MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série B) Botanique
TOME XVI
FASCICULE 2 ET DERNIER
M. EERAUDBEN
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES
DE MADAGASCAR
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue GeofiBroy-Saint-Hüaire (V®)
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIIÎE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série B, Botanique
TOME XVI
FASCICULE 2 ET DERNIER
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V®)
mémoires du muséum national D’HISTOntE NATURELLE
Série B, Tome XVI, Faec. 2 et dernier.
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES
DE MADAGASCAR
Monique KERAUDREN
SOMMAIRE
, Pages
AVANT-PROPOS. 127
introduction historique Générale . i3i
1. L’évolution des idées sur la classification. 133
2. Les critères morphologiques et anatomiques de discrimination. 136
Pbemière paktie. — ÉTUDE TAXINOMIQUE DES CUCURBITACÉES DE MADA¬
GASCAR.
Che^itre I : Documents comparatifs. 139
A Récoltes et bibliographies anciennes. 139
B. Résultats des recherches récentes. 140
C. Les données de la caryosystématique. 142
D. Les données de la palynologie. 146
Chapitre U ; Limites, valeur et classification des taxons. 163
A. Description sommaire critique et hiérarchisation des taxons. 163
B. Caractères de la famille à Madagascar. 172
C. Clés des genres. 173
D. Discussions. 176
Chapitre III ; ÉLÉMENTS DE CHOROLOGIE comparée. 181
A Les territoires phytogéographiques de Madagascar. 181
B. Distribution des genres et espèces à Madagascar. 182
C. Place des genres et espèces malgaches dans la chorologie générale de la fa-
mÜle. 186
D. L’endémisme malgache : son importance par rapport aux endémismes locaux
afiicams et indiens. 190
Dïdxième partie. — ÉTUDE DESCRIPTIVE ET COMPARATIVE DE QUELQUES
ORGANES.
CWifre I ; Appareil végétatif (les axes et les vrilles). 195
A Existence des vrilles. 195
B- Historique et problèmes posés chez les Cucurbitacées. 196
Source ; AlfJHM, Paris
4
C. Observations sur les espèces malgaches. J95
1. Apparition des vrilles. 199
2. Complexe modulaire et disposition des vrilles sur les rameaux. 199
a. Les nœuds et la phyllotaxie. I99
b. Les hélices foliaires. 202
3. Les résultats de l’anatomie descriptive comparée. 204
4. La vascularisation. 214
D. Discussion et essai d’interprétation. 215
Chapitre U : Appareil reproducteur . 219
A. Les inflorescences. 219
1. Historique. 219
2. Matériel et techniques; limites de l’étude. 221
3. Étude de quelques types d’inflorescences. 221
B. La fleur mâle et l’androcée. 225
1. Historique. 225
2. Observations sur les genres endémiques malgaches. 226
a. Genres à étamines entièrement libres. 226
b. Genres à étamines codescentes ou rapprochées. 228
3. Tableau comparatif. 228
4. Vascularisation de l’androcée. 230
5. Conclusions. 234
C. La fleur 9 et le fruit. 234
D. La symétrie florale. 241
1. Les altérations de la symétrie. 241
2. Diagrammes floraux de quelques genres malgaches. 241
Troisième partie. — OBSERVATIONS SUR LA BIOLOGIE ET L’ÉCOLOGIE DES
CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR.
Chapitre I : Les particularités biologiques des cucurbitacées de Madagascar.
A. L’appareil végétatif. 247
1. Les « formes biologiques ». 248
a. Généralités. 248
b. Observations in vivo. 248
c. Tableau récapitulatif. 251
2. Les organes souterrains. 251
a. Caractères morphologiques. 251
b. Caractères anatomiques. 252
c. Étude anatomique d’organes souterrains prélevés sur le tenain. 256
d. Observations écologiques. 261
3. La lianescence. ^
4. La succulence.
5. Variation et variabilité. ^
B. Appareil reproducteur et reproduction sexuée.
1. Répartition des sexes.
2. La pollinisation.
3. Le fruit, la graine, la dissémination.
4. La germination et la plantule.
270
270
272
273
276
Source : MNHN , Paris
Pages
(jjÿijre//: Etude de quelques aspects de l’environnement . 285
A. Description de quelques biotopes à Cucurbitacées. 286
1. Le cadre géologique. 286
2. Le cadre climatique. 286
3. Les conditions stationnelles. 290
a. Stations sur substrat calcaire rocheux. 292
b. Stations sur substrat sableux. 294
B. Diagramme synthétique. 298
CONaUSIONS :
1. Taxinomie. 301
2. Cyto-taxinomie. 302
3. Pdynologie. 302
4. Appareil végétatif. 303
5. Organes reproducteurs. 304
6. Biologie. 305
7. Biogéographie. 305
BIBLIOGRAPHIE. 309
mUSTRATION : 33 figures, 11 tx., 13 pl.
Source ; MNHN , Paris
AVANT-PROPOS
En 1958, M. le Professeur HUMBERT, Membre de l’Institut, me proposa de
poursuivre l’étude des Cucurbitacées de Madagascar dans le cadre de l’inventaire des
ressources végétales de ce pays; il m’incitait à entreprendre la préparation d’un mé¬
moire de thèse. Aux énigmes que posaient les recherches sur les spécimens malgaches
s’ajoutaient des problèmes généraux liés aux caractères particuliers des Cucurbitacées :
documents bibliographiques et collections délicats à expliciter en raison de la dioécie,
collectes originales dispersées et le plus souvent sans fruits. Les études préliminaires,
surtout d’ordre historique, furent longues, hérissées d’écueils sur le plan de l’interpré-
ialion des textes des auteurs antérieurs.
Cest pourquoi ne débutèrent qu’en i960 les descriptions de nouvelles unités géné¬
riques d^uvertes à Madagascar; la synthèse des connaissances systématiques,
objet d’un volume séparé {Flore de Madagascar et des Comores, 1^56), bénéficia
pandement des enseignements précieux prodigués par M. le Professeur HUMBERT
auquel je ne saurais manquer d’exprimer mon déférent attachement (*).
Si il lire sa documentation de base du précédent, le présent travail est très différent
a doit sa forme actuelle à M. le Professeur PLANTEFOL, Membre de l’Institut,
qui, avec une très grande bienveillance, voulut bien accepter de prendre connaissance
de mon manuscrit, me faisant part, à plusieurs reprises, de ses critiques, me conduisant
à rechercher à la fois précision et concision. En outre, M. le Professeur PLANTEFOL
méfait l’insigne honneur de présider le jury de ma thèse; que ces lignes lui confirment
le témoignage respectueux de ma très profonde gratitude.
Toi trouvé auprès de M. le Professeur EICHHORN, non seulement les conseils
Us plus éclairés, mais surtout les encouragements sans lesquels ce travail n’eût pas
été réalisé; les nombreux entretiens qu’il m’accorda furent à l’origine de notables
améliorations de ce texte. Je suis très sensible à sa présence parmi les membres de mon
jury et ne saurais trop lui renouveler ma vive reconnaissance.
La dette contractée à l’égard de M. le Professeur SCHNELL est considérable.
Malgré ses charges universitaires et internationales, il s’attacha, avec une grande
ajfahïlité et une infatigable patience, à analyser mes résultats, attirant mon attention
vu de nombreux points demeurés trop obscurs, orientant mon travail vers d’utiles
vérijications. En me faisant bénéficier de son irremplaçable expérience personnelle dans
létude des végétaux tropicaux, M. le Professeur SCHNELL me permit d’éviter des
tïïem d’interprétation dues à l’examen d’un matériel trop restreint parfois en raison
de son extrême rareté ou de sa fragilité hors des conditions naturelles. C’est un très
<igréable devoir de lui exprimer m'es sincères remerciements d’avoir bien voulu con-
un temps précieux à coordonner l’exposé de mes recherches.
diW. l’impression de ce mémoire, nous avons eu la grande tristesse d'apprendre le
« Professeur Henri Huubert, le 20 octobre 1967.
156(018 6 ,
Source : MMN; Paris
128
M. KER.4ÜDREN
Mes divers travaux purent être menés à bien grâce à deux missions à Madagascar,
Si, sur l’initiative de M. le Professeur HUMBERT, ces missions furent mises au point
la compréhension de M. le Professeur A UBRÉVILLE, Directeur du Laboratoire de
Phanérogamie du Muséum et de M. le Professeur HEIM, Membre de l’Institut,
alors Directeur du Muséum, fut pour beaucoup dans leur réalisation. Auprès de
l’Assemblée des Professeurs du Muséum et de la Commission de Biologie végétale du
C.N.R.S., leur intervention fut déterminante pour l’obtention d’une indispensable
aide matérielle en diverses occasions. Qu’en cette page, l’un et l’autre veuillent bien
trouver l’expression de ma grande reconnaissance.
J’ai eu la chance, à Madagascar, d’effectuer en la compagnie d’éminents spécia¬
listes, plusieurs périples. Les inépuisables connaissances de M. le Professeur LEANDBJ
furent d’un grand secours pour me familiariser avec la flore malgache; M. BOSSER
accepta, à deux reprises, de partager les difficultés de voyages dans des régions peu
explorées. J’ai pu profiter des facilités offertes par les autorités administratives et
scientijiques de Madagascar, spécialement le Service des Eaux et Forêts, le Service
Anti-Acridiens, l’Institut de Recherche sur les Cotons et les Fibres tropicales, l’Institut
de Recherche Agronomique de Madagascar, les services de la Faculté des Sciences de
Tananarive et l’Institut de Recherche Scientifique de Madagascar, alors placé sous
la direction de M. le Professeur MILLOT, Membre de l’Institut.
C’est au Laboratoire de Phanérogamie que s’est élaboré en grande partie ce
mémoire, parallèlement à la rédaction d’ouvrages de floristique tropicale. Que tous
ceux, collègues, secrétaire, dessinatrices, spécialistes des herbiers, qui m’apportèrent
leur aide technique, reçoivent ici mes très vifs remerciements.
J’aurai garde d’oublier que certaines de mes recherches ne pouvaient être pour¬
suivies que grâce à des enseignements acquis dans des laboratoires spécialisés. Madame
MANGENOT, au laboratoire de M. le Professeur MANGENOT, à Paris puis à Orsay,
me donna les moyens de réaliser des études de cytologie; Madame VAN CAMPO
m’ouvrit les portes du Laboratoire de Palynologie des Hautes Études, au Muséum,
mettant à ma disposition les appareils nécessaires, n’hésitant pas à interrompre des
travaux en cours pour m’accorder, à plusieurs reprises, l’aide de ses collaborateurs.
M. le Professeur BUUREAU me suggéra des recherches complémentaires d’ano
tomie et je trouvais également un accueil toujours favorable auprès de M. le Professeur
HAMEL, au Laboratoire de Biologie Végétale Appliquée du Muséum où M. Ch.
FUCHS m’indiqua ses techniques de recherche personnelles.
A tous ceux auxquels je suis redevable d’une aide constructive, je voudrais adresser
l’assurance de ma reconnaissance.
Je ne puis négliger de rappeler le concours qui me fut apporté par M. J. MAR-
NIER-LAPOSTOLLE (Saint-Jean-Cap Ferrât), MM. ROSE et SEMBLAT {Serres du
Muséum), M. W. RAUH {Heidelberg) qui assurèrent la survie du matériel vivant
récolté à Madagascar.
Plusieurs chercheurs étrangers s’intéressant à des problèmes parallèles m'appor¬
tèrent leur collaboration : Madame FERNANDÈS {Coimbrd), M. C. JEFFREY
{Kew) et M. H. STRAKA {Kiel).
La comparaison des documents me fut largement facilitée par MM. les Directeurs
des divers Instituts Scientifiques : British Muséum {Londres), Royal Botanic Gaidau
{Kew), Jardin Botanique {Bruxelles), Instituts Botaniques d’Hambourg, Florence,
Coimbra, Munich, Zurich.
Pour les remarques dont ils me firent part, et bien que sur divers problèmes nos
conceptions se soient parfois trouvées en contradiction, je ne manquerai pas d associer
Source. : MNHN, Paris
f
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR 129
iceux envers qui je suis redevable, mes collègues et amis G. CUSSET et G. A YMONIN,
ajoutant que ce dernier prit, avec M. P. GUEX, une part active dans la préparation
matérielle de mon mémoire. Qu’ils acceptent ici un grand merci, que voudront bien
partager M. J. BÉVIN et mon frère Frartçois.
Sans oublier combien fut réconfortant Vappui moral de mon oncle et de mes frères
et sœurs, je voudrai aussi dire ma reconnaissance envers mon père qui a suivi de près
ces longues années d’études et de recherches et m’a toujours encouragée à persévérer
dans le travail entrepris. Que ce mémoire soit un gage de toute mon affection.
Je tiens enfin à remercier tout spécialement l’Assemblée des Professeurs du Mu~
séum qui a bien voulu examiner la possibilité d’imprimer cette étude dans les
I Mémoires du Muséum ».
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
HISTORIQUE GÉNÉRALE
La compréhension, tant au point de vue systématique que biogéographique, de la
fumillp des Cucurbitacées est rendue très difficile en raison de l’intervention, depuis
plusieurs millénaires, des activités humaines.
Si les céréales, divers arbres fruitiers, de nombreuses Légumineuses, deux ou
trois Pdmiers, sont parmi les végétaux dont on connaît l’utilisation certaine par l’homme
depuis les périodes proto-historiques, plusieurs Cucurbitacées, tels les Concombres
et les Pastèques, figurent dès une haute antiquité aux menus des peuples de l’Inde et
delà Chine. Mais il est bien probable que la Perse, l’Arabie et l’Égypte devinrent vite
les centres historiques qui favorisèrent l’expansion de la culture des Melons vers la
Méditerranée, celle des Pastèques vers l’Afrique. On doit pourtant tenir compte du fait
que des migrations humaines plus anciennes auraient pu amener en occident certaines
espèces sauvages non améliorées, mais déjà utilisées par l’homme.
Nous pouvons rappeler ici que l’Ancien Testament mentionne l’emploi de la
Êirine pour neutraliser l’amertume des Coloquintes ramassées par erreur par le servi¬
teur d’Êisée (2® Livre des Rois).
B y a seulement quelques décades, nul ne pensait à l’origine américaine de certaines
Cucurbitacées à fruits charnus; pourtant, aujourd’hui, les ethnobotanistes, les préhis¬
toriens admettent que l’Amérique Centrale et surtout les régions qui s’étendent du
Mexique au Pérou, fournirent au reste du Monde certaines des espèces les plus cultivées,
tettes la Citrouille, le Potiron et peut-être même les Calebasses (Lagenaria). Les civili¬
sations précolombiennes utilisaient en effet ces plantes, mais on sait aussi que certaines
furent employées par les Chinois à l’époque de Jésus-Christ (Haudricourt et Hédin).
Ce n’est pourtant, semble-t-il, que vers le xvni® siècle que la Citrouille fut large¬
ment introduite en Europe, bien qu’on en trouve des figurations dès le Moyen-Age,
et que les premiers ouvrages de botanique descriptive, tels ceux de Dodœns, de Fuchs,
deMATTHiOLUS la signalent; ce dernier auteur, qui fut souvent utilisé par LiNNÉ au
même titre que Bauhin ou Tournefort, avait donné les illustrations de 7 espèces,
^duant, outre des plantes cultivées, la Bryone (sous le nom de Vitis alba), le Momor-
(sous le nom de Balsamina) et ÏEcballium (sous le nom de Cucumer sylvestris).
Quant aux Cdebasses, Ibn Batouta, voyageur marocain dont on cite souvent les
observations, les signdait en Afrique Noire au xrv® siècle.
U est probable qu’à Madagascar, la venue des explorateurs européens est très pos-
^*0^ à 1 introduction de la plupart des espèces habituellement consommées (Melons,
g eques), ou utilisées dans la petite industrie familiale, telles les Calebasses, les
ponges végétdes, etc... Certaines de ces plantes figurent d’ailleurs dans la tradition.
’ »W18 6 J ^
Source ; MNHN, Paris
132
M. KERAUDREN
populaire, puisque les Aioala, ces poteaux de bois sculptés qui se dressent au-dessus
des tombeaux mahafaly, supportent parfois, à leur sommet, des représentations schéma¬
tiques de quelques fruits remarquables de Cucurbitacées.
Sur les marchés, on remarque d’ailleurs, même en pleine brousse, combien est
grande la place qu’occupent ces plantes dans la nourriture locale : des monceaux de
Pastèques (« Voasava », Citrullus lanatus), de « Chouchoutes » {Sechium edule), sont
offerts à la vente, tant pour la consommation de la pulpe charnue et juteuse, qui cons¬
titue une des rares réserves d’eau dans les zones désertiques, que pour Tutilisation des
graines ou des péricarpes.
En dehors des plantes à large répartition, il existe à Madagascar certains fruits
vendus sur les marchés que l’on ne connaissait au siècle dernier que par cet inter¬
médiaire, et que les explorations botaniques ont fait découvrir dans la nature : il s’agit
de fruits en forme de grosses poires, pouvant atteindre 10-15 cm et contenant d’énormes
graines oléagineuses, parmi les plus volumineuses qui soient recensées dans la famille.
Ces plantes ont été appelées Ampelosicyos par du Petit Thouars (1806) et les autoch-
tones continuent à consommer leurs graines grillées comme celles de l’arachide. Mais
parmi les nombreuses plantes alimentaires qui furent signalées au siècle dernier,
seules certaines d’entre elles font, encore aujourd’hui, l’objet d’un commerce.
On comprend aisément ainsi quelle est la complexité des problèmes à résoudre
dès que l’on veut s’attacher à déterminer l’importance de la flore de Cucurbitacées d’un
territoire limité, puisqu’il pèse encore de nombreuses incertitudes, non seulement sur
la définition exacte des formes sauvages d’espèces cultivées, mais aussi sur leurs loca¬
lités d’origine à l’état spontané.
SoRNAY, Bois, Guyot, Haudricourt et Hédin admettent qu’une vingtaine de
genres (sur 80 à 100 actuellement connus) furent largement cultivés à travers toutes
les régions tropicales du monde; on fit aussi de nombreuses tentatives d’introduction;
on ne peut donc que montrer une très grande prudence lorsqu’on émet une opinion
sur la signification globale d’un inventaire régional des représentants de la famille
des Cucurbitacées.
En ce qui concerne le territoire malgache, les premières observations botaniques
suivies furent faites par Henri Perrier de la Bathie de 1896 à 1933.
Mais c’est après la publication des derniers travaux monographiques de Cogniaüx
(1924) que le Professeur H. Humbert devait effectuer à Madagascar les découvertes les
plus exceptionnelles relatives à la famille que nous étudions. En essayant de réaliser,
pour la Grande-Ile, un premier inventaire, nous avons naturellement dû, tout d’abord,
tenter de placer tous les échantillons récoltés dans les classifications existantes. Souvent,
il nous fut impossible d’effectuer des rapprochements, ce qui nous incitait à proposer
la création d’unités systématiques nouvelles.
Justifier ces créations demeure parfois très délicat; c’est pourquoi il nous a semHé
utile de rappeler tout d’abord ce que furent les bases de la connaissance des Cucurbi¬
tacées avant d’examiner dans quelle mesure étaient employés les critères morpholo¬
giques et anatomiques.
N. B. 1® Nous avons adopté dans l’ensemble de notre texte l’emploi des termes : taxon ù)lurid
taxons) et taxinomie.
2° Les systématiciens établissent leurs descriptions à partir de spécimens de référence
nomme types. Il existe plusieurs sortes de types. On convient de citer les écbantilMM
étudiés (exsiccata d’herbiers, plantes vivantes en serre, etc.), sous une forme abîmée ^
tionnant le nom du collecteur suivi, quand il existe, d’un nombre qui situe chroiwlop
quement et géographiquement la récolte.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR
CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
133
1. L’évolution des idées sur la classification.
A des titres divers, ies végétaux aujourd’hui rangés dans la famille des Cucurbi-
tacées retinrent l’attention des auteurs anciens, tels que Pline, Columelle, qui par¬
fois discutèrent l’attribution de certains noms, grecs, égyptiens ou latins : Melo,
Sicyos, Cedrosles, Melothrion, par exemple.
Dès 1700, Tournefort range 10 unités génériques de Cucurbitacées (auxquelles
3 joint le genre Tamnus), dans la section 7 de sa première classe « herbis et suffrutici-
iiw » ■■ Bryonia, Sicyoides, Momordica, Cucumis, Melo, Pepo, Melopepo, Anguria,
Cucurbita, Colocyntkis. Ray (1704) considère seulement 4 genres {Cucurbita, Colo-
cynthis, Melo, Cucumis), comprenant 13 espèces comme faisant partie de son livre 12
f kerbae enangiospermae pomiferae et bacciferae ».
Linné (1753), a regroupé, dans une unité supérieure, les « Monoecia Syngenesia ",
un certain nombre de genres, tels les Trichosanthes, les Momordica, les Cucurbita,
les Cucumis, les Bryonia, les Fevillea, le Sicyos, comprenant ainsi une trentaine d’es¬
pèces.
B semble que, dès 1759, Bernard de Jussieu (1), ait désigné, dans les collections
du Jardin Royal de Trianon, un ordre naturel des Cucurbitacées, groupant les genres
Sûyos, Bryonia, Melothria, Cucumis, Cucurbita, Trichosanthes, Fevillea, Gronovia,
Zanonia. Pourtant, Adanson (1763), cite treize genres que l’auteur des « Familles de
Piantes » définit en tenant compte des caractères des tiges, des vrilles, des fleurs, des
étamines; Adanson parle même du pollen où il entrevoit deux grandes catégories, et
donne le nom de « Briones » (Bryoniae) à sa 18® famille; les genres retenus sont :
Skyos, Luffa, Bryonia, Melo, Cucurbita, Pepo, Anguria, Momordica, Elaterium,
Penar-Villa (= Zanonia), Nkandiroba, Trichosanthes, Ceralosanthes.
A. L de Jussieu (1789) fait des Cucurbitacées, l’ordre II de sa classe XV appelée :
c Pkntae dicotylédones apetalae stamina idiogyna seu a pistillo segregati », et divise
«et ordre en cinq unités inférieures ainsi délimitées :
— style unique, fruit uniloculaire monosperme {Gronovia, Sicyos) ;
— style unique, fruit uniloculaire polysperme {Bryonia, Elaterium);
— style unique, fruit multiloculaire polysperme {Melothria, Anguria, Mo¬
mordica, Cucumis, Cucurbita, Trichosanthes, Ceralosanthes) ;
— plusieurs styles {Cucurbitaceae dubiae : Fevillea — Nhandiroba, Zanonia
= Penar-Villa);
— Gen. Cucurb. Aff. (Passiflora, Tacsonia, Papaya).
Cette classification, par le fait qu’elle utilise les caractères de la fleur femelle et
du fruit, est particulièrement originale.
Ultérieurement, Lamarck reprendra lui aussi le nom de Cucurbitacées (1815),
«tte fois en en faisant une famille.
la première innovation importante fut celle d’A. de Saint-Hilaire (1823), qui
sépara certains genres dans une famille nouvelle, ies Nhandirobées. Le premier mono¬
graphe des Cucurbitacées, Seringe (1828), accepte deux « tribus » : les Nhandirobeae
les Cucurbiteae, employant pour les distinguer des caractères de vrilles : « cirrhi
osliarw pedunculares » pour les premières, a cirrhi latérales stipulares » pour les
^ndes. Seringe cite environ 190 taxons, parmi lesquels on s’accorde généralement
* n en reconnaître qu’une centaine de valables.
(t) Boit Kg... melhodi Jmsiei Bernardi aecomodatus. Mns I77S-I776, p. 279-284.
Source : Mt-JHN, Paris
134
H. KERAUDREN
Une autre innovation, mais celle-ci non retenue par la suite et citée simplement
ici pour la curiosité historique, fut l’adoption du nom de « Ventracées » par l’Abbé
Dulac, auteur d’une pittoresque Flore des Hautes-Pyrénées (1867).
C’est à Bentham et Hookeb (1865) que l’on doit la première classification hiérar.
chisée, fondée sur les travaux d’auteurs nombreux tek Endlicher (1833), Wight
(1834), Naudin (1859), etc. Sous le nom de « Séries », Bentham et Hooker, acceptent
trois divisions essentielles, basées sur la position des ovules :
— ovules horizontaux. série des Plagiospermeae;
— ovules dressés. série des Orthospermeae;
— ovules pendants. série des Cremospermeae.
Les 63 genres sont répartis en 8 tribus : Cucumerinae parmi les Plagiospermeae
Abobrae et Elateriae parmi les Orthospermeae; Sicyoideae, Gomphogyneae, Gynos-
temmeae, Zanonineae, et Fevilleae parmi les Cremospermeae.
Le Maout et Decaisne (1876), ne suivent pas les divisions de Bentham et Hooker
et s’appuient sur la morphologie d’organes differents pour reconnaître des groupements
du niveau de la tribu : 2 anthères 1/2, ovaire à 3 placentaires {Cucurbita, etc.), 1 anthère
peltée, un placentaire multiovulé {Cyclanthera), 5 étamines, 1 placentaire lActinos-
lemma); ovaire uniloculaire, graine unique pendante {Sicyos, Sechium, etc.); ovaire 1-
2-3 loculaire, graines dressées {Echinocystis, Cayaponia, etc.).
A. CoGNiAUX (1881), second monographe des Cucurbitacées, retient le système
de Bentham et Hooker dans son intégrité, se bornant à modifier quelques définitions
et quelques noms (les Elaterieae deviennent les Cyclanthereae). Plus de 80 genres et
600 espèces sont décrits. La classification générale est surtout basée sur le nombre des
étamines, leurs modes de soudure, la forme et la position des loges, la composition de
l’ovaire. Les grandes divisions permettant de limiter des groupes de genres s’appuient
sur des données relatives à la corolle, au pistillode, au nombre de graines, à la disposi¬
tion des étamines. La présence ou l’absence de disque à la base du style, la symétrie
de la fleur (4-5 rnérie), et plus rarement la nature des inflorescences et celle du fruit,
paraissent à CoGNiAUX des caractères éminemment utilisables. C’est le premier ouvrage
où l’on trouve des diagnoses de genres faisant mention, d’une façon brève mais sou¬
vent très exacte, des caractères du pollen.
Henri Bâillon (1886), discutera et modifiera sensiblement la dassification de
CoGNiAUX, sans pourtant apporter beaucoup de données nouvelles sur le plan général,
mais en précisant de nombreux points qui, plus tard, seront acceptés par Cogniaüï
lui-même. H. Bâillon propose sept tribus, dans cet ordre : Fevilleae, Sechieae,
Perianthopodeae, Cucurbiteae, Melothrieae, Tel/airieae, avec 68 genres. Une tdle
conception voulait évidemment rendre compte du point de vue du grand morpho¬
logiste descripteur que fut Bâillon, dont le jugement ne manquait pas de laisser
une place assez large aux idées évolutionnistes.
Müller et Fax (1894) introduisent, dans la classification des Cucurbitacées, uoe
nouvelle hiérarchisation des unités en adoptant les tribus et treize sous-tribus qui seront
reprises par Cogniaux (1916), puis par Cogniaux et Harms (1924). Il noifâ paraît utile
de donner une traduction de ce système qui est demeuré le seul proposé jusqu a une
date récente. (Nous citons les unités avec l’orthographe admise par les auteurs.)
A. Loges des anthères non en anneau horizont^.
a. Etamines à anthères libres ou simplement coalescentes à la base.
+ 5 étamines, rarement 4 : trib. I. Fevilleae.
1. Graines pendantes :
— Ovaire triloculaire, fruit ne s’ouvrant pas, graines ^obuleuses : sous-trih
Fevillinae;
Source : MUHti, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES
MADAGASCAR
135
— Ovaire à 3 placentas, fruit uniloculaire, s’ouvrant à son extrémité, graines
ailées : sous-tribu Zanoninae;
— Ovaire uniloculaire, fruit déhiscent, 2-3 graines sans aile, denticulées sur
les bords : sous-tribu Gomphogyninae.
2. Graines horizontales nombreuses : sous-tribu Thladianthiinac.
4--}- 3 étamines, rarement 2, le plus souvent libres.
X. Anthères droites ou peu arquées : tribu IL Melothrineae.
1. Une anthère uniloculaire, les autres biloculaires :
— Graines horizontales :
= Styles insérés sur un disque annulaire ou cupuliforme : sous-tribu
Melothriinae;
=■ Pas de disque, ou disque très réduit : sous-tribu Anguriinae;
— Graines dressées : sous-tribu Dicaelosperminae;
— Graines pendantes : sous-tribu Sicydinae.
2. Une anthère biioculaire, les autres tétra-loculairee: sous-tribu Telfairiinae.
XX. Loges des anthères contournées, condupliquées, ou tripliquées : tribu
lll. Cucurbiteae.
1. Graines horizontdes, souvent très nombreuses :
— Corolle rotacée de type 5;
= Pétales non divisés : sous-tribu Cucumerinae;
= Pétales brièvement ou longuement Hmbriés ; sous-tribu Trichosan-
thiJtQGf
— Corolle campanulée à 5 lobes : sous-tribu Cucurbitinae.
2. Graines dressées, 1-4 par loge : sous-tribu Abobrinae.
b. Étamines codescentes plus ou moins en colonne : tribu IV. Sicyoideae.
B. Anthère paraissant unique, en anneau horizontal à déhiscence circulaire : tribu V.
Cyclanthereae.
La dassification de Müller, Pax et Cogniaux est très intéressante par le fait qu’elle
laisse apparaître ime hiérarchisation des caractères fort bien équilibrée dans chacune
des subdiviâons de la famille.
Nous y notons en particulier que, si les caractères des étamines semblent essen*
üds pour reconndtre des grandes divisions, des caractères très importants, telle la
structure de l’ovaire, sont utilisés pour distinguer des sous-tribus dans les Fevilleae;
en ce qui concerne les Cucurbiteae, il fallut faire appel à la fois à la position des graines
et à la morphologie de la corolle pour établir une systématisation valable des sous-
trihus.
Cependant, à l’éjioque où cette classification fut établie, les botanistes disposaient
s^ut des inventaires monographiques réalisés en herbier à partir des matériaux récol¬
tes par dea « voyageurs-natur^stes » ; l’exploration méthodique des territoires tropicaux
ne commença guère qu’avec quelques grandes flores qui aujomd’hui sont encore loin
detre achevées, et pour lesquelles on accumula, depuis 1920 surtout, non seulement
«siccata d’herbiers, mais aussi des notes écologiques et phytogéographiques.
D est donc noroud qu’actuellement on soit amené à réviser certains points de vue
certaines notions en tenant compte des acquisitions les plus récentes.
Source ; Mt-iHN, Paris
136
M. KERAUDHËN
2. Les critères morphologiques et anatomiques de discrimination.
Comme le montrent les diverses classifications précédemment mentionnées, la
hiérarchisation des caractères employés a considérablement varié. On a utilisé des élé¬
ments comparatifs tirés de la morphologie de l’appareil végétatif comme de la mor¬
phologie de l’appareil reproducteur, mâle ou femelle.
Mais un fait demeure certain, c’est que toute définition d’un taxon nécessite, la
plupart du temps, en raison de la dioecie très fréquente, l’utilisation d’un double maté¬
riel. On conçoit aisément qu’il existe ici une difficulté vis-à-vis des problèmes de systé¬
matique (typification).
Les taxinomistes, constatant la présence de structures stables, ont défini les valeurs
relatives de celles-ci pour établir leurs classifications. Il était bien évident, cependant
que, dès 1828, Seringe posait le problème du critère « vrille » pour la distinction
d’unités systématiques. Au surplus, en 1876, Le Maout et Decaisne utilisent les
structures ovariennes, laissant entrevoir leur complexité.
Enfin, Müller et Fax, puis Cogniaux, reconnaissant la grande variété de dispo¬
sition des étamines, donnent à l’androcée une très nette valeur discriminative.
Naturellement, à mesure que s’étendait la connaissance de nouveaux taxons, s’ébau¬
chaient aussi des possibilités accrues de comparaison; de là naquirent les travaux de
morphologie comparée qui suscitèrent, entre 1850 et 1900, tant de controverses à pro¬
pos des Cucurbitacées.
On ne parvint d’ailleurs nullement à des conclusions pleinement satisfaisantes
qu’il s’agisse du problème de l’interprétation des vrilles, de la définition des étamines
dites, dans tous les ouvrages descriptifs, uniloculaires (c’est-à-dire seulement à 2 sacs
poUiniques) ou biloculaires (c’est-à-dire à 4 sacs polliniques), ou de l’évolution des
structures placentaires. Lestiboudois, Bâillon, Van Tieghem et Hagerup laissèrent
d’importants travaux sur lesquels il est indispensable de se pencher à nouveau aujour¬
d’hui, même lorsqu’il s’agit de réaliser des recherches de systématique descriptive.
Plus récemment, divers auteurs tentèrent d’étayer les classifications par de nou¬
velles données, spécialement celles de la morphologie des pollens et celles de l’ana¬
tomie. Mais ce dernier critère s’est avéré parfois défectueux, peut-être en raison de b
nature volubile qui caractérise plusieurs organes des Cucurbitacées. Aussi a-t-on vodu
trouver des caractères anatomiques stables dans la structure d’éléments théoriquement
non influencés par la « lianescence » des tiges, et l’on a cherché à utiliser les dispositions
des tissus vasculaires et sclérenchymateux des pétioles (Chakravarty).
La découverte, à Madagascar, d’un matériel d’étude nouveau paraissant digne d’être
exploité sous divers aspects, fournissait l’occasion d’apporter un complément aux
observations qui, jusqu’à présent, avaient été réalisées essentiellement sur des plantes
cultivées ou très largement réparties.
C’est pourquoi, après avoir mis en évidence les résultats généraux de l’étude
taxinomique (la partie purement descriptive de cette étude constituant le volume
de la 185® famille de la Flore de Madagascar et des Comores), nous avons essayé de
dégager les principaux caractères morphologiques et anatomiques des Cucurbitacées
endémiques de l’île.
Grâce à deux courts séjours effectués à Madagascar, nous avons pu retrouver un
certain nombre de plantes dans leurs stations naturelles; nous avons regroupé ces
observations dans une troisième partie, réservant une large place à l’étude des parti-
cularités biologiques en liaison avec i’autécologie.
Source : AANHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
Étude taxinomique
des Cucurbitacees de Madagascar
CHAPITRE I
DOCUMENTS COMPARATIFS
L’étude systématique d’une famille quelconque, même menée simplement à
l’échelle régionale, nécessite obligatoirement, aujourd’hui, l’utilisation de documents
comparatifs qu’ils n’est pas possible d’ignorer.
Ces documents sont de trois ordres : matériel constitué par les prélèvements
«fiectués dans la nature par les voyageurs et conservés dans les collections d’histoire
naturelle; observations réalisées directement sur le vivant au cours de prospections;
descriptions et commentaires laissés par les auteurs antérieurs à propos de leurs récoltes
et de leurs voyages.
Nous examinerons donc successivement les récoltes et la bibliographie anciennes,
b résultats des recherches récentes de systématique, avant d’exposer les conséquences
éventuriles de l’application de méthodes d’investigation nouvelles : la caryologie et
la palynologie.
A, Récoltes et bibliographie anciennes.
n n’est guère possible de situer exactement dans le temps la date de la première
mention de l’existence de représentants de la famille des Curcurbitacées dans la Grande
üe de Madagascar. Les rapports des voyages de de Bby (1601), où sont figurées les
plus anciennes silhouettes connues des Didiéréacées et des Baobabs, ne paraissent pas
faire mention de fruits comestibles que Ton puisse rapporter aux melons ou aux
concombres. Toutefois, signalons, d’après Grandidier, que les premiers navigateurs
«religieux qui aient laissé des écrits ont fait mention de la présence de melons d’eau
« de pastèques dès 1619.
fl est assez difficile, au sujet de ces deux plantes, de savoir si elles furent introduites
parles Européens, mais les Jésuites de Ménabé constataient, en 1617, l’échec d’un essai
de culture de citrouille. En 1646, on rapporte qu’un colon an^ais fit, dans les bois,
des cueillettes de melons d’eau. On peut également supposer que l’introduction des
Cucuïbitacées a pu se faire sur la côte orientale par les Malais ou sur la côte occident^e
pu les Africains.
Mais ces recherches n’auraient guère qu’un intérêt rétrospectif, puisque, de toutes
^ères, on ne pourrait tenir compte des citations antérieures à 1753 (Linné, Species
«Wonim) que pour l’histoire des découvertes.
Us plus anciennes indications concernant une plante autochtone, que nous ayons
'«rouvées la littérature, sont celles de A. Aubert du Petit-Thouars, qui fit
le terrain, en 1786, la découverte de l’échantfilon qu’il décrivit, en 1806, sous le
iAn^losicyos scandens Thouars.
Source ; MNHN, Paris
140
f. KERAÜDREN
Bien que peu abondantes, les anciennes récoltes de Cucurbitacées ojit constitué
néanmoins un matériel d’étude fort important : Commerson (1770), A. du Petit-
Thouars (1786), Pervillé et Richard (début du xix® siècle), Goudot (1833-1836),
Bernier (1834), Boivin (1847-1852), A. Grandidier (1865), Baron (1872-1902)’
Rutenberg (1878), Hildebrandt (1881-1883), Le Myre de Villers (1887), Scott
Elliot (1888-1892), Catat (1889-1890), Paroisse (1897), Decorse et Alluaub
(fin du XIX® siècle). Les documents d’herbiers accumulés par ces voyageurs ont natu¬
rellement été dispersés un peu partout en Europe. L’exploitation systématique en fut
faite surtout par le monographe Cocniaux (1881-1924) qui décrivit en particulier
pour la première fois, le genre endémique Trochomeriopsis. Mais aux serres du Muséum,
Naudin avait reconnu le Pylogyne lucida et le Lagenaria mascarena (1862-1866)
comme espèces nouvelles, sur du matériel malgache.
Étudiant spécialement les récoltes de Baron, Baker (1884) cite, pour Mada¬
gascar, les espèces suivantes :
Trochomeriopsis madagascariensis Baker (= Zehneria emirnensis) ;
Raphidiocystis brachypoda Baker;
Raphidiocystis sakalavensis Baker {= R- brachypoda);
Melothria emirnensis Baker (— Zehneria emirnensis);
Zehmeria emirnensis (?), échantillon actuellement inconnu.
Baron a d’ailleurs mentionné de nouveau ces plantes dans son Compendium
des plantes malgaches publié de 1901 à 1907.
En 1896, la venue d’Henri Perrier de la Bâthie marque le début des grandes
prospections d’histoire naturelle à Madagascar. C’est du reste à la suite d’une démarche
du baron Eugène Perrier de la Bâthie auprès du Professeur E. Bureau, alors
titulaire de la chaire de Botanique au Muséum, que l’Etablissement bénéficia des
récoltes et des observations extraordinairement fructueuses réalisées à Madagascar
par Henri Perrier de la Bâthie. Cet ensemble demeure à l’origine des explorations
et des recherches fondamentales constituant, aujourd’hui encore, la base essentielle
de l’œuvre d’inventaire des richesses végétales réalisées à Madagascar par le Professeur
Humbert.
Les types de nombreuses Cucurbitacées sont fondés sur les récoltes de Henri
Perrier de la Bâthie. Parmi les autres collecteurs dont les spécimens furent très
importants pour la connaissance de cette famille, à Madagascar, nous devons citer
H. Humbert, H. Poisson, R. Decary et A. Seyrig.
B, Résultats des recherches récentes.
Nous avons regroupé ici les travaux qui portent directement sur la flore de Mada¬
gascar et ceux qui en ont tenu compte bien qu’ils intéressent d’autres territoires :
Afrique intertropicale, Mozambique, Afrique du Sud, Angola, Indes.
Étudiant les récoltes innommées provenant du Sud de la Grande He, H. Humbert
devait reconnaître l’existence de deux genres nouveaux appartenant aux Cucurbi¬
tacées : Xerosicyos Humbert (1939) et Zygosicyos Humbert (1944). Ces plantes pi^
sentaient des caractères suffisamment exceptionnels pour que H. Humbert n’héatât
point à proposer de les grouper en une sous-tribu nouvelle au sein des Févillées, les
Xerosicyoinae. A cette date on connaissait donc 4 genres endémiques à Madagascar»
comprenant au total 6 espèces ;
Ampelosicyos Thouars (1806);
Trochomeriopsis Cogn. (1881);
Xerosicyos Humbert (1939) ;
Zygosicyos Humbert (1944).
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CÜCURBITACÉES DE MADAGASCAR
141
A cet inventaire s’ajoutent 11 genres et 21 espèces mentionnées dans la Grande-
De par le monographe Cogniaux (1924).
Depuis le début de nos travaux, nous avons mis en évidence la présence sur le
eoatinent malgache de 32 taxons spécifiques non signalés jusqu’à ce jour. Il s’agit
d'abord de 7 espèces appartenant à 4 genres endémiques nouvellement décrits :
— Seyrigia Keraudren (1960), 4 espèces;
_ Zombitsia Keraudren (1963), 1 espèce;
— Lemurosicyos Keraudren (1964), 1 espèce;
— Tricyclandra Keraudren (1965), 1 espèce.
En outre, nous avons reconnu l’existence des genres Cucumella Chiov., Muelle-
rorgio Cogn., Oreo^ce Hook. f., Kedrostis Medik. ^tCayaponia Manso (10 taxons spéci-
fitpies). Ces 5 genres, jamais notés à Madagascar, habitent soit l’Afrique, soit l’Indo-
nfeie ou l’Amérique du Sud. 17 espèces nouvelles ont été décrites parmi les genres
antérieurement répertoriés : Zehneria Endl., Peponium Engler, Corallocarpus Welw.,
Âmpelosicyos Thouars et Xerosicyos Humbert.
Signalons aussi que R. Martinez Crovetto, spécialiste des Cucurbitacées du
Nouveau Monde, avait réalisé dans les Herbiers de Paris, un certain nombre d’observa¬
tions sur les plantes malgaches. Nous avons pu bénéficier spécialement de ses notes
sur le genre Zehneria.
En même temps que nous poursuivions des études destinées à réaliser l’inventaire
des Cucurbitacées de Madagascar, s’effectuaient pour l’Afrique des révisions régionales
on monographiques dont il était nécessaire de tenir compte : R. et A. Fernandes pour
l’Angola, A. D. J. Meeuse pour l’Afrique du Sud et C. Jeffrey pour l’Afrique occi¬
dentale et l’Afrique orientale. En particulier, C. Jeffrey a proposé (1961) une classi¬
fication très nouvelle, mentionnant des résultats alors acquis sur les flores malgaches
et indiennes. Jeffrey divise la famille en deux sous-families :
I. Cucurbitoideae,
IL Zanonioideae, cette dernière nouvelle.
Parmi les Cucurbitoideae, il reconnaît 7 tribus :
— Joliffieoe Schrad;
— Cucurbiteae Seringe;
— Cyclanthereae Schrad. ;
— Sicyoeae Schrad. ;
— Abobreae Naudin ;
— Trkhosantheae C. Jeffrey (avec une sous-tribu particulière, les/ImpeZosicyoînae
C. Jefirey) ;
— Melothrieae Endlicher.
Dans cette dernière tribu figurent les Cucumerinae où C. Jeffrey a regroupé les
Mektkriinae Pax et Muller (1889) et les Calyptrosicyoinae Keraudren (1959), recon-
Dâasant toutefois que l’un et l’autre de ces taxons pourraient avoir la valeur de sous-
Quant aux Zanonioideae, elles ne comprennent qu’une seule tribu groupant 4 sous-
Humbert (1944), ayant été incluses parmi les Zanoniinae
n’ayant pas publié sa révision générale des genres sous forme d’une
oe, U ne nous a pas paru souhaitable d’en établir une en interprétant son texte.
^ doit souligner cependant que cette classification a fait intervenir, dans la plu-
PW des cas, des caractères tirés de la position des ovules, du port d’insertion des éta-
et de la structure des fruits.
Source ; MNHN, Paris
142
M. KERATOREN
Nous aurons l’occasion de discuter plus loin divers points ambigus de cette classi.
fication, spécialement en ce qui concerne la morphologie des vrilles, des styles ou des
étamines.
A. D. J. Meeuse pour l’Afrique du Sud et Madame Fernandes pour l’Angola,
le Mozambique et la Guinée portugaise, établirent récemment des clés de détermina,
tion, mais toutefois ne discutèrent pas les données générées de la classification. Lej
vues de ces auteurs ne sont d’ailleurs pas toujours concordantes avec celles de C. Jn.
FREY, surtout vis-à-vis de la définition de certains genres ou de certaines espèces
Parmi les autres travaux récents, sur la systématique des Cucurbitacées, il faut
noter les inventaires très importants réalisés pour les Indes par Chakravarty (1959),
Outre la description de plusieurs espèces nouvelles, cet auteur a discuté certai n;
points de la « s^régation » au niveau générique ou spécifique, soulignant que de nom-
breux caractères devaient être utilisés dans une détermination. Chakravarty admet
3 tribus ainsi définies :
— ovules horizontaux ou pendants, fleurs Ç solitaires, 3 étamines, feuilles non
composées : Cucumerinae;
— ovules et graines dressées, 3 étamines (ou une seule en anneau) : Orthosper^
meae;
— ovules pendants, fleurs petites, généralement en panicules, 5 étamines : Zano-
nieae.
Il conserve aux anthères et aux ovules une grande valeur discriminative. Ajou¬
tons que cet ouvrage tient compte, d’une façon très évidente, des répartitions r^o-
nales et générales des taxons, mais que très peu d’indications concernent Madagascar.
Nous avons essayé, à la lumière de ces différents travaux, de mettre en place la
systématique des Cucurbitacées malgaches dans la classification générale. Ces compa¬
raisons nous ont permis de confirmer les distinctions de genres et espèces nouvelles.
Il nous a semblé indispensable de compléter les données discriminatives traditionndles
par des observations sur des éléments peu étudiés jusqu’à ce jour (tout au moins pour
les espèces sauvages de cette famille) ; les garnitures chromosomiques et les pollens.
C. Les données de la caryosystématique.
Les systématiciens ont l’habitude d’établir la distinction des taxons en considérant
uniquement les caractères morphologiques externes. Or, on le sait aujourd’hui, ces
caractères traduisent deux manifestations différentes; certaines sont liées à l’existence
d’un support héréditaire, d’autres ne sont que des aspects passagers, nullement ins¬
crits dans le patrimoine héréditaire.
En ré^îé, les taxinomistes essayent, dans toute la mesure du possible, de baser
leurs distinctions sur des caractères stables d’une population à une autre et, quand
l’observation le permet, d’un territoire à un autre.
L’étude des caryotypes apporte fréquemment des éléments de discussion inté¬
ressants; c’est pourquoi, nous avons effectué, sur quelques espèces pour lesquelles
notre matériel a été favorable, des recherches sommaires de caryologie nous permet¬
tant de déterminer la garniture chromosomique. La connaissance des nombres chro¬
mosomiques peut s’avérer importante en systématique.
I. Historique.
Strasburger (1910) et Bônicke (1911), inaugurèrent, semble-t-il, l’étude des
garnitures chromosomiques chez les Cucurbitacées, en signalant les nombres trouvés
chez quelques plantes communes de l’Europe. Mais l’étude active de cette famillene
commença véritablement qu’avec Meurmann et Kozhuchow (1925) qui étendireiü
Source : AINHf J, Paris
RECHERCHES SUR LES CÜCURBITACÉES DE MADAGASCAR
143
l’étude cytologique aux plantes cultivées. Puis ce furent les recherches de Heimlich
(1927), de Erwin Rau et Haber (1929), et de Mac Kay (1930-1931), qui précédèrent
les importantes publications de Kozhuchow (1930-1937) sur des espèces cultivées
d’origines géographiques variées.
Les travaux de Whitaker (1933), Resende (1937), P. Dangeard (1937), Kurita
(1939). Araratian (1939), Love (1942), Afify (1944), Shifriss (1942), Chakra-
VARTY (1947), contribuent soit à vérifier de précédents résultats, soit à étendre à une
Diidtitude de pays la connaissance de nombres chromosomiques chez de nombreuses
espèce, en Afrique, en Asie et en Amérique tropicales, comme en Russie.
La plupart des renseignements acquis furent repris et complétés dans les ouvrages
de synthèse de Darlington et Janaki Ammal (1945), Darlington et Wylie (1955),
TiscHLER (1926-1928), Delay (1951-1952), tout dernièrement par un groupe
de chercheurs canadiens (index récapitulatif, 1956-1965) et Ornduff (1965-1967).
Hais dans ces différents travaux, une très large place reste réservée aux espèces
cidtivées (en ce qui concerne les Cucurbitacées), appartenant à des genres variés
(Cucurbita, Cucumis, Benincasa, Luffa, Sechium, etc.), ou à des plantes sans valeur
économique, mais à large répartition {Momordica, Bryonia, Trichosantkes, etc.).
Des raisons utilitaires, et parmi elles, l’amélioration génétique des espèces ou races
dimentaires, guidèrent d’ailleurs la majorité des travaux.
Les recherches plus récentes de S. et G. Mangenot (1957-1958), de Riley (1960)
et de MièGe (1960-1962), ont apporté des précisions fort instructives pour l’Afrique
tropicale dont presque aucune espèce sauvage n’avait, jusqu’à présent, fait l’objet
de comptages.
On connaît aujourd’hui les nombres chromosomiques de plus de 60 espèces,
r^Mirlies en plus de 20 genres.
2. Étude de quelques espèces malgaches.
a, Matériel et méthodes.
Pour effectuer ces études, il est absolument nécessaire de pouvoir fixer du maté¬
riel vivant, c’est-à-dire de tuer un organe de la plante contenant des éléments cellu¬
laires en état de division active. Ces fixations peuvent être effectuées sur trois parties
de U plante : la jeime étamine au cours de la formation des grains de pollens ou le
Jeune ovaire pendant la différenciation des ovules, et l’extrémité de la jeune radicule
ain premiers stades de son développement.
Nous avons pu procéder à des fixations sur deux sortes de matériels (jeunes éta-
urines, jeunes radicides). Dans les deux cas, nos fixations ont été effectuées suivant la
mfthode de Nawashine (1) ou de Kraft (2).
Sur le terrain, nous avons fixé des jeunes boutons 6 à divers stades de dévelop-
P®ent; les plus gros ont été ouverts avec la pointe d’un scalpel afin de faciliter l’action
Après le retour de mission, environ deux mois plus tard, ce matériel a été inclus
«ans de la parafBne suivant la technique classique, puis les coupes faites à 10 ont
W colorées selon la méthode de Feulgen. Mdheureusement, nous n’avons pu observer
me seule plaque chromosomique avec des éléments bien différenciés et ce matériel
ne nous a pas donné de résultats satisfaisants.
La. wintion de Navasbine comprend ; 10 “/o d’acide chiomiqae, 4 ®/o de formol, 1 ®/o d’acide
~ Kraft correspond à un mélange de deux solutions en quantités égaies ;
•- Sointinr. n ' d’scide chromique, 7 cc' d’acide acétique, 92 cc' d’eau distillée;
«nnoo B ; 30 cc’ de formol. 70 cc' d’eau distillée.
’ 56«16 s
Source : Paris
144
M. KERAÜDREN
Il est en effet très difficile d’observer les chromosomes dans les grains de poUen
en formation, car il existe, pour chaque plante, une période très limitée et un état de
développement particulier pendant lesquels la méiose est facilement observable. C’est
pourquoi, sur l’ensemble du matériel (100 préparations correspondant à environ
2 000 coupes), nous n’avons obtenu que des résultats ne nous permettant aucun comp¬
tage significatif.
Par contre, les graines prélevées sur des échantillons au moment de la récolte
dans la nature et avant la mise en herbier, ont conservé assez longtemps (du moins
pour quelques espèces, tableau 11, pages 279-281), leur pouvoir germinatif. Nous avons
placé ce matériel en étude à 27°; les extrémités des racines (zone de multiplication
cellulaire), ont été prélevées sur les germinations obtenues, puis fixées selon la méthode
de Kraft.
Ensuite, après inclusion, nous avons pratiqué des coupes transversales dans ces
extrémités de jeunes racines; ces coupes ont été colorées par l’hématoxyline ferrique.
Ce colorant se fixe sélectivement sur les chromosomes et les nucléoles, facilitant ainsi
le repérage des constituants du noyau. Nous avons ainsi monté environ 200 lames
correspondant à une dizaine d’espèces. Nous admettrons, suivant l’acception tradi¬
tionnelle, que le nombre 2n correspond au nombre sporophytique et que * désigne le
nombre de base dans une série chromosomique.
b. Résultats.
Sur les 17 espèces, endémiques ou non, de Cùcurbitacées mises en germination
au laboratoire, 10 seulement nous ont donné des éléments utilisables en cytologie.
Sur ces 10 espèces réparties en 7 genres, 8 sont endémiques, les deux autres appar¬
tenant au groupe de Cucurbitacées à large répartition et dont le nombre chromoso¬
mique avait déjà été publié par Mac Kay en 1931 pour le Lagenaria siceraria = La-
genaria vulgaris (la Calebasse) : 2n = 22, et par Whitaker en 1933 pour le Cürulks
Colocyntkis (la Coloquinte sauvage) : 2n = 22.
L’observation chromosomique chez les Cucurbitacées n’est pas facilitée par la
taille des chromosomes; ceux-ci, très petits, n’excèdent pas 3 p. et leurs formes varient
beaucoup; ils sont en général assez épais.
En ce qui concerne les espèces endémiques, nous avons obtenu les chiftes sui¬
vants :
Lemurosicyos variegata (Cogn.) Keraudren ;
— matériel : M. Keraudren 1012;
— étude : examen de 16 lames, totalisant 800 coupes environ, qui ont permis
le comptage de 25 plaques chromosomiques;
— résultats : 2n = 24, x = 12.
Peponium betsiliense Keraudren :
— matériel : M. Keraudren 457;
— étude : examen de 2 lames, tot^isant 80 coupes, qui ont permis le compUg*
de 18 plaques chromosomiques;
— résultats : 2n = 24, x 12.
Kedrostis elongata Keraudren :
— matériel : M. Keraudren 1170; _ .
— étude : examen de 10 lames, totalisant 300 coupes qui ont permis le comp
de 12 plaques chromosomiques;
— résultats : 2n = 46, x = 12.
Source : MhlHhl, Paris
AECHERCHES
LES CUCüHBITAciES DE MADAGASCAR
145
lagenaria siceraria (Mol.) Standl. :
_matériel : Bosser 14757 ;
_étude ; examen de 7 lames, totalisant environ 300 coupes qui ont permis le
comptage de 10 plaques chromosomiques;
_résultats : 2n — 22, x = il.
Seyrigio Bosseri Keraudren :
— matériel : M. Keraudren 1515;
_étude : examen de 5 lames, totalisant environ 200 coupes qui ont permis le
comptage de 10 plaques chromosomiques;
_résultats : 2n = 26, x = 13.
Seyrigia multiflora Keraudren :
— matériel : M. Keraudren 1083;
_étude : examen de 2 lames, totalisant environ 80 coupes qui ont permis le
comptage de 20 plaques chromosomiques;
_résultats : 2n = 26, x = 13.
Seyrigio- Humbertii Keraudren :
— matériel : M. Keraudren 640;
— étude : examen de 8 lames, totalisant environ 300 coupes qui ont permis le
comptage de 25 plaques chromosomiques;
— résultats : 2n = 26, x = 13.
Seyrigia gracilis Keraudren :
— matériel : M. Keraudren 912 et 991;
— élude : examen de 12 lames, totalisant environ 500 coupes qui ont permis le
comptage de 36 plaques chromosomiques;
— résultats : 2n = 26, x ~ 13.
Tnchomeriopsis diversifoUa Cogn. :
— matériel : M. Keraudren 727, -876, 1085;
— étüde : examen de 27 lames, totalisant environ 1 000 coupes, qui ont permis
le comptage de 78 plaques chromosomiques;
— résultats : 2n = 24 (M. Keraudren 1085);
2n = 36 (M. Keraudren 727);
2n = 48 (M. Keraudren 876);
x=i2.
Ces chifi^ font apparaître un dédoublement des chromosomes correspondant
saas aucun doute, à l’existence, dans la nature, d’individus polyploïdes. Si l’on prend
* = 12, nous avons un diploïde normal 2n = 24, un triploïde 2n = 36, et un tétra-
ploîde 2n = 48. n s’agit d’une espèce endémique, mais à large répartition dans l’île
et les prélèvements furent effectués dans des populations différentes, éloignées de plus
de 100 km les unes des autres. Nous n’avions cependant remarqué, sur le terrain,
ïunme variation dans la morphologie externe et les germinations étaient identiques,
par leurs aspects, que vis-à-vis de la rapidité d’apparition de la radicelle,
if P°^ypl®>die remarquable de cette espèce pourrait être interprétée comme celle
Didiéréacées du genre Alluaudia pour lequel Guervin (1961), estime qu’il s’agit
'HW conséquence des difficiles conditions de vie de ces plantes, ces conditions souvent
Wi^es favorisant l’apparition de méioses anormdies.
résultats originaux que nous avons acquis sur les espèces endémiques malgaches
® tes chromosomes ont pu être comptés, s’inscrivent tout à fait dans le cadre des
travaux a-’ ’
Source : MNHN, Paris
146
f. KERAUDREN
On peut naturellement tenter de superposer une classification caryologique à la
classification traditionnelle; on doit plutôt essayer de justifier soit certains rapproche¬
ments systématiques, soit de nouvelles subdivisions en considérant ce nouveau critère.
Les nombres chromosomiques trouvés confirment la légitimité du genre Lemu-
roskyos (* = 12), précédemment confondu avec le genre Luffa {x = 13).
Le genre nouveau Seyrigia est homogène, les quatre espèces ayant toutes * = 13.
En ce qui concerne l’ancienne tribu des Cucumerinae, on remarque une extrême
hétérogénéité, qui d’ailleurs, est comparable à la multiplicité de forme des fruits chez
les représentants de ce groupe. Les nombres x se situent en effet entre 7 {Cucumis
Heimlich 1927) et 13 (Corallocarpus, Miège 1960). Nous avons trouvé par exemple
X — 12 chez le Trochomeriopsis et chez le Kedrostis. Il semble donc que des différences
aussi sensibles soient de nature à justifier le démembrement de cette tribu, d’aüleurs
aujourd’hui divisée.
Quant à la polyploïdie du Trochomeriopsis et celle probable du Kedrostis elongata,
il ne s’agit pas d’un phénomène exceptionnel dans la famille ; la polyploïdie est fréquente
chez les espèces cultivées et Miège (1962) trouve un nombre hexaploide (n = 72)
chez le Corallocarpus Welwitschii; certaines espèces américaines à n = 32 {Cyclaïuhera,
Mahra), furent considérées par Resende (1937) et Mac Kay (1931) comme ayant un
nombre chromosomique de base x = 8.
La variation de la garniture chromosomique est suffisamment faible chez les
plantes malgaches (au total x = 7 k x = 13), et ceci nous semble être un argument
valable en faveur de l’hypothèse admettant la très grande homogénéité de la famitU
des Cucurbitacées. On rapproche souvent la famille des Cucurbitacées de celle des
Passifloracées dont le nombre chromosomique est encore plus homogène {x = 9,
Darlincton 1945), pour tous les cas étudiés. Chez les Rubiacées, les nombres varient
de a; = 9 à x: = 17, et chez les Campanulacées, de x; = 6 à x; = 18 (faraiües voisines).
