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Les sédiments métallifères des fosses Atlantis II,
Néréus et Commission I de la mer Rouge.
Campagne MD 29 du Marion Dufresne (1981).
Collections Lithothèque marine du Muséum.
Pierre CLÉMENT & Pierre-Jean GIANNESiNi
Laboratoire de Géologie, CNRS-ESA 7073, Muséum national d’Hisîoire naturelle.
43 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France)
Clément P. & Giannesini P.-J. 1998. — Les sédiments métallifères des fosses Atlantis II,
Néréus et Commission I de la mer Rouge. Campagne MD 29 du Marion Dufresne (1981).
Collections Lithothèque marine du Muséum. Geodiversitas 20 (2) : 153-228.
RÉSUMÉ
Les caronagcs effectués dans les fosses de la zone centrale du rift de la met
Rouge (AiUntis IL Ncréüs et Commission I) ont prélevé sur le socle ba.sal-
tique des séries scdimcntaircs métallifères d'âge 1 lolo-Pléistocène. Les phases
minérales principales, cristallisées et amorphes, de ces sédiments sont décrites
dans leur contexte lithologique et la répartition verticale des faciès qu’elles
caraciérisenr esr comparée à la séquence lithologique de référence établie par
Backer &; Richrer en 1973. L'analyse géochimique de certains éléments
majeurs (Ni, C>u, Co, Fe, Mn, Pb et Zn) a permis de mieux définir les phase.s
porteuses de ces éléments. À titre d’hypothèse, le litage k différentes échelles
(métrique et centimétrique, voire même millimétrique) est rnis en relation
avec les phénomènes de stratification et d'homogéneisation des saumures qui
tapissent le fond de ces fosses, ainsi qu’avec les fluctuations bathymétriques
des interfaces hydrologiques.
ABSTRACT
The metalliferoîis sédiments from different deeps of the Red Sea (Atlantis //,
Nereus and Commission I) collnted dtmng the Leg 29 of the Marion Dufresne
(J981). Collections of the marine core repository of the Muséum national
d'Histoire naturelle. During the Leg 29 of the Marion Dufresne (1981), thir-
ty-foui piston corcs wert collected in the metalliferous sédiments deeps of
the Central Rift Valley of the Red Sea (Atlantis II, Nereus and
Commission I). The main amorphou.s or crysiallized minerais from these
sédiments arc rccognized and permit proposing a vertical distribution of sedi-
mentülogical faciès in reg-ard to lithological séquencés of Backer Richccr
(1973). A chcmical analysis of Ni, Cu, Co, Fe, Mn, Ph and Zn is used ta
idenrify ihe origin of thèse major éléments. Metric, centimetric and even
millimetric hedding of deposits k relared to stratification and liomogcniza-
tion processes within the hot brines pool.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
KEYWORDS
Red Sea-
deeps,
metalliferous sédiments,
beddings,
hor brines,
ox>'-hydroxydes,
sulphidcs,
sulphatcs,
carbonates,
authigenic silicates.
MOTS CLÉS
mer Rouge,
fosses,
sédiments métallifères,
litages,
saumures,
oxy-hydroxydes,
sulfures,
sulfates,
carbonates,
silicates de néoformation.
Clément P. & Giannesini P.-J.
HISTORIQUE ET OBJECTIFS
Le rift de la mer Rouge, dont la formation
remonte au Miocène inférieur (Hall et al. 1977),
est jalonné de fosses (Fig. 1) dont l'hydn^logie est
caractérisée pour certaines d^entrc elles
(Atlantis IL Néréus) par une stratification de
saumures chaudes correspondant à un lessivage
des dépôts évaporitiques mes.sinicns qui bordent
Taxe du rift (Craig 1966 ; Schoell &c Faber 1978).
Le socle basaltique de ces lusses est soumis à une
activité hydrothermalc qui entretient Tanomalie
thermique des saumures et leur enrichissement
en métaux dissous. Il e.st recouvert d une faible
épaisseur de sédiments (0 h 50 m) dont l'âge de
la base est Holo-Pléistocène. Il s'agit d'une strati¬
fication de dépôts métallifcres d'origine hydro-
thermale (à oxydes et/ou à sulfures) et de carbo¬
nates pélagiques et détritiques caractérisant la
sédimeiuaiioii normale de la mer Rouge.
En 1965, un premier échantillonnage des depots
minéralisés dans une fosse à saumures chaudes
(Atlantis II) a été réalisé par VAtlarHis (Miller et
al 1966). L’intérét suscité par cette découverte a
été tel que, depuis lors, de nombreuses cam¬
pagnes océanographiques ont permis de recon¬
naître et d'inventorier de nouvelles fosses
minéralisées s'échelonnant le long de la zone
axiale, et d'échantillonner à la fois les sédiments
métallifères et les saumure.s qui leur étaient par¬
fois associés. Parmi routes les études effectuées, il
faut retenir plus particulièrement celles de Backer
& Richter (1973) qui ont établi la première syn¬
thèse lirhosrratigraphique relative aux corps sédi-
mentaires minéralisés de la fosse Atlantis 11
(Fig. 2). Les horizons lithologiques caractéris¬
tiques ont été définis à la suite de l'inventaire des
principaux faciès (pélagiques et dérririques, oxy¬
hydroxydes, sulfures, sulfates, carbonates et sili¬
cates), et confirmés par Backer en 1976, alors
que l’intérêt minier devenait évident compte
tenu des concentrations en métaux comme le Fe,
Zn, Cu, Pb, Mn, Ag, Au et Cd.
Avec cerre double préoccupation (minière et
lithostratigraphique), la campagne MD 29 du
Marion Dufresne (Fig. 1) avait pour objectifs
principaux d'éiudier :
1. Les dépôts métallifères de la fosse Atlantis IL
— Identification des différents faciès : leur réparti-
38°
Fiq. 1 . — Carte balhymétrique simplifiée de la zone centrale de
la mer Rouge Sites de carottages dans les fosses Néréus,
Hatiba, Atlantis II et Commission I (campagne MD 29. 1981 ).
tion verticale et la comparaison avec la zonation
établie par Backer Ôi Richter (1973) ; leur répar¬
tition horizontale sur les différentes morpho-
structures de la fosse (bassins, seuils, bordures).
- Etudes géüchimiques et évaluation des teneurs
en métaux des différentes unités métallifères
identifiées.
2. Les produits de la sédimentation normale de
là mer Rouge, pélagiques et détritiques.
- PréJèvcmcjtcs hors fosse métallifère Atlantis II
(faciès de bordure), donnant la référence de cette
sédimentation normale.
- Prélèvements dans d'autres fosses possédant
(Néréus) ou ne possédant pas (Commission I) de
saumures.
Le Laboratoire de Géologie du Muséum avait
pour charge l’étude détaillée de la lithologie et de
la biostratigraphie des séries sédimentaires,
niveau par niveau, permettant la constitution
154
GEODIVERSITAS - 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Roug<
1 BASSINS NORD. OUEST ET EST
BASSIN SUD-OUEST |
NM
AMORPHOU8 SILICATIC ZONC
SMIA
SULFIDIC-AMORPHOOS
SILICATIC ZONE
Slllcatss a* f«r wnorp4Ms
Sulfures
Silicates de fer amorphes
Sulfures
OM
OnOIC-ANHYORfTIC ZONE
3-4 ni
Brèches
Sii2
UPPER SULFIOIC ZONE
AnhyOme
oam
Sulfures
SIlicales fenifères
Sulfates
SQM
SULROIC-OXIDIC
ANHVOnmC ZONE
i-6 m
6 m
CO
CENTRAL OXIOIC ZONE
CO
Oxydes de fer et
de manganèse
1.11 m
8i1
LOWER SULFIEHC ZONE
lOOOOans
Sulfurva - Sulfates
SMieaiM terrrfères
Carbonates
2s-« m
OOP
orrRmcAL.oxio*c-PYRmc zone
Carberuitea
ailceies dèfritlques
Sulfuras
Oxydea
25 000 ans
13<m
Fig. 2. — Séquence lithostratigraphique des sédiments métalli*
fères de la fosse Atlantis 11. D’après Backer & Richter (1973).
d'une ba.se de données précise utilisable comme
guide pour un échantillonnage plus spécifique. Il
s’agissait à la fois d’identiher les diftérents faciès
rencontrés, et de préciser leurs caractéristiques
physiques (densité, teneurs en eau et en sels) et
géochimiqufs (éléments majeurs : Ni, Cu, Co,
Fe, Mn, Pb, Zn). L’objet de Pétude était de défi¬
nir les unités lithologiques, métallifères ou non,
représentatives des fosses et de leurs différents
secteurs.
MÉTHODES ET ÉCHANTILLONNAGE
Trente-quatre carottes ont été prélevées par carot¬
tage à piston grand diamètre (100 mm) : vingt
carottages sc sont déroules dans la fosse
Atlantis II (Fig. 3), onze dans Commission 1,
deux dans Néréus, et un dans Hatiba. Deux
carotriers boite grande section (1 m^) de type
.SIPAN ont été mis en oeuvre à proximité de
Atlantis IL et ont été accompagnés de prises de
vues sous-marines.
Le tableau 1 donne les principales caractéris¬
tiques de cc.s prélèvements, dont les po.sitions
sont reportées sur les figures 1 et 3. Le repérage
des sites, sur ces zones de faible superficie, a
nécessité systématiquement une rectinnaissancc
bathymétrique par de courts profils orientés gros¬
sièrement est-ouest, de manière a bien délimiter,
en particulier pour Atlanii.s II, les différentc.s
morphostructures. Les protondeurs, corrigées
selon les tables de Matthews. ont permis le reca¬
lage sur les cartes l>athymétrlqucs existantes, tan¬
dis que la position du navire était donnée par le
système de navigation satellitaire. Avec ce double
système de repérage, la précision de po.sition a été
estimée à un demi-mille. Enfin, Futllisation d’un
pinger pour l’approche du fond a été nécessaire,
surtout en présence des saumures dont les diffé¬
rences de den.sité ont joué le rôle de réflecteurs.
Les carottages
L’uiilisacion d’un carorticr à piston dans une
zone de tàiblc épaisseur scdiinenlaîre a nécessité
des réglages délicats de hauteur de chute du
carottier et de longueur de tubes (celle-ci devant
être intérieure à cette épaisseur) de manière à évi¬
ter les torsions' et les pistonnages.
Quelques carottages ont cependant atteint et
échantillonné le basalte (MD 81384, 81395,
81398. 81400, 81401, 81403, 81406. 81409),
provoquant dans tous les cas Fécrasement de
l'ogive et parfois sa perte et/ou la torsion des
tubes de carottage. Les anomalies observées dans
la série sédimentaire, conséquentes à l’Impact:
d’un carotriex sur un fond dur (basalte, niveaux
compactés, .sables et graviers) sont connues et ont
été répertoriées à partit des 517 carottages
Kullenberg effeciués à cc jour par le Laboratoire
de Géologie du Muséum. [I s’agit :
— de figures concaves dues à un pistonnage ;
— d’étiretneni vertical du sédiment faisant penser
à des structurés dites en « cheminée » (exemple :
base de la carotte MD 81399) ;
— de mélange de faciès i
— de ruptures dans la série sédimentaire au niveau
des variations brusques de la cohésion tcxturale
(changements de faciès), créant des vides remplis
d’eau de mer à l'origine d’aquifères artificiels ;
— de présence de débris d’ogive ou de plastique
dans le sédiment.
GEODIVERSiTAS « 1998 • 20(2)
155
Clément P. & Giannesini P.-J.
Tableau 1. — Stations de prélèvements (extrait de « Geocores *>•, Caulet ef ai 1992). LEG. campagne MD 29 du Marion Dufresne.
ECHANT. échantillon : GS. carottier Kullenberg ; SI. caroTtier boîte de 1 tSIPAN) ; CS. caméra sous-marine : ST. sites des sta¬
tions : 1-11, fosse Commission I : 12 33. fosse Afiantls II et environs ouest ; 34, fosse Hatiba : 35. 36, fosse Nôréus : LAT, latitude
nord ; LONG, longitude est ; MAR. carré de Marsden ; PROF, profondeur en mètres ; LCAR, longueur de la carotte en centimètres ;
LPVD pour les carottages (GS et SI), longueur du contrepoids en centimètres ; pour les prises de vue sous-marines (CS), nombres
de photographies.
FOSSES
LEG
ECHANT
ST
DATE
LAT
LONG
MAR
PROF
LCAR
LPVD
COMMISSION I
MD 29
GS 810379
1
181081
19.157
36.504
69
1725
87
15
MD 29
GS 810380
2
181081
19.159
38.511
69
1910
1490
0
MD 29
GS 810381
3
181081
19.165
38.522
69
1910
1650
0
MD 29
GS 810382
4
181081
19.216
38.544
69
2030
1644
42
MD 29
GS 810383
5
191081
19.186
38.576
69
2075
1450
0
MD 29
GS 810384
6
191081
19.206
38.582
69
2220
15
0
MD 29
GS 810385
7
191081
19.233
39.064
69
1830
900
0
MD 29
GS 810386
8
191081
19.251
39.041
69
1900
1130
0
MD 29
GS 810387
9
191081
19.250
39.028
69
1898
1660
57
MD 29
GS 810388
10
201081
19.173
38.564
69
2108
1370
0
MD 29
GS 810389
11
201081
19.145
38.535
69
1915
1111
0
ATLANTIS tl
MD 29
GS 810390
12
201081
21.201
38.061
105
1900
885
65
MD 29
GS 810391
13
211081
21.196
38.050
105
2045
1630
110
MD 29
GS 810392
14
211081
21.199
38.057
105
2152
1275
50
MD 29
GS 810393
15
211081
21.206
38.049
105
2160
103
56
MD 29
GS 810394
16
211081
21.201
38.067
105
1925
530
26
MD 29
GS 810395
17
211081
21.220
36 062
105
2050
575
70
MD 29
GS 810396
18
211081
21.222
38.035
105
2120
1270
97
MD 29
GS 610397
19
221081
21.214
38-036
105
2140
1200
95
MD 29
GS 810398
20
221081
21-221
38.042
105
2120
1160
83
MD 29
GS 810399
21
221081
21.222
38.040
105
2125
1075
110
MD 29
GS 810400
22
231081
21.215
38.048
105
2170
0
100
MD 29
GS 810401
23
231081
21.219
38,055
105
2060
0
1Ü0
MD 29
GS 810402
24
231081
21.218
38.057
105
2070
750
96
MD 29
GS 810403
25
231081
21.222
38.057
105
2070
1550
96
MD 29
GS 810404
26
231081
21.241
38.042
105
2090
880
96
MD 29
GS 810405
27
231081
21.248
38.036
105
2090
900
0
MD 29
GS 810406
28
241081
21 -264
38.029
105
1950
30
65
MD 29
GS 810407
29
241081
21.260
38.042
105
2080
830
100
MD 29
GS 810408
30
241081
21.215
38.016
105
2000
525
100
MD 29
GS 810409
31
241081
21,201
38.050
105
2170
470
100
MD 29
CS 810025
32
251081
21.369
38.005
105
1535
0
372
MD 29
SI 810027
32
251081
21 369
38.005
105
1535
70
0
MD 29
SI 810028
33
251081
21.420
37.560
105
1700
100
0
MD 29
CS 810026
33
251081
21.240
37.560
105
1700
0
358
HATIBA
MD 29
GS 810410
34
251081
22.027
37.527
105
2180
300
0
NÉRÉUS
MD 29
GS 810411
35
261081
23.110
37.150
105
2390
0
50
MD 29
GS 810412
36
261081
23.120
37.140
105
2355
300
60
L’une ou plusieurs de ces anomalies peuvent
n’affecter quune partie de la colonne sédimentaire
qui reste donc en partie exploitable.
D’autre part, Tutilisation d'un cible en acier pour
le carottage provoque un phénomène connu et
inévitable de rappel élastique entraînant un étire¬
ment du matériel (TAAF 1980). Cette dilatation
mécanique est fréquemment observée au cours
des carottages à piston, de même qu’il n’est pas
exclu qu’il y ait introduction d’eau de mer à la
base de la série sédimentaire (Urs^ois 1987).
Les OBSERVATIONS À BORD
La fréquence des opéraiion.s, ainsi que la nature
complexe du matériel récolté, n’ont pas permis
d’effectuer, au cours de la campagne, les descrip-
156
GEODIVERSITAS ■ 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
tiens visuelles détaillées habituelles, de même
que les observations au microscope optique desti¬
nées à dresser le t» log lithostratigraphique de
chaque série prélevée. Une description rapide a
cependant été faite à bord pour tenter d’identi¬
fier les différents faciès rencontrés, par référence
aux travaux en cours (ThLssc 1982).
ST()c:kagh
Compte tenu de l’instabilité de certaines phases
minérales (.sulfurées et argileuses), il a été néces¬
saire de maintenir sous atmosphère neutre (azote
gazeux) le matéxicl récolté, au moins jusqu’à
l’échantillonnage réalisé plus tard en laboratoire.
Ucnsemble de ces prélèvemeAts a été stocké à
basse température et intégré à la lithothèque
marine du Muséum (Laboratoire de Géologie).
SÉLECl'lON DES CAROri ES Dl:S riNf:E.S AUX
ETUDES EN LABORATOIRE (Hg. 3)
L’examen lithostratigraphique préliminaire des
irentc-six carottes prélevées a montré qu’il n’était
pas possible d’envisager, dans un premier temps,
un dépouillement sy.stématique de la totalité de
la collection, en raison de la complexité des sédi¬
ments. Il a donc fallu effectuer une sélection, la
plus représentative possible, de ces séries sédi-
mentaircs, de manière à définir des séries-types
pouvant être extrapolées à l'ensemble des prélève¬
ments. Sur la base des premières observations
effectuées à bord, sept prélèvements ont été sélec¬
tionnés en fonction :
— de leur répartition géographique ;
— de leur longueur et de la diversité des unités
traversées ;
— des problèmes de pistonnage et des perturba¬
tions du sédiment liées au carottage, plus parti¬
culièrement fréquents dans la fosse Atlantis IL
Fosse AtUnth II
MD 81399 : 2125 m, bassin ouest (BO).
MD 81403 : 2070 m, bassin est (BE).
MD 81404 ; 2090 m, Nord Passage (NP).
MD 81409 : 2170 m, bassin sud-ouest (BSO).
MD 81408 ; 2000 m, hors fosse, à l’ouest, bassin
de Wando (BW).
Fosse Commission I
MD 81388: 2108 m.
38°02’ 38"04’ 38°06’
Fig. 3. — Sites de carottage dans la fosse Atlantis II.
Fosse Néy’éus (Bassin est)
MD 81412: 2355 m.
Avant tout échantillonnage, il s’est avéré indis¬
pensable, vu la stratification multi-échelle des
niveaux (allant du millimètre au mètre) et l'insta¬
bilité des couleurs de certains sédiments, d’effec¬
tuer la couverture macrophotographique de
l’ensemble des carottes. Les « logs » photo, établis
par montage de tirages papier (réduction de un
tiers), ont ainsi permis de positionner avec préci¬
sion les points de prélèvements et d’archiver les
couleurs initiales de.s sédiments.
Uélaboration d’un protocole analytique (résumé
dans l’annc.xc 1) a été long ; il devait à la fois
tenir compte :
— des faibles prises d’échantillon dans les niveaux
d’épaisseur millimétrique ;
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
157
Clément P. & GiannesinI P.-J.
- des teneurs élevées en eau et en sels dissous,
nécessitant le dessalage systématique des sédi¬
ments avant toute analyse ;
- de rimportancc de la phase amorphe dans cer¬
tains niveaux, non rdcntifiahle en microscopie
optique ;
- de la dissolution sélective (à HCl et HNO,) de
certains minéraux, et de la fragilité des compo¬
sants argileux et amorphes aux attaques acides ;
- de rinsiabilicé des phases réduites en milieu
ambiant, ayant nécessité la conservation des
échantillons à analyser sous vide ;
- de l'importance de la fraction de petite taille
(parfois plus de 75 % inferieure à 2 pm).
Les techniques mises en oeuvre ont fait appel à :
- Tobserv'ation optique sur frottis au microscope
et sur la fraction supérieure à 20 pm à la loupe
binoculaire ;
- la microscopie à balayage (MEB) sur le maté¬
riel brut et la fraction granulométriquc supé¬
rieure à 20 pm, avec sonde X attelée ;
- la calcimétrie, pour connaître les taux de
CaCO^ des niveaux carbonates :
- la diffraction X (sur poudre et fraction argi¬
leuse orientée) pour rideniification des phases
cristallisées ;
- la spectrométrie d'absorption dans Tinfrarouge
(IR) sur l'échaatillon brut, pour la détermination
des phases amorphes et argileuses (cette méthode
n*a pu être mise en œuvre pour la carotte
MD 81388) :
- la spectrométrie d’absorption atomique (AA),
pour le dosage des cléments majeurs (Ni, Cu,
Co, Fe, Mn, Pb, Zn) solubilisés par double
attaque acide HCl puis HNO^.
Les mesures physiques (teneurs en eau, en sels
dissous, porosité, densité...) ont été obtenues de
manière pondérale sur chaque niveau.
Ces techniques sont décrites dans l'annexe 2.
RÉSULTATS : IdTHOLOGIE ET
MINÉRAl.OGIE
La description des différents faciès identifiés (le
plus souvent en mélange dans les niveaux étu¬
diés), leur composition, ainsi que leurs distribu¬
tions verticale et horizontale, sont résumées dans
les tableaux 2 à 5. Les annexes 6 (microscope
optique), 7 (diffraction X) et 8 (spectrométrie
infrarouge) donnent pour chaque carotte la com¬
position minéralogique des niveaux étudiés. Les
logs synthétiques des séries étudiées figurent dans
l'annexe 3. Les caractéristiques minéralogiques
ayant trait à chacun des composants majeurs de
ces faciès font Lobjet des commentaires ci-
dessous.
Les fACIÈ-S À OXY-HVDROXYPHS ('Fableau 2)
La goethile
C’est rhydroxyde le plus répandu dans
rensemblc des séries scdirnentaircs. 11 présente
plusieurs faciès minéralogiques suivant son degré
de crisrallinité, qui apparaît indépendant de Pàge
du sédiment.
Dans les niveaux ocre ou orange (teneurs en goe-
fhite inferieure à 95 %), ce minéral est bien cris¬
tallisé. Il se présente sous forme de cristaux
micro-aciculaires de taille inférieure à 2 pm,
s'organisant parfois en sphérules de 5 à 10 pm
(Fig. 4) ou sous forme cryptocristailine. Plus rare¬
ment, cette goerhite bien cri.stallisée peut former
de-s plaquettes indurées (faciès aciculaircs) asso¬
ciées à de la manganite. L’analyse inirarouge a
montré que cette gv.icihlie pouvait être fortement
hydratée (en particulier dans son faciès ciyptocri.s-
taliin), s'apparentant en ce sens à de la limonite.
Dans les niveaux bruns k rouge.s, la goethiie peut
être bien cristallisée (structure aciculairc fibro-
radiée), mais elle est le plus souvent mal cristalli¬
sée. Il en est de même dans les unités silicatées
supérieures (MD 81403, MD 81404) où elle est
Fig. 4. — Agrégats aciculaires de goethite. Fosse Atlantis II,
bassin ouest, MD 81399. 502 cm. Échelle : 10 pm.
158
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Tableau 2. — Les oxy-hydroxydes : répartition géographique des composants majeurs (en gras) ; en italique sont indiquées les
phases minérales assodées.
COMPOSANTS
MAJEURS
ATLANTIS II
MD 81399/409/403/404/408
COMMISSION 1
MD 81388
NÉRÉUS
MD 81412
Goethite
Oxy-hydroxydes
de fer amorphes
Hématite
Manganiîe
Toute ta fosse :
- lits bien individualisés de taille dm
de couleur ocre (goethite pure),
-dans les 2Qnes finement lilées (mm)
en alternance avec les niveaux carbo¬
nates.
- à la base de toutes les séries en
alternance ou en mélange avec les
dépôts calcaires.
- dans la zone sillcatée amorphe
(goethite moyennement abondante).
En litage dans les
niveaux bruns et à la
base, associés aux
boues carbonatées.
En alternance avec
les lits carbonatés.
Hématite
Goethite
Dans le bassin W :
(au contact du basalte) en bancs
rouges bien marqués.
Dans les bassins W et SW :
en association avec la goethite.
Hors fosse :
colore les carbonates en rouge.
Non détectées.
Deux lits intercalés
dans la série
carbonatée.
Lépidocrocite
Dans les bassins W, SW, E :
- en lits rares de couleur orange dans
les niveaux à goethite (MD 81403) ou
carbonatés (MD B1399).
- dans la zone AM de MD 81409.
Non détectée.
Non détectée.
Manganite
Todorokite
Argiles
Manganosidérite
Relativement rare ; associée ou en
alternance avec les oxy-hydroxydes
de fer.
Rares. Composés
amorphes dans les
niveaux noirs.
Présents dans la
zone litée supérieure.
Dioxyde de Mn
amorphe
associée à des composés amorphes dont elle
semble dériver par cristallisation.
Les oxy-hydroxydes de fir amorphes
Ils ne peuvent être détectés que par spectrométrie
IR. Etant souvent associés aux silicates amorphes
et à la goechite mal cristallisée, leur identification
au microscope optique est particulièrement diflV
cile. Ils apparaissent sous forme de globules
bruns à rouges dont le diamètre esr de l'ordre de
quelques microns, s'agglomérant en amas, et
imprégnant les autres particules. Dans les séries
étudiées, il semble que c’est dans Atlantis II qu’ils
soient les plus rares ; ils sont fréquents hors fosse
(bassin de Wando, MD 81408), et abondants
dans les fosses Commission I (MD 81388) et
Néréu.s (MD 81412), avec les premiers dépôts
carbonates.
Lhématite
Elle se présente sous deux lormes.
1 . Mal cristallisée, en faible quantité et toujours
associée à la goethite ; difficilement identifiable
au microscope optique et par spectrométrie
infrarouge (seule la diffraction X lève fambiguï-
té), elle est constituée de globules de grande taille
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
159
Clément P. 6c Giannesini P.-J.
fortement colorés en brun-rouge (bassin ouest,
MD 813^9 et bassin sud-ouest, MD 81409).
2. Très bien cristallisée lorsque c'est un compo¬
sant majeur (près de 90 % du sédiment) dans les
bancs de couleur rouge brique (MD 81408,
MD 81409, MD 8l4l2), elle est constituée alors
de grains de petite taille (quelques microns)
ayant une forme parfaitement rhomboédrique
lorsque cette raille est supérieure à 10 pm
(MD 81408).
La lépidocrocite
Uniquement présente dans la fosse Atlantis II,
c’est un hydroxyde relativement rare pouvant
constituer quelques lits de couleur orange lors¬
qu’il est le composant majeur. 11 est souvent bien
Fig. 5. — Assemblage de cristaux prismatiques de manganite.
constituant des plaquettes noires indurées dans les niveaux
rpanganésifères de la carotte MO 81403 (Atlantis II, bassin est).
Échelle : 10 pm.
Fig. 6. — Cristaux aciculatres de manganite. Fosse Atlantis II,
bassin est, MD 81403, 586 cm. Échelle : 10 pm.
cristallisé, excepté dans la zone AM (Amorphous-
Silicate Zonc)^ et se présente sous forme de glo¬
bules jaunes de taille inférieure à 1 pm, avec un
faciès voisin de la goethite cryptocristallinc.
La r7iangavirv
Les lits manganésifères, de couleur noire
(MD 81399, MD 81403, MD 81408), sont
constitués de manganite pure (environ 100 % du
sédiment), parfois associée à de la goethite et/ou
de la rodorokitc. La manganite présente deux
faciès cristallins pouvant coexister r
— cristaux noirs prismatiques et massifs (taille
supérieure à 100 pm), identiques à ceux de la
todorokite (Fig. 5) ;
— sphcrules de couleur brun loiicc, d’une taille
d’environ 10 pm, tormées de fines baguettes ou
d’acicules disposés en bouquet (Fig. 6).
La manganite forme aussi de fines plaquettes
indurées con.stiuiées d’un assemblage de crisCaux
aciculaires et prismatiques (bassin ouest,
MD 81399 et bassin est, ML) 81403).
L’étude a la microsonde électronique (Camebax),
l’analyse inlrarougc et l'observation de lames
minces' polies de certains niveaux à oxydes de
manganè.se de la carotte MD 81399 (230 cm et
270 cm) munirent que ces oxydes sont étroite¬
ment associés aux reliques carbonatees. Ces
reliques contiennent non seulement du fer et du
manganèse, mais aussi du zinc et du cuivre (0,4 à
0,5 %), carâciérisiique géochimique qui s’est
transmise aux ox)^des (Perseil comm. écrite).
Lt dioxyde de manganhe amorphe
L’analyse infrarouge a permis de détecter ce com¬
posé amorphe assez rare (MD 81399,
MD 8l403, MD 81412 et vraisemblablement
MD 81388), toujours associé â de la goechiçe et
de la manganosidéritc, Il se présente sous forme
de sphérules d'a.spect granuleux de couleur brun
foncé, pouvant constituer près de 50 % du .sédi¬
ment (MD 81403).
Les* faciès à suli-UW^S (Tableau 3)
Les sulfures les plus fréquents sont la pyrite et la
blende, qui se trouvent toujours associées ; il n’a
pas été observé, comme cela a été décrit par
Backer ÔC Richeer (1973), de faciès monosulfuré
(à pyrite seule).
160
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Tableau 3. — Les sulfures : répartition géographique des composants majeurs (en gras) : en italique sont indiquée les phases miné¬
rales associées.
COMPOSANTS
ATLANTIS II
COMMISSION 1
NÉRÉUS
MAJEURS
MD 81399/409/403/404/408
MD 81388
MD 81412
Pyrite
Dans toute la fosse. Quelques traces
Absents.
Présents à la base de
Blende
hors fosse {MD 81408).
la série.
Chalcopyrite
Disséminés dans l’unité silicatée
Sulfures amorphes
récente (zone AM), se concentrant à
Glauconie
la base.
Manganosidérite
Anhydrite, Gypse
En bancs d’échelle dm à cm, généra¬
lement intercalés dans des unités sili-
catées.
Ces deux minéraux se détectent bien par diffrac¬
tion X, bien que le pic principal de la pyrite à
1,63 soit géncralement moins marqué que celui à
2,70. et que ccs deux pics se superposent à ceux
de la blende. En spectrométrie inFrarouge, la
blende absorbe dans des fréquences trop basses
pour être identifiée. En microscopie optique,
seules les formes les plus grandes peuvent être
observées, la pyrite en particulier sur les résidus
d'attaque HCl. Par contre, le MEB et la sonde X
attelée ont permis robservanon détaillée de ces
minéraux, ainsi que leur composition chimique.
La pyrite
Dans les boues silicatées récentes {Amorphous-
Silicate Zone)^ ce minéral se préxenre sous forme
de petits grains cubiques (quelques microns),
ayant tendance à s'agglomérer vers la base
(Fig. 7). Dans cette unité, les comptages effectués
à la sonde X indiquent que la pyrite n a jamais sa
composition stoechiométrique^ (Fe/S - 1,2 avec
des teneurs variables en Cu et Zn)^ Dans les
bancs sulfurés plus marqués de couleur noire, la
taille des cristaux de pyrite devient plus impor¬
tante : il s'agit de cristaux ou d’amas cristallins de
caille supérieure à \ 5 pm, imprégnant souvent les
organismes siliceux (Fig. 8) et ayant sa composi¬
tion stoechiométrique (Fe/S = 0,86).
Ce sulfure est bien cristallisé sous sa forme
cubique, plus rarement tnmqué en octaèdre. Il
est très bien conservé et s’altère exceptionnelle¬
ment en limonite et goerhite (Nord Passage,
MD 81404).
1. Composition stoechiométrique : Fe/S = 0,87.
Fig. 7. — Mélange de petits cristaux de pyrite et de chalcopyrite,
dans un lit sulfuré à silice biogène (diatomées et radiolaires].
Fosse Atlanlis II. Nord Passage. MD 81404, 585 cm. Échelle :
10 pm.
Fig. 8. — Amas subsphériques polycristallins de pyrite, avec
44 % de fer et 51 % de soufre (Sonde X). Fosse Atlantis 11, bas¬
sin est. MD 81403, 883 cm. Échelle : 10 pm.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
161
Clément P. ôd Giannesini P.-J.
Fig. 9. — Cristal de blende à structure lamellaire recouvert de
petits grains de silicates de fer. Fosse Atlantis (I. bassin ouest.
MD 81399, 552 cm. Échelle : 100 pm.
La blende
Plus abondante et grossière dans les bancs sulfu¬
rés noirs qu'à la base de la zone AM (formant des
amas de quelques microns), on l’obscn'e bien sur
les résidus de tamisage à 20 pm : il s’agit de gros
cristaux plus ou moins automorphes (Fig- 9)
dont la taille peut atteindre 500 pm, ou de grains
xénomorphes a aspect alvéolaire figurant vrai¬
semblablement des phénomènes de dissolution.
Les comptages effectués à la sonde X indiquent
que ce sulfure n^a jamais sa composition stoe¬
chiométrique Cf qifil peut contenir jusqu’à 10 %
de fer (variété ferrifère : marmatite).
Autres sulfures (Perscil comm. écrite)
Lérude de lames minces polies des niveaux à sul¬
fures de la carotte MD 81404 (Nord Passage),
complétée par des analyses en spectrométrie IR et
à la microsonde électronique (Camcbax), a mon¬
tré I existence de cbalcopyrire proche du pôle
stoechiométrique (CuFcSi) et d'une population
moins Importante voisine de la cubanite (CuFeS 3 ).
Les nombreux points intermédiaires indiquent
un passage progressif de Fun à l’autre pôle.
LtS FACIES À -SUI.FATES (Tableau 4 )
Les compo.sants principaux sont le gypse et
Fanhydriie (pouvant coexister) et, plus accessoi¬
rement, la barycine. Le gypse et Fanhydriie se
différencient difficilement en spectrométrie
infrarouge et au microscope optique (chauffage),
mais s’identifient bien à la diffraction X. Ils for¬
ment de gros cristaux tabulaires donc la taille est
supérieure à 20 pm, très raremenr màclés, en
bouquet ou fer de lance. Excepté dans Tuntté de
base de la carotte MD 81404 (constituée presque
exclusivement d’anhydrite), on les trouve en
mélange avec d’autres faciès (sulfurés et silicatés à
influence .sulfurée).
La barytine est un sulfate assez, rare. On la trouve
dans les niveaux à influence sulfurée (MD
81399, MD 81403 et MD 81404). Elle se pré-
Tableau 4. — Les sulfates : répartition géographique des composants majeurs (en gras) ; en italique sont indiquées tes phases
minérales associées.
COMPOSANTS
ATLANTIS II
COMMISSION 1
NÉRÉUS
MAJEURS
MD 81399/409/403/404/408
MD 81388
MD 81412
Anhydrite
Dans toute la fosse.
Absents.
Absents.
Gypse
Disséminés ou en amas noduliformes
dans des niveaux à influence sulfurée,
Barytine
plus rarement dans les niveaux silica¬
tés.
Sulfures
Constituent une unité d’échelle dm
Argiles
au Nord Passage (MD 81404)
162
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Tableau 5. — Les carbonates ; répartition géographique des composants majeurs (en gras) : en italique sont indiquées les phases
minérales associées.
COMPOSANTS
MAJEURS
ATLANTIS II
MD 81399/409/403/404/408
COMMISSION I
MD 81388
NÉRÉUS
MD 81412
Manganosidérite
Abondante dans toute la fosse.
Plus rare hors fosse (MD 81408)
Rare.
Rare.
Rhodocrosite
Sidérite
Calcite
Quartz, Feldspaths
Haiite
Sulfures
Carbonates biogènes
En amas mono- ou polycristallins
épars dans toute la série.
En niveaux beiges plus ou moins lithi-
fiés, surtout dans les zones silicatées
en alternance.
Sous forme de plaquette et nodules
surtout dans les zones sulfurées.
Calcite (Nannos et
Forams)
Calcite magnésienne
Manganosidérite
Quartz. Feldspaths
Aragonite
Présente dans toute la tosse.
Abondante hors fosse.
Éparse dans tous les faciès, mais
rarement associée aux sulfures.
Abondante à la base des séries,
constituant les marnes de la DOP ou
les lits fins des zones litées.
Abondante dans toute
la série.
Rare.
Aragonite
Calcite
Rare. En lits indurés dans les dépôts
carbonatés de la base.
En lits indurés.
Rare.
sente sous hirme de sphérules ^ structure fibro-
radiaire dont la taille e>st supérieure à 20 pni. Elle
peut apparaître aussi dans des niveaux à oxydes
associée à de la goethite (MD 81404, niveau
390 cm et MD 81403, niveau 1177 cm).
Les EACiJis c:arbonatrs (Tableau 5)
Les carbonates atuhigènes
Ces carbonates forment un groupe isomorphe
qui se situe entre quatre pôles : ferritere, manga-
nésifère, calcique et magnésien, avec un taux de
substitution du Ca très variable. La série la plus
répandue esc celle comprise entre les pôles ferri-
fere (sidérite) et manganésiftre (rhodocrosire).
Les critères qui ont été retenus pour le rapport
Fe/Mn sont : supérieure à 9,2 pour la sidérite,
inférieure à 0,1 pour la rhodocrositc, et compris
entre 2,4 et 9,2 pour la manganosidérite.
Toujours très bien cristallisés, ces carlionates sont
identifiés par diffraction X et au MEB grâce aux
comptages effectués avec la .sonde X ; l’analyse
infrarouge ne peut identifier que les tendances
manganésifère et ferrifère.
La manganosidérite est de loin le plus répatidu
de ces carbonates mixtes dans Atlantis 11, en
beiès pur ou en mélange. Il s’agit, lorsqu'elle est
éparse, de cristaux rhomboédriques de quelques
microns, devenant coaiescenrs pour former soit
des empilements dont la longueur peur atteindre
100 pm, soit des amas polycristallins dont la
taille esc supérieure à 20 pm (Fig. ! 0) et qui sont
fréquents dans les lits d’épaisseur centimétrique.
Plus rarementt mais particulièrement dans les
niveaux sulfurés, ces amas s’agglomèrent en pla¬
quettes lithifiées.
En dehors d’une précipitation vraisemblablement
directe d’une grande partie de la nianganosidé-
rite, ce carbonate peut trouver .son origine ou son
support de croissance dans des débris carbonates
pélagiques (coccolithes et toraminifères,
Fig. 11) ; on observe alors des teneurs en Ca
supérieures à 40 %, alors que dan.s le.s autres cas
elles ne dépassent pas 10 %. Les comptages effec-
tué.s .sur les cristaux de manganosidérite mon¬
trent que le rapport Fe/Mn, dans les niveaux à
influence réductrice (sulfures, smectites ferreuses)
GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2)
163
Clément P. & Giannesini P.-J.
Fig. 10. — Assemblage de cristaux de manganosidérite, avec
Fe/Mn voisin de 4.7 (Sonde X). Fosse Atlanîis II Nord Passage.
MD 81404. 525 cm. Echelle ; 10 pm.
Fig. 11. — Loge de foraminifère avec recristallisations de man*
ganosidériîe. Fosse Atlantls II. bassin est, MD 81403, 648 cm.
Echelle : 10 pm.
est relativement élevé (7 à 8), par rapport à ce
que Ton observe dan.s les autres faciès (silicates
ou à oxy-hydroxydes) où il ne dépasse pas 4.
La rhodocrosite et la sidcrirc sont des minéraux
rares. Ils présentent le meme faciès que la manga-
nosidérite et semblent se localiser, pour le pre¬
mier dans les faciès à oxy-hydroxydes et les
silicates amorphes (bassin sud-ouest, MD 81409)
où il SC trouve associe aux oxydes de Mn
amorphes, et pour le second dans les sédiments à
influence sulfurée.
Les carbonates bioclasiicjues
Ils correspondent à la sédimentation carbonatée
pélagique normale : nannofossiles (coccolithes) et
foraminifères. Ces bioclastes sont épars dans les
faciès minéralisés à oxy-hydroxydes et silicates
(mais rares dans les niveaux sulfurés), ce qui
indique pour ces faciès un fore taux de .sedimen-
tacion. AbondaJîts vers la base dc.s séries et en
litages, ils montrent souvent un degré élevé de
recristallisation, à meure en relation avec une
fraction « microcarbonate » importante et la pré¬
sence de calcire magnésienne (détectée par dif¬
fraction X).
Dans le bassin de Wando (MD 8I408). ces faciès
carbonates subissent un début de diagenèse r du
sommet vers la base de la série, les organismes
calcaires recrisfallisent, deviennent coalescents
pour (ormer des plaquettes donc la taille e.si supé¬
rieure à 20 pm, dans lesquelles ils sont difficile¬
ment reconnaissables, tandis que le manganèse
entre dans le réseau cristallin calcitiquc, avec des
teneurs pouvant aneindre 30 % (voir tableau en
annexe 9).
Les niveaux aragoniiiques sont rares ; ils consti¬
tuent des lits millimétriques indurés formés de
fines baguettes parfois visibles à Toei! nu, et cor¬
respondent le plus souvent à des débris de ptéro-
LKS l-ACrf-S Ml.lCAIllS DU nUoi-ormai ion
Les phases silicatécs cristallisées (argiles) et
amorphes sont les plus abondantes de la fosse
Atlanris II ; elles ont une large répartition hori¬
zontale et verticale, bien que nues dans la DOP.
Elles témoignent de Pimportance de Phydro-
rhermalisme dans cette fosse.
Les argiles
Deux types d'argiles ont pu être identifiés par
diffraction X et spectrométrie infrarouge ; les
smcccues si (argiles gonflantes mal ou bien cris¬
tallisées de couleur brune ; montmorillonite ;
nontronite , glauconie ma! anstalliséc proche en
iafraa>uge des nonirunites) et les glauconies ss
(argiles vertes bien cristallisées peu aptes au gon¬
flement). Cependant, ces deux méthodes n'ont
pas toujours donné des résultats concordants
(surtout dans le.s zones silicatées supérieures,
MD 81399 dans le bassin ouest, MD 81403
dans le bassin est, et MD 81409 dans le bassin
sud-ouest) comme Pattestent à nrre d'exemple les
résultats de la carotte MD 81399 (voir tableau
164
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
en annexe 10). Ces deux phases minérales peu¬
vent coexister et présentent deux faciès :
1. Un faciès brun-rouge formé de grandes plages
à structures entrecroisces, à smeedees et/ou glau¬
conie.
2. Un faciès vert ayant une texture spongieuse à
glauconie (pouvant .s’apparenter à de la cclado-
nire), cristallisant soit en feuillets, soit en globules
de taille supérieure à 20 pm, riches en inclusions
pyriteuses et composés amorphes (siillures ?). Ce
faciès vert s'observe fréquemment en alternances
fines avec de la manganosidérite (MD 81399).
La cristallochimie de ces phases argileuses, ainsi
que leur répartition spario-remporellc (Badaut,
Blanc & Decarreau 1990) montre ejue dans la
fosse Atlantis II, on trouve à la base des séries
une argile de type ferripyrophyllitc, surmontée
dans les bassins est et ouest d^'unc nontronite
(Fe'**’), et dans le bassin sud-ouest d'une smeedte
ferreuse qui témoigne de conditions plus réduc¬
trices dans ce bassin. Les températures de cristal-
lisacion de ces argiles (d'après la composition
isotopique de l’oxygène) sont de 60 °C pour la
nontronite et 130 °C pour la smectite ferreuse,
permettant de supposer des températures relati¬
vement faibles pour la formation des dépôts
métallifères (Decarreau, Badaut & Blanc 1990),
Les silicates amorphes
Ce sont des silicates de fer. Ils sont présents dans
toutes les séries étudiées, principalement dans les
faciès silicates argileux rouge sombre (zone AM)
et à oxy-hydroxydes, de même que dans les
niveaux carbonatés des fosses Hatiba ci
Commission 1. Leur idenüficaticin s'appuie sur¬
tout sur les analyses intiarouges. Au MEB et au
micros-cope optique, il esc particulièrement diffi¬
cile de les différencier, d’une part des composés
.silicates mal cristallisés (smectites et glauconie),
et d’autre part des oxy-hydroxydes amorphes. Ils
se présentent au microscope optique .sous forme
de globules fortement colorés en jaune et mon¬
trent parfois un débuc de cristallisation. Leur
association fréquente avec des smectites mal cris¬
tallisées laisse supposer qu’ils constiruent le pre¬
mier stade de cristallisation de ces argiles. Les
comptages effectués sur oes composés indiquent
des teneurs très variables en Fe et Si, le rapport
Si/Fe variant de 1 à 6.
Autres i-aciLs
Silicates d'origine détritique
La fraction .silicatée héritée est constituée essen¬
tiellement de quartz, de feldspaths (plagioclases
surtout), de minéraux lourds et d’un cortège
argilcu.v composé d’illites, de chlorites, et de kao-
linitc (plus rare). Il n’existc pas de niveau pure¬
ment détritique : ces élémems hérités sont
souvent associés aux carbonates biogènes, consti¬
tuant la sédimeutatiou biodécritique normale de
la mer Rouge. On les trouve épars dans toutes les
séries de l’Atlanris H (plus abondants à leur base :
DOP), et le long des colonnes .sédimenraires des
fusses Hatiba et CA'>mrnission l où, dans certains
niveaux, ils représcincni près de 40 % du sédi¬
ment.
Cetre fraction s’observe bien sur les résidus
d’atraques acides (FICl et HNO^), et .ses teneurs
peuvent être obtenues de manière pondérale
lorsque les niveaux étudiés sont dépourvus de
silicates néoftumés. De même, sur les relus de
ramis a 20 pm, on observe que cette fraction est
constituée de t|uartv. (dont certains grains présen¬
tent au microscope des caractéristiques d eolisa-
tion), de feldspaths, mais aussi de grands feuillets
de type chloritc ou muscovite.
Enfin, il faut noter dans rrois carottes la pré¬
sence, entre 5 et 6,5 m, de verre volcanique rhyo-
licique non altéré dans des faciès à smectites si
(MD 81399, MD 81403) et des faciès carbona¬
tés (MD 81408).
La silice biogène
Il s’agit essentiellement de diatomées et de radio¬
laires, plus rarement de silicoflagellés. Ces orga¬
nismes sont très bien conservés et n’ont été
détectés que dans la fosse Atlantis IL Ils n’appa¬
raissent que dans les niveaux sulfures bien mar¬
qués, parfois en forte concentration, candis que
les niveaux carbonates pélagiques en sont totale¬
ment dépourvu.s.
La conservation de la silice hiogène dans ces
niveaux entièrement décarbonatés témoignerait
de conditions physico-chimiques particulières
des saumures : fortes teneurs en silice dissoute et
action corrosive sur les particules carbonatées
d'origine biodétritique (Anschutz 6<: Blanc
1993).
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
165
Clément P. & Giannesini P.-J.
GÉOCHIMIE
Les éléments tels que Ni, Cu, Co, Fe, Mn, Pb et
Zn ont été dosés par spectrométrie AA (voir pro¬
tocole analytique dans l'annexe 2). Ces résultats,
ainsi que les teneurs en CaCO^ figurenc dans
l’annexe 5 et sont exprimés par rapport au poids
sec dessalé- Ces données sont présentées ci-
dessous de manière synthétique et partielle (à
minéralogie dominante). En effet, l’analyse
minéralogique a montré qu’une grande partie des
niveaux étudiés en géochimie sont composés sou¬
vent d'un mélange de plusieurs faciès» ce qui
signifie que ces teneurs sont le reflet de l'impor¬
tance du mélange des différentes phases miné¬
rales porteuses de ces éléments.
Le fer
Le tableau 6 indique les teneurs en fer dans les
différents faciès pour chaque carotte.
Les teneurs maximales (70 à 75 %) s’enregistrent
dans les niveaux à oxydes purs (goethite, héma¬
tite, lépidocrocite). Dans les faciès silicates, les
teneurs varient entre 25 et 45 %. Hiles dépen¬
dent à la (ois du degré de cristallinité des smec-
tites (plus faibles lorsqu’elles sont bien
cristallisées : environ 25 %) et des concentrations
en glauconie et mangauosidérite.
Dans la fosse Atlantis II. les bancs sulfurés de la
base montrent des teneurs bien plus faibles en fer
total (15 a 20 %) que Tunicé sulfurée supérieure
(SU 2 de Backer & Richter 1973) où les compo¬
sés amorphes perturbent le signal (teneurs com¬
prises entre 25 et 35 %). Par contre, les valeurs
du fer lie à la pyrite (de 5 à 15 %) indiquent que
c’est à la base de ces séries que l'influence sulfu¬
rée CSX- la plus marquée, alors qu’elles sont de
Tordre de 0,5 à 1,5 % dans les faciès sulfurés
supérieurs. Les niveaux carbonatés enregistrent
les teneurs les plus faibles, entre 2 et 10 %.
Dans lés dépôts calcaires hors fosse Atlantis II
(MD 81408, MD 81388, MD 81412), les
teneurs en fer dépendent essentiellement de la
fraction carbonaréc en général peu ferrifère (car¬
bonates biogènes) qui dilue les minéraux por¬
teurs : oxy-hydroxydes (goethite, hématite),
silicates amorphes et smectites.
Ll- MANGANESE
Excepté dans les faciès purs à oxy-hydroxydes
(manganire, todorokire, dioxyde amorphe) où les
teneurs sonr de l’ordre de 35 à 50 %
(MD 81399, MD 81408), les valeurs mesurées
dans les autres niveaux dépendent principale¬
ment de l'abondance relative de la manganosidé-
riie et. plus accessoirement, de la rhodocrosirc.
La manganosiderite en particulier est extrême¬
ment répandue en proportions très variables dans
tous les autres faciès : les teneurs en Mn varient
de 5 % dans les lits à manganosiderite dominan¬
te à 0,5 % dans les niveaux à oxydes de fer et sul¬
furés où elle a été détectée.
Dans les dépôts calcaires biogènes où les carbo¬
nates manganésilcres ne .sont pas détectés (base
de la carotte MD 81408), mais où les teneurs en
Mn sont comprises entre 2 et 5 %. oti élément se
substitue au Ca des réseaux calciüques, attestant
là un début de diagenèse. Dans la fosse
Commission I (MD 81388) où la rnanganosidé-
rile est un minéral rare, les valeurs élevées (10 à
20 %) des boucs carbonatées sont à mettre en
relation avec des composés amorphes qui colo¬
rent en noir les sédiments.
Le /inc
Cet élément est un très bon indicateur de
Tinfluence .sulfurée, même lorsque Tanalyse
minéralogique ne détecte pas la blende. Ce n’est
en général que lorsque les teneurs en Zn sont
supérieures à 2 % que ce sulfure apparaît en dif-
ftacrion X.
Dans la fosse Atlantis II où la blende est toujours
présente dans les niveaux sulfurés, les teneurs en
zinc se concentrent dans deux unités :
1 . Dans les niveaux silicatés supérieurs
(MD 81409, MD 81403, MD 81404), Les
valeurs croissent de 0,7 à 2 % du top à 2 à 5 %
vers la base, marquant un passage continu de
plus en plus sulfuré dans cerre zone sÜicatée
supérieure.
2. Dans les bancs sulfurés plus marqués de la
base des séries, les teneurs sont très élevées, de 15
à 20 % (MD 81399, MD 81409, MD 81403),
parfois plus importantes que celles du fer
(MD 81399). Dans le Nord Passage (MD 81404),
ces teneurs tombent à 2 %. Certains lits à sul¬
fures de la carotte MD 81409 (niveaux 320 cm
166
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
Tableau 6. — Pourcentage en fer total. Les valeurs entre parenthèses correspondent au fer lié à la pyrite et à la chalcopyrite.
COMPOSANTS
ATLANTIS II
Hors fosse
COMMISSION 1
NÉRÉUS
MAJEURS %
MD 81399
MD 81409
MD 81403
MD 81404
MD 61408
MD 81388
MD 81412
Silicates
= 30
25 à 35
30 à 45
30 à 40
Teneurs très
amorphes
(1.5 à 2)
(0,1 à 0,5)
(0,5 à 1)
variables de 4
à 15%.
Composés
2
25 à 30
25 à 35
36
Fer lié aux
amorphes
Sulfures (SU 2 ?)
(12)
(2 à 3)
(0.5 à 2)
(0,5)
composés
amorphes,
à la Mn-
Goethite
60 à 70
65
50 à 55
55
57
sidérite et la
66
goethite.
Hématite
70
48,5
Lépidocrocite
44
43
45
Glauconie ss
18 à 20
10à25
35
12
26
(0.5 à 2.5)
(1 à 1.5)
(0,5 à 1)
(2,5)
(0,4)
Manganosidérite
20 à 40
2,5
(0à6)
(0,5)
Silicates
20 à 50
(smeclites)des
zones litées
Sulfures (bancs
15 à 25
12à25
15à20
20
de base : SU 1 ?)
(5 à 15)
(5 à 10)
(5 à 10)
(15)
et 338 cm) montrent des teneurs exceptionnelle¬
ment élevées (26 et 15 %), à mettre en relation,
non seulement avec la présence de blende, mais
aussi avec celle d’hydroxyde Zn(OH), détecté en
composant majeur par spectrométrie infrarouge.
Dans les séries hors fosse Atlantis [I (MD 8l408
et MD 8l4l2), les teneurs décelées en zinc, de
l’ordre de 1 à 1,5 %, ont permis de mettre en
évidence une faible influence sulfurée dans les
dépôts carbonates.
Le cuivre
Mis à part les rares niveaux légèrement sulfurés
des séries carbonatées des carottes MD 81408
(niveau 448 cm avec 3800 ppm) et MD 81412
(niveau 272 cm avec 1.4 %), cet élément appa¬
raît surtout dans les dépôts minéralisés de la fosse
Atlantis 11. Les valeurs en Cu total varient de
0,5 % à 1 % dans les zones siljcatées supérieures
(exceptionnellement 2 % dans le bassin ouest,
MD 81399), et entre 1 et 2 % dans les boues
sulfurées où la chalcopyrite est détectée. Dans
certains niveaux où la glauconie est un élément
majeur, ces teneurs varient entre 0,5 et 0,8 %
(atteignant presque 3 % dans un lit à céladonite).
Le cuivre montre un comportement particulier
vis-à-vis des attaques acides ; une partie de cet
élément est lié à la phase soluble à HCl. en parti¬
culier dan.s les niveaux silicatés à glauconie et
dans certains niveaux sulfurés où la cltalcopyrite
n est pas détectée ; l’autre partie est solubilisée
par attaque nitrique, principalement là où la
chalcopyrite est détectée (RX et infrarouge).
Peu de sulfures, du moins ceux reconnus dans les
dépôts hydrothermaux marins, sont solubles à
HCl (exceptée la covellice non identifiée dans les
sédinierus d'Atlantis II). Cet élément est donc hé
à deux phases minérales : l’une sulfurée cristalli¬
sée (pyrite, chalcopyrite), l’autre présente plus
particulièrement dans les faciès silicatés réduits à
glauconie et aussi à manganosidérîte. Uexamen
au microscope optique des glauconies montre
GEODIVERSrtAS • 1998 • 20(2)
167
Clément P. & Giannesini P.*J.
que celles-ci sont riches en petires inclusions
amorphes de couleur brun-verr, disparaissant
après attaque chlorhydrique et correspondant
vraisemblablement à des sulfures de cuivre
amorphes. De tels composés ont déjà été obser¬
vés dans des sédiments riches en nontronice et
carbonates de la fosse Atlantis 11 (Brockanip et ai
1978 ; Missacker^/. 1989).
Le cuivre esr donc un élément caractéristique des
dépôts réduits, meme lorsque 1 analyse minéralo¬
gique ne détecte pas de phase minérale porteuse.
Le cobalt, le nickel, le plomb
Le cobalt est un clément trace dans toutes les
séries étudiées (quelques ppm à 200 ppm maxi¬
mum). Le nickel montre des teneurs très faibles
dans rcnsemblc des dépôts (quelques dizaines de
ppm), passant localement à quclque.s centaines
de ppm dans les niveaux sullurés. Les teneurs les
plus élevées en plomb (1500 à 3000 ppm) appa¬
raissent également dans les niveaux à pyrite et
blende. Aucun minéral porteur n'a pu être iden¬
tifié et les variations des valeurs enregistrées (hor¬
mis celles des niveaux sulfurés) ne sont pas
significative.s, vu l'erreur autorLsée par les
méthodes d’analyse mises en œuvre.
MESURES PHYSIQUES
Les teneurs en eau, en sels dissous et en CaC 03 ,
les poids de particules en gi7cm-'^> les porosités
ainsi que les pourcentages de la fraction infé¬
rieure à 20 pm figurent dans l'annexe 4.
Les calculs effectués ont montré que la porosité
était corrélable avec les teneurs en eau et partiel¬
lement avec la granulométrie. La fraction supé¬
rieure à 25 pm est plus importante dans les
niveaux sulfurés de la base (entre 6 et 10 % du
matériel sec dessalé), d.ins les niveaux à manga-
nosidérite ei dans les boues carbonatées (de 15 à
20 %). Dans les autres faciès, cette fraction ne
dépasse pas I %.
Le séchage et le dessalage des échantillons étant
nécessaires pour l'analyse minéralogique, les
teneurs en eau et en sels dissous ont été systéma¬
tiquement déterminées pour chaque niveau étu¬
dié. En valeurs absolues, ces teneurs dépendent
du temps de stockage des carottes avant leur
échantillonnage (ici de l’ordre de deux ans), les
teneurs en sels devant théoriquement augmenter
avec ce temps de stockage pat suite de la déshy¬
dratation du matériel. Cependant, à titre de
comparaison, des mesures effectuées peu de
temps après les carottages de la campagne
Hydrntherm (Blanc 1987) ont montré que, sur
un même site (bassin ouest d’Arlanrts II) et sur
deux séries présentant des unité.s lithologiques
analogues (MD 81399 et MD 85684), ces
teneurs étaient sensiblement identiques (voir
annexe 11), à 2 % près, Il apparaît donc que les
conditions de stockage du matériel dans les
chambres froides du Laboratoire de Géologie du
Muséum (vsoiis atmosphère neutre et à ♦ 4 °C)
n om pas modifié ces paramètres, au moins
durant les deux ans qui ont précédé réchantillon-
nage.
Les résultats de ces mesures sont résumés dans le
tableau 7- Dans toutes les séries étudiées, les
teneurs en eau sont importantes’ et comprises
entre 30 et 70 % suivant les faciès rencontrés
(minimum dans les dépôts carboiiatés de la base
et maximum dans les unités silicatées supé¬
rieures). Ces faciès ayant une distribution verti¬
cale, il est difficile de faire la part, dans ces
variations, de l’importance de la lithologie et de
celle de la compaction due à la charge sédimen-
laire. Cependant, les profils de poids de parti-
culc.s en gr/cm*^, et de porosité en fonction de la
profondeur d’enfouis.sement ne montrenr aucune
corrélation significative.
Les salinités des eaux interstitielles sont extrême¬
ment élevées dans la fosse Atlantis II, et bien sou¬
vent supérieures à celle de U saumure inférieure
(de 265 à 320 %u selon Miller et al. 1966 ;
Brewer & Spencer 1969 ; Blanc 1987) qui se
trouve à la limite de saturation NaCl. il est donc
probable que cenains sels, en particulier les chlo¬
rures, soient exprimés minéralogiquement dans
le sédiment brut humide, mats Indécelablcs par
suite des traitements subis par l'échantillon
(séchage et lavages). Hors fosse (MD 81408), les
salinités sont relativement élevées (l40 à 160 %o)
par rapport à celle de l'eau de mer normale, ce
qui laisse sufîposer un débordement de.s sau¬
mures de la fosse Atlantis II ei un mélange avec
les eaux de fond de la mer Rouge. Dans la fosse
Néréus, les salinités des eaux interstitielles .sont
168
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Tableau 7. — Pourcentage en eau par rapport au poids humide et salinité (en g/l : valeurs entre parenthèses).
MINÉRALOGIE
DOMINANTE
MD 81399
ATLANTIS II
MD 81409 MD 81403
MD 81404
Hors fosse
MD 81408
NÉRÉUS
MD 81412
Silicates
(unité sup.)
70 à 72
(285 à 310)
68 à 70
(345 à 350)
68 à 70
(340 à 360)
68 à 70
(350 à 360)
70
(85)
Sulfures et sili¬
cates (SU 2 ?)
id.
id.
id.
Goethite
60 à 65
(320 à 350)
61 à 65
{340 à 350)
55 à 65
(360 à 370)
Glauconie
68 à 70
(337 à 380)
62 à 72
(310 à 340)
70
(350)
80
(150)
Manganite
58 à 62
(345 à 360)
70
(140)
Sulfures
(unités inf.)
50 à 60
(360 à 400)
55 à 70
(345 à 360)
53 à 60
(340 à 360)
63 à 65
(350)
Anhydrite
38 à 57
(400 à530)
20
(500)
Carbonates
(DOP)
30 à 35
(350 à 400)
35 à 50
(320 à 350)
30 à 55
(150 à 160)
44 à 60
(50 à 60)
faibles (50 à 80 'Kh)), alors que des saumures à
chlorinité élevée (188 %o) ont été reconnues
dans le bassin est de cette fosse (Backer &
Schoell 1972),
Iæs corrélations linéaires teneurs en cau/teneurs
en sels dissous (tous faciès confondus) sont extrê¬
mement bonnes pour certaines séries (MD
81399, MD 81403, MD 81408, MD 81412,
voir annexe 11), indiquant une relative constance
de la salinité des eaux interstitielles le long de la
colonne sédimentaire.
DISCUSSION
Synthèse i.ithostratigraphique
ET CORRÈIATION.S AVEC LES SÈQÜENCE.S TYPI-S
L’étude minéralogique et chimique a permis
d’identifier les differents faciès et de dresser les
« logs lithologiques en marge desquels (voir
annexe 3) a été tentée une corrélation avec les
unités de référence établies pour la fosse
Atlantis II par Backer 6c Richter (1973).
Dans Atlantis 11 (MD 81399. MD 81403 et
MD 81404), les dépôts les plus anciens, datés du
Pléistocène supérieur, sont les boues carbonatées
qui constituent la Detriiical-Oxydic-Pyritic ZoNe
(DOP) de la base des séries. Cette zone est
absente dans le bassin sud-ouest (MD 81409),
tandis que dans le Nord Passage (MD 81404), le
niveau à anhydrite lui Cvsr attribué (Backer 6c
Richrer 1973).
Les dépôts carbonatés représentent la sédimenta¬
tion normale de la mer Rouge. Il s’agit de boues
marneuses sans silice biogcnc, composées de bio-
clastes calcaires (nannofossiles, foraniinifèics,
ptéropodes) subissant des évolutions diagéné-
tiques (calcitc magnésienne, carbonates de fer et
de manganèse) Ct d'une fraction silicatée détri¬
tique (quartz, fcldspaths, illites, chloritcs, kaoli-
nite).
Dans Néréus (MD 81412), les dépôts carbonatés
de la base de ta série sont relarivement homo¬
gènes et rappelicni ceux d’Atlantis IL Ils se pour¬
suivent par une alternance centimétrique de lits
carbonatés plus ou moins enrichis en
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
169
Clément P. & Giannesini P.-J.
oxy-hydroxydes amorphes de fer ou de manganè¬
se, à goethitc ou manganire, aragonite et calcite
magnésienne^ smectites et silicates amorphes. Ces
dépôts sont comparables à ceux décrits dans
l’ensemble de la fosse par Rignell & Shabbir
(1976).
Dans Commission I (MD 81388), on observe à
la base une sédimentation « normale f> à hémi-
pélagiccs sans influences hydrothermales. Ces
dernières n’apparaissent qu’a partir d’environ
10 000 ans (Schneider et ai 1983), sous la forme
d’alternances de lits peu e'pais carbonates « nor¬
maux ') et de lits enrichis en oxy-hydroxydes
amorphes de Mn et Fe et très riches en eau.
La goethite a une large répartition verticale et
horizontale dans les séries carbonatées du bassin
de Wando (MD 81388), ainsi que dans celles des
fosses Commission I et Nércus où elle est asso¬
ciée aux oxy-hydroxydes de manganèse. Dans la
fosse Atlancis II, un la trouve aussi en abondance
dans les lits de la partie supérieure de la DOP où
elle témoigne de la première installation de Pacti-
vité hydrothermale. A cette époque, une saumure
existait vraisemblablement déjà et devait remplir
toute la fosse (Ansthur/ & Blanc 1995a), mais
les condition.s devaient être sufl'isamment oxy¬
dantes pour entraîner le dépôt de ces oxydes, en
particulier des oxy-hydrox)'des de manganèse qui
caractérisent les faciès de bordure et un environ¬
nement proche du « pôle eau de mer » (Anschutz
1993).
C'est aussi dans les sédiments détritico-carbona-
tés (DOP de Atlancis 11, Néréus et bassin de
Wando) que les premiers indices sulfurés se
manifestent par la présence de pyrite dans des lits
de faible épaisseur. Cette pyrite, dont la taille est
parfois supérieure à 30 pm, pourrait èta- d’ori¬
gine détritique, mais pourrait aussi résulter de
l'activité bactérienne sulfeto-réductrice (Wayne
et ai 1980 ; Anschutz bc Blanc 1995a).
