TM
s
geodiversitas fait suite,
avec la même tomaison, au Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle,
4® série, section C, Sciences de la Terre.
Rédacteur en chef :
Hervé Lelièvre
Assistante de rédaction :
Florence Kerdoncuff
Comité scientifique :
Jean Broutin (UPMC, Paris)
Bruno David (CNRS, Dijon)
Jean-François Deconinck (USTL, Lille)
Patrick De Wever (MNHN, Paris)
Jean Marcoux (IPGP, Paris)
Christian Ravenne (IFP, Paris)
Abonnements pour l’année 1997 (prix HT)
Annual subscription rates 1997 (exclude VAT)
Abonnement général / General subscription : 1 800 FF
zoosystema ; 800 FF
adansonia : 500 FF
geodiversitas : 800 FF
geodiversitas peut être obtenu par voie d’échange.
Pour toutes informations s’adresser à :
geodiversitas may be obtained on an exchange
basis. For further information please write to :
Service des périodiques et des échanges de la
Bibliothèque centrale du Muséum national
d’Histoire naturelle
38 rue Geoffroy Saint-Hilaire
75005 Paris
Tél. : (33) 01 40 79 36 41
Fax: (33) 01 40 79 36 56
geodiversitas
Éditions scientifiques du Muséum, Paris
Avant-propos
Geodiversitas> un renouveau pour les publications
en Sciences de la Terre
du Muséum national d’Histoire naturelle
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire natu¬
relle est centenaire. Pour entamer son deuxième
centenaire dans des conditions optimales, la nou¬
velle rédaction, aidée par un comité scientifique,
a décidé de rénover le Bulletin du Muséum natio¬
nal d'Histuire naturelley section C, Sciences de la
Terre, 4^ série, Paris. Ce sera désormais
Geodiversitns. Un nom nouveau pour une revue
dont la maquette a été repensée, et dont la ligne
éditoriale privilégiera Phistoire et le comporte¬
ment des bassins sédimentaires, la paléobiodiver¬
sité et les paléoenvironnements.
Geodiversitas ouvre ses colonnes pour donner aux
chercheurs dans ces domaines la possibilité de
communiquer leurs résultats et leurs données. Si,
aujourd’hui, beaucoup de périodique.s en
Sciences de la Terre publient des articles courts,
limités à l'expose de nouvc*aux concepts au détri¬
ment des données qui les ont fait naître,
Geodiversitas reconnaît Pimporiaace de publier
l’intégralité des données. Aussi la icVue ne limite-
t-elle pas le nombre de pages par article. Elle peut
aussi ofîrir aux équipes la possibilité de consacrer
un fascicule entier à la publication de l’ensemble
des données dont elles disposent sur un sujet et
déchiffrer ainsi le message sedimentaire sous une
forme aussi complète que possible. De tels numé¬
ros thématiques seront publiés sous la responsa¬
bilité d’éditeur(s) invité(s).
Geodiversitas s’inscrit donc dan.s la durée, celle
d'un nouveau centenaire. C’est pourquoi, plus
que la recherche d’un facteur d’impact fort, dans
les conditions actuelles de compétition entre
revues, Geodiversitas s’oriente vers la publication
d'articles à longue rémanence. Ainsi, donner à la
revue la diffusion la plus vaste possible esc un des
objectifs pour assurer le succès de notre entre-
pri.se. Grâce aux échanges qui alimentent la
Bibliothèque centrale du Muséum, 500 échanges
avec l'étranger et l.i France sont déjà assurés pour
71 pays. Nous pensons que Touverturc de la
nouvelle ligne éditoriale devrait nous permettre
d'augmenter ce nombre de façon significative,
notamment par rintérèt que les organismes de
recherche plus spécialisés dans le domaine de la
sédimentologie doivenr y découvrir. La diffusion
commerciale pour l'étranger est assurée, depuis
1995, par Universal Book Services, qui nous
apporte le savoir-laite et la tradition d'exccIlcnce
des libraires hollandais pour les publications aca¬
démiques.
Les efforts que les instances du Muséum de Paris
consacrent aux publications scientifiques se
manifestent désormais dans un cadre rénové.
Nous espérons qu’il sera favorablement accueilli.
Hervé LELIÈVRE
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Les bryozoaires du Pliocène de Normandie
Simone POUYET
UMR 5565 du CNRS Paléontologie stratigraphique et Paléoécologie
Université Claude Bernard Lyon 1,
27-43 bd du 11 novembre 1918, F-69622 Villeurbanne cedex (France)
MOTS CLÉS
bryozoaires,
Pliocène,
Basse-Normandie,
France.
RÉSUMÉ
Les bryozoaires étudiés ici proviennent de onze sondages et forages dans les
formations pliocènes de Basse-Normandie (bassins de Carentan et Saint-
Sauveur-le-Vicomte). Soixante-dix-huit espèces sont décrites dont trois nou¬
velles. Leur répartition met en évidence les liens existant avec les faunes
pliocènes nordiques mais aussi avec celles d’autres bassins.
KEYWORDS
bryozoa,
Pliocène,
Southern Normandy,
France.
ABSTRACT
This Work deals with Pliocène Bryozoa from eleven localities in Southern
Normandy (Carentan and Saint-Sauveur-le-Vicomte basins). Seventy-eight
species are reported, three of them are new. Their distribution emphasizes
the links with northern Pliocène faunas and with other provinces.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
7
Pouyet S.
INTRODUCTION
Ce travail fait suite aux publications de Lauriat-
Rage (1986). Le Calvez (1987) et Chaix (1989)
respectivement sur les bivalves, les foraminifères
et les sddratiniaires du Pliocène de Normandie.
L’étude des bryozoaires avait été confiée à Buge
mais son départ à la retraite puis son décès Tonr
interrompue. À la deniande de Lanriat-Rage, j'ai
repris le matériel très partiellement déterminé par
Buge qui avait reconnu une vingtaine d’espèces.
En réalité, les gisements sont beaucoup plus
riches, c’est plus de soixante-quinze espèces qui
sont ici décrites et dont on essaie de tirer des
données srrarigraphiques, biogéographiques et
paléoécologiques.
On se reportera à l’article de L.auriat-Rage
(1986 : 4-9) pour la situation géographique et
stratigraphiqüe des giscntenis. Ceux dans lesquels
des bryozoaires ont été découverts sont les sui¬
vants, tous situés dans le départemenr de la
Manche.
Gisement n° 4 (= T 32), Raids, les Gardinières ;
deux niveaux à bryozoaires : 16-20 m et 22-
28 m.
Gisement n° 9 (= S 17), Remilly-sur-Lozon,
l'Angle ; dix niveaux à bryozoaires de 1 à 90 m.
Gisement |4 (= S 7), Carentan, Saint-Julien
I ; deux niveaux à bnwoaires ; 12-13 m et 14 m.
Gisement n'’ I 7 (= S 6), Saini-Georges-de-
Bohon, réserve de chasse de rErmirage 2 ; douze
niveaux à bryozoaires de 1 5 à 49 m.
Gisement n“ 21 (= T 73), Saint-André-de-
Bohon, est de Rougevillc ; cinq niveaux à bryo¬
zoaires de 7.3 à 30 m.
Gisement n® 22 (= T 71), Saint-André-de
Bohon, le Bovsq ; un seul niveau à bryozoaires :
26-30 m.
Gisement n® 24 (= T 72), Saint-André-de-
Bohon, l’Ange 2 ; un niveau à bryozoaires : 12-
18 m.
Gisement n° 26 (= T 58), Saint-André-de-
Bohon, la Bréchollerie ; un niveau à bryozoaires :
19-24 ni.
Gisement n° 27 (= S 48), Rauville-la-Place,
hameau Cauvin 2 ; quatre niveaux à bryozoaires :
de 8,1 à 13,5 ni.
Gisement n° 28 (= S 50), Rauville-la-Place, la
Brumannerie 1 ; deux niveaux à bryozoaires : 7-
8 m et 9,2-10,7 m.
Gisement 30 (= F 25B), Saint-Sauvcur-le-
Vicomre, la Gâche ; cinq niveaux à bryozoaires :
de l4,5 à 54>5 m.
PALÉONTOLOGIE SYSTÉMATIQUE
Les travaux sur les bryozoaires pliocènes de
rOucsr de la France sont rares. 11 s’agit générale¬
ment d'études sur le Redonien, étage local attri¬
bué lantor au Miocène supérieur, tantôt au
Pliocène inférieur (Buge 1957 ; Ters étal. 1970 ;
Bassompierre et ai 1972 : Bmbion étal 1977).
En 1983, Pareyn et al. ont étudié le gisement
pliocène de Cricqucville-en-Bessin dans le
Calvados, Buge y avait repéré douze espèces,
décrites très succintement, neuf formes érigées
étant dominantes.
La classification suivie est celle de Bassler (1953),
en tenant compte cependant de travaux plus
réccnt.s (Gordon 1984, 1989 ; Harmelin 1970,
1976),
Pour la synonymie nous avons volomairemcnt
limité la liste à la citation originale, aux ouvrages
sur le Néügèiie du domaine nordique et dans
quelques cas à une citation apportant des don¬
nées iinéressaiitcs pour la systématique de l’espèce
décrite. Le v devant une rclérence signifie que le
matériel correspondant a été vu.
Les mesures n’ont pas été prises de façon régu¬
lière mais lorsqu'elles apportaient des précisions.
Nous avons toujours fait au moins dix mesures
pour les zoécies, cinq pour les aperrures. Nous
avons utilisé l’appareil automatique Wild Censor.
Les abréviations utilisées sont classiques :
La longueur (hauteur) de l'aperture ;
la largeur de l’aperture ;
Lav longueur de ravitiilatrc ;
lav largeur de l'aviculaire ;
Lo longueur (hauteur) de Topésie ;
lo largeur de l opésie ;
l.ov hauteur de l ovicellc ;
lov largeur de Tovicelle ;
Lz longueur de la zoécie ;
Iz largeur de la zoécic.
Les photographies ont été réalisées au Centre de
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
microscopie élecrroniquc de l’univcrsicé Claude
Bernard - Lyon 1 (CMEABG) avec un Jeol
35 CF.
Le matériel est déposé au Muséum national
d’Histoire naturelle de Paris (MNFIN) au labora¬
toire de Paléontologie (LP). Le matériel figuré
porte un numéro d'inventaire correspondant aux
collections du MNHN.
Classe STENOLAFMATA Borg, 1926
Ordre CYCI OSTOMATA
(= TÜBULIPÜRATA) BusC 1852
Sous-ordre ARTICUI^TA BusL, 1859
Famille ChiSIIDAI- Johnslon> 1838
Genre Cmin Lamouroux, 1812
Crisia denticulata (Lamarck, 1816)
(Fig- 1)
Fig. 1. — Crisia donîiculata (Lamarck, 1816). Saint-Sauveur-le-
Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 14,5-17 m. Pliocène supé¬
rieur. (R 62693 ; LP, MNHN)- Spécimen avec ovicelle, x 80.
Saini-Sauvcui'dc-Vicomrc, la Gathe (Manche) : HA¬
IT ni, Pliocène supérieur.
Saiiii-AndrC'de-Buhon, l'Ange 2 (Manche) : 12-18 m.
Pliocène moyen.
Ri l'\U TI I U).v. — Miocène moyen : Autriche.
Pliocène ; Angleterre, Pays-Bas, Belgique, Tunisie,
Italie. Rhodes. Pl'éistoccne : Italie, Sicile. Actuel ;
Atlanrique (depuis l’Arccique jusqu’aux îles du Cap
Vert ; du golfe de Sainc-l.iuirent au golle du
Mexique)» Médiretranée occidentale et Adriatique,
Pacifique :
Espèce à vaste tépaiTinon géographique» eiirythernie,
vivant aussi bien dans le domaine btirud que tians le
domaine tropical de 10 à 100 m de profondeur.
DeSCRIH'ION
Internoeuds aplatis, bisériés, souvent incomplets.
Les rares fragments entiers ont plus de douze
tubes zocciaux, Zoécies coalesccntes sur toute
leur longueur se terminant par un orifice circu¬
laire. La frontale est très finement perforée. La
limite des tube.s /oédaux est ètisement visible s'ur
la face dorsale. He nombreuses zoccics portent la
trace d’une épine. Conozoïde pyriforme i Iron-
tale striée longitudinalement ; œciostome peu ou
pas visible.
Remarque
Chez les formes actuelles, les épines sont
absentes. La similitude des autres caractères nous
fait malgré tout attribuer notre matériel à C. den-
ticîilata.
Sous-ordre TUBULOPORINA
Milne Edwards, 1838
Famille TUBUEIPüRUME Johnston, 1838
Genre Tubulipom Lamarck, 1816
Tubtélipora sp. A
MATERII I . — Saint-Sauvcur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m. Pliocène inférieur.
Cellaria deuticuLita Lamarck, 1816 : 182. — Busk
1859:93, pl. LGg. 8.
Crisia denticulata (Lamarck) - Lagaaij 1952 :
151, pl. 17, fîg. l.-Cadée 1982 : 130. pl. l,fig.
2a-b.
Matériel. — Remilly-sur-Lozon, l'Angle (Manche) :
89-90 m. Pliocène inférieur.
Desckmtion
Zoarium encroûtant des tests de mollusques ou
bracbiopodes, formé de branches dichoromes
dont l’angle de divergence e.st très ouvert.
Les tubes -som disposés en faisceaux uniscrié^i au
départ des branches puis ils deviennent bisériés,
les branches se terminant par une partie en éven¬
tail. Les orifices des lubes sont polygonaux.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
9
Pouyet S.
Gonozoïde situé entre les tubes, lobé, à la bifur¬
cation ou à l’extrémité des branches.
Tubulipora sp.
MatéRIEI . — Sainr-Sauvcur-lc Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m, Pliocène inférieur.
Plusieurs spécimens sont rattachés à ce genre. Ce
sont des tonnes cncroûranr des bivalves, souvent
incomplètes. Le matériel est trop peu abondant
pour qu’une étude plus approfondie soit réalisée.
Genre Exidmoriea David,
Mongereau er Pouyet, 1972
Exidmonea atlantica
(Forbes in Johnston, 1847)
(Fig. 2)
Fig. 2. — Bxidmonea atlantica (Forbes in Johnston, 1847).
Saint-Sauveur-le-Vicomte. la Gathe (Manche), niveau 14,5-
17 m. Pliocène supérieur. (R 62695 ; LP, MNHN). x 52.
Idmonea atlantica Forbes in Johnston, 1847 :
278, pl. 48, fig. 3-
V Idmidronea atlantica (Forbes) - Canu &
Lccoinrre 1933 : 177, pl. 31, figs 15-18.
V Exidmonta atlantica Auct. - Mongereau 1969 :
212, pi. 16, figs 1-4, 6-11.
MatCriei.. —Rcmiliy-sur-Lozon, l’Angle (Manche) ;
10-11 m : 12-13 m ; 19-20 m, Plioccno supérieur ;
65-66 m, Pliocène moyen.
Saini-Sauvfur-le-Vicomtc, la Gathe (Manche) : 14,5-
15 m. Pliocène supérieur.
Rr.PAIvrmoN. — De TFocène au Pléistoeène dans
toute l’Europe et l'Afrique du Nord. Actuel :
Atlantique oriental (du golfe de Gascogne au vScnégal),
Méditerranée, Pacifique (Chili, Japon, Australie,
Indonésie).
Cosmopolite, vit de -30 a -200 m avec un maximum
entre 40 et 100 ni en Méditerranée.
Description
Zoarium érigé, branchu, dichotome, à section
triangulaire, Zoécics disposées en laisceaux
alternes de trois à cinq individus accolés, les
limites zoéciales sont bien visibles. Les péri-
stomes sont presque quadrangulaires.
Dorsale plane ou faiblement convexe avec fines
stries longitudinales et quelques stries d’accroisse¬
ment.
Gonozoïde frontal, allongé, lobé entre les séries
de tubes. Œciostome non visible.
Genre Pletironea Canu et Bassler, 1920
Pleuronea fenestrata (Busk, 1859)
(fiig. 3)
Idmonea fenestrata Busk, 1859 : 105, pl. 15,
fig. 6
v Pleuronea fenestrata (Busk) — Buge 1957 : 83,
pl. 4, figs 7-8.
Matériel. — Saint-Georges-dc-Bohon, réserve de
chasse de FErmitage 2 (Manche) : 26 m, Pliocène
moyen.
Répartition. — Eocène et Oligocène : Etats-Unis.
Pliocène : Angleterre, France.
Drscripïïon
Nous attribuons avec doute à cette espèce un
petit fragment de zoarium, libre, dichotome,
érigé. La section est triangulaire aux angles arron¬
dis. Les cubes zoéciaux sont groupes en faisceaux
de quatre ou cinq légèrement obliques par rapport
à la médiane du zoarium. L’usure a totalement
arasé les pcrisiomes dont la forme n’est plus
visible.
10
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Fig. 3. — Pleutonea fenestrata (Busk, 1859). Saint-Georges-de-
Bohon. réserve de chasse de l'Ermitage 2 (Manche), niveau
26 m. Pliocène inférieur. (R 62694 : LP, MNHN). Face dor¬
sale, X 26.
La face dorsale est partiellement recouverte d'un
réseau de tergopores, également très érodé.
Famille Dl^STOPORïDAE Gregory, 1899
Genre Diplosolen Canu, 1918
Diplosolen obdium (Johnston, 1838)
Tubulipom obelia Johnston, 1838 : 269, pl. 38,
figs 7-8.
Diplosolen obelium (Johnston) - Canu &
l.ecointre 1933 : 159, pl. 30, iig. 1. - Buge
1957 : 73 . _ Harmelin 1976 : 145-150, pl. 9,
figs 5-7 ; pl. 22, figs 4-8 ; pl. 23, figs 1 -3.
MatéRIUU — Samt-Sauvcür-le-Vicornre, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m. Pliocène inférieur.
RftPARl'I'riON. — Miocène inférieur : France (bassins
rhodanien et aquitain). Miocène moyen : France (bas¬
sin de la foire), /Vuiriche. Miocène supérieur : Algérie,
Maroc. Pliocène : Italie. Ploistocène ; Iialio. Actuel :
Atlantique nord (de la mer de Barents au Maroc ; du
Canada au golfe du Mexique), Pacifique nord (de
l’Alaska au golfe de Californie), Méclîctrr.incc.
C est plutôt une e.spèce d'eaux' tempérées à tempérées
froides, de -5 à -130 m de profondeur.
Matériel rare. Zoarium encroûtant, circulaire.
Zoécies en quinconce ; nanozoïdes en nombre
égal à celui des zoécies, s'ouvrant par un petit ori¬
fice au centre du quinconce zoécial.
Pas de gtmozoïcie.
Genre Ybselosoecia C^jwx Lecointre, 1933
Ybselosoecia typica (Manzoni, 1878)
Filisparsa typica Manzoni, 1878 : 10, pl. 8, fig. 30.
Ybst'losoecta typica (Manzoni) - Ganu &:
Lecointre 1933 : 162, pl. 3G figs 6-8. - Lagaaij
1952: 167, pL 20, fig. 1 a, b. - Buge 1957:75.
MaiI-RILL. — Rauville-la-Placc, la Bruinannerie 1
(Manche) : 7-8 pi, l'iiocène moyen.
Saliu-Sauvcur-lc-Vicomte, la Cîathe (Manche) : 34,5-
37 m, Pliocène moyen.
RéPARIIiKin. — Éocène et Oligocène de France.
Miocène inférieur : France (bassin rhodanien).
Miocène moyen : France (ba.ssin de la Loire),
Autriche, Pologne. Miocène supérieur : Algérie,
Maroc, Crète. Pliocène : Pays-Bas, Italie, Tunisie.
DEscRirnoN
Nous rattachons à cette espèce quelques frag¬
ments de petite taille, fragiles. Ce sont des
rameaux un peu aplatis, larges. Les tubes zoé-
ciaux sont disposés sur la face frontale en quin¬
conce ou en rangées transverses, leurs limites
sont visible.s. Sut la face dorsale on observe de
fines stries hmgitudinales et de forie.s rides trans¬
versales convexes Vers l'avant.
Gonozoïde frontal se développant entre les tubes
sans en déranger l’agencement ; œciostome non
visible.
Famille TkrVIIDAF Canu, 1918
Genre Tervia Jullicn, 1883
Tervia irre^dnris (Mcneghini, 1845)
Tîibidipora irregalans 1845 : 128.
Tervia irregulnris (Meneghini) - Canu &
Lccoinire 1933 : 178, pl. 31, figs 9-l4. - Lagaaij
1952 : [66, pl. 20, fig. 2a, h.
MAfl-Kll-].. — Remiliy-sur-Lozon. l’Angle (Manche) :
25-26 m, Pliocène supérieur.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
11
Pouyet S.
Répartition. — Éocène : Espagne, Pologne,
Hongrie. Oligocène • Allemagne. Miocène inFérieur :
France (bassin rhodanien). Miocène moyen : France
(bassin de la Loire), Autriche. Hongrie,
1 chécoslovacjuie, Roumanie. Miocène supérieur ;
Algérie, Maroc, Crcic. PIrocène ; Belgique, Pa>'s-Bas,
Italie. Plèisttocène : Italie. Actuel ; Atlantique orienta!
(du golte de Gascogne au Sénégal), Pacifique
(Australie), océan Indien, Méditerranée.
Espece des eaux tempérées chaudes de 60 à 300 m de
profondeur.
DnscRirrioN
Zoarium vinculariiformc. Tubes /oéciaux limités
par de fines .stries. Péristonies groupés sur la Face
frontale. Dorsale .avec fines lignes longitudinales
correspondant aux tubes zoéciaux. Gonozoïde
non observe.
Famille ANNECroCYMlOAE
Ha)^vard et Ryland, 1985
Genre Annectocyma Hayward et Ryland, 1985
Amtectocyma w/zyor (Johnston, 1847)
Alecto w/y'or Johnston, 1847 : 281, pl. 49. figs 3, 4,
V Probosvina major (Johnston) - Canu &
Lccointrc 1933 ; 142, pl. 27, Rg. 57.
Tiihuliponi major (Johnston) - Lagaaij 1952 :
153, pl. 17,
Diaperùeda major (Johnston) — Buge 1957 : 68.
- Harmeiin 1976 : 79, pl. 1, figs 1-11 ; pl. 2,
figs 1-9 ; pl. I 3, figs l-iü ; pl. 14, figs 1-10.
Ma iéKIHI-. — .Saint-Sauveur-le-Vicoiruc, la Gathe
(Manche) : 48-49.5 m : 49,5-52 m ; 52-54,5 m,
Pliocène inférieur.
RéPAKH IUYN. — Miocène inférieur : France (bassin
aquitain). Miocène moyen : France (bassins aquitain
er de la Loire), Autriche, fctiic. Miocène supérieur :
Algérie, Maroc, Crète. Pliocrne : Angleterre, Pays-Bas,
Tunisie, Sicile. Pléistocène : Italie. Actuel : Atlantique
oriental (de la Norvège au Ca[> Vert), Méditerranée,
Pacifique ouest (de la Colombie britannique aux
Galapagos).
Vit de 3 à 200 m de prolondctjr. Flarmelin (1976.)
do nne une disCribuiion écologique de cette espèce en
fonction des différents biotopes colonisés.
Nous renvoyons au travail de HarmcIin pour la
description de cette espèce dont nous possédons
plusieurs spécimens très bien conservés avec leur
ancestrule, les rameaux adventifs et dichoto¬
miques. Nos spécimens ne sont pas ovicellés.
Genre EntalophoroeciaWdiVvaAmy 1974
Entalophoroecia mbverticellata (Busk, 1859)
Piistulopora subverticellata Busk, 1859 : 108,
pl. 18. fig. 1.
V Ybselosoedn subvenir illata (Busk) — Canu &
Lccoiuire 1933 : 163, pl. 31, figs 1, 2.
Entalophora subverticellata (Busk) - Lagaaij
1952 : 164, pl. 19, figs 2, 3.
MaTÉRIUL. — Remilly-sur-I.o7.on, l'Angle (Manche) :
10-M m ; 19-20 m ; 25-26 m. Pliocène supérieur ;
32-33 m. Pliocène moyen.
Saiat-Georges-de-Bohnn, réserve de cha.sse de
rEnnitage 2 (Manche) : 35 m ; 39 m ; 43 ni ; 47 ni ;
49 m, P1ii>cène inférieur.
RËPARTII 11 — Miocène moyen : France (bassin de
la Loire). Pliocène : Grande-Bretagne,. Italie, Pays-Bas.
Pléistocène : Italie.
De.sc:ript(on
Zoarium vlnculariiforme, branches qTndriques,
dichotome.s, lubes zoéciaux longs, irrégulière¬
ment disposés, distinctement séparés par un
sillon, à frontale finement poreu.se.
Généralement les péristonies ont disparu sur
notre matériel. Gonozoïde non observé.
Sous-ordre CANCELLATA Grego^)^ 1896
Famille FK^HNEJUnAE Gregory, 1899
Qcme Hornera Lamouroux, 1821
Hoimera frondictiUita Lamouroux, 1821
Hornera froadlculata Lamouroux, 1821 : 41,
pl. % figs7-9.-Busk 1859 : 102, pl. 15, figs 1,
2 ; pl. 16. fig. 6. — Canu & Lccoimre 1934 :
185, pl. 35, figs 8, 9. - Lagaaij 1952 169,
pi. 21, fig. la, b.
MAIfRifl. — Remiily-sur-I.ozon. l'Angle (Manche) :
25-26 m, Pliocène supérieur ; 32-33 m ; 44-45 m,
Pliocène moyen ; 89-90 m, Pliocène inférieur.
Carentan, Saint-Julien 1 (Manche) : 14 m, Pliocène
inférieur.
12
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Saini-André-de-Bolion, le Poscj (Manche) : 26-30 m>
Pliocène moyen. I/Ange 2 (Manche) : 12-18 m,
Pliocène moyen. Esc de Roiigcville (Manche) : 22-
26 m, Pliocène moyen.
Saini-Georgcs-de-Bohon, réserve de chasse de
ELirnirage 2 (Manche) : 26 m. Pliocène moyen ;
38 m ; 39 m ; 49 ni. Pliocène inleneur,
Rauville-Ia-PIacc, la Brumannerie 1 (Manche) : 7-
8 ni, Pliocène moyen.
RéPAIVI I I ION. — Miticène moyen : France (bassin de
la Loire). Pliocène ; Fiance (bassin de la Loire),
Belgique, Pays-Bas, Angleterre.
Description
Zoarium bmnehu, irrégulier. La surface frontale
est couverte de nervi sinueux entre le.squcls se
développent les tubes zoéciatix à péristome
saillant encadrés par de^ vacuoles (au moins une
à la base et l’autre au sommet).
Dorsale plane a convexe couverte de nervis longi¬
tudinaux délimitant des sulci au fond desquels se
développent de.s vacuoles souvent allongées.
Remarque
Nous avons regroupe sous le nom de H. frondi-
dilata des spécimens qui pourraient être des
Hornera striata Milnc F.dwards, 183î^. bn effet,
tous les auteurs notent la difficulté de séparer ces
deux espèces. iVlongereau (1972) avait gardé une
seule espèce avec deux variétés ; il semble que ce
soit là une position raisonnable
Hornera reteporacea Mil ne Edwards, 1838
Hornera reteporacea Milnc Edwards, 1838 : 213,
pi. 10, fig. 2a-c. — Busk 1859 : 98, pi. 14, fig. 2.
— Canu 6(1 Lecointre 1934 : 181, pi. 35, figs 1-7*
- Buge 1957 : 95.
Matériel. — Rcmilly-sur-l ozon, PAnglc (Manche) ;
10-11 m ; 19*20 m. Pliocène .supérieur.
Saiiu-Georçe.s-de-Ruhon, réserve- de chasse de
l’Ermitage 2 (Manche) : 26 m, Pliocène muven.
Saint-Sauvçur-lo-Vicomtc, la Gathe (Manche) : 49,5-
52 m, Pliocène inferieur.
Ri^PARTITICN. — Miocène inférieur : France (bas.sin
aquitain). Miocène moyen : France (bassins de la
l.oire et aquitain). Pliocène : Angleterre, France (bas¬
sin de la Loire).
Cette espèce est relativement rare. Les orifices
sont disposés en qqinconce. Les périslomes sont
parfois très saillants. Les nervis de la face dorsale
sont saillants.
Hornera sp. A
Mm ÉRIEE. — Remilly-.sur-Lozon, l’Angle (Manche) :
10-11 m ; 12-13 m, Pliocène supérieur ; 32-33 m,
Pliocène moyen.
Sainr-Gcutges-de-Bohon, réserve de chasse de
l’Ermitage 2 (Manche) : 26 m, Pliocène moyen.
Rauville-la-Place, la Brumannerie 1 (Manche) :
7-8 m. Pliocène moyen.
DKSCRI1MK3N
Zoarium branchu, dichotome à section semi-
circulaire
Les apertures s’ouvrent en quinconce sur la partie
axiale mais latéralement sur le bord des rameaux,
elles ont tendance â s'aligner, ce qui donne un
aspect très particulier au zoariiim.
La face dorsale, plane ou faiblement convexe,
montre des vacuoles petites, arrondies ou allon¬
gées, disposées selon des lignes divergences
(dichotomes) à partir de Taxe des branches.
Remarque
La face dorsale est identique à celle de H. striata
figurée par Busk (1859, pl. 15, fig. 3a’) mais non
la face frontale.
Sous-ordre RLCIANGULATA Waters, 1887
Famille LktienopoRIDAE Smitt, 1866
Genre Lichefwpora Dcfrance, 1823
Lichenopora sp.
Matériel. — Remilly-sur-Lozon, l'Angle (Manche) :
10-11 m ; 19-20 m. Pliocène supérieur ; 44-45 m,
Pliocène moyen.
Saint-GcorgcS'de Bohon, réserve de chasse de
l'Ermitage 2 (Manche) : 59 m, Pliocène inferieur.
Saiiu-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe (Manche) : 48-
49,5 m ; 49,5-52 m ; 52-54,S m, Pliocène inférieur.
La systématique des lichénopores est particulière¬
ment difficile et complexe. Sous ce vocable nous
regroupons plusieurs espèces libres ou encroû¬
tantes, simples ou complexes. Le matériel, assez
abondant mais généralement aüse/ usé, devrait
faire l’objet d’une étude plus appiofondie.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
13
Pouyet S.
Classe GYMNOLAEMATA Allman, 1856
Ordre CTENOSTOMATA Busk, 1852
Sous-ordrc STOLONIFEIIA Ehlers, 1876
Famille fEREBRJPOHJDAl d’Orbigny, 1839
Genre Spathipùra Fischer, 1866
Spathipora sertum Fischer, 1866
Spathipom sertum Fischer, 1866 ; 309, pl. Il,
figs 4'4a. - Canu & LecoJiure 1930 : 119,
pl. 18, % 5. - Pohüwsky 1978 r 96, fig. 2A ;
pl. 18, fig. 7.
Matériel. — Sainr-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 ni, Pliocène infé¬
rieur.
Répartition. — Miocène moyen : France (bassin de
la Loire).
Le zoarium perfore les coquilles de bh'alves. Les
axes principaux donnent naissance à des axes
secondaires. Les cellules sont allongées, alternes,
courbes.
Ordre CHEILOSTOMATABusk, 1852
Sous-ordre ANASCA Levinsen, 1909
Division MALACOSTEGA Levinsen, 1902
Famille El KCTRiU/Vi: Lagaaij, 1952
Genre Hlectjn Lamouroux, 1816
Electi'a tnonostachys (Busk, 1854)
(Fig. k)
Membranipora monostachys Busk, 1854 : 61,
pl. 70, figs 1,2 ; 1859 : 31, pl. 2, fig. 2.
Electra monostachys (Busk) - Canu ôc Lecointre
1925: 12, pl. 2, fig. 6.
Matériel. — Saim Sauvcur-lc-Vicumte, la Garhe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54.5 ni, Pliocètic inférieur.
Répartition. — Miocène : France (bassins rhoda¬
nien, de la I.oirc). Pliocène : Angleterre. Italie, États-
Unis. Pléisiocène : États-Unis (Californie, Virginie,
Maryland). Actuel : occan Atlantique [de PArcüque
jusc|u‘aux îles du Cap Vert : du Massachusetts
Magellan), Méditerranée occidentale.
C est une espèce supportant des eaux faiblement des¬
salées : de 2 40 ra de profondeur (dans le golfe de
Gascogne, elle a été signalée à 180 tn de profondeur) ;
elle vit essenriellcmenL au débouché des rivières, dans
Fig. 4. ~ Electra roonostachys Busk. 1854. Salnt-Sauveur-le-
Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 49,5-52 m. Pliocène infé¬
rieur (R 62703 : LP. MNHN). x 52.
les étangs, s’installe fréquemment sur les coquilles
d'huîtres.
Description
Colonies encroûtantes, linéaires, formant des
branches bisérices.
Zoécies allongées, rétrécies à leur base.
Gyninocystc lisse développé à la base de la zoé-
cie. L'apertiirc ovale occupe une grande partie de
la zoécie.
Forte épine ittipaire médiane située à la base de
l’apertUrc, elle eSt courre.
Dans la partie antérieure, il y a une paire d'épines
assez courtes et bien recourbées au-dessus de
l’apertu rc.
Présence de zoccics rudimentaires avortées sur le
bord du zoanum.
Lz = 0,33-0,37.
Lo = 0,15-0,18.
Famille Cau.OPORIDAE Norman, 1903
Genre Callopora Gray, 1848
Callopora lineata (Linné, 1767)
(Fig* 9)
Fliistra lineata 1767 : 1301.
Callopora lineata (Linné) Canu ôè Lecointre
1925 : 22, pl. 2, figs 1,2— Buge 1957 : 1 52.
MatéUIKI . — Saint-.Sauvcur-le-Vicomte, la Garhe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m. Pliocène inférieur.
Répartition. — Éocène ; Égypte. Miocène inférieur
14
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Fig. 5. — Callopora lineata (Linné, 1767). Saint-Sauveur-le-
Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 49.5-52 m. Pliocène infé¬
rieur. (R 62706 : LP, MNHN). X 80.
er moyen : Trancc (bassin? rhodanien et de la Loire),
Pologne, Italie. Plioeene : Japon, Italie (Sicile),
Lspagne. PlcSstocèiic : Italie, Actuel : Atlantique (côtes
de G^a^dc-IUeUK^c^ France- Espagne ; Maroc),
Méditerranée (de 1 F-spaçne k la Tunisie),. Adriatique.
Sa présence dans le Pacihquc c.sr à il y a proba¬
blement eu des confusions : Paciliquo (Californie,
lapon, Alaska, Australie. NouvelIe-ZcUinde).
F,spèce considérée comme d'eaux tempérées à tempé¬
rées froides, abondante dans la zone interridale.
DH5CRlFriON
Zoarium encroûtant. Zoécies irrégulières, ovales,
nettement individualisées. Aperturc ovale entou¬
rée par un bourrelet mince porteur de huit à dix
épines.
Aviculaire rarement présent sur le gymnocyste à
la base des zoécies.
Ovicelle hyperstomialc, globuleuse, finement
granuleuse avec une area frontale faiblement dis¬
tincte.
Lz = 0,37-0,44 (0.39) > Iz = 0,22-0,27 (0,25).
Lo = 0,20-0,25 (0,23) ; lo = OJ3-OJ7 (0,15).
Remarque
Les dimensions des opésies sont plus faibles que
celles indiquées par Canu & Lccointre.
Callopora dumerili (Savigny-Atidouin, 1826)
JHustra dumerilii Savigny-Audouin, 1826 : 69,
pl. 10, fig. J2.
Membrantpora pomlkti (Savigny-Audouin) -
Busk 1859 : 32, pl. 3, fig-s 5, 6.
Callopora dumenlit (Savigny-Audouin) - Canu
&: Lecointre 1927 : 21, pl. 1, fig. 9. — Lagaaij
1952:22. pl. Mlg. 5.
MaiéRIKE. — Sainc-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) ; 49,5-52 m, Pliocène inférieur.
RÉPARiniOK. — Éocène : États-Unis, Roumanie.
Miocène inférieur et moyen : France (bassins rhoda¬
nien et de la Loire), Égypte. Pliocène : Italie,
Angleterre. Belgique, Pays-Bas, États-Unis.
Pléistocènc ; Italie. Actuel : Atlantique (de la Grande-
Bretagne à Madère), Méditerranée (F'orse, France,
Tunisie), Adriarique.
De 10 k 200 m de pn.>fondcur, surtout abondante encre
10 et 40 m. Elle semble inféodée aux eaux tempérées.
Un seul spécimen a été trouvé. Les aviculaires tri¬
angulaires, obliques, à nxsrrc aigu sont rarement
absents, ils peuvent être par paires.
Lz = 0,36-0,41 ; lz = 0,25-0,27.
Lo-0,30-032 ;lo = 0,18-0,21.
Lav = 0,17-0,21.
Famille FllANTOPORlDAE MacGillivray, 1895
Genre Trernopora Ortmann, 1890
Tremopora radicifera (Flincks, 1881)
(Fig. 6)
Fig. 6, — Tremopora radicifera (Hincks. 1881). Remilly-sur-
Lozon, l'Angle (Manche), niveau 19-20 m. Pliocène supérieur.
(R 62705: LP, MNHN).x32.
Mvmbranîpora radicifera Hincks, 1881 : 5, pl. 2,
fig. 6.
Tremopora radicifera (Hincks) - Canu &
Lccointre 1927 : 29. —Buge 1957 : 159.
Ma'I'ErïEL. — Retnilly-sur-Loïon, l’Angle (Manche) :
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
15
Pouyet S.
10-11 m ; 12-13 m ; 19-20 m ; 25-26 m. Pliocène
supérieur.
Réparti 1 ION. — Miocène moyen : Australie.
Miocène inférieur : France, Aurriclus Pologne.
Miocène supérieur : Algéne, Tunisie. Oète. Pliocène :
Espagne, Portugal» Italie, États-Unis. Actuel :
Pacifique (Philippines, Australie).
C’est une espèce d’eaux chaudes vivant de 30 à 80 m
de profondeur.
DESCRiniON
Zoarium bilamellaire. Zoécies entourées par un
cadre arrondi, lisse, fortement relevé dans sa partie
distalc. L’opésie occupe la quasi-toraliié de la zoécie.
Au sommet de la zoécie, on observe la trace de
deux grosses épines. Latéralement, trace d’un avi-
culaire ovale.
Pas d’ovicelles sur nos spécimens.
Lz = 0,60-0,70 (0,66) ; iz = 0,45-0,50 (0,48).
Lo = 0,40-0,42 ; lo = 0,28-0,33.
Remarque
Canu 6c Lecointre avaient décrit trois variétés
dans les faluns {typica, intermedia y hifoliata).
Buge les réunit dans la même espèce,
Cette espèce, répandue uniquement dans les
mers chaudes, n’existc pas dans le Pliocène des
pays nordiques.
Division COILOSTEGA Levinsen, 1902
Famille MiCROPûRiDAE Hincks, 1880
Genre Micropora Gray, 1848
Micropora parvtcella Canu et Lecointre, 1927
(Fig. 7A. B)
Micropora parvicelln Canu et Lecointre, 1927 ;
34, pl. 5, figs 6-8.- Buge 1957 : 165.
Matériel. — Saim-Sauveur-ie-Vicomrc, la Garhe,
(Manche) : 49,5-52 m. Pliocène inférieur.
Répartition. — Miocène inférieur : I rance (bassin
rhodanien). Miocène moyen : Autriche (bassin de
Vienne), Pologne, France (bassin de la Loire).
Zoarium encroûtant, Zoécies rhombiques, en
quinconce, entourées par un cadre fin, lisse, peu
saillant, formant deux petits tubercules latéraux
au niveau de la base de IVperture.
Cryptocyste déprimé, finement granuleux, perforé
Fig, 7. — Micropora parvicella Canu et Lecointre. 1927. Saint-
Sauveur-le-Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 49,5-52 m.
Pliocène inférieur. (R 62707 ; LP. MNHN), A. x 80. B. zoécies
ovicellées. x 120.
distalement par deux opésiules.
Aperture semi-circulaire à bord proximal recti¬
ligne.
Ovicelle.
Lz = 0,28-0,32 ; lz = 0,24-0,26.
Remarque
Nous possédons deux spécimens de cette espèce
caractérisée par ses faibles dimensions zoéciales.
Genre Crepû ]\x\Yvcny 1882
Crépis long{pes]\x\\\^^^y 1882
(Fig. 8A. B)
Crépis longipes ]\x\Yi^ï\y 1882 : 522, pl. 17, figs 60,
61. - Flarmelin d'Hondt 1992 : 39, pl. 3,
figs C-D.
16
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Fig. 8, — Crépis longipes Jullîen, 1882. Remilly-sur-Lozon,
l'Angle (Manche), niveau 19-20 m. Pliocène supérieur.
(R 62702 ; LP. MNHN). A. x 26. B. x 80.
— Rcinilly-sur-Lozon, l’Angle (Manche) :
19-20 m, Pliocène supérieur.
Ri-.PARTITION. — Actuel : Atlanrique nord-est.
Cette espèce n^est connue que du bathvai supérieur
(360 à 2000 m).
Notre unique spécimen correspond à la de.scrip-
tion et aux figurations des auteurs. Il n’est pas
ovicellé.
Remarque
La découverte de Povicelle par Harmelin &
d’Hondt (1992) les a conduits à classer le genre
Crépis parmi les Microporidâe. Il n’existe que
trois espèces attribuées au genre Crep/s^ toutes
trois sont des espèces actuelles dont deux indo¬
malaises. C. longipes est une espèce connue dans
le barhyal supérieur de TAtlanrique nord-est (les
citations de la région malaise sont douteuses).
C’est la première citation du genre et de l’espèce
à l’état fossile.
Genre Steraechmella Lagaaij, 1952
Steraechmella minor (Canu, 1912)
Gargantua bidens var. minor Canu, 1912 : 202,
pl. 10, fig, 20.
Gargantua faltmica Canu et Lecointre, 1927 : 33,
pl. 4, fig.s‘ I, 2.
Stemechnella minor (Canu) — Lagaaij 1952 : 40,
pl. 3, fig- 6. - Buge 1957 : 167.
SteniechmeHn sp. Rishop et Hayward 1989 : 10,
figs 31, 32.
MAtÉRlHE. — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 in. Pliocène intérieur.
REpaRTITRW. — Miocène inférieur : France (bassin
rhodanien). Miocène moyen : France (bassin de la
Loire). Pliocène : Angleterre, Pays-Bas.
Un seul spécimeu non ovicellé. Les dimensions
correspondent sensiblement h celles données par
Lagaaij.
C’est la première citation dans le Pliocène de
l’Ouest de la France.
Famille CAI.PENSIIDAE Canu et Basslcr, 1923
tîenre Calpensia]\x\\\Qn, 1888
Calpensia gracilis {Munsscu 1826)
(Fig. 9)
Fig. 9. — Cafpensia gracHis (Munster, 1826). Salnt-Sauveur-le-
Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 49,5-52 m. Pliocène infé¬
rieur. (R 62704 : LP. MNHN). Présence de deux tubercules, ils
sont coalescents sur une zoécie en bas à gauche, x 48.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
17
Pouyet S.
Cellepora gracilis Munster, 1826 in Goldfuss :
102, pl. 36. fig. 13.
V Escharü ïludegavensïs Michelin, 1848 : 329,
pl. 78, fig. II.
V Membrnnipom andegitvensis (Michelin) — Busk
1859:33, pl. 2,fig. 5.
V Calpensin nndegavensis (Michelin) — Buge
1957: 176, pl. 9, rigs2, 3.
MATÉRiEl. Saint-Sauveur-le-Vtcomte, la Gathe
(Manche) ; 49,5-52 m ; 52-54,5 ni. Pliocène inférieur.
Répartition. — Oligocène : Égypte, Italie,
Allemagne. Miocène moyen : Autriche, France (bassin
de la Loire), Tchécoslovaquie.
DESCRIin’lON
Notre matériel semble bien correspondre à
Pespèce décrite sous le nom de E. cindegcwensis
Michelin donc nous avons pu observer le type.
La différence porte sur la plu.s grande Irrégularité
des zoécic.s et la présence quasi constante de un
ou deux tubercules pouvant devenir coalescents
dans les angles inferieurs des cellules ; ce deuxiè¬
me caractère avait d’ailleurs amené Bobies à créer
une sous-espèce C gmcilis nodifera^ Sur Lholo-
type de E. and^gamisls les nodules sont présents
mais seulement à littc exceptionneL
Les mesure.s effectuées sur nos spécimens ren¬
trent dans le domaine de variabilité de C gracilis.
Il ne semble plus possible à l’heure actuelle de
distinguer des espèces par le seul critère des men¬
surations.
Famille STEGINOPORl-.Ll.iDAl Bassler, 1953
Genre Ste^naporelhi Smitt, 1873
Steginoporella bretfis punctata
Canu (TfLecoincrc, 1927
(Fig. lOA, B)
V Steginoporella pîoictata Canu et Lecoîntre,
1927:42, pl. 5, fig. I.
Steginoporella brevis var. punctata (Canu et
Lccointre) — Buge 1957 : 184, fig. 28.
V Steginoporella brevis punctata (Canu et
Lecointre) - Pouyet & David 1979 ; 770, pl. 2,
fig. 10 ; pl. 4, fig. 6.
Matériel. — Remilly-sur-Lozon, l'Angle (Manche) :
Pn 5 . 10. — Steginoporella brevis punctata Canu et Lecointre,
1927. Saint-Sauveur-ie-Vicomte. la Galhe (Manche), niveau 52-
54,5 m. Pliocène Inférieur. (R 62714 : LP. MNHN). A, x 26. B,
une zoécie B avec son auvent arrondi. Tubercules visibles, x 62.
25-26 m. Pliocène supérieur.
Sainr-Sauvcur-lc-Vicomte, la Gathe (Manche) : 48-
49,5 m : 49,5-52 m ; 52-54,5 m, Pliocène inférieur.
Réparti riON. — Miocène moyen : France (bassin de
la Loire). Pliocène : France.
Descrji’i ion
Zoarium encroûtant. Zoécies ovales, peu régu¬
lières car elles s’adaptent aux irrégularités du sup¬
port (galets, fragments de coquilles). Cadre
mince s'épaississant dans la partie distalc de la
zoécie, pouvant alors former un bourrelet assez
saillant. Opésie rransverse. Ciyptocyste déprimé
avec opésiüles arrondies.
Les zoécies B sont de plus grande raille avec
auvent sus-apertural arrondi.
Sur certaines colonies et sur certaines zoécies pré¬
sence de tubercules dans la partie distale ; ces
tubercules peuvent devenir coalcsccnts.
Zoécies A : Lz = 0,50-0.62 ; Iz = 0,32-0,39.
Zoécies B : Lz = 0,70-0,85 ; lz = 0,40-0,56.
18
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Rkmarque
Maigre la présence (non constanie) des tuber¬
cules qui n’exisrcnt pas sut l’holotypc, il ne
semble pas qin*l s’agisse d’une espèce distincte.
Ces tubercules ne sont pas sans rappeler ceux que
Ton trouve chez: Calpmsia gradlis.
Division PSEUDOSTEGA Levinscn, 1909
Famille CellARIIDAE Hincks, 1880
Genre Cellaria Ellis et Solander, 1786
Cellaria crassa Wood, 1844
(Fig. 1 lA, B)
Cellaria crassa ^ooAy 1844 : 17.
Salkornarui crassa (Wood) Busk pars 1859 : 22,
pl. 21, fig. 4 {non fig. G).
Cellaria crassa (Wood) - Lagaaij 1952 : 50, pL 4,
fig. 7. — Bishop 6c 1 (ayward 1989 ; 12, tlgs 41-43.
MATÊRini.. — Remilly-sur-Lozon-, l'Angle (Manche) ;
8-9 m : 10-11 ni ; 12-13 rn ; 19-20 m, Pliocène supé¬
rieur ; 44-4*1 ni, Pliocène moyen.
Saint-Georges-de-Bohon, réserve de chasse de PEr-
mitagc 2 (Manche) : 39 ni : 43 m. Pliocène inférieur.
Rauviiic-la-Placc, la Brumanncrie I (Manche) : 7-
8 m. Pliocène moyen.
Sainr-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe (Manche) : 52-
54,5 ni. Pliocène inférieur.
RÊrARl ITION. — Pliocène : Angleterre, Pays-Bas,
Italie ?
Description
Zoarium cylindrique. Zoécies hexagonales ou
losangiques.
Orifice cransversc, subcentral avec deux denti-
ciilcs proximaux et deux distaux.
Aviculaires intcrzocciaux ayant à peu près la taille
d'une zoccie. Grosse opesie ovale avec rostre dis¬
cal arrondi.
Ovicelle endoroïcbale : le denticule caractéris-
riqiie signalé par Lagaaij n est jamais conserv'é sur
notre matériel.
Diamètre des rameaux : 0,54-1,08 (0,76).
Lz = 0,30-0,42 (0,36) ; Iz = 0,20-0,28 (0,24).
Lav = 0,24-0,30 (0,27) ; lav = 0,18-0,25 (0,22).
Lo = 0,08 ; lo - 0,11.
Re\l\rque
Buge a décrit dans le Pliocène de Charente-
Rg. 11. — Cellaria crassa Wood, 1844. A. Saini-Georges-de-
Bohon. réserve de chasse de l'Ermitage Z (Manche), niveau
38 m. Pliocène inférieur. (R 62710 ; LP, MNHN). x 62. B,
Remilly-sur-Lozon, l’Angle (Manche), niveau 12*13 m. Pliocène
supérieur. (R 62711 : LP. MNHN). Avfculaire interzoécial. x 80.
Maritime un Cellaria tridenticulata proche de
C crassa par ses dimensions zoédales, mais sans
denticules oraux distaux et dont Eaviculaire
interzoécial est plus grand.
Cellaria Jhtidosa (Linné, 1758)
Cellaria fistulosa Linné, 1758 : 804.
Cellaria fisttdosa Auct. - Buge 1957 : 196, pl. 8,
fig. 5. - Galopim de Carvalho 1971 : 92, pl. 15,
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
19
Pouyet S.
figs 6, 7, text-fjg. 12.— Alvarez 1989 : 292, pl. 1,
figs l, 2.
MatÉRIKI- — Remill)^-sur-Lozon, l'Angle (Manche) ;
8-9 m ; 19-20 in, Pliocène -SLipcrieur ; 32-33 m ; 44-
45 m, Pliocène moyen.
Saint-Sauvcur-le-Vicomce, la üiiihc (Manche) : 48-
49*5 ni ; 49,5-52 m ; 52-54,5 m, Pliocène inferieur.
Répartition. — Oligocène : Allemagne, Italie.
Miocène inférieur : France (bassin rfiodanien).
Miocène moyen : France (bassin de la Loire),
Autriche. Miocène supérieur : Poriugal, Italie, Crète,
Algérie. Maroc. Pliocène ; Portugal, Hspagne, Italie,
Pays-Bas. Plctsiocènc ; Italie. Actuel : Atlantique,
Méditerranée. Adriatique.
Espèce cosmopolite mais absente des régions arctique
et antarctique. De 0 à 200 m de profondeur.
Description
Les aviculaires intcrzocciaux quadrangulaires ont
une opésie elliptique transverse. Leur longueur
est d’environ un tiers de celle des zoécies.
Diamètre des rameaux : 0,64-0,88 (0,75).
Lz = 0,33-0,42 (0,37) . Iz = 0,17-0,27 (0,22).
Lav = 0,11-0,15 (0,13) ; lav = 0,10-0,16 (0,14).
Remarque
En Labsencc d’aviculaires interzoéciaux, il est
souvent difficile de séparer C. fistulosa et
C. sintwsa.
Contrairement à l’opinion de Buge, les dimen¬
sions zoéciales ne sont pas sensiblement diffé¬
rentes chez les deux espèces.
Cellaria sinuosa (Hassall, 1841)
(Fig. 12A, B)
Farcimia sintiosa Ha.ssall, 1841 : 172, pl. 6,
figs 1-2.
Salicornaria sinuosa (Hassal) — Busk 1859 : 23*
pL 21, fig. 5.
Ccllaria simwsd (Flassal) - I.agaaij 1952 t 48,
pL 4, figs 4, 5. - Buge 1957 : 195* pl. 8, fig. 6. -
Alvarez 1989 : 289, pl. I, figs 3-5. - Bishop &
Havward 1989 : 12. figs 38-40.
Matériel. — Remillv-sur-Lo/on, l'Angle (Manche) :
8-9 m ; 10-11 m . 12-13 TTi ; 19-20 m. Pliocène supé¬
rieur ; 32-33 m ; 44-45 m ; 65-66 m, Pliocène moyen.
Carentan, Saint-Julien 1 (Manche) : 12-13 m,
Pliocène inférieur.
Saint-Georges-de-Bohon, réserve de chasse de
Fig. 12. — Cellaria sinuosa (Hassall, 1841). Rauvilie-la-Place. la
Brumannerle 1 (Manche), niveau 7-8 m. Pliocène moyen. A. (R
62708 ; LP. MNHN), deux avlculaires )umelés. x 120. B, (R
62709 ; LP, MNHN), zoécies avec ovtceile. x 100.
l’Frmitâge 2 (Manche) : 49 m, Pliocène inférieur.
Rauville-la-Pl.ice. la Brummanerie 1 (Manche) : 7-
8 m, Pliocène moyen.
Saint-Sauveur-le*Vicomte, la Gathc (Manche) : 34,5-
37 m. Pliocène moyen t 48-49,5 m ; 49,5-52 m ; 52-
54,5 nt, Pliocène inférieur.
RépartiJ] t)N. — Pliocène : Angleterre-, Pays-Bas,
Portugal, France (bassin de la Loire). Actuel :
Atlantique (de l'Fxrossc à Tanger). Méditerranée occi¬
dentale.
F.spècc d’eaux tempérées, de 0 100 m en
Méditerranée, pouvant aller jusqu’à 180 m dans le
golfe de Gascogne.
20
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Description
Nombreux petits internœuds cylindriques.
Zoécics hexagonales ou losangiques, séparées par
un cadre mince, saillant. Sur un meme Iragment
peuvent cohabiter des zoécies losangiques et
d’autres hexagonales.
Orifice trapéztVidal donr la base la plus grande est
située dans la partie médiane de la zoécie.
Dcnticules proximaux et distaux (une paire de
chaque) pas toujours bien conservés.
Aviculaires meerzoéciaux quadranguiaires, à
grande opésic qui, bien conserv'ée, est triangu¬
laire, dissymétrique. Ils peuvent être jumelés.
Diamètre des rameaux : 0,68-1,80 ((1,95).
Lz = 0,33-0,46 (0,38) ; Iz = 0,18-0,27 (0,21).
Lav = 0,14-0,18 (0,16) îkv = 0,15-0,20 (0,17).
Remarque
Cette espèce est la plus abondante dans nos gise¬
ments.
Genre Melicerita Milne Edwards, 1836
Melicerita charlesworthii Milne Edwards, 1836
(Fig. 13A, B)
Melicerita charlesivorthii Milne Edwards, 1836 :
26, pL12, fig. 19.
Melicerita charkiwarthii (Milne Edwards) — Busk
1859 : 70, fig. 4. - Lagaaij 1952 : 54, pl. 3,
fig. 7. — Buge 1957 : 198, pl. 9, fig. 1. — Bishop
1987:9, figs 10-12.
Matériel. — Rcmilly-sur-Lozon, l'Angle (Manche) :
8-9 m ; 10-11 m ; 19-20 m, Pliocène supérieur ;
32-33 ni ; 44-45 m, Pliocène moyen ; 89-90 m.
Pliocène inférieur.
Sainc-George-de-Bohon, réserve de chasse de
l'Ermitage 2 ^Manche) : 38 m, Pliocène inférieur.
Rauvillc-lu-PIace, liaïueau Cauvin 2 (Manche) : 8,1-
8,5 m, Pliocène supérieur. La Bruniannerie 1
(Manche) : 7-8 m, Pliocène moyen.
Sainr-Sauveur-lc-Vicomte, la Gatlie (Manche) : 34,5-
37 m, Pliocène moyen : 49.5-52 m ; 52-54,5 m.
Pliocène supérieui.
Répartition. — Pliocène ; Angleterre, Belgique,
Pays-Bas, France.
Descrirtion
Cette espèce est bien caractérisée par sa forme
zoariale : zoarium cellariiforme libre, bilamel-
Fig. 13. — Melicerita charlesworihii Milne Edwards, 1836. A,
Remilly-sur-Lozon. l'Angle (Manche), niveau 19*20 m, Pliocène
supérieur. (R 62712 : LP. MNMN). x 40. B, Rauville-la-Place,
hameau Cauvin 2 (Manche), niveau 8,1-8,5 m. Pliocène supé¬
rieur. (R 62713 ; LP, MNHN). Portion de zoarium avec avicu-
laire. x 80.
laire. Zoécies hexagonales ou rhombiques, quin-
conciales, régulières, séparées par un cadre com¬
mun, saillant.
Orifice subccntral, semi-circulaire, à bord inférieur
convexe, avec deux forts dcnticules proximaux fai¬
sant fiice à deux dcnticules distaux plus petits.
Aviculaires inicrzoéciàux dispersés sur le zoarium,
irréguliers, avec une ouverture falciformc.
Ovicelle endotoïchale visible par son orifice
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
21
Pouyet S.
arrondi au-dessus de Taperture.
Lz = 0,35-0,38 (0,37) ; Iz = 0,25-0,34 (0,29).
Lo = 0,08 ;lo = 0,19.
Lav= 0,22 ; lav = 0,15.
Remarqua:
Espèce caractéristique du Pliocène, elle na jamais
été signalée dans l’Helvétien du bassin de la Loire.
Division CELLULARINA Smitt, 1867
Famille SCRUPOCREI.AR1IDAE Levinsen, 1909
Genre ScriipocelUiria Van Beneden, 1845
Scrupocellaria sp.
MaTÉRIE!.. — Saint-Sauvcur-Ic-Vicomre, la Gathe
(Manche) ; 14,5-17 m, Pliocène supérieur.
Description
Quelques petits fragments unisériés ite compor¬
tant jamais plus de cinq zoécies. Area ovale.
Gymnocyste bien développé dans la partie proxi¬
male. Aucune trace d'épines. Un aviculaire latéral
petit, saillant. Pas d'aviculaire frontal.
Vibraculaire dorsal.
Pas d’ovicelle.
Ri-:marque
Les ScrnpoceUarui sont toujours difficiles à déter¬
miner chez les fossiles car plusieurs caractères
spécifiques sont liés à la présence d'un nombre
défini d'aviculaires à la biiurcation. Busk (1859)
a bien signalé un S. scruposa dans le Pliocène
d’Angleterre, mais il n’avait qu’un seul spécimen
et la détermination est douteuse.
Sous-ordre ASCOPHOR/\ Levinsen, 1909
Famille CRJBRIt.lNlDAE Hincks, 1880
Genre Cribritina 1848
Cribrilina gaihensis n.sp.
(Fig. i4A-D)
Fig. 14. — CribrUina gathensis n^sp. Sainl-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 49,5-52 m. Pliocène inférieur. (R 62715 :
LP, MNNN). A, X 100. B, x 120. C, les trois épines orales sont nettement visibles. Noter la présence des aviculaires latéraux entre la
première et la deuxième paire de cosîules, x 160. D. ovicelle avec protubérance médiane, longitudinale et les deux épines
orales, x 146.
22
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Hoi.OTYPF.. — l.c spccirnen figuré Fig. 14A'D, R
627Ï5 (LP, MNHN).
Dériva riü nominis. — Du nom du gisement.
Locus TYPICUS. — Saint-Sauveur-Ie-Vicomce, la
Gathe (iManche).
.Stratum T\TICUM. — Pliocène inférieur.
MatéRIEU — Saint-Sauveur-lc-Vicomie, la Gathe»
(Manche) : 49»5-52 m ; 52-54,5 m, Pliocène inferieur.
Description
Zoarium encroùtaitr. Zoécies arrondies, dis¬
tinctes, séparées par de profonds sillons. La paroi
frontale est constituée de sept à neuf costules à
talon très saillant. Présence de lacunes entre les
côtes, elles sont surtout bien nettes dans la zone
périphérique.
Orifice secondaire semi-circulaire avec bord infé¬
rieur légèrement convexe. Présence de troi.s
épines chez les zoécies non ovicellées : une
médiane et deux latérales ; ces épines sont
courtes et fortes. Chez les zoécies oViccllécs, il ne
subsiste que les deux épines latérales qui sc col¬
lent contre rovicolle.
Grosse ovicellc procininentc, plus longue que large,
avec une protubérance frontale longitudinale.
Présence inconstante de deux petits aviculaires
horizontaux, triangulaires à bec orienté vers
Pexterieur, situés immédiatement sous la premiè¬
re paire de côtes.
Lz = 0,28-0,33 (0,31) ; Iz = 0,22-0,25 (0,24).
lov = 0,16-0,19.
Remarque
C. giithemis est bien caractérisée par ses épines
courtes et épaisses, par la position de ses avicu¬
laires (quand ils existent), situés sous la première
paire de côtes.
En 1994. Bishop a révisé les espèces de
Crihtilina et ColLirinii du domaine nordique. Il a
ainsi refiguré et redécrii C. mucronatu Canu et
Lccointre, 1925, du Miocène moyen de l’Ouest
de la Erance, présente aussi dans le Pliocène de
Grande-Bretagne. Le.s dirnensions zoéclales sont
proches mais C. gtithtnsh ne montre pas de
mucron sous-àpertural. I^a présence constante de
troi.s épines (ou deux chez les zoécies ovicellées),
la position des aviculaires, Poviccllc carénée diffé¬
rencient nettement les deux e.spèccs.
C ayptooecîum Norman, 1903, également pré¬
sente en Normandie cr en Grande-Bretagne, a des
zoécies plus grandes, seulement deux épines orales
et les aviculaires latéraux sont adjacents à l'orifice.
Genre Jullien, 1886
Puellina aff. innominnta (Couch, 1844)
LepTillia hinominata Couch, 1844 : 1 l4, pL 22,
fig. 4. - Busk non 1859 : 40, pl. 4, fig. 2.
Cribrilarin hinominata (Couch) - Harmelin
1970 84, figs Id-f 2 ; pl. l, figs 4-6. — Bishop
1986 : 96, figs 1-8. — Bishop & Househam
1987: 33, figs 50-58.
Mailriel. — Saint-Sauveur-Ie-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m, Pliocène inférieur.
Rï-EAKn iTlON. — F.Ilf C.SI diflkile ;i ciublir en raison
des multiples confu.sions avec C. nidtata. Actuel :
d'après [es travaux de Bi.shop & Hou.seham (1987), ü
semble que Fespcce soit limitée à rAtiantique NFL
Vil depuis 5 rn de proJondeiir jusqu’à 120 m en
Médîcerr.inéc, mais beaucoup plus profondément
ailleurs, Espèce eurytherme.
Description
Nous avons de rares colonies sur des bivalves.
Zoécies de forme très variable, généralement
subovales. Le gymnocyste est souvent peu déve¬
loppé dans la parcLc proximale. La frontale est
constituée de quatre paires de costules saillantes
convergeant vers le centre et formant un umbo
saillant, conique. Le^' deux premières co.srules For¬
ment un triangle avec lacune. Orifice semi-
circulaire à bord proximal droit et cinq épines
orales. Grosse oviccllc hyperstorniale avec carène
longitudinale. Absence d’aviculaires.
Remarque
Notre matériel se caractérise par fumbo central
bien développé, la petite taille des zoécies (Lz
0,28-0,35 ; lz = 0,22-0,28) et fabsence totale
d’aviculaires.
Famille HlPPOTHOlDAE) Levinsen, 1909
Genre Hippotboa Lamouroux, 1821
Hippothoa distans MacGillivray, 1869
Hippotboa distans MacGillivray, 1869 ; 130 -
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
23
Pouyet S.
Buge 1957:213.
Hippothoa flagellum (Manzoni) - Canu &
Lecointrtr 1928 : 52» pl. 10, fig. 3.
MAl l-.Rini.. — Rauville-ia-Piacc, liamcaii Cauvin 2
(Manche) ; 9.2-10.7 m. Pliocène supérieur.
Rp.rAR'l i riON. — Existerait dès l'Oligocène. Actuel :
cosmopolite. En raison des confusions entre plusieurs
espèces, cette répartition est très aléatoire.
Description
Un seul .spécimen de conservation médiocre
encroûtant iitie huître. Zoécies unisériées, allon¬
gées, prolongées par un stolon pas très long.
Frontale bombée laibicment carénée avec
quelques rides transversales. Orifice subcirculaire
avec sinus peu maajué.
Nous n’avons observé ni ovicellcs, ni zoéciules.
Remarque
En 1952, Brown met en synonymie H. distans
Mac Gillivray et H. flagellum Manzoni. Plus
récemment Hastings (1979) et Gordon (1984)
maintiennent deux espèces disrincres. Il est clair
que bon nombre de citations doivent être révi¬
sées, de niulriples confusions ayant eu lieu.
Haploponia gtanifei'um (Johnston, 1847)
(Fig. 15)
FiQ 15 — Hüpiopoma graniferum 1847). Saint-
Georges-de Bohon, réserve de chasse de TErmitage 2
(Manche) niveau 45 m. Pliocène inférieur. (R 62732 : LP.
MNHN). Portion de zoarium avec zoécies ovicellées L’ovicelle a
une carène médiane, x 52.
hexagonales, à frontale convexe, translucide, avec
nombreux petits pores ; elle forme généralement
un umbo sous-apertural qui porte Fascopore sur
la partie interne.
Apertiire .semi-circulaire. Sur certaines zoécies
présence de deux faibles proéminences latérales à
la base de l’aperrure.
Oviccllc de grande raille, egalement perforée et
parfois avec une carène médiane.
I.z - 0.50-0,68 (0,60) ; Iz = 0,34-0,43 (0.38).
La = 0,08-0,09 ; la = 0,12-0,14.
Lüv = 0,38 ; lov = 0,37.
Lepralia geanifera ]o\\miow, 1847 : 309, pl. 54,
fig-7.
Haplopoma graniferum (Johnston) - Lagaaij
1952 : 61, pl. 5. fig. 2. - Bi.shop ik Hayward
1989 : 16, figs 55-56.
MATÉRlkl. — .Saint-Georges-de-Bohon, réserve de
chasse de l'Ermitage 2 (Manche) : 33 m ; 37 m ;
39 m ; 45 m, Pliocène inferieur.
Saint-Sauveur-le-Vicomtc, la Guthe (Manche) : 49,5-
52 m î 52-54,5 m. Pliocène inférieur.
RÉPARTinoN. — Pliocène : Ang^lctcrrc, Pays-Bas.
Actuel : Atlantique (côtes de Grande-Bretagne,
France), Méditerranée occidentale.
C’est une espèce qui se rencontre dans les cinquante
premiers mcfre.s. souvent fixée sur des algues ou des
gastropodes, balaiies, etc.
Descri rnoN
Zoarium encroûtant formant de petites plages
plus ou moins circulaires. Zoécies allongées,
Remarque
Uapcrcure des zoécies ovicellées est plus grande
que celle des zoécies normales.
Famille Umbonui.iDAK Canu, 1904
Genre Umfjonula H'mcks, 1880
Umbomila megastoma (Busk, 1859)
(Fig. 16)
Lepralia megastoma Busk, 1859 : 55, pl. 8, fig. 5.
Umbonula megastoma (Busk) — Lagaaij 1952 :
91, pl. 9. fig. 3. - Bishop 1987 : 14, figs 32, 3.3.
MATERIKI.. — Saint-Sauveur-le-Vicomrc, la Gathe
(Manche) : 48-49,5 m, Pliocène inférieur.
RhPARnTJON, — Pliocène : Angleterre, Belgique,
Pays-Bas.
24
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Fig. 16. — Umbonula megastoma (Busk, 1859). Saint-Sauveur-
le*Vicomte, la Gaîhe (Manche), niveau 48-49,5 m. Pliocène infé¬
rieur. (R 62718 ; LP. MNHN). x 66.
Nos rares spécimens semblent correspondre à
l’espèce décrite dans le Pliocène d'Angleterre et
des Pays-Bas, bien que les pores aréolaires soient
peu nets.
Lz = 0,43-0,50 ; 1/ = 0,30-0,35.
La = 0,12 ;la= 0,12-0,14.
Remarque
Mis à part une citation douteuse dans le Miocène
du bassin rhodanien, c’est une espèce du Pliocène
atlantique (Angleterre, Pays-Bas, Portugal).
Genre Hippopleurifera Canu, 1927
Hippopleurifei'a sedgwicki
(Milne Edwards, 1836)
(Pig. 17)
Eschara sedgwicki Milne Edwards, 1836 : 330,
pl. 10, fig. 5 — Busk, 1859 : 67, pi- 10, fig. 1.
Hippopleurifera sedgiotcki (Milne Edwards)
- Lagaai) 1952 : 93, pL 8, fig. 6, pl. 9,
fig. 4. - Buge 1957 : 265. - Bishop 1987 : 17,
figs 37-39.
MatHriei.. — Remilly-sur-Lozon, l'Angle (Manche) :
1-1) ni ; 10-11 ni : 19-20 ni, Pliocène supérieur;
65-66 m. Pliocène moyen.
Saint-Gcorges'dc-Bohon, réserve de chasse de
l’Ermitage 2 (Mandie) : 39 in, Pliocène inférieur.
Sainr-André-de-Bohoiu est de Rougeville (Manche) :
25-26 m, Pliocène moyen,
Répartition. — Néogène : Maroc. Miocène
inférieur : Portugal, France (bassin de la Loire).
Miocène moyen : Autriche, France (bassin de la
Loire). Miocène supérieur : Maroc. Pliocène ;
Angleterre, Belgique, Portugal, Espagne, ’Funisie,
France.
Descriptjtw
Zoarium bilamellaire. Zoécies bordées par une
rangée de gros pores aréolaires et recouvertes par
un trémocysce à gros porcs.
Aperture plus longue que large dont le poster
concave est séparé de Panter par deux condyles. Pc-
ristome mince porranr une paire d’epines distalcs.
Petit miicron devant rapernirc.
Latéralement, de chaque côté de laperture, pré¬
sence d’un avicillaire arrondi à allongé. L’un des
deux (rarement les deux) peut se développer for¬
tement.
