MEMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série B, Botanique
TOME II
FASCICULE UNIQUE
D r Charles SANNIÉ
et
M m ” Henriette SAUVAIN.
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS
Anthocyannes et Flavones
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V*)
1952
Prix : 1200 fr.
'toiirce . Mt'ttUlrPorii
; • ■.
MI JHI l PâN.\
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D'HISTOIRE NATURELLE
Source : MNHN, Paris
9 c Z'
i Æ ■)
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série B, Botanique
TOME II
D' Charles SANNIÉ
et
M" Henriette SAUVAIN.
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS
Anthocyannes et Flavones
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue GeotTroy-Saint-Hilaire (V«)
1952
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MEMOIRES DU MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série B. Botanique. Tome II, fascicule unique. — Pages 1 à 257.
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS
Anfhocyonnes et Flavones,
par
le D r Charles Saxxié,
Professeur au Muséum Xulionul il’Histoire Naturelle
et
M""' Henriette Sauvai N,
Pharmacien.
L’infinie variété des couleurs des fleurs a toujours été pour
l’homme une cause d’émerveillement. De tout temps il s’est appliqué
à cultiver pour son agrément d’innombrables espèces, et les poètes ont
chanté la radieuse beauté des fleurs, « belles comme le rire de l’été ».
Puis, relevant Je défi de la nature à la science, des chercheurs se
préoccupèrent de mieux connaître la structure de ces couleurs, et ils
entreprirent l’étude chimique des substances qui donnent aux fleurs
leur éblouissante variété.
L’immense intérêt pratique des matières colorantes organiques fut
un facteur prédominant dans ces recherches. Depuis fort longtemps,
de nombreux pigments isolés des végétaux étaient utilisés en teinture.
Mais les progrès de la Chimie organique furent si rapides et si pro¬
fonds que l’on ne tarda pas, et souvent avec avantage, à remplacer les
produits naturels par les dérivés synthétiques correspondants. On fut
donc amené à déterminer avec exactitude la constitution chimique de
ces pigments, afin de pouvoir les reproduire par synthèse.
L’exemple le plus classique est celui de l’indigo, extrait de Légu¬
mineuses Papillionacées appartenant au genre Indigofera, et dont l’em¬
ploi remonte aux plus anciennes dynasties égyptiennes ; malgré la con¬
currence du produit synthétique, il est du reste encore cultivé et em¬
ployé en teinture.
Actuellement, on connait à peu près complètement la structure de
la plupart des colorants végétaux, ou tout au moins des plus impor-
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 1
Source : MNHN, Paris
CH. S AN XI fi KT H. SAUVAIX.
tants ; un grand nombre du reste ont été synthétisés au laboratoire, ce
qui a permis de confirmer leur constitution.
A la lumière de ces connaissances chimiques, on a pu constater un
fait bien imprévisible u priori : la différence fondamentale qui existe
entre les édifices chimiques des pigments végétaux et ceux des pig¬
ments animaux. Cette différence, comme nous allons le voir, est si
caractéristique que l’on peut la considérer, à quelques exceptions près,
comme une règle quasi-absolue.
Les pigments animaux sont essentiellement constitués par des déri¬
vés porphyriques, dont le type est l’hémoglobine, et que l’on retrouve
dans les divers colorants des sangs des animaux inférieurs, dans les
pigments biliaires, dans les colorants des coquilles de mollusques ou
des œufs de certains oiseaux. A côté de ces porphyrines, et d’une im¬
portance aussi grande au point de vue de la pigmentation, on trouve
les mélanines, substances noires dont la constitution est encore incon¬
nue et qui dérivent par oxydation et condensation de certains acides
aminés à noyaux phénoliques ou de leurs dérivés. Chez les Invertébrés
et chez beaucoup de Vertébrés inférieurs, Céphalodes, Poissons, Batra¬
ciens et Reptiles, Insectes, des couleurs blanches ou jaunes sont sou¬
vent constituées par des dérivés puriques ou pyrimidiques (pigments
puriques ou ptéridiniques). En outre, dans toute la série animale, on
trouve des pigments caroténoïdes, qui colorent la plupart des cellules,
et surtout les cellules à graisse, en rouge ou en jaune.
A côté de ces quatre grands groupes : pigments porphyriques, pu¬
riques, mélaniques et caroténoïdes, il existe, surtout chez les Insectes
et les Oiseaux, des processus de pigmentation purement physiques,
formant ce que l'on appelle les couleurs de structure : c’est à elles que
sont dûs les éclatants coloris, de teintes si variées, des ailes des papil¬
lons et des plumes d’oiseaux. Elles sont dûes soit à la réflexion simple
de la lumière sur des bulles d’air incluses dans les tissus, soit à des
irisations causées par des phénomènes d’interférence par lames min¬
ces (coquilles des mollusques, plumes du Paon), soit enfin à des phé¬
nomènes de diffraction par milieux troubles (cérulescence).
Enfin il faut citer la présence, chez quelques animaux, de pigments
spéciaux dont certains ont même été utilisés en teinture (cochenille
de Coccus cacti coccineleferi, kerines de Lecanium ilicis, etc.., pourpre
des anciens extrait de divers Gastéropodes, indoxyle et indigurie de
certaines urines, etc...), ainsi que des colorants du groupe des flavines,
auquel appartient la vitamine B 2 .
. Par opposition à cette pauvreté relative des types de pigments
animaux, on trouve chez les végétaux une gamme beaucoup plus éten¬
due, plus variée et plus riche. Quelques-uns de ces types (mais bien
peu) sont communs aux animaux et aux végétaux. Les plus importants
sont, de beaucoup, les caroténoïdes, universellement répandus aussi
bien chez les plantes que chez les animaux. A vrai dire, beaucoup de
caroténoïdes sont apportés aux animaux par leur alimentation végé¬
tale ; quelques-uns cependant paraissent synthétisés par l’animal.
Appartiennent aussi au règne animal et végétal les pigments té-
Source : MNHN, Paris
UES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
trapyrroliques. Mais, dans ce cas, les dérives végétaux sont tout diffé¬
rents des pigments animaux, aussi bien par les détails de leur consti¬
tution que par leur couleur, et surtout par leur rôle physiologique. Si
l’on a retrouvé, récemment, des pigments hémoglobiniqués chez les
végétaux, l’existence de la chlorophylle chez les animaux, autrement
que sous forme d’apport alimentaire, est très contestée. Nous voyons
ici la nature utiliser, pour des fins tout à fait différentes, des compo¬
sés de constitution chimique relativement apparentée, ayant le même
noyau fondamental complexe, le noyau tétrapyrrolique. Sous forme de
chlorophylle, c’est lui qui donne au règne végétal, et plus particulière¬
ment aux végétaux supérieurs, leur autonomie vis-à-vis du milieu exté¬
rieur et leur étonnant pouvoir de synthèse. Sous forme d’hémoglobi¬
nes ou de pigments du même type, c’est lui qui assure aux animaux
l’indépendance de leur milieu intérieur en permettant la fixité de sa
teneur en oxygène, le transport de cet oxygène, et son utilisation par
les cellules. Et, à la limite, nous voyons avec les cytochromes les pro¬
cessus oxydatifs de la cellule dépendre de ces mêmes noyaux, com¬
muns alors aux animaux et aux végétaux et universellement répandus.
On retrouve aussi, parmi les pigments communs aux deux règnes,
les flavines de la vitamine Bj et quelques rares anthraquinones (acide
carminique de la cochenille par exemple). Mais tous les autres pig¬
ments végétaux, qui colorent si vivement les fleurs, les feuilles pour¬
pres et les fruits, sont spécifiques du règne végétal.
Ces colorants appartiennent soit au groupe du benzopyranne (an-
thocyannes et flavones) ou à des groupes voisins (xanthones, etc...),
soit à celui de l’anthraquinone, soit enfin, pour des végétaux infé¬
rieurs, à des groupes très particuliers (pigments chromoprotéiques des
algues, pigments des champignons dérivés de la benzôquinone ou de
la diphénylbenzoquinone, de la phénanthrènequinone, de l’anthraqui-
none, de la benzopvrone ou même de la phénazine).
Nous nous sommes limités, dans ce travail, aux colorants végétaux
qui donnent aux fleurs et aux fruits leurs couleurs éclatantes : les
flavones et les anthocvannes. Ce sont, avec les caroténoïdes et la chlo¬
rophylle, les plus répandus et les plus importants. Nous exposerons
successivement l'aspect chimique, puis l’intérêt physiologique de leur
étude.; parmi les constituants végétaux, ils occupent la première place
dans les recherches génétiques.
Avant d’exposer ce que nous savons de ces pigments, il est néces¬
saire d’aborder la question de leur nomenclature. La plupart sont des
glucosides, que l’on peut scinder par hydrolyse en glucides et aglvcone.
Cet aglvcone, étant toujours de nature phénolique, devrait être
caractérisé par la terminaison « ol ». De même les glucosides devraient
l’être par la terminaison « oside ». C’est ainsi que nous devrions parler
d’anthocyanols et d’anthocyanosides, de flavonols et de flavonolosides,
et non, comme le font encore beaucoup trop d’auteurs, d’anthocyannes
ou d’anthocyanines pour anthocvanosides, et d’anthocyanidines pour
anthocyanols. Il est illogique de dire que l’apiine du persil est le glu-
coside de l’apigénine ; on devrait, correctement, dire que l’apioside
est un glucoside de l’apigénol.
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SA U VA IX.
Malheureusement presque tous les auteurs qui ont isolé ou syn¬
thétisé ces substances les désignent encore, malgré les règles formelles
de la nomenclature de Genève, par leurs anciennes dénominations en
«ine». Il en résulte une confusion totale entre les glucosides, leurs
aglycones et parfois d’autres substances sans relations directes avec
eux.
Dans un mémoire sur les pigments anthocyaniques et flavoniques,
il était difficile de rompre ouvertement avec de telles habitudes. C’est
pourquoi nous avons décidé de conserver les noms en « ine » pour
chacun des glucosides et de leurs aglycones. Par contre, nous avons
adopté les termes d’anthccyanols à la place d’anthocyanidines, d’an-
thoevanosides à la place d’anthoevanines, de flavones, flavonols, fla-
vanones et flavanonols pour les aglycones flavoniques, et de flavono-
Iosides, flavanonosides, etc... pour leurs glucosides. Le terme « antho-
cyanne » et « flavone » sera toujours pris dans le sens très général de
pigment anthocyanique ou flavonique, sans que cela préjuge en rien
de la constitution même du pigment.
Il est bien évident qu’une telle nomenclature se maintient seule¬
ment par habitude ; il faut espérer que la routine, responsable de ces
appellations qui ne se justifient absolument pas, finira par disparaître
un jour. Pour faciliter cette évolution, nous avons accolé à chaque
nom commun, dans l’étude systématique de ces pigments, le nom
dérivé conforme à la nomenclature de Genève.
ARTICLES D’EXSEMBLE ET REVUES GÉNÉRALES.
Blank (F.). — The anthocyanin pigments of plants. Botan. Rev., 13, 241-
317 (1947).
Heu^ron (I.). — Dictionarv of orgariic conipounds, 3 vol.. Oxford Univer-
sity Press, New-York (1946).
Karrer (P.). — Traité de Chimie Organique, XVIII, 449-490 et 504-531
(1945). Masson, édit., PaTis.
Klein (G.). — Handbuch der Pflanzenanalgse, II, 851-989 (1932). Springer,
édit., Wien.
Paris (R.) et Beauquesne (L.). — Ann. Pharm. franc., 8, 65-77, 148-153,
228-236, 322-342 (1950).
Rabate (M.J.). — .7. Pharm. Chim., 17, (8" série), 433 et 474 (1933).
Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 17, 119-141 (1943).
Robinson (R.). — Naturivisxenschaften, 20, 360-70 et 612-18 (1932) Xature
135, 733 (1935) ; 137, 172-3 (1936).
Steinegger (E.). — Pharm. Acta Helv., 23, 70-81 (1948).
Wheldale-Onslow (M.). —• The anthocyanin pigments of plants, 1 vol.
315 p. (1925). Cambridge University Press.
Source : MNHN, Paris
I.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
LOCALISATION ET DISTRIBUTION.
Les pigments benzo-pyraniques sont extrêmement répandus dans
tous les organes végétaux. Les dérivés flavoniques sont encore plus
communs que les anthocyanosides, et si leur localisation et leur répar¬
tition anatomique ont été moins étudiées, c’est que la couleur très
vive des pigments anthocyaniques a davantage attiré l’attention des
botanistes et des horticulteurs.
Les uns et les autres sont en général dissous dans le suc cellu¬
laire ; ils peuvent aussi être adsorbés par la membrane dans les tissus
qui meurent ou se lignifient. Si leur concentration dans le suc cellu¬
laire devient grande, des cristaux se séparent parfois, ou bien les pig¬
ments forment des combinaisons d’adsorption avec les tanins ou les
protéines cellulaires. Parfois enfin, le pigment se trouve en même
temps à l’état dissous et sous forme de cristaux. La gelée suivie d’un
dégel détermine dans l’orange la formation de cristaux d’hespéridine
dans la pulpe et les autres tissus (Gary. 1935).
La présence de cristaux de pigments dans les plantes in vivo est
assez fréquente, et Gertz (1900) a dressé une liste des plantes dans
lesquelles ils ont été signalés. On peut du reste, d’après Guillermond
(1933), les faire apparaître artificiellement sur des coupes à l’aide de
la méthode de Klein aux vapeurs d'acide chlorhydrique, dont nous
parlerons plus loin. Dans ces conditions, les cristaux rouges de chlo¬
rure d’anthocyanoside se déposent contre les parois de la cellule. Même
dans les cellules incolores, il existe parfois de petites quantités d’an-
.thocyanols.
Ainsi la llavone, dépourvue de tout groupe oxhydryle, apparaît
chez Primnla sur la surface externe des tiges, des feuilles et de la
capsule des graines sous forme d’une poussière légère (Rao et Sesha-
dri, 1943). Blasimle (1947) donne à cette poussière le nom de « fa¬
rine », d’après son aspect ; l’extrait benzénique de cette farine contient
75 p. 100 de flavone. Dans Primnla denticnlain, une dihydroxyflavone
est secrétée par la plante. De même la rutine, glucoside de la quercé-
tine, se trouve dans un liquide qui exsude sous forme de minuscules
gouttelettes de la tige de la tomate ( Lycoper&icum esculentum), mais
non des feuilles (Blount, 1933).
Histologiquement, la distribution des pigments est assez variable.
Dans, les feuilles, ils sont diversement localisés suivant l’âge de la
feuille, la saison, la variété de la plante, les atérations subies par les
feuilles, l’attaque des insectes ou des champignons, et on en trouve
dans tous les tissus, mais surtout dans l’épiderme selon Gertz. Au
contraire, Parkin (1903) considère que c’est plutôt le mésophylle qui
contient le plus souvent le pigment, sauf pour les anthocyanosides
permanents des feuilles adultes, où la localisation est plus fréquente
dans l’épiderme.
Source : MNHN, Paris
CH. S.AXX1Ê F.T H. SAUVAIX.
Dans les tiges, le pigment se trouverait, soit dans l’épiderme, soit
dans les cellules de la couche sous-épidermique.
Dans la corolle des fleurs, les anthocyanosides sont le plus sou¬
vent localisés dans l’cpiderme, mais les couches plus profondes en
contiennent parfois. Chatix (1861) a remarqué que lorsque les pétales
sont épais, le pigment est réparti de préférence dans les tissus pro¬
fonds, alors que dans les pétales minces on le trouve dans l’épiderme.
Dans certaines plantes (Laminm purpureum), les poils de la couche
inférieure des pétales en contiennent aussi. Thichmann (1941) a trouvé
dans les pétales de Viola tricolor de la quercitrine sous forme d’agré¬
gats de cristaux dendritiques, immédiatement après la mort des cel¬
lules, que celle-ci soit dûe à la température ou à la pénétration de
poisons cellulaires (acides forts).
Parfois le pigment peut apparaître dans des cellules méristéma-
tiques, contenant une sorte de gel, où il est intimement uni à des
tanins. Ces vacuoles filamenteuses, très particulières, ressemblent à
des chondriosomes (Guili.kkmond). Les pigments contenus dans ces
vacuoles sont presque insolubles dans le formol et peu solubles dans
l’alcool. i |
Dans les plantules de Ricin, Guillermond a signalé des pigments
anthocyaniques et oxvflavoniques et des tanins dans les cellules épi¬
dermiques des cotylédons, dans certaines cellules isolées de l’épiderme
de l’axe hypocotylé et dans de nombreuses cellules en files du paren¬
chyme de la racine.
Dans Rubas fruticosus, il existerait dans chaque cellule deux
catégories de vacuoles :
— une grosse vacuole centrale, dans les cellules de l’épicarpe et
les assises périphériques du mésocarpe, contenant des tanins et un
pigment anthocyanique rouge ;
— de petites vacuoles périphériques très nombreuses, sans tanin
et avec un pigment bleu violacé, en partie cristallisé.
La distribution histologique est donc extrêmement variable. Il en
est de même pour l’état particulier du pigment dissous ou cristallisé,
seul ou associé à des « co-pigments » qui, nous le verrons plus loin,
peuvent modifier considérablement la couleur de la fleur.
Répartition dans les organes végétaux.
On trouve dans les feuilles, soit des traces de pigments antho¬
cyaniques, soit au contraire des quantités telles qu’elles donnent une
pigmentation caractéristique et spécifique. Les pigments sont parfois
localisés à la face inférieure des feuilles ; ainsi certaines feuilles aqua¬
tiques ont leur face aérienne verte et leur face inférieure violette.
Dans d autres cas, le pigment se concentre en plages plus ou moins
importantes, formant des taches brun foncé ou noires, la couleur noire
résultant de la superposition des teintes de l’anthocyanoside rouge et
de la chlorophylle verte.
Source : MNHN, Paris
I.KS COULEURS DES FLEURS BT DBS FRUITS.
C’est encore à la localisation et à l’abondance des pigments antho-
eyaniques et flavoniques qu’il faut attribuer les teintes si vives, de
rouges et de bruns qui caractérisent la flore tropicale et subtropicale,
pour les plantes des régions humides et ombragées. Mais, d’autre part,
les plantes des régions sèches et ensoleillées produisent encore plus •
d'anthocyanosides que celles poussant à l’ombre. En réalité, comme
nous le verrons plus loin, les conditions de la formation des anthocya-
nosides ne sont pas univoques. Dans les pays chauds, il s’agit d’un
phénomène d’adaptation aux conditions climatériques, différent de
celui qui, dans les pays tempérés, produit la coloration normale des
plantes exposées au soleil.
On trouve plus d’anthocyanosides dans les pétioles que dans les
feuilles et il y en a dans presque toutes les tiges. Les écailles des bour¬
geons, les stipules en contiennent parfois.
Ils peuvent aussi exister dans les racines et les tiges souterraines
(Betterave,), localisés alors soit dans l’épiderme, soit dans les couches
internes (Solarium tuberosmn). Il en est de même pour les racines
aériennes ou aquatiques, exposées ou non à l’action des facteurs ex¬
ternes. Dans Allium Cepti, Schoor (19 6) en a signalé sous forme
cristalline dans l’épiderme rouge des écailles rondes du bulbe. Enfin,
dans les fleurs, ils se développent surtout dans les pétales et le périan-
the, mais on les trouve aussi dans les carpelles et dans le style.
Les anthocyanosides apparaissent encore dans les cellules du testa
de certaines graines. Ainsi Alkksandrow et Aleksandrowa (1935) ont
trouvé dans la graine de Soja un pigment localisé dans l’épiderme du
tissu palissadiquc. La paroi cellulaire était par endroits colorée en
jaune ; cette coloration fut attribuée par les auteurs à un produit de
décomposition de l’anthocyanoside qui serait un phlobaphène. L’ab¬
sence de coloration de la cellule elle-même serait dûe à la présence
d’un isomère incolore du pigment anthocyanique.
Dans Aegilops, l’anthocvanoside se trouve dans les cellules épi¬
dermiques et le tissu parenchymateux de la glume et dans l’enveloppe
interne du grain. Des flavones coexistent avec le pigment anthocyani¬
que sous forme glucosidique dans les gltimes blanches, à l’état libre
dans les variétés rouges et sous les deux formes dans les glumes noi¬
res. Les anthocyanosides n’apparaissent que dans les épis violets de
l’orge, non dans les autres. Il n'v en a pas dans l’avoine (Lewicki,
1929).
La même plante peut renfermer des anthocyanosides très divers.
Ainsi, dans la Capucine, Roiunso.n et Robinson (1932) ont trouvé un
dérivé de la pélargonidine dans les pétales de la fleur, un dérivé de la
cyanidirie dans le calice et un dérivé de la delphinidine dans les
feuilles. De même, le dahlia pourpre contient trois dérivés des prin¬
cipaux types.
D’après Beau:, Price et Stuhüess (1941), les dérivés de la pélar¬
gonidine prédominent dans .les fleurs tropicales et subtropicales, alors
que les dérivés de la delphinidine sont les plus communs dans les
plantes alpines et dans celles des régions tempérées ; Gasgoigne,
Ritc.hie et Whitk (1948) confirment cette distribution pour la flore
Source : MNHN, Paris
»:h SANNIÉ ET II. SAl’VAI
australienne. Chez les espèces tropicales, les formes rouges sont plus
résistantes que les bleues.
Dans 32 espèces du genre Tulipa, on trouve de la pélargonidine,
de la cyanidine et de la delphinidine, mais dans le sous-genre Leioste-
mones il n’existe que de la pélargonidine et de la cyanidine, tandis
que dans le sous-genre Eriostemones on île trouve que de la cyanidine
et de la delphinidine. Les trois types d’anthocyanols coexistent dans
la tulipe de jardin appartenant au genre Eriostemones, mais il s’agi¬
rait dans ce cas d’un effet de la sélection artificielle de mutants.
La localisation des pigments est donc très variable, mais ils sont
très répandus et peuvent apparaître dans tous les organes.
Le rôle différent des anthocyanosides selon les plantes est assez
curieux à signaler. Dans certaines, il est responsable de la coloration
rouge des jeunes feuilles ; chez d’autres, du rougissement automnal
de la feuille âgée, chez d’autres encore, il apparaît dans les deux cas.
On sait que, dans certaines contrées, la forêt à l’époque de la pousse
des jeunes feuilles est aussi flamboyante qu’elle l’est en France à
l’automne. Bien que la coloration automnale des feuilles soit dûe, la
plupart du temps, à l’apparition d’anthocyanosides, certaines feuilles,
chez les Amentales en particulier, ne rougissent pas en cette saison ou
deviennent jaunes ou brunes, sans traces d’anthocyanosides.
Nous verrons, en étudiant les processus de formation des pig¬
ments,.que ceux-ci peuvent apparaître à la suite de traumatismes tels
que les incisions, les piqûres d’insectes, par l’attaque des champignons,
sous l’action des basses températures, ce qui expliquerait leur abon¬
dance dans les plantes alpines.
Les pigments flavoniques et anthocyuniques se retrouvent dans
tout le domaine des végétaux et apparaissent non seulement dans la
fleur, mais dans d’autres parties de la plante. Des anthocyanosides
existent dans les mousses (Herzfeldek, 1921) et dans certaines Fou¬
gères. Beale, Price et Sturgess (1941) ont signalé la présence d’un
dérivé de la cyanidine dans les Conifères.
Bien que certains aient pu penser le contraire, ces pigments
n’existeraient pas dans les Algues, ni dans les microorganismes (Bac¬
téries). On n’en signale pas dans les Champignons ; cependant, Sen
et Banerjea (1947) ont trouvé un dérivé flavonique dans Polystictus
nmguineus. L’extraction chloroformique a fourni deux pigments, l’un
rouge dont la nature n’est pas précisée, l’autre, jaune, qui s’apparen¬
terait aux flavones.
D’autre part, il semble prouvé que des flavones existent dans le
règne animal, provenant de la nourriture végétale absorbée par cer¬
tains animaux. Frankmn das Passos (1948) en a signalé parmi les
pigments des ailes de papillons du genre Peneis ( Rhopalocera, Saty-
ridae ). Okay (1947) affirme l’existence d’un pigment anthocyanique
chez certains insectes, les Pentatomidés ( Nezara viridula, var. tor-
quata, Palomena viridissima) . C’est un pigment bleu qui montre tou¬
tes les réactions des pigments anthocyaniques. Il est curieux de cons¬
tater qu’il se trouve à la fois dans l’hémolymphc et dans l’exosque-
Source : MNHN, Paris
UES COl’UEUUS DES FUEC'KS ET DES FRUITS. 9
lette, accompagné d’un pigment jaune (une xanthoplérine), ce qui
donne au total une couleur verte à l’hémolymphe. Il semble possible
dans cette éventualité que les Pentatomidés, qui sont phytophages,
prennent aux plantes leurs pigments anthocyaniques avec leur noiiT-
riture et les accumulent dans leur organisme.
La bombichlorine trouvée dans le cocon vert du ver à soie appar¬
tiendrait au groupe des flavones. On pense que le pigment est absorbé
par le ver avec les feuilles de mûrier, qu’il passe dans le sang, puis
dans les glafldes séricigènes et qu’ainsi il se retrouve dans le cocon.
Les pigments qui font l’objet de cette étude sont donc très répan¬
dus chez les végétaux, et c’est à eux que ces derniers doivent la
richesse de leurs coloris. L’intérêt qu’ils présentent pour le botaniste
et l’horticulteur justifie amplement les études qu’ils ont suscitées.
Aleksanurov (V. G.) et Aleksanurova (ü. G.). Bull. Applied Botany,
Genetics Plant Breeding (U.H.S.S.), Ser. 3, n" 4 (1934). ( Chem. Abstr.,
29, 5149).
Beale (G. H.), Price (J. H.) et Sturgess (Y. G.). Proc. Boy. Soc., 130,
113-126 (1941).
Blasdale (W. C.). — J. Boy. Hort. Soc., 72, 240-5 (1947).
Blount (B. K.). J. Chem. Soc., 1933, 1528.
Chatix (A.). — Bull. Soc. Bol., 8, 22-23 (1801).
Franklin oas Passos (C.). — Entomol. Xews, 59, 92-0 (1948).
Gary (W. Y.). — Fia. Dept Ayr. Chem. Division, Mar. 1, 17-30 (1935). ( Chem■
Abstr., 29, 7517).
Gascoigne (M.), Ritchif, (R ) et White (I). E.). — J. Proc. Boy. Soc. .V. S.
Wales, 82, 44-70 (1948).
Gertz (O.). .Studier ofver Anthocyan, Akademisk Afhandkin. Land. 410 p.
(1900) (in Wheldale-Onslow, ‘p. 210).
Guillermond (A.). — C. B. Soc. Biol., 112, 048 (1933) ; 113, 270-2 (1933).
Herzfelder (H.). — Beih. Bot. Zbl., 38, 355-400 (1921) (in Blank, p. 259).
Klein (G.). — Handbuch der Pflanzen Analyse, II, 941-03 (1932), Springer,
edit., Wien.
Lewicki (S.). — Mem. inst. natl. polonais écon. rurale Pulawy, 10, 293-330
(1929) (Chem. Abstr., 27, 5097).
Okay (S.). — Bev. fac. sci. Univ. lstambnl, B-12, 89-100 (1947) (Chem. Abstr.,
42, 2684).
Parkin (J.). — Bep.Jirit. Ass. London, 802 (1903) (in Wheldale-Onslow,
p. 217).
Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). — Proc, ludion Acad. Sci., 17, 120-141 (1943).
Robinson (G. M.) et Robinson (R,). — Biochefn. J., 26, 1647-1664 (1932).
Schorr (L.). — Z. wiss. Mikroscop., 52, 369-79 (1936).
Sen (N. K.) et Banerjea (P. R.). — J. Ind. Chem. Soc., Ind. et News, 10, 53
(1947).
Teichmann (K.). Mikrochernie ver. Mikrochim. Acta, 29, 194-205 (1941).
Source : MNHN, Paris
10
CH. SAXNIÊ ET II. SAIVAI.V
ISOLEMENT ET PRÉPARATION.
La première étape dans l’étude des pigments anthocyaniques et
flavoniques est évidemment leur isolement et leur purification. Bien
souvent, l’une et l’autre sont difficiles, et le premier effort des phyto-
chimistes qui les ont étudiés a consisté à mettre au point des procédés
d’extraction donnant un rendement convenable, et surtout permettant
d’obtenir ces pigments aussi purs que possible.
Les difficultés qui ont dû être surmontées proviennent de ce que
les pigments sont des mélanges d’aglycone et de glucoside, ou de plu¬
sieurs glucosides différents, mais extrêmement proches par leur cons¬
titution et leurs réactions chimiques. Or, il n’existe pas de méthodes
générales pour l’isolement des glucosides ; d’autre part, l’emploi des
techniques courantes de la chimie organique : cristallisations frac¬
tionnées, précipitation sous forme de sels, etc... apparaissait insuffi¬
samment efficace. Ce n’est que par la mise au point et l’utilisation de
techniques nouvelles que l’on est parvenu, dans ces vingt dernières
années, à obtenir les pigments des fleurs sous forme pure et chimique¬
ment définie.
Pigments flavoniques.
D’une manière générale, les pigments flavoniques sont plus faciles
à isoler et à obtenir purs que les pigments anthocyaniques ; aussi leur
isolement et leur purification a donné lieu à un nombre bien moindre
de recherches systématiques. Le plus souvent, on les obtient par l’em¬
ploi successif de divers solvants.
Il faut tout d’abord se débarrasser des huiles essentielles, de la
chlorophylle, des tanins ; on y parvient par un traitement à l’éther
ou un mélange éther-alcool méthylique, ou par le sulfure de carbone.
L’extrait alcoolique obtenu après enlèvement de la chlorophylle est,
soit traité à l’acétate de plomb, soit précipité par l’éther de pétrole.
Naturellement, le traitement sera différent suivant la nature du dérivé
flavonique étudié : flavone, flavonol, flavanone ou glucosides de ces pig¬
ments.
Les quelques exemples ci-dessous précisent les différents types de
techniques employées.
La tambuline (Bosh et Bose; 1939) se trouve sous forme de flavo¬
nol dans le fruit de Zanthoxytum acanthopodium. Les fruits pulvé¬
risés grossièrement sont mis à macérer dans de l’alcool éthylique à
95°. Après concentration, l’extrait est versé dans 500 cm 3 d’éther de
pétrole qui sépare un précipité d’aspect goudronneux. Celui-ci est
traité par l’alcool, d’où la tambuline cristallise en cristaux jaunes
Source : MNHN, Paris
COn.El'KS DES F1.EI HS ET DES EIU'ITS.
(ju’on lave à l’alcool et qu’on fait recristalliser d’un mélange d’acétone
et d’acide acétique.
Szent-Gyohgyi (1938) prépare la citrine (mélange d’hespéridine et
d’ériodictyol) en s'appuyant sur la solubilité des llavanones dans les
solutions acides de sels de plomb, leur précipitation par le plomb en
solution neutre, et sur la précipitation des sels de sodium et de potas¬
sium à partir d’alcool contenant un peu d’eau en ajoutant de la soude
ou de la potasse. Il obtient ainsi 2 litres de solution de citrine à 2,5 p.
100 et 15 g de citrine insoluble à partir de 100 kg de citrons.
L’isolement des glucosides directement à partir de la plante uti¬
lise des techniques différentes.
Ainsi Tseng et Yr (193(5) ont obtenu Vhespéridine de l’écorce de
Citrus séché, extraite avec l’éther et l’alcool méthylique pour enlever
les huiles essentielles, la chlorophylle et les tanins. Le résidu est extrait
à l’alcool méthylique chaud pendant trois semaines, les impuretés
sont éliminées de l’extrait par une solution méthylalcoolique saturée
d’acétate neutre de plomb. Le plomb est enlevé par l’hydrogène sulfuré
dans le filtrat, puis celui-ci est concentré dans le vide et il se sépare
une grande quantité de cristaux blancs. Après purification par recris¬
tallisation à partir de l’alcool, on obtient l’hespéridine pure, qui par
hydrolyse avec l’acide sulfurique dilué donne Phespérétine, llavanone
qui est l’aglycone de ce glucoside.
L’hi/périne, glucoside à flavonol d’Hypericum perforcitum, est
obtenu (Jerzmanovska, 1937) en faisant tout d’abord l’extraction à
partir de la plante sèche broyée (330 g), par macération dans un litre
d’alcool à 90° pendant trois heures ; puis par une deuxième macéra¬
tion de deux heures dans 800 cm 3 d’alcool. L’extrait est évaporé dans
le vide jusqu’à 150 cm 3 ; on ajoute de l’eau et on élimine la chloro¬
phylle par le sulfure de carbone. La solution hydroalcoolique est
traitée par deux volumes d’éther qui sépare un liquide goudronneux.
On évapore alors la solution éthéro-alcoolique dans le vide, et le
résidu est traité par l’acétone. Il se forme un précipité gris jaune
d’hypérine brute que l’on fait recristalliser à partir de l’eau en un
produit jaune clair, en aiguilles, contenant 1,5, 2,3 ou 3,5 mol. d’eau.
Un traitement analogue a permis à Charaux et Rabate (1935)
d’extraire l’hétéroside de Sophorn japonicn. Les fruits sont pressés et
épuisés par l’alcool à 80“ à l’ébullition pendant vingt minutes. Après
filtration, on concentre en éliminant l’alcool ; l’addition à la solution
tiède d’un égal volume d’éther provoque une cristallisation de sopho-
ricoside brut, que l’on purifie dans l’alcool à 95°.
Enfin, il peut être intéressant d’indiquer la technique employée
pour la préparation du rutinose, biose lié au flavonol quercétine, à
partir de la rutine qui en est le rhamnoglucoside (Zemplen et Gerecs,
1938).
La séparation se fait par hydrolyse au moyen d’acide acétique
dilué, bien que le biose lui-même subisse une hydrolyse lente. La
rutine est chauffée à l’ébullition à reflux pendant six heures avec
150 cm 3 d’acide acétique à 10 p. 100 dans lequel elle se dissout lente-
Source : MNHN, Paris
nient. On dilue la solution avec 150 cm' 1 d’eau et on laisse au repos
toute une nuit dans la glace. On filtre pour séparer la partie solide
(3,2 g). La liqueur-mère est agitée à la température du laboratoire
avec du charbon de bois et le filtrat est évaporé dans le vide jusqu’à
siccité. Le résidu, dissous dans 50 cm 3 d’eau chaude, est agité de nou¬
veau avec du charbon de bois, puis on chauffe une heure au bain-
marie avec 5 cm 3 d’anhydride acétique et 1 g d’acétate de sodium. On
fait cristalliser le dérivé acétylé à partir de l’alcool méthylique. Il ne
reste qu’à désacétyler le P-heptaacétylrutinose obtenu.
L’extraction de la rutinc à partir «lu tabac utilise la percolation
avec de l’alcool. On distille ce dernier sous pression réduite et la
masse résiduelle est extraite avec de l’eau distillée bouillante. Les
extraits aqueux sont mélangés et filtrés. Des cristaux de rutine, sous
forme d’aiguilles microscopiques, se déposent lentement. On purifie
par recristallisation à partir de l’eau bouillante (Couch et Krewson,
1944), (Couch, Krewson et Naghski). Le procédé d’extraction à partir
du sarrasin est à peu près identique (Eskkw, (1948), Couch, Krewson
et Naghski (1947).
Mascre et Paris (1936), pour extraire la rutine de la Rue,
épuisent la plante desséchée au Soxhlet par l’éther aqueux ; le ruto-
side se précipite à la surface de séparation des deux liquides. Ils le
purifient en versant sa solution pyridinique dans vingt fois son poids
d’eau distillée ; on obtient ainsi des cristaux jaunes pâles.
Dussy et Sannié (1947) ont préparé le rhamnoflauonoside des
feuilles d’Erythrophleum guimense en traitant 200 g de feuilles sèches
à trois reprises par-l’alcool à 95° bouillant. L’extrait concentre à sec
(30 g) est repris par 200 cm 3 d’eau, la solution aqueuse agitée deux
fois avec de l’éther et évaporée à sec. L’extrait (20 g) est repris par
50 cm 3 d’alcool méthylique, et l’addition d’une grande quantité d’éther
(950 cm 3 ) provoque la formation d’un précipité qui est éliminé. On
évapore à sec, reprend par le méthanol et précipite à nouveau d’autres
impuretés par l’éther. La solution éthérée est évaporée, l’extrait repris
par 50 à 60 cm 3 d’alcool à 95°, la chlorophylle précipitée par un égal
volume d’eau. Par évaporation lente de la solution alcoolique, il se fait
un précipité résineux qui est éliminé, puis des cristaux jaunes se
déposent lentement, que l’on purifie par recristallisation de l’eau.
Rendement 0,8 g par kilog de feuilles sèches.
Pour préparer le citrifolioside, glucoside flavanonique de Citrus
trifoliata L., Sannié et Sosa (1949) traitent chaque partie du fruit
(100 g), à deux reprises, par 500 cm 3 d’alcool à 90° bouillant, chas¬
sent l’alcool sous vide à 50° et éliminent la plupart des impuretés en
agitant le résidu aqueux (20 cm 3 ) avec de l’éther. Le glucoside com¬
mence à cristalliser de cette solution aqueuse au bout de 24 heures.
On le purifie par recristallisation de l’eau, puis de l’alcool méthylique
absolu.
La purification des extraits de plantes peut être faite, en partie
tout au moins, par l’emploi de levure de bière haute qui attaque les
oses fermentescibles en respectant les hétérosides. Rabaté et Dussy
Source : MNHN, Paris
(1936-1938) sont ainsi parvenus à isoler le rutoside et le sophora-
flavonoloside des eaux mères de la préparation du sophoricoside.
La méthode chromatographique, que nous étudierons plus com¬
plètement à propos de l’isolement des anthocyanosides, a été appliquée
aussi à celui des llavones. Dès 1938, Robezkiecks l’avait employé pour
caractériser les flavonosides de la citrine ; elle avait permis à M" r
Beauquesne (1947) d’isoler sur alumine le flavanoside de Siuartzia
madagascariensis. De même Khohana et Motiwala (1948) ont séparé
la calycoptérine des autres pigments extraits de Cnlycopteris flori-
bunda. Les solutions benzéniques des extraits de feuilles ont été chro-
matographiés sur divers adsorbants : carbonate de soude, charbon
activé, cendre de bois, magnésie et alumine activée ; les résultats les
meilleurs furent obtenus avec ces deux dernières substances.
Les pigments anthocyaniques.
L’isolement et surtout la purification des substances de ce groupe
sont particulièrement ardues, et ce n’est qu’avec l’aide de techniques
originales que l’on est parvenu à obtenir des résultats satisfaisants.
Ces techniques sont celles du coefficient de partage dans des solvants
non miscibles, mise au point et utilisée par Rosenheim, Willstater
et ses collaborateurs puis Robinson et son école, et la chromatographie
employée surtout par Karreh et ses élèves.
La première technique convient particulièrement bien à l’isole¬
ment des anthocyanosides différents, coexistant dans une même
plante. Elle permet aussi d’identifier les constituants des mélanges
d’anthocyanosides et d’anthocyanols.
La chromatographie a permis d’isoler avec une relative facilité et
dans un grand état de pureté les pigments à partir de mélanges com¬
plexes d’anthocyanosides naturels.
Extraction.
Dans les recherches anciennes sur les anthocyanosides, on pré¬
cipitait ces pigments par l’acétate de plomb, dans les extraits obtenus
après macération ; on décomposait les sels de plomb par l’hydrogène:
sulfuré ou le sulfate de sodium et on précipitait finalement le pigment
de sa solution alcoolique par l’éther. Cette méthode est encore parfois
employée, pour l’extraction des anthocyanosides des oranges par
exemple (Patane, 1948).
Notons que dès 1860, Filhol avait utilisé, sans le savoir, le prin¬
cipe de la chromatographie actuelle. 11 ajouta de l’alumine à un
extrait de fleurs de Verveine ; l’alumine devint jaune et le liquide sur¬
nageant retint une coloration pourpre.
La plupart des méthodes d’extraction actuellement utilisées sont
basées sur une observation de Wray, faite en 1670 et rapportée par
Miss Wheldale Onslow. Cet auteur, ayant laissé tomber sur une
Source : MNHN, Paris
14
CH. SANN'IÉ ET II. SAl’VAIX.
fourmillière mise à nu des fleurs bleues de chicorée, vit les fourmis
accourir et déposer sur les fleurs des gouttelettes d’un liquide, évidem¬
ment de l’acide formique. Aux endroits touchés par ce liquide, il se
formait immédiatement des taches rouges. Le pigment bleu «les fleurs
pouvait donc sé combiner avec les acides en donnant un dérivé rouge.
Les anthocyanosides ont en effet un caractère amphotère. Avec
les acides, on obtient «les sels d’oxonium insolubles ou peu solubles
dans l’eau et l’alcool. Ces sels d’oxonium ont été étudiés en particulier
par Bayer, Collie et Werner, puis Wii.lstatter rattacha les antho¬
cyanosides aux sels de flavylium (voir p. 44).
Les procédés d’extraction de ces pigments utilisent précisément
l’insolubilité de leurs sels avec les acides. Voici les principes généraux
sur lesquels ils sont basés (Willstater, Robinson).
Les organes frais, ou séchés et pulvérisés, sont mis à macérer
dans de l’acide aci’tique pur ou dans de l’alcool méthylique chlor¬
hydrique, ou dans tout autre solvant analogue acidifié. L’extrait
obtenu, d’aspect sirupeux, fortement coloré en rouge, est précipité par
l’éther ; on répète à plusieurs reprises ces dissolutions et ces précipi¬
tations, au besoin en faisant varier le solvant. Les anthocyanosides
sont ainsi obtenus dans un état de pureté relative. Pour les purifier
davantage, on les fait cristalliser à l’état de picrate, en ajoutant une
solution d’acide picrique à la solution du pigment dans l’acide chlor¬
hydrique aqueux ou hydroalcoolique, à une concentration convenable.
Le picrate cristallise en général facilement ; on le reprend ensuite
par l’acide chlorhydrique alcoolique et par l’éther pour le transformer
en chlorure.
C’est ainsi que Willstater isola de nombreux anthocyanosides :
callistéphine, chrysanthémine, idœine, kéracyanine, inécocyanine, pæo-
nine, malvine, pétunine, violanine. Ce dernier pigment est extrait de
Viola tricolor avec un rendement de 24 p. 100, mais il est loin d'en
être toujours ainsi et parfois le rendement est très faible. Il varie du
reste dans de larges limites selon la quantité du pigment tjue contient
la fleur étudiée, et suivant les difficultés d’extraction, très variables
d’une plante à l’autre.
Ainsi les pigments du bleuet et du coquelicot sont très difficiles
à isoler, tandis que le rendement est excellent avec le dahlia rouge
foncé, les chrysanthèmes et, comme nous venons de le dire, pour cer¬
taines violettes cultivées. Il est curieux de noter que certains horti¬
culteurs ont pu obtenir des variétés de fleurs de coloration très intense
dont les pétales desséchés peuvent presque être considérés comme de
l’anthocyanoside brut (Robinson, 1935).
Les exemples ci-dessous montrent comment divers auteurs ont
employé des procédés d’extraction légèrement différents les uns des
autres.
a) Isolement du pigment des fleurs d’Antirrhinum majus. — Ces
fleurs contiennent un mélange d’anthocyanosides et de flavonosides.
Voici comment Miss Wheldale Onslow sépare les uns des autres.
On fait bouillir les fleurs fraîches avec de l’eau et on filtre. Les
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 15
anthocyanosides sont alors précipites sous forme de sels de plomb par
l’acétate de plomb cristallisé ajouté à la solution chaude. On obtient
des précipités de couleurs variées selon les fleurs employées. Après
filtration, on décompose le sel de plomb par l’acide sulfurique à 5-10
p. 100. Le sulfate de plomb étant filtré, on obtient une solution rouge
vif contenant tous les pigments sous forme de glucosides en solution
diluée acide. On fait alors bouillir la solution avec un réfrigérant à
reflux pendant plusieurs heures. Après cette hydrolyse, les aglycones
moins solubles se séparent par refroidissement sous forme d’une
poudre brun rouge ou pourpre. On les filtre, et après lavage et séchage
ils sont broyés finement. On fait alors une extraction par l’éther à
l’ébullition jusqu’à ce que celui-ci ne se colore plus en jaune. Les
anthocyanols sont ainsi complètement séparés des pigments flavo-
niques, solubles dans l’éther. Le résidu est repris par l’alcool absolu,
filtré et ainsi débarrassé de toutes substances solubles dans l’alcool
pouvant s’être formées pendant l'hydrolyse. La solution dans l’alcool
absolu est évaporée complètement, puis versée dans un grand volume
d’éther qui précipite les anthocyanols et laisse en solution toutes
traces de flavones qui auraient pu subsister. On refait une extraction
à l’éther dans ce même but. Il semble que, dans ce cas, la méthode
de précipitation donne de bien meilleurs résultats au point de vue
pureté ; si l’on emploie la méthode par cristallisation, des flavones
peuvent syncristalliser avec les anthocyanols et passer inaperçues.
Ce procédé constitue une méthode classique, et il a été utilisé par
de nombreux auteurs avec quelques variantes. Ainsi Sakuma et
Momose (1935) l’appliquent à l’extraction des substances colorantes
de la canne à sucre, l’extrait étant obtenu par digestion pendant trois
jours dans l’acide acétique glacial, puis agité avec de l’éther, précipité
par l’acétate neutre de plomb à 10 p. 100, et le précipité décomposé
par ébullition huit heures avec de l’acide sulfurique à 5 p. 100. Les
tanins sont enlevés à l’eau bouillante.
Chika Kuroda et Mizu Wada (1935) font l’extraction du chlorure
de cyanine à partir des feuilles sèches de Shiso pulvérisées, avec de
l’éther de pétrole, pour éliminer les pigments étrangers. On traite
ensuite par l’alcool méthylique chlorhydrique. Le chlorure de cyanine
est précipité par l’éther, mis en solution aqueuse et transformé en sel
de plomb. Après décomposition de celui-ci, le pigment est traité par un
alcali en atmosphère,d’hydrogène, puis on acidifie.
L’isolement de la delphine de Salvia patens par Reynolds, Robinson
et Scott Moncrieff (1934) est légèrement différent. Après obtention
du sel de plomb, on dissout celui-ci dans l’acide acétique et on repré¬
cipite par l’éther. Le sel de plomb est décomposé par l’alcool méthy¬
lique, l’acide chlorhydrique et l’alcool propylique ; par addition
d’éther, on précipite le chlorure. Le pigment complexe est hydrolysé
par l’alcool méthylique chlorhydrique aqueux froid et, à partir de
celui-ci, on fait cristalliser le pigment brut avec et sans addition
d’alcool méthylique.
Source : MNHN, Paris
16 CH. SANNIÊ ET H. SAUVAIX.
b) Extraction des anthocyanosides des fleurs de Ribes sanguineuni
(Nolan et Brady, 1936).
Les fleurs sont épuisées par l’alcool éthylique à 0,6 p. 100 d’acide
chlorhydrique. A l’extrait on ajoute une solution aqueuse d’acide chlo¬
rhydrique pour amener la concentration en acide chlorhydrique à 1,2
p. 100, puis de l’acide acétique glacial (2/3 du volume). Le pigment est
précipité par addition de 2,5 volumes d’éther sec ; après élimination
de la couche éthérée, on obtient une masse gélatineuse que l’on sèche
et qui est redissoute dans de l’alcool méthylique chlorhydrique chaud,
d’où l’on obtient l’anthocyanoside à peu près pur.
Pour obtenir l’anthocyanol à partir de ce dernier, on l’hydrolyse
par ébullition avec de l’acide chlorhydrique à 12 p. 100, et l’on identifie
séparément les glucides par les méthodes classiques et l’aglycone par
ses réactions colorées.
Yamamoto (1934) extrait les pigments des fruits de mûres par
l’acide chlorhydrique à 1 p. 100. L’extrait est neutralisé par la soude
diluée, puis précipité par l’acétate basique de plomb, et le précipité
traité par l’alcool méthylique à 7 p. 100 d’acide chlorhydrique, le pig¬
ment transformé en picrate pour le purifier, le picrate transformé en
chlorure en le dissolvant dans un peu d’eau et en ajoutant 3 à 4 vo¬
lumes d’acide chlorhydrique concentré ; on abandonne ensuite plu¬
sieurs jours à la glacière. Le précipité violet est recristallisé dans
l’alcool éthylique à 3 p. 100 d’acide chlorhydrique.
c) Pigment du chou-rouge. — Il a été étudié par de nombreux au¬
teurs, en particulier par Willstaedt (1935) et par I. Chmielewska
(1933).
Willstaedt extrait 200 g de farine de chou avec 564 cm 3 d’alcool
méthylique et 36 cm 3 d’acide chlorhydrique concentré. Le pigment se
sépare à l’état sirupeux par addition de 560 cm 3 d’éther. On le lave
avec de l’acétone et de l’éther, on le dissout dans l’eau, le neutralise
avec de l’ammoniaque et y ajoute une solution de 5 g d’acide diohlo-
ropicrique. Le lendemain, après addition de dichloropicrate d’ammo¬
niaque, la suspension est agitée plusieurs fois avec un mélange de deux
partie d’ammoniaque et d’une partie d’acétophénone. Les extraits sont
réunis, filtrés et additionnés de deux volumes d’éther absolu. Le pré¬
cipité d’anthocyanoside est filtré, dissous dans de l’alcool méthylique
à 2,5 p. 100 d’acide chlorhydrique et purifié en répétant à plusieurs
reprises la précipitation et la redissolution.
Chmielewska (1933) traite un kg de chou rouge séché et pulvérisé
par 2,5 litres d’alcool méthylique contenant 2 p. 100 d’acide chlorhy¬
drique pendant 16 à 18 heures, filtre le résidu et le lave avec un litre
d’alcool méthylique à 1 p. 100 d’acide chlorhydrique. Le filtrat est trai¬
té par deux volumes d’éther, abandonné deux heures puis décanté. La
masse rouge cerise foncé est dissoute dans l’alcool méthylique chaud
et filtrée après vingt-quatre heures pour enlever les sels minéraux in¬
solubles, puis reprécipitée par addition de quatre volumes d’éther. Le
précipité, dissous dans l’eau, est converti en sel de plomb insoluble
par addition d’acétate neutre de plomb à 2 H 2 0. Le sel de plomb lavé à
Source : MNHN, Paris
LES COIT.EI'HS DES FLEURS ET DES FRUITS.
l’alcool méthylique et séché à l’air est transformé en chlorure par dis¬
solution dans l’alcool méthylique à 3 p. 100 d’acide chlorhydrique, puis
cristallisé à plusieurs reprises dans l’alcool méthylique chlorhydrique.
La méthode que Willstater et Burdick ont utilisé pour isoler la
callistéphine a été employée aussi par Dunc.an et Dustman (1936) pour
obtenir le pigment de la « Winnesap Apple »».
La peau du fruit est extraite pendant vingt-quatre heures par de
l’alcool éthylique à 0,1 p. 100 d’acide chlorhydrique, la solution alcooli¬
que filtrée et la matière colorante précipitée dans le filtrat par l’acétate
neutre de plomb. Après douze heures de repos, le précipité gélatineux
gris-vert de sel de plomb est séparé, lavé à l’eau froide, séché à l’air
sur le filtre puis traité par l’acide acétique glacial ; la matière colo¬
rante seule se dissout, à l’exclusion de beaucoup d’impuretés colorées.
Du filtrat acétique rouge foncé, le pigment est précipité par deux volu¬
mes d’éther. On sépare par filtration le sel de plomb ainsi obtenu et
on le décompose sur le filtre par un mélange de dix parties d’alcool
propylique pour une partie d’alcool méthylique contenant 25 p. 100
d’acide chlorhydrique ; quelques impuretés restent non dissoutes. Le
chlorure est précipité dans le filtrat alcoolique par addition de trois
à quatre volumes d’éther, filtré, lavé à l’éther et redissous dans l’alcool
éthylique à 0,1 p. 100 d’acide chlorhydrique. On répète cette purifica¬
tion par formation du sel de plomb qui est traité comme nous venons
de le dire ; puis le chlorure est transformé en picrate en additionnant
sa solution dans l’eau chaude d’une solution chaude d’acide picrique ;
le picrate est encore transformé en chlorure par dissolution dans
l’alcool méthylique à 5 p. 100 d’acide chlorhydrique et précipitation
par quatre ou cinq volumes d’éther sec. Le chlorure rouge, amorphe,
forme de longues aiguilles à reflets bronzés par lente évaporation de
sa solution hydroalcoolique chlorhydrique. Il faut cinq cristallisations
pour avoir un produit sans particules amorphes, et apparemment pur.
On voit que tous ces procédés, qui s’appuient sur les mêmes prin¬
cipes, sont assez longs et compliqués. Malgré cela, on n’obtient ainsi
que dès produits imparfaitement purifiés. C’est en cherchant à les sim¬
plifier et à les rendre plus efficaces que l’on a été conduit à mettre au
point les deux autres méthodes que nous allons exposer maintenant
avec quelques détails.
La première, que l’on peut appeler méthode de partage entre des
solvants non miscibles, a été mise au point et utilisée par Willstater
et ses élèves, Zollinger (1916) et Schudel (1918), puis par la plupart
des auteurs qui ont eu à étudier les anthoevanosides. Elle permet, non
seulement de séparer avec succès les ànthocyanols des anthocyanosi-
des et de décomposer ceux-ci en leurs constituants, mais aussi de sépa¬
rer les monoglucosides des diglucosides et des anthocyanols, ce qui
a constitué une étape importante dans la classification de ces pigments
selon leur nature. La méthode de partage a permis aussi de reconnaî¬
tre le degré d’homogénéité de ces pigments et nous verrons combien,
grâce à elle, les travaux de Lévy et Robinson (1931) en particulier ont
éclairci la constitution des anthoevanosides complexes.
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 2
Source : MNHN, Paris
18
CH. SANNIÉ CT H. SAUVAIS.
On sait que lorsqu’un corps soluble est mis en présence de deux
solvants non miscibles, il se partage entre les deux solvants dans un
rapport simple.
Prenons par exemple deux solvants tels que l’éther et l’eau. On
veut y dissoudre de l’acide acétique. Le coefficient de partage est de 2,1,
ce qui veut dire que dans 100 cm 3 d’eau en présence de 100 cm 3 d’éther,
10 g d’acide acétique se répartiront dans les proportions suivantes :
eau : 6,7 ; éther : 3,2. Si l’on renouvelle l’opération après décantation
de l’éther, les 6,70 g restants vont se répartir comme suit :
Eau : 4,5 Éther : 2,2
Par répétition du procédé, on arrive à enlever complètement le
corps dissous de la couche aqueuse au moyen de l’éther.