Dans la fosse Atlantu Jï> la séquence carbonatée
est surmontée par les premiers dépôts importants
de sulfures. Ceux-ci apparaissent vers 12-
15 000 ans (Wayne et ^/. 1980 ; Anschutz &C
Blanc 1995b) et sont constitués par des boues
enrichies en pyrite et en blende correspondant à
la zone SU 1 [Lower-Sulfidic Zone). Dans le bas¬
sin ouest (MD 81399), cette zone est caractérisée
par deux niveaux sulfurés séparés par environ
1 m de sédiments finement lires à sulfures, sili¬
cates et nianganosidcritc. Ce double niveau à sul¬
fures a été également observe dans ce bassin
(Anschutz 1993). C’est dans le bassin est
(MD 81403) que la zone SU 1 est la plus homo¬
gène et épaisse, confirmant l'importance de cette
unité dans ce bassin (IJrvois 1987). Dans le
Nord Pa.ssage (MD S1404), la première influence
sulfurée apparaît après le dépôt à anhydriie (lui-
méme légèrement pyririsé), suivie, après une
alternance de niveaux à goethitc et de zones litées
carbonatées, d'un niveau riche en pyrite et chai-
copyrite, sans blende L’atrribucîon de cette
séquence à la zone SU 1 est difficile, en ntison de
nombreuses intercalarions de niveaux à goechite
et de séquences finement litées (voir annexe 3).
Le milieu correspondant à ces dépôts minéralisés
devait être lortement réducteur avec la présence
d’une saumure stable dont la profondeur du toit
était plus faible (1920-1950 m) qu’elle ne l’est
actuellement (Backer& Richter 1973).
Les dépôts d’ordre métrique à oxy-hydroxydes
constituent la Central-Oxydic Zone (CO), pou¬
vant être localement contaminée par des silicates
{Centrül-Oxydic’Silicativ Zone : COS). Ces sédi¬
ments sont présents dans tous les sites étudiés,
avec de fortes influences sÜicatées (silicates
amorphes, smectites, glauconie) marquant la
transition avec la zone SU 1 (COS). C’e^st dans le
bassin ouest que cette unité est la plus épaisse :
environ 3,6 m pour CO + COS. Dans le bassin
sud-ouest, ces dépôts, constitués de goethite et
d'hcmatitc bien cristallisée» ont une faible épais¬
seur et reposent directement sut un basalte.
Cette unité marque dans la fosse Adantis II une
déstabilisation des conditions redox avec une
réoxygénation du milieu qui a affecté toute la
fosse.
Le retour à des conditions réductrices est marqué
par le dépôt des sédiments sulfurés de la zone
SLJ 2 {Upper-Snlfidic Zone) \ argiles vertes (smec¬
tites et glauconie) passant progre^ssivement à
l'unité terminale à silicate.s et oxy-hydroxydes
amorphes [Amorphom-SUicaticZone : AM). Cette
séquence a été nettement identifiée dans le bassin
est et le Nord Passage. Dans le bassin ouest
170
GEODIVEHSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Fig. 12. — Coupe schématique de la fosse Atlantis 11 et localisation des zones de précipitation des principales phases minérales.
D'après Cole (1983) et Hartmann (1985).
(MD 81399), la zone AM n'a pas été échan¬
tillonnée ; en effet, en raison de sa consistance
liquide, son prélèvement par carottage est diffi'
cile. Dans le bassin sud-ouest (MD 81409) où les
zones DOP et SD 1 sont absentes, la séquence
est conforme à celle de Backer & Richrer (1973).
La zone SU 2 est rempl.icce par la Sulfidic-
Arnorphons-Silicutic Zone (SOAN) très riche en
blende (teneurs en zinc voisines de 26 %). Elle
repose suc des dépôts finement lités à sulfates et
est surmontée par une boue silicatéc à sulfures
{Sulfîdic-Amorphous-Siliciiiic Zone : SAM) a
blende et pyrite.
LA SI RATIMCAI’ION MUI.Tl-f.CHFXLE
L’étude lithologique a montré que les dépôts
d’échelle métrique sont ceux qui sont nettement
sulfurés (SU 1 et SLJ 2) ou oxydés (CO), Ces
niveaux se présentent sous un aspect relativement
homogène, de meme que la couche terminale à
silicates de fer, oxy-hydroxydes amorphes à bary-
tine et sulfxires dilués (zone AM).
La précipitation des sédiments métalhftres dans la
fosse Atlantis II dépend de la stratification des
saumures, de leurs propriétés physico-chimiques
(température, potentiel d’oxydoréduction, teneurs
en métaux dissous), de l’importance des arrivées
de fluides minéralisatcurs ayant porcolé i travers
le socle environnant (basalte et roches evapori-
tiques) et de la position des .sources hydro-
thermales. La figure 12 présence un schéma de la
stratification des masses d’eaux et des niveaux
principaux de précipitation des sédiments.
L’emplacement des sources hydrothermalcs
semble avoir migre au cours du temps du nord
vers le sud et se situerait actuellement dans le
bassin sud-ouest (Backer üe Richter 1973 ;
Urvois 1987), ce que confirment des travaux plus
récents (Blanc et ni. 1995 ; Anschur/ & Blanc
1995h) et les teneurs élevées en zinc (26 %) dans
ce bassin (zone SOAN de MD 81409). Uarrivée
de ces fluides pourrait s’eflFectuer sous forme d’un
panache minérali.sateiir qui traverserair, en pé¬
riode paroxysmale, lensemble des saumures, pro¬
voquant leur réoxygénation et la précipitation
des oxy-hydroxydes, et qui serait piégé en période
d'activité plus faible dans les saumures sous-oxy¬
génées où les sulfures se déposeraient (Urvois
1987).
Les différents modèles d’expansion verticale et de
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
171
Clément P. ôc Giannesini P.-J.
refroidissement d*un panache hydrorhermal au
sein d’un système hydrologitjuemeni stratifié [in
Urvois 1987) n indiquent pas la destruction de la
stratification des saumures. Cependant, on
observe dans la zone CO de la carotte
MD 81399, située dans la saumure inférieure par
2125 m de profondeur, la présence de manganite
et de todorokite (qui caractcrisenc les faciès de
bordure dans Ailantts II et/ou un milieu très oxy¬
géné), ce qui laisse supposer un événement
hydrochermal singulier susceptible d’avoir oxydé
la totalité de la fosse et profondément déstabilisé
le corps des saumures (l.eclaire et ai 1988).
Les stratifications d’ordre centimétrique ou milli¬
métrique sont fréquentes dans les séries étudiées
et semblent généralement constituer des séquences
de transition entre les grands faciès :
- sommet de la DOP : alternances de goetbite et
de carbonates, puis de ctrbonates et de sulfures
(MD 81403);
- SU ) à CO : alternances de manganosidérite-
smecrites et de glauconie (MD 81399), lit à
manganosidérite pour MD 81403 ;
- CO à SU 2 : alternances de glauconie et de
manganosidérite (MD Sl403) er de goethite-
glauconie pour MD 81404 ;
- SOAN du bassin sud-ouest (MD 81409) :
litages de sullures et de glauconie.
Ces fins litages témoignent de variations de
l’cnvironnement sur de courtes échelles de
temps. Les interfaces entre les differentes couclies
hydrologique.s qui tapissent la fosse Atlantis II
délimitent des zones où rognent des conditions
physico-chimiques différentes (Fig, 12), et leurs
profondeurs déterminent donc les limites bathy-
métriques des diiréretns dépôts méiallilères.
Pour les prélèvements de fiiible profondeur, on
n’observe aucune influence bydrotliermale nette
dans les sédiments des bordures jusqu’à 1960 m
environ, profondeur limite en raison du déverse¬
ment des saumures vers le sud dans les fosses voi¬
sines « Chiiin Deepi >> et dans « Disvovery Deep *>
(Pugh 1969). La présence d’oxydes de manganèse
et de couches épaisses de goetbite dans le bassin de
Wando implique un débordement de la tranche
d’eau intermédiaire et/ou de la saumure supé¬
rieure, franchissant là un seuil vers 1980-1990 m.
Les seules mesures concernant les fluctuations en
profondeur des interfaces hydrologiques concer¬
nent la période récente durant laquelle des rele¬
vés barliymétriques et de température ont
montré une augmentation de l’activité hydro-
thermale, s’accompagnant d’une élévation de
température des saumures cr du toit de la sau¬
mure inférieure d'au moins 2 m entre 1965 et
1972 (Schoell Ôc Hartmann 1978 ; Hartmann
1980 ; Moniii 6c Plakhin 1982). D’autres
auteurs ont constaté des variations récentes de
température des saumures et aussi l'apparition de
nouvelles stratifications entre 1977 et 1992 entre
les deux saumures (Blanc 6i Anschutz 1995) ; le
sommet de la zone de transition avec Peau de
mer se serait également élevé d’cnviion 80 m en
26 ans (Anschutz 6c Blanc 1996).
Ces observations à réchelle de quelques années
montrent que les variations de l’activité hydro-
chcrniâle se manifestent pur des fluctuations de
profondeur des limites hydrologiqucs et/ou
parallèlement par des changements dans l’épais¬
seur des saumures. 11 est vraisemblable que de
telles variations dans la stratification des sau¬
mures se soient produites au cours dcvS 10-
12 000 uns de I histoirê de la fosse Atlantis IL de
manière pluii ou moins intense selon l’impor-
rance de Parrivée des fluides hydrothcrinaux.
Bien que l’inventaire de5 fines laminaiions centi¬
métriques et milliméinques ne soit pas complet,
il apparaît que cette échelle de dépôt caractérise
plutôt les séries de moyenne profondeur (2050-
2100 m ; MD 81403 et MD 81404), là où les
intersections avec les toits des saumures et celui
de la zone de transition sont les plus probables,
CONCLUSIONS
Les prélèvements effectués dans les fosses Néréus
(MD 81412) et Commission I (MD 81388)
caractérisent la sédimentation biodétririque nor¬
male de la mer Rouge II s'agit de bassins de
décantation ox'ygéncs recevant de manière inter¬
mittente des iy bouffées » de fluides hydro-
thermaux à Poriginc des concentrations en fer et
manganèse, et de l’influence sulfurée de la base
de la carotte MD 81412. Le. bassin de Wando
(MD 8l408) a enregistré les débordements des
saumures de la fosse Atlantis IL
172
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Sur la base des données minéralogiques et gco-
chimiqucs, les séries de la fosse Aciantis II
(MD 8 1399, MD 81403. MD 81404,
MD 81409) ont pu être comparées aux
séquences types établies par Backer & Richter
(1973).
L’ensemble des unirés (DOP, SU 1, CO, SU 2 et
AM) a pu être reconnu, avec une unité silicatéc
COS (située à la base de la zone CO) bien plus
développée. Dans le bassin vSud-ouesc
(MD 81409) ou se trouve actuellement le débou¬
ché des sources hydrothermales, on retrouve la
zonation de référence (CO-SOAN-SAM). Dans
le Nord Passage (MD 8l404) par etnure. les
zones SUl et CO ont été difficiles a identifier en
raison des nombreux litages affectant la zone
CO.
Ces unités sont caractérisées par les paragenèses
les plus simples et sont généralement d’ordre
métrique ou décimétrique. Les niveaux sulfurés
témoignent de la « stratification » des saumures
qui se sont établies dès les premiers dépôts sulfu¬
rés sur la DOP. Un événement majeur au moins
a cependant été susceptible de détruire cette
« stratification » avec les dépôt.s' à goethite et
oxydes de manganèse de la zone CO, par près de
2125 rn de profondeur.
De nombreuses influences carbonatées et silica-
tées, plus rarement oxydées, d'échelle millimé¬
trique ou centimétrique caractérisent les dépôts
de transition. Ces laminues, qui représentent un
court intervalle de temps, pourraient être signifi¬
catives des fluctuations verticales qui auraient
affecté les corps des saumures au cours de varia¬
tions intermittentes de ractivité hydrothermale.
Les M logs » lichologiqucs ec phorographique.s,
ainsi que les données physiques et géochimiques
des éléments majeurs (fer, cuivre, manganèse,
zinc, CaCO^) constituent une base de données
détaillée représentative des différents faciès
reconnus dans cette zone centrale de la mer
Rouge, actuellement archivés dans la collection
marine du Laboratoire de Géologie du Muséum.
Remerciements
Nous remercions particulièrement L. Leclaircf
(professeur au Laboratoire de Géologie du
Muséum) qui a été le chef de projet et de mission
de la campagne océanographique en mer Rouge,
et aussi l’inidateur de ces travaux. Nous remer¬
cions également J.-P. Gauler (Laboratoire de
Géologie du Muséum) pour ses critiques et
rcmarque.s, D. Badaui (Laboratoire de Géologie
du Muséum) et L. A. Perseil (Laboratoire de
Minéralogie du Muséum) pour leur contribution
à ce travail. Nous remercions aussi L Frohlicb
(Laboratoire de Géologie du Muséum) pour les
déterminations minéralogiques par speciro-
scopie infrarouge.
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accepté le 23 juillet 1997.
174
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
ANNEXE 1
PROTOCOLE ANALYTIQUE
ANNEXE 2
MÉTHODES D’ANALYSES
MESURES PHYSIQUES
Teneurs en eau
Une étude préliminaire sur les différents faciès de
la carotte MD 81404 (faciès à glauconie, à goethi-
te, à sulfures, à anhydrite) ainsi que sur des unités
lithologiques reconnues (DOP de MD 81391,
CO de MD 81392. AM de MD 81396, SU 1 de
MD 81397) a permis de déterminer les modalités
de séchage de l'échannllon. Lexamen des courbes
de la perte en eau en fonction de la température
(température ambiante sous vide, 60 "^C et 100 ”C
en étuve) a montré que le mode de séchage à
60 ”C pendant quatre jours était le plus approprié
et naltérerait pas l’échantillon. Celui-ci, une fois
séché, peut récupérer jusqu’à 25 % de son poids
sec par absorption de l’humidité ambiante, ce qui
nécessite sa conservation sous vide à température
ambiante.
Teneurs en sei^
Elles sont calculées de manière pondérale, après
lavages successifs dans de l'eau déminéralisée (de
conductivité inferieures à 4 pS) et centrifuga¬
tions. Une vérification de la salinité des eaux de
lavage de l’échantillon de référence à l’aide d’un
salinomètre a montré un écart de 1 % avec la
méthode pondérale. Les phénomènes de déflocu-
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
175
Clément P. & Giannesini P.-J.
lation interviennent au quatrième lavage et affec¬
tent surtout les faciès à oxydes. L’erreur relative
sur ces teneurs est de l'ordre de 6 %. Pour la
carotte MD 81388 (Commission 1), les teneurs
en sels sont faibles (0,5 à 3 %), comprises dans la
marge d'erreur. Hiles n'oni pas été prises en
compte pour le calcul des teneurs en métaux.
Poids df particui.es kn gr/cm '
Il n a pu être calculé que sur les niveaux suffisam¬
ment tendres et épais (supérieurs à 0,5 cm) par
prélèvement volumétrique du sédiment humide.
Porosité
C’est le pourcentage volumétrique occupé par
l’eau interstitielle avec ses sels divssous. Elle se
déduit du poids volumétrique du sédiment
humide et de son poids sec salé.
Fraction .supérikurk à 20 micron.s
Cette fraction destinée à robser\^ation au MEB a
été estimée de manière pondérale par tamisage
sous eau. Les niveaux argileux bien cristallisés
(smectites et glauconie) se sont avérés intami-
sables du fait de leur texture spongieuse.
TENEURS EN CaC03
Ces teneurs ont été calculées par mesure du vo¬
lume dégagé par attaque HCl 4N à froid. Cette
méthode permet de doser les teneurs en calcicc,
calcite magnésienne et aragonite. Les autres car¬
bonates (manganosidéritc, rhodocrosite. sidérite,
dolomie et ankéritc) sont très faiblement solubles
dans HCl à froid. Le dégagement gazeux lent et
tardif correspondant à ces carbonates n a donc
pas été pris en compte. L’erreur relative maxi¬
mum est de 1,5 %.
DOSAGE DES ÉLÉMENTS MAJEURS
(Ni, Cu, Co, Fe, Mn, Pb, Zn)
La méthode utilisée a pour objectif la mise en
solution des métaux contenus dans les phases
carbonatées, oxydées et sulfurées tout en ména¬
geant au maximum la phase silicatée (détritique
et argileuse authigène).
Cette mise en solution s'est effectuée par double
attaque acide : HCl d’abord, puis HNO^ ensuite
pour solubiliser certains sulfures comme la py¬
rite. Des essais préalables sur des échantillons de
réference ainsi que sur les faciès CO et AM des
houes métallifères de la fosse Atlaniis II ont per¬
mis de déterminer les temps d'attaque, les tempé¬
ratures et les concentrarions acides les mieux
adaptées. Un tel protocole avait d'ailleurs été en
partie testé précedeminem sur des échantillons
de boues rouges de l'océan Indien (Verges 1979)
pour ménager les phases néoformées comme les
smectites et les glauconies.
Le choix s'est porté sur une première mise en
solution de l’échanrillon (dessalé et séché) par
HCI 4N pendant une heure au bain-marie, avec
reprise du résidu pour une attaque HNO^ 7N au
bain-marie pendant une heure. Les solutions
d'attaque ont été do.sées par .spectroscopic
d'absorption atomique (Perkin-Elmcr 272,
série X60i. Un échantillon de référence mer
Rouge a suivi systématiquement la chaîne de
traitement (de la phase de dessalage à celle de
l’analyse des solutions en spectrométrie AA), de
manière à détecter toute anomalie. Les résultats
obtenus sur cet échantillon ont permis de préci¬
ser l’ordre de grandeur des erreurs relatives,
égales (pour un inters^alle de confiance au seuil
de 5 %)à :
_ 1 _ 1,96 X E. type
~ Moyenne
Ces erreurs sont de 6 % pour les teneurs en sels,
9 % pour l’insoluble total, 5 % pour le cuivre
total, 10 % pour le fer total, 8 % pour le manga¬
nèse et 9 % pour le zinc. Les valeurs obtenues
pour le nickel, le cobalt et le plomb sonr trop
faibles pour être significatives. Les erreurs sont
importante.s pour le fer et le cuivre liés à la phase
soluble lï HNÜ 3 en raison de la reprise du résidu
HCl pour La mise en solution HNO 3 .
Cependant, ces valeurs ont été reportées sur les
tableaux de résultats de manière a repérer les
niveaux ou les teneurs sont les plus fortes.
Les observations au microscope optique des rési¬
dus d’attaque chlorhydrique et des résidus
finaux, ainsi que le contrôle de leur composition
minéralogique par spectrométrie infrarouge et
176
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
diffraction X ont permis de tester la validité de la
méthode.
— Les oxy-hydroxydes cristallisés (magnétite, lépi-
docrocite, goethite, limonitc, manganite) et
amorphes, la blende, les carbonates (calcite, sidé-
rite, manganosidérice, rhodocrosirc, ankérice,
dolomite), et le gypse sont solubilisés par la pre¬
mière attaque chlorhydrique,
— L'anhydrite est faiblement solubilisée par le.s
deux acides et se retrouve en partie dans le résidu
final.
— La pyrite et la chalcopyrite sont insolubles dans
Tacide chlorhydrique et totalement solubles dans
l'acide nitrique.
— La baiytine nest pas solubilisée.
— Les smectires et glauconies bien cristallisées
sont insolubles, mais on observe pour les smec-
rites en particulier une décoloration indiquant
une perte en métaux qui n affecte pas leur struc¬
ture cristalline. Ces mêmes composés peu ou mal
cristallisés deviennent solubles dans les acides.
— La fraction .silicatée détritique (quartz, feld-
spaths, minéraux lourds, verre volcanique, illites)
n est pas touchée par ces attaques acides.
L’ANALYSE INFRAROUGE
(Spectromètre Pye Unicam SP 2000)
Les échantillons analysés ont été séchés à tempé¬
rature ambiante sous vide et n’ont pas subi le
dessalage. Une double dilution dans le KBr
(0,25 % de sédiment sec salé pour 99,75 % de
KBr) a etc nécessaire pour la confection de pas¬
tilles à 200 mg en raison de l’absorption par cer¬
tains composés (silicatés et argileux) de
l’humidité ambiante.
Un premier balayage de la totalité du spectre IR
sur la pastille brute a permis l'idenrificarion de
l'ensemble des' composés. Un deuxième passage
plus' restreint dans les Irét|uences comprises entre
2700 et 3800 cm"' (en enregistrement normal et
dilaté) a été effectué sur la pastille étuvée 48 h à
110 °G. Ce chauffage élimine Toxhydryle OH
(3430 cm ') dû à la présence de molécules d’eau,
tout en conservant les OH liés aux silicates et
carions métalliques, la présence de vscl n’est pas
gênante dans la gamme de fréquence 600-
4000 cm"' où il est transparent ; entre 200-
600 cm ', il montre une absorption linéaire pro¬
voquant un abaissement de la ligne de base.
Le quartz, les sulfates et la calcite sont facilement
identifiable.s, tandis que les tendances (ferrilère
et/ou mangané.sifère) des carbonates authigèues
sont détectées. Les sulfures nabsorbenr pas dans
les fréquences infrarouges, sauf pour la pyrite et
la marcassite. Les ox}^-hydroxydes de fer crtsralli-
sés sont identifiés, et leur degré d’hydratation
peut être approché (distinction entre goetlute et
limonitc). Les oxy-hydroxydes amorphes sont
repérés, mais le faible nombre de leurs bandes
d'absorption (larges et mal définies) ne permet
pas de juger de leur état de cristallinité. Les sili¬
cates amorphes et les familles argileuses glauconie-
smectites sont reconnus. Par contre, il na pas été
possible de différencier un sédiment constitué de
silicates amorphes dont une partie est cristallisée
d'un autre sédiment constitué d’un mélange de
glauconie et de silicates amorphes.
Pour des raisons techniques, l’analyse IR rfa pu
se faire sur les échantillons de la carotte
MD 81388.
L'ANALYSE DIFFRACTOMF.TRIQUE
(Diffractomètre Siemens D 501)
Des diagrammes ont été effectués sur des
poudres de l’échantillon brut dessalé. La phase
argileuse a été étudiée sur agrégats orientés à
l’érat brut, glycolé et chauffé (500 ®C), scion la
méthode préconisée par le Laboratoire de
Sédimentologie et Géochimie de Lille
(Holizapffel 1985). Des diagrammes types ont
été établis à partir des niveaux monocristallins
et/ou présentant le minimum de phases miné¬
rales de manière à. établir des références pour les
niveaux (nombreux) constitués d’un important
mélange minéralogique. Ces références ont été
comparées à celles établies sur les mêmes échan¬
tillons par l’analyse infrarouge.
LES OBSERVATIONS AU MEB
La fraction supérieure à 20 pm a été observée sur
des préparations métallisées à For-palladium
(MEB JSM 35C). La sonde X attelée (ORTEC
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
177
Clément P. &C Gîannesini P.-J.
syst 5000) a permis de déterminer la composi¬
tion chimique de Tobjet observé.
LES OBSERVATIONS OPTIQUES
Des frottis ont été confectionnés à partir des dif¬
férents faciès caractéristiques rencontrés. Leur
observation au microscope optique (sédiment
brut et résidus d’attaque HCl et HNO 3 ), ainsi
que les informations fournies parallèlement par
les analyses infrarouge et RX, ont servi à l’identi¬
fication des phases minérales (dont la taille est
supérieure à 5 pm) et de leur comportement aux
attaques acides. Ces lames de référence ont per¬
mis d étendre les observations optiques à
rcnscmble des unités et à limiter au maximum
les analyses complémentaires,
La fraction supérieure à 20 pm a été observée à la
loupe binoculaire, en complément des observa¬
tions faites au MEB.
ANNEXE 3
« LOGS » LITHOSTRATIGRAPHIQUES
DES CAROrrES ÉTUDIÉES
En marge de ces « logs » (fosse Atlantis II) figure la correspondance avec la zonation établie par Backer &
Richter (1973).
Goethite
Symboles :
I B I Blende
EZl
Boue argileuse
Lépidocrocite
I P I Pyrite
FFl
Niveaux carbonatés indurés
I M H I Hématite
Icfn Boue silicatée
Détritique
Oxy-hydroxydede de
Boue sulfurée
H
Zone litée ou à alternances
\ & ^ \ Sulfates
-^l Boue carbonatée
|Mns| Manqanosidérite
178
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
UNITÉ 1 : UNITÉ 2
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
FOSSE COMMISSION I
ALTERNANCE DE LITS
1) Beige à orange
COMPOSITION MINÉRALOGIQUE
COMPOSANTS MAJEURS
COMPOSANTS
PRÉSENTS OU EN TRACE
Nannolossiles hardie
. CaldteK
Foramlnrteres
Quartz
lllites-Chlorites
Composés amorphes jaunes
Détritiques
Calcile Spiculés aragonitiques (parfois
Calcite Ma ^ncentrés localement)
^ Kaolinfle
Dolomtie
Minéraux opaques
s jaunes Anhydrite
Verre volcanique
2) Marron foncé à noir
3) Gris-beige/gris-vert
(moins fréquents)
Composés amorphes bruns
et jaune
Nannofossiles t dissous
Micarb.
Foraminrlères
Spiculés aragonitiques
Kaolinite
Oxydes Mn amorphes ?
Délntique (Ouartz, Féldspaths, Manganite ? (localement)
illiles, Chionies)
Goethtte
Hématite (localement)
Nannolossiles * mrcarb.
Quartz. Feldspattts.
IMites, Chlorrtes. Métaux lourds Spécules aragonitiques
Foraminifères Kaolinite
Composés amorphes Pyrite (localement et très rare)
Minéraux opaques Anhydrite
Verre basaltiques (localement)
4} Faciès mixtes
BOUE CALCAIRE BEIGE
Nannofossiles
Micarb.
Foraminifères
Détritiques (Quartz.
Feldspaths)
lllile. Chlonte
Composés amorplies jaunes
Minéraux opaques
Dolomite
Kaolinite
Discoasters
Verre volcanique
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
179
TRANSITION
Clément P. & Giannesini P.-J.
MD 81399
FOSSE ATLANTIS II - BASSIN OUEST
FACIES
COMPOSITION MINÉRALOGIQUE
COMPOSANTS MAJEURS
COMPOSANTS
PRÉSENTS OU EN TRACE
Glauconie
Quartz
Smectite
Feldspaths
BOUE SILICATÉE SULFURÉE
Blende
Pyrite
Calcite
Gypse
BRUN-ROUGE
Manganosidérite en lits
Silice biogène
Carbonates biogènes
S
<
Z)
CO
O
O
3 H'
Goethite ocre, jaune ou orange
Manganosidérite
Hématite
BOUE A OXYDES
Todorokite
Mar>ganite
(jôêtFite ocre jaune
TcxJorokile
Goethite rouge, orange
Manganosidérite
Silicates de 1er amorphes
Quartz
Oxy-hydroxydes de Mn
Quartz
Rematite
Manganosidérite
Rhodocrosite
Quartz. Détritique
Foraminifères
Gypse
Verre yolcanique
Smectites
Glauconie
Manganosidérite
Carbonates biogônes
Silices biogènes
Gypse
V— H.-.-
CO
O
ü
lé ^ '5 k
llnfiuence sutturée
BOUE SILICATEE
±LITÉE
Blende, Pyrite. Silice. Carbonates biogènes
Détritique (localement)
Verre volcanique
ZONE LITÉE À OXYDES
Goethite, Hématite.
Todorokite. Manganite
Manganosidérite
Quartz
ZONE LITÉE
Manganosidérite ou Smectite.
Glauconie
Détritique. Calcite
Oxyde de Mn. Silice biogêne
BOUE SULFURÉE
Blende
Pyrite
Chalcopyrite
Silice biogéne
Carbonates brogènes
(localement)
Manganosidénte
Détritique
Gypse
Smectite
Glauconie
ZONE LITÉE SILICATÉE
(AVEC LITS SULFURÉS)
Glauconie c
Manganosidérite ^ ^
Pyrite (en lits localement) > §
Blende (localement)
Silice biogène
Détritique
Gypse
Cart)onates
180
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
MD 81399 (suite)
FACIÈS
COMPOSITION MINÉRALOGIQUE
*
*
COMPOSANTS MAJEURS
COMPOSANTS
PRÉSENTS OU EN TRACE
-*
BOUE SULFURÉE
Blende, Pyrite. Chalcopyrite, Silice biogène
A û A ^ Zk /k A
Pyrite. Gypse, Mnsidérite
BOUE CARBONATÉE LITÉE
À OXYDES
Goethite
Carbonates biogènes
Détntique
*
Manganosidérlte
Composés amorphes
Quartz
Glauconie
1
—- m
Pyrite (dans les lits noirs)
Argiles détritiques
■Jt
Lépidocrocite (dans les
*
**
-tm
BOUE CARBONATÉE LITÉE
lits orange)
Carbonates biogènes
Détritique
Pyrite (dans les lits noirs)
Calciîe Mg (localement)
Pyrite
Argiles détritiques
Goethite
■*
BLOC DE BASALTE
Sx\(/y
STRUCTURES VERTICALES
'm
#
il
DITES DE
« CHEMINÉE »
ik
-f*
Im
• 1998 •
GEODIVERSITAS
20 (2)
181
cos CO . TRANSITION , SU 2
Clément P. &C Giannesini P.-J.
MO 81403 FOSSE ATLANTIS II - BASSIN EST
COMPOSANTS
1
2
3
4
5
6
FACIES COMPOSANTS MAJEURS PRÉSENTS OU EN TRACE
Nannofossiles calcaires
Foraminifères
Manganosidérite
GoôthrJe
FeWspaths
Quartz
Métaux lourds
SuHates
Blende (de plus en plus
abondante vers la base)
Silicates amorphes
Oxy-hydroxydes amorphes
Smectrte
Glauconie
BOUE SILICATÉE AMORPHE
BRUN-ROUGE
Métaux opaques, Pyrite,
^nh^driîe^ C^b^DéUi^ue
Glauconie
ZONE LITEE
Mnsidérite
Pyrite
Goethite
Hématite
Sidérite
Smectite
Glauconie
Composés amorphes
Blende
BOUE SILICATÉE À SULFURES
Goethite
Oxy-hydroxydes amorphes
Silcates amorphes
Silice biogène
Foraminifères
Nannofossiles calcaires
Quartz. Minéraux lourds
Minéraux opaques
Glauconie
Manganosidérite
ZONE LITEE
Goethite brun-rouge
à ocre
Manganite (plaquettes)
Nannofossiles calcaires, Foraminifères. Détritiques
NIVEAU CARBONATE
Goethite
Gypse
Silice biogène
Nannofossiles calcaires
Foraminifères
Minéraux détritiques
Manganosidérite
BOUE SILICATEE
BRUN-ROUGE
Smectite
Glauconie
Silicates amorphes
182
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
DOP TRANSITION SU 1
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
MD 81403 (suite)
"LIT A MANGANOSIDERITE
BOUE SULFUREE
boue à goethite
OCRE-JAUNE
ALTERNANCE DE BOUES
SILICATÉES ET DE
BOUES À SULFURES
(VERS LA BASE)
ZONE LITEE
ZONE LITEE
Pyrite
Blende
Silice biogène
(vers la base)
Manganosidérlte
(en plaquettes)
Chalcopyriie
Plus riche en goethite
Smectite
Glauconie
Silicates amorphes
Bietxie
Pyrite
Goethite
Organismes calcaires
Lépidocrocite
Pyrite
Goethite
Lits carbonatés
Nannofossiles calcaires
Foraminifères
Silicates amorphes
Glauconie
Minéraux détritiques
Manganosidérite
Gypse
Quartz, mx détritiques
Silice biogène
(dans niveaux sulfurés)
Goethite
Micarb,. Foraminifères
Chalcopyrite
- Silicates amorphes -
Quartz, mx détritiques
- Glaucome -
Quartz
Micarbonates
Nannofossiles calcaires
Smectite
Silicates amorphes
Glauconie, Quartz
ALTERNANCE DE BOUES
À GOETHITE (ORANGE OU
OCRE) ET DE BOUES
CARBONATÉES
Goethite
Micarbonates
Nannofossiles calcaires
Calcite magnésienne
Silicates amorphes
Quartz
Verre volcanique
Minéraux détritiques
Calcite
Kaolinite
Iliite
Minéraux opaques
Hématite
BOUE CALCAIRE ORANGE
À COCCOLITHES ET
FORAMINIFÈRES
BLOC DE BASALTE
Calcite magnésienne
Silicates amorphes
Quartz
Minéraux détritiques
mite
Kaolinite
Minéraux opaques
Smectite
Rhodocrosite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
183
DOP I ? SU 1 ? ' COS CO I TRANSITION
Clément P. & Giannesini P.-J.
MD 81404 FOSSE ATLANTIS II > NORD PASSAGE
FACIÈS
COMPOSITION MINÉRALOGIQUE
COMPOSANTS
COMPOSANTS MAJEURS | PRÉSENTS OU EN TRACE |
Nannofossiles calcaires
Foraminifères
Manganosidérite
Pyrite, BlerxJe
Gypse
Quartz. Feidspattis
Verre volcanique
BOUE SILICATÉE AMORPHE
BRUN-ROUGE
Silcates amorphes
Oxy-hydroxydes amorphes
Glauconie
Goethite
idem -r
Barytine
Sulfures plus abondants
idem
PIlts ncne en sulfures
«Btenoe t Pynîej
Silicates amorphes
Oxy-hydroxydes amorphes
Manganosidérite
Sulfates
Nannotossiies calcaires
Oxy hydroxydes amorphes
Barylirw
Alternance Goethite et
Glauconie
ZONE LITÉE
Goethite hydratée (Limonlie)
BOUE A GOETHITE OCRE-JAUNE
Goethite
Glauconie
jbettute
I M^ngarK)S<denfe
Barynne
Ûxy hydroxydes amorphes
LspiÂMtrocite
Barytine
BOUE À GOETHITE BRUN-ROUGE
Manganosidô'ite
Silicates amnrphes
Oxy-f’ydroxydes amorphes
Goethite
Rhodocrosite
"N., Glaucome
ZONE LITEE
Métaux opaques
Gypse
Quartz
Goethite
Sulfures (Pyrite. Blende)
Quartz
i Verre volcanique
Silicates amorphes
Oxy hydroxydes amorphes
Manganosidérite
Glauconie
BOUE SILICATÉE AMORPHE
BRUN-ROUGE
Manganosidérite
Glauconie
Verre volcanique. Quartz
Gypse
X btogéne id/atomée *
.*ad<ofaiies)
Silicates âmorpneç
Chatcopynte
iiœ bio^eToüârtz
Silicates amorpnes
Oxy-hydroxydes amorphes
Glaucome
Mangariosidertte
Sulfures
Nannofossites calcaires
BOUE SILICATÉE AMORPHE
BRUN-VERT
Goethite
Manganosideme
Micqrp.
Nannofossiles calcaires
Foramitvlères
Glaucome
Métaux opaques
ZONE LITÉE
Métaux datnhQues
BOUE À GOETHITE OCRE-JAUNE
Manganosidérite
Quartz. Verre volcanique
Micarti
Nannotossites calratres
Foraminrféres
Métaux oétn&ques
Glaucome
Verre volcanique
Métaux opaques
BOUE À GOETHITE ORANGE
INFrUÊNCËSULFUREE
Métaux opaques
Manganosidérite
Verre volcanique
Goethite
Micarb.
Nannofossiles calcaires
Magnétite. Glauconie
\ Pyiite
\ SiNcatK amorphes
Manganosidérite
ANHYORITE
Manganosidérite
Gypse. Quadz
Anhydrite
184
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
UNITÉ 1 UNITÉ 2 UNITÉ 3 UNITÉ 4 UNITÉS
Sédiments métallifères des fosses de la mer Roug<
MD 81408 BASSIN DE WANDO
FACIÈS
COMPOSITION MINÉRALOGIQUE
COMPOSANTS MAJEURS
COMPOSANTS
PRÉSENTS OU EN TRACE
NIVEAU INDURE-
ZONE LITÉE (À OXYDES)
HÉTÉROGÈNE DE Mn.
-Aragonite _
Manganite. TodoroKite
Caldte (Nannos, Forams)
Glauconie, Smecitte
sSËS
J ,1. I TT
ALTERNANCE DE BOUES ORANGE
À GOETHITE ET DE NIVEAUX
CARBONATÉS ± INDURÉS
Goethite (bien cristallisés)
Aragonite
Caldte Mg
Mn Sidérite
Quartz
.Calcite, Goethite. Détritique
Composés amorphes
Oétntiques, Goethite
Sulfates
Mnsidérite, Composés
amorphes
Quartz
Sidérite
Dolomie
Nannos. Forams
Détritique
Smectite
Silicates
Fer amorphe
2 J
BOUE CARBONATEE HOMOGENE
BRUN-ORANGE
Calcite (Nanos. Micarb.)
Calcite Mg
Quartz
Smectite
Aragonite
Chlorites
mite
Kaolinite
Dolomie
Goethite
Forams
3 J
b —#—f —♦ —
ALTERNANCE COLOREE DE BOUES
CARBONATÉES ARGILO-
DÉTRITIQUES
"influence sulfurée
Calcite (Nannos. Micarb..
Forams)
Calcite Mg
Quartz
Détritique
mites
Composés amorphes
Dolomie
Aragonite
Smectite
Chlorites
GoethHe (niveaux orange)
Pyrite
Hématite
.influence sulfurée
5 -A
Lit volcano-détritique
BLOC DE SERPENTINE
Calcite (Micarb., Nannos)
Calcite Mg
Smectite
Hématite
Oxydes de Mn (dans les
zones brun foncé)
iQuartz
Détritique
Pyrite (niveaux noirs)
iForams
iDolomie
mites
Chlorites
Composés amorphes
Mnsidérite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
185
SOAN SAM
Clément P. & Giannesini P.-J.
MD 81409 FOSSE ATLANTIS II - BASSIN SUD-OUEST
O
O
FACIÈS
COMPOSITION MINÉRALOGIQUE
0
1
2
3
4
COMPOSANTS MAJEURS
COMPOSANTS
PRÉSENTS OU EN TRACE
BOUE A OXYDES
BASALTE
lit à Lépidocrocite
BOUE SILICATÉE BRUN-ROUGE
À SULFURES
ALTERNANCES DE BOUES
SULFURÉES ET DE BOUES
SILICATÉES
ZONE LITEE À SULFATES
BOUE SULFUREE
Smectite
Glauconie
Blende
Pyrite (plus abondante
vers la base)
Composés amorphes
Feldspaths
Mnsidérite
Calcite (Nannos, Forams)
Anhydrite. Gypse (abondants
en certains niveaux)
Chlorites
Silice biogène (vers la base)
Hématite
Quart 2
Blende
Pyrite
Blende
Pyrite
Glauconie
Anhydrite
Gypse
Mnsidérite
Goethite
’Chalcopyrite
Smectite
Gypse
Quartz
Calcite
Silice biogène
Anhydrite
Gypse
Quartz
Feldspaths
Chalcopyrite
Silice biogène
Quartz
Pyrite
Calcite (Nannos)
Silice biogène
Composés amorphes
Goethite
Hématite
Anhydrite, Mnsidérite
Quartz, Feldspaths, Calcite
Calcite, Silicates
186
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
FOSSE NEREUS - BASSIN EST
COMPOSITION MINÉRALOGIQUE
ALTERNANCE DE LITS
CARBONATÉS ± RICHES
EN OXY-HYDROXYDES
BOUECARBONATEE
SILICATÉE À OXYDES
COMPOSANTS MAJEURS
Carbonates biogènes
Aragonite
Oxy-hydroxyctes amorphes
(Fe ou Mn)
Goethite (vers la base)
Détritique (localement)
Calcite Mg
Oxydes de Mn
(Todorokite)
Smectite
Carbonates biogènes
Calcite Mg
Hématite
Magnétite (localement)
Oxy-hydroxydes amorphes
COMPOSANTS
PRÉSENTS OU EN TRACE
Détritique
Dolomie
Argiles « détritiques »
Smectites
Silicates amorphes
Magnétite
Glauconie ?
Détritique
Dolomie
Argiles « détritiques >
Magnétite
Mnsidérite
Goethite
Maghémite ?
Silicates amorphes
' lits à hématite
[influence sulfurée
Pyrite. Blende
Chalcopyrite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
187
Clément P. & Giannesini P.-J.
ANNEXE 4
MESURES PHYSIQUES,
TENEURS EN SELS ET CaC03
Niveau : profondeur en centimètres de l’échantillon dans la colonne sédinientaire.
% Eau : les pourcentages en eau sont exprimés par rapport au poids humide.
PP gr/cm^ : poids de particules en gr/cm^ (sédiment dessalé).
% sels : les pourcentages en sel sont exprimés par rapport au poids sec non dessalé,
tr ; traces.
Porosité : elle est exprimée en pourcentage du volume humide.
% CaCO^ : les pourcentages en CaCO^ sont exprimés par rapport au sédiment dessalé.
MD 81388 ; Commission I.
Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
% CaC 03
2
41,5
0,91
tr
65
28,8
7
51,4
0,73
tr
78
23,2
30
43,2
0,95
tr
73
30,8
54
45,0
0,83
tr
68
27,0
80
63,0
0,46
tr
78
34,3
119
58,4
0,58
tr
81
32,2
134
40,7
0,99
tr
68
37,9
146
61,5
0,49
tr
78
29.4
187
62,2
0,54
tr
87
189
60.6
0,53
tr
81
38,4
214
50,1
0,80
tr
80
37,5
230
44,5
0,87
tr
70
40,7
236
39,7
0,97
tr
64
40,6
247
62,0
0,52
tr
39,9
251
43,9
0,90
tr
70
39,9
257
65,0
0,44
tr
81
38,3
261
46,4
0,82
tr
71
35,2
292
71.4
0,34
tr
84
31,8
315
48,5
0.77
tr
72
38,2
320
46,8
0,78
tr
69
35,2
325
39,2
0,94
tr
61
30,2
330
66,4
0,40
tr
66
38,9
373
46,4
0,84
tr
73
27,2
389
46,9
0,78
tr
69
44,1
409
45,6
0,83
tr
70
24,4
418
49,1
0,76
tr
73
15,2
426
36,5
1,21
tr
70
9,0
444
35,4
tr
48.2
450
46,4
0,85
tr
74
46,2
455
33,7
tr
51,3
467
57,1
0,63
tr
83
28,3
476
49,7
0,73
tr
73
35,9
506
44,9
0,85
tr
69
36,4
519
38,7
0,96
tr
60
35,8
535
52,7
0,62
tr
69
25,4
560
38,4
0,88
tr
55
33,4
577
56,6
0,62
tr
80
32,6
609
25,0
1,43
tr
48
12,0
623
48,3
0,81
tr
76
31,3
630
33,9
1,10
tr
56
14,3
188
GEODIVERSITAS • 1998 * 20(2}
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
% CaC 03
639
58,4
0,53
tr
75
11,4
646
29,0
1,23
tr
50
9,5
653
44,4
0,88
tr
71
40,3
664
52,6
0,66
tr
74
14,4
672
48,3
0,75
tr
70
16,5
677
29.5
1,25
tr
52
7,0
681
48,7
0,75
tr
71
44.3
684
47,0
0,84
tr
75
20,7
691
60,0
0,54
tr
80
16,3
694
42,5
0,94
tr
69
20,2
697
51.2
tr
12,8
704
39,5
0,99
tr
65
37,2
715
52,5
tr
9,5
730
49,4
0,73
tr
72
21.4
732
29,9
tr
13,9
734
48,5
0,79
tr
74
11,2
745
32,5
tr
15,5
746
30,6
751
39,4
tr
53,1
757
50,8
0,79
tr
81
29,9
763
41,9
0,93
tr
67
25,8
777
59,1
0,63
tr
92
18,5
792
30,3
tr
13,6
799
61,8
0,45
tr
74
9,7
816
47,3
tr
28,4
837
29,1
tr
21,0
845
57,8
0,59
tr
80
24.6
851
36,1
tr
38.4
857
59,0
0,59
tr
85
19,1
871
29,9
878
47,6
0,76
tr
69
31,8
890
56,0
0,61
tr
78
23,8
893
61,9
0,50
tr
80
21,3
900
31,6
22,7
909
38,9
tr
15,3
919
63,9
0,80
tr
5,2
922
48,8
0,75
tr
71
18,4
924
39,7
0,99
tr
64
23,3
929
57,3
0,59
tr
79
953
29,1
1,44
tr
59
19,1
956
43,6
44,1
962
40,0
1,16
tr
77
49.2
969
36,0
1,15
tr
65
22,2
984
39,8
tr
28,0
987
40,9
0,98
tr
67
44,5
1021
41,5
0,92
tr
66
44.9
1106
41,4
0,95
tr
67
43,6
1131
42,1
0,89
1176
40,2
0,99
tr
66
41,8
1257
39,4
0,97
tr
63
41,4
1337
39,6
1,01
tr
66
42,0
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
189
Clément P. & Giannesini P.-J.
MD 81399 : Atlantis II, bassin ouest.
Zonation
Backer & Richter
(1973)
Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
> 20 pm
% CaCOg
AM
8
70,7
0,10
76,4
99
tr
30
71,8
0,08
79,4
95
5,3
tr
82
67,1
88
tr
112
62,9
tr
116
61,9
58,1
10,8
tr
SU 2
138
68,2
0
142
67,7
71,0
0
CO
172
64,6
0,18
61,4
83
tr
tr
180
64,4
0,18
61,2
87
0
187
60,6
0,26
52,4
81
0,2
0
203
62,5
0,22
56,7
83
0
223
61,2
0,28
54,0
96
0
225
42,3
0
261
59,3
0,31
49,7
86
11.2
0
275
1.6
tr
280
56,5
0,36
44,2
87
tr
317
64,8
0,18
64,1
89
4,5
0
COS?
371
60,6
81
0
380
66,9
0,14
70,3
93
tr
407
60,9
0,29
53,7
77
0
410
72,3
81,6
tr
420
68,9
0,08
79,4
85
0
450
68.6
0,11
75,1
97
tr
458
65,1
0,14
64,1
83
0
482
69.4
0,07
81,1
90
tr
496
66,0
0,13
69,4
86
0
500
61,8
58,7
0
502
66,0
0,12
69,2
75
0,8
tr
TRANSITION
544
54,3
0,35
44,3
77
67,2
SU 1
552
56,6
0,60
85
8,4
567
48,4
0,23
69,0
77
18,8
tr
599
57,1
0,28
54,0
81
13,4
tr
645
61,3
0,25
57,7
87
0
654
67,6
0,11
75,9
94
tr
682
65,9
0,05
87,7
83
tr
709
69,1
0,08
80,3
93
0
738
67,5
0,12
73,4
94
0
752
52,7
0,43
40,7
78
7,6
tr
DOP
787
56,3
0,35
44,7
79
8,2
31,5
805
44.9
0,61
30,2
75
19,3
6,8
812
52,5
0,50
40,9
89
1,9
0
828
50,0
0,55
35,4
84
tr
840
50,4
0,50
39,5
86
9,7
tr
863
33,8
0,75
36,4
63
22,9
70,7
891
34,4
0,94
18,6
60
16,4
48,3
893
42,4
0,69
27,3
70
15,4
894
32,9
18,1
65,2
895
33,2
19,9
21,4
897
34.2
19,3
900
55,3
0,37
44,2
84
tr
944
49.7
0,51
35,4
79
974
30,0
33,4
21,8
70,8
190
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
MD 81403 : Atlantis II, bassin est.
Zonation
Backer & Richter
(1973)
Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
% CaCOg
AM
61
69,9
0,08
79,5
91
tr
122
70,4
0,06
83,9
89
0
147
70,5
87
0
192
69,7
0,08
80,8
96
tr
286
70,0
0,06
83,1
86
tr
342
69,4
0,06
83,2
85
tr
SU 2
451
68,8
89
tr
487
69,8
0,09
78,3
92
0
TRANSITION
514
69,1
95
tr
555
68,1
72,6
tr
CO
569
58,1
86
tr
598
68,3
87
0,0
609
66,1
70,0
622
52,0
0,41
36,2
65
21,9
COS
635
64,3
85
tr
648
71,4
80
tr
781
70,9
0,06
85,7
99
0
826
37,2
0,68
20,7
69
0
SU1
842
50,2
0,32
37,8
85
4,9
885
58,7
0,24
51,2
86
15,2
907
55,3
68
tr
937
55,4
72
tr
TRANSITION
965
66,3
0,14
66,7
79
0
984
65,3
84
0
1052
51,8
0,45
40,0
84
tr
1109
61,8
55,1
0,0
1125
59,2
51,4
tr
DOP
1157
45,2
0,61
30,5
73
18,2
1177
47,5
0,53
33,5
80
tr
1200
62,7
0,22
57,5
83
tr
1280
62,5
0,21
58,5
89
tr
1355
36,1
0,90
19,6
62
61,3
1368
48,0
68
1421
47,4
0,55
31,0
71
21,6
1433
35,0
0,86
18,7
56
69,1
1458
62,7
0,22
55,8
81
tr
1467
31,8
45
1544
31,9
1,04
13,5
55
51,6
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
191
Clément P. &C Giannesini P.-J.
MD 81404 : Atlantîs H, Nord Passage.
Zonation
Backer & Richter
(1973)
Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
> 20 pm
% CaCOg
AM
20
68,0
75
0
40
69,0
0,06
80,8
74
10,7
0
60
68,8
0,08
78,0
74
0
80
69,1
0,07
80,1
71
tr
100
69.1
0,07
80,1
76
tr
120
68,9
0,07
79,1
73
11,4
tr
SU 2
140
69,3
0,06
80.6
72
11,4
tr
210
69,1
0,07
80,8
73
8,6
tr
TRANSITION
278
68,5
0,06
77,7
68
2,6
0
320
67,1
0,10
73,6
73
6,7
0
CO
350
65,8
0,13
69,3
77
0,4
0
390
67,1
0,11
73.7
76
2,4
0
COS
435
64.8
0,13
69,4
75
15,2
0
460
69,4
0,07
79,4
80
4.5
0
480
69.8
0.06
80.3
73
9.0
0
525
70.3
0,09
76,0
78
11,6
0
560
70,2
0,07
81,4
86
17.1
0
SU1
585
61.4
0,18
58,0
73
6,8
0
DOP
700
56,9
0,30
47,0
72
0.6
0
825
18,3
1,42
11,0
35
84,4
0
MD 81408 : bassin de Wando.
Séquence
Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
> 20 pm
% CaCO^
UNITÉ 5
0
20,6
tr
91,5
10
68,8
0,21
31,9
76
tr
26
79,2
0,10
55,6
79
tr
UNITÉ 4
53
77.5
0,13
50,1
90
tr
84
69,4
0,24
33.8
81
tr
95
34,4
7,8
46,8
121
29,4
6.2
26,6
70,9
UNITÉ 3
197
38,6
0,93
9,5
62
9.7
60,3
UNITÉ 2
281
40,8
0,85
11.0
66
65,3
48.5
298
30,7
7,1
61,9
311
35,0
1,02
8,5
59
28,9
56,4
329
33,5
1,09
8,0
60
6,5
68,2
342
30,9
1,23
7,1
56
3,5
72,2
353
54,9
0,46
20,3
69
25,7
42,0
393
27,7
0,97
6.1
62
1.3
67,9
UNITÉ 1
434
56,5
0,50
19,7
78
14.3
38,3
448
53,5
0,51
17,1
65
tr
480
56,8
0,48
19,8
75
15,7
29,5
489
45,9
0,74
12,9
68
12,3
51,0
499
43,5
0,72
11,8
64
37,8
40,5
527
53,9
18,4
44,9
48,2
192
GEODIVERSÎTAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
MD 81409 : Atlantis II, bassin sud-ouest.
Zonation
Backer & Richter
(1973)
Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
> 20 pm
% CaCOg
SAM
10
71,4
0,08
79.5
90
4,6
tr
30
70,5
0,08
78,7
86
5,5
tr
64
72,8
0,06
82,2
85
0
68
70,4
78,4
0
105
71,3
0,08
79,1
84
9,3
tr
132
69,8
0,08
78,9
86
10,5
tr
186
69,6
0,07
79,7
79
7,0
0
220
70.9
0,06
84,5
87
tr
0
240
69,5
0,07
80,8
92
0
SOAN
255
70,1
0,08
79,5
87
10,1
0
295
68,9
0,08
78,3
82
9,0
tr
320
56,6
0,31
47,0
73
7,3
tr
338
62,4
0,22
59,1
83
0
356
62,7
0,18
56,7
66
0
388
59,3
0,25
56,3
77
13,5
tr
402
38,7
0,66
33,4
62
0
425
62,6
0,17
65,2
82
11,9
tr
CO
440
65,8
0,15
66,9
83
0,3
tr
488
55,5
0,14
79,2
75
14,2
tr
MD 81412 : Néréus.
Séquence Niveau
% Eau
PP gr/cm^
% sels
Porosité
> 20 pm
% CaCOj
UNITÉ 2 5
42,1
0,92
tr
71
2,7
65,4
19
65,3
0.48
10,4
84
11.7
47,4
27
77,1
31
62,9
0,48
8.8
89
42
53,6
0,69
6.7
57
25,8
36,2
63
21.0
tr
78
67,5
0,44
11,4
92
2.2
17,4
92
43,0
0,92
tr
68
9.2
64,2
107
59,6
0,41
9,0
83
6,8
UNITÉ 1 115
54,0
0,65
9,1
82
10,2
48,0
140
53,9
0,68
8.3
76
11,7
45,9
156
73,3
0,31
22.8
99
11,7
19,6
187
57,6
0,64
10.4
95
9,2
34,1
220
61,9
0,50
9.6
89
1,3
225
36,9
1,22
6.0
77
1,3
230
44.9
0,86
4,1
73
60,2
244
66,8
0,40
20,6
93
260
47,7
0,78
5,6
70
5,4
47,6
272
39,1
1,18
tr
73
2,5
296
44,5
0,82
9,9
72
16,5
70,4
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
193
Clément P. & Giannesini P.-J.
ANNEXE 5
MESURES GÉOCHIMIQUES, EXPRIMÉES
PAR RAPPORT AU POIDS SEC DESSALÉ
Niveau : profondeur en ceniimètres de l’échantillon dans la colonne sédimentaire.
1 ns total : pourcentage pondéral du résidu des deux atiai.|ue.s acides.
Cu total (ppm) et Fc total {%) sont les teneurs en cuivre et fer mis en soludon par les deux attaques acides.
Mn (ppm) et Zn (ppm) sont le.s teneurs en manganèse et en zinc entièrement solubilisés par la première attaque
chlorhydrique.
Cu HNO 3 (ppm) et Fe HNO^ (%) sont les teneurs en cuivre et fer solubilisés par la deuxième attaque nitrique,
tr : traces.
MD 81388 : Commission I.
Séquence
Niveau
Ins total
Cu total
Fe total
Mn
Zn
UNITÉ 2
2
46,5
76
4,5
13415
532
7
48,2
84
6,2
22046
754
30
43,9
tr
4,9
5314
tr
80
25,2
94
9,5
33992
1569
134
50,4
tr
3,5
7203
tr
146
28,3
117
9,0
49700
1657
189
22,9
100
8.9
48617
1486
230
33,6
tr
5,0
9734
tr
236
38,9
tr
2.9
5919
624
257
22,6
92
8,8
42138
1400
292
10.8
165
13,9
80890
2750
325
50,9
tr
2,7
2590
tr
330
6,3
168
13,8
93960
3188
373
38,9
tr
9,5
26070
978
426
72,3
tr
3,2
tr
tr
444
35.9
tr
3,1
16564
488
450
26,4
75
6,8
12197
651
455
24,0
tr
3,6
8897
tr
467
23,4
70
11,7
98681
2277
519
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609
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35911
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1153
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33.3
tr
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179
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2976
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33,6
tr
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9.8
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201811
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4520
tr
UNITÉ 1
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33,8
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4,5
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tr
1337
34.7
tr
4,6
7106
tr
194
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
MD 81399 : Atlantis 11, bassin ouest.
Zonation
Backer & Richter
(1973)
Niveau
Ins total
Cu total
Cu HNO 3
Fe total
Fe HNO 3
Mn
Zn
AM
8
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tr
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tr
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SU 1
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tr
34,1
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33202
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16451
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1321
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19.1
3927
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2021
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tr
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tr
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tr
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tr
tr
842
863
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tr
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tr
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420
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28,8
tr
0
5.4
tr
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52,4
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155
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1.0
tr
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894
20,9
tr
tr
4.0
0.4
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46,1
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14,8
10,3
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4241
897
40,8
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tr
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tr
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tr
0
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tr
10092
329
GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2)
195
Clément P. & Giannesini P.-J.
MD 81403 : Atlantis II, bassin est.
Zonation
Backer & Richter
(1973)
Niveau
Ins total
Cu total
Cu HNO 3
Fe total
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AM
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192
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tr
34,5
tr
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23405
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4819
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31,3
tr
tr
13979
SU 2
342
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1,2
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487
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TRANSITION
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0
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CO
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tr
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0
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COS
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10,8
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SU 1
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14574
4474
TRANSITION
965
32,3
2612
357
36,2
1>4
tr
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1052
26,8
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22779
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10220
165780
1109
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16,0
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2544
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1186
168
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5564
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1200
tr
tr
0
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tr
tr
1612
1280
tr
474
tr
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tr
2065
2639
1355
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tr
0
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tr
4264
tr
1421
38,6
435
tr
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tr
9168
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1433
24,6
tr
0
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tr
4174
tr
1458
tr
tr
0
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tr
1930
564
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34,9
tr
0
3,7
tr
2463
tr
196
GEODIVERSITAS
1998 • 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
MD 81404 : Atlantis II, Nord Passage.
Zonation
Backer & Rtchter
(1973)
Niveau
Ins total
Cu total
Cu HNO3
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AM
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0.5
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120
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tr
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tr
4615
16111
SU 2
140
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28,2
0,5
4412
10226
210
32,1
4868
353
23,8
1,6
3839
20589
TRANSITION
278
75.7
530
121
11,9
2.4
tr
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320
22,3
2876
tr
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CO
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tr
0
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tr
tr
4350
390
9,5
251
tr
45,7
tr
7355
3727
COS
435
20,3
1515
tr
34,0
0.3
30727
2216
460
48,0
5688
191
20,1
1.5
15913
2236
480
24,1
713
tr
35,1
0.3
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1611
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30,3
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150
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2200
560
48,4
762
tr
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4.5
5066
2357
SU 1
585
48,9
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6546
20,6
15,2
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DOP
700
tr
212
0
56,2
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tr
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825
66,6
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tr
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tr
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MD 81408 :
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1354
UNITÉ 4
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tr
0
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tr
0
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tr
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tr
tr
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tr
UNITÉ 3
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0
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tr
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tr
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tr
tr
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0
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tr
0
tr
tr
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tr
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33.4
tr
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tr
tr
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309
UNITÉ 1
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22,5
254
tr
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tr
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5497
448
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3830
112
12,2
tr
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13247
480
13,8
796
tr
29.8
tr
38311
4933
489
19,6
tr
0
12.3
tr
19670
1122
499
17,9
tr
0
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tr
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781
527
24,7
544
104
18,7
tr
33112
2667
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
197
Clément P. & Glannesini P.-J.
MD 81409 : Atlantis II, bassin sud-ouest.
Zonation
Backer &
Richter (1973)
Niveau
Ins total
Cu total
Cu HNO 3
Fe total
Fe HNO 3
Mn
Zn
SAM
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23,0
8121
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41.1
6357
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29,1
1,9
ir
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0
42,7
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tr
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23,0
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186
27,9
6127
429
31,8
1.8
13051
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220
36,0
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639
27,5
2,9
tr
49023
240
51,4
614
134
25,4
1.6
tr
3312
SCAN
255
37.7
10716
1138
25.9
4,8
tr
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295
37,3
11391
1135
25,2
4,9
tr
54446
320
28,8
19199
11756
11.0
6,9
tr
263364
338
35,2
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17,7
10,0
tr
154650
356
73,6
1148
tr
10,0
1,1
tr
4102
388
17.3
1523
183
35.1
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1639
402
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1903
18,0
5,1
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425
11,2
4315
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1.0
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CO
440
4.0
2739
0
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1180
965
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6,3
4772
303
70,5
tr
1959
893
MD 81412 : Néréus.
Séquence Niveau
Ins total
Cu total
Cu HNO3
Fe total
Fe HNO3
Mn
Zn
UNITÉ 2 5
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141
0
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0
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tr
tr
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tr
tr
2.8
tr
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tr
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221
0
44,2
tr
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tr
0
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107
17.7
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tr
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UNITÉ 1 115
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tr
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tr
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tr
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156
33,5
201
tr
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17,8
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22,1
0,8
5370
tr
225
tr
1240
0
65,6
tr
5921
tr
244
12.4
tr
0
48,6
tr
3815
354
260
16,1
4011
tr
15,7
1.0
6259
1486
272
9,4
25092
268
37,1
2,9
3645
15288
198
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
ANNEXE 6
OBSERVATIONS AU MICROSCOPE OPTIQUE
Le niveau cumulé correspond à la cote en centimètres de Péchantillon dans la colonne sédimentaire.
Les composants sont indiqués par ordre d'importance.
Nannos : nannofossilcs calcaires ; (BC), bien conservés i (MC), mal conservés.
Composant : TBC, très bien cristallisé ; BC, bien cristallisé ; MC, mal cristallisé.
Forams : foraminilcres
Micarb : « Micarbonate Fraction fine (quelques pm) carbonatée d'origine indéterminable.
Mnsidérice : Manganosidérite.
MD 81388 : Commission l.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
2
Nannos. Micarb, Aragonite (baguettes), Forams. Détritique,
Composés + ou - amorphes (globules bruns)
Composés amorphes
7
Nannos. Micarb. Aragonite (baguettes), Globules (MC), Détritique,
Argiles
Forams
30
Nannos. Micarb. Aragonite (baguettes), Détritique, Argiles,
Composés amorphes (globules jaunes). Forams
51
Micarb. Forams. Nannos, Aragonite (baguettes), Détritique grossier,
Composés amoiphes {globules jaunes), Argiles
Opaques
54
Nannos, Micarb, Aragonite (hagueiles), Composés amorphes.
Détritique, Forams, Argiles
Opaques
62
Globules bruns MC. Composés amorphes. Argiles, Micarb.
Nannos (MC). Aragonitr> (baguettes)
Détritique
80
Nannos (MC), Micarb, Aragonite (baguettes)* Argiles.
Globules bruns MC, Foranis
Détritique fin
119
Argiles, Micarb. Aragonite (baguettes). Nannos (MC),
Détritique grossier. Amorphes (globules jaunes)
Forams
134
Forams. Détritique grossier, Argiles (gds mx), Micarb,
Aragonite (baguettes). Opaques
Nannos (MC)
140
Composés MC, Détritique grossier, Forams. Micarb,
Aragonite (baguettes)
Nannos (MC)
146
Globules bruns amorphes. Nannos (MC), Micarb,
Aragonite (baguettes), Composés MC, Détritique fin
Opaques. Forams
155
Micarb. Nannos (BC), Composés amorphes. Détritique. Forams
161
Forams. Détritique. Nannos (BC). Micarb. Aragonite (baguettes),
Amorphes
Opaques
170
Amorphes, Micarb, Nannos (MC). Détritique, Forams
178
Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes). Amorphes,
Détritique. Forams
Opaques
188
Globules bruns MC. Amorphes. Micarb. Nannos (BC),
Aragonite (baguettes). Forams, Détritique grossier
Opaques
196
Globules bruns MC. Amorphes, Micarb. Nannos (BC),
Aragonite (baguettes). Forams, Détntique grossier
Opaques
205
Micarb, Nannos (MC). Aragonite (bagueltes), Amorphes,
Détritique. Forams
Opaques
213
Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Amorphes,
Détritique, Forams
Opaques
225
Nannos (BC), Micarb, Forams, Aragonite (baguettes),
Détritique grossier, gros mx argileux
Opaques, Amorphes
229
Nannos (BC), Micarb, Forams. Aragonite (baguettes).
Détritique, Amorphes
Opaques,
234
Nannos (BC). Micarb, Forams, Aragonite (baguettes),
Détritique grossier, grands mx argileux
Opaques, Amorphes
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
199
Clément P. & Gîannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
244
Amorphes, Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes),
Forams, Détritique
Opaques
247
Micarb, Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Amorphes,
Forams. Détritique
Opaques
251
Micarb, Nannos (BC), Forams, Aragonite (baguettes).
Détritique grossier
Opaques, Amorphes
252
Micarb, Nannos (BC), Aragonite (baguettes), Détritique grossier,
Forams. Amorphes
Pyrite, Opaques anguleux
257
Amorphes. Micarb, Nannos (MC), Forams, Aragonite (baguettes),
Détritique
265
Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes). Amorphes,
Détritique grossier
267
Micarb. Nannos (BC). Aragonite (baguettes). Forams, Amorphes,
Détritique fin
Opaques
292
Amorphes, Micarb, Nannos (BC), Forams
Détritique fin. Opaques
315
Micarb. Nannos (BC). Aragonite (baguettes), Détritique grossier,
Amorphes, Forams
Opaques
320
Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes). Détritique grossier,
Forams. Amorphes
Opaques anguleux
325
Détritique grossier. Forams. Nannos (BC), Micarb. Amorphes
330
Amorphes. Micarb. Nannos (MC), Aragonite (baguettes)
Détritique fin
332
Goethite (?), Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams
Détritique
336
Goethite (?). Micarb, Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams
Détritique
360
Micarb. Aragonitu (baguettes), Amorphes, Nannos, Détritique, Forams
Opaques
373
Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes). Amorphes.
Détritique grossier. Forams
Opaques
376 a
Forams, Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes),
Détritique grossier, Amorphes, Opaques anguleux
376 b
Détritique grossier, Mx argileux. Forams. Micarb, Nannos (MC).