Il peut y avoir en plus un aviculaire frontal, cen¬
tral, sous le mucron.
Fig. 17. — Hippopleurifera sedgwicki (Milne Edwards. 1836).
Remilly-sur-Lozon. l’Angle (Manche), niveau 1-11 m. Pliocène
supérieur. (R 62724 ; LP. MNHN). PeÜt aviculaire fronial pré¬
sent. X 80.
Remarque
Les deux épines sont constantes. Uaviculaire
frontal est très fréquent.
Famille SCHIZOPOREI.I.IOAE Jullien, 1903
Genre Schizoporella Hincks, 1877
Schtzoporella patula Hayward c/ Ryland, 1995
(Fig. 18A, B)
Schizoporella patula Flayward et Ryland, 1995 :
GEODiVERSITAS • 1997 • 19(1)
25
Pouyet S.
Fig. 18. — Schizoporella patula Hayward ef Ryland, 1995.
Sainî'Sauveur-le-Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 52-
54,5 m. Pliocène inférieur. A, (R 62726, LP, MNHN). Empreinte
de l’ovicelle. x 80. B, x 160.
42, pl. 4.
Schizoporella unicornis (Reuss) - Canu &
Lecointre 1928 : 71, pl 11, %. 12.
Schizoporella unicornis (Reuss) — Lagaaij 1952 ;
65, pl. 5, fig. 7.
Schizoporella dunkeri (Reuss) - Ryland 1968 :
538, figs 2, 3 B. — Bishop & Hayward 1989 : 18,
figs 67-69.
Matérifl. — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Garhe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m, PÜotc’iic inférieur.
RëpARTITIüN. — Elle doit être revue en loncrion de la
remarque ci-dc.ssous. Miocène moyen : Prancc (bas.sin
de la Loire). Pliocène : Angleterre, Belgique, Pays-Bas.
Actuel : Atlantique oriental (de la Norvège au détroit
de Gibraltar), MéUilcnaitée.
Espèce esseniicllement boréale.
Description
Zoarium encroûtant formant des plages circu¬
laires. Zoécies quinconciales, convexes, séparées
par de profonds sillons. La frontale est bordée
par une rangée de porcs aréolaires puis recouverte
d’un trémocyste à pore.s irréguliers et étirés elle
s’élève en un umbo pointu face au sinus aperru-
ral. Aperture terminale avec un ancer scmicircu-
laire plus large que long, séparé du poster en
forme de IJ par deux forts condyles. Aviciilaire
oral soit unique soit par paires, situé au niveau de
l’aperturc, saillani, triangulaire, oblique, la man¬
dibule étant dirigée discalement et vers l’exté¬
rieur. Grosse ovjcclle hypersromiale ne subsistant
que sous forme de trace.
Lz = 0,59-0,77 (0,64) ; Iz = 0,40-0,48 (0,44).
lo = 0,13.
Remarque
Lors de la révision des schizoporelles britanniques,
Hayward & Ryland (1995) ont démontré i|ue 5.
dunkeri (Reuss, 1848) craie synonyme de S, longi-
rostris Hincks, 1886. Ils ont donc créé plu.sicurs
espèces nouvelles en se ftmdant seulement sur du
matériel actuel. Notre matériel .semble bien corres¬
pondre à S, patida mais les zoécies sont moins
laigcs cr nous n avons aucune ovicclle intacte.
I! .semble absolument nécessaire de poursuivre
l’oeuvre de I layward èé Ryland en réexaminant le
materiel tertiaire,
Gtme: Arthroporna Levinsen, 1909
Arthropoma diS. cecilii (Savigny-Audouin, 1826)
Flustra cecilii Savigny, 1826, pl. 8, fig. 3.
- Audouin : 239.
M.MÊKIEL. — Saint'Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m, Pliocène inférieur.
RëPARTITION.— Miocène : Floride. Pliocène : Sicile,
Japon, Nouvelle-Zélande. Pléistocène : Californie.
Acmel : Atlantique, Méditerranée, Pacifique.
Espèce cosmopolite sauf dans les mers froides et tem-
pcrces froides.
Description
Zoarium encroûtant. Zoécies assez régulières,
peu convexes dont la frontale est uniformément
perforée de petits pores, avec un petit umbo
médian sous-apertural. Aperture terminale semi-
circulaire. ?! bord proximal rectiligne eneaillé par
un sinus étroit et arrondi. Un péristome mince
26
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
entoure la partie distale de Taperture.
Lz = 0,64-0,73 ; Iz = 0,36-0,43.
La (sans sinus) = 0,11 ; la = 0,12-0,13.
Remarque
Nous n avons qu’un seul spécimen non ovicellé. La
présence d’un péristome mince encadrant Tapcrtu-
re est un airactère non signalé, pour cela nous ne
pouvons affirmer la totale similitude avec ^4. cedlii.
Genre//er^«//Vr Gray, 1848
Herentia (Herentia) hyndmanni
(Johnston, 1847)
Lepralia hyndmanni Johnston, 1847 : 306,
pl. 54, fig. 6.
Mastîgophora hyndmanni (Johnston) — Canu &
Lecoinire non 1930 : 110, pl. 9, fig. 13. - Buge
non 1957:234.
Matériel. — Sainr-Sauveur-lc-Vicoimc, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m, Pliocène inférieur.
Répartition. — Miocène supérieur : Maroc, Crète.
Pliocène : Italie. Plëistocène : Italie, Actuel :
Atlantique oriental (de LBcosse h Madère),
Méditerranée occidentale, mer Egée.
Trouvée en Méditerranée dans de.s grottes entre 10 et
20 m de profondeur, c’est une espèce généralement
plus profonde, fréquente entre 200 et 600 m, plus rare
entre 60 et 100 m.
Le seul spécimen récolté présente les caractéris¬
tiques de l’espèce : frontale lisse avec quelques
gros porcs aréolaires ; aperture avec petit sinus
profond ; vibraculaire latéral.
Remarque
L’espèce, décrite dans les faluns miocènes du bas¬
sin de la Loire, est en réalité Herentia (Therenia)
falunica (voir David & Pouyet 1979).
Genre Schizotnavella Canu et Bassler, 1917
Schizonuivella auriciilata (Hassall, 1842)
Lepralia auriculata Hassall, 1842 : 4l 1.
Lepralia botverhankania Bush, 1859 : 50, pl. 7,
fig. 4.
Schizomavclla auriculata (Hassall) — Canu ôé
Lecointre 1928 : 76, pi. 10, figs 11-13. — Lagaaij
1952 : 72, pl, 6, fig. 6. — Buge 1957 : 238
- Hayward & Thorpe 1995 ; 663, pl. 1-
Maikkiei.. — RauvilIc-la-Place, hameau Cauvin 2
(Manche) : 10,7-12 m, Pliocène supérieur.
Ri 9*ARI rrtON. — Miocène inférieur : France (bassins
aquitain et rhodanien), Portugal. Miocène moyen :
France (ba.ssin de la l.oire)> Portugal. Miocène supé¬
rieur : Algérie, Maroc. Pliocène : Italie, Grande-
Bretagne, Pays-Bas, Belgique, Espagne. Pléistocène :
Italie. Actuel : Atlantique (du Spitzberg aux Açores),
Méditerranée (ouest) ?
Vit de 0 à 200 m de profondeur ; c’est une espèce
euryrherme.
Nous avons trouvé un unique spécimen assez
médiocrement conservé.
Famille HlPPOPORlNIDAE Bassler, 1935
Hippoporina 1895
Hippoporinnpertusa {Es.^cr, 1797)
(Fig. 19A, B)
Cellepora pertusa Esper, 1797 : 149, pl. 10,
figs 1, 2.
Hippoporina pertusa (Esper) — Lagaaij 1952 : 78,
pl. 7, fig. 3. “ Bishop 1987 : 10, figs 20, 21.
MatéRILL, — Rauville-la-Placc, hameau Cauvin 2
(Manche) : 9,2-10,7 m, 10,7-12 m, Pliocène supérieur.
Reparu DON. — Pliocène : Belgique, Angleterre,
Panama, Tunisie. Pléistocène : Venezuela. Actuel :
Atlantique (de PArctique à la Floride, de la Grande-
Bretagne à l'Afrique (Cap Vert), Pacifique (Californie,
Australie, Nouvelle-Zélande, Japon), Méditerranée
occidentale, Adriatique.
Espèce cosmopolite récoltée entre 10 et 100 m de pro¬
fondeur,
DE.SCTUPTION
Zoariiim encroûtant. Zoécies assez irrégulières,
séparées pat un sillon. La frontale est un trémo-
cyste à pores irréguliers. Orifice primaire avec bord
proximal concave entouré par un péristome mince,
lisse^ se dé\'eloppaiu nettement latéralement.
Présence sporadique d'un aviculaire latéral, près
de l’aperture.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1}
27
Pouyet S.
Fig. 19. — Hippoporina pertusa {Esper. 1797). Rauvüle-la-
Place, hameau Cauvin 2 (Manche), niveau 9,2-10,7 m. Pliocène
supérieur. (R 62728 ; LP. MNHN). A, x 40- B. ovicelles, x 100.
Ovicelle hyperstomiale, saillante, irrégulièrement
perforée, les pores étant souvent plus nets sur la
périphérie.
Genre Buffonellaria Canu Bassler, 1917
Buffonellarîa divergem (Smitt, 1873)
(Fig. 20)
Hippotboa divergem Smitt, 1873 : 47, pi. 9,
figs 177, 179.
Stephanosella btapertu (Michelin) - Lagaaij
1952:74, pl. 6,fig- 8.
Buffonellaria divergem (Smitt) — Ryland 1969 :
220. — Havward Rvland 1979 : 204, fig. 86. -
Bishop 1987: lOaigs 17-19.
MATÉRit-l. — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m, Pliocène inférieur.
Répartition. — En raison de la confusion entre
Fig. 20. — Buffonellaria divergeas (Smitt. 1873). Saint-Sauveur-
le-Vicomte. la Gathe (Manche), niveau 49.5-52 m. Pliocène infé¬
rieur. (R 62731 : LP. MNHN). x 160.
B. divergem et S. hiaperta, In répartition ne doit pas
être considérée comme complète et définitive.
Pliocène : Angleterre, Pays-Bas, Belgique. Actuel :
Atlantique (cotes anglaises et bretonnes, Bermudes),
Méditerranée occidentale (de flialie au Maroc).
DUSCRIPIRîN
Zoarium encroûtant. Zoécies ovales, générale¬
ment peu convexe.s, séparées par des sillons peu
marqués. Frontale lisse à pores marginaux indis¬
tincts, s'élevant en un petit mucron devant
rapermre. Orifice primaire avec sinus prolond,
en forme de U, avec deux condyles latéraux nets.
Peristome mince. Absence d'épines. Généra¬
lement un aviculaire latéral oral à mandibule tri¬
angulaire dirigée proximalcmcat. U y a rarement
deux aviculaircs oraux. Quelques zoécies possè-
denr un aviculaire « géant » triangulaire, très
saillant, toujours à orientation proximale.
Ovicelle proéminente, sphéru]ue, avec une aréa
frontale plane limitée par un filet saillant et avec
des porc.s allongés radiaires. Lovicelle s’ouvre
dans la péristomie.
Lz = 0.38-0,47 (0,44) ; Iz = 0,28-0,36 (0,33).
La = 0,09-0.1 I ; la = 0,09-0,10.
Remarque
Il semble y avoir eu de multiple,s confusions
entre Stephanosella hiaperta et Bufflniellaria diver-
gens. Ryland en 1969 met en évidence les carac-
tériscic|ue.s des deux espèces. Il serait nécessaire de
revoir la plupart des attributions a S. hiaperta
dont malheureusement le type semble avoir dis¬
paru des collections du Muséum.
28
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Genre Bujfonellodes SixAnày 1928
? Bujfonellodes incisa (Reuss, 1874)
V Lepralia mcisa Reuss, 1874 : 168, pl. 3, fig. 4.
Bujfonella incisa (Reuss) — Canu L-ecointre
1925 : 63, pl. 12, fig. 7. - Buge 1957 : 220.
Matériel. Remüly-sur-Lozon, l'Angle (Manche) ;
19-20 m, Pliocène supérieur.
Süint-Sauveur-lc-Vicomrc, la Garhe (Manche) : 49,5-
52 m, Pliocène inferieur.
REPARTi riON. — Miocène inférieur : Portugal, France
(ba.ssin rhodanien). Miocène moyen : Autriche,
France (bassin de la Loire), Portugal. Miocène supé¬
rieur : Algérie, Maroc. Pliocène : Espagne.
Description
Zoarium encroûtant. Zoccics très nettement indi¬
vidualisées, convexes, courtes, à frontale lisse.
Aperaire terminale très caractéristique : anter
semi-circulaire, poster concave entaillé par une
rimulc arrondie ; deux forts condylcs séparent
l'anter et le poster. Le péristome mince porte la
trace de quatre épines. Aviculaire Frontal non
constant, rare, situé latéralement, légèrement en
dessous de la rimvde, il est triangulaire» dirigé vers
1 extérieur et placé sur un avicellaire très saillant.
Ovicelle lisse, hyperstomiaJe, à frontale aplatie.
Remarque
La présence d’épines et les dimensions plus
petites nous font douter de l’attribution réelle à
cette es-pèce bien que les autres caractères soient
identiques.
Genre HippadenellaG^nn efBassler, 1917
Hippadenella deshayesi (Milne Edwards, 1836)
(Fig. 21A, B)
Eschara deshayesi Milne Edwards, 1836 : 331,
pl. 10, fig. 4.
Hippadenella deshayesi (Milne Edwards) — Canu
ôd Lecoincre 1928 : 77, pl. 18, figs 1-3- — Buge
1957 ; 249.
Matériel. — Remilly-sur-Lozon, l’Angle (Manche) :
19-20 m ; 25-26 m, Pliocène supérieur.
Fig. 21. — Hippadenella deshayesi (Milne Edwards, 1836).
Remilly-sur-Lozon, l’Angle (Manche), niveau 25-26 m. Pliocène
supérieur. (R 62722 ; LP. MNHN). A, x 40. B, x 80.
Répartition. — Miocène inférieur et moyen : France
(bassins rhodanien et de la Loire).
Description
Zoarium bilamellaire. Zoécies elliptiques, sépa¬
rées par un profond vsillon. Frontale très convexe
couverte par un plcumcyste bordé de gros pore^
aréolaire.s allongés séparés par de.s costulcs.
Grande aperture avec deux condyles très nets
séparant un anter deux fois plus grand que le
poster à bord concave. Péristome peu saillant.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
29
Pouyet S.
Aviculairc frontal à orifice arrondi. Chez
quelques zoécics, il est très dévelop|>é> spatulé»
occupant une grande partie de la frontale.
Grosse ovicelle hypcrsromiale, lisse.
Lz = 0,5(v(),H3 (0,68) ; Iz = 0.33-0,42 (0,38).
lov = 0,29.
Remarque
Cette espèce n a pas été signalée dans le domaine
nordique (Angleterre, Pays-Bas).
Famille Exochfxeidae Bassler, 1935
Genre Escharoides Milne Edwards, 1836
Escharoides coccinea (Abildgaard, 1806)
Cellepora coccinea Abildgaard, 1806 : 30, pl. 146,
figs 1, 2.
Peristornella coccinea (Abildgaard) — Canu &
Lecointre 1930 : 88, pl. 19, figs 8-10.
iVLvrÉRJEl. — Remilly-sur-Lozon, l’Angle (Manche) :
10-1 1 m. Pliocène supérieur.
SainC'Sauveur-!c-Vicomtc, la Gathe (Manche) : 52-
54,5 m, Pliocène inFérieuf.
Répartition. — ÉocènC'; États-Unis, France (bassin
de Paris), Italie. Oligocène ; Allemagne, Italie, Etats-
Unis. Miocène inférieur : France (basvsin rhodanien).
Miocène moyen : France (bajjsio de la Loire),
Autriche, Roumanie, Pologne, Tunisie. Miocène
supérieur : Algérie, Maroc, Crère. Pliocène : Portugal,
Italie (Sicile), Espagne, Tüni.sie. Pléisrocènc : Italie
(Sicile). Actuel : Méditerranée occidenialc, Adriarique,
Atlantique oriental (du Spiezbergà Madère).
De 0 à 300 m dans des eaux tempérées froides ou
chaudes, abondante dan.s les cent premiers mètres.
Cette espèce est très rare dans notre matériel. Les
aviculaires sont très petits et ne sont pas présents
sur toutes les zoécies.
E. coccinea ne semble pas exister dans le domaine
nordique.
« Escharoides » infiindibulata (Busk, 1859)
V Lepralia infundibuLita Busk, 1859 : 54, pl. 8,
fig-4.
Escharoides infandibulata (Busk) — Lagaaij 1952 :
88, pl. 8, fig. 4.
« Escharoides » infitndibulata (Busk) — Bishop &
Hayvvard 1989 : 26. figs 107, 108.
MATÉRirt.. — Saini-Sauvcur-lc-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m, Pliocène inférieur.
Répartition. — Pliocène : Angleterre, Pays-Bas,
Belgique, Portugal.
Descri PTK3N
Le pcTistome formant un manchon assez épais
encourant l^apermre qui présence ici deux petits
condylcs-, et Povicellc récumbente s ouvrant dans
la péristomie nous font attribuer deux spécimens
à cette espèce. Les dimensions sont identiques à
celles que nous avons pu mesurer sur le lectorype
(BM, B 1677).
Lz = 0,70-0,80 (lectotype 0,67-0,74) ; lz = 0,48-
0,53.
La = 0,11-0,13; la = 0,13-0,15.
Lov = 0,30 ; lov = 0,36-0,40.
Famille MlCROPORELUD.AE Hincks, 1880
Genre Microporella Hincks, 1877
Microporella ciliata (Pallas, 1766)
Eschara ciliata Pallas, 1766 : 38.
Microporella ciliata (Pallas) - Canu ôc Lecointre
1928 : 61, pl. 7, fig. 6. - Lagaaij 1952 : 76, pl. 7,
fig. I.
Microporella ? ciliata (Pallas) — Bishop &
1 ïayward 1989 : 22, figs 90, 91.
Matériel. — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 48-49,5 m ; 52-54,5 m. Pliocène infe¬
rieur.
RÉPAKT'mON. — Oligocène : Allemagne. Miocène
inferieur : Portugal, France (bassin rhodanien).
Miocène moyen : France (bassins du Rhône, de la
Loire), Autriche, Italie. Miocène supérieur : Algérie,
Maroc, Crète. Pliocène : Angleterre, Pays-Bas,
BeJgu^ue, lapon, Italie, Tunisie, Nouvelle-Zélande.
Pléisroccnë : Italie, États-Unis (Virginie). Actuel :
Atlantique orient-il et occidental, Méditerranée,
Pacifique (Japon, Nouvelle-Zélande, Galapagos).
Espèce cosmoprtliie tant dans les temp.s fossiles que
dans ractuch elle vit dans les eaux tempérées à tempé¬
rées froides, de 0 h 660 m de profondeur.
Aisément reconnaissable, cccte espèce e.st rare
dans notre matériel.
30
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Genre Catloporina^cVimu 1895
Calloporina parvtcelln Canu et Bassler, 1930
Calloporinapanncella Canu et Bas^sler, 1930 : 48
V Calloporina decorata (Rcuss) — Canu & Lecoin-
tre 1928 : 61, pl. 7, fig. 8. - Buge 1957 : 262.
Matf.rif.l. — Soint-Gei>rge*î-dc-Bc'lion, réserve de chas¬
se de rErmitage 2 (Manche) : 35 ni. Pliocène inférieur.
Saint-Sauveur-le-Vicomte, la (hithe (Manche) : 49,5-
52 m. Pliocène inférieur.
RfPAKiTnON. — Miocène moyen : France (bassin de
la Loire).
Description
Zoarium encroûtant, Zoécies hexagonales bor¬
dées d’une rangée de pores aréolaires, pouvant
être recouvertes par un trémocysic à gros pores
irréguliers. Apcrturc semi-circulaire avec six
épines. Généralement un seul aviculaire latéral
long et mince. Ascopore proéminent.
Lz = 0,45-0,48 ; Iz = 0,37-0,44.
Lav = 0,19-0,20.
Remarque
Par ses dimensions plus faibles, cette espèce se
différencie de Calloporina decoratn (Reuss).
Famille Escharellidae Levinsen, 1909
Genre Escharella Gray, 1848
Escharella octodentata (FFincks, 1880)
(Fig. 22)
Miicronella peachi var. p (octodentata) FFincks,
I880:361,pl. 51,fig. 2.
Escharella immersa var. octodentata (Füncks) —
Gautier 1962 : 218.
Escharella octodentata (Hincks) — Flayward &
Ryland 1979 : 142, fig. 55.
MAlT.RfFI. — Sainr-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m, Pliocène inferieur.
REJ’ARTrnON. — Actuel : Atlantique nord-oriental,
(de la Norvège au nord de l'Espagne), Méditerranée
occidentale.
Cette espece supporte le.s eaux froides et vit en
Méditerranée entre 85 et 200 m de profondeur.
Fig. 22. — Escharella octodentata (Hincks. 1880). Saint-
Sauveur-le-Vicomte. la Gathe (Manche), niveau 49,5-52 m.
Pliocène inférieur. (R 62719 ; LP. MNHN). x 80.
DESCUrPTION
Zoccies avec frontale finemenr granuleuse et
petits porcs arcolaircs souvent indistincts.
Aperture avec lyrule plate et deux petits condyles.
Le péristome s'élève en un petit mucron pointu
devant l’aperture. Présence de huit épines qui
subsistent meme si la zoccie est ovicellée. De
petite raille, roAÛccüe est rccumbente.
Lz= 0.45-0,55, Il = 0,32-0,38.
11 semble que cette espèce n ait jamais été citée à
l’état fossile.
Escharella immersa (Fleming, 1828)
Berenieva immersa Fleming, 1828 : 533.
Lepraliapeachi Busk pars 1859 : 48, pl. 5, figs 6-
8 (non pl. 6, fig. 4).
Escharella immersa (Fleming) - Lagaaij non
1952 : 104, pL 11, fig. I (= Escharella n.sp.
d’aprè.s BisKop et Hayward 1989 : 32, figs 129-
131). - Hayward & Ryland 1979 : 138, fig. 53.
MaIÊRIHU — Rauville-!a-Place, la Brumannerie 1
(Manche) : 9,2-10,7 m, Pliocène moyen.
Sainr-Saiivcur-lc-Vicomtc, la Gathe (Manche) : 49,5-
52 m ; 52-54,5 ni, Pliocène inférieur.
RHPAR*nTt(JN. — Pliocène ; Angleterre. Actuel :
Atlantique nord (côtes britanniques et américaines).
C’est une espèce d’eaux tempérées froides.
Descripuon
Zoarium encroûtant. Zoécies irrégulières.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
31
Pouyet S.
convexes. Frontale lisse bordée d'une rangée de
pores arcoUires allongés, séparés par des costules.
Aperiure avec lyrule plate et large. Périsrome
avec six épines orales, formant un petit mucron.
Grosse ovicelle plus large que haure.
Lz = 0,4îï-0,48 ; iz = 0,30-0,34.
Remarque
Espèce assez rare dans le Pliocène de Normandie,
elle semble cependant bien correspondre à fespèce
de Fleming.
Escharelln aff. reussiana (Busk, 1859)
v Lepralia reussiana Busk, 1859 : 53, pl. 8, fig. 2.
Mucronelta reussiana (Busk) — Canu & Lecointre
non 1930 : 99, pl. 19, fig. 7 (= EscharelLt ventri-
cosa Hassall tav. parva Duge 1957)-
Escharella reussiana (Busk) - Lagaaij 1952 : 108,
pl. 11, fig. 4. — Bishop Ha)^ard 1989 : 32,
figsl32,E33.
Mai ÉIUEI . — Saint-Georges-de-Hohon. réserve de chasse
de fErmîtage 2 (Manche) ; 35 in. Pliocène inférieur.
RépAR rrnoN. — Miocène supérieur : Algérie, Maroc.
Pliocène : Cirande-Bretagne, Pay.s-Bas.
Description
Un unique zoarium encroûtant la valve interne
d’un bivalve ; il ne comprend quune dizaine de
cellules dont plusieurs sont incomplètes car bri¬
sées. Les zoécies .sont distinctes, prolondément
séparées par des sillons. La Irontalc est un oloeyeste
lisse bordé d’une rangée de petits pores aréolaires
arrondis, réguliers. L'aperture est rransverse avec
une lyrule occupant les deux tiers de la largeur
du bord proximal. Péristome mince entourant
r'apeiTure avec deux épines distales. Grosse ovi¬
celle un peu plus haute que large avec une rangée
de petits pores tout autour.
Lz = 0,65-0,90 ; 1/ = 0,42-0,45.
Lov = 0,35 ; lov = 0,33'.
Remarque
Notre spécimen ressemble au spécimen du
British Muséum n° D 6786 par la quasi-totalité
des caractères y compris les dimensions ; il en
diffère par la présence d'épines orales. Par ce der¬
nier caractère, il pourrait se rapprocher de
E. variolosa mais la forme des pores aréolaires,
l’ovicelle, tout comme les zoécies, sont beaucoup
plus saillantes et les dimensions zoéciales sont
plus petites chez. E. tairiolosa.
Escharella vaHolosa (Johnston, 1838)
Lepralia variolosa Johnston, 1838 : 278, pl. 34,
fig. 4. - Busk 1859 : 48, pl. 4, figs 4, 8 ; pl. 8,
fig. 8.
Muvronella variolosa (Johnston) - Canu Ôé
Lecointre 1930 : 98.
Escharella variolosa (Johnston) - Lagaaij 1952 :
107, pl. II. fig- 3. - Buge 1957 : 279. - Bishop
1987: 18, figs 50, 51.
MatERIFJ.. — S;unt-Sauveur-ie-VicomLi.s h Gaihe
(Manche) : 49,3-*>2 m, Pliocène inférieur.
Répartition. — Miocène supérieur : Algérie ?,
Maroc. Pliocène : Angleterre, Pay.s-Bas. Belgique,
Espagne, Italie (Sicile). Pléisrocène: Italie. Actuel :
Atlantique orienra! (de la Grandc-Brciagne aux côtes
du Maroc), Méditerranée, Adnaiiquc.
Vh dans des eaux lempérccs de 10 à 200 m. Ixi cita¬
tions dans la nier de Barents sont erronées, Ü semble que
cctrc espèce ne dépasse pas le sud de la mer du Nord.
RhMARQUE
Cette espèce est très rare dans notre marériel.
Dans les faluns du bassin de la Loire, son existen¬
ce n’est pas prouvée (voir Buge 1957).
La présence d une (rarement deux) rangée de gros
pores aréolaires, de deux à quatre épines péristo-
mialcs, d\in petit mucron sous-apertural, d’une
lyrule, d'une grosse ovicelle bordée d’aréoles sont
les traits qui caractérisent cette espèce.
EscharelLi ventricosa Hassall, 1842,
parva Buge, 1957
Escharella ventricosa var. parva nov. Buge, 1957 :
283.
Mucronella reussiana (Busk) — Canu & Lecointre
1930:99, pL 19. fig. 7-
MatI'RUL. — Saint-Sauveur-le-Vicomce, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m, Pliocène inférieur.
Ri4Wn nON. — Miocène moyen : France, bassin de
la Loire.
32
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Description
Zoarium encroûtant. Zoécies peu régulières, sub-
hexagonales, séparées par un mince fiIec saillant.
Frontale peu convexe constituée par un pleuro-
cyste finement granuleux, bordée d'une rangée
de porcs aréolaires subarrondis.
Aperture terminale semi-circulaire avec lyrule
plate .sur son bord proximal. Péristome mince
portant trois à cinq épines sur son bord distal et
constituant une lèvre s'élevant en un petit rostre
sur son bord proximal. Ovicelle inconnue.
Lz = 0,50-0,53 ; Iz = 0,34-0,40.
La = 0,07-0,08; la = 0,11-0,13.
Famille SmïTTINIDAE Levinsen, 1909
Genre Simitina Norman, 1 903
Smittina cervicoimis (Pallas, 1766)
Millepora cervicornis Pallas, 1766 : 252.
Porella cervkornu (Pallas) — Lagaaij 1952 : 97,
pl. 10, figs3,4.-Buge 1957 : 271, pl. ll,fig. 4.
Smittina cervicornis (Pallavs) ~ Bishop & Hayward
1989:28, figs 114-116; 30, figs 117-118.
Mati-riri,. — Remilly-sur-Lozon, TAngle (Manche) :
1 à 11 m : 25-26 m, Pliocène supérieur.
Rf PARTITION. — Miocène inférieur ; h'rance (bassins
aquitain et rhodanien). Miocène moyen : France (bas¬
sin de la Loire), Ponugal, Egypte, Auirichc, Pologne,
Tchécoslovaquie, Libye. Miocène .supérieur : Algérie,
Maroc, Belgique, Italie. Pliocène : Algérie^ Tunisie,
Espagne, Portugal, Italie, Pays-Bas. Pléistocène : Italie.
Actuel : Atlantique (du golfe de Ga.scogne au Cap
Vert), Mediterranée.
Espèce abondante en Méditerranée de -12 à -150 m
dans les fonds détritiques et coralligèncs.
Description
Zoarium adéoniforme, en petites frondes arron¬
dies. Zoécies indistincres. Péristome avec un petit
aviculaire s’ouvrant dans la péristomic.
Nos spécimens sont très usés.
Genre Smittoidea Osburn, 1952
Smittoidea reticulata (MacGillivray, 1842)
Lepralia reticulata MacGillivray, 1842 : 467.
Smittina reticulata (MacGillivray) — Canu &
Lecointre 1930 : 94, pl. 21, figs 1-4. — Lagaaij
non 1952 : 94, pl. 9, fig. 5.
Matériel. — Saint-Sauvcur-Ie-Vicomte, la Garhe
(Manche) : 49,5-52 in, Pliocène inférieur.
RF'PARriTlON- — Miocène inférieur : France (bassin
rhodanien). Miocène moyen : France (bassins rhoda¬
nien, de la Loire). Autriche, Italie. Miocène supé¬
rieur : Algérie. Pliocène : Espagne, Italie (Sicile).
Pléistocène : japon. Actuel : Ailantiqi.»c (de l’Arctique
aux îles du Cap Vert), Méditerranée (Adriatique, mer
Egée), Pacifique (côtes nord-américaines, Japon,
Philippines).
Description
Zoarium encroûtant. Zoécies allongées, sub-
rectanguUires, bordées de gros pores aréolaires.
Péristome mince, triangulaire, échancré dans sa
partie proximale.
Aviculaire frontal dans le prolongement de
l’échancrure péristomiale, triangulaire, lé bec
étant dirige vers la partie proximale de la zoécîe.
Il est soit rectiligne, soir légèrement oblique.
Ovicelle globuleuse légèrement aplatie, finement
perforée.
Smittoidea cf. gibbera
(Canu Lecointre, 1925)
(Fig. 23)
Fig. 23 — Smittotaea cf. gibbera Canu et Lecointre, 1925.
Saint-Sau^eur le Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 49,5-
52 m. Pliocène intérieur- (R 62720. LP. MNHN). x 120.
V Smittina gibbera Canu et Lecoiturc, 1925 : 96,
pl. 19, figs l, 2 : pl. 20, figs 1-3. — Buge 1957 :
275.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
33
Pouyet S.
Matériel. — Saint-Sauveur-Ie-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m, Pliocène inférieur.
Répartition. — Miocène moyen : France (bassin de
la Loire).
Description
Zoarium encroûtant. Zoécies alternes, séparées
par un sillon ; la frontale est un pleurocyste
bordé de gros porcs arcolaircs. Présence devant
Paperturc d'un umbo avicularicn. Apercure avec
deux fortes cardcllcs et une lyrule bien individua¬
lisée. Périsrome mince, pouvant être bien latéra¬
lement développé. Ovicellc hyperstomiale, ne
subsistant que sous la forme d’une empreinte.
Lz = 0,46-0.52 (0,49) : Iz = 0,28-0,34 (0,30).
La = 0,11-0.12 ; la = 0,10.
Remarque
Nous avons suivi Buge qui, sur ses étiquettes
manuscrites, a attribue les spécimens à S. gibhera.
Après avoir observé le matériel-type, nous notons
les différences suivantes : cardelles présentes et
pores aréolaires plus gros.
Smittoidea sp.
Matériel. — Saint-Sauveur-Ie-Vicomte, la Gathe
(Manche) ; 52-54,5 rn. Pliocène inférieur.
Description
Un seul spécimen encroûtant. Zoécies très irré¬
gulières rectangulaires à subhexagonales, séparées
par un filet saillant. Frontale plane bordée de
pores aréolaires allongés et faiblement granu¬
leuse. Aperture terminale avec petite lyrule et
minuscules cardelles. Péristome mince avec un
très petit aviculaire arrondi dans Téchancrure.
Pas d’ovicelle.
Lz = 0,75-0,82 ; lz = 0,47-0,58.
La = 0,15-0,17; la = 0,17-0,19.
Gmrt Rharnphostomella voi\ Lorenz, 1886
Rijamphostomella bugei n.sp.
(Fig. 24A, B)
Holotype. — Spécimen figure Fig. 24A, B ; LP,
MNHN (Paris) R 62727.
Locus TVPICUS. — RauvilIc-la-Place, hameau
Cauvin 2 (Manche).
Fig. 24. — Rhamphosfomella bugei n.sp. Rauville-la-Place,
hameau Cauvin 2 (Manche), niveau 12-13,5 m. Pliocène supé¬
rieur. (R 62727, LP. MNHN). A. x 40. B, x 80.
Stratum tyt^icum. — Pliocène supérieur.
DerivaTIO NOMINIS. — En hommage à Émile Buge
pour ses travaux sur le Néogène de POuest de la France.
L')iACNOSE. — Rhàrnpbostomella blIameÜairc. La fron¬
tale est un trémocy^ste. Aviculaire përistomien triangu¬
laire de grande taille.
Matériel. — Rau\'ille-ia-Place, hameau Cauvin 2
(Manche) : 12-13,5 m. Pliocène supérieur.
Description
Zoarium bilamellaire. Dams les parties jeunes du
zoarium, les zoécies sont distinctes, alternes ;
dans les parties âgées, on ne distingue plus leurs
contours, le crémocystc devient très irrégulier.
Aperture semicirculairc cachée au fond du peri-
stome qui présente une échancrure et en face un
gros aviculaire triangulaire à bec saillant, talon
arrondi, latéral par rapport à l’axe du péristome.
Ovicelle inconnue.
34
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Lz = 0,50-0,67 ; Iz = 0,27-0,30.
L (péristome) = 0,12-0,15 ;
1 (péristome) = 0,16-0,20.
Remarque
Lagaaij (1952 : 102) a décrit un Rhamphosto-
mella elgevensis n.sp. que Bi.shop & Hayward
( 1989 : 32) rangent provisoirement dans le genre
Rhamphosmittinct Hayward er Thorpe, 1988, en
raison de la présence d'une lyrule.
Le genre Rhitmphostomelia est actuellement limité
aux zones tempérées froides. Les formes fossiles
sont essentiellement limitées au domaine nord-
américain (Eocène-üligocène), au Priabonien
d’Italie.
Une révision des espèces de Rhamphostomella
semble nécessaire car certaines sont probable¬
ment à ranger dans Rhamphosmittina.
Famille MargaRETTIDAE Harmer, 1957
Genre Margaretta 1843
Margai*etta aff. cereoides
(FJlis er Solander, 1786)
(Fig. 25A, B)
Cellaria cereoides Ellis et Solander, 1786 : 26,
pl. 5, figs B-E.
Ttibucellaria cereoides (Ellis et Solander) — Canu
& Lecointre 1930 : 91. pl. 8, fig. 10. — Buge
1957: 284, pl. 10.% L
Matériel. — Rauville-la-lMace, hameau Cauvin 2
(Manche) : 12-13,5 ni, Pliocène supérieur.
Répartition. — Rocène : France, Espagne, Italie.
Oligocène : Allemagne, /\utriche^ Pologne, Italie,
États-Unis. Miocène inférieur : France (bassin rhoda¬
nien), Italie, Egypte. Miocène moyen ; France (bassin
de la Loire), Autriche, Pologne, Roumanie, Libye,
Égypte. Miocène supérieur . Russie, Algérie, Maroc,
Crète. Pliocène ; Iralie, Rliodes, Panama. Pléisrocène :
Italie. Actuel : Atlantique occidental (Golfe du
Mexique) et nord oriental (lies du Cap Vert, Madère),
Mediterranée, mer Rouge, océans Pacifique et Indien.
Cette espèce vit dans âcs eaux chaudes à tempérées
chaudes de 10 h 90 m de profondeur.
DRSCRJPnON
Trois fragments ont été trouvés dans un seul gise¬
ment. Zoariiim bilamellaire, aplati. Zoécies en
Fig. 25. — Margaretta aff. cereoides (Ellis ef Solander, 1786).
Rauville-la-Place. hameau Cauvin 2 (Manche), niveau 12-
13,5 m. Pliocène supérieur. (R 62721 ; LP. MNHN). A, x 32.
B.xlOO.
rangées alternes, longues, à frontale couverte de
gros trémopores irréguliers. Péristome saillant,
tubuleux, cannelé, souvent brisé. Ascopore rare¬
ment visible, légèrement saillant. Nos spécimens
difïerent de la M. cereoides classique par un zoa-
rium aplati et non circulaire. Il s’agit peut-être
d'une espèce nouvelle mais nous avons trop peu
de matériel.
Famille ReteporidaE Smitt, 1867
Genre ReteporeUa Bush, 1884
(= Sertella ]\x\\\cny 1903)
Gordon (1984) considère que Reteporella est
synonyme de Sertella, il a donc priorité. Nous
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1}
35
Pouyet S.
renvoyons à son travail pour cette discussion
générique.
Reteporella septentrionalis (Harmer, 1933)
Sertella septentrionalis Harmer, 1933 620.
Retepora cellulosa (l.inné) — Busk 1859 : 74,
pl. 12, fig. 1. - Canu & Lecointre 1930 ; 103,
pl. 13, figs 1-2.
Sertella cellulosa (Linné) - Lagaaij non 1952 ;
113, pl.. 12, flg. 2a, h (= Sertella ? sudbournensh
Gautier, d’apres Bishop et Hayward, 1989 : 36,
figs 148-154).
Matériel. — Remilly-sur-Lozon, l’Angle (Manche) :
1 à 11 m ; 10-1! m : 19-20 m ; 25-26 m, Pliocène
supérieur ; 44-45 m. Pliocène moyen.
Saint-GeorgeS'de-Bohon, réserve de chasse de
]’Ermirage2 (Manche) : 35-39 m, Pliocène inférieur.
Répartition. — Miocène inférieur : France (bassin
rhodanien), MiocèiU- moyen î France (bassin de la
Loire), Autriche, Roumanie, JWogne, Libye. Miocène
supérieur : Algérie, Maroc, Crète. Pliocène : Italie,
Angleterre, Rhodes, l'unisie, Espagne. Pléistocène :
Italie. Acrue! ; Atlantique nord-oriental (de la Norvège
aux Açores), Mediterranée, océan Indien.
Espèce répandue dans les eaux froides de 1 à 450 m de
profondeur.
Description
Zoécies disposées en rangées alternes, les limites
zoéciales sont parfois bien nettes (zoécies hexago¬
nales). Frontale lisse, peu convexe.
Péristome avec pseudospiramen et petit avicu-
laire.
En plus il peut y avoir des petits aviculaires fron¬
taux.
Dorsale convexe avec vibices réticulées, les avicu¬
laires sont souvent nombreux, petits et arrondis.
Ovicelle non observée.
Reteporella sp.
Matériel. — Remilly-sur-Lonzon, l’Angle
(Manche) ; 19-20 m, Pliocène supérieur ; 32-33 m ;
65-66 ni, Pliocène moven.
Carentan. Saint-Julien 1 (Manche) ; 12-13 m,
Pliocène iniérîeur.
Saint-Georgcs-dc-Rohon, réserve de chasse de
l’Ermitage 2 (Manche) : 38 m, Pliocène inférieur.
Saint-André-de-Bohon, est de Rougevillc (Manche) :
26-30 m, Pliocène moyen.
Saint-Sauvcur-lc-Vicomte, la Garhe (Manche) : 48-
49,5 m ; 52-54,5 m. Pliocène inferieur.
De nombreux spécimens sont beaucoup trop
usé.s pour être déterminables : le.s caractères zoé-
ciatix sont dérniirs.
Sous ce terme nous regroupons du matériel
appartenant sans doute à plusieurs espèces.
Genre Schizoretepora Gregory, 1893
Schizoretepora notopacljys (Busk, 1859)
(Fig. 26)
Fig. 26. — Schizotelepora notopachys (Busk, 1859). Remilly-
sur-Lozon, l'Angle (Manche), niveau 19-20 rn. Pliocène supé¬
rieur. (R 62729 : LP, MNHN). Face dorsale avec un grand
avtculaire triangulaire, x 32 .
Retepora ïunopachyshmk^ 1859 : 76, pl. 12, fig. 4.
Schizoretepora notopachys (Busk) - Lagaaij non
1952 : 114, pl. 12, fig. 3 (= Sertella sp. R d’après
Bishop et Hayward, 1989 . 38, figs 155'159) er
pl. 13, fig. I (= Senellitl sp. d'après les mêmes
auteurs).
MAlt.ftJtK — Remilly-sur-Lozon. l’Angle (Manche) ;
10-11 m ; 19-20 m. Pliocène .supérieur ; 44-45 m.
Pliocène moyen.
Saint-Georees-de-Bohon, réserve de chasse de
l’Erniicage 2 planche) : 39 m ; 47 m. Pliocène iniéricur.
Répartition. — Cette espèce est caractéristique du
Pliocène, elle a été trouvée en Grande-Bretagne et au
Portugal.
Description
Les fenêtres du zoarium sont étroites. Les zoécies
36
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
sont disposées en rangées alternes, leurs limites
sont peu visibles. La frontale est lisse, peu
convexe avec parlois deux pores arrondis dans sa
partie proximale. Orifice primaire avec sinus.
Péristorne peu ou pas développé. Il peur y avoir
un aviculairc Irontal central, assez piaéniinenc,
avec rostre triangulaire arrondi. ÜvicelJe profon¬
dément immergée. La face dorsale du zoarium
est épaisse, convexe, elle porte des vibices irrégu¬
liers. Il y a fréquemment un grand aviculaire
dans Pangle des ienêtres (Lz - 0,35-0,42) dont le
rostre na pas d'orientation préférentielle ; cet avi¬
culaire est assez enfoncé, son bec est effilé, rétré¬
ci. En plus de ce grand aviculaire se rencontrent
de petits aviculaires arrondis dont le nombre est
très variable.
Remarque
Le fort épaississement de la dorsale ne semble pas
être un caractère constant.
Famille Aof.ONIDAE Jullien, 1903
Genre Reptadeonella Busk, 1884
Reptadeonella violacea (Johnston, 1847)
Lcpralia john.ston, 1847 : 325, pL 57,
fig. 9. — Busk 1859 : 43, pl. 4, fig. 3.
Adeona tdolacea (Johnston) - Lagaaij 1952 : 117,
pl. 13, fig. 6 ^
Adeona heckeli (Reuss) — Canu &: Lecointre
1928:55,pl-7, fig. 13.
Reptadeonella heckeli (Reuss) - Bishop
Ha)^ard 1989 : 40, figs 166-168.
MatêRIEE. — Saini-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 48-49,5 m ; 49,5-52 m ; 52-54,5 m,
Pliocène inférieur.
RËPvXRi rriüN. — Miocène moyen : France (bassin de
la Loire), Autriche, Roumanie, Pologne, Etats-Unis.
Pliocène : France (bassin de la Loire), Belgique,
Angleterre, Pays-Bas, Italie, RhodcvS, Portugal, États-
Unis. Pléistocène ; ïtalic. Actuel : Atlantique (de la
Grande-Bretagne aux Iles du Cap Vert, Brésil),
Pacifique (Californie), A-^lécliterranée.
Vit dans les eaux chaudes et tempérées chaudes de 30
à 260 m de profondeur.
Description
Zoarium encroûtant.
Zoécies subhexagonales à frontale lisse bordée
d’une .série de poi'cs aréolaires actondis pouvant
être séparés par des cosrules. Ascoporc central fai¬
blement étiré transversalement. Présence d'un
aviculaire frontal, médian, situé entre ['ascoporc
et Taperturc, triangulaire, dirigé dtstalemcnt.
Aperrure semi-circulaire à bord inférieur recti¬
ligne. Péristorne saillant surtout distalemciu. On
peut oKserver, dans les angles inférieurs, de nom¬
breuses zoécies et la présence d'un pore arrondi
considéré par certiiin.s auteurs comme une keno-
zoécic.
Lz = 0,45-0,63 (0,56) ; lz = 0,25-0,35 (0,30).
La = 0,07-0,08 ; la = 0,09-0,10.
Lav= 0,12-0,19.
Remarque
Nous avons un spécimen dont les dimensions
zoécialcs sont un peu plus élevées et dont Pavicu-
lairc est très saillant, ce qui donne un aspect par¬
ticulier au zoarium. Il s'agit peut-être d’une
variété.
Malgré les affirmations de Bishop & Hayward
(1989) et après un nouvel examen du matériel
du b-as.sin de Vienne (Autriche), il ne nous
semble pas possible de séparer les espèces heckeli
de Reuss et violacea de Johnston. Nous mainte¬
nons la synonymie des deux espèces.
Genre Schizostomella Canu et Bassler, 1927
Schizostomeîlet sp. Bishop, 1987
(Fig. 27A, B)
Schizostomella sp, Bishop, 1987 ; 21, figs 52-56.
V Eschara socialis Busk, non 1859 : 131, pl. 22,
%•
Schizostomella socialis (Busk) — Lagaaij 1952 :
120, pl. 20, figs 4, 5, 7, 8.
MArtRItl. — RaiivilIe-la-Place, hameau Cauvin 2
(Manche) : 9,2-10,7 ni. Pliocène supérieur.
Reparution. — Pliocène ; Angleterre, Pays-Bas.
Description
Zoarium bilamcilaire. Zoécies allongées, rétrécies
dans leur partie proximale, séparées par un sillon
et bordées de gros pores aréolaires.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
37
Pouyet S.
Fig. 27. — ScWzostomeHa ■6p. Rauvi!le-!a-Place, hameau
Cauvin 2 (Manche), niveau 9,2-10,7 m. Pliocène supérieur.
(R 62716 ; LP. MNHN). A. portion de zoarium aveczoécles nor¬
males eî génésles, x 40. B. x 80.
Aperture avec rimulc étroite, nette. Pcristome
mince, circulaire ou allongé. Présence d'un ou de
deux aviculaires frontaux, arrondis II y a fré¬
quemment une protubérance ou gibbosité sur la
frontale. Les génésies sont grandes, saillantes,
avec deux gros pores symétriques ; Taperture est
transverse.
Remarqua
Les Schizostomella sont malaisés à déterminer en
raison de leurs très grandes variations zoéciales.
Le matériel désigné comme type de S. socialis
Busk (D 6872) est très mal conservé et nous sui¬
vons Topinion de Bishop admettant quMI est dif¬
ficile de rapporter le matériel de Lagaaij à
l’espèce de Busk. Proche de S. gibbosa Canu,
191 5, les zoécies semblent plus courtes et moins
gibbeuses.
Famille MetrarabDOTOSIDAE Vigneaux, 1949
Genre Metrarabdotos Canu, 1914
Metrarabdotos moniliferum
(Milne Edwards, 1836)
Eschara monilifera Milne Edwards, 1836 : 327,
pL 9, fig. 1. — Busk 1859 : 68, pi. 2, fig. 8 ;
pL 11, fjgs 1-3.
Triganopora monilifera (Milne Edwards) — Buge
1957: 301, pl. Il, figs5, 6.
Metrarabdotos moniliferum (Milne Edwards) -
Bishop 1987;21,figs 57, 58.
MATI'RIEL. — l'Icmilly-sur'Lozon, l’Angle (Manche) :
8-9 ni ; 10-11 ni ; 19-20 ni ; 25-26 ni. Pliocène supé¬
rieur ; 32-33 ni ; 44-45 m. Pliocène mo)'eti.
Saini-Georges-dc-Bohon. réserve Je chasse de
rF.nniiagc 2 (Manche) : 15 m. Pliocène inférieur;
26 m ; 33 ni. Pliocène moyen ; 37 m ; 39 m ; 'ïl m ;
43 m ; 45 m ; 47 m.
Saint-André-de Bohon. est de Rougeviile (Manche) :
18-22 ni ; 22-26 m ; 26-30 in, Pliocène moyen.
La Bréchollei'ie (Manche) ; 19-2^1 m, Pliocène supé¬
rieur. Rauville-la-Place, hameau C.iuvin 2 (Manche) :
9,2-10,7 m. Pliocène .supérieur.
Saint-Sauveur-le'Vicomte, la Gathe (Manche) :
34.5 m-37 m, Pliocène moyen ; 48-49,5 ni ; 52-
54.5 m, Pliocène inférieur.
Rr PARTITION. — Miocène moyen ; Autriche.
Miocène supérieur : France, Algérie. Pliocène :
Portugal, Angleterre, Lunisie, Maroc, Angleterre,
Pay>.-Ras,. Belgique Pléistocène ,■ Italie (Sicile).
Dans sa révision, Cheetham (1968 r 107) a considéra¬
blement réduit l’extension de cette espèce.
Description
Nombreux petits fragments soit très usés, soit
bien conservés.
Grande variabilité de.s aviculaires oraux : il y en a
deux, généralement de petite caille, le rostre diri¬
gé vers la partie proximale de la zoécic ; dans
quelques cas l‘un des deux aviculaires devient très
grand.
Gonozoïde très rare, sa frontale est finement per¬
forée, non costulée.
Metrarabdotos elegans
Buge Galopim de Carvalho, 1963
(Fig. 28)
Metrarabdotos elegans Buge et Galopim de
Carvalho, 1963 : 162, text-figs 13, 14 ; pl. 1,
figs 3, 4.
38
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Fig. 28. — Meirarabdotos elegans Buge et Galopim de
Carvalho, 1963. Saint*André*de-Bohon. est de RougeviHe
(Manche), niveau 26-30 m. Pliocène moyen. (R 62723 : LP,
MNHN). x40.
Matériel. — Raids, village des Gardinières
(Manche) : 16-20 m ; 22-28 m, Pléistocène ancien.
RemÜly-sur-l.ozon^ l’Angle (Manche) : 10-11 m ; 19-
20 m, Pliocène supérieur ; 32-33 m. Pliocène moyen.
Saint-Georges-de-Bohon, réserve de chasse de
rErmitagc 2 (Manche) i 26 m, Pliocène moyen ;
33 m ; 35 m ; 49 m. Pliocène inférieur.
Saint-André-dc-Bohon, est de Rougevilk (Manche) ;
7,5-9 m ; 12-15 m, Pliocène inférieur ; 18-22 m ; 22-
26 m, Pliocène moyen.
Le Bosq (Manche) : 26-30 m. Pliocène moyen.
Rauville-la-Place, la Brumannerie (Manche) : 7-8 m,
Pliocène moyen.
Description
C’est surtout Porientation des aviculaires oraux
qui caractérise cette espèce et permet sa détermi¬
nation. Les deux aviculaires sont obliques, leurs
becs dirigés vers Porifice ; ils sont souvent
inégaux en taille.
Les zoécies pisciformes sont prédominantes.
Absence de gonozoécies sur nos spécimens.
Remarque
AL elegans est une espèce uniquement pliocène.
Famille CheiloporiNIDAE Bassler, 1936
Genre Tremoschizodina 1921
Trernoschizoditm cauvinensis n.sp.
(Fig. 29A> B)
Holotype. — Le spécimen figure Fig. 29, R 62718
(LP, MNHN).
DerIVATIO NOMINIS. — Du nom du gisement.
Locus TYPICUS, — Rauville-la-PIace, hameau
Cauvin 2 (Manche).
Stratum 7YPk:uM. — Pliocène supérieur.
Matériel. — Rauville-la-Placc, hameau Cauvin 2
(Manche) ; 10,7-12 m ; 12-13,5 m, Pliocène supérieur.
Fig. 29. — Tremoschizodina cauvinensis n.sp. Rauville-la-Place,
hameau Cauvin 2 (Manche), niveau 10.7-12 m. Pliocène supé¬
rieur. (R 62717 : LP. MNHN). A. x 52. B. x 120.
Description
Zoarium bilamellaire. Zoécies alternes, pisci¬
formes allongées, séparées par un mince filet
saillant ; leur frontale est plane et constituée par
un trémucyste granuleux à pores irréguliers.
Uorifice primaire est .subcirculaire, à bord proxi¬
mal entaillé par une rimule arrondie, très nette.
Le pérlstome est mince, li.sse, peu saillant. De
très nombreuses zoécies ont un aviculairc frontal
subhorizontal, .situé dans la moitié supérieure de
la zoécie ; il est triangulaire, le bcc dirigé vers
l’extérieur. Üvicelles rares, cndozoéciales, for¬
mant un bourrelet au-dessus de Papercure.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
39
Pouyet S.
Lz = 0,65-0,81 (0,73) ; Iz = 0,26-0,30 (0,28).
La (sans sinus) = 0,09-0,1 1 ; la = 0,12-0,14.
Remarque
Dans les parties âgées de la colonie, les limites
zoéciales s^estompent, mais la forme de Taperture
reste toujours le meilleur caractère de reconnais¬
sance.
Certaines zoécies montrent un pore latéral plus
développé.
T cauvinensis diftcre de T. pisciformis par la
forme de la rimule, le péristome mince et les
dimensions plus faibles. Après avoir vu le type de
Duvergier, nous pouvons aftlrmer que le matériel
décrit dans la vallée du Rhône nappartient pas à
T. pisciformis (Duvergier, 1920). Celui décrit
dans l’ouest de la France est également différent
et demanderait une révision.
Famille PhyiacTUI LIDAE Canu et Bassler, 1917
Genre PhyUctella Hincks, 1879
Phylactella labrosa 1854)
Lepralia labrosa Busk, 1854 : 82, pl. 92, figs 1-3.
Alysidota labrosa (Busk) - Busk 1859 : 26, pl. 22,
fig. 7.
Matériel. — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Ciathe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m. Pliocène infé¬
rieur.
Répartition. — Pliocène : Angleterre, Italie. Actuel :
Atlantique oriental (îles britanniques, Espagne).
Espèce sublittorale, vivant de 14 à 30 m.
Description
Zoarium encroûtant. Zoécies fortement convexes
et séparées par de profonds sillons ; elles sont dis¬
posées en rangées linéaires. La Irontalc est régu¬
lièrement ponctuée, une rangée de petits pores
aréolaires arrondis a pu être observée. L’aperture
est subquadrangiilairc avec deux petits condylcs.
Elle est entourée par un péristome bien dévelop¬
pé, évasé, incomplet au sommet de l’orifice. Pas
d’ovicclles sur notre matériel.
Lz = 0,50-0,56 ; lz = 0,30-0,44.
Remarque
Décrite par Busk dans le Pliocène d’Angleterre,
elle n’a été retrouvée ni dans le Pliocène de
Belgique ni dans celui des Pays-Bas.
Genre Perigastrella Canu et Bassler, 1917
Perigastî'ella labiatula Canu et Lecointre, 1930
(Fig. 30)
FiG- 30-— Perigastrella labiatula Canu ef Lecoinire. 1930.
Saint-Sauveur-le-Vicomte. la Gathe (Manche), niveau 49,5-
52 m Pliocène inférieur. (R 62730 ; LP. MNHN). x 62.
V Peiigushrlla labiatula Canu ci Lecointre, 1930 :
108, pl. 21, fig. 6. - Buge 1957 ; 316.
Matériel. — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 49,5-52 m ; 52-54,5 m, Pliocène infé¬
rieur.
Rééar'ITI ion, — Miocène moyen r France, bassin de
la Loire.
Description
Zoarium encroûtant. Les zoécies forment des
branches de deux à six séries, elles sont convexes,
séparées par un profond sillon. La frontale est
finement granuleuse, bordée d’une rangée de très
petits porcs aréolaires. Péristome saillant, mince,
distalement incotnplct, formant une lèvre proxi¬
male très développée ; il cache l’apcrture non
visible sur nos spécimens. Lovicelle esr petite,
globuleuse, granuleuse, avec une aréa frontale
plus ou moins nerre, dans certains cas elle
s’agrandit et présente un rebord bien développé,
plus ou moins rcctangulaia'.
Lz - 0,40-0,46 (0,43) ; l7. = 0,31-0,35 (0>.33)-
Type : Lz = 0,41-0,45 ; lz = 0,29-0,34.
40
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Perigasti'ella helvetica Canu et Lecoiiure, 1930
V Perigaslrella çximia var. helvetica Canu et
Lecointre, 1930 : 108, pl. 21, fig. 5. — Buge
1957:316.
Matériel. — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathc
(Manche) : 49,5-52 m, Pliocène inférieur.
Répartition. — Miocène moyen : France (bassin de
la Loire).
Description
Petit zoarium encroûtant. Zoécies distinctes, allon¬
gées, séparées par un protond sillon. La frontale est
convexe, finement granuleuse. La partie disUile de
la zoécie est amincie. Le péristome forme un man¬
chon autour de Papcrcure, Il a une échancrure
médiane. L’ovicelle est petite, globuleuse, avec une
petite area dont le bord est en relief
Remarque
Le seul spécimen répertorié est tout à fait iden¬
tique à Fholotype. Les dimensions sont un peu
inférieures à /? labiatuLi, le péristome est diffé¬
rent chez les deux espèces.
Famille indet.
Genre Goodonia Bishop et Ha^Avard, 1989
Goodonia cookae Bishop et Hayward, 1989
V Goodonia cookae Bishop et Hay\s'ard, 1989 : 44,
%s 186-188 et 245-247.
« Eschara o porosa (Milne Edwards) — Lagaaij
1952 : 126, pl. 14, fig. 7.
Matériel. — Remilly-sur-Lozon, PAnglc (Manche) :
19-20 m, Pliocène supérieur.
RéI^ARTITION. —' Pliocène : Angleterre, Pays-Bas.
Description
Zoarium libre, bilamellaire. Zoécies alternées,
rectangulaires, séparées par un sillon peu pro¬
fond. La frontale est recouverte par un trémo-
cyste a gros pores irréguliers.
Le péristome épaissi forme une « plate-forme ».
Remarque
Nous avons un unique petit fragment ne com¬
prenant que quelques zoécies. La comparaison
avec le paratype ne permet cependant aucun
doute quant à sa détermination.
Famille CELLEPORARilDAE Harmer, 1957
Genre Cellepomria Làmoxxvoxxx, 1821
Celleporarîapalmata (Michelin, 1847)
Cellepom palmata Michelin, 1847 : 325, pl. 78,
fig. la-b.
Holoporella palmata (Michelin) — Canu &
Lecointre 1930 : 111, ph 23, figs 1-11. — Lagaaij
1952: 142, pl. 16, figs 1,2.
Celleporarîa ? palmata (Michelin) - Bishop &
Hayw'ard 1989 : 50, figs 209-21 l.
MatéRU’I. — Remilly-sur-Lozon, l'Angle (Manche) :
19-20 m, Pliocène supérieur.
Saint-Sauvcur-le-Vtcomtc, la Gathc (Manche) : 49,5-
52 m. Pliocène inferieur.
RÉPAlvrrriON. — Miocène inférieur : France (bassins
aquitain et rhodanien), Portugal. Miocène moyen :
France (bassin de la Loire), Autriche, Italie. Miocène
supérieur : Belgique, Algérie, Maroc» Crète. Pliocène :
Angleterre, Belgique. Pays-Bas, Espagne, Italie,
Algérie.
DE.SCRIPTTON
Fragments de zoaria avec zoécies accumulées sans
ordre, distinctes, à frontale lisse. Grand orifice
semi-circulaire, la lamelle tridenticulée est rare¬
ment conservée. Péristome bien développé, for¬
mant un manchon autour de Faperture et se
développant face à Faperture en un rostre avicu-
larien. Aviculaires interzoéciaux rares, petits, spa¬
tules.
Famille Celleporiniuae Bush, 1852
Genre Turbicellepora^y\mAy 1963
Turbicellepora coronopus (Wood, 1844)
(Fig.3lA» B)
v Cellcpora coronopus Wood, 1844 : 18 - Bush
1859:57, pl. 9, figs 1-3.
Osthimosia coronopus (Wood) - Lagaaij 1952 :
137, pl. 15, fig. 8.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
41
Pouyet S.
Fig. 31. — TurbiceHepora coronopus (Wood. 1844). Saint-
Sauveur-le-Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 49.5-52 m.
Pliocène intérieur. (R 62733 ; LP. MNHN). A. x 80. B, aviculaire
interzoécial, x 100.
TurbiceHepora coronopus (Wood) — Hayward
1978 : 575, figs 2E-F, 4L-M, 5F-G, 13.
Matériel. — Rcmilly-sur-Lozon, TAnglc (Manche) :
19-20 m ; 25-26 m. Pliocène supérieur.
Saint-Georges de Bolion, réserve de chasse de
rErinitage 2 (Manche) : 39 rn, Pliocène inférieur.
Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe (Manche) : 49,5-
52 m ; 52-54,5 m. Pliocène inférieur.
RÉPARCn iON. — Miocène inférieur : France (bassin
du Rhône). Miocène moyen : Autriche, Pologne,
Roumanie, Italie, 7chccosîovaquie. Miocène .supé¬
rieur : Algérie, Maroc, Crète, Belgic[uc. Pliocène :
Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Porrueal,
Italie, Tunisie, Algérie. Pléistocène : Italie, Rhodes.
Actuel : Atlantique oriental (de la Grande-Bretagne au
Maroc), Méditerranée.
Vit dans les eaux Icmpcrécs ; large répartition bathy-
métrique (de 5 à 200 m).
Nos spécimens sont des petites formes encroû¬
tantes. Ils correspondent tout à fait à la descrip¬
tion donnée par Hayward. Un spécimen est
ovicellé. Le.s aviculaires interzoéciaux sont fré¬
quents, spatulés, la mandibule souvent dirigée
vers le bas.
Genre Omalosecosa Canu Basslcr, 1925
? Omalosecosa ramulosa (Linné, 1767)
V Cellepora ramulosa Linné, 1767 : 1285 - Busk
1859:58, pl. 9, fig. 2.
Omalosecosa ramulosa (l-inné) — Lagaaij pars
1952 : 146 (non pi. 16, figs 4, 5 = Buskea sp.
d’aprè.s Bishop et Hayward. 1989 : 52).
MatéRILL.— Rcmilly-sur-Lo7on. TAngle (Manche) :
19-20 m ; 25-26 m. Pliocène supérieur.
Saini-Gcorees-de-Bohon, réserve de chasse de
PErmitage 2 (Manche) : 45 m, Pliocène inférieur.
RfpartITIdN, — Miocène supérieur : Belgique,
Maroc. Pliocène : Angleterre, France (bassin de la
Loire), Espagne, Italie, Rhodes. Pléistocène : Italie.
Actuel : Atlantique (de la Norvège à la Gambie),
Méditerranée.
De 50 à 300 m> clic vit plutôt dans les eaux profondes
tempérées à tempérées froides.
Description
Zoarium libre, vinculariiforme. Zoécies allon¬
gées, ovales, distinctes, peu renflées, séparées par
un .sillon, alterne.s. Frontale lisse, rostre avicula-
rien brisé. Pas d'ovicelles. Quelques fragments
montrent la trace de petits aviculaires frontaux.
Remarque
Usés, nos spécimens sont difficiles à déterminer.
Certains pouraient être attribués au genre
Buskea,
Famille MmAPORlDAE Gray, 1841
Genre Myriapora de Blainville, 1830
Myriapora truncata 1766)
Millepora tnmeata^ 1766 : 249.
Myriapora truncata (Pallas) - Lagaaij 1952 : 150,
pl. 16, fig. 7. — Bishop & Hayward 1989 : 54,
figs 226-227.
Matériel. — Remilly-sur-Lozon, PAngle (Manche) :
42
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
44-45 m, Pliocène moyen.
Saint-GcürgeS'de-Bolion, réserve de chasse de
l'Ermitage 2 (Manche) : 45 m, Pliocène inférieur.
RÉPARi ri lON. — Oligocène : Allemagne. Miocène
inférieur : France (bassin rhodanien). Miocène
moyen ; Autriche, Hongrie, Tchécosjovaquic.
Miocène supérieur : Algérie, Maroc, Crète. Pliocène :
Pays-Bas, Espagne. Pléistocène ; Italie. Actuel :
Atlantique (Maroc). Méditerranée
Abondante entre -30 et -60 m, on la trouve également
dans les grottes supcrildelles (-1 m) et jusqu à -130 m.
Cette espèce, très rare, est aisément reconnais¬
sable par son zoarium libre, aux limites zoéciales
indistinctes avec une aperture subcirculaire.
Famille Catenjcellidae Busk, 1852
Genre CateyiicelUi de Blainville, 1830
Catefticella elegans Busk, 1852
(Fig. 32A, B)
Fig. 32. — Catenicella elegans Busk. 1852. Saint-Sauveur-le-
Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 14,5'17 m. Pliocène supé¬
rieur. A, (R 62696 : LP, MNHN). Deux zoécies superposées, la
zoécie inférieure est ovicellée. jt 120. B. (R 62697 ; LP. MNHN),
vue frontale d'une zoécie isolée, x 120.
CatenicelLi elegam Busk, 1852b : 361 - Gordon
1984:67. pL 22, A et B.
Vittaticellji elegans (Busk) — Cadée 1973 : 4,
fig. la-c. — Wass & Banta 1981 : 376, figs 15,
16, 66-68.
? Vittaticellu elegans zangheri Neviani - Cadée
1982 ; 136, pl. 2, fig. 2a-b.
Matériel. — Saint-Sauveur-lc-Vîcomtc, la Gathe
(Manche) : 14,5-17 m. Pliocène supérieur.
RÉPARTiriON. — Pliocène : Angleterre, Belgique.
PléistocèneTaïwan. Actuel : Pacifique (Australie,
Nouvelle-Zélande, Japon), Atlantique (Caraïbes,
Brésil).
Description
Zoarium érigé, flexible, de type carenicellîforme.
Zoécies isolées, unisériées ou bisériées. Frontale
lisse avec une paire de vittae latérales longues,
étroites et poreuses. Il y a une autre paire de
porcs de c haque côté de Taperture. Présence d'un
aviculaire proéminent situé latéralement près de
Fapenure. Orifice avec bord proximal concave.
Grosse ovicelle, avec une fenêtre frontale et
quelques pores disséminés, latéraux.
Remarque
Nous avons pu observer des ovicelles, elles sont
identiques à celle figurée par Wass & Banta
(1981, fig. 68).
Cadée (1982 : 136) décrit dans le Pliocène
d’Angleterre un Vittaticella elegans zangheri
Neviani, 1928. 11 s'agit peut-être de Xelegans^ la
sous-espèce étant basée essentiellement sur les
variations inicromérriques.
Genre Comuticella Canu cf Bassler, 1927
? Comuticella comuta (Busk, 1852)
(Fig. 33)
Catenicella comuta Busk, 1852b : 361 ; 1852a :
11, pl. 10, figs 1-3.
Comuticella comuta (Busk) — Wass & Yoo 1975 :
287, pl. 1, figs 11, 12.
MatéRIEI. —Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) ; 14,5*17 m, Pliocène supérieur.
RéPARITTION. — Actuel : Pacifique (Nouvelle-
Zélande, Australie).
Description
Zoarium catenkelliforme. Zoécies isolées, unisé¬
riées, bisériées aux bifurcations. La frontale des
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
43
Pouyet S.
Fig. 33. — Cornuticella cornuta (Busk, 1852). Saint-Sauveur-le-
Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 14,5-17 m. Pliocène supé¬
rieur. (R 62698 ; LP, MNHN). Vue latérale d'une zoécie. x 120.
zoécies est lisse, avec deux vitcae Jacérales, longi¬
tudinales, poreuses. Orifice avec condyles et bord
inférieur concave.
11 y a un pore arrondi de chaque côté de l’aper-
ture, latéralement.
Généralement présence d’un petit aviculaire laté-
ral-distal d’un seul côté tandis que du côté oppo¬
sé se développe une épine bien développée.
Nous n avons pas observé d’ovicelles sur notre
matériel.
Re\l\rque
Première citation de cette espèce à l’état fossile.
Genre Harmer, 1957
Scalicella umbonata (Busk, 1852)
(Fig. 34A-C)
Catenicella umbonata Busk, 1852b : 362 ;
1852a: 11, pl. I0,figs4, 5.
Scalicella umbonata (Busk) — Wass & Yoo, 1975 :
293, pl. 3, figs 5, 6.
MatéRIEI . — Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe
(Manche) : 14,5-17 rn, Pliocène supérieur.
Répartition. — Actuel : Pacifique (Australie).
Fig. 34. — Scalicella umbonata (Busk. 1852). Saint-Sauveur-le-
Vicomte, la Gathe (Manche), niveau 14,5-17 m. Pliocène supé¬
rieur. A, (R 62699 ; LP, MNHN). Vue dorsale d'une zoécie
montrant la forte proéminence dorsale. B, (R 62700 ; LP,
MNHN). Vue frontale de deux zoécies. C, (R 62701 ; LP,
MNHN). Vue de profil d’une zoécie. A-C, x 120.
Description
Zoarium de type catenicelliforme. Les .segments
stériles sont unizoéciaux, bizoéclaux aux bifurca¬
tions. La Irontale est lisse ou légèrement striée
avec deux victae latérales poreuses. Orifice avec
deux petites cardcllcs dans le tiers intérieur et un
bord inférieur concave. La dorsale des zoécies est
44
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
proéminente, formant une sorte d’arête saillante,
ce cjui donne à la zoccie un profil triangulaire très
caraacristique.
Présence de deux aviculaircs latéraux formant des
expansions^ sortes d^ailes bien développées.
L'ovicelle ressemble à celle des Catenkclla, elle a
une fenêtre frontale et deux groupes de pores
latéraux.
Remarque
II ne semble pas que le genre Scalicella ait jamais
été décrit à l’état fossile.
Ascophora incertae sedis
(Fig. 35A, B)
Fig. 35. — Ascophora incertae sedis. Remilly-sur-Lozon. l’Angle
(Manche), niveau 19-20 m. Pliocène supérieur. (R 62725 ; LP.