Une comparaison faite sur les Cucurbitacées sauvages à l’échdle mondiale semble
indiquer une assez grande homogénéité des garnitures chromosomiques pour les
espèces qui furent étudiées à partir d’échantillons récoltés en Afrique. Les nombres x
sont en effet 7, 11, 12, 13 et nos espèces endémiques de Madagascar y trouvent place.
Les plantes de l’Est asiatique et de l’Amérique tropicale et intertropic^e ne paraissent
pas beaucoup plus dissemblables puisque les nombres varient de 7 à 13 pour les plantes
jusqu’à présent étudiées en Chine, au Japon, et aux Indes, et de 8 à 12 pour celles
jusqu’à présent étudiées en Amérique. Les nombres mentionnés les plus fréquemment
pour les plantes américaines sont x: = 8, x: = 10, x: = 12, et pour l’Asie, x: = 7, x = 9,
x; = 11, x: = 12. Il n’est pas naturellement possible de trouver la signification exacte de
ces différences à l’échelle continentale surtout en raison du petit nombre d’espèces sur
lesquelles on a jusqu’à présent poursuivi les recherches; il n’est pas trop invraisem¬
blable de penser qu’eües ont non seulement une valeur évolutive comme le supposait
Afify (1944), mais aussi un intérêt sur le plan de l’histoire des migrations et de l’origine
ancienne des taxons.
D. Les données de la palynologie.
L’étude des pollens des Cucurbitacées malgaches a été réalisée dans le but de trou¬
ver de nouveaux critères valables de distinction à l’échelle générique sinon spécifique.
I. Historique.
Dès 1711, Geoffroy le Jeune, dans ime planche de dessins représentant de « nom¬
breux grains de poussière du sommet des étamines », donnait la première illusWtMn
connue d’un pollen d’une Cucurbitacée, celui du Potiron {Cucurbita Pepo L). 5 atta
chant essentiellement et presque exclusivement à l’étude du pollen du Potiron qui»
Source : Paris.
RECHERCHES SUR LES CCCURBIT4CÉES DE MADAGASCAR
147
par sa grosseur, constituait un matériel de choix, un certain nombre d’auteurs du xviiie
aède ont peu à peu ajouté à la connaissance de l’aspect extérieur de ces grains de
pollens; on peut citer : Verdries, von Gleichen, Hedwic, Nohden, parmi d’autres.
Ce n’est cependant, nous sembie-t-il, qu’au début du xix® siècle, qu’après Link,
Kœlreüter, Mohl, Mirbel et Guillemin, J. B. Amici (1824) signale, toujours à propos
du pollen du Cucurbita Pepo L., qu’il « voit sauter de petites vessies en forme de
doche »; il signale, en outre, la présence d’un « petit couvercle opaque avec une épine «.
C’est donc par le biais des premières études de biologie ou de physiologie du dévelop¬
pement que s’ajoutent quelques découvertes sur la discontinuité de la membrane externe
du pollen du Potiron, en particulier celle de l’existence du « pore germinatoire ».
Amici a donné une figure du Cucurbita Pepo L. avec de nombreux pores operculés,
figuration reprise en 1835 par Mirbel qui ajouta, sur une magnifique planche en cou¬
leur un grain de pollen en formation et un autre en voie de germination.
En 1842, NXgeli portail son attention sur les k traits distinctifs » dans la formation
des pollens chez le Cucurbita Pepo L. et chez le Bryonia dioica Jacq.
Dans la deuxième moitié du xix® siècle, de très nombreux travaux seront réalisés
sur le pollen du Potiron, mais aucun ne paraît apporter de nouveauté à propos de la
morphologie : il s’agit presque toujours d’études sur le développement, la morphoge¬
nèse et même la cytologie. Nous retiendrons seulement que Warming (1873), s’attache
à d’autres genres que le Cucurbita et réalise ses observations sur le Bryonia alha L.
^\e Cyclanthera pedata Schrad. Mais en 1881, le monographe des Cucurbitacées,
Mfted COGNIAUX, donne, dans ses paragraphes descriptifs sur les genres de cette famille,
une iadication sommaire des caractères des pollens ; c’est la première fois qu'un travail
mentionne des notes palynologiques sur des genres spontanés à Madagascar. Notons
encore qu’en 1890, Fischer figure le grain de pollen du Cucurbita moschata (Duch. ex
Lam.) Duch. ex Poir.
C'est au début du xx® siècle que plusieurs cytologistes américains et allemands
s’intéressent aux stades de développement des étamines et du pollen de nombreux genres :
Fevilka, Micrampelis (= Echinocystis), Cyclanthera, Melothria et naturellement
Cucariu’ta, (Kirkwood, 1907; Strasburger, 1910; Lundegarth, 1914; et Juel, 1914).
Mais au regard de la morphologie des pollens de Cucurbitacées, l’ouvrage essentiel,
qui semble avoir été ignoré de la plupart des botanistes et qui ne fut pas cité dans la
bMographie palynologique de l’important volume de Erdtman (1952), nous paraît
lire cdui de A. Zimmermann (1922). Cet auteur, dans son étude de biologie sur les
Cucurbitacées, donne, pour la première fois, -non seulement un tableau de mesures
comparatives pour plus de 20 genres (avec des pollens d’un diamètre de 22 à 180 p),
mais aussi des schémas simplifiés qui mettent en relief la variété des ornementations
de l’erine des pollens de cette famille. On doit remarquer toutefois que A. Zimmer-
tmw n a pas eu à sa disposition de matériel en provenance de la Grande-Ile.
De 1930 à nos jours, beaucoup d’analyses de miels ont mis en évidence la présence
de pollen de Cucurbitacées, mais aucune n’intéresse directement le présent travail.
Parmi les études de morphologie, citons celles de Batalla (1940) sur des Cucurbitacées
udtivées du Mexique, et celles de Lucy Cranwell (1939) sur des Cucurbitacées de
Nouvelle-Zélande. Le premier travail comportant des recherches sur le pollen des
Cucurbitacées mdgaches est celui de H. Humbert (1944), à l’occasion de l’étude
ûun genre endémique nouveau qu’il venait de découvrir, le genre Xerosicyos. H. Hum¬
bert note la présence d’un pollen à trois sillons chez le X. Danguyi.
., Joitefois, il nous faut signaler la toute récente note de Miss Priti Awasthi, de
■ÙTersité de Lucknov (1960-1961). Pour la première fois, une étude de morphologie
pollens de Cucurbitacées étend la connaissance palynologique de cette
® genres et dix-huit espèces (avec des variétés). De plus, Marticorena
' ri J* brièvement le pollen d’un grand nombre de genres de Cucurbitacées
13 dans la dassification générale de la famille proposée en 1961 par C. Jeffrey.
t K«i18 6 2 a
Source ; AlfJHM, Paris
148
M. KERAUDREN
Tout dernièrement (1964), la botaniste soviétique Alechina a donné de bonnes illus¬
trations de pollens d’espèces asiatiques à large répartition.
Tirant argument des observations de Marticorena, C. Jeffrey (1964, publ. 1965)
a apporté à sa classification génértde des Cucurbitacées (1961), des modifications
faisant apparaître des rapprochements systématiques suggérés par certaines structures
des pollens. Il réunit dans une tribu des Cucurbiteae, les plantes à exine échinulée
ce qui nécessita l’élévation au rang de tribu les Benincasinae autrefois incluses dans
ce groupe.
2. Techniques d’étude et caractères morphologiques des pollens.
Avant de préciser les résultats de notre travail palynologique sur les Cucurbitacées
malgaches, il nous faut récapituler les notions descriptives élémentaires qui ont servi
dans cette étude.
Nous avons adopté la nomenclature de la palynologie française (M*"® Van Campo
1957-1959), mais les techniques utilisées sont celles de G. Erdtman (1940-1952) et
celles de Wodehouse (1935).
Pour réaliser une étude approfondie, il est nécessaire d’éliminer la matière inté¬
rieure des grains et de leur donner ainsi l’aspect de pollens fossilisés. Les grains seront
traités par un mélange d’anhydride acétique et d’acide sulfurique (acétolyse), puis
décolorés par un produit chloré (chlorination). II sera ainsi plus facile de mettre en
évidence les caractères distinctifs des grains soumis à l’action de ces différents produits.
Seule, la membrane la plus externe ou exine, sera conservée; Yintine, membrane
interne, sera détruite par ces techniques de fossilisation. Dans l’exine, nous distin¬
guerons deux membranes, l’une en contact avec l’intine : c’est Yendexine-, l’autre
extérieure et souvent très ornementée : c’est Yectexine. Cette dernière membrane
peut avoir une épaisseur différente aux pôles et à l’équateur du grain de pollen, et ses
ornementations atteignent parfois une grande complexité. En effet, l’absence ou la
présence d’ornementation de l’ectexine apporteront à notre étude morphologique
de nombreux critères de différenciation. L’ectexine peut être entièrement lisse ou
scabre [verruqueuse, fovéolée, gemmulée, clavée, baculée, réticulée, rugulée, fossulée,
striée, insulée ou échinulée] (1) ; elle est souvent constituée par des éléments complexes
(columelles, baculums), pouvant se souder entre eux ou se dédoubler. Nous porterons
également notre attention sur l’épaisseur, l’une par rapport à l’autre, des deux parties
de l’exine.
Certaines parties de l’exine s’amincissent et peuvent se déchirer : ce sont les zones
germinales ou apertures, qui facilitent le passage du tube germinatif à la maturité
du grain de pollen. Ces zones germinales se présentent sous différentes formes et la
classification des pollens fait intervenir à la fois leurs formes et leur complexité. Pour
comprendre plus facilement la forme des apertures, on utilisera la technique de
Wodehouse qui consiste à monter des grains dans de la gélatine glycérinée pour les
gonfler. Les apertures peuvent se présenter sous la forme de pores ou de sillons.
Dans le premier cas nous avons des pollens pores (mono-tri-, polypores), dans le
second cas des pollens colpés (mono-, tri-, polycolpés). Souvent les sillons (ou colpus),
peuvent être très complexes, dors les grains possédant une endoaperture sont dite
grains colporés. Mais la distribution des apertures à la surface des grains est parfois
irrégulière, d’où la complexité des types morphologiques aperturaux. Sur un pollen
frais, les seules observations qu’il soit possible de fdre concernent la forme générée .
sphérique, sphéroîdale, eliipsoîdde, etc. Ces grains peuvent se présenter en tétrades,
(1) La définition de ces termes est celle précisée par M™' Van Campo dans «.Palyneltiif
caine» (19S7-19S9).
Source : MNHN, Paris
BECHERCHES
CUCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR
149
en polyades ou le plus souvent isolés. On décrit et on oriente ces grains faisant partie
de tétrades ou de polyades en fonction de la place qu’ils prennent au cours de l’organo-
génèse. Quant à la symétrie des grains isolés, elle s’établit uniquement en fonction de
Remplacement des zones germinales. Certains grains ne possédant ni axe ni plan de
symétrie (1); d’autres ont seulement un plan de symétrie; mais tous ces cas sont
rares. Beaucoup possèdent un axe mais pas de plan de symétrie : ce sont les pollens
hétéropolaires. On appellera pollens isopolaires ceux qui auront à la fois un axe et
un plan de symétrie perpendiculaire à cet axe. Les dimensions des grains de pollen
seront établies ainsi :
P = longueur de l’axe dit proximalo-distal, mesurée entre les deux pôles;
E = diamètre de la coupe optique équatoriale.
Le rapport P/E servira à distinguer plusieurs types morphologiques de pollens :
P =: E = pollens équiaxes;
P >. E = pollens longiaxes;
P < E = pollens bréviaxes.
L’examen d’un pollen permet d’apprécier quatre types d’images. L’observation
dnpian qui fait apparaître les sillons dans leur intégrité est dite méridienne. Lorsqu’on
modifie la mise au point du microscope pour obtenir, à partir de la vue méridienne,
la plus grande silhouette du grain de pollen, on passe à la coupe optique méridienne.
L’observation du plan qui fait apparaître les extrémités des sillons du grain de
pollen est dite vue polaire. L’espace compris entre les lignes joignant les sommets
dessillons est dit triangle polaire; le côté t de cette surface sera souvent mesuré et
considéré comme caractéristique. De même que précédemment, on passe d’une vue
polaire à une coupe optique équatoriale. L’espace compris entre deux sillons s’appelle
le mesocolpus.
De plus, les dimensions de i’ectoaperture pourront apporter quelques précisions
dans l’étude morphologique des pollens.
Tous les détails de l’ectexine, l’épaisseur des différentes membranes et la mor¬
phologie des apertures seront observables en faisant varier la mise au point des grains
se présentant soit en vue polaire, soit en vue méridienne. Nous obtiendrons ainsi
différents plans à partir de la surface de i’ectexine jusqu’à la coupe optique (équateur
en vue polaire, demi-grain de pollen en vue méridienne). Ainsi, pourront être décrits
les caractères suivants :
— symétrie et forme;
— dimensions;
— caractères des apertures;
— caractères des membranes.
Les poEens des Cucurbitacées malgaches ne se présentent jamais en tétrade.
Jusqu’à ce jour, deux cas de pollens en tétrades ont été signdés dans la famille chez
deux espèces américaines : Gurania Makoyana (Lem.) Cogn. et Gurania spinulosa
(Poepp. et Endl.) Cogn. [Erdtman, 1952]. Tous ces pollens possèdent un axe de
pétrie et un plan de symétrie perpendiculaire à cet axe, tous sont donc isopolaires,
w symétrie sera d’ordre 3 dans la plupart des pollens des Cucurbitacées malgaches,
et ceux-ci se présenteront sous les formes suivantes :
— apertures circulaires équidistantes sur l’équateur du grain : pollens triporés;
(1) Hob d* ceux passant par cet axe.
Source ; MNHN, Paris
1
150 M. KERAUDREN
_ plusieurs apertures circulaires réparties sur toute la surface du grain de pollen
ou à l’équateur : pollens polyporés;
_sillons disposés suivant trois demi-méridiens, un pore au centre de chaque
sillon (colpus) : pollens tricolporés;
— dans certains cas, les pollens tricolporés laissent apparaître une endoaperrure
peu distincte et ces grains appartiennent alors au type colporoidé;
— plusieurs sillons régulièrement disposés autour d’un axe de symétrie : pollens
polycolpés.
3. Description des pollens des Cucurbitacées malgaches.
Les grains de pollen ont été préparés par la méthode de Erdtman, soit à partir
du matériel d’herbier (pour la plus grande partie des préparations), soit aussi à partir
de matériel frais. Tous ces prélèvements ont été acétolysés sans être chlorinés. En effet
nous nous sommes aperçu que l’exine trop fragile des Cucurbitacées ne permettait
pas ce dernier traitement. Dans certains cas, les apertures n’apparaissent pas distincte¬
ment et nous avons dû effectuer les observations sur des pollens traités par la méthode
de WODEHOUSE.
a. Pollens à plusieurs sillons :
Genre Seckium.
Sechium (Jacq.) Sw. (pl. I, 1).
Origine ; Madagascar (cultivé, intertropicai), récollé par M. Kebaubben, 1566 (1).
Symétrie et forme : pollens bréviaxes, isopolaires, elliptiques en vue méridienne, 8-9 coipés.
Dimensions : P = 52-55 [x, E = 66-69 jx.
Apertures : ectoapertures allongées, portant des granulations d’ectexine, t = 15 (x, stUou
élargis Jusqu'à 4-5 {x à l'équateur.
Exine ; verruqueusc, ectexine 2,5 jx, endexiiie 1,5 ;x.
b. Pollens à plusieurs pores :
!•’ Pollens à nombreux pores.
— Pores operculés, exine échinulée.
Genre Cayaponia.
Cayaponia africana var. madagascariensis Keraudren (pl. I, 3).
Origine : Madagascar (variété endémique), récolté par Perrier de la Bâtbie, 6776.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, sphériques, équiaxes, polyporés (pantoporés).
Dimensions : P = Z = 96 [x.
Apertures : 4 à 6 pores circulaires de 14 jx de diamètre, entourés d’un anulus très mince, les
pores sont operculés et l'opercule est caduc.
Exine : éciunulée, grandes épines atteignant 6-8 )x et baculas soudées entre elles formant an
réseau.
Genre Cucurhita.
Cucurbita maxima Duch. (pl. I, 4).
Origine : Madagascar (naturalié et cultivé), récolté par M. Keraudren, 865.
Symétrie et forme : pollens isopolaites, équiaxes, subsphériques, polyporés.
Dimensions : P = E = 130-140 [x.
Apertures ; 5-7 poses circulaires de 15 fx à 18 fx de diamètre, tous operculés, l'opetcnle portant
une épine et tombant à maturité. ,
Exine : échinulée. deux aortes d’éléments d’ornementation, les uns grands, atteignant 9 (X ae
long et 3 |x de diamètre à leur base, les autres beaucoup plus petits (bacula).
(I) Les provenances des spécimens cités figurent dans la flore de Madagascar et des Comot**!
Source : 41MHW, Paris
RECHERCHES SUR
CUCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR
151
— Pores non operculés, exine non échinulée.
Sous-genre Pseudokedrostis (pi. I, 5).
Zekneria Peneyana (Naud.) Aschers et Schweinf.
Origine : Madagascar (Madagascar et Afrique orientale), récolté par BossRB, 8516.
Symétrie et forme : pollens isopoiaites, bréviaxes, ovale», hexaporés (zonipotés).
Dimensions ; P = 56 [i. E = 70-72 (i.
Apertures ; ectoapertures circulaires de 9-10 [j, de diamètre.
Rvine : réticulée, mailles pouvant atteindre 2 ^ de large, ectexine un peu plus épaisse que
l’endexine = 1 (i.
2® Pollens à 3 pores.
Genre Cucumis.
Cucumis africanus L. (pl. I, 6).
Origine : Madagascar (naturalisé), récolté par M. Kerauoben, 1001.
Forme et symétrie : pollens isopolaires, équiaxes, sphériques ou légèrement tétraédriques,
triporés, angulaperturés, parfois tétraporés (rare).
Dimensions ; P = E = 40 ji.
Apertures : 3-4 pores; ectoaperture épaissie en bourrelet autour des pores, diamètre des pores
Exine : très finement réticulée, 3 d’épaisseur, mailles ne dépassant pas 1 p. ; assez régu¬
lières, ectexine plus épaisse que l'endexine = 1,5 p. d’épaisseur, columeÙes à tètes ar¬
rondies.
Cucumis Melo L.
Origine : Madagascar (naturalisé et cultivé), récolté par le Service des Béserves Naturelles
1627.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, équiaxes, subsphériques ou légèrement tétraédriques,
angulaperturés, triporés.
Dimensions ; P = E = 48-50 |i.
Apertures : 3 pores circulaires entourés d'un anulus très étroit, pores de 6 ^ de diamètre.
E^ne : finement réticulée, mailles petites et régulières sur toute la surface du grain, ecte-
Cucumis softvtu L.
Origine : Madagascar (naturalisé), récolté par M. Keraudren, 1730.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, équiaxes, subsphériques, parfois légèrement tétraé¬
driques, angulaperturés.
Dimensions : P = E 47-50 |i.
Apertnrei : 3 pores circulaires, entourés d'un anulus peu distinct, pores de 9 - 10 p, de diamètie.
Exine : réticnlée, à mailles fines et régulières, columelles à tètes arrondies, ectexine de même
épaisseur que l’endexine = 1 p environ.
Cenre Benincasa.
Benincasa hispida (Thimb.) Cogn. (pl. I, 2).
Origine : Madagascar (introduit et cultivé), récolté par Baron, 88.
Symétrie et forme : pollens Isopolaires, équiaxes, sphériques, triporés.
Dimensions : P E = 72 p.
Apertures : 3 pores circulaires de 16 p de diamètre, entourés d’un anulus de 3 p d'épaisseur,
t = 33 p.
Exine : complexe, mailles de 3 p environ, beaucoup plus petites autour des apertures, ectexine
de même épaisseur que l’endexine — 1 p, granules d'ectexine dans les mailles.
Oreosyce.
Onosyce africana Hook. f. (pl. I, 8).
Origine : Madagascar (espèce que l'on trouve également en Afrique), récolté par Hvhbert,
25137.
Symétrie et forme : pollens isopoiaites, équiaxes, subtétraédriques, angulaperturés, tripotés.
Dimsnsions : P = £ = 53 p.
^pcriotes : pores de 12 p de diamètre, assez complexes (semblables aux apertures du genr
Csrylitt).
Ëxine : finement réticulée, endexine de même épaisseur que l’ectexina = 1,5 p.
Source ; MUHN. Paris
152
M. KERAUDBEN
Genre Trichosanthes.
Trichosantkes anguina L. (pl. 1, 9).
Origine : Madagascar (introduit et cultivé), récolté par Geay, 7U40.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, éijuiuxes, subsphériques, triporés.
Dimensions ; P = E = 72 |/.
Apertures : complexes, ectoapertuces elliptiques, 10-12 (i, de long sur 3 |i de large, endoapeN
tures circulaires de 15 {X de diamètre.
Exine : insulée, ectexine de meme épaisseur que rcndexiiic = 1 (X.
Genre Tricyclandra.
Tricyclandra Leandrii Keraudren (pl. I, 7).
Origine : Madagascar (genre endémique monospécifique), récolté par I.eandri, 3574.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, équiaxes, subsphériques, triporés.
Dimensions ; P = E = 55 pi.
Apertures : ectoapertures circulaires, de 15 |X de diamètre, entourées d’un anuiua,
Exine ; insulée, ectexine de même épaisseur que l’endexine = 1 jx.
c. Pollens tricolporés.
Genre Cucumella.
Cucumella cinerea (Cogn.) Jeffrey.
Origine : Madagascar (Madagascar, Sud-Ouest africain, Afrique du Sud, Angola), récolté
par M. Keraudren, 480.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, faiblement longiaxes, circulaires en vue polaire,
elliptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 46-48 |X. E = 38-40 fi.
Apertures : ectoapertures allongées, t = 15 (i, complexes au niveau de l'endoaperture, celle-
ci circulaire à elliptique, 12-15 pi de diamètre.
Exine : finement réticulée, ectexine = endexine = 1 pi mais plus épaisse aux pôles.
Genre Citmllus.
Citrullus Colocynthis (L.) Schrad.
Origine : Madagascar (naturalisé), récolté par M. Keraudren, 456.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, subéquiaxes, circulaires en vue polaire et eu me
méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = E = 56 à 60 pi.
Apertures : ectoapertures allongées, t = 12 pi, endoapertures plus ou moins circulaires, de
3-4 [X de diamètre.
Exine : réticulée, mailles irrégulières, pouvant atteindre 2,5 pi dans le mesocoipus, pins petites
vers l’ectoaperture, ectexine = 2 pe, endexine = i pi, ectexine paraissant plus épaisse dam
le mesocoipus,
Citmllus lanatus (Thunb.) Mansf.
Origine : Madagascar (naturalisé et comestible), récolté par Hildedràndt, 3435.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, subéquiaxes, tricolporés.
Dimensions : P = E » 56-62 pt.
Apertures ; ectoapertures allongées, 9 (x de long environ, t = 10-12 pt, endoapertures circu¬
laires, 10-12 pi de diamètre.
Exine : réticulée, mailles de formes variées, atteignant 5 [i dans le mesocoipus, plos petite»
le long des ectoapertures, ectexine 2 [x, endexine 1 pi, bombée dans l'ectoapeitnie.
Genre Corallocarpus.
Corallocarpus Bainesii (Hook. f.) Meeuse.
Origine : Madagascar (commun à Madagascar et à l’Afrique), récolté par BoiviN, sans manéro,
aux Comores. .
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, faiblement longiaxes, circulaires ou légèrement trun-
gulaires en vue polaire, elliptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions ; P = 40 pi, E = 35 (x. ,
Apertures : ectoapertures allongées, t = 7-8 pi, assez élargies, jusqu’à 3 px, enaoaperrora
circulaires, 10.pt de diamètre.
Exine : réticulée, duplibaculée, à mailles très fines, ectexine 2 endexine 1 {i-
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CüCURBITACÉES DE MADAGASCAR
153
Corallocarpus Grevei (Keraudren) Keraudren (pl. II, 1-2).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté pat M. Keraudren, 1000.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, longiaxes, circulaires eu vue polaire, elliptiques en vue
méridienne, tricolporés.
Dimensions : P - 55-70 p, E =» 42-55 p.
Apertures : ectoapertures allongées, t = 16 p, élargies vers l’équateur jusqu’à 3 p, endo-
apertures circulaires de 6 p de diamètre.
Exine ; finement réticulée, mailles atteignant 1,5 p dans le mesocoipus, devenant plus petites
le long des ectoapertures (réticulum duplibaculé), ectexine 2 p, un peu plus épaisse aux
pôles, endexioe 1 p.
Corallocarpus Perrieri (Keraudren) Keraudren (pl. II, 1-2).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par M. Keraudren, 890.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, faiblement longiaxes, parfois elliptiques en vue méri¬
dienne, tricolporés.
Dimensions : P = 55-60 p. E = 48-55 p.
Apertores : ectoapertures allongées, t = 10 p, élargies jusqu’à 3 p, endoapertures circulaires
ou plus ou moins elliptiques, atteignant 15 p de diamètre.
Exine : ânement réticulée, duplibaculée, à mailles de 2 p dans le mesocoipus, devenant plus
petites le long des apertures, ectexine de même épaisseur que l’endexine, c'est-à-dire 1,5 p
mais ectexine plus épaisse aux pôles qu'à l’équateur.
Genre Kedrostis.
Kedrostis Cogniauxii Keraudren (pl. II, 5).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Boivin sans numéro, à Nossi-Bé.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, subcirculaires en vue polaire, elliptiques en
vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 52-58 p, E = 36-40 p.
Apertures : ectoapertures allongées, épaissies sur les bords, pouvant atteindre jusqu’à 6 p
de large, t » 6 p. endoapertures circulaires, 6 p de diamètre.
Exine ; réticulée, mailles assez grandes dans le mesocoipus, 4 p, ectexine 2 p, un peu plus
épaisse aux pôles, endexine 1 p, quelquefois duplibaculée.
Kedrostis dissecta Keraudren (pl. II, 6).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par le Service forestier. 60.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, longiaxes, subcirculaircs en vue polaire, elliptiques en
vue méridienne, tricolporés.
Dimeasions : P = 46 p, E 33 p.
Apertures : ectoapertures allongées, 1 = 6-8 p, atteignant 6 p de large à l’équateur, endoaper-
tnres circulaires de 6 p de diamètre.
Exine : réticulée, mailles assez grandes dans le mésocolpus (3-4 p), beaucoup plus petites dans
le triangle polaire et le long des sillons; ectexine et endexine épaisses de 1,5 p ectexine un
peu plus épaisse que l'endexine aux pôles qu'à l’équateur.
Kedrostis elongata Keraudren (pl. II, 10).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Pebrier de la BAthie 14467.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, longiaxes, subcirculaires ou faiblement trilobés en
vue polaire, elliptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 55 p, E = 38-45 p.
Apertures : ectoapertures allongées, t = 6 p et larges de 3-4 p à l'équateur, endoapertures
citculaires de 6-7 p de diamètre.
Exine ; réticulée, à mailles assez grandes dans le mesocoipus. plus petites le long des apertures ;
ectexine 2 p, endexine plus épaisse aux pôles.
Kedrostis lanuginosa (Keraudren) Keraudren (pl. II, 9).
O^me ; Madagascar (espece endémique), récolté par Boivin, sans numéro, à i’ile Sainte-
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, longiaxes, circulaires en vue polaire, elliptiques en
vue méridienne, tricolporés.
Dimensions ; P = 53-56 p, E = 33 p.
Apertures ; ectoapertures allongées, t = 15 p, endoapertures citculaires.
: réticulée, à mailles de 3-4 p, plus petites le long des ectoapertures ; ectexine 2,5-3 p
O épaisseur, un peu plus épaisse aux pôles, endexine I p.
Source : MNHN, Paris
154
M. KERAUDREN
Kedrostis laxa Keraudren.
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Perrier de là Bathie, 1619.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, faibUnient longiaxes, subcirculaires en vue polaire,
elliptiques en vue méridienne, tricolpotéa.
Dimensions ; P = 52 |à. E = 42-45 |t.
Apertures : ectoapertures allongées, t = 9 |à, larges de 6-7 |X ; endoapertures circulaires de
10 [1 de diamètre.
Exine : réticulée, mailles plus petites le long des ectoapertures, ectexine 2 |x, un peu pbj
épaisse qu’aux pôles, endexine 1 ji.
Kedrostis Perrieri Keraudren (pl. Il, 8).
Origine; Madagascar (espèce endémique), récolté par Decaby, 8757.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, longiaxes. circulaires en vue polaire, elliptiques eo
vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 50 [i. E - 40 (a.
Apertures ; ectoapertures allongées, t = 6 |a, a borda assez épaissis, larges de S [x; ectoaper¬
tures circulaires, 15 ^ de diamètre.
Exine : réticulée, ectexine 2 ji, endexine 1 ectexine un peu plus épaisse aux pôles.
Genre Lagenaria.
Lagenaria siceraria (Mol.) Standi.
Origine : Madagascar (naturalisé), récolté par le Service forestier. 47.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, équiaxes ou brièvement longiaxes, subcirculaires eo
vue polaire et en vue méridienne, tricolporés,
Dimensions : P = E = 62-70 n-
Apertures : ectoapertures allongées. 3 |x de large, endoapertures circulaires ou elliptiques de
15-16 ^ de diamètre.
Exine : tégiliée, finement réticulée, ectexine de même épaisseur que l’endexine, 1,5-2 )i,
Lagenaria sphaerica (Sond.) E. Mey. ex Naudin (pl. II, 11).
Origine : Madagascar (commun à Madagascar et à l'Afrique), récolté par Decary, 10076.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, équiaxes, circulaires en vue polaire et en vue méri¬
dienne, tricolporés.
Dimensions ; P = E = 60 |a.
Apertures : ectoapertures allongées, t = 10 {X, s'élargissant vers l’équateur jusqu’à 5-6 p ;
endoapertures circulaires, 10-12 ;x de diamètre,
Exine : nettement réticulée, mailles grandes dans le mesocolpus de 2-6 |X, mailles deveaast
très petites le long des coipus, ectexine 4 p, endexine saillante par les pores, de 1,5-2 |L
parfais mailles non fermées.
Genre Lemurosicyos.
Lemurosicyos variegata (Cogn.) Keraudren (pi. II, 12-13).
Origine : Madagascar (genre endémique monospécifique), récolté par M. Keraudren, 1080.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, longiaxes, légèrement triangulaires en vue polsire,
elliptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions ; P = 65-70 [x, E — 52 [X.
Apertures : ectoapertures allongées, légèrement élargies vers l'équateur, 3 enviroD, t =
12-15 [X ; endoapertures circulaires, 12 fx de diamètre.
Exine : réticulée, à mailles régulières, de mêmes dimensions sur tout le grain, assez peritts.
ne dépassant pas 1,5 |X de large : ectexine un peu plus épaisse aux pôles qu’à léqustent,
endexine = ectexine = 1 jx environ.
Genre Luffa.
Luffa acutangula (L.) Roxb.
Origine : Madagascar (naturaLsé et cultivé), récolté par Perbier DE LA BAthiB,
Syméttie et forme : pollens isopoiaires sphériques, équiaxes, tri- ou plus rarement MBs-
colporés.
Dimensions : P = E = 85-90 (x. . i • 2(1 u
Apertures : ectoapertures allongées, 6 [x de large, t = 15 |X, endoapertures circul»r»*i t*
de diamètre.
Exine : réticulée, mailles assez anguleuses, 2-3 |x, ectexine 1.5 jx, endexine à peine 1 p-
Source,: MtJHN, Paris. J
HECHEKCHES
CUCURBITACÉËS
MADAGASCAR
155
w
Luffa cylindrica (L.) Roetn. (pl. III, 1).
Origine : MadagaM ar (naturalisé et eultivé), récolté par Pehriek du tA BÂTHiE. 6791.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, équiaxes, subcirculaires en vue méridienne et eu vue
polaire, tri- ou plus rarement trélra-colporés.
Dimensions ; P = E - 80-84 |/.
Apertiires ; ectoapertures allongées, plus ou moins élargies dans leur partie médiane, t = 12-
14 |a. : endoapertiires rirculaires de 12 |a de diamètre.
Exine : réticulée, à mailles pouvant avoir 3 (j, entre les sillons, beaucoup plus petites le long
des marges et autour des endoapertures. ectexine 2,5 |i, endexine 1 (i, retieulura dupli-
Genre Telfairia.
Telfairia pedata (Smith) Hook, f, (pl, III, 2-3).
Origine ; Madagascar (asiatique, cultivé, intertropical), récolté par Boivik, sans numéro,
à Nossi Bé.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, circulaires, Iricolporés.
Dimensions ; P = 60-65 (x, E = 50 p,.
Apertures : ectoapertures allongées, à bords épaissis ; endoapertures circulaires, 3-4 ft de
diamètre.
Exine : réticulée, mailles atteignant 1,5 |x dans le mesocoipus, presque aussi grandes dans le
triangle polaire, ectexine -(- endexine = 2,5-3 (t, ectexine = endexine.
Genre Zehneria.
Zehneria Martinez-Crovettoi Keraudren (pl. III, 4-5).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Seyrig, 260.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, faiblement longiaxes, subtriangulaires en vue polaire,
obovales en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 36-40 ;x, E = 33-36 (X.
.Apertures ; ectoapertures allongées, t = 6 [X, endoapertures plus ou moins elliptiques, 12 jx
sur 6 (X.
Exine : finement réticulée, mailles très petites, ectexine plus épaisse aux pôles qu'à l'équateur
= 1 ix.
Zehneria emirnensis (Bak.) Keraudren (pl. III, 10).
Origine : Madagascar (et Afrique orientale) récolté par M. Keraudren, 1131.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, un peu longiaxes, circulaires ou légèrement triangu¬
laires en vue polaire, elliptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 40-42 |x, E = 30-33 jx.
Apertures ; ectoapertures allongées, t = 6 pi, endoapertures elliptiques.
Exine : finement réticulée, ectexine de même épaisseur que l'endexine =: 1 [x.
Zehneria madagascariensis Keraudren (pl. III, 8-9).
Origine : Madagascar (endémique), récolté par Humbert, 7149.
Symétrie et forme : pollens isopolaires. un peu longiaxes, subtriangulaircs, angulaperturés
en vue polaire, elliptiques en vue méridienne, tricoipotés.
Dimensions : P = 42-45 )x, E » 35 (x.
Apertures : ectoapertures allongées, t = 6 jx. à bords assez épaissis, parfois élargis au niveau
de l'endoaperture jusqu'à 3 jx ; endoapertures ovales, 10 |X sur 7 pi.
Exine : finement réticulée, ectexine de 2 pi d'épaisseur, endexine à peine 1 fx.
Zehneria maysorensis (Wight. et Am.) Am (pl. III, 7).
Origine ; Madagascar (Afrique orientale, Indes et Madagascar), récolté pat Lavancdie,
sans numéro.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, faiblement longiaxes, subcirculaires en vue polaire ou
un peu triangulaires, tricolporés.
Dimensions ; P = 36 jx, E = 27-30 pt.
Apertures : ectoapertures allongées, t » 6 px, endoapertures complexes, 12 pi sur 6 pt.
Exine ; finement réticulée, endexine de même épaisseur que l’ectexine = 1,5 jx.
^neriapolycarpa (Cogn.) Keraudren (pl. lit, 13).
Origine : Madagascar (endémique), récolté par M. Keraudben, 1030.
symétrie et forme : pollens isopolaires, iongiaxes, subtriangulaircs et augulaperturés en vue
polaire, eUiptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dunensions : P = 45-48 pi. E ^ 36-40 pt, souvent polymorphes.
Apertures ; ectoapertures allongées, t = 10 pi environ, endoapertures complexes, obovales,
15 (1 sur 9 [i.
txjue : finement réticulée, mailles très petites, ectexine de même épaisseur que i'endexine
-l(i.
Source ; MUHN, Paris
156
M. KERAÜDREN
Zehneria Perrieri Keraudren (pl. III, 14, 15).
Origine ; Madagascar (endémique), récolté par Benoist, 1219.
Symétrie et forme : poiiens isopolaires, longiaxes, siibtriangulaires et aiigulapertiirés en vus
polaire, elliptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions ; P “ 4042 jt. K = 28
.\perture5 : ectoapertures allongées, t = 7-8 a environ. emloaperUires circulaires.
Exine : finement réticulée, mailles petites, régulières, eclexine légèrement plus épaisse que
l’endexine = 1 (i.
Zehneria Rutenbergiana (Cogn.) Keraudren (pl. III, 11, 12).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par le Service îles Rése
11769.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, faiblement longiaxes. subcirculaires ot
triangulaires et angulaperturés en vue polaire, obovales en vue méridie
Dimensions ; P = 40-42 |a, E = 35-36 |t.
Apertures : ectoapertures allongées, endoapertures complexes, peu distinctes
Exine : finement réticulée, mailles très petites, ectexinc de même épaisseui
= l(t.
rves Naturelles,
1 très légèrement
«ne, tricolporés.
, 15 [1 sur 10 g.
• que l’eudexine
Zehneria Thwaile$ii (Schweinf.) Jeffrey (pl. III, 6).
Origine : Madagascar (A6ique et Madagascar), récolté par HiMBEnr. 25531.
Symétrie et forme : pollens isopoiaires, faiblement longiaxes à subéquiaxes, subcirculaires
en vue polaire, tricolporés.
Dimensions ; P = 40 [t. E = 36-38 (/.
Apertures ; ectoapertures allongées, t = 8 |i, endoapertures complexes. 12 (i sur 8-10 g.
Exine : finement réticulée, mailles régulières, ectexine de même épaisseur que l’endexine
= I (i.
Genre Zombitsia.
Zomhitsia lucorum Keraudren (pl. III, 16).
Origine : Madagascar (genre endémique monospécifique), récolté par M. Keraudben, 1337.
Symétrie et forme : pollens isopoiaires longiaxes, subcirculaires en vue polaire ou parfois
faiblement triangulaires, largement elliptiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 48-52 (i, F, ^ 45-48 [t.
.Apertures : ectoapertures allongées ù bords épaissis, pouvant avoir 3 |a de large au niveaa
des endoapectures ; t = 6 |i ; ectoapectures circulaires. 4 (j, de diamètre.
Exine ; réticulée, à mailles irrégulières, 2-3 ji, plus petites le long des ectoapertures ; ectexiiK
épaisse de 2 p, endexine = 1 p,
Genre Muellerargia.
Muellerargia Jeffreyana Keraudren (pl. III, 17).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Busskr, 19189.
Symétrie et forme : pollens isopoiaires, faiblement longiaxes, presque équiaxes, sobcirculaires
en vue polaire, tricolporés.
Dimensions ; P = 50 p, E = 46-48 p.
Apertures : ectoapertures allongées, t 10 p, assez élargies dans le mesocoipus, endoapemres
complexes, obovales, atteignant 15 p de large.
Exine ; finement réticulée, mailles régulières mais plus petites le long des colpus, ectexine =
1,5 p, endexine = 1 p.
d. Pollens porés avec Ut membrane aperturale légèrement différenciée
dans l’axe du pore.
Genre Ampelosicyos.
Ampelosicyos meridionalis Keraudren (pl. IV, 1).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Poisson, 701.
Symétrie et forme : pollens isopoiaires, équiaxes, subsphériques, tricolporés.
Dimensions ; P = E = 46-48 p. .
Apertures ; ectoapertures un peu allongées, 8-10 p de diamètre, entourées d nn an
Exine : striato-rugulée en surface, complexe en dessous, ectexine = endexine = 1,5 p d épsit-
Source ; MtiW, Paris ^
RECHERCHES
LES CUCÜRBITACÉES
MADAGASCAR
157
P-
Ampelosicyos Humblolii Cogn. (pl. IV, 2, 3).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par HcMBLOT, 203.
Symétrie et forme ; pollens isupolaires, subsphériques, équiaxes, tricolporés.
Apertures : cctoapertiires faiblement allongées, peu visibles, endoapertures uvales. 10 pi sur
4 pi. entourées d'uii aimliu pouvant atteindre 5 pi de chaque côté.
Exiiie : plus ou muins rugiilée en surface et réticidée eu dessous, assez complexe.
Ampelo'iicyos scandens Thouars.
Origine ; Madagascar (espèce endémique), récolté par Pbrbier de la Bâthig, 8149.
Symétrie et forme ; pollens isoptolaires, équiaxes. subsphériques ou faiblement tétraédriques,
tricolporés.
Dimeusious : P = E = 55 {x.
Apertures ; ectoaperturcs très petites, faiblement allongées, endoapertures circulaires, entou-
Exiae : complexe, finement réticulée, mais mailles incomplètes, pas développées.
Genre Peponium.
Peponium betsiliense Keraudren (pl. IV, 4).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Humbert. 30210.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, sphériques, équiaxes, tricolporés.
Dimensions ; P = E = 66 pi.
Apertures : ectoapertures faiblement nllntigées, 16-20 pi de long, endoapertures circulaires,
12 |t de diamètre.
Exine : complexe, réliculée-rugulée,
Peponium Grandidieri Keraudren (pl. IV, 14).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Grandidier, saus numéro.
Symétrie et forme : pollens isupolaires, équiaxes, sphériques, tricolporés.
Dimensions : P = E = 38-40 pi.
Apertures : ectoapertures très courtes. 8-10 pi. endoapertures circulaires. 5 pt de diamètre.
Exine : finement ornée en surface ; eclexine de même épaisseur que l'eiidexine = 1 pt.
Peponium hirtellum Keraudren (pl. IV, 5, 6).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Humbert, 5697 bis.
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, équiaxes, sphériques, tricolporés.
Dimensions : P = E = 76 pt.
Apertures : ectoapertures peu développées, endoapertures de lOpi de diamètre, entourées d'un
anulus de 5 pt d'épaisseur.
Exine : complexe, rugulée-striée en surface.
Peponium Humberlii Keraudren (pl. IV, 7).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Humbert, 25808.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, équiaxes, sphériques, tricolporés.
Dimensions : P = E = 60 pt.
Apertures : ectoapertures légèrement allongées mais peu visibles, endoapertures circulaires,
peu distinctes, 12 pt de diamètre.
Exine ; ornée, ruguiéc-striée en surface, presque réticulée en dessous.
Peponium laceratum Keraudren (pl. IV, 10).
Origine : Madagascar (espèce endémique), 2254 de l’herbier du jardin botanique de Tanana-
Symétrie et forme : pollens isopolaires, sphériques, équiaxes, tricolporés.
Dimensions ; P = E = 55-60 pt.
Apertures : ectoapertures courtes et larges, mais peu marquées, endoapertures circulaire#
de 6-8 pt de diamètre.
Exine : rugulée en surface, complexe en dessous; ectexine = endexine = 3 pt.
Peponium Perrieri Keraudren (pl. IV, 9).
Oiigiae : Madagascar (espèce endémique), récolté par Perrier de la Bâtdie, 6770.
S)Wtrie et forme : pollens isopoiaires, équiaxes, sphériques, tricolporés.
Dimensions ; P = E = 66-68 pt.
Apertures : ectoapertures peu visibles, endoapertures circulaires, 9-10 pt de diamètre, grann*
lenses, présence d’un anulus.
Exine ; oroée-rugulée en surface, complexe en dessous, ectexine = endexine =» 2 pi.
Source ; Mt-JHN, Paris'
158
M. KEHAÜDREN
Peponium Poissonii Keraudren (pl. IV, 11, 12).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par DeCary, 8473,
Symétrie et forme : pollens isopolairee. sphériques, équiaxes, tricolporés.
Dimensions : P = E = 66-68 (i.
Apeitures ; ectoapertures courtes, 30 |j, de long, endnapertures oirrulaire.s, 9-10 |i de diamètre.
Exine : ornée-rugiilée en surface.
Peponium racemosum Keraudren {pl. IV, 13).
Origine ; Madagascar (espèce endémique), récolté par Perrier de la Bâthie, 618.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, équiaxes, sphériques, tricolporés.
Dimensions : P = E = 50-55 |A.
Apertures ; ectoapertures peu visibles, endoapertures circulaires, entourée d’un anulus, dia¬
mètre intérieur : 6 diamètre extérieur =■ 10
Exine ; complexe, rugulée-striée en surface, complexe en dessous ; ectexine = endexine = 1 jr.
Peponium Seyrigii Keraudren (pl. IV, 8).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Sey'HIO, 456.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, sphériques, équiaxes, tricolporés,
Dimensions : P = E = 66-68 jj..
Apertures ; ectoapertures peu marquées, endoapertures circulaires, 12-15 y. de diamètre.
Exine : rugulée ornée en surface, assez complexe en dessous.
e. Pollens tricolporés à endoapertures parfois peu visibles.
Genre Momordica.
Momordica Ckarantia L. (pl. V, 1, 2).
Origine ; Madagascar (naturalisé), récolté par M. KERAt'DREN. 983.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, subtriangulaires, angulaperturés en vue
polaire, obovales en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions ; P = 66-70 (i, E = 50-55 p.
Apertures ; ectoapertures allongées, élargies vers le milieu, jusqu'à 6 |t, t = 16 ecdoaper-
tares a contours peu nets.
Exine ; réticulée, simplicibaculée, mailles de 3 ^ de large environ, assez régulières, ectexiae
de 3 plus épaisse aux pôles, endexine = 1 (z.
Momordica trifoliolata L.
Origine ; Madagascar (commune à la Grande-Ile et à l’Afrique), récolté par d'.\LLEiZETTE, 10*9.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, circulaires en vue polaire, elliptiques en vue
méridienne, tricolporés.
Dimensions ; P = 66-70 pi, E = 40-50 [i.
Apertures : ectoapertures allongées, t = iO-12 y.
Exine : réticulée, mailles régulières, 2-3 p de large, ectexine ^ endexine = 1,5 y.
Genre Raphidiocystis.
Raphidiocystis hrachypoda Baker (pl V, 3, 4, 5).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Saboureau, 5856.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, tricolporés, circulaires en vue polaire, dlip-
tiques en vue méridienne.
Dimensions : P = 56 pt, E = 44 |x.
Apertures ; ectoapertures allongées, un peu élargies vers l’équateur, endoapertures cireulsixes
de 6-7 [A de diamètre, t = 6 p.
Exine ; complexe, réticulée en surface, à mailles assez grandes, 3-4 p dans le mésocoipus, p|<u
petites le long des ectoapertures et dans le triangle polaire, réseau complexe ; ectexuK
2,5-3 P aux pôles, endexine = 1 p.
Genre Seyrigia.
Seyrigÿa Bosseri Keraudren (pl. V, 9,10).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par M. KERAUDBEti, 1515. _
Symétrie et forme ; pollens isopolaires, longjaxes, légèrement trilobés en vue polaire, ellip¬
tiques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions ; P = 42 p, E = 25 p.
Apertures : ectoapertures allongées, élargies puis étranglées vers l’équateur, ,
Exine : réticulée, à mailles très fines, ectexine plus épaisse aux pôles, un peu plus «* 1*’
endexine = 1 p.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
159
w-
Seyrigia gracilis Keraudren {pl. V, 11, 12).
Origine ; Madagascar (espèce endémique), récolté pat M. Keraudren, 547.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, trilobés en vue polaire, elliptiques en vue
méridienne, Iricolporés,
Dimensions ; P = 44-46 p, E = 30 [A.
Apertures : ectoaperliires allongées, à bords épaissis.
Exine : réticulée, mailles plus petites vers tes bords des colpiis.simplici /dnpii-buriilées. ectexiue
3 P à l’équateur, 4 p. atix pôles, endexine - 2 p.
Seyrigia multijiora Keraudren (pl. V, 13, 14).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Uecary, 5933.
Symétrie et forme : pollens isopolaites, longiaxes, légèrement trilobés en vue polaire, tricol-
Dimenaions ; P = 41 p, E = 31 p.
Apertures : ectoapertures allongées, un peu élargies vers l’équateur, t = 6 p, endoapertures
granuleuses.
Exine : réticulée, mailles assez petites, devenant plus petites vers tes marges des colpiis ;
ectexine plus épaisse aux pôles = 2 p plus mince à l’équateur = 1,5 p, endexine = 1,5 p.
Genre Trochomeriopsis.
Trockomeriopsis diversifolia Cogn. (pl. V, 6, 7, 8).
Origine : Madagascar (genre endémique monospécifique), récolté par M. Keraudren, 1251.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, trilobés en vue polaire, elliptiques à obovales
en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 37 p, E = 33 p.
Apertures ; ectoapertures allungées, t 8 p, assez étroites, endoapertures peu visibles et
granuleuses,
Exine : réticulée, à mailles assez larges, jusqu’à 5 p, mailles pas complètement fermées, pré¬
sence de baculas solitaires ; ectexine = 2,5 p à l’équateur, 4,5 p aux pôles, endexitie = 0,5 p.
Genre Xerosùyos.
Xerosicyos Danguyi Humbert, (pl. V, 19, 20).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par Decary, 2986.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, trilobés en vue polaire, elliptiques en vue méridienne,
tricolporés.
Dimensions ; P = 26 p, E = 16 p.
Apertures : ectoapertures allongées et étroites, t =3 6 p, bords finement rapprochés ver.s
l'équateur.
Exine : finement striée, ectexine de même épaisseur que l’endexine == 1,5 it.
Xerosicyos Peniëri Humbert, (pl. V, 17, 18).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté par M. Keraudren, 1264.
Symétrie et forme : pollens isopolaires, longiaxes, nettement trilobés en vue polaire, ellipti¬
ques en vue méridienne, tricolporés.
Dimensions : P = 24-25 p, E = 16 p.
Apertures : ectoapertures allongées, à bords assez minces, t 6 p.
Exjoe : finement striée, ectexine de même épaisseur qne l’endexine = 1,5 p.
Xerosicyos pubescens Keraudren, (pl. V, 15, 16).
Origine : Madagascar (espèce endémique), récolté pa ir M. Keraudren, 1166.
bymétoe et forme : pollens isopolaires, longiaxes, trilobés en vue polaire, elliptiques en vue
méridienne, tricolporés.
pensions : P = 30 p, E = 23 p.
Apertures : ectoapertures allongées, s’élargissant jusqu’à 3 p vers l’équateur.
Exine : finement striée, ectexine de même épaisseur que l’endexine -■= 1,5 p.
Source ; MNHN, Paris
Genre Zygosicyos.
Zygosicyos tripartüus Humbert, (pl. V, 21, 22).
Origine : Madagascar (genre endémique), récollé par
Symétrie et forme : pollens isopoiaires, longiaxes, iielt.
en vue méridienne, iricolporés.
Dimensions : P = 27 jt. E = 17 ,u.
Apertutes : ectoapertures allongées, un peu élargies ’
Exine ; finement striée, ectexine un peu plus épaisse ^
ectexine - 1,5 n-
M. Keraudren, 1517.
enieiil trilobés en vue polaire, obovale
X pôles qu’à l’équateur, endexine =
4. Essai de classification palynologique des genres.
L’ensemble de ces résultats permet, en faisant intervenir un plus grand nombre
de caractères, d’essayer de dresser une clé palynologique des genres de CucurbiUcées
de Madagascar. Pour établir une clé tenant compte de la diversification au niveau de
l’espèce, il serait indispensable de faire intervenir des observations qui auraient nécessité
la mise en œuvre de techniques beaucoup plus complexes : dispersion statistique des
caractères, étude détaillée des apertures, structure de l’exine, coupes à l’ultramicro-
tome ou éventuellement utilisation du microscope électronique.
Clé des genres
I. Pollens polycolpés. Sechium.
II. Pollens polyporés.
— P supérieur à 100 |a. 2. Cucurbita.
— P inférieur à 100 [i :
— exine échinulée. 3. Cayaponia.
— exine non échinulée. (Ss-g. Pseudokedrostis)
Zehneria Peneyana.
III. Pollens triporés.
— P inférieur à 55 |jL :
— section subtriangulaire, exine réticulée.
+ pore complexe. 4. Oreosyce.
+ pore simple. 5. Cucumis.
— section circulaire, exine insulée. 6. Tricyclandra.
— P supérieur à 60 p. :
— exine réticulée. 7. Benincasa.
— exine insulée. 8. Trickosanthes.
IV. Pollens pores avec la membrane aperturale légère¬
ment différenciée dans Taxe du pore :
4- rugulée en surface. 15. Ampelosieyos.
+ rugulée-striée en surface. 16. Peponium.
V. Pollens tricolporés à endoapertures peu visibles.
— P inférieur à 40 p :
— exine réticulée, mailles larges, attei¬
gnant 5 P. 9. Trochomeriopsis.
F
ÎIECHERCHES SUR LES CUCUBBITACÉES DE MADAGASCAR 161
— exine striée :
+ ectexine plus épaisse à l’équateur
qu’aux pôles. 10. Zygosicyos.
-h ectexine de même épaisseur
partout. 11. Xerosicyos.
— P supérieur à 40 p :
— exine réticulée à grosses mailles,
-i- triangle polaire 12-16 p. 12. Momordiça.
+ triangle polaire 6-8 p. 13. Raphidiocystis.
— exine réticulée à mailles très fines... 14. Seyrigia.
VI. Pollens tricolporés.
_ grains équiaxes, subspliériques :
— P supérieur à 80 p. 17. Lajfa.
— P inférieur à 80 p,
+ ectexine plus épaisse que 2p.. 18. Lagenaria.
-f- ectexine inférieure à 2 p. 19. Citrullus.
— grains faiblement longiaxes ;
— endoapertures obovales-elliptiques,
mailles fines :
+ P atteignant 50 p. 20. Muellerargia,
■r P inférieur à 50 p ;
★ ectexine plus épaisse aux pôles. 21. Cucumella.
♦ ectexine de même épaisseur aux
pôles. 22. Zehneria.
— endoapertures circulaires, mailles
plus grandes. 23. Zombitsia.
— grains nettement longiaxes :
— réticulum à grandes mailles attei¬
gnant 4 p. 24. Kedrostis.
— réticulum à mailles plus petites, infé¬
rieures à 4 p :
+ P supérieur à 60 p :
endoapertures petites, 3-4 p.... 25. Telfairia.
endoapertures supérieures à 6 p. 26. Lemurosicyos.
+ P inférieur à60p. 27. Corallocarpus.
5. Conclusions.
Nous nous sommes efforcé de réaliser une clé des différents genres de Cucurbita-
présents à Madagascar en nous basant uniquement sur des caractères raorpholo-
Sques dassiques des pollens, à savoir : dimensions, apertures, ornementation. Nous
evons noter chez quelques espèces appartenant tout particulièrement au genre Zehne-
certain dimorphisme dans la taille des grains de pollen (Z. emirneasis, Z. poly-
3.
Source ; MNHN, Paris
162
I. KEKAUUREN
1
On peut toutefois signaler que les petits pollens de Cucurbitacées, tricolporés à
ornementation simple, à endoaperture parfois peu visible, se retrouvent dans les genrea
de Cucurbitacées de Madagascar que nous considérons comme primitifs : Xeroskyos
Zygosùyos. Les gros grains de pollen, à ornementation complexe {Cayaponia, Cucur.
büà), appartiennent à des genres qui ont acquis une certaine évolution et ces particula¬
rités coïncident avec d’autres caractères.
Mais dans l’état actuel de nos connaissances, il s’avère impossible de grouper les
genres à la fois selon les caractères systématiques et palynoiogiques. Il est cependant
assez difficile de superposer une classification traditionnelle des Cucurbitacées, par
exemple celle de Müller et Pax (1894), ou celle de Cogniaux (1916-1924), à l’essai
de classification palynologique effectué précédemment.
En effet, les diverses catégories de pollens se répartissent assez indifféremment au
sein de chaque tribu. Erdtman (1952), avait obtenu des résultats partiels identiques,
ce qui nous paraît indiquer que l’essai de classification par Marticorena (1963) ne
peut être que provisoire : il est en effet surprenant de constater une aussi grande variété
de types poUiniques à l’intérieur d’une même tribu ou d’une sous-tribu telles celles
délimitées par C. Jeffrey (1961).
La nouvelle classification de Jeffrey apporte des résultats non négligeables puis¬
qu’elle permet de rapprocher des unités qui n’avaient qu’une place imprécise dans les
classifications antérieures.
Une monographie palynologique des Cucurbitacées à l’échelle mondiale appor¬
tera, peut-être, lorsqu’^e sera réalisée, de nouveaux arguments pour étayer k ■'Ifl sii-
fication générffie de la famdle.
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES
LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
163
CHAPITRE II
limites, VALEUR ET CLASSIFICATION DES TAXONS
Le but principal des études de taxinomie est de conduire d’abord à la reconnais¬
sance des unités systématiques, ensuite à leur classement dans un ordre déterminé,
en tenant compte ou non des interprétations évolutionnistes.
La description d’une multitude « d’individus-organismes » permet des comparai¬
sons et des regroupements en lots où les ressemblances très évidentes disparaissent peu
à peu au fur et à mesure que l’on étend l’importance numérique des échantillonnages.
La définition, naturellement plus ou moins arbitraire, des degrés de similitude ou
de diversité, permet de distinguer des catégories qui prennent le nom général de «taxons».
Les taxons correspondent à des unités abstraites, groupant, à divers niveaux hiérarchiques,
des individus ou des lots d’individus ayant entre eux un certain nombre de ressem¬
blances; les rapprochements peuvent être faits par l’intermédiaire de tous les organes,
d’un seul oi^ane ou simplement d’un élément d’organe.
L’unité de base, dans l’établissement de classifications dites naturelles, demeure
{espèce. A ce propos, M. Guinochet (1955), citant J. S. L. Gilmour, écrit : « une
espèce est un groupe d’individus qui, pour la totalité de leurs attributs, se ressemblent
entre eux à un degré habituellement accepté comme spécifique, le degré exact étant,
ai dernier ressort, déterminé par le jugement, plus ou moins arbitraire, des taxino-
mistes >. M. Guinochet écrit aussi : « la solution de continuité morphologique et l’iso¬
lement sexud (...), sont des guides précieux pour la délimitation des espèces.. Mais
ils ne sont que des guides ». Parlant du principe de subordination des caractères, il
qoute : « un caractère est d’autant plus important du point de vue du classificateur,
niâb uniquement de ce point de vue, qu’il est en corrélations avec un plus grand
iranbre d’autres. Mais il faut que ces corrélations soient valablement établies, c’est-à-
dire avec preuves à l’appui, les meilleures étant d’ordre mathématique (analyse de la
nriance, analyse des corrélations partielles, diagrammes de dispersion symbolique, etc.)».
Nous admettrons ici, comme document descriptif de base, les résultats constituant
l’invoitaire actuel des Cucurbitacées de Madagascar, résultats que nous avons consignés
paraSleurs (Flore de Madagascar et des Comores, 185® famille, 1966).
Nous essaierons donc, à partir de ce document, de pousser plus loin l’analyse, en
î**MDt en considération cette fois, non seulement le critère traditionnel de l’organisa-
twu morphologique générale, mais aussi l’ensemble des faits réunis dans le chapitre
précédent.
A Detcription sommaire critique et hiérarchisation des taxons.
Us Cucurbitacées se ressemblent entre elles par la présence, très générale, de
situées près des feuilles, par la nature volubile des tiges, par une constante
®®^ite dans la structure des étamines et du fruit.
. ^ ^ 110 à 120 genres encore admis actuellement, nous en avons reconnu
I®^aàprésent27àMadag ascar.
' »»)« s 3 i
Source ; Mt-JHN, Paris
164
M. KERAUDREN
,1
Nous étudierons donc la position des représentants malgaches de la famiHe par
rapport aux définitions les plus récentes des taxons : genres, sous-tribus, tribus, sous,
familles; nous soulignerons spécialement les particularités qui nous conduisirent soit
à distinguer de nouvelles unités, soit à confirmer, élargir ou restreindre les acceptions
classiques.
