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© huune DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
À
71
INSECTES COLÉOPTÈRES
STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE
par
Jean OROUSSET
(Attaché au Muséum national d'Histoire naturelle, Paris)
Muséum national d'Histoire naturelle
Paris
1988
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Correspondant de l’Institut
(alors Directeur adjoint de lIRSM)
Collection honorée du soutien
du Ministère de la Coopération
Comité de patronage
M. le Dr RAKOTO RATSIMANGA, membre correspondant de l’Institut, Paris.
— M. le Ministre de l'Education nationale, Tananarive. — M. le Président de
Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Directeur du CNRS, Paris. — M. le Directeur général de
TORSTOM, Paris.
MM. le Professeur J. DORST, membre de l’Institut, Paris ; J.-M. PÉRÈS, membre
de l’Institut, Marseille ; J. CARAYON, Paris; A. CHABAUD, Paris; C. DELAMARE
DEBOUTTEVILLE, Paris; M. RAKOTOMARIA, Tananarive.
Comité de lecture :
M. R. PAULIAN, Président; MM. Ch.-P. BLANC, A. CROSNIER,
R.-P. DECHAMBRE, C. DELAMARE DEBOUTTEVILLE, P. DRACH,
L. MATILE, J.-J. PETTER, G. RAMANANTSOAVINA, P. ROEDERER,
P. VIRTTE (secrétaire).
Source : MNHN, Paris
#4
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
71
INSECTES COLÉOPTÈRES
STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE
par
Jean OROUSSET
1e Muséum
m7 (LU
ee B' PPTHN, Paris
Ce volume est dédié à la mémoire du Professeur Alexis GRIEBINE
né en 1918 à Léningrad, mort à Paris en 1988
Docteur es-sciences
Directeur de Recherches de lORSTOM (Entomologie médicale)
Ancien membre associé de l'Académie malgache
Membre du Comité de lecture de la Faune de Madagascar
Chevalier des Palmes académiques
Chevalier du Mérite congolais
In memoriam : PAULIAN (R.), 1988. — Alexis GIIEBINE (1918-1988) (L'Entomologiste 44 (5) : 297-299).
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
IROAUCROD Eee ec ee en eee 5
Historique de la recherche des Euaesthetinae dans la région malgache ..... 7
Position systématique des Euaesthetinae .. 8
Considérations générales sur les Euaesthetinae .......................... 11
Répartition à Madagascar et dans les régions voisines. Liste des stations
désrécolie stereo eee en nn 21
Abréviations utilises Eten -c etienne ii een 24
Techniques de récolte et méthodes d'étude ............................. 25
HET SR nn ronde ee messes 26
L Tribu EUAESTHETIN .. 28
1. Genre Edaphus Motschulsky . 28
2. Genre Coiffaitia Kistner & Shower . 56
3. Genre Neocoiffaitia n. gen. 69
4. Genre Octavius Fauvel 71
IL. Tribu STENAESTHITIN 146
5. Genre Stenaesthetus Sharp 146
Groupe de S. rugosus (Kistner) 155
Groupe de $. vadoni (Kistner) .. . 165
6-'Genre Tyrannomastaxen. gent Me. esecce 189
Liste systématique et synonymique des Euaesthetinae de Madagascar et des
régions voisines actuellement connus .............................. 197
Références
Index-alphabétique = Me he mee nn netene eee eco 207
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
Les Staphylinidae constituent certainement aujourd'hui un des groupes de
Coléoptères les plus mal recensés de la faune malgache. Dans son ouvrage intitulé « La
zoogéographie de Madagascar et des îles voisines », R. Paulian signalait en 1961 que
cette famille était très imparfaitement connue : alors que plus de dix-mille Coléoptères
étaient dénombrés, seules trois-cent-trente-cinq espèces de Staphylinides étaient
décrites, dont beaucoup restaient de position taxonomique incertaine. Les matériaux
récoltés à cette époque laissaient pourtant pressentir l'existence d’une faune très
diversifiée, à l'endémisme marqué, en particulier dans les sols forestiers montagnards
de l'île. Jusqu'à une date récente, la situation n’avait guère évolué : hormis quelques
descriptions isolées ou publications fragmentaires, seuls les Osoriinae avaient fait
l'objet d'une monographie détaillée (H. Coiffait, 1979, Faune de Madagascar, 51).
Cependant, il semble exister actuellement un regain d'intérêt pour l'étude des Staphy-
linides malgaches, dont de nombreux groupes sont actuellement en cours d’étude par
divers auteurs ; la monographie concernant les Pinophilini, récemment publiée (J.-C.
Lecoq, 1986, Faune de Madagascar, 67) en témoigne.
En ce qui concerne les Euaesthetinae, dix-sept espèces seulement, réparties en
quatre genres, ont été décrites auparavant. Leur réexamen et l'étude d’abondants
matériaux inédits (plus de onze-cents exemplaires) me permettent de porter ces chiffres
à quatre-vingt-dix-huit espèces (!) et deux sous-espèces, réparties en six genres. Il est
cependant probable que ces taxa ne représentent qu'une faible fraction de la faune
existante, eu égard au petit nombre de stations prospectées au moyen de méthodes
appropriées. Crowson (1967) et Puthz (1973) considèrent ces Insectes à faciès de
Psélaphides comme les plus originaux de tous les Staphylinidae, en raison notamment
d’extraordinaires structures morphologiques et des particularités de leur répartition. Il
faut ajouter que, du fait de leur mode de vie, leur pouvoir de dispersion est extrême-
ment faible et ils constituent donc des indicateurs privilégiés pour des études de
biogéographie. Ce travail ne peut que confirmer cette opinion, avec, par exemple, en ce
qui concerne les caractères morphologiques, la mise en évidence de « quilles proster-
nales » chez les mâles d’un genre endémique à l'île et la découverte d’un genre nouveau
dont les espèces possèdent un labium préhensile, comparable à celui des Staphylinides
du genre Stenus Latreille. On retrouve d'autre part exacerbées chez ce groupe les
caractéristiques majeures de la faune malgache, à savoir une spéciation intense et un
endémisme marqué. En effet, trois genres et toutes les espèces, à l'exception de deux
d'entre elles, doivent être considérés pour l'instant comme endémiques ; il s’agit
presque toujours d'espèces orophiles, aptères et micro- ou anophthalmes. Dans la
«région malgache » (constituée classiquement d’une part de Madagascar et d'autre part
des îles environnantes de l'Océan indien : Comores, Seychelles, Mascareignes et divers
ilôts) faisant l'objet de cette étude, la sous-famille Euaesthetinae n’est pour l'instant
connue que de Madagascar, avec une faune essentiellement endogée aux affinités sud-
africaines, et des Seychelles et de la Réunion, avec une faune à tendance épigée,
représentée par quelques espèces seulement et comprenant des éléments aux affinités
orientales.
1. En excluant Edaphus africanus (Eppelsheim), cité de Madagascar, mais dont la présence n'a
pu être établie.
Source : MNHN, Paris
Il faut attirer l'attention sur le fait que le sort des espèces malgaches de ce groupe,
dont on a souligné l’endémisme extrême et la capacité de dispersion presque nulle, est
lié à celui des sols forestiers qui les abritent et donc à celui du couvert végétal de l'île.
Il est probable que plusieurs espèces décrites dans ce travail, récoltées il y a une
quinzaine d'années dans des lambeaux forestiers, de superficie restreinte et fort
menacés, doivent déjà être considérées comme des « fossiles ». Cela ne peut que
souligner l'urgence de compléter ce type d'inventaires par de nouvelles récoltes.
D'autre part, malgré la découverte récente de très nombreuses espèces dans
différentes régions du globe, les connaissances générales sur la sous-famille restent
fragmentaires. Peu de travaux comportent, en effet, des informations sur la morphologie
et la phylogénie de ce groupe, et, si la plupart des genres ont été révisés récemment et
peuvent être considérés comme monophylétiques, il n’en est pas de même des tribus
actuellement admises, de conception archaïque. Les lacunes ne sont pas moindres en ce
qui concerne les états préimaginaux (connus chez une seule espèce, avec doute !), la
biologie et la biogéographie. La faune malgache ne comportant que six genres sur les
vingt-quatre existant, l'étude détaillée de ces différents aspects sort bien sûr du cadre
de ce travail. Tout cela explique la place restreinte réservée aux généralités et l’obliga-
tion de traiter les genres pratiquement indépendamment les uns des autres. Cette Faune
n’a done pour but pratique que de permettre une détermination précise des espèces.
Je tiens à remercier M. le Recteur R. Paulian, qui m'a confié l'étude des Staphyli-
nides endogés malgaches faisant l'objet de cette Faune, et qui n'a cessé de me prodiguer
ses conseils et encouragements.
M. J.-M. Betsch (laboratoire d'Écologie générale du Muséum national d'Histoire
naturelle, Brunoy), qui m'a fourni de nombreux prélèvements effectués dans le cadre de
la RCP 225 du CNRS, accompagnés de renseignements détaillés sur les stations de
récolte.
M. R. Dajoz (laboratoire d'Écologie générale du Muséum national d'Histoire
naturelle, Brunoy), qui m'a transmis une série de prélèvements alors en sa possession.
MM. P. Viette et A. Descarpentries (laboratoire d’Entomologie du Muséum
national d'Histoire naturelle, Paris), qui m'ont fait bénéficier de leurs connaissance
approfondies sur la géographie malgache pour m'aider à débrouiller de nombreux
problèmes de toponymie.
Mie N. Berti (laboratoire d'Entomologie du Muséum national d'Histoire natu-
elle, Paris), pour son accueil toujours cordial et son aide dans la recherche des maté-
riaux malgaches préservés dans la riche collection de Staphylinides du Muséum de
Paris.
M. le Pr. H. Franz (Müdling, Autriche), qui m'a communiqué le fruit de ses
récoltes effectuées à Madagascar et à La Réunion.
Le Musée Royal d'Afrique centrale, en la personne de M. J. Decelle, pour la
communication de tous les Euaesthetinae provenant des récoltes de J. Vadon.
M. D. Kistner (California State University, Chico, Etats-Unis), pour l'envoi de
quelques paratypes d'espèces décrites par lui-même en 1965.
Le Field Museum of Natural History (Chicago, Etats-Unis), en la personne de
Me CL, Milkint, et le British Museum (Natural History), à Londres (Royaume-Uni),
en la personne de M. L. Rogers, pour la communication des matériaux décrits par
Bernhauer.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 7
M. Peyrieras (Tananarive, Madagascar), dont les remarquables qualités de
naturaliste lui ont permis de récolter la majeure partie des espèces décrites dans ce
travail.
Mon collègue et ami Y. Gomy, spécialiste bien connu des Histeridae, qui m'a fait
bénéficier de ses connaissances sur la faune des Mascareignes et a très largement parti-
cipé au tri fastidieux d’un grand nombre de prélèvements de sol.
Enfin, mon collègue V. Puthz (Limnologische Fluss-Station des Max-Planck
Instituts für Limnologie, Schlitz, Allemagne fédérale), spécialiste reconnu des Stenidae
et Euaesthetinae, qui m'a largement fait bénéficier de ses connaissances et de ses
conseils sur ces deux groupes d’Insectes.
HISTORIQUE DE LA RECHERCHE DES EUAESTHETINAE DANS LA RÉGION MALGACHE
Les connaissances sur la microfaune des sols de la région malgache sont très
récentes. En ce qui concerne les Euaesthetinae, il convient toutefois de mentionner les
toutes premières récoltes effectuées au début du siècle dans l'Océan Indien par la
Percy Sladen Trust Expedition, sous la conduite de J. Stanley Gardiner : deux espèces
sont récoltées aux Seychelles et décrites par Bernhauer en 1922.
Mais il faut attendre la création en 1946 de l’Institut de la Recherche scientifique
de Madagascar pour que des récoltes spécialisées soient entreprises, nécessitant la mise
en œuvre de moyens techniques importants, avec l'emploi de méthodes modernes
appropriées (flottation, extraction par appareils de Berlese....). Les premiers Euaesthe-
tinae anophthalmes et aptères sont récoltés par R. Paulian et ses collaborateurs en 1956
et en 1957 dans le massif de l'Ankaratra, et en 1958 dans le massif de l’Andringitra ; ils
seront décrits en 1968 par J. Jarrige dans le Bulletin du Muséum national d'Histoire
naturelle, Paris. D'autres espèces sont récoltées en 1958 par P. Griveaud et P. Soga
lors de la première exploration du massif du Marojejy ; des matériaux complémentaires
sont réunis en 1960 par P. Soga, retourné seul explorer la partie occidentale de ce
même massif. Il faut signaler également des récoltes effectuées en 1959 par A.
Robinson, entomologiste malgache de l'IRSM, dans le Nord de l’île, notamment à la
Montagne des Français.
A la même époque, J. Vadon, directeur d'école à Maroantsetra et correspondant
du Muséum, entreprend l'exploration du massif forestier entourant la baie d’Antongil.
Une riche microfaune y est récoltée de 1956 à 1959, dans laquelle se trouvent un genre
et trois espèces d'Euaesthetinae, décrits en 1965 par Kistner & Shower.
La deuxième étape, décisive, est la création, en 1970, de la Recherche coopéra-
tive sur programme N° 225, sous l'égide du Centre national de la Recherche scienti-
fique. Ayant pour thème «Etude des écosystèmes montagnards dans la région
malgache », elle consacre la mise en pratique à grande échelle de la technique d’extrac-
tion au moyen d'appareils de Berlese. La première campagne a lieu en 1970 et 1971
dans le massif de l'Andringitra (Paulian et al, 1971), où une faune abondante
comportant de nombreux taxa endémiques est récoltée par J.-M. Betsch. Deux autres
campagnes, l’une en 1971 et 1972 dans les chaînes Anosyennes (Paulian et al, 1973)
et l’autre en 1972 et 1973 dans le Marojejy, l’Itremo et l’Ibity (Guillaume et al, 1975),
permettent également des récoltes fructueuses ; enfin, une mission effectuée en 1972
dans l'Ankaratra livre une riche microfaune, dans laquelle se trouvent de nombreux
Euaesthetinae. Mais il faut rendre tout particulièrement hommage aux talents de
naturaliste de A. Peyrieras qui effectue en 1972 et 1973, en partie dans le cadre de la
RCP 225, des séries de prélèvements de terre dans de nombreuses stations du Centre
Source :
MNHN, Paris
8 JEAN OROU
et de l'Est de l'île ; ce sont ses récoltes qui fournissent la majeure partie des matériaux
décrits dans ce travail. Une brève ineursion aux Seychelles, en 1972, lui permet
également d'effectuer quelques prélèvements intéressants. 11 faut signaler, en outre, des
récoltes de J. Gutierrez en 1967 et 1969 en différents points de l'île, ainsi que de D.
Llinarès en 1973 et 1974 dans l’Ankaratra. Enfin, viennent s'ajouter à ces matériaux
des Insectes récoltés au moyen de techniques un peu différentes (utilisation d'appareils
de Winckler et de Winckler-Moczarsky) à Madagascar et à La Réunion en 1969 par le
Pr. H. Franz, spécialiste des Seydmaenidae, récoltes effectuées en compagnie de
Y. Gomy; il convient de signaler également une capture intéressante effectuée à La
Réunion par J. Etienne.
Il est important de souligner que les Euaesthetinae ne sont connus des Masca-
reignes et des Seychelles que par quelques taxa seulement ; malgré l'insuffisance des
prospections, ils y sont certainement très mal représentés. Par contre, il est difficile de
se prononcer au sujet de l'archipel des Comores, où l'absence d'Euaesthetinae n’est
peut-être que fictive et due seulement à l'absence de récoltes effectuées au moyen de
techniques appropriées. L’inventaire très partiel des Euaesthetinae dans la région
malgache impose done la plus grande prudence quant aux conclusions biogéographiques
pouvant être tirées de l'étude du matériel actuellement disponible.
POSITION SYSTÉMATIQUE DES ÉUAESTHETINAE
Il n'existe pas actuellement de classification universellement adoptée pour les
Staphylinoidea. Quatre schémas principaux ont été proposés ; ils sont résumés pour les
Brachelytra sur le tableau 1, établi d'après le récent travail de Naomi (1985).
Le «système classique » divise les Brachelytra en cinq familles, dont les
Staphylinidae. La composition de cette dernière est fondée essentiellement sur les
travaux de Sharp & Muir (1912), Bernhauer & Schubert (1910 et passim), Bernhauer
& Scheerpeltz (1926). La famille des Staphylinidae est considérée comme constituée
de vingt-sept sous-familles, les Euaesthetinae étant placés au voisinage des Steninae et
des Paederinae. Ce système a été suivi pendant très longtemps sans modifications
notables par la plupart des entomologistes européens ; fondé en grande partie sur des
convergences d'habitus des imagos, il ne présente plus guère qu'un intérêt historique.
Dans le « système français », basé sur les travaux de Paulian (1941), Jeannel &
Jarrige (1949) et Coiffait (1972), les Staphylinides sensu lato sont divisés en deux
grands groupes d'après les caractères larvaires : Staphylinomorpha et Aleocharo-
morpha. Coiffait (op. cit.) admet une seule famille au sein des Staphylinomorpha, les
Staphylinidae, constituée de cinq sous-familles, dont les Euaesthetinae. En l'absence
de données sur les caractères larvaires, ces derniers sont considérés proches des
Paederinae et des Staphylininae par leur morphologie maginale. Il faut signaler les
réserves émises par Crowson (1967) au sujet de ces tentatives pour scinder les
Staphylinidae des anciens auteurs en plusieurs familles distinctes. Cet auteur conserve
done une seule famille, les Staphylinidae, formée de quatorze sous-familles seulement,
tout en admettant l'éventualité que certaines d’entre elles soient ultérieurement élevées
au rang de familes distinctes. Parmi ces sous-familles, il retient les Steninae, compre-
nant trois tribus: Stylopodini, Euaesthetini et Stenini.
Lawrence & Newton ont proposé récemment (1982) une classification des
Brachelytra fort différente, basée sur l'étude d’un ensemble de caractères morpholo-
giques, biologiques et écologiques. Ce système est subdivisé en quatre grands groupes,
dont un « Staphylinine group », comprenant sept sous-familles de Staphylinides, mais
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE E PINAE 9
également les Scydmaenidae et les Silphidae. La sous-famille Euaesthetinae y est
placée au voisinage des Steninae et des Leptotyphlinae.
La classification la plus récente est celle de Naomi (1985), qui admet six familles
au sein des Brachelytra (fig. 1 A), les Euaesthetinae constituant une sous-famille des
Oxyporidae (fig. 1 B) et formant un groupe monophylétique avec les Leptotyphlinae et
les Psélaphides sensu lato. Les affinités des Euaesthetinae avec les Leptotyphlinae ont
été déjà évoquées par Kistner & Shower (1965), celles des Euaesthetinae avec les
Psélaphides par Crowson (1967), sans que des arguments morphologiques précis aient
été avancés.
Leptotyphlinae
EBuaesthetinae
Scydmaenidae
Megalopininae
Euplectinae
Pselaphinae
Clavigerinae
Bythininae
Faroninae
J
Scaphidiidae
Oxyporinae
Oxyporidue
Staphylinidae
Silphidae
Oxytelidae
He
/
/,
A
gure 1 : relations phylogénétiques (A) au sein des Brachelytra, (B) au sein des Oxyporidae :
d'après Naomi (1985).
Les plus grandes réserves doivent être faites au sujet de toutes les classifications
ci-dessus en ce qui concerne les Euaesthetinae. En effet, rien ne démontre actuelle-
ment que cette sous-famille soit bien monophylétique, en l'absence d'un travail de
morphologie et de phylogénie sur l'ensemble des genres existant. S’il est impossible de
se prononcer à ce sujet seulement d’après l'étude de la faune malgache, qui ne
comprend que six genres, il faut cependant souligner que la découverte du genre
malgache Tyrannomastax n. gen., décrit ci-après, dont les représentants possèdent un
labium préhensile similaire à celui des espèces du genre Stenus Latreille, plaide en
faveur du clivage de la sous-famille.
D'autre part, la classification adoptée à l'intérieur de la sous-famille, de concep-
tion ancienne, est basée seulement sur la formule tarsale et la présence ou l'absence de
pleurites abdominaux. Cette classification semble totalement artificielle et masque les
affinités réelles existant entre les genres, comme l'a fait remarquer Newton (1985).
La récente découverte d’un genre sudaméricain à tarses trimères, Phaenoctavius Pace
1986, ne pouvant être intégré dans aucune des tribus actuelles bien qu'étant proche du
genre Octavius Fauvel (Euaesthetini), est un argument supplémentaire.
En outre, une étude phylogénétique des Euaesthetinae ne peut être entreprise
actuellement que d’après l'étude des imagos ; en effet, les états préimaginaux sont
presque totalement inconnus. On ne trouve, en effet, dans la littérature aucune mention
concernant les œufs et les nymphes. Quant aux larves, seule celle d'Euaesthetus
Source : MNHN, Paris
10
JEAN ORO!
Pygosteninae
Tachyporinae
Hypocyptinae
Trilobitideinae
Mimanommatinae
Trichopseniinae
Aleocharinae
Pselaphidae
Scaphidiüdae
Scydmaenidae
Euaesthetinae
Pacderinae
Xantholininae
Staphylininae
Staphylinine group
Oxyporinae
Megalopsidinae
Steninae
Euaesthetinae
Leptotyphlinae
Paederinae
Staphylininae
Seydmaenidae
Silphidae
I IT IT »] IV
Silphidae Silphidae Omaline group Silphidae
Omaliinae
Staphylinidae Scaphididae Microsilphinae Oxytelidae
Micropeplinae Empelinae Oxytelinae
Piestinae Pselaphidae Neophoninae Pseudopsinae
Pseudopsinae Proteininae Osoriinae
Phloeocharinae Scydaenidae Dasyceridae Piestinae
Proteininae Micropeplidae Micropeplinae
Metopsiinae Oxyporidae Pselaphidae Proteininae
Omaliinae Metopsiinae
Oxytelinae (Aleocharomorpha) | Tachyporine group Omaliinae
Osoriinae Micropeplidae Pseudopsinae
Leptotyphlinae Stenidae Phloeocharinae Staphylinidae
Oxyporinae Oxytelidae Tachyporinae Tachyporinae
Megalopininae Tachyporidae Trichophyinae Phlococharinae
Steninae Trichophyidae Habrocerinae Habrocerinae
Euaesthetinae Habroceridae Aleocharinae Trichophyinae
Paederinae Hypocyptidae Staphylininae
Xantholininae Aleocharidae Oxyteline group Xantholininae
Staphylininae Piestinae Paederinae
Habrocerinae (Staphylinomorpha) Osoriinae Hypocyptinae
Trichophyinae Staphylinidae Oxytelinae Pygosteninae
Termitodiscinae Leptotyphlinae Scaphidiidae Termitodiscinae
Trilobitideinae
Mimanommatinae
Trichopseniinae
Aleocharinae
Oxyporidae
Oxyporinae
Megalopininae
Steninae
Euaesthetinae
Leptotyphlinae
Faroninae
Euplectinae
Batrisinae
Bythininae
Pselaphinae
Clavigerinae
Scaphidiidae
Scydmaenidae
TABLEAU 1: Les quatre principales classifications proposées pour les Staphylinoidea — « système
classique » (1, «système français » (ID), classification de Lawrence & Newton (III), classification de
Naomi (IV); d'après Naomi (1985).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAE: 11
HETIN
ruficapillus Boisduval & Lacordaire a été décrite par Kasule (1966), d'après des
exemplaires d'Angleterre récoltés en compagnie d’imagos, cette détermination, bien
que plausible, demandant confirmation. Aucune larve pouvant être attribuée sans
ambiguïté à un Euaesthetinae n'a été découverte dans les prélèvements de sol
malgache.
Cet ouvrage traite done de la sous-famille Euaesthetinae sensu auct., dont la
subdivision en tribus est présentée ci-après, mais n’est conservée qu’à litre pratique.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES EUAESTHETINAE MALGACHES
Aptérisme, dépigmentation et anophthalmie
La régression alaire est fréquente chez les Coléoptères terricoles et est de règle
chez les Coléoptères endogés et cavernicoles, en particulier chez les Staphylinides.
Chez les Euaesthetinae, l'aptérisme s’observe à divers stades suivant les genres. Il
existe des genres chez lesquels tous les représentants sont aptères, anophthalmes et
dépigmentés, et d’autres où il existe des espèces aptères ou brachyptères, anophthalmes
ou microphthalmes et plus ou moins dépigmentées, à côté d'espèces sans caractères
régressés, que ces espèces possèdent ou non la même biologie. La réduction alaire est
constante et non dimorphique chez les Euaesthetinae : on ne connaît pas de popula-
tions où même d'individus à ailes membraneuses régressées au sein d’une espèce
normalement ailée, comme on en observe par exemple chez les Carabidae. Toutes les
transitions existent dans la sous-famille, du macroptérisme à l’aptérisme : dans certains
genres (par exemple Edaphus Motschulsky), il existe tous les stades entre les espèces à
ailes fonctionnelles, à nervation complète et présentant plusieurs plicatures, et les
espèces totalement aptères, à ailes réduites à une minuscule vésicule hyaline, en
passant par des espèces brachyptères, à ailes en forme de lobe court et étroit, non replié
au repos et présentant seulement des vestiges de nervures longitudinales à la base.
L’atrophie alaire s'accompagne classiquement d’autres modifications morphologiques,
qui se traduisent extérieurement au niveau des élytres par un raccourcissement, un
effacement du calus huméral, un aplatissement du disque élytral et une coaptation plus
ou moins forte. On ne connaît pas de cas de disparition de l'articulation scapulaire, telle
qu'elle s’observe chez les Leptotyphlinae.
Chez les genres comprenant des espèces épigées et d'autres endogées, on observe
tous les stades de transition en ce qui concerne la pigmentation, depuis des espèces de
couleur généralement brun ou rougeâtre plus ou moins foncé (très rarement noire)
jusqu'à des espèces dépigmentées. La dépigmentation la plus prononcée s’observe chez
les espèces strictement endogées, les téguments du corps et des appendices étant alors
de couleur uniformément testacée (un pigment résiduel étant cependant toujours
présent); cette dépigmentation est très généralement uniforme. Il n'existe pas
d'amincissement corrélatif des téguments, comme on en observe chez les Coléoptères
cavernicoles (il n’existe, en outre, aucun Euaesthetinae connu cavernicole).
En raison de leur très faible taille, les Euaesthetinae possèdent toujours un petit
nombre d’ommatidies, en général inférieur à une soixantaine, même chez les espèces
épigées à œil proportionnellement gros et saillant. L'anophthalmie se traduit par une
diminution du nombre de ces ommatidies, tout d’abord sans modification notable de la
forme de l'œil autre qu’un léger aplatissement, puis par un allongement de celui-ci pour
les stades de régression très avancés, les ommatidies étant alors groupées en arc de
cerele près du selérite mandibulaire. La régression s'effectue done, comme cela est de
règle chez les Coléoptères hypogés, d’arrière en avant et, en outre, de haut en bas. Ces
Source : MNHN, Paris
12 JEAN OROUS
ommatidies restent généralement pigmentées, même lorsque leur nombre est inférieur à
la dizaine. Même chez les espèces strictement endogées, comme par exemple les
espèces méditerranéennes du genre Octavius Fauvel, il reste en général quelques
ommatidies vestigiales dépigmentées, au nombre de deux ou trois, voire même d'une
seule; on ne connaît dans la sous-famille que quelques rares exemples d'espèces
totalement anophthalmes. Dans ce dernier cas, il ne subsiste alors aucune trace de l'œil,
sans cicatrice oculaire ou tache pigmentaire (cryptomma) comme il en existe par
exemple chez les Carabidae. On connaît d'autre part quelques rares espèces
d'Euaesthetinae (genre Octavius Fauvel) chez lesquelles existe à la place de l'œil une
épine ou un tubereule, tels qu'on en observe fréquemment chez un certain nombre de
genres de Pselaphidae.
La régression alaire, l'atrophie des yeux et la dépigmentation sont très générale-
ment corrélées chez les Euaesthetinae, avec cependant de rares exceptions : Edaphus
najtae Orousset, espèce orophile des Päramos du Vénézuela, est totalement aptère mais
cependant macrophthalme et de coloration noire, couleur qui est par ailleurs exception-
nelle dans le genre. L'aptérisme est lié à la tendance à la fixation dans le milieu endogé
chez les Staphylinidae ; il s’observe souvent chez la totalité des espèces de certains
genres en région méditerranéenne et chez la totalité ou une partie des espèces orophiles
de haute altitude, notamment dans les région tropicales.
En se référant maintenant plus précisément aux Euaesthetinae malgaches, on
constate que la faune présente plusieurs particularités en ce qui concerne les caractères
précités. La régression alaire est de règle chez les Euaesthetinae et a atteint son stade
terminal chez de nombreuses espèces puisque quatre-vingt-trois espèces, sur les
quatre-vingt-quinze connues que compte la faune malgache, sont totalement aptères,
sans aucune trace d'ailes vestigiales. Chez certains genres (Octavius Fauvel,
Stenaesthetus Sharp), toutes les espèces, orophiles ou non, sont aptères. La régression
corrélative de l'œil chez ces genres est, par contre, moins prononcée, quelques espèces
seulement étant totalement anophthalmes; la dépigmentation n'est également que
partielle la plupart du temps.
Le genre Octavius Fauvel comprend cinquante-sept espèces, toutes orophiles,
répandues à moyenne et haute altitude, jusqu'aux zones sommitales de l'ile
(900-2 650 m). Toutes ces espèces sont totalement aptères, sans aucune trace d'ailes
membraneuses, et à élytres régressés mais non coaptés. La dépigmentation est en
général partielle, la plupart des espèces étant de couleur brun-roux plus ou moins
foncé; cette dépigmentation est parfois non uniforme, quelques espèces étant
nettement bicolores, avec un pigment noir encore bien apparent, surtout au niveau de
l'abdomen (0. bryophilus n. sp. O. boryi n. sp. O. ambitsika n. sp. O. tenebricosus n.
sp. …). La microphthalmie est très prononcée puisque toutes les espèces po ssèdent
moins d’une dizaine d'ommatidies, groupées en un agrégat irrégulier près du selérite
mandibulaire ; sept espèces seulement sont totalement anophthalmes : 0. anjavidilava
n. sp. 0. llinaresi n. sp., O. betsileo n. sp.. 0. peyrierasi n. sp. 0. exilis n. sp., O. monti-
cola n. sp. O. sulcifrons n. sp. Ces espèces, vraisemblablement strictement endogées
sont les plus évoluées puisqu'elles sont plus grêles que les autres et de couleur pâle,
trois d’entre elles, filiformes et testacées, ayant un faciès « leptotyphloïde ». Les espèces
malgaches sont à cet égard comparables en tous points aux espèces orophiles sud-
africaines, qui présentent les mêmes caractères d’aptérisme et de régression oculaire,
alors qu'il existe dans la zone afrotropicale de nombreuses espèces macrophthalmes et
macroptères.
Le genre Stenaesthetus Sharp comprend actuellement ving-quatre espèces à
Madagascar, répandues aussi bien à très basse altitude (baie d’Antongil) que dans les
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 13
2500
2000 La
°
; ° Î +
1500
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1000 Î $
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500: Î Ï ; Î
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AI A IB C D E$ |F
Figure 2 : distribution en altitude des genres d'Euaesthetinae présents à Madagascar. — A:
Stenaesthetus Sharp, groupe de S. rugosus (Kistner). — A° : Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni
(Kistnen. — B : Tyrannomastax n. gen. — C : Octavius Fauvel. — D : Edaphus Motschulsky. — E:
Coiffaitia Kistner et Shower. — F: Neocoiffaitia n. gen.
hautes montagnes de l’île ; les espèces orophiles ne sont nullement plus évoluées que
les espèces des forêts de basse altitude. Toutes sont totalement aptères, sans trace
d’ailes membraneuses, et à élytres très régressés. Ces espèces présentent, par contre,
une pigmentation notable, la coloration allant du brun-roux foncé au roussâtre. La
microphthalmie est la plupart du temps très prononcée, l'œil des espèces relativement
«macrophthalmes » étant composé d’une trentaine d’ommatidies au maximum |[$.
vadoni (Kistner), S. pauliani (Jarrige)], ce nombre tombant à moins d’une demi-douzaine
chez quelques espèces (S. microphthalmus (Jarrige), S. atrox n. sp.). Les espèces
malgaches se révèlent donc nettement plus évoluées que les espèces des autres régions
tropicales, où il existe des espèces macrophthalmes et macroptères à basse altitude et
des espèces orophiles microphthalmes et brachyptères ou aptères ; on ne connaît par
ailleurs dans ce genre aucune espèce totalement anophthalme et dépigmentée. Il faut en
outre mentionner le genre Tyrannomastax n. gen., endémique malgache ne comptant
Source
: MNAN, Paris
14 JEAN OROUSSET
pour l'instant que deux espèces, qui semble présenter une tendance évolutive inverse
en ce qui concerne l’un des trois caractères : les espèces sont totalement aptères mais
leurs yeux sont composés de plus d'une cinquantaine d’ommatidies, cette
macrophthalmie semblant corrélée avec le développement de pièces buccales
préhensiles.
Il faut, enfin, mentionner le genre Coiffaitia Kistner & Shower, qui présente des
caractères tout à fait exceptionnels parmi les Staphylinides. Ce genre, endémique
malgache, compte actuellement six espèces, répandues à basse et moyenne altitudes
(50-1 700 m). Les mâles sont macroptères, à ailes membraneuses longues, fonction-
nelles, et à élytres très développés ; ils sont de couleur jaune-roux et possèdent des
pattes relativement longues ; macrophthalmes, ils possèdent des yeux composés d'une
trentaine de grosses ommatidies pigmentées. Les femelles sont très fortement
brachyptères, à ailes membraneuses réduites à des languettes hyalines non fonction-
nelles, et à élytres très courts ; elles sont de couleur testacé-blanchâtre et possèdent des
pattes relativement courtes ; microphthalmes, elles possèdent des yeux, très petits et
reportés en face sternale, composés de moins d'une demi-douzaine d’ommatidies,
d'assez petite taille. Ce dimorphisme sexuel très prononcé portant sur les caractères
d’aptérisme, de dépigmentation et d’anophthalmie est exceptionnel chez les Staphyli-
Se alors qu'il est très fréquent chez les Pselaphidae et, dans une moindre mesure,
chez les Scydmaenidae.
La situation semble totalement différente dans le reste de la région malgache ;
seules trois espèces d'Euaesthetinae, du genre Edaphus Motschulsky, en sont connues :
Edaphus spectabilis Bernhauer, E. sechellarum ernhauer et E. remyi Jarrige (E. r.
etiennei n. subsp.). Ces espèces sont toutes trois macrophthalmes et macroptères. Ce
nombre trop réduit ne permet cependant pas de conclure, des espèces anophthalmes,
aptères et dépigmentées existant dans d'autres groupes de Coléoptères (Anillini,
Colydiidae), notamment aux Seychelles et aux Mascareignes.
Endémisme
L’endémisme est une des caractéristiques les plus remarquables de la faune
malgache. Il est particulièrement prononcé chez les Coléoptères terricoles ou endogés,
dont de nombreuses espèces sont généralement aptères, notamment les espèces
orophiles. À cet égard, l'endémisme se révèle particulièrement prononcé chez les
Euaesthetinae, tout au moins au niveau spécifique.
En effet, l'endémisme au niveau générique est modéré puisque, sur les six genres
connus, trois seulement doivent être considérés comme endémiques : Coiffaitia
Kistner & Shower, Neocoiffaitia n. gen. et Tyrannomastax n. gen. Les trois autres
genres, Edaphus Motschulsky, Octavius Fauvel et Stenaesthetus Sharp, sont, par
contre, des genres à très vaste répartition pantropicale ou même mondiale. Les genres
Coiffaitia et Neocoiffaitia, étroitement apparentés, peuvent être considérés comme
deux genres mégaendémiques car ils présentent un ensemble de caractères morpholo-
giques les distinguant de tous les autres genres de la sous-famille. I faut noter que le
genre Coiffaitia, apparemment plus évolué car présentant un ensemble de caractères
apomorphes remarquables (réduction antennaire, quilles mésosternales), est largement
répandu dans une grande partie de l'île, alors que le genre Neocoiffaitia, à caractères
plésiomorphes (antennes de onze articles, mésosternum normal) n’est connu pour
l'instant que par une espèce de l'extrême Sud du Domaine de l'Est (massif de
l'Andohahelo). Le genre Coiffaitia peut donc être considéré comme un néoendémique,
issu du genre Neocoiffaitia ou d'un genre ancestral localisé au Sud de l’île, les espèces
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE E 15
du genre Coiffaitia ayant alors colonisé l'ensemble des forêts humides de l'île. Il en est
de même pour le genre Tyrannomastax n. gen., groupe frère du genre Stenaesthetus
Sharp à très vaste répartition dans les régions tropicales, dont il se différencie par un
ensemble de caractères apomorphes au niveau des pièces buccales (en particulier le
labium préhensile) et de la capsule céphalique. Tyrannomastax peut donc être consi-
déré comme un genre à la fois micro- et néoendémique, issu du genre Stenaesthetus.
Au niveau spécifique, l’endémisme est particulièrement remarquable puisqu'il
est de 100 % à Madagascar. En effet, les quatre-vingt-quinze espèces (et une sous-
espèce) connues de l'île doivent être toutes considérées comme des endémiques. La
présence d'Edaphus africanus Eppelsheim, seule espèce afrotropicale citée de l'île, n’a
pu être établie, cette citation ancienne étant probablement erronée et devant concerner
une espèce affine ; sa présence est envisageable, cette espèce ailée ayant une vaste
répartition sur le continent africain, de l'Ethiopie, à l'Est, jusqu’à l'Afrique du Sud. Il
faut signaler que cet endémisme spécifique extrême n’a rien de très surprenant, toutes
les espèces de Madagascar des genres Octavius, Stenaesthetus et Tyrannomastax étant
aptères : le genre Edaphus comprend des espèces macroptères ou brachyptères, qui
doivent cependant être considérées également comme des endémiques malgaches.
Dans le genre Coiffaitia, les mâles sont macrophthalmes et macroptères mais les
femelles sont microphthalmes et aptères : l'endémisme est donc similaire.
L’endémisme à l’intérieur de l’île est, par contre, beaucoup plus difficile à
évaluer, eu égard au petit nombre de prélèvements disponibles et au petit nombre
d'espèces connues pour certains genres. Il peut déjà être plus facilement cerné dans le
genre Octavius Fauvel, qui comprend actuellement cinquante-sept espèces malgaches,
toutes aptères et localisées à moyenne ou haute altitude, et dans lequel l'endémisme
semble poussé à l'extrême. En effet, quarante-huit espèces ne sont connues que d’une
seule localité et neuf de deux localités seulement. Encore s’agit-il souvent dans ce
dernier cas de localités très proches, situées à très haute altitude dans un même massif
montagneux (0. descarpentriesi Jarrige, O. boryi n. sp., O. pseudopauliani n. sp.).
Quelques espèces sont connues de deux localités relativement distinctes, toutes deux
situées à moyenne altitude ; on peut citer O. dolosus n. sp. (forêt de Mahabo et base de
la forêt du cirque de Manjarivolo), O. terrigena n. sp. et O. torulosus n. sp. (Ambatofi-
toharana et Périnet), O. sculptilis n. sp. (Périnet et forêt d’Andranobe). Trois espèces
ont, par contre, une répartition beaucoup plus originale, étant connues d’un massif
montagneux à haute altitude et d’une forêt de moyenne altitude du Domaine de l'Est :
©. falcifer n. sp. et O. ankaratra n. sp. (massif de 'Ankaratra et Périnet), O. dajozi n. sp.
(Périnet et massif de l’Itremo). Il est donc probable, d’après les données actuellement
disponibles, qu’il existe dans ce genre un endémisme extrême, les espèces devant être
réellement localisées à une zone relativement restreinte de l’île, sans qu'aucune espèce
ne soit commune à deux massifs montagneux ; cet endémisme concorde avec celui
observé dans ce genre pour les espèces aptères d'autres régions du globe, par exemple
la région méditerranéenne,
On ne peut se prononcer sur l'endémisme de la faune des Mascareignes, une seule
espèce étant connue. Cette dernière, Edaphus remyi etiennei n. subsp. n'est pas un
endémique, l'espèce étant répandue à Ceylan et constituant un élément d’origine indo-
malaise, qui se retrouve par ailleurs aux Seychelles. Les deux autres espèces connues
des Seychelles, Edaphus spectabilis Bernhauer et Edaphus sechellarum Bernhauer,
doivent être considérées, par contre, comme des endémiques ; leurs affinités exactes
n’ont pu être établies pour l'instant. Il faut souligner que les trois espèces connues des
Mascareignes et des Seychelles sont macroptères.
D'autre part, il n'existe aucune espèce présente simultanément à Madagascar et
Source : MNHN, Paris
16 JEAN OROUSSET
dans d'autres îles de la région malgache, E. remyi (avec E. r. etiennei), comme
mentionné ci-dessus, étant par contre commun aux Mascareignes et aux Seychelles.
Spéciation
L'examen des genres représentés à Madagascar par de nombreuses espèces
(Octavius Fauvel, Stenaesthetus Sharp) permet de constater leur relative homogénéité,
se traduisant par une grande pauvreté des caractères morphologiques externes. Cette
particularité doit cependant être appréciée à sa juste valeur, le « nivellement » des
caractères externes étant de règle chez la plupart des Coléoptères endogés et étant en
général compensé par une diversification spécifique extraordinaire des genitalia,
notamment de l’édéage, ce qui se confirme chez les Euaesthetinae malgaches.
Le genre Octavius est distribué à Madagascar dans le quart Sud-Est de l'île
(carte 6) et n’est connu que de moyenne et de haute altitudes (900-2 650 m) (fig. 2) : il
peut être considéré comme étant réellement absent à basse altitude, n’ayant par
exemple jamais été récolté dans les nombreux prélèvements effectués en Baie
d’Antongil. Inféodé essentiellement aux forêts hygrophiles sempervirentes de l'île, il est
probablement absent de la moitié Ouest de l'île, ou bien y est tout au moins mal
représenté. On a signalé dans le chapitre précédent que la plupart des espèces ne sont
connues que d’une seule localité, quelques-unes seulement étant connues de deux
localités ; les données actuelles sur leur répartition doivent done être interprétées avec
prudence. Cependant, la répartition des espèces en haute montagne semble pouvoir
être interprétée de manière plus fiable. Parmi les cinq grands massifs montagneux de
l'île, deux se sont révélés extrêmement riches en Euaesthetinae, notamment en espèces
du genre Octavius : ce sont l'Ankaratra et l'Andringitra ; quelques espèces sont connues
du Marojejy et des chaînes Anosyennes, où bien peu de prélèvements de sol ont,
semble-t:il, été réalisés; aucun Éuaesthetinae n’est connu du Tsaratanana, ce qui
semble dû seulement à l'absence de prospections appropriées. Aucune espèce n'est
connue de deux massifs montagneux différents et, dans chaque massif, chaque station
isolée semble recéler ses espèces propres, autant que l'on puisse en juger par le nombre
encore modeste de prélèvements réalisés.
On connaît actuellement dix espèces d'Octavius du massif de l'Andringitra
(carte 7), un nombre d'espèces bien supérieur encore restant certainement à découvrir ;
on peut y ajouter six espèces provenant de localités proches de moyenne altitude
(région d’Antanifotsy au Nord et base de la forêt du cirque de Manjarivolo au Sud). Les
espèces de l'Andringitra ont été récoltées dans trois régions principales : les zones
sommitales de l'Andringitra central (cirque et pic Boby, pie Bory) entre 2 500 et
2650 m, la région d'Anjavidilava et l'Andrianony, avec le cirque de Manjarivolo au
Sud. Chaque espèce n’est connue que d’une seule station, à l'exception de deux d'entre
elles : O. descarpentriesi Jarrige, connu du cirque Boby (2 500 m) et d’Anjavidilava
(1 600 m), et O. boryi n. sp., connu du pic Bory et du cirque Boby, deux stations très
proches l'une de l’autre. Aucune espèce de l'Andringitra n’a été rencontrée dans des
stations de l’île situées hors de ce massif, pas même dans les stations d’Antanifotsy et de
la base de la forêt du cirque de Manjarivolo. Plusieurs espèces affines sont connues de
chaque station et ont été récoltées dans un même prélèvement. Ces espèces, pratique-
ment dépourvues de caractères externes différentiels, présentent des édéages révélant
l'existence d’une cladogenèse intense : 0. hypogaeus n. sp. (fig. 141), O. rugosus n. sp.
(fig. 143) et O. amindramiova n. sp. (fig. 145), espèces pratiquement indifférenciables
extérieurement et provenant de stations relativement proches, sont parfaitement
distinctes par l'ornementation du sac interne de l'édéage ; il en est de même pour O.
Source : MNHN, Paris
ES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 17
marositry n. sp. (fig. 187), O. andringitra n. sp. (fig. 189), O. bryophilus n. sp. (fig. 191)
et 0. boryi n. sp. (fig. 193), dont les édéages diffèrent essentiellement dans ce cas par la
denticulation du lobe médian. La faune du massif de l'Ankaratra, d’où sont connues
également de nombreuses espèces d'Octavius, présente des caractéristiques compa-
rables en tous points à celle de l'Andringitra; il faut mentionner cependant deux
espèces de ce massif, O. ankaratra n. sp. et O. falcifer n. sp., qui se retrouvent à
beaucoup plus basse altitude dans la région de Périnet, sans que les populations
présentent la moindre différence morphologique.
Il faut citer, en outre, pour le genre Octavius le phénomène d’inversion de
l'édéage (voir p. 76), qui semble être une cause importante de spéciation dans ce genre,
des phénomènes comparables étant connus dans d’autres familles de Coléoptères
(Pselaphidae) et divers autres groupes zoologiques (Gastéropodes).
La spéciation revêt donc à Madagascar tous les aspects d’une spéciation de type
insulaire, la cause primordiale étant bien évidemment l'isolement initial de l'île.
D'autres facteurs importants s’y sont ajoutés secondairement : le cloisonnement du
relief, provoquant un phénomène d'isolement insulaire secondaire par confinement en
altitude de nombreuses espèces, et la discontinuité du couvert végétal, aggravée par une
intense déforestation. Ces différents facteurs ont provoqué l'isolement de populations
et donc l'apparition de formes taxonomiquement distinctes. Pour chaque genre,
quelques espèces ont dû se disperser initialement sur la majeure partie de l’île en
occupant les régions forestières, à toutes les altitudes, avant la modification du relief.
Cette ancienneté de la dispersion est attestée par la répartition actuelle des espèces.
Ainsi, le genre Octavius, orophile, a colonisé les grands massifs montagneux de l’île et
ne se rencontre plus à basse altitude, seules quelques espèces, mentionnées dans le
chapitre précédent, se rencontrant à la fois à haute altitude et dans la forêt de moyenne
altitude du Domaine de l'Est. La spéciation à l’intérieur du genre s’est produite après
l'isolement de ces massifs, chacune des hautes montagnes possédant ses espèces
propres, sans aucune espèce commune à plusieurs massifs. Il semblerait qu’il existe à
Madagascar des régions de basse ou de moyenne altitude où spéciation et endémisme
sont particulièrement accentués comme, par exemple, la Baie d’Antongil ou la région
centro-orientale ; en fait, cela n’est apparemment dû en ce qui concerne les Euaesthe-
tinae qu'aux recherches beaucoup plus approfondies menées dans ces régions avec des
techniques appropriées.
Cette spéciation se traduit par la pulvérisation d’un type spécifique en de
nombreuses formes dérivées, l'ampleur de cette cladogenèse étant souvent considé-
rable. Il faut noter que ces espèces congénériques affines, bien qu'ayant la même
biologie, ne s’excluent pas géographiquement mais présentent une sympatrie effective,
Ainsi, dans le genre Octavius, il existe souvent dans une même station, dans un même
prélèvement de sol et donc dans la même niche écologique, un grand nombre d'espèces
(six espèces à Périnet).
Il faut d’autre part noter la présence d’une seule sous-espèce dans la faune de l’île
(Octavius gutierrezi longulus n. subsp.). Si l'appréciation entre statut spécifique et
Statut subspécifique est toujours empreinte d’une certaine subjectivité, eu égard aux
manques de données sur l'aire de répartition de chaque taxon, il faut souligner le grand
hiatus morphologique existant au niveau des genitalia entre les taxa décrits dans ce
travail, ce qui doit être interprété comme une preuve de l'ancienneté de la spéciation.
L'apparition de sous-espèces peut cependant être décelée chez un certain nombre
d'espèces de haute altitude, chez lesquelles existent des différences morphologiques,
mineures mais constantes, au niveau des genitalia entre des populations géographique-
ment très proches mais vraisemblablement isolées ; on peut citer par exemple Octavius
2
Source : MNHN, Paris
18 JEAN OROUSSET
ambitsika n. sp. et O. distortus n. sp. de l'Ankaratra, dont il existe pour chacune
plusieurs populations présentant de petites différences morphologiques, vraisemblable-
ment isolées dans des ravins boisés distincts.
L'environnement insulaire de Madagascar
On considère qu'il existe de manière générale deux types d'îles, d'histoires
géologiques totalement différentes : les îles continentales, provenant de la fragmenta-
tion d'’aires continentales, et les îles océaniques, de nature volcanique et produites par
une surrection des fonds sous-marins, ou bien de nature corallienne. Les îles continen-
tales, de même nature géologique que les continents, possèdent un fond de flore et de
faune autochtone, ayant pour origine des populations que l'isolement insulaire
a séparé des lignées primitives et ayant de ce fait acquis des caractères originaux. Les
îles océaniques, d’origine corallienne ou volcanique, n'ayant jamais été en liaison avec
les continents voisins, ne possédaient à l'origine aucune forme de vie terrestre et leur
flore et leur faune sont donc venues par transport, actif ou passif, aérien ou marin ; il
peut cependant y exister une faune endémique, d'autant plus différenciée que la date
de surrection de l'île est plus ancienne. Mais la faune y est toujours caractérisée par une
relative pauvreté, malgré une spéciation explosive de quelques groupes, et par des
lacunes importantes par rapport aux continents voisins. Quatre facteurs naturels
principaux interviennent dans la composition initiale de la faune des îles océaniques :
l'éloignement des aires continentales, la superficie, l'altitude et l'ancienneté. Îl s'y
ajoute un certain nombre de facteurs secondaires récents, essentiellement dus à l'action
de l'homme, tels que l'introduction d'espèces animales ou végétales étrangères ou la
déforestation, ayant pour conséquences de profondes modifications, parfois très
rapides, du peuplement de ces îles. Il faut dont tenir compte de tous ces paramètres
dans l'étude de la faune insulaire, telle qu'elle apparaît actuellement. D'autre part, il
faut prendre en considération les capacités de dispersion et d’indigénation propres à
chaque groupe, qui peuvent varier considérablement.
Les Euaesthetinae constituent une des composantes de la microfaune terricole et
endogée mais présentent de nombreuses particularités à l'égard de la capacité de
peuplement des îles océaniques. Il existe, en effet, d’une part de nombreuses espèces
aptères ou brachyptères, à capacité de dispersion presque nulle, et, d'autre part, des
espèces macroptères, théoriquement à grande possibilité de dissémination et pouvant
faire partie du «plancton aérien». Les capacités de dispersion et d’indigénation
semblent cependant faibles la plupart du temps, ces Insectes présentant des téguments
relativement fragiles, souvent partiellement dépigmentés, et nécessitant pour la plupart
des sols forestiers aux conditions hygrométriques étroitement définies. La dispersion
par les courants marins, par l'intermédiaire de bois flottés, semble donc exclue et seule
une dissémination par les courants aériens d’un nombre limité d'espèces est à envi-
sager. On possède à cet égard quelques exemples dans le genre Edaphus Motschulsky
(Puthz, 1979). On connaît, en effet, quelques rares espèces peuplant des îles océani-
ques comme les Fidji, Niue ou Rarotonga (îles Cook) ; cependant, si ces espèces ont
très certainement fait l'objet d’un transport passif, ce dernier semble suffisamment
ancien pour que des caractères spécifiques aient pu apparaître ; l'inventaire actuelle-
ment trop fragmentaire ne permet pas de juger de leur endémisme réel. On ne connaît
d'autre part pour l'instant aucune espèce parthénogénétique à large répartition et
grande capacité de dissémination passive, notamment par transport de terre ou de
végétaux, comme il en existe chez les Leptotyphlinae.
Source : MNHN, Paris
ÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 119:
Madagascar fait partie d’un ensemble hétérogène d'îles disséminées dans l'Océan
Indien occidental, regroupées fréquemment sous le nom de « région malgache ». Cette
dernière comprend, outre Madagascar, les Mascareignes à l'Est, les Comores à l'Ouest
etune série d'îles, d'ilots et d’atolls allant jusqu'à l'archipel des Seychelles. Ces îles, qui
se révèlent d’origine océanique (corallienne ou volcanique), sont donc très différentes
de Madagascar et l'expression «région malgache » ne peut être conservée qu'à titre
pratique. Ces îles n’ont en commun qu’une certaine homogénéité climatique, notam-
ment en ce qui concerne la direction des courants marins et l'influence des alizés et des
moussons. La faune d'Euaesthetinae de la région malgache, à l'exclusion de Mada-
gascar, se révèle proportionnellement très pauvre puisque seules trois espèces en sont
connues. Ces trois espèces, de par leurs caractéristiques morphologiques, semblent
cependant suffire à confirmer l'origine océanique de l’environnement insulaire de
Madagascar et apportent des éléments sur son origine.
11 faut citer Nosy Mangabe, île située dans la baie d’Antongil et donc à très faible
distance des côtes malgaches, et d'où est connue une espèce d’Euaesthetinae,
Stenaesthetus imitator n. sp., semblant endémique, n’ayant pas été retrouvée parmi les
très nombreux spécimens de Stenaesthetus récoltés dans différentes stations de la baie
d’Antongil. Cette espèce, aptère, présente de fortes affinités avec St. rugosus (Kistner),
largement répandu en baie d’Antongil. St. imitator constitue donc un bon exemple
d’Insecte édaphique à capacité de dispersion nulle, ayant pu acquérir des caractères
spécifiques depuis l'isolement, probablement relativement récent, de Nosy Mangabe du
reste de Madagascar, les deux îles ayant la même histoire géologique.
Enfin, il faut mentionner l’absence des Euaesthetinae dans les récoltes de R.
Paulian et À. Robinson effectuées à Nosy Be et Nosy Komba alors que ces deux îles,
ainsi que l'archipel voisin des Nosy Mitsio, ont livré par lavage de terre divers
Coléoptères endogés (Bembidiinae, Osorinae, Curculionidae).
Les Seychelles
L’archipel des Seychelles est situé dans l'Océan Indien à environ 1 100 km au
Nord-Est des côtes de Madagascar, par 5° de latitude Sud et 55° de longitude Est. Dans
la région malgache, il s’agit done de l'archipel le plus proche géographiquement de
l'Inde. Il s'étend sur une superficie de 404 km? et comprend plus de quatre-vingt-dix
îles ou flots. Il peut-être lui-même subdivisé en quatre archipels : les îles granito-
gneïssiques, d’origine continentale (îles principales : Mahé, Praslin, Silhouette, La
Digue) et trois archipels de nature corallienne : Amirantes, Farquar et Aldabra. On ne
connaît, pour l'instant, aucun Euaesthetinae des archipels coralliens. Par contre, la
présence d’une flore endémique variée sur les îles de nature cristalline peut laisser
supposer l'existence d’une faune du sol particulière. Cependant, parmi les Euaesthe-
tinae, seul le genre Edaphus Motschulky est actuellement connu de cet archipel, avec
trois espèces : E. remyi Jarrige (E. r. etiennei n. subsp.), E. spectabilis Bernhauer et E.
sechellarum Bernhauer ; ce sont toutes des espèces macroptères, à ailes fonctionnelles,
et macrophthalmes, humicoles ; elles possèdent donc une capacité de dispersion
notable. S'il est difficile de préciser les affinités des deux dernières espèces, qui doivent
être considérées pour l'instant comme des endémiques, il faut cependant mentionner
qu'elles s’écartent notablement par leur habitus des espèces afrotropicales et, surtout,
des espèces malgaches, assez homogènes. L'examen de la première espèce est par
contre riche en enseignements. E. remyi Jarrige appartient en effet à un groupe de cinq
espèces orientales (Sri Lanka, Singapour, Sumatra, Sarawak, Philippines) caractérisé
par la présence d’un organe sécrétoire complexe sur les deux premiers tergites
Source
: MNHN, Paris
20 JEAN OROUSSET
abdominaux, unique parmi les quelque deux-cent cinquante espèces du genre ; la
présence de ce caractère supprime toute possibilité d'interprétation erronée des
affinités de ces espèces. E. r. remyi Jarrige est assez largement répandu au Sri Lanka
(Ceylan) et la découverte d’une autre sous-espèce aux Seychelles (Praslin) apporte un
élément indiscutable en faveur des affinités orientales des Euaesthetinae de cet
archipel. L'existence d’autres représentants de la sous-famille n’est cependant pas à
exelure, des prospections insuffisantes ayant été réalisées jusqu'à présent en ce qui
concerne la faune du sol et de nombreuses formes aptères endémiques existant dans
d’autres groupes de Coléoptères.
Les Mascareignes
Les Mascareignes comprennent principalement trois îles: La Réunion, l'île
Maurice et l'île Rodrigue (ou Rodriguez). L'ile de La Réunion est située à 800 km à
l'Est de Madagascar, par 21° de latitude Sud et 55° 30° de longitude Est ; de relief très
accidenté, elle culmine à 3 069 m d'altitude au Piton des Neiges et présente un volca-
nisme encore actif (Piton de la Fournaise). Comme à Madagascar, le climat est tropical
mais il existe une dissymétrie pluviométrique très nette, avec une Région au Vent,
humide, et une Région sous le Vent, plus sèche. Bien que la végétation autochtone ait
été éliminée en grande partie, il existe encore de beaux massifs forestiers, essentielle-
ment dans les Hauts. L'ile Maurice est située à env. 1 000 km à l'Est de Madagascar et à
185 km au Nord-Est de La Réunion, par 58° 30° de longitude Est et 20° 30° de latitude
Sud. Le relief, assez lourd, est constitué de massifs ne dépassant pas 824 m, dominant
une plaine littorale frangée de récifs coralliens. Le climat est de type tropical maritime,
avec des précipitations abondantes. Il ne subsiste plus dans cette île que des lambeaux
de la forêt primitive. L'ile Rodrigue, très isolée et de faible superficie (107 km?), est
située à 600 km à l'Est de l’île Maurice et culmine à 450 m d'altitude. L'origine des
Mascareignes a été pendant longtemps très controversée. Trois hypothèses ont été
émises: vestiges d’un continent gondwanien, aujourd'hui partiellement effondré ;
témoins de la dérive continentale ayant séparé l’Indo-Malaisie de l'Afrique; îles
océaniques, n'ayant jamais été en liaison avec Madagascar. Dans les deux premières
hypothèses, ces îles auraient été réunies pendant longtemps à Madagascar, ce qui aurait
dû permettre des échanges de faune. Il paraît pratiquement acquis aujourd’hui, avec de
nombreux faits géologiques à l'appui, que les Mascareignes sont des îles océaniques,
d’origine volcanique, qui n’ont jamais été en contact avec Madagascar.
La faune entomologique des Mascareignes semble beaucoup mieux connue que
celle des Comores et des Seychelles, de nombreux naturalistes y ayant effectué des
prospections. Cependant, en ce qui concerne la faune du sol ou, plus généralement, la
microfaune, de nombreuses lacunes doivent subsister, seule La Réunion ayant fait
l'objet de recherches par des moyens appropriés. La faune entomologique se révèle
relativement pauvre dans les trois îles. En ce qui concerne les Euaesthetinae, on ne
connaît pour l'instant aucune espèce de l’île Maurice et de l’île Rodrigue, mais rien ne
prouve que des recherches appropriées aient été menées dans les lambeaux de forêt
primitive, Une seule espèce est connue de La Réunion : Edaphus remyi Jarrige, avec la
sous-espèce . r. etiennei n. subsp., déjà mentionnée, dont les exemplaires sont en tous
points identiques à ceux récoltés aux Seychelles. Il s’agit à d’un élément aux affinités
orientales indubitables. L'étude des Euaesthetinae semble donc confirmer l’origine
océanique des Mascareignes, dont la pauvreté semble réelle mais a sans doute été
fortement aggravée par la déforestation de ces îles.