MNHN). A, aperture avec bord inférieur concave. Trace de
quatre épines, x 80. B, umbo frontal très développé, x 48.
Matériel. — Rcmilly-sur-Lozon, l’Angle (Manche) :
19-20 m, Pliocène supérieur.
Description
Zoarium unilamcUaire, détaché de son support.
Zoécies peu distinctes.
Trémocyste.
Fort umbo avicularien avec pores identiques à
ceux de la frontale. Cet umbo occupe la qiiasi-
totaliré de la frontale, ce qui donne un aspect très
hérissé au /oarlum. Aviculaire tourné du côté de
l’aperture. Umbo souvent brisé.
Aperture de grande taille, rétrécie dans sa partie
proximale par des condyles.
Péristome mince avec quatre grosses épines.
La = 0,28-0,30 ; la = 0,26-0,28.
ÉTUDE PALÉONTOLOGIQUE
DES GISEMENTS
Onze gisements localisés dans le.s bassins de
Carentan et de Saint-Sauvcur-le-Vicomte ont
donc fourni des br)'ozoaires. Le tableau 1 donne
la liste des e.spèces et leur présence ou absence
dans les gisements. Après l’étude systématique
générale, nous allons, pour chaque gisement,
donner quelques indications sur la signification
de la faune.
BaS-SIN de Carenean
Gisemait n “ 4
(T 32) Raids, village des Gardinières. Deux pré¬
lèvements : 16-20 m et 22-28 m.
La seule espèce rencontrée, Metrurabdotos elegansy
est uniquement pliocène. Déjà trouvée dans le
Pliocène atlantique (Portugal) et méditerranéen
(Espagne), c’est sa première citation dans le
domaine nordique.
Ce gisement est daté du l’Iéistocène ancien par
les foraminiferes (Le Calvez 1987) et les bivalves
(Lauriat-Rage 1986).
Gisement n'" 9
(S 17) Rcmiily-sur-Lozon, l’Angle (Tableau 2).
Trente et une espèces ont été déterminées dans
dix prélèvements de I à 90 m : les niveaux les
plus riches étant 10-11 m et 19-20 m avec qua¬
torze et vingt-deux espèces,
À la base, il n’y a que trois espèces, dont
Melîceriui charlesu'orthii caractéristique du
Pliocène. Ce niveau est daté du sommet du
GEODIVERSITAS » 1997 • 19(1)
45
Pouyet S.
Pliocène inférieur par les rares foraminifcres. Les
trois prélèvements suivants (32-33 m, 44-45 ni
et 65-66 m) renferment quinze espèces. Espèces
caractéristiques du Pliocène : Cellaria crassa^
C. sinuosa^ Afelkenta charlesuwf'thii^ Shizoretepora
notopachys, Goodonia cookae. Pour Le Calvez, ces
niveaux correspondent à du Pliocène moyen.
Les échantillons prélevés entre 1 et 26 m ont
vingt-huit espèces. Outre les espèces précitées, on
trouve Steginaporella brevis pimctata, espèce endé-
mique du Miocène moyen de POuest de la
France et Escharoides coccinea Inconnue
jusqu’alors dans le Pliocène nordique. Sur les
vingt-huit espèces, seize sont communes avec le
Gedgravien ou le Scaldisicn d’Angleterre et des
Pays-Bas. Un âge base du Pliocène supérieur est
attribué à ces niveaux par Le Calvez.
Il existe peu de formes encroûtantes dans ce gise¬
ment, les supports étant rares. Ceci est corroboré
par l’absence de bivalves (Lauriat-Rage 1986).
Dans ce gisement nous avons cependant trouvé
sur un fragment de bivalve une espèce et un
genre dont c’est la première citation fossile . il
s’agit de Crépis Inngipes, découverte dans le
Pliocène supérieur.
Gisement J4
(S 7) Carentan, Saint-Julien L
Trois espèces caractérisent ce gisement où deux
prélèvements ont fourni du matériel. Ce sont des
formes érigées trouvées dans des faluns dépour¬
vus de ioraminiftres, de bivalves ou de sclérati-
niaires.
Reteporella sp. ne permet aucune précision ; c’est
un ensemble de formes trop usées pour être
déterminées spécifiquement.
Cellaria sinuosa est caractéristique du Pliocène
nordique.
Âge ; Pliocène inférieur d’après Le Calvez
(1986).
Tableau 1 . — Liste des bryozoaires dans les différenis gisements du Pliocène de Normandie. Les espèces sont classées sekan
l'ordre systématique. Les numéros correspondent aux noms des gisements. 4, Raids, village des Gardiniéres. 9. Remilly-sur-Lozon,
l'Angle. 14, Carentan, Saint-Julien 1. 17, Saint Georges-de*Bohon, réserve de chasse de l'Ermitage 2. 21. Saint-André-de-Bohon.
est de Rougevitle. 22. Saint-André-de Bohon, le Bosq. 24, Saini*André-de*Bohon. l Ange 2. 26. Saint-André-de-Bohon, la
Brèchollerle 27. Rauville-la*Place, hameau Cauvin 2. 28, Rauville la-Place. ta Brumannerie 1. 30, Sainl-Sauveur-le-Vicomte, la
Galhe, La forme zoanale (Fz) est indiquée avant le nom de l'espèce : Ad. adéoniforme ou esebariforme ; Ca, catenicelliforme ;
Cl. cGlIariiforme ; Cp. celleporiforme : Me. membraniporiforme : P. perforaoi ; Rt. reteporiforme ; VI. vinculariiforme
4 9 14 17 21 22 24 26 27 28 30
Cydostomata
Cl
Crisia denticulata
*
*
*
Me
Tubulipora sp. A
*
Me
Tubulipora sp.
*
Vi
Exidmonea atlantica
*
*
Vi
Pteuronea fenestrata
*
Me
Dipfosolen obelium
if
Vi
Ybsefosoecia iypica
* *
Vi
Ten/ia irreguiaris
*
Me
Annectocyma major
*
Vi
Enîalophoroecia subverîiceHata
* *
Vi
Hornera frondiculata
* * * *
* *
*
Vi
Homera reteporacea
* *
*
Vi
Hornera sp. A
* *
*
Me
Lichenopora sp.
* *
*
Cterjosfomata
P
Spathipora sedum
*
Cheiiostamata Anasca
Me
Efactra monostachys
*
Me
CaHopora Itneata
*
Me
Callopora dumerilii
*
Ad
Tromopora radicifera
*
Me
Micropora parvicella
*
Me
Crépis longipes
*
46
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
4 9 14 17 21 22 24 26 27 28 30
Me Steraechmella minor
*
Me Calpensia gracilis
*
Me Steginoporella brevis punctata
*
*
Cl Ceflaria crassa
*
*
ik*
“k
Cl Cellaria fistulosa
*
*
Cl Celfaria sinuosa
*
* *
*
Cl Meficerita charfesworthii
*
*
*
*
*
Cl Scrupocellaria sp.
*
CheHostomata Ascophora
Me Cribriina gaihensis n.sp.
*
Me Pueflha aff. innominata
*
Me Hippothoa disians
Me Haplopoma graniferum
*
*
*
Ad Umbanuta megastoma
Ad Hippopleurifera sedgwicki
*
* *
k
Me Schizoporeila patula
Ad Arthropoma aff. cecilii
Me Herentia (H.} hyndmanni
Me Schjzomavella auriculata
*
Me Hippoponna periusa
Me Buhoneftana divergeas
*
*
Me Buffoneflodes incisa
*
*
Ad Hippaderiella deshayesi
*
Me Escharoides caccinea
*
k
Me « Escharoides " infundibulata
*
Me Microporelia cHiaîa
*
Me Caltoporina patdvelfa
*
*
Me Escharetia octodentaîa
k
Me Escharefla mimersa
Me Eschareifa aif. reussiana
*
*
*
Me Escharella vaa'olosa
*
Me Escharella ventacosa parva
Me Sm/ttina œrvicomis
*
*
Me Smittoidea reticulata
*
Me Smittoidea aff. gibbera
*
Me Smittoidea sp,
Ad Rhamphostomeda bugei n.sp.
*
*
Cl Margaretta aff. cereoides
Rt Reteporella septentrionalis
*
*
*
Rt Reteporella sp.
*
* * *
*
Rt Schizoretepora noîopachys
Me Reptadeonella violacea
Ad Schizostomefla sp.
*
*
*
k
Ad Metrarabdotos moniliferum
*
* * *
*
*
Ad Metrarabdotos elegans *
Ad Tremoschizodina cauvinensis n.sp.
Me Phylactefla labrosa
*
* * *
*
*
*
Me Perigastrefla labiatula
*
Me Pengastrella helvetica
Ad Goodonla cookae
*
*
Cp Celleporana palmata
*
*
Cp Turbicellopora coronopus
*
*
ilr
Vi Ornalosecosa ramulosa
*
Vi Mynapora truncata
Ca Catentcella elegans
ic
★
k
Ca Cornuttcelfa cornuta
*
Ca Scalicella umbonata
Me Ascophora incertae sedis
*
*
Nombre d'espèces par gisement 1
31
3 21 5 2 2 1
9
8
53
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
47
Pouyet S.
Tableau 2. — Répartition des bryozoaires dans les prélèvements de Remilly-sur-Lozon. l’Angle.
Gisement n° 9
Remilly-sur-Lozon
l'Angle
Pliocène supérieur
Pliocène moy.
■n' ‘b'
-jy y <§>'
Cyclostomata
Cl
Crtsia dentieufata
*
Vi
Exidmonea attantica
*
* k
*
Vi
Tervia Irregularis
*
Vi
Entalophoraeda subverticeHaîa
*
* *
*
Vi
Homera trondiculata
*
* * *
Vi
Hornera reteporacea
*
*
Vi
Hornerasp. A
*
*
*
Me
Uebenopora sp.
il
k
*
CheHosiomata
Ad
Tremopara radicifera
*
* * *
Me
Crépis longipes
*
Me
Steginoporofla brevis punctata
*
Cl
Celtaria crassa
* *
k k
*
Cl
Cellaria tiatulosa
*
k
* *
Cl
Cefiarùi sinuosn
* *
* *
* * *
Cl
Melicerita charlesworîhü
* *
*
* * *
Ad
Hippopleurifera sedgwicki
* *
*
*
Me
Buffoiieilcdos incisa
*
Ad
Hippadeneila deshayesi
* *
Me
Escharoides cûccinea
ic
Me
Smittina cerviçornis
*
*
Rt
Heteporeifa sepftentrionalis
il i(
* *
Rt
Reteporella sp.
*
* * *
Rt
Sr.hizoretepora notopachys
*
*
*
Ad
Metrarabdotos moniliferum
•k k
* *
k k
Ad
Metrafabdofos clegans
*
*
*
Ad
Goodonia cookae
*
Cp
Côlieporarla palmata
*
Cp
î ufbiceiiepara coronopus
* k
Vi
Omaios«tçr)$a ramulosa
k k
Vi
Myriapora truncaîa
k
Me
Ascophora incertae sedis
*
Gisement 17
(S 6) Saint-Georges-de-Bohon, réserve de chasse
de rErmitagc 2 (Tableau 3).
Dans ce forage profond de 49 m, douze prélève¬
ments ont fourni des biyozoaires. Il y a relative¬
ment peu d’espèces (21), seules quatre sont des
formes encroûtantes alors que les bivalves sont
nombreux (Laüriat'Rage 1986) ; il ny a donc pas
corrélation entre bryozoaires et bivalves.
Le nombre d’espèces est relativcmcm peu élevé
dans chaque prélèvement : un seul niveau a livré
dix especes, quatre ont trois espèces, deux ont
quatre espèces et deux ont une seule espèce.
Une espèce prédomine et se trouve dans dix
niveaux sur douze, il s’agit de Metrarabdotos
monilifenim.
Dans les niveaux 33 à 49 datés du Pliocène infé¬
rieur, on note la présence des espèces caractéris¬
tiques du Pliocène nordique : Cellaria crassa,
C. sinuosa^ Melicerita cbarlesworthU et Schizorete-
pora notopachys. Ces espèces ne subsistent pas
dans les deux niveaux supérieurs attribués au
Pliocène moyen.
On peut noter la présence de Callopnrimi purvi-
cellit limitée jusqu’alors au Miocène moyen des
faluns de l'Ouest de la France.
48
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Tableau 3. — Répartition des bryozoaires dans les prélèvements de Saint-Georges-de-Bohon, réserve de chasse de l'Ermitage 2.
Plio. moy.
Pliocène inférieur
Gisement n“ 17
Saint-Georges-de-Bohon
réserve de chasse de
l'Ermitage 2
4? cÇ*
Cyctostomata
Vi
Pieuronea fenestrata
ic
Vi
Eniaiophoroeoa subverticellaîa
* *
Vi
Hornera frondicutaîa
* * *
Vi
Hornera reîeporacea
*
Vi
Hornera sp. A
*
Me
Lichenopora sp.
Cheitoslomata
Cl
Ceifaria cmssa
Cl
Ceilaria sinuosa
Cl
Melfceriîa charfesworthii
*
Me
Haplopoma granifarum
* * *
Ad
Hippapfeurihra Sàdgwicki
Me
Cslloporms parcivella
*
Me
Esdmreliàa\1. reossiana
•k
Rt
Retoporefia septentrionalis
* *
Rt
Rttittpofella sp.
k
Rt
Schizorntepora natopachys
k
Ad
Metrarabdotos moniliferum
* * * * *
Ad
Metrarabdotos elegans
* * *
Cp
Turbicellepora coronopus
Vi
Omalosecosa rarnufosa
Vi
Myriapora truncata
Gisement n ° 21
(T 73) Saini'André-de-Bohon, est de Rougeville
(Tableau 4).
Ce gisement comprend cinq espèces réparties dans
cinq niveaux. Toutes sont des lormes libres et
aucune n est caractéristique du Pliocène nordique.
Les deux niveaux supérieurs renferment chacun
une seule et même espèce, Metrarahdütos clegans,
connue dans le Pliocène du Portugal et
d’Espagne. Dans ces memes niveaux^ les forami-
nifères sont quasiment absents, il n’y a pas de
sclératiniaircs et les bivalves sont assez rares.
Dans les trois niveaux inléricurs (de 18 à 30 m)
la diversification est un peu plus grande, on
retrouve A/, ckguns accompagné de M. monilife-
rum. Foraminiferes et bivalves accordent un âge
pliocène moyen à ces niveaux.
Gisement n “ 22
(T 71) Saint'André-de-Bohon, le Bosq.
Seules deux espèces érigées {Hornera frondiculata
et Metrarabdotos elegans) accompagnent bivalves
et sclératiniaircs dans un seul prélèvement (26-
30 m).
Ce gisement est paiéontologiqucment très pauvre.
L-es auteurs lui attribuent un âge pliocène moyen.
Tableau 4. —Répartition des bryozoaires dans les prélèvements
de Saint-André-de*Bohon, est de Rougeville.
Gisement n° 21
Saint-André-de-Bohon
est de Rougeville
Plio. Plio.
sup. moyen
^ ^
9» ^ r§>
<0 0^ <i)' ^
^ ^
Cyofostomata
Vi
Hornera Uandiculaîa
*
Choitostorrtata
Ad
Hippûpfeurlfera sedgwicki
*
Rt
Reteporatia sp.
*
Ad
Metrarabdotos moniliferum
* * *
Ad
Metrarabdotos elegans
» * * *
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
49
Pouyet S.
Gisement n ° 24
(T 72) Sainr-Andrc-de-Bohon, l'Ange 2.
Dans le niveau 12-18 m, nous avons deux
espèces érigées de cyclostomes, espèces non
caractéristiques.
Il n y a pas d autre macrofaune dans ce gisement
attribué au Pliocène moyen par Le Calvez
(1987).
Gisement n ° 26
(T 58) Saint-André-de-Bohon, la Bréchollerie.
Une seule espèce érigée MetmrabdoTos monilife-
rum dans le niveau 19-24 m. Bien que ce gise¬
ment soit riche en débris coquilliers, aucune
forme encroûtante n a été découverte.
Foraminiferes et bivalves permettent de le dater
du Pliocène supérieur.
Bassin de Saini-Sauvhur-le-Vicomte
Gisement n ® 27
(S 48) Rauville-la-Place, hameau Cauvin 2
(Tableau 5)-
Neuf espèces sc répartissent dans quatre niveaux.
Il y a deux espèces caractéristiques du Pliocène
nordique : Melicerita charlesworthii et Schizosto-
melln sp.
Sur les neuf espèces, trois seulement sont des
formes encroûtantes. Ceci peur s'expliquer car
dans les prélèvements ou les bryozoaires ont été
trouvés, il y a surtout des huîtres et des chlamys
peu favorables à la lixation des larvées.
Dans le prélèvement le plus profond (12-
13,5 m), sur trois espèces décrites, toutes de type
érigé, deux sont nouvelles.
La présence de Hippoporina pertusa est en faveur
d'un âge pliocène supérieur, elle a été trouvée
dans le Scaldisicn de Belgique, le Pliocène supé¬
rieur de Grande-Breugne et d’Italie mais jamais
dans le Miocène.
Gisement n ® 28
(S 50) Rauville-la-Place, la Brumannerie 1.
Un niveau (7-8 m) a livré huit espèces qui sont
toutes des formes érigées. Un autre niveau (9,2-
10,7 m) a une seule espèce : Escharella immersa.
Espèces caractéristiquc.s du Pliocène nordique :
Cellaria crassa^ C. sinuosa, Melicerita charleswor¬
thii, Escharella immersa.
Âge : Pliocène moyen.
Gisement 30
(F 25) Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Gathe.
(Tableau 6).
Dans ce sondage profond de plus de 60 m, cinq
niveaux ont fourni cinquante-trois espèces de
bryozoaires.
Les trois niveaux inférieurs (48-49,5 m ; 49,5-
52 m et 52-54.5 m) sont les plus riches ; l'inter¬
médiaire a quarante et une espèces dont trente et
une encroûtent de.s bivalves ou des térébratules.
Plusieurs espèces, présentes dans le Miocène
moyen de l'Ouest de la France, mais non signa¬
lées dans le Pliocène supérieur nordique, sont en
faveur d’un âge pliocène inférieur. Il s'agit
d'Hornera reteporacea, Spathipora sertum,
Steginoporclla brevis puncraia, Calloporina parvi-
cella, Escharella ventricosa parva et Smitta 'uEa gib-
bera. Ces niveaux sont très riches en microfaune,
ce qui permet de leur donner un âge pliocène
inférieur. Le prélèvement 34,5-37 m n’a que
quatre espèces dont deux sont caractéristiques du
Pliocène : Ccllaria sinuosa et Melkeriia vharles'
worthiï. Ce niveau est daté du Pliocène moyen
par Le Calvez (1987)i
Enfin le prélèvement 14,5-17 m a livré six
espèces toutes érigées. Le matériel est fragile, de
petite taille, et associé aux foraminiferes. Trois
espèces sont de type catcnicellifbrme, sous forme
de cellules isolées, deux d’entre elles n'avaient
jamais été trouvées à l'état fossile. Ce dernier pré¬
lèvement est d'âge pliocène supérieur.
Tableau 5. — Rêpartilion des bryozoaires dans les prélève¬
ments de Rauvtlle-Ia-Place, hameau Cauvin 2.
Gisement n“ 27
Rauville-la-Place
hameau Cauvin 2
Pliocène sup.
^ 4?
<0 <0 <0 <0
et" <à" <b"
9 0 0 ê
K K K
q)" <b*‘ <b- V
Cl
Cheiiostomata
Melicerita charlesworthii
*
Me
Hippothoa distans
*
Me
Schi^om^vâllâ auriculata
*
Me
HipfSoporina pertusa
* *
Ad
Rhamphostomeila bugei
*
Cl
Mârgaretta ailcereoides
*
Ad
ScJiizostomelfa sp.
*
Ad
Metraraàdotos monififerum
*
Ad
Tremosohizodina cauvinensis
* *
50
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Tableau 6. — Répartition des bryozoaires dans les prélèvements de Saint-Sauveur-le-VIcomte, la Gathe.
Gisement n® 30
Saint-Sauveur-Ie-Vicomte
la Gathe
Plio. Plio. Pliocène
s. m.
e ^ S ^ ^
A A <0 JV <0
^ ^ A*' ^ V
<o' <o' <o' ^
r ^ ❖
Plio. Plio. Pliocène
s. m.
^ 4$^ 4?
A A <0 A <0
^ ^ a** <0
<o'
^ <9^
Cyclostomata
Ad
Umbonula megastoma
*
Cl
Crisia denticula *
Me
Schizoporella patula
*
*
Me
Tubufipora sp. A
*
Ad
Arthropoma aff. cecilii
*
Me
Tubulipora sp.
*
Me
Herentia (H.) hyndmanni
*
Vi
Exidmonea atfantica *
Me
Buffonellaria divergeas
*
*
Me
Diplosofen obelium
*
*
Me
Buffonellodes incisa
*
Vi
Ybseiosoecia typica
*
Me
Escharoides coccinea
*
Me
Annectocyma major
* *
*
Me
rt Escharoides »
*
Vi
Homera reteporacea
*
infundibulaîa
Me
Lichenùpora sp.
* *
*
Me
Microporella ciliata
*
*
Ctenostomata
Me
Calloporina parvicella
*
P
Spathipora sertum
*
*
Me
Eifcharella octodentata
*
Cheitostomata
Me
EscharoHa immersa
*
*
Me
Electra monostachys
*
*
Me
Escharella variolosa
*
Me
Callopora lineata
«
*
Me
Eischaralla ventricosa parva
*
Me
Callopora dumerilii
*
Me
Smittoidea reticulata
*
Me
Micropora parcivella
*
Me
Smittoidea cf. gibbera
*
*
Me
Steraechmella minor
*
Me
Smittoidea sp.
*
Me
Calpensia gracifis
*
*
Rt
Reteporella sp.
*
*
Me
Stegfnoporella brevis
* *
«
Me
Reptadeonella violacea
h h
*
punctata
Ad
Metrarabdotos monilife- *
* *
*
Cl
Cellaria crassa
*
rum
*
*
Cl
Cellaria fistulosa
* *
*
Me
Phylactella labrosa
*
*
Cl
Cellaria sinuosa
* * *
*
Me
Perigastrefla labiatula
*
Cl
Melicerita charlesworthii
* *
*
Me
Pehgastrella hefvetica
*
Cl
Scrupoceliaria sp. *
Cp
Celfeporaria patmata
*
*
Me
Cribilina gathensis
*
*
Cp
Turbiceflepora coronopus *
Me
Puellina aff. innominata
*
*
Ca
Cafenicella elegans *
Me
Haplopoma graniferum
*
*
Ca
Comuticella cornuta *
SIGNIFICATIONS STRATIGRAPHIQUE,
PALÉOBIOGÉOGRAPHIQUE ET
PALÉOÉCOLOGIQUE DES GISEMENTS
D’APRÈS LES BRYOZOAIRES
Le tableau 7 donne la répartition stratigraphique
des taxons dererminés spécifiquement, y compris
Schizoporella sp trouvé ailleurs et à qui il serait
bon d’attribuer un nom.
On constate que certaines espèces du Pliocène de
Grande-Bretagne, de Belgique ou des Pays-Bas
sont, pour la première fois, citées dans le
Pliocène de rQue.st de la France. Il s’agit de
Crisia denticuLzta, Tervia irregtilaris, Annectocyma
major^ Electra monostachys, Callopora dumerilii.
SteraechmelLi minoVy Cellaria fistulosa, Haplo-
poma graniferum, Umhonula megasiomay
Hippoporina pertusa^ Buffonellaria divergem^
« Escharoides » infirndihulatay Microporella ciliata.
Escharella imrnenay E. aff. reussianny E, variolosoy
Phylactella labrosay Cwodonia cookaty Myriapora
tTuncatu et Catenkella tlegans, C’est donc là un
apport nouveau et imporranr.
Un autre groupe d’espèces est constitué de celles
introduites dans le Pliocène nordique alors
qu’elles existaient déjà dans le Pliocène atlantique
(Portugal) ou méditerranéen. Il s’agit de
Diplosoten obeliumy Callopora linmiay Trernopora
radiciferay Arthropoma afi. cecilii, Heren-
tia (//.) hyndmanniy Buffonellodes incisa^
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
51
Pouyet S.
Escharoides coccinea, Smitioidea reticulata,
Margarettd aft. cereoideSy Adetnirahdotos tdegans.
Enfin il est intéressant de constater que des
espèces du Miocène moyen des faluns de l’Ouest
de la France se rencontrent désormais dans le
Pliocène intérieur de Normandie mais non dans
le domaine nordique. Ce sont Spathipora sertum,
Calloporina panncella, Escharella ventricosa parva,
Sinittoidea gibhera^ Perigustrella labiatula,
P. helvetica.
Le tableau 8 donne la répartition des espèces
dans le Pliocène des differents gisements étudiés
ici. Sur le même tableau, nous avons signalé les
espèces présentes dans trois groupes de gisements
pliocènes nordiques :
— ceux de l'Ouest de la France autres que ceux
traités ici. Il s’agit des études faites par Buge
(1957) ; Buge in Ters et ai (1970,- gisements de
Palluau) ; Buge in Bassompierre et al. (1972,
gisement de Fécamp) ; Buge in Brebion et al.
(1975, gisement de Choisel) ; Buge in Pareyn et
ai (1983, gisement de Criçqueville-en-Bessin) ;
— ceux de Gr.inde-Breragne d’une pan et de
Belgique et des Pays-Bas d’autre part, d’après les
travaux de Bussk (1859), Lagaaij (1952, 1953) et
les révisions partielles mais récentes de Bishop
(1987) et Bishoja ôf llaywatd (1989).
()n constate qu’il y a quarante-six espèces dans le
Pliocène inférieur, vingt et une dans le Pliocène
moyen et quarante et une dans le Pliocène supé¬
rieur. Le Pliocène supérieur de Nonnandre est
donc moins riche que l'équivalent (Gedgravien et
Scaldisien) des pays nordiques, mais beaucoup
plus riche que le gisement voisin de Cricqueville
où il nV avait que douze espèces, dont sept com¬
munes avec nos gisements. On peut considérer
les espèces suivantes comme caractéristiques du
Pliocène supérieur : Coodonia cookacy Cornu-
ticelLt corntUa, Scalicella umhonata-, Tremoschizo-
dina cauvinensis et Rhamphostomella hugei.
Tableau 7. — Répartition sîratigraphique des bryozoaires du Pliocène de Basse-Normandie. Les espèces en nomenclature ouverte
et les espèces nouvelles ont été exclues. Pour des raisons de commodité, nous avons divisé le Pliocène seulement en Plio. inférieur
et Piio. supérieur car. dans la plupart des travaux, ce sont les seules subdivisions reconnues.
Éoc. Mio. Mio. Mio. Piio. Plio. Pleist. Act.
OMg. inf. moy. sup. inf. sup.
Cydostomata
Crisia denticulata
Exidmonea atlantica
Pleuronea fenestrata
Diplosolen obelium
Ybselosoecia typica
Ten/ia irregüiaris
Annectocyma major
Entalophoroecia subverticellata
Hornera frondiculata
Hornera reîeporaœa
Ctenostomata
Spathipora sertum
Cheitostomata Anasca
Electra monostachys
Callopora iineata
Caflopora dumerWi
Tremopora radicifera
Micropora parciueHa
Crépis longipes
Sieraechmefla minor
Calpensta gracilis
Steginoporella brevis punctata
Cellana crassa
Cellaria fistulosa
52
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Éoc. Mio. Mto. Mio. Plio. Plio. Pleist. Act.
Oiig. inf. moy. sup. inf. sup.
Celleria sinuosa
Meficerita charfesworîhü
Cheilostomata Ascophora
Puellina aff. innominata
Hippothoa distans
Hapiopoma graniferum
Umbonula megastoma
Hippopfeurifera sedgwicki
Schizoporelta patula
Arihropoma aff. cecHii
Herentia (H.) hyndmanni
Schizomavella auriculata
Hfppoporina perîusa
Buffonellaria divergeas
Buffoneilodes incisa
Hippadenella deshayesi
Escharoid&s coccinea
" Escharoides « infundibulata
Microporella ciliata
Caifoporina parvicella
Eschareila octodentata
EschareHa immersa
Eschareila aff. reussiana
EschareHa variclosa
Eschareila ventricosa parva
Smittina cervicornis
Smîttoidea reticulata
Smittoidea aff. gibbera
Margaretta aff. cereotdes
Reteporella septentnonalis
Schizoretepora notopachys
Reptadeonella viotacea
Schizosiomella sp.
Metrarabdotos moniliferum
Metrarabdotos elegans
Phylaciella labrosa
Perigastrella labiatula
Perigastrella helvetica
Goodonia cookae
Celleporaria palmata
Turbicellepora coronopus
Omalosecosa ramulosa
Myriapora truncata
Catenicella elegans
Cornuticella cornuta
Scalicella umbonata
Aucune espèce n est caractéristique du Pliocène
moyen. Seule Cribrilina gathensis est caractéris¬
tique du Pliocène inférieur.
Ainsi, comme cela a souvent été constaté, les
bryozoaires ne sont pas de très bons indicateurs
stratigraphiques. C’est dans le domaine de la
paléobiogéographie et de la paléoécologie qu’ils
sont les plus intéressants.
Les espèces encore vivantes sont au nombre de
trente-huit, elles sont dans leur quasi-totalité à
vaste répartition géographique, seule Eschareila
immersa est limitée à l’AtLmtique nord aussi bien
oriental qu’occidental et Fhylactella labrosa ne se
rencontre qifen Atlantique nord-oriental (des
côtes de Grande-Bretagne à TEspagne).
Il n’y a pas réellement de différence netre enrre
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
53
Pouyet S.
les faunes du Pliocène inférieur et celles du
Pliocène supérieur : 59 % d’espèces nordiques
dans le Pliocène inférieur et 54 % dans le
Pliocène supérieur. Le Cotentin reste un domai¬
ne où se mêlent les influences méridionale et
nordique. Il faut noter que nous n’avons trouvé
aucun biyozoaire de type lunulitiforme alors que
ceux-ci sont fréquents dans le Pliocène supérieur
de Grande-Bretagne, de Belgique et des Pays-Bas.
Ils existent également dans le Redonien de
Vendée (Ters et al. 1970) et de Fccamp
(Bassonipicrre étal. 1972) ; ceci est lié à la nature
du substrat, les sables vaseux fins sur lesquels
vivent ces formes ne sont pas fréquents. Les
formes érigées sont aussi bien représentées que
les formes encroûtantes.
La profondeur du milieu devait varier de 20 à
60 m, aucune espèce n’est vraiment superficielle,
si certaines peuvent vivre à des profondeurs supé¬
rieures à 200 m, clics ont aussi été trouvées à des
profondeurs moindres, c'est le cas de Exidmonea
atlantica^ Annectocyma major^ Herentia (H.)
hyyidrnanni^ Reteporella septentrionalis.
La présence de Crépis longipes, connue actuelle¬
ment uniquement dans le bathyal supérieur (de
360 à 2000 m), est à signaler, sans que l’on puis¬
se en tirer aucune conclusion pour l'instant.
Une seule espèce supporte des eaux faiblement
dessalées : Electra monostachys.
Quant aux variations climatiques au cours du
Pliocène, elles sont difiiciles à évaluer. Les taxons
d’afFinicé tropicale ou subtropicale sont présents
tout au long du Pliocène : c’est le cas des
Metrarabdotos. Tremopora radiàfera est présent
uniquement dans le Pliocène supérieur, il n’y a
par contre plus qu’une seule Steginoporella alors
quelles sont nombreuses dans le Miocène moyen
des faluns.
Tableau 8. — Répartition stratigraphique des espèces dans le Pliocène de Basse-Normandie (dans chaque groupe, les taxons ont
été classés par ordre alphabétique des genres). La présence dans le Pliocène des autres gisements de l’Ouest de la France (Fr), de
Grande-Bretagne (GB), de Belgique et des Pays-Bas (B/PB) a été ajoutée.
Pliocène
Fr GB
B/PB
Annectocyma major
inf.
*
*
Arthrofxyma aff. cecilH
inf.
Buffonellaria divergens
inf.
*
*
CaUopora dumerilii
inf.
*
*
CaHopora fineaîa
inf.
Cafloporina parviceila
inf.
Calpensia gracHis
inf.
Cribflina gathensis
inf.
Dipiosoten obelium
inf.
Electra monostachys
inf.
*
Escharelfa octodentata
inf.
Escharelia atf. reussiana
inf.
*
*
Escharelfa vanolosa
inf.
*
*
Escharella ventricosa parva
inf.
« Escharoides » infundibulata
inf.
*
*
Haplopoma graniferum
inf.
*
*
Herentia hyndmanni
inf.
Micropora parviceila
inf.
Microporella cHiata
inf.
*
*
Perigastrella helvetica
inf.
Perigasîrelia labîatula
inf.
Phyfactella labrosa
inf.
*
Puellina innominata
inf.
?
?
Reptadeonella violacea
inf.
* *
*
Schizoporefla patula
inf.
*
Smitîoicfea aff. gibbera
inf.
Smitloidea reticulata
inf.
Smittoidea sp.
inf.
Spafhipora sertum
inf.
54
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
Pliocène
Fr
GB
B/PB
Steraechmella minor
inf.
*
*
Tubulipora sp.
inf.
*
*
Tubulipora sp. A
inf.
Umbonula megasîoma
inf.
*
k
Escharella immersa
inf.
moy.
ie
Myriapora trvncata
inf.
moy.
*
Cellaria crassa
inf.
moy.
sup.
*
Cellaria fistulosa
inf.
moy.
sup.
*
Cellaria sinuosa
inf.
moy.
sup.
*
*
*
Crisia denîiculata
inf.
moy.
sup.
*
k
Entalophoroeda subveilicellata
inf.
moy.
sup.
*
*
*
Hippopleuhfera sedgwicki
inf.
moy.
sup.
*
*
*
Hornera frondiculata
inf.
moy.
sup.
*
k
Hornera reteporacoa
inf.
moy.
sup.
*
*
Lichenopora sp.
inf.
moy.
sup.
Melicehta charlesworthif
inf.
moy.
sup.
«
*
*
Metrarabdotos elegans
inf.
moy.
sup.
Metrarabdotos monHiferum
inf.
moy.
sup.
*
*
*
Reteporella cellulosa
inf.
moy.
sup.
*
*
Reteporella sp.
inf.
moy.
sup.
Schizoretepora notopachys
inf.
moy.
sup.
ilr
Buffonellodes incisa
inf.
sup.
Celleporaria palmata
inf.
sup.
*
*
*
Escharoides coccinea
inf.
sup.
Omalosecosa ramulosa
inf.
sup.
*
*
Steginoporella Prévis punctata
inf.
sup.
*
Turbicellepara coronopus
inf.
sup.
*
it
Pleuronea fenestrata
moy.
*
*
Ybselosoecia typica
moy.
*
*
Exidmanea atlantica
moy.
sup.
*
Hornera sp. A
moy.
sup.
Ascophora incerlae sedis
sup.
Catenicefla elegans
sup.
*
Cornuticella cornuta
sup.
Crépis longipes
sup.
Goodonia cookae
sup.
it
k
Hippadenella deshayesi
sup.
Hippoporina pertusa
sup.
•k
k
Hippothoa distans
sup.
Margareîta aff. aereoides
sup.
Rhamphostomella bugei
sup.
Scalicella umbonata
sup.
Schizomavelta auriculata
sup.
*
*
*
Schizostomella sp.
sup.
*
*
*
Scrupocelleha sp.
sup.
Smiîîina cervicornis
sup.
Tervia irregularis
sup.
*
Tremopora radicifera
sup.
Tremoschizodina cauvinensis
sup.
En se fondant sur les espèces encore actuelles, on
constate la présence de plusieurs espèces d’eaux
tempérées à tempérées froides, c’est le cas par
exemple de Escharella octodentata, E. immersa,
Reteporella septentrionalis, Omalosecosa ramulosa.
Microporella ciliata et Schizoporella patula.
Les gisements étudiés sont des thanatocénoses ;
les bryozoaires comme les bivalves attestent d’un
milieu marin franc (salinité normale). Leur pro¬
fondeur correspond à l’étage circalittoral.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
55
Pouyet S.
CONCLUSION
L’étude des bryozoaires de Normandie en prove¬
nance de onze gisements (soit t]uarante-cinq
niveaux) est un apport intéressant permettant
une comparaison à la fois avec les autres gise¬
ments du golfe Ligérien et avec ceux du domaine
plus nordique. C’est la faune la plus riche jamais
découverte dans le Pliocène de Normandie.
Remerciements
Je tiens à remercier P. J. Mayward et R Taylor
pour la lecture critique du manuscrit. J'exprime
toute ma gratitude à A. Lauriat-Rage pour
m’avoir confié ce matériel dont fétude avait été
ébauchée par E. Buge. Y. Gayrard (Laboratoire
de Paléontologie, MNI IM, Paris) et P Taylor
(Brirish Muséum) ont eu l’obligeance de me prê¬
ter du matériel. A. Armand (UMR 5565,
CNRS) a réalisé les tableaux, M. T Boillon la
mise en forme du texte et N. Podevigne les
tirages photographiques.
RÉFÉRENCES
Abildgaard P. D. 1806. — in Müilcr (cd.), Zooiogica
Diinica mt animaluan da?iiae et norifegiae : 1 -46.
Alvarez J. A. 1989. — El género Celtariu Elüs &
SoiandcT {Bryozoa ; CheiTostotnida) en las costas
nortenas de F.spanas. Cahiers de Wioltigte marine^
Roscoff 30 : 287'305.
Audouin V. 1828. — ExpUcaiion sotnmaire des
planches de polypes de l’Égypcc et de la Syrie
ubiiées par Jufcs-Ccsar Savigny, membre de
Institut ; offrant un exposé : des caractères natu¬
rels des genres avec la distinction de.s espèces : 40-
78, in Ùcscfipzion de l'ÉppLe^ 2° édition. Volume
23. PancküucJce, Paris.
Bassler R. S. 1953- — in Vloorc* R. Ireatise on
ïnvertebrate Palaeonto!og\<. Part G: 1-253. Edition
of rhe Cieological Society of America, New York.
Bassompierre P., Brebion Pli.. Btige E., Laurkt A., Le
Calvez Y. & Martin P. 1972. — Le gisement redo-
nien de Fécamp (Seine-Maritime). Bulletin du
Bureau de Recherches ^coto^upies et, minières^ série 2,
1 : 29-48.
Bishop J. D. D. 1986. — The ideiiiity of Cribrilaria
innomïnata (Couch, 1844) (Bryozoa, Cheilos-
tomaia). Bulleîm of the Briljsh Aiuseum (Natural
History)^ Zuolog)'^ 50 (2): 93- lü2.
— 1 987. — Cype and figured maierial from "The
Pliocène Bryozoa of the Low Countrtes" (Lagaaij,
1952) in ihe culkction of the Royal Betgian Insthute
of Natural Sciences. Document de travail n" 37,
Insriiut royal des .SdçncCS narurelle.s de Belgique,
36 p.
— 1 994. — The généra Crlbrilina and CoHiirina
(Biy-ozoa, Cheilostomatida) in die Brirish Isjes and
North Sea Boîan. Zoologicn Scripia 23 (3): 225-249.
Bishop J. D. D. & Hayward P. J. 1989. — SEM Adas
ol type and figured marcrial from Robert Lagaaij’s
■'The Plioccue Bryozoa of ihe Low Countries”
(1952). Mcdedclingen Rijks Ceologische Uienst 43
(2); 1-64.
Bi.shop J- D. D. & Hou.seham B. C. 1987. —
PuclUna (Bryozoa; Cheilostontata; Cribrilinîdae)
hom British and adjacent waters. Rullettn of the
Brïtish Muséum (Natural Histoiy). Zoolog}' 53 (1):
1-63.
Brebion Ph., Buge E., Chevalier ).-P., Lauiiat A.,
Margertd J.-P., Pajaud D. &: Roman j. 1975. — Le
gisenunt redonien de Chüi^cl près de
Châicaubrianr (Loire-ailaniiquc). Bulletin de la
Société géologique et minéralogique de Bretai^nCx série
C7 (2): 55-71.
Brown D. A. 1952. — The Tcriiary Chcilostomatous
Pülyzoa of New Zcaland. British Muséum (Natural
Hiswiy): 1-405.
Buge E. 1957- — Les bryozoaires du Néogcric de
rOuesT de la France et leur signification scraiigra-
phique et paléobiologique. Mémoires du Muséum
national d'Histoire naturelle, Paris, N. S. C 6 ; 1-
435.
Buge E. &C Galopim de Caivalho A. M. 1963. —
Révision du genre Metrarahdoîos Canu, 1914
(Bryo/oa. Cheilosroniata). Revista da Faciddade de
Cicuems de Lishoa. (2). C 11: 137-196.
Busk fi. 1852a.— Caulogue of marine Polyzoa in
the collection ni the Bnttsh Muséum. Part I. —
Cheilostomara (pai r.). Catalogue of the British
Muséum (Natural Hismy)^ l ondon: I-VIll ^ 1-54
+ l-VILpl. 1-68.
— 1852b. -* An account of the Poly/oa and
Sertularian Zoophytes collecced in rhe voyage of
the Ratflc.snakc on die coasts of Australia vand the
Louisiade Archipclago: 343-402, in Mac GilÜvray
(ed.) Narrative of the voyage of « R.. t\ Volume 1,
appendixA. London.
— 1854. — Catalogue of marine Polyzoa in ihc col-
lecfion ol the British Miistuin. Part IL
C^heÜo.stomata (part.). Catalogue of the British
Muséum (Natural History)^ London: 1-Vlll +55-
120. pL 69-124.
—- 1859. — A monograph ol ihc lossil I^olyzoa of the
Crag. Palaeontographical Sncictyy Ixnyéow 14: 13
+ 136 p.
Cadée G. C. 1973. — Vittaticella elegans (Riisk), a
bryozoan hirherto unknown fVoni the North Sea
ba.siii. Mededelingen van de Werkgt'oep voor Tertiaire
en Kwartaire Ceologie, Rotterdam 10 (1): 3-8,
— 1982. — Notes on Bryozoa, 2. Membraniporetla
56
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
gigas n.sp.. and .sortie other acidilions to che British
Corallinc Crag Bryozoan Fauna, Mvdedelingen tum
de Werkgrotp eoor Tertiaire en Ktoanaire Geohgie,
Leiden 19 (4): 127-140.
Canii y. 1912. — Etude comparée des Bryozoaires
helvétiens de l’É^ptc avec les Bryozoaires vivants
de la Méditerranée et de la Mer Rouge. Mémoires
de Tlnsiitut ég\ipîîenn Le C'aire 6 (3) ; 186-236.
Catm F. & Bassler R- S. 1930. — Bryozoaires marins
de ‘l'unisie. Annales de la Station Océanographique
de Salammbô, J unis 5:191-
Canu F. & Lccointre G. 1925. — Bryozoaires
Cheilostomes des faluns de Touraine et d’Anjou.
Mémoires rie la Société Géologique de hranee, N. S. 3
(2): 1-18.
— 1927. — Bryozoaires Cheilostomes des Falun.s de
Touraine et d’Anjou. Mémoires de la Société
Géologique de France, N. S. 4 {3): 19-50.
— 1928. — Rtyozoaircs Clieilo.slomes des faluns de
Tüurairu* et d'Anjou. Mémoires de la Société
Géologique de France, N. S. 3 (4): 51-82.
— 1930. — Biyozoaircs Cheilosromes des faluns de
Touraine et d'Anjou. Mémoires de la Société
Géologique de Fs-anve 1 (6): 83-130.
— 1933. — Biyozouirçs Cyclostomes des faluns de
Touraine er d’Anjou. Mémoires de la Société
Géolonijue de France, N. S. 2 (8): 131-178.
— 1934. — Biyozoaire.s Cvclosromes des faluns de
Touraine et d’Anjou. Mémoires de La Société
Géologique de France, N. 8. 4 (9): 179-212.
Cliaix C]. 1989. — l.cs Sclératiniaires du Pliocène de
Normandie. Bulletin du Muséum nationald'Hisîoire
naturelle, Pari.s, série 4* C 11 (1) : 3-13.
Cheetham A. H. 1968. — MnrpKology and sysicmu-
tics of the bryozoan genus Meîrarabdotos.
Smithsonian Miscellaneoîis Collections 153 (1) ; 1-
121 .
Couch R. Q. 1844. — A Cornish Fauna. 3. The
Zoophyte.s and calcarcous corailints. The Royal
Institution of ComuutH, I ruro: 1-164.
David L., Mongereau N, & Pouyet S. 1972. —
Bryozoaires du Néogèiic du bassin du Rhône.
Gisements bufxiig:dicns de Mus (Gard). Documents
des Laboratoires de Géologie/le Lyon 52 : 1-118.
David L. &*- Pouyet S. 1978. — Le genre Fleremia
Gray, 1H4K (Bryozoa, Chcilostomata), Systema-
lique et pbvlogenèse. biosirarigraphie et hiogéogra-
phie. M Livre jubilaire Jacques Flandrin »,
Documents des Laboratoires de Géologie de la Faculté
des Sciences de Lyon, H.S. 4 ; 167-193.
Ellis K. & Soiander D. 1786. — The naturalhistory of
many curious and uncommon zoophytes. London; 1-
Xll, 1-208.
Esper £. j. (T 1797. — Fortsetzungen der
Pflanzentfnere tn Abhildungen nach def Natur mit
Farben erleuchtet nebsl Beschreibungetu Nüremberg :
1-230.
Fischer P. 1866, — Étude sur les bryozoaires perfo¬
rants de la famille des Ferebripondae. Nouvelles
Airhivcs du Muséum nationald'Ffislolre naturelle II :
293-313.
Fleming J, 1828. - A history of British animais.
Edinhurgh, 565 p.
Galopim de C'arvaho A. M. 1971. — Briozodrios do
Terciario porruguc.s (Cheilostoniata do Neogénico
da Orla Ocidcnial). Centra de Estudas de Geologia
dû FacuLiade de Ciêncuis de Lisboa; 1-176.
Gautier Y. V. 1962. — Recherches écologiques sur le.s
Bn'o/.oaires Chilostomes en Méditerranée occiden¬
tale. Recueil des Travaux de la Station murine
d'Fndonme, Marseille 24 (38) : 1-434.
Cordon D. P. 1984. — The marine fauna of New
Zcaland : Bryozoa : Gymnolaemaia from the
Kermadec Ridge. Nciv Zealand Océanographie
fnstitute Memoir 91: 1-198.
— 1989. — The marine Fauna ofNcw Zealand;
Brvozoa: Gymnolaemata (Cheiloscomida
Ascophorina) from the Western South Lsland
Continental Shell and Slope. New Zealand
OceUiiographtc InsTuate Memoir *07 : 1-158.
Flarmclin J. G. 1970. — Les CrihriLiria (Bryozoaires
Chilostomcs) de Médicerr.inée : .systematiq^ue et
écologie. Cahiers de Biologie marine, Roscoff \ 1 :
77-98.
— 1976. — Le sous-ordre des Tuhuliporina
(Bryozoaires Cyclosti>riics) en Méditerranée.
Mémoires de Tlnstltut océanographique de Monaco
U) : 1-326.
Harmclin 1. G. & D’hondt J. L. 1992. — Bryozoaires
des parages de Gibraltar (campagne océanogra¬
phique BALGIM, 1984È 1 - Cheilostomes.
Bulletin du Muséum national dllistoire naturelle,
Pariç^ série 4. A 14 (l) : 23-67.
Flarmcf S. F. 1933. — The généra of Rcicpoiidae.
Proceedtngs ofthe zoological Society of London: 615-
627.
Hassall A. H. 1841. — Catalogue of Irish Zoophytes.
The Annuls and Magazine of Natural History,
London 6(1,1: 166-175.
Hastings A, B. 1979. — The genus Hippothoa
Lainouroux [Polyzoa (Rryozoa) Cheilostouuua).
Journal of Natitrai History, London 13: 535 *560.
Liayward P. J. 1978. — Sysrcmatic and morphologi-
cal studie.s on some European spccics of
Turbiceliepora (Bryozoa, Cheihîsiomata). yc'wrzW of
Natural History, London 12 : 551-590.
— 1985. — Cteijostome Bryozoans. Synop.ses ofthe
British Fauna, No. 33, The Linnean society of
London: 1-169.
ITayward P. |. & Ryland J. vS. 1979. — British
Ascophoran BryO'zoans. Synopses of the British
Fauna. No. I4, The Linnean Society of London: 1-
312.
— 1995. — The British .species of Schizoporella
(Bryozoa : Clieilo.stomatida). of Zoology,
London 237: 37-47-
Hayward P. j. & Thorpe J. P. 1995. — .Sonie British
species of Schizomavella. journal ojZoology, London
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
57
Pouyet S.
235:661-676.
Hincks T. 1880. — v*! Htstory of the British marine
Polyzoa, Volume 1, Hl + 601 p., 42 figs. :
Volume 2. allai, 83 pl. Van Voorar, buidon.
— 1881. — Contributions towards a general history
of the marine Polyzoa. 6 - Polyzoa from Pass’s
Seraits. 7 - Foreign Membraniporina (ihird séries).
8 - Foreign CdieÜostomata (Kliscellaneou.s). Vhe
Armais and Magazine of Natural History^ London
8(5): I-M.
Johnston G. 1838. — A History of the British
ToophyteSy 1 st édition. J. Sirak, F.dinbufgh, 341 p.
— 1847. — A Histoiy of the British Zoophytes^ 2nd
édition. Van Voorst, London, 488 p.
jullien J. 1882. — Dragages du Travailleur -
Bryozoaires ; espèces draguées dans l’océan
Atlantique en 1881. Bulletin de la Société
Zoologique de rrance~^ : 497-529.
Lagaaij R. 1952. — The Pliocène Biymoa of the Low
Countries and iheir he.aring on the marine strati-
graphy oF rhe North Sea région. Mededeîingen van
de Geologische Sttchting^ Maastricht, (’ 5 (5); 1-233.
— 1953. — Bryozoa in ïHwcene and Lowtr Plehiocene
in a bonng ucar Oosterhout. Burck éditeur. 35 p.
Lamarck j. 6. P. A- de 1816, — Hhtoire naturelle des
Animauxsatn vertèbres, 1"^ édition : 1-568. Paris.
LamouroUx J. 1821. — Exposition méthodique des
genres de Pordre des polypiers. Agassc éditeur, Paris ;
1-115-
Lauriat-Rage A. 1986. —Les Bivalves du Pliocène de
Normandie. Bulletin du Muséum national d'Histoire
naturelle de Paris, série 4, C 8 ( 1 ) .* 3-51.
Le Calvez Y. 1987. — Les Foraminiteres du Pliocène
de Normandie. Bulletin du Muséum national d'His-
toire naturelle^ Pans\ série 4. C 9 (2) : 123-150.
Linné C. 1758 — Systemn naturae-, 10^ édition.
Holmuc. Sîockiiolm I : 1 -824.
— 1767. — Systema naturae, 12*^ édition. Holmiae,
Stockholm, 1 pars 2 : 533-1327.
MacGillivray J. 1842. — Catalogue of the marine
zoophytes of the neighbourhood of Aberdeen. The
Annals and Magazine of Natural liisîory., London
60: 462-469.
— 1869. — Descriptions of somc new généra and
-species cd Australian Polyzoa. Transactions of the
Royal Sociey of Victoria 9; 126-148,
Manzoni A. 1878. — Briozoi tossili de) Miocène
d’Austria ed Ungheria. lU. parte : Crisidca,
Idmoncidea, EntalophoriJea, Tubuliporidea,
Diascoporidcj, Cerioporidea. Denksrhriften der
Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften^
(Mathentatisch-Natnrwissemchaftlichen Cdasse),
Wien 38 (2) : 1-24.
Mcneghini G. 1845. — Polipi délia famiglia dei
Tubuliporiani finora osserv^ati nelf Adriatico. Nuovi
Annali di Scienze natnraluu Bologne 3 (2): 1-24.
Michelin IL I84l-'1R48. — Iconographie zoophytolo-
gique. Bertrand, Parts : 1-348.
Miine Edwards H. 1836. — Observations sur les
polypiers fossiles du genre Eschare. Annales des
Sciences naturelles^ Zoologie {21 6 : 321-345.
— 1838. — Mémoires surVs Crisies, les Mornèrc.v et
ilusicurs autres j^olypcs vivants ou fossiles dont
’organisation est analogue à celle des Tuhulipores.
Annales des Sciences natmrlles^ Paris, (2) 9 : 193-
238.
Mongereau N. 1969. — Le genre fdrnonea
Lamouroux, 1821 (Btyozoa Cyclostomata) dans le
Tcniaire d'Europe. Geohins 1 : 205-264.
— 1972. — Le genre hïornvra Lamemroux. 1821
(Bryozoa Cyclostomata) en Europe. Annalen des
Nalurhisiorhche^i Muséums in Wien 76: 311-373.
Mun.ster G. 1826. — in Cjoldfuss A. (cd.), Pctrejàcta
Germaniae. Abhildnngen und Beschreibungen der
Petrefdçten Deutschlands und der nngrenzenden
lèLnuer. A/nzet Comp, Düsseldorf : 1-252.
Palla.s P. C. 1766 — Elenchus zoophytorunn sistens
generuin adumbrationes generaliores et speàerum
Cognitnrum succintas descrtptionej. çmn selectis auc-
lortnn synonymis. Van CleeL la Haye; 1-451.
Pareyn (5., Brebion P., Buge E., Cyrriol R.-P.,
Lauriat-Rage A., Le C'alvez V. éc Roman J. 19S3.
— Le gisement pliocène de CrLcqueville-en-Bessin
(Calvados). Etude géologique et palcontologique.
BnUeTtn du Muséum national d'Hhtoire naturelle^
Paris, série 4, C 5 (4) ; 367-405.
PoboM'sk)' R, A, 1978. — Fhe boring Ctenosiomate
Bryozoa ; taxonomy and paoleobiology bascd on
cavities in calcareous substrata. Bulletins of
American Paleontolog}’!?* {301); 1-192.
Pouyet S. iU. David L. 19'’9. — Révision sysremarique
du genre Steglnoporella Smitt. 1873 (Bryozoa
Cliciliistomara). Geobios. Lyon 12 {6} : 763-817.
Reus.s A. F. 1848, — Die fossilen Polyparien des
Wiener 1 ertiarhcckcit'î. NatnrwissenschaftUchen
Ahhandlungen von Haidinger. Wien 2: 1-109.
— 1874. — Die tbssikn Bryozoen des osicrrcichi-
schungarischen Miociins. lAenkscbriften Aer
Kaiserlichen Akademie der Wissensebaften,
(Mathematisch-HatiinvissenschaftUchen Classe),
Wien 33 11): 141-190.
Ryland ). S, 1968. On marine Polyzoa. III
SchizoporeUa ansata aiict. Journal of Natural
History, London 2: 535-546.
— 1969. — A nomenclature index to “A Hi.srory of
rhe British marine Polyzoa’’ by I. lüncks (1880).
Bîdletin ofihe Brnith Muséum (Narural History),
Zoology 17(6): 207-260.
Savigny ). 1826. — Description de TEgypie, Histoire
Planche.s, tome IL Pantkoiicke, Paris.
Smirr F. A. 18“^3 — Kloridan bryozoa collccted by
Count F, L. de PoLirtuIes. IL Kungliga. Svenska
Vetenskaps-Akademiem HandUngOr^ Stockholm 11
(4): 1-83.
Ters M.. Brebion Ph., Buge E., Chevalier j.-P.,
Lauriar A. Margerel J.-P. 1970. — Le Redonicn
de la région de Palluau (Vendée). Bulletin du
Bureau de Recherches géologiques et minières, série 2,
58
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Bryozoaires du Pliocène de Normandie
2 : 1-26.
Wass R. E. & Yoo J. J. 1975- — 21. Bryozoa from site
282 West of Tasmania. Initial Reports of the Deep
Sea Project, Washington 29 : 809-831.
Wass R. E. & Banta W. C. 1981. — Catenicellid
Cheilostome Bryozoa. II Introduction to ovicell
complexes. Australian Journal of Zoolog)/, Melbourne
29: 365-400.
Wood S. V. 1844. — Descriptive catalogue of the
Zoophytes from the Crag. The Annals and
Magazine of Natural History, London, sériés 1, 13:
10 - 21 .
Manuscrit soumis pour publication le 15 novembre 1995 ;
accepté le 6 mai 1996.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
59
Morphologie et variations du toit crânien
du dipneuste Scaumenacia curta
(Whiteaves) (Sarcopterygii),
du Dévonien supérieur du Québec
Richard CLOUTIER
LIRA 1365 du CNRS, université des Sciences et Technologies de Lille, Sciences de la Terre,
F-59655 Villeneuve d’Ascq (France)
MOTS CLÉS
dipneustcs,
morphomctrie,
allométrie,
variation inrraspéciii^ue,
crâne,
Dévonien supérieur.
RÉSUMÉ
L'étude d'une centaine de crânes du dipneuste Scaumenacia curta
(Whiteaves) a permis de mettre en évidence des patrons de variations intra-
spécifiques. Ces variations s’organisent selon les catégories suivantes : (1)
changements de proportions, (2) concurrence spatiale (mineure et majeure),
(3) plasticité dans le patron des lignes de fo.ssectes, (4) fusion, et (3) présence
d os anamestiquc.s. Le parcours des lignes de fossettes moyennes et posté¬
rieures ainsi que la fusion de croissance des os de la série laténilc (os L, à N)
sont les deux caractères qualitatifs les plus variables. Les fusions entre les élé¬
ments osseux d'une meme série (série médiane et latérale) sont fréquents et se
produisent surrour sur le parcours des canaux sensoriels profonds. L étude
des statistiques bidimensionnelles et l’analyse des composantes principales
ont permis d’identifier des variations de forme reliées à la taille (allométrie) et
des fluctuations de la symétrie bilatérale des os de la série médiane. Les
parrons de variation crânienne de Scaumenacia sont comparés à ceux d autres
taxa.
KEY WORDS
dipnoans,
morphometry,
allometrv',
intraspecific variation,
skull,
Upper Devonian.
ABSTRACT
The study of r.lOO skulls of the dipnoan Scaumenacia curta (Whiteaves)
allows to evaluate patterns of intraspecific variation. The different types of
intraspecific variation in the skull roof of Scaumenacia could be classified
into the following categories; (1) change of proportions. (2) spatial compéti¬
tion (minor and major), (3) pksticity in the pattern of pit-lines, (4) fusion,
and (5) presence of anamesric bones. T rajectorics of the middle and posterior
pit-lines as well as the fusion among bones of the latéral séries (bones L, ro
N) are the two most variable qualitative feacures. Fusions among éléments
belonging to a longitudinal sériés (médian and latéral .sériés) are more fre¬
quent than those in adjacent sériés, and occur principally along the trajectory
of the main scnsoiy^ canals. Bivnriatc siaristics and principal component ana¬
lysis were used to identify shapo variation relatcd to .size (allometry) and fluc-
ruating bilateral asymmetry among bones of the mesial sériés. Cranial
patterns of variation oï Scaumenacia are compared with those of other taxa.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
61
Cloutier R.
INTRODUCTION
De tous les vertébrés fossiles, les dipncustes
(Osteichthyes, Sarcoprerygü) sont peut-être ceux
qui suscitent le plus de controverses quant à leur
morphologie (par ex. Watson 1926 ; Goodrich
1925, 1930 : Forster-Cooper 1937 ; Jarvik
1968 : Jollie 1973, 1981) et leur position phylo¬
génétique au sein des Osteichthyes (par ex. Jarvik
1980 ; l^sen et al. 1981 ; Schultze 1981, 1987 :
Maisey 1986 ; Ahlberg 1991 ; Cloutier 1990 ;
Cloutiet & Ahlberg 1996). Jusqu'au début des
années 1980, aucune homologie au sens strict
n avait été déduite pour les os formant le toit crâ¬
nien des dipneustes. Cependant, la decouverte de
Diaholepis speratiis (Chang Yu 1984) a apporté
certaines informations relatives aux homologies
de la région occipitale du toit crânien de ce
groupe (Ahlberg 1991 ; Cloutier & Ahlberg
1996).
La variation morphologique des dipneustes fos¬
siles a déjà été notée (Wcstoll 1949 ; Long 1992 ;
Cloutier 1996), mais peu d’auteurs font étudiée
en détail (Vorob^eva & Minikh 1968 ; Kemp
1977 ; Cloutier 1991 ; Cloutier et al 1993). il
est généralement admis que le toit crânien des
dipneustes présente une « grande variabilité
intraspécifique (Westoll 1949 ; Long 1992). Ceci
amena certains auteurs (voir Lehman 1966) à
qualifier le toit crânien des dipneustes paléo¬
zoïques de M mosaïque » ou de « marqueterie d’os
dermiques ». Ces terrnos reflètent plus une diffi¬
culté d’interprétation de la parc des auteurs que
la complexité de l’arrangement des os. Jart'ik
(1980) adopte une attitude plus rationnelle en
mentionnant que certaines parties du toit crâ¬
nien sont variables tandis que d’autres parties
sont plus stables, tels les os mésiaux.
Selon Westoll (1949), les crânes des genres
Dîpterus et Scaimityiac/a sont très variables. Afin
de quantifier et de déterminer la variation de
l’arrangement des os du toit crânien, la présente
étude a pour objet l'espcce frasnienne de
Scaumenacia curta, Le nombre des spécimens dis¬
ponibles a permis d’analyser la variation à l’aide
de méthodes statistiques. Jusqu'ici, peu d’auteurs
n’avaient encore mis â profit, dans l’étude des
dipneustes, la possibilité de décomposer la varia¬
tion de tout un ensemble de caractères morpho¬
métriques à l’aide de la méthode des compo¬
santes principales (Jolicoeur ôf Mosimann 1960 ;
Jolicoeur 1963a, b).
Bien qu'il ne soit pas possible de déterminer les
causes de la variation chez une espèce fossile, cer¬
tains mécanismes de la variation, déterminés
chez des organismes vivants peuvent être extra¬
polés chez les formes fossiles (Graham-Smith
1978). Spicgclman (1945), Devillcrs (1965) et
Cofsin (1968) ont démontré que les ébauches
osseuses dq crâne d'espèces actuelles de poissons
et d’amphibiens se concurrencent du point de
vue spatial. Ainsi l’organogénèsc et la croissance
d’un ensemble d’os dermiques peuvent être
considérées en termes de concurrence physiolo¬
gique (« compétition >>) entre plusieurs ébauches
pour un territoire OvSseux. Cette concurrence se
ferait pour rurilisafion d’un meme substrat ou de
matériel cellulaire, étant donné que l’approvi¬
sionnement est limite (C'orsin 1 968 ; Devillers &
Corsin 1968). Par Lobservarion de ki forme des
os et à l’aide des méthodes .statistiques, certaines
déiormations osseuses du toit crânien provoquées
par le mécanisme de concurrence spatiale sont
décrites chez 5. curta.
La présente étude vise quatre objectifs
principaux : ( I) décrire la morphologie du toit
crânien de Scaummacia vima \ (2) mettre en évi¬
dence les différents types de variations morpho¬
logiques et morphomérriques du toit crânien de
S. curta ; (3) comparer les patrons de variation
mi.s en évidence chez Scitumenacta avec ceux
observés et décrits chez d’auires espèces dévo¬
niennes ; et (4) réviser les hypoihèses sur la posi¬
tion phylogénétique de S. rur/a proposée par
Bertmar (1968), Thomson & Campbell (1971),
Miles (1977). Marshall (1987), Campbell &
Barwàck (1990), et Schultzc Marshall (1993).
Cer article est une version modifiée du mémoire
de Master of Science de Lauteur, réalise en 1984
â rUniversitc de Montréal sous la direction des
professeurs Pierre Jolicœur et Paul Pirlot.
CADRE GÉOLOGIQUE
Le matériel d’étude provient de la Formation
d’Escuminac (Dévonien supérieur, Frasnien
moyen ; Cloutier et ai sous presse). Cette forma-
62
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
cion affleure en quatre endroits précis à
Migiiasha, sur la rive nord de la rivière
Rcstigotiche, entre les lots municipaux 185 à 195
et 203 à 210 de Nouvelle, comte de
Bonavcnture, Québec (Fig. 1). Les spécimens
proviennent de différents niveaux stratigra'
phiques de la Formation d'F.scuminac ; Clourier
et aL (sous presse) mentionnent U pre'sence de
Scaumenacut ctiCrc les couches 8 et 390 de la ff.>r-
mation. La position stratigraphique précise n’est
connue que pour quelques spécimen5i de cette
étude, entre autres près d’une trentaine de spéci¬
mens conservés en trois dimensions de S. curta
provenant de la couche 336 située dans le chenal
(Hesse & Sawh 1992), soit environ quatre-vingt-
quinze mètres au-dessus du lit de base de la
Formation d’Escuminac (la puissance totale de la
formation étant de cent dix-neuf mètres).
La période de temps couverte par la Formation
d'Escuminac demeure inconnue, bien que cer¬
taines données (1) palynologiqiies, (2) sédimen-
lologiques et (3) paléoécologiques suggèrent que
la durée a été relativement faible, voire de Tordre
de un ou deux millions d'années. Aucune donnée
absolue n'est disponible iusqu'à ce jour qui per¬
mettrait de déduire Pâge exact de la formation.
1. La Formation d'Escuminac ne couvre quun
seul assemblage de miospores (Zone « BJ-BM »
de Richardson &; McGregor 1986 ; Cloutier et
ai sous presse).
2. Selon Bayer &C McGhee (1989, tabl. 2), le
Frasnien a une durée de neuf millions d’années
Fig. 1. — A, carte géologique de la Formation d’Escuminac (d’après Hesse & Sawh 1992) ; B, emplacement de Miguasha sur une
carte générale de la côte atlantique de l’Amérique du Nord.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
63
Cloutier R.
(372 à 363 millions d'années). Des données sur
le taux de sédimentation au Frasnien dans l’état
de New York, Etats-Unis (Bayer & McGhee
1989, fig. l) nous indiquent un taux d'environ
45 m par million d’années ; ains'i,. postulant un
taux de sédimentation comparable, en milieu
marin côtier, répaisseur de la Formation
d’Escuminac donne une valeur d’environ
2,6 millions d’années.
3. Tant les espèces réparties dans toute la forma¬
tion {Escuniinmph laticeps^ Bothriolepis canadenshy
S. curia, Eusthenopterou foordU Holopiychrus jar-
viki) que celles limitées à cerraîns niveaux {Homa-
lacanthus concinnus, C.heivolepis canadensis) ne
présentent pas de changement morphologique
apparent entre la base et le sommet de la Formation
d’Escuminac. Lassemblagc Scaumenacia —
Eusthenopteron — Bothriolepis — Esnirninaspis est
conservé tout au long de la formation (Cloutier et
al. sous presse ; Parent & Qouticr 1996). Il est peu
probable qu’un tel assemblage écologique puisse
persister sur une longue durée et de surcroît sans
changement morphologique apparent.
Ainsi le matériel consriiue-t-il vraisemblablement
un échantillon aléatoire (cf. Parent & Cloutier
1996) provenant d'une seule population locale.
MATÉRIEL
Plus de mille quatre cents spécimens de l’espèce
Scaumenacia curta (Whiteaves 1881) ont été
répertoriés dans les collections américaines, cana¬
diennes et européennes (Parent &. Cloutier
1996 , Cloutier et al. sous presse). Le crâne était
préservé en presque totalité sur environ cent spé¬
cimens et cinquante-deux ont pu être mesurés.
Les spécimens ctudié.s sont consen'^és dans les
musées et instirucions suivants :
AMNH ; American Muséum of Natural Hisrory,
New York, États-Unis (ÀMNFl 5912, 7677, 9845,
11569, 11570,. 11571, 11572. 11573, 11575, 11576,
11580,38-71-12810).
BMNH : The Naiural History Muséum, London,
England {BMNH P.5486, P.60496, P.60497,
P.60498, P.60540).
FMNH : Field Muséum of Natural History, Chicago,
États-Unis (FMNH 6244).
LTC : Laboratoire Teilhard de Chardin,, département
des Sciences de la Terre. Université du Québec a
Montré.al. Montréal, Canada (LTC 17, 19, 146).
MHNM t Musée d’HUtaire naturelle de Miguasha,
Parc de Migunsha, Miguasha, Canada (MHNM 04-
02. 04-03. 04-06. 04-11, 04-18, 04-24, 04-28, 04-34,
04-41, 04-43, 04-46. 04-63, 04-64. 04-67, 04-12-74,
04-116, 04-125, 04-155, 04-17]. 432, 442, 445,
461).
NMC : Canadian Muséum of Nature, Ottawa,
Canada (NMC 4326h. 4421.4422, 8698) ;
RM : Rcdpath Muséum, L'niversiré McGill,
Alontréal, Canada (RM 14772b).
RMS.G : Royal Muséums of Scotland, F.dinburgh,
Scodand (RMS.G 1887.20.10, 1897.51.174).
ULQ r Musée de Géologie, département de Géologie,
Univei-sité Laval, Sainte-Foy, Canada (ULQ4, 15, 69,
232, 256, 845, 907, 1069, 1423, 7503).
Arrf.vtations
A-Z, 1-9 os dermiques du crâne ;
dp canal de la ligne profonde ;
œ.sp. concurrence spatiale ;
CS commissure suprarcniporale ;
cso canal supraorbiraire :
f.part. fusion partielle ;
laf ligne antérieure de fossettes ;
Imf ligne moyenne de fo.ssettes ;
Ipf ligne postérieure de fossettes ;
Op opercule;
os an. os anamestique ;
ociq segment otique du canal supra-
orbitaire ;
Pa pariétal ;
Pp postpariétal ;
(type Ib) variation des lignes de fossettes du
type 1 b ;
+ fusion.
MÉTHODES
CARACTKRKS MOKmOMlI I RIQUFS
La plupart des trente caractères morphomé-
rriques du toit crânien ont été définis comme des
distances linéaires entre deux points d’intersec¬
tion de sutures (Fig. 2). Ces points d’intersection
correspondent généralement au point de ren¬
contre de trois os adjacents. A cause de Fccat
variable de la préservation des spécimens, les
caractères iFont pu être tou.s mesurés dans tous
les cas. Les mesures ont été prises s'culement sur
les spécimens peu déformés, dont le toit crânien
64
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
possédait au moins quatre os de la série médiane.