Le coefficient de partage étant le rapport entre les quantités dis¬
soutes dans des volumes égaux, il faut tenir compte des volumes des
solvants.
La méthode du coefficient de partage présente donc deux avan¬
tages :
1° elle permet de s’assurer de la pureté du corps, le coefficient de
partage devant être constant entre deux mêmes solvants ;
2° elle permet d’extraire complètement un corps dissous dans un
liquide au moyen d’un solvant non miscible bien choisi.
Ainsi s’explique l’utilisation de ce procédé dans le cas des antho-
cyanosides, et nous allons voir que Wilestatter et Zollinger (1916).
ont pu obtenir de cette façon des résultats précis et intéressants.
La méthode est basée sur le fait que la solubilité des anthocya-
nols et des anthocyanosides n’est pas la même dans l’alcool iso-amyli-
que et dans une solution aqueuse d’acide chlorhydrique à 0,5 p. 100.
Willstater a choisi ce chifTre car, si l’on emploie des acides plus
dilués, il commence à se faire une isomérisation en pseudo-base. D’au¬
tre part, $i l’acide est plus concentré, le chiffre de partage rejoint celui
dans l’alcool amylique.
Alors que les anthocyanols sont facilement solubles dans l’alcool
amylique, les monoglucosides le sont moins et les diglucosides s’y dis¬
solvent difficilement. Les chiffres seraient de 100 pour les anthocya¬
nols, 10 à 20 pour les monoglucosides et 1 à 2 pour les diglucosides.
Ainsi peut-on connaître la pureté d’un pigment. Si un diglucoside
ou un monoglucoside contient un peu d’anthocyanol, même des traces,
11 y a entre la l re et la 2° extraction par l’alcool amylique une forte
baisse du coefficient de partage.
Les auteurs complètent cette méthode par un examen colorimétri-
que. Voici la marche suivie pour l’ensemble de l’opération : 0,01 g de
chlorure du pigment est dissous dans 50 cm 3 d’acide chlorhydrique
à 0,5 p. 100 et cette solution est extraite deux fois par 50 cm 3 d’alcool
amylique qui doit être exempt de pyridine. Les solutions de compa¬
raison sont préparées pour chaque essai avec 1 à 2 mg de chlorure
d’anthocyanol (pour dissoudre les chlorures difficilement solubles, on
les chauffe avec 1 cm 3 d’acide chlorhydrique dissous dans l’alcool mé-
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
thylique el cette solution est ramenée à 50 cm* par l’alcool amylique).
Les deux solutions obtenues par extraction avec l’alcool amylique sont
comparées colorimétriquenient, chacune séparément, avec les solutions
témoins de concentrations connues. La quantité de matière colorante
dans la deuxième extraction est calculée d’après celle trouvée dans la
première. Il faut tenir compte dans les calculs que, dans la deuxième
solution, il y a moins de matière colorante ([lie dans la première. Si
l’on obtient des chiffres analogues dans les deux extractions successi¬
ves par l’alcool amylique, cela prouve que le pigment est pur.
Selon les auteurs, les solvants varient. Rosknheim préconise l’alcool
butylique au lieu de l’alcool amylique ; il semble que l’alcool butyli-
que soit à préférer dans le cas des diglucosides, le coefficient de par¬
tage dans l’alcool amylique étant trop faible.
Mais la technique doit être très minutieusement précisée ; on sait
que parfois le coefficient de partage varie avec la concentration, et les
résultats sont alors faussés. Voici, par exemple, comment opèrent
Lévy et Robinson (1931).
La couleur des solutions dans les deux couches étant différente,
ces auteurs les comparent directement entre elles, en utilisant des sol¬
vants ayant la môme composition pour les deux solutions à comparer.
Pour cela, ils prennent M cm* de la couche d’alcool amylique et N
cm* de la couche acide. Ils ajoutent à M cm* de la couche d’alcool pig¬
menté N cm* de solution d’acide chlorhydrique à 1 ou 0,5 p. 100 et
complètent à 50 cm* avec de l’alcool éthylique. Cette solution est com¬
parée avec une solution contenant N cm* de la couche aqueuse acide
additionnée de M cm* d’alcool amylique et complétée, elle aussi, à 50
cm* avec de l’alcool éthylique.
L’alcool amylique et la solution aqueuse acide doivent être ame¬
nés à un équilibre réciproque ; pour cela, on agite l’alcool amylique à
plusieurs reprises avec de la solution acide neuve à 0,5 p. 100 ou 1 p.
100 d’acide chlorhydrique ; cet alcool amylique sert à son tour à satu¬
rer la solution aqueuse chlorhydrique. Enfin, il est utile d’employer un
écran vert pour la colorimétrie des pigments.
Dans le cas des chlorures d’oenine synthétique et naturel, les coef¬
ficients de partage varient avec la concentration des solutions et, pour
avoir des valeurs constantes, il faut ajuster l’alcool amylique. Au des¬
sous d’une certaine valeur de la concentration, il y a concordance en¬
tre les chiffres observés pour le chlorure naturel et pour le pigment
synthétique.
En portant, dans les courbes obtenues, en abscisses les logarithmes
des concentrations de la solution amylique et en ordonnées ceux des
concentrations dans la couche aqueuse acide, on obtient des droites de
pente 0,5. Il semble donc que les sels des pigments soient associés à des
molécules doubles en solution aqueuise et à des molécules simples
dans l’alcool amylique.
La couleur des solutions dans l'alcool amylique est notablement
différente, d’un rouge plus bleu, que celle de la couche acide. Dans
cette dernière, la concentration de l’ion Cl est si grande par rapport à
Source : MNHN, Paris
20
CH. S ANN'II' ET H. SAl'VAIN.
celle du pigment que la dissociation ionique doit intervenir. Les ions
oxonium peuvent être, soit libres dans la solution, soit liés aux ions Cl
par des électrovalences ; on peut admettre que l’association des sels
ou des cations se produit en milieu aqueux.
Il est probable que les difficultés rencontrées dans la cristallisa¬
tion des anthocyanosides et des anthocyanols à partir des solutions
aqueuses acides sont liées à cette association, ainsi que le bleuisse¬
ment provoqué par le tanin dans les solutions d’oenine. Le tanin peut
en effet se combiner à l’oenine, même en présence d’une grande quan¬
tité d’acide minéral. Mais on n’a pu encore établir si ce bleuissement
est dû à la couleur de cette combinaison ou à la dissociation des com¬
plexes de l’oenine.
La plupart des autres monoglucosides, la callistéphine par exem¬
ple, se comportent d’une manière plus normale que le chlorure d’oeni¬
ne, et leur coefficient de partage est indépendant de la concentration
(Robinson, 1932).
L’emploi des solvants variés et plus ou moins spécifiques est par¬
fois très avantageux. Ainsi Willstater (1918) est arrivé à séparer
dans des mélanges complexes les anthocyanols et les anthocyanosides
mono et diglucosides, à partir d’une solution aqueuse, par l’emploi des
solvants organiques, en même temps qu’à l’aide de l’acide picrique, ou
mieux des acides chloropicrique et dichloropicrique, qui ont une gran¬
de influence sur le coefficient de partage. L’éther seul ne permet pas
l’extraction de l’anthocyanol à partir des solutions aqueuses acides,
mais la solution éthérée d’acide picrique donne un rendement de 100
p. 100. Ce mélange est ainsi spécifique pour les anthocyanols ou les
monoglucosides.
Ces mêmes monoglucosides sont extraits par la diéthylcétone, à
l’exclusion des diglucosides. Pour isoler ces derniers, on peut employer
un mélange d’acétophénone, d’alcool amylique et d’acide picrique. On
parvient ainsi à séparer et même à estimer à peu près quantitative¬
ment les trois catégories de substances qui constituent les pigments
anthocyaniques.
Dans certains cas, l’acétate d’éthyle a aussi été utilisé avec suc¬
cès, par exemple par Miss Grove et Robinson (1931) pour le chlorure
de 3-Ê-galactosidylcyanidinol. Le chlorure est dissous, dans une solu¬
tion aqueuse saturée et froide d’acide picrique ; on agite avec 50 cm 3
d’acétate d’éthyle pur, préalablement saturé d’acide picrique. La cou¬
che d’acétate d’éthyle est séparée, diluée avec 300 cm 3 d’éther et extrai¬
te avec 100 cm 3 d’acide chlorhydrique à 0,5 p. 100. On lave deux fois
la solution aqueuse acide avec 100 cm 3 d’éther et on compare au colo-
rimètre avec la liqueur mère débarrassée également de l’acide picrique
par l’éther. Dans ces conditions, l’acétate d’éthyle extrait jusqu’à 50,2
p. 100 du pigment à partir de la solution aqueuse d’acide picrique.
Cette méthode est celle qui a servi en 1918 à Willstater et
Schudel pour purifier un type nouveau d’anthocyanoside, celui d.e la
betterave rouge, Beta vulgaris. Par suite de son instabilité, le pigment
ne pouvait être extrait de sa solution aqueuse que par un mélange
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 21
d’alcool isoamylique et d’acétophénone contenant de l’acide dichloro-
picrique. Nous verrons plus loin que celte classe des anthocyanosides
azotes, qui se trouvent encore dans Bougainvillea glabra, Celosia cris-
tata, Atriplex hortense atrosnnguineus, nécessite des techniques spé¬
ciales pour leur extraction et leur isolement.
La deuxième inéhode qui a permis d’obtenir des produits très
purs et de séparer les mélanges d’anthocyanosides en leurs constitu¬
ants est la chromatographie, surtout employée par Ivarrer et son école.
Voici comment Karrer et Stro.vg (1936) décrivent l’isolement et la
purification du chlorure de pœonine.
La solution aqueuse du pigment, après filtration, est passée sur
une colonne d’alumine ; à la partie supérieure se forme une bande
poupre, au dessous une bande bleu vif. La colonne est lavée avec de
l’eau jusqu’à ce que celle-ci passe absolument claire ; on élue alors
la zone bleue avec de l’acide chlorhydrique dilué. L’élution de la zone
pourpre est plus difficile et il faut la répéter deux fois. Les liquides
d’élution et des derniers lavages sont concentrés et fournissent le chlo¬
rure de cyanine pur ; les premiers filtrats contiennent du chlorure de
pæonine pur.
Karrer et Weber (1936; ont réalisé par la même technique la
séparation, des constituants d’un mélange d’anthocyanosides naturels,
ceux provenant d ’AIthaea rosea (althéine). Après essai de différents
adsorbants, ils choisirent du gypse spécialement préparé, en grains ne
dépassant pas 15 microns.
2 g de chlorure d’althéine en solution aqueuse sont passés à tra¬
vers une colonne de gypse de 80 cm de haut ; le pigment se sépare
en deux fractions, l’une S fixée à la partie supérieure de la colonne,
l’autre F dans le filtrat. La fraction S est éluée par l’acide chlorhydri¬
que très dilué, dans lequel elle se dissout à chaud. Après évaporation
de l’acide en excès et concentration de la solution dans le vide, on
répète la chromatographie sur gypse, qui donne une séparation en
deux zones colorées nettement distinctes, forment deux plages super¬
posées dans la partie supérieure de la colonne. S, en haut, S 2 au-
dessous ; le filtrat ne contient plus de pigment. Les zones Si et S 2 sont
éluées séparément par l’acide chlorhydrique dilué, évaporées et con¬
centrées dans le vide à 30°. On concentre de même la fraction F. Les
trois solutions sont précipitées sous forme de picrates par une solution
aqueuse d’acide picrique et les picrates recristallisés à partir de l’eau
bouillante. Après plusieurs cristallisations, la fraction F donne de
belles aiguilles.
Les pigments sont transformés en chlorhydrates par dissolution
dans l’alcool méthylique à 2 p. 100 d’acide chlorhydrique et précipi¬
tation par l’éther. Celui de la fraction F est le monoglucoside d’un
éther diméthylique de la delphinidine. Par comparaison de ce pigment
F au colorimètre avec des solutions tamponnées d’œnine et après
vérification par la méthode de partage entre l’acide chlorhydrique
diluée et l’alcool amylique, les auteurs concluent que F est vraisem¬
blablement de l’œnine.
Source : MNHN, Paris
22
CH. S ANN I fi ET H. SAl'VAIN.
La fraction S 2 fournit un chlorhydrate qui renferme 6,02 p. 10U
de —OCH3 ; divers autres essais prouvent qu’il s'agit d’un monogluco-
side de l’éther 3’-5’ dimélhylique de la delphinidine ; S] serait le mo-
noglucoside de l’éther 3’ mélhylique de cette même delphinidine avec
un peu de glucoside de la delphinidine.
La séparation ainsi réalisée de composés très voisins dans un état
de pureté assez grand permet de faire ensuite beaucoup plus aisément
et sûrement les réactions spécifiques qui différencient les anthocyanols
et les anthocyanosides les uns des autres. C’est une des grandes supé¬
riorités de la chromatographie ; en l'employant concurremment avec-
la méthode de partage, on peut déterminer la constitution de pigments
fort complexes.
Les difficultés pour l’isolemeul et la préparation des produits
purs sont particulièrement grandes avec les pigments azotés isolés
depuis 1918 (Schudel) et classés avec les anthocyanosides, mais qui
se séparent des trois grands groupes d’anthocyanosides précisément
par la présence d’azote dans leur molécule. Le principal est la béta-
nine de Beta vulgaris, étudié récemment par Ainley et Robinon (1937);
il est difficile d’avoir des produits purs et le rendement de l’extraction
est très faible.
L’extrait acido-alcoolique de racine séchée est traité par la lithi-
ne ; il se forme un précipite qui contient, après déshydratation, 16 p.
100 du pigment. La purification se fait par précipitation à l’acétate de
plomb, puis par cristallisation à partir de la solution aqueuse acidifiée
ou à partir de la solution alcoolique par l’éther exempt de peroxydes.
Voici la technique mise au point par Pucher, Curtis et Vickery
(1938). La pulpe de betterave, séchée et pulvérisée grossièrement, est
traitée trois ou .quatre fois de suite par l'alcool à 95” bouillant en
filtrant chaque fois, ce qui élimine beaucoup d’impuretés. 100 g du rési¬
du, séché et finement pulvérisé, sont extraits par 150 cm 3 d’alcool éthy¬
lique à 95° et 15 cm 3 d’une solution d’acide chlorhydrique à 20 p. 100
dans l’alcool. On agite vingt minutes à la température du laboratoire ;
on ajoute encore 350 cm 3 d’alcool et on agite trente minutes. On sépare
ce premier extrait qui contient la plus grande partie du pigment, et
l’on répète quatre fois l’extraction dans les mêmes conditions. Après
filtration, les extraits réunis sont neutralisés exactement au rouge con-
go par addition goutte à goutte de solution aqueuse de lithine à 9 p.
100.
Après dépôt du précipité, la couche alcoolique est décantée, le
précipité lavé à plusieurs reprises par décantation avec de l’alcool à
95°, puis mis dans l’acétone et filtré. On sèche, on pulvérise finement
et l’on conserve en flacons bouchés. Le rendement est en général de
5 à 8 g.
Le pigment est ensuite purifié par précipitation à l’acétate de
plomb. 5 g de poudre sont dissous dans 300 cm 3 d’eau ; on filtre, puis
on ajoute très lentement une solution d’acétate de plomb à 30 p. 100,
jusqu’à ce qu’un prélèvement témoin clarifié par centrifugation ne
précipite plus. Le précipité est centrifugé, lavé trois fois à l’eau, mis
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS* ET DES FRUITS. -'?>
en suspension dans l’acétone et filtré sous vide, de manière à avoir
un gâteau eohérent qu’il ne faut pas sécher. Le produit est trituré avec
20 cm 3 d’alcool méthylique anhydre pour obtenir une pâte légère que
l’on fait passer dans un tube à centrifuger à l’aide d’alcool méthylique.
Le précipité collecté est lavé deux fois avec 20 cm 3 d’alcool méthylique
acidifié et deux fois avec 10 cm 3 d’alcool méthylique anhydre. On
réunit les extraits clairs obtenus et on les traite avec cinq à six volu¬
mes d’éther soigneusement débarrassé de peroxydes afin d’éviter l’oxy¬
dation et la destruction partielle du pigment. On abandonne au frais
plusieurs heures, puis le précipité est filtré, lavé à l’éther et séché
dans un exsiccateur sur acide sulfurique. Rendement : 0,5 g à 0,7 g.
Pour faire cristalliser, on met 500 mg du pigment ainsi purifié
dans 4,5 cm 3 d’eau et on triture pour désintégrer complètement lés
particules. On chauffe alors au bain-marie jusqu’à ce que la solution
soit à 70", on ajoute 0,5 cm 3 d’acide chlorhydrique décinormal et on
agite jusqu’à ce que la température atteigne 75-76°. La solution est
rapidement filtrée et le résidu lavé à l’eau chaude. Le filtrat clair est
abandonné au frais pendant six heures, on filtre de nouveau et on
lave successivement à l’eau glacée, à l’alcool absolu et à l’éther pur.
On sèche pendant une nuit sur vide sulfurique, on pulvérise dans un
mortier d’agate et on sèche sur anhydride phosphorique à la tempé¬
rature du laboratoire. Le rendement est de 0,2 à 0,3 g.
Pour obtenir l’aglycone, la bétanidine, voici comment procèdent
Ainley et Robinson (1937). La pulpe de betterave est mise à macérer
dans l’eau où elle fermente spontanément, puis on extrait à l’alcool
amylique et on sépare le pigment de ce solvant par l’éther de pétrole.
On le reprend ensuite par l’eau en solution concentrée et on le purifie
à l’aide de différents solvants, pour terminer par une cristallisation
dans l’acide chlorhydrique dilué.
Comme on le voit, l’isolement des pigments azotés est plus délicat
encore que celui des anthocyanosides ordinaires. Nous terminerons
leur étude par l’exposé du procédé employé par Price et Robinson
(1937) pour l’extraction, l’isolement et la purification du pigment
azoté de Bougainvillea glabra.
Les bractées des fleurs sont séchées dans un courant d’air et pul¬
vérisées. 1000 g de cette poudre sont recouverts d’alcool méthylique
chlorhydrique, en remplaçant plusieurs fois le solvant. Au bout d’un
à quatre jours, la solution est mise de côté et on fait une nouvelle
extraction avec un second kilog. de poudre. Par traitement à l’éther de
pétrole, toute la matière colorante des extraits est précipitée. Le résidu,
décanté après quelques heures de repos, est dissous dans l’alcool mé¬
thylique chlorhydrique à 1 p. 100 et les pigments reprécipités des solu¬
tions filtrées. Le résidu, d’un rouge bleuté intense, est séché sur du
chlorure de calcium, formant une masse pourpre foncé, insoluble
dans le benzène, le chloroforme, l’éther, l’acétate d’éthyle et l’acide
acétique, partiellement soluble dans l’alcool propylique et complète¬
ment soluble dans les alcools éthylique et méthylique. Ce résidu n’est
pas non plus complètement soluble dans l’eau ou les acides dilués ;
Source : MNHN, Paris
24
CH. S AN N Ilî liT H. SAUVAIS.
l’addition de sels neutres augmente la quantité insoluble. La solution
dans l’eau salée contient un mélange de mono et diglucoside. Le coef¬
ficient de partage dans l’alcool isoamylique est négligeable, celui dans
l’alcool butylique assez faible. L’extraction peut être faite à l’alcool
propylique, mais une petite quantité de pigment, sans doute digluco-
sidique, n’est pas extraite de cette manière.
La fraction insoluble n'a pas un caractère glucosidique et elle
doit être purifiée en l’agitant avec de l’alcool butylique et de l’eau salée,
ce qui élimine beaucoup d’impuretés qui y sont insolubles. Le produit
brut contient de nombreuses substances à poids moléculaire élevé, tels
que protides, polysaccharides, etc...; on ne peut pas le transformer
en sels cristallisés tels que picrates, perchlorates, complexes avec le
perchlorure de fer. La matière colorante est elle-même, à cet état brut,
très instable à la fois en solution acide et en solution alcaline.
Le premier essai de purification fut réalisé avec la cyclohexanone
et l’acide picrique ; on put ainsi concentrer la matière colorante, mais
la méthode, ne donnant pas un rendement suffisant, fut abandonnée.
On fit alors une adsorption cliromatographique sur alumine. On
obtient deux zones bien définies, la supérieure rouge foncé, l’inférieure
jaune vif. L’anthocyanol ne peut ainsi être séparé de l’anthocyanoside,
bien que ce dernier soit plus complètement adsorbé à partir de ses
solutions alcooliques que de ses solutions aqueuses. Le pigment jaune
est un mélange d’un glucoside avec son aglycone. Les solutions utili¬
sées pour l’adsorption sont neutralisées et on recommence l’adsorption
en les agitant successivement avec de petites quantités d’alumine. On
lave celle-ci avec de l’alcool méthylique et de l’eau jusqu’à ce qu’on
obtienne des eaux de lavage incolores. On peut utiliser aussi l’extrac¬
tion avec l’alcool propylique qui permet une bonne séparation du mono
et du diglucoside.
Le schéma ci-contre résume la méthode employée par Pricf. et
Robinson.
On n’a pu isoler de B un produit susceptible d’être analysé. Pour
séparer l’anthocyanol dans les fractions A et C, l’élution de l’alumine
est faite par l’alcool méthylique ou par l’acide chlorhydrique aqueux.
Mais l’emploi d’un solvant acide ne donne pas un produit très pur.
Robinson, après essai avec des solutions aqueuses de carbonate de
sodium et d’ammoniaque, utilisa le phosphate disodique en solution
chaude qui enlève toute la matière colorante sans provoquer de décom¬
position.
L’extrait phosphatique est saturé avec du chlorure de sodium,
filtré, acidifié avec de l’acide chlorhydrique et l’extraction est faite à
l’alcool butylique. La couche d’alcool butylique est agitée avec un peu
d’eau et on y ajoute du carbonate de sodium en quantité juste suffi¬
sante pour faire passer la matière colorante dans la solution aqueuse.
On répète l’opération et, en acidifiant la solution aqueuse concentrée,
on obtient un précipité semi-cristallin en aiguilles noires avec reflet
vert que l’on sèche.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
25
Un mélange de suhstance hrute (20 p). d'eau saturée de sel (500 cm 3 ) d'alcool
butylique (5u0 cm 3 ) et de HCl (3 à 5 poulies), est agité pendant 4 heures et filtré.
Y
Alcool bulylique
agité avec CINa à
saturation
Sol. de CINa ex¬
traite deux fois
avec l'alc. butyli¬
que, filtrée et sé¬
parée
Ilésidu traité avec
une solution de
CINa et <fe l’alcool
bulylique ; le pro¬
cessus est répété
Sol d’alc. butylique
traitée avec Al s 0 3
pour (A) et puis (C)
'
apitee
butylique par
CINa
. buty-
Sol. CINa
par aie. b
Alc
bu-
tylique y
Aie.
tyliq
Aie. bu¬
tylique
1
Extrait avec de l'alcool
propylique
Extrait réunis, et
anthocyan-1 adsor-
bé s/Alumine (A)
Sol. CINa extraite
avec l’alc. propy¬
lique
Aie. propylique traité
avec Alj0 3 pour le
glucoside (B)
Sol. aqueuse traitée
avec l'alumine pour
adsorher le pigment
jaune (C) ....
Source : MNHN, Paris
26
CH. SANNIÉ HT H. SAUVA IN.
. On voit que les procédés à appliquer dans le cas des anthocyano-
sides azotés sont assez délicats, et qu’il a fallu de nombreux essais
pour parvenir à réaliser une méthode à peu près satisfaisante.
Nous verrons dans un autre chapitre que l’application toute ré¬
cente de la méthode de la chromatographie sur papier permettra sans
doute d’arriver plus simplement et avec plus de précision à la sépara¬
tion et à l’identification des mélanges de pigments anthocyaniques sur
de petites quantités d’organes végétaux.
Aixley (A. D.) et Robinson (R.). — J■ Chem. Soc., 446-53 (1937).
Beauquesne (L.). — Ann. Pharm. franç., 5, 470-483 (1947).
Bose (P. K.) et Bose (J.). — J. Indian Chem. Soc., 16, 183-8 (1939).
Charaux (C.) et Rabaté <J.). — J. Pharm. Chim., 21, 495-546 (1935).
Chmielewska (I.). — Roczniki Chem., 13, 725-35 (1933) (Chem. Abstr., 28,
6172).
Couch (J. F.) et Krewson (C. F.). — U. S. Dep. Agr. Eastern Reg. Research
Lab., A.I.C., 52 (1944) (Chem. Abstr., 39, 4325).
Couch (J. F.), Krewson (C. F.) et Naghski (J.). — V. S. Dept. Agr. Bar.
Agr. Ind. Chem., A.I.C. 160, 5 p. (1947) (Chem. Abstr., 42, 2400).
Duncan (I. J.) et Dustman (R.). — J. Am. Chem. Soc., 58, 1511 (1936).
Dussy (J.) et Sannié (C.). — C. R. Acad. Sci., 225, 693-95 (1947).
Eskew (R. K.). — U- S. P., 2448 175 (31 août 1948) (Chem. Abstr., 42, 9094).
Filhol (E.). — C. R. Acad. Sci., 39. 194-8 (1854) et 50, 1182-5 (1860).
Grove (K. E.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 2726 (1931).
Jerjzmanowska (Z.). — Wiadomosci farm., 64, 527-32 (1937) (Chem. Abstr.,
33 7299).
Karrer (P.) et Strong (F. M.). — Helv. Chim. Acta, 19, 25-8 (1936).
Karrer (P.) et Weber (H. M.). — Helv. Chim. Acta, 19, 1025-7 (1936).
Khorana (M. L.) et Motiwala (D. K.). — Indian J. Pharm., 10, 98-99 (1948).
Kuroda (C.) et Wada (M.). — Proc. Imp. Acad. Tokio, 11, 2831 (1935).
Levy (L. F.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 2716-2.1 (1931).
Mascré (M.) et Paris (R.). — Bull. Sci. Pharmacol., 43, 279 (1936).
Nolan (T. J.) et Brady (T. G.) — Proc. Roy. Irish Acad., 43 B, 1-12 (1936).
Patane (G.). — Ann. Staz. regia sper. frutticolt. e agrumicolt. Acireale, 17,
1-12 (1948) (Chem. Abstr., 42, 8865).
Price (J. R.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 449 (1937).
Pucher (J. R.), Curtis (L. C.) et Vickery (H.). — J. Biol. Chem., 123, 61-70
(1938).
Rabaté (J.) et Dussy (J.). — Bull. Soc. Chim. biol., 20, 459-66 (1938).
Reynolds (T. M.), Robinson (R.) et Scott-Moncrieff (R.). — J. Chem.
Soc., 1235-43 (1934).
Rôbezniecks (I.). — Zeitsch. Vit. Forsch., 8, 27 (1938).
Robinson (R.). — Naturwissenschaften, 20, 612 (1932). Nature, 135, 733
(1935).
Sakuma (I.) et Momose (I.). — J. Soc. Chem. Ind. Japon, 38, supp. 224-5
(1935).
Sannié (C.) et Sosa (A.). — Bull. Soc. Chim. biol., 31, 36-42 (1949).
Schudel (G.). — Dissertation, Zurich (1918).