L’ordre suivi sera celui proposé par C. Jeffrey (1961).
a. Sous-famille des Cucurbüoideae, Endl., 1838.
1. Tribu des Joliffieae, Schrad., 1838.
Des 6 ou 7 genres admis dans cette tribu, 2 seulement existent à Madagascar :
Telfaina, Hook. f. (1 espèce: T. pedata [Smith], Hook. f.) et Momordica L.
La position du genre Momordica L. dans cette tribu se justifierait, selon Jeffrey
par le fait que la composition chimique des principes amers, présents chez les espèces
de ce genre, éloignerait totalement ces plantes de la sous-tribu des Melotkriinae
(tribu des Melothrieae), où elles étaient placées autrefois. Les représentants malgaches
appartiennent effectivement au genre Momordica L., sensu stricto, plusieurs auteurs
admettant que le genre, tel qu’il est conçu par Jeffrey, est hétérogène; cet auteur
y inclut, en particulier, les genres Raphanocarpiis, Hoock. f. et Dimorphochîamys,
Hook. f., unités non recensées à Madagascar.
Sur plus de 60 espèces décrites, dont 22 mentionnées pour l’Afrique orientale,
et une dizaine pour le Sud-Est asiatique, 2 seulement, le Momordica Charantia L. et
le Momordica trifoliolata, Hook. f. furent notées à Madagascar.
La pauvreté de la tribu des Joliffieae à Madagascar est confirmée, d’un autre côté,
par l’absence du genre Thladiantha Bunge, présent à la fois en Asie et en Afrique
tropicales. Les pollens des Joliffieae étudiés sur des échantillons malgaches appar¬
tiennent au type tricolporé réticulé.
2. Tribu des Cucurbüeae Seringe, 1825.
Trois sous-tribus sur 4, et 6 genres sur 24, ont été reconnus; 2 genres nouveaui
nous paraissent devoir prendre place dans la sous-tribu des Benincasinae, la seule
comprenant des représentants sauvages à Madagascar.
Bien que non signalé par Chakravarty (1959, p. 123), le genre américain Cucur-
bita L. existe à Madagascar, évidemment introduit, par l’intermédiaire d’une seule
espèce, le Cucurbita maxima Duch. Il faut cependant noter que l’un des caractères
essentiels intervenant pour distinguer le Cucurbita maxima Duch. du Cucudtiia
Pepo L. serait la présence, chez cette dernière espèce, de pétioles couverts de poils
rigides, quelquefois spinescents. Nous n’avons pas observé ce caractère sur les plantes
provenant de Madagascar et, dans ces conditions, il ne nous semble pas que l’affirmation
de Chakravarty relative à ce territoire {loc. cit., p. 122), doive être retenue.
Rappelons que la sous-tribu des Cucurhitinae ne comprend de plantes spontanées
qu’en Amérique.
De la sous-tribu monogénérique des Luffinae, nous ne retiendrons que les deux
espèces : Luffa cylindrica (Lour.), Roem. et Luffa acutangula (L.) Roxb. En effet,
nous n’avons jamais noté la présence dans les collections étudiées, d’échantillons qui
puissent s’identifier au Luffa eckinata Roxb., signalé à Madagascar par Chakravabty
{loc. cit., p. 78).
n n’est pas possible de maintenir dans ce genre Vex-Luffa variegata Cogn., en
raison de la morphologie du fruit de cette dernière plante. C’est pourquoi nous avons
rattaché le genre Lemurosicyos Keraudren, 1964 (fondé sur le Luffa variegata CognJ,
aux Benincasinae; le Lemurosicyos trouve place auprès des Citrullus en raison e
ses étamines à anthères en S renversé (tripliquées), avec 2 étamines dithèques, 1
Source : MNHN, Paris
lŒCHERCHF.S SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
165
mine moiiotlièque. Ajoutons que ce genre diffère des Luffa non seulement par son
fruit charnu non operculé, mais aussi par une garniture chromosomique dissemblable :
J = 12 chez le Lemurosicyos, x = 13 chez les Luffa.
La sous-tribu des Benincasinae (Ser.) C. Jeffrey englobe, selon les limites fixées
par ce dernier, les Cucurbiteae à fruits charnus, à vrilles non épineuses, à fleurs c?
en « racèmes ». Il convient de retenir comme valables, outre les 10 genres admis par
Jeffrey (1961), les genres Cephalopentandra Chiov. (Jeffrey, révision F.W.T.A.,
1964-1965) et Physedra Hook. f. (M'"® Fernandes, 1962); par contre, les genres
SphaeTosicyos et Adenopus sont synonymes, à Madagascar, du genre Lagenaria.
La présence à Madagascar du genre monotypique Benincasa Savi [= B. hispida
(Tfaunb.) Cogn.], correspondant vraisemblablement à une introduction, n’a pas été
confirmée par des récoltes ou des observations récentes.
(]as du genre Citmllus.
Nous avons adopté pour ce genre le nomen conservandum proposé en 1956
(Code internaüonal de nomenclature botanique). Cependant, les auteurs ne sont pas
d’accord sur ce point, et une proposition à ce sujet a été de nouveau discutée devant
les assises du Congrès international de Botanique en 1964. En effet, selon A. D. J.
Meeuse (1961), il n’est pas possible de maintenir le genre Citmllus Schrad. (1838),
comme nomen conservandum. Cette stabilisation se heurterait au fait qu’elle s’oppose
à un nom typiquement prioritaire, Colocynthis Miller (1754), taxon de rang générique
qui, selon Meeuse, serait parfaitement typifié par la référence faite à Tournefort
(1700). D semble que la proposition de Meeuse (Taxon, 4, 1961, prop. n® 76),
faisant valoir que le nom de Citmllus Schrad. fut conservé contre le nom Colocynthis
Ludwig (1757), et non contre le nom Colocynthis Miller (1754), ne se justifie pas pleine¬
ment, bien qu’il soit exact que beaucoup d’ouvrages monographiques ou floristiques
aient adopté comme prioritaire le nom générique Colocynthis Miller.
En effet, tout d’abord, le nom de Miller, comme celui de Ludwig, serait basé,
sdon C. Jeffrey (1961), sur un même type anté-linnéen, la Coloquinte, suivant l’appli¬
cation du nom que fit Tournefort.
Mais, de plus, il semble que Schrader (1838), ait, le premier, fait référence à un
type liiméen pour le taxon Citmllus, type qui est admis pour la définition du genre
parle Code intemationd (1961), qui stipule :
Citmllus Schrad., nom. cons.
= Anguria P. Miller, 1754;
= Colocynthis P. Mifier, 1754.
Type cons. : Cucurhita Citmllus Linnaeus.
Si l’on accepte le Code internationd comme document essentiel pour l’application
d© rè^es en taxinomie botanique, on doit accepter tous les principes, dont celui de
stabilisation édicté par l’article 14, note 3. Le nom générique Citmllus Schrad. doit
donc être utüisé tant que la définition systématique actuelle de ce taxon sera considérée
comme valable.
D nous semble d’ailleurs que l'adoption actuelie de taxons typifiés sur des données
anté-linnéennes, dors qu’une typification linnéenne a été proposée antérieurement,
®3t de nature à compliquer considérablement les essds de stabilisation des déno-
œinations que l’on tend à justifier aujourd’hui.
Outre le Lemurosicyos, nous avons rapproché des Benincasinae, un genre mono-
typique nouveau pour Madagascar, le Zombitsia Keraudren (1962), en raison de la
tssfflblance de i’androcée (3 étamines toutes dithèques, à loges tripliquées) [1],
employé ce terme pour qualiSer des étamines dont les anthères sont repliées en S
Source ; AlfJHW, Paris
"1
166 M. KERAUDRUN
avec celui des Raphidiocystis, et du fruit avec celui des Citrullus. Ajoutons encore
que les caractères suivants :
— connectifs très épais;
— anthères cohérentes,
confirment la définition de la sous-tribu telle qu’elle est donnée par C. Jeffrey.
Le Zombitsia diffère cependant de tous les genres connus, tout d’abord par son
inflorescence cJ munie de bractées foliacées, le plus souvent plus grandes que le
bouton, par les étamines insérées à la gorge de la coupe florale, et par la présence
d’un organe nectarifère en collerette; cet organe nectarifère occupe la place du verticdUe
d’étamines dans la fleur 9, la place du pistil dans la fleur d (pl. VI, 1, 2, 3).
Le genre Raphidiocystis est représenté à Madagascar par une espèce endémique,
le R. brachypoda Baker (= R. sakalavensis Baker), espèce sans affinités évidentes
avec l’une ou l’autre des 4 espèces de Raphidiocystis africains.
Sur les 24 genres presque tous américains que groupent les 3 tribus Cyclan-
thereae, Sicyoeae et Abobreae, 2 seulement existent à Madagascar : Sechium P. Br.
introduit et Cayaponia Manso (une variété bien différenciée du C. africana HooL f.).
Le Cyclanthera pedata Schrad. des Andes, pourtant assez fréquemment cultivé
surtout dans les montagnes des pays de mousson, n’a pas encore été signdé à Mada¬
gascar.
Les Trichosantkeae sont représentés par 2 genres sur 11, ces derniers étant
surtout asiatiques. Le genre endémique Ampelosicyos Thouars est considéré par
Jeffrey comme type d’une sous-tribu nouvelle particulière, les Ampelosicyoînae,
dont il faut nécessairement cependant redonner les limites, la diagnose originde
comprenant plusieurs points obscurs.
Ce genre, jusqu’à présent connu par VA. scandons Thouars et VA. Humblotii
(Cogn.) Jumelle et Perrier, possède une troisième espèce, récemment découverte,
VA. meridionalis Keraudren (1%5). VAmpelosicyos major Jumelle et Perrier (1915),
doit incontestablement être rapporté à VA. scandons Thouars dont il ne différerait
que par des caractères infimes; de plus, la photographie donnée par les auteurs pour
VA. major correspond à un échantillon d’herbier qui, de la main même de Perrier,
fut étiquetée A. scandons.
La sous-tribu des Ampelosicyoinae doit être délimitée comme suit :
— plantes monoïques, à fleurs grandes pouvant atteindre 20 cm de long, à
pétées fimbriés ou non; fleurs cÿ à 5 étamines monothèques, à loges flexueuses;
grosses graines réniformes, atteignant 3 cm sur 2 cm.
Par ses 5 étamines libres, ce genre pourrait rappder le genre Alsomitra Roem.,
mais les caractères de l’ovaire à ovules horizontaux sont déterminants pour justifier
le rattachement aux Cucurbitoideae. Le genre Delognea, décrit de Madagascar par
CoGNiAUX, doit être rapporté au genre Ampelosicyos.
Le germe Peponium Naud. corr. Engler, spécial à l’Afrique surtout orientale et a
Madagascar, paraît avoir acquis, dans cette dernière contrée, une différenciation spé¬
cifique particulièrement remarquable. Nous avons, en effet, reconnu l’existence de
12 taxons ayant rang d’espèces ou de sous-espèces. Ce genre serait ainsi beaucoup pte
diversifié qu’on ne le pensait, et paraît, en même temps, le plus riche en especes
dans la flore des Cucurbitacées malgaches.
Malheureusement, beaucoup d’espèces sont connues seulement par des échaa-
tillons cf. C’est pourquoi il nous est difficile de nous prononcer définitivement sur
Source : Mt'tHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR 167
valeur exacte des taxons décrits, principalement en ce qui concerne leur subordination
éventu^e.
En effet, l’étude de la morphologie foliaire conduit à distinguer trois groupes
tien individudisés, groupes qui se retrouvent d’ailleurs, de manière assez curieuse,
sur le plan paiynologique. Ainsi, les plantes à feuilles à peine découpées {P. Perrieri,
P. raceniosum, P. Humbertii), possèdent des pollens assez gros, à exine ornée, pourvue
d’une ornementation fine : les Peponium laceratum, P. hirtellum et P. Poissonii, à
feuilles profondément incisées palmatifides ou palmatilobées, ont un gros pollen à
erine ornée de stries plus larges; le Peponium betsiliense et le Peponium Grandidien
août caractérisés, dans le genre, par des pollens nettement plus petits.
L’amplitude de variation des diverses unités systématiques, jusqu’à présent
reconnues, demeure assez large, mais il est certain que la concordance de plusieurs
caractères doit inciter à ne pas considérer le genre Peponium comme constitué d’un
petit nombre d’espèces homogènes. Le polymorphisme foliaire de l’ensemble de la popu¬
lation de Peponium à Madagascar ne nous paraît pas devoir être interprétée comme une
simple variabilité, mais semble donc correspondre à l’existence d’unités systématiques
valables, qu’on reconnaisse à ces dernières un rang spécifique ou infraspécifique.
Le genre Peponium est très bien défini par ses trois étamines fortement cohé¬
rentes, deux ayant des anthères dithèques, la troisième une anthère monothèque, des
loges tripliquées, et par le fruit charnu multiséminé. Les Peponium de Madagascar
se répartissent dans les divers groupes définis par Cogniaux, sauf toutefois dans celui
du Peponium Mackenii (Naud.) Engler, dont les fleurs sont solitaires. Parmi les
affinités les plus évidentes que nous avons pu discerner, figurent celles du Peponium
Seyrigii Keraudren et du Peponium dissectum Cogn., mais les filets et la masse sta-
minaU du premier sont beaucoup plus longs que chez le second. De même, il existe
des différences manifestes entre le Peponium betsiliense Keraudren et une espèce qui
semble affine, le P. Cienkowskii (Schweinf.) Engler, la pubescence de ce dernier étant
beaucoup plus accentuée, les pétioles beaucoup plus robustes. Ces espèces africaines,
leP. Mackenii et le P. Cienkowskii, sont conservées soit par Meeüse, soit par Jeffrey,
alors qu’un très grand nombre des plantes de la monographie de Cogniaux furent
rapportées par Jeffrey (1961), au seul Peponium Vogelii (Hook. f.) Engler dont il
ne semble pas exister d’équivalent à Madagascar.
Quant au genre Trichosanthes L., il est représenté par une seule espèce, le
T.anguina L., sur les 50 qui existeraient dans le monde; de même que pour le Benincasa
et le Telfaina, cette plante introduite n’a pas été trouvée depuis très longtemps.
3. Tribu des Melotkrieae Endl. (1839) [= Cucumerineae Endl.].
Cette tribu, la plus importante de la famille avec une trentaine de genres, demeure
aussilaplus complexe. Si ses limites sont bien définies par Jeffrey (ovules horizontaux;
fleurs relativement petites; 2 ou 3 étamines toutes dithèques — ou une monothèque
et deux dithèques — anthères à loges la plupart du temps droites ou un peu courbées),
^es des genres s’avèrent par contre très controversées. Même en ce qui concerne la
flore malgache, plusieurs problèmes doivent être évoqués.
genre Melothria, sensu lato, (Cogniaux non Jeffrey).
Ce genre ne comprend que des lianes assez grêles, munies de petites fleurs et de
médiocres multiséminés. On a dénombré plus de 80 espèces (genre le plus
^Terrifié de la famille).
Cependmt, les différences d’organisation de l’androcée ont frappé beaucoup
a^urs qui avaient proposé le démembrement du genre Melothria L. en plusieurs
e même vdeur ; Zehneria Endl., Mukia Arn., Solena Lour., Melothria L. s. s.
Source ; MhiHN, Paris
168
I. KERAUDKEN
C. Jeffrey a proposé, pour ce groupe délicat, des définitious ([ue nous rétablissons
sous forme d’une dé :
_3 étamines, toutes dithèques (rarement 2 ou 4), Zehneria;
— 3 étamines, 2 dithèques, 1 monothèque :
.. Thèques obliques, condupliquées, Solena;
.. Thèques droites, arquées ou en crochets.
-r Fleurs <3 en « racèmes » à longues pédoncules, Melothria s. s.
-h Fleurs 3 solitaires ou en « fascicules >> pauciflores.
■¥• Graines turgides, fleurs T en « fascicules », Mukia,
Graines lenticulaires, comprimées, fleurs ? solitaires, Cucumelk.
Notons que les caractères poUiniques indiqués par Marticorena (1963), n’ap¬
portent pas de précisions décisives. Selon ces limites, toutes les Melothrieae de Mada-
gascar à étamines insérées à la gorge ou à la base de la coupe fiorde, à graines petites
et plates, et comprenant 3 étamines, soit toutes dithèques, soit 2 dithèques, 1 mono-
thèque, appartiendraient soit au genre Zehneria, soit au genre Cucumella.
Des 9 espèces citées pour Madagascar (comprenant le Zehmeria emimensis Baker),
nous n’avons reconnu comme spécifiquement distinctes que Zehneria polycarpa
(Cogn). Keraudren, Z. Thwaitesii (Schweinf.) C. Jeffrey, Z. maysorensis (WightelAm.)
Am., Z. Rutenbergiana (Cogn.) Keraudren, Z. Peneyana (Naud.) AschersetSchweinf.,
Z. emimensis (Baker) Keraudren. A ces 6 espèces s’ajoutent cependant 3 unités
nouvelles (M. Keraudren, 1964) : Z. Perrieri, Z. Martinez-Crovettoi, Z. madagas-
cariensis; le binôme Melothria Elliottiana Cogn. est synonyme du binôme Zehneria
polycarpa. Quant aux autres échantillons rapportés par Cogniaux au Melothria
punclata (Thun.) Cogn., il nous a semblé qu’il fallait les identifier à plusieurs des
espèces précédentes.
Mais il demeure plusieurs questions fort intéressantes à discuter sur le plan
taxinomique. En particulier, le Zehmeria emimensis attribué à Baker, cité par Bahon
dans son Compendium des plantes malgaches (1903), non cité par VIndex Kewensis,
ni dans les monograpldes de Cogniaux, n’a pas été considéré par Baron comme
identique à l’actud Zehneria emimensis (Baker) Keraudren.
Au sein des plantes que l’étude morphologique classique conduit à rapprocker
des Melothrieae du genre Zehneria, figurent aussi plusieurs plantes malgaches rap¬
portées au Zehneria Peneyana (Naud.) Aschers et Schweinf. dont la première récolte
à Madagascar est due à Kari Afzelius, à Marovoay, sans numéro. L’étude du pollen
nous a montré que ce taxon devait être considéré comme très particulier par rapport
aux autres espèces malgaches, puisqu’il est caractérisé par des grains de pollens hexa-
porés alors que les divers autres Zehneria ont des grains de pollen tricolporés.
En réalité, ce Zehneria Peneyana prend (de même que le Z. Thwaitesii), une
place origin^e dans le genre, car l’androcée est constitué par des étamines subsessiles
dont le connectif est prolongé en appendice. Prenant ce critère en considération, ainsi
que d’autres caractères distinctifs, C. Jeffrey (1961), a donné au taxon Pseudo-
kedrostis Harms le rang d’un sous-genre de Zehneria. Les exemplaires midgaches du
Zehneria Peneyana et du Z. Thwaitesii confirment la validité de cette distinction.
Quant au genre Cucumella Chiov., il est représenté à Madagascar par une esp^
commune au Sud-Ouest africain, à l’Afrique du Sud, à l’Angola et à la Gr^de-Ue.
Ce genre se distingue du genre Zehneria par ses étamines non plus toutes dithèques
mais seulement deux dithèques et une monothèque. Les graines comprimées chez ces
deux genres s’opposent surtout par leur forme à celles du genre MuAta Am., geni*
monospécifique largement représenté en Afrique — et qui avait été assimilé ^
Zehneria {Melothria). On pourrait rapprocher le genre Cucumella du genre
mais ils diffèrent entre eux par la forme des loges staminaies et par leurs fruits.
Source ; MNHN, Paris
r
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR 169
Le genre Cucumis.
La systématique de ce genre demeure parmi les plus complexes de la famille,
car il s’agit de plantes qui furent largement introduites à travers le monde, cultivées
un peu partout. Beaucoup des variétés, formes, races, s’échappent des cultures et
prennent place parmi les adventices non seulement dans les zones intertropicales, mais
même dans la région méditerranéenne ou dans les territoires saharo-sindiens.
Or, les souches des espèces cultivées demeurent assez mai connues et, si le Cu~
curois Melo L. et le Cucumis salivus L. figurent au premier plan des espèces introduites,
quelques incertitudes apparaissent quant aux Cucumis présents à Madagascar.
En effet, il ne semble pas, tout d’abord, que ce genre ait acquis une large diver¬
sification dans la Grande-Ile, nous n’avons reconnu que 4 unités taxinomiques alors
qu’il y en aurait 18 en Afrique.
Si la définition des Cucumis « sauvages » ne suscite pas de difficultés majeures,
par contre l’appartenance spécifique des spécimens récoltés en cultures ou près des
villages n’a pu être définitivement élucidée. Bien que le C. Melo L. et le C. sativus L.
ment été, semble-t-il, introduits dans l’île, la plupart des exsiccata figurant dans les
collections, paraissent devoir être rapportés au C. Sacleuxii Pailleux et Bois, en rai¬
son de la présence de poils blancs très longs, triangulaires, à base assez large, couvrant
les parties les plus Jeunes des tiges. A ce caractère, nous croyons devoir ajouter que les
pédoncules des fleurs 9 sont plus fins que ceux que l’on observe habituellement chez
le C. Melo et le C. sativus, et que les graines des plantes malgaches ont généralement
nne couleur plus fauve que celles de ces dernières espèces.
La délimitation d’unités spécifiques distinctes demeure cependant sujette à dis¬
cussion, car il s’agit de caractères assez faibles. Il est pourtant actuellement impossible
dehiérarchiserles taxons à l’intérieur du genre Cucumis, puisque l’on ignore pratique¬
ment tout des conséquences biologiques de la culture déjà ancienne des espèces Cu-
amis Melo et Cucumis sativus. Des phénomènes d’introgression entre des popula¬
tions redevenues sauvages et les espèces spontanées pourraient être invoqués pour
expliquer l’instabilité d’un certain nombre de caractères chez les spécimens malgaches
et africains.
Les pollens ont des structures constantes, tous les représentants examinés ayant
montré un type triporé, mais par contre les garnitures chromosomiques semblent
seaituer dans des séries différentes {x — 7, x = 12), et la fréquence des polyploïdes
pardt confirmer l’existence d’une certaine instabilité.
De plus, CoGNiAUX avait signalé à Madagascar la présence d’un Cucumis endé-
nfique, le C. parvifolius Cogn. fondé sur l’échantillon Scott Elliot n° 1947, échan¬
tillon que nous avons retrouvé dans l’herbier de Bruxelles. Aucun autre spécimen n’a
«té rapporté avec certitude à ce type qui, en réalité, doit être assimilé à l’Oreosyce
efricana Kook. f., étudié d-dessous.
H convient de rapprocher du genre Cucumis, le genre Oreosyce, une des seules
Cucurbitacées limitée aux domaines montagnards africains. La plante de Madagascar
'liffère trop peu de XOreosyce afncana Hook. f. typique pour que l’on puisse distin¬
guer un taxon de rang spécifique; tout au plus les légères dissemblances dans la lon¬
gueur relative des sépîdes et de la coupe florale, ainsi que dans le système pilifère orne-
mentant le péricarpe, pourraient justifier la distinction d’une forme. Les divers aspects
“« la morphologie foliaire comme ceux du tomentum, entrent dans les limites de la
'anation de l’espèce.
Le groupe malgache du genre Kedrostis Medik. doit être rapporté à la section
gnwiaiua 0. Ktze, au sens de Cogniaux. Cependant, la définition des Cogniauxina
mtemnir la présence de vrilles bifides, alors que les vrilles des plantes mdgâches
toujours simples ; aussi conviendrait-il de retenir plutôt une appartenance au sous-
Kedrostis au sens de A. D. J. Meeuse (1962). Les Kedrostis de Madagascar ont
Source ; MtSHN, Paris
170
I. KERAUPBEN
d’ailleurs une originalité assez accentuée par rapport à ceux de l’Afrique continentale.
Par exemple, seuls les K. Perrieri Keraudren et K. laxa Keraudren possèdent un con¬
nectif prolongé en appendice deltoïde. Malgré tout, il est délicat de faire des rappro-
chements au niveau spécifique, car, si l’on emploie les caractères de la clé de Meeuse,
on est amené à placer les espèces malgaches auprès du Kedrostis nana (Lamarck)
Cogn.; ceci serait inexact, car l’utilisation de la dé de Cogniaux élimine la possibilité
d’une similitude avec ce même Kedrostis rtana. La seule espèce malgache qui paraisse
peu éloignée d’une espèce africaine est le Kedrostis dissecta Keraudren, proche du
K. hirtella (Hochst.) Cogn. Le genre Kedrostis n’avait jamais été signalé à Madagascar,
Nous décrivions, en 1959, sous le nom de Calyptrosicyomae, des Cucurbitacées
Cueurbitoideae-Melothrieae, dont le fruit présente une particularité qui nous semble
exceptionnelle dans la sous-famille, puisqu’il s’agit de sortes de pyxides charnues,
multiséminées. La déhiscence de cette pyxide particulière se produit selon une lign ^
circulaire assez près du point d’insertion sur le pédoncule. Il s’avérait plus tard que les
échantillons étudiés devaient être rapportés au genre Corallocarpus Hook. f,, genre
dont la description originale englobe ce caractère du fruit. En conséquence, la sous-
tribu qui regrouperait les plantes à péponides pyxidiformes pourrait, en principe,
prendre le nom de Corallocarpoinae.
Cependant, dans sa révision, C. Jeffrey n’a pas distingué cette sous-tribu des
Melothriinae, tout en estimant qu’il pourrait être judicieux de séparer des Melo-
thriinae sensu stricto, d’un côté les Cucumerinae, et de l’autre les ex-Calyptrosicyoiaae.
En effet, la distinction des 4 sous-tribus actuelles de la tribu des Melothrieae porte
sur des caractères non homogènes :
— 3 étamines.
+ Herbes ou arbustes.
. Ovules horizontaux. Cucumerinae Pax
(= Melothriinae C. Jeffrey, nom. nov., 1963), 23 genres,
. . Ovules dressés. Dicoelosperminae Pax
1 germe.
-f-j- Arbres; ovules horizontaux. Dendrosicyoinae
C. Jeffrey, 1 genre.
-2 étamines. Anguriinae Bâillon
(= Guraniinae C. Jeffrey, nom. nov., 1963, 6 genres).
Or, la sous-tribu des Melothriinae ainsi définie présente de nombreuses variations,
non seulement dans la structure de l’androcée, mais aussi dans celle du fruit. L’éda-
tement de ce groupe se justifierait aussi par le fait qu’il existe également des diffé
rences assez nettes dans la morphologie des pollens : triporés chez les Cucumis et
Oreosyce, tricolporoïdés chez le Trochomeriopsis, tricolporés dans plusieurs autres
genres. Cependant, la connaissance des représentants américains, quoiqu’encore assea
imparfaite, n’apporte pas suffisamment de documents pour que puisse être proposée
une hiérarchisation équilibrée.
Le genre Muellerargia Cogn. considéré jusqu’en 1965 comme uniquement indo¬
malais, possède un représentant à Madagascar. Appartenant égîdement à la sous-tribu
des Melothriinae, il doit son originalité â ses fruits hérissés de longues épines souples.
Par ses étamines subsessiles à loges droites, il s’apparenterait au genre Oreosyce ^
la présence de fruits très particuliers nous permet de conserver cette unité génenque
reconnue par CoCNiAüX en 1881. L’espèce endémique malgache M. /ejfreyana Kerau-
dreii, diffère nettement du M. timorensis Cogn.
La sous-tribu des Anguriinae Bâillon (= Guraniinae C. Jeffrey),
à Madagascar par le genre Seyrigia, caractérisé par ses fleurs d k 2 étanunes.
le seul exemple connu de cette sous-tribu dans le Vieux-Monde, toutes les autres
Source : Mt-JHN, Paris
RECHEHCHES SUR LES CUCURBITACÉES UE MADAGASCAR
171
F-
jlfiguriinae décrites provenant d’Amérique tropicale. Quatre espèces très différenciées
existent sur la Grande-Ile, une cinquième devra vraisemblablement être reconnue,
mais n’a jusqu’à présent été observée qu’en serre et à l’état stérile. Les Seyrigia sont
tous des lianes à tiges succulentes, à feuillage réduit et rapidement caduc.
Notons cependant que par les caractères poUiniques et cytologiques, les Seyri-
gia paraissent différer des autres Cucurbitacées à 2 étamines. Cette situation serait
de nature à justifier la création d’une tribu particulière pour les Seyrigia si l’on esti¬
mait que le critère staminal ne revêt pas une importance hiérarchiquement prépondé¬
rante.
Nous rapportons égdement aux Cucurbitoideae, le genre Tricyclandra que nous
avons découvert très récemment et qui diffère de toutes les Cucurbitacées jusqu’à pré¬
sent connues, par ses 3 étamines monothèques, à loges circulaires.
Par ses graines disposées horizontalement dans le fruit, ce genre s’éloigne en effet
fondamentdement des Zanonioideae, mais sa place exceptionnelle pourrait justifier
la création d’une tribu particulière.
Parmi les 25 genres de la sous-famille des Cucurbitoideae trouvés à Madagascar,
7 paraissent n’exister que par l’intermédiaire d’espèces cultivées ou introduites acci¬
dentellement (adventices). 12 genres seulement, sur une centaine que compte la sous-
famille, possèdent des espèces autochtones sur l’île. Six genres sont endémiques :
Ampelosicyos, Lemurosicyos, Seyrigia, Tricyclandra, Trochomeriopsis et Zombitsia,
au tot^ 11 espèces.
i. Sous-faraille des Zanonioideae C. Jeffrey, 1961.
Cette sous-famille correspond exactement aux Féviilées des anciens auteurs, et
ne comprend qu’une seule tribu, les Zanonieae Bl., 1826, groupant 4 sous-tribus.
On ne compte en Afrique que 2 genres, appartenant à cette sous-familie et qui n’existent
pas à Madagascar (1). Par contre, les deux genres mdgaches sont inconnus ailleurs.
Les 14 autres genres sont surtout indo-malais et américains.
Les genres malgaches Xerosicyos Humbert et Zygosicyos Humbert, prennent
place, selon C. Jeffrey, dans la sous-tribu des Zanoniinae Pax; l’existence d’un ovaire
à 2 styles et d’im fruit capsulaire déhiscent, à 2 loges, paraît constituer tm ensemble
de caractères suffisamment importants pour justifier le point de vue de H. Humbert;
cdui-d avait en effet distingué la sous-tribu des Xerosicyoinae. Par ses fruits, le genre
afticain Gerrardanthus Harv. ressemble aux Xerosicyoinae, de même que le genre
malayo-papou Alsomitra Roem. et le genre thibétain Hemsleya Cogn. Chez les Zo/io-
nio, le fruit est subsphérique.
Bien caractérisées par leurs graines ailées, les Zanoniinae comprennent cependant
des genres dont les fruits appartiennent à des catégories morphologiques différentes.
Les genres Xerosicyos et Zygosicyos ont une diversification moins accentuée que
cdle du genre Seyrigia, mais iis présentent l’un et l’autre également des particularités
morphologiques remarquables, que nous étudierons en détail plus loin.
Ainsi, la flore des Cucurbitacées malgaches comprend un certain nombre d’unités
-umomiques qu’il était impossible d’indure dans les groupes ou les classifications
eastant précédemment. La connaissance de l’ensemble des caractères de ces plantes
a permis une comparaison avec les taxons inventoriés sur les autres territoires mais
fait apparaître également la nécessité de donner une définition particulière de la fa-
pour Madagascar, définition qui constituera un dargissement notable des limites
Hâmtuellement adoptées pour les divisions supra-génériques.
., description ne s’appliquerait pas, par exemple, aux Cucurbitacées de
Alnque équatoriale occidentale où sont absents, entre autres, la succulence et l’an-
•“océe bistaminé.
(t) Nous
Bvoni découvert récemment le genre Cyclantheropsia à Madagascar.
Source ; MNHN, Paris
172
I. KERAüDRËN
B. Caractères de la famille à Madagascar.
Cucurbitacées.
(Cucurbitaceaé).
Plantes annuelles ou vivaces.
Appareil souterrain :
Développement fréquent d’organes souterrains de taille variable, parfois très
volumineux.
Appareil végétatif aérien :
Presque toujours lianescent ou rampant, parfois succulent, rarement ligneux,
exceptionnellement arbustif, portant presque toujours des vrilles, généralement cou-
vert de poils raides; parfois velu-laineux.
Feuilles pétiolées, à limbes simples, entiers, dentés, découpés jusqu’à profon¬
dément divisés, palmatilobés ou palmatiséquées jamais composés-pennés. Limlie
parcheminé-membraneux, parfois charnu, le plus souvent cordé à la base et muni
d’un pétiole; ce dernier porte parfois des glandes. Les feuilles peuvent n’exister que
temporairement, surtout sur les jeunes pousses; les rameaux paraissent alors aphylles
à l’état adulte. Les dimensions des feuilles demeurent assez constantes, beaucoup d’es¬
pèces se classent parmi les mésophylles (2 000 à 15 000 mm^), il n’existe aucune espèce
à feuilles éricoîdes-myrtoïdes ; la sclérophyllie fait également exception dans la faniille.
Vrilles développées ou non, situées latéralement au niveau des feuüles ou des in¬
florescences, simples, bi- ou multifides.
Appareil reproducteur :
Plantes monoïques ou dioïques. Inflorescences paraissant presque toujours dé¬
finies, simples, et ayant l’aspect de grappes (= « racemi » des auteurs), de corymbes,
d’ombelles, ou complexes, et désignées alors classiquement sous les noms de « pani-
cules », de « fascicules », ou de « glomérules » (parfois grappes de cymes). Les inflores¬
cences 9 sont presque toujours moins fournies et plus simples que les inflorescences
d. Les espèces monoïques portent les fleurs cf et 9 sur des axes florifères le plus
fréquemment différents (axes cf distaux; axes 9 proximaux).
Fleurs d.
Pièces du périanthe le plus souvent bien distinctes, unies dans leurs parties
basales en une coupe florale plus ou moins tubulaire ou campanulée; lobes du cdice
4 ou 5, linéaires, étroits ou odontiformes, générdement libres (dialysépalie); lobes de
la corolle libres (dialypétalie), ou unis sur une plus ou moins grande partie, jusqu à
la gamopétalie; pétales de couleurs pâles, blancs, jaunes, verdâtres, très rarement jaune
brillant, peu visibles sauf dans quelques genres qui peuvent alors posséder des fleurs
très spectaculaires.
Androcée complexe (dont les caractères ont été souvent utilisés comme bases
dans les systèmes de classification, certaines structures ayant une assez grande sta¬
bilité); 3 étamines, parfois 5 ou 2, rarement 4; ces étamines sont insérées sur la coupe
florale calicinale (« réceptacle »), par des filets plus ou moins longs, parfois trfe coi^
(étamines subsessiles), libres ou soudés, à connectif presque toujours bien développé-
Source : MNHPJ, Paris
T
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR 173
parfois prolongé en appendice. Anthères de formes très variées, dites par les descrip¬
teurs uni- ou biiocuiaires, mono- ou dithèques {= monothecae ou bithecae), les deux
types pouvant exister non seulement chez une même espèce, mais dans une même fleur;
loges des anthères (2 anthères = 4 sacs polliniques, 1 anthère = 2 sacs poHiniques),
droites, arquées, sigmoïdes ou contournées, ou encore tripliquées (formes souvent
caractéristiques au niveau générique). Anthères libres, simplement jointives ou tota¬
lement coalescentes en une masse staminale complexe, parfois anthères formées d’une
loge circulaire parallèle aux parois de la coupe (Tricyclandra). Pistillode généralement
présent, pouvant être réduit à une simple glande très peu marquée.
Fleurs 9.
Souvent solitaires et beaucoup plus grandes que les fleurs c? dans bien des cas;
leur périanthe est semblable à celui des fleurs <3.
Ovaire infère, sauf parfois dans sa partie supérieure, qui est libre, ou encore semi-
infère, le plus souvent soudé à la coupe florale et évoluant avec elle pour former une
diaspore souvent très complexe (« fruit u); pièces périanthaires rapidement caduques.
Ovaire jeune généralement à 3 loges — plus rarement de 1 à 6 loges (ou plus) par suite
du dévdoppement de parois secondaires parfois plusieurs fois repliées sur elles-mêmes,
longiludindement, transversalement, ou même radialement —; styles simples ou divi¬
sés au sommet, parfois munis à leur base de glandes, d’un disque ou d’une collerette
nectarifère; 1, 2 ou 3 stigmates plus ou moins lobés. Ovules nombreux dans la plupart
des espèces, pendants, dressés ou le plus souvent horizontaux; quelquefois un ou deux
seulement peuvent se développer normdement, les espèces mono- ou biovulées sont
l’exception.
Staminodes parfois présents et occupant alors la place équivalente des étamines
dans U fleur <?.
Fruit :
Très caractéristique, mais très variable (péponiforme), charnu dans de nombreux
genres, indéhiscent ou s’ouvrant selon une ligne basale circulaire ou selon des fentes
longitudinales, ou encore par un opercule au sommet du fruit. Souvent muni de pro¬
tubérances, d’aiguillons, de soies raides ou de poils; dans quelques cas, fruits secs ou
fibreux, gjabres.
Grai/ies ;
Généralement très nombreuses, plus ou moins aplaties, fréquemment nettement
margmées, moins souvent ailées; testa lisse ou ornementé, parfois de façon caractéris¬
tique, crustacé, parcheminé; téguments hyalins translucides, entourant des cotylé¬
dons charnus ou membraneux; dbumen pouvant être présent; on observe, de plus,
fréquemment des restes d’une dépendance placentaire ayant valeur d’arille.
L’ensemble des connaissances acquises sur les Cucurbitacées de Madagascar
P«met aussi de compléter ou d’amender les définitions des tribus, et de justifier le
■nùntien de certaines sous-tribus.
C. Clé* des genres.
L Clé des genres basée sur les caractères de la fleur d lorsque cela
£ST possible.
L Heurs cj à 2 étamines; anthères à 2 thèques . 1 . Seyrigia.
Heurs çj à plus de 2 étamines.
2. Fleurs d" à 4 étamines, anthères à une seule thèque,
loges subhorizontales.
Source ; MNHU, Paris
174
M. KERAUDREN
3. Étamines nonnalement libres, feuilles plus ou moins charnues. 2. Xeroskyos.
3'. Étamines unies inférieurement par les filets en une colonne centrale
se dédoublant deux fois, feuilles parcheminées. 3. Zygosùyos.
2'. Fleurs d" à 3 étamines ou 5.
4. Fleurs d* possédant une écaille à la base des pétales. 4. Momordka.
4'. Fleurs c? ne possédant pas d’écaille à la base des pétales.
5. Loges des étamines droites ou légèrement arquées.
6. Étamines insérées dans le fond ou sur les parois de la coupe florale.
7. Étamines à filets plus ou moins longs. Fleurs d" à 3 étamines, très
exceptionnellement 5.
8. Étamines toutes dithèques (si 5 étamines voir 7, Telfairia).
9. Étamines insérées dans le fond de la coupe florale.
. 5. Zehneria.
9'. Étamines insérées vers le milieu delà coupe florale, f)'. Zehneria
(sous-genre Pseudokedroslis).
8'. Étamines non toutes dithèques.
10. 2 étamines dithèques, 1 monothèque. 6. Cuaimella.
10'. 1 étamine à 2 thèques, les 2 autres à 4 thèques, filets
épais. 7. Telfairia.
7'. Étamines subsessiles.
11. Loges droites; 2 dithèques, 1 monothèque.
12. Fruit échinulé, portant de longues épines souples. 8. Muellerargia.
12'. Fruit couvert de poils. 9. Oreosyce.
11'. Loges circulaires. 10. Tricyclandm.
6'. Étamines insérées à la gorge de la coupe florale.
13. Connectifs des anthères séparés jusqu’aux filets.
14. Fruit déhiscent par une fente circulaire. 11. Corallocarpus.
14'. Fruit indéhiscent. 12. Kedroslis.
13'. Connectifs des anthères indivis. 13. Trochomeriopsis.
5'. Loges des étamines condupliquées-sinueuses ou tripliquées.
15. Loges (thèques) condupliquées-sinueuses (sigmoïdes).
16. 5 étamines subsessiles. 14. Ampelosicyos.
16'. 3 étamines à filets épais.
17. Connectifs séparés jusqu’aux filets. 15. Luffa.
17'. Connectifs non séparés, épais. 16. Lagenaria.
15'. Loges (thèques) tripliquées.
18. Étamines toutes dithèques.
19. Étamines insérées à la gorge de la coupe florde.. 17. ZomhUsui.
19'. Étamines insérées sur la coupe florale.
20. Corolle campanulée, gamopétale sur une partie de sa lon¬
gueur, filets bien développés, pas de pistillode.
. 18. Raphidiocystis.
20'. Corolle non campanulée, lobes séparés, filets courts, pis¬
tillode. 19. Benirtcasa.
18'. 2 étamines dithèques, 1 monothèque.
RECHERCHES SUR LES CUCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR 175
21. Corolle campanulée, gamopétale à la base, fleurs de grande
taille. 20. Cucurbila.
21'. Corolle non campanulée, fleurs de taille moyenne ou fleurs
petites.
22. Coupe florale en tube. 21. Peponium.
22'. Coupe florale campanulée, cupuliforme.
23. Connectif prolongé au-dessus des loges. 22. Cucumis.
23'. Connectif non prolongé au-dessus des loges.
24. Étamines insérées au fond de la coupe florale.
25. Nombreux ovules horizontaux.
26. Graines à bords dentés. 23. LemurosKyos.
26'. Graines à bords non dentés. 24. Citrullus.
25'. Ovules peu nombreux, dressés. 25. Cayaportia.
24'. Étamines insérées sur la coupe florale, plus ou moins
cohérentes au milieu du périanthe.
27. Corolle à lobes fimbriés. 26. Trickosanthes.
27'. CoroUe à lobes non fimbriés. 27. Sechium.
2. Clé des genres basée sur les caractères du fruit, des graines et des fleurs
Q LORSQUE CELA EST POSSIBLE.
1. Fruits secs.
2. Graines pendantes.
3. Feuilles charnues crassulescentes. 2. Xerosicyos.
3'. Feuilles parcheminées. 3. Zygosicyos.
2'. Graines non pendantes.
4. Graines dressées. 25. Cayaponia.
4'. Graines horizontales nombreuses. 15. Luffa.
1'. Fruits charnus.
5. Fruits non lisses.
6. Fruits couverts de poils.
7. Poils courts, plus épars, lobes de la corolle non soudés, anneau entou¬
rant la base du style. 9. Oreosyce.
T. Poils assez longs et très denses, lobes de la corolle soudés partielle¬
ment . 18. Raphidiocystis.
6'. Fruits portant de longues épines souples. 8. Muellerargia.
5’. Fruits lisses ou rarement tuberculés, glabrescents, portant parfois quel¬
ques poüs à l’état jeune, mais le plus souvent glabres à maturité.
8. Fruits renfermant une seule graine. 27. Sechium.
8'. Fruits renfermant plusieurs graines.
9. Fruits déhiscents.
10. Déhiscence en anneau à la base du fruit. 11. Corallocarpus.
10'. Déhiscence par v^ves. 4. Momordica.
9'. Fruits indéhiscents.
I SM016 e 4
Source ; MNHN, Paris
176
f. KËRAUDREN
11. Fruits assez petits, ne dépassant pas 4 cm de long.
12. Graines obovoïdes. 1. Seyrigia,
12'. Graines aplaties ou lenticulaires.
13. Fleurs 9 solitaires. 6. Cucumella.
13'. Fleurs 9 non solitaires. 5. Zehneria.
11'. Fruits plus volumineux, plus de 4 cm de long.
14. Fruits subsphériques.
15. Corolle gamopétale. 20. Cucurbita.
15'. Corolle à lobes séparés.
16. Style entouré d’un nectaire à sa base.
17. Graines petites, ellipsoïdes, 6 mm de long et 3 mm de
large environ. 22. Cucumis.
17'. Graines plus grandes, 1 cm de long et 6-7 mm de large,
marginées sur les bords. 17. Zombitsia.
16'. Style sans nectaires à sa base. 24. Citrullus.
14'. Fruits allongés, subcylindriques ou tronconiques.
18. Taille des fruits inférieure à 15 cm de long.
19. Grosses graines réniformes, plus de 2 cm de large.
. 14. Ampelosicyos.
19'. Graines petites.
20. Graines très aplaties. 21. Peponium.
20'. Graines plus épaisses, mucronulées.
21. Graines à bords non dentés.
22. Graines ovoïdes, globuleuses, 4-5 mm de large.
. 12. Kedroslis.
22'. Graines aplaties, 8-9 mm de large.
23. Pétales fimbriés. 10. Tricyclandra.
23'. Pétales non fimbriés. 13. Trochomeropsis.
21'. Graines dentées sur les bords. 23. Lemurosüyos.
18'. Taille des fruits supérieure à 15 cm.
24. Pétales fimbriés.
25. Fruits à grosses côtes (10-12) .. 17. Telfaina.
25'. Fruits sans côtes, seulement striés de raies blanchâtres...
. 26. Trichosanthes.
24'. Pétées non fimbriés.
26. Fruits pouvant atteindre 2 m de long, style entouré
d’un disque, pétiole sans glande. 19. Benincasa-
26'. Fruits moins longs, style sans disque à la base,
glande au sommet du pétiole. 16.
D. Discussions.
En essayant de baser les dés d’une part sur les fleurs d, d’autre part sur les
fleurs 9, nous avons voulu tenir compte du fait que U fréquente dioécie avait pow
conséquence évidente la difficulté de récolter dans la nature, au même moment, a
fois des pieds c? et des pieds 9. Cependant, dans l’ensemble des taxons invent
Source : MNHN, Paris
r-
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR 177
Madagascar, non seulement nous avons pu bénéficier d’un matériel complet, mais nous
n’avons pas eu à redouter des rapprochements trop hasardeux. En effet, nous avons pu
vérifier très souvent les résultats obtenus entre des comparaisons d’herbiers, grâce à
des observations personnelles sur le terrain.
Naturdlement, il ne peut exister un parallélisme absolu entre les deux types de
dés. U en serait d’ailleurs ainsi quel que soit le caractère discriminatif choisi. Mais,
dans les deux cas, on remarquera que l’emploi des variations chez un seul type d’organe,
permet néanmoins de parvenir à une mise en place satisfaisante des genres.
Ce n’est que dans de rares cas que d’autres caractères ont dû être employés {Coral-
locarpus et Kedrostis, Xeroskyos et Zygosicyos).
Androcée.
Les systèmes faisant intervenir les caractères de l’androcée dans les clés de genres
sont classiques pour l’étude de la famille des Cucurbitacées. Par contre, le fait qu’un
très petit nombre de fruits seulement ait été connu, n’avait pas permis, dans la majorité
des cas, d’utiliser des critères basés sur la morphologie des plantes 9.
n demeure malgré tout quelques incertitudes sur des points de détail. Si la cons¬
tance des 2 étamines peut se chiffrer à près de 100 % des échantillons examinés pour
le genre Seyrigia, par contre le schéma tétrastaminé des Xerosicyos peut être troublé;
on compte environ jusqu’à 15 à 20 % d’anomalies; celles-ci peuvent correspondre à
une diminution ou à une augmentation du nombre des étamines, ainsi que l'a montré
H. Humbert (1944).
Mais la clé aurait pu naturellement, dans ce cas précis, au lieu de tenir compte du
nombre des étamines, faire ressortir comme élément prépondérant, la très grande origi¬
nalité des anthères monothèques subhorizontales {Xerosicyos, Zygosicyos).
La variation du nombre des étamines, ou plus exactement les modalités de cette
variation, peuvent égdement intervenir comme caractère valable à l’échelle générique.
C’est le cas, par exemple, pour le genre Telfairia.
Chez le genre Corallocarpus, il est bien difficile, à première vue, de trancher entre
les deux 8(riutions : soit 3 étamines, soit 5. En réalité, il existe 2 étamines dithèqptes et
uneétamine monothèque; chez chacune des premières, les connectifs, séparés jusqu’aux
Mets, donnent, en effet, une impression de 2 étamines monothèques (vascularisation
comprenant seidement 3 faisceaux).
Le caractère relatif à la forme des thèques (loges des anthères), peut être très vala¬
blement utilisé même pour la distinction de groupes de genres, car il offre une stabilité
indiscutable sur même individu. Par exemple, on ne trouvera que très exception-
ndlement, et vraisemblablement en raison de traumatismes chez ces fleurs, cas où une
étamine aura des loges contournées et les autres des loges droites, ou bien 2 étamines
à loges sigmoïdes et rme autre à loge tripiiquées, etc. Toutes les étamines d’une même
fleur ou de toutes les fleurs d’un individu peuvent en général, très aisément, être rap¬
portées à un type bien défini.
D est commode aussi de faire intervenir la position des étamines dans la coupe
notwe en considérant la place du point d’insertion des filets sur cette coupe. H existe
niveaux dans la coupe florde : le fond, la gorge, c’est-à-dire le niveau ou s’individua-
et enfin la partie intermédiaire. Le type d’insertion est en général
^ctenstique mais, par exemple, nous avons déjà signalé que, dans le sous-genre
KMoiedrostis du genre Zehneria, il existe des étamines insérées à la gorge de la
aupe florde,
éu T -^ * nécessité, dans notre clé, le transfert du Pseudokedrostis auprès
™wom€riopsis, bien que ces deux taxons n’aient aucune parenté.
Source ; MNHN, Paris
178
M. KERACDREN
Vascularisation.
Un des points les plus discutés pour la classification des Cucurbitacées dans
l’ensemble des Angiospermes fut la définition de la structure des pièces du périanthe.
On a placé les Cucurbitacées tantôt parmi les dialypétales, tantôt parmi les gamopétales.
Si l’on considère l’ensemble de la famille, la gamopétaiie est beaucoup plus répandue
que la dialypétalie et l’exemple des plantes malgaches vérifie cette constatation. En
réabté, la fleur est composée à sa base d’une coupe constituée par la codescence à la
fois des pétdes et des sépales. Cette partie de la fleur (présente même chez les espèces
apparemment totalement didypétales) fut considérée fréquemment comme un récep¬
tacle. Nous avons effectué, en utilisant la technique de Ch. Fusch, des études sur U
vascularisation des fleurs de quelques espèces malgaches. Il s’agit de procédera une déco¬
loration des organes par de la soude puis à colorer les faisceaux par de la fuchsine.
Le plus souvent, dans une fleur d (Corallocarpus par exemple), le tissu de la coupe
florale est parcouru par 10 faisceaux vasculaires principaux, correspondant aux 10 pièces,
du périanthe, la vascularisation des étamines, tout en gardant sa propre individudité,
est dépendante de celle des pétales ou des sépales. Chez le Xerosicyos tétramère, le
pédicelle floral comporte, à sa base, 4 faisceaux qui vont irrégulièrement se diviser
pour la vascularisation des pièces florales. Dans ce genre, la coupe florale est extrê¬
mement réduite mais, à son niveau se produisent des anastomoses entre les faisceaux
qui alimentent les pétales et ceux qui alimentent les étamines. Au contraire, il semble,
dans la majorité des cas, que les faisceaux, d’ailleurs très fins, se rendant aux sépales,
se différencient plus bas (fig. 1, 1 et 5).
L’examen des coupes sériées chez le Xerosicyos donne les successions suivantes
(fig. 1, 2, 3, 4) :
— pédicelle : 4 faisceaux de même importance;
— coupe florale : 2 faisceaux centraux de même importance, 4 faisceaux très
petits et externes diamétralement opposés;
— plus au-dessus : 4 massifs vasculaires simples, équivalents (vascularisation dee
étamines).
Chez les Xerosicyos, la vascularisation des étamines est liée à celle des deux pétJes
internes. Chez les Seyrigia, il y a deux étamines : le faisceau vasculaire de l’une conflue
avec les faisceaux d’un pétale, celui de la deuxième étamine avec ceux d’un sépale.
n existe une zone privilégiée pouvant être interprétée comme la coupe florale (ou
réceptade). L’indépendance des pièces fertiles et des pièces stériles ne se manifeste
vraiment que très tardivement. Notons pourtant que, dans un cas comme dans l’autre,
les faisceaux vascularisant les pétales et les sépales, s’individudisent parfaitement les
uns par rapport aux autres.
Fruits et graines.
Nous avons tenu compte, dans les clés, des caractères du fruit et des graines.
Ce point de vue se justifie puisque, tout au moins en ce qui concerne les graines, on
trouve une continuité certaine au cours de l’ontogenèse ; malgré les transformations qui
s’opèrent au cours de la maturation des fruits, aux ovules horizontaux des jeunes
fleurs 9 correspondent des graines horizontales dans le fruit mûr; aux ovules pendmts
correspondent des graines pendantes et aux ovules dressés correspondent des graines
dressées.
Il est donc légitime de considérer ces caractères comme importants du point e
vue systématique puisqu’on peut en reconnaître la vdeur qud que soit l’état dans
lequel on rencontre les plantes 9.
Source : Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR 179
^ Vasculaiisation des pétales et sépales. Les 3 dessins montrent de a à c le développement
des faisceaux, les Bêches indiquant le sens de cette vascularisation.
2. Vascularisation d’une fleur ^ de Xerosicyos Danguyi. Les contours des sépales et pétales
sont figurés en pointillés ainsi que les étamines, la vascularisation est représentée par
des traits pleins.
5. Ce schéma montre la disposition des faisceaux cribro-vasculaires si l'on pratiquait une coupe
é. Ce schéma montre la disposition des faisceaux sur une coupe transversale au niveau i.
* Vascularisation d'une fleur J de Corallorarpua Grevei.
Ce* figurés sont les mêmes que ceux employés pour le schéma précédent; ici également
seuls quelques sépales et pétales montrent leur vascularisation afin d’éviter la surcharge
du dessin,
• •' sépales; p ; pétales; e : étamine; rf : coupe florale; pl : pédicelie.
'' SéiOie t 4 *
Source ; MNHN,.Pari&
180
M. KERAUDREN
Quant au critère basé sur la morphologie externe du péricarpe, il n’est valable
que dans le seul cas des clés proposées ici, car, à l’échelle mondiale, on ne pourrait
l’employer qu’en le faisant intervenir à divers niveaux du schéma de détermination
Le nombre de graines demeure relativement constant dans une espèce donnée
La morphologie et la taille de ces graines adultes sont très caractéristiques; nous exami¬
nerons plus en détail, dans un chapitre ultérieur, leurs différentes particularités.
La connaissance d’un matériel frais et les comparaisons avec les données anté¬
rieures, nous ont apporté la possibilité d’établir ces clés. Il est bien évident qu’elles
doivent être considérées comme des clés pratiques de détermination, mais elles cons¬
tituent aussi un complément intéressant dans le cadre des clés générales à l’échdie
mondiale.
RECHERCHES SUR LES CUCORBITACÉES DE MADAGASCAR
181
CHAPITRE III
ÉLÉMENTS DE CHOROLOGIE COMPARÉE
On entend par chorologie la répartition des taxons à la surface de la terre indé¬
pendamment des conditions du milieu.
Une étude de chorologie peut être envisagée à l’échelon local, régional ou plané¬
taire. Nous examinerons tout d’abord les types de répartition des Cucurbitacées à
Madagascar avant de réaliser une comparaison à une plus large échelle.
A. Les territoires phytogéographiques de Madagascar.
H. Humbert a dressé les limites des différents secteurs reconnus à Madagascar
d’après l’analyse des climats et des formations végétales. Le caractère insulaire et,
d’autre part, l’influence prépondérante des facteurs météorologiques (spécialement les
alizés), déterminent une zonation verticale (parallèle aux méridiens), pratiquement indé¬
pendante de la situation latitudinale. Seul le domaine du Sud a une limite approximati¬
vement Nord-Ouest/Sud-Est, alors que les principaux domaines phytogéographiques
de Madagascar ont des limites Nord Nord-Est/Sud Sud-Ouest. C’est ainsi que les
territoires où les conditions se rapprochent le plus des conditions subéquatorides afri-
cames sont constitués par presque toute la côte Est (sauf la zone la plus proche de l’équa¬
teur au Nord) et par un domaine restreint de la côte Nord-Ouest, domaine dit du
Sambirano.
En contact avec le domaine de l’Est, se trouve défini un important domaine du
Centre qui englobe les hautes montagnes. Enfin, opposés aux domaines précédents,
dont l’ensemble forme la région orientale, s’étend, depuis la pointe Nord de l’île jusqu’à
lettiême Sud, une région dite occidentale comprenant un domaine de l’Ouest et un
domaine du Sud (carte, fig. 2).
Ce cadre phytogéographique est utilisé dans les ouvrages de floristique malgache,
ous étudierons ici les types de répartition des divers taxons. Bien entendu, la valeur
e ces données se trouve, dans une certaine mesure, limitée par l’extension des pros¬
pections et l’abondance des échantillons recueillis. On peut cependant estimer comme
^ satisfaisant (pour un territoire tropical) le quadrillage d’investigations rédisé à
“*8®acar. Les secteurs pour lesquels notre documentation nous a paru déficitaire
*®t, essentidlement, les parties septentrionales du domaine de l’Est.
Source ; MNHN, Paris
1
182 M. KERAUDREN
B. Distrihution des genres et espèces à Madagascar.
1. Les répartitions mültirégionales.
Parmi les plantes existant dans plusieurs des territoires phytogéographiques, un
seul genre paraît limité dans son extension en latitude : le genre Kedrostis. En effet
aucune espèce ne dépasse Tananarive vers le Sud, mais le K. elongata Keraudren
existe dans les 4 domaines : Est, Sambirano, Centre et Ouest. Sa plus grande fréquence
paraît se situer dans l’Ambato-Boéni. Les autres espèces sont toutes beaucoup plus
localisées, une dans la région orientale, une à Nossi-Bé, par exemple (fig. 4, B).
Très largement réparti dans l’île, le genre Zehneria se raréfie pourtant énormé-
ment dans la partie méridionale de la région occidentide. Aucune espèce ne peut être
considérée comme étroitement liée à l’un des domaines de l’île, si ce n’est toutefois
le Zehneria emimensis dont l’aire ne transgresse guère les limites du domaine du Ceo-
tre, qu’il s’agisse du Nord ou du Sud de la Grande lie. Les espèces Z. polycarpa (Cogn,)
Keraudren et Z. Perrieri Keraudren ont une aire très vaste surtout à la iim»tP Jej
régions orientales et occidentales. Deux espèces sont localisées au Nord de Tananarive,
le Z. maysorensis (Wight et Arn.) Am. et le Z. Thwaitesü (Schweinf.) C. Jeffrey, mais
la seconde existe dans les 4 domaines, Est, Sambirano, Centre et Ouest.
Le cas le plus remarquable de répartition multirégionale est sans aucun conteste celui
du genre endémique Ampelosicyos. En effet, avec seulement 10 localités connues, ce
genre peut être mentionné dans tous les domaines sauf celui des hautes-montagnes,
Une espèce, VA. meridionalis Keraudren, n’a été reconnue jusqu’à présent que dans
la région la plus sèche (domaine du Sud). JJ Ampelosicyos Humblotii (Cogn.) Perrier
et Jumelle existe dans l’Est, au Sambirano et dans l’Ouest; l’espèce la plus localisée
est VA. scandens Thouars que l’on a repérée entre Tamatave et Tananarive. Toutes les
espèces de ce genre étant des plantes bien visibles, quelquefois même à grandes feuilles,
on peut être surpris du peu de récoltes effectuées. Ces localisations étroites des espèces
sont étonnantes lorsque l’on songe qu’au moins deux d’entre elles furent utilisées par
les Malgaches. On peut interpréter la disjonction de l’aire pour le genre comme l’indi¬
cation probable d’une instdlation ancienne, l’éloignement des populations ayant pu
favoriser une différenciation spécifique ultérieure (fig. 2, C).
