FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
75 (2)
AMPHIBIENS
(deuxième partie)
par
R.M.A. BLOMMERS-SCHLOSSER* et Ch. P. BLANC**
*Laboratoire d'Herpétologie.
Institut voor Taxonomische Zoëlogie, Universiteit van Amsterdam
#*Laboratoire de Zoogéographie. Université de Montpellier
Publié avec le concours
de l'Institut français de Recherche scientifique
pour le Développement en Coopération,
de l'Instituut voor Taxonomische
Zoëlogie - Amsterdam
et du Laboratoire de Zoogéographie
Université Montpellier 3
Muséum national d'Histoire naturelle
Pari
1993
Source : MNHN, Paris
FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Correspondant de l’Institut
(alors Directeur adjoint de l'IRSM)
Collection honorée du soutien
du Ministère de la Coopération
Comité de patronage
M. le Dr RAKOTO RATSIMAMANGA, membre correspondant de l’Institut, Paris.
— M. le Ministre de l'Education nationale, Tananarive. — M. le Président de
l’Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Directeur du CNRS, Paris. — M. le Directeur général de
lORSTOM, Paris.
MM: le Professeur J. DORST, membre de l’Institut, Paris ; J.-M. PÉRÈS, membre
de l’Institut, Marseille ; J. CARAYON, Paris; A. CHABAUD, Paris; M. RAKoTo-
MARIA, Tananarive,
Comité de lecture :
M: R. PAULIAN, Président ; MM. Ch-P. BLANC, A. CROSNIER,
R.-P. DECHAMBRE, J. GUTIERREZ, L. MATILE, J.-J. PETTER,
G. RAMANANTSOAVINA, P. ROEDERER, P. VIETTE (secrétaire).
© FAUNE DE MADAGASCAR
Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays.
Source : MNHN, Paris:
Pour CA no. wnTrok 0 MW4W _Scotz
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
75 (2)
AMPHIBIENS
(deuxième partie)
par
R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔOSSER* et Ch. P. BLANC**
“Laboratoire d'Herpét étologie,
mische Zoëlogie.
L van Amsterdam.
de Montpellier.
Instituut voor Tax
*#Laboratoire de Zoogéographie, Univ
Publié avec le concours
de l'Institut français de Recherche scientifique
pour le Développement en Coopération,
de l'Instituut voor Taxonomische
Zoëlogie - Amsterdam
et du Laboratoire de Zoogéographie
Université Montpellier 3
Muséum national d'Histoire naturelle
Paris
Bibliothèque Centrale Muséum
3 3001 00094283 8
Source: MNHN, Paris
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MUSEUM
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SOMMAIRE
Introduction ess... sheet
CHAPITRE 1 : Discussion du statut et des relations phylogénétiques de
quelques taxa
CHAPITRE 2 : Caractéristiques zoogéographiques de la faune malgache des
Amphibiens 444
CHAPITRE 3 : Répartition géographique .........................................
CHAPITRE 4 : Mise en place du peuplement en Amphibiens
I. Adaptations biologiques des Amphibiens malgaches
IL. Relations interspécifiques dans les communautés d'Amphibiens
IL. Caractéristiques des facteurs physiques du milieu .
IV. Essai de synthèse zoogéographique
CHAPITRE 5 : L'homme et le peuplement des Amphibiens
Conclusions : Critique des connaissances et quelques orientations de
recherche
Liste taxonomique pour les 39 stations régionales
Index alphabétique des collecteurs des spécimens support du nom des
espèces (bona species où synonymes)
Références rss
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Source : MNHN, Paris
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INTRODUCTION
La validité d’une étude biogéographique est directement liée à la précision des
connaissances systématiques. Ne serait-ce que pour cette seule raison, nous verrons,
dans un premier chapitre, consacré à la discussion du statut et des relations phylo-
génétiques de quelques taxa dont la position reste controversée, que cette seconde
partie ne peut être qu’une esquisse zoogéographique.
Le deuxième chapitre permettra de caractériser, en fonction de leur endémisme
et de leurs affinités, les Amphibiens malgaches par rapport à ceux des continents
voisins.
Dans un troisième chapitre, nous analyserons leur distribution géographique
dans la Grande Ile.
Cette étape de zoogéographie descriptive sera complétée par un essai de
synthèse relatif à la mise en place, à Madagascar, du peuplement en Amphibiens. Nous
interpréterons les données rassemblées dans les trois précédents chapitres en fonction
des données d'écologie qualitative, seules disponibles. L'approche biogéographique,
qui intègre les résultats d’études sur la distribution, l'originalité, les particularités
évolutives, le mode de vie et l'habitat, l’organisation du peuplement nous paraît parti-
culièrement pertinente pour ce projet.
Nous discuterons, enfin, dans un cinquième chapitre, l'impact sur la faune des
Amphibiens, de l’homme agissant lui-même, depuis sa récente arrivée à Madagascar,
comme facteur biogéographique.
385
Source : MNHN, Paris
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CHAPITRE 1
DISCUSSION DU STATUT ET DES RELATIONS
PHYLOGÉNÉTIQUES DE QUELQUES TAXA
1. SUPERFAMILLES DES MICROHYLOIDEA ET RANOIDEA.
Ces deux superfamilles partagent de nombreux caractères communs (Lynch,
1973). L'importance de ces affinités, fondées sur une analyse évolutive de 38 critères
morphologiques et anatomiques, a conduit cet auteur à intégrer les Microhylidae dans
la superfamille des Ranoidea, dont ils constitueraient une ligne évoluée.
Nous adopterons, ici, une position opposée en considérant que les Microhylidae
représentent une branche originale et ancienne des Firmisternes gondwaniens, posi-
tion fondée sur les principaux arguments suivants :
— une diapophyse sacrée dilatée est primitive par rapport à une diapophyse
sacrée cylindrique, considérée comme une adaptation au saut ;
— les caractères évolués des têtards microhylides n’impliquent pas nécessaire-
ment qu'ils soient dérivés de têtards ranoïdes car ces mêmes caractères préexistent
dans des groupes plus anciens ;
— l'extension actuelle considérable, presque pantropicale des Microhylidae
(Amérique du Sud, Mexique et Sud des Etats-Unis, Afrique au Sud du Sahara,
Madagascar, Inde, Asie orientale et insulaire) n’est que le reliquat d’une aire de distri-
bution encore plus vaste autrefois par suite, selon Savage (1973), d’une régression
cénozoïque en Amérique du Sud et en Afrique et d’une extinction presque totale, de
même âge, en Australie.
En fait, la faune australienne des Amphibiens ne compte que deux genres, non
endémiques et à distribution restreinte à l’Extrême-Nord du pays, de Microhylidae,
appartenant à la sous-famille des Asterophryinae (incl. Sphenophryninae) : Cophi-
xalus Boettger, 1892 et Sphenophryne Peters et Doria, 1878, regroupant chacun trois
espèces (Cogger, 1979).
Pour cet auteur, les Asterophryinae australiens sont, d’ailleurs, des descendants
directs et récents des représentants de cette sous-famille en Nouvelle-Guinée où ils
sont bien plus diversifiés et où ils ont une distribution beaucoup plus large.
S’il paraît plausible que l’on doive exclure la quasi-totalité du continent austra-
lien de l’aire d’extension passée des Microhylidae, il faut noter, toutefois, qu’un fossile
du g. Microhyla atteste de la présence de cette famille en Europe, au Miocène (Kuhn,
1965).
Pour toutes ces raisons, la conception de Lynch (1973) nous paraît inacceptable.
En accord avec divers auteurs, parmi lesquels Hecht (1963), Inger (1967), Laurent
(1979), nous admettons la nécessité de séparer les Microhylidae dans une superfamille
distincte des Ranoidea: celle des Microhyloidea, et de considérer cette dernière
comme un phylum primitif des Neobatrachia que la disposition firmisterne de la
ceinture scapulaire rapproche de celui des Ranoidea.
387
Source : MNHN, Paris
388 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
2. FAMILLE DES MICROHYLIDAE.
Les critères diagnostiques de la famille des Microhylidae sont typiquement : un
sphénethmoïde divisé, un appareil hyo-laryngé de type microhylide (Trevawas, 1933),
une diapophyse sacrée dilatée, des replis transversaux sur le palais, un cycle de repro-
duction comportant soit un têtard à spiracle médian, dépourvu de papilles labiales, de
bec et de denticules cornés, soit un développement direct ou semi-direct, sous la garde
d’un parent.
Les représentants malgaches de cette famille se repartissent dans les trois sous-
familles suivantes :
les Scaphiophryninae, en accord avec l'opinion de Guibé (1956) et à l'encontre
de la proposition de Laurent (1951) suivie par Savage (1973) de les inclure dans les
Hyperoliidae (Blommers-Schlôsser, 1975) ; les Dyscophinae et les Cophylinae.
2.1. La sous-famille des Scaphiophryninae, endémique à Madagascar, présente
l'ensemble des caractères de la famille à l'exception de deux d’entre eux: le
sphénethmoïde est de grande taille, non divisé ; les têtards sont intermédiaires entre,
d’une part, un têtard classique et, d'autre part, soit celui des autres Microhylidae
(g Scaphiophryne), soit un têtard typiquement microhylide (8. Paradoxophyla). La
colonne vertébrale est diplasiocoele, le vomer est entier. On n’observe ni dents
maxillaires, ni dents vomériennes. La ceinture scapulaire est complète dans le genre
Scaphiophryne ou réduite par perte de l’omosternum et atrophie de l’arc procoracoïde-
claviculaire dans le genre Paradoxophyla. Cette tendance, caractéristique et poly-
phylétique, se manifeste dans les différentes sous-familles et plusieurs genres de
Microhylidae.
2.2. Dans la sous-famille des Dyscophinae, le genre Dyscophus, le plus primitif,
n'a de représentants qu'à Madagascar. Il possède tous les caractères microhylides
mais, argument très important, le tétard de Dyscophus est pourvu d’un bec corné
rudimentaire (Blommers-Schlôsser, 1980). Il apporte la preuve, tout comme celui des
espèces du genre Scaphiophryne, que les têtards microhylides sont dérivés d’un têtard
de morphologie classique.
Dyscophus est caractérisé par une ceinture scapulaire complète, un vomer de
grande dimension, non divisé, et denté ; les dents maxillaires sont présentes aussi. La
colonne vertébrale est diplasiocoele.
Cette sous-famille regroupe deux autres genres asiatiques d’Indo-Malaisie :
Caluella Stoliczka, 1872 et Colpoglossus Boulenger, 1904. Ces deux genres, dont la
mise en synonymie a été proposée par Inger (1966), furent exclus des Dyscophinae et
intégrés aux Asterophryninae par Savage (1973).
La description du têtard de Dyscophus (Blommers-Schlôsser, 1975) a permis de
réfuter cette conception et de revalider l’opinion de Parker (1934). Le têtard micro-
hylide de Dyscophus est identique à celui des deux genres asiatiques à têtard
libre tandis que les Asterophryninae ont une ponte à développement direct sous la
garde d’un parent. La sous-famille des Dyscophinae ne peut donc plus être considérée
comme endémique à Madagascar.
2.3. La sous-famille des Cophylinae, endémique à Madagascar, est caractérisée
par une colonne vertébrale procoele, un vomer divisé, un développement larvaire
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 389
Plethodontohyla
Platypelis
Cophyla
Rhombophryne
Anodonthyla
Madecassophryne
Stumpffia
Fig. 149: Relations phylogénétique entre les divers genres de Cophylinae (Micro-
hylidae).
Source : MNHN, Paris
390 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
semi-direct et une tendance adaptative à l’arboricolie. Comme dans toutes les lignées
de Microhylidae, se manifestent les tendances suivantes : perte des dents maxillaires et
vomériennes, réduction du prévomer, perte de l’omosternum, réduction et perte de la
clavicule et réduction du coracoïde. Signalons à ce propos, qu’il paraît peu vraisembla-
ble que Madecassophryne (M. truebae) ne possède pas de coracoïde (Guibé, 1974)
alors que l'omosternum est présent.
Le genre le plus primitif semble être Plethodontohyla qui conserve un vomer de
grande taille, divisé et pourvu de dents, des dents maxillaires et un coracoïde : la
clavicule est soit entière, soit réduite, parfois même absente: quelques espèces
possèdent des disques digitaux faiblement élargis. La tendance à l'élargissement des
disques des doigts et des orteils s'exprime pleinement dans le 8. Platypelis. Ce genre
partage avec le 8. Plethodontohyla de nombreux caractères ostéologiques, à tel point
que la validité de sa distinction générique est discutable.
Le genre Cophyla dérive du g. Platypelis : il s’en distingue par la fusion des
processus postchoanaux du vomer.
Le genre Rhombophryne paraît issu d’une forme fouisseuse de Plethodontohyla.
Il a perdu les dents maxillaires et a acquis des barbillons à l'extrémité du museau.
Un second phylum pourrait rassembler les genres Stumpffia, Anodonthyla et
Madecassophryne. Dans ces trois genres, les dents vomériennes sont absentes. Le
prévomer est divisé mais réduit chez Stumpffia ; sa partie post-choanale a disparu
chez Anodonthyla et Madecassophryne. Seul Anodonthyla possède des dents maxil-
laires. La ceinture scapulaire est plus ou moins complète dans les deux genres Anodon-
thyla et Stumpffia, réduite chez Madecassophryne.
Stumpffia est caractérisé par une atrophie des doigts et des orteils ; Anodonthyla
présente des disques bien dilatés et un humérus caractéristique chez les mâles, tandis
que Madecassophryne possède des doigts et des orteils obtus.
Le caryotype 2n = 26, avec des chromosomes méta- ou submétacentriques,
observé chez les Scaphiophryninae et les Dyscophinae représente probablement l’idio-
gramme de base des Cophylinae (Blommers & Blanc, 1972: Blommers-Schlüsser,
1976). Le caryotype d’Anodonthyla est le plus voisin du caryotype fondamental : ceux,
de Plethodontohyla et de Platypelis sont très proches avec la présence d’une grande
paire de chromosomes subtélocentriques et, pour quelques espèces, de plusieurs
paires de petits acro- ou subtélocentriques (Blommers-Schlôsser, 1976). L'étude cyto-
génétique d’autres genres de Cophylinae apporterait d’utiles précisions. Toutefois, nos
résultats initiaux confirment l'hypothèse de Bogart (1981) sur l'existence d’une varia-
bilité cytogénétique, concernant surtout les chromosomes télocentriques, entre espèces
manifestant une tendance adaptative à l’acquisition d’un développement terrestre.
L'arbre phylogénétique le plus logique (fig. 149) est basé sur les 9 caractères
suivants :
1. Développement larvaire semi-direct ; colonne vertébrale procoele ; vomer
divisé.
+ Perte des dents vomériennes ; réduction des os du prévomer.
+ Perte de la partie postchoanale du prévomer.
+ Disques des doigts et des orteils bien dilatés.
- Disques des doigts et orteils bien dilatés ; humérus caractéristique chez le
UE & ND
mâle.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 301
6. Perte des dents maxillaires ; développement de barbillons.
7. Perte des dents maxillaires et de la clavicule.
8. Perte des dents maxillaires et réduction des doigts et orteils.
9. Fusion des parties postchoanales du prévomer.
Il est peu probable que Stumpffia, Anodonthyla et Madecassophryne dérivent
directement de Plethodontohyla car Stumpffia et Anodonthyla possèdent une ceinture
scapulaire plus primitive que la plupart des espèces de ce genre et, en outre, le caryo-
type d’Anodonthyla semble plus primitif. La perte des dents vomériennes a dû accom-
pagner, sinon précéder, la réduction ou la disparition des parties post-choanales du
prévomer. L’anatomie du genre Stumpffia prouve que le prévomer original était divisé
et non simplement réduit, contrairement à l'opinion de Noble & Parker (1926) qui
n'avaient, d’ailleurs, pas inclus le genre Stumpffia dans leur discussion.
Ces considérations montrent que, à Madagascar, l’ensemble des Microhylidae se
distribue entre, d’une part, des formes relictes : les Scaphiophryninae et le genre
Dyscophus (Dyscophinae) et, d’autre part, les Cophylinae qui, en relation avec un long
isolement insulaire, ont développé une remarquable radiation adaptative.
3. SUPERFAMILLE DES RANOIDEA.
Quatre familles sont représentées à Madagascar : les Hyperoliidae, les Mantel-
lidae, les Rhacophoridae et les Ranidae (qui ne comptent qu’une espèce endémique).
La conception de Griffiths (1963) de regrouper les trois premiers taxa dans une même
famille des Rhacophoridae n’est pas, en accord avec la plupart des auteurs, retenue
dans cet ouvrage.
3.1. Famille des Hyperoliidae.
En 1943, Laurent délimite, au sein de la famille des Ranidae, une sous-famille
des Hyperolinae sur la base des différences importantes qui les distinguent des
Rhacophorinae : absence de style osseux du métasternum; troisième carpien et
deuxième tarsien libres. En 1951, cet auteur crée la famille des Hyperoliidae, avec
trois sous-familles: Astylosterninae, Arthroleptinae et Hyperoliinae, conception
taxonomique qu’il maintient en 1980.
Liem (1970), Dubois (1981) et Drewes (1984) réservent à la seule sous-famille
des Hyperoliinae (sensu Laurent) un rang familial, estimant que ce taxon est mono-
phylétique. Nous partageons cette opinion. Mais les caractères considérés comme
spécifiques des Hyperoliidae (ou Hyperoliinae de Laurent) diffèrent selon les auteurs.
Pour Laurent (1951), et nous nous rangeons à sa position, l'absence de style
osseux du métasternum et l'existence d’un troisième carpien et d’un deuxième tarsien
libres sont des caractères plésiomorphes. Par contre, Drewes (1984) estime que
l'organisation du carpe et du tarse serait un caractère pédomorphique. Un consensus
s’est établi, toutefois, pour interpréter la présence d’un cartilage intercalaire entre
les deux phalanges distales comme un caractère synapomorphe.
En définitive, la famille des Hyperoliidae dérive, très probablement, par l’'inter-
médiaire d’un stock Astylosternide, d’une souche ranoïde assez primitive, en Afrique.
Source : MNHN, Paris
392 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
Les plus primitifs des Ranoïdea sont, en effet, africains. Cette famille s’est diversifiée
sur ce continent où elle compte 12 genres ; elle a colonisé, peut-être plus tardivement,
les Seychelles (1 genre : Tachycnemis Fitzinger, 1843) et Madagascar, avec 1 genre
également (Heterixalus).
Le genre Heterixalus est morphologiquement proche du 8. Hyperolius Rapp,
1842. De plus, dans ces deux genres, le caryotype, 2n = 24, est très voisin (Bogart &
Tandy, 1981).
3.2. Famille des Ranidae.
Dans la lignée Ranine (voir p. 126), la sous-famille des Raninae, seule repré-
sentée à Madagascar, est la plus primitive. En son sein, le 8. Tomopterna est, lui-même,
le plus primitif. Ce genre, à caryotype 2n = 26, constitué de chromosomes méta- ou
submétacentriques, appartient à un rameau indépendant des autres genres actuels
(Clarke, 1981).
Piychadena est un genre plus évolué, à caryotype 2n = 24, représenté à
Madagascar par une espèce non endémique en ce pays.
3.3. Famille des Mantellidae.
Les principales conceptions concernant ce taxon sont les suivantes :
— En 1946, Laurent crée la sous-famille des Mantellinae. Il associe aux
représentants malgaches, un genre monospécifique de l'Inde, Pseudophilautus
Laurent, 1943.
— En 1970, Liem propose de rassembler dans la nouvelle famille des Rhaco-
phoridae deux sous-familles : les Mantellinae et les Rhacophorinae (sensu Laurent).
— Cette conception est réfutée par Laurent (1979), qui maintient Rhacophori-
nae et Mantellinae dans la famille des Ranidae.
— Nous estimons, ici, que, compte-tenu de la diversité de ses affinités, ce taxon
mérite d'être élevé à un rang familial. En effet :
(a) Ses représentants ont en commun de nombreux caractères morphologiques
avec quelques espèces, parmi les plus primitives, de Phrynobatrachinae, rangées dans
la famille des Ranidae carpe semblable à celui de Natalobatrachus Hewit & Methuen,
1913 et Petropedetes Reichenow, 1874 (voir g. Mantidactylus, p. 139) ; deuxième
tarsien libre ; disques dilatés ; présence de glandes fémorales. De plus, l'existence
d’inversions péricentriques similaires plaident en faveur d’un rapprochement phylo-
génétique entre les Mantellidae et quelques espèces de Phrynobatrachinae.
(b) Par ailleurs, les Mantellidae ont des cartilages intercalaires entre les deux
dernières phalanges ; ceci les oppose aux Phrynobatrachinae et les rapproche des
Rhacophoridae.
(c) Par contre, leur tarse à 3 os les oppose aux Rhacophoridae (tarse à 2 os).
(d) Enfin, les Mantellidae possèdent des caractéristiques uniques dans les
modalités de leur reproduction, associées avec un développement extensif des glandes
fémorales.
Les trois genres endémiques Laurentomantis, Mantidactylus et Mantella consti-
tuent des rameaux évolutifs largement indépendants, sans qu'il soit possible de
dégager entre eux des modalités de dérivation directe.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 393
— Laurentomantis est un genre relicte, à distribution restreinte et de biologie
mal connue. Il semble hautement spécialisé : tête volumineuse, téguments rugueux,
doigts et orteils libres. L’omosternum, entier, est plus primitif que chez les deux autres
genres. Il partage, avec le g. Mantidactylus, la conservation de dents maxillaires.
— Mantidactylus a produit une radiation spécifique considérable. Son mono-
phylétisme est douteux et sa subdivision en dix groupes d’espèces a été proposée,
reflétant une grande variabilité dans les caryotypes. Le caryotype 2n = 26, avec tous
les chromosomes méta- ou submétacentriques, semble fondamental pour le phylum
Ranine-Phrynobatrachine. Il se retrouve dans les espèces de Mantidactylus des
groupes : depressiceps, argenteus, pulcher et guttulatus. Des inversions péricentriques
(chromosomes télocentiques) s’observent dans les groupes : redimitus, granulatus,
albofrenatus et lugubris, qui ont conservé un caryotype 2n = 26 chromosomes. Par
contre, les Mantidactylus des groupes ulcerosus et aglavei ont un caryotype dérivé
2n = 24.
Dans le g. Mantidactylus, les dents maxillaires sont présentes et les orteils sont
normalement palmés ainsi que, parfois, les doigts.
— Mantella est un genre spécialisé, à coloration aposématique rappelant les
Dendrobatidae. L'appareil hyoïdien est plus évolué que dans le #. Mantidactylus ; le
caryotype 2n = 26 est conforme au caryotype fondamental. Les doigts et les orteils
sont libres ; les dents maxillaires ont été perdues.
La position du g. Pseudophilautus n’est pas connue. Son étude serait parti-
culièrement instructive.
L'origine de ce taxon paraît devoir être recherchée au voisinage d’une souche
phrynobatrachoïde relativement primitive. Il est possible que les Mantellidae aient eu
jadis une aire de répartition bien plus vaste. Madagascar, où ils ont produit une radia-
tion adaptative explosive, aurait joué le rôle de refuge insulaire en les mettant à l'abri
de la concurrence de Grenouilles plus évoluées. Hors de ce pays, on ne trouve qu’une
espèce relicte en Inde : Pseudophilautus temporalis (Günther, 1864).
3.4. Famille des Rhacophoridae.
Les Rhacophoridae ont un tarse plus évolué que celui des Mantellidae : les
deuxième et troisième tarsiens sont fusionnés ; ils sont dépourvus de glandes fémo-
rales et leur amplexus est axillaire. Il apparaît donc peu probable qu'ils soient à
l'origine des Mantellidae. Il est plausible, par contre, qu'ils dérivent d’une souche
mantellide très primitive.
Deux genres endémiques sont représentés à Madagascar : Aglyptodactylus,
monospécifique, et Boophis, diversifié en 28 espèces réparties en 7 groupes.
— Aglyptodactylus est un genre plus primitif que le g. Boophis par sa colonne
vertébrale et son appareil hyoïdien. Mais, par ailleurs, il est très spécialisé : exclusive-
ment terrestre et pourvu de disques non dilatés, avec un sillon circulaire incomplet.
— Boophis, par contre, est, selon notre conception, un arboricole primaire,
muni de disques dilatés, entourés par un sillon complet.
Il est intéressant de noter que ces deux genres, considérés comme primitifs
parmi les Rhacophoridae, pondent leurs œufs en milieu aquatique, contrairement aux
autres représentants de leur famille ainsi qu'aux Mantellidae. Cette particularité
commune nous semble un caractère dérivé, corrélatif de l'occupation d’une niche
Source : MNHN, Paris
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Soporéqeur suotqrduuy,p soauoñ smoayyp so] anua sanbrpusBo|{yd suonejay : 0e “4
Heteriralue
Seychelles (1g)
Afrique (12 g)
Hyperoliidae
Arthroleptidae
Stock Astytostennide
Sooglossidae
Souche Arcifère
1
--> Afrique (1 g)
=> Asie (78)
Boophie
Aglyptodactylus
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0
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Phrynobatrachinae 1 l Î
l Rhacophoridae
1 Renidae
l Mantella
Raninae Mantidactylue
Laurentomantie
Le -> Inde (1 g)
Ptychadena
LAN RAI Mantellidae
| Lignée Lignée
Ränine Phrynobatrachide
Stock Ranide
NEOBATRACHIA
r— Madecassophryne
F Anodonthyla
Stumpffia
Cophyla
Platypelie | Rhombophryne
Plethodontohyla
Cophylinae
Asie (2 8)
me Dyscophinse —% Dyscophus
Paradozophyla
Scaphiophryn
Scaphiophryninae
Microhylidae
Microhyloidea
Source : MNHN, Paris
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DAV ‘d ‘HO LA HASSOTHOS-SHANNOTIL “VA
AMPHIBIENS 395
nouvelle, presque libre à Madagascar, en raison de l'absence de Bufonidae et de la
faiblesse extrême du peuplement en Ranidae : le seul genre, Tomopterna, est limité à la
partie Ouest du pays.
De plus, les deux genres ont un caryotype 2n = 26 constitué de chromosomes
méta- et submétacentriques. Cependant, dans le g. Aglyptodactylus, ne s’observe pas
la différence de longueur entre les chromosomes des paires 5 et 6 présente chez toutes
les espèces de Boophis étudiées sauf B. tephraeomystax. Or, précisément, Aglypto-
dactylus madagascariensis et Boophis tephraeomystax possèdent une quantité d'ADN
nucléaire particulièrement faible, respectivement 6.1 et 7.2 pg pour le génôme
diploïde, soit, pour B. tephraeomystax, 80 % du génôme moyen des 7 autres espèces
de Boophis analysées. Cette faiblesse, liée à un développement larvaire plus rapide est
corrélative de l’occupation des régions occidentales et méridionales dont nous verrons
(chapitre 4) qu’elles sont caractérisées, notamment, par une longue et rigoureuse
saison sèche, incompatible avec la survie des têtards.
Toutefois, en dépit de leurs similitudes, ces deux taxa constituent des rameaux
indépendants par suite des différences morphologiques de leur squelette et de leur
idiogramme.
Le centre d’origine des Rhacophoridae pourrait être situé dans la partie orientale
du Gondwana. Cette famille compte actuellement sept genres en Asie, deux à Mada-
gascar et un, d'arrivée vraisemblablement récente, en Afrique : Chiromantis Peters,
1854.
CONCLUSION. — La figure 150 indique la position phylogénétique de tous les
genres d’Amphibiens présents à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
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CHAPITRE 2
CARACTÉRISTIQUES ZOOGÉOGRAPHIQUES
DE LA FAUNE MALGACHE DES AMPHIBIENS
Les positions systématiques que nous avons explicitées dans le premier chapitre,
nous permettent de dégager les particularités essentielles au plan biogéographique, du
peuplement de Madagascar en Amphibiens.
1. ENDEMISME
Les taux d’endémisme s’établissent comme suit :
1.1. — AU NIVEAU SPÉCIFIQUE.
131 espèces sont endémiques sur les 133 retenues dans cet ouvrage, soit un taux
d’endémisme spécifique de 98,5 %. Parmi les deux seules espèces non endémiques,
Ptychadena mascareniensis est d’indigénisation considérée unanimement comme
récente et Rana tigerina résulte d’une introduction volontaire au début du siècle.
Abstraction faite de cette dernière espèce, le taux d’endémisme spécifique dépasse
99% : elle ne sera d’ailleurs plus prise en compte pour la suite.
1.2. — AU NIVEAU GÉNÉRIQUE.
15 genres sur 17 sont endémiques ; le taux d’endémisme générique s’établit à
88 %. Outre Ptychadena d'Afrique, de Madagascar et des Mascareignes, Tomopterna
est un genre africano-indien.
1.3. — AU NIVEAU SUBFAMILIAL ET FAMILIAL.
Seules deux sous-familles de Microhylidae, les Scaphiophryninae et les
Cophylinae, sont endémiques sur les 7 familles et sous-familles représentées à
Madagascar, soit un taux d’endémisme de 29 %.
Aucune famille n’est endémique, les Mantellidae associant aux nombreuses
formes malgaches une espèce relicte en Inde du genre Pseudophilautus.
2. PAUVRETÉ DE FOND ET DYSHARMONIE DE COMPOSITION.
La faune amphibienne malgache n’est constituée que d’Anoures (Salientia)
évolués, ou Neobatrachia, appartenant à deux phylums proches de la même souche
firmisterne : les Microhyloïdea et les Ranoïdea.
Chacun d’eux ne renferme qu’un petit nombre de lignées de rang familial ou
infra-familial, manifestant une grande diversité dans leurs richesses taxonomiques.
Les familles et sous-familles suivantes sont représentées par :
— lgenre: 1 famille, Hyperolïdae (Hyperoliinae).
— 2 genres: 2 familles, Rhacophoridae et Ranidae (Raninae).
— 3 genres: 1 famille, Mantellidae.
— 10 genres: 1 famille, Microhylidae, se répartissant respectivement en 2, 1
et 7 genres dans les 3 sous-familles des Scaphiophryninae,
Dyscophinae et Cophylinae.
397
Source : MNHN, Paris
398 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
La liste suivante résume la répartition intragénérique.
genre à lespèce 7 (4 Microhylidæe, 2 Ranidae, 1 Rhacophoridae)
genre à 3 espèces 4 (3 Microhylidae, 1 Mantellidae)
genre à 5 espèces 2 (1 Microhylidae, 1 Mantellidae)
genre à 7 espèces 1 (Hyperoliidae)
genre à 8 espèces 1 (Microhylidae)
genre à 12 espèces 1 (Microhylidae)
genre à 28 espèces 1 (Rhacophoridae)
genre à 48 espèces 1 (Mantellidae)
De telles répartitions reflètent une intense diversification dans la sous-famille
des Cophylinae (Microhylidae) et dans un (ou deux) genres de Mantellidae, de Rhaco-
phoridae, de Microhylidae et d'Hyperoliidae ; elles ont été mises en évidence chez les
Reptiles (Blanc, 1972) et, d’une façon plus générale, dans plusieurs ordres de Verté-
brés et de nombreux Invertébrés (Paulian, 1961).
Cette pauvreté de fond est, de plus, corrélative d’une dysharmonie de composi-
tion avec les continents riverains de l'Océan Indien, Afrique, Inde, Extrême-Orient et
Australie, marquée par des lacunes de rang familial et des disparités flagrantes dans
les diversités de rang générique.
On peut noter l'absence de Caeciliens (Gymnophiona) représentés aux
Seychelles par les genres Hypogeophis, Grandisonia et Praslinia et, parmi les Anoures,
celle, par exemple, des :
— Bufonidae : Afrique, Inde, Asie ;
— Hemisidae : Afrique ;
— Myobatrachidae et Pelodryadidae : Australie ;
— Sooglossidae : Seychelles.
Signalons que cette petite famille isolée, paléoendémique de Neobatrachia, qui
ne comprend que 3 espèces de très petite taille, a été rapprochée du g. Manti-
dactylus (Morescalchi, 1981 b). L'étude des caryotypes (Blommers-Schlôsser, 1978)
met en évidence des affinités avec les Myobatrachidae. Leur développement direct est
probablement en relation avec le climat perhumide de la forêt dense ombrophile où
elles vivent.
Les Hyperoliidae comptent 12 genres en Afrique et 1 seul à Madagascar ; les
Rhacophoridae sont beaucoup plus diversifiés en Asie (7 genres) qu’à Madagascar (2
genres).
3. AFFINITÉS DU PEUPLEMENT.
Elles s’établissent avec :
(a) l'Afrique, par la famille des Hyperoliidae et l'espèce Ptychadena mascare-
niensis.
(b) l'Asie, par :
— les Mantellidae représentés par 3 genres à Madagascar et 1 g. mono-
spécifique en Inde;
— les Dyscophinae avec 1 genre à Madagascar, 2 g. en Asie.
(c) l'Afrique et l'Asie, par:
— les Rhacophoridae avec 2 genres à Madagascar, 7 g. en Asie et 1 g. en
Afrique ;
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 399
— le g. Tomopterna connu aussi d'Afrique et de l'Inde.
(d) l'Afrique, l'Amérique et l'Asie, y compris la Nouvelle-Guinée, par les Micro-
hylidae (les espèces australiennes sont considérées comme issues de formes néo-
guinéennes).
Les réelles affinités asiatiques des Amphibiens malgaches ont été soulignées par
de nombreux auteurs. Elles ne traduisent cependant qu'une situation actuelle, instan-
tanée, du peuplement et furent souvent confondues avec la notion, différente, de
l’origine du peuplement.
4. ORIGINE DU PEUPLEMENT.
Il résulte de la discussion sur les affinités systématiques (chapitre 1) que
l'origine la plus probable, dans l’état actuel de nos connaissances, est double ;
gondwanienne et africaine.
4.1. ORIGINE GONDWANIENNE, SURTOUT NORD-ORIENTALE (AFRIQUE, MADAGASCAR,
INDE :
4.1.1. — Mantellidae
A une époque où le continent australien devait être largement séparé de
l'Afrique, et de l'Amérique du Sud, les Mantellidae se sont différenciés à partir d’une
lignée Phrynobatrachide. Cette lignée a donné, en Afrique, les Phrynobatrachinae
représentés par quelques genres paucispécifiques relictes, isolés en Afrique du Sud et
en Afrique de l'Ouest, à aire de distribution réduite et à habitat rupicole, en forêts
denses, humides, ainsi que par des genres plus évolués, adaptés à la vie savanicole.
L'ouverture du canal de Mozambique et de l'Océan Indien nord-occidental a dû isoler
une partie du stock originel des Mantellidae. Leurs descendants se sont éteints en
Afrique ; ils ont donné à Madagascar, une des plus riches radiations adaptatives de
toute la faune des Amphibiens et ne subsistent plus en Inde que par un genre mono-
typique relictuel.
4.1.2. — Ranidae
Le genre Tomopterna a vraisemblablement, à partir du stock Ranide, la même
origine biogéographique.
4.1.3. — Microhylidae
La phylogénie des Microhylidae, compte-tenu de leur ancienneté et de leur
immense distribution passée, reste mal connue. Néanmoins, quelques considérations
d'ordre zoogéographique peuvent être dégagées, concernant la sous-famille des
Cophylinae.
La réduction des éléments squelettiques du crâne et de la ceinture scapulaire
étant polyphylétique dans cette famille, nous considérerons les modalités du dévelop-
pement larvaire.
Dans un premier phylum, regroupant les Scaphiophryninae, les Dyscophinae
(présents également en Asie), les Microhylinae (asiatiques) et les Phrynomerinae
(africains), le développement s’effectue en milieu aquatique : le tétard est typiquement
microhylide, sauf chez les Scaphiophryninae qui ont une larve intermédiaire entre un
têtard classique avancé et un têtard microhylide qui, lui-même, en dérive. Ce premier
BIBL. DU
MUSEUM
PARIS
*
Source : MNHN, Paris
400 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
phylum, plus ancien, possède des représentants en Amérique du Sud : les Microhyli-
nae (Parker, 1934) considérés récemment, par Laurent (1980 b : 413), comme une
sous-famille nouvelle : les Gastrophryninae.
Dans le second phylum, le développement embryonnaire est prolongé, semi-
direct ou direct : chez les Hoplophryninae, le têtard possède un spiracle médian ; chez
les Cophylinae, le têtard est dépourvu de spiracle ; chez les Asterophryinae, l'éclosion
intervient au stade juvénile à queue non encore régressée, tandis que chez les Brevici-
pitinae, à l’éclosion, l’appendice caudal est résorbé.
Dans ce second phylum, plus évolué, les Hoplophryninae représentent proba-
blement la sous-famille la plus primitive, en raison de leur distribution restreinte en
Afrique et en Inde et des caractéristiques larvaires : la persistance d’un spiracle en
position médiane, qui en fait un têtard typiquement microhylide, et l’acquisition d’un
développement embryonnaire prolongé. En effet, l’existence de caractères morpho-
logiques internes, identiques chez un têtard microhylide, y compris celui des
Scaphiophryninae et chez un embryon de Gastrotheca à développement direct, montre
que ce stade évolutif est l’aboutissement d’un développement embryonnaire retardé à
l'extrême (Wassersug, 1984).
Ces considérations permettent de concevoir que les Cophylinae puissent être
dérivés d’une souche Hoplophrynide primitive, isolée à Madagascar où ils ont donné
une remarquable radiation.
Cette radiation est parallèle à celles produites par les Asterophryinae dans la
région orientale, en Nouvelle-Guinée notamment, et par les Brevicipitinae en Afrique.
Chacune de ces sous-familles a acquis un retard croissant du stade d’éclosion
larvaire. La formule chromosomique plaide en faveur du sens de cette évolution. Le
caryotype probablement fondamental, 2n = 26, est représenté dans toutes les sous-
familles à l’exception des Brevicipitinae qui, avec 2n = 24, seraient apomorphes. En
conséquence, nous retiendrons que les genres primitifs de Microhylidae possèdent 26
chromosomes et les genres dérivés, un nombre différent, en général inférieur (2n = 24
ou 2n = 22).
La position des Cophylinae dans le second phylum, leur dérivation possible à
partir des Hoplophryninae, situerait leur origine dans la branche septentrionale et
orientale du Gondwana : Afrique + Madagascar + Inde, tout comme les Mantellidae et
le g. Tomopterna.
4.1.4. — Rhacophoridae
Dans la partie orientale de l'Est-Gondwana (Madagascar + Inde), les Rhacopho-
ridae se sont différenciés à partir des Mantellidae. A leur riche diversification
générique en Inde et, au-delà, en Asie, après sa jonction avec ce continent, s'opposent
les deux genres primitifs de l'Est malgache : Aglyptodactylus, monospécifique et
Boophis qui s’est diversifié en 28 espèces. Le genre africain Chiromantis Peters, 1854
est considéré comme d’arrivée plus récente.
4.2. - ORIGINE AFRICAINE :
Elle concerne des éléments récents : les Hyperoliidae et Ptychadena.
Cette analyse montre, en définitive, que les affinités asiatiques actuelles occultent
l'origine de la faune malgache fondamentalement africaine et est-gondwanienne (au
maximum indienne).
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AMPHIBIENS 401
5. HÉTÉROCHRONISME DU PEUPLEMENT.
Il nous est possible maintenant de retracer les étapes majeures de la mise en
place du peuplement actuel de Madagascar en Amphibiens, avec l'avantage exception-
nel, au moins parmi les Vertébrés, de pouvoir distinguer entre un peuplement initial et
des invasions aléatoires ultérieures.
5.1. — Avant ou au cours de ces stades initiaux de la dislocation du secteur
nord-oriental du Gondwana : cette étape est marquée par l'extension des Microhylidae
archaïques entraînant la différenciation des Scaphiophryninae et, très vraisemblable-
ment, celle des Dyscophinae, puisque le genre le plus primitif, Dyscophus, est un
endémique malgache.
Sauf dans l’hypothèse d’une incompatibilité éventuelle d’habitat, cette étape a
dû être postérieure à l'isolement du bloc australien : en contradiction avec l'opinion de
Savage (1973), rien ne permet d'affirmer que les Microhylidae soient passés en
Australie, leurs représentants actuels dans ce pays étant dérivés récemment de formes
néo-guinéennes de la sous-famille des Asterophryinae.
Elle a dû être antérieure ou se situer au début du Crétacé, date de la différen-
ciation des Bufonidae, ou, plus précisément, antérieure à l’arrivée des Bufonidae sur
les rivages du jeune Océan Indien.
5.2. — Ensuite, après une séparation relativement marquée du bloc gondwanien
nord-oriental d’avec l’Afrique, se seraient différenciés les Mantellidae, le g. Tomop-
terna et les Cophylinae. Nous complèterons les arguments rapportés dans le para-
graphe 4 : origine du peuplement, par les conclusions de Clarke (1981) : les espèces
asiatiques et malgache du g. Tomopterna sont plus primitives que celles d’Afrique et en
sont nettement différenciées. Le g. Rana (s1.), seul autre genre de Raninae commun
à ces trois régions, est bien plus récent, ses aptitudes à la dispersion l’ont rendu
cosmopolite.
5.3. — Ultérieurement, les Rhacophoridae se seraient différenciés sur les confins
indo-malgaches. Il est à noter, qu'ici encore, les deux genres endémiques à Madagascar
sont les plus primitifs.
5.4. — L'arrivée des Hyperoliidae originaires d’Afrique est considérée comme
bien moins ancienne. Son extension en Afrique, à Madagascar et aux Seychelles
rappelle celle des Chamaeleontidae. Mais, à la différence du genre Chamaeleo, sa diffé-
renciation à Madagascar (1 genre avec 7 espèces) est beaucoup moins riche qu’en
Afrique (12 genres). Le genre malgache Heterixalus est resté très proche du genre
africain Hyperolius.
5.5. — La date d'arrivée du dernier immigré, venant aussi d'Afrique, Ptycha-
dena mascareniensis, est sans doute tardive et sa dispersion vers l’est s’est étendue aux
Mascareignes. Nous verrons que son extension considérable à Madagascar a été favo-
risée par les activités humaines mais une étude plus précise de ses diverses popula-
tions insulaires dans l'Océan Indien mériterait d’être entreprise.
Le peuplement aléatoire des Hyperoliidae a pu être favorisé par leur arboricolie.
Ptychadena, par contre, ne présente pas d'adaptation positive à un transport par
radeau flottant mais sa grande fécondité (Razarihelisoa, 1979) est favorable à son indi-
génisation. Sa dissémination à longue distance ne fut pas entravée par son développe-
ment indirect, ce qui ne corrobore pas l'hypothèse selon laquelle la dispersion des
Amphibiens serait facilitée par un développement direct ou semi-direct.
Source : MNHN, Paris
402 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
L'architecture générale du peuplement de Madagascar en Amphibiens ainsi
élaborée permet d’expliquer la richesse en Mantellidae de ce pays. S’il est possible de
concevoir que les Hyperoliidae, en Afrique, et les Rhacophoridae, en Asie, aient
entraîné le déclin des Mantellidae, il est vraisemblable aussi que leur extinction ait été
provoquée, sur ces continents, par la radiation des Ranidae.
Les trois familles des Hyperoliidae, Mantellidae et Rhacophoridae sont fonda-
mentalement adaptées à l’arboricolie, mais elles ont parfois donné des formes terres-
tres, comme Kassina, en Afrique. À Madagascar, des formes terrestres nombreuses se
sont développées dans les g. Aglyptodactylus et Mantella ainsi que dans plusieurs
groupes d'espèces du g. Mantidactylus. Ces adaptations à la vie terrestre paraissent en
relation avec la rareté, sur cette île, des formes ranoïdes dépourvues de cartilages inter-
calaires entre les deux phalanges distales, qui ne sont représentées que par les trois
espèces suivantes : Tomopterna labrosa unique espèce malgache d’un genre archaïque,
à large répartition de l’Afrique à l’Inde, Ptychadena mascareniensis, non endémique et
d’arrivée tardive, et Rana tigerina, introduite de l’Inde au début de ce siècle.