Voici la liste des trente et un caractères morpho¬
logiques mesurés sur les spécimens de
Scaumenacia curta (Fig. 2), ainsi que leurs efïec-
tifs respectifs ;
0. Longueur totale de rindividu entre la marge
antérieure des os £ et rextrémité postérieure de
la nageoire caudale : N = 93.
1, Longueur maximale de Tos B ; N = ^0.
2, Largeur maximale de l’os B ; N = 50.
3* Largeur postérieure de l’os B ; N = 50.
4. Largeur de l’os B au niveau de la suture des
pariétaux et posipariétaux ; N = 50.
5. Largeur antéricucc de l’os B au niveau de la
suture entre les os C et les pariétaux ; N = 50.
6. Longueur latérale gauche de l’os B ; N = 49.
7. Longueur latérale droite de l’os B : N - 51.
8. Distance entre la pointe antérieure de l’os B et
le niveau postérieur des lignes antérieures de fos¬
settes ; N = 36.
9. Longueur médiane de fos C gauche ; N = 47.
10. Longueur médiane de l’os C droit ; N = 47.
11. Longueur latérale de l’os C gauche prise
entre la suture pariétal-os B et la suture série
latcralc-os E ; N = 44.
12. Longueur latérale de fos C droit prise entre
la suture pariétal-os B et la suture série latérale-
os E ; N = 45-
13. Largeur m;iximale de la paire d’os C ; N = 42.
14. Largeur de l'os C gauche au niveau de la
suture encre le pariétal et la série latérale ; N = 45.
15. Largeur de l’os C droit au niveau de la suture
entre le pariétal et la série latérale ; N = 47-
16. Largeur antérieure de l’os C gauche ; N = 41.
17. Largeur antérieure de l’os C droit ; N = 45.
18. Largeur antérieure de la paire d’os C ; N = 40.
19. Longueur médiane de l’os E gauche ; N = 31.
20. Longueur médiane de fos E droit ; N = 32.
21. Largeur postérieure du postpariétal gauche ;
N=4L
22. Largeur postérieure du postpariétal droit ;
N = 40.
23. Longueur latérale du postpariétal gauche ;
N = 39.
24. Longueur latérale du postpariétal droit ; N = 39.
25- Longueur de la suture entre le pariétal et le
postpariétal gauches ; N = 41.
26. Longueur de la suture entre le pariétal et le
Fig. 2. — Caractères morphométriques du toit crânien de Scaumenacia curta (Whiteaves). A. mesures de longueur. B, mesures de
largeur. Voir le texte pour l'explication des mesures.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
65
Cloutier R.
postpariétal droits ; N = 45.
27. Largeur antérieure du pariétal gauche entre
les sutures des os C-R et des os X-Lj ; N = 38.
28. Largeur antérieure du pariétal droit entre les
sutures des os C-B et des os X-L, ; N = 42.
29. Longueur latérale du pariétal gauche entre les
sutures des os Yj-postpariétal et des os C-L] ;
N ^35.
30. Longueur latérale du pariétal droit entre les
sutures des os Y|-posipariétal et des os C-Lj ;
N = 43.
Méthodes statistiques
Les toits crâniens mesurés (N = 52) étaient
presque tous incomplets, à Pexception de dix spé¬
cimens. Voulant étudier les diverses sources de
variation, j’ai préféré n inclure que les spécimens
possédant toutes les dimensions requises dans
une analyse donnée plutôt que d’estimer les
variables manquantes. Ainsi, selon l'état de pré¬
servation des spécimens, des sous-échantillons
ont été formés e-P' foncrion du nombre de spéci¬
mens possédant tous les caractères morphomé¬
triques requis L'effectif disponible sera spécifié
dans le cas <le chaque analyse ou de chaque dia¬
gramme de dispersion.
Les variables X 1-30 ont été transformées en
logarithmes décimaux Y, afin de rendre les distri¬
butions normales et tel qu’indiqué par Jolicoeur
(1963a), la transformation logarithmique pré¬
sente plusieurs propriétés optimales pour les
études de proportions et de croissance.
Toutes les ellipses d équiprobabîliré ont été tra¬
cées à partir des vecteurs moyens, de.s matrices de
covariance des échantillons étudies et de la distri¬
bution du T’ de Horciling au seuil de significa¬
tion a = 0,05.
Dans le cadre de notre étude, l’analyse des com¬
posantes principales (Morrison 1976) a servi à
déterminer et à quantifier les diverses sources de
la variation biométrique (Jolicoeur &c Mosimana
1960 ; Jolicteur 1963a, b). Les analyses des com¬
posantes principales ont été effectuées â partir
des matrices de covariance des échantillons, ces
matrices ayant été calculées à panir des variables
transformées en logarithmes pour des ensembles
de six variables ou moins. Des ensembles de six
variables ou moln.s ont été choisis parce que les
résultats étaient plus faciles à interpréter biologi¬
quement que ceux des analy.ses utilisant un plus
grand nombre de variables.
Croissance relative
La croissance a été étudiée à faide de méthodes
bidimensionnelles cr multidimensionnelles. Un
premier exameti graphique a permis de représen¬
ter rapidement les couples de variables logarith¬
miques qui étaient sujets à une relation
d’allométrie. Il Vagit de tracer une droite d’iso-
métcle de pente 1 passant par le point milieu (Yi,
Yj) du nuage de dispersion des logarithmes,
l’échantillon étant circonscrit par une ellipse
d’équiprobahilité (95 %). Si la droite d’isométrie
coupe l'eJlipse obliquement, ceci suggère qii’ü y a
une relation allométriquc entre les deux
variables. Pour détecter fallumétrie bidimension¬
nelle, j*ai calculé les intervalles de confiance des
pentes de iroi.s droites d’estimation pour les
variables transformées en logarithmes, selon la
méthode de Jolicœur & Heusner (1971) . (1) la
droite d'estimation do Pordonnée à partir de
l'abscisse ; (2) l'axe majeur des deux variables i et
(3) la droite d'csrimacion de fab.scisse à partir de
rordonncc. Si les trois intervalles de confiance
couvrent la valeur hypothétique 1 (isométrie),
l’hypothèse d'isométrie (Ho) doit être acceptée
(jolicoeur & ) leusner 1970- L’allométric multidi¬
mensionnelle a été détectée en comparant un vec¬
teur hypothétique d'isométrie au vecteur des
cosinus directeurs de Taxe majeur obtenu par
l’analyse des composantes principales .sur la ma¬
trice de covariance des données transformées en
logarithmes, tel que proposé par Jolicœur (1963a, ç).
Sjont^trie Inlatéralc
La symétrie bilatérale de 5, curta a été étudiée à
faide des méthodes graphiques bidimension¬
nelles, des coefficients de corrélation et de l’ana¬
lyse des composantes principales tels qu’utilisés
par jolicœur (1963b).
DÉFINITIONS DE CERTAINS TERMES
MORPHOLOGIQUES
Voici la définition de certains termes qui seront
utilisés lors des descriptions morphologiques
ainsi que lors de la discussion.
66
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Centre de croissance
Le ferme « centre de croissance est utilisé pour
désigner Tendroii où fossification d'un os a
débuté au cours de l’embryogenèse. Ce terme
peut prêter à confusion puisque la formation du
tissu osseux, au cours de la croissance, se fait,
non pas au « centre de a'oissance », mais plutôt
aux sutures, qui .sont les lieux actifs de la crois¬
sance péripliérique des os (Pritchard et al. 1956).
Concurrence spatiai.k
I.Vxpression « concurrence .spatiale » sera utilisée
pour désigner la relation occasionnellement
observable entre l'agrandissement d'un os et la
diminutit)n de ses voisins. L'expression » concur¬
rence spatiale » est employée de préférence à
<' compétition icrritoriale » parce que cette der¬
nière expression aurait une connotation écolo¬
gique qui ne serait pas nécessairement justifiable
au niveau cellulaire
La concLirrcnce spatiale chez un fossile se recon¬
naît lorsqu’un os a débordé de son territoire nor¬
mal et s'est infiltré marginalement dans le
territoire d’un os adjacent.
Croissance
Par définition, la croissance fait réference à une
augmentation de la raille (Henderson et al.
1963). Selon Schulrze (1984), les fossiles ne per¬
mettent pas fétude de lu croissance proprement
dite, sauf s’il peut être démontré qu'une série de
spécimens de railles differentes provient d’un
court intervalle de temps et qu’elle appartient ù
une seule e.spèce. Le terme croissance » est utili¬
sé ici en référence a une série de spécimens fos¬
siles de tailles différentes provenant d’une seule
e.spècc et d’une même localité ; cette différence
de taille est interprétée comme étant le résultat
de la croissance.
Fusion
Le nombre d’os dermiques peut diminuer soit
par fusion, soit par perte. Ces termes ont une
définition rigoureuse relative à l'ontogénie mais
moins précise en ce qui concerne U phylogénie
(Jardine 1969 ; Patterson 1977). Selon jardine
(1969) et Miles (1977), (l) une information
ontogénétique complète est requise afin de dis¬
tinguer une perte d’une fusion ontogénétique et
(2) une information phylogénétique complète est
requise afin de discerner une perte d’une fusion
phylogénétique. Selon Patterson (1977), deux us
ne peuvent fusionner durant I ontogenèse que si
leurs centres de croissance coïncident, alors que
deux os ne peuvent fusionner durant la phyloge¬
nèse que si leurs centres d’ossification coïncident
à la suite d'un rapprochement progressif résultant
d’ontogenèses successives.
Des deux types de fusion dermique déterminés
par Bcitan (1962), .soir la fusion cmbryologiqixe
et la fusion de croissance, .seule la seconde peut
être identifiée objectivement sur un fossile. La
fusion de croissance se reconnaît lorsqu’un élé¬
ment osseux possède au moins deux centres de
croissance (White 1965) et que son contour cor¬
respond approximativement au contour conjoint
des os impliqués dans cette fusion. La position
des centres de croissance est alors .semblable à
celle des os non fusionnés. Selon Dcvillcrs &
Corsin (1968), la fusion de croissance serait cau¬
sée par un accroissement d’affinité entre deux os.
La fusion embrytdogique et certaines concur¬
rences sp,iriale.s peuvent être confondues. Ces
derniers proce-sstis se caractérisent par la présence
d’un seul centre d’ossification. En théorie, dans
la fusion embryologique, le centre de croissance
de l'os occupera une position intermédiaire à
celles qu’occuperaient les centres de croissance de
chacun des os non ftisionnés, tandis que la posi¬
tion du centre de croissance de l’os entrant en
concurrence pour un territoire adjacent demeure
inchangée.
Os ANAME-S I IQUEX
T.es « os anamestiques » sont des éléments osseux
surnuméraires de formes variables mais générale¬
ment de raille plus importante que les os intrasu-
turaux incorporés entre les os réguliers
(Henderson et al. 1963 : 27 ; Westoll 1936 :
166). Cependant, nombre d'auteurs utilisent ce
terme pour définir tons les os n’étant pas traver¬
sés par des canatux sensoriels ou ne servant pas de
support pour un segment de ces canaux senso¬
riels. On parle d'os anamestiques principalement
dans le cas du crâne des poissons ; chez les verté¬
brés supérieurs, des structures simüaire.s .sont
nommées « os wormiens » ou « ossa tric]netra »
(Gray 1977).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
67
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Tableau 1 . — Différentes terminologies des os du toit crânien des dipneustes. L'interprétation de Goodrich {1925} est basée sur l'anatomie de Dipîerus i/a/enc/ennesÀ Scaumenacia
curta. Sagenodus sp* et Ctenodus sp- . les interprétations de Romer (1936). Westoll (1949) et Mites (1977) se fondent sur une comparaison de plusieurs espèces ; Forster-Cooper
(1937) et White (1965) se fondent sur Dipterus valenciennesi : Thomson & Campbell (1971) tondent leur interprétation de la joue sur Dipnorhynchus sussmltchi. et sur une compa¬
raison de plusieurs espèces dévoniennes pour le toit crânien ; Kruplna (1987) sur AndreyevicMhys epiîomus : Ahiberg (1991) sur le totl crânien de Diabolepis speratus et
Dipnorhynchus sussmilchi, et de Gnphog!tathus pour ce qui a trait à la joue : Cloulier(l990) sur une comparaison de plusieurs espèces. Le symbole « + - indique une fusion suppo¬
sée.
Os
Goodrich
(1925)
Watson
(1926)
Romer
(1936)
Forster-
Cooper
1937)
Westoll
(1949)
White
(1965)
Lehman
(1966)
Thomson Miles Krupina
& Campbell (1977) (1987)
(1971)
Ahiberg
(1991)
Cloutier
(1990)
E
Frontal
Nasal
B-4
E
E
E
Postrostralp +
E
E
Postrostral
E
E
Frontal médian ^
D
Interfrontal
Interfrontal
A-2
D
D
D
Frontal central
D
D
Pineal bones
C
Pariétal
Frontal
B-3
C
C
C
Frontal mêdian 2
C
C
Frontal médial
C
C
B
Dermal supra-
Pariétal -f
A-1
B
B
B
Pariétal central
B
B
Pariétal central
B
B
occipital
Postparietal
A
Interparietal
A-0
A
A
A
Extrascaputaire
A
A
Médian
Médian
médian
extrascapular
extrascapular
Pariétal
Intertemporal
Intertemporat
B-2
J
J1
J
Pariétal latèrai-j
J
J
Pariétal Iateral 2
Pariétal
Pariétal
Postpariétal
Postparietai
Tabular +
B-1
1
I
12
Panètal Iatéral 2 +
1
!
Pariétal latéral-]
Postparietal
Postparietal
Supratemporal
Extrascapulaire latéral ■]
H
G
scale
H
H
O
Marginal
C
0
0
Nasal
01,02
Tectal
N(N)
Marginal
C
N
N
N
Nasal
N
N
Nasal
Supraorbital
M{M)
Prefrontal
Marginal
C
M
M
M
Frontal latéral
M
M
Nasal
Supraorbital
Li-l-a
Marginal
Marginal
C-5
L
L1, L2
L1.L2
Frontal latéral
L1, L2
L
Nasal L 2 -t-
Nasal
Supraorbital
ou L
Frontal latérale
(L1.L2)
K
Postfrontal
Postfrontal
C-4
K
K
K
Frontal latéral
K
K
Dermosphenotjcum 2 Nasal
X
Postfrontal
? Postorbital
C-3
X
X
X
Dermosphénoîique
X
X
Dermosphenoticum-i Intertemporal
Intertemporal
Yl
Supratemporal
Squamosal
C-2
Y
Y2
Y1
Dermoptérotique
Yl
Yl
Dermopteroticum
Supratemporal
Supratemporal
Y2
Tabulare
C-1
Yl
Y2
Dermoplérollque
Y2
Y2
Extrascapular
Tabular
Tabular
postérieur
latéral
Z
X
H
H
Z
Extrascapulaire
Z
Z
Latéral
Latéral
Iatéral2
extrascapular
extrascapular
la
Latéral
IC
11
Osintraorbital-i
1c
Lacrimai-f
1b
1
1A + 1B
12
Os infraorbital 2
1
la+lb
Lacrimal 2
Lacrimal
Lacrimal
2
Supraorbital
D
2
2
2
SupraorbïiO'tectal
2
2
Supraorbital
Tectal
3
Postorbital
D
3
3
3
Sousorbital
3
3
Supraorbital 2
Supraorbital
3
4
4
4
4
Postorbital
4
4
Supraorbitals
Postorbital
Postorbital
5
5
5
5
Os intraorbital 5
5
5
Postorbital
Jugal
Jugal
6
6
6
6
Os inîraorbitai 4
6
6
Lacrimal
Jugal
7
7
7
7
Os inlraorbitais
7
7
Lacrimal 3
Lacrimal
Lacrimal
8
8
8
8
Os préûperculaire^
8
8
Squamosal
Squamosal
9a-e
9
9
9
Os préûperculairest 3
9
ga
Preopercular
Preopercular
9b-e
9
9
9
Os prèoperciilairesc^n
9
9b-e
Preoperculo-
gb'B
submandibular
10
10
10
10
Quadraiojugal
10, 11
10
Quadratojugat
Quadratojugat
Cloutier R.
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Os INTRASU rURAL/X
Les « os incrasucuraux sont de très petits élé¬
ments dermiques variables, localisés dans la suture
entre deux os normaux adjacents (Beltan 1962).
GÉNÉRALITÉS SUR LL TOIT CRÂNIEN
DES DIPNOI
Plusieurs auteurs (Watson Day 1916 ; Watson
&: Gill 1923 ; Romer 1936 ; Holmgren &
Stensio 1936 ; Eorster-C^ooper 1937 ; Wcscoll
1949 ) Lehman 1966 ; Thomson & Campbell
1971 ; Miles 1977 ; Jarvik 1980 ; Campbell &
Barwick 1982a, b, 1984) ont contribué à la
connaissance générale de la morphologie crâ¬
nienne des dipneustes. De ces travaux, il ressort
que plusieurs caractères crâniens retrouvés chez
les dipneustes sont uniques à ce groupe (Schultze
ik Campbell 1987).
Un des problèmes relatifs à ce groupe est lié au
fait que chez les formes primitives, tels les
Umnoloplnt-U Dipnarhynchns, Speonesydrioru le
toit crânien présente un patron niésomérlquc
relativement dillfcrenr de celui retrouvé chez les
formes primitives des autres groupes
d'Osreichthyes, principalement dans la partie
antérieure du toit crânien, à l'exception de
YoungolepiS’ Étant donné que le patron crânien
différé (en terme de relations topographiques
entre les éléments osseux et sensoriels) entre les
formes primitives de dipneustes et les formes pri¬
mitives d’jctinoptcrygiens et des représentants
des autres groupes de sarcoptéiygiens, il esr diffi¬
cile de reconnaître les caractères homologues
pour ce qui a trait aux os dermiques formant le
toit crânien et la joue.
Certains auteurs, dont Watson (1926), Goodrich
(1925, 1930), Holmgren 6c Stensio (1936) et
Lehman (1939, 1966) ont renté d'appliquer aux
dipneustes la nomenclature crânienne utilisée
pour la majorité des oscéichrhyens et des tétra¬
podes. Cependant, les homologies au sens strict
font l’objet de controverses (Lehman 1975 ;
Jarvik 1960, 1980 ; Jollie 1981 ; Maisey 1986 ;
Schultze 1987 ; Schultze 6c Campbell 1987).
Devant la difficulté de démontrer le.s homolo¬
gies, Romer (1936) et Forster-Cooper (1937)
proposèrent chacun un système de nomenclature
alphanumérique. Par la suite, Westoll (1949),
Whiie (1965). Jarvik (1968), Thomson 6c
Campbell (1971) et Campbell & Barwick
(1982a) apportèrent certaines modificarions aux
nomenclatures déjà existantes. Le tableau 3 éta¬
blit la correspondance des terminologies propo¬
sées par divers auteurs en cc qui concerne plus
parriculièrement ScaumntacUt curtii. Récemment,
Ahiberg (1991) et Cloutier & Ahlberg (1996)
proposèrent une série d'homologies pour la
majorité des os du toit crânien et de la joue
(Tableau 1).
U nomenclature utilisée pour les os crâniens est
principalement celle de Forster-Cooper (1937)
avec le.s modificarions apportées par Cloutier 6c
Ahlberg (1996). On admeï généralement que le
toit crânien (Fig. 3A) est constitué de trois séries
antéro-postérieures d’os et d’une série d’extrasca¬
pulaires dont le nombre et l'arrangement varient
selon les espèces. La série médiane comprend les
os F, L (pairs). D, C (pairs) cc B ; latéralement
aux os C et B se trouvent le pariérai (os J selon la
terminologie de Forster-Cooper 1937 ;
Tableau 1) et le postpariétal (os 1 scion la termi¬
nologie de Forster-Cooper 1937). La partie anté¬
rieure de la série latérale comprend une série d’os
variables, soient les os Q, P, N, L et K. ; le
terme L s'applique gcncralemenr à deux os (L, et
L,)- La partie postorbitaire de la série latérale
comprend l’os X et lc.s deux o-s Y (Y, et Y.,). La
série supraorbitaire coniprend les os 2 et 3. La
série excrascapulaire comprend les os A, Fl, et Z ;
Fos A est homedogue à Textrascapubire médian
d’autres groupes de sarcoprérygiens. Schultze
(1969) et l’homson 6c Campbell (1971) ont
défini la topographie générale de chacun de ces
os. Toutefois, il est important de noter que chez
les formes primitives celles Diabolepit,
Uranolophus, Dipnorhynchus cc Speoncs)i€lrîon, les
os E sont non différenciés de la mosaïque ros¬
eraie. plusieurs os D peuvent être présents, et les
po.stparictaLix sont incorporés entre les os B et A,
SYSTÉMATIQUE PALÉONTOLOGIQUE
OSTEICHTHYES Huxley, 1880
SARCOPTERYGII Romer, 1955
RHIPIDISTIA Cope, 1887
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
69
Cloutier R.
AKJNETIA Gardincr. 1984
DIPNOlFORMES Cloutier in Schultze, 1992
DIPNOl Muller, 1844
Famille PhaneropleuriD-AE Huxley, 1861
Diagnose. — Dipneusrc avec de larges os B, C et E.
Os D gifiniralement absent. Ligne moyenne de fossettes
prévSentc sur IVxs R. Longueur de la deuxième nageoire
dorsale égale à plus du quait de la longueur totale de
ranimai. Ecailles et os deriniques sans cosmine.
Genre Scaumenacia Traquair, 1893
Espèce type. — Scaumenacia curta (Whiteaves
1881) ; Frasnien moyen, Formation d'Escuminac,
Miguasha, Québec, Canada.
DlAtJNOSE. — Hauteur ma^iniale du corps d'environ
le sixième de la longueur totale. Première nageoire
dorsale peu élevée, ayant une haliteiir maximale d'un
huitième à un septième de sa longueur et qui s'insère
au niveau du quatrième supraneural. Absence de
radiaux ossifiés a.ssociés avec la première nageoire dor¬
sale. Première nageoire dorsale correspondant à 16 %
de la longueur totale de ranimai ; deuxième nageoire
dorsale à 30 % de la lojigueur totale. Deuxième
nageoire ayant une hauteur maximale correspondant
aux deux tiers de la hauteur du corps.
Scamnenavin curta (Whiteaves, 1881)
Diagnose. — Voir celle du genre.
DESCRIPI'IÜN
Whiteaves (1887 : 108) a décrit le toit crânien de
S. curta comme étant formé de plusieurs plaque.s
polygonales plus ou moins allongées longitudina¬
lement, similaires à celles retrouvées chez
Dipterm, Par la suite, le toit crânien a été illustré
par quelques auteurs : Jaekel (1890, 1927).
Eastman (1908). Hus^iakof ( 1 91 2), Patten
(1912), Goodrich (1925. 1930), Weitzel (1927).
Holmgren Stensio (1936), Romer (1936,
1966), Stensio (1947), Westoll (1949), |arvik
(1968, 1980), Craham^Smith (1978), Rosen et
al. (1981), Cloutier (1996 ; Fig. 3) i mais peu de
ces derniers ont décrit la morphologie des os.
Toutefois, le système sensoriel externe a été
considéré plus explicitement par Stensio (1947),
Westoll (1949), Jarvik (1968), Thomson
Campbell (1071), Graham-Smith (1978) et
Cloutier (1996).
Selon Goodrich (1909), l’arrangement des os du
crâne de .S. curta est le plus représentatif du
groupe des dipneustas. Malgré cette affirmation,
la morphologie détaillée du crâne de S. curta
demeure peu connue hormis le travail de
Cloutier (1996),
Dan.s la litrérature» chacune des reconstitutions
proposées corre.spoiid à un ^spécimen en particulier,
qui ne rcpré.senre pas l'ensemble de Icspccc. Jaekel
(1927) avait meme nommé un genre
Canndipterns â partir d'un spécimen exception¬
nel de S. curta qui présentait certaine.s variations
morphologiques (Westoll 1949 ; Cloutier 1996).
Les os du toit crânien
La forme, la topographie et certains caractères
descriptifs seront donnés pour chacun des os des
séries médiane et latérale. La plupart des os du
toit crânien de .V. curta étant des os â canaux
(Fig. 3A), je décrirai premièrement la position
des canaux sensoriels par rapport à la topogra-
plne crânienne et, deuxièmement, le.s c.aractérls-
tiquc-s morphologiques de ces canaux.
Le système de la ligne latérale du toit crânien de
5. curta comprend cinq canaux ; (1) le canal
supraorbitairc dans la série latérale, (2) le canal
infraorhitaire. principalement sur la joiie^ (3) la
conimi.ssure .supraremporale dans la région posté¬
rieure du crâne, (4) le canal otique et (5) un seg¬
ment de la ligne du corps* dans 1 os Z. On
distingue trois lignes de lo.ssetles : la ligne .anté¬
rieure, la ligne moyenne ci la ligne postérieure
(hig-3A)
La vsérie médiane. Elle couvre environ les deux
tiers de la .superficie totale du loir crânien chez
Scfittrnenacta. Il s^agit donc de la principale com¬
posante du toit crânien de cette espèce. Chacun
des ûs mésiaux ocaipe un territoire relativement
grand par rapport à ceux des ns crâniens des
autres séries. Los H est absent chez S. cuna.
Les os Esonc de forme trapézoïdale, environ trois
fois plus longs que larges en moyenne, et plus
larges antérieurement que posrérieurcmciu. Le
centre de croissance de Los E se situe un peu pos¬
terieurement au point central de Taxe médian de
Los. La marge antérieure de ces os esr légèrement
courbée vers le bas et ondulée latéralement. La
partie clescendantc, à Lavant des os E, est plus
mince que les autres os du crâne.
70
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
L’os D esi absent, contrairement aux indications
de Whireaves (1887, pl. X, 2b), qui illustra un
élément osseux entre la paire d'os E et la paire
d’os C (NMC 4421). Seul le spécimen RMS.G
1887.20.10 possède un os D (Fig. 4 ; Cloucier
1996).
Les deux os C sont de forme approximativement
trapézoïdale et environ 1,6 fois plus longs que
larges. Leur centre de croissance est situé entre la
moitié et le tiens postérieur de la longueur de l’os
sur son axe médian, t’our un spécimen de caille
moyenne, les os C ont une dimension à peu près
égale aux os E.
Los B, médian, est de forme heptagonale et rela¬
tivement constante, et ce contrairement aux
observations faites par Romet (1936) qui men¬
tionne que CCI élément est de forme variable.
Chaque facette de l'os B correspond à une suture
avec un os adjacent : antérieurement, il est bordé
par la paire d'os C, latéralement par les pariétaux
et postpariétaux, et postérieurement par l'os A.
L’extrémité antérieure de l’os B se prolonge en
pointe, se logeant entre la paire d’os C. La sur¬
face de l'os B est parcourue par les lignes de fos¬
settes antérieures et moyennes droites et
gauches ; la face interne est caractérisée par une
crête antéro-postérieure médiane et une série de
crêtes radiaîres. Le centre de croissance se localise
au centre géométrique de cet os. Cet élément
osseux est le plus large du toit crânien.
Los A, aussi médian, qui possède une marge pos¬
térieure arrondie, partage une suture principale
avec los B et deux sutures antéro-larérales avec
les posipariétaux ; la commissure supratcmporale
traverse l’os A transversalement. Outre ces carac¬
tères généraux, il ny a que peu d’informations
relatives à l'os A, étant donné qu’il n est que très
rarement préservé (par ex. BMNll P.6788,
Fig. 5A ; BMNH P.5486, Fig. 5B). Westoll
(1949) attribua cette faible fréquence de préser¬
vation au fait que cer os est mince et moins ossi¬
fié chez Scaunienada que chez d'autres genres,, tel
Dipterus.
Le pariétal, qui porte une partie de la ligne anté¬
rieure de fossettes, esr entouré latéralement par
les os L), X et Yj, mé-sialcment par les os C et B,
et postérieurement par le posipariétal. Sa taille
est comparable à celle du postparictal.
Le posrpariéta! est caractérisé en surface par les
lignes de fossettes moyenne et postérieure et les
pores du canal sensoriel de la commis.snre supra-
temporale ; le canal de cette commissure est logé
en profondeur dans l'os. Westoll (1949 : l44,
fig. 6E) illustra un os triangulaire postérieur au
postparictal droit, mais cette structure nest pas
un os indépendant ; il s'agit du processus posté¬
rieur dit postpariétal (Fig. 3). Ce processus est
semi-circulaire et possède une surface crénelée
radiairement,
La série latérale. Les os de la série latérale sont
traversés par les canaux sensoriels supraorbitaire
et otique et un segment de la ligne du corps.
Fig. 3. — Reconstitution du crâne de Scaumenacia cu/ta (Whiteaves) ; d'après Cloutier (1996) A, vue dorsale du crâne. B, vue laté¬
rale du crâne. Les dimensions des os de la série rnédiane (E. C. B. pariétaux et postpanétaux). de l'opercule et de l’orbite ont été
calculées à partir des valeurs moyennes de l échantillon. Le parcours des canaux céphaliques dorsaux et latéraux correspond à une
disposition dite « normale » de symétrie.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
71
Cloutier R.
Fig. 4. — Scaumenacia curîa (Whiteaves) ; vue interne du toit
crânien du spécimen RMS.G 1887.20.10. À noter la présence
de l’os D. Échelle : 5 mm,
Cette série montre des pores sensoriels en surface
et une crete longitudinale sur la face interne
(Fig. 4).
Selon Thomson & Campbell (1971), Westoll
(1949) se serait basé uniquement sur la topogra¬
phie pour nommer les os antérieurs à Fos X et
établir ainsi .son système complexe de fusions. La
difficulté d’établir une terminologie adéquate
pour ces os résulte de leur grande variabilité
intraspécifique ei interspécifique (forme, nombre
et position).
Los O, rélcment osseux le plus antérieur de la
série latérale, est limité médialenicnt par l’os E et
latéralement par les os 2 et la. L’os N est bordé
médialement seulement par l'os Eet latéralement
par Los 2, alors que l’os M est limité mcdiale-
ment par l’os E et la partie antérieure de l’os C.
Los Li est bordé mésialen»eiiL par Fos C et latéra¬
lement par Fos 2 et par la partie antérieure de
Fos 3. Los L] est borde par les us L^, C, le parié¬
tal, les os X et 3. Le terme L, a été choisi de pré¬
férence au terme K utilisé par plusieurs auteurs,
Fos K étant défini par Schultze (1969) et
Thomson 6c Campbell (1971) comme étant Fos
ponant Fextrémité antérieure de la ligne anté¬
rieure de lossette.
Los X (« KX fl de Schultze 1969, 1977) est situé
entre le pariétal, les os Y,, 4, 3 et L,. Les canaux
supraorhitaire et infraorbitairc sc joignent dans
cet os. La ligne antérieure de Ibsserres se termine
en surface de Fos X, près de la suture partagée
avec Fos 3- Schultze (1969, 1977) décrit Fos KX
comme étant Fos qui porte I extrémité antérieure
de la ligne antérieure de fossettes ainsi que la
bifurcation des canaux supraorhitaire et infraor-
bicairc. Il mentioririe qu’il s’agit plutôt d'une
appellation topologiquc qui n’implique pas un
concept d’homologie.
Los y,, environ deux fois plus long que large, est
incurvé latéralement vers la joue. La bordure
antérodor.salc de Fopercule vient s’accoler sur la
marge latérale concave de Ibs Y,. Aucun des spé¬
cimens étudiés na fourni d'informarion supplé¬
mentaire sur ce que Jarvik (1980) identifia
comme une échancrure spiraculaire sjyinKular
notvbi -v) sur Fos Yj (v- X v de cct auteur). Los Y 2
est limité mésialemcnc par le posipariétal et
reçoit la ligne moyenne de fo.sscttes, La marge
postérieure de Fo.s Yi est oblique à cause d’un
recouvrçmoiu par l’os Z.
Los Z, qui termine poscéricprcment la série laté¬
rale, est généralement plus grand que Fos Yt et sa
marge postérieure est arrondie. La commissure
supratcmporalc délimite sur cei os la fin du canal
otique et le début de la ligne du corp.s (Fig. 4).
Selon Jarvik (1968, 1980), la série latérale se ter¬
minerait par un os « Zp » portant un segment de
la ligne du corps. Cet élément n'a été ob.servé sur
aucun des spécimens, lèl qu’illustré par Jarvik,
Fos « Zp » occuperait une position relativement
éloignée de la marge postérieiirc du dcrmocrâne
et vraisemblablement du neurocrâne. Ainsi, cet
os serait uniquement rattaché au crâne par une
suture étroite avec Fos Z. De plus, la forme de la
marge postérieure de Fos Z. ne suggère pas qu’il y
ait un os postérieur. A cause de l’ensemble de ces
observations, l’existence do Fos « Zp » est dou¬
teuse.
Le parcours des canaux sensoriels. Le parcours
des canaux céphaliques dorsaux est illustré sur la
figure 3A. Les canaux de la ligne latérale passent
en profondeur dans les os dermiques du crâne.
Une crête marque le trajet des canaux sur la face
72
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Fig. 5. — Scaumenacia curta (Wtiiteavesj. Partie postérieure du
loit crânien montrant le parcours de la comrrissure supraternpo*
raie sur les postpariélaux et l'extrascapulalro médian (os A). A.
spécimen BMNH P.678a ; la commissure supraiemporale passe
exclusivement dans l'extrascapulaire médian. B. specimen
BMNH P.5486 : la commissure supratemporafe passe â la fois
dans l'extrascapulaire médian el dans l’os B Les irajectoires de
la commissure supratemporafe et du segment clique du canal
supraorbitaire sont déduites de la position des pores des
canaux sensoriels à la surface des os, Éclielles : 5 mm.
interne de.s os, et, à p;ntir de ces canaux, des
canaux secondaires ramifies ou non atteigncnc la
surface de Tos et communiquent avec le milieu
environnant par des pores sen-Soriels (fig- ^A, B).
Ces pores, situes au'des.s'us des centres de crois¬
sance des os, sont circulaires et deviennent de
plus en plus ovoïdes lorsqu’ils occupent une posi¬
tion latérale plus péripherique par rapport aux
centres de croissance (Fig. 6A, B).
Le nombre et la position des pores sur un os
varient d’un individu à Tautre. Tourciois, de
nouvelles données sur le patron des canaux sen¬
soriels d'AruIrrycvichthys montrent que la trajec¬
toire de ces canaux secondaires esc relativement
constante d'un individu â rautre pour un os
donné (obs. pers.). De façon générale, pour un
même os, les individus de grande taille ont plus
de pores que les individus de petite raille. Si l’on
compare l'anatomie de 5. curia à celle des
Ostcichrhyes primitifs actuels, les neuromastes,
groupés ou non, absents chez les lossiles, étaient
probablement logés à la base des renflements
dans le.s canaux sensoriels annclés. La base des
canaux est pcxforce par des canalicules. Ces cana-
licules devaient loger les ramifications nerveuses
reliant les canaux sensoriels aux divers rameaux
latéraux des neris crâniens.
Les lignes de fossette.s du toir crânien passent sur
la surface des os. l^e plancher des lignes de fos¬
settes présenre des seuils séparant des ensembles
de 3 à 6 pores canaliculaires (Fig. 5A). l.es neuro¬
mastes se situaient probablement dans le .sillon
en auge des ligne.s, au-dessus des porcs canalicu¬
laires.
1. Le canal .supraorbitaire : une série de porcs a
été observée sur la marge antérieure des os E du
spécimen ÜLQ 69. En raison de leur position
antérieure sur le crâne, de leur proximité avec les
pores’ sensoriels du canal supraorbitaire et de la
possibilité d’un arrangement rcciiiligne pour cer¬
tains de ces pores, cinq hypothèses d’interpréta¬
tion sont ici proposées. Ces pores peuvent ain.si
correspondre ; (1) soir à ceux d^ine ligne de fos¬
settes commençant le canal supraorbitaire ;
(2) soir â ceux d une commissure nistrale ; (3)
.soit à ceux du canal supraorbitaire ; (4) soit aux
pore.s des ampoules' mécanorécepdvcs (Bemis &
Northeutt 1992) ; (5) soit aux porcs de vaisseaux
sanguins. Cependant, il esc possible que les pores
présents puissent être înterprércs à la lumière
d’une combinai.son de ces hypothèses.
Le canal supraorbitaire a son origine sur l'os O et
traverse Ic.s cléments de la série latérale jusqu'à la
ramificatïon du canal infraurbitaire sur FosX.
Le parcours du canal supraorbitaire est intime¬
ment hé aux cenrres de eroissancc des éléments
osseux qui le supportent (Graham-Smith 1978),
même si, à l'occasion, ces territoires présentent
des anomalies. Ainsi le spécimen de S. curta
(AMNH 11570) (Fig. 6A), dessiné par Westoll
(1949 ; 144, fig. 6h) et redessiné à parrir de cette
illustration par Thomson &c Campbell (1971 :
37, fig. 11), montre que le rrajet gauche du canal
su|)raürbitaire tel qu’illustré est erroné puisqu’il
passe non pas du « M + Lt » au « L, + K » de
Westoll, mais dans l'élément considéré comme
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
73
Cloutier R.
Fig. 6. — A, Scaumenada curta (Whiteaves). AMNH 11570 (ancien numéro AMNH 38-71*12803) : paire stéréoscopique de la vue
latérale gauche du toit crânien montrant la série d'os latérale. Échelle ; 1 cm. B, Scaumenada curta (Whiteaves). AMNH 11570 :
exemple de concurrence entre les os Li, L 2 et M (détail de A). À noter la position des pores sensoriels à la surface des os. Échelle :
5 mm. C, Scaumenada curta (Whiteaves). MHNM 04-12-74 : vue latérale gauche du toit crânien montrant un os anamestique
(x0,77).
74
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
anamestiquc par cet auteur. Le canal parcourt les
os Li, Li et M (Fig, 6A, B).
2. Le canal infraorhitaite : circulant principale¬
ment sur la jouCt il dcbute dans l’os à partir
du canal supraorbitairc et se dirige vers la région
sous-orbitaire de la joue (Fig. 3B). Une descrip¬
tion détaillée du parcours du canal infraorbitaire
SC trouve dans les travaux de Srensib (1947) er de
Cloutier (1996).
Un court canal bifurque du canal inlraorbitairc à
partir de l'os 4 pour se terminer environ aux
deux tiers de la longueur de l’os 3 (Fig. .3B).
Tandis que Siensio (1947 : I3H-139) décrit ce
court canal comme étant un large tube pouvant
être une partie ve.stigialc de la ligne profonde
(« profundns Une »), Thomson & Campbell
(1971) l’interprètenc comme une courte branche
du canal infraorbitaire. GUci Anna calna (Actino-
pterygii), le rameau postorbicaire du canal
infraorbitaire (Allis 1889) occupe une position
similaire au court canal retrouvé chez S. curta et
certaines autres espèces de Dipnoi. Je propose
d'utiliser le terme de ligne profonde afin de
con.servcr une homogenéiré de nomenclature au
sein des gnathostomes (Noithcuu 1989).
Le canal préoperculaire bifurque du canal
infraorbitaire dans Tos 8 et se dirige vers la marge
postérieure de la joue puis vers la maclioirc infé¬
rieure (Fig. 3B ; Cloutier 1996).
3. Le canal otique : il établit la connexion entre
le canal supraorbitaire cl la partie céphalique de
la ligne du corps. Ce canal traverse les os X, Yj.
Yt et il se termine sur l’os Z, à la bifurcation oii
se joint la commissure supratcmporale.
4. La commissure supratemporalc elle relie les
deux branches latérales des canaux supraorbi-
taires er des lignes du corps. Le trajet de la com¬
missure supratemporalc, soir les os
Z-postparicial-A-postpariétal-Z, a été étudié par
Srensio (1947), WesioJI (1949), Jarvik (1968>
1980), Thomsttn & Campbell (197l)i Graham-
Smiih (1978) ei Cloutier (1996). Le canal de la
commissure supratcmporale s’arque légèrement
vers le centre de croissiuice du posrpariétah mais
passe postérieuremenr aux lignes de fossettes
moyennes ei postérieures (Fig. 5A-B). .Sur cer¬
tains individus [par ex. BMNII P.5486
(Fig. 5B) ; BMNH P.60497 (Fig. 7A-B, D)l le
canal de la commissure supratcmporale passe
dans les angles latéro-postérieurs de l’os B avant
de pénétrer dans l'os A, s'il le pénètre.
5. î.a ligne du corps : le segment céphalique de la
ligne du corps est présent dans Fos Z. La ligne
latérale du corps se poursuit dans les écailles
jusqu'au lobe de la nageoire caudale.
6. Les lignes de fossettes : Graham-Smith (1978)
a montré la relation entre le trajet de.s lignes de
fossettes et les centres de croissance des os pour
differentes espèces de gnathostomes, dont
5. curta.
Les différents parcours des lignes de fossettes
seront décrits ci-dessoas mais il est à noter que
tes trajets sont plus ou moins variables d'un indi¬
vidu à l'autre. Ainsi la ligne antérieure de fos¬
settes [(« anterhr portion of posterior pit-Hne » de
Jarvik (1968, 1980) ; « pir~lim ^ruocc sitaated
superficially ro the hlindly ending tube » de Stenslô
(1947 ; 139)1 débute au centre de l’os B puis se
dirige antéro-latéralement jusque sur l'os X, tra¬
versant le panétal (Figs 5A-B, 6A, 7B). La ligne
moyenne de fosseTte.s cotnmence postérieurement
à la ligne antérieure près du plan de symétrie sur
l'os B et elle circule postéro-Jatéralemcnt jusqu'à
l'os Yj (Fig. 3A). Cette ligne s’incurve sur le post-
pariétaL p-âssanr au-dessus du centre de croi.s-
sancc de cet os- Les homologues bilatéraux des
lignes antérieures et moyennes ne sont que très
rarement en contact (voir Fig. 5A-B) Lu ligne
postérieure de fossettes [i^ posLerior portion ofpos-
terior pitdine v de Jatvûk (1968, 198ü)J débute en
moyenne au-dessus du centre de croissance du
posipariétal, posiérieurcmenr à la ligne moyx’nne,
et se dirige vers le milieu de la marge postérieure
de cet os sans toutefois Fatreindre. La ligne pos¬
térieure SC termine au-dessus ou un peu poste¬
rieurement à la commissure supratcmporale.
Géncraleinenf, les lignes de fossettes cvaver.sent
deux os adjacents au point milieu des lignes de
sutures de ces os.
DESemPTION DES VARIATIONS
Variai IONS mükihioi.oi:iql’i:s des os
1 .a morphologie des os du roit crânien de S. curta
varie légèrement d'un spécimen à l’autre.
Certains des spécimens étudiés montrent des
variations caraciéristiques qu il est possible de
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
75
Clouder R.
décrire, telles, la présence d’os surnuméraires, la
fusion de certains os, la concurrence sparialc
entre éléments adjacents ei la variation dans le
parcours des canaux sensoriels.
Os surmmti^raires
Chez les dipneusres fossiles, deux types d os sur¬
numéraires se rencontrent fréquemment : il s'agit
des os anamestiques (Wcstoll 1936) et des os
intrasuturaux (Jarvik 1950; Belcan 1962).
Parmi les spécimens examines, seul le spécimen
MHNM 04-12-7d (Fig. 6C) prcscaie un os ana-
mestique. Cet os est situé entre les os 2 ei 3, et
les os L 2 et M de gauche. Toutefois, aucun des
spécimens observes au cours de la présence élude
ne possédait d’os inrrasucural. Les os variables de
la série latérale portant une partie du canal
supraorbitaire n’ont pas été considérés comme
anamestiques. Toutefois, Romer (1936 : 249,
fig. 3b) illustra un crâne oh il identifia deux
« extra^elemenis » : l'o.s inclus entre l'os C et le
pariétal semble erre effectivement un os anames-
tique, mais le second clément que Romer consi¬
déra comme un os ananicscique est en réalité Los
Li. Westoll (1949 : 144, fig. 6c ; Fig. 7C) repré¬
senta un os anamestique situe latéralement à Los
identifié comme étant fos « Q+N+M+Li •> : ce
spécimen illustré par Westoll (1949, fig. 6c) est
le spécimen BMNFl P60497. Cependant cet os
est traversé par un segment du canal supraorbi¬
taire, tel qu’illustré a la figure 7B et D, donc il
s’agit probablement de l’os O plutôt que d’un os
anamestique.
La région des os L. esc sujette à une variation dans
le nombre d'os. Le spécimen MHNM 04-12-74
(Fig. 6C) présente un os surnuméraire (deux os
L]’ er Li” à la place du seul Li), puisque quatre
os, er non trois, limitcni la marge latérale de Los
C droit. Le spécimen AMNH 1 1573 (Fig. 9)
présente plusieurs os de la série latérale entre les
os N er X. Selon leur position relative aux os F. et
C, CCS os sont interprétés comme étant les os M”,
M’,L2, L,'’,eL L,’.
Concurrences spatiales et fusions
Lehman (1959) mentionna que la forme et le
nombre des os dermiques sont souvent très
variables d\in individu à l’autre pour la plupart
des espèces de Dipnoi. La concurrence spatiale et
la fusion d’os adjacents sont les deux sources
majeures de cecre variabilité chez 5. curta.
Concurrences spatiales. L.es os dermiques du
toit crânien de ô. curta ne se chevauchent pres¬
que p:ts> à rexccquion de quelques spécimen.s où
la pointe aritérieiire de I o& B se prolonge quelque
peu antérodaréralement sous la paire d’os C.
Ainsi, il semble juste de .supposer que, durant la
morphogenèse et la crui.ssance de Scaionenacia^
le.s OS butaient les uns sur les autres lorsqu'ils
encraient en contact- Donc la forme de ces, os
denniques (er la position des sutures) relève prin¬
cipalement de l'interaction entie chacun de ces
os. Bien que le.s lignes de suture demeurent
franches au cours de la croissance de S. curta,
elles deviennent légèrement sinueuses chez les
individus de grande taille. Laccroissemenr des os
du toit crânien de 5. curta sc faisait donc par un
accroissement superficiel sur toute la surface de
l’os et un accroissement périphérique au niveau
des sutures.
Chez SciUmenneia, les concurrences spaiiales ont
été classées en deux catégories, mineures et
majeures, concurrence mineure correspond à
une iiHïdification dans la forme de la ligne de
suture, mais non dans sa position, alors que la
concurrence majeure s’observe lorsque la fornie
ct/ou la raille de certains os different notablement
de leur forme ou de leur taille normales. Quelques
exemples représentatifs des deux types de concur¬
rence spatiale sont présentés aux ligures 7-9 et à la
figure 6A, B et elles sont décrites ci-dessous.
1. Coriciirrence mineure : le spécimen MIINM
04-24 présente deux sutures dentelée.s entre l'os
B et la paire d’os C (Fig. 7A). La dentelure de la
suture est similaire de chaque côté du plan
médian du crâne. Il .semble que ce soir Los B qui
ait envahi le territoire- de.s o.s C.
Le spécimen ULQ 1423 montre le postpariétal
gauche ayant deux sutures ondulées, l’une avec le
pariétal et l’autre avec Lus B (Fig. 7B). La marge
latérale du postpariétal est normale. Le post-
pariétal gauche semble avoir envahi partiellement
le territoire de Los B et avoir induit » une
déformation de la suture commune aux os B et
postpariétal droit. La déformation de la ligne de
suture s’effectue surtout près du point où traver¬
sent les lignes moyennes de fossettes (voir aussi
Fig. 9, spécimen AMNH 11573).
76
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Sur plusieurs spécimens, la suture médiane aux
os C est ondulée dans la région des centres de
croissance de ces os (Figs 7A, 9). Ce rype de
concurrence mineure peut alfccter les dimensions
de la largeur des os C (X 14 et X 15). Un phéno¬
mène similaire s’observe pour la paire d'os E.
2. Concurrence majeure : Westoll (1949 : l44,
fig. 6c : Fig. 8A, C) illustra un crâne ou Ton
observe une concurrence majeure encre les os B
et E gauche. Ce spécimen illustré par Westoll est
ici représenté à la figure 7A-B ; il s’agit du spéci¬
men BMNII P.60497. l'os C gauche est absent ;
il ny a aucune indicatitui de lusion entre 1 os
gauche et les os B ou E. Uos C gauche étant
absent, Fos E gauche est prolongé postérieure¬
ment, alors que le côté gauche de I os B est plus
développé, occupant la majeure partie du terri¬
toire potentiel de i’os C. Un autre exemple de
concurrence majeure esc représenté â la figure
6A, B. En relation avec Fos Li» il est possible que
la croissance de cet os air été inhibée temporaire¬
ment ou que Famorce de Fossification ait été
retardée, puisque les os L] et M ont envahi
simultanément le territoire normalement réservé
à cet os.
Fusions, l^oiir les besoins de la présente étude,
seuls les cas évidents de fusions ont été considé¬
rés, c’est-à-dire les os qui présentent plusieurs
centres de croissance bien visibles sur le même
élément osseux.
Tous les os des séries médianes et latérales
n'étaient pas présents sur tous les toits crâniens
observés (N = lÜl). Le tableau 2 résume les fré¬
quences d'observation de fusion par rappt>ri au
nomlire de spécimens où Fos en question était
présent. Romer (1936) mentionne que certaines
fusions (exemple, la Insion des deux os E) sont
fonction de Fâgc des individus. Etant donne qu'il
n’est pas possible actuellement de déterminer
Fâge précis des spécimens, la croissance de I os B
a été choisie comme étalon représentatif de la
croissance générale des individUvS. Les dimensions
logarithmiques de fos B (Y 1 et Y 4) ont été uti¬
lisées pour deux raisons. Premièrement, l'os B est
Félément du ton crânien le plus souvent préservé
sut les spécimens. Deuxièmement, le logarithme
de la largeur de Fos B (Y 4) est fortement corrélé
avec le logarithme de la longueur totale de 1 indi¬
vidu {r = 0,890699 ; N = 24 ; P < 0,001). La
longueur de Fos B étant comprise dans la lon¬
gueur totale de 1 individu, j'ai préféré utiliser la
largeur de Fos B pour estimer la longueur totale,
afiri do minîmiset les phénomènes de dépen¬
dance mathématique et de fausses corrélations.
Le logarithme de la longueur totale (Y 0) peut
être estimé à partir du logarithme de la largeur de
Fos B (Y 4) suivant l’équation de la droite d'esti¬
mation :
Y0 = 1,38305 + 0,94349 Y4
la variance de la pente est égale à 0,01054. Le
A
lâf
laf
Imf
Ipf
PiQ 7 — Cas représentatifs de concurrences spatiales mineures chez Scaumenacia curîa (Wtiiteaves), A, spécimen MHNM 04-24 ;
concurrence entre les os C et B. B, spécimen ULQ 1423 ; concurrence entre ' os B ei les postpanétaux ainsi qu'entre le pariétal et le
postpahétal gauches. Le gris indique les os avec concurrence spatiale. Échelles ; 5 mm.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
77
Clouder R.
Fig. 8. — Cas représentatif de concurrence spatiale majeure (A, B) Toit crânien de Scaumenacia curta (Whiteaves). spécimen
BMNH P.60497. A. vue dorsale, vue dorso-latêrale. C. reconstitution du spécimen BMNH P.60497 tel qu’illustré par Westoll
(1949, fig. 6c) : l’os en gris représente l’os considéré comme étant anamestique par Westoll (1949). D. nouvelle reconstitution et
interprétation du spécimen BMNH P.60497. Échelle pour A et B : 1 cm.
diagramme de dispersion bilogarichniiquc de la
largeur de l'os B (Y 4) en fonction de la longueur
de l’os B (Y i), pour un échantillon de cinquante
et un specimens, est illustré à la figure 1 OA.
L’ellipse d'équiprobabilitc (95 %) a été construire
à partir des staristiques |>crtinentes (vecteur
moyen et matrice de covariance de l’échantillon)
et de la distribution du de Horelling. Les
lettres figuratives de la figure lOB correspondent
aux spécimens présentant diverses anomalies
[concurrences spatiales (aj et Fusions (b-g)| et
provenant de IVchantillon représenté à la figure
lOA. Ces lettres ont été tracées suivant les
dimensions des spécimens à rinrérieur de l'ellipse
calculée iniiialemenr. Lexamen de la figure lOB
nous informe que les spécimens ayant une ano¬
malie se distribuent le long de la tendance de
croi.ssance à partir d’une raille Icgcrcment infé¬
rieure la taille moyenne. Au cours de la crois¬
sance, il ne semble pa.s y avoir d’augmentation
progressive du nombre d’individus ayant une des
déformations décrites.
Le processus de fusion de deux os adjacents se
fait graduellement au niveau de la suture. Les
lettres b et c (l ig- lÜB) correspondent à deux
spécimens (AVINH 11571 et 11573, Fig. 9) pré¬
sentant des fusions partielles de croissance.
D'apres robservaiion de ces spécimens, il semble
que le processus de fusion entre deux os adja¬
cents (L droit avec C droit, C avec CL B avec
pariétal droit) débuterait à partir du milieu de la
suture. Ce processus peut débuter à difléreiiis
78
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Fig. 9. — Sc^umanacm curtâ (Whiteaves) ; spécimen AMNH
11573. À noter la presence de plusieurs types de variation chez
un même individu : fusion des os E. fusion partielle des os C.
concurrence spatiale mineure entre le pariétal droit et l’os B.
concurrence spatiale majeure entre le pariétal droit et la série
d'os latéraux, variation des lignes de fossettes de type lb.
Échelle : 5 mm.
stades de croissance des individus (Fig. lOB).
La fusion de la paire d’os E avait été mentionnée
par Romer (1936), et Westoll (1949) a remarqué
que sur dix-huit spécimens présentant ces os,
deux montraient la fxision des os It. Pour la pré¬
sente étude, une fréquence un peu plus élevée a
été obtenue, soir six fusions pour quarante-deux
spécimens [par ex. AMNH 11573 (Fig- 9) ;
MHNM 04-63, 04-155]. Ce type de hision a été
rencontré sur des spécimens de taille moyenne
(Fig. lOBd).
Un seul spécimen [MHNM 04-125 (Fig. lOBe)]
était caractérisé pur une fusion complète de crois¬
sance de l’o.s B. Sur ce .spécimen, l’os B est
fusionné avec l’os C droit.
Le nombre d’os de la série latérale, antérieurs à
Los L|, varie de un à six. Malgré la grande varia¬
bilité de.s os de cette série, il est .souvent difficile
de déterminer s'il .s'agit d'une fusion ou d’une
concurrence majeure. Westoll (1949 : 145) a pré¬
senté des tableaux de irequençes poui les
« fusions » des os de la série latérale. Il est préfé¬
rable d’omettre ces données de la littérature,
étant donné que cet auteur semble avoir défini
son système de fusions de façon arbitraire ; de
plus, j’estime que les. exemples de fusions qu’il a
illustrés sont erronés. D’après Féchanrillon étu¬
dié, environ un spécimen sur quatre montre une
anomalie dans la région des os l.| et Ln (par ex.
AMNH 5912, 9^45- 11571, 1 1575), Sur
quelque.s spécimens, la taille et la forme de cer¬
tains éléments de la série latérale antérieurs à Fos
X (principalement les os Lj et Li) indiqueni qu'il
y aurait eu probablement une tusîon de crois¬
sance survenue tôr dan.s le développement de
l’organisme. La fusion de tous les os latéraux,
antérieurs à Los ainsi que la lusion de l’os X,
font ici l’objet d'une étude détaillée.
La fusion de croissance impliquant tous les os de
la série latérale, antérieurs à l’os l-i, est la fusion
la plus fréquemment observée (par ex. AMNH
11576, UL.Q 1069). Sur les spécimens où la série
latérale (gauclie ou droite) est préservée entière¬
ment, près du tiers des spécimens est caractérisé
par la fusion des os antérieurs a l'os Lj
(Tableau 2). Cerre fusion (Fig. lOBf.) a été obser¬
vée uniquement sur des spécimens plus grands
que la moyenne. Du fait que cetee fusion
implique plusieurs os, il semble raisonnable de
Finterprérer comme pouvant être reliée à Fàge
des spécimens. Cetre observation laisse supposer
que les fusions ne se font pas routes simultané¬
ment, mais graduellement au cours de la crois¬
sance. La fusion de deux éléments de la série
Tadleau 2. — Fréquences observées de fusions des os der¬
miques dans un échantillon de I0i crânes de ScaumenaeJa
curta (Whiteaves).
Os Nombre d'os
Examinés Fusionnés Non-fusionnés
X (droit)
34
1
33
X (gauche)
27
5
22
Latéraux antérieurs
17
7
10
à t'os Li (droits)
Latéraux antérieurs
15
4
11
à l'os L, (gauches)
E (paire)
42
6
36
B
90
2
88
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
79
Cloutier R.
Fig. 10. — A, diagramnîe de dispersion du logarllhme de la largeur de Tos B (Y 4) en fonction du logarithme de la longueur de I os B
(Y 1), pour ciriquanle et un specirnons de Scâurnenacia curta (Whiteaves). B, même diagramme où figurent seulement les spéci¬
mens présentant des anomalies ; a. compétition spatiale ; b„ lusion partielle entre les os E et C , c, fusion partielle entre les deux os
C et entre l'os B el le pariétal droit. d, fusion ontogénétique entre les deux os E ; e, fusion ontogénêtique entre les os B et C droit , f,
fusion de tous les os antéfieurs à l'os L1 : g. lusion de l'os X avec les os Y1, L1 ou 3. Les axes sont gradués avec les valeurs mini¬
male, moyenne et maîumale-
latérale se rencontre fréquemment sur des indivi¬
dus de toutes tailles.
Sur un échantillon de soixante et un spécimens
où Tos X était présent, six spécimens montrent la
fusion de l’os X avec un o.s adjacent : quatre avec
los Y, (AMNM 5912, 11571, FMNH 6244,
spécimen non numéroté du NMC), un avec los
Li (ULQ 4) et un avec l’os 3 (MHNM 04-34).
La proportion observée du nombre de fusions
(Tableau 2) pour le cote droit diftere significati¬
vement de celle observée pour le côté gauche.
L'hypothèse de l égalité des proportions a été
rejetée, au seuil de signification a = 0,05, suivant
la méthode basée sur L’écart-réduir (Schwartz
1963 : 5S) et suivant la méthode basée sur la loi
hypergéométrique (Dagnelic 1978). Ainsi la
fusion de fos X gauche serait plus fréquente que
la fusion de l'os X droit. La fusion de l'os X a été
obsen'cc sur des spécimens Je raille moyenne et
supérieure à la moyeunc (Fig. lOBg). Bien que
cette asymécrie soit significative chez S. curta, il
ny a aucune mention dans la littérature de phé¬
nomènes analogues, tanr chez les formes de
dipneusres fossiles que chez les récentes.
Les os de la série médiane sont plus souvent pré¬
servés que ceux des séries latérales parce que ces
os occupent une grande superficie et qu'ils sont
rattachés plus solidement à fendocrâne que les os
de petite raille. Ainsi, les os de taille relativement
grande résistent plus aux agents taphonomiques.
Il est probable que les éléments fusionnés, parti¬
culièrement ceux de la série latérale, étaient pré¬
servés plus souvent que les os non-fusionnés.
Ainsi, le nombre de fusions, surtout pour les
petits os, pourrait être surc.srimé.
Les fusions entre les éléments osseux d'une meme
série sont plus fréquentes que celles impliquant
les os de séries différente.s, De plus, les fusions
antéro-postérieures semblent plus nombreuses
que les fusions latéro-mésialcs.
Types de variation des lignes de fossettes
Les variarions observées au niveau des lignes de
fossettes sont classifiées en trois tyi^es majeurs
(Tableau 3). C es r\'pes de variations sont étal>lis
en fonction de la fréquence d’observation, de
l’importance relative et de la nature de la varia¬
tion. Dans l'échantillon étudié (N = 61), moins
de I a moitié des spécimens (45,9 %) ont un
arrangement des lignes de fossettes dit « nor¬
mal h.
Type 1. La variation de type 1 se caractérise par
80
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
la prolongation de la ligne postérieure de fos¬
settes à partir du postpariétal jasqu’au centre de
l'os B, parallèlement au cours de la ligne moyenne.
Ccrtc variation est présente soit du edré gauche
(type la) ou du côté droit [type Ib ; A^vlNH
11573 (Fig. 9)J soit de foçon symctiiquc (type
le ; BMNH P.6Ü498). La variation de
type 1 caractérise près du quart de l’échantillon
(Tableau 3). Westoll (1949) et Jarvik (1968) ont
représenté cc type de variation dans leur illusrra-
tion de S. curtu.
Type 2. Le second type ( Tableau 3) regroupe un
ensemble de variadons ou le parcours des lignes
de fossettes est fortement asymétrique (Fig. 11 ;
TTC 17. ULQ 15, RM 14772b, MHNM
04-171). Westoll (1949) a décrit une variation
dans le parcours des lignes nntérieurcs et |7osté-
rieures du côté droit corrcspondaiu au type 2.
répartition des ligues de fossettes sur Tos B du
spécimen ITC 1~ (Fig. IIA) prcsenic une forte
asymétrie et seule une partie des lignes .•mtérieure
et moyenne du coté gauche peut être identifiée.
Sur le .spécimen LH.Q 15 (Fig. 1IB), la ligne pos¬
térieure gauche est absente alors qu’une courte
ligne est présente anténeurcment k la ligne de
fossettes gauche, La ligne moyenne des fossettes'
droite ne passe pas sur Fos' B et la ligne antérieure
droite s'incurve vers la ligne moyenne gauche
(Fig. 1IC ; RM l4772b). Los lignes antérieure et
moyenne du côté droit du spécimen MllNM
04-171 (Fig. IID) sont en contact et la ligne
antérieure gauclie suit partiellement le trajet de la
ligne moyenne droite sur l'os B.
Type 3, Le type de variation dît de type 3 com¬
prend plusieurs variations qui ne sont pour la
plupart ni mpétitives ni fortement asymétriques.
Les spécimens observés présentent le.s variations
suivantes : (1) la ligne antérieure de fossettes
gauche est discontinue entre Los B et le pariétal ;
(2) la ligne antérieure de fossettes est dédoublée
du côté droit ; (3) les lignes antérieures de fos¬
settes sont discontitiucs sur l’os B ; (4) la ligne
moyenne de lossettes à droite est discontinue
entre l'os B et le postpariéial (ULQ I423a ;
Fig. 7B) ; (5) il y a des ramifications à pvarcir de la
ligne moyenne de fossettes sur le côté gauche
(BMNll R5486 ; Fig. 5B) ; (6) [aligne nioyenne
de fossettes esc absente sou du côté droit, soit du
côté gauche (BMNH P.60497 ; Fig. 8A) ou des
deux côtés (RMS.G. 1897.51.174) ; (7) les lignes
moyennes de fossettes sont prolongées médio
posterieurement sur l'os B ; (8) les deux homo¬
logues bilatéraux des lignes antérieures (BMNH
P.6788, R548r3 ; Fig. 5A-B) et moyennes ont un
point d'intersection unique ; (9) il y a des ramifi¬
cations à partir de la ligne postérieure de fossettes
.sur le côté gauche ou droit (BMNH P.60540).
VAlUA riONS MORPHOMr;rRlQUE.S l)K.S os
Avant de commencer la description des varia¬
tions morphoméiriques de Scaumefiavia, je ne
peux passer sous silence le travail clas-sique de
Oison (1951) sur la croissance et la variation de
Diplnmnlus (Amphibicn du Permien des ittats-
Unis). Oison a su interpréter certaines tendances
maieures de variations pour des espèces fo.ssiles. à
partir de méthodes statistiques bidimension¬
nelles Ultérieurement, Jolicœur & Mosimann
(1960) et Jolicœur (1963a, b) ont montré com¬
ment la méthode des composantes principales
permettait aux morphologistes de décomposer la
variation morphomérriqiie de manière quantita¬
tive, et de séparer la variation de la taille de celle
de la forme, La variation de la taille de plusieurs
structures intégrées rellère principalement lu
composition d’age de l'échantillon. Je considère
que les variations de forme pure et de forme
reliée à la taille (iülonictrie) constituent la varia¬
tion morphometrique caractéristique d'un
groupe d’organismes. Fnmr donné que la forme
d’un organisme est le résultat de son développe¬
ment ontogénetique qui est régi par des facteurs
intrinsèques, la variation de forme rencontrée âu
sein d'un groupe d’organismes reflétera l'intégra¬
tion de CCS processas et la .stabilité du phénotype
(voire du génotype) de ce groupe. Chez
Scaurncrntciitj j'analyserai de manière quantitative
les variations corre.spondanr à la croissance diffé-
rcnricllc, à la concurrence spatiale et aux fluctua¬
tions de la symétrie bilatérale.
Croissance relntive
L'une des source.s de variations morphotnciriques
correspond aux changements de proportion.s de
la forme reliée à la taille, pour diverses struccure.s
d un organisme au cours de sa croissance ; il
s’agit de la croi.ssance relative ou allomctrie.
Certains auteurs, tels Huxley (1932), Hersh
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
81
Cloutier R.
Tableau 3. — Fréquences observées des irois types de varia
tiûo au niveau dos lignes de fossettes. Le type 1 correspond è
la prolongation de la ligne de fossettes posîèrteure a partir de
l'os B ; type la . du côte gauche ; type 1b ; du côté droit ; type
1c : symétrique. La type 2 dénote les parcours des lignes de
fossettes fortement asymétriques. Le type 3 correspond à
diverses snomalies mineures dans le parcours des lignes de
fossettes.
Type
Fréquence
Pourcentage
Normal
28
45,9
Type 1a
6
9,8
Type 1b
6
9,8
Type 1c
2
3,3
14
22,9
Type 2
10
16,4
Type 3
9
14,8
Total
61
100%
(1934), Phlcger (1940), Gray (1946). Wesroll
(1950), Oison (1951) et Oison & Miller (1951)
ont forremenr contribué à introduire une
approche quantitative dans les ccudes de crois¬
sance en paléontologie des vertébrés. Peu
d*autcurs ont étudié rallométric en paléoichthyo-
logie. En ce qui concerne les poissons du
Dévonien, Thomson & Hahn (1968) et Schult/e
(1984) ont analysé la croissance à*Eusthaioptnvn
foordi (ostéolépiforme de la Forniuiion
d’Escuminac), Werdelin & Long (1986) celle de
Bothrioleph canadensh (antia rel ie de la Formation
d*Esciiminac), et White (1973) celle de
Rhinopternspis croitchi (hétéro.stracc du Groupe de
Ditton, Angleterre).
Croissance relative de Pos B. CÜertains indices
morpbornélriques sont utilisés lors de descrip¬
tions de matériel paléontolüglque appartenant à
divers groupes taxonomiques dont les Anaspida,
Pteraspidida, Dipnoi. Osteolepiformes et
Amphibia. Inniportancc relative de Fos B par
rapport à la longueur comprise entre la niarge
antérieure du museau et la marge postérieure de
ro.s B est souvent utilisée comme indice morpho-
métrique ou taxonomique pour les espèces de
Dipnoi. Certains paléontologues, après avoir
insisté sur la lorte variabilité intraspécifique des
dipneusres, utilisent la valeur d'un quotient de
mesures prises sur l’holotype pour caractériser
une espèce. Cette méthode néglige inévitable¬
ment la variarion intraspécifique. Oison & Miller
(1951) ont noté qu'il est préférable de décrire par
une droite d’estimation une relation entre deux
variable.s morphomérriques dont l'une est un
quotient, plutôt que d’utiliser seulement un quo¬
tient moyen, surtout lorsque les espèces étudiées
apjîarticnncnt à des groupes d'organismes à
croissance illimitée.
Afin de juger les difficultés d’application du rap¬
port classique utilisé pour les dipneustes, j'analy¬
serai les relations entre les varialilcs X 1 (longueur
médiane de l'os B), .X 9 (longueur médiane de
Los C gauche) et X 19 (longueur médiane de I os
E gauche) mesurées sur un échantillon de trente
spécimens de Scattyncuachi cîirRi. L'addition des
variables X 9 et X 19 correspond à la longueur
médiane du toit crânien anténeiircmenr â l'o.s B.
Le tableau 4 dtmne les statistiquesS relatives aux
variables brutes et aux variables rranslormécs en
logufiihmcs ainsi que les v-aleurs de X‘ obtenue
pour les épreuves de normalité li l aide de gi et g 2
conjointement. Pour les variables X 1, X 9, X 19
et (X 9 4. X 19), les coefficients de corrélation
sont tous positif? et different tous de façon signi¬
ficative de zéro (P < 0,001). Les valeurs des coef¬
ficients de variation sont très élevées,
particulièrement celle relative à Fos B (C.V. =
49,04 %). Ces valeurs élevcc.s des coefficients de
variation reflètent principalement la variation de
la taille plutôt que la variation de la forme. La
transformation logarithmique a rendu les distri¬
butions normales (Tableau 4), sans pont autant
changer l’importance relative de la variation
pui.squc Tordre de grandeur des écarts-types cal¬
culés a partit des variables logarithmiques est
sensiblement égal à Fordre de grandeur des coef¬
ficients de variarion calculés pour les variables
non-rransfi>rmécs. Les coeffîcienis de corrélation
pour les variables logarithmiques demeurent tous
significarivement differents de /ért» (P < 0^001).
Selon CoLi.sin (1974), les quoïtents ou indices
morphometriques seraient l'un des meilleurs
üuiil.s pour décrire les formes spécifiques et dilfé-
rcncicr divers groupes taxonomiques.
Cependant, l'utilisation de quotients en biologie
est fortement controversée pour des considé’ra-
82
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
A B
Fig. 11. — Exemples du second type de variation dans le parcours des lignes de fossettes représentés sur une reconstitution sché¬
matisée du crâne de Scaumenacia curta (Whiteaves). A. spécimen LTC 17. B. spécimen ULQ 15. C. spécimen RM 14772b. D. spé¬
cimen MHNM 04-171.
rions d'ordre statistique (Atchley et ai 1976 ;
Hills 1978 ; Albreclit 1978 * Dodson 1978).
Ainsi, pour l'étude de la croissance relative de la
longueur de l'os B (X 1), l analysc sera effectuée
non pas avec le quotient en question, mais
par rintermédiaire des variables Y 1 et
Log (X 9 + X 19). Afin de conserver la significa¬
tion morphologique des variables morphomé¬
triques, je préfère utiliser la variable
Log (X 9 + X 19) plutôt que la variable
(Y 9 -r Y 19), qui elle correspond au logarithme
du produit des variables X 9 er X 19.