Source : MNHN, Paris
21
COLÉOI S STAPHYLINIDAE El
Les Comores
L’archipel des Comores est formé d’un groupe d'îles situées à l'entrée du canal de
Mozambique, environ à mi-chemin du Nord-Ouest de Madagascar et des côtes
africaines, par 12° de latitude Sud sur le 45° méridien Est de Greenwich. Il est
constitué principalement de quatre îles, du Nord-Ouest au Sud-Est: Grande Comore,
dont le sommet est le mont Karthala, volcan en activité culminant à 2 361 m, Mohéli, ne
dépassant pas 800 m; Anjouan, s’élevant à 1 595 m, et Mayotte, ne dépassant pas 700 m
d'altitude. Malgré les différences du relief, l'archipel présente une certaine unité
morphologique : les îles sont formées de plateaux basaltiques, tombant souvent à pic sur
des plaines côtières étroites et marécageuses. S’il a été supposé pendant longtemps que
ces nappes basaltiques étaient les restes d’un socle ancien unissant Madagascar et
l'Afrique, il est admis aujourd’hui qu'il s’agit d'îles volcaniques récentes, qui n’ont
jamais été reliées directement à l'Afrique, à Madagascar ou même entre elles. Ce sont
des îles de type océanique, dont la faune provient uniquement d’introductions récentes.
Malgré la présence de biotopes adéquats (forêts montant jusqu'à 2 000 m et brousse
éricoïde sur la Grande Comore), on ne connaît pour l'instant aucun Euaesthetinae de
cet archipel. L'absence totale de la sous-famille ne peut cependant être affirmée pour le
moment et n’est vraisemblablement due qu’à l'insuffisance de recherches appropriées.
En effet, il est possible qu'il y existe au moins quelques espèces macroptères à capacité
de dispersion notable, par exemple des représentants du genre Edaphus Motschulsky
(notamment E. africanus Eppelsheim, mentionné précédemment, espèce à très vaste
répartition afrotropicale). Cependant, l'examen de récentes récoltes, effectuées au
moyen d'appareils de Berlese, semble confirmer la grande pauvreté de la faune, même
dans des groupes d'écologie similaire (Psélaphides, Scydménides) abondamment
représentés en Afrique et à Madagascar.
RÉPARTITION À MADAGASCAR ET DANS LES RÉGIONS VOISINES.
LISTE DES STATIONS DE RÉCOL
L'énumération ci-dessous suit la division de l’île en domaines phytogéogra-
phiques proposés par Humbert (1955). La carte 1 permet de localiser les stations
malgaches (les stations du massif de l'Andringitra sont détaillées sur la carte 7).
NorD
Montagne des Français (Domaine de l'Ouest).
Montagne d'Ambre (Domaine de l'Est.
Forêt d’Analamerana (Domaine de l'Ouest).
Re
Ê
DOMAINE DE L'Esr
3. Baie d'Antongil et presqu'île de Masoala: Fampanambo.
4. Ampanolahimirafy et Andranofotsy.
5. Ambodivoangy.
6. Varingohitra.
7e Ambohitsitondroina.
8. Nosy Mangabe.
9. Italaviana (Nord-Est de Fanovana).
10. Périnet, forêt de la Grande Ile et station du lac Vert.
11. Beforona (route de Tamatave, km 181).
12. Route de Lakato.
Source : MNHN, Paris
22 JEAN OROUSSET
13. Col de Madiorano (Est de Vondrozo).
14 Forêt de Mahabo (Sud-Est de Maropaika).
DOMAINE DU CENTRE
15. Forêt d'Andranobe (Ouest du lac Alaotra, route d’Andriamena).
16. Tampoketsa d’Ambohitantely (lambeaux forestiers).
17. Forêt de Vanjamanitra (Sud-Est d’Anjozorobe).
18. Forêt d'Ankarongambe (Est d’Ambohidray).
19: Ambohimanga.
20. Station forestière d'Angavokely (près du village de Carion).
21. La Mandraka.
22. Forêt d'Ambohiboatavo (Est du lac de Mantasoa).
23. Forêt près de Tsinjoarivo.
24. Forêt d’Ambatofitoharana (lambeaux forestiers du Pays Betsileo, RN 7 - pk 292).
25. Tsarafidy.
26. Nord-Est d’Antanifotsy, forêt d'Ambohipo.
27: Forêt de Viloboa,
28. Forêt de Velotsoa (ou Velisoa). Ces deux petites forêts situées à l'Ouest
d'Antanifotsy, à 3/4 km.
29. Col d'Ivohibory.
DomaixE DES HAUTES MONTAGNES
30. Massif du Marojejy, Ambinanitelo.
31. Piste de l’'Ambavaomby.
32. Col central (RNI XII).
33: Massif de l'Ankaratra, Manjakatompo.
34. Forêt d’Ambitsika
35. Forêt de Betay.
36. Lac froid.
37. Massif de l'Itremo.
38. Massif de l'Andringitra, Amindramiova.
39. Chaîne du Vohidray et Anjavidilava.
40. Rivière Antsifotra, cirque et pic Boby, pic Bory.
41. Cirque de Manjarivolo.
42. Chaînes Anosyennes nord, Haute Ranomandry.
43. Massif de l'Andohahelo.
DOMAINE DE L'OUEST
44. Réserve forestière du Zombitsy (12 km Est de Sakaraha).
La quasi-totalité des stations de récolte est située dans la Région malgache
orientale (« Région du vent »), exposée aux alizés humides du Sud-Est et comportant de
grandes étendues de végétation sempervirente. Seules deux localités sont situées dans
la Région malgache occidentale (« Région sous le vent »), protégée des alizés et donc à
climat tropical sec, avec des forêts caducifoliées. Bien que la plupart des biotopes
favorables aux Euaesthetinae doivent se trouver dans la région orientale de par ses
caractéristiques climatiques et écologiques, la carte 1 ne reflète certainement pas la
chorologie réelle de la sous-famille à Madagascar : la région occidentale a été, en effet,
peu ou pas prospectée au moyen de méthodes appropriées. La répartition actuelle dans
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE
Paso Enr
Mavstnsns ©
Carte L':
stations de récolte des Euaesthetinae à Madagascar.
23
Source : MNHN, Paris
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24 JEAN OROUSSET
la partie Est de l'île correspond done à celle des régions privilégiées pour l'étude de la
faune du sol: baie d'Antongil (récoltes de J. Vadon). — stations des Domaines du
Centre et de l'Est, situées aux environs de Tananarive. — quatre massifs montagneux
explorés dans le cadre de la RCP 225 du CNRS (Marojejy, Itremo, Andringitra,
Andohahelo), auxquels s'ajoutent le massif de l'Ankaratra, plus facilement accessible.
Il faut ajouter à cette liste une série de stations de l'archipel des Seychelles, dont
les trois îles principales (sur plus de quatre-vingt-dix îles et flots) ont livré des
Euaesthetinae :
1: Ile de Praslin, vallée de Mai.
2. Côte d'Or Estate.
3. Ile de Silhouette, Pot à Eau.
4. Mare aux cochons.
5. Ile de Mahé, station des Mornes seychellois.
6. Morne Blanc.
T3 Cascade Estate.
Enfin, dans l'archipel des Mascareignes, on ne connaît aucun Euaesthetinae des
îles Maurice, Rodrigue et Cargados ; seule l’île de La Réunion a livré quelques espèces :
1. La Réunion, Saint-Paul, environs de Savannah.
2. Saint-Paul, chemin du tour des Roches.
3. Forêt de Mare Longue.
On ne connaît pour l'instant aucun Euaesthetinae de l'archipel des Comores.
ABRÉVIATIONS UTILISÉES
Institutions, collections privées.
.. British Museum (Natural History), Londres.
.… Centre national de la Recherche scientifique, France.
collection D. Kistner, Chico, Californie.
.. Field Museum of Natural History, Chicago, Illinois.
collection H. Franz, Müdling, Autriche.
ex Institut de la Recherche scientifique de Madagascar.
...ex collection J. Jarrige (MNHN).
Muséum national d'Histoire naturelle, Paris.
.. Musée Royal d'Afrique centrale, Tervuren.
.. Naturhistorisches Museum, Vienne.
Groupements végétaux.
BFAM ... bas fourré arbustif de montagne.
FBM ....fourré de montagne à Bambous.
FDHBA forêt dense humide de basse altitude.
FDHM .…. forêt dense humide de montagne.
FDHMA .….forêt dense humide de moyenne altitude.
FDSM ... forêt dense sclérophylle de montagne.
FDSMP …forêt dense sclérophylle de montagne, à Philippia.
HFAM .…. . haut fourré arbustif de montagne.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 25
Missions scientifiques.
PSTE .… Percy Sladen Trust Expedition to the Indian Ocean.
RCP 225 mission du Centre national de la Recherche scientifique, recherche coopé-
rative sur programme n° 225.
ÉCOLTE ET MÉTHODES D'ÉTUDE
TECHNIQUES DE
La chasse à vue des Euaesthetinae s'avère pratiquement impossible en raison de
nsectes, de l’ordre du millimètre, de leur coloration pâle et de leur
faciès filiforme. Cela explique qu’ils soient passés inaperçus à Madagascar jusqu'en
1956, malgré leur relative abondance. Seuls quelques rares exemplaires ont été
récoltés par cette technique aux Seychelles, par examen de l’humus accumulé à l’aisselle
de feuilles de palmiers.
Les Euaesthetinae se récoltent donc par les procédés classiques d'extraction de
la faune du sol, procédés qui peuvent d'ailleurs être associés avec profit : tamisage au
moyen d'un appareil de Winckler, et flottation («lavage de terre »), cette dernière
méthode étant maintenant largement vulgarisée pour plusieurs groupes d’Arthropodes.
La faune est alors extraite des prélèvements au moyen d'appareils de Berlese ou de
Winckler-Moczarsky. Les Coléoptères endogés, à densité de population relativement
faible, sont mal représentés en cas d'extraction directe par appareil de Berlese, sans au
moins un tamisage préalable permettant d'éliminer les débris végétaux les plus gros. Ils
sont, par contre, beaucoup plus abondants en employant un procédé permettant de
«concentrer » la faune, et le lavage de terre apparaît particulièrement bien adapté à cet
égard, les Coléoptères résistant bien à la relative brutalité du procédé. C'est ainsi que
les récoltes les plus riches en individus ont été effectuées à Madagascar ; le lavage de
terre y a été utilisé non seulement pour des prélèvements de sol profond, comme en
régions tempérées, mais a été appliqué également avec succès à la prospection de
l'humus, de la litière et des manchons de Mousses épiphytes (Paulian et al, 1971 ;
Peyrieras & Basilewsky, 1976). II faut signaler que l'emploi d'appareils « ouverts », de
type Berlese, entraîne une perte d'une fraction de la faune, les espèces ailées pouvant
s'échapper facilement ; cela pourrait expliquer en partie la surprenante rareté du genre
Edaphus à Madagascar, tant en nombre d'espèces qu’en individus, alors que le genre est
largement représenté dans la région afrotropicale. Des appareils de type Winckler-
Moczarsky, comportant une cage hermétique en toile, donneraient probablement des
résultats différents.
La recherche dans les laisses d’inondations peut permettre également de récolter
des Euaesthetinae : Octavius dajozi n. sp. a été récolté par ce procédé lors de la pros-
pection du massif de l’Itremo en 1973 par A. Peyrieras.
Enfin, la récolte par piégeage lumineux ou bien au moyen d'appareils de Malaise
n'est pas à négliger pour les espèces ailées ; aucun Euaesthetinae n’a cependant été
récolté jusqu’à présent à Madagascar par ces deux dernières méthodes.
IL MÉTHODES D'ÉTUDE.
En raison de leur taille, les Euaesthetinae ne peuvent être étudiés que très
imparfaitement à sec. Il est done nécessaire de réaliser des préparations microscopiques
in toto d’une partie du matériel. Les procédés employés ont été largement vulgarisés
pour les Coléoptères endogés par Coiffait (1972) ; ils présentent peu de caractéris-
tiques particulières par rapport aux préparations microscopiques classiques, si ce n’est
la nécessité de placer des cales (fragments de lamelles) entre le porte-objet et la lamelle
Source : MNHN, Paris
26 JEAN OROUSSET
pour éviter l'écrasement lors de la rétraction du milieu de montage. Un milieu fortement
éclaircissant (Baume du Canada, Euparal) est nécessaire en raison du volume important
des échantillons ; de plus, seul un milieu de montage anhydre permet une conservation
définitive des spécimens ef il convient done de proscrire formellement l'emploi de
milieux hydratés tels que la gomme au chloral ou la gélatine glycérinée, si souvent
utilisés auparavant.
Préparation de l'édéage.
En raison de la pigmentation résiduelle plus ou moins forte des espèces, l'examen
de l’édéage par transparence (comme pour les Leptotyphlinae et les Mayetia) est ici
impossible ; il faut donc l'extraire. Sa conservation et son examen à sec sont bien sûr
impossibles en raison de sa taille et de la nécessité de figurer soigneusement les pièces
du sac interne et la chétotaxie des paramères, de dimensions très faibles. Îl faut
proscrire également l'emploi de microtubes remplis de glycérine ou de gélatine glycé-
rinée, qui ne résistent pas à une dégradation à long terme.
L’édéage doit done être monté dans le même milieu que pour les préparations in
toto. Il est déconseillé de le monter entre lame et lamelle en raison de l'impossibilité de
l'orienter ensuite convenablement dans la préparation, des difficultés d'empêcher toute
compression entraînant un déplacement des pièces copulatrices, et de l'obligation de le
conserver séparément du reste de l'Insecte. Une préparation sans couvre-objet dans
une goutte de milieu de montage est donc préférable ; elle peut être réalisée sur la lame,
à côté de l’Insecte monté in toto, ou bien sur une petite lamelle collée sur une paillette
percée d'un trou, fixée à l'épingle pour les Insectes conservés à sec. De plus, l'addition
de quelques gouttes du solvant approprié permet par la suite de récupérer ou de
réorienter à son gré l'échantillon. Le ménisque convexe formé par la goutte de milieu de
montage n'entraîne aucune distorsion lors de l'examen au microscope,
Üne contrainte particulière aux Euaesthetinae est la nécessité de disséquer tous
les mâles disponibles, même en cas de longues séries ; en effet, il existe très souvent
dans un même prélèvement plusieurs espèces congénériques, la plupart du temps
dépourvues de caractères externes bien qu'ayant des genitalia trè différents. Cela est
particulièrement fréquent à Madagascar et explique l'hétérogénéité des séries types
observée chez les espèces antérieurement décrites.
D'autre part plusieurs genres (Edaphus Motschulsky, Stenaesthetus Sharp,
Tyrannomastax n. gen., …) présentent chez la totalité des espèces ou certaines d’entre
elles un appareil génital mâle complexe, comprenant un canal éjaculateur différencié
en pompe génitale. Il est donc nécessaire de monter en préparation non seulement
l'édéage mais la totalité du tractus génital lorsque l’état de conservation des spécimens
le permet. Cette pompe génitale est parfaitement bien conservée chez les exemplaires
en alcool ; mais elle est également facilement récupérable après réhydratation chez les
Insectes montés à sec, ayant subi un séchage dans des conditions adéquates, même chez
des spécimens très anciens. Dans le cas d’Insectes ayant subi une fermentation, la
musculature est détruite et seul subsiste le ductus sclérifié interne.
Enfin, l'emploi de la microscopie électronique à balayage peut être nécessaire
pour préciser certains détails morphologiques, eu égard à la faible taille des spécimens.
Sous famille Euaesthetinae Sharp
Euaesthetinae Sharp, 1886 : 639.
Caractères généraux de la sous-famille.
Comme il a été souligné ci-dessus, en l'absence d’une étude détaillée de la
morphologie et de l'anatomie de l'ensemble des genres, la sous-famille, à supposer que
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 27
sa monophylie soit établie, reste très mal caractérisée ; il est impossible d’en donner
une diagnose précise. On peut toutefois dégager quelques caractères généraux et
particularités morphologiques.
Taille petite ou très petite : 0,9 à 4 mm, la plupart des espèces mesurant en
moyenne 1,5 mm. Coloration variant du testacé (espèces endogées) au brun-roux plus
ou moins foncé, très rarement au noir. Réduction fréquente du nombre d'articles des
tarses; on connaît les formules tarsales suivantes: 5/5/5, 5/5/4, 4/4/4, 3/3/3.
Réduction chez quelques genres du nombre d'articles antennaires, de 11 à 10 et même
9 articles. Présence, chez le mâle, dans un certain nombre de genres d’un canal
éjaculateur fortement muscularisé et sclérifié, différencié en pompe génitale, cette
dernière pouvant être présente chez toutes les espèces d’un genre ou seulement chez
quelques-unes d’entre elles. La présence d'une pompe génitale, connue dans d’autres
Ordres d'insectes (Hémiptères, Diptères), n’a été signalée dans d’autres familles de
Coléoptères que chez un genre de Scydmaenidae.
La sous-famille Euaesthetinae, répandue dans le monde entier, comprend actuel-
lement vingt-quatre genres (en tenant compte des deux nouveaux genres décrits dans ce
travail), répartis en quatre tribus. Six genres, répartis dans deux tribus, sont présents
dans la région malgache.
CLEF DE DÉTERMINATION DES TRIBUS
1. Pro-, méso- et métatarses de quatre articles .................... 2
— Pro- et mésotarses de cinq articles. Métatarses de quatre ou cinq articles . 3
2. Abdomen pourvu de pleurites à chaque segment. Antennes de neuf, dix
ou onze articles .. one see
— Abdomen dépourvu de pleurites. Antennes de onze articles
NI
Métatarses de quatre articles. Abdomen dépourvu de pleurites
— Métatarses de cinq articles. Abdomen pourvu de pleurites à chaque
segment .. . Poor NORDENSKIOLDIINI
Tribus et genres ne faisant pas partie de la faune malgache.
AUSTROESTHETIN Cameron, 1944 : 69.
La tribu comprend quatre genres, tous localisés à la région australienne.
Austroesthetus Oke, avec quatre espèces d'Australie et de Tasmanie.
Mesouesthetus Cameron, avec deux espèces d'Australie et de Tasmanie.
Protopristus Broun, avec trois espèces d'Australie et de Nouvelle-Zélande.
Tasmanosthetus Puthz, monospécifique, de Tasmanie.
NORDENSKIOLDINI Cameron, 1944 : 69.
La tribu comprend cinq genres.
Alzadaesthetus Kistner, avec deux espèces du Chili.
Edaphosoma Scheerpéltz, avec cinq espèces de l'Inde et du Népal.
Fenderia Hatch, monospécifique, des Etats-Unis.
Nordenskioldia Sahlberg, avec deux espèces, l'une de Sibérie et l'autre de
Colombie britannique.
“a Stictocranius Leconte, avec deux espèces, l’une des Etats-Unis et l'autre de
hine.
Source : MNHN, Paris
28 JEAN OROUSSET
Il faut, en outre, mentionner le genre monospécifique Phaenoctavius Pace, 1986,
décrit du Brésil, qui possède des tarses trimères et ne peut donc être intégré dans
aucune des tribus actuellement admises, malgré ses affinités, d’après son descripteur,
avec le genre Octavius Fauvel, ce qui conduirait à le ranger dans les Euaesthetini (à
tarses tétramères). Cela souligne le caractère artificiel de la classification supra-
générique des Euaesthetinae, signalé précédemment.
Tribu EUAESTHETINI
Euaesthetini Sharp. 1886.
La tribu comprend douze genres, dont quatre sont représentés à Madagascar.
Genres ne faisant pas partie de la faune malgache.
Chilioesthetus Saiz, comprenant deux espèces du Chili
Cienomastax Kraatz, comprenant six espèces de la région méditerranéenne.
Euaesthetotyphlus Coiffait & Decou, monospécifique, de Roumanie.
Euaesthetus Gravenhorst, comprenant une cinquantaine d'espèces de la région
holarctique.
Macroturellus Orousset, monospécifique, du Cameroun.
Nothoesthetus Saiz, comprenant sept espèces du Chili.
Schatzmayrina Koch, monospécifique mais à vaste répartition (Afrique, Inde, Sri
Lanka, Birmanie).
Tamotus Schaufus
; comprenant quatre espèces néotropicales.
CLEF DE DÉTERMINATION DES GENRES REPR ÉS DANS LA RÉGION MALGACHE
mn
Antennes de dix articles
Coiïffaitia Kistner & Shower
— Antennes de onze articles 2
Capsule céphalique avec des sillons frontaux, dont un sillon transversal
postérieur caractéristique. Pronotum avec des fossettes et des carènes
basales . “5 pbs Edaphus Motschulsky
— Capsule céphalique dépourvue de sillons frontaux. Pronotum sans
conformation particulière à la base
3
3. Labre non denticulé. Dimorphisme sexuel prononcé: mâles macro-
phthalmes et macroptères, femelles subanophthalmes et aptères ..
Neocoiffaitia n. gen.
Octavius Fauvel
Genre Edaphus Motschulsky
Edaphus Motschulsky, 1857 : 7 (espèce type du genre : Edaphus nitidus Motschulsky, 1857, par désignation
subséquente de Puthz, 1974a: 912).
Edaphus Motschulsky : Blackwelder, 1952 : 144 (genre).
Edaphus Motschulsky : Kistner, 1962b : 619 (genre).
Edaphus Motschulsky : Scheerpeltz, 1974: 106 (genre).
Edaphus Motschulsky : Puthz, 1974 a: 911 (genre).
Edaphus Motschulsky ; Puthz, 1974b : 749 (genre).
Edaphus Motschulsky : Puthz, 1979 : 107 (genre).
Edaphus Leconte, 1862 : 67 (genre).
Edaphus Leconte: Leconte, 1863 : 50 (genre).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 29
Edaphus Leconte; Fauvel, 1872: 218 (genre).
Edaphus Leconte ; Mulsant et Rey, 1878: 301 (genre).
Edaphus Leconte ; Leconte et Horn, 1883 : 98 (genre).
Edaphus Leconte ; Casey, 1884: 30 (uenre).
Edaphus Leconte : Sharp, 1886 : 640 (genre).
Edaphus Leconte; Ganglbauer, 1895 : 543 (genre).
Edaphus Leconte ; Cameron, 1921 : 352, 369 (genre).
Edaphus Leconte ; Cameron, 1930a
Edaphus Leconte ; Cameron, 1930b
Edaphus Leconte ; Coiffait, 1984: 356 (genre).
Tetratarsus Schaufuss, 1877a: 24 (espèce type du genre
espèce citée).
Tetratarsus Schaufuss ; Fauvel, 1882: 138 (genre).
Tetratarsus Schaufuss : Fauvel, 1895 : 205 (genre).
Tetratarsus Schaufuss ; Fauvel, 1902 : 38 (genre).
: Tetratarsus plicatulus Schaufuss, 1877a, seule
Tetrameres Schaufuss, 1877b : 460 (nom. nov. pro Tetratarsus Schaufuss).
Edaphellus Fauvel, 1878 :
0 (espèce type du genre : Edaphellus novaeguineae Fauvel, 1878, seule espèce
Edaphellus Fauvel; Szekessy, 1939 : 98 nota (genre).
Microphthartus Blatny, 1925 : 185 (espèce type du genre : Microphthartus luridus Blatiny, 1925, seule
e
)
Rhenanus Wüsthoff, 1935
espèce
48 (espèce type du genre : Rhenanus rosskotheni Wüsthoff, 1935, seule espèce
Description. — Espèces de petite taille (0,7 à 3 mm), non déprimées, avec une
constriction modérée au niveau du mésothorax (fig. 3-4). Coloration variable, allant du
testacé-roussâtre au brun plus ou moins foncé, rarement au noir; appendices plus
clairs, testacés ou roussâtres. Il n'existe aucune espèce totalement dépigmentée, le
genre ne comprenant jusqu’à maintenant aucune espèce endogée. Téguments brillants,
avec une pubescence plus ou moins longue, peu dense. Avant-corps à sculpture
variable, allant, le plus souvent, d’un tégument lisse à une forte macroponctuation chez
certaines espèces.
Capsule céphalique (fig. 5, 14) aplatie dorso-ventralement, généralement
transverse, avec une constriction collaire modérée, délimitant en face tergale un fin
sillon occipital. Face tergale avec des calus susantennaires peu protubérants et deux
fossettes interoculaires superficielles mais bien distinctes, correspondant aux deux
points d'insertion dorsaux du tentorium. Front muni d'impressions caractéristiques,
parfois très profondes : deux sillons latéraux antérieurs, parallèles, effacés vers l'avant,
un grand sillon transversal postérieur reliant les deux sillons précédents à leur base et
atteignant de chaque côté la base des yeux et les tempes; bord antérieur du front
souvent relevé en un bourrelet protubérant ; région médio-frontale subplane ou, le plus
souvent, fortement déprimée ; région latéro-frontale relevée de chaque côté en un fort
bourrelet. Face sternale (fig. 14) avec des sutures gulaires bien visibles, largement
séparées, délimitant une grande aire triangulaire ; postmentum quadrangulaire, muni de
deux macrochètes. Foramen occipital assez petit, déporté en face sternale.
Yeux très variables de taille, très volumineux chez les espèces macroptères et
comprenant alors jusqu’à une centaine d’ommatidies, ou bien réduits chez les espèces
brachyptères à un amas d'une dizaine d’ommatidies. On ne connaît actuellement
aucune espèce anophthalme, Les espèces de la région malgache sont toutes macro-
phthalmes.
Antennes (fig. 15) courtes, robustes, constituées de onze articles, de forme assez
constante dans le genre. Scape piriforme ; pédicelle en forme de tonnelet, près de deux
fois plus long que large : funicule avec les articles III à VI subégaux, les articles VII et
VIIL courts, nettement plus larges; article IX volumineux, comprimé; article X
Source : MNHN, Paris
30 JEAN OROUSSET
sphérique et article XI piriforme, avec de longues soies apicales ; massue volumineuse,
constituée des deux derniers, ou des trois derniers, articles apicaux suivant la taille de
l'article IX. Les antennes ne portent jamais de couronne de soies différenciées en
phanères spatulés.
Labre (fig. 16) de structure constante chez toutes les espèces du genre. Bord
antérieur crénelé dans sa région médiane, portant sept denticules quadrangulaires,
séparés par des échancrures très étroites. Face tergale avec deux rangées de
macrochètes.
d
AN
ES
APP
Figures 3-4 : genre Edaphus Motschulsky, habitus. — 3: E. badiorufus n. sp. — 4: E. remyi
etiennei n. subsp. mâle. Échelle: 500 um.
Mandibules (fig. 17) subsymétriques, élargies à la base, la terebra falciforme,
relativement courte ; deux soies au bord externe. Mola peu protubérante, sans pénicille
basal de soies, progressivement effacée vers l'avant et non surmontée d’une lacinia
mandibulaire. Bord interne de la mandibule crénelé, muni d’une dizaine de dents.
Maxilles (fig. 18). Galea et lacinia avec chacune une grande brosse de soies, la
lacinia non terminée par une pointe aiguë. Palpigère avec un grand macrochète. Palpes
maxillaires très grands, constitués de quatre articles: article basal assez long,
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 31
modérément coudé à la base, article II long, tubulaire, très faiblement renflé vers le
milieu, article III (massette) volumineux, ovoïde, article distal petit, subulé.
Labium (fig, 19). Mentum quadrangulaire, les angles antérieurs en dents mousses.
Prementum grand, à bord antérieur concave, muni de quatre macrochète et de gros
pores sensoriels. Palpes labiaux volumineux, constitués de trois articles : article I court,
cylindrique, article ÎT fortement renflé, ovoïde, portant quelques grands macrochètes,
article distal long et subulé. Languette et paraglosses indistinctes.
Prothorax large et convexe, généralement transverse et plus large que la tête,
parfois explané au niveau des angles antérieurs, ces derniers habituellement effacés ;
angles postérieurs plus accusés, droits. Pronotum (fig. 5) convexe, portant à la base des
impressions caractéristiques plus ou moins profondes ; schéma de basé : une carène
médiane, atteignant ou non le bord postérieur et pouvant se prolonger vers l'avant
bf
cl. nee fbi
fl
cm OOo ÊE O fbe
Figure 5: Edaphus sp. (archétype), tête et pronotum. — bf: bourrelet frontal ; el: carène
latérale ; em : carène médiane ; fbe : fossettes basales externes ; fbi : fossette basale interne ; fl : fossette
latérale ; rlf: région latéro-frontale ; rmf: région médio-frontale ; sla: sillon latéral antérieur; stp:
sillon transversal postérieur (d'après Puthz, 1979, modifié).
jusqu'au bord antérieur du pronotum chez quelques espèces ; deux carènes latérales ;
six fossettes punctiformes : de chaque côté, une fossette basale interne et deux fossettes
basales externes, ces dernières pouvant être partiellement ou totalement coalescentes ;
une fossette latérale de chaque côté, à l'extérieur de la carène latérale, généralement
peu ou pas visible du dessus. Le pronotum de quelques espèces porte des fossettes et
des sillons supplémentaires sur le disque. Ponctuation très variable suivant les espèces,
parfois totalement effacée ; pubescence généralement fine et éparse, plus longue,
blanchâtre et d'aspect laineux chez quelques espèces. Episternes allongés, sans sutures
pleurales distinctes les séparant des proépimères. Sutures sternopleurales bien
distinctes, délimitant un grand prosternum trapézoïdal (fig. 20). Cavités coxales
ovalaires, contiguës, largement ouvertes en arrière et séparées vers l'avant par une fine
apophyse prosternale. Bord antérieur du prosternum finement crénelé. Mésothorax
court, le scutellum de grande taille, déprimé, masqué par le bord postérieur du
pronotum. Mésosternum (fig. 21) avec une trace de carène longitudinale médiane ; bord
postérieur prolongé par une volumineuse apophyse, tronquée à angle droit à l'apex,
Source : MNHN, Paris
32 JEAN OROUSSET
séparant les hanches intermédiaires. Métasternum fortement transverse, le bord
antérieur prolongé par une apophyse médiane courte et large, à apex mousse ; bord
postérieur avec une apophyse intercoxale divisée par une forte échancrure médiane,
délimitant deux dents saillantes. Endosquelette avec une grande furca bien visible,
insérée au bord postérieur.
Elytres de développement variable suivant les espèces. Région basale déprimée,
avec une ligne de fossettes punctiformes, partiellement masquées par le bord postérieur
du pronotum ; articulation scapulaire toujours présente et élytres non soudés chez les
formes brachyptères. Epipleures bien développés mais non séparés du disque par un
sillon ou un pli, et non atténués en arrière. Disque généralement lisse, finement
ponctué, avec une pilosité peu dense, dépourvu de striation longitudinale ; stries
suturales présentes.
Ailes de développement variable selon les espèces. Espèce macroptère (fig. 22) :
ailes très développées, sans neala individualisée et à sommet très arrondi ; bord frangé
de longues soies sur toute sa longueur et face dorsale densément revêtue de micro-
tiches. Nervation régressée, réduite à des vestiges de nervures longitudinales, ne
dépassant pas la moitié antérieure de l'aile. Les espèces malgaches sont toutes
macroptères.
Pattes. Coxa I volumineuses, coniques, munies d’un gros trochantin ; coxa II
courtes et globuleuses ; coxa LIT triangulaires, transverses et aplaties. Trochanters
petits, simples, ne portant jamais de caractères sexuels secondaires. Tibias rectilignes,
peu élargis dans leur partie distale, le bord interne des pro- et des mésotibias faiblement
crénelé à l'apex ; un peigne apical bien distinet. Tous les tarses de quatre articles (fig.
23-25), avec une fine pubescence, dépourvus en face plantaire de phanères sensoriels
particuliers. Ongles simples, égaux, grêles et falciformes.
Abdomen de sept segments visibles (urites LIL à IX) (2), le segment génital bien
visible. Premier sternite avec une carène longitudinale médiane entre les hanches
postérieures et deux carènes latérales obliques. Les quatre premiers segments (urites
III à VI) sont subégaux, constitués d’un tergite, de deux pleurites et d’un sternite.
Propygidium (urite VII) avec des pleurites très réduits. Pygidium (urite VIII) avec le
tergite et le sternite très allongés, réunis par une fine membrane, sans pleurites
distincts. Segment génital (urite IX) du mâle avec le tergite et les pleurites fusionnés en
une capsule conique, sans traces de suture ; sternite en forme de clapet, l'apex subulé,
la face interne portant chez certaines espèces deux plages de grandes cellules polygo-
nales. Segment génital de la femelle constitué d'un tergite et de deux pleurites
prolongés chacun par un long style pointu et d’un court sternite membraneux peu
distinet.
Caractères sexuels secondaires. Antennes des mâles d'un certain nombre
d'espèces avec l’article VIT plus ou moins fortement denté vers l'intérieur. Tergites III
et IV portant chez un groupe d'espèces un organe complexe, vraisemblablement
sécrétoire (ex : E. remyi Jarrige, fig. 48). Sternite du pygidium du mâle présentant une
échancrure médiane large et plus ou moins profonde. Le sternite du propygidium porte
également chez quelques espèces une échancrure, plus superficielle.
2. L'interprétation des selérites de l'abdomen des Insectes, particulièrement au niveau des
segments génitaux, est complexe et a fait l'objet de nombreuses discussions. J'ai utilisé dans ce travail la
terminologie classique adoptée par Coiffait (1972) dans ses travaux sur les Staphylinides, Deuve (1988,
Nouv. Revue Ent. (N. S.) 5 : 21-34) a récemment émis l'hypothèse selon laquelle les véritables sternites
des segments VII et IX seraient absents chez les imagos de Coléoptères, car ils participeraient à
l'élaboration des voies génitales internes. Les arceaux ventraux des urites VIII et IX seraient alors
constitués par des latérotergites, secondairement fusionnés ou portant des gonopodes.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 33
Appareil génital mâle (fig. 26). Canal éjaculateur simple, plus ou moins muscula-
risé, mais parfois différencié en une volumineuse pompe génitale fortement selérifiée,
comportant trois zones bien distinctes, la première fortement muscularisée, Edéage très
petit, en position primitive dans l'abdomen au repos, sa face sternale au contact de la
face interne du sternite du segment génital, ou bien en version à 90° du côté droit chez
les espèces possédant une pompe génitale. Edéage de type anopique, avec l’orifice
distal du lobe médian situé du côté tergal, près de l'apex, c’est-à-dire du côté opposé à
l'orifice proximal. Lame basale du tegmen indistincte. Foramen basal très petit, peu
visible, non délimité par une sclérification annulaire. Lobe médian subsymétrique.
Capsule peu ou pas muscularisée, plus ou moins lobée à la base, et prolongée par une
lame apicale triangulaire peu sclérifiée. Orifice distal triangulaire, situé près de l'apex.
Sac interne tubulaire, diaphane, évaginable par prolapsus, muni d’une petite pièce
médiane peu sclérifiée. Paramères : oujours deux paramères distincts, grêles, soudés à
la capsule du lobe médian dans leur moitié basale, puis fortement divergents ;
chétotaxie peu variable, comprenant généralement un macrochète médian et un
macrochète apical. L'édéage se révèle, contrairement à la plupart des autres genres
d'Euaesthetinae, de forme peu variable dans le genre.
Appareil génital femelle (*). Spermathèque volumineuse mais peu sclérifiée, non
visible sans coloration. Ductus grêle, filiforme, très long, et comprenant un certain
nombre de circonvolutions. Spermathèque globuleuse, à paroi très fine ; pas de glande
accessoire.
Etats préimaginaux. — Inconnus.
Répartition géographique. — Le genre Edaphus est numériquement le plus
grand genre de la sous-famille, avec environ deux-cent-cinquante espèces décrites, qui
ne doivent cependant représenter qu'un faible pourcentage des espèces existantes. A
l'opposé de la plupart des autres genres, il est répandu sur une grande partie du globe
(carte 2), au Sud d’une ligne correspondant approximativement au quarantième paral-
lle nord. Il est très fortement représenté dans la région orientale, où existe un
endémisme important en montagne, de nombreuses espèces évoluant vers l'aptérisme.
Une quarantaine d'espèces se trouvent dans la région éthiopienne. Le genre est très mal
représenté dans la région néotropicale, avec vingt espèces seulement. Quatre espèces se
trouvent dans la région néarctique (partie orientale des Etats-Unis) et quinze dans la
région paléarctique ; une seule e: pèce, E. beszedesi Reitter, possède une distribution
holarctique, allant des Etats-Unis jusqu'au Japon (Puthz, 1975). Une quinzaine
d'espèces sont connues de la région australienne, mais seulement du Queensland et
d'Australie méridionale. Le genre est également présent en Polynésie, dans les îles de
type océanique comme les îles Fidji et les îles Cook. Des prospections suffisantes
permettent de penser qu'il manque réellement en Afrique australe et qu'il ne dépasse
pas le Sud du Brésil dans la région néotropicale.
Dans la région malgache, le genre est actuellement connu de Madagascar (carte 3),
des Seychelles et de La Réunion.
Biologie — Les données que l'on possède sur le genre se limitent à quelques
indications de biotopes, précisées ci-après à propos de chaque espèce dans le cas de la
3. Le genre a été considéré jusqu'à présent comme étant dépourvu de spermathèque. Une
spermathèque est présente en réalité mais, étant très peu sclérifiée, est de préparation et d'étude
particulièrement délicates. Elle fera l'objet d'une étude et d'une illustration ultérieures.
Source : MNHN, Paris
34 JEAN OROUSSET
D
CARTE 2
Carte 2: répartition mondiale du genre Edaphus Motschulsky.
région malgache. On peut toutefois en tirer quelques enseignements généraux, qui
concordent avec ceux déjà résumés par Puthz (1979).
Les Edaphus sont des Staphylinides prédateurs occupant dans les régions
tropicales, à l'inverse de la plupart des autres genres, un grand nombre de niches
écologiques. La majorité des espèces se trouve en forêt « primaire » hygrophile, dans la
litière et l'humus. On peut en récolter également dans les Mousses, les trones pourris,
le terreau des cavités d'arbres, les sols suspendus et l'humus des épiphytes. Quelques
espèces afrotropicales ont été trouvées dans des marais. À basse et moyenne altitudes, il
s’agit d'espèces macrophthalmes et macroptères, qui semblent en conséquence être
capables de s'adapter à la dégradation de leurs biotopes. Ainsi. en Afrique, ont-elles été
récoltées également en forêt-galerie dégradée et en savane herbacée soumise périodi-
quement aux feux de brousse, dans le sol à faible profondeur sous des touffes de
Graminées. Ces espèces ont été récoltées par tamisage, mais aussi assez fréquemment
au filet-fauchoir et aux lumières. Quelques-unes ont été trouvées dans des plantations
(Palmier à huile, Canne à sucre,...). Des exemplaires ont été récoltés occasionnellement
dans divers milieux caractérisés par leur richesse en débris organiques, mais où leur
présence est sans doute accidentelle: fourmilières, nids de Rongeurs, guano de
Chiroptères.
Le genre se rencontre également à haute altitude, surtout dans la région orientale,
bien au-delà de la limite supérieure des forêts : jusqu'à 4 000 m d'altitude pour E.
elongatus Puthz, du Népal, et à plus de 4 300 m pour E. najtae Orousset, du Vénézuela.
Au-dessus de 2000 m d'altitude environ, les espèces sont la plupart du temps
brachyptères ou aptères, bien que des espèces ailées se rencontrent à très haute altitude
(à 3 500 m pour E. brunneiventris Puthz, du Népal). Plus localisées, elles se trouvent
alors le plus fréquemment sous les plaques de Mousses ou dans l'humus des fentes de
rochers, dans les accumulations de feuilles mortes au pied de touffes de plantes, dans le
cas d’une végétation clairsemée (touffes d'Espeletia sp. sur les hauts plateaux déser-
tiques froids du Vénézuela), au fond des dolines dans les zones karstiques.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 35
& le CARTE 3
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Carte 3 : répartition du genre Edaphus Motschulsky à Madagascar. — 1 : E. hova Jarrige. — 2 :
E. armiger n. sp. — 3 : E. peyrierasi n. sp. — 4: E. spiniphallus n. sp. — 5 : E. badiorufus n. sp. — 6 :
E. sp. (femelle).
Source : MNHN, Paris
36 JEAN OROU
Les quelques espèces existant dans la région holarctique, toujours très rares,
vivent dans des biotopes très particuliers, restreints. Certaines vivent dans les grands
amas de débris végétaux en décomposition (amas de litière, terreau,...), présentant
certains paramètres microclimatiques voisins de ceux des régions tropicales (tempé-
rature élevée, humidité saturante....).
Enfin, on ne connaît jusqu’à présent parmi les nombreux représentants du genre
aucune espèce endogée, anophthalme et dépigmentée.
En ce qui concerne la région malgache, on possède peu de renseignements sur la
biologie des quelques espèces connues, qui correspond au schéma précité. Les exem-
plaires des Seychelles, récoltés au début du siècle par la Percy Sladen Trust Expedi-
tion, proviennent des forêts indigènes de moyenne altitude ; ils ont été récoltés à vue, le
plus souvent dans l’humus fin et noirâtre à l’aisselle des feuilles de Palmiers endé-
miques des genres Stevensonia et Verschaffeltia (Scott, 1922). Les espèces malgaches
proviennent de récoltes récentes effectuées en forêt hygrophile, à basse et moyenne
altitudes, par tamisage de litière ou lavage des horizons superficiels du sol, puis
extraction par appareil de Berlese. Toutes sont macrophthalmes et macroptères. Une
espèce de La Réunion a été récoltée aux lumières ; les autres ont été recueillies par
tamisage du terreau accumulé à l’intérieur de hampes mortes d'Opuntia, en savane
arborée sèche, ainsi que par tamisage de litière et de bois pourri.
CLEF DE DÉTERMINATION DES ESP
1. Brun foncé. Front excavé. Pronotum explané au niveau des angles
antérieurs, sans carène basale médiane, et à ponctuation nette. 1,9 mm.
Edéage : fig. 59. Seychelles ................ 8. E. spectabilis Bernhauer
— Roux. Front subplan ou convexe. Pronotum non explané en avant, avec
une carène ou un bourrelet médian à la base, et sans ponctuation
distincte
2. Base du pronotum avec un bourrelet médian
— Base du pronotum avec une carène médiane, parfois très fine
3. Disque du pronotum avec un sillon médian et deux impressions ovalaires
superficielles. 1,7 mm. Mâle inconnu. Madagascar . 3. E. hova Jarrige
— Disque du pronotum sans caractères particuliers Far e 4
4. Article X des antennes plus long que large. Pubescence de l’avant-corps
longue et hérissée. 1,5 mm. Edéage : fig. 46. Madagascar . 6. E. spiniphallus n. sp.
— Article X des antennes transverse. Pubescence de l’avant-corps plus
courte, couchée. 1,5 mm. Edéage : fig. 40. Madagascar .. 4. E. peyrierasi n. sp.
5. Massue antennaire de trois articles, l'article IX globuleux, aussi large
que les articles Net XI... 7. 2. ee OS 6
— Massue antennaire de deux articles, l’article IX petit, moins large que
les articles X et XI............ nn neue er É
6. 2,4 mm. Disque du pronotum avec deux gros points superficiels.
Edéage : fig. 35. Madagascar .. Fe 2. E. armiger n. sp.
— 1,6 mm. Disque du pronotum sans caractères particuliers. Edéage : fig.
42. Madagascar ........ a Re 5. E. badiorufus n. sp.
Tergites III et IV du mâle dépourvus de caractères sexuels secondaires . 8
— Tergites III et IV du mâle avec des caractères sexuels secondaires ..….. 9
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 37
8. Article IX des antennes très petit, discoïde. Bord antérieur du front
relevé en bourrelet. Base du pronotum avec une fine carène médiane
atteignant le bord postérieur. 1,2 mm. Edéage : fig. 64. Seychelles .….
8. E. sechellarum Bernhauer
— Article IX des antennes globuleux. Bord antérieur du front non relevé
en bourrelet. Base du pronotum avec une trace de carène n’atteignant
pas le bord postérieur. 1,4 mm. Edéage : fig. 30. Madagascar?
-.. LE. africanus Eppelsheim
9. Echancrure du tergite III du mâle triangulaire. Edéage : fig. 53. Sri
Lanka ere D a nee tee Ta. E. remyi remyi Jarrige
— Echancrure du tergite III du mâle à fond subplan. La Réunion .
Po ROBERT QUEUE Lund nE A, Th. E. remyi etiennei n. subsp.
1. Edaphus africanus Eppelsheim
Edaphus africanus Eppelsheim, 1885 : 139.
Edaphus africanus Eppelsheim : Bernhauer & Schubert, 1911 : 187.
Edaphus africanus Eppelsheim: Kitsner, 1960 : 31.
Edaphus africanus Eppelsheim ; Kistner, 1962b : 632.
Edaphus africanus Eppelsheim ; Puthz, 1974b: 752, fig. 1, 2.
Edaphus africanus Eppelsheim; Puthz, 1983 : 172.
Edaphus africanus Eppelsheim: Puthz, 1984 : 196.
Edaphus marshalli Bernhauer, 1934: 501.
Edaphus marshalli Bernhauer ; Kistner, 1962b : 620, 628, fig. 36.
Edaphus marshalli Bernhauer: Orousset 1986b: 170.
Edaphus sexpunctus Kistner, 1962a : 106, fig. 6C, 66, 7.
Edaphus sexpunctus Kistner: Kistner, 1962
Edaphus sexpunctus Kistner; Kistner, 1963
Edaphus sexpunctus Kistner ; Puthz, 1974b: 761, fig. 8.
Edaphus marlieri Kistner, 1962b : 620, 628, fig. 27, 61.
Edaphus marlieri Kistner : Kistner, 1963 : 199,
Edaphus marlieri Kistner tner & Jacobson, 1972 : 174.
Edaphus marlieri Kistner : Puthz, 1974b :
Types. — africanus Eppelsheim. Holotype © : Afrique de l'Ouest, Ghana, Côte
de l'Or, Ada (Kopp) (NMY).
marshalli Bernhauer. Lectotype S: Rhodésie du Sud, Salisbury (G. 4. K.
Marshall) (BMNH).
sexpunctus Kisiner. Holotype S: Angola, Dundo (4. de Barros Machado)
(MRAC).
marlieri Kistner. Holotype S : Congo, Kivu, Uvira territory, Kavimvira (G.
Marlier) (MRAC).
Description (*). — Long. 1,4 mm. Espèce de taille moyenne, assez trapue,
macrophthalme et macroptère. Coloration : corps uniformément jaune-roux, les
appendices jaunâtres. Face tergale brillante, avec une ponctuation fine et éparse,
4. Les mesures sont effectuées en vue dorsale chez le mâle, en préparation microscopique.
Tête : L = longueur de la tête, de la constriction oceipitale au bord antérieur du labre, 1 plus grande
largeur de la tête, yeux compris, Pronotum : L = plus grande longueur du pronotum, 1 plus grande
largeur du pronotum, Elytres : L = longueur des élytres, de l'angle huméral à l'angle apical externe, |—
largeur des élytres réunis. Abdomen : | = largeur du pygidium (urite VIII). Edéage : L — plus grande
longueur du lobe médian de l'édéage, pièces copulatrices comprises, | — plus grande largeur, dans la
position de référence utilisée pour chaque genre.
Source : MNHN, Paris
38 JEAN OROUSSET
presque indistincte, sauf au niveau des élytres ; pilosité longue et clairsemée, un peu
plus dense au niveau des élytres.
Capsule céphalique (fig. 6) nettement plus étroite au niveau des yeux que le
pronotum (l. tête : 246 um), les tempes indistinctes. Front large, le sillon interoculaire
anguleux, profond et étroit, les sillons latéraux antérieurs subrectilignes, moins
marqués, la région médiane antérieure faiblement convexe, relevée en bourrelet vers
l'avant, les calus susantennaires peu protubérants. Yeux très gros, saillants (diamètre :
80 um), composés d’une cinquantaine de grandes ommatidies pigmentées, à cornéule
très convexe. Antennes avec l’article VII muni d'une indentation nette, et à massue de
deux articles.
Pronotum (fig. 6) transverse (L/1: 250/285 um), sa plus grande largeur au tiers
antérieur, non explané latéralement vers l'avant, modérément et très progressivement
rétréci en arrière ; angles antérieurs peu marqués et angles postérieurs accusés. La base
porte une très fine carène longitudinale médiane n’atteignant pas le bord postérieur, et
deux fortes carènes latérales, encadrant de chaque côté une fossette interne ovalaire et
deux fossettes punctiformes plus ou moins nettement fusionnées ; fossette latérale
petite, punctiforme et profonde, nettement visible du dessus. Elytres très grands
(L/1: 427/447 pm), leur plus grande largeur vers le milieu, l'angle huméral avec un fort
calus, l'angle apical externe droit, le disque bien convexe, le bord postérieur faiblement
concave.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du deuxième urite visible
(1: 388 um), puis régulièrement et fortement rétréci jusqu’au pygidium, les tergites très
convexes. Premier tergite apparent avec une fine carène longitudinale médiane
occupant les deux-tiers antérieurs du segment. Sternite du propygidium du mâle (fig.
27) avec, au bord postérieur, une large échancrure médiane, peu profonde. Sternite du
pygidium du mâle (fig. 28) de grande taille (L/1: 424/321 pm), le bord postérieur
anguleux, muni d’une très grande échancrure médiane en forme de U (p : 144 um).
Sternite du segment génital du mâle (fig. 29) court et large (L/1: 220/100 gum), l'apex
tronqué et fortement denticulé ; face interne avec deux plages circulaires symétriques,
constituées chacune de sept grandes cellules polygonales.
Canal éjaculateur faiblement différencié en pompe génitale, peu muscularisée et
sclérifiée. Edéage (fig. 30 : exemplaire du Katanga, à sac interne en érection partielle ;
holotype, édéage au repos: Puthz, 1974b: 754, fig. 1). Lobe médian massif
(L/1: 222/150 um), la capsule basale polygonale, peu échancrée à la base, fortement
muscularisée, à apex triangulaire, court et pointu. Sac interne avec une très grosse pièce
copulatrice médiane, munie d’une dent fortement sclérifiée (fig. 31 : sac interne en
érection totale). Paramères avec la partie libre apicale courte et grêle, munie d’une
petite sensille basale, d’une grosse sensille médiane et de deux fines soies inégales : une
soie interne médiane assez courte et une longue soie apicale.
Répartition géographique. Très largement répandu dans la région afro-
tropicale, de la Guinée à l'Ouest jusqu'à l'Ethiopie à l'Est, et jusqu’à l'Afrique du Sud.
Cité des Seychelles par Bernhauer (1922 : 169), après étude des récoltes effectuées par
la Percy Sladen Trust Expedition : « Seychelles : Silhouette, Mahé. Silhouette : one
example from near Pot-à-Eau, about 1500 ft; and one from between leaf-bases of a
growing Stevensonia-palm, above Mare aux Cochons. Mahé: Cascade Estate, one
specimen ». Ces exemplaires n’ont pu être retrouvés ni dans la collection Bernhauer
(FMNH), ni dans celles du BMNH*.
* La plus grande partie des matériaux collectés par les deux Percy Sladen Trust Expeditions doit
être conservée au Musée de l'Université de Cambridge (Grande Bretagne) (NDLR).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 39
Figures 6-13 : genre Edaphus Motschulsky, têtes et pronotums. — 6 : E. africanus (Eppelsheim)
(Katanga). — 7 : E. hova Jarrige. — 8 : E. peyrierasi n, sp. — 9 : E. armiger n. sp. — 10 : E. spectabilis
Bernbauer. — 11 : E spiniphallus n. sp. — 12: E. sechellarum Bernhauer. — 13 : E. remyi Jarrige.
Echelle : 350 um.
Source : MNHN, Paris
40 JEAN OROUSSET
E. africanus est une espèce macroptère ubiquiste, qui possède la plus vaste
répartition, parmi les espèces existant dans la région afrotropicale. Sa présence aux
Comores et à Madagascar serait donc plausible, mais n’est pas établie pour le moment :
une seule femelle, de Madagascar, est rapportée avec doute à cette espèce (voir
exemplaire indéterminé E). Sa présence réelle aux Seychelles est plus incertaine,
compte-tenu des affinités orientales de la faune de cet archipel.
2. Edaphus armiger n. sp.
Type. — Holotype : 19, Madagascar Est, route de Tamatave, km 181, Beforona,
540 m, 8-X-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 2,4 mm. Espèce de très grande taille, trapue, macro-
phthalme et macroptère. Coloration : corps uniformément roussâtre, le disque élytral
vaguement enfumé et les appendices à peine éclaircis. Téguments lisses et brillants.
Capsule céphalique (fig. 9) beaucoup plus étroite au niveau des yeux que le
pronotum (L. tête : 447 um), les tempes extrêmement courtes, arrondies. Front large, le
sillon transversal postérieur profond et étroit, en arc de cercle, les sillons latéraux
antérieurs effacés, larges et vaguement granuleux ; région médiane antérieure plane, les
calus susantennaires et le bourrelet frontal peu marqués. Ponctuation nulle et
pubescence réduite à quelques soies éparses dans la région antérieure du front. Yeux
gros et saillants (diamètre: 117 4m), composés de soixante-dix à quatre-vingt
ommatidies pigmentées, à cornéule bien convexe. Antennes à article VII sans dent et à
massue nette de trois articles.
Pronotum (fig. 9) fortement transverse (L/1 : 402/530 um), non explané latérale-
ment, sa plus grande largeur vers le milieu, puis brusquement et fortement rétréci en
arrière ; angles postérieurs droits. La base porte une carinule médiane atteignant le bord
postérieur, et deux fortes carènes latérales, encadrant de chaque côté trois fossettes
punctiformes subégales, les deux fossettes externes reliées entre elles par un fin sillon ;
fossettes latérales absentes. Le disque du pronotum porte un gros point superficiel, peu
visible en raison de la brillance du tégument, en avant de chaque carène latérale.
Microponctuation nulle ; pubescence constituée de fines soies couchées sur le disque et
de quelques grandes soies raides sur les côtés. Elytres très développés (L/1:
615/700 um), leur plus grande largeur vers le milieu, le disque bien convexe, l'angle
huméral marqué par une simple bosse et les stries suturales fines ; bord postérieur
fortement concave. Ponctuation nulle et pubescence constituée de longues soies
couchées.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du premier urite visible
(L: 622 im), puis régulièrement et fortement rétréci jusqu'au pygidium, les tergites
bien convexes. Ponctuation fine, ombiliquée, et pubescence constituée de fines soies
couchées. Sternite du pygidium du mâle (fig. 32) de grande taille (L/1: 270/324 um),
le bord postérieur avec une profonde échancrure médiane en forme de V, le fond
arrondi. Sternite du segment génital du mâle (fig. 33) massif (L/l: 342/132 um), le
bord apical peu denticulé ; face interne avec deux plages de cellules polygonales peu
distinctes.
Canal éjaculateur différencié en pompe génitale fortement sclérifiée et muscula-
risée (fig. 34). Edéage (fig. 35). Lobe médian allongé (L/1: 350/130 um), la capsule
basale quadrangulaire, bilobée, prolongée en pointe effilée. Sac interne (évaginé chez
lholotype : fig. 36) muni d’une pièce copulatrice médiane dentiforme bien sclérifiée.
Paramères avec la partie apicale libre assez courte, effilée. Chétotaxie : une grosse
sensille médiane, deux fines soies préapicales et une soie apicale peu développée.
Femelle. — Inconnue.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE. al
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que par l'holotype.
Pi UE Yp:
Observations. — Cette espèce est proche par son habitus de E. tshuapaensis
Kistner 1962b, du Zaïre, dont elle se distingue par la ponctuation céphalique nulle
(bien visible chez E. tshuapaensis, surtout latéralement), et la présence de deux gros
points superficiels discaux sur le pronotum. Les deux espèces possèdent un canal
éjaculateur différencié en pompe génitale fortement sclérifiée et muscularisée
(E. tshuapaensis : Kistner, 1962b, fig. 67). Les édéages sont par contre nettement
différents par leur forme, la structure du sac interne et la chétotaxie des paramères
(deux soies chez E. tshuapaensis, trois soies chez E. armiger). Ces caractères ne
permettent pas de préciser les affinités réelles des deux espèces.
3. Edaphus hova Jarrige
Edaphus hova Jarrige, 1968 : 877.
Type. — Holotype: 1 9. Madagascar Est, Périnet, 910 m (MNHN).
Description. — Long. 1,7 mm. Espèce d'assez grande taille, macrophthalme et
macroptère. Coloration : corps uniformément roux, l'abdomen légèrement rembruni et
les appendices d'un jaune roussâtre. Téguments lisses et brillants.
Capsule céphalique (fig. 7) transverse, à peine plus étroite au niveau des yeux que
le pronotum (1 tête : 324 4m), à tempes indistinctes. Front large, le sillon transversal
postérieur anguleux, étroit et très profond, les sillons latéraux antérieurs larges et peu
marqués. Région médiane antérieure subplane, non relevée en bourrelet vers l'avant ;
parties latérales du front relevées en fort bourrelets en avant des yeux, les calus
Susantennaires effacés. Ponctuation nulle; pubescence réduite à quelques grandes
soies blanchâtres, localisées au bord postérieur de l'œil et éparses sur la tergale. Yeux
volumineux et saillants (diamètre : 90 am), composés d'environ soixante-dix ommatidies
pigmentées, assez petites et à cornéule bien convexe. Antennes avec l'article VII
dépourvu de dent, et à massue nette de deux articles.
Pronotum (fig. 7) transverse (L/1: 317/395 Lm), sa plus grande largeur vers le
milieu, non explané latéralement vers l'avant, assez brusquement et fortement rétréci
en arrière ; angles antérieurs nets et angles postérieurs droits. La base porte un fort
bourrelet longitudinal médian, w'atteignant pas le bord postérieur, et deux fortes
carènes latérales rectilignes, encadrant de chaque côté trois fossettes punctiformes
assez petites, alignées et logées dans un profond sillon, mais bien individualisées ;
fossettes latérales petites, punctiformes, invisibles du dessus. Le disque du pronotum
porte, en outre, un vague sillon longitudinal médian et deux grandes impressions
ovalaires superficielles, très peu distinctes. Ponctuation fine et pubescence assez
dense, formée de longues soies couchées. Elytres très grands (L/1: 570/608 um), leur
plus grande largeur vers le milieu, l'angle huméral avec un calus peu marqué, le disque
bien convexe, l'angle apical externe droit et le bord postérieur très peu concave ; stries
suturales fines. Ponctuation et pubescence identiques à celles de la capsule céphalique.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du premier urite visible
(l: 530 um), puis très progressivement et faiblement rétréci en arrière jusqu'au
pygidium, les tergites très convexes. Premier tergite visible avec une fine carène longi-
tudinale médiane, atteignant presque le bord postérieur. Ponctuation très fine, ombi-
liquée, associée à une pubescence constituée de longues soies couchées.
Mâle. — Inconnu.
Distribution dans l'ile. — Cette espèce n’est actuellement connue que par
l'holotype.
Source : MNHN, Paris
42 JEAN OROU:
4. Edaphus peyrierasi n. sp.
Type. — Holotype : 1 d', Madagascar Est, col de Madiorano, à l'Est de Vondrozo,
700 m (tamisage de litière), 4-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce de taille moyenne, trapue, macrophthalme
et macroptère. Coloration : corps uniformément roux, les appendices à peine éclaire
Téguments lisses et brillants.