La diversité des formes adaptées à la vie terrestre s’avère, de ce fait, corrélative
d’une grande pauvreté en formes spécialisées pour vivre dans les savanes. Ce biotope,
riche en Amphibiens en Afrique, n’est peuplé à Madagascar que par quelques
Heterixalus endémiques, Tomopterna labrosa et Ptychadena mascareniensis ainsi que
les représentants des g. Scaphiophryne et Dyscophus.
Tableau 2 : Faune des Amphibiens des îles de l'Océan Indien occidental.
Faune des Amphibiens
Altitude
Us [Superficié na, Observa-
(km?) @) Ordre | Famille | Genre | Espèce | tions
Hypogeophis 1
Gymnophional Caecilidae | Grandisonia 5
Praslinia 1
Seychelles 292 950 | Salientia | Sooglossidae | Sooglossus 2
Nesomantis 1
Salientia | Hyperoliidae
Tachyenemis 1
Salientia | Mantellidae | Mantidactylus| granulatus Mayotte
Comores 1914 2361
Rhacophoridae| Boophis | opisthodon | Mayote
Salientia Ranidae Ptychadena | mascareniensis| introduit ?
Réunion 9 512 3040 Microhylidae |Rhombophryne) testudo Aie ï
Bufonidae Bufo gutturalis introduit
Salientia Ranidae Ptychadena |mascareniensis| introduit ?
Maurice 1 840 800 Bufonidae Bulo gutturalis introduit
Bufo marinus introduit
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 403
6. PROBLÈME DE L'EXISTENCE D'UNE RÉGION MALGACHE.
L’endémisme considérable de la faune malgache a conduit des auteurs, comme
Mocquard (1909), Guibé (1948). … à affirmer l'existence d’une région malgache.
Mais d’autres arguments doivent être pris en considération.
— L'originalité des Amphibiens malgaches se limite surtout aux niveaux spéci-
fique et générique ; il faut souligner que leur endémisme au niveau familial est nul.
— La faune actuelle dérive soit de stocks anciens non exclusivement malgaches
mais au moins afro-indo-malgaches, soit de genres ou espèces africains.
— L'ensemble insulaire de l'Océan Indien Occidental n’a aucune unité
faunistique. Les taxa suivants sont représentés dans les archipels des Seychelles, des
Comores et les îles de la Réunion et de Maurice (tableau 2).
CONCLUSIONS.
Le peuplement de Madagascar en Amphibiens reflète sa double composante :
gondwanienne et insulaire. Un long isolement, permanent depuis la fin du Crétacé
(Hoffstetter, 1976) sinon du Jurassique supérieur (Mc Elhinny, 1973), en explique les
caractéristiques zoogéographiques essentielles, corrélatives des aléas d’une dispersion
à longue distance et d’une insularité protectrice :
— endémisme élevé aux niveaux taxonomiques inférieurs ;
— pauvreté de fond ;
— absence d’unité faunistique avec les îles et archipels voisins ;
— dysharmonie de composition avec les continents voisins ;
— conservation de taxa primitifs dans toutes les lignées évolutives ;
— hétérochronisme du peuplement.
Ces caractéristiques ont favorisé le développement progressif de riches radia-
tions adaptatives comme nous pouvons le constater actuellement dans les deux genres
Boophis et Mantidactylus et dans la sous-famille des Cophylinae : ces trois radiations
totalisent 93 % des espèces actuelles.
Nous aborderons, maintenant, par l’analyse, d’une part, de leurs répartitions à
l'intérieur de l’île et, d'autre part, de leurs adaptations biologiques, les modalités du
déploiement de ces radiations et de leur coexistence avec les autres taxa.
Source : MNHN, Paris
Moréniin;a vds
CHAPITRE 3
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
L'analyse de la répartition géographique est une pièce maîtresse de toute étude
biogéographique. Pour cette analyse, Ptychadena mascareniensis (carte 11), espèce
non endémique, ubiquiste et largement inféodée aux milieux anthropisés, ne sera pas
prise en compte ni, bien évidemment, Rana tigerina, espèce importée qui est indigé-
nisée localement dans le Nord-Ouest.
La confrontation sommaire des 30 cartes de répartition restantes montre
d'évidentes disparités dans les faunes locales d’Amphibiens.
Dans un premier temps, nous mettrons en évidence les variations de la richesse
spécifique, aux plans numérique et taxonomique. Ces variations nous permettront de
discuter la validité des subdivisions faunistiques et de définir les grands types de
distribution des Amphibiens.
Il sera alors possible, dans un second temps, d'indiquer pour chacun des genres,
ou pour chacun des groupes d’espèces dans les genres Mantidactylus et Boophis, les
distributions chorologiques et altitudinales de leurs composants.
En raison de dénivelés localement très forts à Madagascar, l'altitude réelle au
point de collecte et celle de la localité utilisée comme référence sont parfois bien
différentes. De plus, à une même altitude peuvent correspondre des milieux
dissemblables suivant que la récolte a lieu dans un thalweg ou sur une crête. Enfin,
une même altitude, à une même latitude, n’a pas le même effet sur les facteurs du
milieu si l’on se trouve sur un relief isolé ou au sein d’un complexe montagnard.
Pour toutes ces raisons, les mentions d'altitude — d’ailleurs exceptionnelles —
n’ont qu’une valeur très relative ; nous préférons donc à des précisions incertaines et
donc l'intérêt biologique peut être illusoire, des indications approximatives (basse,
moyenne, haute altitude et montagnarde, en relation avec les reliefs malgaches qui
n’atteignent pas 3000 m et l'existence de l'accident topographique marqué que
constitue la grande dorsale Nord-Sud).
Lorsque la falaise se dédouble entre Vavatenina et Anosibe, il est possible
d'introduire une information supplémentaire : falaise inférieure et falaise supérieure à
la place de moyenne altitude.
Les résultats de cette phase descriptive sont fondamentaux pour amorcer, dans
le chapitre 4, une tentative d'explication de la mise en place des peuplements
d’Amphibiens à Madagascar, en relation notamment avec leurs caractéristiques
biologiques : habitat et mode de développement.
1. — SUBDIVISIONS FAUNISTIQUES.
1.1. — VARIATIONS DES RICHESSES SPÉCIFIQUES.
Les 30 cartes de distribution prises en compte ont été établies à partir de loca-
lités dont l'emplacement a pu être défini avec une quasi-certitude. Beaucoup de ces
localités ne sont citées que pour une seule espèce et leur répartition est très irrégulière,
jalonnant souvent d’anciennes pistes ou d’actuelles voies de communication.
405
Source : MNHN, Paris
406 R.M.A. BLOMME)
S-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
Nous avons opté pour leur groupement en 39 stations régionales (tableau 3).
Ces stations, dont nous avons le plus souvent une connaissance directe, sont caracté-
ristiques des principaux milieux naturels malgaches (fig. 151).
Pour beaucoup de ces stations, la valeur des richesses spécifiques n'apparaît pas
strictement aléatoire par suite de l’imperfection des inventaires faunistiques, mais
susceptible d'apporter une valeur estimative — par défaut — du peuplement.
Nous avons délibérément écarté les méthodes de découpage selon un quadrillage
car les lacunes dans les recensements et l’inégale répartition des localités ne permettent
pas encore de tracer avec certitude les aires de distribution de chaque espèce et, en
particulier, de décider si, pour certaines, ces aires sont effectivement disjointes ou
continues. N'ayant done pu utiliser le coefficient de similitude de Baron-Urbani et
Buser (1976), nous avons employé le coefficient de communauté (Whittaker, 1970) :
C.C. = (Sab) (Sa + Sb — Sab)-1
où Sab est le nombre d’espèces communes aux stations a et b dont les richesses
spécifiques respectives sont Sa et Sb.
TABLEAU 3. — Liste des 39 stations utilisées pour le calcul des coefficients de
communauté.
Stations Nombre d’espèces Stations Nombre d’espèces
Ambohimahasoa 32 Itremo-Ibity 15
Ambohitantely 17 Ivohibe 21
Andohahela 9 Majunga fl
Andrangoloaka 14 Mananjary (+ Nosy Varika) 10
Andringitra 28 Mandena - Fort-Dauphin 19
Anjozorobe (+ Andriamena) 5 Mandraka-Moramanga 36
Ankarafantsika 9 Manongarivo (Bas-) 4
Ankaratra (+ Antsampandrano) 20 Marojezy 37
Antalaha-Sambava Le Montagne d’Ambre 14
Antongil (baie) 10 Morondava 6
Antsingy-Bemaraha 8 Nosy Be (+ Nosy Komba) 16
Bealanana 1 Nosy Mangabe 10
Cap Sainte Marie 2 Périnet 51
Chaînes Anosyennes 39 Tamatave 34
Diégo Suarez 1 Tananarive (+ Angavokely) 10
Extrême-Ouest (Soalala) 6 Tsaratanana (massif du) 14
Ifanadiana 18 Tsimanampetsotsa 3
Ile Sainte-Marie 5 Tuléar 4
Isalo 5 Vondrozo 6
Zahamena-Betampona 17
RÉSULTATS :
Le maximum d’espèces observées dans une même région est atteint à Périnet
avec 51 espèces (39 % des 129 espèces endémiques dont les adultes soient connus). Il
est incontestable que le trajet Périnet-Anosibe ait été particulièrement étudié mais,
même dans ces localités, nos prospections récentes ont permis de découvrir de nouvel-
les espèces.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 407
Fig. 151 : Distribution géographique et richesse spécifique des 39 stations utilisées pour
le calcul des coefficients de communautés.
Les lettres À à D indiquent la position des 4 transects.
Viennent ensuite, avec une richesse spécifique voisine : 39 et 37 espèces, soit
30 % de la faune endémique, les Chaînes Anosyennes et le Marojezy, puis La Mandra-
ka - Moramanga avec 36 espèces.
Au voisinage de 30 espèces, on trouve : la côte orientale médiane : Tamatave
Source : MNHN, Paris
408 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
(34). le Sud-Est Betsileo : Ambohimahasoa (32) et l’Andringitra (28) ; de 20 espèces :
lIvohibe (21). l'Ankaratra (20), Fort-Dauphin-Mandena (19), Ifanadiana (18) : de
15 espèces : un axe Nord-Sud pratiquement complet, jalonné par des massifs dont
les restes de végétation appartiennent au domaine oriental : la Montagne d’Ambre
(14), le massif du Tsaratanana (14), le rebord oriental du lac Alaotra : Zahamena—
Betampona (17), la région de Manjakandriana (Andrangoloaka : 14), Nosy Be (16),
Ambohitantely (17) et l'Ibity-Itremo (15) ; on pourrait y adjoindre l’Andohahela dont
la faune amphibienne avec 9 espèces est, sans aucun doute relativement sous-évaluée.
Il en est certainement de même pour le Tsaratanana.
Entre 7 et 10 espèces, se situent les stations de la Côte Est : Antalaha-Sambava
(7). Nosy Mangabe, la baie d’Antongil, Mananjary (10): les Hautes-Tèrres :
Tananarive-Angavokely (10), Vondrozo (6) et dans l'Ouest : l'Ankarafantsika (9),
Majunga (7) et le Bemaraha-Antsingy (8). Les stations des régions côtières occiden-
tales, comptent de 4 à 6 espèces, du Bas-Manongarivo (4) à Tuléar (4) en passant par
l'Extrême-Ouest (6), Morondava (6), auxquelles il faut ajouter l’île de Sainte-Marie
(5), l'Isalo (5), et Anjozorobe (5).
Dans la partie méridionale, le pays Mahafaly et l'Extrême-Sud, ne comptent
respectivement que trois et deux espèces, et dans l’Extrême-Nord, une seule espèce est
recensée de Diégo-Suarez et de Bealanana.
Ces variations de richesse spécifique permettent de mettre en évidence
l'existence des deux axes suivants :
— Un axe transversal Est-Ouest qui se manifeste de façon très évidente et
permanente à toutes les latitudes : nous l’illustrerons par quatre coupes transversales
de l'Ile (fig. 152).
— Un axe altitudinal qui intervient dans les massifs montagneux et tout au long
de la grande dorsale Nord-Sud.
En apparence, ces variations numériques se superposent assez bien au décou-
page classique de la Grande Ile en un Secteur au vent, à l'Est, à climat humide et à
saisons peu marquées, un Secteur sous le vent, à l'Ouest, à pluviométrie plus réduite
et nettement saisonnière, et un Secteur méridional à climat subaride. Les Hautes Terres
Centrales, comme pour la phytogéographie, se rattachent par leur richesse spécifique
au secteur oriental au vent.
Il reste à tester, par une analyse des coefficients de communauté, la validité et les
limites des domaines zoogéographiques proposés ci-dessus et à préciser l'incidence des
massifs montagneux et des îles sur le peuplement.
1.2. — DOMAINES ZOOGÉOGRAPHIQUES ET
RS SUBDIVISIONS.
1.2.1. — Domaine méridional :
Extrêmement pauvre, avec seulement deux espèces dont une seule commune à
tout le Sud, ce domaine est numériquement bien différencié ; nous pouvons y rattacher
l'Extréme-Nord, surtout les zones rocheuses de la région de Diégo-Suarez. Tuléar avec
quatre espèces (tableau 4) est plus proche du plateau Mahafaly (C.C. = 0.40) que de
l'Extrême-Sud (C.C. = 0.20). Dans ce tableau, les richesses spécifiques stationnelles
sont indiquées sur la diagonale les nombres d'espèces communes dans l'angle supé-
rieur droit et les coefficients de communauté dans l'angle inférieur gauche.
Source : MNHN, Paris
409
AMPHIBIENS
@ sue
@ rue
Supuoso
Che
[@) vADoloBUDspuy
AiexonoBuy
@D- onpouourt
©)
Ovroauss @ vasreauor
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@ puouDyouD6]
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@D vuopuon
@D souuotsouy 40
@ vruuopuy
@czcspuon
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Gun
@crsi
@ vAopuouon
©)
100 km
Fig. 152 : Variations des richesses spécifiques en Amphibiens sur 4 coupes transversales
de Madagascar.
Source : MNHN, Paris
410 R.M.A. BLOMMERS-SCHLOSSER ET CH. P. BLANC
TABLEAU 4. — Coefficients de communauté dans le domaine méridional.
Tuléar Tsimanampetsotsa Cap Sainte Marie
Tuléar 4 2 d
Tsimanampetsotsa 40 3 1
Cap Sainte Marie .20 .25 2
1.2.2. — Domaine occidental :
Nous testerons, par une analyse des coefficients de communauté, l’homogénéité
de son peuplement et son indépendance par rapport aux domaines méridional et orien-
tal (tableau 5).
1 — Homogénéité du peuplement.
On dispose de cinq stations soit, du Nord au Sud, Majunga, l’Ankarafantsika,
l’Extrême-Ouest, l’Antsingy-Bemaraha et Morondava. Nous y adjoignons Tuléar que
sa richesse spécifique place à l'articulation des domaines occidental et méridional.
Le tableau 5 indique la répartition des espèces, le nombre d’espèces communes
et les coefficients de communauté.
TABLEAU 5. — Coefficients de communauté dans le domaine occidental.
Majunga Ankara- Extrême- Antsingy Morondava Tuléar
fantsika Ouest
Majunga q 5 4 1 4 3
Ankarafantsika 45 9 Es: 2 4 3
Extrême-Ouest .44 .50 6 L 4 2
Antsingy .07 .13 .08 8 1 dE
Morondava 44 .36 .50 0 6 4
Tuléar .37 -30 29 -.10 .67 4
RÉSULTATS :
Il apparaît clairement qu’il existe une chaîne d’affinités élevées entre : Majunga
et l'Ankarafantsika (C.C. = 0.45), l’Ankarafantsika et l'Extrême-Ouest (C.C. = 0.50),
lExtrême-Ouest et Morondava (C.C. = 0.50) que renforcent des affinités entre
Majunga et l’Extrême-Ouest (C.C. = 0.44) et entre Majunga et Morondava (C.C. =
0.44).
Ce peuplement, relativement homogène en dépit de sa pauvreté, pourrait être
qualifié de “côtier” ou périphérique par opposition au peuplement de l’Antsingy-
Bemaraha dont les affinités le rapprochent de celui de l’Ankarafantsika, alors qu'il se
différencie nettement des peuplements de l'Extrême-Ouest (C.C. = 0.08) et de
Morondava (C.C. = 0).
D’après ces résultats, contrairement à la végétation, il n’est pas possible, dans
l'état actuel de nos connaissances, de scinder latitudinalement le peuplement en
Amphibiens du domaine occidental. Celui-ci, tout au moins pour la frange des basses
plaines, constitue, au contraire, un ensemble homogène.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 41l
1.2.2.2. — Relations entre le domaine occidental et le domaine méridional.
La confrontation des tableaux 4 et 5 montre que Tuléar, qui partage des affinités
comparables (C.C. = 0.40, 0.67 et 0.37) avec les stations méridionales du Tsima-
nampetsotsa et occidentales de Morondava et de Majunga, occupe une situation
limitrophe entre ces deux domaines.
1.2.2.3. — Relations entre le domaine occidental et le domaine oriental.
La confrontation des distributions de la faune des Amphibiens dans ces deux
domaines climatiques peut être appréciée par l'analyse de deux transects trans-
Versaux.
1.2.2.3.1. — Transect médian : Côte Ouest - Tamatave.
Les dix stations retenues correspondent sensiblement à un transect d'Ouest en
Est (tableau 6). La faune prise en compte pour la Côte Ouest correspond à l’ensemble
des espèces de la région de Morondava et de l’Extrême-Ouest (soit huit espèces).
TABLEAU 6 — Coefficients de communauté le long d’un transect médian d'Ouest en Est.
s à
3 _n.
PS = É
= È Ë Hess Fa
SE
SM ENS ERA
Côte Ouest 8 1 0 0 0 0 0 L 1 3
Antsingy-Bemaraha D M PRE A men er ie ST à
Ambohitantely 0:09 17 6 5 ti fl 7 3 5
Ankaratra 0708219 20) 8 Ter 0) 8 2 3
Tananarive 0 02353610 44 5 3 1 il
Andrangoloaka 05-05-29 4.26 41014 8 6 1 L
Mandraka-Moramanga 0.-.08--16223% 1320236228 meti
Périnet "02-062 12R0 15 00 DIE OREILLES
Zahamena-Betampona .04 0, 10-062042"03 1672-20 17010
Tamatave :07= 08:11 06% 02-02-19 2721-54
L'analyse du tableau 6 met en évidence :
— une coupure très marquée, constatée déjà sur le plan numérique entre le
domaine occidental et le domaine oriental qui inclut le Tampoketsa (station
d’Ambohitantely) limitrophe (C.C. inférieur à 0.1);
— une décroissance régulière, à l'exception des deux zones accidentées de
l'Ankaratra et de Zahamena, des coefficients de communauté au fur et à mesure que
l'éloignement des deux stations comparées augmente, traduisant l'existence, le long du
transect principal, d’une véritable chaîne d'espèces dont beaucoup se remplacent
progressivement ; à
Source : MNHN, Paris
412 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
— des coefficients de communauté élevés reliant les stations de Moramanga à
Périnet (0,50) et de Tananarive à Andrangoloaka (0,41), d’une part, et à l'Ankaratra
(0,36), d’autre part;
— une distinction entre la faune des Hautes Terres et des massifs montagneux,
celle de la falaise orientale, et celle de la plaine côtière.
1.2.2.3.2. — Transect sud : Tuléar - Mananjary.
Ce transect met en évidence les affinités du domaine méridional et de la partie
sud du domaine occidental, leur indépendance de la faune occidentale, ainsi que des
relations plus étroites entre la faune des Hautes-Terres et celle de la falaise orientale
qu'entre la première et celle des massifs montagneux pourtant plus proches (tableau 7).
TagLEAU 7. — Coefficients de communauté le long d’un transect sud d'Ouest en Est.
Tuléar Tsalo Ambohi- Andrin- Ifanadiana Mananjary
mahasoa gitra
Tuléar 4 2 1 0 0 0
Isalo .29 5 3 2 1 2
Ambohimahasoa .03 .09 32 10 9 4
Andringitra 0 .06 .20 28 7 3
Tfanadiana 0 05 .22 18 18 5
Mananjary 0 15 11 09 D2 10
En conclusion, la validité pour la faune amphibienne d’un domaine occidental
est clairement démontrée : il est limité aux pentes occidentales, à l'exclusion de toute la
région des Hautes Terres Centrales. Sa superficie reste, néanmoins, beaucoup plus
vaste que celles des domaines oriental et méridional.
1.2.3. — Domaine oriental.
Bien que moins étendu géographiquement que le précédent, c’est de beaucoup le
domaine le plus accidenté et le plus riche en espèces. La topographie le découpe en
longues bandes longitudinales, souvent très étirées : plaine côtière, falaise orientale,
parfois dédoublée, massifs montagneux, Hautes-Tèrres du Centre. C’est aussi le seul
domaine pour lequel nous ayons des inventaires sur les îles proches.
L'examen des deux tableaux 6 et 7 a montré d’étroites affinités sous forme de
chaînes transversales d'espèces entre le peuplement des Hautes-Terres et celui de la
Côte Est.
L'homogénéité, pour les Amphibiens, de ce domaine sera alors appréciée par
l'analyse de la répartition Nord-Sud de l’ensemble des taxa, ainsi que de l'incidence
des massifs montagneux.
Nous saurons alors s’il est nécessaire ou impossible de distinguer, répartis au
sein du domaine oriental, les éléments d’un “domaine des Hautes-Montagnes” dont
l'existence est, selon les groupes animaux ou végétaux considérés, soit affirmée, soit
réfutée.
Enfin, nous examinerons le cas particulier des espèces à localisation restreinte.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS A13
1.2.3.1. — Répartition Nord-Sud.
Le tableau 8 récapitule la distribution latitudinale par un découpage en 4
sections d’extension à peu près équivalente (environ 3°,5) à la hauteur des trois
repères suivant :
— fond de la baie d’Antongil, latitude Sud approximative : 15°,5
— axe Périnet-Moramanga "192
— massifs de l’Andringitra-[vohibe 52295
Les première et troisième coupures empruntent les deux seuils topographiques
de la Dorsale : celui de Mandritsara et celui de Vondrozo.
Ce découpage ne concerne évidemment que les espèces du domaine oriental ; il
permettra de tester l'existence éventuelle de peuplements localisés soit au Nord soit
au Sud de Périnet, opposition qui apparaît dans la distribution de divers groupes
d’Insectes (Paulian, verbo).
TaBLEAU 8. — Extension latitudinale des aires de distribution dans le domaine oriental.
Aires de distribution s'étendant sur : Nombre d’espèces
4 sections 30
3 sections : Nord 8
Sud 7
2 sections : Nord 9
Centre 4
Sud 10
1 section : Nord 9)
Centre-Nord 13
Centre-Sud 19
Sud 10
L'analyse du tableau 8 fournit les résultats suivants :
Toutes les familles sont représentées dans les 4 sections.
Au niveau générique, abstraction faite des genres monospécifiques à localisation
restreinte à une station, un massif ou une île, on notera plusieurs particularités :
— le g. Scaphiophryne est absent du quart Nord ;
— le g. Rhombophryne n’est présent que dans les sections Nord et Centre Nord ;
— le g. Tomopterna n’est pas représenté dans la section Nord ;
— le g. Laurentomantis n’est pas connu jusqu'ici du Centre Sud ;
— le groupe Mantidactylus aglavei est restreint à la section Centre Nord ;
— le groupe Boophis microtympanum n’a de représentants que dans le Centre
Sud.
Au niveau spécifique :
La figure 153 indique la répartition des 118 espèces prises en considération.
Sont exclues de ce tableau les deux espèces du g. Scaphiophryne des domaines Ouest
et Sud, les trois espèces exclusivement insulaires, Mantidactylus granulatus qui
Source : MNHN, Paris
414 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
——<- 12°
seuil de Mandritsara
= - 1530
à és
seuil de Vondrozo
me *
Fig. 153: Répartition latitudinale de 118 espèces d’Amphibiens.
—+-25"30"
appartient surtout au domaine occidental, Mantella aurantiaca, Boophis viridis,
B. granulosus et B. pauliani connues uniquement de l'axe frontière Moramanga-
Périnet et B. albilabris dont la seule station mentionnée est l'Est de l’Imerina sans
autre précision.
° 49 espèces chevauchent la frontière “Périnet” :
— 30 ont une extention sur les 4 sections.
— 8 et 7 respectivement sur 3 sections N et S.
— 4 sur les 2 sections centrales.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 415
e 70 espèces respectent la frontière “Périnet”, dont :
— 9et 10 dans chaque section N et S.
— 9,13, 19 et 10 respectivement dans une seule des sections N, C-N., C-S.etS.
Si l’on ne prend en compte que les espèces qui s'affrontent à la hauteur de
Périnet, on conservera : 9 + 10 + 13 + 19 = 51 espèces, nombre proche de celui des
espèces qui la chevauchent.
Par contre, en ne considérant que les espèces strictement localisées aux deux
sections centrales :
— 4 chevauchent la frontière, tandis que 13 + 19, soit 32 la respectent.
Remarquons qu’au niveau des seuils :
— de Mandritsara : 30 + 8 + 9 = 47 espèces traversent le seuil tandis que
13 + 9 + 4 + 7 = 33 espèces le respectent.
__ de Vondrozo : ces nombres sont respectivement égaux à 30 + 7 + 10 = 47 et
19 + 10 + 4 + 8 = 41 espèces.
Enfin, ce découpage en 4 sections permet d'évaluer leurs richesses spécifiques
qui s'élèvent, du Nord au Sud, à 56, 72, 78 et 56 espèces.
Les deux quarts centraux sont nettement plus riches que les extrêmes. Si la
richesse en Amphibiens du Centre-Sud se vérifie, celle-ci n'excède cependant que de
8% (6 espèces) celle du Centre-Nord.
1.2.3.2. — Relations entre massifs montagneux.
Les richesses spécifiques prises en compte varient de 10 à 39 espèces ; elles
correspondent à l’ensemble des espèces observées en altitude mais dont beaucoup sont
présentes aussi aux altitudes moyennes, voire même, comme Aglyptodactylus
madagascariensis, en basses plaines. Le cas des espèces strictement de haute altitude
sera abordé ultérieurement. Nous examinerons, ici, les relations entre les faunes des
Amphibiens des principaux massifs montagneux considérés dans leur ensemble
(tableau 9).
Les coefficients de communauté (C.C.) ne dépassent nulle part 1/3 : 0.33 entre
les Chaînes Anosyennes et l’'Ivohibe; 0.30 entre l’Ankaratra et Ytremo-Ibity ;
0.26 entre la Montagne d’Ambre et l’Andringitra ; 0.26 entre TAnkaratra et l’Andrin-
gitra ; 0.23 entre le Marojezy et les Chaînes Anosyennes ; 0.22 entre l’Andringitra et
lIvohibe, 0.21 entre la Montagne d’Ambre et le Tsaratanana et 0.20 entre celle-ci et
VItremo.
A l'opposé, les affinités sont particulièrement faibles entre le Tsaratanana et le
Marojezy : 0.09 ; entre le Tsaratanana et l’Ankaratra : 0.03 ; entre l’Itremo et les
Chaînes Anosyennes : 0.08; entre l’Andringitra et l’Andohahela : 0.06 ; entre les
Chaînes Anosyennes et l’Andohahela : 0.07. Elles sont nulles entre l’Ivohibe et l’Ando-
hahela et entre ce dernier et Mandena.
La valeur modérée et la dispersion très irrégulière des coefficients de commu-
nauté entre les différents massifs ne met pas en évidence l'existence d’un peuplement
montagnard spécialisé.
La comparaison de ces résultats avec ceux des deux transects transversaux
montre que ce peuplement paraît s’être plutôt mis en place à partir des espèces de
moyenne altitude : Hautes Terres Centrales et falaise orientale (supérieure quand celle-
ci est dédoublée) qu’à partir d'échanges entre massifs. Il est notoire, en effet, que la
proximité géographique n’est pas liée aux affinités faunistiques : c’est le cas du Tsara-
tanana qui ne partage que très peu d'espèces (4) avec le Marojezy et celui de l'Andoha-
hela sans affinités connues ni avec l’Ivohibe ni avec Mandena.
Source : MNHN, Paris
416 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
TABLEAU 9. — Coefficients de communauté entre 10 massifs montagneux.
E E
É & EF & -
Se SAREULSE El
a EC et ee EE AU Pme
HAE Fo RE -metRe
ennemi
Montagne d’Ambre 14 5 # 4 5 G 4 1 6 2
Tsaratanana 21 14 4 1 L 6 4 1 6 il
Marojezy 2 00 3 EE CS PS 7
Ankaratra LS # 0312 220 810 4 1 # 3
Itremo-Ibity 2004 219 =" 30 715 7 2 1 4 3
Andringitra 26n-L1 al6 260.19 28 9 212 5
Ivohibe De 13-73- 12 06 2221 015 6
Andohahela .04 04 04 03 04 .06 0 9 3 0
Chaînes Anosyennes 13.19 23-6132 08:2222- 7-33; 1.074839 8
Mandena 10600 .032F145"08 m410%.12:+.18; O6 =:19
1.2.3.3. — Cas des espèces à localisation restreinte :
Elles correspondent à deux types d'isolement : montagnard et insulaire.
1.2.3.3.1. — Isolement montagnard.
Le tableau 10 recense les différentes espèces connues d’un seul ou de plusieurs
massifs.
Outre l'existence du genre monospécifique exclusivement montagnard Made-
cassophryne, ce tableau met nettement en évidence l’individualité des divers peuple-
ments montagnards, moins de la moitié des espèces étant commune à deux massifs
voisins et aucune d’entre elles n'étant répartie sur trois massifs ou plus.
1.2.3.3.2. — Isolement insulaire.
Nous n’avons d'informations que pour 5 îles côtières (tableau 11). Leur peuple-
ment peut être abordé en termes d’endémisme et d’organisation taxonomique, malgré
des différences importantes dans leur taille et la diversité des milieux représentés.
(a) Endémisme. Aucun genre n’est endémique : le g. Cophyla existe aussi à la
Montagne d’Ambre. Deux espèces n’ont jamais été rencontrées sur la Grande Île : 1 à
Nosy Be : Heterixalus nossibeensis ; 1 à Nosy Mangabe : Boophis leucomaculatus,
forme très pâle, en désaccord avec la théorie du mélanisme insulaire.
(b) Richesses spécifiques. Elles sont indiquées dans le tableau 11.
La pauvreté de l'Ile Sainte-Marie est peut-être en relation avec les dimensions
restreintes de ses derniers lambeaux forestiers.
(©) Affinités du peuplement.
c.1. — Entre les îles.
c.1.1. — Nosy Be et Nosy Komba:
Les deux espèces de Nosy Komba se retrouvent sur l’île très proche et beaucoup
plus grande de Nosy Be : Mantella betsileo et M. madagascariensis (C.C. = 0,125).
c.1.2. — Nosy Be et Nosy Mangabe :
Ces deux îles n’ont que 2 espèces en commun (C.C. = 0.08): Stumpffia
psologlossa et Mantella betsileo.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 417
TABLEAU 10. — Distribution des espèces montagnardes.
Tsaratanana © Marojezy Ankerstra Andringitra Andohahela Chaines
Dares Anosyennes
P. serrato-
palpebrosus
Plethodontohyla minuta
P. guenther-
petersi
Platypelis
alticola
Platypelis
tsaratananensis
Anodonthyla montana
Stumpffia Anodonthyla
grandis rouxae
Mantidactylus domerguei Madecasso-
phryne truebae
Mantidactylus Mantidactylus
pseudoasper grandisonae
Mantidactylus madecassus
Mantidactylus guibei
Boophis Boophis
williamsi laurenti Boophis/microtis
Tous les autres coefficients sont nuls, même entre Nosy Mangabe et l'ile Sainte-
Marie, à l'exception d’une espèce commune (M. betsileo) entre Nosy Komba et Nosy
Mangabe (C.C. = 0.09).
e.2. — Entre les îles et les côtes en vis-à-vis.
c.2.1. — Nosy Be.
Cette île partage avec le Bas-Manongarivo : 2 espèces, C.C. = 0.11 ; avec le
Tsaratanana : 6 espèces, C.C. = 0.25; avec la Montagne d’Ambre: 2 espèces,
C.C. = 0.11.
Remarquons qu’une seule espèce (Mantidactylus ulcerosus) est commune aux
4 régions ci-dessus et qu’une autre (Mantidactylus granulatus) est commune à l'île et
aux deux massifs.
c2.2. — Nosy Mangabe.
Cette île ne partage que : avec la Baie d’Antongil : 2 espèces, C.C. = 0.11 ; avec
la côte orientale voisine de Tamatave : 3 espèces, C.C. = 0.07.
Aucune espèce n’est commune à ces 3 régions.
c.2.3. — Ile Sainte-Marie.
Sur ses 5 espèces, 4 sont communes avec la côte orientale de Tamatave
(C.C. = 0.11).
En conclusion, on constate une forte indépendance faunistique :
Source : MNHN, Paris
418 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
— entre la taille des îles, leur éloignement des côtes (cas de Nosy Mangabe au
fond de la très profonde Baie d’Antongil) et la richesse spécifique ;
— entre les espèces insulaires et continentales voisines.
Il est intéressant de signaler que Nosy Be a nettement plus d’affinités avec le
Tsaratanana qu'avec la Montagne d’Ambre ce qui est un argument supplémentaire
favorable à la notion de “domaine du Sambirano”, notion classique en phyto-
géographie.
TABLEAU 11. — Peuplement des îles côtières. 8
2 e Ê =
Lee AE FE
Si LE S = É se 5
SE Ne à Le
É À È Æ Ë) Ë EE £
D 0 on de ne
Bo E r 2 D 4 + à
Nosy Mamoko 2 0 0 0 0 0 1 L —
Nosy Komba 0 2 2 JE 0 0 0 0 — —
Nosy Be 0 .125 16 2 1 2 6 3 — —
Nosy Mangabe 00 0000 MU RG M | 2, 3
Ile Sainte-Marie 0 0 0.05 0 5 _ — — 0
Bas-Manongarivo 0 O0 0.11 — — 4
Tsaratanana 0.07 0 0.25 — = 14
Montagne d’Ambre 0.07 0 O.11 — = 14
Baie d’Antongil — — — 0.11 0 10
Tamatave — — — 0.07 0.11 34
Après avoir établi et discuté la validité et les limites des principales subdivisions
faunistiques pour les Amphibiens ainsi que leurs relations, nous indiquerons, aux
niveaux supraspécifiques, les caractères particuliers de leur distribution.
2. — DISPERSION GÉOGRAPHIQUE DES DIFFÉRENTS TAXA.
— Au niveau familial, les quatre familles d’Amphibiens malgaches sont repré-
sentées dans les diverses subdivisions du domaine oriental (tableau 12) et dans le
domaine occidental.
Les Hyperoliidae sont absents du domaine méridional ; les Ranidae n’y sont
représentés que par Tomopterna (et Ptychadena).
— Au niveau générique et des groupes d’espèces, l'analyse du tableau 12 donne
les résultats suivants relatifs à la répartition des 32 genres et groupes d’espèces : |
- domaine méridional : 6 soit 19%
- domaine occidental : 13 soit 41%
- domaine oriental :
+ dans son ensemble : 31 soit 97 %
e secteur des Hautes-Terres Centrales: 21 soit 66%
e secteur des Montagnes : 23 soit 72%
° secteur des Falaises orientales : 27 soit 84%
+ secteur côtier : 22 soit 69 %
Bien que signalé par Boettger (1881 d) de Fort-Dauphin, le genre Tomopterna ne
peut être considéré comme faisant partie du domaine oriental. Sa distribution rappelle
celle du g. Oplurus, Reptiles Iguanidae (Blanc, 1977).
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 419
Il ressort de ces résultats les considérations suivantes :
(a) La grande pauvreté spécifique (3,9 %) du domaine méridional correspond à
une diversité maximale (16 %) au niveau des groupes génériques : Scaphiophryne,
Tomopterna, Mantidactylus groupe granulatus, Mantella et Boophis groupe
tephracomystax y sont représentés chacun par une seule espèce.
Rappelons qu'Aglyptodactylus, connu d’une seule station sur le piémont Ouest
de l'Andohahela (Androatsabo), n’est pas considéré comme une forme pénétrant le
domaine méridional.
Il n'y a donc pas, actuellement, de radiation évolutive particulière à cette région
de l’île.
(b) A l'opposé, la richesse maximale au niveau générique se rencontre dans le
domaine oriental où 31 taxa sur un total de 32 sont représentés (97 %). Il n’y a donc
pas de vicariance Est-Ouest à ce niveau taxonomique. Dans ce domaine, tous les
secteurs possèdent plus des 2/3 du nombre total des genres et groupes d'espèces. Le
plus riche est la falaise orientale (84: %) ; viennent ensuite, les montagnes (72 %), la
plaine côtière (69%) et les Hautes Terres Centrales (66 %).
(e) Le domaine occidental, avec 41 %, a une situation numérique exactement
intermédiaire entre les Hautes Terres et le domaine méridional.
— Au niveau spécifique, les analyses quantitatives ci-dessus, nous permettent
de préciser, maintenant, la distribution chorologique et altitudinale des espèces qui
composent chacun des genres ou groupe d'espèces. Rappelons que Ptychadena
mascareniensis, dont la répartition très vaste et corrélative de facteurs humains et non
pas évolutifs, n’est pas prise en considération.
2.1. — Microhylidae.
2.1.1. — Scaphiophryne. C’est, avec Dyscophus, l'un des deux seuls genres
répartis dans les trois domaines bioclimatiques. Dans l’Ouest : S. calcarata. Dans le
Sud : S. brevis. Dans l'Est : 3 espèces d'altitude : S. pustulosa restreint à l’Ankaratra ;
S. marmorata limité surtout à la falaise inférieure ; S. madagascariensis de l'Est
Betsileo-Andringitra.
Après avoir établi et discuté la validité et les limites des principales subdivisions
faunistiques pour les Amphibiens ainsi que leurs relations, nous indiquerons. aux
niveaux supraspécifiques; les caractères particuliers de leur distribution.
2.1.2. — Paradoxophyla. Ce genre, monospécifique, est un taxon de la moitié
Sud du domaine oriental, à basse et moyenne altitudes.
Sa répartition est peut-être sous-estimée.
2.1.3. — Dyscophus. Genre connu des domaines de l'Est, de l'Ouest et du Sud.
D. insularis : Ouest, Sud et Marojezy (1 300 m). D. antongili : Est (Secteur Nord).
D. guineti : Est.
2.14. — Plethodonthohyla. Genre exclusivement oriental; 4 espèces,
P. alluaudi, P. notosticta, P. ocellata et P. bipunctata, ont une large distribution depuis
la Côte Est jusque sur les falaises, les montagnes et les Hautes Terres Centrales ;
2 espèces, P. inguinalis et P. brevipes, sont limitées aux falaises orientales ; 7 sont des
formes montagnardes, parmi lesquelles : 2, P. tuberata et P. alluaudi, avec une large
distribution : 1, P. minuta, restreinte à l’ensemble : Marojezy-Tsaratanana ; 4, limitées
à un seul massif: Marojezy (P. serratopalpebrosus) ; Tsaratanana (P. guenther-
petersi) ; Betampona (P. coudreaui) ; Montagne d’Ambre (P. laevipes).
Source : MNHN, Paris
420 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
TABLEAU 12. — Distribution géographique au niveau générique.
Sud Ouest
MICROHYLIDAE (n)
Scaphiophryne (5) “à +
Paradoxophyla (1)
Dyscophus (3) Ar +
Plethodontohyla (12)
Platypelis (8)
Cophyla (1)
Rhombophryne (1)
Anodonthyla (3)
Madecassophryne (1)
Stumpffia (3) +
HYPEROLIHDAE
Heterixalus (1) +
RANIDAE
Tomopterna (1) ar Æ
MANTELLIDAE
Laurentomantis (3)
Mantidactylus
gr. depressiceps (4)
gr. argenteus (7) +
gr. pulcher (6)
gr. aglavei (1)
gr. redimitus (7)
gr. granulatus (5) + 3e
gr. lugubris (4)
gr. albofrenatus (3) Ke
gr. ulcerosus (7) e
gr. guttulatus (3)
Mantella (5) Ch +
RHACOPHORIDAE
Boophis
gr. goudoti (7) +
gr. difficilis (3)
gr. luteus (2)
gr. rappiodes (4) +
gr. microtympanum (3)
gr. tephraeomystax (7) LE +
gr. pauliani (1)
Aglyptodactylus (1) 4?
Centre
(Htes terres) Montagnes
5
+HHHET+E+T
ce
e
+
k
+
+++
+
Falaise
orientale
a
+
2e
+
HHHEEEH++ ++
HP
+++
Côte
orientale
+H++++++
+++
HH+H+++
&
2
TOTAL = 32 (129) 6=19% 13 = 41 % 21 = 66 % 23 = 72 % 27 = 84 % 22 = 69 %
31=97%
2.1.5. — Platypelis. Genre oriental, dont : 1 espèce, P. barbouri, est limitée à la
Côte Est et à la première falaise ; 2 espèces, P. tuberifera et P. grandis, ont une large
extension depuis la côte jusque sur les montagnes et les Hautes Terres Centrales ;
2 espèces, P. pollicaris et P. cowani, sont limitées aux falaises orientales, 2 autres,
P. alticola et P. tsaratananensis, au Massif du Tsaratanana, et 1, P. milloti, au domaine
du Sambirano.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 421
2.1.6. — Cophyla. Genre monospécifique, d’affinités orientales et restreint au
quart Nord de l'Ile, Nosy Be compris.
2.1.7. — Rhombophryne. Genre monospécifique, du domaine oriental.
2.1.8. — Anodonthyla. Genre oriental, avec : 1 espèce, A. boulengeri, à large
distribution depuis la Côte Est jusque sur les falaises ; 2 espèces montagnardes,
1 commune à l’Andringitra et à l'Andohahela, A. montana, l’autre, À. rouxae, sur
les Chaînes Anosyennes.
2.1.9. — Madecassophryne. Ce genre monospécifique n’est connu que de la
zone sommitale des Chaînes Anosyennes, dans le quart Sud du domaine oriental.
21.10. — Stumpffia. Ce genre est oriental avec une station dans le domaine
occidental : 1 espèce à large distribution, depuis la côte Est jusque sur le Marojezy et
Nosy Be ainsi que dans l'Ouest (Ankarafantsika) : S. psologlossa ; 1 espèce limitée au
domaine oriental, depuis la côte jusque vers 1 300 m d’altitude : S. tridactyla ; 1
espèce d'altitude, connue du seul massif du Marojezy : S. grandis.
2.2. — Hyperoliidae.
Les 7 espèces malgaches recensées jusqu'ici ont été regroupées en un seul genre
endémique, Heterixalus : 2 d’entre elles, H. betsileo et H. tricolor, ont une large
distribution depuis le domaine occidental (au voisinage de la Betsiboka, dans la région
de l'Ankarafantsika) jusqu’à la côte Est ; H. alboguttatus ne dépasse pas, vers l'Ouest,
les Hautes Terres Centrales ; 2 espèces sont restreintes à la côte Est (H. boettgeri et
H. madagascariensis) tandis que H. rutenbergi est limité aux Hautes terres et aux
montagnes du Centre Sud. La dernière espèce est isolée sur Nosy Be : H. nossibeensis.
2.3. — Ranidae.
Dans cette famille, Tomopterna labrosa est la seule espèce endémique d’un genre
afro-asiatique. Elle n’est connue que des domaines de l'Ouest et du Sud (plateau
Mahafaly) jusqu’à la limite des pentes occidentales sur l’Itremo et du domaine méri-
dional : Fort-Dauphin.
2.4. — Mantellidae.
Ses trois genres malgaches comptent respectivement: 3, 48 et 5 espèces.