Le Muellerargia Jeffreyana Keraudren appartient à ce groupe puisqu’il a été
récolté et dans le domaine de l’Ouest (Nord-Ouest) et dans le domaine du Centre
(fig. 4, E).
2. Les répartitions monorégionales.
Sans qu’elles soient absolues pour toutes les espèces, les extensions limitées a
l’une des régions, ou même à un seul des domaines, sont assez significatives pour
certains genres.
Nous avons mis en évidence l’extrême différenciation au niveau spécifique, et
parfois sous-spécifique, du genre Peponium. Cette diversification sur le plan systéma¬
tique s’accompagne de locdisations étroites sur le plan chorologique. Le groupe homo¬
gène des Peponium Humbertii Keraudren, P. racemosum Keraudren et P. Pemen
Keraudren n’existe que dans le Nord du domaine de l’Ouest. Seul le P- laceratum
Keraudren se trouve dans le Nord du domaine du Centre; toutes les autres especes
occupent des stations situées dans le domaine de l’Ouest, souvent très près du dom^®
du Sud. Bien que le matérid récolté soit assez pauvre, il nous semble que l’on pm»®*
parler d’un micro-endémisme assez accusé parmi les espèces de ce genre.
Dans le genre Corallocarpus, certaines répartitions s’expliquent par 1 écolope
puisqu’il s’agit de plantes littorales [C. Perrieri Keraudren, C. Bainesii (Hook- •)
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR
CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
183
a
A- Seyrigia.
B, Zombitaia.
C. Amptloaicyog.
ZygosicyoB.
Source ; MNHN, Paris
164
I. ItEftAUCREN
Meeuse]. Quant au Corallocarpus Grevei (Keraudren) Keraudreii, s’il est très abondant
dans le domaine du Sud, on le note aussi çà et là dans le Centre et dans l’Ouest
(fig. 4, A).
Parmi les unités non endémiques, à localisation étroite, on doit citer aussi les
Raphidiocystis (domaine oriental à sa limite avec le domaine central), le Cayaponia
africana var. madagascariensis, Nord-Ouest de l’île et enfin VOreosyce africana
Hook. f. localisé au domaine des hautes montagnes. Cette espèce est la seule que l’on
puisse qualifier d’orophyte tropical : à Madagascar, elle ne semble pas descendre en
dessous de 900 m (Sud de l’île), existe le plus souvent entre 1 500 et 1 800 m et fut
récoltée par H. Humbert à plus de 2 500 m sur le Tsaratanana, au Nord de l’île (fig. 4
CetD).
La répartition des genres endémiques est naturellement très intéressante à consi¬
dérer. Le genre Lemurosicyos est certainement celui que l’on rencontre le plus fré¬
quemment dans l’île : bien que caractéristique surtout du domaine de l’Ouest, des
i^caires de l’Ankarana (Sud de Diégo) jusqu’aux environs d’Amboasary (Ouest de
Fort-Dauphin), il a été noté à Nossi-Bé et dans l’extrême Sud (fig. 3, C).
On peut rapprocher de celle du Lemurosicyos, la répartition du Tricyclandra que
l’on retrouve dans la région de Majunga, sur les calcaires de l’Antsingy (Ouest) et dans
la forêt du Zombitsy. Ce genre est étroitement confiné au domaine de l’Ouest
(fig. 3, D).
Le cas du Trochomeriopsis diversi/olia Cogn., plante également locdisée à la
région occidentale, diffère de celui du Lemurosicyos variegata (Cogn.) Keraudren par
la discontinuité marquée de son aire : un îlot dans le Nord, un îlot dans l’Ambato-
Boéni (Majunga) et une répartition à peu près continue dans tout le domaine du Sud.
(fig. 3, B).
On peut donc légitimement penser qu’elle est inexistante ou tout au moins fort
rare dans les zones du domaine de l’Ouest où on ne l’a pas récoltée. Notons que les
variations caryologiques découvertes dans cette espèce sont sans correspondance arec
la disjonction de l’aire.
Le genre Xerosicyos, extrêmement fréquent dans le domaine du Sud, ne trans¬
gresse cette limite que d’une façon sporadique. Les aires des deux espèces se super¬
posent, quoique le Xerosicyos Danguyi Humbert soit le seul à atteindre la côte sud
entre le lac Tsimanampetsotsa et le cap Sainte-Marie. Par contre, le X. Perrieri Hum¬
bert et le X. Decaryi Guillaumin et Keraudren ont été notés très au Nord (Namoroka,
Ouest de Majunga). Quant au X. pubescens Keraudren, dont les seuls échantillons con¬
nus proviennent du jardin de Tsimbazaza, il s’agit probablement d’un micro-endémique
de la zone de transition des différents domaines, à l’Ouest de Fort-Dauphin, son lieu
d’origine (fig. 3, A).
3. Les répartitions restreintes.
Nous nous limiterons aux exemples relatifs à des plantes autochtones, car il est
bien évident que certaines introduites ne se trouvent que dans de rares locahtés.
Le geme Seyrigia peut être considéré comme l’une des caractéristiques chorolo-
giques du domaine phytogéographique du Sud de Madagascar. Fréquent et assez abon¬
dant à l’intérieur même de ce domaine, on ne l’a trouvé qu’exceptionnellement aui
confins des domaines de l’Ouest et du Centre. Ce genre est strictement localisé au Sud
du tropique du Capricorne. Deux espèces ont une répartition relativement large, le
Seyrigia gracilis Keraudren et le Sêyrigia multifiora Keraudren, alors que les deux
autres sont des endémiques locales: le Seyrigia ffu-mèertii Keraudren sur les calcai^
du fleuve Fiherenana (Nord de Tuléar), et le Seyrigia Bosseri Keraudren sur des petits
pitons rocheux à la limite des domaines du Sud et du Centre, au Nord-Ouest de Fo
Dauphin (fig. 2, A).
Source : A1NWM, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÊES DE MADAGASCAR
185
A. Xerosicyog,
B. Trochomeriopsie.
Ci Lciniirosicyos.
D. Trieyclandra.
Fig. 3i — Distribution géographique des genres
Source : MNHN, Paris
186
M. KERAUDREN
1
Nous considérons également comme restreinte l’aire du Zombitsia lucorum Kerau-
dren car cette plante n’a été trouvée que dans l’Ouest; cependant les deux locdités con.
nues étant éloignées l’une de l’autre (environ 500 km), il est très possible que cette
espèce, très bien caractérisée mais cadueifoliée, n’ait jamais été repérée ailleurs
(fig. 2,B).
Le genre qui certes demeure le plus étroitement localisé est sans aucun doute le
genre Zygosicyos qui n’occupe que quelques stations dans un carré de 100 km de côté-
les deux espèces décrites (l’une le Z. hirtellus Humbert demeurant problématique)
sont localisées dans la zone de transition près de Fort-Dauphin (fig. 2, D).
Au niveau générique, l’endémisme chez les Cucurbitacées de Madagascar n’est
donc pas lié, dans tous les cas, à un territoire phytogéographique limité. Tl est probable
que la différenciation ainsi que les migrations de ces genres endémiques n’ont pas été
simultanées.
On ne peut naturellement qu’émettre des hypothèses à ce sujet mais, d’après le -
seul examen de la chorologie, le genre Ampelosicyos doit sans doute être considéré
comme le plus ancien des endémiques.
Dans le groupe des endémiques, on peut admettre aussi que les genres Xerosicyos,
Zygosicyos et Seyrigia sont plus anciens que les trois autres, Trochomeriopsis, Zom¬
bitsia et Lemurosicyos.
4. Les espèces introduites et les plantes à large répartition.
Honnis le Telfairia, le Trichosanthes et le Benincasa qui ne sont connus, chacun,
que par une seule récolte, toutes les autres espèces ont, à Madagascar, des répartitions
assez larges et, dans la plupart des cas, multirégionales. Il faut cependant constater que,
si l’on dresse une carte des espèces introduites (culture et adventicité locde), c’est la
région occidentde qui renferme le plus de points. Ceci est d’ailleurs facilement com¬
préhensible puisque les genres Citrullus, Cucumis et Cucurbita sont originaires des
zones sèches du Vieux ou du Nouveau Monde.
5. Répartition altitudinale.
Nous avons essayé, d’après l’ensemble des documents que nous possédions, de
synthétiser sur un schéma, non plus les aires occupées par les différents genres et
espèces, mais les limites altitudin^es entre lesquelles ont été notées les stations (fig. 5).
R est bien évident que plusieurs genres n’existent en ^titude que par l’intermé¬
diaire des cultures et que celles-ci sont installées essentieüement sur les hauts plateaux.
On doit souligner que les genres endémiques occupent des stations de faible alti¬
tude, inférieure à 900-1 000 m.
C. Place des genres et espèces malgaches dans la chorologie générale
de la famille.
On a l’habitude, lors de l’établissement des inventaires floristiques, de considérer
les taxons comme appartenant àdesélémentsphytogéographiquesdéterminés.Encequi
concerne Madagascar, et si l’on se place à l’échelle du genre, les comparaisons doivent
être faites essentiellement avec l’Afrique et avec l’Inde. Pour ces deux territoires, nous
avons puisé les éléments de comparaison à la fois dans les herbiers et dans les inven¬
taires publiés récemment (R. et A. Fernandes, A. D. J. Meeuse, H. L. Chakravartï.
C. Jeffrey).
Nous avons résumé dans le tableau 1 les principales données numériques tirées de
ces documents. On remarque tout d’abord qu’avec 27 genres la flore malgache est pres¬
que aussi riche que celle de l’ensemble de l’Ouest africain et beaucoup plus riche que
Source : Mt-JHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CüCURBITACÉES
DE MADAGASCAR
187
Fie. 4 . - Distribuüon géographique des genres
A. Corallocarpus.
B. Kedrostis.
OiMsyce.
B- Cayapouia.
B- '^Biellerargia.
Source ; MNHN, Paris
M. EERAUDREN
1
Fie. 5. — Répartition altitudinale des Cucurbitacées de Madagascar
TABLEAU I
Nombre
total
de genres
Genres
Madagascar
Genres
Madagascar
Genres
présents
à Uadagaseu
Afrique du Sud.
16
7
9
18
Angola.
31
19
12
15
Afrique orientde.
28
12
16
11
Aùique occidentale.
27
13
14
13
Indo-Mdaiaie..
34
22
12
15
Afrique.
40
23
17
10
celle de l’Afrique du Sud. Mdgré tout, la richesse en espèces pour Madagascar et
l’Afrique du Sud est équivalente. Par contre, Madagascar est nettement plus pauvre
en genres que l’Angola, l’Est africain ou les Indes. Sur les 43 genres connus pow ®
semble de l’Afirique au Sud du Sahara, 17 seulement existent à Madagascar, la ran
Ile en comptant 10 autres dont 8 endémiques, 1 (introduit), commun avec l’in e,
spontané commun avec l’Indonésie.
Source ; Mt-JHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE M.UDAGASCAR 189
Les relations les plus étroites, sur le plan générique, existent avec l’Est africain,
ce qui est conforme aux données générales sur la flore malgache. Un seul genre spon¬
tané serait à la fois commun à Madagascar, à l’Afrique et à l’Amérique {Cayaponia).
1. Genres et espèces communs à Madagascar et à l’Afrique.
En considérant le tableau 1 ci-dessus, nous constatons la présence de 17 genres
communs à Madagascar et à l’Afrique continentale. Nous pouvons dresser un tableau
comparatif afin de mettre en évidence le nombre d’espèces communes à ces deux terri¬
toires et le nombre total d’espèces connues dans le monde entier (tableau 2).
Ce tableau fait apparaître quelques faits qui ont un intérêt chorologique. Des
genres très riches dans le monde et, en même temps, très largement différenciés en
Afiique (presque les 3/4 des espèces), n’ont pourtant, à Madagascar, que très peu de
représentants. C’est le cas, en particulier, des genres Cucumis, Momordica et sans
doute Zehneria. A propos de ce dernier, des problèmes d'équivalences systématiques
ne sont pas complètement résolus entre les flores africaines et les autres flores tropicales.
Aucun des genres largement représentés dans le monde, et peu représentés en
Afrique, n’offre à Madagascar une grande richesse {Corallocarpus, Luffa, Cayaponia).
Les genres Kedrostis et Peponium offrent la particularité d’avoir, en Afrique et à
Madagascar, une diversification spécifique équivalente, mais avec des répartitions locales
ou un endémisme accentué. A l’opposé, l’homogénéité des genres spécialement afri¬
cains Citrullus et Oreosyce peut être notée.
Au total, sur le plan spécifique, et ceci pour les genres communs à la Grande Ile
et au continent africain, 27 espèces sur un total d’environ 150 sont spéci^es à Mada¬
gascar.
TABLEAU 2
Genres et espèces commans à Madagascar et à rAfrique
d'cspècos
en Afrique
Nombre
d’«ep6cc3
A Madagascar
Nombre
d’Bspècea
malgaches
Nombre
^totai
dans le monde
Cajapoaia .
2
1
1
Environ 70
Corallocarpus .
7
3
1
2
36
Cilniiiui.
2
2
2
4
Cuamella .
5
1
1
5
Cucumis.
27
4
4
Environ 40
Ciuarhiln.
3
1
1
21
Kedrostis .
12
6
0
6
37
LoKerusrin..
5
2
2
5
Laffa .
2
2
2
8
Monuiniirn
34
2
2
59
OlBMWC .
1
1
1
1
f’V’Aium.
8
11
0
11
19
^'’pAÜiog’siis....
4
1
0
1
5
1 Seckiim
1
1
1
0
Environ 44
i ^elfairia ..
1
3
n ^cincria
19
9
2
7
Environ 30
Source ; MNHN, Paris
190
M. KERAUSBEN
2. Genres et espèces communs à Madagascar et à l’Inde (tableau 3).
Dans l’inventaire floristique effectué en Inde par H. L. Chakravarty, nous avons
relevé la présence de 11 genres communs à ce territoire et à Madagascar. Nous avons
éliminé le genre Melothria s. 1. qui comptait 14 espèces sur le territoire indien en 1959,
Il faudrait actuellement, pour comprendre ce genre hétérogène, étudier la morphologie
de l’androcée afin de diviser ces Melothria (au sens de Linné et Cogniaux) en 3 genres ;
Mukia, Solena et Zehneria. A Madagascar seul le genre Zehneria est représenté.
D. Vendémisme malgache : son importance par rapport aux endémUtnei
locaux africains et indiens.
On reconnaît habituellement à la flore malgache une endémicité élevée, que l’on
prenne pour référence l’ensemble de l’île ou seulement les domaines phytogéographi-
ques. L’existence d’un endémisme intéressant des unités supérieures (familles, tribus),
laisse supposer que le paléoendémisme est très développé. Cependant, malgré la décou¬
verte d’un assez grand nombre de ressemblances entre des unités taxinomiques mal¬
gaches et des unités indopacifiques, l’essentiel du peuplement demeure d’origine afri¬
caine; les affinités les plus marquées correspondent, semble-t-il, aux flores tropicales
sèches.
Nombre
Nombre
ü
•“è
“S"
d’ospècos
a Madagascar
Æ
Benincasa .
1
1
1
0
1
Citrullus .
2
2
2
0
4
Corallocarpus .
5
3
0
0
36
Ciuumis .
7
3
1
0
EovirootO
Cucurbita .
3
1
1
0
21
Kedrostis .
1
6
0
6
37
Lagenaria .
1
2
0
0
S
Luffa .
6
2
2
0
8
Momordica .
7
2
1
0
59
Seehium .
1
1
1
0
1
Trichrosanthei .
24
1
1
0
Eaviron 44
En ce qui concerne la famille des Cucurbitacées, la flore africaine dans son ensem¬
ble comprend 7 genres n’existant que sur ce continent, avec des répartitions d aille®
très locales : Acanthosicyos, Bambekea, Cephalopentandra, Cogniaitxia,
TOpsis, Gerrardanthus, Myrmecosicyos. Sur le plan systématique, il est difficile e
trouver dans la flore malgache des types d’organisation qui permettraient de p “
de vicariance, sauf dans le cas de VOreosyce. Les affinités les plus remarquables son
celles qui existent entre le genre Gerrardanthus connu seulement en quelques pom
en Afrique occident^e, orientée ou australe, et les genres Xerosicyos et
de la zone sèche de Madagascar.
Source : MUHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
191
F’
*''6.6. Distribution géographique de certains groupes systématiques de la famille des Cucurbitacées
1- Tribu des Abobreae :
. Cayaponio ;
—-- Abobra;
- Selytia.
2. Sous-tnbu des Guroniin<i« (à Madagascar le genre Seyrigia) : + + + +
*t le genre Muellerargia A (sous-tribu des Meloîbriinae).
■ Sons-tribu des Zaaoniirute (à Madagascar Xerosicyo), Zygotieyot) ; .
’uuieg
Source ; Mt-JHN, Paris
1
192 M. KERAÜDREN
Dans la sous-famille des Zanonioideae, les deux genres malgaches sont parmi
ceux qui ont les aires de répartition les plus étroites. La différenciation de la sous,
famille des Zanonioideae est cependant faible dans la région africano-malgache (4 gen.
res), si on la compare à celle de l’Asie du Sud-Est (7 genres à large répartition) et à
celle de l’Amérique tropicale (6 genres) (fig. 6). Il est difficile, malgré tout d’affirmer
que les genres africains sont les vestiges d’un groupe systématique autrefois plus ré¬
pandu. Le fait que ces plantes (spécialement le genre Gerrardanthiis) aient des aires
disjointes et un habitat parfois forestier, mais fréquemment steppique ou subdéser¬
tique, pourrait laisser penser que les Gerrardanthus, Xerosicyos et Zygosicyos sont les
restes d’une « flore sèche », probablement pdéotropicale (fig. 6).
La présence, à Madagascar, d’une espèce appartenant au genre Muellerai^a^
doit être particulièrement soulignée. Ce genre n’était connu que par une seule espèce,
le Muellerargia timorensis Cogn-, localisée en Indonésie.
C’est le genre Seyrigia qui, dans l’ensemble de la flore de Cucurbitacées du Vieux
Monde, représente sans doute le cas de disjonction le plus inexplicable, dans l’état
actuel des connaissances paléophytogéographiques, puisque les seules plantes qui en
soient proches systématiquement (1), habitent toutes l’Amérique tropicale. On peut
naturellement faire jouer l’hypothèse, devenue presque classique, d’une voie de migra¬
tion antarctique, mais, dans le cas des Cucurbitacées, cette interprétation se heurte à
plusieurs difficultés. Tout d’abord, les « Anguriées » sont essentiellement intertropi-
cales en Amérique bien que de nombreuses espèces appartiennent au peuplement andin;
de ce fait il n’existe pas, dans ce groupe, de types de répartition australe semblables à
ceux des Podocarpus, des Araucaria et des Protéacées. On peut légitimement aussi se
poser la question de savoir si l’aboutissement à une fleur bistaminée a une origine com¬
mune pour les Anguria et les Gurania d’une part et pour le genre Seyrigia d’autre
part.
Une réponse partielle à cette question ne semble pas pouvoir être donnée par des
études limitées à la systématique et à la chorologie; des recherches d’organogénie com¬
parée, sur un matériel vivant suffisamment abondant et choisi parmi les espèces parais¬
sant les plus proches dans les trois genres, apporteraient sans doute quelques résultats
positifs.
En ce qui concerne l’endémisme générique des Cucurbitacées sur le continent asia¬
tique, il faut noter aussi l'existence de genres étroitement localisés, spécidement dans
la région tropicale ou subtropicale de l’Himalaya : Biswarea, Herpetospermum, Neoluffa,
Edgaria, Jndofevillea. La diversification spécifique est également très faible, aucun de
ces genres n’a d’affinité marquée avec des taxons malgaches.
Sur le plan chorologique, l’étude de la famille des Cucurbitacées à Madagascar
parmt donc confirmer un certain nombre de faits relatifs à des problèmes généraux
d’histoire du peuplement. Malgré une endémicité générique ou spécifique élevée, les
affinités systématiques sont beaucoup plus évidentes avec des plantes africaines qu avec
des plantes des régions indopacifiques, mais il faut en même temps souligner les rap¬
prochements que l’on ne peut s’empêcher d’effectuer avec les flores américaines. B
semble donc que l’originalité de l’histoire du peuplement végétai de Madagascar,
mise en évidence par H. Humbert (1959) et A. Guillaumin (1953) par rapport aux
terres tropicales méridionales de l’hémisphère austrd, trouve ici une confirmation sup¬
plémentaire. Les voies de migrations anciennes et les types de différenciation ne peuvent
être considérés comme analogues d’une famille à une autre, chaque élément de
flore ayant très certainement une histoire qui lui est propre.
(1) Dans la claasifcation phylogëoique basée sur l'audrocée.
Source : MNHN, Pans
DEUXIÈME PARTIE
Étude descriptive
et comparative de quelques organes
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
195
CHAPITRE I
APPAREIL VÉGÉTATIF
(les axes et les vrilles)
A. ExUtence des vrilles.
Les vrilles sont des organes d’accrochage fins, souvent filiformes, caractérisés par
leur aptitude à s’enrouler spontanément ou au contact d’un support. Mais des organes
d’accrochage (vriEes, crochets, épines), dont le rôle apparent est de permettre aux végé¬
taux chez lesquels ils se différencient de s’élever au-dessus du sol en utilisant des sup¬
ports, ne sont pas caractéristiques des lianes et peuvent exister chez les plantes non
Yolubiles. Par contre, plusieurs grandes lianes ligneuses tropicales n’ont pas de vrilles
et il en est de même pour beaucoup de petites lianes de Madagascar : Sarcostemma
Décors» Cost. et Gall., Folotsia, Mahafalia, etc. (Asdépiadacées succulentes), Clematis
(Renonculacées), Embelia (Myrsinacées), Deeringia (Amaranthacées), etc.; beau¬
coup d’arbustes sarmenteux à rameaux Uanescents possèdent des crochets ligneux très
enroulés : Artàbotrys (Annonacées), des Hugonia (Linacées), parmi les genres md-
gaches.
Les vrilles n’occupent pas, chez les divers végétaux où on les rencontre, des posi¬
tions identiques par rapport aux tiges, aux feuilles ou aux inflorescences.
1. Exemples de cas simples :
La vrille correspond à une modification d’un organe défini ou d’une partie d’organe
(cas non observés chez les plantes malgaches) :
— Bignoniacées : les folioles terminées des feuilles composées sont transformées
en vrilles chez de nombreux genres surtout américains.
— Dioncophyllacées (Afrique équatoriale) : certaines feuilles se terminent en
YiiUe,
— FlageHariacées : chez le Flagellaria indica L., la partie distale des feuilles,
filiforme, épaissie, s’enroule face interne; pas de vrille chez les Jomvillea néo-edédon-
niens.
— Hemandiacées : chez Vllligera pentaphylla Welw. (Afrique continentale),
le pétiole s’enroule.
~ Légumineuses : vrilles de nature foliaire chez les Papilionacées des zones tem-
P^ées {Vicia, Pisum, Lathyrus), et chez la mimosée tropicale, Entada gigas Faw et
Kendl.
— Composées ; les feuilles simples ou « composées » de plusieurs Mutisia se
tenninent par une vrille simple ou divisée.
7 564018 6 5 i
Source ; MNHN, Paris
196
M. KERAUPHEN
1
2. Exemples de cas complexes :
La vrille s’insère directement sur un axe (végétatif ou inflorescentiel) ; plusieurs
exemples chez les plantes malgaches.
— Liliacées (Asparageae) : chez le Smilax Kraussiana Meis., la feuille axille des
pièces intrapétiolaires (deux expansions d’aspect stipulaire) près desquelles sont insé¬
rées deux vrilles opposées.
— Légumineuses : seul le Bauhinia corymbosa Roxb., introduit d’Asie, a des
vrilles à l’aisselle des feuilles; Rapontciiombo (1966) estime que ces vrilles corres¬
pondent à des axes végétatifs dont la croissance est prématurément stoppée.
— Passifloracées : les vrilles sont de nature inflorescentielle (Nozeran, 1952);
les Passifloracées de Madagascar (sauf le genre Paropsia), présentent une disposition
identique.
— Rhamnacées : chez le Gouania mauritiana Lam., vrille développée distalement
entre la dernière feuille et l’inflorescence. Chez VHelimis ovatus E. Mey., les nœuds
portent 1 à 5 feuilles qui axillent des rameaux latéraux, ces derniers pouvant porter
des vrilles fines et caduques soit à l’aisselle des feuilles soit à la base des inflorescences. '
— Sapindacées : chez le Paullinia pinnata L., se différencient au niveau du nœud,
une feuille en position basale et, un peu de côté, au-dessus d’une minuscule écaille,
un élément appendiculaire d’abord raide et droit terminé par deux segments opposés
très enroulés et axillés par deux très petites préfeuilles; cet ensemble est considéré
comme un pédoncule florifère. Même dispositionchezïeCardiospermumhaliccKabumL
— Vitacées : vrille opposée au pétiole, considérée comme équivalente de rameaiu
d’inflorescence (Bu&non 1953). A Madagascar, chez le Cissus alaotrensis B. Desc.,
la vrille est le seul organe différencié inséré au niveau du nœud (chute prématurée ou
même non-développement des feuilles) ; présence d’une inflorescence et vrille absente.
Chez le Cissus Bosseri B. Desc., feuille axiüant un rameau secondaire feuillu et florifère
opposé à une vrille; même organisation chez les Cyphostemma.
La famille des Cucurbitacées diffère des précédentes par la disposition des organes
au niveau des nœuds : tous les éléments sont insérés unilatéralement. On a signalé de
très rares cas où la vrille portait des pièces fertiles ou des éléments stériles (Naudin,
1862). Quelques genres sont dépourvus de vrille : Ecballium, Dendrosicyos, Mymeco-
skyos. Chez VAcanthosicyos horridus Welw. ex Hook. f., il y a, au niveau du nœud,
deux épines. Sur les jeunes rameaux du Momordica spinosa (Gilg) Chiov., on observe,
toujours unilatéralement, une feuille, un organe filiforme qui devient une épine et un
organe filiforme qui demeure une vrille.
Chez le Macrozanonia macrocarpa (Blume) Cogn., la vrille bifide est remarquable
par l’élargissement et l’aplatissement des extrémités qui constituent des surfaces d’adhé¬
rence.
B. Historique et problèmes posés chez les Cucurbitacées.
Les Cucurbitacées, grâce au grand nombre d’espèces cultivées, ont fourni un abon¬
dant matérid pour les études sur le complexe axillaire. Les genres Cucurbita, Bryonut
et Cucumis sont utilisés le plus souvent bien que diverses observations se rapportent
aux genres Momordica, Lagenaria, Sicyos, Echinocystis. Quelques indications fuifflt
aussi données sur diverses espèces des genres Kedrostis, Melothria et Peponium.
travaux systématiques de Cog-nuux (1881-1924) permirent d’élaborer des compa¬
raisons beaucoup plus vastes. ,
De multiples interprétations et théories furent avancées au cours du xR a
Source : Avis
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
197
1. Théorie racinaihe.
Pour Seringe (1822), les vrilles seraient des racines adventives transformées. Cette
théorie admise un certain temps par Brongniart est définitivement abandonnée.
2. Théorie caulinaire.
Proposée par Link (1824), qui considérait la vrille comme un rameau supplé¬
mentaire, cette théorie fut reprise par Treviranus (1842) et Fabre (1855), Warming
(1872), Dutailly (1874) et Bâillon (1885). Tous ces auteurs ont assimilé la vrille à
un axe. Dès 1866, Chatin faisait la distinction entre la vrille simple et vrille divisée,
indiquant que la première avait une structure anatomique de tige. Cependant Dutailly,
en 1879 cette fois, a voulu voir dans la vrille un rameau dégénéré.
3. Théorie foliaire.
En 1825, Seringe, revenant sur son interprétation de 1822, admettait que la vrille
par dégénérescence d’un élément foliaire. Tassi (1844), P.ayer (1845), Gaspar-
RiNi (1848), Clos (1855) et Fermond (1855) mirent en relief l’intérêt d’une telle hypo¬
thèse. Guillard et Lestiboudois (1857 à 1868), exposèrent, dans des travaux demeurés
fondamentaux, leurs vues à ce propos.
Lestiboudois, basant ses travaux sur l’anatomie, démontre que la vrille des Cucur-
bitacées, qui n’est pas andogue à celle du Lathyrits aphaca, ne peut être comparée ni
à une racine adventive, ni à une « feuille caulinaire », ni à une stipule et que, de plus,
sa structure n’indique pas qu’il s’agisse d’un dédoublement de la feuille ou d’un prolon¬
gement profondément transformé de Taxe. En conclusion, Lestiboudois fait de la
vrille une dépendance du bourgeon axillaire, ce qui le conduit à supposer que la vrille
correspond soit à une bractée, soit à une « feuille raméde ».
Les suggestions de ce dernier auteur furent le point de départ de diverses études
qui permirent d’avancer des interprétations très diverses. Caüvet (1864) fait de la
vrille une feuille dégénérée; Van Tieghem (1882-1884) et Leclerc du Sablon (1887)
lui trouvent une structure pétiolaire. Colomb (1887) admet que la vrille représente la
première feuille du bourgeon axillaire. Goebel (1905) considère, lui aussi, les vrilles
divisées comme des feuilles transformées, ce que Trinkgeld (1923) ne vérifie que sur
un seul exemple {Cucumis) dont Hagerup (1930) discutera l’interprétation. Vuillemin
(1^) accepte aussi la nature foliaire de la vrille, se servant, entre autre, de ce critère
pour séparer totalement les Cucurbitacées des Passifloracées chez lesquelles les vrilles
sont considérées comme caulinaires.
4. Les autres hypothèses.
a. Organe appendiculaire ou stipules.
A. Saint-Hilaire dès 1822, puis de Candolle, Stocks et Payer (1845) considè¬
rent la vrille comme un « organe appendiculaire » équivalent des stipules.
SiNNOTT et Bailey (1914), étudiant la vascularisation des vrilles, reprennent cette
ti&rie et notent que « tout organe placé à la base d’une feuille, acquérant son appro-
usionnement vasculaire d’une branche d’un faisceau vasculaire latéral de feuille, doit
^ regardé comme une stipule ».
Pariant des «vriHes épineuses» présentes chez VAcanthosicyos et le Momordica
(Gilg) Chiov. [= Kedrostis spinosa Gilg], Engler les assimile à des stipules.
Source ; MNHN, Paris
M. KERAUDR£N
De même, Green (1905) y voit aussi l’une des stipules, tandis que Goebel (1905)
pense que les vrilles simples pourraient correspondre aux « préfeuilles d'éléments
axillaires >.
b. Bourgeon extra-axillaire.
Le Maout (1868), insiste sur le fait que la vrille pourrait naître sur un bourgeon
extra-axillaire déplacé verticalement d’un intervalle de deux feuilles. Nous ne savons
cependant pas si le bourgeon extra-axillaire dont parie Le Maout, se déplacerait verti-
cdement le long d’une même orthostique.
c. Théorie de Velenovsky.
Pour cet auteur (1907), qui paraît d’ailleurs avoir (dans sa figure originale) large¬
ment interprété les travaux de Marie Doubkova (1907) sur le Bryonia alba, le rameau
des Cucurbitacées aurait un développement sympodial. Sur un axe O se différencie¬
raient, au niveau d’un nœud B, une vrille, une feuille et une inflorescence. Cet axe 0
se terminerait en une vrille au niveau C. Du niveau B se différencieraient des « axes
sériaux » O' P'. Au niveau C, P' se termine en vrille tandis que O' supporte une feuille
et ime inflorescence et se poursuit jusqu’au nœud D pour s’y terminer en vrille, ainsi de
suite (fig. 7, 1). Le rameau sur lequel apparaissent les excroissances nodulaires
serait donc toujours complexe et correspondrait à des axes sériaux soudés, issus en
partie du nœud inférieur.
d. Bractéole ou nervures.
Enfin, Braun et Wydeen, cités par Rendue (1952), font de la vrille simple une
« bractéole de fleur axillaire » et de la vrille composée « les nervures d’une feuüle simple».
5. La théorie de l’organe mixte et les points de vue récents.
Autant de divergences dans les opinions montrent que la vrille des Cucurbitacées
ne pouvait être, à priori, considérée comme un organe simple. Nous présentons, sui¬
vant un ordre chronologique, les différentes théories des botanistes qui ont voulu
donner à la vrille une origine mixte.
Naudin et Decaisne (1855) accordent à la vrille une nature mixte, ayant une partie
d’origine caulinaire (axirie).
Clos (1856) parie d’un organe (t semi-foliaire » en observant que le dévdoppement de la
vrille est « simultané de celui de la feuille ».
Chatin (1866) estime que la vrille divisée correspond à un axe supportant des rameaux
ou des feuilles modifiées.
Müller (1886-1887) précise qu’ime vrille, simple ou composée, comporte une base de
type « axe » et une ou des extrémités de type « feuille ».
Hegi (1915), sans opter pour l’une ou l’autre des interprétations rappelle que le dévdop-
pement des bourgeons est de type sympodial, que la vriüe a ime croissance hapto-
trope (c’est-à-dire stimulée et orientée par un contact unilatéral), mais souligne
le fait que l’on rencontre parfois des vrilles ramifiées déjà dans le bourgeon, cea
indiquerait une origine foliaire.
Sawhney (1920), Trinkgeld (1923) et Majundar (1926), acceptent les condusions de
Müller.
Hagerup (1930), fondera sa théorie à partir des travaux antérieurs de Zihuebm^
(1922) et Trinkgeld (1923) sur les dispositions des faisceaux vasculaires et du
sdérenchyme dans les vrilles.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
199
En I960, Chadefaud et Emberger résument ainsi la théorie (I’Hagerup : « les vrilles
des Cucurbitacées sont des axes fins portant au sommet une ou plusieurs feuilles
en vrilles; chez quelques espèces {Cucumis), la partie caulinaire est très rédtiite,
et la vrille est alors surtout formée par une seule feuille ».
Remarquons que la très séduisante théorie d’HAGERUP a été longtemps adoptée
d’une façon implicite. Malgré tout, elle ne donne pas véritablement satisfaction, sauf
dans quelques cas particuliers. Il est en effet extrêmement difficile de retrouver, sur une
multitude de genres, le schéma théorique d’HAGERUP car, en raison de la position tou¬
jours latérale de la vrille, il devient délicat de l’interpréter comme As.
En 1956, F. Bugnon, critiquant l’interprétation sympodiaie et le schéma d’HAGERUP,
insiste sur l’indépendance des différents éléments du complexe axillaire les uns
par rapport aux autres, et les regarde comme issus de bourgeons axillaires.
Khausaheb (1947) et Sensarma (1955) parviennent à la conclusion suivante : les deux
cerdes de faisceaux vasculaires, interne et externe, si caractéristiques des tiges des
Cucurbitacées, participent à la vascularisation de la vrille. En se basant sur le
résultat des observations de multiples coupes sériées effectuées sur des échantillons
de 24 espèces, Sensarma reconnaît deux types de dépendance des faisceaux
vasculaires par rapport aux organes d’origine. Dans le « type Bryonopsis », la
vascularisation de la vrille dérive uniquement du niveau nodulaire. Dans le « type
Thladiantha » les vrilles reçoivent une vascularisation mixte, issue des traces
nodulaires et aussi des traces des faisceaux latéraux de la feuille axillante. Il nous
semble utile de donner ici la traduction des principales conclusions de Sensarma :
« Dans les vrilles du premier type, le support vasculaire provient entièrement et
directement d’un bourgeon. Une telle origine ne peut permettre l’identification
avec une feuille. La présence d’un cercle fermé de sdérenchyme chez les Cucur¬
bitacées est une caractéristique de la tige, non du pétiole ou des nervures foliai¬
res... ». Les vrilles de la première catégorie doivent être regardées comme un « out-
growth of the biid-axis ». Dans le deuxième cas, les vrilles doivent être interprétées
comme un « stipule-stem complex ».
Leredde (1963), synthétise ces différents travaux en considérant les vrilles comme des
< branches feuillées très modifiées ».
C. Observations sur les espèces malgaches.
1. Apparition des vrilles.
Au cours du développement de la plantule (Trochomeriopsis, Lemurosicyos, Sey-
dgio, etc.), comme au cours de la croissance des premiers entre-nœuds, l’apparition
de vrilles n’est pas corrdative de celle des premières feuilles. Il arrive même que
«sviffles n’apparaissent qu’à un stade relativement tardif (8-10 feuilles). Il en est de
pour les rejets de souches.
2. Complexe nodulaire et disposition des vrilles sur les rameaux.
^ bes nœuds et la phyllotaxie.
Xerosicyos : dans ce genre, les rameaux sont côtelés, avec 5 côtes princip^es sou-
t«t dédouUées chez le X Perrieri, et 10 à 15 côtes chez le X. Danguyi. Au niveau des
>»* nous aTons observé (fig. 7, 3) ;
feuille, une excroissance morphologiquement indifférenciée, une vrille
Source ; MNHN, Paris
200
M. KERAUDREN
1
— OU deux ou trois feuilles, une excroissance indifférenciée et une vrille;
•— ou une feuille et une excroissance inflorescentielle avortée;
— ou une feuille et une inflorescence;
— ou une feuille, une inflorescence développée, une vrille;
— ou encore trois feuilles, un axe secondaire lui-même feuillé, une vrille, etc.
Quels que soient les organes qui se différencient à partir du complexe nodulaire
la vrille, quand elle existe, demeure latérale, une fois feuille, inflorescence, ou axe se¬
condaire développés. Ajoutons que dans le cas où trois feuilles s’insèrent à un même
niveau sur le complexe nodulaire, ces trois feuilles demeurent bien individualisées
qu’elles soient pétiolées ou sessiles. Leur vascularisation, schématisée à partir de
l’examen de coupes transversales sériées, s’ébauche uniquement au niveau du complexe
axillaire. Dans ce dernier cas, on est en droit, naturellement, de se poser fa question de
savoir s’il ne s’agit pas d’un passage vers la feuille lobée et classique des Cucurbitacées
car la différenciation des autres organes au niveau du nœud s’effectue sans que l’uce
ou l’autre de ces feuilles paraisse axillante.
On doit noter que le bourrelet où s’insèrent les organes latéraux sur un axe, forme
une excroissance localisée à un seul côté de cet axe; si l’axe est côtelé, le nœud s’étendra
donc seulement sur certaines côtes, et non pas sur toutes.
Un point essentiel doit être souligné : le nombre de côtes d’un entre-nœud à un
autre reste constant. Malgré l’existence de torsions on arrive à suivre, d’une manière
assez satisfaisante, la course de ces côtes au long de l’axe, et à l’aide de coupes anato¬
miques, le cheminement des vaisseaux et leurs modifications au niveau des nœuds.
Sur un même rameau, les positions relatives vrille-feuille restent presque toujours
identiques, lorsqu’on passe d’un nœud à un autre. Si l’on désigne par A la côte sur
laquelle paraît s’appuyer la vrille d’un nœud 1 (fig. 7, 2), et si l’on suit au long de
l’axe, de la base vers l’apex, cette même côte A, il faudra franchir quatre nœuds consé¬
cutifs pour retrouver une vrille appuyée sur A. Lorsque l’on peut repérer 5 côtes bien
marquées, le nœud occupe un espace s’étalant sur trois côtes; lorsqu’il y a plus de
5 côtes principales, chaque nœud peut n’occuper que trois côtes, ou bien empiéter sur
cinq de celles-ci; cela complique naturellement le repérage, mais, dans presque tous les
cas étudiés, une même côte soutenait le même organe sur les nœuds 1,6,11. Bien qu’elle
ne soit pas rigoureuse sur le plan théorique, la méthode de repérage par rapport aux
côtes est pourtant la seule qui nous ait donné un résultat, car die permet d’éliminer
le phénomène de torsion qui conduit à modifier considérablement la disposition des
nœuds dans l’espace. On peut admettre que l’on parcourt deux fois 360° sur la spire
des insertions des nœuds avant de retrouver une disposition exactement similaire.
Comme on sera passé du nœud 1 au nœud 6, l’indice phyllotaxique sera dè 2/5. Les
observations faites sur le Xerosicyos Perrieri nous ont montré que l’indice est égalemeat
de 2/5.
Lorsqu’on passe d’un rameau principal à un rameau latéral, la disposition relative
feuille-vriUe s’inverse, c’est-à-dire qu’il y a antidromie.
Seyrigia : les espèces de ce genre, pratiquement aphylles à l’état adulte, ont fré¬
quemment des axes crassulescenls. Sur les très jeunes tiges, on voit apparie, au
niveau des nœuds, une feuille 3-5 fide, solitaire ou rarement accompagnée d’une vrmc.
Sur les tiges distales, la feuille est souvent réduite à une ébauche ou bien, si même ale
se développe, on observe une atrophie presque immédiate.
Le Seyrigia Humbertii a des entre-nœuds à 5 côtes. Les tiges les plus dist^
portent, en effet, très souvent, au niveau de chaque nœud, une inflorescence et une
toujours simple. La position de la vrille par rapport à l'inflorescence reste la niême au
long d’un même rameau alors qu’il y a antidromie d’un rameau sur l’autre. L orao
cernent des nœuds (inflorescence -1- vrille -t- bourgeon foliaire indifférencié ou avo h
Source ; MtJHN, Paris
HECHEHCHES SUR LES CUCUKBITACÉES
MADAGASCAR
201
Î- Morphologie «terne de» tXKKfa ebez le Xttùtieyot Pirrieri.
Source ; MNHN, Paris
202
r. KERAUDREN
1
sur les parties distales des tiges se fait également selon un enroulement d’indice 2/5
facilement repérable.
Chez le Zygosicyos tripartitus, dont la coupe anatomique transversale des tiges a
la silhouette d’une étoile à 5 branches, la disposition est semblable à celle observée
précédemment. Les vrilles simples ou bifides, sont antidromes d’un rameau à l’autre
et la phyllotaxie est de 2/5.
De même chez VAmpelosicyos Humblotii, les observations sur les tiges distales
ont conduit aux mêmes conclusions.
Conclusions.
L’indice phyüotaxique de 2/5, que nous avons reconnu comme le plus fréquent
chez les plantes étudiées, a d’ailleurs déjà été signalé dans plusieurs genres de Cucuibi-
tacées : Alsomitra, Ecballium, Actinostemma, Melancium, Acanthosicyos. L’indice3/7
a été noté surtout chez les Citrullus, les Cucurbita, les Lagenaria et les Momordica.
Nos observations montrent qu’il arrive fréquemment (fig. 7, 2), qu’une côte
supportant une vrille au nœud « n » supporte une feuille au nœud « n + 1 ». Quand
il s’agit d’une plante à 5 côtes et que l’excroissance latérale s’étend sur 3 côtes, la côte
médiane qui provient d’une feuille au nœud « ra — 2 » supportera la vrille au nceud
« TJ -U 2 ». Sur le plan de la morphologie extetne, une telle disposition évoque évidem¬
ment le schéma de Doubkova et Velenovsky proposé pour le Bryonia alba.
Retenons que chez les genres Seyrigia (2 espèces), Xerosicyos (2 espèces), Ainpelo-
sicyos (1 espèce), Zygosicyos (1 espèce) et Trochomeriopsis (1 espèce), la présence de
la vrille est liée à l’existence, sur l’axe, d’un complexe axillaire. Ces nœuds constituent
les points d’insertion communs de nombreux organes (feuilles, inflorescences, rameaux
secondaires), et leur phyllotaxie régit celle des vrilles. Ces vrilles peuvent être simples,
ou bifides, mais nous n’y avons jamais observé une morphologie semblable à celle de
la vrille de Cucurbita Pepo où la partie commune est très épaissie par rapport aux
4 ou 5 divisions terminales.
b. Les hélices foliaires.
A chaque feuille correspondent, sur la tige et en dessous de chaque feuille, des
tissus qui semblent prolonger celles-ci et qui sont nommés « segments foliaires ».
Théoriquement, la mise en évidence des segments foliaires fait apparaître une
contiguïté, ce qui permet de déceler la situation d’une feuille par rapport à une autre.
Dans le cas des Cucurbitacées, la question était compliquée par le fait que chaque
feuille se trouve située sur une excroissance nodulaire (complexe axillaire de Bücnoh,
1956), à laquelle semble correspondre une surface de tige.
En réalité, en considérant ce complexe nodulaire, et en se basant sur le fait que,
sur un même rameau, il y a homodromie, c’est-à-dire que des organes identiques sont
toujours situés de la même façon (fig. 7), on peut admettre que seule une partie
de la surface de tige placée sous l’excroissance correspond à un segment foliaire, et
dans le cas présent, ces segments foliaires sont en chevauchement. En repérant les
segments jointifs ainsi définis, on met en évidence de manière nette, deux sénés :
— le segment foliaire delà feuille en 1, jointif au segment foliaire de la feuille en ,
— le segment foliaire de la feuille en 3, jointif au segment foliaire de la feu^e en ,
ce dernier jointif au segment de la feuille en 7 (c’est-à-dire de la feuille en
d’une nouvdie série de 5 feuilles), etc. (fig. 8).
On trouve une disposition similaire en considérant : 2, 4, 6, 8, etc. (6 ®
et 3 dans la deuxième série de feuilles). On peut ainsi admettre l’existence de 2 néu
^Source ; MUHU, Paris
RECHERCHES
CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
203
Fio.8. - Schématisation des hélices foliaires chez les Cucurbitacées. I^s'lettres représen¬
tent les 5 côtes d'une tige, les chiffres arabes les différents nceuds, à gauche de chaque
nœud l’insertion d'une vrille.
Source ; MNHN, Paris
M. KERAUOREM
1
qui correspondent aux deux hélices classiques des Dicotylédones, définies au niveau des
plantules. On voit aussi que les feuilles strictement homologues sur la tige sont 1 et 11,
bien que 1, 6 et 11 soient bien placées les unes au-dessus des autres.
3. Les résultats de l’anatomie descriptive comparée.
Nous avons vu précédemment que divers auteurs avaient fondé leurs théories ou
étayé leurs points de vue sur la nature des vrilles en utilisant les documents tirés de
l’anatomie.
On doit aux auteurs suivants : Zimmermann (1922), Ghosh (1932), Baiwart
Singh (1942), Duchaigne et Chaise-Martin (1959), un certain nombre de résultats
originaux dont les ouvrages de synthèse récents ont générdement tenu compte, spécia¬
lement les traités de Metcalfe et Chalk (1950) et Boureau (1954-1957).
L’ensemble de ces observations couvre une vingtaine de genres tropicaux. Aucun
des genres dont il sera question ci-dessous n’avait, jusqu’à présent, fait l’objet d’études
anatomiques. Cependant, H. Humbert avait accompagné ses descriptions originries
du Xerosicyos Danguyi et du Zygosicyos tripartitus de schémas sommaires d’une
coupe transversde dans un entre-nœud.
Une coupe transversale de jeune tige (exemple Zygosicyos tripartitus), montre
l’existence des tissus suivants de l’extérieur vers l’intérieur de la coupe (fig. 9) :
— épiderme;
— coHenchyme localisé sur les côtes, quelquefois plus étendu vers le centre;
— anneau continu, sinueux, de sclérenchyme péricyclique pouvant parfois se
morceler;
— faisceaux cribro-vasculaires typiquement disposés en deux cerdes concentri¬
ques comprenant chacun, et généralement en alternance d’un cercle à l’autre, 5 fais¬
ceaux. Cette disposition très constante dans les entre-nœuds, se modifie considérable¬
ment, dans la plupart des cas, au niveau des nœuds et dans les tiges âgées. Les fais¬
ceaux constitués par du xylème entouré de deux massifs de phloème sont dits «bicoHa-
téraux ». Certains genres possèdent des tubes criblés particulièrement grands (Cucar-
bita, Cucumis, Lagenaria) et il y a toujours du phloème interne. Des anomalies dans
la course des faisceaux furent notées par Foürcroy (1943).
Nous signalerons ci-dessous, les particularités anatomiques rencontrées dans les
différents genres étudiés. Les coupes ont été effectuées dans du matériel équivalest,
c’est-à-dire à un stade de développement semblable.
Xerosicyos (X Danguyi Humb.).
Axe : contour subcirculaire.
L’épiderme est fortement cutinisé et un anneau continu et sinueux de pén-
cyde sclérenchymateux est doublé intérieurement d’un parenchyme péricydiqu*
(Metcalfe et Chalk, 1950). Ce sclérenchyme présente environ 15 arcs plus ou
moins dédoublés pouvant se manifester dans la morphologie externe de la tige sous
forme de très fines côtes.
A chaque arc et sillon de l’anneau de sclérenchyme correspond un faisceau cn-
bro-vascidaire. L’assise cambide donne naissance secondairement à un autre anneau
également continu, interne et parallèle à l’anneau sclérenchymateux; cet anneau
correspond à du xylème secondaire normal et à du xylème secondaire intenasci
laire (fig. 10, A, fig. 11, 3o).
Source ; MhSHN, Paris
RECHERCHES S
> CUCÜRBITACEES DE MADAGASCAR
épiderme
collenchyme
parenchyme
sclérenchyme
faisceau
cribrO'Va scolaire
parenchyme
médullaire
Fie. 9. — Disposition des tissus dans une portion de tige du Zygosieyo» (riporlilus.
Source ; MNHN, Paris
1
206 M. KERAOTREN
Vrille (contour subcirculaire).
Un seul anneau non sinueux de sclérenchyme péricyclique et 5 à 10 faisceaux
cribro-vasculaires bicoHatéraux disposés sur un seul cercle (fig. 11, 3b).
Pétiole (contour ovale).
De petits îlots de fibres sclérenchymateuses sont isolés dans le parenchyme
cortical. 7 faisceaux cribro-vasculaires bicoHatéraux, le plus gros- médian, leur
taille diminuant de chaque côté. Chaque faisceau est bordé d’ilôts de sclérenchyme
à l’intérieur et à l’extérieur (fig. 11, 3c).
Chez le Xerosicyos Perrieri, la structure de la tige diffère seulement par un nombre
plus faible d’arcs sur l’anneau sclérenchymateux : la jeune vrille présente une structure
générale semblable à celle de la tige mais nous n’avons pas observé d’anneaux de
xylème secondaire.
On peut constater que la structure de la vrille n’est ni exactement celle d’une tige
ni celle d’un pétiole. Par la présence d’un anneau continu externe de sclérenchyme et
par l’ensemble de sa structure générde (symétrie axiale), on doit plutôt faire un rappro¬
chement avec un axe. Quand on passe de la partie basde à la partie distale de la vrille,
on n’observe généralement que de très faibles différences de structure.
Trochomeriopsis {T. diversifolia Cogn.).
Axe (contour subcirculaire).
Jeune tige armudle : anneau continu, ondulé, de sclérenchyme péricyclique
et 2 cerdes de fdsceaux cribro-vasculdres bicoHatéraux. Les 5 faisceaux du cerde
externe plus petits que les 5 faisceaux du cerde interne, ceux-ci pouvant se dédou¬
bler (fig. 12, A, fig. 13, 3o).
Tige âgée de 4 ans : l’anneau de sclérenchyme est morcelé en 5 parties (on
plus) et les faisceaux cribro-vasculaires disloqués ou ramifiés, occupent presque
toute la partie centrale de la tige, en étoile. Mais il y a toujours au centre du liber
interne (fig. 23, 3, p. 257).
Chez la très jeune tige (1 mois), l’anneau de sclérenchyme n’existe pas encore
et 8 faisceaux cribro-vasculaires sont disposés sur un seul cercle (fig. 22,5, p. 255).
Vrille (contour subcirculaire).
Anneau continu de sclérenchyme péricyclique et 6 fdsceaux cribro-vascu-
laires tous de la même importance, disposés sur un seul cerde (fig. 13, 3b).
Pétiole (contour réniforme).
3 fdsceaux bicoHatéraux face supérieure du pétiole et 6 fdsceaux du même
type, un peu plus gros, face inférieure (fig. 13, 3c).
Comme dans l’exemple précédent, on peut constater que la vrüle n’a pas exacte¬
ment la structure d’une tige mais diffère nettement d’un pétiole.
Seyrigia {S. multiflora Keraudren).
Axe (contour régulier chez la jeune tige, sinueux chez la tige adulte).
Anneau très peu épais et discontinu de sclérenchyme suivant les sinuoa^
du contour générd de la coupe. 6-8 faisceaux bicoHatéraux disposés sur
Source ; MNHtJ, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
207
F
FtC. 10. -• Coupes transversales schématiques, effectuées dans des entre-nœuds de tiges.
AfXenuicyos Da/iguyi; B, Seyrigia muUiflora; C, l.emurosicyot variegata.
«P : épiderme,
par : parenchyme.
per. ext, sel. : péricycle externe sclérenchymateux.
per. int. : péricycle interne.
sel : sclérenchyme péricycUque.
sd, interfa. ; sclérenchyme intcrfasciculaire
fs : faisceau cribro-vaaculaire.
ph ; phloème externe.
ph' : phloème interne.
*yl. 1 : xylème primaire.
2 : xylème secondaire,
m ; parenchyme médullaire.
S64016 6
Source ; MUHN, Paris
208
M. KERAUKREN
seul cercle, localisés soit au niveau des sillons, soit au niveau des côtes (fig. 10, B,
fig. 11, 2a);
Dans la jeune tige et l’hypocotyle, les faisceaux cribro-vasculaires sont tous
de la même taille. Par contre sur une coupe de tige adulte, certains faisceaux ne
comportent qu'un élément vasculaire ou deux, alors que d’autres en comprennent
une vingtaine. La disposition de ces faisceaux paraît anarchique.
Notons que l’extinction accidentelle, progressive, d’un faisceau cribro-vasculaire
dans les rameaux de Cucurbitacées a été notée par Mme Fourcroy chez les Biyones,
Vrilles (contour subcirculaire) :
Sdérenchyme réduit à un arc de cercle et 5 faisceaux cribro-vasculaires seulement,
disposés sur un seul cercle. L’un d’eux, en position médiane, est beaucoup plus déve¬
loppé, il définit un plan de symétrie; latéralement, la taille des faisceaux diminue pro¬
gressivement.
Sur des coupes effectuées dans la partie distale de la vrille, on ne distingue pas de
formation sclérenchymateuse (fig. 11, 26).
Ici encore, la structure de la vrille diffère nettement de celle de la tige qu’^e
soit jeune ou adulte.
Zombitsia {Z. lucorum Keraudren).
Axe (contour général sinueux, à 5 côtes).
L’anneau continu et régulier de sdérenchyme péricyclique suit le même contour
que la forme de la tige. 10 faisceaux cribro-vasculaires bicollatéraux sont disposés sur
2 cerdes, ceux du cercle externe occupant le plan médian de chacune des 5 côtes, plus
petits que ceux du cercle interne. Il faut noter la taille de quelques vaisseaux du xylème
qui atteignent 0,2 mm de diamètre (fig. 126, fig. 11, lo,).
Vrille (contour plus irrégulièrement sinueux que celui de la tige avec un certain
aplatissement dorso-ventral dans les coupes proximales; contour circulaire dans les
coupes distales).
Le sdérenchyme péricydique forme un anneau continu, sinueux, et les 7 faisceaiu
cribro-vasculaires bicollatéraux sont répartis bilatéralement en 2 groupes, l’un com¬
prenant des faisceaux plus importants que l’autre (fig. 11, 16 et 16').
Pétiole (contour en croissant, à larges cornes).
5 faisceaux cribro-vascirlaires bicollatéraux disposés en arc de cerde, le plus gros
étant le médian (fig. 11, le).
La structure de la vrille demeure très proche de celle de la tige malgré qudques
irrégularités et s’éloigne nettement de la structure du pétiole.
Ampelosicyos (A. Humblotii Cogn.).
Axe (contour régulièrement sinueux, 5 côtes arrondies, séparées par 5 sillons peu
profonds).
Des cellules sclérenchymateuses sont incluses dans le parenchyme cortical, maw
présence d’un anneau continu, plus sinueux que l’épiderme, de sdérenchyme péney
dique. Les faisceaux cribro-vasculaires sont disposés sur deux cerdes, lesSfais^^
externes correspondant aux 5 côtes, les 5 internes sont plus grands que les pr^ ^
et parfois se dédoublent (d’où présence de 7 faisceaux sur le cercle interne) (ng- ’
C, fig. 13, 2o).
Source : MNHH, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
209
Fie. 11, — Schémas comparatifs des coupes anatomiques de tiges, vrilles et pétioles, mettant
en évidence la disposition des faisceaux cribro-vasculaires, le coUenchyme et le sdé-
renchyme (a, tige; b, vrille à la base; b\ vrille au sommet; c, pétiole). (I.’anneau ou
les îlots de sclérenchyme ont été laissés en blanc).
1 . Zombüaia lucorum.
2. Sqrjgia mulii^ora.
Xtniicyo) Danguyi.
Zygoticyoi tripanUus.
Source : MNHN, Paris
210
M. KERAUDRËN
Vrille (contour quadrangulaire).
Présence d’un cercle épais de sclérenchyme péricyclique de même forme que U
coupe, de 4 gros faisceaux bicoUatéraux correspondant aux angles de la coupe et de
2 petits faisceaux localisés près d’un seul des gros faisceaux, indiquant ainsi un plan
de symétrie (fig. 13, 2b).
Pétiole (contour subtriangulaire avec une face ventrale marquée d’un sillon
profond).
L’anneau subtriangulaire et continu de sclérenchyme péricyclique est peu épais,
et les 7 faisceaux cribro-vasculaires bicoilatéraux sont disposés en V, le plus développé
étant situé à la pointe du V (fig. 13, 2c).
Ces trois organes, axe, vrille et pétiole, ont chacun une individualité très marquée,
mais chacun possède un anneau de sclérenchyme.
Zygoskyos {Z. tripartitus Humb.).
Axe (contour régulièrement étoilé).
Du collenchyme occupe le sommet des 5 côtes et l’anneau continu de slérenchyme
péricydique s’épaissit au niveau des 5 côtes. Les 10 faisceaux cribro-vasculaires sont
disposés sur deux cercles (fig. 12, D, fig. 11, 4a).
Vrille (contour subtriangulaire).
Des îlots de collenchyme occupent les 3 angles. Le sclérenchyme péricyclique se
présente en anneau continu de même forme que la coupe et 3 faisceaux cribro-vascu¬
laires bicoUatéraux sont placés dans les 3 angles (fig. 11, 4b).
Pétiole (contour subcirculaire).
3 faisceaux cribro-vasculaires bicoUatéraux sont disposés selon les 3 pointes d’un
triangle, l’un étant beaucoup plus développé que les deux autres (fig. 11, 4c).
Chez le Zygosicyos, la vîiüe et le pétiole possèdent un plan de symétrie, mais
vrUIe et axe ont en commun l’arc épais de sclérenchyme et les flots de coUenchyme.
Lemurosicyos {L. variegata (Cogn.) Keraudren).
Axe (contour subcirculaire légèrement sinueux).
L’anneau de sclérenchyme péricydique est continu mais générdement peu épais
et d’épaisseur variable. Les 10 faisceaux cribro-vasculaires sont sur deux cerdes, ceux
du cerde externe plus petits que ceux du cerde interne (fig. 10, C, fig. 13, la)-
Vrille (contour subtriangulaire pour les coupes basales, subquadrangulaires pour
les coupes distdes).