Aragonite (baguettes)
Opaques
384
Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes). Détritique grossier,
Forams. Opaques. Amorphes Discoasters
389
Micarb, Nannos (BC). Aragonite (baguettes), Détritique. Forams
Amorphes, Opaques
400
Détritique grossier, Forams, Opaques anguleux, Amorphes,
Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes)
402
Aragonite (baguettes). Micarb. Forams. Détritique grossier.
Nannos (MC),
Opaques, Amorphes
410
Aragonite (baguettes), Micarb, Forams. Détritique grossier,
Nannos (MC),
Opaques, Amorphes
418
Amorphes, Détritique, Opaques. Forams, Nannos (MC),
Micarb, Aragonite (baguettes)
427
Opaques (Pyrite ?). Détritique grossier, Amorphes, Forams. Micarb,
Nannos (MC)* Aragonite (baguettes)
443
Micarb, Aragonite ^baguettes). Forams. Détritique. Verre volcanique,
Nannos (MC)
Opaques. Amorphes
451
Amorphes, Micarb, Forams, Oêtrillque grossier, Nannos (MC)
Opaques
455
Aragonite (baguettes). Amorphes, Micarb, Nannos (MC). Détritique fin
Opaques
461
Micarb, Aragonite (baguettes), Amorphes, Nannos (MC), Détritique fin
Opaques
468
Amorphes. Détritique grossier, MIcart), Aragonite (baguettes),
Forams, Nannos (MC)
476
Aragonite (baguettes), Micarb, Amorphes, Nannos (MC),
Forams. Détritique lin
Opaques
492
Amorphes, Micarb, Aragonite (baguettes). Détritique fin.
Verre volcanique
Opaques
500
Micarb, Aragonite (baguettes). Nannos (MC). Forams,
Détritique grossier
Amorphes, Opaques
503
Amorphes, Miçarb, Aragonite (baguettes), Nannos (MC),
Détritique fin
200
GEODIV6RS1TAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
506
Amorphes, Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Forams.
Détritique fin
Opaques
510
Mx argileux, Micarb, Aragonite (baguettes), Forams, Amorphes,
Détritique grossier
Opaques
513
Détritique grossier, Mx argileux, Forams, Micarb,
Aragonite (baguettes), Nannos
Opaques
519
Micarb. Nannos (MC), Aragonite (baguettes), Détritique grossier,
Forams. Amorphes, Opaques anguleux
525
Amorphes, Aragonile (baguettes), Micarb. Forams,
Détritique grossier, Nannos (MC)
Opaques
535
Amorphes, Micarb. Nannos (MC), Aragonite (baguettes),
Détritique tin. Forams
560
Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Amorphes,
Détritique fin, Forams. Opaques
578
Amorphes. Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes),
Détritique fin
Opaques
609
Détritique grossier. Forams, grands mx argileux,
Amorphes (jaunes), Micarb, Nannos (MC), Opaques
621
Amorphes (jaunes), Micarb, Détritique grossier,
Aragonite (baguettes), Nannos (MC)
Opaques
629
Verre basaltique altéré. Détritique grossier, Forams,
Argiles, Opaques
Micarb, Nannos
639
Amorphes (brun-jaune), Micarb. Nannos (MC), Forams,
Aragonite (baguettes), Détritique fin. Globules bruns MC
Opaques
646
Détritique grossier, Argiles. Vérre basaltique, Forams, Opaques,
Micarb. Nannos
653
Micarb. Aragonite (baguettes), Nannos (MC),
Globules amorphes (jaunes), Forams. Opaques, Détritique
Globules amorphes (bruns)
664
Détritique grossier. Globules amorphes ou MC (brun-jaune),
Forams, Micarb, Nannos (MC), Aragonite (baguettes)
Opaques
672
Globules amorphes (jaunes), Détritique grossier. Micarb,
Nannos (MC), Forams, Aragonite (baguettes)
Opaques
681
Micarb. Nannos, Forams, Détritique grossier. Aragonite (baguettes),
Globules amorphes (jaunes)
Opaques
684
Détritique grossier. Micarb. Aragonite (baguettes), Forams,
Globules amorphes (jaunes), Nannos (MC)
Opaques
691
Composés amorphes ou MC (brun), Détritique. Forams
Micarb, Nannos
694
Micarb. Globules MC (brun-jaune), Détritique grossier,
Forams. Nannos
Gros Opaques anguleux
697
Composés amorphes (jaune-brun), Globules bruns MC,
Détritique grossier. Forams. Micarb. Nannos (MC), Aragonite
Opaques
704
Micarb, Globules + ou - amorphes (jaunes), Forams, Détritique,
Opaques
715
Globules bruns MC. Détritique grossier. Micarb. Nannos (MC)
Opaques
720
Micarb. Forams, Détritique grossier, Opaques
730
Globules amorphes (brurvjaune), Détritique grossier, Micarb.
Globules bruns MC
Nannos (MC). Forams
Opaques
732
Détritique grossier, Forams, Argiles. Verre basaltique, Micarb,
Nannos (MC), Amorphes (jaunes)
734
Globules amorphes (jaune-brun), Détritique grossier, Forams,
Micarb, Nannos (MC)
Opaques
745
Détritique grossier. Opaques. Forams, Micarb. Nannos (MC),
Argile brune
746
Micarb, Forams, Nannos (MC). Aragonite (baguettes),
Détritique grossier, Opaques
Globules jaunes amorphes
751
Micarb,. Globules jaunes amorphes, Nannos (MC), Détritique fin
Forams, Opaques
757
Amorphes jaunes + ou - globuleux, Micarb. Nannos (MC),
Forams. Détritique grossier
Opaques
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
201
Clément P. & Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
763
Globules jaunes amorphes. Micarb. Nannos (MC). Forams,
Détritique fin, Opaques
777
Argiles brunes. Globules bruns opaques. Détritique grossier,
Micarb. Nannos. Forams
789
Micarb. Nannos (MC), Détritique grossier. Forams,
Globules jaunes amorphes
Opaques
792
Détritique grossier. Argiles, Opaques. Forams,
Globules bruns opaques. Globules jaunes amorphes
Micarb, Nannos (MC)
799
Composés brun-jaune et Globules bruns amorphes,
Détritique 1m, Forams. Micarb
Nannos
816
Composés brun-jaune et Globules bruns amorphes.
Détritique fin. Micarb. Nannos (MC). Forams, Opaques
834
Micarb, Nannos (MC). Détritique fin, Globules jaunes amorphes
Opaques
837
Détritique grossier. Argiles, Forams, Grands Opaques, Micarb,
Nannos (MC)
Globules jaunes amorphes
845
Globules jaunes amorphes. Micarb, Nannos, Forams, Détritique fin
Opaques
851
Micarb, Nannos. Argiles. Opaques. Détritique grossier, Forams
857
Composés bruns amorphes. Globules bruns MC. Détritique fin
Micarb, Nannos (MC),
Forams
871
Composés bruns amorphes. Globules bruns MC, Détritique fin
Micarb, Nannos (MC).
Forams
878
Composés jaunes amorphes, Micarb. Nannos (MC),
Détritique tin, Forams, Globules brun-jaune amorphes
Opaques
890
Composés bruns amorphes, Globules bruns MC, Détritique fin
Micarb, Nannos (MC),
Forams
893
Composés bruns amorphes, Globules bruns MC, Détritique fin
Micarb. Nannos (MC),
Forams
900
Détritique grossier. Argiles. Micarb. Nannos
Aragonite (baguettes)
909
Détritique grossier. Argiles. Opaques. Composés amorphes jaunes,
Forams, Micarb. Nannos (MC)
915
Composés jaune-brun amorphes, Globules bruns. Détritique fin,
Micarb, Nannos (MC), Forams
Opaques
916
Composés jaune-brun et Globules bruns amorphes. Nannos,
Aragonite (baguettes), Dé-tntique grossier
919
Composés jaune-brun amorphes,
Détritique fin, Micarb,
Globules incolores de silice amorphe
Nannos
922
Compo5é.s jaunes et Globules brun-jaune amorphes.
Opaques, Aragonite
Nannos (MC). Micarb, Détritique lin
(baguettes)
924
Détritique grossier. Micarb. Nannos. Aragonite (baguettes).
Globules jaunes amorphes, Forams, Opaques
929
Composés rouge brun amorphes (Goethite ou Hématite MC)
Micarb, Nannos, Détritique
946
Composés brun-jaune amorphes. Globules bruns -r ou - opaques,
Détritique fin, Nannos (MC). Forams
Opaques
953
Détritique grossier. Forams. Gros Opaques
Micarb, Nannos
956
Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams,
Détritique fin, Globules jaunes amorphes
Opaques
962
Micarb. Nannos (MC). Aragonite (baguettes), Forams,
Globules jaunes amorphes. Détritique fin
969
Globules jaunes amorphes. Détritique grossier, Micarb,
Nannos. Forams
Opaques
984
Micarb, Nannos, Forams, Aragonite (baguettes),
Globules jaunes amorphes, Opaques, Détritique fin
Discoasters
987
id.
id.
1021
id.
id.
1106
id.
id.
1176
id.
id.
1257
id.
id.
1297
id.
id.
1337
id.
id.
202
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
MD 81399 : Atlantis 11, bassin ouest.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Smectite, Glauconie, Mnsidérite, Pyrite
Quartz, Feldspaths
8
Smecîite. Glauconie, Pyrite. Mnsidérite
Quartz
30
Smedite, Glauconie. Mnsidérite. Pyrite
Quartz, Feldspaths
65
Glauconie TBC
82
Mnsidérite, Glauconie BC
Silice biogène, Quartz
112
Pyrite. Silicates amorphes. Silice biogène,
Forams, Anhydrite,
Sphérules de silice amorphe
Barytine, Détritique
121
Smedite brune BC, Glauconie
138
Glauconie BC
Silicates amorphes
154
Goethile ou Lépidocrocite MC
Mnsidérite
155
Silicates amorphes ou MC, Mnsidérite, Barytine
Gypse
160
Goethile MC. Mnsidérite
Quartz, Barytine
168
id.
id.
172
Goethite BC
Mnsidérite
180
Goethite BC (ou Hématite ?), Mnsidérite
Détritique
187
Goethile TBC
Mnsidérite, Détritique
194
Goethite BC
Mnsidérite
197
Goethite BC
Quartz
200
Goethile BC
203
Goethite TBC
206
Goethite BC
208
Goethite BC
Détritique
228
Oxydes de Mn BC
Quartz
243
Goethite TBC
247
Goethite BC
Oxydes de Mn BC
249
Oxydes de Mn BC
Quartz
251
Goethite MC ou Hématite
Quartz
261
Oxydes de Mn BC
Détritique, Mnsidérite (?)
275
Goethile MC, Forams, Quartz, Mnsidérite
277
Goethite MC, Mnsidérite
Détritique
280
Goethite TBC
Mnsidérite, Détritique
283
Goethite MC, Oxydes de Mn
Quartz
297
Goethile MC. Silicates amorphes, Mnsidérite, Forams recristallisés
Quartz
317
Goethite MC, Silicates amorphes, Forams recristallisés, Mnsidérite
Glauconie. Détritique,
Verre volcanique
334
Smectite brune MC, Glauconie BC. Mnsidérite
Quartz
351
Goethite MC, Oxydes de Mn BC, Micarb, Mnsidérite
Silice biogène, Quartz
364
Smectite brune MC. Carbonates biogènes recristallisés. Mnsidérite
Quartz
371
Détritique. Smectite BC, Silicates amorphes, Carbonates recristallisés,
Mnsidérite, Opaques
Glauconie
380
Goethite MC
Mnsidérite, Glauconie,
Détritique
402
Smectite brune TBC
Mnsidérite
404
Micarb, Nannos (BC), Forams. Glauconie BC. Opaques. Mnsidérite
Silice biogène, Quartz
405
Micarb. Nannos (BC). Forams, Aragonite (?), Glauconie ou Smectite,
Silice biogène, Silicates amorphes. Opaques
Quartz
406
Silice blogéne, Micarb, Nannos (BC). Forams.
Silicates + ou - amorphes. Aragonite, Détritique, Pyrite
407
Mnsidérite, Glauconie BC, Détritique, Pyrite
410
Smectite BC
Mnsidérite, Pyrite
420
Glauconie BC. Mnsidérite
Forams recristallisés,
Détritique
424
Smectite brune. Glauconie. Mnsidérite
Pyrite, Quartz,
Silice biogène
430
Mnsidérite, Smectite brune
Quartz
438
Smectite brune TBC, Mnsidérite
Quartz, Verre volcanique
450
Smectite brune TBC, Mnsidérite
Quartz
GEODIVERSITAS * 1998 • 20(2)
203
Clément P. &c Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
458
Glauconie ou Smectite BC, Goethite MC, Mnsidérite
Quartz, Pyrite
462
Smectite TBC
467
Glauconie TBC, Mnsidértte, Quartz
Forams, Micarb
471
Smectite MC
Nannos. Mnsidérite
475
Goethite TBC
Quartz, Mnsidérite
Ail
Smectite brune TBC, Mnsidérite
Quartz
482
Glauconie TBC. Mnsidérite
489
Goethite TBC
Mnsidérite. Quartz
491
Goethite BC ou Hématite
Mnsidérite
493
Goethite BC ou Hématite, Oxydes de Mn, Smectite brune, Glauconie
Quartz. Mnsidérite
496
Goethite TBC, Hématite (?)
Mnsidérite, Quartz
500
Oxydes de Mn TBC
502
Goethite TBC
Mnsidérite, Quartz
522
Smectite brune TBC
Mnsidérite
530
/ûf.
id.
535
Mnsidérite
538
Glauconie TBC
Quartz
542
Smectite ou Glauconie MC, Pyrite, Silice biogène, Micarb, Forams,
Aragonite (?), Nannos (MC), Quartz
Mnsidérite
544
Mnsidérite
Détritique. Pyrite,
Silice biogène
552
Mnsidérite, Carbonates biogènes, Sphérules de silice amorphe. Pyrite
Silice biogène, Détritique,
Blende
567
Pyrite, Silice biogène, Sphérules de silice amorphe, Micarb,
Nannos (MC)
Quartz, Blende
581
Pyrite, Silice biogène MC
Gypse. Détritique
599
Pyrite, Silice biogène
Forams, Blende. Détritique
612
Micarb, Nannos (MC), Mnsidérite. Silicates amorphes, Silice biogène,
Pyrite, Glauconie, Sphérules de silice amorphe
Détritique
617
Pyrite, Silice biogène, Glauconie
Forams, Micarb. Détritique
618
Pyrite, Silice biogêne. Sphérules de silice amorphe, Glauconie
Détritique
622
Mnsidérîte. Pyrite. Quartz, Smectite brune
Sphérules de silice
amorphe
635
Mnsidérite, Pyrite
Quartz. Silice biogène
639
Pyrite. Mnsidérite, Silice biogène MC
641
Verre volcanique, Smectite brune, Mnsidénle, Glauconie
Pyrite. Silice biogène
645
Glauconie TBC, Mnsidérite
Pyrite
647
Mnsidérite. Verre volcanique, Smectite ou Glauconie
Opaques
654
Glauconie MC. Pyrite. Silice biogéne
666
Smectite borne MC, Glauconie BC, Verre volcanique. Mnsidérite
Forams
674
Silicates amorphes. Pyrite. Mnsidérite
Silice et Carbonates
biogènes, Quartz
682
Smectite brune TBC, Verre volcanique
Mnsidérite
706
Mnsidérite. Glauconie BC
Verre volcanique, Quartz
709
Glauconie BC
Pyrite
716
Glauconie BC. Pyrite, Mnsidérite
Silice biogène, Micarb
725
Glauconie TBC, Pyrite
Silice biogène
728
Pyrite, Silice biogène, Micarb
Nannos (MC),
Sphérules amorphes
734
Mnsidérite, Micarb. Carbonates biogènes recristallisés, Pyrite
738
Glauconie TBC
752
Pyrite, Sphérules de silice amorphe, Silice biogène
Micarb. Détritique, Blende,
Gypse
761
Gypse, Pyrite, Mnsidérite, Silicates amorphes
Silice biogène, Verre
volcanique, Quartz
766
id
id.
778
Goethite TBC
Mnsidérite
783
Composés amorphes, Débris carbonatés recristallisés, Mnsidérite
Quartz
204
GEODIVERSITAS 0998 • 20(2}
Sédiments métallifères des fosses de la mer Roug(
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
787
Micarb, Forams, Aragonite (?), Composés amorphes,
Détritique, Glauconie,
Amas carbonatés
Nannos (MC)
797
Pyrite grossière. Détritique
Forams
805
Carbonates et Silice biogènes. Pyrite. Détritique
Verre volcanique
812
Goethite ou Lépidocrocite, Mnsidérite, Pyrite
Détritique, Silice biogène
817
Goethite BC. Mnsidérite
Micarb, Quartz
819
Carbonates bïogènes recristallisés en Mnsidérite,
Composés amorphes
Quartz
822
Micarb, Nannos (BC)^ Aragonite (?), Forams, Quartz
Opaques
828
Goethite BC. Mnsidérite
Micarb, Quartz
830
Micarb. Nannos (BC). Aragonite (?), Quartz, Composés amorphes
840
Composés rouges MC, Barytine (?), Mnsidérite
847
Micarb
Aragonite, Quartz,
Nannos recristallisés
855
Micarb, Nannos (BC), Forams, Aragonite, Amas carbonatés,
Pyrite, Détritique
860
Micarb. Aragonite (?). Quartz
863
Carbonates biogènes recristallisés, Amas carbonatés, Quartz
Opaques.
Composés amorphes
880
Carbonates biogènes recristallisés, Amas carbonatés. Quartz,
Composés amorphes
886
Micarb, Détritique
890
Carbonates biogènes + ou - recristallisés, Amas carbonatés,
Détritique. Composés amorphes
Opaques
893
Carbonates biogènes + ou - recristallisés. Smectite ou Glauconie,
Détritique, Opaques (Pyrite?)
894
Carbonates biogènes. Aragonite. Pyrite
Quartz
895
Pyrite. Glauconie ou Smectite, Carbonates biogènes. Détritique
897
Nannos, Micarb. Forams. Aragonite (?). Détritique, Pyrite
898
Lépidocrocile ou Goethite MC, Micarb, Nannos, Forams,
Aragonite (?), Détritique
900
Goethite ou Lépidocrocite BC
Nannos et Forams
recristallisés
901
Micarb. Nannos. Forams. Aragonite (?), Lépidocrocite ou
Goethite MC, Détritique
Nannos
905
Micarb. Nannos. Forams. Aragonite (?). Quartz
Pyrite
909
Goethite ou Lépidocrocite BC
Nannos et Forams
recristallisés
911
Micarb. Forams, Aragonite (baguettes), Nannos (MC), Quartz
Composés amorphes
913
Lépidocrocite MC, Micarb, Nannos (MC), Forams, Aragonite (?)
915
Micarb, Nannos. Forams, Aragonite (?), Détritique
Pyrite
916
ià.
id.
925
Cartxinates très recristallisés
936
Micarb, Nannos, Forams, Aragonite (?), Détritique
944
Lépidocrocite ou Goethite
Carbonates
MD 81403;
: Atlantis II, bassin est.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Smectite
Forams, Nannos,
61
id.
Détritique, Mnsidérite
id.
147
Smectite
Quartz, Nannos,
Mnsidérite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
205
Clément P. & Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
192
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Smectite, Micarb,
Mnsidérite. Opaques
Forams. Nannos,
Détritique, Glauconie
218
Micarb, Nannos, Silicates et Oxy-Hydroxydes amorphes, Forams
Mnsidérite, Opaques.
Détritique,Glauconie
232
Smectite, Oxy-hydroxydes amorphes. Micarb
Glauconie
Quartz* Forams. Opaques,
249
Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Micarb, Quartz, Opaques,
Glauconie
286
Smectite, Oxy-hydroxydes amorphes
Carbonates biogènes.
Opaques. Glauconie
331
Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Micarb. Quartz
342
Smectite. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Glauconie
Détritique. Micarb,
Opaques
352
Glauconie. Mnsidérite
Opaques. Pyrite
353
Mnsidérite, Glauconie
Opaques. Carbonates.
Anhydrite
375
Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Glauconie
Micarb. Nannos. Forams,
Quartz
451
Opaques. Smectite. Glauconie
Quartz. Nannos.
Silicates amorphes
464
Smectite
Quartz. Glauconie,
Silicates amorphes
487
Smectite, Glauconie, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Opaques. Pyrite, Quartz
488
Goethite
Oxy-hydroxydes amorphes,
Opaques
505
Glauconie
Micarb. Nannos. Opaques,
Pyrite
507
Mnsidérite, Glauconie
Détritique, Opaques.
Pyrite, Anhydrite
518
Mnsidérite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Anhydrite
Opaques, Pyrite Nannos,
Glaucome
525
Mnsidérite. Glauconie
Opaques. Quartz, Forams
546
Glauconie. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Micarb,
Nannos, Forams, Silice biogène
Sphérules amorphes.
Anhydrite. Opaques
555
Smectite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Mnsidérite
Micarb, Nannos,
Glaucome, Opaques
560
Mnsidérite, Silicates amorphes. Détritique fin
Glauconie, Silice et
carbonates biogènes
569
Smectite, Carbonates authigènes et détritiques
Oxy-hydroxydes amorphes,
Détritique
576
Goethite
Détritique, Opaques
586
id.
id.
592
Goethite, Opaques
Détritique Mnsidérite
598
Goethite
Opaques. Quartz. Micarb
600
id.
id.
616
Micarb, Nannos, Forams, Détritique, Verre volcanique
Opaques
617
Micarb. Nannos. Silicates amorphes
Forams. Détritique,
Opaques, Verre vole.
622
Opaques, Goethite, Composés amorphes
Carbonates biogènes.
Détritique
625
Micarb, Forams. Nannos. Silicates amorphes, Détritique,
Verre volcanique
Discoasters, Opaques
635
Silicates amorphes. Smectite, Micarb, Nannos
Quartz. Opaques
648
Glauconie
Carbonates et Silice
biogènes, Mnsidérite
650
Mnsidérite, Micarb, Nannos, Carbonates authigènes
Détritique. Glauconie.
Forams, Amorphes
206
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
658
Mnsidérite, Silicates amorphes
Détritique, Smectite,
Pyrite. Glauconie
659
Glauconie
Opaques. Pyrite,
Diatomées
669
Smeclite, Glauconie, Silicates amorphes
Micarb, Forams, Opaques
682
Smectite, Silicates amorphes
Glauconie, Détritique,
Bioclastes
776
Smectite
Glauconie, Opaques,
Micarb. Quartz
826
Mnsidérite
Détritique, Glauconie.
Opaques, Micarb
828
Glauconie
Opaques, Silice biogène
834
Micarb, Nannos, Opaques, Silice biogène, Sphérules
de silice amorphe
Forams. Glauconie,
Silicates amorphes
842
Opaques. Pyrite
Détritiquei Nannos,
Micarb, Silice biogène
856
Silicates amorphes, Micarb, Nannos, Mnsidérite, Opaques
Diatomées. Glauconie.
Anhydnte, Forams
860
Mnsidérite, Opaques
Quartz. Silicates
amorphes. Glauconie
873
Opaques. Pyrite, Silice biogène
Micarb, Forams.
Sphérules amorphes
885
Glauconie, Micarb. Nannos, Mnsidérile, Opaques
Forams, Détritique,
Silice biogène
890
Mnsidérite, Opaques, Micarb, Silice biogene
Détritique, Smectite.
Sphérules amorphes
901
Micarb, Nannos, Opaques, Silicates amorphes, Détritique
Mnsidérite,
Sphérules amorphes
904
Opaques, Silicates amorphes, Smectite, Détritique
Mnsidérite, Silice biogène.
Verre vole.
907
Opaques. Sphérules de silice amorphe
Silice biogène. Micarb.
Forams
912
Mnsidérite. Opaques
Quartz, Silicates
amorphes, Diatomées
916
Opaques (Pyrite ?), Micarb, Nannos, Mnsidérite, Silice biogène
Forams. Silicates
amorphes. Glauconie
923
Smectite
Mnsidérite, Micarb
933
Calcite aulhigène
Détritique. Silicates
amorphes, Diatomées
940
Opaques (Pyrite ?), Sphérules amorphes, Silice biogène, Micarb
Quartz. Mnsidérite
945
Smectite
Opaques, Quartz.
Mnsidérite
958
Smectite. Mnsidérite (?)
Forams. Opaques.
Détritique, Verre vole.
963
Opaques (Pyrite ?). Silice biogène, Sphérules de silice amorphe
Micarb. Mnsidérite,
Détritique
973
Silicates amorphes, Mnsidérite
Micarb. Opaques.
Verre volcanique
984
Opaques, Silice biogène. Mnsidérite. Micarb
Détritique. Silicates
amorphes. Glauconie
994
Opaques, Micarb, Nannos
Détritique, Mnsidérite,
Amorphes. Diatomées
1003
Smectite. Micarb. Nannos
Verre volcanique. Quartz
1012
Silicates amorphes, Mnsidérite, Micarb, Smectite
Forams, Opaques, Quartz,
Verre volcanique
1034
Mnsidérite
Opaques. Quartz, Micarb
1041
Mnsidérite, Opaques
Smectite, Amorphes,
Quartz, Glauconie
GEODIVERSITAS • 1998 « 20(2)
207
Clément P. & Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
1052
Opaques (Pyrite ?), Silice biogène
Micarb, Quartz, Forams,
Verre volcanique
1062
Goethite, Silicates amorphes
Micarb, Nannos, Forams,
Quartz
1064
Silicates amorphes, Micarb, Nannos, Forams
Opaques, Quartz,
Smectite. Mnsidérite
1065
Micarb, Nannos. Forams
Glauconie, Opaques,
Quartz. Verre vole.
1067
Goethite
Nannos, Micarb, Opaques
1069
Micarb, Nannos. Forams
Quartz, Glauconie.
Silicates amorphes
1071
Micarb, Nannos, Forams. Silicates amorphes. Opaques
Quartz. Glauconie.
Verre volcanique
1075
Micarb, Nannos, Forams, Glauconie, Quartz. Opaques
Silicates amorphes
1080
Micarb. Nannos. Opaques. Smectite, Quartz, Forams
Silicates amorphes
1109
Goethite
Quartz, Micarb. Nannos
1120
Goethite. Silicates amorphes
Quartz, Opaques. Micarb
1125
Goethite ou Lépidocrocite
Détritique, Micarb.
Opaques
1129
Micarb, Nannos. Forams
Détritique, Silicates
amorphes. Verre vole.
1133
Micarb, Nannos. Détritique, Opaques, Forams
Smectite. Mnsidérite,
Silicates amorphes
1138
Micarb. Nannos. Forams, Opaques
Quartz, Glauconie,
Silicates amorphes
1150
Goethite
Mnsidérite. Forams,
Opaques
1157
Opaques, Forams, Micarb, Nannos. Quartz
Smectite.
Silicates amorphes
1162
Goethite
Mnsidente, Forams
1177
Goethite, Mnsidérite
Opaques. Forams.
Barytine
1213
Micarb, Nannos. Forams. Silicates amorphes
Opaques, Glaucome.
Quartz
1228
Goethite, Mnsidérite
Micarb, Opaques
1234
Mnsidérite, Opaques
Quartz. Silicates amorphes
1244
Goethite
Verre volcanique.
Opaques
1256
Mnsidérite
Quartz. Silicates
amorphes. Forams
1261
Goethite, Verre volcanique
Forams. Mnsidérite,
Quartz. Opaques
1280
Goethite
Mnsidérite, Opaques
1310
Goethite
Opaques. Mnsidérite.
Nannos, Forams
1325
Micarb, Nannos, Silicates amorphes. Détritique
Opaques, Glauconie,
Verre volcanique
1335
Micarb, Nannos, Forams
Silicates amorphes.
Détritique, Verre vole.
1355
Micarb, Nannos. Silicates amorphes
Détritique. Opaques.
Glauconie. Verre vole.
1368
Composés amorphes (Oxy-hydroxydes ?)
Carbonates biogénes,
Détritique. Mnsidérite
1380
Micarb, Nannos, Carbonates détritiques, Détritique,
Calcite authigène,
Silicates amorphes
Verre volcanique.
Opaques
1400
Micarb, Nannos, Carbonates détritiques
Opaques, Détritique,
Silicates amorphes
208
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
1408
Goethite, Micarb, Nannos
Quartz, Opaques
1417
id.
id.
1421
1433
Micarb. Nannos. Forams. Silicates amorphes, Opaques, Détritique
Micarb, Nannos. Forams, Silicates amorphes
Verre vole., Opaques.
1458
Goethite
Glauconie, Détritique
Détritique. Opaques,
1467
1494
Micarb, Nannos. Forams. Opaques, Silicates amorphes
Micarb, Nannos, Forams, Détritique
Quartz, Barytine (?)
Opaques,
1544
Micarb, Nannos. Forams, Silicates amorphes, Opaques
Silicates amorphes
Quartz
MD 81404
; Atlantis II, Nord Passage.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes. Glauconie
Carbonates biogènes.
20
id.
Détritique, Diatomées
id.
37
Goethite
Carbonates biogènes,
40
Glauconie, Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes, Smectite
Détritique. Glauconie
Carbonates biogènes,
43
Glauconie
Détritique, Mnsidérite
Silicates amorphes,
60
Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes. Glauconie, Mnsidérite
Quartz. Opaques
Carbonates biogènes.
80
id.
Quartz, Opaques
id.
100
id.
id.
120
Glauconie, Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes, Mnsidérite,
Détritique, Opaques
140
Micarb, Nannos, Forams
id.
Quartz, Opaques,
170
Glauconie. Silicates amorphes. Micarb, Nannos, Forams, Opaques
Barytine (?)
Quartz
190
Glauconie, Micarb, Nannos. Forams. Opaques,
Détritique, Mnsidérite
210
Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes
Glauconie. Silicates amorphes, Micarb, Nannos, Forams, Opaques
Mnsidérite, Détritique
230
id.
id.
250
id.
id.
270
id.
id.
278
Glauconie
Opaques
287
Opaques. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes.
Carbonates biogènes,
Sphérutes de silice amorphe
Diatomées, Barytine
290
id-
id.
307
Glauconie. Silicates amorphes
Détritique, Barytine (?)
320
Goethite, Mnsidérite. Glauconie
Quartz
323
Silicates amorphes, Glauconie MC, Mnsidérite,
Quartz, Nannos, Opaques
336
Oxy-hydroxydes amorphes
Goethite MC. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Mnsidérite, Glauconie
350
Goethite BC
Détritique, Mnsidérite
366
Goethite. Silicates amorphes
Quartz, Opaques.
375
Glauconie, Goethite MC
Mnsidérite, Glauconie
Détritique, Opaques
377
id.
id.
390
Goethite MC, Barytine, Mnsidérite
Détritique
GEODIVERSITAS • 1990 • 20(2)
209
Clément P. & Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
413
Mnsidérite. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Détritique, Opaques.
Glauconie
422
Goethite MC
Glauconie. Mnsidérite,
Détritique, Opaques
424
Goethite
id
430 a
Mnsidérite, Micarb
Détritique, Amorphes,
Glauconie. Nannos
430 b
Smectites, Silicates amorphes
id
437
Smectite. Silicates amorphes. Mnsidérite. Glauconie
Quartz. Micarb. Opaques
446
Glauconie. Mnsidérile
Quartz, Opaques.
Silicates amorphes
456
Glauconie, Oxy hydroxydes amorphes. Mnsidérite
Détritique, Diatomées,
Silicates amorphes
460
Glauconie. Opaques, Mnsidérite, Sulfures amorphes ?.
Oxy-hydroxydes amorphes
480
Smectite, Silicates amorphes, Mnsidérite. Oxy-hydroxydes amorphes
Micarb. Opaques,
Glauconie
506
Goethite, Oxy-hydroxydes amorphes
Détritique. Barytme,
Mnsidérite, Glauconie
525
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Mnsidérite, Glauconie
Micarb, Quartz Opaques
560
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes. Glauconie
Détritique. Mnsidérite.
Nannos. Opaques
565
Glauconie
Amorphes. Opaques.
Mnsidénte. Micarb
567
Mnsidérite, Micarb
Opaques, Nannos
577
id
id
585
Opaques (Pyrite ?), Silicates amorphes, Silice biogène, Glauconie
Détritique. Sphérutes
amorphes. Verre vote.
595
Opaques. Silicates amorphes, Mnsidérite
Détritique. Silice biogène
606
Glauconie, Carbonates détritiques, Silicates amorphes
Micarb, Nannos.
Diatomées, Mnsidérite
625
Smectite. Silicates amorphes, Glauconie, Oxy-hydroxydes amorphes
Quartz. Micarb. Mnsidérite
640
Glauconie. Opaques
Sulfures amorphes ?
659
Glauconie
Opaques,
Sulfures amorphes
670
Mnsidérile, Glauconie. Opaques
Détritique. Verre vole.,
Diatomées, Amorphes
680
Micarb, Aragonite (Baguettes), Nannos, Forams, Détritique, Mnsidérite
Glauconie. Opaques,
Verre volcanique
684
Goethite. Mnsidérite, Micarb
Opaques. Carbonates
biogènes, Glauconie
700
Goethite
Quartz, Opaques.
Mnsidérite, Verre vole.
730
Micarb, Aragonite (baguettes), Nannos, Forams. Détritique, Mnsidérite
Glauconie, Opaques.
Verre volcanique
732
Opaques, Micarb. Détritique, Nannos, Silicates amorphes
Forams. Glauconie.
Mnsidérite
735
Micarb, Calcite authigène
Détritique, Opaques,
Verre vole.. Glauconie
738
id
id.
746
Goethite
Opaques
760
Goethite
Mnsidérite, Opaques. *
Verre volcanique
770
Goethite, Silicates amorphes, Mnsidérite
Quartz, Opaques, Micarb,
Nannos
774
Opaques (Pyrite), Silicates amorphes, Micarb
Quartz. Mnsidérite,
Nannos. Verre vole.
210
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
777
Opaques (Sulfures ?)
Micarb, Nannos,
Amorphes, Mnsidérite
780
Opaques, Mnsidérite, Carbonates détritiques
Silicates amorphes,
Quartz. Micarb
825
Anhydrite, Opaques (Pyrite ?)
877
id.
Silicates amorphes
MD 81408;
; bassin de Wando.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Aragonite. Nannos. Forams. Goethite MC
Détritique,
10
Oxydes de Mn BC, Mnsidérite
Verre volcanique
Détritique. Nannos
13
Goethite MC, Carbonates aulhigènes. Détritique, Nannos
19
Glauconie (?). Nannos, Micarb, Forams, Composés amorphes
Détritique, Opaques
26
Smeclite, Nannos, Micarb
Glauconie BC, Opaques,
44
Goethite MC, Mnsidérite (?)
Détritique
Quartz. Nannos, Forams
45
Oxydes de Mn BC. Nannos. Micarb. Carbonates authigènes
Quartz, Forams
47
Calcite aulhigène, Micarb et Nannos recristallisés
48
Nannos. Micarb, Forams. Aragonite, Composés amorphes
Quartz
53
Goethite BC
Quartz, Nannos
65
Forams. Micarb, Nannos. Aragonite. Composés amorphes, Quartz
72
Micarb. Forams. Aragonite
Nannos
84
Goethite BC
Mnsidérite, Quartz
95
Mnsidérite, Aragonite (?). Quartz
Détritique, Nannos,
127
Forams, Nannos (MC). Micarb. Aragonite, Quartz
Composés amorphes
138
Goethite BC. Mnsidéhle
142
Nannos. Micarb, Aragonite, Goethite, Quartz, Forams
147
Nannos. Micarb, Smectite MC ou Goethite MC
Quartz
207
Nannos Micarb, Smeclite ou Goethite MC
Quartz
266
Nannos. Micarb. Aragonite. Forams. Goethite ou Smectite MC
Quartz
281
Forams. Goethite ou Smectite MC, Micarb, Nannos, Quartz
288
Forams recristallisés. Amas carbonates, Micarb, Nannos, Aragonite
Quartz,
290
Smectite
Carbonates authigènes
Nannos
291
Goethite BC
Nannos
298
Nannos. Micarb, Aragonite, Forams recristaltisés
Quartz,
311
Composés amorphes, Micarb, Nannos. Forams. Quartz. Aragonite (?)
Composés amorphes
329
Nannos, Micarb, Forams. Composés amorphes, Quartz
Calcite authigène
333
Composés amorphes, Forams. Micarb. Amas carbonatés.
340
Nannos (MC), Aragonite (?). Quartz
Forams. Micarb. Amas carbonatés. Nannos recristallisés, Quartz
Aragonite (?)
342
Nannos recristallisés. Aragonite (?). Micarb. Forams
Détritique, Argiles
353
Opaques (Sulfures), Composés amorphes, Forams, Nannos, Micarb
Détritique
368
Composés amorphes. Nannos. Micarb, Forams, Aragonite, Quartz
372
Micarb, Forams et Nannos rechstallisés, Opaques. Quartz
Aragonite (?)
379
Nannos et Forams recristallisés, Aragonite (?), Composés amorphes,
393
Opaques, Quartz
id.
410
Micarb, Forams et Nannos recristallisés, Micarb, Calcite authigène,
Discoasters
Opaques, Quartz
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
211
Clément P. & Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
411
Amas carbonalés, Hématite, Micarb
Quartz, Nannos, Aragonite
416a
Micarb, Forams, Nannos recristallisés, Aragonite (?),
Composés amorphes, Quartz
416 b
Sphérules opaques. Composés amorphes. Amas carbonatés,
Forams- Nannos, Quartz
434
Hématite. Amas carbonatés, Micarb. Quartz. Nannos recristallisés
Calcite authigène,
Opaques
442
Hématite. Mnsidérile, Opaques (Oxydes de Mn ?)„ Forams, Micarb
Quartz. Nannos
446
Hématite. Micarb. Nannos recrislallisés. Amas carbonatés
Quartz
448
Opaques (Sulfures). Composés amorphes, Micarb,
Nannos recristallisés, Smectite
Quartz, Verre volcanique
457
Hématite, Micarb
Nannos recristallisés,
Quartz
469
Hématite, Micarb
id.
475
Hématite
Micarb, Amas carbonatés
478
Smectite, Opaques
Détritique, Micarb
480
Hématite, Smectite
Forams. Micarb. Quartz
489
Hématite, Micarb. Aragonite (?). Amas carbonatés
Quartz. Nannos,
Mnsidérite, Opaques
499
Micarb, Amas carbonatés. Composés + ou - amorphes
Détritique
507
Verre volcanique Smectite, Opaques
Quartz, Amas carbonatés
510
Hématite
Quartz
512
Smectite. Pyrite
Micarb, Amas carbonatés
513
Micarb, Amas carbonatés. Pyrite (?)
518
Hématite, Amas carbonatés, Micarb. Opaques
MD 81409:
: Atlantis II, bassin sud-ouest.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
9
Oxydes et Silicates amorphes, Smectite MC
Glauconie, Nannos
10
Smectite MC. Composés amorphes
Mnsidérite, Pyrite. Forams,
30
Smectite MC, Corrrposés amorphes, Glauconie
Gypse
Nannos, Pyrite, Mnsidérite,
51
Smectite BC
Quartz
Glauconie, Verre
58
Pyrite, Opaques, Anhydrite
volcanique, Opaques
Quartz. Nannos
60
Glauconie ou Smectite, Hématite
Nannos. Pyrite
72
Glauconie ou Smectite, Mnsidérite
Verre volcanique, Nannos,
105
Smectite, Composés amorphes, Glauconie BC
Quartz
Détritique, Mnsidérite,
113
Smectite MC, Composés amorphes
Gypse. Forams
Glauconie. Forams.
124
Smectite BC. Glauconie. Pyrite
Nannos. Mnsidérile
Calcite, Quartz
132
Glauconie BC. Pyrite, Opaques, Smectite BC, Anhydrite
Détritique, Mnsidérite,
149
Glauconie BC. Smectite MC, Composés amorphes, Opaques,
Nannos
Quartz
160
Pyrite, Nannos. Micarb. Mnsidérite (?)
Glauconie, Pyrite, Opaques, Micarb. Nannos, Forams,
Quartz. Anhydrite
186
Mnsidérite, Srnectite. Composés amorphes
Smectite, Pyrite, Composés amorphes, Mnsidérite
Micarb. Nannos
214
Silicates amorphes, Amas carbonatés
Micarb, Quartz
220
Smectite MC, Pyrite, Mnsidérite (?)
Quartz. Forams, Micarb,
Nannos
212
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
240
Smectite, Glauconie, Composés amorphes, Micarb, Nannos, Forams
Quartz, Pyrite
253
Smectite, Pyrite, Mnsidérite
Anhydrite, Micarb
255
Pyrite, Blende, Glauconie BC
Silice biogéne. Quartz,
Composés amorphes
260
Glauconie ou Smectite, Pyrite
Détritique
267
Smectite BC, Pyrite
Nannos, Micarb
295
Glauconie. Smectite. Pyrite, Blende
Détritique, Forams,
Diatomées. Détritique
320
Blende, Pyrite
Quartz. Silice biogène
338
Blende, Pyrite
Quartz, Silice biogène,
Smectite
348
Glauconie BC
Pyrite
372
Pyrite, Blende, Mnsidérite
Quartz, Anhydrite, Barytine
374
Composés amorphes, Goethite MC
Mnsidérile. Pyrite
381
Anhydrile. Mnsidérite (?), Pyrite
Détritique
384
Goethite ou Smectite MC. Mnsidérite
Quartz
390
Composés amorphes. Carbonates
Nannos, Quartz
395
Smectite BC, Mnsidérite. Micarb
Composés amorphes,
Quartz
399
Anhydrite, Mnsidérite. Composés amorphes, Pyrite
Quartz
402
Pyrite, Anhydrile. Mnsidérite
Quartz, Silice biogène
403
Pyrite, Composes amorphes. Mnsidérite
Quartz
410
Goethite BC, Composés amorphes, Mnsidérite
Quartz, Anhydrite
425
Anhydrite. Composés amorphes, Mnsidérite, Goethite MC
440
Goethite, Verre volcanique
Détritique, Mnsidérite
446
Goethite MC, Mnsidérite
Quartz
451
Goethite BC
Mnsidérite
488
Hématite
MD 81412 ;
; Néréus.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
5
Micarb, Nannos, Aragonite (baguettes), Oxy hydroxydes amorphes
Détritique,
7
Oxy-hydroxydes de Fe et de Mn + ou - amorphes. Silicates amorphes
Silicates amorphes
Nannos. Quartz.
9
Nannos, Forams, Micarb. Aragonite (baguettes). Silicates amorphes
Carbonates détritiques
Détritique, Opaques
13
Micarb. Carbonates détritiques, Nannos. Forams
Pyrite, Oxy-hydroxydes et
18
Oxy-hydroxydes de Fe et de Mn + ou - amorphes, Nannos,
Silicates amorphes
Forams, Quartz
23
Aragonite (baguettes). Silicates amorphes
Glauconie BC. Détritique, Micarb. Nannos, Opaques (Pyrite ?),
27
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Glauconie BC. Détritique, Micarb. Carbonates détritiques,
Nannos
34
Opaques (Pyrite), Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Nannos, Micarb
Forams, Glauconie,
36
Composés amorphes. Smectite MC, Nannos, Micarb
Détritique, Opaques
Forams, Quartz,
38
Composés amorphes. Nannos, Micarb, Smectite
Calcite authigène
id.
42
Nannos, Micarb, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Smectite,
Calcite authigène, Forams,
Détritique, Opaques
Glauconie (?)
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
213
Clément P. 6c Gîannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
43
Nannos, Micarb, Opaques
Composés amorphes.
Quartz, Glauconie
44
Nannos, Micarb, Glauconie. Oxy-hydroxydes amorphes
Opaques. Quartz
48 a
Oxy-hydroxydes amorphes, Nannos, Micarb
Forams, Quartz, Opaques
48 b
Carbonates recristallisés, Nannos
Opaques. Smectite
51
id.
id.
52
Goethite MC
Nannos, Micarb
80
Nannos, Micarb, Forams
Glaucome Composés
amorphes. Détritique
82
Oxy-hydroxydes amorphes, Nannos, Micarb
Quartz, Opaques, Forams
83
Nannos, Micarb. Oxy hydroxydes amorphes
Quartz, Opaques
100
Silicates amorphes
Nannos. Micarb. Opaques
102
Glauconie. Micarb, Nannos, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Opaques. Ouartz, Pyrite
104
Nannos, Micarb, Silicates amorphes. Forams
Opaques. Pyrite, Quartz
106
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes, Micarb, Nannos.
Opaques (Pyrite ?)
Glauconie. Quartz
107
Hématite. Opaques (Pyrite ?)
Nannos. Micarb
115
Nannos, Micarb. Smectite. Opaques
Quartz
130
Micarb, Nannos
Opaques. Smectite,
Silicates amorphes
136
Smectite, Calcite aulhigène. Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Opaques, Nannos,
Mnsidérite
140
Nannos, Micarb, Opaques, Smectite, Silicates
et Oxy-hydroxydes amorphes
Quartz. Forams
156
Smectite. Oxy-hydroxydes amorphes, Opaques, Nannos, Micarb
Forams, Quartz,
Mnsidérite
166
Smectite
Opaques. Pyrite. Nannos,
Micarb
172
Hématite BC
Carbonates détritiques
187
Smectite, Hématite MC. Micarb. Carbonates détritiques
Nannos, Opaques. Quartz,
Mnsidérite
191
Smectite, Carbonates détritiques. Micarb. Hématite
Opaques
194
Glauconie, Micarb, Carbonates détritiques
Nannos, Opaques
195
Hématite BC
Micarb
197
Micarb, Carbonates détritiques. Smectite ou Glauconie
Quartz. Opaques
206
Smectite. Micarb. Carbonates détritiques.
Opaques, Nannos,
Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Mnsidérite
220
Hématite. Micarb, Carbonates détritiques, Opaques
225
Hématite
Opaques, Mnsidérite
228
Smectite, Micarb, Nannos
Opaques. Quartz. Forams
230
Micarb. Nannos. Smectite
id.
234
Micarb, Smectite, Nannos, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes.
Opaques
Forams, Glauconie, Ouartz
240
Smectite. Micarb, Nannos, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Forams, Quartz, Opaques
244
Hématite
Micarb. Quartz
260
Smectite. Micarb, Nannos, Opaques
Forams. Quartz
272
Opaques (sulfures)
Micarb, Nannos
286
Micarb, Smectite
Nannos. Forams, Quartz,
Opaques
291
Goethite MC, Oxy-hydroxydes amorphes, Micarb
Quartz. Nannos
295
Micarb, Smectite
Opaques. Quartz,
Mnsidérite. Nannos
296
Micarb
Opaques. Smectite,
Nannos. Mnsidérite
214
GEODIVERSITAS • 1998 * 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
ANNEXE?
ANALYSES DIFFRACTOMÉTRIQUES
Le niveau cumulé correspond à la cote en centimètres de Téchantillon dans la colonne sédimentaire.
Les composants sont indiqués par ordre d'importance.
Composant ; TB, 1 res bien cristallisé ; BC, bien cristallisé ; MC, mal cristallisé.
Mnsidérite : Manganosldérite.
CaMg : Calcite magnésienne.
MD 81388 : Commission I.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
2
Calcite. Illite, Quartz, Chlorite, CaMg, Détritique
Kaolinite, Aragonite. Dolomite
7
Calcite. Illtle. Quartz. Chlorite, Détritique
CaMg. Aragonite. Kaolinite, Dolomite
30
Calcite, Illite, Quartz, Chlorite, CaMg. Détritique
Kaolinite. Dolomite. Aragonite
54
id.
id.
80
Calcite, CaMg, Quartz
Illite, Chlorite. Kaolinite, Dolomite,
Goethite
85
Calcite. CaMg, Oxydes de Mn + ou - amorphes probables Quartz, Illite. Kaolinite, Smectite
119
Calcite. CaMg. Quartz. Illite, Chlorite
Aragonite, Dolomite Kaolinite, Goethite
134
Illite, Détritique, Calcite. Quartz, Aragonite, Chlorite
Dolomite. CaMg
140
Calcite. CaMg, Quartz
Illite, Chlorite, Oélrilique. Goethite,
Aragonite
155
Quartz, Calcite, CaMg, Illite, Chlorite, Détritique
Kaolinite, Aragonite, Dolomite
188
Calcite. CaMg, Quartz
Illite, Chlorite. Oélrilique, Aragonite
189
Calcite, CaMg, Quartz
Illite, Chlorite, Oxydes de Mn (?)
214
Calcite. Quartz, Illite, Chlorite, CaMg, Détritique
Aragonite, Dolomite, Kaolinite
230
Calcite. CaMg, Quartz. Illite. Chlorite
Détritique. Aragonite, Dolomite, Goethite
236
Quartz. Calcite. CaMg. Illite, Chlorite. Détritique
Aragonite, Dolomite
247
Calcite. CaMg, Quartz
Détritique, Illite. Kaolinite, Aragonite.
Goethite
251
Quartz. Calcite, CaMg. Illite, Chiorite. Détritique
Aragonite. Dolomite, Kaolinite
257
Calcite, CaMg
Illite, Chlorite, Détritique, Aragonite,
Goethite
265
Calcite. CaMg, Goethite
lllile, Chlorite. Détritique, Manganite
315
Calcite, CaMg, Quartz, Illite, Chlorite
Détritique, Aragonite, Goethite
320
Calcite, CaMg, Quartz, Détritique, Illite, Chlorite
Aragonite, Dolomite, Kaolinite
325
Quartz. Détritique, lllile, Chlorite, Calcite, Aragonite
CaMg, Dolomite
330
Calcite, Composés MC, Goethite. Hématite
Chlorite, CaMg, Aragonite
336
Calcite. CaMg. Oxydes de Mn probables
Goethite, Quartz, Aragonite
340
Calcite. Goethite
Hématite. Quartz, Détritique, Aragonite,
CaMg
373
Quartz, Calcite, lllile. Chlorite, Détritique. CaMg
Goethite, Hématite, Dolomite,
Oxydes de Mn (?)
389
Calcite, Quartz. Illite, Chlorite, Détritique. CaMg
Kaolinite, Dolomite. Aragonite
410
Quartz, Détritique. Calcite. Illite. Chlorite, CaMg
Aragonite, Dolomite, Kaolinite
418
Quartz, Calcite, Détntoque. Illite. Chlorite
Goethite, Hématite, CaMg, Dolomite,
Kaolinite
427
Quartz. Détritique, lllile, Chlorite, Calcite
CaMg, Aragonite. Dolomite, Pyrite (?)
443
Quartz, Calcite. CaMg, Aragomte. Détritique
Illite, Chlorite, Dolomite
450
Aragonite, Quartz, Calcite. Détritique. CaMg
Illite, Chlorite, Goethite. Anhydrite
455
Aragonite. Quartz. Détritique, Calcite. Illite
CaMg, Chlorite
461
CaMg. Calcite, Goethite, Quartz. Illite, Chlorite
Détritique, Dolomite. Aragonite,
Manganite (?)
476
Quartz, Calcite, CaMg, Illite, Chlorite, Détritique, Aragonite
Goethite, Dolomite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
215
Clément P. & Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé Composants majeurs Composants mineurs
479
506
519
525
535
560
578
585
609
621
629
639
646
653
664
672
677
681
684
691
694
697
704
715
730
732
734
745
746
751
757
763
775
777
792
799
816
837
845
851
857
871
878
890
893
900
909
919
922
924
929
953
956
962
Aragonite, CaMg, Calcite. Quartz
CaMg, Calcite, Quartz. Illite, Chlorite, Détritique
Calcite, CaMg, Quartz, llltle, Chlorite
CaMg, Quartz, Calcite* Détritique
Quartz. Goethite. CaMg. Calcite, lllite, Chlorite, Détritique
CaMg, Calcite, Quartz, Détritique, lllite, Chlorite
Calcite, CaMg. Quartz, lllite, Chlorite
CaMg, Calcite, Quartz. Oxydes de Mn + ou - amorphes
probables
Quartz, Détritique. Calcite, lllite
Quartz, Calcite, CaMg, IHite. Chlorite, Dolomite
Quartz, Détritique, lllite, Chlorite. Calcite
Quartz. Goethite. Détritique. Calcite
lllite. Quartz, Détritique. Chlorite, Calcite
CaMg. Calcite, Quartz, lllite, Chlorite, Détritique
Quartz, Détritique, lllite. Chlorite, Calcite
Quartz. Détritique, Calcite. mile. Chlorite
Quartz, Détritique. Calcite, lllile, Chlorite
Quartz, Calcite. CaMg. Dolomite, lllite, Chlorite, Détritique
Quartz, Détritique. Calcite, CaMg, lllite, Chlorite
Quartz, Calcite, CaMg, Goethite, Détritique
Quartz. Détritique, Calcite. CaMg, lllite, Chlorite
Quartz. Détritique. Calcite, lllite, Chlorite
Quartz. Calcite, CaMg. lllite, Chlorite, Détritique
Quartz, Détritique, Ilirte, Chlorite. Calcite
Quartz, lllite, Chlorite. Détritique. Calcite. CaMg
Quartz. Détritique, lllite, Chlorite. Calcite
Quartz, Détritique, lllite, Chlorite, Calcite
id
Quartz, Calcite, CaMg, lllite, Chlorite, Détritique
Quartz, Dolomite, CaMg, Calcite
Quartz. Calcite, CaMg, lllite. Chlorite, Détritique
Quartz, Détritique, lllite, Calcite, CaMg. Chlorite
Oxy-hydroxydes de Mn, Quartz, Calcite. CaMg
Quartz. Calcite. CaMg. Goethite
Quartz. Détritique, lllite, Chlorite. Calcite
Quartz, Goethite, Calcite
Quartz. Calcite, CaMg, Détritique, lllite. Chlorite
Quartz. Détritique, lllite, Chlorite, Calcite, CaMg
Quartz, Calcite, CaMg
Quartz, Calcite. Détritique, CaMg, iUtte, Chlorite
Goethite. Quartz, Calcite, CaMg
Quartz. Calcite, CaMg. lllile. Chlorite, Détritique
Quartz, Détritique. Calcite, CaMg, lllite, Chlorite
Quartz, Calcite, CaMg
Oxydes +- ou-amorphes. Quartz. Goethite, Calcite. CaMg
mite, Chlorite, Détritique. Quartz, Calcite, CaMg
Quartz, lllite, Chlorite, Détritique. Calcite
Goethite
Quartz, Détritique. Miite. Chlorite, Calcite, CaMg
Quartz. Détritique. Calcite, CaMg, lllite, Chlorite
Oxydes + ou - amorphes (oxydes de Mn 7)
Quartz. Détritique, lllite. Chlorite. Calcite
CaMg, Calcite, Quartz, lllile, Chlorite
id.
Argiles
Goethite, Aragonite, Kaolinite, Dolomite
Goethite, Dolomite, Kaolinite, Anhydrite
Hématite, lllite, Smectite. Chlorite
Aragonite. Dolom'te. Anhydrite
Aragonite, Dolomite
Détritique, Goethite, Dolomite. Kaolinite
Hématite, lllite, Chlorite (?). Kaolinite (?)
Aragonite, Chlorite, Dolomite, CaMg,
Anhydrite
Goethite, Détritique, Aragonite
CaMg. Dolomite, Aragonite, Anhydrite
lllite. Chlorite. Aragonite, CaMg
CaMg, Aragonite. Dolomite, Anhydrite
Dolomire, Kaolinite (?)
CaMg. Goethite, Dolomite
CaMg, Anhydrite, Dolomite
Anhydrite. Dolomite, CaMg
Anhydrite, Kaolinite
Kaolinite. Dolomite, Anhydrite
lllite, Chlorite, Kaolinite, Dolomite
Kaolinite, Dotomite. Anhydrite
Goethite. Dolomite, CaMg. Anhydrite
Dolomite. Kaolinite
Goethrte, CaMg, Dolomite. Kaolinite
Dolomite. Goethite. Kaolinite. Anhydrite
CaMg. Dolomite, Anhydrite
CaMg, Dolomite, Kaolinite (?)
id.
Dolomite, Anhydrite. Kaolinite
lllite, Chlorite, Détritique
Goethite. Dolomite
Dolomite. Anhydrite. Kaolinite (?)
Goethite (?), Argiles
lllite, Chlorite, Détritique, Dolomite.
Manganite
Anhydrite. Dolomite; Aragonite, CaMg
CaMg, lllite, Chlorite, Détritique,
Manganite
Goethite. Anhydrite, Dolomite
Aragonite. Dolomite. Anhydrite
lllite, Chlorite. Détritique, Dolomite
Aragonite. Dolomite. Kaolinite
Détritique, lllile. Chlorite, Dolomite
Goethite, Dolomite, Anhydrite
Aragonite. Dolomite, Hématite
lllite, Chloriie, Goethite, Dolomite
lllite, Ghloritet Détritique, Manganite
Aragonite, Dolomite. Anhydrite
CaMg. Anhydrite
Quartz, Calcite. CaMg. Détritique
Dolomite, Ar>hydrite
Dolomile, Kaolinite (?)
Goethite, Quartz, Calcite
CaMg. Dolomite. Kaolinite (?)
Détritique, Dolomite (?)
id.
216
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
969
Quartz, Détritique, Calcite, CaMg, lllite, Chlorite
Kaolinite
984
Calcite. Quartz, CaMg, lllite, Chlorite. Détritique
Dolomite, Kaolinite
987
Calcite. CaMg, Quartz, lllite, Chlorite
Détritique, Dolomite, Kaolinite, Goethite
1021
CaMg, Calcite, Quartz, lllite, Chlorite
Détritique, Dolomite, Kaolinite
1106
id.
id.
1176
id.
id.
1257
id.
id.
1297
id.
id.
1337
id.
id.
MD 81399
: Atlantis II, bassin ouest.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Smectite, Blende. Chalcopyrite
Goethite, Quartz
8
Blende, Pyrite, Smectite, Quartz
Goethite
30
Smectite. Blende. Pyrite, Goethite, Quartz
Calcite
60
Smectite. Blende
Chalcopyrite, Quartz, Rhodocrosite
82
Mnsidérite
Quartz
112
Pyrite. Blende, Gypse
Marcassite (?), Chalcopyrite, Quartz,
Mnsidérite
138
Céladonite, Smectite
Goethite
168
Mnsidérite, Goethite
172
Goethite
Quartz, Mnsidérite
180
Mnsidérite, Goethite, Hématite, Oxydes de Mn
+ ou - amorphes probables
187
Goethite
Magnétite, Mnsidérite, Quartz
203
Goethite
Hématite
225
TodoroKite. Manganite, Goethite
243
Goethite
Hématite
261
Todorokite, Manganite, Goethite
270
Oxydes de Mn + ou - amorphes probables, Goethite
Todorokite, Mnsidérite
280
Goethite
317
Mnsidérite, Rhodocrosite, Goethite MC
Quartz, Détritique
351
Goethite. Mnsidérite. Pyrite
Quartz, Détritique, Calcite
371
Quartz, Détritique. Glauconie. Chlorite
Kaolinite. Dolomite. Anhydrite
380
Composés amorphes probables
Quartz
404
Calcite. Quartz. Blende
Chlorite, lllite, Smectite
407
Mnsfdérite. Quartz
Pyrite. Blende, Chlorite, lllite
410
Mnsidérite. Glauconie
420
Mnsidérite, Glauconie
Quartz, Détritique
450
Mnsidérite
Glauconie
458
Goethite. Mnsidérite
462
Smectite BC
482
Rhodocrosite, Mnsidérite. Glauconie
Quartz, Détritique
496
Hématite. Goethite
Quartz
497
Manganite
500
Manganite. Todorokite
502
Goethite
526
Mnsidérite. Smectite MC
Quartz, Calcite
538
Smectite. Céladonite
544
Mnsidérite, Calcite, CaMg
Quartz, Détritique, Goethite, Chlorite
546
Mnsidérite. Oxydes de Mn + ou - amorphes probables,
Calcite, CaMg
Quartz
552
Blende. Pyrite, Chalcopyrite, Calcite, Mnsidérite
Quartz, Détritique, Dolomite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
217
Clément P. & Giannesini P.-J.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
567
Blende, Pyrite, Chalcopyrite
Calcite, Dolomite, Mnsidérite, Quartz
599
id.
Mnsidérite, Quartz, Goethite
622
Mnsidérite. Smectite. Quartz, Détritique
Calcite. CaMg. Pyrite
645
Mnsidérile, Glauconie
654
Pyrite, Glauconie
Mnsidérite, Quartz, Détritique
674
Mnsidérite, Blende, Pyrite, Chalcopyrite, Goethite
Quartz, Détritique, Smectite
682
Glauconie. Mnsidérite. Goethite (?) TMC
Quartz, Calcite
709
Glauconie
Pyrite, Mnsidérite. Calcite
718
Mnsidérite
Quartz. Détritique
738
Glauconie, Pyrite
752
Blende, Pyrite, Chalcopyrite
Calcite. Mnsidérite. Gypse, Quartz
792
Calcite, Quartz
Dolomite, Smectite
805
Quartz. Pyrite, Calcite
Dolomite, Détritique, CaMg
820
Mnsidérite, Calcite
Quartz, Goethite
828
Goethite, Mnsidérite
Quartz, Calcite
839
Quartz, Sidérite
Calcite
840
Quartz, Mnsidérite. Maghénrite (?), Goethite
Smectite
863
CaMg, Calcite, Quartz. Aragonite
Mnsidérite. Détritique, Chlorite, lllite
868
CaMg. Aragonite, Quartz
Smectite
890
CaMg. Calcite. Quartz. Ilüte, Chlorite
Mnsidérite. Dolomite. Détritique
893
Quartz, Calcite, Détritique. Dolomite
lllite, Kaolinite
894
Calcite, CaMg. Quartz, Chlorite
lllite. Mnsidérile, Détritique
895
Quartz, Calcite, Pyrite, Détritique, Chlorite
lllite, CaMg, Kaolinite-
897
Quartz, Calcite, CaMg, Dolomite, Détritique, Chlorite
Kaolinite, lllite
900
Lèpîdocrocite
Goethite. Détritique, Quartz, Calcite,
CaMg
944
Lépidocrocite, CaMg. Calcite. Quartz
Détritique, lllite
MD 81403
; Atlantis II, bassin est.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
61
Smectite
Quartz, Blende. Mnsidérite, Calcite
89
Smectite
Blende
122
Composés + ou - amorphes
Goethite
147
id.
Quartz
192
Quartz, Blende, Smectite. Calcite
Mnsidérite, Glauconie
286
Calcite, Smectite
Blende. Quartz
342
Calcite. Blende
Smectite. Glauconie. Quartz
451
Smectite, Composés + ou - amorphes probables, Blende
Calcite, Quartz
487
Glauconie. Smectite. Pyrite. Sidérite
Blende, Calcite, Détritique, Goethite
509
Mnsidérite, Glauconie
514
Composés amorphes probables, Smectite, Sidérite
Quartz, Détritique, Calcite
555
Mnsidérite, Goethite TMC
Quartz, Smectite
569
Chlorite, Smectite
586
Goethite
598
Goethite
609
Goethite, Rhodocrosite
Quartz. Détritique
616
Calcite. CaMg, Rhodocrosite, Quartz, Détritique
lllite, Blende (?)
622
Calcite. Quartz, Détritique, CaMg, Chlorite
Goethite, Aragonite, Todorokite (?)
635
Goethite, Rhodocrosite
Quartz. Détritique, Smectite. Calcite,
648
Glauconie, Calcite
CaMg
Quartz. Détritique. Rhodocrosite (?)
781
Glauconie, Smectite
Mnsidérite
826
Mnsidérite
Quartz, Kaolinite, Détritique
218
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
842
Blende. Pyrite. Chalcopyrite. Mnsidérite
Calcite. Quartz, Détritique
885
Calcite, Quartz. Mnsidérite. Glauconie, Détritique
Pyrite, Dolomite, Chlorite
907
Blende. Pyrite. Mnsidérite, Chalcopyrite, Quartz
Détritique, Chlorite. lllite
933
Mnsidérite
Quartz, Pyrite, Détritique
937
Blende. Pyrite, Sidérite, Mnsidérite
Quartz, Chalcopyrite. Détritique
965
Smectite
Mnsidérite, Pyrite, Quartz
984
Mnsidérite. Gypse, Blende. Pyrite
Calcite, Quartz. Calcite, Chlorite
986
Goethiîe
Smectite
1034
Mnsidérite
Pyrite
1041
id
id.
1052
Blende. Pyrite, Mnsidérite, Chalcopyrite
Calcite, Quartz, Détritique, Chlorite, lllite
1075
Calcite. Quartz, CaMg
Détritique, Chlorite, lllite
1103
Goelhite
1109
Goethite
1125
Lépidocrocite
Quartz, Goethite
1133
Quartz, Calcite, Pyrite, Détritique
Aragonite. Dolomite, lllite, Mnsidérite
1157
Quartz, Calcite, Pyrite, Détritique
Chlorite. lllite, Dolomite. Mnsidérite
1177
Sidérite, Goethite
1200
Goethite
1280
Goethite
Mnsidérite
1345
CaMg, Aragonite
Quartz, Détritique
1355
CaMg, Calcite. Quartz.
Aragonite, Détritique, Chlorite, lllite.
Kaolinite
1368
Calcite. CaMg. Quartz, Goethite
Détritique,.Chlorite. lllite, Kaolinite
1421
Quartz. Calcite, CaMg. Goelhite, Détritique, Chlorite, lllite
Mnsidérite, Kaolinite
1433
Calcite, CaMg. Quartz. Chlorite, lllite
Détritique. Kaolinite
1458
Goethite
Hématite
1467
Calcite, CaMg. Quartz, Chlorite. lllite
Goethite. Délrifique. Blende (?)
