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FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
85
INSECTES DIPTÈRES
CULICIDAE CULICINAE
Genre Orthopodomyia
de la sous-région malgache
et
de la région afrotropicale
par
J. BRUNHES et J.-P. HERVY
Entomologistes médicaux de lORSTOM
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Publié avec le concours
de l’Institut français de Recherche scientifique
pour le Développement en Coopération
Muséum national d'Histoire naturelle
Paris
1995
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FAUNE DE MADAGASCAR
Collection fondée en 1956 par M. le Recteur Renaud PAULIAN
Correspondant de l’Institut
(alors Directeur adjoint de l’IRSM)
Collection honorée du soutien
du Ministère de la Coopération
Comité de patronage
M. le Dr RAKOTO RATSIMAMANGA, membre correspondant de l’Institut, Paris.
— M. le Ministre de l'Education nationale, Tananarive. — M. le Président de
l’Académie Malgache, Tananarive. — M. le Recteur de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Professeur de Zoologie de l’Université de Madagascar,
Tananarive. — M. le Directeur du CNRS, Paris. — M. le Directeur général de
lORSTOM, Paris.
MM. le Professeur J. DORST, membre de l’Institut, Paris ; J.-M. PÉRÈS, membre
de l’Institut, Marseille ; J. CARAYON, Paris; A. CHABAUD, Paris; M. RAKOTo-
MARIA, Tananarive.
Comité de lecture :
M. R. PAULIAN, Président ; MM. Ch-P. BLANC, A. CROSNIER,
R.-P. DECHAMBRE, J. GUTIERREZ, L. MATILE, J.-J. PETTER,
G. RAMANANTSOAVINA, P. ROEDERER, P. VIETTE (secrétaire).
© FAUNE DE MADAGASCAR
Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays.
FAUNE DE MADAGASCAR
Publiée sous les auspices du Gouvernement de la République Malgache
85
INSECTES DIPTÈRES
CULICIDAE CULICINAE
Genre Orthopodomyia
de la sous-région malgache
et
de la région afrotropicale
par
J. BRUNHES et J.-P. HERVY
Entomologistes médicaux de l'ORSTOM
Publié avec le concours
de l’Institut français de Recherche scientifique
pour le Développement en Coopération
Muséum national d'Histoire naturelle
Paris
Bibliothèque Centrale Muséum
MUSEUM
DARIS 3 3001 00311187 8
Jacques BRUNHES & Jean-Paul HERVY
Adresse actuelle :
UR Maladies infectieuses et parasitaires,
Centre ORSTOM, 911, avenue Agropolis, B.P. 5045, 34032 Montpellier cedex 1
SOMMAIRE
Préface den e nn ee a = tu
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Matériel et méthodes
Historique de la découverte du genre Orthopodomyia ............
Les caractères morphologiques du genre Orthopodomyia . .........
Femelle
MATE ee ne 0 de eme ee
Nymphe
Le point sur les Orthopodomyia de la sous-région malgache . . ......
Historique des découvertes
Position taxonomique de quelques espèces malgaches . ........
Le point sur les Orthopodomyia du continent AÉCICAI Tee
Historique des découvertes et état des connaissances . ....:.::
Les Orthopodomyia d’Afrique et de la sous-région malgache .......
Clés dichotomiques d’identification
Présentation des différentes espèces
Or. ambremontis n. sp. .- . . ..
Or. ankaratrensis n. sp. . ...
Or.
Or.
Or. comorensis Brunhes, 1977
Or. fontenillei n. sp. . . . . . ..
Or. joyoni Brunhes, 1977 ...
Or. milloti Doucet, 1951 ....
Or.
Or.
Or. rajaonariveloi n. sp. . . ..
Or. ravaonjanaharyi n.sp. . ..
Or. reunionensis n. Sp. . ...:
Or. rodhaini n. sp: - : - . -
Or. vernoni Van Someren, 1949
. arboricollis (de Charmoy, 1908) ................
. aureoantennata Ferrara, 1973 .................
. nkolbissonensis Rickenbach et Hamon, 1965 ........
. pulchripalpis (Rondani, 1872) .............:.:.:
4 +R. L. PETERSON, J. L. EGER & L. MITCHELL
Considérations générales. 25e ane nee + cu +0. + p. 100
BIOlO Ie ee en de Neue p- 100
SYSLÉMALIAUE See ea ue ete none ce one ci à p. 102
Eomparaison déssatlesese Re nn eepoe net p- 102
Comparaison des genitalia mâles .. . . .:................ p=103
Comparaison de l’ornementation des pattes . .............. p. 104
Réflexions sur l’ornementation du corps et sur la morphologie des
DODMAlIASMAlES Eee re mn-nee en s U atin ecene ilee ioise p. 104
Propositions pour la section Orthopodomyia . ............. p- 105
Dynamique du genre Orthopodomyia en Afrique et dans la sous-
TéronsmalsaChe ss set en ce Mi nee see ein me ie p. 106
Remerciements ne ennemies sen ie p- 107
Références bibliographiques ............................. p. 109
Plénchessetecartesss Sani on ue ere ed p: LS
Index=alphabétique 5 22 te een en ee ete p: 119
PRÉFACE
Le travail de MM. Brunhes et Hervy offrant, avec une étude des Ortho-
podomyia afro-malgaches, la description de sept nouvelles espèces dans un
genre qui ne comptait jusqu'ici, et sur l’ensemble des régions intertropicales,
qu’une trentaine d’espèces, fournit une précieuse contribution à la connais-
sance des Culicides de la région. Après les deux volumes de la Faune de Mada-
gascar consacrés par A. Grjebine aux Anophèles et aux Ficalbia ce travail
apporte les descriptions détaillées et les illustrations précises des trois stades de
développement d’un autre genre de Culicides et il confirme l'originalité et la
richesse de la faune malgache.
Par la mise en évidence de la richesse de cette faune, pas moins de six
espèces nouvelles sont décrites sur un total de huit espèces existant dans l’île,
l'étude confirme l’importance primordiale des phytotelmes dans le développe-
ment des formes aquatiques à Madagascar.
Cette étude a aussi le mérite de poser en termes clairs le problème du
polymorphisme larvaire qui se révèle particulièrement impressionnant pour les
formes des Mascareignes et ne peut, semble-t-il, être ramené à un problème de
métabolisme ; elle suggère aussi des recherches sur le fonctionnement de la cor-
beille de soies céphaliques larvaires dans la recherche de la nourriture ; on sait
l'importance de ces caractères chez les Simulies du Pacifique, et l’intense spé-
ciation écologique qui accompagne les variations morphologiques du filtre buc-
cal.
Mais l'intérêt majeur de cette étude est sans doute de poser en termes
renouvelés le problème des affinités orientales de la faune malgache. Alors que
les recherches de la période d’intense prospection faunistique de l’île, de 1946
à 1974, avaient mis en évidence la prépondérance des éléments africains dans
le peuplement de Madagascar, tant pour ce qui concernait les éléments anciens
que pour les formes de pénétration plus récente, contrairement aux opinions
défendues au début du siècle, les recherches de la dernière décennie ont fait
apparaître, dans des groupes divers (Lépidoptères, Mélolonthides, Ptinides,
Ficalbia et aujourd’hui Orthopodomyia), la présence d’éléments anciens, à
affinités orientales. L'interprétation de cette contradiction, en termes biogéo-
graphiques, ne pourra être proposée que lorsque les géophysiciens auront fixé
avec certitude les dates relatives des deux fractures des plaques afro-malgache
et indo-malgache. Mais il est important de savoir que le problème est posé.
R. PAULIAN.
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INTRODUCTION
Le genre Orthopodomyia ne compte, dans le monde entier, qu’une tren-
taine d’espèces qui sont, pour la plupart d’enire elles, localisées dans les
régions intertropicales d’Asie et du Nouveau Monde.
Dans la région afrotropicale, la partie continentale apparaît remarqua-
blement pauvre en Orthopodomyia, et ceci malgré une prospection importante.
Seules, en effet, deux espèces rarissimes (Or. nkolbissonensis et Or. aureoan-
tennata), provenant toutes deux du Cameroun, y ont été, à ce jour, signalées.
Au contraire, la seule sous-région malgache, qui compte actuellement 7
espèces, se montre d’une grande richesse biologique. Cette apparente diversité,
pour importante qu’elle soit, nous a semblé cependant sous-estimée car nous
avons décelé, dans les collections, de nombreuses déterminations incertaines et
des localisations surprenantes. Ces observations nous ont montré que les études
consacrées aux Orthopodomyia de cette sous-région étaient encore très insuffi-
santes eu égard à la grande diversité des zones climatiques représentées à
Madagascar et au morcellement insulaire de la région.
Par ailleurs, une seule espèce, Or. pulchripalpis (Rondani, 1872), se ren-
contre dans la région paléarctique occidentale, depuis le Maghreb jusqu’en
Angleterre et du Portugal jusqu’en Hongrie et en Grèce.
Il nous a donc paru opportun d’effectuer, pour l’ensemble de la région
afrotropicale, et tout particulièrement pour la sous-région malgache, une révi-
sion générale de ce genre en utilisant comme références les nombreux types
conservés au Centre ORSTOM de Montpellier (France) et divers exemplaires
appartenant à d’autres collections que nous avons pu examiner.
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MATÉRIEL ET MÉTHODES
Cette révision des Orthopodomyia d'Afrique, de Madagascar et des îles
voisines se fonde tout d’abord sur la collection de Culicidae déposés au Centre
ORSTOM de Montpellier (France). Dans cette collection se trouvent les types
des deux seuls Orthopodomyia signalés en Afrique subsaharienne (Or.
aureoantennata et Or. nkolbissonensis) et de nombreux exemplaires d’Or. pul-
chripalpis récoltés au Maroc par notre collègue Hélène Bailly-Choumara.
Au cours d’un séjour de six ans (1966 à 1972) dans la sous-région mal-
gache, l’un d’entre nous (J. Brunhes) a largement prospecté Madagascar et
l’archipel des Comores. Les larves d’Orthopodomyia récoltées ont été mises en
élevage aussi souvent que possible, si bien que l’on est généralement en mesure
de relier les trois stades de développement de chaque espèce identifiée.
En outre, la collection conservée au Centre ORSTOM de Montpellier, qui
comportait des Orthopodomyia récoltés par J. Hamon sur l’île Maurice et
quelques autres récoltés à Madagascar par A. Grjebine, D. Fontenille, R.
Subra et Ch. Ravaonjanahary, nous a fourni des adultes, des larves, mais sans
qu’il soit généralement possible d'établir un lien certain entre les différents
stades. Ce matériel nous a permis d’identifier une espèce nouvelle récoltée à
l’état larvaire par A. Grjebine dans le massif de l’Ankaratra (Madagascar) et
une autre récoltée dans le nord-est de Madagascar par Ch. Ravaonjanahary.
Pour cette dernière espèce, seuls les adultes, issus de la mise en élevage des
larves, nous sont parvenus. Dans ces différents cas, le lieu de récolte étant
connu avec précision, de nouvelles prospections devraient permettre de retrou-
ver rapidement les stades manquants.
Par ailleurs, des larves et nymphes récoltées par M. Isautier sur l’île de
la Réunion, ainsi que les adultes issus des élevages effectués, nous ont permis
de signaler la présence d’une espèce nouvelle pour la science sur cette île des
Mascareignes.
Les descriptions d’espèces nouvelles, que nous donnons ici, sont fondées
sur l’examen de l’ensemble du matériel de la série-type ainsi que sur l’en-
semble des topotypes à notre disposition. Cette description composite, associée
à la désignation de types les plus représentatifs possibles, permet de mieux cer-
ner les variations intraspécifiques que ne le ferait la seule description du type.
Pour effectuer nos descriptions nous avons adopté la nomenclature des
pièces anatomiques et des soies telle qu’elle est proposée de façon synthétique
par Harbach et Knight (1980).
Les planches d’illustrations d’ailes ont été réalisées grâce à une technique
inédite associant prise de vue en micro-vidéo et traitement numérique de
l’image.
10 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Une clé informatisée des Orthopodomyia de la région afrotropicale est
actuellement en préparation. Ce logiciel, analogue dans son principe à celui
réalisé sur les Mouches Tsé-isé par Brunhes et al., 1994, permettra une iden-
tification plus sûre et plus conviviale tout en dégageant les liens de parenté qui
existent entre les espèces.
ABRÉVIATIONS UTILISÉES
BMNH British Museum (Natural History) / Natural History Museum,
Londres.
IP Institut Pasteur, Paris.
LTV Laboratoire de Taxonomie des Vecteurs, Centre ORSTOM de
Montpellier (34), France.
MNHN Muséum national d'Histoire naturelle, Paris.
NMNH National Museum of Natural History / Smithsonian Institution,
Washington.
NOMS DE LOCALITÉS UTILISÉS
A Madagascar, les noms de nombreuses localités ont été changés entre la
période où les récoltes ont été effectuées et la date de rédaction de cet ouvrage.
Les étiquettes désignant les Orthopodomyia de Madagascar comportent,
dans la grande majorité des cas, d’anciens noms de localités. Nous mentionne-
rons en priorité le nom figurant sur les étiquettes d’origine ; pour aider le lec-
teur, les noms de lieux actuellement utilisés seront mentionnés entre paren-
thèses.
HISTORIQUE DE LA DÉCOUVERTE DU GENRE ORTHOPODOMYIA
Orthopodomyia Theobald, 1904 : 236-239. Theobald a créé le genre
Orthopodomyia en se fondant sur l’espèce-type albipes que Leicester avait
décrite en 1904, sans lui donner de nom de genre, et dans la même publication
que celle de Theobald, 1904. Localité-type : Kuala Lumpur, Malaisie. Lecto-
type mâle désigné par Zavortink, 1968.
Bancroftia Lutz, 1904 : 6-30. Espèce-type du genre : Bancroftia albicosta
Lutz, 1904. Au premier abord, l’antériorité d’Orthopodomyia sur Bancroftia
ne nous semble pas facile à établir ; nous nous en remettons donc à la décision
de nos prédécesseurs qui a été consacrée par l’usage. Localité-type : Serra da
Cantareira (Sao Paulo) Brésil.
Pneumaculex Dyar, 1905 : 46. Espèce-type : Culex signifera Coquillett,
1896 : 43. Localité-type : Washington (U.S.A.).
Newsteadina Theobald, 1909 : 297. Espèce-type : Culex arboricollis
Charmoy, 1908. Localité-type : Vacoas, Maurice.
Thomasina Newstead et Carter, 1911 : 553. Espèce-type : Mansonia lon-
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 11
gipalpis Newstead et Thomas, 1910 : 145. Localité-type : Manaos, Amazone,
Brésil.
Le premier Orthopodomyia a été découvert en Italie par Rondani (1872)
et décrit sous le nom de Culex pulchripalpis. Le second fut capturé aux U.S.A.
et décrit par Coquillett en 1896 sous le nom de Culex signifera. Quelques
années plus tard, en 1903, Giles présente sous le nom de Mansonia anophe-
loides un autre Orthopodomyia capturé aux Indes.
Afin de classer ces Moustiques décrits d’un peu partout dans le monde à
l’intérieur d’un taxon permettant de souligner leur incontestable parenté,
Theobald (1904) propose la création du genre Orthopodomyia. Il en définit les
caractères en prenant comme espèce type Orthopodomyia albipes que Leices-
ter (1904) venait de découvrir en Malaisie.
Une certaine imprécision sur l'étendue, et l’universalité des caractères
définissant ce nouveau genre, en particulier à tous ses stades de développe-
ment, n’a cependant pas permis d'éviter de nouvelles descriptions d’Orthopo-
domyia sous des noms de genres très variés. C’est ainsi qu'ont été créés au
moins quatre genres qui ont été ensuite progressivement placés en synonymie :
Bancroftia Lutz 1904, Pneumaculex Dyar 1905, Newsteadina Theobald 1909
et Thomasina Newstead et Carter 1911.
En 1920, après la mise en synomymie par Edwards du dernier genre non
valide, le genre Orthopodomyia compte 19 espèces ou variétés.
À cette phase de caractérisation du genre et de regroupement dans un
même taxon, succède bientôt une nouvelle phase de mise en évidence des ori-
ginalités morphologiques partagées par certaines de ces espèces. Cette phase
centrifuge aboutit rapidement à la définition de nouveaux taxa infragénériques
tels que les “groupes-espèces”.
Ainsi, en 1932, Edwards propose-t-il la création de 2 “groupes” distincts :
le groupe A ou “Orthopodomyia” et le groupe B ou “Bancroftia”. Ce mouve-
ment centrifuge se poursuit avec la création par Knight et Mattingly (1950) du
sous-groupe anopheloides dans le groupe À d’Edwards.
Belkin (1962) reconnaît dans le genre Orthopodomyia 8 groupes dis-
tincts : groupe “albipes” (9 espèces), groupe “signifera” (6 espèces), groupe
“nkolbissonensis” (1 espèce), groupe Thomasina (2 espèces), groupe “vernoni”
(2 espèces), groupe “albicosta” (1 espèce), groupe “arboricollis” (1 espèce) et
groupe Folicolae (1 espèce).
En 1968, lorsque Zavortink publie sa révision du genre Orthopodomyia
il existe 24 espèces valides et cet auteur propose de subdiviser le genre en 3
sections comportant chacune de 1 à 4 groupes. Depuis cette révision du genre,
il est admis de subdiviser les Orthopodomyia en 4 sections et 6 groupes.
Section Orthopodomyia
groupe “albipes” Asie
groupe “arboricollis” Maurice
groupe “nkolbissonensis” Afrique
groupe “vernoni” Madagascar
12 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Section Bancroftia
groupe “albicosta” Région néotropicale
groupe “signifera” Région holarctique et néotropicale.
Section Thomasina Région néotropicale
Section Folicolae Région néotropicale
La mise en place d’une telle architecture taxonomique, dans laquelle
chaque groupe de taxa se trouve étroitement localisé dans une zone géogra-
phique particulière, met en évidence, soit l’ancienneté du genre qui a eu le
temps de s’adapter aux conditions écologiques de chacune des régions écolo-
giques qu’il occupe, soit les vestiges d’un genre autrefois beaucoup plus large-
ment réparti et diversifié et dont il ne resterait aujourd’hui que des témoins
épars. Nous essaierons de discuter cette question après avoir présenté les
Orthopodomyia de la région afrotropicale.
LES CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES
DU GENRE ORTHOPODOMYIA
Les caractères sur lesquels se fondent l’appartenance au genre ont été
pour la première fois proposés par Theobald (1904). Cette première définition
était fondée sur l’examen d’Orthopodomyia albipes Leicester, 1904. Plus
récemment, après avoir examiné la plupart des Orthopodomyia du monde,
Zavortink (1968, 1971) a précisé les caractères morphologiques attribués à ce
genre. Parmi ceux proposés, nous avons retenu comme étant particulièrement
constants pour la région concernée, les caractères suivants :
Femelle
TÈTE
Vertex et occiput largement recouverts d’écailles blanches, jaunes ou
noires :; les écailles fourchues dressées pouvant être plus ou moins sombres
mais les antérieures étant très généralement plus claires que les postérieures.
Labium légèrement renflé dans la partie distale ; de couleur noire, portant tou-
jours dans sa partie médiane au moins un anneau clair (jaune ou blanc) dont
la largeur peut être variable. Palpes maxillaires atteignant approximativement
la moitié de la longueur du labium et formés de 4 ou 5 segments (1), parfois
difficiles à distinguer ; ils présentent un apex clair et 1 ou 2 anneaux blancs
entourant, ou bordant, les zones articulaires. Pédicelle de l’antenne portant
des écailles pâles sur sa partie interne ; les 2 ou 3 premiers flagellomères sont
aussi ornés de quelques écailles blanches.
(1) La terminologie utilisée par les auteurs est largement d'inspiration anglo-
saxonne (proboscis à la place de trompe, par exemple). Le mot “segment”, trouvé lors
de la description des palpes maxillaires ou des tarses, correspond à ce qui est norma-
lement nommé “article” en français et n’a rien à voir avec les segments thoraciques ou
segments abdominaux (NDLR).
DiPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 13
THORAX
Scutum orné de nombreuses écailles aux couleurs contrastées (blanc,
crème, jaune, noir) qui forment des dessins plus ou moins définis. Pleures por-
tant de nombreuses plages d’écailles blanches spatulées. Pattes toujours pour-
vues, et parfois sur toute leur longueur, d’anneaux noirs et blancs auxquels
s'ajoutent parfois des touffes de longues écailles noires. Tarsomères 1-I et 1-IT
aussi longs que l’ensemble des segments 2 à 5 réunis. Tarsomères 4-T et 4-IT par-
ticulièrement courts ; cette singularité morphologique constitue un excellent
caractère permettant, à lui seul, de distinguer le genre Orthopodomyia. Griffes
simples. Nervures des ailes généralement recouvertes d’écailles blanches et noires
qui, regroupées par places, forment des taches plus ou moins nombreuses.
ABDOMEN
Tergites et sternites recouverts d’écailles noires et blanches ; la couleur
dominante étant très généralement le noir mais les taches blanches toujours
présentes dans les angles antérieurs peuvent se rejoindre pour former une
bande continue qui borde toute la partie antérieure du tergite ; taches
d’écailles blanches souvent présentes au milieu des tergites 2 à 7.
Mâle
Le mâle est analogue à la femelle. Palpes maxillaires atteignant 0,7 à 0,9
fois la longueur du proboscis ; le cinquième segment blanc, les trois premiers
segments portant des écailles blanches près des articulations. Antenne très plu-
meuse ; les flagellomères 1 à 4 portent généralement de longues écailles
blanches vrillées. Terminalia : tergite VIIL développant sur son bord postérieur
une expansion médiane dont les formes et l’ornementation sont souvent spéci-
fiques ; tergite IX orné de quelques soies dont le nombre est très variable même
chez les individus d’une même espèce. Gonocoxites, longs et coniques, mon-
trant une ornementation généralement peu variée, formée d’une rangée de
fortes soies basales-internes disposées en croissant. Gonostyle long, portant de
nombreuses soies dorsales et une forte dent terminale. Edéage dont les deux
moitiés, faiblement assemblées, portent des denticulations distales et des expan-
sion postéro-médianes plus ou moins développées.
Nymphe
Soies céphalothoraciques 6 et 7-C très proches l’une de l’autre ; soies 8
et 9-C insérées nettement en arrière des trompettes respiratoires dont la forme
est assez variable mais qui ne sont jamais longues. Soie abdominale 1-[ très
buissonnante : 9-VII développée et formée de 5 à 10 branches aciculées et en
éventail ;: 9-VIIL formant généralement un long éventail d’au moins 10
branches aciculées. Palette natatoire sans spicules distaux, 1-P présente mais
le plus souvent modeste, 2-P absente.
Larve au quatrième stade
TÊTE
Globuleuse. Mentum développé. Soie 1-A insérée sur la moitié basale de
l’antenne. Thorax et abdomen présentant, sur les larves vivantes ou mortes
14 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
depuis peu de temps, une coloration rouge brique due à la présence d’un pig-
ment.
ABDOMEN
Présence, sur le segment VIIT, d’une paire de plaques sclérifiées asymé-
triques qui se réunissent parfois dorsalement. Deux rangées de dents formant
un double peigne sont insérées près de ces plaques. Soies 6-I et 6-II formées de
3 à 8 branches fortes, aciculées et arquées ; soies 6-IIT à 6-VI simples ou
doubles mais toujours très longues. Siphon aux proportions variables, sans
peigne basal ; 1-S développée. Segment X entouré par une selle complète et non
spiculée sur son bord distal, 4-X formée très généralement de 7 paires de soies
longuement spatulées à la base.
LE POINT SUR LES ORTHOPODOMYIA
DE LA SOUS-RÉGION MALGACHE
Historique des découvertes
La première espèce signalée dans la sous-région malgache a été Orthopo-
domyia arboricollis. De Charmoy (1908) l’a découverte à Maurice et décrite à
partir d’un adulte obtenu après la mise en élevage d’une larve capturée dans
un creux d’arbre. Placée d’abord dans le genre Culex, cette espèce allait
ensuite être rangée dans le genre Newsteadina puis dans le genre Orthopodo-
myia après la mise en synonymie de Newsteadina par Edwards.
La deuxième mention d’une espèce appartenant au genre Orthopodomyia
est due à E. Van Someren (1949) qui a décrit le mâle d’Or. vernoni ainsi
qu’une larve récoltée dans la même région que l’adulte et qu’elle considérait
(la suite prouva qu’elle avait raison) comme le stade préimaginal d'Or. vernoni.
Cette nouvelle espèce avait été récoltée dans l'extrême nord de Madagascar, à
Sakaramy, près de la ville de Diégo-Suarez (Anisiranana). En 1950, Doucet a
attribué à Or. vernoni une larve provenant de la Montagne d’Ambre. Il en a
dessiné la tête, le mentum et les trois derniers segments mais sans faire d’autres
commentaires. Compte tenu du lieu de provenance et des espèces connues en
1950, cette identification se justifiait pleinement. Nous avons retrouvé cette
larve montée dans le baume ; sa tête a été disséquée pour mettre en évidence
le mentum. Bien qu’elle soit en assez mauvais état il nous semble qu’il s’agit
plus probablement d’une larve d’Or. milloti (taille des soies 5-C, longueur des
antennes). L'identification de cette larve demeure incertaine car, au niveau de
la Montagne d’Ambre, se côtoient les espèces orientales et occidentales de
Madagascar ainsi qu’une espèce endémique. Compte tenu de la peu fréquente
sympatrie des Orthopodomyia, il aurait été probablement possible de lidenti-
fier si le lieu de capture avait été plus précisément indiqué. Zavortink (1968),
qui ne disposait que de 2 larves récoltées dans la localité-type (Sakaramy), n’a
proposé dans sa monographie sur les Orthopodomyia qu’une description très
brève du stade larvaire d'Or. vernoni ; par contre il a présenté une redes-
cription fort précise du mâle. La femelle et le stade nymphal ont été décrits par
Rodhain et Boutonnier (1983) qui ont ainsi complété la connaissance d’Or. ver-
noni à tous ses stades de développement.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 15
Après une étude de la faune culicidienne de la forêt tropicale humide de
la côte orientale malgache région de Périnet (Andasibe), Doucet (1951) a décrit
et dessiné une nouvelle espèce : Or. milloti. Sa localité-type se trouve à 900 m
d’altitude, au sommet de la première “falaise” de la côte orientale malgache.
Cette espèce allait être plus minutieusement décrite et illustrée par Zavortink
(1968) grâce à 4 mâles et 1 femelle provenant de la zone côtière à Sakondroely,
Sous-Préfecture Fénérive (Fenoarivo Atsinanana), Province de Tamatave (Toa-
masina) et à une larve récoltée dans la localité-type. Ce matériel avait été
fourni par A. Gjrebine. Le stade nymphal d’Or. milloti a été décrit en 1983
par Rodhain et Boutonnier.
Cinq ans après la description du mâle d’Or. milloti, et à la suite de
récoltes effectuées sur la côte occidentale sèche de Madagascar région de
Majunga (Mahajanga), A. Grjebine (1954) décrit Orthopodomyia geberti en se
fondant sur la morphologie d’une larve.
L'intérêt pour l’étude des Orthopodomyia de la sous-région malgache était
relancé en 1977 avec la description de 2 espèces nouvelles allopatriques (Or.
comorensis et Or. joyoni) découvertes dans trois îles de l’archipel des Comores
(Brunhes 1977).
Quelques années plus tard, Rodhain et Boutonnier (1983) publient une
révision des Orthopodomyia de Madagascar et décrivent à cette occasion 2
nouvelles espèces : Or. antanosyorum et Or. madecassorum.
Malgré ces apports successifs, les nombreuses déterminations qui demeu-
raient encore douteuses nous ont incités à reprendre l’ensemble du problème
posé par l'identification des Orthopodomyia de la sous-région biogéographique
malgache. Nous tenterons de faire progresser leur connaissance en élargissant
leur étude à toute la région afrotropicale.
Position taxonomique de quelques espèces malgaches
Or. geberti Grjebine, 1954
Au moment de la description d’Or. geberti, Grjebine ne disposait, pour
identifier son matériel, que de la très brève description d’Or. vernoni faite par
Van Someren et du dessin proposé par Doucet qui représentait très probable-
ment une larve d’Or. milloti sous le nom d’Or. vernoni.
Nous avons retrouvé l’holotype larvaire qui a servi à la description d’Or.
geberti et, après consultation de la collection de F. Rodhain et de l’abondant
matériel que nous avons nous même récolté et mis en élevage, nous considérons
Or. geberti, non plus comme un nomen dubium (Zavortink 1968), mais comme
un synonyme d’Or. vernoni.
Or. madecassorum Rodhain et Boutonnier, 1984
Les auteurs ont fondé la distinction de cette espèce sur la description
d’une femelle capturée dans la station de Périnet, Sous-Préfecture de Mora-
manga, Province de Tamatave (Toamasina). Cette espèce se reconnaît à la pré-
16 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
sence, sur la patte III, d’un cinquième article tarsal entièrement blanc. Ce
même article est noir chez Or. milloti.
Tous les autres caractères morphologiques d’Or. madecassorum sont très
proches sinon identiques à ceux que l’on peut observer chez Or. milloti.
À notre avis, plusieurs observations nous incitent à proposer la mise entre
parenthèses de ce taxon :
_il a été découvert dans la localité-type d’Or. milloti où cette espèce est
largement hégémonique et alors que les Orthopodomyia sont rarement sympa-
triques ;
- la larve, la nymphe et le mâle sont inconnus ;
- l’holotype femelle a accidentellement perdu ses tarses postérieurs alors
que ceux-ci constituent un élément décisif pour l'identification de l’espèce.
En conséquence et dans l’attente de nouvelles captures, nous proposons
donc qu’Or. madecassorum soit considérée comme un nomen dubium proba-
blement synonyme d'Or. milloti.
Or. antanosyorum Rodhain et Boutonnier, 1984
Les auteurs de cette espèce ont effectué leur description en se fondant sur
deux femelles conservées à sec et sur un mâle conservé en alcool. Ils ont sou-
ligné aussi la très grande parenté d'Or. antanosyorum avec Or. vernoni. Les
convergences morphologiques apparaissent particulièrement nettes en ce qui
concerne les pattes et les genitalia mâles de ces 2 espèces. La clé de détermi-
nation proposée par ces auteurs signale qu’il y a 5 à 6 soies latérales sur le ter-
gite VIII d'Or. vernoni alors qu’il n’en existe que 3 sur celui d'Or. antano-
syorum.
Les femelles de ces 2 espèces peuvent se distinguer grâce à une disposi-
tion légèrement différents des écailles colorées, en particulier de celles qui se
trouvent sur le scutum et sur la face postérieure des fémurs de la patte anté-
rieure.
Les stades préimaginaux de ces 2 espèces sont aussi très difficilement dis-
tinguables : chez Or. vernoni, la soie 5-VI ne dépasse pas le bord postérieur
du segment VII alors que chez Or. antanosyorum cette même soie atteint le
bord postérieur du segment VIT.
L'examen d’une dizaine de genitalia mâles d’Or. vernoni nous a montré
la très grande variabilité du nombre de soies portées par le tergite VIIL. Cette
ornementation est en effet peu constante aussi bien chez les mâles issus du
même pîte larvaire que sur le côté droit ou gauche d’un même individu. Ce
caractère nous a aussi semblé éminemment variable chez toutes les espèces de
la région afrotropicale.
Dans l’état actuel de nos connaissances, et compte tenu de la très grande
proximité morphologique des larves, des nymphes et de l’ornementation des
pattes d'Or. vernoni et d’Or. antanosyorum, nous préférons considérer Or.
antanosyorum comme un synonyme d'Or. vernoni.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 1
LE POINT SUR LES ORTHOPODOMYIA
DU CONTINENT AFRICAIN
Historique des découvertes et état des connaissances
La plus ancienne espèce d’Orthopodomyia connue a été capturée et
décrite en Italie par Rondani en 1872. Ce “Culex” pulchripalpis qui devait
devenir Orthopodomyia pulchripalpis après que Theobald eût défini les carac-
tères morphologiques communs aux Orthopodomyia, se rencontre non seule-
ment dans toute l’Europe occidentale mais aussi dans tout le Maghreb. Elle ne
franchit cependant pas la barrière des déserts qui séparent la région paléarc-
tique de la région afrotropicale.
Cet Orthopodomyia présente les caractères morphologiques propres au
groupe “signifera” tel que les a définis Zavortink (1968) mais il se distingue
suffisamment de ce groupe pour être placé dans le sous-groupe pulchripalpis
dont il est l’unique représentant.
Sur la portion du continent africain qui fait partie da la région afrotro-
picale, seules 2 espèces ont été décrites à ce jour ; elles proviennent toutes deux
de la même forêt relicte de Nkolbisson qui se trouve à quelques kilomètres de
Yaoundé (République du Cameroun).
Orthopodomyia nkolbissonensis a été découvert à l’état imaginal par
Rickenbach et Hamon (1965) qui ont décrit la morphologie du mâle et de la
femelle grâce à un lot de 7 mâles et 3 femelles. Quelques années plus tard, la
larve d'Or. nkolbissonensis était décrite par Ferrara (1968) à partir d’une seule
larve immature qu’il avait obtenue après qu’une femelle eût pondu au labora-
toire. Malheureusement cette larve n’a pas atteint le stade IV et la morpholo-
gie pré-imaginale d’Or. nkolbissonensis reste donc largement méconnue. Le
stade nymphal n’a été ni observé ni décrit.
Orthopodomyia aureoantennata, décrit en 1973 par Ferrara n’est encore
connu que grâce à l’holotype mâle. Cette espèce est profondément différente
d’Or. nkolbissonensis. L'édéage de cet holotype, monté au baume du Canada,
est malheureusement disposé en biais ce qui n’en facilite pas l’interprétation.