Le sdérenchyme péricydique se présente en anneau continu et les 5 faiscea^
cribro-vasculaires bicoUatéraux sont régulièrement répartis selon im seul cerde
(fig. 13, Ib, b‘).
Pétiole (contour ovale, aplati face supérieure).
Des flots de sdérenchyme péricydique correspondent au cerde aplati des ^
ceaux cribro-vasculaires bicdlatéraux (fig. 13, le).
Source ; i/ÎNHN, Paris
r
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACtES DE MADAGASCAR 211
Fig. 12. — Coupes transversales schimatiques de tiges
A. Troth omeriopiis diversifolia.
B. Zomiittja lucorum.
C. Ampeloiicyos Mumblotii.
D. Zygosieyos Iripanüiis.
T tewis 0
212
M. EERAUDREN
1
Si l’axe et la vrille di£fèrent par l’absence, chez cette dernière, de deux cercles de
faisceaux, la disposition des faisceaux rapproche la structure de la vrille et celle du
pétiole.
Kedrostis {K. elongata Keraudren).
Axe (contour subcirculaire).
Anneau discontinu de sclérenchyrne péricyclique constitué par des petits massife
de ceüules sclérenchymateuses bien séparés les uns des aujres. Les faisceaux cribro-
vasculaires bicoUatéraux sont disposés sur deux cercles, et on peut distinguer des
vaisseaux de grande taille (fig. 13, 4o).
Vrille (contour subcirculaire).
L’anneau de sclérenchyrne péricyclique est continu et les 7 faisceaux cribro-
vascrdaires bicoliatéraui sont répartis sur un seul cercle et diminuent d’importance
de part et d’autre d’un faisceau médian (fig. 13, 4 b).
Malgré l’existence d’un anneau continu et régulier de sclérenchyrne, le gros
faisceau médian définit, dans la vrille, un plan de symétrie.
Conclusions.
De cette étude anatomique faite sur 8 genres dont 7 endémiques et im autre
largement réparti en Afrique, il ressort à la fois une confirmation de faits établis par
les auteurs antérieurs (surtout Zimmermann, 1922), et plusieurs constatations nouvelles.
On doit retenir comme très particuliers les résultats suivants :
— la présence de deux cercles de 5 faisceaux cribro-vasculaires s’inscrit dans le
schéma classique, mais nous avons pu montrer qu’il pouvait exister un dédoublement
caractéristique de certains faisceaux dans l’entre-nceud. Il faut rapprocher ce résultat
de ceux qu’avait obtenus Zimmermann sur divers exemples {Momordica umbellata,
Melothria maderaspatana — Mukia maderaspatana et Peponium iisambarense); il
permet d’envisager que la vascularisation des organes latéraux peut s’ébaucher assez
tôt;
— chez le Xerosicyos Danguyi, l’anneau sclérenchymateux péricyclique est dou¬
blé par un anneau continu plus interne, superposé à l’assise cambiale et formé de
xylème secondaire normtd et de xyième secondaire interfasciculé;
— il y a multiplication du nombre des faisceaux cribro-vasculaires au niveau
des entre-nœuds, toujours chez le X. Danguyi, où nous avons pu compter jusqu a
30 faisceaux. Certains de ceux-ci doivent être considérés comme les « akzessoriscbe
Bündle » de A. Zimmermann, c’est-à-dire qu’ils ne participent pas d’une manière
évidente à la vascularisation des organes latéraux.
Une semblable dispersion des faisceaux cribro-vasculaires n’est pas un fait très
rare chez les Cucurbitacées dont les faisceatix peuvent se répartir « en étoiles uni¬
latérales ï à partir de centres irrégulièrement distribués dans une coupe dé tige âg^
{Momordica, Trochomeriopsis). Il s’agit là d’une tendance à la formation d’un cerce
complet constitué par les faisceaux vasculaires, tels que l’on en observe dans les Bges
pérennantes lignifiées. ,
Au total, bien que la vascularisation de type penta-fasciculaire soit la plus, géné¬
ralement réalisée dans la famille, il existe des cas où l’on rencontre néanmoins une
vascularisation par deux cercles de 7 faisceaux {Kedrostis elongata, Coccima c-ng
Seckium edule, Gerrardanthus grandi/lorus).
Source : Mt-JHN, Paris
comp^atifs des coupe» anatomiques de tiges, viiUes et pétioles, raet-
a..i< “ ia disposition des faisceaux cribro-vasculaires, du coilenchyme et du
Bdérenchyme ou ies îlots ont été laissés en biano].
!• lemiirosicyo# vorUgala.
i. At^Auicyos Rumblolii.
*• divers! olia.
^ Kedi-oMij eiongolo.
Source : MNHN, Paris
214
M. KERAUDREN
1
Malgré l’apparition assez fréquente d’un plan de symétrie, la structure anatomique
des vrilles demeure assez proche de celle des axes; elle ne peut guère, dans les exemples
étudiés précédemment, être assimilée à celle des nervures d’une feuille.
On ne peut, d’autre part, étabür un rapprochement entre les structures des vrilles
et celles des pétioles, puisque ces derniers ne comportent que fort rarement des dé¬
ments d’un anneau continu de sdérenchyme péricyclique.
Nous avons, ici, utilisé les critères anatomiques dans le cadre d’une comparaison
entre divers organes de la plante. Il faut retenir que la vrille n’a qu’un seul cerde de
faisceaux comme les pétioles.
4. La vascularisation.
La technique des coupes transversales sériées pratiquées au niveau d’un nœud,
au-dessous et au-dessus de celui-ci, avait permis à Miss Kaksaheb et Sensarma (1947-
1955) de constater qu’il était possible de déterminer deux origines pour la vascula¬
risation de la vrille. Nous avons effectué de telles coupes sériées, de 40 en 40 p, sur
les représentants de 3 genres : Kedrostis, Trochomeriopsis, Zygosicyos.
Nous pouvons remarquer un fait d’ordre anatomique qui confirme l’observation
morphologique : seuls certains faisceaux subissent, au-dessous du nœud, un dédouble¬
ment. Généralement, 2 faisceaux du cercle interne et 2 ou 3 du cerde externe conti-
nuent leur course au moins jusqu'au milieu du nœud où certains peuvent donner
des ramifications qui vont alors non pas participer à la vascularisation des organes
latéraux mais reconstruire, dans l’entre-nœud supérieur, une vascularisation semblable
à celle de l’entre-nœud inférieur.
En utilisant les méthodes d’éclaircissement (Fuchs, 1963), nous avons pu faire
les mêmes observations. Toutefois, la présence des deux cercles de faisceaux et U
complexité de la vascularisation des axes, vrilles, inflorescences à chaque nœud,
rendent difficile la schématisation ou même l’illustration de cette vascularisation.
D’après ces observations (coupes sériées et nœuds « éclaircis »), il semble que les
premières ramifications des faisceaux de l’entre-nœud appartiennent à la vascularisatioD
de la feuille située immédiatement au-dessus de ces bifurcations vasculaires. La vascu¬
larisation de la vrille n’est confluente aux faisceaux cribro-vasculaires de la tige que
légèrement au-dessus. Ceci confirme l’interprétation de A. Zimmermann.
Rappelons que sur les plantules, les nœuds portent toujours des feuilles avant
que ne se différencient des vrilles. Nous avons observé cette disposition, d’ime façwi
constante, chez les genres Seyrigia et Trochomeriopsis. L’on sait aussi que les deux
premiers organes latéraux spinescents qui apparaissent, après les cotylédons, sur les
plantules à'Acanthosicyos (Neitsch, 1923), sont assimilés aux feuilles et non aux
vrilles. D’autre part, l’examen dans la nature, sur le genre Xerosicyos, de nombreuses
extrémités distales de rameaux en voie de développement (feuilles n’ayant pas encore
acquis leur succulence), nous a permis de remarquer que ces jeunes tiges étaient
toujours feuillées avant l’apparition des vrilles. De telles dispositions s’observent sur
les jeunes pousses ou sur les rejets de souche de la plupart des espèces.
D’autre part, il ne faut pas oublier que dans la famille des Cucurbitacées il «
produit, au niveau des nœuds, des modifications internes qui se traduisent dans la
morphologie externe par un déplacement latéral des organes les uns par rapport aux
autres. On a ainsi l’impression que la feuille adulte n’axiile aucun autre organe, ces
organes étant rejetés sur le côté du pétiole. Il existe donc une réelle difficulté dinl«‘
prétation des structures sur les sujets âgés.
Si Ton prend en considération l’ensemble des éléments précédents, on
naturellement concevoir que la vrille est issue du développement d’un bourgeon senai
dassique qui, secondairement, se trouverait rejeté latérdement par rapport à la posrooa
(réelle ou virtudle) de U feuille.
Source : Mt-JHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACEES DE MADAGASCAR
P. Discussion et essai d’interprétation.
Nous avons montré que la grande complexité des nœuds classiquement signalée
chez le genre Cucumis et chez le Cucurbita Pepo, est un phénomène général dans la
famille où une feuille peut axiller : un rameau feuillé, une inflorescence plus ou moins
développée, une ou plusieurs vrilles (simples, bi- ou multifides), et dans quelques cas
une fleur isolée.
Les nœuds, à l’origine strictement latéraux morphologiquement, et dont la vascu¬
larisation est, elle aussi, latérale, peuvent acquérir un tel développement que, chez
certaines espèces, ils provoquent d’importantes courbures de « l’axe principal ».
Un tel fait a été invoqué à l’appui de la thèse du développement sympodid des tiges
de Cucurbitacées, puisque, nous l’avons vu aussi, un organe latéral du nœud, la vriUe,
semble souvent prolonger une des côtes de l’axe. Ceci n’est, en réalité, qu’une appa¬
rence. Cependant, d’autres éléments vasculaires que ceux situés au niveau de cette
côte peuvent participer à l’alimentation vasculaire de la vrille, et même parfois, il
peut exister une dérivation à partir de la vascularisation de la feuille.
Il convient donc, à partir des observations réunies, d’essayer de rassembler des
déments en faveur de l’une ou de l’autre des interprétations proposées.
— L’anatomie comparée, qid apporte d’indiscutables documents, permet de mettre
en évidence la présence fréquente d’un axe de symétrie dans la vrille, ce qui se super¬
pose à la présence d’un cercle continu de sdérenchyme. On remarque aussi ordinaire¬
ment, dans la vrille, la réduction à un seul cerde des faisceaux cribro-vasculaires.
fl ne fait aucun doute que l’on peut noter, de bas en haut d’une vrille, quel que soit
le genre observé, des modifications de structure allant, en ce qui concerne la disposition
des tissus sur une coupe transversale, d’une symétrie de « type axe » à une symétrie
de * type pétiole » et même à une organisation de « type nervure ».
Peut-on, de là, déduire qu’il s’agit d’un organe foliaire modifié? Cda semble
difficile si l’on se souvient que ces changements de structure ne sont pas obligatoire¬
ment corrélatifs de la proximité de l’apex, mais qu’ils peuvent se manifester en un
point qudconque de la vrille, au niveau d'une zone de contact et d’un enroulement,
par exemple.
— Les vrilles observées dans les genres Xerosicyos, Seyrigia, Zombitsia, Trocho-
meriopsis, Ampelosicyos, semblaient pouvoir être assimilées à des rameaux latéraux.
Un fait de morphologie semblait indiquer, spécialement dans le cas du Seyrigia
Bumhenii, de phyilotaxie 2/5, qu’une vrille prenait naissance au niveau d’un nœud n
sur la côte issue de la partie médiane du nœud ra-2; ceci pouvait corroborer à la fois
l’hypothèse de Le Maout (1868) et celle de Doubkova (1907). Mais l’étude de coupes
sériées n’a pas fourni de preuves véritablement tangibles mettant en évidence un
déplacement vertical d’un « bourgeon-extra axillaire ». On n’observe pas de phéno¬
mène de concauiescence.
De plus, le fait que dans le pétiole de VAmpelosicyos et celui du Lemurosicyos
il y ait présence d’un cercle (continu ou discontinu) de sdérenchyme, laisse supposer
que la perte d’un cerde de faisceaux est un caractère plus primordial et sans doute
hiérarchiquement plus important que le passage d’une symétrie axiale à une symétrie
bilatérale, La disposition en deux cerdes s’efface aussi dans la branche commune de
la vrille multifide de la Courge. Il y a donc là un caractère évoquant les organes appen¬
diculaires que sont les feuilles.
— En ce qui concerne l’utilisation, à l’appui de l’une ou de l’autre des hypothèses,
d observations relatives à des phénomènes accidentels ou tératologiques, il ne semble
^ que l’on ait, jusqu’à présent, mis en évidence des résultats très démonstratifs.
Uu remarque souvent l’enroulement des pétioles foliaires autour d’un support, mais
est peut-être davantage lié à la nature lianescente des Cucurbitacées qu’à une
Source ; MNHN, Paris
1
216 M. KERAUDREN
structure de vrille. On a noté aussi, et ceci est peut-être plus intéressant, que ia vrille
elle-même, pouvait supporter des « organes latéraux »: écailles et même fleurs (Naudib
in Coll., 1865).
Mais cette potentialité n’est pas plus orientée vers la différenciation de feuilles
que vers la différenciation d’organes floraux. Une constatation négative, qui, nous
semble-t-il, n’est pas dépourvue d’intérêt, est la suivante : l’examen de plusieurs milliers
d’échantillons d’herbier et de nombreuses plantes dans la nature ne nous a révélé
qu’un seul cas où l’on pourrait admettre que la vrille portait un limbe(l). Naudin(1855)
paraît être le seul auteur qui ait noté ce phénomène chez le genre Cucurbita. Mais on
peut également songer à l’entraînement accidentel au long de la vrille de qudqueg
flots de cellules susceptibles de se différencier, et faire alors intervenir une explication
peu difiérente de celle que l’on avance pour interpréter la présence de bractée sur les
pédicelles floraux d’une inflorescence (concaulescence).
Ï1 nous faut de plus rappeler que les vrilles des Cucurbitacées peuvent présenter
certaines particularités ; présence de a ventouses », présence de cellules senties à U
lumière, constituant les » ponctuations tactiles » de Tronchet (1935), présence d’un
apex de structure spéciale, non encore très bien précisée, et que, d’autre part, elles
subissent d’abord des mouvements de circumnutation avant d’être soumises, près
d’un support, au thigmotropisme (Guillermond et Mangenot, 1946).
— Si donc le problème des vrilles n’est pas résolu sur le plan général, on doit néan¬
moins admettre que morphologie et anatomie descriptives apportent des résultats
concrets permettant de considérer comme probable, dans beaucoup de cas, une homo¬
logie, au moins partielle, d’une partie de la feuille et de la vrille. Il nous semble logique
d’accepter que les nœuds, dans les Cucurbitacées, ne sont pas fondamentalement
différents de ceux des autres végétaux vasculaires, et que, par suite, on doive les inter¬
préter à la lumière d’exemples plus simples.
— Quelle que soit l’espèce étudiée, lorsque nous observons, sur le complexe axillaire
placé latéralement à un rameau proximal N, la naissance apparemment au-dessus de
ia feuille et entre l’inflorescence et la vrille, d’un petit rameau, nous pouvons considérer
celui-ci comme latérd, c’est-à-dire d’ordre N + 1. En effet, presque toujours, sur ce
jeune rameau il y a inversion (antidromie) dans les dispositions relatives des oiganes
vrilles et feuilles.
— Enfin, sur le pian systématique, la nature, bi- ou multifide de la vrille, peut
intervenir comme un critère de différenciation utilisable depuis le niveau de la tribu
jusqu’à celui de l’espèce. La conformation de la vrille s’avère d’une grande stabilité
sur un même individu comme au sein d’ime même espèce; les variations ne sont
qu’exceptionnelles. Ce caractère n’avait pas été invoqué jusqu’à présent.
Si ces éléments ne sont en contradiction avec aucune des anciennes interprétations,
il nous semble cependant qu’ils ne concordent pas avec l’hypothèse du développement
sympodial car, quel que soit le critère invoqué, la vrille paraît bien devoir être cono-
dérée comme une produotion latérale sur la pousse principale. En ce sens, et pour les
plantes malgaches précédemment étudiées, l’interprétation de Warming (1872) est
plus proche de la réalité que cdles de Velenovsky et Doubkova (1905) ou d’HAGEKUP
(1930) pourtant admises dans les grands traités récents.
Considérer la vrille comme un « stipule-stem complex * (Khansaheb, IW et
Sensarma, 1955) ne se heurte pas à des difficultés majeures, d’autant que l’on admet,
par exemple, à titre comparatif, que l’écaille foliacée qui accompagne la feuille chez lee
Rbopalocarpacées est aussi une stipule, malgré sa position typiquement et constam¬
ment « intra-pétiolaire » ou latérde et non externe (Emberger, 1960).
(1) Cucurbüa Pepo L. (CoUecliou des cultiues du Muséum, 1862).
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES
LES CUCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR
217
Ek RÉSUMÉ :
Dans le cadre des observations dont nous disposons, nous pouvons émettre les
conclusions suivantes :
— dans les conditions naturelles, et dans le cas des espèces étudiées, il n’y a pas
de différenciation d’un « organe vrille » avant qu’il y ait eu différenciation d’un « organe
feuille » ou d’une ébauche de feuille au niveau du nœud. On le constate également
sur les plantules de Bryone.
— Au sein de l’excroissance latérale qui correspond à un bourgeon gemmaire
généralement complexe, la zone de cellules constituant l’ébauche de la vrille se trouve
d’abord subaxide, puis est très rapidement rejetée latéralement par rapport, soit à des
éléments indifférenciés, soit à des ébauches susceptibles de donner un rameau secon¬
daire ou une inflorescence. La vrille peut ainsi paraître à l’état adulte comme un organe
ayant, dans l’espace, une place strictement latérale à la feuille et sur la tige, une position
âmilaire à celle de la feuille. La vrille adulte du Macrozanonia peut rester subaxiale.
— Anatomiquement, le passage de l’axe principal au bourgeon latéral et à l’ébau¬
che de la vrille se traduit, au niveau de cette dernière, par la perte d’un des cercles de
faisceaux vasculaires. C’est le cercle interne (dit caulinaire par Metcalfe) qui dis¬
parut progressivement ou brusquement, au niveau du nœud.
— Sur les jeunes plantules, nous n’avons pas observé de différenciation de vrüle
avant la différenciation de feuilles au niveau des premiers entre-nœuds. Cependant,
la destruction probable de l’ébauche supposée de la feuille n’entraîne pas obligatoire¬
ment la non-différenciation d’une vrille {Seyrigia, Lemurosicyos). D’ailleurs, une
vrille peut se développer normalement à la base d’une inflorescence sans qu’il y ait de
feuille différenciée.
Lorsque la tige porte des inflorescences, rien ne s’oppose d’autre part, sur le plan
morphologique tout au moins (mais peut-être pas sur le plan morphogénétique), à
interpréter la vrille, quelle que soit sa nature, comme un élément équivalent de la
préfeuille de l'inflorescence. De toutes manières, il semble acquis que la vrille ne se
superpose ni à une feuille, ni à un axe de 2'’ ordre. Les cas complexes {Cucurbita Pepo
par exemple), ne paraissent pouvoir s’expliquer que si l’on connaît avec plus de pré¬
cision des plantes à vrilles simples, telles celles que nous avons pu étudier.
En conclusion, le seul schéma qui ait été proposé jusqu’à présent, et dans lequel
nous puissions placer les différents exemples que nous avons étudiés, est celui de
F. Bugnon (1956). En effet, lorsqu’au niveau du complexe axillaire, nous avons noté
le développement de plusieurs organes, dont un rameau d’ordre « N -f 1 », iis nous
ont paru njûtre après la feuille du rameau « N » et donc axillés par elle, bien que déplacés
latéralement au cours du développement du bourgeon gemmaire. Chacun des organes
naît donc bien de bourgeons axillaires que l’on peut alors qualifier de collatéraux.
Cette interprétation fait intervenir le seul critère des positions relatives des ébau¬
dies ou des organes les uns par rapport aux autres, et, en cela, elle ne préjuge pas des
• équivdences possibles » entre organes ayant des structures apparentes différentes.
La recherche de l’éventuelle « valeur » de la vrille dans l’architecture adulte des
Cucurbitâcées ressort du domaine de la morphogénèse comparée expérimentale, do-
fflune où les recherches requièrent un matériel dont ne nous pouvions disposer. Tou-
^ois, d’après les résultats que nous avons obtenus, et qui complètent, sur un maté¬
riel fort diff'érent, ceux de Bugnon, on doit bien souligner que la morphologie de la
demeure stable sur un même individu et dans une même espèce, que cet organe
«Il partie d’un complexe axillé par une feuille et que la nature appendiculaire de la
enlie (comme de la feuille) est bien établie corrélativement à la nature monopodiale
développement des tiges.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CÜCURBITACÉES DE MADAGASCAR
219
CHAPITRE 11
APPAREIL REPRODUCTEUR
Les descripteurs ont toujours nettement accordé îeurs préférences, dans le choix
des critères pour la distinction des unités systématiques, aux caractères tirés de l’exa-
meo des organes reproducteurs. Ceux-ci sont en effet considérés, dans leurs variations,
comme presque toujours plus indépendants des facteurs externes que les organes végé¬
tatif.
Les fleurs des Cucurbitacées, parfois solitaires, sont le plus souvent groupées en
inflorescences plus ou moins complexes. Ces inflorescences terminent rarement un axe
principal, mais naissent plutôt latéralement. L’existence de sexes séparés complique
considérablement les observations dans cette famille. De plus, on trouve des plantes
monoïques et des plantes dioiques réparties dans toutes les tribus; les cas d’herma¬
phrodisme sont fort rares.
Nous étudierons successivement, d’une façon descriptive, en liaison avec la
recherche d’une définition précise des taxons, les inflorescences, les caractères de l’andro-
cée, l’évolution de l’ovaire au cours du développement et le problème de la symétrie
florale.
À. Les inflorescences.
1. Historique.
La plupart des systématiciens ont adopté pour désigner (mais non définir), les
inflorescences des Cucurbitacées, des termes qu’ils ont voulu uniquement descriptifs
^ non interprétatifs; le terme le plus fréquemment employé est celui de « racème ».
Le monographe A. Cognuux, dans les a Monographiae Phanerogamamm » et le
‘ Pfia^enreich », indique les types d’inflorescences suivants ;
— racèmes [flores racemosi, plus de 25 genres) ;
— panicules et fascicules [fi. paniculati vel fasciculati, 15 genres);
“ coryrabe [fl. corymbosi, 3 genres) ;
— épi [fl. spicati, 3 genres);
— fleurs groupées (^. agregati,fl. glomerati, etc., 5 genres);
— fleurs solitaires [fl. solitarii, 5 genres);
(fleurs en cyme, en ombelle...).
Un même genre peut d’ailleurs grouper plusieurs types, le maximum de diversité
«tact réalisé, selon les mêmes ouvrages, par le genre Gurania : « flores masculi in
peduncuîo elongato capitati spicati racemosi subumbellati vel corymbosi ».
Source ; MNHN, Paris
220
M. KERAUDUEN
Nous avions naturellement suivi cette nomenclature avant que notre attention
fut attirée par quelques faits essentiels de morphologie qui venaient en contradiction
directe avec l’application du terme « racème >> dans son acception classique.
II revient à Guillard (1858-1865) le mérite d’avoir clairement mis en évidence un
certain nombre de caractères fondamentaux de ces inflorescences, en déduisant qu’on
devait les considérer comme des cymes ; existence d’une fleur aînée terminale occu¬
pant le centre », présence assez généralisée (dans les 60 espèces qu’il a étudiées), de
bractées permettant de définir une « cyme indiquée ou cyme dimidiée ».
Une telle opinion n’est pas partagée par Cauvet (1864) et fut discutée par Royeh
(1881) pour qui l’inflorescence est une grappe, opinion adoptée partiellement par Hy
(1894).
II est vraisemblable qu’un manque de rigueur dans les définitions des termes du
vocabulaire fut à l’origine sinon de confusions, tout au moins d’interprétations multi¬
ples et imprécises. Il est vrai qu’on n’a pas toujours trouvé une équivalence absolue
entre les termes latins, français et allemands. Par exemple, l’anthèle (Spirre) a été
opposée à la cyme (Trugdolde), elle-même séparée de « l’inflorescence hélicoïdale »
des Cucurbitacées (Schraubel). Ajoutons à cela que, selon Velenovsky, l’équivalence
latine de ce dernier terme serait bostrix; or, on emploie l’expression «inflorescence botry-
tique », dérivée de bolrys (= racemus) pour désigner aujourd’hui les « grappes ».
n est donc nécessaire de bien souligner que ces divers termes couvrent des notions
très différentes, ce qui explique les confusions, et il convient de faire des distinctions
parfaites : les vocables « cyme » et »< grappe » s’appliquent actuellement à la définition
de 2 types d’inflorescences selon un mode de croissance de l’axe, dit, ou supposé, défini
et indéfini. Ils furent souvent utilisés uniquement pour désigner la disposition des
fleurs dans l’espace. Il y aurait donc lieu, nous semble-t-il, de caractériser d’abord le
type biologique d’une inflorescence, avant d’en indiquer son type morphologique, les
fleurs d’une cyme pouvant évidemment avoir une disposition spiciforme, ombelliforme,
etc., au long de l’axe (1).
En efifet, même si l’on s’en tient aux définitions de Le Maout et Decaisne (1876),
on ne parvient pas à établir très nettement des distinctions :
« L’inflorescence est indéfinie lorsque l’axe primaire au lieu de se terminer par une
fleur, s’allonge indéfiniment et ne fleurit que par l’intermédiaire des axes secondaires
de divers degrés nés à l’aisselle de ses feuilles. »
a L’inflorescence est définie lorsque l’axe primaire est terminé par une fleur,
aussi bien que les autres axes d’ordre inférieur, émanés de lui. »
Dans le cas ou, comme dans la cyme scorpioïde du Myosotis, la fleur supérieure
de l’inflorescence fleurit la dernière, cette fleur ne termine pas l’axe primrire mais
l’extrémité d’un axe secondaire et ainsi la fleur terminant l’axe, fleurit bien la première.
La méthode la plus infaillible consisterait donc à suivre le développement de
l’inflorescence et à déterminer quelle est exactement la fleur qui termine l’axe primaire.
Mais nous n’avons pu disposer que d’un faible matériel à l’état frais. Il feut, de
plus, mentionner que les inflorescences des Cucurbitacées présentent également des
torsions et que la détermination, par la seule observation, de la fleur terminant 1 axe,
devient très malaisée.
Nous admettons que les inflorescences à floraison centrifuge définissent le « type
cymeux » alors que les inflorescences à floraison centripète définissent le « type race-
meux ou botrytique » (grappe). L’un et l’autre de ces types peuvent être définis (fermés)
ou indéfinis (ouverts).
(1) Faits et idées relatifs aux inflorescences. Mém. Soc. Bot. Fr., 196S, p. 18.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
221
F
2. Matériel et techniques; limites de l’étude.
L’examen minutieux des diverses inflorescences complètes de Cucurbitacées que
nous avons trouvées, nous a révélé que, sauf de rares exceptions, une fleur terminait
ou paraissait terminer l’axe, en ce sens que, sans qu’il soit toujours possible de détermi¬
ner quelle est la ramification qui termine véritablement l’axe commun, toutes les
ramifications de cet axe portent des fleurs.
H conviendrait donc d’admettre qu’il s’agirait typiquement d’injîorescences défi¬
nies. La fleur terminale, bien qu’elle apparaisse souvent très tôt (dans les ébauches
que nous avons pu disséquer), n’atteint pas obligatoirement son plein développement
iâ première. La floraison montre un épanouissement des fleurs, puis une fructification,
typiquement centripètes, c’est-à-dire que les fleurs les plus externes (celles qui sont
insérées à la base), fleurissent les premières alors que les fleurs internes (dont l’inser¬
tion paraît distale), arrivent à maturité plus tard.
D’autre part, en raison de la dioécie, les fleurs Q et les fleurs c? peuvent ne pas
avoir la même disposition. Le nombre des fleurs, sur une inflorescence de Cucurbitacée,
varie de une {Benincasa, Citrullus, etc.) à quelques dizaines (cas le plus fréquemment
réîdisé chez les espèces de Madagascar), jusqu’à plusieurs centaines et même plus de
1000 (Sio/TOOtra amazonica Cogn.).
On sait que l’on peut utiliser également, pour caractériser les inflorescences d’après
la disposition des fleurs et des pièces florales, un autre caractère : il s’agit des ordres
d’insertions relatifs, d’une fleur à la suivante, des pièces florales sur l’axe. En effet,
bien que qualifiée de grappe dans presque toutes les Flores, l’inflorescence de VHelian-
themum, par exemple, doit être assimilée à une cyme car, comme le fait remarquer
Birton (1950), au long de l’axe, si une fleur « A » possède des pièces successives insé¬
rées de façon sénestre, la fleur suivante « B » aura des pièces homologues insérées de
ftçon dextre. Cette observation fut étendue à de nombreux cas par R. Nozeran (1955)
pour donner des interprétations plus précises de la nature fondamentale des inflo¬
rescences. Les caractères d’homodromie et d’antidromie peuvent naturellement servir
à comparer et interpréter les positions des diverses fleurs d’une inflorescence, mais,
sur le plan descriptif, cette technique est loin d’apporter des éléments indiscutables.
Étude de quelques types d’inflorescences.
Nous avons adopté pour cette étude, un vocabulaire purement descriptif, tel celui
utilisé par H. Humbert (1963-1964) à propos des Composées.
1. Xerosicyos.
L’inflorescence des Xerosicyos fut décrite origin^ement comme « flores infasciculi
’tt’Mliformibus, axillaribus, condensati » pour les fleurs d', et comme « paniculam
^wusctt/oni dispositi » pour les fleurs 9.
Au niveau d’un nœud prennent naissance, en général deux, trois ou quatre orga-
: feuflle et inflorescence, vrille ou inflorescence, ou encore vrille, feuille, inflo-
et rameau latéral (fig. 7, 3, fig. 14).
Au moment de la floraison, l’inflorescence, qu’elle soit 9 ou c?, apparaît comme
™ giomérule très dense (expansion latérale du nœud) groupant 20 à ^ fleurs. Après
“■thèse, l’inflorescence d se déssèche et le mamelon, constitué par la base des pédi-
ne fera plus qu’une légère saillie au niveau du nœud. Au contraire, dans l’inflo-
ttsceuce Ç, au fur et à mesure que se poursuit la maturation des fleurs fécondées,
™ assiste à une certaine différenciation du « mamelon support » qui peut alors atteindre
Source ; MNHN, Paris
222
M. KERAUDREPf
1
12 à 25 mm. Cette accrescence se poursuit d’ailleurs même après la chute des pédon¬
cules fructifères et l’on observe alors, au long des axes, de très curieux appendices
branchus complexes, placés au niveau de chaque nœud ayant porté une inflorescence
(schéma général, aspect d’un axe) [fig. 14, 6, 7, 8,J.
Cet appendice latéral n’est pas simple et une analyse fine permet de remarquer
qu’il est constitué d’une branche commune sur laquelle s’insèrent, à des niveaux rliff p.
rents, des petits rameaux latéraux où l’on peut voir les cicatrices des pédoncules. L’in¬
florescence jeune, très condensée, paraît simple; par contre, au terme de son déve¬
loppement, on remarque qu’elle est formée de plusieurs axes florifères. Sa partie
terminale est apparemment un rameau florifère secondaire terminé par une fleur. Cha¬
que rameau secondaire se termine lui aussi par une fleur, qui apparaît très tôt mais ne
se développe pas toujours. Au long de l’axe commun s’insèrent, de façon plus ou moins
ordonnée, car il existe toujours des hypertrophies notables au niveau des nœuds, 3 à 7
ou 8 axes secondaires portant chacun 6 à 8 pédoncules fructifères (fig. 14, 6, 7, 8).
Chacun des axes secondaires porte des fleurs qui s’épanouissent de façon typique¬
ment centripète. Les fleurs sont, en général, axillées par une écaille se trouvant à U
base même du pédicelle et non opposée à ce dernier par rapport à l’axe. Une teUe dispo¬
sition se rapporte au type grappe et l’ensemble de l’inflorescence peut donc être consi¬
dérée comme une panicule ombelliforme contractée.
Notons que parfois les bractées squamiformes sont entrdnées le long des pédi-
celles (phénomènes de concaulescence), ce qui confirme leur signification vis-à-vis de
la fleur qu’elles axillent. Dans le cas des Xerosicyos, il n’est pas possible de faire inter¬
venir comme critère d’étude l’homodromie ou l’antidromie. En effet, les fleurs actino-
morphes, tétramères et isomères, ont une préfloraison imbriquée, c’est-à-dire qu’une
rotation de 180° conduit à une image identique. On ne peut donc distinguer par ce
moyen si une fleur « B », succédant à une fleur «A » sur l’axe, est antidrome ou horao-
drorae de cette fleur « A ».
2. Zombitsia lucorum.
Nous avons décrit cette espèce en indiquant «flores masculi bracteati in rocemw
3-8 floribus agregati ».
Les inflorescences cJ sont très remarquables par la diversité des éléments foliacés
qui peuvent accompagner les fleurs, diversité telle que nous avons d’ailleurs, à plusieurs
reprises, considéré que les fleurs étaient solitaires à l’aisselle des « feuilles » sur des
rameaux sériaux nés au niveau de chaque nœud (fig. 14, 5).
L’étude morphologique nous permet de réunir en un seul type les dispositions
observées. En effet, de tels » rameaux latéraux », qu’ils comportent des organes foliacés
linéaires à la base des feuilles ou bien qu’il s’agisse de véritables « limbes » peu diffé¬
rents de ceux des axes stériles, portent dans presque tous les cas, non des feuilles
bractéaies axillant chacune une fleur, mais des pédoncules floraux sur lesquels s atta¬
chent des bractées foliacées.
Nous considérons toutefois ces « rameaux latéraux florifères » comme des inflo¬
rescences ; une fleur termine l’axe général ; il n’y a pas d’axes latéraux divisés. On aurait
pu penser qu’il s’agissait d’une cyme racémiforme, mais, en réalité, cette inflorescen»
constitue une grappe typique : la floraison est bien centripète et par phénomène e
concaulescence, les bractées émigrent sur les pédicelles. Ce déplacement justifie 1 appar¬
tenance de cette inflorescence au type « grappe ».
De plus, la fleur du Zombitsia lucorum est pentamère, à préfloraison vdvaire e^
y a homodromie d’une fleur à la suivante. L’inflorescence 9 réduite à 2-5 fleurs,
du même type.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
223
Repr&entation schématique de quelques inflorescences et infrutescences.
1. CoroUocorpus (grappe); 2. Seyrigia (grappe corymbiforme fermée); 3. Kedro$iis etongala
(frappe spielforme) ; 4. Pepontitm (grappe ouverte) ; 5. Zombiisia (grappe fermée,
Misée, homologue dans l’espace à une cyme unipare hélicoîde) ; 6. Inflorescence du
Xtntieyo* üonguyi, jeunes boutons vrille enlevée ; 7. Infrutescence (vrille enle¬
vée) ; 8. Reste d'infrutescence après la chute des fruits.
Wi0!6 8
Source ; MNHN, Paris
224
U. KERAUDREN
3. Seyrigia.
— Seyrigia gracilis et Seyrigia Humbertii : « flores masculi racemosi, agregati ••
— Seyrigia multiflora : i flores masculi racemis elongatis »;
— Seyrigia Bosseri : <> racemis spiciformibus ».
Un axe unique porte directement les pédicelies floraux insérés à l’aisselle de petites
bractées selon une disposition hélicoïdale (cf. S. multiflora). Une fleur à développement
tardif termine cet axe tandis que les fleurs latérales sont réparties régulièrement de la
base vers l’apex. En raison de la présence d’une fleur apparemment terminale, nous
avons d’abord pensé rapporter cette inflorescence à une cyme unipare hélicoîde (corym-
biforme ou subombelliforme). En réalité, la floraison est typiquement centripète et les
bractées se trouvent situées à la base des pédicelies ou même sur ceux-ci (fig. 14, 2) :
le schéma se rapporte également à celui d’une grappe. Notons que puisqu’il s’agit d’in¬
florescences (S, l’axe commun s’atrophie dès la fin de l’anthèse et il ne se manifeste
donc pas d’allongement terminal car il n’y a pas développement de fruits.
4. Trochomeriopsis.
L’inflorescence chez ce genre monospécifique a été décrite ainsi :
— « flores masculi paniculati »;
— <t flores feminei racemosi ».
Comme chez les Seyrigia, un axe unique, grêle, porte des pédicelies floraux insérés
à l’aisselle de très petites bractées;
A l’apex del’axe, une fleur terminale, quoique très tôt individualisée, se dévdoppe
plus tardivement que les autres. Les fleurs de la base, les premières épanouies, tombent
avant que celles du sommet viennent à maturité. Le schéma est le même que pour le
genre Seyrigia : il s’agit de grappes.
5. Ampelosicyos.
Ce genre comprend trois espèces chez lesquelles fleurs d et fleurs 9 sont toutes
solitaires.
6. Lemurosicyos.
U Flores masculi racemosi »;
a Flores feminei solitarii ».
n s’agit pour les fleurs d d’une inflorescence en apparence définie avec de très
petites bractées. Les pédicelies floraux sont insérés sur un axe suivant une hdice régu¬
lière, les intervalles entre chaque fleur devenant plus courts vers le sommet. Cette
inflorescence peut également être interprétée comme une grappe pour les memes
raisons que celles invoquées à propos des genres précédents.
7. Zygosicyos.
« Solitarii vel racemis paucifloris » pour les fleurs d et 9.
L’inflorescence, cette fois munie de minuscules bractées, est encore du type grappe.
8. Trkyclandra.
11nflorescentia mascula solum cognita racemiformis, 5-7 {usque ad 15'2ff) fioTÜ>os-
L’inflorescence de ce genre, dépourvue de bractées, est du type grappe.
Parmi les autres genres présents à Madagascar, il faut sign^er les inflorescences
particulièrement originales du genre Kedrostis spécialement chez le Kedrostis elongafh
Source ; MNHN, Paris
F
RECHERCHES SUR LES CUCUBBITACÉES DE MADAGASCAR 225
chez lequel les fleurs sessiles ou couxtement pédicdiées, insérées également sur un axe
simple, s’agencent en une grappe spiciforme multijîore (fig. 14, 3).
Chez les deux espèces de Corallocarpus, les inflorescences sont très comparables
à celles des Seyrigia : des grappes corymbiformes ou subomhelliformes, parfois contrac¬
tées en gloraérules (visibles sur les infrutescences) [fig. 44, 2].
Essai d’iNTERPRÉTATiow.
De même que dans la plupart des autres genres de Cucurbitacées, le type morpho¬
logique le plus courant demeure proche de ce que Le Maout et Decaisne (1876)
nonunent une grappe définie (ou cyme-grappe). Nous avons toutefois fait la réserve
que si la fleur qui paraît terminée est bien l’une des premières que l’on aperçoive au
niveau du bourgeon, celle-ci pouvait se développer tardivement ou parfois même pas
du tout, toutes les autres fleurs des axes secondaires étant arrivées à maturité. Dans ces
conditions, si l’on acceptait qu’il s’agisse de cymes, il faudrait admettre que la fleur
distjde de l’inflorescence ne termine peut-être pas l’axe primaire, mais simplement un
des rameaux secondaires, l’axe primaire ayant été déjeté latéralement dès le début du
développement. Nos observations n’ont pas confirmé ce point de vue.
Nous devons conclure que les genres étudiés ont une inflorescence définie, à flo¬
raison en général basifuge, cette inflorescence pouvant être simple et spiciforme, racé-
miforme, corymbiforme, ou bien composée. Nous pouvons rapporter, sur le plan
descriptif, ces inflorescences à des grappes (ou racèmes). En effet, dans les cas où nous
avons pu réunir les critères d’interprétation liés à la position des bractées et au sens
d’insertion des pièces florales, ceux-ci n’ont pas fait apparaître d’éléments permettant
de penser à un développement sympodid des ramifications de ces inflorescences et
donc de les dasser dans le type « cyme ».
B. La fleur mâle et Vandrocée.
Parmi les familles de Dicotylédones, celle des Cucurbitacées apparat comme
l’une des plus complexes, sinon même la plus complexe, en ce qui concerne la morpho-
l(^e de l’androcée dont la structure et l’organisation affectent des dispositions très
variées. C’est pourquoi, des types distincts et relativement stables d’androcées peuvent
être définis.
Pour éviter des confusions, nous nous sommes efforcé de suivre les auteurs moder-
Des qui adoptèrent le mot « thèque » pour désigner, dans un but purement descriptif,
sans préjuger d’une interprétation, l’organe poUinifère s’ouvrant par une seule fente de
dehiscence, cet organe correspondant à deux, ou « n » fois deux, sacs polliniques. Les
ctamiaes ont été appelées monothèques quand elles comportaient une loge s’ouvrant
pâi une fente, la loge contenant ou non les vestiges d’une cloison entre deux sacs
polliniques; elles ont été appelées dithèques lorsqu’un seul filet (simple ou complexe
pat son origine), portait deux âéments semblables au précédent. Ainsi, un androcée
formé de deux étamines dithèques et d’une étamine monothèque est un androcée qui
comporte, au totd, cinq organes anthèraux, à chacun desquels correspond une fente
de déhiscence.
b Historique.
Un certain nombre d’interprétations morphologiques, anatomiques et ontogéni-
îues furent avancées par les auteurs anciens.
" Decaishe (18M) et Naudin (1855) ont d’abord admis que l’androcée compre-
d étamines dont l’une n’avait qu’un développement réduit, ce qui conduisait à
‘^ration de 2 étamines 1/2.
Source ; MNHN, Paris'
1
226 M. KERAUDBEN
— Mais Decaisne, revenant sur sa première hypothèse, Payer (1857), Bâillon
(1878) et Dutailly (1884) considèrent que l’androcée des Cucurbitacées est formé de
cinq étamines complètes, celles-ci étant regardées comme ne comprenant qu’une seule
anthère monothèque. A ce propos, Bâillon a mis en doute l’observation de Chatin
(1866), pour lequel il existerait une sorte de saillie dans chacune des loges staminales
développées, saillie qui avait été interprétée comme l’ébauche de la deuxième loge de
chacune des étamines des Fevillea.
— En 1875, Eichler a également considéré l’androcée des Cucurbitacées comme
formé de 5 étamines.
— D’après Van Tieghem (1903), l’androcée des Féviliées (5 étamines monothè-
ques) serait un type dérivé de l’androcée des Cucumérinées (3 étamines dont deux
dithèques et une monothèque), par « écartement et régularisation ».
— Reprenant l’étude du Concombre {CMumis sativus L.) Heimlich (1927) accepta
aussi, comme l’avait fait Eichler, le principe de l’existence de 5 étamines vascularisés
par 5 doubles cordons.
— S’attachant à une comparaison minutieuse de plusieurs dizaines de fleurs nor-
mdes et anormales du Xerosicyos Perrieri, H. Humbert (1944) montre que les condu-
sions de Van Tieghem à propos de la fleur des Féviliées sont fondées sur une interpré¬
tation exactement inverse de la réalité. Les résultats acquis par H. Humbert conflnnent
la vdidité de l’hypothèse de Bâillon : présence, à l’origine, de 5 étamines mono-
thèques équidistantes. Toujours d’après cet auteur, en se basant sur la morphologie
de l’androcée, on doit considérer les Féviliées comme les plus primitives des Cucurbi¬
tacées et non issues des autres tribus.
— Les morphologistes indiens Chakravarty et Batthacharjee (1953) et Sen
Gupta (1951), parviennent à un résultat identique : la fleur des Cucurbitacées est fon¬
damentalement pentamère, et, quand il y a 3 étamines, celles-ci proviennent de
deux fusions de deux étamines. Ces auteurs admettent pourtant que les 5 étamines
primitives sont typiquement dithèques (fig. 17, 1).
— L. Emberger (1960) indique que l’androcée complexe des Cucurbitacées (dans
quelques cas dialystémones) a pour origine la fusion plus ou moins précoce de 5 ébau¬
ches d’étamines. Cette fusion conduit à l’androcée de type gamostémone par con¬
crescence soit des filets staminaux soit des anthères. Selon L. Emberger, la tendance
de l’androcée des Cucurbitacées à former une « cheminée anthérale » justifie le rapproche
ment de cette famille avec les Synanthérées. Nous soulignerons ultérieurement, dans
quelle mesure il convient, à partir des exemples malgaches, d’amender cette mamere
de voir.
2. Observations sur les genres endémiques malgaches.
Les 8 genres endémiques malgaches possèdent des types d’androcée différant à la
fois dans le nombre et la disposition des étamines, et dans la forme des loges.
a. Genres à étamines entièrement libres (dialystémonie nette).
— Ampelosicyos : 5 étamines épisépales, subsessUes, monothèques. La présence
de 5 étamines libres avait été signalée chez les genres :
Neoalsomitra Hutch., Fevillea L., Indofevillea Chatterjee, Anisosperma
Manso, Alsomitra Roera., Gerrardanthus Harv., Hemsleya Cogn., Zanonvi ,
Siolmatra Baill., Actinostemma Griff., Gomphogyne Griff., ThladianthaBw^
Bambekea Cogn. Mais, sauf chez le genre Bambekea, les loges sont droites
légèrement arquées. Il est intéressant de remarquer que l’existence de 5 étamines
libres caractérise surtout des genres du Sud-Est asiatique et de l’Aménque
picale.
Source ; MNHW, ftins
KECHERCHES SUR LES CUCUBBlTACilS DE MADAGASCAR 227
Fig. IS. — Fleurs tf, types d’androcées
Sijrjgia ^rocilù x 4 ; 2. Xerosicyos Darxguyi x 4 ; 3. Zygosicyos Iripartilu» x 4 ; 4. Zehruria
emirntmU x 4 ; 5. Telfairia pédala x 4 ; 6. Momordica Oiarantia x 4 ; 7. Kedrottù
x 4 ; 8. Troehoimritipsii dti'ersi/blia x 4 ; 9. Corollocarpus Perrieri x 4 ;
10. Oreojyce africana x 4 ; 11. Muellerargio Jiffieyana x 2 ; 12. Etamine de CucumeUa
c^eo X 14 ; 13. Ii^enaria epfcaeriea x 2 ; 15,14. Cucurfrila moxima x 2 ; 15. Ampelo-
fttyos scandeiu x 2.
1 564018 6 7 ^
Source ; MNHN, Paris
228 M. KERAUDREN
— Trochomeriopsis ; 3 étamines à filets très courts, 2 dithèques et ëpipétales, la
troisième monothèque et épisép^e. Les loges, droites, sont semblables à celles des
genres Oreosyce Hook. F., et Muellerargia Cogn. (fig. 15, 8, 10, 11).
— Tricyclandra : 3 étamines à loges circulaires, parallèles à la surface de la coupe
florale (fig. 16, 12).
Ce type d’androcée n’a pas encore été rencontré chez les Cucurbitacées; ce genre
n’est actuellement connu que par un nombre très réduit d’échantillons et sans fleurs Q.
b. Genres à étamines coalescentes ou rapprochées.
— Zomhitsia : 3 étamines à longs filets libres, mais à anthères coalescentes au
centre de la fleur, anthères dithèques, loges tripliquées, à connectif prolongé par un
appendice épais (fig. 16, 1). Une disposition comparable existe chez les Raphidio-
cystis (fig. 16, 3 : fleur supposée étalée).
— Seyrigia : 2 étamines à filets libres, anthères dithèques, rapprochées au centre
de la fleur, loges droites et verticales (fig. 15,1).
Seuls les 4 genres américains : Anguria Jacq., Helmontia Cogn., Giirania Cogn,,
Guraniopsis Cogn. ont un androcée de ce type.
— Lemurosicyos : 3 étamines à filets libres, deux dithèques, une monothèque,
loges tripliquées coalescentes au milieu du périanthe à maturité (fig. 16, 4). Ce type
est fréquent chez les Cucurbitacées {Luffa, Citrullus, Cucumis, etc.).
— Xerosicyos : 4 étamines à filets bien développés, légèrement unis à leur base
deux par deux, anthères monothèques, à loges horizontales (fig. 15, 2). Ce type d’an¬
drocée donne à ce genre une place particulière dans la systématique de la famille.
— Zygosicyos : androcée semblable à celui des Xerosicyos mais les filets forment
presque une petite colonne très courte en s’unissant au centre du périanthe (fig. 15,3).
3. Tableau comparatif.
Nous avons regroupé en un tableau comparatif les principaux types d’androcées
rencontrés chez les Cucurbitacées malgaches, en faisant intervenir à la fois les dem
caractères suivants :
— forme des loges;
— disposition des loges.
Nous y avons ajouté une troisième indication : le nombre d’étamines, signalé
après chaque nom de genre (tableau 4).
Il est intéressant de faire les remarques suivantes à propos de ce tableau :
— La présence d’étamines toutes monothèques se constate chez 3 genres endé¬
miques : Xerosicyos, Zygosicyos, Ampelosicyos.
— L’épisépalie apparente des filets staminaux chez le Zygosicyos et le Xemvyos,
ne s’accompagne pas, malgré un phénomène de co^escence des filets, d’une itéra¬
tion de la symétrie.
— Chez les genres Kedrostis et Luffa, il arrive qu’accidentellement l’androcée
par^l ne comporter que des étamines monothèques. La disposition des étaminw
demeure néanmoins asymétrique. En réalité, ü existe deux groupes d’étamines + h
unies par la base des filets, la 5® restant libre. ,
— La plupart des genres présents à Madagascar se rangent dans la catégorie dassi
que des plantes à deux étamines dithèques et une étamine monothèque.
— Il existe un groupe de genres dont l’androcée présente des caractères diffl
à interpréter : étamines toutes dithèques.
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
229
f
Fig. 16. — Fleurs types d’anitrocées
1. Zombiuia lurerum x 2 ; 2. Benineata hitpida x 2 ; 3. Haphidiorvilit brachypoda x 2 ;
4. Lemiirosieyos varitgaui x 2 ; S. Peponiiim birlfltam x 2 ; 6. Cùriillus l<inalus x 2 ;
9**'“'"“ xuivus X 2 ; 8. Cayaponia n/r»>^ona var. maJagascarieruii x 2 ; 9. Sechium
*-? ’ FricAosortiAes anguina x 4 ; 11. Luffa acalangiita x 2; 12. Trieyctandra
7 a.
Source ; Mt-JHN, Paris
TABLEAU 4
Morphologie de l'ondrocée
(Le chiffre entre parenthèses qui suit le nom des genres correspond au nombre des
des anthères
a..
1 uniloculairo
^'Ei=r
(monothèques)
(d.ihéquce)
”?sîrssr’
Loges droites
ou un peu
Zygosicyos (4)
Corallocarpus (3)
Oreosyce (3)
Kedrostis (3)
Cucumeïla (3)
Muelkrargia (3)
Telfairia (3)
Seyrigia (2)
Zehneria (3)
Telfairia. (3)
Loges
triplicpiées
Momordica (3)
Seckium (3)
Cucurbita (3)
Citrullus (3)
Cueumis (3)
Trickosanthes (3)
Benincasa (3)
Cayaponia (3)
P^onium (3)
Raphidioeystis (3)
Zombiuia (3)
Loges
contournées-
sigmoïdes
Ampelosicyos (5)
Luffa (5)
Luffa (2 + 2 + 1)
5. Vascularisation de l’a
Par la méthode de Fuchs (1963) et à i’aide de coupes transversales sériéM, nom
avons étudié la vasculansation des étamines. Les faisceaux cribro-vasculaires sont
dépendants de ceux du périanthe, tout en gardant leur propre individudité, si bien que
l’on peut les suivre dès la base de la coupe florale et jusqu’aux anthères. Les étamines
peuvent être :
— sessiles ou à filet plus ou moins développé;
— insérées à la base, ou à la gorge de la coupe florde ou entre ces deux pomts
extrêmes;
— les filets peuvent être unis;
— les anthères peuvent être coalescentes au milieu du périanthe.
Dans les fleurs rendues transparentes, nous avons suivi le trajet des faisceaui
cribro'vasculaires colorés en rouge par la fuchsine. Nous avons pu classer les ge^
étudiés dans les groupes suivants en considérant le nombre de faisceaux que Ion
trouve à la base de la coupe florale et qui forment la vascularisation des étaaw
(anthères et filet). Lorsque les étamines sont insérées sur la coupe ou à la gorge e
coupe florale, on peut suivre leur vascularisation; les faisceaux sont dépendants de
du périanthe mais se distinguent très facilement des faisceaux des pétées et des sep“
r
HECHERCHES SUR LES CÜCURBITACÉES DE MADAGASCAR 231
A. 3 étamines monothèques,
3 faisceaux cribro-vasculaires : Tricyclandra Leandrii.
B. 4 étamines monothèques,
4 faisceaux cribro-vasculaires : Xerosicyos {X. Perrieri, X. Danguyï), Zygosicyos
tripartitus.
C. 5 étamines monothèques,
5 faisceaux cribro-vasculaires : Ampelosicyos {A. Humblotii, A. scandens), Luffa
acutangula, L. cylindrica (dans certains cas).
P. 3 étamines dithèques,
3 faisceaux cribro-vasculaires : Raphidiocystis brackypoda, Zombitsia lucorum,
Zehneria {Z. emimensis, Z. polycarpa).
E. 3 étamines dont deux dithèques, 1 monothèque,
3 faisceaux cribro-vasculaires : Corallocarpus (C. Grevei, C. Perrieri), Kedrostis
elongata, Muellerargia Jeffreyana, Trochomeriopsis diversifolia.
F. 3 étamines dont 2 dithèques, 1 monothèque,
5 faisceaux cribro-vasculaires (1 faisceau pour chaque thèque) ; Cucumis (C. Melo,
C. africanus), Oreosyce afrieana, Momordica Charantia, Lemurosicyos variegata,
Peponium hirtellum, Luffa {L. cylindrica, L. acutangula), Lagenaria {L. siceraria,
L. sphaericd), Cayaponia africana var. madagascariensis, Cucurbita maxima.
G. 2 étamines dithèques,
2 faisceaux cribro-vasculaires : Seyrigia (5. multiflora, S. gracilis, S. Bosseri,
S. Eumbertii).
Lorsqu’une étamine considérée comme dithèque a des loges libres et un seul filet
ou bien des loges libres et deux filets unis par la base, les faisceaux cribro-vasculaires
se divisent en deux au niveau du sommet des filets dans le premier cas, jusqu’au
point d’union des deux filets dans le deuxième cas.
Nous avons vu précédemment, dans l’historique de l’androcée, que Eichler
(1875), Hemlich (1927), Humbert (1944), Chakravarty, Sen Gupta et Bbattar-
CHAIUEE (1951, 1953, 1958) et Emberger (I960), avaient admis comme schéma théo¬
rique de base : 5 groupes de faisceaux cribro-vasculaires comprenant chacun un gros
faisceau (vascularisation de l’anthère), auquel est accolé un petit faisceau (vascidarisa-
tion du filet). L. Emberger précise que, pour des raisons ontogéniques, l’étamine ne
comporte qu’une seule loge.
Dans ces 7 types d’androcée, seuls les groupes C et F correspondent au schéma
tiéorique des auteurs ci-dessus; l’androcée et la vascularisation des autres groupes
ne s’expliquent pas dans ce contexte. C’est pourquoi, en se basant sur les modifications
successives dans la structure de l’androcée, Chaxravarty (1958) retrace l’évolution
théorique de la famille.
hypothèse de Chakravabty.
H admet, à l’origine, im androcée à 5 étamines parfaites, c’est-à-dire 5 étamines
nnres comprenant chacune deux thèques ^oges) [fig. 17, 1].
Par perte successive d’une loge sur chaque étamine (5 stades pour lesquels on ne
wnndt aucun exemple), on arriverait à un 7® stade où l’androcée ne comporte plus
î”® S étamines libres monothèques (fig. 17, 7).
Source ; MNHN, Paris
1
232 M. KER.\UDREN
A partir de ce moment interviendrait le deuxième phénomène, non de réductioa
du nombre des loges mais rapprochement de certaines étamines entre elles.
On aboutit au schéma (IS*^ stade) de 3 étamines dont 2 ditkèques et î monothèque,
les 2 dithèques correspondant en réalité à l’union de 2 étamines monothèques et non
à des étamines parfaites originellement dithèques. On peut observer de nouvelles réduc¬
tions par perte d’une étamine ou, quelquefois, un dédoublement de l’étamine mono¬
thèque. Cette hypothèse évolutive de CH.-^KRAVARTy tenait compte des résultats réunis
à partir de l’examen de 14 espèces (10 genres).
Dans le matériel malgache, plusieurs genres ne peuvent prendre une place précise
dans le schéma de Chakravarty.
— Les genres Xerosicyos et Zygosicyos (groupe B) correspondraient au stade 7
du schéma, mais diminués d’un faisceau et d’une loge (stade 8). Ce stade est absent du
schéma de cet auteur qui n’a pas étudié les exemples malgaches. Le genre africain
Gerrardanthus a 5 ébauches staminales séparées et épisépales, mais l’une de ces éta¬
mines, bien que développée, reste stérile. Il correspond au stade 7, mais pourrait être
considéré, à cause de l’étamine stérile, comme intermédiaire entre ce stade et celui des
Xerosicyos et Zygosicyos.
— Les genres Ampelosicyos et Luffa (dans certaines fleurs), peuvent également
correspondre au stade 7 (groupe C).
— Mais ce même genre Luffa pourrait correspondre au stade 9 lorsque 4 des
5 étamines se rapprochent par paire (base des filets) et que l’on a le schéma 2 + 2 + 1,
Il n’y a pas d’exemples malgaches dans les stades 10 et 11.
— Le groupe F trouve sa place dans le stade 12.
— Quant au groupe E, il correspondrait au stade 13. Il y aurait eu fusion de
deux faisceaux cribro-vasculaires.
On ne reconnaît pas immédiatement la possibilité d’inclure le groupe D dans le
schéma de Chakravarty. Dans les figures théoriques de 1 à 6, une thèque disparaît
progressivement dans chacune des étamines. On pourrait supposer que cette disparition
affecte seulement deux étamines dans un ordre continu, ce qui amènerait à :
— 4 étamines dithèques + 1 étamine monothèque;
— 4 étamines dithèques ;
— 3 étamines dithèques + 1 étamine monothèque;
— 3 étamines dithèques.
Cette disposition correspond typiquement au cas des genres du groupe D.
Chakravarty a formulé une autre hypothèse : il envisage le dédoublement d’une
loge à partir du stade 13. Ceci conduit à une figure identique {3 étamines dithèques).
La signification en serait toute différente et correspondrait à ce que Gausse»
nomme «la surévolution » puisque, à partir d’un stade évolué, on retrouverait un schénu
semblable à un stade primitif.
Dans les deux cas, la vascularisation subit les mêmes transformations et on abou¬
tirait à 3 étamines bithèques vascularisées par 3 faisceaux cribro-vasculaires.
— Le groupe G prend place dans le stade le plus évolué du schéma de CeaKKA-
VARTY (14), il correspondrait à la suppression de l’étamine monothèque du stade ü
— Nous ne pouvons placer le genre Tricyclandra (groupe A) dans aucun des
différents stades. Ce genre, encore trop peu cormu, a des loges circulaires qui peuvfflf
être regardées comme monothèques et pourrait alors prendre place dans un sla '
proche de celui des Xerosicyos et Zygosicyos. Si ces loges résultent de la fusion de de
loges droites, le Tricyclandra aurait 3 étamines dithèques et se rangerait avec le group*
D dans le stade 13. La vascularisation de l’androcée se fait par 3 faisceaux cribw-
vasculaires.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CÜCURBITACÉES DE MADAGASCAR
233
7. - Schéma évolutif théorique de l’androcée des r.ucurbitacées (modification du
schéma de Crakràvabty, 1958). Les anthères et les filets ainsi que la vascularisation de
ces derniers sont représentés.