Le diagramme de di.sper.sion bilogarithmiquc
(Fig. 12) représente la relation entre le loga¬
rithme de la longueur médiane du crâne anté¬
rieurement à l’os B et le logarithme de la lon¬
gueur de l’os B, pour l'échantillon étudié (N =
30). Uexamen de la figure 12 indique que l'el¬
lipse d’égale probabilité est traversée obliquement
par la droite d'isomccrie
[Log (X 9 ^ X 19) = 0,29938 + Y 1], de façon
telle qu il semble y avoir une relation d’allométrie
négative entre les deux variables représentées.
Cette hypothèse a été confirmée par le rejet de
l’hypothèse d’isomctric selon la méthode des
trois pentes (P < 0,01). Ainsi, pour Scaumenacia^
fos B croît plus rapidement que les os C et F.
conjointement, ccçi sur Taxe médian du crâne.
Cette conclusion itnplique que la longueur rela¬
tive de Los B, souvent utilisée C(jmme caractère
taxonomique, est diHérente pour des individus
de tailles dilfcrente.s. Hans ( échantillon analyse
ici, la valeur moyenne de l'indice est égale à
0,33578 et cette valeur est égale à 0,31875 pour
le plus petit spécimen et à Ü,6I8Q2 pour le plus
grand spécimen. Pour ce qui est do l'ensemble de
tout notre matériel, la plus forte valeur de l'in¬
dice (0,95,343) a été observée stir le spécimen
ULQ 907a (Pig. 13), qui est de type exception¬
nel ('< ouilier ») du point de vue morphomé¬
trique, meme s'il possède les caractéristiques
morphologiques de l'espèce.
La croissance allométriqiie des os B et t a été
mentionnée pour une autre espèce de Dipnoi
{Megapletmm zangerli) par Schulrzc (1977). Cet
auteur détermine ce type de relation en compa¬
rant les rapports de longueurs de çes os pour des
spécimens de tailles différentes. Lehman (1959)
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
83
Cloutier R.
Tableau 4. — Statistiques pour les variables X 1 (longueur médiane de l'os B). X 9 {longueur médiane de l’os C gauche). X 19 (lon¬
gueur médiane de l’os E gauche) et (X 9 + X 19) non-translormées et transformées en logarithmiques, pour un échantillon de trente
spécimens de Scaumenacia curia (Whiteaves). : P < 0.01
Os B
OsC
OsE
XI
X9
X19
X9 + X19
Moyennes
Écart-types
C.V. (%)
x2 pourgi et gs
conjointement
12.61467
6,18656
49,04
1,88727**
9,70933
3,37202
34,73
49,97027**
14,25033
4,82413
33,85
12.87589**
23,95967
7.92679
33,08
28,27677**
Matrice de corrélation
XI
X9
X19
X9 + X19
XI
_
0,76029
0,87831
0,85795
X9
-
-
0,86651
-
Os B
OsC
OsE
Y1
Y9
Y19
Log (X9 + X19)
Moyennes
Écart-types
X2 pour g, et ga
conjointement
1,06042
0,18294
2,60044
0,96641
0,13138
4,67403
1,13267
0,13422
2,42999
1,35980
0,12892
2,76001
Matrice de corrélation
Y 1
Y9
Y19
Log (X9 + X19)
Y 1
_
0,74535
0,89847
0,86710
Y9
-
-
0,85970
-
menrionne que la longueur du museau de
Soederbcrghia groentandka croît plus rapidement
que la longueur de la partie postorbitaire du toit
crânien.
Croissance en largeur du pariétal et des os B
et C. Il est avantageux d'analyser de façon inté¬
grée la croi.s.sance des os du toit crânien de
S. ciirta. puisque ces éléments osseux forment un
tout et croissent en interrelaiion les uns avec les
autres. Les relations entre les largeurs des os de la
paire d’os C (X 14 et X 15), de l’os B (X 4) et des
homologue.s bilatéraux des pariétaux (X 27 et
X 28) et les tendances de variations de ces
dimensions seront étudiées en soumettant la
matrice de covariance des variables transformées
en logarithmes (Tableau 5) à l’analyse des com-
posantCvS principales. La nature et l’importance
des tendances de variations seront interprétées à
partir des valeurs des cosinus directeurs
(4'ableau 6) et des grandeurs des variances des
composantes.
Les cosinus directeurs du premier axe principal
84
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
(l’axe majcLir) sont toas po.sitits ( Tableau 6) ; les
valeurs des cosinus directeurs des variables Y 4,
Y 14 et Y 15 sont pratiquement égales entre elles,
mais dififerenl des valeurs pour les variables Y 27
et Y 28. D’après Jolicœur ôe Mosiniann (1960)
et Jolicœur (1963a, b), lorsque les cosinus direc¬
teurs de Taxe majeur sont tous positifs, cette
condition reflète une augmentation (ou diminu¬
tion) simultanée de tous les caractères. De plus,
ces auteurs interprètent la première composante
principale comme étant la composante de varia¬
tion relative à la taille.
Le vecteur des cosinus directeurs de Taxe majeur
a été comparé au vecteur hypothétique d’isomé¬
trie égal à [0.44721 ; 0,44721 ; 0,44721 ;
0,44721 ; 0,44721]. Dans le cas des dimensions
de largeurs du pariétal et des os B et C poui un
échantillon de trente spécimens de 5. curta,
Thypothèse d’isométrie donne une valeur de y}
égale à 21,16526 avec (p — I ) = 4 degrés de liber¬
té. L'hypoihè.se d'isométrie a été rejetée au seuil
de signifiouion
ot - 0,005 {y} (ü.w: 4 ) - 14,860) ; donc pour le
pariétal et les os B et C, il y a des changements
significatifs de forme liés à la taille, l.es valeurs
des cosinus directeurs des variables Y 27 et Y 28
étant supérieurs à celles des cosinus directeurs des
variables Y 4, Y 14 et Y 13, il semble y avoir une
relation d’alloméirie entre les pariétaux et les os
B et C. Nous ne pouvons pas éprouver a priori
une seconde hypothèse pour les cosinus direc¬
teurs de Taxe majeur. 'Touietois, Tanalyse bidi¬
mensionnelle des variables logarithmiques, par la
méthode des trois pences, permettra de préciser
les relations allométriques bidimensionnelles.
Pour les relations entre Y 4 et Y 27, Y 4 ci Y 28,
Y 14 et Y 27 ainsi que Y 15 et Y 28, les inter¬
valles de confiance des pentes des trois droites
d’estimations couvrent tous des valeurs supé¬
rieures à la valeur hypothétique 1 (Thypothèse
d'isométrie ilo) au seuil de signification
a = 0,05. L'hypothèse d'isométrie est donc rejetée
pour chacune de ce.s relations. De plus, cette
hypothèse a été rejetée au seuil de signification
a - 0,01 pour les relations entre les variable.s
Y 14 et Y 27. et Y 15 et Y 28. L'analyse multidi¬
mensionnelle a permis de détecter globalement
Tallométrie, tandis que Tanalyse bidimension¬
nelle a permis de décrire des relations spécifiques.
Fig. 12, — Diagramme de dispersion du togarithme de la lon¬
gueur médiane du crâne antérieure â l'oa B (Log (X 9 X 19)]
en fonciion du logarithme de la longueur de l’os B (Y 1), pour un'
échanfiMon de trente spécimens de Scaumenacia curia
(Wniteaves] La droite de régression correspond à la droite
d'isornéîrie. L«s aires soni gradués avec les valeurs minimale,
moyenne et maxirriale.
D'après la généralisation de l’équation d’allomé-
rrie multidimensionnelle formulée par Jolicœur
(1963a> b), dans le cas des variables étudiées,
Téquation s’écrit :
X 41'‘0..VJ0Ü9 X l4t'0.40W2 X15*/0'^0624
9,35978 6,55043 6,52343
X 27 ‘ ‘9 X 28 •
5.89199 5,67732
Afin de visualiser les effets d'une croi.ssance diffé¬
rentielle muliidimeiisionnelle, les spécimens cor¬
respondant aux deux valeurs extrêmes du
diagramme de dispersion bilogarithmique de la
relation entre les variable.s Y 14 et Y 27 (Fig. 14)
sont représentés. Le plus petit spécimen de
l'échantillon (MHNM 04-11) est représenté à la
figure 14A, tandis que le plus grand spécimen
(ULQ 256) esc représente à la figure 14B. Les
Æpécimeas i^nt été dessinés de façon à obtenir la
même longueur médiane de Tos B, les échelles
permettant d'évaluer la grandeur réelle des spéci¬
mens.
Ainsi, 95,95 % de la variation totale provient de
la variation de taille pour cet échantillon, la
variation de forme ne comptant que très peu
GEODIVERSITAS » 1997 • 19(1)
85
Cloutier R.
Fig. 13. — Scaumenacia curîa (Whiteaves) : toit crânien en vue
interne du spécimen ULQ 907a, un individu exceptionnel (« out-
lier ») avec la localisation des centres de croissance des os
(losanges) À remarquer le phénomène de fluctuation de la
symétrie bilatérale entre les os E et C, Échelle : 5 mm.
pour cer ensemble de variables. Les cosinus direc¬
teurs du deuxième axe sont positifs pour les os B
et C et négatifs pour Içs pariétaux. Cette compo¬
sante met en relief la variation résultant de la dif¬
férence entre les deux o.s de la série médiane
centrale cc l'os de la série médiane latérale. Les
valeurs des cosinus des dimensivan.s d’homologues
bilateraux diffèrent légèrement. C'ette compo-
,santc semble reflérer une faible asymétrie entre le
côté droit et le côté gauche, provoqtiée par la
concurrence .spatiale entre Ic.s os C et entre l'os B
et les parictaux ; toutefois, ceci ne représente que
2,05 % de la variarion totale. Pour les trots der¬
nières compo.sanccs, les cosinus des homologues
bilatéraux sont affectés de signes différents. À
parc cetre olrservation, nous ne pouvons pas tirer
d’autres informations des composantes des der¬
niers axes principaux.
Symétrie bdatériile
Bien que la morphologie du squelette des verté¬
brés soit généralement symétrique de part et
d'autre d’un plan sagittal, chaque individu pré¬
sente habituellement des variations, d’ordre aléa¬
toire ou non. La variarion causée par la
fluctuation de la symétrie bilatérale a été étudiée
chez, les vertébrés inférieurs actuels (p.ir ex.
Hubb.s ée Hubbs 1945) et les vertébrés supé¬
rieurs fo.ssiles ei actuels (Van Valen ]9ô2 ;
Jolicœur 1963b). La symétrie bilatérale n’a pa.s
encore été considérée chez les vertébrés inférieurs
fossiles.
Les mesures de longueurs droites et gauches des os
de la série médiane centrale (B, C et E) ont pu être
prises sur un échantillon de vingt-six .spécimens de
S. curta. Les statistiques pour le.s dimensions de
l’os B (Y 6 et Y 7), des os C (Y 9 et Y 10) et des os
E (Y 19 et 20) sont données au tableau 7-
D’après robservation du vecteur moyen, fos B et
le.s os E sont relativement symétriques de parc et
d’autre du plan médian du crâne, tandis que l’os
C gauche semble plus court en moyenne que l’os
C droit. Tous les coefficients de corrélation sont
significativement différents de zéro. Pour les os B
et E, les coefficients de corrélation des homo¬
logues bilatéraux sont relativement égaux,
contrairement à ceux calculés pour l'os C. La
longueur de l’os C droit est la moins fortement
corrclcc avec routes les autres dimensions. Les
deux longueurs de l’os B sont plus fortement cor¬
rélées avec celles des os E qu'avec celles des os C.
Les diagrammes de dispersion bilogarichmiques
de la figure 15A-C représentent le côté droit en
fonction du côrc gauche, pour le.s crois os diffé¬
rents étudiés. Sur chacun des diagrammes,
l'échantillon (N = 26) a été circonscrit par une
cllip.se d'équiprobabilicé (95 %). ei une droite de
symétrie correspondant à l'équation Yi : Yj a été
tracée. Pour chacun cle.s diagrammes, on
denombre approximativement le même nombre
de points de part et d'autre de la droite de symé¬
trie. L’axe majeur de l'ellipse, pour la relation
entre les longueurs droite et gauche (X 6 et X 7)
de l’os B. semble faire un angle avec la droite de
symétrie. Cette relation à tendance allomérrique
semble être un phénomène du au hasard, puis¬
qu’elle n est pas significative pour un effectif plus
grand (.quarante-neuf spécimens présentant les
86
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Tableau 5. — Vecteur moyen et matrice de covariance pour les logarithmes des largeurs des os B (Y 4), C (Y 14 et Y 15) et parié¬
taux (Y 27 et Y 28). pour un échantillon de trente spécimens de Scaumenacia curta (Whiteaves).
Vecteurs des moyennes
Os B
OsC
Pariétaux
Y4
Y14 Y15
Y 27
Y 28
0,971266
0,816270 0,814476
0,770262
0,754143
Matrice de covariance
Y4
Y14
Y15
Y 27
Y 28
Y4
0,028474
0,028213
0.028733
0.033859
0,035572
Y 14
-
0,030380
0,029405
0,035177
0,036730
Y 15
-
0,030911
0,035646
0,036575
Y 27
-
-
-
0,045958
0,046525
Y 28
-
-
-
-
0,050153
mesures X 6 et X 7). En moyenne, les données
respectent la condition de symétrie bilatérale,
mais avec une variation inégale selon les paires de
mesures bilatérales.
Le vecteur moyen et les matrices de covariance et
de corrélation des différences d’iiornologues bila¬
téraux (Y côté droit - Y côté gauche) pour le
meme échantillon (N = 26) sont donnés au
tableau 8. Les hypothèses de nullité des
moyennes des différences bilatérales ont été
éprouvées à Laide du t de Student ; les trois
moyennes ne different pas significativement de
zéro (P > 0,05) et la valeur relative aux os C est
légèrement supérieure à celles calculées pour les
deux autres différences. Il y a une faible corréla¬
tion positive non significative entre la différence
bilatérale pour Los B (Y 7 - Y 6) et celle pour les
os C (Y 10 - Y 9), la valeur sc trouvant a la limite
de la région d’acceptation au seuil de significa¬
tion U = 0,05. Toutefois, il y a une forte corréla¬
tion négative slgnificarivc entre la différence
bilatérale des os E et la différence bilaterale des os
C (r = - 0,77490 ; P < 0,001). Les diagrammes
de dispersion (Fig. I6A-C) représentent les diffé¬
rences d’homologues bilatéraux prises deux à
deux ; les axes de différences nulles sont représen¬
tés afin de localiser rapidement le type de rela¬
tion entre les variables. L’échantillon (N = 26) a
Tableau 6. — Matrice des cosinus directeurs de la matrice de covariance des logarithmes des largeurs des os B (Y 4) et C (Y 14 et
Y 15), et des pariétaux (Y 27 et Y 28) pour un échantillon de trente spécimens de Scaumenacia curta (Whiteaves).
Os B Os C Pariétaux
Axes
Y4
Y14
Y15
Y 27
Y 28
1er
0,39009
0.40302
0.40624
0,49919
0.52075
2e
0,40694
0.35252
0.47942
- 0,40963
- 0,55900
3^
- 0,27677
-0,24040
> 0,36333
0,67056
- 0,53286
4e
* 0,49748
0,80757
- 0,25830
0,10429
-0.15082
5e
0.59845
0,05772
- 0,63749
0,34997
, -0,33114
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
87
Cloutier R.
Log (largeur de l’os C gauche)
Fig. 14. — Diagramme de dispersion du logarithme de la largeur du pariétal gauche (Y 27) en fonction de la largeur de Tos C gauche
(Y 14), pour un échantillon de trente spécimens de Scaumenacia curta (Whiteaves). A, dessin d'une partie du toit crânien en vue
interne du spécimen MHNM 04-11, lettre figurative A sur le diagramme. B. dessin d’une partie du toit crânien du spécimen ULÛ 256,
lettre figurative B sur le diagramme. Les axes sont gradués avec les valeurs minimale, moyenne et maximale. Échelles : 1 cm.
été circon.scrit par une ellipse d’équiprobabilité
(95 %). La corrélation négative entre la diffé¬
rence bilatérale des os E (Y 20 - Y 19) ei la diftc-
rence bilatérale des os C (Y H) - Y 9) indique que
lorsque l'os C droit est plus long que Los C
gauche, fos F. droit tend à être plus court que
Fos E gauche et inversement (Fig. I6A). Ceci
suggère qu’il y a un phénomène de concurrence
entre les os C et F. d'un meme côté, sinon un
phénomène de compensation. Ce phénomène
ifest pas exprimé entre les os E et B (Fig. 16B),
ni entre les os C et B (Fig. I6C).
La matrice de covariance des variables transfor¬
mées en logarithmes (Tableau 7) a été soumise à
l’analyse des composantes principales. Les cosinus
directeurs des axes principaux et les grandeurs des
variances sont donnés aux tableaux 9 er 10.
Les cosinus directeurs de Taxe majeur étant tous
positifs, ils correspondent à une augmentation
(ou une diminution) simultanée de toutes les
longueurs des os de la série médiane centrale.
L’hvpothcsc d'isométrie de la première compo¬
sante principale a été acceptée (X“ = 4,65707 ;
U = 5 ; F > 0,05). La variation de taille de cet
échantillon (N = 26) compte pour 86,02 % de la
variation totale.
88
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1}
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Tableau 7. — Statistiques pour l'os B (Y 6 et Y 7), la paire d’os C {Y 9 et Y 10) et la paire d’os E {Y 19 et Y 20) pour un échantillon
de vingt-six spécimens de Scaumenacia curta (Whiteaves).
Vecteurs des moyennes
Os B
OsC
OsE
Y6
Y7
Y9
Y10
Y19
Y 20
0,98513
0,98569
0,98051
0,96522
1,15065
1,15493
Y6
Y7
Matrice de covariance
Y9 Y10
Y19
Y 20
Y6
0,024936
0,022627
0,018207
0,014716
0,019052
0,020781
Y7
-
0,21281
0,016911
0,014344
0,017937
0,019392
Y9
-
-
0,018453
0,015201
0.015598
0.017502
Y10
-
-
-
0,020510
0,014282
0,012589
Y19
-
-
-
-
0,018129
0.018731
Y 20
-
-
-
-
-
0,021850
Matrice de corrélation
Y6
Y7
Y9
Y 10
Y 19
Y 20
Y6
-
0,98227
0,84877
0,65072
0,89608
0,89027
Y7
-
-
0,85336
0,68656
0.91322
0,89931
Y9
-
-
-
0,78137
0,85279
0,87161
Y10
-
-
-
-
0,74066
0,59465
Y 19
-
-
-
-
-
0,94111
La deuxième composante principale, comptant
pour 8,24 % de la variation totale, exprime la
tendance de variation de torme qui met en relief
que les longueurs des os C seraient corrélées
néganvemenc aux longueurs des os E et B. Pour
les axes 2, 3 et 4 les valeurs des cosinus directeurs
sont relacivemenr égales pour les dimensions de
Los B, mais varient fortement pour les dimen¬
sions bilatérales des os C et un peu moins pour
les os E. Ces trois composantes représentent
principalement la variation de forme (13>38 %
de la variation totale) causée par la variabilité des
os C et un peu des os E. Les deux dcrnicres com¬
posantes correspondent à la variation causée par
la fluctuation de la symétrie bilatérale.
Le spécimen ULQ 907a illustré â la figure 13 et
représenté par le point figuratif foncé des figures
15 et 16 contribue fortement à la variation de la
forme. Les sutures entre les os E et C sont défor^
mées er déplacées,, principalement la suture du
côté droit qui se retrouve dans une position anté-
rieurc à sa position normale. Le centre de crois¬
sance de Los E droit est légèrement déplacé
médio-posrérieurement, mais il ne semble pas
être à Porigine de cette déformation. Il saglt d’un
exemple de concutrencc spatiale entre les os H et
C, déterminé de façon qualitative et quantitative.
DISCUSSION
Comparaisons avkc d’autres espèces
Plusieurs caractères morphologiques paraissent
plus stables chez Scaumenacia curta que chez
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
89
Cloutier R.
Fig. 15. — Diagrammes de dispersion du côté droit en fonction
du côté gauche pouf les os E (A), C (B) et B (C). pour un
échantillon de vingt-six spécimens de Scjumenacia curta
(Whiteaves) : te cercle figuratif coirespond au spécimen ULQ
907a (Fig 13). Les droites de régression correspondent aux
droites d'isométrie Les axes sont gradués avec les valeurs
minimale, moyenne et maximale.
d’autres espèces plus primirives de dipneustcs
appartenant principalement aux Dipnorhyn-
chidae, Dipteridae, Chitodipteridae et Rhyn-
chodiptcridae. D'autre parc» la variahiÜrè de cer¬
taines structures crâniennes semble s expliquer si
on compare ces structures avec celles d’autres
especes plus primitives et plus dérivées.
Scaummada cima sera principalement comparée
avec d’autres espèces de dipneustes dévoniennes et
carbonifères.
Coniparahons du patron de stabilité
La partie osseuse de la région rostralc de S. curta
érant formée principalement d’une paire d’os E,
elle semble relativement plus stable que chez
d’aurres espèces où cctce région est composée de
plusieurs éléments osseux. La variabilité dans le
nombre er la forme des éléments rostraux s’ob¬
serve non seulement chez les dipneustcs [par ex.
Dipmrhynchus snssmilcln, D. kurikae^ D. kian-
drensis , Speo.fi es ydri o n tu n i , S. /eh ma n n /,
Üranolophns inyomingcnsis^ SToviiahyktts thLiodus^
Soederberghia groefdandiva. S. sp. (Campbell &C
Bell 19S2), Dipterus valertciennesi c\ Sagcriodus],
mais aussi chez les Actinistia (^par ex. Mtgna-
shaia)^ Osteolcpiformcs (par ex. Eusthenodoriy
Etistlfenopteran, Ostealcpis)^ Elpistosregalia
{Panderichthys) et Porolepilornies (par ex.
Porolepisy Glyptolepisy Holoptychius). La mosaïque
osseuse formant le museau est un caractère plé-
siomorphe pour les Sarcopierygii (Schuicze
1987). It est à noter que la mosaïque roseraie
observée chez les Acipenseridac (Actinopterygii)
est un caractère apoinorphe, puisque chez les
formes primitive.s d’Acrinopterygii (par ex.
Cheirolepisy Mitniay MQythomasia)^ le museau est
formé principalement d’une paire de prémaxil¬
laires, d’un ro.srral médian er d’une paire de
« nasaux [terme utilisé par la majorité des
auteurs ; voir Gardiner (1984)].
Chez Dipterus ialenciennesù le museau -sembie de
prime abord plus stable que chez 5. curta ; cepen¬
dant, les os de la région rostrale perdent leur
individualité superficielle puisqu’ils sont recou¬
verts d’une couche de cosmine. D'après Lehman
(1966), le museau de Dipterus serait tormé d’un
revctemeiil continu résultant de la fusion des
couches histologiques superfidelle.s. Chez cer¬
tains spécimens de D. valenciennesi ayant perdu
90
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Tableau 8. — Statistiques des différences bilatérales pour l’os B (Y 7 - Y 6) et les paires d’os C (Y 10 - Y 9) et E (Y 20 - Y 19) pour
un échantillon de vingt-six spécimens de Scaumenacia curia (Whiteaves),
Vecteurs des moyennes
Os B
OsC
OsE
Y7-Y6
Y10-Y9
Y 20-Y 19
- 0,00056054
0,01528926
-0,00428112
Matrice de covariance
Y7-Y6
Y10-Y9
Y 20-Y 19
Y7-Y6
Y10-Y9
Y 20-Y 19
0,000961482
0,000923321
0,008561168
- 0,000273400
- 0,003597650
0,002517744
Matrice de corrélation
Y7-Y6
Y10-Y9
Y 20-Y 19
Y7-Y6
Y10-Y9
-
0,321821827
-0,175720623
- 0,774901768
la couche superficielle d’émail lors de la fossilisa¬
tion, une multitude d’élemenrs osseux variables
forment la région entre les os E et le museau
osseux. Chez PhrOieropkumi, la partie antérieure
osseuse du crâne esc formée d’une paire d'os E, et
il semble que la fusion de ces éléments soit fré¬
quente (Romer 1936 ; Wescoll 1949) ; phéno¬
mène également observé chez Scaumenacia et
Fleurantia (Cloutier 1996). La présence d’un seul
os E {Asiatoceratodus, Beltanodus^ Ceratodus formo-
sus^ Cinathurhizai Megapleurorij AJicraceratodus,
Paracerarodus^ Ptychoceratodus) est un caractère
apomorphe ; routefois, la présence d’un caractère
polymorphique (un ou deux os E), tel ce qui est
retrouvé chez Scaumenacia-, Fleurantia, HowP
dipierus et Phaneropleimm andersoni, peur indiquer
un état transitoire entre la condition plésiomorphe
(deux os E) et la condition apomorphe (un os E).
Tableau 9. — Matrice des cosinus directeurs de la matrice de covariance des logarithmes des longueurs des os B (Y 6 et Y 7). C
(Y 9 et Y 10) et E (Y 19 et Y 20) pour un échantillon de vingt-six spécimens ae Scaumenacia curta (Whiteaves).
Os B
OsC
OsE
Axes Y6 Y7 Y9 Y10 Y19 Y 20
1er
0.46111
0,43045
0,38627
0,34208
0,39496
0,42413J
2e
0,27329
-0,19181
0,17403
0,866093
- 0,04202
-0.32612
3e
- 0,52621
- 0.44082
0,39904
-0.12487
- 0,60547
0,55339 1
4e
0,16892
*0.01560
0,73854
-0.18186
0,10429
-0.16158 J
5e
0,34477
-0,46797
0,24173
-0,19997
j 0,56959 ]
[-0.48917 1
6e
- 0,53701
0,60363
0,23959
-0,21027;
! 0.32173
-0.37699 1
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
91
Cloutier R.
Fiq. 16. — Diagramrnes- de dispersion des différences de
mesures d’homolooiies bilatHfOux pn.se5 deux a deux, pour un
échantillon de vingi-si» ap^iclmens de ScfUJWBnBcta curtB
(Whiteaves) : (e cercle hguratlf correspond spécimen ULQ
907a (Fig 13). A. relation entre les os £. (Y 20 - Y 19) et C (Y 10 -
Y 9). B. relalion entre les 09 E (Y 20 Y 19) Al B (Y 7 - Y 6).
C. relation enlro les os C (Y 10 Y 9) et B (Y 7 • Y 6). La croisée
des axes 'epré9<^iM9 le$ de symôtrie bilaterale. Les axes
sont gradués avec les valeurs minimale, moyenne et maximale.
Tableau i0. — Grarrdeurs des variances et nature de la varia¬
tion pour les axes principaux. La matrice des cosinus directeurs
est donnée au tableau 9.
Axes
Variance
%
Nature de la variation
fer
0,107660
86.02
Taille
2P.
0,010312
8,24
Forme
3e
0.003815
3.05
Forme
4e
0,002615
2,09
Forme
5-?
0.000443
0.35
Fluctuations de la symétrie
6e
0.000315
0,25
Fluctuations de la symétrie
La présence de l’os B esr une synapomorphic des
dipncusces (incluant Diaholepis speratus).
D’après Martin (1981), un os B plus long que
large cr assez peu développe esr un caractère plé-
siomorphe. Chez S. curta^ Tos B est plus long
que large et bien développé. 1 a K)iTne de l’os B
de S, cîirtu est comparable à celle de Tos B pré¬
sent chez quelques spécimens de DipterNs et à
celui de Pentletndîît et dé Phniierophuyou. Au
cours de l’évolution des dipneustes, l’os B oc¬
cupe une superficie de plus en plus grande, la
longueur étant la dimension qui augmente le
plus. Il est possible que le dcvcloppemenr onto-
genéfique de l’os B (allométcie positive) de
5. atrta soit un exemple d’héterochronie (récapi¬
tulation). Cet exemple possible de récapitulation
diffère de rhypotlicse de paedomorphie du crâne
des dipneustes proposée par Bemis (1980,
1984).
Le canal de la commissure supratemporale tra¬
verse l’os A chez tous les genres dévünien.s où la
condition peur être ob.servcc (par ex.
Chîrôdipteriis^ OipteniSy Flemvntiü, Griphogna-
thus, Hoioidiptfrm, Pnoadipterus, Rhinodiptnns,
Scitumenaad et probablement chez Phanero-
phiiron) et un genre tarbonifcrc-permien
{Ciinchopoma)^ Mais on remarque que ce canal
se trouve dans l'os B (condition aponiorphe)
chez MegapUurnYu Tranodisy Sagenodui et
Srraitonin et tes especes posî-carbonifèrcs.
'rhomson & Campbell (1971) interprètent ce
changement comme étant un processus dyna¬
mique et graduel : le canal de la commissure
supratemporale tendant à « migrer ►> antérieure¬
ment er à être « capturé » par l’o-s B. Bien que
chez quelques spécimens de Scaumenacia^ le
92
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1}
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
canal de k commivssure passe dans les coins laté-
ro'postérieurs de l'os B puis se prolonge dans l'os
A, il est inopponun de Cimsidérer celle variation
comme une indication d'un changcmenrévolutif
graduel. Cependant, k présence de k commissu¬
re supratemporale dans le.s posipariéiaiix et l'os B
(condition apomorplie) semble être corrélée avec
fabsencc d'cicmcnts de la série extrascapulaire,
tel A et H (condition apomorphe). Un change¬
ment similaire caractérise les 7érrjpoda en com¬
paraison avec les autres Osteichthyes : (1) la
commissure supratemporale (lorsque présente) sc
retrouve associée aux posipariéiaux (condition
apomorphe) au lieu des extrascapulaircs médians
er latéraux (condition plésiomorphe) et (2) les
extrascapulaires sont absents (condition apo¬
morphe). Donc, ces deux caractères apomorphes
sont considérés comme deux syuapomorphies
pour les Tetra(>oda.
Lehman (1959) compare le pariétal (os J) de
Niebenia nordlca (« fronto-paricto-latéral ») à
ceux retrouvés chez certains spécimens de
Scaumenacia et chez Qnichnfwma. Il est à noter
que chez Nlelsenia le pariétal se prolonge latérale¬
ment à k série médiane centrale et partage une
suture avec l'os E ; une condition apomorphe qui
n’est pas comparable à celle retrouvée chez
Scaumvnacùu mais retrouvée chez Conchopama.
Chez Dipnorhynirhns (Thomson ik Campbell
1971), Speonesydrion (Campbell 6c Barwick
1984), Uranolophn^, Stomiahykus, Dipterus et
peur-être Pentlandta (Westoll 1949), le canal
supraorbitaire ou un rameau de ce canal passe
dans le pariétal près du centre de croissance de
cet os, candis que chez Scainnenaàa^ il traverse
uniquement les os de k série latérale (condition
apomorphe). La présence du canal supraorbitaire
ou d'un rameau de ce canal dans le paric'tal, est
un caractère plésiomorphe chez les dipneustes.
Outre Svaummacia^ la couditioit apomorphe se
trouve aussi chez Fleurdntia-, Griphogiiathus et
plusieurs autres espèces post-dévoniennes où le
matériel en permet l’observation.
En association avec ce caractère plésiomorphe
(présence du canal supraorbitaire dans le parié¬
tal), la ligne antérieure de fossettes se termine
généralement sur le pariétal (condition plésio¬
morphe), par opposition à fos X (condition apo¬
morphe). D’après Westoll (1949), à k suite de k
perte du rameau du canal supraorbitaire ou de k
migration latérale de ce canal, l'os X de
Scaumenacia aurait « détourné » k terminaison
de la ligne antérieure de fossettes. Graham-Smtrh
(1978) note que chez les genres où le pariétal
supporte le canal supraorbitaire, cer os est rekri-
vemcnc plus large que celui de Scaumenacia, Par
courre, chez Dipterus^ k ligne supraorbitaire pas¬
sant dans le pariétal iouair un rôle inducteur
dans l’ossificarion de cet os. Ainsi, lu croissance
du pariétal est alors moins importante (ce qui est
révélé par k relation d'allométrie dans les lar¬
geurs du pariétal et des os C et B) et k croissance
des os de k série médiane compense le change¬
ment de forme du pariétal.
Chez les groupes extérieurs aux dipneustes (voire
Youngolephs Porolcpiformes et Ostcolepiformes)
ainsi que chez les formes primitives de
dipneustes, la ligne moyenne de fossettes ne
passe que sur les posrpariétaux er le tabulaire (ou
os Y^). A titre d’exemple, tous les spécimens de
Dipterus valemcminesi (White ; obs. pets.),
Cbirodipterus nitstralis (Miles 1977 ; obs. pets.),
Griphogfiathus (Schulrze 1969 ; Miles 1077 ;
obs. pers.) et Rhinodiprcrus sccans (Gross 1956)
présentent la condition plésiomorphe. Toutefois,
la ligne moyenne de fossettes ne se trouve sur IVis
B que chez Scaumenacia^ Fleuranüa (Clourier
1996), Barwickia (Long 1992), Andreyevichtbys
(obs. pers ; contrairement aux observations de
Krupina 1987) et Phancropleuron andersoni
(Westoll 1949 ; obs. pers.). A ces espèces vien¬
nent s’ajouter deux spécimens : un os B que
Gross (1934, fig. lE) a tenté de référer à
Dipterus ? crassus et un toit crânien du Frasnicn
d’Ecosse (v< Edenbillie Beds >>, Whitemire,
Morayshire ; RMS.G. 1973.9.3). Ce toit crânien
provient de la même localité que Conchodus
ostreaeformis M’Coy, 1848 (Henrichsen 1972)
qui n'est connu que par une plaque dentaire iso¬
lée. Chez nowidipterus, quelques spécimens
(Eong 19923 ftgs 1 A. 2D-F) possèdent une ligne
moyenne sur Los B, alors que k majorité ne l’a
pas. Parmi lese.spèces post-dévoniennes, k dispo¬
sition des lignes de fbssenes est très mal connue
puisqu’il semble que ces lignes soient subder-
mit[ues. Toutefois, Watson & Gil! (1923, f»g- 2c)
illustrent un spécimen de Sagenodus montrant k
ligne moyenne de fossettes sur Los B. Chez les
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
93
Cloutier R.
formes actuelles, Protopterzu et Neoceratodus, la
ligne moyenne se développe en partie mais ne
migre pas au cours de l'ontogénie vens une posi¬
tion médiane qui pourrait se superposer au terri¬
toire de l’os B (Pehrson 1949 ; Miles 1977 ;
Jarvik 198Ü). présence de la ligne moyenne de
fossettes sur Tos B constitue vraisemblablement
une synapomorphie soit pour le clade
[Phaneropleuridae + Fleurantiidael (bien que la
disposition ne soit pas connue chez Pentlandia et
Jarvikia) soir pout un clade regroupant les
Phaneropleuridae, Fleurantiidae, Uronemoidei,
Ctenodontoidci et Ceratodontoidei.
Le processus postérieur du postpariétal est pré¬
sent entre autres chez. Rhinodlpterus secans
(White 1962), Griphognntbus, Fleurantïa,
Sagenodus. Ctenodus, DeLitltin (Long 6c
Campbell 1985) Amirt^>evichthys ex Scamnenacia^
Chez les formes primitives celle Dipnorhynchusy
Tos H recouvre la position topograplnque ou se
trouve le processus du posrpariétal. Chez
Griphognatbus, le processus postérieur du postpa¬
riétal est recouvert par l'os H (« G » de Schultze
1969) ; cependant* le processus postérieur nest
pas aussi développé que chez les espèces où l’os
H est absent. Chez S. curtay l’os M est absent et
le processus postérieur du posrpariétal est bien
développé.
La ligne profonde, caractère plésiomorphe chez
les dipneustes, est connue uniquement chez
Dipnorhynchus sîissmilcbiy D. kiandrensis^
Uranolophus^ Storniahvkîts, Griphognathus ivhüei-,
G. minutidenSy Chirodipterus australis, Holodip-
terus gogQCtnh^ Dipterus valenciennesi et Scan-
menacia curta.
Selon Schultze (1977), la relation spatiale entre
le pariétal (J) et les os X (« KX »)' L, M et C de
Megaplenrotfy est comparable à l'arrangement des
os du toit crânien de Phaneropleurou et de
Scaumenacia^ La majorité des auteurs semblent
d’accord avec Watson 6c Gill (1923) pour confé¬
rer à Scaumenacia une ressemblance avec
PezitLindia et ils sont également d'accord avec
Westoll (1949) pour conférer à Scaunicnacia une
ressemblance avec Pbctnetopleuton. Westoll
(1949) mentionne que les os Z, Yi, Vi (« H, Yi,
Yi »), le postpariétal (I), le pariétal ('^ J1 ») et l'os
B sont presque identiques chez Scaumenacia et
Phaneropleuron.
Cotnpamisom du patron de variabilité
Il ny a que très peu d’espèces qui ont fourni sufFj-
sammenc de spécimens pour permettre de com¬
parer les parron.s de variabilité avec ceux observés
et décrits chez Scaumenucia. Toutefois, cinq
espèces dévoniennes permettent une comparai¬
son de la variabilité du toit crânien et de la tra¬
jectoire tie ses canaux sensoriels : IJ s’agit des
Chirodipterus amtralis (Miles 1977), Dipterus
mlenàefined (Westoll 1949 ; milite 1965 ; obs.
pers.), Barwickia downunda (Long 1992),
Fleurantia denticulata (Cloutiet 1996) et
Hoividipterus donnae (Long 1992).
Os surnuméraires. On nobserve que très rare¬
ment des os anarnestiques et aucun des os intra-
SLiruraux chez S. curta, contrairement à
Lira n o lop h uu D tp no rhy n ch us, Speo n esydrion ,
Chirodipterus (Miles 1977) et Dipterus (White
1965). Miles (1977. figs 116, 118c. 119b) a
identifié la présence d’os anamestiques chez
Chirodiplerus australis associés avec les os B, C, X
ei Y,. Bien que le roit crânien de Hoividipterus et
de Barwickia présente une grande variabilité,
aucun des spécimens illustrés par L-ong (1992) ne
montre d’exemple d’os surnurnéraircs.
Jarvik (1950) suggère que les os inrrasuturaux
retrouvés abondaniment chez Dipterus er chez les
ostéülépifbrmes participaient à la croissanoe péri¬
phérique des os dermiques du toit crânien ; il en
serait de meme chez les Acipenseridae (Bcltan
1962). Chez certaines espèces de dipneustes
(Fhomson 1975), dont le S, curta, la croissance
des os dermiques se faisait simultanément par un
accroissement superficiel (« appositional » ou
« superpositional growth ») et un accroissement
périphérique (« areal growth m), sans rintcrnié-
diaire d os intrasuturaux.
Tos D SC trouve chez plusieurs dipneustes dévo¬
niens, sauf quelques taxons tels Scaumenaeia,
Oçrvigia:^ Phaneropleuron, Pentlandia et
Rhinodïpterus ulrichi. Chez Speonesydrioriy
Dipnorhynchus (à l’exceptîoji de 7). kurikae) et
Dipterus- la région de l os D est généralement
composée de plusieurs éléments osseux très
variables quant au nombre et à la forme. Chez
Dipnorhynchus stmmili'hi (Thomson & Campbell
1971), Speonesydrion iani (Campbell 6c Barwick
I9S4) et S. lebmanni (Lehmann & Westoll
1952), l’orifice pinéal se trouve à la jonction des
94
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
OS D. Bien que Tos D soit absent chez
Scaumenacia^ et ceci à rexception d\in seul spéci¬
men (RMS.G 1887.20-10), la région des sutures
entre la paire d’os E et la paire d’os C esc relative¬
ment variable (concurrence spatiale correspon¬
dant à une fluctuation de la symétrie bilatérale).
Cependant, il est à noter que je n’induis pas une
relation de causalité entre l’absence (perte ou
fusion) de Tos D (condition apomorphe) et la
variation intraspéciflque observée.
Certaines especes apparentées phylogénétique¬
ment montreroni des variations analogues (voire
homologues). Il est intéressant de noter que le
nombre d’os D varie entre 0 et 3, selon les indi¬
vidus, chez Fleurantia (Cloutlcr 1996) et
Barwickia (Long 1992) : il est possible qu’une
condition similaire existait aussi chez
Andreyevkhîhys (obs. pers.).
Concurrences spatiales et fiisions. Des exem¬
ples de fusions au niveau du toit crânien ont été
signales chez Barwickia dowmmda (Long 1992),
Chirodiptcrui ausrrath (Miles 1977), Dipteriis
valenciennesi (WestoU 1949 : White 1965 ; obs.
pers.), Fleurantia denticulata (Cloiuicr 1996),
Howidipterm donnae (Long 1992), Fhaneropku-
rnn andersoni (obs. pers.), Sagenodm sp, (^estoll
1949) et Scaumenacia curta.
Chez GriphognatJms whitei, un seul exemple de
concurrence spatiale a été mentionné par Miles
(1977). Contrairement au patron stable où il ny
a pas de contact entre le pariétal et l’os Y^, un
seul spécimen (BMNll P56049) montre le
contact entre ces deux os.
Westoll (1949) mentionne que les os X et Y]
(« Yi » de cet auteur) sont presque toujours
fusionnés chez Sngenodus et retrouve cette fusion
fréquemment chez Scaumenacia. Cette similitude
nest pas considéicc comme étant une synapo-
morphie unissant entre autres Scaumenacia et
Sagenodus, puisque ce caraerère est très v-ariable ;
cependant, il peut s agir d\me tendance morpho¬
logique commune. Chez cerrains genres tels
UronemuSy Ctenodta. Conchopoma., un seul os
(peut-être « Y; -r X ») occupe la topographie des
os Y| et X. La condition plésiomorphc est la pré¬
sence de deux os, X et Yj, alors que la condition
apomorphe correspond à la fusion de ces deux os
ou à la présence d'un seul élément recouvrant la
position topographique des deux os. La variation
ontogénétique observée chez Scaumenacia et
Sagetiodus, représente peut-être une condition
transitoire et supporte l’hypothcse de fusion
ontogénétique â la base de la fusion phylogéné¬
tique. sans toutefois en être la preuve.
La présence des os L| et correspond à la
condition plc.siomorphe, alors que la présence
d’un seul élément à la position des os Lj et L>
(Los « L| + L^ »') est considérée comme étant une
synupomorphie de.s Fleuraniiidae (Cloutier
1996), La fusion des os L| et L 2 retrouvée chez
Scaumenacia est fréquente chez Howidipterus
(Long 1992), Dipicrus ualcnciennesi (White
1965 ; obs. pers.) et Phanvropleuron (Wcstoll
1949). Chez les FlcurantÜdac {Fleurantia.,
Barwickia^ Andreyevichihys^ Jarvikia et
Soederherghia ; Cloutier 1996), groupe apparenté
aux Phaneropleuridae, le caractère apomorphe
est fixe puisque toutes les espèces possèdent un
os « L; + Li La fusion de tous les os antérieurs
à Los Lj, Iréqucmnient observée chez
Scaumenacia^ sc retrouve aussi chez Barwickia
(Long 1992).
Romci (1936) et Wesioll (1949) ont décrit plu¬
sieurs fusions entre les os d’une même série chez
Scaumenacia et Phaneropleuron. Contrairement â
Scaumeuaciûy. où les fusions entre les éléments
d une même série anréro-postérieure sont com¬
munes, plusieurs spécimens de Howidipterus
montrent des fusions entre Ic.s éléments de séries
adjacences [pat ex. « C + C + Lj + Li » (Long
1992, fig. 2A), « B + postpariétal droit »
(fig. 2C), « B - 1 - C droit + pariétal droit + X + L >*
(fig. 2H)]. De plus, les homologues bilatéraux de
la série rnédianc sont souvent fusionnés [par ex.
« C -f C » (Long 1992, figs 2A-B, 11), « E + E »
(figs 2B,E,C, 11)J.
Variation des lignes de fossettes. Chang &
.Smith (1992) mentionnent qu’au sein des
Osreichthyes, un patron asymétrique des lignes
de fossertes du toit crânien n’est connu que chez
YoungalepiSf Diabolepis et quelques .autres
dipnciLStes. Selon les critères de qualification tiri'
lises dans cette étude de Scaumenacia., la variation
des lignes de fos-settes de Youngolepis praecimor
est du troisième type (Cliang 1982, figs 5-6 ;
Chang 1991, figs 2a-c, c-f, 5a ; obs. pers.), Il
s’agit principalement de \airiations mineures de la
symétrie bilatérale, à l’exception de quelques spéci-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
95
Cloutier R.
mens chez lesquels les lignes moyennes de fossettes
ne passent pas sur les tabulaires (Chang 1991,
fig. 2c) où la ligne postérieure droite est orientée
médio-posrérieutement (CIvang 1991, fig. 5a ;
obs. pers.). Contrairement aux conclusions de
Chang & Smith (1992), le type de variations
observé chez Youngolepts se rapproche plus de
celui des Ostcolepididac [OsteoUpis mncrolcpuloms
(Jarvik 1948, fig. 38^^*!* ; Graham-Smiih 1978,
figs 3a-f, 4a-f, 5a-t ; obs. pets.), Tbursius spp.
(Jar\âk 1948, figs. 59A-C^ 63A-D), Gyroptychius
spp. (Jarvik 1948, fig.s 78A-£> 79J ; obs. pers.)]
que des dipneustes.
La majorité des spécimens de llowidipimis don-
nae illustres par Long (1992, figs ID, 2A-H,
3B-C, E, 4, 5A-E, 11) est caractérisée par des
variations des lignes de fossettes de types 1 et 2,
principalement. Les variations de type 2 semblent
les plus frequentes. Le t}'pe 1, qui est le type le
plus fréquent chez ScauMenuciu^ sc retrouve chez
Howidipteriis (Long 1992, figs 2A, 3R), mais
peut-être de façon plus sporadique. La variation
du parcours de la ligne po.stérieure de fossettes
observée sur les spécimens de Sciticmenacia et
Hoividiptcrm exprime une instabilité dans le déve¬
loppement et dans l'individuali.sation des lignes
moyenne et postérieure. Linstabilitc morpholo¬
gique se retrouve aussi durant l’oniogénie des
espèces actuelles de dipneustes : Pchrson (1949) a
remarqué, chez Protoptermy que la ligne posté¬
rieure se développe en une portion antérieure et
une portion postérieure, cctcc dernière étant uni¬
quement pré.sente dur;mt les premiers stades lar¬
vaires. Chez Neocerntodus^ la ligne moyenne
forme une portion de la ligne postérieure, perdant
ainsi son individualité.
Contrairement au Scaumcnacuiy les lignes anté¬
rieures de fossettes de Howidipierus se terminent
fréquemment sur les pariétaux au lieu des os X
(Long 1992, figs 2R-D, F-G, 3B, E) ; ce carac¬
tère apomorphe n'est pas encore bien fixé chez
Hoividipterus. Tel.s certains spécimens de
Scaumendvia, les lignes moyennes ne passent pas
sur l'os B (type 3), débutant sur les pariétaux et
se dirigeant vers l'os [Long 1992^ hgs 2A (côté
droit), B-C, G-H, 11). La trajectoire des lignes
de fossetres semble plu.s variable chez
Howidipteriis que chez Scaioneriacui,
Le patron des lignes de fossettes de Barwickia
duivnunda, illustré par Long (1992, figs 13, 15),
semble beaucoup plus stable que chez
Scaumtnaàa et Howidipter^^ ; la figure 13D de
Long (1992) montre Labsence de lignes
moyennes sur l'os B ainsi que fabsence totale de
lignes postérieures. Long (1992, fig. 19) identifie
deux lignes postérieures de fossettes : (1) une
courte ligne dans la partie antérieure du postpa-
riétal située antérieurement à la ligne moyenne,
et (2) une ligne traversant la suture entre le post-
pariétal et Tos Yi. Comparé aux trajectoires, de la
ligne moyenne observée chez Satuïnenncia^
r'ienrantia et Andreyevichthys, il semble plus
approprié d’identifier la deuxième ligne posté¬
rieure comme étant la suite de la ligne moyenne
de fossettes. t.a petite ligne de fossettes, identifiée
comme étant la u ligne postérieure l par Long
(1992. fig. 19), ne semble être qu’une variation
intraspéeifique mineure (type 3) figurée exclusi¬
vement sur le côté droit d’un spécimen illustré
dans sa figure 15 (Long 1992).
Miles (1977) signait- la variation du pamours des
lignes de fossettes chez Griphogniuhus whitet et
Chirodiptrrus aush'alis. Seules de.s variations de
c\’pe 3 ont été observées chez ces deux espèces.
Les trois lignes de fossettes de C austmlis étant
restreintes au centre des os respectifs, cela limite
l’expression de la variabilité.
iNTRRrRf.TATIONS PHYLOGÉNÉTIQUES
Parmi les dipneustes étudiés et selon les carac¬
tères ici révisés, certains clades sont reconnus par
la présence de synapomorphics. Aucun des carac¬
tères étudiés ne permet de supporter la ruono-
phylie d’un groupe riincluant que ScanmCHUcias
Phamropleurort et PentlanduL De plus, aucun des
caractères étudiés par Wc.s(oII (1949) riest Uni¬
quement partagé par Scaume7iciciit et Phnmro-
plcuron. Ainsi, la lessemblance entre
ScûiiweruuiiU Phnneroplettron et Pentla^idia propo¬
sée par Watson Gill (1923) et Westoll (1949)
est d’ordre phcnctique et non pliylogénérique.
Se fondant sur les présentes données morpholo¬
giques étudiées chez Sciiitmc^iiada curta et les
données nouvelles ou publiées pour les autres
espèces de comparaison, les différentes analyses
retrouvées dans la littérature (Rertrnar 19ô8 ;
Thomson &c Campbell 1971 ; Miles 1977 ;
Marshall 1987 ; Campbell 6c Barwick 1990 ;
96
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 {1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Schultze Marshall 1993) sur la phylogénie des
dipneusies inciuatu S. curta sont critiquées dans
une perspective cladivsrique.
L'hypothèse de phylogénie de Bertmar (1968)
L’hypothèse de phylogénie proposée pur Bertmar
(1968) a été critiquée adéquatement par Miles
(1977). Fn ce qui concerne la position phylogé¬
nétique de Scaumenacia^ je ne suis pas du meme
avis que Bertmar. Il appuie l'hypothèse de
Lehman (1966) selon Liquellc les « Soederber-
ghiiformes » (<• Soedetberghidae » de Bertmar)
seraient apparentés aux « Rhynchodipteridae »
des M Scatimcnacilormes » (Rhynchodiptcnis des
« Scaumenacidae -, scion Bertmar). Les toits crâ¬
niens de R. elginensis et de Soederherghia groen-
landica sont phénétiquemenv similaires quant
aux proportions des os et à la forme générale du
crâne ; cependant, il ne s’agit pas d'une hypo¬
thèse étayée phylogénéuqucmenr. La monophy-
lie des unités taxonomiques (familles et ordres)
utilisées par cct auteur nest pas supportée
1. Le caractère diagnostique des <t Soederber^hii-
formes >> de Lehman (1966, « Soedetberghidae »
de Bertmar) est la présence de nombreux
exemples de fusion et de (ragmentation dans la
région rosrrale du crâne, 'l'el que mentionné p|u.s
haut, il s’agit d'un caractère plésiomorphc, qui
n est pas exclusif à ce groupe.
2. La famille des « Scaumenacidae >> (ordre des
« Scaumenaciformes » de Lehman) telle que
décrite est aussi définie par une série de carac¬
tères plésiomorphes.
3. Même si nous acceptions la monophylic des
taxons utilisées par ces auteurs, le caractère pro¬
posé afin de justifier l’hypothèse de parenté entre
les « vScaumenacidae et les « .Soedetberghidae n
n esc pas un caiacîère apomorphe. Bertmar men¬
tionne que ces deux familles partagent quelques
spécialisations, ne donnant â titre d’exemple que
la présence d*mn long museau couvert par peu
d'os rostraux. Ce caractère n’est pas adéquat
pui.sque S. curta a un museau court epuvert par
peu d’os rostraux tandis que Soederberghia a un
long museau composé de plusieurs os.
Lhypothèse de phylogénie de Thomson
& Campbell ( 1971)
Thomson & Campbell (1971) acceptent l’hypo¬
thèse de Waison & Day (1916)3 selon laquelle
I^endandia SitrSit plus près de Scaumenacia que de
Dipterns. PentlandUt serait le groupe-frère des
genres Scaumenada et Phaneropleuron. Le.s liens
de parenté proposés par Thomson & Campbell
(1971) pour unir Scaumenacia et Phaheropleuron
sont phénétiques plus que phylogénétiques :
similarité dans la proportion des os B, C et L,
absence de fos D, dentition de type cératudonic,
absence ou réducrion de fos K. La similarité des
proportions des os B, C et E n étant paA quanti¬
fiée, elle demeure arbitraire ; toutefois, ces os
semblent plu-s larges chez ces formes que chez les
Dipteridac, Chirodipteridae, Fleuratitiidae,
Rhynchodipteridae. Los K est totalement absent
chez 5. curta et non pas seulement sur la plupart
des spécimens tel que mentionné par lliomson
&C Campbell (1971 : 101 ) et Westoll (1949).
Les hypothèses phylogénétiques de Miles (1977)
et Marshall a987)^
Milc.s (1977) a proposé la première analyse phy¬
logénétique du groupe des dipneustes. Toutefois,
la majeure partie du cladogramme que Miles
(1977 : 306) suggère, demeure non-résolue ; ceci
à cause du choix des caractères, des problèmes
d’interprétation d’bomologiê (telles les synapo-
morphics 13 et 1 5 : fos C ayant été interprété
comme étant I üs D) et de la polarisation. Miles
regroupe les genres Phaneropleurom SCiZunieftada^
Pentlandiu sou.s le nom de phanertipleuridés pha-
neropleurids »)^ niais il n'a pas défini la monophylie
de ce groupe ni sa position phylogénétique.
Marshall (1987) a repris les données inférées par
le cladogramme de Miles (1971) et un concept
de dichotomie fonctionnelle chez les dipneustes
proposé par Campbell tk Barwick (1983, 1984).
Au cuntrâire de Miles (1977), Marshall (1987)
incorpore les phaneropleuridés dans l'analyse. 11
conclut que les phaneropleuridés sont apparentés
à Chirodiptertis^ Dipterus valenciennesi, Oervtgia
et Rbimdipterus ; san.s toutefois donner une syna-
popi^^tplde,
Lhypothèse de Campbell & Banvick (Î990)
Campbell éc Barwick (1990) tentent d’établir
des liens phylétique.s entre les espèces paléo¬
zoïques de dipneustes en utilisant des critères
stratigraphiques et fonctionnels, mais plus parti-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
97
Cloutier R.
culièremenr eJi rejetant le critère de parcimonie
Leur hypothèse de phylogénie (Campbell &
Barwick 1990. fig. 1) rieJi d’un cladogramrne.
Ils considèrent que les Phaneropicuridac forment
un groupe rnonuphylétiquc (i.c. \Phanero-
pleuron -4 [PentUndia + Sctiuwenacui]])^ défini
par (1) rabscncc de l os D en tant qu élément
indépendant, (2) l^absencc de cosmine et (3) le
nombre d'infradcntaircs réduit à deux. Ces trois
caractères ne sont pas uniques à ce groupe. La
relation de parenté Pentlandia-Scaummacia n'est
corroborée par aucun caractère. Campbell &
Barwick (1990) caractérisent le genre
Phaneroplniron par les deux caractères suivants :
(1) opercule de forme arrondie et (2) deuxième
nageoire dorsale allongée et non jointe à la
nageoire caudale. La forme de l‘opcrciile repré¬
sente une forme reJaüvement généralisée chez les
dipneustes dévoniens, alors que le deuxième
caractère se retrouve chez Scaumenneïu^
Fleunintia^ Banvukia (Long J 993a) et Sugenadus
(Chorn ôc bclxulrze 1988). Selon leur hypothèse,
les Phaneropleuridae ne sont pas apparentés aux
Fleurantiidae, puisqu'ils considèrent ces derniers
comme ayant une dentition formée exclusive¬
ment de dcnticulcs. Cloutier (1996) décrit les
rangées de dents et denticulcs chez Plruraniia \
déjà, seul ce caractère contredit l’hypothèse de
Campbell &C Barwick (1990).
Vhypotbhe de Schultze & Marshall (1993)
Les études de Schultze & Marshall (1993) et
Schultze et al. (199'3) ont pour objet de
reprendre le scénatio de Campbell 6i Barwick
(1990) et d'analyser de fai^on cladiscique leurs
résultats. Lbomoplasic, très élevée dans leur
matrice de données, rend leur analyse peu
concluante bien que Schultze bc Marshall (1993)
commentent un des trente-six arbres également
parcimonieux. Selon leur hypothèse, les Phane-
ropleuridac et Fleurantiidae sont paraphylétiques.
Diverses hypothèses phylogénétujues
Vorob'eva &: Ohruchev (1967), tomme l’avait
proposé initialement Berg (1940), mentionnent
que la famille des Scauinenaciidae est apparentée
à la famille des Fleurantiidae. Cependant, aucune
synapomorphie n'est proposée par les auteurs
afin de supporter cette parenté phylogénétique.
Westoll (1949) mentionne la similarité entre la
morphologie de Fleurantici et celle de
Scaiiinenaday sans toutefois impliquer une rela¬
tion de pjretué phylogénétique.
Long & Campbell (1985) comparent la similari¬
té entre les os postérieuiTS du toit crânien (B, Y 2
et Z ; absence de cosminc) chez S. curta et
DeLititia breviceps. Effectivement l'arrangemenr
et la proportion des os crâniens sont similaires,
mais aucun caractère n'est unique aux deux
espèces. Chez Delatitiu. les lignes moyennes de
fossetrCvS sont limitées aux posipariétaux ; donc
cette espèce n'appartient vraisemblablement pas au
clade IPhaneropleuridae + Fleurantiidae + Llrone-
moidei + Ctenodonroidei ♦ Ceratodonioideij.
Krupina (1987, 1988) considère les genres
Scaumenacia^ Oenngia et Andreyevu'hthys comme
appartenant à la famille des Scaumenaciidae.
Long (1993b, fig. 10) suggère que le Scatmie-
nacia est le groupe-frère d un cladc incluant les
lorme.s post-dévoniennes ; selon cet auteur, ce
lien de parenté serait corroboré par la présence
d’une première nageoire dorsale allongée. I.a
condition de la première nageoire dorsale chez les
üroncinoidei, Cienodoncotdei et Ceratodontoi-
dei est très mal connue, puisque chez la plupart
de CCS espèces une seule nageoire continue oc¬
cupe la position des nageoires dorsale, caudale et
anale. Aimsi, l’élongation de la première nageoire
dorsale n’ciani pas associée avec des radiaux ossi¬
fiés est considérée comme étant une synapomor¬
phie du genre tScaumenacia par Cloutier (1996).
Cl.ASSiric.M ION L)!'- Seaameaada curta
A la lumière de notre description du toit crânien
de S. curta et de l'étude comparative des espèces
dévoniennes de dipneustes menée dans le cadre
de ce travail, les vues de certains auteurs seront
considérées en ce qui concerne la position systé¬
matique de 5. curta à rimérieut du groupe des
dipneustes. Seules les hvpothè.ses de cliussification
conséquente aux hypothèses de phylogénie vSont
préconisées (Wiley 1981a, b),, bien que la posiiion
phylogénétique de 5. curta ne soit pus précise.
Selon certains auteurs le.s Dipnoi se subdivisent
en deux morphory'pes, les « dipneustes à museau
court >* et ceux « à museau long ». Les
« dipneustes à museau long » ne représentent
vraisemblablement pas un groupe monophylé-
98
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
tique si l’on considère uniquement les espèces
actuellement reconnues comme « à museau
long » (Cloutier, 1996). Campbell 6c Barwick
(1983. 1984) reconnaissent pour leur part deux
morphotypes selon le type de dentition, les
n dipneusces à plaque dentaire » (<< denticlc
adding ») et les « dipneustes à palais denticulè »
(« denüclt shedding '>). En 1990, Campbell &
Barwick reconnaissern un troisième groupe, soie
les « dipneusres à plaque de dentinc >» (« dentine
pLitcd »). La monophylic de ceS trois, groupes est
douteuse (Schultze Ôc Marshall 1993 ; Clourier
1996) puisqu’elle repose exclusivement sur un
argument fonctionnel ne prenant en considéra¬
tion aucun aiirre canictèrc saut ceux liés à la den¬
tition. Selon ces morphotypes, 5. atrtû représente
une espece de « dipneustes à museau court » avec
plaques dentaires : contrairement à Lehman
(1966) et Berrmar (1968) qui eux considèrent
cette espèce comme étant représentante des
« dipneustes à museau long n.
Les classificatiom de Zittel
Dans les trois premières éditions du Text-Book of
Palaeontology de Zittel (1895» 1902, 1911), le
5. ctirta est classifié parmi les Ctcnodontidae
Traqiiair. Zittel (1932, traduit et édité par C. R.
Eastman et A. S. Woodward) înclut les genres
Scaumenacia et Pbaneropleuron dims la tamille
des Phaneropleuridac Hoernes, 1886. Zittel
caractérise cette famille comme suit :
1. nombreux petits os formant le loil crânien ;
2. ces os sonr dépourvus d‘émail ;
3. une rangée de dents sut le prémaxillairc et le
maxillaire ;
4. plaques dentaires comme chez les Dipreridac ;
5. une paire de plaques gulaircs (« jugulaires ») ;
6. queue diphycerque. géphyrocerque ou hércro-
cerque ;
7. nageoires dorsales pre.sqLie ou complètement
contiguës avec la nageoire caudale ;
8. minces écailles cycloïdcs fortement imbric|uées ;
9- couche extérieure de la partie exposée réduite
à de petites épines ».
Le caractère I est plésiomorphe pour les dip¬
neustes. Les caractères 2, 4, 8 et 9 -sont apo-
morphes par comparaison aux formes primitives
de dipneustes, mais ne sont pas des synapomor-
phies pour les Phaneropleuridac. Les caractères 6
et 7 représentent un vaste speerre de conditions,
donc ne sont pas discriminants. Les caractères 3
er 5 correspondent à une interprétation fautive
des spécimens. Les maxillaires (caractère 3) sont
absents chez les dipneustes ; il s'agit probable¬
ment des dermopalatlns (Cloutier 1996).
Scaumenacia curta possède une plaque gulaire
médiane, une paire de plaques gulaires latérales
et non pas une seule paire de plaques gulaires
(caractère 5).
La ciaisification dr Berg (1940)
Berg (1940) a créé la famille des Scaumenaciidae,
uniquement pour le genre Scaumenacia. U caractéri¬
se cette tâmillea partir des cinq caraaères suivants ;
1. deux nageoires dorsales ;
2- la deuxième nageoire dorsale non-contiguë
avec la nageoire caudale ;
3. une nageoire caudale hécérocerque ;
4. la première nageoire dorsale sans squelette
interne ;
5. la nageoire anale dorée d’un riquelette interne
« concentre '>.
Tous ce.s caractères, à rexcepiion du caractère 4,
sont plcsiomorphes. Je considère une longue pre¬
mière nageoire dorsale (environ la demi-longueur
de la deuxieme nageoire caudale) sans radiaux
proximaux et distaux ossifiés, comme étant une
autapütnorphic de S. cuna.
Selon la classification de Berg, les
Scaumenaciidae, les Fleurantiidae et les
Phaneropleuridac sont inclus dans Tordre des
Phaneropleiirifonnes.
La classijication de Vorolu'va & Obruclm> (1964)
Vorob’eva Obruchev (1964) reconnaissent la
famille des Scaumenaciidae de Berg, mais la
redéfinissent en y incorporant Oenngia nordica
Lehman 1959. Les caractères diagnostiques des
Scaumenaciidae donnés par Vorob’eva &
Ob/uchev (1964) sont les suivants :
1. lignes de fossettes profondes ;
2. plaques dentaires avec côtes tubéreuses diver¬
geant d'une bordure interne ;
3. deux os E (« médian posrrostrals ») ;
4. deux os C (« fronrals ») j
5. nageoires dorsales non-fusion nées ;
6. petite nageoire anale distante de la nageoire
caudale ;
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
99
Cloucier R.
7. squelette axial très ossifié ;
8. première nageoire dorsale sans endosquelette ;
9. nageoire anale avec squelette « concentré » ;
10- processus neuraux et haemaux fusionnés
pour former les arcs ;
11. partie liba des écailles ornementée.
Les caractères 1, 4, 6 et 9 sont plésiomorphes
pour le cladc des dipneustes. Les caractères 2, 3
et 11 sont apomoiphes mais non spécifiques aux
genres Sci-tumenavia et Oervigia. Bien que le
squelette axial (caractère 7) ne soit décrit que
chez quelques espèces {Fleurantia denticulata.
Gnathorlnza sermta^ Pbanernpleurov andersonis
S. curia), les côtes et les épines neurales sont bien
ossifiées chez toutes ces Formes. Tel que propose
précédemment, l’absence d'endosquelette ossifié
à la première nageoire dorsale (caractère 8) est
vraisemblablement une aurapomorphie de
Scaumenacia curia. Les arcs haemaux (caractè¬
re 10) de 5. curta ne sont pas ossifiés.
La classification de Lehman (1966)
Lehman (1966) a présenté une systématique des
dipneustes à partir du caractère qu'il considère
comme « lê plu.s fondamental » soit <• la forme
des nageoires ». Lehman a ainsi repris les idées de
Dollo (1895), puisque Dollo avait proposé une
phylogénie des dipneustes à partir de la forme et
du nombre do nageoires. Il est à noter qu’il est
subjectif, et non justifiablcv de considérer un cer¬
tain type de caractères plus important phylogéné¬
tiquement qu’un autre. Lehman (1966) a
regroupé dans Tordre des Scaumenacüformes
Lehman les espèces suivantes : 5. curtay Oendgia
nordica, Fleurantia derniciduta, Jarinkia arctica et
Rhynchodipterus elginemis. Il a défini cet ordre
par la présence des carvictères suivants :
1. nageoire caudale hétérocerque ;
2. deux nageoires dorsales indépendantes :
3. une nageoire anale ;
4. la deuxième nageoire dorsale relativement
longue ;
5- la première nageoire dorsale située « assez
antérieurement 'i.
Les caractères 1 et 3 sont plésiomorphes pour les
Gnathostomata ; le caractère 2 est plésiomorphc
pour les Sarcopterygii ; et les caractères 4 et 5 ne
sont pas uniquement retrouvés chez les espèces
ci-haut mentionnées [à noter que Jarvikia et
Oervigia ne sont connus que par leur crâne
(Lehman 1959)]. Aûisi, aucun des cinq caractères
ne supporre la monophylie de.s Scaumenacii-
forme.s ; pour cette considération, la validité taxo¬
nomique de ce groupe n'esr pas reconnue. Lehman
redéfinir la famille des Scau-mcnacüdac (unique¬
ment pour le genre S. curta) par un seul caractère :
l'absence d'un rostre allongé. L'absence d\in rostre
allongé est un caractère plé.siomorphe chez les
dipneustes ; donc* la définition de la famille des
Scaumenaciidae donnée par Lehman (1966) jie
caractérise pa.s un groupe monophylétique.
La classification de Schultze (1992)
L9ans la partie du Fossilium Catalogus traitant des
dipneustes, Schultze (1992) utilise les résultats de
Tanaly.se cladisiique publiée par Marshall (1987,
fig. 5). Comme Schultze (1992) le tait remar¬
quer* cette classificaiiot! .se rapproche de celle de
Vorob'eva ôf Obruchev (1964). N'éiaiu pas le
but du Fossilîurn Catalogus, les diagnoses ne sont
pas données. Le Scaumenacia est classé parmi les
Phaneropleuridae au sein des Dipteroidei, dans
un sous-ordre différent des Fleurantiidae
(Holodontoidei).
CONCLUSION
11 y a plusieurs discordances entre la morphologie
du toir crânien de Scaumenacia curta et les des¬
criptions partielles retrouvées dans la littérature.
La partie antérieure o.sscuse du toit crânien est
composée principalement d une paire d’os E et
d’une paire d'os O ; Lehman (1966) a décrit cor-
rectenient la région ethmoïdicnne du museau
comme étant principalement cartilagineuse. Bien
que l’extrémité du museau soir peut-être cartila¬
gineuse, la fraction ossifiée du museau est plus
considérable qu'elle ne Ta été proposée par les
auteurs dans le passé. La marge postérieure du
postpariéraJ .se temiine par un processus, contrai¬
rement à ce que pensait Wesroll (1949). qui
croyait à la présence d'un os indépendant (soit
l'os I ) de certains auteurs). Les os H et K .sont
absents contrairement aux écrits de Westoll
( 1949) et I homson & Campbell ( ] 971 ). la série
latérale se termine par Tos Z et non pas Los
« Zp » tel qu affirmé par Jarvik (1968, 1980). La
100
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Scaumenacia cuna du Dévonien supérieur du Québec
ligne antérieure de fossettes se termine toujours
sur Tos X ; la ligne moyenne passe sur fos B ; et
la ligne postérieure se termine antérieurement au
canal de la commissure supratempurale.
Contrairement à rextreme variabilité mention¬
née dans la littérature pour les dipneustes» les
caractères morphologiques et murphométriques
du toit crânien de Stmuncridda çurta sont mt)dé-
rément variables. 11 est possible de décrire la
variation et de reconnaître certains mécanismes
qui engendrent cette variation. Certains carac¬
tères de S. curta sont relaiivcment stables par
comparaison à ceux d’autres espèces de Dipnoi :
l’arrangenient des os de la série médiane (Jarvik
1980). le parcours des canaux sensoriels profonds
er la rareté d'os surnuméraires. 5. nirUt e.st moins
variable que les descripteurs antérieurs ne font
suggéré ou décrit.
Le parcours des lignes de fossettes et le nombre
d’os de la série latérale sonr les deux caractères
associés à la variation morphologique qualitative
qui sonr le plus variables chez S. cuna. Le phéno¬
mène de la fusion de croissance est la cause prin¬
cipale de la variabilité dans la diminution du
nombre d’os de la série latérale.
La cause majeure de la délormation des os est la
concurrence spatiale entre les os adjacents, qui a
été mise en évidence à faide des coefficients de
corrélation, de fanalyse des composantes princi¬
pales et des descriptions qualitatives.