Assez curieusement, les deux seuls Orthopodomyia connus de la région
afrotropicale proviennent donc de la même forêt-relicte camerounaise des envi-
rons de Yaoundé. Ils sont par ailleurs si profondément différents l’un de
l’autre que l’on n’hésiterait pas à les placer dans deux groupes distincts. Nous
reviendrons dans la discussion sur le problème que posent la rareté et la sym-
patrie de ces deux espèces.
18 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
LES ORTHOPODOMYIA D’AF RIQUE
ET DE LA SOUS-RÉGION MALGACHE
Nous proposons ci-après la description et les illustrations des parties ana-
tomiques les plus caractéristiques de sept nouvelles espèces dont six se déve-
loppent à Madagascar et une dans l’île de la Réunion.
Pour faciliter l’identification et la comparaison entre elles des différentes
espèces de la région afrotropicale, nous avons partiellement redécrit et redes-
siné les cinq Orthopodomyia déjà connus.
Cette révision du genre Orthopodomyia dans la région afrotropicale a été
facilitée par le présence dans la collection du Laboratoire de Taxonomie des
Vecteurs de l'ORSTOM, à Montpellier, de quatre holotypes sur les cinq espèces
connues dans la région.
Pour être complet, nous proposons aussi une description complémentaire
__ et de nouvelles illustrations — de la seule espèce présente sur le continent afri-
cain mais qui ne se rencontre que dans la sous-région méditerranéenne (Région
paléarctique).
Les différents stades de développement des 15 espèces signalées sur le
continent africain et dans la sous-région malgache ne sont pas tous connus. Le
tableau I récapitule, pour chaque espèce, les stades et les sexes décrits.
EU ESPÈCE SDE | Lave [Nymphe] mâle | remele|
Orthopodomyia ankaratrensis
Orthopodomyia arboricollis :
Orthopodomyia aureoantennata Éssnies| Soie |
Orthopodomyia comorensis |
Orthopodomyia joyont
Orthopodomyia pulchripalpis Ë À
Orthopodomyia fontenillei
rthopodomyia rajaonariveloi
rthopo
odom l
Orthopodomyia nkolbissonensis Ë
Q
Orthopodomyia milloti
Description sur Stade III BH Description complète
Tableau I. — Etat des connaissances concernant les 15 espèces valides d’Ortho-
podomyia signalées dans la région afrotropicale, la sous-région malgache et la région
paléarctique occidentale.
(Les espèces nouvelles décrites dans cet ouvrage apparaissent en caractères
gras)
DiPpTÈRES CULICIDAE CULICINAE 19
CLÉS DICHOTOMIQUES D’IDENTIFICATION
CLÉ DES LARVES
S
| ©
Papilles anales à extrémité arrondie... 2
Papilles anales à extrémité lancéolée 3
Soie céphalique 9-C simple ...........................…. Or. reunionensis n.sp.
Soie céphalique 9-C double ou triple ......................…. Or. arboricollis
Siphon très court (indice < 2,5)......................…. Or. ankaratrensis n.sp.
Siphon de taille moyenne à grande 4
Soie céphalique 5-C formée de 3 à 4 branches... 5
Soie céphalique 5-C formée de plus de 4 branches... 8
Antenne longue, mince, arquée (rapport L/1 > 9)... 6
Antenne moins longue, plus large à la base (rapport EE). 7
Soie céphalique 9-C formée au plus de 3 branches ..…............. Or. milloti
Soie céphalique 9-C formée au moins de 4 branches...
nn 0 ON OPEN Or. ambremontis n.sp.
Soie abdominale 5-VII formée de 6 à 9 branches ; plaques laté-
rales du segment VIIL reliées par un pont dorsale Or. joyoni
Soie abdominale 5-VII formée de 10 branches et plus ; plaques laté-
rales du segment VIII non reliées par un pont dorsal . Or. fontenillei n.sp.
Siphon long (indice L/I > 6)... Or. rodhaini n.sp.
Siphon plus court (indice L/1 < 5)... 9
Soie céphalique 9-C formée de 2 à 3 branches épaisses … Or. comorensis
Soie céphalique 9-C simple...
Siphon court (indice L/1 voisin de 2)... Or. nkolbissonensis
Siphon long (indice L/1 compris entre 4 et Emme Or. vernoni
CLÉ DES NYMPHES
te
N
Extrémité de la soie abdominale 5-VI atteignant le bord distal
du segment VIII...
Extrémité de la soie abdominale 5-VI atteignant à peine le bord
distal du segment VIL 5
Soie céphalique 12-C simple ou double Or. vernoni
Soie céphalique 12-C formée de 3 à 6 branches ..................... 3
Soie abdominale 10-VI atteignant presque le bord distal du
segment VIT. .........................sserenee Or. rodhaini. n.sp.
Soie abdominale 10-VI atteignant au plus la moitié du segment
AT RS nn ee oo E RP ONE 4
J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Soies 5-IV et 5-V simples et très longues ..…........................... Or. milloti
Soies 5-IV et 5-V doubles ou triples et plus courtes. Or. fontenillei n.sp.
Soie 10-C simple..................................... Or. reunionensis n.sp.
Soie 10-C à branches multiples ........................................
Soies 9-VII et 9-VIIL très courtes (L inférieure à 1/4 de la
longueur des segments respectifs) .................…… Or. ambremontis n.sp.
Soies 9-VII et 9-VIIT normales (L au moins égale à 1/3 de la
longueur des segments respectifs)... 4
Soies 4-C et 5-C simples, au moins à leur base... Or. arboricollis
Soies 4-C et 5-C aux branches multiples ..............................
Soie 7-C double et 2 fois plus longue que la trompette respi-
Te ne me 0 ee ne OS OUI Or. joyoni
Soie 7-C simple à la base puis ramifiée, à peine aussi longue
que la trompette respiratoire... Or. comorensis
CLÉ DES ADULTES
1
Gi
À
Tibias des 3 paires de pattes ornés chacun de 3 anneaux
Ta CE DD COCO JR O DE ODORE Or. nkolbissonensis
Tibias différents... re
Pattes Ï et IL : tarses ornés seulement d’un anneau blanc
étroit porté par la base du premier LATSOMÈTE............ Or. pulchripalpis
Pattes I et IL : tarses ornés différemment ........................... 3
Pattes II et III : fémurs et tibias jaunâtres, ne présentant, au
plus, qu’un anneau noir basal et un autre apical Or. aureoantennata
Pattes IL et III : fémurs et tibias à teinte sombre dominante .… 4
Patte III : tarsomère 3 entièrement blanc ; tarsomère 4 noir à
RS a Me NU ee NN 5
Patte LIL: tarsomères 3 et 4 présentant au plus un anneau
blanc basal....:ssssese.sseseessseseestossosmeseeesseessesseseese 6
Patte Ï : tarse orné d’un seul anneau blane ........................ Or. milloti
Patte I : tarse orné de 3 anneaux blancs... Or. rajaonariveloi n.sp.
Patte III : tarsomère 1 sans anneau blanc basal................... Or. joyoni
Patte III : tarsomère 1 orné d’un anneau blanc basal..…..........
Patte IIT : tarsomère 1 sans anneau blanc apical .................…. 8
Patte III : tarsomère 1 avec un anneau blanc apical..…............. 11
Patte L : tarsomère 2 entièrement noir ou avec seulement
quelques écailles blanches à sa base... 9
Patte I : tarsomère 2 présentant un anneau blanc basal bien
VSD RE een ere cosrodeeare see oneccseeseatesssees 10
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 21
9. Patte I : apex du tibia et base du tarsomère 1 blancs . Or. fontenillei n.sp.
— Patte I : apex du tibia noir et base du tarsomère 1 ne présen-
tant qu’un anneau blanc étroit ........................ Or. ambremontis n.sp.
10. Patte I : tarsomère 3 portant un anneau blanc qui occupe la
moitié basale du segment............................. Or. ravaonjanaharyi n.sp.
— Patte Î : tarsomère 3 noir ou seulement orné de quelques
écaille blanches. 25.522 Or. vernoni
11. Patte I : tarsomère 3 orné d’un anneau blanc basal Or. comorensis
_—— Patte I : tarsomère 3 entièrement noir ................................. 12
12. Patte III : tarsomère 5 entièrement noir.....................…. Or. arboricollis
— Patte III : tarsomère 5 blanc à la base et parfois aussi à
ADR enr ed Or. reunionensis n.sp.
PRÉSENTATION DES DIFFÉRENTES ESPÈCES
Orthopodomyia ambremontis n. sp.
(fig. 1, fig. 2, planche 1, carte 1)
Série-type
L’holotype mâle portant le numéro T. 957 JB a été récolté, en mars 1983,
par Didier Fontenille.
Cette capture a été effectuée au sommet de la Montagne d’Ambre, Pro-
vince de Diégo-Suarez (Antsiranana), Madagascar.
Pédotypes. Le 19 avril 1980, le Professeur F. Rodhain a récolté, sur la
même montagne, à environ 1100 mètres d’altitude, des larves et des nymphes
qui ne ressemblent à aucune espèce connue. Compte tenu de la très grande
proximité des lieux où D. Fontenille et F. Rodhain ont respectivement effectué
leurs récoltes, nous prenons le risque de considérer ces stades préimaginaux et
l’holotype mâle d’Or. ambremontis comme appartenant à la même espèce.
Pédotypes et topotypes examinés. La série des pédotypes comprend 4
nymphes, 21 larves au stade IV et 7 larves aux stades Il ou IIL. Ces pédotypes,
récoltés par F. Rodhain, sont étiquetés n°1394, 19/04/1980 ; Montagne
d’Ambre ; altitude 1 100 mètres. Ils proviennent d’une cavité creusée dans un
tronc d’arbre tombé à terre. Par ailleurs, F. Rodhain a récolté 10 larves (topo-
types) ayant atteint le stade IV ainsi que 29 larves mortes aux stades IT et IT ;
ce matériel est étiqueté n°1379, Montagne d’Ambre ; altitude 1 100 mètres ; il
provient d’un creux d’arbre dont l’identité n’est pas précisée.
Dépôt des types. L’holotype mâle, 1 pédotype nymphal, 5 pédotypes lar-
vaires seront conservés au Laboratoire de Taxonomie des Vecteurs, Centre
ORSTOM de Montpellier (34), France. Un pédotype nymphal, 5 pédotypes lar-
vaires seront conservés à l’Institut Pasteur de Paris. Cinq pédotypes larvaires
seront conservés au MNHN (Paris). Trois pédotypes larvaires seront confiés au
BMNH (Londres) et trois autres pédotypes larvaires seront confiés au NMNH
(Washington).
22 J. BRUNES & J.-P. HERVY
7
Cette espèce a été nommé “ambremontis” car, dans l’état actuel de nos
connaissances, son aire de répartition semble localisée à la Montagne d’Ambre.
Ce massif montagneux se trouve à l’extrême nord de Madagascar ; il culmine
à 1 475 mètres, isolé des autres massifs montagneux malgaches par des régions
basses, chaudes et sèches, dont les altitudes se situent aux environs de 250
mètres.
Description de l’espèce
Holotype mâle (fig.1). — Espèce relativement grande : longueur de la
patte IT = 13,7 mm.
TETE
Le labium noir présente un anneau médian étroit de couleur blanc
argenté se prolongeant sur la face dorsale par une ligne blanche étroite maïs
bien visible qui atteint la base du labium. Palpe maxillaire : segment 1 noir,
segments 2 et 3 noirs mais présentant des anneaux blancs à la base et à l’apex ;
segment 4 noir, segment 5 blanc. Vertex : tégument sombre présentant une
tache d’écailles spatulées sombres sur l’occiput ; cette tache est suivie d’une
plage occipitale d’écailles argentées. Régions postoculaire et interoculaire
recouvertes d’écailles falciformes blanches inclinées vers l’avant.
THORAX
_ Prothorax. Tégument du prothorax clair.
Patte I : longueur = 9,5 mm ; trochanter et base du fémur blancs ; la
teinte grisâtre de la partie médiane du fémur est due au mélange d’écailles
claires et sombres qui la recouvre. La partie terminale du fémur est nettement
plus sombre que le reste du segment. Tibia et tarse noirs à l’exception de deux
petits anneaux blancs : l’un se trouve sur la base du tibia et l’autre sur la base
du premier article du tarse.
_ Mésothorax. Tégument sombre. Scutum. Zone acrosticale portant une
double rangée de soies longues mêlées à une bande d’écailles falciformes pâles ;
région dorso-centrale marquée elle aussi par une rangée de longues soies insé-
rées dans une bande d’écailles piliformes blanchâtres. Entre ces 3 lignes pâles,
les écailles sont plus rares et plus pâles. L’aire située en avant de la fossette
préscutellaire est nettement plus blanche que le reste du scutum ; elle est
cependant marquée par 3 petites taches sombres, l’une médiane, placée juste
avant l’aire préscutellaire, les 2 autres situées à l’extrémité postérieure des
bandes dorsocentrales. Ces 3 taches distinctes forment un “V? dont la pointe
est orientée vers l’avant. Scutellum : les 3 lobes sont recouverts d’écailles spa-
tulées argentées. Pleures. Antépronotum recouvert dans sa partie supérieure
de quelques écailles falciformes jaunâtres alors que la partie inférieure est
recouverte d’écailles spatulées argentées. Membrane postcoxale claire large-
ment recouverte, comme la coxa I, d’écailles spatulées et argentées. Mésépis-
ternum presque entièrement recouvert dans la moitié supérieure d’écailles spa-
tulées argentées et ne portant qu’une bande verticale d’écailles argentées sur
le bord postéro-inférieur ; ces 2 plages d’écailles blanches sont séparées par
une zone glabre. Coxa IT sombre recouverte d’écailles noires dans sa partie
supérieure. Mésépimeron glabre dans ses 2/3 basaux et portant une tache tri-
DipTÈRES CULICIDAE CULICINAE 23
BIBL:
MUSEUM
PARIS
Fig. 1. — Adulte d’Orthopodomyia ambremontis n. sp. — À : détail du tergite
VII. — B : gonostyle. — C : phallosome vu de face. — D : phallosome vu de profil.
— E : pattes I, IT et IE.
24 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
angulaire d’écailles argentées dans sa partie antéromédiane ainsi que quelques
écailles plus isolées dans la partie apico-antérieure.
Patte II : longueur = 10,7 mm ; trochanter largement recouvert d’écailles
sombres. Fémur présentant une tache blanche sur sa partie ventro-basale et
une touffe apico ventrale d’écailles noires et longues. Le reste du fémur est
recouvert d’écailles claires et sombres mêlées. Tibia clair à la base et à l’apex ;
près de la base un anneau plus sombre est nettement visible. Les segments 1,
2 et 3 du tarse portent un anneau blanc basal ; toutes les autres parties des
tarses sont noires.
Les ailes sont plutôt petites (4 mm) et les écailles qui recouvrent les ner-
vures sont généralement courtes et de couleurs contrastées ; des écailles longues
et étroites sont cependant présentes sur la partie distale des nervures médianes
et cubitales. Le bord costal de l’aile est marqué par 4 taches pâles de tailles
décroissantes de la base vers l’apex de l’aile. La première tache se poursuit
postérieurement et barre toute la partie basale de l’aile. La deuxième est inter-
rompue postérieurement par la nervure cubitale mais elle réapparaît au niveau
de la nervure anale sur laquelle elle forme une tache blanche médiane contras-
tée. Les troisième et quatrième taches blanches costales forment postérieure-
ment des bandes claires moins nettement délimitées. L’apex de l’aile est blanc.
Le bord postérieur de la membrane alaire n’est pas souligné par une bande
d’écailles sombres (écailles de la troisième bande) comme cela se produit chez
la plupart des espèces afrotropicales (pl. 3).
— Métathorax. Métépisternum à tégument brun et glabre. Haltère blanche
portant de nombreuses écailles argentées.
Patte II : longueur = 13,7 mm ; coxa et trochanter dont le tégument brun
sombre est presque entièrement dépourvu d’écailles blanches. Fémur grisâtre
à l'exception de la base et de l’apex qui sont sombres. Tibia à dominante claire
mais présentant un anneau noir bien marqué près de sa base ainsi qu’un autre
anneau plus sombre près de l’apex ; extrême apex blanc. Bases des tarsomères
1 et 2 ornées d’un petit anneau blanc. Segment 3 et 4 blancs sur leur moitié
basale et noirs distalement. Segment 5 entièrement noir.
ABDOMEN
L’abdomen est noir, sans bandes apicales blanches et sans plages bien
définies d’écailles claires en position médiane. Tergite Ï avec quelques écailles
pâles médianes ; les autres tergites abdominaux sont noirs avec quelques
écailles grisâtres médianes qui ne forment pas de dessins bien nets ; présence
de plages d’écailles argentées peu étendues sur les bords latéraux antérieurs
des tergites II à VII. Sternites I et II largement recouverts d’écailles pâles ;
sternites LIT à VIT noirs ornés d’écailles claires latérales.
Genitalia mâles. Partie distale du tergite VIIT profondément échancrée en
forme de “V”’ dont la membrane interne n’est pas frangée et dont l’apex des
branches est à peine bosselé. Gonostyle long et fin, terminé par une longue
épine denticulée en “peigne”. Edéage : la partie dorso-médiane présente un
long crochet arqué et arrondi à l’apex ; partie apicale portant, sur une partie
plus sclérifiée, 1 ou 2 rangées de dents longues et acérées
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 25
Fig. 2. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia ambremontis n. Sp. —
À : antenne. — B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers
segments abdominaux. — D : métathorax et abdomen, face dorsale à gauche, face ven-
trale à droite. — E : céphalothorax.
26 J. BRUNES & J.-P. HERVY
Nymphe (fig. 2)
CÉPHALOTHORAX
Soie 1-C et 3-C bifides, aciculées et de tailles moyennes ; 2-C simple ; 4-
C bifide et courte ; 5-C formée de 3 ou 4 branches aciculées de tailles mégales ;
6-C très courte, pectinée à l’apex ; 7-C formée de 2 longues branches acicu-
lées : 8-C et 9-C simples ou fourchues, aciculées et de tailles moyennes. Soie
10-C formée de 8 à 10 branches ; 11-C simple ; 12-C formée de 3 branches.
Trompette respiratoire sombre mais présentant une étroite bande claire bor-
dant sa partie terminale.
ABDOMEN
A un faible grossissement, l’abdomen de la larve semble glabre ; à plus
fort grossissement, seules apparaissent les soies 5 et les 9-VII et 9-VIIT. Toutes
les autres soies sont petites et minces, difficilement visibles. Soies 3, 6 et 7-I
longues, fines, simples ou fourchues. Soies 1-IL, LIL, IV, V, VI très petites et très
fines ; elles passent de 5 à 10 branches sur le segment I, à seulement 3
branches sur le segment VI ; la soie 1-VII n’est plus formée que d’une branche
simple. Soies 3-II et 3-IIL simples et relativement longues ; 3-IV et 3-V longues,
aciculées et doubles ou fourchues ; 3-VI et 3-VII plus courtes et fourchues. Soie
O-VII formée de 8 branches aciculées, courtes et en éventail ; 9-VIIL : 13
branches aciculées, courtes et fines mais formant néanmoins un large éventail.
Palette natatoire étroite et longue ; soie 1-P très petite.
Larve (fig.2). — Tégument du thorax et de l’abdomen recouvert de
petites soies.
TÊÈTE
Soie 4-C : 10 à 12 branches plus courtes que celles de 6-C ; soie 5-C : 4
branches longues, dépassant nettement l’apex de l’antenne ; 6-C: 9 à I1
branches aussi longues que l’antenne ; 7-C : 17 à 18 branches plus courtes que
l’antenne ; 8-C simple, longue et légèrement aciculée ; 9-C : 3 à 7 branches très
longuement aciculées ; 10-C simple, longue et aciculée ; 11-C : 6 à 7 branches
courtes ; 12-C : 2 à 3 branches fines et courtes ; 13-C : 12 à 13 branches lon-
guement aciculées et disposées en éventail. Antenne longue, mince et légèrement
arquée ; rapport L/l compris entre 12 et 13 ; elle est de teinte sombre sauf au
niveau de l’apex qui est nettement plus clair. Soie 1-A : 7 à 8 branches lon-
guement et abondamment aciculées ; 2 et 4-A : longues et fines.
THORAX
_ Prothorax. Soie 1-P : 5 à 6 branches fortes, aciculées et de tailles
inégales ; 2-P : simple, longue et souple, lisse ou très peu aciculée ; 5 et 6-P
très longues et simples ; 7-P : 9 à 10 branches en étoile ; 14-P : simple et petite.
_ Mésothorax. M-1 : 15 à 16 branches fortes, aciculées et en étoile ; 2-M
courte et bifide ; 3, 4, 5, 6 et 7-M simples et de plus en plus longues de la par-
tie médiane vers les parties latérales ; 14-M : 12 à 14 branches fortes et en
étoile.
_ Métathorax. 1-T : 11 à 14 branches fortes et en étoile ; 2-T simple, aci-
culée et longue ; 3-T : 7 à 8 branches longues et en étoile ; 4-T : 5 branches
en étoile ; 5-T : simple, courte et lisse ; 6-T : simple, longue et lisse ; IST
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 27
11 à 13 branches de tailles très inégales, les branches internes sont 2 fois plus
courtes que les externes.
ABDOMEN
— Segment I. Soie 1-I : 14 à 15 branches en étoile ; 4-T : 8 branches plus
courtes et en étoile. Segment II. Soie 1-IL : 10 branches en étoile ; 4-IT : 5
branches en étoile ; 5-II : 11 branches aciculées dont 2 ou 3 sont nettement
plus longues que les autres. Segment III. Soie 1-IIT : 8 branches de tailles très
inégales ; 5-IIT : 11 branches en étoile et très inégales ; 6-IIT : simple, longue
et lisse. Segment IV. Soie 1-IV : 9 à 11 branches en étoile, de tailles très
inégales ; 5-IV : 8 branches en étoile et inégales. Segment V. Soie 1-V : 12
branches nettement plus courtes que 1-IV ; 3-V et 6-V simples, lisses, la
seconde étant beaucoup plus longue que la première ; 4-V : 6 à 7 branches en
étoile ; 5-V : 6 branches en étoile et de tailles très inégales. Segment VII. Soie
1-VII : 11 à 15 branches stellés ; 2-VIT : 1 à 2 branches courtes et lisses ; 3-
VII : simple, aciculée, atteignant presque l’apex du siphon ; 4-VIT simple et
lisse ; 5-VII : 11 à 15 branches en étoile ; 6-VII : 5 à 7 branches dont 1 ou 2
sont beaucoup plus longues que les autres ; 7 et 12-VIT simples et lisses ; 8-
VII : 9 branches en étoile ; 9 et 11-VIT formant chacune une touffe de 5 à 6
petites soies souples et lisses ; 10-VIT : 7 à 8 branches en étoile ; 13-VII :
10 à 15 branches en étoile et de tailles inégales.
— Segment VIII. Soie 1-VIIT : 16 à 17 branches en étoile ; 2 et 4-VIII
simples et lisses ; 3-VIIT : 6 branches longuement aciculées ; 5-VIIL : 11 à 16
branches en étoile beaucoup plus petites que 1-VIIT. Plaques du VITTème seg-
ment non réunies dorsalement. Rangée distale du peigne formée de 14 à 16
dents longues et acérées ; rangée proximale formée de 22 à 26 dents beaucoup
plus courtes. Siphon brun clair à la base, devenant presque noir vers l’apex ;
il porte distalement un anneau très pâle. Indice L/1 un peu supérieur à 4. Soie
1$ formée de 10 à 13 branches longuement aciculées ; 6-S simple et relative-
ment longue.
— Segment X. Papilles anales lancéolées. Soie 1-X formée de 3 longues
soies faiblement aciculées et arquées ; 2-X : 24 à 27 branches souples.
Répartition et biologie (carte 1)
Dans l’état actuel de nos connaissances, cette espèce semble strictement
localisée aux parties sommitales (situées au dessus de 1 000 mètres) du massif
montagneux de la Montagne d’Ambre, Province de Diégo-Suarez (Antsira-
nana), Madagascar. Elle a été capturée à l’état imaginal par D. Fontenille et
2 fois, à l’état larvaire et nymphal, dans des creux d’arbres, par François
Rodhain.
Orthopodomyia ankaratrensis n. sp.
(fig. 3 et carte 1)
Série-type
La série-type a été récoltée par Alexis Grjebine le 5 janvier 1956 dans la
station forestière de Manjakatompo (altitude 1 800 mètres), Sous-Préfecture
28 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
d’Ambatolampy, Province de Tananarive (Antananarivo), Madagascar. Cette
série comprend 3 larves au stade IV et 5 larves au stades III. Ces larves se
développaient dans un creux d’arbre non identifié contenant de l’eau.
Holotype : 1 larve étiquetée “Type”
Paratypes : 7 larves.
Dépôt des types. L’holotype et les paratypes sont conservés au LTV,
France.
Description de l’espèce
Holotype larvaire (fig.3). — Tégument du thorax et de l’abdomen recou-
vert de fins spicules ou de petites soies. La totalité des soies à branches mul-
tiples, ainsi que la très grande majorité des soies simples portées par les larves
de cette espèce, sont aciculées.
TETE
Antenne courte et trapue (rapport L/1 compris entre 5 et 5,5) ; 1-A insé-
rée au niveau du 1/3 basal, formée de 7 branches longuement aciculées et attei-
gnant l’apex de l’antenne. Soies 4, 5, 6 et 7-C courtes et de tailles sensiblement
égales ; 4-C : 11 branches ; 5-C : 7 à 8 branches nettement plus courtes que
l’antenne ; 6-C : 15 branches ; 7-C : 19 à 20 branches ; 8-C et 10-C : simples,
la soie 8-C est plumeuse ; 9-C : 7 à 8 branches ; 13-C : 8 à 9 branches lon-
guement aciculées.
THORAX
_ Prothorax. Soie 0-P : 12 branches en étoile ; 1-P : 6 à 7 branches ; 2-
P : simple et aciculée ; 3-P : 7 à 8 branches ; 4-P : 8 branches en étoile ; 5-
P : double et aciculée ; 6-P : simple et aciculée.
_ Mésothorax. 1-M : 11 à 15 branches en étoile et longuement aciculées ;
2-M : courte, lisse et fourchue ; 3-M à 7-M simples, longues et très aciculées ;
8-M : 10 branches épaisses ; 13-M : 8 branches courtes et plumeuses ; 14-M :
10 à 13 branches en étoile.
_ Métathorax. 1-T : 10 à 12 branches en étoile ; 2-T : simple et très légè-
rement aciculée ; 3-T : 8 à 9 branches en étoile ; 4-T : 6-7 branches en étoile ;
8-T : 6 branches plumeuses ; 9-T : 6 branches courtes et plumeuses ; 14-T : 9
à 10 branches longues, de tailles légèrement inégales.
ABDOMEN
_ Soies 1-I et 1-II respectivement à 19 et 16 branches en étoile ; 1-II :
10 branches en étoile ; 1-IV : 12 branches en étoile ; 1-IV : 8 à 9 branches
inégales et en étoile ; 6-I et 6-IT : 7 à 8 branches longuement aciculées et
arquées ; 6-III à 6-VII : simples, longues et aciculées. Segment VII. Soie 1-VII :
12 branches en étoile ; 2-VII simple et épaisse ; 3-VII très longue ; 4, 7 et 12-
VII : simples, lisses et longues ; 5, 6, 8-VII formées d’une dizaine de branches
en étoile et densément aciculées ; 9-VII : simple à la base puis subdivisée en 5
à 7 branches ; 10-VII et 13-VII : 7 à 10 branches en étoile.
— Segment VIII. Soie 1-VILL : insérée sur la plaque sclérifiée et formée de
17 à 19 branches en étoile ; soies 2 et 4-VIIT simples et aciculées ; 3-VIIT : 7 à
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 29
BIBL:.
MUSEUM
PARIS,
Fig. 3. — Larve d’Orthopodomyia ankaratrensis n. sp. — À : antenne. —
B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers segments abdo-
minaux.
30 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
8 branches longuement aciculées et souples ; 5-VIIT : 10 branches en étoile plus
courtes que 1-VIII. Les deux plaques sclérifiées ne sont pas reliées par un pont
dorsal. Rangée distale du peigne : 15 dents ; rangée basale : 23 à 25 dents.
Siphon très court (indice L/1 compris entre 2 et 2,2) ; la partie basale est orne-
mentée d’écailles très courtes ; 1-S : 9 à 11 branches plumeuses et souples.
— Segment X. La selle est courte (indice L/1 égal à 1). Papilles anales lan-
céolées. Soie 1-X : 3 à 4 branches aciculées ; 2-X : 26 à 28 branches.
Répartition et biologie (carte 1)
Cette espèce n’a été récoltée que dans le vieux massif volcanique de l’An-
karatra dont l’altitude est comprise entre 1 800 et 2 643 mètres. Notre collègue
A. Grjebine est le récolteur de cette espèce.
À l’état larvaire, cette espèce se développe dans les troncs d’arbre conte-
nant de l’eau. Nous ne connaissons rien de la biologie des adultes qui demeu-
rent inconnus.
Orthopodomyia arboricollis (de Charmoy, 1908)
(fig. 4, fig. 5, planche 3, carte 3)
O. arboricollis (de Charmoy, 1908) : 257 (mâle*, femelle* ; Culex). Localité-type : Vacoas,
le Maurice. — Edwards 1941 : 72 (mâle, femelle*). — Hopkins 1952 : 82 (L). — Zavortink
1968 : 102-108 (mâle*, femelle, L*) ; un lectotype est désigné (1). ;
Espèce décrite sous le nom de Culex arboricollis par de Charmoy à par-
tir d’un mâle obtenu après élevage d’une larve capturée dans un trou d’arbre
à Vacoas, île Maurice. Lectotype conservé au BMNH.
À notre connaissance, la nymphe n’a jamais été dessinée. Par contre, des
illustrations et une description précise de la larve et des genitalia mâles sont
proposées par Zavortink, 1968.
Matériel examiné provenant de l’île Maurice
_ 1 larve, 8 femelles, 2 mâles, 05/1952, Hamon récolteur,
_ 7 larves, 01/1953, Hamon récolteur,
_ 4 larves, 01/1953, Halcrow récolteur,
_ 3 larves, 1955, Guebert récolteur,
_ 1 exuvie nymphale que nous a confiée À. R. Gopaul,
__ 3 femelles, 1 mâle, 28/06/1956, Mamet récolteur.
Description complémentaire
Larve (fig.4). — A un grossissement de 200 fois le tégument de la larve
apparaît lisse et dépourvu de soies ou d’épines.
(1) Les stades de développement marqués d’une étoile (*) ont été dessinés dans
la publication citée.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 31
Ainsi qu’il a été déjà signalé (Zavortink 1968), la morphologie, et tout
particulièrement la sétosité des larves d’Orthopodomyia, peuvent être émi-
nemment variables. Les larves d’Or. arboricollis semblent porter cette variabi-
lité à son paroxysme. Pour ne prendre qu’un seul exemple, nous pouvons citer
l’évolution de la soie 5-C qui est généralement formée de 14 à 15 branches
longues et aciculées mais qui peut parfois être simple, courte et épaisse. Par
contre, à côté de cette extrême variabilité de certaines soies, qui contrarie
l'identification, d’autres soies montrent une remarquable stabilité, cela est par-
ticulièrement vrai pour les soies 9-C, 3-VIII.
TÊETE
Antenne de forme et de taille variables : rapport L/1 compris entre 4,1 et
7 ; l’apex est plus clair que le reste de l’antenne ; la soie 1-A peut-être formée
de 2 à 9 branches et s’insérer au niveau du 1/3 ou du 1/4 basal. Soies cépha-
liques aciculées et généralement formées de nombreuses branches disposées en
éventail orientées vers l’avant de la tête ; elles constituent ainsi une “visière”
que vient compléter latéralement la soie 13-C. Cette disposition des soïes cépha-
liques, qui forment en avant de la tête une sorte de nasse dont le fond est cen-
trée sur la bouche, doit être en relation avec le mode de nutrition des larves.
Soie 4-C : courte, très fine formée de 6 à 13 branches ; 5-C : forme générale-
ment un bel éventail de 11 à 15 soies aciculées et longues mais elle peut aussi
être simple ou double et épaisse ; 6-C : cette soie, généralement formée de 12
à 17 branches longues et souples, peut n’être formée que de 4 branches raides ;
7-C : 9 à 19 branches en éventail ; 8-C et 10-C : simples et lisses ; 9-C : 2 à 3
branches lisses ; 13-C : 16 à 24 longues branches disposées en éventail et bor-
dant latéralement la tête ; cette soie peut être exceptionnellement formée de 9
branches.
THORAX
Chez la plupart des larves, le thorax apparaît très fortement pileux et,
sur tout le corps, les soies formées de branches multiples sont toutes aciculées.
— Prothorax. 0-P : 10 à 15 branches longues et en étoile ; 1-P : 12 à 16
branches longues ; 3-P : 5 à 10 branches longues.
— Mésothorax. 1-M : 12 à 14 branches en étoile, longues et fines ; 14-M :
10 à 23 branches longues, souples et subégales.
— Métathorax. 13-T : 14 à 35 branches très longues et souples. Chez cer-
taines larves les soïes sont si longues, et surtout si branchues, que la larve dans
son ensemble, et tout particulièrement le thorax, paraissent hirsutes.
ABDOMEN
Soies abdominales généralement longues, aciculées et en étoile ; la plupart
des soies simples sont lisses. 1-IIT : 12 à 13 branches en étoile ; 1-V : 14 à 15
branches en étoile. Soies 6-II à 6-V doubles (ce qui est un caractère peu fré-
quent) et aciculées.
— Segment VIII. Soie 1-VIII : 15 à 20 branches épaisses et en étoile ; 3-
VIIL : 3 à 5 branches très fines, souples et lisses (cette soie, dissimulée derrière
les dents du peigne, est souvent difficilement visible) ; 5-VIIT : 14 à 17 branches
en étoile. Soies 2 et 4-VIIT simples et lisses. Les deux plaques sclérifiées sont
très généralement réunies par un pont dorsal. Rangée distale du peigne : 13 à
15 dents ; rangée proximale : 27 à 28 denis courtes et parfois très petites.