Szent-Gyorgyi (A.). — Z. Physiol. Chem., 255, 126-31 (1938).
Tseng (K. F.) et Yu (R. D.). — J. Chinese Pharm. Assoc., 1, n" 1, 1-23 (1936)
(Chem. Abstr., 30, 7783).
Willstaédt (H). — Biochem. Z., 276, 262 (1935).
Willstater (R.) et Zollinger (E. H.). — Ann., 412, 195 (1916).
Yamamoto (K.). — J. Agr. Chem. Soc. Japan, 10, 1046-52 (1934).
Zemplen (G.) et Gerecs (A.). — Ber., 71, 2526 (1938).
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
27
CONSTITUTION DES PIGMENTS ANTHOCYANIQUES
ET FLAVONIQUES.
Malgré la diversité de leur coloration et de leur répartition bota¬
nique, tous les pigments anthocyaniques et flavoniques appartiennent
à une même famille chimique et sont étroitement apparentés. Tous, en
effet, dérivent du chromanne :
O
f»'- ( SCH,
.. !
dont l’atome d’hydrogène en 2 ou 3 est remplacé par un groupe
phényle :
0
CH,
Ce squelette fondamental se retrouve du reste plus ou moins mo¬
difié dans toute une série de substances végétales. Nous étudierons
plus loin les liens qui unissent ces différents composés et comment l’on
peut passer progressivement des uns aux autres (page 108).
Pigments ilavoniques.
Ce sont les plus nombreux et les plus répandus, le plus souvent
à l’état de glucosides, parfois sous forme d’aglycones libres.
L’analyse des flavonosides consiste tout d’abord à scinder le glu-
coside en aglycone et glucides libres, puis à identifier successivement
ces deux fractions. Il reste ensuite à préciser leur mode d’union pour
connaître entièrement leur constitution.
Hydrolyse des glucosides.
La coupure entre l’aglycone et les glucides s’effectue le plus sou¬
vent par hydrolyse chimique acide, contrairement à ce qui se produit
pour beaucoup d’autres glucosides ; la résistance de l’aglycone aux
agents chimiques acides évite le recours à l’hydrolyse diastasique.
Voici par exemple comment Charaux (1924) hydrolyse la rutine.
Dans une fiole jaugée de 20 cm 3 , on chauffe pendant deux heures
au bain marie 0,25 g de rutine avec de l’acide chlorhydrique au
Source : MNHN, Paris
28
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIX.
dixième. On filtre sur double filtre pour séparer et doser le dépôt de
quercétine formé qui doit être de 0,12 g environ ; la solution filtrée,
observée au polarimètre, doit donner une déviation « = + 0°437, cor¬
respondant à la somme des déviations du rliamnose et du glucose
formés dans l’hydrolyse.
On peut encore effectuer celle-ci en chauffant au bain-marie pen¬
dant quatre heures le glucoside avec 100 fois son poids d’acide sulfu¬
rique à 4 p. 100. Le dépôt insoluble de quercétine formé (49 à 50 p. 100
environ) est séparé par filtration de la solution acide qui renferme les
sucres de dédoublement.
Dans certains cas, lorsque le flavonoside est très peu soluble ou
insoluble dans l’eau, même à chaud, il est nécessaire d’employer
l’acide acétique plus ou moins concentré comme solvant. Ainsi le
budléoflavonoside est hydrolysé totalement en cinq heures par un
mélange de 20 cm 3 d’acide acétique pur et de 30 cm 3 d’acide sulfu¬
rique à 6 p. 100, alors que la même hydrolyse exige 10 heures avec
l’acide sulfurique seul.
Au cours de l’hydrolyse acide de nombreux flavonosides, il se
sépare un aglycone insoluble dans l’eau. Charaux (1924) a montré
que le temps d’apparition du précipité était différent pour les divers
glucosides et que l’on pouvait ainsi, en mesurant ce temps, différencier
entre eux un certain nombre de ces glucosides. Il faut naturellement
suivre toujours exactement les mêmes conditions opératoires ; dans
ces conditions, on constate que le temps d’apparition du précipité
d’aglycone varie de 1 minute 45 secondes pour la quercitrine à 10
minutes pour la rutine et à 60 minutes 8 secondes pour la centauréine.
L’hydrolyse alcaline est beaucoup moins favorable, les alcalis
pouvant couper la molécule de l’aglycone. Mais, dans certains cas, l’un
des produits de dédoublement ainsi obtenu reste lié à une ou plusieurs
molécules de glucide, donnant un nouveau glucoside et permettant
de fixer la position du reste glucidique.
Ainsi, l’apigénol d-glucoside a été dédoublé par Von Gerichten
et Muller (1906) en p.hydroxyacétophénone et phloroglucinol d-glu-
coside, d’après l’équation :
«,OroAA-(JOB C.HUCV-O^OH + cl]j _ c0 _^- -\S 0H
apigenol-d-glueoside
phloroglucinol-d-glucoside + p.hydroxyacétophénone
(phloroside)
De même, la phloridzine est dédoublée par les alcalis en phloro¬
side (Cremer et Seuffert, 1912) et la naringine en phloracétophénone-
rhamnoglucoside (Asahina et Inubuse, 1929).
L’hydEolyse fermentaire des flavonosides a été plus rarement uti¬
lisée ; elle conduit cependant parfois à des résultats intéressants.
Charaux (1924) hydrolyse la rutine de la manière suivante :
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 29
On mélange dans un flacon, en agitant de temps en temps :
10 g de rutine finement pulvérisée,
2 g de ferment des graines de Rhamnus utilis,
500 g d’eau distillée saturée d’éther.
Au bout de 24 heures, on peut constater <jue la coloration jaune
clair de la rutine a pris une teinte d’un jaune plus foncé, dûe à la
formation de quercétine. On laisse le ferment agir pendant dix jours,
en agitant le flacon de temps en temps. Le produit de la réaction est
alors chauffé au bain marie pour chasser l’éther et détruire le ferment.
Par filtration, on sépare 6,30 g de quercétine impure, la solution ren¬
fermant les glucides.
Bien d’autres diastases peuvent être employées, en particulier le
suc d’hépatopancréas d’escargot, à cause de son action très générale
sur les glucosides.
On a signalé aussi, dans certaines plantes à glucosides flavoni-
ques, des diastases agissant spécifiquement sur les flavonosides de
ces plantes. Ainsi T. Miwa (1932) a pu extraire des racines de Scu-
tellaria baïcalensis, à l’aide de glycérol, un ferment, la baïcaiinase, qui
hydrolyse seulement les glycuronides flavoniques, la baïcaline et la
scutellarine, donnant les hydroxyflavones correspondantes et de l’acide
glycuronique. Il n’agit absolument pas sur les glucosides sur lesquels
agit la P-glucosidase de l’émulsine ou la takadiastase, ni sur les fla-
vones-glucosides qui sont dédoublés par la rhamnodiastase. Il faut
noter que le mentholglycuronide n’est pas dédoublé par cette diastase,
et que la baïcaline n’est pas davantage hydrolysée par les autres
P-glucosidases comme l’émulsine, les taka et rhamnodiastases.
Ainsi, l’hydrolyse des flavonosides pose les mêmes problèmes
que celle des autres glucosides, mais souvent simplifiés par la stabilité
des aglycones flavoniques en milieu acide et leur fréquente insolubi¬
lité, qui permet de les isoler et de les purifier facilement.
Etude de l'Aglycone.
Après avoir séparé l’aglycone, il reste à établir sa constitution.
On y parvient par l’action des alcalis à chaud.
La méthode la plus employée est la fusion alcaline. Elle consiste
à mélanger 0,50 à 1 g de pigment avec 8 à 10 g de potasse caustique
et 2 à 3 cm 3 d’eau, puis à élever rapidement la température jusqu’à
200-210°. On peut aussi projeter directement la flavone en poudre dans
la potasse chauffée à 200°. On chauffe 2 à 5 minutes, la température
montant jusqu’à 250-270°.
Le produit refroidi est dissous dans l’eau, acidifié et extrait à
l’éther. La solution éthérée est séparée en deux fractions par agitation
avec une solution de bicarbonate de soude. Les phénols restent dans
l’éther, tandis que les acides passent en solution dans le bicarbonate.
Source : MNHN, Paris
OH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
:i0
On obtient ainsi un polyphénol, un acide aromatique et de l’acide
acétique d’après le schéma suivant :
O,
j|| üH + HOCO — ^ V )H + CHjCOOH
ÔH
flavone (apigénlne) phloroglueinol + acide p. hydroxybenzoïque
+ acide acétique
La liste des principaux phénols et acides qui ont été retrouvés
dans l’hydrolyse alcaline des flavonosides est donnée dans l’étude
systématique de ces derniers.
L’inconvénient de la fusion alcaline est de faire disparaître par¬
fois les groupes méthoxyles fixés sur certains OH phénoliques ; on a
alors intérêt à employer des lessives alcalines ou l’eau de baryte à
action moins brutale et à bloquer les groupes hydyroxyles par une
méthylation totale. Nous verrons plus loin (p. 39) . comment on opère
dans ces cas.
Constitution des aglycones flavoniques.
Ils sont constitués par un noyau y-pyrone, substitué en 2 ou 3
par un groupement phénylique :
yA -t * % *Y<\ ca
I, Il A ' \=:/ IJ l| .
•Y/W
CH
La substitution en 2 donne les dérivés flavoniques (I) propre¬
ment dits, la substitution en 3 les dérivés isoflavoniques (II).
L’hydrogénation totale du noyau pyronique aboutit au chromanne
O
^Y<>ch,
ch 2
que l’on peut considérer, ainsi que nous l’avons dit, comme la sub¬
stance-mère de tous les pigments flavoniques et anthocyaniques. Du
chromanne, par oxydation du CH 2 en 4, on passe à la chromanone
(III), puis par déshydrogénation, à la chromone (IV) :
O O
;CH
V\V U
co
CO
Source : MNHN, Paris
LES COULEL'KS DES FLEL’HS ET DES FRUITS.
Les pigments flavoniques dérivent de ces deux noyaux par sub¬
stitution en 2 ou 3 d’un radical phcnyle.
La déshydrogénation totale du noyau pyronique A aboutit au
noyau du benzopyrilium, d’où dérivent les colorants anthocyaniques.
L’addition d’un groupe phényl en 2 sur la chroinanone aboutit
aux flavanones :
O
ch—^
B A
On connaît de nombreuses flavanones, naturelles ou de synthèse,
hydroxylées ou méthoxylées sur les noyaux A, B et C. La plupart ont
un OH ou un OCH 3 en 4’ et certaines, comme la strobopinine et le
matteucinol, possèdent un ou deux groupes méthyle CH 3 sur le noyau
A en 2 ou sur le noyau B en 6 et 8.
La perte de deux atomes d’H par les carbones 2 et 3 du noyau
pyronique A aboutit aux flavones :
Les dérivés flavoniques naturels ont toujours un ou plusieurs
oxhydriles, soit sur le noyau B, soit sur le noyau C ; ce sont des
hydroxyflavones. Ces oxhydriles peuvent être libres ou sous forme
d’éthers (le plus souvent éthers méthyliques) ou de glucosides.
La présence d’un oxhydryle en 3 dans le noyau pyronique A im¬
prime à la molécule des propriétés particulières ; on obtient ainsi les
flavonols :
O
; • j ~ \—/
nx/X/GOK
CO
dont nous verrons plus loin les réactions caractéristiques (p. 71 et
suivantes).
Comme les flavones, les flavonols possèdent un ou plusieurs
hydroxyles phénoliques aussi bien sur le noyau B que sur le noyau C.
La numérotation est la même que pour les flavones. Ainsi, à la 5-7-4’
trihydroxyflavone (apigénine) correspond le 5-7-4’ trihydroxyflavonol.
Source : MNHIl Paris
32
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
que l’on peut encore désigner comme 3-5-7-4 1 tétrahydroxyflavone
(kaempférol).
O O
HOfY\-f
5-7-4’ trihydroxyflavone (apigénine)
V\/° H
OH CO
5-7-4’ trihydroxyflavonol (Kaempférol)
Des substitutions semblables se retrouvent chez les flavanones et
les isoflavones. La naringénine est la 5-7-4’ trihydroxyflavanone et la
génistéine la 5-7-4’ trihydroxyisoflavone.
hoY/NH— "Y >:
ÜÜ™.
OH CO
_/ 0H
Un ou plusieurs des oxhydryles phénoliques peuvent être mé-
thoxylés, aussi bien dans les noyaux B ou C que sur I’oxhydryle en 3
du noyau A. A l’apigénine corespond l’acacétine qui est la 5-7-dihy-
droxy 4’-méthoxyflavone, au kaempférol le kaemféride (5-7-dihydroxy
4’méthoxyflavonol), à la génistéine la prunétine (4’-méthoxygénistéine),
enfin à la naringénine la 5-7 dihydroxy-4’-méthoxyflavanone ou isosa-
kuranétine.
Le passage des flavanones aux flavones et aux flavonols se fait
assez facilement, soit en bromurant le groupe CH 2 en 3 de la flavanone,
puis en enlevant HBr par la poLasse, soit directement par déshydro¬
génation à l’aide de PC1 5 . Dans certains cas, le brome se fixe sur le
noyau benzénique ; on peut utiliser la bromuration des acétates des
hydroxyflavanones ou de leurs glucosides sous l’action des rayons
ultra-violets (Zemplen et Bognar, 1943).
Pour passer des flavanones aux flavonols, on peut nîtroser la
flavanone sur le CH 2 en 3, puis hydrolyser le dérivé isonitrosé ainsi
formé par un acide minéral, ou bien oxyder directement la flavanone
par un oxydant tel que l’eau oxygénée, etc... (voir p. 91).
Par les méthodes synthétiques qui seront décrites plus loin, on
est parvenu à préparer de nombreuses flavones ou isoflavones avec des
substitutions diverses sur les noyaux B et O : furanoflavones, dioxy-
méthylèneflavones, etc... Ainsi, la karangine est un furanoflavonol
portant un noyau furane accolé en 7-8 au noyau B :
u&\ O
-1
tocH 3
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
33
La ginkgétine est une 5-8 dihydroxy-4’-méthoxyflavone portant en
6 ou 7 sur le noyau B un groupe C 3 H 4 Ô ou C 3 H e O, peut être méthyl-
furanique (Baker et Simmonds, 1940). L’osagine et la pomiférine sont
des dérivés complexes des 5-4’ dihydroxy et 5-3’4’ trihydroxyisofla-
vones, pour lesquelles les formules suivantes ont été proposées (Wol-
from, Johnson, Harris et Wildi, 1943) :
(R == H pour l’osagine, OH pour la pomiférine).
^ 0
S ! '
CH2/ ^hco
CH x /CH 3
^ C \ch 3
CH/V^
chL jO
isoosajine et isopomiférino
Constitution de§ glucosides flavoniques.
Suivant la nature de l’aglycone, on pourra se trouver en présence
de flavonosides dans lesquels l’aglycone est une flavone, de flavonolo-
sides dans lesquels c’est un flavonol, de flavanonosides renfermant
une flavanone, ou d’isoflavonosides à base d’isoflavones.
Dans chacune de ces catégories, les hétérosides diffèrent les uns
des autres, soit par la nature, soit par le nombre, soit enfin par la
position des molécules de glucides.
Le glucide le plus souvent retrouvé est le glucose, et l’on rencontre
de nombreux monoglucosides. Dans certains cas, le glucose est uni à
un autre ose pour former des diholosides tels que le rutinose qui est
un rhamnoglucoside (rutine, multiflorine, naringine, hespéridine, etc...)
ou l’apiol (apiine, diosmine).
Le rhamnose peut exister seul, comme dans l’acaciine qui en ren¬
ferme deux molécules, ou uni à une ou plusieurs molécules de glucose
(rutinose) ou de galactose (rhamnogalactose de la robinine).
Le maltose est moins fréquent ; on le trouve par exemple dans la
lutéine formée de lotOflavonol, d’une molécule de maltose et d’acide
cyanhydrique.
Alors que l’on trouve très fréquemment dans les anthocyanosides
deux molécules de glucide fixées en des points différents de la molé¬
cule (dimonosides), cela est rare chez les glucosides flavoniques. On a
signalé dans le Forsythia un diglucoside du quercétol ; la butrine est
aussi un diglucoside.
Le plus souvent, il existe deux molécules de glucides liées
ensemble, formant un biose ; on en trouve rarement trois. Cependant
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 3
Source : MNHN, Paris
34
CH. SANNIÉ ET H. SAÜVAIN.
la robinine possède une molécule glucidique laite de deux molécules
de rhamnose et d’une molécule de galactose ; celle de xanthorhamnine
comprend trois molécules de rhamnose.
Dans les glucosides llavoniques, le glucide occupe en général la
position 7 (apiine, acaciine, diosmine, lotusine, baïcaline, etc...),
cependant dans le glucoside de la chrysine, le glucose se place en 5.
Dans les glucosides à llavonols, c’est le plus souvent en 3 qu’est
iixé le glucide ; ainsi la robinine est un 3-rhamnogalactoside, la mul-
tiflorine un 3-rhamnoglucoside, la kaempféritrine un 3-dirhamnoside,
la xanthorhamnine un 3-trirhamnoside, etc... Dans la querciméritrine,
le glucose est en 7 ainsi que dans la gossvpitrine, la quercctagitrine
et l’herbacitrine. Signalons aussi que, dans le glucoside du Crocus St
John Bright, l’un des glucoses se trouve en 3, l’autre en 4’, donc sur
le noyau C ; il en est de même dans un flavanonoside.
Dans les flavanonosides, il semble que la position 7 soit le plus
souvent occupée par le glucide (naringine, hespéridine). Cependant
le glucose de la sakuranine est en 5, celui de la liquiritine en 4’ et la
butrine a deux groupes glucidiques en 3’ et 7, donc dans deux noyaux
différents comme pour le glucoside du Crocus.
Dans le groupe des isoflavones, seule la position 7 est occupée par
le glucide (daidzine, génistine, prunitrine, iridine, etc...). Signalons
en passant qu’il n’existe qu’une seule isoflavone non glucosidifléc : la
biochanine A de la graine de Chana. ■
La formule de constitution des flavanones (formule I) montre que
ces composés renferment en 2 un atome de carbone assymétrique dans
le noyau A ; les flavanonols (formule II) en ont deux, en 2 et 3.
H
On connaît en effet certaines flavanones qui sont actives sur la
lumière polarisée ; ainsi le citrifoliol (Sannié et Sosa, 1949) correspond
à l’isosakuranétine gauche (voir page 51).
Les pigments anthocyaniques.
Comme nous l’avons dit, ce sont eux qui colorent beaucoup d’or¬
ganes végétaux en bleu, violet, rouge ou brun. Mais, à l’encontre des
pigments flavoniques, ils existent généralement à l’état naturel sous
forme de glucosides, hydrolysables en glucides et un aglycone appelé
anthocyanol (ou anthocyanidine). Ils peuvent aussi exister dans les
plantes à l’état de composés incolores, les leucoanthocyanosides, que
l’action des acides transforme en anthocyanosides colorés. Enfin par¬
fois, mais assez rarement, on les a signalés à l’état libre (Shriner et
Anderson, 1928, dans certains raisins).
Ce sont les travaux de Willstater et de ses élèves, de 1913 à
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
:sô
1917, qui établirent la constitution de ces substances et permirent
ainsi d’en faire ensuite la synthèse.
Les anthocyanols, comme les flavones, dérivent du chromanne,
mais dans lequel le cycle pyranique est entièrement désaturé, formant
un noyau benzopyrylium :
n/^ch
chromanne
benzopyrylium 2-phényl-benzopyrylium
dans lequel, comme chez les flavones, le carbone en 2 est substitué
par un radical phényle. Les anthocyanols sont donc des dérivés du 2-
phényl-benzopyrylium. Nous verrons plus loin comment on peut inter¬
préter cette formule.
Dans les anthocyanols, comme dans les flavones, un certain
nombre d’atomes d’hydrogène des noyaux A, B et C peuvent être rem¬
placés par des oxhydryles. Mais il faut noter que, contrairement à ce
que l’on observe dans les flavones, les atomes de carbone : 3 du noyau
A, 5 et 7 du noyau B et 4’ du noyau C sont toujours, sauf dans l’api-
génidine, substitués par un OH ; et que les OH en 3,5 et 4’ ne sont
jamais sous forme de méthoxyles ; les anthocyanols seront donc des
dérivés du 3-5-7-4’ tétrahydroxy-2-phénylbenzopyrylium :
HO^V^—c ^OH
Il peut exister en outre, comme on le verra plus loin, soit sur B,
soit sur C, d’autres oxhydryles phénoliques, soit libres, soit méthoxy-
lés.
Les anthocyanols se combinent avec des glucides, glucose, galac¬
tose, rhamnose, gentiobiose, pour former des mono ou des dihétéro-
sides. Les radicaux glucidiques se fixent le plus souvent en 3 dans les
monohétérosides, qu’il s’agisse d’un monose ou d’un biose, et en 3 et 5
dans les dihétérosides.
Certains anthocyanosides renferment aussi, en plus des glucides
et des anthocyanols, des acides organiques combinés à la molécule.
On peut les séparer par hydrolyse alcaline à la température ordi¬
naire ; ce sont l’acide p.hydroxycinnamique, l’acide p.oxybenzoïque,
l’acide malonique, etc...
Avant de procéder à l’analyse d’un anthocyanoside, il faut s’assu¬
rer qu’il est pur-et n’est pas constitué par un mélange. C’est là, comme
nous l’avons dit, un problème très difficile et qu’il n’est pas toujours
possible de résoudre ; il est cependant essentiel.
La première étape pour déterminer la constitution de ces pig-
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
36
ments est leux- hydrolyse. Celle-ci se fait en milieu acide et doit être
assez brutale, car il est necessaire de laisser l’anthocyanol le moins
longtemps possible au contact de l’air dans le milieu aqueux bouillant.
Cette hydrolyse s’effectue en faisant bouillir le pigment pendant 2 ou
3 minutes environ ou même seulement 30 secondes, avec de l’acide
chlorhydrique à 10 ou 20 p. 100.
Voici comment Reynolds, Robinson et Scott-Moncrieff (1934)
hydrolysent le chlorure de delphinine.
Le pigment glucosidique cristallin est traité par un excès d’acide
chlorhydrique bouillant pendant deux minutes. L’anthocyanol se sépa¬
re d’un précipité apparemment amorphe, à peu près noir, et montre
toutes les réactions qualitatives du chlorure de delphinidine. Il est à
peu près complètement extrait des solutions aqueuses acides au moyen
de l’alcool amylique, et la couche de solvant organique agitée avec de
l’acétate de soude devient bleu-violette. Le lavage avec l’acide chlorhy¬
drique à 1 p. 100 extrait peu de pigment de la solution dans l’alcool
amylique.
Karrer hydrolyse la vicinine en dissolvant 0,994 g de glucoside
dans l’eau, ajoutant 15 cm 3 d’acide chlorhydrique concentré et chauf¬
fant deux minutes et demi. Par refroidissement, 0,371 g de chlorure
de delphinidine cristallise. Dans la solution épuisée à l’alcool amylique,
puis à l’éther, on peut caractériser le glucose et le rhamnose.
C’est à l’hydrolyse alcaline à la température ordinaire au contrai¬
re que l’on s’adressera pour obtenir les acides organiques parfois com¬
binés dans la molécule, tels que l’acide p-hydroxycinnamique, l’acide
p.hydroxybenzoïque ou l’acide malonique que l’on obtient ainsi sous
forme de sels de Na.
Les anthocyanols.
La structure fondamentale de ces aglycones est relativement plus
simple que celle des flavones ; on y retrouve toujours en effet le sque¬
lette du trihydroxy 5-7-4’-phényl-2-benzopyrylium, ce qui fixe en par¬
ticulier la position des groupes OH du noyau benzopyranique. Ainsi
tous les anthocyanols naturels peuvent-ils être rattachés à quatre types
fondamentaux, différant entre eux par le nombre d’oxhydriles des
noyaux A et C.
De ces groupes fondamentaux dérivent, par méthylation de cer¬
tains de ces oxhydryles, quatre autres types mono, di ou triméthylés.
C’est de ces huit modèles que dérivent tous les anthocyanosides trou¬
vés dans la nature jusqu’à maintenant.
Le type le plus simple est celui de l’apigénidine (I), le seul qui
ne possède pas d’OH en position 3 sur le noyau A. L’apparition d’un
OH en 3 dans la molécule de l’apigénidine donne la pélargonidine (II)
qui possède un seul OH en 4’ sur le noyau C. S’il y a deux OH sur ce
même noyau, en positions 3’ et 4’, on a la cyanidine- (III) ; s’il y en a
3, en 3’, 4’ et 5’, on obtient la delphinidine (IV).
L’éther méthylique en 3’ de la cyanidine est la pæonidine (V). A
la delphinidine correspondent trois éthers méthyliques : un monoéther
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
en 3', la pétunidine (VI), un diéther, la syringidine (VII) en 3’-5’ et un
triéther en 3’-5’- et 7, l’hirsutidine (VIII). Voici les formules de ces
anthocyanols :
HO^»VÏ^Ç_
IIO^AP
^OII
SL
0 oh
^OH
Pélargonidine
(chlorure de tétrahydroxy
3-5-7-4’-phényl-2 benzopyrylium)
Cyanidine
(chlorure de pentahydroxy
3-5-7-3’-4’-phényl-2 benzopyrylium)
Delphinidine
(chlorure de hexahydroxy 3-5-7-
3’-4’-5’-phényl-2 benzopyrylium)
Ether monométhylitjue e
de la cyanidine
Pæonidine
Ether monométhyliau
de la delphiniaii
Pétunidine
HOj^Y'V"'
yu° H
_OCH,
%0H
uofY%-
OCHj
^OH
Ether diméthylique en 3’-5’
de la delphinidine
Syringidine
Cl
Ether triméthylique en 7-3’-5’
de la delphinidine
Hirsutidine
SL
O OCH 3
CH.O^Y^-f Y
OH 0CH '
OH VIII
OH.
Source : MNHN, Paris
38
CH. SAXN'IÉ ET II. SAUVAIS.
On peut encore citer l’éther méthylique en 7 de la cyanidine, moins
important, car il n’a été trouvé jusqu’ici que dans le glucoside extrait
du chou rouge.
Il est possible que certains pigments anthocyaniques, dont la
constitution est encore mal connue, diffèrent des types indiqués ci-
dessus. Ce serait le cas, en particulier, pour certains éthers monomé-
thyliques de la delphinidine, pour le pigment de la pomme de terre
violette qui aurait trois groupes OH et un groupe O CH S fixé sur le
noyau A, etc... Jusqu’à maintenant, cependant, on peut admettre que
la très grande majorité des anthocvanols naturels correspond aux
types ci-dessus.
Nous indiquerons, dans la partie systématique de cet exposé, les
anthocyanosides qui se rattachent à chacun de ces types.
La présence de plusieurs oxhydryles phénoliques chez certains
anthocyanols leur imprime des caractéristiques spéciales. Ainsi tous
les anthocyanols ayant au moins deux OH libres en ortho dans leur
noyau C (cyanidine, delphinidine, pélunidine) ou les glucosides qui
les contiennent, rouges en solution aqueuse ou alcoolique, virent au
violet ou au violet bleu si on ajoute à leur solution une petite quantité
de perchlorure de fer. Cette réaction, qui n’est donnée par aucun des
anthocyanols n’ayant pas deux oxhydryles en ortho, est très sensible
et très précieuse pour l’identification de ces substances.