2.4.1. — Laurentomantis. Ce genre est oriental si l’on admet que Nosy Be est
rattaché à ce domaine, avec 1 espèce à large distribution dans le domaine oriental au
Nord de Périnet, depuis la côte jusque vers 600 à 900 m d'altitude : L. horrida et
2 espèces côtières, orientales, allopatriques : L. malagasia, près de Tamatave, et
L. ventrimaculata, près de Fort-Dauphin.
2.4.2. — Mantidactylus. Ses 48 espèces sont, d’après leurs affinités morpho-
logiques, réparties en 10 groupes.
2. — M. gr. depressiceps.
Il rassemble 4 espèces à répartition très différenciée : 2 espèces dans le quart
Centre Sud de l'Ile : M. depressiceps à large extension verticale, de moyenne altitude
aux Hautes Terres Centrales et aux montagnes, partiellement sympatrique avec
M. tornieri, côtier et de moyenne altitude ; 2 espèces d'altitude, à large extension dans
tout le domaine hydrographique oriental, du Tsaratanana aux Chaînes Anosyennes :
M. elegans et M. peraccae.
Source : MNHN, Paris
422 R.M.A. BLOMMER:
HLÔSSER ET CH. P. BLANC
24.22. — M. gr. argenteus.
Ce groupe, de répartition surtout orientale, déborde dans le domaine du
Sambirano, Nosy Be inclus, ainsi que dans l’Ankarafantsika. 3 espèces ont une large
amplitude d’habitat (verticale) : M. argenteus, de la côte aux falaises comprises ;
M. blommersae, des montagnes aux falaises inférieures ; (horizontale) : M. wittei, de la
côte Est à l’Ankarafantsika. Les 4 autres ont, dans la moitié Sud de l'Ile, une réparti-
tion verticale restreinte : M. grandisonae, aux moyennes altitudes ; M. domerguei,
M. guibei, M. bertini, en milieux montagnards, la première dans le quart Centre Sud,
les deux autres sympatriques dans le quart Sud.
Ainsi, sur 7 espèces, 1 seule est localisée dans le quart Nord de l'Île, et 6 sont
limitées à la moitié Sud de l'Ile.
242.3. — M. gr. pulcher.
Ce groupe appartient au domaine oriental. Les 6 espèces qu'il regroupe ont
toutes de vastes répartitions : M. liber et M. punctatus sont distribuées dans l’ensemble
du domaine oriental, du Nord au Sud et de la côte aux massifs montagneux ; M. bical-
caratus et M. flavobrunneus sont limitées aux falaises et à la côte et sont absentes du
quart Sud de l'Ile; M. albolineatus occupe tout le domaine oriental de moyenne
altitude et montagnard du Nord au Sud, tandis que M. pulcher n’est connu que des
deux quarts centraux.
242.4. — M. gr. aglavei.
Une seule espèce, de moyenne altitude et des Hautes Terres Centrales, limitée
au quart Centre Nord.
2.4.2.5. — M. gr. redimitus.
Ce groupe, oriental, comprend 7 espèces, dont 3 espèces à large distribution
chorologique et altitudinale : M. boulengeri, M. redimitus, qui n’atteignent cependant
pas la côte et M. webbi qui n’est pas connu du quart Nord de l'Ile ; 2 espèces limitées à
la moitié Sud de l'Île, à large distribution altitudinale : M. eiselti et M. decaryi ; 2
espèces de moyenne altitude : l’une à large distribution Nord-Sud : M. klemmeri,
l’autre cantonnée au Marojezy : M. pseudoasper.
2.4.2.6. — M. gr. granulatus.
Ce groupe, des domaines oriental et occidental, déborde dans celui du Sud, à
l'Est du Mandrare seulement. Ses 5 espèces ont les caractéristiques chorologiques
suivantes : L espèce, probablement du domaine occidental, déborde au Sud-Est dans
le domaine méridional et au Nord dans le domaine oriental côtier (Nosy Be) ou altitu-
dinal (1 500 m) au Tsaratanana et dans la Montagne d’Ambre : M. granulatus ; les 4
autres espèces ont une très vaste distribution altitudinale et horizontale : 1 seule est
connue aussi de l'Ouest: Antsingy (M. luteus), tandis que les trois autres sont
restreintes au seul domaine oriental, avec une distribution soit sur toute la longueur de
lle (M. pliciferus et M. spiniferus), soit à l'exclusion du quart méridional (M. asper).
A part M. luteus, signalé de Folohy, aucune n’est côtière, mais toutes atteignent
le domaine montagnard.
La distribution de ce groupe rappelle celle du g. Scaphiophryne, lignée ancienne
de la famille des Microhylidae.
2.4.2.7. — M. gr. lugubris.
Distribution orientale, y compris la forêt de Lokobe, à Nosy Be. Les 4 espèces
qui le composent se répartissent en 2 lots : 2 espèces à très vaste distribution dans tout
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 423
le domaine oriental et à toutes les altitudes : M. lugubris et M. femoralis, y compris,
pour M. femoralis le domaine du Sambirano avec Nosy Be et 2 espèces des falaises
orientales, M. mocquardi et M. majori, atteignant l'altitude de 1400 m au col
d’Ivohibe et s'étendant, pour la seconde, jusqu’à la frange côtière.
242.8. — M. gr. albofrenatus.
Ce groupe, de distribution orientale et occidentale, ne renferme que 3 espèces :
2 ont une très vaste distribution transversale ayant colonisé largement les pentes
occidentales, y compris les massifs montagneux : M. opiparis et M. aerumnalis ;
M. albofrenatus semble, sur toute la façade orientale, prendre le relais de M. aerum-
nalis aux basses et moyennes altitudes (environ 300 m), sauf dans l’Andohahela où il
pourrait être plus orophile.
242.9. — M. gr. ulcerosus.
Ce groupe renferme 7 espèces ; toutes sont représentées dans le domaine
oriental mais 4 d’entre elles ont une extension occidentale (surtout dans l’Ankara-
fantsika et l’Antsingy).
Parmi ces quatre espèces, M. biporus et M. ulcerosus sont répandues pratique-
ment dans tout le pays ; M. betsileanus et, avec doute pour la station d’Androatsobo,
M. curtus, ne sont pas connues du Sud ; cette dernière n’atteint pas la côte Est. Toutes
quatre ont aussi une distribution altitudinale de grande amplitude.
Les trois autres espèces forment contraste avec les précédentes. Elles sont
limitées aux régions d'altitude du Centre de l'Ile (Hautes Terres et, surtout, massifs de
l’Ankaratra et de l’Andringitra) : M. ambohimitombi et, plus précisément au quart
Centre Sud pour M. alutus et M. madecassus, la seconde étant restreinte aux deux
seuls massifs ci-dessus indiqués.
2.4.2.10. — M. gr. guttulatus.
Ce groupe, avec seulement trois espèces, est strictement oriental, répandu de la
côte jusqu’à la falaise supérieure incluse, mais sans donner de formes montagnardes.
M. grandidieri a la plus longue extension latitudinale : du Marojezy jusque vers Fort-
Dauphin. Les deux autres espèces se relaient parapatriquement au niveau de la Mana-
nara (Vangaindrano), M. microtympanum n’étant connu que des Chaînes Anosyennes
et M. guttulatus du Marojezy à Vondrozo.
En conclusion, nous rappellerons que les 48 espèces du g. Mantidactylus sont
représentées dans le domaine oriental. Cependant une seule, M. granulatus, a une
distribution surtout occidentale et c’est la seule espèce de ce genre à pénétrer dans le
domaine méridional.
Les 9 espèces qui ont étendu leur aire de répartition dans l'Ouest se sont pour la
plupart limitées aux forêts de l'Ankarafantsika et de l’Antsingy-Bemaraha et aux
4 groupes suivants : gr. ulcerosus (4 espèces sur 7) ; gr. albofrenatus (2 espèces sur 3) ;
granulatus (2 espèces sur 5) et gr. argenteus (1 espèce sur 1)
Les espèces montagnardes sont nombreuses : 29, réparties dans tous les groupes
d'espèces, à l'exception du gr. aglavei limité aux moyenne et haute altitudes. Seules,
3 espèces sont strictement inféodées aux milieux montagnards mais rarement à un
unique massif ; 2 autres ont une distribution qui englobe les Hautes Terres Centrales,
3 sont connues aussi des falaises orientales et 4 sont réparties des falaises orientales
aux pentes occidentales, tandis que 9 ont une amplitude altitudinale maximale.
Enfin, 2 Mantidactylus sont exclusivement côtiers et 3 autres atteignent la
falaise orientale ; 1 seule espèce n’est connue que des moyennes altitudes (M. grandi-
sonae).
Source : MNHN, Paris
424 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
2.4.3. — Mantella.
Parmi les 5 espèces de ce genre à distribution orientale, occidentale et, de façon
très localisée (Androatsabo), méridionale, on peut distinguer : une espèce (M. betsileo)
qui, après Ptychadena, présente une des plus vastes aires de distributions connues ;
2 espèces (M. cowani et M. madagascariensis) à large répartition dans le domaine
oriental, la seconde ne dépassant pas, vers le Sud, l’Ivohibe ; 2 espèces à répartition
limitée en latitude et en altitude : plaine côtière pour M. laevigata et falaise inférieure
pour M. aurantiaca.
2.5. — Rhacophoridae.
2.5.1. — Boophis. Ses 28 espèces ont été distribuées en 7 groupes d'espèces.
2.5.1.1. — B. gr. goudoti.
Sur les 7 espèces, une n’est connue que du domaine occidental : Nord-Ouest,
sans localité précise (B. callichromus). Les 6 autres sont orientales, toutes représentées
sur les Hautes Terres et les montagnes, l’une d’entre elles (B. rhodoscelis) étendant sa
distribution au domaine occidental ; parmi les 5 dernières : une n’est connue que des
régions élevées du Centre (B. hyloides) ; 3 ont colonisé la falaise orientale soit dans
toute sa longueur (B. goudoti), soit dans le seul quart Centre Sud : B. untersteini et
B. reticulatus ; la dernière a une vaste distribution dans tout le domaine oriental, du
Nord au Sud, y compris Nosy Be, et de la Côte aux Hautes Terres Centrales :
B. madagascariensis.
25.12. — B. gr. diflicilis.
Il ne regroupe que 3 espèces, exclusivement du domaine oriental, dont 2 espèces
parapatriques de moyenne altitude: B. difficilis, dans le quart Centre Nord,
B. miniatus, dans la moitié Sud, et une espèce à large extension transversale, de
(moyenne ?) altitude jusque sur le rebord supérieur de la falaise orientale : B. majori.
2.5.1.3. — B. gr. luteus.
Les deux seules espèces, du domaine oriental, peuplent les Hautes Terres
Centrales, l’une avec une distribution restreinte à leur rebord oriental (B. albilabris :
Est de l’Imerina), l’autre, B. luteus, s'étendant aux falaises sur toute leur longueur.
2.5.14. — B. gr. rappiodes.
Sur les 4 espèces : une occupe une large distribution dans le domaine oriental et
s'étend au domaine occidental (B. erythrodactylus) ; 2 autres, parapatriques, occupent
la falaise supérieure débordant, l’une sur les milieux d'altitude (B. mandraka) et l'autre
sur la falaise inférieure: B. rappiodes, dans le quart Centre Nord; la dernière,
B. viridis, n’est connue que d’une station dans la falaise inférieure.
2.5.1.5. — B. gr. microtympanum.
Ce cinquième groupe renferme trois espèces ayant une distribution très
homogène, limitée aux massifs montagneux du quart Centre Sud oriental de l'Île :
B. microtympanum, distribué de l’Imerina à l’Andringitra est sympatrique avec les
deux autres espèces, allopatriques entre elles B. williamsi, sur l’Ankaratra, et
B. laurenti, sur l’Andringitra.
2.5.1.6. — B. gr. tephracomystax.
A l'exception de l’Extrême Nord et de l’Extrême Sud, ce groupe a, dans le
g. Boophis, la plus large distribution, accédant aux limites du domaine méridional à
Tuléar. Les 7 espèces de ce groupe sont toutes représentées dans le domaine oriental :
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 425
B. tephraeomystax a la plus vaste extension : c’est la seule Rhacophore présente dans
tout le domaine occidental. Elle est surtout côtière. B. idae est connu des régions
d’altitude et des falaises dans le quart Centre Sud de l'Ile. Parmi les 5 autres espèces :
2 sont côtières : B. opisthodon et B. leucomaculatus ; 2 sont de moyenne altitude :
B. granulosus et B. hilleniü ; 1 est montagnarde : B. microtis.
2.5.1.7. — B. gr. pauliani.
La seule espèce n’est connue que de Périnet, station de moyenne altitude.
2.5.2. — Aglyptodactylus.
Ce genre monospécifique est essentiellement oriental et n’en déborde que vers le
Sud, dans le domaine méridional (Androatsabo, au pied de l’Andohahela) et, peut-être,
dans le domaine occidental, à Nosy Mamoko (près de Nosy Be). Il occupe l’ensemble
de la falaise orientale, de la côte jusque sur les montagnes.
En conclusion, notons que les 28 espèces de Rhacophoridae sont représentées
dans le domaine oriental (nous avons formulé ci-dessus des réserves sur la distribution
bioclimatique de Boophis callichromus). Une seule espèce, B. tephracomystax, pénètre
dans le domaine méridional ; la station d’Androatsabo où nous avons récolté Aglypto-
dactylus madagascariensis doit être plutôt rattachée au piémont de l’Andohahela qu’au
domaine méridional.
Dans le g. Boophis, il est remarquable de constater que 4 espèces seulement ont
des représentants sur la Côte Est, parmi lesquelles 2 y sont cantonnées et 2 ont une
vaste distribution, soit altitudinale, soit sur toutes les côtes de l’Ile. Quinze espèces,
soit 56 % au total des Rhacophores, sont montagnardes, parmi lesquelles 3 y sont
strictement limitées, 2 s'étendent aux Hautes Terres et 6 ont colonisé aussi la falaise
orientale ; 2 sont, de plus, représentées dans l'Ouest. Sept espèces ne sont connues que
de la falaise orientale.
Le groupe le plus spécialisé, en termes de distribution, est le groupe micro-
tympanum, strictement d’altitude.
Le plus grand nombre d’espèces (17) se concentre dans le quart Centre Sud
auxquelles il faut ajouter 2 espèces (soit, au total, 70 % de ce taxon) connues de la
seule station de Périnet ; 2 espèces seulement ont une large distribution horizontale.
Source : MNHN, Paris
ee
CHAPITRE 4:
MISE EN PLACE DU PEUPLEMENT EN AMPHIBIENS
Nous avons décrit, dans le chapitre précédent, la dispersion des 32 unités
supraspécifiques (15 genres et 17 groupes d’espèces) dans les différentes subdivisions
géographiques de Madagascar. Cette dispersion géographique interfère avec une
occupation différentielle des milieux naturels grâce à une série de caractéristiques
adaptatives remarquables concernant les différents stades du cycle de vie.
Bien qu'aucune des espèces malgaches ne soit exclusivement inféodée au
domaine aquatique, tels les Pipa sud-américains et les Xenopus africains, il n’en reste
pas moins vrai que nombre d'espèces soient strictement liées à cet habitat. Toutefois,
les formes les plus originales, manifestent, aux divers stades de leur cycle de vie, une
indépendance plus ou moins marquée vis-à-vis de ce milieu. Ces modalités, remar-
quables dans leur diversité et leur degré d'efficacité, peuvent assez clairement se
répartir selon deux orientations principales : la conquête du domaine terrestre et celle
du domaine arboricole avec, au terme de leur réalisation, la transformation de ces
animaux en véritables “non-amphibiens”.
S’il est assez facile de décrire les étapes biologiques ayant permis la réalisation
de cette dichotomie d'ordre purement écologique, les modalités évolutives effectives ne
sont pas évidentes.
La présence d’un cartilage intercalaire acropodial chez les Mantellidae et les
Rhacophoridae — ainsi que chez les Hyperoliidae — pouvait être interprétée comme
une adaptation à la vie arboricole. Dans cette optique, les modes de vie terrestres et
même aquatiques seraient dérivés secondairement de l’arboricolie, par adaptation à
des habitats disponibles, qu'ils aient été vides à l’origine ou préoccupés par des
espèces moins compétitives. Par contre, l’absence d’un cartilage intercalaire chez les
Microhylidae, à l'exception des Phrynomerinae en Afrique, indique que J'arboricolie
serait secondaire par rapport au mode de vie terrestre.
Les deux approches écologique et zoogéographique, sont donc radicalement
différentes, bien que complémentaires pour l'acquisition des données nécessaires.
L'exemple des Amphibiens malgaches illustre l’inaptitude notoire de approche écolo-
gique pour expliquer la mise en place d’un peuplement : elle se limite à un niveau
descriptif et ne peut se prévaloir d’être interprétative. L'approche biogéographique,
telle que nous l'avons précédemment définie, nous paraît seule pertinente.
Dans ce quatrième chapitre, nous dégagerons donc les modalités éco-éthologiques
d'occupation des divers milieux naturels, illustrées par la description de l'organisation
de quatre communautés batrachologiques parmi les plus représentatives. Ces exem-
ples de relations interspécifiques entre Amphibiens seront complétés par un aperçu
sur leurs prédateurs et leurs parasites. Un troisième paragraphe, destiné à préciser les
caractéristiques des facteurs physiques du milieu, nous permettra d'aborder la
synthèse zoogéographique incluant aussi l’ensemble des données rassemblées dans les
trois premiers chapitres : systématique, caractéristiques biogéographiques et distri-
bution.
427
Source : MNHN, Paris
428 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
I. ADAPTATIONS BIOLOGIQUES DES AMPHIBIENS MALGACHES
A Madagascar, comme dans beaucoup de pays tropicaux, le monde des Amphi-
biens a développé des adaptations biologiques dont leurs représentants en pays
tempérés ne donnent qu’une faible idée. L'humidité insistante des forêts tropicales
notamment, leur a permis, à tous les stades du développement, une diversification de
leurs modes de vie en les autorisant à s’affranchir du milieu aquatique. Une revue des
principales modalités en est proposée par Lamotte & Lescure (1977).
Dans l’état actuel de nos connaissances, aucune espèce d’Amphibien malgache
n’est vivipare. La partition en adultes, pontes et stades larvaires sera donc valable pour
toutes les espèces. Nous décrirons les milieux occupés par chacun d’eux. Un quatrième
paragraphe sera dévolu à la synthèse de nos observations en termes de stratégies éco-
éthologiques.
Nous compléterons, enfin, cette analyse de la diversité des milieux occupés par
un bref aperçu sur la diversification de leurs tailles corporelles.
1. — MILIEUX OCCUPÉS.
1.1. — Adultes. Selon l'échelle considérée, les milieux occupés par les adultes
peuvent être distingués en habitats et en microhabitats :
1.1.1. — Habitats.
1.1.1.1. — Marécages. Ces formations sont bien représentées dans la région
orientale, à toutes les altitudes, mais surtout dans la plaine côtière où elles occupent
des dépressions lagunaires situées entre d'anciens reliefs dunaires et sur les montagnes
où prédominent les tourbières et les suintements. Très réduits dans le Sud, les maré-
cages occupent, dans l’Ouest, les basses vallées élargies encombrées par d’anciens bras
morts consécutifs aux remaniements du lit des fleuves par les violentes crues cyclo-
nales. Aux altitudes intermédiaires, les reliefs très accusés du versant oriental,
l’étroitesse des longues vallées des pentes occidentales limitent leur extension ; sur les
Hautes Terres Centrales, ils ont été souvent remplacés par des rizières qui occupent
maintenant près de 5 % du territoire, y compris les jachères estimées à environ 35%
des surfaces cultivées.
La physionomie des formations marécageuses est variée :
(a) Forêts de marécages à Pandanus ou “yakoa” : P. platyphyllus, P. rolloti, P. de
la section Acanthostyla, etc., à Typhonodorum lindleyanum ou “viha” dans l'Est et
“mangoko” dans l'Ouest (Aracées), à Crinia et, localement, à Ravenala madagasca-
riensis (Strelitziacées) et à Raphia ruffia (Palmacées).
(b) Marais herbeux à Cypéracées (Cyperus madagascariensis ou “zozoro”,
Scirpus, …) et à Graminées (Panicum), à Fougères, à Nepenthes (N. madagascariensis)
dans le Sud-Est côtier, à Phragmites mauritianus ou “bararata” et à Typha dans
l'Ouest.
(c) Tourbières, en altitude surtout, à Sphaignes, Drosera, Restio : R. madagasca-
riensis (Restionacées).
1.1.1.2. — Forêts denses humides sempervirentes. Essentiellement limitées à la
région orientale, au domaine du Sambirano (Nosy Be compris) et à quelques reliefs
épars, notamment la Montagne d’Ambre, avec une superficie évaluée à 6 millions d'ha
par Guichon (1960) (considérablement réduite depuis), à partir de la couverture
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 429
photographique aérienne I.G.N. de 1949. Leurs caractères physionomiques se modi-
fient avec l'altitude.
En raison de variations importantes selon la latitude, l'orientation, le relief, etc.,
les limites altitudinales précises de leurs subdivisions fluctuent. Pour notre étude sur
la répartition des Amphibiens, nous distinguerons sommairement trois ceintures :
(a) Une ceinture de basse altitude (0 à 300-400 m) : caractérisée par une futaie
n’excédant guère 25 à 30 m de hauteur, rarement 40 à 45 m, à trois strates, d’une
extrême variété floristique (H. Perrier de la Bâthie, en 1921, a dénombré, sur 100 m2,
près de Maroantsetra, 239 individus appartenant à 32 familles et 102 espèces), elle est
riche en épiphytes, en Fougères arborescentes du genre Cyathea et en Palmiers. La
litière est rare et le sous-bois largement discontinu, fait de plantes ligneuses ou
herbacées.
(b) Une ceinture de moyenne altitude jusque vers 800 m : la forêt est encore
puissante (20-25 m de hauteur), encore plus ou moins tri-stratifiée, mais le sous-bois
s’encombre de ligneux ; le tapis herbacé est presque inexistant.
(c) Une ceinture de montagne : bien représentée entre 800 et 1 300 m, la forêt
atteint 1 800 m, parfois 2 000 ou 2 300 m et même 2 700 m au Tsaratanana, marquée
par une réduction de la hauteur (6 à 12 m entre 1 200 et 1 500 m) et une simplification
des strates arborées, à aspect parfois de taillis. Le feuillage manifeste une tendance à la
sclérophyllie. Le sous-bois est un tapis herbacé dense, discontinu, de Graminées, avec
beaucoup de Fougères et de Phanérogames à larges feuilles : Labiées, Balsaminacées,
associées à des Mousses. Les épiphytes sont particulièrement développés, entourant
les troncs et les branches d’épais manchons de Lichens et surtout de Mousses, d’où sa
dénomination de “forêt à Mousses et sous-bois herbacé” (H. Perrier de la Bâthie,
1921).
1.1.1.3. — Forêts denses sclérophylles. Les forêts sclérophylles de montagne
succèdent progressivement, à des altitudes variant entre 1 300 et 2 300 m, aux forêts
denses humides, bien plus pour des raisons édaphiques (sols minces et pauvres) que
climatiques. Elles se composent d’une strate supérieure d’environ 10 m de hauteur,
d’arbres très ramifiés à petites feuilles et d’une strate moyenne arbustive, clairsemée,
riche en Composées et Ericacées. L’abondance des épiphytes, Lichens (Usnées,
Lichens foliacés), Mousses, …, justifie son appellation de “sylve à Lichens” (ibid.,
1921).
Des forêts sclérophylles de moyenne altitude, à Uapaca bojeri (Euphorbiacées)
et Chlénacées et à strate inférieure riche en Graminées, subsistent à l’état de lambeaux
sur les pentes occidentales et le Centre.
1.1.1.4. — Fourrés. Ces formations buissonnantes (“brousse éricoïde”), dépas-
sant rarement 6 m de haut, très rameuses, caractérisées par une microphyllie accusée
(Ericacées des g. Philippia et Agauria, Composées, …) forment une ceinture souvent
discontinue dans les parties sommitales des principaux massifs montagneux. Les
Mousses et les Lichens sont abondants au sol et en épiphytes.
Ces fourrés sont localement faits de peuplements presque purs de Bambous du
genre Arundinaria.
En altitude et sur les lithosols, se développe une végétation rupicole, riche en
ligneux xérophytes (Helichrysum, ….), basse, d’où le terme de “pelouse” qui lui est
parfois attribué.
Les fourrés xérophiles du Sud, avec 2 900 000 ha selon Guichon (1960), ne
constituent pas à proprement parler un habitat pour les Amphibiens.
Source : MNHN, Paris
430 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER
H. P. BLANC
1.1.1.5. — Forêts denses sèches occidentales. Ces forêts couvriraient à basse et
moyenne altitudes 2 500 000 ha, soit près de la moitié de la superficie de la forêt
ombrophile (Guichon, 1960). Essentiellement tropophiles, leur physionomie diffère
avec la nature du sol, acquérant sur les plateaux calcaires karstiques ou “tsingy”
(Antsingy) une tendance à la xérophilie qui s’accentue dans le Sud. La futaie, assez
claire, n'excède guère 15 à 20 m. Malgré son feuillage cadue, le sous-bois, surtout
arbustif et lui-même caducifolié, reste peu abondant. L’éclairement au sol est, de ce
fait, beaucoup plus important que dans les forêts ombrophiles.
Sur alluvions et au voisinage des cours d’eau, ces formations deviennent plus
denses, atteignent 25 à 30 m de hauteur et associent des espèces sempervirentes, aussi
bien arborées qu’arbustives. Riches en Palmiers, en Pandanus de la section Hetero-
stigma, elles jouent un rôle important pour les Amphibiens, dans l’Ankarafantsika en
particulier.
1.1.1.6. — Clairières, défrichements. Les défrichements ou “tavy” s'étendent
sans cesse et représentent maintenant des superficies considérables, d'évaluation peu
pratique avec les techniques de cartographie aérienne traditionnelles (4 300 000 ha
d’après Guichon, 1960). Delord (1965) estime que 150 000 ha dont 10 à 20 000 ha de
forêt naturelle, sont défrichés chaque année par la pratique du “tavy”. Destinés à des
cultures temporaires sur brülis, ils sont rapidement recolonisés par une végétation
extrêmement dégradée, la “savoka”, fourrés de plantes banales, pantropicales,
envahissantes (Lantana camara, Goyaviers, Fougères du genre Pteridium, …) ou par
des formation graminéennes monotones, pauvres, qui préviennent une recolonisation
par la forêt d’origine.
La cicatrisation des clairières naturelles est assurée à Madagascar par un très
petit nombre d’espèces autochtones, vivant sur les lisières et les zones à végétation
clairsemées des forêts primaires (Koechlin et al., 1974). Parmi celles-ci, les Bambous
et le Ravenale sont d’un grand intérêt pour la faune des Amphibiens.
1.1.2. — Microhabitats.
A l'intérieur des formations végétales décrites ci-dessus, les Amphibiens
occupent une série de microhabitats. Leur délimitation est rendue complexe par
l'existence de transitions très progressives. En outre, diverses espèces, comme celles
des g. Dyscophus, Scaphiophryne, etc... changent de milieu en période de repro-
duction. Les Amphibiens malgaches nous paraissent susceptibles toutefois d’être
regroupés en cinq ensembles principaux :
1.1.2.1. — Aquatico-terrestres en eaux libres. Nous avons vu, ci-dessus, qu'il
n'existe pas à Madagascar d’Amphibiens strictement aquatiques. Tous sont done, à des
degrés divers, partiellement terrestres, même si certains, comme Mantidactylus
madecassus et, peut-être aussi, Paradoxophyla palmata, ont une vie immergée,
presque exclusive. Les 2 % de la superficie totale de l’île occupés par les lacs et les
grandes rivières sont donc peuplés de façon très inégale et incomplète, d'autant plus
que seules les rives hébergent des Amphibiens.
Volume des eaux, vitesse du courant, permanence de l'élément liquide sont
autant de facteurs de diversification des microhabitats des Amphibiens. Ceux-ci vivant
surtout près du bord, la valeur et les variations circadiennes et annuelles des tempéra-
tures sont largement dépendantes du débit, de la densité du couvert végétal et de
l'altitude. Le pH est légèrement acide (entre 5,5 et 6,5) pour des stations échelonnées
entre la Côte Est et l’Ankaratra (Razarihelisoa, 1979), neutre ou alcalin (entre 7 et 7,5)
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 431
dans l'Ouest et le Sud (Kiener, 1963, pl. 54). Des relevés de températures et de pH ont
été effectués par l’un de nous au cours de la RCP 225 sur l'Andringitra (Paulian et al.,
1972), les Chaînes Anosyennes (Paulian et al., 1973), le Marojezy et l'Itremo
(Guillaumet et al, 1975).
Nous distinguerons :
— Les eaux courantes des torrents, dont l'importance à Madagascar est due à
son relief tourmenté : Mantidactylus madecassus, Boophis microtympanum.
— Les eaux calmes des ruisselets et des ruisseaux des plaines et des ruisseaux
de montagnes, à faible débit (mouilles): Mantidactylus lugubris, M. femoralis,
M. acrumnalis, M. curtus, M. guttulatus, M. grandidieri, M. ambohimitombi, Boophis
laurenti. Tout comme Boophis microtympanum ci-dessus, cette dernière espèce est
adaptée au grimper.
— les milieux de transition entre eaux calmes et eaux stagnantes :
e Mantidactylus ulcerosus, M. betsileanus et M. biporus sont inféodés à des
eaux peu profondes et à faible débit telles, le plus souvent, les parties calmes des ruis-
seaux et les petites flaques d’eau temporaires sur la litière, sous le couvert ou en
lisière des forêts.
e Boophis goudoti, Mantidactylus alutus s’observent préférentiellement en
eaux plus profondes et plus permanentes (rivières, mares, parties subhorizontales des
ruisseaux en montagne, …) aussi bien en forêt qu’en milieux secondaires où ils sont
sympatriques avec Piychadena mascareniensis. Boophis goudoti manifeste une
tendance à grimper.
e Paradoxophyla palmata est une espèce très aquatique de petites mares et de
mouilles où se développe une abondante végétation aquatique, érigée, aussi bien à
l'intérieur qu’à l'extérieur des forêts.
— Les eaux stagnantes :
e Ptychadena est un habitant permanent des eaux stagnantes exclusivement
hors des forêts.
e Diverses espèces des g. Dyscophus et Scaphiophryne les fréquentent durant
la période de reproduction, contrairement à Aglyptodactylus madagascariensis et à
nombre d'espèces de Boophis qui semblent n’y faire que de brefs séjours pour la
ponte.
— Les eaux temporaires : Ptychadena mascareniensis est répandu dans beau-
coup de mares, laisses et bas-fonds (“baiboho” et “matsabory”) dans l'Ouest et le Sud.
Les Amphibiens aquatico-terrestres ont des tailles variées, de modérées à
grandes. Ce groupe inclut les espèces comestibles (Mantidactylus grandidieri,
M. guttulatus, Boophis goudoti}, massives et à musculature des membres postérieurs
fortement développée, capables de bonds spectaculaires, très allongés, qui leur
permettent de rejoindre directement l'abri du milieu liquide à partir du support
rocheux ou végétal rivulaire sur lesquels elles stationnaient. Elles sont capables aussi
d’une nage vigoureuse, à contre-courant, pour se réfugier sous des rochers submergés.
La coloration des plus aquatiques est surtout brunâtre, parfois vert brunâtre,
avec des taches, des bandes ou des ponctuations plus sombres, à contours diffus et,
chez quelques espèces, des marques de teintes vives : flancs orange chez Manti-
dactylus betsileanus et M. ulcerosus ; taches inguinales jaunâtres chez M. femoralis et
Source : MNHN, Paris
432 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
M. lugubris ; ponctuations dorsales jaunes constantes chez Boophis laurenti et
fréquentes chez B. goudoti.
Le rythme circadien des Amphibiens typiquement aquatico-terrestres semble
surtout crépusculaire bien qu’ils chassent aussi pendant la journée. Les mâles chantent
en groupe, en général l'après-midi et le soir. Les chants ont une tonalité basse et non
mélodieuse.
1.1.2.2. — Arboricoles. Cet ensemble de microhabitats est le plus riche en
espèces avec, là encore, de nombreuses transitions. C’est la permanence du séjour sur
des supports végétaux bien plus que l'éloignement topographique des cours et des
collections d’eau qui traduit l’affranchissement vis-à-vis du milieu aquatique. Ce fut,
néanmoins, l’une des voies par laquelle les Amphibiens ont réussi à exploiter des
milieux d’autant plus éloignés que leur arboricolie marquait tous les stades de leur
cycle de vie.
(a) Phytotelmes et cavités. La rétention d’eau dans la concavité des bases
foliaires engaînantes, suffisamment espacées pour être accessibles, procure à de
nombreux Amphibiens malgaches un microhabitat que l'on peut qualifier d’aquatico-
arboricole avec, toutefois, des nuances importantes. Si l'accumulation d’eau est quasi-
permanente à l’aisselle de certaines gaines, elle est souvent très temporaire dans
d’autres, sur le même pied parfois. Les Pandanus sont les plus favorables mais seules
certaines espèces à feuilles larges et à tiges dressées conviennent : espèces des bords de
lagunes comme P. platyphyllus et formes jeunes dans les sections Acanthostyla et
Heterostigma ; le Ravenale, divers Palmiers et Aracées, notamment Typhonodorum
lindleyanum qui se développe en milieu inondé, sur le pourtour des lacs, des lagunes
et des secteurs d’eaux libres enclavés dans les marécages, sont aussi utilisés.
Les cavités des troncs, les entrenœuds des Bambous, peuvent enfermer de
petites collections d’eau, en général temporaires, de même que certaines cavités dans
des rochers, d’où leur nom malgache de “ranovato” (pierres à eau).
L'eau, par contre, ne séjourne pas dans les longs pétioles creux des Ravenales et
dans les phytotelmes secs des Bananiers ou des Fougères arborescentes.
e Les phytotelmes humides ou secs sont un milieu de repos pour Mantidactylus
depressiceps, M. tornieri, M. peraccae, M. liber qu’un thigmotactisme dorsal très net
incite à se glisser, à reculons, dans l’étroit interstice séparant deux bases foliaires
contiguës.
Ce microhabitat sert de refuge pour les Boophis du gr. tephracomystax,
B. goudoti, Mantella betsileo et divers Heterixalus, formes de végétation plutôt basse,
ne manifestant pas de thigmotactisme.
Toutes ces espèces ne pondent pas dans les phytotelmes. Elles deviennent
actives le soir et quittent leur abri pour rechercher leur nourriture en sautant sur la
végétation, à faible hauteur au-dessus du sol. En période de reproduction, les mâles
chantent, groupés, lorsque la nuit est tombée. Leurs chants mélodieux, à tonalité dure,
s'entendent très loin.
e Les phytotelmes, par contre, constituent le biotope unique de Mantidactylus
pulcher, M. punctatus, M. albolineatus et M. flavobrunneus. Cette dernière, la plus
aquatique, reste longuement immergée dans l'eau des gaines foliaires. Les autres se
tiennent le plus souvent sur les feuilles, au-dessus du niveau de l’eau. Ces espèces sont
surtout actives l'après-midi et le soir. Leurs chants sont doux et faibles. Leur morpho-
logie et leurs attitudes évoquent une Rainette.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 433
e Phytotelmes et cavités servent à la fois d’abri et de site de ponte pour les
Cophylinae arboricoles des g. Platypelis, Cophyla et, pour quelques espèces,
Anodonthyla et Plethodontohyla. Leur habitus est bien différent de celui d’une
Rainette et certains, comme Anodonthyla boulengeri, Plethodontohyla notosticta,
P. grandis, etc., se déplacent au sol en marchant et, parfois, en sautant. Le saut n’est
pas habituellement utilisé pour les déplacements dans la végétation mais leur adapta-
tion au grimper à l’aide de leurs disques adhésifs, en fait fondamentalement des
grimpeurs-marcheurs.
Les adultes se tiennent dans l’eau pendant la reproduction et le mâle y demeure
avec les œufs. Le régime typiquement myrmécophage, guide le choix des sites de ponte
établis, de préférence, à proximité des nids des Fourmis.
Le rythme circadien d’activité de divers Cophylinae arboricoles, notamment des
trois espèces citées ci-dessus est diphasique : le matin de 6 à 8 h et le soir à partir de
16 h. Les chants, émis surtout en saison sèche, alors que la forêt est silencieuse,
s'entendent très loin. La distance interindividuelle assez grande entre les mâles qui
chantent laisse supposer un comportement territorial.
Les autres espèces arboricoles se répartissent sur les troncs, les branches et les
feuilles, à différentes hauteurs.
b) Fourrés, broussailles, végétation basse. La conquête de ces milieux est surtout
le fait :
— Des espèces des genres Heterixalus, Boophis gr. tephraeomystax ainsi que de
B. pauliani qui vivent surtout sur les feuilles de la végétation basse et des broussailles,
parfois en plein soleil. Leur rythme circadien est crépusculaire ; les mâles chantent en
groupe.
— De Mantidactylus wittei, M. blommersae et M. grandisonae qui vivent le plus
souvent au sol, parmi la litière et ne manifestent un comportement quelque peu
grimpeur, sur des plantes aquatiques, que pour la reproduction. Là aussi, le rythme
circadien est crépusculaire et les mâles chantent en groupe.
— De Mantidactylus eiselti et M. boulengeri qui sont inféodés à la litière et à la
végétation basse des forêts ombrophiles denses, sur les pentes, loin des cours d’eau de
thalwegs. Ces espèces ne peuvent supporter la lumière directe du soleil. Leur rythme
circadien est diurne. L’espacement assez grand qui sépare les postes de chant des
mâles suggère un comportement territorial.
(c) Tronc et branches d’arbres en forêt sempervirente.
Mantidactylus aglavei, espèce isolée dans un groupe particulier, semble exclusi-
vement arboricole protégée par son homochromie et ses formations tégumentaires.
Elle ne chante que le soir, après la nuit tombée. Son appel est très sonore et mélodieux.
Mantidactylus asper, M. luteus et M. pliciferus sautent parmi la litière, sous forêt
ombrophile ; en période de reproduction, on les observe chantant sur des troncs
d'arbres, dans une végétation dense. Les mâles de M. asper chantent surtout tôt le
matin, de 6 h à 8 h et l'après-midi de 16 h à 18 h, assez loin de l’eau ; ils respectent
entre eux de grands intervalles ; leur chant est mélodieux. Cette espèce meurt si elle est
exposée à une insolation directe.
Nos observations préliminaires, au Marojezy, en particulier en forêts ombro-
philes de basse et moyenne altitudes, laissent penser qu’une succession d'espèces
échelonnées tout au long des troncs ait pu s’établir.
(d) Canopées, surtout de forêts sempervirentes. Elles sont surtout utilisées par
des Boophis, dont l’échantillonnage est si problématique que nombre d’espèces restent
Source : MNHN, Paris
434 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
à découvrir. Ces espèces semblent nocturnes. Elles se laissent choir à la recherche de
l'eau en période de reproduction. Leurs chants sont mélodieux.
Les principales caractéristiques morphologiques des espèces arboricoles concer-
nent leur taille, leur coloration et leurs formations tégumentaires.
— L'éventail des tailles va de très petites espèces comme Heterixalus,
Anodonthyla boulengeri, Mantidactylus liber, M. wittei, Platypelis pollicaris, à des
formes relativement grandes : Platypelis grandis, Boophis madagascariensis.
— Les colorations sont souvent vives, avec une teinte dominante verte ou brune
sauf chez les Cophylinés, et des couleurs particulières à tel ou tel groupe naturel
d'espèces. Ainsi :
e Dans le g. Boophis, les couleurs de fond et les ponctuations rouges, vertes
et brunes sont fréquentes. Les dominantes sont le vert dans les groupes luteus,
rappiodes et pauliani, le brun dans le groupe goudoti, le rouge dans le groupe
difficilis, argenté et le brun dans le groupe tephraeomystax. Les juvéniles de Boophis
madagascariensis, B. untersteini et du groupe tephraeomystax ont une dominante
verte qui, après quelques mois, devient brune, en relation avec leur changement de
microhabitat.
e Dans le g. Mantidactylus, les espèces arboricoles de Pandanus du groupe
pulcher sont de colorations vives, variables selon les espèces (vert pour M. pulcher) ;
les espèces du groupe depressiceps, M. argenteus et M. redimitus sont plutôt brunes,
tandis que M. aglavei et M. asper sont d’un beige verdâtre.
e Dans le g. Heterixalus, les couleurs vert, vert jaune et argenté dominent,
rendant très peu visibles ces petites Grenouilles lorsqu'elles sont immobiles sur les
feuilles, en plein soleil. Leur coloration est alors plus claire qu’à l'ombre où la teinte
argentée de H. tricolor et H. alboguttatus devient plutôt d’un gris noir. Les espèces du
g. Heterixalus supportent en général très bien le soleil, contrairement à celles du
g. Boophis, à l'exception de B. tephracomystax.
© Dans la sous-famille des Cophylinés, s'opposent deux groupes de biologie
différente. Les espèces qui se déplacent activement sur les végétaux ont des colorations
vives : rouge orange pour Platypelis barbouri, brun, vert pour P. grandis, rose pour
P. tuberifera, marron, rose et jaune pour Cophyla phyllodactyla, vert olive et brun
pour Plethodontohyla notosticta, avec des barres transversales sur les membres. Les
espèces qui vivent dissimulées dans des cavités sont, au contraire, ternes, marron
brun : Anodonthyla boulengeri, A. rouxae, Platypelis pollicaris.
— Les formations tégumentaires sont faites d’épines, de denticules, de crêtes
irrégulières, particulièrement développées chez les espèces des troncs d’arbres, Manti-
dactylus asper et surtout M. aglavei, qu’elles font ressembler à des Lichens.
Dans les genres Boophis et Heterixalus, par contre, les ornementations sont
presque inexistantes, limitées à des replis de peau le long des membres et à un éperon
cutané au talon chez B. madagascariensis, par exemple. Leur face dorsale est en
général plus ou moins lisse, sauf, notamment, B. granulosus qui est granuleux et
B. reticulatus qui a des replis sur le dos.
Les Cophylinés ont des téguments très souvent granuleux, en liaison avec un
développement important des glandes cutanées à sécrétions gluantes.
1.1.2.3. — Terrestres. À l’état adulte, ces espèces sont largement indépendantes
des milieux aquatiques, dont elles n'hésitent pas à s'éloigner, à la conquête de la plus
grande partie des litières sous couvert forestier, et à subsister dans les ruisselets
asséchés pendant plusieurs mois consécutifs. Elles comptent des représentants des
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 435
genres Mantella, Laurentomantis et, dans le genre Mantidactylus, des groupes
argenteus, redimitus et granulatus (dont quelques espèces sont aussi grimpeuses), de
M. opiparis et M. albofrenatus ainsi qu’Aglyptodactylus madagascariensis, Boophis
untersteini, Pletodontohyla ocellata, Stumpffia, etc.
Notons, ici, que Mantella, qui manifeste un comportement grimpeur, est fonda-
mentalement une espèce de litière et non un “batracien à biotope végétal” comme l’ont
affirmé Millot & Guibé (1951).
Les espèces du g. Mantella sont diurnes. Mantidactylus albofrenatus et
M. opiparis sont surtout actives l’après-midi tandis qu’Aglyptodactylus madagasca-
riensis, qui cherche sa nourriture au cours de la journée, semble ne chanter que le soir.
Ces Amphibiens se déplacent soit par sautillements, soit par grands bonds
gracieux.
Leurs colorations se répartissent en deux catégories opposées :
— homochromes, souvent dans les tons de brun à beige, avec des différencia-
tions épidermiques et des dispositifs cryptiques (barres sur l'œil et sur les mem-
bres, …) qui les rendent peu discernables pour l'Homme dans la litière obscure des
forêts denses ;
— très contrastées, associant bleu, jaune, rouge, … et jouant un rôle avertisseur,
en liaison, dans le g. Mantella, avec une sécrétion cutanée irritante. Les Mantella furent
parfois, de ce fait, rangées dans la famille des Dendrobatidés ;
— quelques espèces, comme Aglyptodactylus madagascariensis et Plethodon-
tohyla ocellata, sont remarquablement homochromes au repos, les membres rappro-
chés près du corps, et ne dévoilent leurs taches de couleurs vives, très visibles, que
lorsqu'elles sautent.