32 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
BIBL.
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PARIS
Fig. 4. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia arboricollis n. sp. — A : antenne.
— B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers segments
abdominaux. — D : dents du peigne distal vues de face et de profil. — E : métatho-
rax et abdomen de la nymphe. — F : céphalothorax de la nymphe.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 33
Siphon court et massif (indice L/1 compris entre 2 et 2,3), tégument finement
denticulé. Soie 1-S : 2 à 5 branches courtes aciculées, insérée au niveau du 1/4
basal du siphon.
— Segment X : 1-X : 3 à 7 branches épaisses aciculées insérées sur la selle
ou dans une petite encoche du bord distal ; 2-X : 17 à 18 branches ; 4-X : 7
paires de soïes longuement spatulées à la base ; la paire de soies basales est
parfois très petite. Les papilles anales sont courtes et globuleuses. La selle est
particulièrement courte : indice L/1 compris entre 0,75 et 1,1.
Nymphe (fig.4)
CÉPHALOTHORAX
Soie 1-C simple à la base puis fourchue ; 2-C formée de 3 branches
épaisses ; 3-C double ; 4 et 5-C simples et pectinées ou fourchues à l’apex ; 6-
C courte et épaisse ; 7-C longue, simple ou fourchue, aciculée ; 8-C simple et
aciculée ; 9-C simple et lisse ; 10-C : 3 branches ; 11-C : 1 ou 2 branches lon-
guement aciculées ; 12-C simple et lisse. Trompette respiratoire courte et lar-
gement évasée ; de couleur brun sombre à l’exception d’une étroite bande dis-
tale et d’une petite zone basale claire.
ABDOMEN
Segment I. Soie 1-I très branchue car les très nombreuses subdivisions
sont de plus aciculées ; 2-I simple et courte ; 3-T longue, simple et lisse ; 4-I
double ; 5-I formée de 4 branches souples ; 6 et 7-I simples, longues et lisses.
Segment II. Soie 1-IT formée de 8 branches raides et en éventail ; 2-IT courte
et simple ; 3 et 5-II simples et lisses ; 4-IT formée de 3 branches courtes ; 6 et
7-IX simples. Segment III. 1-IIT : 5 à 6 branches raides, aciculées et en éven-
tail ; 2-IIT courte, simple ou fourchue ; 3-III longue et simple ; 5-IIT fourchue
et aciculée. Segment IV. 1-IV : 4 à 5 branches ; 2-IV simple, courte et épaisse ;
5-IV longue et simple. Segment V. 1-V : 4 branches en éventail ; 2-V courte,
en forme de longue épine ; 5-V simple ou fourchue ; 8-V à 3 branches courtes
et souples. Segment VI. 1-VI : 4 branches raides et en éventail ; 2-VI courte et
raide ; 5-VI longue, simple et aciculée ; 6-VI simple ou fourchue ; 9-VI simple,
épaisse, longue et aciculée ; 8-VI : 8 branches souples. Segment VII. 1-VII
simple, courte et aciculée ; 2-VII courte et en épine ; 9-VIT : 5 branches ; 8-
VII double et souple. Segment VIII. 4-VIIT simple, lisse et courte ; 9-VIIT : 10
ou 11 branches en éventail. Palette natatoire : soie terminale 1-P simple et bien
visible.
Mâle (fig.5)
TETE
Labium noir piqueté de nombreuses écailles pâles et orné d’un anneau
blanc médian dont la longueur est variable ; il peut en effet être très étroit ou
occuper jusqu’à un tiers de la longueur du labium ; présence à l’apex d’un
anneau étroit formé d’écailles noires. Labelles pâles. Palpe maxillaire : les
plages noires sont abondamment piquetées d’écailles blanches ; segments 2 et
3 ornés d’écailles blanches sur chacune de leurs extrémités ; segment 4 noir,
segment 5 petit, conique et blanc. Antenne : verticilles sombres à la base puis
devenant jaune d’or à l’apex. Vertex : espace inter-oculaire occupé par une
34 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
touffe d’écailles longues et blanches ; zone occipitale recouverte d’une plage
d’écailles spatulées argentées que borde vers le haut une étroite bande
d’écailles noires.
THORAX
_ Prothorax à tégument brunâtre recouvert d’écailles blanches si bien
qu’en vue frontale le thorax apparaît blanc. Tégument de la coxa brun sombre
recouvert d’écailles blanches.
Patte I : longueur = 6,8 mm ; coxa noire recouverte d’écailles blanches,
trochanter et extrême base du fémur blancs. La partie médiane du fémur est
d’un blanc grisâtre s’assombrissant progressivement pour devenir noir à
l’apex. Tibia brunâtre avec ses parties distale et basale nettement plus
sombres. Tarses noirs à l'exception d’un anneau pâle, bien visible, à la base
du segment 1.
_ Mésothorax. Postpronotum portant de très nombreuses écailles jaunes
et blanches ; une petite plage d’écailles argentées postspiraculaires ; mésépis-
ternum au tégument brun sombre recouvert d’écailles blanches sur toute sa
moitié apicale ainsi que sur son bord postéro-inférieur, ces 2 plages d’écailles
blanches sont bien séparées par un espace glabre ; le mésépimeron porte une
plage d’écailles blanches qui forme un triangle orienté vers l’arrière et une
plage mésépimérale supérieure d’écailles argentées moins denses, dressées,
associées à des soies pâles. Scutum : tégument sombre portant de nombreuses
soies et écailles blanches, jaunes et plus rarement noires. Le scutum est mar-
qué par 2 petites taches sombres situées dans la partie la plus déprimée des
fossettes scutellaires, d’une tache préalaire et d’une autre tache sombre supra-
alaire sur laquelle s’insèrent de nombreuses et longues soies. Le scutum est en
outre marqué par 3 taches noires, presque jointives, qui forment un “V?
pointé vers l’avant et qui bordent antérieurement la fossette préscutellaire.
Scutellum à tégument marron clair ; chaque lobe porte une touffe d’écailles
pâles.
Les ailes (pl. 3) sont courtes et trapues (L = 3,6 mm) et leurs nervures
sont recouvertes d’écailles blanches et noires mêlées qui ne forment que rare-
ment des plages de couleurs homogènes. Les écailles qui recouvrent les ner-
vures sont par ailleurs courtes et trapues. Les ailes sont plus ou moins nette-
ment traversées par des bandes d’écailles claires. La première de ces bandes
débute à la base de la costale et traverse toute l’aile ; avant elle, la costale est
ornée de 2 petites taches blanches. La deuxième bande, moins nette, débute
sur la costale et atteint la partie médiane de la nervure anale ; dans sa partie
postérieure de nombreuses écailles noires viennent se mêler aux écailles
blanches. La troisième débute à l’apex de Sc et atteint M3+4. L’apex de l'aile
est blanc. La bordure postérieure de la membrane alaire est soulignée par une
rangée d’écailles courtes, noires et blanches.
Patte II : longueur = 7,8 mm ; coxa brun sombre ornementée d’une
bande verticale d’écailles claires. Trochanter et extrême base du fémur blancs.
Le fémur est, dans sa partie médiane, recouvert d’écailles noires et blanches
mêlées mais son apex devient franchement noir. Le fémur porte une ébauche
de touffe apico-ventrale formée de longues écailles noires. Le tibia débute par
une étroite zone claire basale suivie d’une zone noire puis d’une zone plus
claire au niveau de laquelle les écailles blanches se mêlent aux noires, l’apex
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 35
BIBL.
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PARIS,
Fig. 5. — Adulte d’Orthopodomyia arboricollis de Charmoy. — A : détail du ter-
gite VIIL. — B : gonostyle. — C : tergite IX. — D : phallosome vu de face. — E :
phallosome vu de profil. — F : pattes I, IL et IT.
36 J. BRUNES & J.-P. HERVY
du tibia est noir ; tarses ornés de 4 anneaux blancs : le premier se trouve sur
la base du segment 1, le deuxième entoure l'articulation des segments 1 et 2,
le troisième est porté par la base du segment 3 et le quatrième, très petit, n’est
constitué que de quelques écailles blanches portées par la base du segment 4.
- Métathorax. Métépisternum brun pâle et glabre. Halière blanche.
Patte IL : longueur = 10,7 mm ; coxa noire ornée d’une bande verticale
d’écailles pâles et de longues soies pâles orientées vers l’arrière ; trochanter
pâle. Fémur grisâtre marqué de zones plus claires mal délimitées ; avant l’an-
neau noir apical qui est formé d’écailles larges, se trouve un zone plus claire ;
une autre zone claire très étroite entoure l’articulation avec le tibia. Tibia gri-
sâtre dans sa partie dorso-médiane et jaunâtre ventralement ; à la base et à
l’apex, il présente une tache blanche immédiatement suivie d’un anneau noir.
Tarses noirs ornés de 4 anneaux blancs : le premier, qui est aussi le plus étroit,
se trouve à la base du segment 1, les 3 autres entourent les articulations entre
les segments 1-2, 2-3 et 3-4 ; l’apex du segment 5 porte quelques écailles
blanches.
ABDOMEN
Tergite I orné de trois plages d’écailles blanches ; tergite IT portant trois
grandes plages d’écailles blanches. La plage médiane a la forme d’un triangle
orienté pointe vers l’arrière dont les deux angles basaux se mêlent aux écailles
des deux autres plages latérales ; tergites IL à VIT portant une bande blanche
antérieure et deux plages blanches latérales ; le tergite IIT porte parfois une
petite plage blanche triangulaire médiane. Sternite 1 blanc ; sternites IT à VIT
ornés de plages triangulaires latérales blanches qui deviennent plus petites de
l’avant vers l’arrière.
Genitalia mâles. L'expansion médiane du tergite VIIE présente un bord
distal pratiquement plat, très court et recouvert de nombreuses denticulations.
Edéage massif dont le bras médiodorsal très court a, en vue frontale, la forme
d’un crochet ; l'extrémité distale est très légèrement denticulée. Gonostyle long
et mince, portant une soie apicale épaisse dont l'extrémité est arrondie.
Femelle
TÊTE
Labium noir à la base et à l’apex, orné d’un anneau blanc médian plus
ou moins large. Les plages sombres sont abondamment piquetées d’écailles
pâles ; labelles jaunâtres. Palpe maxillaire noir mais de nombreuses écailles
blanches se mêlent cependant aux écailles noires dominantes ; des écailles pâles
sur le segment 1, sur la base du segment 2, ainsi parfois que sur l’apex du seg-
ment 3 : le segment 4 est noir mais se termine par quelques écailles blanches.
Répartition et biologie (carte 3)
Les larves d’Orthopodomyia arboricollis se développent dans l’eau conte-
nue dans des cavités d’arbres. Cette espèce est abondante sur l’île Maurice
mais on ne connaît pratiquement rien de la biologie des larves et des adultes.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 37
Orthopodomyia aureoantennata Ferrara, 1973
(fig. 6, planche 1)
Orthopodomyia aureoantennata Ferrara, 1973 : 199-203 (mâle*). Localité-type : Nkol-
bisson, Yaoundé, Cameroun.
La description de cette espèce très caractéristique se fonde sur un seul
mâle, capturé par L. Ferrara au filet à main dans la forêt dégradée qui se
trouvait aux abords du Centre agronomique de Nkolbisson, à 8 km de
Yaoundé (République du Cameroun).
Dépôt du type. L’holotype de cette espèce se trouve actuellement dans la
collection du Centre ORSTOM de Montpellier (34), France.
Description complémentaire de l’holotype mâle (fig. 6)
Or. aureoantennata est une espèce de petite taille dont la patte postérieure
ne dépasse pas 8,7 mm et dont l’ensemble du corps mesure 3,6 mm. Le tégument
du thorax est de couleur marron foncé mais sa couleur générale est cependant
le jaune car des écailles jaunes recouvrent une bonne partie des pattes et du
corps. Ces écailles jaunes sont souvent mélangées à des écailles noires.
TÊTE
Labium de teinte générale noire, présentant un anneau médian argenté
étroit et bien marqué ; labelles blancs ; de nombreuses écailles pâles se mêlent
aux écailles noires qui recouvrent les autres parties du labium, sans former
cependant de dessins bien précis. Palpe maxillaire : segment 5 blanc ; segment
4 noir ; segment 3 et 2 blancs à l’apex et à la base, ce qui forme 3 anneaux
blancs sur les palpes. Antenne : les longs verticilles de l’antenne forment un
long panache doré plus clair à l’apex. Vertex : tégument sombre orné de nom-
breuses écailles fourchues dressées sombres et d’écailles falciformes blanches
dans les parties post et interoculaires. Sur les régions occipitales se succèdent
une tache noire supérieure puis une tache blanche inférieure.
THORAX
— Prothorax. En vue frontale, le prothorax apparaît entièrement blanc
car les coxae, les trochanters, les proépisternums et les membranes antépro-
coxales sont recouverts d’écailles pâles.
Patte I : longueur = 5,6 mm ; coxa et trochanter au tégument roux recou-
vert d’écailles pâles ; fémur sombre sur sa moitié basale et présentant un
anneau apical également sombre ; entre ces 2 zones sombres se trouve une par-
tie dont le tégument est recouvert d’écailles pâles et sombres mêlées ; tibia lar-
gement pâle mais présentant une zone sombre apicale. Tarses presque entière-
ment sombres si ne n’est la présence de quelques écailles claires à l’apex des
segments L et 2.
— Mésothorax. Scutum recouvert d’écailles falciformes blanches qui ne
semblent pas former de dessins précis ; il est cependant difficile de l’affirmer
car le scutum de l’holotype est quelque peu frotté ; soies acrosticales et dorso-
centrales longues et fortes. Les lobes médian et latéraux du scutellum ne por-
tent que de rares écailles falciformes blanches. Pleures. Une plage d’écailles
argentées sur la plaque post-spiraculaire, le reste de la plaque est glabre. Mésé-
38
J. BRUNES & J.-P. HERVY
Fig.6. — Adulte
— B : ornementation
D : pattes I, IT et IL.
d’Orthopodomyia aureoantennata Ferrara. — À : gonostyle.
du lobe mésal du coxite. — C : phallosome vu de biais. —
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 39
pisternum presque entièrement recouvert d’écailles pâles ; seule la partie anté-
rieure et basale est nue. Mésépimeron portant une large plage centrale
d’écailles argentées qui atteint presque le bord inférieur de la plaque ; écailles
mésépimérales supérieures présentes.
L’aile (pl. 1). Sa petite taille (3 mm) est en rapport avec celle de l’espèce.
Les nervures sont recouvertes d’écailles blanches et noires généralement larges
et trapues ; quelques écailles longues peuvent cependant être observées sur la
partie apicale de la nervure médiane. Les écailles colorées sont très mélangées
et ne forment donc pas de dessins ou de plages colorées bien définies. Seule la
zone humérale, située à la base de la costale, présente deux plages blanches
homogènes séparées par quelques écailles noires. Sur la partie apicale de l’aile,
les écailles noires se raréfient et cette zone apparaît nettement plus claire que
le reste de l’aile. La nervure anale ne porte qu’une étroite tache claire médiane
formée de 2 ou 3 écailles blanches. Le bord postérieur de la membrane alaire
n’est pas souligné par une bande d’écailles noires.
Patte II : longueur = 6,8 mm ; coxa et trochanter sombres ornés d’écailles
claires ; fémur d’un blanc jaunâtre et ne présentant de zones sombres qu’à la
base et à l’apex ; le tibia, comme le fémur, est largement pâle avec 1 anneau
noir à chaque extrémité ; tarses noirs à l’exception d’un anneau blanc porté
par la base du segment 1 et un autre plus petit sur la base du segment 2.
— Métathorax. Métépisternum glabre. Haltère pâle.
Patte III : longueur = 8,7 mm ; coxa et trochanter à tégument sombre
orné d’écailles pâles ; fémur et tibia pâles, ne présentant de zones sombres
qu’à leurs extrémités ; tarses noirs à l’exception d’un large anneau argenté
recouvrant l’apex du premier segment et la base du second, d’un anneau beau-
coup plus étroit entourant l’articulation entre les segments 2 et 3 et d’une
petite tache blanche portée par la base du segment 4. Ces différentes taches
blanches sont plus larges sur la face ventrale que sur la face dorsale. Le seg-
ment 5 est blanc sur la face ventrale et noir dorsalement.
ABDOMEN
Teinte générale noire marquée cependant par une large bande d’écailles
blanches qui recouvre environ le tiers antérieur de chaque tergite ; tergite I
noir ; tergite II couvert sur son tiers basal d’écailles blanches, le reste du ter-
gite est noir ; tergites III à VII portant chacun une bande apicale d’écailles
blanches qui occupent de plus en plus de place à mesure que l’on s’approche
de l’extrémité de l’abdomen. Sternite I et Il à tégument clair recouvert
d’écailles claires ; les sternites III à VIT sont noirs. Le VIITème tergite présente
en outre une bande d’écailles blanches à l’apex.
Genitalia mâles. Gonostyle relativement court et massif, terminé par une
dent longue, cylindrique et ronde à l’apex. L’édéage est difficile à interpréter
car il n’est placé ni de face ni de profil mais de 3/4 ; d’autre part, la pression
de la lamelle l’a un peu déformé. On peut néanmoins remarquer qu'il ne pré-
sente aucune dent apicale, pas plus que de prolongements dorsomédians. Ce
dernier caractère permet de distinguer Or. aureoantennata de toutes les autres
espèces de la région afrotropicale. L’édéage semble pourvu de 2 membranes
foliacées dont l’une, la plus grande, est peu sclérifiée.
Remarque. La femelle et les stades préimaginaux de cette espèce sont
encore inconnus.
40 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Orthopodomyia comorensis Brunhes, 1977
(fig. 7, fig. 8, planche 3, carte 3)
Orthopodomyia comorensis Brunhes, 1977 : 131-152 (L*, N*, Mâle*, Femelle*)
Série-type
/
La série-type a été récoltée en mai 1971, à l’état pré-imaginal, près du vil-
lage de Dembéni, sur l’île de Mayotte, dans l’archipel des Comores. Les larves
ont été prélevées dans l’eau contenue dans un arbre creux ; placées en obser-
vation, les 5 larves et les 2 nymphes nous ont fourni 2 mâles et 1 femelle ; cet
élevage porte le n°E. 385JB.
Holotype: 1 mâle étiqueté T650, E. 385b,
Allotype : 1 femelle étiquetée E. 38oc,
Paratype: 1 mâle étiqueté T. 916, E. 38»,
Pédotype : 2 exuvies nymphales, 2 exuvies larvaires et 3 larves.
Dépôts des types. L’holotype, l’allotype et le paratype ainsi qu’une exuvie
nymphale, 1 exuvie larvaire et 1 larve ont été déposés au Centre de Faunis-
tique de l'ORSTOM à Bondy (93) France. Ce matériel se trouve actuellement
au Laboratoire de Taxonomie des Vecteurs, Centre ORSTOM, Montpellier (34)
France.
Autre matériel examiné. :
_ 6 larves, E. 384JB, 05/1971 ; Barakani, Mayotte. — 2 larves, E.
451/JB : 01/1972 ; Dembéni, Mayotte. — 8 larves, 3 exuvies nymphales, 3
mâles, 4 femelles ; E. 372JB ; 01/03/1971 ; Ironi-Bé, Mayotte. Brunhes récol-
teur.
_ ] mâle, 3 femelles ; 18/02/1956 ; Coconi, Mayotte. — 1 mâle ;
20/02/1956 :; Sohoa, Mayotte. Grjebine récolteur.
Description complémentaire
Larve (fig. 7). — Tégument du thorax et de l'abdomen recouvert de fins
spicules ou de très petites soies.
TÊTE
Antenne longue et de couleur brun clair, (rapport L/I égal ou supérieur à
8) ; au-delà du point d'insertion de 1-A l’antenne est brusquement rétrécie ;
1-A : très généralement formée de 4 branches plumeuses mais certaines
branches peuvent devenir fourchués et laisser croire que l-A est formée de 5
ou 6 branches ; 2 et 3-A longues et minces ; 4 et 6-A aussi courtes l’une que
l’autre. Les soies céphaliques à branches multiples sont très généralement aci-
culées. 4-C : 8 à 9 branches fines et inégales ; 5-C : 5 à 7 branches longues,
atteignant l’apex de l’antenne ; 6-C : 9 à 11 branches, inégales, plus longues
que 4-C ; 7-C : 11 à 12 branches inégales ; 8-C et 10-C simples, longues et légè-
rement aciculées à l’apex ; 9-C : 3 branches très aciculées (exceptionnellement
2 branches) ; 12-C : 3 branches dendritiques dans leur moitié distale ; 13-C :
2 à 3 branches.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 41
THORAX
— Prothorax. Soie 0-P : 7 à 10 branches courtes et en étoile ; 1-P : 1 à 2
longues branches aciculées (rarement 1 branche) ; 2-P : simple, lisse et fine ;
3-P : 3 à 4 branches épaisses, en éventail ; 4-P : 8 longues branches en étoile ;
5 et 6-P longues, simples et très faiblement aciculées ; 7-P : 8 branches en
étoile ; 8-P : 9 à 11 branches en étoile et imégales.
— Mésothorax. 1-M : 10 à 12 branches longues et en étoile ; 2-M : très
courte et fourchue ; 3-M à 7-M : soies simples, plus ou moins longues et lisses ;
14-M : 12 à 13 branches en étoile et de tailles imégales.
— Métathorax. 1-T : 12 à 14 branches en étoile et de tailles très inégales ;
3-T et 4-T : respectivement 6 à 7 branches, longues et 5 à 6 branches en étoile
et plus courtes ; 13-T : 6 à 9 longues branches.
ABDOMEN
— Soies 6-I et 6-IT formées de 6 et 5 branches épaisses et arquées ; 6-ITT
à 6-VI : longues, simples et légèrement aciculées à la base ; 1-I et 1-IL : 12 à
15 branches raides, épaisses et en étoile ; soies 1-IITL à 1-IV de plus en plus
longues, moins en étoile que les précédentes et de tailles inégales ; 1-IIT : 5 à 9
branches en étoile de tailles très inégales ; 1-IV : 8 à 12 branches analogues à
celles de 1-IIT ; 1-V : 2 à 4 branches longues, sub-égales et en étoile. Segment
VII. Soies 2, 4, 7 et 12-VIT simples et lisses ; 9 et 12-VII formées de 3 ou 4
branches très courtes et légèrement aciculées ; 1-VIT à grandes branches diver-
gentes en étoile ; 5, 6, 8-VIT en étoile mais aux branches plus courtes ; 10-VIT,
et plus particulièrement 13-VIT, formées de 6 à 7 branches peu divergentes.
— Segment VIII. Deux plaques sclérifiées bordent latéralement le segment.
1-VIIT : 13 à 15 branches acérées et de tailles très imégales ; 3-VIIT : 5 à 6
branches longues et souples ; 5-VIIT : 7 à 8 branches en étoile, raides mais de
tailles sub-égales et plus petites que 1-VIIT ; 2 et 4-VIIT simples et lisses. Ran-
gée distale du peigne formée de 12 à 15 dents ; rangée proximale comprenant
20 à 24 dents dont certaines sont très petites. Siphon conique, relativement
long (indice L/1 compris entre 3,7 et 4,6). Soie 1-S insérée avant le milieu du
siphon, formée de 8 à 10 longues branches ; 2-S simple et courte ; 6-S : un peu
plus longue que le diamètre du siphon à l’apex ; 5-S formée de 2 à 3 petites
branches souples. Le siphon, brun clair à la base, s’assombrit progressivement
et se termine par une zone apicale très claire.
— Segment X. Indice L/I de la selle voisin de 1,2 ; 1-X : 3 à 4 branches fines
et lisses, légèrement arquées vers l’intérieur et insérées dans une petite encoche
de la selle ; 2-X : 25 à 27 branches. Papilles anales courtes et lancéolées.
Nymphe (fig. 7)
CÉPHALOTHORAX
Soie 1-C : bifide, longue et souple ; 2-C : 3 branches très fines ; 3-C
simple à la base puis formée de 3 branches ; 4-C : 4 à 5 branches souples ; 5-
C : 5 branches un peu plus longues que 4-C et souples ; 6-C : 3 branches très
petites ; 7-C : 2 à 3 longues branches souples ; 8-C : simple, longue, souple et
ramifiée dans sa partie terminale ; 9-C : fourchue au-delà de sa partie
médiane ; 10-C : 4 à 6 branches fines ; 11-C : 5 à 7 branches un peu plus
courtes que 10-C ; 12-C : 2 à 3 branches longues et souples. Trompette respi-
ratoire brune, très écailleuse, bordée de clair dans sa partie distale.
42 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Fig. 7. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia comorensis Brunhes. —
À : antenne. -— B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers
segments abdominaux. — D : métathorax et abdomen de la nymphe. — E : céphalo-
thorax de la nymphe.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 43
ABDOMEN
Soies 6 et 7-I longues et bifides. Soie 1-IT : 10 à 12 branches fines et en
éventail ; 3-II : simple ; 5-IT : simple et plus longue que 3-IL. 1-IIT : 7 à 8
branches fines, souples et en éventail ; 3-IIT : simple, atteignant le bord anté-
rieur du segment IV. 1-IV : 6 à 7 branches fines ; 3-IV : 2 ou 3 branches aci-
culées atteignant le bord antérieur du segment suivant. 1-V : 3 à 4 branches
fines et souples ; 3-V et 3-VI : longues, simples et légèrement aciculées. 1-VI :
5 branches fines. 1-VIT : 2 à 3 branches fines ; 9-VII : 7 à 8 branches inégales,
aciculées et en éventail. 4-VIIT : simple ; 9-VIIT : 9 branches aciculées, inégales
et en éventail. Palette natatoire : soie 1-P longue, simple et souple
Mâle (fig. 8)
TÊTE
Labium noir avec un anneau blanc étroit au niveau du 1/3 médian ;
quelques écailles blanches constituent, sur sa face dorsale, une ligne blanche
incomplète ; la partie distale renflée du labium porte de nombreuses écailles
pâles avant de se terminer par un anneau noir ; labelles blancs. Palpe maxil-
laire : article 1 noir, articles 2 et 3 noirs mais portant un anneau d’écailles
blanches à leurs extrémités, article 4 noir, article 5 blanc. La face inférieure
des palpes est plus claire que la face supérieure. Antenne : flagellomères 1 à 3
pâles, ornés de nombreuses écailles argentées vrillées. Vertex : les nombreuses
écailles fourchues dressées sont jaune pâle et de plus en plus claires de l’ar-
rière vers l’avant ; nombreuses écailles falciformes blanches ; une bande
d’écailles spatulées borde postérieurement les yeux ; l’occiput est largement
recouvert d’écailles blanches spatulées.
THORAX
— Prothorax. En vue frontale le thorax apparaît entièrement blanc car les
coxae, les trochanters, les proépisternum sont blancs et recouverts d’écailles
blanches. Antépronotum à tégument brunâtre portant de nombreuses écailles
argentées.
Patte I : longueur = 9,5 mm ; coxa et trochanter blancs ; fémur blanc à
la base, la partie médiane est recouverte d’un mélange d’écailles claires et
sombres, un anneau noir occupe la partie sub-terminale ; le fémur devient
blanc près de son articulation avec le tibia ; tibia blanc aux deux extrémités,
chaque zone claire est suivie, ou précédée, par une zone noire ; la partie
médiane est recouverte d’écailles noires et blanches mêlées. Tarses noirs ornés
de 3 anneaux blancs portés par la base des segments 1, 2 et 3.
— Mésothorax. Les nombreuses écailles falciformes qui recouvrent le scu-
tum ne forment pas de dessins bien définis, à peine apparaissent-elles plus
denses ou plus colorées par places. Soies acrosticales, dorsocentrales et supra-
alaires longues. Zone préscutellaire bordée d’écailles falciformes blanches. Scu-
tellum : les 3 lobes sont largement recouverts d’écailles falciformes blanches.
Pleures. Mésépisternum partiellement glabre mais bordé ventro-postérieurement
par une rangée d’écailles spatulées argentées ; une plage d’écailles argentées
occupe le mésépisternum supérieur. Mésépimeron : moitié inférieure glabre, une
plage d’écailles spatulées et argentées, de forme triangulaire à pointe orientée
vers l’avant, occupe la partie médiane ; la partie supérieure est ornée d’une
touffe d’écailles longues, vrillées et blanches placée sous l'insertion de l’aile.
44
J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Fig. 8. — Adulte d’Orthopodomyia comorensis Brunhes. — A : détail du tergite
VIIL — B : gonostyle. — C : phallosome vu de face. — D : phallosome vu de profil.
— E : pattes I, Il et IL.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 45
Patte IT : longueur = 10,1 mm ; coxa noire à écailles argentées larges ;
trochanter blanc ; fémur blanc aux deux extrémités et recouvert d’écailles
pâles et noires dans sa partie médiane, un anneau noir est en position subapi-
cale ; tibia IT semblable au tibia I mais de teinte générale plus claire ; tarses
noirs portant 3 ou 4 anneaux blancs sur la base des segments 1, 2, 3 et par-
fois aussi sur la base du segment 4.
— L’aile est longue et fine (L = 4,5 mm) ; les écailles blanches et noires qui
recouvrent les nervures sont regroupées en taches de teintes homogènes
(fig. 24). La costale porte 4 taches blanches ; la première, qui se trouve à la
base de l’aile, forme une bande blanche qui traverse toute l’aile. La deuxième
tache costale est interrompue par la nervure médiane et la nervure cubitale qui
sont recouvertes d’écailles noires ; elle réapparaît sur la partie médiane de la
nervure anale où elle forme une tache large et homogène. Les écailles blanches
se regroupent ensuite pour former 2 ronds blancs, l’un au niveau de rm et
l’autre, plus grand, au niveau de la fourche R2-R3. L’apex de l’aile est blanc
alors que l’apex est recouvert d’écailles brun sombre. La partie postérieure de
la membrane alaire est soulignée par une ligne d’écailles noires qui s’inter-
rompt au niveau de M3-4 et Cu.
— Métathorax. Haltère : tégument clair recouvert d’écailles blanches.
Patte III : longueur = 12,2 mm ; coxa noire à écailles blanches, trochan-
ter blanc ; fémur pâle sur ses 4/5èmes basaux et blanc à l’apex, un anneau noir
sépare ces 2 zones claires ; tibia largement jaunâtre, les 2 anneaux blancs ter-
minaux sont séparés de la partie médiane blanchâtre par 2 anneaux noirs ;
tarses noirs ornés de 5 anneaux argentés ; le premier anneau est porté par la
base du segment 1, le deuxième entoure l’articulation entre les segments 1 et
2, les trois suivant recouvrent la moitié basale des segments 3, 4 et 5. La face
ventrale des tibias, et dans une moindre mesure celle des fémurs, est nettement
plus claire que la face dorsale.
ABDOMEN
Tergites largement recouverts d’écailles noires et ornés de bandes
blanches antérieures incomplètes sur les segments IT à [IV ; tous les tergites por-
tent des taches triangulaires sur leurs bords antérieurs. Sternites sombres.
Genitalia mâles. VIII-T à bord distal frangé mais non échancré distale-
ment. Edéage terminé distalement par 2 petits bras arrondis à l’apex mais por-
tant une couronne de denticulations sombres ; la dents médioventrale est pré-
sente mais très réduite. Gonostyle long et fin, terminé par une forte soie
arrondie à l’apex.
Femelle
La bande médiane claire portée par le labium est à la fois plus large et
en position nettement plus antérieure que chez le mâle. Présence de deux
anneaux blancs sur les palpes : l’un sur la partie basale du segment 3, l’autre
sur la partie basale du segment 4 ; segment 5 blanc.
Répartition et biologie (carte 3)
Orthopodomyia comorensis n’a jusqu’à présent été observé que dans l’île
de Mayotte où il est fréquent. Il n’est pas impossible que des prospections plus
importantes permettent de le découvrir dans l’île d’Anjouan. Cette île est en
46 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
effet la plus proche de Mayotte et la moins prospectée de tout l'archipel ;
aucun Orthopodomyia n°y a encore été signalé et il serait surprenant qu’il n’y
en eût point.
Dans l’île de Mayotte, cette espèce a été capturée à l’état larvaire dans
un tronc de manguier et dans un autre arbre non identifié. Nous l’avons aussi
récoltée dans un bambou dressé et sectionné à 1 mètre du sol. Dans ce dernier
cîte Or. comorensis se développait avec Ae. (Stg.) aegypti, Er. subsimplicipes,
Cx. (Cui.) nebulosus et Cx. (Cux.) carleti.
Orthopodomyia fontenillei n. sp.
(fig. 9, fig. 10, planche 1, carte 1)
Série-type
La série-type porte le n° E98JB ; elle comprend 9 larves et 10 exuvies
nymphales montées dans l’euparal, 8 mâles et 2 femelles. Cette espèce mal-
gache provient du hameau d’Ambodimanga qui est situé à 850 m d'altitude,
près du bac permettant à la route reliant Moramanga à Beparasy de franchir
le fleuve Mangoro, dans la Sous-Préfecture de Moramanga, Province de Tama-
tave (Toamasina) (Madagascar). La récolte a été effectuée le 10 février 1967.
Le gîte larvaire était une cavité remplie d’eau creusée naturellement dans un
arbre non identifié poussant dans la forêt primaire qui recouvrait les collines
proches du village.
Holotype : un mâle obtenu d’élevage, étiqueté E 98JB, T.948.
Allotype : femelle étiquetée “E 98JB, allotype”.
Paratypes : 8 mâles dont 2 ont leurs genitalia montés entre lame et lamelle
(T. 322 et T. 661) et 2 femelles, E 98JB.
Pédotypes: 10 exuvies nymphales et 9 larves étiquetées E98JB.
Dépôt des types. L’holotype et l’allotype, ainsi que 3 paratypes (1 femelle
et 2 mâles) et 5 pédotypes, seront conservés au LTV, Montpellier. Deux larves,
ainsi qu’un mâle appartenant à la série-type, seront confiés au MNHN, Paris
et au BMNH, Londres. Deux larves appartenant à la série-type ainsi qu’un
mâle et une femelle topotypes seront confiés au NMNH, Washington.