Il faut tout d’abord insister sur le fait que l’on ne peut élucider
la structure d’un anthocyanol que si celui-ci est tout à fait pur. La pre¬
mière étape sera donc une purification soigneuse que permet, le plus
souvent, seule l’analyse chromatographique.
La constitution des anthocyanols a pu être établie tout d’abord par
la fusion alcaline. Celle-ci s’applique de préférence à la détermination
du résidu phloroglucique ; tous en effet donnent par fusion alcaline du
phloroglucinol, un acide phénol variable et de l’acide acétique.
Cl
Pélargonidine Phloroglucinol + acide p.hydroxybenzoïque
+ acide acétique
Cette méthode présente cependant l’inconvénient de ne pouvoir
être appliquée à déterminer la structure des dérivés méthoxylés, les
groupes méthoxylés pouvant être saponifiés dans ces conditions. On
opère de la façon suivante :
0,50 g d’anthocyanol (par exemple chlorure de pélargonidine) sont
projetés dans un creuset d’argent ou de nickel contenant 10 g de po¬
tasse caustique et 3 cm 3 d’eau et chauffé à 220° ; puis on élève rapi¬
dement la température jusqu’à 250° environ et on la maintient ainsi
deux ou trois minutes. Le résidu refroidi est repris par l’eau où il se
dissout, acidifié, et la solution aqueuse acide extraite à plusieurs repri-
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
3!)
ses à l’éther dans lequel passent les produits de la destruction alca¬
line. L’extrait éthéré est agité avec une solution de bicarbonate alcalin
qui dissout l’acide p.hydroxybenzoïque, tandis que le phloroglucinol
reste dans l’éther.
On peut, dans certains cas, remplacer la potasse caustique par
la même quantité de carbonate de potassium, on ajoute l’anthocyanol
(cvanidine) à 100", puis on élève rapidement la température jusqu’à
250° pendant deux à trois minutes. La décoloration est complète vers
210 - 220 °.
De la solution éthérée, séchée et évaporée, on obtient le phloroglu¬
cinol cristallisé.
Pour éviter l’hydrolyse des méthoxyles, Karrer a proposé deux
méthodes d’un emploi plus général : la décomposition par l’eau de
baryte ou les alcalis dilués, et la coupure oxydative par l’eau oxygénée.
Décomposition par le baryte ou les alcalis dilués.
On chauffe l’anthocyanol pendant une ou deux heures, ou plus
longuement si cela est nécessaire, avec une lessive de soude diluée à
10-15 p. 100 ou avec une solution de baryte à 10 p. 100, puis on opère
la séparation du phloroglucinol et de l’hydroxyacide comme dans le
cas de la fusion alcaline.
1 g de chlorure d’œnine ou de chlorure de syringidine est dis¬
sous dans 15 cm 3 de lessive de soude à 12 p. 100 et chauffé deux heu¬
res à l’ébullition dans un courant d’hydrogène. La liqueur refroidie
est acidifiée par de l’acide sulfurique dilué, filtrée, puis extraite à plu¬
sieurs reprises à l’éther. L’extrait éthéré est lui-même repris deux ou
trois fois par une solution de bicarbonate de sodium, qui dissout les
hydroxyacides ; après acidification de cette dernière, on l’extrait à
l’éther qui est évaporé. L’huile obtenue, malaxée avec un peu d’eau,
se prend en masse ; l’acide est redissous dans l’eau, décoloré au noir et
recristallisé. On obtient ainsi l’acide syringique à partir de l’oenine,
de la malvine ou de la syringidine, et de l’acide vanillique à partir
de la pæonidine.
O ULH3
HO
21
O OCH,
+ HOCO— ^ QH
~~~OCH 3
OCH 3
Syringidine
Phloroglucinol + acide syringique
Cl
O och 3
HO^ipH
^jOCHj
-+ llOCO—^ ; ^OH .
pæonidine
Phloroglucinol + acide vanillique
Source : MNHN, Paris
40
CH. SANNIÉ ET H. SAl'VAIN.
La décomposition par les alcalis dilués ou la baryte est particu¬
lièrement indiquée lorsque des oxhvdryles phénoliques sont bloqués
sous forme de méthoxyles.
Oxydation par l’eau oxygénée.
Karrer a montré que l’eau oxygénée, même très diluée, oxydait
les anthocyanols rapidement et à la température ordinaire en donnant
des hydroxyacides aromatiques aux dépens de leur noyau C. Le ren¬
dement est si bon que ce procédé est souvent préférable à l’hydrolyse
barytique. Par contre, il ne permet pas d’isoler la partie phlorogluci-
que, et il ne s’applique pas aux anthocyanols contenant deux oxhvdry-
les voisins dans le noyau C, comme la cyanidine ou la delphinidine ;
dans ce cas, en effet, les dérivés pyrocatéchiques ou pyrogalliques qui
se forment sont oxydés à leur tour en résines noires insolubles.
L’oxydation a lieu aux mêmes points qu’avec les hydrolyses bary¬
tique ou potassique, et les groupes méthoxy sont entièrement respec¬
tés.
On peut, par exemple, ajouter à une solution de chlorure de syrin-
gidine dans 60 cm 3 d’eau chaude, 40 cm 3 d’eau oxygénée à 30 p. 100.
On laisse reposer 5 heures et il se sépare une petite quantité de pro¬
duit insoluble dans la solution décolorée. Après une nuit, on élimine
le précipité formé et l’on extrait la solution à l’éther. L’extrait éthéré,
lavé à l’eau pour enlever l’excès d’eau oxygénée, est évaporé ; le résidu
d’acide syringique cristallisé est purifié par recristallisation de l’eau.
Cette oxydation par l’eau oxygénée présente un grand intérêt du
point de vue biologique, car elle s’effectue si facilement que les quan¬
tités pourtant minimes d’eau oxygénée formées par l’action des radia¬
tions ultra-violettes sur l’eau sont suffisantes pour décolorer les solu¬
tions aqueuses d’anthocyanols. Sous l’action d’une lampe en quartz
à vapeurs de mercure, une solution aqueuse de chlorure de malvine
est rapidement décolorée, et l’on peut en isoler l’acide syringique for¬
mé. On peut donc penser qu’un tel processus joue un rôle dans les
fleurs, tout au moins quand elles se fanent.
L’oxydation des anthocyanosides par l’eau oxygénée ne permet pas,
le plus souvent, de déterminer la structure de l’anthocyanol constituant
l’aglycone. Ceci tient à ce que la plupart des anthocyanosides ont un
résidu glucidique en 3 qui stabilise le noyau pyranique et empêche
sa destruction. Au contraire, comme nous allons le voir, ce fait permet
souvent d’obtenir des renseignements intéressants sur la position des
groupes glucidiques dans les anthocyanosides.
Constitution des anthocyanosides.
La structure des anthocyanols étant connue, il reste à établir la
nature des glucides et leur mode de liaison avec l’aglycone. Il faut
ensuite, s’il en existe, identifier les acides combinés à la molécule d’an-
thocyanoside et préciser leur mode de liaison.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
La nature des glucides liés aux anthocyanols est déterminée, dans
le liquide d’hydrolyse acide ou fermentaire, par les méthodes habituel¬
les d’identification des glucides. Ceux que l’on trouve le plus souvent
sont le glucose, le galactose, le rhamnose ; on a signalé exceptionnel¬
lement l’isorhodéose, sous forme d’un isorhodéoglucose dans la négré-
tine des pommes de terre violettes. Les hexoses et les pentoses sont,
soit seuls, soit combinés entre eux pour donner des diholosides.
Cette analyse est rendue difficile par le fait que, dans la plupart
des organes végétaux, on se trouve en présence d’un mélange d’antho-
cyanosides, et ce n’est que très rarement qu’il y en a un seul. Le plus
souvent, le mélange est constitué par des glucosides d’un anthocyanol
appartenant à l’un des types fondamentaux et par ses dérivés mono
ou polyméthoxylés ; un tel mélange est extrêmement difficile à sépa¬
rer, et celà est parfois impossible malgré de très nombreuses cristal¬
lisations. Il faut donc s’adresser à l’analyse chromatographique qui
donne presque toujours d’excellents résultats (voir p. 21).
Pour préciser les emplacements des glucides dans la molécule,
Karrer a tout d’abord utilisé une méthode indirecte. Les anthocyanols
ont tous des oxhydryles phénoliques libres dans leur molécule. Si on
bloque tous ces oxhydryles par un radical méthoxy OCH 3 , on constate
que les alcalis précipitent l’anthocyanol ; si au contraire un ou plu¬
sieurs oxhydryles sont libres, la soude en excès dissout aisément le
colorant en une solution. Cependant l’oxhydryle en position 3 n’est pas
assez acide pour former un sel soluble et fait exception à cette règle ;
les anthocyanols complètement méthoxylés, sauf sur l’oxhydryle en 3,
sont précipités de leurs solutions acides par les alcalis.
Karrer a donc méthylé complètement par le sulfate de méthyle
en présence d’alcali les anthocyanosides qu’il étudiait, puis a saponifié
les liaisons glucosidiques par hydrolyse acide. Si les colorants ainsi
formés sont précipités par alcalinisation de leur solution, c'est que
le glucide était fixé en position 3 ; si au contraire ils sont dissous, c’est
qu’au moins un des groupes OH des noyaux A et C était bloqué par
un glucide. Ainsi, la monardine, la pæonine, la cyanine et la malvine,
après ce traitement, donnent un colorant précipité par les alcalis ;
tous ces anthocyanosides sont donc des 3-glucosides.
Comme le fait observer Karrer, il est probable que cette gluco-
sidification de l’oxhydryle en 3 présente un intérêt biochimique. Les
3-glucosides des anthocyanols conservent en effet leur couleur bleue
en milieu alcalin bien plus longtemps que les anthocyanols correspon¬
dants. La formation d’un 3-glucoside représente donc pour la plante
un moyen de protection contre l’altération rapide de la couleur par le
suc cellulaire alcalin.
Mais la méthode de méthylation complète ne renseigne qu’impar-
faitement sur la position des groupes glucidiques lorsqu’ils sont ail¬
leurs qu’en 3, et souvent ses résultats prêtent à des interprétations dif¬
férentes.
Ainsi Karrer a-t-il proposé d’utiliser l’action de l’eau oxygénée
sur les anthocyanosides. L’oxydation par ce réactif des composés sim-
Source : MNHN, Paris
•12
CH. SANNlfi KT H. SAU VAIN.
pies du pyrylium aboutit d’abord à une coupure du noyau pyronique
entre les carbones 2 et 3 ; il en est de même avec les anthocyanosides,
mais ceux dont l’oxhydryle en 3 est bloqué par glucosidification sont
moins complètement et moins vite attaqués que ceux dans lequel cet
oxhydryle en 3 est libre. Ainsi la vitesse de l’oxydation fournit déjà
des renseignements sur la nature de l’oxhydryle en 3.
Mais c’est surtout la détermination des produits d’oxydation et
de leurs dérivés qui permet, dans certains cas tout au moins, de dé¬
terminer avec plus de précision la position des groupements sucrés.
Le processus de décomposition et le rendement des fractions diffèrent
selon le colorant envisagé.
Une étude complète de ces produits de dégradation a été faite par
Karrer dans le cas de la malvine et de son dérivé piéthoxylé en 7,
l’hirsutine. La malvine (1) est un diglucoside de la svringidine :
O OCH 3
^OII
Si on traite le chlorure de malvine par l’eau oxygénée à 30 p. 100
la coloration rouge disparaît en'dix à vingt minutes et, quelques heu¬
res après, cristallise en masse le produit d’oxydation incolore, la mal-
vone, de formule G> 9 H 36 O 20 - L’oxydation a non seulement coupé le
noyau pyronique B entre les carbones 2 et 3, mais aussi oxydé la fonc¬
tion alcoolique en 3 en donnant un COOH ; de même, le carbone 2
est oxydé en un groupe CO, formant un ester avec l’oxygène pyronique
en I.
Si Poxhydryle en 3 est glucosidifié, la liaison glucosidique est
transformée par oxydation en fonction ester. Effectivement, la saponi¬
fication alcaline (qui ne touche pas les liaisons glucosidiques) coupe
la malvone (II) en une molécule de glucose (III) et une molécule d’aci¬
de syringique (IV) :
O _OCH 3
HO^\ /N 'CO—'^ ^>OH _PCH :1
! _>. | =OCH 3 -> C 6 ll )3 0 6 + HOCO— \ _7011
À/COOC s ÏL,Os OC H,
OH CHX
II (X = H 00 OH) III IV
Une des molécules de glucose est donc certainement fixée én 3.
La deuxième molécule n’est pas fixée sur le noyau C, puisque
celui-ci donne l’acide syringique et non son glucoside ; il est donc sur
le noyau À, en 5 ou 7. Effectivement, si on hydrolyse l’acide-phénol
restant par les acides, on libère une molécule de glucose. C’est la com-
HO^Y^-
v
Og
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. IS
paraison avec des produits synthétiques qui permet de savoir que le
glucose est, dans ce cas, fixé en 5.
Il n’est pas toujours possible d’isoler, après l’oxydation par l’eau
oxygénée, des produits intermédiaires analogues à la malvone, mais
la méthode de Karreu permet, sans ambiguité, de préciser si le car¬
bone 3 est ou non glucosidifié. Il suffit, après l’action de l’eau oxygé¬
née, de détruire l’excès de ce réactif par le noir de Pt, puis de sépa¬
rer dans la solution, par action de la phénylhydrazine, le sucre lié
sous forme d’ester. Après séparation de la phénylosazone, on hydro¬
lyse la solution par l’acide chlorhydrique dilué bouillant et on traite
de nouveau par la phénylhydrazine ; le sucre libéré se sépare sous
forme d’osazone et peut être identifié.
Les résultats de ces études chimiques ont permis à G. et R.
Robinson (1933) de classer les anthoevanosiries naturels en cinq grou¬
pes principaux :
Le premier comprend les 3-monoglucosides et les 3-monogalacto-
sides. On y trouve la callistéphine, 3-monoglucoside de la pélargoni-
dine, qui est le pigment écarlate de l’Aster, la fragarine, 3-galactoside
de la pélargonidine dans la fraise, l’oenine, qui est un 3 monoglucoside
de la malvidine (peau des raisins noirs, cyclamen, primevère, etc...),
l’oxycoccicyanine ou 3 monoglucoside de la pæonidine (peau de l’ai¬
relle), la chrysanthèmine, l’idœine, le cyclamine, l’ampelopsine, etc...
Dans le second groupe sont classés les 3-rhamnoglucosides et les
autres pentoses-glucosides. Il comprend, en particulier, la kéracyanine,
3-rhamnoglucoside de la cyanidine, dans les cerises noires.
Le troisième groupe correspond aux 3-biosides, comme la mécocya-
nine du coquelicot, qui est un 3-gentiobioside de la cyanidine.
Le quatrième groupe comprend les 3-3 diglucosides. Ce sont les
plus répandus et les mieux connus. Citons parmi eux la pélargonine
de Pélargonium écarlate, la cyanine du bleuet, la pæonine de la
pivoine rouge, etc...
Enfin le dernier groupe est constitué par ces anthocyanosides dont
nous avons déjà parlé, et qui libèrent par hydrolyse des acides orga¬
niques : acides maloniques, p.hydroxybenzoïque, p.hydroxycinna-
mique, 4-hydroxy et 3-5-diméthoxycinnannique, coumarique, sinapique.
Il existe de très nombreux types de ces anthocyanosides acylés.
Du shiso, on a extrait un dérivé de la cyanidine combiné à l’acide p.
coumarique ; la rubrobrassine du Chou rouge contient un glucide com¬
biné à l’acide sinapique, la violanine de Viola tricolor une molécule
d’acide p.oxybenzoïque, la périllanine de Périlla ocymoïdes de l’acide
protocatéchique, etc...
La combinaison de l’anthocyanoside et de l’acide peut se faire
par estérification des oxhydryles phénoliques libres, ou par celle des
oxhydryles du glucide. Ainsi la monardéine de Monarda didyma, de
Salvia splendens et de Salvia coccinea contient de l’acide cinnamique
et de l’acide malonique combiné de chacune dé ces deux manières.
Ces dérivés acylés sont du reste très souvent des 3-5 dimonosidés,
caractérisés par une valeur élevée du coefficient de partage entre la
solution aqueuse acide et le solvant organique.
Source : MNHN, Paris
•4 CH. SANNIK ET H. SAUVAIN.
Nous avons déjà indiqué (p. 14.) que les anthoeyanosides exis¬
taient en milieu acide sous forme de sels et donnaient avec les bases
des sels. Il est facile d’expliquer la formation de ces derniers par l’exis¬
tence des fonctions phénols libres ; le changement de coloration lors
du passage de l’acidité à l’alcalinité s’explique par la formation de
ces sels alcalins.
C’est Willstater qui, le premier, établit la nature amphotère
des anthoeyanosides et la formation de sels d’oxonium en milieu acide.
C’est l’oxygène en 1 du noyau pyronique qui devient tétravalent et
peut alors fixer une molécule d’acide. Les sels ainsi obtenus sont rou¬
ges et se forment, non seulement avec les acides minéraux, mais aussi
avec les acides organiques présents dans la plante : acide malique,
citrique, tartrique, oxalique, tannique, etc... En solution, ces sels ont
parfois des colorations rouges assez différentes, allant du rouge brique
au rouge bleuâtre selon l’anthocyanoside examiné. Si on alcalinise la
solution rouge, elle vire au bleu par formation, comme nous l’avons
dit, d’un phénolate alcalin avec Poxhydryle libre en 4’ (Robinson,
1932).
Comme l’ont démontré Buck et Heilbron (1922), seuls les antho-
cyanosides ayant un oxhydryle libre en 4’ donnent une coloration
bleue ou bleu-violacée en milieu alcalin. Les auteurs en concluent que
les anthocyanols bleus libres et leurs composés alcalins dérivent d’une
molécule à structure quinoïde :
a
o o _
^ ^OH >- IIO^V^—_/=0
Effectivement, tous les anthoeyanosides rencontrés jusqu’à main¬
tenant dans la nature ont l’oxhydryle en 4’ libre. Il est du reste vrai¬
semblable que l’existence d’un OH libre en 4’ est une condition indis¬
pensable pour que la plante ait la possibilité d’utiliser ces colorants
en nuances orientées soit vers le rouge, (sels d’oxonium), soit vers le
violet ou le bleu (sels alcalins quinoïdes) et que c’est là la raison pour
laquelle on ne trouve pas d’oxihydryle méthylé en 4’ dans les compo¬
sés naturels.
De fait, on retrouve beaucoup plus de cendres dans les fleurs
bleues que dans les fleurs rouges : 10 p. 100 environ dans les premiè¬
res et seulement 4 à 5 p. 100 dans les secondes (Karrer). Willstater
a été le premier à préciser l'influence de l’acidité et de l’alcalinité du
suc cellulaire sur la modification du coloris des fleurs ; il n’est du reste
pas exclu que cette acidité ne dépende aussi, en partie tout au moins,
de la présence des co-pigments dont nous verrons ultérieurement le
rôle.
On peut du reste envisager la structure des anthocyanols sous
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
un autre angle (Pauling, 1939), en faisant intervenir la notion de ré¬
sonance. Plusieurs structures ont été proposées pour .le chlorure de
benzopyrylium ou ses dérivés ; elles diffèrent par le point où s’attache
l’atome de Cl, ou plus exactement, étant donné que la liaison reliant
le chlore est ionique, par la place de la charge positive dans le cation
benzopyrylium (Hill, 1936) :
+ + +
O O O
/%/% AA
il i ; . , I J
%/\S
C B A
o: o: o:
1 I, i f ii
^/\/
+
K F G
Chacune de ces structures possibles est basée sur certaines réac¬
tions de ces composés.
La théorie de la résonance (Pauli.ng, 1939) affirme qu’aucune de
ces structures n’est privilégiée, et que l’état normal du noyau benzo¬
pyrylium correspond à la résonance parmi toutes, y compris certaines
autres avec la charge positive en 3, 6, 8 et 10. Elle montre en outre
que toutes ne sont pas équivalentes, mais que trois sont privilégiées
(A, B et C) et stables. Par conséquent, la structure oxonium est la plus
importante et c'est elle qui détermine d’une façon prépondérante les
propriétés des sels de benzopyrylium.
Pour les anthocyanols dérivés du 2-phénylbenzopyrylium, les
structures privilégiées ont les formules I, II et III :
UH
Il + lll
Les atomes d’H des groupes phénoliques sont positifs et leur force
acide augmentée.
Cette résonance des charges positives d’un atome à l’autre dans
la molécule est responsable de la profondeur et de l’intensité de la
couleur des anthocyanosides.
En solution faiblement acide ou neutre, et plus facilement en solu¬
tion alcaline, la plupart des anthocyanosides et des anthocyanols pas¬
sent à l’état de pseudo-bases incolores, à partir desquelles les acides
minéraux régénèrent les sels d’oxonium. Il se formerait dans ce cas
Source : MNHN, Paris .
46
OH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
un carbinol, du type de ceux du groupe des colorants du triphényl-
méthane, qui correspondraient aux formules suivantes (Karrer) :
^OH
OH CHOH
Aux antliocyanosides que nous venons d’étudier se rattache le pig¬
ment de Beta vulgaris, dont les caractères sont assez voisins. Isolé par
Schudel en 1918, ce pigment fut étudié en 1937 par Ainley et Robin¬
son, qui conclurent qu’il s’agissait probablement d’un anthocyanoside
azote. C’est ce que confirmèrent un peu plus tard Pocher, Curtis et
Vickery (1938), dont les résultats furent analogues. Cependant, la
structure de ce pigment n’est pas encore complètement élucidée.
L’hydrolyse montre qu’il s’agit d’un glucoside, le glucide étant
séparé sous forme d’osazone, dont le point de fusion correspond à la
glucosazone ; le glucide est du reste fermentescible par la levure ; le
chiffre le plus élevé obtenu pour la teneur en glucose est de 33,7 p. 100,
la théorie correspondant à l’analyse élémentaire étant de 38 p. 100.
L’analyse du pigment par fusion alcaline n’a pas permis de re¬
trouver le phloroglucinol ; l’hydrolyse acide décompose et décolore
très rapidement le pigment, contrairement à ce que l’on observe avec
les anthocyanosides. Enfin, tous les efforts tentés pour élucider la
nature de la fraction azotée sont restés infructueux ; on ne peut décou¬
vrir d’azote aminé, ni dans les produits de décomposition alcaline,
ni dans ceux de l’hj'drolyse acide ; les chiffres obtenus par la méthode
de Van Slyke sont sans valeur, car les polyphénols dégagent de l’azote
sous l’action du réactif nitreux de Van Slyke. Du reste, l’acide nitreux
à 0° est sans action sur le pigment ; il n’y a donc pas de groupes
aminés aromatiques susceptibles d’être diazotés. Enfin l’azote est extrê¬
mement peu basique et incomplètement oxydé par la méthode de
Kjeldahl.
Aussi ne peut-on accepter que très provisoirement les suggestions
d’ Ainley et Robinson (1937) qui font de la bétanidine le chlorure d’un
anthocyanoside contenant un noyau pentahydroxyflavylium uni à
l’ornithine par l’un de ses groupes basiques, bien que cette structure
soit en accord avec les données analytiques et un certain nombre de
propriétés chimiques. Pucher, Curtis et Vickery admettent, sans
preuves beaucoup plus convaincantes, qu’il s’agit du glucoside d’un
noyau azoté à 15 atomes de carbone, qui serait relié aux anthocyano¬
sides et dont l’azote pourrait être inclus dans un cycle. En réalité, la
relation de la bétanidine avec les anthocyanosides reste elle-même dou¬
teuse.
De même, pour le chlorure de bougainvilléidine (Price et Robin¬
son, 1937), autre anthocyanol azoté, les analyses ont donné des résul¬
tats très inconstants. Il semble que le rapport C/N soit bien plus élevé
Source : MNHN, Paris
l.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
que dans le cas de la bétanidine ; peut-être ne contiendrait-il qu’un
atome d’azote. Le rapport C/N varierait de C 20 /N à C 24 /N, la valeur la
plus sûre étant C 22 /N. Le produit séché à 80° aurait pour formule
C 22 H 2(i à 3 0 Oi 0 NCl, sous la réserve d’une quantité d’eau fixée ne mo¬
difie pas le nombre d’atomes d’oxygène attachés au noyau pyrylium.
On voit donc que la constitution de ces corps azotés est encore
très imparfaitement connue, et il n’est pas impossible que l’on soit
amené à les séparer un jour des anthocyanosides.
A
Ainley (A. D.) et Robinson (Ri). — J. Chem. Soc., 446, 1937.
Asahina (Y.) et Inubuse (M.). — J. Pharm. Soc. Japon, 49, 128-134, 1929.
Baker (W.) et Simmonds (W. H. C.) -- J. Chem. Soc., 1370-4, 1940.
Buck (J. S.) et Heilbron (I. M.). — J. Chem. Soc., 21, 1198-1212 (1922).
Charaux (C.). — Bull. Soc. Chim. Biol., 6, 641, 1924.
Cremer (M.) et Seuffert (R. W.). — Ber., 45, 2565, 1912.
Herissey (H.) et Rabaté (J.). — Traité Chimie Organique, VIH, 594, Masson,
édit., Paris, 1938.
Hill (D. W.). — Chem. Rev., 19, 27, 1936.
Karrer (P.). — Traité Chimie Organique, XVIII, 519, Masson, édit., Paris,
1945.
NrwA (T.). — Acta Phytochim. Japon, 6, 155-71, 1932.
Pauling (L.). — Fortschr. der Chemie Organischer Naturstoffe, 3, 218, 1939.
Price (J. R.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 449 (1937).
Pucher (J. R.), Curtis (L. C.) et Vickery (H.). -- J. Biol. Chem., 123, 61
(1938).
Rabate (J). — J. Pharm. Chim., 8° série, 17, 433 et 474 (1933).
Reynolds (T. M.), Robinson (R.) et Scott-Moncrieff (R.). — J. Chem. Soc.,
1238 (1934).
Robinson (R.). — Naturwissenchaften, 20, 612 (1932).
Robinson (G. M.) et Robinson (R.). — Chem, et Ind., 52, 737-742 (1933).
Sannie (C.) et Sosa (A.). — Bull. Soc. Chim. biol., 31, 36-42 (1949).
Schudel (G.). — Dissertation, Zurich (1918).
Shriner (R. L.) et Anderson (R. J.). — J. Biol. Chem., 80, 743-752 (1928).
Von Gerichten (E.) et Müller (F.). — Ber., 39, 241 (1906).
Wolfrom (M. L.), Johnson (G. F.), Harris (W. D.) et Wildi (B. S.). --
J. Am. Chem. Soc., 65, 1434-35 (1943).
Zemplen (G.) et Bognar (R.). — Ber., 76, 452-7 (1943).
Source : MNHN, Paris
48
CH. SANMIÉ ET H. SAUVAIN.
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES
DES FLAVONES.
Comme nous l’avons vu, les pigments flavoniques, comme les
pigments anthocyaniques, se trouvent en grande abondance dans les
plantes, dissous dans le suc cellulaire, où ils sont en général à l’état
de dérivés hydroxylés des flavones, des flavonols et des llavanones.