Capsule céphalique (fig. 8) transverse, beaucoup plus étroite au niveau des yeux
que le pronotum (1 tête : 285 yum), les tempes très courtes, arrondies. Front large, le
sillon transversal postérieur en are de cerele, profond et étroit, les sillons latéraux
antérieurs très peu marqués ; région médiane antérieure convexe, non relevée en
bourrelet vers l'avant, les calus susantennaires indistincts. Ponctuation nulle et
pubescence limitée à quelques soies éparses sur le front et les tempes. Yeux gros m
peu saillants (diamètre: 75 um), composés d'une cinquantaine d'ommatidies
pigmentées. Antennes avec l'article VIT dépourvu de dent, et avec l’article IX assez
large, formant avec les suivants une massue peu nette de trois articles.
Pronotum (fig. 8) transverse (L/1: 272/337 jum), sa plus grande largeur après le
milieu, non explané latéralement vers l'avant, brusquement et fortement rétréc
arrière ; angles antérieurs distincts et angles postérieurs droits. La base porte un gros
bourrelet médian, n’atteignant pas le bord postérieur, et deux fortes carènes latérales,
encadrant de chaque côté trois ou quatre petites fossettes punctiformes, réunies entre
elles par un profond sillon rectiligne ; fossettes latérales punctiformes, très profondes
mais invisibles du dessus. Ponctuation indistincte et pubescence assez fournie,
constituée de longues soies couchées. Elytres très grands (L/1 : 440/478 1m), leur plus
grande largeur vers le milieu, l'angle huméral avec un calus discret, l'angle apical
externe tronqué ; disque bien convexe, la suture légèrement déprimée, bordée par deux
fines stries. Ponctuation à peine distincte, ombiliquée, associée à une fine pubescence
couchée.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du premier urite visible
(: 427 pm), puis régulièrement mais assez faiblement rétréci en arrière jusqu'au
pygidium, les tergites bien convexes ; premier tergite visible avec une carène longitu-
dinale médiane à peine distincte. Ponctuation fine, ombiliquée, associée à une fine
pubescence couchée. Sternite du pygidium du mâle (fig. 37) de grande taille
(L/: 550/433 um). triangulaire, avec au bord postérieur une grande échancrure
médiane en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 38) allongé
(L/1: 276/92 um), l'apex arrondi; face interne dépourvue de plage de cellules
polygonales.
Canal éjaculateur différencié en pompe génitale (fig. 39) très volumineuse
(L: 505 pm), fortement muscularisée et sclérifiée. Edéage (fig. 40). Lobe médian très
allongé (L/1: 333/80 um), la capsule basale à contours irréguliers, nettement bilobée,
l'apex massif, triangulaire. Sac interne avec une grosse pièce copulatrice médiane (en
érection partielle chez lholotype), portant à l'apex une courte dent recourbée.
Paramères avec la partie apicale libre longue et grêle. Chétotaxie: une courte soie
interne au tiers apical et une longue soie apicale.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité de
holotype. Paratypes : 1 S et 1 9, mêmes mentions que pour l’holotype (MNHN).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 43
5. Edaphus badiorufus n. sp.
Type. — Holotype: 1 &, Madagascar Nord, Montagne d'Ambre, environs de la
station forestière, 20-V-1969 (H. Franz) (HF).
Description. — Long. 1,6 mm. Espèce de taille moyenne, trapue, macrophthalme
et brachyptère. Coloration : corps uniformément brun roux, les appendices un peu plus
clairs. Téguments lisses et brillants. Habitus : fig. 3.
Capsule céphalique transverse (1: 310 um), beaucoup plus étroite au niveau des
yeux que le pronotum, les tempes extrêmement courtes, arrondies. Front large, le sillon
transversal postérieur étroit, à profond, en arc de cercle, les sillons latéraux
antérieurs larges et superficiels, lisses ; région médiane antérieure plane, les calus
susantennaires et le bourrelet frontal peu marqués. Ponctuation nulle ; pubescence
constituée de très longues soies hérissées, éparses. Yeux de taille moyenne (diamètre :
65 um chez le mâle, 50 um chez la femelle), peu saillants, composés d'une trentaine
d'ommatidies chez le mâle, de quinze à vingt ommatidies chez la femelle. Antennes
avec l'article VIT très faiblement denté et à massue nette de deux articles.
Pronotum fortement transverse (L/1 : 305/380 um), non explané latéralement, sa
plus grande largeur vers le milieu, puis brusquement et fortement rétréci en arrière ;
angles postérieurs droits. La base porte une carinule médiane étroite, atteignant le bord
postérieur, et deux fortes carènes latérales, encadrant de chaque côté trois fossettes
punetiformes nettement séparées, la fossette interne un peu plus grosses que les deux
autres fossettes ; fossettes latérales minuscules, punctiformes, non visibles du dessus.
Disque du pronotum dépourvu de toute impression supplémentaire, Ponctuation nulle ;
pubescence peu dense, constituée de fines soies hérissées, réparties uniformément sur
le disque, et de quelques grandes soies raides sur les côtés. Elytres moyennement
développés (L/1: 425/520 um). leur plus grande largeur vers le milieu, le disque bien
convexe, l'angle huméral marqué d'une simple bosse et les stries suturales fines : bord
postérieur modérément concave, l'angle externe saillant. Ponctuation nulle et
pubescence constituée de longues soies couchées.
Abdomen présentant sa plus grande largeur dès la base (1: 480 um). puis
régulièrement et fortement rétréci jusqu'au pygidium, les tergites bien convexes.
Ponetuation fine, ombiliquée, associée à une fine pubescence couchée, les soies assez
longues. Sternite du pygidium du mâle (fig. 41) de grande taille (L/: 200/240 um), le
bord postérieur muni d'une large échancrure médiane en forme de U, Sternite du
segment génital du mâle perdu chez l'holotype, seul mâle connu.
Canal éjaculateur (détérioré chez l'holotype) semblant différencié en une pompe
génitale fortement sclérifiée et muscularisée, de structure analogue à celle de
E. peyrierasi. Edéage (fig. 42). Lobe médian allongé (L/1: 225/100 um), la capsule
basale quadrangulaire, fortement bilobée à la base, l'apex en pointe effilée. Sac interne
muni d'une pièce copulatrice médiane tubulaire, bien sclérifiée. Paramères longs et
effilés dans leur moitié distale, atteignant l’apex du lobe médian. Chétotaxie : une
grosse sensille médiane, une courte soie préapicale interne et une soie apicale.
Distribution dans l'ile. — Cette expèce n’est actuellement connue que de la
Montagne d'Ambre. Paratype : 1 9, mêmes indications que pour l'holotype (HF).
6. Edaphus spiniphallus n. sp.
Type. — Holotype : 1 &', Madagascar Centre, forêt d'Ambohiboatavo, à l'Est du
lac de Mantasoa, 1 340 m (lavage de terre), 17-XI1-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Source : MNHN, Paris
44 JEAN OROU:
Figures 14-19 : genre Edaphus Motschulsky, E. spiniphallus n. sp. — 14: capsule céphalique,
face sternale. — 15 : antenne droite, — 16 : labre. — 17 : mandibule droite. — 18 : maxille droite. —
19: labium. Échelles : 14, 15: 100 pm. — 16 à 19: 50 um.
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce de taille moyenne, trapue, macrophthalme
et macroptère. Coloration : corps uniformément brun-roux, les appendices un peu plus
clairs. Téguments lisses et brillants. Morphologie générale : fig. 14 à 26.
Capsule céphalique (fig. 11) transverse, beaucoup plus étroite au niveau des yeux
que le pronotum (I tête : 265 yum), les tempes extrêmement courtes, arrondies. Front
large, le sillon transversal postérieur anguleux, profond et assez large, les sillons
latéraux antérieurs très étroits ; région médiane antérieure convexe, non relevée en
bourrelet vers l'avant, les calus susantennaires peu protubérants. Ponctuation nulle ;
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE. 45
Figures 20-26 : genre Edaphus Motschuleky. E. spiniphallus n. sp. — 20 : prothorax, face
temale. — 21 : ptérothorax, face sternale. — 22 : aile. — 23 à 25 : apex du tibia 4 tarses, pattes
antérieure, médiane et postérieure droites. — 26: genitalia mâles en place dans l'abdomen face
Sternale. Échelles : 100 yum.
pubescence constituée de fines soies blanchâtres éparses sur le front et de quelques
ongues soies au niveau des tempes. Yeux assez gros mais peu saillants (diamètre :
75 dm), composés d'une cinquantaine d'ommatidies pigmentées. Antennes avec l’article
Source : MNHN, Paris
46
VII muni d’une forte dent, et avec l’article IX élargi, formant avec les suivants une
massue peu nette de trois articles.
Pronotum (fig. 11) transverse (L/1: 259/317 um), sa plus grande largeur vers le
milieu, non explané latéralement vers l'avant, modérément et progressivement rétréci
en arrière ; angles antérieurs peu marqués et angles postérieurs droits. La base porte
une étroite et haute carène longitudinale médiane, n’atteignant pas le bord postérieur,
et deux fortes carènes latérales, encadrant de chaque côté trois fossettes punctiformes
bien individualisées, alignées ; fossettes latérales petites, punctiformes, peu visibles du
dessus. Ponctuation indistincte et pubescence dense, formée de longues soies dressées.
Elytres très grands (L/1: 479/505 um), leur plus grande largeur peu après le milieu,
l'angle huméral avec un calus peu marqué, l'angle apical externe droit et le bord
postérieur peu concave ; disque bien convexe, la suture déprimée, bordée par deux
stries bien marquées. Ponctuation nulle et pubescence assez dense, constituée de fines
soies couchées.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du premier urite visible
(1: 440 yum), puis régulièrement rétréci jusqu'au pygidium, las tergites très convexes ;
premier tergite visible avec une fine carinule longitudinale médiane. Ponctuation
ombiliquée peu distincte, associée à une fine pubescence couchée. Sternite du
pygidium du mâle (fig. 43) de taille moyenne, triangulaire (L/1: 338/252 um), l'apex
anguleux, muni d’une grande échancrure médiane en forme de V. Sternite du segment
génital du mâle (fig. 44) allongé (L/1: 262/103 um), l'apex aciculé ; face interne sans
caractères particuliers.
Canal éjaculateur différencié en pompe génitale (fig. 45) très volumineuse
(L: 660 um), fortement sclérifiée et muscularisée, constituée de trois parties bien
distinctes. Edéage (fig. 46). Lobe médian allongé (L/1 : 282/110 wm), la capsule basale
quadrangulaire, faiblement bilobée ; apex étiré en pointe aiguë, avec à la base deux
dents latérales et quatre sensilles bien visibles. Sac interne avec un ensemble de pièces
copulatrices, dont une dent apicale assez courte, fortement sclérifiée (fig. 47 : sac
interne évaginé). Paramères sinués, la partie apicale libre courte et grêle. Chétotaxie :
une courte soie basale interne, une grosse sensille et une longue soie apicale.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité-type.
Paratypes : 2 © et L 9, mêmes mentions que pour l'holotype (MNHN) : 1 & et 1 9,
même localité, 30-111-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Observations. — E. hova Jarrige, E. peyrierasi n. sp., E. badiorufus n. sp. et
E. spiniphallus n. sp. sont quatre espèces malgaches très proches par leurs habitus ;
elles présentent une certaine ressemblance, peut-être due à une simple convergence,
avec Ë. bambousi Kistner 1962b, du Zaïre. Les genitalia des trois espèces dont le mâle
est connu sont par contre très différents les uns des autres.
E. hova (dont le mâle est inconnu) se différencie aisément par sa grande taille et
ses impressions superficielles sur le disque du pronotum. E. peyrierasi, E. badiorufus et
E. spiniphallus ne se différencient guère extérieurement que par la forme de l’article
VII des antennes et les proportions des impressions et des carènes basales du
pronotum, caractères sujets à une certaine variabilité individuelle. Les genitalia mâles
sont par contre très différents ; E. spiniphallus est remarquable par la structure du canal
éjaculateur et par son édéage à apex étiré en pointe aiguë, munie de quatre sensilles
basales ; ce dernier caractère se retrouve chez les espèces orientales des groupes de
E, brevipennis Cameron, E. cameroni Puthz et E. major Fauvel (Puthz, 1979 : 109).
Les affinités réelles de ces espèces restent à préciser.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 47
7. Edaphus remyi Jarrige
Observations. — E. remyi appartient, selon Puthz (1979), au groupe de E.
dentiventris Fauvel, chez lequel les mâles possèdent des caractères sexuels secondaires
sur les deux premiers tergites, et dont l'édéage présente deux dents apicales transverses.
11 comprend pour l'instant les espèces suivantes : E. dentiventris Fauvel (mandibularis
Cameron), de Singapour et Sumatra, E. abdominalis Puthz, de Sarawak, et E. insigni-
ventris Bernhauer, des Philippines (Luzon).
Deux sous-espèces.
ni
Figures 27-31 : genre Edaphus Motschulsky, E. africanus (Eppelsheim), mâle (Katanga). —
27 : sternite du propygidium. — 28 : sternite du pygidium. — 29 : sternite du segment g
édéage, face sternale. — 31 : idem, apex du lobe médian, de profil, le sac interne évagi
50 um.
Ta. Edaphus remyi remyi Jarrige
Edaphus remyi Jarrige, 1963: 120, fig. 1.
Edaphus remÿi Jarrige : Comellini, 1977 : 251, 268.
Edaphus remyi Jarrige : Puthz, 1979: 132.
Edaphus batrisoides Comellini, 1977 : 256, 268, fig. 5, 25, 38.
Types. — remyi Jarrige. Holotype S : Sri Lanka, Ratnapura (P. Remy) (MNHN).
batrisoides Comellini. Holotype ©: Sri Lanka, Colombo (R Mussard, CL
Bésuchet & IL. Lbl) (MHNG).
Description. — Long. 1,3 mm. Espèce de taille moyenne, macrophthalme et
macroptère. Coloration : corps brun-roux clair, les élytres enfumés et les appendices
testacés, la massue antennaire rembrunie. Téguments lisses et brillants.
Source : MNHN, Paris
48
Capsule céphalique (fig. 13) transverse mais nettement plus étroite au niveau des
yeux que le pronotum (I tête : 260 pm), les tempes très courtes, arrondies. Front large,
le sillon transversal postérieur anguleux, large et profond, les sillons latéraux antérieurs
très profonds, à fond granuleux ; région médiane antérieure convexe, les calus
susantennaires et le bourrelet frontal discrets. Ponctuation indistincte et pubescence
réduite à quelques fines soies éparses dans la région antérieure du front. Yeux gros et
saillants (diamètre : 65 um), composés d’une cinquantaine d’ommatidies pigmentées, à
cornéule peu convexe. Antennes avec l’article VIT muni d’une forte dent, et à massue
nette de deux articles.
Pronotum (fig. 13), transverse (L/1 : 260/310 um), sa plus grande largeur vers le
a, puis progressivement rétréci en arrière, non explané latéralement, les angles
antérieurs peu marqués et les angles postérieurs droits. La base porte une étroite carène
médiane atteignant le bord postérieur, et deux fortes carènes latérales encadrant de
chaque côté trois fossettes subégales : fossette interne punctiforme et fossettes externes
partiellement fusionnées en une grande fossette ovalaire, orientée transversalement ;
fossettes latérales petites, punctiformes et profondes, non visibles du dessus. Ponctua-
tion très fine, presque imperceptible, et pubescence constituée de longues soies
éparses, un peu plus nombreuses sur les côtés. Elytres très développés (L/1:
388/414 um), leur plus grande largeur vers le milieu, le disque bien convexe, l'angle
huméral avec un calus peu prononcé ; stries suturales discrètes. Ponctuation indistincte
et pubescence constituée de longues soies couchées.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du deuxième urite visible
(1: 376 um), puis régulièrement et progressivement rétréci jusqu'au pygidium, les
tergites bien convexes. Premier tergite visible très grand, avec au tiers antérieur une
carène longitudinale relevée en bouton vers l'avant ; bord postérieur avec chez le mâle
(fig. 48) une forte échancrure triangulaire délimitée par deux lobes latéraux atteignant
presque le milieu du tergite suivant, ces lobes et le fond de l’échancrure ayant un aspect
granuleux. Deuxième tergite du mâle (fig. 48) de structure complexe, avec une forma-
tion tégumentaire laissée partiellement à découvert par le tergite précédent: elle
comporte une forte carène médiane munie de deux macrochètes apicaux recourbés,
séparant deux invaginations cuticulaires en demi-cercle, dont la paroi interne semble
criblée de pores ; latéralement, deux touffes serrées de courtes soies, blanchâtres et
d'aspect irisé en observation à sec, donnent à cette structure l'aspect de trichomes.
Tergites sans conformation particulière chez la femelle. Le reste de l'abdomen est
couvert d’une très fine ponctuation ombiliquée peu distincte, et d’une fine pubescence
couchée. Sternite du pygidium du mâle (fig. 49) de petite taille, très large (L/1:
128/233 um), le bord postérieur avec une large échancrure médiane peu profonde, à
fond plan. Sternite du segment génital du mâle (fig. 50) court et large (L/l:
234/105 pm), l'apex tronqué et fortement denticulé ; face interne avec deux plages
ovalaires symétriques, constituées chacune d’une dizaine de grandes cellules poly-
gonales (fig. 51).
Canal éjaculateur différencié en pompe génitale (fig. 52) de structure complexe,
fortement sclérifiée et muscularisée. Edéage (fig. 53) en version à 90° au repos dans
l'abdomen. Lobe médian massif, polygonal (L/1: 234/130 um), l'apex arrondi muni de
deux processus latéraux spiniformes. Sac interne avec une grosse pièce copulatrice
médiane très sclérifiée (fig. 54 : en érection). Paramères avec la partie apicale libre
courte et grêle. Chétotaxie : un microchète basal, une grosse sensille médiane, une fine
soie préapicale interne et une soie apicale.
Répartition géographique. — Cette sous-espèce est largement répandue au Sri
Lanka [Ceylan].
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE
32
dAnl
ii IT
(RAAARAANTENAR
49
Figures 32-40 : genre Edaphus Motschulsky, — 32-36 : E. armiger n. sp. mâle. — 32 : sternite
du pygidium. — 33 : sternite du segment génital. — 34 : pompe génitale. — 35 : édéage, face sternale,
le sac interne évaginé. — 36 : idem, apex du lobe médian, de profil. — 37-40 : E. peyrierasi n. sp, mâle.
37 : sternite du pygidium. — 38 : sternite du segment génital. — 39 : pompe géniale. — 40 : édéage,
face sternale, le sac interne évaginé. Échelles : 100 um.
Source
: MNAN, Paris
50 JEAN OROUSSET
7b. Edaphus remyi etiennei n. subsp.
Type. — Holotype : 1 S', La Réunion, forêt de Mare Longue, IV-1976 (J. Etienne)
(MNHN).
Description. — Habitus : fig. 4. Cette sous-espèce se différencie de la sous-
espèce nominative par les caractères suivants.
Taille plus faible. Long, 1,1 mm ; capsule céphalique 1 : 210 um ; pronotum L/ :
215/240 pm; élytres L/1 : 325/350 gum ; abdomen | : 305 pm ; édéage L/1 : 180/95 um.
Coloration d’un brun roux un peu plus foncé, le tiers distal des élytres enfumé.
Yeux plus volumineux, plus saillants au niveau des tempes. Sillons frontaux un
peu moins profonds, les bourrelets latéraux moins proéminents au niveau des yeux.
Mêmes caractères sexuels secondaires mâles, la seule différence portant sur le
premier tergite visible, muni d’une échancrure plus large, à fond subplan.
Les genitalia ne présentent aucune différence notable.
Répartition géographique. — La Réunion ; Seychelles (Praslin). Paratypes :
1 S et 1 ©, La Réunion, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN) ; 3 ©, La
Réunion, Saint Paul, environs de Savannah (tamisage de terreau de hampes d'Opuntia
mortes sur pied), 26-V-1969 (H. Franz) (HF) ; 1 , La Réunion, Saint Paul, chemin du
Tour des Roches (tamisage de litière et de bois pourri de Manguier), 26-V-1969 (H.
Franz) (HF) ; 1 ©, Seychelles, Praslin, 27-VII-1982 (CL Vaucher) (MHNO).
8. Edaphus spectabilis Bernhauer
Edaphus spectabilis Bernhauer, 1922 : 169.
Edaphus spectabilis Bernhauer: Scheerpeltz, 1933 : 1 204.
Edaphus spectabilis Bernhauer ; Kistner, 1962b: 620, 631, fig. 35.
Edaphus spectabilis Bernhauer: Orousset, 1986a : 402.
Type. — Lectotype S : Seychelles, Praslin, Côte d'Or Estate, XI-1908 (PSTE)
(BMNH).
Description. —Long. 1,9 mm. Espèce de grande taille, trapue et anguleuse,
macrophthalme et macroptère. Coloration : avant-corps brun, les élytres progressive-
ment assombris jusqu’à l’apex ; abdomen brun-roux, les troisième et quatrième urites
visibles assombris : appendices roussâtres, la massue antennaire brun foncé. Téguments
lisses et brillants.
Capsule céphalique (fig. 10) transverse, nettement plus étroite au niveau des
yeux que le pronotum (1 tête: 363 um), fortement enchâssée dans ce dernier, les
tempes courtes mais distinctes, anguleuses. Front large, le sillon transversal postérieur
large et profond; pas de sillons latéraux antérieurs distincts, mais toute la région
frontale profondément excavée, délimitant latéralement deux calus susantennaires
protubérants et, vers l'avant, un fort bourrelet frontal. Ponctuation nulle et pubescence
réduite à quelques longues soies blanchâtres éparses dans la région antérieure du front.
Yeux gros mais peu saillants (diamètre : 97 j4m), composés d'environ soixante-dix
ommatidies pigmentées. Antennes avec l’article VII large mais faiblement denté, et
avec une massue nette de deux articles.
Pronotum (fig. 10) transverse mais relativement étroit (L/l: 343/414 um),
explané au niveau des angles antérieurs, ces derniers relevés en bourrelets ; plus grande
largeur vers le milieu, avec une forte et brusque constriction basale. La base est
dépourvue de carène médiane mais porte deux carènes latérales rectilignes, aiguës ; de
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 51
chaque côté, une grosse fossette interne punctiforme et une grande fossette externe
ovalaire, orientée transversalement, provenant de la coalescence partielle de deux
petites fossettes punctiformes ; fossettes latérales petites et peu profondes, non visibles
du dessus. Ponctuation fine mais bien distincte, les points petits (diamètre : 5 um) et
largement espacés ; pubescence formée de longues soies blanchâtres éparses. Elytres
grands, transverses (L/1: 518/557 um), leur plus grande largeur au tiers postérieur ;
calus huméral peu marqué et stries suturales fines ; angle apical obliquement tronqué.
Ponctuation identique à celle du pronotum, associée à une longue pubescence couchée,
assez dense.
Figures 41-42 : genre Edaphus Motschulsky, E. badiorufus n. sp, mâle. — 41 : sternite du
segment génital. — 42: édéage, face stenale. Échelles : 100 um.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du premier urite visible
(1: 532 um), progressivement rétréci en arrière jusqu'au pygidium, les tergites modé-
rément convexes. Ponctuation très fine, ombiliquée, associée à une pubescence
couchée, peu dense. Sternite du pygidium du mâle (fig. 55) assez court (L/l:
205/310 wm), avec au bord postérieur une large et profonde échancrure médiane en
forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 56) court et large (L/1:
276/124 um), l'apex tronqué et le bord apical peu denticulé mais avec une grosse
pointe médiane ; face interne avec deux plages ovalaires (fig. 57) comprenant chacune
en leur centre une soixantaine de grandes cellules polygonales.
Canal éjaculateur (fig. 58) différencié en pompe génitale assez fortement
sclérifiée et muscularisée. Edéage (fig. 59). Lobe médian de grande taille (L/1:
234/117 um), la capsule basale dissymétrique, bilobée, l'apex court, muni de deux
dents peu sclérifiées. Sac interne muni d’une pièce copulatrice polygonale peu distincte
(sac interne évaginé chez un mâle de Mahé : fig. 60). Paramères avec la partie apicale
libre fortement divergente, longue et effilée. Chétotaxie : un microchète basal, une
grosse sensille et une longue soie médianes, une longue soie apicale.
Source : MNHN, Paris
52 JEAN OROUSSET
Répartition géographique. — Seychelles. Praslin ; 1 ©. Mahé, sans précisions
(PSTE) (FMNH) ; 1 ©, station des Mornes seychellois, 900 m, IV-1972 (4. Peyrieras)
(MNEN).
Cité dans la description originale de l'île de Silhouette (Mare aux Cochons,
IX-1908), mais aucun exemplaire provenant de cette île n’a pu être retrouvé jusqu’à
présent.
9. Edaphus sechellarum Bernhauer
Edaphus sechellarum Bernhauer, 1922: 170.
Edaphus sechellarum Bernhauer; Scheerpeltz, 1933 : 1 204.
Edaphus sechellarum Bernhauer; Kistner, 1962b : 620, 629, fig. 34, 65.
Edaphus sechellarum Bernhauer ; Orousset, 1985 : 250.
Type. — Lectotype S : Seychelles, Mahé, Morne Blanc (PSTE) (FMNH).
Description. — Long. 1,2 mm. Espèce de petite taille, assez grêle, macro-
phthalme et macroptère. Coloration: corps uniformément roux, l’apex des élytres
assombri, les appendices testacés et la massue antennaire rembrunie (lectotype
immature, de coloration jaune paille). Téguments lisses et brillants.
Figures 43-47 : genre Edaphus Motschulsky, E. spiniphallus n. sp. mâle. — 43 : sternite du
pygidium. — 44 : sternite du segment génital. — 45 : pompe génitale. — 46 : édéage, face sternale. —
AT: apex du lobe médian, de profil, le sac interne évaginé. Échelles : 50 wm.
Capsule céphalique (fig. 12) transverse, beaucoup plus étroite au niveau des yeux
que le pronotum (1 tête : 200 um), les tempes courtes mais distinctes, arrondies. Front
large, le sillon transversal postérieur en are de cercle, large et profond, les sillons
latéraux antérieurs étroits et peu marqués ; région médiane antérieure modérément
déprimée, les calus susantennaires et le bourrelet frontal larges mais peu marqués.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 53
Ponctuation indistincte et pubescence limitée à quelques fines soies éparses dans la
région antérieure du front. Yeux assez gros (diamètre : 60 Am), composés de vingt-cinq
à trente ommatidies pigmentées. Antennes avec l’article VII volumineux, fortement
denté vers l'intérieur, et avec une massue nette de deux articles.
Pronotum (fig. 12) peu transverse (L/1 : 227/246 4m), non explané latéralement,
sa plus grande largeur vers le milieu, progressivement rétréci en arrière ; angles
antérieurs indistincts et angles postérieurs droits. La base porte une fine carinule
Figures 48-54 : genre Edaphus Motschulsky, Er. remyi Jarrige, mâle (Ceylan). — 48 : tergites
IN et IV. — 49 : sternite du pygidium, — 50 : sternite du segment génital. — 51 : détail de la plage de
£ellules de la face interne du segment génital. — 52 : pompe génitale. — 53 : édéage, face stemale, —
54: apex du lobe médian, de profil, le sac interne évaginé. Échelles: 50 um.
médiane n'atteignant pas le bord postérieur, et deux carènes latérales saillantes,
rectilignes, encadrant de chaque côté deux grandes fossettes: fossette interne
punctiforme et fossette externe grande et ovalaire, orientée transversalement,
provenant de la coalescence de deux fossettes punctiformes ; fossettes latérales
ovalaires, profondes, peu visibles du dessus. Ponctuation très fine et éparse ;
Source : MNHN, Paris
54 JEAN OROUSSET
pubescence constituée de fines soies éparses sur le disque et de quelques grandes soies
latérales. Elytres grands, transverses (L/1 : 298/324 um), leur plus grande largeur vers
le milieu, assez convexes, l'angle huméral avec un fort calus, les stries suturales fines.
Ponctuation nulle et pubescence formée de fines soies couchées.
Abdomen présentant sa plus grande largeur au niveau du premier urite visible
(1: 300 um), puis régulièrement mais assez faiblement rétréci en arrière, les tergites
très convexes. Ponctuation nulle et pubescence constituée de fines soies couchées.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 61) assez court (L/1: 116/163 um), le bord posté-
rieur avec une grande échancrure médiane en forme de U. Sternite du segment génital
du mâle (fig. 62) quadrangulaire (L/1 : 150/60 um), le bord apical tronqué, fortement
denticulé, avec une grosse dent apicale médiane; face interne avec deux plages
ovalaires (fig. 62) comprenant chacune en leur centre une dizaine de grandes cellules
polygonales.
Canal éjaculateur (fig. 63) différencié en pompe génitale comprenant dans sa
partie distale une grosse ampoule fortement sclérifiée, à la jonction avec la capsule du
lobe médian. Edéage (fig. 64) de très petite taille (L/1: 118/57 um), la capsule basale
large et dissymétrique, bilobée, et l’apex court et arrondi. Sac interne avec une pièce
copulatrice médiane peu sclérifiée, en forme de T. Orifice distal du lobe médian avec
deux dents et deux languettes diaphanes. Paramères avec la partie apicale libre
fortement divergente, robuste. Chétotaxie : un microchète basal, une grosse sensille et
une soie médianes, une longue soie apicale.
Répartition géographique. — Seychelles. Mahé : 1 ©, mêmes indications que
pour le lectotype (BMNH), 1 S et 1 ©, mêmes indications (FMNH) ; 1 9, station des
Mornes seychellois, 900 m (lavage de terre), IV-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Silhouette : 1 © (paralectotype), forêt au-dessus de Mare-aux-Cochons, cime
pourrie d’un palmier du genre Verschaffeltia tombé à terre, 1908 (PSTE) (BMNH).
Praslin : 1 ', vallée de Mai, 300 m (lavage de terre), IV-1972 (4. Peyrieras)
(MNHN).
Exemplaires femelles indéterminés
A. — 1 9, Madagascar Centre, forêt d’Ambatofitoharana, RN 7, pk 292, 1 600 m
(FDHM, RCP 225, tamisage de litière n° 3006), 15-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Cet exemplaire est extérieurement proche de E. spiniphallus et de E. peyrierasi,
mais appartient probablement à une espèce distincte ; il s’en différencie par sa
coloration un peu plus sombre et son pronotum faiblement rétréci à la base, à carène
médiane très large.
B. — 1 ©, Madagascar Est, forêt de Mahabo, au Sud-Est de Maropaika, sur la
route de Vondrozo à Ivohibe (tamisage de litière), 5-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Cet exemplaire est peut-être conspécifique avec E. peyrierasi, dont il ne se
distingue que par sa taille un peu plus grande et son pronotum à fossettes basales mieux
individualisées ; les deux localités sont par ailleurs très proches.
C. — 1 9, Madagascar Est, baie d’Antongil, [N.-0. de Maroantsetra], Fampa-
nambo (lavage de terre n° 10), 11-1959 (7. Vadon) (MRAC).
Exemplaire de taille moyenne (1,4 mm), macrophthalme et macroptère, de
coloration jaune-roux clair, l’apex des élytres assombri ; face tergale brillante, avec une
microponctuation éparse sur l’avant-corps, une ponctuation ombiliquée plus forte sur
l'abdomen et une longue pubescence assez fournie. Sillons frontaux profonds, surtout
le sillon transversal postérieur. Yeux grands mais peu convexes, réniformes, composés
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 55
Figures 55-64 : genre Edaphus Motschulsky. — 55-60 : E. spectabilis Bernhauer, mâle. — 55 :
Sternite du pygidium. — 56 : sternite du segment génital. — 57 : détail de la plage de cellules de la face
interne du segment génital. — 58 : pompe génitale. — 59 : édéage, face sternale, — 60 : apex du lobe
médian, le sae interne évaginé. — 61-64 : E. sechellarum Bernhauer, mâle. — 61 : sternite du pygidium.
92: sternite du segment génital, et détail de la plage de cellules de la face interne. — 63 : région distale
de là pompe génitale. — 64: édéage, face sternale, Échelles: 50 ym.
Source : MNHN, Paris
56 JEAN OROUSSET
d’une quarantaine d’ommatidies pigmentées. Pronotum avec une fine carène longitu-
dinale médiane atteignant le bord postérieur et deux fortes carènes latérales rectilignes,
encadrant de chaque côté trois profondes fossettes punctiformes, les deux fossettes
externes réunies partiellement en une grande impression ovalaire ; fossettes latérales
punctiformes, peu profondes, invisibles du dessus.
Cet exemplaire appartient vraisemblablement à une espèce inédite, proche de
E. africanus Eppelsheim.
D. — 1 9, Madagascar Est, [E. de Maroantsetra], Andranofotsy, 30-11-1958
(. Vadon) (MRAC).
Cet exemplaire est très proche extérieurement de E. africanus ; seule la
découverte du mâle permettrait d'affirmer la conspécificité avec ce dernier.
E. — 1 9, Madagascar Ouest, réserve forestière du Zombitsy, à 12 km au Nord-
Est de Sakaraha, 630 m (lavage de terre) (4. Peyrieras) (MNHN)
Cet exemplaire est très semblable extérieurement au précédent, dont il ne se
distingue que par sa coloration uniformément roux testacé et ses antennes à article XI
plus court.
Genre Coiffaitia Kistner & Shower
Coiffaitin Kistner & Showe:
désignation originelle et seule espè
1965 :
a genre : Coiffuitia minor Kisiner & Shower, 1965, par
317 (espèce 1yp
Description. — Espèces de très petite taille (0,8 à 1 mm), peu déprimées et
dépourvues de constriction au niveau du mésothorax (fig. 65-66). Coloration pâle,
allant du jaune testacé (exemplaires immatures ?) au brun roux uniforme, les appendices
un peu plus clairs. Téguments brillants, bien que granuleux sur l'avant-corps, avec une
grosse ponctuation espacée.
Capsule céphalique (fig. 67) de petite taille, peu aplatie dorso-ventralement,
transverse, avec une assez forte constriction collaire, délimitant un bourrelet occipital.
Face tergale avec des calus susantennaires peu protubérants; points d'insertion
dorsaux du tentorium non apparents, ne délimitant donc pas de fossettes interoculaires.
Front plan, non déprimé entre les calus susantennaires, bordé latéralement par une
vague carène crénelée, et sans impressions médianes ni sillons transversaux ou
latéraux. Face sternale avec des sutures gulaires bien visibles, largement séparées,
délimitant une grande aire triangulaire, prolongée par un postmentum quadrangulaire.
Foramen occipital fortement transverse, déporté en face sternale.
Yeux présents dans les deux sexes mais très inégaux, réniformes, peu visibles du
dessus.
Antennes (fig. 68) courtes et assez trapues, constituées de dix articles seulement,
très constants de forme chez toutes les espèces. Scape volumineux, piriforme, avec le
scapobasal très allongé ; pédicelle en forme de tonnelet; funicule avec l'article III
court et globuleux, les articles IV à VI subégaux, les articles VII et VIII courts et
transverses ; massue volumineuse de deux articles, nettement séparés.
TaBLEAU Il : Dimensions des articles antennaires (en am) chez C. vadoni n. sp..
mâle.
I IT juil IV V VI VIENNE = IX X
L 41 35 15 17 16 16 13 15 26 46
D 29 28 18 15 14 15 18 22 37 45
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 57
EN EL)
LAN Li L à
LULU EUR
HU
DIV A
REA:
66
Figures 65-66: genre Coiffaitia Kistner & Shower, habitus. — 65 : C. vadoni n. sp., mêle. —
66: idem, femelle. Échelle : 200 Him.
Labre (fig. 69) à bord antérieur convexe, non crénelé, mais muni de six grosses
sensilles régulièrement espacées. Face tergale avec deux rangées de macrochètes : rang
antérieur avec huit soies et rang postérieur avec six soies, régulièrement espacées.
Mandibules (fig. 70) subsymétriques, à terebra longue et falciforme, très grêle ;
deux soies au bord externe près de la base. Mola mal délimitée, sans pénicille basal de
Source : MNHN, Paris
58 JEAN OROUSSET
soies et non surmontée par une lacinia mandibulaire. Bord interne non crénelé, avec
une très petite dent unique, à la base de la terebra.
Maxille (fig. 71). Galea sans brosse apicale de soies mais pourvue de deux
macrochètes ; lacinia accolée à la terebra et terminée en pointe aiguë, le bord interne
avec une grande brosse de soies. Palpigère avec un grand macrochète. Palpes maxil-
laires volumineux, constitués de quatre articles : article basal petit, fortement coudé,
article IT long, légèrement incurvé et renflé vers le milieu, article LIT (massette) ovoïde,
article distal conique, de grande taille et toujours très distine
Labium (fig. 72) très petit. Mentum petit, polygonal, le bord antérieur concave
mais non nettement denté sur les côtés ; il porte deux grands macrochètes et une demi-
douzaine de gros pores sensoriels. Le mentum est séparé du prémentum par une
membrane très développée. Prémentum petit, quadrangulaire, avec deux macrochètes
médians et quelques pores sensoriels. Palpes labiaux petits, constitués de trois article
articles I et IT cylindriques, subégaux, l’article IT avec un macrochète au bord ventral ;
article [I long et subulé. Languette divisée en deux grands lobes diaphanes très écartés,
denticulés à l'apex.
Prothorax volumineux, transverse et beaucoup plus large que la tête, explané
latéralement près de la base, les angles antérieurs effacés et les angles postérieurs
distincts mais peu marqués ; bords latéraux fortement crénelés. Pronotum déprimé à la
base, le disque très convexe vers l'avant. Disque avec quatre grandes impressions nettes
mais peu profondes: deux fossettes discales ovalaires et deux fovéoles angulaires
postérieures ; pas de fossettes basales punctiformes. Ponctuation très forte vers la base
et au niveau des impressions discales, graduellement atténuée vers l'avant. Sutures
notopleurales indistinctes ; épisternes allongés, sans sutures pleurales distinctes les
séparant des proépimères. Sutures sterno-pleurales bien marquées, délimitant un grand
prosternum trapézoïdal (fig. 76). Cavités coxales ovalaires, contiguës et très largement
ouvertes en arrière, séparées vers l'avant par une étroite apophyse intercoxale ; cette
dernière est prolongée chez le mâle de certaines espèces par une quille saillante. Bord
antérieur du prosternum non crénelé.
Mésothorax court, le scutellum de grande taille, déprimé, mais presque totale-
ment masqué par la base du pronotum. Mésosternum (fig. 77) quadrangulaire, court,
avec une carinule médiane longitudinale au bord antérieur ; bord postérieur prolongé
par une grosse apophyse triangulaire médiane séparant les hanches intermédiaires.
Métasternum (fig. 77) très allongé, le bord antérieur prolongé par une apophyse courte
et massive; bord postérieur avec une apophyse intercoxale courte et très large.
Endosquelette avec une grande furea insérée au bord postérieur.
Elytres de développement très inégal dans les deux sexes. Région basale
déprimée, sans ligne de fossettes ; articulation scapulaire présente et élytres non
soudés. Epipleures bien développés mais non séparés du disque par un sillon ou un pli,
et non atténués en arrière. Strie suturale présente ; disque assez grossièrement ponctué,
avec une longue pubescence couchée.
Ailes de développement très inégal dans les deux sexes : mâles ma
femelles brachyptères.
Pattes. Coxa I volumineuses, coniques, munies d’un gros trochantin ; coxa II
courtes, globuleuses ; coxa III triangulaires, transverses et aplaties. Trochanters petits,
simples, ne portant jamais de caractères sexuels secondaires. Tibias rectilignes, peu
élargis dans leur partie distale, le bord interne faiblement crénelé vers l'apex ; pas
d’éperons apicaux mais présence d’un peigne masquant en partie l'article I des tarses.
Tous les tarses de quatre articles (fig. 79-81), finement pubescents, dépourvus de
phanères sensoriels à leur face plantaire. Ongles simples, égaux, grêles et fortement
recourbés.
roptères et
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 59
Figures 67-7.
: genre Coiffaitia Kistner & Shower, C. vadoni n. sp. — 67 : capsule céphalique,
face sternale, — 68 ï
ntenne droite. — 69 : labre. — 70 : mandibule droite. — 71 : maxille droite. —
ia n. gen. N. anosyana n. sp. — 73 : antenne droite. —
T4: labre. — 75: labium. Échelles : 50 um.
Source : MNHN, Paris
60 JEAN OROUSSE
TagLeau IT : Longueur des articles des tarses (en m) chez C. vadoni n. sp., mâle.
ll Il IT IV
Protarses 35 25 24 33
Mésotarses 36 30 23 ar
Métatarses 50 34 27 39
Abdomen avec sept segments visibles (urites III à IX), le segment génital
fortement rétracté. L'abdomen est de section pratiquement constante jusqu'au
cinquième segment visible.
TagLEau IV : Longueur des urites, isolés, mesurés en face tergale sur la ligne
médiane (en um) chez C. vadoni n. sp.. mâle.
juil IV ve VI VII VIII IX
93 106 114 128 210 163 114
Les quatre premiers segments (urites III à IX) sont constitués d’un tergite, de
deux pleurites et d'un sternite. Sternite III avec aux deux-tiers antérieurs une carène
longitudinale médiane, entre les hanches postérieures, et deux carènes latérales
obliques. Propygidium (urite VII) avec des pleurites très réduits. Pygidium (urite VIII)
avec le tergite et le sternite allongés, partiellement emboîtés et sans pleurites distincts.
Segment génital (urite IX) du mâle (fig. 82) avec les pleurites fusionnés en une pièce
unique constituant en face tergale la base du segment, à laquelle est soudé un tergite
apical lenticulaire, la suture bien visible ; sternite en forme de languette diaphane, non
dentée à l’apex et sans macrochètes distincts. Segment génital femelle comportant un
grand tergite, deux grands pleurites prolongés chacun par un style pointu, et un sternite
membraneux peu distinct.
Appareil génital mâle. Canal éjaculateur simple, non différencié en pompe
génitale fortement sclérifiée et muscularisée. Edéage retourné à 180° dans l'abdomen
au repos, sa face primitivement sternale étant au contact de la face interne des derniers
tergites. Edéage symétrique, de type anopique : orifice proximal de petite taille, sans
sclérification annulaire distincte, s’ouvrant en face sternale juste en arrière du calus
basal, ce dernier très réduit, et orifice distal en forme de fenêtre triangulaire occupant le
quart apical de la face tergale. Lobe médian allongé, la capsule basale ovoïde,
volumineuse, avec une forte musculature intrinsèque, et séparée de l’apex par une forte
constriction ; clapet de forme circulaire, peu distinct, reporté sur la partie tergale
postérieure de la capsule. Partie apicale cylindrique, le bord sternal en forme de lame
munie d’un crochet apical plus ou moins développée suivant les espèces. Sac interne
évaginable par prolapsus, parfois inerme ou bien portant des phanères de formes variées
(le sac interne est évaginé chez la plupart des exemplaires examinés). Tegmen réduit à
un grand calus basal peu sclérifié, prolongé par deux paramères grêles, divergent,
toujours bien individualisés. Armature sensorielle : chaque paramère porte une série de
grosses sensilles réfringentes et une paire de longues soies apicales superposées, bien
distinctes seulement en vue latérale.
Appareil génital femelle. I est très peu sclérifié ; spermathèque non mise en
évidence.
Caractères sexuels secondaires.
Œil. Mâles macrophthalmes, l'œil relativement grand (50 X 75 um), réniforme,
en position latéro-ventrale, visible cependant en face tergale. Il est composé de vingt-
cinq à trente ommatidies pigmentées, de grande taille et à cornéule très convexe.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 61
Femelles microphthalmes, l'œil très petit (25 X 25 um), reporté en face ventrale,
seules quelques ommatidies étant visibles du dessus. Il est composé de quatre à six
ommatidies pigmentées, assez petites.
Apophyse prosternale. Les cavités coxales antérieures sont séparées dans les
deux sexes par une étroite apophyse prosternale. Simple chez la femelle, elle est
prolongée chez le mâle par une quille saillante, recourbée vers l'avant (ex. : fig. 83-84)
et de développement variable suivant les espèces.
Pattes. Elles sont dépourvues de caractères sexuels secondaires particuliers
(trochanters dentés, phanères tarsales, ….) mais sont nettement plus longues chez le
mâle que chez la femelle.
TagLeau V: Longueur du tibia (en mm) chez C. vadoni n. sp.
1 Il III
Mâle 158 176 192
Femelle 116 122 156
Elytres. Très développés chez le mâle, à peine transverses pris ensemble (L/] :
315/325 pm), et atteignant le bord postérieur du tergite III ; disque très convexe, à
stries suturales profondes ; les élytres sont mobiles, fonctionnels. Très courts chez la
femelle, fortement transverses (L/1 : 190/245 4m), dépassant à peine le bord antérieur
du tergite III ; disque relativement plan, à strie suturale superficielle ; élytres non
fonctionnels, coaptés mais non soudés.
Ailes. Mâles macroptères (fig. 78), les ailes fonctionnelles, bien développées
(L: 830 um), sans neala individualisée et à apex très arrondi. Bord frangé de longues
soies, la frange ciliée débutant peu avant le milieu du bord costal et occupant la totalité
du bord postérieur; face dorsale densément revêtue de microtriches. Nervation
régressée, limitée à des nervures longitudinales peu distinctes, ne dépassant pas la
moitié antérieure de l'aile. Femelles fortement brachyptères, les ailes réduites à de
courtes languettes hyalines (L: 90 um).
Observations. — Le genre Coiffaitia est le seul genre de Staphylinides à
antennes de dix articles ; tous les autres genres d'Euaesthetinae ont des antennes de
onze articles, à l'exception du genre Schatzmayrina Koch à antennes de neuf articles.
La découverte du genre Neocoiffaitia n. gen., décrit ci-dessous, à antennes de onze
articles, permet de comprendre comment s'est effectuée la réduction du nombre
d'articles chez le genre Coiffaitia : la forme et la chétotaxie des articles antennaires
(fig. 68 et 73), leurs dimensions (tableaux IL et VII) permettent de constater que cette
réduction s’est produite par disparition de l'article IX.
Répartition géographique. — Madagascar (carte 4). Le genre Coiffaitia se
révèle être un remarquable endémique malgache, à caractère de relique, connu des
forêts de toute la moitié Est de l'île, avec six espèces. La plupart des espèces ne sont
connues que d’une seule localité, ou de localités très voisines, ce qui est certainement
dû à l'excessive rareté des matériaux disponibles. L'exemple de C. marojejy n. sp. et de
C. manjarivolo n. sp. montre que les espèces doivent posséder, en réalité, une assez
vaste aire de répartition, cas fréquent chez les Staphylinidae et Pselaphidae à mâles
ailés et femelles aptères. D’après l'étiquetage des exemplaires récoltés par J. Vadon
dans la région de Maroantsetra, il semble exister plusieurs espèces dans chaque localité
(tableau VI) ; leur sympatrie effective n’est cependant pas prouvée, chaque localité
Pouvant correspondre à plusieurs stations distinctes. Le tri effectué personnellement de
Source : MNHN, Paris
62
JEAN OROUSSET
CARTE 4
TS
à 7
lmbagtrs hace
ones
nm A
Carte 4 : répartition des genres Coi
car. — 1: C. minor Kistner & Shower.
manjarivolo n. sp. — 5 : C. vadoni n. sp. — 6 : C. spectabilis n. sp. — 7 : N. anosyana n. sp. — 8: C.
sp. (femelle).
tia Kistner & Shower et Neocoiffaitia n. gen. à Madagas-
: peyrierasi n. sp. — 3: C. marojejy n. sp. — 4: C.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 63
BAIE D ANTONGIL
Mgne Francais
Marojejy
Fampänambo
Ambodivoangy
Ambohitsitondroina
Ampanolahimirafy
Varingohitra
Nosy Mangabe
Vanjamanitra
Ambohiboatavo
Manjarivolo
Andéhahelo
. peyrierasi
. marojejya
. manjarivolo
. vadoni
. spectabilis
+ SP ?
l anosyana
TABLEAU VI: Stations de récolte des espèces du genre Coiffaitia Kistner & Shower et
Neocoiffaitia n. gen. à Madagascar.
matériaux provenant d’autres régions de l'île n’a jamais révélé la présence de plus d’une
espèce par station.
Biologie. — Le genre est présent en forêt dense hygrophile et a été récolté à
basse et à moyenne altitudes, de 0 à 1 700 m (fig. 2). Les espèces sont vraisemblable-
ment prédatrices d’autres microarthropodes, comme le montre la structure des pièces
buccales. Les deux sexes ont été récoltés aussi bien par lavage de terre que par tamisage
de Mousses au sol ou de litière. Il ne semble pas exister de différence de biologie entre
les mâles et les femelles, telle qu’on en observe fréquemment, par exemple, chez les
Pselaphidae dont les mâles sont macroptères et macrophthalmes et les femelles sont
aptères et micro- ou anophthalmes, les mâles se rencontrant alors dans divers biotopes
épigés tandis que les femelles sont strictement endogées.
CLEF DE DÉTERMINATION DE: ES
Cette clef est basée sur l'étude de l’apophyse prosternale des mâles, seul
caractère externe différentiel, et sur la structure de l’édéage; les femelles sont
indifférenciables.
Source : MNHN, Paris
64 JEAN OROUSSET.
D
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a
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= Apophyse prosternale réduite à un bourrelet. Edéage : fig. 95 ...
Le .. 4. C. manjarivolo n. sp.
no)
Sac interne de l’édéage avec une pièce copulatrice unique ....... 3
— Sac interne de l’édéage avee deux ou plusieurs pièces copulatrices .…… 5
3. Apophyse prosternale haute, triangulaire en vue ventrale. Edéage grêle,
cinq fois plus long que large, et paramères courts, à soies longues
(CPS SE 3. C. marojejy n. sp.
— Apophyse prosternale ovalaire en vue ventrale. Edéage massif, trois fois
pluslongique large 25:25... ss. : 4
4. Pièce copulatrice bifide de profil (fig. 86) ...... 1. C. minor Kistner & Shower
— Pièce copulatrice longue et falciforme de profil (fig. 89) ... 2. C. peyrierasi n. sp.
5. Apophyse prosternale volumineuse, en forme de trèfle. Sac interne de
l'édéage avec un faisceau de phanères au quart postérieur (fig. 99)
PR Re De ot nt con cs 5. C. vadoni n. sp.
— Apophyse prosternale ovalaire. Sac interne de l’édéage avec deux grosses
pièces copulatrices tubulaires occupant la moitié distale (fig. 104) ....
Ho un LE HMS CS An 6. C. spectabilis n. sp.
1. Coiïffaitia minor Kistner & Shower
Coiffaitia minor Kistner & Shower, 1965 : 319, fig. 1-17.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, environs de Maroantsetra, Varingohitra
(lavage de terre n° 79), XI-1958 (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Apophyse prosternale du mâle très développée (fig. 83-84),
ayant l'aspect, en vue ventrale, d’une grosse plaque ovalaire fortement selérifiée,
sillonnée transversalement, recouvrant légèrement le bord des cavités coxales anté-
rieures. En vue latérale, elle a l'aspect d’une quille à apex mousse, fortement recourbée
vers l'avant.
Edéage (fig. 85-86). Lobe médian relativement court (L: 175 um), la capsule
basale ovoïde, séparée de l’apex en vue tergale par une faible constriction ; apex
arrondi. En vue latérale, la capsule basale présente une bosse tergale proéminente et est
prolongée par un apex tubulaire, la lame sternale étant terminée en bec acéré. Orifice
distal en forme de fenêtre ovalaire occupant le quart apical de l’édéage. Armature
copulatrice constituée d’un tubule exsertile unique, avec un petit faisceau de spicules
basaux et un apex bifide. Paramères relativement courts, assez grêles et presque recti-
lignes, progressivement effilés jusqu’à l’apex ; quelques grosses sensilles dans la région
médiane et deux longues soies distales, atteignant l’apex du lobe médian.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Manacascar Esr. 1 © (paratype), région de Maroant-
setra, Ambodivoangy (lavage de terre n° A3), IX-1959 (J. Vadon) (MNHN). — 1 ©
(paratype), presqu'île de Masoala, Ambohitsitondroina, 1 200 m (tamisage de Mousses
au sol n° 07), 11-1959 (J. Vadon) (MNHN). — 1 ©, baie d’Antongil, [environs de
Maroantsetra], Fampanambo, 11-1959 (J. Vadon) (MRAC).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 65
ps
Verre
æ
©
au
82
Figures 76-82 : genre Coiffaitia Kistner & Shower, C. vadoni n. sp. — 76: prothorax, face
sternale. — 77 : ptérothorax, face sternale. — 78 : aile. — 79-81 : apex du tibia et tarse, pattes anté-
rieure, médiane et postérieure droites. — 82 : segment génital mâle, le tergite en pointillé. Échelles :
100 pm.
Note. — Les autres paratypes de C. minor appartiennent aux espèces suivantes :
C. marojejy n. sp., C. vadoni n. sp. et C. spectabilis n. sp. Les femelles sont indifféren-
ciables.
2. Coiffaitia peyrierasi n. sp.
Type. — Holotype: 1 ©, Madagascar Centre, Est du lac de Mantasoa, forêt
d'Ambohiboatavo, 1 340 m (lavage de terre), 30-11-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Très semblable extérieurement à C. minor.
Apophyse prosternale du mâle (fig. 87) un peu plus courte, peu recourbée et à
apex anguleux.
Source : MNHN, Paris
66 JEAN OROUSSET
92: édéage, face tergale. — 93-06: C. manjarivolo n. sp. — 93, 94: apophyse prosternale, face
sternale et de profil. — 95 : édéage, face tergale. — 96 : idem, de profil, la pièce copulatrice en érection.
Échelle: 50 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 67
Edéage (fig. 88-89). Lobe médian court (L: 165 gum), la capsule basale ovoïde,
séparée en vue tergale par une faible constriction de l'apex, ce dernier large et triangu-
laire ; lame sternale terminée en bec acéré, assez court ; orifice distal en forme de
grande fenêtre triangulaire. Armature copulatrice caractéristique, avec un amas basal de
spicules peu distinct ; sac interne en érection ayant un aspect de grande lame falci-
forme, l'apex unifide. Paramères courts, assez grêles et subrectilignes, l'apex effilé ;
quelques grosses sensilles médianes et deux longues soies distales, n’atteignant pas
l'apex du lobe médian.
Distribution dans l’île. — Manacascar CENTRE. Cette espèce n’est connue que
de la localité de l'holotype. Paratype : 1 S et 1 9, même localité que l'holotype,
17-XI1-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
3. Coiffaitia marojejy n. sp.
Type. — Holotype : 1 d, Madagascar Est, massif du Marojejy, 600 m (FDHBA,
lavage de terre), 12-X11-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Très semblable extérieurement à C. minor.
Apophyse prosternale du mâle (fig. 90-91) grande et saillante, vaguement
triangulaire, non sillonnée, débordant nettement en vue sternale sur les cavités coxales
antérieures ; en vue latérale, elle a l'aspect d’une quille robuste, fortement recourbée
vers l'avant.
Edéage (fig. 92). Lobe médian très allongé (L: 220 wm), la capsule basale
sphérique, de petite taille, prolongée sans constriction nette par un apex grêle et effilé ;
lame sternale terminée par un bec très court ; orifice distal en forme d’étroite fenêtre
triangulaire. Armature copulatrice constituée d’un tubule exsertile unique, sans aucun
phanère distinct (sac interne rétracté chez tous les mâles étudiés). Paramères assez
courts, légèrement incurvés, l’apex effilé; quelques grosses sensilles et deux très
longues soies, n’atteignant cependant pas l’apex du lobe médian.
Distribution dans l’île. — Mabacascar Esr. Paratypes : 1 © et 1 Q : massif du
Marojejy, 1 300 m (FDHMA, lavage de terre n° 4 092), 9-XI1-1972 (4. Peyrieras)
(MNEN) : 1 ©, massif du Marojejy, réserve naturelle intégrale n° 12, col central,
1 700 m, 1-1960 (P. Soga) (MNHN). — 1 ©, environs de Maroantsetra, Ambodivoangy
(lavage de terre n° 13), 111-1959 (J. Vadon) (MNHN).
4. Coiïffaitia manjarivolo n. sp.
Type. — Holotype : 1 d', Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, base de la
forêt du cirque de Manjarivolo, 1 200 m (tamisage de litière), 9-V-1973 (4. Peyrieras)
(MNEN).
Description. — Très semblable extérieurement à C. minor.
Apophyse prosternale du mâle (fig. 93-04) très réduite, sans caractères
particuliers en vue sternale, et ayant l'aspect en vue latérale d’une petite dent
triangulaire.
Edéage (fig. 95-96). Lobe médian allongé (L: 200 um), la capsule basale
volumineuse, légèrement anguleuse et séparée par une forte constriction de la partie +
apicale, cette dernière rectiligne. Apex du lobe médian sans lame sternale différenciée,
Source : MNHN, Paris
68 JEAN OROUSSET
recourbé en gros crochet à pointe mousse. Orifice distal ovalaire, à contours irréguliers,
situé nettement avant l’apex. Armature copulatrice constituée d’un tubule exsertile
unique, fortement recourbé et dépourvu de toute phanère. Paramères très longs, assez
robustes et fortement incurvés ; quelques grosses sensilles et deux courtes soies
distales, n’atteignant pas l'apex du lobe médian.
Distribution dans l’île. — Mapacascar CENTRE. Paratypes : 1 G', mêmes indica-
tions que pour l'holotype (MNHN). — 1 S', Sud-Est d’Anjozorobe, forêt de Vanjama-
nitra, 1 380 m (FDHMA, tamisage de litière), 10-V-1967 (J.-M. Betsch) (MNHN).
5. Coiïffaitia vadoni n. sp.
Type. — Holotype : 1 ©, Madagascar Est, presqu'île de Masoala, Ambobhitsiton-
droina, 1 100 m (lavage de terre n° 85), XII-1958 (ex. coll. J. Vadon, MNHN).
Description. — Très semblable extérieurement à C. minor. Habitus : fig. 65-66 ;
caractères généraux : fig. 67-72, 76-82.
Apophyse prosternale du mâle (fig. 97-98) très développée et d'aspect caracté-
ristique: en vue sternale, elle apparaît nettement séparée du bord des cavités
procoxales par une hampe, prolongée par une plaque en forme de trèfle ; en vue latérale,
elle apparaît massive, très saillante et recourbée à angle droit, l'apex mousse.
Edéage (fig. 99-100). Lobe médian volumineux (L : 260 um), la capsule basale
globuleuse, séparée par une forte constriction de la partie apicale, cette dernière de
section irrégulière. Apex du lobe médian sans lame sternale différenciée, mais recourbé
en court crochet. Orifice distal ovalaire, à contours irréguliers, situé nettement avant
lapex. Armature copulatrice constituée d’un bouquet de grands phanères dentiformes
imbriqués : une dizaine de dents basales enchevêtrées et six grandes lames latérales
incurvées. Paramères relativement courts, légèrement incurvés, l'apex effilé ; quelques
grosses sensilles médianes et deux longues soies distales superposées, n'atteignant pas
lapex du lobe médian.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr. Paratype : 1 S'et 1 9, même localité
que l’holotype (prélèvement n° A8, tamisage de Mousses au sol), X-1959 (ex. coll. J.
Vadon, MNAN).
6. Coiffaitia spectabilis n. sp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Est, environs de Maroantsetra, Fampa-
nambo (lavage de terre), XI-1958 (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Très semblable extérieurement à C. minor.
Apophyse prosternale du mâle (fig. 101-102) ovalaire, ne recouvrant pas en vue
sternale le bord des cavités procoxales, et munie d’un sillon transversal; en vue
latérale, elle apparaît assez courte, épaisse et fortement recourbée.
Edéage (fig. 103-104). Lobe médian court (L: 170 um), la capsule basale
globuleuse, prolongée sans constriction nette en vue tergale par un apex triangulaire.