Cette espèce est dédiée à notre collègue Didier Fontenille dont les recherches
ont fait très sensiblement progresser la connaissance des moustiques malgaches.
Autre matériel examiné :
Topotypes : Récoltes effectuées dans la même forêt et à proximité de la
même localité. Elevage E 219 JB du 20/12/1967 ; creux d’arbre ; 22 larves, 2
nymphes, 3 exuvies nymphales, 5 mâles et 3 femelles. Elevage E 250 JB du
12/02/1968 ; creux d’arbre ; 14 larves, 1 nymphe et 2 exuvies nymphales, 1
mâle et 1 femelle. Elevage E 251 JB du 12/02/1968 ; creux d’arbre ; 2 larves.
Elevage E 252 JB du 12/02/1968 ; creux d’arbre ; 7 larves, 4 exuvies larvaires,
3 nymphes et 4 exuvies nymphales, 5 mâles et 1 femelle. Elevage E 261 JB du
16/02/1969 ; creux d’arbre ; 1 larve. Brunbhes récolteur.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 47
Autres exemplaires : 1 larve récoltée par A. Grjebine à Périnet, Sous-Pré-
fecture de Moramanga, Province de Tamatave (Toamasina) ; 1 femelle captu-
rée par D. Fontenille dans un piège lumineux (02/84) à La Mandraka, Province
de Tananarive (Antananarivo).
Description de l’espèce
Larve (fig.9)
TÊTE
Antenne de taille moyenne ; rapport L/I le plus souvent voisin de 6 mais
pouvant exceptionnellement atteindre 7. Soie A-1 insérée à 0.30 de la longueur
de l’antenne et formée de 6 à 8 branches très aciculées ; 2 et 3-A longues et
fines ; 4 et 6-A courtes et arrondies. Soies céphaliques aciculées à l’exception
des soies 8-C et 10-C qui sont simples et lisses ; 4-C formée de 8-10 branches
(exceptionnellement 11) nettement plus courtes que les soies 5, 6 et 7-C ; 5-C :
4 à 6 branches dépassant nettement l’apex de l’antenne; 6-C: 9 à 14
branches ; 7-C : 8 à 14 branches ; 9-C très rarement double, le plus souvent
formée de 3 à 4 branches ; 13-C : 7 à 10 branches.
THORAX
— Prothorax. Soie 0-P : 9 à 15 branches courtes et en étoile ; 1-P très
généralement à 3 branches mais parfois formée d’une seule branche longue et
fine ; 2-P : simple ; 3-P : de 6 à 9 branches en éventail ; 4-P : 8 à 11 branches
en éventail ; 5-P : simple et très longue, dépassant largement la tête et les
antennes ; 7-P : 8 à 10 branches longues et en éventail ; 8-P : 7 à 8 branches
longues.
— Mésothorax : 1-M : 6 à 13 branches courtes, raides et en étoile (géné-
ralement 10 branches) ; 5-M et 7-M simples et très longues ; 14-M : 9 à 12
branches courtes et en étoile.
— Métathorax : 1, 3 et 4-T longues, en étoile, aciculées et formées de 5 à
9 branches ; 13-T : 5 à 12 branches de tailles très inégales, les plus courtes
atteignent à peine la moitié de la longueur des plus longues.
ABDOMEN
Les soies abdominales aux branches multiples sont toutes plus ou moins
longuement aciculées. Soies 1-I et 1-IT en étoile, longues (atteignant le segment
suivant) et formées de 11 à 16 branches épaisses ; 4-I, 5-I et 4-If, 5-IT beau-
coup plus courtes mais en étoile et épaisses ; 6-I et 6-IT formées respectivement
de 7 à 9 et 6 à 8 branches arquées vers l’avant ; soïes 6-IIL, IV, V, VI : simples
et très longues, 1-IIT : généralement formée de 2 branches longues et aciculées
à la base mais elle peut être aussi formée de 4 branches dont 2 sont alors beau-
coup plus courtes et fines ; 1-IV : 4 à 7 branches en étoile et de tailles très
inégales ; 1-V : 1 à 2 branches longues, beaucoup plus rarement 5 à 6 branches
courtes ; 1-VI : 8 à 10 branches en étoile de tailles très inégales. Soie 3-VIT
simple, son apex dépasse largement celui du siphon ; 8-VII à 10 branches en
étoile et relativement courtes.
— Segment VIII. Soies 2-VIII et 4-VIIT simples et fines ; 1-VIIT : une touffe
en étoile, dense, insérée sur la plaque sclérifiée et formée de 17 à 20 branches
raides et aciculées à la base ; 3-VIIL : 7 à 8 branches en éventail ; 5-VIIT : 10
à 14 branches en étoile plus courtes que 1-VIIL. Le segment porte deux plaques
sclérifiées non réunies par un pont dorsal. Rang proximal du peigne formé de
J. BRUNHES & J.-P. HERVY
48
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Fig. 9. — Larve et nymphe
__B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. —
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d’Orthopodomyia fontenillei n. sp. — À : antenne.
C : derniers segments abdo-
cephalothorax de la
minaux. — D : métathorax et abdomen de la nymphe. — E :
nymphe.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 49
23 à 26 dents ; rang distal formé de 12 à 17 dents de tailles très inégales. Le
siphon de teinte marron sombre présente un anneau clair autour de l’apex ;
indice L/1 compris entre 3,3 et 3,8 ; 1-S : 10 à 12 branches en éventail.
— Segment X. Papilles anales lancéolées, plus courtes ou égales à la lon-
gueur de la selle ; 1-X : 3 à 4 branches en éventail (exceptionnellement 2
branches), arquées vers l’intérieur ; 2-X : 26 à 29 branches inégales ; 4-X : 7
paires de soies longuement spatulées mais parfois 8 paires !
Nymphe (fig.9)
CÉPHALOTHORAX
Soie 1-C : 1 branche lisse plus courte que la longueur de la trompette res-
piratoire, 2-C : 2 branches souples et lisses, 3-C : 3 branches souples, aussi
longues que la trompette respiratoire ; 4-C : 3 à 5 branches courtes ; 5-C : 2
à 6 branches dont la taille est de 1,3 fois la longueur de la trompette ; 6-C :
simple à la base puis fourchue, courte ; 7-C : 3 à 4 branches nettement plus
longues que la trompette ; 8-C : simple et aciculée à la base mais subdivisée en
3 ou 4 branches vers le 1/4 distal, taille sensiblement égale à celle de la trom-
pette ; 9-C : 1 à 3 branches aciculées de tailles souvent inégales. Soie 10-C : 6
branches souples et en éventail ; 11-C : simple à la base puis formée de 2 à 3
branches ; 12-C : 5 à 7 branches.
ABDOMEN
Segment I : soie 1-I très branchue ; soies 3, 6 et 7-I longues et fines. Seg-
ment II : 1-IT formée de 10 à 12 branches souples disposées en éventail ; 5-II
atteignant le segment IV ; 2-IT, 3-II et 6-IT simples et lisses ; 7-II ramifiée à
l’apex. Segment LIL : 1-IIT formée de 6 branches fines, souples et en éventail ;
3-IIT atteignant le segment V ; 5-IIT formée de 3 à 4 branches fines et de taille
sensiblement égale à la soie 1-II. Segment IV : soies 1-IV, 4-IV à 2 branches
très courtes ; 5-IV formée de 2 à 3 branches atteignant le segment VI ; soies 3-
IV, 4-IV et 6-IV courtes, fines et branchues. Segment V : 1-V à 3 branches fines
et courtes ; 2-V, 3-V et 6-V simples ; 5-V longue, aciculée, simple ou double
atteignant le milieu du segment VII ; si cette soie est simple elle peut être très
longue, atteignant alors presque le segment VIII. Segment VI : 1-VI formée de
3 branches fines et courtes ; 5-VI simple, longue mais n’atteignant pas toujours
le segment VIIL ; 2-VI et 3-VI simples ; 4-VI simple ou double ; 6-VI formée
de 1 à 3 branches. Segment VII : 1-VII simple ou double ; 3-VIL et 4-VIT
doubles ; 5-VII 1 à 3 branches ; 9-VII : 10 branches courtes, épaisses et dis-
posées en éventail. Segment VIII : 4-VIIT simple, aciculée et parfois fourchue
à l’apex ; 9-VIIT : 17 à 18 branches aciculées disposées en éventail. Palette
natatoire : 1-P simple et courte.
Mâle (fig.10)
TETE
Labium noir présentant un anneau blanc étroit dans sa partie médiane,
partie distale légèrement renflée et grisâtre ; labelles blancs ; présence de
quelques écailles blanches qui s’alignent sur la partie apico-basale du labium ;
quelques écailles argentées sur la partie inféro-basale. Palpe maxillaire :
article 1 noir ; articles 2 et 3 noirs dans leur partie médiane et blancs aux
extrémités ; article 4 noir, article 5 court, conique et blanc ; la partie inférieure
50
J. BRuNHES & J.-P. HERVY
enillei n. sp. — À : détail du tergite
face. — D : pattes I, IT et IL.
Fig. 10. — Adulte d’Orthopodomyia font
VIII. — B : gonostyle. — C : phallosome vu de
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 51
des articles 2 et 3 est de couleur claire. Antenne : verticilles bruns à la base et
jaune d’or à l’apex. Vertex : les écailles fourchues sont noires, les yeux sont
bordés postérieurement par des écailles falciformes blanches ; présence d’une
tache occipitale d’écailles argentées.
THORAX
— Prothorax. En vue frontale, le prothorax apparaît entièrement blanc
car il est largement recouvert d’écailles pâles.
Patte I : longueur = 10,5 mm ; coxa, trochanter et base du fémur blanes ;
le fémur est grisâtre dans sa partie médiane et noir à l’apex. L’articulation
entre le fémur et le tibia est plus pâle. Tibia gris sombre dans sa partie
médiane et noir juste avant les 2 extrémités qui sont blanches. Tarses noirs à
l’exception d’un anneau blanc porté par la base du premier segment et de
quelques écailles blanches, souvent peu visibles, qui se trouvent sur la face
ventrale des segments 2 et 3.
— Mésothorax. Scutum joliment orné d’écailles piliformes blanches,
jaunes et noires. La zone préscutellaire est bordée d’écailles jaune d’or parti-
culièrement nombreuses dans la partie antérieure ; 5 plages noires (1 anté-
rieure et 2 paires latérales) forment un “V” pointé vers l’avant qui entoure
l'aire préscutellaire. La partie antérieure de la ligne acrosticale est ornée
d’écailles jaunes ; cette ligne pâle est entourée d’un “V” noir orienté pointe
vers l’arrière et bordé antérieurement de 2 touffes d’écailles blanches ; le reste
du scutum est couvert d’écailles jaunes ou blanchâtres. Pleures. Une bande
d’écailles spatulées blanches barre longitudinalement les pleures ; elle débute
sur l’antépronotum, se poursuit sur toute la partie supérieure du mésépister-
num et se termine en triangle sur le mésépimeron. Au dessous de cette ligne
blanche des écailles larges et blanches sont encore implantées sur le bord pos-
térieur du mésépisternum. Au dessus, on observe les soïes blanches préalaires
supérieures ainsi que de petites écailles argentées postpronotales inférieures et
quelques écailles jaune d’or postpronotales supérieures.
La taille de l’aile d’Or. fontenillei (L = 5,2 mm) souligne qu’il s’agit là de
la plus grande espèce de la région afrotropicale. Les nervures alaires sont
abondamment recouvertes d’écailles blanches et noires qui, regroupées, for-
ment des taches blanches et noires. La costale porte 3 taches blanches dont les
deux premières se poursuivent jusqu’à la nervure anale et jusqu’à la nervure
radiale pour la seconde. L’apex de l’aile apparaît largement blanc et cela bien
que la nervure R3 soit noire sur toute sa longueur. La nervure anale n’est pas
marquée de taches blanches bien définies car les écailles blanches et noires qui
la recouvrent se mêlent très largement. Toutes les nervures sont blanches à
l’apex. Les écailles de la troisième rangée de la frange postérieure sont courtes
et plus ou moins sombres ; elles ne forment que rarement un liseré bien visible
sur la bordure postérieure de la membrane alaire (pl. 1).
Patte II : longueur = 11,8 mm ; coxa sombre à écailles pâles et à longues
soies noires latérales ; trochanter et base du fémur blancs ; la partie médiane
du fémur est blanchâtre alors que son apex est noir ; présence d’une touffe
ventrale de longues écailles noires à l’apex du fémur. Tibia grisâtre, plus
sombre aux extrémités. Les segments 1, 2 et 3 des tarses portent un anneau
basal blanc et quelques écailles blanches à la base du segment 4 ; le reste des
tarses est d’un noir franc.
52 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
— Métathorax. Halière blanche.
Patte III : longueur = 15 mm ; coxa sombre mais portant de nombreuses
écailles pâles et de longues soies blanchâtres orientées vers l'arrière ; trochan-
ter et base du fémur blancs ; fémur grisâtre terminé par un anneau noir, l’ar-
ticulation entre le fémur et le tibia est blanche. Tibia grisâtre marqué de 1 ou
2 anneaux basaux noirs peu délimités et d’un anneau subterminal noir. L’arti-
culation entre le tibia et le premier article du tarse est blanche ; sur sa face
ventrale, le tibia apparaît nettement jaune. Les bases des segments 1, 2, 3 et 4
sont blanches mais les taches blanches des segments 3 et 4 occupent environ la
moitié de chacun de ces segments alors que celles des segments 1 et 2 sont beau-
coup plus réduites ; quelques écailles claires peuvent parfois s’observer à la
base du segment 5.
ABDOMEN
Couleur générale noire. Tergite 1 brun sombre mais portant une tache
d’écailles blanches de chaque côté ; sur les segments de II à VI (et parfois VIT)
présence d’une tache médiane blanche ou de deux petites taches distinctes mais
toujours médianes ; présence aussi, sur chaque côté d’une plage blanche tri-
angulaire antérieure. Sternites I et II presque entièrement recouverts d’écailles
blanches, ces plages antéro-latérales deviennent progressivement plus petites
vers l’arrière.
Genitalia mâles. Lobe du tergite VIIL assez profondément échancré mais
peu ou pas frangé. Gonostyle long et délié, il porte de nombreuses soies dor-
sales et ventrales :; la forte soie terminale, légèrement recourbée, se termine par
quelques dents formant un peigne. Edéage : dent médiodorsale développée, la
partie terminale porte un alignement de dents et, plus postérieurement, une
zone membraneuse qui apparaît conique en vue frontale.
Femelle. — Palpe maxillaire noir à l'exception de la face inférieure qui
est grisâtre, du cinquième segment qui est blanc et de quelques écailles argen-
tées portées par la base du segment 4. Labium : moitié basale noire ; moitié
distale blanche avec un anneau noir étroit au milieu de la partie blanche ;
labelles blancs. Sur les tergites abdominaux, les plages blanches médianes sont
plus souvent distinctes que chez le mâle.
Répartition et biologie (carte 1)
Dans l’état actuel de nos connaissances, Or. fontenillei ne semble présent
que dans la forêt primaire qui s’étend (ou s’étendait en 1967-1969) entire l’al-
titude 800 m (environs de Périnet) et le pied de la deuxième falaise dont l’al-
titude se situe aux environs de 1200 m (localité de La Mandraka) ; ces deux
localités se trouvent sur la route nationale n°2 reliant Tananarive (Antanana-
rivo) à Tamatave (Toamasina). Dans cette région comprise entre les 2 falaises
orientales, Or. fontenillei est fréquent pendant toute la saison des pluies. Il est
important de souligner qu’elle y est présente à l’exclusion de tout autre Ortho-
podomyia et qu’elle semble, sur cette “marche” de “l'escalier” oriental,
prendre la place d'Or. milloti.
Cette dernière espèce se rencontre depuis le bord de mer jusqu’au som-
met de la première falaise. Les aires de distribution de ces deux espèces se che-
vauchent cependant au niveau de la station de Périnet. Dans cette station éloi-
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 53
gnée de moins de 20 km à vol d’oiseau de la localité-type nous avons en effet
rencontré une larve d’Or. fontenillei.
Il se peut qu’Or. fontenillei ait été confondu auparavant avec les deux
espèces connues, comme en témoignent les mentions :
— d'Or. milloti de la région Périnet possédant des tarses postérieurs avec
le tarsomère IIT plus ou moins taché de noir,
— d’Or. vernoni avec l’anneau blanc basal du tarsomère IT du tarse pos-
térieur particulièrement réduit.
Ces deux caractères sont en effet spécifiques d’Or. fontenillei.
Les larves de cette espèce ont toujours été récoltées pendant la saison des
pluies et dans des creux d’arbres. Dans ces gîtes nous l’avons trouvée en com-
pagnie d’Ae.(Fin.) phillipi, Cx.(Cux.) carleti et Ur. anopheloides. Nous ne
savons rien de la biologie des adultes.
Orthopodomyia joyoni Brunhes, 1977
(fig. 11, fig. 12, planche 3, carte 3)
Orthopodomyia joyoni Brunhes, 1977 : 131-152 (L*, N*, M*, F*)
Série-type
La série-type a été récoltée à l’état larvaire dans un arbre creux du mas-
sif forestier de La Grille, au nord de l’île de la Grande Comore (Noazidja),
Archipel des Comores. Les 9 larves prélevées ont été placées en élevage ; elles
ont ainsi permis d’obtenir 3 exuvies nymphales, 1 femelle et 2 mâles. Ce pré-
lèvement porte le n° 319JB, il a été effectué le 09/09/1969. Brunhes récolteur.
Holotype : un mâle étiqueté T. 600 JB, E319 C.
Allotype : une femelle étiquetée “E-319, allotype”.
Paratype : un mâle étiqueté T. 606 JB, E319.
Pédotype : 3 exuvies nymphales et 6 larves, E319.
Dépôt des types. L’holotype, l’allotype, le paratype, 3 exuvies nymphales
et 4 pédotypes larvaires ont été déposés au Centre de Faunistique de PORS-
TOM à Bondy, 93140 (France) ; ils sont actuellement conservés dans le LTV,
Centre ORSTOM, Montpellier (34) France.
Autre matériel examiné
Grande Comore (Ngazidja).
— 11 larves, 1 mâle, 2 femelles, élevage E.322JB, Massif de La Grille
(topotypes), 09/09/1969.
— 6 larves, 1 mâle, élevage E.307JB, Ivoini (nord de l’île), 06/09/1969.
Brunhes récolteur et déterminateur.
Mohéli (Mzali).
— 64 larves provenant de 4 gîtes larvaires découverts dans des manguiers
bordant le terrain d’aviation de Dijoiezi, G.121, G.122, G.123, G.125, récolte
du 20/05/1970. Brunhes déterminateur.
54 J. BRoNHES & J.-P. HERVY
Description complémentaire
Larve (fig.11). — Tégument du thorax et de l’abdomen recouvert de fins
spicules. Toutes les soies aux branches multiples sont aciculées ainsi que cer-
taines soies simples aux branches courtes.
TÊTE
Antenne sombre, de taille moyenne, brusquement rétrécie au-delà du
point d'insertion de 1-A. Rapport LA compris entre 5,3 et 6,5. Soie 1-A : 5 à
7 branches très aciculées, présentant une partie commune basale et n’attei-
gnant pas l’apex de l’antenne ; 2 et 3-A longues, simples et très effilées, 4 et 6-
À courtes. Soie 4-C : 6 à 7 branches inégales et en éventail ; 5-C:4à 5
branches longues atteignant ou dépassant l’apex de l’antenne ; 6-C : 7 à 9
branches ; 7-C : 11 à 12 branches de tailles très inégales ; 9-C : 2 à 3 branches
aciculées : 8-C et 10-C longues lisses et simples, la soie 10-C peut être four-
chue ; 11-C : 3 branches dendritiques très courtes ; 12-C : 2 à 3 branches très
courtes et fines ; 13-C : 5 à 6 branches aciculées de taille moyenne.
THORAX
_ Prothorax. Soie 0-P : 7 à 8 branches longuement aciculées, en étoile et
courtes :; 1-P : simple, lisse et très longue ; 2-P : simple et lisse ; 3-P : 6à 7
branches de tailles très inégales ; 4-P : 7 à 9 branches en étoile ; 7-P : 5 à 7
branches en étoile.
_ Mésothorax : 1-M : 3 à 5 branches en étoile et parfois inégales ; 2-M :
courte et souvent fourchue ; 3-M à 7 branches simples et lisses ; 5 et 7-M
simples, aciculées et très longues ; 14-M : 5 à 9 branches aciculées en étoile et
courtes.
_ Métathorax. 1-T : 6 à 8 branches longues et de tailles très inégales ; 3-
T : 7 à 8 branches ; 4-T : 5 à 6 branches nettement plus courtes que celles de
3-T ; 13-T : 5 à 6 branches inégales.
ABDOMEN
Soies 6-I et 6-II formées de 6 branches épaisses arquées vers l’avant et
aciculées ; 6 III à 6-V : simples, longues et lisses ; 1-I : 14 à 18 branches en
étoile, courtes et épaisses ; 3-I : simple et lisse ; 4-I : 6 à 7 branches en étoile ;
5-I : 5 branches courtes et en étoile ; 1-IL : 5 à 10 branches en étoile, inégales,
plus longues et plus fines que I-T ; 1-III : généralement formée de 2 longues
branches aciculées à la base mais parfois formée de 4 branches dont 2 sont
alors plus courtes ; 1-IV : 4 à 7 branches en étoile et de tailles inégales ; 1-V :
double et longue ; 1-VI : 5 à 6 branches en étoile. Segment VII. 1-VIL : 8
branches aciculées en étoile ; 2-VII : simple et raide ; 3-VII : longue et simple ;
5-VII : 7 branches en étoile et inégales ; 8-VII : 8 à 9 branches en étoile ; 13-
VII : 3 branches en étoile.
Segment VIII. Les plaques sclérifiées latérales sont généralement reliées
par un large pont dorsal ; il se peut que ces 2 plaques ne soient que faible-
ment réunies et, plus exceptionnellement encore, qu’elles soient libres. Ran-
gée distale formée de 11 à 12 denis acérées ; rangée proximale formée de 20
à 22 dents courtes. Soie 1-VIIL : 8 à 14 branches aciculées, en étoile et de
tailles inégales ; 2-VILI et 4-VIIT simples lisses, parfois fourchues ; 3-VIIL : 5
à 9 branches longues et en éventail, certaines branches peuvent être four-
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 55
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Fig. 11. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia joyoni Brunhes. — À : antenne.
— B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers segments abdo-
minaux. — D : métathorax et abdomen de la nymphe. — E : céphalothorax de la
nymphe.
56 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
chues : 5-VIII : 6 à 9 branches courtes et en étoile. Siphon conique (indice
compris entre 3 et 4), de teinte générale brun sombre ; il est cependant plus
clair à la base et présente un anneau presque translucide à l’apex ; 1-$ : 7 à
12 branches aciculées insérées au dessous de la partie médiane, 2-$ fine et peu
visible.
Segment X. Selle brun sombre ; indice L/1 voisin de 1,2 ; 1-X : insérée
dans une petite encoche de la selle, formée de 2 à 3 branches raides et lisses ;
9_X : 20 à 30 branches. Papilles anales courtes et lancéolées.
Nympbhe (fig.11)
CÉPHALOTHORAX
Soies 1, 2 et 3-C généralement simples, parfois fourchues ; 4-C : bifide,
souple et lisse ; 5-C : 1 à 4 branches souples ; 6-C : simple ou double, courte ;
7-C : formée de 2 très longues branches ; 8 et 9-C : simples, longues souvent
longuement aciculées à l’apex ou fourchues :; 10-C : 4 branches aciculées ; 11-
C : une branche, parfois fourchue dans sa partie terminale ; 12-C : une
branche longuement aciculée. Trompette respiratoire courte, écailleuse, large-
ment ouverte (bord interne 2 fois plus court que le bord externe), teinte
sombre à l’exception de la base et d’un liseré entourant le bord distal.
ABDOMEN
Segment I. Soies 2, 3, 5, 6, 7-1 très généralement simples ; 4-I : 8 à 10
branches très souples et parfois ramifiées. Segment II. 1-IT : 2 à 4 branches
souples, 2, 3, 5-IT simples, la soie 5-II est la plus longue des trois. Segment
III : soie 1-III courte, fine et formée de 2 à 4 branches ; 3-IIT longue et
simple ; 5-IIL plus mince et fourchue. Segment IV. 1-4 : 3 petites branches
fines ; 3-IV : bifide, petite et mince ; 5-IV longue, bifide et épaisse. Segment
V. 1-V : 3 petites branches fines ; 3-V : simple et courte ; 5-V : longue, bifide
mais nettement plus courte que 5-IV. Segment VI. 1-VI simple ou bifide, dif-
ficilement visible ; 3, 4 et 5-VI simples, courtes et fines. Segment VII. Soie 8-
VII : 5 à 6 branches fines et souples ; 9-VII : 8 à 9 branches épaisses, acicu-
lées et en éventail. Segment VIII. 4-VIIT : simple et longue ; 9-VIIT : 13
branches aciculées et en éventail. Palette natatoire au bord distal peu visible ;
1-P très courte.
Mûâle (fig.12). — Or. joyoni est nettement plus sombre qu’Or. comoren-
sis.
TETE
Labium noir lésèrement renflé à l’apex et marqué d’un anneau blanc
étroit situé un peu au delà de la moitié (0,60). Palpe maxillaire presque aussi
long que le labium. Vertex : Tégument brun sombre ; écailles fourchues dres-
sées, noires sur les côtés et dans la partie postéro-médiane, elles deviennent
plus claires dans la partie antérieure ; écailles falciformes jaunâtres ; les
écailles spatulées blanches sont rares, elles forment cependant une petite plage
blanche sur l’occiput. Antenne. Pédicelle noir avec quelques écailles blanches ;
base du premier flagellomère clair, les autre sont sombres. L’antenne est de
plus en plus sombre de la base vers l’apex.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 57
Fig. 12. — Adulte d’Orthopodomyia joyoni Brunhes. — A : détail du tergite
VII. — B : gonostyle. — C : phallosome vu de face. — D : phallosome vu de profil.
— E : pattes I, IT et III.
58 J. BRUNES & J.-P. HERVY
THORAX
Le tégument du thorax est dans son ensemble brun sombre, il apparaît
cependant, sur les pleures, une bande plus claire qui débute au niveau de l’an-
tépronotum et se termine sur le mésépimeron ; ventralement, cette bande de
tégument clair affecte la partie supérieure des coxae.
_ Prothorax. En vue frontale le thorax apparaît blanc car le tégument de
l’antépronotum, du proépisternum, de la membrane procoxale et de la coxa I
est à la fois clair et recouvert d’écailles blanches.
Patte I : longueur = 9,7 mm ; coxa et trochanter blancs ; fémur sombre
piqueté d’écailles blanches ; tibia noir ; tarses noirs à l’exception d’un petit
anneau blanc porté par la base du segment 2.
_ Mésothorax. Scutum recouvert d’écailles sombres, dorées et blanchâtres
formant quelques dessins : les lignes sur lesquelles s’insèrent les soies acrosti-
cales et dorsocentrales sont recouvertes d’écailles dorées ; entre ces trois lignes
jaunâtres les soies blanchâtres sont plus nombreuses ; fossettes scutales recou-
vertes d’écailles sombres. Scutellum : tégument sombre avec une touffe
d’écailles falciformes pâles sur chacun des trois lobes. Pleures. Postpronotum
sombre mais portant de nombreuses petites soies spatulées blanches. Mésépis-
ternum clair dans sa partie basale et plus sombre dans sa partie supérieure ;
un liseré d’écailles spatulées blanches borde la partie inférieure de la plaque
et, s’élargissant, vient recouvrir toute la partie supérieure du mésépisternum.
Mésépimeron nu dans sa partie inférieure et orné, dans sa partie supérieure,
d’une touffe de longues écailles blanches. ,
Aile longue et fine (L=4,4 mm), (pl. 3). Elle est traversée par 3 bandes
blanches presque complètes. La première est portée par la base de l’aile, elle
débute sur la costale et traverse toute l’aile ; c’est la première tache claire
ornant la costale. La deuxième bande débute au niveau de Rs et atteint la par-
tie médiane de la nervure anale où elle forme une tache homogène. La troi-
sième débute sur la costale et atteint la fourche de M1-M2 ainsi que l’apex de
M3+4. Au niveau de l’apex de l’aile les nervures sont recouvertes d’écailles
blanches mais la frange alaire est formée d’écailles brun sombre. La bordure
postérieure de la membrane alaire n’est bordée d’écailles noires que sur sa
partie basale.
Patte II : longueur = 10,5 mm ; coxa noire avec quelques écailles argen-
tées, trochanter pâle, fémur recouvert d’écailles noires et pâles mêlées, l’apex
du segment est noir ; tibia plus clair que le fémur dans sa partie médiane mais
sombre à ses deux extrémités ; tarses noirs ornés de trois anneaux blancs por-
tés par les trois premiers segments ; l’anneau blanc du segment 3 peut être très
petit, à la limite de la visibilité.
_ Métathorax. Patte III : longueur = 14,7 mm ; coxa noire à écailles
argentées ; trochanter blancs ; fémur blanchâtre dans sa partie médiane et
sombre aux deux extrémités, présence d’une frange de longues soies ventrales,
tibia clair apparaissant blanc ventralement, tarses ornés de 3 anneaux blancs :
le premier entoure l'articulation entre les segments 1 et 2, les 2 autres occu-
pent la moitié basale des segments 3 et 4. Halière blanche.
ABDOMEN
Tergites largement recouverts d’écailles noires ; les segments II à VI por-
tent 2 plages médianes plus ou moins séparées formées d’écailles blanchâtres ;
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 59
ces plages médianes disparaissent sur les 3 derniers segments qui sont, par
contre, ornés d’une bande d’écailles basales blanches.
Genitalia mâles. Bord distal du tergite VIII formant un “V” largement
ouvert dont la membrane n’est pas frangée ; les 2 parties apicales sont légère-
ment bosselées. Edéage pourvu de 2 longs bras distaux présentant une rangée
de dents sclérifiées qui s’alignent sur le bord externe des bras et se dévelop-
pent à l’apex. Gonostyle long, mince et portant à son extrémité une longue soie
dont l’apex est arrondi.
Femelle. — Labium noir, non renflé à l’apex, marqué d’un anneau blanc
beaucoup plus large que celui porté par le labium du mâle ; cet anneau est
situé entre 0,65 et 0,90 de la longueur du labium ; labelles pâles. Palpe maxil-
laire : il mesure environ 0,60 de la longueur du labium ; il est noir à l’excep-
tion de quelques écailles blanches portées par la partie supérieure de l’articles
2 et d’un anneau basal blanc porté par le segment 4 ; segment 5 très petit et
pâle.
Répartition et biologie (carte 3)
Dans l’état actuel de nos prospections Or. joyoni ne se rencontre que dans
deux îles de l’archipel des Comores : la Grande Comore et Mohéli. Il se peut
que son absence apparente d’Anjouan ne soit due qu’à la faible prospection de
cette île. Dans l’île de Mayotte, nous avons récolté une larve qui aurait pu
appartenir à Or. joyoni mais, compte tenu de la grande variabilité de l’orne-
mentation des larves et de l’absence d’adultes permettant de confirmer l’iden-
tification de la larve, nous considérons qu’Or. joyoni est absente de cette île.
À la Grande Comore et à Mohéli, Or. joyoni semble être la seule espèce pré-
sente.
A la Grande Comore, nous avons rencontré Or. joyoni aussi bien près du
bord de la mer (Ivoini, au nord-est de l’île) qu’en altitude, dans le Massif de
la Grille (altitude 900 à 1000 m). Le massif de la Grille, comme l’ensemble des
Comores, est d’origine volcanique ; en 1969, on y rencontrait encore des forêts
relictes.
Les 3 gîtes larvaires découverts à la Grande Comore étaient tous situés
dans des arbres creux contenant une grande quantité d’eau claire. À Ivoini,
les larves se développaient ainsi dans un baobab évidé servant de citerne et
dans le Massif de la Grille, les larves se trouvaient dans des cavités contenant
plus de 5 litres d’eau claire.
Dans l’île de Mohéli nous avons récolté les larves d’Or. joyoni dans des
troncs de manguiers bordant le terrain d’aviation.
Dans ces gîtes larvaires la faune culicidienne associée était : Ur. pandani,
Cx. (Cux.) quinquefasciatus, Ae. (Stg.) aegypti, Ae. (Stg.) simpsoni.
60 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Orthopodomyia milloti Doucet, 1951
(fig. 13, fig. 14, planche 2, carte 2)
Orthopodomyia milloti Doucet, 1951 : 63-82 (M*). Localité-type : Périnet, Sous-Préfec-
ture de Moramanga, Province de Tamatave (Toamasina), Madagascar. — Zavortink, 1968 : 97-
100 (L*, F, M*). — Rodhain et Boutonnier, 1983 (1984) : 203-248 (M*, F*, L*).
Série-type
Holotype mâle capturé par Doucet le 1-8/03/1950 à Périnet, Sous-Préfec-
ture de Moramanga, Province Tamatave (Toamasina), Madagascar.
Allotype femelle et larve décrits par Zavortink (1968) respectivement sur
une femelle capturée le 24/12/1955 par Grjebine à Sakondroely, Sous-Préfec-
ture de Fénérive, Province de Tamatave (Toamasina) et sur une larve prove-
nant de Périnet, Sous-Préfecture Moramanga, Province de Tamatave (Toama-
sina) récoltée par Grjebine.
Pédotype nymphal décrit par Rodhain et Boutonnier 1983 (1984) sur 14
nymphes capturées, le 07/05/1980, dans des pondoirs-pièges placés à Périnet.
Dépôt des types. L’holotype mâle est conservé au LTV, Centre ORSTOM
de Montpellier (34), France. L’allotype femelle et le pédotype larvaire sont
conservés au BMNH. Le pédotype nymphal est conservé à l’IP de Paris.