234
M. KERAUDREN
1
6. Conclusions.
Dans les espèces malgaches il existe presque tous les types d’androcée que l’on
peut rencontrer chez les Cucurbitacées :
— étamines sessiles, ou subsessiles, ou portées par un filet plus ou moins déve¬
loppé;
— nombre d’étamines variables (2, 3, 4, 5);
— anthères monothèques ou dithèques, et les deux à la fois;
— loges droites, recourbées au sommet, tripliquées, condupliquées et même (cas
exceptionnel) circulaires;
— loges verticdes ou horizontales;
— déhiscence par une fente épousant la forme des loges;
— connectif plus ou moins développé.
Par contre nous n’y trouvons pas de genre à filets unis en une colorme centrde,
ni de masse anthérale formée, comme c’est le cas chez les Cyclanthera (Nouveau Monde),
d’une table circulaire constituée par la confluence des connectifs et bordée par une loge
annulaire continue, déhiscente tout autour suivant une fente circulaire.
Les caractères de l’androcée sont stables au niveau du genre et peuvent être utilisés
pour établir, en systématique, les clés des unités génériques, sans faire intervenir les
autres caractères morphologiques ou des éléments 9.
En ce qui concerne l’hypothèse évolutive de Chakravarty, si elle permet de
résoudre quelques problèmes, elle n’est pas satisfaisante en tous points. En particulier,
elle ne fait pas intervenir, corrélativement au phénomène de diminution du nombre
des étamines, les changements de structure des loges staminales. En eflet, ranger les
genres Ampelosicyos et Luffa dans le stade 7, proche des Xerosicyos et Zygosùyos,
conduirait à donner aux premiers genres une ancienneté comparable à celle des seconds.
La présence de cinq étamines libres et monothèques est considérée comme un carac¬
tère primitif. Chez les Xerosicyos et les Zygosicyos s’ajoute une morphologie également
primitive des pollens qui sont petits (20-25 [a), et peu ornementés. Par contre chez les
genres Ampelosicyos et Luffa, s’il y a bien 5 étamines libres monothèques (acciden¬
tellement chez les Luffa), les loges sont complexes (condupliquées) et les poUens, à
exine ornementée, atteignent 40 à 60 p. Ces trois derniers caractères sont considérés
comme évolués. Par contre le genre Seyrigia, strictement endémique de Madagascar,
prend place dans le stade le plus évolué de Chakravarty (14) et possède des loges
très simples.
Ces contradictions apparentes s’ajoutant au fait que les Seyrigia et les Ampelosicyos
sont endémiques à Madagascar, doivent inciter à une grande prudence : l’androcée
des Cucurbitacées, extrêmement varié, reconnu comme critère d’une grande valeur
discriminative, n’a peut-être pas un intérêt évolutif aussi marqué que celui qui lui fut
attribué. En effet, les caractères (nombre, forme des loges, pollens), n’évoluent pas
obligatoirement d’une façon simultanée.
C, La fleur 9 et le fruit.
Contrairement à la fleur d", la fleur Ç présente une organisation constante.
Le style, droit, s’échappe fréquemment d’un bourrelet discoïde, souvent nectt-
rifère, situé à sa base. Ce bourrelet peut avoir la forme d’un anneau continu {Zehnena,
Oreosyce), ou être trilobé (Cayaponia). Chez le Zombitsia lucorum, il affecte la forme
d’une coupe hémisphérique, tronquée au sommet. Cet organe présent chez beaucoup
de CucurMtacées, provient d’une expansion du périanthe, non coalescente avec ce
dernier. Le style se termine par 2 ou 3 stigmates de formes variées.
Source ; Mt^N, Paris
RECHERCHES SUR
CÜCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR
235
Des staminodes sont très souvent présents et ils occupent, en nombre corres¬
pondant, les places exactes des étamines dans la fleur d.
Quant au périanthe, il est semblable à celui de la fleur d.
Il existe deux types d’ovaires : infère et semi-infère. Cet ovaire peut être uni- ou
pluriloculaire et il renferme des ovules (de 1 à plus de 100). Ces ovules sont horizon¬
taux dans la plupart des espèces, dressés (Cayaponia) ou pendants (Xerosicyos).
A l’état jeune, l’ovaire est uniloculaire; il devient, dans la plupart des cas, pluri-
ioculaire à maturité.
Mais les auteurs ne sont nullement d’accord sur la façon dont se réalise le cloison¬
nement à l’intérieur de l’ovaire. Pour le plus grand nombre d’entre eux, il y aurait deux
ou même trois phases dans le développement des placentas, ceux-ci étant, au départ,
typiquement périphériques (aux marges des carpelles). Ces placentas grandiraient
d’abord d’une façon centripète puis, se heurtant les uns aux autres au centre de l’ovaire,
se replieraient une première fois pour continuer à croître, mais cette fois de façon cen-
irifuge (fig. 18, 1 à 5).
Le premier mouvement diviserait l’ovaire en 3 loges, puis la partie repliée heur¬
terait la paroi carpellaire et subirait à nouveau un changement de direction. L’ovaire
à ce stade, paraît à 6 loges.
Ce schéma, proposé en 1884 par Van Tieghem, fut explicité par L. Plantefol
(1950) et admis de fait par L. Emberger (1960), Lerrede (1963), P. Crété (1965).
On passerait alors, théoriquement, d’une placentation pariétale et marginale
(stade très jeune) à une placentation apparemment axile (stade intermédiaire), puis de
nouveau à une placentation pariétale (cette fois située au milieu de la lame carpellaire)
et correspondant au dernier stade (fig. 18). Chacun des trois bourrelets correspond
à la soudure de deux placentas marginaux nés sur deux carpelles différents. Cette
double origine se manifesterait d’une façon plus évidente au début de la phase centri¬
fuge du déplacement des lames placentaires. En effet, d’une lame primitive née du
bourrelet placentaire et progressant de façon centripète, se différencieraient donc ulté¬
rieurement deux branches croissant en des sens opposés (fig. 18, 8, 9, 10). Les
branches centrifuges ainsi accolées secondairement appartiendraient alors.au même
carpdle. Si l’on admet la poursuite du déplacement centrifuge, la double lame viendrait
rencontrer la paroi de l’ovaire, au milieu de la lame carpellaire à laquelle appartien¬
draient les deux placentas, et se souderait à cette paroi, le développement étant alors
temriné (fig. 18, 10).
Van Tieghem signale même une prolongation des mouvements des bords des
lames ovulifères. Les lames se déplaceraient au long de la paroi ovarienne dans un
même carpelle (fig. 18, 8), les bords ovulifères se trouveraient ramenés à une place
semblable à celle qu’ils occupaient primitivement (fig. 18, 9). Le résultat final con¬
duirait donc à un fruit où les graines horizontales superposées appartiendraient à un
même carpelle (fig. 18, 10, 12).
Mais tous les auteurs ne partagent pas cette opinion. Hegi (1925), parle de « 6 zen-
tralwinkelstandigen Piazenten », tandis que Mascré et Deysson (1951), indiquent que
i’ovaire infère pluriloculaire comporte des placentas axilles, saillants dans la cavité
ovarienne. S.C. Datta (1965) admet aussi cette interprétation.
Quoiqu’il en soit, le développement de l’ovaire conduit à la formation d’un fruit
toujours complexe. Il est, en effet, difficile de retrouver la trace des structures primaires
parce que la plupart des excroissances placentaires se transforment en une pulpe plus
ou moins charnue, plus ou moins juteuse, plus rarement en un tissu fibreux {Luffa,
léponge végétale). Ce fruit dit parfois a fruit synlomatique » ou « synaxile », fut encore
qudifié de « bacellie synlomatique » par Lestiboudois (1854-1855). Mais le terme de
' Poponide » (A. Richard, 1825), a été conservé pour désigner ces baies particulières
que sont les fruits de Cucurbitacées. Il est incontestable que, sur les fruits à maturité,
Source ; MNHN, Pàris
236
M. KERAUDREN
■
la position des graines, schématisée par des coupes transversales, demeure variée
(fig. 18, 13, 14, 15). L’appellation baie cortiquée est également employée.
Nous avons tenté d’étudier, sur quelques exemples de plantes malgaches, l’évolu¬
tion de la structure du fruit. Nous examinerons plus loin les conséquences biologiques
de ces morphologies variées et les différents types de graines.
Nous avons pratiqué des coupes successives (transversales, longitudinales radiales,
longitudinales tangentielles), dans des ovaires très jeunes ou plus âgés, puis dans des
fruits à divers stades de maturité. Nous avons réalisé des dissections de fruits et observé
la vascularisation, toujours complexe, à l’aide de transparences.
1. Xehosicyos.
L’ovaire, semi-infère uniloculaire, renferme deux bourrelets placentaires opposés
l’un à l’autre, et ceux-ci n’occupent pas un volume identique aux parties dist^e et
basale de l’ovaire et du fruit. Ces bourrelets très étroits près de l’insertion du jeune
fruit, s’élargissent latéralement et de façon centripète vers le sommet, prenant dois
la forme de deux troncs de cône coupés longitudinalement et soudés à la paroi externe
de l’ovaire. Parfois jointifs dans la partie supérieure de l’ovaire, ils ne deviennent ja¬
mais concrescents et correspondent, en réalité, chacun à un double plancenta que,
par andogie, nous considérons comme issu de la coalescence de placentas marginaux
appartenant à chacun des deux carpelles. Ces placentas à croissance basifuge, ne por¬
tent des ovules (chacun 1), qu’à leur sommet. Ainsi l’ovaire, à maturité, contient
4 ovules pendants (fig. 19, 1 à 5).
Le fruit sec n’a aucune expansion placentiare venant envahir la cavité ovarienne,
aussi les graines pendent-elles librement dans celle-ci.
2. ZvGOSICYOS.
La structure de l’ovaire est la même que chez le genre Xerosicyos mais on doit
noter que dans l’ovaire également semi-infère, les bourrelets placentaires sont jointifs
mais non soudés, sur toute la longueur de l’ovaire (fig. 19, 6 à 10).
3. Seyrigu.
Le très jeune ovaire infère présente, dans sa partie proximale, apparemment, deux
bourrelets placentaires opposés. Plus haut les boiurelets ont un développement plus
important et sont accolés au centre de la cavité ovarienne. Des replis latéraux ont pour
conséquence de provoquer un déplacement des ovules. Les loges où grandiront les
ovules sont occupées par des membranes souvent vascularisées. Chez ce genre les ovules
horizontaux vont grandir et les graines occuperont le maximum de place possible dans
le sens horizontal (c’est-à-dire perpendiculairement à l’axe). Les diverses expansions
placentaires subissent des torsions et des replis qui contribueront à réaliser cette
structure complexe qui s’observe dans les fruits mûrs de ce genre et chez la plupart
des Cucurbitacées {&g. 19, 13).
Notons que dans le fruit mûr du Seyrigia, les doisons demeurent membraneuses
sans se transformer en pulpe. Le fruit n’a donc pas de cavité secondaire comme cest
le cas chez la Citrouille et le Melon.
4. ZOUBITSU.
Nous avons procédé à une étude de jeunes ovaires et de fruits non parvenus au
stade final de leur maturation (aucune des graines prélevées dans ces fruits n’a pu g®'"
mer).
Source : MNHN, Paris
Fie. 18. — Evolution théorique de la structure de l’ovaire et du fruit des Cucurbitacées.
14 5, évolution de ta structure de l’ovaire, coupes transversales, positions successives théoriques
des lames placentaires ; 6, 7, première hypothèse delà transformation del’ovaire en fruit; 8. 9.10,
“^^me hypothèse de la transformation de l’ovaire en fruit: 11, coupe longitudinale tangentielle
SMématique, correspondant à la première hypothèse ; 12, coupe longitudinale tangentielle
^ématique, correspondant à la deuxième hj'pothcsc ; 13, coupe transversale schématique du
TOt du Cüruilus colocynthis ; 14, coupe transversale schématique du fruit do CucurbitaperennU ;
1», coupe transversale schématique du fruit du Luffa cylindrica.
Source ; Mt-JHN, Paris
238
I. KERAUDREN
Une coupe transversale à la base du jeune ovaire montre 3 mamelons placentaires
(fig. 19, 14, 15).
Dans le fruit immature de 4 cm de diamètre nous observons une cinquantaine de
graines horizontales, très régulièrement empilées les unes au-dessus des autres en 6 ran¬
gées. Ces graines sont toutes insérées sur la partie périphérique de 3 membranes
radiales plus ou moins soudées à la paroi du fruit. Cette soudure est d’ailleurs si peu
accentuée que l’on peut, en prenant quelques précautions, détacher facilement une
rangée verticale de graines. Celles-ci sont entourées d’une gangue gélatineuse circons¬
crite par une membrane hyaline non solidaire des expansions placentaires. Mais les
graines sont séparées les unes des autres par des cloisons très fines qui prennent appui
sur les 6 parois longitudinales radiales qui donnent au fruit (au moins à ce stade),
l’aspect 6-Ioculaire qu’il présente en coupe transversale (fig. 19, 16 à 19).
Mais ces 6 cloisons longitudinales radiales n’ont pas toutes la même signification
puisque 3 d’entre elles seulement supportent les insertions des graines tandis que les
3 autres, alternant avec les précédentes, se situent entre les parties distales des graines,
Au cours de la croissance horizontale des graines, ces 3 dernières cloisons vont se trou¬
ver repliées en accordéon de haut en bas du fruit. On peut suggérer, avec l’aide des
observations faites sur les fruits mûrs des autres Cucurbitacées que nous avons étu¬
diées {Trochomeriopsis, Lemurosicyos, Kedrostis, Peponium, toutes à ovaire infère
et ovules horizontaux) ou celles dont on connaissait déjà les phases finales de déve¬
loppement (Cucurbita, Lagenaria, Bryonia), que les expansions placentaires soudées
aux parois de l’ovaire se résorbent en donnant naissance à une pulpe plus ou moins
charnue.
5. Luffa.
Chez ce genre (ovaire infère, graines nombreuses et horizontales), il y a 3 loges
longitudinales séparées par des cloisons fibreuses très épaisses. Ces 3 loges ne sont
coupées transversalement par aucune cloison, si bien que les graines peuvent s’échapper
facilement dès l’ouverture de l’opercule (le fruit est en effet déhiscent par un opercule
au sommet). Ces graines sont donc insérées sur 3 lames placentaires longitudinJes
(une par loge), disposées axialement et faisant saillie sur la paroi interne de chaque
loge (fig. 18, 15).
6. CiTRULLUS.
Chez le Citrullus Colocynthis (L.) Schrad. (la Coloquinte), une coupe longitudi¬
nale d’un fruit adulte permet d’observer 6 loges renfermant de nombreuses graines,
celles-ci insérées sur des placentas pariétaux. Cette disposition est donc tout à frit
différente de celle constatée chez le Luffa (fig. 18, 13).
Dans les divers cas étudiés ci-dessus, les loges séminifères ne sont séparées de
l’extérieur que par un péricarpe peu épais. Une coupe transversale d’un fruit mûr
de Cucurbita perenrtis A. Gray (= C. fœtidissima Kth.) du désert nord-américain,
laisse voir une masse de graines occupant le centre du fruit tandis que les loges sémi-
nifères sont isolées de l’extérieur par un épais péricarpe fibreux (fig. 18,14).
On retrouve cette disposition chez les espèces cultivées : le Melon (Cucurnu
Melo L.), le Cornichon et le Concombre (Cucumis sativus var.). Dans ces dermers
fruits, le péricarpe n’est pas fibreux, mais charnu.
Afin de compléter ces données, nous avons effectué, quand cela fut possible, des
montages de fleurs femelles très jeunes d’après la technique de Fuchs. Nous avons
observé que les zones les plus chromophiles se situaient dans la partie distale de l ova^.
près des zones où s’insèrent les pièces périanth^es, mais aussi dans une région p u
axiale à ce même niveau. D’autre part, et ceci confirme l’examen des coupes tran^w
sdes, la base de l’ovaire n’est vascularisée d’une façon importante que dans les régions
Source : MNHN, Paris
Fie. 19. — Structure des ovaires et des fruits
!• CwpeloQgitudinaie de Tovaire du Xerotieyos Daitguyi; 2. Coupe transversale médiane, perpendiculaire à
1 iMDtrant nettement l’insertion des ovules ; 3. Coupe longitudinale selon un plan perpendiculaire à 1;
^ Coupe transversale médiane, perpendiculaire à 3 ; 5. Coupe transversale de la base de l'ovaire dn
f^anguyi ; 6. Coupe longitudinale de l’ovaire du Zygosicyo$ tripartUita ; T. Coupe transversale
œtoime perpendiculaire à 6 ; 8. Coupe loi^itudinale selon un plan perpendiculaire à 6; 9. Coupe trans-
11^^’ P®n>6ndiculaire à 8; 10. Coupe transversale de ta base de l’ovaire du Zygoaicyoa Iripartüm ;
11- Cenpe transversale schématique de l’ovaire de Seyr^ia ; 12. Même coupe montrant l’évolution des
U transversale d’un fruit à maturité montrant la disposition des jeunes graines;
16' 17. Coupes transversales schématiques de Tovaire jeune et en voie de développement «Àiez
lueorum; 18. Dessin représentant le feuitmûrdu Zomiitaia lucorum, 1/3 du fruit ayant été
Source ; ÜNHW, ftjriS’'
240
U. EERACSREN
m
pariétdes. La vascularisation de type axid dans l’ovaire jeune est très marquée dista-
lement, presque effacée dans la région proche du pédoncule. Il y a le plus souvent
3 faisceaux cribro-vasculaires en position axille, ces faisceaux étant plus gros distale-
ment. Cette observation permet d’expliquer les contradictions que l’on notait dans
l’examen des coupes de jeunes ovaires, car la vascularisation axille dans la partie basale
paraît bien être secondaire par rapport à la vascularisation pariétale. En tous les cas,
elle ne paraît pas placentaire, puisque les jeunes ovules sont, à ce stade, attachés sur les
marges. [Observations faites sur le Lemurosicyos variegata (Cogn.) Keraudren et le
Kedrostis elongata Keraudren].
Conclusions.
Les diverses observations que nous avons faites confirment l’hypothèse selon
laquelle les ébauches placentaires sont situées sur les parois de l’ovaire. Ces ébauches
(bourrelets placentaires) sont placées sur les marges des feuilles carpellaires, dont la
soudure détermine la formation de l’ovaire primitif, apparemment uniloculaire, com¬
portant 2 ou 3 carpelles.
Nous avons évidemment pu retrouver sur divers exemples des figures correspon¬
dant à certains « stades » existant dans le schéma interprétatif de van Tieghem. Mais
nous sommes aussi conduite à émettre quelques réserves. Nous avons vu que, sur le
plan théorique, on pouvait arriver à deux possibilités d’interprétation des structures
finies, les graines d’une même loge apparente pouvant avoir pour origine une même
a feuille carpellaire » (fig. 18, 10, 12), ou deux « feuilles carpellaires » (fig. 18,
7, 11). De toutes manières, nos observations confirment l’existence de phénomènes
de déplacements des ovules et des graines, ceci en raison de la multiplicatioD des
cloisons surnuméraires dans le fruit. Tout en paraissant ignorer le schéma de van
Tieghem, Puri (1954) parvient à des hypothèses peu différentes, mais il fait inter¬
venir, plutôt que des déplacements désordonnés des placentas depuis des stades non
fécondés jusqu’au fruit adulte, des déplacements simultanés des multiples cloisons,
ovulifères ou non. II semble bien que nos observations soient en partie conformes à
celles de Puri en ce qui concerne la vascularisation; celle-ci ne serait pas d’origine
axial e basifuge. Les coupes concernant les genres Fevillea L., Apodanthera Am.,
Cucumis L., Citrullus Schrad., Echinocystis Torr. et Gray, Sicyos L., Cyclanthera
Schrad., nous paraissent conformes à ce point de vue.
Les recherches morphogénétiques de Matiyenko (1957-1961) aboutissent à des
résultats comparables, mais cet auteur admet une vascularisation complexe à partir
de la base des lames placentaires primitives plutôt qu’à partir de leur sommet. L’étude
que nous avons menée sur le Cyclanthera pedata Schrad. ne permet pas d’admettre
qu’une vascularisation naisse cürectement du pédoncule du fruit pour alimenter le
placenta. Celui-ci n’est en effet rattaché qu’à la partie apicsde de la chambre ovanenne
même lorsque les graines ne sont pas encore parvenues à maturité. La coloime sénuni-
fère est pendante dans la cavité ovarienne du fruit mûr.
Bien que tous les stades traduits par l’hypothèse de van Tieghem s’observent
dans les fruits de Cucurbitacées, notre étude sur des exemples simples et complexes
de Madagascar, nous suggère qu’il n’y a pas toujours une succession embrouillée de
phénomènes entre la formation du jeune ovaire et la maturation du fruit. Le fait (jus
des figures extrêmement jeunes et adtdtes soient superposables (ovaire à 3
6 points d’attache des ovules ou des graines) nous laisse supposer que la mulûpuci
des positions des graines dans le fruit mûr pourrait n’être dû qu’à des déplacements
liés au développement des membranes surnuméraires. La comparaison entre 1 onto¬
génèse des fruits chez les Datura (Raud, 1963), où l’on observe des phénomtoes com¬
parables, et les modifications de structures notées dans les fruits de Cucurbitacées ne
permet pas de mettre en évidence des analogies.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCüHBITACÉES DE MADAGASCAR
241
D, La symétrie florale.
Presque toutes les fleurs de Cucurbitacées sont actinomorphes si l’on considère
seulement la périanthe. II existe pourtant des modifications asses sensibles, l’une des
plus connues étant celle qui affecte la fleur du Momordica anigosantha Hook. f. étudiée
œ détail par A. Zimmermann (1922). Le périanthe de cette espèce présente, en effet,
une nette zygomorphie aussi bien dans la fleur c? que dans la fleur 9. Dans les Cucur¬
bitacées de Madagascar, seules les fleurs cf du genre Zygosicyos possèdent une corolle
ïygomorphe. Mais il existe pourtant d’autres types d’asymétrie.
1. Les altérations de la symétrie.
Dans les périanthes actinomorphes des fleurs des Cucurbitacées mdgaches, on
constate que la disposition apparemment irrégulière de certains éléments altère fré-
(juemment la symétrie. C’est la structure de l’androcée qui, le plus souvent, contribue
à rompre l’actinomorphie.
Nous n’envisagerons ici que les variations concernant les fleurs c? puisque ces
Turiations se retrouvent sur les fleurs 9, mais à moindre échdle, les staminodes étant
très petits.
Une difficulté surgit lorsqu’on essaie d’établir les diagrammes : les pédicdles
subissent des torsions et il est délicat de retrouver la place des pièces du périanthe par
rapport à la bractée (quand elle existe), ou à l’axe-support.
De plus, nous avons dû rechercher une figmation originaie permettant des com¬
paraisons, les représentations classiques du diagramme des Cucurbitacées n’étant pas
très satisfaisantes. En effet, les schémas ne font que très rarement intervenir le nombre
des loges des étamines et la disposition de celles-d par rapport à leur point d’inser¬
tion. Chakravarty (1958) a rédisé des diagrammes floraux de quelques espèces de
Cucurbitacées en représentant les loges et leurs replis, et la vascularisation de toutes
les pièces florales.
2. Dugrammes floraux de quelques genres malgaches.
Xerosicyos (fig. 20, 11) : 4 sépales, 4 pétales, 4 étamines. Il existe un axe de
symétrie et 2 plans de symétrie, mais seule une rotation de 180® permet de retrouver
h même image.
Zygosicyos (fig. 20,12) ; 4 sépales, 4 pétdes dont 2 grands, 2 plus petits, 4 éta¬
lâmes (soudées 2 par 2 par la base des filets). Ici axe de symétrie et présence de deux
phns de symétrie.
Air^eloskyos (fig. 20, 6) : 5 sépales, 5 pétales, 5 étamines. La présence de
pétdes quinconciaux, dont 2 externes, déterminerait l’existence d’un plan de symétrie
Passant par le centre de la fleur. Cependant, le fait que les étamines épisépîdes soient
léjetées latéralement, par rapport à leur connectif et à leur füet, rend ce plan inexistant
pour l’androcée.
lAtnuTosicyos et Peponium (fig. 20, 5, 9) : même schéma que pour i’Ampe-
iosityos, mais la préfloraison est ici de type imbriqué.
Zombitsia, Cayaponia (fig. 20, 7, 3) : 5 sép^es, 5 pétales, 3 étamines sem-
lihbles, une bractée. Il existe un pian de symétrie passant par l’étamine épisépale et
P“ la bractée.
Zekneria (fig. 20, 8) : 5 sépales, 5 pétdes, 3 étamines semblables mais pas de
Le plan de symétrie passant par l’étamine épiséptde existe mais il est oblique
rapport au plan de symétrie des deux genres précédents.
Source ; Mt-JHN, Paris
242
U. KERAUDREN
Seyrigia (fig. 20,10) : 5 sépales, 5 pétales, 2 étamines semblables, une bractée.
Le plan de symétrie passe par la bractée et par les étamines.
Corallocarpus, Kedrostis, Trochomeriopsis (fig. 20, 1, 2, 4) :
5 sépales, 5 pétales, 3 étamines (inégales), bractée. Chez ces genres à préllorai-
son valvaire les 3 étamines ne sont pas identiques. L’étamine monothèque épisépde
se trouve déjetée latéralement, si bien qu’il n’y a pas de plan de symétrie valable pour
l’ensemble des cycles.
La symétrie des fleurs 9 est le plus souvent déterminée par les positions relatives
des 3 placentas, mais on peut trouver, en face de la bractée, soit un mamelon placentaire,
soit la paroi carpellaire.
Qu’il s’agisse des fleurs d ou des fleurs 9, nos recherches sur les genres mdgacbes
nous conduisent à faire les remarques suivantes :
1. Seul le genre Zygosicyos a une corolle zygomorphe (2 pétales plus petits que les
deux autres).
2. L’étamine monothèque a, par rapport à la position de l’axe ou de la bractée, une place
variable d’un genre à un autre. Cette place demeure néanmoins stable (d’après nos
observations) sur les fleurs d’un même échantillon, ainsi qu’au sein d’un même
genre.
3. Dans les genres malgaches, la disposition la plus répandue est la suivante : présence
d’un pétale opposé à l’axe, d’un sépale opposé à la bractée, quand celle-ci existe.
4. Si l’on admet comme primitive la fleur à androcée 5-staminé, à loges simples,
le diagramme théorique originel montrerait une disposition nettement actinomorphe:
5 sépales alternant avec 5 pétales et 5 étamines épisépales.
5. Les altérations de symétrie que l’on peut observer ne sont pas obligatoirement cor¬
rélatives des types d’évolution de l’androcée (complexité des loges staminées, phé¬
nomènes de concrescence).
Comparativement aux résultats acquis par les auteurs antérieurs, spécidement
Eichler (1875), A. Zimmermamn (1922) et Chakravarty (1958), nous apportons une
confirmation de la très grande difficulté qu’il y aurait à donner un seul diagramme
théorique interprétatif de la fleur des Cucurbitacées. En effet, outre les modifications
apparentes de la symétrie florale, il existe des transformations anatomiques intéres¬
sant la vascularisation des différentes pièces. C’est pourquoi il est souvent difficile
de rapprocher les uns des autres, des diagrammes très comparables.
En raison des variations qui existent dans la vascularisation de l’androcée, il est
probable que certains types de diagrammes proposés par Chakravarty (d’après b
vascularisation) et se rapportant à des espèces à large répartition, s’appliqueraient a
l’ensemble de la famille.
Conclusions.
n peut exister des éléments de symétrie non superposables d’un cyde à 1 autre,
que l’on fasse intervenir des plans ou un axe de symétrie.
Le fait que, dans la majorité des genres, on soit amené à faire de semblables confr
tatâtions apporte certainement un argument pour souligner, dans toute son originalité,
la grande unité de la famille.
Source ; MNHN, Paris
BECHERCHES SUR LES CÜCURBITACÉES DE MADAGASCAR
243
r
Fk. 20. — Diagrammes de fleurs i. L'audroeée a été scbématisé pour montrer l'insertion
des filets sur la coupe florale et la complexité des logea staminalea si l'on effectue une
coupe transversale au niveau de l’androcée. Dans lel cas des genres Zehneria, Xeroii-
cyos et ZygoiUyos les filets sont insérés dans le fond de la coupe florale c'est pourquoi
leur insertion n’est pas figurée sur les dessins.
!• Coraüocarptu; 2. Ktdrostu; 3. Cayaponia; i. Trochomeri«p$U ; 5. Peponium; 6. -4mpe*
lotieyo*; 7. ZomWtsio; 8. Zehneria; 9. Lemuroekyoi; 10. Seyrigia; 11. Xeroeieyoa;
12. Zygoiieyoï.
7 SWOlS S g s
Source : MNHN, Paris
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TROISIÈME PARTIE
Observations sur la biologie et l’écologie
des Cucurbitacées de Madagascar
Sa.
Source : MNHN, Paris
RECHEECHES
LES CUCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR
247
CHAPITRE I
LES PARTICULARITÉS BIOLOGIQUES
DES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
L’étude descriptive qui a permis, précédemment, de reconnaître les caractères
et les limites des taxons inventoriés parmi les Cucurbitacées sur le territoire malgache,
apporte aussi de nombreux éléments de comparaison qui peuvent contribuer à aug¬
menter la documentation sur des problèmes particuliers de biologie.
A la grande variété de structures morphologiques que l’on a constatée, se super¬
pose, au sein de chaque unité systématique, une stabilité relative de ces structures
dans le temps et dans l’espace : des caractères phénotypiques de l’appareil végétatif
peuvent être invoqués pour définir certains taxons.
L’examen de ces manifestations spécidisées, pour lesquelles on emploie abusive¬
ment le terme « d’adaptation », apportera néanmoins des précisions pour une discus-
don comparative à l’échdle mondiale.
i. Vappareü végéuuif.
L’appareil végétatif correspond à la partie du végétal qui occupe un large volume
dans le paysage. Il détermine aussi le port sous lequel on aura les plus grandes chances
de rencontrer chaque espèce, sinon même de les identifier. L’appareil végétatif est
pour chaque « individu biologique » la « partie » (le stade de développement) suscep¬
tible de subir les plus profondes modifications morphologiques passagères, du fait de
l’influence de causes internes ou externes.
Les naturalistes essayent de connaître la place, le cyde, le rôle et l’influence des
unités taxinomiques dans le monde vivant (biocoenoses). C’est pourquoi ils ont cherché
à définir les catégories biologiques en faisant intervenir non seulement des critères
propres à chaque unité systématique mais également des notions relatives à la position
de ces mêmes unités dans l’espace (milieu physique ou vivant).
A la suite des premiers essais de description du paysage végétal (Humboldt,
1806; Grisebach, 1838; de Candolle, 1855 et Lecoq, 1854-1856), la nécessité de
trouver im système simple permettant de regrouper les plantes ayant xm même port,
"riiaode de vie identique, des caractères phénotypiques semblables, apparut nettement,
bï grande innovation en ce domaine fut la proposition de classification de Raun-
“«R (1905).
Source : MNHN, Paris
248
M. KERAUDREN
1. Les « FORMES BIOLOGIQUES ».
a. Généralités.
Le cadre proposé par Raunkiaer a été presque universellement admis pendant
un demi-siècle, et demeure, au travers des modifications et perfectionnements apportés
depuis pour les régions tempérées [Braun-Blanquet, 1920-1952], et pour les régions
tropicales [Lebrun (1947), Schnell (1952), Virot (1956)], la base de nos essais de com¬
préhension des modes de vie des espèces. Bien qu’améliorée, cette classiffication
n’échappe pas aux critiques (résistance des végétaux aux conditions défavorables de
sécheresse). Elle ne tient pas compte, comme critère majeur, de la distinction plantes
ligneuses — plantes herbacées (Aubréville, 1951-1963). G. Mangenot (1955, inéd.)
a superposé au caractère « position des bourgeons » les subdivisions « position du végé¬
tal par rapport au sol » et « modes de vie particuliers ». P. Dansereaü (1957) a modifié
profondément le concept de « iife-form », en faisant intervenir, en même temps, la
« forme biologique » de la plante entière, la texture et la morphologie des feuilles.
Sur le plan descriptif, le vocabulaire de Raunkiaer peut paraître insuffisant;
on peut aussi lui reprocher de n’avoir pas mis en évidence la distinction sempervirents-
caducifoliés, ou encore herbacés-ligneux. Mais cela n’enlève rien à l’intérêt biologique
du système, même pour les régions tropicales.
Ces régions ne sont pas exemptes de « périodes défavorables » et, de plus, il existe :
— des végétaux ligneux qui ne sont pas des arbres (lianes);
— des plantes qui sans être véritablement des ligneux possèdent un appareil
aérien arborescent (Fougères, Palmiers).
Il nous a paru tout de même intéressant de tenter de classer les Cucurbitacées de
Madagascar en adoptant les critères du système de Raunkiaer.
b. Observations in vivo.
Dans le Sud-Ouest subdésertique de Madagascar et même dans les régions à dinut
sec moins accentué, il est souvent impossible d’identifier les plantes lianescentes stériles,
mais à appareil aérien pérennant. L’observation nous a montré que fleurs et feuilles
pouvaient se développer sur ces lianes qui, quelques temps auparavant, nous avaient
semblé desséchées. On peut classer arbitraitement les Cucurbitacées de Madagascar
en deux groupes ;
— celles dont l’appareil végétatif aérien disparaît totdement quand les conditions
leur sont défavorables (toutes les plantes cultivées et, parmi les genres autochtones,
Lemurosicyos, Zehneria, Raphidiocystis, Trochomeriopsis et, probablement, Kedrostis,
Peponium et Zombitsia);
— criles dont l’appareil végétatif aérien est non seulement pérennant, mais con¬
serve des feuilles ; Xerosicyos, Ampelosicyos.
Parmi les divers genres ayant des espèces lianescentes, certains plants de X&O'
sicyos et de Seyrigia présentent des formes buissonnantes.
Pour quelques espèces, des observations en serre ont permis de compléter nos
connaissances. Dans les serres du Muséum à Paris, les espèces introduites depuis notre
première mission (1960), ont perdu leurs feuilles cKaque année {J'rotdiomerwptv
diversifolia Cogn., Corallocarpus Perrieri, Corallocarpus Grevei, Kedrostis elortfft^r
Leurs parties aériennes, d’ailleurs peu développées, se réduisent à un axe très court
sur lequel persistent les cicatrices foliaires. Toutes ces plantes possèdent des orgaues
souterrains vivaces.
TABLEAU S
Répart)ti»o lystématique des textures foliaires par rapport aux formes biologiques de Raunkiaer
Formes biologiques
Texture des feuilles
Mega
Pli
anérophytes
Micpoplianérophyles
Chamdphytes
Hémi-
crypto-
phytes
Géopliylea
Thérophytes
Succulentes.
1
i
Xerosicyos (feuilles).
Seyrigia (tiges).
Seyrigia
Non succulentes caduques ....
Corallocarpus.
Trochomeriopsis.
Zygosicyos.
Kedrostis.
Raphidiocystis.
Zehneria.
Lemurosicyos
{Cayaponia)
+ les esp. cultivées.
+ les esp. introduites.
Non succulentes, sempervirentes
Ampelosieyos,
Source : MNHN, Paris
TABLEAU 6
Répartition systématique des formes biologiques de Raunkiaec
Formée biologiques
Phaoérophytee
Chanid-
phytes
Hémi-
crypto-
phytps
Géophytes
Thëfophyte.
Mega
Meso
Micro-phanérophytea
Nano-phanërophytea
Lianeecents.
Àmpelosicyos.
Xerosicyos.
Seyrigia
Zombitsia ?
Kedroslis laxa.
Trochomeriopsis.
Corallocarpus.
Zygosicyos.
Peponium.
Seyrigia.
ZehrïeticL
Raphidiocysüs.
Lertiurosicyos.
Cayaponia.
Esp. cultivées.
Esp. introduites.
Non iianescents.
Dendrosicyos (1)
Xerosicyos.
Seyrigia.
Seyrigia.
Zombitsia ?
i>l ,e .eu. erbr. de 1. l.mlUe de. C„euebitee6» e.t ™demi<,ue de Soeolr. : tut .igualé * Mad.ga.ear,, mai. .a pt^.ence y es. douteux.
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉËS DE MADAGASCAR 251
Les Seyrigia gracilis Keraudren et S. Humbertii Keraudren (pieds d), gardent
leurs rameaux entre deux floraisons. Celles-ci ont lieu irrégulièrement et n’ont aucun
rapport avec la périodicité des saisons parisiennes. Parfois, les extrémités des tiges
assez grêles, ne supportent pas l’humidité atmosphérique de nos climats et se fanent.
Les pieds cf et Q de Seyrigia et de Xerosicyos, transplantés dans les serres de
M. Marnier-Lapostolle à Saint-Jean-Cap-Ferrat et dans les serres de l’Université
de Heidelberg par les soins de M. Rauh, fleurissent presque régulièrement et leurs
appareils végétatifs gardent leur vitalité.
Il faut signaler qu’il n’existe, à Madagascar, aucune Cucurbitacée à mode de vie
particulier (épiphytes, saproparasites, bryoides, hélohydrophytes) ; ces formes biolo¬
giques sont absentes de la famille.
c. Tableau récapitulatif.
Si l’on tente de classer les Cucurbitacées malgaches, la principale insuffisance du
système de Raunkiaer apparaît surtout dans la non distinction — à un niveau majeur_
de la forme « liane » comme équivalente de « phanérophyte », car on ne peut faire
figurer, dans un tableau particulier, les lianes succulentes. A Madagascar, celles-ci
sont nombreuses dans cette famille et dans plusieurs autres (Asclépiadacées, Apocy-
nacées, Passifloracées, etc.). C’est pourquoi, tout en conservant la dassification de
Rauhkuer, nous avons superposé, dans les tableaux, les deux caractères biologiques
essentiels des Cucurbitacées de Madagascar : la lianescence et la succulence (tableaux 5
et 6).
2, Les orgames souterrains.
Les organes souterrains constituent très souvent la seule partie pérennante de
l’appareil végétatif. Sur le plan biologique, il est important de conndtre non seulement
la structure de ces organes, leur position par rapport à l’appareil végétatif aérien et
par rapport au milieu-support (substrat) mais aussi leur origine.
A Madagascar, des organes souterrains furent observés chez 18 espèces appartenant
à 12 genres.
a. Caractères morphologiques.
Les genres étudiés à Madagascar permettent de définir 4 types d’organes souter¬
rains.
Organes souterrains allongés et fasciculés
Ce type s’observe chez les plantes suivantes : Zombitsia lucorum, Xerosicyos
lionguyi, X. Perrieri, X. Decaryi, Cayaponia africana var. madagascariensis, Am-
pekskyos Humblotii, Sechium edule, Telfairia pedata (fig. 21, 4).
L’épaississement de ces organes peut atteindre 2 à 3 cm; le plus souvent, l’en¬
foncement des différentes parties est oblique à partir de la surface du sol. Leur profon¬
deur est certainement de l’ordre de plusieurs mètres et leur longueur peut être consi¬
dérable. Chez le Xerosicyos Perrieri et le Zombitsia lucorum, nous avons déterré jus-
‘p’à plus de 5 m de ces organes sans que le diamètre ait diminué. Il nous a été impos-
faute de moyens appropriés, de connaître exactement le volume de l’appareil
Moterrain de ces plantes par rapport aux parties aériennes. Chez les jeunes pieds de
Xerosicyos, probablement nés par division des axes charnus hypogés, il se forme très
^ un fascicule d’organes souterrains qui ne s’épaississent pourtant que très progres-
s^ent La culture en serre a confirmé cette dernière observation.
Source ; MNHN, Paris
252
1. KERAUDREN
Organes souterrains épaissis, renflés en tubercules,
naissant d’un axe hypogé horizontal à structure de tige
{Peponium betsiliense. P. hirtellum)
L’appareil souterrain du Peponium hirtellum est constitué par un ensemble de
tubercules allongés, pouvant dépasser 50 cm de long. Au « collet » du pied principal
(fig. 21, 1) se forme un tubercule volumineux, long de 20-25 cm, d’un diamètre
de 4-5 cm, et se terminant par une partie plus fine, atteignant plus de 50 cm. Du
acoUet» part également un axe horizontal renflé (tiges souterraines), qui, après une course
d’une quinzaine de centimètres, presque à la surface du sol, va donner naissance à
une tige aérienne accompagnée d’un nouveau tubercule semblable au précédent, et
ainsi de suite jusqu’à 5 ou 6 tubercules. Ceux-ci peuvent être soit entiers, soit nmnîa
d’étran^ements et présenter parfois un aspect moniliforme (pl. VII, 2).
Tubercules naissant localement sur un appareil souterrain fasciculé
{Seyrigia, Kedrostis, Corallocarpus, Trochomeriopsis)
De la surface du sol, chez le Seyrigia multiflora (fig. 21, 2), part un ensemh U
d’éléments allongés mais épais (4-6 ou plus), qui, quelques centimètres plus profon¬
dément, se renflent en tubercules plus ou moins gros, généralement oblongs ou ovoides-
oblongs, les plus gros atteignant 8 cm de long et 5 cm de diamètre. De ces tube^
cules partent qudques éléments filiformes qui s’enfoncent dans le sol (pl. VII,
1. 3).
Appareil subaérien tubéreux et volumineux
{Zygosicyos, Xerosicyos pubescens)
II s’agit chez le Zygosicyos tripartüus, d’un organe que l’on peut assimiler à un
tubercule typique; il porte, en un point central, des bourgeons végétatifs. Ce tuber¬
cule affecte la forme d’une galette d’une vingtaine de cm de diamètre et de 4-5 cm
d’épaisseur. De la partie inférieure part un complexe (en apparence radiculaire), de
type fasciculé. Le tubercule du Xerosicyos pubescens, connu seulement par deux exem¬
plaires dans les jardins de Tsimbazaza, à Tananarive, a la forme d’une double pyra¬
mide (fig. 21, 5, 6).
Les tubercules des pieds cf et 9 du Zygosicyos sont semblables et demeurent
subaériens.
b. Caractères anatomiques.
Les coupes transversales et longitudinales ont été effectuées dans des organes
souterrains prélevés sur le terrain et appartenant à des plantes adultes. De plus, nous
avons pu suivre le développement et la croissance de l’appareil souterrain du Trocho¬
meriopsis diversifolia depuis la germination de la graine jusqu’au jeune plant de 4 ans.
Nous avons donc pratiqué des coupes transversales et longitudinales sur les diverses
parties de cette plante à des différents stades du développement.
— Étude anatomique d’une plante obtenue à partir de graines germées en
ÉTUVE (âge maximum, 2 mois) [fig. 22].
Niveau 1 :
Structure absolument typique d’une racine jeune, tétrarche, idtemance du
xylème et du phloème, différenciation centripète. Cette structure n’est visible que sur
une très petite partie de la plantule et se modifie rapidement en qudques jours.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCORBITACÉES DE MADAGASCAR
253
Source : Mt-JHN, Paris
254
M. KERAUDREN
Niveau 2 :
Résorption des vaisseaux de la phase alterne centripète, mais quelques-uns
de ces vaisseaux (les plus gros), peuvent continuer à être fonctionnels (1 ou 2 par flots),
et on observe alors une orientation en " étoile » des celltdes parenchymateuses annexes.
Le développement considérable des îlots vasculaires en phase tangentielle surtout en
phase superposée centrifuge fait apparaître, conjointement à la résorption des vais¬
seaux de la première phase, une structure superposée rappelant celle d’une tige.
Niveau 2' :
Il correspond au même niveau que 2, mais les coupes ont été effectuées dans
un très jeune tubercule (3 mois). Dans ce cas, le développement centrifuge s’est accen¬
tué, le phioème superposé au xyième, forme des ensembles qui se rejoignent au centre
de l’organe, séparés par des rayons de parenchyme. Il n’y a pas de liber interne.
Ces structures superposées sont très semblables à celles que l’on observe
dans les tiges âgées. Elles correspondent incontestablement à la modification de régions
qui ont eu, au début, une structure semblable au niveau 2. On retrouve la même struc¬
ture dans la partie supérieure de ce même tubercule, niveau que nous avons appelé 2".
Niveau 3 :
On y constate un épaississement considérable de l’axe, la disparition presque
totale des structures primaires et un grand développement des structures superposas.
Il y a parfois multiplication du nombre d’ensembles formés par le phioème et le xyième
et maintien de quelques vaisseaux de xyième, isolés, avec développement, autour de
ceux-ci, de parenchyme disposé en étoile.
Niveau 4 :
Hypocotyle avec un cercle unique de faisceaux cribro-vasculaires bicollaté-
Niveau 5 :
Jeune tige avec un cerde de faisceaux cribro-vasculaires bicoUatéraux.
Une coupe effectuée dans une jeune tige plus âgée que la précédente montre deux
cercles de faisceaux cribro-vasculaires bicoUatéraux, selon le schéma classique des
tiges de Cucurbitacées.
— Étude anatomique d’un pied âgé de 4 ans, obtenu à partir de germination
(fig. 23).
Organe souterrain blanc, sans assise protectrice externe, 2 mm de diamètre-
On y trouve une structure superposée identique à celle notée précédemment en é
et 2". Cette structure correspondrait à la structure superposée de racine décrite par van
Tieghem à propos du Cucurbita Pepo, plante annuelle.
Niveau 2 :
Organe souterrain très épaissi, de 20 à 50 mm de diamètre.
entouré d’une couche externe subérifiée et il y a multiplication du nombre ®
constitués de phioème superposé au xyième par dislocation des 6 flots superpo
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCUBBITACÉES DE MADAGASCAR 255
iriM.
S, — Coupes anatomitpies schématiques réalisées sur des plants du rrochamcriopsis diversifolia.
A. Un jeune plant âgé de 2 mois environ porte encore les cotylédons, les premières feuilles
mais pas encore de vrille. Au niveau 3, on distingue quelques Ilots de xylème entre les
faisceaux cribro-vasculaires.
B, Jeune plant plus âgé (4 mois). Aux niveaux 2’ et 2” on retrouve la même structure, et au
niveau 3' une structure semblable à celle du niveau 3 sur le plant A.
’ SM016 6
Source : MNHN, ^is '
256
I. KERAUDREN
primitifs (en 1). Ces flots sont souvent jointifs vers le centre de l’organe mais il n’y a
pas de liber interne.
Cette organisation correspond exactement à l’évolution des niveaux 2'
et 2" du tubercule de 3 mois.
Niveau 3 :
Structure classique de tige âgée : dislocation des faisceaux cribro-vasculaires
bicoilatéraux selon des lignes radiales, l’ensemble de la coupe est occupé par ces fais¬
ceaux, il n’y a qu’un seul cercle et l’anneau de sclérenchyme est fractionné en 5 parties.
Cette coupe est très semblable à celles que l’on observe chez quelques
lianes herbacées ou ligneuses (Schenck, 1893), par exemple Bégonia fruticosa Kt.,
Aristolochia triangularis Cham. et Schl. et aussi des Cucurbitacées comme JVil-
brandia verticillata Cogn. et Anisosperma passijlora (Vell.) Manso.
Niveau 4.
Tige relativement jeune (quelques mois) développée à partir d'une souche plus
âgée. On y trouve le schéma classique avec deux cercles de faisceaux cribro-vas-
culaires bicoilatéraux et un cercle continu de sdérenchyme.
c. Étude anatomique d’organes souterrains prélevés sur le terrain.
+ + Organes non renflés en tubercules.
Zombitsia lucorum (fig. 24, B) :
—• zone externe subérifiée;
— anneau continu et régulier de sclérenchyme;
— 5 flots de tissus conducteurs (phloèrae superposé au xjdème), disposés,
radialement à partir du centre de la coupe. Le xjdème est formé de gros vaisseaux
dont le diamètre atteint 30 p, alignés les uns au-dessus des autres. Ils sont entourés
de fibres ligneuses simpliciponctuées, de parenchyme ligneux et de parenchyme
ligneux cellulosique;
— du parenchyme sépare les flots les uns des autres;
— il n’y a pas de parenchyme médullaire.
Il faut noter la présence d’une zonation très nette dans l’élaboration des éléments
du xyième; ceci évoque l’existence d’une relation entre la formation des vaisseaux
et le climat contrasté de la région où pousse cette plante (petits vaisseaux en période
de sécheresse). Le Zombitsia lucorum appartient au domaine de l’Ouest, de type assez
soc, ne recevant de pluies qu’au cours d’une seule saison.
Ampelosicyos Humblotii (fig. 24, D) :
•— zone externe subérifiée;
— fibres sdérenchymateuses péricycliques;
— 5 flots de tissus conducteurs (^hloème superposé au xyième) disposés
radialement à partir du centre de la coupe; iis se divisent en deux à 1 mm environ
de ce centre. Les vaisseaux atteignent 0,3 mm de diamètre, ils sont entourés de fibres
ligneuses simpliciponctuées avec, parfois, quelques traces de parenchyme ligneux
cdlulosiques.
Cette structure est semblable à celle du Zombitsia lucorum.
Lemurosicyos variegata (fig. 24, A) :
— zone externe subérifiée très mince;
— parenchyme renfermant quelques fibres sclérenchymateuses;
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCUHBITACÉES DE MADAGASCAR 257
8- — Coupes anatomiques schématiques réalisées sur un pied de TrochomeriopsU diuersi/oiia
âgé de 4 ans et à différents niveaux
1- Structure étoilée, 5 faisceaux cribro-vasculaires.
^ Au milieu de l'appareil soutenain la coupe fait apparattre de nombreux faisceaux cribro-
vasculaiies séparés par du parenchyme au milieu duquel on distingue quelques îlots de
xylèmc. A la périphérie un anneau continu de sclérenchyme.
3, Vieille tige montrant de nombreux faisceaux cribro-vasculaires bicollatéraux et un anneau
discontinu de sdérenchyiue.
4, La jeune tige montre la disposition classique des faisceaux cribro-vasculaires bicollatéraux
dans les tiges de Cucurbitacées, ici chez le TrochomeriopsU, présence d'un anneau con¬
tinu de sclérenchyme.
Source : MNHN, Paris
'"1
258 M. KERAÜDREN
— au centre de la coupe un massif de tissus conducteurs {xylème au centre,
phloème superposé et vers la périphérie). Les vaisseaux sont accompagnés de fiires
ligneuses simpliciponctuées;
— pas de parenchyme médullaire.
Zygosicyos tripartitus (fig. 24, C) :
(Les coupes ont été effectuées dans les organes filiformes qui sortent du
tubercule.)
— zone subéreuse externe;
— fibres sclérenchymateuses péricydiques en anneau presque continu;
— 3 îlots de xylème partent du centre et se divisent en deux ou plusieurs
branches vers la périphérie. Du phloème se superpose aux « ramifications » de xylème.
Chaque îlot conducteur est formé de vaisseaux, de fibres ligneuses simpliciponctuées
et de parenchyme ligneux cellulosique;
— il n’y a pas de parenchyme médullaire.
Xerasicyos Danguyi (fig. 24, E) :
— zone externe subérifiée;
— parenchyme renfermant des sclérites formant un anneau presque continu;
— 5 massifs de xylème partent du centre, ils se dédoublent en deux vers la
périphérie. Ce xylème est formé de vaisseaux de taille moyenne dternant avec des
zones de vaisseaux de petite taille, tous à ponctuations latérales fusiformes, accompagnés
de fibres trachéides simpliciponctuées. 10 massifs de phloème se superposent au
xylème;
— des zones de parenchyme larges et renfermant des grains d’amidon
séparent les îlots de tissus conducteurs.
L’alternance de gros et de petits vaisseaux dans le xylème est plus accentué que
chez le Zombitsia lucorum. Le Xerosicyos Danguyi subit également les brutales
variations saisonnières du climat.
Dans toutes ces coupes, il faut noter qu’on ne retrouve pas de formations com¬
parables aux schémas classiques des structures primaires de tiges et de racines. En
effet, il n’y a pas de trace du xylème primaire; seul le xylème secondaire a une grande
extension. Par contre, on peut assimiler à du phloème primaire les flots assez écrases
et externes par rapport au phloème secondaire.
+ + Organes souterrains renflés en tubercules.
Seyrigia multiflara (pl. VIII, 1) :
— zone externe subérifiée;
— parenchyme sans particularités;
— le centre de la coupe est occupé par 10 îlots de tissus conducteur.
centre de chaque flot 1 ou 2 vaisseaux de xylème, entourés par un cambium circiun-
fasciculaire et par du phloème très réduit;
— les îlots les plus périphériques ont du
tingue nettement l’assise cambiale qui, dans ces
circumfasdculaire; .
— l’ensemble de la coupe est occupé par un parenchyme contenant
grains d’amidon.
phloème bien développé et on db'
flots les plus externes, n’est p
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
259
Fie. 24. — Coupes transversales schématiques de l’anatomie des organes souterrains
de 5 genres endémiques de Cucurbitacées malgaches.
A. Lemurosicyos variegata;
B. Zombitsia lucorum;
C. Zygosicyos tripartitus;
D. Ampelosicyos Humblotii;
E. Xerosicyos Danguyi.
1. Zone subéiihée; 2. Sclérenchyme ou fibres sclérenchymateuses péricyciiques; 3. Phloënie;
4. Xylème; 5. Parenchyme séparant les ilôts de tissus conducteurs.
5(14016 6
Source ; Mt-JHN, Paris
1
260 M. KERAUDREN
L’accumulation de substances de réserve dans ce jeune tubercule explique la
présence du cambium périfasciculaire autour de chaque vaisseau du centre de la
coupe. L’accroissement de l’axe en épaisseur provoque une disposition très caractéris»
tique (en toile d’araignée) des cellules parenchymateuses autour des îlots vasculaires.
Coraîlocarptis Grevei (pl. VIII, 2) :
— zone externe subérifiée;
— parenchyme peu développé;
— 5 îlots de tissus conducteurs disposés sur un seul cercle. On y distingue
du xylème formé de vaisseaux et de parenchyme ligneux cellulosique surmonté de
phloème secondaire et de phloème primaire, le plus externe et presque complètement
résorbé;
— assise cambiale bien marquée;
— au centre de la coupe, un ou deux gros vaisseaux entourés de cambium
périfasciculaire ;
— entre les îlots conducteurs, la dilatation des tissus parenchymateux.est
importante; ces tissus contiennent de l’amidon.
Des coupes effectuées dans les parties les plus distales de cet organe soutenain
montrent, outre les 5 îlots de tissus conducteurs, des vaisseaux de xylème isolés et
alternés avec les précédents. Dans ces mêmes coupes on distingue encore les épaissis¬
sements latéraux caractéristiques des cellules de l’endoderme.
De l’ensemble des observations précédentes il est apparemment malaisé de tirer
une interprétation homogène. Cependant, l’examen des structures aux différents
niveaux des organes souterrains et d’âges variés chez le Trochomeriopsis diversifolia,
confirme qu’il y a de grandes différences dans la répartition des tissus.
On doit, de cette étude, retenir les faits suivants :
— la disposition des massifs de tissus dans les organes souterrains n’est jamais
identique à celle que l’on note dans l’appareil aérien épicotylé. En particulier, on ne
retrouve pas les deux cercles si typiques de faisceaux, ceux-ci toujours bicollatéraux;
— toutefois, on trouve des structures en apparences semblables dans des tiges
âgées et dans des organes souterrains âgés. Mais dans le deuxième cas nous n’avons
pas mis en évidence de liber interne;
— la disposition, sur un seul cercle, des îlots de tissus conducteurs (jeune organe
souterrain) ne se retrouve que dans Vhypocotyle;
— la partie aérienne des organes tubérisés, à enfouissement peu profond, et la
zone périphérique de la plupart de ces organes souterrains, possèdent une zone externe
subérifiée, bien développée, qui ne se retrouve pas sur les tiges aériennes même âgées;
— seule une partie minime (quelques millimètres), aux extrémités apicales des
organes souterrains, présente une structure primaire typique de racine, avec une
assise pilifère parfois considérablement développée et donnant un feutrage extrêmement
dense de radicelles. Le passage de la structure alterne à une structure superposée
assez semblable à celles des tiges, se fait très rapidement;
— on peut retrouver, même sur des organes souterrains déjà volumineux, les
traces des épaississements caractéristiques des cellules de l’endoderme;
— les âéments conducteurs alternes (phase centripète), disparaissent rapidement
par écrasement ou bien se maintiennent sous forme d’un très petit flot corresponaan
à une orientation étoilée des cellules du parenchyme. Les vaisseaux qui se développent
ultérieurement (superposés et centrifuges) vont se trouver en position typiquement
Source ; MNHN, Pons
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
261
interne par rapport aux éléments du phloème, ce qui conduit à une disposition super¬
posée rappelant la structure d’une tige âgée;
— dans tous ces organes souterrains, les structures complexes qu’on y observe
résulteraient de la superposition d’éléments d’origine caulinaire et d’éléments d’origine
racinaire;
— la structure a en étoile » des organes renflés en tubercules (type Seyrigia,
Corallocarpus), correspondrait à une forte accumulation, à certains niveaux, de subs¬
tances de réserve.
Ainsi que le souligne E. Boureau (1954-1957), citant les travaux de Duchaigne
(1951) à propos d’une espèce annuelle, le Cucurbita Pepo, on observe apparemment
qu’une « structure tige est représentée alors que nous sommes toujours dans la racine ».
Van Tieghem (1872), avait aussi donné de l’appareil souterrain de la Courge, un schéma
où la structure superposée était interprétée égdement comme celle d’une racine
ayant subi de profondes modifications. D’après nos observations, et d’après ce que
nous avons noté sur le Melon au cours de l’évolution de la plantule, nous pensons
que l’organe étudié par Van Tieghem était plutôt d’origine hypocotyiaire que racinaire;
en effet, sur cette plante annuelle, dont les axes n’évoluent pas de façon complexe, la
présence nette de liber interne pardt être un bon élément de discrimination.
Naturellement, on ne peut, à propos de plantes vivaces de régions désertiques ou
très sèches, accorder, comme le fit Gérard (1881) une grande importance au change¬
ment d’épiderme entre les organes de structures racinaires et ceux de structures
caulinaires. Gérard n’étudia en fait que des formes annuelles {Cucumis Melo, Cucur¬
bita maxima).
On doit, d’autre part, noter comparativement que chez VAdenia glauca (Passi-
floracées) dont la souche tubérisée est très semblable extérieurement à celle du Trocho-
meriopsis diversifolia, les cicatrices des cotylédons se trouvent placées sur la zone
épaissie, ce qui n’est pas le cas chez la deuxième de ces plantes.
Ainsi, les organes souterrains des Cucurbitacées vivaces étudiées à Madagascar
doivent être considérés comme ayant une origine mixte : à la fois hypocotyiaire et
ladnaire. L’absence de liber interne et d’un double cercle de faisceaux cribro-vasculaires
évoque à la fois la structure des racines évoluées et celle des parties basales de tiges de
plusieurs années. Dans un cas il n’y a pas de bber interne, dans l’autre il a été écrasé
et finalement totalement résorbé. D’autre part, il ne faut pas exclure, dans les conditions
naturelles, un enfouissement progressif de la zone hypocotylée pour de nombreuses
espèces vivaces.
d. Observatiorts écologiques.