Apex du lobe médian avec une lame sternale recourbée en crochet pointu. Orifice distal
ovalaire, mal délimité, situé nettement avant l'apex. Armature copulatrice caractéris-
tique, constituée de deux grandes lames symétriques, mobiles en abduction (fig. 105) et
découvrant chacune une rangée de cinq ou six denticules dans leur moitié distale.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 69
Paramères courts, fortement divergents, l'apex grêle et rectiligne, progressivement
effilé; quelques grosses sensilles médianes et deux soies distales superposées,
m’atteignant pas l’apex du lobe médian.
Distribution dans l’île. — Manacascar Esr. Paratypes : 1 © et 3 Q, même loca-
lité que celle de l'holotype (lavages de terre n° 10, 77 et 81), XI-1958, XII-1958 et
11-1959 (J. Vadon) (MNHN). — 1 9, Ambodivoangy (lavage de terre n° 11), 11-1959 (J.
Vadon) (MNHN).
Genre Neocoiffaitia n. gen.
Espèce type du genre : Neocoiffaitia anosyana n. sp.
Description. — Extérieurement très proche du genre Coiffaitia Kistner &
Schower, dont il se distingue par les caractères suivants.
Antennes (fig. 73) longues mais assez robustes, constituées de onze articles.
Scape volumineux, piriforme, avec un scapobasal long ; pédicelle en forme de tonnelet,
aussi large que le scape ; funicule avec l'article LIT court et globuleux, les articles IV à
VI subégaux, aussi longs que larges, les articles VII à IX transverses; massue
volumineuse, constituée des deux derniers articles, nettement séparés l’un de l’autre.
Tagueau VIT: Dimensions des articles antennaires (en um) chez N. anosyana
n. sp. mâle.
I Il III IV V VIMNIEeVIIEIX X XI
L 41 37 13 16 19 18 18 16 18 32 47
D 29 27 17 15 15 17 20 22 27 41 42
Labre (fig. 74) à bord antérieur régulièrement convexe, non crénelé, muni de six
petites sensilles réparties dans la région médiane. Face tergale avec deux rangées de
macrochètes subégaux, réparties en deux groupes de part et d'autre de la ligne médiane.
Labium (fig. 75) de structure voisine. Mentum non anguleux, élargi à la base ;
prémentum très petit, quadrangulaire.
Edéage du même type, mais avec une armature copulatrice constituée d’un
bouquet de fines aiguilles et non de phanères massifs.
Répartition géographique. — Madagascar (carte 4). Le genre doit être
considéré également comme un endémique malgache.
Biologie. — On ne possède aucune précision sur les conditions de récolte de la
seule espèce connue. La biologie du genre est vraisemblablement similaire à celle du
genre Coiffaitia Kistner & Shower.
1. Neocoiffaitia anosyana n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, massif de l'Andohahelo, 1 600 m (4.
Peyrieras) (MNHN).
Description. — (Eil petit, composé seulement d’une douzaine d'ommatidies
pigmentées, à cornéule très convexe.
Apophyse prosternale (fig. 106-107) peu saillante, sans caractères particuliers en
vue sternale ; en vue latérale, elle a l'aspect d’une forte dent triangulaire.
Source : MNHN, Paris
70
JEAN OROUSSET
(l
Figures 97-110 : genre Coiffaitia Kistner & Shower, mâles. — 97-100 : C. vadoni n. sp. — 97,
98 : apophyse prosternale, face sternale et de profil. — 99 : édéage, face tergale, les pièces copulatrices
en érection partielle, — 100 : idem, de profil. — 101-105 : C. spectabilis n. sp. — 101, 102 : apophyse
prosternale, face sternale et de profil. — 103, 104 : édéage, face tergale et de profil. — 105 : apex du
lobe médian, face tergale, les pièces copulatrices en érection. — Fig. 106-110 : genre Neocoiffaitia n.
gen. N. anosyana n. sp., mâle. — 106, 107 : apophyse prosternale, face sternale et de profil. — 108,
109 : édéage, face tergale et de profil. — 110 : idem, de trois-quarts, les pièces copulatrices en érection.
Échelle : 50 gum.
10!
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 71
Edéage (fig. 108-109). Lobe médian très court (L: 160 um), avec une grosse
capsule basale globuleuse, séparée par une faible constriction de l'apex, ce dernier
renflé et arrondi. Lame sternale longue et étroite, avec un grand crochet apical. Orifice
distal peu visible, situé nettement avant l'apex. Armature copulatrice constituée d’un
gros bouquet de fines aiguilles enchevêtrées, projetées en tous sens lors de l'évagi-
nation du sac interne (fig. 110). Paramères courts, robustes et progressivement amincis
jusqu'à l’apex, nettement incurvés; quelques grosses sensilles médianes et deux
courtes soies distales superposées, n'atteignant pas l’apex du lobe médian.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Est. Cette espèce n’est connue que de
la localité-type. Paratypes : 3 et 1 9, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
Genre Octavius Fauvel
Octavius Fauvel, 1872: 62 (espèce type du genre: Octavius pyrenaeus Fauvel, 1872, par désignation
subséquente de Lucas, 1920 : 449).
Octavius Fauvel; Mulsant et Rey, 1878: 300, 316 (genre).
Octavius Fauvel: Coiffait, 1958 : 78 (genre).
Octavius Fauvel; Kistner, 1960 : 117 (genre).
Octavius Fauvel: Scheerpeltz, 1974: 104 (genre).
Octavius Fauvel: Puthz, 1977 : 106 (genre).
Octavius Fauvel: Puthz, 1980 : 22, 26 (genre).
Turellus Sharp. 1876 : 423 (espèce type du genre: Turellus batesi Sharp, 1876, seule espèce citée).
Turellus Sharp : Kistner, 1962a : 101 (genre).
Turellus Sharp ; Scheerpeltz, 1974: 104 (genre).
Exoctavius Bierig, 1934: 221 (espèce type du genre : Exoctavius bermudezi Bierig, 1934, par désignation
originelle et seule espèce citée).
Exoctavius Bierig: Puthz, 1973 : 68 (genre).
Thaxterius Bernhauer, 1935: 213 (espèce type du genre: Thaxterius sulkicollis Bernhauer, 1935, par
désignation originelle et seule espèce citée).
Thaxterius Bernhauer ; Scheerpeltz, 1974 : 106 (genre).
Doletica Cameron, 1938 : 1 (espèce type du genre: Doletica bicolor Cameron, 1938, seule espèce citée).
Doletica Cameron: Kistner, 1961 : 13 (genre).
Doletica Cameron ; Scheerpeltz, 1974: 104 (genre).
Tracghardius Schecrpeltz, 1974 : 93 (espèce type du genre : Traeghardius natalensis Scheerpeltz, 1974, par
désignation originelle et seule espèce citée).
Brinckiellus Scheerpeltz, 1974: 98 (espèce type du genre : Brinckiellus capensis Scheerpeltz, 1974, par
désignation originelle et seule espèce citée).
Nepalopeplus Coiffait, 1982 : 130 (espèce type du genre: Nepalopeplus himalayicus Coiffait, 1982, par
désignation originelle et seule espèce citée).
Description. — Espèces de très petite taille (1 à 2,5 mm), déprimées, avec une
forte constriction au niveau du mésothorax (fig. 111-112). Coloration pâle, brun-roux,
parfois partiellement assombrie; les espèces endogées sont dépigmentées, de
coloration testacée. Téguments généralement brillants bien que granuleux, avec une
fine pubescence peu dense.
Capsule céphalique (fig. 113) fortement aplatie dorso-ventralement, générale-
ment transverse, avec une forte constriction collaire, délimitant en face tergale un
sillon occipital net. Face tergale avec des calus susantennaires peu protubérants et deux
fossettes interoculaires superficielles, correspondant aux deux points d'insertion
dorsaux du tentorium. Front dépourvu de profonds sillons transversaux et latéraux
(comme il en existe dans le genre Edaphus), mais avec parfois une ou plusieurs
impressions médianes oblongues. Face sternale avec des sutures gulaires bien visibles,
Source : MNHN, Paris
72 JEAN OROUSSET
Figures 111-112 : genre Octavius Fauvel, habitus. — 111 : O. distortus n. sp., mâle. — 112 : 0.
peyrierasi n. sp. mâle. Échelle : 400 um.
bien que confluentes sur presque toute leur longueur, délimitant vers l'avant un
postmentum quadrangulaire, muni de deux courts macrochètes. Foramen occipital
assez petit, déporté en face sternale.
Yeux très variables de taille, comportant au maximum une trentaine d’omma-
tidies pigmentées. Tous les cas de régression existent, jusqu'à des espèces totalement
anophthalmes ; chez quelques espèces paléarctiques, un calus ou une épine saillante se
trouve à l'emplacement de l'œil, comme chez de nombreux Psélaphides. Les espèces
malgaches (fig. 119-122) sont presque toutes microphthalmes, avec un œil composé
d'au maximum une dizaine d’ommatidies pigmentées, groupées en un égat irrégulier
près du sclérite mandibulaire ; six espèces seulement sont anophthalmes.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 73
Antennes (fig. 114) longues et assez grêles, constituées de onze articles, très
constants de forme dans tout le genre. Scape volumineux, piriforme ; pédicelle en
forme de tonnelet, près de deux fois plus long que large ; funicule avec les articles III à
VI subégaux, deux fois plus longs que larges, l’article VII un peu plus large, les articles
VII et IX courts, globuleux ; massue volumineuse de deux articles. Les antennes ne
portent jamais de couronnes de soies différenciées en phanères spatulés.
Labre (fig. 115) à bord antérieur crénelé, présentant en son milieu une petite dent
triangulaire ou une petite échancrure, encadrée par six à huit denticules de chaque
côté. Face tergale avec deux rangées de macrochètes.
Mandibules (fig. 116) subsymétriques, à terebra longue et falciforme : deux ou
trois soies au bord externe. Mola peu protubérante, sans pénicille basal de soies,
terminée par un denticule vers l'avant et non surmontée d’une lacinia mandibulaire.
Bord interne non crénelé, mais avec un rétinacle médian très développé.
Maxilles (fig. 117). Galea et lacinia avec chacune une grande brosse de soies.
Palpes maxillaires très grands, constitués de quatre articles, l’article distal petit, subulé.
Labium (fig. 118) assez grand; mentum quadrangulaire, le bord antérieur
fortement denté latéralement, portant quatre macrochètes. Prementum bien distinct,
membraneux, portant les palpes labiaux, constitués de trois articles, l'article distal long
et subulé. Languette fortement échancrée en son milieu, les paraglosses indistinctes,
Prothorax volumineux, généralement transverse et beaucoup plus large que la
tête, parfois fortement explané latéralement, les angles antérieurs et postérieurs peu
marqués. Pronotum déprimé, portant des impressions plus ou moins marquées ; schéma
de base : une grande impression discale en forme de fer à cheval, deux impressions
latérales de chaque côté, en forme de virgules, et quatre fossettes basales punctiformes.
Ces impressions peuvent confluer ou bien être partiellement effacées. Sutures
notopleurales à l'état de traces ; épisternes allongés, sans sutures pleurales distinctes
les séparant des proépimères. Suture sternopleurale bien marquée, délimitant un grand
prosternum trapézoïdal (fig. 123). Cavités coxales ovalaires, contiguës, largement
ouvertes en arrière et séparées vers l'avant par une forte apophyse prosternale. Bord
antérieur du prosternum finement crénelé.
Mésothorax court, le scutellum de grande taille, déprimé mais toujours bien
apparent. Mésosternum (fig. 124) avec une trace de carène longitudinale médiane près
du bord antérieur; bord postérieur prolongé en une grande apophyse triangulaire
médiane séparant les hanches intermédiaires. Métasternum (fig. 124) court et
transverse, le bord antérieur prolongé par une petite apophyse triangulaire médiane et
le bord postérieur avec une apophyse intercoxale très courte et munie d'une petite
échancrure médiane. Endosquelette dépourvu de grande furca insérée au bord
postérieur.
Elytres de développement variable. Région basale déprimée, sans ligne de
fossettes ; articulation scapulaire toujours présente et élytres non soudés chez les
formes aptères. Espèces ailées : élytres aussi longs que larges, le calus huméral bien
marqué et le disque convexe ; espèces brachyptères ou aptères : élytres courts, forte-
ment transverses, le calus huméral effacé et le disque déprimé. Epipleures bien
développés, séparés du disque par une vague carène latérale, bordée par un sillon
interne. Disque généralement grossièrement ponctué, avec parfois une ébauche de
stries longitudinales ou obliques.
Ailes de développement très variable selon les espèces. Espèces macroptères :
ailes très développées, sans neala individualisée et à sommet très arrondi ; bord frangé
de longues soies sur toute sa longueur et face dorsale revêtue de microtriches épars.
Nervation régressée, limitée à des vestiges de nervures longitudinales, ne dépassant pas
Source : MNHN, Paris
74 JEAN OROUSSET
Figures 113-118 : genre Octavius Fauvel, O. distortus n. sp. — 113 : capsule céphalique, face
sternale, — 114 : antenne droite. — 115 : labre. — 116 : mandibule droite, — 117 : maxille droite. —
118: labium. Échelles : 113, 114: 100 um. — 115 à 118: 50 um.
le tiers basal de l'aile. Les espèces malgaches sont toutes aptères, sans aucune trace
d’aile vestigiale.
Pattes. Coxa I volumineuses, coniques, munies d’un gros trochantin ; coxa IL
courtes et globuleuses ; coxa III triangulaires, transverses et aplaties, munies de deux
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 75
macrochètes au bord externe. Trochanters petits, ne portant jamais de caractères
sexuels secondaires. Tibias rectilignes, parfois aplatis et élargis dans leur partie distale,
le bord interne faiblement crénelé vers l'apex. Eperons apicaux très peu développés,
mais présence d’un peigne apical bien distinet. Tous les tarses (fig. 125-127) de quatre
articles : article 1 deux fois plus long que large, mais masqué en partie par l'apex du
tibia, articles IL et III subégaux, assez courts, article IV très robuste, muni de deux
ongles. Face plantaire des mésotarses des mâles avec des caractères sexuels
secondaires, à savoir des phanères plantaires, chez les espèces paléarctiques ;
métatarses des espèces malgaches avec un peigne latéral aux trois premiers articles.
Abdomen de sept segments visibles (urites III à IX), le segment génital bien
apparent. Premier sternite avec une carène longitudinale médiane entre les hanches
Figures 119-122 : genre Octavius Fauvel, œil gauche. — 119 : O. tenebricosus n. sp. — 120 : 0.
Jalcifer n sp. — 121 : O. andohahelo n. sp. — 122 : 0. llinaresi n. sp. (sem : selérite mandibulaire). —
Échelle : 50 um.
postérieures et deux carènes latérales obliques. Les quatre premiers segments (urites
IT à VI) sont subégaux, constitués d’un tergite, de deux pleurites et d’un sternite.
Propygidium (urite VIN avec des pleurites très réduits. Pygidium (urite VIII) avec le
tergite et le sternite très allongés, emboîtés et réunis par une fine membrane, sans
pleurites distincts. Segment génital (urite IX) du mâle avec le tergite et les pleurites
fusionnés en une grande capsule conique, sans traces de suture ; sternite en forme de
clapet. Segment génital de la femelle constitué d’un tergite, de deux pleurites prolongés
chacun par un long style pointu, et d’un court sternite triangulaire.
Caractères sexuels secondaires : ils sont limités au sternite du pygidium du mâle,
qui présente une échancrure médiane plus ou moins large et profonde, parfois
superficielle mais très rarement absente.
Source : MNHN, Paris
76 JEAN OROUSSET
Appareil génital mâle. Canal éjaculateur parfois assez fortement muscularisé,
jamais différencié en pompe génitale. Edéage retourné à 180° dans l'abdomen au
repos, sa face primitivement sternale étant au contact de la face interne du tergite du
segment génital ; cette version est parfois incomplète, le foramen basal et l’orifice apical
du lobe médian étant alors en position latérale, du côté droit ou gauche suivant les
espèces. Edéage de type catopique, avec l’orifice distal du lobe médian situé du côté
sternal, c’est-à-dire du même côté que l’orifice proximal. Lame basale du tegmen
réduite à un calus ovalaire. Foramen basal très petit, situé juste en arrière du calus basal
et délimité par une sclérification annulaire peu distincte. Lobe médian généralement
très dissymétrique. Capsule fortement muscularisée, prolongée en une lame apicale de
forme variée, pointue, tronquée ou portant des apophyses complexes très sclérifiées.
CARTE 5
Carte 5 : répartition mondiale du genre Octavius Fauvel.
Orifice distal souvent très grand, laissant à découvert parfois toute la moitié postérieure
du lobe médian. Sac interne de structure variable, comprenant deux types principaux :
sac interne évaginable par prolapsus, portant en général sur sa paroi interne de
nombreux phanères, ou bien sac interne transformé en pièce copulatrice impaire,
érectile, avec le gonopore bien visible à son extrémité. Paramères : toujours deux
paramères distincts, divergents ou soudés partiellement ou totalement au lobe médian,
de développement très variable, parfois fortement dissymétriques et régressés (fig. 130-
138); des espèces néotropicales possèdent des paramères bifides, à chétotaxie
différenciée.
Inversion de l'édéage. Des cas d'inversion, au sens de Jeannel (1955 : 75) sont
fréquents chez les espèces paléarctiques (Coiffait, 1963). L’inversion est, en effet,
facilement décelable dans ce genre, les édéages étant en général fortement dissymétri-
ques. Cette inversion s’observe aussi bien à titre de mutation individuelle, affectant
une proportion d'individus variable suivant les espèces, qu’à titre de caractère fixé au
niveau de populations isolées. Dans ce dernier cas, on observe alors des paires
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE vi
d'espèces à édéages parfaitement symétriques l’un de l'autre ou bien présentant des
différences plus ou moins marquées au niveau du sac interne ou de lapex du lobe
médian. Ces différents cas de figures se rencontrent dans la faune malgache. A titre de
forme individuelle, on peut citer O. madecassus n. sp. O. sculptilis n. sp. O. insignis n.
sp. ©. cruciatus n. sp. (fig. 253 et 254) ; à titre de caractère affectant des populations
entières, on peut citer O. hypogaeus n. sp. (fig 141) et O. rugosus n. sp. (fig. 143),
©. cruciatus n. sp. (fig. 253) et O. gemellus n. sp. (fig. 257). Dans ce dernier cas,
l'inversion est décelable également au niveau de l'apex de l'abdomen, ces deux espèces
ayant les sternites du pygidium et du segment génital fortement dissymétriques.
Etats préimaginaux. — Inconnus.
Répartition géographique. — Connu pendant fort longtemps uniquement de la
région méditerranéenne, le genre Octavius comporte maintenant près de deux-cents
espèces répandues sur une grande partie du globe, surtout dans l'hémisphère sud (carte
5). Il est fortement représenté dans la région éthiopienne, avec plus de la moitié des
espèces, sa distribution devant être vraisemblablement continue dans toute la moitié
sud du continent africain. A l'inverse du genre précédent, il n’est représenté dans la
région orientale que par un petit nombre de taxa, peut-être simplement en raison de
l'inventaire insuffisant ; il ne remonte pas vers le Nord au-delà du Népal et de Formose.
On ne connaît pour l'instant dans la région néotropicale que quatre espèces, d'Amérique
centrale, d'Amazonie et de Cuba. Sa distribution dans la région holarctique se limite au
bassin méditerranéen, avec cinquante espèces environ, toutes anophthalmes et aptères
et présentant un endémisme très marqué, alors que les espèces tropicales sont le plus
souvent macrophthalmes et ailées. Enfin, on connaît une dizaine d'espèces de la région
australienne, en Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Bretagne et aux îles Salomon : le genre
semble effectivement absent d'Australie, de Tasmanie et de Nouvelle-Zélande. Des
espèces existent dans les îles océaniques du Pacifique, comme Palau et Guam.
Biologie. — Les quelques informations que l'on possédait jusqu’à présent sur la
biologie du genre concernent surtout les espèces africaines : elles sont résumées
ci-dessous. Les nombreux prélèvements effectués dans le cadre de la RCP 225 du
CNRS, accompagnées d'indications précises de biotopes, permettent de cerner la
biologie des espèces malgaches.
Les Octavius, vraisemblablement prédateurs d’après la structure de leurs pièces
buccales, occupent dans les régions tropicales, à l'instar du genre Edaphus, un assez
grand nombre de niches écologiques. La plupart des espèces afrotropicales ont été
récoltées en « forêt primaire » hygrophile, dans la litière et l'humus, mais également
dans des troncs pourris ou sous des écorces envahies de mycélium. Quelques-unes ont
été trouvées dans des marais, au pied de touffes de Graminées, où même dans le sol
argileux ou sableux au bord des lacs et des rivières. Ces mêmes espèces fréquentent
des biotopes dégradés : forêt secondaire, savane herbacée soumise aux feux de brousse,
vestiges de forêt-galerie. Il s’agit toujours à basse et moyenne altitudes d'espèces
macroptères et oculées. Récoltées le plus souvent par tamisage, elles ont été parfois
aussi capturées aux lumières ; une espèce, 0. dybasi Puthz (de Palau) a même été
récoltée exceptionnellement par battage de la végétation. D'autre part, des exemplaires
d'espèces afrotropicales humicoles ont été Héeoles à plusieurs reprises dans des nids
de Rongeurs, où leur présence est vraisemblablement accidentelle, Sur le continent
africain, le genre est présent en montagne jusqu'à plus de 2 000 m d'altitude, où se
rencontrent alors des espèces microphthalmes et brachyptères.
Les espèces paléarctiques, dont la répartition se limite à la région méditerra-
Source : MNHN, Paris
JEAN OROUSSET
CARTE6
Carte 6: répartition du genre Octavius Fauvel à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 79
néenne, sont toutes anophthalmes et aptères, strictement endogées. Liées aux sols
forestiers, elles ne remontent dans la litière qu'occasionnellement, par exemple à la
fonte des neiges ; un groupe d'espèces, toujours très rares, semble fréquenter surtout les
éboulis argileux des entrées de grottes ; la présence du genre dans le milieu souterrain
superficiel est donc probable. Toutes les espèces se récoltent par les procédés
classiques pour la faune endogée : flottation (lavage de terre) et traitement en appareils
de Berlese, récolte sous les pierres enfoncées, piégeage au moyen de fagots enterrés.
Il est possible de dégager quelques traits particuliers à la biologie des espèces
malgaches. 11 n’a été découvert jusqu’à présent aucune espèce macroptère, comme il
en existe dans les forêts afrotropicales de basse altitude. Les espèces malgaches,
aptères, sont assez abondantes dans les forêts humides et denses situées entre 1 000 et
2 000 d'altitude, correspondant aux principaux groupements végétaux suivants : forêt
dense humide de moyenne altitude, à strate supérieure très élevée, portant peu
d'épiphytes, à sous-bois clair et strate herbacée dense; forêt dense humide de
montagne, à strate supérieure moins élevée, avec une tendance à la sclérophyllie, et
avec des épiphytes abondants, avec une strate herbacée (FDHMI) ou muscinale
(FDHM2) ; forêt dense selérophylle de montagne, à Vaccinium et Agauria (FDSM) ou à
Philippia (FDSMP). Mais de nombreuses espèces existent également à très haute
altitude, comme le montrent les riches prélèvements réalisés dans le massif de
l'Andringitra. Des Octavius se rencontrent alors dans les fourrés de montagne de
différents types ainsi que dans la brousse éricoïde, jusqu'aux zones sommitales, sous les
Mousses en coussinets et les touffes de Graminées poussant sur les dalles rocheuses.
Les espèces malgaches ont été récoltées par tamisage ou lavage de litière et d’humus,
puis traitement en appareil de Berlese, ou bien par prélèvement direct de sol, à faible
profondeur (0-10 em). Quelques espèces ont été trouvées dans l'humus des épiphytes, à
faible hauteur; une espèce, 0. dajozi, a été extraite de laisses d’inondations.
On peut distinguer à Madagascar deux groupes d'espèces, sans rapport avec leur
phylogénie : d’une part, des espèces de grande taille, aptères et microphthalmes (fig.
180), souvent abondantes dans les prélèvements superficiels ; d'autre part, des espèces
de très petite taille, aptères et anophthalmes et de faciès filiforme (« leptotyphloïde »)
(fig. 210), toujours très mal représentées dans les prélèvements, la plupart du temps par
des exemplaires femelles isolés (seules quelques-unes de ces espèces ont donc pu être
décrites dans ce travail); ces espèces seraient donc plus strictement endogées et
témoigneraient de la présence à ie grande profondeur d’une faune encore presque
inconnue en raison du type de prélèvements effectués jusqu’à présent. Il faut cependant
rappeler que la distinction faune épigée — faune endogée est assez malaisée en zone
tropicale.
CLEF DE DÉTERMINATION DES ES
Seules quelques espèces malgaches possèdent des caractères externes distinctifs
fiables : elles sont regroupées au début de cette clef. Les autres espèces ne peuvent être
distinguées que par examen de l’édéage : pour chaque espèce, sont done indiqués, entre
parenthèses, le nombre de pièces copulatrices (p) et la chétotaxie des paramères (ch).
Les femelles récoltées isolément sont indéterminables.
1. Totalement anophthalme ..................... : 2
— Microphthalme, l'œil parfois réduit à quelques ommatidies seulement .… 7
2. Très petite taille (1-1,2 mm). Coloration pâle ................... 3
— Taille moyenne (1,5-1,6 mm). Coloration brun-roux, les appendices
TOSTACÉSN ST rer ee SBhS : 6
Source : MNHN, Paris
80 JEAN OROUSSE’
123
igures 123-129 : genre Octavius Fauvel, O. distortus n. sp. — 123 : prothorax, face sternale.
— 124: ptérothorax, face sternale. — 125-127 : apex du tibia et tarse, pattes antérieure, médiane et
postérieure droites. — 128 : terminalia et genitalia mâles. — 129 : terminalia et genitalia femelles.
Échelle : 200 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE
1 mm. Tête, pronotum et élytres non sillonnés. Microsculpture discrète.
Edésse\(p;che 5655) He 210 7 23. O. Ilinaresi n.
1,2 mm. Tête, pronotum et élytres avec de profonds sillons longitu-
dinaux. Microsculpture forte. 5%"... se...
Tête fortement élargie en arrière, les tempes arrondies. Pronotum
transverse, fortement rétréci en arrière. Edéage non déversé latérale-
ment (1 p; ch: 5 + 4): fig 211 ................. 26. O. exilis n.
Tête à bords latéraux subparallèles, les tempes anguleuses. Pronotum
étroit, peu rétréci en arrière. Edéage déversé latéralement .......
Sternite du pygidium du mâle à bord postérieur arrondi, faiblement
échancré. Edéage déversé vers la droite, l’apex effilé (1 p; ch: 3 + 3):
fig 210: .. 25. O. peyrierasi n.
Sternite du pyg postérieur anguleux, nettement
échancré. Edéage déversé vers la gauche, l'apex tronqué (1 p; ch.
6-66): Be 2m ren me 24. O. betsileo n.
Front sillonné. Pronotum fortement transverse. Sternite du pygidium du
mâle à bord postérieur anguleux, avec une petite échancrure. Edéage
non déversé latéralement (1 p ; ch
Front non sillonné. Pronotum assez étroit. Sternite du pygidium du
mâle à bord postérieur arrondi, avec une large échancrure. Edéage
déversé vers la gauche (1 p ; 2 + 2): fig. 172 14. O. anjavidilava n.
Tête et élytres roux, pronotum et abdomen brun-noir ; téguments très
brillants. Édéage (1 p : ch:3 + 3) : fig. 278 ........ 51. O. tenebricosus n. s
Concolore, ou bien avec l'abdomen seul rembruni ..............
Pronotum avec une plage discale surélevée, lisse et brillante, sans
microréticulation apparente ; abdomen brun-noir. Edéage (6 p; ch:
D E20) ane SD ee 7. OÔ. gomyi n.
Pronotum normal, avec une fine microréticulation uniforme ......
Sternite du pygidium du mâle non échaneré. Edéage (7 p: ch: 2 + 2):
fig. 157 à
Sternite du pygidium du mâle toujours échancré, parfois superficielle
OU Re On no oo dan donne
Echancrure du sternite du pygidium du mâle avec un denticule médian.
Edéage (1 p; ch. 2 +2): fig, 198 ............ 22. O. terrigena n. sp.
Echancrure du sternite du pygidium du mâle plus ou moins profonde,
mais sans denticule de
Echancrure du sternite du pygidium du mâle fortement dissymétrique
Echancrure du sternite du pygidium du mâle symétrique ou sub-
symétrique :
Echancrure du sternite du pygidium du mâle déviée vers la droite ou la
gauche suivant les individus. Édéage déversé vers la droite ou la gauche,
l'apex bidenté (1 p; ch: 3 + 3): fig. 253, 254 42. O. cruciatus n. s
Echancrure du sternite du pygidium du mâle déviée vers la gauche,
l'apex unidenté (1 p; ch: 3 + 3): fig 257 ...... 43. O. gemellus n.
Canal éjaculateur prolongé dans le lobe médian par un tubule fortement
sclérifié, de coloration brunâtre, replié en forme de $ au repos, reliant le
foramenbasal au sac interne ......:... eee.
Source : MNHN, Paris
+5):fig. 215 ... 28.0. monticolan.
. 8. O. parvulus n. s
81
sp.
82 JEAN OROUSSET
1371
Figures 130-138 : genre Octavius Fauvel, apex des paramères. — 130 : O. monticola n. sp. —
O. pseudopauliani n. sp. — 132 : O. terrigena n. sp. — 133 : O. andohahelo n. sp. — 134 : 0.
breviceps Jarrige. — 135 : O. cruciatus n. sp. — 136 : O. betschi n. sp. — 137 : O. pauliani Jarrige. —
138: O. tortilis n. sp.
Source : MNHN, Paris
25.
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE
Canal éjaculateur prolongé dans le lobe médian par un tubule diaphane,
non replié en S 2
Sac interne constitué d’une unique e volumineuse, tubulaire et
INTIME enorme ccues
Sac interne constitué d’une pièce tubulaire volumineuse, la paroi 0
lapex muni de phanères fortement sclérifiés ....................
Elytres avec une ébauche de costulation. Edéage déversé vers la gauche,
l'apex en fer de hache (1 p; ch: 3 + 3): fig. 180 .............
83
32
15
19
Rte seen M D ee 17. O. descarpentriesi Jarrige
Elytres avec le disque granuleux, sans costulation nette ..........
Apex de l’édéage irrégulier, sans dents saillantes
Apex de l'édéage avec une ou plusieurs dents .….
Sternite du pygidium du mâle avec une petite échancrure. Edéage
allongé, la pièce copulatrice dentée à l’apex et peu saillante (1 p; ch:
LP) RE LT ES en een 18. O. marositry n.
Sternite du pygidium du mâle avec une large échancrure. Edéage
volumineux, la pièce copulatrice tubulaire, dépassant au repos l’apex du
lobe médian (1 p; ch: 6 + 6): fig. 180 ...... 19. O. andringitra n.
Apex de l’édéage effilé, avec une dent latérale (1 p ; ch. 4 + 3) : fig. 191
ARTS OR dE D DO CO RON ENRE LES 20. ©. bryophilus n.
Apex de l'édéage bidenté, avec une dent latérale (1 p; ch: 4 + 4):
BTE nee e enr ne e one ee 21. O. boryi n.
L: 1,1 mm. Sac interne sans phanères dentiformes, mais l'apex avec
trois processus digitiformes caractéristiques ; paramères régressés (3 p ;
th:2-52);f9 212. . 27. O. andohahelo n.
L:1,4-1,7 mm. Sac interne avec un ou plusieurs phanères dentiformes
tapissant la paroi interne ou prolongeant l'apex .................
Capsule du lobe médian fortement aplatie dorso-ventralement ....
Capsule du lobe médian ovoïde, peu aplatie dorso-ventralement .….
Edéage déversé vers la droite ..….
Edéage déversé vers la gauche ..….
Apex du lobe médian avec deux dents et l'un des bords finement crénelé
(2:p5 ch: 363): fe 16 ENERe 4. O. madagascariensis n.
Apex du lobe médian non crénelé, unidenté ....................
Apex du lobe médian grêle et rectiligne ; sac interne avec des dents très
nombreuses (40 p; ch: 4 + 4): fig 141 ....... 1. O. hypogaeus n.
Apex du lobe médian court et arqué ; sac interne avec des dents moins
nombreuses (25 p; ch: 4 + ?): fig 145 .... 3. O. amindramiova n.
Apex du lobe médian avec une dent ; sac interne avec des dents recti-
lignes, longues et pointues (13 p ; ch : 4 + 4) : fig. 143... 2. O. rugosus n.
Apex du lobe médian avec deux ou trois dents ; sac interne avec des
dents arquées, courtes et épaisses ..
152
Apex du lobe médian avec deux dents (10 p ; ch: 3 + 3): fig.
. 6. O. fallax n.
Source :
16
17
18
MNHN, Paris
36.
37.
JEAN OROUSSET
Apex du lobe médian avec trois dents (10 p ; ch : 3 + 3) : fig 151 .....
. ». O. serratus n. sp.
L: 1,7 mm. Edéage non déversé latéralement (2 p ; ch : 4 + 4) : fig. 177
- .. 16. O. interfector n..sp.
mm. Edéage fortement déversé latéralement . : 27
Edéage déversé vers la droite 28
Edéage déversé vers la gauche . 30
Apex du lobe médian couvert de spicules ; paramères courts (2 p; ch:
DE) CRT OS ne doutes 11. O. horrendus n. sp.
Apex du lobe médian à téguments lisses, avec quelques grosses sensilles ;
paramères longs 29
Apex du lobe médian grêle, unidenté ; une énorme pièce copulatrice en
forme de croissant (4 p; ch: 4 + 4): fig 160 ..... 9. O. orcinus n. sp.
Apex du lobe médian large, bidenté ; pièce copulatrice tubulaire (1 p ;
ch53-6:3:fig#175 15. O. manjarivolo n. sp.
Apex du lobe médian lé
interne prolongé en
fourche saillante (1 p: ch: 3 + 3): fig 170 ..... 13. O. armatus n. sp.
Apex du lobe médian unidenté ; sac interne avec des pièces copulatrices
de développement normal .................................... 31
Lobe médian avec un bourrelet apical ; sac interne court, à armature
complexe (4 p; ch: 4 + 4): fig. 162 ........ 10. O. malgassicus n. sp.
Lobe médian terminé par une simple dent ; sac interne dépassant l’apex
du lobe médian, à structure simple (2 p ; ch: 4 +4): fig. 167 ........
eo do nee een eee 12. O. dolosus n. sp.
Apex du lobe médian fortement crénelé 33
Apex du lobe médian non crénelé 34
Apex du lobe médian triangulaire, l'un des bords avec dix dents saillantes
(5 p;ch#35 F2) 62605. 44a. O. gutierrezi gutierrezi n. subsp.
Apex du lobe médian plus large, avec huit dents (5 p ; ch: 3 + 2): fig.
261 44b. O. gutierrezi longulus n. subsp.
Edéage non déversé latéralement ; sac interne prolongé par deux grandes
lames superposées, mobiles en abduction ....................... 35
Edéage fortement déversé latéralement ; sac interne avec des pièces
copulatrices de développement normal ......................... 36
Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure superficielle.
Edéage à lobe médian tronqué, prolongé par deux lames effilées (2 p :
chonl- al) if 2e erreurs 20. O. tortilis n. sp.
Sternite du pygidium du mâle avec une large échancrure à fond plan.
Edéage à lobe médian pointu, muni de deux lames courtes et irrégulières
(2 p; ch: 3 F 3): fig 221 ....................... 30. ©. rapax n. sp.
L: 1,9 mm. Sac interne en forme de tubule grêle, peu distinct ... 37
L: 1,4-1,6 mm. Sac interne fortement sclérifié, bien distinct ..... 38
Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure large et profonde.
Edéage déversé vers la droite, l’apex en forme de plaque, prolongée par
cinq apophyses (1 p; ch: 3 + 3): fig 228-233 (tableau VIII) ..…
mine 31-35. Complexe d'O. semipiceus Jarrige
Source : MNHN, Paris
43.
44.
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 85
Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure large et peu
profonde. Edéage déversé vers la gauche, l'apex tronqué, prolongé par
cinq longues apophyses imbriquées (1 p ; ch : 3 + 3) : fig. 237...
- 36.0. torulosus n. sp.
Sac interne constitué d’un tube fortement sclérifié, partant du foramen
basal, l'apex en forme de pommeau hérissé de spicules . D 39
Sac interne constitué d’une pièce volumineuse, insérée dans la région
médiane de l'édéage, reliée au foramen basal par un tubule diaphane … 43
Apex de l'abdomen assombri. Sternite du pygidium du mâle avec une
échancrure large et peu profonde ............................. 40
Concolore. Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure plus
étroite, {profonde dite. se eee 41
Apex de l'édéage en forme de lame quadrangulaire (1 p; ch: 32 « 3):
LE MR dr Do MO Re IT ne en cn ce 39. O. madecassus n. sp.
Apex de l'édéage cruciforme (1 p ; ch 2 + 2) : fig. 41. O. insignis n. sp.
Apex de l'édéage fortement crénelé et striolé, avec à la base une longue
dent recourbée (1 p; ch: 2 + 2): fig. 247 ...... 40. O. sculptilis n. sp.
Apex de l'édéage foliacé, sans apophyse saillante .… ee 42
Paramère gauche large et tronqué à l'apex (1 p; ch: 3 + 3): fig. 240
. 37. O. breviceps Jarrige
Paramère gauche grêle, supporté par un diverticule de la capsule basale,
en forme de spatule (1 p; ch: 2 + 2): fig 242 .... 38. O. dajozi n. sp.
Paramères non évolués, appendiculés et fortement dissymétriques .…. 44
Paramères normaux, peu dissymétriques, l’apex non appendiculé, muni
CÉ r m e ron à 45
Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure large et peu
profonde. Pièce copulatrice dentée à l'apex (1 p ; ch: 2 + 2): fig 262
FRS a 0 D RD RD een 45. O. pauliani Jarrige
Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure étroite et peu
profonde. Pièce copulatrice large, avec un bourrelet apical (1 p: ch:
122) fe 200 0eme ls 46. O. betschi n. sp.
Pièce copulatrice dépassant l’apex du lobe médian 46
Pièce copulatrice ne dépassant pas l’apex du lobe médian .. 48
Segment génital très allongé. Pièce copulatrice prolongée en flagelle
deux fois plus long que la capsule du lobe médian ni p:ch:4+4): fig.
PARTS ni oO Mn d 50. ©. longispinosus n. sp.
Segment génital normal. Pi copulatrice pas plus longue que la
capsule du lobe médian ..
L.: 1,5 mm. Pièce copulatrice en forme de grande plaque, avec un
orifice distal large, ouvert au niveau d’un bourrelet apical (1 p; ch:
4:+ 4): fig. 281 + 52. O. ankaratra n. sp.
L: 1,3 mm. Pièce copulatrice tubulaire, l’orifice distal ovalaire (1 p;
ch A4) fie 200 mur be inner ects 54. O. ferus n. sp.
Edéage déversé vers la gauche (1 p; ch: 3 + 3): fig 289 ......
-. 95. O. vanjamanitra n. sp:
49
Edéage déversé vers la droite .…
Source : MNHN, Paris
86 JEAN OROUSSET
Figures 139-146 : genre Octavius Fauvel. — 139-141 : O. hypogaeus n. sp., mâle. — 139:
sternite du pygidium. — 140 : sternite du segment génital. — 141 : édéage, face sternale. — 142-143 :
O. rugosus n. sp, mâle. — 142: sterite du segment génital. — 143: édéage, face sternale. —
144-145 : O. amindramiova n. sp., mâle. — 144 : sternite du segment génital. — 145 : édéage, face
sternale. — 146: O. madagascariensis n. sp. mâle, édéage, face sternale, et détail l'apex du lobe
médian. Échelles : 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 87
49. Edéage grêle, l'apex triangulaire, finement crénelé, la pièce copulatrice
non apparente extérieurement (1 p; ch: ? + 3: fig. 284 ........
te ... 93. O. puthzianus n. sp.
— Edéage massif, l'apex lobé mais non crénelé, la pièce copulatrice
apparente extérieufement :---".."# 1..." 0e 50
50. Lobe médian avec quatre dents saillantes, encadrant une pièce copula-
trice étroite, bidentée à l'apex (1 p ; ch: 3 +3): fig. 270... 48. O. pluto n. sp.
— Lobe médian avec l'apex bilobé, la pièce copulatrice médiane très large .… a
51. Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure large et profonde.
Pièce copulatrice très large, avec un flagelle apical (1 p; ch: 4 + 4):
hp 208 eme ac 47. O. pseudopauliani n. sp.
— Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure large et peu
profonde, à fond plan. Pièce copulatrice dilatée à l’apex et prolongée
par un tube crénelé (1 p; ch: 3 + 3): fig 273 ... 49. O. venator n. sp.
Groupe d'Octavius hypogaeus
Espèces de taille grande ou moyenne, microphthalmes et aptères. Edéage à lobe
médian fortement aplati dorso-ventralement, déversé vers la droite ou vers la gauche.
Foramen basal relié au sac interne par un tubule contractile fortement sclérifié, bien
visible et de coloration brunâtre, replié en forme de S au repos. Sac interne en forme de
capsule bien sclérifiée, portant à sa face interne de nombreux phanères de formes
variées, généralement dentiformes ; face externe lisse. Orifice distal du lobe médian
très grand, transversal ou oblique, laissant à découvert au repos la moitié distale du sac
interne.
1. Octavius hypogaeus n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, Antanifotsy, [au N. du massif de
lAndringitra], forêt d’Ambohipo, 1 500 m (lavage de terre), 28-ÎV-1973 (4. Peyrieras)
(MNHN).
Description. — Long. 1,6 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément roux clair, les appendices testacés ; face tergale brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 260/325 um), fortement élargie en arrière,
les tempes très arrondies. Front plan entre les calus susantennaires, ces derniers
saillants. Impressions frontales : un fin sillon longitudinal médian encadré par deux
fossettes situées à l'emplacement des points d'insertion dorsaux du tentorium.
Microréticulation à mailles isodiamétrales bien visibles (diamètre: 7 jm) ; micro-
ponctuation associée à une fine pubescence hérissée éparse. Labre (fig. 147) à bord
antérieur convexe, muni d’un denticule médian encadré par six dents de chaque côté.
Œil peu saillant, ovalaire (65 X 25 gum), composé de six à neuf ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 290/365 um), régulièrement convexe sur les côtés ;
angles antérieurs mousses et angles postérieurs indistincts. Impressions pronotales :
impression discale en forme de fer à cheval, surmontée par une petite fossette médiane
atteignant le bord antérieur, impressions latérales et fovéoles angulaires postérieures
fusionnées de chaque côté en un grand sillon en forme de virgule ; base avec trois
fossettes punctiformes, réunies par un sillon rectiligne. Microréticulation et pubescence
identiques à celles de la tête. Elytres transverses (L/l: 225/360 um), la suture
Source : MNHN, Paris
88
JEAN OROUSSET
Figures 147-157 : genre Octavius Fauvel. — 147: O. hypogaeus n. sp., labre. — 148 : 0.
serratus n. sp.. labre. — 149-151 : O. serratus n. sp., mâle. — 149: sternite du pygidium. — 150 :
sternite du segment génital. — 151 : édéage, face sternale. — 152 : O. fallax n. sp., mâle, édéage, face
sternale. — 153 : sternite du pygidium du mâle, (A) O. gomyi n. sp.. (B) O. parvulus n. sp. — 154-155 :
O. gomyi n. sp. mâle. — 154 : sternite du segment génital. — 155 : édéage, face sternale. — 156-157 :
O. parvulus n. sp, mâle. — 156 : sternite du segment génital. — 157 : édéage, face sternale. Échelles :
100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPT STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 89
déprimée, les angles antérieurs effacés et les côtés régulièrement convexes. Impres-
sions limitées à un sillon latéral rebordé par une forte carène externe. Microréticulation
à mailles transverses, beaucoup plus grandes que sur l'avant-corps (18 X 9 um); il sy
ajoute une macroponctuation formée de points varioliques espacés, et une fine
pubescence.
Abdomen faiblement élargi jusqu'au quatrième urite visible. Tergites avec une
microréticulation identique à celle des élytres, associée à une fine pubescence couchée.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 139) avec une échancrure peu profonde, symétrique,
en forme de Ü. Sternite du segment génital du mâle (fig. 140) subsymétrique.
Edéage (fig. 141). Lobe médian allongé (L/1: 415/155 um), déversé vers la
droite, avec un très grand orifice distal triangulaire. Sac interne complexe, la plaque
basale portant de nombreux phanères : un amas de courtes épines vers la base, trois
grandes épines incurvées, dont deux faisant saillie au repos hors de l’orifice distal, une
lame peu sclérifiée atteignant l’apex. Gonopore non mis en évidence. Paramères
accolés au lobe médian, mais distincts, l'apex non élargi. Chétotaxie identique aux deux
paramères : quatre soies apicales, dont trois grandes soies subégales et une petite soie
accessoire.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité de
lholotype, située au pied du massif de l'Andringitra. Paratypes : 1 © et 3 9, mêmes
indications que pour l'holotype (MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite, dans la localité de lholotype, avec 0.
madagascariensis n. sp.
2. Octavius rugosus n. sp.
Type. — Holotype: 1 d, Madagascar Centre, Antanifotsy, forêt de Viloboa,
27-IV-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Espèce à édéage inversé, indifférenciable extérieurement d'O.
hypogaeus n. sp. hormis au niveau du segment génital du mâle.
Segment génital du mâle (fig. 142) dissymétrique, le bord droit convexe, le bord
gauche irrégulier, concave dans sa moitié basale.
Edéage (fig. 143) déversé vers la gauche, approximativement symétrique de celui
de 0. hypogaeus, avec des différences importantes seulement au niveau de l'armature
copulatrice. Lobe médian avec un bec apical plus prononcé. Sac interne complexe, la
plaque basale avec un nombre restreint de grands phanères : deux dents basales entre-
croisées, quatre grandes épines accolées, dont l’une fait saillie hors de l’orifice distal,
une dent insérée dans la région médiane et entièrement à découvert au repos, une lame
très selérifiée, prolongeant le bord droit de la plaque basale et atteignant l'apex ;
quelques épines accessoires dans la région médiane. Paramère gauche fortement arqué
à l'apex, paramère droit arqué et de section très irrégulière. Chétotaxie identique aux
deux paramères : quatre soïes apicales, dont trois grandes soies subégales et une petite
soie accessoire latéro-externe. -
Distribution dans l’île. — Cette espèce n'est connue actuellement que de la
localité de l'holotype, située au pied du massif de l'Andringitra. Paratypes : 10 ©,
mêmes indications que pour Fholotype (MNHN).
Observations. — 0. rugosus, espèce à édéage inversé par rapport à toutes les
autres espèces du groupe, peut être considéré comme l’espèce-sœur d'O. hypogaeus n.
Source : MNHN, Paris
90 JEAN OROUSSET
sp. Ces deux espèces occupent des stations voisines, mais distinctes, au pied du massif
de l'Andringitra.
3. Octavius amindramiova n. sp.
Type. — Holotype: 1 ©, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra,
Amindramiova, 1 950 m (RCP 225, FDHM, litière, tamisage n° 282), 18-1-1971 (J.-M.
Betsch) (MNHN).
Description. — Espèce très peu différente extérieurement des précédentes.
Coloration : corps brun-roux foncé, les appendices testacés.
Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure large et peu profonde,
légèrement déportée du côté droit. Sternite du segment génital du mâle (fig. 144)
subsymétrique.
Edéage (fig. 145) déversé vers la droite, moins aplati dorso-ventralement que
chez l'espèce précédente. Calus basal volumineux ; lame apicale étroite, terminée en
un bec acéré. Sa interne avec un grand nombre de phanères très selérifiés : un amas de
courtes épines à la base et dans la région médiane, trois grosses dents échelonnées dans
la région médiane, une lame prolongeant le bord gauche de la plaque basale et
atteignant l’apex du lobe médian. Paramère gauche incurvé, accolé au lobe médian et
de section irrégulière ; chétotaxie : quatre soies apicales, dont trois grandes soies
subégales et une petite soie latéro-externe. Paramère droit manquant chez le seul mâle
connu.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité-type.
Paratypes : 2 9, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
4. Octavius madagascariensis n. sp.
Type. — Holotype: 1 &, Madagascar Centre, Antanifotsy, forêt d'Ambohipo,
1500 m (tamisage de litière), 28-IV-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Espèce identique extérieurement à 0. hypogaeus n. sp. Colora-
tion : corps uniformément jaune-roux clair, les appendices testacés. Œil en ovale très
allongé (60 X 15 am), composé de cinq ommatidies pigmentées, presque alignées.
Edéage (fig. 146) allongé (L/1: 525/180 um), déversé vers la droite. Apex du
lobe médian caractéristique, avec une forte dent latérale et une digitation terminale
criblée de sensilles ; bord apical droit fortement crénelé. Sac interne avec une plaque
basale étroite, prolongée par deux longues dents torsadées, faisant saillie au repos hors
de l'orifice distal. Paramères grands et effilés, accolés au lobe médian, le paramère
gauche plus développé que le droit, ce dernier fortement arqué. Chétotaxie identique
aux deux paramères : trois soies subégales groupées à l'apex.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que par l'holotype. La
localité-type est située au pied du massif de l'Andringitra.
Observation. — 0. madagascariensis cohabite dans la localité de l'holotype
avec O. hypogaeus n. sp.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE GE
5. Octavius serratus n. sp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Est, massif de l'Andohahelo, sans préci-
sions (MNHN).
Description. — Espèce peu différente des précédentes par ses caractères
externes. Coloration : corps brun-roux foncé, la tête et le pronotum à sculpture très
granuleuse ; élytres très brillants, bien qu'avec une macroponctuation dense.
Bord antérieur du labre (fig. 148) convexe, avec un denticule médian encadré de
chaque côté par sept dents serrées. (Eil ovalaire, composé de six à neuf ommatidies.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 149) avec une échancrure symétrique étroite,
en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 150) subsymétrique.
Edéage (fig. 151) déversé vers la gauche. Lobe médian de grande taille (L/1 :
520/170 um), le bord apical gauche muni de trois dents ; orifice distal très grand,
occupant toute la moitié postérieure du lobe médian. Sac interne complexe, la moitié
distale faisant saillie hors de la capsule au repos. Armature copulatrice : sept grosses
dents disposées en une rangée longitudinale et semblant formées d'épines agrégées, un
gros sclérite en forme de pomme de pin et une lame incurvée dans la région médiane, un
tubule denticulé, prolongeant le bord droit de la plaque basale et atteignant l'apex du
lobe médian. Paramères courts et grêles, accolés au lobe médian. Chétotaxie identique
aux deux paramères : trois soies apicales, dont deux longues soies subégales et une
petite soie accessoire.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que du massif de l'Ando-
hahelo. Paratypes : 1 ©, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN) ; 2 ©, Mada-
gascar, sans précisions (MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite dans la localité de l'holotype avec ©.
gomyi n. sp.
6. Octavius fallax n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, massif de l'Andohahélo, sans préci-
sions (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Espèce identique à la précédente par ses caractères externes et
ses mensurations.
Edéage (fig. 152) déversé vers la gauche. Lobe médian allongé (L/1:
500/175 um), l'apex avec deux dents latérales seulement ; orifice distal très grand.
Armature du sac interne : sept grosses dents, disposées plus irrégulièrement que chez
l'espèce précédente, un gros sclérite en forme de pomme de pin, et un ensemble de
quatre lames imbriquées, dont aucune n’atteint l'apex du lobe médian. Paramères
grêles, accolés au lobe médian ; chétotaxie identique aux deux paramères : trois soies
apicales, dont deux longues soies subégales et une petite soie accessoire.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité de
l'holotype. Paratypes : 10 & et 15 , mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
Observations. — O. serratus n. sp. et O. fallax sont deux espèces-sœurs, se
différenciant seulement par leurs édéages. Il est probable qu'elles occupent deux
stations proches mais distinctes du massif de l'Andohahelo. O. fallax cohabite dans la
localité-type avec 0. andohahelo n. sp., O. exilis n. sp. et O. parvulus n. sp.
Source : MNHN, Paris
92 JEAN OROU:
Figures 158-167 : genre Octavius Fauvel. — 158 : sternite du pygidium du mâle, (A) O. orcinus
n. sp. (B) 0. malgassicus n. sp. — 159-160 : O. orcinus n. sp., mâle. — 159 : sternite du segment génital.
— 160 : édéage, face sternale. — 161-162 : 0. malgassicus n. sp., mâle. — 161 : sternite du segment
génital. — 162 : édéage, face sternale. — 163 : sternite du pygidium du mâle, (A) 0. horrendus n. sp..
(B) 0. dolosus n. sp. — 164-165 : O. horrendus n. sp., mâle. — 164 : sternite du segment génital. —
165 : édéage, face sternale. — 166-167 : 0. dolosus n. sp. mâle. — 166 : sternite du segment génital.
— 167: édéage, face sternale. Échelle : 100 pm.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 93
7. Octavius gomyi n. sp.
Type. — Holotype: 1 , Madagascar Est, massif de l'Andohahelo, sans préci-
sions (MNHN).
Description. — Long. 1,6 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration
caractéristique : tête roussâtre, pronotum et élytres brun rougeâtre foncé, abdomen
brun-noir, les appendices testacés. Face tergale très brillante, mais avant-corps à
sculpture très granuleuse, avec une courte pubescence dorée.
Capsule céphalique transverse (L/1: 280/350 um), modérément élargie en
arrière. Impressions frontales : un fort sillon médian longitudinal, atteignant le sillon
occipital, et deux petites fossettes punctiformes en arrière des calus susantennaires.
Labre à bord antérieur très convexe. Yeux ovalaires, composés de sept à neuf omma-
üidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/l: 310/380 um), très rétréci en arrière, les angles
postérieurs indistincts. Impressions pronotales accentuées vers la base et masquées
vers l'avant par la forte sculpture ; impression discale profonde et étroite, délimitant
une zone surélevée lisse et brillante, marquée d’un sillon longitudinal médian irrégulier
vers l'avant et d’une fossette basale punctiforme vers l'arrière. Elytres transverses (L/1 :
230/360 um), à angle huméral peu prononcé, le sillon posthuméral large et profond, le
disque avec une vague ébauche de costulation.
Abdomen très élargi en arrière (1: 400 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 153 A) symétrique, avec une échancrure médiane large et peu profonde. Sternite
du segment génital du mâle (fig. 154) peu dissymétrique, le bord gauche rectiligne.
Edéage (fig. 155). Lobe médian ovoïde (L/1: 560/220 um), déversé vers la
droite, l'apex terminé par un gros tubercule irrégulier et denté ; orifice distal occupant
la totalité du tiers postérieur. Sac interne volumineux, avec une armature copulatrice
complexe : une dent médiane basale isolée et cinq dents groupées au tiers basal, ainsi
que des replis et phanères diaphanes tapissant la paroi interne du sac. Paramères grêles,
accolés au lobe médian, le paramère gauche de section irrégulière. Chétotaxie
identique aux deux paramères : trois soies apicales, dont deux longues soies et un
microchète.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité de l'holotype. Paratype : 1 9, mêmes indications que pour T'holotype (MNHN).
Observation. — ©. gomyi cohabite dans la localité-type avec O. serratus n. sp.
8. Octavius parvulus n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, massif de l'Andohahelo, sans préci-
sions (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. —Long. 1,3 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune-roux, les appendices testacés. Avant-corps à téguments
mats, gs
capsule céphalique transverse (L/1: 210/230 um), peu élargie en arrière, les
angles temporaux nettement marqués. Région frontale déprimée entre les calus
susantennaires, les impressions réduites à deux petites fossettes punctiformes. Œil
petit, ovalaire, composé d’une demi-douzaine d'ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 230/250 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
fortement rétréci en arrière, mais avec les angles postérieurs apparents ; impressions
Source : MNHN, Paris
94 JEAN OROUSSET
173
Figures 168-177 : genre Octavius Fauvel. — 168-170 : O. armatus n. sp. mâle. — 168 : sternite
du pygidium. — 169 : sternite du segment génital. — 170 : édéage, face sternale. — 171-172 : 0.
anjavidilava n. sp. mâle. — 171 : sternite du segment génital. — 172: édéage, face sternale. —
173-175 : 0. manjarivolo n. sp, mâle. — 173: sternite du pygidium. — 174: sternite du segment
génital. — 175 : édéage. — 176-177 : O. interfector n. sp., mâle. — 176 : sternite du segment génital.
— 177: édéage. Échelles: 100 pm.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 95
profondes mais sans caractères particuliers. Elytres transverses (L/1: 170/250 um), la
carène et le sillon post-huméraux profonds ; disque avec une ébauche de costulation
confuse.
Abdomen élargi jusqu'au quatrième urite visible (1: 270 um). Sternite du
pygidium du mâle (fig. 153 B) caractéristique, sans échancrure médiane au bord
postérieur, ce dernier tout au plus légèrement concave. Sternite du segment génital du
mâle (fig. 156) dissymétrique, le bord droit concave.
Edéage (fig. 157). Lobe médian allongé (L/1: 320/130 um), déversé vers la
suce la partie apicale en forme de lame effilée à extrémité en forme de fer de hache.
ac interne en forme de volumineuse capsule, la moitié distale en forme de conque
faisant saillie au repos hors du lobe médian. Armature copulatrice : deux dents
imbriquées, situées dans la région médiane, et cinq dents enchevêtrées vers l'apex ;
paroi du sac interne densément tapissée de minuscules phanères d'aspect écailleux ou
filamenteux. Paramère droit long et élargi dans sa moitié distale, l'apex tronqué, avec
un petit denticule latéral ; paramère gauche soudé au lobe médian, la partie apicale
élargie seule visible. Chétotaxie identique aux deux paramères : deux soies apicales
subégales. É
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n'est connue que par l'holotype.
Observation. — ©. parvulus cohabite dans la localité de l’holotype avec
©. andohahelo n. sp. et O. exilis n. sp.
9. Octavius orcinus n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, massif de l’Andringitra, base de la
forêt du cirque de Manjarivolo, 1 200 m (tamisage de litière), 9-V-1973 (4. Peyrieras)
(MNHN).
Description. — Long. 1,4 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément roussâtre, les appendices peu éclaircis.
Capsule céphalique transverse (L/1: 245/200 um), très élargie en arrière, les
tempes arrondies. Front fortement déprimé entre les calus susantennaires, les impres-
sions peu marquées. Labre à bord antérieur régulièrement convexe, muni d’un
denticule médian encadré par six dents de chaque côté. Œil ovalaire, composé de cinq
à sept ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 265/330 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
les angles antérieurs peu marqués et les angles postérieurs indistinèts. Impressions
pronotales : impression discale creusée en fossettes à ses extrémités, sillons latéraux et
fossettes basales profonds. Elytres très transverses (L/1: 200/330 um), latéralement
très convexes, la carène et le sillon posthuméral peu marqués, mais le disque fortement
déprimé latéralement, granuleux mais sans ébauche de costulation.
Abdomen largement élargi jusqu'au quatrième urite visible (1: 340 um). Sternite
du pygidium du mâle (fig. 158A) symétrique, le bord postérieur avec une échancrure en
forme de U très évasé. Sternite du segment génital du mâle (fig. 159) court, symétrique.
Edéage (fig. 160). Lobe médian ovoïde (L/1: 360/140 um), déversé vers la
droite, l'apex en forme de gros crochet très sclérifié, l’orifice distal occupant le tiers
postérieur de la capsule. Sac interne tubulaire à la base et terminé en large lame
foliacée, portant plusieurs phanères faisant saillie au repos hors de l’orifice distal : un
énorme sclérite en forme de croissant, trois dents inégales insérées au niveau de la
Source : MNHN, Paris
96
JEAN OROUSSET
O8:
ro
ce
VOHIPIA
EL zone nervacée
Zone à Philigpie
Zone rocheuse avec plaques
de Phitispia
one torestée
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 97
concavité de la pièce précédente. Paramères grands, accolés au lobe médian sur toute
leur longueur, le paramère gauche fortement coudé vers le milieu et le paramère droit
rectiligne. Chétotaxie identique aux deux paramères : quatre soies groupées à l’apex,
dont trois soies subégales et un microchète accessoire.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité-type.