Autre matériel examiné
* Province de Tamatave (Toamasina).
_ 32 larves ; Périnet, Moramanga ; 06-10/03/1950. Doucet récolteur,
_ 18 larves ; Périnet, Moramanga. — 2 larves, Ambodivoangy, Maroant-
setra ; 18/11/1952. Grjebine récolteur.
_ G.117 - 3 larves ; Hiaraka, Maroantsetra ; 15/06/1969. — G.115 - 10
larves, Nosy Mangabe, Maroantsetra ; 15/04/1969. Brunhes récolteur.
— 1 larve, Nosy Mangabe, Maroantsetra ; 30/03/79. — 15 larves, Antara-
makasy, Maroantsetra ; 31/03/79 — 1 larve, Andekaleka, Brickaville,
16/04/1980. — 29 larves, Périnet, Moramanga, 07/05/1980. Rodhain récolteur.
Autres localités de captures dont nous n’avons pas examiné le matériel :
Andekaleka, Brickaville (AÂmpasimanolotra) ; larves ; 1983. Fontenille récol-
teur. — Sakondroely, Sous-Préfecture de Fénérive, Province de Tamatave
(Toamasina) ; 24/12/1956. Grjebine récolteur.
* Province de Fianarantsoa.
_ E.61 - 3 larves, 15 nymphes, 10 mâles, 4 femelles ; Ifaho, Manakara ;
26/10/0966. — E.65 - 5 larves, 9 exuvies nymphales, 4 mâles, 6 femelles ; Mana-
kara, 27/10/1966. — E.67 - 18 larves, 4 exuvies nymphales, 2 mâles, 2
femelles ; Ifaho, Manakara 26/10/1966. — E.74 - 6 larves, 8 exuvies nym-
phales, 5 mâles, 2 femelles ; Ifaho, Manakara, 29/10/1966. — E.120 - 12 larves,
2 exuvies nymphales, 1 mâle, 1 femelle ; Manakara, 09/04/1967. — E.196 - 31
larves, 2 exuvies nymphales, 1 mâle, 1 femelle ; Ifanadiana ; 17/11/1967.
Brunhes récolteur.
Autres localités de capture mentionnées dans la littérature mais dont nous
n’avons pas examiné le matériel : Kianjavato, Sous-Préfecture Mananjary,
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 61
ESS, (YU
Fig. 13. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia milloti Doucet. — A : antenne.
— B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers segments abdo-
minaux. — D : métathorax et abdomen de la nymphe. — E : céphalothorax de la
nymphe.
62 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
altitude 300 m, capture sur homme, de jour, 04/1987. — Andekaleka, Sous-
Préfecture Brickaville, altitude 500 m ; 07/1983, larves. Fontenille récolteur.
Description complémentaire
Larve (fig.13). — La larve d’Or. milloti est revêtue d’un grand nombre
de soies en étoile et aciculées qui lui confèrent un aspect général hirsute ; toutes
les soies aux branches multiples, de tailles moyenne ou longue, sont aciculées.
TÊTE
Antenne longue, mince, légèrement arquée vers l’intérieur ; rapport L/I
variant de 9 à 10,8 ; de couleur plus ou moins sombre elle présente toujours
un apex plus clair ; 1-A généralement formée de 5 à 6 branches aciculées mais
le développement de fourches plus ou moins proches de la base donne à cette
soie un aspect souvent plumeux. Soie 4-C : 5 à 7 branches nettement plus
courtes que 6-C et surtout que 5-C ; 5-C : 4 branches (parfois 3) nettement
plus longues que toutes les autres soies céphaliques et dépassant très nettement
l’apex de l’antenne ; ces branches sont légèrement aciculées à la base ; 6-C : 6
à 9 branches en éventail ; 7-C : 11 à 16 branches disposées en éventail. La
répartition, pratiquement sur une même ligne courbe, de ces différentes soies
céphaliques, forme au dessus et en avant de la tête, une “visière” ou un
“entonnoir” centré sur la bouche. Cette disposition en “visière” est renforcée
latéralement par les antennes et les soies 13-C. Cette disposition particulière
des soies céphaliques joue probablement un rôle dans le mode de nutrition.
Soies 8-C et 10-C : simple et lisse, 9-C souvent double, rarement triple ; 13-C :
3 à 7 branches en éventail sur les côtés de la tête
THORAX
Les nombreuses soies en étoile, aciculées et fortes donnent au thorax et à
l’abdomen de cette espèce un aspect très épineux. 0-P : 12 à 16 branches
courtes, en étoile, épaisses ; 1-P : 7 à 10 branches courtes et épaisses ; 3-P :
3 à 6 branches fortes, en éventail ; 1-M : 13 à 15 branches en étoile, courtes
et épaisses ; 14-M : 10 à 15 branches en étoile, souvent très courtes et épaisses ;
13-T : 8 à 11 branches de tailles très inégales, les plus longues sont au moins
deux fois plus longues que les plus courtes.
ABDOMEN
Soies L-I et 1-II : 13 à 17 branches en étoile, fortes, arquées et inégales
1-III : 14 à 16 branches en étoile ; 1-IV : 9 branches en étoile ; 1-V : 1 à
branches longues ; 1-VI : 8 à 11 branches en étoile et inégales. 6-1 : 6 à
branches épaisses, courbes ; 2-VIT : 5 à 6 branches analogues à 1-VI ; 6-II
6-VI : simples, longues et aciculées.
Segment VIIL. Soie 1-VIIL : 13 à 17 branches épaisses, en étoile ; 3-VIIX :
5 à 6 branches aciculées, fines, formant un éventail entre le siphon et la selle ;
5-VIII : 8 à 11 branches épaisses, en étoile et plus courtes que 1-VIIE. Les
plaques sclérifiées latérales ne sont pas réunies par un pont dorsal. La soie 1-
VIII s’insère dans une petite encoche de cette plaque. Rangée distale du peigne
formée de 14 à 17 dents ; rangée proximale comprenant 24 à 26 dents courtes
et frangées à l’apex. Siphon : indice LA variant de 5 à 5,5 ; teinte brun sombre
avec un anneau pâle apical ; 1-S : 6 à 10 branches aciculées.
3
7
à
. DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 63
Segment X. Papilles anales courtes et lancéolées ; 1-X : 2 ou 3 branches
lisses et fines ; 2-X : 24 à 28 branches lisses.
Commentaires. Les larves d’Or. milloti peuvent être reconnues grâce à la
présence conjointe des caractères suivants : antennes longues et fines dont le
rapport L/1 oscille autour de 10 ; soie 5-C formée de 3 à 4 branches nettement
plus longues que toutes les autres soies céphaliques et soie 9-C le plus souvent
simple.
Nymphe (fig.13)
CÉPHALOTHORAX
Soie 1-C simple ou double ; 2-C double ; 3-C triple (ces 3 première soies
céphaliques peuvent être très longues) ; 4-C formée de 3 à 4 branches relati-
vement longues et souvent de tailles et d’épaisseurs inégales ; 5-C subdivisée en
3 ou 4 longues branches souples, certaines de ces branches peuvent être rami-
fiées ; 6-C simple à la base puis ramifiée ; 7-C formée de 3 très longues
branches souples ; 8-C simple à la base puis ramifiée aux environs du 1/3 dis-
tal ; 9-C formée de 2 à 4 branches de tailles inégales. Soie 10-C subdivisée en
9 à 7 branches courtes ; 11-C double ou triple ; 12-C formée de 3 à 5 branches.
Trompette respiratoire de couleur brun sombre à l’exception d’un liseré pâle
entourant le bord distal et d’un petit anneau à la base de la trompette.
ABDOMEN
Segment I. Soie 2-I et 3-I simples et courtes ; 4-I formée de 2 ou 3
branches ; 5-[ ramifiée en 3 ou 4 branches ; 6-I longue, généralement simple
mais parfois double ; 7-[ simple à la base puis ramifiée dans la partie distale.
Segment II. Soie 1-IT formée de 4 à 12 branches ; 3-II longue et fine ; 5-II
longue, souvent ramifiée à l’apex. Segment IIL. 1-IIT formée de 4 à 7 branches
très fines et souples ; 3-IIT simple et longue (atteignant le milieu du segment V).
Segment IV. I-IV formée de 3 à 4 branches fines ; 5-IV simple (rarement
double) et longue (atteignant le bord distal du segment VI). Segment V. I-V for-
mée de 2 à 4 branches parfois ramifiées ; 5-V simple et très longue (elle atteint
presque la base des palettes natatoires). Segment VI. I-VI formée de 3
branches courtes et fines ; 5-VI simple et longue. Segment VII. I-VII formée de
2 petites branches ; 5-VII simple ou bifide et courte ; 6-VII simple et un peu
plus longue que 5-VII ; 9-VIT formée de 8 à 14 branches aciculées et en éven-
tail. Segment VIII. 4-VIIT simple et aciculée ; 9-VIIT formée de 13 à 19 soies
disposées en éventail. Palette natatoire. Soie 1-P ramifiée en 2 ou 3 branches
et parfois insérée sur une petite tache plus sombre.
Commentaires. La taille et le nombre de branches formant les diffé-
rentes soies de la nymphe nous sont apparues très variables chez Or. mil-
loti sans que nous puissions associer ce phénomène à un type de gîte ou à
une zone géographique particulière.
Mâle (fig. 14)
TÊTE
Labium noir présentant un anneau blanc, généralement étroit mais pou-
vant atteindre exceptionnellement 20% de la longueur du labium ; cet anneau
est situé un peu avant la partie médiane du labium ; la partie terminale est
64
J. Brunes & J.-P. HERVY
ia milloti Doucet. — À : détail du tergite VIIL.
de face. — D : pattes I, I et IIL.
Fig. 14. — Adulte d’Orthopodomy
— B : gonostyle. — C : phallosome vu
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 65
renflée et recouverte d’écailles pâles ; une ligne presque continue d’écailles
noires s’interpose entre cette partie claire et renflée du labium et les labelles
qui sont pâles. Palpe maxillaire : la partie ventrale du segment 1 et le segment
» sont blancs, segments 2 et 3 noirs mais présentant un anneau blanc à la base
et à l’apex ; segment 4 entièrement noir, il porte ventralement de longues soies
divergentes ; la face ventrale des segments 2 et 3 est moins densément recou-
verte d’écailles noires. Antenne : les verticilles longs et denses du dernier fla-
gellomère sont noirs à la base, ils forment ainsi une curieuse tache apicale noire
au niveau de l’antenne. Vertex : tégument sombre portant de rares écailles
larges postoculaires blanches ainsi qu’une plage d’écailles noires sur la partie
occipitale ; cette tache noire est immédiatement suivie ventralement par une
plage d’écailles blanches.
THORAX
Tégument largement marron foncé mais présentant par places des zones
plus claires. En vue latérale le thorax apparaît barré d’une large bande
d’écailles argentées qui débute sur le proépisternum et remonte jusqu’au mésé-
pimeron supérieur ; une autre zone d’écailles blanches occupe la partie infé-
rieure du thorax.
— Prothorax à tégument sombre surtout dans sa partie apicale ; l’anté-
pronotum et le proépisternum sont si largement recouverts d’écailles larges et
claires qu’en vue frontale le prothorax apparaît entièrement blanc ; coxa à
tégument clair mais sur lequel une petite tache sombre basale est bien visible,
coxa et trochanter recouverts d’écailles blanches.
Patte I : longueur = 9,2 mm. La majeure partie du fémur est noire avec
de nombreuses écailles blanches mêlées ; sa base est blanche et son apex pré-
sente une zone sombre plus dense. Tibia grisâtre avec une zone noire proche
de l’apex. Articulation blanche entre le tibia et le premier article du tarse ; le
reste du tarse est généralement d’un noir profond mais quelques écailles
claires, ne formant pas un anneau, s’observent parfois sur la base des segment
2 et 3.
— Mésothorax. Scutum : tégument sombre portant de nombreuses soies
acrosticales ; soies dorsocentrales longues et fortes ; de nombreuses écailles
blanches, jaunes et noires se regroupent et constituent ainsi des dessins plus ou
moins délimités. Ligne acrosticale postérieure recouverte d’écailles sombres qui
forment un “V” noir dont la pointe est dirigée vers l’avant et entoure la fos-
sette préscutellaire. Cette fossette glabre est bordée d’écailles claires particu-
lièrement longues et blanches près du scutellum. Fossette médioscutellaire lar-
gement recouverte d’écailles claires ; seule la partie la plus déprimée de la
fossette est parfois couverte d’écailles sombres. Présence d’une tache noire
supra-alaire. Les deux lobes latéraux du scutellum sont recouverts d’écailles
argentées dressées et portent chacun 4 longues soies ; lobe médian orné d’une
touffe d’écailles argentées couchées et de 4 à 6 longues soies divergentes.
Pleures. Postpronotum antérieur recouvert d’écailles falciformes jaunâtres
alors que la partie postérieure de cette plaque est recouverte d’écailles spatu-
lées argentées. Plaque postspiraculaire glabre et marron, barrée d’une zone
dont le tégument est plus clair. Mésépisternum recouvert d’écailles argentées
dans sa partie apicale et seulement bordé d’écailles argentées sur son bord
postéro-inférieur ; un espace glabre sépare ces deux taches d’écailles blanches.
66 J. BRUNES & J.-P. HERVY
Mésépimeron largement glabre et ne portant qu’une petite plage d’écailles
antéro-médianes et quelques écailles longues mésépimérales supérieures.
L’aile mesure 4,4 mm (pl. 2). Les nervures alaires sont recouvertes
d’écailles blanches et noires qui, regroupées, forment des taches bien délimi-
tées et contrastées et même 5 bandes blanches, pas toujours complètes, qui
barrent transversalement toute l'aile. La costale porte ainsi 5 taches blanches ;
la première tache se prolonge vers l'arrière et barre entièrement la base de
l’aile ; la deuxième tache donne naissance à une barre interrompue au niveau
de M et de CuA ; les deux autres taches blanches de la costale donnent aussi
naissance à des bandes blanches interrompues au niveau de R1 et de M3+4. La
cinquième tache costale participe à la formation de la tache blanche apicale de
l’aile. L’apex de toutes les nervures est recouvert d’écailles blanches. La ner-
vure anale est ornée de 3 taches blanches bien délimitées et contrastées. La
membrane alaire est bordée postérieurement par une ligne d’écailles courtes et
noires.
Patte II : longueur = 9,8 mm. Coxa dont le tégument est sombre dans sa
partie inférieure et plus clair à la base ; présence d’une bande verticale
d’écailles pâles ; trochanter et base du fémur blancs. Apex du fémur marqué
d’un anneau noir dont les longues écailles peuvent être plaquées le long du seg-
ment ou au contraire former une petite touffe légèrement divergente. La base
plus claire du tibia est interrompue par un anneau noir ; le reste du tibia est
noir, à l'exception de son extrême apex. Sur leur face ventrale, le fémur et le
tibia sont jaunâtres. Les segments 1, 2 et 3 des tarses portent chacun un
anneau blanc.
_ Métathorax. Métapleure glabre. Halière blanche recouverte de petites
écailles argentées.
Patte II : longueur = 13,1 mm. Coxa au tégument noir ventralement et
plus clair dans sa partie apicale ; présence d’une bande verticale d’écailles
pâles et de longues soies orientées vers l'arrière ; trochanter et base du fémur
blancs. Fémur grisâtre avec dans sa partie apicale un anneau noir suivi d’une
étroite zone pâle. Le tibia présente une large zone médiane grisâtre alors que
ses extrémités apicale et distale sont d’abord blanches puis noirâtres ; sur sa
face ventrale le tibia apparaît jaunâtre et seul subsiste l’anneau noir basal.
Tarses 1 et 2 noirs, mais présentant une zone blanche basale ; tarse 3 et moi-
tié basale du tarse 4 occupés par une tache argentée ; tarse 5 noir.
ABDOMEN
L’abdomen est largement recouvert d’écailles noires. Tergite I sombre
dans sa partie médiane et plus clair latéralement. Tergites II à VI présentant
2 petites taches médianes d’écailles argentées qui fusionnent souvent sur la
ligne médiane, ces taches sont souvent absentes sur les tergites IT à V mais sont
toujours visibles sur les tergites VI et VII ; présence d’une tache argentée sur
les 2 angles postérieurs de chaque tergite, ces taches latérales deviennent une
bande continue sur le segment VIII. Sternites I et II blancs, les sternites LIT à
VIII présentent une bande blanche antérieure le plus souvent étroite mais com-
plète.
Genitalia mâles. Lobe du tergite VIII peu échancré et très légèrement
denticulé. Gonostyle long et délié terminé par une forte soie dont l’extrémité se
termine en râteau. Edéage : dent médiodorsale développée ; la partie termi-
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 67
nale porte une rangée de dents au dessus de laquelle apparaît une crête mem-
braneuse.
Femelle. — Antenne sombre ne présentant que quelques écailles claires
sur le pédicelle et le premier flagellomère. Labium noir sur sa moitié basale ;
la partie distale peut être entièrement blanche ou présenter un petit anneau
noir vers 0,80 à 0,90 de sa longueur ; labelles clairs. Palpe maxillaire : article
2 noir, article 3 blanc à la base puis noir avec quelques écailles plus pâles,
article 4 noir avec quelques écailles blanches à l’apex. Tergite VIII portant un
anneau blanc basal.
Répartition et biologie (carte 2)
Dans l’Est de Madagascar Or. milloti semble occuper toute la région com-
prise entre la forêt côtière et le sommet de la première falaise, c’est à dire toute
la partie de la forêt orientale comprise entre le littoral et environ 900 m d’al-
titude. La façon dont se termine cette aire de répartition vers le nord et vers
le sud, ainsi que les espèces qui prennent éventuellement le relais à ces deux
extrémités climatiquement très différentes de son aire de répartition, restent à
préciser. Les informations que nous possédons sur la répartition d’Or. milloti
dans la région nord nous permettent de discuter ci-dessous ce problème mais
nous ne connaissons pratiquement rien de la façon dont se termine l’aire de
répartition d'Or. milloti dans la partie méridionale.
Les larves et les nymphes d’Or. milloti se développent très généralement
dans les cavités naturelles creusées dans le fût des arbres, qu’ils soient morts
ou vivants. Elles se développent également dans les bambous sectionnés et les
troncs de la Musacée malgache Ravenala madagascariensis. Elles peuvent
aussi se développer à l’aisselle des feuilles de Pandanus ou de Ravenala et plus
rarement encore dans l’eau retenue par le limbe de grandes feuilles reposant
sur le sol. Les larves d’Or. milloti peuvent exceptionnellement se rencontrer
dans des flaques et de petites mares (Fontenille, 1988).
Dans ces gîtes, Or. milloti peut être associé à 4e. (Fin.) phillipi, Mi. (Ing.)
jansottei, Cx. (Cux.) decens, Cx. (Cux.) simpsoni, Cx. (Cux.) comorensis, Cx.
(Cux.) carleti, Cx. (Cux.) kingianus, Cx. (Cux.) rubinotus, Cx. (Cui.) nebu-
losus, Cx. (Cui.) cinerellus, Cx. (Cui.) pandani, Tx. brevipalpis, Mimomyia
sp., Uranotaenia sp., Ae. grassei, Cx. (Cux.) argenteopunctatus.
Orthopodomyia nkolbissonensis Rickenbach et Hamon, 1965
(fig. 15, planche 1)
Orthopodomyia nlkolbissonensis Rickenbach et Hamon, 1965 : 1112-1117 (mâle* et
femelle*). — Ferrara, 1968 : 161-165 (larve au troisième stade*).
Série-type
Holotype femelle capturé au filet à main le 18/01/1965 dans la forêt de
N’kolbisson, à 8 km de Yaoundé, Cameroun.
Allotype : mâle capturé le 12/03/1965 dans la localité-type.
Paratypes : 6 femelles et 2 mâles capturés dans la localité-type.
68 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Pédotype : une larve LIT, obtenue à partir de la ponte d’une femelle gra-
vide ; elle a été décrite par Ferrara (1965).
Dépôt des types. Ces 10 spécimens adultes, ainsi que le pédotype larvaire,
ont été déposés au Service de Faunistique de lORSTOM à Bondy (93), France.
Ils sont aujourd’hui conservés au LTV, Centre ORSTOM de Montpellier (34),
France.
Description complémentaire
Larve (fig.15). — À un grossissement de 200 fois, le tégument larvaire
apparaît lisse et dépourvu de soiïes ou d’épines.
TÊTE
Antenne cylindrique, légèrement courbe, de taille moyenne ; le rapport
L/1 est voisin de 7. Soies céphaliques longuement aciculées à l'exception des
soies 8-C, 10-C, 12-C, 14-C et 15-C. Soie 4-C formée de 3 branches fines et
beaucoup plus courtes que les soies 5 et 6-C ; 5-C presque 3 fois plus longue
que 4-C et formée de 5 branches souples ; 6-C : 5 branches dont la taille est
comprise entre celles de 4-C et de 5-C ; 7-C : 7 branches de tailles sensible-
ment égales à celles des branches de 4-C ; 8-G et 10-C simples, lisses et
souples ; 9-C simple et longuement aciculée ; 11-C : courte, simple à la base
puis ramifiée ; 12-C : simple à la base puis double ; 13-C : 4 branches acicu-
lées ; 15-C : simple et lisse.
THORAX
_ Prothorax. Soie 0-P : 3 branches courtes et aciculées ; 1-P simple, aci-
culée et presque 3 fois plus longue que la longueur de la tête ; 2-P simple et
lisse ; 3-P : 4 branches aciculées de tailles croissantes de la partie médiane vers
la périphérie ; 4-P : 3 longues branches ; 5-P et 6-P simples, longues et très
faiblement aciculées ; 7-P : 4 à 5 branches longuement aciculées ; Bo
branches ; 9-P et 12-P : 3 à 4 branches longues ; 10-P simple et longue ; 11-
P : simple et très courte.
_ Mésothorax. Soie 1-M : 3 branches longues et aciculées ; 2-M courte et
ramifiée en 4 branches ; 3-M et 4-M simples, longues et lisses ; 5-M, 6-M et 7-
M simples, longues et aciculées ; 8-M formée de 6 branches aciculées ; 13-M
simple à la base mais terminée par 2 petits plumets de soies ; 14-M à 3
branches plumeuses.
_ Métathorax. Soies 1-T et 3-T : 3 branches aciculées ; 2-T simple
longue et lisse ; 4-T à 2 branches courtes terminées en plumet ; 5-T simple
et très courte ; 6-T simple, aciculée et aussi longue que le thorax ; 17-T : 6
branches aciculées longues et rigides ; 9-T à 4 branches courtes et plu-
meuses ; 9-T : 7 branches aciculées et longues ; 10-T simple, lisse et très
longue ; 12-T simple, souple et lisse ; 13-T formée de 5 à 6 branches longues
et plumeuses.
ABDOMEN
Contrairement aux Orthopodomyia de la région malgache, l’abdomen
d’Or. nkolbissonensis apparaît très peu velu. Soie 1-I : 3 à 4 branches courtes
et aciculées ; 1-IT : 2 branches courtes aciculées : 1-IIT à 1-V : 3 à 4 branches
aciculées ; 4-I formée de 4 branches aciculées ; 4-IT et A-ITI lisses et souples ;
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 69
6-I : 6 branches aciculées et longues ; 6-IT : 3 branches beaucoup plus courtes
que 1-6 ; soies 6-IIT à 6-VII longues, aciculées et simples.
Segment VIII. Soies 2-VIIT et 5-VIIT simples et lisses ; I-VIIL : 2 petites
branches aciculées ; 3-VIIL : 5 branches aciculées ; 6-VIIT : 3 branches courtes
et aciculées. Sur cette larve encore au stade IIT, la plaque sclérifiée n’est pas
visible. La rangée basale du peigne est formée de 20-21 dents ; la rangée dis-
tale comporte 10 dents longues. Siphon court et cylindrique ; indice L/I un peu
inférieur à 2 ; 1-S : 5 branches aciculées.
Segment X. 1-X simple, petite et souple ; 2-X à 16 ramifications ; 4-X for-
mée de 7 paires de soies débutant chacune par une longue hampe. Papilles
anales lancéolées. La selle recouvre incomplètement le 10e segment.
Commentaire. La taille très petite de la larve ayant servi à la description
du pédotype, ainsi que la selle qui ne parvient pas à entourer le segment X, nous
incitent à penser que cette larve n’a peut-être pas atteint le IIIe stade larvaire.
Mâle (fig. 15)
TÊTE
Labium noir orné de 2 larges anneaux d’écailles jaune clair ; l’un se situe
entre 0,30 et 0,50 et l’autre entre 0,60 et 0,80 de la longueur du labium ; apex
du labium clair. Au niveau de l’articulation avec les labelles, le labium porte
quelques écailles jaunes ; labelles pâles. Palpe maxillaire : segment 1 noir ; seg-
ment 2 presque entièrement jaunâtre ; segment 3 jaune sur une large moitié
basale ainsi qu’à l’apex ; segment 4 noir et portant de longues soies à l’apex ;
segment 5 relativement long et blanc. Antenne : pas de longues écailles vrillées.
Contrairement à ce qui est la régle générale chez les Orthopodomyia, le pre-
mier flagellomère ne porte pas de longues écailles blanches et vrillées mais seu-
lement quelques écailles blanches analogues à celles que l’on peut observer
chez la femelle ; la base des verticilles les plus distaux est noïre comme cela
s’observe chez certaines espèces de la région malgache. Vertex : tégument
sombre portant de nombreuses écailles falciformes jaunâtres ; espace inter-
oculaire recouvert de longues écailles blanches ; aire occipitale recouverte
d’une large tache d’écailles blanches.
THORAX
— Prothorax. En vue frontale, le prothorax apparaît sombre et seules les
parties supérieures de la coxa, et surtout du proépisternum, sont recouvertes
d’écailles blanches ; la coxa Î porte aussi de nombreuses soies noires orientées
vers le bas ; antépronotum largement recouvert d’écailles pâles.
Patte I : longueur = 7 mm. Trochanter et base du fémur sombres, le reste
du fémur est recouvert d’écailles pâles à l'exception de 2 anneaux noirs situés
sur la moitié distale. Sur la partie antérieure du fémur, des écailles sombres se
mêlent aux écailles jaunâtres en particulier sur la large zone claire basale ;
tibia jaunâtre orné de 3 anneaux noirs ; segment 1 des tarses orné de 2
anneaux noirs ; segment 2? jaunâtre à la base et terminé par un anneau jaune
et étroit ; segments 4 et 5 sombres.
— Mésothorax : postpronotum sombre ne portant que de rares écailles
blanches sur la partie apico-postérieure et de longues soies post-pronotales ;
présence d’une tache post-spiraculaire allongée formée d’écailles argentées ;
70 J. Brunes & J.-P. HERVY
Fig. 15. — Larve et adulte d’Orthopodomyia nkolbissonensis Rickenbach et
Hamon. — À : tête, face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — B : derniers seg-
ments abdominaux. — C : détail du tergite VIIL — D : ornementation du tergite IX.
—E : gonostyle. — F : phallosome en vue frontale. — G : phallosome en vue dorsale.
—_ H : pattes I, IT et III.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 71
mésépisternum orné d’une large bande supérieure d’écailles argentées ; pas
d’écailles blanches préalaires ; de longues soies noires sur le bord postérieur
du mésépisternum ; mésépimeron barré, dans sa partie médiane, par une
bande d’écailles blanches ; présence d’une plage d’écailles argentées dressées
et de longues soies mésépimérales supérieures. Scutum : tégument sombre lar-
gement recouvert d’écailles jaune pâle et marqué de 2 taches sombres postéro-
dorsocentrales en forme de virgule épaisse dont la “queue” serait décentrée
vers l’intérieur ; présence d’une zone glabre et sombre entre les supra-alaires
et les dorso-centrales postérieures ; deux taches noires anté-supra-alaires. Scu-
tellum sombre ; lobe médian orné de deux petites plages d’écailles piliformes
jaunâtres ; les lobes latéraux ne portent que de rares écailles jaunes.
aile (pl. 1) mesure 3,9 mm. Contrairement à celles de toutes les autres
espèces de la région afrotropicale, les nervures des ailes d'Or. nkolbissonensis
ne sont pas recouvertes de courtes écailles blanches ou noires mais d’écailles
majoritairement longues aux couleurs peu contrastées. Les écailles insérées sur
la moitié basale de la nervure médiane sont particulièrement longues ; la base
des nervures cubitale, costale, sous-costale et radiale portent cependant des
écailles courtes et larges. Le tiers apical de l’aile est plus clair que la base. La
costale ne porte pas de taches blanches bien délimitées. Les écailles formant la
frange alaire sont sombres à l’apex et claires dans la partie postérieure de
l’aile.
Patte IT : longueur = 7,9 mm. Coxa noire ornée à la base d’une large
plage d’écailles blanches et portant une rangée verticale de fortes soies noires ;
trochanter et base du fémur noirs, partie médiane du fémur portant une large
bande où se mêlent écailles noires et blanches ; un anneau noir à l’apex, situé
juste avant l’articulation avec le tibia. Tibia orné de 3 anneaux noirs. Segment
1 du tarse orné de 2 anneaux noirs ; segment 2 jaunâtre aux deux extrémités ;
segment 3 ne portant que de rares écailles aux deux extrémités ; segment 4
court parfois recouvert de quelques écailles pâles en particulier à l’apex ; seg-
ment 9 pâle.
— Métathorax : métépisternum sombre et glabre. Haltère jaunâtre.
Patte III : longueur = 10 mm. Coxa sombre portant quelques écailles
pâles supérieures et de longues soies orientées vers l’arrière ; trochanter et
base du fémur sombres, le reste du fémur est jaune pâle avec un large anneau
noir en position subapicale ; tibia jaune orné de trois anneaux noirs ; premier
article du tarse orné de deux anneaux noirs ; deuxième article noir mais recou-
vert d’écailles blanches aux deux extrémités ; article 3 jaune à la base ; article
4 et 5 variables, présentant souvent quelques écailles pâles sur leur base.
ABDOMEN
Tergite I portant une plage médiane d’écailles larges et sombres ; tergites
IT à VII ornés d’un triangle latéro-antérieur d’écailles jaunâtres ; présence sur
les tergites II à IV d’une bande proximale d’écailles pâles ; sur les tergites V à
VII, cette bande d’écailles pâles est en position distale, elle est de plus en plus
large de l’avant vers l’arrière et peut presque entièrement recouvrir le tergite
VIT ; tergite VIII avec une bande basale et une bande apicale blanches. Ster-
nites sombres avec une bande basale d’écailles jaunes.
Genitalia mâles. Partie distale du tergite VIIT très peu échancrée, non
festonnée, non bosselée mais présentant des bords latéraux épaissis. Gonostyles
72 J. BRuNHES & J.-P. HERVY
portant de longues soie dorsales et une très forte soie terminale arrondie à
l’apex. Edéage massif, torsadé et présentant une double rangée de dents insé-
rées sur le bord interne.
Femelle. — Labium orné d’un seul anneau blanc ; moitié basale du
labium noire, un anneau jaunâtre occupe environ de 0,60 à 0,75 de la lon-
gueur ; extrême apex du labium jaune ; labelles pâles. Antenne : pédicelle brun
pâle portant de nombreuses écailles pâles sur son bord interne, quelques
écailles blanches sur le premier flagellomère. Palpe maxillaire : seuls l’extrême
apex et un anneau médian blanes contrastent sur un palpe qui, sans cela,
serait entièrement noir ; segment 2 noir avec quelques écailles blanches à
l’apex ; segment 3 blanc sur sa moitié basale et noir distalement ; segment 4
noir avec une touffe d’écailles blanches à l’apex. Sur leur face ventrale les 3
premiers segments du palpe apparaissent plus clairs.
Répartition et biologie
Tous les exemplaires connus, appartenant à cette espèce, proviennent de
la forêt faisant partie du Centre de Recherches agronomiques de Nkolbisson,
à 8 km de Yaoundé (Cameroun). Les captures des 10 imagos qui forment la
série-type ont été faites entre le 18 janvier et le 10 juin.
Or. nkolbissonensis est une espèce rare, ou difficile à capturer, car Fer-
rara (1968) rapporte n’avoir obtenu que 50 imagos parmi 160 000 moustiques
qu’il a capturés au cours de ses études en milieu forestier. Les techniques de
capture utilisées ne sont pas précisées. La femelle semi-gravide, placée en tube
de Borel garni de papier buvard et de coton humidifié, a pondu 119 oeufs en
une nuit.
Orthopodomyia pulchripalpis (Rondani, 1872)
(fig. 16, planche 1)
Orthopodomyia pulchripalpis (Rondani, 1872) : 29-31 (Culex). Localité-type : Italie.
__ Zavortink (1968) désigne un lectotype mâle qui est conservé au Musée de Florence. — Mar-
shall 1938 : 258 (L*, N*, M*, F*, E*). — Rioux 1958 : 257 (L*, M*). — Zavortink 1968 : 52
(ÉRNE MER); Gutsevich, Monchadsky et Stackelberg 1974 : 134 (L*, F, M*).
Décrit sous le nom de Culex pulchripalpis par Rondani, et récolté à l’état
larvaire en Italie, cet Orthopodomyia est le seul que l’on rencontre en Europe
occidentale et centrale ainsi que dans le Maghreb. Il est rattaché par Zavor-
tink (1968) au groupe signifera que l’on rencontre aussi dans le sud de la
région néarctique. Sur le continent africain la présence d’Or. pulchripalpis a
été signalée au Maroc (Bailly-Choumara, 1966) et en Tunisie (Rioux, Juminer
et Kchouk, 1964).
Nous proposons ci-dessous une brève description de cette espèce fondée
sur l'observation de 2 mâles et 2 femelles récoltés à l’état larvaire dans un
chêne-liège par Hélène Bailly-Choumara (Maroc, Mamora, 20/05/1976).