Leurs tailles s’échelonnent depuis de petites formes (Stumpffia) jusqu’à des
espèces modérément grandes (Aglyptodactylus).
1.1.2.4. — Souterrain. Corrélative de l'acquisition d’un comportement spéci-
fique, l’utilisation exclusive du domaine souterrain n’est, semble-t-il, le fait d’aucune
espèce d’Amphibiens malgaches. En écartant les espèces qui ne font que se dissimuler
aléatoirement, quand elles sont en danger, dans la végétation au ras du sol (dans des
touffes de plantes herbacées ou sous la litière), et en limitant le comportement fouis-
seur à l’utilisation fréquente et à l'aménagement de logettes, de tunnels, etc., nous
avons observé une grande diversité éco-éthologique :
— Utilisation de petits couloirs sous la mousse : Laurentomantis horrida, au
Marojezy.
— Utilisation de cachettes sous des végétaux morts : Mantella aurantiaca ; dans
Thumus ou le sol meuble: Dyscophus antongili ; sous des pierres, loin de l’eau :
Anodonthyla montana ; ou dans des cavités sèches d’affouillement des berges des
ruisseaux. Platypelis grandis, Plethodonthohyla notosticta, P. alluaudi, Anodonthyla
boulengeri se cachent aussi dans l’humus ou sous les troncs d'arbres morts.
— Utilisation de tunnels : rigoles creusées par l’eau et recouvertes d’une couche
épaisse de végétaux morts, en partie décomposés : Scaphiophryne madagascariensis
dans l’Andringitra.
— Creusement de logettes sous la mousse, sur le pourtour de cuvettes
rocheuses : Anodonthyla montana pour sa ponte ; dans le sol argileux, souvent sous un
tronc mort, sous des pierres ou des mottes de terre : beaucoup d’espèces de Scaphio-
phryne, Rhombophryne testudo, Tomopterna labrosa, Dyscophus insularis, Pletho-
dontohyla tuberata ; dans le sable : Scaphiophryne brevis. Seuls ces derniers sont des
fouisseurs actifs, les précédents se limitent à un aménagement sommaire de cavités
Source : MNHN, Paris
436 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
naturelles par leurs déplacements. Les espèces fouisseuses ont des formes massives,
globuleuses, avec des membres ridieulement courts, limitant leurs déplacements à une
marche lente et mal assurée et à de petits sauts lourds.
Les colorations sont parfois très vives, dans les tons verts (Scaphiophryne
madagascariensis) ou rouges (Dyscophus antongili et D. guineti) ou, parfois, plutôt
ternes, beige à brun, avec, le plus souvent, des taches diffuses, très variables d’un
individu à l’autre, soit peu distinctes sur la teinte de fond (Scaphiophryne calcarata et
S. brevis), soit, à l'inverse, très contrastées (S. marmorata).
Les espèces à comportement fouisseur actif le plus accusé ont développé des
dispositifs anatomiques favorisant le creusement : tubercule tarsal et tubercule méta-
tarsien interne, large et aplati, chez Tomopterna labrosa ; tubercule tarsal quadran-
gulaire et tubercule métatarsien interne, large et semi-circulaire, dans le g. Scaphio-
phryne ; tubercule métatarsien interne, en forme de houe, chez Dyscophus antongili,
plus développé chez D. insularis ; tubercule métatarsien interne, de grande taille, chez
Plethodontohyla tuberata et Rhombophryne testudo. La technique de fouissage,
soigneusement décrite par Razarihelisoa (1979), met en jeu des mouvements alternés
de rotation, de bascule et d’oscillation de l’axe du corps, les pattes antérieures étant
utilisées pour rejeter le substrat meuble foré par les pattes arrières.
Les espèces fouisseuses semblent inactives en saison sèche. Durant la saison
chaude, après de fortes pluies, les espèces des g. Dyscophus et Scaphiophryne quittent
leurs abris à la recherche de flaques d’eau pour se reproduire. Elles se déplacent
surtout la nuit, en marchant et en chantant.
Plethodontohyla tuberata et Anodonthyla montana, par contre, se déplacent peu
et aménagent, à proximité de leur abri en général, de petites logettes humides ou à
demi remplies d’eau.
1.1.2.5. — Rupicole. Nombre d'espèces, surtout d'altitude, vivent sur des
rochers mais sans que l’utilisation de cette catégorie de microhabitats implique un
comportement adaptatif particulier. Parmi les espèces les plus rupicoles, Anodonthyla
montana qui s’abrite dans des cannelures rocheuses, sous les plaques d’exuviation des
dalles d’itacolumites, est fouisseuse passive ; divers Mantidactyles du groupe lugubris
(M. femoralis et M. lugubris) ainsi que M. microtympanum, sont aquatico-terrestres :
l’utilisation de surfaces rocheuses souvent humides et très glissantes est tributaire de
leur adaptation à l’escalade.
Toutes ces espèces, de taille modérée à grande, sont remarquablement homo-
chromes sur le substrat, au repos ; leurs taches inguinales et sur les pattes postérieures
ne deviennent apparentes que lors d’un saut, susceptibles, peut-être, d’induire une
réaction de surprise chez le prédateur.
1.2. — Pontes. A Madagascar, dans l’état actuel de nos connaissances, tous les
Amphibiens sont ovipares.
1.2.1. — Localisations des pontes. On distinguera des pontes aquatiques,
terrestres et aériennes.
1.2.1.1. — Pontes aquatiques. La taille des collections d’eau et la vitesse du
courant sont des facteurs de diversification.
— En faciès lentique : les sites de ponte sont écologiquement bien différents
selon qu'il s’agit de petites cuvettes, de marécages sous couvert forestier (Scaphio-
phryne calcarata) ou en plein soleil : mares temporaires naturelles et rizières (Aglypto-
dactylus madagascariensis, Ptychadena mascareniensis, Tomopterna labrosa), avec
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 437
tous les intermédiaires (Dyscophus insularis, D. guineti et Boophis gr. tephraco-
mystax). Les pontes s’étalent parfois en très grand nombre à la surface des mares
temporaires, attestant de rassemblements importants de reproducteurs à l’arrivée des
premières grosses pluies.
Les pontes d'Heterixalus représentent un stade de transition avec les pontes
aériennes : les œufs sont collés sur des plantes rigides croissant dans l’eau et suivant
l'intensité des pluies, les oscillations du plan d’eau les laissent soit émergées, soit
immergées, habituellement en plein soleil.
— En faciès lotique, les œufs sont soit collés efficacement sur les herbes
aquatiques submergées (Boophis microtympanum, B. rappiodes), soit pondus libres
dans les anses les plus calmes des mouilles qui entrecoupent le cours des torrents
(B. madagascariensis). Il semble que toutes les espèces du g. Boophis ont une ponte
aquatique en eaux libres, stagnantes ou courantes.
— Dans les gaines végétales: c’est le site de ponte pour beaucoup de
Cophylinae arboricoles.
1.2.1.2. — Pontes terrestres. Les œufs sont déposés soit à la surface du sol, sur la
litière (Mantella et Mantidactylus aquatico-terrestres et terrestres), soit dans des
cavités du sol, souvent aménagées par l'adulte fouisseur. Ces logettes peuvent être
superficielles, sous la mousse, chez Anodonthyla montana, ou souterraines, à des
profondeurs pouvant atteindre 40 em, avec tous les intermédiaires entre elles et des
trous remplis d’eau (Plethodontohyla tuberata).
1.2.1.3. — Pontes aériennes. Ce terme englobe des pontes accolées ou suspen-
dues à un support rocheux ou végétal, souvent une feuille, par une gangue particulière-
ment adhésive, souvent teintée en vert. L'emplacement de la ponte est choisi de façon à
surplomber une collection d’eau dans laquelle tombe le têtard, lorsque, après l’éclo-
sion, le mucus visqueux se liquéfie. L'humidité ambiante jointe, probablement, à des
propriétés hygroscopiques du mucus suffit à préserver ces pontes de la dessiccation.
Des pontes aériennes ont été observées sur les supports suivants : sur des
Mousses, à l'ombre, en forêt : Mantidactylus asper ; à la face supérieure des feuilles :
diverses espèces de Mantidactylus du groupe depressiceps et M. liber ; à la face infé-
rieure des feuilles : M. blommersae ; à l’intérieur des gaines végétales, au-dessus du
niveau de l’eau chez les Mantidactylus du groupe pulcher, à l'exception de M. liber qui
pond sur les feuilles et non dans les gaines ; sur des rochers surplombants, en forêt
ombrophile de basse altitude, dans la Réserve du Marojezy, pour des espèces non
déterminées.
1.2.2. — Biologie des pontes.
1.2.2.1. — Rythmes de reproduction. Razarihelisoa (1979) distingue deux
modalités : “une période de reproduction courte, une seule fois par an” (Heterixalus
tricolor et Mantella) et “une période de reproduction plus étalée au long de la saison
chaude”, avec Gephyromantis pulcher comme exemple. De fait, cette dernière
dénomination regroupe probablement plusieurs espèces, dont G. (= Mantidactylus)
bicalcaratus. Dans son ouvrage sur les Amphibiens de Santa-Cecilia, en Equateur,
Duellman (1978) distingue quatre patrons de reproduction : continu, opportuniste,
sporadique humide et sporadique sec. Ces catégories, susceptibles d'exprimer l'infor-
mation disponible, nous paraissent transposables à Madagascar avec, toutefois, un
point ambigu. Sur la côte Est, à pluviométrie pratiquement permanente, il nous
semble arbitraire de distinguer entre un reproducteur “continu” et un reproducteur
Source : MNHN, Paris
438 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
génétiquement “opportuniste” qui, par définition, pond toute l’année, après une pluie
importante.
— Reproduction continue. Ptychadena mascareniensis nous paraît devoir être
rangé ici, sauf quand des conditions défavorables, comme l’assèchement des mares
temporaires (Isalo) et la température basse de saison sèche sur les Hautes Terres
Centrales, l'en empêchent.
— Reproduction opportuniste. Elle intervient pendant toute la saison des
pluies : Mantidactylus liber, M. depressiceps, M. tornieri, M. blommersae, M. wittei,
M. betsileanus, M. curtus et la plupart des formes aquatiques dans ce genre ; Boophis
madagascariensis, B. goudoti et B. tephraeomystax ; ainsi que les espèces du genre
Heterixalus.
— Reproduction sporadique humide. Elle est limitée à une durée d’environ un
mois, en saison des pluies. Beaucoup d'espèces paraissent avoir un tel rythme, parmi
lesquelles les trois espèces du genre Dyscophus, Scaphiophryne pustulosa, S. marmo-
rata, S. calcarata, S. brevis, ainsi que, avec doute, S. madagascariensis et Anodonthyla
montana ; les Cophylinés à mœurs fouisseuses, comme Plethodontohyla tuberata ; de
nombreuses espèces du g. Mantidactylus (M. asper, M. eiselti, …) ; Aglyptodactylus
madagascariensis et, peut-être, Tomopterna labrosa.
IL est possible d'introduire une distinction entre des espèces qui ne se reprodui-
sent que pendant la première moitié de la saison des pluies (novembre-décembre),
comme les espèces du g. Mantella, Boophis idae, Aglyptodactylus madagascariensis,
Mantidactylus asper, M. eiselti, et des espèces qui limitent leurs pontes à la seconde
moitié de la saison pluvieuse (janvier-février) : cas de nombreuses espèces du
g. Boophis. Nous proposons les dénominations respectives de sporadiques humides
précoces et de sporadiques humides tardives pour ces deux groupes.
— Reproduction sporadique sèche. Beaucoup plus mal documenté, ce rythme
semble être celui de quelques Cophylinae des phytotelmes, comme Platypelis grandis,
P. tuberifera, P. barbouri qui vit très haut dans les Palmiers et Plethodonthohyla
notosticta. Anodonthyla boulengeri, A. rouxae et Madecassophryne truebae se repro-
duisent aussi en saison humide.
1.2.2.2. — Nombre et taille des œufs par ponte. Ces deux paramètres sont
partiellement corrélés à la taille de la femelle mature. Duellman & Crump (1974) ont
défini un indice appelé facteur de taille ovarien (“ovarian size factor”), égal au rapport
entre le produit du nombre d'œufs par leur diamètre et la longueur du corps de la
femelle reproductrice mesuré du museau au cloaque : OS = CS (0D)/SVL. Ce facteur
n’a été évalué dans aucune espèce malgache. Nous nous en tiendrons à distinguer, sur
un plan qualitatif, quatre groupes :
e Des pontes faites d’un grand nombre d'œufs (500 à 1 000) de petite taille, à
pigmentation dense, nettement délimitée: Ptychadena mascareniensis, Boophis
goudoti et les espèces des genres Dyscophus et Scaphiophryne.
e Des pontes à nombre modéré d'œufs (environ 500), d’un diamètre voisin de
1,5 mm et nettement pigmentés de noir: espèces du g. Heterixalus.
e Des pontes de 100 à 300 œufs pigmentés, d’un diamètre de 2-3 mm: la
plupart des espèces du genre Boophis.
e Des pontes de moins de 100 œufs de grande taille, à pigmentation faible et
diffuse chez diverses espèces des genres Mantella et Mantidactylus, dépourvus de
pigmentation (œufs blancs ou jaunâtres) chez les Cophylinae des phytotelmes ou des
logettes et cavités des arbres.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 439
La signification biologique de ces différences est à aborder aux plans
zoogéographique et évolutif.
(a) Stratégies r et K. Les différences interspécifiques considérables de fécondité
observées peuvent être exprimées en termes de stratégie r et K (Pianka, 1970).
L’aptitude de Ptychadena mascareniensis à envahir les milieux ouverts secondaires et
artificiels est favorisée par sa fécondité élevée et sa reproduction continue; ceci
explique son succès dans l’élimination de Mantidactylus alutus qui a le même habitat
mais une fécondité 10 fois plus faible.
Il est remarquable, aussi, de constater que la faune des Amphibiens des îles de
Nosy Be (16 espèces) et de Nosy Mangabe (10 espèces) (tableau 13) n’a que des
représentants à fécondité faible ou modérée.
(b) Implications évolutives. La faiblesse numérique de la taille des pontes serait,
d’après des arguments d'ordre cytogénétique, un état plésiomorphique (Bogart, 1981),
les Phrynobatrachides primitifs ne produisant, par ponte, qu’un petit nombre d'œufs.
Parmi les Amphibiens malgaches, les Mantellidae ont une fécondité réduite :
10 œufs chez Mantidactylus boulengeri, 30 œufs chez M. aerumnalis, 60 œufs chez
M. liber, M. betsileanus et dans le g. Mantella. En règle générale, la ponte des Mantel-
lidae n’excède guère 80 œufs et ces valeurs ne sont atteintes que chez les espèces de
grande taille, dont les œufs restent volumineux.
TABLEAU 13. — Liste taxonomique de la faune des Amphibiens de Nosy Be et de Nosy Mangabe.
Nosy Be Nosy Mangabe
n = 16 n = 10
Cophyla phyllodactyla Plethodontohyla ocellata
Platypelis milloti Platypelis grandis
Rhombophryne testuda Stumpffia psologlossa
Stumpffia psologlossa Stumpffia tridactyla
Heterixalus tricolor Mantidactylus pulcher
Heterixalus nossibeensis Mantidactylus webbi
Laurentomantis horrida Mantidactylus biporus
Mantidactylus wittei Mantella betsileo
Mantidactylus granulatus Mantella laevigata
Mantidactylus femoralis Boophis leucomaculatus
Mantidactylus ulcerosus
Mantidactylus betsileanus
Mantella betsileo
Mantella madagascariensis
Boophis madagascariensis
Boophis tephraeomystax
Les Cophylinae aussi ont une fécondité réduite : environ 30 œufs (2 mm) chez
Anodonthyla boulengeri : 60 œufs (3 mm) chez Plethodontohyla notosticta et 100
œufs (4 mm) chez Platypelis grandis.
Les Rhacophoridae ont, le plus souvent, une ponte un peu plus abondante (100
à 300 œufs) que celle des Mantellidae, le cas limite étant atteint par Boophis goudoti,
cas exceptionnel dans ce genre.
La taille des pontes des Amphibiens malgaches tend donc à confirmer la théorie
de Bogart (1981) relative au caractère plésiomorphe de pontes à nombre réduit d’œufs.
Source : MNHN, Paris
440 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
Elle apporte aussi un argument supplémentaire en faveur des relations phylogéné-
tiques de dérivation que nous avons proposées (chapitre 2) entre les Phrynobatra-
chides primitifs, les Mantellidae et les Rhacophoridae. La ponte des Rhacophoridae
malgaches, 100 à 300 œufs, est relativement abondante pour cette famille : Liem
(1970) indique des valeurs de 12 à 200 œufs pour les autres genres. Mais nous
noterons, d’une part, que les Rhacophoridae malgaches pondent dans l’eau — fait qui
semble exceptionnel dans cette famille — et que les valeurs observées sont faibles pour
une ponte aquatique et, d’autre part, que le développement embryonnaire est tardif.
Chez les Mantellidae de Madagascar, l'existence d’un développement direct a été
observée chez Mantidactylus asper : elle est probable chez M. boulengeri. Ces pontes
terrestres, à œufs relativement volumineux pour la nutrition de l'embryon et la résis-
tance à la dessication, impliquent une limitation du nombre d’œufs par ponte. La
conservation, chez les Mantellidae, d’une ponte non aquatique pourrait être en relation
avec leur comportement d’accouplement caractérisé soit par l'absence de véritable
amplexus chez des Mantidactylus arboricoles: M. liber (Blommers-Schlüsser,
1975 a), M. depressiceps et M. wittei (Blommers-Schlôsser, 1979 a), soit par sa
brièveté et sa fugacité, par exemple chez Mantella aurantiaca (Arnoult, 1966). De tels
comportements, où le mâle ne maintient pas avec fermeté la femelle, sont incompa-
tibles avec une reproduction en milieu aquatique.
Nous remarquerons, par contre, que les Microhylidae malgaches semblent
infirmer la théorie de Bogart (1981) relative au caractère plésiomorphe d’une ponte
terrestre. Mais il est, néanmoins, possible que les Cophylinae aient conservé un mode
de ponte primitif tandis que les Scaphiophryninae et les Dyscophinae auraient acquis
des pontes aquatiques, faites d’un grand nombre de petits œufs.
1.2.2.3. — Soins parentaux. Des observations en laboratoire (Blommers-
Schlôsser, 1975 b ; Razarihelisoa, 1979) ont confirmé nos observations dans la nature
sur la présence constante d’un adulte à proximité de chaque ponte chez beaucoup de
Cophylinae, dont Platypelis grandis, Plethodontohyla notosticta et P. tuberata,
Anodonthyla montana, A. rouxae et A. boulengeri, ainsi que Madecassophryne
truebae.
Si, durant les tout premiers jours après la ponte, mâle et femelle en assurent la
surveillance, le mâle seul en prend ensuite la charge. En son absence, les pontes ne
peuvent se développer (Tyler, 1963 ; Wager, 1965). Elles sont détruites par des moisis-
sures : les soins parentaux ne se limitent pas à une protection contre d'éventuels
prédateurs mais traduisent une protection fongicide (Blommers-Schlôsser, 1975 b).
Il est curieux d'observer la présence auprès d’un mâle de Plethodontohyla
notosticta (Blommers-Schlüsser, 1975 b; Razarihelisoa, 1979) ou d’Anodonthyla
montana, de deux pontes à des stades de développement nettement différents. Il serait
intéressant de déterminer si ces pontes proviennents ou non d’une même femelle.
L'oviposition dans le territoire du mâle constituerait une préadaptation au
développement de soins paternels qui serait, lui-même, corrélatif d’une fécondation
externe (Gross & Shine, 1981).
L'existence chez Mantidactylus eiselti et M. boulengeri de postes de chant
espacés pour les mâles, loin de l’eau, sur les pentes, en forêt ombrophile, et d’œufs peu
nombreux (8 à 10), de couleur blanche, de grande taille (3 mm; 10 mm avec la
capsule) sont autant de présomptions en faveur du développement de soins parentaux
nécessaires à la protection, contre les prédateurs et la dessiccation, de pontes terrestres
à développement direct.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 441
1.3. — Tétards. Les milieux occupés par les têtards dépendent de leur type et de
leur mode de développement ainsi que, pour ceux qui s’alimentent durant leur état
larvaire, de leur mode de vie.
1.3.1. — Types de développement. Sa description du cycle du Ranidae
Phrynodon sandersoni a permis à Amiet (1981) d'introduire la notion de développe-
ment semi-direct. Nous distinguerons donc les trois types suivants :
— Développement direct. La larve reste dans les membranes de l'œuf : Manti-
dactylus asper, très probablement M. eiselti et M. boulengeri et, peut-être aussi,
M. guttulatus et M. grandidieri.
— Développement semi-direct. Le têtard rompt les membranes de l’œuf et peut
soit nager ou se déplacer librement. Il ne s’alimente pas ; sa croissance s’effectue aux
dépens du vitellus et la présence d’une faible couche d’eau ne provoque pas sa mort.
Toutes les espèces de Cophylinae dont le développement est connu sont, sans excep-
tion, de type semi-direct. Seuls, dans cette sous-famille, les deux genres Cophyla
et Rhombophryne n’ont pas, jusqu'ici, fait l’objet d'observations. Dans le g- Stumpffia,
l'observation in utero d'œufs de grande taille laisse supporter un développement
semi-direct.
— Développement à stades libres.
+ L'éclosion est tardive quand la ponte est déposée sur des supports végétaux ;
les têtards ne présentent pas de branchies externes. Dans le g. Mantella, et chez
Mantidactylus aerumnalis, M. ulcerosus et M. betsileanus, l’éclosion a lieu entre des
touffes de Mousses et de débris végétaux ; dans les groupes d'espèces Mantidactylus
gr. liber et M. gr. depressiceps, la ponte est déposée sur des feuilles surplombant un
milieu aquatique ; diverses espèces du g. Boophis ont aussi des têtards aquatiques à
éclosion tardive (B. madagascariensis, …).
+ L’éclosion est précoce quand le tétard développe des branchies externes :
espèces du g. Heterixalus et Ptychadena mascareniensis.
° L’existence d’intermédiaires possibles entre ces deux modalités chrono-
logiques d’éclosion reste jusqu'ici inconnue.
1.3.2. — Modes de développement. Duellman (1978) reconnaît 11 modes
différents de développement parmi les Amphibiens d’une station forestière de l'Equa-
teur amazonien, Santa Cecilia. Cette classification nous servira d’élément de compa-
raison avec la faune des Grenouilles de Madagascar qui a fait l’objet des travaux de
Millot & Guibé (1951) sur Gephyromantis sp. Plethodontohyla notosticta et
Platypelis pollicaris, de Arnoult (1966) sur Mantella aurantiaca, Arnoult & Razari-
helisoa (1966 ; 1967) sur Rhacophorus goudoti et trois espèces du 8. Mantidactylus
(M. betsileanus, M. curtus et M. alutus), de Razarihelisoa (1974 a et b ; 1979) sur
Gephyromantis methueni (= G. bicalcaratus) et Mantidactylus brevipalmatus (en
réalité = M. aerumnalis), ainsi que Ptychadena mascareniensis, Hyperolius arnoulti
(= M. depressiceps in part), Dyscophus aff. guineti (= Paradoxophyla palmata),
Platypelis tuberifera, Plethodontohyla notosticta et Paracophyla tuberculata
(= Anodonthyla boulengeri) ; de Blommers-Schlôsser (1975 a, 1975 b, 1979 a,
1979 b, 1982) respectivement sur Mantidactylus liber, les Microhylidae, les
Mantellidae, les genres Boophis et Heterixalus.
À Madagascar, nous avons répertorié 13 modes de développement, regroupés en
cinq rubriques d’après la localisation de la ponte, qui situe celle de l’éclosion, étape
initiale de la vie larvaire, et l'habitat du têtard.
1.3.2.1. — Ponte et larves en eaux libres.
Source : MNHN, Paris
442 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
Mode 1 : en eaux courantes : Boophis microtympanum, B. williamsi, B. unter-
steini, B. des groupes rappiodes, luteus et rhodoscelis.
Mode 2 : en eaux stagnantes : espèces des genres Dyscophus, Scaphiophryne,
Tomopterna labrosa, Ptychadena mascareniensis, Rana tigerina, Aglyptodactylus
madagascariensis, Boophis madagascariensis, B. goudoti, B. groupe tephraeomystax.
Mode 3 : en eaux calmes, renouvelées (mouilles) : Boophis madagascariensis,
B. goudoti.
1.3.2.2. — Ponte dans de petites collections d’eau, au-dessus du sol.
Mode 4: têtard à développement semi-direct: une dizaine d’espèces des
Bambous et des phytotelmes, dont Plethodontohyla notosticta, Platypelis grandis,
P. tuberifera, Anodonthyla boulengeri.
1.3.2.3. — Ponte sur le sol.
Mode 5 : têtard rhéophile : Mantidactylus curtus, M. betsileanus, M. gr. opiparis.
Mode 6: têtard en eaux stagnantes : Mantidactylus alutus, M. ulcerosus et
espèces du g. Mantella. Les tétards rejoignent le milieu aquatique à l’occasion de fortes
pluies, plus ou moins entraînés par les filets d’eau.
Mode 7 : têtard à développement direct : probablement Mantidactylus eiselti et
M. boulengeri.
Mode 8 : œufs transportés par un adulte : une observation réalisée, en 1966, sur
le Tsaratanana (Blanc, 1981) du transport d’une grappe d'œufs attaché à ses pattes
postérieures, par un Amphibien indéterminé (déposé au Muséum national d'Histoire
naturelle de Paris mais, en apparence, perdu).
1.3.2.4. — Ponte dans une logette aménagée.
Mode 9: têtard à développement semi-direct: Plethodontohyla tuberata,
Anodonthyla montana.
1.3.2.5. — Ponte aérienne.
Mode 10 : tétard rhéophile : espèces indéterminées, du Marojezy, connues par
leurs œufs fixés sur des feuilles et des rochers moussus : peut-être Mantidactylus
microtympanum et M. lugubris ? La ponte de la plupart des espèces du g. Heterixalus
est intermédiaire entre une ponte aérienne et une ponte aquatique.
Mode 11 : têtard en eaux libres, stagnantes : g. Heterixalus, Mantidactylus liber
et des groupes depressiceps et wittei.
Mode 12 : têtard dans de petites collections d’eau : les œufs sont collés au-dessus
du niveau de l’eau et, à l’éclosion, le têtard mène une vie aquatique dans un entrenœud
de Bambou ou des phytotelmes : Mantidactylus du groupe pulcher, à l'exception de
M. liber.
Mode 13 : têtard à développement direct : Mantidactylus asper.
La correspondance entre notre système et celui de Duellman (1978) est le
suivant : le mode 1 de Duellman correspond à nos modes 1, 2 et 3 ; mode 2 = mode 4
mode 3 (ponte dans des nids construits) : non représenté à Madagascar ; mode 4
mode 11 ; mode 5 = mode 10; mode 6 (ponte dans un nid d’écume) = incertain à
Madagascar ; mode 7 = mode 8 ; mode 8 = mode 9 ; mode 9 = mode 7 ; modes 10 et
11 (ponte avec début de développement direct, sur le dos d’une femelle, soit aquatique,
soit terrestre) : non représentés à Madagascar.
1.3.3. — Mode de vie. Nous ne considérons, ici, que les têtards qui se nourris-
sent pendant leurs stades libres, aquatiques :
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 443
1.3.3.1. — Eaux stagnantes libres. Nous distinguerons :
— Les têtards microphages des Microhylidae : genres Dyscophus et Parado-
xophyla. Chez la plupart des autres Scaphiophryninae, les têtards sont microphages
mais consomment aussi les tétards morts de leur propre espèce. Le développement
larvaire, de l’oviposition jusqu’au stade juvénile, dure environ 3 semaines chez
Scaphiophryne calcarata et près de deux mois dans le 8. Dyscophus. Il s’effectue le
plus souvent en eaux temporaires et la métamorphose est achevée avant le début de la
saison sèche.
— Les têtards râcleurs (“scrapers”) qui râclent le fond, les feuilles immergées,
etc. Leur musculature caudale est faible mais la membrane natatoire très développée.
Leur appareil buccal en fait des tétards généralisés : Mantidactylus depressiceps,
M. tornieri, M. wittei, M. blommersae, M. liber ; Aglyptodactylus madagascariensis ;
Boophis groupe tephraeomystax ; Ptychadena mascareniensis ; espèces des genres
Heterixalus et Mantella.
— Les têtards râpeurs, à musculature caudale développée : Mantidactylus
ulcerosus, M. betsileanus, M. biporus, M. alutus ; Boophis goudoti et B. madagasca-
riensis qui constituent une transition avec les espèces des eaux courantes lentes. Les
tétards des espèces de Mantidactylus du groupe ulcerosus ont tous une musculature
caudale développée, comparable aux espèces qui vivent en eaux stagnantes, ainsi
qu'un appareil buccal généralisé. Ces caractéristiques traduisent, au plan évolutif,
l'occupation d’une niche nouvelle.
Le développement larvaire des têtards râcleurs s'effectue en 1 à 3 mois, en
saison chaude, souvent dans des eaux temporaires. Chez quelques espèces, comme
Mantidactylus depressiceps et Boophis madagascariensis, qui se reproduisent durant
toute la saison chaude, dans des eaux plus permanentes, le développement se trouve
ralenti en saison fraîche et la métamorphose n'intervient qu’en septembre-octobre.
L'apparition des juvéniles s’observe alors, pour les plus nombreux, en fin de saison
chaude et, pour les autres, en tout début de la saison chaude suivante.
1.3.3.2. — Eaux courantes. La violence du courant est un facteur important
dans la distribution des têtards.
— Eaux courantes assez lentes : Ce faciès n’est pas limité aux tronçons à faible
pente des cours d’eau, mais, sur les sections à pente plus accusée, représente une part
importante de l’eau retenue dans les mouilles, sous les surplombs latéraux du lit, ete.,
avec toutes les transitions imaginables. La diversité des modes de vie est très large :
< Tétards avec leurs lobes labiaux étalés en surface, capturant les particules
transportées par l’eau. Leur queue musculeuse leur permet de se tenir à peu près
immobiles dans leur abri: Mantidactylus du groupe albofrenatus.
e Tétards vivant surtout de particules, accrochés par leur queue aux plantes
aquatiques, à mi-profondeur. L'appareil buccal ne comporte que très peu de dents,
même par rapport aux formes d’eaux stagnantes. C’est le cas de Mantidactylus aglavei,
dont le têtard dissimulé dans les amas de plantes aquatiques est d’observation difficile.
© Tétards capturant des particules d’argile (d’après le contenu du tube digestif),
tout près du fond, sur les bords des cours d’eau, où le courant est plus lent : Manti-
dactylus femoralis et M. sp., connue par un seul têtard. Leur musculature caudale est
bien développée ; l'appareil buccal est très réduit : bec corné faible, dents labiales
rares.
— Très petits ruisseaux de montagne, limités à un filet d’eau souvent tempo-
raire : M. curtus, espèce commune, à appareil buccal généralisé.
Source : MNHN, Paris
R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
TABLEAU 14. — Stratégies de vie.
Adulte Ponte Tétard
aquatico- eaux stagnantes Ptychadena mascareniensis
terrestre Paradoxophyla palmata
sur le sol rhéophile Mantidactylus aerumnalis
eaux Mantidactylus ulcerosus
calmes Mantidactylus betsileanus
? Mantidactylus alutus
? Mantidactylus biporus
terrestre eaux stagnantes Aglyptodactylus madagascariensis
sur le sol eaux
stagnantes
rhéophile Mantidactylus albofrenatus
Mantidactylus opiparis
développement Mantidactylus eiselti
direct
fouisseur eaux stagnantes Scaphiophryne (plusieurs
g. Dyscophus
Tomopterna labrosa
logette développement Plethodontohyla tuberata
semi-direct
rupicole logette développement Anodonthyla montana
semi-direct
aérienne rhéophile Mantidactylus sp.
| ? Mantidactylus femoralis
grimpeur- aérienne développement Mantidactylus asper
sauteur direct
eaux Mantidactylus blommersae
stagnantes Mantidactylus wittei |
| grimpeur- petites | développement Plethodontohyla notosticta
marcheur collections semi-direct Platypelis grandis
d’eau Platypelis pollicaris
aériennes Platypelis tuberifera
Anodonthyla boulengeri
Anodonthyla rouxae
| aquatico- eaux calmes Boophis goudoti
arboricole eaux rhéophile Boophis microtympanum
courantes Boophis williamsi
? Boophis laurenti
(petites collec- aérienne petites Mantidactylus flavobrunneus
tions d’eau collections
aériennes) d’eau
aériennes
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 445
TABLEAU 14. — Stratégies de vie (suite).
Adulte Ponte Têtard Exemples
arboricole |juste au-dessus eaux g. Heterixalus
de l’eau stagnantes
eaux stagnantes Boophis tephraeomystax
Boophis granulosus
Boophis idae
Boophis hillenii
eaux calmes Boophis madagascariensis
eaux rhéophile Boophis rappiodes
courantes
Boophis erythrodactylus
? Boophis mandraka
Boophis luteus
Boophis majori
eaux Mantidactylus liber
stagnantes Mantidactylus depressiceps
Mantidactylus tornieri
aérienne (?) rhéophile Mantidactylus aglavei
petites Mantidactylus bicalcaratus
aérienne collections Mantidactylus punctatus
d’eau Mantidactylus pulcher
aériennes ? Mantidactylus albolineatus
— Eaux rapides, à courant peu violent: Ces eaux hébergent les têtards de
beaucoup d’espèces de Boophis, caractérisés par une bouche de taille réduite, bordée
par un assez grand nombre de rangées de dents : Boophis luteus, B. microtympanum,
dans les mouilles ; B. rappiodes, sur le bord des ruisseaux.
— Eaux très rapides à fort courant : Dans cet habitat extrême, ne vivent que les
têtards de quelques espèces du genre Boophis : B. mandraka, B. erythrodactylus,
B. majori, B. williamsi. Les Mantellidae n’y ont aucun représentant. L'appareil buccal
comporte un grand nombre de rangées de dents et de papilles ; la musculature caudale
est très développée mais la membrane natatoire est réduite. Ces têtards se collent sur
les pierres et, par suite des plantes aquatiques, de la violence du courant et du fort
débit des eaux, ils ne sont pas visibles.
La métamorphose des têtards d’eaux courantes intervient toujours entre
septembre et novembre, surtout en octobre. En raison de températures plus fraîches, le
développement larvaire dure un an et même deux ans pour Boophis williamsi.
1.3.3.3. — Petites collections d’eaux confinées des phytotelmes. L’étroitesse
physique de ce microhabitat a entraîné des modifications des têtards. Très aplatis, avec
un grand bec corné et une nageoire caudale à peu près nulle, ils sont capables de
ramper hors de l’eau par des mouvements serpentiformes : Mantidactylus du groupe
pulcher, à l'exception de M. liber.
Ces espèces vivent surtout à l’aisselle des feuilles de Pandanus, y compris ceux.
qui poussent sur les dunes côtières orientales (Mananjary), bien plus rarement sur des
Typhonodorum ou des Ravenala. En raison de l'importance des Pandanus pour la
faune malgache des Amphibiens, il serait intéressant d'explorer ceux qui poussent sur
Source : MNHN, Paris
446 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
la côte occidentale. En tout état de cause, l'exploration des pieds adultes qui peuvent
atteindre 15 m de hauteur, pose un problème.
2. — STRATÉGIES ÉCO-ÉTHOLOGIQUES.
La succession des stades dans le cycle de vie des Amphibiens met en jeu 24
enchaînements différents d’habitats à Madagascar (tableau 14) et il est probable que le
recensement est inachevé, des observations complémentaires sur le terrain étant
nécessaires.
Dans notre système de classement, les adultes arboricoles manifestent la plus
grande diversité de stratégies relatives au choix des sites de ponte et aux modes de vie
du tétard.
La ponte et, surtout, le développement des têtards en eaux stagnantes est un
point de convergence pour des adultes de mœurs variées : aquatico-terrestres,
terrestres, fouisseurs, grimpeurs-sauteurs (têtards seulement) et arboricoles (à ponte
soit aquatique, soit aérienne).
3. — RÉPARTITION DES TAILLES.
Nous ne disposons que d’un nombre très limité de mensurations corporelles
(voir la première partie de cet ouvrage). Nous avons pris en compte la valeur maximale
des dimensions museau-anus, susceptible d’être, pour la majorité des cas, une valeur
indicative des tailles moyennes adultes. Cent vingt-neuf espèces sont prises en consi-
dération, à l’exception de Rana tigerina introduite, des deux espèces connues par le
seul stade têtard et de Mantella cowani pour laquelle nous ne disposons pas de
données (en tout état de cause, sa taille est du même ordre de grandeur que celle des
autres espèces congénériques).
3.1. — Résultats globaux. Les valeurs numériques sont regroupées par classes de
5 mm (fig. 154). Près du quart des espèces (31, soit 24 %) ont une taille comprise entre
26 et 30 mm et 107 espèces (83 %) n’excèdent pas 50 mm. L'espèce la plus petite est
Stumpffia tridactyla : 11 mm, et la plus grande Mantidactylus guttulatus : 120 mm.
3.2. — Distribution par taxa (fig. 155). Les taxa suivants ont développé des
tailles supérieures à 75 mm:
— Microhylidae: g. Dyscophus (Dyscophinae); g. Plethodontohyla et
Platypelis (Cophylinae).
— Ranidae : g. Tomopterna.
— Mantellidae : g. Mantidactylus : uniquement le groupe guttulatus.
— Rhacophoridae : g. Boophis : groupes goudoti, luteus et tephraeomystax.
A lopposé, les groupes génériques suivants ne renferment que des espèces de
petite taille (inférieure à 30 mm):
e genres Paradoxophyla, Madecassophryne et Stumpflia (Microhylidae) ;
° genres Laurentomantis et Mantella (Mantellidae) ;
e les groupes d'espèces rappiodes et pauliani du genre Boophis (Rhaco-
phoridae).
II. RELATIONS INTERSPÉCIFIQUES DANS LES COMMUNAUTÉS
D’AMPHIBIENS.
En l’absence de documents suffisants sur les relations interspécifiques, nous
nous limiterons, ici, d’une part, à illustrer l'étude ci-dessus par la description de
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS AAT
Nombre d'espèces
KR
©
à e
Taille (mm) A 8 8 R 2 82388482
= e à Û SR Ne SE
s se 8 8 BB SSS88R8RLE
S œ nm nn en
Cu SE
Fig. 154: Répartition des tailles par classes de 5 mm.
Source : MNHN, Paris
448
Numéro des espèces
R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
Scaphiophryne
Paradoxophyla
— oyscophus
Plethodontohyla
IVOITAHOHOIN
Platypelis
Cophyia
—KRhombophryne
ZKÇAnodonthyla
_{\ Madecassophryne
Stumpffia
Heterixalus
Tomopterna
—|\Ptychadena
Laurentomantis
AVAINVH|3VaNTOHIdAH
Mantidactylus
IVGITIZINVW
Mantella
= Boophis
IVGIHOHdODVHH
_VAgivptodactylus
r — D
80 s0 100 10 120 Taille (mm)
Fig. 155: Répartition des tailles par groupes taxonomiques.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 449
l'organisation spatiale de quatre communautés d’Amphibiens et, d’autre part, à effec-
tuer une brève mise au point sur les prédateurs et les parasites des Amphibiens
malgaches.
1. ORGANISATION DE QUATRE COMMUNAUTÉS D'AMPHIBIENS.
Nous décrirons les communautés de Grenouilles représentatives de quatre
stations échelonnées le long d’un transect transversal : Ankarafantsika, Ankaratra,
Périnet et Tamatave. Les caractéristiques du milieu végétal ont été décrites plus haut.
Nous distinguons, sur un schéma, les habitats préférentiels des adultes réper-
toriés par leur numéro d’ordre (n) et, quand ils sont connus, ceux des têtards corres-
pondants (n°) ainsi que, plus rarement, des œufs (n”).
1.1. — Station d’Ankarafantsika. Dans cette station de basse altitude (200 m),
occidentale mais dont les rives des cours d’eau et du lac d’Ampijoroa portent une
végétation dense largement sempervirente, 9 espèces ont été recensées (tableau 15).
Les principaux milieux aquatiques représentés sont de petites mares temporaires sous
couvert forestier ou dans des clairières, des ruisseaux et des étangs permanents, bordés
de plantes aquatiques (fig. 156).
TABLEAU 15. — Liste des espèces dans la station de l’Ankarafantsika.
3- Scaphiophryne calcarata
9 - Dyscophus insularis
36 - Stumpflia psologlossa
39 - Heterixalus betsileo
46 - Tomopterna labrosa
57 - Mantidactylus wittei
90 - Mantidactylus ulcerosus
91 - Mantidactylus betsileanus
125 - Boophis tephraeomystax
1.2. — Station de l’Ankaratra. Cette station montagnarde, à des altitudes
comprises entre 1800 m et 2600 m, du domaine oriental, compte 20 espèces
d’Amphibiens (tableau 16). Les milieux aquatiques caractéristiques sont, ici, les petits
ruisselets temporaires des croupes et des crêtes, les torrents à cours rapide, souvent
entrecoupés de mouilles calmes, les ruisseaux à débit abondant et relativement rapide,
les mares temporaires à l'ombre des arbres et des marais d'extension très variable au
cours de l’année (fig. 157).
1.3. — Station de Périnet. Située entre les deux falaises, en moyenne altitude
(900 à 1 000 m) et en forêt orientale dense ombrophile, c’est, avec ses 51 espèces, la
Station la plus riche (tableau 17). Nous sommes encore loin de comprendre si, dans de
tels milieux naturels, la partition écologique des divers stades du cycle de vie dans
cette communauté a un sens biologique (fig. 158).
Mantidactylus mocquardi n’est, jusqu'ici, connue que de la région de Rogez.
L’aire de répartition connue de Mantella aurantiaca est restreinte. Outre les petites
collections d’eau des phytotelmes, les principaux milieux aquatiques exploités par les
Amphibiens sont les ruisselets et les torrents à cours rapide, les mouilles, les ruisseaux
et rivières à cours calme, les mares temporaires ou permanentes sous forêt, sans
plantes aquatiques, les étangs et marécages à végétation aquatique plus ou moins
Source : MNHN, Paris
450 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔÜSSER ET CH. P. BLANC
abondante, entourés d’une ceinture de Crinums, de Typhonodorums, voire de
Bananiers.
TABLEAU 16. — Liste des espèces dans la station de l’Ankaratra.
2 - Scaphiophryne pustulosa 95 - Mantidactylus ambohimitombi
16 - Plethodontohyla tuberata 96 - Mantidactylus madecassus
39 - Heterixalus betsileo 104 - Mantella madagascariensis
59 - Mantidactylus domerguei 105 - Boophis goudoti
74 - Mantidactylus boulengeri 113 - Boophis majori
83 - Mantidactylus femoralis 115 - Boophis luteus
88 - Mantidactylus opiparis 120 - Boophis erythrodactylus
89 - Mantidactylus aerumnalis 121 - Boophis mandraka
92 - Mantidactylus curtus 122 - Boophis microtympanum
94 - Mantidactylus alutus 123 - Boophis williamsi
TABLEAU 17. — Liste des espèces dans la station de Périnet.