D’une façon générale, au cours de la croissance,
il ne semble pas y avoir d'augmentation progres¬
sive du nombre d’individus ayant une déforma¬
tion de l’arrangement du toit crânien (fusion et
concurrence spatiale). Seule la fusion de tous les
os de la série latérale antérieurs à fos Li semble
être reliée à l'âge des spécimens. La fusion des os
E ifcst pas fonction de Pâge des individus,
contrairement à la conclusion de Romer (1936).
Chez. S. curta, les fusions entre les os d’une même
série sont plus fréquentes que celles impliquant les
os de séries différentes. Chez .5' mrtay l’os B croit de
façon allonictrique. A cause de la variation intraspé-
cifique (qui correspond principalement à rallomé-
trie), la valeur taxonomique de Lindicc
morphometrique basée sur l'os B est mise en doute.
Remerciements
Je suis reconnaissant envers P. Jolicœur et
R Pirlott (Université de Montréal) qui ont dirigé
mes travaux de Master of Science dans les années
1983-1984. H.-P. Schultze, P. Janvier,
V. Legendret 13. Vezina ont lu et lourni des
critiques constructives. Le materiel étudié m’a été
prêté par le personnel de plusieurs musées et ins-
ticutiijns 1- Maisey (American Muséum of
Natural Uistory). S. L. Cumbaa et D. Russell
(Musée canadien de la Nature), A. Lévesque
(Musée de Géologie), L, Grande (Field Muséum
of Natural Hisrory), R. 1. Carroll et L Birkir
(Redpath Muséum), Y. Pageau (Université du
Québec à Montréal) er M. Arsenault (Musée
d'Histoire naturelle de Miguasha). D. Boudreaii
et M. Hayes ont dactylographié plusieurs ver¬
sions préliminaires de ce manuscrit. Cette étude a
été possible grâce â l’aide financière, sous forme de
bourses du Conseil de recherches en Sciences natu¬
relles et en Génie dn Canada ainsi que la fondation
Pauhlus de l'L^niversité de Montréal, et sous forme
de contrat avec le Musée d’Histoirc naturelle de
Miguasha, parc de Miguasha, ministère de
rEnvironnement et de la Faune (anciennement
ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche),
Gouvernement du Québec.
RRFFRLNCLS
Ahlberg P. F. 1991. — A re-examinarion oFsarcopte-
rygian ituerreLuionships, wirh spécial rcfcrcnce ro
tne Porolepifornies. Zoological Journal of Linnean
Society 103: 241-287.
Albrechr G. H. 1978. —Some comments on the use
of ratios. Systemanc Zoology 27: 67-71.
Allis K. 1889. — l'hc anatoniy und development of
rhe latéral line System in Amta calva. Journal of
AiorplwLi^ 1 (3): 463-566.
Atchley W. R-, Gaskins' C. T. & Anderson D. 1976.
— Stutisticai properties of ratios, 1, empirical
x<cs\)\\s.Syunnaüi Zoology 15 (2): 137-148.
Bayer U. & McGhce G. R. 1989. — Pcriodicit)’^ of
Devonian scdimcninry and hiologtcal perturba¬
tions: Implications for the Devonian limcscale.
Ncue Jahrburçh Jiir Géologie nnd Palüoninlogie
Monanhef 't 1989 ( 1 ): 1-16.
Beitan L. 1962. — Remarques concernant la croi.ssan-
ce dos os dermiques chez les ganoïdes. Problèmes
actuels de paléontologie (Évolution des Vertèbres).
CNRS, Paris, nM04: 109-115.
Bemis W. E. 1980. — Pacdomorphnsis and the évo¬
lution of lungfishes Dipnoi. American Zoologist 20
(4) : 757 [abstractJ.
— 1984. — Paedomorphosis and the évolution of the
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
101
Clouiier R.
Dipnoi. î\ileobioh^! 10 : 293-307.
Bemis W. L. Northcutt R. G. 1992. — Skin and
blüod voÿçU’ of thf siiout of the Auscralian lung-
fish, Neucertiiodm f&rsurij and thcir signiFicancc For
interprcting chc cosminc of Dev^onian lungfishes.
Acta Zooiogkd 7.3: l ! 5^ 139.
Berg L. S. 1947- — Cbmificarion offishe'i hoth rccent
andfijisil I, W Kdwards, Ann Arbti^ Vlichigan.
Bertmar C. 1968. — Ph)dogeny ind évolution in
lungfishes. ActaZoolog/ca 49: 189'201.
Campbell K. S. \V. Barvvick R. li. )982a. — A new
specics of the lungfKsii Dipmrhxnchus from New
South Wales, Pahieontohiny 23 (3): 509-327.
— 1982b. — The ncurocranium ol the pfimirive dip-
noan Dipmrhynchm mssmdchi (Ttheridge). TAz/rT/*//
ofVertcùraie Paieovîologj' 2(11: 286-327,
— 1983. — Early évolution of dipnoaii dentitions
and a new genus Speonesydyion. Alemoirs of lhe
Association ofÂiistrafasian PaLieonwhgists 1: 17-49.
— 1984. — SpeonesydrioHy an Early Devonian dip-
noan with primitive toothpiares. Pahieontologia
Ichthyologica 2: 1-48.
— 1990. — PjlcoAoic dipnoan phylogeny: funcrional
complexes and evolurion without parsimony.
Paleohiolog}! 16: 143-169.
Campbell K. S W. â.' Bell M. W. 1982. —
Soederberghia (Dipnoi) from the [.aie Devonian of
New South Wales. Alcheringa 6: 133-149.
Chang M.-M. 1982. — The braincase of Youngolcpk,
a Power Devonian crossopicrygi.-in From Yunnan,
souch-wesrern (.dtina. GOTAB, Stockholm: 1-113.
— 1991. — Kcad ex'e>skeletttn and shoulder gîrdle oF
Yoimgoicpiy, 355-378, tn Chang M.-M., Liii Y.-II.
& Zhang CT-R (eds). Early Venchrates and Relaied
Prohlems oj Evtdniiunary Biology. Science Press»
Beijing.
Chang M.'iM. fîe Yu X. 1984. — Structure and phy-
logenetic significance ol Oiaboltchthys sperarus gen.
et sp. nov.> a new dipnoan-Iike fortn From the
Power Devonian of Easicrn Yunnan, China.
Proceedings of the Linnean Society of N. S. Wales
107: 171-184.
Chang M.-M. &C Smith M. M. 1992. — Is
YoungolepB a parolcpiftirm? Journal of Vertebrate
Paleontolology 12: 294-312.
Chorn J. & Schulrxe IP-P. 1988. — A complété spé¬
cimen oï Sagenorlus (Dipnoi) Front the Upper
Pennsylvanian of the Mamilton auarry- Kansas.
Régional geology and paleonrology of upper
Paleozoic Hanulton quarry area, Kansas Geologicnl
Society Cuidebook Séries 6: 173-175.
Cloutier R. 1990. — Phyhgenetic int€rrelatio7ishif}S of
the actinistiam (Osteirhthyes: Sarcopterygii): patterns,
trends, and rates of évolution. Ph.D. dissertation.
Universit)' oF Kansas, l.au tence.
— 1991. — întrospecific variation in Scaumenacia
cxirta (Phatieropleiiridae. P^ipnoi): morphological
and morphometne descriptions: 13, in Vézina D.
& Arsenault M. (eds), 7th International Symposium,
Stiulies of Early Vertebrates. Parc de Mîguasha,
Québec.
— 1996. — Plipnoi (Akinciin: Sarcoprer^'gü) ; 198-
226. tn Stliulize M.-P. &: Cloutier R. (eds),
Devotnan Jhhes and plants from Miguasha, Quehec,
Canada. I^r. PFeil Veikag. München.
Cloutier R. S; Ahlberg P. P. 1996. — Morphology,
characters and the interrelationships oF ba.sal sar-
copierygians: 445-479, in Sdassny M.P.J., Purent]
P R. é*L Jtïlinson Cr.D. (eds), Interrelaiionships of
Fisbes. Academie Pfes.s, New York.
Cloutier R., Smith M. M. & Krupina N. 1. 1993, —
Growth of the denril System ol rhe Pamennian dip¬
noan, Andreyevichtbys ephomus From Russia: mor-
phomcttic.s and morphogcncsis of the
entopcerygoid rooth plate, in Turner S. (cd.), The
Gruss Symposium. Scientific sessions: abstract.
Gôtriitgen, Gennany.
Cloutier R,, Loboziac S., Candilier A.-M. & Blieck A.
sous presse. — Bitïstratîgraphy of the Upper
Devonian Esaiininac Fonnaiion, ea.srcrn Québec,
(Canada: a compar.uive -study bascd on miospores
and fishes. Rtvietv oj Paleobosany and Palynolo^.
Corsin J. 1968. — Rôle de la compétition osseuse
dans la forme des os du loii crânien des Urodcles.
fournaJ of Eaibiyolog]' and Experimeniat Aiorphofog}'
19; 103-108.
Cousin G. 1974. — Contributioii des techniques' de
la biométrie et de la .statistique h la c«mnais.s;mcc de
l’espèce, à propos de deux espèces de gryllides er de
leurs hybrides. Pfeniière parue. Bulletin Biologique
de Li France et de la Belgique 8 (4) : 283-402.
Dagnelie P. 1978. — Tntorie et méthode statistiques,
applications agronomiques, volume î : Les méthodes
de Finfh-enct statistique. Presses agronomiques de
Gembloux, Vander-Oyez.
Devillcrs C- 1965. — 1 he rôle oF morphogcncsis in
the nrigin oF higher levels of organization.
SysttrmatîC Zoology 14. 259-271-
Devillers C. ÔJ Cairsin |. 1968. — Pes os dermiques
crâniens des poissons et des arnphibiens ; points de
vue embry ologiques sur les « territoires osseux )• et
les « fusions in 0rvig T. (ed.), Luirent Prohlems
of Lower Vertebrate Phylogeny., Nobel Symposium
4:413-428.
P3odson IP 19T^8. — Dn the use of ratios in growth
srudies. SystematicZoology (1): 62-67.
Dollo 1,. 1895. — Sur la phylogénie des dipncustes.
Bulletin de Li Société Belge de Géologie, Paléontologie
et Hydrologie 9(2): 79-128.
Efl.s'tmait C. R. 1908. — Dcvon'tan flshcs oF lowa.
lowa Geological Survey 18. annual report 1907:
29-386.
l'orsier-Cooper M. A. 1937. — fhe Middle
Devonian fish faiina of Achanarras. Transaction of
the Royal Society of FÀinhnrgh 59 (7): 223-239*
Cardiner B, G. 1984. — The rclaiionsliips of rhe
palaeoniscid fishes, a review based on new spéci¬
mens of Mimia and Moythomasia from the Upper
102
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
bcuumenai'ta curta du Ucvotiicn supcntuir un '
Devonian of Western Australia. Bulletin of the
British Muséum (Natural Historv), Geology 37:
173-428.
Goodrich E. S. 1909. — Vertebrare Cniniata, in
Lankescer R. (cd.), A Treatise on Zoolo^, Part IX.
Black, Londvîn.
— 1925. — On rhe cranial roormg-bone.s in rhe
Dipnoi. Joumnl of the Linncan Society of London,
Zoolo^' 30: 79-86.
— 1930. — Stîidïes on the Structure and Lh oeloprnent
of Venehrates. MacMillan and Co., Unidun.
Graham-Sniiih W. 1978. — On the latéral lincs and
dermal bones in the paru'UÜ région ol somc cros-
sopterygian and dipnoan fishes. Philosophical
Transactions of the Royal Society of London (B) 282:
4-105.
Gray H. 1977- — Anawmy, desiriptive and surgical.
T. Pickering Pick bi R. Howdcn, Bounty Books,
New York.
Gray S. W. 1946. — Relative growth in a phylogcne-
tic séries and in an onrogenetic sériés ot one ofics
members. American fournal ofSeierne 244 (11):
792-807,
Gros.s W. 1934. — Über einen grossen Dipnoer ans
dem bahischen Xeischrip Deutsch
Geologiscbc Gesellsrhaficn 86: 83-86.
— 1956. — Über Crossopterj'gier und Dipnoer aus
dem balrischcn Glbcrd^rvon im Zusammenhang
cincr vergleîchenden Unicrsuchung des
Porenkanalsystem.s palao/.oischer Agnathen und
Fische. Kungliga svenska VeienskapsAkademiens
Handligar 5: 1-140.
Henderson I. F., lîenderson W. F), & Kenneth J. H.
1963. — A Djctmimy of Biologkal ferms. 8*^ édi¬
tion, Oliver and Boyd.
Hcnrichscn F Ci. C. 1972. —A catalogue of fo.ssil
vercebrates in the Royal Scotrish Muséum,
Edinburgh. Part ihree / Acnnistia 6i Dipnoi. Royal
Scottish Muséum, Information Service, Geology 3:
126.
Hersh A. H. 1934. — F.volutionaiy' relative growth in
tinmothcrcs. American Naturalm 68: 5.37-561.
Hesse R. bi Saw'h II. 1992. —Geology and sedimen-
lology of the Upper Devonian Escuminac
Formation, Qiiebec, and évaluation of its paleoen-
vironmeni: lacustrine versus csiu-irine turbidite
scquence. Atlantic Geology 28: 257-275.
Flills M. 1978. — On tne ratios - a response to
Acchley, Gaskins and Anderson. Systcmaüc Zoology
27(1); 61-62.
Ilolmgren N. bi Stcnsîrt E. 1936. - Kranium und
VisccraLskcleil der Akranier, Cyclostomcn, und
Fische: 233-500, in Bolk L. et al. (eds). Handhuch
der verglcichendcn Anatomie der irhclttete, 4.
Urban und Sthwarzenberg, Berlin, Wicn.
Hubbs C. L. bi Jlubbs L. C. 1945. — Bilateral asym-
metrv and bilateral variation in fishes. Paper ofthe
Michigan Academy of Science, Arts and Letters 30
(1944): 229-310.
Hussakof L. 1912. — Notes on Devonic fishes from
Scaumenac Bay, (Juebec. Bulletin of the Education
Department of'the New York State Muséum 158
(516): 127-139.
Huxley J. S. 19.32. — T*rohlems of Relative Growth.
Methuen and l7o, Etd., 276 p.
laekel O. 1890. — Über Phaneropleuron und
Hemictenodm n.g., zwei palaontologische Fundc.
SiUuiigsber. GeseLschûp Naturfimcïmng Freunde
Berlin 1: 47-57.
— 1927. — F3er Kopfder Wirbclticre. Ergebnisse der
Anatomie undEntwicklungsgeschichfe 27: 811-974.
Jardine N. 1969. — The obsei-vation.al and iheorctical
cornponents of homulogy: a srudy based on the
morphology oF the dermal skull-tool.s of rhipidis'
rian Fishes. Biologrcal Journal of the IJnnean Society
of London 1: .327-361.
jarvik F. 1948.— C3n the morpholog)' nnd laxonoiny
of ihc Middie Devonian ostcclcpid fishes of
Scotland. Kungliga svenska VetenskapS'Akademicns
Handligar l‘y\ 1-301.
— 1950. — Middie Devonian vertebrates Irom
Canning Land and Wegeners Halvô (Fasi
Grccnland). Part II: Ciossopterygü. Meddeteiser
om Grontand (4): 31 -89.
— I960. — Théorie de Tèvolutiim dc^ Vcriélnés, recon¬
sidérée h la lutnRre des récentes découvertes sur les
VcHéhrés inférieurs. Masson et C7ie, Paris, 104 p.
— 1968. —The sysrematic position of the Dipnoi:
223-245. in Orvîg 'I. (ed.), Carrent Problmts of
I.ower Veytebrate rhylogeny. Alniqvist and Wiksell,
Stockholm.
— 1980. — Biidc Structure and Evolution ufVerte-
hrates. Volume 1. Academie Press, l.ondon.
Jolicœur P. 1963a. — The degree oFcenerality of
Martes ameriCfituL Groumt 27: 1-27-
— I963b. — Bilateral .symmerry and nsymnieiry in
limb bones of Martes americana and man. Revue
Canadienne de Biologie 22 (3-4) : 409-432.
— 1963c. — The multlvariate gcntralf/aiiion ofthe
allomett)^ equarioii. Biométries 19 (3): 497-499.
jolicteur 1*. & l ieusner A. A. 1971.^— ’Fhe allomctiy
équation in ihe analysis of the standard oxygen
consuTTiption and body welght of the while rat
Biométries 27 (4): 841-855.
jolicceur P- Mosiiiiann J F. 1960. — Size and
shapc variation in the painted lurtle. A prineip.il
component analysis. Growth 24: 339-354.
Jollie M. 1973. — Chordate Morphology. Robert
F. Kriegcr Publishinç C'ompany, Huntington.
— 1981. — Segment tlicor}^ and the honiulogiving of
cianial bottes. American Nataralist 118 (6):
785-802.
Kentp A. 1977. — l'hL paClcrn of toorh plate forma¬
tion in the Ausiraliun lungfish, Neoceratodus forsteri
KrelR. Zoolo^ical fournal of the Linnean Society of
London 60: 22.3-258.
Krupina N. 1987. — Novaya dvoyakodysha.shchaya
ryba iz verkhnego devona Tul’skoy oblastit
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
103
Cloutier R.
Paleontologht'htni Zhimuü 21 ; 40~47.
— 1988. — A ncw dipnoan fish frorn the Upper
Devonian oF tlic Tula Rcgion. J\ileontologica!
Journal2\: 37-43.
Lehman J.-R. 1959- — Les Dipneustes du Dévonien
supérieur du Groenland. Mëddelelser om Gronland
J 60 (4): 1-5S.
— 1966. - Dipnoi et Cros.soptcrygii: 243-300, in
Fiveteau J. (ed.). Traité de Paléontobgie, Tome IV,
volume 3.
— 1975. — Quelques réflexions sur la phylogénie des
Vertébrés inférieurs. Collection internationale,
CNRS, 218: 237-264.
Lehmann W. M. 6c Westoll T. S. 1952. —A primi¬
tive dipnoan Fish frorn ihe l.owct Devonian of
Germanv. Proceedings oj' the Royal Svdety of London
(B) 140:'403-421.
Long J. A. 1992, - Cranial anaiomy of wo nc\v Late
Devonian lungfishes (Fisces: Dipnoi) hom Mounr
Howitc» Victoria. Records of the Ausiralian Muséum
44:299-318.
— 1993a. — FùSUraniaj skeletons in Devonian lung-
fish and their bearing on dipnoan phylogeny.
Association of Austtalasian Palaeontoiogists, K.S.W.
Campbell Symposium, Ahstraers Vol.: 12.
— 1993b. Cranial ribs in Dcvouiaii lunghshes and
the origin of dipnoan air-breathing. Memoirs of the
Association of Aiistralasian Palaeontolagists 15:
199-209.
Long J. A. 6l Campbell K. S. W. 1985. — A neA\'
lungfîsh frorn the Lower Carbonifemus of Victoria,
Australia. Proceedings aftbe Royal Society ofVictorut
97: 87-93.
Maisey J. G. 1986. — Heads and tails: a chordate
phylogeny. Cladisiics 2 (3); 201-256.
Marshall C. R. 1987. — LungBsh: phylogeny and
parsimony, in Bernis \X'. t., Burggren W. W. &C
Kemp N. E. (c<is)% The Biology and Evolution oF
LungFi$he$vyr'w>*«tf/ of Morphulogy, Centenial
Supplément 1: 151-162.
Martin M. 1981. — Les Dipneustes et Actinistiens du
Trias supérieur continental marocain. Stuttgarter
Beitraege zur Naiurkunde. B 69; 1-29.
Miles R, S. 1977. — Dipnoan (lungfîsh) skull and
relationships of the groiip: a xtudy based on new'
species Irom ilie Devonian ol Ausiralia. Zoological
Jotirnal of the Linnean Society 61 (1-4): I -327.
Morrison D. b, 1976. — Multivariate Statistical
Methôds, 2nd édition, McGraw-Hill Book
Company,
Northeutr R. CL 1989. — The phylogeneiic distribu¬
tion and inner\'ati,on of cruniatç inechanorcccptivc
latéral Ünes: 17-78, tn Coombs S., (iorner P. &
Munz H. (eds), The Mechanosensory Latéral Line:
Neurohiology and Evolution. Springer Verlag, New
York.
Oison E. C. 1951. — Diplocaulus. a study in growth
and variation. Fieldiana Gcology ! I; 57-154.
Oison E. C. Ôc Miller R. L. 1951. — Relative growth
in palcontoJogical Axes.. Journal of Palcontology
25 (2): 212-223.
Parent N. C^louficr R. 1996. — Distribution and
presei*vation of fossüs in lhe Escurninac Eornucion:
54-78, in Schultze H.-F. 6i Clouiicr R. (eds),
Devoniatt Jishes and pLtnts frorn ATgitasha. Quehec,
Canada. Dr. Pfeil Verlag, München.
Fatren W. 1912. — The évolution oh the vertehrates
and their kin. Blakiston’s, Philadelphia and
London.
Patterson C. 1977. — Cartilage hones, dermal bones
and membrane bones. or the cxoskclcton versus the
einitKskeleton, in Andrews S, M., Miles R. S. &
Walker A. D_ (cds), Problcms in V^ertebrate
Evolution, Litinean Society Symposium Séries 4:
77-121.
Pehrson T. 1949. —The oniogcny of the latéral line
System in ihe head of dipnoans. Acta Zoologica 30:
153-182.
Pbleger F. B. 1940. — Relative grovs'th and vertebrate
paleontology. American Journal of Science 238:
643-662.
Pritchard j. J.. Scott |. H. 6i Giigis F. G. 1956. —
The structure and development of cranial and facial
%\xtVi\'es.. jounuîl ofAnatomy 90: 73-86.
Richardson j. B. & McGregor D. C. 1986. —
Silurian and Devonian spore zones of the Old Red
Sandstone C!)ontinent and adjacent régions. Bulletin
f/j Ceological Survey of Canada 364: T79.
Romer A. S. Ï936. -— The dipnoan cranial roof.
.'\merican Jounuil of Sciences Al (190): 241-256.
— 1966. — Vettehraie Ptileontologyy 3rd édition.
Üniversicy of (Tteago Press.
Rosen L^. E., Eorey P. L., Garcliner B. G. & Patrerson
C. 1981. —Lungfishes, tetrapods, paleontology
and plcsiomorpnv. Bulletin of ihe American
i\fuseum ofNatural Histoiy 167 (4); 163-275.
Scliuk/e H.-P. 1969. - Gnphognalhm Gros.s, ein lang-
sçhnauzigei Dipnoer aus dem Oheidcvon von
Bergisch-Gladbach (Rhcinisches Schlefergebirge) und
von Eetiland. Geolo^ca et Pabeontologica 3: 21-61.
— 1977 . — Megapl.euron zangerli, nêw dipnoan
frorn the Pennsylvanian. Illinois. Fieldiana Gcolog)>
33 (2!): 375-396.
— 1981. — Hcnnig und der L'rsprung der
l etrapoda. Palt'iontologischr Zeischrijl, 55; 71-86.
— 1984. — Juvénile .spécimens of Fusthenopteron
Whiccaves, 1881 (ostcolcf)ilorni rhipidisiian,
Pisces) frorn the Latc Devonian of Miguasha,
Québec, Canada. Journal of Vertehrau Paleontology
46(1): 1-16.
— 1987- — Dipnoans as sarcopreiy^gians, in Bemis
W. E., Burggren W. W, & Kernp N. E. (eds), 1 he
Biology and Evolution of Lungfishes, of
Morphôlogy, Centenial Supplément 1: 39-74.
— 1992. — Dipnoi: 1-46, in Wesiphal F. (ed.),
fossilium Catalogus, Pars 131. Kuglcr Public,
jAmsteidam.
Schultze H.-P. Ôc Campbell K. S. W. 1987. —
104
GEODIVERSITAS ■ 1997 • 19(1)
Scaumenacia curta du Dévonien supérieur du Québec
Charactcrization of rhe Dipnoi, a monophylctic
groiip, in Bemis W. £., Burggrcn W. W. & Kemp,
Si. E. (etis), rhe Biology .md F.volurion of
Lungfislies, Journal of Morl)holagy. C.cntenlal
Supplément 1 1 25o7.
Schuicze H. P.. Clouiicr R. Marshall C. R. 1993.
— Contrasting thc use of fuiictioiidl tomple^ccs and
isolatcd cliaractcrs în understanding lhe évolution
of lungfish. Aisociation of the Australastan
Palaeoritologhb\ K. S. W. Campbell Symposium,
Abstracts Volume: 21.
Schultze H.-P. ôc Marshall C. R. 1993. —
Contrasting ihc use of functionaJ complexes and
isolated characters in lungfish cvoluuon. Mernoin
of the Association ofthe Amtralastan Palaeontologists
15:21K224.
Schwartz P. 1963. — Méthodes statistiques iî l'usage des
médecim et des blologhteSy 3*^ édition. Flditions médi¬
cales Flammarion.
vSpiegelnian S. 1945. — Physiological compétition as
a rcgulaiory mechanism in morphogenesis.
Qiiatcrly Retfiew of Biology 20 (2); 321-146.
Slcnsio E. A. 1947. — l he sensot)* lines and dcrmal
bones of che chetk in Pishes and amphibians,
Kunglign svenska VetenshalfsAkademiens Handltgar.
24(3): 1-195.
Thomson K. S. 1975. — On the biology of cosminc.
Bulletin of the Peabody Musemn of Na tarai Hisiory
40: 1-59.
l'homson K. S- & Campbell K. S. W. 1971. — J'he
structure and relacionship of ihc primitive
Devonian lungfishcs. Di/tnorhynehus snssmilchi
(Erhcridge). hitlletin of the Peabody Museutri of
Natural Htuory 38; I -1Ô9.
rhomson K. S. & Hahn K, V. 1968. — Crowih and
form in fossil rhipidtsrian fîshes (Crossopterygii).
JournalofZnology (London)* 2156 (2): 199-223.
Van Valcn F. 1962. — A study of fluctuating asym-
metry. Ei^olutton 16: 125-142.
Vorob’eva E. 1. & Minikh M. G. 1968. —
Experimental uppliouiïin of biometiy co the study
of ceratodontid dental places. Paleontological
Journal (2): 217-227.
VorobVva Fl. 1. éSc Obruchev D. V. 196/. — Subeiass
Sarcopterygü: 420-509, /// Orlov Y. A. (cd.),
Fundamentah of Paleonudogy [traduction anglaise
de OsHovy palcontologii], Agnatha, Pisces^ II.
Jérusalem.
Watson D. M. S. 1926. — The évolution and origin
of the Amphibia. Philosophkal Transactions of the
Royal Society of London (?i) 214: 189-257.
Warson D. M. S. ôc Dav H. 1916. — Notes on somc
Paleozoic fishes. Memoirs of the Proceedings
Manchester Literaiy and Philosophical Society 60: 1 -52.
Watson D. M. S. tV Gill E. L. 1923. ■— The structure
of certain Paleozisic Dipnoi. Journal of the Linnean
Society of London, Zoolo^> 35: 123'216.
Weitzcl K. 1927. — Conenoporrut gadiforme (Cner.
Ein Lungfisch aus dem RodiegenJen. Abhanlingen
Senchetweigiana naturforschung Gesselschaften 40
(2):15S-178.
Werdelin L. & Long J. A. 1986. — Allometr)' in che
placoderm Bothrlolepis canadertsis and its signifî-
cancc to aniiarch cvolucion. Lethaia 19: 161-1(59.
Wcstoll 1*. S. 1936. — On the structure of rhe dermal
ethnioid shicld of Osteolepis. Geologtcal Magazine
73 (4): 157-171.
— 1949. — On the évolution nf rite Dipnoi: 121-
184, jepsen G. L., Mayr H. & Simpson G. G.
(eds), Geneticss Paleontology and Evolution.
Princeton Universîcy Press. Princeton.
— 1950. — Somc aspects of growrh studie.s in fossils.
Proceedings of the Royal Society of London (B) 137:
490-509.
Whirc E. I. 1962. — A dipno.an front the iYssise de
Mazy of Hingeon. Bulletin de PLnstitin Royal des
Serer/ces naturelles de Belgique, Biologie 38 : 1 -8.
— l9o5. — l he head of Diptems valcnciennesi
Scdgwick and Murchison, Bulletin of the British
Mnsçion (Natural Hiitary)» Geolo^- 11(1): ! -45.
— 1973. — Form and growrh in Belgicaspis
(Hecerostt-aci). Pataeoniographica A 143: 11 24.
Whîreaves J. F. 1881. — On somc romarkahlc fossÜ
fishes from the Llcvonian rnck.s of vScaumenac Bay,
Province of Quehec. American Journal of Science
and Arts 1 1 ; 494-496.
Whireaves J. F. 188"’. — lllustraiions of ihc (ossîl
fisiies of lhe Devonian rocks of Canada. Part 1.
Proceedings of the Trarmettans of the Royal Society of
Canada'i'.m-WÙ.
Wilev E. O. 1981a. — Phylogenetics. The iheoty and
practice of phylogvnetic systemntics. Wiley -
liiceiscience, New York.
-— 1981 b. — Convex gruups and consistenc classifica¬
tions. Systeraatic Botany 6 (4): 346-358.
ZitteJ K. V^. von 1895. — Grundzüge der
Palaeontologie {Palaeozoologie). Druclc und Verlag
von R, Oldenbout^, München.
— 1902. — Text-book nj Palaeonitilog)>^ volume 2.
Fradiik et édité par C. R. Eastman. Macmillan and
Co., London.
— 1911. — Grundzüge der Palâontologie
(Paldo-zoologie). IL Abteilung Vertebrata, 2nd ed.
Druck und Verlag von R. Oldenbourg, München.
— 1932. -- Te.xt-book of Pulaeontology^ volume 2,
2nd ed. Traduit et édité par C. R. Flastman ; 2*' édi¬
tion anglaise révisée par A. S. Woodward,
Macmillan and Co., London.
Manuscrit soumis pour publication le 13 mars 1995 ;
accepté le 28 octobre 1995.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
105
Les Diplocynodon (Reptilia, Crocodylia)
de rOrléanlen (Miocène inférieur à moyen)
de France
Léonard GINSBURG
Laboratoire de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle
8 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France)
Christian BULOT
La Guilbarderie, 17810 Nieul-les-Saintes (France)
MOTS CLÉS
Reptilia,
Crocodylia,
Miocène,
France,
Tertiaire,
Europe.
RÉSUMÉ
La découverte d’un crâne complet de Diplocynodon dans les sables de Bézian
à La Romieu (Gers) permet d’identifier spécifiquement le petit crocodilien de
la base de fOrléanien (MN4) à Diplocynodon styriacus. Il différé principale¬
ment du Diplocynodon ratelii de Saint-Gérand-le-Puy (MN2a) par un
museau plus fin et plus allongé. L’analyse des caractères crâniens montre que
Diplocynodon est à rattacher aux Crocodylinae.
KEYWORDS
Reptilia,
Crocodylia,
Miocène,
France.
Tertiary,
Europe.
ABSTRACT
The recent discovery of a complété skull of rhe crocodilian Diplocynodon in
the continental sands of Bézian at La Romieu (Gers), the âge of which is
MN4, allows rhe spécifie détermination of the Diplocynodon of the Orleanian
time. It is idemical to Diplocynodon styriacus of MN6. It difPers chiefly front
Diplocynodon ratelii from Saint Gérand-le-Puy (MN2a) by a slender, narro-
wersnout. Diplocynodon is included in the Crocodylinae.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
107
Ginsburg L. & Bulot C.
INTRODUCTION
Diplocynodon est un crocodilien de petite taille
caractérisé principalement par le grand dévelop¬
pement, en véritables crocs, des troisième et qua¬
trième dents mandibulaires et des qua¬
trième et cinquième dents maxillaires. Le genre
est connu en Europe depuis PEocène moyen avec
Diplocynodon darunni de Messel (Allemagne)
jusqu’au Miocène supérieur avec Diplocynodon
levantinkum de Radajew'o en Bulgarie. En France
il est principalement connu par respèce-cype du
genre, Diplocynodon ratelii, trouvée en assez
grande abondance dans les calcaires à phrv'gancs
de la région de Sainr-Gérand-le-Puy, dans l’Ailier
(MN2a). Plus haut dans la série -suarigraphique.
des spécimens épars - fragments de mandibules,
dents isolées — ont été trouvés dans les sables de
rOrléanais (MN3 + MN4), mais jamais de pièce
assez complète pour permettre une détermination
spécifique. I.a pièce la plus complète était une
mandibule des sables de POrlcanais que Berg
(1966, pl. 3. Pig- 16) a figurée sous le nom de
Diplocynodon cf. n.sp. En l'absence de crâne, il n'a
pas osé aller plus loin dans sa détermination.
Nous avons retrouve depuis deux crânes juvéniles
à Artenay (MN4a) en 1964. ainsi qu'une tète
d’adulte complète dans les sables continentaux de
Bézian à La Romieu (MN4b), en 1984. Ce nou¬
veau matériel nous permet d'avancer aujourd’hui
une détermination plus précise.
SYSTÉMATIQUE PALÉONTOLOGIQUE
Ordre CROCODYLIA Linné, 1758
Sous-ordre EUSUCHIA Huxley, 1875
Famille Crocodylioai: Cmûer, 1807
Sous-famille CROCOOYIJNAi- Cuvier, 1807
Genre Diplocynodon PomeL IS47
EsPÈCE-TM't. — Diplocynodon mu'UiVcowiA, 1847.
DiAGNOSt, — Crocodile de raille niodcsie, troisième
et quatrième dents maiidibiiLiires h peu près égales et
de taille beaucoup plus forte que les auirvs dents nian-
dibulaircs ; quatricme ei cinquicnie dents maxillaires
de meme lailL ci plus fortes que les autres dents supé¬
rieures. Présence d’une Ibru* cchancrure sur la mâ¬
choire supérieute à la limite prcmaxillairc-maxillairc
pour loger les deux crocs mandibulaires (dents 3 et 4).
Espace importanr sur la mandihule entre les deux pre¬
mières dents d'une part, et les dents n" 3 et 4 d’autre
part. Absence de cloison médiane à la narine externe
mais cloison médiane â la narine interne, qui est en
po.siiion uès reculée. Rcvèu-menr dermique impor¬
tant, constitue de plaques osseuses épaisses, forienienf
sciiiptiVs et munies d’une crête plus ou moins mé¬
diale. Les plaques dorsales sont disposées en trois ran¬
gées longitudinales de chaque cote de Taxe du corps.
Présence de plaques ventrales non sculptées au niveau
du thorax.
Pt>Srnt)N SYSTÉMATIQUE
La position systcmaciquc de Diplotynodon a suscité
plusieurs commentaires. Parmi les auteurs
modernes, Kâlin (1955) l’a placé dans la sous-
famille des Crocodylinac candis que Thenius
(1955), Romet (1956), Berg (1966)-. Kuhn
(1968), Bufferaur & Cornier (1982) ainsi que
Steel (1973) l’unr placé dans celle des
Ailigatorifiiic. Antunes èc Ginshurg (1989) Pont
aussi placé chez les 7\lligacorinae. mais en souli¬
gnant que le problème de son appartenance à
Tune ou Eautre .sous-famille méritait une discus¬
sion plus approfondie, dl.scassion justifiée lors ou
apres rétude des nouveaux matériaux d'autres
gisements de France (c'e.st-à-dire les matériaux
d'Artcnay cr de Bézian qui sont l'objet et le pré¬
texte au prc.sent crax'ail), Berg (1966) note que la
plupart des caractcics cr.inierLS de Diplocynodon
sont plus proches des Crocodylinae que des
Alligatorlnae mais penché finalement pour un
rattachement aux AHigatorinae en raison de la
plus grande ressemblance de .son revêtement der¬
mique avec les alligaiors.
Réexaminons donc ces arguments. En ne rete¬
nant que les caractères probants, nettement
opposés dans les deux sous-familles, nous note¬
rons que les AHigatorinae montrent les caractères
suivants (avec indication symétrique, entre
parenthè.ses, des caractères observés chez les
Crocodylinae) :
1. La dent maxillaire la plms forte est la qua¬
trième (la cinquième).
2. Absence d'échancrure à la mâchoire supérieure
à la limite prémaxillaire-maxillaire pour loger la
quatrième dent inférieure (présence d'une forte
échancrure).
3. Série dentaire supérieure en position plus laté¬
rale que la série dentaire inférieure (les deux
108
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Diplocynodon de l'Orléanien de France
séries denuires sont .lU même niveau» de sorte
que les dents supérieures et inférieures se chevau¬
chent sur la même ligne).
4. Espace notable en arrière des quatrième, cin¬
quième et sixième dents maxillaires, surtout en
arrière de tes deux dernières (espace notable en
arrière des cinquième» sixième et septième dents
maxillaires)
5. Museau court, presque toujours large (museau
généralement plus étroit et plus allongé).
6. Partie interne du processus rétroarticulaire
convexe (concave).
7. Epine antérieure du quadratojugal absente ou
très réduite (présente).
8. Partie du quadratüjugal participant au bord de
la fosse temporale inférieure large et à peine
pointue (étroite et pointue).
9. Cloison médiane divisant en deux la narine
externe (absence de cloison).
10. Narine interne avec cloison médiane (en
général sans cloison médiane).
11. Crête sur le bord postérieur de la narine
interne (absence).
12. Nasaux relativement longs, participant géné¬
ralement au bord des narines externes (ne parti¬
cipent généralement pas, mais il y a des
exceprions).
Chez Diplücynadoiu on constate :
1. La dent maxillaire la plus forte est la cin¬
quième (comme chez les Crocodylinac).
2. Il y a une forte échancrure au niveau de la
suture prcmaxillaire-maxillaire pour loger la qua¬
trième dent mandibulaire (comme chez les
Crocodylinae).
3. Les séries dentaires supérieure et inférieure
s’engrenent parfaitement, selon la ligne médiale
des dents. En particulier, il y a» pour loger la
dent antagoniste» un creux profond en arrière des
dents maxillaires 5, 6, 7 et 8. Ces dépressions
débordent parfois sur le côté interne du maxil¬
laire, mais le point le plus profond de ces dépres¬
sions est toujours dans Taxe de la série dentaire
supérieure.
Sur le crâne d’Artenay AR 690» il y a meme une
encoche entre les dents maxillaires 3 et 4, puis en
arrière des dents maxillaires S, 6, 7 et 8. Au-delà,
en arrière des detUsS 9 et 10, il nVxiste plus
qu’une petite dépression faible et légèrement
décalée vers 1 intérieur du palais.
Sur le crâne d’Artenay Ar 693» il existe de même
une dépression profonde en amère des dents 5,
6, 7, 8 ; en arrière de la neuvième dent maxillaire
il nVxiste plus qu’une dépression bien plus faible
et décalée du côté interne.
Sur le crâne de Bézian, il y a une dépression
identique, profonde, en arrière des dents maxil¬
laires 5, 6, 7 ; une dépression beaucoup plus pe¬
tite et dépKicée du côté interne existe en arrière
respectivement des dents maxillaires 8. 9, 10, 11.
Sur le crâne de Saint-Gcrand lc-Puy SG 539 des
dépressions de même type existent en arrière des
cinquième, sixième et septième dents maxillaires.
Une dépression plus faible, et légcrcmcnr décalée
intérieurement, existe en arrière de la huitième
et, à peine marquée et plus décalée du côté inter¬
ne, CTI arrière de la Jïeuvième déni maxillaiie.-
Sur le maxili.iirc SG 553 de 8ainr-Gérand-le-Puy
des dépressions identiques existent en arrière des
cinquième et sixième dents ; l’alvéole qui suit la
septième dent est moins profond ei décalé Icgère-
menl du côté interne : l'alvéole en arrière de la
huitième dent est à peine marqué et bien décalé
intérieurement.
Enfin, sur le maxillaire de »Saint-Gcrand-le-Puy
SG 550 (Vaillant 1872, figs 15-16), qui est de
très forte taille, les dents sont plus serrées entre
elles et il n'existe aucun alvéole situé en arrière
d’une quelconque dent» mais il n’y a pas de
dépressions profondes pour loger Ic.s dents ntan-
dihulaires, qui devaienî, vu la taille du spécimen,
être également très fortes ; on note seulement
une petite dépression faible et déplacée du côté
lingual en arrière des cinquième, sixième, septiè¬
me et, encore moins mjrt|uée, des huitième et
iicuvicmc dents. Sur le mênie maxillaire, la
dépression ptiur loger la quatrième dent mandi-
bnlaire e.st profonde et située juste en avant de la
première dent maxillaire, parfaitement dans Taxe
des dents maxillaires.
On notera que sur un crâne juvénile de
Crocodylus nilolicns de notre collection, des
alvéoles pour loger les dents antagonistes existent
à la suite des première, deuxième» troisième, qua¬
trième, sixième, septième dents maxillaires, mais
celui situé en arrière de la huitième dent est
beaucoup plus faiblement Indiqué et légèrement
décalé du côté lingual,
11 apparaît que chez Diplocynodon, du moins- chez
GEODIVERSITAS « 1997 « 19(1)
109
Ginsburg L. & Bulot C.
Tableau 1 . — Caractères crâniens de Diplocynodon par rapport aux Crocodylinae et aux Alügatorinae.
&
/
/
/
/
JS*
/
1. Dent maxillaire la plus forte
4e
5e
5e
2. Forte échancrure à la limite Pmx-Max
-
+
+
3. Dents sup. et inf. sur la même ligne
-
+
+
4. Espace après la septième dent supérieure
-
±
+
5. Museau étroit el allongé
-
+
+
6. Face interne processus rétroarticulaire concave
-
+
+
7. Forte épine antérieure au quadratojugal
-
+
+
6. Partie du quadratojugal participant au bord de ta fosse
-
+
+
temporale inférieure étroite e! pointue
9. Cloison médiane à la narine externe
10. Cloison médiane à la narine interne
+
+
±
11. Crète sur le rebord postérieur de la narine interne
+
-
-
12. Nasaux allongés, pointus, atteignant la narine externe
±
-
+
les formes du Mioccne» les dents antérieures et
médianes s'engrènent bien entre elles selon Taxe
des dents maxillaires, mais il y a un léger dépla¬
cement vers l'intérieur des dents mandibulaires
postérieures.
Ce caractère de l'occlusion dentaire est donc
finalement du meme type que chez les
Crocodylinae.
4. Sur le matériel de Sainc-Gérand-le-Puy,
Artenay et Bézian, un espace important existe en
arrière des cinquième, sixième et .septième, voire
huitième dents maxillaires, comme chez le.s
Crocodylinae. Cependant, ce caractère semble
moins marqué chez Diplocynodon darivim.
5. Par son allotigement, le museau est plus
proche du type Crocodylinae, dès l’Eocène.
6. La partie interne du processus rctroarticulaire
de la mandibule est très nettement concave,
comme chez les Crocodylinae.
7. Ce caractère est difficile a observer car le qua-
dratojugal est rarement bien conservé. Chez
Diplocynodon darwini, d'après le schéma donne
par Berg (1986, Hg, U),-le quadratojugal semble
incomplet au niveau de remplacement de la
pointe antérieure. Sur le crâne de Sainr-Gérand-
le-Puy SG 539 (type de Diplocynodon acduicus) il
semble qu'il y ait, si la cassure n’est pas trom¬
peuse, une petite épine antérieure. Sur le crâne
d'Artenay Ar 690 il y a une petite pointe anté¬
rieure sur le quadratojugal gauche, et peut-être
sur le droit. Sur le crâne de Bézian, le quadrato¬
jugal se termine en pt)inre émoussée près de la
suture avec le carré. Enfin, il y a une épine bien
nette sur le crâne de Diplocynodon tormrs
(Buscalioni et al. 1992, figs 4-5)^ La srructure est
donc du type Crocodylinae.
8. L,a partie antérieure du quadratojugal qui par¬
ticipe au bord postérieur de la (os.se temporale
inférieure est étroite et allongée, pointue du côté
interne, comme chez les Crocodylinae.
9. Les narines externes ne soni pas cloisonnées,
comme chez les Crocodylinae.
10. 11 y à une cloison médiane séparant en deu.K
les choanes comme chez certains Alligatorinae,
mais aii.ssi comme chez certains Crocodylinae
{Crocodyhis niloticns). Ce caractère nest donc pas
déterminant.
11. Il nV a pas de crête limitant les choanes en
arrière, comme chez les Crocodylinae.
12 . Les nasaux sont étroits et ne participent pas
(c'est le cas chez Diplocynodon dnnoini^ ainsi que
sur le crâne-type de Diplocynodon steineri et le
crâne de Diplocynodon rntclii MA 2275 du
Muséum de Bâle) ou participent à peine (comme
110
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Dipbcynodon de l'Orléanien de France
sur le crâne de Diplocynodon ratelii SG 539 du
Muséum de Paris, ainsi que sur les crânes
d’Artenay et de Bézian) à la formarion du bord
pcïstérieur de la narine interne. Ce caractère rap¬
proche donc encore Diplocynodon des
Crocodylinac.
Aux caractères étïiblis par Kâlin ( 1933) lors de la
création de la sous-famillc des AJligatorinae,
nous en ajouterons deux :
13. La face médiale de chaque hémimandibule
csi percée de trois ouvertures :
1 ) une haut placée, bordée par l'os coronoïde et
Los spléniali er nommée fenêtre supramecké-
lienne (= tenétre intermandibulaire supérieure
= fenestra intennandilndam ynedius). Le rameau
intermandibulaire médian (mmm inrermandihu-
laris médius) du nerf rrijumeau (VO femprunie ;
2 ) une placée plus bas, allongée et toujours bien
développée, à la limite de l’angulaire et du splé-
niai : c est U fenêtre inframedcélienne (ou fenêtre
intermandibulaire inférieure = fenestm intemuin-
dibularis cnudnhs) pour le passage du cumin
intermandthîdarn caudiüis du ;
3 ) plus en avant et à mi^bautcur, au milieu du
splénial, un toramen. dit toramen ïntermandibu-
laire antérieur \Qwjoramen intemiundibuluris ora-
lis) par ou passe le rumus inu’tvumdihuluris oralis
du nerf (Schumacher 1973, Hg. 29 ;
lordansky 1973, üg- H).
Chez Crocndylits^ Alligator et Diplocynodon, la
fenêtre inframeckélienire (= tenêtre iniermandi-
bulaire postérieure = fenestra intennandibularis
caudalis) est bien développée. Il n'en est pas de
même des deux autres ouvertures. Chez
Crocodylus^ la fenêtre suprameckélicnne
(= fenêtre intermandibulaire supérieure = fenestra
intermandibuluris médius) est assez grande et
forme une petite ouvemire ronde de plusieurs
millimèrre.s de diamètre tandis que le foramen
intermandibulaire antérieur est extrêmement'
réduit, juqu'à être difïicilcmenr repérable. Chez
Alligator la situation est inverse : fouverturc
intermandibulaire supérieure est si réduite que le
seul nom qu'elle porte esc celui de « foramen w (et
non de fenestra) intennandibularis médius, tandis
que fouvertute antérieure est toujours bien
visible, quoique petite. Cdtcz Diplocynodon, le
foramen mtermandibularh ondis est insignifiant
voire invisible tandis que fouverture postéro-
supcrieurc est bien développée en fenêtre (fenêtre
intermandibulaire supérieure ou fenêtre supra-
mcckélienne). La disposition de ces deux ouver¬
tures y est donc de type Crocodyfmae.
14. Un dernier cat.ictère porte sur les ostéo-
dermes. Huxley (1S59) a note que les ostéo-
dermes ventraux de Crotodylus hustingsiae
(devenu Diplocynodon ba)iîoniensi^ sont divisés
en deux par une cassure transversale comme chez
les caïmans. Berg a privilégié ce caractère (Berg
1966 ; Kdler Se Schaaf 1988), ce qui fa amené à
placer Diplocynodon chez les Alligarotinac. Mais
ce caractère est bien isolé parmi les autres carac¬
tères des plaques osseuses dermiques de
Diplocynodon, chez qui la carapace dorsale est
formée de plaques s’engrenant les unes sous les
autres, l'avant de chaque plaque étant iLsse et
aminci pour venir sous l'arrière de la plaque
située immédiatement en avant. Or rien de tel
chez les Crocodylus et les Alligator, chez qui les
plaques dorsales sont sculptées sur toute leur sur¬
face externe et isolées des plaques voisines. Les
plaques dorsales des genres Crocodylus et
Osteolennis sc touchent, alors que celles des
Alligator sont séparées. Il y a donc plus de res¬
semblance entre Diplocynodon er les
Crocodylinac. Nous pensons que l'articulation
supplémentaire, intra-ostéoderme, des plaques
ventrales chez Alligator et Diplocynodon est plu¬
tôt un caractère acquis par convergence, et dont
la signification est toute pratique : donner à la
carapace plus de souplesse.
Une dernière remarque : la position systématique
que nou.s proposons est peut-être précaire car
de Broin {in Michard et al. 1990) suggère que
Diplocynodon pourrait constituer une famille
indépendante. Notons cependant que par cer¬
tains caractères. les formes miocènes de Diplo'
cytiodon sont nettement plus « crocodiliennes »
que les plus anciennes. Ainsi la partie du quadra-
tojugal qui participe au bord postérieur de la
fosse temporale inferieure est plus large chez
Diplocynodon darudni que sur les spécimens
d’Arienay ou de Bezian. se rapprochant par là un
peu moins des Crocodylinae. De même les
nasaux de Diplocynodon darwini paraissent plus
larges que chez les formes plus récentes. Mais
nous pensons qu'il n'e.st pas étonnant de trouver
chez les représentants les plus anciens d’une
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (1)
ni
Ginsburg L. & Bulot C.
lignée des caractères encore proches de ceux
d’une lignée-sœur, comme le sont les
AJligatorinae par rapport aux Crocodylinae.
Diplocynodon styj'îacus (Hofmann, 1885)
Crocodilus (Alligator) styriacus Hofmann, 1885 : 33,
pis XI-XV,
Synonymes :
Crocodilus butikonensis H. V. Meyer, 1856 :
pl. Xll.
Crocodilus steimri Hotmann, 1885 : 27, pis XI-XIII.
Autres rcfürenccs :
Diplocynodon styriacus— î henius 1955. — Berg 1966 :
pl. 3, figs 17-18.
Diplocynodon sp. - Berg 1966 : 37, pl. 3, fig. 16.
Diplocynodon ch styriacus - Ginsburg & Janvier 1970 :
437.
Diplocynodon sp. - Amiines Ôt Ginsburg 1989 : 85,
pl. I, fig. r-6 ; 1989 pl. lll, figs 1-6.
Cette espèce devrait aprtoH .se nommer Diplocy-
nodon butikonensis mais rhenius ( 1955) et Berg
(1966) ont préféré le nom de Diplocynodon siy-
riacuSy le matériel mandibulaire attribué à cette
espèce étant plus caractéristique. Nous les sui¬
vrons sur ce point.
OlAGNOsh, — Uspheynodon voisin de D. raielii mais
.s’en disiinguàtit par un crâne plus étroit ; formule
dentaire 5+17/19, proportions du crâne l/I = 45 â 50.
Région antérieure de la mandibule plus étroite avec
angle des deux hémimandibules plus petit.
Tvpk. — Mandibule de Schonegg près de Wics
(Autriche), figurée par Hofmann (1885, pl. XIV,
fig. 1) et Berg (1966, pl. 3. fig. 18). Collection Geol.
Pal^ontol. Inst. Graz, 18S6/X1I/1.
ÂGE. — MN3? - MN4 -MN5.
Materiel. — La plupart des os du squelette, tant
céphalique qu'appendiculaire, sont incomplets. Nous
indiquons quand ils ne le sont pas.
Arrenay (Loiret), MN4;).
C^râne : Ar 690 (coninlci ; 24l x 107 mm), Ar 692
(subcomplcr. prive ac scs prcmaxillaires ; I = 109
mm) ; prémaxillairc : Ar 1398 (complet), 6226 :
nasal: Ar 1385 î maxillaire ; Ar 6227-6228 : jugal : Ar
1371 à 1378 (1371, 1374 et 1376 subcomplers) ;
frontal : Ar 1390 1394 ; pariétal : Ar 1395 â 1397 ;
püstorbicaire ; Ar 1386-1387 ; fragmeiu cornportam
le frontal, le pariétal, le supraoccipital (subcnmplets),
le squamosal, le carré, l'exoccipirai gauches (com¬
plets) ; Ar 6224 {anc. coll. n" 49) ; fragment compor¬
tant le basioccipitah le basisphénoïde et la partie
posrérojuédianê des ptéiygoYdcs ; Ar 1433 ; ba.sioccî-
piial : Ar 1383, 1384, 1433, 6247 (tous complets) ;
carré . Ar 1414 ; deiuair*: : Ar 1356 â 1361, 14(i8 à
1410, 1413. 6221 à 6223, 6229 â 6231 ; angulaire :
Ar 1360. 1363-1364, 1366 â 1370, 6233 à 6235
(1364 subcompler) : &utangülaiie ; Ar 1379 h 1382 ;
articulaire: Ar 1399 â 1406 (1399 à 1402. I4Û5M406
subcomplers) ; denl.s isolcc.s : Ar 920 à 1355 ; ver¬
tèbres : Ar 688, 706 à 715. 717 ii 748. 4509, 4904-
4905, 5501-5502, 5504 à 5526 : scapula : Ar 1440
(sLibcaniplète) ; coracoïde ; Ar 1436 : humérus ; Ar
1416 à 1421 (1417-1418, 1420 complets) ; cubitu.s :
Ar (435, 1438 : ilion : Ar 143/ (suhcompler) ;
fémur : Ar 1422-1423 (subcomplers). 1424-1425,
1427 (subcomplcT)i 1428 à 1432 ; cinquième méta¬
tarsien : Ar 5483 (subcomplot) : première phalange :
Ar 9. 5489 â 5491 (complètes) ; ostéodernies : Ar 677
à 681, 694 à 705, 749 h 752, 759 à 887.
Aérormin à Chcvijly près d'Axtenuy (Loiret), MN4b.
Squamosal : Or 832 ; deniaift: : Or 8.^1 i articulaire :
Or 833-834 : dents isolées : Or 8 *5 à 905 ; vcrtchre :
Or 835 ; osréodermes : Or 838 à 844.
Baigncaus-en-BcatiLC (Lure-ct-Loir), MN4b.
Frontal : Ba 2997 (subcomplci), 2999 ; jugal :
Ba 2996 {subcomplet), 3000 ; dentaire : Ba 3002 ;
surangiilaire : Ba 2998, 3001, 3004, 3008-3009 ;
dents isolées : Ba 3141 â 3165 ; fémur : Ba 2994 (sub-
complet), 2995 ; ostéodermes : Ba 3005-3006, 3010 à
3016.
Chcvilly (Loiret). MN4b.
|ugal : CHL 113, 119 ; squamosal : CHlî 114 : ccto-
Mciy'goïde : CHF 1: dentaire ; Cl U* 120 ; angu-
airc : CHF. I 12 (subcomplct) : angulaire et splénial
en connexion : C"HF 1 16 ; surangulitirc : CHL 123 ;
troisième (ou quatrième) dent inférieure . CHE 12! ;
ostéodermes: CHE 118, 122, 124-125, 128-129.
Orléanais (sans indication de localité), MN3 ou 4.
Maxillaire : Or 2^1 a 274 ; (roiual : Or 269 ; jugal :
Or 270 ; dentaire : Ot 268a et b (avec fi® 1884-4)
(Berg 1966, pl. 3, fig. 16) (subcomplcis) : angulaire :
Or 277 (subcomplet), 278 ■ surangulaire ; Or 276
(subcomplec) ; articulaire : Or 2"^5.
Sucvrci' (Loir-ct-Chcr). MN4b.
Dcm isolée : Or 906 ; vertèbre : Or 907 ; ostéo¬
dermes : Or 908 à 911 .
Lasse (Maine-er-Loire), MN3 ou MN5.
Jugal : Fs 3502 : fixuual : Fs 3248.
Fomigné (Maine-et-Loire), MN3 ou MN5.
Maxillaire : !'s 5135 ; jugal : 5141 (Antunes 6c
tîiasburg 1989, pl. 1, fig. 6). 5590 ; fronral : Fs 345],
4428. 537'', 5569 ;,purict-di : Fs 5140. 5532-5533. Fs
5136 ; parierai et supraoccipital en connexion (sub-
compleis) : ['S 5136 squamosal ; Fs 3450,. 3453 ;
detttaire ; Fs 547!» 5524 (Amunes & Ginsburg 1989,
pl. 111, fig. I), 5571, 5573, 5578, 5587 ; angulaire : Fs
112
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Diplocynodon de l'Orléanien de France
3249, SI31 (subcomplct), 5134, 5526 ; surangulaire ;
Fs 3520, 3530, 6260.
Savignc-sur-Lathan (Indre-cr-Loire). MN5, peur-ctre
remanie^ de MN3.
Dentaire : M 5205.
Saiiu-Mickel-sur-Loire (Indre-et-Loire). MN3 ou
MN5.
Surangulaire : Fs 5390.
Lasüe, Ponrigné, Noyant-sous-lc-Lude, Déneze-sous-
le-Lude (Maine-et-Loire), Cléré-les-Pins, Savigné-sur-
Lathan, Saint-Michel-sur-Laire (Indre-et-Loire),
MN3 ou MN5. Dents isolées et ostéodernics (cf.
Antunes & Ginsburg 1989 : 85).
PellecahiLs à Romicu (Gers), MN4b (bas).
Jugal ; LRM 979 ; suranguiaire ; LRJVI 980 ; dent iso¬
lée : LRM 977 ; ostcodermes : LRM 978, 981.
Bézian à La Romieu (Gers)_, MN4b.
Tête complète (crâne et mandibule) HL 8401 - 1 x1
du crâne = 355 x 180 mm : .squamo.sal : LRM 78
(subcompier). 82 ; b.ïsioccipiral : LR\1 "^5 (complet) ;
dentaire ; BF 7129, 7701 î angulaire : BE 77 : suran-
gulairc : LRM 73 (complet) ; dents isolées LILM 1091
à 1097 ; ostéodennes : Bli 8401 c à w ; vertèbre :
LRM 57-58, 60, 69 ; plaques dermiques : LRM 79 à
SI, 8.3-84 ; libia : LRM 62.
Ponilevoy-Tbcnay (l.oir-ct-Cher), ancienne collec¬
tion, MN5-
Fxtopterygoïde : FP 1561 ; carré : FP 1571, 1592 ;
articulaire : FP 1461 ; Inimérus : FP 1356, 1574 (sub-
complcr), 1586 ; Fémur : FP 1184-1185 ; métatar¬
sien : FP 1566, 1584 ; vertèbre : FP 1189 à 1193,
1377, 1555.
Les Gaiides à Thenav (Loir-et-Gber), fouilles 1977,
MN5.
Frontal : FP 2843 ; dentaire : FP 2842, 2936,
M 5204 ; angulaire : FP 2865 à 2867. 2939 ; dents
isolées ; FP 2833 à 2841, 2929 à 2935 : vertèbre :
FP 2844 ; osicodcrmcs : FP 2845 à 2852, 2938 ;
humérus ; FP 2862, 2940 ; fémur : 14’ 2864.
Bossée et Mantelan (Indre-et-Loire), MN5.
Cinq dents isolées (Lecoinire 1910, pL XJ, hgs 1-2) ;
quatre ostéodermes (Lecointre 1910, Fig. 5).
Description
Crâne (Figs 1 -5)
Le crâne est allongé et en forme de triangle iso¬
cèle très étiré. Le museau est arrondi à Favant et
présente une constriction en arrière des prémaxil-
laircs. Dorifice nasal externe est impair et unique,
bien arrondi à l’avant comme à l’arrière.
Les orbires sont allongées et séparées des fosses
temporales inférieures par une barre en retrait sur
la face supérieure du crâne.
Les fosses temporales supérieures sont petites, en
ovale légèrement allongé,, creusées sur la table
crânienne bien quadrangulaire.
Tons les os de la face supérieure du crâne sont
profondément sculptés, sauf ceux qui sont en
retrait par rapport au re\^écejncnt peaucicr, c’est-
à-dire la barre séparant l’orbite de la fosse tempo¬
rale inférieure, le quadratojugaJ et les parties du
jugal et du squamosal acicnantes.
En norma ventralis^ les fosses palatines sont très
importantes. Elles occupent sensiblement les
deux tiers de la moitié postérieure de La face infé¬
rieure du crâne- Leur bord antérieur se trouve au
niveau de la dixième dent maxillaire. Les
choaneSv en position très reculée, sont placés au
niveait de la partie postérieure des fosses rempo-
rales inférieures. Ils sont plus larges que longs,
avec un bord dédoublé à l'avant et simple à
l’arrière ; le bord postérieur forme une petite
crête.
Prcmaxillaire, Le prémaxillaire est un os allongé
du coté médial et arrondi latéralement (relevé
légèrement en vue latérale). L’orifice nasal est
placé plus antérieurement que chez Crocodyltis.
Le toit de l'os est continu alors que clicz
Crocodyliis^ il est parlois percé d’un petit orifice
correspondant au fond de la dépression ménagée
pour loger la première dent mandibulairc.
ÏAi prémaxillaire porte cinq alvéoles dentaires. Le
premier e.st situé très près de la symphyse, le
deuxième CvSt sé|îaré du premier par un espace
important, occupé par un creux destiné à rece¬
voir la dent antagoniste. Un espace important
sépare le deuxième du troisième alvéole prcmxxil-
laire, le rroLsicme et le quatrième alvéoles den¬
taires ont un diamètre plus grand, corre.spondant
à deux dents prédominantes, développées en
crocs. Elles sont Serrées Lune contre l’autre. Le
cinquième alvéole est plus petit et .suivi d'une
forte dépression.
Maxillaire. Le maxillaire est un o.s allongé et
étroit. .série dentaire est placée en position très
externe coriime chez Crocodylus. Le nombre de,s
dents ntaxillaires est de dix-sept, .sur le crâne de
Bézian comme sur les deux crânes d’Artcnay. Les
dents les plus fortes, comme chez- Diplocynodon
rotelil et le type de Diplocynodon steincriy sont les
quatrième er cinquième, puis les dixième, onziè¬
me et douzième. En amère, les alvéoles sont
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
113
Ginsburg L. & Bulot C.
Fig. 1. — Diplocynodon styriacus. Crâne de Bézian (Be 8401), face supérieure. Bo. bastoccipital ; bs, basisphénoïde ; ch. choanes
(narines internes) : co. condyle occipital ; ec, ecîoptérygoïde ; eo, exoccipltal : f, frontal ; faf, foramen artère faciale ; fcp, foramen
carotidien postérieur ; fl. foramen intenympanicum ; fm, foramen magnum ; fV, foramen nerf V ; fVII, foramen nerf VII ; fIX. foramen
nerf IX ; fX. foramen nerf X ; fXII. foramen nerf XII , fp. fenêtre palatine ; fpl. fenêtre post-temporale : fr, frontal, fti, fenêtre tempo¬
rale inférieure . fts, fenêtre temporale supérieure ; io, incisure otique : ], jugal ; l. lacrymal : Is. latérosphénoïde (= alisphénoïde) : m,
maxillaire : n. nasal. ne, narine externe ; orb. orbite ; pa, pariétal : pl, palatin , pm, prémaxillaire ; po. postorbitaire ; pot, prootique ;
prf, préfrontai : pt, pterygoîde ; q. carré ;q|. quadratojugal ; so. supraoccipital ' sq. squamosal
régulièremenr de plu.s en plus petits. Les maxil¬
laires se rejoignent ventralemcnt et forment en
grande partie le plancher du palais.
Nasal. Les nasaux sont étroits, très allongés et se
terminent en pointe, tant à Pavant qu’à Parrière.
Ils sont conjoints à Pavant et leur pointe extrême,
très effilée, arteint le bord postérieur de la narine
externe. En arrière, ils entrent en contact léger
avec la pointe allongée en baguette du frontal.
Lacrymal. Les Iacr)nnaux sont allongés, courts et
étroits. Ils entrent en contact avec les nasaux et
les maxillaires à Pavant, avec les prélrontaux
médialement et enfin participent vers Farrière,
mais pour une faible part, au bord antérieur des
orbirc.s. Ils sont plus étroits que ceux de
Diplocynodon dnrwini.
Préfrontal. Les préfrontaiix sont plu.s alhmgés et
plus éiroics que les lacrymaux. Il.s participent au
bord antéromédian de Porbite. Ils paraissent un
peu plus étroits ec allongés que chez
Diplocynodon duninni, D. gervahi et D. mCelii
Frontal. Le frontal est un os impair, large à Par-
114
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Dîplocynodon de l'Orléanien de France
ricre et terminé en baguette s’enfonçant à Tavant
entre les prefrontaux jusqu’à atteindre les nasaux.
Il est profondément sculpté sur sa face supérieure
et il y a une véritable crâce arrondie et en léger
relief au-dessus de la cavité orbitaire.
Jugal. Les jugaiix sont allongés, sculptés sur
toute leur face dorsale et latérale. Ils forment la
bordure de l'orbite et de la fosse temporale infé¬
rieure. La baguette osseuse continue qui sépare
ces deux ouvertures est constituée moitié par le
jugal, moitié par le postorbitaire et est séparée du
toit crânien par un très fort ressaut.
Quadratojugal. Petit os mince, rarement bien
conservé, entre le carré, le squamosal et le jugal, il
participe au bord postérieur de la fosse temporale
inférieure où il émet une petite pointe, comme chez
Crocodyltis. Sa partie postéroexterne est sculptée.
Postorbitaire. Petit os plat et fortement sculpté
sur sa face supérieure, il entre en contact avec le
frontal et le squamosaL II forme le bord antérola¬
téral de la fosse temporale supérieure. Le bord
antérolatéral de cette face supérieure, au coin de
la table crânienne supérieure^ forme un angle vif,
presque à angle droit, entre le bord transversal et
le bord latéral chez, les sujets jeunes, puis s’arron¬
dit chez les sujets plus âgés.
Squamosal. Os complexe qui va du toit crânien,
où il forme le coin postérolatéral de la table crâ¬
nienne, jusqu’aux abords immédiats de l’articula¬
tion avec la mandibule, où il coiffé le carré et est
Fig. 2. — Diptocynodon styriacus. Crâne de Bézian {Be 8401 }. face inférieure. Légende : voir Fig. 1 .
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
115
Ginsburg L. & Bulot C.
recouvert en partie par le quadratojugal. Sa partie
supérieure esc fortement sculptée et participe au
bord posccromcdial de la fosse temporale supé¬
rieure. Sa partie latérale et postérolatérale est lisse
et inclinée vei:s le bas et farnère du crâne.
Pariétal. Le pariétal esc un os impair situé en
arrière du frontal. Il forme le bord médial des
fosses temporales supérieures, Sa face supérieure
est fortement sculptée,
Supraoccipital. Petit os impair, enfoncé en coin
à Parrière du paricial sur la face supérieure du
crâne oii il forme une légère saillie impaire à
l’arrière. Il participe surrour de la face postérieure
du crâne oii il porte une crête impaire et en fort
relief, qui souligne bien, au-dessus du trou occi¬
pital, Taxe de symétrie du crâne.
£xoccîpital. Les exoccipitaux occupent la plus
grande partie de la face postérieure du crâne. Ils
forment le bord supérieur du trou occipital.
Bastoccipital. Os impair formant le bord infé¬
rieur du trou occipital et runique condylc articu¬
laire avec la première vertèbre cervicale. Ce
condylc, bien arrondi, forme un important relief
en arrière de la face postérieure du crâne. Le
basioccipital descend encore plus bas de chaque
côté du condyle occipital et atteint presque le
rebord entre la face postérieure et la face inférieure
du crâne.
Palatin. Ln arrière des maxillaires, les palatins
participent au toit du palais. Ils séparent les
fosses palatines presque jusqu'à leur extrémité
postérieure.
Ptërygoïde, Les piérygoïdes .sont des os larges,
plats, formant en arrière des fosses palatines deux
ailes inclinées vers le bas et vêts l'arricre. C'est
dans les ptérygoïdes, seuls, que sfouvrent les
choanes. Juste en arrière, ils sont séparés du
basioccipital par le basiptérygoïde. De part et
Fig. 3. — Diplocynodon sîyriacus. Crâne de Bézian {Be 8401), face latérale. Légende : voir Fig. 1.
116
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Diplocynodon de l'Orléanien de France
d’autre de cct os> chaque ptérygoïdc forme une
aile libre du côté externe et est plaque du côté
médian le long du basioccipital, ou il est retour¬
né en vague.
Ectoptérygoïde. Situé entre le maxillaire, le
jugal et le ptér/goïde, reetoptérygoïde est surtout
visible sur la face ventrale du crâne. Son extrémi¬
té antérieure forme le bord postérolatéral de la
fosse palatine et est en contact avec le maxillaire
sur une distance correspondant au niveau des
quatre dernières dents maxillaires, comme chez
Crocodylîis, Plus en arrière, comme chez ce der¬
nier, il est relié à la face médiale du )ugal sur une
surface plus courte. L'cctoptérygoïdc émet à
l’arrière et vers le haut une petite apophyse qui
participe à la base de la barre postorhiraire, mais
qui est plus courte que chez Crocodylus. Sa partie
moyenne forme une lame descendante qui est
plaquée sous l aile du ptérygoïde.
Basisphénoïde. Cet os impair n’apparaît en sur¬
face qu'en arrière des choanes où il sépare les pté-
rygoïdes du basioccipital. I! esr percé en
entonnoir par \çfo}vmen mtertympivncim.
Prootique. Le prootique limite en arrière le fora¬
men (ici énorme) pour le nerf trijumeau et est
plaqué contre l'os carré avec lequel il est très tôt
soudé. Ses limites sont dÜTiciles \ cerne,r.
Latérosphénoïde. Fragile, rarcmeni conservé, scs
limites sont, comme pour le prootique. difficiles
à cerner.
Carré. Le carré est un os allongé transversale¬
ment, bien en contact avec le squamosal. Il
forme, en une poulie renflée en boule aux deux
extrémités, la surface (rarticulaiitui avec la man¬
dibule. Sur la face ventrale du crâne il occupe la
partie postcrolacérale et forme le bord postéro-
médial de la fenêtre temporale inférieure ; il
s’étend jusqu'au bord de la dépression au fond de
laquelle s’ouvre la fenêtre ovale.