Paratypes : 6 d', mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
Observation. — 0. orcinus cohabite dans la localité de l’holotype avec O. dolosus
n. Sp.
10. Octavius malgassicus n. sp.
Type. — Holotype : 1 d', Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, Anjavidi-
lava, 1 800 m (RCP 225, FDHM?2, tamisage de sol n° 189, profondeur 0 à 5 em, sous
litière), 14-1-1971 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Espèce identique à O. orcinus par ses principaux caractères
externes et ses mensurations.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 158B) symétrique, le bord postérieur avec une
échancrure un peu plus profonde, en forme de Ü. Sternite du segment génital du mâle
(fig. 161) grand, peu dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 162). Lobe médian ovoïde, volumineux (L/1 : 420/160 um), déversé
vers la gauche, l’apex peu aminci, terminé en bec robuste. Sac interne dilaté à la base, la
moitié apicale portant un ensemble complexe de grands phanères imbriqués et
superposés, faisant saillie au repos : une lame dentelée du côté sternal, et trois dents
inégales. Paramères longs, accolés au lobe médian sur toute leur longueur, régulière-
ment incurvés. Chétotaxie identique aux deux paramères : quatre soies apicales, dont
trois soies subégales et un microchète accessoire.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l’holotype.
11. Octavius horrendus n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, base de la
forêt du cirque de Manjarivolo, 1 200 m (tamisage de litière), 9-V-1973 (A. Peyrieras)
(MNEN).
Description. — Long. 1,4 mm. Espèce aptère et microphthalme. Espèce diffici-
lement différenciable extérieurement d’O. orcinus n. sp., sauf au niveau de l’apex de
+
Carte 7 : répartition du genre Octavius Fauvel dans le massif de l'Andringitra. — À : groupe d'0.
orcinus n. sp. — B : groupe d'Ô. hypogaeus n. sp. — C : groupe d'O. descarpentriesi Jarrige. — 1 : 0.
orcinus n. sp. — 2 : Ô. dolosus n. sp. — 3 : 0. malgassicus n. sp. — 4: 0. interfector n. sp. — 5 : 0.
horrendus n. sp. — 6 : 0. manjarivolo n. sp. — 7 : Ô. anjavidilava n. sp. — 8 : 0. hypogaeus n. sp. —
9: 0. rugosus n. sp. — 10 : 0. amindramiova n. sp. — 11: 0. madagascariensis n. sp. — 12: 0.
descarpentriesi Jarrige. — 13 : O. marositry n. sp. — 14: O. andringitra n. sp. — 15 : O. bryophilus n.
sp. — 16: O. boryi n. sp.
Source : MNHN, Paris
98 JEAN OROUSSET
labdomen du mâle ; les mensurations sont identiques. Coloration : avant-corps brun-
roux, le tégument finement granuleux, assez mat.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 163A) symétrique, le bord postérieur avec une
profonde échancrure en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 164)
grand, triangulaire, faiblement acuminé, dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 165). Lobe médian allongé (L/1: 355/140 um), déversé vers la
droite, la capsule anguleuse, la partie apicale étroite, densément hérissée de spicules
réfringents ; orifice distal en forme de fente s’ouvrant latéralement dans la moitié
postérieure du lobe médian. Sac interne volumineux, la moitié apicale faisant saillie au
repos hors de la capsule du lobe médian, divisée en deux lames peu selérifiées à l’apex.
Paramères assez courts, le paramère gauche accolé au lobe médian, de section irrégu-
lière, l’apex grêle ; paramère droit libre dans sa moitié apicale, grêle. Chétotaxie : para-
mère gauche muni de deux longues soies apicales, paramère droit muni d’une seule
longue soie apicale.
Femelle. — Elle m'est inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce m'est connue que de la localité de
lholotype. Paratypes : 23 d, mêmes indications que pour lholotype.
Observation. — 0. horrendus cohabite dans la localité de l'holotype avec 0.
dolosus n. sp. et O. orcinus n. sp.
12. Octavius dolosus n. sp.
Type. — Holotype: 1 9, Madagascar Est, forêt de Mahabo au Sud-Est de
Maropaika (tamisage de litière), 5-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,3 mm. Cette espèce présente les mêmes caractères
externes principaux que ceux d'O. orcinus; elle ne s'en distingue que par ses
mensurations un peu plus faibles. Long. 1,3 mm. L/I capsule céphalique : 220/275 um.
L/1 pronotum : 240/290 um. L/1 élytres : 175/295 pm. L’abdomen : 310 um.
Microphthalmie plus prononcée, l'œil réduit à une série composée de quatre ou
cinq ommatidies pigmentées.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 163B) symétrique, le bord postérieur avec une
large échancrure peu profonde en forme de U. Sternite du segment génital du mâle
(fig. 166) court, modérément dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 167). Lobe médian plus petit (L/1: 305/125 um), déversé vers la
gauche, l’apex en forme de robuste bec ; orifice distal occupant tout le tiers apical du
lobe médian. Sac interne long, tubulaire, de section irrégulière, dépassant légèrement
au repos l’apex du lobe médian. Armature copulatrice restreinte à deux grosses dents
dans la région médiane. Paramères grands, accolés au lobe médian, sauf à l'apex, et peu
incurvés. Chétotaxie identique aux deux paramères : quatre soies apicales, dont trois
soies subégales et un microchète accessoire.
Distribution dans l’île. — Manacascar Es. Paratypes : 4 ©, mêmes indications
que pour l’holotype (MNHN).
MapaGascar CENTRE. Paratype : 1 ©, massif de l'Andringitra, base de la forêt du
cirque de Manjarivolo, 1 200 m (tamisage de litière), 9-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Observation. — Cette espècé cohabite dans la station du cirque de Manjarivolo
avec 0. horrendus n. sp. et O. orcinus n. sp.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 99
A
|
| 182 185 186
213-221 : genre Octavius Fauvel. — 213 : sternite du pygidium du mâle, O. monticola
s n. sp. — 214-215, O. monticola n. sp. mâle. — 214 : sternite du segment génital. —
215 : édéage, face sternale. — 216-218 : 0. tortilis n. sp., mâle. — 216 : sternite du segment génital. —
217 : édéage, face sternale. 218 : apex du lobe médian, les pièces copulatrices en érection. — 219-
221 : O. rapax n. sp.. mâle. — 219 : sternite du pygidium. — 220 : sternite du segment génital. — 221 :
édéage. Échelles : 100 um.
| Figure:
n. sp. et O. tortil
13. Octavius armatus n. sp.
Type. — Holotype : S', Madagascar Centre, [entre Ihosy et Ivohibe], col d'Ivohi-
bory, 1 000 m (tamisage de litière), 1-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Source : MNHN, Paris
100 JEAN OROUSSET
Description. — Cette espèce est indifférenciable extérieurement d’O. orcinus
n. sp. hormis au niveau de l'apex de l'abdomen du mâle ; les mensurations des deux
espèces sont identiques.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 168) symétrique, le bord postérieur avec une
échancrure large et assez profonde, en forme de U. Sternite du segment génital du mâle
(fig. 169) dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 170). Lobe médian allongé (L/1: 320/125 um), déversé vers la
gauche, l'apex large, recourbé et bifide; orifice distal grand, occupant la moitié
postérieure de la capsule. Sac interne tubulaire, sans armature différenciée au niveau
de la paroi du sac interne, mais avec l'apex très sclérifié, en forme de grosse pièce
fourchue faisant saillie au repos et dépassant l'apex de la capsule. Paramères longs,
accolés au lobe médian sur toute leur longueur et faiblement coudés. Chétotaxie
identique aux deux paramères : trois soies apicales subégales, sans microchète basal.
Distribution dans l’île. — Cette espèce nest connue que de la localité-type.
Paratypes : 1 S et 2 ©, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
14. Octavius anjavidilava n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, Anjavi-
dilava, 1 900 m (lavage de terre), 29-X11-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et anophthalme. Coloration :
corps uniformément jaune-roux, les appendices testacés. Avant-corps à téguments
finement granuleux, mats.
Capsule céphalique peu transverse (L/1: 270/290 um), quadrangulaire, les
tempes très marquées; impressions frontales totalement effacées. Labre à bord
antérieur très convexe. Aucune trace d’ommatidies.
Pronotum peu transverse (L/1: 270/300 um), bien rétréci à la base, les angles
postérieurs indistincts. Impressions profondes, notamment l'impression discale. Elytres
très transverses (L/1 : 190/300 um), les bords latéraux parallèles, l'angle huméral net, la
carène et le sillon posthuméral bien marqués ; disque sans ébauche de costulation.
Abdomen large (L : 320 um). Sternite du pygidium du mâle symétrique, avec une
échancrure assez profonde, en forme de U, similaire à celle de l'espèce précédente.
Sternite du segment génital du mâle (fig. 171) fortement dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 172). Lobe médian allongé (L/1: 390/120 um), déversé vers la
gauche. Capsule basale prolongée par deux longues digitations très sclérifiées, l'apex
avec de nombreuses sensilles. Sac interne tubulaire, prolongé par une forte dent
recourbée, faisant saillie au repos. Paramères accolés au lobe médian sur toute leur
longueur, le paramère gauche rectiligne, le paramère droit modérément coudé vers le
milieu. Chétotaxie identique aux deux paramères : deux longues soies apicales.
Femelle. —Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par lholotype.
15. Octavius manjarivolo n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, cirque de
Manjarivolo, 1 650 m (RCP 225, FDHMI, prélèvement n° 227, tamisage sous litière,
0 à 5 cm de profondeur), 28-X-1970 (J.-M. Betsch) (MNAHN).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 101
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément roux, les appendices testacés ; avant-corps à téguments finement
granuleux, mats.
Capsule céphalique transverse (L/1 : 260/320 um), nettement élargie en arrière,
les tempes très arrondies. Front fortement déprimé entre les calus susantennaires,
dessinant une impression triangulaire. Labre à bord antérieur bien convexe, avec un
denticule médian encadré par six dents de chaque côté. Œil allongé, composé de cinq à
sept ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 300/340 um), sa plus grande largeur au tiers antérieur,
et très rétréci à la base. Impression discale étroite et presque effacée ; sillons latéraux et
fossettes basales profondes. Elytres transverses (L/1: 160/335 um), la carène et le
sillon posthuméral très marqués ; disque sans ébauche de costulation.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 350 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 173) symétrique, le bord postérieur avec une large échancrure en forme de U.
peu du segment génital du mâle (fig. 174) court, modérément dissymétrique à la
ase.
Edéage (fig. 175). Lobe médian allongé (L/1: 355/130 um), déversé vers la
droite, peu aminci à l'apex, ce dernier striolé et terminé par deux grosses dents obtuses.
Orifice distal en forme de fente s’ouvrant dans la paroi droite de la capsule, dans sa
moitié apicale. Sac interne constitué d’une baguette rectiligne, à peine dilatée à ses
extrémités, faisant peu saillie au repos hors du lobe médian. Paramères accolés au lobe
médian sur toute leur longueur, très incurvés. Chétotaxie identique aux deux para-
mères : trois soies apicales, dont deux longues soies subégales et un microchète basal.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par le spécimen
holotype.
16. Octavius interfector n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, Anjavidi-
lava, 2 000 m (RCP 225, FDSMP, prélèvement n° 187, tamisage de Mousses au sol),
12-1-1971 (L-M. Betsch) (MNHN.
Description. — Long. 1,7 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément brun-roux, les appendices testacés. Face tergale à téguments
finement granuleux, submats.
Capsule céphalique transverse (L/1 : 270/330 um), élargie en arrière, les tempes
arrondies. Front peu déprimé entre les calus susantennaires, marqué de trois petites
impressions longitudinales peu profondes. Œil constitué d’un bourrelet ovalaire
nettement délimité, le bord antérieur occupé par six à huit ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 305/350 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
très rétréci en arrière, les angles antérieurs et postérieurs très peu marqués. Impression
discale nette, triangulaire ; sillons latéraux larges et profonds. Elytres transverses
(L/1: 235/370um), la arène et le sillon posthuméral marqués, le disque avec une
vague ébauche de costulation.
Abdomen large, sa plus grande largeur dès le troisième urite visible (1: 385 um).
Sternite du pygidium du mâle symétrique, le bord postérieur avec une large échancrure
peu profonde en forme de U, identique à celle de l'espèce précédente. Sternite du
segment génital du mâle (fig. 176) grand, modérément dissymétrique à la base.
Source : MNHN, Paris
102 JEAN OROUSSET
Figures 187-194 : genre Octavius Fauvel. — 187-188: 0. marositry n. sp. mâle. — 187:
édéage, face sternale, et détail de l'apex du paramère gauche. — 188 : apex du lobe médian. —
189-190 : O. andringitra n. sp., mâle. — 189 : édéage, face sternale, détail de l'ornementation du sac
interne et apex du paramère gauche. — 190 : apex du lobe médian. — 191-192 : 0. bryophilus n. sp..
mâle. — 191 : édéage, face sternale. — 192 : apex du lobe médian, — 193-194 : O. boryi n. sp., mâle.
— 193: édéage, face sternale. — 194: apex du lobe médian. Échelles : 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈ)
ES STAPHYLINIDAE EUAESTH 103
Edéage (fig. 177). Lobe médian ovoïde (L/1: 410/145 um), peu déversé latéra-
lement, sans constriction apicale; calus basal grand et triangulaire ; orifice distal
occupant la moitié postérieure de la capsule, cette dernière avec au bord droit vers
l'apex une grosse dent peu visible en face sternale. Sac interne volumineux, terminé en
crochet faisant saillie au repos; armature copulatrice réduite à une unique dent
rectiligne dans la région médiane. Paramères longs, accolés au lobe médian et peu
incurvés. Chétotaxie identique aux deux paramères : quatre soies apicales, dont trois
soies subégales et un microchète basal.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité de
lholotype. Paratype : 1 ©, mêmes indications que pour l'holotype.
Groupe d'Octavius descarpentriesi
Espèces de taille moyenne, microphthalmes et aptères. Edéage avec le lobe
médian fortement aplati dorso-ventralement, déversé vers la droite ou vers la gauche.
Foramen basal relié au sac interne par un tubule contractile fortement sclérifié, bien
visible et de coloration brunâtre, replié en forme de S au repos. Sac interne constitué
d'une grande pièce tubulaire impaire, munie d’un petit orifice distal, constituant le
gonopore secondaire ; paroi interne inerme, sans aucun phanère, et paroi externe
finement écailleuse. Orifice distal du lobe médian très grand, transversal ou oblique,
laissant à découvert au repos la moitié distale du sac interne.
17. Octavius descarpentriesi Jarrige
Octavius descarpentriesi Jarrige, 1968 : 877, fig. 8
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, cirque
Boby, 2 300 m (lavage de terre sous végétation éricoïde), -1958 (R. Paulian) (MNHN).
Description. — Long. 1,7 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément brun-roux, les appendices testacés (la coloration uniformément
noirâtre de l’holotype est due à une altération post-mortem).
Capsule céphalique transverse (L/1: 290/345 um), peu élargie en arrière, les
angles temporaux saillants. Impressions frontales fortes. Labre à bord antérieur avec un
denticule médian encadré de chaque côté par sept dents. Œil allongé chez le mâle
(80 X 20 um), composé de cinq ou six ommatidies pigmentées, presque alignées ; œil
ovalaire chez la femelle (65 X 25 um), composé de huit à dix ommatidies pigmentées.
Pronotum fortement transverse (L/1 : 315/390 4m), sa plus grande largeur vers le
milieu, les angles antérieurs peu marqués et les angles postérieurs indistincts ; impres-
sion discale et impressions latérales très profondes. Elytres larges (L/1 : 250/380 gum), à
bords latéraux convexes ; sculpture forte, orientée longitudinalement : outre la forte
carène et le sillon posthuméral marqué, présence de deux côtes incurvées, élargies à la
base et effacées au tiers postérieur.
Abdomen large (1: 420 4m). Sternite du pygidium du mâle (fig. 178) symétrique,
avec au bord postérieur une échancrure médiane étroite et profonde, en forme de U.
Sternite du segment génital du mâle (fig. 179) fortement dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 180). Lobe médian très allongé (L/1: 450/145 um), déversé vers la
gauche, avec un apex en forme de fer de hache, portant de nombreuses sensilles. Sac
interne muni d’une unique pièce copulatrice tubulaire prolongeant le canal éjaculateur,
logée au repos dans une gouttière de la paroi interne du lobe médian et peu visible
Source : MNHN, Paris
104 JEAN OROUSSET
(holotype : pièce copulatrice en érection partielle). Paramères longs et grêles, bien
distincts du lobe médian dans leur moitié apicale, l'apex spatulé. Chétotaxie identique
aux deux paramères : trois soies apicales inégales.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que du massif de l'Andrin-
gitra. En plus de l'holotype, 1 S et 1 9, Anjavidilava, 1 600 m (FDHMA, lavage de
terre), 26-XI1-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
18. Octavius marositry n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, Marositry
Est, rivière Antsifotra, 2 000 m (RCP 225, FDSM, prélèvement n° 77, Mousses au sol),
19-X1-1970 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 1,8 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse A: 300/375 pm), très élargie en arrière, les
angles temporaux nets. Impressions frontales effacées. Œïil ovalaire, très allongé
(70 X 20 um), composé dans les deux sexes de huit à dix ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1 : 350/420 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
les angles postérieurs indistincts ; impression discale peu marquée et sillons latéraux
profonds. Élytres transverses (L/1 : 270/420 um), latéralement convexes, le disque très
brillant, couvert de grosses granulations, mais sans costulation nette.
Abdomen large (1: 455 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 181) symétrique,
avec au bord postérieur une petite échancrure médiane en forme de U. Sternite du
segment génital du mâle (fig. 183) dissymétrique.
Edéage (fig. 187). Lobe médian allongé (LA :420/145 gum), la capsule globuleuse
et l'apex étroit, avec un petit bec (fig. 188) terminal. Sac interne avec une pièce
copulatrice impaire, tubulaire et de section irrégulière, l'apex dentiforme faisant saillie
au repos hors de orifice distal du lobe médian. Paramère gauche fortement coudé et
élargi vers le milieu, paramère droit presque rectiligne. Chétotaxie identique aux deux
paramères : quatre soies apicales, dont trois longues soies subégales et un microchète
latéro-externe.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que du massif de l'Andrin-
gitra. Paratypes : 2 O' et 5 ©, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN) ; 1 © et
99, même localité (RCP 225, FDSM, prélèvements n° 77, 143, 211, 301, 302, Mousses
au sol sous Agauria et litière, sol de 0 à 5 em de profondeur; HFAM, prélèvement
n° 303, sol de 0 à 5 em de profondeur), 19-XI et 5-XI1-1970 (J.-M. Betsch) (MNHN).
19. Octavius andringitra n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, pic Boby,
2 650 m (RCP 225, prélèvement n° 306, Mousses sur dalles rocheuses), 25-X1-1970
U.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 1,8 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps brun-roux, l'abdomen enfumé, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 285/335 um), les tempes arrondies ; front
déprimé entre les calus susantennaires, les impressions peu marquées. (Œil ovalaire
(65 X 25 pm), composé de sept à dix ommatidies pigmentées.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE
195
——
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4
196 197
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199
202
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200 203
Figures 195-204 : genre Octavius Fauvel. — 195-198 : O. terrigena n. sp., mâle. — 195 : labre.
— 196 : sternite du pygidium. — 197 : sternite du segment génital. — 198 : édéage, face sternale. —
199-201 : O. linaresi n. sp. mâle. — 199 : sternite du pygidium. — 200 : sternite du segment génital.
— 201 : édéage, face sternale. — 202-204 : O. betsileo n. sp., mâle. — 202 : sternite du pygidium. —
203: sternite du segment génital. — 204: édéage, face sternale. Échelles : 100 um.
Source : MNHN, Paris
106 JEAN OROUSSET
Pronotum transverse (L/1: 310/375 yum), sa plus grande largeur vers le milieu,
puis assez brusquement rétréci en arrière ; impression discale peu marquée. Elytres
transverses (L/1: 245/375 am), sans ébauche de costulation.
Abdomen très élargi jusqu’au cinquième urite visible (1: 440 um). Sternite du
pygidium du mâle (fig. 182) symétrique, avec au bord postérieur une échancrure
médiane assez large, en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 184)
subsymétrique.
Edéage (fig. 189). Lobe médian volumineux (L/1: 630/230 um), ovoïde, non
déversé latéralement ; apex avec une dent du côté droit (fig. 190). Sac interne avec une
énorme pièce copulatrice tubulaire, de section constante, faisant saillie au repos hors de
l'orifice distal et dépassant l’apex ; surface externe uniformément écailleuse. Paramère
auche accolé au lobe médian sur toute sa longueur, graduellement aminci jusqu'à
apex ; paramère droit soudé au lobe médian à la base, le tiers apical libre, l'apex grêle.
Chétotaxie identique aux deux paramères : six soies distribuées en une seule rangée
apicale.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que du
massif de l'Andringitra. Paratypes : 1 et 1 ©, mêmes indications que pour l'holotype
(MNEN) ; 1 ©, même localité (RCP 225, BFAM, prélèvement n° 256, Mousses au sol),
28-XI-1970 (J.-M. Betsch) (MNHN).
20. Octavius bryophilus n. sp.
Type. — Holotype: 1 ©, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, cirque
Boby, 2 550 m (RCP 225, prélèvement n° 299, Mousses et sol sur dalles rocheuses),
29-X1-1970 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 1,8 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps brun-roux, l'apex des élytres et l'abdomen brun noir, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/l: 285/330 um), à angles temporaux très
arrondis ; front légèrement déprimé entre les calus susantennaires et à impressions peu
marquées. Labre à bord antérieur avec un denticule médian encadré par six dents de
chaque côté. Œil ovalaire (70 X 35 pm), composé de sept à neuf ommatidies
pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 310/360 4m), sa plus grande largeur vers le milieu,
les angles antérieurs très arrondis et les angles postérieurs indistincts. Impression
discale forte vers l'avant, délimitant une fossette médiane, et effacée vers l'arrière ;
impressions latérales profondes. Elytres transverses (L/1: 260/370 am), creusés dans
la région humérale, couverts de granulations brillantes, mais sans costulation apparente.
Abdomen très large (1: 400 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 182) symé-
trique, avec au bord postérieur une large échancrure peu profonde, en forme de U.
Sternite du segment génital du mâle (fig. 186) lancéolé, peu dissymétrique.
Edéage (fig. 191). Lobe médian allongé (L/1 : 605/190 um), la capsule basale peu
volumineuse, déversée vers la droite; partie distale étroite, avec une grosse dent
préapicale du côté droit et un apex en forme de bec (fig. 192). Sac interne constitué par
une pièce copulatrice impaire en forme de massue, de section progressivement élargie
jusqu’à l’apex ; paroi externe uniformément et finement écailleuse. Paramère gauche
accolé au lobe médian sur toute sa longueur et fortement coudé vers le milieu;
paramère droit libre et rectiligne, sauf au quart basal. Chétotaxie : paramère gauche
avec quatre soies, dont trois longues soies préapicales et un microchète apical ;
paramère droit avec trois soies apicales subégales.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 107
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que du massif de
l'Andringitra. Paratypes : 2 & et 1 ®, mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
21. Octavius boryi n. sp.
Type. — Holotype: 1 d, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, vallée
située sous le pic Bory, 2 500 m (RCP 225, FBMP, prélèvement n° 144, Mousses et sol
sous Philippia), 12-XI-1970 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Cette espèce est identique extérieurement à ©. bryophilus.
Sternite du pygidium du mâle symétrique, avec au bord postérieur une large
échancrure médiane peu profonde, en forme de U. Sternite du segment génital du mâle
(fig. 185) un peu plus court que chez l'espèce précédente, dissymétrique, le bord
gauche rectiligne et le bord droit concave dans sa moitié basale.
Edéage (fig. 193). Lobe médian allongé (L/1: 570/205 um), non déversé latéra-
lement: capsule basale volumineuse et moitié distale brusquement rétrécie, l’apex
tridenté (fig. 194). Sac interne avec une pièce copulatrice impaire en forme de tubule,
de section assez irrégulière, sa paroi externe finement écailleuse. Paramère gauche
fortement coudé vers le milieu, l’apex libre et grêle; paramère droit rectiligne.
Chétotaxie identique aux deux paramères : quatre soies apicales subégales.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que du
massif de l’Andringitra. Paratypes : 1 et 3 9, mêmes indications que pour l’holotype
(MNHN) : 1 6, cirque Boby, 2 500 m (RCP 225, HFAM, prélèvement n° 106, sol sous
Graminées), 29-X1-1970 (J.-M. Betsch) (MNHN).
22. Octavius terrigena n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, [pays Betsileo], Ambatofitoharana,
RN 7, pk 292, 1 600 m (tamisage de litière), 12-VI-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Long. 1,6 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément brun-roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 255/290 um), modérément élargie en
arrière, les angles temporaux arrondis ; impressions frontales peu profondes. Labre
(fig. 195) à bord antérieur bien convexe, muni d’un denticule médian encadré de
chaque côté par six dents serrées, irrégulières. Œil réduit à un bourrelet composé de
quatre à sept ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 280/325 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
les angles postérieurs indistincts ; impressions peu accentuées. Élytres transverses
(L/1: 200/330 um), la carène et le sillon posthuméraux forts ; disque à sculpture
confuse, sans ébauche de costulation.
Abdomen régulièrement élargi en arrière jusqu'au cinquième urite visible
(1: 340 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 196) symétrique, le bord postérieur
avec une large échancrure peu profonde en forme de U, munie d’un denticule médian
très net (c’est la seule espèces du genre présentant ce caractère). Sternite du segment
génital du mâle (fig. 197) peu dissymétrique.
Edéage (fig. 198). Lobe médian allongé (L/1: 345/120 um), fortement déversé
vers la droite et aplati dorso-ventralement, l'apex en forme de grande lame portant un
large orifice apical ovalaire. Sac interne globuleux à la base, prolongé par une grande
Source : MNHN, Paris
108 JEAN OROU
épine de section régulière, faisant saillie au repos hors de l’orifice distal. Paramères
grêles, incurvés, le paramère gauche beaucoup plus long que le paramère droit.
Chétotaxie identique aux deux paramères : deux longues soies apicales.
Distribution dans l’île. — Manacascar CENTRE : paratypes : 7 ©, mêmes indica-
tions que pour l’holotype (MNHN) ; 6 &, même localité (FDHMA, tamisage de litière),
15-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Mapacascar Esr : 1 ©, Périnet, forêt de la Grande Ile, 900 m (lavage de terre,
7-VII-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite à Ambatofitoharana avec O. pluto n. sp.
et O. torulosus n. sp. ; à Périnet, avec ©. dajozi n. sp., O. falcifer n. sp. et O. torulosus
n. Sp.
Groupe d'Octavius Ulinaresi
Groupe proche du précédent, constitué d'espèces de petite taille, anophthalmes
ou très fortement microphthalmes, aptères, de coloration pâle. Edéage faiblement
déversé latéralement, à paramères tortueux ou fortement régressés. Foramen basal
relié au sac interne par un tubule contractile sclérifié bien visible, replié en forme de S
au repos. Sac interne constitué d’une pièce tubulaire ou globuleuse impaire, parfois
difficile à distinguer, diaphane ; paroi interne inerme, sans aucun phanère dentiforme.
Orifice distal du lobe médian très grand, transversal ou oblique, laissant à découvert au
repos une grande partie du sac interne.
23. Octavius Ilinaresi n. sp.
Type. — Holotype: 1 &, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, forêt de
Manjakatompo, 1 650 m (tamisage de litière), 24-IX-1973 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Long. 1,0 mm (c’est la plus petite espèce malgache). Aptère et
anophthalme. Coloration : corps et appendices uniformément testacés ; face tergale très
brillante, la sculpture effacée.
Capsule céphalique transverse (L/1 : 170/195 um), un peu élargie en arrière, les
angles temporaux très arrondis. Impressions frontales limitées à deux profondes
fossettes en arrière des calus susantennaires. Labre à bord antérieur convexe, avec un
denticule médian, encadré par six dents de chaque côté. Aucune trace d’ommatidies.
Pronotum faiblement transverse (L/1 : 185/1 95 pm), les bords latéraux parallèles
dans leur moitié antérieure, puis convergents, les angles antérieurs peu marqués et les
angles postérieurs indistinets. Impressions pronotales : impression discale délimitant
une forte dépression ovalaire médiane, et sillons latéraux larges et peu profonds. Elytres
transverses (L/1: 145/200 um), à bords latéraux subparallèles, la fossette et le sillon
posthuméraux nets, le disque densément couvert de granulations brillantes, mais sans
ébauche de costulation.
Abdomen long, faiblement élargi jusqu’au cinquième urite visible (1: 210 um).
Sternite du pygidium du mâle (fig. 199) symétrique, le bord postérieur avec une petite
échancrure médiane peu profonde. Sternite du segment génital du mâle (fig. 200)
symétrique, faiblement acuminé.
Edéage (fig. 201). Lobe médian allongé (L/1: 200/70 um), légèrement déversé
vers la gauche, le calus basal petit, ovalaire. Orifice distal grand, l'apex peu sclérifié.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 109
207 208 209
Figures 205-212 : genre Octavius Fauvel. — 205-206 : labre. — 205 : O. peyrierasi n. sp. —
206 : 0. andohahelo n. sp. — 207-209 : sternites du pygidium et du segment génital du mâle, — 207 :
O. peyrierasi n. sp. — 208 : O. exilis n. sp. — 209 : Ô. andohahelo n. sp. — 210-212 : édéage, face
sternale. — 210 : 0. peyrierasi n. sp. — 211 : O. exilis n. sp. — 212 : 0. andohahelo n. sp. Échelles :
100 um.
Source : MNHN, Paris
110 JEAN OROUSSET
Figures 213-221 : genre Octavius Fauvel. — 213: sternite du pygidium du mâle, (A) O.
monticola n. sp., mâle. — 214 : sternite du segment génital. — 215 : édéage, face sternale. — 216-218 :
O. tortilis n. sp., mâle. — 216 : sternite du segment génital. — 217 : édéage, face sternale. — 218 : apex
du lobe médian, les pièces copulatrices en érection. — 219-221 : 0. rapax n, sp. mâle. — 219:
sternite du pygidium. — 220 : sternite du segment génital. — 221 : édéage. Échelles: 100 pm.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 111
Sac interne avee un tubule rectiligne impair, le tiers apical faisant saillie au repos hors
de l'orifice distal. Paramère gauche long et très élargi, sinueux, contournant le lobe
médian, seul le quart apical étant visible en face sternale. Paramère droit long et grêle,
peu arqué, libre dans sa moitié apicale. Chétotaxie identique aux deux paramères : cinq
courtes soies grossièrement alignées en un seul rang à l'apex.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
station de l'holotype. Paratypes : 1 S et 3 ©, mêmes indications que pour l'holotype
(MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite dans la forêt de Manjakatompo avec O.
pseudopauliani n. sp. et O. distortus n. sp.
24. Octavius betsileo n. sp.
Type. — Holotype : 1 d, Madagascar Centre, [pays Betsileo], Ambatofitoharana,
RN 7, pk 292, 1 600 m (FDHMA, tamisage et lavage de litière), 15-V-1973 (4.
Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,2 mm. Petite espèce grêle, aptère et anophthalme.
Coloration : corps uniformément jaune roux, les appendices testacés ; avant-corps mat,
fortement granuleux.
Tête non transverse (L/1: 210/210 um), les bords latéraux subparallèles dans
leur moitié antérieure, puis nettement convergents, les angles temporaux droits.
Impressions frontales : deux fossettes allongées en arrière des calus susantennaires,
réunies par un faible sillon à une fossette punctiforme médiane située près du bord
antérieur, un sillon longitudinal médian situé au quart basal et atteignant le sillon
occipital. Aucune trace d’ommatidies.
Pronotum transverse (L/1: 210/220 um), les bords latéraux subparallèles dans
leur moitié antérieure, puis convergents. Impressions pronotales fortes : impressions
latérales et fovéoles angulaires postérieures réunies en un unique sillon très profond,
impression discale prolongée vers l'avant par un court sillon longitudinal médian et
reliée en arrière aux fossettes basales internes. Elytres transverses (L/1: 170/230 um),
la fossette et le sillon posthuméraux profonds, le disque avec une ébauche de costu-
lation très nette.
Abdomen assez élargi en arrière (1: 240 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 202) avec le bord postérieur anguleux, muni d’une petite échancrure médiane peu
profonde. Sternite du segment génital du mâle (fig. 203) symétrique, l’apex lancéolé.
Edéage (fig. 204). Lobe médian allongé (L/1: 220/70 um), légèrement déversé
vers la gauche, le calus basal petit et quadrangulaire. Orifice distal grand, occupant tout
le tiers postérieur du lobe médian, le bord distal très peu sclérifié. Sac interne constitué
d'un tubule impair dilaté à l’apex et denticulé. Paramère gauche long et sinueux,
contournant le lobe médian, l’apex seul visible en face sternale. Paramère droit coudé
vers le milieu, la moitié distale accolée au lobe médian, l'apex spatulé. Chétotaxie
identique aux deux paramères : six longues soies apicales subégales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que par
Tholotype.
Observation. — 0. betsileo cohabite dans la localité de l'holotype avec O. pluto
n. sp. O. terrigena n. sp. et O. torulosus n. sp.
Source : MNHN, Paris
112 JEAN OROUSSET
25. Octavius peyrierasi n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, environs de Périnet, station du lac
Vert, XI-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,2 mm. Espèce aptère et anophthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés ; sculpture forte, donnant aux
bords du pronotum et des élytres un aspect crénelé. Habitus: fig. 112.
Capsule céphalique transverse (L/1: 190/210 um). nettement élargie en arrière,
les angles temporaux marqués. Impressions frontales : un sillon longitudinal médian,
accompagné d'une fossette punctiforme près du sillon occipital, et deux fossettes
punctiformes en arrière des calus susantennaires. Labre (fig. 205) à bord antérieur bien
convexe, muni d’un denticule médian encadré de chaque côté par six dents. Aucune
trace d’ommatidies.
Pronotum transverse (L/1: 210/220 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
peu rétréci en arrière. Impressions pronotales fortes, les sillons latéraux très longs et
arqués à la base. Elytres courts (L/1: 160/230 um), le disque avec une ébauche de
costulation oblique très nette.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 240 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 207) symétrique, le bord postérieur arrondi, avec une petite échancrure en forme
de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 207) subsymétrique.
Edéage (fig. 210). Lobe médian très allongé (L 10/70 um), d'aspect foliacé,
peu selérifié, faiblement déversé latéralement, du côté droit ; calus basal petit et apex
aciculé. Sac interne diaphane, aux contours mal délimités. Paramères longs et grêles, le
paramère gauche peu arqué, le paramère droit sinueux, contournant le lobe médian,
l'apex seul visible en face sternale. Chétotaxie identique aux deux paramères : trois
fines soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que par
l'holotype.
Observation. — 0. peyrierasi cohabite dans la localité-type avec 0. dajozi
n. sp.
26. Octavius exilis n. sp.
Type. — Holotype : 1 S', Madagascar Est, massif de l'Andohahelo, sans préci-
sions (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,2 mm. Espèce aptère et anophthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 215/245 um), assez élargie en arrière, les
angles temporaux arrondis. Impressions frontales fortes, constituées de trois sillons
longitudinaux, le sillon médian atteignant le sillon occipital. Labre à bord antérieur
convexe, muni d’un denticule médian encadré de chaque côté par six dents. Aucune
trace d’ommatidies.
Pronotum transverse (L/L: 225 : 260 gum), les bords latéraux subparallèles dans
leur moitié antérieure, puis très rétrécis en arrière, les angles antérieurs et postérieurs
nets. mt pronotales fortement creusées. Elytres transverses (L/1 : 170/260 um),
avec l'ébauche de trois côtes obliques sur le disque.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 113
Abdomen avec sa plus grande largeur au niveau du quatrième urite visible (1:
275 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 208) symétrique, le bord postérieur
anguleux, avec une petite échancrure triangulaire médiane. Sternite du segment génital
du mâle (fig. 208) symétrique, très allongé.
Edéage (fig. 211). Lobe médian très allongé (L/1 : 300/00 um), de forme similaire
à celle de ô peyrierasi, non déversé latéralement, la capsule basale plus large, l'apex
faiblement denté ; calus basal volumineux. Sac interne constitué d’un tubule diaphane
impair, peu distinct. Paramères très longs, le paramère gauche presque rectiligne, le
paramère droit contournant légèrement le lobe médian. Chétotaxie : paramère gauche
muni de cinq soies apicales, et paramère droit muni de quatre soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité de
Tholotype. Paratype : 1 S, mêmes indications que pour lholotype (MNHN).
Observation. — 0. exilis cohabite dans la localité de l'holotype avec
O. andohahelo n. sp. 0. fallax n. sp. et O. parvulus n. sp.
27. Octavius andohahelo n. sp.
Type. — Holotype : 1 d, Madagascar Est, massif de l'Andohahelo, sans précisions
(4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,1 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément brun-roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 195/215 um), peu élargie en arrière, les
angles temporaux nets. Front déprimé entre les calus susantennaires, l'impression
médiane en forme de grand sillon longitudinal atteignant le bord occipital. Labre
(fig. 206) à bord antérieur irrégulier, saillant, muni d’un minuscule denticule médian
encadré de chaque côté par six dents, les dents internes beaucoup plus allongées que
les dents externes. (Œil ovalaire, très petit, composé de quatre à six ommatidies
pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 190/225 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
les angles antérieurs nets et les angles postérieurs indistincts ; impression discale forte.
Elytres transverses (L/1: 155/245 um), les bords latéraux convexes, la carène et le
sillon posthuméraux forts, le disque sans ébauche de costulation.
Abdomen large (1: 265 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 209) symétrique,
assez court, le bord postérieur arrondi, avec une petite échancrure médiane en forme de
U. Sternite du sègment génital du mâle (fig. 209) court, dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 212). Lobe médian ovoïde, de grande taille (L/1: 235/95 um), non
déversé latéralement, avec un grand orifice distal occupant toute la moitié postérieure ;
calus basal volumineux. Sac interne constitué d'un gros tubule faisant saillie au repos,
l'apex avec trois appendices digitiformes réfringents caractéristiques. Paramères
régressés, courts et arqués, accolés au lobe médian et peu sclérifiés. Chétotaxie
identique aux deux paramères : deux minuscules soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité-type.
Paratypes : 2 ©, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
Source : MNHN, Paris
114 JEAN OROUSSET
Observation. — 0. andohahelo cohabite dans la localité-type avec O. exilis n.
sp. 0. fallax n. sp. et O. parvulus n. sp.
Groupe d'Octavius monticola
Espèces de taille moyenne, anophthalmes ou microphthalmes, aptères. Edéage
non déversé latéralement. Canal éjaculateur prolongé dans le lobe médian par un tubule
peu distinct; armature copulatrice constituée de deux grandes lames superposées,
mobiles en abduction. Orifice distal du lobe médian grand, transverse, laissant à
découvert au repos une grande partie des pièces copulatrices.
223 225 226 227
Figures 222-227 : genre Octavius Fauvel, 0. semipiceus Jarrige. — 222: labre. — 223:
métatibia droit. — 224 : sternite du pygidium du mâle, — 225 : tergite du segment génital du mâle. —
226 : sternite du segment génital du mâle. — 227 : tergite du pygidium de la femelle. Echelles : 100 um.
28. Octavius monticola n. sp.
Type. — Holotype: 1 d, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, 2 000 m
(FDHM, tamisage de litière), X-1973 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Long. 1,6 mm. Espèce aptère et anophthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 255/320 um), très élargie en arrière, les
angles temporaux saillants. Impressions frontales constituées d’un sillon longitudinal
médian, bifide vers l'avant, atteignant le sillon collaire en arrière, encadré par deux
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 115
que fossettes oblongues. Labre à bord antérieur avec un denticule médian encadré
le chaque côté par sept dents. Aucune trace d’ommatidies.
Pronotum transverse (L/1: 285/340 um), les angles antérieurs nets, sa plus
grande largeur vers le milieu puis graduellement rétréci en arrière, les angles posté-
rieurs indistincts ; impressions pronotales fortes, l’espace entre l'impression discale et
les sillons latéraux relevé en bourrelet de chaque côté. Elytres larges
(L/1 : 220/345 um), les bords latéraux parfaitement rectilignes, l'angle huméral saillant,
souligné par une fossette humérale punctiforme ; disque déprimé, couvert de granu-
lations brillantes, mais sans ébauche de costulation.
Abdomen peu élargi en arrière, sa plus grande largeur au niveau du troisième
urite visible (1: 350 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 213 A) avec le bord
postérieur anguleux, muni d’une petite échancrure médiane symétrique en forme de V.
Sternite du segment génital du mâle (fig. 214) court, subsymétrique, fortement aciculé.
Edéage (fig 215). Lobe médian allongé (L/1: 420/115 um), non déversé
latéralement. Musculature intrinsèque limitée à la moitié basale de la capsule,
mobilisant deux longues lames très sclérifiées, en partie superposées au repos. Sac
interne avec un tubule médian grêle. Paramères longs, avec la moitié apicale libre.
Chétotaxie identique aux deux paramères : cinq longues soies apicales.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité de
lholotype. Paratypes : 1 Set 2 9, mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite dans la localité-type avec O. ankaratra
n. sp. O. ambitsika n. sp. (et une troisième espèce inédite, de très petite taille,
anophthalme, représentée seulement par des exemplaires femelles).
29. Octavius tortilis n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, station forestière d’Angavokely,
[Carion], 1 700 m (tamisage de litière et lavage de terre), 19-IV-1973 (4. Peyrieras)
(MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément brun roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 235/280 um), fortement élargie en arrière,
les angles temporaux peu marqués: impressions frontales effacées. Labre à bord
antérieur muni d’un denticule médian, encadré de chaque côté par six dents. Œil
ovalaire (45 X 25 um), composé de six à dix ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1 : 265/300 um), avec les angles antérieurs nets, la plus
grande largeur au tiers antérieur et les angles postérieurs peu distincts. Elytres
transverses (L/1: 200/300 um), les bords latéraux convexes, le sillon posthuméral
profond ; disque avec de grosses granulations brillantes, vaguement alignées en une
ébauche de costulation.
Abdomen large (1: 305 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 213) symétrique,
avec au bord postérieur une échancrure très peu marquée, en forme de U. $ternite du
segment génital du mâle (fig. 216) symétrique.
Edéage (fig. 217). Lobe médian ovoïde (L/1: 450/130 um), non déversé latéra-
lement ; calus basal quadrangulaire, peu distinct. Musculature intrinsèque occupant
toute la capsule, servant à mobiliser deux fortes dents insérées près de l’apex : super-
posées au repos, elles se croisent en adduction lors de la copulation (fig. 218) ; la dent
sternale, rectiligne et tubulaire, prolonge le sac interne, le gonopore secondaire
Source : MNHN, Paris
116 JEAN OROUSSET
s’ouvrant peu avant l’apex ; la dent tergale, aveugle et aplatie, est fortement recourbée
en crochet à l’apex. Paramères grêles, soudés au lobe médian sur la majeure partie de
leur longueur et très peu distincts, sauf la petite portion apicale libre. Apex du paramère
gauche dilaté en palette triangulaire, apex du paramère droit lancéolé. Chétotaxie
identique aux deux paramères : un court mierochète apical.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité de l’holotype. Paratypes : 4 S et 2 ©, mêmes indications que pour l’holotype
(MNEN) : 3 d, même localité, 27-XI1-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
30. Octavius rapax n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Est, route de Moramanga à Ambatondra-
zaka, à 10 km à l'Est d'Ambohidray, forêt d’Ankarongambe, 1 050 m (FDHMA, tamisage
de litière), 9-VI-1967 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune paille, les appendices blanchâtres.
Capsule céphalique transverse (LA: 245/285 pm), nettement élargie en arrière,
les angles temporaux très arrondis ; impressions frontales peu marquées. Labre à bord
antérieur convexe, muni d’un denticule médian encadré de chaque côté par six dents.
Œil ovalaire, composé de six à huit ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 270/315 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
puis très rétréci en arrière, les angles postérieurs effacés mais distincts ; impressions
pronotales profondes, surtout latéralement. Elytres transverses (L/1 : 210/335 um), très
convexes latéralement, la carène nette, le sillon posthuméral large et profond ; disque
lisse et brillant, avec quelques granulations vaguement alignées longitudinalement.
Abdomen large (1: 350 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 219) avec une
très large échancrure médiane en forme de U, à fond presque plan. Sternite du segment
génital du mâle (fig. 220) large et triangulaire, peu dissymétrique.
Edéage (fig. 221). Lobe médian foliacé (L/: 395/150 um), aplati dorso-
ventralement, non déversé latéralement; calus basal polygonal, volumineux.
Musculature intrinsèque très développée, occupant les deux-tiers de la capsule basale.
Sac interne avec une armature copulatrice constituée de deux lames superposées,
lapex de structure complexe, avec de nombreuses dents. Paramère gauche large,
rectiligne, l'apex spatulé ; paramère droit long et grêle, sinueux, l'apex divergent.
Chétotaxie identique aux deux paramères : trois soies apicales.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité de l'holotype. Paratypes : 4 © et 2 ©, mêmes indications que pour l’holotype
(MNHN).
Groupe d'Octavius semipiceus
Espèces de grande taille, aptères et microphthalmes. Edéage déversé vers la
droite ou vers la gauche au repos, avec une volumineuse capsule basale ovoïde fortement
muscularisée, prolongée par un ensemble d’apophyses complexes. Sac interne réduit à
un tubule diaphane inerme, très difficilement visible.
Ce groupe comprend cinq espèces affines répandues à haute altitude dans le
massif de l'Ankaratra. L'une de ces espèces semble être plus largement distribuée, se
retrouvant avec des caractéristiques morphologiques identiques à une altitude très
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 117
Figures 228-233 : genre Octavius Fauvel, édéages, face sternale. — 228 : O. semipiceus Jarrige,
et détails de l'apex du lobe médian et du paramère gauche. — 229: idem, moitié distale du lobe
médian, nomenclature des apophyses. — 230 : O. ambitsika n. sp. (holotype), et détail de l'apex de
l'apophyse b de l'exemplaire du prélèvement n° 999. — 231 : O. falcifer n. sp. — 232 : O. distortus n.
sp., et détail de l'apophyse de l'exemplaire du prélèvement n° 1117. — 233 : O. debilis n. sp., et détail
de l'apex du lobe médian. Échelles : 100 um.
Source : MNHN, Paris
118 JEAN OROUSSET
inférieure, dans la région de Périnet. Ces espèces, peu ou pas distinctes extérieurement,
possèdent des édéages présentant un certain nombre de caractères différentiels
constants, portant sur la taille et la forme du lobe médian et de ses apophyses distales ;
la forme des paramères et leur chétotaxie sont invariants. La variabilité individuelle de
l'édéage semble pratiquement nulle pour chaque population étudiée. Le groupe est
constitué d’un complexe de quatre espèces (complexe d’O. semipiceus), ne pouvant être
distinguées que par les proportions des apophyses de l’édéage. Initialement considérées
comme des sous-espèces, le statut d'espèce a été finalement attribué à ces taxa, deux
d’entre eux (0. semipiceus Jarrige et O. distortus n. sp.) semblant cohabiter aux environs
de la station forestière de Manjakatompo. Il faut ajouter à ce complexe d'espèces
©. torulosus n. sp., espèce affine aisément reconnaissable à son édéage inversé, muni
d’apophyses caractéristiques.
Schéma structural de l’édéage des espèces du complexe d'O. semipiceus (fig.
229). — Edéage déversé vers la droite, la capsule basale prolongée par une lame de
forme complexe et un ensemble d’apophyses ; ces dernières sont numérotées de A à E,
de la face sternale à la face tergale de l'édéage :
A — Longue apophyse latérale, insérée du côté gauche dans la région médiane de
la capsule ; elle se divise au quart basal en deux prolongements grêles : Al, apophyse
longitudinale, atteignant ou dépassant l’apex, et A2, apophyse tergale interne, toujours
plus courte.
B — Apophyse sternale médiane, avec une grande embase triangulaire à l’apex de
la capsule, dirigée plus ou moins transversalement et coudée au tiers apical.
C — Lame apicale prolongeant la capsule, fortement aplatie et divisée en trois
lobes principaux (de gauche à droite) : C1, apophyse latérale, formant une bosse peu
protubérante, C2, apophyse médiane et apicale, généralement triangulaire (sauf chez
©. debilis), à l'apex de laquelle s’ouvre le gonopore secondaire, C3, apophyse latérale,
de développement très variable.
D — Gros sclérite en forme de croissant, à la jonction entre la capsule et la lame
apicale C, visible ou non latéralement.
semipiceus | ambitsika falcifer distortus debilis
AI long long long court court
A
A2 court long court long court
# court et long court long. long
grêle et massif | et anguleux | apex foliacé | et massif
GEL peu distinet net effacé net digité
- triangulaire, | triangulaire, | triangulaire, | triangulaire, Fee
© | C2 | opex efflé | apex bifide | crochet apical | apex dentieulé |T#draneulaire
court et
C3 long court et grêle | court et grêle | court et épais | peu distinet
D inapparent apparent apparent apparent apparent
5 long, long, long, court long
apex tuberculé | rectilime incurvé et épais et grêle
TABLEAU VIIL: Genre Octavius Fauvel ; principales différences de conformation de l'apex de
l'édéage des espèces du complexe d' 0. semipiceus (Jarrige).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 119
E — Apophyse tergale médiane, dirigée transversalement et plus ou moins
coudée vers le milieu.
La capsule basale est entièrement remplie par une forte musculature intrinsèque ;
la lame apicale qui la prolonge renferme le sac interne, se présentant sous la forme d’un
tubule diaphane sinueux peu visible et dépourvu de pièces copulatrices, s’ouvrant dans
une concavité dans la région de C2.
Une description détaillée n’est proposée que pour O. semipiceus ; pour les autres
espèces, seuls sont précisés les caractères différentiels, résumés en un tableau pour
lédéage (tableau VI).
31. Octavius semipiceus Jarrige
Octavius semipiceus Jarrige, 1968 : 876, fig. 7.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, massif de l’Ankaratra, station de
Manjakatompo, VII-1956 (R. Paulian) (MNHN).
Description. — Long. 1,9 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
avant-corps jaune roux, l'abdomen rembruni, les appendices testacés (la coloration
uniformément noirâtre de l’holotype est due à une altération post-mortem).
Capsule céphalique transverse (L/1: 290/350 um), peu élargie en arrière, les
angles temporaux arrondis ; région frontale plane entre les calus susantennaires, les
impressions effacées. Labre (fig. 222) à bord antérieur très peu convexe, muni d’un
denticule triangulaire médian, encadré de chaque côté par sept dents. Œil ovalaire
(75 X 40 um), composé de sept à neuf ommatidies pigmentées, irrégulièrement
réparties.
Pronotum transverse (L/1: 330/380 um), régulièrement rétréci en arrière, les
angles antérieurs peu marqués et les angles postérieurs indistincts. Impressions
pronotales : impression discale superficielle, sillons latéraux profonds et fossettes
basales punctiformes. Elytres transverses (L/1: 260/380 um), l'angle huméral arrondi,
le sillon et la carène posthuméraux peu marqués, le disque avec des granulations
dessinant l’ébauche de côtes longitudinales. Métatibias élargis et aplatis dans leur
moitié distale (fig. 223).
Abdomen large (1: 405 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 224) symétrique,
avec au bord postérieur une large échancrure peu profonde, en forme de U. Tergite du
segment génital du mâle (fig. 225) avec de grands processus latéraux à la base. Sternite
du segment génital du mâle (fig. 226) dissymétrique à la base. Tergite du pygidium de la
femelle (fig. 227) fortement acuminé.
Edéage (fig. 228-229). Lobe médian volumineux (L/1: 530/205 um), fortement
déversé latéralement du côté droit, avec un gros calus basal allongé. Apophyse A très
développée, apophyse A1 grêle et torsadée au quart apical, apophyse A2 (brisée chez
l'holotype) courte, parallèle à la précédente, un peu plus épaisse. Apophyse B à embase
large, relativement courte et grêle, le tiers apical coudé à angle droit. Région apicale C
caractéristique, l’apophyse C3 longuement digitée. Sclérite médian D non visible
latéralement. Apophyse tergale E longue et massive, l’apex tuberculé. Paramère gauche
fortement arqué, de section irrégulière, accolé au lobe médian et peu distinet à la base,
l'apex effilé ; paramère droit soudé au lobe médian dans sa moitié basale, puis divergent,
l'apex arrondi. Chétotaxie identique aux deux paramères : trois longues soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Mapacascar CENTRE : Massif de l'Ankaratra. 2 d,
Source : MNHN, Paris
120 JEAN OROUSSET
sans précisions, 2 100 m (FDHM, tamisage de litière), 26-IV-1967 (J.-M. Betsch)
(MNHN).
Observation. — 0. semipiceus cohabite dans la localité-type avec 0. coecus
Jarrige, O. longispinosus n. sp.. O. pauliani Jarrige et O. pseudopauliani n. sp.
32. Octavius ambitsika n. sp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, forêt
d'Ambitsika, 2100 m, 11-IX-1973 (D. Llinarès) (MNHN).
234
Figures 234-237 : genre Octavius Fauvel, 0. torulosus n. sp., mêle. — 234 : métatibia. — 235 :
sternite du pygidium. — 236 : sternite du segment génital. — 237 : édéage. Échelles : 100 um.
Description. — Cette espèce possède des caractères externes et des mensura-
tions identiques à ceux d'O. semipiceus. Elle ne s’en distingue extérieurement que par
sa coloration sombre : avant-corps brun roux foncé, l'abdomen brun-noir, les appendices
testacés ; face tergale très brillante.
Edéage (fig. 230). Lobe médian volumineux (L/1: 560/200 um), la capsule
basale allongée. Apophyse A très longue, moins nettement divergente à la base, non
torsadée et de section irrégulière ; apophyse A2 longue et grêle, légèrement incurvée.
Apophyse B longue, fortement élargie et coudée à angle droit vers le milieu. Région
apicale du lobe médian C assez étroite, l'apophyse C1 mieux individualisée, l’apex C2
bifide, la région C3 courte, dentiforme. Sclérite D visible latéralement sous forme d’une
petite dent. Apophyse E longue et rectiligne, orientée transversalement, l’apex effilé.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 121
Distribution dans l’île. — Mapacascar CENTRE : Massif de l'Ankaratra. Para-
types : 1 Set 5 9, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN) ; 3 © et 3 9, massif
de l’Ankaratra, 2 000 m, X-1973 (D. Llinarès) (MNHN) ; 1 © et 1 9, massif de l'Anka-
ratra, 2 200 m (FDHM, tamisage de litière), 1-X-1967 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Observations. — L’exemplaire mâle provenant de la station située à l'altitude
2 200 m se distingue par son édéage possédant une apophyse B à apex large, foliacé et
denticulé ; tous les autres caractères sont identiques. En l'absence de précisions sur la
localité, les exemplaires de ce prélèvement sont rattachés provisoirement à cette
espèce. O. ambitsika cohabite dans la station d'altitude 2 000 m avec O. ankaratra n.
sp. et O. monticola n. sp.
33. Octavius falcifer n. sp.
Type. — Holotype: 1 d, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, forêt de
Betay, 2 100 m (humus d’épiphytes), 17-IX-1973 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Cette espèce possède les mêmes caractères externes et mensu-
rations que O. semipiceus Jarrige ; elle ne s’en distingue extérieurement que par sa
coloration uniforme, un peu plus sombre.
Edéage (fig. 231). Lobe médian volumineux (L/1 : 545/200 um). Apophyse A très
longue, l’apophyse AI torsadée au tiers apical et l’apophyse A2 en forme de dent courte
et robuste. Apophyse B n’atteignant pas l'apex du lobe médian, de section irrégulière et
de forme caractéristique, avec deux courbures à angle droit, la partie distale en forme
de lame de faux. Région apicale C très développée, l'apex C2 terminé en crochet, la
région C3 en forme de courte dent triangulaire. Sclérite D bien visible latéralement
sous forme d'un gros denticule. Apophyse E très longue, la partie apicale élargie et
incurvée.
Distribution dans l’île. — Mapacascar CENTRE : Massif de l’Ankaratra. Para-
types : 9 © et 8 ©, mêmes indications que pour l’holotype (MNHN) ; 50 © et 329,
même localité (tamisage de litière), 28-V-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Mapacascar Esr : 7 ©’, région de Périnet, forêt de la Grande Ile, 900 m (lavage de
terre), 7-VII-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Observations. — Les exemplaires de la région de Périnet (forêt de la Grande Ile),
récoltés à une altitude plus basse et dans des conditions écologiques différentes, sont
identiques en tous points à ceux du massif de l'Ankaratra. O. falcifer cohabite en forêt
de Betay avec ©. ankaratra n. sp. et O. tenebricosus n. sp. ; en forêt de la Grande Ile
avec O. dajozi n. sp., O. terrigena n. sp. et O. torulosus n. sp.
34. Octavius distortus n. sp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, massif de l’Ankaratra, forêt de
Manjakatompo, 1 650 m (FDHM, litière et sol), 24-IX-1973 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Cette espèce possède les mêmes caractères externes et mensu-
rations que O. semipiceus ; sa coloration est identique. Habitus : fig. 111.
Edéage (fig. 232). Lobe médian de très grande taille (L/1: 580/200 um), la lame
distale très allongée. Apophyse A courte, ne dépassant pas l’apex du lobe médian,
Source : MNHN, Paris
122 JEAN OROUSSET
lapophyse Al rectiligne, avec un petit crochet apical, l’apophyse A2 sinueuse,
proportionnellement assez longue, entièrement masquée en face sternale par le lobe
médian. Apophyse B particulièrement longue, dépassant l’apex du lobe médian, grêle et
sinueuse, l'apex torsadé et foliacé. Région apicale C très allongée, l’'apex C2 denticulé,
la région C3 en forme de courte dent robuste. Sclérite D bien visible latéralement.
Apophyse E courte, entièrement masquée par le lobe médian en face sternale.
Distribution dans l’île. — Mapacascar CENTRE : Massif de l'Ankaratra. Para-
types: 27 © et 17 9, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN) ; 1 ©, station
forestière de Manjakatompo, 13-IV-1969 (H. Franz) (HF); 1 © et 7 9, massif de
T'Ankaratra, 1 950 m (RCP 225, FDHM, prélèvement n° 1 050, litière sous Araliacées),
11-1-1972 (J.-M. Betsch) (MNHN) ; 2 © et 2 Q, massif de l’Ankaratra, 1 900 m (RCP
225, HFAM, prélèvement n° 1 117, litière de Philippia), 22-X-1973 (4. Peyrieras & D.
Llinarès) (MNHN).
Observations. — Les exemplaires mâles provenant du prélèvement n° 1 117, à
l'altitude 1 900 m, diffèrent de ceux de Manjakatompo par un seul caractère au niveau
de l'édéage : l'apophyse E est grêle et légèrement incurvée. En l'absence de précisions
sur la localité de récolte, les exemplaires de ce prélèvement sont rattachés provisoire-
ment à O. distortus. Cette espèce cohabite dans la localité de l’holotype avec 0.
llinaresi n. sp. et O. pseudopauliani n. sp.
35. Octavius debilis n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, forêt aux
environs du lac Froid, 1 800 m (tamisage de litière), 18-IV-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Cette espèce possède les mêmes caractères externes et
mensurations que ©. semipiceus Jarrige ; la coloration est identique.