5 -Scaphiophryne marmorata 83 - Mantidactylus femoralis
6- Paradoxophyla palmata 84-Mantidactylus mocquardi
13 - Plethodontohyla bipunctata 85 - Mantidactylus majori
21 - Plethodontohyla notosticta 88 - Mantidactylus opiparis
22 - Platypelis tuberifera 91 - Mantidactylus betsileanus
24 - Platypelis grandis 92 - Mantidactylus curtus
25 - Platypelis pollicaris 93 - Mantidactylus biporus
29 - Platypelis barbouri 97 - Mantidactylus guttulatus
32 - Anodonthyla boulengeri 98 - Mantidactylus grandidieri
38 - Stumpffia tridactyla 100 - Mantella aurantiaca
39 - Heterixalus betsileo 104 - Mantella madagascariensis
49 - Laurentomantis horrida 105 - Boophis goudoti
54 - Mantidactylus depressiceps 108 - Boophis untersteini
55 - Mantidactylus tornieri 109 - Boophis madagascariensis
60 - Mantidactylus blommersae 110 - Boophis reticulatus
63 - Mantidactylus liber 112 - Boophis difficilis
64 - Mantidactylus pulcher 114- Boophis miniatus
65 - Mantidactylus bicalcaratus 115 - Boophis luteus
66 - Mantidactylus albolineatus 118 - Boophis rappiodes
68 - Mantidactylus flavobrunneus 119 - Boophis viridis
69 - Mantidactylus aglavei 120 - Boophis erythrodactylus
70 - Mantidactylus redimitus 126 - Boophis granulosus
75 - Mantidactylus eiselti 127 - Boophis idae
80 - Mantidactylus asper 128 - Boophis hilleni
82 - Mantidactylus lugubris 132 - Boophis pauliani
133 - Aglyptodactylus madagascariensis
1.4. — Station de Tamatave. Représentative de la région côtière orientale de
basse altitude (0 à 200-300 m) dans sa partie centrale, elle rassemble 32 espèces
(tableau 18). Les végétaux à phytotelmes y sont abondants, de même que les maré-
cages et les lagunes proches de la côte. Outre les petits ruisseaux drainant les collines,
les cours d’eau sont surtout le fait de fleuves à cours lent, avec des mouilles sub-
stagnantes et de petites mares forestières (fig. 159).
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN,
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Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 455
TABLEAU 18. — Liste des espèces dans la station de Tamatave.
7- Dyscophus antongili 68 - Mantidactylus flavobrunneus
13 - Plethodontohyla bipunctata 74 - Mantidactylus boulengeri
20 - Plethodontohyla ocellata 79 - Mantidactylus luteus
21 - Plethodontohyla notosticta 83 - Mantidactylus femoralis
22 - Platypelis tuberifera 85 - Mantidactylus majori
29 - Platypelis barbouri 87 - Mantidactylus albofrenatus
32 - Anodonthyla boulengeri 90 - Mantidactylus ulcerosus
A1 - Heterixalus madagascariensis 91 - Mantidactylus betsileanus
43 - Heterixalus tricolor 93 - Mantidactylus biporus
49 - Laurentomantis horrida 102 - Mantella laevigata
50 - Laurentomantis malagasia 104 - Mantella madagascariensis
55 - Mantidactylus tornieri 109 - Boophis madagascariensis
56 - Mantidactylus argenteus 115 - Boophis luteus
57 - Mantidactylus wittei 125 - Boophis tephraeomystax
63 - Mantidactylus liber 129 - Boophis opisthodon
65 - Mantidactylus bicalcaratus 133 - Aglyptodactylus madagascariensis
2. — PRÉDATEURS DES AMPHIBIENS À MADAGASCAR.
Il n'existe pas, à notre connaissance, de travaux quantitatifs concernant l'impact
des prédateurs sur les Amphibiens à Madagascar. Nous résumerons donc les princi-
pales observations disponibles, dont la précision est très variable selon les groupes
taxonomiques.
2.1. — Mammifères.
2.1.1. — Carnivores. Ce sont d'importants prédateurs d’Amphibiens (Albignac,
1973 : 184 et comm. pers., 1984). À l'exception des Chats sauvages, tous sont des
Viverridae. Les Amphibiens constituent les proies préférentielles des espèces
suivantes : Fossa fossana (Fossinae), Galidia elegans, Salanoia concolor et Galidictis
fasciata (Galidiinae), tous habitants de la forêt ombrophile, ainsi que Mungotictis
decemlineata (Galidiinae) dont les deux sous-espèces sont limitées aux forêts sèches de
l'Ouest et du Sud.
Viverricula indica (Viverrinae), qui fréquente aussi les marais, en fait ses proies
courantes. Eupleres goudoti (Fossinae), des forêts orientales et des zones maréca-
geuses, capture plus occasionnellement des Amphibiens comme en attestent l’observa-
tion d’un contenu stomacal et des essais d’appétabilité en captivité. Cryptoprocta ferox
(Cryptoproctinae) est la seule espèce qui ne semble pas consommer d’Amphibiens.
2.1.2. — Primates. Il n'existe pas de données précises sur la prédation des
Amphibiens par les Lémuriens (Petter et al., 1977), mais il est fort vraisemblable que
les espèces à régime alimentaire omnivore, comme les Microcèbes, consomment des
Amphibiens.
Leur action doit s'exercer principalement aux dépens des Amphibiens arbori-
coles des phytotelmes et des canopées relativement à l'abri des Carnivores. Il est
possible que les Cophylinae et les Mantella aposématiques, soient protégés par leurs
sécrétions cutanées.
2.2. — Oiseaux. Les observations rapportées par Milon et al. (1973) et les
contenus stomacaux de quatre Ardeidae (Razarihelisoa, 1979 : 96) montrent que les
Source : MNHN, Paris
456 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
espèces suivantes consomment, souvent en abondance, des Amphibiens bien
qu'aucune d’elles, sauf peut-être Tyto soumagnii, n’en fasse son régime alimentaire
exclusif.
Ardeidae : Egretta alba melanorhynchos
Bubulcus i. ibis
Ardeola ralloides
Melanophoyx ardesiaca
Ixobrychus minutus podiceps
Scopidae : Scopus umbretta bannermanni
Threskiornithidae : Plegadis f. falcinellus
Falconidae : Buteo brachypterus
Circus aeruginosus macrosceles
Strigidae : Ninox superciliaris
Tyto soumagnii
Vangidae : Vanga curvirostris
Il est certain que cette liste est fort incomplète. Les Amphibiens de milieux
ouverts, avec au premier rang d’entre eux la prolifique espèce Ptychadena masca-
reniensis, payent, sans doute, le plus lourd tribut à la prédation aviaire.
2.3. — Reptiles. Les ordres de Reptiles représentés à Madagascar renferment des
prédateurs potentiels d’Amphibiens aux stades adulte ou larvaire.
Crocodyliens : Crocodylus niloticus
Chéloniens : Les Tortues aquatiques Pleurodires, de la famille
des Pelomedusidae, Pelomedusa subrufa, Pelusios
subniger et Erymnochelys madagascariensis sont
carnivores.
Squamates : Les Boïidae, Acrantophis madagascariensis, A.
dumerilii et Sanzinia madagascariensis ainsi que les
Colubridae aquatiques ou arboricoles des genres
Liopholidophis, Lioheterodon, Madagascarophis,
par exemple, sont des prédateurs d’Amphibiens.
2.4. — Amphibiens. Pratiquement rien n’est connu sur les relations trophiques
interspécifiques entre Amphibiens aux divers stades de leur cycle de vie. L'effet
néfaste sur leur faune endémique de l'introduction de l'énorme Rana tigerina est
attribué à sa prédation directe.
2.5. — Poissons. La faune des Poissons d’eau douce est peu diversifiée (Arnoult,
1959 ; Kiener & Maugé, 1966) mais plusieurs espèces marines, euryhalines pénètrent
assez loin dans les estuaires. Nous devons à Kiener (1963) les données suivantes sur
les espèces carnivores ou omnivores susceptibles de consommer des Amphibiens :
Anguillidae : Anguilla mossambica où “Amalomainty” : carni-
vore, fréquent dans toute l’île (50% de petits
Vertébrés dans son régime alimentaire).
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 457
Anguilla marmorata ou “Amalombandana” : carni-
vore, répandu de la Côte jusqu’à 1 400 m d’alti-
tude.
Bagridae : Arius madagascariensis ou “Gogo”: carnivore,
espèce euryhaline côtière.
Gobiidae : Gobius giuris ou “tohobe”: carnivore, côtier
(0-400 m).
Cichlidae : Paratilapia polleni ou “marakely”: omnivore,
présent dans la plus grande partie de l’île.
Il est probable que cette liste doive être complétée par d’autres espèces de
Cichlidae et, peut-être, d’Eleotridae du g. Eleotris.
Parmi les espèces introduites, nous relevons notamment :
Centrarchidae : Micropterus salmoides, le Black-bass : carnivore,
largement disséminé sur les Hautes Terres Centrales
et en moyennes altitudes.
Salmonidae : Salmo fario et Salmo irideus : carnivores, acclima-
tées en montagne, entre Tananarive et Fianarantsoa,
au-dessus de 1400 m, surtout dans l’Ankaratra.
3. — PARASITES. L’incidence du parasitisme dans l’organisation fonctionnelle et
l’évolution d’une communauté est souvent négligée. La parasitologie des Amphibiens
malgaches n’a fait l’objet jusqu'ici que d’un nombre limité d’investigations. Il est sur-
prenant que la plupart d’entre elles concernent précisément l'espèce banale, ubiquiste,
non endémique Ptychadena mascareniensis.
3.1. — Parasites de Ptychadena mascareniensis. Les travaux de Chabaud &
Brygoo (1958 a et b) ; Chabaud, Brygoo & Petter (1961) ; Deblock & Capron (1962) :
Euzet & Combes (1964) ; Richard, Chabaud & Brygoo (1968) ont fait connaître une
faune parasitologique relativement diversifiée pour cette espèce :
— Nématodes : Aplectana courdurieri dans l'intestin ; Rhabdias madagasca-
riensis dans les poumons.
— Trématodes Digènes : Astiotremata (Biguetrema) tananarivense et Plagior-
chis momplei, dans l'intestin antérieur et moyen; Diplodiscus brevicoeca, dans
l'intestin postérieur ; Polystoma brygoonis, Gorgoderina insularis et Gorgodera sp.
dans la vessie; des métacercaires d’Echinostoma caproni dans le rein.
Il est notable qu’en dépit de cette faune diversifiée et des taux d’infestation
souvent importants, le dynamisme démographique de cette espèce est particulièrement
élevé.
3.2. — Parasites des Amphibiens endémiques. Nous avons eu connaissance des
travaux suivants :
— Microhylidae: Dyscophus antongili: deux Nématodes: Raillietnema
petterae et R. parapetterae décrits par Prod’hon (1968). — Anodonthyla montana
(RCP 225) : Acanthocephalus domerguei décrit par Golvan et al. (1972).
— Rhacophoridae : Boophis goudoti et B. madagascariensis : deux Nématodes
Falcaustra golvani et Omeia (= Harentinema) ambocaeca (Chabaud & Brygoo, 1957).
Source : MNHN, Paris
458 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
— Boophis sp. de l'Andringitra (RCP 225) : une Filaire, Madochotera landanae, est
décrite par Prod’hon & Bain (1975).
Enfin, en 1968, Bain & Brunhes font connaître une Filaire, Madochotera alata
chez une Grenouille arboricole, non identifiée, récoltée le 7.IV.1964 à Ranomafana.
Les parasites externes sont peu nombreux et se limitent à quelques observations
d’Hirudinés, fixés au niveau de l’œil, et de macules rouges, chez des adultes et des
têtards, dues peut-être à des Acariens.
III. CARACTÉRISTIQUES DES FACTEURS PHYSIQUES DU MILIEU
Nous avons mis en évidence d'importantes différences dans la richesse spéci-
fique en Amphibiens des divers secteurs de la Grande Ile et inventorié de nombreux
habitats occupés par ces animaux au cours de leur cycle de vie. Il devient maintenant
nécessaire de préciser les caractéristiques abiotiques des milieux dans lesquels ces
cycles s'inscrivent.
S'agissant d’Amphibiens, Vertébrés plutôt mal équipés contre la dessication, la
disponibilité de l’eau apparaît un facteur primordial conditionnant l’utilisation de
nombreux habitats. Cet élément doit être considéré sous ses différents aspects
physiques, aussi bien à l’état liquide, soit en collections et cours d’eau, soit sous formes
de pluies, qu’à l’état de vapeur régissant l’hygrométrie de l'air.
La température, par ses variations circadiennes et annuelles, est susceptible
d’influencer l’activité des Amphibiens, animaux hétérothermes, aux moyennes alti-
tudes et dans les régions élevées et montagneuses, surtout quand la saison fraîche
coïncide avec une réduction de la pluviométrie. La température moyenne minimale du
mois le plus froid apparaît jouer un rôle important dans la distribution des végétaux
(Cornet, 1974) et, probablement, des animaux.
Le couvert végétal intervient, par sa structure complexe, en fournissant des
habitats spécialisés: nous avons vu, dans quelques exemples de communautés
d’Amphibiens ($ 4-II), qu’un même arbre peut abriter jusqu’à 15 espèces différentes.
Mais il confère aussi, à un grand nombre d’espèces, un écran indispensable contre
l'insolation directe ainsi que l’atmosphère confinée, souvent saturée de vapeur d’eau,
qui leur est nécessaire.
L’orographie et, partiellement, la nature et la structure du sol, influencent la
vitesse du courant et les caractéristiques morphologiques des thalwegs, tant en termes
de profils en long et en travers que de couvert végétal.
L’axe de reliefs, orientés Nord-Sud, qui sur les 1 500 km de longueur de l’Ile
relie une série de massifs, forme une barrière pratiquement continue, ne ménageant
que les deux seuils élevés de Mandritsara et de Vondrozo. Compte-tenu de la situation
intertropicale de Madagascar et bien que n’atteignant pas 3 000 m d'altitude, l'impact
de cette dorsale sur la circulation aérienne, dans cette partie du globe, induit entre ses
deux versants des différences considérables sur le climat et la végétation. La position
de ces reliefs, ligne de partage des eaux entre l'Océan Indien et le Canal de Mozam-
bique, en moyenne trois fois plus proche de l'Est que de l'Ouest, entraîne une forte
dissymétrie des pentes, accusée sans doute par les systèmes de fractures crustales
responsables de la rectitude du rivage oriental. S'il reste prématuré de vouloir dégager
le rôle des divers facteurs physiques du milieu sur le peuplement actuel des Amphi-
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 459
biens, nous nous limiterons à indiquer, pour chaque secteur, les caractéristiques
marquantes des plus importants.
L'analyse de la mise en place du peuplement implique aussi la prise en compte
d’une composante évolutive biologique, elle-même en étroite connexion avec l’évolu-
tion du cadre physique. Nous résumerons brièvement, dans un second paragraphe,
nos principales connaissances sur les changements climatiques intervenus dans un
passé proche.
1. — FACTEURS PHYSIQUES ACTUELS DU MILIEU.
1.1. — Versant oriental. Limité, d’un côté, par d'immenses falaises atteignant
parfois 1 000 m de hauteur, précédées par des reliefs faibles, typiquement en coupoles
et, de l’autre côté, par les lagunes côtières reliées par le canal des Pangalanes, ce
versant n’excède guère 100 km de largeur. L’alizé permanent et le courant marin Sud-
Equatorial chaud atténuent l'influence de la latitude : les températures moyennes
annuelles ne s’étagent qu'entre 26°, de Diégo-Suarez à Sambava, et 23° dans le quart
Sud-Est (Ravet, 1956). La pluviométrie est élevée, presque partout supérieure à
1600 mm, jusqu’à 3 600 mm et plus dans la région d’Antongil, et les isohyètes
moyennes annuelles sont sensiblement parallèles à la Côte Est (Ravet, 1958). Les
reliefs bénéficient de préciptations accrues, avoisinant 3 000 mm d’eau. Ces pluies
d’alizés sont bien réparties et, à l’exception de l’Extrême-Nord, aucun mois n’est sec
selon la formule de Prescott (Riquier, 1959). L'hygrométrie relative moyenne annuelle
dépasse 80 % (d’après Ravet, 1948).
Les bioclimats caractéristiques (Morat, 1969) sont le Perhumide chaud et le
Perhumide tempéré, passant, dans les régions de Sambava et de Fort-Dauphin, à
lHumide chaud (fig. 160). Le tableau 19 en rassemble les principaux paramètres.
L’amplitude de la variation thermique quotidienne est faible : 3,4 à 8,1°.
Notons que la Montagne d’Ambre constitue une enclave du Perhumide tempéré.
Les fleuves sont nombreux, en général courts bien que, en raison des fractures,
le cours anguleux du Mangoro atteigne 300 km et celui de la Mananara 400 km. Le
débit est fort, permanent, peu variable quand la forêt subsiste, et l'absence d’accès
direct à la mer favorise l'extension des marécages dans la plaine côtière. Les eaux sont
acides : leur pH varie de 5,1 à 6,8 (Kiener, 1963 ; Razarihelisoa, 1979).
1.2. — Région du Sambirano. Avec des moyennes annuelles de températures de
24 à 26° et de pluviométrie de 1 800 à 2 000 mm, due à des phénomènes, induits par
le massif du Tsaratanana, de convergence et d’ondulations cycloniques génératrices de
pluies (Donque, 1972), cette région bénéficie d’un bioclimat de type Humide chaud
selon Morat (1969). L'existence de 4, sinon 5 mois secs, partiellement atténués par des
brouillards, incite Cornet (1974) à la ranger plutôt dans l'étage Subhumide.
1.3. — Hautes Terres Centrales. Du Massif du Tsaratanana au Rebord Manam-
bien, les Hautes Terres sont formées par les vestiges de grandes pénéplaines cristallo-
phylliennes ou “tampoketsa”, situées à des altitudes de 900 à 1 600 m, d’où l’ancienne
dénomination de Hauts-Plateaux, et disséqués par l'érosion en collines arrondies ou
“tanety”. Localement, la couverture latérique des tanety et des tampoketsa est entaillée
par d’étroits sillons ou “tevana” ou, le plus souvent, par des ravins encaissés et digités,
caractéristiques : les lavakas, témoins de cycles successifs d’érosion dont l'actuel est
particulièrement actif.
Les Hautes Terres sont surmontées par des massifs granitiques (Andringitra),
Source : MNHN, Paris
Bioclimat 1 2 3 4 5 6 l 8 n 10
une A Ia 33 en etee lb Q | Forét dense humide sempervirete
1 nn (Anosibe) ÿ de basse et moyenne altitudes.
Perhumide Forêt dense humid rent
tempéré 21-230] NE2"10 < 31 29 38 |1850- 2915) 150 - 220 €) 1 STE ons AIO A APE TERE
1600-1800 m de haute altitude.
Perhumide Forêt dense humid î
froid 1600-1800 m 15,5 89 2 3 30 2000 167 0 0 GreLDense Pure REP ÉENIEn
(Manjakatompo) émoitagne
Bit. 25 -% 113 352 113 1400 - 2300 < 150 0 3-6 | Forét dense humide sempervirente.
chaud P
Humide L : Forêt dense humide sempervirente
due 195 W 25 02 35 |1000-2000| 100-150 | (0) DÉS
Humide fs É indéterminé (ex. : forêt des
us 17-185 >7 27 =] 30 1200 - 2200! 150 - 180 % 4-5 Tampoketsa).
Humide ho indéterminé {ex : forêt de l'Anka-
froid eau on “à Gil SLA AM ETEONETN SU û #25 | éatra et des environs d'Ambostra
Doe Se NA NE EE a [100-160 + 6-7 | Forêt dence ropophike.
Subhumide
tempéré 18-21 | 7-14 | 28-32 1 36 |950-1600| 90 - 120 + 425 | Forêt basse selérophylle.
où frais
Semi-
aride 23 - 2% (A 40 3,3 44 500 - 1000 t 7 Forêt sèche, buissons à xérophytes.
de phy
chau
Sub-
aride Il 61 46 23 426 | 350-450 + 9 | Fourré xérophile.
chaud
Source : MNHN, Paris
cmoseBepey € spuesadoz euooiq sop sangurered xnedWuti] — “61 AVATAVL
097
ONVIE ‘d ‘HO LA HASSQIHDS-SHAANOTL “VA
AMPHIBIENS 461
quartzitiques (ltremo, Ibity), volcaniques (Ankaratra) ou mixtes (Tsaratanana,
Marojezy).
Les isothermes sont le plus souvent comprises entre 20 et 14° tandis que les
isohyètes permettent d’opposer une bande à forte pluviométrie (1 600 à 2 000 mm)
s'étendant du Tsaratanana à l'Ouest de Tananarive, due à la mousson d'été, aux autres
régions d'altitude, qui reçoivent, malgré tout, de 800 à 1200 mm d'eau.
Les saisons sont nettement marquées avec 4 à 6 mois déficitaires en eau, locale-
ment 7 dans la région de Mandritsara. Les pluies sont limitées aux mois de novemb:
avril, mais la saison sèche est atténuée par des averses et des bruines en juillet-août.
L'amplitude thermique diurne s’accroît, variant de 7,6 à 16,5°.
Les deux bioclimats caractéristiques sont l’'Humide frais et le Subhumide
tempéré à frais, passant à l'Humide, voire au Perhumide froids sur les sommets de
lAnkaratra, du Marojezy et du Tsaratanana, et à l'Humide tempéré dans le secteur des
falaises.
Les eaux sont neutres ou acides (Kiener, 1963).
1.4. — Pentes occidentales. Les températures moyennes annuelles sont élevées,
supérieures à 25°, sauf entre Tuléar et Belo-sur-Mer où elles sont comprises entre 24
et 25°. Les pôles thermiques malgaches sont centrés sur le Boina et le Bemaraha avec
des moyennes des maximums égales à 34°.
Les pluies, dues à la mousson estivale entre décembre et avril, s’atténuent du
Nord (1 800 mm) au Sud (500 à 800 mm), accusant la durée et la rigueur de la saison
sèche hivernale.
Le nombre de mois secs, selon Prescott, passe de 6-7 dans le Nord-Ouest à 8-9
et même 10 dans le Sud-Ouest. L’humidité relative moyenne annuelle y atteint ses
seuils les plus bas, 55 %, dans les arrière-pays de Majunga, de Morondava et de
Tuléar.
Les bioclimats correspondants à la plupart de nos stations sont le Subhumide
chaud dans le Nord-Ouest et le Semi-aride chaud dans le Sud-Ouest.
L'amplitude des variations thermiques quotidiennes augmente : de 3,5 à 9,6°
pour le premier, elle passe à 3,5-13,6° en saison chaude et 4,5-22,5° en saison fraîche
pour le second.
Les reliefs, faibles, de calcaires jurassiques karstiques (Ankarana, Kelifely,
Ankara), cristallins (Bongolava) ou gréseux (Makay, Isalo) dominent les vastes plaines
sédimentaires du Boina, de l’'Ambongo, du Menabe, d'altitude inférieure à 300 m.
Le réseau hydrographique est organisé en vastes bassins versants, drainés par
quelques fleuves puissants (Betsiboka, Tsiribihina, Mangoky, Onilahy), mais à étiage
TABLEAU 19. — Principaux paramètres des bioclimats représentés à Madagascar.
Légende :
1. Températures moyennes annuelles (en °C).
2. Températures moyennes minimales du mois le plus froid.
3. Températures moyennes maximales du mois le plus chaud.
4. Minimums absolus.
5. Maximums absolus.
6. Pluviométries moyennes annuelles (en mm).
7. Nombre approximatif de jours de pluies par an.
8. Existence du mois sans pluie : (0) — exceptionnel.
9. Durée de la saison sèche (en mois).
10. Climax (d’après Koechlin et al, 1974; modifié).
Source : MNHN, Paris
462 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
Perhumide_ Humide
chu —=|
reurere [III
ras
so D
ide Semi-aride Sub-aride
Fig. 160 : Carte bioclimatique de Madagascar, d’après Koechlin et al. (1974).
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 463
de plus en plus marqué vers le Sud et sujets à des crues cyclonales violentes qui
dévastent les milieux riverains. Le pH des eaux est compris entre 6,8 et 7,5 (Kiener,
1963).
1.5. — Régions méridionales. Elles regroupent le plateau Mahafaly de calcaire
nummulithique, la pénéplaine Androy cristallophyllienne et volcanique, limitée par le
Rebord Manambien, ainsi qu’une frange de dunes côtières ayant jusqu’à une trentaine
de km de profondeur. Les reliefs ne dépassent pas 150 à 500 m.
Les températures moyennes restent élevées, de 23 à 25°. La pluviométrie
annuelle, presque partout inférieure à 600 mm, s’abaisse à moins de 300 mm sur le
plateau Mahafaly, avec une irrégularité interannuelle marquée allant même jusqu’à
des inversions de saisons (Tétefort & Wintrebert, 1966).
Cette continentalité est due à l'effet de foehn de l’alizé descendant des Hautes
Terres Centrales et à une situation au Sud du Tropique du Capricorne qui éloigne toute
cette région du domaine des pluies de mousson.
Le nombre de mois secs atteint 11 à 12.
L’humidité relative moyenne annuelle dépasse 70 % dans toute la frange côtière
et atteint 80 % dans la région du Cap Sainte-Marie.
Le bioclimat le plus largement représenté est le Semi-aride chaud, passant sur la
Côte sud-occidentale au Sub-aride chaud.
Le réseau hydrographique est le fait d’un petit nombre de fleuves assez courts
(Linta, Menarandra, Mandrare), à régime hydrologique irrégulier, avec souvent un
assèchement subtotal entre mai et octobre, entrecoupé de crues violentes, notamment
en juillet-août. Les eaux sont basiques : pH de 7,2 à 7,5 (Kiener, 1963).
1.6. — Extrême-Nord. L’originalité de l'extrémité Nord de Madagascar est due à
des températures élevées, de 25 à 27°, à une pluviométrie moyenne annuelle infé-
rieure à 1 000 mm, à l'existence de 7 mois secs, et même 9 à 10 dans le Cap d’Ambre,
correspondant à un déficit d’eau d’environ 900 mm. Elle est liée à l'orientation de
l’'alizé qui souffle du Sud-Sud-Est, donc parallèlement à la côte et aux lignes de reliefs
et à sa situation par 12° de latitude Sud, trop proche de l'équateur pour que les pluies
de mousson soient importantes. L'humidité moyenne annuelle est cependant élevée :
70 à 80%.
1.7. — Régions sommitales. Les hauts sommets n’atteignent pas 3000 m:
Tsaratanana, 2 876 m; Marojezy, 2 137 m; Ankaratra, 2 643 m; Ibity, 2 240 m;
Itremo, 1 923 m ; Andringitra, 2 658 m ; Andohahela, 1 956 m ; Chaînes Anosyennes,
1964 m.
L'absence de relevés météorologiques ne permet que des extrapolations à partir
des stations voisines, d’altitudes bien inférieures, complétées par quelques observa-
tions fragmentaires. Il est manifeste que chaque massif possède un climat particulier,
directement dérivé, par effets de l'altitude, de celui des Hautes Terres avoisinantes. Les
températures minimales enregistrées sont — 6° à 4 h, le 23 septembre 1948, à
1960 m, dans le Tsaratanana et — 16°, vers 2 600 m, sur VAndringitra, à 2 h du
matin, le 1% juillet 1956 (Saboureau, 1962). Sur ce massif, des chutes de neige ont été
observées 4 fois en 30 ans, avec une couche de 40 em, vers 2 550 m, le 8 août 1961,
persistant plusieurs jours localement. Les amplitudes mensuelles maximales y ont
varié, de 1958 à 1961, entre 8° et 39° à 2 550 m. Au Tsaratanana, même en janvier,
mois le plus chaud, les maximums peuvent être inférieurs à 5 à 7° par jour pluvieux.
La pluviométrie est élevée, parfois supérieure à 3 000 mm, avec une saison
Source : MNHN, Paris
464 RM.
+ BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
pluvieuse, de décembre à mai, apportant des précipitations quotidiennes en fin
d'après-midi et le soir et avec, de mai à octobre, des brouillards et des crachins
fréquents.
Tous ces massifs sont inclus dans le bioclimat Perhumide froid, sauf l'Andrin-
gitra, un peu plus sec, qui est à rattacher au type Humide froid, sinon même très froid.
De nombreuses mesures, à diverses altitudes, nous ont donné des pH compris
entre 5,4 et 5,8.
2. — VARIATIONS CLIMATIQUES AU COURS DU QUATERNAIRE.
L'étude pédologique de Bourgeat (1972) rassemble des arguments convaincants
sur la réalité de variations climatiques au cours du Quaternaire. Les principaux sont
relatifs à l’étagement des terrasses alluviales, à l’existence de plusieurs cycles d’érosion
marqués, notamment, par des successions de lavakas, à la structure de certains
paléosols, à la présence sous forêt ombrophile orientale de sols formés sous un couvert
clairsemé et même, sur les Hautes Terres, de sols ferrallitiques non forestiers.
En tenant compte du décalage chronologique entre les variations pluvio-
métriques, d’une part, et les modifications consécutives, beaucoup plus progressives,
de la végétation, d’autre part, ainsi que des débuts des cycles d’érosion, à l’origine
d’une sédimentation active, qui suivent les périodes sèches, cet auteur propose un
découpage du Quaternaire en 6 épisodes :
— Actuel : displuvial
— Postsambainien: pluvial
— Sambainien : displuvial
— Ambovombien: pluvial
— Moramangien : displuvial
— Prémoramangien: pluvial.
Le Sambainien est daté : il a duré de — 35 000 à — 10 000 ans.
Bourgeat avance l'hypothèse qu’au cours du Moramangien la forêt aurait pu,
sauf dans les bas-fonds et les bas de pente plus humides, pratiquement disparaître de
Madagascar, laissant place à une végétation steppique. Cette situation est attestée par
l'existence des terrasses fluviales supérieures, des vieux systèmes dunaires du Sud, de
sols ferrallitiques rouges et de stone-lines.
La forêt, reconstituée durant l'Ambovombien, aurait pu, à nouveau, se frag-
menter pendant le displuvial suivant, morcellement attesté par des différences dans la
composition floristique des divers îlots de la forêt sclérophylle de moyenne altitude et
dans les distributions de quelques groupes d’Insectes. Enfin, le displuvial actuel,
auquel on attribue la raréfaction, voire la disparition des Aepyornis et de l’Hippo-
potame de Lemerle, aurait induit un déséquilibre entre la végétation et les facteurs
physiques du milieu, aggravé par un contexte édaphique défavorable : sols très
profonds et appauvris par plusieurs cycles de pédogenèse (Koechlin et al., 1974). Une
telle fragilité de la forêt permet d’expliquer la modification profonde et brutale, vers
une extension des savanes et des steppes, de beaucoup de paysages malgaches depuis
l'arrivée récente de l'Homme (voir chapitre 5).
Ces considérations tendent à confirmer l'opinion de Perrier de la Bâthie (1921)
pour qui la flore malgache était jadis entièrement sylvestre avec, bien évidemment, de
grandes différences dans la physionomie des forêts : des formations denses ombro-
philes dans les plaines, les vallées et localement sur les Hautes Terres, alternant avec
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 465
des arbres tortueux, de hautes broussailles et des îlots de plantes xérophiles, les
plantes herbacées étant toutes sylvicoles.
L'existence d’anciens taxa d’Amphibiens adaptés à l’arboricolie atteste la survie,
à l'issue des displuviaux les plus sévères, de reliquats forestiers suffisamment vastes,
denses et humides.
IV. ESSAI DE SYNTHÈSE ZOOGÉOGRAPHIQUE
Aucune donnée paléontologique n'étant disponible pour la compréhension du
peuplement actuel (Rage, comm. pers.), tous nos arguments sont d'ordre néonto-
logique.
Certes, c’est à Madagascar que fut découvert, par Adrien Massinot, dans le Nord
du pays près du village de Betsieka, dans un nodule des couches à Poissons datées de
la base du Trias (étage Scythien), le célèbre Protobatrachus massinoti, décrit en 1937
par Piveteau. Kuhn (1962) a remplacé le terme générique, préoccupé, par celui de
Triadobatrachus. Interprété maintenant comme un têtard proche de la métamorphose,
ce Protobatrachidae a perdu son statut prestigieux d’ancêtre des Amphibiens
Anoures ; il est considéré comme le représentant d’un stock ancestral Proanoure
(Estes & Reig, 1973).
La chronologie de la mise en place du peuplement en Amphibiens permet
d’opposer deux composantes fondamentales :
— un ensemble important (93,9 % de la faune) de 124 espèces dérivées, par
radiation, d’un stock ancien qui a peuplé Madagascar dans les étapes initiales de la
dislocation du Gondwana oriental, à l’origine de la séparation de l'Afrique et de l'Inde ;
— un minimum de deux invasions réussies, en provenance d'Afrique, à
l'origine des représentants des Hyperoliidae (1 genre endémique avec 7 espèces) et
d’une espèce non endémique de Ranidae du g. Ptychadena). Cette fraction ne repré-
sente que 6% du peuplement.
— enfin, pour mémoire, rappelons l'introduction volontaire récente d’une
espèce : Rana tigerina.
1. — STOCK ANCIEN.
Les représentants actuels de trois familles : Microhylidae, Mantellidae et Rhaco-
phoridae en sont issus. Nous avons discuté (chapitre 2), à propos des Rhacophoridae
surtout, mais aussi des Mantellidae, les notions d’affinité et d’origine du peuplement,
ce qui nous a conduit à réfuter l'affirmation, maintes fois répétée, de l’origine asiatique
d’une fraction de la faune des Amphibiens malgaches.
Nous avons vu aussi, chapitre 2, que le genre Tomopterna seul genre (avec
Rana) de Raninae commun à l'Afrique, à Madagascar et à l'Asie où il compte
respectivement 2, 1 et 6 espèces endémiques, pouvait aussi être considéré comme
un élément du stock initial de peuplement.
1.1. — Microhylidae. Nous attribuons aux trois sous-familles, dont deux
endémiques, représentées à Madagascar, les adaptations fondamentales suivantes :
adulte fouisseur ; têtard à développement semi-direct.
L’aptitude à l’arboricolie, esquissée chez les Scaphiophryninae, s’est développée
chez les Cophylinae, mais sans acquisition d’un cartilage intercalaire entre les deux
phalanges distales, comme on l’observe chez les Mantellidae, les Rhacophoridae, les
Hyperolidae et les Phrynomerinae.
Source : MNHN, Paris
466 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
1.1.1. — Scaphiophryninae. Le g. Scaphiophryne fournit une bonne illustration
d’une nappe ancienne de peuplement. Sa spéciation actuelle est modérée : 5 espèces.
Sa distribution traduit l'occupation d’habitats-refuges.
(a) Deux espèces occupent des régions caractérisées par une longue période
sèche :
e Scaphiophryne calcarata dans l'Ouest, à bioclimats subhumide et semi-aride.
e S. brevis dans le Sud, à bioclimats semi-aride et sub-aride, où les pluies sont
les plus rares et les plus irrégulières de toute l'Ile. L'absence fréquente de doigts et
d’orteils, y compris sur le type, pourrait être en relation avec leur usure ou leur nécrose
consécutive au fouissement dans des sables trop peu humides.
En relation avec la résistance à la sécheresse, ces deux espèces ont acquis un
aspect particulièrement massif, avec des pattes très courtes, traduisant une conver-
gence morphologique avec Tomopterna labrosa, seul Ranidae terrestre présent dans les
mêmes régions. En outre, Scaphiophryne calcarata et S. brevis ont acquis un dévelop-
pement larvaire particulièrement bref (environ 3 semaines), en milieu aquatique, avec
un têtard libre qui consomme ses frères morts. L’occupation des dépressions à mares
temporaires est ainsi rendue possible, même sur le plateau calcaire Mahafaly, pôle de
l’aridité à Madagascar.
Ces deux espèces sont partiellement sympatriques dans la région du Menabe.
Leurs aires de distribution relatives se superposent remarquablement à celles de
plusieurs groupes de Reptiles dont, parmi les mieux connus, les Oplures arboricoles :
Oplurus cuvieri et O. cyclurus.
Non inféodés à des forêts denses, Scaphiophryne calcarata et, surtout, S. brevis
s’accommodent des milieux anthropisés, protégés par leur coloration cryptique, leurs
mouvements lents et leur activité plutôt crépusculaire et nocturne.
(b) Deux espèces occupent des régions montagnardes caractérisées par des
températures hivernales basses, temporairement négatives. Elles sont allopatriques :
Scaphiophryne pustulosa sur l’Ankaratra et S. madagascariensis dans l’Andringitra et
l'Est-Betsileo.
(c) La cinquième espèce est orientale, de moyenne altitude, avec une large
distribution horizontale au Sud de la Baie d’Antongil. Bien que fouisseuse active, avec
des tubercules tarsiens comme les précédentes, S. marmorata, par son comportement,
exprime une tendance à l’arboricolie en escaladant des broussailles basses : elle a
acquis des disques sur les doigts mais non sur les orteils. Son adaptation éthologique
paraît ainsi compenser sa moindre adaptation à des habitats extrêmes. Sa coloration
est particulièrement cryptique sur la litière et les feuilles sèches des broussailles. Son
têtard est inconnu.
Paradoxophyla est un genre dérivé par adaptation à la vie aquatique, pourvu
d’une palmure bien développée, répandu, entre la côte et la falaise inférieure, dans la
moitié Sud de l'Ile. Une seule espèce est connue, de découverte récente. Son têtard est
libre.
1.1.2. — Dyscophinae. C’est avec celle des Scaphiophryninae, l’une des deux
sous-familles de Microhylidae distribuées dans les trois domaines climatiques de l'Ile
mais, dans ce cas, les espèces de l'unique genre Dyscophus sont toutes trois repré-
sentées dans l'Est.
— Deux sont côtières et orientales ; la connaissance insuffisante de leurs distri-
butions ou les modifications importantes des milieux dans toute cette région ne
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 467
permettent pas, ou ne permettent plus, de caractériser leurs relations : parapatrie ou
sympatrie ?
— La troisième, Dyscophus insularis, espèce d'altitude (1300 m) en milieu
forestier, perhumide tempéré, récoltée dans le Massif du Marojezy, a débordé large-
ment dans l'Ouest et dans le Sud. D. insularis illustre, en l’absence de connaissances,
même sommaires, sur les relations phylogénétiques de ses diverses populations, un
parallélisme dans l’adaptation à des climats marqués par une nette saisonnalité
thermique ou hydrique. Bien qu’archaïque au plan morphologique, le g. Dyscophus
aurait, comme les Scaphiophryninae malgaches, les Microhylidae sud-américains, les
Microhylinae asiatiques et les Phrynomerinae africains, développé secondairement
une reproduction aquatique, avec un têtard libre.
Le têtard et l'adulte de D. insularis ont des tailles bien inférieures à celles des
deux espèces orientales D. guineti et D. antongili, réduction qui peut être interprétée
comme une adaptation à la brièveté de la saison favorable, notamment de la période
des pluies, dans l’Ouest et le Sud. Son tubercule métatarsien plus grand, plus saillant
et plus aigu favorise le creusement du terrier dans des sols plus secs, donc plus
cohérents.
1.1.3. — Cophylinae. Plus évoluée morphologiquement que les deux précé-
dentes, cette sous-famille a, par contre, conservé une ponte d’un petit nombre de gros
œufs. Les Asterophryninae asiatiques, proches par leur squelette primitif des
Dyscophinae, ont également une ponte terrestre, de taille réduite, à œufs volumineux
considérée, ici, de ce fait, comme un caractère plésiomorphe.
Il est intéressant de noter que, tout comme les Cophylinae, les Asterophryninae
ainsi que les Brevicipitinae africains ont développé un comportement original, en
assurant à leur ponte des soins parentaux. Ce comportement, ainsi que le développe-
ment semi-direct ou direct de leurs œufs, sont des caractères synapomorphes. Les
Hoplophryninae avec une ponte réduite d’œufs de grande taille, un têtard aquatique
mais un développement embryonnaire tardif constituent un stade transitoire de cette
évolution.
Les représentants actuels de la sous-famille endémique des Cophylinae se
regroupent en deux nappes successives de peuplement, correspondant sensiblement à
deux phylums d’âges différents.
1.1.3.1. — Phylum ancien. Le phylum ancien regroupe trois genres : Anodon-
thyla, Madecassophryne et Stumpflia avec seulement : 3, 1 et 3 espèces.
Ces 7 espèces actuellement connues sont toutes orientales, avec une seule
localité occidentale pour Stumpffia psologlossa : VAnkarafantsika. Nous avons
souligné, ci-dessus ($ 4.II.1.1.), l'existence dans cette station de formations forestières
localement denses, hautes, pour partie sempervirentes, susceptibles d’atténuer, par
certains aspects, la rigueur de la saison sèche.
Toutes de taille petite ou à peine moyenne, elles associent une mosaïque de
caractères morphologiques plésiomorphes et apomorphes. Leurs distributions choro-
logique, altitudinale et bioclimatique sont remarquables :
— Anodonthyla boulengeri a la plus large distribution horizontale dans tout le
domaine oriental, entre la plaine côtière et les falaises.
— Dans le quart Sud-Est approximativement, en montagne, sont cantonnées les
deux autres espèces d’Anodonthyla, allopatriques, l’une sur l’Andringitra, rupicole,
l’autre sur les Chaînes Anosyennes, en sympatrie géographique avec Madecasso-
phryne truebae.
Source : MNHN, Paris
468 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
— Dans la moitié Nord de V’Ile, à des altitudes variées, le g. Stumpffia regroupe
ses trois espèces, terrestres et toutes de petite taille. Leurs distributions, tant horizon-
tales qu’altitudinales, demeurent si incertaines qu'il est illusoire de formuler des hypo-
thèses. Signalons, cependant, la grande extension de Stumpffia psologlossa qui
déborde dans l’Ouest.
La position relative de ces trois genres, surtout d’Anodonthyla et de Stumpffia,
n’est pas claire. Nous ne pouvons que souligner l'intérêt d’investigations complémen-
taires sur ce phylum, de même que sur les relations intragénériques entre Anodonthyla
boulengeri et Stumpffia psologlossa et les deux autres espèces de chacun de ces genres.
1.1.3.2. — Phylum récent. À partir de la base du phylum précédent, il est
plausible que se soit détaché le g. Plethodontohyla dont dérivent les 3 genres
Platypelis, Cophyla et Rhombophryne, représentés par 12 et 8 espèces, les deux
derniers étant monotypiques.
Ce phylum, avec 22 espèces, soit 76% des Cophylinæe, est exclusivement
oriental. Rappelons que nous avons émis des réserves sur la validité du genre
Platypelis. Avec 20 espèces, le complexe Plethodontohyla-Platypelis constitue, au
plan quantitatif, la troisième cladogenèse après les genres Mantidactylus (Mantelli-
dae) : 48 espèces et Boophis (Rhacophoridae) : 27 espèces.
Ensemble, les deux genres Plethodontohyla et Platypelis comptent 7 espèces
côtières (soit le quart et la moitié de leurs effectifs) sans qu'aucune n'y soit inféodée, et
12 espèces montagnardes parmi lesquelles 7 ont une répartition restreinte à un seul
massif et une au système Marojezy-Tsaratanana. Deux espèces seulement ont une
large répartition horizontale (1 du g. Plethodontohyla et 1 du g. Platypelis).
Dans le genre Plethodontohyla s'expriment les tendances adaptatives qui
atteindront, dans les trois genres dérivés, leur épanouissement :
(a) Quelques espèces, P. tuberata, P. alluaudi, P. ocellata, sont des fouisseurs
essentiellement passifs. Elles se réfugient sous des troncs d’arbres, des mottes de terre,
etc., où elles aménagent leurs logettes par des mouvements de rotation. Ces retraites
leur permettent de résister aux basses températures sur les montagnes où la pluvio-
métrie est élevée. Par contre, leur développement semi-direct, superficiel, donc dans
un milieu susceptible de se dessécher rapidement, représente un handicap pour la
conquête de l'Ouest et a fortiori du Sud.
(b) D’autres espèces, comme P. notosticta, sont arboricoles.