1488
CaMg
Quartz. Ankérite, Détritique
1544
Calcite. CaMg. Quartz, Dolomite, Détritique
Chlorite, lllite, Kaolinite
1555
Calcite
Quartz, Détritique, Rhodocrosite, Smectite
MD 81404 ;
: Atlantis II, Nord Passage.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
40
Goethite MC. Smectite, Composés amorphes probables
Mnsidérite. Quartz
140
Smectite, CaMg
Quartz, Mnsidérite
210
Smectite, Blende
Quartz, Calcite, Pyrite,
278
Smectite, Chlorite
Amorphes probables
320
Mnsidérite, Goethite. Composés amorphes probables
Quartz. Smectite
350
Goethite BC
Mnsidérite, Barytine
390
Goethite MC, Mnsidérite
Quartz, Sidérite. Lépidocrocite, Barytine
435
Rhodocrosite. Goethite MC
Smectite, Quartz
460
Mnsidérite. Smectite, Composés amorphes probables
Quartz. Calcite
480
Mnsidérite, Smectite MC
Quartz. Goethite
525
Mnsidérite. Smectite ou Silicates de fer MC
Quartz. Oxydes de Mn (?)
560
Smectite, Silicates de fer MC
Quartz, Mnsidérite
585
Pyrite. Chalcopyrite
Quartz. Smectite
700
Goethite
Mnsidérite, Smectite
825
Anhydrite
Gypse, Pyrite, Quartz
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
219
Clément P. & Giannesini P.-J.
MD 81408 : bassin de Wando.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Aragonite. Calcite, CaMg
Quartz, Détritique
10
TodoroKite, Manganite
Smectite
26
Glauconie
Smectite
36
Calcite, CaMg. Rhodocrosite
Quartz, Smectite
53
Goethite
65
Aragonite. Quartz, Calcite, CaMg
Smectite
84
Goethite
Mnsidérite
95
Mnsidéhte, Calcite. CaMg, Aragonite, Quartz
Détritique. Chlorite. Illite, Kaolinite
121
CaMg. Quartz
Calcite. Sidérite. Aragonite, Détritique
197
Calcite, CaMg, Quartz. Chlorite
Illite, Kaolinrte. Détritique, Sidérile
207
CaMg, Calcite. Quartz
Smectite. Chlorite. Illite
281
Calcite, CaMg, Quartz, Détritique
Chlorite. Illite, Kaolinite, Aragonite
291
Goethite
298
CaMg, Calcite, Quartz
Chlorite. Illite. Kaolinrte. Aragonite,
Détritique
311
Calcite, CaMg. Quartz. Détritique
Aragonite. Chlorite. Illite, Kaolinite,
Hématite
317
CaMg. Calcite. Quartz. Détritique
Chlorite, Illite
329
Calcite. CaMg. Quartz
Chlorite, Illite, Kaolinite, Détritique
342
Calcite. CaMg. Quartz
Détritique. Chlorite, Illite, Kaolinite
353
Calcite, Quartz. Dolomite, Smectite
Pyrite. Détritique. Chlorite. Illite
356
Calcite. Quartz, Ankérite
Pyrite, Smectite, Chlorite, Illite
379
Calcite
Quartz, Smectite Chlorite, Illite, Hématite
393
Calcite, CaMg, Quartz
Détritique. Chlorite. Illite. Kaolinile.
Hématite
410
Calcite. Ankérite. Quartz
Pyrite, Smectite, Chlorite. Illite
434
CaMg, Quartz. Hématite. Smectite
Détritique. Chlorite, Illite, Dolomite
448
CaMg, Smectite, Quartz
Blende, Hématite, Chlorite. Illite
457
CaMg. Oxydes de Mn probables, Smectite, Hématite
Quartz
480
Smectite TBC, CaMg. Hématite
Oxydes de Mn amorphes probables
489
Calcite, Hématite. Quartz
Smectite, Chlorite, Illite, Détritique
499
CaMg, Smectite, Hématite
Oxydes de Mn amorphes possibles
518
CaMg, Hématite
Chlorite. Oxydes de Mn amorphes
possibles
525
Calcite, Hématite, Kaolinile
Smectite, Déiritique
MD 81409:
; Atlantis II, bassin sud-ouest.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Smectite MC, Goethite MC
Hématite
10
Smectite MC. Pyrite
Blende. Quartz, Calcite
30
Blende, Pyrite. Smectite
Calcite, Quartz
37
Blende. Smectite MC
60
Hématite, Smectite. Blende
Chatcopyrite
64
Glauconie. Pyrite
Goethite
68
Léptdocrocite, Smectite
105
Smectite, Blende. Rhodocrosite, Calcite, Quartz
Mnsidérite
132
Blende. Smectite, Pyrite
Chalcopyrite. Calcite, Mnsidérite,
Détritique
186
Blende. Pyrite. Smectite
Quartz, Détritique. Mnsidérite
240
Glauconie
Pyrite, Blende
255
Pyrite, Blende, Smectite MC
Chalcopyrite, Détritique
291
Blende, Pyrite, Smectite MC
Chalcopyrite
220
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2}
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
295
Blende, Pyrite, Smectite MC
Quartz. Chalcopyrite
310
Blende, Pyrite
Chalcopyrite
320
Blende, Pyrite, Chalcopyrite
Quartz
338
id.
Quartz, lllite
356
Glauconie
Goethite
360
Smectite. Céladonite
388
Anhydrite. Mnsidérite. Gypse. Goethite
Quartz, Détritique, Pyrite (?)
402
Anhydrite, Mnsidérite, Gypse. Pyrite
Quartz, Kaolinite
425
Mnsidérite, Anhydrite, Goethite
Pyrite
426
Mnsidérite, Anhydrite, Goethite, Hématite
Magnétite
440
Goethite
Mnsidérite
451
Goethite
Calcite
488
Hématite
Calcite
MD 81412 :
: Néréus.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
1
Calcite, CaMg
Quartz. Goethite
5
fd.
id.
18
Calcite. Todorokite MC. CaMg
Goethite. Détritique, Quartz, Kaolinite,
Chlorite
31
Calcite. Oxydes de Mn amorphes probables, CaMg
Quartz, Goethite
32
Calcite, Goethite, CaMg. Oxydes de Mn probables
Chlorite. lllite. Kaolinite. Aragonite,
Détritique
42
Quartz. Détritique, Calcite. Pyrite, CaMg
Chlorite, lllite. Kaolinite. Aragonite,
Smectite
49
Aragonite. Calcite. CaMg
Quartz, Détritique, Dolomite
57
Calcite, CaMg. Oxydes de Mn (Todorokite ?)
Quartz
63
Aragonite, Calcite, CaMg
Goethite, Quartz, Détritique, Dolomite
78
Goethite
Magnétite. Dolomite, Quartz. Détritique
92
Calcite. CaMg, Quartz
Aragonite, Chlorite, lllite, Kaolinite,
Détritique
107
Hématite. Magnétite, Calcite, CaMg, Quartz
Détritique, Chlorite. lllite, Kaolinite,
Mnsidérite
113
Calcite. Smectite
115
Smectite, Calcite
Chlorite, lllite, Kaolinite. Détritique, Quartz
133
Calcite. Smectite
140
Calcite, Smectite, Quartz
Chlorite, lllite, Kaolinite, Mnsidérite,
Détritique
147
CaMg. Smectite
Quartz, Pyrite
156
Smectite. Calcite. Quartz, Pyrite
Mnsidérite, Détritique, Chlorite, lllite,
Kaolinite
187
CaMg. Smectite, Hématite. Magnétite
Chlorite. lllite. Détritique
220
Dolomite, Hématite, Magnétite. Smectite, Calcite,
CaMg, Pyrite
lllite, Quartz, Kaolinite, Mnsidérite
225
Hématite
Magnétite, Mnsidérrle, Calcite
230
Calcite, Smectite. Quartz, Dolomite
Détritique, Chlorite, lllite, Mnsidérite
234
Calcite. Quartz
Smectite
244
Hématite. Smectite
Calcite. CaMg. Quartz, Dolomite
260
Calcite. CaMg, Magnétite. Smectite
Hématite
272
Magnétite, Pyrite. Blende. Chalcopyrite, Calcite
Chlorite. lllite, Kaolinite. Mnsidérite
286
Calcite
Quartz, Magnétite. Hématite, Smectite
296
Calcite, Smectite, Quartz
lllite, Chlorite, Détritique, Mnsidérite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
221
Clément P. & Giannesini P.-J.
ANNEXE 8
ANALYSES INFRAROUGES
Le niveau cumulé correspond à la cote en centimètres de réchantillon dans la colonne sédimentaire.
Les composants sont indiqués par ordre d’importance.
Composant : TBC, très bien cristallisé ; BC, bien cristallisé ; MC, mal cristallisé.
Mnsidérite : Manganosidérite.
CaMg : Calcite magnésienne.
MD 81399 : Atlantis II, bassin ouest.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
8
Glauconie ou Nontronite Fe
Carbonates
30
id.
id.
82
Mnsidérite, Phyllite Fe
id.
112
Silice amorphe. Sulfures
Gypse
138
Glauconie BC
id.
172
Goethite
Quartz, Mnsidérite
180
Goelhite MC (Limonite)
Lépidocrocite (?)
187
Goethite BC
Magnétite
203
Goethite BC, Hématite
223
Oxy-hydroxydes de Mn
261
Oxy-hydroxydes de Mn
280
Goethite
371
Smeclite Fe. Kaolinite, Chlorite
Quartz
380
Silicates de fer amorphes
Carbonates
407
Mnsidérite. Glauconie ou Nontronite
Quartz, Kaolinite
410
Nontronite MC
Gypse, Mnsidérite
420
Glauconie ou Smectite, Mnsidérite
Gypse
450
Glauconie ou Nontronite
Mnsidérite, Gypse
458
Goethite, Oxy-hydroxydes MC
482
Glauconie BC. Mnsidérite
496
Hématite, Goethite
500
Oxydes de Mn, Goethite
502
Goethite
544
Mnsidérite, Calcite, Oxydes de Mn
Quartz
552
Mnsidérite. Silice amorphe, Calcite
567
Silice amorphe, Pyrite, Carbonates
599
Silice amorphe, Pyrite
645
Glauconie BC, Mnsidérite ou Sidérite
654
Glauconie
Gypse
682
Glauconie BC, Oxy-hydroxydes
Sulfates
709
Glauconie BC
Gypse
828
Goethite
Mnsidérite
840
Magnétite
Quartz, Carbonates
900
Lépidocrocite BC, Mnsidérite
222
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
MD 81403 : Atlantis II, bassin est.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
61
Glauconie. Silicates de fer amorphes
Calcite, Détritique
122
Silicates de fer amorphes, Glauconie, Goethite
Détritique. Calcite
147
Silicates et Oxy-hydroxydes de fer amorphes
Goethite, Gypse
192
Silicates de ter amorphes, Glauconie
Calcite, Détritique
286
Silicates de fer amorphes
Sulfates, Carbonates, Glauconie
342
Glauconie
Calcite. Sulfates
451
Glauconie. Gypse
Calcite
487
Glaucome BC, Gypse
Calcite
514
Glauconie, Silicates amorphes. Gypse
Carbonates
555
Glauconie. Silicates amorphes, Goethite
Carbonates, Gypse
569
Goethite BC. Silicates de fer amorphes
Dolomite, Gypse
598
Goethite BC
Gypse
622
Calcite, Dioxyde de Mn. Goethite
635
Goethite MC. Silicates de fer amorphes
Calcite
648
Glauconie TBC
Gypse, Calcite
781
Glauconie TBC
Gypse, Quartz, Goethite
826
Mnsidérite. Dioxyde de Mn
Silicates amorphes. Chlorite
842
Silice amorphe, Pyrite
Calcite. Mnsidérite
885
Nontronite. Calcite, Mnsidérite
Quartz, Goethite, Silicates amorphes,
Pyrite (?)
907
Silice amorphe
Pyrite, Gypse, Carbonates
937
Silice amorphe
Sulfures, Mnsidérite, Sulfates
965
Glauconie
Sulfates, Carbonates
984
Goethite BC, Glauconie
Gypse. Carbonates
1052
Silice amorphe, Sulfures
Mnsidérite, Sulfates
1075
Calcite, Dioxyde de Mn
Kaoiinite, Calcite, Quartz
1109
Goethite TBC
1125
Lépidocrocite
Carbonates
1133
Calcite. Quartz, Pyrite
Détritique
1157
Silicates amorphes, Calcite
Quartz, Sulfures
1177
Lépidocrocite, Goethite
Carbonates, Sulfates
1200
Goethite TBC
1280
Goethite TBC
1355
Calcite, Silicates amorphes
Kaolinite, Calcite, Quartz
1368
Dioxyde de Mn, Goethite. Calcite
1421
Oxy-hydroxydes de Fe et Mn, Silicates de fer amorphes,
Calcite
Quartz
1433
Calcite, Silicates et Oxy-hydroxydes amorphes
Quartz
1458
Goethite
Hématite
1467
Calcite, Oxy-hydroxydes et Silicates amorphes
Smectite
1544
id.
Quartz
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
223
Clément P. & Giannesini P.-J.
MD 81404 : Atlantis H, Nord Passage.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
20
Silicates amorphes, Nontronite
Quartz. Détritique, Mnsidérite, Sulfates
40
Glauconie. Oxy-hydroxydes amorphes
Carbonates, Sulfates, Goethite
60
Silicates amorphes, Glauconie. Nontronite, Mnsidérite
Quartz, Anhydrite
80
Silicates amorphes. Glauconie, Mnsidérite,
Montmorillonite
Quartz. Anhydrite
100
id
id.
120
Silicates amorphes ou Glauconie MC, Caicite
Sulfates. Quartz
140
Silicates amorphes, Glauconie
Caicite. Sulfates
210
Silicates amorphes. Glauconie. Carbonates
Sulfates
278
Glauconie
Sulfates. Carbonates
320
Glauconie MC, Silicates amorphes, Oxy-hydroxydes de fer Sulfates. Carbonates
350
Goethite (Umonite)
Quartz, Argile ferrrtère, Mnsidérite
390
Goethite, Barytine
Quartz, Mnsidérite, Lépidocrocite (?)
435
Goethite. Glauconie, Silicates amorphes
Mnsidérite Quartz. Gypse
460
Glaucome. Silicates amorphes
Mnsidéïite ou Rhodocrocite
480
Silicates amorphes, Glauconie, Céladonite (?)
Quartz, Gypse. Mnsidérite
525
Silicates amorphes, Glauconie
Quartz. Gypse, Mnsidérite, Goethite
560
Silicates amorphes, Glauconie MC
Mnsidérite. Gypse
585
Silice amorphe. Argile ferrifère
Pyrite. Gypse
700
Goethite
Mnsidérite, Smectite
825
Anhydrite
Gypse. Pyrite. Quartz
MD 81408
: bassin de Wando.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Aragonite
Silicates
10
Manganite, Todorokite ou Vernadite
Goethite
26
Glauconie
Carbonates, Sulfates
53
Goethite (Limonite)
84
Goethite (Limonite)
95
Aragonite, Caicite, Silicates de fer amorphes.
121
Smectite ferrifère BC
Caicite ferritère, CaMG, Silicates de fer amorphes,
197
Smectite ferrifère BC
Caicite ferrifère ou CaMg, Smectite, lllite
Kaolinite, Quartz
281
Caicite ferrifère ou CaMg, Smectite, lllite. Goethite
Quartz
298
Caicite ferrifère ou CaMg, Smectite, lllite,
311
Silicates amorphes
Caicite ferrifère ou CaMg. lllite
329
Caicite ferrifère ou CaMg, lllite, Silicates amorphes
Quartz, Goethite, Smectite, Kaolinite
342
Caicite ferrifère ou CaMg. lllite
353
Caicite ferrifère ou CaMg, Silicates amorphes
Smectite
434
CaMg. Hématite
Silicates amorphes
448
Silicates amorphes
Argiles terrifères
480
Hématite, Caicite
489
Caicite ferritère ou CaMg. Hématite, Smectite
499
Caicite ferrifère ou CaMg. Hématite
525
Caicite ferrifère ou CaMg, Chlorite
224
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rouge
MD 81409 : Atlantis II, bassin sud-ouest.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
0
Nontronite ou Glauconie, Gypse
Calcite. Quartz
30
Nonlronite, Gypse
Calcite
64
Nontronite
Gypse
68
Nontronite, Lépidocrocite
Gypse
105
Nontronite
Mnsidérite, Gypse
132
Nontronite, Mnsidérite
Calcite, Détritique
186
Nontronite MC, Gypse
Carbonates
220
Nontronite, Gypse
Détritique
240
Nontronite ferrifère
Gypse
255
Nontronite, Gypse
Détritique
295
id.
id.
320
Goethite, Hydroxyde de Zn
338
Goethite, Hydroxyde de Zn, Gypse
356
Glauconie, Céladonite TBC
Sulfures
402
Anhydrite, Mnsidérite
Goethite
425
Limonite, Anhydrite
Carbonates
440
Goethite
Carbonates, Anhydrite
488
Hématite
Silicates
MD 81412 :
: Néréus.
Niveau
cumulé
Composants majeurs
Composants mineurs
5
Calcite, Oxy-hydroxydes de Mn, Carbonates
Silicates amorphes, Kaolinite, Quartz
19
id.
42
Calcite, Maghémite
Kaolinite
78
Goethite
Carbonates
92
Calcite, Silicates de fer amorphes, Oxy-hydroxydes de Mn Kaolinite, Quartz
107
Hématite, Carbonates, Silicates de fer amorphes
Quartz
115
CaMg, Maghémite
Détritique
140
CaMg, Smectite MC
Quartz
156
Maghémite. CaMg
187
id.
225
Hématite
244
Oxydes de fer BC, Maghémite, Calcite
260
Maghémite
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
225
Clément P. & Giannesini P.-J.
ANNEXE 9
CAROTTE MD 81408 (BASSIN DE WANDO)
Étude au MEB et à la sonde attelée des éléments carbonatés de la fraction supérieure à 20 microns.
Sect. Prof. Composants majeurs Objet Ca Fe Mn Mg Si % Remarques
cm et moyennement analysé fraction
abondants > 20 pm
Il 4
121
- Amas carbonatés
Amas
-
-
-
-
-
26,55
de couleur claire
- Détritique (Quartz,
Feldspaths)
- Foraminifères
calcitique
Il 80
196
- Amas carbonatés
colorés en rouille
- Détritique (Quartz,
Feldspaths)
- Verre volcanique
- Foraminifères
Calcite Mg
9,66
III 27
281
— Amas carbonatés
Assemblage
_
.
.
.
.
65,29
colorés en rose-rouille
de cristaux
- Détritique grossier
- Foraminifères
de Calcite Mg
III 58
312
id. III 27
Aragonite
-
-
-
-
-
28,88
III 76
330
- Amas carbonatés de
Calcite Mg
66
0
4
27
4
6,45
Nannos
couleur claire
Amas
recristallisés
- Détritique
- Foraminifères
carbonatés
89
0
0
7
5
III 88
341
id. III 76
Amas
carbonatés
97
0
0
0
3
3,51
III 138
390
- Amas carbonatés de
Amas
65
tr
tr
21
5
1,29
couleur jaune
carbonatés
- Détritique
- Foraminifères
Coccosphère
72
5
7
IV 34
434
- Amas carbonatés de
Forams
41
10
37
0
11
14,30
Cristaux
couleur rouge
recrist.
dans loge
(plaquettes)
Plaquettes
57
6
31
0
6
- Détritique relativement
id.
60
3
28
6
0
fin
id.
65
5
30
0
0
Forams
60
4
30
6
0
Mangano-
sidérite
U
If
M
ti
Plaquettes
53
4
29
7
6
id.
53
5
31
5
5
Forams
66
3
31
0
0
IV 80
480
- Amas carbonatés for¬
Plaquettes
62
5
29
0
4
15,69
tement colorés en brun
Forams très
(plaquettes)
recristallisés
69
3
26
0
0
226
GEODIVERSITAS * 1998 • 20(2)
Sédiments métallifères des fosses de la mer Rougt
Sect.
Prof.
cm
Composants majeurs
et moyennement
abondants
Objet
analysé
Ca
Fe
Mn
Mg
Si
% Remarques
fraction
> 20 pm
IV
90
490
id IV80
Plaquette
84
0
14
0
2
12,30
id.
88
0
12
0
0
id.
89
0
11
0
0
Forams
90
0
10
0
0
IV
99
499
- Amas carbonatés
Amas
54
8
13
0
4
37,81
- Foraminifères
id.
53
11
12
0
3
- Détritique grossier
id.
62
2
10
0
1
IV
base
525
- Amas carbonatés
Amas
28
27
7
4
0
44,91 Imprégnation
colorés en rouge
id.
19
18
7
7
23
d'hématite
- Foraminifères
id.
16
25
11
7
18
et de silicates
ANNEXE 10
CAROTTE MD 81399
(ATLANTIS 11, BASSIN OUEST)
Tableau comparatif des déterminations par spectrométrie infrarouge et diffraction X des composants
majeurs silicatés de néoformation.
G1 : Glauconie.
Sm : Smcctite.
ab : abondant.
m : moyennement abondant,
tr : traces.
Section
Prof, cm
Faciès
Couleur
Détermination IR
Détermination RX
1
top
0
Boue silicatée sulfurée
brun-rouge
Gl ou Sm (ab)
Sm (ab)
30
30
brun-rouge
Gl ou Sm (ab)
Sm (ab)
82
82
marron-vert
Sm (ab)
non détecté
138
138
vert-brun
Gl (ab)
Gl (ab)
III
71
371
Boue silicatée plus ou
kaki
Sm (ab)
Gl (ab)
107
407
moins litée
brun
Gl ou Sm (ab)
non détecté
110
410
brun-rouge
Sm (ab)
Gl (ab)
119
419
vert
Gl ou Sm (ab)
Gl (ma)
IV
25
450
brun-rouge
Gl ou Sm (ab)
Gl (tr)
IV
58
482
Zone litée silicatée inférieure
vert
Gl (ab)
Gl (ab)
V
2
645
jaune-vert
Gl (ab)
Gl (ma)
81
653
noir
Gl (ab)
G! (ma)
110
685
brun-rouge
Gl (ab)
Gl (ab)
136
708
verdâtre
Gl (ab)
Gl (ab)
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2}
227
ANNEXE
CORRELAT]
JRCENTAGE EN SELS/PO
Le Miocène du bassin de Vence
(Alpes-Maritimes, France) :
stratigraphie et paléogéographie
Léonard GINSBURG
Laboratoire de Paléontologie, Muséum national d'Histoire naturelle,
8 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France)
Michel ARNAUD, Christian LARY & Claude MONLEAU
Laboratoire de Stratigraphie et Paléoécologie, Université de Provence, Centre Saint-Charles,
3 place Victor Hugo, F-13331 Marseille cedex 3 (France)
Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C. 1998. — Le Miocène du bassin de Vence
(Alpes-Maritimes) : stratigraphie et paléogéographie. Geodiversitas 20 (2) : 229-238.
RÉSUMÉ
La partie inférieure du Miocène de Vence (Alpes-Maritimes) a été décrite
comme burdigalicnne par la macrofaunc et aquitanienne par la microfaune.
De nouvelles études montrent que ces dépôts débutent par une molasse aqui¬
tanienne, suivie de marnes à microfaune aquitanienne. Cet ensemble est
déposé par une mer venant de l’est (ba.s.sin pudan). Après une discontinuité
sédimencaire et tectonique imponante contemporaine de la dérive du bloc
corso-sarde, le secteur de V^ence s’ouvre vers la Provence occidentale et voit le
dépôt d'un Burdigalien supérieur calcaire à caractère rhodanien. Une dernière
avancée marine, tortonienne, clôt la série.
ABSTRACT
The Miocene of the Basin of Vence (Alpes-Maritimes, France): stratigraphy and
palaeogeography. The lower part of the Miocene of Vence (Alpes-Maritimes,
France), was formerly described as Burdigalian on rhe basis of the macro-
fimna and Aqiiicanian on the basis of the microfauna. A new field survey and
palacontoiogical révision show that the séries begins by an Aquiranian molas¬
se recovered by Aquitanian bine maris. Fhese sédiments were deposiced by
an Aquitanian sca, coming from northern Italy (Padan basin). Subsequendy
ihe area was folded, emerged and partly croded. ‘Lhen, the upper Burdigalian
limestones wcrc deposited by a sea coming from the west. The sériés end.s by
Tortonian marine conglomérâtes.
KEYWORDS
Miocene,
Provence,
pectinids,
echinoids,
stratigraphy,
palaeogeography.
MOTS CLÉS
Miocène,
Provence,
pcctinidcs,
échinidés,
stratigraphie,
paléogéographic.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
229
Ginsburg L.. Arnaud M., Lary C. & Monleau C.
INTRODUCTION
Le Miocène de Vence (Alpes-Maritimes) est
connu depuis Tournouër (1877) qui distingua
une molasse inférieure surmontée de marnes qu’il
plaça dans le Miocène moyen par comparaison
avec les marnes du Schlier d’Ottnang en
Autriche. Ces attribuiions d’âge ont été suivie.s
parGuébhard (1900), A. F. de Lapparent (1938),
Ginsburg (I960), Mongin (1962), Mais Gohau
&c Veslin (1960) ont signalé, dans la molasse
inférieure et les marnes bleues, une microfaune
d’âge aquitanien. Devant cette contradiction sur
l’âge de la base de la série de Vence entre les
études faites sur la macn:>faune et celles faites sur
la microfaune, nous avons repris l’étude de la
stratigraphie, récolté de nouveaux spécimens et
redéterminé l’échinofaune.
HISTORIQUE
A la suite de la réunion de la Société Géologique
de France à Nice en 1877, Tournouër distingue
dans le Miocène de la région de Vence deux
unités :
- À la base, la « molasse jaune de Vence » à
Ostrea lanicUosa Brocchi, Pccten rotundatus
Lamarck, Pecten praescabriasculus Fontannes,
Pecten suhbcfiedictiis Fontannes, ScutelLi paulensis
Agassiz, Ampbiopc bioculata Desmoulins,
Echinolampas beniisphoericus Lamarck var.,
EcbinoLvnpûs sp., Echinolampas scutijônnis Leske,
Clypeasier mternicdins Desmoulins, Ctypcaster
latirostris Agassiz var. vinùcnsis Tournouër,
Schizaster scillae Desmoulins, Spatmigus corsicus
Desmoulin-s, Operculina vomplanatu Ba.stcrot,
qu’il date du Miocène moyen.
— Au sommer, « la molasse grise de Vence noi¬
râtre er argileuse, dénommée depuis « marnes
bleues de Vence » et qui a alors fourni ; Ostrea
cochlear Poli, Pecten denidatus Rcuss, Pecten cri-
status Brocchi, Pecten haiieri Michelin Tournouër
parallélise cette « molasse grise avec les argiles
du Schlier d’Ottnang en Autriche, considérées
alors par les géologues autrichiens comme un
faciès profond du Miocène moyen.
Tournouër ne désigne par aucun nom d’étage ses
molasses jaune et grise de Vence, mais le
Miocène moyen correspond â cette époque à
l’« Helvérien ». Comme il préci.se que la molasse
jaune est plus ancienne que les couches à Cardita
jouanetri, et qu’il n’y a pas d’Aquiranien dans la
région de Vence, sa molasse jaune ne peut corres¬
pondre qu’au Burdigalien. Quant au Schlier
d'Ottnang, il est assimile à THelvéïicn. Les
termes de Burdigalien et d*Helvéticn seront
employés ulicrieuremenr par Guébhard (1901,
1903) pour les deux molasses de Vence
Guébhard (1900) découvre dans les marnes
bleues de Vence une petite faunule qu’il soumet à
Depérei, lequel reconnaît en particulier Ostrea
cochlear Poli, Pecten denudatus Rcuss, Pecten cf.
burdigalensis Lamarck, Pecten cf bonifactensis
Sowerby ci il conclut à un âge helvétien.
Au-dessus des marnes, Guébhard signale une barre
calcaire renfemiaiic Pecten restitutensis Fontannes
et Ostrea bobluyci Desliayes (déterminations
Depérer), M espèces caractéristiques de la partie
supérieure du Burdigalien de la vallée du Rhdne
Guébh.ird interprète la superposition de ce
Burdigalien sur l'Helvétien comme étant due à des
mouvements tectoniques. En 1901. Guébhard
signale, dans la molasse huniigalienne au sud-est
de Salnc-jeannet, Pecteti tournait de Serres,
A. F. de Lapparent (1938) reprend l’étude du
bassin de Vence. Il découvre dan.s la molasse infé¬
rieure une faune de pcctlnidés cl d'échinidés qu'il
considère comme caractéristique du Burdig;ilicn,
avec Pecten wtundatiis Lamarck, Pecten subbene-
dietns Fontannes, Chlamys pavonacea Fontannes,
Chlarnys praescabriascida Fontannes et Chlamys
seniernh Lamarck.
Au-dessus, A. F. de Lapparent retrouve, dans la
partie supérieure des marnes bleues (exactement
dans le ravin de Malvan, sous la chapelle Saint-
Raphaël), une petite faunule qui lui confirme
l’âge helvétien de ces marnes. Parmi ces fossiles,
on note la présence de Flabellipecten guebhardi
Deperet et Roman.
Ginsburg (1960) a trouvé dans la molasse infé¬
rieure différents pcctinidés déterminés par
D. Mongin : Chlamys rotutidata Lamarck,
Chlamys \Himdtes) brussoni de Serres, Chlamys
northamptoni Michelin var. oblita Michelin,
Chlamys multistriata Poli var, substriata Hoernes,
Chlamys sub-holgeri Fontannes et Flabellipecten
230
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Le Miocène des Alpes-Maritimes
fraterculm Sowcrby» ainsi que des échinodernies,
Clypeaster latirostris Agassiz, Clypeaster cf. inter-
médius Desmoulins, Echlnolampas savini
Lambert et Echinolcirnpas guebhardi Lambert. Sur
la base de ces fossiles, Ginsburg &: Mongin
(1956) ont considéré la molasse inférieure de
Vence comme d'âge burdigalien.
Au-dessus, Ginsburg a trouvé dans les quelques
mètres â faciès sableux surmontant les marnes
bleues ; ChLtmys cf. nmlvinae Duboi.s, Haustator
cf. tricintus Borson et Clypeaster murginatus
Lamarck.
Plus haut, dans la barre calcaire signalée par
Guébhard et qui surmonte les manies bleues, il
signale une faune de lithothamniées
{Mesophyllum commune Lemoine, Lithotham-
nnim glomeratum Capeder, Lithothamnium cor-
rallinaeforme Lemoine, Lithothamnium capederi
Lemoine, Lithophyllum prehehenoides Lemoine)
accompagnée de Gigantopecten LiHssima Brocchi
var. nodosifonms de Serres, Gigantopecten ulbina
von Teppen, Chlamys cularitana Meneghini,
Fkbellipecten planocosuuus Matheron et Echino-
lampas sp. gr. barcinensis Lambert. À l'encontre
de Guébhaid. Gmsbiiig considère cette barre cal¬
caire comme en superposition stratigraphique
normale sur les marnes bleues et lui confère un
âge helvëtien un peu plus récent.
Au-dessus repose une quarantaine de mètres
d'une molasse grossière, chargée de cailloutis et
contenant encore des niveaux à algues. Parmi les
cailloutls, il a récolté Flabtilipecten planocostatus
Matheron, Gigantopecten latissima Brocchi var.
nodosiformis de Serres. Gigantopecten albina von
Teppen, Chlamys calaritana Meneghini, Chlamys
macrotis Sowerby, Clypeaster airaghii Lambert et
Clypeaster latirostris Lambert. Suivant D. Mongin
(1952), il place cette faune au sommet de
ITlelvéricn.
Enfin, Gohau & Veslin (1960) puis Odebode
(1978, 1982) signalent dans la molasse inférieure
et dans les marnes de Vence une microfaune
d’âge aquitanien.
LA SÉRIE STRATIGRAPHIQUE
On observe de bas en haut :
1. La « molasse » (calcarénite) inférieure, d'une
épaisseur variant de 20 à 50 ni, qui repose en di.s-
cotdance sur le Jurassique, le Crétacé ou le
Nunimulitiquc. Entre Vence et Tourrettes-sur-
Loup elle remanie une formation volcanique
andésicique. A Biot, cette formation andésitique
est très dévclop[>ée et a été datée à 26,2 ± 1,0 Ma
par Bcllon Brousse (1971). La molasse com¬
prend de nombreux niveaux conglomératiques et
des bancs de calcarénite à stratification oblique.
Au nord de Garros, elle contient une barre de cal-
Fig. 1. — Schéma géologique entre Vence et Tourrettes*sur-Loup (à gauche, le Nord ; à droite, le Sud), c, Cénomanien ; d, Dogger ;
e, Nummulitique marin : j. Jurassique supérieur (J^ ®) ; I, Lias ; t. Trias ; 1-4. Miocène ; 1, molasse calcaire aquitanienne ; 2. marnes
bleues aquitaniennes ; 3. calcaire à rhodophycées burdigalien ; 4, molasse caillouteuse serravailienne.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
231
Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. èc Monleau C.
Caire à algues (rhodophycées) de 15 m d'épaisseur.
À la chapelle Sainte-Colombe à Vence, un niveau
marneux a livré à Gohau & Veslin (1960) une
microfaune aquitanienne. La macrofaune est
constituée en majorité de pectinidés et d’échinidés
parmi lesquels principalement Clypeaster tmrtmi
Desmoulins et Clypeaster scillae Desmoulins. Les
spécimens de clypéastte.s sont identiques à ceux du
niveau 'îM du « Ma^ssalien w de la Nerthe
(Philippe et ai 1988). S’agissanr des pectinidés,
nous n'avons retrouvé ni dans les collections ni sur
le terrain les formes signalées uniquement par
Guébhard et de Lapparcnl. Nous nous en tien¬
drons donc au materiel récolté par L. Ginsburg.
Dans ce matériel. Chlamys multistriata Poli et
Flabelliptcten Jhiterciilm Sowerby sont connus
dans le « Massalien » de la Nerthe (Caizigras
1943), Chlamys northamptayil Michelin est incon¬
nu avant fAquitanicn s,stT. en Basse-Provence
(Demarcq 1990) mais tréquenr dans l’Aquitanicn
d’Italie du Nord, tandis que Chlamys rotimdata
Lamarck, le plus commun des pectinidés de
Vence, est totalement inconnu dans le bassin du
Rhône mais abondamment représenté dans
l’Aquitanien d’Italie du Nord, faune de pectini-
des s’accorde donc bien mieux avvc rAquitanien
qu’avec le Burdigalicn, à condition de considérer
le bassin de Vence comme ouvert à cette époque
sur riialie du Nord. La molasse inférieure de
Vence est donc bien aquitanienne et des aOlnités
paléontologiques sont partagées avec Tlcalic sep¬
tentrionale, affinités déjà signalées par Depéret &
Roman (1902) et A. K de Lapparent (1938).
2. Au-dessus, 200 m de marnes grises à bleues ont
livré principalement de la microfaune. À Vence,
plusieurs échantillons, prélevés à la base, dans la
partie moyenne et au sommer de la formation,
ont été confiés à J. Magné, qui nous a confirmé
l’âge aquiranien de ces marnes, avec comme fora-
minifercs planctoniques : Glohigerinouks primor-
Mus Blow et Banner, Ghhorofalia opjma aana
Bolli, Ghbigefina gr. ciperoensis Bolli (cette faune
indique la N4) ; et comme forammiféres ben-
thiques : Almaena cf. cscornebovensis (Sigal),
Spiropketammina carinata (d’Orbigny), Pullenia
cf hulloides (d’Orbigny), BriZitlnut sp, Bulïnùna
sp. Un autre échantillon, confié à R. Anglada, a
donné le même âge stratigraphique.
Vers le nord-ouest de Tourretlcs, ces marnes se
réduisent rapidement à une cinquantaine de
mètres, puis disparaissent. La calcarcnite infé¬
rieure présente alors des traces de karstification.
Cette morphologie rappelle ce que nous obser¬
vons sur la bordure d’une marge en cours de
création, soumise aux influences eustatiques.
3- Au-dessus viennent des calcaires à rhodo¬
phycées qui remplissent des chenaux creuses dans
les marnes, puis un niveau à cailloutis pouvant
atteindre 20 m d’épaisseur. Ce dernier contient
des g.ilcts d’origine diverse, mais aussi des ülisro-
lithes de grande taille (bloc.s de 5 à 6 m d'épais¬
seur sur 5 à 20 m de long) constitués de calcaire
jurassique. Les galets lorment parfois des lits de
plusieurs mètres d’épaisseur à forts pendages de
directions differentes. Viennent ensuite des bancs
de calcaire à rhodophycées et ccliinodermes. et
des niveaux conglomératiques chenalisés. Le.s
échinidés sont rapportés à Clypeaster cf. altns
(Klein) et ClypeOstei scutellutus Agassiz, forme.s
typiques, ainsi que plusieurs de ses mofphes
(laypnoides, latirastrhy intenaedius). Les deux pre¬
miers cités sont identiques aux échantillons du
calcaire de La Couronne (Bouches-du-Rhone)
d’âge burdigalien supérieur. Ces déterminations
confirment la datation de Depéret faite sur
Pecten restitutensk Fonrannes, cantonné lui aussi
au Burdigalien supérieur.
4, En discordance sur le Jurassique, la molasse de
Vence, les marnes de Vence et les calcaires â rho¬
dophycées et olistolithes, repose sur le plateau du
Caire à Tourreites-sur-Loup une molasse très
caillouteuse de plus de 50 m d'épaisseur et qui a
livré une faune de pectinidés (Ginsburg 1960)
ainsi que, à la base, une M3 incomplète, mais
caractéristique, du petit RKinoccrotidac Acera-
theriurn (Alicoruops) simorrerne (L.arret). l..a faune
de pectinidés s’établit ainsi : FlabelUpecten piano-
costatHS Depéret et Roman, FLxhelliperten frater-
caltu Sowerby, Pecten [Gigantopecten) albinns von
Teppen, Pecten {Gigantopecten) latisshnus
Brocchi, Pecten (Gigantopecten) ziziniae^\i. subti-
pica Sacco, Chlamys solarium Lamarck, Chlamys
rotupdata Lamarck var.
Nous avons aussi réexaminé les Pectinidae de la
molasse supérieure du plateau du Caire à
232
GEOOIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Le Miocène des Alpes-Maritimes
Tourrettes-sur-Loup : dans la vallée du Rhône, les
deux Flabellipecten sont présents dans la partie
supérieure du Serravalliçn et dans le Tortonien
(Demarcc] 1990), tandis que Chlamys albinUy
renommée Pecten {Gigiintopecten) alhirnis par
Bongrain (1988) est présente dans les memes
régions dans tout le Serravalliçn et le 'Jortonicn.
Pecten (Gigantopecten) latissimns n*a pas été retrou¬
vée dans le bassin du Rhône mais nVst connue, en
dehors de Vence, que dans le Messinien et le
Pliocène inlcrieur d’Oranie et dltalic. La lorme
subtipica a été créée par Sacco (1897) pour une
variété de Macrochlamys tournali. D. Mongin,
dans la détermination qu elle a laite des lossilcs de
Vence, la considère comme une sous-espece de
Pecten {Gigantopecten) ztziniae. Cette sous-espèce
subtipica est connue en Italie : elle est rare à
TAquitanien, fréquente à THelvétien et au
Serravallien, présente au Tortonien. Chkimys sola¬
rium est connue du Burdigalicn au Tortonien.
Quant à Chlamys rotimdata var. du plateau du
Caire, elle se distingue de la forme typique aquita-
nienne par une taille plus forte et la présence
d’une costulation intercalaire. Or Chlamys calari-
nata, que Roger (1939) place dans le même
groupe que Chlamys rotundasa, sc distingue juste¬
ment de cette dernière par une plus grande taille
et la présence de côtes intercalaires. Comme
Chlamys calaritana relaie dans le temps Chlamys
roîundaxa, on peut sc demander si elle n en est pas
issue, et dans ce c;ts, nos spécimens du plateau du
Caire sexaicnc des Chlamys calarinata un peu pri¬
mitifs ou une lorme intermédiaire entre les deux
espèces, présentant un mélange de caractères prir
mitifs et de caractères évolués. Chlamys calaritana
est une espèce airactérisdque du Serravallien mais
peut monter dans le Tortonien,
L’ensemble de la faune est donc homogène. Elle
P O I Poudingues du Var
Sffijj Brèche de Carras
E53 Molasse caillouteuse
V/^ Calcaires a rhodophycées
Marnes bleues de Vence
Molasse de Vence
Oligocène
Éocène
Crétacé
M - 1 1 Jurassique
l!li[!l!l!i Trias
Pliocène
Miocène
V
-i-- T
"T f* ) Vd I i
1 1
rrezj^u o ° °o O
-
sSs
V
Fig. 2. — Carte géologique du bassin de Vence. C, Carros ; Co, Gourmes ; G, Gattières ; Go, Gourdon ; LB, Le Broc ; St J, Saint-
Jeannet ; T, Tourretles-sur-Loup ; V, Vence.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
233
Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C.
semble parfaitement correspondre à la zone PN6
de Demarcq (1990). qu'il définit par la coexis¬
tence, en acmé, de Flahcllipecten fratcrculus,
Flabellipecten planocostatus et Pecten {Qhganto-
pecten) albmnSy et qiul place dans le Tortonien.
La présence de ChUmys Inthsbm. inconnue avant
le Messinien, tendrait a placer les molasses
caillouteuses assez haut dans le Tortonien, tandis
que celle d'un Chhimys ailarinata primitif ten¬
drait au contraire à la vieillir
Au contraire, le petit rhinocérotide Acennherium
{Alicorfwpi) simorrensis est une forme rare qui
jusqu’à présent n’est connue que dans TOrléa-
nien, l’Astaracien et le Vallésien (Ginsburg 6c
Guérin 1979), c'esi-à-dire, compte tenu des
équivalences - non encore parfaites — entre
échelles marines et échelles continentales, au
Burdigalien, au Serravallicn et au début du
Tortonien. Le spécimen dAcemtherhim [Alicor-
nops) simorrensis de Tourreites-sur-Loup a été
trouvé à la base de la série molassique, et la faune
de pecrinidés à son sommet. Un âge tortonien est
donc cohérent pour lenscmble de la formation.
La molasse caillouteuse terminale apparaît donc
comme tortonienne. Elle est prise sous les grands
chevauchemciiLs des Baous, qui montrent que le
Trias et le Jurassique reposent sur le Miocène, sur
environ 10 km de long, de Gourmes au Brocchi
À cette molas-se supérieure, caillouteuse, de
Tourrettes-sur-Loup, Ginsburg (1960, 1970) a
rattaché les poudingues de Sainte-Luce, situés à
une quinzaine de kilomètres plus à l'ouest, sur la
commune de Saint-Vallier-de-Thiey. Mais cette
formation, très caillouteuse comme sur le plateau
du Caire à Tourrettes-sur-Loup, en diffère cepen¬
dant considérablement par l'abondance de galets
de quartz, qu'elle renfenne, ei qui sont inconnus à
Tourrettes. Elle se rattache mieux à d’autres for¬
mations caillouteuses, riches en galets de quartz
elles au.s.si, et que l’on trouve plus à J’ouest.
Mennessier (1966) les a caitugraphiécs et décrites
comme du Vindoboiiien conrinental indéterminé.
INTERPRÉTATION STRATIGRAPHIQUE
Le Massalien et le problème de la limite
Oligocène-Miocène
La position exacte de la limite Oligocène-
Miocène dans la série stratigraphique est un pro¬
blème qui date de la création de l'étage
Aquiranien (Mayer-Eymar 1858) car il peur se
poser de la manière suivante : doit-on rattacher
l'Aquitanien à TOligocènc ou au Miocène ? Les
avisS ont longtemps etc partages et Ton peut voir
dans le même volume du Bulletin de la Société
Géologique de France de 1893 deux articles, fun
er l’autre remarquables, optant chacun pour une
position différente î Depéret, dans sa classifica¬
tion des terrains miocènes, y englobe l'Aqui-
tanien, tandis que Munier-Chalmas et de
Lapparent, dans leur nomenclature générale des
étages géologiques, placent TAquitanien dans
rOiigocène. Et Ton vit même un auteur si parta¬
gé en lui-même, que dans la même publication,
il plaça rAquitanien marin dans le Miocène et
rAquitanicn continental dans rOligocène. tout
en reconnaissant leur synchronisme (Viret 1929).
Quel principe doit-on donc suivre pour situer
correctement une limite ? Les premiers géologues
ont rassemblé en des ensembles cohérents les
couchc.s de terrain renfermant les memes fossiles.
Ces ensembles prirent le nom de « systèmes Ce
principe est à la base de la création du Cambrien,
du Silurien, du Dét^onien, tlu Carbonifère, du
Permien, du Trias, du Jura.ssique, du Crétacé. À
l'intérieur de chaque système, des ensembles plus
petits rassemblèrent des couches à faunes d’afïV
nirés plus fines. Ce furent nos « étages géolo¬
giques ». Puis l'on s’aperçut que chaque « sys¬
tème » commençait par une transgressiiin marine
et se terminair par une régre.ssion marine. Ainsi,
chac|ue transgression marine amène une faune
marine itouvelle que la régression suivante efFace
à jamais. Ginsburg (1964) a montré par quels
mécanismes les régressions marines entraînent les
extinctions de faunes et les transgressions
marines provoquent l'appanrion de faunes nou¬
velles.
C'est ce principe des rransgressions-régressions
que l'on applique pour décider de l’appartenance
d'un étage-limite à un .système ou à un autre.
Mais dans le détail cela e.si parfois difficile car, au
début d'un « système », le changement de faune
n'est pas toujours évident Une petite transgres¬
sion n'amène qu'un petit changement de faune et
jouer sur des proportions de faunes est toujours
délicat, souvent hasardeux. C’est le cas de
234
GEODIVËRSITAS ■ 1998 • 20(2)
Le Miocène des Alpes-Maritimes
TAquitanien. La transgression est encore faible,
elle n’en est qu’à son début, et la faune n a pas
encore très fortement changé. Le renouvellement
n est qu’à son amorce. Mais le principe est là. En
vertu de ce principe, Depéret (1893) place sans
ambages TAquiianien dans le Miocène> et
Gignoux (1936), illustrant la transgression mio¬
cène dans le bassin du Rhône, montre que la pre¬
mière étape de cette transgression est
TAquitanien de Carry-le-Rouet.
Malheureusement, le stracorype de TAquitanien a
été pris en Aquitaine, c’est-à-dire dans une région
où les phénomènes sont moins nets qu’en
Méditerranée et où d'ailleurs la transgression
miocène sera toujours hésitante et n’ira pas très
loin. Mais le principe Fut respeccé et TAqui-
tanien, finalement, est unanimenent rattaché au
Miocène.
Le problème du Massalien est, en réduction, le
même problème. Après avoir défini et redéfini le
stratotype, couche par couche, on s’aperçut que,
dans la région de Marseille, existait une petite
série rattachée traditionnellement à l’Aquitanicn
mais qui sc trouvait — les équivalences stradgra-
phiques ayant été minutieusement établies — en
dessous de l'Aquitanien stratotypique. C’est la
série de Ncrihe, étudiée en particulier par
Catzigras (1943, 1972), Angiada (1972), Lorenz
(1972), Angiada &c Catzigras (1980), Monleau tt
al. (1988), Philippe et al. (1988) et pour laquelle
Gourlnard &C Magné (1987) ont proposé le nom
de Massalien.
Avant la redéfinition du stratocype de
rAquitanien, la coutume était de placer la limite
Oligo-Miocène entre 24,5 et 25 Ma et de faire
débuter PAquitanien avec la zone à Glohigeri-
noides primordïus (ex. Bulli et al. 1985). Cela est
cohérent et correspond bien à la coupure que
Ton observe sur U courbe de Vail (lïaq et al.
1987) entre POligocène à lignes de rivages très
lointaines et la brusque remontée de la mer vers
25 Ma. Or rAquitunien stratotypique ne débute
qu’à 22 Ma avec le cycle d’B 1.5. Entre ces deux
chiffres (25 et 22 Ma), se situe justement le
Massalien. Placer ce Massalien dans l’Oligocène
sous prétexte qu’il sc trouve sous rAquicanien
srratotypique, étage le plus inférieur du Miocène,
nous paraît absolument contraire à la logique et
au bon sens. En effet, le « premier étage méditer¬
ranéen t> de Suess (1897) débute avec une trans¬
gression et le Miocène de Depéret commence
avec le début de cette transgression, début qui
correspond aux couches de Carry-le-Rouet, c'est-
à-dire au Massalien I! nous est impossible de ne
pas appeler << transgression miocène » cette trans¬
gression. Au.ssi placerons-nous le Massalien dans
le Miocène, à la base de l’Aqinranien qui est
incomplet en son lieu stratoiypique, et replace¬
rons-nous U limite Oligo-Miocène autour de
25 Ma.
Rappelons ce qu’ont écrit Courinard et ai en
1987 * *< Il est apparu que la partie inférieure de
ces dépôts [dépôts de Carry-le-Rouet] devait être
antérieure à l'âge de l’arrivée de la mer aquita-
nienne dans le Bordelais. La totalité de la série
marine de Carry étant considérée comme post¬
oligocène, on proposa aussi de faire débuter
l’érage aquitanien plus tôt et de considérer la par¬
tie inférieure marine comme une excellente
coupe auxiliaire de référence. Par la suite, la
coupe de Carry-lc-Rouet fut proposée comme
“parastratotype de l’étage Aquitanien” (Mayer-
Eymar) et comme “coupe auxiliaire de réfé¬
rence”. Ces propos n’onr rien perdu de leur
acîu.aliré, malgré la nouvelle échelle proposée, où
la limite Oligo-Miocène est placée à 23 ± 0,5 Ma
(Odin 1994), Ajoutons que les lamellibranches
et le.s échinidés de la molasse inférieure de Vence
ont nettement plus d'affinicés avec le.s formes
miocènes qu'avec le$ formes oligocènes, comme
d’ailleurs la macrofaune d’invertébrés de Carry-
le-Rouet (Catzigras 1972) et les foraminifèrcs,
tant de grande taille (Lorenz 1972) que de petite
raille (Angiada 1972), de la même région.
Angiada écrit d’ailleurs à leur propos : « L’étude
de.s foraminiferes ne nous autorise pas à attribuer
à l'Oligocène les premiers témoins de la trans¬
gression. »
INTERPRÉTATIONS PALÉO-
GÉOGRAPHIQUES ET TECTONIQUES
Des coulées et des conglomérats andésitiques
sont connus à Biot, Vlllcncuvc-Loubcc et au
Cap-d’Ajl. Leur âge est de 26 à 27 Ma. À cette
époque se trouvait plus au sud une terre émer¬
gée : le bloc corso-sarde, qui était solidaire des
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
235
Ginsburg L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C.
Maures-F.srérel. La mer ne pouvait alors venir ni
du sud ni de Touest. Or, en Italie du Nord, la
mer oligocène forme un golfe limité au sud par
l’Apennin ligure, progresse vers l’ouest au cours
du Stampien et atteint à rAquitanien inférieur
les environs de Mondovi, à 50 km seulement du
bassin de Vencc (Lorenz 1969). Si Ton ajoute la
répartition géographique à l'Aquïtanien de
Chlamys northiimptoni et surtout de Chlamys
rotunditta, un conviendra de considérer
TAquitanicn de Vence comme rextrême avancée
vers l’ouest du bæîsin padan. Ce point n’est pas
totalement inédit : Demarcq (1986) a en effet
considéré le bassin de Vencc à LAquitanien
comme le fond d’un « golfe ligure » rattaché
directement à la mer tyrrhénienne et séparé
comme ccllc-ci du golfe rhodanien par
l’ensemble émergé Maures-Estérel-Corsc-
Sardaigne.
La molasse inférieure et les marnes bleues de
Vence sont réquivalenc des lormadons marines
de Carry-le-Rouef et correspondent au cycle
TB K4-
Dans la région de Digne, au-dessus des molasses
rouges continentales attribuées à l’Oligocène et
sous la molasse grise burdigalieiine, se trouve la
« molasse intermédiaire », constituée de marnes
grises intercalées de grès, de conglomérats, de
niveaux marins à lamellibranches et balanes, ainsi
que de niveaux lacustres de calcaires et de
ligniics. Deux gisements à mammiferes y ont été
trouvés, l'un k Lambert dans la partie terminale
des molasses nauges, l’autre à Esclangon près de
Barles dans la molasse intermédiaire (Gigot &
Mcin 1973 ; Hugueney et al. 1992). Ces deux
gisements a Riueutfta tHôlime sont à placer dans
la MN2a, zone dont le gisement de référence est
Üaiiu-Gérand-lc-Euy, d’âge aquitanicn^ Ce
domaine marin de Digne fut considéré jusqu'à
préseitr comme une dépendance de la mer rhoda¬
nienne. On peut envisager aujourd’hui, avec plus
de vraisemblance, une communication directe
avec le bassin padan.
Après le dépor des marnes bleues de Vence, la
région vençoise émerge en même temps que le
bassin de la Ncrtlie (Monleau et al. 1988). C’est
la phase tectonique saviquc (Grandjacquet et al.
1972 ; Arnaud et ai 1988). Comme en Provence
occidentale, le cycle TB 1 5 et la ha.se de I B 2.1
sont absents. Cette phase de régression sc situe à
la tin du phénomène de « djiing qui a débuté à
rOligocène et doit précéder ou être synchrone
Fig. 3. — Schéma paléogéographique de la Provence à l’Aquitanien. 1, dépôts marins ; 2, ligne de rivage estimée ; 3, ligne de suture
entre la Corse et le bloc Maures-Estérel.
236
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Le Miocène des Alpes-Maritimes
du début de Touverture de la Méditerranée occi¬
dentale et donc de la dérive du bloc corso-sarde
(entre — 21 et — 19 Ma). Les relations paléogéo¬
graphiques du bassin de Vence changent alors et
SC tcront désoi tnais avec l'ouest. La transgression
burdigalienne atteint d’abord la Basse-Provence à
la fin du Burdigalien inférieur puis s'étend vers le
nord, gagnant le Dauphiné, la Savoie et la plaine
suisse tandis quelle envahit la région de Vence.
Des mouvements tectoniques importants ont
lieu pendant la durée des dépôts burdigaliens,
marqués par la présence de niveaux à galets et
d’olistolithes. Après émersion, basculement et
pénéplanation, la molasse caillouteuse supérieure
d'âge tortonicn est le dernier témoin marin pris
sous les grands chevauchements de la phase tec¬
tonique majeure alpine.
Remerciements
Nous tenons à remercier ici R. Anglada et
j. Magné qui ont déterminé la microfaune des
marnes de Vence, J -L. Welcomme qui a précisé
les lignes de rivages du Languedoc â
l'Aquitanien, j Meulenkamp et C. Montenat qui
ont relu le manuscrit, ainsi que Mme F. Pilard,
qui a réalisé les figures qui accompagnent le
texte.
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GEODIVERSITAS ■ 1998 • 20(2)
237
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Soumis pour publication lelO juillet 1997 ;
accepté le 8 décembre 1997.
238
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas
(Pyrénées-Atlantiques, France) :
comparaison avec ie microplancton
du Danien-Selandien connu dans le monde
Caria CAVAGNETTO
Laboratoire des Paléoenvironnements et Palynologie.
UMR-CNRS 5554, université de Montpellier II.
F-34095 Montpellier cedex 05, (ISEM 96-012) (France)
Yvette TAMBAREAU
Laboratoire de Géologie structurale,
UA 1405, Université Paul-Sabatier,
38 rue des Trente-Six-Ponts, F-31400 Toulouse (France)
Cavagnetto C. & Tambareau Y. 1998. — Palynologie du Selandien d’Oraas {Pyrénées-
Atlantiques, France) ; comparaison avec le microplancton du Danien-Selandien connu
dans le monde. Geodiversitas 20 (2) : 239-261.
MOTS CLÉS
dinoflagellés,
p<3lens,
Pyrénées-Arlantiques,
Danien-Selandien.
RÉSUMÉ
Dans ce travail sont présentés les dinoflagellés, les grains de pollen et les
spores trouvés à la partie sommitale des « Calcaires inférieurs » du Paléocène
basal d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques). Les assemblages, très diversifiés, nous
ont livré soixante-dix espèces de dinoflagellés et cinquante-sept espèces de
pollens et spores. La comparaison des dinoflagellés recensés avec les autres
associations connues dans le monde nous a permis de confirmer Page selan-
dicn (D2 ou base de D3) de la partie supérieure des a Calcaires inferieurs »t.
En effet, nous avons reconnu Alisoiysta reticulata. espèce limitée à la zone D2
(Costa & Manum 1988) et Spinidinium demispinatum débutant dans la zone
D3 du Selandien selon Powcll (1992). Des affinités ont été mises en évidence
entre ce phytoplancton et celui d’Europe et d’Amérique du Nord.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
239
Cavagnetto C. & Tambareau Y.
KEYWORDS
Dinoflagellares,
pollen,
Pyrénées-Atlantiaues.
Danian-Selanciian.
ABSTRACT
Palynolog^ ofihc SeLindian of Ornas (Pyrénées-Atlanticfues, France): comparison
with Danian-Selandian microplankton recorded in the wortd. An analysis of
the dinofiagdlates, pollen and spores occurring wi[hin rhe "'^Calcaires infé¬
rieurs' of the Lowermost Paleocetic of Oraas (Pyrénées-Aclaniiques) is carried
out. i’he verv diversified assemblages found at the top of the formation
involve scveiity spccies of dim>flagcilates ajid fllty-scvcn spccies of pollen and
spores, l’he comparison of thcsc dinoflagcll.ite asscmblage.s with ihe other
ones recarded in ihe world cnables confirrnauon of chc Sclandian ago (D2 or
base of D3) of ihc uppcrmo.st pan of tlic “Calcaires inférieurs". Two main
specics have becii recorded: Alhocysta reticulata^ rcsrrictcd to the zone D2
(Cosu & Manum 1988) and Spinidinium densispinatum which has its first
appcarance in tbc zone 03 of the Selaiidian after Powell (1992). Some
obvions affinities have been shown between this phytoplankton and the
Northern Europe and Northern America onc.s.
INTRODUCTION
Dans le.s Pyrénées, le Paléocènc basal, et en parti¬
culier le Daniel!, bien individualisé par les asso¬
ciations de foraminifères planctoniques et de
coccolithes en domaine de bassin, c’e.st-à-dire
près de la côte atlantique - Bidan par exemple in
Delaconc (1982) -, est plus difficile à caractéri¬
ser plus à l’est, en domaine de plate-forme. En
effet, que ce soit dans les Petites Pyrénées sur le
versant nord ou en Navarre dans le versant sud,
le Paléocènc basal est essentiellement représenté
par des séries carbonaiécs partiellement dolomici-
sées, dépourvues de foraramiféres planctoniques,
à coccolithophoridés nains sans intérêt stratigra-
phique et à faunes benthiques rares et difficile¬
ment identifiables. Les seuls éléments de datation
trouvés dans ces séries d'environnement marin
restreint ont été les pollens et les dinoflagellés
recensés à l a Cassine dans les Petites Pyrénées :
ils indiquent un « Danien non basal » (Gruas-
Cavagnelto et al. 1992). Des palynoflores
daniennes ont également été signalées dans les
formations continentales plus orientales, dans le
versant sud» à Fondlonga notamment (Médus et
ai 1988). Il nous a paru intéressant de compléter
ces données très partielles sur IcvS microflores
daniennes des Pyrénées par l'étude de celles trou¬
vées dans les « Calcaires inférieurs » d'Oraas
(Béarn) déposés sur la pente continentale dans
des séries intermédiaires entre bassin et plate¬
forme et bien datés par les foraminifères plancto¬
niques. Ce phytoplancton pyrénéen sera ensuite
comparé à celui d’autres gisements d’âge compa¬
rable, décrits dans le monde.
CADRE GÉOLOGIQUE
ET STRATIGRAPHIQUE (Y. T.)
Sous le hameau de Noues à Oraa-s (Pyrénées-
Atlantiques ; Fig. 1) dans le synclinal d’Escos, sur
la nvc droite du Gave d’OIoron creusé dans les
puissantes « Marnes de Nay », une falaise de cal¬
caires plissés» blancs, d'environ 10 m de hauteur,
offre une bonne coupc des « Calcaires inférieurs »
(Fig. 2A)» première formation paléocène succé¬
dant aux horizons marneux de la zone â rnayoren-
sîs (Fondccavc-Wallez 1994) du Maastrichtien
terminal. Ils sont directement surmontés par une
épaisse série de flysch, les « Sables inférieurs ».
Une analyse biostratigraphique détaillée du
Paléocène basal béarnais a pu erre entreprise dans
ces calcaires accessibles en période de basses eaux.
Cer affleurement a été découvert par Boltenhagen
qui le décrit ainsi (1966 : l46, 152) :
« La formation se compose presque uniquement
de calcaires fins et de joints marneux, blancs,
parfois maculés de rouge (remaniement du
Maastrichtien) se présentant sous la forme de
bancs très plissés, froissés, étirés.
« À la base, ils reposent sur le Maastrichtien par
240
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques)
Fig. 1. — Carte schématique du Paléogène inférieur des bassins de l'avant-pays pyrénéen.
rintermédiaire de quelques bancs minces restés
plans. Tous les autres bancs, plissés, sont des cal¬
caires fins à Globigérines et Glohororalia. Us sont
séparés par des couches marneuses, laminées, de
couleur grise, claire ou occasionnellement rouge.
Les couches calcaires pÜssées sont arasée.'^ suivant
une surface plane et supportent les "vSables infe¬
rieurs", grès grossiers à dragées de quartz, en
bancs réguliers. »
Pour cet auteur, les premières strates régulières
des « Sables inlérieurs » étant parallèles^ à celles
des bancs maastrichtiens et des premiers bancs
calcaires sous-jacents aux calcaires plissés, la
déformation de ces derniers n*est pas d’origine
tectonique mais serait due à des glissements syn-
sédimentaires sur les pentes du bas.sin (slumps).
Les microfaunes et, en particulier, les foramini-
fères plancconiques sont rapportées au
« Paléocène » que faureur distingue du Danien
sous-jacent qui serait absent ici.
L’étude actualisée des foraminifères plancto-
niques par Canudo & Molina [in Tambareau et
al. 1994 et in litteris) montre quç ces calcaires
appartiennent pour leur majeure partie a la zone
P3 du Selandien inférieur. Un échantillon situé
juste au-dessus des marnes du Crétacé supérieur,
à l’extrême base des * Calcaires inférieurs », pour¬
rait appartenir à la zone à Pmemurica trimdadcn-
sis (Pic) caractérisant un Danien élevé, mais la
pauvreté de Passociation ne permet pas de Taffir-
mer. Les autres échantillons de la partie infé¬
rieure de cette formation ont fourni des assem¬
blages caractéristiques de la zone à Morozovella
angulaui (P3a). Les prélèvements effectués dans
la partie supérieute de ces calcaires ont fourni
une association caractéristique de la biozone à
îgothià pusilla (P3b) avec PLtrwrotaliîes hautisher-
gensis. P compressa, P iroelsenu Subbothia quudri-
locula^ Morozovella angulata, M. conkotruncata.
Praemurica itu'onstuns, Subhotlna triloculinoides et
5. pclascoensis.
Pour M.-P. Aubry (in litteris). le nannoplauctou
récolté à l’extrême base de ces calcaires, juste au
contact avec les Marnes de Nay sous-jacentes, ne
renterme que des espèces crétacées. Au-dessus,
tou.s les échantillons fossilifères ont livré de.s
assemblages qui cârâctériseni la partie supérieure
de la zone NP4, c esr-à-dire la partie inferieure
du Selandien. Ils comprennent Chinsmolithus
bidens, C. cansuetîts, CruriplacoUthus tennis,
Ellîpsolithus macellus, Ericsonia subpertusa.
Fasi'icnlitlnis birectus, F. magnicordisy F. uUi,
Pali'ozygus sigrnoides, Pinsiuh martinity Sphetio-
lithus primits, Totveius perutsîis.
Ces calcaires renferment aussi des forami-
nifères benchtques de plate-forme interne
comme Conicovalvultna ktijzeri. Scarificatina sp.,
comuts dans les Petites Pyrénées en association
avec Bangiana hanseni à Pentecôte et avec du
microplancton d’un « Danien non basal » à
GEOOIVERSITAS • 1998 • 20(2)
241
Cavagnetto C. &C Tambareau Y.
Fig. 2. — A, coupe des « Calcaires intérieurs •» sur ia rive droite du Gave d'OIoron à Nouts, Oraas (Béarn) ; B, coupe synthétique du
Crétacé terminal et du Paléocène basal entre Pentecôte et La Cassine (Petites Pyrénées).
La Cassine (Figs 1, 2B), (Gruas-Cavagnetto et
al. 1992 ; Tambareau ei ai 1997). Elles sont
associées à Coletîes sp. ainsi qu'à des rotalide's
complexes attribués par Boltcnhagcu (1966) aux
genres LaJJîttewa et MiscelLzrten, Ces formes ont
été récemment révisées par L. Hottinger qui a
reconnu (in Utteris) : Thalmannita cl. madru-
gaensis^ Redrnondina henningtoni^ Plumokutbina
dienii^ Elphïdiella prima, Misvellanitei globtdaris,
Kathina aff. selveri n.sp., Ornatononion
mimitïis. Dans la 7X>nation des foraminifores ben-
thiques, ces trois dernières espèces caractérisent là
zone SB2 tandis que les quatre précédentes sont
connues à la fois dans SB2 et SB3 ( Serra-Kicl et
al. 1997). Près d'Orthez, dans la coupe de
Loubieng, nous (Y. T. & L. Hottinger) avons
retrouvé une association à Scarificatina sp.,
P. dienii, M. globulariiy O. minutm\ K. aff. selveri
et E. prima caractérisant cette zone SB2, bien
développée sur toute la plate-forme nord-pyré¬
néenne et, en particulier, dans les Petites
Pyrénées.