Cependant, on a rencontré parfois dans la plante la flavone elle-même
(Muller, 1915). Alors que la flavone et la flavanone sont incolores,
leurs dérivés, ainsi que les flavonols, sont des substances plus ou moins
jaunes.
Ces composés cristallisent facilement de l’alcool. Ils sont pour la
plupart insolubles dans l’eau froide, mais leur solubilité s’accroît en
général avec une élévation de la température. C’est ainsi que la myri-
cétine et la quercétagétine, presqu’insolubles dans l’eau froide, le
deviennent légèrement, la première dans l’eau chaude, la seconde dans
l’eau bouillante. Les osides sont le plus souvent solubles dans l’eau
froide, et davantage encore dans l’eau chaude. La solubilité de la
naringine, glucoside du grape-fruit, qui est de 0,17 g dans un litre
d’eau à 6°, atteint 108,24 g à 75°. Il semble que ce soit seulement à
partir de 50” que l’accroissement de solubilité devienne important
(Pulley, 1936). Cependant le kaempféritroside, le robinoside et le
quercitroside sont insolubles.
Pour les purifier, on les recristallise dans l’alcool éthylique ou
méthylique, dans lesquels ils sont facilement solubles. Asahina et
Yokoyama ont montré que, lorsque la flavone est en présence de ses
dérivés hydroxylés naturels, on observait la formation d’eutectiques.
Ainsi, la chrysine (5-7-dihydroxyflavone), la 5-7-4’-triacétoxyflavone, la
5-6-diacétoxyflavone, la 5-hydroxy-6-méthoxyflavone et la 5-6-7-trimé-
thoxyflavone forment des systèmes eutectiques. Dans le cas de l’asso¬
ciation flavone-primétine un diagramme de point de fusion indique la
formation de solution solide du type IV de Roozeboom. Les cristaux
se produisant naturellement sont un mélange équi-moléculaire mon¬
trant à l’examen optique deux types de cristaux mélangés (Asahina,
1933 ; Asahina et Yokoyama, 1935). Les solubilités des aglycones
dans l’eau et les différents solvants sont indiqués dans la partie systé¬
matique ainsr que les points de fusion et le pouvoir rotatoire.
Action des acides.
En présence des acides minéraux dilués, ces composés sont sta¬
bles ; ils forment des produits d’addition cristallisés et décomposables
par l’eau. Dans l’acide sulfurique concentré, les flavonols et les flavones
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
49
se dissolvent sans donner de coloration, mais seulement une impor¬
tante fluorescence bleu-violette. Us peuvent alors être précipités par
l’eau. Les autres composés donnent dans l’acide sulfurique concentré
une forte coloration jaune orangé.
Action des alcalis.
Par suite de la présence d’oxhydryles phénoliques, les composés
flavoniques se combinent avec les alcalis en donnant en général des
dérivés solubles dans l’eau, d’où ils peuvent être précipités par acidi¬
fication. Souvent il se produit par alcalinisation une modification de
la teinte. Ainsi la wogonine donne en milieu alcalin une teinte d’abord
brune, qui passe au bleu-vert, puis au vert-jaune. Les solutions alca¬
lines de primétine sont rougeâtres, celles de robinétine rouge-bleuâtre,
celles de myricétine jaune-vert, virant en présence d’air au bleu, puis
au violet. Dans certains cas, par exemple avec la fisétine, il se produit
une rupture par oxydation en résorcine et acide protocatéchique.
La fusion alcaline produit une scission qui sépare un phénol et
un acide. Par ce procédé, on détermine la position des groupes hydro-
xyles dans les produits de scission, par conséquent la constitution de
la molécule. Ainsi, par fusion potassique, la butine (flavanone) se
scinde en résorcine et acide protocatéchique, ce qui permet de situer
les groupes oxhydryles et 7,3’ et 4’.
En solution aqueuse chaude, même diluée parfois, les alcalis pro¬
duisent également une décomposition, mais celle-ci étant moins bru¬
tale, on peut recueillir les produits intermédiaires ; ce qui présente
un grand intérêt au point de vue de l’interprétation de la réaction
d’hydrolyse.
Action des réducteurs.
L’action des réducteurs est particulièrement intéressante en ce
qu’elle établit un rapport direct entre flavones et anthocyanols. En
effet, en solution acide, on obtient les colorations allant du rouge au
violet qui caractérisent les aglycones des pigments des fleurs colorées
en bleu, violet ou rouge. On est donc bien en présence d’anthocyanols.
Ces réductions se font aisément in vitro par différentes méthodes que
nous exposerons ailleurs. Elles utilisent comme réducteurs soit du
magnésium et un acide (Willstater), soit le trichlorure de titane
(Karrer, Yen et Reichstein, 1930), soit d’autres substances.
En employant l’hydrogène en présence de platine, on réalise une
réduction plus énergique et, dépassant le stade des anthocyanols, on
hydrogène complètement le noyau pyronique et on obtient des caté-
chols. Nous verrons plus loin l’intérêt de cette transformation du point
de vue de la physiologie de la plante.
Enfin, les flavanones, traitées par l’amalgame d’aluminium ou le
Mémoires du Muséum, Botanique, t. IL 4
Source : MNHN, Paris
50
CH. SANNlfi ET H. SAUVAIS.
chlorure de titane, peuvent donner des hydroxy-4-flavannes (.2 formes
racémiques) et accessoirement un glycol par soudure de deux molé¬
cules de flavanone (Karrer, Yen et Reichstein, 1930).
Action du perchlorure de fer.
Les colorants flavoniques en présence de perchlorure de fer pren¬
nent diverses colorations, mais celles-ci ne sont pas assez caractéris¬
tiques pour servir à leur identification. Cependant, elles peuvent com¬
pléter diverses autres réactions plus spécifiques.
Voici les différentes colorations obtenues avec quelques dérivés
flavoniques, des flavonols et des flavanones, en solution alcoolique :
Flavones . lutéoline ...
baïkaléine .
wogonine .
tricine
genkwanine
primétine .
izalpinine .
Flavonols . galangine .
fisétine ..
robinétine .
kampféride ....
quercétine .
rhamnétine ...,
isorhamnétine
morine .
myricétine ....
gossypétine
quercétagétine .
Flavanones . butine .
naringénine ...
homoei îouictyol
hespérétine ...
liquiritigénine .
matteucinol ...
vert.
brun jaune,
violet brun,
brun rouge,
brun.
vert ; + NlLOH—brun rouge,
vert sale ; + acétate Na...rouge
violet.
vert noirâtre.
id.
violette,
vert olive,
vert foncé,
précipitation,
vert noirâtre,
vert olive foncé,
noir brun,
vert olive,
id.
vert foncé,
brun rouge,
brun rouge,
id.
pas de modification,
violet brun.
Action du chlorure d'aluminium.
Dans certaines conditions les polyméthoxyflavones, soumises à
l’action du chlorure d’aluminium, subissent une déméthylation en
position 5 seulement.
C’est ainsi que la chrysine méthylée par le sulfate diméthylique
et un alcali en milieu acétonique donne une substance dont le point
de fusion est différent de celui du diméthyl éther connu et qui, par
traitement par le chlorure d’aluminium, donne un monométhyléther
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
ayant les mêmes réactions colorées que la tectochrysine et lui ressem¬
blant beaucoup (Ventakaraman et Bhahadwaj, 1933).
Acide borique.
La réaction colorée qui se produit avec l’acide borique n’est pas
générale. Les llavanones ne donnent aucune coloration ; il semble que
la présence du groupe flavonol soit indispensable.
En effet, la citrine, la quercitrine, le kaempférol donnent avec
l’acide borique et l’acide citrique anhydre dans l’acétone une colora¬
tion jaune. Avec la fisétine, la naringénine, l’hespéritine, la réaction
est négative. La curcumine donne dans ces conditions une coloration
rose (Wilson, 1939).
Nous aurons l’occasion d’étudier en détail cette réaction dans le
chapitre relatif aux tests de reconnaissance (p. 74).
Copulation avec les sels de diazo.
Mahal et Ventakaraman (1938) ont réussi à copuler le sel de
sodium de la 6-hydroxyflavone avec les sels de diazo. Ils diazotent la
p-nitraniline avec le nitrite de sodium et l’acide chlorhydrique à 50
p. 100 et ajoutent à la solution le sel de sodium de la 6-hydroxyflavone.
En présence d’acétate de sodium et d’une solution de soude à 1 p. 100,
on laisse à la température de 0“ pendant une nuit à la glacière, et l’on
obtient une substance de couleur orange qu’on fait cristalliser deux
fois à partir de l’acide acétique. La copulation se fait en 5.
Activité optique.
On a trouvé jusqu’à présent quatre llavanones naturelles qui sont
optiquement actives : ce sont le matteucinol, le desméthoxymatteucinol
et le citrifoliol (Sosa et Sannié, 1946) et une flavanone récemment
découverte : la taxifoline (Pew, 1948). Mais il se pourrait que de nom¬
breuses llavanones naturelles isolées seulement sous la forme dl exis¬
tent dans la plante sous forme optiquement active, et qu’elles soient
racémisées pendant leur isolement, par exemple quand se produit le
clivage des résidus glucosidiques des sucres.
Fujise et Nagasaki (1936) et Fujise et Sasaki (1938), ont étudié
la racémisation du matteucinol. Cette racémisation peut relever de
deux mécanismes, soit qu’il y ait migration d’un H sur le groupe CO,
soit par ouverture du cycle. Dans le second cas, on doit arriver à l’hy-
droxychalcone. Comme ces auteurs n’ont pas trouvé finalement celle-ci,
ils pensent que c’est le premier mécanisme qui se produit.
Méthylation et déméthylation.
La méthylation et la déméthylation se font par les méthodes
classiques.
Source : MNHN, Paris
52
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
Pour la méthylation des hydroxyflavonols (quercétine, gossypé-
tine, herbacétine), on part des acétates correspondant aux éthers que
l’on veut obtenir. Ainsi, le pentacétate de quercétine, méthylé par le
sulfate diméthylique en présence d’un alcali et avec l’acétone comme
solvant, donne exclusivement un éther pentaméthylé. Le rendement
est quantitatif. Il en est de même pour l’obtention des éthers hexamé-
thylés de la gossypétine et pour l’éther pentaméthylé de l’herbacétine
(Rao et Seshadri, 1939) (Rao, Rkddy et Seshadri, 1940 ; Rao, 1941).
Il semble que la déméthylation puisse se faire de deux façons. En
effet, à partir de la wogonine (5-7-dihydroxy-8-méthoxyflavone) on
obtient soit la 5-7-8-trihydroxyflavone, soit la 5-6-7-trihydroxyflavone
(baïcaléine). Les processus doivent être différents. On pense que, dans
le traitement par IH, le cycle pyrone s’ouvre et se renferme ensuite
dans le sens opposé (Hattori, 1939) (Shah, Mehta et Wheeler. 1938) :
0CH 3 O
ll II
YhYo
5-7-8 trihydroxyflavone
OH O
HO^ x
Yh^o
OH CO
5-6-7-trihydroxyflavone
y (baïcaléine)
w
Spectres d'absorption.
Les pigments flavoniques présentent dans la partie ultra violette
du spectre des caractéristiques spéciales qui ont fait l’objet de nom¬
breux travaux, et qui apparaissent extrêmement précieusés pour pré¬
ciser leur constitution. La plupart des auteurs ont obtenu les spectres
en solution 0,0001 moléculaire dans l’alcool absolu.
C’est surtout l’école japonaise avec Shibata et Kimotsuki (1923)
à partir de 1922, puis Tasaki (1925-1927), Hattori (1928 à 1935),
Hayashi (1933 à 1936) qui s’est attachée à préciser les aspects des
spectres de ces pigments, et à relier leurs particularités à leur cons¬
titution chimique. Plus récemment, il faut citer les recherches de
Lajos et Gerendas (1937), de Grinsbaumowna et Marchlewski (1937)
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
53
et surtout les mémoires de Skarzynski (1939) qui, à l’aide de techni¬
ques plus récentes, a étudié systématiquement un nombre important
de ces pigments et de substances apparentées, et d’ARONOFF (1940) qui
a fait une étude critique des résultats des auteurs précédents.
D’après Skarzynski, d’une manière générale, l’apparition dans
une molécule du noyau benzopvronique ou chromone fait apparaître
dans la région ultra-violette deux bandes caractéristiques ; l’une
(bande I) vers les grandes longueurs d’onde, au delà de 3000 Â, l’autre
(bande II) vers les courtes longueurs d’onde, entre 2200 et 2500 Â. Il
est assez curieux de noter que la fixation sur le noyau chromone d’un
groupe phényle en position 2, comme dans les pigments ilavoniques,
ne modifie qu’à peine le spectre fondamental. Ainsi les spectres des
hydroxy et des méthoxychromones ne se différencient qu’à peine du
spectre des flavones correspondantes.
La flavone elle-même présente deux bandes indépendantes et bien
caractérisées, l'une à 2975 Â (bande 1), l’autre à 2500 Â environ
(bande II). Il est probable du reste qu’il en existe une troisième vers
2000 Â, mais elle n’apparaît pas habituellement sur les spectres sans
une technique spéciale.
Il faut cependant remarquer que l’attribution de ces bandes
comme spécifiques du noyau benzopvronique n’est pas absolument
certaine (Aronoff). D’une part les bandes à 2000 et 2500 Â se retrou¬
vent dans les spectres du benzène et de la y-pyronc
O
/\
d’autre part la 2-hydroxyhydrochalcone
CH
a un spectre semblable à celui de la flavanone, avec des maxima à
2500 et 3200 A.
Ce n’est donc pas la structure même du noyau benzopyrone qui
est responsable du spectre caractéristique des flavones, mais la pré¬
sence d’un système nucléaire analogue, pouvant exister réellement ou
se former par «chélation». Il s’agit donc, plus vraisemblablement,
de formes en résonance ortho ou para.
Sans entrer dans un exposé détaillé des résultats des auteurs japo¬
nais et de ceux de Skarzynski, nous croyons préférable de reproduire
ci-dessous, d’après Skarzynski (1939), les tableaux donnant les ma¬
xima de chaque bande, avec les valeurs de log s, et les conclusions
que cet auteur a énoncées :
Source : MNHN, Paris
54
CH. SAXNIÉ ET H. SAUVAIN.
Bande I Bande Il
Flavon .
6- Oxy-flavon .
7- Methoxy-flavon
3’-Oxy-flavon .
4’-Oxy-flavon .
5.7- Dioxy-flavon .
6, 2’-Dioxy-flavon .
3’, 4’-Dioxy-flavon .
5, 7, 3’-Trioxy-flavon .
5, 7, 4’-Trioxy-flavon .
5, 7, 3’, 4’-Tetraoxy-flavon .
6- Methoxy-flavon .
5- Oxy-7-methoxy-flavon •
5, 7, 4’-Trimethoxy-flavon .
7- Acetoxy-flavon .
5, 7-Diacetoxy-llavon.
7,4’-Diacetoxy-flavon ....
Apiin .
Flavonol .
6- Methoxy-flavonol .
7- Oxy-flavonol .
3’-Oxy-flavonol .
4’-Oxy-flavonol .
6,2’-Dioxy-flavonol .
(i, 3'-Dioxy-flavonol .
fi, 4’-Dioxy-flavonol .
5, 7-Dioxy-flavonol .
7.8- Dioxy-flavonol .
3’, 4’-Dioxy-flavonol .
5, 7, 2’-Trioxy-flavonol ....
5, 7, 4’-Trioxy-flavonol -
7,3’, 4’-Trioxy-flavonol ...
7, 8, 4’-Trioxy-flavonol -
5, 7,2’, 4’-Tetraoxy-flavonol
5,7, 3’, 4’-Tetraoxy-flavonol
7, 8, 3’, 4’-Tetraoxy-flavonol
2’-Methoxy-flavonoI .
4’-Methoxy-flavonol .
3-Methoxy-flavonoI .
6, 4’-Dimethoxy-flavonol ..
2975
3050
3060
2975
3300
3300
3360
3450
3225
3400
3550
:iii5ii
3300
3250
3010
3025
3040
3410
3475
3050
3275
3450
3525
3050
3600
3075
3460
3075
3450
3600
3600
3600
3125
3730
3600
3700
3100
3700
3150
3700
3100
3800
3820
3750
3100
3525
3075
3050
3540
4.20 2500 4,07
4,07 2730 4,32
4,49 2475 4,12
4.21 2415 4,15
4,37 2550 3,92
3,90 2700 4,42
4,16 2680 4,17
4,28 2450 4,17
4,07 2700 4,36
4,31 2650 4,25
4.28 2580 4,22
4,07 2730 4,32
3,88 2700 4,40
4.33 2650 4,25
4,27 2510 4,18
4,43 2550 4,18
4.34 2520 4,17
4.29 2670 4,17
4 ’® 4 2390 4,14
4.22 2560 4,18
4,19 2550 4,07
2460 4,15
4*39 2550 4,20
4,02 2550 4,10
4,13 2520
4,25 2600
4,07 2675
4 02 2650
4,29 2500
3,99 2625
4 ’ 28 2675
4,43
4,22 2525
4,22
2675
4,15 2630
4,42 2575
4,28 2575
4,02
4,09
4,23
4,17
4,17
4.14
4,12
4,33
4,12
4,34
4,30
4,15
3,96
4,24
2550
2450 4,17
2675 4,04
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
55
lianili* l
Bande II
3’, 4VDimethoxv-flavonol .
3550
4,18
4,21
5, 7, 4’-Trimethôxy-flavonol .
3550
4,24
2560
4,15
7, 3’, 4’-Trimethoxy-flavonoI ..
i 3600
2460
4,10
7, 8, 2’-Trimethoxy-flavonol .
3360
3,96
2460
4,28
7, 8, 3’, 4’-Tetramethoxy-flavonol .
3660
4,33
2500
4,30
3-Acetoxy-flavonol .
1 3050
4,11
2420
4,23
5, 7,2’, 4’-Tetraacetoxy-flavonol .
3960
3,56
2495
4,18
Quercitrin .
3550
4,12
2600
4,22
Flavanon .
3200
3,34
2520
3,84
5, 7-Dimethoxy-flavanon .
2850
4,23
7, 8-Dimethoxy-flavanon .
2870
4,22
5, 7,4’-Trimethoxy-flavanon .j
2280
4,42
7, 3’, 4’-Trimethoxy-flavanon .j
2340
4,38
5, 7, 3’, 4’-Tetramethoxy-flavanon .... j
2280
4,35
7-Oxv-chromon .j
; 3000
4,10
2470
2415
4,25
4,22
7-Âthoxy-2-methyl-chromon .j
2970
4,04
2475
2415
4,20
4,17
7,8-Dioxy-chromon .
3000
4,12
2575
4,50
7-Methoxy-2-benzyI-chromon .j
2950
3,94
2480
2415
4,19
4,17
L’introduction de groupes OH dans le noyau de la flavone fait
subir à la bande I un effet bathochTome, la déplaçant vers les grandes
longueurs d’onde. Cette influence est la plus nette lorsque les groupes
oxhydryles sont en 3 ou 4’. L’accroissement du nombre des oxhydryles
augmente cet effet bathochrome. La bande II est aussi déplacée vers
le rouge par la présence de groupes oxhydryles en 5 ou 6.
L’introduction d’un oxhydryle en position 3 pour créer la struc¬
ture des flavonols a comme effet, dans de nombreux cas, à côté d’une
action bathochrome sur la bande I, de faire apparaître une nouvelle
bande d’absorption vers 3100 Â. En dehors de l’influence de tout autre
substituant, tous les flavonols, sans exception, ont les caractéristiques
spectrales suivantes : la bande I est toujours déplacée vers le rouge,
et l’absorption est très souvent plus intense vers 3100 Â. Dans les
spectres d’absorption des flavonols, l’écart entre les deux bandes est
plus marqué que dans les flavones.
L’éthérification des oxhydryles en position 5, 6, 7, 2’ et 3’ ne
change pas le comportement du spectre des hydroxy-flavones corres¬
pondantes. L’éthérification de l’oxhydryle en 4’ a dans beaucoup de
cas un effet hypsochrome sur la bande I. L’acétylation des oxhydryles
diminue leur action auxochrome, et peut donner à la molécule de nou¬
velles propriétés spectrales.
Source : MNHN, Paris
56
CH. SANNIÉ ET H. SAUVA IN.
Au contraire, l’éthérification (méthylation) de l’oxhydryle en 3
provoque un changement profond du spectre des flavonols : la bande
I est déplacée vers les longueurs d’onde courtes et l’on voit réappa¬
raître à nouveau les caractéristiques du spectre des flavones. Par
contre, l’estérification (acétylation) de cet oxhydryle en 3 ne modifie
pas le spectre des flavonols.
La plupart des auteurs précédents sont d’accord pour admettre
que l’apparition de la 3* bande à 3050 Â dans le spectre des flavonols
est dû à un réarrangement en flavanone, avec apparition d’une struc¬
ture quinoïde.
I
La persistance de la bande à 3050 Â est peut-être due à un équi¬
libre flavone-flavanone (équilibre céto-énol), la forme céto (II) étant
prédominante.
Il est probable que le maximum de 2390 Â donné par Skarzynski
pour la bande II est trop faible, et que la valeur de Hattori (2490 A)
est plus exacte.
Les flavanon.es ont un spectre notablement différent. On observe
une bande intense vers 2850 Â, un accroissement de l’absorption à
peine marquée entre 3000 et 3200 Â, et dans beaucoup de cas un maxi¬
mum très prononcé entre 2260 et 2300 Â.
L’introduction d’un reste glucidique se fait le plus souvent en 3
(dans les flavonols) ou en 7. La glucosidification en 7 ne modifie pas
sensiblement le spectre de la flavone correspondante ; par contre, l’in¬
troduction du résidu glucidique en 3 supprime l’effet bathochrome sur
la bande I.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS HT DES FRUITS.
57
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES
DES ANTHOCYANNES.
Formes cristallines.
Bien que les pigments anthocvaniques soient généralement dis¬
sous dans le suc cellulaire, on peut aussi parfois les observer dans la
cellule sous forme de cristaux, et Gertz (1906) a établi une liste de
plantes dans lesquelles il a rencontré le pigment à l’état cristallin.
Mais on peut se demander si, dans ces cas, les anthocyanosides
n’étaient pas associés à d’autres constituants cellulaires, protéides,
tanins, etc... capables de floculer dans la cellule même en entraînant
le pigment qui apparaîtrait ainsi sous forme de cristaux ou de parti¬
cules amorphes solides.
Il est du reste facile, in vitro, d’obtenir les anthocyanosides à
l’état cristallin. Mais, comme nous l’avons indiqué au sujet de l’isole¬
ment et de la purification de ces substances, la formation de cristaux,
très facile à réaliser, n’est pas un critère absolu de pureté ; si l’on veut
identifier ces corps avec sécurité, il est nécessaire de les obtenir tout
d’abord à l’état pur. Il en est de même, du reste, comme le note
Karrer, pour les autres propriétés : réactions colorées, solubilité,
forme cristalline, teneur en eau de cristallisation, qui sont très indé¬
pendantes de leur degré de pureté.
Si, comme cela est souvent le cas dans les fleurs, on se trouve en
présence d’un mélange d’anthocyanosides, la cristallisation est rendue
beaucoup plus difficile.
Par hydrolyse des anthocyanosides, on obtient souvent les antho-
cyanols à l’état de cristaux.
Les formes cristallines de ces anthocyanols sont des plus variables
et permettent souvent de les caractériser. Ainsi la pæonidine cristal¬
lise en longues aiguilles, tandis que la pélargonidine forme des
tablettes rectangulaires très différentes des longues aiguilles un peu
courbes de la cyanidine. Mais, comme pour les anthocyanosides, la
cristallisation d’un mélange d’anthocyanols est souvent difficile.
Les sels d’oxonium obtenus par l’action des acides et les sels de
potassium cristallisent également.
Solubilité.
Les anthocyanosides sont le plus souvent très solubles dans l’eau ;
la plupart sont aussi solubles dans l’alcool. Ils sont insolubles dans
l’éther, le benzène, le sulfure de carbone, le choroforme. Par contre,
si les anthocyanols sont facilement solubles dans l’alcool, ils le sont
Source : MNHN, Paris
CH. SAXNIlt ICT II. S.Vl'VAIN.
58
beaucoup moins dans l'eau ; parfois mémo ils y sont (oui à fait ou
presque complètement insolubles.
Les solutions aqueuses colorées d’anthocyanosides deviennent
assez vite spontanément incolores. Celle décoloration s’opère aussi
lentement à froid, et plus rapidement à chaud pour les anthocyanols.
Nous verrons qu’elle se produit assez souvent in vivo, dans les plantes,
où l’on retrouve non des anthocyanosides, mais des leucoanthocya-
nosides.
Les solutions alcooliques d’anthocyanosides sont colorées dans la
gamme des rouges et deviennent, elles aussi, parfois rapidement inco¬
lores. Il s’agit là, comme pour les solutions aqueuses, d’une isoméri¬
sation que l’on explique par la formation d’une pseudo-base. Ce pas¬
sage à la forme incolore a lieu en milieu neutre ou faiblement acide,
et plus facilement encore, en milieu alcalin. Dans les solutions inco¬
lores, les acides minéraux régénèrent les sels d’oxonium colorés en
rouge.
D’une manière générale, les sels d'oxonium des anthocyanols
obtenus par l’action des acides sont peu solubles dans l’eau ; seuls
sont rapidement solubles les chlorures de pélargonidine, de delphini-
dine et de pæonidine ; les sulfates le sont difficilement. Tous sont
solubles dans l’alcool.
Tous ces sels s’isomérisent facilement, sauf le chlorure de delphi-
nidine.
Les picrates de delphinidine, de pæonidine et de syringidine sont
très peu solubles dans l’eau, alors que ceux de cyanidine et de pétu-
nidine le sont aisément.
Parmi les sels insolubles qui sont utilisés pour l’isolement et la
préparation des anthocyanosides, citons les sels de plomb et, pour la
mécocyanine, un dérivé ferrocyanhydrique. Le précipité par l’acétate
ou les sels de plomb est en général bleu verdâtre, mais parfois rouge
ou jaune dans certains cas. Ainsi Roach (1932) signale que les extraits
alcooliques d’écorce de pommier donnent des sels de plomb verts et
jaunes et que la couleur du précipité plombique est caractéristique
pour les extraits de pommier, de rosier et de cerisier.
Action des alcalis.
L’alcalinisation des solutions acides rouges produit un virage
vers le bleu ou le bleu violet, sous la dépendance de la formation de
phénolates alcalins. Cette coloration bleue en milieu alcalin et rouge
en milieu acide fait des anthocyanosides des indicateurs d’acidité ou
d’alcalinité utilisés depuis fort longtemps par les chimistes. Smith
(1933), Matula et Maceck (1936) se sont même servi du virage des
anthocyanosides comme indicateurs de pH du suc cellulaire in vivo.
Nous verrons, dans le chapitre relatif à la variation des couleurs des
fleurs, les différentes théories émises à ce sujet à propos des fleurs
bleues.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
.)»
Dans bien des cas, l'action des alcalis sur les extraits de fleurs
contenant des anthocyanosides provoque un virage au vert. Ce virage
a été expliqué de deux manières. Certains auteurs pensent qu’il existe
dans les fleurs, en même temps que les anthocyanosides, des flavones
qui deviennent jaunes en milieu alcalin. Le jaune des flavones se
superposant au bleu des anthocyanosides donne du vert. Cette hypo¬
thèse s’appuie sur la présence extrêmement fréquente des flavones
dans toutes les Heurs, même blanches.