Imagos. — Cette espèce diffère considérablement, et au premier abord,
de toutes les autres espèces présentes dans la région afrotropicale. Sa couleur
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 73
Fig. 16. — Adulte d’Orthopodomyia pulchripalpis (Rondani). — A : détail du
tergite VIII. — B : gonostyle. — C : ornementation du tergite IX. — D : phallosome
vu de profil. — E : phallosome vu de face. — F : pattes I, IL et II.
74 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
est en effet d’un noir profond et son ornementation est formée de lignes argen-
tées qui parcourent la tête, le thorax et l’abdomen.
TÊTE
Tégument noir recouvert d’écailles noires et présentant sur la bordure
postérieure des yeux une ligne argentée, étroite et bien délimitée, formée
d’écailles spatulées. Cette ligne se poursuit au niveau de l’espace inter-oculaire
et à ce niveau les écailles deviennent beaucoup plus longues. Des écailles argen-
tées éparses sont aussi présentes sur la partie postérieure du vertex. Antennes
noires portant une plage d’écailles argentées sur la partie interne du pédicelle.
Labium de la femelle d’un noir franc orné d’un anneau blanc bien délimité à
0,60-0,70% de sa longueur. Labium noir, renflé à l’apex et portant un petit
anneau blanc au niveau de celui porté par la base du troisième segment du
palpe ; labelles noirs.
THORAX
_ Prothorax. En vue frontale, le prothorax apparaît noir et rayé de
blanc.
Patte I : longueur = 8,6 mm ; noire, plus ou moins piquetée d’écailles
blanches, et ornée seulement d’un petit anneau blanc sur la base du premier
segment tarsal.
__ Mésothorax. Scutum et scutellum noirs, entièrement recouverts
d’écailles noires sur lesquelles contrastent quatre paires de lignes argentées
parallèles : la première paire entoure la zone acrosticale jusqu’au niveau de la
fossette préscutellaire, la seconde borde latéralement la fossette préscutellaire,
entoure le lobe médian du scutellum et se prolonge postérieurement par deux
petits plumets d’écailles argentées ; la troisième paire de lignes blanches débute
derrière les fossettes scutellaires et disparaît avant d’atteindre les lobes laté-
raux du scutellum ; la quatrième borde latéralement l’ensemble du scutellum.
Pleures : tégument noir rayé d’étroites bandes argentées ; l’une de ces bandes
débute sur l’antépronotum et se prolonge jusqu’au niveau du stigmate méso-
thoracique ; une autre débute sur le proépisternum et atteint le mésépimeron
supérieur. La partie inférieure du thorax est marquée : par une plage argen-
tée portée par la partie apicale de la coxa [ ; par des bandes verticales
d’écailles argentées ornant les coxae IL et III et, enfin, par une plage blanche
qui se situe au niveau du mésépisternum inféro-postérieur.
L'aile est longue (L = 4,6 mm) et étroite. Les nervures alaires sont recou-
vertes d’écailles sombres qui sont souvent longues, en particulier celles qui sont
insérées sur la partie basale de la nervure médiane ; de petites écailles noires
recouvrent les autres nervures. Seule une tache d’écailles blanches orne la par-
tie basale de la nervure radiale (pl. 1).
Patte II : longueur = 9,6 mm. Elle est noire à l’exception de la moitié
basale du fémur, des parties apicale et basale du tibia et de la base du segment
1 du tarse.
_ Métathorax. Haltère blanchâtre.
Patte IL : longueur = 11,5 mm ; cette patte est largement de couleur
noire mais on note que la base du fémur est blanchâtre et que 4 petits anneaux
blancs ornent le tibia et les tarses : ils entourent les articulations tibia/tarse 1,
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 75
tarse l/tarse 2, tarse 2/tarse 3, tarse 3/tarse 4 ; le segment 5 est souvent blane,
au moins sur sa face inférieure.
ABDOMEN
L’abdomen est noir et rayé de larges bandes antérieures blanches portées
par les tergites II à VI ; tergite VIT noir ; tergite I orné en plus d’une grande
plage médiane argentée. Sternite portant de larges bandes d’écailles argentées.
Genitalia mâles. Expansion distale du tergite VIIL à peine déprimée et
terminée par une bande tégumentaire plus claire un peu épaissie ; gonostyle
portant à l’apex une forte soie terminée en peigne ; édéage présentant un bras
postéro-médian court et arrondi ainsi que des denticules aigus et parallèles
dans la partie distale.
Répartition et biologie
Cette espèce ne semble pas piquer l’homme. Elle n’a été capturée qu’à
l’état larvaire et les seuls adultes actuellement connus ont tous été obtenus
après une mise en élevage de larves. Les adultes sont rares et discrets et,
n'étant pas attirés par la lumière, leur capture est difficile. Les larves semblent
univoltines ; elles se développent dans les arbres creux contenant de l’eau pen-
dant pratiquement toute l’année.
Orthopodomyia rajaonariveloi n. sp
(fig 17, planche 2, carte 2)
Série-type
L'espèce est décrite à partir d’un holotype femelle récolté par Damase, le
24 décembre 1955 à Sakondroely, Canton de Fénérive, Province de Tamatave
(Toamasina), Madagascar. Les ailes et 3 pattes de l’holotype sont montées à sec
entre lame et lamelle.
Dépôt du type : L’holotype femelle est déposé pour conservation au LTV,
Centre ORSTOM de Montpellier (34), France.
Description de l’espèce
Femelle (fig. 17)
TÊTE
Labium : partie basale brun sombre (de 0,0 à 0,40) ; la partie apicale du
labium, ainsi que les labelles, sont blanchâtres. Sur cette partie blanchâtre se
trouvent, en position dorsale, quelques écailles noires qui forment une petite
bande longitudinale. Antenne : flagellomères brun sombres ; pédicelle ne por-
tant que de rares écailles claires. Palpe maxillaire : presque entièrement noir ;
il n’est orné que de quelques écailles blanches portées par la base des segments
3 et 4 ; apex du segment 5 blanc. Vertex à tégument brun sombre largement
recouvert d’écailles falciformes blanchâtres ; les écailles fourchues dressées
sont de couleur brun pâle antérieurement, elles sont plus sombres postérieure-
ment ; de longues écailles blanches dans l’espace interoculaire ; une plage
d’écailles larges et argentées sur la partie occipitale de la tête.
76 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
THORAX
_ Prothorax. En vue frontale le prothorax apparaît entièrement blanc.
Patte I : longueur = 7,8 mm. Coxa et trochanter au tégument blanc recou-
vert d’écailles argentées qui forment une large bande verticale ; les coxae por-
tent aussi de nombreuses soies jaunes orientées vers le bas. Fémur entièrement
noir : à l’apex, quelques écailles longues et noires forment l’ébauche d’une
touffe divergente. Tibia noir sur la plus grande partie de sa longueur et clair
aux deux extrémités. La partie postérieure du tibia est parcourue par une large
bande blanche longitudinale. Tarses noirs ornés de 3 anneaux argentés portés
par la base des 3 premiers segments.
Fig. 17. — Adultes d’Orthopodomyia rajaonariveloi n. sp. — Pattes I, IL et IL.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE TÉL
— Mésothorax. Scutum brun orné de longues soies acrosticales, dorsocen-
trales et supra-alaires. Le scutum est assez largement frotté mais les parties
intactes sont recouvertes de soies falciformes blanches. Fossette scutellaire
ornée de petites écailles sombres dans sa partie la plus déprimée. Aire préscu-
tellaire glabre entourée de soies blanches plus longues postérieurement. Scu-
tellum : tégument sombre ; chaque lobe porte une plage d’écailles longues et
argentées. Les pleures sont barrées par trois bandes d’écailles blanches dont
les tailles sont inégales. La première débute sur la partie occipitale de la tête
et recouvre l’antépronotum et le postpronotum. La partie basale de l’antépro-
notum est couverte de larges écailles argentées ; la partie apicale porte de nom-
breuses écailles falciformes claires. La deuxième ligne d’écailles argentées
débute sur le proépisternum, recouvre la partie apicale de la sternopleure, la
partie apicale du mésépimeron et atteint la région préalaire. La troisième ligne
d’écailles argentées recouvre la coxa I, la base de la sternopleure, la partie api-
cale de la coxa IT et la base du mésépimeron.
‘aile (pl. 2) mesure 4 mm. Les nervures sont abondamment recouvertes
d’écailles sombres, larges ou fusiformes. La nervure costale porte 3 taches
blanches : la première, humérale, est la plus large ; la seconde, subcostale, est
étroite mais bien marquée ; la troisième, très petite, se trouve à l’apex de
l'aile. Une large tache blanche recouvre la fourche R-Rs ainsi que la radiale
mais n’atteint pas la costale. Trois taches blanches forment un arc qui débute
à la base de la fourche R2-R3, se poursuit sur R3, sur M1+2 et s’arrète sur
M2. La nervure anale est, chose rare, presque entièrement noire ; elle ne
porte que 2 écailles blanches à l’apex et quelques écailles blanches à la base.
La partie distale des nervures radiales et médianes (sauf M4) ne portent que
des écailles fusiformes ; ce caractère est tout à fait original pour une espèce
malgache.
Patte IT : longueur = 8,9 mm ; coxa noire portant quelques écailles
blanches sur sa base ; trochanter blanchâtre, fémur sombre portant une touffe
de longues écailles divergentes sur sa partie apicale et une petites plage claire
triangulaire juste avant l’insertion des écailles noires. Tibia noir orné de 2
petits anneaux clairs sur sa base et d’un autre anneau blanc à l’apex ; le tibia
apparaît plus clair ventralement. Tarses noirs ornés de 3 anneaux argentés
portés par la base des segments 1, par l’apex du segment 1 et la base du 2 et
par la moitié basale du segment 3.
— Métathorax. Haltère jaunâtre.
Patte IT : longueur = 12,7 mm ; coxa noire ; trochanter et base du fémur
blancs ; fémur noir, orné à l’apex d’une tache blanche triangulaire longue et
étroite ; la face postérieure du fémur est claire. Tibia dont la moitié basale
jaune est piquetée de quelques écailles noires ; sa moitié apicale est noire ; il
porte un anneau blanc très étroit à l’apex. Tarse orné de 3 anneaux blancs de
largeur croissante de la base vers l’apex ; le premier anneau se trouve sur la
base du segment 1 ; le deuxième entoure l’articulation entre les sergments 1 et
2 ; le troisième recouvre l’apex du segment 2, la totalité du segment 3 et la moi-
tié basale du segment 4 ; le segment 5 est noir.
ABDOMEN
— Tergites sombres qui ne sont ornés que de quelques écailles claires for-
mant, sur chaque segment, des triangles latéro-antérieurs. Sternites sombres ;
le premier sternite est entièrement recouvert d’écailles blanches, les sternites
78 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
suivants sont ornés d’écailles argentées formant des triangles sur leurs angles
antérieurs.
Répartition et biologie (carte 2)
Dans l’état actuel de nos connaissances cette espèce ne semble présente
que dans la partie orientale de Madagascar, région de Fénérive, au nord de
Tamatave (Toamasina).
Nous ne connaissons pas le mode de capture de cet holotype ; nous ne
connaissons rien de la biologie de cette espèce.
Orthopodomyia ravaonjanaharyi n. sp.
(fig. 18, planche 2, carte 1)
Série-type
La série-type comprend 7 femelles et 6 mâles ainsi que 2 lames portant
les pièces génitales de mâles dont les corps n’ont pas été retrouvés. Cette série
provient de Sambava, localité située sur la côte nord-est de Madagascar, pro-
vince de Diégo-Suarez (Antsiranana), Madagascar. La série-type a été récoltée
à l’état larvaire le 13/09/1975. Les larves se développaient dans une cavité
creusée dans un Albizzia. Mises en élevage, elles devaient donner naissance à
15 adultes. Malheureusement les exuvies larvaires et nymphales ont été per-
dues. Charles Ravaonjanahary est le récolteur de cette série-type.
Holotype : un mâle obtenu d’élevage et étiqueté T956 JB. Les 2 ailes, 4
pattes, la tête et les genitalia de cet holotype ont été montés entre lame et
lamelle ; cette lame porte le n° T 956 JB.
Allotype : une femelle étiquetée “allotype femelle”.
Paratypes: 6 femelles et 5 mâles.
Autre matériel examiné :
7 mâles et 2 femelles capturés au filet à main dans la vallée de la rivière
Onive, Sous-Préfecture d’Antalaha ; Province de Diégo-Suarez (Anitsira-
nana) ; 07/07/1966. Brunhes récolteur.
Dépôt des types : L’holotype et l’allotype, ainsi que cinq paratypes, sont
conservés au LIV, Centre ORSTOM de Montpellier (34), France. Deux para-
types seront déposés respectivement au MNEHN (Paris), au BMNH (Londres) et
au NMNH (Washington).
Description de l’espèce
Mâle (fig. 18)
TETE
Labium : partie basale noire (de 0,0 à 0,40) suivie d’un anneau blan-
châtre étroit (de 0,40 à 0,45) puis d’une partie grisâtre où écailles blanches et
noires se trouvent mélangées ; sur la partie distale renflée, les écailles blanches
sont largement dominantes (de 0,80 à 0,95) ; l'extrême apex est bordé de noir ;
labelles clairs. Antenne : pas de tache noire bien visible sur la base des verti-
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 79
Fig 18.- Adulte d’Orthopodomyia ravaonjanaharyi n sp. — A : détail du tergite
VIII. — B : gonostyle. — C : phallosome. — D : pattes I, Il et JET.
80 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
cilles les plus distaux. Palpe maxillaire : premier article noir ; articles 2 et 3
blanes à la base et à l’apex, ce qui forme un anneau blanc autour de l’articu-
lation entre les segments 2 et 3 ; article 4 noir avec de longues soies ventrales
divergentes ; article 5 blanc. Vertex à tégument brun sombre largement recou-
vert d’écailles falciformes blanchâtres ; les écailles fourchues dressées sont de
couleur brun pâle, les longues écailles blanches de l’espace interoculaire sont
peu nombreuses ; sur l’aire occipitale, la plage argentée inférieure est nette-
ment plus importante que la plage noire qui lui fait suite apicalement.
THORAX
_ Prothorax. En vue frontale le prothorax apparaît entièrement blanc.
Patte I : longueur = 8,5 mm. Tégument blanc recouvert d’écailles
blanches qui forment une large bande verticale et qui porte de longues soies
orientées vers la base. Coxa, trochanter et base du fémur blancs ; fémur por-
tant apicalement un anneau de longues écailles noires précédées d’une zone
plus claire ; sur la face antérieure le reste du fémur est recouvert d’écailles
noires auxquelles se mêlent des écailles blanches ce qui confère à cette partie
du fémur une teinte grisâtre ; ventralement le fémur est nettement plus clair.
Tibia noir sur la plus grande partie de sa longueur et clair aux deux extrémi-
tés. Tarses noirs ornés de 3 anneaux argentés portés par la base des 3 premiers
segments.
_ Mésothorax. Scutum brun orné de longues soies acrosticales, dorsocen-
trales et supra-alaires. Fossette scutellaire ornée de petites écailles sombres
dans sa partie la plus déprimée. Présence de trois petites taches distinctes
d’écailles sombres formant un “V” pointe orientée vers l’avant ; la première
de ces taches, en position postéro-médioscutellaire, est souvent bien visible car
elle se trouve isolée dans une large zone d’écailles blanches ; les 2 autres sont
anté-préscutellaires. Présence de 2 autres taches sombres anté-alaires de
chaque côté du scutum. Aire préscutellaire glabre entourée de soïes blanches
plus longues postérieurement. Scutellum : tégument sombre ; chaque lobe porte
4 longues soies divergentes et une plage d’écailles longues et argentées. Les
pleures sont barrées par une bande d’écailles blanches qui, débutant sur le
proépisternum, se poursuit jusqu’à l'insertion de l’aile ; elle recouvre le pro-
épisternum, forme des taches post-spiraculaire, mésépisternales moyennne et
supérieure et mésépimerale supérieure. Au-dessus de cette barre argentée se
trouve un espace glabre ; les premières écailles claires s’observent sur le post-
pronotum dont la moitié postérieure est recouverte d’écailles blanches alors
que la partie antérieure ne porte que quelques écailles piliformes jaunâtres.
Üne autre bande glabre se trouve en position plus ventrale ; elle débute sur la
membrane postprocoxale, se poursuit sur le mésépisternum moyen et inférieur
sur lequel la bande d’écailles argentées postéro-inférieure ne rejoint pas les
écailles blanches de la partie supérieure ; la zone glabre englobe encore la
majeure partie du mésépimeron et le métépisternum.
L’aile (pl. 2) mesure 4,2 mm. Les nervures sont recouvertes d’écailles
courtes, noires et blanches, qui se mélangent assez fréquemment si bien que les
taches blanches sont assez mal délimitées. La nervure costale porte 4 taches
blanches dont la première traverse toute la partie basale de l’aile. La deuxième
atteint la nervure médiane et les deux bandes blanches suivantes sont moins
bien délimitées et n’affectent que la costale et R1. Toutes les nervures, sauf la
nervure anale, portent des écailles longues sur leur partie distale. La nervure
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 81
anale est ornée de 3 taches blanches bien délimitées. Toutes les nervures se
recouvrent d’écailles blanches avant d’atteindre le bord de l’aile. L'apex de
l'aile est blanc ; son bord postérieur est parfois souligné par une ligne d’écailles
noires mais ce Caractère est peu constant.
Patte IT : longueur = 9,2 mm ; coxa noire portant quelques écailles
blanches sur sa base ; trochanter et base du fémur blancs, fémur gris sombre
portant une touffe de longues écailles sur sa partie apicale. Tibia grisâtre ;
l’anneau blanc basal est immédiatement suivi d’un anneau noir : partie apicale
noire ; le tibia apparaît plus clair ventralement. Tarses noirs ornés de 4
anneaux blancs portés par la base des segments 1 à 4 : l’anneau blanc du seg-
ment 4 est souvent peu visible.
— Métathorax. Haltère jaunâtre.
Patte III : longueur = 14,6 mm ; coxa noire avec quelques très rares
écailles blanches basales et de longues soies noires orientées ventralement ; tro-
chanter et base du fémur blancs ; fémur jaunâtre, plus clair encore ventrale-
ment et terminé par un anneau noir suivi de quelques écailles blanches au
niveau de l’articulation avec le tibia. Tibia jaune pâle dans sa partie moyenne
et sombre aux extrémités. Tarses noirs ornés de 4 anneaux argentés ; l’anneau
basal du premier segment est toujours beaucoup plus étroit que ceux portés
par les segments 2, 3, 4 qui occupent environ la moitié de ces 3 segments : seg-
ment 5 noir.
ABDOMEN
L’abdomen est d’un noir brillant avec des taches triangulaires blanches
sur les bords latéro-antérieurs des tergites. Sur les segments VII et VIII ces
taches latérales se rejoignent pour former une bande continue antérieure. Sur
la partie médiane des tergites quelques écailles blanches, situées dans de petites
dépressions, forment 2 taches distinctes ; ces deux taches peuvent aussi fusion-
ner formant alors une seule tache médiane plus grande ; ce type d’ornemen-
tation est variable, on peut en effet observer, sur certains exemplaires de la
Série-type, deux petites plages blanches distinctes sur les tergites V, VI et VII
ou de petites plages blanches sur les tergites II à V puis, ces plages se rejoi-
gnant sur les segments VI et VII, elles forment alors une seule plage médiane
blanche. Sternites I et IT presque entièrement blancs ; sternites [IL à VII noirs
avec une bande blanche s’élargissant sur les bords.
Genitalia mâles. Echancrure du lobe du tergite VIII bien marquée et den-
ticulée. Gonostyle long, terminé par une longue soie à l’apex en râteau. Edéage
avec une forte dent médiane et une couronne de dents terminales.
Allotype femelle. — Palpe maxillaire noir avec seulement l’apex clair et
un anneau porté par la base du troisième segment ; la face ventrale, incom-
plètement recouverte d’écailles noires, apparaît plus claire que la face dorsale.
Labium : 1/3 basal noir mais parcouru dorsalement par une petite bande
d’écailles pâles ; le reste du labium est blanc-jaunâtre avec un anneau noir sur
0,75 à 0,90 de la longueur du labium ; extrême apex noir ; labelles clairs.
Répartition et biologie (carte 1)
Dans l’état actuel de nos connaissances, la biologie larvaire de cette
espèce ne se distingue pas de celles d’autres Orthopodomyia de la région afro-
82 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
tropicale. Ses larves se développaient en effet dans un tronc de manguier
comme le font pratiquement toutes les espèce malgaches.
Son aire de répartition semble localisée à la côte nord-est de Madagascar
où elle a été récoltée par Ch. Ravaonjanahary près de Sambava et au sud
d’Antalaha (vallée du fleuve Onive) par l’un de nous (J. Brunhes).
Orthopodomyia reunionensis n. sp.
(fig. 19, fig. 20, planche 3, carte 3)
Série-type
La série-type comprend 23 larves, 6 nymphes, 5 mâles et 4 femelles. Elle
a été récoltée en septembre 1984, dans un creux d’arbre, par M. Isautier. La
localité-type est située dans l’île de la Réunion, près de la coulée volcanique
qui, partant du Piton de la Fournaise, atteint la mer au lieu dit “Grand Brûlé
(Commune de St-Philippe).
Holotype : un mâle obtenu d'élevage, étiqueté T955JB.
Allotype : une femelle étiquetée “Allotype”, Grand Brûlé, Commune de
Saint-Philippe ; septembre 1984.
Paratypes : 4 mâles et 3 femelles.
Pédotypes : 23 larves et 6 nymphes ou exuvies nymphales.
Dépôt des types : L’holotype et l’allotype ainsi qu’un paratype mâle, un
paratype femelle, 10 larves et 2 nymphes sont conservés au LTV, Centre
ORSTOM de Montpellier (34), France. Deux larves, 1 nymphe, 1 mâle et 1
femelle seront déposés respectivement au MNHN (Paris), au BMNH
(Londres). Au NMNH (Washington) seront confiés 1 mâle, 3 larves et 2
nymphes.
Autre matériel examiné provenant de l’île de la Réunion
— 3 larves, 1 nymphe ; Basse Vallée, St-Philippe ; 09/1984. — 3 larves, 2
nymphes ; Savannah, $t-Paul ; 01/1984. — 4 larves ; La Montagne, St-Denis ;
06/08/1984. Isautier récolteur.
Toutes ces captures proviennent d’arbres creux retenant de l’eau.
Description de l’espèce
Larve (fig. 19). — Les larves sont parfois si différentes les unes des
autres qu’il est difficile d’imaginer qu’elles puissent appartenir à la même
espèce (fig. 20 À et B). Ce phénomène a été déjà signalé, en particulier en ce
qui concerne Or. arboricollis qui se développe sur l’île Maurice. Chez Or. reu-
nionensis, qu’il s’agisse des larves dites “hirsutes” ou dites “olabres”, toutes les
soies en étoile et toutes les soies formées de multiples et longues branches sont
aciculées. Par ailleurs, à un grossissement de 200 fois, le tégument de la larve
apparaît glabre.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 83
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MUSEUM
PARIS
Fig. 19. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia reunionensis n. sp. — À : tête en
vue dorsale, forme glabre à gauche, forme velue à droite. — B : tête en vue ventrale,
forme glabre à gauche, forme velue à droite. — C : derniers segments abdominaux. —
D : métathorax et abdomen de la nymphe. — E : céphalothorax de la nymphe.
84 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
TÈTE
Antenne arquée aux proportions variables, le rapport L/1 oscille en effet
entre 4,5 et 8 ; antenne légèrement plus claire à l’apex qu’à la base ; 1-A : 3
à 8 branches fines souples et insérées près du 1/3 basal. Soies céphaliques : 4-
C formée d’un nombre très variable de branches aciculées (de 2 à 15
branches !) ; cette soie 4-C est toujours plus petite que les autres soies cépha-
liques ; 5-C : 3 à 12 branches aciculées ; 6-C : 10 à 12 branches aciculées dis-
posées en éventail ; 8-C, 9-C et 10-C toujours simples et lisses ; soie 13-C extrê-
mement variable, formée de 2 à 18 branches longues, aciculées et disposées en
éventail sur le côté de la tête.
THORAX
_ Prothorax. 0-P : 7 à 8 branches en étoile ; 2-P simple ; 3-P : 6 à 9
branches en éventail ; 4-P : 9 à 10 branches en étoile ; 5-P double, peu aci-
culée et longue ; 6-P : 14 branches en étoile ; 7-P : 7 à 8 branches en étoile ;
10-P double et très fine ; 11-P double, aciculée et longue ; 13-P : 5 branches
en étoile.
_ Mésothorax. 1-M : 9 à 11 branches en étoile ; 2, 3, 4 et 7-M simples et
lisses ; 5-M très longue, simple et aciculée ; M-6 : double et aciculée ; 9-M for-
mée de 9 branches longues ; 10 et 11-M simples, aciculées et longues ; 13-M :
5 à 6 branches courtes, plumeuses et en étoile ; 14-M : 2 à 3 branches plu-
meuses et exceptionnellement courtes.
_ Métathorax. 1-T : 9 à 11 branches en étoile ; 3-T et 4-T formées de 6
à 7 branches en étoile ; 2-T et 6-T simples et lisses ; 7-T : 11 branches en éven-
tail ; 9-T : 5 branches en étoile de tailles moyennes ; 10-T : 10 branches
longues et en éventail ; 11-T : simple, courte et fine ; 12-T : simple, longue et
très légèrement aciculée ; 13-T : 10 à 14 branches aciculées de tailles très
inégales.
ABDOMEN
Soies 1-I et 1-IT formées respectivement de 10 et 11 branches raides et en
étoile ; 1-III et 1-IV : 8 à 12 branches raides et en étoile ; soiïes 6-II à 6-IV
généralement simples et aciculées mais les soies 6-IIL et 6-IV peuvent être
doubles comme chez Or. arboricollis. Segment VII. Soie 1-VIL : 10 à 11
branches en étoile ; 2-VII : 11 à 12 branches insérées très postérieurement sur
le segment ; 3-VII simple, longue mais néanmoins sans dépasser la moitié de la
longueur du siphon ; 4-VII simple ; 5 et 6-VII formées de 7 à 10 branches en
étoile ; 7-VII simple, souple, aciculée et de taille moyenne ; 8-VII : 10 branches
en étoile : 9-VII très courte, simple ou double ; 10-VIT : 8 branches en étoile ;
11-VII simple et courte ; 12-VII simple, aciculée et de taille moyenne ; 13-VIT :
12 branches en étoile. Une plaque sclérifiée dorsale est généralement présente
sur les segments VI et VII.
Segment VIII. Soie 1-VII : 11 à 15 branches en étoile ; 2 et 4-VIIT simples,
courtes et lisses ; 3-VIII : 3 à 6 branches très fines, courtes et aciculées ; 5-
VIII : 9 à 12 branches en étoile et plus courtes que 1-VIIL. Une plaque scléri-
fiée en croissant entoure le segment VII ; les soies 1-VIIT et 5-VIIT sont insé-
rées sur cette plaque. Rangée distale du peigne formée de 12 dents ; rangée
proximale formée d’environ 30 dents. Siphon renflé en son milieu et court
(indice L/l compris entre 2 et 2,9), son tégument, comme celui de la selle entou-
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 85
rant le segment X, est recouvert de fins spicules ; 1-S : 5 branches souples aci-
culées, insérées au niveau du 1/3 basal.
Segment X. Selle complète et très courte (indice L/1 = 0,8) ; soie 1-X : 5
branches très légèrement aciculées, raides, épaisses, arquées et insérées dans
une petite lacune de la selle ; 2-X : 14 à 16 branches ; 4-X formée de 7 paires
de soies longuement spatulées à la base. Les papilles anales sont généralement
globuleuses mais la paire distales peut être parfois un peu lancéolée.
Nymphe (fig.19). — Au premier abord, la nymphe paraît glabre car les
soies qu’elle porte sont peu nombreuses, petites et minces.
CÉPHALOTHORAX
Soies 1-C et 2-C simples ; 3-C : 2 à 3 branches courtes ; 4-C simple ou
double ; 5-C double ; 6-C simple et très petite ; 7-C simple et relativement
longue ; 8-C et 9-C simples et de tailles moyennes ; 10-C, 11-C et 12-C simples
et de tailles moyennes. Trompette respiratoire brun sombre au dessus de la
zone trachéoïde et recouverte d’écailles triangulaires bien marquées ; pinna
largement ouverte.
ABDOMEN
Segment I. Soie 1-I formée dès la base de nombreuses ramifications
souples, parfois presque bouclées. Segment IL. Soie 1-IT : 4 à 5 branches fines
et souples ; 2, 3, 5-IL simples ; 4-IT simple à la base puis plumeuse ou longue-
ment aciculée. Segment III. 1-IIT formée de 2 à 3 branches souples, courtes et
minces ; 2-II simple, petite et placée proximalement sur le segment ; 3-III
longue et aciculée ; 4-IIT formée de 3 branches fines. Segment IV. 1-IV simple
ou double ; 2-IIT simple, courte et en position antérieure ; 5-IV simple, longue
et aciculée ; 3-IV ramifiée ; soies 4, 6, 7, 8, 10 et 11-IV simples. Segment V.
Soie 1-V pectinée ; 2-V simple, courte et en position antérieure ; 5-V simple,
aciculée et longue ; 7-V à 3 ou 4 branches courtes. Segment VI. I-VI ramifiée
en 2 ou 3 branches ; 4-VI pectinée ; 5-VI devenant plus courte que 5-V mais
restant aciculée ; 7-VI double et lisse. Segment VII. 1-VII pectinée ; 3-VII for-
mée de 3 à 4 branches aciculées ; 5-VIT simple ; 8-VIT double ou triple, rela-
tivement longue ; 9-VIT formée de 4 branches aciculées. Segment VIII. Soie 4
simple et peu développée ; 9-VIIT : 10 à 12 branches aciculées disposées en
éventail. Palette natatoire : soie 1-P simple et relativement longue.
Mâle (fig. 20)
TÊTE
Labium orné d’un anneau médian étroit formé d’écailles d’un blanc
argenté ; en dehors de cet anneau, le labium est généralement d’un noir france ;
quelques rares écailles blanches peuvent cependant être observées sur certains
spécimens ; labelles pâles. Palpe maxillaire : apex des segments 1, 2 et 3, ainsi
que la base du segment 3, portant des écailles blanches ; segment 4 noir, seg-
ment 5 blanc. Vertex : tégument sombre largement recouvert d’écailles falci-
formes jaunâtres ; écailles dressées noires ; espace interoculaire recouvert par
une touffe d’écailles longues et blanches ; une plage d’écailles argentées post-
génales immédiatement surmontée d’une étroite bande d’écailles noires.
Antenne : pédicelle presque entièrement recouvert d’écaille pâles, les 3 pre-
miers flagellomères portent de longues écailles blanches vrillées.
86 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
BIBL.
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PARIS
Fig. 20. — Adulte d’Orthopodomyia reunionensis n. sp. — A : détail du tergite
VIIL. — B : gonostyle. — C : ornementation du tergite IX. — D : phallosome vu de
dos. — E : phallosome vu de face. — F : phallosome vu de profil. — G : pattes [, IT
et II.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 87
THORAX
— Prothorax. Tégument brun recouvert d’écailles blanches : l’antéprono-
tum est blanc dans sa partie inférieure et noir apicalement ; coxa recouverte
d’écailles blanches ; en vue frontale le thorax apparaît blanc.
Patte I : longueur : 7,5 mm ; coxa, trochanter et base du fémur blancs.
Fémur noir mais parsemé d’écailles claires dans sa moitié basale ; il devient
très pâle vers l’apex, en particulier sur sa face ventrale, puis brusquement
d’un noir franc près de son articulation avec le tibia. Tibia noir piqueté
d’écailles claires ; ses extrémités basale et apicale sont claires. Tarses entière-
ment noirs, quelques écailles claires peuvent être cependant présentes à l’ex-
trême base du segment 1, formant alors un anneau étroit : quelques écailles
claires peuvent aussi être observées à la base du segment 2.
— Mésothorax. Scutum orné de nombreuses écailles étroites blanches, jau-
nâtres et noires. Fossettes médioscutales noires ; les soies dorsocentrales s’in-
sèrent dans une bande d’écailles jaune-doré ; 3 taches noires entourent la fos-
sette préscutellaire : la première, en position postacrosticale, est plus longue
que large ; les 2 autres sont très proches du scutellum. Au dessus du point d’in-
sertion de l’aile se trouve une autre tache noire sur laquelle s’insèrent de nom-
breuses soies longues et noires ; cette tache est séparée d’une autre tache noire
plus antérieure par une bande d’écailles blanches. Scutellum au tégument brun
pâle orné d’écailles blanches sur chacun de ses 3 lobes. Une petite tache post-
spiraculaire d’écailles blanches. Mésépisternum recouvert d’écailles blanches
sur la moitié supérieure et bordé postérieurement d’une bande blanche, le
reste est glabre. Mésépimeron orné d’une tache blanche triangulaire orientée
vers l’arrière ; des soies longues et blanches mêlées à des soies claires se trou-
vent sous le point d’insertion de l’aile. Coxa noire avec de rares écailles
blanches.
L’aile (pl. 3) est courte et trapue (L = 3,6 mm). Comme sur les ailes d’Or.
arboricollis, les nervures sont recouvertes d’écailles courtes, blanches et noires,
qui se mêlent en particulier au niveau de l’apex de l’aile. La costale est ornée
de 3 taches blanches principales qui se prolongent postérieurement et aux-
quelles viennent s’ajouter une petite tache basale et une autre apicale. La pre-
mière tache blanche donne naissance à une barre qui traverse toute la partie
basale de l’aile ; la deuxièmes tache s’arrête sur la base de la médiane et la
troisième, plus courte encore, ne concerne que la costale. La nervure anale est
ornée d’une tache blanche homogène basale, d’une tache médiane à laquelle se
mêlent des écailles noires et de quelques écailles blanches à l’apex. Les taches
blanches de l’apex des nervures sont le plus souvent réduites à quelques
écailles. Une frange d’écailles noires et blanches souligne la bordure posté-
rieure de l’aile.