Parmi les trois genres dérivés, deux ont perfectionné leur adaptation arboricole :
Platypelis et Cophyla.
e Cophyla : Monospécifique, ce genre n’a été récolté que dans le Nord de l'Ile :
Nosy Be et la Montagne d’Ambre.
e Platypelis : Sur 8 espèces, deux sont montagnardes, connues uniquement du
Tsaratanana, une du domaine du Sambirano et les cinq autres orientales, dont deux à
large extension verticale, deux limitées aux falaises et une répandue entre la Côte et la
première falaise.
Il est à noter que les deux espèces du Tsaratanana et, surtout, les deux espèces à
large extension verticale diffèrent nettement l’une de l’autre par leur taille
corporelle.
Enfin, le troisième genre, Rhombophryne, monospécifique, est fouisseur actif
étant pourvu de tubercules sur le carpe et le métatarsien interne ; il a acquis des
barbillons sensoriels. Mal connu, car difficile à découvrir, il n’a été observé que dans la
moitié Nord de l'Ile.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 469
Conclusion. — Dans la famille des Microhylidae, le comportement fouisseur,
peut-être passif à l’origine, de l’adulte, a évolué vers les comportements suivants :
— fouisseur actif, avec développement de structures de forage des sols
meuble:
— aquatique, avec développement d’une palmure ;
— terrestre, avec, pour certains, une tendance à grimper sur la végétation ou à
escalader les rochers ;
— arboricole, avec acquisition de larges ventouses aux extrémités, mais pas
d’un cartilage acropodial intercalaire.
Dans tous les cas, les Microhylidae sont très faciles à distinguer des Mantellidae
et des Rhacophoridae car ils sont plus robustes et plus massifs.
L’acquisition d’une ponte aquatique, faite d’un grand nombre d’œufs de petite
taille, en augmentant, d’une part, la rapidité du développement embryonnaire, avec un
stade têtard libre qui se nourrit, en partie par adelphophagie, et, d’autre part, la
tolérance pour des eaux stagnantes mal aérées, a permis aux deux sous-familles les
plus primitives dans leur morphologie de coloniser des milieux défavorables par leur
saison sèche longue, rigoureuse et imprévisible dans le Sud. Les œufs de grande taille
ne trouvent que dans les eaux courantes ou en émersion partielle ou totale (phyto-
telmes, forêts ombrophiles) les conditions d’oxygénation indispensables.
Les Microhylidae offrent un remarquable exemple de la réduction progressive
d'adaptation à la saisonnalité pluviométrique quand on passe des phylums anciens
aux plus récents :
+ Scaphiophryninae : dans le g. Scaphiophryne, sur 5 espèces : 1 espèce dans
l'Ouest et 1 dans le Sud ;
+ Dyscophinae : dans le g. Dyscophus, 1 espèce présente en altitude dans l'Est,
s'étendant dans l'Ouest et le Sud, sur 3 espèces.
° Cophylinae : Phylum ancien (7 espèces) : 1 espèce du g. Stumpffia orientale
connue d’une station du proche Ouest. Phylum récent (22 espèces) : aucune espèce
hors du domaine oriental.
1.2. — Mantellidae. Dérivée d’une souche africaine ranoïde, ses représentants
malgaches actuels sont inégalement répartis en trois genres : un genre relicte par la
structure de son squelette et sa répartition : Laurentomantis, avec 3 espèces ; un genre
en plein épanouissement, le plus diversifié, avec 48 espèces : Mantidactylus et un
genre dérivé, spécialisé : Mantella, avec 5 espèces.
1.2.1. — Genre Laurentomantis. Les trois espèces de ce genre exclusivement
oriental, exclusivement côtières et allopatriques pour deux d’entre elles, côtière et de
basse altitude pour la dernière, sont de petite taille, terrestres ou arboricoles (sur les
troncs). Ternes, avec un épiderme particulièrement rugueux, qu’exprimait si bien leur
ancienne dénomination (Trachymantis), leur biologie demeure mal connue, soit à
cause d’une excessive discrétion, soit à cause d’une réelle raréfaction de leurs popula-
tions résiduelles.
1.2.2. — Genre Mantidactylus. Les Mantidactylus paraissent devoir être consi-
dérés comme des Amphibiens foncièrement sauteurs-grimpeurs selon la terminologie
proposée dans cet ouvrage, correspondant sensiblement au terme “scansorial” de Tyler
(1963). Leur aptitude au grimper est corrélative de l'acquisition d’un cartilage inter-
calaire dans l’autopode dont, suivant notre conception, les Rhacophoridae hériteront.
Cette adaptation est parfois perfectionnée par une phalange terminale bifurquée en Y
Source : MNHN, Paris
470 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔÜSSER ET CH. P. BLANC
qui augmente la surface d’adhésion de la ventouse et par des phalanges coudées qui
facilitent son accolement au support.
L’occupation de l’habitat fondamental est encore le fait des groupes granulatus
(M. asper), redimitus (M. boulengeri) et argenteus (M. wittei).
L'évolution éco-éthologique dans ce genre paraît s’être opérée dans les quatre
directions suivantes: vers l’arboricolie, dans les groupes pulcher, aglavei et
depressiceps dont l’habitus est très proche mais avec des nuances, de celui des
Rhacophoridae, les Mantidactylus arboricoles étant plutôt des formes de troncs et
de phytotelmes ; vers la rupicolie : dans le groupe lugubris ; vers l'acquisition des
mœurs terrestres : dans le groupe albofrenatus et vers la vie aquatique : dans les
groupes ulcerosus et guttulatus.
En définitive, les 10 groupes d’espèces que nous avons reconnus au plan systé-
matique à l’intérieur de ce vaste genre peuvent être associés, dans cette perspective
zoogéographique en deux ensembles évolutifs, déterminés d’après des caractéristiques
morphologiques et biologiques notamment.
1.2.2.1. — Groupes guttulatus à lugubris.
(a) M. gr. guttulatus. Il réunit trois espèces de grande taille (les plus grandes du
genre), caractérisées par leur corps massif, un très petit tympan, et des mœurs aqua-
tiques. M. microtympanum, pourvu de disques, n’est pas arboricole mais grimpeur sur
les rochers, dans les rivières torrentielles. Cette espèce est allopatrique avec M. guttu-
Jatus mais M. guttulatus et M. grandidieri s’observent en sympatrie vraie, sans que des
différences dans leurs niches écologiques aient été mises en évidence.
(b) Dans les autres groupes d'espèces (groupes lugubris, albofrenatus et
ulcerosus), la femelle a un tympan beaucoup plus petit que celui du mâle et des
glandes fémorales rudimentaires. Les têtards vivent en eaux courantes, sauf dans le
groupe ulcerosus où ils s’observent soit en eaux courantes, soit en eaux stagnantes.
(-1) M. gr. lugubris. Ces Mantidactyles, de taille modérée, sont surtout rupi-
coles, M. majori ayant la palmure la plus développée. Leurs têtards, avec une denture
réduite, vivent dans les eaux courantes, sur le fond. Ces espèces ont de vastes distri-
butions, à l'exception de M. mocquardi dont l’aire connue recouvre le quart Centre-
Sud, de Rogez à Ivohibe. M. lugubris et M. femoralis s’observent souvent en sympa-
trie ; ils diffèrent par leurs dimensions corporelles.
(b-2) M. gr. albofrenatus. Ses trois espèces, de taille moyenne ou modérée, ont
des têtards à palpes labiaux. Les aires de répartition horizontale de ces espèces se
recouvrent largement. Mais, dans l’ensemble, elles se relaient des basses altitudes vers
les sommets montagneux.
— Les adultes de M. opiparis et de M. albofrenatus vivent hors de l’eau. La
seconde a une taille plus petite et des pattes plus courtes ; elles n’ont cependant jamais
encore été observées en stricte sympatrie.
— M. opiparis et M. aerumnalis, de même taille, se rencontrent dans les mêmes
stations bien que la première soit plutôt restreinte à la transition moyenne-haute
altitude, tandis que la seconde est surtout montagnarde. En outre, les adultes de
M. opiparis vivent hors de l’eau, tandis que ceux de M. aerumnalis sont aquatiques.
(b-3) M. gr. ulcerosus. Le plus diversifié de ce premier ensemble, avec 7 espèces,
est un groupe dérivé, orienté vers l’adaptation à la vie aquatique ; il ne renferme pas de
formes grimpeuses. Les têtards vivent en eaux courantes ou stagnantes mais ils ont
conservé, dans ce dernier cas, une musculature caudale bien développée, rappelant les
formes d’eaux vives. Comme dans le groupe précédent, on observe un relai altitudinal
approximatif des espèces avec de fréquentes sympatries.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 471
— M. ulcerosus est la plus côtière et très apparentée à M. betsileanus : ces deux
espèces, à large dispersion, se reproduisent dans les mêmes biotopes ; leurs tailles et
leurs têtards sont proches. Elles se distinguent, toutefois, morphologiquement par la
longueur des membres postérieurs, par leurs caryotypes et par leurs sonagrammes.
— M. betsileanus est elle-même largement sympatrique avec M. biporus, y
compris dans l’Ouest. On les observe souvent ensemble, soit en forêts très clairsemées,
dans des rigoles ou de petits thalwegs peu profonds, soit sur les lisières des forêts
denses, jusque dans l'herbe, mais non dans les rizières. M. biporus est plus petit que
M. betsileanus.
— M. alutus et M. ambohimitombi sont des espèces des Hautes Terres
Centrales. Elles diffèrent fortement par leur taille et par leur habitat : M. alutus est une
espèce de milieux ouverts, marécages, clairières, etc., jamais observée en forêt.
— M. curtus a une immense distribution dans les régions accidentées de haute
altitude et de montagne où elle vit dans les petits ruisselets plus ou moins temporaires.
— M. madecassus, enfin, est une forme montagnarde, des régions sommitales
de l’Ankaratra et de l’Andringitra. Son têtard n’est pas connu.
1.2.2.2. — Groupes depressiceps à granulatus.
Dans ce second ensemble, les groupes redimitus et granulatus présentent des
affinités plus étroites.
(a) Groupes redimitus et granulatus. Ils possèdent en commun des sacs vocaux
externes latéraux en général noirs, un développement probablement direct ; ce sont
des Amphibiens terrestres, forestiers et de litière, vivant assez loin de l’eau, dans des
milieux peu ensoleillés et leur répartition est surtout orientale. Ils diffèrent par la
morphologie de leur ceinture scapulaire et par leurs métatarsiens externes, unis ou
séparés.
(a-1) M. gr. granulatus. Les 5 espèces de ce groupe sont toutes de taille moyenne,
morphologiquement proches, avec de vastes aires de distributions horizontales et
verticales. Leurs mœurs sont trop mal connues pour discerner des différences réelles
d'habitat car il est fréquent d'observer 2 ou 3 espèces dans les mêmes localités.
(a-2) M. gr. redimitus. Riche de 7 espèces, l'éventail des tailles est beaucoup plus
marqué que dans le groupe granulatus. Cependant les sympatries géographiques
associent souvent des espèces de même taille. Signalons, simplement, que M. eiselti vit
loin de l’eau.
(b) M. aglavei. Isolée dans un groupe particulier, M. aglavei est une espèce
dérivée par les caractéristiques morphologiques de son têtard et son caryotype. Typi-
quement arboricole, exclusivement forestière et orientale, remarquablement eryptique
sur les troncs, sa répartition est limitée aux falaises et Hauts Plateaux du Centre Nord.
(c) M. gr. pulcher. Cinq espèces sont de petites tailles, seule celle de M. flavo-
brunneus est légèrement supérieure. Très arboricoles, elles vivent sur des Pandanus,
des Typhonodorum et des Bananiers, mais non sur les Ravenales qui hébergent des
espèces plus grandes.
— M. liber a une très vaste distribution horizontale et altitudinale. C’est souvent
l'espèce la plus abondante, sauf sur la côte Est où M. bicalcaratus est plus fréquente.
Rappelons que seul l'adulte est arboricole mais qu’il ne se reproduit pas dans les
phytotelmes ce qui restreint la compétition pour ce biotope. À ce titre au moins,
M. liber pourrait être considéré comme l'espèce la plus primitive du groupe. Dans une
même localité, il n’est pas rare de rencontrer 3 ou 4 (voire 5 au Marojezy) espèces de ce
groupe. Nous avons récolté les 6 espèces sur le même transect Sambava-Marojezy.
Source : MNHN, Paris
A72 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
— M. pulcher et M. flavobrunneus vivent parfois sur le même pied de
Pandanus. Elles diffèrent, cependant, par leur taille, par leur chant et leur comporte-
ment : M. flavobrunneus adulte passe plus de temps dans l’eau des phytotelmes que
les autres espèces.
(d) M. gr. argenteus. Dans ce groupe, 5 espèces ont de très petites tailles et deux,
M. argenteus et M. guibeï, une taille moyenne. Elles ont en commun des pontes
aériennes, déposées à 30 ou 40 cm de hauteur. Il est exceptionnel, dans ce groupe, de
rencontrer plus de deux espèces dans les mêmes localités.
M. wittei, M. blommersae et M. domerguei sont respectivement des formes de
basse, de moyenne et de haute altitude.
M. grandisonae et M. guibei sont sympatriques sur les Chaînes Anosyennes ;
elles diffèrent par leur taille.
(e) M. gr. depressiceps. Peu diversifié, ses 4 espèces, de tailles moyennes à
modérées, vivent dans les phytotelmes de Pandanus et manifestent un net thigmotac-
tique dorsal qui les conduit à rechercher un contact avec le support. Les pontes sont
aériennes dans les deux seules espèces, M. tornieri et M. depressiceps, où la reproduc-
tion soit connue. Leur caryotype est très stable. Ce groupe évoque clairement le
g. Boophis.
— M. elegans et M. peraccae sont des formes montagnardes sympatriques
(Tsaratanana; Chaînes Anosyennes). La taille de la première est un peu plus
grande.
— M. depressiceps et M. tornieri sont sympatriques à Périnet. Elles ont sensi-
blement la même taille, sont morphologiquement très proches (espèces jumelles) mais
présentent une différenciation éco-éthologique nette : M. depressiceps pond ses œufs
blancs au-dessus d’eaux superficielles tandis que les œufs verts de M. tornieri sur-
plombent des eaux profondes ; en outre, les chants sont très différents.
1.2.3. — Genre Mantella. Avec ses 5 espèces, toutes d’une même petite taille,
très colorées, diurnes, strictement forestières, surtout orientales, ce groupe très
spécialisé a une position taxonomique difficile à préciser. Par les caryotypes et la
morphologie des têtards, il se rattache aux groupes Mantidactylus argenteus et
M. depressiceps.
En dépit de très vastes distributions, la quasi-totalité des localités ne renferment
qu'une espèce. Seule, M. betsileo, a étendu sa distribution dans le domaine occidental
et pénètre quelque peu dans le domaine méridional. Les autres espèces sont exclusive-
ment orientales avec, pour deux d’entre elles, une large distribution altitudinale, tandis
que les deux dernières sont localisées aux basse et moyenne altitudes.
Leurs relations phylogénétiques restent trop énigmatiques, de même que celles
des espèces du groupe argenteus dans le g. Mantidactylus pour préciser où les
Mantella se sont différenciées. Tout au plus, peut-on considérer l'hypothèse qu'il
s'agisse des basses ou moyennes altitudes dans le domaine oriental comme la plus
vraisemblable.
M. madagascariensis manifeste une grande variabilité inter- mais aussi intra-
populationnelle. Nous avons réfuté la validité des sous-espèces fondées par des
muséologues : il est, en effet, surprenant de constater l’étonnante variabilité existant
entre les populations de deux ruisselets voisins, sans doute consécutive à une sédenta-
rité affirmée et, peut-être, une territorialité. Nous pensons, au contraire, qu'il s’agit
d’une espèce à vaste aire de répartition, différenciant localement, sur ses confins, des
populations marginales.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 473
— M. aurantiaca a, au contraire, une distribution connue sub-ponctuelle, liée à
la forêt orientale marécageuse, d’autant plus surprenante que ses exigences en
terrarium ne paraissent pas excessives.
1.3. — Rhacophoridae. Cette famille n’est représentée à Madagascar que par
deux genres primitifs, avec une très inégale spéciation : Aglyptodactylus, monotypique
et Boophis qui, avec 27 espèces, occupe le deuxième rang pour la faune des Amphi-
biens malgaches. Dans ces deux genres, le mâle est beaucoup plus petit que la femelle
mais le dichromatisme sexuel est faible.
1.3.1. — Genre Aglyptodactylus. L’unique espèce de ce genre, conservateur
dans son anatomie avec une colonne vertébrale diplasiocoele, a, par contre, un habitat
dérivé : terrestre, elle vit dans la litière des forêts orientales. Sa distribution choro-
logique et altitudinale, depuis la côte jusqu'aux confins des zones rocheuses, est
considérable.
1.3.2. — Genre Boophis. Nous avons indiqué, ci-dessus, l'existence de simili-
tudes morphologiques entre les espèces arboricoles de Boophis et les Mantidactylus du
groupe depressiceps. La comparaison de leurs distributions respectives (chapitre 3-2),
permet d'avancer l'hypothèse que les Boophis aient pu se différencier dans un secteur
des hautes ou moyennes altitudes du domaine oriental.
Si les pattes postérieures longues et grêles, par exemple, des Rhacophoridae, les
opposent sans ambiguïté aux Microhylidae arboricoles, les différences entre Mantelli-
dae et Rhacophoridae sont, là aussi, nombreuses. Ainsi, chez les Mantellidae, les
jeunes sont peu différents des adultes tandis que chez les Rhacophoridae les colora-
tions juvéniles et adultes sont distinctes dans le détail bien que, le plus souvent, si le
jeune est vert, la teinte générale de l’adulte reste dans les mêmes tons (mais devient,
parfois, beige ou brun), alors que si le jeune est plus ou moins beige, l'adulte n’est pas
verdâtre. En outre, les Boophis arboricoles sont des Amphibiens des feuillages, de la
canopée surtout, où, pour la plupart, ils ne s’exposent guère au soleil. Ils se distinguent
des Mantidactylus arboricoles qui sont des Amphibiens des troncs et notamment des
phytotelmes. Les différences dans l'habitat des adultes traduisent une occupation de
niches écologiques séparées qui se retrouve chez leurs têtards dont la morphologie
diffère. Ils se distinguent aussi des Hyperoliidae qui vivent sur des feuilles, non dans
la canopée mais en lisière des forêts, et qui s’exposent souvent et longuement au soleil.
L'adaptation fondamentale des Rhacophoridae semble être l’arboricolie, les
milieux terrestre et aquatique, constituant des habitats dérivés, utilisés uniquement en
altitude.
Malgré sa diversité spécifique, le g. Boophis reste très homogène aux plans
anatomique (morphologie de la ceinture scapulaire) et cytogénétique. Nous avons
distingué 7 groupes d’espèces.
1.3.2.1. B. gr. goudoti. Ce groupe de 7 espèces, de tailles moyennes à grandes, a
une distribution préférentielle en moyenne et haute altitudes voire même monta-
gnarde, avec des têtards vivant en eaux courantes. Ces adaptations expliquent leur
localisation sur les pentes, donc en altitude. Seuls, B. goudoti et B. madagascariensis se
reproduisent en eaux calmes qui, moins renouvelées, sont plus chaudes, induisant un
développement larvaire plus rapide. Leurs premières pontes se développent en 2 à
3 mois, donc en une seule saison chaude, dont la fin est marquée par un premier pic de
métamorphoses. Leurs pontes tardives, émises en mars-avril, ne se métamorphosent
que juste avant la saison chaude suivante, en septembre, fournissant un second pic,
Source : MNHN, Paris
ATA R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
moins important que le premier. Pour les espèces d’eaux courantes, la métamorphose
n’a lieu qu’en fin de saison sèche, juste avant la saison de reproduction suivante ; leur
unique maximum de métamorphoses correspond au second pic des deux espèces
précédentes.
(a) B. goudoti et B. madagascariensis. Les similitudes dans leur grande taille,
dans leur reproduction et dans leur répartition sont associées à des différences
multiples. B. madagascariensis accède aux basses altitudes de la Côte Est, tandis que
B. goudoti est restreint à des altitudes supérieures à Périnet où, d’ailleurs, il est
beaucoup plus rare qu’en haute altitude ; B. madagascariensis est une espèce forestière
de milieux denses, humides, et très arboricole ; elle est particulièrement fragile en
terrarium. B. goudoti vit en milieux plus ouverts, dans les zones forestières claires,
sinon même déboisées, le long des cours d’eau qui, en forêt ombrophile dense, consti-
tuent des tranchées de lumière où elle s'expose volontiers en plein soleil.
(b) B. hyloides et B. untersteini. B. hyloides, forme d'altitude, de biologie mal
connue pourrait n'être que l’adulte de B. untersteini. B. untersteini a une distribution
restreinte aux Hautes Terres Centrales. Apparentée à B. madagascariensis et
B. goudoti, elle en diffère par sa petite taille et son caractère nettement plus forestier
que B. goudoti, et nettement moins arboricole que B. madagascariensis.
(c) B. reticulatus et B. rhodoscelis. D'une même petite taille, ces deux espèces de
moyenne et haute altitudes se reproduisent dans les ruisseaux. Leurs distributions se
superposent, dans la moitié centrale de l'Ile.
(d) B. callichromus. Mentionnée par Ahl, sans plus de précision, du Nord-Ouest
tout comme B. rhodoscelis, cette petite espèce, ne semble pas avoir été retrouvée. Il est
fort vraisemblable qu’elles aient été récoltées dans une forêt plus dense et plus humide
que l’Ankarafantsika, car nombre d’espèces signalées du Nord-Ouest par cet auteur
ont été retrouvées à Périnet. Nous avons, en effet, indiqué ci-dessus l’existence d’une
longue bande à forte pluviométrie due aux pluies de mousson dans cette région.
1.3.2.2. B. gr. difficilis. Les trois espèces de ce groupe vivent très haut dans la
canopée des arbres. Elles sont difficiles à collecter et leurs aires de distribution sont
certainement sous-estimées. Elles sont, en outre, difficiles à déterminer. B. difficilis est
de coloration rouge ; B. majori, beige avec des parties rouges et B. miniatus change de
coloration de beige à rouge entre le jour et la nuit. De petite taille, les mâles ne
mesurent que 20 à 25 mm et les femelles de 25 à 35 mm; ce sont des formes d’alti-
tudes moyenne à haute qui se développent en eaux courantes assez rapides.
1.3.2.3. B. gr. luteus. Les deux seules espèces connues par leurs adultes se
rapprochent par leur coloration, marquée par des lignes blanches, et la forme de leurs
sacs vocaux. De moyenne et haute altitudes, arboricoles, vivant très haut dans les
arbres, avec des têtards en eaux courantes, ces deux espèces sympatriques diffèrent
nettement par leur taille, B. albilabris étant beaucoup plus grande que B. luteus.
1.3.2.4. B. gr. rappiodes. Les quatre espèces de ce groupe ont en commun une
petite taille, une coloration fondamentale verdâtre, un corps svelte avec des pattes très
allongées, des têtards vivant en eaux courantes, une distribution en moyenne et haute
altitudes.
Très difficiles à observer à cause de leur couleur verte et de leur habitat dans les
canopées, leur répartition reste mal connue. La localité type, E. de Morafenobe, forêt
de Mahajeby, de B. erythrodactylus s'explique car elle correspond précisément à une
enclave, avec certitude forestière, du bioclimat Humide tempéré dans le bioclimat
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 475
Subhumide chaud du domaine nord-occidental de basse altitude. De telles enclaves,
mises en évidence à Madagascar chez divers végétaux et animaux, sont révélatrices de
l'importance des facteurs du milieu sur la spéciation.
Autre difficulté, les spécimens en collection sont souvent considérés comme
juvéniles d’autres espèces de Boophis, alors que, sur le terrain, il est aisé de les distin-
guer par leur chant.
Largement sympatriques, leur répartition écologique est inconnue.
1.3.2.5. B. gr. microtympanum. Ce petit groupe exclusivement des Hautes
Terres et des montagnes du quart Centre Sud de l'Ile, est homogène avec des tailles
très proches, moyennes, des colorations accusées (l’adulte de B. laurenti et le têtard de
B. williamsi sont jaune et noir, homochromes sur le fond de sable et gravier des petits
ruisseaux) et des mœurs non arboricoles mais relativement aquatiques. Les adultes
grimpent sur les plantes rivulaires herbacées mais passent beaucoup de temps
immergés dans des eaux froides claires et acides (Paulian et al. 1971).
Ces trois espèces diffèrent quelque peu par les dimensions de leur pied et de leur
palmure. B. williamsi : son développement sur l’Ankaratra dure 2 ans. B. Jaurenti est
allopatrique avec le précédent sur l'Andringitra, avec une grande variabilité chroma-
tique. B. microtympanum, moins montagnard, est sympatrique avec les deux
précédents.
1:3.2.6. B. gr. tephraeomystax. Riche de 7 espèces, ce groupe présente une large
diversité de tailles. La reproduction s’effectue, en général, en eaux stagnantes. Les
mains sont faiblement palmées mais leur mode de vie reste mal connu. Nous distin-
guerons deux ensembles :
(a) B. tephracomystax à B. hillenïi. Les quatre premières espèces, selon notre
classement, sont apparentées par leur développement.
— B. tephraeomystax, espèce de taille modérée, est exclusivement côtière. Elle
s'expose souvent au soleil ; sa résistance à la dessiccation lui a permis de s’adapter
secondairement, comme B. goudoti et Heterixalus, à des milieux de forêts claires voire
de lisières forestières. Cette caractéristique physiologique, associée à une faible
quantité cellulaire d'ADN, corrélative de divisions cellulaires accélérées, donc d’un
développement larvaire plus rapide, lui ont permis de coloniser la côte Ouest
jusqu'aux limites du domaine méridional. Les caryotypes des formes orientales et
occidentales sont différents mais ne sont pas en corrélation avec des différences
morphologiques évidentes.
S'il y a incontestablement rupture du flux génique, il nous paraît utile d'étudier
la variabilité dans plusieurs populations avant de proposer des modifications taxo-
nomiques encore prématurées.
— B. granulosus et B. hilleni sont des espèces de moyenne altitude, B. idae de
moyenne et haute altitudes ; elles sont localement en sympatrie écologique, par
exemple à Périnet, seule localité connue, avec Moramanga, pour B. granulosus. Leurs
tailles sont très voisines.
Si la similitude des adultes de B. idae et B. hilleniï (espèces jumelles) a été une
source de nombreuses confusions dans la littérature, leurs têtards sont nettement
différents.
(b) Les trois autres espèces ont des distributions restreintes. B. opisthodon,
espèce de grande taille, côtière, est limitée au quart Centre Nord. B. leucomaculatus est
une forme insulaire (Nosy Mangabe), de taille moyenne, connue par le seul exemplaire
type. B. microtis est, à l'inverse, une forme de haute altitude, du quart Sud de l'Ile.
Source : MNHN, Paris
476 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
1.3.2.7. B. gr. pauliani. Seule espèce dans ce groupe, elle a été isolée pour ses
caractéristiques de coloration : coloration externe et squelette verts, de denture : pas de
dents vomériennes et ses mœurs : elle vit près des eaux stagnantes, à l'inverse de la
plupart des autres Boophis verts qui vivent à proximité d'eaux courantes.
Ses affinités s’établissent avec le groupe difficilis et, en particulier, avec
B. majori de coloration beige mais à squelette verdâtre et pourvu d’une frange de
tubercules sur le bord de l’avant-bras et du tarse. Elle diffère, en outre, de ce dernier
par sa taille plus petite.
1.4. — Genre Tomopterna (Raninae). L’unique espèce de Raninae endémique à
Madagascar est une forme d'assez grande taille, exclusivement occidentale et méri-
dionale, terrestre à mœurs fouisseuses, à reproduction aquatique en eaux stagnantes.
2. INVASIONS ULTÉRIEURES.
Alors que, pour nous limiter au domaine de l’herpétologie, nous avons vu que la
majorité du peuplement actuel en Reptiles s'explique par des immigrations en prove-
nance d'Afrique (Blanc, 1972), il est surprenant de constater que leur part dans la
constitution de la faune des Amphibiens est minime (6% du peuplement).
Les difficultés sont de deux ordres : transport et indigénisation. La faible résis-
tance des Amphibiens à la dessiccation, par le soleil ou l’eau salée, en fait de médiocres
candidats à des transports aléatoires par radeaux flottants, comme il est possible de
l'observer dans tous les systèmes insulaires océaniques. L’arboricolie des Hypero-
lüdae, pourvus d’un cartilage intercalaire, constitue une adaptation positive impor-
tante, qui ne joue, toutefois, pas en faveur de Ptychadena mascareniensis.
L’indigénisation des Heterixalus a pu être favorisée par absence de concurrence
écologique dans l'Ouest malgache, et celle de Ptychadena mascareniensis par son
abondante reproduction.
2.1. — Hyperoliidae. Nous ne possédons guère d'arguments pour préciser la date
d'arrivée des Hyperoliidae à Madagascar mais nous rappellerons que si le genre
Heterixalus y est endémique, il est très proche du genre africain Hyperolius. Un
scénario plausible pour la différenciation de ses 7 espèces connues aujourd’hui, déduit
de leurs affinités et de leurs répartitions, pourrait être le suivant :
(a) Groupe H. tricolor, H. betsileo, H. boettgeri. Ces trois espèces, de tailles
identiques, avec des juvéniles caractérisés par leurs lignes dorsales, sont très proches.
Les deux premières ont une vaste distribution tant horizontale, orientale et
occidentale, qu’altitudinale. Il est possible d’imaginer qu’elles jalonnent un schéma de
colonisation avec une implantation des populations fondatrices dans le Nord-Ouest,
d’où elles auraient gagné la côte Est par les Hautes Terres Centrales. H. tricolor,
notamment, est très résistant à la température : ses têtards survivent, dans les eaux
chaudes, parfois légèrement saumâtres des lagunes orientales (Ambila-Lemaitso).
H. boettgeri, très proche de H. betsileo, est isolée allopatriquement dans le Sud-Est.
(b) Groupe H. madagascariensis et H. alboguttatus. Ces deux espèces affines,
qui peuvent acquérir, par exposition directe au soleil, une teinte de fond parfois entiè-
rement blanche, sont allopatriques et côtières orientales. H. madagascariensis dans le
quart Centre Nord, de plus grande taille, est exclusivement côtière, tandis que
H. alboguttatus, dans le quart Centre Sud, franchit la falaise.
(c) H. rutenbergi est une forme bien différenciée à la fois par sa morphologie et
par sa distribution sur les Hautes Terres du Centre.
(d) H. nossibeensis, strictement insulaire pourrait, selon ses affinités (non encore
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 477
établies), être issue soit du peuplement initial occidental, soit d’une invasion à partir
du domaine, de type oriental, du Bas Sambirano.
2.2. — Genre Ptychadena (Raninae). Représenté par une seule espèce non endé-
mique, répandue aussi dans les Mascareignes d’où elle a été décrite (île Bourbon =
la Réunion), ce genre est considéré unanimement comme d'arrivée récente. Les
modalités en restent hypothétiques. L’utilité d’un développement direct n’est donc pas
évidente pour les transports à longue distance des Amphibiens.
Bien que de peu d'intérêt zoogéographique, tout au moins en l'absence de
travaux systématiques plus précis sur ses diverses populations, P. mascareniensis
constitue un élément majeur des biocénoses dans les milieux ouverts, secondarisés, les
moins originaux, et à faible diversité spécifique, notamment les rizières. Quoi que
soumise à une intense prédation et à un fort parasitisme elle est partout, sauf en forêts
denses, et dans toute l’île, très abondante. Elle concurrence surtout Mantidactylus
alutus et entraîne sa disparition.
CONCLUSION. — La perspective de rassembler en un vaste panorama les
séquences de la mise en place du peuplement en Amphibiens de Madagascar reste hors
de portée, et le restera sans doute toujours compte-tenu des modifications anthro-
piques considérables des milieux naturels, que nous aborderons dans le prochain
chapitre.
Cet essai de synthèse zoogéographique nous aura permis, cependant, de préciser
l'intervention des principaux facteurs suivants :
Les facteurs abiotiques : les caractéristiques du climat, mais aussi des milieux
aquatiques, ainsi que celles du couvert végétal jouent un rôle important dans la
spéciation, comme en témoignent l'existence d’enclaves (Mahajeby par exemple), et de
caténas d'espèces affines au long de transects altitudinaux, comme les groupes
albofrenatus et ulcerosus dans le g. Mantidactylus.
Cette conception écologique à grande échelle n’explique qu’une partie du
peuplement. Nous avons vu que de nombreux genres ou groupes d’espèces ne sont
présents que dans une aire géographique relativement réduite. Il peut s’agir soit de
formes en cours de régression, soit en cours d’expansion, soit en équilibre avec des
espèces concurrentes à la périphérie de leur aire de distribution.
Des modifications du comportement, comme par exemple, chez les adultes de
Boophis, l'aptitude à s’exposer en plein soleil, ou, chez les têtards, l'aptitude à vivre en
eaux calmes voire stagnantes, ou l'acquisition chez les Microhylidae d’une ponte
abondante en milieu aquatique, leur ont été nécessaires pour coloniser les domaines
occidental et méridional en raison de la brièveté de la saison humide. Il en est de même
de comportements alimentaires comme d’adelphophagie.
D’autres facteurs plus subtils, comme la réduction de la quantité d'ADN
cellulaire permettant un développement larvaire accéléré, ont également dû jouer un
rôle non négligeable pour la colonisation des milieux où les saisons sont bien
marquées.
Enfin, il est remarquable de constater que les espèces endémiques répandues
dans l’ensemble des domaines bioclimatiques sont plus souvent des formes anciennes
appartenant aux g. Scaphiophryne, 8. Dyscophus, g. Tomopterna, s. Mantidactylus,
que des représentants de genres dérivés comme Boophis, considéré, toutefois, comme
genre primitif dans la famille des Rhacophoridae, et Mantella.
Source : MNHN, Paris
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CHAPITRE 5
L'HOMME ET LE PEUPLEMENT DES AMPHIBIENS
Dans ce chapitre, nous présenterons quelques aspects du rôle de l’homme inter-
venant comme facteur biogéographique, notamment son impact sur les Amphibiens et
les perspectives de protection et de gestion de cette partie de la faune.
1. — IMPACTS DE L'HOMME.
1.1. — Action directe sur la faune des Amphibiens.
La principale est d'ordre gastronomique : les “cuisses de nymphes” constituent
la spécialité culinaire fort prisée de quelques restaurants, à Tananarive et à Ambato-
lampy en particulier. Le marché tananarivien est régulièrement approvisionné en
Boophis goudoti, en Mantidactylus grandidieri et en M. guttulatus, espèces parmi les
plus recherchées pour leur grande taille et la finesse de leur chair. Ces Grenouilles
sont, avant leur commercialisation, stockées dans des bassins, avec une faible quantité
d’eau plus ou moins renouvelée ; durant cette période les reproductions ne peuvent
intervenir et, au cours des transports, la mortalité n’est parfois pas négligeable.
La terrariophilie apparaît peu développée et la règlementation des exportations
limite les prélèvements qu’elle engendrerait nécessairement, dans une phase initiale
tout au moins.
L'introduction volontaire à Majunga de l’énorme Rana tigerina et sa dissémi-
nation plus ou moins passive (elle a été récoltée tout près de Tananarive, à Nanisana)
est catastrophique pour la faune locale des Amphibiens qu’elle ingurgite aux divers
stades de leur cycle.
L'utilisation des Amphibiens comme remèdes traditionnels ou “fanafody” est
anecdotique, limitée surtout à la préparation, à partir des grandes espèces, de bouillons
contre la toux.
1.2. — Action indirecte sur la faune des Amphibiens.
En dépit d’une arrivée relativement récente de l’homme à Madagascar, son
impact sur beaucoup de milieux naturels a été d’une extrême brutalité, même en
l'absence de moyens technologiques destructeurs élaborés.
Les premiers établissements humains ne semblent pas antérieurs à 300, sinon
même 800 ans, après J.-C. (Vérin, 1967) et, pendant longtemps, de vastes territoires
restèrent inoccupés, dont d’ultimes vestiges subsistent aujourd’hui encore.
Aux peuplements initiaux qui s’étendirent progressivement, vers la fin du
premier millénaire, sur la plus grande partie des côtes (Battistini & Vérin, 1966),
succéda tardivement l'occupation des Hautes Terres en Imerina et dans le Sud
Betsileo. L'implantation humaine en Imerina daterait du 14° siècle, sur la bordure
orientale des Hautes Terres, au Sud-Est de l'emplacement actuel de Tananarive et
pendant longtemps, jusqu’à la fin du 18° siècle n’excéda pas un quadrilatère de 50 sur
80 km (Deschamps, 1965).
Les densités humaines moyennes furent extrêmement faibles avec 2.550.000
habitants en 1900 et 3.770.000 en 1936. L'explosion démographique est récente :
4.122.000 hab. en 1941, 5.144.000 en 1958 et 7.100.000 en 1969.
479
Source : MNHN, Paris
480 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
Le peuplement actuel, d'environ 8 millions d’habitants, dont les 3/4 sont des
agriculteurs, est très inégalement réparti. Si l’Imerina central atteint des densités
supérieures à 40 hab./km?, 8 % seulement du pays a une densité humaine de plus de
20 hab./km°? ; 120.000 km?, soit 20 % de la surface totale, ont moins de 0,3 hab./km?
et 30.000 km? (5% du pays) sont inhabités (Rouveyran & Chavannes, 1969).
1.2.1. — Incidence du feu et du bétail sur les milieux terrestres. L'installation
des premiers occupants s’est heurtée à la forêt qui semble bien avoir été omniprésente
à Madagascar. Même s’il a pu être montré, en comparant deux séries de photographies
aériennes séparées par un intervalle de 21 ans, que tout récemment et localement, dans
la région d’Ankazoabo, les lisières entre la savane et la forêt tropophile occidentale
n’ont guère varié (Morat, 1972), la plupart des auteurs (revue in Koechlin et al., 1974),
se rangent à l'opinion de Perrier de la Bâthie (1921), pour qui le climax est forestier
dans l’ensemble de la Grande Ile.
Les arguments sont multiples et sérieux :
— Les herbacées et les annuelles sont nombreuses, mais toutes sylvicoles.
— Plusieurs espèces végétales et animales n’ont plus jamais été retrouvées
depuis leur collecte initiale, traduisant la destruction totale de leur habitat.
— La pauvreté floristique, le manque d'originalité, l'endémisme faible,
l’absence quasi-totale de formes d’adaptation au milieu sont, selon Koechlin et al.
(1974), des arguments en faveur du caractère secondaire récent des savanes
malgaches. Les rares exceptions s’expliquent par la présence (ou la survivance) de
formations herbeuses limitées, plus ou moins temporaires, après destructions du
couvert forestier lors d’incendies naturels, de glissements de terrain, d’inondations,
etc...
— Il n'existe, à Madagascar, contrairement à l'Afrique, que peu d’Amphibiens
adaptés à la vie en savane.
— Maints témoignages attestent de la présence de vastes forêts dans des régions
aujourd’hui largement dénudées, même sur les massifs montagneux. Ainsi, Mayeur
(1777) évoque l’Ankaratra couvert de forêts ; au siècle dernier encore, les trajets entre
Tananarive et Majunga, d’une part, Ambositra d’autre part, recoupaient de grands
lambeaux forestiers
— Enfin, il n’est nul familier de la nature malgache qui n’ait observé des pans
entiers de forêt originelle abattue puis mise à feu sur place, quelques mois plus tard,
pour la riziculture de montagne, par la pratique du “tavy”.
Si un consensus existe pour considérer qu’à l’arrivée de l’homme, Madagascar
était recouverte de façon continue d’une végétation essentiellement ligneuse, largement
diversifiée en liaison avec les facteurs climatiques, orographiques et édaphiques, les
opinions divergent sur l'étendue de la responsabilité de l’homme dans les processus de
savanisation.
La savanisation actuelle pourrait être d’ordre climatique, due à un assèchement
récent responsable de la disparition de la faune des grands subfossiles quaternaires :
lHippopotame nain, l’Aepyornis et les Lémuriens géants. Diverses légendes et obser-
vations attestent, en effet, que la plupart d’entre eux furent contemporains de l’occupa-
tion humaine (revue in Battistini & Vérin, 1972).
Pour les botanistes, Perrier de la Bâthie et Humbert, par contre, l’homme est seul
responsable de la destruction des 8 à 9 dixièmes du couvert végétal climacique. Elle
s’est surtout exercée au détriment des formations tropophiles, le feu étant favorisé par
une longue saison sèche au cours de laquelle une litière combustible s’accumule. De
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 481
même, les forêts sclérophylles et les fourrés d’altitude ont pu être l’objet d'immenses et
fantastiques incendies détruisant, à l'issue d’une période sèche quelque peu accusée,
une végétation particulièrement inflammable, faite de plantes éricoïdes denses et peu
élevées, recouvrant d’épaisses couches de Mousses, de Lichens et de litière en partie
transformées en tourbe.
Pour Perrier de la Bâthie, cette destruction aurait pu être achevée en moins d’un
siècle. La tradition orale perpétue le souvenir de l’existence d'immenses incendies en
Pays Betsileo, à l’arrivée des premiers occupants, les Vazimba, et dans la région du lac
Alaotra, dénommés respectivement “afotroa” et “afotria” (in Battistini & Vérin, 1972).
Dès 1777, Mayeur décrit l'aspect entièrement dénudé de l’Imerina central alors que la
population totale de l'Île ne devait avoisiner que 1 million d'habitants. Il souligne
l'absence d'arbres et la pénurie de bois pour la construction, le chauffage et la cuisson
des aliments. Tandis que Gauthier (1902) estime qu’il n’y a aucune indication que
l’Imerina ait jamais été boisée, Raison (1972) relève des témoignages historiques de
la pratique du “tavy” et de l'existence de forêts. Rappelons la destruction subtotale de
la végétation altimontaine du Tsaratanana par deux incendies involontaires au cours
des deux premières missions effectuées sur ce massif : la mission exploratoire des
Capitaines Meunier et Bodry, en 1899, et celle du géologue Lemoine, en 1903, ainsi
que l’incendie de la forêt d’Antoetra (ca. 30 km au S.-E. d’Ambositra) qui, en consu-
mant l’humus du sol, calcina les racines, sans que les branches et les troncs ne soient
enflammés (Vignal, 1955).
Actuellement, les formations sensibles ne subsistent plus que très localement,
protégées par des falaises ou des zones rocheuses jouant le rôle de coupe-feux.
Les forêts les mieux conservées sont celles qui doivent être abattues pour être
brülées : le bush du Sud riche en plantes à latex ou à réserves d’eau et surtout la forêt
ombrophile de moyenne altitude et des vallées. La fréquence des reliefs multifaces, à
pentes souvent excessives, une pluviométrie élevée et largement étalée au cours de
l’année, la fréquence des sols tourbeux, la dissémination des essences commerciali-
sables ont largement protégé cette forêt, en aceumulant les difficultés d'exploitation.
Elle est surtout détruite pour la pratique des cultures itinérantes sur brülis. En outre,
les feux de brousse incontrôlés, répétés annuellement, attaquent leurs lisières et entre-
tiennent le processus de savanisation.
L'impact sur le milieu naturel des populations humaines, même fort clairsemées,
a été singulièrement démultiplié par un autre puissant levier, le bétail. Les immenses
troupeaux de zébus (11 millions de têtes, en 1969) élevés, notamment, pour des
raisons de prestige et pour les sacrifices mortuaires, justifient et renforcent l’action
meurtrière du feu. Les Bovidés circulent librement en forêt, broutent et piétinent le
sous-bois, ouvrent des sentes et favorisent le dessèchement de la litière. Ils compro-
mettent la survie de la forêt et aggravent l'attaque des feux.
En conclusion, il semble bien que la faune des Amphibiens ait été confrontée
non pas à un processus relativement progressif de savanisation d’origine climatique
mais à une disparition brutale, quasi-instantanée des trois-quart du couvert végétal
climacique ligneux lors des stades initiaux de l’occupation humaine, prolongée depuis
lors par l’action destructrice des feux de brousse sur les lisières, du bétail et des
cultures sur brülis.