Les associations dfostracodes de ces calcaires
« slumpés » se composent essentiellement
d’espèces profondes, de grande longévité, avec
divers Krithe, Cytherella et Bairdia dont B. cym-
biila, quelque.s Cretaceratina et Phacorhabdotus^
genres surtout connus dans le Crétacé et
Trachyleberidea cf. prestwicbiüna. De rares
espèces, moins profondes, sont égalemetit pré¬
sentes dont Mosaeleherh carntliculata connue
dans le « Montien » belge et dans les Pyrénées,
du Crétacé terminal au Tlianétien de la zone à
Glomaheolina primaeva (SB3).
La presque totalité des « Calcaires inférieurs »
s’est révélée dépounnie de matière organique. Un
seul parmi les échantillons traités appartenant
aux horizons supérieurs sous-jacents aux « -Sables
inférieurs a livré de belles associations de dino-
flagellés et de pollens dont la description détaillée
et l'interprétation constituent la majeure partie
de ce travail.
DINOFLAGELLÉS El' POLLENS (C. C.)
DIN0FL\GELLÉS : COMPOSITION
ET INTERPRÉTATION DE ^ASSEMBLAGE
Les « Calcaires inférieurs » d’Oraas sont riches en
dinoflagellés avec soixante-douze espèces recon-
242
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques)
Fig. 3. — A. B. AvetropoHeniies sp., La Cassine, lame P2-5, H48 ; C, CaratinipoHenites paleocenicus Kedves, 1982, Oraas,
lame 12-2, 013 ; D, E, Reîltricolporites sp., La Cassine. lame P2-13, 019 ; F, G. Tetracolporopollenites sp., Oraas, lame 12-2. M34 :
H. I, Foveotricolporitessp.. Oraas. lame 12-2, M20. ; J. K. Helitricolporitessp., La Cassine, lame P2-13, Z51 ; L, M, Retitricolporites
sp., La Cassine, lame P2'4, 055 ; N, 0, Psilatricolporites sp.. La Cassine, lame P2-4, H48 : P, MagnolipoHis sp., Oraas, lame 12-2,
X25 : Q, idem, X27 , R, Tetracolporopollenites sp., Sapotaceae, Oraas, lame 12-2, R31 ; S, TetracolporopoHenites sp., Sapotaceae-
Meliaceae. Oraas. lame 12-2, D39. Échelle : 10 pm.
QÊODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Cavagnetto C. & Tambareau Y.
nues. Il s’agir des premiers assemblages de dino-
flagellés décrits dans le Paléocène inferieur des
Pyrénées. Le tableau suivant indique Timporran-
ce des formes les plus représentées au sein de cet
assemblage :
Spiniferiîes
16%
Fibradinium annetorpense
15%
Pyx/ûf/nops/s
11 %
Alisocysta reîiculata
10%
Alisocysta aircumtabulata
1 %
Achomosphaera craseipellis
Operculodinium centrocarpum
4%
et O. microtriarntm
4%
Impagidinium
3%
Hysthehosphaeridium ttibiferum
3%
Cerodinium
3%
Cordosphaeridium inodes
2%
Hystrichokolpoma cinctum
1 %
Fibrocysîa axialis
1 %
Les Sphiifcritey y sont les formes dominantes ;
elles SC développaient dans des eaux profondes,
en milieu néritique externe (Williams 1977 ;
Kothe 1990). Bien que Pécoiogie àc^Fibnidinium
annetorpemcy Almcysta er du groupe Pyxîdinopsh
ne soir pas connue, on peut supposer qu'ils cor¬
respondent à des faciès distaux. Inipagidinium,
représentant ici 3 % de l'assemblage, témoigne
d’un environnement océanique de talus conti¬
nental.
Spores et poi.lens : c:oMposrnoN et
INTERPRETATION OES ASSEMBIAGES
Les spores et les pollens sont moins abondants
que les dinottagellés dans les « Calcaires infé¬
rieurs » d'Oraas (37 pollens er spores + 63 dino-
flagellés = lOO).
Subtriporopollenites
54%
Tricolporopollenites
9%
Milfordia (Restionacées)
6%
Compos/fo/po//erf//es 1 Icaci nacées)
5%
Spores de Pléndophytes
4%
StephanoporopoHenites hexaradiatus
2%
Pentapollenites
2%
Tetracolporopolfenites ( Sapotacées)
2%
Triatriopolienites
1 %
Parmi les pollens subtriporés, les plus représentés
sont Subtriporopollenites subporatus^ 22 %,
S. magnoporatîis, S. anubnus. 5 %i S. magfioporatiu
bamlatusy 1 %, 5. constans, 2 %. Parmi les cricol-
porés, Tricolporopolknitcs fetigueuri et les formes à
clavae sonr communs ; parmi les pollens rriporcs,
TriporopoUanm u>€hmin^ms l’est également.
L’abondance de pollens subtriporés à parois
épaisses caractérise le Paléoccne. D'après Roche
(1969), Subtiiporopolleurtes magiiopomîtis (surtout
5. magfwpomtîif trctopsdatrfs) a une représentation
exceptionnelle dans le « Montien de Belgique.
Une autre association polltnique a été décrite
dans le Paléocène basal pyrénéen, a La Cassine
(Axiège) (Gruas-Cavagnetto et al. 1992). Elle a
été trouvée dans le <> Calcaire lithographique » à
Coçcolithes nains, indiquant un milieu marin
restreint de plate-forme inrerne. I.'associarion
sporopollinique y est plus variée qiéâ Oraas, cent
deux Formes y ont été reconnues contre cinquan¬
te er une à Oraas. Les formes communes aux
deux gisements sont au nombre de vingt et une.
L’assemblage pollinique est différent i La
Cassine. car Triporopollenltes wehmingens'ts^
Tetrapollh polycingttlm et Extratriporopollenites
pseudogranifer sont les formes dominantes.
Aveitopollenites (Dg. 3A. B) est limité à ces gise¬
ments. Les pollens tricolporés sont variés
(Fig. 3D-C)). Parmi les pollens subtriporés, à La
Cassine, on rencontre surtout Stibtriporopolle-
nites magnoporatus et S. constans. Magnolipollis
(Fig. 3P, Q) n est connu qu’à Oraas.
Avec un pourcentage non négligeable de formes
issues du Crétacé, la patynoflore de La Cassine,
datée d'un « Danien non basal », paraît plus
ancienne dans le Paléocène que celle récoltée à
Oraas.
À Fontllonga (Fig. 1), autre gisement pyrénéen
mais de milieu continental, Médus (Médu-s et aL
19S8) date l'horizon F|9 du Danien d’après les
vingt-sept formes polliniqucs qu'il y signale.
Parmi celles-ci, .sept sont également connues à La
Cassine et à Oraas ; ce sont Type-Pfmx (Pteri-
daceae), Müfordia htingtîrua (Restionaceae),
l'ripüwptAleHttes robmtus (Cotylaceae), Nudopollis
termirudiis Pliaipollis pseudoexcclsus^ Subtriporo-
polleuitt'S aftubitus et 5. vanstans.
Deux espèces se rencontrent à La Cassine et à
Fontllonga ; Extrrttriporopollcvites agmnifer et
E. pseudogranifer qui n’ont pas été retrouvées
dans le gisement d’Oraas.
244
GEODIVERSiTAS • 1998 • 20(2)
Fig. 4. — A-C. Alisocysta reticulata Damassa, 1979, Oraas. lame 12-2, F27 ; A, face dorsale, vue externe ; B, face ventrale, vue
interne ; C. vue apicale. D-F, Alisocysta circumtabulata (Drugg, 1967) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12-2, T35. ; D, face ventra¬
le, vue externe ; E. face dorsale, vue interne ; F, lame 12-2, H24. Échelle : 10 pm.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Cavagnetto C. 6c Tambareau Y.
La présence de CaryapoUerutes trïangidiis^ déter¬
minée par Médus à Fontllonga, nous paraît éton¬
nante car. en Europe, cette espèce, prise en
compte parmi un nombre restreint de mar¬
queurs, est signalée à partir du Paléocène supé¬
rieur dans la zone palynologique SP2 (Meyer
1988).
LISTE DES ESPÈCES
DlNOFl.AGRI.Ï,f.S
Achomospbiiera craistpelUs (Deflandre et Cookson,
1955) Stover erEvict, 1978
A. ramulifera 1937)Evitt, 1963
Alisocysta circumtahulata (Drugg, 1967) Stover Evitt
1978, Fip. 4DT
A. retiadata Damassa, 1979, Fig. 4A-C
Amphorosphaeridium ? mnltispinosum (Davey et
Williams, l966) Sarjeant, 1981
Areoligera cvronata (O. Wetzel, 1933) Lejeune-
Carpcniier, 1938
A. Lejeune-Carpentier, 1938
A. tenuicapillata (ü. Wetzel, 1933) Lejeune-
Carpentier. 1938
A. vermiatlata QoxxAàixWy 1973
Cerodiuïum ieptodermiim (Vozzhcnnikova, 1963)
Lentin ef Williams, 1987
C speciosum ( Alberti, 1959) Lentin er Williams, 1987
C striaiuin (Dru^, 1967) Lcniin er Williams, 1987,
Fig. 5B, C
Conneximura fhnbriata (Morgenroch, 1968) May,
1980emend. Marrrcinecke, 1992
Cordosphaeridhim ex'tlbnurum Davey et Williams,
1966
C. fibrosphiomm D.ivey Williams. 1966
C. /«Wej {Klumpp, I9S3) Ei.scnack, 1963
Cydonephelium unanatum (Norvick, 1976) Stover et
Evirt, 1978, Fig. 5E
C sp., f ig. 6A, B
Cyclopslcm dlipfku Drugg et Loeblich, 1967
C victa l^nigg Locbllch, 1967
Danea califonika (Drugg, 1967) Stover et Evite 1978,
Figs 7A-C 8A, B
D. impages Damassa. 1979
Diphyei coUigerum (Deflandre et Cookson, 1955)
Cookson, 1965
D. spinuimn (Drugg, 1970) Stover et Evitt, 1978
Elytrocyita drugkd Stu\^r et Evitr, 1978
Exochosphacriaiurn biftdum (Clarke et Verdier, 1967)
Clarke, Dave)\ Sarjeani Verdict, 1968
E. (Kloi^enrotlï, 1966) Siovcr Evitt, 1978
Fibradinium anncwrpemc^t\K^<i\\\es}\\^ 1968, Fig. 7F
fibrocysui axialss (Eisenack, 1965) Stover et Evitt,
1978 *
F. (Morgenroth, 1966) Stover er Evitt, 1978
F. variahilis et SAr]cAmy 1987
FiorefUirmiferQxiX^t^Awdxey 1937) I')uxbury, 1980
Clftphyfocystd ordinntcl (Williams et Üownie, 1966)
Stover et Évirï, 1978% Fig. 6C, D
}ieterosplnteridium ? betcuicunthum (Deflandre et
Cookson, 1955) Eisenack e/Kjellsirom, 1971, Fig. 9B
HomatryhUunj abhreviaîum Eaton, 1976
}i. IvfuTCfltum ( !aro, 19^3
Hy^triehokoipoma bulbosum (Ehrenberg, 1838)
Morgenroth. 1968
H. ancîum Ktumpp, 1953
Hystrîcbifsphiteridîum tubiferum (Ehrenberg, 1838)
Deilaiidtc, 1937
Impagidinruw cf. pntuJum (Wall, 1967) Stover et
Evitt, 1978
/. Damassa, 1979, Fig. 10
I. sp., Fig. 11
KallospAxeridinm brevibarbatnm (De Coninck, 1969)
Jan du Chêne, Scover et De Coninck, 1985
K. ni^erianense )an du Chcnc, Stover et De Coninck,
1985
K. sp.
MeuUiiphaeridium pseudorecuriuitum (Morgenroth,
1966) Bujak, Downie, Eaton et Williams, 1980,
Fig- 7G
M. sp. I hi Heilmann-C^lausen 1985, Fig. 7D, E
MûntaJhirory<ta ijetniimm Corradini, 1972
Orbrtodhîiiitfj mmiiNum Damassa, 1979, Fig. 9C-E
Olsüosphueruhum campfex (Whitc, 1842) Davey et
Wifliatns. 1966
Openniodtuium centrocarpum (Deflandre et Cookson,
1955) Wall, 1967
O. (Klumpp, 1953) Islam, 1983
O. tuira (Klumpp, 1953) Stover tr Evirt, 1978
PejTOsphaeridifim momtstenenseXiïn, 1981
Phehdviiitvi niag)itficum (Stanley, 1965) Stover et
Evirt, 1978, Fig. 5F
Phthafwptridimum vi'enulatum (De Coninck, 1975)
Ixnrln et Williams, 1977
Pterodtnxxim sp. C Schioler et Wilson, 1993,
Fig. 9A
î^xidiffopdi (Irdonense Jan du Chêne. 1987
RknbhyitiJ sp.
Spixtidiftiuxn demspirmhini Stanley, 1965
Sphiifetitcs rnmititis (Gcrlach, 1961) Sarjeant, 1970
c/5m«t/yr Cierbeh, 1961
S. hyperat'iXntbiis (Deflandre Cookson, 1955)
Cookson et Eisenack. 1974
SI kixtûtonos Corradinif 1973>. Fig. 8C
S. membr(imur}fs{Ki^s^\^no]. 1964) Sarjeant, 1970
S. Wî/Zr/Z'/'cm (Davey C'A Williams. 1966) Below, 1982
S. p.'>eudo/Tin/jnfS‘(Kïujvippy 1953) Sarjeant, 1970
S- r^îHOsxis (Ehrenberg, 1838) Loeblich et Loeblich,
1966 mnwsHj» l.eiirin et Williams, 1973
.S’ rammo gntnostis (Davey ex Williams, 1966) Lentin
er Williams, 1973
S, suppdKUs (Drugg 1967) Sarjeant, 1970
T{triyoxpbtitrjdittffi xantbwpyxidrs (Ü. Wetzel, 1933)
Stover et Evitt, 1978
Forme A Benson, 1976, Fig. 5G
246
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques)
Fig. 5. — A, Senegalinium microspinosum {Boltenhagen, 1977) Lentin et Williams, 1980, La Cassine. lame P2-11, C42 ; B, C,
Cerodinium sfr/aft>m (Drugg. 1967) Lentin et Williams, 1987, Oraas, lame 12-1, 041 ; D, Veryhachium hyalodermum (Cookson,
1956), Oraas. lame 12-2. M17 ; E, Cyclonephetium uncinatum (Norvick, 1976) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12-1, J42 ;
F, Phelodinium magnificum (Stanley, 1965) Stover et Evitt, 1978, Oraas, lame 12-5, W15 : G, Forme A Benson, 1976, Oraas.
lame 12-2, El9. Échelle : 10 pm.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Cavagnetto C. & Tambareau Y.
ACRII'ARCHES
Micrhystndiiim sp.
Veryhachium hyalodermum (Cookson, 1956), Fig. 5D
Spores
Leiotrikles sp.
Toroisporis sp.
Gleichoiiiditêi sp., (j leicheniaceae
Polypodiaceoisporiteî sp.. Ptcridaccac
SîereispoYtm (Distuncoraesporis) .sp., Sphagnum
Stereisporites {Sterei^rnnisporis) gt'anulus W. Krutzsch,
1963, Sphagnum
Laevigatosporites hitardti (R. Poconié Veniez, 1934)
Thomson pe Pflug, 1953, Polypodiaccae
Pollens
Inapertipollis spiruieserrattis W. Krutszch et
Vanhoorne, 1977
Pityosporiies {itbdiims (R. Potonié, 1931) l'homson et
Pflug, 1953, Pinus
Milfordiu incerta Cl'homson et PHug, 1953)
W. Krutzsch, 196ld, Restionaccac
M. hungartca (Kedves, 1965) W. Krutzsch et
Vanhoorne, 1961d, Restionaceae
Caratinipolleniiespaleoeeriims Keâvc$, 1982, Fig. 3C
CavagnettOiUpolieniUi': meitatensïs Kcdvc.s, 1982
Corsinipoilenites prtmigen’tus W. Krutzsch et
Vanhoorne, 1977
LabrafiroidtiepaUcnhey hituitits (R- Potonié, 1931a)
Kedves, 1982
NudopoUk tenninnlk ('I homson et Pflug, 1953) Pflug,
1953
Plicapollk cf. conseiiii Pflug, 1953
Plicapollis pseudoexeelsus (W. Krutzsch, 1958)
W. Krurzsth, 1961
Pompeckjoidaepollenitei snhhercynkus (W. Krutzsch,
1954) W. Krutzsch, 1967
Pseudorofvehupollenites paieoceniaa Kedves, 1982
Psittacolph daeagnoldes- (Zakiinskaya, 1963) Kedves,
1967
Tnpûropûlktiitèi robtéstt/s Pflug, 1953a
T. wehmin^ensk 1953
Triatriopokenirei arûhùratm l^flug, 1933
T. peiplexus Pï\\x%, 1953
T. Toboraim Pflug. 1953
T. rurensh Pflug et I homson, 1953
Subtrippyvpollcmm artulatus Pflug et Thomson, 1953
S. comttijjiV[\\x% et Thomson, 1953
S. magnoporattis (Pflug et Thomson, 1953)
W. Kaitzsch, 1961
S, rnagtwporfUiis îeetopsibHiisVxic\\e, 1968
5, subpotatui suhporaîiisyfJ. Krutzsch, 1961
CompQxitoipoÛeHÎtes mtnimtts W. Krutzsch et
Vanhoorne. 1977
C rhizophonts Potonié, 1934) R. Potonié, 1960
Polyvesîibiilopollenites eocaenicus W. Krutzsch et
Vanhoorne, 1977
Portniaginaepollenites hungaricus Kedves, 1974
Stephanoporopollevites pentaradiatus W. Krutzsch,
1961
5, hexuradiatus (Thicrgart. 1940) Thomson er Pflug,
1953, scinirrihinae W. Krutz.sch, 1961
5 . hexaradiam . Knjtzsch, 1961
Tetrapidlh pùiyanguitis (Pflug, 1953) W. Krutzsch,
1%7
7: iw/vVAü-(Pflug, 1953a) Pflug. 1953b
Pemapôilenttes sp.
Ma^udipoilk sp., Fig. 3P. Q
Psiîatiicofpites liblarensis (‘Fhomson et Pflug, 1953)
Rodic e/Schulei, 1976
Polyeolpites tmindanubicas Kedves, 1978
PsiiaTricoIppritei sp.
httrabmulimcolpontes baculutus (W. Krutzsch, 1961)
Kedves, 1982
/. (Gruiis-Cavagncito, 1966) Kedves, 1982
Poveotricolporites sp.» Fig. 3FI, I
Retitricolporhes sp.
Sti‘uitrkolporUei sp.
ikxpotleiiiu's erdimam Kedves, 1978
Veiracülporopollcniies Sapotaceae, Fig. 3R
7. sp., Sapotaceae-Meliaccae, Fig. 3S
7', sp„ Fig. 31', G
Eticipiîct sp.
DINOFLAGELLÉS DU DANIEN-
SELANDIEN DANS LE MONDE (C. C.)
HlSl ORlQUG DES TRAVAUX
Les premiers rravaus sur les dinoflagcllës du
Paléocène basal ont concerné PAustralie
(Coolcson 1965) et les États-Unis (Stanley 1965)
où ils se sont ensuite multipliés (Drugg 1967,
1970 î Benson 1976 ; Firth 1976 ; Damassa
1979a, b, 1984) et étendus à PArctique canadien
(loannides 1986).
Ils ont commencé presque en même temps en
Europe du Nord (Morgenroth 1968) avec de
nombreuses érudes faites sur les formatioas du
Danemark ainsi que sur d’autres régions de
Scandinavie où le Palcoccne basal est bien repré-
.senté (Wilson 1971 : De Coninck 1975 ;
Hansen 1977, 1979a, b ; Kjcllstrôm ôé Hansen
1981 ; Heilniann-Clausen 1985 : Hultberg
1985, 1986) puis sur la Suisse (Jan du Chêne
1977). Ils sont plus tardifs et plus rares en
Europe du Sud avec les contributions de Médiis
et (il. (1988 ) puis Gruas-Cavagnetto et al.
(1992) sur les Pyrénées ou se situe notre étude, et
celle de De Coninck ôé Smit (1982) sur
FEspagne du Sud-Est.
248
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques)
Fig. 6. — A, B, Cyclonephelium sp., Oraas, lame 12-1, Y30 : C, D, Glaphyrocysta ordinata (Williams et Downie, 1966) Stover et
Evitt, 1978, Oraas, lame 12-1, Y42 ; E, Fibrocysta bipolaris (Cookson et Eisenack, 1965) Stover et Evitt, 1978, La Cassine,
lame P2-10. L28 ; F, G. Riculacysta sp., La Cassine, lame P2-8, T22 ; H, Cyclonephelium castelcasiense Corradini, 1973, La
Cassine, lame P2-5, Z36. Échelle : 10 pm.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Cavagnetto C. & Tambareau Y.
En Afrique, seuls ont été recensés les dinoflagel-
lés du Paléocène basal de Tunisie (Brinkhuis &C
Leercvcid 1988 ; Brinkhuis & Zachariasse 1988),
des phosphates du Maroc (Soncini Raiischer
1988) et du Danieti du Sénégal (Jan du Chêne
1988).
Des études desciiptivcs des dinoflagellés du
Crétacé-Paléoccnc ont été réalisées en Inde du
Sud (Mchroia &C Sarjeant 1987) et plus vers Test,
en Chine, dans le bassin de Panm, province du
Xinjiang (He Cheng-quan 1984) où Tétude stra-
tigraphique met en évidence l%tbsence du
Paléocène inférieur (Mao Shaozhi ik Norris
1988).
COMPAIUI.SON KNTRK 0\lAAS li T LES AUTRES
cisEMEms DU Danien-Selandihn
France : La Cassine, Ariège (Figs 1,2B)
Les « Calcaires lithographiques a coccoÜthes
nains de L.a Cassine. dans les Petites Pyrénées,
datés d'un « Danien non basal », contiennent un
assemblage de dinoHagcllés moins varié (cin¬
quante-quatre espèces) que celui d'Oraas (soix¬
ante-dix espèces). Ces calcaires se sont déposés
dans les eaux très peu profondes de la partie la
plus interne de la plarc-forme marine. L'assem¬
blage est constitué essentiellement de
Cordosphacridiunh Operadodmiitm et Fibrocysta,
avec, en rnoindre pourcentage, Sphiiferites et des
Areoligcracces (Gruas-Cavâgnetto et ai 1992).
Parmi les formes intéressantes du point de vue
stratigraphique. absentes à Oraas mais rencon¬
trées à La Cassine, nous avons représente Cyclo-
nephelium castek'usiense (Fig. 6F1), Senegalinium
microspinostm (Fig. 5A). C. castelcasiemc est
connue dans le Crétacé supérieur des Apennins
du NonI et le Danien du Sud-Est de l’Espagne.
Fibrocysta bipnlarh (Fig. 6E), présente à La
Cassine mais non rniiivée à Oraas, est également
figurée dans ce travail.
Les espèces communes aux deux gisements sont
au nombre de vingt et une : Arhotrwsphaera
ramulifenh Amphorosphaeridium ? fnulthptnosumy
Areol ige y a te n u / capi Uat a, A. ver mi cul a ta
(Fig. I2A, B), Cordoshaeriditim ftbrospmosumy
C. inodes, DiZnea califormca (Figs 7A-C, 8A, B),
Diphyes colligerum, Fxochosphaeridium hifidurn,
Fibrocysta axialis, F. variabilis, Operculodinium
centrocarpurn, O. microtriainum, Riculacysta
(Fig. 13), Spiniferites katatonos (Fig. 8C), S.
membranaceus, S. midtibretds, S. ramosus granosus,
S. ramosîis ramosus, 5. pseudolurcatus, S. supparus.
Fspagzie du S~F : Barranco del Gredero
De Coninck Sniit (1982) constatent quil n’y a
pas d’important changement d’association de
kystes de dinoflagellés h la limite Crctacé-
lertiaire. Parmi les especes significatives du point
de vue stratigraphique, sont présentes ici comme
à Draas : Aluocysiu circurntabuiala, Danea califor¬
nien (sjaionyme de D. mntabilis). Au rotai treize
e.'ipèces sont communes aux deux gisements,
parmi les cinquante-six espèces reconnues en
Espagne. Il s^agit de : AreoUgera coronata, A. smo-
netJsis, A. tenuiciipilLita, Cerodinium spedosurn,
Cordosphaeridium fibrospinosum, C. inodes,
Diphyes colligerum, Hysirieborphaeridium lubife-
rum, Operculodinium cenirocarpum, O. micro-
triainum, Tanyosphaeridittm xanthiopyxides.
Fîiropedu Nord
Morgenroth ( 1968) a décrit, en Europe du Nord,
onze espèces nouvelles sur dix-neuf espèces
recensées. Parmi celles-ci, neuf se rencontrent à
Oraas : AreoUgera coronata^ Conneximura fim-
bridtih Cordosphaeridium tnodes, Danen calforni'
ça, Fibradinium annetorpense, Flystrichokolpoma
bîilbosum. H, cinctum, Hysiricbo^pbaeridium
tubiftrum, Fanyosphaeridium xantbiopyxidei.
Wilson (1971) décrit le Danien basal de -Srevns
Klinu au Danemark, où il reconnait cinquante
espèces de dinoflagellés. Il remarque que les asso¬
ciations du Danien inférieur du Danemark sont
semblables à celles de la Belgique et de la
Mollande avec abondance de Spiniferites,
Achomospbaern, Defîandrra crelacea ei Svalhar-
della. Danea ctdfmuca cm présente.
De Coninck (1975) a analysé le Danien supé¬
rieur de Limhann, en Suède : il y a reconnu
trente-six espèces. Parmi celles-ci, les plus abon¬
dances sont Sp/injvrires, 26 J lystncbosphaeri-
dium tubifirum, 17 % et Metubranosphaera sp. A,
5 %. On rencontre douze espèces communes à la
Suède et au gisement d’Oraas : Areoligera cornna-
ta. A, cf. senonensisy Gordosphaeridimn inodes,
Danea caUfornka, Florentinta ferox, Hystriebo-
kolpoma bulbostim, Hystrichosphaeridium
tubiferum, Melitasphaeridium pseudoreciirvatum.
250
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques)
Fig. 7 . _ A-C. Danea califomica (Drugg, 1967) Stover et Evitt, 1978, Oraas. lame 12-5, T58. ; D-E, Melitasphaeridium sp. 1 in
Heilmann-Clausen, 1985. Oraas, lame 12-2. Q38 : F. Fibradinium annetorpense Morgenroth, 1968. Oraas, lame 12-2, U54 ;
G. Melitasphaeridium pseudorecurvatum {Morgenroth, 1966) Bujak, Downie, Eaton efWilliams. 1980. Échelle : 10 pm.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Cavagnetco C. & Tambareau Y.
Fig. 8. — A. B, Danea calHornica (Drugg. 1967) Stover et Evitt,
1978, Oraas, lame 12*3, T51 . A. face dorsale, vue oblique
externe ; B. face ventrale, vue oblique interne ; C. Spiniferites
katatonos Corradini, 1972, La Cassine, lame P2-6, Q56.
Échelles : 10 pm.
Oli^osphaeriflium complexe Operailodinhim cen-
trocarpum. O. microtriainum^ Tanyosphaeridhim
xanthiüpyxides»
Hansen (1977) propose un modèle sédimentaire
du Danicn du Bassin danois. Du poinr de vue
quantitatif, il remarque que la partie inferieure et
moyenne du Danicn contient 30 a 50 % de
Spiniferites ramosus et la partie supérieure 20 à
34 %. Il cite quarante-cinq espèces dont seize
sont communes avec Oraas : Achomosphaera
nimulifera, Areoligern cororuitu, A. senonensisy
Cordosphaeridium flhrospinosum, C. inodeSy
Dnnea califomuay Fibrocysta axialisy Fibnulinhim
dutielorpcnscy tiystrichokolpoHid bulbositni, Hystri-
chiHphderidium tuhifcruni, (dligosphueiidium com¬
plexe Spiniferites cornutuse S. muhihrevisy S. va-
nmm granosuse S. nîmosus ramosus^ S. supparus.
TKomsen & Hcilmann-Clauscn (1985) ont étu¬
dié le Danien-Sdandien de Svcjstrup. Sdon ces
auteurs, le Danien terminal est caractérise par
TaBondauce du groupe Spiniferites-ylebomos-
phaera qui atteint 60 %. l.e passage au Selauclien
est marqué par une augmentation ^'Artoligera et
de Glaphyrocysta constituant 70 % de l’asscm-
blage de dinoflagellés, h la base. Au-dessus,
Palaeoperidtnium pyroforimu Pnlaeocyîtodinmm
australinnm et Ceratiopsis speciosa deviennent
plus frequentes.
Les auteurs signalent vingt-deux especes impor¬
tantes du point de vue stratigraphique. Parmi
celles-ci, quatre sont présentes dans les
« Calcaires inférieurs » d'Oraas et dans le Danien
de Svejstnip {Cerodhilurn striatum, Danea calF
fornica, Dystrichokolpoma bulbosunu Spiniferites
cornuttil) et deux dans les « Calcaires inférieurs »
et le Selandien de Sveistrup (Cerodinhim spccio-
sum et Spwidimum demispinatnm).
Heilinann-Clausen (1985) décrit trente-six
e.spèces dans le Danien terminal (NP4) à
Viborg 1 dans le Jylland central. Parmi celles-ci,
quinze se rencontrent aussi à Oraas : Alisocysta
circumtabidauu Areoligera coromta, A. senoyiensisy
Cerodinium spcciosumy C striatumy Connex/mura
ftmbriatay Dnnea californicay Fibradinium nnne-
torpemey Florentinia feroxy Clnphyrorysta ordinatUy
Hystrichosphaendium tubiferunu Melitasphaeri-
dïUm pseudorecurvattim , Oligosphaeridium
compleXy Spinidinhirn densispînatumy Tanyo-
sphaeridiurn xanthiopyxides.
252
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2}
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques)
Fig. 9. — A, Pterodinium sp. C in Schioler ef Wilson. 1993. Oraas, lame 12-2, Q2 : B, Heterosphaeridium ? heteracanthum
(Deflandre eïCookson, 1955) Eisenack e/Kjellstrom, 1971, Oraas, lame 12-2, T35. ; C-E, Ochetodinium romanum, Damassa. 1979,
Oraas, lame 12-2. SI 2. Échelle : 10 |jm.
Hultbcrg (1986) a trouvé une section plus com¬
plète autour de la limite Crétacé-Ternaire, dans
le « Fish clay » (argile à poissons) formé soit dans
un environnement à basse salinité (Est du
Danemark), soir dans un environnement marin
stable (Ouest du Danemark). 11 a ajouté une
zone basale au Danicn par rapport à la zonation
précédente, Les e.spèces de dinoflageJlcs les plus
abondantes du « Fish clay ^ sont Spiniferites
ramosiis, Senonidsphaem imnnatay fihrocysta axia-
lis et Areoltgera coromita. Les espèces danicnnes
sont -semblables a celles du Maaslrichtien. La
transition Crétacé-Tertiaire n'est pas marquée par
la disparition d'un nombre important d'espèces
de dinoflagellés mais par un changement dans
l’abondance relative des taxa. L’auteur cite la pré¬
sence de cinquante espèces sans les nommer. À
partir d’une synthèse des données relatives aux
dinoflagellés paléocènes des bassins voisins de la
mer du Nord, ETeilmann-Clausen (1994) a mis
en évidence des événements permettant des cor¬
rélations à l’intérieur de la région pouvant aussi
être étendues à d’autres régions du monde.
Suisse
Jan du Chêne (1977) a étudié une série allant du
Alaastricluien à l'Éocène inférieur dans le canton
d'Obwald en Suisse centrale. Le « Dano-
Montien (zone à Cerodinium striatum) contient
vingt-sept espèces dont sept se rencontrent aussi
à Oraas : Areoiigera curontïta, A. Senouensis,
Cerodinium spedosttm^ C. striatum^ Cordosphae-
ridium fibrospinosum, Hystrichokolpoma hulbo-
sum, Flystrichosphaeridium tubiferum.
QEODIVERSITAS • 1998 * 20 (2)
253
Cavagnetto C. & Tambareau Y.
Fig. 10. — A-C, Impagidinium pentahedrias Damassa, 1979,
Oraas, lame 12-1,022. Échelle : 10 pm.
Nord-Ouest de la Tunisie
Une coupe à El Kcf» où le Danien inférieur et
supérieur sont représentés, a été étudiée par
Brinkhuis & Leereveld (1988). Ces auteurs ont
sélectionné vingt-sept formes de dinoflagellés
dont six se rencontrent à Oraas, 11 s'agit
tTAchoniosph(ffra> Baüacasphâeray AlisoCjfsta cir-
cnmtabiilata, Cerodinimn sfieciosimu Danca cali-
Jornica^ Phclodinium magniftemn^ Spiniferites.
L'abondance du groupe Aehoynosphaera-
Spinijerites est signalée au Danien inférieur alors
que le groupe Andalusiella-Senegalinium atteint
70 % au Danien supérieur. L'interprétation éco¬
logique de ces assemblages n est pas donnée.
Dans la coupe d'El Maria (Brinkhuis &:
Zachariasse 1988), on a reconnu soixante-sept
espèces dont t[uin7,e sont présentes à Oraas :
Alisocysta çirçiimtabtdatu^ Amphorosphaeridiurn
miiltispinosumy Areoligera semmenus, Cerodinium
speciosum^ C. striatum^ Cordosphaeridturn exili-
murum, C. Jibrospirwsum, C. inadeSj Danea cali¬
fornien^ Diphyes colligerum, Hystrirhokolporna
hulbositmy Impagidinium pentahedrias^ Phelodi-
niurn magnifeum, RicuLteysta^ Spinidinium den-
sispinatum.
Du point de vue palcoécologique, les
associations I et II, correspondant à un niveau
plus bas de la mer,- contiennent un pourcentage
élevé de Spiniferites-Achomosphaera. Dans les
a-ssociations III et IV, Senegalinium devient pré¬
dominant et atteint jusqu’à 80 % de l’assem¬
blage. L’augmentation du pourcentage de
Senegalinium semble correspondre à une éléva¬
tion du niveau de la mer. Les auteur.s ne remar¬
quent pas de changement important au passage
Crétacé-Tertiaire, ni un taux d’exrincüon accéléré
chez les dinoflagellés.
Maroc
Dans leur étude sur les phosphates du Maroc,
Soncini & Rauscher (1988) ont distingué quatre
associations de dinottagellés. Les deux premières
correspondent au Maastrichtien. La troisième
association rassemble, dans uit meme dépôt, des
kystes du Maastrichtien supérieur, du Dano-
Montien et du Thanécicn. Ce dépôt serait forte¬
ment remanié. Le Dano-Montien est considéré
dans ce travail comme un terme stratigraphique
local. Il est donc difficile de trouver un sens à la
254
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlantiques)
comparaison entre cette association provenant de
sédiments remaniés et celle d’Oraas.
Sénégal
Jan du Chêne (1988) a décrit soixante et onze
espèces dans le Danicn du Sénégal. Un tiers de
celles-ci, soit vingt-sept espèces, se rencontrent
également à Oraas. 11 s'agit de : Achilleodiyüum
biformoideSs Amphorosphaeridium ? multispino-
sutn> Arcoligera çofonllta^ A- $cnonemiSs
Cerodinium Icptodermum, Cordosphaen'dium exi-
Ihnurumy Cyclonephelium uncinatinn^ Cyclopsielln
vieta, Dfphycs spmulunh Elytrocysta druggii,
Exochosphacridhim bifidum, Eibrodhnmn amie-
torpenscy Fibrocysia axiaHsy F. radiatUy Florentinia
feroXy împagidinium patuliiniy Ochetodinmm
ramanuniy Operculodhihim centrocarpumy
Pbelodiniuw magnificunh PyxidinopsE ardonemey
Spinidiniuni densisptnatunh 5. cornutm normilisy
S. hyperacantbusy S, nndtibrevisy 5. mrnosus rama-
stiSy S. ramosHs ^‘anosmy Tanyospbacridium xan-
tbiopyxîdes.
Ce Danicn s’est déposé en milieu méso-bathyal
(De Klasz et aL 1988)* Le phyroplancton est de
type tropical. L’association est différente de celles
connues en Europe du Nord-Ouest et aux États-
Unis. Elle comprend surtour Palaeocystodmium
gabonensfy Senegalinmm microspinommy Tricho-
dinium delicatum, Tricbodinhim sp. 1.
On remarque l’absence des marqueurs du
Danien européen et américain comme Palaeo-
peridintum pyrophonmiy Alisocystay Danea califor-
nica. Les formes les plu.s abondantes y sont
Spiniferitesy ImpagidinimUy Pterodinhim. Par ana¬
logie avec les associations récentes décrites par
Wall et al. (1977), les Impagidinium sont, pour la
plupart, restreints a des sédiments tropicaux et
subtropicaux de plate-forme externe, de talus ou
abyssaux.
Californie, Etats-Unis
Drugg (1967) a étudié la Formation Upper
Moreno dans l'Fv-scarpado Canyon en Californie,
du Crétacé supérieur au Paléocène. Il a reconnu
soixante-dix espèces dans le Danien dont quinze
sont communes avec Oraas. Ce sont Achomos-
phaera crassipellis, Alisocysta drcumtabulatay
Arcoligera tenuicapillatay Cerodinium speciosum,
C. striatum^ Cordospbaeridium inodes, Danea
Fig. 11. — A-C, Impagidinium sp., Oraas, lame 12-2, X44
Échelle : 10 pm.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
255
Cavagnetto C. & Tambareau Y.
Fig. 12. — A, B, Areoligera vermiculata Corradini, 1973, La
Cassine, lame P2-1, P53. Échelle : 10 |jm.
californiaty Florentinia ferox, Hystrichosphae-
ridium tulvfemm^ Openulodinium centrocarpum,
Oligosphaendium complexe Phtiodinium magnifi-
cîimy Spinidimum dcnsispinatuni^ Spiniferites
rarnosus^ 5. supparm^
L'auteur remarque Tabonclance de Trithyro-
dinium evittii, Peridinium basilium dans la partie
inférieure du Danien, avec présence de Danea
calîformca et de Cribroprruiinlüni pyrmu Dans la
partie supérieure, les espèces les plus abondantes
sont CcYodiuiuin sptxiosnm^ Cürdosphderidium
inodes et Gl'^pbaiiodiniuv} faettum. Damassa
(1979a, b) A rencontré, dans le » Franciscan
Complex » (Mendocino Cuunty) un assemblage
peu diversifie dans un bassin isole. Elle cite
douze espèces dont quatre sont présentes à
Oraas : Alisocysta rcticulaltu Dama californica,
Exochospbaeridium bifidurn et Impagidiniurn pen-
tahedrias.
Maryland, Ftats-Unis
Benson (1976) rapporte trente-deux espèces dans
le Paléocène inférieur de Rouïid Bay dont onze
sont présentes à Oraas. Ce sont Ccrodinium stria-
tttnu Cordosphueridium fibrospinosum. Diphyes
coliigenmu Fibmdinium annmrpcnsey llysfrkho-
sphaeridtum tubiferunu Operadodinium centra-
cürpuvi-, PhelndtniiOn magnifinÀni^ Spiniferites
cornutiis, S. rammns granosus^ S. ramosus nimosusy
Genre A.
Les espèces les plus représentées sont Lanterno-
sphaeridium lanosum, Operculodinium centrocar-
p U ni:, Tri ch odin i u m h i rs tt tu m , Défia n d rea
echinoideny D. ptdchra^ Spiniferites ramosus.
Géorgie. Etats-Unis
Firth (1987) a décrit soixante-deux espèces dans
le Danien inferieur de la Formation Clayton près
d’Albany. Parmi ccllcs-ci, quinze sc rencontrent à
Oraas : Alisocysta circumtabulata, Conneximura
fimbriata^ Cordosphaeridium inodes, Diphyes colli-
geuon. Exochosphaeridium biftdmtu Fibradiniurn
a n netorpense^ I lystrichosphaeridiuni tu biferit m ,
Phelodimmn magstifii urn^ Spiniferites carnutus
cornutus^ S. hyperacanthus^ S. membrariaceus,
S. tnuUibrcvis^ S. ramosjés granosus, S. ramosus
ramosus et S. supparus. L'auteur n'observe pas un
remplacement important de taxa de phytoplanc-
ton A la limite Crétacé-Terriaire. C’est plurôt le
changement dans Fabondance relative de
queh]ues espèces qui indique un changement
dans l'environnement. Au Danien, on observe
une abondance relative de Spiniferites,
Andatusiella rhombohedra et Mierhystridiurn fra¬
gile avec le retour à des conditions marines plus-
ouvertes.
256
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Adantiques)
Archipel arctique, Canada
loannides (1986) a eftccrué une étude sur les
dinoflagellés du Crétacé supérieur et du Tertiaire
inférieur des îles de By^lor et de Devon, dans
TArctique canadien. La Formation Eurêka Sound
est d’âge Palcocénc inférieur.
1 . Sur la cote du sud (« Interval TV »), l’assem¬
blage est dominé par une ou deux espèces. Les
formes les plus fréquentes sont Cordosphaeri-
dium^ ThaUnsipbora pelagkay Glaphyrocysta ordi-
nata, Palaeoperidimum pyrophorunu La structure
monospécifique de ces associations peut refléter
renvironnement changeant près de la côte avec
des fluctuations de salinité. Certaines espèces
plus tolérantes à une salinité variable peuvent
mieux s’adapter et devenir dominantes,
2, À Twosnout Creek (« Interval IVa »), la diver¬
sité des dinoflagellés est également limitée, mais
les espèces sont représentées par beaucoup de
spécimens. II y a également des populations
monospécifiqiies indiquant probablement un
dépôt près de la côte. Cerodimum dieheliiy C. spe-
ciosunty Cordosphaeridium inodesy C. exilimurum,
Thalassiphnra pelagtcay Palaeoperidinium pyropho-
rurn, Areoligera, Glaphyrocysta sonr abondants.
Inde
Mehrotra 6c Sarjeant (1987) ont étudié une série
Crétacé-Paléocènc dans le bassin de Godavari-
krishna, dans TAndhra-Pradesh. Ils ont décrit
vingt-cinq espèces dont la majorité ressemble
morphologiquement â des e.spèces décrites en
Europe, Amérique du Nord et Au.stralie. Le
Paléocène comprend huit espèces dont une seule,
Fibrocysta variahilis, est présente à Oraas, mais les
genres sont similaires. En Inde, Fibrocysta varia-
bilis est abondante avec Cyvlonephelium indicum
et Glaphyrocysta texia.
Le tableau 1 montre, h titre indicatif, le pourcen¬
tage d’espèces communes entre le gisement
« selandien » d’Oraas et ceux du Danien-
Selandien mondial dont la liste complète et la
description viennent d’être données.
Le nombre total d’espèces communes est fonc¬
tion du nombre total d'espèces déterminées et de
la richesse du gisement. Il semble néanmoins que
l’on puisse discerner de grandes similitudes entre
Fig. 13. — A-C, Riculacysta sp., La Cassine, lame P2-8, T22.
Échelle : 10 pm.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
257
Cavagnetto C, & Tambareau Y.
Tableau 1. — Comparaison entre les dinoflagellés d’Oraas et
d'autres associations du Paléocène intérieur.
Gisements Espèces
de la localité
Espèces
communes
avec Oraas
% espèces
communes
La Cassine,
France
54
22
30
Barranco
del Gredero,
Espagne
56
13
17
Viborg, Danemark
36
15
20
Danemark
45
16
21
Europe du Nord
19
9
12
Suède
36
12
16
Suisse
27
7
9
El Haria^ Tunisie
67
15
20
El Kef, Tunisie
27
6
8
Sénégal
70
27
36
Maryland
32
11
15
Californie
70
15
20
Géorgie
62
15
20
le phytoplancton étudit? et celui connu dans le
Selandien d’Europe et d’Amérique du Nord. Le
grand nombre d’espèces communes avec le
Sénégal tient à la richesse des gisements étudiés
mais concerne essentiellement des espèces ubi-
quistes alors que les associations sénégalaises
comprennent aussi des formes restreintes à une
province tropicale, absentes dans les « Calcaires
inférieurs » d'Oraas.
CONSIDÉRyVnONS STRAT IGRAmiQUES
Nous rappellerons brièvement d’abord la défini¬
tion des biozones de dinoflagellés utilisées dans
ce travail.
Pour Costa Sc Manum (1988), le Paléocène infé¬
rieur comprend :
- la zone Dl correspondant aux zones de nanno-
plancton NPl, NP2 et NP3 pro parUy avec, à sa
base, l’apparition de Danea californicay Fibrocysta
ovalisy Hafiiiasphaera hyalospinosa ;
- la zone D2 correspondant à NP3 et NP4 pro
parte avec, à sa base, Tapparition de Hafnia^
sphaera cryptooesiculaUiy Alisocysta reticulata ;
- la partie inférieure de la zone D3 correspon¬
dant aussi à NP4, avec, à sa base, Tapparition de
Thalassiph&ra delicata, Palacotetradinïum minus-
culum.
La partie supérieure de la zone D3 ainsi que les
zones D4 et D5 appartiennent au Paléocène
supérieur.
Pour Powell (1992) qui a subdivisé le Tertiaire
du domaine nord-occidental en trenre-six bio-
zone5, chacune caractérisée par l'apparirion d’une
espèce sélecrionnée et correspondant à une période
de ] ,8 Ma, le Paléocène comprend onze bio¬
zones. Le Paléocène inférieur ou Danien corres¬
pond, pour lui, aux zonc.s precedentes Dl et D2
en presque totalité ainsi qu’aux zones de forami-
nifères planctoniqucs Pla à P2 et de coccolirhes
NPl à NP4 : il le subdivise en cinq bio/ones
qu'il nomme, de la base au sommet ; Ceo
{Carpatella corfnita)^ Tru {Tauidodimum rugula-
tum). Xlu {Xenicôdimum lubricum)^ Scr
{Spiniferites crypiovesiculatm)^ Csc {Ccrodinium
striatiari). La hase du Paléocènc supérieur qui,
selon lui, correspond a D3, P33-b et NP5 est
caractérisée par les zones 8dc {^pinidinium den~
sispinaturn ) et Csp ( Ccrodinium speciosian ).
Williams et al. (1993) ont réalisé un tableau syn¬
thétique de répartition des dinoflagellés pour
l’hémisphère nord. Parmi les espèces limitées au
Danien (Paléocène intérieur, donc Danien-
Selandien) dans ce tableau, trois sont présentes
dans le calcaire d’Oraas. Il s’agit de Danea cali-
foruivn, Conneximura firnbriata et Hystrichokol-
poma bulbosum.
D'après le tableau de synthèse de Powell (1992),
valable surtout pour la Grande-Bretagne mais, en
ce qui concerne le Paléocène, également pour
l’Europe, le gisement d’Oraas appartiendrait à la
zone Sde qu’il place à la base de D3 et du
Paléocène supérieur, en raison de la présence de
Spinidiniitm densispinatum. Or trous espèces de
dinoflagellés présentes à Oraas débutent dans la
zone D2 et, plus précisément, dans les zones Scr
pour deux espèces (Alisocysta reticulata et
Cerodimum striatum) et Csi pour une autre
(Spiniferites supparus). Toujours d’après le tableau
de Powell (1992), deux especes présentes à
Oraas, Alisocysta circunitabulata et Spinidiutn
demispmatum apparaissent dans Sde qui coïncide
avec la base de D3. Si Ton se réfère au rableau de
synthèse pour l’Europe occidentale de
258
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Palynologie du Selandien d’Oraas (Pyrénées-Atlannques)
riGCP 124 (Costa & Manum 1988), Danea
califomka ne dépasse pas la zone 02, Alisocystu
reticîilata y est limitée. Quant à Cemdinmrn spe~
ciosum^ il débute dans D3.
En conclusion, on peut envisager l'appartenance
du sommet des « Calcaires inférieurs >> d’Oraas à
la zone D2 semu Powell (1992) en taison de la
présence d'Alhotysta retiadata et de Sjdnijerites
sîipparus ou D3 en raison de celle de Spiuidhdum
demispinatum et de AUsvcysta chxUHHidndatcf . La
première apparition étant, pour cct auteur, l’évé¬
nement impofiam dans la zonation, ces calcaires
devraient donc eue attribues à D3. Remarquons
cependant que, datés par ailleurs des zones P3b
et NP4. ils appartiennent au soniniet du
Paléocène inférieur (Selandien) et non au
Thanétien, âge attribué à la zone D3 corrélée
avec les zones P3a et NP5 dans le tableau de
Powell.
Au contraire, si l'on retient le tableau de
Williams et td. (1993), deux espèces, Danea cali-
fornica et Hystrichobolpoma bidbosum^ n^actei-
gnent pas le quart supérieur du Danicn.
D'après les pollens, l'associarion â Suhtripnro-
pollenites magnoporatus et S. subpomtus domi¬
nants caractérise le Paléocène et l'espèce
l'etrapoUis validus est connue depuis la zone
palynologique 4 du « Dano-Montien » de
W. Krutzsch in Doring et al. 1966 qui comprend
les zones 1 â 7a, définies dans la formation
Wülpercr (Nord de fancicnne Allemagne de
PEst).
CONCLUSION
Le sommer des « Calcaires inférieurs » d’Oraas a
fourni des foramitûfércs planctoniqucs de la zone
P3b (Canudo èc Molina in Tambareau et al.
1994) et des coccoliihcs de la partie supérieure
de la zone NP4 (M.-P. Aubry in litteris) ; ils sc
placent donc â la base du Selandien, le Danien
étant maintenant limité aux zones PI et P2,
NPl-partie inférieure de NP4. La comparaison
de son association de dinoHagellcs avec les asso¬
ciations recensées dans divers tableaux de réparti¬
tion strarigrapbique des dinoflagellés en Europe
paraît plus délicate à établir. En nous fondant sur
les tableaux synthétiques de répartition des dino¬
flagellés (Costa 6l Manum 1988 ; Powell 1992)
nous ne pouvons pas trancher au sujet de l'appar¬
tenance du sommet des « Calcaires inférieurs »
étudié sou à la zone D2, soit a la zone D3- En
effet, sont présentes, dans ces Calcaires infé¬
rieurs », des especes limitées ou ne dépassant pas
la zone 1)2 iSpiniferites supparus. Alisoiym micn-
Lua) ainsi que des espèces débutant dans la zone
D.^ (Spinidinium denshpinatum, Atisocysta rir-
l'umtahularn). Quant â Danea caltjprnka^ présen¬
te à Oraas, sa limite supérieure coïncide avec la
base de D3. Etant donné l’apparteniince de ces
formations aux zones P3b, elles devraient .se pla¬
cer dans la zone D3, Almcysta reîiadata persistant
ici plus longtemps que dans les re'gions prises en
compte dans les tableaux de répartition élaborés
par Powell (1992) et 5. densispinatnm apparais¬
sant dans la zone D3 dans ce même tableau.
Au I3anien-Selandien. les dinoflagellés d’Europe
et d'Amérique du Nord présentent de grandes
similitudes î cependant les comparaisons sont
difFicilcs car les associations dépendent non seu¬
lement de la température des eaux mais égale¬
ment de leur profondeur.
Remerciements
Les auteurs sont redevables à M -P Aubry,
J. Canudo et E. Molina ainsi qifà L. Hotringer
pour leurs déterminarions des cotcolirhes^ des
foraminiferes planctoniqucs et des foraminifères
benthiques qui ont permis une datation précise
de ce gisement. La coupe des « Calcaires infé¬
rieurs » est fortement inspirée du dessin de
Pb. Razin et J, Roger qui nous ont accompagnées
sur le terrain et que nous remercions. Nous
remercions également les deux rapporteurs,
J. Dejax et E. Masure, pour leur conseil.
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accepté le 10 novembre 1997.
GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2)
261
Le Toarcien inférieur des régions de Bascharage
et de Bettembourg (grand-duché du
Luxembourg) : évidences paléontologiques et
sédimentologiques d’environnements restreints
proches de l’émersion
Michel HENROTAY* & Oalia MARQUES
8 rue de Bouny, B-4624 Romsée (Belgique)
* Laboratoire d’Entomologie fondamentale et appliquée. Muséum national d’Histoire naturelle,
45 rue de Buffon, F-75231 Pans cedex 05 (France)
Jean-Claude PAICHELER
Laboratoire de Dynamique des bassins sédimentaires.
université de Reims Champagne-Ardenne^ UFR Sciences,
BP 347, F-51062 Reims cedex (France)
Jean-Claude GALL
Laboratoire de Paléontologie et de Sédimentologie, université Louis-Pasteur de Strasbourg,
Institut de Géologie, 1 rue Bleissig, F-67084 Strasbourg cedex (France)
André NEL
Laboratoire d’Entomologie fondamentale et appliquée, Muséum national d’Histoire naturelle,
45 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France)
MOTS CLÉS
Toarcien inférieur,
Luxembourg,
faune,
flore,
stratigraphie,
taphonomie,
paléoenvironnement.
Henrotay M.. Marques D.. Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A. 1998. — Le Toarcien inférieur
des régions de Bascharage e( de Bettembourg (grand-duché du Luxembourg) : évidences
paléontologiques et sédimentologiques d’environnements restreints proches de l’émersion.
Geodiversttas 20 {2) : 263*284.
RÉSUMÉ
Le paléoenvironnerncnt du « Komerifat-Lagerstatten » à insectes fossiles du
Toarcien inférieur de Bascharage (Luxembourg) esc reconstruit à partir de
l’analyse de sa stratigraphie et de sa faune. Il correspond à un bref épisode
d’émersion au cours du processus de comblement d’un fond de golfe.
KEYWORDS
Lia.*;,
Lower Toarcian,
Luxembourg,
fauna.
flora,
.stratigraphy,
taphonomy,
palaeoenvironment.
ABSTRACT
The lower Toarcian of Bascharage and Bettembourg (Great Duchy of
Luxembourg) : pnlaeontologic and sedimenîologic eindences ofreslricled environ-
rnents riear emersion. A reconstruction of rhe palaeoenvironment of rhe
inseers ^Konservat'LagersiàuetT from the lower ’l'oarcian of Bascharage
(Luxembourg) is proposed after rhe analysis of rhe stratigraphy and the
fauna. Ir. corresponds to an emersion épisode during chc process of filling of a
bay.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
263
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A.
INTRODUCTION
Le Toarcien inférieur du grand-duché du
Luxembourg a lait l'objet de récoltes paléontolo-
giques menées par deux d’entre nous (M. H. &
D. M.) entre 1980 et 1994 à l'occasion du creu¬
sement des fondations de deux usines (Luxgard I
et TDK) sur le site industriel de Rommeischeuer,
à Bascharage (Fig. 1). Ces recherches se sont élar¬
gies à la région de Beticmbourg (implantation de
l’unité Luxgard 11) située à 15 km à l'est de
Bascharage, D’auiics gisements ont également
été visités, en particulier à Sanem (construction
d’un viaduc), à 2,5 km au sud-est de Bascharage
et dans- les environs immédiats de Betrembourg
(échangeur autorouticr) ei de Esch-sur-Alzctte.
Une importante fauue d'invertébrés et de verté¬
brés marins qui associe Umellibranclies, ammo¬
nites, actinnptérygiens, ichthyosaures et
crocodiliens à des organismes terrestres parfois
très abondants (insectes, fragments possibles de
ptérosauriens, plantes, débris ligneux) a été
inventoriée.
Cette variété d’organismes aux milieux de vie très
contrastés pose la question de la genèse de leurs
gisements car il est exceptionnel que soient pré¬
servés ensemble des insectes terrestres et des ver¬
tébrés marins. De par cette particularité, les
gisements de Bascharage et de Bettembourg se
différencient nettement des schistes à posido¬
nies » du Toarcien inférieur d*Hul7maden-
Ohmden (Allemagne) qui, très riches en
organismes marins parfaitement conserves, n ont
pas livré d’insectes (Gall 1979), à l’exception de
quelquc.'i individus observés dans les schistes à
posidonies de Bavière (R. Wild com. orale,
1993)^ Us offrent par contre certaines analogies
avec les gisements du Toarcien inférieur du
Yorkshire (Angleterre) ctudic.s par Hallam (1967)
et de Kerkhofeii-Obetpfalz en Bavière (Brachert
1987) qui ont livré une riche entomofaune.
Les calcaires litfiographiques du Jurassique supé¬
rieur de Bavière (Solnhofen, Eischtàtt) en
Allemagne sont l’un des exemples les plus
célèbres d'un tel mélange faunique. Leur genèse
reste controversée (Barthel ei al. 1990 ; Viohl
1990, 1992), bien qu'une majorité d'auteurs
s’entende pour les considérer comme un dépôt
de bassins développés en arrière d’un récif de
spongiaires, à proximité de terres émergées d'oü
provenaient les organismes terrestres tels les
Archaeopteryx et les insectes. Il est adniis que les
écosystèmes microbiens ont joué un rôle essentiel
dans la genèse de ces gisements (Keupp 1977 ;
Allison 1988 ; Wollanke & Zimmerlc 1990),
mais il faut R,ivoir que les processus taphono-
niiqnes à l’origine des gisements à insectes sont
peu connus, car insuffisamment étudiés.
LES SÉRIES DE BASCHARAGE
ET DE BETTEMBOURG i
ASPECTS SÉDIMENTOLOGIQUES
ET PALÉONTOLOGIQUES
Les séries sédimentaires de Bascharage et de
Bettembourg sont essentiellcnienr constituées de
laniinites (<^ schistes carton »). Seuls deux niveaux
à nodules calcaires situés à la base de la série et
un horizon à lentilles calcaires localisées dans la
partie supérieure (Fig. 2. horizons Nod. 1,
Nod. 2 et Lent.) interrompent la monotonie de
cette sédimentation. Des dépôts du meme type
ont été frcquemmeni signalés dans les marnes
noires de la série liasique du Dorset en Angleterre
(Lang 6c Spath 1926). Les nodules sont riches en
gros vertébrés matins (poissons, ichtyosaures,
crocodiliens, etc.) alors que les lentilles recèlent
un mélange d’organismeS marins faclinopiery-
giens. « reptiles »». crustacés, pontes et premiers
stades de céphalopodes) c-t terrestres (végétaux et
insectes à Bascharage, végétaux uniquement à
Bectéinhourg). L'identité liihologique de ces dif¬
férents repères" permet de corréler correctement
les séries (Fig. 2).
LA SÉRIE DE BASCHARAGE
(sites de « Luxgard I » et « TDK »)
Ll: MEMBRE ENFÉRIHUR (les marnes bleues à
Dactylioceras)
D’une puissance totale de 6,5 m, la série toar-
cienne de Bascharage débute par un niveau de
marnes bleues silteuscs (1,5 m) à Dactylaceras
semicelatum et Dactylioceras tenuicostatum. Ces
264
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
ESCM-5«r
.AtZET TE
Fig. 1. — Carte géologique du grand-duché du Luxembourg. 1. Holocène ; 2, Néogène ; 3, Bajocien ; 4, Aalénien : 5, Toarcien ; 6, Pliensbachien ; 7, Sinémurien ; 8, Rhétien ; 9,
Keuper gypsifère : 10, groupe de la Lettenkohte : 11. Muschelkalk.
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A.
BASCHARAGE (TDK) BETTEMBOURG (LUXGARD n)
Argiles quaternaires
Laminites
Niveau à lentilles (LENT)
OU banc continu (CCA)
Niveaux à nodules
^^9 (NOD 1 et NOD 2)
Marnes à Dactylioceras
Domérien (calcaire
gréseux)
Fig. 2. — Profils lithologiques du Toarcien inférieur à
Bascharage (site de TDK) et à Bettembourg (site de Luxgard II).
marnes sont riches en concrétions millimétriques
de pyrite mêlées à des nodules calcaires de 1 à
4 cm contenant des macrorestes de céphalopodes
(bélemnites et ammonites), pyrite peut consti¬
tuer plus de 20 % de la roche.
La faune des marnes comporte de nombreux
organismes benthiques (crinoïdes, échinidés,
lamellibranches, gastéropodes, vers, crustacés),
quelque.s formes juvéniles de céphalopodes
(bélemnites ou ammonites) et des fragments de
« poissons *> (vertèbres, écailles, dents).
Les nodules calcaires sont composés d'une micrite
homogène contenant des débris d'algues chloro-
phycëcs associés à des fragments de lamelli¬
branches (posidonies ?) et de gastéropodes. Ils ne
présentent aucune structuration particulière et la
pyrite y est peu développée. I.eur formation
semble liée à une concentration de carbonate
autour d’un nucléus constirué par un reste de
macro-organisme (ammonite, béleninirc).
L'ensemble du dépôt traduit de toute évidence
un milieu de vie bien oxygéné favorable au déve¬
loppement d'un épibenihos, malgré la présence de
pyrite qui saggére plutôt un milieu réducteur
Lf membre .supérieur
Les Imninites
Les laminites (= « schistes carton » - « schistes
bitumineux » - « schistes à posidopies » de la lit¬
térature) représentent une sédim'entation parti¬
culièrement monotone et ne montrènt ni bancs
calcaires continus comme a llolr/maden (Gall
1979) ni horizons phosphatés tomme dans le
Toarcien inférieur du Centre-Ouest de la France
(Gabilly 1976). Formant le corps principal de la
série avec une puissance d'environ 5 m> elles sont
consrituces d'un empilement de séquences inlra-
millimetriques à deux termes ; lamine claire et
lamine sombre, l.e terme clair est composé d’une
« poussière » de quart/, associée à une faible pro¬
portion de calcitc diagénétique, le terme sombre
de matière organique peu oxydée, mouchetée de
pyrite. Cet agencement en feuillets bichroma-
riqiies n’est affecté d'aucune trace de bloturba-
tion. Sporadiquement, r.alternance régulière
passe à un leutrage organique très dense qui
inclut des particules silicoclastiques (quartz,
argiles) et des cristaux de calcite diagénétique.
L’observation au MEB de ce feutrage organique
(Figs 3. 4) fait apparaitrc un ensemble de struc¬
tures géométriques déterminant une maille
constante et régulière composée de cristaux calci-
tiques allongés et disposé.s en caoix. Cet agence¬
ment correspond à Fulirastruciure des coques de
schizosphères qui, décrites pour la première fois
par Deflaiidre & Dangeard (1938). ont ensuite
été signalées par de nombreux auteurs dans les
séries jurassiques (Cayeux 1939 : Urbain 1951 î
Deflundrc 1959 ; Rioult 1964, 1968 ; Amézieux
1972 : Noël 1972 : Aubry & Dépêche 1974 ;
etc,)* Le rôle déterminant de ce nannoplancton
dans la genèse de certains calcaires a été souligné
par Bernouilli bc Renz (1970) et Bernouilli &
Jenkins (1970). Dans nos échantillons, seule
266
GEODIVERSITAS * 1998 • 20(2)
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
l’espèce Schizosphaerella punctulata Deflandre et
Dangeart, 1938 a pu être reconnue (détermina¬
tion D. Noël).
Liste faunique :
Arthropoda. Crustacea : rares Pwoyon sp.
Jnsecta : aucun.
Mollusca. Ammonoidca : ce sont majoritaire¬
ment des Harpocents falcifer, a.ssociés à des
Ditctylioeeim T'tltonkeras Phylloceras et
HiUlocmis sp. Les Aptyclms sp. sont rares.
Belemnoidea : nombreux rostres attribuables à
plusieurs espèces de bélernnices.
Lamellibranchia : des coquilles de posidonies
{Posidonia sp. — Bositru sp.) (Lamellibranchia
Pteriidae) sont dispensées dans toute l’épaisseur
de la série.
Vertebrata. Ils se présentent généralement à
l’état fragmentaire.
Actinoptérygicns : Leptolepis coryphenoides^
Lepidotes sp., Pachycormits sp.
Ichrhyosaures.
Les niveaux a nodtdes
Deux niveaux à nodules calcaires très riches en
posidonies, Harpoceras (Hildoceratidae Hyatt,
1867) ei DiUtylioceras- sp. (Dactylioccratidae
Hyatt, 1867) ont été reconnus (horizons Nod. 1
et Nod. 2 ; Fig. 2). Au sejn de ces niveaux, les
nodules ne sont pas répartis régulièrement mais
concentrés en nids ». Ils présentent une face
inférieure très bombée, la supérieure étant nette¬
ment plus plane (Fig. 5). Les deux faces sont sou¬
vent tapissées de posidonies dont les valves en
connexion montrent que cês lamellibranches ont
vécu et sont morts en masse sur place. Tous
contiennent un macrofossile animal ou végétal.
La plupart recèlent de nombreuses formes juvé¬
niles (et pontes ?) de céphalopodes (antmonites
ou nautiles) et la microsparite qui les constitue
est généralement surchargée de fryritc. Leur taille
est fonction de celle de forganisme inclus, elle
varie de 5 cm à plus de 2 m. A titre d’exemple,
un nodule long de 1,8 m recèle le squelette com¬
plet d’un ichthyosaure, un autre de 2,3 m englo¬
be un tronc d’arbre. Également très variable, Icut
forme respecte la morphologie du fossile qu ils
contiennent. Ce dernier peut se prolonger latéra¬
lement à l’extérieur du nodule, dans le plan de
Fig. 3. — Réseau de Schizosphaerella punctulata Dellandre et
Dangeart, 1938 (schizosphère). Échelle : 1 000 pm.