Un appareil souterrain très développé constitue un moyen efficace de résistance
aux conditions défavorables du milieu. Le principal facteur qui puisse intervenir, à
Madagascar, est la sécheresse (chaleur forte monopériodique, courte saison des pluies).
C’est pourquoi nous avons effectué quelques observations rapides sur le terrain.
Naturdlement les résultats ne peuvent être qu’indicatifs, le matériel d’étude étant très
rare et difficile à récolter. D’autre part, il ne fut pas possible de réviser une expéri¬
mentation suivie.
Nous avons donc cherché quelles pouvaient être, dans la nature, les réserves en
eau contenues dans les appareils souterrains. Les organes récoltés furent desséchés à
l’air dans les conditions naturelles. Cette diminution de poids est consécutive, pour la
plus grande part, à une perte d’eau mais peut aussi traduire, dans une faible proportion,
l’action de fermentations ou de transformations biochimiques diverses au niveau
cdlulaire.
On remarque dans ce tableau un fait étonnant : la perte en eau, après 150 jours,
est pour les tubercules de 6 espèces, supérieure à 70 %, alors que la perte en eau est
Source ; MtJHN, Paris
262
I. KERA0DREN
nulle chez le Zygosicyos tripartitus. Dans ce dernier cas, l’extraordinaire résistance
peut se comprendre si l’on songe que le tubercule presque aérien, subit, dans son
biotope même, l’action des facteurs externes.
TABLEAU 7
Diminutioii de poids, par perle d'eau, des organes souterraÎDS
Matoric!
Poids
^ Après
Après
m
(2)
rme
%
E
%
Corallocarpus Grevei .
24
10
58
7
70
Peponium betsiliense .
138
14
89
14
89
Peponium hirtellum .
395
68
83
68
83
Seyrigia Boiseri .
19
8
57
2,65
85
Seyrigia multijlora .
98
19
80
12
90
Trochomeriopsis diversifolia .
300
165
45
68
74
Zygosicyos tripartitus .
932
932
0
932
0
(1) Pesées faites à Madasascar.
(2) Pesées faites à Parie.
Le renflement de l’appareil souterrain est un fait assez courant chez les Cucur*
bitacées sauvages; les deux espèces de l’Europe occidentale tempérée, le Bryonia
dioica et VEcballiitm Elaterium ont des organes souterrains renflés, charnus, très
importants par rapport aux parties herbacées aériennes.
Les Marah d’Amérique du Nord, et spécialement le Marah fabacea (Naud)
Green (= Megarrhiza califomica Torr.) possèdent des tiges annuelles naissant de
gros tubercules fusiformes ou ovoïdes. Au Mexique, le Microsechium ruderale Naud.
est connu pour son appareil souterrain, utilisé comme savon.
A Madagascar nous avons trouvé une Cucurbitacée sans fleurs, avec uniquemeDt
des gros fruits pénoniformes contenant de grosses graines que nous n’avons pu rap¬
porter à aucun genre (matériel insuffisant). Mais les tiges sortaient de tubercules
aériens en surface, pouvant atteindre près d’un mètre de diamètre.
Actuellement, il n’existe pas de travail synthétique qui permette d’établir une
comparaison à l’échelle mondiale. L’exemple des espèces de Madagascar confirme
que les Cucurbitacées à organes souterrains charnus pérennants ne sont pas strictement
limitées aux territoires les plus désertiques.
3. La lianescence.
La lianescence correspond à une spécialisation anatomique et fonctionnelle soit
des axes (tiges primaires), soit des rameaux secondaires.
Ce type biologique peut se manifester chez des plantes herbacées ou ligneusw et
apparaître dans les familles les plus diverses. Certains genres fournissent des lianes
ligneuses sous les climats tempérés (Clemalis, Renonculacée, Hedera, Araliacée, en
Europe; Menispermum, Ménispermacée et Cocculus, Ménispermacée, par exempe.
Source : MNHN, Paris
i
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR 263
en Amérique), mais ces végétaux existent surtout dans les zones intertropicales, plus
spécialement dans les forêts de type équatorial. A Madagascar on trouve, dans les
forêts de l’Ouest, quelques grandes lianes qui atteignent la cime des arbres {Entada
gigas, Strongylodon, Légumineuses). On sait que certaines grandes lianes ligneuses
prfeentent des structures anormales. Ces structures ne semblent pas pouvoir être
interprétées, selon M. Obaton (1957), comme résultant de « l’adaptation au milieu »,
mais auraient une réelle stabilité qui permet de les considérer comme liées à la diffé¬
renciation phylogénique.
A. Zimmermann (1922) a étudié l’anatomie de nombreux genres de Cucurbitacées
et n’a pas signalé — hormis une grande variation dans la dispersion du liber interne —
de discontinuité dans les divers tissus. Le fait que presque toutes les Cucurbitacées
soient des lianes pouvait o priori, suggérer que l’on y rencontrait des types de structures
variées. Vraisemblablement, il n’en est rien car la majeure partie des espèces ont un
appareil aérien herbacé et non ligneux.
Nous avons signalé précédemment (d’après Schenck, 1892-1893), que l’on re-
'jouve dans de nombreuses lianes, appartenant à des familles variées, une anato¬
mie semblable dans les tiges aériennes ; Bégonia fruticosa Kt., Aristolochia trian-
gtdaris Cham., etc.
Observations sur quelques espèces malgaches.
Comme la plupart des Cucurbitacées malgaches sont des lianes, nous avons
essayé d’établir entre elles des distinctions de port mais, en réalité, le classement
obtenu demeure très arbitraire. Il ne peut véritablement servir de point de départ à
une argumentation biologique ou écologique. Au stade adulte, il y a deux sortes de
lianes :
— lianes érigées-accrochées (exemple : Lemurosicyos, Seyrigia, Corallocarpus);
— lianes rampantes {Citrullus, Cucurbitd).
On remarque que chez presque toutes les espèces (sauf peut-être chez le Seyrigia
Bumberlii), il existe à l’état jeune un stade rampant. Lorsque le jeune plant aura trouvé
un support, il s’accrochera et grimpera dans la végétation environnante.
Les vrilles constituent les organes d’accrochage des Cucurbitacées mais elles sont
absentes chez quelques genres : Ecballium (genre méditerranéen), Dendrosicyos et
Myrmecosicyos (genres endémiques africains) par exemple. Chez VAcanthoskyos
honidus Naud. (Angola, Sud-Ouest africain), les vrilles sont également absentes mais
la présence, à chaque nœud, de deux épines, constitue un caractère très particulier
<lui3 ce genre.
Toutes les espèces malgaches ont des vrilles. Celles-ci sont formées :
— soit d’une seule branche, vrilles simples;
— ou de deux branches, vrilles bifides;
— ou de plus de deux branches, vrilles multifides.
Dans les vrilles multifides, la bifurcation se fait presque toujours à partir d’un
seul point.
Le tableau 8 indique la répartition systématique des différents types de vrilles
diezles Cucurbitacées malgaches.
Bien que les caractères des vrilles ne soient pas utilisés directement en systématique,
® peut constater qu’aux genres endémiques malgaches correspondent plutôt des
simples, alors que les formes bifides ou multifides demeurent plus fréquentes
'^«les genres introduits ou à large répartition.
Source ; MNHhl, Paris
264
M. KERAUDREN
TABLEAU 8
Morphologie des vrilles
Biridos
MultU
filles
Égales
Inégales
A/npelosicyos Humblotii .
+
Ampelosicyos meridionalis .
+
Ampelosicyos seandens .
-
Benincasa ki^ida .
+
Cayaponia africana var. madagascariensis .
+
Citrullus Colocyntkis .
+
+
Citrullus lanalits .
+
+
Corailocarpus (3 sp.).
+
+
-i-
Cucurbita maxima .
+
+
Lagenaria (2 sp.).
+
+
Momordica (2 sp.).
+
Muellerargia Jeffreyana .
+
Oreosyce africana .
+
Peponiam betsiliense .
+
P^onium Boivini .
+
+
Peponiun Humbertii .
+
+
+
+
+
-1-
Trochomeriopsis diversifolia .
+
-1-
+
-i-
Des études récentes (Tronchet, 1941), ont montré que
de la Bryone étaient munies de ceÙuies tactiles. Chez le Cayaponia
madagascariensis, il existe des ensembles cellulaires formant des sortes e ve
à la surface des vrilles.
Source : MNHhJ, Paris
RECHERCHES SUR LES CüCüRBITACÉES DE MADAGASCAR 265
L’apparition de la lianescence de la tige et des vrilles se fait à des stades de déve¬
loppement différents chez les diverses espèces. En générai, les premières vriUes ne se
développent pas avant que les jeunes plants aient acquis 5 à 10 feuilles. La lianescence
qui peut, chez les genres Corallocarpus, Kedrostis, Lemurosicyos par exemple, se
manifester dès le stade à 3 ou 4 fetiilles, semble plus tardive chez d’autres espèces :
Seyrigio. Humbertii, Seyrigia Bosseri et Trockomeriopsis diversifolia.
n faut rappeler ici, bien qu’un tel type soit une exception et n’existe pas à Mada¬
gascar, le cas des vrilles bifides, aux extrémités aplaties en surface d’adhérence que l’on
rencontre chez le Macrozanonia macrocarpa (Blume) Cogn. de l’Insulinde. Le dévelop¬
pement de ces organes se fait également assez tardivement.
4, La succulence.
La présence de « plantes grasses » est certainement l’un des traits les plus originaux
qui caractérisent les Cucurbitacées de Madagascar.
La succulence (ou crassulescence) des végétaux correspond à l’enrichissement de
certaines cellules ou de certains organes en sucs susceptibles de fixer et de retenir l’eau,
même si les conditions externes favorisent une évaporation intense.
De telles dispositions peuvent s’étendre à tous les organes aériens des plantes,
mais, le plus souvent, ce sont les axes caulinaires et les feuilles qui acquièrent la succu¬
lence. Ce type biologique ne semble pourtant représenté que dans un nombre relati-
Tement faible de familles (une vingtaine environ, Asdépiadacées, Liliacées, Crassul-
(ées, Vitacées, etc.).
Les plantes grasses occupent presque toujours des stations sèches, et on les con-
âdère comme particulièrement typiques des zones subdésertiques. Si l’on exclut les
Cactées, les Fouquiéracées, les Didiéréacées, les Ficoïdées, dont tous les représentants
sont succulents et subtropicaux, la crassulescence dans les autres familles, demeure
un phénomène plus rare. La seule grande famille renfermant de nombreuses plantes
passes en régions tempérées est celle des Crassulacées.
A Madagascar, la succulence se manifeste chez deux genres endémiques de Cucur-
Mtacées mais elle affecte des organes différents. Chez les Seyrigia, la tige est charnue
et iianescente. Cette tige principde, aphyile à l’état adulte (de minuscules feuilles tri-
on palmatiséquées se développent seulement sur les très jeunes plants), peut atteindre
jusqu’à 10 m de long et se ramifier irrégulièrement pour former un enchevêtrement
très complexe de rameaux {Seyrigia gracilis).
Par contre, le Seyrigia Humbertii forme, à l’état jeune, des touffes de rameaux
dressés, puis quelques-uns se transforment en rameaux lianescents et s’accrochent.
Chez le Seyrigia gracilis et le Seyrigia multiflora, les rameaux, épais de 24 mm, sub-
c^driques à l’état frais, laissent appartdtre des côtes dès qu’il y a dessication. Chez
b Seyrigia Humbertii et Bosseri, les rameaux, plus larges (6-10 mm) que dans les
deux espèces précédentes sont toujours profondément sillonnés.
Les tiges des Seyrigia multiflora, S. Humbertii et S. Bosseri sont couvertes d’une
pubescence plus ou moins dense et plus ou moins laineuse, parfois loctdisée dans les
Æons (pl. IX, 3, 4).
Chez les Xerosicyos, la succulence n’affecte que les limbes foliaires. Les Xerosicyos
X. Perrieri et X. Decaryi ont un limbe très entier, à contour subcirculaire
W dliptique, sans sinus à l’insertion du pétiole, à nervures tot^ement invisibles sur le
bis flimbes trop charnus), et parfaitement glabres. L’épaisseur du limbe peut atteindre
W mm pour un diamètre rarement supérieur à 50 mm et la cuticide est épaisse, ver-
“bée et brillante (pl. IX, 1, 2).
Chez le Xerosicyos pubescens, les feuilles ovdes-diiptiques, atténuées et finement
*Mminées au sommet, sont entièrement recouvertes d’un tomentum laineux très
d®», mais le limbe est charnu.
Source : MNHN, Paris
266
M. KERAUDREN
Un essai de dessication, dans ies conditions naturelles, nous a donné les résultats
suivants : (durée de l’expérience, 3 mois).
Poids
Poids
dessication
Perte
g
g
%
Xerosicyos Danguyi .
266
31
84
Xerosicyos Perrieri .
117
18
84
La succulence des Cucurbitacées n’est pas en corrélation comme c’est le cas chez
les Cactées, les Didiéréacées et certaines Euphorbes crassulescentes, avec l’apparition
d’épines. Cependant, on doit rappeler l’existence d’une Cucurbitacée arbustive épi¬
neuse, non succulente, dans les déserts du Sud-Ouest africain : l’Acanthoskyos kor-
ridus.
On peut comparer ces plantes succulentes et inermes (Xerosicyos et Seyrigia)
à d’autres végétaux appartenant aux familles les plus variées. La convergence de forme
est parfois tellement marquée qu’il est extrêmement dÜBcile de reconnaître sur le
terrain, ou en herbier, des plantes stériles.
Nous avons vu précédemment que les répartitions de ces deux genres crassules-
cents demeurent caractéristiques et se limitent au domaine méridional de l’üe ou re¬
montent un peu dans le domaine de l’Ouest (sec).
Convergences de formes à Madagascar.
Seyrigia :
Cette forme de succulence ne semble pas avoir reçu, jusqu’à présent, de dénomi¬
nation particulière dans la terminologie descriptive des formes biologiques. On la
trouve pourtant réalisée dans plusieurs familles. Ainsi le Seyrigia Bosseri présente des
caractères morphologiques externes tout à fait comparables à ceux de certains Cissus
(C. quadrangularis L., Vitacée), et à ceux des deux espèces endémiques du genre
Notonia (Composée).
n existe, de même, une nette convergence de forme entre le Seyrigia gracilis et
VAdenia subsessilifiora H. Per. (Passifloracée). Nous avons, sur le terrain, récolté
des échantillons de cette plante, sans examiner les fleurs, en la considérant, à première
vue, comme un Seyrigia gracilis.
La tige parfois marbrée du Seyrigia multiflora rappelle celles de quelques Asdé-
piadacées aphylles {Cynanckum, Platykaeleba).
Ces diverses plantes succulentes, aphylles et lianescentes peuvent se rencontrer
dans un même biotope (végétation xérophile du Sud de Madagascar).
Xerosicyos :
Un certain nombre de liane charnues possèdent comme 3 espèces de ce genre,
des feuilles épaisses, à nervures peu apparentes sur le frais, à contour drcuiaire ou
elliptique, leur donnant l’aspect de pièces de monnaie. A Madagascar, des Senecto
formes étranges entrent dans cette catégorie : ies feuilles du Senecio crassissujua
H. Humb. rappellent celles du X. Danguyi et ies feuilles du Senecio Saboureaui
H. Humb. cdies du Xerosicyos Perrien.
Les tiges lianescentes de certaines Asdépiadacées australiennes du genre noy
portent des feuilles semblables à celles des Xerosicyos crassuiescents.
Source ; AlfJHM, Paris
RECHERCHES SUR
CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
267
Fie. 25. — Variation de la forme des feuilles chez le Trockomeriopais diveraifolia
Les feuilles ont été prélevées sur les échantillons d'herbier suivants ;
1. Perrier de la Bâthie, 1T961 (cf); 2.3. M. Keraudren, 639 (cf ): 4. Un détail de la face
inférieure du limbe montrant les petites écailles calcaires qui rendent la feuille scabre ;
S. Perrier de la Bâthie, 1S869 (li) ; 6. Humbert, 19075 (ster.) [toutes les feuilles x 2/3].
Source : MNHN, Paris
268
M. KERAUDBEN
5. Variation et variabilité.
Beaucoup d’espèces présentent, par rapport aux définitions données pour chacune
d’elles par les systématiciens, un éventail de « formes » que l’on peut attribuer soit à
des phénomènes conduisant à des unités inférieures stables facilement définies, soit
simplement à ce que l’on a coutume de nommer le polymorphisme.
On admet, aujourd’hui, qu’un polymorphisme qui souvent ne justifie pas la dis¬
tinction d’unités taxinomiques, répond néanmoins à des manifestations liées à une
réaction de la plante à des facteurs internes ou externes. Ainsi, les phénomènes de poly¬
ploïdie n’apportent que rarement des éléments autorisant la distinction de taxons
différents. D’autre part, la vicariance se traduit parfois, chez une même espèce, par des
différences morphologiques à peine décelables.
Nous considérons comme variabilité, l’apparition dans une population, ou sur im
individu, ou dans un ensemble rapporté à une seule espèce, de caractères présentant
des différences instables, non analysables ou dont on ne saisit pas la raison.
Quant à la variation, elle correspond à l’apparition sur nn lot d’individus rapportés
à une même espèce, de caractères particuliers, stables, mais ne justifiant pas la distinc¬
tion d’unités systématiques de rang spécifique (couleur des graines, formes écologiques,
polyploïdie).
Dans les Cucurbitacées de Madagascar, nous avons rencontré quelques exemples
de variabilité et de variation.
Polymorphisme foliaire.
Les limbes foliaires du Trochomeriopsis diversifolia (espèce répartie dans tout
l’Ouest et le Sud de la Grande-Ile), présentent des formes extrêmement variées :
— triangulaires, sub-entiers, cordés à la base;
— à silhouette de feuille de lierre ou de platane;
— à 3 lobes identiques ou le plus souvent un lobe médian simple et deux lobes
latéraux auriculés extérieurement (presque à 5 lobes).
Les borda des limbes sont toujours entiers mais les lobes peuvent avoir des formes
et des tailles très variées : lobes allongés-elliptiques (3-15 cm de long sur 2 cm de large),
lobes obovdes ou rhomboîdaux-subspatulés (fig. 25).
Tous ces types de feuüles peuvent se rencontrer sur un même individu et à des
niveaux très variés (variabilité), quelque soit l’âge de la tige. Par contre nous avons
trouvé des individus dont les feuilles sont toutes d’un seul type.
Chez le Zehneria Perrieri (fig. 26) et le Kedrostis elongata nous retrouvons des
cas semblables.
Nous avons essayé d’expliquer ce polymorphisme lorsque celui-ci semble être lié à
un phénomène de variation.
Les jeunes pieds de Trochomeriopsis (1 à 10 feuilles) possèdent surtout des feuilles
à limbes indivis, palmatilobés. Ce caractère peut se retrouver, plus rarement il est vrai,
sur des tiges âgées. Mais de telles feuilles indivises n’apparaissent pas spécialement sur
les parties distales de la plante adulte (en voie de développement). Ainsi l’échantillon
Seyrig 712 b, constitué par les extrémités supérieures d’une « grosse liane à tige li¬
gneuse souple » (note du collecteur), présente de petites feuilles à 3-5 lobes, mesurant
3 cm sur 1 cm.
On ne peut donc véritablement interpréter la présence de feuiües indivises comiM
un caractère lié aux tiges jeunes en voie de développement. Mais la présence sur de
jeunes pieds, de feuilles entières, pourrait être considérée comme une forme de jeu¬
nesse.
Source ; MUHN, Pwis
RECHERCHES SUR LES CUCURBICATÉES DE MADAGASCAR
269
1- 2. Herbier du Jardin Botanique de Tananarive 2936; 3. 4. PElUfttER de la BAtthe 18072;
S. Baron 2620; 6. 7. 8. 9. 10. Baron 1186; il. 12. 13. Bosser 13624; 14. Benoist
1219; IS. 16. Service Forestier 96; 17. Baron 1330; 18. 19. Baron 3843; 20. 21.
Baron 3843 (toutes les feuilles x 2/3).
Source ; MNHN, Paris
270
I. KERAUDREN
A la lumière des travaux de Nitsch, Kurtz, Liverman et Went (1952), nous avions
pensé que cette variabilité aurait pu correspondre à un dimorphisme sexuel lié, par
exemple, à une action irrégulière des facteurs externes. Mais nos observations n’ont pas
permis de confirmer cette hypothèse : le Trochomeriopsis diversifolia est dioîque.
Si les pieds (S sont beaucoup plus nombreux que les pieds 9, on ne peut trouver
une relation entre la forme des feuilles et le sexe de l’individu.
Le Zehneria Perrieri par contre est monoïque, c’est pourquoi nous ne pouvons
retenir une variabilité en relation avec le sexe puisque chez cette plante à feuilles très
variées, on trouve sur un même individu des fleurs d et des fleurs 9.
Chez le Trochomeriopsis diversifolia, les formes de feuilles n’ont pas de relation
avec la variation du nombre chromosomique {jpolyploidie, phénomène de variatiori).
De même il n’y a pas de corrélation entre polymorphisme foliaire et la coloration
des téguments des graines. Par contre, on remarque qu’aux plantes à 2 n = 45 cor¬
respondent des graines à téguments gris, aux plantes à 2 n = 24, 2 n = 36, corres¬
pondent des graines à téguments beige dair. On peut donc admettre une variation à
l’intérieur de l’espèce.
L’examen de la distribution géographique et des biotopes, n’a pu apporter d’ar¬
gument valable pour expliquer ces phénomènes.
De plus il n’existe aucun lien entre le polymorphisme foliaire de certaines espèces
du genre Zehneria et le polymorphisme des grains de pollen signalé également dans
quelques espèces de ce genre.
Un essai de traduction en « diagramme de dispersion symbolique » (méthode
d’ANDERSON), n’apporte pas de précisions même si on lie aux phénomènes de variabi¬
lité morphologique les éléments écologiques ou chorologiques.
— Autres manifestations de la variabilité et de la variation.
Une des particularités de la famille est de produire des fruits pouvant avoir les
formes et les tailles les plus variées : Calebasses (Logenorio), Coloquintes {Citrullus
Colocynthis). Ces phénomènes peuvent être considérés comme des variations ou des
variabilités. Sur le matériel mdgache nous n’avons pu étudier ces particularités.
Des strucutres anormd.es d’androcée ont été signalées et étudiées par H. Humbert
(1944) chez le genre Xerosicyos.
De toutes ces observations nous pouvons conclure que, dans l’état actuel de nos
connaissances, on ne peut définir un phénomène interne (origine génétique ou physio¬
logique), pour expliquer le polymorphisme des feuilles chez les Cucurbitacées étudiées.
B. Appareil reproducteur et reproduction sexuée.
1. Répartition des sexes.
Un grand nombre de Cucurbitacées décrites précédemment comme dioïques
n’étaient connues en réalité que par des fleurs d. Dans de nombreux cas, nos obsep
varions ont permis de'compléter les connaissances au sujet de la sexualité dans beaucoup
de genres mdgaches.
Toutes les Cucurbitacées malgaches sont unisexuées. La présence de fleurs he>
maphrodites a été rarement signalée dans cette famille et les auteurs modernes ne sont
pas toujours d’accord sur ce sujet. Chez le genre asiatique monospécifique BenincasOi
cultivé et trouvé exceptionnellement à Madagascar, les staminodes des fleurs 9
vent être fertiles.
Les Cucurbitacées malgaches comprennent des espèces monoïques ou dioïqu^
Sur les 63 espèces étudiées à ce propos avec une certaine sûreté, nous avons dtooiW
17 genres monoïques, groupant 36 espèces : Ampelosicyos, Cayaponia, CitruU^,
Corallocarpus, Cucumella, Cucumis, Cucurbita, Lemurosicyos, Lagenaria, iq?®’
Source ; A1NHNJ, Paris
TABl-EAU
Forme dee logee steminalee et répartiHon dee aexee
Forme des loges
R(?pnrlitio
n des sexes
Dioiqiies
Monulijues
Seyrigia (4 sp.)
Corallocaipiis (3 sp.)
Telfairia (1 sp.)
Zekneria (8 sp.)
Ëtamines à loges
Trochomeriopsii (1 sp.)
Oreosyce (1 sp.)
droites ou peu
Xerosicyos (4 sp.)
Muellerargia (1 sp.)
arquées.
Zygosieyos (1 sp.)
Kedrostis (6 sp.)
Cucumella ^ sp.)
Zombitsia (1 sp.)
Trichosanthes (1 sp.)
Peponium (11 sp.)
Benincasa (1 sp.)
Cayaponia (1 sp.)
CucurbiCa (1 sp.)
Étamiiies à loges
Citrullus (12 sp.)
tripUquées.
Cucumis (3 sp.)
Sechium (1 sp.)
Ri^kidiocystis (1 sp.)
Lemurosicyos (1 sp.)
Momordica (2 sp.)
Lagenaria (1 sp.)
Ampelosicyos (1 sp. certaine)
sigmoïdes.
LageTiaria (1 sp.)
Luffa (2 sp.)
Source • MNHN, Paris
272
M. KERAtrOREN
Momordîca, Muellerargia, Oreosyce, Raphidiocystis, Sechium, Trichosanthes, Zehne-
Ha (8 espèces).
Huit genres sont dioïques : Peponium, Seyrigia, Telfairia, THcyclandra, Trocko>
menopsis, Xerosicyos, Zygosicyos, Zombitsia. A ces genres il faut ajouter une espèce
de Zehneria, le Z. emimensis, seule espèce dioïque de ce genre à Madagascar.
Nous n’avons pas rangé dans ces deux groupes les Kedrostis, encore trop peu con¬
nus et surtout représentés dans nos herbiers par un matériel incomplet. Cependant
ce genre comprend 2 espèces dioïques : le Kedrostis elongata et le Kedrostis Perrieri.
Nos observations dans la nature nous ont amenée à faire les remarques suivantes :
— le nombre de pieds 9 est toujours très inférieur au nombre de pieds é
(même remarque chez la Bryone);
— il en résulte que (sauf chez les espèces alimentaires), on rencontre peu de
sujets fructifiés.
On peut invoquer un certain nombre d’hypothèses pour expliquer la présence ou
l’absence de fruits.
1. En raison de la dioécie fréquence, l'homoclinie est impossible. Il faut donc
supposer la présence d’un agent extérieur au moment voulu (insectes, vent).
2. Chez les espèces monoïques, la maturité des fleurs c? et 9 se fait presque si¬
multanément (exemple, le Lemurosicyos et le Corallocarpus). La fécondation se fait
normalement et c’est pourquoi l’on rencontre de très nombreux pieds en fruits dans les
stations naturelles.
2. La pollinisation.
L’androcée des Cucurbitacées présente des structures très variées en ce qui con¬
cerne le nombre et la forme des anthères et des loges.
Sur le pian de la biologie florale, cet androcée ne possède pas de particularités
exceptionndles : dimensions moyennes, généralement inclus dans la coupe florale ou
peu s ailla nt en dehors du périanthe, généralement jaune. Mais il est possible que les
étamines à loges très contournées (condupliquées) soient sensibles à des conditions
externes et internes beaucoup plus larges en ce qui concerne le seuil de rupture des
sacs poUiniques.
On peut grouper dans un même tableau, les 27 genres de Cucurbitacées en considé¬
rant la forme des loges et la séparation des sexes (tableau 9).
En raison de la dioécie et de la monoécie des espèces, un transport de pollen d’une
fleur 9 à une fleur d est obligatoire. Actuellement, rien ne permet d’aflirraer, en ce
qui concerne les Cucurbitacées, qu’un petit pollen soit plus facilement transporté
qu’un pollen de grosse taille. Dans l’étude de palynologie nous avons constaté que
les pollens les plus volumineux {Cayaponia, Cucurbita) sont hérissés d’aiguilles ou
d’aspérités qui leur permettraient, au cours d’un éventuel transport, de se fixer plus
facilement qu’un grain peu ornementé. Puisque nous ne pouvons pas établir des rap¬
ports précis entre la morphologie des pollens et les phénomènes liés à la fécondation,
il était intéressant de rechercher s’il existait des «adaptations» particulières dans U
fleur favorisant de ces phénomènes.
Chez certains genres : Cayaponia, Cucumis, Zombitsia, Benincasa, Oreosyce et
Zehneria, la base du style est entourée d’une collerette qui correspond à un oigane
nectarifère équivdent de ceux décrits par Archanceli (1899) et Knuth (1898) cbes
certaines Cucurbitacées cultivées.
Dans les cas où de tels organes spécialisés n’existent pas, il y aurait peut être tr^
fert de la fonction nectarifère aux pistillodes et aux staminodes (bien dévdoppé» c es
les genres Seyngia et Corallocarpus par exemple).
Source : MNHfJ, Paris
RECHERCHES
LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
273
Si l’entomogamie doit être considérée comme un facteur important dans la fécon¬
dation {on a signalé des pollens de Cucurbitacées dans des miels), on ne peut éliminer
toUdement l’influence du vent.
3. Le FRUIT, LA GRAINE, LA DISSÉMINATION.
Sauf chez les genres Xerosicyos et Zygosicyos à ovaire serai-infère, les autres genres
de Cucurbitacées ont un ovaire infère. Celui-ci contient des ovules plus ou moins nom¬
breux qui peuvent être pendants, dressés (cas les plus rares) ou horizontaux 0a plupart
des espèces).
Le périanthe est semblable dans les fleurs «J et 9 et des staminodes peuvent
occuper, dans quelques espèces et dans les fleurs 9, la place équivalente des étamines
dans la fleur c?. La structure de la fleur 9 est stable.
Le fruit.
Nous avons tenté d’expliquer le développement des ovaires qui conduit à l’orga¬
nisation des fruits. Nous avons souligné que la mise en place de cloisons secondaires
complexes avait pour conséquence la formation de fruits (ou diaspores) de structures
variées.
Dans ce paragraphe nous considérons ce problème sous l’angle de la biologie
dynamique et il nous a semblé utile de faire ressortir les caractères suivants :
— déhiscence et indéhiscence;
— fruits secs et fruits charnus (tableau 10).
TABLEAU 10
FruiU
s...
Charnus
1 D&ùcents .
Xeroiicyos
Zygosicyos
Luffa
Corallocarpus
Monordica
R<^hi(üocysti5
Cayaponia, Oreosyee.
Cucumella, Zehneria.
LemurosUyos.
Kedrostis, Seyrigia.
Peponium, Zombiisia.
Troehomeriopsis.
Muellcrargia, Ampelosicyos.
Tricyclandra, etc.
et tontes les espèces cultivées.
Parmi les espèces à fruits charnus, certaines sont comestibles et possèdent une
palpe épaisse, riche en sucre et en eau : Cucumis, Cucurbila, Beniruasa, Seckium, etc.
^ plantes jouent un rôle important dans l’dimentation des populations des terres
saches plus ou moins désertiques.
10.
Source : MNHN,,Paris
274
I. KERAUDREN
D’autres fruits, malgré leur taille importante (Kedrostis, Peponium, (fig. 27, 4, 2)
et Trochomeriopsis, (pl. X, 3) ne nous ont pas paru être goûtés des mammifères ou
des oiseaux. D’après des renseignements communiqués par des indigènes, les fruits
charnus, rouges et de petite taille, du genre Corallocarpus, auraient une nocuité abso¬
lue pour les animaux.
Dans les fruits charnus et déhiscents, ceux des Corallocarpus sont particuliers :
il s’agit d’une sorte de pyxide dont le couverde est beaucoup plus important que U
base (fig. 27,11 et pl. X, 4). La déhiscence se fait selon une fente circulaire (diamètre du
fruit). Chez les deux autres fruits déhiscents et charnus, l’ouverture se fait au moyen de
3 valves {Momordica, Raphidiocystis).
Les fruits secs déhiscents peuvent avoir une fente distale comme chez les Xm-
sicyos (pl. X, 1) et les Zygosicyos (fig. 27, 15,16) ou un opercule distal {Luffa). Aucun
de ces fruits ne comporte de dispositif annexe pouvant intervenir dans la dispersion.
Seuls le Raphidiocystis, POreosyce et le Muellerargia ont un péricarpe muni d’aspérités
et de poils raides assez développés pour que l’on puisse supposer leur accrochage dana
la fourrure des animaux (fig. 27, 5, 6, 10).
La grairte.
Dans les genres malgaches, la taille des graines varie de 30 mm de long et 18-
20 mm de large {Ampelosicyos) jusqu’aux très petites graines aplaties des Zehneria
et des Cucumis, environ 5-6 mm de long et 4-5 mm de large (fig. 28) ; leur tégu¬
ment peut parfois s’épaissir fortement et donner une enveloppe très résistance {AmpC’
losicyos). Dans quelques cas le tégument est ornementé mais on ne trouve, à Mada¬
gascar, aucune graine munie de dispositif d’accrochage.
Cependant, les graines de plusieurs genres gardent, autour du tégument, une
membrane très fine, dont l’origine et la signification sont encore mal connues. Il est
possible qu’il s’agisse d’une annexe tégumentaire comparable aux véritables arilles
{Peponium, Seyrigia, Corallocarpus, Lemurosicyos, Momordica, Sechium, Kedrostis).
L’existence d’un arille ou d’un arillode chez quelques Cucurbitacées {Sechium,Mo'moT-
dica, Echinocystis, etc.) est attestée par Corner (1949) qui a invoqué ce caractère à
l’appui de ses théories sur l’archaïsme chez les plantes.
Deux genres seulement de Cucurbitacées mdgaches possèdent des graines ailées :
Xerosicyos, Zygosicyos (fig. 28, 9, 10). La présence de graines ailées, parfois
très fortement {ZanonicP), se constate dans de nombreuses espèces de Cucurbitacées
asiatiques.
Bien qu’il existe des réserves oléagineuses dans beaucoup de ces graines, nous
avons pu constater, grâce à des essais de germination échelonnés (1 à 3 ans), que le
pouvoir germinatif des Cucurbitacées sauvages de Madagascar pouvait se conserver
assez longtemps. Toutefois, la germination des grosses graines riches en huüeder.dm-
pelosicyos Humblotii n’a pu être obtenue expérimentalement.
La dissémination.
Chez les Cucurbitacées, la graine constitue l’élément de dissémination, le fruit
n’intervenant comme diaspore que très exceptionnellement.
Certaines espèces ont des fruits contenant plusieurs centaines de graines (Cucum^
Citrullus), mais ce nombre peut se réduire à une cinquantaine chez le Trochomeiwpsis,
les Peponium et seulement à 34 chez le Zygosicyos, les Xerosicyos et les Seyngia.
On pourrait établir des spectres dé dispersion qui mettent en jeu une clas8ifi«^“
basée soit sur la morphologie propre de la graine, soit sur la nature de l’agent de
persion. Mais dans le cas présent, il serait superflu de dresser ces spectres car, saut po
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
276
FiG. 27. — DifffeeuU typoa de fruiU
!• Lmnur<aieyo$ variegala; 2. P^nium Perritri; 3. Trodumerioptil iiteriifoliQ i 4-
drtmii tlongala; S. Raphidiocytüs braehypoda; 6. Oreotyce africoM; 7.
lueorum: 8. Amptloticyot Humblotii: 9, Momo/diat C/ùwaalio; 10.
JefirrPno; il. CoraUocarpiu P«rrieri: 12. SayrigiçgracUis; 13. Zp6>uri9 miriff»»:
14. Coyaponia africaiiù yar. madagatawuntisi iS. Pwrien; 16.
vÿontUu (loue cee fruits x 2 /3).
T 56*016 6
Source ; AlfJHM, Paris
276
M. KERAUDREN
un seul genre cyciochore {Seckium) et deux genres ptéro-anémochore {Zygosicyos,
Xerosicyos), toutes les Cucurbitacées malgaches sont des barochores. Ces barochores
peuvent être parfois endozoochores ^es espèces cultivées) ou autochores {Raphidio-
cystis, Momordica).
4. La germination et la pi.antule.
La germination des Cucurbitacées n’est connue que dans un nombre assez res¬
treint de genres. On y trouve des genres à germination hypogée, d’autres à germina¬
tion épigée. Chez les Momordica, il existe des espèces du premier type et des espèces
du second type. Les espèces cultivées des genres Citrullus, Cucumis et Cucurbita ap¬
partiennent, d’après Hegi (1915) et Zimmermann (1922), au type épigé.
Nos observations apportent à la fois des confirmations aux résultats antérieurs et
de nouvelles connaissances sur quelques espèces malgaches dont les graines ont con¬
servé leur pouvoir germinatif assez longtemps pour permettre une série d’expériences.
Germination épigée :
Citrullus Colocynthis, Corallocarpus Grevei, Corallocarpus Perrieri, lagenaria
siceraria, Lemurosicyos variegata, Peponium hetsiliense, Peponium kirteîlum, Seyri-
gia Bosseri, Seyrigia gracilis, Seyrigia multifiora, Seyrigia Humbertii, Trochomeriop
sis diversifolia.
Germination hypogée :
Un seul exemple malgache, le Kedrostis elongata, mais Zimmermann (1922)
avait signalé une germination de ce type chez le Kedrostis heterophylla.
Rappelons qu’il y a vi\iparité chez le Sechium edule.
Malheureusement nous ne possédons aucun renseignement sur la germination
d’un certain nombre de genres présents à Madagascar. La recherche dans la nature
de fruits ou de graines fertiles s’est avérée infructueuse (Xerosicyos, Zygosicyos,
Cayaponia, Oreosyce, Muellerargia, Tricyclandra, Raphidiocystis, Cucumella). La
germination n’a pu être obtenue pour VAmpelosicyos ffumblotii et le Zombitsia luco-
rum.
Observations expérimentales.
Nous avons fait plusieurs essais de germination soit en terre, soit en étuve (milieu
artifidd). Les meilleurs résultats furent obtenus dans une étuve à 28-29® et tous les
essais ont été repris, à cette température, à partir de janvier 1961. Le tableau 11, a-
dessous, résume les diverses observations effectuées sur la durée de la conservation du
pouvoir germinatif et les temps de germination,
A partir de cette étude nous pouvons faire les remarques suivantes :
— le vieiüissement des graines n’a pas eu un effet identique poiu les différente
genres, bien que tous les lots de graines aient été récoltés, conservés et mis en germi¬
nation dans des conditions homogènes;
— dans l’ensemble, il a suffi d’un faible nombre d’heures pour que se produise
l’éclatement du tégument et l’apparition de la radicide sur des graines placées dans
des conditions favorables;
— à une température de 22 à 30® et une humidité saturante, la croissance de U
radicule est très rapide chez certaines espèces.
Dans les conditions expérimentdes citées, seul le Trochomeriopsis diversifolia
a montré une grande vitdité. Sur 10 graines, nous avons noté que la radit^e atteint
en moyenne 25 mm en 48 heures. Si l’on procède à une amputation de l’extrémité e
Source ; MNHN, Paris
Fig, 28. — Différents types de graines vues de face et de profil
1. I^murosieyos variegata; 2. Oreosyce africana; 3. RaphidiocystU brachypoda; 4. Trocfiome-
riopjû diferji/oKo; 5. Peponium WrteHum; 6. Cùruüus lanalu» ; 7. Zomfcitsio futorum ;
8. Cayaponia africana var. madagascariensù ; 9. Zygosicyac tripartilus; iù. Xeroiicyos
Danguyi; il. MueUerargia Jeffreyana; 12. lAigenaria siccraria; 13. Luffa acutangula:
14. -dmpcJosKyos scanderu; 15. Tricyclandra I^andrii: 16. Momordica Charantia; 17.
Xedroslù elongolo; 18. Seyrigiagracilis; 19. Cucumis AfeJo; 20. CoraJJoeorpiis Perrieri;
21. C.Grei.ei;22. ZeWrioemirnensis; 23. Z. Perrieri. (1-13,15,16 x2:14 xl;17.23
X 3).
10 a.
Source : Mt-JHN, Paris
278
M. KERAUDREN
ia radicule, la zone traumatisée forme un bourrelet cicatriciel important qui, en 60 heu¬
res, donne naissance à des ramifications, celles-ci se développant à une vitesse plus faible
que celle de la radicule primaire. Une baisse de l’humidité atmosphérique provoque
très rapidement une perte totale de la turgescence de la radicule. En l’absence de tout
apport de substance nutritive, la graine donne une jeune plantule qui peut se déve¬
lopper durant une dizaine de jours et parvenir au stade du premier entre-nœud foliaire,
puis elle dépérit.
Chez les autres espèces endémiques {Seyrigia, Lemurosicyos variegata, Corallo-
corpus Grevei) les germinations se sont montrées beaucoup plus délicates.
Caractères de quelques plantules.
1. Seyrigia multiflora (pi. XI, 1).
— Axe hypocotylé de 12 à 20 mm de long, 2 mm de diamètre;
— cotylédons nettement pétiolés, environ 20 mm de long; limbe de 10 mm sur
12 mm, obscurément trinervé, très décurrent sur le pétiole, crassulescent, nettement
cilié sur les marges et portant quelques poils épars sur sa surface; « base du pétiole >
fortement élargie, cicatrice d’insertion en demi-lune;
— jeune axe crassulescent et couvert d’une pubescence laineuse très fine, 2-3 mm
de diamètre, subcirculaire; les premiers nœuds portent une minuscule feuille dentée,
trilobée, tridactyie ou pentadactyle, de 1-2 mm de long.
Chez le Seyrigia gracilis, les cotylédons sont plus petits, plus minces et les pre¬
miers nœuds portent des feuilles linéaires de 2-3 mm de long.
Chez le Seyrigia Humbertii, la jeune plantule est semblable à celle du Seyrigia
multiflora mais plus robuste.
Le Seyrigia Bosseri possède un premier entre-nœud de silhouette presque ovale,
mais ia structure « articulée » apparaît dès le 2« ou le 3« entre-nœud. Les nœuds les
plus jeunes portent une très petite feuille trilobée axillant souvent un rameau latéral
(pl. XI, 2).
2. Trochomeriopsis diversifolia.
— Hypocotylé de 20-25 mm de long et 4 mm de diamètre;
— cotylédons à limbe plurinerve de 18-20 mm de large sur 20 mm de long, asses
brusquement contracté en un pétiole de 8-10 mm de long et 3 mm de large;
— les plus jeunes feuilles se différencient alternativement, la première ayant une
silhouette subtriangulaire, les autres acquérant rapidement une forme pluridentée.
La feuille la plus jeune entraîne sur quelques millimètres le bourgeon terminé de la
jeune plantule. Jusqu’à un stade de 7, 8 et même 10 feuilles, il n’y a aucune trace de
la différenciation de vrille (pl. XI, 4).
3. Kedrostis elongata.
— Cotylédons très petits, 4 mm de long environ;
— les feuilles prennent rapidement un profil normal, les premières axillant des
bourgeons pouvant donner naissance à un rameau latéral. Au stade de la 5® w ^
l’action du froid a provoqué le développement à l’aisselle de la feuille, d’une vrille
d’un rameau latéral, consécutivement au dépérissement de l’axe.
Source : MtJHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
279
(Suite)
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
281
1
s
Les quatre espèces oat donné
en serres des individus adultes.
Les graines des trois réeoltes ont
donné en serres des individus
avec tubérisation.
;
Aucun résultat.
lllln
13
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eo expérience
Janvier 1961
Février 1961
Juillet 1962
Janvier 1961
Février 1961
Juillet 1961
Juin 1962
JuMet 1961
Janvier 1961
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1 Janvier 1961
Janvier 1961
Novembre 1961
Juület 1962
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a g
Avril 1960
Mars 1960
Février 1962
Mors 1960
Mars 1960
Avril 1960
1 i i
1 1 1
1
Seyrigia multifiora :
M. K. 1083.
S^rigia Humbertii :
M.K, 640.
Seyrigia Bosseri ;
M. K. ISIS.
Trochomeriopsis divenifoUa :
M. K. 876.
M. K. 727.
M. K. 1085.
Zdm«ria emimmtU :
M. K_ 1131..
Z. pofycarpa :
M. K. 1030.
M. K-1732.
282
U. KERAUDREN
4. Lemurosicyos variegata.
— Cotylédons subsessiles, à nervure principale bien marquée et 1 à 3 paires de
nervures secondaires; ces cotylédons peuvent avoir 15 mm de large sur 30 mm de
long;
— l’hypocotyle atteint 10-12 cm au moment où apparaît la première feuiUe
(pl. XI, 3).
Dans l’ensemble, dès que les plantules ont franchi le stade de la cinquième feuille,
elles sont susceptibles de survivre assez facilement en serre. C’est ainsi que nous avons
pu obtenir les plantes suivantes qui étaient introduites pour la première fois en Emope :
•— le Trochomeriopsis diversifolia a donné plusieurs sujets vivaces (apparâ
souterrain), les tiges se développent chaque année, sans toutefois fleurir et perdent
leurs feuilles en automne;
— les 4 espèces de Seyrigia semées en 1962 atteignaient, en février 1964, 30 cm
de haut;
— le Lemurosicyos variegata (monoïque), semé en 1960, a fourni un beau lot de
plantes qui ont fleuri puis fructifié;
— le Corallocarpus Grevei a formé des organes souterrains de réserve et depuis
1960 donne des tiges feuillées chaque année; comme pour le Trochomeriopsis, les
feuilles tombent à l’automne.
Plusieurs de ces genres ont été également introduits dans les serres de l’Univerâté
d’Heidelberg (Allemagne fédérale) et dans celles de M. Marnier-Lapostolle à Saint-
Jean-Cap-Ferrat.
Les conditions dans lesquelles nous avons réalisé nos missions de terrain à Mada¬
gascar, ne nous permirent pas de trouver des plantules dans la nature, ceci malgré des
recherches fréquentes. B faut rappeler que le climat très sec des régions que nous avons
surtout explorées n’est entrecoupé que de pluies irrégulières, conditions ne favorisant
pas la germination des graines. Les germinations des Cucurbitacées sauvages ne sem¬
blent pas avoir donné lieu à des recherches approfondies. Les seuls documents compa¬
ratifs concernent uniquement certaines espèces cultivées.
Conclusions.
De cette troisième partie nous pouvons tirer les remarques suivantes :
— Les Cucurbitacées de Madagascar groupent, parmi les genres endémiques, des
plantes très différentes tant par la morphologie générde des divers organes de leun
appareils végétatifs et reproducteurs, que par les manifestations externes de leurs possi¬
bilités physiologiques en vue de leur maintien dans des conditions variées.
— L’existence de formes succulentes, liée à celle d’un développement accentué
des organes souterrains et à celle d’une grande rapidité de germination Çes condiüons
favorables étant réalisées), parait l’indice d’une bonne résistance à une action très
irrégulière des facteurs externes.
— Succulence et organes souterrains renflés favorisent le maintien d’une réserve
d’eau et de substances nutritives nécessaires à la plante pour assurer sa survie et sa
multiplication Qa dispersion des diaspores n’est peut être pas efficace). Rapprions <pe
ces plantes sont réparties dans les zones les plus sèches de Madagascar, zones où les
pluies sont, de plus, très irrégulières.
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES
LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
— Par rapport à d’autres représentants de ia famille, des plantes telles que les
Seyrigia et les Xerosycios possèdent à la fois succulence et organes de réserve. Les
Cucurbitacées des déserts nord-américains, dont les tubercules atteignent parfois ia
taille d’un homme {Marah), sont rarement crassulescentes. Cette structure se réalise
H pns le Nouveau Monde, chez les Cactées.
— Aucune espèce malgache n’est épineuse, ^ors que les Cucurbitacées des régions
subdésertiques de l’Afrique continentale {Acanthosicyos horrida Welw. ex Hook. f.,
Momordka spinosa (Gilg) Chiov.), acquièrent une spinescence marquée.
— Une succulence aphylle {SeyrigicC) existe aussi chez les Passifloracées et les
Asdépiadacées que l’on rencontre fréquemment dans les mêmes stations.
La présence de formes biologiques convergentes parmi des éléments systématique¬
ment éloignés caractérise bien souvent certains types de peuplements végétaux.
Source : MNHN; Paris
•A-
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'' ' f' ^
, '<• j-.V-î»-
Source :
RECHERCHES SUR LES CUCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR
285
CHAPITRE II
ÉTUDE DE QUELQUES ASPECTS
DE L’ENVIRONNEMENT
Généralités
Bien que figurant dans les collections botaniques depuis plusieurs décades parfois,
les unités taxinomiques examinées précédemment n’avaient, pour la plupart d’entre
elles, pas fait l’objet d’observations dans la nature. Il nous a donc paru utile de mettre
en évidence certaines des conditions d’existence des espèces en cherchant à comparer
les milieux où nous les avons rencontrées, ce qui permet d’essayer de repérer, corréla-
tivement aux résultats de la chorologie, quelles sont les rapports réciproques entre
les végétaux étudiés et les milieux qu’ils occupent.
De telles investigations, relatives à l’Écologie, nécessitent, quand on peut les
réaliser, une synthèse des éléments apportés par la climatologie locale, la microdimato-
logie, la morphologie structurale, la pédologie.
On peut s’attacher à connaître les conditions de vie d’une espèce en groupant toutes
les observations faites sur des individus, des éléments de populations, des populations
de l’espèce considérée (« essains, clairières »).
D’un autre point de vue, on peut orienter les recherches d’Écologie vers la défi¬
nition de la place d’une espèce, d’un groupe d’espèces, d’un genre, dans le peuple¬
ment végétd environnant; ces études dites de Phytocœnotique peuvent être soit pure¬
ment descriptives et conduire à une connaissance de base, statique, de la place qu’occupe
un taxon dans la végétation, soit comparatives et interprétatives et permettre alors de
définir le rôle dynamique de ce même taxon dans l’évolution de la végétation.
Ajoutons que, suivant Schr6ter (1902), l’on désigne parfois par « Synécologîe
mésologique », l’étude des facteurs stationnels en rapport avec la vie, et par k Synécologîe
éthologique » l’étude du comportement des végétaux et de la végétation à l’égard des
conditions extérieures.
La mise en place d’une documentation utilisable à des fins comparables d’Écologie
*t de Phytocœnotique se heurte, à Madagascar, à des lacunes en ce qui concerne les
connaissances des sols; de plus, l’absence d’ouvrages permettant la détermination des
spécimens de familles importantes, spécialement les Légumineuses, les Graminées,
les Rubiacées, élimine la possibilité de larges comparaisons.
Aussi serait-il très malaisé de réaliser des relevés floristico-statistiques précis;
ceux-ci n’apporteraient, en effet, que des éléments disparates dont il serait, de toute
®®uète, très imprudent de vouloir tirer des générdisations ; ainsi la mise en évidence
d associations végétales définies selon les critères de la méthode dite zuricho-montpel-
llétaine semble prématurée.
Source ; A1NHM, Paris '
286
M. KERAUDREN
Si i’on ajoute à ces raisons que nos investigations sur le terrain, obligatoirement
d’assez courte durée, sont loin de couvrir de vastes territoires pour des causes mul-
tiples évidentes, il sera bien compréhensible que nous n’ayons pas voulu donner à nos
relevés une valeur générale. Pour remédier en partie à cela, nous nous sommes
efforcé de procéder à des relevés les plus précis possibles sur les surfaces explorées.
Ainsi nous avons essayé de regrouper nos observations pour réaliser ime des¬
cription de quelques types d’habitat de certaines Cucurbitacées particulièrement inté¬
ressantes. Ces descriptions de localités apportent néanmoins des éléments d’un réel
intérêt, puisqu’elles permettent de définir d’une façon assez précise quelques-unes des
conditions de vie (environnement) auxquelles les espèces paraissent soumises ou adap¬
tées, sur le plan locd et régional.
Une telle étude apporte aussi d’utiles documents pour la délimitation de l’ampli¬
tude écologique des espèces.
À. Description de quelques biotopes à Cucurbitacées.
Plusieurs de nos documents (observations, relevés floristiques, analyses de sol)
ont été réunis à propos des stations à espèces endémiques situées dans le Sud de la
Grande-Ile.
Nous avons en effet visité à deux reprises (1960-1962), cette région, et, de ce fait,
les éléments de notre première mission ont pu être vérifiés et complétés de façon systé¬
matique.
1. Le cadre géologique.
Les diverses formations géologiques ne forment que localement des affleurements
constituant des séries stratigraphiques continues. Le socle précambrien (gneiss) occupe
pratiquement les plus grandes surfaces de la partie orientale de l’île avec, çà et là, des
massifs intrusifs de granité. Dans la région qui nous intéresse, les terrains sédimentaires
commencent par des schistes permo-carbonifères dits de la « Sakoa « et se poursuivent
par des séries gréseuses du Trias, des marnes calcaires et grès jurassiques. Le Crétacé,
offrant également la succession normale, marnes, calcaires et grès, se trouve fréquem¬
ment bouleversé par des épanchements basiliques pouvant occuper d’assez laiges sur¬
faces (haut-Fiheranana, Androy). Les deux formations géologiques les plus importantes
de la bande côtière du Sud-Ouest et du Sud sont les cicaires éocènes et les sables
pliocènes. Le Quaternaire est représenté par une formation dunaire très développée,
s’étendant de Tuléar jusqu’au Sud d’Androka; ces sables côtiers sont localement fossi¬
lifères (œufs d'Æpyomix). Les embouchures des principaux fleuves sont natureüement
occupées par des dépôts alluvionnaires récents (fig. 29).
2. Le cadre climatique.
Un certain nombre de stations météorologiques sont instüées en diverses localités
de la région méridionale : Morondava, Tuléar, Ambovombe, Ihosy, Betroka, Tsivory
et Fort-Dauphin. Les données de ces stations permettent évidemment de connaître
approximativement les conditions climatiques qui régnent sur la côte sud-ouest (Itam-
polo, Androka, Cap Sainte-Marie) ; elles rendent possible une comparaison assez large
des stations extrêmes de la zone que nous avons particulièrement étudiée, entre les
fleuves Fiherenana et Mandrare. Les météorologistes ont défini, sur ce territoire, deux
types de climats. L’un dit de l’Ouest et du Sud-Ouest, l’autre dit du Sud. Ces deux
c^mats étant totalement différents de celui de Fort-Dauphin, dit de l’Est.
Seids les deux postes d’enregistrement de Tuléar et d’Ambovombe se trouvent
situés en dimat du Sud. Les pluviosités de ces deux localités sont très comparables a
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
■<1
Esquisse géologique
de MADAGASCAR
Quateraalre
Pliocène
)i Miocène
E Eocëne
RS Crétacé sup.
Ki. Crétacé inl.
3 Jurassique (Isalo 11,111)
Tl Trias Sup. Ùsalo I )
T^ Trias inf; (Sakamena)
Permo-Carbonifère (Sakoa)
Rt Devono-Carbonifère
C Cambrien (cipolins)
/\j Précambrien sup.
A Précambrien lof,
^ Granité
Ç Roches v.olcanlques
So l«o
Fie. 29. — EaquiHe géologique de Madagascar (d'après Besairir)
Source ; MtJHN, Paris
I. KERAUDREN
la fois sur le plan quantitatif (Ambovombe 532 mm, Tuléar 493 mm) et vis-à-vis de la
répartition annuelle. Les principales différences à noter concernent le mois d’août :
Ambovombe recevant à cette époque une quantité d’eau quadruple de celle de Tuléar,
23 mm contre 5 mm; la température est plus élevée à Tuléar (moyenne 24°1) qu’à
Ambovombe (moyenne 22®3). Là encore, notons qu’aux mois les moins pluvieux
(août-septembre) correspondent des températures faibles assez différentes : environ 18°
à Ambovombe, plus de 20° à Tuléar.
Pour Tuléar, l’amplitude de variation de la tension de vapeur d’eau au cours de
l’année est de 8,3 mm (maximum 21,5; minimum 13,2), et l’amplitude de variation du
déficit de saturation est de 3,2 mm (maximum en décembre 6,9; minimum en août 3,7).
Nous n’avons malheureusement d’indication ni pour le plateau mahafaly, ni pour
la région côtière qui s’étend de l’embouchure de l’Onilahy au delta de la Linta, ce qui
naturellement laisse un vide difficile à combler par le jeu des extrapolations.
Nous avons, en outre, des renseignements concernant trois stations périphériques
au domaine du Sud (fig. 30); toutes trois sont situées dans la zone climatique de
transition entre l’Ouest et le Sud. Bien que ces trois localités : Ihosy, altitude 740 m,
Betroka, altitude 795 ra, et Tsivory, altitude 450 m, reçoivent, au total, beaucoup
plus d’eau que Tuléar, la saison sèche qui s’étend de mai à août est plus marquée.
La station de Tsivory, par exemple, ne reçoit pratiquement aucune pluie en mai-juin,
bien que la hauteur d’eau annuelle soit de 1 070 mm.
Quant à Fort-Dauphin sous climat de l’Est, à moins de 100 km d’Ambovombe,
il reçoit environ 1 800 mm, aucun mois n’ayant une pluviosité inférieure à 60 mm.
Divers climats prennent typiquement place dans les dimats tropicaux secs de
la classification d’AuBBÉviLLE (1949), les indices saisonniers étant :
Pluviosité
mensuelle
(100 mm|
Pluviosité
moyenne
(100-30 mm)
Pluviosité
tsible
(30 mm)
1 (0)
1
3
4
4
9
5 (6)
6
2
3
3
3
6
5
7
S
S
0
n...
Les diverses synthèses graphiques mettent en évidence des caractères spéciaux
de ces dimats, chaque type de graphique faisant ressortir plus particulièrement un
des éléments qui contribuent à la définition des valeurs « bioclimatiques » des facteurs
météorologiques (diagrammes ombrothermiques, fig. 30).
La construction des courbes selon le principe de Bagnouls et Gaussen apporte
des éléments comparatifs, toutes les stations possédant une période de « sécheresse
climatique » indiquée par le croisement de la courbe des températures et celle des
pluviosités, courbes construites selon P — 2T (P représente la pluviosité en mm et T la
température en degré C). Notons qu’il existerait une période de « subsécheresse » a
Fort-Dauphin, les courbes P et T se croisant si l’on construit P = 3T.
Cette technique, établie d’abord pour l’étude des régions tempérées et méditer¬
ranéennes, ne laisse pas suffisamment appar^tre la vdeur exacte des saisons sèches et
des saisons humides tropicdes. C’est pourquoi la technique des climatogramme*
d’AuBRÉViLLE est souvent utilisée aujourd’hui, avec des compléments choisis saon
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
289
-températures.
Note : pour le diagramme du centre, lire Betroka.
Source : MNHN, Paris
290
M. KERAUDREN
des estimations en ce qui concerne la définition d’un mois pluvieux et celle d’un mois
sec. L’aplatissement de la courbe dans le sens horizontal montre une faible amplitude
thermique annuelle; l’aplatissement dans le sens vertical, une faible amplitude de
pluviosité.
Quant à la classique notion d’indice d’aridité (de Martonne, 1926), elle apporte
une donnée générale traduisant les conditions météorologiques qui sévissent dans
chaque station mais ceci indépendamment de la notion de durée. Il en est de même du
Quotient pluviométrique d’EMBERGER (1940). Les formules résumant ces caractères
sont les suivantes :
Ifl
P
t ^ 10
Qv -
P = pluviosité; M = température maxima moyenne;
T = température annuelle moyenne; m = température minima moyenne.
A titre simplement comparatif, les indices d’aridité sont de 14 (Tuiéar), 17 (Ambo¬
vombe), 23 (Betroka), 30 (Ihosy), entre 40 et 50 dans le midi méditerranéen français,
et de 8,5 dans les régions désertiques du Kalahari.
Un certain nombre de classifications des climats font intervenir à la fois la pluvio¬
sité, la température et le déficit de saturation. Une carte des bioclimats de Madagascar
a été publiée récemment par P. Legris (1963). Cet auteur souligne que l’indice xéro-
thermique, au sens de Bagnouls-Gaussen (nombre de jours « biologiquement secs u),
passe de 0 sur la côte Est, y compris Fort-Dauphin, à plus de 160 entre Tuiéar et Ambo¬
vombe.