Patte IT : longueur = 8,8 mm. Coxa entièrement noire ou avec quelques
écailles claires ; trochanter blane ; fémur très sombre présentant une zone sub-
apicale claire. À l’extrémité du fémur sont insérées de longues écailles noires
ne formant cependant pas une touffe divergente ventrale. Tibia sombre à la
base et à l’apex ; la majeure partie médiane grisâtre s’assombrit progressive-
ment de la base vers l’apex. Tarses noirs à l’exception de la base des segments
1, 2 et 3. Quelques écailles claires peuvent s’observer sur la face dorsale du
segment 4 qui apparaît alors pâle.
88 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
— Métathorax. Haltère blanche portant de nombreuses petites écailles
argentées ; coxa au tégument noir ne comportant parfois que quelques écailles
blanches, mais ne formant pas, comme cela se produit chez Or. arboricollis,
une ligne verticale blanche.
Patte III : longueur = 11,2 mm. Trochanter blanc. Fémur brun sombre
piqueté d’écailles pâles, plus franchement noir à l’apex. L’articulation entre
fémur et tibia est blanchâtre. Tibia largement grisâtre, présentant une zone
noire à chaque extrémité suivie par une zone plus étroite blanche ; la face infé-
rieure du tibia est jaunâtre. L’articulation tibia/tarse est blanche. Tarse por-
tant cinq anneaux blancs soulignant respectivement les articulations entre les
segment 1 et 2, 2 et 3, 3 et 4 ; les segments 1 et 5 sont par ailleurs blancs à la
base ; le segment 5 peut encore présenter quelques écailles claires à l’apex.
ABDOMEN
Tergites noirs ne présentant généralement que des taches antéro-latérales
d’écailles blanches. Tergite I, brun clair orné de 3 plages d’écailles claires ; ter-
gite II portant, en plus des taches latérales, une petite tache triangulaire
antéro-médiane dont la base n’atteint pas les taches latérales ; tergite VIIT orné
d’une bande continue d’écailles blanches. Sternites I et IT largement recouverts
d’écailles blanches ; sternites III à VIII noirs avec des taches latérales anté-
rieures blanches qui deviennent de plus en plus petites de l’avant vers l’ar-
rière.
Genitalia mâles. Le lobe distal du tergite VIT est très peu échancré ; son
bord distal est légèrement frangé. Gonostyle long, mince et pourvu d’une forte
soie terminale dont l’extrémité est arrondie. Edéage : le tubercule postéro-
médian est peu développé ; en vue frontale, il forme deux dents divergentes
placées légèrement au dessous de la partie terminale. En vue latérale, ce tuber-
cule semble très modeste. La partie terminale de l’édéage comporte quelques
faibles denticulations.
Femelle
TÈTE
Le labium est d’un noir franc, à peine piqueté de quelques écailles
claires ; il présente en son milieu une bande médiane claire de longueur
variable. Palpe maxillaire noir franc avec quelques écailles blanches à la base
du segment 2, un anneau blanc entoure l’articulation entre les segments 2 et
3 ; quelques écailles claires à l’apex du segment 3 ; segment 4 entièrement
noir ; segment 5 blanchâtre et très court. Antenne : pédicelle presque entière-
ment recouvert d’écailles claires, quelques écailles spatulées sur le premier fla-
gellomère.
Répartition et biologie (carte 3)
Dans l’état actuel de nos connaissances Or. reunionensis ne semble
présent que sur l’île de la Réunion ; elle y occupe au moins toute les régions
basses (Basse Vallée au sud, Grand Brûlé à l’est, La Montagne, au dessus
de St-Denis au nord et Savannah à l’ouest).
La biologie de cette espèce est pratiquement inconnue. Les larves se
développent dans les creux d’arbres et les adultes doivent être particuliè-
rement discrets pour avoir échappé aux prospections de J. Hamon.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 89
Orthopodomyia rodhaini n. sp.
(fig. 21, carte 1)
Série-type
La série-type dans laquelle nous avons choisi l’holotype porte le n° G-
104/JB ; elle comprend 10 larves montées dans l’euparal et provient de la loca-
lité d’Ambinanitelo, Sous-Préfecture de Maroantsetra, Province de Tamatave
(Toamasina), Madagascar. Les larves, récoltées le 15/12/ 1968, se développaient
dans la partie dressée d’un bambou sectionné.
Holotype larvaire étiqueté “G-104a type”
Le Paratype nymphal provient d’une série de larves et de nymphes récol-
tées dans un creux de manguier et étiquetées MD-910 : ces larves et ce para-
type nymphal ont été récoltés par F. Rodhain, le 29/03/1979, à Hiaraka, Sous-
Préfecture de Maroantsetra, Province de Tamatave (Toamasina). Cette série
comprend 28 larves au 4ème stade de développement et une exuvie nymphale
qui a été désignée comme paratype nymphal. Tous ces insectes sont montés sur
lames ainsi que 27 larves ayant seulement atteint les stades 2 et 3. Paratype
nymphal étiqueté “MD-910 paratype nymphal”’.
Dépôt des types. L'holotype et le pédotype nymphal sont conservés au
Laboratoire de Taxonomie des Vecteurs, Centre ORSTOM, Montpellier (34)
France. Deux paratypes larvaires seront confiés à l’IP de Paris. Au MNHN
(Paris), au BMNH (Londres) et au NMNH (Washington) seront confiés un
paratype larvaire et une larve issue de la série ayant servi à la description du
paratype nymphal.
Nous dédions cette espèce au Docteur Rodhain, de l’Institut Pasteur de
Paris, dont les recherches ont grandement contribué à faire mieux connaître
les Orthopodomyia et les Aedes de Madagascar.
Topotype. Dans la même localité que la série-type, nous avions capturé,
le 15 décembre 1968, 7 larves d’Or. rodhaini ; elles sont étiquetées G-103. Le
Dr Rodhain a par ailleurs capturé à Hiaraka, localité proche de la localité-
type, une autre larve d’Or. rodhaini. Cette larve est étiquetée MD-935 (collec-
tion Rodhain).
Description de l’espèce
Larve (fig. 21). — Observé à un grossissement de 200 fois, le tégument de
la larve apparaît glabre. Par aillleurs, toutes les soies longues, aux branches
multiples, sont aciculées ainsi que la plupart des soies longues et simples.
TETE
Antenne de taille moyenne (indice L/l compris entre 5,1 et 7,3) légèrement
plus claire à l’apex qu’à la base. Soie 1-A formée d’un nombre variable de
branches (4 à 11) qui atteignent, et dépassent même souvent, l’apex de l’an-
tenne. Soies céphaliques : 4-C formée de 7 à 16 branches ; 5-C : 5 à 9 branches
dépassant l’apex de l’antenne ; 6-C : 8 à 13 branches ; 7-C : 14 à 18 branches
de tailles inégales ; 8-C simple et aciculée sur toute sa longueur ; 10-C simple
90 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Fig. 21. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia rodhaini n. sp. — A : antenne.
— B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers segments abdo-
minaux. — D : métathorax et abdomen de la nymphe. — E : céphalothorax de la
nymphe.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 91
et aciculée seulement sur la moitié distale 3 9-C : 4 à 7 branches très aciculées,
longues et en éventail ; 13-C : 7 à 13 branches très aciculées, souvent fourchues
à l’apex, en éventail et moins longues que les soies céphaliques supérieures.
THORAX
— Prothorax. Soie 0-P formée de 8 à 13 branches en étoile et aciculées ;
1-P : 5 à 6 branches plus longues et plus souples que les branches de 3-P : 2-
P : simple, lisse et longue ; 3-P : 7 à 9 branches épaisses et aciculées ; 4-P : 9
à 13 branches inégales, très aciculées et en étoile ; »-P très longue, simple et
aciculée ; 6-P simple et lisse 3 7-P : 8 branches très aciculées, disposées en
éventail ; 9-P : 4 branches aciculées et en étoile ; 10 et 12-P longues, simples
et aciculées ; 11-P très petite et fourchue.
— Mésothorax : 1-M : 10 à 16 branches en étoile, aciculées et souvent
fourchues à l’apex ; 2-M simple sur le tiers basal puis fourchue ; 3-M : simple
ou fourchue ; 4 et 7-M simples et peu aciculées ; 5 et 6-M : épaisses, très
longues et aciculées ; 14-M : 7 à 13 branches sub-égales, raides et en étoile.
— Métathorax. Soie 1-T : 12 branches longues et en étoile ; 2-T longue et
simple ; 3-T formée de 4 à 6 branches plumeuses ; 4-T : 3 à 4 branches très
plumeuses ; 5-T : simple, courte, assez épaisse ; 6-T simple et lisse ; 7-T : 12 à
14 branches en éventail ; 13-T : 7 à 14 branches aciculées de tailles très
inégales, les plus courtes atteignent à peine la moitié de la longueur des plus
longues.
ABDOMEN
Soies 1-I et 1-IT : 10 à 13 branches en étoile ; 1-IIT et 1-IV formées de 6 à
13 branches en étoile et de tailles inégales ; 1-V : très variable : généralement
formée de 2 longues branches légèrement aciculées, mais pouvant aussi n’être
représentée que par une seule et longue branche, ou encore comporter 3
branches de tailles inégales. Soies 6-I formée de 7 à 8 branches arquées ; 6-IT :
7 branches moins arquées et un peu plus courtes que 6-T ; 6-IIT à 6-VI : simples
très longues et lisses. Segment VII. 1-VII : 10 branches en étoile ; 2-VIT simple
et lisse, de taille moyenne ; 3-VII : simple et très longue ; 5-VII : 12 branches en
étoile et inégales ; 6-VIL : simple et lisse ; 7-VII : simple et aciculée ; 8-VII : 9
branches aciculées et relativement courtes : 9-VII et 11-VII : courtes, simples à
la base elles se ramifient en 4 à 5 branches très fines ; 10-VIT : 6 branches en
étoile ; 12-VIT : longue, aciculée à l’apex ; 13-VIL : 7 branches en étoile et inégales.
Segment VIII. Soie 1-VIIL :15 à 17 branches en étoile, très acérées et de
tailles inégales ; 3-VIIT : 5 à 7 branches longues et aciculées ; 5-VIIT : 8 à 12
branches en étoile, raides et plus courtes que les branches de 1-VIII ; 2 et 4-
VIIT simples, fines et lisses. Le segment présente 2 plaques latérales distinctes.
Rangée distale du peigne formée de 12 à 16 dents : rangée basale formée de 18
à 21 dents. Siphon très long (indice L/1 compris entre 6 et 7), cylindrique et
clair dans sa moitié basale puis plus sombre et conique ; il se termine par une
zone claire et étranglée avant l’orifice terminal ; 1-S formée de 9 à 14 branches
aciculées insérées un peu au dessous de la moitié de la longueur du siphon.
Segment X. Soie 1-X : 4 à 6 branches aciculées rigides et arquées vers
l’intérieur, formant comme une fourche ; 2-X : 23 à 29 branches. Papilles
anales lancéolées. Indice L/1 de la selle compris entre 1,4 et 1.5.
Nymphe (fig.21). — La description de la nymphe se fonde sur une exu-
vie nymphale montée dans l’euparal dont quelques soies sont absentes.
92 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
CÉPHALOTHORAX
Soie 1-C, 2-C et 3-C formées de 2 à 3 branches longues et fines ; 6-C
simple à la base et terminée par un petit plumet de 4 soies ; 8-C formée de 4
branches raides et de tailles inégales. Trompette respiratoire de couleur brun
sombre à l’exception de la base et d’une étroite bande terminale ; 10 et 11-C
absentes ; 12-C formée de 4 branches fines et souples.
ABDOMEN
Segment I. Soies 6-I et 7-I longues et fines ; soie 3-I pectinée. Segment II.
Soie 2-IlI double, atteignant presque la bordure postérieure du segment sui-
vant ; 4-IT pectinée ; 7-IT longue et souple, formée de 3 branches de tailles
variables. Segment III. Soie 1-IIT formée de 4 à 5 branches très fines disposées
en éventail ; 4-IIT et 7-IT pectinées, 5-IIL et 6-IIL formées de 4 branches fines
et souples, 10-IIT simple et longue. Segment IV. Soies 4-IV et 6-IV doubles ; 7-
IV et 8-IV pectinées et courtes ; 10-IV simple et nettement plus courte que 10-
III. Segment V. Soies 3-V, 4-V, 6-V et 8-V pectinées, fines et courtes. Segment
VI. Soies 3-VI, 4-VI, 6-VI et 8-VI pectinées ; soie 5-VI longue, simple, lisse et
atteignant la base des palettes natatoires ; 10-VI simple et longue mais sans tou-
tefois atteindre l’extrémité distale du segment suivant. Segment VII. Soies 3-VII
et 5-VIT doubles et fines ; soies 4-VIL, 7-VII et 10-VIT simples et fines. Segment
VIIL. Soie 4-VII simple et fine. Le mauvais état de l’extrémité de la palette
natatoire ne permet pas d’observer la soie 1-P.
Répartition et biologie (carte 1)
Les quatre gîtes larvaires qui ont été découverts se trouvent tous dans la
région nord-est de Madagascar et plus précisément sur le pourtour de la Baie
d’Antongil (environs de Maroanisetra) ; cette région est à la fois la plus chaude
et la plus humide de Madagascar.
Les larves se développent dans les trous d’arbres ainsi que dans la par-
tie dressée des bambous sectionnés. Les imagos sont inconnus.
Orthopodomyia vernoni E. Van Someren, 1949
(fig. 22, fig. 23, planche 2, carte 2)
Orthopodomyia vernoni E. Van Someren, 1949 : 5-7.
Série-type
Holotype mâle dont les genitalia montés portent le n°660610-3 et pédotype
larvaire décrits par E. Van Someren. Ces insectes proviennent de Sakaramy,
Province de Diégo-Suarez (Anisiranana) ; Madagascar ; 01/04/1944 (1). Série-
type conservée au BMNH (Londres).
(1) L'espèce a été récoltée, ainsi qu’une importante collection de Moustiques de
Madagascar (principalement dans la région de Diégo-Suarez), lors de l’occupation de
la Grande Ile, en 1944, par les troupes britanniques, par les “Major Vernon van Some-
ren, Major F. B. Notley and Captain Phillip Glasgow, of the 23rd Mobile Malaria Sec-
tion, E.A.A.M.C.” (voir E.C.C. van Someren 1949 : 8).
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 93
Fig. 22. — Larve et nymphe d’Orthopodomyia vernoni Van Someren. —
À : antenne. — B : tête face ventrale à gauche, face dorsale à droite. — C : derniers
segments abdominaux. — D : métathorax et abdomen de la nymphe. — E : céphalo-
thorax de la nymphe.
94 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Hopkins 1952 : 83-84 (L). — Zavortink 1968 : 96 (Mâle* et L). — Rod-
hain et Boutonnier 1983 : 203-248 (Femelle*, Mâle*, L*, N).
Synonymes
Orthopodomyia geberti Grjebine, 1954.
Orthopodomyia antanosyorum Rodhain et Boutonnier, 1984.
Matériel examiné
* Province de Diego-Suarez (Antsiranana).
16 larves, 1 exuvie nymphale, Sous-Préfecture de Nosy Be, 25/05/1955.
Grjebine récolteur.
19 larves, 2 nymphes, Atomboka, Sous-Préfecture de Diégo-Suarez (Ant-
siranana), 15/03/1977 — 73 larves, 3 nymphes, Anamakia, Sous-Préfecture
Diégo-Suarez (Antsiranana), 15/03/1977 — 32 larves, 2 nymphes, Montagne
d’Ambre, 16/03/1977 — 73 larves, Anamakia, Sous-Préfecture Diégo-Suarez
(Antsiranana), 21/04/1980. Rodhain récolteur.
Autres localités de récoltes : Sakaramy, Sous-Préfecture Diégo-Suarez
(Antsiranana), 01/04/1944.
Ile de Nosy Komba, 06/1983. Ile de Nosy Be, 09/1984. Province Diégo-
Suarez (Antsiranana). Fontenille récolteur.
* Province de Majunga (Mahajanga)
2 larves, Antongomava, Sous-Préfecture Tsaramandroso, 24/01/1969 —
18 larves, Sous-Préfecture Marovoay, 24/01/1969 — 17 larves, Amparilava,
Sous-Préfecture Marovoay, 29/01/1969 — 4 larves, Sous-Préfecture Maevata-
tana, 07/02/1969 — 2 larves, Sous-Préfecture Mampikony, 23/01/1969 — 5
larves, Antsiafabositra, Sous-Préfecture Maevatanana, 14/01/1969 — 18
larves, 20 mâles, 16 femelles, 7 nymphes, Sous-Préfecture Maevatanana,
16/02/1969 — 20 larves, 9 nymphes, 5 femelles, Ampijoroa, Sous-Préfecture
Marovoay, 07/01/1971. Brunhes récolteur.
13 larves, Ampijoroa, Sous-Préfecture Marovoay, 1955. Grjebine récol-
teur.
61 larves, Ampijoroa, Sous-Préfecture Marovoay, 13/04/1979 — 67
larves, 1 nymphe, Ampijoroa, Sous-Préfecture Marovoay, 21-26/04/1980.
Rodhain récolteur.
* Province de Tananarive (Antananarivo).
3 mâles, Sous-Préfecture Tsiroanomandidy, 02/06/1972. Subra récolteur.
* Province de Tuléar (Toliara).
1 mâle capturé au filet fauchoir dans la végétation herbacée, Sous-Pré-
fecture Betroka, 29/01/1967. Brunhes récolteur.
Autres localités de récolte : Fort-Dauphin (Tôlanaro), 1978 ; larves récol-
tées par Fontenille. Plaine d’Andaka, Fort-Dauphin (Tôlanaro), 10/04/1978.
Rodhain récolteur (sous le nom d’Or. antanosyorum).
Description complémentaire
Larve (fig. 22). — A un grossissement de 200 fois, le tégument de la larve
apparaît glabre.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 95
La totalité des soies à branches multiples, ainsi que la plupart des soies
simples et longues, sont aciculées.
TETE
Antenne de taille moyenne ; rapport L/] variant de 5,4 à 7 ; teinte mar-
ron clair légèrement plus claire à lapex. Soie 1-A insérée proche du 1/3 basal,
elle est formée de 3 à 6 branches (généralement 4) très aciculées. Soies cépha-
liques aciculées à l’exception des soies 8-C et 10-C qui sont simples et lisses.
Soie 4-C : 6 à 8 branches plus courtes et plus fines que les soies 5, 6 et 7-C.
Soie 5-C : 4 à 6 branches dont l'extrémité dépasse la partie terminale de l’an-
tenne ; 6-C : 7 à 10 branches plus courtes que 5-C ; 7-C : 10 à 12 branches
formant un éventail très ouvert 3 9-C : 3 à 4 branches 3 13-C : 5 à 8 branches
souvent fourchues à l’apex.
THORAX
— Prothorax. Soie 0-P : 9 à 12 branches en étoile ; 1-P : 1 à 3 branches
densément aciculées à la base puis lisses ; 2-P : simple et lisse ; 3-P : 5 à 7
branches épaisses et aciculées à la base 5 4-P : 7 à 8 branches en étoile : 7-P :
8 branches en étoile ; 8-P : 7 branches en étoile.
— Mésothorax. Soie 1-M : 7 à 15 branches très aciculées et en étoile ; 2-
M petite et fourchue ; 3 et 4-M : simples et de taille moyenne ; 5 et 6-M :
simples, très longues et aciculées à la base ; 8-M : 11 branches en éventail le
M : 3 à 4 branches courtes et plumeuses ; 14-M : 8 à 14 branches en étoile et
raides.
— Métathorax. Soïes 1 et 3-T : 5 branches en étoile, soie 2-T : simple et
lisse ; 4-T : 6 branches en étoile ; 9-T simple, longue et lisse ; 7-T : 12 branches
en éventail ; 9-T : 5 branches en étoile, courtes et plumeuses ; 13-T : 6 à 10
branches de tailles très inégales.
ABDOMEN
Soies 1-I et 1-II formées de 12 à 14 branches en étoile et raides formant
un bel “oursin” ; 1-III : 3 longues branches aciculées ; 1-IV : 8 branches aci-
culées, légèrement en étoile et de tailles inégales ; 1-V : 2 longues branches aci-
culées ; 1-VI : 9 branches très inégales, aciculées et en étoile : 6-I et 6-II for-
mées de 7 branches arquées et aciculées : la soie 6-II est légèrement plus
courte ; 6-IIT à 6-VI longues et simples.
Segment VIII. Soie 1-VIII : 10 à 17 branches inégales, en étoile, et beau-
coup plus longues que les branches de 5-VIII ; 3-VIIT : 6 à 8 branches longues
et souples ; 5-VIIT : 6 à 12 branches en étoile et courtes. Deux plaques dis-
tinctes bordent latéralement le segment VIIL. De 12 à 16 dents acérées forment
le rang distal du peigne ; rang proximal formé de 18 à 20 dents courtes. Siphon
plus renflé à son milieu qu’à la base ; marron clair sur le 1/3 basal, il est plus
sombre entre l'insertion de 1-S et l’anneau clair apical ; 1-S formée de 10 à 11
soies aciculées. Indice LA compris entre 4,1 et 4,8 (exceptionnellement 5).
Segment X : papilles anales courtes et lancéolées : 1-X : de 2 à 4 branches
(généralement 3) ; 2-X : 24 à 28 branches.
Nymphe (fig. 22). — La nymphe a un aspect glabre car les soies abdo-
minales sont peu épaisses et souvent simples. Les trompettes respiratoires sont
analogues à celles des autres espèces malgaches.
96 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
CÉPHALOTHORAX
Soie 4-C : 3 à 4 branches souples presque aussi longues que la trompette ;
5-C : 2 branches aciculées à la base deux fois plus longues que la trompette ;
6-C : 3 à 4 branches très courtes ; 7-C : 1 à 2 branches plus longues que la
trompette respiratoire ; 8-C : simple, aciculée à la base et 1,8 fois plus longue
que la trompette ; cette soie est souvent pectinée à l’apex ; 9-C : 1 ou 2
branches ; si la soie est double, l’une des deux branches est alors nettement
plus courte que l’autre ; 10-C : 5 à 6 branches longues, de tailles inégales ; 11-
C : simple, parfois fourchue à l’apex ; 12-C : 2 à 3 branches presque aussi
longues que la trompette respiratoire (fig. 20).
ABDOMEN
Segment I. Soie 1-I : 5 à 6 gros troncs abondamment ramifiés ; 2-I :
simple et courte ; 3-I : simple et longue ; 4 et 5-I : simples à la base puis sub-
divisées en 4 à 5 branches courtes et fines ; 6 et 7-I : longues et simples ; 9-I
simple et très courte. Segment II. Soie 1-II : 8 à 9 branches souples et en éven-
tail ; 3 et 5-IT simples, aciculées et longues ; 6-II simple ou double. Segment
III. Soie 1-IIT : 4 branches fines en éventail ; 3-IIT simple, longue et aciculée ;
10-ITT longue et simple. Segment IV. Soie 1-IV : 3 à 4 branches fines, souples
et en éventail ; 5-IV, 5-V et 5-VI longues, simples et aciculées à la base. Seg-
ment V. Soie 1-V : 2 à 4 branches minces, fines et souples ; 3, 6, 7 et 10-V
simples et lisses. Segment VI. Soie 1-VI : 2 à 3 branches parallèles ; 3, 6, 7 et
10-VT simples et lisses, 4-VI ramifiée. Segment VII. Soie 1-VII : double et rela-
tivement longue ; 3-VII double ; 9-VII : 8 à 11 branches disposées en éventail.
Segment VIII. Soie 9-VIIT : 14 à 15 branches en éventail. Palette natatoire ;
soie 1-P simple et courte.
Mâle (fig. 23)
TETE
En vue latérale, le labium est noir sur sa partie basale (de 0 à 0,35) puis
blanc (de 0,35 à 0,45) puis à nouveau noir mais devenant progressivement jau-
nâtre surtout au niveau de la partie distale et renflée ; l’apex du labium porte
une frange d’écailles noires. Labelles blancs. En vue dorsale le labium appa-
raît presque entièrement blanc car une ligne d’écailles blanches occupe la par-
tie dorsale. Palpe maxillaire largement recouvert d’écailles noires et
brillantes ; segments 2 et 3 blancs à chaque extrémité ; segment 4 noir avec
deux rangées de soies divergentes sur la face ventrale ; segment 5 conique et
blanc. Antenne : les bases des verticilles les plus distaux sont légèrement
sombres mais elles ne forment pas de tache noire bien marquée.
THORAX
— Prothorax. En vue frontale, le prothorax apparaît entièrement blanc.
Patte I : longueur = 8,4 mm ; coxa recouverte d’écailles blanches, tégu-
ment blanc marqué d’un point sombre basal ; trochanter et base du fémur
blancs. La plus grande partie du fémur est noire mais piquetée de quelques
écailles claires ; l’articulation est souvent marquée par la présence d’écailles
argentées. En vue postérieure, le fémur est beaucoup plus clair qu’en vue
antérieure. Tibia gris sombre, base et apex d’un noir plus franc, quelques
écailles blanches à l’apex. Tarses noirs à l’exception de la base des segments
Jet 2.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE
97
Fig. 23. — Adulte d’Orthopodomyia vernoni Van Someren. — A : détails du ter-
gite VIIL. —_B : gonostyle. — C :
de face. — E : pattes I, II et III.
ornementation du tergite IX. — D : phallosome vu
98 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
— Mésothorax. Scutum. Tégument brun sombre recouvert d’écailles
blanches, jaunâtres et noires. Partie antérieure de la ligne acrosticale recou-
verte d’écailles sombres, partie moyenne claire et partie préscutellaire ornée
d’une autre tache sombre. Fossette préscutellaire glabre mais bordée latérale-
ment d’écailles falciformes jaunâtres et, à proximité du scutellum, par de
longues écailles blanches. Fossettes scutellaires claires. La partie postérieure
des lignes dorsocentrales est ornée d’une tache noire. Ces 2 taches, associées à
la tache acrosticale postérieure, forment un “V” dont la pointe est orientée vers
l’avant ; ces 3 taches ne fusionnent jamais. Deux taches sombres sont en posi-
tion préalaire. Scutellum : les 3 lobes sont recouverts de longues écailles argen-
tées et portent chacun 4 longues soies divergentes. Pleures. Tégument sombre ;
une bande d’écailles argentées barre en diagonale les pleures, elle débute sur
le proépisternum et atteint la base de l’aile.
‘aile mesure de 3,7 à 4 mm (pl. 2). Les nervures sont recouvertes
d’écailles courtes, noires ou blanches, qui forment, le long des nervures, des
taches contrastées. La costale est ornée de trois taches blanches bien délimitées
et d’une ou deux zones au niveau desquelles se mêlent des écailles blanches et
noires. La première tache blanche barre entièrement la base de l’aile. Les 2 ou
3 taches suivantes se prolongent vers l’arrière de l’aile en formant des zones
plus pâles dans lesquelles se retrouvent des écailles noires. L’apex de l’aile est
blanc. Toutes les nervures sont recouvertes d’écailles blanches lorsqu'elles
atteignent le bord postérieur de l’aile. Quelques écailles noires soulignent par-
fois le bord postérieur de la membrane alaire.
Patte II : longueur = 9 mm. Coxa sombre portant quelques écailles pâles
apicales et basales ; trochanter et extrême base du fémur blancs. Fémur lar-
gement grisâtre mais orné, à son extrémité distale, d’un anneau blanc et
d’une touffe d’écailles longues, noires et divergentes en position ventrale ;
face postérieure plus pâle. Tibia blanc à la base puis noir ; partie médiane
grisâtre ; apex noir. Tarses noirs, les segments 1, 2 et 3 portent un anneau
basal blanc ; quelques écailles claires peuvent parfois être observées sur la
base du segment 4.
— Métathorax. Patte II : longueur = 13,1 mm ; coxa sombre, pratique-
ment sans écailles claires ; trochanter et base du fémur blancs. Fémur gris
sombre avec une partie distale plus sombre terminée par quelques écailles
blanches qui se trouvent juste avant l’articulation avec le tibia. Tibia présen-
tant une succession de zones blanchâtres, grisâtres ou noires mal délimitées
mais dont la position est constante. Tarses : segment 1 avec un anneau basal
blanc et étroit ; segment 2 portant un anneau blanc basal qui occupe environ
1/3 du segment ; segment 3 avec une moitié basale blanche et une moitié dis-
tale noire ; segment 4 dont la partie blanche basale est généralement plus large
que la partie noire apicale ; segment 5 noir.
ABDOMEN
Tergites : présence sur les tergites IT à VIII d’une étroite bande blanche
basale, elle est peu visible si l'abdomen est rétracté ; une tache blanche médio-
antérieure sur le tergite IT ; les tergites IV, V, et VI (parfois aussi le tergite III)
portent généralement deux petites taches médianes blanches qui n’existent pas
sur les segments VII et VIIL. Sternites I et II blancs ; sternites III à VII ornés
d’une bande basale blanche.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 99
Genitalia mâles. Le lobe du septième tergite est de forme relativement
variable ; il peut être plus ou moins profondément échancré mais son bord dis-
tal n’est jamais frangé. Gonostyle long et mince, terminé par une grosse soie
dont l’apex a la forme d’un petit peigne. Edéage comportant, comme cela s’0ob-
serve chez toutes les espèces malgaches, une forte dent médiodorsale ; la par-
tie distale est couronnée par une série de fortes dents.
Femelle. — Labium : noir de 0 à 0,40 puis blanc jaunâtre de 0,40 à 0,80 ;
un anneau noir occupe la partie comprise entre 0,80 et 0,85 ; une partie jau-
nâtre fait suite à cet anneau noir ; elle laisse la place, juste avant l’apex, à une
étroite frange d’écailles noires. Labelles clairs. Palpe maxillaire : couleur géné-
rale noire avec une partie ventrale plus claire ; un anneau clair à la base du
segment 3 et quelques écailles claires à l’apex des palpes. Antenne : pédicelle
marron portant quelques écailles claires sur le bord interne ; présence
d’écailles claires sur les flagellomères 1 et 2.
Répartition et biologie (carte 2)
Or. vernoni se rencontre dans la partie occidentale de Madagascar,
depuis l’extrême nord où se trouve la localité-type (au pied de la Montagne
d’Ambre) jusqu’à l’extrême sud de l’île où Rodhain et Boutonnier l’on récol-
tée à l’ouest de Fort-Dauphin (Tôlanaro). Elle se développe donc tout parti-
culièrement dans les domaines de l'Ouest et du Sud mais aussi dans la région
orientale (domaines du Sambirano et du Centre : secteur des Pentes Occi-
dentales). Elle ne semble pas atteindre les régions situées au dessus de 1.000
mètres, ce qui exclue sa présence dans le domaine du Centre proprement dit
et celui des Hautes Montagnes. Si elle pénètre dans le domaine de l’Est, ce
n’est que sur de très faibles profondeurs (Fort-Dauphin au sud et Diégo-
Suarez au nord). À l’exception de ces zones de contact, où elle peut se ren-
contrer en compagnie des espèces de la forêt orientale (Or. milloti en particu-
lier), elle n’est en sympatrie avec aucune autre espèce dans la partie occiden-
tale de Madagascar.
Les larves d’Or. vernoni se développent dans presque toutes les cavités
creusées dans les troncs d’arbres. Nous les avons ainsi fréquemment récoltées
dans des troncs de manguiers, de kapokiers, de baobabs et de divers autres
arbres non identifiés. Si les larves se rencontrent essentiellement dans l’eau
retenue dans les troncs d’arbres cariés, Fontenille (1988) rapporte les avoir
aussi rencontrées dans des récipients tels que boîtes de conserves, bidons
métalliques, pots de peinture vides, etc. Dans ces différents types de pîtes, les
larves d’Or. vernoni étaient associées à celles d’Ae.(Stg.) aegypti, Ae.(Sitg.)
albopictus, Ae. (Fin.) monetus, Ae. (Fin.) brygooi, Ae. (Dic.) tiptoni, Cx
(Nex.) horridus, Ur. anopheloides et Er. quinquevittatus. La biologie des
adultes reste inconnue mais les femelles ne semblent pas être attirées par la
lumière pas plus qu’elles ne piquent l’homme.
BIBL. DU
MUSEUM
100 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Biologie
Les larves des Orthopodomyia de la sous-région malgache se développent
presque exclusivement dans différents types de phytotelmes.
Le gîte larvaire le plus fréquemment rencontré est le creux d’arbre rete-
nant de l’eau mais nous avons aussi observé des larves en cours de dévelop-
pement dans le tronc de la Musacée malgache appartenant au genre Ravenala.
Lorsqu'il est sectionné, le coeur plus tendre de cet arbre se carie rapidement
permettant alors l’accumulation d’eau mélangée à une grande quantité de
matière organique en décomposition.
Les larves d’Orthopodomyia se développent aussi à l’aisselle des feuilles
engaînantes de Ravenale et de Pandanus.
Nous avons également trouvé des larves d’Or. comorensis et d’Or.
rodhaini dans des Bambous sectionnés et, plus rarement, des larves d’Or.
milloti au niveau du sol, entre les racines d’arbres non identifiés.
Les larves d’Or. milloti peuvent encore se développer dans l’eau retenue
par le limbe des grandes feuilles, comme celles des Ravenala, lorsqu'elles sont
posées sur le sol. Enfin, D. Fontenille (1988) a récolté des larves d’Or. vernoni
dans des récipients métalliques et même dans une petite mare.
Les pftes larvaires les plus fréquents sont bien les arbres creux retenant
de l’eau mais il apparaît clairement que les Orthopodomyia ne sont pas inféo-
dés à ce type de pfte ; ils peuvent en effet se développer aussi dans de nom-
breux autres phytotelmes et même, exceptionnellement, s’affranchir de ce type
de gîte.