Edéage (fig. 233). Lobe médian de petite taille (L/1: 460/185 pm), la lame
apicale courte et caractéristique. Apophyse A courte, en grande partie masquée par
l'apex du lobe médian, fortement divergente à la base et divisée en deux branches
seulement après le milieu ; apophyse Al grêle, l’apex recourbé en forme de crochet,
l'apophyse A2 courte et épaisse. Apophyse B grande, dépassant de beaucoup l’apex du
lobe médian, élargie et recourbée vers le milieu, la moitié distale avec un repli
diaphane. Région apicale C remarquable par le développement de ses trois apophyses :
apophyse CI bien individualisée, digitiforme, apophyse C2 en forme de grosse
protubérance fortement denticulée et tuberculée, apophyse C3 courte, formant une
gouttière dans laquelle passe l'apophyse B. Sclérite D bien visible latéralement sous
forme d’une grosse épine. Apophyse E rectiligne, particulièrement grêle.
Distribution dans l’île. — Mapacascar CENTRE : Massif de l’Ankaratra. Cette
espèce n’est connue que de la localité de l'holotype. Paratypes : 15 S et 6 9, mêmes
indications que pour l'holotype (MNHN).
Observation. — O0. debilis cohabite dans la localité de lholotype avec
©. pseudopauliani n. sp.
36. Octavius torulosus n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, [pays Betsileo], Ambatofitorahana,
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 123
RN 7, pk 292, 1 600 m (FDHMA, prélèvement n° Mad. 3 006, tamisage de litière),
15-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,8 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément brun-roux, les appendices testacés.
Mensurations: capsule céphalique L/l: 265/335 um, pronotum L/l:
315/365 um, élytres L/l: 250/370 um, abdomen 1: 395 um.
Extérieurement très proche de O. semipiceus ; les caractères externes distinctifs
sont les suivants. Métatibias (fig. 234) aplatis dans leur moitié distale, mais peu dilatés,
le bord sternal fortement crénelé. Sternite du pygidium du mâle (fig. 235) symétrique,
avec au bord postérieur une échancrure large et peu profonde, en forme de U. Sternite
du segment génital du mâle (fig. 236) fortement dissymétrique à la base, le bord droit
concave.
Edéage (fig. 237). Lobe médian allongé (L/1: 505/195 um), déversé vers la
gauche, avec une volumineuse capsule basale ovoïde, fortement muscularisée,
prolongée par un ensemble complexe d’apophyses ; calus basal discret, le foramen bien
visible. Apophyses distales du lobe médian : une lame triangulaire oblique, prolongeant
le bord sternal de la capsule, trois longues apophyses rectilignes, une grande apophyse
latérale ramifiée, criblée de sensilles. Sac interne constitué d’un gros tubule médian
diaphane, avec un apex bifide, où s'ouvre le gonopore secondaire. Paramère droit
accolé au lobe médian, de section irrégulière, élargi et coudé dans sa région médiane ;
paramère gauche fortement divergent, rectiligne. Chétotaxie : paramère gauche muni à
l’apex de trois soies subégales, paramère droit muni de trois soies apicales, dont deux
longues soies parallèles et une petite soie externe.
Distribution dans l’île. — Mapacascar
18 d', mêmes indications que pour l’holotype (\
12-VI-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Mapacascar Esr : 1 Q, région de Périnet, forêt de la Grande Ile, 900 m (lavage de
terre), 7-VII-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
: Ambatofitorahana. Paratypes :
N); 11 Set 10 9, même localité,
Observation. — Cette espèce cohabite à Ambatofitorahana avec O. linaresi
n. sp. O. pluto n. sp. et O. terrigena n. sp. ; et dans la forêt de la Grande Ile avec
0. dajozi n. sp., O. pseudopauliani n. sp. O. falcifer et n. sp. et O. terrigena n. sp.
Groupe d’Octavius breviceps
Espèces de taille moyenne,microphthalmes et aptères. Edéage allongé, déversé
latéralement, l’'apex avec un ensemble de replis ou d’indentations. Sac interne constitué
d'un tubule impair bien sclérifié, visible depuis le foramen basal, l’apex en forme de
pommeau hérissé de spicules et faisant saillie au repos hors du lobe médian. Orifice
distal du lobe médian de petite taille, masqué par les replis apicaux.
37. Octavius breviceps Jarrige
Octavius breviceps Jarrige, 1968 : 876, fig. 6.
Type. — Holotype : 1 ©, Madagascar Est, Italaviana, au Nord-Est de Fanovana,
750 m, VI-1956 (R Paulian) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
Source : MNHN, Paris
124 JEAN OROUSSET
Figures 238-247 : genre Octavius Fauvel. — 238-240 : O. breviceps Jarrige, mâle. — 238 :
sternite du pygidium. — 239 : sternite du segment génital. — 240 : édéage, face sternale. — 241-242 :
O. dajozi n. sp., mâle. — 241 : sternite du segment génital. — 242 : édéage, face sternale. — 243-245 :
O. madecassus n. sp. mâle. — 243 : sternite du segment génital. — 245 : édéage, face sternale. —
246-247 : O. sculptilis n. sp. mâle. — 246 : sternite du segment génital. — 247 : édéage, face sternale,
et détail de l'apex de la pièce copulatrice. Échelles: 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHE 125
corps uniformément brun roux, les appendices testacé pâle (la coloration tégumentaire
uniformément noirâtre de l’holotype est due à une altération post-mortem).
Tête transverse (L/l : 250/295 um), nettement élargie en arrière, les tempes
arrondi Front déprimé entre les calus susantennaires, les impressions peu
accentuées, constituées de trois courts sillons. Labre à bord antérieur régulièrement
convexe, muni d’un denticule médian encadré de chaque côté par six dents. Œil
saillant, hémisphérique, composé de huit à dix ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 265/320 um), les bords latéraux parallèles dans leur
moitié antérieure, puis fortement convergents, les angles antérieurs et postérieurs nets.
Impression discale effacée et sillons latéraux profonds. Elytres transverses
(L/1: 210/325 um), très convexes latéralement, le disque uniformément couvert de
granulations brillantes, sans ébauche de costulation.
Abdomen large (1: 355 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 238) symétrique,
le bord postérieur avec une large échancrure en forme de U. Sternite du segment génital
du mâle (fig 239) court très dissymétrique à la base.
déage (fig. 240). Lobe médian foliacé (L/1: 320/125 wm), légèrement déversé
vers la droite, l'apex large, de structure complexe, avec un grand nombre de replis très
selérifiés. Orifice distal petit, en position apicale. Sac interne tubulaire, peu dilaté,
l'apex en forme de pommeau denticulé, faisant saillie au repos. Paramères longs et
irréguliers, le paramère gauche fortement élargi et aplati. Chétotaxie identique aux
deux paramères : trois courtes soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité de
l'holotype. Paratypes : 1 &, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
38. Octavius dajozi n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Est, région de Périnet, forêt de la Grande
Ile, 900 m (tamisage de litière), X-1073 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Cette espèce possède les mêmes caractères externes généraux
et les mêmes mensurations que O. breviceps Jarrige. Elle s’en distingue extérieurement
par les caractères suivants : œil ovalaire, un peu plus petit, composé de six à neuf
ommatidies pigmentées. Pronotum très rétréci en arrière, à impression discale bien
marquée. Elytres à granulations fines. Sternite du pygidium du mâle symétrique, avec
une échancrure médiane assez large, en forme de U. Sternite du segment génital du
mâle (fig. 241) court, peu dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 242). Lobe médian foliacé (L/1: 330/120 um), légèrement déversé
vers la droite, avec un gros calus basal. Capsule avec un grand diverticule du côté
gauche, élargi en palette à son extrémité et accolé au paramère gauche. Apex de
structure complexe, l’orifice apical étroit et irrégulier. Sac interne tubulaire, grêle,
l'apex coudé. Paramère gauche incurvé, de section constante, l'apex non dilaté ;
paramère droit élargi vers le milieu, l'apex effilé. Chétotaxie identique aux deux
paramères : deux longues soies apicales subégales.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr: Paratypes : 1 S et 1 9, mêmes
indications que pour l'holotype (MNHN); 1 ©, même localité (lavage de terre),
7-VI1-1974 (D. Llinarès) (MNHN). — 1 © et 1 9, région de Périnet, station du lac Vert,
XI-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Source : MNHN, Paris
126 JEAN OROUSSET
248
249
Figures 248-250 : genre Octavius Fauvel, O. insignis n. sp.. mâle. — 248 : sternite du pygidium.
— 249: sternite du segment génital. — 250 : édéage. Échelle: 100 um.
Mapacascar CENTRE : 1 ©, Massif de l’Itremo (détritus d'inondation), 1-1973
(4. Peyrieras) (MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite en forêt de la Grande Ile avec O. sculptilis
n. sp. 0. pseudopauliani n. sp. O. terrigena n. sp. et O. torulosus n. sp.
39. Octavius madecassus n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, route de Lakato, 1 100 m, VII-1973
(4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Espèce aptère et microphthalme. Coloration : corps brun roux,
les trois derniers urites enfumés, les appendices testacés ; face tergale peu brillante.
Cette espèce possède les mêmes caractères externes principaux et mensurations que
O. dajozi n. sp.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 243) symétrique, le bord postérieur avec une
échancrure large et très peu profonde, en forme de U. Sternite du segment génital du
mâle (fig. 244) assez long, peu dissymétrique à la base.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 127
Edéage (fig. 245). Lobe médian allongé (L/1: 365/110 um), peu aplati dorso-
ventralement, nettement déversé vers la droite. Capsule prolongée du côté gauche par
une épaisse lame subrectangulaire, servant de support au paramère gauche. Apex moins
contourné que chez les espèces précédentes, l'orifice distal étroit Sac interne
tubulaire, grêle, le pommeau apical faiblement denticulé. Paramères accolés au lobe
médian sur toute leur longueur, le paramère gauche large. Chétotaxie identique aux
deux paramères : trois soies, dont un microchète préapical et deux grandes soies
apicales.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité de l'holotype. Paratypes : 5 et 2 ©, mêmes indications que pour l’holotype
(MNEN.
Observations. — Il existe une forme individuelle inversée (un exemplaire), à
édéage exactement symétrique, déversé vers la gauche ; l'inversion est également
décelable au niveau du sternite du segment génital, symétrique de celui de la forme
«normale ».
40. Octavius sculptilis n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, région de Périnet, forêt de la Grande
Ile, 900 m (tamisage de litière), X-1073 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Cette espèce ne peut se distinguer extérieurement d'0. dajozi
n. sp., hormis au niveau du sternite du segment génital du mâle (fig. 246), plus long et
faiblement dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 247). Lobe médian tubulaire (L/1: 375/105 um), déversé vers la
droite ; apex fortement sclérifié, le bord gauche prolongé en grosse dent fortement
striolée, avec à sa base, du côté sternal, un long diverticule en forme de crochet. Sac
interne grêle et rectiligne dans sa moitié distale, faisant saillie au repos, l’apex dilaté en
forme de pommeau hérissé de denticules. Paramères accolés au lobe médian et de
section irrégulière dans leur moitié basale. Chétotaxie identique aux deux paramères :
deux longues soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Manacascar Esr: Paratypes, 1 ©, 2 9, mêmes
indications que pour l’holotype (MNHN).
MapaGascar CENTRE : Route d’Andriamena, forêt d’Andranobe, 1 250 m (tami-
sage et lavage de terre), IX-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Observations. — Il existe une forme individuelle inversée, à édéage exacte-
ment symétrique, déversé vers la gauche ; l'inversion est également décelable au niveau
du sternite du segment génital du mâle, symétrique de celui de la forme « normale ».
©. sculptilis cohabite en forêt de la Grande Ile avec O. dajozi n. sp., O. pseudopauliani
n. sp. O. terrigena n. sp. et O. torulosus n. sp.
41. Octavius insignis n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, forêt d’Ambohiboatavo, à l'Est du
lac de Mantasoa, 1 340 m (lavage de terre et d’humus). 17-X11-1973 (4. Peyrieras)
(MNHN).
Source : MNHN, Paris
128
JEAN OROUSSET
Figures 251-257 : genre Octavius Fauvel. — 251-254: O. cruciatus n. sp. mâle. — 251 :
sternite du pygidium. — 252 : sternite du segment génital. — 253 : édéage, face sternale, et détail des
paramères et de la pièce copulatrice. — 254 : exemplaire à édéage inversé. — 255-257 : 0. gemellus n.
sp. mâle, — 255 : sternite du pygidium. — 256 : sternite du segment génital. — 257 : édéage. Échelles :
100 pm.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 129
Description. — Long. 1,6 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration
sombre : avant-corps uniformément brun roux, l'abdomen enfumé, les appendices
testacés. Espèce plus robuste que les précédentes.
Capsule céphalique transverse (L/1: 265/305 pm), à sillons frontaux accusés.
Œil ovalaire, composé de sept à neuf ommatidies pigmentées.
Pronotum très transverse (L/1: 275/335 pm), les bords latéraux subparallèles
dans leur moitié antérieure, puis très convergents vers la base, les angles nets. Elytres
transverses (L/1 : 225/345 am), la carène et le sillon posthuméraux marqués, le disque
granuleux, sans ébauche de costulation.
Abdomen modérément élargi en arrière (1: 350 um). Sternite du pygidium du
mâle (fig. 248) symétrique, le bord postérieur avec une large échancrure très super-
ficielle, en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 249) large, triangulaire,
faiblement dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 250). Lobe médian allongé (L/1: 360/110 um), peu aplati dorso-
ventralement, déversé vers la gauche ; calus basal volumineux, triangulaire, surmonté
par un bourrelet entourant le foramen basal. Moitié distale complexe, avec une grande
dent incurvée à angle droit et un apex cruciforme ; orifice distal étroit et profond. Sac
interne constitué d’un large tubule, faisant saillie au repos, l'apex crénelé. Paramères
longs, accolés au lobe médian et indistinets à la base, l'apex spatulé. Chétotaxie
identique aux deux paramères : deux courtes soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité de l'holotype. Paratypes : 5 S', mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
Observations. — Il existe une forme individuelle inversée, à édéage
exactement symétrique, déversé vers la droite ; l’inversion est également décelable au
niveau du sternite du segment génital du mâle, symétrique de celui de la forme
«normale ». O. insignis cohabite dans la localité de l'holotype avec O. cruciatus n. sp. et
O0. gemellus n. sp.
42. Octavius cruciatus n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, forêt d’Ambohiboatavo, à l'Est du
lac de Mantasoa, 1 350 m (lavage de terre et d’humus), 17-XI1-1973 (4. Peyrieras)
(MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 235/280 um), peu élargie en arrière, les
tempes arrondies. Sillon frontal médian et fossettes latérales très profonds. Labre à bord
antérieur convexe, avec un denticule médian encadré de chaque côté par cinq dents.
Œil très allongé (50 X 15 um), composé de quatre à sept ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 255/295 pm), nettement plus large que la capsule
céphalique, les bords latéraux subparallèles dans leur moitié antérieure, puis très
convergents en arrière, les angles postérieurs indistincts. Impressions pronotales fortes,
surtout les fovéoles latérales. Elytres larges (L/1: 205/305 um), latéralement très
convexes, le sillon posthuméral profond, bordé par une carène externe nette ; disque
couvert de gros granules brillants.
Abdomen régulièrement élargi en arrière jusqu'au quatrième urite visible
(1: 315 um).
Source : MNHN, Parise
130 JEAN OROUSSET
Il existe dans le même prélèvement deux sortes d'individus mâles, en proportions
équivalentes : individus «normaux » et individus à terminalia et genitalia «inversés »,
l'inversion ne se limitant pas à l'édéage, mais étant décelable également au niveau de
l'apex de l'abdomen, les deux derniers urites étant nettement dissymétriques. La forme
normale est choisie arbitrairement chez les individus ayant un édéage avec le sac
interne dirigé et ouvert du côté droit, comme chez la plupart des espèces malgaches.
Forme normale :
Sternite du pygidium du mâle (fig. 251) avec au bord postérieur une échancrure
large et profonde, fortement dissymétrique, déviée vers la droite. Sternite du segment
génital du mâle (fig. 252) court et large, faiblement aciculé, fortement dissymétrique :
bord droit rectiligne et bord gauche convexe ; le sternite porte en outre une forte
impression interne en arc de cercle, bien visible par transparence, dans laquelle vient
s'insérer au repos la dent apicale du lobe médian.
Edéage (fig. 253). Lobe médian tubulaire, très allongé (L/1: 435/165 um), peu
déversé latéralement, très sclérifié. Calus basal volumineux ; musculature intrinsèque
limitée au tiers basal de la capsule. L'apex du lobe médian porte des apophyses
complexes (ce qui permet de déceler immédiatement l'inversion). Sac interne réduit à
un tubule diaphane, terminé en conque où s'ouvre le gonopore secondaire, faisant
saillie au repos du côté droit de l’édéage. Paramères remarquables par leur forte
dissymétrie et leur chétotaxie. Paramère gauche fusionné à la base avec le lobe médian,
la moitié apicale élargie en forme de palette triangulaire ; chétotaxie: deux soies
préapicales internes et un grand macrochète apical externe. Paramère droit fusionné à
la base au lobe médian, puis distinct, coudé à angle droit et élargi, avec une cupule
apicale ; chétotaxie : un grand macrochète au bord interne de la courbure et deux soies
recourbées en forme de crochets, au niveau de la cupule apicale.
Forme inversée :
Pygidium, segment génital et édéage exactement symétrique de ceux de la forme
précédente. Sternite du pygidium du mâle avec l'échancrure déviée du côté gauche.
Sternite du segment génital du mâle avec le bord droit convexe et le bord gauche
rectiligne, l'impression interne déviée vers la droite.
Edéage (fig. 254) parfaitement symétrique de celui de la forme précédente,
l'inversion s’observant au niveau des apophyses et des plages de sensilles du lobe
médian, du gonopore s’ouvrant du côté gauche, des paramères et de leur chétotaxie.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité-type. Paratypes : 18 S', mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
Observations. — La présence dans le même prélèvement de deux formes à
terminalia et genitalia parfaitement symétriques amène à les considérer comme deux
formes individuelles de la même espèce. Les femelles sont indifférenciables. L'holotype
est choisi arbitrairement parmi les individus de la forme normale, à gonopore
secondaire s’ouvrant du côté droit. O. cruciatus cohabite dans la localité de l'holotype
avec O. insignis n. sp.
43. Octavius gemellus n. sp.
Type. — Holotype : 1 9, Madagascar Centre, forêt d'Ambohiboatavo. à l'Est du
lac de Mantasoa, 1 400 m (tamisage de litière), 30-11-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 131
Description. — Cette espèce est extérieurement identique en tous points à la
forme inversée d'O. cruciatus n. sp.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 255) dissymétrique, le bord postérieur avec
une échancrure déviée du eôté droit. Sternite du segment génital du mâle (fig. 256)
dissymétrique, avec le bord droit convexe et le bord gauche rectiligne.
Edéage (fig. 257) identique au niveau de la capsule du lobe médian et des
paramères à celui de la forme inversée d’O. cruciatus. Le paramère droit est seulement
2080
259
Figures 258-261 : genre Octavius Fauvel. — 258-260 : O. gutierrezi gutierrezi n. subsp., mâle.
— 258 : sternite du pygidium. — 259 : sternite du segment génital. — 260 : édéage, face sternale. —
261 : O. gutierrezi longulus n. subsp. mâle, édéage, face sternale. Échelles : 100 um.
plus large et le paramère gauche un peu plus grêle, sans modification de la chétotaxie.
L’apex du lobe médian est par contre très différent par la forme de ses apophyses :
apophyse interne avec un large lobe basal supplémentaire, et apophyse distale sans
diverticule basal.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité de
lholotype. Paratypes : 5 © et 5 ®, mêmes indications que pour lholotype (MNHN).
Observations. — 0. gemellus peut être considéré comme une espèce affine de
0. cruciatus n. sp., issue de sa forme inversée et vraisemblablement isolée dans une
autre station de la forêt d’Ambohiboatavo.
Source : MNHN, Paris
132 JEAN OROUSSET
Groupe d'Octavius gutierrezi
Groupe monospécifique, érigé pour une espèce microphthalme et aptère,
présentant un ensemble de caractères originaux au niveau de l'édéage. Apex du lobe
médian fortement crénelé ; sac interne avec plusieurs pièces copulatrices distinctes,
insérées dans la région médiane. Le tubule reliant ces pièces au foramen basal n’est pas
visible sur les exemplaires examinés. Orifice distal du lobe médian non mis en évidence.
44. Octavius gutierrezi n. sp.
Deux sous-espèces :
44 a. Octavius gutierrezi gutierrezi n. subsp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, tampoketsa d’Ambohitantely, au
Nord d’Ankazobe, 1 550 m (FDHMA, tamisage de litière), 10-VIII-1967 (J. Gutierrez)
(MNEN.
Description. — Long. 1.4 mm. espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément roux testacé pâle, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 235/275 um), peu élargie en arrière, les
angles temporaux accentués. Labre à bord antérieur convexe, muni d’un denticule
médian encadré de chaque côté par six dents. Œil peu allongé (40 X 25 pm), composé
de cinq à huit ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1 : 260/290 um), les impressions latérales profondes et
les impressions médianes normales. Elytres avec une grosse fossette posthumérale,
prolongée en un sillon; disque très brillant, avec des granules vaguement alignés,
dessinant une ébauche de costulation.
Abdomen large (1: 320 sm). Sternite du pygidium du mâle (fig. 258) symétrique,
avec au bord postérieur une échancrure large et très peu profonde, en forme de U.
Sternite du segment génital du mâle (fig. 259) faiblement dissymétrique.
Edéage (fig. 260). Lobe médian allongé (L/1: 375/140 um), peu aplati et non
déversé latéralement. Calus basal volumineux ; côté droit du lobe médian avec un
sclérite semicireulaire supportant l’apex du paramère droit ; région apicale avec le côté
droit fortement crénelé, muni de dix dents. Sac interne avec un ensemble de pièces
copulatrices faisant saillie au repos hors du lobe médian ; pièce apicale en forme de
stylet, portant le gonopore secondaire. Paramères diaphanes, accolés au lobe médian
mais bien distincts, l’apex spatulé. Chétotaxie : paramère gauche muni de trois soies
apicales subégales, paramère droit muni de deux longues soies apicales.
Distribution dans l’île. — Cette sous-espèce n’est connue que de la localité
de Fholotype. Paratype : 1 9, même localité, 24-1-1969 (J. Cutierrez) (MNHN).
44 b. Octavius gutierrezi longulus n. subsp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, route de Moramanga à Ambatondra-
zaka, à 10 km à l'Est d'Ambohidray, forêt d'Ankarongambe, 900 m (FDHMA, tamisage
de litière), 9-VI-1967 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Cette sous-espèce se distingue de la-sous-espèce nominative
par les caractères suivants :
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 133
Elytres à bords latéraux presque rectilignes, l'angle huméral marqué, la fossette
posthumérale entamant la carène latérale.
Sternite du pygidium du mâle avec, au bord postérieur, une échancrure médiane
encore plus superficielle.
Edéage (fig. 261). Lobe médian de forme identique (L/1: 380/140 um), l’apex
avec une série de huit denticules. Sac interne avec un ensemble complexe de pièces
copulatrices, la pièce sternale avec un grand crochet faisant saillie sur le côté gauche du
lobe médian, la pièce apicale très effilée. Paramères sans caractères distinctifs.
Distribution dans l’île. — Cette sous-espèce ne m'est connue que de la
localité de l’holotype. Paratype : 1 9, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
Groupe d'Octavius pauliani
Espèces de taille moyenne, microphthalmes et aptères. Edéage ‘avec le lobe
médian déversé vers la droite. Foramen basal relié au sac interne par un tubule grêle et
diaphane, peu distinct, non replié en S au repos. Sac interne constitué d’une pi
copulatrice volumineuse impaire, insérée dans la région moyenne du lobe médian.
Orifice distal du lobe médian petit, masqué par les replis apicaux.
45. Octavius pauliani Jarrige
Octavius pauliani Jarrige. 1968 : 875, fi
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, station de
Manjakatompo, VII-1957 (R. Paulian) (MNHN,).
Description. — Long. 1,4 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément roux testacé, les appendices à peine éclaircis.
Capsule céphalique transverse (L/1 : 240/260 um), les côtés subparallèles et les
angles temporaux nets. Front très peu déprimé entre les calus susantennaires, avec une
impression longitudinale courte et peu profonde, et deux fossettes punctiformes petites
et profondes en arrière des calus susantennaires. Labre à bord antérieur peu convexe,
muni d’un denticule médian encadré de chaque côté par six dents. ti ovalaire,
composé de six à huit ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1 : 260/300 um), sa plus grande largeur au tiers antérieur,
puis bien rétréci à la base, les angles antérieurs et postérieurs indistinets. Impression
discale creusée à la base, reliée aux fossettes basales internes, et légèrement prolongée
vers l'avant en un sillon longitudinal, n’atteignant pas le bord antérieur du pronotum ;
sillons latéraux profonds. Elytres transverses (L/1: 210/300 um), l'angle huméral, la
carène et le sillon posthuméral peu marqués ; disque couvert de granulations brillantes,
sans ébauche de costulation. Métatibias légèrement spatuliformes à l’apex.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 305 um). Sternite du pygidium du mâle
symétrique, le bord postérieur avec une échancrure médiane large et très peu profonde.
Sternite du segment génital du mâle court, faiblement dissymétrique à la base.
Edéage fe 262). Lobe médian allongé (L/1: 395/135 um), déversé vers la
droite, aplati dorso-ventralement ; calus basal petit, ovalaire. Apex en forme de lame
effilée, avec un orifice distal de forme complexe, muni d’une grande échancrure en face
sternale. Sac interne prolongé par une grande lame faisant saillie au repos hors du lobe
médian, le bord externe denté, le gonopore secondaire petit, bien visible vers le tiers
postérieur. Paramères remarquables par leur forme et leur dissymétrie accentuée.
Source : MNHN, Paris
134 JEAN OROUSSET
Figures 262-270 : genre Octavius Fauvel. — 262: 0. pauliani Jarrige, mâle, édéage, face
sternale, et détail du paramère gauche. — 263-265 : O. betschi n. sp. mâle. — 263: sternite du
pygidium. — 264 : sternite du segment génital. — 265 : édéage, face sternale, et détail du paramère
gauche. — 266 : sternite du pygidium du mâle, 0. pseudopauliani n. sp. et O. pluto n. sp. — 267-268 :
©. pseudopauliani n. sp., mâle. — 267 : sternite du segment génital. — 268 : édéage. — 269-270 : 0.
pluto n. sp., mâle. — 269 : sternite du segment génital. — 270 : édéage, face sternale. Échelles : 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 135
Paramère gauche indistinct à la base, élargi dans sa moitié distale ; chétotaxie : deux
grosses soies, la soie externe très robuste à la base, plus un long phanère apical
digitiforme. Paramère droit presque rectiligne, l’apex peu élargi: chétotaxie : deux
longues soies apicales et un phanère dentiforme plus court.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
station forestière de Manjakatompo. Paratype: 1 ©, mêmes indications que pour
lholotype (MNHN).
Observations. — La série type d'O. pauliani, hétérogène, comprenait douze
paratypes (6 S et 6 9): 5 se rapportent à deux espèces inédites, O. longispinosus
n. sp. et O. pseudopauliani n. sp. ; les femelles des trois espèces sont indifférenciables.
©. pauliani cohabite dans la localité de l'holotype avec 0. coecus Jarrige, O. longis-
pinosus n. sp., O. pseudopauliani n. sp. et O. semipiceus Jarrige.
46. Octavius betschi n. sp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, tampoketsa d’Ambohitantely, au
Nord d’Ankazobe, 1 550 m (FDHMA, tamisage de litière), 10-IV-1967 (J.-M. Betsch)
(MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Cette espèce, aptère et microphthalme, est très
semblable extérieurement à 0. pauliani Jarrige. Coloration : corps uniformément jaune
roux pâle, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 225/265 um), peu élargie en arrière, les
angles temporaux nets. Œil très allongé, composé de quatre à six ommatidies
pigmentées.
Pronotum transverse (L/l: 255/285 um), sa plus grande largeur au tiers
antérieur, puis très progressivement rétréci à la base, les angles postérieurs indistincts.
Elytres transverses (L/L: 200/290 um), la carène et le sillon posthuméral peu marqués,
le disque avec une ébauche de costulation longitudinale.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 305 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 263) légèrement dissymétrique, le bord postérieur avec une échancrure étroite et
peu profonde, en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 264) court, peu
dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 265). Lobe médian allongé (L/1: 390/115 um), déversé vers la
droite, la capsule basale peu volumineuse, l'apex avec une grande dent incurvée et un
petit denticule latéro-externe à la base. Orifice distal de forme complexe, avec une
profonde échancrure sternale. Sac interne prolongé par une grosse lame subrectan-
gulaire, avec un bourrelet apical au niveau duquel s'ouvre le gonopore secondaire, ce
dernier de petite taille. Paramères fortement dissymétriques. Paramère gauche élargi
dans sa région distale ; chétotaxie : une seule soie latérale courte et épaisse, plus un
phanère digitiforme court. Paramère droit peu élargi à l’apex : chétotaxie : deux soies
latérales et un phanère digitiforme recourbé, massif.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que du tampoketsa
d'Ambobhitantely. Paratypes : 3 S et 5 Q, mêmes indications que pour l'holotype
(MNHN).
Source : MNHN, Paris
136 JEAN OROUSSET
47. Octavius pseudopauliani n. sp.
Type. — Holotype: 1 &', Madagascar Centre, massif de l’Ankaratra, station de
Manjakatompo, VII-1957 (R. Paulian) (MNHN).
Description. — Cette espèce est extérieurement semblable à ©. pauliani
Jarrige, avec lequel elle cohabite et était confondue jusqu'à présent ; seule la face
sternale de l’apex de l'abdomen du mâle présente quelques différences.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 166) symétrique, le bord postérieur avec une
échancrure médiane large et profonde, en forme de U. Sternite du segment génital du
mâle (fig. 267) très peu dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 268). Lobe médian foliacé (L/1: 320/110 um), nettement déversé
latéralement du côté droit, le calus basal très allongé et peu saillant. Apex du lobe
médian prolongé par une grande apophyse latérale torsadée de chaque côté, encadrant
un grand orifice distal. Sac interne prolongé par une grande lame striolée, avee un
diverticule apical, au niveau duquel s'ouvre le gonopore secondaire, ce dernier peu
distinct. Paramères spatulés, le paramère gauche accolé au lobe médian, le paramère
droit divergent. Chétotaxie identique aux deux paramères : quatre soies apicales.
Distribution dans l’île. — Mapacascar CENTRE: Massif de l'Ankaratra.
Paratypes : 2 S, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN); 2 &, massif de
l'Ankaratra, forêt de Manjakatompo, 24-IX-1973 (D. Llinarès) (MNHN) : 2 d et 1 ©,
massif de l'Ankaratra, forêt aux environs du lac Froid, 1 800 m (tamisage de litière),
18-IV-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Observations. — Cette espèce cohabite à Manjakatompo avec ©. coecus
Jarrige, 0. pauliani Jarrige, 0. longispinosus n. sp., O. semipiceus Jarrige et O. distortus
n. sp.; au lac Froid avec O. debilis n. sp.
48. Octavius pluto n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Centre, [pays Betsileo], Ambatofitoharana,
RN 7, pk 292, 1 600 m (tamisage de litière en forêt, 12-VI-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 255/295 um), peu élargie en arrière, les
angles temporaux arrondis. Front avec une dépression circulaire peu marquée entre les
calus susantennaires, les impressions effacées. Œil allongé, composé de sept omma-
tidies pigmentées. :
Pronotum transverse (L/1 : 280/335 um), régulièrement convexe latéralement, sa
plus grande largeur vers le milieu, les angles antérieurs et postérieurs indistinets ;
impressions assez profondes. Elytres transverses (L/1: 225/340 um), la carène et le
sillon posthuméral nets, le disque couvert de grosses granulations brillantes, nettement
alignées en une ébauche de costulation longitudinale.
Abdomen assez large (1: 350 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 266)
symétrique, le bord postérieur avec une échancrure médiane large et peu profonde, en
forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 269) fortement dissymétrique à la
base.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 137
Edéage (fig. 270). Lobe médian ovoïde (L/1: 340/115 um), faiblement déversé
latéralement du côté droit, avec un calus basal volumineux ; région apicale de structure
complexe, munie de quatre apophyses superposées. Sac interne prolongé par une lame
assez étroite, à apex bifide, le gonopore secondaire de petite taille, s’ouvrant entre les
dents apicales. Paramère gauche accolé au lobe médian et fortement coudé, progres-
sivement élargi jusqu'à l'apex, ce dernier tronqué et anguleux: paramère droit
divergent, rectiligne, l’apex non dilaté. Chétotaxie identique aux deux paramères : trois
soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité de l'holotype. Paratypes: 40 S, mêmes indications que pour l’holotype
(MNHN) ; 154 9, même localité (FDHM. tamisage de litière), 15-V-1973 (4. Peyrieras)
(MNEN).
Observations. — Cette espèce cohabite dans la localité-type avec O. Hinaresi
n. sp. O. terrigena n. sp. et O. torulosus n. sp.
49. Octavius venator n. sp.
Type. — Holotype: 1 S', Madagascar Centre, forêt de Tsarafidy, aux environs
d'Ambohimahasoa, 1 450 m (FDHM, tamisage de litière), 9-111-1967 (J.-M. Betsch)
(MNEN.
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 245/285 um), modérément élargie en
arrière, les angles temporaux nets ; front peu déprimé entre les calus susantennaires, les
impressions médianes effacées. Œil ovalaire, composé de sept à neuf ommatidies
pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 275/310 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
les angles antérieurs nets et les angles postérieurs effacés. Élytres transverses
(L/1: 210/315 um), le sillon posthuméral profond, le disque avec une vague ébauche de
costulation longitudinale.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 310 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 271) légèrement dissymétrique, le bord postérieur avec une large échancrure
médiane anguleuse, en forme de U à fond plat. Sternite du segment génital du mâle
(fig. 272) court, dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 273). Lobe médian foliacé (L/1: 310/140 um), fortement aplati
dorso-ventralement, déversé vers la droite, avec un très gros calus basal. Moitié distale
complexe, l'orifice apical grand, masqué en face sternale par un ensemble d’apophyses
fortement contournées. Sac interne prolongé par une grande pièce irrégulière, faisant
saillie au repos, avec à l’apex un tubule très sclérifié où s'ouvre le gonopore secondaire.
Paramères longs, non élargis à l’apex, le paramère gauche accolé à une apophyse de la
capsule du lobe médian, le paramère droit un peu divergent. Chétotaxie identique aux
deux paramères : trois soies apicales, dont deux soies internes et un microchète.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que de la localité de
lholotype. Paratype : 1 ©, mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
Source : MNHN, Paris
138 JEAN OROUSSET
272 274
Figures 271-275 : genre Octavius Fauvel. — 271 : sternite du pygidium du mâle, O. venator n.
sp et O. longispinosus n. sp. — 272-273 : 0. venator n. sp., mâle. — 272 : sternite du segment génital.
— 273 : édéage, face sternale. — 274-275 : O. longispinosus n. sp.. mâle. — 274 : sternite du segment
génital. — 275 : édéage, face sternale. Échelles: 100 um.
50. Octavius longispinosus n. sp.
Type. — Holotype : 1 ', Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, station de
Manjakatompo, VII-1956 (R. Paulian) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés. Peu distinct extérieurement
de ©. pauliani Jarrige, avec lequel elle cohabite et avait été confondue jusqu’à présent,
hormis au niveau de l’apex abdominal du mâle.
Abdomen modérément élargi jusqu'au cinquième urite visible, fortement
acuminé chez le mâle, remarquable par l'allongement du segment génital, en corré-
lation avec l'allongement de l'édéage. Sternite du pygidium du mâle (fig. 271) symé-
tique, le bord postérieur avec une large échancrure médiane peu profonde, en forme
de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 274) très allongé, dissymétrique à la
base.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 139
Edéage (fig. 275). Lobe médian très allongé (L/1: 500/130 um), déversé vers la
droite ; calus basal de petite taille. Capsule basale proportionnellement très petite,
prolongée de part et d'autre de l’orifice apical par une grosse dent. Sac interne prolongé
par une grande lame munie d’un très long prolongement digitiforme, à l’apex duquel
s'ouvre le gonopore secondaire, peu visible. Paramères grêles, bien distincts du lobe
médian, le paramère gauche incurvé et le paramère droit rectiligne. Chétotaxie
identique aux deux paramères : quatre fines soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité-type. Paratypes : 2 , mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
Observations. — Cette espèce cohabite dans la localité-type avec O. coecus
Jarrige, O. pauliani Jarrige, 0. pseudopauliani n. sp. et O. semipiceus Jarrige.
51. Octavius tenebricosus n. sp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, massif de l’Ankaratra, forêt de
Betay, 2 100 m (tamisage de litière), 28-V-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Long. 1,4 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration
remarquable, sombre et non uniforme : tête et élytres brun roux, pronotum et abdomen
brun noir, appendices testacés. Tête et pronotum finement granuleux, assez brillants ;
élytres et abdomen très brillants.
Capsule céphalique transverse (L/1: 215/265 um), les bords latéraux
subparallèles, les angles temporaux très marqués. Front avec une dépression ovalaire
entre les calus susantennaires, les impressions médianes effacées. Labre à bord
antérieur plan, muni d’un denticule médian encadré de chaque côté par six dents. Œil
assez grand, ovalaire, composé de huit à dix ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 250/270 um), latéralement bien convexe, les angles
antérieurs nets et les angles postérieurs indistincts ; impressions superficielles. Elytres
transverses (L/1: 180/280 um), le calus huméral volumineux, la carène et le sillon
posthuméral forts ; disque couvert de gros granules épars, sans trace de costulation.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 200 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 276) symétrique, le bord postérieur avec une échancrure médiane large et peu
profonde, en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 277) dissymétrique à
la base.
Edéage (fig. 278). Lobe médian allongé (L/1: 280 um), déversé vers la droite,
avec un gros calus basal saillant. Capsule avec une grosse dent du côté sternal et un
apex denté latéralement. Sac interne prolongé par une grande lame à apex mousse, très
saillante au repos, le gonopore secondaire s’ouvrant latéralement vers le tiers apical.
Paramères longs, accolés à la base au lobe médian, puis divergents, non dilatés à l'apex.
Chétotaxie identique aux deux paramères : trois courtes soies apicales.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité de l’holotype. Paratypes : 1 © et 2 9, mêmes indications que pour l'holotype
(MNEN).
Observations. — Cette espèce cohabite dans la localité-type avec O. ankaratra
n. sp. et O. falcifer n. sp.
Source : MNHN, Paris
140 JEAN OROUSSET
52. Octavius ankaratra n. sp.
Type. — Holotype: 1 S, Madagascar Centre, massif de l’Ankaratra, forêt de
Betay, 2 100 m (humus d'épiphytes), 17-IX-1973 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 220/265 pm), très élargie en arrière, les
angles temporaux saillants ; front avec des impressions profondes, surtout le sillon
médian. Labre à bord antérieur peu convexe, muni d’un denticule médian encadré de
chaque côté par six dents. Œil allongé, peu nettement délimité, composé de cinq à sept
ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 245/275 pm), latéralement bien convexe, les angles
antérieurs et postérieurs peu distincts ; impression discale forte. Elytres transverses
(L/1: 185/270 um), la carène et le sillon posthuméral peu marqués, le disque couvert
de granulations vaguement alignées.
Abdomen large (1: 290 um). Sternite du pygidium du mâle (fig, 279) symétrique,
le bord postérieur avec une échancrure médiane large et superficielle, en forme de U.
Sternite du segment génital du mâle (fig. 280) allongé, peu dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 281). Lobe médian allongé (L/1: 320/110 pm), la moitié apicale
fortement aplatie dorso-ventralement, déversée vers la droite, le calus basal volumineux.
Sac interne prolongé par une grande lame quadrangulaire avec un bourrelet apical et un
diverticule membraneux peu visible, à l'apex duquel s'ouvre le gonopore. Paramères
robustes, peu recourbés. Chétotaxie identique aux deux paramères: quatre soies
apicales subégales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Mapacascar CenrRe: Massif de lAnkaratra.
Paratypes : 1 , mêmes indications que pour l'holotype (MNHN) ; 8 S, massif de
l'Ankaratra, sans précisions, 2 000 m (tamisage de litière), X-1973 (D. Llinarès)
(MNEN).
Mapacascar Esr : 1 d', région de Périnet, forêt de la Grande Ile, 900 m (lavage de
terre), 7-VII-1974 (D. Llinarès) (MNHN).
Observations. — Cette espèce cohabite en forêt de Betay avec O. falcifer
n. sp. ; dans la station de l'Ankaratra, située à l'altitude 2 000 m, avec O. monticola n.
sp. et O. ambitsika n. sp. ; dans la forêt de la Grande Ile avec O. dajozi n. sp, O. falcifer
n. sp. O. terrigena n. sp. et O. torulosus n. sp.
53. Octavius puthzianus n. sp.
Type. — Holotype: 1 ©, Madagascar Centre, [Sud-Est d’Ambatolampy],
Tsinjoarivo (tamisage de litière), 25-VI-1074 (D. Llinarès) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément roussâtre, les appendices testacés. Avant-corps finement
granuleux, mat.
Capsule céphalique transverse (L/1: 230/270 um), très élargie en arrière, les
angles temporaux arrondis ; impressions frontales petites et peu profondes. (Œil allongé,
composé de six ommatidies pigmentées.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 141
Pronotum transverse (L/1: 260/300 um), sa plus grande largeur au tiers
antérieur, les impressions bien marquées. Elytres transverses (L/1: 210/300 um), la
carène et le sillon posthuméral effacés, le disque sans gros granules épars.
Abdomen large (L: 320 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 282) symétrique,
le bord postérieur muni d’une échancrure médiane large et peu profonde, en forme de
U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 283) grand, dissymétrique.
Edéage (fig. 284). Lobe médian allongé (L/1: 440/130 um), déversé vers la
droite. Sac interne peu distinct, avec une pièce apicale masquée par les apophyses
distales du lobe médian. Paramère gauche brisé chez le seul exemplaire connu ;
paramère droit long, l'apex incurvé et spatulé ; chétotaxie : trois soies apicales.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l’holotype.
54. Octavius ferus n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, forêt de Vanjamanitra, à 8 km au
Sud-Est d’Anjozorobe, 1 380 m (prélèvement n° 857, FDHMA, tamisage de Mousses),
10-V-1967 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 1,3 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément jaune-roux, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse (L/1: 215/240 um), peu élargie en arrière, les
tempes anguleuses. Impressions frontales constituées de trois courts sillons. Labre à
bord antérieur régulièrement convexe, muni d’un denticule médian encadré de chaque
côté par six dents. Œil ovalaire, composé de cinq à huit ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 225/255 pm), sa plus grande largeur vers le milieu,
puis très rétréci en arrière, les angles postérieurs nets. Elytres transverses (L/1:
180/265 pm), la carène et le sillon posthuméraux peu marqués, le disque couvert de
granulations brillantes, sans ébauche de costulation.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 270 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 285) avec, au bord postérieur, une étroite échancrure médiane, en forme de U à
fond arrondi. Sternite du segment génital du mâle (fig. 286) dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 287). Lobe médian réniforme (L/1: 245/75 um), fortement déversé
vers la droite, le calus basal allongé. Orifice apical situé latéralement, encadré par deux
grandes dents transversales. Sac interne indistinct à la base, l'armature copulatrice
constituée d’un gros tubule sinueux, faisant saillie au repos hors de l'orifice apical.
Paramère gauche petit, incurvé, effilé à l’apex ; paramère droit fort, long et sinueux,
l'apex spatulé. Chétotaxie identique aux deux paramères : trois courtes soies apicales.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité de
lholotype. Paratypes : 2 ®, mêmes indications que l'holotype (MNHN) ; 26 © et 17 ©,
même localité (FDHMA, faciès de crête, tamisage de litière), 10-V-1967 (J.-M. Betsch)
(MNEN).
Observations. — Cette espèce cohabite dans la localité-type avec 0.
vanjamanitra n. sp.
55. Octavius vanjamanitra n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, forêt de Vanjamanitra, à 8 km au
Source : MNHN, Paris
142 JEAN OROUSSET
276-284 : genre Octavius Fauvel. — 216-278 : O. tenebricosus n. sp., mâle. — 276 :
sternite du pygidium. — 277 : sternite du segment génital. — 278 : édéage, face sternale. — 279-281 :
O. ankaratra n. sp., mâle, idem. — 282-284 : 0. puthzianus n. sp., mâle, idem. Échelles : 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 143
Sud-Est d'Anjozorobe, 1 380 m (FDHMA, faciès de crête, tamisage de litière),
10-V-1967 (J.-M. Betsch) (MNHN,.
Description. — Long. 1,6 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
avant-corps roussâtre, l'abdomen et les appendices jaunâtres (exemplaire immature).
Capsule céphalique transverse (L/1: 250/280 um), assez élargie en arrière, les
tempes arrondies. Impressions frontales constituées de trois forts sillons longitudinaux.
Labre à bord antérieur convexe, muni d’un denticule médian encadré de chaque côté
par six dents. Œil très allongé, composé de six à huit ommatidies pigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 250/300 um), les angles antérieurs arrondis et les
angles postérieurs indistincts ; impressions pronotales peu marquées. Elytres transverses
(LA: 210/320 um), latéralement très convexes, la carène et le sillon posthuméraux
effacés, le disque couvert de fines granulations, sans ébauche de costulation.
Abdomen peu élargi en arrière (1: 330 um). Sternite du pygidium du mâle
(fig. 285) symétrique, le bord postérieur avec une large échancrure médiane peu
profonde, en forme de U. Sternite du segment génital du mâle (fig. 288) grand,
fortement dissymétrique à la base.
Edéage (fig. 289). Lobe médian allongé (L/1: 350/120 um), déversé vers la
gauche, le calus basal volumineux; apex avec deux grandes apophyses latérales
dentiformes du côté sternal, l'apophyse droite avec une dent transversale vers le
milieu, et deux apophyses tergales médianes. Sac interne avec une armature copulatrice
constituée d’une grande pièce tubulaire impaire, faisant saillie au repos, avec un
prolongement cyathiforme. Paramère droit accolé au lobe médian et incurvé;
chétotaxie : deux grandes soies apicales. Paramère gauche brisé chez le seul exemplaire
connu.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l’holotype.
Observation. — O. vanjamanitra cohabite dans la localité de l’holotype avec
0. ferus n. sp.
Espèces de position taxonomique incertaine
Les deux espèces ci-dessous ont été décrites chacune d’après l’étude d’un unique
exemplaire de sexe femelle. Plusieurs espèces, peu ou pas différenciables extérieure-
ment, existant dans chacune des deux localités types, il est actuellement impossible de
se prononcer au sujet de ces deux taxa.
Octavius coecus Jarrige
Octavius coecus Jarrige, 1968 : 874.
Type. — Holotype : 1 9, Madagascar Centre, massif de l'Ankaratra, station de
Manjakatompo (R. Paulian) (MNHN).
Description. — Long. 1,5 mm. Espèce aptère et subanophthalme. Coloration :
corps uniformément jaune roux, les appendices jaune testacé.
Capsule céphalique transverse (L/1: 245/310 um), fortement élargie en arrière,
sa plus grande largeur au niveau des angles temporaux. Front plan, muni d’impressions
profondes : un sillon longitudinal médian, avec, dans son prolongement, une grosse
Source : MNHN, Paris
144 JEAN OROUS
fossette médiane punctiforme au niveau du sillon occipital ; deux courts sillons latéraux
ovalaires en arrière des calus susantennaires, ces derniers très peu protubérants.
Tégument fortement granuleux, la microréticulation indistincte ; ponctuation pratique-
ment nulle. Labre à bord antérieur très peu convexe. Œil vestigial composé de deux
ommatidies dépigmentées.
Pronotum transverse (L/1: 285/335 pm), sa plus grande largeur vers le milieu,
les bords latéraux très convexes, les angles antérieurs mousses et les angles postérieurs
totalement effacés. Impressions pronotales : impression discale profonde, en fer à
cheval ; impressions latérales et fovéoles angulaires postérieures très profondes, larges
et sinuées; base avec quatre grandes fossettes basales punctiformes. Aspect du
tégument identique à celui de la capsule céphalique. Elytres transverses (L/l:
225/350 pm), à bords latéraux parallèles, les angles huméraux accentués, la suture
déprimée ; un sillon posthuméral profond, rebordé par une forte carène interne, elle-
même rebordée par un fin sillon interne, prolongé en virgule au niveau de l'angle
huméral. Microréticulation indistincte, la ponctuation formée de gros points varioliques
désordonnés, associée à une fine pubescence.
Abdomen régulièrement élargi jusqu'à l'apex du quatrième urite visible (1:
360 pm).
Mâle. — Inconnu.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l’holotype.
Observations. — Six espèces, dont les deux sexes sont connus, sont décrites de
la station forestière de Manjakatompo, dans le massif de l'Ankaratra : O. semipiceus
Jarrige, O. distortus n. sp. d. pauliani Jarrige, O. pseudopauliani n. sp., 0. longispi-
nosus n. sp. et O. Ilinaresi n. sp. Trois espèces peuvent se différencier aisément de
©. coecus Jarrige : 0. semipiceus et O. distortus, bien distinctes par leur grande taille et
leur coloration sombre, et O. llinaresi, se singularisant par sa très petite taille, son aspect
grêle et ses téguments brillants. Les autres espèces présentent de faibles différences
morphologiques, entrant peut-être dans le cadre de la variation intraspécifique ; il est
impossible, pour l'instant, d'affirmer la conspécificité de l’une d’entre elles avec
0. coecus. Il existe, d’autre part, un certain nombre d'exemplaires femelles récoltés à
Manjakatompo, indéterminables, certains exemplaires pouvant appartenir encore à
d’autres espèces.
Octavius sulcifrons Jarrige
Octavis sulcifrons Jarrige, 1968 : 874.
Type. — Holotype: 1 ©, Madagascar Est, Périnet (R Paulian) (MNEN).
Description. — Long. 1,3 mm. Espèce aptère et anophthalme, de coloration
brun roux, l'abdomen rembruni, les appendices testacés.
Capsule céphalique transverse, relativement étroite (L/1 : 205/215 am), à tempes
parallèles, les angles temporaux droits. Front concave entre les calus susantennaires
ces derniers, peu saillants, étant prolongés en arrière par une courte fossette puncl
forme ; un long et profond sillon longitudinal médian, atteignant le sillon occipital.
Téguments fortement granuleux, peu brillants, la microréticulation indistincte ; une
fine pubescence hérissée. Labre à bord antérieur peu convexe. Espèce totalement
anophthalme, sans aucune trace d'ommatidies vestigiales.
Pronotum transverse (L/1: 220/230 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 145
les bords latéraux très convexes, les angles antérieurs mousses et les angles postérieurs
indistincts. Impressions pronotales : impression discale en forme de fer à cheval, mais
étroite et anguleuse, bien marquée; impressions latérales et fovéoles angulaires
postérieures très larges, modérément profondes ; base avec une rangée de fossettes
punctiformes, partiellement masquées par les granulations tégumentaires. Tégument
d'aspect identique à celui de la capsule céphalique. Elytres courts, fortement transverses
(L/l: 165/240 um), à bords latéraux parallèles et angle huméral droit; région
humérale prolongée en arrière par une forte carène saillante, rebordée de part et d'autre
par deux sillons peu profonds, le tégument très brillant. Microréticulation indistincte ;
ponctuation formée de gros points varioliques confus.
Abdomen modérément élargi jusqu’au quatrième urite visible (1: 250 um).
Mâle. — Inconnu.
285
286 288
Figures 285-289 : genre Octavius Fauvel. — 285 : sternite du pygidium du mâle, O. vanjama-
et 0. ferus n. sp. — 286-287 : O. ferus n. sp., mâle. — 286 : sternite du segment génital. —
éage, face sternale. — 288-289 : O. vanjamanitra n. sp., mâle. — 288 : sternite du segment
génital. — 289 : édéage, face sternale. Échelles : 100 um.
Distribution dans l’île. — L'espèce n'est connue que par l'holotype.
Observation. — Six espèces, dont les deux sexes sont connus, vivent aux
environs de Périnet : O. terrigena n. sp., O. falcifer n. sp. 0. torulosus n. sp. O. dajozi
n. sp., 0. sculptilis n. sp. et . ankaratra n. sp. Aucune ne présente la petite taille et
l'aspect grêle de O. sulcifrons.
Source : MNHN, Paris
146 JEAN OROUSS
Exemplaires femelles indéterminés
Seuls sont cités ci-dessous les exemplaires provenant de stations inédites, qui
apportent un complément à la répartition du genre à Madagascar (un certain nombre de
localités d’holotypes d'espèces décrites dans ce travail recèlent en outre des
exemplaires femelles appartenant à des espèces vraisemblablement inédites).
A. — 1 ©, Madagascar Centre, province de Tananarive, Ambohimanga, 1 400 m
(FDHMA, tamisage de litière), 20-1-1967 (J.-M Betsch) (MNHN).
B. — 2 ©, Madagascar Est, chaînes Anosyennes, massif Nord, zone sommitale,
Haute Ranomandry, 1 900 m (RCP 225, FDHM, prélèvement n° 2 048, tamisage et
lavage de litière et de sol), 20-X1-1971 (4. Peyrieras) (MNHN).
C— 39, Madagascar Centre, forêt de Velotsoa (Velisoa) à l'Ouest, d'Antanifotsy,
au Nord du Massif de l'Andringitra, 1 500 m (lavage de terre), 27-IV-1973 (4. Peyrieras)
(MNEN).
Tribu STENAESTHETIN
Stenaesthetini Cameron, 1921 : 348, 352.
La tribu comprend trois genres, dont deux sont représentés dans la région
malgache.
Genre ne faisant pas partie de la faune malgache :
Agnosthaetus Bernhauer, comprenant six espèces de Nouvelle-Zélande.
CLEF DE DÉTERMINATION DES GENRES REPRÉSENTÉS DANS LA RÉGION MALGACHE
1. Face sternale de la capsule céphalique avec deux dents saillantes.
Labium très allongé, préhensile, les palpes en forme de crochets, à
articles soudés us HRRITATE Tyrannomastax n. gen...
— Face sternale de la capsule céphalique dépourvue de dents. Labium
normal, à palpes triarticulés ........ Stenaesthetus Sharp
Genre Stenaesthetus Sharp
Stenaesthetus Sharp, 1874 : 79 (espèce type du genre: Stenaesthetus sunioides Sharp, 1874, seule espèce
citée).
Stenaesthetus Sharp : Bernhauer et Schubert, 1911 : 186 (were).
Stenaesthetus Sharp : Cameron, 1930 : 445 (genre).
Stenaesthetus Sharp : Scheerpeltz, 1933 : 1202 (genre).
Stenaesthetus Sharp : Bernhauer, 1939 : 211 (genre).
Stenaesthetus Sharp : Kistner, 1962 : 96 (genre).
Stenaesthetus Sharp : Puthz, 1980 : 17 (genre).
Aulacosthaetus Bernhauer, 1939 : 211 (espèce type du genre : Aulacosthaetus rambouseki Bernhauer, 1939,
par désignation originelle).
Aulacosthaetus Bernhauer ; Kistner, 1965 : 358 (uenre).
Gerhardia Kistner, 1960: 32 (espèce type du genre: Stenaesthetus africanus Bernhauer, 1915, par
désignation originelle).
Description. — Espèces de taille moyenne pour la sous-famille (1,6 à 3,5 mm),
cylindriques, avec une constriction modérée au niveau du mésothorax. Coloration assez
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COLÉOPTÈ) APHYLINIDAE EUAESTHETINAE 147
uniforme, brun-roux plus ou moins foncé, les pattes plus claires, les antennes et palpes
testacés. Avant-corps brillant ou tout au moins luisant, la sculpture très variable : forte,
constituée de points profonds et juxtaposés, parfois organisés en strioles longitudinales,
ou presque nulle, les téguments pourvus seulement d'une microponctuation fine et
éparse, des formes de transition existant entre ces cas extrêmes (des formes de
transition n’ont pas été observées dans la région malgache). Habits : fig. 290-291.
Capsule céphalique (fig. 292) de forme très constante dans tout le genre,
quadrangulaire, transverse, modérément aplatie dorso-ventralement ; tête fortement
enchâssée dans le prothorax, la constriction collaire délimitant en face tergale un sillon
occipital plus ou moins marqué. Face tergale avec les calus susantennaires peu
protubérants ; points d'insertion dorsaux du tentorium apparents, formant extérieure-
ment deux fossettes interoculaires superficielles, situées très en avant et reliées
généralement aux calus susantennaires par un sillon plus ou moins profond. Front
dépourvu de sillons latéraux ou transversaux, mais flanqué de deux carènes longitudi-
nales hautes et étroites, contournant les tempes, où elles bifurquent parfois en une
petite carène basale interne, et se prolongeant en face sternale, délimitant les joues.
Face sternale (fig. 292) avec des sutures gulaires confluentes sur toute leur longueur,
délimitant vers l'avant un petit postmentum triangulaire, dépourvu de macrochètes.
Foramen occipital petit.
Yeux pigmentés, de développement variable suivant les espèces : ovalaires,
constitués au maximum d’une cinquantaine d’ommatidies chez les espèces
macrophthalmes et macroptères, ou bien très allongés, fortement régressés et composés
d'une demi-douzaine d’ommatidies chez les espèces microphthalmes et brachyptères
ou aptères. On ne connaît pour l'instant aucune espèce totalement anophthalme. Les
espèces de la région malgache sont toutes microphthalmes.
Antennes (fig. 293) longues et filiformes, insérées aux angles du vertex,
constituées de onze articles, de proportions constantes dans tout le genre. Scape
piriforme, avec un scapobasal petit ; pédicelle globuleux ; funicule avec les articles II à
VIIL subégaux, grêles et cylindriques, l'article IX un peu plus renflé ; massue peu nette
de deux articles, ces derniers aplatis, l’article X avec l’apex pédicellé, où s’insère en
rotule le dernier article. Articles terminaux avec une pubescence fine et dense, sans
phanères différenciés.
Labre (fig. 294) à bord antérieur non crénelé, subplan vers le milieu, dépourvu de
dent ou d’échancrure médiane. Face tergale avec deux rangées de macrochètes
grossièrement alignés.
Mandibules (fig. 295) subsymétriques, à terebra grêle, longue et falciforme ; une
ou deux soies basales au bord externe. Région molaire très réduite, délimitée parfois
vers l'avant par un vague denticule; pas de pénicille basal de soies ni de lacinia
mandibulaire. Bord interne non denticulé mais muni d’un rétinacle médian très
développé, en forme de longue dent pointue.
Maxilles (fig. 296). Galea et lacinia terminées par une grande brosse de soies.
Palpes maxillaires grands, constitués de quatre articles : article I cylindrique, coudé à la
base, article II renflé vers le milieu, article III (massette) fortement renflé en massue et
article distal petit, subulé.
Labium (fig. 297) de très petite taille. Mentum quadrangulaire, le bord antérieur
convexe, faiblement relevé en dents latéralement, et portant quatre macrochètes et
quelques gros pores sensoriels. Prémentum distinct, assez grand et bien selérifié,
portant des palpes labiaux courts, constitués de trois articles : article I allongé, article II
globuleux et article III petit, subulé. Paraglosses membraneux, en forme de cornes
striolées.
Source : MNHN, Paris
148 JEAN OROU:
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Figures 290-291 : genre Stenaesthetus Sharp, habi
S. machomenos n. sp. mâle. Échelle : 500 um.
— 290 :S. imitator n. sp., mâle. — 291 :
Prothorax large et convexe, le pronotum portant des impressions plus ou moins
marquées (ex : fig. 344) ; schéma de base : deux sillons latéraux s'étendant du bord
antérieur aux angles postérieurs, ces sillons creusés en fossettes vers l'arrière, deux
sillons médians, généralement plus courts, six fossettes basales punctiformes, alignées
en un rang parallèle au bord postérieur. Ces impressions peuvent être totalement ou
partiellement effacées ou confluentes. Prosternum (fig. 298). Episternes très grands,
séparés des proépimères par des sutures pleurales peu distinctes. Suture sternopleurale
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 149
bien marquée, délimitant un grand prosternum trapézoïdal, à bord antérieur non
crénelé. Cavités coxales contiguës, ovalaires, petites mais largement ouvertes en arrière
et séparées vers l'avant par une apophyse intercoxale. Bord antérieur du prosternum
non crénelé. Mésothorax court, le scutellum assez grand, déprimé, masqué par le bord
postérieur du pronotum. Mésosternum (fig. 299) sans carène longitudinale médiane
vers l'avant: bord postérieur prolongé par une volumineuse apophyse intercoxale
triangulaire. Métasternum (fig. 299) transverse, le bord antérieur prolongé en son milieu
par une courte apophyse triangulaire ; bord postérieur sans apophyse intercoxale nette
mais avec une petite échancrure médiane. Endosquelette avec une grosse furca insérée
au bord postérieur.