Fig. 4. — Détail du test de Schizosphaerella punctulata : réseau
quadrangulaire de cristaux calcitiques disposés en croix (lamb
nitefi au contact avec les lentilles, Bascharage). Échelle :
100 pm.
Stratification. Les restes complets en connexion
de certains ichrhyosaures sont ainsi emballés dans
plusieurs nodules, à la manière des grains d’un
chapelet.
Liste faunique et floristique ;
Plantae. Branches et troncs d’arbres en bon état
de conservation (rares Otozamites sp. et rameaux
de conifères, Thyon sp.).
Arthropoda. Insecta : absents.
GEODIVERSITAS • 1998 * 20 (2)
267
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. &C Nel A.
Fig. 5. — Coupe dans un nodule {Bascharage). Le noyau es! un fragment de branche dont l'écorce est dilacérée. L’auréole plus
sombre correspond à un développement de pyrite. Échelle 1 cm.
Mollusca. Ammonoidea : Hay'pocems sp. (grands
spécimens). Nombreuses formes juvéniles (pre¬
miers stades) d'ammonites ou de nautiles asso¬
ciées à des adultes-
Nautiloidea : quelques individus isolés dont la
coquille est remplie du même sédiment que celui
qui constitue les nodules.
Belemnoidca et Theutoidea : de grands individus
Fig. 6. — Pachycormussp., nodule, Bascharage. Échelle : 1 cm.
268
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
Fig. 7. — Ichthyosaure. crâne d’un individu juvénile. Nodule. Bascharage. Échelle : 1 cm.
avec poche à encre préservée [Geopeltis V^an
Regtercn, 1949 (= Geôtheutis 1921) sp. ou
Teudopsh Deslongchamps, 1835 {= Belotheuth
Munster, 1843) sp.|.
Vcrtebrata, La faune de Venebrés esc plus abon¬
dante et mieux conservée que celle récoltée dans
l'épaisseur des laminites,
Acrinoptérygiens ; Lepidotes elvensi^ Blainville,
PachycorniHS sp. Agassiz, 1833 (Fig. 6), Cattirm
sp. Agassiz> 1834 (spécimens complets ou gros
fragments).
Nombreux jeunes spécimens d'ichthyosaures
(Fig. 7)» un crocodilien, un fragment possible de
ptérosaurien indéterminé.
Le dépôt ktéral aux nodules
l.atéralement, les nodules passent à un sédiment
très finement laminé, agencé en doublets de
feuillets inframillimétriques clairs/sombres. Leur
composition [lamines claires = quartz + calcite ;
lamines sombres = matière organique + pyrite]
est identique à celle des laminites qui constituent
la masse de la série.
Liste faunique :
Dans Tensemble, la faune est très proche mais
nettement moins bien conservée que celle conte¬
nue dans les nodules : nombreux Harpoceras sp.
et débris organiques divers d'origine marine
(individus en connexion et fragments de taxa
également présents dans les nodules).
Le uiueau à lentilles
Les lentilles ont une forme grossièrement ellip¬
soïdale très aplatie (Figs 8, 9). Leur longueur
varie de 30 cm à 1 m, leur épaisseur de 6 à
10 cm. Lès faces supérieures et inférieures sont
peu convexes, parfois planes. Elles sont consti¬
tuées d'une niictosparite laminée. À la cassure,
les lentilles présentent une teinte verdâtre-grisâtre
ou noirâtre. Les premièrês recèlent de.s fossiles
u'cs pyritiscs et extrêmement bien conservés, les
autres sont nettement moins riche.s en pyrite. En
règle générale, la pyrite est très développée au
cœur de la lentille et disparaît progressivement
vers le.s bordures supérieure et inferieure, au pro¬
fit du développement tout aussi progressif d'un
feutrage organo-minéral qui atteint sa densité
maximale au passage avec les laminites encais¬
santes.
Plans parallèles dans la partie médiane de la len¬
tille, les feuillets qui la constituent épousent bru¬
talement sa forme extérieure en passant
latéralement à une laminite avec une compaction
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
269
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Ne! A.
Fig. 9. — Lentille isolée. Noter le comportement des lamines qui s’infléchissent pour passer latéralement aux laminites. Échelle ;
1 cm.
270
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Fig. 8. — Lentille à l’affleurement, interstratifiée dans les laminites (h; 9 cm ; L: 70 cm).
différentielle d’ordre 4. Hanzo (1978) admet ce Liste faunique et floristique :
même taux de compaction pour les marnes de La faune est proche dans les trois types de len-
Bettembourg. tilles, bien que plus riche en crustacés et insectes
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
Fig. 10. — Otozamites sp. avec crustacé. CCA (équivalent latéral de la couche à lentille). Bettembourg. Échelle : 1 cm.
dans les vertes. Elle est, par contre, totalement
différente de celle des niveaux à nodules et, dans
tous les cas> plus riche que celle des laminltes.
Plantae. Très rares Zamites sp. ou Otozamites sp.
(Fig, 10), EquiseUirn^^.
Arthropoda. Crusiacca Proeryon sp.,
« crevettes » voisines du genre Atrinwps (Fig. 10).
Insecta ; très nombreux, ils appartiennent à dix
ordres dilférents (Phasmatodea, Odonata,
Paraplecoptera, Coleoptcra, Psocoptera, Meco-
ptera, Trichoptera, Neuroptera, Hymenoptera,
Diptera). L’inventaire non cxhaustiF des espèces
dépasse aciuellcmenl deux cents taxa, pour la
plupart inédits, sauf les Odonata (Nel et al.
1993) (Fig. 15). C’est de loin le groupe le plus
diversifié. La densité moyenne en insectes est
beaucoup plus importante dans les lentilles vertes
(cinquante à soixante individus par 10 dnv^) que
dans les grises (deux ou trois individus par
10 dnv'). Des dessins et certaines pigmentations
d'ailes d'insectes sont préservés.
Cephalopoda. Ammonoidea t très rares Aptychus
sp. ; rares Tiltoniceras sp. ou Phylloceras sp. ; très
peu d'adultes, aucune forme juvénile.
Belcmnoidea ou Theutoidea : très rares et petits
spécimens, un individu plus grand avec poche à
encre conservée.
Vertebrata. Actinoptérygiens : Leptolepis coiy-
phaenoides Brojin (Leptolepidae) (Fig. I I),
Tetra^onolepis sp. Bronn, 1830 (Fig. 12).
Pholidophonts sp. Agassiz, 1832 (Fig. 13),
Dapediiis I.each, 1822 (Dapediidae) (Fig. 14),
Euthynotus sp. Wagner. 1860.
Un crocodilicn (quatre spécitnens fragmen¬
taires) : des restes d’ichthyosaurcs (deux ver-
rèbres).
Le dépôt latéral aux lentilles
Les lentilles passent latéralement a une alternance
de lamines claires (quartz + calcite) et sombres
(matière organique + pyrite) inframilHmétriques,
identique à celle des laminires et du niveau à
nodules Ce faciès évolue parfois en un feutrage
organo-minéral très dense et toujours Famine qui
inclut de fins débris de quartz et des cristaux de
calcite. Ce sédiment présente donc une composi'
tion et une structuration sensiblement différentes
de celles des lentilles.
GEODIVERSITAS « 1998 • 20(2)
271
Henrotay M., Marques D.. Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A.
Fig. 11. — Leptolepis coryphaenoides sp.. lentille, Bascharage. Échelle : 1 cm.
Liste faunique et floristique :
Plantac. Rare, toujoiics fragmentaire et difficile¬
ment déterminable, la flore est surtout représen¬
tée par du boi.s fossile de gymnosperme (jayet).
Arthropoda. Crustacea : très rares fragments de
Proeryon sp. et des fossiles indéterminables rappe¬
lant des crevettes.
Insccta : aucun.
Moilusca. Ammonoidea : Uarpoceras falciferum
(jeunes et adultes) ; rares Phylloceras sp.,
Dactyliocents sp. et Tiltoniceras sp.
Belemiioidea et Tbeutoidea : rares spécimens
indéterminables avec poche à encre associée.
Lamellibranchia ; quelques posidonies concen¬
trées par place ou écrasées au toit des lentilles.
Vertebrata. Actinoptérygiens : Leptolepis cory-
phaenoides (individus très souvent incomplets ou
débris isolés), Tetragonolepis sp. (deux individus
entiers), Pachyconnus sp. (de très rares écailles).
Quelques vertèbres isolées d'ichrhyosaures.
Discussion
Les faunes et flores des faciès à lentilles et à
nodules sont nettement distinctes (tableaux 4,
5, 6 en annexe) et reflètent des milieux et des
processus raphonomiqiie.s très contrastés. Les
espèces communes à ces deux paléoenvironne¬
ments de dépôt sont rares ; Pachyconnus sp., ich-
thyosaïu'c, Hnrpoccrtts sp. (jeunes individus dans
les lentilles, adultes et pontes dans les nodules) et
Tiltanoceras sp.
Uentomofaune, abondante et très \ariéc dans les
lentilles, est en revanche absente dans les lami-
nites et les nodules. Il ne peut s’agir d’un pro¬
blème d’échantillonnage, car les collectes ont été
soigneuses et abondâmes. Cette absence ne peut
pas non plus être liée è un problènte de conserva¬
tion, car la cuticule des insectes est réputée plus
résistante aux processus de dégradation que les
empreintes des p.trries molles des céphalopodes
Tbeutoidea trouvés dans les nodules (Allison
1988).
Cette entomofaunc est con.stituée pour plus de
50 % d'insectes complets, au corps en connexion
et en très bon état de conservation, ce qui .suggère
un enfouissement sur ou à proximité du lieu de
leur mort. Ibus, ou presque, sont des adultes
volateurs ou, pour quelques-tins, aquatiques
d’eau douce comme les Gyrinidae (Nel 1989).
Les formes larvaires sont douteuses et très peu
nombreuses. Si ces insectes ne se sont pas déve¬
loppés et nom pas vécu sur les lieux de leur
enfouissement, ils sont par contre susceptibles
d'avoir été transportes par des courants aériens
ou par des cours d’eau (pour les formes aqua¬
tiques largement minoritaires).
Les milieux de dépôt et de fossilisation des
nodules et des lentilles sont donc distincts. Les
premiers recèlent une faune exclusivement marine
exempte de tout élément terrestre ou estuarien,
excepté des débris ligneux ; les secondes livrent
une faune et une flore terrestres associées à des
éléments fluvio-esruariens et marins.
Il est donc raisonnable de penser que le sédiment
constituant les lentilles s’est déposé dans un envi¬
ronnement nettement plus proche de terres
émergées que les autres composantes de la série,
cette proximité permettant des apports fauniques
continentaux importants et variés.
272
GEODIVERSITAS • 1998 » 20(2)
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
Fig. 12. — Tetragonolepissp., lentille, Bascharage. Échelle : 1 cm.
LA SÉRIE DE BETTEMBOURG-KAYL
(le site « Luxgard IJ »)
Les conditions d’affleurement n’ont pas permis
d’observer la base de la série toarcicnne qui, à
Bettembourg, est fortement dilatée (18 m).
Cependant, les niveaux à nodules et à lentilles
sont parfaitement corrélables (Fig. 2). Les lentilles
contiennent une forte proportion de matière
organique non oxydée et de pyrite. Elles peuvent
passer latéralement h un banc calcaire continu
(CCA) très riche en formes juvéniles de Lcptoleph
coryphaenoides et en crustacés (Aîrhnops sp.), asso¬
ciés à de nombreuses formes juvéniles de céphalo¬
podes (ammonites ou nautiles) et à des
lamellibranches non déterminables. Les mortalités
massives peuvent être mises en relation avec les
conditions d’anoxie qui régnaient sur le fond ou
dans l'épaisseur de la tranche d’eau au moment
des éclosions. Le banc continu (CCA) a été égale¬
ment observé à Saneni {2 1cm de Bascharage),
Dudclange (4 km de Bettembourg), Esch-sur-
Alzctte er Pétange (1 km de Bascha-rage). Nous y
avons récolté des ammonites {Harpoceras,
Tiltoniceras), de rares fragments de Leptolepis
coryphaenoides et du bois, mais aucun insecte.
Si le niveau à lentilles reconnu à Bertembourg est
lithologiquement proche de celui de Bascharage,
il en diffère cependant sensiblement dans sa
composition faunique par l'absence totale dejf
insectes. Ceci pose problème, sachant que
Delsaie et uL (1992) signalent la présence d'un
Odonata Hererophlebioidea (ju Anisopcera et
d’ailes de Blattodea; récoltés dans des « éléments
lenticulaires » d'âge Toarcien inlcrieur (« schistes
de Grandcourt » ^ « schistes carton ►>) d’Aubange
(Lorraine belge). Les auteurs siruenr cet horizon
à Textréme base de la série, au contact des
marnes bleu-gri.s de la zone à Dactylioceras serni-
celatum ei Dactylioceras tenuicostatum. mais ifcn
fournissent aucune description faciologique. Il
nous est donc impossible de considérer cef hori¬
zon comme un équivalent de notre niveau à len¬
tilles.
Iæs structures interne.s des nodules et des lentilles
sont respectivement identiques à celles de
Bascharage, mais les nodules de Bettembourg
contiennent une plus forte proportion de pyrite.
La faune des nodules de Bettembourg-Kayl est
analogue à celle des nodules de Bascharage ;
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
273
Fig. 13. — Pholidophorussp., lentilles Bascharage. Échelle : 1 cm.
Harpoceras et de grande taille associés bourg), la faune marine est très peu diversifiée
à des pontes (?) de céphalopodes, actinoptéry- puisqu’aucuii reste fossile des nombreux groupes
giens et ichthyosaurcs d’une taille sensiblement plus ou moins bien représentés pai‘ ailleurs, dans
plus importante qu’à Bascharage et débris les mers liasiqiics européennes (échinodermes,
ligneux. Par contre, la faune des lentilles (ou du brachiopodes, spongiaires, coraux, etc.), n’est
banc continu : CCA) différé de celle récoltée k présent. Les paléoenvironnemenis de depot
Bascharage (Tableau 1) par fabvvence totale devaient donc erre trè.s littoraux, du moins au
d’entomofiume et d'importantes variations dans momenr de la form.uion du niveau à lentilles,
les proportions des groupes d'organismes marins, mais aucun des taxons habituellement inféodés
Dans les deux gisements (Bascharage et Bettem- au domaine marin littoral n‘a été reconnu. Ils
Fig. 14. — Dapediussp., lentille, Bettembourg. Échelle : 1 cm.
274
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Toarcien inférieur de Bascharage er Bettembourg (Luxembourg)
Fig. 15. — Odonaia Liassogomphidae Phthitogomphus angulatus (Handlirsch, 1939). Aile antérieure. Lentille. Bascharage. Échelle :
1 cm.
correspondraient plutôt à un fond de vase pauvre
en vie, déficitaire en oxygène et sporadiquement
favorable au développement de formes opportu¬
nistes comme les posidonies qui, selon Kauffman
(1978), s’accommodaient de fonds modérément
oxygénés.
GENÈSE DES DIFFÉRENTES
FORMATIONS
Les L/VMlMITES
En Europe occidentale, le Toarcien inferieur est
caractérisé par le dépôt de sédiments laminés
qualifiés par les auteurs de « schistes carton
•< schistes bitumineux »* ou « schistes à
posidonies •). Cette lamination est classiquement
attribuée à la piolifération répétée de mattes
microbiennes, en contexte anoxique, au con¬
tact du fond des étendues d*eau. Les micro-
organismes filamenteux (cyanubaciéries. actino¬
mycètes, bactéries sulfo-rcducirices, etc.) sont à
Foriginc d’un feutrage qui piège les particules
détritiques, contrarie l'installation du benthos et
inhibe les processus de dccomposition de la
matière organique (O’Brien 1990).
Pour leur part, Busson & Noël (1972) signalent
le rôle prépondérant des tests d'organismes nan-
noplanctoniqucs dans la genèse des laminites à
couple [calcaire/matière organique ou argileuse],
dont des schi/osplières dominantes, dans les
« schistes carton » du Toarcien inférieur de
Fécocourt (Est du Bassin de Paris, France). Ils
considèrent qu’il s agit de sédiments plancto-
niques, déposés et préservés sur un fond
anoxique.
La mer toarcienne correspondait donc à un
milieu favorable à la fois à l’épanouissement d’un
plancton à schizosphcrcs dont les tests alimen¬
taient, suisonnièrement ou de façon permanente,
un dépôt finement lamine, en milieu anaérobie
(aucune trace de bioturbation). Cet environne¬
ment était sporadiquement propice au dévelop¬
pement de tapis microbiens qui se développaient
à la faveur de pha.ses' de confinement. Les diflé-
rents faciès que nous avons étudiés suggèrent
l’image d'une met vraisemblablement peu pro¬
fonde (fond de golfe, par exemple), sensible aux
fluctuations eustatiques, qui s’étendait à proximi¬
té d’un continent ou d’une île au paysage très
mature alimentant le bassin en matériel détri¬
tique très fin (quartz et argiles).
Les NOIIUI F.S de I.A partie INi rUIEURK
DE I.A SERIE t'E BaM'HARAC.E
(marnes bleues h Dactyliocmn ; Fig. 2, Nod. 1)
Des travaux effectués sur l’échangeur de
Bettembourg (autoroute Luxembourg-
rhionville) ont permis à Hanzo (1978) d'obser¬
ver une partie du Toarcien le plus inférieur.
L'auteur y décrit des nodules carbonates apparte¬
nant à la zone à Dactylioccms tenuicostatuni qui
correspond aux marnes bleues de la base de la
série de Bascharage. Dans ce niveau> Hanzo ne
signale que quelques débris osseux, de petites
ammonites et des ostracodes. Les descriptions
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
275
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A.
fournies par l’auteur pourraient laisser penser que
ces nodules sont l équivalent des lentilles que
nous étudions. Cependant, une différence essen¬
tielle, autre que la composition faunique et floris¬
tique, apparair t la structuration de ces nodules
correspond exactement vi celle des marnes qui les
encaissent (= « schistes carton >> sensu Han/o).
Sur ce site, Hanzo signale un atJtre niveau plus
inférieur, à nodules également calcaires, conte¬
nant des actynoptérygiens. Il est évident
qu'aucun des niveaux décrits par cet auteur n CvSt
l’cquivalent des niveaux à nodules (Nod. I et
Nod. 2) a macrorestes de grands vertébrés marins
de Bascharage et de Beiiembourg-Kayl car. fon¬
damentalement. la faune qu'ils contiennent ne
diffère pas de celle des marnes latérales.
La genèse des nodules décrits par Hanzo résulte
de processus strictement diagénétiques et « n’est
pas liée à une zone riche en organismes qui
constitueraient leur germe » au mente titre que les
nodules des marnes bleues de la série inférieure de
Bascharage. Celle des nodules et des lentilles de la
série supérieure de Bascharage est différente.
Les Notnu ks de i.a partie supérieure, de:s
SÉRIES DE Bascharage, in m Bettembourg
(Fig. 2, Nod. 2)
Leur genèse diffère de celle d’autres nodules
décrits dans les formations loarciennes, notam¬
ment ceux de la carrière de l'Echelle près de
Hirson (France), interprétés par Bontés (1941)
comme le résultat d’encrouremetits successifs par
roulement des nodules en cours de formation.
Prager ÔC Gtnsburg (1989) signalent des nodules
carbonates actuels en Floride dont la formation,
proche de celle des nodules de rEchclle, serait
due au remaniement de galets mous. De par leur
mode de formation, ces nodules sont crès irrégu¬
liers, cc qui les différencie de ceux de Bascharage
et de Bettembourg.
D’autre part, la formation des nodules de
Bascharage et de Bettembourg coïncide avec un
changemenr des conditions du milieu de sédi¬
mentation caractérise par un développement
remarquable de posidonies qui sont plutôt rares
dans le reste de Pépaisscur de la .série.
L’abondance des coquilles de posidonies dans les
mers toarciennes a suscité de nombreuses contro¬
verses. La pénurie en oxygène libre dans la nappe
d'eau profonde exclut un mode de vie benthique,
m;iis la grande raille actcince par certaines e.spèces
ne permet pas d’envisager une vie pélagique. Des
moeurs pseudoplancroniqucs comme celles des
hwccmmtu des memes gisements impliquent un
recouvrement des aires de distribution des lamel¬
libranches et des objets Hotrants. Or une telle
situation n’a pas pu erre établie avec certitude.
Oschman (1994) envisage l’adaptation des posi¬
donies il des eaux k laible teneur en i>xygène,
grâce à une hétérochronic du développement. La
maturité sexuelle des animaux est acquise préco¬
cement durant leur stade larvaire pélagique : c’est
le phénomène de progeiièse. l.a pérennité des
caractères larvaires, en particulier la petite taille
des individus et lu minceur de la coquille, est
éminemment favorable a la fforiaison des lamelli¬
branches près de la surlace de Peau. Une telle
interprétation s’appliquerait plus particulière¬
ment à la sous-espèce Bositm nuiinfn parmi.
L’absence de toute trace de bioturhation, la pré¬
servation des parties molles de nombreux fossiles
(actinopiérygiens, ichihyosaures, héleninite.s,
etc.) et le développement de pyrite impliquent
des conditions anoxiques qui, développées au
contact du fond de U nappe dVau, favorisent à la
fois \a conservation de la madère organique et
Pépanouissemeru de communautés bactériennes
anaérobies. Des bactéries sulfo-rcdtictrices libè¬
rent de PH,S t|ui se combitie au fer pour donner
les concrétions de pyrite. Un tel métabolisme
provoque une augmentation de l’alcalinité du
milieu et favorise, localement, la précipitation de
calcaire autour des cadavres, initiant ainsi la
nodulisation. La formation des couches à
nodules correspondrait de ce fait ^ un événement
diagénétique précoce qui expliquerait l’excellent
état de conservation des fossiles. En outre,
l’ambiance carbonatée fait obstacle à la dissolu¬
tion des coquilles calcaires.
Comme poui d'autres organismes (ammonites,
actinoptérygiens. etc.), la mort en masse des
posidonies et leur préservation in situ (valves en
connexion), témoignent d’événements catastro¬
phiques ponctucLs. Ces morraPités massives ne se
limitent pas aux niveaux à nodules, mai.s inter¬
viennent lï plusieurs reprises au cours du dépôt
des laminites. Elles ont été diversement interpré¬
tées. Pour Seilacher (1990), les animaux vivant à
276
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
proximité du fond périraient périodiquement
lors de forces tempêtes qui» en brassant les sédi¬
ments accumulés sur le fond de la mer, provo¬
queraient la libération massive de l’H 2 S et
l’intoxication de la taune. Si la tranche d’eau est
faible, cet empoisonnement affecterait l’ensemble
des populations nectoniques et pseudoplancto-
niques.
Ll niveau à UNTlIXIiS
Ce niveau correspond a un changement brutal de
la faune et à la disparition du nannoplancton à
schizosphères. Comme pour les nodules, la préci¬
pitation des carbonates, accompagnée par le
développement de pyrite, suppose une modifica¬
tion du chimisme des eaux qui s’est répercutée
sur la nature des associations bactériennes. En
revanche, le cachet délibérément continental du
contenu paléontoingique (végétaux, insectes, cro¬
codiles) des lentilles de Bascharage implique la
proximité de terres émergées. Les lentilles cal¬
caires traduisent peut-être de brefs épisodes
régressifs au cours de la phase transgressive du
Toarcien inférieur. De tels événements provo¬
quent la réduction de la tranche d’eau et entra¬
vent les communications avec la haute mer et la
pénétration du necton marin (ammonites,
bélemniies). Conjointenieni, apparaît une multi¬
tude de collections d’eaux plus ou moins stag¬
nantes dont la surface se couvre de voiles
microbiens. Ceux-ci peuvent se réduire à un
mince biofilm à peine décelable ou, au contraire,
former de véritables tapis (Baudoin 1957). Bar
l'enchevêtrement de formes microbiennes fila¬
menteuses (bactéries, champignons, etc.) et une
intense production de mucilage (Gall 1995), ils
constituent des pièges pour des organismes de
petite taille, en particulier pour les insectes. De
temps en temps, les voiles microbiens se rompent
et se fragmentent. En sombrant, ils entraînent les
organismes piégés au contact du tond où ils
seront recouverts par le sédiment. Les conditions
anoxiques qui régnent dans ce dernier et la proli¬
fération probable de matics microbiennes hen-
thiques favorisent la fo.ssilisation des parties
molles des mollusques et des vertébrés, aiasi que
la préservation de la pigmentation de certains
insectes.
Les différences importantes de composition fau-
Tableau 1. — Comparaison des lentilles de Bascharage et de
Bettembourg-Kayl.
Bascharage
Bettembourg
Dimensions
< 1 m
E
CJ
A
Texture
grain très fin
grain plus grossier
Insectes
très abondants
absents
Leptolepis
coryphaenoldes
nb. adultes,
nb. alevins,
Plantes
pas d'alevins
très rares
peu d'adultes
abondantes
Ammonoldea
adultes
très rares
abondants
Ammonoidea
Jeunes
rares
abondants
Aptychus sp.
très rares
très nb.. isolés
Posidonies
très rares (au toit)
ou en place
abondantes
nique entre les lentilles de Bascharage et les « len¬
tilles + banc continu » de Bettembourg, roches
de nature lithologique pourtant identique, évo¬
quent des milieux de dépôt très proches mais dif¬
féremment alimentés en organismes (Tableau 1).
l a prépondérance des organismes d’origine ter¬
restre à Bascharage et des organismes marin.s à
Betiembourg s’explique aisément par une distalité
plus importante à Bettembourg qu’à Bascharage,
ce qui n’implique pas nécessairement une plus
grande bathymétrie.
L’hyporhèse la plus vraisemblable pour expliquer
la formation des lentilles est que le milieu ait
atteint fémersion. Le sédiment qui les constitue
correspondrait à un remplissage de « flaques »
d’eau saumâtre, alimentées à la fois en orga¬
nismes terresire.s venant d’un rivage très proche,
et en organismes marins entraînés régulièrement
par les marées. Le remplissage de ces dépressions
a du être très rapide, et la remise en eau du
milieu, générant lun nouveau dépôt de laminites
à schizo.sphères, a protégé l’ensemble de l’action
de Toxygène. Dan.s celte hypothè.se, ces milieux
représentent des systèmes géochimiquement
favorables à la fossilisation des organismes et au
développement de pyrite.
Les dépôts équivalents de Bettembourg se sont
probablement formés dans des conditions ana-
iogue.s, mais les apports fauniques, es.seniielle-
ment marins, impliquent une plus grande
distance par rapport au rivage.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
277
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A.
Nous obtenons donc l'image de milieux aqua¬
tiques restreints (fond de golfe, lagunes, etc.),
d’extensions variables, mais toujours peu pro¬
fonds. Ces réceptacles se remplissent rapidement
de sédiments et piègent des animaux terrestres et
marins à Bascharage, strictement marins à
Bettembourg. Le matériel carbonavé des lentilles
résulte d’une diagénèse spécifique,, étroitement
conditionnée par une importante concentration
de matière organique qui génère localement des
conditions interstirielles favorables au développe¬
ment de carbonate. De ce fait, la morphologie
actuelle des lentilles résulte d’une compaction
différentielle.
COMPAKAISON ULS ÜU-Pf KENTS TYPES
DE LENTILLES
À Bascharage. les lentilles observées .sur les affleu¬
rements des sires de Luxgard I et TDK sont de
trois types (Tableau 2a) répartis sur trois zones
distinctes :
- type I : lentilles « grises », pauvres en insectes
(1 ou 2 spécimcns/lencille), crustacés {Proeryon)
très rares, theutoïdes (I spécimen/40 lentilles
pour un échantillonnage de plus de 1000 len¬
tilles) ;
— type II : lentilles « vertes », riches en pyrite, en
matière organique et en insectes (10 à 15 spéci¬
mens/lentille), crustacés {Proeryon ) rares (1 ou
2 spécimens/lentille) ;
~ type III : lentilles « noires », riches en silice,
très pauvres en insectes (1 spécimen/10 lentilles),
crustacés {Proeryon) très rares.
Méthode de parcimonie de Wagner avec scénario
minimaL par analyse directe des faunes
L’utilisation de la méthode de parcimonie de
Wagner permet une première comparaison des
trois types de lentilles de Bascharage et du niveau
à lentilles de Bettembourg avec les niveaux à
nodules et laminites de Bascharage. Ce type
d’étude a déjà été mis en oeuvre dans des analyvscs
synécologiques sur les formes actuelles (Lamb-
shead & Paterson 1986 ; Bellan-Santini et aL
1994). L’aspect théorique de la méthode est
exposé in Massclot et ai (1997). Brièvement, cette
méthode retient à transférer la parcimonie de
Wagner, relie quelle est utilisée en analyse phylo¬
génétique des organismes actuels et fossiles, en
Tableau 2a. — Comparaison des contenus paléontologiques
des trois types de lentilles.
Bettembourg
type 1
Bascharage
type fl
type III
^ heufoFdes
abondants
présents
très rares
très rares
Crustacés
abondants
très rares
présents
très rares
ilsopodes
absents
absents
absents
présents
Planles
présentes
très rares
très rares
très rares
Insectes
absents
présents
abondants
présents
considérant les divers niveaux comme autant de
taxons et les organismes fossiles comme des
caractères dont les états sont définis par leur
absence ou leur présence (et éventuellement leur
abondance).
Nous avons défini quatorze caractères (voir liste
des caractères et Tableau 8) pour cinq « taxons ».
Le groupe externe servant à la polarisation des
caractères est [Bascharage niveau à nodules +
niveau à laminites) pour lequel l'origine marine
de la faune ne fait pas de doute. La matrice obte¬
nue est analysée au moyen du logiciel
Paup 3,1.1. sur Macintosh. Trois options pour le
traitement des caractères ont été comparées :
1- Tous les ctracrères sonr non ordonnes (option
« unordered » de Paup 3.Tl.) ; deux arbres de
même longueur minimale sont obtenu.s (arbres 1
et 2, Longueur - 18 pas ; Indice de Cohérence
Cl = 1 : Indice de Rétention RI = 1 ; RC (ou
« Rescaled Conshtetuy Index ») = CI x RI : 1). Ces
indices, qui mesurent la quantité d’bomoplasies
(Darlu ^ lassy 1993)» montrent que les carac¬
tères choisis sonr totalement congruents entre
eux. Leur arbre de consensus est non résolu
quant aux positions relarlves des troi.s types de
lentilles de Bascharage, mais ils donnent
[Bettembourg] comme groupe-frère des [Basch
lent.].
2. Les caractères 1, 2, 3 et 4 sont ordonnés
(option « ordered m de Paup 3. T1.).
3. Les caractères 1, 2, 3 et 4 sont irréversibles
(option <' irréversible up » de Paup 3.1-1.). Dans
ces deux dernières- options, on obtient un seul
arbre minimal (arbre 1, Longueur = 19 pas ; CI =
0,947 ; CI excluant les caractères non
informatifs - 0,923 ; RI = 0,923 ; RC = Cl X
RI : 0,874). Ces indices sont encore élevés et
montrent que les informations livrées par les
278
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
divers organismes sont congruences. Cet arbre
minimal résoud Ja trichotomie entre les trois
types de lentilles. 11 est congruent avec le scénario
sur le gradient de distalité suivant : du plus distal
au plus proximal (Tableau 2b) :
[Bascharage nodules + laminitesj —> [lentilles de
Bettembourg] —>
[Bascharage type I| -> [Bascharage type II] —>
(Bascharage type II1].
Cette analyse confirme bien les affinités entre les
niveaux à lentilles de Bettembourg et ceux de
Bascharage. Les crois options sont de plus
congruentes avec l’hyporhèsc de rcxJstcncc d’un
gradient de distalité [Bascharage nodules + lami-
nites] -> [Bectembourg lentilles] —> [Bascharage
lentilles], du p]us distal au moins distal. En
revanche, l’option supposant le moins d’a priori
possibles (tous les caractères non ordonnés) ne
pernier pas de conclure quant à la position de
[Bascharage IcndJles de type III] relativement à
[Bascharage lentilles de type I] et [Bascharage
lentilles de type II].
Comparaison fondée sur Vestimation des conditions
de fossilisation
Une approche complementaire, mais plus spécula¬
tive, peut être tentée. Elle est londcc sur rinlro-
duction d’hypothèses supplémentaires sur les
conditions de fossilisation des divers niveaux étu¬
diés.
Les lentilles de Bettembourg livrent des theu-
toïdes, et des crustacés en abondance, mais
aucun insecte (Tableau 2a). Les insectes des len¬
tilles de Bascharage sont probablement alloch-
tone.s, car leur grande diversité n’a pas
d’équivalent actuel dans ce type de milieu litto¬
ral. Leur apport esc aérien et fluviarile et peut
être considéré comme uniforme. Par conséquent,
leur rareté nettement plus grande dans le type I
et le type III comparée à celles de type 11 Éi’est
pas, a priori, liée à une différence de paléomilieu
mais à des conditions de fossilisation plus favo¬
rables pour les lentilles de type II que pour celles
de type I et de type III
Cette hypothèse est cohérente avec la présence de
crustacés dans les lentilles de type III et avec
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A.
Tableau 2b. — Interprétation des paléomilieux de dépôt des len¬
tilles après correction des données taphonomiques.
Bettembourg
type 1
Bascharage
type II
type III
Theutoïdes
abondants
présents
très rares
présents ?
Crustacés
abondants
présents ?
présents
présents ?
Isopodes
absents ?
absents
très rares
présents
Plantes
présentes
très rares
très rares
très rares
Insectes
absents ?
abondants
abondants
abondants
Tabsence de theutoïdes dans les lentilles de
type III, mais semble en contradiction avec la
présence de theutoïdes dans les lentilles de type I.
Cette contradiction peut être levée si nous sup¬
posons une différence de paléoenvironnement
entre les lentilles de type I et de type II : celles de
type 1 correspondraient à un milieu plus discal,
avec un apport plus important en organismes
marins que celles do type II, plus proximales.
Mais cette étape du raisonnement ne fournit pas
de renseignement sur le paléomilieu de type 111.
La variation dans Tabondance des thcutoïdes>
organismes marins non ambigus, donne le gra¬
dient de distalité suivant, du plus distal au plus
proximal (Tableau 2b) :
[lentilles de Bettembourg] —>
[Bascharage type 1] —>
IBascharage type II]i
L’absence de renseignement sur les theutoïdes
dans les lentilles de type III ne permet pas de
conclure sur la distalité de ces lentilles. Les
plantes, organi.smes d’origine terrestre, contredi¬
sent a priori le scénario précédent de gradient de
distalité. Mais il s'agit la de riiypothèse la plus
« économique car les autres scenarii possibles
sur le gradient de distalité impliquent nettement
plus de contradictions (concernant les theu¬
toïdes, les insectes).
Dans le cadre de Phypothèse précédente sur le
gradient de distalité, la présence de crustacés
dans les lentilles les plus distales de Bettembourg
et dans celles de type II qui sont les plus proxi¬
males implique que ces organismes marins
étaient présents dans le paléomilieu de type I
Tableau 2c. — Interprétation des paléoenvlronnemenis de dépôt
des lentilles tenant compte de l'éloignement au rivage.
Bettembourg
Bascharage
type 1 type II
type III
Theutoïdes
âbondams
abondants
très rares
présents ?
Crustacés
abondants
présents
présents
présents ?
Isopodes
absents ?
absents ?
très rares ?
présents
Plantes
présentes
ires rares
irès rares
très rares
Insectes
absents ?
abondants
abondants
abondants
mais ne s’y sont pas conservés. Si les theutoïdes,
organismes nettement plus fragiles que les crusta¬
cés, s'y sont fossilisés, ils devaient y être nette¬
ment plus fréquents que les crustacés. Le
tableau 2b peut être complété par le tableau 2c.
D’autre part, l’absence des isopodes dans les len¬
tilles de Beiicmbourg suggère que ces organismes
étaient absents dans le paléomilieu correspon¬
dant.
Daas le cadre de ccnc hypothèse, la présence des
isopodes dans les lentilles de type 111 et leur
absence (supposée) à Bettembourg et dans les
lentilles de type II n’esr congruente qu'avec
l'hypothèse que celles de type 111 sont plus proxi¬
males que celles de type II, car les isopodes
seraient alors à considérer comme des organismes
vivant en milieu plus distal.
Dans le cadre de riiypothcsc contraire, le même
raisonnement suggère que les lentilles de type II
sont plus proximales que celles de type III car les
i.sopodes seraient alors a considérer comme des
organismes vivant en milieu plus proximal.
Il est impossible de conclure sur la position des
lentilles de type U dans le gradient de distalité,
bien que l’Iiypothèsc minimale soit la première
puisque la seconde implique une hypothèse sup¬
plémentaire sur la non-tonseivation des isopodes
dans les lentilles de Bettembourg.
Le gradient de distalité le plus probable est alors
(du milieu le plus distal au plus proximal) ;
[Bettembourg lentilles] -> [Bascharage type 1] ->
[Bascharage type II] -> [Bascharage type III].
Cette étude est congruente avec l’analyse de par¬
cimonie de Wagner quant à une distalité plus
280
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
Tableau 3 — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. Actinoptéryglens. L. Ba*. lentilles,
Bascharage * L. Be , lentilles, Bettembourg-Kayl , PL. Ba.. petites encaissantes des lentilles. Bascharage ; PL. Be.. pelltes encais
santés des lentilles. Bettembourg-Kayl . N. Ba., nodules, Bascharage , N. nodules, Behembourg-Kayl : PN. Ba.. pelltes encais¬
santes des nodules. Bascharage PN. Be.. pelites encaissantes des nodules, Bettembourg-Kayl ; P. Ba.. pelites intermediaires,
Bascharage . P. Be., pelites iniermédîaires. Bettembourg-Kayl . A absent . P. présent ; R. présent mais rare (de 2 à 10 spéci¬
mens} ‘ TR. présent mais très rare (moins de 2 spécimens), D. présent ei très fréquent lossile le plus abondant dans le niveau
concerné
Fossiles/niveaux
L. Ba.
L. Be.
PL. Ba.
PL. Be.
N. Ba.
N. Be.
PN. Ba.
PN. Be.
P. Ba.
P. Be.
L coryphaenoides
D
D alevin
P
P
TR
A
P
P
P
P
Lepidotes sp.
R
A
A
R
D
P
P
P
P
P
Dapedius sp.
P
P
P
A
A
A
A
A
A
A
Pholidophorus sp.
P
P
A
A
A
A
A
A
A
A
Pachycormus sp.
P
A
P
P
P
A
P
P
P
P
Caturus sp.
A
A
A
A
R
A
A
A
A
A
Tetragonolôpis sp.
P
A
P
A
A
A
A
A
A
A
Eulhynotus sp.
P
P
A
A
A
A
A
A
A
A
Tableau 4. — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. « Reptiles » (voir légende Tableau 3).
Fossiles/niveaux
L. Ba.
L Be.
PL. Ba.
PL Be..
N. Ba.
N. Be.
PN. Ba.
PN. Be.
P. Ba.
P. Be.
Crocodilien
P
A
A
A
P
A
A
A
A
A
Pterosaurlen ?
A
A
A
A
TR
A
A
A
A
A
Ichthyosaure sp.
P
P
P
P
D
P
P
P
P
P
Tableau 5. — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. «
Tableau 3).
< Mollusques
» (voir légende
Fossiles/niveaux
L Ba.
L. Be.
PL. Ba.
PL Be.
N. Ba.
N. Be.
PN. Ba.
PN. Be.
P. Ba.
P. Be.
Harpoceras falcifer
R
P
R
P
P
P
P
P
D
D
Dactylioc&ras sp.
R
P
R
P
P
P
P
P
P
P
Tiltoniceras sp.
P
P
R
P
P
P
P
P
P
P
Phylloceras sp.
P
A
R
P
P
P
P
P
P
P
Hildoœras
A
A
A
A
P
P
P
A
P
P
Ufhoceras sp.
A
P
A
A
P
P
A
A
A
A
Apiychus sp.
TR
D
A
D
A
A
TR
TR
TR
TR
Naullloidea
A
A
A
A
P
A
P
A
A
A
Geotheutis sp.
P
A
A
A
P
A
A
A
A
A
Pseuâobalotheuîis
P
P
A
A
A
P
A
A
A
A
fle/o//7i?uf/ssp.
P
A
A
A
P
A
A
A
A
A
Béiemnites sp.
TR
P
R
P
P
P
P
P
P
P
Posidonies
R
P
R
P
P
P
D
D
P
P
Tableau 6 . — Comparaison faunique des gisements de Bascharage et de Bettembourg-Kayl. « Arthropodes et végétaux » (voir
légende Tableau 3). Conservation des bois : J, jayet ; SI. silicifié avec préservation des structures.
Fossiles/niveaux
L. Ba.
L. Be.
PL. Ba.
PL Be.
N. Ba.
N. Be.
PN. Ba.
PN. Be.
P. Ba.
P. Be.
Proeryon sp.
P
A
P
P
A
A
A
A
A
P
Atrfmops sp.
TR
D
TR
R
A
A
A
A
A
A
Isopodes
R
A
A
A
A
A
A
A
A
A
Insectes
D
A
A
A
A
A
A
A
A
A
Otozamitessp.
TR
P
A
A
A
A
A
A
R
R
Equisetacea
P
R
P
R
A
A
A
A
A
A
Bois
Si
Si
J
J
Si
Si
J
J
J
J
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
281
Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall J.-C. & Nel A.
Tableau 7. — Comparaison des milieux de fossilisations de Holzmaden, Bascharage et Bettembourg-Kayl.
HOLZMADEN
BASCHARAGE
BETTEMBOURG-KAYL
Transgression suivie d'une
régression (Gall 1979)
Transgression suivie d’une régression
avec phase d'émei'slon momentanée
Transgression suivie d’une régression
avec phase d'émersion momentanée
Dépôts très monotones
(pas de nodules
ni de lentilles)
Trois accidents de sédimentation
(nodules et lentilles)
T rois accidents de sédimentation
(nodules et lentilles)
Milieu marin
(faunes marines
avec de rares bois flottés)
Milieu littoral
(faunes marines et terrestres)
Milieu côtier
(faunes marines avec des éléments
terrestres)
Tableau 8. — Matrice d'analyse de parcimonie de Wagner des niveaux à lentilles de Bettembourg et Bascharage.
Localités/caractères
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
Bettembourg
0
2
2
0
0
0
0
1
1
1
1
1
0
1
Basch. lent, type I
1
0
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
Basch. lent, type II
2
1
1
2
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
Basch. lent, type III
2
0
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
Basch. nod. + lam.
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
importante lors du dépôt des lentilles à
Bettembourg qu’à Bascharage.
Ce résultat est à mettre en parallèle avec la présen¬
ce relativement abondante par rapport à sa rareté
habituelle, dans le niveau à lentilles de Rascharage,
des actinoptérygicns Tetmgfmolepis .sp. et avec leur
absence à Bettembourg. Il est cohérent de penser
que cet animal vivait probablement dans la zone
littorale. Sa très grande rareté dans le Toarcien
d’Holzmaden, gisement qui correspond à un
paléomilicu nettement plus distal que Bascharage,
est compatible avec cette hypothèse.
CONCLUSION
L’hypothèse de l’existence d’un épisode d’émer¬
sion à Bascharage-Bettembourg n’est pas en
contradiction avec les données de l’histoire gene¬
rale de la région au Toarcien. Il est généralement
admis que le " golfe Toarcien du Luxembourg >>
s’est progressivement comblé. Le niveau à len¬
tilles de Bascharage serait donc un témoin privi¬
légié de l’une des phases de comblement d’un
golfe peu profond, aux eaux stagnantes, où abon¬
dait une faune marine peu diversifiée. Certains
organismes venaient s’y reproduire. L’abondance
d’alevins [Leptolepis cmyphaenoides) et de formes
juvéniles de crustacé.s et d amnionites, en parti¬
culier dan.s le niveau à lentilles de Bettembourg,
suggère en effet que ce milieu correspondait vrai¬
semblablement à une zone de reproduction et de
dcveloppcmenc pour ces organismes qui y rrou-
vaient une abondante matière organique et peu
de grands prédateurs par rapport à la mer ouverte.
Notons qtt’cn Angleterre, les niveaux marins
toarciens qui ont livre de très riches faunes
d’insectes (TÜlyard 1*^25 ; Zeuner 1962 ;
Whallcy 1985) sont aussi interprétés comme un
milieu confiné de golfe en cours de comblement
(Hallam 1967). Ces insectes semblent être fossili¬
ses dans des lentilles de nature très semblable,
sinon identique, à celle de Bascharage. Cela
semble être la règle pour les gisements insecti-
feres toarciens en Europe occidentale (Ansorge
1996).
Remerciements
Nous remercions J.-C. Fischer et S. Wenz, du
Laboratoire de Paléontologie (MNHN, Paris)
282
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Toarcien inférieur de Bascharage et Bettembourg (Luxembourg)
ainsi que D. Noël (Laboraroire de Géologie,
MNHN) pour leur précieux conseils lors de la
réalisation de ce travail. Nous remercions
M. D. Serette (Laboratoire de Paléontologie,
MNHN), MM A- Beaudon et CL Hatat
(Departement de Géologie de runiversité de
Reims) pcïur la réalisation des dessins, le tirage
des photographies et la fabrication des lames
minces de roches. Nous remercions également |j
direction et les ingénieurs de TDK Recording
Media Europe SA, Bascharage, G.-D. du
Luxembouig> les entreprises Baatz (Diekiercb-L)
et leur personnel, le personnel du chantier de
construction de l’usine de l.uxgard II pour
leur précieuse collaborarion lors des fouilles.
Nous remercions aussi tout particulièrement
M. C. Teixeira (Diekierch-L) pour la découverte
de nombreux fossiles dont une nouvelle espèce
d’Odonaca fossile.
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accepté le 15 janvier 1998.
284
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Les premiers pas d’un naturaliste
sur les sentiers du Wurtemberg : récit inédit
d’un jeune étudiant nommé Georges Cuvier
Philippe TAQUET
Laboratoire de Paléontologie, LIRA 12 du CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle,
8 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France)
Taquet P. 1998. — Les premiers pas d’un naturaliste sur les sentiers du Wurtemberg : récit
inédit d'un jeune étudiant nommé Georges Cuvier. Geodiversitas 20 (2) ; 285-318.
MOTS CLÉS
histoire des sciences,
voyage,
Wurtemberg,
Allemagne.
RÉSUMÉ
Du 20 au 28 avril 1788, trois jeunes étudiants de l'Université ducale
(Université Caroline) du Wurcenibcrg clVecruércnr de Srucigan à Tübingcn
une grande randonnée : excursion botanique, entomologiquc et géologique
dans les Alpes .souabcs. Parmi eux .se trouvait un jeune naturaliste nommé
Georges Cuvier, alors ,igé de dix-huit ans. Cuvier se chargea de rédiger le
récit de cctic petite cxpcdlrion. Le texte qu’il noms a laissé esc révélateur de
Pétât d’espril d’un jeune et brillant étudiant qui a agrémenté son texte de
dc.ssins au crayon et d’une aquarelle. Plusieurs versions de ce récit, probable¬
ment quatre, ont du exister. Le texte, que nous publions ici, est tiré de la tra¬
duction française d'une version en langue allemande conservée dans le fonds
Cuvier des archives de Pinstitur de France. Ce texte constitue sans aucun
doute le premier écrit d un jeune naturaliste qui deviendra, comme on le sait,
Punc des plus grandes figures de la science du XIX^ siècle.
KEYWORDS
histoiy of science,
travcl,
Wurtemberg,
Germany.
ABSTRACT
The first steps of a natiiralist on the paths of Wurtemberg: unpublished relation
of a young student called Georges Ctwùr. From Apnl 20tli to 28tb 1788, three
young students Ixom the Caroline Universiry of Wurtemberg went hiking
trom Stuttgart to 1 vibingen. making a botanic, entomologie and géologie
excursion through the Souab Alps. Among them was a young naturalise cal¬
led Georges Cuvier, then eighreen years old. Cuvier was in charge of writing
the story oFthis small expédition. The text he prepared shows the mind ofa
young and brilliain siudeni who completed bis text wirh drawings and one
watcr-coUïur. Scveral drafrs, probably four, of rhis story must bave existed.
The text publishcd hcre is ihc Frcnch translation of the Gcrman document
preserved in rhe archives of rhe Instirui de France, This document is
undoubtly the first text of a young naiuralist who becamc one of the most
tamous figures of Science during the nineteenth century.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
285
Taquet P.
Présenta'iton, commentaires et notes
(P. Taquet)
Georges Cuvier a quatorze ans et demi lorsqu’il
arrive le 4 mai 1784 à Stuttgart, capitale du
duché de Wurtemberg, pour être admis le 8 mai
au sein de l'Univccsité ducale Charles (ou
Université Caroline).
C’était, nous explique Cuvier dans son autobio¬
graphie, un éublisscrntnt vraiment magnifique.
Environ 40(1 Koursieni et pensionnaires (logés dans un
édifice tel qii’Ü n'y en a aucun d’upprrichaiu en
Europe parmi ceux qui sont consacres a l’insriucrion
de la jeunesse) vêrus d'un bel uniforme, conduits par
des officiers et des sous-otliders tires des régiments du
duc, recevaient des levons de tous genres de plus de
quatre-vingts maîtres ou professeurs. On a beaucoup
parlé de l’esprit de despotisme avec lequel le duc dis¬
posait de leurs personnes et choisissait pour chacun
d’eux r^tJt qu’il devait embrasser, et je crois en efict
qu'il en émit ainsi dans l'origine de l'établissement,
mais de mon rernps je n’ai riep vu de semblable, et ce
qui e.sc certain c’est que personne ne prétendit même
me donner de conseil a cci égard. Il y avait cinq facul¬
tés supérieures, droir, médecine, administration mili¬
taire et commerce. Apres un an de philo.sophic, je
choisis l’administration qui en Allemagne embrasse les
parties élémetrUtires et pratiques du droit, les finances,
la police, l’agriculture et la technologie i mon princi-
al motif fut que dans cette faculté on s’occupait
eaucoiip d’histoire naturelle, et que j’aurais de fré-
1. G. Cuvier ; Mémoires pour servir celui qui fera mon éloge
écrits au crayon dans ma voiture pendant mes courses de Paris
en 1822 et 1823. cependant les dates sont prises sur des
pièces authentiques. Bibliothèque de l’In-Sliluî de France
2. Johann Simon Kercér t't755-i830) prolessr^ur à l’Académie
Caroline de Stuttgart , botaniste, il publia en 1786 une Flora
Stuttgardiensis, Oder Verzeichnis der uni Stuttgan vi/ildwach-
senden Pftanzen. Dans f avani-propos de sa Flora stuttgardien-
sis, Simon Kerner remerciera Cuvier et l’un des amis de Cuvier,
Marschall von Biberstein {et note 4) pour leur contribution à la
récolte et a la détermination de plantes (Adam 1969).
Adam K, D, 1969, - Georges Cuvier und das Stuttgarter
Naturalien Kabinatt I Cuvier in der Hohon Carlsschule In
Cuvier und Wiirttemberg. Schwâbische Druckerei. Stuttgart.
3. Charles I.inné (1707 1778) ; Mme Françoise Caby. de la
Bibliothèque centrale du Muséum national d Hisioim naturelle a
retrouvé parmi les ouvrages faisant partie du fonds ancien les
volumes donnés par J. S. Kornor à G. Cuvier. Le tome If porte
sur la page de gardé la signaiure de Kerner et. sur la page du
frontispice. cüMq dd Cuvier (cote de l'ouvrage : Yî- 2444 15). M
s'agit de u rtixiPme édition du Systema Natarae imprimée à
Halle en 1760. Les par 4 ee de oe voiurne som couvertes d anno-
tations de la main de Cuvier (au crayon et à lencre brune ou
rouge) ; s’y trouvent également un billet avec quelques noms de
quentes occasions d’herboriser et de visiter les
cabinets'.
Cuvier suit les cours d'histoire naturelle de
Johann Simon Kerner*, participe aux travaux de
botanique de celui-ci ; pour le remercier, son
professeur lin offre la dixième édition du Sy;iU*ma
NiUura^ de LinnéS qui sera pendant dix .années
son compagnon et son guide lors de ses herbori¬
sations, édidon couverte d'annorarions de Cuvier
que nous venons de retrouver dans le fonds de la
Bibliothèque centrale du Muséum national
d*l listoire naturelle (Figs 1 > 2). Cuvier, beaucoup
plus tard, dans son autobiographie, manifestera
quelque ingratitude à l'égard de Kerner en écri¬
vant : « Que l’on ne croit pas cependant que
mon instruction en histoire n-uiitelle hait point
exigé ti'efforts de ma part. Notre professeur dans
cette partie. Kerner. connu par quclt|ucs ouvrages
de botanique à figures hccait que dessinateur et
nullement naturalisTe. À peine avait-il quelques
connaissances pratiques des plantes, mais il me
fit présent d un Linnaeus, en retour de la peine
que je pris de traduire en français sou ouvrage sur
les plantes économiques et cc livre (c était la
dixième édition) lut pendant dix ans mon com¬
pagnon et mon guide dans mes travaux soli¬
taires. » En 1787, il fonde avec quelques
plantes et même un fragment d'une plante séchée comprenant
une feuille et un rhizoïde de Lemna ou lentille d’eau (détermina¬
tion M Jolinon du faboraioire de Phanérogamie ).
Cuvier, avec la précision dont il étail ooulumief. donnera dans le
volume 1 ae t’Histotre naturetie des poissons (1828 : 101)
consacré à Ehisloire de l'ichtyologie la liste des éditlon.s du
Syslema naturae . » Les éditions originales du S/sfema naiurae
se réduisent a six. La première, de Leyde, 1735 ; la deuxième,
de 1740 ; la sixième, de 1748 ; la hutliènne de 1753 toutes les
trois en un volumo. La dixième, do 1758. on trois volumes ; et la
douzième, de 1766, en quatre. Les cinq dernières sont toutes
de Stockholm La iroisième. de Halle. 1 740. est une copie de la
première ; la quatrième de Paris. 1744. esl une copie de la
deuxième, faite par ‘es soins do Bernard de Jussieu, qui y ajou-
la les noms français. M en est de même de la cinquième, de
HaliE\ 1747, à laquelle on a joint tes noms aliemancfs. La sep¬
tième de Leipzig. 1748, et la neuvième, oe Leyde. i756. sont
prises de la .sixième ; mais, osns la neuvième, la panie des
augmentée de plusieurs genfçfs par l'éditeur
Gronovius- La diviome a été reimprimée a Halte en 1760. et à
Leipzig en 1762 . mais il faut que Ltnnaeus n'3lt pas oonnu la
réiniptH8siori de Halle, puisqu’il ne compte celle de Leipzig que
pour la onzième La douzième a été rèimpnrrtee a Vienne tous
Ip nom de irp*7iômp, en 1773, ce qui n'a pas empêché Gmelin
de donner ce nut.néro de treiziéme à sa grande édition de 1788,
qui est la dernière, mais qui elle-même a été réimprimée à Lyon
en 1790 et les années suivantes. >>
286
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Fig. 1. — Ouvrage de Linné {Systema Naîurae) offert
par Johan Simon Kerner, professeur à Stuttgart, à
son élève Cuvier : la page de garde porte la signature
de Kerner :
la page de titre, le nom de Cuvier, son cachet et celui de son
frère Frédéric. © Bibliothèque centrale du Muséum national
d’Histoire naturelle.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
287
l'aquet P.
Fig. 2. — Les annotations de Cuvier sur les pages de l’ouvrage de Linné offert par Kerner.
camarades une société d’histoire naturelle dont il
est l’animateur et le président. Au terme de ses
études, il décide avec deux de ses amis d’effectuer
une randonnée de près de 160 kilomètres, une
excursion botanique, entomologique et géolo¬
gique dans le Jura souabe ; ses deux compagnons
de voyage sont le baron Ernst Franz Ludwig
Marschall von Biberstein (1770-1834)'^, origi¬
naire de Wallerstein, qui deviendra ministre
d’Etat de Nassau et M. Ihm de Fianau, ville de
Hesse où s’établirent après la révocation de l’édit
de Nantes un certain nombre de protestants fran¬
çais. À ces trois étudiants se joint un gentilhom¬
me qui est le professeur de Marschall, sans doute
son précepteur, mais dont Cuvier ne donne pas
le nom. Le texte montre à plusieurs reprises
que le nombre des randonneurs est bien de
quatre.
4. Le baron Ernst Franz Ludwig Marschall von Biberstein (ou
Bieberstein) (1770-1834) qui séjourna de 1782 à 1790 à
l’Université Caroline.
Cuvier est chargé de rédiger le récit de cette petite
expédition, tâche dont Ü s’acquitte parHitement.
La randonnée commence le 20 avril pour s’ache¬
ver le 28 avril 1788. Cuvier est alors âgé de
dix-huit ans. Son texte, en allemand, est très
vivant et agrémenté de plusieurs dessins, chacun
brossant une scène des faits marquants qui se
sont produits durant l’excursion.
Ce récit constitue sans aucun doute le premier
écrit construit d’un jeune naturaliste qui devien¬
dra comme on le sait, l'une des grandes figures
de la science du XIX^^ siècle, l.e voyage terminé.
Cuvier quitte le Wurtemberg et retrouve
Montbéliard sa ville natale où il passe l'été 1788 ;
puis il se rend en Normandie, ayant trouvé un
emploi de précepteur auprès de la himille du
comte d’Héricy qui habite Caen. À Montbéliard,
5. Christoph Heinrich Pfaff (1773-1852) séjourna de 1782 à
1793 à l’Université Caroline pour y apprendre la médecine. Il fut,
à partir de 1798, professeur à Kiel et y enseigna la médecine.
288
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Cuvier mer au propre ses notes de voyage et, le
l4 octobre 1788, de Caen, il écrit à son cher ami
et collègue d'université Christoph Heinrich
PfafP.
Mon cher ami.
J'aurai cette fois la satisfaction de fannoncer que j'ai
rempli deux de mes principaux engagements. Tu rece¬
vras en effet deux manuscrits de Montbéliard, dont je
veux ici. pour .saristairc un peu la curiosirc, le donner
l’analyse.
I Les crustacés comestibles des cotes de brancc^ l...).
II Huit jours de voyage aux Alpes w^urtembergeoises^
par quelques Académiciens, rédigé par G. L. F. D.
Cuvier, Tun d*eux, chevalier de Tordre Académique à
ccïtc époque. Caen I78H ; cinquante-six pages in-S”
de l'écriture la plus serrée. Tour est raconté fidèle^
ment, et partout j'ai introduit dans le récit des
remarques d’histoire naturelle qui m'ont paru neuves.
Outre deux plans necessaires i Tintcliigencc du texte,
il y a encore huit dc.ssin.s au lavis qui représentent le.s
aventures qui nous arrivèrent à nous huit® ; comme il
suit : 1° le dessin du Fronrtspice représente un pay¬
sage ; 2® TalTain: des boncs de M, Ihtn ; 3** la prome¬
nade sur le Teclcberg i 4" le tricoteur de bas \
Münsingen ; l'épouvantable coup de vent dans la
prairie de l'rohnthal : 6" la pluie a Olimdcinerthal ;
7” Torgie de table à Tübingcn ; l'excursion à
Stuttgart.
Au bas de chaque dessin est une épigraphe appropriée,
tirée de Virgile ou d'Horaeç, et qui vous plaira, j'espère.
Ces deux petit.s manuscrits sont acltiellcmént chez le
relieur, et je vous les enverrai par la diligence (le port
serait trop cher par la poste) à Montbéliard, d’oh vou.s
les rcccvre? de l,t rpéme manière. Mais roqt cela aux
conditions suivantc-s indissolubles : 1" la propriété de
l'exemplaire me reste ; 2” toi, Christophe Ffaff. tu en
as la jouissance jusqu’à ce que j’aille les chercher moi-
même ou que je les réclame par lettres, et j’attends de
ton amitié que tu mettra.s tous tes soins à les conserver
la physique et la chimie ; ami de Cuvier, il éctiangea avec lui
une correspondance suivie et lui rendit visite à Paris en I80i.
puis en 1829 Les lettres de Cuvier a Pfaff ont été publiées en
allemand puis en françats ,
Pfaff C. M. 1845. — Georges Cuv'ter’s Bnefe an C. H. Pfattaus
den jahren 1788 bis 1792 naturhistorischen. poliiischen und
titerarischen fnhalts. Nebst einer biographlscher) Nobz über
G. Cuvier. Kiel. 309 p.
Pfalf C H. 1858. — Lettres de Georges Cuvier à C. H. Pfaff sur
l'Histoire Naturelle, ta Polilique et la Littérature 1788-1792. tra¬
duites de rallemand par Louis Marchant. Librairie Victor
Masson, Pans. 314 p.
6 . Cuvier donne des détails sur ces descriptions, que nous ne
reproduisons pas Ici.
7. Cuvier utilise l’expression « Wurtembergische Alb ».
en parfait état ; 3° ru les communiqueras pour qu’elles
les lisent à toutes les personnes dont la liste e.st jointe à
chaque volume. Si tu t engages par écrit dans ta pro¬
chaine latrc à exécuter tout cela, tu recevras de temps
en remp.s tou.s les pccit.s traités que je rédigerai sur dif¬
férents sujets, sinon tu ne recevras plus rien de moi,
car je n’ai ni le temps ni aucun plaisir à copier 1a
même chose deux fois de suite, et je ne peux pas trou¬
ver ici un bon copiste allemand. Assez là-dessus^^
Dans une lettre ultérieure de Cuvier à Pfaff datée
du 18 octobre 1788, Cuvier recommande à son
ami de donner à lire à ses amis du Wurtemberg
ce récit de voyage : le frontispice situé en tête du
volume relié représente le dessin des cascades de
Pfüllingen ; nous apprenons dans ce courrier
qu’un épisode relatif à M. Ihm envoyé à Cuvier
par le baron Marschall n’a pas été inséré dans le
rccir car le ton avec lequel il était rédigé ne le
permettait pas (cet épisode s*est déroulé à
Pfüllingen).
Pfaff reçoit bien ce récit de Cuvier ; le 17 janvier
1789, il écrit à Cuvier :
‘Près cher ami,
Ta lettre du 31 de cette année m’a procuré un plaisir
extraordinaire, mais ce plaisir ne devait pas encore être
ctimplcr. C’c*st le satrieoi, donc le jour de l'anniversaire
de b duchesse à 7 heures, que je fai ret;ue et le lundi à
7 h 12, j'ai eu tout le paquet, l u ne peux t'imaginer
quelle joie s’csi répandue parmi nous. 7 oui le monde
se prdripiït* sur le paquet et, en Touvranr. nou-s rrou-
vûmes tes deux traités que tu avais promis depuis si
longtemps et que nous avons artendiis avec tant
d'impatience, nous y avons trouvé des plantes, bref,
bien plus que nous pouvions espérer I,cs deux traités
ont été dévores. Tes traités .sur les crabes comestibles
Comment itaduire en français cette expression ? Le traducteur
Louis Marchant en 1650 utilise l'expression ^ Alpes wurtember-
geoises »*- Après avoir oon&uHè mon collègue et ami wurlember-
geôis. le Dr Rupert Wild du Staatliches Muséum fût Naîurkuode
de Stuttgart, j emploierai, sur ses conseils l’expression « Alpes
souabes ; l’expression Wurtembergische Alb « ou
^ Wùrttembergische Alb “ esi l’expression ancienne de ce que
nos collègues appellent aujourdhui « Sch\^àbische Alb » et que
l'on nomme en français ; Jura souabe La partie bavaroise ce
r« Alb ». au nord-est. c'est-à-dire (a Franconie .^ensu stneto. est
appelée « FrânKische Alb ■- pour la distinguer de la parti© ooci-
dentafe wurtembergeois© ou « Schwàbische Alb*.
8 . En lait K à nous trois ». le chiffre 3 a été transformé en 8 dans
la traduction française.
9. /d Pfaff C. H. 1858:57-59.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
289
Taquet P.
m’ont extrêmement plu, et les dessins sont parfaite¬
ment réussis sur le pfan esthétique, tout le monde en
convient. |.,.| l,a description du discours est superbe¬
ment réussie, ('eux qui l’ont lue ont eu le plus grand
plaisir. Les vignettes sont superbement réussies surtout
celles représentant rafraire Stiefel et les fêtes de
Tiibingcn : les paroles ccritc.s en dessous sont tout par¬
ticulièrement bien choisies et tout un chacun s'étonne
de ta connaissance de Virgile. On trouve les
remarques sur l'histoire naiurdle très bonnes, égale¬
ment la richesse de tes dcscriprions qui excclicni en
finesse ci en esprit, csprii qui soueciii lourtic k k saüre.