Koechlin et al. (1974 : 605) constatent que c’est précisément l’arrivée récente de
l'homme, et du feu, qui permet d'expliquer l'énorme et rapide extension des forma-
tions graminéennes. La savanisation suit immédiatement l'incendie ; la répétition des
Source : MNHN, Paris
482 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
feux, en synergie avec l'impact du bétail, empêche tout retour de la forêt et assure la
pérennité des immenses savanes, des pseudo-steppes et des prairies altimontaines
actuelles, à Hyparrhenia rufa, Heteropogon contortus, Aristida rufescens, piquetées
parfois, selon la nature des sols, de Palmiers “satrana” (Hyphaene shatan) ou de
“sakoa” (Poupartia [= Sclerocarya] caffra), qui recouvrent environ 60 % du pays. Un
embuissonnement local ultérieur, par des Terminalia ou des Stereospermum variabile
n'offre guère d'intérêt pour les Amphibiens.
Les effets de la déforestation sur la faune des Amphibiens sont multiples :
— Suppression directe de l'habitat et des sites de ponte pour les espèces arbo-
ricoles.
— Régression des plantes rivulaires sur lesquelles les espèces grimpeuses
séjournent.
— Suppression des sites de ponte pour beaucoup d’espèces fouisseuses qui les
aménagent préférentiellement sous les troncs et dans les souches en décomposition.
Nous avions déjà signalé l'incidence néfaste de l’autorisation du ramassage du bois
mort (Blanc, 1981).
— Disparition, par combustion, érosion ou embroussaillement, de la litière
indispensable à beaucoup de formes terrestres forestières.
— Modifications microclimatiques, se traduisant, à la suite d’une exposition
directe au soleil, par l’accentuation des variations de températures, la dessication
— même temporaire — du sol, la réduction de l’hygrométrie ambiante, qui détruisent
les pontes ou les larves et entraînent la disparition des adultes.
— Même les espèces essentiellement aquatiques sont décimées : une réduction
rapide du couvert végétal, modifie considérablement les caractéristiques hydro-
logiques des cours d’eau. Les pluies provoquent des crues soudaines et un fort
ravinement. Les pontes et les tétards sont entraînés. Les eaux humifères opalescentes,
acides, de la forêt, deviennent chargées de boue latéritique qui englue la gangue gélati-
neuse des œufs. Les eaux de pluie n'étant plus mises en réserve, le débit des cours
d’eau se réduit considérablement jusqu’à l’assèchement entre deux crues, éliminant
ainsi toute possibilité de survie pour la plupart des espèces.
Enfin, la réduction des forêts s’accompagne d’une réduction de la pluviométrie.
Or, nous avons vu l’importance de ce facteur pour la faune des Grenouilles, en
terme, notamment, de richesse spécifique.
Les principaux effets du bétail découlent surtout du broutage et du piétinement.
Le sous-bois s’éclaircit, s’assèche et devient hostile aux Amphibiens des litières. Les
abords des points d’eau, des mouilles en particulier, sont modifiés, souillés d’excré-
ments, boueux : la survie des pontes, des têtards et des adultes aquatiques et rivulaires
est compromise.
1.2.2. — Aménagements des milieux aquatiques. Le riz étant la nourriture de
base de la plupart des Malgaches, la riziculture irriguée, relayant celle de “tavy”, a
radicalement transformé de vastes régions (environ 800.000 ha) en Imerina au
détriment des marécages surtout, en pays Betsileo au détriment des thalwegs et des
versants et, plus récemment, dans l'Ouest sakalava au détriment des “matsabory”. La
végétation rivulaire est détruite, le sol est retourné où densément piétiné et la rizière est
mise en sec durant plusieurs mois, après la récolte. Ces modifications drastiques de
milieux particulièrement propices aux Amphibiens entraînent l'éradication de la faune
endémique et favorisent, à l'inverse, l'extension, voire la pullulation, de Ptychadena
mascareniensis.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 483
Les autres cultures en zones humides, comme le “taro” (Colocasia antiquorum),
sont d’ampleur beaucoup plus limitée.
Le développement de la pisciculture par les modifications des milieux qu’il
entraîne et l'introduction de Poissons carnivores ou omnivores a aussi un impact
négatif sur les Amphibiens. Razarihelisoa (1979) signale la pauvreté en têtards des
bassins à Black-bass (Micropterus salmoides) et à Tilapia, tandis que les têtards de
Ptychadena mascareniensis exploitent les bassins de ponte des Carpes.
1.2.3. — Modification des relations trophiques. Nous n’évoquerons, ici, que
l'impact de l'homme sur les prédateurs d’Amphibiens. Les Crocodiles, sauf en
quelques rares régions, ont été pratiquement éradiqués et les populations de Carni-
vores et les Boïdés sont en nette régression, si bien que des mesures de protection ont
dû être prises pour toutes ces espèces.
L'extension des milieux ouverts a pu favoriser certains prédateurs, comme les
Bubulcus ibis ou “Vorompotsy” qui accompagnent les troupeaux de Zébus mais leur
action s’exerce surtout aux dépens de l’espèce non endémique, très abondante,
Ptychadena mascareniensis.
2. — PROTECTION ET GESTION. En complément des listes d’espèces recensées
dans les aires actuellement protégées, nous rapporterons quelques considérations sur
la protection et la gestion des Amphibiens malgaches.
2.1. — Listes taxonomiques dans les aires protégées. Ces aires comprennent
(Andriamampianina, 1981) 12 Réserves naturelles intégrales créées en 1927 (R.N.I.
n° 1 à 10), en 1939 et 1952 pour les deux dernières. Par décret n° 64-381 du
16 septembre 1964, la R.N.I. 2, de Masoala, fut déclassée à des fins d’exploitation. S'y
ajoutent les deux Parcs nationaux de l’Isalo et de la Montagne d’Ambre, 21 Réserves
spéciales, y compris les deux Réserves de faune de Périnet-Analamazaotra et
d'Ambohitantely, et une trentaine de Stations forestières dont quelques-unes
conservent des vestiges de forêts naturelles : Manjakatompo, Angavokely, Mandena,
Ampijoroa, Ivoloina.
Il nous a paru utile, dans le cadre de cet ouvrage, de récapituler les espèces dont
la présence, dans ces aires qui bénéficient d’une protection légale, est attestée par nos
observations ou par la littérature.
2.1.1. — R.NI. n° 1, de Betampona (V-44) (fig. 161).
(41.777 ha à l’origine mais réduite, en 1966, à 2.228 ha; forêt ombrophile
orientale de basse altitude : 300 à 550 m).
19: Plethodontohyla coudreaui
97 : Mantidactylus guttulatus
2.1.2. — RNI n° 3, de Zahamena (S-T-43).
(73.160 ha; forêt ombrophile orientale surtout de moyenne altitude : 500
à 1300 m).
17 : Plethodontohyla alluaudi
20 : Plethodontohyla ocellata
21 : Plethodontohyla notosticta
24 : Platypelis grandis
2.1.3. — RNI. n° 4, du Tsaratanana (U-34).
(48.622 ha ; elle englobe le sommet culminant de l'Ile, le Mont Maromokotra :
2887 m; forêts ombrophiles orientales à partir de 700 m et fourré de montagne).
: Mantidactylus depressiceps
Mantidactylus tornieri
Boophis madagascariensis
: Boophis rappiodes
Source : MNHN, Paris
R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
12: Plethodontohyla minuta 77: Mantidactylus granulatus
14: Plethodontohyla guentherpetersi 78: Mantidactylus pliciferus
23: Platypelis alticola 90 : Mantidactylus ulcerosus
25 : Platypelis pollicaris 91: Mantidactylus betsileanus
26 : Platypelis tsaratananaensis 93: Mantidactylus biporus
52: Mantidactylus elegans 105 : Boophis goudoti
53: Mantidactylus peraccae 133 : Aglyptodactylus madagascariensis
2.14. — RAI. n° 5, de l'Andringitra (N-55).
(31.160 ha ; formations d’altitude (au-dessus de 1 200 m) de ce massif dont le
pic Boby, avec 2 658 m, est le second sommet de Madagascar.
1: Scaphiophryne madagascariensis 83: Mantidactylus femoralis
13 : Plethodontohyla bipunctata 89: Mantidactylus aerumnalis
21: Plethodontohyla notosticta 90 : Mantidactylus ulcerosus
33: Anodonthyla montana 91 : Mantidactylus betsileanus
43 : Heterixalus tricolor 92 : Mantidactylus curtus
52: Mantidactylus elegans 93 : Mantidactylus biporus
59: Mantidactylus domerguei 94: Mantidactylus alutus
70 : Mantidactylus redimitus 96 : Mantidactylus madecassus
74: Mantidactylus boulengeri 105 : Boophis goudoti
76: Mantidactylus decaryi 108 : Boophis untersteini
78: Mantidactylus pliciferus 109 : Boophis madagascariensis
79 : Mantidactylus luteus 122: Boophis microtympanum
81: Mantidactylus spiniferus 124: Boophis laurenti
82: Mantidactylus lugubris 133 : Aglyptodactylus madagascariensis
2.1.5. — R.N.I. n° 6, de Lokobe. (R-33).
(740 ha; végétation insulaire de basse altitude du domaine du Sambirano).
27: Platypelis milloti 90 : Mantidactylus ulcerosus
36: Stumpflia psologlossa 101 : Mantella betsileo
83 : Mantidactylus femoralis
2.1.6. — RNI. n° 7, de l’Ankarafantsika (N-40).
(60.520 ha; forêt tropophile occidentale de basse altitude, sur sol arénacé).
3: Scaphiophryne calcarata 57: Mantidactylus wittei
9: Dyscophus insularis 90: Mantidactylus ulcerosus
36: Stumpffia psologlossa 91 : Mantidactylus betsileanus
39 : Heterixalus betsileo 125 : Boophis tephraeomystax
46: Tomopterna labrosa (7: Ran tigerina)
2.1.7. — RNI. n° 8, du Tsingy de Namoroka (H-I-40-41).
(21.742 ha; massif karstique calcaire).
3: Scaphiophryne calcarata 101 : Mantella betsileo
57: Mantidactylus wittei
2.1.8. — R.N.I. n° 9, du Tsingy de Bemaraha (G-46).
(152.000 ha ; forêt tropophile occidentale de basse altitude : 200-400 m, sur
calcaires karstiques ou “tsingy).
3: Scaphiophryne calcarata 90 : Mantidactylus ulcerosus
77 : Mantidactylus granulatus 93: Mantidactylus biporus
79 : Mantidactylus luteus
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 485
SRE Ets se ua [ut ge | ve |
TRS
EIUIRIE
Fig. 161: Grille de repérage des stations.
Source : MNHN, Paris
486
R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
2.1.9. — R.N.I. n° 10, du Tsimanampetsotsa (C-60).
(43.200 ha; fourrés xérophiles méridionaux de basse altitude).
4
9
: Scaphiophryne brevis
: Dyscophus insularis
46:
Tomopterna labrosa
2.1.10. — R.N.I. n° 11, d'Andohahela (M-62).
(76.020 ha en trois parcellés; fourrés méridionaux, forêts orientales et
formations intermédiaires de type pentes occidentales, à des altitudes variant entre
120 et 1 956 m).
33
61
66
73
2.1.11. — RN.I. n° 12, du Marojezy (V-35).
: Anodonthyla montana
: Mantidactylus guibei
: Mantidactylus albolineatus
: Mantidactylus webbi
87:
106:
131:
133 :
Mantidactylus albofrenatus
Boophis hyloides
Boophis microtis
Aglyptodactylus madagascariensis
(60.150 ha ; forêts ombrophiles orientales et fourré montagnard entre 120 m
et 2133
m).
: Dyscophus insularis
: Plethodontohyla serratopalpebrosa
: Plethodontohyla minuta
: Plethodontohyla notosticta
: Platypelis tuberifera
: Platypelis grandis
: Platypelis pollicaris
: Anodonthyla boulengeri
: Stumpffia psologlossa
: Stumpflia grandis
: Stumpffia tridactyla
: Heterixalus betsileo
: Laurentomantis horrida
: Mantidactylus liber
: Mantidactylus pulcher
: Mantidactylus bicalcaratus
: Mantidactylus albolineatus
: Mantidactylus punctatus
70: Mantidactylus redimitus
Hat
72:
: Mantidactylus pliciferus
: Mantidactylus luteus
: Mantidactylus asper
: Mantidactylus spiniferus
: Mantidactylus lugubris
: Mantidactylus femoralis
: Mantidactylus majori
: Mantidactylus albofrenatus
: Mantidactylus curtus
: Mantidactylus guttulatus
: Mantidactylus grandidieri
: Mantella madagascariensis
109 :
115:
2.1.12. — Parc national de l'Isalo (H-57).
(81.540 ha ; formations occidentales, sur grès ruiniformes).
46
91
: Tomopterna labrosa
: Mantidactylus betsileanus
Mantidactylus pseudoasper
Mantidactylus klemmeri
Boophis madagascariensis
Boophis luteus
2.1.13. — Parc national de la Montagne d’Ambre (U-V-31).
(18.200 ha; forêt ombrophile orientale, entre 1 000 et 1 500 m).
: Plethodontohyla laevipes
: Cophyla phyllodactyla
: Stumpffia psologlossa
: Mantidactylus granulatus
: Mantidactylus luteus
: Mantidactylus asper
: Mantidactylus femoralis
: Mantidactylus ulcerosus
: Mantidactylus betsileanus
: Mantidactylus curtus
: Boophis goudoti
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS
109 : Boophis madagascariensis
113: Boophis majori
487
133 : Aglyptodactylus madagascariensis
2.1.14. — Réserve de faune de Périnet-Analamazaotra (S-AT).
(810 ha; 1970 ; forêt ombrophile orientale de moyenne altitude).
: Scaphiophryne marmorata
: Paradoxophyla palmata
: Plethodontohyla bipunctata
: Plethodontohyla notosticta
: Platypelis tuberifera
: Mantidactylus mocquardi
: Mantidactylus majori
: Mantidactylus opiparis
: Mantidactylus betsileanus
: Mantidactylus curtus
: Platypelis grandis 93: Mantidactylus biporus
: Platypelis pollicaris 97 : Mantidactylus guttulatus
: Platypelis barbouri 98: Mantidactylus grandidieri
: Anodonthyla boulengeri 100 : Mantella aurantiaca
: Stumpffia tridactyla 104 : Mantella madagascariensis
: Heterixalus betsileo 105 : Boophis goudoti
: Laurentomantis horrida 108 : Boophis untersteini
: Mantidactylus depressiceps 109 : Boophis madagascariensis
Mantidactylus tornieri 110 : Boophis reticulatus
Mantidactylus blommersae 112 : Boophis difficilis
Mantidactylus liber 114: Boophis miniatus
Mantidactylus pulcher 115: Boophis luteus
Mantidactylus bicalcaratus 118: Boophis rappiodes
: Mantidactylus albolineatus 119 : Boophis viridis
Mantidactylus flavobrunneus 120 : Boophis erythrodactylus
Mantidactylus aglavei 126: Boophis granulosus
70 : Mantidactylus redimitus 127 : Boophis idae
75: Mantidactylus eiselti 128 : Boophis hillenii
80: Mantidactylus asper 132: Boophis pauliani
82: Mantidactylus lugubris 133: Aglyptodactylus madagascariensis
83 : Mantidactylus femoralis
2.1.15. — Réserve de faune d'Ambohitantely (0-45).
(Forêts denses orientales d'altitude).
25 : Platypelis pollicaris 83: Mantidactylus femoralis
42: Heterixalus rutenbergi 88: Mantidactylus opiparis
63 : Mantidactylus liber 89: Mantidactylus aerumnalis
78: Mantidactylus pliciferus 92 : Mantidactylus curtus
2.1.16. — Réserve spéciale de Nosy Mangabe (W-38).
(520 ha; 1965 ; forêt insulaire, dense ombrophile de basse altitude).
20: Plethodontohyla ocellata 73: Mantidactylus webbi
24: Platypelis grandis 93 : Mantidactylus biporus
36 : Stumpffia psologlossa 101: Mantella betsileo
38: Stumpffia tridactyla 102 : Mantella laevigata
64: Mantidactylus pulcher 130: Boophis leucomaculatus
2.1.17. — Réserve spéciale du Manongarivo (S-34).
(85.250 ha; 1956 ; forêt ombrophile du domaine du Sambirano).
3: Scaphiophryne calcarata 74: Mantidactylus boulengeri
57: Mantidactylus wittei 90: Mantidactylus ulcerosus
La faune des Amphibiens y reste particulièrement mal connue.
Source : MNHN, Paris
488 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
2.1.18. — Réserve spéciale du Pie d'Ivohibe (N-56).
(3 450 ha ; 1964; forêt ombrophile d'altitude et fourrés de montagne, jusqu'à
2069 m).
24: Platypelis grandis 83: Mantidactylus femoralis
52: Mantidactylus elegans 84: Mantidactylus mocquardi
56: Mantidactylus argenteus 85: Mantidactylus majori
62: Mantidactylus bertini 88: Mantidactylus opiparis
76: Mantidactylus decaryi 93: Mantidactylus biporus
79 : Mantidactylus luteus 104: Mantella madagascariensis
81: Mantidactylus spiniferus 127 : Boophis idae
82: Mantidactylus lugubris 133: Aglyptodactylus madagascariensis
2.1.19. — Réserve spéciale du Cap Sainte Marie (H-63).
(1750 ha; 1962; fourré xérophile méridional de basse altitude).
4: Scaphiophryne brevis
77: Mantidactylus granulatus
2.1.20. — Station forestière d'Ampijoroa (N-40).
(Forêt tropophile occidentale de basse altitude).
3: Scaphiophryne calcarata 57: Mantidactylus wittei
9: Dyscophus insularis 90 : Mantidactylus ulcerosus
39: Heterixalus betsileo 125 : Boophis tephraeomystax
46: Tomopterna labrosa (47: Rana tigerina)
2.1.21. — Station forestière de Manjakatompo (0-48).
(Forêts denses orientales, ombrophile et sclérophylle de montagne, fourrés
d'altitude et pseudo-steppes jusqu’au point culminant, le Tsiafajavona : 2 642 m).
2: Scaphiophryne pustulosa 94: Mantidactylus alutus
16 : Plethodontohyla tuberata 95 : Mantidactylus ambohimitombi
39: Heterixalus betsileo 96: Mantidactylus madecassus
59: Mantidactylus domerguei 105: Boophis goudoti
74: Mantidactylus boulengeri 115: Boophis luteus
82: Mantidactylus lugubris 120 : Boophis erythrodactylus
88: Mantidactylus opiparis 121: Boophis mandraka
89 : Mantidactylus aerumnalis 122 : Boophis microtympanum
92 : Mantidactylus curtus 123 : Boophis williamsi
2.1.2. — Station forestière d’Antsampandrano (0-48).
(Forêt dense orientale ombrophile de montagne).
83 : Mantidactylus femoralis 104: Mantella madagascariensis
92: Mantidactylus curtus 105: Boophis goudoti
2.1.23. — Station forestière d’Angavokely (Q-47).
(Forêt dense orientale de montagne).
16 : Plethodontohyla tuberata 94: Mantidactylus alutus
39: Heterixalus betsileo 105 : Boophis goudoti
89 : Mantidactylus aerumnalis 111: Boophis rhodoscelis
92 : Mantidactylus curtus
2.1.24. — Station forestière d'Ivoloina (V-45).
(créée en 1898 ; 12 km au Nord de Tamatave).
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS
: Plethodontohyla notosticta 65:
: Platypelis tuberifera 68 :
: Anodonthyla boulengeri 85 :
: Heterixalus tricolor ol
: Laurentomantis horrida 125:
: Mantidactylus liber
489
Mantidactylus bicalcaratus
Mantidactylus flavobrunneus
Mantidactylus majori
Mantidactylus betsileanus
Boophis tephraeomystax
2.1.25. — Station forestière de Mandena (N-62).
: Scaphiophryne brevis
: Plethodontohyla alluaudi
: Platypelis grandis
: Heterixalus boettgeri
: Heterixalus tricolor
: Tomopterna labrosa
: Mantidactylus punctatus
: Mantidactylus opiparis
: Mantella cowani
: Aglyptodactylus madagascariensis
Il est à signaler que dans beaucoup de ces aires protégées, et notamment au
voisinage des points de présence humaine, Ptychadena mascareniensis s’est plus ou
moins largement implantée.
Dans l'ensemble des 25 périmètres recensés ci-dessus, un total de 113 espèces
bénéficient d’une protection légale, soit 85 % de la faune endémique totale. Le tableau
20 recense les 20 espèces non incluses. Il reste, néanmoins, que l'attention des natu-
ralistes doit être attirée sur l'existence d’espèces dont la survie doit être, à divers titres,
considérée comme précaire.
TABLEAU 20. — Espèces non ineluses dans les périmètres protégés.
2.2.
: Dyscophus antongili
: Dyscophus guineti
: Plethodontohyla inguinalis
: Plethodontohyla brevipes
: Platypelis cowani
: Rhombophryne testudo
: Anodonthyla rouxae
: Madecassophryne truebae 116:
: Heterixalus madagascariensis 117:
: Heterixalus nossibeensis 129 :
— Espèces sensibles.
45:
50:
51
58:
86:
09:
107 :
Heterixalus alboguttatus
Laurentomantis malagasia
Laurentomantis ventrimaculata
Mantidactylus grandisonae
Mantidactylus species
Mantidactylus microtympanum
Boophis callichromus
Boophis albilabris
Boophis species
Boophis opisthodon
2.2.1. — Espèces connues par un petit nombre de spécimens et non retrouvées
dans la nature. Les 12 espèces suivantes ne sont connues que par le ou les types.
10 : Plethodontohyla laevipes 26 : Platypelis tsaratananaensis
11: Plethodontohyla serratopalpebrosa 28: Platypelis cowani
14: Plethodontohyla guentherpetersi 51: Laurentomantis ventrimaculata
18 : Plethodontohyla brevipes 107 : Boophis callichromus
19 : Plethodontohyla coudreaui 119 : Boophis viridis
23: Platypelis alticola 130: Boophis leucomaculatus
2.2.2. — Espèces à aire de distribution restreinte.
34: Anodonthyla rouxae 44 : Heterixalus nossibeensis
35 : Madecassophryne truebae 100 : Mantella aurantiaca
37: Strumpffia grandis
2.3. — Gestion des espèces d'intérêt économique. L'existence d'espèces exploi-
tables à des fins commerciales est susceptible de renforcer l'intérêt scientifique de la
Source : MNHN, Paris
490 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
faune des Grenouilles dans son ensemble. À Madagascar, l’intérêt économique des
Amphibiens se limite à l'alimentation et à la terrariophilie. Rien n’est connu sur
l'intérêt pharmacologique éventuel d’espèces de Mantella en particulier.
Les dispositions légales en cours limitent le développement des élevages en
captivité. Des espèces sensibles comme Mantella aurantiaca devraient être l’objet
d’une vigilance particulière et sa commercialisation, limitée strictement aux individus
issus d’élevages. Bien d’autres espèces seraient susceptibles de constituer un matériel
biologique d’un grand attrait et beaucoup d’observations sur leur comportement et
leur développement en seraient attendues.
L'utilisation alimentaire des grandes espèces risque de conduire, sinon à la mise
en danger de leur survie, du moins à l'éradication de nombreuses populations. Une
réglementation minimale géographique des collectes devrait prendre en compte les
effectifs résiduels, les modalités de la reproduction et les conditions de maintien des
biotopes au cours des diverses étapes du cycle de développement. Les données
écologiques actuelles sont insuffisantes.
Rana tigerina ayant été introduite, elle pourrait, en partie au moins, relayer
l'exploitation abusive des espèces proprement malgaches. Ainsi, le Bengladesh a
exporté, en 1981, plus de 1 300 tonnes de cuisses de cette espèce pour une valeur
commerciale de près de 4 millions de dollars U.S. (Anon., 1984).
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 491
CONCLUSIONS
CRITIQUE DES CONNAISSANCES
ET QUELQUES ORIENTATIONS DE RECHERCHE
Nous achèverons ce travail sur les Amphibiens de Madagascar par une rapide
critique de nos connaissances afin de souligner leurs imperfections majeures et de
suggérer quelques orientations de recherches qui nous paraissent essentielles, voire
urgentes. Un but ultime, particulièrement aigu dans ce pays, est la préservation de la
faune des Grenouilles. L'approche biogéographique développée ici, qui prend en
compte chaque espèce dans l’ensemble de son aire de distribution, son habitat et ses
mœurs, ses potentialités évolutives et ses rapports avec les autres composantes du
peuplement, nous paraît particulièrement apte à l'élaboration des mesures nécessaires
à cette protection.
1. — CRITIQUE DES CONNAISSANCES.
Elles concernent trois domaines : inventaires, systématique et biologie sensu
lato, dont les insuffisances se combinent pour limiter la fiabilité de l'esquisse
zoogéographique que nous avons tentée.
1.1. — Inventaires. Nous avons souligné que la découverte récente, par les
auteurs, de 25 espèces nouvelles, y compris dans des stations aussi souvent visitées
que Périnet, démontre sans ambiguïté, que le recensement spécifique des Amphibiens
reste inachevé. L'examen des collections actuelles pourrait certes apporter encore
quelques formes inédites mais, si les herpétologistes s’en donnent les moyens, les
investigations de terrain mériteraient d’être poursuivies avec l’accord des Autorités
malgaches.
Toutefois, nul ne saura jamais de combien d’espèces la faune malgache des
Amphibiens contemporaine était constituée, avant la destruction récente de 80 à 90 %
des formations sylvicoles. Rappelons, ici, que l’examen sur photographies aériennes
(évaluations de Guichon, 1960) sous-estime beaucoup les déprédations du bétail qui
erre librement assez loin sous couvert forestier, sans que la canopée en soit affectée
pendant longtemps.
L'impact de l’homme sur la faune des Amphibiens fut inégal. Les forêts
orientales, combustibles seulement après abattage et relativement les mieux
conservées, sont aussi celles qui, de loin et sans conteste, présentent la plus grande
richesse spécifique potentielle en Amphibiens. Dès la fin du 19° siècle, le Révérend
R: Baron, botaniste, signale que la moitié des forêts de basse altitude avait disparu ; la
poursuite du processus explique que plusieurs espèces connues par le type n'aient pas
été retrouvées (voir chapitre 5). La destruction totale de leur habitat laisse penser que
leur extinction est probable.
Aux autres altitudes, les disparitions sont surtout le fait d’espèces à distribution
restreinte, caractère qui devient plus accusé sur les massifs montagneux. Les fourrés
éricoïdes, inflammables, des régions d'altitude, sont largement détruits et la forte
Source : MNHN, Paris
492 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
spéciation qui les a marqués (voir tableau 9) laisse mal augurer de la survie de
ensemble des espèces.
Le domaine occidental fut le plus ravagé, mais les conditions climatiques y sont
moins favorables à l’acquisition d’une richesse spécifique élevée. Les formations
résiduelles abritent des espèces à large distribution et l'originalité de ce domaine est
faible. Les secteurs les plus mal connus, les plus dévastés, susceptibles, sous
l'influence de l'altitude, d’avoir abrité des formes aujourd’hui disparues, sont les
pentes occidentales, maintenant largement savanisées.
La grande pauvreté du domaine méridional est certainement réelle.
La faiblesse numérique des Amphibiens savanicoles, surprenante par compa-
raison avec l’Afrique, est en corrélation directe avec la brutalité et la contemporanéité
du processus de destruction de la forêt originelle climacique.
Il est à noter que les aménagements anthropiques des milieux naturels sont
néfastes aux Amphibiens endémiques, ne serait-ce que parce qu’ils favorisent
l'implantation et la démographie de Ptychadena mascareniensis. Enfin, les reboise-
ments faits d’essences étrangères, Pins, Eucalyptus, …., sont dépourvus d’Amphibiens.
Même les recrus forestiers secondaires ou “savoka”, fortement modifiés dans leur
composition faunistique, n’abritent qu’une faune très apauvrie.
1.2. — Systématique. À tous les niveaux de la taxonomie, les insuffisances de la
systématique sont flagrantes. Nous avons récapitulé page 347, les multiples modifi-
cations aux niveaux élémentaires introduites dans cet ouvrage par rapport à la faune
publiée, en 1978, par Guibé. Nous avons conscience qu'elles ne sont pas encore, le
plus souvent, étayées par les arguments morphologiques, ou d’ordre cytogénétique,
comportemental, …, souhaitables.
Aux niveaux familial et suprafamilial, nous avons (chapitre 1), rapporté les
principaux remaniement introduits par Laurent (1943, 1946, 1951) : Guibé (1956) ;
Griffiths (1963) : Liem (1970) ; Savage (1973) ; Lynch (1973).
Nous attirerons l'attention sur l’usage parfois fallacieux des arguments d’ordre
z00géographique, notamment pour la délimitation de la sous-famille des Dyscophinae.
1.3. — Caractéristiques biologiques. Alors que l'inventaire, en cours depuis
150 ans, est encore incomplet, les études biologiques sur le terrain, bien plus
complexes, ne sont guère abordées que depuis une vingtaine d’années, notamment par
Arnoult, Razarihelisoa et Blommers-Schlôsser. Pour environ la moitié des espèces, nos
connaissances sont très sommaires, voire nulles ; la biologie de celles représentées
seulement par les types restera, sans doute, à jamais inconnue, hormis un heureux
hasard.
Nos propres investigations ont aussi, pour quelques espèces, apporté des
extensions importantes de leurs aires de distribution. Nous avons signalé que peu
d’Amphibiens endémiques à Madagascar subsistent en milieux anthropisés (tel
Scaphiophryne brevis dans le Sud) et que les formations secondaires n’ont qu’une
faune réduite. Les forêts en bon état de conservation ne subsistent plus qu’à l’état de
lambeaux, parfois encore assez vastes mais inégalement répartis : la déforestation des
zones côtières orientales et des pentes occidentales est presque complète.
En tout état de cause, l'extrême diversité des milieux naturels à Madagascar,
corrélative d’une grande variabilité dans la composition des peuplements, permet, par
avance, de réfuter toute portée générale à des études ponctuelles sur telle ou telle
communauté d’Amphibiens, prétention pourtant fréquente des écologistes.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 493
2. — QUELQUES ORIENTATIONS DE RECHERCHE.
Dans les perspectives de cet ouvrage, les orientations de recherche qui nous
paraissent devoir être privilégiées sont celles qui visent à la conservation de ce patri-
moine naturel original et celles qui, tout en lui conférant un intérêt supplémentaire,
permettraient à cette faune insulaire d'apporter une contribution à l'étude de quelques-
unes des grandes questions scientifiques de notre temps.
2.1. — Conservation. L’acuité de ce problème majeur, directement lié à la
disparition des forêts à des fins d'exploitation sylvicole et, surtout, le développement
des périmètres agricoles (défrichements!), a été souvent affirmée depuis des
décennies. Mais la sensibilisation des pouvoirs publics et des populations rurales est
œuvre de longue haleine,
L'intérêt suscité par les Amphibiens est limité par leur faible utilité économique.
Aucun interdit ou “fady” ne les protège et l'introduction de Poissons carnivores ou
oophages est une menace potentielle pour nombre d’entre eux.
La limitation des échantillonnages ne se justifie que pour les espèces menacées et
celle des recherches scientifiques ne fait que prolonger la méconnaissance de l’origi-
nalité et de la richesse de la faune malgache des Amphibiens, interdisant le développe-
ment d’un tourisme cultivé et d’une information généralisée.
La poursuite des inventaires se justifie par la nécessité de recenser dans les
meilleurs délais tous les vestiges de la faune contemporaine. Il sera alors possible
d'élaborer des mesures conservatoires pour les espèces sensibles non englobées dans
les périmètres légalement protégés, afin de proposer des compléments à la liste des
Réserves de faune pour une protection in situ. Des observations biologiques sur les
espèces menacées, à très faibles effectifs résiduels, sont indispensables pour mettre au
point des projets de conservation particuliers : élevages, transferts, …
2.2. — Recherches fondamentales. Elles s’articulent autour de deux axes princi-
paux : l’évolution et la biologie.
2.2.1. — Evolution. La différenciation, dans un contexte d'isolement insulaire et
à partir d’un très petit nombre de taxa originels, d’une faune caractérisée par sa
richesse spécifique, pose de très intéressants problèmes en biosystématique et en
z00géographie.
2.2.1.1. — Groupes archaïques. La conservation à Madagascar de taxa primitifs,
mégaendémiques, comme les Scaphiophryninae et le g. Dyscophus dans la famille des
Microhylidae, les genres Boophis et Aglyptodactylus dans la famille des Rhacopho-
ridae, les Mantellidae dans la super-famille des Ranoidea, permettent de poursuivre de
précieuses observations sur les caryotypes, les sonagrammes, le comportement
reproducteur, le développement, en complément des études morphologiques et
ostéologiques, pour la compréhension de l’évolution de l’ensemble de ces phylums.
Rappelons la découverte récente d’une denture minuscule, par coupes histologiques
chez le têtard de Dyscophus dûe à Blommers-Schlôsser (1980) et au scanning chez
celui de Scaphiophryne (= Pseudohemisus) par Wassersug (1984), complétant les
arguments de Blommers-Schlôsser (1975) pour l'inclusion des deux genres asiatiques
Caluella et Colpoglossus dans la sous-famille des Dyscophinae et non des Astero-
phryninae comme l'avait proposé Savage (1973).
2.2.1.2. — Espèces jumelles. L'existence d’actives cladogenèses a produit, dans
les deux genres les plus diversifiés, des couples d’espèces jumelles parmi lesquelles,
Source : MNHN, Paris
494 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
dans le g. Boophis, B. erythrodactylus - B. mandraka, B. idae - B. hillenii, et, dans le
8. Mantidactylus, M. depressiceps - M. tornieri.
Cette liste, certainement incomplète car hors de portée des muséologues, atteste
de l'intérêt des études biologiques, sur le terrain et en terrarium, pour compléter
l'inventaire des Amphibiens.
2.2.1.3. — Vicariances Est-Ouest. A l'exception du g. Tomopterna, représenté à
Madagascar par l’unique espèce endémique de Raninae, tous les genres ou groupes
d’espèces présents dans l'Ouest le sont aussi dans l'Est (voir tableau 12). Rappelons
que nous avons émis des réserves sur le caractère “occidental” de la distribution de
Boophis callichromus. Les vicariances Est-Ouest sont donc limitées aux niveaux
interspécifique ou intraspécifique.
(a) Vicariances interspécifiques. Elles ne concernent que les deux groupes
d’espèces suivants, notés dans l’ordre Ouest-Est : Scaphiophryne calcarata - S. mar-
morata, Dyscophus insularis - D. antongili et D. guineti.
L'existence de vicariances de rang spécifique entre l'Est et l'Ouest a été mise en
évidence dans de nombreux groupes zoologiques par Paulian (1961).
(b) Vicariances intraspécifiques. Seize espèces ont une distribution qui
chevauche les domaines oriental et occidental. Les modifications climatiques et, plus
récemment, anthropiques (voir chapitre 5) les ont le plus souvent dissociées en une
série de populations isolées. Les données relatives à une éventuelle différenciation,
consécutive à l'interruption du flux génique, sont exceptionnelles. Signalons, notam-
ment, la découverte de caryotypes différents entre les populations orientales et
occidentales de Boophis tephraeomystax (Blommers-Schlüsser, 1978). Signalons,
aussi, que plusieurs espèces, dont Dyscophus insularis, Stumpffia psologlossa, ont une
aire de distribution englobant une partie du domaine occidental et, dans le domaine
oriental, le Massif du Marojezy. Il est vraisemblable que cette limitation n’est due qu’à
une connaissance relativement meilleure de ce massif où, l’un de nous a réalisé deux
missions exploratoires, en 1969 et en 1972.
Ces vicariances ne sont que l’un des aspects, parmi les plus aisés à mettre en
évidence, de la variabilité morphologique des taxa, corrélative elle-même de l'influence
de facteurs de l’environnement différents.
2.2.14. — Variabilité morphologique. Comme les espèces végétales (Koechlin
et al., 1974), les Amphibiens paraissent, d’après nos observations encore trop
fragmentaires, pouvoir être classés en 5 catégories en fonction de leur variabilité. Ceci
traduit la généralité, chez les êtres vivants, de l'expression des phénomènes de
différenciation observés à Madagascar.
(a) Espèces à large répartition, invariables dans toute l'étendue de leur aire :
Mantidactylus betsileanus, Boophis madagascariensis,..
(b) Espèces à large répartition, à variation régulière (gradient) : Mantidactylus
Juteus.
(c) Espèces à large répartition, formées d’un ensemble discontinu de populations
fixes et constantes.
(d) Espèces invariables, ou peu variables, avec sur les limites de leur aire des
populations fixées : Mantella madagascariensis (avec la réserve que sa variabilité
interpopulationnelle est élevée).
(e) Espèces à aires réduites et à caractères fixés et constants: Mantella
aurantiaca, Boophis laurenti…
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 495
2.2.1.5. — Facteurs du milieu. Si les mécanismes responsables des phénomènes
de spéciation nous restent à peu près totalement inconnus, les facteurs abiotiques et
biotiques suivants ont dû favoriser l’intense diversification de la faune des Amphi-
biens, comme, d’ailleurs, de beaucoup d’autres taxa animaux et végétaux.
(a) Le découpage bioclimatique en trois domaines avec, en particulier, l’opposi-
tion pluviométrique des versants au-vent et sous-le-vent, particulièrement accusée
dans le Sud au niveau de la faille pluviométrique de Fort-Dauphin, plus graduelle
dans le Nord-Ouest, où la durée de la saison sèche acquiert plus d'importance que les
totaux pluviométriques annuels.
Le g. Scaphiophryne en est un bon exemple. Nous avons signalé l'existence
d’enclaves qui acquièrent, ici, toute leur signification.
Il est intéressant de noter que la réduction de la pluviométrie, liée à l'extension
d’une saison sèche, a, sur la richesse de la faune des Amphibiens, un effet négatif plus
marqué que la saisonnalité thermique des hautes altitudes et des montagnes.
(b) Les divers gradients induits par l'altitude, responsables de la différenciation
de caténas au long desquelles les espèces se remplacent progressivement : Manti-
dactylus des gr. aerumnalis et ulcerosus.
(c) Le compartimentage relatif des massifs qui, bien que reliés par une longue
dorsale, ont favorisé la différenciation de nombreux taxa de rang spécifique ou
générique, endémiques souvent sur chacun des plus élevés (voir tableau 10).
(d) Les variations climatiques qui ont pu entraîner le morcellement des forma-
tions arborescentes.
Nous avons recherché en comparant les aires de distribution, l’existence
éventuelle d’ilots forestiers susceptibles d’avoir servi soit de refuges, soit de centres de
spéciation. Nos données sur les aires de répartition restent trop incomplètes, et celles
sur les relations interpopulationnelles étant pratiquement inexistantes, pour des
conclusions fiables. Tout au plus, avons-nous pu noter les répartitions suivantes :
— Dans lEst-Betsileo : Scaphiophryne madagascariensis qui a colonisé
lAndringitra; Heterixalus alboguttatus ; Mantidactylus madecassus qui a gravi
TAnkaratra et l’Andringitra.
— Dans la région de Périnet : Platypelis barbouri ; Mantidactylus aglavei ;
Boophis granulosus et B. pauliani.
— Dans la région de l’Imerina: Scaphiophryne pustulosa qui a peuplé
lAnkaratra ; Boophis albilabris.
(e) La diversité du couvert végétal: Nous avons traité (chapitre 4, $ 1) des
différents habitats des Amphibiens au cours du cycle de leur vie.
Rappelons, ici, l'importance des végétaux à phytotelmes et la structure complexe
de la forêt dense ombrophile qui a favorisé la différenciation de trois horizons de
peuplement pour les adultes :
- Amphibiens des troncs et des phytotelmes: Cophylinae; Mantellidae
(g. Mantidactylus)
- Amphibiens des feuilles : Hyperoliidae (g. Heterixalus)
- Amphibiens des canopées : Rhacophoridae (g. Boophis).
Salthe & Duellman (1973) ont établi chez les Anoures une relation entre
l'occupation de milieux originaux et leur petite taille corporelle. Nos observations, à
Madagascar, montrent que cette relation n’est pas générale (voir fig. 155) ; elles sont
encore insuffisantes pour une étude complète de divers aspects de la reproduction des
Amphibiens de la Grande Ile.
Source : MNHN, Paris
496 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
(f) L'existence d’un relief très accusé, dans le domaine oriental surtout, d’où
découle une grande diversité de milieux aquatiques en fonction de la vitesse du
courant et du débit des cours d’eau. Nous avons vu leur importance pour les têtards
mais aussi pour les pontes et les adultes. Cette évolution dans l'occupation des habitats
est l'expression d’une évolution des comportements.
2.2.1.6. — Evolution éthologique. Nous nous limiterons, ici, à rappeler les deux
aspects suivants :
(a) Une convergence pour l'occupation secondaire du milieu aquatique par des
espèces à l’origine arboricoles ou terrestres.
Nos observations, à Madagascar, corroborent celles de Duellman (1978 : 290) à
Santa Cecilia, en Equateur amazonien, où les espèces à reproduction aquatique sont
seules présentes dans les environnements saisonniers extrêmes. Mais nous sommes en
totale contradiction avec cet auteur quand il affirme que ce mode est primitif : “only
the primitive Mode 1 is found in frogs inhabiting extremes of seasonal environments”.
Dans le domaine méridional, le caractère extrême de la saisonnalité est tout autant
marqué par la longueur de la saison sèche que par son imprévisibilité.
Notre conception de l’évolution du peuplement en Amphibiens de Madagascar
nous conduit à restreindre aux seuls Cophylinae l'hypothèse du développement de
l'arboricolie chez des espèces qui se sont affranchies ainsi des fluctuations du niveau
des eaux libres.
Enfin, le concept de “fouisseur arboricole” ne peut s’appliquer à l’ensemble des
espèces utilisant les cavités des arbres et les phytotelmes (Razarihelisoa, 1979), car,
à une exception près, Platypelis grandis, ces deux habitats arboricoles sont utilisés par
des espèces nettement différentes, à la fois par leur position systématique et par leurs
colorations.
(b) Un comportement spécialisé, avec acquisition de soins parentaux (paternels),
corrélatif du développement d’un comportement territorial marqué, notamment, par
des chants, s’est développé dans quelques lignées de Microhylidae, dont les
Cophylinae endémiques à Madagascar, et de Mantellidae (Mantidactylus eiselti et
M. asper).
S'il n’est pas douteux que les phénomènes de spéciation demeurent actifs,
favorisés par les modifications anthropiques des milieux naturels, il faut néanmoins
noter la non différenciation d’Amphibiens savanicoles consécutive aux déforestations
étendues intervenues au cours des siècles passés.
Ceci pose le problème des modalités de l’évolution.
2.2.1.7. — Modalités de l’évolution. Un milieu insulaire, isolé par des barrières
océaniques très difficiles à violer par les Amphibiens et tardivement peuplé par
l’homme, est éminemment favorable pour estimer les vitesses d’évolution. Les progrès,
dans ce domaine, sont corrélatifs d’une meilleure connaissance, à la fois, du peuple-
ment en Amphibiens et des repères paléoclimatiques encore relativement incertains à
Madagascar.
Concernant les Amphibiens, objet de cet ouvrage, nous pensons avoir préparé
la mise en place des principaux éléments fondamentaux de réflexion, tout en mesurant
leur précarité.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 497
2.2.2. — Biologie. Un aspect particulièrement attrayant est l’organisation des
peuplements. Nous avons souligné la richesse spécifique de quelques communautés
et la pulvérisation des niches qui en résulte. Il est certain que la diversité floristique
des forêts denses tropicales est un facteur favorable. Mais il est non moins vrai que la
même espèce, voire le même pied, de Pandanus en particulier, abrite plusieurs espèces
d’Amphibiens.
