadschia) . . .
subrubra (Holothuria)
subverta (Holothuria)
SYTAD AP
Synaptidae .. F
SYnaptula "6e
tantula (Leptosynapta)
tantulus (Ocnus) ........
tenera (Semperiella)
tenuissima (Bohadschia)
tenuissima (Holothuria)
Theelothuria
GUSTAVE CHERBONNIER
Thelenota
Thymiosycia . .
Thyone …..
Thyonidiella . .
tigris (Metriatyla) . .
tortonesi (Metriatyla) . .
Trachythyone
transgressor (Leptosynapta) .
tricolor (Cucumaria) .............
tricolor (Pseudocolochirus)
tristis (Pentacta)
rochodotal= mn 21
tropicalis (Stichopus)
truncata (Thymiosycia) .
turrispinea (Havelockia)
ualensis (Holothuria)
unica (Koehleria) ..
Urodemella
vadosa (Thyone) ...
vagabunda (Holothuria) .
variabilis (Opheodesoma)
variegatus (Stichopus)
variegatus hermanni (Stichopus) . .
variegatus pallidus (Stichopus)
variegatus trepangi (Stichopus)
variopatina (Leptosynapta) . ..
vastus (Stichopus)
vaughani (Patinapta) .
ventripes (Lipotrapeza)
ventripes (Phyllophorus) . . .
verrucula (Pentacta)
verrucosa (Holothuria) . . !
verrucosa (Lessonothuria) . .
vestiens (Lipotrapeza)
villosa (Thyone)
violacea (Chiridota)
violaceus (Colochirus) ...........
violaceus (Pseudocolochirus)
violaceus mekongi (Colochirus) .
vitiensis (Bohadschia)
vitiensis (Holothuria) . . .
vittalonga (Selenkothuria) .
vivipara (Trochodota) .
whitmaei (Holothuria)
Ypsilothuria
12, 194, 220
. 186, 193
Source : MNHN. Paris.
ACHEVÉ D'IMPRIMER
EN AVRIL 1988
PAR
L'IMPRIMERIE F. PAILLART
ABBEVILLE
N° d'impr. : 7020
Dépôt légal : 2° trimestre 1988
Imprimé en France
Source : MNHN. Paris
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe zoologique.
L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la «Faune de Madagascar »
au Secrétaire de la «Faune» : P. VIETTE, 45, rue Buffon, 75005 Paris.
En vente à la :
e SARL. René THOMAS
28, rue des Fossés Saint Bernard, F - 75005 Paris
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2, rue André-Mellenne, Venette, F - 60200 Compiègne
Date de publication de ce volume : 15 avril 1988
FASCICULES PUBLIÉS Prix
HEC
I. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.C. Fraser, 1956 ................. 150
II. — Lépidoptères Danaïdae, Nymphalidae, Acraeidae, par R. Paulian, 1956
{n'est plus vendu qu'avec la collection complète) . 150
. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Viette, 1956
. — Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. Breuning, 1957 . 150
. — Mantodea, par R: Paulian, 1957 . 100
. — Coléoptères Anthicidae, par P. Bonadona,
— Hémiptères Enicocephalidæe, par A. Villiers, 1958 .
. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Griveaud, 1959
: — Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. Lawrence, 1959 .
. — Poissons des eaux douces, par J. Arnoult, 1959 ...................
: — Insectes Coléoptères Scarabacidae, Scarabacina et Onthophagini, par R.
Paulin; Helictopleurina, par E. Lebis, 1960 150
XII. — Myriapodes. Chilopodes, par le Dr R-F. Lawrence, 1960 150
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des iles voisines, par R. Paulian, 1961
(Prix Foulon de l'Académie des Sciences) . 300
. — Lépidoptères Eupterodidae et Attacidae, par P. Gri
— Aphaniptères, par le Dr Lumaret, 1962
L = Crustacés. Décapodes Portünidae, par À. Crosnier, 1962,
. — Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. Griveaud, 1964 (Prix
la Société entomologique de France)
. — Crustacés. Décapodes Grapside et Ocypodidae, par A. Crosnier, 1965
: — Insectes. Coléoptères Erotylidae, par H. Philipp, 1965 .
. — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae (part.), par
(Prix Foulon de l'Académie des Sciences)
(2). — /d. Amphipyrinae (art) et Melicleptriinae, 1967
XXI. — Octocvralliaires, par A. Tixier-Durivault, 1966
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par À.
Passet de la Société entomologique de France)
XXII. — Insectes. Psocoptères, par A. Badonnel, 1967 .
XXIV. — Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P.E.S. Whalley, 1967
mon 0000 om Do Don On TON TNTNTT M
XXV. — Insectes. Hétéroptères Lygaeidae Blissinae, par J. A. Slater, 196 100
XNVL. — Insectes, Orthoptères, Acridoïdea (Pyrgomorphidae et Acrididac), par V. M.