Elytres (fig. 291, 292) de développement variable suivant les espèces. Région
basale déprimée, sans ligne de fossettes ; articulation scapulaire toujours présente et
élytres coaptés, mais non soudés, chez les espèces aptères. Espèces ailées : élytres
allongés, le calus huméral net, marqué par une bosse ou une dent, et le disque assez
convexe; espèces brachyptères ou aptères: élytres très courts, transverses pris
ensemble, l'angle huméral indistinct, non surmonté par un calus saillant, le disque plan
vers la suture et le bord postérieur fortement concave. Epipleures bien développés,
séparés du disque par une carène saillante. Stries suturales présentes ou effacées.
Ailes parfois très développées, sans neala individualisée, l'apex arrondi. Bord
frangé de soies et face tergale densément revêtue de microtriches. Nervation toujours
fortement régressée, limitée à des nervures longitudinales ne dépassant pas la moitié
antérieure de l'aile, sans caractères taxonomiques utilisables au niveau spécifique. Les
espèces malgaches sont toutes aptères, sans aucune aile vestigiale, et donc à élytres très
courts, coaptés.
Pattes. Coxa I assez petites, allongées, mais munies d’un trochantin volumineux ;
coxa IT courtes et globuleuses ; coxa III triangulaires, transverses et aplaties, munies de
deux ou trois macrochètes au bord externe. Trochanters petits, toujours dépourvus de
caractères sexuels secondaires. Tibias subrectilignes, le bord interne non crénelé, sans
éperons apicaux mais avec un peigne peu développé. Tarses (fig. 300-302) : tarses
antérieurs et médians de cinq articles, tarses postérieurs de quatre articles. Onychium
muni de deux ongles simples, égaux.
Abdomen (fig. 290, 291) cylindrique à la base, légèrement renflé vers le milieu,
l'apex conique; sept segments visibles, le segment génital bien distinct Premier
sternite avec une carène longitudinale médiane entre les hanches postérieures et deux
carènes latérales obliques peu marquées. Les segments III et VII sont subégaux,
cylindriques, dépourvus de pleurites mais portent une trace de suture latérale entre
tergites et sternites ; les segments intermédiaires possèdent des tergites et des sternites
totalement fusionnés, sans trace de suture. Pygidium (urite VIII) muni d’un tergite et
d'un sternite, emboîtés à la base de chaque côté et réunis latéralement par une fine
membrane, sans pleurites nettement distincts. Segment génital (urite IX) du mâle
(fig. 303) avec le tergite et les pleurites fusionnés en une volumineuse capsule conique,
munie de deux grands processus basaux, sans trace de suture ; sternite en forme de
languette, l’apex aciculé muni de deux à quatre macrochètes. Segment génital de la
femelle (fig. 304) constitué d'un tergite, de deux pleurites prolongés chacun par un
style aigu et d’un court sternite triangulaire membraneux.
Caractères sexuels secondaires : le sternite du pygidium du mâle présente au
bord postérieur une échancrure médiane, plus ou moins large et profonde suivant les
espèces ; les urites précédents peuvent porter ou non en face sternale des impressions
médianes plus ou moins profondes, ainsi que des dents et échancrures au bord
postérieur.
Source : MNHN, Paris
150 JEAN OROUSSET
Appareil génital mâle. Canal éjaculateur différencié en une pompe génitale
fortement museularisée et sclérifiée, souvent très volumineuse et occupant une grande
partie de la cavité abdominale (« tracheal sclerotized tube » de Kistner, 1965 ; « double
trumpet » ou «sperm pump» de Puthz, 1973 ; «spermapumpe » de Puthz, 1979).
Edéage retourné à 180° au repos dans l'abdomen, sa face primitivement sternale étant
au contact de la face interne du tergite IX. Edéage symétrique ou subsymétrique, de
type anopique : orifice distal du lobe médian situé du côté tergal, c'est-à-dire du côté
opposé à celui de l'orifice proximal. Lame basale du tegmen réduite à un calus
annulaire entourant le foramen basal. Capsule fortement sclérifiée, dépourvue de
museulature intrinsèque, prolongée en face sternale par une lame apicale plus ou moins
développée, parfois absente. Orifice distal généralement indistinct entouré
d'expansions membraneuses hyalines complexes. Sac interne, évaginable par
prolapsus, muni d'une pièce copulatrice médiane unique, de forme variable, parfois
hérissée de spicules ou prolongée par un flagelle exsertile. Paramères toujours présents
mais de développement variable, souvent partiellement ou totalement accolés au lobe
médian ; chétotaxie : nombre de soies très variable, ces soies en position apicale ou
bien réparties en plusieurs groupes de la base à l’apex. et parfois différenciées en dents
ou phanères spatulés.
Appareil génital femelle (fig. 304). Spermathèque s’ouvrant dans la paroi dorsale
du vagin par un ductus seminis en forme de baguette rectiligne fortement selérotinisée,
habituellement de couleur brun foncé : celui-ei présente vers le tiers apical un petit
diverticule aveugle et une branche principale recourbée en crosse, dont l’apex est relié
au diverticule par un muscle assurant la contractilité de l'ensemble. Apex du ductus
parfois faiblement dilaté en ampoule, la lumière apicale très petite. Réceptacle
volumineux, sphérique, à paroi extrêmement mince, diaphane : pas de glande annexe.
Seul le ductus seminis a été figuré jusqu'à présent, considéré comme étant la
spermathèque proprement dite (Kistner, 1965 ; Puthz, 1973), le réceptacle, extrême-
ment fragile, n'étant discernable que sur des exemplaires fixés ou tout au moins
conservés en alcool.
Etats préimaginaux. — Inconnus.
Observations. — La situation taxonomique de ce genre est demeurée extrême-
ment confuse jusqu'à la récente mise au point de Puthz (1980), qui est résumée ci-
dessous. Les espèces malgaches n’apportent aucune modification dans les synonymies
établies par cet auteur.
Le genre Stenaesthetus est érigé par Sharp en 1874 pour une espèce du Japon,
S. sunioides. Huit autres espèces orientales, éthiopiennes et néotropicales viennent s°
ajouter jusqu'à la création en 1939 par Bernhauer de deux nouveaux genres:
Agnosthaetus et Aulacosthaetus. Le genre Agnosthaetus, créé pour une série d'espèces
de Nouvelle-Zélande bien caractérisées par leurs antennes et leurs pièces buccales, ne
pose pas de problème majeur. La position du genre Aulacosthaetus est plus ambiguë,
l'auteur fondant sa diagnose sur les principaux caractères suivants: absence de
ponctuation du pronotum et des élytres, élytres exceptionnellement courts, présence de
sillons pronotaux. Le genre est érigé pour cinq espèces néotropicales seulement bien
que, comme le note Puthz (L c.), l'espèce orientale St quadrisulcatus Cameron 1930
réponde parfaitement à cette définition. De nouvelles espèces viennent alors s'ajouter
jusqu’à nos jours aux genres Stenaesthetus et Aulacosthaetus, sans que les auteurs
justifient formellement leur choix. Entre temps, Kistner (1960) transfère Stenaesthetus
africanus Bernhauer dans un genre nouveau, Gerhardia, fondé sur les seuls caractères
suivants : absence d'ailes, élytres courts, ponctuation grossière.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 151
CR 29 7, 295 296 293
Figures 292-297 : genre Stenaesthetus Sharp, S. rugosus (Kistner). — 292 : capsule céphalique,
face sternale. — 293 : antenne droite. — 294 : labre et épipharynx. — 295 : mandibule droite. — 296 :
maxille droite. — 297 : labium. Échelles: 100 um.
La brachyptérie ne peut être à l'évidence retenue comme caractère générique,
d'autant qu'il existe toutes les transitions entre les espèces macroptères et les espèces
brachyptères ou aptères. On connaît également des formes de transition en ce qui
concerne la ponctuation, ce qu’a noté Kistner lui-même dans sa révision ; les sillons du
pronotum peuvent être longs, régressés ou absents. Toutes les combinaisons existent
entre ces caractères. D'autre part, il s’est avéré impossible jusqu’à présent de trouver
des caractères inédits, notamment au niveau des pièces buccales et des genitalia,
pouvant étayer les diagnoses de ces trois genres.
Les vingt-quatre espèces malgaches étudiées dans cette Faune présentent deux
caractéristiques : toutes sont aptères (élytres très régressés, coaptés mais non soudés ;
aucun vestige d'ailes), et elles se séparent au premier examen en deux groupes parfaite-
ment distincts, d’habitus très différents. Neuf espèces possèdent des téguments
rugueux, la sculpture étant très forte et uniforme (fig. 290) ; elles correspondent à la
diagnose des genres Stenaesthetus Sharp et Gerhardia Kistner, en privilégiant le
caractère de la ponctuation. Quinze espèces possèdent des téguments lisses, la
sculpture étant très faible ou nulle (fig. 291) ; elles correspondent à la diagnose du
genre Aulacosthaetus Bernhauer. Il n'existe à Madagascar aucun intermédiaire. Il faut,
Par contre, signaler que dans le premier groupe toutes les espèces possèdent deux
Source : MNHN, Paris
152 JEAN OROUS
CARTE 8
Carte 8: répartition mondiale du genre Stenesthetus Sharp.
sillons latéraux sur le pronotum, plus ou moins masqués par la sculpture du tégument ;
dans le second groupe, il existe des espèces à sillons pronotaux profonds, effacés ou
absents. Les sept espèces malgaches antérieurement connues ont été décrites, par
Kistner (1965) ou Jarrige (1968), dans le genre Aulacosthaetus, bien que quatre d’entre
elles possèdent des téguments fortement sculptés : St rugosus (Kistner) (= St. kisneri
(arrige)), Sc. griveaudi Jarrige, St microphthalmus Jarrige ; les trois autres répondent
parfaitement à la définition du genre Aulacosthaetus. Les recherches de caractères
différentiels inédits chez ces espèces malgaches, dans le but de conforter la validité des
deux genres, sont restées négatives. Dans le travail ci-dessous, la subdivision en deux
groupes d'espèces n’a donc qu’un intérêt pratique et est dénuée de toute connotation
phylogénétique :
groupe de St rugosus (Kistner) (Stenaesthetus Sharp + Gerhardia Kistner) :
espèces à téguments rugueux, profondément sculptés.
groupe de St. vadoni (Kistner) (Aulacosthaetus Bernhauer) : espèces à téguments
lisses, la sculpture faible ou nulle.
Par contre, l'examen des pièces buccales de deux espèces, appartenant à première
vue au groupe de S4 vadoni et remarquables seulement par leur macrophthalmie,
conduit à les isoler dans un genre nouveau, Tyrannomastax n. gen., décrit plus loin.
Répartition géographique. — Le genre Stenaesthetus, qui comprend actuelle-
ment une cinquantaine d'espèces (sans compter les nouvelles espèces décrites dans ce
travail) est largement distribué dans les régions tropicales (carte 8). De nombreuses
espèces ont été décrites de la région éthiopienne : région afrotropicale, Afrique du Sud
et Madagascar. Le genre est également largement répandu dans la région orientale, où il
remonte jusqu'au Pakistan, au Népal et au Sud du Japon. Il est répandu dans la majeure
partie de la région néotropicale : bassin amazonien, plateau brésilien, Nord-Ouest de la
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 153
Cordillière des Andes. Il est inconnu d'Amérique centrale, au Nord de l'isthme de
Panama (S. panamensis Puthz). Sa présence dans la région antillaise, où il a été signalé
(S. fauveli Puthz), demande confirmation. Le genre est inconnu au Sud du 30° parallèle
sur le continent sudaméricain et y est vraisemblablement remplacé par d’autres genres
endémiques vicariants. Il est inconnu, et très vraisemblablement absent, de la région
holaretique et de la région australienne.
Dans la région malgache, le genre n’est actuellement connu que de Madagascar.
Les espèces du groupe de $. rugosus (Kistner) présentent actuellement une répartition
surprenante, n'étant connues que de l'extrême Nord de l'île et de la région de la baie
d’Antongil, à basse et moyenne altitudes. Les espèces du groupe de S. vadoni (Kistner)
doivent, par contre, être répandues dans tout le Domaine de l'Est et le Domaine des
hautes montagnes (carte 10).
Biologie. — On possède des données relativement précises sur la biologie d’un
certain nombre d'espèces néotropicales, afrotropicales et orientales. Ces données
concordent avec celles fournies par l'étude de la faune malgache.
Les Stenaesthetus, très vraisemblablement prédateurs d'après la structure de
leurs pièces buccales, occupent un grand nombre de niches écologiques. Ils se
rencontrent principalement en région tropicale à basse altitude, en forêt primaire
hygrophile mais également en forêt-galerie et, plus rarement, en savane et en prairie. Îls
vivent dans la litière, les Mousses, l'humus, le bois pourri et les horizons superficiels du
sol. Dans la région afrotropicale, le genre se trouve également en montagne ; Kistner
(1960) énumère les biotopes dans lesquels a été récolté S. africanus Bernhauer, espèce
montagnarde du Tanganyika, fréquente de 1 600 à 2 600 m : forêt à Podocarpus, forêt à
Hagenia, forêts de Bambous, broussailles à Protea et prairies à Immortelles, Toutes ces
espèces ont été récoltées par tamisage de litière et de débris végétaux divers, ou bien
par prélèvement d’humus et de sol superficiel et traitement en appareils de Berlese.
Plusieurs espèces, comme par exemple S. senegalensis Kistner, ont été récoltées
fréquemment aux lumières (Jacobson & Kistner, 1974). Mais des Stenaesthetus se
trouvent également dans des biotopes dégradés et des cultures : S. sunioides Sharp est
une espèce orientale très largement répandue, commune à basse altitude dans les débris
végétaux des rizières (Cameron, 1930) ; ce biotope expliquerait d'après Kistner (1962)
sa très vaste répartition, inhabituelle pour un Euaesthetinae, la propagation de l'espèce
ayant été assurée par l'extension de la riziculture. D'autre part, des exemplaires ont été
récoltés occasionnellement dans divers milieux, où leur présence est vraisemblablement
accidentelle : Champignons lignicoles, sol des entrées de grottes ; quelques exemplaires
ont été récoltés dans des pièges à excréments (Kistner & Jacobson, 1972).
Le genre se rencontre également à haute altitude (jusqu'à près de 3 500 m) dans
la région orientale ; les espèces sont alors le plus souvent brachyptères ou aptères,
microphthalmes. On ne connaît jusqu'à présent aucune espèce réellement endogée,
totalement dépigmentée et anophthalme.
Les espèces malgaches ne présentent aucune caractéristique biologique parti-
culière. Il faut cependant souligner que toutes sont aptères et plus ou moins fortement
microphthalmes, montrant donc une tendance à la fixation dans le domaine endogé.
Les espèces à téguments fortement sculptés (groupe de S. rugosus), qui ne sont connues
que du Nord de l'île, ont toutes été récoltées à basse et moyenne altitudes (0-1 200 m).
en forêt (FDHBA), par tamisage de Mousses et de litière ou bien par lavage d’humus.
Les espèces à téguments lisses (groupe de S. vadoni) ont été rencontrées en forêt de
basse et de moyenne altitudes dans les mêmes conditions, mais également en montagne
jusqu’à plus de 2 000 m, les espèces rencontrées au-dessus de la limite des forêts ayant
Source : MNHN, Paris
154 JEAN OROUSSET
Figures 298-304 : genre Stenaesthetus Sharp, S. rugosus (Kistner). — 298 : prothorax, face
sternale. — 299 : ptérothorax, face sternale. — 300-302: apex du tibia et tarse, pattes antérieure,
médiane et postérieure droites. — 303 : genitalia mâles en place dans l'abdomen, face sternale. — 304 :
segment génital femelle et spermathèque. Échelles : 300 yum.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 155
été récoltées alors dans des tamisages de Mousses au sol ou sur des rochers. Elles sont
signalées des formations végétales suivantes : FDHBA, FDHMA, FDHM, FDSM. Ces
quelques différences ne sont peut-être qu'apparentes et dues à la rareté des matériaux
disponibles ; elles ne permettent en aucun cas d'étayer une scission du genre en deux
groupes phylogénétiquement distincts.
A. Groupe de $. rugosus (Kistner)
(Espèces à téguments fortement sculptés)
CLEF DE DÉTERMINATION DES ESPÈCES
1. Fortement microphthalme, l'œil composé de six ommatidies
— Œil composé de douze à seize ommadities …
2. 1,7 mm. Sternite du pygidium du mâle avec une large échancrure
médiane. Edéage : fig. 336. Spermathèque : fig. 311 ............
8. S. microphthalmus Jarrige
— 2,2 mm. Sternite du âle allongé, l'échancrure étroite.
Édéagefgs323 85400 none. 4. S. monticola n. sp.
3. 2,5 mm. Brun rougeâtre foncé. Sillons latéraux du pronotum limités à la
moitié postérieure. Edéage : fig. 331. Spermathèque : fig. 310 ..…..
7. S. griveaudi (Jarrige)
— 2.0-2,2 mm. Brun roux. Sillons latéraux du pronotum occupant les
deux-tiers postérieurs 4
4. Base du pronotum fortement sinuée ; angles antérieurs et postérieurs
dentiformes. Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure étroite
et profonde. Edéage très allongé : fig. 342 .......... 9. S. dolosus n. sp.
— Base du pronotum faiblement sinuée ; angles moins marqués. Sternite
du pygidium du mâle avec une échancrure plus large et moins profonde.
Edéage globuleux, tronqué 5
5. Edéage à paramères grêles, l'apex peu ou pas dilaté 6
— Edéage à paramères massifs, l’apex dilaté ......... Fe
6. Edéage (fig. 325) à apophyse apicale en forme de baguette ; paramères
ibres dèsla bases reed M LEE 5. S. rugatulus n. sp.
— Edéage (fig. 328) à apo le volumineuse, en forme de quille ;
paramères accolés au lobe médian + 6. S. horrifer n. sp.
7. Edéage: fig. 315. Paramères à apex peu élargi, spatulé. Spermathèque :
fig. 308 1. S. rugosus (Kistner)
— Paramères avec une grande lame apicale triangulaire, repliée en face
tergale .
8. Edéage: fig. 318. Expansions hyalines transverses. Pièce copulatrice
petite. Apex des paramères triangulaire. Femelle inconnue .......
&e Le 2. S. robinsoni n. sp.
— Edéage: fig 320. Expansions hyalines allongées. Pièce copulatrice
volumineuse. Apex des paramères avec une grande digitation rétrograde.
Spermathèque:-fig..300 2 2er 3. S. imitator n. sp.
Source : MNHN, Paris
156 JEAN OROUSSET
1. Stenaesthetus rugosus (Kistner)
Aulacosthaetus rugosus Kistner, 1965 : 367, fig. 21-23.
Stenaesthetus rugosus (Kistner) : Puthz, 1980 : 21.
Aulacosthaetus kistneri Jarrige, 1968 : 873, fig. 3. Nouvelle synonymie.
Stenaesthetus kistneri (Jarrige) ; Puthz, 1980 : 20.
Types. — rugosus Kistner. Holotype © : Madagascar Est, presqu'île de Masoala,
Ambohitsitondroina, 1 000 m (tamisage n° 2, Mousses au sol), 1-1959 (J. Vadon)
(MNHN).
kistneri Jarrige. Holotype S': Madagascar Est baie d'Antongil, [région de
Maroantsetra], Ambodivoangy (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 2,2 mm. Aptère et microphthalme. Coloration:
uniformément brun-roux, les pattes un peu plus claires, les antennes et les palpes
testacés ; face tergale luisante, surtout au niveau du pronotum et des élytres.
Capsule céphalique transverse (L/1: 305/395 um), les tempes anguleuses et
saillantes. Front délimité de chaque côté par une forte carène latérale partant des calus
susantennaires jusqu’à l’angle temporal et se prolongeant en face sternale ; région
latérale nettement explanée. Calus susantennaires peu protubérants, reliés par un vague
sillon aux fossettes interoculaires, ces dernières punctiformes, peu profondes.
Microréticulation indistincte ; macroponctuation forte, les points séparés par des
intervalles égaux à moins de la moitié de leur diamètre. Pubescence hérissée, fine et
éparse, avec quelques plus grandes soies dans la région antérieure du front et au niveau
des tempes. Yeux ovalaires, peu convexes et de taille réduite (65 X 35 yum), composés
de douze à seize ommatidies pigmentées.
Pronotum (fig. 305) quadrangulaire, peu transverse (L/1: 425/430 pm), sa plus
grande largeur au tiers antérieur, puis régulièrement et fortement rétréci en arrière ;
bord antérieur sinué, angles antérieurs et postérieurs émoussés, bord postérieur peu
convexe. Rebords latéraux visibles du dessus seulement au niveau des angles antérieurs
et postérieurs. Impressions pronotales : deux profonds sillons latéraux fortement
carénés, effacés vers l’avant et élargis en fossettes vers l'arrière, atteignant presque le
bord postérieur ; six fossettes basales d’assez grande taille, ovalaires. Microréticulation
indistincte; sculpture fortement râpeuse, constituée de gros points juxtaposés,
organisés latéralement en stries longitudinales à aspect de clathrates, masquant en
partie les impressions pronotales. Pubescence constituée de fines soies éparses, avec en
outre quatre macrochètes latéraux et quatre macrochètes discaux. Élytres courts,
transverses (L/1: 300/350 um), l'angle huméral indistinct ; épipleures délimités par
une carène latérale saillante ; pas de stries suturales visibles. Bord postérieur fortement
concave, l'angle apical externe aigu. Ponctuation un peu moins forte que sur le
pronotum et pubescence presque nulle.
Abdomen volumineux, tubulaire, sa plus grande largeur au niveau du troisième
urite visible (1: 490 um). Ponctuation ombiliquée, fine et dense, associée à une fine
pubescence couchée. Sternite du propygidium du mâle avec une impression ovalaire
médiane peu profonde, à pubescence normale, et avec le bord postérieur faiblement
échancré. Sternite du pygidium du mâle (fig. 312) avec une profonde échancrure
médiane. Sternite du segment génital du mâle (fig. 313) fortement acuminé.
Canal éjaculateur (fig. 314) différencié en pompe génitale fortement sclérifiée et
muscularisée. Edéage (fig. 315-316). Lobe médian globuleux (L/1: 335/158 um),
constitué d’une volumineuse capsule ovoïde, aux parois très épaisses, prolongée par
une apophyse sternale en forme de spatule ; orifice distal de grande taille, flanqué de
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 157
deux grandes expansions hyalines de structure complexe, avec de nombreux replis.
Calus basal volumineux, bien visible du dessus. Sac interne avec une pièce copulatrice
de petite taille, située au repos près de l'orifice apical (pièce en érection chez
l'holotype). Paramères soudés au lobe médian dans leur moitié basale, puis nettement
divergents, l'apex élargi en spatule. Chétotaxie (fig. 317): onze à quatorze soies
apicales.
Spermathèque : fig. 308.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr: 7 © et 10 Q, (paratypes d'A.
rugosus), presqu'île de Masoala, Ambohitsitondroina, 1 000 à 1 200 m, XII-1958 au
XI1-1959 (7. Vadon) (MRAC). — Environs de Maroantsetra, 11 © (paratypes d'A.
rugosus), Ambodivoangy, 1-1959 au VIT-1959 (J. Vadon) (MRAC) ; 3 9 (paratypes
d'A. kistneri), même localité, 111-1952 (J. Vadon) (MNHN) : 1 © et 5 © (paratypes
d'A. rugosus), Fampanambo, V-1958 au 11-1959 (7. Vadon) (MRAC) : 2 ©, mêmes
indications (MNHN).
306 307
Figures 305-307 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. rugosus (Kistner), pronotum et détail
de la sculpture du tégument. — 305 : $. rugosus (Kistner). — 306 : $. griveaudi (Jarrige). — 307 : $.
microphthalmus (Jarrige). Échelle : 200 um.
2. Stenaesthetus robinsoni n. sp.
Type. — Holotype : 1 , Madagascar Nord, 50 km au Sud-Est de Diégo-Suarez,
forêt d'Analamerana, 80 m, 29/1-3/11-1959 (4. Robinson) (MNHN).
Description. — Long. 2,1 mm. Cette espèce est extérieurement très proche de
S. rugosus (Kistner). Elle ne s'en distingue que par sa taille un peu plus faible, les
rapports biométriques étant identiques. Coloration: jaune doré pâle (exemplaire
immature ?). Yeux composés d’une quinzaine d'ommatidies. Les caractères sexuels
secondaires mâles sont identiques.
Edéage (fig. 318). Capsule du lobe médian prolongée par une apophyse sternale
fortement recourbée, munie d’une carène médiane et d’un apex spatulé avec un fort.
Source : MNHN, Paris
158 JEAN OROUSSET
bourrelet distal. Expansions hyalines petites, différemment conformées. Pièce
copulatrice de même type, très petite. Paramères très différents : apex avec un repli en
forme de grande lame triangulaire. Chétotaxie (fig. 319) : quatorze soies distribuées en
deux groupes, dont un groupe apical identique à celui de l'espèce précédente et un
groupe de six soies alignées en direction de la pointe de l’apophyse.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que par l'holotype.
3. Stenaesthetus imitator n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, baie d’Antongil, Nosy Mangabe (lavage
de terre n° 25), V-1959 (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 2,0 mm. Cette espèce est extérieurement identique à
S. rugosus (Kistner), hormis par sa taille constamment plus faible. Caractères sexuels
secondaires mâles : sternite du propygidium avec une très faible impression médiane et
avec le bord postérieur non échancré. Sternite du pygidium avec une échancrure
médiane du même type.
Edéage (fig. 320-321). Capsule prolongée par une apophyse ventrale étroite,
fortement recourbée et profondément creusée, l’apex triangulaire. Expansions hyalines
très développées, allongées. Pièce copulatrice de même type que chez les espèces
précédentes mais beaucoup plus volumineuse. Paramères accolés à la capsule du lobe
médian dans leur moitié basale, puis divergents et émettant vers l'arrière un long repli
digitiforme. Chétotaxie (fig. 322) : douze à quatorze soies, réparties en un groupe de
quatre soies apicales, disposées de manière identique à celle des espèces précédentes,
un groupe de cinq soies médianes alignées et un groupe de trois soies à l’apex du
processus digitiforme.
Spermathèque : fig. 309.
Distribution dans l’île. — Manacascar Esr : Baie d’Antongil. Paratypes : 4 © et
5 9, Nosy Mangabe, 11-1958 au V-1959 (J. Vadon) (MRAC) ; 1 S et 2 9, même localité,
X-1961 (J. Vadon & A. Peyrieras) (MNHN).
Observation. — L'holotype, et les paratypes conservés au MRAC, de S.
imitator proviennent de la série-type de S. rugosus (Kistner).
4. Stenaesthetus monticola n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, presqu'île de Masoala, Ambobhitsiton-
droina, 1 100 m (Mousses au sol, tamisage n° 8), X-1959 (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 2,1 mm. Espèce grêle, le corps de coloration uniformé-
ment jaune-roux clair (exemplaire immature), les appendices testacés. Elle est
extérieurement très proche de S. rugosus (Kistner) mais s'en distingue cependant
facilement par sa microphthalmie : yeux très petits, composés d'une demi-douzaine
d’ommatidies pigmentées. Les caractères sexuels secondaires mâles sont identiques.
Edéage caractéristique (fig. 323-324). Capsule basale du lobe médian ovoïde,
fortement arquée, sans aucune apophyse sternale. Orifice apical encadré par deux
petites digitations et deux grandes expansions hyalines quadrangulaires. Sac interne
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 159
avec une grosse pièce copulatrice. Paramères très grands, enveloppants, masquant en
vue tergale la base et les côtés du lobe médian. Chétotaxie : dix soies, réparties en trois
groupes ; trois soies basales, quatre soies médianes et trois soies apicales, la soie distale
très longue, avec une embase digitiforme.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — L'espèce n’est actuellement connue que par
lholotype.
Observation. — L'holotype de S. monticola provient de la série-type de S.
rugosus (Kistner).
308 309 310 311
Figures 308-311 : genre Stengesthetus Sharp, groupe de $. rugosus (Kistner), spermathèques. —
308: S. rugosus (Kistner). — 309: S. imitator n. sp. — 310: $. griveaudi (Jarrige). — 311 : S.
microphthalmus Jarrige. Échelle : 100 um.
5. Stenaesthetus rugatulus n. sp.
Type. — Holotype: 1 O, Madagascar Et, baie d'Antongil, [région de
Maroantsetra], Ambodivoangy, (lavage de terre n° 14), 11-1959 (7. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 2,1 mm. Cette espèce est extérieurement identique à
S. rugosus (Kistner). Les caractères sexuels secondaires mâles sont identiques.
Edéage (fig. 325-326). Capsule du lobe médian allongée, l'apophyse sternale
petite, en forme de baguette, non visible en vue tergale. Orifice distal surmonté par un
cône membraneux, flanqué de deux grandes expansions hyalines, comportant beaucoup
moins de replis que chez les espèces précédentes. Sac interne avec une pièce
copulatrice de petite taille, identique à celle de S. rugosus. Paramères grêles, distincts
Source : MNHN, Paris
160
JEAN OROUSSET
314
Figures 312-319 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. rugosus (Kistner). — 312-317 : S.
rugosus (Kistner), mâle. — 312 : sternite du pygidium. — 313 : sternite du segment génital. — 314 :
pompe géniale. — 315-316 : édéage, faces ter
gale et latérale. — 317 : apex du paramère gauche. —
318-319 : $ robinsoni n. sp. mâle. — 318 : édéage, face tergale. — 319 : apex du paramère gauche.
Échelles : 100 pm.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 161
de la capsule du lobe médian dès la base, l'apex à peine dilaté. Chétotaxie (fig. 327) :
douze à quinze soies apicales régulièrement alignées en un seul rang.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — L'espèce n'est connue que de la localité de
lholotype. Paratypes : 2 S, Ambodivoangy, 1-1959 et VIII-1959 (J. Vadon) (MRAC).
Observation. — L'holotype et les paratypes de S. rugatulus proviennent de la
série-type de S. rugosus (Kistner).
6. Stenaesthetus horrifer n. sp.
Type. — Holotype : 1 d', Madagascar Est, baie d'Antongil, [région de Maroantse-
tra], Fampanambo (lavage de terre n° 81), XII-1958 (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 2,2 mm. Cette espèce est extérieurement identique à
S. rugosus (Kistner). Les caractères sexuels secondaires mâles sont identiques.
Edéage caractéristique (fig. 328-329). Capsule basale du lobe médian ovoïde,
peu arquée à la base, rétrécie en ogive vers l'apex et prolongée par une apophyse
sternale en forme de grande plaque. Orifice distal encadré par deux expansions hyalines
de grande taille, quadrangulaires, peu contournées. Calus basal volumineux, bien
visible du dessus. Sac interne avec une pièce copulatrice assez petite, bifide. Paramères
grêles, accolés au lobe médian dans leur moitié basale, puis divergents, l’apex faiblement
dilaté. Chétotaxie (fig. 330) : neuf à onze soies inégales, alignées au bord apical interne.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Est: Baie d’Antongil, région de
Maroantsetra. Paratypes : 1 d', mêmes indications que pour l'holotype (MRAC) : 1 ©,
Ambodivoangy, 1 100 m (lavage de terre n° 93), 1-1959 (J. Vadon) (MRAC).
Observation. — L'holotype et les paratypes de S. horrifer proviennent de la
série-type de S. rugosus (Kistner).
7. Stenaesthetus griveaudi (Jarrige)
Aulacosthaetus griveaudi Jarrige, 1968 : 873, fig 4.
Stenaesthetus griveaudi (Jarrige) Puthz, 1980 : 20.
Type. — Holotype: 1 ©, Madagascar Est, massif du Marojejy, Ambinanitelo,
500 m, XII-1958 (P. Griveaud) (MNHN).
Description. — Long. 2,5 mm. Cette espèce est extérieurement proche de S.
rugosus (Kistner) ; elle s’en distingue par sa grande taille, sa coloration uniformément
brun-rougeâtre, les pattes plus claires et les pièces buccales testacées. Sillons latéraux
du pronotum complètement effacés dans leur moitié antérieure. Pronotum et élytres
avec une sculpture moins forte. Mêmes caractères sexuels secondaires mâles,
Edéage (fig. 331-332). Capsule basale du lobe médian globuleuse, le calus basal
très petit, non visible du dessus. Lobe médian prolongé par une apophyse sternale
dentiforme. Expansions hyalines très grandes, quatre fois plus longues que larges, peu
contournées. Sac interne (évaginé chez l'holotype) avec une énorme pièce copulatrice
prolongée par une languette diaphane. Paramères accolés au lobe médian dans leur
Source : MNHN, Parisi
162 JEAN OROUSSET
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Carte 9 : répartition du genre Stenaesthetus Sharp à Madagascar, groupe de $. rugosus (Kistner)
— 1.28. rugosus (Kistner). — 2 :S. robinsoni n. sp. — 3 : $. imitator n. sp. — 4 : $. monticola n. sp.
5: $. rugatulus n. sp. — 6: S. horrifer n. sp. — 7: $. griveaudi (Jarrige). — 8 : S. microphthalmus
(Jarrige). — 9: $. dolosus n. sp. — 10: S. sp. (femelle).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 163
moitié basale, puis divergents, l'apex effilé. Chétotaxie (fig. 333) : huit longues soies
apicales, assez régulièrement alignées au bord interne.
Spermathèque : fig. 310
Distribution dans l’île. — Mabacascar Esr : Massif du Marojejy, Ambinanitelo,
500 m(P. Griveaud) ; 1 S et 1 $, massif du Marojejy, sans précisions, 600 m (FDHBA,
lavage d'humus épais), 12-X11-1972, (4. Peyrieras) (MNHN).
8. Stenaesthetus microphthalmus (Jarrige) emend. nov.
Aulacosthaetus microphtalmus Jarrige, 1968 : 873.
Stenaesthetus microphtalmus (Jarrige) : Puthz, 1980 : 20.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, baie d’Antongil, [région de Maroantse-
tra], Ambodivoangy, 1V-1956 (JL. Vadon) (MNHN).
Description. — Long, 1,7 mm. Cette espèce est facile à distinguer extérieure-
ment par sa petite taille et sa microphthalmie ; œil très réduit, peu convexe, composé de
quatre à sept ommatidies pigmentées, Elle est identique à S. rugosus (Kistner) par ses
autres caractères externes, y compris par ses caractères sexuels secondaires mâles,
hormis le sternite du propygidium, dont le bord postérieur est encore plus faiblement
évasé. Sternite du pygidium: fig. 334. Sternite du segment génital: fig. 335.
Canal éjaculateur différencié en pompe génitale tubulaire, assez longue (50 um)
et relativement grêle. Edéage (fig. 336-337). Capsule basale du lobe médian allongé, de
petite taille, prolongée par une grande apophyse sternale en forme de quille, non visible
du dessus. Expansions hyalines volumineuses, trois fois plus longues que larges,
prolongeant le lobe médian d'une longueur égale à celle de la capsule. Sac interne avec
une pièce copulatrice caractéristique, en position médiane, prolongée par un flagelle
rectiligne sortant au repos hors du lobe médian. Paramères accolés au lobe médian dans
leur moitié basale, puis divergent, la partie apicale libre large et spatulée. Chétotaxie
(fig. 338) : dix-huit à vingt-deux soies distribuées en deux groupes, le groupe basal
constitué de cinq à sept soies assez courtes.
Spermathèque : fig. 311.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Est : Région de Maroantsetra, Ambodi-
voangy, 2 © (paratypes), mêmes indications que pour l'holotype ; 7 © et 11 9, même
localité (lavage de terre), XI-1958 au VIII-1959 (J. Vadon) (MRAC) ; 4 S et 1 9,
Ampanolahimirafy, 300 m (lavage de terre), 11-1959 (J. Vadon) (MRAC).— 19 et19,
Presqu'île de Masoala, Ambohitsitondroina, 800 m et 1 100 m, VI-1958 et 1-1959
(Z. Vadon) (MRAC).
Observation. — Tous les exemplaires mentionnés ci-dessus proviennent de la
série-type de $. rugosus (Kistner).
9. Stenaesthetus dolosus n. sp.
Type. — Holotype : 1 S', Madagascar Est, baie d’Antongil, [région de Maroantse-
tral, Ambodivoangy (lavage de terre n° 48), VII-1959 (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 2,2 mm. Cette espèce est extérieurement très proche de
S. rugosus”(Kistnen). Elle é'en distingue par sa coloration jaune-roux clair -les
Source : MNHN, Paris
164 JEAN OROUSSET
Figures 320-324 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. rugosus (Kistner). — 320-322 : S.
imitato mâle. — 320 : édéage, face tergale. — 321 : idem, face latérale. — 322: apex du
e. — 323-324 : S. monticola n. sp., mâle. — 323 : édéage, face tergale. — 324 : idem,
face latérale. Échelles : 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 165
appendices testacés. Pronotum avec la base fortement sinuée près des angles
postérieurs, les sillons latéraux très profonds, bien marqués vers l'avant. Sternite du
pygidium du mâle (fig. 339) avec une échancrure médiane étroite et profonde, à bords
parallèles. Sternite du segment génital (fig. 340) très allongé.
Canal éjaculateur (fig. 341) différencié en pompe génitale tubulaire, très allongée
(750 um) et très grêle. Edéage (fig 342-343). Lobe médian très allongé, étroit, l'apex
étiré en pointe régulière. Expansions hyalines très réduites, formant deux minces
bourrelets encadrant l’orifice distal, prolongés en arrière par deux petites vésicules. Sac
interne avec une pièce copulatrice impaire, en forme de stylet en vue tergale.
Paramères grêles, divergents dès la base du lobe médian, et rectilignes dans leur moitié
apicale. Chétotaxie : quatorze à dix-sept soies réparties le long du bord apical interne,
les soies basales courtes.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — L'espèce n'est connue que de la localité de
lholotype. Paratype : 1 S, Ambodivoangy (lavage de terre n° 75), XI-1958 (J. Vadon)
(MRAC).
Observation. — L'holotype et le paratype de S. dolosus proviennent de la série-
type de S. rugosus (Kistner).
B. Groupe de Stenesthetus vadoni (Kistner)
(Espèces à téguments lisses)
CLEF DE DÉTERMINATION DES ESPÈCES
Très grande taille (2,5-2,6 mm) …
— Taille moyenne (1,8-2,1 mm)
2. Tête quadrangulaire, explanée latéralement, les tempes dentiformes.
Pronotum avec deux profonds sillons latéraux, les sillons médians
absents. Edéage : fig. 389. Femelle inconnue ....... 18. S. sogai (Jarrige)
— Tête transverse mais non explanée latéralement, les tempes arrondies.
Pronotum sans sillons latéraux .
3. Sillon collaire profond. Pronotum avec deux courts sillons médians.
Sternites V à VII du mâle avec des caractère sexuels secondaires.
Edéage : fig. 372. Spermathèque : fig. 350 ....... 13. S. peyrierasi n. sp.
— Sillon collaire superficiel. Pronotum dépourvu de sillons longitudinaux.
Sternites V à VIT du mâle sans caractères sexuels secondaires. Edéage :
fig. 385. Femelle inconnue ..… 17. S. betschi n. sp.
4. Pronotum dépourvu de sillons longitudinaux, avec tout au plus deux
impressions basales médianes superficielles . F
— Pronotum avec des sillons longitudinaux bien distincts
5
8
5. Œil composé de quatre à six ommatidies. Pronotum lisse, les fossettes
basales presque imperceptibles. Edéage : fig. 368. Femelle inconnue
Ro rene 12. S. atrox n. sp.
— Œil composé d’une quinzaine d’ommatidies. Pronotum avec six fossettes
basales punctiformes bien distinctes ........................... 6
Source : MNHN, Paris
JEAN OROUSSET
166
(Kistner). — 325-327 : S.
face latérale. — 327 : apex du
chelles: 100 um.
S. rug
idem,
Éch
n. sp. mâle, idem.
le. — 325 : édéage, face tergale. — 326 :
Figures 325-330 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. rugosus
sp. mâl
n.
paramère gauche. — 328-330 : S. horrifer
rugatulus
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 167
6. Espèce trapue, de coloration brun-roux. Fossettes basales externes
profondes. Mâle inconnu. Spermathèque : fig. 352 ... 16. S. anjavidilava n. sp.
— Espèces plus grêles, de coloration roux-orangé. Fossettes basales
extermes MOINS PrOfONUeS LP es eee ere eee 7
T7. Pronotum avec quelques gros points superficiels, dessinant deux vagues
impressions basales médianes. Sternite du pygidium du mâle avec une
échancrure peu profonde. Edéage : fig. 376. Femelle inconnue ...
14. S. descarpentriesi n. sp.
— Pronotum sans aucune impression longitudinale. Sternite du pygidium
du mâle avec une étroite et profonde échancrure. Edéage : fig. 381.
Spermathèque : fig. 354 15. $. minax n. sp.
8. Pronotum avec quatre sillons longitudinaux ... 9
— Pronotum avec seulement deux sillons longitudinaux,
MÉDIANE esse see ae ae see does ne 11
9. Téguments peu brillants, la microréticulation forte. Sillon collaire
distinct. Sillons médians du pronotum occupant le quart basal. Edéage :
Ge ODA 22. S. pauliani (Jarrige)
— Téguments très brillants, la microréticulation effacée. Sillon collaire
indistinet. Sillons médians du pronotum occupant au moins la moitié
Paso eee ce da EU CU 10
10. Sillons médians longs et arqués, occupant les trois-quarts du pronotum.
Pdéager ho 360 em ee 10. S. vadoni (Kistner)
— Sillons médians du pronotum occupant la moitié basale. Edéage : fig.
SOMMES ES el cer en ee tee eco 11. S. mendax n. sp.
11. Pronotum avec deux sillons latéraux ; sillons médians absents .... 12
— Pronotum avec deux sillons médians ; sillons latéraux absents .... 13
12. Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure étroite et très
profonde. Edéage : fig. 395. Spermathèque : fig, 351 .... 19.S. marojejy n. sp.
— Sternite du pygidium du mâle avec une échancrure large et moins
profonde. Edéage : fig. 400. Spermathèque : fig. 355 20.S. badius n. sp.
13. Œil composé d’une dizaine d’ommatidies. Sillons du pronotum réduits
à deux impressions discales médianes. Mâle inconnu. Spermathèque :
fi 23. S. elegans n. sp.
= a composé d’une quinzaine d’ommatidies. Sillons médians occupant
la moitié postérieure du pronotum ............................ 14
14. Long 2,1 mm. Tête et pronotum à microréticulation indistincte.
Pronotum et élytres amples. Edéage : fig. 405. Spermathèque : fig. 353.
5 21. S. machomenos n. sp.
— Long 1,9 mm. Tête et pronotum à microréticulation fine mais distincte.
Pronotum et élytres étroits. Mâle inconnu. Spermathèque : fig. 357 ...
24. S. Ilinaresi n. sp.
10. Stenaesthetus vadoni (Kistner)
Aulacosthaetus vadoni Kistner, 1965 : 360, 369, fig. 24-26.
Stenaesthetus vadoni (Kistner) ; Puthz, 1980 : 21.
Type. — Holotype : 1 ©, Madagascar Est, presqu'île de Masoala, Ambobhitsiton-
droina, 1 100 m (tamisage n° 8, Mousses au sol), X-1959 (J. Vadon) (MNHN).
Source : MNHN, Paris
168 JEAN OROUS,
Description. — Long. 1.8 mm. Espèce aptère et macrophthalme. Coloration :
avant-corps et pattes roux-orangé, l'abdomen rembruni, les antennes et les palpes
testacés ; face tergale très brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 270/370 um), avec les tempes courtes et
anguleuses. Front délimité de chaque côté par une carène rectiligne saillante, partant
des calus susantennaires et se prolongeant jusqu'aux tempes ; fossettes interoculaires
punctiformes, très petites ; région frontale antérieure presque plane. Microréticulation
très discrète, constituée de mailles isodiamétrales, et microponctuation très fine,
presque imperceptible. Front avec une pubescence dorée courte et éparse, le reste de la
tête glabre. Yeux ovalaires, convexes et de grande taille (125 X 50 um), composés
d'une trentaine d’ommatidies pigmentées et saillantes.
331
Figures 331-333 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. rugosus (Kistner) : S. griveaudi
(Jarrige), mâle. — 331 : édéage, face tergale. — 332 : idem, face latérale. — 333 : apex du paramère
gauche. Échelles : 100 um.
Pronotum (fig. 344) cordiforme, nettement plus long que large (L/1:
430/385 um), sa plus grande largeur au tiers antérieur, assez fortement rétréci en
arrière ; côtés rebordés sur toute leur longueur, le rebord visible de dessus seulement
dans la partie antérieure et à la base. Impressions pronotales : deux profonds sillons
latéraux, partant du quart antérieur et atteignant presque les angles postérieurs, ces
sillons légèrement sinués, élargis et fortement creusés dans leur région médiane,
terminés en fossettes à la base ; deux sillons médians courts, divergents vers l'arrière et
n'atteignant pas les fossettes basales ; six fossettes punctiformes subégales, disposées
parallèlement à la base du pronotum, reliées entre elles par un très fin sillon transversal.
Disque à microréticulation discrète, uniforme, constituée de mailles isodiamétrales :
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 169
ponctuation et pilosité nulles. Elytres courts (L/1: 250/210 um). l'angle huméral
indistinct, une carène latérale partant en arrière de celui-ci et délimitant nettement
l'épipleure ; strie suturale nette. Disque de l'élytre lisse, à microréticulation très fine,
les mailles allongées transversalement : quelques fines soies couchées.
Abdomen large (1 : 430 um), avec une ponctuation ombiliquée et une pubescence
couchée assez dense. Sternite du propygidium du mâle avec une impression médiane
triangulaire superficielle, à pilosité réduite, le bord postérieur échancré en forme de U
très ouvert. Sternite du pygidium du mâle (fig. 358) avec une profonde échancrure
(200 um), surmontée d’une petite lunule. Sternite du segment génital du mâle (fig. 359)
lancéolé.
Edéage (fig. 360). Lobe médian allongé (L/1: 430/110 km), la capsule basale
ovoïde et l'apex volumineux, spatulé. Calus basal peu protubérant et orifice distal de
grande taille, encadré par deux crochets membraneux. Sac interne sans pièces
copulatrices nettement distinctes. Paramères caractéristiques (fig. 361), bilobés : partie
basale encadrant la capsule du lobe médian et terminée en palette portant une soie
difficilement visible, à l'angle externe ; partie apicale sétifère, portant cinq soies grêles,
recourbées vers l’intérieur (paramères brisés chez lholotype).
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr: cette espèce n’est connue que de
là localité de lhootype. Paratype: 1 ©, Ambohitsitondroina (tamisage de Mousses
n° B1), XI-1959 (J. Vadon) (MRAC).
Observations. — S. vadoni a été décrit d'après une série de 13 exemplaires :
6 et 7 9 (MRAC, DK). Hormis le paratype mentionné ci-dessus, les quatre autres
paratypes mâles appartiennent à une espèce inédite, S. mendax n. sp etàS, pauliani
(Jarrige). Ces trois espèces cohabitent dans la station d’Ambohitsitondroina ; les
femelles sont indifférenciables.
11. Stenaesthetus mendax n. sp.
Type. — Holotype : 1 d, Madagascar Est, presqu'île de Masoala, Ambohitsiton-
droina, 1100 m (tamisage n° A8, Mousses au sol), X-1959 (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 1,7 mm. Espèce extérieurement très proche de $. vadoni
(Kistner), avec qui elle cohabite. Les caractères différentiels sont les suivants.
Tête proportionnellement plus transverse (L/1: 230/350 Lm), à pilosité presque
nulle.
Pronotum légèrement plus transverse (L/1: 380/360 um) ; impressions du même
type, mais les sillons médians limités à la moitié postérieure et plus nettement élargis à
la base ; fossettes basales plus petites. Disque moins brillant, à réticulation plus forte.
Elytres un peu plus courts.
© Sternite VI du mâle avec une zone triangulaire large et déprimée, à pubescence
clairsemée. Sternite VII (propygidium) du mâle avec une zone médiane triangulaire
identique à celle de l'espèce précédente, mais avec le bord postérieur à peine échancré.
Sternite VIIL (pygidium) du mâle (fig. 362) avec une profonde échancrure. Sternite du
segment génital du mâle (fig. 363) lancéolé.
Edéage (fig. 364). Lobe médian allongé (L/1: 400/130 um), la capsule basale
volumineuse, ovoïde, l'apex spatulé, plus étroit. Orifice apical encadré par deux petits
crochets diaphanes. Sac interne sans pièces copulatrices nettement distinctes.
Source : MNHN, Paris
170 JEAN OROUSSET
Figures 334-343 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. rugosus (Kistner). — 334-336 : S.
microphthalmus (Jarrige), mâle. — 334 : sternite du pygidium. — 335 : sternite du segment génital. —
336 : édéage, face tergale. — 337 : idem, face latérale. — 338 : apex du paramère gauche. — 339-343 :
S. dolosus n. sp., mâle. — 339 : sternite du pygidium. — 340 : sternite du segment génital. — 341 :
pompe génitale. — 342 : édéage, face tergale. — 343 : idem, face latérale. Échelles: 100 pm.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 171
Paramères (fig. 365) constitués d’une seule pièce, accolée à la capsule du lobe médian,
l'apex élargi en palette et portant une unique soie dirigée vers l'intérieur.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l'holotype.
Observation. — S. mendax cohabite dans la localité-type avec S. vadoni
(Kistner) et S. pauliani (Jarrige).
12. Stenaesthetus atrox n. sp.
Type. — Holotype : 1 d', Madagascar Est, région de Périnet, station du lac Vert,
XI-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,9 mm. Espèce aptère et macrophthalme. Coloration :
uniformément roux orangé, l'abdomen à peine rembruni, les antennes et palpes
testacés ; face tergale très brillante, sans ponctuation appréciable.
Capsule céphalique fortement transverse (L/1: 210/310 um), les tempes
arrondies. Carènes interoculaires légèrement incurvées et effacées en arrière.
Microréticulation nettement visible seulement au niveau des calus susantennaires ;
pubescence blanchâtre éparse, un peu plus dense dans la région antérieure du front.
Yeux très petits (30 X 20 um), très peu saillants, composés de quatre à six ommatidies.
Pronotum subearré (L/l : 346/342 pm), sa plus grande largeur au tiers antérieur ;
côtés finement rebordés sur toute leur longueur, le rebord visible du dessus seulement
aux angles antérieurs et postérieurs. Impressions pronotales très réduites : aucun sillon
visible, mais présence de six minuscules fossettes punctiformes. Disque lisse, la
microréticulation indistincte ; pubescence limitée à quelques très fines soies couchées.
Elytres très courts (L/1: 190/170 um) ; angle huméral indistinet et carène latérale
presque totalement effacée. Microréticulation faible mais distincte, à mailles
isodiamétrales ; pubescence réduite à quelques soies couchées.
Abdomen large (1: 380 um), avec une forte ponctuation ombiliquée et une dense
pubescence couchée. Sternite du propydium du mâle sans aucune impression ou
échancrure médiane. Sternite du pygidium du mâle (fig. 366) avec une fente étroite et
très profonde (210 um). Sternite du segment génital du mâle (fig. 367) lancéolé.
Edéage (fig. 368). Lobe médian très allongé (L/1: 470/90 um), la capsule peu
volumineuse et l'apex spatulé. Calus basal peu protubérant ; lame apicale surmontée
par deux crochets membraneux dissymétriques. Paramères très longs et grêles, portant
chacun neuf soies dirigées vers l'intérieur et disposées en deux groupes : cinq soies
médianes et quatre soies apicales (fig. 369).
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l’holotype.
13. Stenaesthetus peyrierasi n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, région de Périnet, forêt de la Grande
Ile, 900 m (tamisage de litière), X-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Source : MNHN, Paris
172 JEAN OROUSSET
346
349
Figures 344-349 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni (Kistner), pronotum et détail
de la sculpture du tégument. — 344: S. vadoni (Kistner). — 345 : S. peyrierasi n. sp. — 346: S.
betschi n. sp. — 347: S. sogai (Jarrige). — 348: S. pauliani (Jarrige). — 349 : S. elegans n. sp.
Échelle : 200 yum.
Description. — Long 2,5 mm. Espèce de grande taille, aptère et
macrophthalme. Coloration : uniformément brun roux foncé, les appendices à peine
plus clairs ; face tergale très brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 285/395 um), à tempes arrondies. Front
délimité par des carènes latérales légèrement convexes, atteignant en arrière le sillon
collaire, ce dernier très marqué. Microréticulation forte au niveau des calus
susantennaires et entre ces derniers, presque indistincte sur le reste de la tête;
ponctuation indistincte et pubescence constituée de longues soies blanchâtres éparses
sur toute la capsule céphalique, les tempes portant de plus quelques grandes soies
raides. Yeux ovalaires, assez grands (95 X 50 um) mais peu saillants, composés de
quinze à vingt ommatidies pigmentées.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 173
Pronotum (fig. 345) allongé (L/1: 450/435 pm), avec sa plus grande largeur au
tiers antérieur ; rebords latéraux visibles du dessus sur presque toute leur longueur.
Impressions pronotales : sillons latéraux absents, sillons médians courts, limités à la
moitié postérieure et n’atteignant pas les fossettes basales, et présence de six petites
fossettes basales punctiformes bien individualisées, sans trace de sillon transversal les
reliant. Disque sans microréticulation apparente mais avec une microponctuation
extrêmement fine et éparse, associée à une fine pubescence couchée ; quelques gros
points peu profonds disséminés. Elytres assez grands (L/l: 255/210 yum), l'angle
huméral indistinet et la carène latérale avec un fin sillon interne ; strie suturale effacée.
Microréticulation nette, à mailles allongées transversalement ; ponctuation nulle et
pubescence fine, régulière et peu dense.
Abdomen volumineux (1 : 460 um), avec une ponctuation ombiliquée assez forte,
associée à une fine pubescence couchée. Sternites V à VII du mâle avec un sillon
médian large et peu marqué, le sternite VII avec, en outre, à son bord postérieur, une
impression triangulaire. Sternite VIII (pygidium) du mâle avec une échancrure étroite
et profonde (fig. 370). Sternite du segment génital du mâle (fig. 371) lancéolé.
Edéage (fig. 372). Lobe médian très allongé (L/1 : 440/100 2m), la capsule basale
longue et étroite, et la lame apicale courte et de structure complexe ; calus basal peu
protubérant, non visible du dessus. A l'extrémité de la capsule partent deux grosses
pièces membraneuses symétriques, fortement contournées en crochets en face sternale.
Sac interne sans pièces sclérifiées nettement distinctes. Paramères (fig. 373) atteignant
presque lapex du lobe médian, progressivement élargis en palettes. Chétotaxie :
chaque paramère porte quatorze soies dans la région apicale, alignées contre le bord
interne et dirigées vers l'intérieur ; groupe basal constitué de neuf soies juxtaposées et
groupe apical de cinq soies.
Spermathèque : fig. 350.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr: Paratypes : 2 ©, mêmes indications
que pour l'holotype (MNHN).
Mapacascar CENTRE : 1 © et 1 9, Est du lac de Mantasoa, forêt d’Ambohiboatavo,
1350 m (lavage de terre et d’humus), 17-XI1-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
14. Stenaesthetus descarpentriesi n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, massif de lAndringitra, cirque de
Manjarivolo, 1650 m (RCP 225, FDHMI, tamisage de Mousses sur rochers),
28-X-1970 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 2,1 mm. Espèce aptère et macrophthalme. Coloration :
uniformément roux orangé, les pattes à peine plus claires, les antennes et les palpes
testacés ; téguments très brillants.
Capsule céphalique transverse (L/1: 272/356 um), les tempes arrondies.
Fossettes frontales punctiformes, très petites, reliées par un profond sillon aux calus
susantennaires, ces derniers peu marqués ; carènes interoculaires saillantes, légèrement
convexes, et sillon collaire peu marqué. Microréticulation forte et uniforme, constituée
de mailles isodiamétrales ; pas de ponctuation distincte et pilosité réduite à des soies
éparses dans la région antérieure du front. Yeux ovalaires, assez grands (90 X 38 um)
mais peu saillants, composés d’une quinzaine d'ommatidies pigmentées.
Pronotum subcarré (L/1 : 395/388 am), sa plus grande largeur au tiers antérieur,
rétréci presque en ligne droite dans sa moitié postérieure ; rebords latéraux visibles du
Source : MNHN, Paris
174 JEAN OROUSSET
] 351 352 353
fgures 350-357 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni (Kistner), spermathèques.
350: S. peyrierasi n. sp. — 351: S. marojejy n. sp. — 352: S. anjavidilava n. sp. — 35
machomenos n. sp. — 354 :S. minax n. sp. — 355 : S. badius n. sp. — 356 : $. elegans n. sp. — 357
linaresi n. sp. Échelle: 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 175
dessus seulement aux angles antérieurs et dnas la moitié postérieure. Impressions
pronotales : sillons latéraux indistincts, deux sillons médians très courts et superficiels,
situés près de la base, et six fossettes bien individualisées mais très petites, la fossette
externe allongée longitudinalement et les fossettes internes punctiformes,
Microréticulation discrète, constituée de mailles isodiamétrales ; ponctuation limitée à
quelques gros points superficiels épars, et pubescence presque nulle, constituée de très
fines soies couchées. Elytres courts (L/1 : 240/388 4m), l'angle huméral indistinet et les
carènes latérales fortes ; pas de strie suturale. Microréticulation peu distincte, formée
de mailles allongées transversalement ; une vague microponctuation constituée de
points superficiels épars, associée à de fines soies couchées.
Abdomen volumineux (1: 408 um), la microréticulation nette, associée à une
forte ponctuation ombiliquée et à une pubescence couchée assez dense. Sternites V à
VII du mâle dépourvus de tout caractère sexuel secondaire. Sternite VIII (pygidium) du
mâle (fig. 374) avec, au bord postérieur, une échancrure médiane très peu profonde
(48 um), surmontée par un étroit et profond sillon. Sternite du segment génital du mâle
(fig. 375) lancéolé.
Edéage (fig. 376). Lobe médian très allongé (L/1 : 276/103 Am), progressivement
effilé jusqu'à l’'apex ; ce dernier porte deux séries de six grandes soies raides, orientées
transversalement, et deux processus membraneux réunis à la base près de l’orifice
apical. Sac interne avec une pièce copulatrice médiane peu distincte. Paramères longs
et grêles, séparés du lobe médian depuis la base. Chétotaxie (fig. 377) : trois soies, dont
deux soies préapicales insérées au bord interne et une longue soie apicale.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l'holotype.
15. Stenaesthetus minax n. sp.
Type. — Holotype : 1 ©, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, base de la
forêt du cirque de Manjarivolo, 1 200°m (tamisage de litière), 9-V-1973 (4. Peyrieras)
(MNEN.
Description. — Cette espèce est extérieurement très proche de S. descar-
pentriesi n. sp. Elle s’en distingue par les caractères suivants.
Capsule céphalique à microréticulation effacée, nette seulement au niveau des
calus susantennaires.
Pronotum dépourvu de sillons longitudinaux, la base portant six fossettes bien
distinctes, ovalaires et d'assez grande taille, orientées longitudinalement ; micro-
réticulation et ponctuation indistinctes.