Mandibule 6-8)
Chaque hémimandibule est étroite, allongée, rec¬
tiligne, plutôt basse et largement ouverte média-
Icment à Tarrière. La partie postérieure est
creusée intérieureincnt en gouttière, la fosse de
Meckel, où s’insèrent les muscles adducteurs de
la mandibule Cette dépression se prolonge en
tunnel à l’avant pour s'ouvrir non loin de la sym¬
physe mandibulaire. Elle forme alors une petite
gorge allongée, ouverte du côte interne. La face
externe de la mandibule est marquée de nom¬
breuses sculptures. Vers farrière sc trouve une
ouverture allongée, elliptique, creusée aux dépens
du dentaire de l'augulaire er du .surangulaire : la
fenêtre externe. Sur la face intente, un peu plus
en avant, se trouvent deux ouvertures, beaucoup
plus petites ; la fenêtre iniramcckélienne ou
(encire intcrmandibuLiirc inferieure (= fenestrd
intcrmandihuldris cdtidalii)^ limitée par le splcninl
et Tangulairc, et une seconde fenêtre plus petite,
située plus haut et limitée par le coronoïde et le
spléniaL la fenêtre suprameckélieiine ou fenêtre
intermandibulaire supérieure fenestra inter-
inandihularis médius). Cette dernière fenêtre existe
che/- Crocodylus et non chez Alligator. Enfin, les
deux hémimandibules forment entre elles un
2,5 cm
Fig. 4. — Diplocynodon styriacus. Crâne de Bézian (Be 8401 ), face postérieure. Légende : voir Fig. 1 .
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
117
Ginsburg L. & Buloc C.
angle plus faible que chez les Diplocynodon plus sa face latérale. La symphyse est relativement
anciens. Chaque hémimandibule comporte six os. longue et arrive en arrière au niveau de la qua-
Dentaire. Os pair, allongé, il occupe les deux trième dent mandibulaire.
tiers de Thémimandibule et porte la totalité des Les deux dentaires forment entre eux un angle
dents inférieures. 11 est profondément sculpté sur nettement plus aigu que chez Diplocynodon mte-
FiG. 5. — Diplocynodon styriacus. A, B, crâne juvénile d’Artenay (Ar 690) : A. face inférieure : B, face supérieure. C, dentaire droit
d’Artenay (Ar 1356), face linguale.
GEODiVERSITAS • 1997
Diplocynodon de l'Orléanien de France
lii. À la hauteur de l'arrière de la symphyse man-
dibulaire, l’os est nettement plus étroit et arrondi
que chez Diplocynodon ratvUiy D. gervaisi et
D. darwini où il y a sur la face supérieure une
aire plate entre la série dentaire et la symphyse.
Les deux dentaires forment en avant une avancée
en coin. Il y a dix-neuf alvéoles dentaires (tant
sur la mandibule de Bézian que sur celle
d'Artenay et sur celle de l'Orléanais figurée par
Berg 1966» pl. IIL. fig. I6). La première dent est
située très en avant et très près de la symphyse
Fig. 6. — Diplocynodon sîyriacus. Mandibule de Bézian
(Be 8401), face occlusale.
mandihulairc. La deuxième est séparée de la pre¬
mière comme de la troisième par un diastème
important. Les troisième et quatrième dents sont
les plus fortes et ce caractère esc à l’origine du
nom du genre. Elles sont très rapprochées l’une
de l'autre ; leur pointe loge d'ailleurs dans la
meme encoche ménagée sur la mâchoire supé¬
rieure à la limite du prémaxillaire et du maxil¬
laire. Les dents postérieures sont plus petites et
séparées de petits diasrèmes. légèrement plus
importants en arrière de la sixième ci Je la sep¬
tième dent, puis plus courts. Les alvéoles sont
plus larges, correspondant à des dents plus
grosses, pour les dixième», onzième et douzième
dents» puis sont de plus en plus petits. Carrière
du dentaire forme le bord de la fenêtre mandihu¬
lairc externe. Sur sa face interne^ il reçoit le spé-
nial. En avani de ce contact existe une gorge
étroite et profonde, parallèle au bord inférieur, et
qui va jusqu'à la symphyse mandibulaire.
Angulaire. Os impair, allongé, sculpté sur sa face
latérale, et largement convexe sur sa face infé¬
rieure. Il participe au bord inférieur et postérieur
de la fosse de Meckcl. Sur sa tacc inferieure il est
recourbé en gouttière et rejoint le spléiiial.
Splénia]. Os pair, lisse, plaqué contre la face
interne du dcntaiie, Ü natteint pas la symphyse
mandibulaire.
Coronoïde. Le coronoïde est un petit os plat
situé sur la ficc interne de la mandibule. Il parti¬
cipe au bord antérieur de fouverture antérieure
de la fosse de Meckel. En avant, il borde chez
Crocüdylm une petite fos.se accessoire. Sur nos
fossiles, l’os nest pas conservé à ce niveau.
Surangulaire. Os impair, sculpté sur sa face laté¬
rale, le surangulaire forme le bord supérieur,
allongé, de la fenêtre externe. Sa face supérieure
est ermite et plate dans ses deux tiers postérieurs :
plus en avant elle est .-irrondie
Articulaire. Posé sur le surangulaire, il assure
l’articulation avec le crâne. En arrière de farticu-
lation, une longue apophyse, dite apophyse
rétroarticLilairc» est longitudinalement divisée en
deux cupules par un cnsellement. La partie
interne forme une mince apophyse horizontale
détachable du corps de l’os. La surface articulaire
(avec le carre) est plus réduite et constituée aus.si
de deux cupules jumelles, mais sépai’ées l'une de
l’autre par un cnsellement plus ample.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
119
Ginsburg L. & Bulot C.
Dents
Les dents sont simples, courtes, coniques et sans
racine. Elles ont deux carènes en faible relieL
Lune à Lavant, Tautre à l’arrière. Les dix pre¬
mières dencs de chaque mâchoire sont taiblement
recourbées du côte interne.
Squelette dermique (l'ig. 9)
Comme chez Diplocyriodon rateln, le cou et le
dos, ainsi qu’une portion du thorax, sont recou¬
verts d’ostéudçrmcs ou plaques dermiques.
Toutes les plaques sont profondément sculptées
sur la face externe.
Les plaques nuchales sont en forme de toit, dont
le laitage est marque par une forte crête sur la fâce
dorsale. Elles sont rectilignes à l'avant et médiale-
ment ; le troisième côte dessine une grande
courbe, à concavité dirigée posterolatéralement.
Les plaques dorsales étaient disposées en cinq
rangées parallèles (chiffre inféré d’un squelette
complet de Messe! in Keller &c Schaal 198S ;
celui de Venelles in Bufferaut Cornée 19R2,
pl. I) dans le sens longitudinal, de chaque coté du
plan de symétrie du dos. L'avatit offre une bor¬
dure lisse orientée transversalement. Une forte
crête longitudinale, presque symétrique dans la
SP ,
\—V
Fig. 7. — Dipiocynodon styriacus. Mandibule de Bézian (Be 8401). A. hémimandibule gauche, face médiale. B-D, hémimandibule
droite : B, face occlusale ; C. D, face latérale, an. angulaire ; ar, articulaire ; c, coronoïde : d, dentaire :fic, fenêtre intermandibulaire
caudale ; fim, fenêtre intermandibulaire médiane ; fme, fenêtre mandibulaire externe ; sa, surangulaire ; sp, splénial.
120
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Dipbcynodon de l'Orléanien de France
rangée la plus centrale, est décalée vers Textérieur
sur les deuxième et troisième rangées et disparaît
sur les deux dernières. A Pavant du dos, elles ont
un contour quadrangulaire, à Parrière elles
deviennent plus petites et plus ovalaires.
Les plaques ventrales sont sculptées de petites
fosses plus courtes et il n'y a pas de crête longitu¬
dinale.
Larmure dermique de Dîplocynodon est originale
et assez différente tant de celle de Crocodylus que
de celle A'Alligator. Chez, ces deux formes, les
osteodermes dorsaux sont sculptés sur toute leur
face externe et ne se chevauchent pas, tandis que
les osteodermes ventraux présentent en avant un
rebord lisse qui s’enfonce sous la plaque placée
juste devant. Chez. Diplocynodorh les osteodermes
dorsaux présentent en avant une bordure lisse et
amincie qui s'enfonce sous la plaque placée anté¬
rieurement tandis que les plaques ventrales pré¬
sentent la même disposition que chez Crocodylus
et Alligator.
Les plaques dorsales lisses cr aitiincies en avant se
retrouvent, à Pérar d'ébauches, chez Leidyosuchus
(Mook 1925, fig. 47 K I) qui esc considéré
comme un Crocodylinac crétacé par la plupart
des auteurs (Kalin 1955 ; Romer 1956 ; Kuhn
1968).
Rapports et différences
Le crâne de Bézian et ceux d'Artenay sont pro¬
portionnellement plus allongés que ceux de
Diplocynodon ratelii. Il n’y a pas d'amorce de cloi¬
son médiane des narines externes, ni antérieure
ni postérieure chez l’adulte, mais seulement un
petit retour en avant du rebord postérieur de la
narine, le long du plan médian, chez les indivi¬
dus juvéniles d’Artenay. L'encoche qui, à la limite
du prémaxdlairc et du maxillaire, sert de loge¬
ment aux troisième et quatrième dents mandilm-
laires, est plus accentuée que chez Diplocynodon
rateliiy mais de même importance que sur le type
de Diplocynodon steineri (Hofniann 1885,
pl. XIL fig. 2). Les dents ont les mêmCvS propor¬
tions entre elles. En face ventrale, les fosses pala¬
tines et les choanes ont la même position et les
mêmes caractères que chez l’espèce de Saint-
Gcrand-le-i^iy,
Par comparaison à Diplocynodon ratelii, la man¬
dibule est plus étroite et plus pointue vers
l'avant. L’angle que forment entre eux les deux
dentairc.s est nettement plus faible, comme on
peut le constater sur la mandibule de Schonegg
(type de Diplocynodon styriaens) figurée par
Hofmann (1885, pl. XIV^, fig. I) et Berg (1966,
pl. III, fig. 18) cr, au niveau du pcânt le plus pos¬
térieur de la symphyse mandibulaire, la largeur
de cliaque dentaire est plus petite. La symphyse
mandibulaire arrive légèrement plus en arrière
que chez Diplocynodon ratelti.
Par contre, la morphologie et les proportions
diverses (voir tableau 2) sont identiques ou extrê¬
mement proches de celles des pièces d'Eibiswald.
Il appert donc que la forme de Bézian et
d’Artenay est assez nettement dillérente de celle
de Saint-Gcrand-lc-Puy et, au contraire, à peu
près identique aux formes autrichiennes de la
MN5. Nous la placerons donc dans l’espèce
Diplocynodon styriacus.
A
Fig. 8. — A, dentaire droit juvénile de Bézian (Be 7701), face occlusale. B, C, dentaire gauche juvénile d'Artenay {Ar 1367) ; B, face
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
121
Ginsburg L. & Buiot C.
RÉPARTITION STRATIGRAPHIQUE
DE Diplocynodon styriacus
Les gisements ayant livré les pièces-types de
Diplocynodon sîyriaais et de Diplocynodon steineri
sont considérés comme du même âge
qu’Eibiswald, qui esc placé dans la MN5 (De
Bruijn et al. 1992). Bézian est de Tâge de La
Romieu classique (MN4b} et Artcnay un peu
plus bas (MN4a). Par contre, les pièces trouvées
dans les faluns sont difficilement datables. En
effet, ces couches marines contiennent des faunes
contemporaines de la mer des faluns (MN5)
mais renferment aussi, dans les faluns situés au
nord de la Loire, un fort contingent de pièces
remaniées des sables conrinentaux sous-jacents
qui sont datés de la MN3a (Ginsburg 1989). De
toutes les pièces de Diplocynodon provenant de
ces faluns, la seule déterminable au niveau spéci¬
fique est le Iragment antérieur de dentaire gauche
(Es 5524) figuré par Aucunes &c Ginsburg (1989,
pi. III, fig. I) et qui provient de Ponrigné.
L’angle étroit que fait l’axe de ce dentaire avec le
plan de la symphyse ainsi que le peu de largeur
de ce dentaire au niveau de la pointe arrière de la
symphyse indiquent nettement qu’il s’agit de
Diplocynodon styriacus. Pontigne, qui vient d’être
réétudié récemment (Ginsburg & Bonneau
Fig. 9. — Diplocynodon styriacus. Ostéodermes de Bézian, face externe. A-C, plaques dorsales droites (Be 8401 c, d, e). D, E,
plaques latérales droites (Be 8401 j, n). F, plaque ventrale (Be 8401 p).
122
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Diplocynodon de l'Orléanien de France
Tableau 2. — Tableau des formules dentaires et proportions des différentes espèces de Diplocynodon. Colonne 1 : proportion du
crâne 100 x l/L. L = longueur du crâne : I = largeur du crâne. Colonne 2 : formule dentaire = nombre de dents prémaxillaires ■*-
nombre de dents maxillaires, sur nombre de dents mandibulaires, Colonne 3 : proportion de la mandibule 100 x h/l,, h = hauteur de
la mandibule au niveau du diastème entre la septième et la huitième dent. 1^ = distance prise de l'espace séparant la troisième de la
quatrième den! à la pointe de ta dixième dent mandibulatre {et Berg 1966, fig. 3). Colonne 4 ; proportion de la Symphyse mandibu-
laire {cf. Berg 1966. fig 3). 100 x Uh.
Espèces
Crâne
Formule
Mandibule
Symphyse
l/L
dentaire
h/h
L/h
D. levantinicus
-
-
28
210
D. styriacus
45-50
5+?18
19
27
245
D. styriacus Bézian
50
5+17
19
22,7-30,6
222-297
D. styriacus Artenay
44
5+17
19
23,6-27,7
[235]-268
D. ratefi
55
5+16-17
17-19
24-28
210-230
D. gervaisi
60
?
19
27,5-29,5
232
D. hantoniensis
60
5+17
20
30-40
180-185
D. tormis
45
5+17
19-20
-
-
D. darwini
60-65
5+18
20-23
40-50
170-190
1995) est typique d’un gisement renfermant à la
fois des fossiles d’âge MN5 et d’autres d’âge
MN3. Il y a à la base des couches continentales
de fâge de celles des BeÜleaux et de La Brosse
(MN3a) ei au-dessus du fàlun langhien. La pièce
Fs 5524 provient certainement de la couche
supérieure car elle a la patine noire, caractéris¬
tique des pièces des faluns et a été récoltée à une
époque ou les sables continentaux sous-jacents
n’affleuraient pas. Mais la couche
supérieure (le falun langhien) contient à la fois des
pièces d’âge langliien et des pièces remaniées pro¬
venant des couchci sous-jacentes continentales.
On ne peut donc pas dire de quel niveau la pièce
Fs 5524 provient et si elle a été ou non remaniée.
En conclusion, la seule territude est que
Diplocynodon styriams est connu dans la MN4
(Artenay, Bézian) et la MN5 (Sryrie). Les
quelques dents retrouvées à San.san (MN6)
appartiennent à Diplocynodon mais on ne peut
affirmer qu'il s’agisse de la même espèce, ce qui
est cependant hautement probable. Nous les
désignerons comme Diplocynodon cf. styriacus.
PHYLOGÉNIE DU GENRE Diplocynodon
Un nombre assez élevé d’espèces ont été décrites
dans le Tertiaire d’Europe : ce sont principale¬
ment Diplocynodon hallensis, D. darwini et
D, eberUi de TEocène moyen, D. hastoniensis de
l’Eocène supérieur et de FOIigocènc inférieur,
D. gervaisi de l’Oligocène inférieur> D, ratelii,
D. gcacilu et D. aeduicus du Miocène inferieur
(MN2), D. styriacm., D. steineri et D. hutikonensis
de la fin du Miocène inférieur et du Miocène
moyen, enfin D. levanticinus du Miocène supé¬
rieur (ou du Pliocène).
Nous ne tiendrons pas compte des formes attri¬
buées autrefois â Diplocynodon et que Berg
(1966 : 42) a déjà rejetées de ce genre {D. bolcen-
J A, D. depressifrons^ D. httcckeii^ D. rollinati,
D. uicetinus et D. plenidens). Nou.s avons vu plus
haut t|ue D. ^dcilis et D. aeduicus sont les syno¬
nymes juniors de D. ratelii et que D. styriacm^
D. Ueineri et D. hutikonensis ne font qu’un.
Le plus ancien gisement ayant livré des restes de
Diplocynodon est Cernay, dans le Paléocène
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Ginsburg L. & Bulot C.
(Russell et al. 1982). Cette forme na malheureu¬
sement pas encore été Jécrite.
Dans le I.uiétien, l'espèce la mieux connue est
Diplocynodofi tlnnoim (Ludwig 1877). Elle pro¬
vient de Messel où plusieurs crânes et deux sque¬
lettes complets' ont été découverts (Keller &
Schaal 1988, figs 167-169). Du même gisement
de Messel provient un matériel moins important
rapporté à une autre espece : Diplocynodo^t ebert-
si (Ludwig 1877). Berg (1966) l’a examiné en
détail et a beaucoup hésité sur une possible mise
en synonymie. Les deux forme.s ont la meme
raille, lc,s mêmes proportions du crâne et de la
mandibule^ les mêmes implantations dentaires et
proviennent du meme gisement. Les deux seules
différences observées sont telaiives aux dents :
- chez D. ebertsiy les troisième et quatrième dents
prémaxillaircs ainsi que les neuvième et dixième
dents maxillaires sont, avec un diastème basal
supérieur, plus fortes que leurs homologues de
D. darwini alors que les autres dents prémaxil¬
laires, maxillaires et mandibulaircs sont de même
taille ;
- l’autre caractère porte sur Témail dentaire, qui
est cannelé chez D. ebertsi et lisse chez D. darioi-
niy encore que chez cette dernière espèce Ü y ait
Tableau 3. — Répartition stratigraphique des Diplocynodon.
MN7-10
D. levanîicum
MN6
D. cl styriacus
Miocène
MN4-5
D. styriacus
MN3
MN2
D. ratelii
MN1
Oligocène
D. gervaisi
supérieur
D. tormis
D. hastoniensis
Éocène
moyen
D. darwini
inférieur
Paléocène
Diplocynodon sp
occasionnellement des cannelures (certes faibles,
mais nettes).
Les différences de force de certaines dents peu¬
vent assez simplement s’interpréter comme des
différences liées au sexe. LJne telle interprétation
ne peur erre appliquée pour le cas des cannelures,
mais ici encore rargumentaiion n'est pas pro¬
bante car il y a des intermédiaires indiscutés. On
ne peut donc guère échapper â la pensée iju’il
s’agit seulement de variations individuelles. On
voit mal comment écologiquement deux formes
appartenant à un même genre, de meme taille,
auraient pu coexister dans un meme gisement,
d’autant qu'il y avait déjà dans le meme gisement
au moins trois autres crocodiliens bien caraaéri-
sés (.Allogvathtis haapth Prhtichampsiu roUinati et
Asiatosuchiis germanicus). Nous proposons donc
de mettre D. ebertsi en synonymie avec D. dur-
îoini.
De la même époque, mais du gisement voisin de
Geiselth.il, a été décrite une espèce de Diploey-
nodon ; D. Imilensh Kuhn. 1938. Berg note que
cette espèce ressemble de très près à D, darwini.
La taille est la même, les proportions du crâne
sont les mêmes. Les dents, dont on n'a pas le
nombre exact, semblent cependant un peu plus
nombreuses : deux de plus à chaque mâchoire.
Ces différences ne nous paraissent pas suftVsanres
pour v.alidcr une séparation spécifique. Aussi, en
attendant un autre verdict qui ne peut venir que
de fétude d’un matériel nouveau, nous considé¬
rerons D. hallemis comme un synonyme junior
de D. darwini.
Un peu plus haut dans la série stratigraphique,
une autre espèce a été décrite, provenant des
Lower Headon Beds du H<udM^ell dans le
Hampshire en Angleterre ; D. hantoniensis. Elle
provient donc du Ludien. Le crâne a les memes
proportions que celui de Z), darwini. les dimen¬
sions générales et le nombre des dents sont com¬
parables mais la mandibule est proportionnel¬
lement plus basse et surtout une forte encoche
apparaît entre la dernière dent prémaxillaire et la
première dent maxillaire pour servir de logement
aux deux crocs de la mâchoire inférieure. Ce
caractère se retrouvera chez toutes les especes
plus récentes et on peut le considérer comme une
apomorphie qui apparaît au Ludien.
Cependant, ce caractère est encore inconstant
124
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Diplocynodon de l’Orléanien de France
dans le Hordwell et c'est sur ce point que Wood
(iy49) a distingué deux espèces dans ce gise¬
ment, D. hitnronierisis ne présentant pas
d’encoche visible en mnnia donalis et C hasting-
siae n.sp. en présentant une très accentuée, bien
visible en iwrma dorsalis. Nous reriendrons
l'espèce D. hanUmiensis (Wood, 1844) comme
seule valide et C haiùngsiae comme un syno¬
nyme junior.
Diplocynodon gervetisï {KyxwAxà, 1856) provient
de rOligocene* micrieiir de Ronzon, Les propor¬
tions du crâne figuré par Berg (1966, pl. 2,
fig. 11) sont les mêmes que ceux de D. dnrtowl
et D. hantoniemisy la hauteur de la mandibule, en
fonction de sa longueur, est la même que chez
D. haritoniensis et Téchancrurc de la mâchoire
supérieure au niveau de la limite prcmaxillaire-
maxillaire est aussi nettement présente que chez
D. hantonieasis. Deux caractères différents sont
cependant visibles sur la figure donnée par Berg
(1966, pl. 2, fig. 11) : d'une part les orbites sont
plus larges, avec rétrécissement de la largeur du
maxillaire à ce niveau, d'autre part les fosses tem¬
porales supérieures sont plus rondes. Nous possé¬
dons, de plus, dans les anciennes collections de
l’École des jMines de Paris aiiiourd'liui déposées
au Muséum de Paris, les deux dentaires d'une
même mandibule du Diplocynodon provenant de
rOligocène moyen (MP26) de Saint-André près
de Marseille. Le nombre des alvéoles dentaires est
19 ce 19, les proportions de la mandibule sont
29,5 er 27,5, ci celles de la symphyse 2,32. Ce
dernier chifire est beaucoup plus proche de celui
de Diplocynodon ntudii que de Diplocynodon han-
toniensis. Nous con.sidérerons donc Pespèce
Diplocynodon gervahi comme valable,
jehenne a décrit et figuré (1970, figs 1-4, pis 1-
IV) quelques pièces de Diplocynodon provenant
de Villebramar (Oligocène intérieur - niveau
MP22) et de La Milloque (Oligocène supérieur —
niveau MP29). Malheiircu.sementj ces restes sont
trop incomplets pour qu'on puisse les attribuer
avec certitude à une espèce précise. La pièce de
Villebramar appartient peut-être h Diplocynodon
gervaisi et celles de La Milloque à Diplocynodon
ratelii. On remarque cependant que la mandi¬
bule décrite de La Milloque LM 1968-8 (Jehenne
1970, pl. 111) correspond plus a celle de
Diplocynodon ratelii de Saint-Gérand-le-Puy qu’à
celle de Diplocynodon hantonicmis du Hordwell
figuré par Berg (1966, pl. 2, fig. 9) et le maxil¬
laire de La Milloque (Jehenne 1970, pl. 1, fig. 2)
semble plus évolue que celui de Villebramar
(Jehenne 1970. pl. 1, fig. 1).
En attendant un meilleur matériel, nous désigne¬
rons le matériel de Vfillehramar sous l'appelation
de Diplocynodon ail. gertniisi^ comme Jehenne l’a
tait, et le matériel de La Milloque sous la déno¬
mination de Diploijnodan aff ratelii.
Ainsi Diplocynodon darwini. D. hantoniensis^
D. gervaisi et D. siyriacus forment une petite
lignée anagénétique acceptable. Il semble que ce
ne soit pas le seul jamcau de Diplocynodon. En
efletj différents gisements du bassin du Duero
{Province de Salamanque, Espagne) étalés sur
trois biozones de PEucene supérieur (limite
MP13 — MPI4 à MP17) ont livré un matériel
nombreux et hagmentaire qii'(3rréga (1990) a
étudié et rassemblé sous la désignation de
Diplocynodon sp. Une ictc complète a permis à
Buscalioni étal. (1992) d'établir une espèce nou¬
velle, Diplocynodon torrnis. Cette forme n’entre
pas dans la lignée ci-dessus décrite. En effet,
D. torrnis montre :
a) des orbites presqu'aussi rondes que chez
Leidyosnrhus ;
b) un supraoccipital participant plus (d'après les
auteurs) à la face supérieure de la table crânienne
que chez Diplocynodon darwini, D. ratelii et
D. styriacus ;
c) une forte échancrure au niveau de la suture
prémaxillaire-maxillaire, comme chez Leidyo-
stichiis et à l’inverse de Diplocynodon darwini ;
d) D. torrnis montre par ailleurs un crâne extrê¬
mement allongé avec un rapport l/L A'oisin de
44, ce qui correspond à un crâne plus allongé
que chez Diplocynodlni STyriacus,
Diplocynodon torrnis correspond donc à une
lignée de Diplocynodon différente de celle qui
mène à Diplocynodoyi styriacus. La séparation est
atiLcricune au Lutétîen, époque à laquelle vivait
Diplocyffodou darjuini. Il serait intéressant de
savoir si le Diplocynodon signalé (mais non déter¬
miné spécifiquemenr) dans le Paléocène du bas¬
sin du Ducro par Ortega (1990) apparricnr à une
de ces lignées ou est antérieur à la dichotomie.
Enfin, Huene & Nikolov (1963) ont signalé à la
base du Pliocène moyen de Bulgarie quelques
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
125
Ginsburg L. & Bulot C.
restes de Crocodilien sous le nom de
Diplocyrwdon levantinlcmn n.sp. Ujgc de ce fos¬
sile est bien incertain. D’une parc ce que les
géologues d’Europe centrale et orientale appe¬
laient Pliocène inférieur en 1%3 est aujourd'hui
unanimement rapporté au Miocène supérieur,
d’autre part il rfy a aucun bon repère straiigra-
phique pour placer en Bulgarie tant la limite
Miocène moyen-Mioccnc supérieur c|ue la limite
Miocène supérieur-Plioccne. On en est réduit à
des conjectures. Huene 5c Nikolov situent les
lignites d’où proviennent les restes de
Diplocynodon levantmicum au même niveau sira-
tigraphiquo que les lignites des environs de
Dimitrovgrav d’où provient le Dorcatherium hul-
garkum décrit par Bakalov ôc Nikolov en 1962.
Mais palcontologiquement ce Dorcatherium
n’indique rien. Il n*3 jamais été retrouvé ailleurs
et sa taille est celle quil ne peut être rattaché ou
même rapproché d’aucune espèce ni d’aucune
lignée de Dorcatherium déjà connue. Ce
Dorcatherium bulgariaou est sciisiblemenr tieux
fois plus petit que le Dorcatherium naui (Kaup)
d’EppeI.sheim ; le Dorcatherimri enututn (Lartet)
de Sansan ; les Dorcatherium rniuus et D, major
(Lydekker) des Siwaliks ; le Dorcatherjuni sp. des
Siwaliks signalé par Colbert (1935) > et le
Dorcatherium chappiiisi (Arambourg) du Kenya.
Il est à noter que tous ces Dorcatherium sont
d’âge Miocène, la plupart d’âge Miocène moyen,
certains du Miocène inférieur, d’autres du
Vallésicn (les moins nombreux d’ailleurs), ou de
la base du Turolien (De Bruijn et ai 1992). En
Turquie, où quelques restes de Dorcatherium ont
été retrouvé.s> les plus récents aucignent seule¬
ment la limite MN9'MN1Ü (Sen in litteris).
Aussi nous plaçons la limite supérieure d’âge pos¬
sible du Diplocynodon levantinicum au V:illcsien.
Le Diplocynodon de Bulgarie est principalement
représenté par un dentaire avec quin/.e alvéoles
conservés, et une syn>physe en bon état. 11 s'agit
bien d'un Diplocynodon^ comme le montre les
troisième et quatrième dents développées en véri¬
tables crocs. L’angle de la mandibule est très
faible, comme il sied à un Diplocynodon de cet
âge. Mais les proportions de la mandibule et sur¬
tout de la symphyse correspondent mieux avec
celles de Diplocynodon de Saiat-Gérand-lc-Puy
qu’avec celles de l’Orléanais, de Bézian et de
vSryrie, comme La déjà remarqué Berg. La briève¬
té de la symphyse mandibulaire doit être cons¬
tante chez la forme bulgare car sur le grand
fragment du dentaire, sur lequel a éié calculé
l’indice de proportion de la symphyse mundibu-
laire, celle-ci s'ariêtc en arrière au niveau de
l’avant de la qualrième dent. Sur un autre frag¬
ment (Idnene Nikololf 1963, pl. 30, fig. 2)
elle s’arrête encore beaucoup plus antérieure¬
ment, au niveau de l’avant de la troisième dent.
La forme bulgare ne s'intégre donc pas à la lignée
qui mène à Diplocynodon styriacus. Il est possible
que ce Diplocynodon appartienne à un rameau
issu de Diplocynodon ionnis chez qui la symphyse
CSC particulièrement courte.
Finalement, le genre Diplocynodon est bien
connu en Europe à fEocène mo)'en avec D. dtir^
ufjfii (= D. ebertsi = D. hallensis)^ se poursuit
dans rÉocène supéjieur avec D. hantoniensis
(= D. hasiingsiae)^ forme qui voir r-apparition de
Féchancrure prémaxillaire-maxillaire pour logcr
Ics crocs inférieurs (croisième et quatrième dents
mandibulaîres), puis avec D. gervaisi de
l’Oligocène. Au début du Miocène (,î LAgcnien
moyen, ou MN2a) apparaît D, ratelii (= D. gra-
dlis^ D, ucduùus) dont le crâne esr plus .svelte et
les nasaux plus longs, en avant, atteignant le bord
postérieur de la narine externe. Puis, à
r(3rlcanicn, le genre montre un crâne encore
proportionnellement plus allongé (ou étroit) et
une mandibule plus étroite avec D. styriacus
(= D. steineri - D. butikonensis). Une autre
lignée, plus discrète, pourrait être représentée par
D. torrnis et D. levantmicum.
CONCLUSION
Cette étude, dont le prétexte a été la découverte
de deux crânes juvéniles de Diplocynodon à
Artcnay et d’une tête complète d adulte à Bézian,
a conduit aux résultats .suivants ;
1) le genre Diplocynodon est à inclure dans la
sous-faniille des Crocodylinac ;
2) les Diplocynodon d’Artenay et de Bézian
appartiennent à fespccc D. st)>riacus ;
3) une seule espèce est reconnue au Lurétien
{D, darwini). une seule au Ludien (D, hantonien-
sis)^ une seule dans l’Oligocène {D. gervaist)^ une
126
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Diplocynodon de l'Orléanien de France
seule à l'Agénicn (£). ratelii) et une seule aussi
pour rOrléanicn et peut-être le début de
l’Astaracien (A styriacus). Ces espèces forment
une lignée anagénétique ;
4) le gisement le plus récent d'Europe occiden¬
tale a avoir livré Diplocynodon est Sansan (MN6),
où cependant l'espèce est très rare. Ix refroidisse¬
ment et Fassèchement du climat sont logique¬
ment responsables de cette extinction.
Remerciements
Au terme de ce travaif nous tenons à remercier
Mme F. de Lapparent de Broin, qui nous a gran¬
dement aidé.s dans la détermination des sujets
juvéniles d'Artcnay et S. Sen qui nous a guidés
dans la di.scussion sur l’âge du Diplocynodon de
Bulgarie. Nous remercions aussi MM.
D. Serrette et L. Merlette, à qui sont dues les
photographies, ainsi que Mnte F. Pilard qui a
réalisé les dessins.
RÉFÉRENCES
Antunes M. T. & Ginsburg L. 1989. — Les
Crocodiliens des faluns miocènes de FAnjou.
Bulletin du Alu^éurn national d'Hhtoire nattindle.
Paris, série 4. C I ] (2) : 7q-99.
Bakalov P. & Nîkolov L 1962. Les fossiles de
Bulgarie. X. Mammifères tertiaires. Académie des
Sciences de Bulgarie, Sofia, 162 p.
Berg D. E, 1966. — Die Krokodile, insbesondcrc
Asiatosuchm und ail. Schecus^ aus dem Eozan von
Messel bei Darmstadi/Hcssen. Ahhandlugcn des hes-
sischen l^tndcsamtes fût- litidenfurschuftg 52: 1-105.
Bruijn H. de. Daams R., Daxiier-Hock CL, Falilbu.sch
V., Ginsburg L., Mcin P. & Morales J. 1992. —
Report of the RCMNS working group un fbssil
mammals, Rciscnbuig I9SU). NeivsUiter of
Stratigrapiy 26 (2-3): 65-1 18 .
BufTetaui E. (airnéc J. j. 1982, — Le trucodilien
Diplocynodon (Eusuclna, Alligatoridac) dans la
w série du gypse d'Aix ■> A Venelles (Bouches-du-
Rhône, France). Geobios 1 5(2) : 209-215.
Buscalioni A. D., San/J. L.. & Ca.sanovas M. L. 1992.
A new species ofihe ousuchîan crocodile
Diplocynodon from ihc Eoccnc of Spain. Neues
Jahrhuch fur PaUiontologie Ahhandlung. Sturrgari
187 (1): 1-29.
Colberr E. \\. 1935, — Siwalik Mammals în rhe
American Museuni of Natural History.
Tramactions of the Arneruan Phtlosophiva! Society^
N. S. 26: 1-401.
Gervais P. 1859. — Zoidogie et Paléomologie française.
2^ édition, 544 p,, Bertrand éditeur. Paris,
Ginsburg L. 1989. — Les mammü-ères des sables du
Miocène inférieur des Bcillvaux à Savigné-sur-
Lailian (Indre-ei-l.oirc). Bulletin du Muséum natio¬
nal dLLisioire naturelle-, Paris, série 4, C 11(2) :
10M21.
Ginsburg L. ik Bonneau M. 1995. — I.a Nuccession
des faunes de mammilere.s miocènes de Pontigné
(Maine-et-Loire, France). Bulletin du Muséum
national dlUstoire naturelle, Paris^ série 4, G- 16,
(1994-1995) (2-4): 313-328.
Hohnann A. 1885. — Crocodilien ans dem Miocaen
der Stéierrnark. Rcitraege zur Paléontologie von
Ostêncich'Ungarn^ 5: 26-.55.
Huene E, bc Nikoloff I. 1963. — Ein plio/anes
Krokodil in Bulganen. Neues Jahrhuch fur GeologiCy
Stuttgart 118*. 266-271.
Fluxley F. H. 1859. — On the dermal armour of
Crocodiius /josnngsiae. fluanerly Journal of the
Geolo^cüiSociety London 15: 678-680.
lordanxlcy N. N. 1973. — Jhe skull of OoLodilia hv.
Biology oftlîe reptilm, volume 4. Morpholog)'^ L"), 3:
201 '262. Acadainii. Pre.ss London and New York.
Jehenne Y. 1971). — Etude de restes de Crocodiliens
stampiens du Bassin d'Aquiiainc. Bulletin des
Sciences de la Terre de Tuniversité de Poitiers XI : 1-
11 .
Kâlin ). A. 1933. — Beitrage zur vergleichenden
Ostcologic des Krokodilidenschâdels. Zoologische
Jahrbuecher Alneilung fhr Anatornie-Ontogenie 57:
535-714.
— 1955. Crocodilia in]. Pivcicau : Traité de
Paléwitologie, 5 : 695-784. Ma-sson, Paris.
Keller F. &C Schall S'. I9SS. — Krokodile urtüm-
licbc Grossechren in Schaal bc Ziegel: Messel - Ein
Schaujensîer in die Gcschichte der Erde und des
Lehens: 109-118. Verlag Waldemar Kramer.
Franldun-am-Main.
Kuhn O. 1968. — Dte vorzeitlkhen Krokodile, Verlag
Oeben, Krailingbci Müntben, 124p.
Lecointre Ccesse P. 1910. - Lc.s formes diverses de la
vie dans les Faluns de la Touraine. IX : Les Sauriens
dc.s laluns de la l’ouraine. La feuille des jeunes natu-
nz/w.' jiuppl. 479 : 1-3.
Ludwig R. 1877- — Fossile CrococJil icn ans dem
Oligo/an des Mainzer l’ertiarbcckcns. Neues
Jabhurrh fur Mîneruloÿ^ùv. 7Â-77.
— 1877. — Fossife Crocodilien aus dem
Terciarlormarion des Mnin/cr Beckens.
Palcontographica. suppl. 3: 1-52.
Lydekker R. 1887. Note an tbc Hordweli and
ocher Crocodiüans. Geologicnl Magazine, N. S.
3 (4): 307-312.
Meyer II. von 1856. - (.rocodilus hütikonensis, aus
der Süsswasser-Molasse von Bütikon in der
Schwei/. Palcontographica, 4 (3): 67-71.
Michard J. G,, Broin F. de, Brunet M. îk liell J.
1990. — Le plus ancien néosuchien spécialisé à
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
127
Ginsburg L. & Bulot C.
caractères « éosuchiens » du continent africain
(Crétacé inférieur, Cameroun). Comptes Rendtis de
l'Académie des Sciences Paris série 31 K 11 (2) : 365-
371.
Mook C. 1925. — A révision of the Mesozoic
Crocodilia of North America. Bulletin of the Ame-
rican Muséum ofNatural History 51(9): 319-432.
Ortega F. 1990. — Descripcion anatomica de fragtnen-
tos craneales y mandibulares de Diplocynodon PomeL
1847 (Crocodylia, Alligatoridae) del Paleoceno de la
cuenca del Duero, discusion sistematica. Thèse,
Université de Salamanque.
Pomel A, 1846, — Mémoire pour servir à la géologie
paléontologiquc des terrains du département de
rAIIier. Bidletin de la Société géologique de Franccy
série 2, 3 : 353-373.
— 1847. — Note sur des animaux fossiles découverts
dans le département de FAllier. Bulletin de la
Société géologique de France^ série 2, 4 : 378-385.
— 1853. — Catalogue méthodique et descriptif des
Vertébrés fossiles découxferts dans le bassin hydrogra-
phique supérieur de la Loire et surtout dans la vallée
de son affinent principal, lAllier, J. B. Baillère édi¬
teur, Paris, 193 p.
Roger O. 1910. — Ein fossiles Krokodile von
Dechbetten bei Regensburg. Bericht des
Naturwissenschafilichen Vereins zu Regensburg 12:
160-167-
Romer A. S. 1956. — Osteology of the Reptiles.
University Chicago Press, 772 p.
Russell D. E. 1982. — Tetrapods of the Northwest
European Tertiary Basins. Geologisches Jahrbuch A
60: 5-74.
Schumacher G. H. 1973. — The head muscles and
hyolaryngeal skeleron of Turtles and Crocodilians
in: Biology of Reptiles, volume 4, Morphology D, 2:
101-199. Academie Press London and New York.
Steel R. 1973. — Crocodylia, in: Flandbuch der
Paldoherpetology, Gustav Fischer Verlag, Stuttgart,
116 p.
Thenius E. 1955. — Zur systematichen Stellung von
Crocodilus (Alligator) styriacus Hofmann. Anzeiger
Osterreichische Akadernie der Wissenschaften 11:
185-189.
Vaillant L. 1872. — Étude zoologique sur les
Crocodiliens fossiles tertiaires de Sainc-Gérand-le-
V\xy. Annales des Sciences géologiques (1) : 1-58.
Wood S. 1850. — The fossil Reptilia of the London
clay. II — Crocodylia. Palaeontological Society of
London: 1-50.
Manuscrit soumis pour publication le 2 octobre 1995 ;
accepté le 16 avril 1996.
128
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Origine et formation des accumulations
de microvertébrés de la couche 1a du site du
Monte di Tuda (Corse, Holocène). Contribution
à rétude taphonomique des micromammifères
Valérie SANCHEZ & Christiane DENYS
Laboratoire des Mammifères et Oiseaux, Muséum national d'Histoire naturelle,
55 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France)
Yolanda FERNANDEZ-JALVO
Museo Nacional de Ciencias Naturales,
José Gutierrez Abascal, Madrid (Espagne)
MOTS CLÉS
taphonomie.
mi cro ma m m i ft r es,
Corse.
Holocène,
rapaces nocturnes.
RÉSUMÉ
L’étude taphonomique de restes de micromammiferes d’un échantillon de la
couche la du site du Monte di Tuda a été effectuée suivant la méthode
d'Andrews (1990). Le fort taux de fragmentation des éléments squelettiques
a entraîné la création de nouvelles catégories de fragmentation des os longs et
une étude du materiel crânien séparant les rongeurs des Insectivores a mis en
évidence certains aspects de leur conservation différentielle. Les pourcentages
de dents digérées et leur faible degré de digestion permettent de désigner la
chouette effraie (Tyio aUhi) comme agent de racctimulation des restes sub¬
fossiles. L’obsen^ation de la surface des os au microscope électronique à
balayage (M.E.B.) met en évidence différents types d’altérations post-déposi-
tionnelles telles que le piétinement* la destruction par les racines, l’expo-sition
aérienne, la corrosion du sol. La comparaison avec un assemblage actuel de
pelotes de a'gurgitation de Tyto ulba du meme site et les données actuelles
sur la Corse confirment les dificrences de proportions dans les assemblages
fauniques de réchantillon cunsidéré.
KEYWORDS
caphonomv,
micromammafs,
Corsica,
Holocene,
owls.
ABSTRACT
The taphonomical study of a sub-fossil sample from layer la of the Monte di
Tuda site (Holocene, Corse) has been undertaken following Andrews (1990)
method. The vety high fragmentation percentage of this assemblage has led
to the création of new fragmentation categories for long boncs- The skull
remains of Murinac and Crotidurinac bave been ireaied scparaiely which
gives interesting resulcs about their differential preseivation. Traces of diges¬
tion have been observed rhrough the use of S.E.M examinations, their pro¬
portions and their weal: grades correspond co caregoty l of predator after
Andrews (1990) and more precisely to î'yto alhu. Post prédation alterations
are recognized (among them trampling, root marks, weathering, soil corro¬
sion). Comparison with modem owl pellets assemblage from Monte di Tuda
site and from others Corsica sites confirms the different proportions of the
faunal lists of the level l a.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
129
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
INTRODUCTION
Les microvertébrés ont des niches écologiques
très étroites, notamment les mammifères qui
sont plus fbrtemeni inféodés à un milieu précis.
Ce sont donc de très bons indicateurs environne¬
mentaux. Ln paléontologie, les critères accualLstes
sont appliques aux restes fossiles en \'uc d'une
interprération écologique du milieu. Les associa¬
tions de micromammitères ont donc été très sou¬
vent utilisées pour des approches paléo-
environnementales (Jaeger 1979 ; Avery 1982 ;
Chalinc 6C Brochet 1989). On s'est aperçu
récemment que la plupart des assemblages fos¬
siles de micromammifere.s subissaient très sou¬
vent avant la fossili.sation une phase
supplémentaire de concentration par rapport aux
grands mammifères : la digestion (Andrews
1990 ; bcrnandez-Jalvo 1992). En effet, les petits
mammifères carnivores et les rapaces noLrurne.s
et diurnes sont connus pour ingérer de grandes
quantités de microvertébrés et pour les accumu¬
ler sous forme de pelotes de régurgitation ou de
crottes dans leur nids ou leur aires de repos. Ces
accumulations peuvent être très abondantes et
s’incorporer directement au sédiment comme par
exemple dans les grottes {Andrews 1990 ;
Fernandey.-Jalvo 1992). Ces Travaux ont montré
que la prédation peut occasionner des biais
importants dans les listes fiiuniques rendant ainsi
certaines interprérations paléuécologiques
caduques. En cllec, les restes des proies reflètent
les sélections que le prédareur effectue sur
l’ensemble de la faune en fonction notamment
de la période d'activité, de la taille des proies et
de ses prcfcrences alimentaires. Avant toure inter¬
prétation paléoécologique, il esr donc important
de reconnaître l’origiiic et les altérations qu'ont
pu subir les microvenébrés avant, pendant, ce
après leur enfouissement.
Parmi les grande.s ilcs méditerranéennes, la Corse
se prête bien aux études tuphonotniques en rai¬
son du grand nombre de sites qu elle a livre. De
nombreux travaux sur les restes fossiles de cette
région ont permis de corréler la colonisation
définitive par Thomme, au début de l’Holocène,
à d’importants bouleversements fauniques chez
les mammifères (extiiiction des endémiques et
remplacement par les nouveaux immigrants)
(Alcover 1980 ; Vigne 1982, 1988, 1992 ;
Sanders & Reumer 1984 ; Vigne & AIctiver
1983 ; Vigne et al. sous presse). Parmi les sites
corses permettant d'aborder ce phénomène se
trouve la grotte du Monte di Tuda (Olmetta di
Tuda, Haute-Corse). On observe dans les faunes
du Monte di Tuda les effets de rairivée du rat
noir {Rattm rattus) et 1 extinction des rongeurs
endémiques (Vigne ÔC Marinval-Vigne 1991;
Vigne & V^alladas 1996)- l’écude raphonomique,
en définissant les biais de la composition fau¬
nique dus aux habitudes de chasse (opportunistes
ou sélectives) du prédateur, permet de distinguer
dans un niveau une réelle extinction d'une
absence due à la prédation. Pour cela, il faut dis¬
poser d'un nombre abondant de données et d’un
bon matériel de comparaison* Par l'abondance
des micromamniifères, la qualité des fouilles qui
ont permis de les obtenir et la stratigraphie
détaillée, ce .site offre des conditions idéales pour
l'étude raphonomique delà microfaune.
Dans un travail préliminaire, Vigne 6c Marinval-
Vigne (1991) supposaient que le gLsement fossili¬
fère de la grotte du Monte di Tuda résultait
d’accumulations successives de déjeciion.s
d oiseaux rapaces. Leurs observations étaient fon¬
dées sur la représentation du materiel osseux
mais n’avaicni pas pris en compte fétude de la
digestion et des altérations post-prcdaiion. La
méthode taphonuniique mise au point par
Andrews (1990) permet de reconnaitre l'inter¬
vention de rapaces ou de carnivores, et d'identi¬
fier au moins le type de prédateur responsable
d‘une accumulation de inicromammifcics fos¬
siles. Une lois le prédateur déterminé, la connais¬
sance de son type de rcginic alimentaire,
opportuniste ou sélectif, de son mode de chasse,
permettent d'évaluei la valeur des indicari(ms
paléoemdronnemcntales fournies par les listes
fauniques et d'éliminer les biais spécifiques dus à
la prédation (Denys et ai .sous pre.ssc ;
Ecrnandcz-Jalvo 1995). De plus, cette méthode
permet de distinguer les modifications post-
dépositionncllcs qui renseignent sur la formation
du gisement et eventuellement sur les conditions
environnementales et édaphiques qui régnaient
au moment de la fossilisation.
Ce travail porte sur Técude taphonomique des
micromammiteres d’un prélèvement de la couche
130
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
131
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
superficielle (couche la) de la grotre du Monte di
Tuda. 11 constitue le premier essai de Lompréhen-
sion de Torigine et de la forniaiiou du site. Ce
travail tentera d’évaluer l’importance d'une étude
taphonomique fine pour préciser les conditions
de lossilisaiion à THolocéne, en Corse.
TRAVAUX ANTÉRIEURS
Contrairement aux grands mammifères, les
micromammifères (dont le poids varie de 2 g à
10 kg) subissent après leur mort une étape sup¬
plémentaire qui est le passage dans le tube digestif
d’un prédateur. En effet, les principales accumu¬
lations modernes ou IV^ii retrouve des restes de
micromammifércs en abondance sont les accu¬
mulations de pelotes de régurgitation de rapaces
ou les crottes de Carnivores. Le devenir de ces
concentrations comme site fossilifère esr très
supérieur à celui d’une carcasse isolée d’un petit
mammifère mort accidentellement. Ll'aillcurs, il
est maintenant démontré que la formation de
gisements fossilifères de rnicroverrébres est géné¬
ralement liée à la prédation : assemblage de
pelotes de régurgitation de rapaces diurnes (lulco'-
niformes), nocturnes (strigiformes), accumulation
de déjections de petits mammifères carnivores
(Andrews 1990 ; Fernandez-Jalvo 1992 ;
Fernandez-Jaivo 1995 : Fernandez-Jalvo et al.
sous presse). Afin de pouvoir identifier le préda¬
teur à l’origine de la concentration de inicrovertc-
brés, de nombreuses études ont été effectuées sur
les restes squelettiques provenant des accumula¬
tions actuelles et l’emploi du mico-oscope électro¬
nique à balayage s'est généralise (Dodson &
Wexlar 1979 ; Denys 1985 , Denys & Mahboubi
1992 ; Denys et /?/, 1992). Les dîèts de la diges¬
tion sur les dents et les os de micrornammifères
ont été décrits en detail dans Andrews (1990),
Fernandez-Jalvo ôc Andrews (1992),
Fernandez-Jalvo (1992). De plus, les modifica¬
tions postérieures à la digestion (piétinement, cor¬
rosion, racines, compaction...) peuvent être mises
en évidence et renseignent sûr les processus de
fossilisation. Ces travaux permettent la détermi¬
nation de plus en plas précise des traces produites
par les prédateurs, par les alterations édaphiques,
environnementales et par les microorganismes.
PRÉSENTATION DU SITE
(d’après Vigne Valladas 1996 ; Vigne inédit).
Le site du Monte di Tuda se situe au nord de la
Corse, à 340 mètres d'altitude (Fig. 1). Il a livré
une succession de faunes de microvertébrés
durées de 864-409 av. J.-C. à raccucl, La grotte
s’ouvre dans une falaise au sud du mont. La vcjic-
tation du mont esr caractéristique de l’étage
méditerranéen supérieur, tandis qu’à ses pieds un
vallon couvert de maquis appartient à Pécage
méditerranéen inferieur. C’est au niveau du
porche qu’ont etc prclcvé.s Icÿ échantillons de
microfaune utilisés pour cette étude Ce porche
qui a aujourd’hui une surface d’environ cinq
mètrc.s sur deux, pour une hauteur de trois mètres
à rènrice et quatre-vingt centimètres au fond, a
été en partie emporté par la chute du toit de
l’abri. Les éboulis forment un amas, troi.s mètres
au-dessous de l'ouverture, accessible uniquement
par une échelle.
L.e prélèvement des ve.stiges microfauniques s’est
effectué par mottes de sédiments afin de les
endommager le moins pos.sible. Des dispositifs
antipollution ont été mis en place : protection
des parois par coque de plâtre, surfaces de fouille
maintenues propres à Laide d’un aspirateur.
l.es prélèvements ont été laits par passées horizon-
raies successives de deux à trois ceiuimèrres
d’épaisseur en conformité avec le pendage des
couches. Tv’analyse stracigraphrque (Fig. 2) fait
apiiarakre deux grandes phases ; une pha,se pro¬
fonde de sédiment.itit>n en petites mai'es (couches
6 à 2), une phase superficielle (couche 1), très
fiche en matière organique et en ossements de
micromammifères, qui correspond à une sédimen¬
tation sèche entrecoupée par une phase de rui.ssel-
kmencs, avant suhilisation pour le niveau la.
L’échantillon utilisé pour cette étude provient de
la traction VI du niveau la. Ceitc fraction est
située à une profondeur de -61 i- 3 cm. L'horizon
la (-50 à -70 cm) e.st très riche en ossemcntvS et
en matière organique : le sédiment est constiiué
de sables mal cla.ssés, avec très peu de graviers,
avec des pourcentages de limon et d’argiles
moins importants que dans les niveaux sous-
jâcents, contrairement au taux de carbonates, ce
qui traduit une période plus sèche (Miskovsky
comm. pers.). Ce niveau n'a pas fait l'objet Tune
132
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1}
Microvenébrés du Monte di Tuda (Corse)
Sédiment silteux riche en matière organique
ES3
Silt sableux
Pierres
m
Sables et graviers
(flîîn)
Lentilles stalagmitiques
m
Substrat calcaire
ES
Sût argileux
Fig. 2. — Stratigraphie de la section principale de la grotte du Monte di Tuda et position du niveau VI dans la couche 1a (d’après
Vigne & Valadas 1996).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
133
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
datation absolue mais correspond par sa compo¬
sition faunique à un maximum d’un cycle agri¬
cole majeur (cycle 11 de la séquence)
correspondant à l'explosion de ragriculturc en
Corse du Nord dans la seconde moitié du XVir
siècle ap. J.-C. (Vigne 6c Valladas 1996).
MATÉRIEL ET MÉTHODE
Le matériel d’étude provient d’un échantillon de
la fraction VI de la couche la. Cet échantillon a
été prélevé dans une zone de fouille présentant le
plus de sécurité possible (par rapport à des pro¬
blèmes de pollution), il est noté Vio.
Néanmoins, ccc échantillon est de moins bonne
qualité que celui utilisé par Vigne & Valladas
(1996) comme référence pour les listes tauniqiics
(noté VIT) car prélevé dans une zone stratigra-
phiquement moins fiable de la fouille (mais à
même profondeur) (Vigne cotnm. pcrs.). Les
ossements ont été obtenus par tamisage à Teau
(avec une maille de 2 et 1 mm) et ont fait Tobjet
d’un tri sous loupe binoculaire. Les raicromma-
miferes y représentent la majorité des restes
osseux.
Des éléments squelettiques de proies de quatre
rapaces et d’un carnivore ont été utilisés comme
matériel de comparaison. Les oiseaux concernés
sont ; la chouette effraie Jyto albu (Corse, porche
de la grotte du Monte di ludâ), la chouette
hulotte Strix aliico (Allier), la chouette chevêche
Athene noctua (Puy de Dôme) et le faucon créce¬
relle Falco timmnculus (Yvelines). Les déjections
de mangouste {îchneumid) proviennent d'Afrique
(Kenya). Les éléments squelettiques ont été sépa¬
rés après que l'on ait préalablement taie tremper
les pelotes dans de l’eau, sans adjonction de pro¬
duits chimiques. ^
La première étape de travail sur le matériel du
Monte di Tuda a coii-sisté à trier une parrie des
fractions gro.s.sicres (refus de tamis de deux milli¬
mètres) et fines (refus de tamis de un millimcrrc),
sous loupe binoculaire. Après détermination des
restes squelettiques, Pétude taphonomique a été
effectuée suivant la méthode exposée dans
Andrews (1990).
ÏABLtAü 1 — mpfôsontntion des os de l'échan¬
tillon Vio du Monte di Tuda calculé puu' ctiaciué os sujvant la
formule de t^odson & Woxiar (197a). PR FO^FT x lOO ; FO =
fréquence observAe de l Alement squolottique : FT = fréquence
théorique do cet os eslimée ft penif du NMI (= 797) et du
nombre? corroîipondant de cei o# pou» un individu théorique.
L'individu théorique comprend : 2 mondiDules, re même nombre
de inay.OlaireG. féniur*^. tihiAS. luiménrA. f:4dius ulnae. scapulae,
pelvls, astragales, calcanéurns, 4 incisives. 12 molaires. 24
côtes. 54 vertèbres. 20 mélapodes et 24 phalanges. Pour mini¬
miser l'importance des biais probables dus au tamisage, les élé¬
ments les plus petits ou les plus étroits notés d'un astérisque
ont été éliminés du calcul du PR moyen.
Élément squelettique
FO
FT
PRos
Crânes
48
797
6,03
Mandibules
1508
1594
94.6
Maxillaires
956
1594
59.98
Incisives isolées
1497
3188
46,96
Molaires isolées *
624
9564
6,64
Fémurs
724
1594
45,4
Tibia-Fibulae
688
1594
43,2
Pelvis
549
1594
34,4
Calcanei
334
1594
20,95
Astragales
263
1594
16.45
Humérus
751
1594
47.1
Radii
332
1594
20.83
Ulnae
518
1594
32.5
Scapulae
366
1594
22.96
Côtes *
967
19128
5.05
Vertèbres
5332
43038
12,39
Métapodes *
793
15940
4,97
Phalanges *
291
19128
1.52
PR moyen total
29,02
PR moyen
30,69
RÉSULTATS
Rt-:PKFSP.K‘rATION
Les vertèbres sont fclément squelettique le plus
abondant en fréquence observée, néanmoins, si
l’on considère que chaque mictomammifère pos¬
sède en moyenne cinquante-quatre vertèbres, cela
ne représente que quarre-vingt-duc-neuf indivi¬
dus. Par contre les mandibules indiquent la pré¬
sence d’au moins 754 individus. Cependant le
NMl peut également être calculé en fonction du
côté des éléments squelettiques, ce qui donne
(nombre de mandibules gauches verntî droites)
un nombre d’individus plus élevé de 797. C'est à
partir de ce dernier rapport qu’ont été calculés les
pourcentages de représentation des différents clé¬
ments squelettiques selon la méthode mise au
point pat Dodson & Wexlar (1979) (rableau 1).
Tous les éléments du squelette sont représentés et
134
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
il ne semble pas y avoir de tri. Cepeiidanc, on
peut voir que les mandibules dominent en abon¬
dance (pourcentage de représentation ; PR =
94,6), suivies par les maxillaires (PR = 59,98).
Humérus, fémurs, ribiac cf incisives isolées vien¬
nent ensuite (PR moyen = 45,67), avant ulnac et
pelvis (PR moyen = 33,45). Les radiuSj scapulac,
calcanei, astragales et vertèbres sont mal repré¬
sentés. Enfin, métapodes, phalanges, côtes et
molaires isolées sont encore plus mal représen¬
tées, mais cela pourrait être un artefact dû à la
maille assez large du tajiiis (1 mm). Elles ont
donc etc éliminées du calcul du pourcentage de
représentation moyen, qui donne toutefois une
valeur de 30,69 % relativement faible.
Une caractéristique de beaucoup de prédateurs
est la destruction préférentielle ou la perte des
parties les plus distales des membres ; cette perte
est encore plus importante pour les os des mains
et des pieds. L’examen des proportions des restes
crâniens et post-crâniens se fait au moyen de dif¬
férents rapports (Andi'ews 1990). Tout d’abord,
les proportions du nombre des parties proximales
des membres (fémur + humérus) par rapport à
celui des mandibules et des maxillaires contenus
dans l’échantillon fossile donnent une valeur de
60. Ce qui permet de conclure qu’il y a donc
environ deux fois plus de mandibules et de
maxillaires que de fémurs et d’humérus.
Le résultat de la compai'aison du nombre d’os
long des membres à celui de l'ensemble mandi¬
bules. maxillaires et dents isolées est le suivant :
fém. + tib. + hum. + rad. + ulna
mdb. + max. + molaires isolées
X 16/10x100 =156
Ce résultat contraste avec le précédent puisque,
cette fois-ci, les éléments post-crâniens prédomi¬
nent. La comparaison de ces deux indices montre
une faible abondance des molaires isolées. Il est
donc permis de penser qu’il n’y a pas eu une
grande destruction des mandibules et des maxil¬
laires au niveau des rangées molaires. Cependant,
certaines des molaires isolées (notamment les
M2/2 et M3/3 de petits rongeurs) ont pu pa.sser
au travers des mailles du tamis.
Le résultat de la comparaison des parties distales
et proximales des membres s’exprime avec le rap¬
port suivant (Andrews 1990) :
Tableau 2. — Pourcentage de fragmentation des mandibules et
des principaux os longs des restes fossiles de l’échantilion Vio
(couche 1a) du Monte di Tuda. Le PF est calculé en fonction du
nombre d'as cassés par rapport à celui du nombre total d'os.
Élément squelettique pO
Feassés
PF
Mandibule
1508
1382
91,64
Scapula
366
366
100
Humérus
751
385
51,26
Radius
332
175
52,71
Ulna
518
393
75,87
Pelvis
549
549
100
Fémur
724
394
54,42
Tibia
688
461
67,01
tibia + radius
fémur -t- humérus
100 = 69,15
Il indique qu’il y a plus de restes des parties
proximales des membres que des parties distales.
Ceci étant probalcmcnt dû à la sous-représenta¬
tion des radius dan.s la fraction VI. Cet os étant
plus fin et moins robuste que les trois autres a
pu, soit être détruit lors de la fossilisation, .soit
passer au travers des mailles lors du tamisage. Ce
type d’analyse montre la conservation préféren¬
tielle de certains éléments squelettiques dans le
site fossile du niveau la pour ce qui est des os des
membres. Les effets du tamisage pourraient être
assez importants, notamment en ce qui concerne
les molaires isolées de petite taille.
FRAC.MtNl’A'i'ION
Tour comme la représentation des éléments sque¬
lettiques, l’étude de la fragmentation peut rensei¬
gner sur le type de prédateur responsable d’une
accumulation fossile (Andre^vs 1996). Les causes de
celte fragmentaiion peuvent être dues en effet au
mode d’ingestion du prédateur. Il est ainsi bien
connu que les rapaces nocturnes de grande taille
peuvent avaler leur proie en entier et causer moins
de dommages aux os que les mammifères carni¬
vores ou les rapaces diurnes qui broient ou déchi-
quètenr leur nourriture. Cependant, l’étude de la
fragmentation est délicate en raison de la conserva¬
tion différentielle importante des éléments squelet¬
tiques et des altérations post-prédation survenant
lors de renfouissement et même lofs du tamisage, H
existe cependant des moyens pour les reconnaître.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
135
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
Le calcul des pourcentages de fragmentation est
donné pour les mandibules, scapulae, humérus,
radius, ulnae, pelvis, fémurs et tibiae (Tableau 2),
suivant la formule de Dodson &: Wexlar (1979).
Aucun tibia n ayant été retrouvé avec la fibula,
on a calculé le pourcentage de fragmentation à
partir du tibia seulement. Les éléments squelet¬
tiques les plus touchés par la fragmentation sont
les pelvis. scapulae (pourcentage de fragmenta¬
tion : PF = 100 %) et les mandibules (PF =
91,64 %). On constate que, d'une manière géné¬
rale, les restes du Monte dl 'Fuda sont très frag¬
mentés, car le pourcentage de fragmentation
moyen est de 74 %.
La fragmentation a été ensuite évaluée pour les
crânes et les mandibules des Murinae et des
Crocidurinae afin d’évaluer la conservation difFé-
rentielle des restes du Monte di Tuda. Pour les
rongeurs murines, la figure 3 donne les effectifs
et les pourcentages pour chaque catégorie de
fragmenration des maxillaires. Il n'y a en effet
aucun élément crânien de Murinae qui soit en
connection dans le matériel du niveau VL
Seulement 33,69 % des maxillaires sont entiers.
L’arcade zygomatique est considérée comme un
indicateur de fraciure car elle est très fragile
(Andrews 1990). Si on ne tient plus compte des
cassures sur la rangée molaire, 60,81^ % des frag¬
ments de maxillaires possèdent l’arcade zygoma¬
tique. D’après les données d’Andrews, seuls les
assemblages de rapaces nocturnes actuels ont plus
de 60 % des maxillaires porrant l’arcade z}'goma-
tique, excepté le hibou des marais. Pour les restes
du Monte di Tuda, 41,27 % des rangées molaires
sont cassées, ce qui est élevé face au nombre de
molaires isolées (6,64 %). Cependant, 94,31 %
Type de Maxillaire
rangée molaire
entière
deux molaires
une molaire
rien
Partie antérieure
avec zygoma
h
Fréquence
Pourcentage
284
33,69
105
12,46
121
14,35
141
16,73
Partie antérieure
sans zygoma
Fréquence
Pourcentage
62
7,36
26
3,08
kf
41
4,86
Partie postérieure
sans zygoma
M/2 M/3
0 ^
30
3,56
25
2,96
Autres fragments
8
0,95
Fig. 3. — Catégories de fragmentation et proportions des maxillaires de rongeurs murinae du Monte di Tuda, échantillon Vio.
136
GEODIVERSrtAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
des mandibLdes fossiles contre 35.96 % des
maxillaires possèdent encore des dents, ce qui
indique une fracturation supcricurc des maxil¬
laires et donc une perte préfdrcntiellc des
molaires supérieures par rapport aux inférieures
pendant le tamisage.
En ce qui concerne les insectivores, la figure 4
donne le nombre et le pourcentage des cassures
classées s'uivant la fraauration du crâne et des
maxillaires. Dans récliaiuillon sub-tossile^ les
demi-crânes forment 32 % du matériel, la plus
grande partie de cc^ ossements étant sous forme
Cassures crâniennes
Maxillaires entiers
Crâne cassé après
le ptérygoïde
Crâne cassé après
la M3
idem partie nasale
cassée
■>
/■—1
)
Fréquence
Pourcentage
5
3,33
11
7,33
Un des deux maxillaires
entier
<>
Fréquence
Pourcentage
2.67
4,67
Les deux maxillaires
sont cassés
Fréquence
Pourcentage
2
1,33
7
4,67
Maxillaires isolées
Rangées dentaires
du maxillaire entières
Rangées dentaires du
maxillaire cassées
Fréquence
4
Fréquence
98
Pourcentage
2.67
Pourcentage
65.33
Fig. 4. — Catégories de fragmentation des crânes et des maxillaires des Crocidurinae de l’échantillon Vio du Monte di Tuda.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
137
Sanchez V., Denys C. &c Fernandez-Jalvo Y.
Type de mandibule
Rangée dentaire
intacte
Deux molaires
Une molaire
Pas de molaire
Avec trois processus
£2
a
Cl
Fréquence
20
0
0
1
Pourcentage
1.17
0
0
0,06
Processus coronoïde
C2
cassé
Fréquence
54
0
1
0
Pourcentage
3,15
0
0,66
0
Processus ondulaire
cassé
(£
Fréquence
6
0
0
3,
Pourcentage
0,35
0
0
0,17
Processus angulaire
cassé
£7
U?
Fréquence
22
0
0
8
Pourcentage
1,28
0
0
0,47
Processus coronoïde
seul
£
ô
û
Fréquence
5
2
1
2
Pourcentage
0,29
0,12
0,06
0,12
Processus ondulaire
seul
(?
Fréquence
116
3
1
Pourcentage
6.76
0,17
0,06
4,84
Processus angulaire
seul
Ci
Oi
Fréquence
14
0
0
Pourcentage
0,82
0
0,06
0
Aucun processus
v:)
O
O
Fréquence
431
15
4
0
Pourcentage
25,13
0,87
0,23
0
Alvéole incisive
complète
Fréquence
503
55
42
23
Pourcentage
29,33
3,21
2,45
1,34
Alvéole incisive
-/ ■
cassée
Fréquence
155
47
58
22
Pourcentage
9,04
2,74
3,38
1,38
Autres fragments
8
7
0,47
0,44
Fig. 5. — Catégories de fragmentation des mandibules de Murtnae de l’échantillon Vio du Monte di Tuda.
138
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
Type de mandibule
Rangée dentaire
intacte
Fragment postérieur
de la rangée dentaire
Avec les trois processus
Fréquence
106
43
Pourcentage
23,82
9,66
Processus coronoïde
cassé
Fréquence
4
2
Pourcentage
0,9
0,45
Processus condylaire
cassé
Fréquence
-—
3
-
0
Pourcentage
0,67
0
Processus angulaire
cassé
Fréquence
86
50
Pourcentage
19,33
11,24
Processus coronoïde
seul
Fréquence
2
3
Pourcentage
0,45
0,67
Processus condylaire
seul
Fréquence
5
4
Pourcentage
1,12
0,9
Processus angulaire
seul
Fréquence
2
2
Pourcentage
0,45
0,45
Aucun processus
êîb
Fréquence
50
32
Pourcentage
11,24
7,19
Autres types
Partie postérieure
sans dents
29
6.5
Partie antérieure
de la rangée molaire
15
3.37
Partie moyenne
de la rangée molaire
7
1,57
Fig. 6. — Catégories de fragmentation et proportions des mandibules d’insectivores du Monte di Tuda.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
139
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
Os
Fragment
proximal
Diaphyse
Fragment distal
Diaphyse
proximale
Diaphyse
distale
Humérus
N = 385
&
Fréquence
Pourcentage
36
8,39
25
20,5
66
22,37
54
14,02
204
52,99
UIna
N=219
Fréquence
Pourcentage
Fémur
91
43,63
18
29,54
14
2,7
N = 394
/
270
43,83
Fréquence
Pourcentage
Tibia
N = 461
20
7,53
242
61,42
69
17,51
Fréquence
Pourcentage
120
26.31
75
27,25
41
13,44
122
26,46
103
22,34
Fig. 7 . — Catégories de fragmentation et proportions des os longs des membres de l’échantillon Vio du Monte di Tuda.
de fragments de maxillaires (65>33 %). Sur les
crânes, la plupart des maxillaires sont entiers
(58,33 %), c est la boîte crânienne qui est préfé¬
rablement touchée.
La figure 5 donne les effectifs et les pourcentages
pour chaque categorie de fragmentation des
mandibules de rongeurs murines. Les mandi¬
bules complètes sont celles qui n ont aucune frac¬
ture, sans tenir compte de la présence ou non des
dents. L.es mandibules à rangée molaire entière
dominent (62,85 %), les ca.ssures inrervenanr
surtout au niveau des processus. Dés trois proces¬
sus, le coronoïde et Tangulaire sont le plus sou¬
vent cassés à rincérieur des différentes
combinaisons de fractures. On retrouve cepen¬
dant beaucoup plus de mandibules sans proces¬
sus. Dans Féchantillon fossile, 2,41 % des
mandibules sont intactes, ce qui est peu par rap¬
port aux données des prédateurs aviens actuels
(Andrews 1990).
La figure 6 donne le nombre des principaux
types de fractures et leur pourcentage, pour les
matïdibules d'insectivores et chiroptères du
niveau VL Dans le marétiel fossile, 23^82 % des
mandibules sont entières, ce qui esc nettement
plus élevé que le pourcentage des mandibules de
rongeurs. Comme pour les crânes, ceci esr proba-
blcmerr dû à ime préservation différentielle. Ce
pourcentage s’élève jusqu'à 57,98 % si on ne
tient plu.s compte des cassures sur les processus.
Le processus angulaire, qui esc le plus fin, donc le
plus fragile, est souvent ca.ssé.