Dirsh et M: Descamps, 1968... . 200
XXVIL. Lépidoptères Papilionidae, par R. Paulian et P. Vieute, 1968 ..... 150
XXVIL. Reduvidae (1 partie), par A. Villiers, 1968 ... 150
&
MNHN. Paris
FASCICULES PUBLIÉS (suite)
X. — Insectes, Lépidoptères Notodontidae, par S. G. Kiriakoïf, 1969
\. — Insectes. Dermaptères, par A. Brindle, 1969 .
L Insectes. Lépidoptères Noctuidae Plustinæ, par C, Dufay, 1970
. — Arachnides, Araïgnées Archacidae, par R. Legendre, 1970
. — Reptiles. Sauriens Chamaelconidae, le genre Chumaeleo, par
1971
+ — Insee
. — Oiseaux, p.
ere oemnpe ten pinn caleapaepne LEMER
Ps Milon, J-JMPetter. et G, Randrianasolo 1973
Carnivores, par R. Albignac, 1973.
— Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae, par P. Basilewsk
! — Arachnides. Araïgnées Arancidae Gasteracanthinae, par M. Emerit, 1974 250
, — Insectes. Lépidoptères Agaristidae, par S.G. Kiriakolf et P. Viette, 1074 ..…. 200
. — Insectes. Coléoptères Cerambycidae Parandrinae et Prioninae, par R.-M.
Quentin et A. Villiers, 1975 se FE
GE à s. Culéoptères Carabidae Scaritinae : Il. Biologie, par A. Peyriers
— IL Supplément à là systématique, par P. Basilewsky, 1976 .
42. — Arachnides. Acariens Astigmata Listrophordidea, par A. Fain, 1976.
43 (1). — Insectes. Lépidoptères Lymantriidae (1° partie), par P. Griveaud, 197
DO Li (Ombre
44, — Mammifères. Lémuriens (Primates Prosimiens), par J.-J. Petter, R. Albignac
et Y. Rumpler, 1977 (Prix Foulon de l'Académie des Sciences) ..... 500
45. — Reptiles. Sauriens Iguanidae, par Ch. P. Blanc, 1977 250
46. — Crustacés. Décapodes Aristcidae ( Soleni-
cérinac), par A. Crosnier, 107B ................................... 300
47. — Reptiles. Sauriens Chamaelconidae, Genre Brookesia et complément pour le
genre Chamaeleo, par ER. Brygoo, 1978
48. — Echinodermes. Ophiurides par G. Cherbonnier et A. Guille, 1978
49. — Insectes. Hémiptères Reduviidae (2° partie), par A. Villiers, 1970 250
50. — Insectes. Coléoptères Silphidae, Passalidae, Belohinidae et Ceratocanthi-
dae, par R. Paulian et J.-P. Lumaret, 1979 ....................... 150
51. — Insectes. Coléoptères Staphylinides, Oxytelidae Osorinae, par H. Coiffait,
1979 .
52. — Insectes. Coléopières Cerambycidae Disteniinae, par À. Villiers, 1080 .
53. — Insectes. Lépidoptères Limacodidae, par P. Viette, 1980
54. — Insectes. Coléoptères Colydiidae et Cerylonidae, par R. Dajoz, 1980
55. — Insectes. Coléoptères Curculionidae Cycloterini, par R. Richard, 1981 (Prix
M. et Th. Pic de la S
entomelogique dé France) ............. 100
n
à
e
en nn En en ET ET TE TT TI IT TS td ed Pt Sen
56. — Insectes. Coléoptères Trogidae et Hybosoridae, par R. Paulian, 1981 50
57. — Insectes. Coléoptères Cctontidac Euchroeina : Le Systématique, par R.
Paulian et A, Descarpentries — Il. Biologie et formes larvaires, par J.-P.
Lumaret et A. Peyricras, 1982 F
58. — Crustacés. Copépodes des eaux intérieures, par B. H. Dussart, 1982... 200 F
59 (1). — . Amphipodes Gammariens (1 partie), par M. Ledoyer, 1982 ... 350 F
59 (2). — partie), 1986 . 350 F
60. — s. Lépidoptères Épiplemidae, par J. Boudinot, 1982 F
61. — tes. Lépidoptè e, par P. Viette, 1982 F
Po panel Le Ë
63. — EF
CE s. Coléoptères Carabidae Platyninae, par P. Basilewsky, 1985 . EF
65. — Insectes. Coléoptères Dynastide, par R.-P. Dechambre, 1986 F
66. — Insectes. Coléoptères Cureulionidae Brachyderini. Genre Dinosius, par
M. Ferragu, 1986 ne 200 F
67. — Insectes. Coléoptères Staphylinidae Paederinae, I. Pinophilini, par J.-C.
bas 1986 EF
68. — s. Diptères Culicidae Culicinae j F
D ie dde doter F
70. — Echinodermes. Holothurides par G. Cherbonnier, 1988 EF
RAS
{ee né
MUSEUM
Source : MNHMN#Pai