Les problèmes d’alimentation n’ont été qu’évoqués. Tout au plus, sait-on que les
Cophylinae sont plutôt myrmécophages, tandis que les Mantellidae sont plutôt
insectivores.
Un autre aspect concerne les espèces à distribution restreinte. Il est, par
exemple, difficile de comprendre pourquoi Mantella aurantiaca serait limité essentiel-
lement à la zone marécageuse d’Antorotorofotsy, près d’Antaniditra, dans la région de
Périnet. Elle y est abondante et ne semble pas, mais aucune étude précise n’a été faite,
y être l’objet d’une compétition ou d’une prédation particulière à la périphérie de son
aire chorologique ; ses exigences écologiques ne paraissent pas excessives, comme en
témoigne le succès de son élevage en captivité (Matz, 1975 ; Audy, 1973) réalisé
initialement par Arnoult (1965).
(Rédaction du manuscrit : novembre 1985)
Source : MNHN, Paris
ee.
LISTE TAXONOMIQUE POUR LES 39 STATIONS RÉGIONALES
Nous récapitulons, par leur numéro d'ordre, la liste des espèces rattachées à
chacune des 39 stations. Voir figure 161.
Ambohimahasoa (0-52) : 1,5, 15, 18, 25, 28, 32, 39, 45, 46, 54, 64, 76, 78, 80,
82, 83, 91, 92, 95, 97, 101, 103, 104, 105, 109, 111, 113, 115, 122, 127, 133.
Ambohitantely (0-45) : 17, 25, 42, 53, 63, 66, 67, 78, 83, 88, 89, 92, 95, 108,
109, 111, 115.
Andohahela (M-62) : 33, 61, 66, 73, 87, 101, 106, 131, 133.
Andrangoloaka (Q-R-46-47) : 2, 39, 42, 54, 63, 88, 89, 92, 94, 105, 111, 116,
122, 127.
Andringitra (N-55) : 1, 13, 21, 33, 43, 52, 59, 70, 74, 76, 78, 79, 81, 82, 83,
89, 90, 91, 92, 93, 94, 96, 105, 108, 109, 122, 124, 133.
Anjozorobe (Q-45) : 24, 63, 64, 69, 109.
Ankarafantsika (N-40) : 3, 9, 36, 39, 46, 57, 90, 91, 125.
Ankaratra (N-48) : 2, 16, 39, 59, 74, 83, 88, 89, 92, 94, 95, 96, 104, 105,
113, 115, 120, 121, 122, 123.
Antalaha - Sambava (Y-37-35) : 8, 24, 31, 63, 65, 68, 133.
Antongil (W-38) : 5, 7, 17, 36, 65, 91, 97, 101, 112, 133.
Antsingy - Bemaraha (P-47-G-46) : 3, 77, 79, 88, 90, 92, 93, 120.
Bealanana (T-36) : 27.
Cap Sainte-Marie (H-63) : 4, 77.
Chaînes Anosyennes (N-60) : 5, 6, 8, 10, 15, 16, 17, 32, 34, 35, 52, 53, 58,
60, 61, 62, 66, 70, 72, 74, 75, 76, 78, 79, 81, 82, 83, 85, 88, 90, 93, 98, 99, 104, 109,
113, 115, 121, 131, 133.
Diego Suarez (V-30) : 101.
Extrême-Ouest (E-42 à 46) : 3, 9, 46, 57, 91, 101.
Ifanadiana (P-53) : 21, 32, 45, 54, 60, 63, 74, 79, 82, 88, 93, 97, 98, 104,
109, 127, 128, 133.
Ile Sainte-Marie (W-41-42) : 41, 65, 83, 98, 129.
Isalo (H-57) : 4, 39, 46, 91, 93.
Itremo-Ibity (M-51-N-50) : 16, 39, 42, 46, 63, 80, 83, 89, 92, 94, 104, 105,
109, 110, 122.
499
Source : MNHN, Paris
500 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
Ivohibe (N-56) : 5, 15, 24, 52, 56, 62, 76, 78, 79, 81, 82, 83, 84, 85, 88, 93,
97, 98, 104, 127, 133.
Majunga (L-39) : 3, 39, 43, 46, 57, 101, 125.
Mananjary - Nosy-Varika (S-51-52) : 17, 20, 21, 24, 39, 45, 63, 65, 82, 93.
Mandena (N-62) : 4, 17, 21, 24, 40, 43, 46, 51, 62, 63, 67, 74, 83, 88, 98, 09,
103, 114, 133.
Mandraka - Moramanga (Q-R-47) : 15, 22, 39, 54, 60, 63, 64, 65, 68, 69, 78,
80, 82, 83, 87, 88, 89, 91, 93, 97, 98, 100, 104, 105, 108, 109, 111, 113, 115, 118,
120, 121, 126, 127, 132, 133.
Manongarivo (S-34) : 3, 57, 74, 90.
Marojezy (V-35) : 9, 11, 12, 21, 22, 24, 25, 31, 32, 36, 37, 38, 39, 49, 63, 64,
65, 66, 67, 70, 71, 72, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 85, 87, 92, 97, 98, 104, 109, 113, 115.
Montagne d’Ambre (U-V-31) : 10, 30, 36, 77, 79, 80, 83, 90, 91, 92, 105, 109,
113, 133.
Morondava (E-50) : 3, 4, 9, 46, 101, 125.
Nosy Be (R-32-33) : 27, 30, 31, 36, 43, 44, 49, 57, 77, 83, 90, 91, 101,
104, 109, 125.
Nosy Mangabe (W-38) : 20, 24, 36, 38, 64, 73, 93, 101, 102, 130.
Périnet (S-47) : 5, 6, 13, 21, 22, 24, 25, 29, 32, 38, 39, 49, 54, 55, 60, 63,
64, 65, 66, 68, 69, 70, 75, 80, 82, 83, 84, 85, 88, 91, 92, 93, 97, 98, 100, 104, 105,
108, 109, 110, 112, 114, 115, 118, 119, 120, 126, 127, 128, 132, 133.
Tamatave (V-45) : 7, 13, 15, 20, 21, 22, 24, 29, 32, 41, 43, 49, 50, 55, 56,
57, 63, 65, 68, 74, 79, 83, 85, 87, 90, 91, 93, 102, 104, 109, 115, 125, 129, 133.
Tananarive (P-47) : 16, 31, 39, 42, 89, 92, 94, 104, 105, 111.
Tsaratanana (U-34) : 12, 14, 23, 25, 26, 52, 53, 77, 78, 90, 91, 93, 105, 133.
Tsimanampetsotsa (C-60) : 4, 9, 46.
Tuléar (C-58): 3, 4, 46, 125.
Vondrozo (0-56-57) : 74, 76, 88, 93, 97, 120.
Zahamena-Betampona (S-T-43-V-44) : 8, 13, 17, 19, 20, 21, 22, 24, 54, 55,
91, 97, 104, 107, 109, 115, 118.
Source : MNHN, Paris
INDEX ALPHABÉTIQUE DES COLLECTEURS DES SPÉCIMENS
SUPPORT DU NOM DES ESPÈCES (BONA SPECIES OU SYNONYMES)
Les noms des collecteurs (notamment anciens) pour lesquels, loin des
banques de données parisiennes, nous n'avons pas pu avoir de renseignements (!)
sont omis, ainsi que ceux des marchands naturalistes européens.
Les espèces sont indiquées par le numéro d'ordre qu'elles portent dans
la partie systématique de cet ouvrage (pages 21 à 346). Les chiffres en italique cor-
respondent aux synonymes.
Pour les Français, en fonction ou en mission à Madagascar, la situation
donnée est celle qui était la leur au moment de la récolte des spécimens sur le ter-
rain.
Alluaud (Ch.). — Explorateur et naturaliste. Membre associé du
Muséum de Paris : 17, 40, 88, 114.
Baron (Rév. P.). — Missionnaire de la L.M.S. (London Missionary
Society) : 25, 116.
Blanc (Ch. P.). — Maître-assistant à l'Université de Tananarive : 6, 11,
12, 14, 23, 34, 35, 36, 37, 38, 58, 59, 61, 66, 71, 72, 81, 92, 96, 123, 124, 131.
Blommers-Schlôsser (Mme R. M. A.). — Herpétologiste associée, Ins-
tituut voor Taxonomische Zoëlogie, Universiteit van Amsterdam : 60, 67,68,°75:
110, 119, 121, 128.
Boivin (L.). — Botaniste, chargé de mission du Muséum de Paris. A
herborisé à la Réunion, Madagascar (île Sainte Marie, Nosy Be), aux Comores, aux
Seychelles, à Zanzibar et Mombasa : 125.
Bouton (L.). — Botaniste, secrétaire général de la Société des Arts et
des Sciences de l'île Maurice : 45.
Catala (R.). — Planteur, naturaliste amateur. Membre correspondant
du Muséum de Paris : 51, 62, 83, 99, 127.
Chauvin (Herschell). — Marchand naturaliste à Tananarive : 50, 56.
Coudreau (J.). — Conservateur des Eaux et Forêts : 19.
Cowan (Rév. W. D.). — Missionnaire de la L.M.S. (London Missiona-
ry Society) : 1, 5, 15, 18, 28, 54, 64, 78, 80, 82, 83, 91, 92, 103, 111, 115, 122,
127.
501
Source : MNHN, Paris
502 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
Crossley (A.). — Voyageur et naturaliste, marchand : 109, 125.
Decary (R.). — Administrateur en chef des Colonies. Membre associé
du Muséum de Paris : 76, 93.
Douliot (H.). — Préparateur au Muséum de Paris, explorateur des
régions de Maintirano et de Morondava, mort d'une bilieuse hématurique le 2
juillet 1892 à Nosy Be : 125.
Ebenau (C.). — Naturaliste amateur, agent de la Compagnie commer-
ciale allemande O'swald à Nosy Be et Tamatave : 30, 31, 101.
Forsyth Major (C. I.). — Mammalogiste anglais ayant collecté dans le
Pays Tanala : 53, 85, 113, 115.
Grandidier (A.). — Naturaliste (suretout mammalogiste et ornithologis-
te), explorateur de Madagascar. A l'origine de l'importante publication intitulée
“Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar” : 97, 98.
Guibé (J.). — Herpétologiste, sous-directeur de laboratoire au Muséum
de Paris : 57, 132.
Heim (R.). — Mycologue, sous directeur de laboratoire au Muséum de
Paris : 17.
Hildebrandt (J. M.). — Voyageur et naturaliste allemand, mort ) Tana-
narive le 29 mai 1881 : 24, 70, 80, 89, 105, 106, 107, 108, 111, 122, 125, 133.
Humblot (L.). — Naturaliste amateur, colon à la Grande Comore : 98.
Last (J. T.). — Naturaliste anglais ayant récolté dans l'Ouest de Mada-
gascar : 4, 9.
Methuen (P. A.). — Herpétologiste sud-africain ayant visité Madagas-
car en 1911 : 22, 69.
Millot (J.). — Professeur au Muséum de Paris. Fondateur et directeur
de l'Institut de Recherche scientifique de Madagascar. Membre de l'Académie des
Sciences : 13, 27, 29, 52, 63, 96, 124.
Paulian (R.). — Directeur-adjoint de l'Institut de Recherche scienti-
fique de Madagascar : 26, 120.
Perrier de la Bâthie (H.). — Naturaliste (principalement botaniste,
mais également géologue et explorateur de Madagascar. Membre associé du
Muséum de Paris : 33.
Petit (G.). — Assistant au Muséum de Paris : 65, 84, 124.
Pfeiffer (Mme I.). — Naturaliste et voyageuse autrichienne : 127.
Reuter (C.). — Naturaliste amateur, agent de la Compagnie commer-
ciale allemande O'swald à Nosy Be : 109.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 503
Rutenberg (D. Chr.). — Ophtalmologiste et voyageur allemand, assas-
siné dans le Bemaraha le 25 août 1878 : 39, 122.
Sikora (F.). — Chasseur et marchand autrichien, mort à la Réunion :
16, 32, 40, 63, 69.
Stumpff (A.). — Naturaliste amateur, agent de la Compagnie commer-
ciale allemande O"swald à Nosy Be : 43, 125.
Voelizkow (A.). — Naturaliste et voyageur allemand, responsable du
Reise in Ostafrika in den Jahren 1903-1905 : 17, 65, 88, 105, 115.
Webb (C. S.). — Zoologiste anglais ayant principalement visité la baie
d'Antongil : 73.
(1) Il nous est agréable de remercier, ici, toutes les personnes qui ont
bien voulu nous procurer des indications.
Source : MNHN, Paris
dr
Le
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se,
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(2) 2 (1): 70-74.
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Mantidactylus (Matériaux des Missions de M. R, Decary). Bull. Mus. natn.
Hist. nat. Paris (2) 2 (6): 619-620.
1930c Sur la validité du genre Gephyromantis (Batracien) et diagnoses de deux
505
Source : MNHN, Paris
506 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
espèces et d’une variété nouvelle de ce genre. Bull. Soc. zool. Fr. 55 (6) :
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Source : MNHN, Paris
dr
Le
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ERRATA
Il faut lire :
Page 4. “Récapitulatif des taxa nouveaux et modifications taxonomiques” et non
“taxomatiques”.
Page 103. Dans le paragraphe traitant la description de Madecassophryne truebae
Guibé,
° “.… arrondi en profil latéral, de longueur égale au diamètre transversal de
l'œil.” et non “… proéminent en profil latéral, plus long que le diamètre
transversal de l’œil.”.
+ “Espace interorbital plus petit que l’espace internarinal...” et non “Espace
interorbital égal à l’espace internarinal..”.
Page 126. “Megalixalus” et non “Megalixus”.
Page 214. La fig. 92 est identique à celle de la fig. 137 (page 319). Donc ce sona-
gramme appartient à B. microtympanum.
Page 294. La formule dentaire est : “1/3+3//1+1/2 - 1/6+6//1+1/2” et non
“1/3+3//1/2+2 - 1/6+6//1/2+2”.
Page 346. La formule dentaire est : “1/5+5//1+1/2 ou 1/6+6//1+1/2” et non
“1/5+5//1/2+2 ou 1/6+6//1/2+2”.
Planches 10 et 12. “Z.M.A.” et non “Z.A.M.”.
525
Source : MNHN, Paris
SIT TEE RC EE
TEE
ur
SRI
Va
Loue FX
INDEX ALPHABÉTIQUE
(pour la première partie de ce volume)
Les noms des nouveaux taxa décrits dans ce volume ou les noms substitués
sont précédés d’un astérisque (*). Les synonymes sont en italique.
Nous avons omis dans cet index des erreurs orthographiques manifestes,
ainsi que Racophorus dans les binômes et trinômes : R. obscuris, R. luteus luteus,
R. (Philautus) madecassus et R. (P.) andringitrensis, in Millot & Guibé (1950).
acuticeps, Mantidactylus, 195.
aerumnalis, Mantidactylus, 233.
aglavei, Mantidactylus, 192.
Aglyptodactylus, 342.
albilabris, Boophis, 305.
albiventer, Rhacophorus, 331.
albofrenatus, Mantidactylus, 228.
albogularis, Gephyromantis, 178.
alboguttatus, Heterixalus, 125.
* albolineatus, Mantidactylus, 186.
alluaudi, Plethodontohyla, 62.
alticola, Platypelis, 75.
alutus, Mantidactylus, 249.
ambohimitombi, Mantidactylus, 252.
ambreensis, Mantidactylus,220.
anceps, Rhacophorus, 342.
andrangoloaka, Rhacophorus, 295.
andringitraensis, Rhacophorus, 323.
angeli, Mantipus, 59.
anguliferus, Mantipus, 70.
Anodonthyla, 92.
Anodontohyla, 92.
antanosi, Eucnemis, 119.
antongili, Dyscophus, 38.
arboreus, Rhacophorus, 317.
argenteus, Mantidactylus, 161.
arnoulti, Hyperolius, 119.
asper, Mantidactylus, 213.
attemsi, Mantella, 267.
aurantiaca, Mantella, 264.
Baliopygus, 130.
barbouri, Platypelis, 85.
baroni, Mantella, 272.
bellyi, Mantidactylus, 244.
beloensis, Dyscophus, 44.
bertini, Mantidactylus, 174.
betsileanus, Mantidactylus, 240.
betsileo, Heterixalus, 113.
betsileo, Mantella, 266.
bicalcaratus, aff., Gephyromantis, 190.
bicalcaratus, Mantidactylus, 183.
biporus, Mantidactylus, 247.
bipunctata, Plethodontohyla, 54.
blanci, Gephyromantis, 205.
blommersae, Mantidactylus, 169.
boettgeri, Heterixalus, 117.
boettgeri, Rhacophorus, 317.
Boophis, 275.
boulengeriüi, Anodonthyla, 94.
boulengeri, Mantidactylus, 202.
boulengeri, Rhacophorus, 342.
bourgati, Mantidactylus, 244.
brachychir, Rhacophorus, 291.
brauni, Mantidactylus, 261.
brevipalmatus, Mantidactylus, 233.
brevipes, Plethodontohyla, 63.
brevirostris, Rhacophorus, 296.
brevis, Scaphiophryne, 30.
brunneus, Mantidactylus, 242.
brygooi, Rhacophorus, 323.
Source : MNHN, Paris
528 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÔSSER ET CH. P. BLANC
Buccinator, 275.
calcarata, Scaphiophryne, 27.
callichromus, Boophis, 287.
Callula, 47.
Calohyla, 47.
Calophrynus, 21.
catalai, Mantidactylus, 220.
catalai, Rhacophorus, 331.
ceratophrys, Mantidactylus, 213.
Cophyla, 88.
COPHYLINAE, 46.
coudreaui, Plethodontohyla, 64.
cowani, Mantella, 270.
cowani, Platypelis, 84.
cowanii, Rana, 218.
crocea, Mantella, 274.
crossleyi, Polypedates, 325.
Crotaphitis, 129.
crusculum, Plethodontohyla, 59.
curtus, Mantidactylus, 244.
decaryi, Mantidactylus, 205.
delormei, Mantidactylus, 233.
depressiceps, Mantidactylus, 154.
difficilis, Boophis, 297.
dispar, Polypedates, 325.
domerguei, Mantidactylus, 167.
doulioti, Rhacophorus, 325.
DYSCOPHINAE, 38.
Dyscophus, 38.
ebenauï, Dendrobates, 267.
eiselti, Mantidactylus, 204.
elegans, Gephyromantis, 172.
elegans, Mantidactylus, 151.
erythrodactylus, aff., Boophis, 314.
erythrodactylus, Boophis, 311.
fasciolatus, Rhacophorus, 281.
femoralis, Mantidactylus, 220.
femoralis, Rhacophorus, 330.
flavicrus, Rana, 220.
flavobrunneus, Mantidactylus, 190.
flavoguttatus, Rhacophorus, 281.
frenatus, Mantidactylus, 230.
friedrichsi, Hyperolius, 126.
fumigatus, Rhacophorus, 242.
#
Gephyromantis, 139.
gephyromantis, Rhacophorus, 202.
glandulosus, Mantidactylus, 261.
goudoti, Boophis, 281.
grandidieri, Dyscophus, 44.
grandidieri, Mantidactylus, 258.
grandis, Platypelis, 76.
grandis, Stumpffia, 108.
grandisonae, Mantidactylus, 166.
granulatus, Mantidactylus, 208.
granulosus, Boophis, 328.
granulosus, Pseudohemisus, 27.
guentherpetersi, Plethodontohyla, 56.
guibei, Mantidactylus, 172.
guibei, Rhacophorus, 328.
guineti, Dyscophus, 42.
guttulatus, Mantidactylus, 256.
haraldmeieri, madagascariensis, Man-
tella, 270.
Hemisus, 21.
herthae, Rhacophorus, 291.
Heterixalus, 111.
hildebrandti, Mantipus, 57.
hildebrandti, Rhacophorus, 325.
hillenii, Boophis, 333.
horrida, Laurentomantis, 135.
Hylobatrachus, 139.
hyloides, Boophis, 286.
HYPEROLIDAE, 111.
idae, aff. Boophis, 333.
idae, Boophis, 330.
idae, Rana, 131.
inaudax, Rana, 244.
inguinalis, Plethodontohyla, 57.
inguinalis, Rana, 343.
insularis, Dyscophus, 43.
isabellinus, Rhacophorus, 302.
kanbergi, Rhacophorus, 281.
klemmeri, Mantidactylus, 199.
labrosa, Tomopterna, 127.
laeve, Phrynocara, 62.
laevigata, Mantella, 268.
laevipes, Plethodontohyla, 51.
laevis, Mantidactylus, 249.
Source : MNHN, Paris
AMPHIBIENS 529
laevis, Plethodontohyla, 62.
laurenti, Boophis, 323.
Laurentomantis, 134.
leucocephala, decaryi, Gephyromantis,
202.
leucomaculatus, Boophis, 336.
Levirana, 130.
liber, Mantidactylus, 178.
Lithobates, 129.
longicrus, luteus, Rhacophorus, 303.
longimanus, Pseudohemisus, 27.
loppei, Mantella, 272.
lugubris, Mantidactylus, 218.
luteostriata, boettgeri, Megalixalus,
114.
luteus, Boophis, 302.
luteus, Mantidactylus, 211.
maculatus, Phrynomantis, 272.
madagascariensis, Aglyptodactylus,
343.
madagascariensis, Boophis, 291.
madagascariensis, Heterixalus, 118.
madagascariensis, Mantella, 271.
madagascariensis, Pyxicephalus, 127.
madagascariensis, Scaphiophryne, 23.
madagascariensis, Stumpffia, 105.
Madecassophryne, 102.
madecassus, Mantidactylus, 254.
majori, aff., Boophis, 299.
majori, Boophis, 298.
majori, Mantidactylus, 224.
malagasia, Laurentomantis, 136.
mandraka, Boophis, 314.
Mantella, 261.
MANTELLIDAE, 134.
Mantidactylus, 139.
Mantipus, 47.
Mantophrys, 47.
marmorata, Scaphiophryne, 32.
mascareniensis, Ptychadena, 130.
mascareniensis mascareniensis, Ptycha-
dena, 130.
melanopleura,
hemisus, 27.
melanopleura, Rhacophorus, 230.
methueni, Gephyromantis, 183.
longimanus, Pseudo-
MICROHYLIDAE, 21.
Microphryne, 134.
microtis, Boophis, 338.
microtympanum, Boophis, 316.
microtympanum, Mantidactylus, 259.
milloti, Platypelis, 83.
miniatus, Boophis, 301.
minuta, Plethodontohyla, 53.
mocquardi, Mantidactylus, 222.
mocquardi, Megalixalus, 117.
mocquardiü, Rhacophorus, 154.
mocquardti, Rhacophorus, 154.
montana, Anodonthyla, 97.
multiplicatus, Mantidactylus, 242.
natalensis, Rana, 127.
nigrescens, Rana, 131.
nossibeensis, Heterixalus, 124.
notosticta, Plethodontohyla, 67.
obscurus, Hemisus, 34.
obscurus, Rhacophorus, 281.
ocellata, Plethodontohyla, 65.
opiparis, Mantidactylus, 230.
opisthodon, Boophis, 335.
pallidus, insularis, Dyscophus, 38.
palmata, Paradoxophyla, 36.
“Palmirana”, 120.
Paracophyla, 70.
* Paradoxophyla, 34.
pauliani, Boophis, 330.
pauliani, Mantidactylus, 254.
Pelophylax, 129.
peraccae, Mantidactylus, 153.
Phrynocara, 47.
phyllodactyla, Cophyla, 88.
pigra, Rana, 256.
Platyhyla, 70.
Platypelis, 70.
Plethodontohyla, 47.
pliciferus, Mantidactylus, 210.
Pohlia, 129.
poissoni, Mantidactylus, 261.
pollicaris, Mantella, 95.
pollicaris, Platypelis, 80.
pseudoasper, Mantidactylus, 197.
Pseudohemisus, 21.
Source : MNHN, Paris
530 R.M.A. BLOMMERS-SCHLÜSSER ET CH. P. BLANC
psologlossa, Stumpffia, 105.
Ptychadena, 130.
pulcher, aff, Gephyromantis, 187.
pulcher, Mantidactylus, 182.
pulcher, Mantipus, 67.
pulchra, Mantella, 272.
punctatus, Mantidactylus, 187.
purpureus, Mantidactylus, 343.
pustulosa, Scaphiophryne, 25.
quinquelineatum, Phrynocara, 44.
Rana, 129.
Ranaria, 129.
RANIDAE, 126.
Ranula, 129.
rappiodes, Boophis, 308.
redimitus, Mantidactylus, 195.
renifer, Hyperolius, 114.
reticulatus, Boophis, 294.
RHACOPHORIDAE, 274.
rhodoscelis, Boophis, 295.
Rhombophryne, 90.
roseifemoralis, Stumpffia, 105.
rouxae, Anodonthyla, 100.
rutenbergi, Heterixalus, 120.
sanguineus, Dyscophus, 40.
Scaphiophryne, 21.
SCAPHIOPHRYNINAE, 21.
sculpturatus, Mantidactylus, 210.
serratopalpebrosa, Plethodontohyla, 52.
sikorae, Rhacophorus, 192.
Sphaeroteca, 127.
* spiniferus, Mantidactylus, 215.
spinosa, Scaphiophryne, 32.
Stumpffia, 105.
tephraeomystax, aff, Boophis, 325.
tephraeomystax, Boophis, 325.
testudo, Rhombophryne, 91.
tigerina, Rana, 130.
Tomopterna, 127.
tornieri, Mantidactylus, 157.
Trachymantis, 134.
tricinctus, Gephyromantis, 247.
tricolor, Heterixalus, 121.
tridactyla, Stumpffia, 110.
tripunctatus, Mantidactylus, 261.
truebae, Madecassophryne, 102.
Trypheropsis, 129.
tsaratananaensis, Platypelis, 81.
tsianovohensis, laevis, Plethodon-
tohyla, 62.
tuberata, Plethodontohyla, 59.
tuberculata, Cophyla, 76.
tuberculata, Paracophyla, 85.
tuberifera, Platypelis, 73.
ulcerosus, Mantidactylus, 238.
untersteini, Boophis, 289.
variabilis, Gephyromantis, 178.
variabilis, Heterixalus, 125.
variabilis, Megalixalus, 126.
variolosa, goudoti, Polypedates, 281.
ventrimaculata, Laurentomantis, 137.
verrucosa, Platyhyla, 76.
verrucosus, Gephyromantis, 202.
verrucosus, Pseudohemisus, 34.
viridis, Boophis, 310.
viridis, Mantella, 274.
voeltzkowi, Platyhyla, 76.
webbi, Mantidactylus, 200.
williamsi, Boophis, 320.
wittei, Mantidactylus, 162.
Source : MNHN, Paris
Planches en couleur 13 à 20
Les espèces sont repérées par leur numéro d'ordre.
Les clichés des espèces n° 6 ; 15 ; 35 ; 37 ; 50 ; 56 ; 74 ; 88 ; 109 ; 116 et
130, provenant de la réserve spéciale d'Ambatovaky, à 70 km à l'Ouest-Nord-Ouest
de Soanierana Ivongo, nous ont été aimablement communiqués par Ch. Raxworthy
ainsi que celui de l'espèce n° 73 par F. Andreone.
Source : MNHN, Paris
PLANCHE 13
L 3
——
4 6
7 8
9 13
16 20
Scaphiophryne madagascariensis, adulte, Andringitra, janvier 1971 (M.H.N.P.).
Scaphiophryne calcarata, adulte, Ampijoroa (Z.M.A. 6707).
Scaphiophryne brevis, adulte, Ambovombe, décembre 1971 (Z.M.A. 7130).
Paradoxophyla palmata, adulte, Ambatovaky.
Dyscophus antongili, adulte, mâle (petit individu) et femelle, Maroantsetra
(Z.M.A. 6878).
Dyscophus guineti, adulte, Soavala, Manantenina (M.H.N.P.).
Dyscophus insularis, adulte, mâle, Ampijoroa (Z.M.A. 7131).
Plethodontohyla bipunctata, adulte, mâle, Foulpointe (Z.M.A. 7126).
Plethodontohyla tuberata, adulte, Manjakatompo (M.H.N.P.).
Plethodontohyla ocellata, adulte, Ampasinambo, Nosy Varika (Z.M.A. 6690).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE 14
Scaphiophryne marmorata, adulte, mâle, Périnet (Z.M.A. 6877).
Plethodontohyla inguinalis, adulte, Ambatovaky.
Plethodontohyla notosticta, adulte, femelle, Ranomafana (Z.M.A. 6682).
Platypelis tuberifera, adulte, femelle, Périnet (Z.M.A. 6700).
Platypelis grandis, adultes, mâle (grand individu) et femelle, Périnet (Z.M.A.
6695).
Platypelis barbouri, adulte, mâle, Périnet (Z.M.A. 6680).
Anodonthyla boulengeri, adulte, Fénérive (Z.M.A. 6669).
Anodonthyla montana, adulte, Andringitra (M.H.N.P.).
Madecassophryne truebae, adulte, Ambatovaky.
Stumpffia psologlossa, adulte, Ambatovaky.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
37.
39.
40.
43.
45.
46.
50.
53.
56.
59.
PLANCHE 15
37 39
40 43
45 46
50 53
56 59
Stumpffia grandis, adulte, Ambatovaky.
Heterixalus betsileo, adulte, Andringitra (M.H.N.P.).
Heterixalus boettgeri, adulte, Fort-Dauphin (Z.M.A. 6741).
Heterixalus tricolora, adulte, femelle, Fénérive (Z.M.A. 6968).
Heterixalus alboguttatus, adulte, femelle, Ranomafana (Z.M.A. 6730).
Tomopterna labrosa, adulte, Ampijoroa (Z.M.A. 6770).
Laurentomantis malagasia, adulte, Ambatovaky.
Mantidactylus peraccae, adulte, femelle, Tampoketsa d'Ankazobe (Z.M.A.
6869).
Mantidactylus argenteus, adulte, mâle, Ambatovaky.
Mantidactylus domerguei, adulte, Manjakatompo (Z.M.A. 6923).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE 16
42. Heterixalus rutenbergi, adulte, femelle, 20 km à l'Ouest de Tananarive
(ZM.A. 6737).
54. Mantidactylus depressiceps, adulte, 20 km au Sud de Moramanga (Z.M.A.
6973).
55. Mantidactylus tornieri, adulte, Foulpointe (Z.M.A. 7112).
57. Mantidactylus wittei, adulte, mâle, Foulpointe (Z.M.A. 7059).
60. Mantidactylus blommersae, adulte, Périnet (Z.M.A. 6855).
63. Mantidactylus liber, adulte, 20 km au Sud de Moramanga (Z.M.A. 6659).
64. Mantidactylus pulcher, adulte, 20 km au Sud de Moramanga (Z.M.A. 7214).
65. Mantidactylus bicalcaratus, adulte, Fénérive (Z.M.A. 6952).
79. Mantidactylus luteus, adulte, mâle, Foulpointe (Z.M.A. 6725).
80. Mantidactylus asper, adulte, Mandraka (Z.M.A. 6868).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
66.
67.
KE”
PLANCHE 17
66 67
68 69
70 73
74 75
82 83
Mantidactylus albolineatus, adulte, Périnet (Z.M.A. 6949).
Mantidactylus punetatus, adulte, mâle, Tampoketsa d'Ankazobe (Z.M.A.
7170).
Mantidactylus flavobrunneus, adulte, mâle, Périnet - Anosibe (Z.M.A. 7173).
Mantidactylus aglavei, sub-adulte, Périnet (Z.M.A. 6994).
Mantidactylus redimitus, adulte, mâle, Périnet (Z.M.A. 7142).
Mantidactylus webbi, adulte avec ses œufs, Nosy Mangabe.
Mantidactylus boulengeri. adulte, Ambatovaky.
Mantidactylus eiselti, adulte, mâle, Périnet.
Mantidactylus lugubris, adulte, Périnet (Z.M.A. 6771).
Mantidactylus femoralis, adulte, mâle, Foulpointe (Z.M.A. 6789).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
87.
88.
89.
90.
Gi
92.
93.
94.
96.
OT
PLANCHE 18
87 88
89 90
7,
91 92
—Î# >
93 94
96 97
Mantidactylus albofrenatus, adulte, Foulpointe (Z.M.A. 7001).
Mantidactylus opiparis, adulte, Ambatovaky.
Mantidactylus aerumnalis, adultes, mâle (petit individu) et femelle, Manja-
katompo (Z.M.A. 6777).
Mantidactylus ulcerosus, adulte, Fénérive (Z.M.A. 6798).
Mantidactylus betsileanus, adulte, Mandraka (Z.M.A. 6885).
Mantidactylus curtus, adulte, Manjakatompo (Z.M.A. 6863).
Mantidactylus biporus, adulte, Ranomafana (Z.M.A. 6813).
Mantidactylus alutus, adulte, femelle, Tananarive (Z.M.A. 6905).
Mantidactylus madecassus, adulte, Andringitra (M.H.N.P.).
Mantidactylus guttulatus, adulte, Périnet (Z.M.A. 7116).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
122.
124.
PLANCHE 19
98 101
103 104
105 109
113 114
122 124
. Mantidactylus grandidieri, adulte, Périnet (Z.M.A. 6817).
. Mantella betsileo, adulte, femelle, Nosy Be (Z.M.A. 6726).
+ Mantella cowani, adulte, Fort-Dauphin (Z.M.A. 6719).
+ Mantella madagascariensis, adulte, Andringitra (Z.M.A. 6754).
+ Boophis goudoti, amplexus, Tsinjoarivo (Z.M.A. 6808).
. Boophis madagascariensis, amplexus, Ambatovaky.
. Boophis majori, adulte, mâle, Mandraka (Z.M.A. 7102).
114.
Boophis miniatus, adulte, mâle, Périnet (Z.M.A. 7162).
Boophis microtympanum, amplexus, Manjakatompo, (Z.M.A. 6850).
Boophis laurenti, adulte, Andringitra (M.H.N.P.).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
108.
110.
116.
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125.
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132.
133.
PLANCHE 20
Boophis untersteini, juvénile âgé de 3 mois, Mandraka (Z.M.A. 7190).
Boophis reticulatus, adulte, mâle, Périnet (Z.M.A. 7101).
Boophis albilabris, adulte, Ambatovaky.
Boophis species, juvénile, Mandraka (Z.M.A. 7154).
Boophis tephraeomystax, adulte, Tuléar (Z.M.A. 6775).
Boophis idae, adulte, Mandraka (Z.M.A. 7014).
Boophis opisthodon, adulte, Foulpointe (Z.M.A. 6851).
Boophis leucomaculatus, adulte, Ambatovaky.
Boophis pauliani, adulte, Périnet, (Z.M.A. 7128).
Aglyptodactylus madagascariensis, amplexus, Andringitra (M.H.N.P.).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe zoologique.
L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
Adresser toute la correspondance concernant la « Faune de Madagascar »
au Dr R.-P. DECHAMBRE, 45, rue Buffon, 75005 Paris.
En vente à la :
e SARL. René THOMAS
28, rue des Fossés Saint Bernard, F - 75005 Paris
© Librairie Philippe DEVISME
Maison de Buffon
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, F - 75005 Paris
© Librairie SCIENCES NaT
2, rue André-Mellenne, Venette, F - 60200 Compiègne
Date de publication : 8 juin 1993
NE RE Prix
FASCICULES PUBLIÉS TT.C.
1.— Odonates Anisoptères, par le Dr F.C. Fraser, 1956. 150 F
IL. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidae, Acracidae, par R. Paulian,
1956 (n'est plus vendu qu'avec la collection disponible) 150 F
IIL.— Lépidoptères Hesperidae, par P. Viette, 1956 100 F
IV.— Coléoptères Cerambycidae Laminae, par S. Breuning, 1957 150 F
Paulian, 1957 100 F
, par P. Bonadona, 1957 100 F
ephalidae, par A. Villiers, 1958 . 100 F
Lépidoptères Sphingidae, par P. Griveaud, 1959 … 150 F
— Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. Lawrence, 1959 100 F
:— Poissons des eaux douces, par J. Arnoult, 1959 150 F
.— Insectes, Coléoptères Scarabaeidae, Searabacina et Onthophagini,
par R. Paulian ; Helictopleurina, par E. Lebis, 1960 …
XIL.— Myriapodes. Chilopodes, par le Dr R.-F. Lawrence, 1960
XIII. — Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines, par R. Paulian,
1961 (Prix Foulon de l'Académi
XIV.— Lépidoptères Eupteroti
. Décapodes Portunidae, par A. k
VIL.— Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. Griveaud,
Constant de la Société entomologique de France) #
XVIII. — Crustacés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par A. Crosnier,
1965
XIX.— Insectes. Coléoptères Erotylidae, par H. Philipp. 1965
XX (1).— Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae (part.), par P. Viet-
te, 1965 (Prix Foulon de l'Académie des Sciences)
().— Id. Amphipyrinae (part.) et Melicleptriinae, 1967
XXI.— Octocoralliaires, par A. Tixier-Durivault, 1966
XXIL.— Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par A. Grjebine
(Prix Passet de la Société entomologique de France)
XXHI.— Insectes. Psocoptères, par A. Badonnel, 1967
XXIV.— Ins Thyrididae, par
XXV.— Ins Lygaeidae BL
1964 (Prix
150 F
100 F
150 F
150 F
200 F
300 F
200 F
150 F
100 F
Source : MNHN, Paris
FASCICULES PUBLIÉS (suite) |
200 F
150 F
XXVIIL.— Insect ères Reduviidae (1” partie), par A. Villiers, 1968 … 150 F
XXIX.— Insectes. Lépidoptères Notodontidae, par $. G. Kiriakoff, 1969 200 F
XXX.— Insectes. Dermaptères, par A. Brindle, 1969 100 F
XXXI.— Insectes. Lépidoptères Noctuidae Plusiinae, par C. Dufay, 1970: 200 F |
XXXII.— Arachnides. Araignées Archaeidae, par R. Legendre, 1970 . 100 F
XXXIIT.— Reptiles. Sauriens Chamaeleonidae, le genre Chamaeleo, par E.-R.
goo, 1971 … 250F
XXXIV.— Insectes. Lépidoptères Lasiocampidae, par Y. de Lajonquière, 1972 250 F
XXXV.— Oiseaux, par Ph. Millon, J.-J. Peter et G. Randrianasolo, 1973 (n'est
plus vendu qu'avec la collection disponible) 450 F |
Le fascicule de planches, seul, encore disponib) 250 F
— Mammifères. Carnivores, par R. Albignac, 1973 . 250 F
37.— Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae, par P. Basilewsky. 1973 250 F
38.— Arachnides. Araignées Araneidae Gasteracanthinae, par M. Emerit,
1974 . te 4
39.— Insectes. Lépidoptères Agaristidae, par S.G. Kiriakoff et ,1974 200 F
40.— Insectes. Coléoptères Cerambycidae Parandrinae et Prioninae, par R.-
M. Quentin et A. Villiers, 1975 …
41.— Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae : IL. Biologie par A. Peyrie-
ras. — III. Supplément à la systématique, par P. Basilewsky, 1976 …… 250 F
42.— Arachnides. Acariens Astigmata Listrophoroidea, par A. Fain, 1976 . 150 F
43 (1).— Insectes. Lépidoptères Lymantriidae (l" partie), par P. Griveaud,
250 F
250 F
1977: 250 F
43 (2).— — Id. (2° partie), 1977 …. 250 F
44.— Mammifères. Lémuriens (Primates Prosimiens), par J Petter, R.
Albignac et Y. Rumpler, 1977 (Prix Foulon de l'Académie des
Sciences) e 500 F
45.— Reptiles. Sauriens Iguanidae, par Ch. P. Blanc, 19 250 F
46.— Crustacés. Décapodes Aristeidae (Benthesicyminae, Aristeinae, Sole
nicerinae), par A. Crosnier, 1978 …… 300 F
47.— Reptiles. Sauriens Chamaeleonidae, Genre Brookesia et complément
pour le genre Chamaeleo, par E.-R. Brygoo, 1978 … …… 250 F
48.— Echinodermes. Ophiures, par G. Cherbonnier et A. Guille, 1978
(stock détruit par l'éditeur) .…
49.— Insectes. Hémiptères Reduvidae (2 partie), par A. Villiers, 1979 .. 250 F
50.— Insectes. Coléoptères Silphidae, Passalidae, Belohinidae et Cerato- |
canthidae, par R. Paulian et J.-P. Lumaret, 1979 . 150F F
51.— Insectes. Coléoptères Staphylinides Oxytelidae Osoriünae, par H. Coif-
fait, 1979 (stock détruit par l'éditeur)
52.— Insectes. Coléoptères Cerambycidae Diste:
1980 . De d
53.— Insectes. Lépidoptères Limacodidae, par P. Viette, 1980 . 200F
54.— Insectes. Coléoptères Colydiüdae et Cerylonidae, par R. Dajoz, 1980 Î
(stock détruit par l'éditeur) à — F
55.— Insectes. Coléoptères Curculionidae Cycloterini, par R. Richard,
1981 (Prix M. et Th. Pic de la Société entomologique de France) … 100 F
56.— Insectes. Coléoptères Trogidae et Hybosoridae, par R. Paulian, 1981 50 F
57.— Insectes. Coléoptères Cetoniidae Euchroeina : 1. Systématique, par R.
Paulian et A. Descarpentries — II. Biologie et formes larvaires, par J.-
P. Lumaret et A. Peyrieras, 1982
58.— Crustacés. Copépodes des eaux intérieures, par B. H. Dussart, 198:
59 (1).— Crustacés. Amphipodes Gammariens (1" partie), par M. Ledoyer,
1982 (stock détruit par l'éditeur) .
BIBL. DU
MUSEUM
PARIS
*
Source : MNHN, Pariss
FA:
LES PUBLIÉS (suite)
59 (2).— — Id. (2 partie), 1986 … 350 F
60.— Insectes. Lépidoptères Epiplemidae, par J. Boudinot, 19: 100 F
61.— Insectes. Lépidoptères Sesiidae, par P. Viette, 1982 150 F
62. Coléoptères. Cureulionidae (Stgmateschelnt par It Richard,
250 F
63. — Insectes TLepidoptères MPsychidee lOikcticinec Dpari], Bourgogne,
1984. 100 F
64.— Insectes. Coléoptères Carabidae Platy 500 F
65.— Insectes. Coléoptères Dynastidae, par
set de la Société entomologique de Franc 350 F
66.— Ins Coléoptères Cu
par M. Ferragu, 1986 . 200 F
67.— Insectes. Coléoptères Staphylinidae
CI. Tee 1986 300 F
iptè a 450 F
— Insectes. Coléoptères Aulonoenemidae, par Y. Cambefort, 1987 . 250 F
— Echinodermes. Holothurides par G. Cherbonnier, 1988 . 300 F
71. Insectes. Coléoptères Staphylnidae Euaesthetinae, par J. Orouss
1988 (Prix M. et Th. Pie de la Société entomologique de France) ….. 350 F
72.— Insectes. Lépidoptères Crambidae Scoparinae, par P. Ler. 150 F
73 (1).— Insectes. Coléoptères Melolonthidae (1" partie). par M. L 300 F
TA.— Insectes. Coléoptères Aphodiüdae, par P. Bordat, R. Pau
tino, 1990 . 350 F
— Amphibiens (l" partie), p
Blane, 1991 450 F
2).— — Id. (2 parti 400 F
— Insectes. Coléoptère/ Nosodendridae, par S. Endrëd 100 F
77.— Insectes. Coléoptères Ptinidae, par X. Bellés, 1991 250 F
78. — Insectes. Hétéroptères Tingidae, par P. Duarté Rodriguez. 1992 200 F
79.— Insectes. Coléoptères Staphylinidae Paederinae, I. Paederini, par
CL. Lecoq. 1993 . 200 F
Suppl. 1.—Liste récapitulative des Lépidopt
P. Viette, 1990 300 F
Imprimerie Némont s.a. Dépôt légal 21 trimestre
Rue de l'Europe, 10200 Bar-sur-Aube N° 1246
Source : MNHN, Paris