Sternite du pygidium du mâle (fig. 378) avec une échancrure médiane étroite et
profonde (114 um). Sternite du segment génital du mâle (fig. 379) grand, lancéolé.
Canal éjaculateur faiblement différencié en pompe génitale (fig. 380). en forme
de tubule grêle peu muscularisé. Edéage (fig. 381). Lobe médian allongé (L/1:
234/110 um), en forme de spatule, l'apex très arrondi portant deux rangées de six
grandes soies raides orientées transversalement ; l’orifice apical est surmonté de deux
grands processus membraneux subsymétriques. Sac interne avec une grosse pièce
copulatrice médiane peu distincte. Paramères robustes, accolés au lobe médian dans
leur moitié basale, puis brusquement dilatés et divergents, progressivement rétrécis
jusqu’à l'apex. Chétotaxie (fig. 382) : cinq soies, dont deux soies préapicales insérées
au bord interne et trois soies apicales.
Spermathèque : fig. 354.
Source : MNHN, Paris
176
CARTE 10
V7@15
8
Carte 10 : répartition du genre Stenaesthetus Star à Madagascar, groupe de S. vadoni (Kistner).
— 1.:$. vadoni (Kistner). — 2 : $. mendax n. sp. — 3 : $. atrox n. sp. — 4 : S. peyrierasi n. sp. — 5:$.
descarpentriesi n. sp. — 6 : $. minax n. sp. — 7: $. ul n sp. — 8 :S. betschi n. sp. —9:S.
sogai (Jarrige). — 10 :S. marojejy n. sp. — 11 :S. badius n. sp. — 12 : S. machomenos n. sp. — 13 :S.
pauliani (Jarrige). — 14: S. elegans n. sp. — 15: $. Uinaresi n. sp.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 177
Distribution dans l’île. — Cette espèce n'est connue que de la localité-type.
Paratypes : 2 S et 7 ®, mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
16. Stenaesthetus anjavidilava n. sp.
Type. — Holotype : 1 9, Madagascar Centre, massif de lAndringitra, Anjavi-
dilava, 2 000 m (RCP 225, FDSMP; Mousses et racines de Graminées, tamisage
n° 193), 15-1-1971 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 2,5 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps roux clair, l'abdomen rembruni à l’apex, les pattes rousses et les-antennes et
pièces buccales testacées.
Capsule céphalique transverse (L/1: 317/427 pm), les tempes courtes et
arrondies. Carènes interoculaires saillantes, convexes, et sillon collaire superficiel.
Microréticulation très fine mais distincte, uniformément répartie, formée de mailles
isodiamétrales ; microponctuation indistincte et pubescence limitée à quelques courtes
soies éparses dans la région antérieure du front. Yeux ovalaires, de taille moyenne
(130 X 55 sm), très peu convexes, composés d’une vingtaine d'ommatidies pigmentées.
Pronotum cordiforme (L/1 : 480/450 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
puis régulièrement et assez fortement rétréci en arrière. Rebord visible du dessus
seulement aux angles antérieurs et dans la moitié postérieure. Impressions pronotales
réduites à six petites fossettes basales, les fossettes internes et externes ovalaires,
vaguement prolongées en un très court sillon vers l'avant, les fossettes intermédiaires
punctiformes. Microréticulation et ponctuation nulles ; pubescence constituée de très
fines soies couchées, presque imperceptibles. Elytres courts (L/1: 270/465 um),
l'angle huméral indistinct, les carènes latérales nettes et les stries suturales effacées :
disque lisse et brillant, la microréticulation à peine distincte ; ponctuation nulle et
pubescence constituée de très fines soies couchées.
Abdomen tubulaire, assez large (1: 490 um).
Spermathèque : fig. 352.
Mâle. — Inconnu.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité de
l'holotype. Paratype : 1 ©, mêmes indications que pour l’holotype (MNHN).
17. Stenaesthetus betschi n. sp.
Type. — Holotype : 1 &, Madagascar Centre, massif de l'Andringitra, chaîne du
Vohidray, 2 000 m (FDSMP, tamisage de Mousses), 13-1-1971 (J.-M. Betsch) (MNHN).
Description. — Long. 2,5 mm. Grande espèce très robuste, aptère et
macrophthalme. Coloration : corps uniformément brun roux, les pattes un peu plus
claires, les antennes et les palpes testacés ; face tergale très brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 260/390 um), à tempes arrondies. Carènes
interoculaires saillantes, faiblement arquées, et sillon collaire très peu marqué.
Microréticulation superficielle, constituée de mailles isodiamétrales, effacées vers
l'arrière ; ponctuation nulle et pilosité limitée à quelques fines soies blanchâtres
éparses. Yeux ovalaires, de grande taille (100 X 50 um) mais peu convexes, composés
d'environ vingt-cinq ommatidies pigmentées.
Pronotum (fig. 346), massif, subcarré (L/1: 456/450 um) ; rebord latéral visible
Source : MNHN, Paris,
178 JEAN OROUSSET
361
363
362
Figures : 358-365 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni (Kistner). — 358-361 : S.
vadoni (Kistner), mâle. — 358 : sternite du pygidium. — 359 : sternite du segment génital. — 360 :
édéage, face tergale. — 361 : apex du paramère droit. — 362-365 : S. mendax n. sp, mâle, idem.
Échelles : 100 um.
du dessus seulement aux angles antérieurs et sur toute la moitié postérieure. Impressions
discales limitées aux six fossettes punctiformes basales, sans aucune trace de sillons
longitudinaux ; fossette externe logée dans une petite dépression ovalaire. Micro-
réticulation indistincte ; une très fine microponctuation éparse, associée à une fine
pilosité couchée. Elytres assez grands (L/1 : 270/230 um), l'angle huméral indistinet et
la carène latérale nette; pas de strie suturale visible. Microréticulation à mailles
transversales, associée à une pilosité blanchâtre éparse.
Abdomen large (1 : 480 um), avec une microréticulation nette et une ponctuation
ombiliquée fine, associée à une pubescence rase assez dense. Sternite du pygidium du
mâle (fig. 383) avec une échancrure médiane étroite et très profonde (210 yum), les
sternites précédents dépourvus de tout caractère sexuel secondaire. Sternite du
segment génital du mâle (fig. 384) étroit et très pointu.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 179
366 367 ]
L_I 369
373 371 370
Figures 366-373 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni (Kistner). — 366-369 : S.
atrox n. sp.. mâle. — 366 : sternite du pygidium. — 367 : sternite du segment génital. — 368 : édéage,
face tergale. — 369 : apex du paramère droit. — 370-373 : S. peyrierast n. sp., mâle, idem. Échelles :
100 um.
Edéage (fig. 385). Lobe médian allongé (L/1: 305/92 am), en forme de palette,
l'apex triangulaire surmonté par deux lames membraneuses diaphanes, réunies à la
base ; l'apex porte de plus deux rangées de huit soies raides, orientées transversalement.
Sac interne (évaginé chez l’holotype) avec une volumineuse pièce copulatrice hérissée
de spicules, le gonopore distinet, surmontant un selérite en forme de trèfle. Paramères
longs et grêles, accolés au lobe médian sur les deux-tiers de leur longueur. Chétotaxie
(fig. 386) : cinq soies, dont quatre soies préapicales insérées au bord interne et dirigées
vers l'intérieur, et une soie apicale.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que par l’holotype.
Source : MNHN, Paris
180 JEAN OROUSSET
18. Stenaesthetus sogai (Jarrige)
Aulacosthaetus sogai Jarrige, 1968: 871. fig. 1.
Stenaesthetus sogai (Jarrige) : Puthz, 1980 : 21.
Type. — Holotype : 1 ©, Madagascar Est, massif du Marojejy, réserve naturelle
intégrale n° 12, col central, 1 700 m, 1-1960 (P. Soga) (MNHN).
Description. — Long. 2,6 mm. Grande espèce robuste, aptère et macropthalme.
Coloration : uniformément brun rougeâtre foncé, les pattes brun roux, les antennes et
les palpes testacés ; face tergale brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 342/450 um), très large et rectangulaire,
fortement explanée latéralement, les tempes dentiformes. Carènes frontales saillantes,
concaves, et sillon collaire presque indistinet. Front plan, les calus susantennaires peu
saillants, reliés aux fossettes frontales par un fin sillon. Microréticulation uniforme, bien
distincte, constituée de mailles isodiamétrales ; ponctuation nulle et pilosité limitée à
quelques soies au niveau du front. Yeux ovalaires (90 X 52 um), peu saillants,
composés d’une quinzaine d’ommatidies pigmentées, à cornéule très convexe.
Pronotum (fig. 347) trapézoidal (L/1: 478/470 um), sa plus grande largeur au
tiers antérieur et bien rétréci ensuite ; rebords latéraux visibles du dessus au niveau des
angles antérieurs et dans la moitié postérieure. Impressions pronotales : deux profonds
sillons latéraux arqués, occupant toute la longueur du pronotum et atteignant presque
vers l'arrière les angles postérieurs, sillons médians absents, et présence de six fossettes
basales, réunies entre elles par un sillon peu marqué, les fossettes internes puncti-
formes, plus petites que les fossettes externes. Microréticulation nette, constituée de
mailles allongées transversalement ; ponctuation constituée de quelques gros points
superficiels peu visibles, associés à une micropilosité éparse. Élytres assez grands
(L/1: 278/282 pm), l'angle huméral indistinet, les carènes latérales nettes ; une
profonde strie suturale, effacée vers l’apex. Disque avec une fine microréticulation à
mailles allongées transversalement ; ponctuation nulle et pilosité constituée de fines
soies couchées, éparses. Pattes longues et grêles.
Abdomen volumineux (1: 532 um). Sternite du pygidium du mâle (fig. 387) avec
une échancrure médiane large et profonde (170 um). Sternite du segment génital du
mâle (fig. 388) large, lancéolé.
Edéage (fig. 389-390). Lobe médian de grande taille (L/1: 913/178 um), la
capsule basale piriforme, épaisse et de coloration très foncée ; partie distale tubulaire,
beaucoup moins sclérifiée, de coloration pâle ; apex de structure complexe, avec de
nombreux replis membraneux. Sac interne en forme de tubule étroit, sans pièce
copulatrice nettement distincte. Paramères longs et grêles, l’apex spatulé, de très petite
taille. Chétotaxie (fig. 391) : huit courtes soies réparties vers l’apex.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Cette espèce ne m'est connue que par l'holotype.
19. Stenaesthetus marojejy n. sp.
Type. — Holotype : 1 S', Madagascar Est, massif du Marojejy, 600 m (FDHBA.
lavage d'humus), 12-X11-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 1,9 mm. Espèce aptère et macrophthalme. Coloration :
corps uniformément brun roux, les pattes jaunes, les antennes et les palpes testacés ;
face tergale luisante.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 181
Figures 374-382 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni (Kistner). — 374-377 : $.
rpentriesi n. sp., mâle. — 374 : sternite du pygidium, — 375 : sternite du segment génital. — 37
ge. face tergale. — 377 : apex du paramère droit. — 378-382 : $. minax n. sp, mâle. — 37
Sternite du pygidium. — 379 : sternite du segment génital. — 380 : pompe génitale. — 381 :
face tergale. — 382: apex du paramère droit. Échelles: 100 um.
Capsule céphalique transverse (L/l: 272/370 um), les tempes courtes,
dentiformes. Carènes latérales saillantes, légèrement sinueuses. Front subplan vers
l'avant, les fossettes interoculaires petites et peu profondes, reliées aux calus
susantennaires par un profond sillon. Sillon occipital à peine marqué. Microréticulation
assez forte, bien distincte sur l’ensemble de la tête, constitué de mailles isodiamétrales :
ponctuation nulle ‘et pubescence réduite à de fines soies éparses sur le front. Yeux
ovalaires, assez grands (95 X 50 yum) et saillants, composés d'environ vingt-cinq omma-
tidies pigmentées, à cornéule très convexe.
Source : MNHN, Paris
182 JEAN OROUSSET
Pronotum allongé (L/1 : 400/388 1m), sa plus grande largeur au tiers antérieur, et
fortement rétréci en arrière ; rebords latéraux visibles du dessus aux angles antérieurs
et dans la moitié postérieure. Impressions pronotales : deux profonds sillons latéraux,
creusés en fossettes à la base, sillons médians absents, et six fossettes basales assez
profondes, les fossettes internes punctiformes et les deux fossettes externes ovalaires,
sans sillon transversal les reliant entre elles. Microréticulation forte et uniforme,
constituée de mailles allongées transversalement ; quelques points superficiels épars,
associés à une fine pubescence couchée. Elytres courts (L/1: 260/414 um), l'angle
huméral indistinet, la carène latérale saillante ; stries suturales nettes. Disque de l'élytre
à microréticulation bien apparente, les mailles allongées transversalement ; ponctuation
nulle et pubescence constituée de fines soies couchées.
Abdomen large (1: 440 um), avec une fine ponctuation ombiliquée et une
pubescence couchée assez fournie. Urites III à VIT dépourvus de tout caractère sexuel
secondaire. Sternite du pygidium du mâle (fig. 392) avec une échancrure médiane large
et profonde (120 um), rebordée par une grande lunule réfringente. Sternite du segment
génital du mâle (fig. 393) court et large, lancéolé.
Canal éjaculateur différencié en pompe génitale (fig. 394) très volumineuse
(L/1: 550/235 um), fortement sclérifiée et muscularisée. Edéage (fig. 395). Lobe
médian très petit (L: 260 um), constitué d’une capsule ovoïde très sclérifiée, de
coloration brun noir, prolongée par deux grandes lames membraneuses. Sac interne
avec un ensemble complexe de pièces hérissées de spicules (en érection chez les deux
mâles examinés). Paramères accolés à la capsule du lobe médian, puis fortement
divergents, l’apex spatulé. Chétotaxie (fig. 396) : neuf soies réparties en un groupe de
huit soies médianes, dont l’une est différenciée en dent à large embase, et une soie
apicale recourbée.
Spermathèque : fig. 351.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr : Massif du Marojejy. Paratypes :
16" et 1 9, mêmes indications que pour l’holotype (MNHN) ; 1 ©, 1 300 m (tamisage de
terre), 5-XI1-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
20. Stenaesthetus badius n. sp.
Type. — Holotype : 1 ©, Madagascar Est, massif du Marojejy, 600 m (FDHBA,
lavage d’humus), 12-X11-1972 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Espèce extérieurement très semblable à S. marojejy n. sp. Elle
s’en distingue par les caractères suivants.
Taille légèrement plus grande, la capsule céphalique un peu plus large, à tempes
très anguleuses. Pronotum avec des sillons latéraux plus profonds, la microréticulation
forte, à mailles isodiamétrales. Sternite du pygidium du mâle (fig. 397) avec une large
échancrure médiane triangulaire, assez me (90 um). Sternite du segment génital
du mâle (fig. 398) lancéolé.
Canal éjaculateur différencié en pompe génitale (fig. 399) très volumineuse (L/1 :
675/250 um), fortement sclérifiée et muscularisée, de structure assez différente de
celle de l'espèce précédente.
Edéage (fig. 400). Lobe médian de petite taille (L: 290 pm), la capsule basale
ovoïde, très sclérifiée et de coloration foncée, prolongée par un ensemble de grandes
lames membraneuses effilées. Sac interne avec des pièces copulatrices peu distinctes.
Paramères grêles, accolés à la capsule du lobe médian puis divergents, l’apex digiti-
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 183
391
388 387
Figures 383-391 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni (Kistner). — 383-386 : S.
betschi n. sp, mâle, — 383 : sternite du pygidium. — 364 : sternite du segment génital. — 385 : édéage,
face tergale. — 386 : apex du paramère droit. — 387-391 : S, sogai (Jarrige), mâle. — 387 : sternite du
pygidium. — 388 : sternite du segment génital. — 389 : édéage, face tergale. — 390 : apex du lobe
médian. — 391 : apex du paramère droit. Échelles: 100 um.
forme. Chétotaxie (fig. 401) : sept soies réparties en un groupe de six soies subégales
alignées au bord interne et une soie apicale.
Spermathèque : fig. 355.
Distribution dans l’île. — Mabacascar Esr: Massif du Marojejy ; paratypes :
19° et 19, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN) ; 1 ©’, 1 300 m, 4-X11-1972
(4. Peyrieras) (MNHN) ; 1 S, 1900 m (lavage d’humus et de terre), 6-XII-1972
(4. Peyrieras) (MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite avec S. marojejy n. sp.
Source : MNHN, Paris
184 JEAN OROUSSET
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Figures 392-401 : genre Stenaesthetus Sharp. groupe de S. vadoni (Kistner). — 392-306 : S.
marojejy n. sp, mâle. — 392 : sternite du pygidium. — 393 : sternite du segment génital. — 394 :
pompe génitale. — 395 : édéage, face tergale. — 396 : apex du paramère droit, de trois-quarts. —
397-401 : S. badius n. sp. mâle, idem. Échelles: 100 um.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 185
21. Stenacsthetus machomenos n. sp.
Type. — Holotype: 1 d, Madagascar Centre, Est du lac de Mantasoa, forêt
d'Ambohiboatavo, 1 350 m (lavage de terre et d'humus), 17-X11-1973 (A. Peyrieras)
(MNEN.
Description. — Espèce aptère et microphthalme. Coloration : corps uniformé-
ment brun roux, les pattes un peu plus claires, les antennes et les palpes testacés ; face
tergale très brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 285/375 um), les tempes assez grandes,
arrondies. Front délimité de chaque côté par une carène nettement convexe. Fossettes
interoculaires petites mais reliées aux calus susantennaires par de profonds sillons ;
front subplan vers l'avant. Microréticulation presque indistincte, sauf au niveau des
calus susantennaires ; microponctuation presque imperceptible et pubescence réduite à
de fines soies éparses dans la région antérieure du front, avec en plus quelques grandes
soies raides au niveau des tempes. Yeux assez petits, très allongés (85 X 38 um) et peu
saillants, composés d’une quinzaine d'ommatidies pigmentées.
Pronotum cordiforme (L/1: 427/400 um), sa plus grande largeur au tiers
antérieur, puis très progressivement rétréci en arrière ; rebords latéraux visibles du
dessus seulement aux angles antérieurs et très près de la base. Impressions pronotales :
sillons latéraux absents, deux sillons médians courts, limités à la moitié postérieure,
assez profonds et convergents légèrement vers l'avant, difficilement visibles en raison
de la brillance du tégument, six petites fossettes basales punctiformes, non reliées entre
elles par un sillon transversal, les deux fossettes internes réunies aux sillons longitudi-
naux médians. Microréticulation indistincte ; ponctuation nulle et pubescence réduite à
quelques très fines soies couchées. Elytres courts, fortement transverses (LA:
272/414 um), l'angle huméral indistinct, la carène latérale tranchante ; pas de stries
suturales. Disque de l’élytre lisse, la microréticulation presque indistincte, constituée
de mailles allongées transversalement ; microponctuation constituée de quelques points
varioliques superficiels et pubescence réduite à de fines soies couchées.
Abdomen large, tubulaire (1: 453 4m), avec une fine ponctuation ombiliquée,
associée à une courte pubescence couchée, assez dense. Urites III à VII dépourvus de
tout caractère sexuel secondaire. Sternite du pygidium du mâle (fig. 402) avec une
échancrure médiane étroite et très profonde (195 um), rebordée par une lunule bien
développée. Sternite du segment génital du mâle (fig. 403) grand, lancéolé.
Edéage (fig. 405). Lobe médian très allongé (L/1 : 380/125 gum), la capsule basale
prolongée par un apex tubulaire terminé par deux pièces membraneuses triangulaires ;
deux expansions ovalaires accolées au lobe médian de chaque côté vers le milieu. Sac
interne avec une grande pièce copulatrice bifide bien distincte. Paramères très grands
et nettement séparés du lobe médian dès la base, l'apex large et spatulé. Chétotaxie
(fig. 406) : quatorze soies réparties en un groupe médian de neuf soies subégales et un
groupe distal de cinq soies, les soies apicales très longues.
Spermathèque : fig. 353.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est actuellement connue que de la
localité-type. Paratypes : 8 Set 4 ©, mêmes indications que pour Tholotype (MNHN).
22. Stenaesthetus pauliani (Jarrige)
Aulacosthaestus pauliani Jarrige, 1968 : 872, fig. 2.
Stenaesthetus pauliani (Jarrige) : Puthz, 1980 : 21.
Source : MNHN, Paris
186 JEAN OROUSSET
Type. — Holotype : 1 S', Madagascar Est, baie d’Antongil, [région de Maroant-
setra], Ambodivoangy (J. Vadon) (MNHN).
Description. — Long. 1,7 mm. Espèce aptère et macrophthalme. Coloration :
uniformément brun roux, les pattes un peu plus claires, les antennes et les palpes
testacés ; face tergale moins brillante que chez les espèces précédentes en raison de la
forte microréticulation des téguments.
Capsule céphalique transverse (L/1: 250/308 um), les tempes courtes et
arrondies. Carènes interoculaires rectilignes, saillantes, et sillon collaire très peu
marqué. Microréticulation forte, à mailles isodiamétrales, réparties uniformément sur la
totalité de la capsule céphalique ; ponctuation nulle et pubescence limitée à quelques
soies au niveau du front. Yeux ovalaires, assez grands (90 X 52 pm), bien convexes,
composés d’une trentaine d’ommatidies pigmentées.
Pronotum (fig. 348) cordiforme (L/1: 356/314 um), sa plus grande largeur au
tiers antérieur, assez brusquement et fortement rétréci en arrière : rebords latéraux
visibles du dessus sur presque toute leur longueur. Impressions pronotales : deux
grands sillons latéraux subrectilignes, creusés en fossettes vers les angles postérieurs,
deux sillons médians très courts, situés au tiers postérieur, arqués et rejoignant les
fossettes basales, six fossettes punctiformes assez profondes, reliées entre elles par un
faible sillon transversal. Disque avec une microréticulation forte et uniforme, identique
à celle de la tête; ponctuation et pilosité nulles. Elytres courts (L/1: 216/175 um),
l'angle huméral indistinet, la carène latérale saillante, la suture déprimée, bordée par
deux profondes stries. Microréticulation fine, à mailles allongées transversalement ;
ponctuation constituée de quelques petits points superficiels épars, et pubescence
limitée à quelques fines soies couchées.
Abdomen large (1: 346 um), avec une forte ponctuation ombiliquée, associée à
une pubescence couchée assez dense. Sternite VIÉ du mâle avec au bord postérieur
deux bourrelets symétriques, séparés par un sillon peu marqué. Sternite du pygidium
du mâle (fig. 407) avec une échancrure médiane large et profonde. Sternite du segment
génital du mâle (fig. 408) lancéolé.
Edéage (fig. 409). Lobe médian de petite taille (L: 290 um), avec une petite
capsule basale piriforme, prolongée en lame aiguë, l’apex muni d’un tubule
membraneux. Sac interne avec deux grandes pièces copulatrices en forme de baguettes.
Paramères grêles, divergents dès la base, l’apex spatulé. Chétotaxie (fig. 410) : sept
soies groupées en un bouquet apical et orientées vers l’intérieur.
Femelle. — Inconnue.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr: Région de Maroantsetra, para-
type : 1 , mêmes indications que pour l’holotype (MNHN). — Presqu'île de Masoala,
Ambohitsitondroina, 1 200 m (tamisage n° 07, Mousses au sol), 1 &, 11-1959 (J. Vadon)
(MNHN).
Observation. — Cette espèce cohabite avec S. vadoni (Kistner) et S. mendax
n. sp.
23. Stenaesthetus elegans n. sp.
Type. — Holotype : 1 9, Madagascar Est, route de Lakato, 1 100 m, VII-1973
(4. Peyrieras) (MNHN).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 187
à
|
407 408 410
Figures 402-410 : genre Stenaesthetus Sharp, groupe de S. vadoni (Kistner). — 402-406 : S.
machomenos n. sp., mâle. — 402 : sternite du pygidium. — 403 : sternite du segment génital, — 404 :
pompe génitale. — 405 : édéage, face tergale. — 406 : apex du paramère droit. Echelles : 100 yum, sauf
406 : 50 em. — 407-410 : $. pauliani (Jarrige), mâle. — 407 : sternite du pygidium. — 408 : sternite
du segment génital. — 409 : édéage, face tergale. — 410 : apex du paramère droit. Échelles : 100 yum.
Source : MNHN, Paris
188 JEAN OROUSSE
Description. — Espèce aptère et microphthalme. Coloration : corps roux clair,
l'abdomen faiblement rembruni, les appendices testacés ; face tergale très brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 232/318 um), les tempes courtes et
arrondies. Carènes interoculaires saillantes, convexes, et sillon collaire net bien que
peu profond. Microréticulation indistincte, sauf au niveau des calus susantennaires ;
microponctuation réduite à quelques points sur les côtés et pubescence formée de
longues soies éparses, plus épaisses et denses dans la région antérieure du front. Yeux
ovalaires, de taille moyenne (700 X 40 um), très peu convexes, composés d’une dizaine
d’ommatidies pigmentées:
Pronotum cordiforme (L/1: 360/348 um), sa plus grande largeur vers le milieu,
puis modérément et régulièrement rétréci en arrière. Rebord visible du dessus
seulement aux angles antérieurs et dans la moitié postérieure. Impressions pronotal
sillons latéraux et médians réduits à l’état de traces dans la région médiane, six
minuscules fossettes basales punctiformes. Microréticulation et ponctuation nulles ;
pubescence constituée de fines soies éparses. Elytres courts (L/1 : 224/182 um), l'angle
huméral indistinct, les carènes latérales nettes et les stries suturales effacées. Disque
lisse et brillant, la microréticulation à peine distincte ; ponctuation nulle et pubescence
constituée de fines soies couchées.
Abdomen tubulaire, assez large (1: 390 um).
Spermathèque : fig. 356.
Mâle. — Inconnu.
Distribution dans l’île. — Mapacascar Esr: 1 ©, route de Lakato, pk 15,
[Ankasoka] (lavage de terre), XI-1972 (4. Peyrieras). — 2 Q, région de Périnet, forêt de
la Grande Île (tamisage de litière), 30-X-1972 (4. Peyrieras). Tous paratypes, au MNHN.
24. Stenaesthetus Ilinaresi n. sp.
Type. — Holotype : 1 9, Madagascar Centre, [pays Betsileo], Ambatofitoharana,
RN 7, pk 292, 1 600 m (FDHMA, tamisage de litière), 12-VI-1974 (D. Llinarès)
(MNHN).
Description. — Long. 2,1 mm. Espèce aptère et microphthalme. Coloration :
corps uniformément brun roux, les appendices un peu plus clairs ; face tergale brillante.
Capsule céphalique transverse (L/1: 285/360 um), les tempes courtes et
arrondies. Carènes interoculaires saillantes, légèrement convexes, et sillon collaire très
fin. Microréticulation fine mais distincte, plus marquée au niveau des calus susanten-
naires, formée de mailles isodiamétrales ; ponctuation nulle et pubescence réduite à des
soies éparses dans la région antérieure du front. Yeux ovalaires, de taille moyenne
(90 X 45 um). peu saillants, composés d'une quinzaine d'ommatidies pigmentées.
Pronotum cordiforme (L/1: 388/374 pm), sa plus grande largeur au tiers
antérieur, puis modérément rétréci en arrière. Rebord visible du dessus seulement au
niveau des angles antérieurs et dans la moitié postérieure. Impressions pronotall
sillons latéraux absents, sillons médians courts mais profonds, limités à la moitié
postérieure du pronotum et fortement convergents vers l'avant, six fossettes basales
punctiformes assez grandes, non réunies entre elles par un sillon transversal. Micro-
réticulation presque imperceptible, constituée de mailles allongées transversalement ;
ponctuation limitée à quelques points épars de très petite taille, associés à une fine
pubescence couchée. Elytres courts (L/1: 259/376 um), l'angle huméral indistinct, les
carènes latérales nettes et les stries suturales effacées ; microréticulation distincte,
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 189
tuée de mailles allongées transversalement ; ponctuation nulle et pubescence
constituée de fines soies couchées.
Abdomen tubulaire, assez large (1: 410 pm).
Spermathèque : fig. 357.
Mâle. — Inconnu.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n'est connue que par l'holotype.
Genre Tyrannomastax n. gen.
Espèce type du genre: Tyrannomastax hova n. sp.
Description. — Espèces de taille moyenne (2 mm), d'habitus (fig. 411) proche
de celui des Stenaesthetus du groupe de S. vadoni (Kistner) (4ulacosthaetus Bernhauer).
Elles ne s’en distinguent, à première vue, que par leur aspect trapu, le pronotum large
et, par rapport aux espèces malgaches, leur forte macrophthalmie. Les pièces buccales
sont radicalement différentes, le labium étant transformé en organe préhensile. Tous les
autres caractères sont identiques à ceux du genre Stenaesthetus ; les genitalia mâles et
femelles sont du même type et ne montrent que des différences mineures dans la struc-
ture ou les proportions de leurs éléments constitutifs. Seuls sont donc décrites en
détails la tête et les pièces buccales ; pour les autres caractères, on se reportera à la
description du genre Stenaesthetus.
Capsule céphalique (fig. 412) à sutures gulaires confluentes sur toute leur
longueur, délimitant vers l'avant un postmentum triangulaire, muni de quatre sensilles ;
un grand macrochète près de chacun des angles antérieurs du postmentum. Yeux très
gros, ovalaires et saillants, composés d’une cinquantaine d’ommatidies. Antennes
longues et filiformes, constituées de onze articles, sans conformation particulière.
Labre (fig. 413) fortement convexe dans la région médiane, la face interne
déformée et creusée en gouttière. Bord antérieur proéminent, non crénelé ; face tergale
avec une seule rangée irrégulière de macrochètes ; une dizaine de sensilles au bord
antérieur.
Mandibules subsymétriques, longues et falciformes, identiques à celles des
espèces du genre Stenaesthetus. Une seule particularité (qui se rencontre peut-être
chez certaines espèces du genre Stenaesthetus) : mandibule gauche avec au bord
interne une petite dent accessoire, située sous la terebra et invisible en face tergale.
Maxilles (fig. 414). Cardo petit, avec une soie basale. Galea proéminente, avec
trois soies basales. Galea et lacinia terminées par une grande brosse de soies. Palpigère
avec une grande soie. Palpes maxillaires grands, constitués de quatre articles, l’article
distal très petit, subulé.
Labium (fig. 415). Mentum de taille normale et de forme identique à celle du
genre Stenaesthetus, mais nettement incliné vers l'intérieur. Forme quadrangulaire, le
bord antérieur faiblement concave, les angles relevés en dents mousses; il porte
quelques grosses sensilles aux angles antérieurs. Angles postérieurs surmontés chacun
par une grosse dent obtuse, portant quelques sensilles et deux macrochètes peu avant
l'apex. Membrane reliant le mentum au prémentum très développée, en doigt de gant,
lobée latéralement, avec quatre faisceaux de fibres musculaires bien visibles par
transparence. Prémentum très grand, allongé, en forme d’écusson. Palpes labiaux
grands, en forme de crochets, constitués de trois articles soudés, la suture entre les
articles très peu visible ; article I tubulaire, assez court, muni d’une soie ; article II très
Source : MNHN, Paris
190 JEAN OROUSSET
long, tubulaire, très progressivement rétréci en cône, muni de quatre soies, dont deux
soies apicales ; article IT très petit, en forme de croc implanté perpendiculairement à
l'apex du précédent, et dépourvu de soies. Bord apical du prémentum échancré, avec
quatre petites soies. Paraglosses très développés et fortement sclérifiés, en forme de
cornes, l’apex recourbé vers la face sternale.
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Figure 411 : genre Tyrannomastax n. gen., habitus : F. hova n. sp. mâle. Échelle : 400 um.
Observations. — Les pièces labiales sont transformées chez ce genre en un
long appareil préhensile, comparable à certains égards à celui des Staphylinides du
genre Stenus Latreille, dont une étude morphologique détaillée a été effectuée par
Wenreich (1968) et résumée par Puthz (1971).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 191
Le mécanisme de mobilisation du labium semble, d'après les caractères morpho-
anatomiques, identique: la dévagination s'effectue par élévation de la pression
sanguine, le prémentum et ses appendices étant projetés en avant et, de plus dans ce
cas, guidés par la gouttière interne du labre (ce caractère semblant absent dans le genre
Stenus) ; la rétraction s’effectue par contraction musculaire. La proie est alors saisie et
Figures 412-416 : genre Tyrannomastax n. gen., T. hova n. sp. — 412 : capsule céphalique, face
sternale. — 413 : labre et épipharynx. — 414: maxille gauche, — 415: labium en extension, face
sternale. — 416 : labium rétracté, face latérale. Échelles : 100 um.
tirée en arrière en direction des dents du mentum, où elles est immobilisée (un
exemplaire a été récolté avec un Oribate immobilisé ainsi dans ses pièces buccales). Le
processus de capture est donc exclusivement mécanique chez ce nouveau genre, alors
qu’il est associé à un processus chimique dans le cas du genre Stenus. En effet, chez ce
Source : MNHN, Paris
192
JEAN OROUSSET
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CARTE 1
Carte 11 : répartition du genre Tyrannomastax n. gen. à Madagascar. — 1 : T. hova n. sp. — 2 :
TL excelsus n. sp.
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 193
dernier, le mentum est normal, sans dents basales, la membrane reliant mentum et
prémentum est beaucoup plus allongée encore, les palpes labiaux sont peu modifiés,
mobiles, constitués de trois articles bien distincts ; les paraglosses, de forme globuleuse,
sont transformées en organes sécrétoires gluants, comportant un réservoir apical
s’ouvrant par des pores situés à la base des soies.
Les relations phylogénétiques entre le genre Tyrannomastax n. gen. et le genre
Stenaesthetus Sharp sont donc identiques à celles existant entre les genres Dianous
Samouelle et Stenus Latreille au sein des Stenidae.
Biologie. — Les renseignements que l'on possède sur les deux espèces
actuellement connues se limitent à quelques indications de biotopes. Elles permettent
cependant, compte-tenu des particularités morphologiques du genre, d'émettre
quelques hypothèses.
‘Les deux espèces ont été récoltées en forêt, à moyenne altitude, par tamisage de
litière. A lopposé des espèces malgaches du genre Stenaesthetus, aptères et
microphthalmes, à pièces buccales sans conformation particulière, qui montrent une
évolution vers un mode de vie endogé, les espèces du genre Tyrannomastax, bien
qu’aptères également, semblent présenter la tendance inverse. Leur macrophthalmie
accentuée et le développement de pièces buccales préhensiles montrent une adaptation
à un mode de vie en surface comparable à celui des espèces du genre Stenus, ce qui
tend à être confirmé par leur récolte en série dans la litière.
Répartition géographique. — Madagascar. Le genre doit pour l'instant être
considéré comme un remarquable endémique ; les deux espèces connues ont été
récoltées dans deux stations proches situées dans le Sud-Est de l'île (carte 11).
CLEF DE DÉTERMINATION DES ESPÈCES
1. Front à peine déprimé en arrière des calus susantennaires. Sternite V du
mâle normal. Edéage : fig. 421. Spermathèque : fig. 422 ...... 1.T. hova n. sp.
— Front avec deux impressions circulaires en arrière des calus susanten-
naires. Sternite V du mâle profondément excavé. Edéage : fig. 425.
Spermathèque : fig. 426 ..................... ..... 2. T. excelsus n. sp.
1. Tyrannomastax hova n. sp.
Type. — Holotype : 1 S, Madagascar Est, Est de Vondrozo, col de Madiorano,
700 m (tamisage de litière), 4-V-1973 (4. Peyrieras) (MNHN).
Description. — Long. 2,0 mm, Espèce aptère et macrophthalme. Coloration :
corps uniformément brun rougeâtre, les pattes et les pièces buccales jaune roux, les
antennes testacées ; face tergale brillante.
Capsule céphalique fortement transverse (L/1: 285/400 um), avec des tempes
courtes et arrondies et un sillon collaire à peine marqué. Front délimité de chaque côté
par une carène saillante, légèrement sinueuse ; fossettes interoculaires petites, situées
au fond d’une dépression ovalaire superficielle, et reliées par un sillon étroit aux calus
susantennaires, ces derniers peu protubérants ; région antérieure du front convexe.
Microréticulation assez forte, bien distincte sur toute la tête, formée de petites mailles
isodiamétrales ; ponctuation nulle et pubescence réduite à des soies blanchâtres
éparses près du bord antérieur du front, avec de plus quelques soies raides au niveau
Source : MNHN, Pariss
194 JEAN OROUSSET
des tempes. Yeux ovalaires, de très grande taille (117 X 65 yum) et bien convexes,
composés d’une cinquantaine d’ommatidies pigmentées, à cornéule très convexe.
Pronotum cordiforme, à peine plus long que large (L/1: 414/408 um), sa plus
grande largeur vers le milieu, fortement rétréci presque en ligne droite jusqu’à la base ;
côtés rebordés sur toute leur longueur, le rebord visible du dessus seulement dans la
moitié postérieure. Impressions pronotales : aucune trace de sillons longitudinaux, six
fossettes basales punctiformes peu profondes, réparties en deux groupes de part et
d'autre de la ligne médiane et non reliées entre elles par un sillon transversal. Micro-
réticulation et ponctuation nulles ; pubescence réduite à de très fines soies couchées
éparses sur le disque. Elytres très courts (L/1 : 259/408 um), l'angle huméral effacé, la
Figures 417-418 : genre Tyrannomastax n. gen., genitalia mâles. — 417 : T. hova n. sp. — 418 :
T. exelsus n. sp. Échelle: 200 um.
carène latérale tranchante, terminée en virgule près de l'épaule, la suture non déprimée
et sans strie apparente. Microréticulation presque indistincte, constituée de mailles
allongées transversalement ; microponctuation formée de points superficiels épars,
associée à une fine pubescence couchée.
Abdomen tubulaire, très volumineux (1: 460 4m), avec une fine ponctuation
ombiliquée, associée à une pubescence rase, régulièrement répartie et assez dense.
Sternite VI du mâle avec une impression triangulaire médiane peu profonde, dépourvue
de ponctuation et de pilosité, atteignant le bord postérieur, ce dernier prolongé par une
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 195
419
423
426
422
424 À À
Figures 419-426 : genre Tyrannomastax n. gen. — 419-422 : T. hova n. sp. — 419 : sternite du
pygidium du mâle. — 420 : sternite du segment génital du mâle. — 421 : édéage, face tergale. — 422 :
spermathèque. — 423-426 : T. excelsus n. sp. idem. Échelles : 100 um, sauf spermathèques : 50 um.
Source : MNHN, Paris
196 JEAN OROUSSET
grosse dent médiane à apex mousse, encadrée par deux macrochètes noirâtres. Sternite
VII du mâle avec une très petite échancrure médiane, surmontée par une zone faible-
ment déprimée et dépourvue de pubescence. Sternite du pygidium du mâle (fig. 419)
avec au bord postérieur une échancrure médiane large et profonde (80 um). Sternite du
segment génital du mâle (fig. 420) subsymétrique, lancéolé, muni de deux macrochètes.
Canal éjaculateur (fig. 417) différencié en pompe génitale fortement muscula-
risée et sclérifiée, en forme de grand fuseau (L/1: 750/168 am). Edéage (fig. 421).
Lobe médian ovoïde, de petite taille (L : 234 um), constitué d’une capsule fortement
sclérifiée, de coloration foncée, prolongée par une dent triangulaire surmontée par deux
petites lames membraneuses. Sac interne avec un ensemble de pièces copulatrices peu
sclérifiées. Paramères accolés au lobe médian sur presque toute leur longueur, l’apex
digitiforme. Chétotaxie : deux soies, dont une insérée au bord interne et l’autre très
longue, constituant un fouet apical.
Spermathèque : fig. 422.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité-type.
Paratypes : 9 d et 5 ©, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
2. Tyrannomastax excelsus n. sp.
Type. — Holotype: 1 ©, Madagascar Est, Sud-Est de Maropaika, forêt de
Mahabo, [entre Ivohibe et Vondrozo] (tamisage de litière), 5-V-1973 (4. Peyrieras)
(MNHN).
Description. — Espèce extérieurement très proche de la précédente ; elle s’en
distingue par les caractères suivants.
Yeux très grands et tempes encore plus courtes, arrondies. Pronotum à micro-
réticulation distincte bien que superficielle, constituée de mailles allongées
transversalement.
Sternite V du mâle avec une profonde impression médiane triangulaire, limitée à
la moitié postérieure, les bords relevés en bourrelets vers l'arrière. Sternite VI du mâle
largement et profondément excavé en son milieu, la concavité dépourvue de pubescence
mais avec une microréticulation bien distincte ; bord postérieur muni d’un prolonge-
ment médian en forme de courte languette. Sternite VII du mâle avec une impression
médiane longitudinale superficielle, le bord postérieur faiblement évasé. Sternite du
pygidium du mâle (fig. 423) avec au bord postérieur une échancrure médiane très
profonde (120 um). Sternite du segment génital du mâle (fig. 424) dissymétrique à la
base et assez étroit.
Canal éjaculateur (fig. 418) différencié en pompe génitale fortement muscularisée
et sclérifiée, en forme de fuseau assez court (L/1: 505/168 um). Edéage (fig. 425).
Lobe médian ovoïde, de petite taille (L: 292 4m), constitué d’une capsule fortement
sclérifiée, de coloration foncée, prolongée par une grande lame spatulée portant à la
base deux petites pièces membraneuses dentiformes. Sac interne avec un ensemble de
pièces copulatrices peu distinctes. Paramères accolés au lobe médian sur presque toute
leur longueur, l'apex tronqué. Chétotaxie : une seule soie apicale assez courte.
Spermathèque : fig. 426.
Distribution dans l’île. — Cette espèce n’est connue que de la localité de
l'holotype. Paratypes : 5 S et 7 9, mêmes indications que pour l'holotype (MNHN).
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 197
LISTE SYSTÉMATIQUE ET SYNONYMIQUE DES EUAESTHETINAE DE MADAGASCAR
ET DES RÉGIONS VOISINES ACTUELLEMENT CONNUS
L. Tribu EUAESTHETIN
1. Genre Edaphus Motschulsky
(Edaphus Leconte)
(Tetratarsus Blattny)
(Tetrameres Schaufuss)
(Edaphellus Fauvel)
(Microphthartus Blattny)
(Rhenanus Wüsthoff)
africanus Pppelshein 2e re Afrique, Madagascar ?
(marshalli Bernhauer)
(sexpunctus Kistner)
(marlieri Kistner)
armiger n. sp. .
hova Jarrige ..….
peyrierasi n. sp. .
badiorufus n. sp.
spiniphallus n. sp. .....
remyi Jarrige
(batrisoides Comellini)
remyi remyi Jarrige
remyi etiennei n. subsp .
spectabilis Bernhauer ....
sechellarum Bernhauer
2. Genre Coiffaitia Kistner & Shower
minor Kistner et Shower ...
peyrierasi n. sp. .....
marojejy n. sp.
manjarivolo n. sp.
vadoni n. sp. ..
spectabilis n. sp.
+ Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Nord
Madagascar Centre
Sri Lanka [Ceylan]
La Réunion, Seychelles
58 .. Seychelles
. Seychelles
Madagascar Est
.. Madagascar Centre
Madagascar Est, Centre
-. Madagascar Centre
. Madagascar Est
Madagascar Est
3. Genre Neocoiffaitia n. gen.
AUDE YA BD annee eme Madagascar Est
4. Genre Octavius Fauvel
(Turellus Sharp)
(Exoctavius Bierig)
(Thaxterius Bernhauer)
(Doletica Cameron)
(Traeghardius Scheerpeltz)
(Brinckiellus Scheerpeltz)
(Nepalopeplus Coiffait)
hypogaeus n. sp. ...
rugosus n. sp. ...
amindramiova n. sp.
madagascariensis n. sp. .
Madagascar Centre
.. Madagascar Centre
.. Madagascar Centre
Madagascar Centre
Madagascar Est
Source : MNHN, Paris
198 JEAN OROUSSET
. Madagascar Est
Madagascar Est
.. Madagascar Est
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
Madagascar Centre
Madagasar Est, Centre
Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
Madagascar Centre
Madagascar Est, Centre
.. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
fallax n. sp. ...
gomyi n. sp.
parvulus n. sp. ..
orcinus n. Sp. .
malgassicus n. sp. .
horrendus n. sp.
dolosus n. sp. .
armatus n. sp.
anjavidilava n. sp. .
manjarivolo n. sp. .
interfector n. sp.
descarpentriesi Jarrige ...
marositry n. Sp. ...
andringitra n. sp.
terrigena n. sp.
Ilinaresi n. sp.
betsileo n. sp.
peyrierasi n. sp.
exilis n. sp. .
andohahelo n. sp. .
monticola n. sp. + Madagascar Centre
tortilis n. sp. .. . Madagascar Centre
TApax n. Sp. ........ . Madagascar Centre
semipiceus Jarrige . Madagascar Centre
ambitsika n. sp. Madagascar Centre
falcifer n. sp. . !Madagascar Est, Centre
distortus n. sp. -..................................se Madagascar Centre
debilis n. sp. +.:.........................ssssssssssee Madagascar Centre
torulosus n. sp. . Madagascar Est, Centre
breviceps Jarrige ........................................... Madagascar Est
dajozi n. sp. .. . Madagascar Est Centre
madecassus n. sp. . . Madagascar Est
sculptilis n. sp. . Madagascar Est
insignis n. Sp. . . Madagascar Centre
cruciatus n. sp. ... . Madagascar Centre
gemellus n. sp. .............. . Madagascar Centre
gutierrezi n. sp.
gutierrezi gutierrezi n. subsp.
gutierrezi longulus n. subsp. .
pauliani Jarrige .
betschi n. sp.
pseudopauliani n. sp.
pluto n. sp. ..
venator n. Sp.
longispinosus n. sp. .
tenebricosus n. sp.
ankaratra n. sp.
puthzianus n. sp. ...
.. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
+ Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
.. Madagascar Centre
. Madagascar Centre
Madagascar Centre
Madagascar Est, Centre
Madagascar Centre
Source : MNHN, Paris
COLÉOPTÈRES STAPHYLINIDAE EUAESTHETINAE 199
ferus n. sp. .........
Madagascar Centre
vanjamanitra n. sp. ...
Madagascar Centre
5. Genre Stenaesthetus Sharp
(Aulacosthaetus Bernhauer)
(Gerhardia Kistner)
rugosus (Kistner) eee te en US Madagascar Est
(kismeri Jarrige)
robinsoni n. sp. .
imitator n. sp. .
monticola n. sp. .
rugatulus n. sp. ..
horrifer n. sp. ...
griveaudi (Jarrige)
microphthalmus (Jarrige)
dolosus n. sp. ...
vadoni (Kistner) .
mendax n. sp. .
atrox n. sp. .
peyrierasi n. sp. .
descarpentriesi n. sp.
. Madagascar Nord
. Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
+ Madagascar Est
+ Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Est
Madagascar Centre
minax n. sp. Madagascar Centre
anjavidilava n. sp. Madagascar Centre
betschi n. sp. Madagascar Centre
sogai (Jarrige) ...
marojejy n. Sp.
badius n. sp.
machomenos n. sp.
pauliani (Jarrige) .
elegans n. sp.
Ilinaresi n. sp. .…
. Madagascar Est
Madagascar Est
. Madagascar Est
Madagascar Centre
.. Madagascar Est
.. Madagascar Est
+ Madagascar Centre
6. Genre Tyrannomastax n. gen.
hova n. sp
excelsus n. sp.
. Madagascar Est
. Madagascar Est
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Source : MNHN, Paris
INDEX ALPHABÉTIQUE
Les noms des nouveaux taxa décrits dans ce volume sont précédés d’un astérisque (*).
Les synonymes sont en italique.
africanus, 37.
* ambitsika, 120.
* amindramiova, 90.
* andohahelo, 113.
* andringitra, 104.
* anjavidilava (Octavius), 100.
* anjavidilava (Stenaesthetus), 177.
*ankaratra, 140.
* anosyana, 69.
* armatus, 99.
* armiger, 40.
#atrox, 171.
Aulacosthaetus, 146.
* Austroesthetini, 27.
* badiorufus, 43.
*badius, 182.
batrisoides, 47.
* betschi (Octavius), 135.
* betschi (Stenaesthetus), 177.
* betsileo, 111.
* boryi, 107.
breviceps, 123.
Brinckiellus, 71.
bryophilus, 106.
coecus, 143.
Coiffaitia, 56.
* cruciatus, 129.
* dajozi, 125.
* debilis, 122.
descarpentriesi (Octavius), 103.
* descarpentriesi (Stenaesthetus), 173.
* distortus, 121.
Doletica, 71.
* dolosus (Octavius), 98.
* dolosus (Stenaesthetus), 163.
Edaphellus, 29.
Edaphus, 28.
* elegans, 186.
* etiennei, 50.
Euaesthetini, 28.
* excelsus, 196.
*exilis, 112.
Exoctavius, 71.
* falcifer, 121.
* fallax, 91.
* ferus, 141.
* gemellus, 130.
Gerhardia, 146.
* gomyi, 93.
griveaudi, 161.
* gutierrezi, 132.
* horrendus, 97.
* horrifer, 161.
hova (Edaphus), 41.
* hova (Tyrannomastax), 193.
* hypogaeus, 87.
*imitator, 158.
*insignis, 127.
*interfector, 101.
kismeri 156.
* Ilinaresi (Octavius), 108.
* Ilinaresi (Stenaesthetus), 188.
* longispinosus, 138.
* longulus, 132.
* machomenos, 185.
* madagascariensis, 90.
* madecassus, 126.
* malgassicus, 97.
* manjarivolo (Coiffaitia), 67.
* manjarivolo (Octavius), 100.
marlieri, 37.
* marojejy (Coiffaitia), 67.
* marojejy (Stenaesthetus), 180.
* marositry, 104.
marshalli, 37.
* mendax, 169.
microphthalmus, 163.
Source : MNHN, Paris
208
Microphthartus, 29.
# minax, 175.
minor, 64.
* monticola (Octavius), 114.
# monticola (Stenaesthetus), 158.
* Neocoiffaitia, 69.
Nepalopeplus, 71.
Nordenskioldini, 27.
Octavius, 71.
# orcinus, 95.
* parvulus, 93.
pauliani (Octavius), 133.
pauliani (Stenaesthetus), 185.
* peyrierasi (Coiffaitia), 65.
* peyrierasi (Edaphus), 42.
* peyricrasi (Octavius), 112.
* peyrierasi (Stenaesthetus), 171.
* pluto, 136.
* pseudopauliani, 136.
* puthzianus, 140.
*rapax, 116,
remyi, 47.
Rhenanus, 29.
* robinsoni, 157.
* rugatulus, 159.
* rugosus (Octavius), 89.
rugosus (Stenaesthetus), 156.
JEAN OROUSSET
#* sculptilis, 127.
sechellarum, 52.
semipiceus, 119.
* serratus, 91.
sexpunctus, 37.
sogai, 180.
* spectabilis (Coiffaitia), 68.
spectabilis (Edaphus), 50.
* spiniphallus, 43.
Stenaesthetini, 146.
Stenaesthetus, 146.
sulcifrons, 144.
* tenebricosus, 139.
*terrigena, 107.
Tetrameres, 29.
Tetratarsus, 29.
Thaxterius, 71.
*tortilis, 115.
*torulosus, 122.
Traeghardius, 71.
Turellus, 71.
* Tyrannomastax, 189.
* vadoni (Coiffaitia), 68.
vadoni (Stenaesthetus), 167.
* vanjamanitra, 141.
* venator, 137.
Source : MNHN, Paris
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe zoologique.
L'ordre de publication est indépendant de l'ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la «Faune de Madagascar »
au Secrétaire de la «Faune » : P. VIETTE, 45, rue Buffon, 75005 Paris.
En vente à la :
+ SARL. René THOMAS
28, rue des Fossés Saint Bernard, F - 75005 Paris
+ Librairie Philippe DEVISME
Maison de Buffon
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, F - 75005 Paris
+ Librairie SCIENCES Nar
2, rue André-Mellenne, Venette, F - 60200 Compiègne
Date de publication de ce volume : 15 décembre 1988
FASCICULES PUBLIÉS nue
I. — Odonates Anisoptères, par le Dr FC. Fraser, 1956 ................ 150 F
IL. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidæe, Acracidae, par R. Paulian, 1956
(n'est plus vendu qu'avec la collection complète) . 150F
III. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Viette, 1956 .
IV. — Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. Breuning,
V. — Mantodea, par R. Paulian, 1957 ...............
VI. — Coléoptères Anthicidae, par P. Bonadona, 1957 .
VIL. — Hémiptères Enicocephalidae, par A. Villiers, 1958 .
VIII. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Griveaud, 1959 .
IX. — Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. Lawrence, 1959 .
X. — Poissons des eaux douces, par J. Arnoult, 1959 .. 150 F
XI. — Insectes. Coléoptères Scarabaeidae, Scarabaeina et Onthophagini, par R.
Paulian ; Helictopleurina, par E. Lebis, 1960 .… 150F
XII. — Myriapodes. Chilopodes, par le Dr R-F. Lawrence, 1960 .. 150F
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des iles voisines, par R. Paulian, 1961
(Prix Foulon de l’Académie des Sciences) ............ :
XIV. — Lépidoptères Eupterodidae et Attacidae, par P. Griveaud
XV. — Aphaniptères, par le Dr Lumaret, 1962
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. Crosnier, 1962 . 150 F
XVII. — Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. Griveaud, 1964 (Prix Constant de
la Société entomologique de France) ..........-......... 150 F
XVIII. — Crustacés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par A. Crosnier, 1965 150 F
XIX. — Insectes. Coléoptères Erotylidae, par H. Philipp, 1965 .......... … 100 F
XX (1). — Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae (part.), par P. Viette, 1965
(Prix Foulon de l'Académie des Sciences) : 150
(2). — Id. Amphipyrinae (part) et Melicleptrinae, 1967
XXI. — Octocoralliaires, par A. Tixier-Durivault, 1966
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par A. Grjebine,
Passet de la Société entomologique de France)
. — Insectes. Psocoptères, par A. Badonnel, 1967 .
— Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P.E.S. Whalley, 1967
— Insectes. Hétéroptères Lygaeidae Blissinae, par J. A. Slater, 1967 .
} 2 Insectes, Orthoptères, Acridoidea (Pyrgomorphidae et Acrididae), par V. M.
Dirsh et M. Descamps, 1968 200 F
. — Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. Paulian et P. Viette, 1968... 150 F
! — Insectes, Hémiptères Reduvidae (l”° partie), par A. Villiers, 1968 ... 150 F
. — Insectes. Lépidoptères Notodontidae, par S- G. Kiriakoff, 1969 . 20F
: — Insectes. Dermaptères, par A. Brindle, 1969 ......... . 100F
Source : MNHN, Paris
FASCICULES PUBLIÉS (suite)
— Insectes. Lépidoptères Noctuidae Plusiünae, par C. Dufay, 1970 200 F
— Arachnides. Araignées Archaeidae, par R. Legendre, 1970 . 100 F
— Reptiles. Sauriens Chamaeleonidae, le genre Chamaeleo, par E. :R. Brygoo,
ICRA Si ssonsentee 250 F
— Insectes. Lépidoptères Lasiocampidae, par Y. de Lajonquière, 1972 . 250 F
— Oiseaux, par Ph. Milon, J.-J. Petter et G. Randrianasolo, 1973 350 F
— Mammifères. Carnivores, par R. Albignac, 1973 . 250 F
— Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae, par P. Basilewsky. » 19; 250 F
— Arachnides. Araignées Araneidae Gasteracanthinae, par M 'Emerit, 1974 250 F
— Insectes. Lépidoptères Agaristidae, par S.G. Kiriakoff et P. Viette, 1974 . 200 F
— Insectes. Coléoptères Cerambycidae Parandrinae et Prioninaæe, par R. LM.
Quentin et A. Villiers, 1975 ë 250 F
41. — Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae : II. Biologie, par A. Peyricres.
= III. Supplément à la systématique, par P. Basilewsky, 1976 . 250 F
49. — Arachnides. Acariens Astigmata Listrophoroidea, par À. Fain, 1976 . 150 F
43 (1). — Insectes. Lépidoptères Lymantriidae (1'° partie), par P. Griveaud, 197 250 F
AO) ETAPE) ONE 0 rn 250 F
44. — Mammifères. Lémuriens (Primates Prosimiens), par J.-J. Petter, R. Aibienae
et Y. Rumpler, 1977 (Prix Foulon de l'Académie des Sciences) . 500 F
45. — Reptiles. Sauriens Iguanidae, par Ch. P. Blanc, 1977 250 F
46. — Crustacés. Décapodes Aristeidae (Benthesicyminae, Aristeinae, Soleni-
connee) per A Grosnie OT en 300 F
47. — Reptiles, Sauriens Chamaeleonidae, Genre Brookesia et complément pour le
genre Chamaeleo, par E.-R. Brygoo, 1978 . . 250F
48. — Echinodermes. Ophiures, par G. Cherbonnier et A. Guille, 1978 250 F
49. — Insectes. Hémiptères Reduvidae (2° partie), par A. Villiers, 1979 250 F
50. — Insectes. Coléoptères Silphidae, Passalidae, Belohinidae et Ceratocanthi-
dae, par R. Paulian et J.-P. Lumaret, 1979 ....................... 150 F
51. — Insectes. Coléoptères Staphylinides, Oxytelidae Osoriinae, par H. Coifat
1979 150 F
52. — Insectes. Coléoptères cidae Disteninae, par À. Villiers, 1980 . 200 F
53. — Insectes. Lépidoptères Limacodidae, par P. Viette, 1980 200 F
54. — Insectes. Coléoptères Colydiidae et Cerylonidae, par R. Dajoz, 1980 150 F
55..— Insectes. Coléoptères Curculionidae Cycloterini, par R. Richard, 1981 (Prix
M. et Th. Pic de la Société entomologique de France) 100 F
56. — Insectes. Coléoptères Trogidae et Hybosoridae, par R. Paulian, 1981 050
57. — Insectes. Coléoptères Cetonidae Euchroeina : [. Systématique, par R.
Paulian et A. Descarpentries — II. Biologie et formes larvaires, par J.-P.
Lumaret et A. Peyrieras, 1982 . 300F
58. — Crustacés. Copépodes des eaux intérieures, par B. H. Dussart, 1982 200 F
59 (1). — Crustacés. Amphipodes Gammariens (1 partie), par M. Ledoyer, 1982 350 F
59 (2). — —Id. (2° partie), 1986 . 350 F
60. — Insectes. Lépidoptères Epiplemidae, par J. Boudinot, 1982 100 F
O1 Inecues. Lépidoptere Gode per P Vice 1000 150 F
62. — Insectes. Coléoptères Curculionidae Stigmatrachelini, par R. Richard, 1983 250 F
63. — Insectes. Lépidoptères Psychidae Oiketicinae, par J. Bourgogne, 1984. 100 F
64. — Insectes. Coléoptères Carabidae Platyninae, par P. Basilewsky, 1985 ..... 500 F
65. — Insectes. Coléoptères Dynastidae, par R.-P. Dechambre, 1986 (Prix Passet
de la Société entomologique de France) ........................... 350 F
66. — Insectes. Coléoptères Curculionidae Brachyderini. Genre Dinosius, par
Macau JOB 200 F
67. — Insectes. Coléoptères Staphylinidae Paederinae, L. Pinophilini, par J. Ci
Lecoq, 1986 . 300F
68. — Insectes. Diptères Culicidee (Cult nae Ficalbiini, par A. Grjebine, 1986 ... 450 F
69. — Insectes. Coléoptères Aulonocnemidae, par Y. Cambefort, 1987 . 250
70. — Echinodermes. Holothurides par G. Cherbonnier, 1988 . 30F
71. — Insectes. Coléoptères Staphylinidae Euaesthetinae, par J. Orousset, 1988 ... 350 F
Imprimerie Némont s.a. Dépôt légal 4 trimestre 1988
12, rue Général-de-Gaulle, Bar-sur-Aube
N° 88015
Source : MNHN, Paris