Pour WillstaTter au contraire, le pigment jaune qui se forme
en milieu alcalin proviendrait d’une isomérisation de l’anthocyanoside
en sa forme incolore, forme qui est jaune en milieu alcalin. Will-
stater admet du reste que les deux mécanismes interviennent, parfois
simultanément. On peut même observer un virage au vert, puis au
jaune par décomposition des anthocyanosides ou de leurs aglycones
sous l’action des alcalis.
La formation de pseudo-bases incolores, qui se produit même en
solution acide ou neutre, mais est particulièrement aisée en milieu
alcalin, est expliquée par Kàrrer par formation d’un carbinol, com¬
parable à ceux observés dans le groupe des colorants du triphényl-
méthane, et que l’on pourrait représenter par une formule du type
suivant :
vv
A partir de ces pseudo-bases, les acides régénèrent des sels d’oxo¬
nium colorés en rouge ou en violet.
Chlorure ferrique et sels de fer.
L’action du chlorure ferrique, comme du reste celle de tous les
autres réactifs, n’est constante et spécifique que si l’on est en pré¬
sence d’anthocyanosides ou d’anthocyanols purs. Certains de ces der¬
niers, comme la syringidine et l’hirsutidine, ne donnent pas de réac¬
tion ; d’autres, tels que la pélargonidine et la pæonidine ont une
réaction peu nette. Enfin certains, ceux qui contiennent dans leur
molécule un groupe pyrocatéchol ou pyrogallol (cyanidine, delphini-
dine, pétunidine) prennent une nette coloration bleue violette ou
violette ; cette réaction est donc due à la présence de deux oxhydryles
phénoliques voisins dans le noyau benzénique fixé en 2. Cette réaction,
très sensible, peut servir h identifier les anthocyanols de ce type,
même dans les mélanges.
Action de l'acide sulfureux et des sulfites.
On sait depuis longtemps que les fleurs contenant des anthocya¬
nosides ou que les extraits colorés de ces fleurs blanchissent ou sont
Source : MNHN, Paris
60
CH. SAKNIÊ ET H. SAUVA1N.
décolorés par l’acide sulfureux et les sulfites, la couleur réapparaissant
par acidification au moyen d’un acide fort. Mais le mécanisme de cette
réaction est mal connu ; certains auteurs pensent qu’il ne s’agit pas
d’une réduction, mais d’une combinaison avec les bisulfites, combinai¬
sons que Grafe (1906-1911) a pu obtenir à partir des anthocyanosides
de Pélargonium et d ’Althæa.
Cette réaction des sulfites (et des hydrosulfites) sur les anthocya¬
nosides a été étudiée plus récemment par Kozlowski comparative¬
ment avec les flavonols. L’extrait anthocyanique rouge traité par
l’hydrosulfite de sodium devint incolore. En rajoutant de la teinture
d’iode, la couleur primitive réapparaît. Un pigment rouge obtenu par
réduction d’un flavonol par le magnésium en présence d’acide chlor¬
hydrique ne fut pas décoloré par les sulfites et vira au jaune orangé
par l’iode. Les flavonols ne produisirent aucune couleur rouge après
traitement avec l’hydrosulfite et le magnésium en présence d’acides
organiques. Ces résultats confirmeraient donc l’hypothèse de la forma¬
tion des anthocyanosides par oxydation des anthocyanogènes et sem¬
bleraient infirmer l’hypothèse de Willstater d’après laquelle les
anthocyanosides sont formés par réduction des flavonols.
Action de l'hydrogène naissant et des réducteurs.
Les agents réducteurs (Zn, Al ou Mg en milieu acide, etc...) pro¬
duisent une rapide décoloration des solutions d’anthocyanosides, per¬
manente si l’oxygène de l’air est exclu. S’il n’en est pas ainsi, la cou¬
leur réapparaît, plus ou moins vite suivant les conditions de la réaction
("nature de l’acide employé).
Action sur la liqueur de Fehling.
Les anthocyanosides ne réduisent pas la liqueur de Fehling avant
leur hydrolyse, sauf si l’on chauffe assez longtemps. Par contre, tous
les anthocyanols la réduisent, la pélargonidine à chaud, la pæonidine,
la malvidine, l’hirsutidine à l’ébullition, la cyanidine et la dephini-
dine même à froid.
Action de l'eau oxygénée.
Elle est très importante, parce qu’elle a permis de déterminer la
constitution de nombreux anthocyanosides et de leurs aglycones ;
nous avons eu l’occasion (p. 40) d’en étudier plus longuement les
résultats, mais dans certains cas les anthocyanols sont oxydés et don¬
nent des résidus noirs et insolubles (cyanidine, delphinidine).
Source : MI )HN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS F.T DES FRUITS.
Spectres d'absorption.
Théoriquement, il faudrait distinguer les spectres dans le visible
et dans l’ultra-violet. Mais pratiquement, l’étude de ces pigments a
été faite dans l’ensemble du spectre, de 2000 à 6000 Â.
Tous les anthocyanosides, ainsi que les anthocyanols qui en déri¬
vent, présentent au moins une bande d’absorption dans le visible, res¬
ponsable de leur couleur. Elle se situe entre 5.045 et 5.200 À environ,
pour des solutions alcooliques des sels (chlorhydrates). De même tous
ces pigments ont une bande dans l’ultra-violet vers 2.700 Â. En outre,
certains pigments possèdent d’autres bandes, soit dans le visible, soit
dans l’ultra-violet, soit à la fois dans l’un et dans l’autre.
En solution alcaline, le virage de la couleur du rouge au bleu
dépend d’un glissement très marqué des courbes d’absorption vers le
rouge. C’est ainsi que la malvine, qui en solution acide a deux maxima
à 5190 et 2775 Â, en a quatre en solution alcaline, tous décalés nota¬
blement vers le rouge ; le maximum dans l’ultra-violet passe à 3220 Â.
Dans ce cas particulier, (et probablement dans de nombreux autres
cas), il n’y a pas grande différence entre les spectres des anthocyano¬
sides et ceux des anthocyanols correspondants.
On a cherché naturellement quelles étaient les modifications spec¬
trales en fonction de la constitution des anthocyanosides (ou des
anthocyanols correspondants), en particulier de la position des
groupes oxhydryles et de leur méthylation. Si la méthylation des
oxhydryles est sans influence sur la position des maxima ou la gran¬
deur des coefficients d’absorption, il n’en est pas de même de la place
qu’ils occupent. Dans une série de mémoires, Hayashi (1933-1936) a
donné les spectres d’absorption dans l’ultra-violet, jusqu’à 4500 Â, de
nombreux composés colorés du type benzopyrylium, en solution dans
l’alcool absolu avec environ 0,06 p. 100 d’acide chlorhydrique.
Dans le groupe phényl latéral fixé en 2 sur le noyau benzopyry¬
lium, l’introduction des groupes OH ou OCH 3 en 2’, 3’ et 4’ déplace le
spectre de 100 Â vers le rouge ; par contre, l’introduction d’un oxhy-
dryle en 5’ sur les dérivés disubstitués en 3’ et 4’ n’amène aucun chan¬
gement. L’effet bathochrome maximum s’observe avec une substi¬
tution en 2’, 4’ et 5’.
L’étude de nombreux chlorures de flavylium synthétiques avec un
substituant unique en 4’ dans le noyau phényl rattaché en 2, a permis
au même auteur d’établir un certain nombre de règles de substitution,
valables du reste pour les produits naturels qui ont été comparés aux
synthétiques (pélargonidine, cyanidine). Deux bandes apparaissent au
lieu d’une à 3580 Â dans le chlorure de chrysidinine, quand un seul
groupe OH ou OCH 3 occupe les positions 2’, 3’ ou 4’. Une substitution
en 4’ fait apparaître une bande caractéristique à 3000-3300 Â, mais
celle-ci disparaît si 3’ est aussi substitué, pour reparaître dans les
dérivés méthoxylés en 3’, 4’, 5’. La substitution en 2 et 5’ fait appa¬
raître une bande à 2650 A. Un OH en 3 déplace vers le rouge la bande
Source : MNHN, Paris
62
CH. SAXXIÉ ET H. SAUVA IN.
située près tle 2000 A, fait apparaître une seconde bande à 2450-2600 A,
et pour certains dérivés une troisième bande près de 3000 A, tandis
que la quatrième bande de l’ultra-violet est affaiblie et qu’il en appa¬
raît une cinquième à 4080 A pour les dérivés de la pélargonidine.
La forme des courbes d'absorption est ainsi typique pour les trois
principales espèces d’anthocvanols. Les courbes sont les plus com¬
plexes pour la série de la pélargonidine, plus simples pour celle de la
delphinidine et les moins dissociées pour la série de la cyanidine.
Hayashi (.1936) a aussi étudié les modifications apportées par l’in¬
troduction d’un groupement glucidique en 3 et en 5, et les relations
entre la constitution et les spectres pour de nombreux anthocyano-
sides synthétiques ou naturels.
Fluorescence.
La fluorescence visible des composés du groupe benzopyrone a
été particulièrement étudiée par les chercheurs de l’école indienne.
Rangaswami et Seshadri (1940) ont établi que tous les dérivés
hydroxylés simples des chromones, des flavones et des isoflavones sont
fluorescents dans l’acide sulfurique concentré, mais non en solution
alcaline. La substitution en 7 du groupe oxhydryle par un groupe
acétoxy, méthoxy ou allyloxy ne provoque pas de modifications. Un
groupe méthyl en ortho par rapport au groupe OH supprime la fluo¬
rescence tandis que, dans la même position, un ou deux groupes allyl
déplacent la couleur vers la région verte du spectre. Pour les chro¬
mones, on observe à peu près les mêmes effets de substitution.
L’hypéricine présente une fluorescence visible et une fluores¬
cence infra-rouge (Dhéré, 1943). On a remarqué que les animaux
dont la peau n’est pas pigmentée, et qui mangent de 1 ’Hypericum cris-
pum, sont fréquemment atteints d’une dermatite mortelle due à
l’action de la lumière sur l’hypéricine de la plante.
Dès 1932, on avait d’ailleurs observé que les corolles des plantes
alpines contenant des pigments anthocyaniques réfléchissaient légère¬
ment les rayons ultra-violets et donnaient une fluorescence rouge en
lumière de Wood (Cappelletti, 1931).
Neelakantam et Row (1941) ont étudié la fluorescence de la
morine et d’autres substances flavoniques avec les sels de béryllium
et d’aluminium. La morine donne avec ces sels une forte fluorescence,
même à la lumière du jour. L’herbacétine, la gossypétine et la butine
ne donnent aucune fluorescence. La naringénine, le kaempférol et la
quercétine fluorescent légèrement. La position 2’ dans la morine en
conjonction avec un oxhydryle en 4’ semble donc avoir une grande
importance. L’oxhydryle en 3 n’est pas absolument nécessaire comme
le montrent la naringénine et le kaempférol.
La morine est du reste utilisée comme indicateur fluorescent
(Kocsis et Zador, 1942). Avec une solution contenant 4 à 5 gouttes
d’une solution à 0,2 p. 100 de morine dans l’alcool à 50°, On observe
Source : MNHN, Paris
MiS COULEURS DUS FLEURS BT DBS FRUITS.
deux changements de couleur, l’un à pH 8 , 0-9.8 et l’autre à 3,1-4,4 ; en
titrant avec un acide en lumière ultra-violette filtrée, on peut donc
utiliser cet indicateur pour les titrations simples ou doubles de solu-
ions colorées.
En présence de sels d’aluminium, en solution neutre ou acétique,
la morine donne une intense fluorescence verte qui serait due à un sel
d’Al de ce flavonol, neutre et sous forme dispersée colloïdale (Schantl,
1924). D’après Bec K (1937;, des composés fluorescents analogues se
forment aussi avec Be, Zn, Ga et Sc. Cette propriété est utilisée pour
l’identification microchimique de l’aluminium.
Les anthocyanosides azotés.
On connait jusqu’à présent deux anthocyanols azotés qui ont été
étudiés sous la forme de chlorure de bétanidine et de chlorure de bou-
gainvillcidine par Ainley et Robinson (19o7) et par Pucher, Cürtis
et Vickery (1938).
Le chlorure de bétanidine se trouve dans Beta vulgaris sous forme
d’un monoglucoside, dont l’hydrolyse est délicate et la purification dif¬
ficile.
Le produit purifié et finement pulvérisé est presque noir, avec un
reflet vert. La masse est indistinctement cristalline au microscope, et
la substance est très hygroscopique.
La solution aqueuse est pourpre. Elle rougit légèrement si l’on
ajoute du carbonate de soude et elle bleuit si l’on acidifie. Par la soude,
la couleur tourne au jaune, par l’ammoniaque au brun. Dans l’acide
chlorhydrique froid dilué, la solution change peu, mais si l’on chauffe
elle devient bleu-violet.
Avec l’acétate de plomb, la couleur devient jaune et il se sépare
un précipité rouge dont on ne peut extraire le pigment intact. En pré¬
sence d’un phosphate soluble cependant, l’addition d’acétate de plomb
fait passer presque tout le pigment sur le précipité, laissant le liquide
surnageant rose pâle, et l’on peut récupérer le pigment à partir du pré¬
cipité en traitant avec l’acide chlorhydrique.
Avec le perchlorure de fer, la solution aqueuse ne donne pas de
réaction significative, la couleur passant au jaune brun. La couleur est
détruite par le permanganate et la titration peut être faite par ce réac¬
tif.
Le coefficient d’extinction a été calculé pour un extrait aqueux de
tissu séché avec un filtre coloré S.R.3 et un spectrophotomètre Zeiss.
Le pigment isolé et purifié aurait un coefficient d’extinction de 0,398
à une concentration de 0,005 mg par cm 3 .
Le chlorure de bougainvilléidine étudié par Price et Robinson
(1937) s’obtient parfois sous forme cristalline ; souvent la substance
est amorphe et mal cristallisée.
La substance brute isolée est insoluble dans le benzène, le chloro¬
forme, l’éther, l’acétate d’éthyle ou l’acide acétique, partiellement solu-
Source : MNHN, Paris
64
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
ble dans l’alcool propylique et complètement soluble dans l’eau ou les
acides dilués.
Dans l’acide chlorhydrique, le chlorure de bougainvilléidine pu¬
rifié donne une solution pourpre foncé devenant rouge vif par neutra¬
lisation ; si l’on ajoute une base, la couleur passe au bleu, au violet,
puis au jaune.
Le spectre d’absorption dans le visible fut déterminé avec une
solution de 1.636 mg dans 25 cm 3 d’acide chlorhydrique méthylnalcooli-
que à 0,05 p. 100 dans une cellule de 2 cm. La courbe ressemble à celle
de la bétanine brute et à celle du pigment d ’A triplex hortensis.
Enfin, Ainley et Robinson (1937) ont signalé dans Celosia plu-
mosa un pigment qui, par certaines propriétés, se rapprocherait de la
bétanine.
Ainley (A. D.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 446-449 (1937).
Aronoff (S.). — J. Organic Chemistry, 5, 561 (1940).
Asahina (T.). — Acta Phytochim. Japon, 7, 187-90 (1933).
Asahina (T.) et Yokoyama (K.). — Bull. Chem. Soc. Japon, 10, 135-8 (1935).
Beck (G.). — Microchim. Acta, 2, 237 (1937).
Cajppelletti (C.). — Atti Soc. Ital. Progressa Sci., (2), 19, 314 (1931).
Dhéré (C.). — Boissiera (suppl. de Candollea) n° 7, 423-36 (1944).
Fujise (S.) et Nagasaki <A.). — Ber., 69, 1893 (1936).
Fujise (S.) et Sasaki (H.). — Ber., 71, 341-44 <1938).
Gertz (O.). — Akademisk Afhandling, Lund, 410 p., (1906) (in Wheldale-
Onslow, p. 220).
Grafe (V.). — Sitz. ber. Akad. Wiss., Wien, 115, 975-993 (1906) ; 120, 765-807
<1911).
Grinsbaumowna (R.) et Marchlewski (L.). — Bull, intern. Acad, polon. Sci.,
Classe Sciences math, nat., 60-71 (1937).
Harvey (E. M.). — Plant Physiol., 11, 463-5 (1936).
Hattori (S.). — Ber., 72, 1914-17 <1939).
Hattori (S.). — Acta Phytochim. Japon, 4, 41-61, 63-75 (1928) ; 5, 219-237
(1931) ; 6, 131-154 (1932) ; J. Pharm. Soc. Japon, 55, 1330-1 (1935).
Hayashi (K.). — Acta Phytochim. Japon, 7, 117-141, 143-168 (1933) ; 8, 65-
105 <1934) ; 8, 179-206 (1935) ; 9, 1-24 (1936).
Karrer (P.). — Traité de Chimie Organique, XVIII, p. 457. Masson, édit.
Paris (1945).
Karrer (P.), Yen (Y.) et Reichstein (J.). — Helv. Chim. Acta, 13, 1308 (1930).
Klein (G.). — Handbuch der Pflanzenanalyse, III, 851-941 et 942-988. Sprin¬
ger édit., Wien (1932).
Kocsis (E. A.) et Zador (G.). — Z. anal. Chem., 124, 42 (1942).
Kozlowski (A.). — Science, 83, 465 (1936).
Lajos (S.) et Gerendas <M.). — Biochem. Z., 291, 229-236 (1937).
Mahal (H. S.) et Venkataraman (K.). — Current Sci. India, 6, 450 (1938).
Matula (V. H.) et Maceck (C. B.). — Chem. Obzor, II, 83-4 (1936).
Muller (H). — J. Chem. Soc., 107, 872 (1915).
Neelakantam (K.) et Ramachandra Row (L.). — Proc. Indian Acad. Sci.,
14, 307 (1941).
Pew (J. C.). — J. Am. Chem. Soc., 70, 3031 (1948).
Popescu (I. G.). — Bull. Soc. roumaine phys., 36, 83 (1934).
Price (J. R.) et Robinson (R). — J. Chem. Soc., 449-54 (1937).
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
65
Pucheh (G. VV.), Curtis (C. L.) et Vickery (H.). — J. Biol. Chem., 123, 71
(1938).
Pulley (G. N.). — Ind. Eng. Chem., Anal. Ed., 8, 360 (1936).
Rangaswami (S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 12, 357
(1940).
Rao (P. S.). — Proc. Indian Acad. Sci., 14, 35-6 (1941).
Rao (P. S.), iReddy (P. P.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci.,
12, 495-7 (1940).
Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). — Current Sci. India, 8, 255 (1939).
Roach (W. A.). — East Mailing Research Sta. Ann. Repl., 1931-4 (1932).
Schantl <E.). — Mikrochemie, 2, 174 (1924).
Schraufstatter (E). — Experientia, 4, 192-3 (1948).
Shah (R. C.), Mehta (C. R.) et Wheeler (T. S.). — J. Chem. Soc., 1355-59
(1938).
Shibata (Y.) et KimoTsuki (K.). — Acta Phgtochim. Japan, I, 91-104 (1923).
Skarzynski (B.). — Biochem. Z., 301, 150-70 (1939).
Smith (E. P.). — Protoplasma, 18, 112-135 (1933).
Sosa (A.) et Sannié (C.) — C. R. Acad. Sci., 223, 45-7 (1946) ; Bull. Soc. Chim.
biol., 31, 36-42 (1949).
Tasaki (T.). — Acta Phgtochim. Japan, 2, 119-128, 129-137 (1925) ; 3, 1-19
(1927).
Ventakaraman (K.) et Bharadwaj (G.). — Current Sci. India, 2, 50-1 (1933).
Vetchinkin (A. R.). — Sapiski Saratov., n" 7, 136-68 (1940).
Wheldale-Onsloav (M.). — The Anthocyanin pigments of plants, 2' éd.
(1925), Cambridge University Press.
Willstater (R.) et Mai-lison (H.). — Ann., 408, 27 et 147 (1915).
Wilson (C. W.). — J. Am. Chem. Soc., 61, 2303-6 (1939).
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II.
66
CH. SAN'NIË ET H. SAUVAIN.
TESTS D’IDENTIFICATION.
A. — Méthodes microchimiques.
Quelques méthodes microchimiques ont été préconisées pour dé¬
celer dans les cellules végétales les composés flavoniques et anthocya-
niques. Klein a particulièrement étudié ces méthodes et il a pu, dans
certains cas, localiser et caractériser ces pigments grâce à des procédés
simples et rapides.
Il était intéressant de pouvoir suivre les changements qualitatifs
et quantitatifs qui s’opèrent dans la plante pendant sa maturation. La
diminution des composés flavoniques au profit des anthocyannes serait
considérée, par certains, comme un argument en faveur de la théorie
de la formation des anthocyanols à partir des flavonols. D’autre part,
ces examens ont permis d’établir que la coexistence des tanins et des
composés flavoniques est fréquente, mais qu’aucune modification quan¬
titative ne permet de penser que ces derniers sont issus des tanins.
L’identification des pigments anthocyaniques est basée sur l’action
de différentes substances vis-à-vis de ces composés. Tout d’abord, les
acides et les alcalis donnent des colorations caractéristiques. En pré¬
sence de vapeurs d’acide acétique, les coupes se colorent en rouge.
Par les vapeurs d’ammoniaque, on a un virage au violet et au bleu,
puis au vert. Si l’on traite directement par les alcalis, la coloration est
verte, dûe au mélange de bleu (anthocyannes) et de vert (flavones).
L’alcool à 90", l’acétate de plomb à 1 p. 100 ou la solution d’un
sel d’aluminium donnent une coloration rouge, puis rapidement violette
ou bleue avec précipité.
Si l’on touche la coupe avec une solution jaune de nicotine, les
anthocyannes se colorent en bleu, violet ou vert.
Enfin, des organes riches en anthocyannes, tels que des fleurs de
Pélargonium, Dahlia, Rose, ou des fruits de Mahonia, recouverts avec
de l’acide acétique ou de l’acide chlorhydrique qu’on laisse évaporer
très lentement sous cloche, provoquent la formation, autour du couvre-
objet, d’aiguilles ou d’auras rouges du sel d’oxonium.
Il est à remarquer que, dans quelques fleurs et feuilles ( Pélargo¬
nium,, Bégonia), on trouve des anthocyannes qui sont naturellement
,sous forme de cristaux.
Pour caractériser les flavones, Klein humecte la plante sèche avec
un peu de méthanol, d’éthanol ou d’acide acétique. Sur la lame du mi¬
croscope, on dépose quelques gouttes d’acide chlorhydrique fumant.
Un anneau de verre de 4 à 6 cm de haut, placé au-dessus, servira à
recueillir le produit sublimé. La coupe à examiner, contenue dans un
verre de montre, est posée au-dessus de l’anneau. Au bout d’un quart
Source : MNHN, Paris
MiS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
d’heure ou d’une demi-heure à 40 ", on obtient des aiguilles jaune vif.
Si la coupe est trop foncée, on peut l’éclaircir avec du chloral hydraté.
Il se fait une cristallisation îles l'iavones sous forme de chlorures. Les
aglycones. aussi bien que les glucosides, peuvent être décelés de cette
façon. Les cristaux obtenus sont solubles dans la soude caustique à
1 p. 100.
Nietjhammer (1931) a identifié l’hespéridine dans le citron et
l’orange sous forme de cristaux caractéristiques, décelés par sublima¬
tion sous pression réduite et microchimiquement.
De même, à partir de l’écorce de grape-fruit, Keenan (1946) a pro¬
voqué la formation de cristaux de naringine, après décomposition du
fruit par Aspergillus niger. Les cristaux enlevés avec une aiguille,
posés sur lame et séchés à la température ordinaire apparaissent, au
microscope en niçois croisés, comme des bâtonnets étroits et des ai¬
guilles avec tous les caractères optiques des cristaux de la naringine
isolée du grape-fruit et des oranges de Californie.
•C’est encore Keenan (1948) qui a étudié l’aspect caractéristique
des cristaux de rutine, de quercitrine et de quercétine. En lumière
ordinaire, au microscope, la rutine montre des bâtonnets jaune citron.
Cristallisée à partir de l’alcool, elle a l’aspect de baguettes plus grosses
avec une molécule de solvant de cristallisation. La quercitrine appa¬
raît sous forme de plaquettes minces, jaune-orange, avec des reflets
brillants. Enfin les petites grappes jaunes de cristaux en forme de fu¬
seaux de la quercétine sont très caractéristiques.
Par action des alcalis, les flavones donnent un jaunissement très
net. Combes les caractérise par la couleur jaune des précipités obtenus
avec l’acétate de plomb. Enfin, Guillermond et Gautheret (1933) ont
également mis au point des réactions permettant de déceler les fla¬
vones dans les vacuoles, ou dans les extraits de la plante.
L’ion Fe'“ donne une coloration gris vert ou brun clair dans la
vacuole, brun noir dans l’extrait.
Le nitrate d’argent provoque la formation de petites particules
d’argent réduit, plus abondantes avec le nitrate d’argent ammoniacal,
dans la vacuole, et l’extrait se colore en gris brun.
Chloromolybdate d’ammonium : la vacuole et l’extrait prennent
une coloration jaune pâle. Même réaction avec l’acéto-tungstate de
sodium.
Le bichromate de potassium et l ’anhydride chromique donnent une
coloration brun très pâle, difficilement appréciable dans l’extrait.
Par le ferrocyanure de. potassium et l’ammoniaque, la vacuole et
l’extrait se colorent en brun rougeâtre très pâle.
Les alcaloïdes ne donnent pas de précipitation.
Les colorants vitaux, bleu de crésyl, de toluidine, de méthylène
et de Nil, virent au bleu vert, et le rouge neutre au rouge framboise,
en même temps qu’apparaissent dans la vacuole des précipités colorés
colloïdaux. Dans l’extrait se font les mêmes virages, mais sans pré¬
cipités.
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
68
Les coupes fixées par lu méthode de Regaud (bichromate de po¬
tassium + formol) montrent des vacuoles incolores, car il y a destruc¬
tion des composés oxyflavoniques.
Ces réactions sont intéressantes, mais elles ne permettent pas de
différencier nettement les pigments flavoniques des tanins; or la coexis¬
tence de ces deux groupes est fréquente dans les cellules. Dans ce
cas, seules les méthodes de Klein à l’acide chlorhydrique et celle de
Combes à l’acétate de plomb permettent de caractériser les composés
flavoniques.
Il est bien évident que les tests histochimiques que nous venons
de passer en revue n’ont qu’une valeur d’indication. Ils permettent seu¬
lement de soupçonner l’existence d’anthocyannes ou de flavones. Lors¬
que ces pigments sont mélangés dans le même organe, les tests sont
insuffisants pour les différencier. Il en est de meme, à plus forte rai¬
son, lorsque d’autres constituants tels que les tanins viennent compli¬
quer les réactions. Il est donc toujours nécessaire de les considérer
uniquement comme des réactions d’orientation, et de les compléter
par des tests de reconnaissance chimiques, plus précis et plus spéci¬
fiques.
Guillermond (A.) et Gautheret (R.). — C. R. Acad. Sci., 196, 369-71 (1933).
Keenan (G. L.) — Science, 104, 211 (1946) ; J. Am. Pharm. Soc., Sci. Ed.,
37, 479 (1948).
Klein (G.). — Handbuch der Pflanzenanalyse, III, 851-941, 942-988, Sprin¬
ger édit., Wien (1932).
Niethammer (A.). — 7. Untersuch. Lebensm., 61, 217-21 (1931).