3. Les conditions stationnelles.
Certaines espèces de Cucurbitacées endémiques sont relativement communes dans
le Sud-Ouest de l’île, par exemple le Trochomeriopsis diversifolia et le Xerosicyos
Danguyi que l’on rencontre non seulement dans une aire géographique très larçe,
mais aussi dans des types de stations assez différents les uns des autres.
Aussi avons-nous choisi, sans doute un peu arbitrairement, de dormer la descrip¬
tion de stations particulièrement intéressantes, soit en raison de l’extrême locdisation
des espèces qui y étaient représentées, soit en raison de la diversité des Cucurbitacées
que l’on y rencontrait. Nous essaierons simplement de préciser, dans la mesure du
possible, quelques aspects de l’environnement physique ou biologique des plantes que
nous étudions spécialement.
On peut estimer qu’en raison des aléas climatiques il y a toujours un grand nombre
de plantes stérUes dont on peut noter la présence ou l’importance dans le paysage
végétal, sans pour cela les discerner dans un tableau floristique. Mais il est toujours très
difficile de remédier aux difficultés qui surgissent lors de l’exploration méthodique de la
végétation sur des territoires où régnent, comme c’est le cas dans le sud de Madagascar,
de longues saisons sèches.
C’est pourquoi, il ne nous a pas paru souhaitable de tenter de faire ressortir dans
nos relevés succincts, des valeurs chiffrées qui, de toutes manières, ne pourraient avoir
de véritable intérêt statistique. Il suffit du passage local d’un orage pour que des peu¬
plements ayant une physionomie identique, nous révèlent des compositions floristiques
différentes. Ceci est particulièrement sensible dans le Sud de Madagascar où les peuple¬
ments végétaux sont constitués essentiellement de petits arbres et d’arbrisseaux (méso,
micro et nano-phanérophytes, plusieurs centaines d’espèces); quelques-uns seulement
ont un port suffisamment caractéristique ou assez indépendant des conditions locales.
Source ; MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES COCURBITACÉES DE MADAGASCAR
291
1 &E4016 S
292
H. EERACDREN
pour que l’on puisse les déterminer avec une certaine sûreté sans qu’il soit indispen¬
sable de posséder feuilles ou organes reproducteurs.
En général, nous avons pu rendre compte de la composition de la végétation des
stations étudiées; si toutefois la place des ligneux est assez facile à caractériser dans le
paysage végétal, il faut mentionner que les strates herbacées, dont le développement
est lié à la venue des pluies, demeurent particulièrement msd connues.
Nous avons volontairement limité ces données d’écologie et de phytocœnotique,
à propos de l’environnement de quelques espèces de Cucurbitacées endémiques, au
Sud de Madagascar, parce que c’est la seule région que nous avons eu la chance de
parcourir à deux reprises. Il nous a paru utile d’étayer les listes d’espèces par des
indications sommaires sur :
— la physionomie des peuplements (stratification);
— les formes biologiques (nous avons adopté les catégories de G. Mangenot,
1954, en les complétant dans les cas où cela s’avérait nécessaire, selon R. Maire, 1926
et R. ViROT, 1956);
— les fonctions foliaires quand cela a été possible, selon P. Dansereau, 1957.
a. Stations sur substrat calcaire rocheux
Gorges du Fiherenana, à 10 km de Miary, environs de Tuiéar
Le fleuve Fiherenana, qui se jette dans la mer à 10 km de Tuiéar, entaille une for¬
mation calcaire Eocène et coule ainsi en contrebas du plateau. En réalité, il ne s’agit
pas de véritables gorges car il n’y a pas d’abrupt.
Ce plateau se termine plus ou moins rapidement, ne créant que çà et là, au-dessus
du fleuve, des petites falaises dont i’à-pic peut atteindre 5-10 m. Ailleurs, il s’agit de
pentes douces pouvant s’étendre sur plusieurs centaines de mètres. Il n’y a pas de
véritables chaos rocheux ni de cirques ruiniformes et le substrat est le plus souvent
constitué par de petits blocs de calcaires plus ou moins ennoyés dans un sable compact
et suffisamment dur pour que se créent localement des dalles rocheuses. En remontant
plus haut la vallée, on trouve une fraise plus haute (15-20 m).
Nous avons effectué des prélèvements dans les zones d’itération superficidle de
ces roches (1). L’aniyse a montré la présence de 33 % de COgCa, avec un pH très
ievé, de 8,4. La granulométrie fait apparaître des pourcentages équivients d’argile,
limon, sables fins (jusqu’à 0,1 mm) et sables grossiers ^lus de 2 mm). La quantité
de matière organique est de l’ordre de 50 pour 1 000.
Rappelons que, bien qu’il tombe environ 500 mm d’eau par an dans la région
de Tidéar, il existe une période prolongée de sécheresse ainsi que le montre le dia¬
gramme ombrothermique (fig. 30).
La couverture végétale de cette station est continue, assez dense et peu élevée. On
peut définir 3 strates bien individuüsées. La strate arbustive, qui ne dépasse pas 6-8 m,
comprend une dizaine d’espèces reconnues, la plus abondante étant VEuphorhia
fiherenensis Poisson (Euphorbiacée). Cette strate demeure assez discontinue, les dmes
n’étant que rarement jointives. II n’y a pas de taches de forte ou de moindre densité
dans cette strate, tous les éléments étant dispersés de façon homogène sur l’ensemble
de la zone relevée.
(1) L’étude pédologique a été effectuée au Service Pédo logique de l’Inatitut de Recherche ScieDti-
fiqne de Tananarive, d’après les méthodes d’ANPŒ pour le dosage du Carbone, de Kjeldahl pour cau>
de l’Azote, et diverses techniques gravimétriques, en particulier celle de BOUYOUCOS (détermination denfl-
métrique do pourcentage ai^le, limon, etc.).
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
293
La strate ligneuse inférieure, constituée d’arbustes et d’arbrisseaux de moins de 2 m
couvre le sol à 80 % ou plus, mais la circulation y demeure assez aisée, même en dehors
des pistes créées par les animaux. Cette strate ligneuse est variée, une vingtaine d’espè¬
ces y sont fréquentes, avec une assez nette dominance de Croton Geayi Leandri (Eu-
phorbiacées), Blepharis (Acanthacées), Dichrostachys (Légumineuses), Cadaba (Cappa-
ridacées), Grevia ssp. (TUiacées), Chadsia et Poinciana (Légumineuses), Commiphora
(Burséracées). Il s’agit presque toujours d’arbrisseaux nains (nanophanérophytes),
ramifiés dès la surface du sol. Quelques-unes de ces plantes sont caractérisées par leurs
rameaux terminaux souples, étalés, prenant appui sur les éléments environnants (nano¬
phanérophytes dits souvent « sarmenteux «).
La strate la plus inférieure est très variable, très discontinue et formée, soit de sous-
arbrisseaux (chaméphytes graminéens), soit d’un très faible tapis herbacé n’apparaissant
que d’une manière irrégulière à la faveur des pluies. Il s’agit de quelques graminées,
d’Acanthacées, de Liiiacées et d’autres géophytes.
Prenant place dans l’une ou l’autre de ces strates, ou toutes à la fois, il existe
d’assez nombreuses lianes, comme dans la plupart des formations végétdes tropicales.
Ce sont ces plantes qu’il est le plus délicat de définir car dles peuvent constituer soit
une strate pérennante (lianes succulentes, lianes ligneuses), soit un ensemble herbacé
fugace (hanes à appareil végétatif se développant en saison favorable). Parmi ces lianes,
les Cucurbitacées possèdent des organes d’accrochage (vrilles) et peuvent tous pré¬
senter parfois des stades de lianes sarmenteuses (XerosUyos, Trochomeriopsis, Seyri-
gia). Beaucoup d’autres lianes doivent être simplement classées parmi les lianes volu-
biles [Cissus, Vitacées) ; notons que le Dioscorea Nako Perrier possède des tiges forte¬
ment visqueuses. Certaines sont des géophytes suffrutescents.
Parmi les caractères qu’il faut bien mettre en évidence à propos de ce type de
végétation figure, en premier lieu, la dominance des phanérophytes (60 à 80 % des
espèces, représentant, fréquemment aussi, 60 à 80 % des individus notés dans un
rdevé). Ces phanérophytes sont, dans leur grande majorité, des plantes ligneuses à
petites feuilles [80 % de nanophylles et de microphyües (1)], les plus grandes feuilles
ont une surface inférieiure à 10 (KX) mm®. Bien que caractéristique de plusieurs espèces,
la succulence n’occupe pas, dans le spectre biologique, ime place importante; cepen¬
dant, sur le terrain, l’andyse du peuplement permet de noter une assez grande fré¬
quence de plantes succulentes, en particulier VEvphorhia fiherenensis Poisson, le
Xerosicyos Danguyi Humbert et des Cynanckum (Asdépiadacées).
Enfin, en ce qui concerne la persistance des feuilles, il est impossible, dans l’état
des connaissances actudles, de pouvoir apprécier exactement des pourcentages d’espè¬
ces caducifoliées, semi-sempervirentes et sempervirentes. Mais, dans l’ensemble, il
n’existe pas de plantes à feuilles fortement coriaces, ni de plantes de type nettement
éricoïde. Par contre, quelques espèces sont munies soit de rameaux épineux, soit
d’organes transformés en épines {Barleria, Acanthacées).
Coteaux au-dessus de la grotte de Sarondrano (piste de Tuléar
à Saint-Augustin, Sud-Est de Tuléar [pl. XII, 1])
H s’agit d’une station rocailleuse, calcaire, légèrement accidentée par des pentes
douces terminant le plateau calcaire Éocène des environs de Tuléar. Les dénivdlations
n’excèdent pas 200 m en général et sont seulement de l’ordre de 20 à 50 m dans la
(1) Raonkiaer (1934) a conventionneltemenl distingué six classes de feuilles d’aptès leur surface :
Mophylies (moins de 25 mm*, ce qui correspond à notre conception des plantes myrtoîdes ou écicoldes).
aaaophyllea (25 à 225 mm»), mictophyUes (225 à 2.025 mm»), mésophylies (2.025 i 18.225 mm»), macto-
Pkyllet (18.225 à 164.025 mm»), et m^aphylles (au-dessus de 164.025 mm>).
Il A.
Source ; Mt-JHN, Paris
294
M. KERAUDREN
Station étudiée. La nature physique du substrat est semblable à celle des gorges du
Fiherenana, les prélèvements effectués ayant révélé un pH de 8,5 et 54,2 % de COsX^a.
Le climat est semblable à celui de la station précédente.
Physionomiquement, la végétation diffère surtout par la présence d’un arbre-
bouteille, le Moringa Drouhardii Jumelle dont la cîme, constituée de petits rameaux
horizontaux, s’échappe assez nettement d’une strate de petits arbres qui atteignent envi¬
ron 4 m. L’ensemble de cette strate ligneuse est donc un peu moins élevée que dans les
gorges du Fiherenana. Il ne semble pas que les vents de mer interviennent, car les
anémomorphoses sont très rares dans cette région.
Les strates ligneuses, très marquées, sont constituées par deux essences domi¬
nantes à rameaux crassulescents : VEuphorbia fiherenensis Poisson et VEuphorbia
leucodendron Drake, et des Commiphora (Burséracées), dont plusieurs espèces portent
des rameaux en zig-zag. De plus, la spinescence n’existe qu’occasionneliement : quel¬
ques Acanthacées et les fruits des Uncarina (Pédaliacées). La succulence, caractéristi¬
que des Euphorbes, appardt aussi chez d’autres espèces : le Kalanchoe beharensis
Drake (pouvant atteindre 2 m de haut), VAloe Viguieri H. Perrier et les deux Cucur-
bitacées de cette station : le Xerosicyos Danguyi Humbert (très abondant) et le Seyri-
gia gracilis. La plupart des espèces caducifoliées se placent également parmi les micro-
phyües.
Bien que nous ayons eu l’occasion d’observer cette station après quelques heures
de pluie, nous n’avons remarqué ni plantules ni développement d’une strate herbacée
importante.
A côté des très nombreuses Euphorbes, qui donnent au paysage un aspect carac¬
téristique, il faut également noter la présence d’autres phanérophytes de plus de 2 m,
appartenant à la famille des Tiliacées {Grevia Humberti Capuron) et à celle des Bursé-
racées {Commiphora cf. Pervilleana Engler, Commiphora Lamii H. Perrier, CommU
phora brevicalyx H. Perrier). Mais, si les phanérophytes de 2 à 8 m occupent, dans la
végétation, un pourcentage de 40 %, la strate arbustive prend une très grande extension
et constitue une strate presque continue. Ces arbustes appartiennent à des familles
variées, et, là encore, les Commiphora abondent ; Commiphora sinuata H. Perrier,
Commiphora orbicularis Engler. Un autre arbuste très particulier, VOperculicaria
Decaryi H. Perrier (Anacardiacées), développe, dès la base, des branches fines, nom¬
breuses, en zig-zag. On peut encore noter, dans cette strate, de nombreux Cadaba
(Capparidacées), quelques Psiadia (Composées) et diverses Légumineuses (fig. 32, A)
La strate lianescente se réduit à quelques Convolvulacées, des Asclépiadacées et
les Cucurbitacées suivantes : le Xerosicyos Danguyi Humbert et le Seyrigia gracilis
Keraudren. Si ce dernier est nettement lianescent, le X. Danguyi affecte parfois ime
forme arbustive avec de nombreuses tiges volubiles à'vrilles s’accrochant aux supports
voisins.
La strate herbacée se réduit à quelques Graminées, des Heliotropium (Borragina-
cées) et de petites Acanthacées.
6. Stations sur substrat sableux
Dépôts dluvionnaires et sables roux du delta du Fiherenana
10 km au Nord de Tuiéar (pl. XIII, 1)
Le delta du Fiherenana est constitué par des formations sableuses alluvionnaires
s’étalant largement de chaque côté du lit du fleuve, auxquelles s’ajoutent des sables
roux plus anciens légèrement cdcaires. Ces sables forment des stations assez plates a
droite de la piste qui va de Tuiéar à Morombe, alors que sur la gauche seule une légère
dénivellation (1-2 m), les sépare des plages de sable du littoral marin.
Source ; Mt-JHN, Paris
1. Vdlaàa (Vdloziaeéa); 2. Commiphoro <2 Inéracées); 3. (Jnearina <P<<ialiacàn)-. 4. Maringa üroukariii
Jnjndle (Uorineaeées); 5. Xtrtaicyo$ Dattguyi Huinjjert (CueurbiUcéei); 6. Aeantlueéa: 7. Kuiiharbia
filterenensU Poùaon (Eophorbiac^e»); 8. OptrculUaria {.\nacatàiacit»y, 9. Kuphorbia Uttr^Uiulron Ihtkti
10. KaUiukoe <£. bèkaremU (Crawilacéet); 11. GrevUi Humbtrtü Capuron (Tiliao^H 12. MiniowSa
(L^omiiintiea): 13. Didûrta madagascarimMis Baill. (Didiéréacéef); 14. KragroMu *p. (tifamitute*);
15. Sohadora angustlfaUti Torili (SaJvadoracéea); 16. Cynaïuhwn iAtciéiiuuiaeie*y, 17. liupIwrbUl
«cnodo^a H. Btt 4 i8.1f«ruo (Capparidac6«s); 19. HippocratéaoéM; 20. Suffotptrmum nmaloearpum
D.C (BieDoniacées): 21. AUaaudia dtuiuna I>nke (DûÜérâuécf); 22. PêiaAùt et aUiuUna l(’pmpu<it»*y.
23. FMp im b i » p/agiaiafca Urake (Eapborfaiacéet); 24. Alot diiianeala A. Berg (lÂlUxéeth Aliaaudip
atrmdms Drakie; 26. Xenticyo» Perrûri Humbert (Caojirbitaieée*)i 27. HraehyarUi wp. (OtêmUltety,
28. A H a ndia BmaAmii Qioaz (Diili^réaeéee): 29. Pedtypadium Geayi <>M. et Bob (ApocynafAmy,
30. ABmmdia proctra Drake {DidHriac6e«): 31. Cratan »p. (Euphorbiseéea); 32. Cmu* (Viue^).
(Cet troU proib oat tebénuliié* à i’extrtaie: ojb cettaiu iwmbre 4*6iiteieaM da U etfale moyeniie
oot été eappriméc pour ne pa» aurcbarger l'eaaeml/le de* figure*).
^ Végétatioo «or ealeairee ptée de Sarondrano («ivîroa» de Tuléar).
B. Végétation emr saMet roux. deHa du Fibereuana (environ* de Tuiéar).
(* Votation attr eakain* pbu on moîiu déoomptMié*, enviroa* d'Ajmboaaarjr (ba* Maodrare),
pris de Fort-Uan^ûn.
Source : AlfJHW, ftiris
296
M. KERAIDREN
L’analyse pédologique montre dans ces sables une forte proportion d’éléments
fins, très peu de COsCa, et un pH voisin de 7,5; quant à la quantité de matière organi¬
que, elle ne dépasse guère 30 «/qo-
La végétation sur ces sables roux apparaît très ouverte, car les troupeaux des
villages avoisinants envahissent les espaces libres et, en détruisant les jeunes arbustes,
agrandissent les petites clairières.
Comme précédemment, la strate arborescente ne dépasse pas 6-7 m et le Didierea
madagascariensis H. Bn. (Didiéréacées) constitue l’élément dominant; la silhouette
élancée de ses rameaux fortement épineux dépasse çà et là l’ensemble des éléments
arborescents et arbustifs de cette station (fig. 32, B). A côté de cet arbre étrange,
abondant et caractéristique des sables roux de la région de Tuléar, il faut signaler la
présence de nombreuses Burséracées {Commipkora) et d’une Salvadoracée largement
représentée, le Salvadora angustifolia Turill. Les Euphorbes crassulescentes diffèrent
de celles rencontrées sur les stations calcaires décrites ci-dessus; ce sont VEuphorbia
tirucalli L., VEuphorbia laro Drake et VEuphorbia stenoclada H. Bn. Cette dernière
espèce, vert glauque à vert cendré, en port de candélabre, atteint 4 à 5 m de haut;
die abonde sur les dunes récentes du bord de mer. La strate frutescente est formée
par de nombreux buissons d’Acanthacées appartenant à différentes espèces : Bar-
leria her Benoist, B. Humberti Benoist, Blepharis calcitrapa H. Bn., etc., des Légu¬
mineuses, en particulier un Chadsia à fleurs rouge-orangé abondant dans tout le
Sud de Madagascar, le Chadsia Grevei Drake, une Thyméléacée, le Lasiosiphon
Decaryi Leandri, etc. Ils forment des fourrés assez compacts dans les zones parcourues
par le bétail.
Sur ces arbustes grimpent quelques lianes : deux Cucurbitacées assez fréquentes,
le Corallocarpus Grevei et le Seyrigia gracilis, ce dernier atteignant parfois l’extrémité
des longs rameaux de Didierea madagascariensis H. Bn. (près de 5-6 m), des Asdé-
piadacées du genre Cynanchum, à tiges très charnues, etc. (pl. XIII, 1).
Sur les sables roux proches du rivage, le Zygophyllum depauperatum Drake (Zygo-
phyüacées) abonde ; c’est un arbuste de 1,50 m environ, en touffes assez étalées, que l’on
rencontre dans le Sud, sur les sols sdés, en particulier sur les dunes du bord de mer.
La strate herbacée, peu abondante en saison sèche, est surtout représentée par
quelques Graminées : Eriochloa nubica (Steud) Hack et Stapf ex Thaï., Eragrostis sp.,
Panicum pseudovochtzkowii A. Cam., Dactyloctenium capitatum A. Cam., D. aegyp-
tium A. Cam. A ces Graminées ajoutons ime Liliacée commune, le Dipcadi heterocuspe
Baker et des Acanthacées du genre Hypoestes.
Dans cette station les éléments crassulescents appartiennent aux familles des
Didiéréacées et des Euphorbiacées, à rameaux fortement spinescents. Ici encore les
espèces caducifoliées prennent place parmi les microphyiles.
Sables roux du Bas Mandrare (entre Ifotaka et Anarafaly) [pl. XIII, 2]
Comme le fleuve Fiherenana, le fleuve Mandrare, qui se jette à la mer à l’Ouest
de Fort-Dauphin, coule, à 60 km de son embouchure, dans une large zone sablonneuse.
Ces sables roux, anciens, d’origine tdluvionnaire, sont peu calcaires (pH = 7,2), et
l’andyse pédologique montre ime forte proportion des éléments grossiers (46 %) par
rapport aux éléments fins (30 %), le reste étant constitué par des limons et argiles
(24 %). L’alimentation en eau du Mandrare est plus régulière que celle du Fiherenana
(il y a de l’eau en toutes saisons), c’est pourquoi de nombreuses cultures se dévdoppent
sur les rives sableuses de ce fleuve.
Ces sols étaient jadis couverts d’une riche et belle végétation xérophile que le
défrichement, en vue de l’extension de la culture du Sis^, a largement réduite. Néan¬
moins, il reste encore quelques zones intéressantes où l’on retrouve la végétation autoch¬
tone primaire.
Source ; Paris
RECHERCHES SUR LES CUCUHBITACÉES DE MADAGASCAR 297
Dans cette station, la saison sèche est un peu moins prononcée que dans les stations
précédentes.
Ici, la strate arborescente est très importante (près de 70 % de l’ensemble); elle est
surtout constituée par des Didiéréacées : quatre Alluaudia, VA. procera Drake,
\’A. dumosa Drake, VA. ascendens Drake, VA. Humbertii Choux et un Didierea, le
D. Trollii Rauh. Seuls quelques Baobabs {Adansonia Za H. Bn.) surgissent çà et là de
cette strate arborescente basse, qui ne dépasse pas 8-9 m de haut. La famille des Euphor-
biacées est, là encore, bien représentée par des éléments crassidescents {Euphorbia
slenoclada H. Bn.) et par des éléments caducifoliés [Croton appartenant à de nom¬
breuses espèces). Il faut ajouter à cette énumération des Ficus (Moracées), Albizzia
(Légumineuses), Terminalia (Combrétacées), Rinorea (Violacées).
La strate arbustive est constituée par des buissons de Légumineuses (divers
genres), des Turraea (Méliacées), etc., tous à petites feuilles.
Quant aux Cueurbitacées, elles représentent en grande partie, la strate lianescente.
C’est sur ces sables roux du bas Mandrare que nous avons découvert le plus grand
nombre de représentants de cette famille sur un territoire tout de même restreint
(100 km®). Les Xerosicyos {X. Danguyi et X. Perrieri) abondants, atteignent les extré¬
mités des Alluaudia et les tiges nombreuses et enchevêtrées du Seyrigia gracilis recou-
rrent les buissons, tandis que le Trockomeriopsis diversifolia et le Corallocarpus
Grevei s’accrochant au moindre support, prennent une plaee importante dans cette
végétation.
Le sol est souvent recouvert par une Sélaginelle qui prend une teinte brunâtre
et semble désséchée et presque morte en l’absence d’eau, mais ce tapis gris-brunâtre
reprend vie et devient vert sous la moindre pluie. La présence de Sélaginelies revi-
viscentes est un fait caractéristique des flores sèches à végétaux xérophiles et recevant
une très faible quantité d’eau (Gaatinga, formations sèches à Cactus et Fouquiériacées
du Mexique, steppes arbustives xérophiles du Sud-Est asiatique). A côté de cette Séla-
^^e, de nombreux Hibiscus (MJvacées) à fleurs variées, des Acanthacées, des
Commélinacées, des Amaranthacées et des Graminées {Brachyaria ssp., Decaryella
madagascarieTisis A. Cam., genre endémique, Aristida adscensionis L. var. mandra-
reitsis A. Cam., Chloris, etc.) forment la strate herbacée assez riche de ces sables roux.
A l’étude de ces stations sur sables et cdcaires s’ajoutent de nombreuses observa¬
tions faites dans d’autres biotopes variés rencontrés au cours de nos investigations sur
la Grande-Ile (fig. 32, C).
Ainsi le Zygosicyos tripartitus genre de Cueurbitacées qui, dans le monde,
paraît posséder la répartition la plus restreinte), se développe à une altitude de 800 m
environ, sur les buttes rocailleuses gneissiques (à pH de 6,2), où persistent des restes de
végétation xérophile à Didiéréacées, Adansonia (Bombacacées), Pachypodium (Apocy-
nacées), Xerosicyos (Cueurbitacées) et Aloe (Liliacées). Les tubercules du Zygosicyos
se dévdoppent dans des creux de rocher où les organes souterrains s’accrochent à
des accumulations d’humus et des débris rocailleux. Leurs tiges, défeuillées à la base,
atteignent la lumière en s’accrochant aux supports voisins et portent alors feuilles et
fleurs. C’est dans ce même biotope que nous avons découvert une espèce de Seyrigia,
le S. Bosseri Keraudren, à répartition géographique aussi limitée que cdle du ZygosU
fyos.
En essayant de comprendre les conditions de vie des Cueurbitacées malgaches,
spécialement dans certaines stations caractéristiques, nous avons été amenée à tirer
(fuelques conclusions concernant les exigences de certaines de ces plantes. Si le Trochome-
nopsis diversifolia se rencontre du Nord au Sud de la Grande-He, aussi bien dans
le domaine occidental que méridional, il se développe indifféremment sur des sols
sehleux, c^caires, éboulis gneissiques, etc. Il semble donc que ce genre raonospéci-
Source : MNHN, Paris
298
M. KERAUDREN
fique endémique peut facilement s’adapter à des conditions de vie assez variées, toute*
fois il n’a jamais été rencontré en forêt humide.
L’endémisme spécifique restreint caractérisant deux espèces, le Seyrigia Hum-
bertii et le Seyrigia Bosseri, correspond aussi à une locdisation écologique étroite.
Par contre, bien qu’endémique régiond également, le Seyrigia gracilis pourra se
rencontrer sur des sols rocailleux calcaires (calcaires de Sarondrano) ou sur des sables
roux (delta du Fiherenana) ; cette dernière station semble pourtant la plus favorable car
l’espèce y prend un développement beaucoup plus luxuriant et, au surplus, y est plus
abondante.
On pourrait naturellement étendre l’étude précédente à l’ensemble des espèces
présentes à Madagascar. Les exemples que nous avons choisis nous permettent cepen¬
dant de mettre en évidence un fait intéressant : en effet, chez les Cucurbitacées de
Madagascar, l’endémisme spécifique et générique accentué n’est pas obligatoirement
corrélatif d’une amplitude écologique étroite. A ce propos, la connaissance des biotopes
a apporté, comme nous venons de le voir, des compléments satisfaisants qui s’ajoutent
aux résultats des recherches de chorologie.
B. Diagramme synthétique.
Si l’on tente de synthétiser l’ensemble des observations, par exemple sous forme
d’un diagramme adapté au « triangle climatique » d’AuBRÉviLLE (1949), on remarque
immédiatement que les surfaces matérialisant la localisation approximative des stations
des genres endémiques se trouvent nettement décalées vers les zones indiquant des
conditions de sécheresse assez intense. L’endémisme générique paraît donc s’être
réalisé — ou bien s’être maintenu — d’une façon beaucoup plus évidente sous de tris
climats, plutôt que dans les régions à climat tropical humide. Il s’agit d’un caractère
d’ordre historique qui n’est pas sans intérêt général si l’on considère les habituelles
facilités de résistance des Cucurbitacées du Vieux Monde tropicd et subtropical aux
conditions extrêmes des climats chauds et secs : des Citmllus, des Cucurbita, des Echir
nocystis vivent dans des zones considérées comme des déserts absolus (Sahara, Nouveau*
Mexique) et y donnent néanmoins une fiructification d’ime abondance parfois surpre¬
nante. En ce qui concerne Madagascar, il faut souligner la pauvreté de la différenciation
spécifique de la famille dans le domaine de l’Est, ce qui corrobore les résultats précé¬
dents (fig. 33).
Source ; Mt'IHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCÜRIBTACÉES DE MADAGASCAR
299
Fie. 33. — Place des genres de Cucurbitacées endémiques de Madagascar
par rapport aux conditions dimatiques
Source : MNHN, Poris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
301
CONCLUSIONS
1. Taxinomie.
A l’origine, l’étude qui nous avait été proposée devait porter essentiellement sur
la définition des unités taxinomiques qu’il était possible de reconnaître au sein de la
famüle des Cucurbitacées sur le territoire malgache. Il convenait donc d’établir cet
inventaire afin de déterminer l’importance de cette famille à Madagascar et de juger
de sa différenciation par rapport aux autres territoires.
Le point de départ du travail présenté ici fut donc, obligatoirement, la réalisation
de cet inventaire, réalisation qui ne pouvait être faite qu’à partir du seul matériel de
référence existant, à savoir : les collections accumulées depuis deux siècles dans les
herbiers.
Mais la dioécie, très fréquente dans cette famille, constitue une difficulté majeure
pour l’étude systématique. En effet, à l’image de ce que l’on observe d’ailleurs assez
fréquemment chez la Bryone de nos pays, le matériel comprenant des fleurs 9 s’est
avéré — dans l’ensemble des récoltes effectuées à Madagascar — comme extrêmement
pauvre par rapport au nombre d’échantillons d, ceci dans les espèces dioîques. Il faut
d’ailleurs noter que les fleurs femelles sont toujours en nombre bien moindre que les
deurs mâles, même chez de nombreuses espèces à sexes non séparés. De plus, les
fruits étant, dans la majorité des cas, de type charnu, ils n’étaient naturellement pas
conservés en herbier, ce qui réduisait encore les possibilités d’études et de comparaisons.
C’est pourquoi, lorsqu’une première synthèse fut terminée en 1959, la nécessité d’une
mission de terrain apparut, dans le but d’effectuer d’indispensables vérifications dans
les localités même d’où provenaient les collections.
Le matériel put alors être complété très valablement car les nouvelles récoltes
permirent de nombreux rapprochements insoupçonnés entre plantes mâles, plantes
stériles, plantes fructifiées. En outre, diverses entités totîdement nouvelles (genres et
espèces) ont été découvertes et une partie du matériel vivant, rapporté en France,
survécut.
L’inventaire traditionnel des Cucurbitacées de Madagascar comprend la descrip¬
tion de 4 genres nouveaux {Seyrigia Keraudren, Zombitsia Keraudren, Lemurostçyos
Keraudren, Tricyclandra Keraudren) et celle de plus de 20 espèces nouvdles. Les taxons
suivants, Cucumella Chiov., Kedrostis Medik, Zehneria Endl. et Cayaponia Manso
sont reconnus pour la première fois hors des continents africain ou américain. A cela
il faut ajouter la présence, à Madagascar, du genre Muellerargia Cogn. (une espèce endé¬
mique, 1965), considéré jusqu’à ce jour comme uniquement indonésien. Les Cucur-
hitacées de Madagascar comprennent 27 genres et 68 espèces (185® famille de la Flore
de Madagascar et des Comores).
C’est alors que se précisait nettement l’intérêt de nouvelles recherches, en parti¬
culier dans le but de parfaire les connaissances de base sur la famille. Nous avons donc
été amenée à entreprendre un ensemble d’études très différentes des précédentes pour
dtayer, quand cela était possible, des raisonnements relatifs à la « systématique phylé*
tique », aux rapports morphologiques des taxons entre eux, à la nature de certains organes.
Source : AUJHW, Pàds
302
(. KERAUDREN
L’utilisation de critères nouveaux dont il était essentiel de discerner l’importance,
grâce à leur mise en évidence par des techniques modernes appropriées, nous a apporté
des résultats originaux et des éléments de discussion.
Les très grandes divergences dans les points de vue des auteurs anciens ou mo¬
dernes, à propos des problèmes posés par les Cucurbitacées, ne peuvent véritablement
être considérées comme la conséquence d’observations trop fragmentaires sur des
matériaux trop localisés : la multitude de ces interprétations traduit une complexité
réelle.
Nos résultats apportent des éléments nouveaux : ils ne prétendent pas clore les
multiples débats qui depuis un siècle et demi opposent les chercheurs qui se préoccu¬
pèrent de cette famille.
2. Cyto-taxinomie.
Si les résultats de la cyto-taxinomie sont très fragmentaires, ils demeurent néan¬
moins originaux. Les nombres chromosomiques de 9 espèces malgaches s’ajoutent aux
connaissances acquises ces dernières années par divers botanistes qui se sont intéressés
à ce problème. Dans le cas du Lemurosicyos (précédemment considéré comme un
Luffa), le nombre chromosomique apporte un critère nouveau de différenciation.
De plus, la polyploïdie rencontrée chez le Trochomeriopsis diversifolia ne justifie
cependant pas la reconnaissance d’unités taxinomiques particulières car elle n’est pas
en corrélation étroite avec la variation d’autres caractères. L’homogénéité du genre
nouveau Seyrigia doit être soulignée.
3. Palynologie.
L’étude des pollens des Cucurbitacées de Madagascar est entièrement originde;
elle nous a permis de mettre en évidence des faits particulièrement intéressants car ils
traduisent des résultats portant sur un nombre élevé d’observations. Les pollens sont :
— isopolaires, à symétrie d’ordre 3;
— répartis dans 5 catégories inférieures bien nettes.
Il nous a donc été possible d’établir une classification à partir des critères palyno-
logiques, tout au moins au niveau du genre. Les modifications apportées par Jeffrey
(1964) dans la classification générale de la famille sont intéressantes. Il est évident que
les divisions de la famille basées sur la morphologie traditionnelle peuvent être discutées,
certains genres ne trouvant pas une place nette et définie au sein des tribus et sous-
tribus.
Lorsque la palynologie peut aider à dâimiter avec plus de précisions ces diverses
unités, il est très souhaitable d’accorder à ces nouveaux critères toute l’importance qui
doit leur revenir.
Le rapprochement des genres Cucurbita et Cayaponia, à gros pollens échinulés
peut se justifier, à la fois par la vascularisation de l’androcée et sa morphologie.
Il est toutefois très difficile de savoir à quel caractère accorder la plus grande valeur
et celui qui réglera la division des tribus et sous-tribus. Dans la tribu des Melothriinae
nous trouvons 6 genres présents à Madagascar, 4 d’entre eux ont des pollens tricolporés,
les 2 autres {Cucumis et Oreosycé) des pollens triporés et des loges d’anthères dissem¬
blables mais également vascularisées par un même nombre de faisceaux.
Le cas du genre Seyrigia pose un problème systématique. En effet son pollen ^coi-
poré diffère nettement de celui des autres Cucurbitacées à 2 étamines, les Guranun<^>
dont les grains sont triporés. Ces différences palynologiques posent évidemment le
problème des affinités entre ces deux groupes de plantes, en même temps que celm
Source ; Mt-JHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
de l’origine du genre Seyrigia. On peut se demander si, malgré l’homogénéité incon¬
testable de l’androcée, les Seyrigia et les Gurania ne sont pas un exemple d’évolution
parallèle à partir d’ancêtres différents.
En essayant de donner une place plus importante au critère palynologique C.
Jeffrey (1964-1965) s’est trouvé dans l’obligation de modifier l’équilibre des tribus et
sous-tribus qu’il avait adopté dans un système antérieur (1961), basé sur les structures
de l’ovaire et de l'androcée.
Dans quelques cas, les variations des structures des pollens sont pardlMes aux
variations morphologiques et constituent alors des arguments pour justifier la délimi¬
tation des unités inférieures {Peponium). De plus, les caractères poUiniques nous ont
permis de réserver une place particulière au Zehneria Peneyana (Naud.) Ascher et
Schweinf. que nous considérons comme le sous-genre Pseudo-Kedrostis du genre
Zehneria. Il faut souligner que les caractères très particuliers des grains de pollen justi¬
fieraient, dans ce cas, l’élévation de cette unité au rang de genre.
Nous adopterons une position prudente vis à vis de la tentative de classification
le Marticorena (1964), car, s’il est toujours possible de superposer de nouveaux
caractères sur un essai systématique préexistant, il est par contre plus délicat de juger
des valeurs relatives des critères de différenciation les uns par rapport aux autres, les
diverses catégories de pollens se retrouvant au sein de chaque tribu.
4. Appareil végétatif.
Les études anatomiques comparatives des vrilles (coupes transvers^es sériées,
nœuds rendus transparents), nous amènent à faire les constatations suivantes :
— la vascularisation des vrilles peut être dépendante des deux cercles de fais¬
ceaux de l’axe (cercle interne dit caulinaire, ou parfois « axial », cercle externe dit
foliaire), ou de l’un seulement de ces cercles. Cette vascularisation comprend rarement
deux cercles de faisceaux et, en cela, se rapproche de celle des pétioles;
— il y a souvent un axe de symétrie dans une coupe transversde faite à la base
de la vrille, avec passage progressif vers l’apex à une coupe montrant un plan de
symétrie ;
— la vrille ne se substitue jamais à la feuille : elle occupe toujours une position
latérale à cette dernière mais un peu interne.
Bien qu’il existe des arguments en faveur de la théorie sympodiale (nous les
avons examinés), le fait qu’il n’y ait pas hétérodromie au long de la tige principide
apparente (alors que ce caractère existe quand on passe de la tige principale à un rameau
latéral), joue contre cette interprétation et, en même temps, permet de situer la vrille
d’une manière plus exacte :
— la vrille naît au niveau d’un nœud, vraisemblablement à partir d’un bourgeon
collatéral;
— par perte progressive du cercle interne de faisceaux, die apparaît comme un
organe appendicvüîiire très différencié, apte à acquérir une croissance dorso-ventra-
lement asymétrique permettant l’enroulement;
—• la vrille des Cucurbitacées ne peut, dans la majorité des cas, être assimilée
à un dément d’axe avorté, mais plutôt issue du dévdoppement d’un bourgeon latérd
de la feuille.
Sur le plan anatomique, les particularités des genres endémiques ont été soulignées ;
depuis A. Zimmermann (1922), aucune étude n’avait été envisagée sur du matériel
hopicd non cultivé. Notons que :
— l’anatomie des axes est toujours différente de celle des vrilles et de celle des
organes souterrains;
— les genres Xerosicyos et Seyrigia ont une structure exceptionnelle.
56401B 0
Source : A^NHN, Paris
304
t. KERAÜDREN
5. Organes reproducteurs.
Les questions de terminologie relatives à la fleur ont conduit à un choix dicté par
des éléments logiques mais restant toutefois quelque peu arbitraires. Nous avons dû
établir une équivalence entre les vocables employés par les auteurs au sujet de l’enve¬
loppe de l’ovaire et au sujet des étamines.
Nous avons utilisé le terme de (' coupc florale » de préférence à tout autre, ceci en
raison de sa signification purement descriptive. Cette expression s’applique en ce sens
à tous les cas, de l’épigynie à la périgynie, qu’il s’agisse des fleurs c? ou 9. Nous n’avons
pas retenu le terme de « récepta<fle », les pièces florales n’étant pas véritablement soudées
sur un élargissement du pédoncule, mais plutôt unies au niveau des parois de l’ovaire
semi-infère ou au sommet de l’ovaire infère.
Les variations de l’androcée, dans cette famille, sont extrêmement nombreuses.
Après avoir homogénéisé la terminologie descriptive, nous avons vu que, chez les Cucur-
bitacées malgaches, il y avait des fleurs dialystémones {Ampelosicyo^, ou des fleurs
presque entièrement gamostémones (Sechium), chacune de ces catégories pouvant se
superposer à des figures isomères {Xerosicyos) ou le plus fréquemment oligomères
{Seyrigia). L’étude des genres pour lesquels nous étions parvenue à des représentations
identiques de l’androcée a confirmé l’extrême difficulté d’interprétation soulignée par
L. Emberger : « des figures morphologiques identiques traduisant des phénomènes
fondamentalement différents ».
Cependant, qu’il s’agisse des types à deux étamines {Seyrigi<^, à 3 ou 5 étamines
{Cucurbüa, Ampelosicyos, etc.) nous avons été conduite à admettre que l’on doit bien
considérer comme primitif un type plus ou moins hypothétique à 5 étamines dithèques,
type dont on retrouve souvent l’indication lorsque l’on observe les ébauches florales et
la vascularisation. Il est donc probable que, dans le cas des Cucurbitacées, la présence
d’étamines ramifiées doit être considérée comme le résultat d’une fusion d’étamines
ou de demi-étamines primitivement libres, plutôt que l’indication d’un stade ancestral.
Cette opinion est très proche des conclusions présentées par Chakravarty (1958), à
propos des Cucurhitacées de l’Inde.
En ce qui concerne les exemples malgaches, la construction d’un schéma expli¬
quant les rapports des divers types d’androcée entre eux et partant des types ramifiés
pour arriver à des types à étamines simples, n’aboutit pas obligatoirement à faire entier
en jeu des phénomènes de dédoublement. Les figures de vascularisation des étamines
sont complexes mais toujours étroitement dépendantes de la vascularisation du périan-
the.
L’interprétation des structures ovariennes demeure délicate. Les stades les plus
jeunes nous montrent une placentation pariétale et l'ovaire paraît correspondre à trois
carpdies soudés par leurs marges placentaires. Nous avons observé les faits suivants :
— des jeunes ovaires portant 6 placentas groupés deux par deux tandis que
l’ensemble de l’ovaire est apparemment occupé par une cavité (Peponium);
— des jeunes ovaires entièrement découpés par des cloisons les séparant en 6 peti¬
tes loges renfermant des ovules et à placentation pariétale (Zombitsia). Dans ce cas, il
existe très souvent une triple vascularisation axiale correspondant à chacun des 3 car¬
pelles primitifs. Cette vascularisation observée chez les fleurs 9 rendues transparentes,
se fait à partir du sommet de l’ovaire, ce qui explique qu’on ne la voit pas dans les
coupes transversales à la base des jeunes ovaires;
— des jeunes ovaires découpés en 3 loges par des doisons et avec des ovides parié¬
taux également mais apparemment 6 placentas;
— les ovules, puis les graines, peuvent être superposés (empilés) en 6 lots {Zom¬
bitsia) ou en 3 lots {LemurosKyos) mais dans ce cas ils s’entrecroisent;
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR LES CUCÜRBITACÉES DE MADAGASCAR 305
— les graines, dans les fruits à maturité, peuvent être soit en position pariétale
en six points différents, soit en position axile {Luffa) ou même en position intermé¬
diaire.
Pour tenter d’interpréter ces différentes figures on peut supposer qu’au cours de
l’ontogénèse du fruit intervient une succession de phénomènes complexes : les dépla¬
cements des zones d’insertion des ovules sont en effet simultanés de la croissance de
ces ovules et du développement de parois membraneuses surnuméraires.
Mentionnons que PuRi (1954) avait donné des schémas interprétatifs faisant inter¬
venir non pas un éventuel déplacement des zones placentaires, mais, au contraire, la
croissance de cloisons secondaires interplacentaires.
Les deux genres Xerosicyos et Zygosicyos (ovaires semi-infères et ovules pendants),
représentent des cas très simples qui viennent confirmer notre point de vue puisque la
vascularisation des graines se fait non pas à la base mais du sommet du fruit.
On peut aussi verser à ce dossier d’autres éléments : des observations faites sur le
genre Cyclanthera (genre que l’on ne trouve pas à Madagascar et qui possède un ovaire
infère et des ovules ascendants), nous conduisent à donner une interprétation semblable
de la colonne séminifère axile pendante que l'on voit dans le fruit adulte de cette plante.
D’autre part, se référant vraisemblablement aux travaux de Van Tieghem (1882),
Leredde (1963) a considéré cette succession de phénomènes complexes comme l’inter¬
prétation la plus vraisemblable.
6. Biologie.
Fait surprenant, à Madagascar, la succulence se manifeste dans cette famille chez
deux genres très éloignés systématiquement {Seyrigia, Xerosicyos). Ceci nous incite
à supposer — contrairement à nos premières présomptions — que ce caractère n’est
pas primitif dans la famille. Toutefois, cela n’interdit pas de considérer, pour des
raisons totalement différentes, les Xerosicyos comme primitifs (superposition de carac¬
tères admis comme primitifs : anatomie, androcée, pollens; ovaire sans évolution com¬
plexe; répartition). Rappelons aussi que le deuxième genre malgache rapporté aux
Féviliées-Zanoniées {Zygosicyos), n’est absolument pas crassulescent. La succulence
chez les genres Xerosicyos et Seyrigia correspond vraisemblablement à un phénomène
d’évolution parallèle dans chacune des sous-familles.
Les appareils souterrains étaient presque toujours non ou mal définis (« souches
épaissies, souches rhizomateuses », etc.). Les études anatomiques des plantes malgaches
nous ont amenée à reconnaître qu’il fallait, en ré^té, considérer ces organes souter¬
rains comme complexes : une partie peut correspondre à des éléments de type hypo-
cotylaire, enfoncés dans le sol, et une autre partie peut être interprétée comme de type
racinaire malgré des structures superposées semblables à celles des tiges. Mais il
n’existe pas de phloème interne (axes aériens), dans les organes souterrains.
Rappelons que les Cucurbitacées prennent une grande place dans les phytocœno-
ses xérophiles de Madagascar.
7. Biogéographie.
Nous voudrions maintenant essayer de mettre en parallèle divers résultats, ceci
de manière à parvenir à un essai de généralisation sur les Cucurbitacées de Madagascar
et sur leur place dans la famille à l’échelle mondiale.
Les exemples malgaches confirment de façon absolue l'unité de structure anato¬
mique des plantes que l’examen systématique conduisait à ranger parmi les Cuciurbi-
tacées. A ce premier argument en faveur de l’indiscutable homogénéité d’une famille
où les morphologies apparentes des organes reproducteurs sont pourtant si variées,
ta.
Source ; MNHN, Paris
M. KERAUDKEN
s’ajoute le fait que l’amplitude de variation des nombres chromosomiques de base est
très faible (cinq ou six unités). Ces éléments consolident ceux, plus classiques, se rap¬
portant à l’appareil végétatif muni de vrilles, à la nature particulière des régions nodu¬
laires, à l’aptitude à la lianescence.
Mais, si étroits qu’ils nous paraissent, les rapports entre les divers genres, ou plutôt
entre divers ensembles de genres, ne semblent pas inciter à considérer la famille des
Cucurbitacées comme formant un seul « groupe climax » dans un phylum dit des
« Lignosae ». Sans doute existe-t-il quelques représentants ligneux parmi cette famille
{Acanthosicyos), mais, à l’inverse, on trouve aussi des espèces ligneuses dans les Asté-
raies qui prennent pourtant place parmi les « Herbaceae ». De plus, la seule Cucurbi-
tacée à port arborescent (Dendrosicy'os) ne peut guère être considérée comme une plante
ligneuse. Quant à la notion de «groupe climax», il nous semble difficile de l’appliquer
à une famille qui, à Madagascar, renferme pratiquement les types morphologiques les
plus opposés que l’on rencontre dans le monde.
Lorsque l’on cherche à placerles Cucurbitacées de Madagascar dans un système évo¬
lutif, on se heurte immédiatement à des difficultés. Si pour chacun des organes considérés
séparément, il est possible d’envisager des rapports, on doit admettre alors pour base
des principes généraux qui peuvent être discutés : petits pollens peu ornementés plus
primitifs que les grands pollens complexes, vascularisation de l’androcée à 4 ou S fais¬
ceaux moins évoluée que celle à 3 faisceaux, étamines à loges simples ou complexes, etc.
Les corrélations n’aboutissent à des résultats homogènes que dans quelques cas. Ceci
indique nettement qu’il serait peu démonstratif d’établir un tableau phylétique des
Cucurbitacées de Madagascar sauf dans le cas où l’on pourrait y placer chaque taxon.
Pour cela il conviendrait que soient beaucoup mieux connues, sur le plan de la mor¬
phologie générale comparée, aussi bien les Cucurbitacées africaines que celles des zones
tropicales américaines et indo-malaises.
En effet, les Cucurbitacées de Madagascar étant réparties dans les deux sous-
familles et comprenant de plus un genre qui, par son androcée très particulier n’a d’affi¬
nités qu’avec la flore sud-américaine (Seyrigia) et un genre aberrant (Tricyclandra), nous
pouvons supposer que leur installation sur la Grande-Ile est très ancienne; la présence
de 8 genres endémiques très différenciés sur un total de 27 genres (dont plusieurs intro¬
duits), corrobore cette opinion. Il ne nous semble pas cependant, que de telles conclu¬
sions puissent accréditer la thèse récente de l’origine gondwanienne du peuplement
actuel en Cucurbitacées de Madagascar.
Les amplitudes de variation des caractères morphologiques fondamentaux sont
assez différentes selon que l’on s’adresse aux représentants himalayo-décanniens, ma-
layo-papous ou sud-américains et mexicains des Cucurbitacées. Les flores pacifiques
et australiennes ne paraissent pas révéler un endémisme important. L’Archiguyanne qui,
dans ce cas, serait considérée comme berceau des Cucurbitacées, n’a pas été obligatoire¬
ment en climat subtropical au mésosoîque (spécialement si l’on fait jouer les hypothèses
du déplacement des pôles).
Bien que s’étant individualisée à partir de souches certainement très anciennes, et
malgré la présence du genre Seyrigia, affine, par les caractères de l’androcée, des
Angurinées américaines, la flore de Cucurbitacées de Madagascar possède plus d ana¬
logies lémuro-africaines que d’homologies lémuro-décanniennes ou lémuro-pacifiques
(malgré la présence du genre Muellerargia).
Dans le monde entier, les régions les plus sèches ou les plus désertiques sont favo¬
rables à l’extension des Cucurbitacées. Certaines savanes africaines peuvent comprendre
de nombreuses espèces à fruits volumineux et charnus {Cucumeropsis Naud., Trocho-
meria Hook. f., Acanthosù^os Welw., etc.) et, du Mexique à l’Arizona et au Texas, les
fourrés subdésertiques récèlent des Cucurbita L., des Echinocyslis Torr. et Gray, etc-
Cette aptitude biologique à conquérir des milieux extrêmes s’est manifestée aussi a
Madagascar, mais ce sont des genres particuliers et à faible répartition qui prennent
Source ; Mt-JHN, Paris
KECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
307
une place importante dans les fourrés spinescents (peuplements à Didiéréacées et Eu*
phorbes). Il s’agit évidemment d’arguments non négligeables pour supposer que les
Cucurbitacées constitueraient un vestige d’une flore sèche ancienne à dominance
d’herbacées. Nous inclinerons, cependant, à penser que la dispersion actuelle des
genres et espèces endémiques, de même que la richesse de cette famille au Sud-Est
asiatique et dans les zones montagneuses, au contact de l’Amazonie et des Cordillières,
doivent inciter à montrer une grande prudence. A Madagascar retenons que les Cucur*
bitacées sont représentées par deux genres seulement dans les forêts de l’Est (forêts de
type dense humide), Ampelosicyos et Raphidiocysüs. Les zones les plus favorables
paraissent être les hauts-plateaux couverts d’îlots de forêts tropophiles ou de fourrés
secs.
Les Cucurbitacées occupent toutefois, numériquement, une place moyenne dans
la flore. Biologiquement, leur intérêt nous a paru considérable et en cela certainement
comparable à celui des Composées, des Asclépiadacées, des Apocynacées, des Vitacées
ou des Passifloracées. La confrontation de recherches relatives aux moddités de répar¬
tition, de développement et d’apparition de certaines structures exceptionnelles (orga¬
nes souterrains en particulier), communes à des représentants nudgaches de ces diverses
familles, apporterait une documentation d’un grand intérêt biologique.
Nous avons essayé ici de contribuer à réaliser une synthèse jusqu’alors inexistante
pour la famille des Cucurbitacées en partant de l’inventaire systématique et en sou¬
lignant les particularités les plus remarquables. Nous avons tenté d’apporter des docu¬
ments nouveaux qui nous ont permis de discuter certains problèmes généraux; ceux-ci
pourront justifier, ultérieurement, au fur et à mesure de la découverte d’un matériel
plus abondant, des recherches comparatives plus spécidisées.
7 5G4016 6
Source : MNHtJ, Paris
Source : MNHN, Paris ’■
RECHERCHES SUR LES CUCURBITACÉES DE MADAGASCAR
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Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. — SÉRIE B.
TOME XVI. - 2
Planche I
SîBl.Oul
Source ; Mt-JHN, Paris
Planche II. — Morphologie des grains de pollen
Corallorarpus Perrifri : 1. Coupe optique méridienne; 2. Vue polaire; Corallocarpiis Crei'ei:
3. Pore et sillon en vue méridienne; 4. Vue polaire; 5. Kedrostis Cogniauxii^ coupe
optique méridienne; 6. Kedrostis disseeta, pore et sillon en vue méridienne; 7. Ke-
droslis Perrieri, coupe optique méridienne; 8, Kedrostis Perrieri, détail d'une aper-
ture; 9. Kedrostis ianiiginosa, détail de l’exine dans le mésocolpus; 1U. Kedrostis elon-
goto, vue polaire; 11. f.agenaria sp/iacrtco, exine et triangle polaire; 12./.cmnrosic^'os
l’oricgala, vue polaire; 13. Colpus.
Phot. M. Keraudren.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM
Planche II
U. TOME XVI, — 2
7 565011; 6
Source ; MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIKF-S DU MUSÉUM. — SÉRIE B.
TOME XVI. — 2
PL.4NCHE III
Source ; MNHN, Paris
Pla>'Ciie IV. — Morphnlngie des grains de pollen
1. /1mpelo$iryos meridionùlis. détail de l’exine et ensemble d’un grain; 2. .dnipe/osie>os
Humbloiii. détail de l’exine; 3. ,4mpelosieyos Humblolii. pore; 1. Pepo/iiiini belsilieme,
détail de l’exine; 5. 6. Peponiuni hiriethim, détail de l'exine et d’iin pore; 7. Pepeniiim
lliimbertii. fragment d’un grain; 8. Peponiiim Seyrigii^ détail d’un pore et de l’exine; 9.
I^epoiiiitin Perrieri, détail d’un pore et de l’exine; 10. Peponiuni laceratiim^ détail de
l’exine; 11. Peponium Poissonii, détail de l’exine et d’un pore; 12. P. Poissonti,
ensemble d’un grain; 13. Pfponium rocemosnm, ensemble d’un grain; 11. Peponium
GranJidieri, ensemble d’un grain. Phot. M. Kerandren.
Source : MNHN, Paris
Source ; MNHN, Paris
Pl.ANCHt: V. — Morphologie des grains de pollen
1. Momordica Charanlia, cmipe optique méritiieniie: 2. M. C/iorn/i(io. exiiie; 3. Haphidiocyslis
brachypoda, détail de l'exine dans le mesocolpiis; i. Jl. brarhypoda, aperture; 5. R.
brachypoda, vue polaire; 6. Trochonieriopsis diversifulia, coupe opticpie étpiatoriale;
7. T. diversifolia, détail de l’exine dans le mesocolpus; 8. T. diiersi/olia, coupe op¬
tique mériïlienne; 9. Srvrigta Bosseri. vue polaire; 10. Seyrigia Bosseri, aperture; 11.
Sevrigia gracitis, coupe optique méritlienne; 12. S. grucflis, détail de l’exine dans le
mesocolpus; 13. Seyrigia miitiijlura, détail de l'exine dans le mesocolpus; 14. S. mwhi-
flora, vue polaire; 15. Xerosiryos pubescens. détail de l’exine; 16. X. pubesrens, coupe
optique équatoriale; 17. X, Perrieri, exiiie dans le mesocolpus; 18. X. Perrieri, vue
polaire; 19. 20. X. Dangiiyi, aperture et coupe optique équatoriale; 21. Zycoeiryos
iripnrlilus, exinc dans le mesocolpus: 22. Z. Triparliliis, aperture. Phot. M. Kerautlren.
Source : MNHN, Paris
Source ; Mt-JHN, Paris
Planche VI. — Zombitsia lucorum
Fleur -f épanouie et boutons; 2. Jeune bouton $; 3. Fruits. (Photos M. Keraurlr
fork du Zombitsy, sud de Madagascar 1962).
Source : MNHN, Paris
Source ; Mt-JHN, Paris
Planche VII. — Appareils souterrains
1, Seyrigia HumbcrtU:,
2, Peponium kirlellnm;
3, Seyrigia Bosseri.
(Photos >1. Keraudren).
Source : iMfJHW, Paris
MEMOIRES DU MUSEUM. SÉRIE B. -- TOME XVI. _ 2
Source ; Mt-JHN, Paris
Planchk VIII. — Photographies de coupes transversales dans des jeunes organes souterrains de ;
1. Sej'Wgifl mullifiorn ;
2. Corallocarpus Grevei.
a. Assise subérifiée;
4. Parenchyme;
c. Faisceau crihro-vasculaire;
d. Tissu de réserve avec grains d'amidon.
(Photos M. Keraudren).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. — SÉUIE B. — TO.M
VI. — 2
Planche \'I1I
Source ; MNHN, Paris
Planche IX
1. Rameaux stériles du Xerosicyos Danpiiyi grimpant sur une Ktii>horl)e crassiilescetue.
2. Feiiiiies et ileiirs ^ du Xerostryos Perrieri.
3. Appareil végétatif dti Seyrigia Bosseri.
■f. Rameaux grêles, entrelacés du Soyrigia graeilis parmi lesquels on rlistingue des petites fleurs
et deux fruits fusiformes. (Photos .\l. Kerautiren, sud de Matlagascar 1962).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. — SÉRIE B. — TOME XVI. _ 2
Planche IX
Source ; MNHN, Paris
Pl.ANCHE X
1. Fruits et feuilles du Xi-rosicyos Danguyi;
2. Fruits du Scyrigin Bos$eri;
S. Fruits du Trothomeriopêis Jii irsifolia et feuilles du Xerosicyos Dnnguyi;
1. Fruits du CoraUocarpiis Grei ei sur ramemi de légiimiiieuse. (Photos M. Keriiudren, Sud
de Madagascar 1962).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. — SÉRIE B. — TOME XVI. - 2
Planche X
Source ; MNHN, Paris
Planche X
Qiitfiques plmiLiiles de Cucurbita<‘Ccs sur losciiiclles ou remarque ies oül)lé<)oiis et les pre*
mières feuilles sans que les vrilles apparaissent sur les jeunes tiges.
1. Sevrigia muitijlora ; 2. Seyrigia Bossrri : 3. /.emurûsic\*os varifgata : -f. Troi'hitiiuTiopsis direr-
sijolia. (Photos M. Keraiidren, Grandes Serres du Muséum).
Source : MNHN, Paris
Planche XII. — Types de végétation sur calcaires
1. Piste de Tuléar à Saint-Augustin, près de Saiondraiio. végétation xérophiie à Puphorbes
rrassulescentes et yioringa Drouhardii Jumelle, dans lesquels grimpent des rameaux
du A'erostcvos Dangayi Humbert. (Photo M. Keraudren, 1960).
2. « l.n Table», environs de Tuléar. Xerosicyos Dangiiyi Humbert sur lùiphnrhia fiherenensis
Poisson. (Photo M. Keraudren, 1960.)
Planche XllI. — Types de végétation sur sables
1. Delta du Fiherenana. environs de Tuléar, végétation xérophiie à DUÏivrea maila^nscti-
rieiisis H. Bn. (Didiéréacées) sur lesquels grimpent les tiges du Seyrigia gracili.%.
2. Bas Mandrare, près d’Anarafaly, îlots de végétation xérophiie à DitUerca Trollii Ilauh
(Didiéréacées). (Photos M. Keraiidren, sud de Madagascar, 1962].
Source : MNHN, Paris
lB»9i oui
Source ; Mt-JHN, Paris