De nombreuses différence.s dans la préservation
des restes crâniens et mandibulaires sont donc
140
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
observées dans ce sire pourtant récent. Les impli¬
cations de cette conservation différentielle seront
discutées plus loin.
En ce qui concerne les principaux os longs, la
figure 7 donne les pourcentages de fragmentation
des fémurs, humérus, ulna, tibia pour chaque
type de fracture, Le pourcentage de chaque caté¬
gorie (complet, partie proximale, diâphyse et par¬
tie distale) a été calculé ï partir de reftéctif total.
Pratiquement la moitié des huméru.s sont entiers,
ce qui représente la proportion maximale pour
ces quatre os. Les ulnae, eux, sont les plus frag¬
mentés pour 75 % d'entre eux. Les parties proxi¬
males des fémurs, ulnae er tibiae sont les plus
nombreuses parmi le matériel fragmenté, tandis
que pour les humérus ce sont les parties distales
et pour les tîbiae les diaphyses.
En ce qui concerne les os plats, aucune scapula et
aucun pelvLs ne sont trouvés entiers (Tableau 2).
La partie distale de la scapula est toujours altérée,
le bord caudal de l'ischion est toujours absent du
pclvis, le pubi.s ei fischion disparaissent souvent
avant le pubivS. Les côtes sont extrêmement frag¬
mentées, contrairemenr aux petits os compacts
tels que les astragales, calcaneums et phalanges.
D’après ce que lai.sse entrevoir la fragmentation
des mandibules et des os posr-craniens, le matériel
du Monte di Tuda a subi une fragmentation très
importante. ^Andrews (1990) soulignait déjà ce fiiit
en insistant sur la fragilité des os dans les sites fos¬
siles et la quantité d’agents pouvant les fracturer
après la prédarion. L’étude comparative de la frag¬
mentation des éléments crâniens des rongeurs
Murinae et des Crocidurinae montre l’importance
des phénomènes de consen^arion différentielle.
ANAÏ.YSE des Al.) EIMI IONS DE .SUREACF
Letude de la surface des os cc des fraciures à la
loupe binoculaire et au M.E.B. permet d'obser¬
ver d'une pan l’existence de traces de digestion,
et, d’autre part, renseigne sur les altérations post-
prédation subies par les ossements fossiles.
Digestion
Les traces laissées sur le5 dents et les os par la
digestion commencent à être bien connues.
Andrews (1990), Fernandez-Jalvo & Andrews
(1992) ont défini des grades de digestion pour
les incisives, les molaires et le post-crânien. La
proportion de resres dentaires digérés pour
chaque grade permet de classer les prédateurs en
cinq grandes catégories (Tableau 3). Quelques
observations supplémentaires des caractéristiques
de la digestion ont été faites sur des pelotes de
chouette effraie (catégorie 1 ), de chouette hulotte
(catégorie 3), du faucon crécerelle (catégorie 4)>
de mangouste (catégorie 5), afin de perinetire
une meilleure comparaison avec les restes du
Monte di Tuda (Eig. 8). Les photographies pré¬
sentées ici aident à la reconnaissance des traces de
digestion des grades modérés et forts. Pour les
exemples de digestion légère, se reporter à
Andrews (1990).
Fig. b. — Exemples de digeslioii des incisives provenant de
pelotes de régurgitation de différents prédateurs. A, incisive
supérieure de rongeur provenant de pelote de Tyto alba
(x 4t,3), Les incisives de rongeurs digérées par la chouette
effraie ne portent que rarement de telles traces d'altération. En
effet, lorsqu'elles sont affectées par les sucs digestifs, c'est en
majorité de façon ires lêgem fcalégone’ tj. On peut v voir qoe
l'émail de l'incislve esi altéré en surface et que le bord qui le
sépare de la denltne est ondulé. B, la chouette hulotte {Srr/x
aluco), qui appartient â la catégorie 3, a réalisé une digestion ae
grade rnodéré à tort sur l'incisive présentes sur cette photo
(i( 8,9)- On voit bien l'ondulation de la dentine. C. incisive inté¬
rieure 4e rongeur provenant de pelotes de Falco Hnnuncülus
(catégorie 4). Le grade de digestion est fort (x 8,9).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
141
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
Tableau 3. — Catégories de digestion des prédateurs aviens et mammaliens. Les valeurs des pourcentages des molaires et des
incisives digérées sont les minimales et les maximales observées pour chaque catégorie d’après Andrews (1990).
CATÉGORIE DE DIGESTION
DIGESTION DES MOLAIRES
DIGESTION DES INCISIVES
1
Digestion absente à nninimale
molaires : 0-3 %
incisives : 8-13 %
Asio Otas, A. flammeus
Tyto alba
Bubo lacteus
Asio flammeus
Tyto alba
Nyctea scandiaca
2
Digestion modérée
molaires : 4-6 %
Incisives : 20-30 %
Bubo africanus
Strix nebulosa
Nyctea scandiaca
Bubo lacteus
Strix nebulosa
Asio oîus
3
Digestion forte
molaires : 18-22 %
incisives : 50-70 %
Bubo bubo
Strix aluco
Bubo bubo, B. africanus
Strix aluco, Athene noctua
4
Digestion très forte
molaires ; 50-70 %
incisives : 60-80 %
Athene noctua
Falco tinnunculus
Falco peregrinus
Falco tinnunculus
Falco peregrinus
5
Digestion extrême
molaires : 50-100 %
incisives : 100 %
dentine corrodée
MUvus milvus
Circus cyaneus
Buteo buteo
Circus cyaneus
Buteo buteo
La totalité tics incisives de la concentration fos¬
sile du Monte di Tuda (//; situ et isolées) a été
obsen^ée. Il apparaît que la plupart des incisives
présentent des traces de digestion légère telles
quelles ont été décrites par Andrews (1990) et
Fernandez-Jalvo & Andrews (1992) (Fig. 9A-D,
Tableau 4). Dans ce cas, soit la digesrioti affecte
légèrement toute la suriace de l'email, soit elle se
concentre seulement sur la pointe de l’incisive où
Fémail est enlevé, ^culemcnt cinq incisives supé¬
rieures montrent un grade plus élevé de diges¬
tion. mais toujours de (açon modérée (Fig. 9F.).
l.es incisives isolées du matériel sont souvent
altérées à leur extrémité occlusale seulement
(comme le montre, par exemple, la Figure 9C).
Cela permet d'affirmer que la séparation des
mâchoires .sest faite après leur depot. Le pour¬
centage de digestion estimé est un peu plus élevé
pour les incisives iuféneurcs, mai.s il ne dépasse
jamais 6 %.
Les molaires de l'échanrillon du Monte di Tuda
sont bien conservées et aucune (rongeur ou
insectivore) ne présente de traces d’altération par
les sucs digestifs. Les quatre molaires attribuées
au taxon endémique Rhugantys orthodon et celle
de lyrrhenicola henstli ne présentent pas non plus
de traces de digestion.
De par le faible taux de digestion observe sur les
dents, seules les tètes fémorales ont été étudiées
car il est plus facile d y reconnaître les altérations
des sucs digestifs (Fig. 10). Dans le matériel du
Monte di liida, les attaques digestives sur les
Tableau 4. — Digestion des incisives du niveau Vio du Monte di
Tuda.
Dent
Dents NR total % estimé
digérées
Incisive sup. isolée
42
756
5,55
Incisive int. isolée
43
741
5,80
Incisive sup. in situ
2
84
1,19
Incisive inf. in situ
18
312
5,13
Total
102
1893
5.39
142
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
Fig. 9. — Traces de digestion sur les incisives fossiles du niveau VI du monte di Tuda A. incistve Inférieure oe rongeur (x 8.9). B.
agrandissement de la photo précédente (x 41,3). L'émail a été affecté par une digestion légère. C. incisive supérieure (x 11,8). D,
agrandissement de la photo précédente (x 26.6), La digestion légère s est limitée â l'extrémité antérieure de la dent. Elle était donc
en place lors de l'attaque digestive. E, incisive supérieure de rongeur (x 17,7). Grade de digestion modéré. F, incisive supérieure de
rongeur (x 1 7,7). Il est difficile de reconnaître l’origine de celte altérallor> (digestion ou attaque chimique ?).
extrémités proximales des fémurs sont très
légères. La figure 1 lA-B montre que la digestion
a eftèctué sur la tête fémorale une sorte de polis¬
sage qui donne aux circonvolutions de l'os spon¬
gieux un aspect émous.sc. Cet aspect ne peut erre
confondu avec celui provoqué par Tacrion du sol
qui laisse des crêtes d’os très aiguës (Fig. llC).
Les 560 fémurs de Técliantillon ont été observés
et trois seulement ont présenté la configuration
décrite plus haut. Le pourcentage de fémurs
digérés pour l’échantillon esc donc de 0,54 %, ce
qui est plus faible que ceux donnés par Andrews
pour la catégorie 1 des prédateurs..
Il n’a pas été observé de cassures typiques de la
digestion (Fig 12C), on peut donc penser que
les cassures posc-dépositionnellcs sont nom¬
breuses et d’origines variées, certaines pouvant
être induites par le tamisage.
Modifk:ations post-diges tio.n
Andrews (1990) et Fernandez-Jalvo (1992) ont
énuméré la liste des modifications pouvant se
produire apres le processus de digestion, certaines
de ces altérations commencent à être bien
connues (Fernandez-Jalvo 1992),
Observation des fractures
Ces observations se sont portées sur 200 fémurs
et humérus de l’échantillon. Il apparaît que
78,5 % des cassures sont caractérisées par des
arêtes franches liées à des altérations physiques
(Fig. 13A). Ces cassures ont Pair fraîches et pour¬
raient avoir été engendrées par le tamisage bien
que celui-ci se soit fait sous Tcau en deux étapes
(2 et 1 mm). Parmi les 21,5 % qui restent, on a
pu déterminer deux sources de fragmentation :
- celles qui sont survenues par suite d’altérations
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
143
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
A
Fig. 10- — Exemples de digestion des os longs de rongeurs provenant de pelotes de rapaces. A digestion modérée de t'exirémité
proximale d’un fémur issu d’une pelote de chouette effraie (x 17.7), Ce grade de digestion est peu fréquent chez Tyto alba où domi¬
ne plutôt une digestion de type léger. B, détail de la photo précédente (x 41.3). Les crêtes de l’os spongieux ont un aspect émoussé
typique de la digestion. C. digestion modérée sur une extrémité proximale de fémur provenant de pelotes de chouette hulotte (caté¬
gorie 2) (x 17.7) Toute la digestion est concentrée sur les épiphyses. D, détail de la photo précédente (x 41.3).
chimiques (Fig. 13B) ;
- celles engendrées par les attaques des radicelles
qui peuvent provoquer le morcellement des os
(Fig. 13C). Ces deux types d’altération seront
décrits plus loin.
Observation des altérations
Piétinement (trampling). Du fait de son accès
difficile, parce qu il est situé sous une falaise et
ouvre à 3 m au-dc.ssus de Téboulis, l’abri du
Monte di Tuda n’a pu être fréquenté par de
grands mammifères, ce qui réduit considérable¬
ment toute fréquenracion humaine. On observe
cependant quelques traces de piétinement sur les
os des micromammifères, dont certaines auraient
pû être provoquées très récemment par les
fouillcLirs. Ces altérations sont plus visibles sur
les diaphyses des os long, c'est pourquoi les
observations ont porté sur les fémurs et les
huméru.s contenus dans réchantillon.
La figure 14A montre, sur la diaphyse d\m
fémur, dificrems groupes de stries parallèles, à
droite des trace.'; de racine.s. La figure 14B est un
agrandissement de ces stries. C.3n voit bien que
suivant la forme de l’objet sur lequel l'os a frotté,
les stries sont plus ou moins larges.
L’obser\'ation de 200 fémurs et 200 humérus (100
entiers et 100 casses pour chacun d'entre eux) .sous
loupe binoculaire montre un pourcentage de
10,5 % d’os altérés pour les femurs et humérus
entiers contre 21,.5 % d'altérations sur les os déjà
cassés. D’après ces observations, les ossements cas-
144
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
Fjg. 12- — a, grade de digestion fort à extrême sur une extrémi¬
té proximale de fémur issu d'une pelote de Falco îinnunculus
(catégone 4). La diaphyse est affectée en tûtalilé. une partie de
la tête a disparu (x 17,7). B. dêlail de 'a photo précédente
(X 41.3). C. digestion forte sur un tibia-fibula provenant de teces
de niangousie (catégorie 5) (x 11,8) La digestion a altéré la dia¬
physe de l’os qui présente de fines fis$i.ires. Les bords des cas¬
sures sont émoussés D. partie distale du tibia-tibula de la photo
C (X 11,8).
Fig. 11. — Traces de digestion sur les os longs fossiles du
niveau Vio du Monte di Tuda. A. extrémité pioximafe d‘un fémur
(x 8.6) L'altération digestive est faible mais étendue à toute la
région épiphysaire B. agrandissement ds la tête do fémur de la
photo A (x 59) Les crôles de l os spongieux onl un aspect
émoussé, C. tête de fémur ayant subi une dissolution dans te
sol (x 41.3). La 2 one de l'épiphysG est beaucoup plus rugueuse,
les crêtes sont acérées et non émoussée? commâ sur la photo
précédente.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
ses ont subi des frottements plus importants. Mais
il n’est pas évident (|ue le piétinement soir la cause
de toutes le.s fracturations et des striations obser¬
vées ici. D'après Andrews (1990), les cassures cau¬
sées par ce r\'pe d altération sont assez faibles pour
les os longs mais très imponantes pour les mandi¬
bules. Les ossements du Monte di Tuda ont tous
été récoltés par tamisage, les effets de ce dernier ne
sont pas connus de façon quancitativci mais il est
certain que certaines des cassures aux arêtes
fraîches peuvent luj être attribuées.
Exposition aérienne aux intempéries du cli¬
mat (weathering). Certains os longs de l'échan¬
tillon sub-fossile montrent de fines fissures le
long des fibres de collagène, visibles seulement en
fort grossissement (Fig 15A. sur laquelle on peur
voir les fissures sous les traces de piétinement).
L’extrémité proximale d’un fémur (Fig. 16)
montre aussi ce type de fissuration, même sur
Fig. 13. — Observation des cassures sur les ossements du
Monte di Tuda A, Humérus cassé (x 17.7). La cassure aux
arêtes aiguës a été provoquée par des forces physiques posté¬
rieures à la fossilisation 6. cassure d'un fémur liée à une altéra¬
tion chimique du sol (x 8,9). Les arêtes de cette cassure sont
irrégulières. C, fémur altéré par faction des racines 17,7).
farticulation. Les fentes les plus larges ont été
exagérées par le vide du microscope électronique
à balayage. Pourtant on peut voir de fines cra-
quelure.s qui suivent la structure haversicnne de
l’os. Ces fines fissures ne sont visibles que .sous
fort grossi.ssemeiu, il iVa donc pas été possible de
calculer un pourcentage de ce type d’altération
sur le post-crânien.
Certaines incisives, en très faible proportion
(1,2 %), ont perdu une partie de leur émail qui
s’est Iracturé de façon nette. Parfois, il y a sépara¬
tion de la denrine et de I émail. Lin nombre
beaucoup plus important de molaires présence
des fissurations (17^66 %). La figure montre
la première molaire supérieure d’un rat avec des
a*aquelurcs. D’après Andrews (1990), cela vient
du rétrécissement différentiel de l’émail et de la
dentine lors de 1 exposition aux intempéries cli¬
matiques et indique que ce matériel aurait été
exposé aux agents atmosphériques durant une
période allant de zéro à cinq ans (Andrews
1990).
D’apres les études antérieures (Vigne comm.
pers.), lors de la mise en place du niveau VL le
porche est largement ouvert, l a gmrte offre tour
de même une certaine protection aux inrempé-
ries. Par exemple, bien qu’exposée au .sud, elle
reste à l’ombre en été (Vigne ci ni .sous pres.se).
Or les rayons du soleil provoquent une forte alté¬
ration macro.scopique sur les surfaces exposées
des cléments squelettiques ffuross et al. 1989). À
cause de ces conditions de protection, la durée
d’exposition dc.s os à l'air libre reste incertaine.
Elle a neanmoins- eu lieu, et dans un milieu pro¬
bablement pas trop sec.
Transport. On a vu que le pourcentage de repré¬
sentation n’â pas mis en évidence une sélection
du matériel osseux. Aucune observation de polis¬
sage des os ne permet d’indiquer qu’il y a eu
transport par l'eau, Le sédiment du niveau la est
un silt organique et ne montre pas du tout de
signes de ruissellement.
Influence du pH. D’après les expériences effec¬
tuées par Fcrnandcz-JaJvo (1992), les altérations
liées au pH sont identifiables. En effet, sur les
dents d’une mandibule ayant séjourné dans de
l’acide chlorhydrique à 50 %, l’émail est plus for¬
tement affécré que la dentine. Par contre, au
contact d’une base forte, Fémail des dents reste
146
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
intact er seule la dentinc montre des fissures en
mosaïque. Dans ce dernier cas, la surface de la
mandibule monrre une forte desquamation.
Cette dernière se différencie des desquamations
provoquées par les agents mércoroJogiques. En
effet elle ne s’accompagne pas de crevasses longi¬
tudinales qui caractérisent les premiers stades
d’alteration par le climat.
Dans le matériel du Monte di Tuda, on trouve
des altérations comparables à celles décrites en
condition de milieu basique par Feinandez-jalvo
(1992). La figure ISA montre une incisive dt)nt
la dentine est très altérée et s’écaille en mosaïque.
Le meme type de desquamation est visible sur la
diaphysc d’un fémur (Eig. 18B). Ces altérations
concernent 9.33 % du matériel. Diaprés
Fernandez-lafvo (1992), les alcérarjons de milieu
basique sont plus frequentes dans des grottes
s’ouvrant dans la roche calcaire. Les conditions
de pH élevé y sont plus constantes que dans
d’autres milieux. Or la grotte du Monte di Tuda
s’ouvre dans du calcaire iriaso-liasique (Vigne
comm. pers.).
Malgré tout, Ü existe dons l’échantillon des alté¬
rations similaires à la corrosion d'un sol acide. La
figure 18C en donne un exemple avec Textrémité
proximale d’un fémur très altéré montrant une
surface décapée (détail sur la Eig. 18D). Cet
aspect paraît similaire à celui obtenu lors d’une
attaque d’acide organique (Andrews 1990).
12,66 % des os présentent ce type d'altération
qui est à mettre en relation avec les altérations
dues aux racine.s et la présence d’acides humiques
du sol.
Modifications chimiques d’orîgîne organique.
Des traces de racines sont observables sur la
presque totalité des ossements. Seuls certains élé¬
ments parmi les perit.s os (quelques vertèbres ou
phalanges) en sont dépourvus. Ces traces présen¬
tent des formes concaves et très variables. Elles
prennent sur les os une couleur brune qui les
rend très visibles à fœil nu. Les racines altèrent
aussi bien la surface osseuse (Eig. I 9A) que
l'émail ou la dentine (Fig. 19B). Les morcelle¬
ments produits par ce.s altérations peuvent se
superposer et produire des cassures, comme le
montre la figure 13C. Parfois les racines pénè¬
trent au centre de la cavité iTicdullaire des os
longs en perforant fos aux épiphyses ou en fai¬
sant des trous circulaires dans la diaphyse. A un
fort grossissement (Fig. 19C) on voir bien la
trace .superficielle de la racine qui s’agrandit
jusqu’à la perforation. Ce.s trous sont petits, ne
dépassant pas 0,3 mm de diamètre. À un très fort
grossissement, une trace de racine montre de
fines formes tubulaires (rhizolithes) qui pénètrent
fos profondément (Fig. 19D).
Il a été observé sur les os du Monte di Tuda des
tâches noirârre.s de manganèse. 26 % des fémurs
et humérus possèdent des fâches éparses n’attei¬
gnant qu’un peu plas d’un millimètre d’épais¬
seur. Ces traces de manganèse indiquent la
présence d’eaux stagnantes ou d’un sol humide
(Fernandez-Jalvo 1992).
Fig. 14. — Autres altérations sur les ossements du niveau Vio
du Monte di Tuda. A diaphyse d'un fémur sur laquelle apparais¬
sent les traces de piétinement (x 41.3) : à gauche de la photo on
remarque la trace laissée par raotion des racines. e„ détail ae la
photo precedente dans la zone des stries parallèles caractéris¬
tiques du piétinement (x 177).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
147
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
Fig- 15. — A, diaphyse d'un fémur montrant sous les traces de
piétinement (stries parallèles) de fines fissures qui suivent la
structure de l'os attribuées à rexposition au climat (x 88,5). B,
fémur très altéré par les trous de racines (x 11,8). C. détail de la
photo précédente (x 118).
DISCUSSION
DfII-RMINAIION du FRFDArEUR
En ce qui concerne la représentation squelettique
et la iragmentation des restes osseux de la frac¬
tion Vio de la couche la du Monte di Tuda on
observe un pourcentage de représenution moyen
faible (PR = 30,69 %)^ et un pourcenrage de hag-
mentation très élevé (PP = 74 %). Cette dernière
valeur est classique pour les sites fossilifères où les
taux de fragmentation sont souvent très élevés
(Andrews 1990). On a vu que le taux de fragmen¬
tation ne résulte pas uniquement de Pingestion ou
de la digestion, mais aussi des altérations post-
mortem (piétinement, tamisage, action des
racines). Il est cependant difficile de séparer la part
de chacun de ces facteurs et il est donc difficile
d’utiliser ce critère pour déterminer le prédateur
responsable de l'accumulation du Monte di luda.
Le nombre de rnaxillaircs isolés ou associés aux
crânes permet dans certains cas de caractériser les
grands types de prédateurs selon Andrews
(1990). Refléianr le mode d'ingesnon du préda¬
teur, il représente un critère parmi les autres.
Ainsi, pour les mammifères carnivores aucun
maxillaire associé au crâne n’est présent ; pour les
rapaces diurnes Je pourcentage de cette rneme
association est de 5 à 9 % de maxillaires sur le
crâne. Pour les rapaces nocturnes (â fexceprion
à'Aîhene nov-tun, 0 %) le pourcentage est de 17 à
58 % de maxillaires en connection. Seuls les
insectivores du Monte di Tuda possèdent des
maxillaires en connection et cc taux y atteint
48,8 %, une valeur caractéristique des rapaces
nocturnes. Si on inclut les Murinae, cc pourcen¬
tage tombe â 9,67 %, cc qui est proche des
valeurs données par Jes rapaces diurnes.
Pour les rongeurs, les insectivores et les chirop¬
tères sub-fossilcs, 8,44 % des mandibules sont
entièrc.s (catégorie avec les trois processus, sans
tenir compte des molaires). D'après y\ndre\vs
(1990), cc pourcentage est trop élevé pour les
assemblages de mammifères carnivores (0 %),
pour les rapaces diurnes (2 à 4 %), ainsi que
pour le strigiforine Athme noenta, la chouette
chevêche (0 %), aciuellemeni présente en Corse.
Parmi les rapaces nocturnes étudiés par Andrews,
seules les pelotes de Bubd ajricanm donnent un
poüicentage équivalent (7 %)' ; or cet oiseau n’est
148
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
A
Fig. 16. — a, extrémité proximale d’un fémur très altéré par les agents atmosphériques et les racines (x 17,7). B, détail de la photo
A (x 59), les craquelures sont caractéristiques de l’exposition au climat.
pas européen. Pour les assemblages des autres
prédateurs, I9 à 89 % des mandibules sont
intactes, cc qui est nettement plus élevé que le
pourcentage calculé pour les restes sub-fossiles du
Monte di Tuda.
Les résultats de l'étude de la ('ragmcncation et de
la représenuiion osseuses donnent des résultats
contradictoires en fonction du type de proie ou
du critère considéré. Ces critères ne sont donc
pas suffisants pour conclure à l'origine du préda¬
teur du Monte di Tuda. Par contre, les traces de
digestion sur les dents et les fémurs indiquent
que nous avons bien affaire à une concentration
Fig. 17. — Première molaire supérieure de Rattus présentant
des fissurations de l’émail et de la dentine attribuées à l’exposi¬
tion au climat (x 17,7).
provenant d’une coprocœnose de rapace noc¬
turne. En effet, les grades de digestion observés
sont faibles et la proportion d'éléments altérés est
minimale (6 % d'incisive.s, 0 % de molaires,
0,54 % de fémurs montrant des traces de diges¬
tion). Ces valeurs rejoignent celles déterminées
pour les rapaces nocturnes de la catégorie 1
d’Andrcw.s (1990). Un très faible nombre de dents
présente des altérations digestives un peu plus pro¬
noncées (digestion modérée). Ceci peur être la
conséquence de la digestion par un jeune oiseau,
ou bien d’une meilleure exposition aux sucs digev
tifs. En effet, ces dents sont altérées sur toute la
SLirfiice de l'émail, ce qui prouve quelles étaient
séparées des mâchoires pendant la digestion.
Les rapaces nocturnes actuels de Corse entrant
dans la catégorie 1 d’Andrews (sur la ba.se de la
digestion) sont * la chouette effraie {Tyto alha)-, le
hibou des marais {Asio flammcus), le hibou
moyen duc {As/o ütus). Ij/U? albd est la chouette
qui produit le moins de modifications et corres¬
pond, pour tous les critères établis par Andrews
(1990, classification générale prenant en compte,
en plus de la digestion, les modifications des restes
osseux), à la catégorie I. Par contre, le hibou des
marais et le moyen-duc montrent des différences
dans le taux de cassures crâniennes et mandibti-
laircs et la perte des cléments discaux postcrâ¬
niens (Andrews 1990). Aüo otns est classé plus
souvent dans la catégorie 2 d’Andrews qxxAsio
fLmnwus. Les restes du Monte di Tuda montrent
une surfragmentation trop importante pour que
l’on puisse comparer directement les proportions
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
149
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
Fig. 18. —Altérations chimiques sur les ossements du niveau VI du Monte di Tuda. A. incisive supérieure de rongeur (x 59) La den*
tine présente des craquelures en mosaïques et s'écaille. Ceci est attribué â une corrosion par un sol basique ou alcalin. B. desqua¬
mation de l'os sur la diaphysed’un fémur due aux intempéries climatiques et montrant des différences par rapport aux craquelures
produites par l'environnement alcalin (x 17,7). C. fragment proximal d’un fémur très altère par le pH acide du sot (x 8.9). D. détail de
la photo C (x 41,3).
des cléments squelettiques à ces trois prédateurs.
Cependant, le très laible taux d’incisives digérées,
trouvées üu Monte di Tiida (moins de 6 %), est
très similaire à celui de l'yio nlba (5 %) et plus
éloigne de celui d’/lr/r^ Jliimmeus (13 %) et d'Asio
otus {27 %). De même les grades de digestion
correspondent plutôt h Jÿia albn.
La détermination taxonomique du materiel de
réchantillon de la (raction VI met en évidence la
présence de neul es|?ècc.s de rongeurs, insecti¬
vores et chiroptères (T;ïhleau 5). Le nombre de
mandibules, de maxillaires et de dents isolée.s est
donné pour chaque espèce, ainsi que le nombre
minimum d’individu.s et son pourcentage dans
réchantillon. L’examen de la liste faunique
apporte des renseignements supplémentaires sur
le prédateur de la catégorie l d'Andrews respon¬
sable de l'accumulation du Monte di Tuda. En
effet, parmi les trois prédateurs possibles suggérés
par l’analyse de la digestion, deux sont des préda¬
teurs sélectifs. As/û otus exclut les crocidures de
son régime et A. fltnnmcus sélectionne exclusive¬
ment les campagnols. Les campagnols sont
absents de Corse, et A. jhmmeus est actuellement
très rare en Corse (Tbibanic 198.^) oii il ne
nicherait tjue .sur le littoral oriental. Son régime
alirneniaine n’est pas connu. Les Crocidurinae,
tics bien représentés dans le nivc^au VI du Monte
di Tuda, confirment réliminatîon dVI. otus. far
contre, l’absence de campagnols en Corse ne per¬
met pas d'écarter totalement la présence iXAsio
flnmmcm. Seul le critère de digestion permet
donc de conclure à la prédation par Tyto alba de
micrommamifères du Monte di Tuda.
CONSKRVAnON DIFFfRENTIFXLE
F.r FOSSILLSAI'ION
Des modifications préférentielles des ossements
150
GEODIVËRSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
Fig. 19 . — Altérations chimiques d’origine organique sur les ossements du niveau VI du Monte di Tuda. A. traces de racines sur la
diaphyse d'un fémur (x 17,7). B, traces de racines sur l’émail et la dentine d'une incisive supérieure de rongeur (x 26). C. détail de la
photo A (X 88,5). D. fines formes tubulaires pénétrant dans l'os (mycéliums, radicelles calcifiées ou rhizolithes ?) (x 177).
ont été observées dans dcvS pelotes de régurgita¬
tion de rapaces (Denys et ai sous presse). Elles
s'observent au niveau des taxon.s et de certains
éléments squelettiques plus robuste.s ou plus
denses (Lyman et ni. 1992) que d'autres. La
conservation différentielle est une des causes pro¬
bables de fossilisation piéférenriellc de certains
taxons et ossements. En elleu tneme si l’on
retrouve rarement des restes crâniens fossilisés de
micromammderes, la destruction préférentielle
des maxillaires et des mandibules de certaines
espèces favorisera la dispersion de.s molaires et
des incisive.s qui, une fois sorties des alvéoles,
seront encore plus facilement mobilisées ou
détruites lors des processus de fossilisation et de
diagénèse. Il a d'ailleurs été montré (Andrews
1992) que les incisives et les molaires in situ
montrent une digestion moins étendue et plus
légère que les molaires isolées. Les biais supplé¬
mentaires introduits dans les listes fauniques fos¬
siles par la conservation différentielle ne sont pas
faciles à estimer. Denys et al (sou.s presse) ont
par exemple monué le taux de conservation pré¬
férentiel des crânes des Gerbillinae par rapport à
ceux des Murinae dans des pelotes de régurgita¬
tion de hiibü bubo tiscalnphus en Algérie avec les
conséquences sur l’interprétadun du paléoenvi¬
ronnement (milieu plus aride cl plus ouvert
qu'en réalité). Il a donc été fait ici la meme
recherche en séparant les crânes er les mandibules
de Crocidurinae de ceux des Murinae.
Tour d'abord, il e.sc à noter qu'il n’existe dans le
niveau Vio du Monte di Tuda aucun élément
crânien en connection pour les Murinac alors
qu’on observe 18,6 % de demi-crânes chez les
Crocidurinae (ayant perdu uniquertlcnt U boîte-
crânicnne). Dans Pen-semble) les rangées den¬
taires sont bien conservées chez les Murinae ainsi
GEODiVERSITAS • 1997 • 19(1)
151
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
que Tapophyse zygomatique. Les mandibules
sont intactes chez 1,2 % des Murinaé contre
23,8 % des Crocidurinae. Chez les Murinae>
c’est la partie avant de la mandibule qui résiste le
mieux, cette dernière étant plus fragile à l’arrière
des M3 dans la zone de.s processus articulaires. Il
en est de même chez les Crocidurinae, bien que
les processus angulaires soient d’apparence plus
robuste. Pour les Murinae il y a seulement 7.3 %
des mandibules sans molaires contre 0 % pour
les crocidures. Eiiinn}% aucune des dents ne
subsiste sur les maxillaires tandis que 2 des 17
mandibules possèdent encore une molaire en
place. Chez R/ttlus, 8 des 26 maxillaires possè¬
dent encore au moins une molaire contre plus de
la moitié des mandibules (12 sur 23).
En ce qui concerne la conservation des os, il
semble que le radius soit le moins bien représenté
(moins bonne represenration que les fémurs et
les tibia-fibulae). H .s'agit du plus petit et du
moins robuste des os longs. L’humérus est le
mieux neprésenté des os longs du niveau VI du
Monte di Tuda.
Ces différences dans la conservation des restes
osseux de 1 un ou rautre des taxons de micro-
mammifercs sont importances. La destruction
des restes crâniens de Murinae est forte pour un
assemblage avssez récent provenant de pelotes de
Tyto alhii et témoigne des altérations secondaires
importiintes pouvant intervenir peu de temps
après la prédation er au tamisage. Cela montre,
que les restes de Crocidurinae résistent mieux
aux alterations post-prcdation et leur représenta¬
tion dans la liste faunique du niveau Vio pour¬
rait être légèrement meilleure (par rapport à la
faune initiale) que celle des Murinae. L’examen
de la liste faunique tend vers le même sens. Ceci
devrait être encore plus marqué pour des sires
plus anciens. De plus, selon Andrews (19V0), les
molaires de Crocidurinae résistent mieux à la
digestion que celles des Murinae. Ces comporte¬
ments différentiels doivent inlluer sur les proces¬
sus ultérieurs de lossilisation, mais leurs effets ne
sont pas encore bien connus.
Modifications post-prédation
ET FORM\TION DD SITE
D’après les résultats de l’observadon des cassures
et de leur abondance, on constate une nette sur¬
fragmentation post-prédation, puisque les valeurs
du Monte cÜ Tuda sont toujours très différentes
de celles attendues pour ün rapace de la
catégorie I. De plus, les fractures causées par
l’ingesrion ou la digestion des proies par le préda¬
teur ont des bords émoussés (Fig. 12C). Or seu¬
lement 21,5 % des os longs observés présentent
ce type de fracture. Mais dans ce pourcentage
sont comprises Ic.s cassures produites par d'jutres
alcéxarions ducs aux proprictes du sol, des racines
et au tamisage. Le taux des fractures effectuées
par l’ingestion et la digestion doit donc être très
faible, ce qui est vérifié pour la chouette effraie
(Andrews 1990). Une petite pan de cette frag¬
mentation secondaire peut être due au piétine¬
ment des o.ssements par les oiseaux (faihienient
par l’homme. Vigne inédit). Elles peuvent encore
survenir a cause de rexposition aérienne prolon¬
gée. Quelques traces en témoigttenc, sans que la
durée d exposition soit déterminée avec certitu¬
de. Lâe nombreuses cas.sures assez fraîches sem¬
blent résulter soit de l'action des racines dans le
sol, .soit du tamisage.
Les effets d un transport par l’eau de.s éléments
squelettiques n'ont pas été ob.servés dan.s Péchan-
tillon Vio de la couche la. I.es données sédimen-
tologiques signalent une circulation de.s eaux
karstiques moins massive que pour les niveaux
sous-jacems, et les iraces de manganèse sur les os
indiquent une certaine stagnation des eaux.
Pourtant^ des taxons endémiques, qui auraient
dii avoir disparu depuis une période temporelle
représentée par environ 10 cm, sont présents
dans le materiel : Rhagiiniys orthodon est repré¬
senté par quatre éléments sqiideiiiques non rou¬
lés, non digérés et Tyrrhcnicola hensdi par une
seule molainr. La présence de ces taxons résulte
soit de la provenance de l'échantillon pris dans
une zone moins fiable srraiigraphiqucment, soit
d’un léger remaniement à ce niveau. En effet, par
rapport à Pécbanrillon témoin VIT pris dans la
zone de réfenence. Péclmiitillon Vio serait moins
fiable (Vigne comm. pers.) Les bioturbaritms
peuvent également être la cause de remaniements
de sédiment. Les racines des plantes qui ont laissé
de nombreuses traces sur les os peuvent être à
l’origine de ces perturbations er on retrouve des
fragments d'Iierbacées actuelles dans le matériel.
De plus elles indiquent que les ossements sont
152
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
Tableau 5. — Liste taunique des mammifères de l'échantlUon Vio {couche 1 a) du Monte di Tuda. Le NMI total est de 797 individus.
Comparaison avec la liste faunique des pelotes actuelles de Tyto alba récoltées sous le porche et les données de Libois (1984) pour
plusieurs assemblages de pelotes de T. alba de l'étage méditerranéen supérieur de Corse. Liste faunique de l’échantillon VIT
d’après Vigne & Valladas (1996)t
MONTE DI TUDA
Vio
Crâne
Mx
Mdb
Mol. isol. NMI
% NMI
PELOTES ACTUELLES
NMI % NMI
Libois (1984) VIT
%NMi NMI %NMI
Muridae
Apodemus syfvaîicus
221
231
184
119
17,30
19
24,36
32.7
15
9,20
Mus musculus
461
571
252
300
43.60
19
24,36
29.1
62
38.04
Rattus ratîus
19
26
92
15
2,20
5
6,41
6.1
9
5.50
Rhagamys orîhodon
1
1
2
1
0,15
Muridae indet.
141
210
4
5,13
Myoxidae
Eliomys quercinus
12
23
53
13
1,89
0
0
0.5
2
1,30
Arvicolidae
Thyrrenicola henseli
1
1
0,15
0
0
Soricidae
Crocidura suaevolens
29
68
232
64
123
17,88
24
30,80
15
30
18,40
Suncus efruscus
19
34
210
10
114
16,60
7
8,90
5.6
44
27
Vespertilionidae
Myotis sp.
0
0
3
5
2
0,21
0
0
1
0.61
enfouis depuis assez longtemps sous une faible
épaisseur de terre. j?\rmou!-ChelLi &C Andrews
(1994) décrivent également l’action bioturbatricc
des vers de terre, qui peur être une autre cause.
L’analyse micromorphologique signale qu’à ce
niveau le milieu est biologiquement actif, avec
homogénéisation du sédiment (Fedoroff comm.
pers.).
Implications palüoenvironnkmentalhs
DU l’étude TAPHONOMK^UE
Malgré une trace de mélange qui ast probable¬
ment duc à la moindre qualité de réclnintillon
Vio pris dans une zone stratigrapliiqucmcnt plus
perturbée de la grotte (Vigne comm. pers.), il
semble que 'lyio tilba soir le principal prédateur
responsable de raccumulation de féchantillon
Vio de la couche la. C’est pmbablemcut aussi le
responsable de l’accumulation de l’échan¬
tillon VIT analysé par Vigne èc Valladas (1996).
La couche la c.si assez épaisse (2 à 10 cm) et rela¬
tivement homogène du point de vue du sédi¬
ment (Fig. 2). Sa mise en place est certainement
assez similaire pour tous les niveaux (artificielle-
mejit créés tous les 3 cm pour les bcsoin.s de la
fouille) qui la constituent. Il est fort probable
que Tyto atbû y soit responsable d’une patrie des
accumulations. Cependant» au vu de .son épais¬
seur et devant rexistcncc de remaniements dus
aux racines, aux vers..., on ne peut pas, en
l’absence d'étude laphonomiqiic déiaillcc des
autres écliâiitillons de cette couche, éliminer
Texistence d’un n^élange de prédateurs ou l’exis¬
tence de petits ruissellements venant modifier les
assemblages faunique.s. Par contre cela ne permet
pa.s de conclure à l'origine des autres échantillons
de la couche 1 ( Ib à le, mesurant environ 60 cm
d’épaisseur) qui peuvent être dus à un autre pré¬
dateur ou avoir subi d’autres altérations.
Après ces réserves, Pexamen de la faune du
niveau VI du Monte di Tuda peut être entrepris
d’un point de vue palcoenvîronncmcnraL
Néanmoins, la moindre qualité siraiigraphiquc
de l'échantillon Vio analysé ici par rapport à
celui décrit par Vigne Marinval-Vigne (1991)
et Vigne 6c Valladas (1996) (VIT) n'autorise pas
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
153
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
des conclusions paléoécologiqucs aussi précises.
Quelques remarques peuvent cependant être
faites.
La chouette eftraie (l'yto alha) est opportuniste et
chasse dès la nuit tombée dans les milieux
ouverts. Son domaine de chasse est litnité à un
rayon de deux à trois kilomètres autour de son
repaire. La liste faunique du niveau Vio sera
donc assez représentative du paléoenvimnnemcnr
local. Cependant, il faut garder à Fesprit que la
représentation des Soricidae dans la liste fau¬
nique fossile pourrait être légèrement supérieure
et celle des Murinac inférieure aux proportions
du régime alimentaire de la chouette à cette
époque, en raison des problèmes de conserv'ation
dilférentiellc étudiés dans un paragraphe précé¬
dent.
La liste faunique actuelle des rongeurs et insecti¬
vores de Corse est bien connue (Fayard 1984 ;
Noblet et ai 1987) ;
Muridés ; Apodemus sylvaticus^ le mulot ; Mus
musculiis domesticitSy la souris domestique ; Rût-
tus mn'vegicHSy le rat surmulot (très rare) ; Rattus
rattîiSy le rat noir.
Myoxidés : Eliomys quercinuSy le lérot ; Myaxus
glisy le loir,
Soricidés : Croddura suaveolertSy la crocidure des
jardins ; Suncus etruscus, la musaraigne étrusque
ou pachyure.
Les vingt-quatre espèces de chiroptères vivant en
Corse ne seront pas énumérées en raison de leur
très faible représentation dans le matériel fossile.
Deux taxons endémiques Rhagnpuvs orthodon et
Tyrrhenicola henseli sont présents dans le
niveau Vio, alors que d après Vigne èé Valladas
(1996) ils ont disparu depuis le niveau LX de la
couche la. Seulement neuf cenlinièire.s de sédi¬
ment environ séparent les doux niveaux (Fig. 2).
Le faible nombre de restes attribués à ces taxons
renvoie vraisemblablement à un problème de
pollution ou de remaniement. Ces deux taxons
sont donc exclus de la discussion sur les listes
fauniques.
Les pelotes actuelles de chouette effraie {lyto
albd) récoltées dans le porche de la grotte du
Monte di Tuda ont une composition faunique
très voisine de celle du nfoeau Vio (’lableau 5).
D'après Libois (1984). la totalité des espèces
atrendues dans le spectre des proies est obtenue à
partir du vingt-quatrième individu. On peut
considérer ici qu’avec soixante-dix-neuf individus
les pelotes actuelles d’effraie du Monte di Tuda
sont représentatives du régime alimentaire de la
chouette dans ce secteur. On observe quelques
différences dans les proportions des listes fau¬
niques. On constate tpie dans les pelotes actuelles
de Tyio albiu les proportions de rMus sont
légèrement .suf^érieufcs, ainsi que celles
ApodenuiS, Par coiure, Mus musadiu^ est beau¬
coup plus abondante dans Fécliantillün Vio. les
Crociclures montrent egalement de.s différences
de proportions. Par rapport aux données géné¬
rales de Libois (1984) concernant toute la Cor.se,
on constate le plus faible nombre A'Apodernus et
de RattuSy une plus forte proportion de Mus mus-
cttlus et de Sunais dans la fraction Vio de la
couche la. l'analv'sc de la préservation differen-
tielle des restes crâniens avait montré que les
insectivores se conservaient mieux que les
Murinae. La plus grande taille à'Apodernus et de
Rattus ptm avoir favorisé la fragmentation plus
marquée des restes crâniens et permis une moins
bonne représentation de ces derniers. Iæs crânes
de Mus soJit plus fragiles et ce genre esr représen¬
té par un nombre élevé de molaires isolées qui
peuvent facilement èin? emportées par l'eau ou,
vu leur petite caille, pa.ssée.s au travers des tamis.
Les biais inctoduit.s par la conservation différen¬
tielle dans les listes fauniques ne sont pas connus.
Il semble cependant que devant la taille impor¬
tante des échantillons Vio et VIT, les consé¬
quences n'en soient pas trop significanves. Pour
des échantillons de plus petite taille le problème
reste délicat.
Le lérot est absent des pelotes de chouette effraie
du Monte di duda. D’après Lîboi.s (1984), il se
trouve en faible quantité dans le régime de
Feffraie (0,5 %). Dans le niveau VI il est présent
en plus grand nombre. J.e lérot est mieux repré¬
senté en aldrude ou il préfère les forets et les
zones rocheuses. Les pelotes du Vlontc di Tuda
ont été récoltée.s deux ans apres un feu et leur
composition launique reflète bien sur un milieu
plus ouvert que normal dans l’ctagc méditerra¬
néen supérieur. Le mulot préfère aussi les zones
boisées et les maquis moyens tandis c|ue la souris
est particulièrement abondante dans les champs
cultivés et les maquis bas. La faune fossile du
154
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
niveau Vio reflète donc un paysage ouvert
(champs cultives ?), nettement plus ouvert que
celui donné par les pelotes deux ans après un
incendie, avec cependant à proximité des îlots
boisés {présence du lérot). Dans cctre comparai¬
son, où les facteurs historiques ne sont pas pris
en compte, il est possible Eliomys soit en
diminution d'eftectifs sur le territoire corse alors
que RattîiS serait en augntcntaiion.
En ce qui concerne réchantillon VIT, Vigne &
Valladas (19%) montraienr s:i composition fau¬
nique différente de racruellc et le situaient
comme représentant un paysage anthropique
ouvert correspondant à des champs cultivés avec
de la vigne ei de Tolivier. Les résultats de laiia-
lyse paléoécologïque des échamillons Vio et VIT
sont concordants. Cependant, les proportions de
Mus et de Suncus sont encore plus élevées dans
l’échantillon VIT, Les quelques différences rele¬
vées entre les' deux échantillons rappellent qu’il
est fondamental d'apporter le plus grand .soin h la
qualité et à l'abondance de I échantillonage.
CONCLUSION
Dans cette érude taphonomique, les éléments
post-crâniens du Monte di Tuda ont été répartis
en de nouvelles classes de fragments squelettiques
car le matériel sub-fossilc s’esi montré plus frag¬
menté que les assemblages de prédateurs actuels,
De meme il a été créé de nouvelles classes de
fragmentation des crâne.s, des maxillaires et des
mandibules pour les rongeurs et les insectivores.
Ceci permet d’aborder d'un point de vue quanti¬
tatif les problèmes de conservation différentielle
et leur importance sur les listes fauniques. La
méthode taphonomique avait ju.^qu ici négligé les
restes fossiles qui nappartenaieiit pas au groupe
des rongeurs (Muridés ou Arvicolidés), comme
les insectivores. Afin d’améliorer les antily.ses de la
fragmentarion, il faudrait concevoir deux
méthodes différentes pour les rongeurs çt le.s
insectivores â partir d’assemblages actuels de pré¬
dateurs. Il serait bon d’enrichir cette méthode
par des expériences de Iragmcntarlon afin d’éta¬
blir des critères pour chacun de ces groupes.
L’application de la méthode aux ampliibiens et
aux reptiles est aussi très délicate (Pinto 1995).
L'analyse vséparcc des restes crâniens de rongeurs
et d'insectivores laisse entrevoir une meilleure
conservation différentielle des restes d'insecti¬
vores (|ui pourrait induire une légère sur-repré¬
sentation de ces derniers dans les listes faunique.s.
L'étude taphonomique des micromammiferes de
réchantillon Vio de la couche la du site du
Monte di Tuda montre que les testes sub-fossÜe.s
ont une origine primaire par coproccenose. La
chouette effraie sc trouve être le principal préda¬
teur pouvant correspondre aux caractéristiques
des restes de petits m.tmmifère,s (période d'activi¬
té, traces de digestion). Des chcmcrtcs d âges dif¬
férents (nid ?) pourraient être responsables de
cette accumulation, ce qui expliquerait l'exis¬
tence de quelques dents rnontrant une digestion
un peu plus forte. Ce résultat peut s'appliquer à
l'échantillon VIT qui a fait l'objer d’analyses
paléoécologique.s par Vigne & Valladas (1996) et
être étendu probablement à la couche la
Par ailleurs, il apparaîi clairement que les osse¬
ments .sub-fossiles ont subi des altérations posi-
déposilionnellcs assez importantes malgré Page
récent de ce gisement. Les restes de réchantillon
sont plus fragmentés que ceux obtenus dans les
pelotes de chouette effraie, l-es altérations chi¬
miques par les radne.s sont importantes, alors
que celles causées par le sol ou les agents atmo¬
sphériques interviennent à un moindre degré. Le
matériel est dans l'ensemble bien conservé. La
présence de Tyrrhenicola henseli et de Rhagamys
orthodon (normalement disparus depuis 9 cm),
indique un remaniement des faunes dont les
causes sont dilFidles à interpréter (action hiotui-
bacrice des racines des plantes et des animaux
fouisseurs ou provenance moins fiable lors de la
pri.se de réchantillon ?). L'étude taphonomique de
niveaux plus anciens devrait permettre de mieux
appréhender l’iniportaiice de ce phénomène.
Ce travail a donc permis de mettre en évidence
des ])hénomcnes de conservation différentielle
qui ne doivent pas être négligés dans le cas
d'échantillons de laible caille.
Il montre, de plus, c|ue la connaissance du préda¬
teur responsable d’une accumulation, de ses
méthodes de chasse, et des altérations post-
prédation, post-dégagement, permet d’améliorer
la fiabilité des interprétation.s paiéoenvironne-
mentales.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
155
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
Remerciements
S. Aulagnier a fourni des assemblages de pelotes
du Massif central» J. D. Vigne nous a confi(5 le
matériel pour Cctlc étude, il a fourni les pelotes
de chouette effraie de Corse et amélioré par ses
remarques constructives le manuscrit. Les photos
M.E.B. ont été effeciuées par Mme Laroche
(laboratoire de Paléontologie, MNHN).
J. Cuisin (laboratoire de Zoologie Mammifères et
Oiseaux, MNHN) a aidé à la détermination des
restes squelettiques.
RÉFÉRENCES
AJcover J. A. 1980, — Note on the origin of the pré¬
sent mammalian fauna from the Balearic and
Pityusic islands. Mhcellama Zovlogica 6 : 141-149.
Andrews P. 1990. — Qwl.s, Caves and Fossils.
Publications of the Natural History Muséum^
Londres: I-23L
Armour-Chelii M. àc Andrews F. 1994. — Soinc
cflccts of bioturbation by carthworms
(OligocluK'ta) on arehaeological sites. Journal of
Archaeotùpcal 5< iauc 2 1: 4.33-44.^.
Aver}’ D. M. 1982. — VlicromaminalN as palaeoenvi-
ronmcntal indicuors and an inririprcuiion of ihe
Late Quatcniary in iho Southern Cape Province,
South Africa. Annals of the South African Muséum
85:18.3-174,
Chalinc J, 6c Brocliet G. 1989. — Les rongeurs. Leur
signifiauioii paléoécologique et palcoclimatiqiie. La
Baume de Gigny (Jura), in Campy M.. Chalinc J.
& Vuillemey M. (eds). Gai lia Préhistoire, CNRS,
Paris, XVU supplémetir : 97-109.
Denys C. 1985. — Nouveaux criières de reconnais¬
sance des concentrations de microvenélires d’après
l’étude des peloics de chouetres du Rostwana
(Afrique au.siralc). Bullatn Au Muséum national
fHistoire naturelle. Parcs, série 4, A (4) : S79-933.
— 1986. — Le gisement Pliocène de Laeroli
(Tanzanie, Alriquc de l’Est) : analyse taphono-
mique des assemblages de mierovertébrés.
Palaeontographùyi 194; 09-98.
L^enys C. èc Mahboubi M. 1992. -— Altérations
structurales et chimiques des éléments squelettiques
de pelotes de régurgitation d'un rapace diurne.
Bulletin Au Muséum national A'ilistoire naturelle,
Paris, série 4, A 14 (1): 229*249.
Denys C.» Geraad.s D. HiihlitiJ.J. éc long 11. 1987-
— Méthode d étude taphonomiquc dos inicroverié-
brés. Application au site Pléisrocène de Fighonif
{J'ernifine, Algcric). Anhacozoologia 1: 53-82.
Denys C,, Dauphin Y.» R/ehik-Kowalska B. &
Kowalski K. sous pre.sse. — I aphonomical study of
Algcriaii osvl pdlcrs assemblages and dilTercniial
préservation of some rodent.s, Paleoecological
implications. Acta Zoologica Cracovumsia.
Dcidson P. & Wexiar D. 1979. — Taphonomic
investigation of owl pellcis. Paleohiology 5:
275-284.
Fayard A. 1984. — Atlas Aes nttWimiléres saunages de
hrance. Ouvrage collectif. Société française d'étude
erdeproteaion des mammifères, Paris, 299 f).
Fernandez-Jalvo Y. 1992. — Tafonowia de
MicrooertebraAos Ael CompUjo Carstteo Ae Atapuerca
{Burgos). Ph.D. Universiiy Cromplutense of
Madrid: 1-559.
— 1995. — vSmail mammal taphonomy at La
Trinchera de Atapuerca fBurgo.s Spain). A remar-
kable exàmple of taphonornic criterij used for stra¬
tigraphie corrélations and palaeoenvironmcnt
intcrprecations, Paleogeograph^ Palroclhnatology
Pakoecology H4: 167-195-
Fernandc'/.-Jalvo Y. &: Andrews P. 1992. — Small
mamtnal taphonomy of CJran DoÜna, Atapuerca
(Burgo.s), Spain. Journal of Arehaeological Science
19:407-428.
Fernandez-Jaivo Y., Denys C.. Andrews P., Williams
T.C., Dauphin Y. & Humplircv' L. sous presse. —
Faphonomy .and paleoecology oFOIduvai Bed J
(Plcisiûcene. 4 . Journal of lluman Evolution.
JaegcrJ.-|. 1979. Les rongeurs (Mammalia
Rndcmia) du PIio-J9éistocêne d’Afrique ; intérêt
biostrarigraphique et paléoclimatique. Alétnoircs de
la Société géologiifut Ae f rance, série 7, 21 (3) :
301 308.
Liboii R. 1984. — F-ssai synéct)Iogiquc sur les micro-
mammifères d'Europe Atlantique et ouest méditer¬
ranéenne. Étude par analj^e iltt régime alimentaire
de la chouette effraie Tyto niha (Scopuli). Cahier
A'Ethologie Applicjuéc 4 (2) : 1-202.
Lyman R. i.., Houghton L. E. 6l CJhambers A. L.
1992. —The cReci of structural density on marmot
bkeietal part reprcscniaiion in arehaeological sites.
JountalofArcbaeolagicai Scknec 19: 55‘^-573.
Nobici J. F. 19S7. — Les mammifircs en Corse, hspeces
éteintes et actuelles. Ouvrage collectif. Parc Nvutonal
régional de Coise, (64 p.
Pinto A. 1995. — Tafonomia Ae dofthins y su aplica-
don al reghtro pleistoceno de la Trinchera Dolina
(Sierra de Atapuerca, Burgos). Tcsin.i Universidad
Barcclona, Fevrici* 1995 (non publiée).
Raczynski J tV Ruprecht A, L. 19'^4. — The cffcci of
digestion on the osteological composition of owl
pcllets, AcUi Ofvithologica XIV, 2: 2S-3S.
Sanders E. A. C. & Reunier j. W. F'. 1984. — The
influence of prehistopc and Roman rnigruttons on
the vertebrate Utiiia ol Menorca, Spain. Bntish
ÂrJjaeolofu'al Records fiueinarional Séries 229 (1):
119-138.'
rhibauli j.C. I9R3. — Les Oiseaux de l.i Corse,
flisroire et répartition .aux XlX’ et XX‘ siècles : 1-255,
in Publications du Parc naturel Régional de la Corse.
De Gcrlau, Paris.
156
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
Tuross N., Behrensmeyer A. K., Evans E. D., Fisher
L. W. & Hare P. E. 1989. — Molecular préserva¬
tion and cristallographie alterations in a weathering
sequence of wildebeest bones. Applied Geochemistry
4: 261-270.
Vigne J. D. 1982. — Nouvelles données sur le peu¬
plement de la Corse par les rongeurs subactuels et
actuels. Mammalia 46 : 261-264.
— 1988. —- Les mammifères post-glaciaires de Corse,
étude archéozoologique. Gallia Préhistoire, CNRS,
Paris, XXVr supplément, 337 p.
— 1992. — Zooarcheology and the biogeographical
history of mammals of Corsica and Sardinia since
the last Ice Age. Mammal review 22 (2): 87-96.
Vigne J. D. & Alcover J. A. 1985. — Incidence des
relations historiques entre Phomme et Panimal dans
la composition actuelle du peuplement amphibien,
reptilien, et mammalien des îles de Méditerranée
occidentale. Actes du 110' Congres national des
Sociétés Savantes ( Montpellier 1985)y section
Sciences, 2: 79-91.
Vigne J. D., Bailon S. & Cuisin J. sous presse. —
Biostratigraphy of Amphibians, Reptiles, Birds and
Mammals in Corsica, and the rôle of man in the
Holocene turnover. Anthropozoologia.
Vigne J. D. bc Marinval'Vigne M. C. 1991. —
Réflexions écologiques sur le renouvellement holo¬
cène des micromammifères en Corse : les données
préliminaires des fossiles du Monte di Tuda :
183-193, in Le Berre M., Le Guelte (Resp.),
Chabaud R. (eds). Le Rongeur et PEspace. Paris.
Vigne J. D. & Valladas H. 1996. — Small mammal
fossil assemblages as indicators of environmental
changes in northern Corsica during the last
2500 years. Journal of Archaeological Science 23:
199-215-
Manuscrit soumis pour publication le 15 juin 1995 ;
accepté le 12 mars 1996.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
157
Microvertébrés du Monte di Tuda (Corse)
Errata
An unfortunate misspelling, tenths instead of tens,
has compledy modified the conclusion of the follo-
wing paper :
Earth’s polar displacements of large amplitude :
a possible mechanism
{Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle,
Paris, série 4, C, 18 (2-3) : 517-554, 1996).
The true conclusion is the following :
Conclusion
The study of the Earth’s rotation and of the displa¬
cement of its pôles over geological time is a com-
plex but also very beautiful undertaking implying
many domains of science from astronomy, mecha-
nics and space dynamics to geology, geophysics,
rheology ans seismology. The positions of pôles at
the Earth’s surface are usually very near to their
positions of stable equilibrium which are given by
the main axis of largest inertia of the “non-rotating
Earth in isostatic equilibrium”. The corresponding
relaxation timc is usually about 100 000 years.
The stable equilibrium positions dépend very much
on the variations of the Earth’s crust and the pôles
hâve certainly moved much more than the different
lithospheric plates. Large orogenies andlor large sub¬
ductions can move the pôles by tens of degrees within a
few million years. We can hope that the plate tecto-
nics and paleogeography will be able to yield an
accurate description of the successive polar shifts.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
159
Instructions aux auteurs
La ligne éditoHale
Elle prendra en compre divers aspects de la
recherche en Sciences de la Terre» en particulier
rhisroire et le comporrement des bassins sédimen-
taires, la paléobiodivcrsicil et les paléoenvironne¬
ments. Un niuncro de Geodwersitns par au pourra
être consacre, exceptionnellement, au débar contra¬
dictoire sur un sujet d’actualité, ou sur un thème
donné et sous la tesponsabilité d'édiLcur(s) invitc(s).
Les manuscrits» dont le nombre de pages n'esr pas
limite a priori, devront suivre rigoureasement les
recommandations aux auteurs (voir ci-dessous) et
seront à adresser Üi ta revue ’
Semee des Publications scientifiques du Muséum,
Geodi versitas,
57 rue Cuvier,
F-75231 Paris Cedex 05.
Tel : (33)01 40 79 34 38
Fax: (33)01 40 79 38 58
e. mail : bulletin mnhn. Ir
Les chapitres de systématique devront sc conformer
aux règles du Code International de Nomenclature
Zoolagujue.
Tour manuscrit non conforme à ces instructions
sera retourné pour mise au point. Chaque manus¬
crit est évalué par deux rapporteurs, ou plus.
Instnutions aux auteurs
Chaque manuscrit soumis (y compris les illustra¬
tions) doit être présenté en trois exemplaires (un
original et deux copies) au format A4, avec un
double interligne et des marges d’au moins 3 cm ;
chaque page sera numérotée. Lc.s illustrations origi¬
nales seront jointes au manuscrit définitif, ainsi
qu’une disquette 3.5" de format Apple Macintosh
ou compatible IBM, qui devra contenir également
les tableaux et éventuellement les illustrations (trai¬
tement de texte Word, Word Perfect... ).
Le fonnat
Les manuscrits, écrits en français ou en anglais, doi¬
vent être structurés comme suit :
- titre si possible bref ; un titre courant doit être
proposé ;
- nom(s) et prénom(s) de(s) auteur(s) suivis de
leur(s) adresse(s) profcssionnelle(s). en indiquant si
possible le numéro de Fax et l'adresse électronique ;
- résumés écrits en ftançai.s et en anglais (800 signes
au maximum chacun), suivis de.s mots-clés et « key-
words » ;
- dans le texte courant, utiliser les italiques pour
tous les noms en lann (taxons de rang générique et
spécifique, et al ... ) ;
- dans le texte courant, les références aux auteurs
seront en minuscules, ex. Dupont (2001), Dupont
(2001, 2002), (Dupont 2001 , Durand 2002),
Dupont (2001 : 1), Dupont (2001, fig. 2).
- dans le texte courant, les références aux illustra¬
tions et aux tableaux de rarticle seront présentées
ainsi : (Fig. l), (Fig. 2A, D), (Figs 3, 6), (Figs 3-5),
(Tableau 1) ;
- les remerciements seront placés à la fin du texte,
avant les références bibliographiques ;
- les références bibliographiques doivent suivre les
exemples donnés d-dessous ;
- indiquer clans la marge l'emplacement des illustra¬
tions dans le texte definitif
- donner les légendes des figures sur une feuille
séparée.
Les illustrations
Une attention particulière sera portée à la qualité et
la pertinence de fillustracion.
Les illustrations au trait doivent être réalisées à
fencre de Chine ou être fournies en impression
laser. Les photographies, bien contrastées, seront
sur fond noir ou blanc. Elles pourroni être regrou¬
pées. et dans ce cas, identifiées par une lettre en
capitales (A, B, C...). Les planches photogra¬
phiques, placées dans le corps de Fartide et non
regroupées à la fin de celui-ci, doivent être traitées et
numérotées comme des figures. Les illustrations
pourront être assemblées sur une largeur de colonne
(70 K 190 mm ) ou sur toute la largeur de la justifi¬
cation (144 X 190 mm). I^a rédaction encourage la
présentation de photographies avec tout ou partie
de leur interprétation par un ou des dessins au trait.
Aucune légende, ni lettrage ne sera placé sur les ori¬
ginaux. Ils figureront sur un calque joint avec
chaque figure, la rédaction se chargeant de les pla¬
cer. Chaque figure doit comporter une échelle
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
161
Instructions aux auteurs
métrique. Les tableaux et graphiquCvS, a inclure dans
le manuscrit, doivent nécessairement pouvoir être
imprimes sur une page et rester lisibles après réduc¬
tion éventuelle. Des planches en couleur pourront
être publiées moyennant une participation finan¬
cière de ou des auteurs.
Références bibliographiques
Denison R. H. 1978. =— Placodermi, in Schultzc
H. P. (ed.), Handbook of Paleoichthyology^
Volurne 2. Gustav PiscLer, Stuttgart, 128 p.
Marshall C. R. 1987, — Lungfish; phylogeny and
parsimony» in Bemis W. E., Burggren W. W.
& Kemp N. E. (eds), The Biology and
Evolution ot Lungfishes, Jountal oj Morphology
1: 151-162.
Schultze H. P. & Arsenaidt M. 1985. — The pan-
derichthyid fish Elpistostege: a close relative to
tetrapods? Paleontology llit: 293-309.
Schultze H. P. 1977a. — The origin of the telra-
pod limb wiihin the rhipitlistian fishes:
541-544, Hcchi M. K., Goody P. G. &
Hecht B. C. (eds), Àiajor Patterns in Vertebrate
Evolution. Plénum Press, New York and
London.
Épreuves et tirés a part
Les épreuves seront adressées à l’auteur ou au pre¬
mier auteur (sauf indication contraire) et devront
être retournées corrigée.s sous huitaine. Les correc¬
tions, autres que celles imputables à la rédaction ou
à Pimprimeur, seront à la charge des auteurs. I^(s)
auteur(s) recevront gracieusement vingt-cinq tirés à
part, les tirés à paît supplémentaires seront à com¬
mander sur un formul.iire joint aux épreuves.
Soumettre un article pour publication dans
Geodiversitas suppose que celui-ci ou tout article
proche dans la même langue ou une autre langue,
n’ait pas été soumis dans une autre revue, même
dans l’attente de son acceptation. Les droits de
reproduction de l’article, y compris des illustra¬
tions, sont réservés à la revue. La reproduction de
tout ou partie de Particle doit faire l’objet d’une
demande écrite préalable adressée à la rédaction.
ScQpe of the Journal
Geodiversitas publishes papers wincli concern varied
aspects of Earth Sciences and parricularly hisrory of
sedimentary basins, palaeobiodiversity and paleoen-
vimnnjcni. A complété issue of Geodiversitiis may
be devoted to scveral papers on a single topic under
rhe responsability of guest cditor(s). Papers wiih a
systcmatic content should foliow the International
Code of Zoolo^ical Nomenclature. Manusciipts,
withoui limitation of the luirnbcr of pages, must
conform strictiy with rhe instructions to authors,
and will be sent co rhe Editor;
Service des Publications scientifiques du Muséum,
Geodiversitas.
57 rue Cuvier.
F-75231 Paris cedex 05.
Tel: (33) 01 40 79 34 38
Fax: (33) 01 40 79 38 58
e, mail : bulletin @ mnhn. fr
Instructions to authors
Manuscripts, with illustrarions, must be submitted
in triplicarc (onc original and cwo copies) in A4
format, double spaced, with margins of at loast
3 cm and ail pages numbered- 'l'he original figures
shoukl be sent with rhe revi.sed mannscript, as wcll
as a 3.5" disquette Apple Macintosh or IBM-com-
paliblc (Word, Word Pcrfect... ) format, which will
al-so contain tables and posslbly figures.
Format
Paper.s are to be written in simple and concise
French or English. They should be organized as fol-
lows:
- a brief rirlc;
- a suggested running head;
- name(s) of ,iurhor(s), followed by rheir full profes-
sional address(es) and, if pos.siblc. Fax number and
e-mail;
- abstracts (in English and French) not exceeding
800 signs each, \vicl] key-words and “mots-clés”;
- reXt tvith italicized words for Latin (t;ixa of gene-
ric and spécifie ranks, et ai^
- rcfcrences to authors in m;un nexi should be pre-
sented as follows: Smith (2001), Smith (2001,
2002), (Smith 2001), (Smith 2001; Cary 2002),
Smirh (2001: 1), Smith (2001, fig. 2);
- rcfcrcnccs to illustrations and tables should be
indicated as follows; (Fig. 1), (Fig. 2A, D), (Figs 3,
6), (Figs 3-5), (Table 1);
- keep acknowledgemcnfs short and place them at
the end of the texr before référencés; please do not
forger the revisers;
162
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
Instructions aux auteurs
- give captions to illustrations on a separatc sheet.
Illustrations
The éditorial board will pay spécial attention to the
quality and pertinence of illustration.
Line drawings must be in Indian ink or high quali¬
ty laser printouts; high contrast photographs, pla-
ced on white or black backgrounds, are reqtiired.
These can be grouped into Figures and identified
by letters A, B, C ... Plate.s are not placcd at the
end oF the article: they will be considered as figures
and numbered as such. Arrange Figures to fit one
or two columns (70 x 190 mm or 144 x 190 mm).
Associate interprétation of photograph with line
drawing. No diagram or table is to excced one
page. Letters, numbers, etc., for each figure, are to
be indicated on an accompanying ovcrlay, not on
the original figure (line eut or half-tone). A scale
bar is needed for each figure.
References
Denison R. H. 1978. —Placodermi, in Schultze
H. P. (ed.), Handbook of Paleoichthyology,
Volume 2. Gustav Fischer, Stuttgart, 128 p.
Marshall C. R. 1987. — Lungfish: phylogeny and
parsimony, in Remis W. E., Burggren W. W.
& Kemp N. E. (eds), The Biology and
Evolution of Lungfishes, Journal of Morphology
1: 151-162.
Schultze H. P. & Arsenault M. 1985. — The pan-
derichthyid fish Elpistostege: a close relative to
tetrapods? Pnleontology 1^: 293-309.
Schultze H. P. 1977a. — The origin of the tetra-
pod limb within the rhipidistian fishes:
541-544, in Hecht M. K., Goody P. C. &
Hecht B. C. (cds), Major Patterns in Vertebrate
Evolution. Plénum Press, New York and London.
Proofs and reprints
Proofs will be sent to the first author for correction
and must be returned within eight days by express
mail. Authors will receive twenty-five ofFprints free
of charge; further offprints can be ordered on a
form supplied with the proofs.
The submission of a manuscript to Geodiversitas
implies that the paper, or a similar one, is not being
offered for publication eisewhere. Copyright of
pLiblished paper, including the illustrations,
becomes the property of the journal. Requests to
reproduce material from Geodiversitas should be
addressed to the editor.
Les articles de ce volume doivent être cités
comme suit :
The articles of the présent volume should be cited as
follows:
Cloutier R. 1997. — Morphologie et variations
du toit crânien du dipneuste Scaumenacia curta
(Whiteaves) (Sarcopterj'gü) du Dévonien supé¬
rieur du Québec. Geodiversitas 19 (1) : 61-105.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(1)
163
Mise en page
Noémie de la Selle
Packaging Éditorial
Achevé d’imprimer
sur les presses de Plmprimerie Durand
28600 Luisant (France)
Date de distribution le 28 février 1997
geodiversitas
1997 * 19 (1 )
^ Pouyet S.
' • Les bryozoaires du Pliocène de Normandie
Vente en France Sales Office (France excluded)
Muséum national d'HIstoIre naturelle Universal Book Services
Diffusion Delphine Henry
57, rue Cuvier, 75005 Paris
France
Tél.: 33 01-40 79 37 00
Fax:33 01 40 79 38 40
e.mail : dhenry@mnhn.fr
Dr. W. Backhuys
P O. Box 321 2300 AH Leiden
The Nelherlands
Tel. : 31 71 517 02 08
Fax: 31 -71 517 18 56
e.mail : bdckhuys@euronet.nl
Conception Graphique : Isabel CAUTRAY
ISSN (en cours)
61
107
129
I Cloutier R.
’ Morphologie et variations du toit crânien du dipneuste Scaumenacia curta (Whiteaves) (Sarcopterygii),
du Dévonien supérieur du Québec j
Ginsburg L. & Bulot C.
'Les Diploq^nodon (Reptilia, Crocodylia) de TOrléanien (Miocène inférieur a moyen) de France
Sanchez V., Denys C. & Fernandez-Jalvo Y.
•Origine et formation des accumulations de microvertébrés de la couche la du site du Monte di Tuda
(Corse, Holocène). Contribution à l'étude taphonomique
des micromammiferes