Des mots allemands manquent par ci par là, mais sim*
plemem par ci par là. làirnme je 1 ai déjà dit, tu y a.s
mis ton point d’honneur. Je l'ai passée autour de moi,
à ceux que ru m as nomm6 et je la passerai encore aux
autres. Marschall a été très content que tu la lui aïs
dédiée. Mon cher l.i Duiicnhofci tn le gcnrilhortimc
campagnard l’ont eue et il.s l'our lue tous deux avec le
plus grand plaisir. C’est en effet le conseiller aulique
Kcrner qui a le traité sur les crabes...^**
Pfaff fait une critique du récit de Cuvier, quil
adresse à son condisciple ; celui-ci la reçoit le
Il mai 1792 et Cuvier, le 13 mai 1792^répond
aux remarques de son ami :
J’approuve la critique de mon récit de voyage. Je
n’avais pas alors en géognosic les connaissances qui
sont néccss.iircs pour accomplir avec fruit un pareil
voyage. Ce n'est pa.s étonnant ; car je navais pa-s de
profe.sseur (un conseiller Srah! ne m'en tenait guère
lieu), et les études que je fai.sais alors, pensant qu elles
pourraient être utiles à mon avenir, le droit et les
sciences administratives, me prirent la plus grande
partie du temp.s que j'aurais pu consacrer à l'hisioire
naturelle. De là, les rumarques peu nombreuses et
inconiplètc.s, et paniculicrcrncnt la conjecuirc ridicule
que tu blâmes avec pleine raLson et dont je me garde¬
rais d’autant plus de parler aujourd’hui, en .supposant
même que tous les faits allégués fussent aus.si vrais que
la plupart sont faux, que le mode de formation du
Bopser, telle qu'elle est reçue, serait encore physique¬
ment impossible. A l’égard des descriptions des* lieux
et des hommes, les .siuiarions variées ou je ivie trouvai
entre le voyage et la descripiion, mon genre de vie,
tout nouveau et agité, avaient emporté nnes impres¬
sions loin de mes pensées, et mon journal était en par¬
tie si endommagé, que je dus décrire les trois derniers
jours uniquement d'après mes souvenirs. Enfin mes
10. In lettres de C. H. Pfaff à Cuvier ; biblioihéque de l'Institut de
France. Fonds Cuvier. Carton J.215.9 [les lettres sont en
gothique cursif ; la transcription en français est de H. RscherJ.
11. Pfaff C. H. 1856 ; 272. La lettre serait de 1792, ce qui me
semble peu probable ; les remarques de Pfaff ont dû être
envoyées la même année, c’est-à-dire en mai 1789 et non pas
compagnons de voyage n'éraient pas tels qu’ils l’eus¬
sent été si le choix eut dépendu de moi. Tu compren¬
dras facilement quelle influence tout cela dut exercer
sur moi. Je ii’al pa.s vu un seul Cbrysospienium au
Nebelloch...
Pfaff ne renverra pa.s comme promis le récit de
Cuvier à son auteur ; dans la notice biographique
de son défunt ami placée en tete de l’édition des
lettres de G. Cuvier à C. H. Ptaft, son correspon¬
dant wurtembergeois écrit :
... l.a description très animée et très instructive que fit
Cuvier de ccuc excursion fut encore embellie par des
esquisses remarquables représentant les petites et plai¬
santes aventures de ce voyage, quclque.s vues des plus
pittoresques et les objets naturels les plus curieux. La
pcrfc de ce premier travail de la plume de Cuvier est
très regrettable. Jkî possédé quelque temps eem- rela¬
tion de voyage, j’ignore ce qu’elle est devenue. Mais
limprcssion qui m'esr rcstcc de ces description.^, de
tes scènes de voyage, de l esprit et de l'cntrairt avec les¬
quels elle est écrite, est incnaçable. On y li.sait encore
un grand nombre de notes intéressantes sur la bota¬
nique, la minoralogic. et des observations faites au
point de vue adininistriuif. Je mentionne comme
curiosité de ce genre lu description d’une loiirbicrc et
de l’usage de la tourbe ; ce qui était poui ces contrées
quelque chose dt îout à fait exTfâordiiTaire et nouveau.
Cuvier fur pour nous un modèle dans tt t emploi des
vacances, dans la manière de décrire cc.s sorics de
vvyyages. Le chancelier Autenrieth, plu.s tard si célébré,
et qui ne devint notre a.ssocié qu'après que Cuvier eut
quitté Stuttgart^ lut le premier qui marcha sur ses
traces, par un voyage de vacances à la Forer Noire du
Wurtemberg. Je fis aussi de semblables voyages pen¬
dant trois vacances. L'un deux a été imprimé sous le
litre de FatJtahie^ d'un cosmopolite dans hs Alpes ivur-
tembergeoises (Ocringen 1788).**'
Une relation du voyage de Cuvier existe fort heu-
rcusemetit dans les archives de la bibliothèque de
l^nstirut de France (Académie des sciences). Elle
A été répertoriée par W. Dehérain dans son cata-
l<7gue des manuscrits du fonds Cuvier* L Ix texte
est peut-être une version traduite en allemand
par CJuvier et avant la mise au propre de son
trois années après l'envoi du récit de Cuvier à Pfaff.
12. fbid. ■- 20.
13. Dehérain H. 1908/1922. — Catalogue des manuscrits du
fonds Cuvier consetvés à la bibliothèque de l'Institut de France,
tome 1.1908. librairie Honoré Champion. Paris. 154 p. ; tome 2,
1922, observatoire d Abbadia. Hendaye, 76 p.
290
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
DENKENDORF
OBERENSfNGEN
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) I ^Êlk
ROiBERG
tÉf
MARBACH
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FiG. 3. — Carte de la région visitée par Georges Cuvier et ses compagnons de randonnée. Les noms de lieux correspondent aux
noms en usage actuellement dans le Wurtemberg.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
291
Taquet P.
récit, apparemment destinée à son ami
Marschall ; par contre, les dessins qui raccompa¬
gnent semblent être les feuillets originaux du car¬
net utilisé par Cuvier lors de sa randonnée.
L’ensemble était dans les papiers de Cuvier,
papiers qui furent déposés par son neveu Frédéric
aux archives de l’Académie.
Cette version (Ms 3312) comprend trente-cinq
feuillets écrits recto verso, sans paragraphes avec
des feuilles doubles ou simples (format : 180 à
200 mm de hauteur pour 110 à 120 de largeur).
Cette version a pour titre : Reise auf die
Wurternbergisvhe Alb ; elle est adressée à
Monsieur le Baron Marschall de Bibersrein avec
quelques mots d’accompagnement et est datée
du 2 octobre 1788 à Caen. C’est ce texte, inédit^,
que nous publions. Dans son remarquable travail
sur Georges Cuvier, D. Outram’'* fait allusion à
ce récit (p. 28). Elle suppose que Cuvier et ses
compagnons eurent l’idée de cette randonnée
dans les montagnes du Wurtemberg, influencés
par les récits de voyage et les travaux d’Horace
Bénédict de Saussure dans les Alpes**^.
One such figure ivas Horace BenetHct de Saussure, whose
Voyages dans les Alpes hecanic one of the classics of
romantic nttundes to miture. In his volumes, apprécia'
tion of sublime scenery was combincd mxh detailed geo-
logical obseriuxtions. and a cosmopabtan disregard for the
political boundaries impoicd by man on ihe surface of
nature. In cvnscjous imitation of Sausmrr, in his lasî
sumrner in Stuttgart, Cuvier^ mth Biberstein and two
otber companions uridertoak his own joumey into Alps.^^^
D. Outrant a raison d’avancer cette idée ; elle cite
en effet une lettre adressée par Cuvier à de
Saussure depuis la Normandie ; dans cette lettre
dont subsiste le brouillon'^, Cuvier écrit :
Monsieur,
C’est le sort des savants illustres, de ne connaître per¬
sonnellement qu’une bien petite partie de leurs dis¬
ciples. Quel que soit le nombre de ceux qui vous
14. Outram D. 1984. — Georges Cuvier. Vocation. Science and
Authority in Post Revolutionary France. Manchester University
Press, 299 p.
15. Saussure de H. B. 1779. — Voyages dans les Alpes, précé¬
dés d’un essai sur l'histoire naturelle des environs de Genève.
Volume I. Samuel Fauche imprimeur, Neufchâtel, 540 p.
16. Outram 1984. loc.cit. : 27, 28.
entendent h Genève, il est bien petit en comparaison
de ceux qui répandus dans toute rF.uropc étudient vos
ouvrages ; quelque.s-un.s de ceux-ci, habitants de St
[Stungart], ayant voulu a votre exemple parcourir une
partie de leur pays et ayant consigné leurs observations
dans ce petit ouvrage ont voulu vous le présenter
comme un gage de Ta gratitude qu'ils ressentent en
iriiculier pour tous les faits dont vous avot enrichi
listoirc naturelle. Comme je suis le rédacteur de leur
livre, c'c.si aussi moi qu'ils ont charge de vous l’adres¬
ser. Soyez persuadé du plaisir vit que je prends à
m'acquitter de cette mission, et des sentiments de
vénération avec lesqtiels je suis. Monsieur,..
Le premier volume des récits de voyage de de
Saussure a été publié en 1779 et l’illustre natura¬
liste suisse avait effectué Fasccnsion du Mont
Blanc en 1787 i ces écrits et cei événement
avaient dii impressionner les jeunes étudiants de
Stuttgart. Comme le soulignait Jacques Roger en
19741 » ; <, Ge nouveau type d'études convenait
assurément mieux au nouvel e.sprit scientifique.
Il était favorisé par U popularité d’un nouveau
genre littéraire, le voyage .scientifique, qui, au
moins dans certains cas comme celui de
Saussure, imposait à la recherche Tunicc d'une
région » L’admiration de Cuvier et de ses com¬
pagnons pour le courageux vainqueur du Mont
Blanc se comprend aisément car leur randonnée
sur les modestes sommets des Alpes souabes ne
peut rivaliser avec les ascensions d’un de Saussure
qui avoue lui-même :
Ces excursions sont pénibles je l'avoue ; il faut renon¬
cer aux voitures, aux chevaux même, supporter de
grandes fatigues, et s’exposer quelquefois à d’assez
grands dangers. Souvent le naturaliste, tour près de
parvenir a une sommité qu’il désire vivement atteindre,
doiire encore si ses forœs épuisées lui suffiront pour y
arriver, ou s il pourra tranenir les précipices qui lui en
défendent racces : mais l’air v if et frais qu’il respire fait
couler dans ses veines un baume qui le restaure, et
l’espérance des grands spectacles dont il va jouir, et des
vérités* nouvelles qui en seront les fruits, ranime ses
forces et son courage (de Saussure 1779).
17. Bibliothèque de l'Institut de France, fonds Cuvier.
18. Roger J. 1974. — Le feu et l'histoire : James Hutlon et la
naissance de la géologie, in Approches des Lumières :
Mélanges offerts à Jean Fabre. Klincksieck, Paris : 415-429
[réédité en 1995 in Pour une histoire des Sciences à part
entière. Albin Michel. Paris].
292
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Cuvier, piètre marcheur, invoquera en introduc¬
tion à son récit, la manière de voyager du célèbre
promeneur et botaniste solitaire, Jean-Jacques
Rousseau, plutôt que celle d’I lorace Bénédict de
Saussure.
Il y a donc eu au moins quatre versions du voyage
de Cuvier dans les Alpes souabes ; la première
adressée à PfàR et qui a été égarée par ce dernier ;
la deuxième destinée à Marschall von
Bieberstein, mais nous ne savons pas si celui-ci l'a
effectivement reçue ; la troisième adressée à de
Saussure, cette version se trouve peut-être
aujourd'hui dans le fonds de Saussure à Genève ;
la quatrièmc^ la seule connue, conservée dans les
papiers de Georges Cuvier.
Pour retrouver les lieux et les paysages visités par
Cuvier et ses trois compagnons de voyage, je me
suis rendu en Allemagne et j’ai suivi, du 11 au
13 août 1994, l'itinéraire qu’ils avaient emprunté
(Fig. 3). Malgré les profonds changements inter¬
venus dans la région depuis la fin du XYlll*^ siècle,
malgré les destructions de la dernière guerre,
rurbanisation, la densité du réseau routier, bon
nombre des localités décrites dans ce récit
demeurent et elles ont conservé tout leur carac¬
tère et tout leur charme.
À Stuttgart, la célèbre et magnifique Académie
Caroline a malheureusement été détruite par les
bombardements du 17 octobre 1944 et seule
subsiste derrière le Ncues Schloss une belle fon¬
taine restaurée qui marque remplacement de
l’Académie au coeur de laquelle se trouvait l’origi¬
nal en Les trois marcheurs, après avoir
quitte Stuttgart et gravi vers le sud la cuesra for¬
mée des grès triasiques du Stubensandstein, attei¬
gnent le plateau boisé des Fiklern ; le terme de
leur première étape .sera le couvent du petit village
de Denkendorf, les lieux n’ont pratiquement pas
19. Je dois à de Haretd Schukrafl. tiisionon du duché
de Wurtemberg renconiré lors des cérémonies commémorattves
du rattachement du pays de Mombètiard à ta Franoe. les préci-
S'ons sur remp*t»OM'nen! de t’Uoiversilé Cgroiine. Grâce à son
ouvrage Dam&fs ubor Stuttgad - \nnen$taàt und Vororte m
iuftbUdern aus dan iwanztger dis viarziger Jahren, Sllberburg*
Vertag, 1988 . de belle» pliotbgraphies donnent deins ce livre
des vu'es des bâtiments de l’établissement fréquenté par Cuvier.
20. Metzger D. s.d. — KIoster Denkendorf. Fortbildungsstàtte
changé^'^ ; l’église a été bâtie entre 1200 et 1250 ;
le.s bâtiments servent aujourd'hui de lieu de ren¬
contre et d'études bibliques ; une petite pièce
d’eau témoigne encore de l’emplacement des
viviers à poissons évoqués par Cuvier.
Le charmant village de Nürtingen au bord du
Neckar a sa rue principale bordée de maisons
anciennes traditionnelles ; parmi celle-s-ci, une
vieille pharmacie fondée au XVI'' .siècle évoque
celle de l’apothicaire Clcrnms auquel Cuvier ren¬
dit visite.
La butte témoin du Teckberg dont l’ascension
fut l’un des temps forts de la randonnée pui.sque
Cuvier l’effectua au bras d'une charmante jeune
fille, domine toute la plaine la vue y est magni¬
fique ; la tour qui la domine a été reconstruire en
1790 après le passage de Cuvier ; le trou de la
Sybille, dans lequel Cuvier n’a pas voulu s’aven¬
turer, a été fouillé en 1898 et a livré des osse¬
ments d’ours des cavernes ; le boulanger de
Byssingen vend des petits pains évoquant ceux qui
ont régalé nos' marcheurs ; la tourbière, le
Schopflochcr Torfrnoor^ esc aujourd’hui une réser¬
ve naturelle classée dont la vjsitc très’ agréable
permet de découvrir la flore et la faune de la
région. Un petit opuscule en vente sur place-^*
évoque les débuts de rexploiraflon de la tourbe
en 1784 par M. Glockler (Klôckler pour
Cuvier) ; le château de Grafeneck devint liélas
pendant la Seconde Guerre mondiale un centre
d’extermination des handicapés mentaux, en
dépit des protestations de l’évêque luthérien du
Wurtemberg, le Dr Wurm. Ce château profondé-
menr remanié est occupé aujourd’hui par un éta¬
blissement médico-pédagogique ; en revanche, le
haras de Marbach est intact et les bâtiments qui
abritent 350 chevaux pur-sang sont magnifique¬
ment entretenus^- ; la grotte du brouillard, « die
Nebelhohle est un lieu touristique très frequen-
cé^'^ ; elle a été aménagée et, depuis la visite de
Cuvier, une nouvelle entrée, découverte en 1920,
Klosîer DenKendortt: 1 18.
21. Dangel H., Maser J.. Mattern H.. Muller T., Nûrk G.,
Schwènkel H. & Wohnias W. 1994. — Schopflocher Torfmoor.
Verlag oer Teckbote. Kircheim unter Teck : 1 -80.
22. Anonyme 1993. — Haupt- und Landgestût MarbachÆauîer
IkrAeutlingen, Geslutshofe 1-53.
23. Binder H.. Bleich K. E. & Dobat K. 1990. — Die Nebelhohle.
Abh. Karst’U Hôhlenkunde, Reihe A, Heft4, 7 Aufl. : 1-62.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
293
Taquet P.
permet de descendre par l4l marches à vingt-
cinq mètres sous terre ; le château de
Lichtenstein sur son éperon rocheux est une
demeure privée que l'on peut visiter ; l'allure des
bâtiments a changé, mais du sommer des tours le
point de vue est toujours aussi splendide ;
Pfüllingen et ses cascades, Tübingen et son uni¬
versité permettent de compléter cette évocation
du voyage de Cuvier et de ses compagnons.
Le récit de Cuvier est très vivant ; il nous aide à
mieux connaître la forte personnalité d’un ado¬
lescent dont Tceil esc vif, les analyses pertinentes
et le sens critique très aigu. Le jeune Cuvier
ménage plus sa santé fragile que son entourage.
C’est Titinéraire proposé par lui qui est finale¬
ment choisi ; c’est encore lui qui se charge de
rédiger le compte rendu de voyage et c’e.sr une
fonction qu’il appréciera toute sa vie ; il sera
quelques mois plus tard précepteur et secrétaire
de la famille d’Héricy en Normandie, secrétaire-
greffier de la commune de Bcc-au-Cauchois pen¬
dant la Révolution, secrétaire de la Société
d’histoire naturelle de Paris avant d’ètre élu secré¬
taire perpétuel de TAcadémie des sciences en
1803. On le découvre passionné, essayant par ses
observations et scs remarques de mettre en pra¬
tique les enseignements de botanique, de droit
administratif et d'économie qui lui furent déli¬
vrés à Stuttgart. Cuvier est déjà très sûr de lui et,
si ses jambes le trahissent dans la montée du
Teckberg, son récit est construit pour souligner la
politesse française dont il fait preuve auprès de
Mlle Glettin et pour se gausser du peu d’aptitude
à la marche... des jeunes citadines françaises ! Le
récit révèle incidemment que Cuvier se sent fran¬
çais et réagir en Français.
Dans cette version du récit manque le feuillet
n° 12 ; il n’est pas impossible que cette partie du
manuscrit ait été supprimée par la famille
Cuvier ; en effet, le séjour dans la ville de
Münsingen semble avoir été agité ; Cuvier
évoque une bacchanale et l’un des dessins, qui se
rapporte probablement à cet épisode, représente
une altercation entre une femme que Cuvier sur¬
nomme Canidie du nom d’une parfumeuse
napolitaine, et un groupe de trois personnes dont
deux hommes et une femme tandis que nos
voyageurs regardent la scène de loin.
Enfin, le texte originel est en allemand (en mau¬
vais allemand écrit Cuvier). Ce texte a été traduit
comme l’indique une mention matuiscrite par
« un petit traducteur peu instruit >» dont nous
ignorons l'identité. Cette traduction, qui n’était
pas une version définitive, a le mérite d’exister ;
les expressions et les mots employés datent mani¬
festement du XIX*^ siècle ; le mot * élève » est
employé pour le moi « élevage » c]ui sera utilisé à
partir de 1836. J’ai donc conservé à quelques
mots près le texte de cette traduction qui rend
bien compte du style, des tournures et de la
spontanéité du récit en allemand de Cuvier avec
l’aide précieuse de Mme Kneip-Jéquier qui a rec¬
tifié plusieurs erreurs et bon nombre d’inexacti¬
tudes. J’ai donné une brève présentation orale
relative à ce voyage de Cuvier devant les
membres du Comité français d’histoire de la géo¬
logie (COFRHIGEO) le 21 juin 1993 et intitu¬
lée ; Les premiers pas d'un naturaliste sur les
sentiers du Wurtemherg : récit inédit d'un jeune
étudiant nommé Georges Cuvier, avec un résumé
publié dans le bulletin de ce comité (troi.sième
série, t. IX, 1995, n''5 : 87-88).
Voyage dans les Alpes souabes rédigé par
G. L. Cuvier alors Chevalier de l’Ordre
AC'^DÉMIQUH
RHISE AUK DIE WURTEMBERGISCHE Ai.B
Zu Schrifi an Herrn Baron Marschall von Biberstein,
Ritter des klcinen Ordens der herzoglichen
Carlshohenschulc, zu Stuttgardt.
[Récit aiirographt* et en Tangue allemande d'un petit
voyage fait par mon oncle en Wurtemberg du 20 au
2S avril 1788 (il manque le feuillet 12).]
Lettre à Monsieur le Baron Marschall de Biberstein,
chevalier de l’ordre mineur de TUniverbicé ducale de
Charles à Stuttgart.
(Ms 33)2 Petites feuilles écrites recto verso, sans
paragraphes, dimensions : 1 80 à 200 mm de haut
pour 110 à 120 mm de large ; feuilles doubles ou
simples. En tout trente-cinq folios : voir inventaire des
feuillets en annexe).
294
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2}
Récit inédit de Georges Cuvier
Très cher ami,
Vous avez ici la description de notre voyage dans les
Alpes souabes. Elle ne me parut pas fort intéressante et
bien pauvre en faits reniarouables. Votre jugement a
été prononcé d’après cela. Elle n’aurait jamais dû quit¬
ter mon portefeuille, ni I obscurité qui lui convenait si
bien. Mais c’est votre désir et je ne saurais rien refiiscr
à raniirié. bleureux seulement-, si je pouvais vous ofirir
quelque chose qui tiiï a la mesure de vos talents et qui
satisnt aux sentiments avec lesquels je resterai pour la
vie.
Votre très chaleureux ami et serviteur
G. L. Cuvier
Caen le 2 octobre 1788
VOYAGF. HE HUIT JOUR.S A PIED À TRAVERS LES ALPES
SOUABES PAR QUFXQURS Exf-VF.S DF U\ FACULTÉ COM¬
MENCÉ LE 21 AVRIL 1788 ET ÉCRIT PAR G. L. CUVIER
ALORS Chevalier de l'Ordre académique mineur
Il n’y a quUne manière de voyager, dit quelque part
J.-J. Rousseau, qui soit plus agréable que le voyage à
cheval : c’est le voyage à pied-" i et Rousseau était bien
au fait de l’un et de l'autce, on le voit par tous ses
écrits. Trois élèves de la faculté de Stuttgart firent
dans l'hivct de 1787 à PRS le projet de parcourir de
cette façon une partie du Wurtemberg et de profiter
pour cela des vacances de Pâques liVI. Ibm de Hanau,
M. le chevalier baron de M.uschal! de Wallerstein et
moi), tous troiç étaient jeunes, tous trois avalent pa.ssé
plusieurs années â l’Université Caroline et obsei'vé
strictement la discipline de cet établissement, tous
trois enfin s craient toujours consacrés avec tout le zèle
qu’une forte inclination peut produire à l'étude de
rhistoirc naturelle, de réconomic et des sciences qui
s y rattachent ; ils devaient donc tous trois avoir le
plus grand désir d'observer correctement la nature, de
jouir de ses beautés à grande échelle. Cette envie avait
été nécessairement accrue par.., [manquent quelques
mots], M. Ihm et moi. nous avions encore un autre
motif à ce projet, nous étions étrangers, nos études
étaient achevées, et il nous Ëillait quirtet le
Wurtemberg sans avoir l’cspérancc d’y remettre jamais
le pied. Cependant cette contrée, peut-être la plus
belle de P Allemagne, méritait bien d’être connue de
nous exacicnicnt, et après le séjour de quatre ans que
nous y fîmes c’eût été une honte de ne pas en savoir
davantage que ce que tout K- monde peut lire dans
Büsching-^ Donc pour sarisfaire â tous ces désirs nous
24. «< Pour moi qui me plaisois presque autant à cheval qu'a
pied, je n’aurois pas mieux demandé que de voyager ainsi toute
ma vie. » {Rousseau 1987).
Rousseau J.-J. 1987. — Œuvres complètes. I Les Confessions.
résolûmes le 21 avril d’entreprendre un voyage 4 pied
jusqu’aux .^pes, de gagner Münsiitgcn en passant par
Nüningen, Kirclieiin. Tcck, en con.séquence de com¬
pléter le cercle en passant par Efüllingen et Tübingen
et de regagner notre prçmjer point Stuttgart. Noirç
eûmes aussi le bonheur de gagner à la même résolu¬
tion ['excellent gentilhomme et professeur de M.
de Marschall ci nous nous préparâmes de notre mieux
à la réalisation de ce que nou.s nous proposion.s.
C'est donc ce voyage que, d après ma promc.ssc. je vais
décrire. Un autre s’en fur peut-être acquitté mieux,
mais certainement ii nV eût pas mis plus de zèle, je
ferai tout ce que mes forces me pc-rmeitent, il n’y a
qu’une chose qu'il me faut demander 4 mes lecteurs,
c’est de me pardonner incorrections qui pourront
se rencontrer ali .sujet du langage : né en Fr.înce, j’y ai
été élevé jusqu’à l'âge de 14 ans ; ce n’est qu'à cet ige
que j’ai appris la langue allemande et cela en Souafïc
où, comme l'on sait, Ton ne parle pa.s une langue trè.s
pure. En conséquence, il n y a pas trop â m'en vouloir
si je n’écris pas fallcinand dan.s la perfection.
D’abord, parlons des préparatifs. Qu on se figure trois
jeunes gens qui viennent de faire de plaisants projets :
h fidstanu tout est en niouverncru ; il faut sur le
champ savoir tout ce qui peut arriver en rourc,
Quelle.s localités iion.s-noiis voir ? Irons-nous à U
Forêt-Noire, dans les Alpes ou dans le b.as pays ? Où
pourrons-nous nous procurer des lettres de recom¬
mandation ? Vite une cane routière ; une pauvre carte
du pays tombe entre nos ma'ms ; clic est bientôt déchi¬
rée sur les divers chemins que nous voulions même y
dessiner ; l’un aurait bien voulu voir des salines et des
mines ; aus-sitôt il cciiiit à Suiz, .Mpenspach, jusqu'en
Furstemherg et plus loin encore ; en .sept étapes il veut
parcourir 60 lieues de chemin et avoir tout bien exa¬
miné. Un autre féru d'entomologie, veut bondir et de
droite et de gauche à U poursuite des insectes ; pas
une mouche, pas un scarabée ne doit échapper à sa
pointe meurtrière ; naturellement il veut marcher plus
lentement : cependant afin qu'on puis.se quand même
aller un peu loin, il veut au.ssi de temps à autre user du
cheval. Moi, à qui la faiblesse de mes membres ne j.^r-
mer pas une grande agitation, je m’efforce en vain de
miidcrer leur ardeur Le contraste ne (ait que rendre le
tout plus risible. Moi aussi j ai mes propres idées. Les
longues heures de cheval ne sont pas très adaptées à
ma peau, qui déjà sans cela est percée pai mes os.
D'un autre côté j’ainietais examiner bien ce que je ver
rai , aussi proposai-je une route un peu plus courte.
Au début personne ne veut entendre et par malheur
toutes les fois que nous nous réunissons h trois autour
de la cane du Wurtemberg de Tobmayer, diaqiic fois
nos débats recommencent. Cependant après bien des
La Pléiade, Gallimard. Paris ; 156,
25. Büsching Anton Friedrich ; auteur d’une géographie univer¬
selle en quatorze tomes (1767-1769).
GEODIVERSITAS • t99B • 20(2)
295
Taquet P.
étapes, on donne à mon projet la sanction légale et le
point est arrête, nous allons dans les Al(>es souahes.
Le choix des habits, on le laissa à la discrétion de cha¬
cun : ils devaient être chauds, commodes et légers ;
quant à ce qui est arrivé à chacun, surtout à l’égard des
bottes, nous le vern>iis plus bas. On noinnic un secré¬
taire du voyage, moi. et de fait au moment même oh
j'écris ceci, je m acquitte de mes fonctions. Lhi grand
livre blanc qui doit en même temps servir de presse
pour les plantes et un crayon effaçable (de mine de
plomb) fompo.sent tout mon attirail > Monsieur le
Professeur du Chevalier Marschall est trésorier du
voyage. Les devoirs et les exigences auxquelles il aura à
satisfaire restent au choix de chacun Aux Irais de la
communauté on remplît quelques llacons d*e:ui dissol¬
vante, d’huile de vitriol, de sirop de violette, d’esprit
de salmiack et de noix de galle dissoute''-'. On les four¬
re dans des émis de carton et elles constituent la phar¬
macie de voyage a laquelle M. Ihm est préposé avec le
titre de chimi.ste du voyage, linfm M. le chevalier de
Marschall promet de s'occuper de la capture des
insectes. Comme les épingles qui y sont nécessaires ne
rembarrassent pas beaucoup, il se charge au.ssi du
transport du Linné.
Note infrapaginale de Cuvier : Car. a Linné Systema vegetabi-
lium: edit XIV cura And. Murray. Les insectes peuvent aussi être
examinés secs, mais les plantes non. C’esi pour cela que ce
livre était nécessaire.
Nous avions aussi avec nous quelques lettres de
recommandarion a différentes personnes et ici je dois»
au nom de ma société, adresser les remerciements les
plus vils à tous les toiiciionnaircs, employés ci autres
personnes auxquelles nous nous sommes adresses
Partout on nous a accueillis avec une extrême amitié,
tous Ie.s concours nous ont été prêtés. Nous ne pour¬
rions pas mieux nous louer de l'hospitalité vvurtem-
bergeoise qu'en racontant ce qu’ont éprouvé quatre
étrangers desquels il n'y avait pa.s à attendre de retour.
Cette honnête nation est bien digne du bonheur que
son excellente constitution lui assure.
Maintenant à notre sujet.
Le 21 avril nous fûmes, comme on peut facilement le
supposer, tous de très bonne heure sur pied. En géné¬
ral, le premier jour des vacances est pour la faculté le
jour du tumulte le plus grand : chacun fait tour pour
se dégager au plus tin de .ses liens ci traim de dilTércr
sa liberté ne scraii-cc que d’un rnomcnc. Nous avions
en plus des motifs particuliers. Notre imagination déjà
en voyage nou.s avait roc réveillés, ou plutôt ne nous
avait pas permis de dormir. À peine nous fut-il pos¬
sible d’accueillir la politesse de M. le colonel W. de
Wolf qui nous invita au chocolat, parce qu'il différait
26. L’huile de vitriol est l'acioe sulturique, le saimiac est le nom
marchand du sel d’ammoniac ; la noix de galle est une excrois¬
sance globuleuse produite sur un chêne par la piqûre d'un
notre deparr d’une demi-heure. Une pareille impatien¬
ce enfantine s'e.vplique pour nous par une captivité de
quatre années. Enfin notus partîmes.
A sept heures, montés sur le Bopser, nous abaissâmes
encore nos regards sur le nuage de brouillard qui enve¬
loppait Suingan et nous en primes congé pour la der¬
nière fois.
On sait que le Bopser. pour ainsi dire le dernier éche¬
lon du haut pays, est la monréc par laquelle on arrive
au second étage du WurtemlxTg, cc qu’on appelle les
Fildcrn (Ic.s cnanip.s) ; car lc.s Fildcrn sont à propre¬
ment parler la contrée c^ui s'étend entre les Alpes et la
Forêt-Noire. C'est du coté de Stuttgart une vallée très
largt!, muU qui. vers le sud oh les deux monragnes se
rapprochent ton, devient beaucoup plus étroite Cette
vallée singulière est con.sidérablemera plus e'Ievée que
le resri- du duché et elle est elle-même traversée par
pîusieurç vallées plus profondes en comparaison des¬
quelles elle devient une montagne. La vallée du
Neckar, en particulier, en occupe roui le milieu et est
presque Je niveau avec le bas pays avec lequel clic
communicluc. La vallée du Ncckar envoie, de part et
d’autre, plusieurs vallées moindres, le.squetles coupent
les Fildcrn dans plusieurs directions. Ivcs Fildcrn eux-
inêiMcs envoient aussi un irês gi:nul iiombie de vttllées
dans les bailleurs de la l^orêl-Noire et de l'Alpe, et
c'est de cene façon que le Wurtemberg tour entier csr
cxcellcrrimenr fourni d'eau ; car chaque vallée a aussi
ses petits cours d'eau. Les sommets des montagnes
sortent isolément des vapeurs qui s'élèvent dans Fair,
vapeui's qui lorment ces ^lefits cours d’yao. de avrtc
qu il n’y a aucun endroit pour la circuUuion des cours
d'eau qui ne soit mieux onireienu qu ici 11 n’y a que
dans qiicb^ues régions des Alpe.s souahes qu'on
manque d’eau ei cela vient sans doute de la configura¬
tion de ces montagnes. En s'élifvant, c’est, comme
nous le verrons ci-après, un plateau, ce qui n’est
propre ni à aitirer lc.s nuages, ni a former ûc.s cours
d'eau, puisque pour cela tics hauteuns et des vallées
soni néce.ssaire.s.
Mai.s pour en revenir au Bopser» dont je me suis au
fair un peu éloigné, je rcmarciucrai ici que c'est pro-
premeiu une hauteur formée par les eaux ; c’est ce que
constatera quiconque a Fait des promenades autour de
Stutig.irt : les bandc.s vents, noires cl rouges qui
embellissent cciic montagne en témoignent claire¬
ment. il est de nature assez sablonncu.se : on trouve
mernt* â quelques endroits des grés as.sez durs. Cela me
semble particulièrement rcniaiqu.ible, car le Rotbberg
qui, du côte droit de la vallée du Netkar, coiresponu
au Bopser, se compose, comme le sait tout
Wurtembergeols, de couches de gypse et l'on en extrait
du gypse cl de l’albàtre.
Cela prouve clairement que la vallée du Neckar n’est
pas une séparation primitive de ces montagnes ; et la
insecte ; sa richesse en tanin permet de Tutlliser en médecine
comme astringent.
296
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Fig. 4. — L’affaire des bottes de M. Ihm. En citation : Direptis stat crura cothurnis [Il est debout, aux jambes les cothurnes déchirés]
(Virgile, Géorgiques, livre II, vers 8). Il s’agit du prologue du livre II (et non I), qui est une invocation à Bacchus. Ce cothurne (diffé¬
rent du cothurne tragique) est une chaussure montante, que porte en particulier Bacchus sur les monuments. Stat est un mot ajouté
par Cuvier ; il n’est pas dans Virgile , nous ne voyons pas quel autre verbe restituer. Dessin au crayon de GeorgesXuvier (150 x
110 mm).©Bibliothèque de l’Institut de France.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
297
Taquet P.
raison de leur différence, vient à mon avis, de la
nature diverse des hauteurs plus élevées contre les¬
quelles sont rangées ces hauteurs inférieures. Sur le
côté droit par exemple, vers l’est, est située l'Alpc ; elle
est toute calcaire et à son pied est le Rothberg gypseux
et la colline qui s’y rattache» contre laquelle à l’ouest
au contraire est la Forêt-Noire où les hauteurs princi¬
pales sont certainement des hauteurs de soulèvement,
et se composent pour la plupart de granités. Au pied
de celui-ci, il a bien pu se ramasser plusieurs couches
de sable que les eaux ont dû constamment entrainer
avec elles et de la sorte peut-être, après des milliers
d’années, ont pu sc Former les Fildcrn, tour comme
dans leur voisinage se sont formes le Rossberg et ses
frères. l.eur nature témoigne de leur origine.
Ce système me paraît hautement vraisemblable, mais
comme système il est impossible qu’il explique tout et
Ton aurait be.soin encore de beaucoup d’observations
pour pouvoir le démontrer complètement. Le profes¬
seur Rosier, dans son histoire narurelle du
Wurtemberg a bien quelque chose là-dessus. Le lec¬
teur ne m'en voudra pa.s, je Tespère, de cette digres¬
sion, elle tend à mon but. Poursuivons maintenant.
Par très beau temps, dans une remarquable fraîcheur
la plus délicieuse nous entrâmes dans le bois par un
chemin qui devait nous mener à Ruyd^^. D abord
apparurent de.s sapins ; puis vinrent une quantité de
bouleaux avec leurs branches pittoresquement pen¬
dantes. Le sentiment de solitude n'était pas encore
troublé par le chant d’un grand nombre d'oi.scaux ; le
triste coucou se faisait seul entendre, mais le soleil ne
tarda pas à s’élever, le brouillard léger qui rend si
belles les inaiinécs de printemps devint bientôt imper¬
ceptible, les petits flocons de vapeur se dispersèi'enr et
peu à peu il rît très ch.aud. Alors toutes les petites créa¬
tures s’animèrent ; les alouettes surtout nous récréè¬
rent par leurs agréables concerts aussi bien que par
leur vol singufier. Quelques perdrix également
jouaient dans les champs tour juste verdoyants.
La première figure humaine que nous vîmc.s nou.s
annonça un malheur ; mais un petit : distraits par les
beautés ci-dessus décrites, nous avions, à un embran¬
chement de chemins, pris précisément la mauvaise
voie et nous serions allés à Hôhejihcim, si une femme
qui vint à notre rencontre en tricotant ne nous eut
indiqué notre erreur.
À droite quelques chênes devaient représenter un
bois ; derrière étaient quelques vallées dans lesquelles
27. Aujourd'hui Ruit.
28. Dilienius Jean Jacques, botaniste allemand, né à Darmstadt
en 1687, mort en 1747. Il apporta une attention extrême à la
distinction des genres au moyen de la fleur et du fruit et fut
appelé par Sherard à l'Université d'Oxtord. Il a publié deux
ouvrages remarquables : Hortus efthamensis (1732) et Histoire
des mousses (1741). {in Biographie universelle Michaud.
Nouvelle édition 1855. Tome XI : 60-62.)
nous pouvions voir surtout la vallée du Neckar, qui
nous montrait son château Wirtemberg. À g.iucne
était un bois de bouleaux ; un quart de lieue plus loin
on commençait à descendre un peu la côte, et là appa-
airent en face des monu^nes très éloignées que nous
prîmes pour l Alpe et pour le Icckbcrg. Va: sol qui
jusqu’ici .ivair été plus sablonneux, commença dès lors
à contenir un peu plus d’argile, mais nulle part il ne
faisait d'cfPervescence avec tiês .teides. À un endroit il
était tout couvert de lichen L'ricetorum, cette jolie
mousse a presque la physionomie d'une éponge et
quelques auteurs l’ont rangée parmi les champignons,
nommément Dillcnius^^ qui en fait une coralToïdc ;
mais probablement sa texture ligneuse a probablement
porté Linné, et d'après son avis scs innombrables imi¬
tateurs, à la ranger dans la Famille déjà bien assez char¬
gée sans cela, des lichens. H y en avait là trois très
grands ; les uibt rcules avaient presque k grosseur d’un
pois ; leur couleur de chair claire ciair tlu plus bel
effet.
À la sortie du bois s’ouvrii un horizon rrès étendu de
tous côtés enfermé dans des montagnes lointaines. À
droite et à gauche de notre chemin étaient des champs
avec quelques villages, comme par exemple» Rosacker,
Hcnnrtaden, Kcmnath. Nous i^cmarquàmes quelques
insectes : Pdp'flio urticdty par exemple, voltigeait à
rcncoiir ; plusicuR* scarabées sc remuaient dans leurs
habitations immondes, mais les Carabi, déjà à cette
époque si communs dans le bas, dans la vallée du
Neckar, étaient ici excessivement rares. Ils aiment trop
Ic.N coins argileux humides, pour aller chercher à .se
loger là-haut dan.s le .sable. Cependant un gros échan-
tiflon du Carabits pkeus se montra ici, mais aussi ce
Rit le seul. Comme je n’ai encore rien de meilleur à
dire, je signalerai aussi lc.s herbes que nous rencon¬
trâmes. Il y en avait peu ; la saison ne leur permettait
pas encore de paraître. Bdlisperenms-^ qui n’a souci
de la tempérarurc pullulait partout ; la Draba hàllvc-^®
était aus.si à quelques endroifs. Ieonloto7i tanixacon^^
encore tout petit semblait ne montrer que son nez.
Fnfin Veronka tfiphyllos^* rendait quelques champs
tout bleus, IcsqueLs sans doute se seraient passés de
cette beauté aussi bien que de \‘Hqtàsctw qui
les couvrait également.
Ainsi nous allâmes jusqu'à Ruid où lïous prîmes du
lait C’est une paroisse dans le.s Fildcrn. Les gens nous
parurent à leur aise, ils éraient très accueillanrs. Leurs
maisons sont assez joliment bâties et décorée.s d'ins¬
criptions pieuses, mai.s les rues et les pièces sont relati¬
vement malpropres.
29. La pâquerette.
30. La drave printannière, Draba verna L. est une crucifère.
31. Taraxacum Dens-Leonis L, le pissenlit.
32. Veronica thphytlos L., la véronique à trois lobes.
33. Equisetum arvense L., la prêle des champs.
298
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
M. Ihm avait des bottes trop étroites ; il alla chez le
cordonnier 4) pour voir s’il ny avait pas moyen
de corriger cela et nous le suivîmes pour tirer de cct
homme quelques renseignements sur son village. Un
barbier, il est vrai, eût mieux valu pour cela ; car notre
homme, qui n’était pas du tout enclin à causer, se fai-
sair arracher les réponses. Cependant nous extirpâmes
que le pasteur avait un revenu d'environ 1000
avec une ftlle ; que les habitants, la plupart maçons et
charpentiers travaillaient à Hohenheini et Suutgan. et
qu'il y avait dans l'endroit aussi quelques tisserands.
Nous vîmes chez lui un joli poêle Gaclid ; ces poêles
sont très bon marclic (le sien ne coûtait que 5 fl.),
assez propres, car on pourrait encore en embellir la
forme et ils durent longtemps, err s il en saute un seul
morceau, on peut le remettre en place. Us se fabri-
quent à la poterie de Neuhausen.
Cependant les bottes paraissaient raccommodées,
nous prenon.s congé de cct homme ; mai.s â peine
avions nous fait cent pas, que le mal revient de plus
belle et que les douleurs recommencent. Qu'y a-t-Ü
donc à faite ? Mon Dieu, il ne faut pas pourtant que
les bottes nous feiiemient. Nous essayons de changer
de bottes ; presque toutes les combinaisons se font, en
vain ; que ce soir l'un ou l'auire, quelqu'uti doit en
souffrir. Pendant que r-affairc csr en suspens, nous
entamons un colloque très approfondi .sur 1 importance
des botte.s dans le voyage a pied ; si seulement il y
avait eu lù un artiste en chaussures pour utiliser notre
théorie : en pure perte ; les bottes restèrent trop
étroites aussi bien après qu'avanc ; bref nous finîmes
par nous en aller et nous approchâmes du village de
Nellingen.
Il serait trop ennuyeux de raconter ici tous les chaxtge-
menis succes.sifs de bois, prairie.s, champs, etc. ; mais
ce qui est plus important, c'est que nous avions tou¬
jours en face les hauteurs de l’Alpe. l:lles nous
olTraicnt distinctement leur superficie toute unie où sc
distinguaient un petit nombre seulement de pointes
plus élevées. Nellingen nVst pas si joliment bâtie que
Ruid , il doit y avoir lâ environ 1.^0 habiiauis ; ils
vivent de ragriculrure, rnajs il y a aussi dans le nombre
Quelques arrisans. Fn avwiu du village, c’est tout
champs cultivés, et route très ennuyeiisc. Par ci par là
dans les fb-ssés fleurissaient Juncus glomernms et effu~
; la Cardnminepratensis^^''.
Nous soupirinn.s déjà pour ainsi dire à découvrir
quelque point de vue. lorsqu’apparut tout d’un coup
Denkendorf dans le aeux. l^a belle et verte vallée, le
joli petit cours d’eau, la situation romantique du châ¬
teau, son ardtiteciure quelque peu ancienne et par
de.ssu.s tout le désert que nous venions de traverser.
tout contribuait à représenter le paysage pour nous
comme tout â fait excellent. La plupart des couvents
réunissent tous les traits d'une belle situation. Les
moines ont bien renoncé à la société, mais non pas au
monde, du moins ont-ils cherché toujours par la beauté
de leur résidence h se dédommager des plaisirs qu'ils
ont quittes. I.c couvent de DcrikcndorJ est .sur une
petite hauteur et se compose de plusieurs bâtiments
communiquant l’un avec l’autre et qui ne paraissent
pas dater tous de la même période. Près du couvent se
trouve un lac ariificicl dont Peau coule dans un bassin
inférieur sirué au bas de la montagne ; la superstition
catliolique leur a rendu en bien des raisons fc poisson
necessaire ; il leur fallait avoir des viviers constanimcnc
remplis, l/église du couvent u'a pas de beauté particu¬
lière ; on y trouve plusieurs tombes d'anciens prieurs
dont les images sont assez mal sculptées j la plupart
n'ont plus de nez •. les caracrères gothiques amour de
leurs rombc.s ne peuvent se lire qu avec peine cl n'ont
pas assez d'intérêt pour mériter cette peine. Nous visi¬
tâmes aussi l’endroit où se tiennent les collèges, les
chambres des élèves ; c’étaient autrefois les cellules des
moines. Nous demandâmes aussi des nouvelles d’un
de nos camarades qui a jadis étudié à Denkendorf ;
chacun recontuîira bien qu'il s’agit de N. De vrai, le
temoigrtage â son égard ne fur pas très bon ; il avait
joue bien trop de tours plaisants et sans une puissante
protection il aurait etc souvent châtié.
Nous venions de Stuttgart, nous avions vu tout ce qui
vient d'être raconté, et cependant nou.s n’avion.s pas
encore dîné Pensez l estomac était vide ; notre pre¬
mière affaire fut donc de nous hâter vers l’auberge : en
route nous trouvâmes les apprêts d'une foire qui
devait .se tenir le jour suivant ; elle est très peu consi¬
dérable, tour comme le village qui ctmiient â peine
180 habitant. À « I^mnv^^ » nous mangeâmes avec le
plus grand appétit notre dîner, tandis que M. Jhm fai¬
sait venir l’un apres l'autre tous les cordonniers de
l’endroit et sc mettait en relation avec eux au sujet de
ses bottes ; enfin comme il pouvait à peine faire un
pas, il sc résolut à aller â cheval et en loua un à un
homme qui devait Fallcr quérir â Nürtingen.
M. l'hAte de Lamni et Mme l'hôtesse de Lamm nous
honorèrent de Itair haute présence, fis noui: entretin¬
rent entre autres choses de leur généalogie et nous
apprîmes avec étonnement que l’hotesse était la sœur
de notre grand profcs.seur MoU^^. Il vient quelquefois
les voir et, de là, se rend dans les endroits avoisinants ;
ainsi un jour à Kongen, Ü se fit pu.sser pour un notaire
impérial d'Esslingen. Nous rîmes fort de cette fantai¬
sie, nous payâmes et nous partîmes. Il faut avouer que
rhôrcsse voulait tirer profit de sa parente ; elle deman-
34. fl. ; florins . le Rheinische Gulden ou florin utilisé dans le
Wurtemberg valait, après 1750, 2,5 livres françaises.
35. Juncus conglomeratus L . jonc employé pour faire des liens
et J. effusus L., jonc épars.
36. La cardamine des prés.
37. Probablement le nom de rhôlellerie, Lamm (l’agneau).
38. Le professeur MoH enseignait la physique à TUniversité
Caroline (Uhland 1969 :9).
Uhland R. 1969. — Georges Cuvier, in Cuvier und
Würtîemberg. Schwâhische Druckerei. Stuttgart.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
299
Taquet P.
dait trois Fois plus cher que de raison.
Au départ, le chemin de Denkendorl à Kongen n'est
pas très beau ; il traverse une bruyère peu fertile ; çà et
là fleurissaient quelques buissons de prunelliers
(Prunus spirwsus). Nous trouvâmes aussi quelques
petites carrières de grès jaune. Nous tnoniâmes de la
sorte quelque temps ciKorc, lorsque tour d’un coup la
plus somptueuse de toutes les perspectives s’ouvrit à
nos yeux. Nous avions en effet traversé une partie des
Fildern et m>üs traversâmes de nouveau la vallée du
Ncckar. Les montagnes que le matin nous voyions
dans le bleu lointain» s'étaient rapprochée.s : déjà on y
distinguait ce qui était bois et champs cultivés. De
vertes collines s'étalaient à leur pied et, devant cts col¬
lines, dans la vallée s’étiraient plus de vingt vÜlage.s sur
les bords du Ncckar. A droite. Ncuilcn s'élevait fière¬
ment au-dessus de la surkice unie des montagnes voi¬
sines ; à gauche» au premier plan était le village de
Kongen avec scs maisons blanches Un ciel magni¬
fique, le soleil complètement libre de nuages, emoel-
lissaient encore le roui» Pleins de ravissement, nous
restâmes immobiles en contemplation. |e ne peux pas
mieux décrire la beauté de ccrtc perspective ; à
Kongen nous prîmes du vinaigre avec de Ffau. C’esr là
que je vis des anguillulc.s du vinaigre d’au moins 1”.
Puis nous voulions voir également les restes du camp
romain qui sc trouvait en cet endroit, dit-on ; ces
restes se composent d«r plusieurs cellules quadrangu-
laircs enterrees de trois pieds environ dans le sol ; leurs
murs sont bâtis très solidement en petites pierres \ la
manière romaine. Sur un ou deux côtés se trouvent
quelques perircs niches voûtées qui sans doute ser¬
vaient de casiers ; quelques-unes de ces niches sont
quadrangulaires et sont formées de quatre pierres
taillées de biais, de telle sorte que le côté de derrière
est beaucoup plus éuoir ejue le côté de devanr. Les cel¬
lules sont rangées en lignes droites, et le camp tout
entier est dans le chamf? .sur la hauteur, de sorte qu'il
commande toute la vallée. J'ai dessiné une cellule.
Nous quittâmes le camp et descendîmes dans la val¬
lée ; cet endroit est très semblable à la contrée située
entre Berg et (jabelberg ; nou.s traversâmci- le village
important d'Obeam/mgen tn pass.uil par des champs
jusque face à Oberboibingen où nous trouvâmes un
moulin ; il avait trois roues ; toutes trois dans un seul
courant d’eau étaient d’une forme pailiculière ; les
planches sont (rès longues, mais les leviers très courts,
de sorte que la force de l'eau gagne à la largeur des
unes ce qu'elle perd à l'étroitesse des aiirres. Ln cer
endroit on pas.se le Ncckar sur un batardeau de
140 pas de longueur tjui est si étroit et si faible qu’il
oscille sous les pieds ; ceci conduit dans une belle et
large prairie bordée de collines avec quelques parcelles
de vignobles ; ce sont bien les dernières de ce côté.
Nous suivons un sentier qui est assez parallèle au
39. Les marques d'honneur étaient les cicatrices que les étu¬
diants avaient sur le visage, le nez et les oreilles à la suite de
duels au sabre.
Neckai et nous arrivons .sur une petite éminence
offrant encore une belle perspecti\’e. mais d'une beauté
différente ; à gauche sc trouve maintenant Neuffen
avec la scrit des montagnes qui .s’y raicachenr ; en cet
instant elles sont toutes dorées sous le soleil couchant ;
à dmite est la ville de Nürtingen, notre lieu de balte
pour aujourdliui. Cela nous tait oublier à tou.s notre
peine et nous nous bâtons d’y arriver.
Nûreingen est une très jolie petite ville ; nous arrivons
du côté de rhôpital qui est un bâtimenr important et
qui fait fort bon elTet ; il y a au.ssi autour de la ville de
belles avenues de tilleuls ; la porte est peinte de
fresques avec goût ; les rues soni larges, droiie.s et bien
pavées ; i! e.st seulement dommage qu elles soient si
tncgaics.
Apres avoir dépo.sé notre petit bagage à l'auberge,
nous allâmes au bureau du grand bailli, où le jeune
H, Bülfjnger avait déjà annoncé notre arrivée. Se trou¬
vaient 1,1 deux élèves de la faculté : le bon chevalier
Uertinger qui sç pavanait avec le.s niarques d’hon¬
neur^’^ qu’il avait obtenues la veille et M. le comte de
Coranini. Toute la maison nous accueillit avec beau¬
coup de civiliïé ; on nou.s conduisit dan.s le verger sur
un bras du Ncckar et cn.suiie nou.s vi.siramcs Ic.s mou¬
lins qui sont sur le fleuve. Ils appartiennent tous à la
ville qui en tire un revenu assez considérable ; un très
long batardeau sur le Ncckar a besoin d’étte entretenu
consLammem pour Iciu procaiei Peau qui est néces¬
saire. Le moulin à farine sc distingue entre autres par
son caractère nouveau et sa dimension • il a liuii
meules, toutes dans un excellent état ; cependant ce
remarquable ouvrage n'avait presque pus fbnerionne
depuis irois mois à cau.se de la rude concurrence des
autres moulins, l^e pauvre meunier sc plaignait fort,
car il faut qu'il donne aus.si ii la ville un lermugc de
rrenre-cinq siniris'*** de grain par semaine. 11 y a aussi
un moulin a sciei le marbre qui allège fort ce rude
labeur : il con.si.sce en une scie qui c.st maintenue vlan.s
un mouvement horizontal con.stant au moyen d'une
mue à dents Un mécanicien connu chez nous, Michel,
a construit ce moulin.
A notre retour, M. le grand bailli nous entretint de
riiôpiial impcri.ll de NUrtingcn ; Ü esc .soumis à la
lurldictlon vvurtembergeoise^ mais c’est un Fief immé¬
diat de remplrc, L’admiiiLstraiion en appaniciu aux
magistrats de Nürtingeii sous la présideneç du grand
bailli. En ce qui concerne les aliaires ordinaires, ils
n'ont 3 rendre compte absolument à personne ; mais
quand ils veulent se procurer des avantages, par
exemple des augmentations de traitemciu, il faut que
le conseil privé du duché en prenne connaijksaricc et en
juge. Chaque année Ü passe par les mains des adminis¬
trateurs environ 60 000 fl. sans les avantages
en nature : et ils- bénéficient outre cela de tous les
droits considérables de l’hupital, avec par exemple,
40. Simri : mesure de capacité usitée aans le Würiemoerg, et
valant 22,61 litres.
300
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Fig. 5. — La promenade sur le Teckberg. En citation : ... altos venîum in montes atque invia lustra [... on parvint à de hautes mon¬
tagnes et à des escarpements inaccessibles] {Virgile, Énéide, livre IV, vers 151). Dessin au crayon de Georges Cuvier (180 x
110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
301
Taquet P.
rexercice du patronage sur plusieurs villages.
Une fondation de cette richesse est excessivement utile
aux pauvres de la contrée ; clic leur dispense des
secours de toute espèce. Si le désordre se mettait dans
les finances de la ville, rhôpiral pourrait aussi y sup¬
pléer un peu de ses revenus.
A la maison, Dertinger, l'éternel musicien avait monté
un concert ; quelques violons, une flûte et un clavier
en faisaient le fond : Mme la conseillère aulique chan¬
ta ; assurément clic n'est plu.s toute jeune ; sa voix non
plus. Un bon souper fut la conclusion de tout. Toute
la maison nous accompagna à notre hôtel et mainte¬
nant je puis dire, i! y eut un matim il y eut un soir, ce
fut le premier jour.
Le second iour de notre voyage était destiné à la visite
du Teckberg. Mme U conseillère aulique avait aussi
depuis longtcmp.s le projet d’y faire une promenade
avec Sa Grâce, Mlle de Bernardin ; clic voulut donc
profiter de Toccasiun et y aller avec nous. On annonça
la nouvelle la veille aassl bien à Sa Grâce qu'au bailli
de Dettingcn, village en contre-bas de la montagne, et
tout fut préparé pour l’excursion. Avant le départ
cependant, nous voulûmes voir quelques curiosités de
Nürtingen. On nous conduisit dans le jardin de
l’intendant de l’hôpital situé sur une éminence à peu
rès à un quart de lieuc-de la ville et d’oü il y a la plus
elle de routes les vues, Rnsuifc nous visitâmes l’hôpi¬
tal ; ce bâtiment est très considérable, tout neuf, et
peint de fresques du plus bel effet ; il ne sert pas
comme la plupart des hôpitaux â l'habitation des
pauvres, mais seulement aux assemblées des adminis¬
trateurs, assemblées auxquelles une très grande salle est
destinée ; il sert aussi à la levée des impôts en nature ci
à l’habitation des fonctionnaires et employés. La cave
est très profonde, creusée dans le roc, et elle contient
quelques tonnes qui sont très grandes ; l'une d’cHc
avait quarto7.c picas de diamètre et contenait quatre-
vingt dix seaux. On nous fit goûter aussi un fort bon
vin et Ton nous montra une bibliothèque commencée
depuis quelque temps par le maître de l’hôpital pour
la commodité de l’administration. Elle est installée de
façon prarique et renferme majoritairement des livres
d’histoire et d’économie.
On nous avait vanté le cabinet de rapothicaire
Clcmms ; nous voulion.s donc ne pas quitter
Nürtingen sans l’avoir visité. Mais cette collection ne
méritait pas tous les éloges qu’on lui .avait donnés ; il y
a dans le nombre quelques jolies pièces, mais tout est
très incomplet. La figure môme du propriétaire de la
collection est peut-être ce qu’il y a de plus remar¬
quable. Qu’on se représente un petit bout d’hommt
41. Cuvier a sans doute lu dans Y Histoire naturelle de Buffon au
chapitre Variétés dans t'espâce humaine : ■« On trouve en
Laponie et sur les côtes septeninonales de la Tartarie une race
d'hommes de petite stature, d'une tigure t>izarre, dont la physio¬
nomie est aussi sauvage que les mœurs. Ces hommes qui
paraissent avoii dégénéiê de l'espèce humaine, ne laissent pas
que d'être assez nombreux et d'occuper de vastes contrées ;
les lapons danois, suédois, moscovites... »
de quatre pieds environ dont la tète est excessivement
grosse et surmontée en plus d'une perruque démesu¬
rée, et l’on aura le portrait de rapothicaire Clemms à
peu près dans la tétc. Malgré .sa stature de Lapon"*', ce
monsieur Ku excessivement poli pour nous et il fit
preuve Je beaucoup d'esprit dans ses discours et mon¬
tra de multiples connaissances.
Cependant Leurs Grâces étaient arrivées au grand
baillagc dans leur voiture, ci on avait prépare un repas
UC l'on a coutiimc, à cause de sa nature amphibie'*'',
e nommer dqeurter Chacun devait en
conséquence se rendre comme il le pourrait, au lieu
du rcndev^vüus commun, Dettingcn ; les dames dans
une chaise, quelques messieurs â cheval et nous les
quatre pèlerins, à pied ; mais une destinée fort cruelle
nous aciendaii. M. le profcs.seur dt Marschall que sa
bravoure n'avait jamais abandonné même dans le
voyage à pied s'eralt, pendant le repas, laissé aller à
routes sortes de propos et entre autres choses, il avait
parie avec les dames que nous arriverions à pied â
Dettingcn plus tôt qu elles avec leur voiture.
Comme quatre démons nous franchîmes numi, vallée,
prairie, bois sous la conduite d’un (laysan de
Nürringen ; mais que le lecteur me di.spense de la
peine de décrire notre route ; je n'ai rien vu, nen senti,
à peine même mes pieds, mais ce que je sais c'est que
nous nous trouvâmes au grand baillage du village de
Dettingcn, Schlos-sberg, huit minutes plu.s tôt que la
voiture, â notre très grand étonnement aussi bien qu’à
|:i surprise extrême de Sa Grâce et de Mme la conseil¬
lère aulique. Là donc se trouvait, comme il nous
l’avait promis, notte grand conseiller Duttcnholcr^'*.
qui est neveu du bailli ci qui .sc préparait avec ses deux
cousines, filles du bailli, à gravir la montagne avec
nous. Quelques instancs aprè.s arrivèrent encore trois
c.avaliers. M. le con.vcililcr de commerce Klôckler de
Kircheim duquel il ne tardera pas à être question,
l'élève de la faculté Knisd et son Irère ; ils résolurent
d'être aussi de la partie
L’on voit de tout cela que la socicré n'érait pa.s petite :
la quantité des personnes, la voiture, les chevaux en
assez grand nombre, tout donnait à l’affaire un aspect
solennel, et comme justement le duc"*^ était à
Kircheim, les paysans des cnvlroas crurent en consé¬
quence que celui-ci allait faire une visite à la mon¬
tagne.
Nous nous mîmes à grimper comme nous pouvions
(Figs 5, II), ec ici je dois sincèrement et en présence
de tous, rendre hommage à la plus .solide et la plus
alerte de routes les jeune.s personnes, Mlle Louise
Gletcin, fille de M. le bailli de Detrlngen ; un tribut
42. À double usage.
43. En français dans le texte de Cuvier.
44. Mag., sans doute magistrat.
45. Le duc de Wurtemberg.
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GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
de louanges lui esc dû, je le rends. La politesse française
m*avaii engagé à offrir mon bras et je me flattais d’être
le guide juqu’au Lecltberg d^unc si jolie demoiselle...
Faible jeune homme ! C esr elle qui rny a fait monter.
De fait, pas un homme n'eût peut-être mis plus de
Icgcreré et de force A faire face à toutes les occurrences
possibles que ne le firent cette noble dame et sa sœur ;
er cela sam qu’il se manifestât ni dans leurs traits ni
dans leur tenue la moindre trace d'une impression
fâcheuse. Que cela vous donne à réfléchir, jeunes
demoiselles de nos villcs^^ !
Nous gravimes dont la montagne * j’espère que de
tour mon bavardage précédent on aura tiré cette
conclusion : le l eckberg est 1 un des points extrêmes
de l Alpe ; son pied s enracine dans plusieurs collines
assises l’une sur l'autre et ne porte que du gazon ; et il
est vrai un assez pitoyable gazon, pour autant que je
puisse en juger alors : la belle GaUtana irerriUy très fré¬
quente y llcuri.ssait, alors que celle-ci pousse en géné¬
ral au pied de route la chaîne des Alpes. Ln qudques
endroits le sol devenait très matéeugeux. Quand on a
franchi toutes ces collines on arrive sur la montagne
propretnenr dire qui les domine toutes ; la pente
devient très raide et elle est toute revelue d’un épais
taillis. Nous suivions un petit sonner tout en étant
souffletés fréquemment par les branchages ; mais nous
supportions tout et nous arrivâmes sur la pointe chauve
du Teck... avant la voiture et les dames. C'était donc
la seconde fois que nous faisions nos preuves dans
l’exercice de la course. Sur le sommet de IsL momagne
où il y a encore quelques restes des anciennes
murailles du chàreau, on jouit de la plus vaste des
perspectives. C’était bien l’endroit le plus commode
UC toute la contrée pour y bâtir un nid de brigands ;
car les ducs de Teck, malgré leur beau litre, ne
valaient pas beaucoup mieux que le commun des gen-
tilhommes.
Leur ancêtre, Berrhold de Zehringen ponait. comme
tout le monde le saie, le titre ducal, tant pour le duché
de Souabe qu'il ne posséda jamais que pour le duché
de Carinthic qu’il ne garda pas longtemps, et il trans¬
mit ce titre à la ligne de ses descendants qui habitait
Teck ; de la meme manière, il ti'ansmit â une autre
ligne le titre de margrave qui lui avait été apporté par
le margraviat de Vérone lequel fut quelque temps
entre ses mains. Je ne veux pas disputer leur titre aux
ducs de Tcck ; mais ce qui est certain c^est que leur
résidence devait être très nclie, mais aussi très froide ;
Il règne là-haut un vent qui, bien que devant paraître
une chose fort habituelle à des gens arrivant tout juste
de la vallée du Neckar, ne se pouvait comparer à celui
dont nous parlerons ultérieurement.
46. Cuvier enverra depuis Montbéliard au cours de l’été 1788,
un dessin à Louise Gleltin car dans une lettre à Pfaff (Pfaff
1858: 50), Il éorlî â son ami :
« Mademoiselle Louise Qlettin. à Dettingen, la plus robuste des
femmes, a-t-elle reçu le dessin qui lui était destiné ? Tu pourras
Note inlrapaginale : nous ne voulions pas quiiter Teck sans
avoir vu le fameux trou de ta Sybille. Des gens pensent que
c'est une rssue secrète que les ducs s'étaient ménagé pour,
dans les cas urgents, sortir de leur fort- Je n'ai pas été dedans,
je ne puis donc en dire grand-chose ; mais I entrée est trop sau¬
vage et ressemble trop aux entrées de toutes les cavités natu¬
relles pou' que cette iradition ad lieu de rne paraître
vraisemblable. Elle est tournée, cette cavité vers la petite ville
d'Owen qui esi siiuèe au pied de la montagne et qui était le
chef lieu du domaine de Teck. S'y trouvent encore les tombeaux
des ducs de Teck, ainsi que leur arbre généalogique.
A la maison une belle collation avait été préparée par
Mme la bailÜve^ et afin que nous perdissions complè¬
tement tour ce que nous avions de forces, nous dûmes
encore danser. De la sorte nous oubliâmes presque
entièrement le but de notre voyage et, de l’érat de
naturalistes, nous énon.v passés à celui de purs petits
maîtres, lorsque M. KIdckler, lequel avait jusque-là
donne peu de signes de vie, s’approcha de mon oreille
cr me dît tout bas que nous lui avions etc recomman¬
dés dans une lettre par M. le consçillei d'expcdicion
Wci.sscr à Stuttgart et que c’était pour cela qu'il clult
venu nous chercher pour nous conduire u sa tourbière.
Son zè|e était si grand qu il me proposa de I y suivre
sur le champ ; à peine voulut-il prêfrr l’orfille à mes
objections : que nous crions fort las, et que par ailleurs
ce ne serait pas un grand témoignage de politesse de
quitter les dames si vite. C'est un nonnêce Souabe tout
pur, de bonne semence et de bon grain, et il est aussi
étrungei a la fatigue qu'à la politesse : toutefois, il me
dit du ton le plus honnête : n Qu il en soit comme
vous voudrez ; comme bon vous semblera « ; et c’est
ainsi que furent pat la suite scs réponses à toutes nos
demandes. Pendant la danse cependant il ne voulut
pas perdre tour à faîr son temps. « Venez, dic-ü, en me
prenanr p.ar le bras : je veux vous montrer quelque
chose. » Nous descendons dans le jardin oü il y avait
une espèce de ruche réellement peu commune. Elle est
garnie de planches qui laissent aux abeilles des ouver¬
tures uniquement pour l'entrée et la sortie. Il y a der¬
rière la ruche un passage qui peut sc fermer. Cette
disposition n'est pas sans utilité, car le miel est moins
chauffé pai le soicÜ et ne peut fondre ; et ceci rend
moins facile faction des voleurs^^. Après que nous
eûmes pris conge de route la société nous allâmes avec
notre conseiller en commerce, dans la fraîcheur du
soir, jusqu'à Kircheim où nous arrivâmes à la nuit
close.