Les larves se déplacent en pleine eau pour se nourrir et semblent alors
capter des particules en suspension. La disposition des soies céphaliques,
déployées en entonnoir en avant de la tête, doit probablement favoriser la cir-
culation de l’eau en direction de la bouche. Chez les larves âgées, le tégument
est souvent coloré en rouge brique.
De nombreux auteurs ont signalé l’extrême variabilité intraspécifique de
la chétotaxie des larves mais Zavortink (1968) insiste par contre sur la grande
homogénéité de la localisation de chaque soie larvaire chez tous les membres
du genre Orthopodomyia. Cette homogénéité de localisation contraste donc
parfois avec l’extrême variabilité de la taille et du nombre des branches com-
posant chaque soie. Cette variabilité des soies peut-être si importante qu’elle
pose alors des problèmes sérieux au déterminateur :”these haïrs more or less
strongly developed than normal … prohibit diagnosis of the species on the basis
of chaetotaxy. In at least one species, arboricollis, such changes in the chaeto-
taxy of the larva are accompanied by changes in the length of curvature of the
antenna” (Zavortink 1968).
Nous avons, nous aussi, été confrontés aux problèmes que posent, chez une
même espèce, les larves “velues” aux antennes longues et arquées et les larves
“‘glabres” aux antennes courtes et droites. Ce problème ne s’est cependant sérieu-
sement posé qu’en ce qui concerne les deux espèces originaires des Masca-
reignes : Or. arboricollis et Or. reunionensis. Chez les espèces malgaches et como-
riennes, les variations observées ont toujours été de plus faible amplitude.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 101
mode de nutrition des larves. Il est en effet possible que l’abondance, ou la
nature, des aliments ingérés par la larve puissent influer sur la taille et la den-
sité des soies. S’il en est ainsi, comment expliquer que ce phénomène n’affecte
que certaines soies chez certaines espèces? Nous avons en effet pu constater
que chez Or. arboricollis et Or. reunionensis les antennes pouvaient présenter
des formes et des tailles variables, que les soies 4, 5, 6 et 7-C pouvaient varier
considérablement en taille et en nombre de branches alors que les soies 8, 9 et
10-C restaient remarquablement stables.
L'alimentation des larves joue probablement un rôle dans l’apparition de
ces larves “velues” ou “glabres” mais, ce facteur n’est probablement pas le seul
en cause.
Par ailleurs, l’existence de ces formes “velues” et “glabres” peut rendre
parfois difficile l’identification des larves et pousser à l’adoption de règles très
(trop ?) rigides : “The basic ecological criterion which I have used is that the
immature stages of not more than one species in each complex will be found
occupying the same habitat in any given area” (Zavortink 1968).
Cette façon d’aborder l'identification des larves d’Orthopodomyia, en
adoptant le principe de l’allopatrie obligatoire est très fréquemment justifiée.
En effet, dans la sous-région malgache, cette allopatrie a été observée, par
exemple, dans l’archipel des Comores où Or. Joyoni est présent sur la Grande
Comore alors qu’Or. comorensis est apparemment la seule espèce représentée
à Mayotte ; confirmation en ayant été donnée par la mise en élevage des larves
et l’examen des adultes.
Cette présence exclusive d’une seule espèce dans une zone écologique se
retrouve encore dans l’ouest malgache où Or. vernoni est la seule espèce ren-
contrée.
Le phénomène semble se reproduire sur les hautes montagnes malgaches
avec Or. ankaratrensis et aux altitudes comprises entre 1 000 et 1 500 mètres
avec Or. fontenillei. Dans la forêt côtière de l’est malgache, la situation semble
plus complexe car Or. milloti est, dans certaines zones du nord de Fénérive,
en sympairie avec Or. rodhaini et peut-être avec Or. ravaonjanaharyi et Or.
rajaonariveloi.
Nous confirmons donc cette tendance affirmée des Orthopodomyia à l’al-
lopatrie mais en apportant cependant quelques réserves car, dans la forêt de
N’Kolbisson au Cameroun, ainsi que sur la côte orientale de Madagascar, cette
règle souffre de notables exceptions.
La durée du stade nymphal varie de 5 à 12 jours.
Nous ne connaissons pratiquement rien de la biologie des adultes et les
rares imagos capturés par nous l’ont été au filet à main. Ces insectes étaient
au repos dans la végétation basse et sous couvert arboré.
Dans la sous-région malgache, ces Moustiques ne semblent pas piquer
l’homme et ne sont que très peu attirés par la lumière. Fontenille (1984) a
102 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
cependant récolté de rares Orthopodomyia dans les pièges lumineux qu’il uti-
lisait sur une grande échelle dans le cadre d’études sur la circulation des arbo-
virus. Il a aussi capturé pendant la journée et sur appât humain, quelques Or.
milloti (3 femelles) à Kianjavato (sur la RN 25, Sous-Préfecture de Manan-
jary).
Dans le genre Orthopodomyia, les femelles d’au moins deux espèces pren-
nent volontiers leur repas de sang sur l’homme ; il s’agit d’Or. andamanensis
aux Célèbes (Knight et Maitingly 1950) et d’Or. albipes dans toute l’Asie du
Sud-Est (MacDonald 1958). Ces espèces piquent aussi les Oiseaux, participant
ainsi activement à la circulation des arboviroses (Zavortink 1968).
Systématique
Comparaison des ailes (planches 1, 2 et 3). — L'examen des ailes des
Orthopodomyia d’Afrique continentale et de la sous-région malgache nous per-
met de souligner, en premier lieu, l’originalité des ailes d’Or. pulchripalpis.
Celles-ci sont en effet les seules a être largement recouvertes d’écailles noires
fusiformes ; ces écailles sont particulièrement longues sur la nervure médiane.
Les ailes de cette espèce semblent au premier abord entièrement noires ; elles
présentent cependant une longue tache d’écailles argentées sur la base de la
sous-costale.
Or. nkolbissonensis est l’espèces dont les ailes sont, par leur ornementa-
tion, les plus proches de celles d’Or. pulchripalpis : les écailles fusiformes sont
en effet plus rares mais encore présentes sur la nervure médiane ainsi que sur
quelques autres nervures du secteur médian ; les écailles spatulées font par
ailleurs leur apparition mais elles sont encore peu nombreuses et ne se regrou-
pent pas pour former des taches bien délimitées ; enfin, les écailles du bord
distal de l’aile sont, comme chez Or. pulchripalpis, de couleur noire. Par rap-
port à Or. pulchripalpis, la plus grande originalité d’Or. nkolbissonsensis
réside dans la couleur pâle du tiers apical de son aile.
Or. aureoantennata se distingue des deux espèces précédentes par l’ab-
sence d’écailles fusiformes et par la présence de nombreuses écailles spatulées
noires et blanches qui recouvrent les nervures sans pour autant former encore
des dessins bien nets.
Dans la sous-région malgache, ce sont les deux espèces des Mascareignes
qui possèdent les ailes ressemblant le plus à celles des espèces de la région afro-
tropicale continentale, en particulier à celles d'Or. aureoantennata.
Or. reunionensis et Or. arboricollis possèdent en effet un très grand
nombre d’écailles spatulées sur les nervures mais les regroupements d’écailles
de la même couleur commencent à s’ébaucher et des plages d’écailles blanches
apparaissent sur la costale, sur la sous-costale et sur la fourche R2/R3. Leurs
ailes présentent par contre une frange d’écailles noires sur le bord postérieur
de la membrane alaire qui n’existe pas chez les espèces africaines ou qui ne
s’observe que sur la partie basale de l’aile.
L'espèce malgache la plus proche des Orthopodomyia des Mascareignes
est Or. vernoni. Chez cette espèce en effet les écailles blanches et noires recou-
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 103
vrent aussi, et sans ordre apparent, les nervures alaires alors qu’apparaissent
des taches blanches et noires sur son bord d’attaque.
L'espèce malgache la plus proche des Orthopodomyia du continent afri-
cain est Or. rajaonariveloi. Cette espèce possède en effet, comme Or. aureoan-
tennata et Or. nkolbissonensis, de nombreuses écailles fusiformes sur la partie
terminale des nervures radiales et médianes. Seules les parties basales de ces
nervures, ainsi que la totalité des nervures anales et de CuA sont recouvertes
d’écailles spatulées noires et blanchâtres. Contrairement à ce que l’on observe
chez les autres espèces malgaches, les écailles blanchâtres spatulées sont nette-
ment regroupées et ne forment par ailleurs qu’un petit nombre de plages
claires essentiellement localisées sur la base et sur la partie médiane de l’aile.
Cette espèce se distingue encore par sa nervure anale noire qui ne porte que
quelques écailles blanches à la base et 2 ou 3 à l’apex.
Chez les quatre autres espèces malgaches connues au stade adulte, de
multiples taches blanches sont présentes sur les ailes qui peuvent être par
ailleurs très blanches à l’apex (Or. ambremontis) ou très sombres (Or. fonte-
nillei). Les taches blanches et noires alaires peuvent aussi être bien délimitées
(Or. milloti) ou présenter au contraire des limites peu nettes (Or. ravaonjana-
haryi).
Les ailes des deux espèces comoriennnes témoignent en premier lieu d’une
réelle parenté entre elles, puis d’une parenté assez nette avec Or. arboricollis.
En ne considérant que la ressemblance entre les ailes, on peut mettre en
évidence des affinités entre Or. nkolbissonensis et Or. pulchripalpis ; entre Or.
aureoantennata et les espèces des Mascareignes ; entre Or. vernoni et les
autres espèces de Madagascar et des Comores.
Comparaison des genitalia mâles. — Chez toutes les espèces malgaches,
l’épine terminale du gonostyle est en forme de peigne comme cela s’observe
chez la plupart des espèces des régions néotropicale et holarctique.
Les espèces des Mascareignes, des Comores et de la région afrotropicale
continentale ont, par contre, une épine terminale du gonostyle arrondie ce qui
est une particularité anatomique qu’elles partagent avec la totalité des espèces
orientales (Groupe “albipes”’).
La répartition géographique de ce caractère ne peut donc être considérée
comme aléatoire mais les mécanismes qui l’ont induite demeurent, pour nous,
du domaine des hypothèses impliquant un - ou des - ancêtre(s) commun(s) aux
Orthopodomyia actuels et la séparation des plaques continentales.
Toutes les espèces malgaches possèdent par ailleurs un édéage dont la
dent postéro-médiane a la forme d’un fort crochet. Ce caractère leur confère
une originalité certaine par rapport aux espèces des Mascareignes et des
Comores chez lesquelles cette dent existe mais sous une forme très réduite. Si
l’on se fonde sur ce caractère, Or. pulchripalpis se rapproche des espèces mal-
gaches alors qu’Or. nkolbissonensis affirme une nouvelle fois son originalité en
présentant plusieurs petites dents à la place de la forte dent postéro-médiane
que l’on peut observer chez les espèces malgaches.
104 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
L'édéage d’Or. aureoantennata est trop déformé pour que l’on puisse
affirmer que sa dent postéro-médiane est bien totalement absente comme cela
semble être le cas.
Les espèces malgaches présentent par ailleurs de nombreuses et fortes
dents sur la partie la plus distale de l’édéage. Ce caractère se retrouve, mais
de façon plus discrète, chez les deux espèces comoriennes alors qu’il n’est qu’à
l’état d’ébauche chez les espèces des Mascareignes ainsi que chez Or. pulchri-
palpis et Or. nkolbissonensis.
Comparaison de l’ornementation des pattes. — Le contraste entre la colo-
ration de fond, noire, et les bandes argentées du corps d’Or. pulchripalpis rat-
tache cette espèce au groupe “signifera” dont les représentants se rencontrent
dans la super-région holarctique et dans la région néotropicale.
De façon analogue, l’ornementation des pattes et du corps d’Or. nkolbis-
sonensis constitue des éléments si originaux qu’il conviendrait de classer cette
espèce dans un sous-genre (ou un groupe) particulier.
Or. aureoantennata constitue aussi une entité originale que souligne l’or-
nementation jaune pâle de ses fémurs et de ses tibias, originalité que confirme
la forme de son édéage.
L’ornementation des pattes des espèces malgaches est remarquablement
homogène. Ces espèces se distinguent cependant de tous les autres Orthopodo-
myia de la région étudiée par la touffe divergente d’écailles noires qu’elles por-
tent ventralement à l’apex du fémur de la patte IL. Les espèces des Masca-
reignes possèdent aussi de longues écailles apico-ventrales sur le fémur II mais
celles-ci ne constituent pas une touffe divergente comme cela se produit chez
les espèces malgaches. Les espèces comoriennes et africaines ne présentent pas
d’écailles divergentes sur le fémur IL.
En conclusion, l’étude des ailes, des pattes et de l’édéage des Orthopodo-
myia d'Afrique et de la sous-région malgache permet de souligner en premier
lieu la grande homogénéité des espèces malgaches qui sont très probablement
d’origine monophylétique.
Cette étude permet aussi de mettre en évidence les liens de parenté qui
existent entre les espèces des Comores et des Mascareignes (édéage, épine ter-
minale du gonostyle et ornementation des fémurs IL) et de rattacher aussi ces
espèces aux Orthopodomyia de la région orientale.
Cette étude met aussi en relief la très grande originalité des deux espèces
de la région afrotropicale continentale.
Réflexions sur l’ornementation du corps et sur la morphologie des geni-
talia mâles. — Cette étude nous a montré que les genitalia des mâles d’Ortho-
podomyia sont d’une grande homogénéité et ne présentent que très peu de
caractères spécifiques. Seuls l’édéage et l’épine terminale du gonostyle ont été
dessinés dans cet ouvrage car ce sont les seuls caractères anatomiques qui per-
mettent de fonder une ségrégation. Encore, convient-il de souligner que ces
deux caractères permettent de distinguer des groupes d’espèces proches
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 105
(espèces comoriennes, espèces des Mascareignes, espèces malgaches) plus que
les espèces entre elles.
A côté de cette morphologie peu complexe des genitalia mâles, nous sou-
lignerons, à l'inverse, la richesse de l’ornementation du corps et plus particu-
lièrement des pattes. Elle est en effet si riche et si stable à l’intérieur de chaque
espèce que nous n’avons eu aucun mal à fonder la clé d'identification des
adultes sur la coloration des pattes.
Par ailleurs, cette remarquable simplicité des genitalia mâles, qui va de
pair avec une richesse de l’ornementation corporelle, s’observe aussi chez les
Ficalbia, les Uranotaenia, les Mimomyia, les Anopheles ou les Aedes du sous-
genre Stegomyia.
La situation inverse (genitalia complexes associés à l’austérité de l’orne-
mentation du corps) s’observe en particulier chez les Culex que l’on distingue
essentiellement en se fondant sur la morphologie des genitalia mâles. Les
femelles des Culex sont si peu dépourvues d’ornementation qu’elles sont sou-
vent bien difficiles à identifier lorsque les mâles correspondants font défaut.
Une autre situation peut opposer des genitalia mâles prodigieusement
complexes et spécifiques à des caractères extérieurs, d’une grande richesse
dans les deux sexes, mais partagés par de nombreuses espèces. Cette situation
s’observe ainsi chez les Eretmapodites et chez les Aedes appartenant au sous-
genre Aedimorphus.
En plus de la reconnaissance olfactive, n’existerait-il pas chez les Mous-
tiques au moins 2 stratégies permettant de préserver l'isolement du pool géné-
tique de chaque espèce : l’une fondée sur la morphologie complexe des genita-
lia du mâle qui ne permettrait qu’un accouplement intra-spécifique et l’autre,
fondée sur la richesse de l’ornementation du corps qui permettrait la recon-
naissance visuelle du partenaire sexuel au cours de la danse nuptiale préalable
à l’accouplement?
Le choix d’une stratégie s’accompagnerait alors de la régression des
caractères associés à la stratégie non utilisée,
Propositions pour la section Orthopodomyia. — Dans sa révision du genre
Orthopodomyia, Zavortink (1968) propose de subdiviser les espèces africaines
et malgaches en 3 groupes :
“‘vernoni” qui regroupe 2 espèces malgaches,
“arboricollis” pour l’espèce originaire de l’île Maurice,
et enfin “nkolbissonensis” où se trouve la seule espèce alors connue en
Afrique, au sud du Sahara.
Aujourd’hui, alors que ces espèces sont au nombre de 15, et qu’elles sont
par ailleurs mieux connues, nous proposons de ne conserver pour la sous-
région malgache que le groupe “vernoni’. À
En ce qui concerne les deux espèces de la région afrotropicale, nous
sommes plus circonspects car leur profonde originalité nous inciterait à les ran-
ger dans deux groupes différents. Cependant, compte tenu de la difficile ana-
106 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
lyse qu’impose l’inclinaison des pièces génitales de l’holotype d’Or. aureoan-
tennata, nous proposons de ranger ces deux espèces camerounaises, au moins
provisoirement et dans l’attente de nouvelles observations, dans le groupe
“nkolbissonensis”.
La section Orthopodomyia pourrait alors s’organiser ainsi :
Groupe “albipes” Asie
Groupe “vernoni”’ Sous-région malgache
Groupe “nkolbissonensis” Région afrotropicale
Dynamique du genre Orthopodomyia en Afrique et dans la sous-région malgache
La présence au Cameroun de deux espèces si différentes et si rares à la
fois qu’Or. nkolbisssonensis et qu’Or. aureoantennata suggère que le genre
Orthopodomyia était autrefois plus largement représenté qu’il ne l’est aujour-
d’hui et que bon nombre d’espèces africano-malgaches constituent des
“témoins” d’un peuplement autrefois plus diversifié et plus dense.
Dans la sous-région malgache, le genre Orthopodomyia semble s’être
maintenu plus aisément et s’être même diversifié à la faveur de l'isolement
insulaire et de l’extrême variété des climats de la région. Cette explosion de la
diversité spécifique a déjà été maintes fois signalée chez les Culicidae malgaches
et plus particulièrement chez les Mimomyia (Ingramia) (Grjebine 1986) et les
Uranotaenia.
Dans la situation actuelle, qui associe une répartition erratique sur le
continent africain à une importante richesse biologique dans la sous-région
malgache, nous voyons le résultat, d’une part, d’un appauvrissement sur le
continent africain d’un genre autrefois plus diversifié et, d’autre part, d’une
importante spéciation dans la sous-région malgache due à l’isolement insulaire
et à la diversité des biotopes disponibles.
REMERCIEMENTS
Ce travail n’aurait probablement Jamais été entrepris si le Recteur
Paulian n’avait créé et animé la collection des Faunes de Madagascar. Nous le
remercions vivement pour cette entreprise, pour la confiance qu’il nous a
témoignée, ainsi que pour ses encouragements et ses conseils.
Nos remerciements s’adressent aussi à nos collègues entomologistes de
l'ORSTOM, de l’Institut Pasteur et des Services de Santé malgaches dont les
collections nous ont permis de donner plus d’ampleur à cette révision. Nous
avons, à cette occasion, une pensée toute particulière pour ceux qui sont décé-
dés : A. Grjebine, A. Rickenbach et R. Subra. Nous remercions vivement
J. Doucet, D. Fontenille, J. Hamon, E. Rajaonarivelo, Ch. Ravaonjanahary et
F. Rodhain. Nos remerciements vont aussi à A-R. Gopaul qui nous a confié
des insectes de l’île Maurice et à M. Isautier à qui nous devons la récolte d’Or.
reunionensis.
Enfin, nous ne saurions oublier nos collègues F. Garulli et J.-L. Camicas
qui ont participé à la mise au point de ce travail ainsi que P. Viette qui en a
effectué une relecture minutieuse.
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1949. Ethiopian Culicidae — Description of four new Mosquitoes from
Madagascar. Proc. R. ent. Soc. Lond. (B) 18 (1-2) : 3-8.
ZAVORTINK, T.J.
1968. Mosquito studies (Diptera, Culicidae). VIIT. À Prodrome of the
genus Orthopodomyia. Contrib. Amer. Ent. Inst. 3 (2) : 1-221.
1971. The genus Orthopodomyia Theobald in Southeast Asia. Contrib.
Ameri. Ent. Inst. 7 (3) : 1-38.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 113
Orthopodomyia d'Afrique continentale
ER
Orthopodomyia ambremontis
; | Sn ù BIBL)
x PARU
Orthopodomyia fontenillei
Planche 1. — Ailes des Orthopodomyia d’Afrique continentale et de Madagascar.
114 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Orthopodomyia de Madagascar (suite)
Orthopodomyia milloti
RO
Orthopodomyia rajaonariveloi
Orthopodomyia ravaonjanaharyi
Planche 2. — Aïles des Orthopodomyia de Madagascar (suite).
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 115
Orthopodomyia des Comores et des Mascareignes
Orthopodomyia comorensis Comores
Orthopodomyia joyoni Comores
Orthopodomyia reunionensis La Réunion
N
Orthopodomyia arboricollis Île Maurice
Planche 3. — Aïles des Orthopodomyia des Comores et des Mascareignes.
116 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Répartition des espèces d'Orthopodomyia à Madagascar
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2 kS 169 tropicale humide (0 à 2 mois secs)
A 0. ambremoniis * li tropicale d'altitude (0 à 4 mois secs)
© O. ankaratrensis W Li ET] tropicale d'altitude (5 à 6 mois secs)
® O. fontenillei . Hu nn tropicale sèche (5 à 8 mois secs)
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. FOanaInt CU
Carte 1. — Carte de répartition d’Or. ambremontis, Or. ankaratrensis, Or.
Jontenillei, Or. ravaonjanaharyi et Or. rodhaini.
DIPTÈRES CULICIDAE CULICINAE 117
Répartition des espèces d'Orthopodomyia à Madagascar (suite)
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Carte 2. — Carte de répartition d’Or. milloti, Or. rajaonariveloi et Or. vernoni.
118 J. BRUNHES & J.-P. HERVY
Répartition des espèces d'Orthopodomyia
dans les Comores et les Mascareignes
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Régions climatiques
tropicale humide (0 à 2 mois secs)
tropicale d'altitude (0 à 4 mois secs)
© O. arboricollis LEE tropicale d'altitude (5 à 6 mois secs)
® O. comorensis “ tropicale sèche (5 à 8 mois secs)
+ « semi-aride (8 à 9 mois secs)
g 0. JONONT % = de haute-montagne (0 mois sec)
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Carte 3. — Carte de répartition d’Or. arboricollis, Or. comorensis, Or. Joyoni
et Or. reunionensis.
INDEX ALPHABETIQUE
Les noms des nouveaux taxa
(*). Les synonymes sont en italique
* ambremontis, 21.
* ankaratrensis, 27.
antanosyorum, 16, 94.
arboricollis, 30.
aureoantennata, 37.
* Bancroftia, 10.
comorensis, 40.
* fontenillei, 46.
geberti, 15, 94.
Joyoni, 53.
madecassorum (nom. dub.), 15.
milloti, 60.
décrits dans ce volume sont précédés d’un
Newsteadina, 10.
nkolbissonensis, 67.
Orthopodomyia, 10.
* Pneumaculex, 10.
pulchripalpis, 72.
* rajaonariveloi, 75.
*ravaonjanaharyi, 78.
* reunionensis, 82.
* rodhaïini, 89.
Thomasina, 10.
vernoni, 92.
119
LA FAUNE DE MADAGASCAR
est publiée par livraisons séparées correspondant chacune à un groupe zoologique.
L'ordre de publication est indépendant de l’ordre systématique général.
Adresser toute la Correspondance concernant la « Faune de Madagascar »
au Dr R.-P. DECHAMBRE, 45, rue Buffon, 75005 Paris.
En vente à la : ;
® SARL. René THOMAS
28, rue des Fossés Saint Bernard, F - 75005 Paris
@ Librairie Philippe DEVISME
Maison de Buffon
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, F - 75005 Paris
@ Librairie SCIENCES NAT
2, rue André-Mellenne, Venette, F - 60200 Compiègne
Date de publication : 29 juin 1995
ù À Prix
FASCICULES PUBLIÉS T.T.C.
I. — Odonates Anisoptères, par le Dr F.C. Rraser, MOD 6e 150 F
IT. — Lépidoptères Danaidae, Nymphalidae, Acraeidae, par R. Paulian,
1956 (n'est plus vendu qu'avec la collection ISPOMDLE) ere. 150 F
III. — Lépidoptères Hesperiidae, par P. Viette, 1956 100 F
IV.— Coléoptères Cerambycidae Lamiinae, par S. Breuning, 1957 ......… 150 F
Ve Mäntodes,tparRébanlian (Om) er me 2 EU 100 F
VI.— Coléoptères Anthicidae, Par P#Bonadona, 1957. em ER, 100 F
VIL.— Hémiptères Enicocephalidae, par A. Villiers, 1958 100 F
VII. — Lépidoptères Sphingidae, par P. Griveaud 510 OMR AREAS 150 F
IX.— Arachnides. Opilions, par le Dr R.-F. Lawrence, 19590 100 F
X.— Poissons des eaux douces, Dar eArnoult TOSONMERSERE NAS 150 F
XI.— Insectes, Coléoptères Scarabaeidae, Scarabaeina et Onthophagini,
par R. Paulian ; Helictopleurina, par E. Lebis, 1960 150 F
XIL.— Myriapodes. Chilopodes, par le Dr R.-F. Lawrence, 1960 ..........… 150 F
XIIL. — Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines, par R. Paulian,
1961 (Prix Foulon de l'Académie des SCIENCES) A EE MAR. 300 F
XIV.— Lépidoptères Eupterotidae et Attacidae, par P. Griveaud, 1961 150 F
XV.— Aphaniptères, par le Dr Lumaret, 1962 sr. 100 F
XVI. — Crustacés. Décapodes Portunidae, par A. Crosnier, 1962 ..........…. 150 F
VIL.— Insectes. Lépidoptères Amatidae, par P. Griveaud, 1964 (Prix
Constant de la Société entomologique de France) ....................... 150 F
XVIIL. — Crustacés. Décapodes Grapsidae et Ocypodidae, par A. Crosnier,
OP RER RS ee Re eo ee M Em ent à D 150 F
XIX.— Insectes. Coléoptères Erotylidae, par He Philipp, 19657... 100 F
XX (1).— Insectes. Lépidoptères Noctuidae Amphipyrinae (part.), par P. Viet-
te, 1965 (Prix Foulon de l'Académie des SCIENCES) Me ee Nan 150 F
(2). — Id. Amphipyrinae (part.) et Melicleptrinaé, 196% 150 F
XXI. — Octocoralliaires, par À. Tixier-Durivault, 1966 ........................ 200 F
XXII. — Insectes. Diptères Culicidae Anophelinae, par A. Grjebine, 1966
(Prix Passet de la Société entomologique de France) ................... 300 F
XXIIL. — Insectes. Psocopières, par A. Badonnel, 1967 200 F
XXIV.— Insectes. Lépidoptères Thyrididae, par P.E.S. Whalley, 1967 150 F
BIBL. DU
MUSEUM
PARIS
*
FASCICULES PUBLIÉS (suite)
XXVIL. — Insectes. Lépidoptères Papilionidae, par R. Paulian et P. Viette, 1968
XXVIIL.— Insectes. Hémiptères Reduvidae (1" partie), par A. Villiers, 1968
37.— Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae, par P. Basilewsky, 1973
38.— Arachnides. Araïgnées Araneidae Gasteracanthinae, par M. Emerit,
1974
Al. — Insectes. Coléoptères Carabidae Scaritinae : I. Biologie par A. Peyrie-
ras. — IT. Supplément à la systématique, par P. Basilewsky, 1976 …
42.— Arachnides. Acariens Astigmata Listrophoroïidea, par A. Fain, 1976 .
43 (1).— Insectes. Lépidoptères Lymantriidae (1 partie), par P. Griveaud,
PAT SR nee M ee NO
430) Sd Oipartie) OT en ie
44. — Mammifères. Lémuriens (Primates Prosimiens), par J.-J. Petter, R.
Albignac et Y. Rumpler, 1977 (Prix Foulon de l'Académie des
Sciences) (n'est plus vendu qu'avec la collection disponible) ...........
45.— Reptiles. Sauriens Iguanidae, par Ch. P. Blanc, 1977
46.— Crustacés. Décapodes Aristeidae (Benthesicyminae, Aristeinae, Sole-
miCéRinae) par A MOrosmerAlON Eee M
47.— Reptiles. Sauriens Chamaeleonidae, Genre Brookesia et complément
pour le genre Chamaeleo, par E.-R. Brygoo, 1978
48.— Echinodermes. Ophiures, par GC. Cherbonnier et A. Guille, 1978
(rock dérmuibparlédienr) pe ER De
49.— Insectes. Hémiptères Reduviidae (2° partie), par À. Villiers, 1979 ..
50.— Insectes. Coléoptères Silphidae, Passalidae, Belohinidae et Cerato-
canthidae, par R. Paulian et J.-P. Lumaret, 1979
51.— Insectes. Coléoptères Staphylinides Oxytelidae Osoriinae, par H. Coif-
fait 1979 (stock détruparllédieun) 2
92.— Insectes. Coléoptères Cerambycidae Disteniinae, par A. Villiers,
BU rm en ne ee ie
53.— Insectes. Lépidoptères Limacodidae, par P. Viette, 1980
54. — Insectes. Coléoptères Colydiidae et Cerylonidae, par R. Dajoz, 1980
(Griochidétimiparnliédieur) er Re Re
55.— Insectes. Coléoptères Curculionidae Cycloterini, par R. Richard,
1981 (Prix M. et Th. Pic de la Société entomologique de France) …
6.— Insectes. Coléoptères Trogidae et Hybosoridae, par R. Paulian, 1981
97.— Insectes. Coléoptères Cetoniidae Euchroeina : 1. Systématique, par R.
Paulian et A. Descarpentries — IL. Biologie et formes larvaires, par J.-
PAlumanetettA 2Beyrieras 108228 Nr ne
58. — Crustacés. Copépodes des eaux intérieures, par B. H. Dussart, 1982
59 (1).— Crustacés. Amphipodes Gammariens (1 partie), par M. Ledoyer,
IE (odr céror por léciienn) connections ene
FASCICULES PUBLIÉS (suite)
DOVE Ppartie) OGM EE RE eee rene ee 390 F
60.— Insectes. Lépidoptères Epiplemidae, par J. Boudinot, 1982 ..........…. 100 F
61.— Insectes. Lépidoptères Sesiidae, par P. Viette, 1982 .................... 150 F
62.— Insectes. Coléoptères Curculionidae Stigmatrachelini, par R. Richard,
OBS nn encens nee nne dico nee 250 F
63.— Insectes. Lépidoptères Psychidae Oïketicinae, par J. Bourgogne,
TO BARS Re Nan sale one eds en essee 100 F
64.— Insectes. Coléoptères Carabidae Platyninae, par P. Basilewsky, 1985 500 F
65.— Insectes. Coléoptères Dynastidae, par R.-P. Dechambre, 1986 (Prix Pas-
set de la Société entomologique de France) .................................. 390 F
66.— Insectes. Coléoptères Curculionidae Brachyderini, Genre Dinosius,
nee NL Mesa, IG Ecoinbnossassauenooponnatonsontonsbosionaconodesaenssseo 200 F
67.— Insectes. Coléoptères Staphylinidae Paedérinae, L. Pinophilini, par J.-
CIRE COLOR ee ee Core 300 F
68. — Insectes. Dipières Culicidae Culicinae Ficalbüni, par A. Grjebine, 1986 450 K
69.— Insectes. Coléoptères Aulonocnemidae, par Y. Cambefort, 1987 ....... 250 F
70.— Echinodermes. Holothurides par G. Cherbonnier, 1988 .................. 300 F
71.— Insectes. Coléoptères Staphylinidae Euaesthetinae, par J. Orousset,
1988 (Prix M. et Th. Pic de la Société entomologique de France) 390 F
72.— Insectes. Lépidoptères Crambidae Scoparinae, par P. Leraut, 1989 . 150 F
73 (1). — Insectes. Coléoptères Melolonthidae (1" partie), par M. Lacroix, 1989
(Prix M. et Th. Pic de la Société entomologique de France) ..........…. 300 F
TC JC parte) 1008 Vin 400 F
74.— Insectes. Coléoptères Aphodiidae, par P. Bordat, R. Paulian et R. Pitti-
OS OO PR M a ec ee na Men M a AR Pme neue otre 390 F
75 (1).— Amphibiens (1 partie), par R.M.A. Blommers-Schlôsser et Ch. P.
Blanc TOO rennes er anse nes a nee senc ocee 450 F
HA) RES TT (Pparhe) DOS 400 F
76. — Insectes. Coléoptères Nosodendridae, par S. Endrôdy-Younga, 1991 . 100 F
77.— Insectes. Coléoptères Ptinidae, par X. Bellés, 1991 ....................... 250 F
78.— Insectes. Hétéroptères Tingidae, par P. Duarte Rodriguez, 1992 200 F
79.— Insectes. Coléoptères Staphylinidae Paederinae, Il. Paederimi, par J.-
Clone aie ce De nn en en eee 200 F
80.— Gastéropodes terrestres Prosobranches, par ÿ E. Fischer-Piette et al.,
RP RSR ne Do Do ten au ne note CM OUcS 300 F
81.— Insectes. Lépidoptères Pterophoridae, par C. Gibeaux, 1994 ..........…. 250 F
82. — Insectes. Coléoptères Cetoniidae, genre Pygora, par R. Paulian, 1994 200 F
83. — Gastéropodes terrestres Pulmonés, par ÿ E. Fischer-Pierre et al., 1994 000 F
84. — Mammifères. Chiroptères, par Ÿ R. L. Peterson et al., 1995 ............. 300 F
85.— Insectes. Diptères Culicidae Culicinmae, Genre Orthopodomyia, par
Jr Brunhestettl = Henvy OO EEE RER 200 F
Suppl. 1.—Liste récapitulative des Lépidoptères Hétérocères de Madagascar, par
1 UT DR ER ne SO one D en 300 EF
Suppl. 2.—Principales localités où des Insectes ont été recueillis à Madagascar,
para Miette LOT RSR en te dep e ot 200 F
Imprimerie Némont sa. Dépôt légal 2° trimestre 1995
Rue de l'Europe, F-10200 Bar-sur-Aube N° 1282