Là, il nous mena chez son beau-frère le jeune M. le
docteur Osiander. Celui-ci possède un joli cabinet
d’histoire naturelle qu’il nous fit voir avec fobligeance
la plus extrême. Cette collection se compose en
majeure partie de coquillages et de minéraux. Nous y
le savoir près du magister Duttenhofer *».
47. Sur cette page, à la plume deux ébauches de dessins
d’oiseaux faites par Cuvier.
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303
Taquet P.
remarquâmes particuJtêrcment une rrès grande corne
d’Ammoji p^rrifiee en jaspe et plusieurs (fchanrillons
des ardoises de Mannsfeld. Mais, à mon avis, ce qu'il y
J de plus précieux, dans ia collection, c'esi la réunion,
faite par M. le docteur lui-même, d'embryons à
presque cous les stades de la grossesse ; on y distingue
d’une fort belle façon les dilîérents degrés de croissan¬
ce du corps humain. Il y a aussi dans le nombre plu¬
sieurs fœtus monstrueux-
Il nous fit voir aussi une pièce curieuse, c'est le crâne
d'un homme qui s'était pendu à cause de douleurs de
tête consraniea et incurables. On voit clairement la
cause de cela et la complète impossibilité de la guéri¬
son ; il s’était formé une petite excroissance osseuse
pointue longue d à peine une lignc^^ et cette excrois¬
sance appuyait sur une ancre de sorte üu’à chaque
pulsation il se produisait nécesÿairement les douleurî
les plus affreuses.
M. le docteur Osiander possède aussi une jolie collec¬
tion en plâue de bas-relief; d’après l’antique, mor*
ceaux qui doivent tous provenir du musée de Cl.assel et
dont l’examen nous a fait beaucoup de plaisir.
KlôckJer nous força à prendre nos qu.inier.s chez lui cm
nous permit, au moyen d’un bon souper et de bon.s
lits, de renouveler nos forces. Mais dès six heures, il
nous éveilla pour que nous fissions nos apprêts de
marche vers sa tourbière tant vantée. Nous quirrâmes
donc Kircheim sans même l’avoir vu. Le soleil était
couché lors de notre arrivée et il ne paraissait pas
encore lorsque nous pariirnes.
Mais Klocklcr nous raconta en chemin beaucoup de
choses : par exemple, il nous parla des chapeaux qui,
ici, sont très bien fabriques ; dus quatorze moulins que
la Laurer fait marciier : de la iabrique considérable de
mouchoirs et de ci*avate^, laquelle a été Ibndée par je
marchand Kolb, etc,, etc. Ce serait bien ici le niorncnl
de décrire le lever du sc»lril et, suivTinr l'exemple de
beaucoup de voyageurs, de réassembler à partir des
poètes anciens et modernes toutes les descriptions per¬
tinentes ou non pour composer un rablcau de ce que
chacun peut voir iui-meme sans avoir à sortir de cnez
lui. Mais il y a pour mol un obstacle qui s'oppose à ce
dessein, c est que nous n’avons pas vu le soleil de la
journée er moins encore â son lever, puisque le ciel
était couvert de nuages sombres ; de sorte que si j’en
parlais ici chacun de mes compagnons de voyage me
taxerait de menreur le plus effronté.
La route qui va de Kircheim à la Tourbière de KJôckler
passe par les villages de Nabern, Bissingen et
Ochsenwangen ; la tourbière esc entre cc dernier village
et Schopfloch, c’est-â-dirc sur le versant le plus abrupt
de TAlpc. Entre Kircheim et Bissingen, le terrain est
très uni ; les champs de cette région produisent le
48. Douzième partie d un pouce.
49. Pleins • toujours exploités dans les célèbres carrières Hauff
d'Holzmaden qui livrent une faune splendide du Lias
{Jurassique inférieur).
meilleur froment tn rarpcni sc paie jusqu'à 400 fl.
Leurs terres sont pleines de pcritc.s pierres provenant
sans doute des calcaires voisins du Teck er de
Breirenstein. Le déjeuner eut lieu à Bissingen : les
petits pains blancs de cet endroit sont particulière¬
ment bons ; ils se font dans des plats et sont pétris
d’une iaçon particulière,
Em cc lieu habite un homme qui travaille le marbre ; il
n’a pas à aller loin pour quérir les matériaux ; le.s mon¬
tagnes d'alentour ne contiennent presque pas d'autre
pierre. En général, la majeure partie de l'Àlpe en esc
composée et si cela était c.sploiié en grand, cela pour¬
rait devenir pour le Wurtemberg un nouveau maté¬
riau pour le commerce. Nous vîmes chez cet homme
les plus belles sortes de marbre, et il y a plusieurs
personnes à Stuttgart aussi bien que dans ]e.s autres
villes qui possèdent des aïllecriôns complètes d^Ahan-
lillons paririi lesqiiels règne la plus grande diversité.
On peut encore mieux s'en convaincre en conskléranc
la salle de marbre er les autres travaux en marbre au
palais ducal de Sturrgart : car tout a été tiré du pays
même. Du bol à polir, on en trouve sur le Teck, il n’y
.1 cpic la pierre de Bim.scn qu'on .soit obligé de faire
venir.
Il avait au.ssi une espèce d ardoise qu’alenluur on
nomme Elein*-'*’' ci qui sert au mvciemcur des sois* ; la
couleur en e.st grise et elle lait médiocrement efferves¬
cence avec les acides ; on l'exploite à Ohrnden. Zell,
Hanenhofen, du baillage de Kircheim.
Il doit faire venir Ealbâtrc de Rothenberg ; on sait que
par là les minéralogistes allemands entendent une
.■jorte de pierre de gypse qui reçoit aussi k poli quoi-
qu’à un degré moindre que le marbre. Cette dénomi¬
nation n'est pas acceptée par les Erançait: qui eux
conscAcnt le nom d alalviMi'om à une sorte de marbre
fin à laquelle elle appartient de louie ancienneté, et ils
nomment la pierre dnre de gypse alabcstrit'’*^. C’est
une chose qu'il faut bien noter, parce que VogcL dans
son système de minéralogie, est de l’opinion erronée
que les noms d’alabastcr et d'alabcsrrir dé.signenr .sim¬
plement deux degrés différents de dureté. 11 n'y a là
cependant qu'une dispute dt noms, c’est pourquoi
nous ne devons pas nous y arrête!.
Avanc Bissingen, on arrive à ce qu'on nomme le
Breitcnscein ; c’esr une h.iurcur qui apparcient à l'/Mpe
et qui est toute plaît au sommet et c'csi deccMte conri-
guration qu'elle a tiré son nom. C'c.st la raison pour
laquelle il y a un gradin qui conduit à l'Alpe. Sur ce
gradin nous trouvâmes en llcurs les plantes suivanic.s :
PnmuliX vem elutîor, Gentjam verna. Pam ^ x folia,
Vincit mtnor, Orobm ^fernus^ Pulmonaria ojficinalis,
Helleborus foetiduSi Actea spicata, Phyteuma spkata^^.
Dans les pierres on voit quantité de cornes d’Ammon,
50- Alabastrite.
51. La primevère-, la gentiane. Paris quadnfoHa ; ia parisette, la
pervenche, l’orobe printanier, la pulmonaire, l’hellébore, l'actée,
la raiponce.
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Récit inédit de Georges Cuvier
Fig. 6. — Le tricoteur de bas à Mùnsingen (?). En citation : Hic irresectum saeva dente livido, Canidia rodens pollicem . Ouid dixit ?
aut quid tacuit ? [Alçrs, furieuse, Canidie, rongeant de sa dent bleuâtre son pouce qu’elle ne coupait pas, qu’a-t-elle dit ? Ou qu’a-1-
elle tu ?] (Horace, Épode V. vers 47-49). Canidie désigne une parfumeuse napolitaine (Gratidie dans la réalité) sombre magicienne.
Dessin au crayon de Georges Cuvier (170 x 120 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France.
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305
Taquet P.
des plus grandes et des plus belles. À ceiie occasioti il
faut aussi que je relève une erreur commise par un
grand nombre, entre aulres par un écrivain devenu
très célèbre depuis quelques années : M. Bernardin de
Saint-Pierre, l'auteur des Études de Nature. Les
petites pierres de silex qu’on trouve parcout dans les
lits de craie, il les explique comme une cristallisai ion
des corps des anirnaux dont les coquilles ont formé la
craie**-. îl est vrai que dam tous les coquillages pétri¬
fiés qui se trouvent encore entiers sont attaches de
petits cristaux aux parois intérieures : mais pour que
ropinion de M. de Saint Pierre fût exacte, il faudrait
que ces cristaux fussent de nature siliceuse et l’on
trouve le contraire. Dans rom ceux que j'ai examinés,
noniménicnr dans les cornes d'Ammon du
Breitenstein. il y a un simple spath calcaire qui hiir
bien effer\‘esccnce avec les acides et ces cristaux atironi
été formés vraiscmblüblt-mcnt par les rraecs d’humidité
traversant la coquille. En un endroit, i! y avait aussi
quantité d'un ocre de fer très rouge tombé d'une cre¬
vasse de la montagne. Enfin, après une longue montée
nous arrivâmes au sommet de la montagne où tout
redevenait plat. C’était bien l Alpe et la vraie^^. Le cli¬
mat change du tout au tout ; on se croit îiansporté au
moins en Suède : les ;irbrcs, qui dans la vallée du
Neckar commençaient en partie à fleurir, avaient ici à
peine ouvert leurs boutons, et de toutes les herbes,
aucune n’était en fleur, si cc n'est le très précoce
Ornitbagalum luteuni^^. Ce qui, au premier coup
d’œil, paraissait le plus misérable, c’était l’étonnante
quantité de pierres de craie blanche qui jonchaient les
champs ^ certaines de ces pierres ont un pied de lon¬
gueur cc la moitié au moins de !a surface de la terre en
est couverte. Cependant, je crois que c’est malgré lotir
un bienfait pour ce pauvre pay.s ; si ce.s pierres
blanches ne renvoyaient f>as les rayons du soleil et avec
eux la chaleur, ( avoine même ne pourrait pas y arriver
à maturité. Le vent froid nous fori^ait à nous protéger
les oreilles. Le premier village que nous rencontrâmes
est Ochsenwangen, un lieu avec un bureau d'enregis¬
trement. Lin peu plus loin, on voit au milieu du pla¬
teau muntagneiix une vyllée profofide ou s’élève dans
un isolement complet le mont Nellinger ; il a une
forme conique et il nous semble avoir été autrefois un
volcan ; si le temps de notre voyage n’avait pas été si
court, nous l’aurions bien examiné de plus près : mais
M. le Professeur -Storr à Lübingen nous a assurés
depuis qu'U est bien possible qu’il n'y ait pas eu de
volcans sur l’AJpe et que dans 5C.s voyages il n'en a
jamais rencontré trace.
A un quart de lieue au-delà d'CVbsenwaugen se trou¬
ve la tourbière ; elle est particulièrement remarquable
parce que M. le conseiller de commerce Klôcklcr a
52. Bernardin de Saint-Pierre H. J. 1792. — Études de la
Nature. Tome 1. Étude quatnème. Didot jeune. Paris : 316-318.
53. En fait, Cuvier écrit seulement « undzwardie aechte ».
inventé un moyen de carboniser la tourbe dans des
charbonnières ordinaires comme pour le bois, donc à
moindre frais qu'avec la manière habituelle dans les
fours. Le district où l'on trouve la tourbe esi an peu
déprimé et occupe une surface de quarante-cinq à
quarante-buir arpents wurrembergeois. La tradition
populaire veut que jadis une ville ait été engloutir en
ctî endroit. La première couche, de deux pieds de pro¬
fondeur, contient de la tourbe qui peur .se brûler pour
les u.sagcs ordinaires ; mais on ne carbonise que la
rourbe de ta seconde couche parce qu elle est bien plus
pesante et plus noire, et conrient donc plus de
lioiiilic ; ccuc couche a six pieds de profondeur. Sous
cetre dernière cxisie une troisième couche qui a trois
pieds de profondeur et dont I aspect ne parait pas dif¬
férer du foin numillé ; un distingue presque botani-
epicmenr le-S herbe.s dont elle se compose et des
chevaux en ont même mangé, ainsi que M. Klockler
nous le raconta. Dans les trois couches se trouve une
grande quantité de r.îcincs d’atbies mais de racines qui
SC coupent à la pelle aussi facilement que du beurre,
quoique leur forme et leur couleur leur soient demeu¬
rées. La rourbe est un peu ferrugineuse, mais elle ne
conrient que des traces de .soufre ; elle e5t donc de la
meilleure espèce.
Avec raide des bcchcs représcmcc.s - fig.'^^ - elle est
coupée en morceaux régulièrement parallèles de 13”
de longueur, 5 1/2" de largeur er 3 l/I" d’épaisseur.
Quant elle e.sr séchée les morceaux n om que 1 L\ 4”,
et 2 1/2 ”. Mille de ces morceaux coûlem à la fosse
même 1 fl.40 et a KiRbeini 2 fl .40.
Les meules à charbon .sont couvertes d'un éceignoir,
c esi-à-dire qu elles sont bouchées avec le déchet des
carbonisations antérieures ou. pour parler propre¬
ment, de cendre et de tourbe ; pour le reste, elles se
construisent et s allument absolument comme celles
du charbonnage du bois. Une pleine voiture pour la
combustion ne coûte que 30 fl. de frais. Cette tour¬
bière occupe parfois jusqu'à vingt rravaüleurç. Les
talents de M. Kfockler pour ces tourbières lui ont valu
du duc le titre de conseiller de commerce.
Après qu'il nous eût tout fait voir avec .sa « bonho¬
mie « habituelle, nous remarquâmes qu'il était temps
de poursuivre notre chemin. Bien, comme vous vou¬
lez. •» Nous le remerciâmes pour son bon accueil et
nous nous finies conduire à Borbingen par un de ses
rravaillcurs.
Le chemin passe par le village de Schoploch, dans une
plaine inculte. Tout y était conmic dans l’hiver le plus
triste : des bois sans aucun feuillage ; sur l'Aine à cause
du manque de sable il y a très peu de bois à
aiguilles'’'^ ; des champs pleins de pierres, et ça et là,
encore de petits monticules de neige. À cette hauteur
54. L'ornithogale.
55. La figure n’est pas dans le manuscrit.
56. Peu de conifères.
306
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Vm4
^•;i/t . 1;»
Fig. 7. — L’épouvantable coup de vent dans la prairie de Frohnthal. En citatipn : Hic... Luctantes ventes tempestatesque sonoras
Imperio premit... [Ici... Aux vents en lutte et aux tempêtes retentissantes II - Éole - impose son pouvoir...] (Virgile, Enéide, livre I,
vers 53-54). Junon demande à Éole de déchaîner la tempête contre les Troyens. « Ici » : dans l’antre d’Éole. Dessin au crayon de
Georges Cuvier (140 x 110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
307
Taquet P.
il n’y a pas un seul arbre fruitier ; les villages paraissent
aussi dans une profonde misère ; partout des toits de
chaume hideux ; des habitants en haillons ; tout
contribue à rcprcscrucr celte contrée comme la plus
misérable du duché.
Auprès du triste état de h montagne, la belle vallée de
Guttemberg'’^, qui est derrière Schopfloch, Htii un
contraste des plus surprenants. Elle n est pas lai^e ci,
de trois céités, des rochers presque à pic Pcnvironiieni-
En haut, dans les rochei's, c’éiaii parmut Thiver ; en
bas dans la vallée, c’était le plus agréable des prin¬
temps ; dans la vallée, ce n'est que gazon et ce gazon
était alors du vert le plus frais, a dans sa plus grande
partie couvert d'arhres en Heurs. Le joli petit cours
d'eau de la Laurcry décrit toutes sortes de méandres,
et fait tourner un moulin dès sa source, Au milieu de
la vallée se situe le village de Guttemberg qui n‘a pas
de champs labourables, mais dont les prairies valent
I 600 fl. Parpent et les vergers 2 000 Autant la
vallée est agréable, autant sont terribles ces murailles
rocheuses verticales qui l’entourent ; murailles toutes
nues et d'une hauteur étonnante. Je crois que cette
vallée est"^’^...
II manque le feuillet 12. c’est à dire un recto et un verso. La
figure 6 (le tricoteur de bas de Münsingen) correspond à ce
feuillet manquant.
...hors de la chambre ; mais en montant elle ren¬
contre une autre femme qui venait aussi chercher son
mari. Alors la bacchanale recommença de plus belle et
les maris furent forcés de céder aux clameurs réunies
des deux : ils sVn allèrent. On rejette la faute de toutes
ces dissensions dttmcstiqucs sur Pcspni de piétisme
qui a été inspire aux femmes de Penaroit d'une façon
inintelligente par le pasteur en place.
Le 24 avril
On déjeuna de très bonne heure de la manière rappor¬
tée ci-dessus, et nous quittâmes Münsinçen pour
gagner Gravcncck'-'^. Tout contre la ville s étendent
des champs qu’il nous fallut traverser et, à mon cha¬
grin extrême, ce fut assez long. Ce qui causait ma
peine c’était le vent de PAlpe qu'icj, pour la première
fois, je sentis dans mute sa force. Les oreilles et le nez
en souffrirent excessivement cc I on peut être a.s.surc
que c’est bien la plus grande incommodité qui soit
particulière à cette région. Cc vent était si fi>rt que je
pouvais â peine respirer ; mes compagnons de voyage
57. Aujourd'hui Gutenberg.
58. La mesure des surfaces est donnée en « morgen », unité en
vigueur dans le Wurtemberg.
59. Lackne : Cuvier peut vouloir dire avec ce mot, vernie, chan¬
ceuse.
qui, probablement, n’étaient pas plus à leur aise que
moi, rirent néanmoins beaucoup de la façon dont je
me protégeais du froid et trouvèrent que j'étais bien
tendre ; .sans doute faisais-je aussi une figure un peu
ridicule ; j’avais peur, à vrai dire, de laisser la largeur
d’un pouce de rna peau exposée à la rigueur de I air.
Aux champs succéda un joli faillis qui alors était
encore dépouillé de se.s feuilles, mats qui dans Pété et
fiarriculièrcment dans le temp.s assez bref où le vent est
absent, doit être très agréanle. Le duc y venait très
.souvent lorsqu’il habitait Graveneck, soit simplement
pour la promenade ou bien lorsqu'il s y faisait donner
In collation, i.â flcurissniettr ; Hellehnru> foetidus,
Gentianu verna-, Asaritm eurofieum, PoitndHa t'frud et
Ramomdus htdbosu^'K Ce dernier, à cause de la froi¬
dure était resté excessivement petit. Au bout de ce bois
se trouve Graveneck, vieux château de chasse que Son
Altesse le duc actuel a fort agrandi et pour ainsi dire
refait tout à neuF'^.
Le bâtiment principal a été augmenté* d'un «« corp.s de
logis 0 et il y a encore prè.s de vitigr pavillons en enfilade
qui y ont etc ajoures ; ils ne sont séparés que par des
portes grillcos ci servent au logement de la cour, l.’un
d’eux contient la salle de spectacle ; il y a là un joli
théâtre où durant tout le séjour du duc, c'est-à-dire
environ six semaines par an (car cette contrée n’est pas
habitable plus longtemps), on jouait la comédie en
français. La salle elle-mcme est petite et était destinée
simplement à la cour.
La situation de Graveneck n'est rien moins
qu’agrcablc, quoique sur une montagne qui, soit dit
en passant, a dii être terrassée au prix de frais horri-
Piques ; il n’a vue que sur doux vailées ermites et Pair
est si rude que, asmme il a été dit plus haut, il n’est
habitable que six semaines dans Pan née.
On nous montre tout l’intérieur ; l’appartement prin¬
cipal, qui est dans le château neuf, a un beau salon et,
de Pun et de l'autre côtés, plusieurs pièces fort bien
meublées ; mais les autres charniires .sont petites., dis¬
tribuées et garnies avec une parcimonie presque ridi¬
cule.
L)epuis bien des années ce cliâtcau est abandonné et
Pon a même remarqué que le duc, quant il est venu
\isitcr Ces atnirces, n’a jamais demande à le revoir. Au
pied du château se trouve une vallée d’un très bel
aspect pour celui qui la contemple d’une chambre
bien chauffée. Lc.s deux collines, qui en font croi-s, sont
tapissées çà et là de petits groupes de sapins très pifto-
60. Aujourd'hui Grafeneck.
61. L’hellébore, la gentiane, l’asaret, la potentille et la renon¬
cule.
62. Sur cette page se trouve l’ébauche à la plume d’un cheval
vu de trois quarts arrière.
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Fig. 8. — Trois cavaliers et leurs chevaux. En citation : Ouadruped. Peut-être dessinés par Cuvier lors du passage au haras de
Marbach. Dessin au crayon de Georges Cuvier (140 x 110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France.
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Taquet P.
resques. Au milieu coule un joli ruisseau qui sc
nomme aussi la l^uter, c;^uoiqu’il .soit très différent de
celui qui passe près de Kircheim ci dans la vallée de
Guttemberg. Sur les montagnes plus élevées qui cou¬
ronnent les collines. W y a des bouquets de bois majes¬
tueux ; tout cela fait un fon: beau paysage où la nature
agreste et l an s équilibrent dans de justes proportions,
mais, imprudents voyageurs, ne vous laissez pas
séduire par l’apparence. Dans cotte si belle vallée règne
le plus détestable de tous les vents que j'ai jamais
sentis ; dans la caverne d'ÉoIe iî est impo.ssible que ce
soit pis (Fig. 7). La vallée doit faire à peu près l’effet
d’un cornet acoustique, et les collines doivent repous¬
ser tous ces vents oui souftlcnr sur elles de telle façon
qu’ils sont portés dans une seule et même direction ;
car je doute fort que corijurés, les trente-deux vents de
l’horizon fussent d'une plus âpre furie que le vent
unique qui a élu domicile dans (a prairie de la vallée
de Frohn.
Au bout des prairies de la vallée de Frohn se trouve le
haras de Marbach, comme si Ton avait voulu, comme
aurrefoLs le faisaient les poètes des fables ibères, engen¬
drer les chevaux par le vent. Le fait est que l’endroit
serait le mieux choisi pour cela. Pour parler sans plai¬
santerie, je considère comme un des principaux avan¬
tages de l’élève des chevaux >vurtembergeots, qu’on ait
place les haras pour la plupan dans les régions froides
de FAIpe ; car bien que les bonnes races de chevaux
proviennent aussi de pays chauds, comme l'Espagne,
la Barbarie, l'Arabie, néanmoins la vraie patrie ou che¬
val est la grande Tatarie ainsi que les pays dont les cli¬
mats sont semblables à celui d’ici, et il doit aussi y
croître et s’y multiplier le mieux. Je ne puis pas non
plus laisser ce sujet sans louer raneofion particulière
dont on peut se faire gloire dans le Wunemberg pour
cette branche de* l’élève des bestiaux. Ce soin a dejè
produit les meilleurs effets ; maintenant l’agriculrure a
des animaux de forces convenables ; par là aussi on se
procure aisément des chevaux de selle et d'attelage, et
l’on peut encore ouvrir au commerce de nouvelles
perspectives. A la cétc du haras de Maihach est un res¬
pectable vieillard, le vieux M. Hartmann, père du
conseiller d expédition R. de Stuttgart. Vu son grand
âge, son second fils, qui a aussi la surveillance du
haras, a Fceil sur presque toutes les affaires. On nous
fit voir les étalons ; dans le nombre il y en a de très
beaux (Fig. 8). Les paysan.s sont tous obIigé.s de faire
couvrir ici leurs juments, moyennant une somme tour
à fait minime, et de la sorte la race du cheval .s'améliore
petit à petit dans le pays.
Près de Marbach. la vallée se sépare en deux ; nous
prîmes le côté droit qui nous menait à Oflénhausen ;
il n’est pas aussi joli que la prairie de la vallée de
Frohn, mais comme cela faisait un détour, on y sentait
moins le vent, circonstance qui pour moi était très
notable.
Offenhausen se cornpose seulement de quelques mai¬
sons et nous (Cimes forcés de dîner chez le gouverneur
du cloître. Il se trouvait par bonheur qu’il était oncle
du D. Scholl, lequel était même venu avec nous
)u.squc-là et nous servit d’introducteur. Cet homme
doit percevoir les revenus de Funcicn couvent de
nonnes. La l^uter prend sa source dans .son jardin et
ce ruis.scau en est le plus bel ornement et supplée à un
certain point au manque d'arbres fruitiers, car on ne
peut voir un seul de ces arbres dans toute la contrée, si
ce n'est peut-être les misérables petits pieds qu’on
élève en caisses et que Ton rentre l’hiver dans la mai¬
son. La Lduter, dès sa source, fait, tourner un moulin.
L'endroit comporte également un haras, où les jeunes
juments sont élevées jusqu'à un certain âge (si je m'en
souviens bien deux ans) et elles sont ensuite conduites
à Marbach.
Aprè.s le dîner, le gouverneur du cloître eut encore la
bonté de nous taire conduire par son fils au village le
plus proche, Kohlensiciicri, d’où un paysan nous ser¬
vit de guide vers le village suivant : Holzelfingen ; sur
cette route Àsaez longue il n'y avait aucune curiosité.
Toujours une rempératurc de I Alpe, des champs de
i'Alpc, des arbres de TAlpe et, plus souvent que je ne
l’eusse souhaité, du vent de l'Alpe. Derrière
Holzelfingen. jI y a un sentier qui descend de l’Alpe
vers Pfüllingcn. On arrive d’abord dans une vallée
tout à fait sauvage, d’une beauté formidable ; elle est
toute étroite, très profonde, environnée de montagnes
élevées, presque a pic et qui sont toutes garnies de
broussailles ; on ne voir pour ainsi dire de ciel que
large comme la main. Les ruines de quelques anciens
châteaux font le dernier trait de tei ensemble mélan¬
colique. Mais plus on .s'enfonce, plus la vallée s’élargit,
plus le climat s’adoucit. Tout semble prendre une
teinte plus vive, enfin tout à fait en bas nous trou¬
vâmes des arbres fruitiers en (leurs et toenu' des
vignobles. A l’examen de cette gradation, nous ne
pûmes prêter l’aucfnion qu’il aurair fallu ; une pluie
qui .survint nous chassa si vite que nnu.s gagnâmes
Pfùllingen à la courte : mais il semblait que les gens se
fussent entendus pour nous désespérer ; À quelle dis¬
tance est Pfüllingcn ? dcrn.ind.àmcs-nous à quelqu’un :
à une heure. *' Au bouc d’un quart d’heure de marche
précipitée, nous demandons à un autre ; léponse :
« une lieure •>. Un quart d’heure après, réponse encore
« une heure »» et deux fois encore de même. Il en était
de cette s ille comme de ce.s châteaux de fées qui fuient
devant ceux qui les cherchent. Cependant nous vîmes
enfin ce lieu et nous pûmes devam un bon (eu nous
sécher, nou.s chauffer et nous reposer dans de bons
lies.
Dans la vallée que nous venon.s de décrire nou.s Trou¬
vâmes en haut : hurnaria hulbout, Gentianu verna-,
Hyacinfhus hotrioides ; vers le milieu Ariemone ranun-
citbidrSy Prirnuln et une plante qu’alors je n’ai
pas pu e.xaminer, parce que M- de Marschall avait
oublié le Linné à Dcttingen. Depuis ce temps, je n’en
63. La fumeterre, la gentiane, la jacinthe, l’anémone et la prime¬
vère.
310
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
ai pas revu de fraîche, mais pour plusieurs moiih je la
considère ncamnioins comme z Adoxa moschateUind''^.
Afin que les connaisseurs soieni en érat de vérifier
cette opinion j’ai dessiné planche... une copie de
I echanrillon alors séché. Tel fur le quatrième jour.
Le 25 avril
À Nürtingen, le chevalier Dcrringcr nous avait donné
une lettre de recommandation pour son oncle Brecht,
le greffier de la ville de Pfullingen. En conséquence» cc
M, nous invita à déjeuner le 25 cl nous donna alors
tous les renseigTicments necessaires sur la meilleure
manière de visiter la comrée, les plus beaux endroits
dans la région de Pfiillingen. Elfe est extrêmement
remarquable, tant parce qu elle est au pied de TAIpc et
que, par là. U différence entre les lieux hauts et les
lieux bas se Ininchc davamage, qu'à cause de quelques
cavernes qui s'y trouvent, et à cause enfin du grand
nombre de produits qu elle offre des crois règnes de la
nature surtout pour les plantes cr les péirlficarions.
La brièveté de notre séjour ne nous permit que de
considérer le puj'xuge en général, et nous ne pûmes
entrer dans aucun cléiail. Nous nous en allâmes donc
au.ssiiôt après le déjeuner avec un guide. Moi, que l.i
gelée sévère de l'étape précédente avait un peu atteint,
je pris un cheval à PKillingen et je suivis de la sorte
mes compagnons qui couraient à pied. M. le secrétaire
de la chambre d'enregistrement de l...l^^. Pfeiffer, qui.
comme l’on sait, est natif de Pfullingen, nous avait
f )romis de se trouver là, pour nous faîa- voir lui-nicine
es curiosités qui sont aux alentours de sa ville natale ;
mais il n'avair pas encore paru et c'eût été peut-être la
première fois en efïei, pour autant que je sache, qu’il
eût tenu sa promesse. Les objets de notre promenade
d'aujourd'hui furent le Rossberg, le Ncbclloch et le
petit château de Lichtenstein.
Le Rossberg est une des pointes les plus avancées de
l'AIpe, ou plutôt c'c.st une montagne en forme de
cjuillc qui est située à l'extrcmité même de |a chaîne de
1 Alpe. Elle n’est connue que par la vaste perspective
qu’on a de son sommer, et dans le fuir c’est peut-être
l'une des plus remarquables du Wurtemberg. Devant
soi, l’on a tout le bas pays, comme sur un plan géogr.i-
phique ; et particulièrement les contrées les plus voi¬
sines, celles du baillagc de Pfüliingeti, et celles qui le
touchent, lesquelles comme on le sait sont, pour la plus
grande partie» plantées d arbres fruitiers» représentanr
ce qu’il y a de plus beau en fait de jardins ; au mo¬
ment où nous étions présents, tout était en pleine flo-
64. L’Adoxa.
65. Reuss ou RennI. Mot difficile à lire et qui n’a pas été repro¬
duit par le traducteur.
66. Le muguet.
67. À la plume sur le texte : « Vue d’un globe terrestre représen¬
mison et tout en était embelli autant que faire se peut.
Vers le sud, se trouve à doîitc, la Forci-Noire qui
montre ses pointes dan.s le bleu lointain ; tandis qu'à
gauche s’étend la surface plane de l’AIpe, où le mont
Âchalrn jouant le rôle principal, dresse sa tête couron¬
née de bois ; le chemin qui mène au Rossberg traverse
d’abord une brge vallée qui e.sr formée entre le mont
Achülni et le mont Jàger. Celui-ci est longé par un
sentier très pénible qui porte le même nom et ramène
sur l Aipe à travers un taillis. Aux alentours poussaient
encore des herbes déjà souvent observées : Finnariu
bîdbos/h Anrtmne rdnunculüjdes^ Aînrtinald perennts,
ei surtout en grande quantité Convalinna
En haut on traverse des plaines de gazon, .sans rien
rencontrer de préciscmcni rcmarc]uable, jusqu’au village
de (lenklngcn, une paroisse de 120 habitants avec un
pa.sreur. En cet endroit nous commandâmes le dîner
et nous prîmes un .secxmd guide quj nous monrra le
chemin en coupant à travers un taillis, puis des
champs cultivés» vers le Rossberg distant d’une lieue
environ. Jbi déjà décrit en partie cette montagne et
Ibjoutervii ici seulement que sa partie inférieure est
tapissée de gazon, mais que sa partie supérieure Veut de
bois, taillis et broussailles. Vers le hau(, il devient si
raide que je fus obligé de mener mon cheval à la main.
En haut ncurissaient : Mercunalh perennis^
Puhnonaria officinitHs^ Anemone nemorosa^ Primulu
veris el/itior ; au milieu : AnenionepulsaüUd ; tout en
bas, dans le gazon : Cftntuim venui en quantirc éton¬
nante ; cela formait çà et là de.s monticules tout
bleus/’^
À Genkingcn il fallut nou.s contenter de lard et de
choucroute. Le maire qui est en même temps auber¬
giste, en dépit des lois xvurtembergeoises, n'avait rici\
de meilleur à nous donner ; mais il nous rendit un
grand service en nous conduisant au Nebctloch^^. Le
chemin est d environ une lieue et demie ; à un endroit
où il ne traverse qu’un plateau ojltivé, on a une vue
jolie cr assez étendue : on v»vit le Rossberg,
Bebenbausen, l’Ermitage, etc. On descend dans un
taillis qui appartient aux paysans de PRillingen et de
Genkingcn et comme cela doit être avec de pareils
maîtres, ces bois ne .sont pas peu maltraités ; après eda
on arrive devant l’ouverture du Nehdloch qui n’est
pas autre chose qu'nn trou au liane de la mom.igne
d'environ dix pieds de hauteur. Le roc est ici tout
revécu à'Hypvum et tout près poussent :
Anenwne raniivculoides et Polypodium filix inas '^. Là.
le maire du village voisin d'Oberhausen nous altcndalt:
tant esquissées l'Afnque et la Méditerranée. »
68. Aujourdhul Nebelhôhle.
69. L'hypne, une mousse.
70. Aujourdhul Dryopteris filix mas (L.) Schott, la fougère mâle.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
311
Taquet P.
déjà avec quatre ou cinq de ses paysans, tous armés de
torches de bois et de quelques livres de chandelle. M.
Brecht, le grefFiei de la ville leur avait annoncé l’afFaire
et suivant son message ils avaient fait ces préparatifs.
Torches ci chandelles sont fournies au frais de la com¬
mune d’Oberhausen ci le petit bénéfice qu'il est pos¬
sible d'en tirer lui revient ; mais les guides sont tous
payés par les voyageurs. Le Nebelloch esi une caverne
comme il y en a tant dans les pays de montagnes ;
pour rhistoirc naturelle, elles n’ont rien de très impor¬
tant, mais cela n*empéche pa.s qu elles .voient visiiéc.s
par la plupart des voyageurs. U esc commode en effet
de brodci à des clioses si mysrérieiises toutes sortes de
f irodiges cnhmré-s pai l'imagination. Rn déduisant tous
es détours, le Nebelloch est un souterrain qui peut
avoir une demi lieue de descente, mais la pente n est
pas très r.iide. Près tic l'ouverture gît un morceau de
roc moussu qui parah l'avoir recouverte autrefois. On
peut pénétrer facilement partout sans être obligé de
ramper, mais le sol est extrêmement inégal ; l’humidité
qui dégoulie de la voûte a, dans certains endroits,
formé des prééminences notables, lesquelles pour une
imagination échauffée représentent toutes sorte.s
d'objets ; je ne faiiguerai pan ici k patience du lecteur
des nom.s bizarres et souvent ridicules qui ont cic don¬
nés à ces excioissances par les habitants du pays ; mais
je dois noter que le grand nombre de ces inégalités du
sol et surtout son huniidiic sont ires dangereuses ;
presque à chaque pas, ï\ faut faire un saut et malgré
tout le soin qu'on peut prendre, il est impossible
qu’on puisse éviter de tomber phisieui's fois au moins.
Contre cck nous nous étions prémunis forr prudem¬
ment en passant sur tH*us des blouses de paysan.
Les paroi.v sont toutes couvertes de perites excrois¬
sances ayant fapparence des chandelles de glace, et
comme elles sont constamment maintenues baignées
par l'humidité qui flltte. ces appendices font, à la
lumière des lorchc.s, l’effet le plus magnifique et
brillent tout comme des cri.staux. Mais leur matière est
opaque et n'est cristallisée en aucune Façon ; elle fait
Fortement effervescence avec les acides : c’est donc
simplement un revêtement calcaire. Ce qu’il y a de
plus beau dans toute k cav’erne, c'est une espèce de
coupole conique d'au moins soixante pieds de hauteur
tellement festonnée de ces chandelles décrites ci-dessus
qu elle en esc toute garnie. Nous nous ra.sscmhlumes
tous sous cctcc coupole qui renvoyait en rayonne¬
ments les clartés des torches ci des chandelles de tous
les point.s de sa surface et cm conséquence les multi¬
pliait de mille manicres, C'ela ressemblait en effet à la
plus splendide de toutes les illuminations.
Autant notre admiration était grande, autant hit vive
notre frayeur quelques instants après. Quelqu’un lit
remarquer une pierre plate qui paraissait être tombée
sur le sol et en regardant s'il était possible qu elle fût
venue d'en haut, observ'a, comme nous tous en même
temps, que nous avions tout un lit de rochers suspen¬
dus au-dessus de nos têtes et qu à chaque instant ces
rochers menaçaient de crouler ; peut-être est-ce un fait
accompli au moment où j'écris ceci ; la pierre qui était
là, par terre, était certainement une de celles qui com¬
posaient ce lit rocheux. Comment ne nous sauvâmes-
nous pas ?
Un peu plus luin, an trouve une eau très claire qui
coule en truversaiu la grotte ; elle doii être très profonde
et cependanr il fallui la passer sur deux perites
planches érroiies et pourries. Pour nous redonner du
cttur, nos guides ne manquèrent pas. comme c'est
généralement le propre de ces soncs de gens, de nous
raconter tous les accidents vrais ou invcnté.v qui
avaient dû .se produire ici. Après avoir traversé en
tremblant ce misérable pont, nous arrivâmes â un
endroit ou cefte grotte projette une pettur branche au
bout de laquelle se .situe en montant une petite ouver¬
ture, qui pourrait peut-être mener à des palais souter¬
rains encore plus beaux et plus vastes. Mais il n'y avait
personne encore qui \ fut passé et M. le chevalier de
Klarschall qui voulait s’y risquer la trouva imprati¬
cable. Comme nous étions sur le point de sortir, nous
cnicndimes, venant de l'entrée, une voix de tonnerre
qui nous appelait par no.s noms, ci quel ne fui pas
notre plaisir, lorsque nous reconnûmes M. le secrétai¬
re Pfeiffer ; nous recommençâmes avec lui notre pro¬
menade soiiicrr.iine et il nous tint compagnie route k
journée.
Du Nebelloch nous nous dirigeons alors à travers des
champs pierreux vers la pointe du pic sur lequel est
.situé le petit château de Lichren.stcin. Nous côtoyâmes
un rocher oii il y a aussi une petite caverne dans
laquelle on trouva en 1779 une quantité de petites
pièces d'argenr. Le grHher de k ville nous en donna
quelques échantillons, j’ai dessine (pl- lt*s deux
faces autant que j'ai pu (es distinguer, afin que des
connaisseurs en monnaie.^ plus habiles puls.sent en
juger ; quand on songe au grand nombre de calamités
et de guerres dont le pays de Wurtemberg a été le
théâtre, on ne s’étonnera pas que l'on trouve de
l’argent enfoui dans beaucoup d’endroit-s ; il y aurait
bien plus sujet de s’étonner de ce qu’il ne .s'en trouvât
pas davantage.
Le château de Lichtenstein est dans une position bien
singulière, .sur un grand rocher â pic d une hauteur
étonnante i il est cependant possible d’y accéder du
côté de l'Alpe. mais il faut monter un peu. Le chemin
traverse un bois qui ne se termine qu’au mur de k
cour. Le bâtiment aussi esc lui-même rehaus.sé et est si
vieux qu’il menace de s'écrouler tous les jours. Un
vieux pont mire deux rocs est l’unique entrée. De ce
lieu romantique, on jouit de la vue la plus saisissante.
Immédiaiemem au pied du roc. commence k v'allée
d'Ohmden qui est environnée de bois de part et
d'autre ; ce ne sont que domaines boisés et sur une lar¬
geur d’une demi-lieue, elle contient trois villages :
Ohmden^^ (^berhausen et Unterhausen, qui tous sont
arrosés d’un joli ruisseau. Sur les collines qui bordent k
71. La figure manque.
312
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Fig. 9. — La pluie à Ohmdenerthal. En citation : Interea magno miscetur* murmure caelum... ruunt de monîibus amnes [Pendant ce
temps, le ciel se mélange à un vaste grondement... les torrents se précipitent des montagnes] (Virgile, Énéide, livre IV, vers 160-
164). *, Virgile dit « misceri incipit » : commence à se mélanger. Dessin au crayon de Georges Cuvier {180 x 100 mm).
© Bibliothèque de l'Institut de France.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
313
Taquet P.
vallée, on découvre la toralité de^ fildern, Ohenheim
et toutes les localités avoisinantes ; c’était à cet instant
une vue superbe parce que tout érait sous la lumière du
soleil, tandis que sur nous le temps était Ton triste.
On dit cjue le duc est demeure une fois presque une
heure durant à la fenêtre du château k regarder avec
une longue-vue cette belle portion de ses lltats.
Dans ce château habite un garde forestier lequel, sous
rinflucnco cKcrccc sur soit esprit par sa résidence» nous
reçut avec une hospitalité toute chevaleresque ; aiiranr
sa résidence est belle, autani d'un autre coté elle est
aussi désagréable. En hiver, le froid permet à peine dc-
metire le nez dehors et tout le long de l'année on
tremble que la bâtisse tout entière ne soit précipitée
par le venr dans la vallée. II y a d'un côté de la
muraille une fissure importante. La chambre des
Domaines, malgré le nombre de demandes qui lui a
été adressée pour une habitation moins dangereuse,
n’avait pu encore prendre de décision à ect t^ard. et
notre garde foresrier s efforçait pour cela de .se gagner
la protection de Pfeiffer ; peut-être étaii-ce aussi le
motif des politesses qu’il nous témoignait.
De Lichtenstein un sentier long ci ennuyeux conduit
dans la vallée ; le long de gc sentier sc trouvaient beau¬
coup d’ouvertures dans le roc, lesquelles laissaient
aussi suppcïser des cavernes ; on assurait que quelques-
unes avaient déjà été visitées ; il y avait aussi des restes
de neige. A peine ftimes-noiLS dans k vallée qu’il se
mit à pleuvoir de k plus belle kçon (Tig. 9) : je fus
fort heureux d'avoir pri-s un cheval ci ic me mis .lu
galop de toute.s mes forces, tandis que mc.s pauvre.s
compagnons de voyage pour me suivre en courant fai¬
saient les plus grande.s enjanibécs possible.s. Je du.s
subir cette lessive pendant tout un quart d'heure, mais
enfin je trouvai sur le chemin un moulin k papier où,,
tout ruisselant, je heurtai ei là devant vin grand feu
j’attendis le reste de k société; ils arrivèrent en cou¬
rant, l’un après l’autre, dans mpn reluge, et tout le
temps que le acl prit pour se décharger de son super¬
flu de fluides, nous Je passâmes h k visite du moulin ;
mais comme le moulin n’avait rien de particulier, il
n'est pas nécessaire que j'en fasse la description.
Quand la pluie cessa nous allâmes tout droit à
Pfùllingen où le souper nous attendait chez le notaire
de la ville. Avec quelle bonté, quelle bonhommie,
quelle amitié nous accueillirent Je notaire de la ville, le
bon M. Brecht et k notairessc, k bonne Mme Brecht.
Il est vrai que le mari a une mine et un ton du siècle
passé, mais les prévenances à notre endroit faisaient
tout oublier, ou plus encore rendaient tout aimable.
Nous demeurâmes ainsi jusqu'à minuit avant de don¬
ner du repos à nos membres fatigués.
72. Différente de la localité d'Ohmden située plus à l'est ; elle a
livré des ossements de la patte d'un dinosaure sauropode, cf. :
Wild R. 1978. — Ein Sauropoden*Resî (Reptilia, Saurischia)
aus dem Posidonienschiefer (Lias, Toarcium) von Holzmaden.
Stuttgarter Beitràge zur Naturkunde, Ser. B 41:1-15.
Le 26 avril
Nous déjeunâmes avec M. Pfeiffer chez sa mère, et il
fil encore avec nous une petite promenade dans k
ville cr à rernour. l.’ancicn couvent de nonnes est déjà
3 moitié écroulé de vieillesse et il eût été imprudent de
vouloir en visiter coûtes les parties. Il y a aussi à
Pfüllingcn un vieux château assez vaste où habite
aujouruhui le grand bailli. Nous visitâmes enfin deux
jolies chutes d'eau dans une prairie voisine de k ville ;
elles sont formées par k rivière. Ensuite nous revîrtmcs
pour foire notre visite d'adieu à M. le notaire de k
ville, et. après beaucoup de compliments de part et
d’aurre, nous le quittâmes et prîmes le chemin de
Reurlingen.
Ce chemin côtoie le mont Achalm ; quiconque voy^e
dans ces pays où le grand nombre des montagnes offre
aux clievaliers une résidence commode, qui voyant les
ruines de leurs châteaux et qui rencontrant dans le
nombre quelques-uns de ceux dont les posse.s.seurs se
sont fair le plus remarquer dans l’hisroirc, éprouve
toujours une certaine tristesse en conternplatjt les
restes misérables de leur paissance ; il songe à leurs
de.stinées si diverses ; il s intéresse à leurs malheurs.
Tel était l’effet que nous fit en particulier le mont
Achalm, non pas qu'il représentât plus dans l'histoire
qite Wurtemberg, Teckv Tùbingcn et beaucoup
d’autres . mais Je pauvre Conradin^-^ l’avait possédé ;
c'était bien assez pour émouvoir chacun. Conradin eut
au.csi bcauaiup de droits à Reutlingen ; ensuite on a
une pièce mafiascritc où Ü reconnait avoir vendu horm
sua dans Achalm et Reurlingen au comte Ulrich avec
le pouce. De quelle nature étalent ces droits ? C'est ce
que les historiens ne peuvent assurément pas préciser.
Maintenant Reutlingen est une ville libre impériale, et
bien qu'elle ne soir pas de k première richesse, ce n'est
néanmoins pas une ville in.signifianie. Il ne s*y est
encore glissé aucun luxe ; le peuple arrive aux plus
hautes dignités et il ne connaît pas du tout k domma¬
geable distinction entre patriciens et simples citoyens.
Nou.s ne pouvions pas nous y arrêter, parce que nous
n’y avions pas une seule personne de connaissance ;
c’est pourquoi nous ne vîmes que les édifices publics.
[ 'église, quoique gothique, a des beaaié.s. Ce qui nous
étonna le plus, e est La qu.antité de ba.ssins ; dans k
seule grande rue nous en comptâmes quarante-neuf.
De Reutlingen il y a encore deux Üeucs jusqu'à
liibingen où devait se terminer notre voyage à pied.
Lfédfer qui ce jour k était à cheval, s'y rendit, com¬
manda nom* dîner et, sans artendre notre arrivée, alla
tout droit à Siuttgari,
Après une longue lutte contre le vent qui, dans ces
73. Le duc Ulrich de Wurtemberg (1503-1519, 1534-1550) réus¬
sit à réprimer l’insurrection du « pauvre Conrad », provoquée
par ses dépenses excessives, en faisant d’importantes conces¬
sions mais fut mis au ban de l'Empire et chassé de ses États
par la Ligue souabe (in Le Robert des noms propres).
314
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Fig. 10. — L’orgie de table à Tübingen. Scène de banquet. En citation : Fit strepitus tectis vocempe per ampla volutant Atria... [Il se
produit un vacarme dans le palais et ils font rouler leurs voix à travers les vastes salles...} {Virgile, Énéide, livre I, vers 725-726).
Dessin au crayon de Georges Cuvier (160 x 110 mm). © Bibliothèque de l’Institut de France.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
315
Taquet P.
contrées élevées, s'obstinait à ne pas nous quitter, nous
descenclîmes enfin par un bois de sapins la vallée du
Neckar et nous découvrîmes le châreau et la ville de
Tübingen. Nous prîmes nos quartiers h l>amm. Ce fui
pour nous un coup d'œil fort inaccoutumé de voir là,
à plusieurs tables, une quantité de figures d'ecclésias¬
tiques en costume complet, jouer, boire, fumer, ou
même sc livrer à ces crois occupations à la fois. Bien
plus grand encore fut mon éionncmcnif lorsque, sans
préambule, une de ces figures me sauta au cou eti me
disant (en frant;aiB), « Eh mon cher Cuviet. commciu
vous trouvez-vous ici ? Vous portez-vous bien ? » fe ne
savais vraiment pas comment je me trouvais dans sa
société, cVsr qiic c’éui( un de nies camarades d'école à
Mompel^.ird^**^ : quelques instants après arrivèrent
encore plusieurs de mes o'impatiiotes ; fl fallut que je
me conformasse à leurs tâçons de vivre, et il y eut à
vider avec eux quelques bouteilles.
Je rejoignis mes compagnons de voyage ei ntms visi¬
tâmes le cloître et assistâmes au souper des étudiants.
Il n’y a pas de description possible du désordre et de la
malpropreté avec lesquels cette cérémonie s’accomplit.
D’abord c’est un rélcrroirc antique, tout ce qu'il y a
de plus noir, où chacun court à sa guise dans tous les
sens ; ensuite une foule 4ç voix se lait etitendre ;
« Messieurs, asseyez-vous ! Asse^^ez-vous messieurs. »
Ce sont les garçons qui crient cela sans discontinuer
jusqu’à LC que tous soient assis à chaque table ce qui
dure bien dix minuics. Alors commencent les choses
sérieuses. Les aliments viennent dans des plats d’étain.
11 y a des tables où Ton a de l’appétit ; là tous .sautent
vers le plat et, avant que les garçons ne l'aient posé sur
la table, il n'y a déjà plus rien dedans, h d’autres tables
on ne veut pas manger ; là les aliments servent à
d’autres choses ; on se les jcfce à In tête, dans la gueule ;
sur les vêtements, et quand il n'y a plus d'.ilîmcnts, ce
sont les assiettes et les os qui entrent dans la danse.
Ou bien) là où l'on est plus civili.sé. on dispute dans le
plus grand vacarme et tous Je.s di.scours sont as.S3ison-
nés d’un grand nombre de jurons et d'autres expres¬
sions fortes ; ci pendant ce tapage infernal il y a un
professeur en chaire qui prêche. Je dois avouer que
malgré la quaiuiié de scs gestes et de ses grimaces, je
n’ai pas compris un mot de tout son sermon (Fig. 10).
À quel point tout cela devait nous édifier, nous élèves
de la faculté de Stuttgart, le lecteur peut se l'imaginer,
et afin que nous eussions le spectacle au grand com¬
plet, nous arrivâme.s à un moment où pas un des sur¬
veillants du se-Tvice n'était présent t après le souper une
partie des érudlants retourne à l’auberge qu’ils
venaient de quirter une demi-heure à peine aupara¬
vant, de sorte que toute la journée on peut y voir une
quantité de robes noires. Les choses étant en l’état, il
n y a pas à s’étonner que M. l’aubergiste de Lamm soit
74. Montbéliard.
75. « Les grands esprits se rencontrent. »
un savant. En ma qualité de *< ca.méral *> il me fit part
sur le champ qu’il était membre de l'Académie de
Burghausen et que rccemmcnr il avait envoyé un
mémoire sur les coccinelles lequel avait été déclaré
digne de fimpres.sion. Fait aussi parue de cctic acadé¬
mie, aux côtés de M. l'aubergiste Je Lamm à
Tübingen. le conseiller aulique Kerner à vStuttgart :
par nohile jratrmn^^.
Le 27 avril
ti’apparticm pas proprement à notre voyage ; nous
menâmes à Tübingen une vraie vie de citoyens.
Chacun allait voir ses connaissances ; mais nous
allâmes in corpore chez M. le chancelier Lebret qui
nous invita à souper, et chez M, le professeur Storr.
Comme naruralisce, une visite chez ce dernier s’impo¬
sait ; et la richesse de son entretien nous fut d'une uti¬
lité presque aussi grande que tout norre voyage. C’est
un .savant d’un bien grand mérirc ; il est dommage
que le style étiangc de son hi.stoire naturelle rebute un
grand nombre de lecteurs. J'eus l'occasion à
Tübinguen d acheter une de ses dissertation.s où il
dasse les mammifères suivant une méthode neuve et
fori commode^'’*
Nou-S allâmes voir .lu.ssi les Luritisiiés de Tübingen.
mais comme toutes le.s géographies en sont pleines, ce
serait une vraie perte de temps que d’en parler ici. Je
ne me permettrai pas davojiuge de faire des obsera-
tion.s sur l’univcrsftt ; meme les plus dignes de ses
représentants reconnaissent les défauts de son régime.
Le 28 avril
L’histoire esr encore plus courte. Nous prîmes quatre
chevaux, et regagnâmes Stiictgarr aussi rapideraenr
que pos.siblc, et là nous trouvâmes cous nos amis aux-
ciuel.s nous fimes le récit de tout ce qui vient d’être
décrit ; lout ! après-midi se passa à raconter, de sorte
qu’ils en curent les oreilles pleines
Remerciements
[e tiens à remcTcier vivement toutes les personnes
qui ont favorisé mes recherches et qui m’ont aide
au cours de la réalisation de ce travail ; Mme
Mireille Pastoureau, directrice de la Biblio¬
thèque de rin.stitut de France m’a permi.s de
consulter les manuscrits de Cuvier et a donné
l'autorisation de reproduire les dessins et aqua¬
relles. Mme Monique Ducreux, conservateur en
chef de la Bibliothèque centrale du Muséum
76. Le prolesseur Storr avait publie en 1780 un ouvrage intitulé
Prodromus methodt Mammafium avec une très intéressante
classification des mammifères que Cuvier commentera dans
ses ouvrages.
316
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Récit inédit de Georges Cuvier
Fig. 11. — Jungser Louise Gleîtin. zum Andenken des Spatziergangs auf den Teck Berg. T. 21 Aprit 1788; gewidmeî von
G. L. Cuvier Mômpelgard D. 16 May 1788 [La jeune Louise Glettin, en souvenir de la promenade au Teckberg ; le 21 avril 1788 ;
dessiné par G. L. Cuvier. Montbéliard le 16 Mai 1788]. Aquarelle de Georges Cuvier (160 x 160 mm). © Bibliothèque de l’Institut de
France.
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
317
Taquet P.
national d’Histoire naturelle m’a grandement
facilité la tâche en m’autorisant à travailler sur le
fonds Cuvier déposé dans les archives du
Muséum ; Melle Françoise Fievez a traduit les
citations de Virgile et d’Horace ; Mme Françoise
Caby a recherché des informations relatives à cer¬
tains des personnages cités dans le récit ; M.
Denis Serrette s’est chargé de prendre les clichés
des dessins ; M. Daniel Lavina a dessiné la carte
et Mme Eliane Molin a assuré la mise en forme
du texte ; je ne saurais oublier enfin tous les
habitants du Jura souabe, au premier rang des¬
quels je place mon collègue et ami, le Professeur
Rupert Wild, du Musée d’Histoire naturelle de
Stuttgart, dont l’accueil et l’hospitalité méritent
tous les éloges.
Soumis pour publication le 30 juillet 1997;
accepté le 12 mars 1998.
P 1 lettre
P 2 double
P 3 double
P 4 double
P 5 double
P 6 double
P 7 simple
P 8 simple
P 9 double
P 10 double
Pli simple
P 12 manque
P 13 double
P 14 double
P 15 double
P 16.double
P 17 double
P 18 double
P 19 double
P 20 simple
P 21 simple
ANNEXE
INVENTAIRE DES FEUILLETS DU MANUSCRIT (Ms 3312).
papier blanc
papier bleuté
papier blanc
papier bleu
papier bleu
papier bleu
papier bleu
papier bleu (monté à l’envers ; esquisse d’oiseaux au verso)
papier bleu
papier bleu
papier bleu
papier bleu (au verso, esquisse de cheval)
papier bleu
papier bleu
papier bleu (au verso, esquisse d’un globe terrestre)
papier bleu
papier bleu
papier bleu
papier bleu
papier bleu
318
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
Instructions aux auteurs
La ligne édttoruile
Elle prendra en compte divers aspects de la
recherche en Sciences de la Terre, en particulier
l’histoire et le comportement des bassins sédimen-
taires, la paléobiodiversité et les paléoenvironne¬
ments. Un numéro de Geodiversitas par an pourra
être consacré, exceptionnellement, au débat contra¬
dictoire sur un sujet d’actualité, ou sur un thème
donné et sous la responsabilité d'édiieur(s) invilé(s).
Les manuscrits, dont le nombre de pages n’esr pas
limité a prioriy devront suivre rigoureasement les
recommandations aux auteurs (voir ci-dessous) et
seront adressés à la revue :
Service des Publicadons Scientifiques du Muséum,
Geodivei'sitas,
57 rue Cuvier,
l•-75231 Paris cedex 05
Tel : (33) 01 40 79 34 38
Fax: (33) 01 4079 38 58
c. mail : bullctin@mnhn.fT
Les chapitres de systématique devront se conformer
aux règles du Code International de Nomenclature
Zoologique.
Tout manuscrit non conforme à ces instructions
sera retourne pour mise au point. Chaque manus¬
crit CSC évalué par deux rapporteurs, ou plus.
Instructions aux auteurs
Chaque manuscrit soumis (y compris les illustra¬
tions) doit être présenté en trois exemplaires (un
original et deux copies) au formai A4, avec un
double interligne et des marges d’au moins 3 cm ;
chaque page sera numérotée, l-cs illustration.s origi¬
nales seront jointes au manu.scrit dé+mitif, ain.si
qu’une disquette 3.5” de format Apple Macintosh
ou compatible IBM (traitement de texte Word de
préférence), qui devra contenir égaleinenr les
tableaux et éventuellement les illustrations (Adobe
Illttstrator, Photoshop ; Deneba Canvas).
Le format
Les manuscrits, écrits en français ou en anglais, doi¬
vent être structurés comme suit :
- titre si possible bref, en français et en anglais ; un
titre courant doit être proposé ;
- nüni(s) Cl prcnom(s) de(s) aureur(s) suivis de
leur(s) adrcssc(s) professionnelle(s), en indiquant si
possible le numéro de Fax et l’adresse électronique ;
- résumés écrits en français ci en anglais (800
signes au maximum chacun), $uivis des mors clés et
M key words » ;
- dans le texte courant, utiliser les italiques pour
tous les noms en latin (taxons de rangs générique et
spécifique, et al ...) ;
- dans le texte courant, les références aux auteurs
seront en minuscules, ex. Dupont (2001), Dupont
(2001. 2002), (Dupont 2001 ; Durand 2002),
Dupont (2001 : 1), Dupont (2001, fig. 2).
- dans le texte courant, les références aux illustra¬
tions et aux tableaux de farticle seront présentées
ainsi : (Fig. 1). (Fig. 2A, D). (Figs 3, 6), (Figs 3-5),
(Tableau 1) ;
- les remerciements .seront placés à la fin du texte,
avant les référence.s bibliographiques ;
- les références bibliographiques doivent suivre les
exemples donnes ci-dessous ;
- indiquer dans la marge remplacemenr des illus¬
trations dans le texte définiiit ;
- donner les légendes des figures sur une feuille
scparce.
Les illustrations
Une attention particulière sera portée à la qualité et
la pertinence de fitlusrrarion.
Les illustrations au trait doivent être réalisées à
l’encre de Chine ou être fournies en impression
laser. Les photographies, bien contra.srée.s, seront
sur fond noir ou blanc. Elle.s pourront être regrou¬
pées, et dan.s ce cas, identifiées par une lettre en
capitales (A, B, C...). Les planches photogrâ-
phiques, placées dans le corps de l'article et non
regroupées à la fin de celui-ci, doivent être traitées et
numérotées comme des figure.s. Le.s illustrations
pouiTonr être assemblées sur une largeur de colonne
(70 X 190 mm) ou sur toute la largeur de la justifi¬
cation (144 X 190 mm). La rédaction encourage la
présentation de photographies avec tout ou partie
de leur interprétation par un ou des dessins au trait.
Aucune légende, ni lettrage ne sera placé sur le.s ori¬
ginaux. Ils figureront sur un calque joint avec
chaque figure, la rédaction se chargeant de les pla¬
cer. Chaque figure doit comporter une échelle
métrique. Les tableaux et graphiques, à inclure dans
GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
319
Instructions aux auteurs
le manuscrit, doivent nécessairement pouvoir être
imprimés sur une page et rester lisibles après réduc¬
tion cvcntucJic. Des planches en couleur pourront
être publiées moyennant une participation finan¬
cière de ou des auteurs.
Références bibliographiques
Denison R. H. 1978. — Placodermi, in Schultze
H. P. (ed.), Handbook of Paleoichthyology.,
Volume 2. Gustav Fischer, Stuttgart, 128 p.
Marshall C. R. 1987. — Lungfish: phylogeny and
parsiniony, in Bemis W. E., Burggren W. W.
& Kemp N. E. (eds)> The Biology and
Evolution of J^ungfishes, Joumnl of Mvrphology
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Schultze H. P. & Arsenault M. 1985,- — l'he pan-
derichthyid fish Elprstostege: a close relarive to
tetrapods? PnleontôlogŸ 28; 293-309,
Schultze H- P. 1977a. — 'The origin of the cctra-
pod limb within the rhipidistian fishes;
541-544, in Hecht M. K., Goody P. C. &
Hecht B. C. (cds), Major Patterm in Vertebrate
Evolution. Plénum Press, New York and
London.
Epreuves et tirés à part
Les épreuves seront adressées à l’auteur ou au pre¬
mier auteur (sauf indication contraire) et devront
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auteur{s) recevront gracieusement vingt-cinq tirés à
part, les tirés k part supplémentaires seront à com¬
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sedimenraty basins, palaeobiodiversity and palcoen-
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be devored ro several papers on a single lopic under
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systemaric content should fcdlow the International
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formai, double spaced, with margins of at ieast
3 cm and al! pages numbered, The original figures
should be sent with the revised manuscript, as wcll
as n 3.5” diskette Apple M;icintosli or IBM-compa-
ribie (Word, Word Pcrfcct...) format, which will
also contain tables and possibly figures (Adobe
Illu-strator, Photoshop; Dencba Canvas).
Format
Papers are to be writren in simple and concise
Frcnch or Engbsh. They should be organized as fol-
lows:
— a brief tille in French and English;
— a Miggested runnîng head;
— name(.s) of- author(s). followcd by their full pro-
fes-sional addrcss(es) and, if possible. Fax number
and e-mail;
— abstracts (in English and French) not exceeding
800 signs each, with key words and *'mois clés”;
— text with itallcized words for Latin (taxa of gene-
ric and spécifie tanks, et al., ...);
— réferences to authors in main texr should be pre-
setued, in lower case, as follows: Smith (2001),
Smidt (2001, 2002), (Smith 2001), (Smith 2001;
Cary 2002), Smich (2001; 1), Smith (2001, fig. 2);
— référencés to illustrations and tables should be
indicaied as follows: (Fig. I), (Fig. 2A, D), (Figs 3,
6), (Figs 3-5), (Table I);
— keep acknowledgements short and place them at
the end of the text before références; plcasc do not
320
GEODIVERSITAS • 1998 • 20 (2)
Instructions aux auteurs
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Illustrations
The éditorial board will pay spécial attention to the
quality and rclevancc of illustration.
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ty laser printouts; high contrast photographs, pla-
ced on white or black backgrounds, are required.
These can be groupcd into figures and identified
by Icttcrs A, B, C Plates arc not placcd at the
end of the article: they will be considered as figures
and numbered as such. Arrange figures to fit onc or
two columns (70 x 190 mm or 144 x 190 mm).
Associate interprétation of photograph with line
drawing. No diagram or table is to exceed one
page. Letters, numbers, etc., for each figure, are to
be indicated on an accompanying overlay, not on
the original figure (line eut or half-tone). A scale
bar is needed for each figure.
Référencés
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H. P. (ed.), Handbook of Paleoichthyology^
Volume 2. Gustav Fischer, Stuttgart, 128 p.
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Schultze H. P. & Arsenault M. 1985. — The pan-
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Schultze H. P. 1977a. — I he origin of the tetra-
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Hccht B, C. (eds), Major Patterns in Vertebrate
Evolution. Plénum Press, New York and London.
Proofs and reprints
Proofs will be sent to the first author for correction
and must be returned within eight days by express
mail. Authors will receive twenty-five offprints free
of charge; further offprints can be ordered on a
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GEODIVERSITAS • 1998 • 20(2)
321
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ISSN : 1280-9659
Clément P. & Giannesini P.-j.
153 • Les sédiments métallifères des fosses Atlantis II, Néréus et Commission I de la mer Rouge. Campagne
MD 29 du Marion Dufresne (1981). Collections Lithothèque marine du Muséum
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Ginsbur^ L., Arnaud M., Lary C. & Monleau C.
Le Miocene du bassin de Vence (Alpes-Maritimes, France) : stratigraphie et paléogéographie
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Cavagnetto C. & Tambareau Y.
Palynologie du Selandien d'Oraas (Pyrénées-Atlantiques, France)
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Henrotay M., Marques D., Paicheler J.-C., Gall ).-C. & Nel À.
• Le Toarcien inférieur des régions de Bascharage et de Bettembourg (grand-duché du Luxembourg) :
évidences paléontologiques et sédimentologiques d'environnements restreints proches de l'émersion
Taquet P.
• Les premiers pas d'un naturaliste sur les sentiers du Wurtemberg
nommé Georges Cuvier
comparaison avec le microplancton
«TW
récit inédit d'un jeune etudiant