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
TESTS D’IDENTIFICATION.
B. — Analyse chimique.
En dehors des essais microchimiques, on se trouve souvent amené,
au cours de l’analyse d’une plante, à identifier les différents types de
pigments isolés par extraction à l’aide de divers solvants. Une telle
analyse qualitative permet, non seulement de savoir en présence de
quel groupe de pigments on se trouve, mais aussi de préciser s’ils sont
à l’état de glucosides. Elle apporte aussi de précieux renseignements
sur l’origine probable des pigments anthocyaniques, à partir d’une fla-
vone ou d’un leuco-anthocyanoside.
Bien qu’il n’existe pas de méthode parfaite qui permette de résou¬
dre ce problème d’une manière sûre, on dispose cependant d’un cer¬
tain nombre de réactions d’orientation fort utiles. Elles ont été étudiées
en particulier par Bancroft et Rutzler (1938) ; voici la technique
qu’ils préconisent, soit sur des feuilles fraîches broyées, soit avec des
feuilles sèches.
Les feuilles sont traitées par une solution d’acide formique, de 2
à 10 p. 100. Si aucune coloration rose ou rouge ne se produit dans
l’extrait à froid, au bout de six à vingt-quatre heures, on extrait ensuite
à l’eau bouillante. La solution peut être incolore, jaune pâle, rose ou
rouge.
Si elle est incolore ou jaune pâle,.il n’y a ni anthocyanosides, ni
anthocyanols. En présence de flavones, l’addition d’ammoniaque ou de
soude caustique aqueuse fonce la coloration jaune.
Dans quelques cas, avec les feuilles jaunes d’automne, l’acide for¬
mique est jaune et la couleur ne fonce presque pas par l’ammoniaque.
Si l’on ajoute assez d’éther pour avoir une deuxième couche liquide,
la couleur jaune diffuse dans la couche éthérée et parfois y passe tota¬
lement ; ceci indique qu’il y a certainement des flavones, au moins à
l’état de traces. La couleur jaune est dûe surtout à ce que Tswett
appelle « les pigments jaunes solubles dans l’eau et de constitution in¬
connue », qui n’ont pas encore été différenciés.
Une coloration rose ou rouge de l’acide formique indique la pré¬
sence d’anthocyanosides, d’anthocyanols pu des deux, accompagnés ou
non de flavones. Lorsque la solution obtenue par l’extraction à froid
est incolore et celle provenant de l’extraction à chaud, rose rouge ou
rouge brunâtre, c’est que tous les pigments roses ou rouges étaient
dans la feuille à l’état de leucoanthocyanosides. Dans ce cas, il est
préférable de chauffer les feuilles broyées au bain-marie dans une
solution d’acide sulfurique à 5-10 p. 100. Les acides forts provoquent
une hydrolyse rapide et il suffit de chauffer un quart d’heure pour
avoir une réaction évidente. Dans le doute, on peut ajouter de l’alcool
Source : MNHN, Paris
butylique à la solution refroidie ; !e pigment rouge se concentre dans
la couche d’alcool et devient très visible.
La présence d’anthocvanosides et d’anlhocyanols dans la solution
rose d’acide formique est décelée en ajoutant de l’alcool iso-amylique
qu’on dilue progressivement avec de l’eau. Si toute la couleur rose pas¬
se dans l’alcool, les pigments sont des anthocvanols et non des antho-
cyanosides. Le fait est rare mais peut se produire lorsqu’on a provoqué
la rupture des leucoanthocyanosides. Une coloration rose ne passant
pas dans l’alcool indique la présence d’anthocvanosides. Si les deux
couches deviennent roses, on peut continuer l’extraction avec l’alcool
isoamylique jusquà ce qu’une des couches devienne incolore.
Lorsque des flavones Coexistent avec des anthocyanosides, il faut
agiter la solution d’acide formique rose avec de l’cther. On sépare la
couche éthérée pratiquement incolore et on neutralise la solution
aqueuse par de l’ammoniaque ou de la soude caustique. Les flavones
sont caractérisées par l’apparition d’une couleur jaune dans la couche
aqueuse. Dans celte expérience, les anthocvanols ne donnent aucune
coloration et les leuco-anthocyanosides ne sont pas extraits par la cou¬
che éthérée. Si la couche éthérée est jaune, mais avec une très légère
diffusion de la couleur dans la couche aqueuse lorsqu’on ajoute de
l’ammoniaque ou de la soude, c’est que les pigments de Tswett accom¬
pagnent les flavones.
On peut, lorsque le test de l’alcool amylique est négatif pour les
anthocyanols, séparer la couche d’alcool et y déceler les flavones par
l’ammoniaque ou la soude ; les anthocyanols troublent cette réaction.
L’intérêt que voient Bancroft et Rutzler à l’identification des
anthocyanols est double. D’une part, au laboratoire, on peut acciden¬
tellement transformer des anthocyanosides en anthocyanols. D’autre
part, bien qu’il semble que les anthocyanols soient rarement trouvés
dans les plantes, ils existent peut-être plus souvent qu’on ne le pense
dans les feuilles d’automne dont la couleur rouge est dûe à la décom¬
position des leuco-anthocyanosides.
Lorsque la question de l’origine des pigments anthocyaniques au-
Ta été éclaircie, et lorsqu’on pourra affirmer que, dans telle ou telle
plante, le pigment a été formé soit à partir d’une flavone, soit à partir
d’un leuco-anthocyanoside, soit par un autre processus qui nous est
encore inconnu, les méthodes d’investigation employées par les au¬
teurs que nous venons de citer auront sans doute un champ d’appli¬
cation très étendu et demanderont à être complétées.
Bancroft et Rutzler ont décrit dans le même mémoire une mé¬
thode simplifiée qui permet très rapidement et simplement une ana¬
lyse succincte des pigments des feuilles. Quelques feuilles (tout au
plus cinq ou six) sont extraites à l’alcool méthvlique qui épuise à peu
près tous les constituants intéressants. On prépare un mélange à volu¬
mes égaux d’éther et d’eau et l’on y ajoute une partie de l’extrait
méthylalcoolique. Une couleur verte dans la couche éthérée'provient
de la chlorophylle, couleur verte qui disparaît graduellement par addi¬
tion d’acide chlorhydrique, plus lentement après addition d’atnmonia»
Source : MNHN, Paris
UiS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
que. Au mélange éther-eau contenant l’extrait méthylalcoolique, on
ajoute une solution aqueuse d’acide chlorhydrique ; il est préférable
■de ne pas conclure en ce qui concerne la présence de pigments jaunes
avant que la chlorophylle ait disparu complètement.
Une couleur rose, dans la couche aqueuse indique la présence d’an-
thocvanols ou d’anthocyanosides. La couche éthérée est séparée et ad¬
ditionnée d’une solution aqueuse d’ammoniaque. L’apparition d’une
couleur jaune dans cette solution aqueuse montre la présence de fla-
vones, tandis qu’une solution jaune apparaissant principalement ou
uniquement dans la couche éthérée est l’indice des pigments jaunes
dits « hydrosolubles ».
La couche éthérée est séparée, on y ajoute de l’heptane, évapore
l’éther et ajoute de l’alcool méthylique à 90-95 p. 100. La coloration
jaune de l’heptane est due aux carotènes et celle de la couche alcooli¬
que à la xanthophvlle ; une erreur possible peut provenir de la pré¬
sence des pigments jaunes hydrosolubles.
Des résultats positifs avec cette technique sont valables, mais des
résultats négatifs peuvent entraîner un doute. Il faut éviter un trop
grand excès d’alcool méthylique, mais il en faut suffisamment, sinon
l’on risque des erreurs par défaut.
Bancroft et Rutzlkk ont aussi préconisé l’emploi du courant
électrique pour différencier les flavones et les leucoanthocyanosides.
Les feuilles vertes sont humectées d’acide sulfurique dilué, puis on
fait passer le courant, avec une anode de platine et une cathode de
mercure ; s’il y a des flavones ou des flavonols, il se fait une colo¬
ration rouge à la cathode par réduction ; dans le cas de leuco-antho-
cyanosides le rouge apparaît à l’anode. Pour mieux observer la colora¬
tion rouge à la cathode, on lave le mercure à l’alcool butylique normal
dans lequel la couleur se concentre.
Diverses réactions colorées ont été préconisées pour démontrer
que des pigments isolés des plantes étaient de nature flauonique ; la
plupart sont basées sur la présence, dans ces pigments, de fonctions
phénoliques.
On a utilisé les colorations obtenues en présence d’alcalis forts,
d’ammoniaque ou de carbonate de sodium, colorations le plus souvent
jaunes, et la formation par l’acétate neutre et l’acétate basique de
plomb de précipités colorés. Les réactions avec le perchlorure de fer
alcoolique sont très souvent employées et donnent des renseignements
intéressants.
L’une des plus générales et des plus sensibles de ces réactions
est la réduction par l’amalgame de sodium et l’alcool (réaction de
Bàrgellini) (1919) ou par le magnésium et l’acide chlorhydrique (ré¬
action de Shinoda) (1928). La couleur obtenue dans ces deux tests va¬
rie du vert ou du brun au rouge brillant ou à diverses teintes de rose,
et dépend du nombre de groupes OH ou OCH 3 , mais ils ne permet¬
tent pas de distinguer les flavones des flavonols ou des flavanones.
La réaction de Bàrgellini consiste à traiter la flavone en solution
dans l’alcool absolu par un peu d’amalgame de sodium. On obtient
Source : MNHN, Paris
72
CH. SANNIÉ KT H. SAl'VAIN.
ides flocons de couleur verte, caractéristiques des flavones ayant trois
groupes OH fixés au noyau benzopyrone en position 5-6-7 ou 6-7-8.
Si les trois oxhydryles sont fixés sur le noyau benzénique adjacent, il
se forme des flocons rouge-brunâtre.
La critique de cette réaction a été faite par Marixi-Bettolo et
Bai,lio (1946). Ces auteurs ont montré que d’une part elle s’appliquait
à certaines hydroxyflavones contenant des groupes OH situés dans des
positions autres que celles considérées comme nécessaires, d’autre part
que certains hydroxyflavones et hydroxyflavonols donnaient des cou¬
leurs différentes de la couleur verte caractéristique.
C’est ainsi que la 4’-6-7-8 tétrahydroxyflavone et les 6-7-8 trihy-
droxy et 4’-6-7-8 tétrahydroxyflavonols donnent avec le test de Bargel-
lini une coloration brune, tandis que le 3’-4’ 5’-7 tétrahydroxyflavonol
donne une coloration verte.
La réaction de Shinoda, considérée comme spécifique des hydroxy¬
flavones et des hydroxyflavonols, est aussi donnée par les méthoxyfla-
vones, les méthoxyflavonols et les méthoxyflavanones. Traités en solu¬
tion alcoolique par le magnésium et l’acide chlorhydrique, en présence
ou non de mercure, les composés ayant des groupes OH ou OCH 3 dans
le noyau benzénique latéral donnent une coloration rouge ou rose
violacé, tandis que les dérivés substitués par des groupes non oxygé¬
nés donnent seulement une coloration jaune. Ainsi, pour sept dérivés
flavanoniques étudiés, comprenant la sakuranétine et l’éther méthy-
lique de l’hespérétine, tous, sauf les flavanones non substituées et la
5-7-diméthoxyflavanone, donnent des colorations plus ou moins for¬
tement rougeâtres ou bleu violacé. Aucune des chalcones synthétiques
examinées ne donne de coloration.
Asàhina et Inubuse (1928) ont établi que la formation de sels de
flavylium rouges par réduction est une propriété caractéristique des
hydroxy et méthoyflavanones et que l’on peut distinguer entre elles
assez nettement les flavones, les flavonols et les flavanones par leur
comportement au cours de la réduction. Les hydroxyflavonols donnent
des sels de flavylium rouges seulement avec le magnésium et l’acide
chlorhydrique, les hydroxyflavones seulement avec l’amalgame de so¬
dium et les hydroxyflavanones avec les agents réducteurs aussi bien
acides qu’alcalins.
Mais on ne peut accorder une valeur absolue à cette réaction ;
en effet, si elle est positive pour quelques hydroxyflavones et hydroxy¬
flavanones, elle est négative pour quelques hydroxyflavonols. D’autre
part, elle produit souvent des colorations bleues ou vertes et non rou¬
ges. Ainsi on obtient une coloration brun-vert avec la 4’-6-7 trihydroxy-
flavone, brun-orange avec la 4’-5-6-7 tétrahydroxyflavone, bleu-vert
avec la 4’-6-7 triméthoxyflavone, verte puis bleue avec la 4’-6-7-8 tétra-
méthoxyflavone. Parmi les flavanones, on observe une coloration bleue
avec la 4’-6-7 triméthoxy, rouge puis bleue avec la 4’-6-7-8 tétramé-
thoxy, bleue pour la 3’-4’-6-7-8 pentaméthoxy. Avec les flavonols, on
a les couleurs suivantes : bleu avec le 6-7 diméthoxy 3’-4’ méthylène-
dioxy, rouge avec les 3’-4’-7 et 4’-7-8 triméthoxy, et rouge magenta
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
avec le 4’-7-8 triméthoxv hydroflavonol (Marini-Bettolo et Ballio,
1946) .
Ces réactions ne peuvent donc servir à identifier sûrement cha¬
cun de ces dérivés, mais elles permettent d’y reconnaître la présence
d’un noyau phénylchromone. Elles ont fait l’objet d’une étude récente
de Ballio et Pocchiari (1949) qui en ont recherché la validité pour
de nombreuses isoflavones qu’ils ont synthétisées.
Les tests relatifs aux chalcones sont beaucoup plus précis.
Marini-Bettolo et Ballio (1946) ont montré qu’en dissolvant 5 à 10
mg de chalcone dans 5 cm 3 de tétrachlorure de carbone anhydre, puis
en ajoutant 1 cm 3 d’une solution à 2 p. 100 de pentachlorure d’anti¬
moine dans le tétrachlorure de carbone anhydre, on obtenait des
colorations variant du jaune au rouge ou au violet avec formation
d’un précipité dont la couleur est très différente de celle obtenue avec
les flavones, les flavanones et les flavonols. Ce test, très sensible, per¬
met ainsi de distinguer les chalcones des pigments flavoniques et de
s’assurer de la pureté de ces dérivés, lorsqu’ils sont obtenus par syn¬
thèse à partir des hydroxychalcones correspondantes, qu’il est très
difficile d’éliminer même en répétant les cristallisations.
Les étapes de la réduction des flavones ont été suivies à l’électrode
à goutte de mercure (Engelkemeir, Geissman, Crowell et Friess,
1947) ; on peut ainsi établir une relation entre le potentiel de réduc¬
tion aux différents pH et la structure de ces composés.
L’analyse polarographique est surtout utile pour étudier les mé¬
langes de chalcones et de flavanones. Schraufstatter (1948) a établi
qu’en solution neutre ou acide les chalcones ont deux potentiels de
réduction, tandis que les flavanones n’en ont qu’un ; on peut ainsi
déterminer la 2’-hydroxychalcone à côté de flavanone, ou suivre la
vitesse de formation d’une chalcone à partir d’une aldéhyde ou d’une
cétone.
L’action de l’eau oxygénée en milieu sodique, puis d’une solution
aqueuse de soude et d’une acidification consécutive, a permis à Tauber
et Laufer (1943) de définir les réactions successives données par
divers pigments anthocyaniques et flavoniques, passant du jaune ou
du violet au jaune brun ou au vert, puis au rouge. Les composés phé¬
noliques ayant des groupes oxhydryles en 3 et 5 donnent rapidement
des réactions colorées à la température ordinaire avec l’eau oxygénée
à 3 p. 100 et la soude 0,2 N.
Parmi les autres réactions colorées proposées pour la détection
des groupes oxhydryles en ortho ou en. para les uns par rapport aux
autres, signalons les produits colorés en violet foncé, considérés
comme des sels de quinones, obtenus en traitant à froid les flavones
et les flavonols partiellement méthylés avec deux oxhydryles en para
ou ortho, en solution alcalinisée par le carbonate de sodium, par l’or-
thodinitrobenzène (Bose, 1933). La réaction est encore sensible pour
l’hydroquinone et le pyrocatéchol à. 12 y par cm 3 .
On peut aussi utiliser la réaction indiquée par Quastel (1931)
pour les orthodiphénols ; obtention d’une coloration brun rouge en
Source : MNHN, Paris
74
CH. SANNIÉ ET H. SAUVA IN.
ajoutant à 2 cm* d’une solution aqueuse d’un orthodiphcnol, 0,5 cm*
d’acide acétique et 1 cm* d’une solution de molvbdate d’ammonium
à 14 p. 100.
Ces mêmes orthodiphénols sont aisément oxydés par les sels de
cobaltipentammine (chloro pentammine cobaltichlorure) en donnant
des précipités avec changement de coloration. Ainsi Shibata et Hat-
tori (1930) ont montré que la baïcaline est un 7-glycuronide de la
baïcaléine, les positions 5 et 6 étant libres. On obtient avec ce glycu-
ronide une coloration verte avec le perchlorure de fer, comme avec
les 5-6 dihydroxyflavones, et il ne fournit qu’un dérivé monométhylé
donnant une coloration brun violet avec le perchlorure de fer, ce qui
montre que l’oxhydryle en 5 est libre.
Le test de Wilson (1939) est très spécifique pour les 5-hydroxy
et 5-méthoxyflavones et flavonols, ainsi que pour les o-hydroxy et
méthoxychalcones (Rangaswami et Seshadri, 1942). On peut le réa¬
liser en évaporant à sec une solution de flavone, d’acide borique et
d’acide citrique dans l’acétone. Weathekby et Cheng (1943) opèrent
de la manière suivante : des prélèvements secs des plantes sont extraits
par l’alcool méthylique, le solvant évaporé, les substances gênantes
enlevées par extraction au chloroforme, et le résidu repris par l’acé¬
tone. Un volume connu de cet extrait est mélangé avec un réactif com¬
posé de volumes égaux d’une solution acétonique d’acide citrique à
10 p. 100 et d’une solution d’acide borique à saturation dans l’acétone.
La couleur jaune qui se produit peut être comparée avec un témoin
de quercétine et permet une estimation quantitative (Wilson, Wea-
T'herby et Bock, 1942).
Cette réaction a été étudiée en détail par Taubôck (1942). Tous
les acides bibasiques donnent des couleurs jaunes fluorescentes ; avec
l’acide oxalique, on obtient un pigment fortement jaune, soluble dans
l’éther, fluorescent en jaune vert à grande dilution ; en répétant l’éva¬
poration, il se forme un pigment jaune orangé plus stable, insoluble
dans l’éther, non fluorescent. La couleur est moins intense lorsque la
chaîne carbonée s’allonge. Les isoflavones et les flavanones ne donnent
aucune réaction. Les anthocyanosides et les anthocyanols et certains
autres produits naturels donnent une réaction,, mais le produit n’est
pas fluorescent. La sensibilité de la réaction de fluorescence permet
de déceler jusqu’à 0,01 v de flavonol.
La plupart des flavones et des flavonols précipitent soit par l’acé¬
tate neutre, soit par l’acétate basique de plomb. Le premier de ces
réactifs forme, en général, un. précipité rouge orangé ou jaune rou¬
geâtre avec les flavonols, tandis que le second produit un précipité
jaune avec les flavones. Les flavanones et les isoflavones ne donnent
en général pas de précipité, sauf la butine, l’hespérétine et la génis-
téine. On peut ainsi, dans une certaine mesure, distinguer entre les
flavones et les flavonols par la couleur du précipité obtenu.
En solution alcaline tamponnée, on observe un changement de
teinte des flavonols ; la coloration jaune s’accentue. Sosa (1947) a
obtenu des colorations spécifiques avec la potasse méthylique N/100
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
75
pour certains dérivés flavoniques : équisporol, quercétol, flavonols A
et B d ’Arbutus Unedo. Tauber et Laufer (1943) ont préconisé l’emploi
de l’eau oxygénée avant l’action des alcalis. On observe des colorations
variables suivant la nature du pigment.
Voici comment ces auteurs opèrent pour les anthocyanosides ;
2,5 mg de pigment dissous dans 0,5 cm 3 d’alcool éthylique à 50 p. 100
sont additionnés de 0,3 cm 3 d’eau oxygénée à 3 p. 100. Le mélange est
agité une minute. En ajoutant 0,3 cm 3 de soude 0,2 N, la couleur vire
au violet rouge et, si l’on ajoute 0,5 cm 3 d’acide sulfurique 0,2 N, la
solution devient rouge. Le pigment rouge est relativement stable en
solution acide. Dans les mêmes conditions, les flavones donnent des
colorations jaunes ou orangées. D’après les auteurs, seuls les phénols
possédant des oxhydryles en position 3 et 5 donnent cette réaction,
qui serait ainsi caractéristique des composés phénoliques ayant des
oxhydryles en 3 et 5.
Pour identifier les llavonols et les distinguer des flavones, Bala-
krishna, Rao et Seshadri (1949) ont utilisé la présence, dans les pro¬
duits de scission cétoniques des flavonols après méthylation complète,
d’un groupe CO—OCH 3 .
Après méthylation complète de la flavone (ou du flavonol), on
décompose l’éther formé par les alcalis (voir p. 29) et l’on cyclise le
produit cétonique de scission qui résulte de cette attaque par chauf¬
fage avec l’acide bromhvdrique aqueux. Les flavonols, grâce à leur
groupe <■>—OCH 3 , donnent une coumaranone, tandis que les flavones
ne donnent que des résines. Le schéma est le suivant :
Coumaranone
+ CILOH
On peut comparer la coumaranone formée à des échantillons
authentiques ou la transformer, par condensation acide avec l’aldé¬
hyde benzoïque, en dérivé benzylidénique que l’on peut identifier.
Perkin (1913) a montré que la gossypétine, agitée à froid avec
une solution alcoolique de p. benzoquinone, produit une coloration
intense brun-rouge, puis au bout de quelques instants des cristaux
se séparent. On chauffe à 50“ jusqu’à ce qu’une masse semi-solide de
«ouleur rouge ou marron terne se dépose ; c’est la gossvpétone, dis¬
soute par les alcalis dilués avec une coloration bleu pur, devenant
rouge par acidification en splution très diluée.
Cette réaction est donnée par les flavones possédant des oxhy-
idiryles en para, donc en 5-8, comme la gossypétine, l’herbacétine, etc...
Pfeiffer et ses collaborateurs <1913) ont établi que les dérivés
ayant un oxhÿdryle en ortho par rapport à un groupe carbonyle for¬
ment avec le tétrachlorure d’étain des produits de substitution, tandis
Source : MNHN, Paris
76 CH. SAXXIÉ ET H. SAC VA IX.
que si l’oxhydryle est dans une autre position, il se forme des sels
doubles, dont le rapport Sn/Cl n’est pas le même ; cette réaction peut
être utile pour préciser la position d’un oxyhydrvle dans le noyau
benzopyrone.
Blaschko (1944) indique pour les anlhocyanosides une réaction
colorée avec le molybdate d’ammonium. Elle n’est positive que s’il y
a plusieurs groupes OH libres en position ortho ; telles la cyanidine,
la delphinidine, la pétunidine. On fait une solution de Panthocyanoside
dans l’acide chlorhydrique à 1 p. 100 et l’on observe les changements
de couleur qui sont spécifiques du pigment examiné. La réaction est
négative quand il existe un seul OH sur le noyau latéral et aussi lors¬
que, sur deux oxhydryles en ortho, l’un est méthoxylé. Le molybdate
d’ammonium a été utilisé par Rae (1949) pour le dosage colorimétri-
que de la rutine. A 5 cm 3 de solution de rutine, on ajoute 2 cm 3 d’une
solution à 10 p. 100 de molybdate d’ammonium, et de l’eau pour com¬
pléter à 100 cm 3 . La couleur jaune citron obtenue est proportionnelle
à la quantité de rutine présente. Pour une estimation qualitative, Rae
Remploie le nitrite de sodium, qui donne avec la rutine une coloration
brun rouge.
Rao et Seshadri (1949) ont proposé, pour caractériser les éthers
des flavanones, l’acide nitrique concentré ; il se fait des couleurs
bleues ou vertes caractéristiques.
Enfin, les expériences de méthylation, soit par le diazométhane,
soit par l’iodure de méthyle et le carbonate de potassium ou le sulfate
diméthylique et les alcalis, sont très souvent utilisés. L’oxhydryle
en 5 est en effet beaucoup moins actif et résiste à la méthylation. Mais
on ne peut se baser entièrement sur ces résultats ; certains composés
ayant un oxhydryle en 5 sont complètement méthylés, tandis que
quelques flavonols ayant des OH en 5-7-8, comme l’herbacétine et la
gossypétine, résistent à la méthylation.
Ce n’est donc qu’en multipliant les réactions, en les confrontant
les unes avec les autres, et par comparaison avec des produits connus
que l’on peut préciser la position des groupes OH des composés fla-
voniques.
L’analyse spectrophotométrique a donné de bons résultats pour
la détermination de la rutine dans diverses préparations (Porter,
Bricb, Copley et Couch, 1947). On arrive même à déterminer les
proportions de rutine et de quercétine présentes par l’étude de leurs
courbes d’absorption.
Anthocyanols et anthocyanosides.
L’identification des anthocyanols et des anthocyanosides n’est pas
.moins délicate que celle des pigments flavoniques. Elle est cependant
nécessaire pour résoudre les problèmes de biochimie et de génétique
concernant leur origine et leurs fonctions. Aussi M. Robinson et R.
Robinson (19? 1-1932) ont-ils essayé de mettre au point une série de
tests pouvant être appliqués à de petites quantités de plantes fraîches.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
L’extraction des fleurs se fait par l’acide chlorhydrique froid à
J p. 100, et mieux avec des fleurs fraîches et en traitant les solutions
:1e plus rapidement possible après leur préparation.
Si la couleur des fleurs et des fruits n’apporte pas d’indications
précises, à cause de la présence de co-pigments (fui la modifie parfois
notablement, celle obtenue au point d’ébullition de la solution chlorhy¬
drique est plus sûre ; ainsi la coloration de cette solution varie du
rouge orangé au bleu rouge en allant de la pélargonidine à la pæoni-
.dine, à la cyanidine, à la malvidine et à la delphinidine. Les complexes
avec le co-pigment sont dissociés à une température élevée ou par
l’action des solvants.
Les essais sont basés sur les colorations observées en présence
jd’alcalis et avec le perchlorure de fer, et sur l’emploi des coefficients
de distribution entre solvants non miscibles, mis au point par Schudel
(1918) dans le laboratoire de Willsta'ter pour la séparation des antho-
cyanols et de leurs mono et diglucosides. 11 est important, pour une
interprétation correcte, de procéder le plus souvent par comparaison
avec des échantillons d’anthocyanols et d’anthocyanosides purs, natu¬
rels ou synthétiques. Le test de couleur pris comme standard est une
solution diluée de chlorure de cyanine, allant du rouge orangé au bleu
rouge.
On examine tout d’abord la solution originelle ; si la couleur est
orangée, on en dilue une petite partie avec de l’alcool. Une partie de
la solution est agitée avec de l’alcool amylique pour déterminer le
nombre de distribution ; si ce dernier est élevé, pour certains antho-
cyanosides et les diglucosides, une seconde extraction doit être faite.
La solution est bouillie dans un tube à essai pour chasser l’air
puis, alors qu’elle est encore chaude, on y ajoute goutte à goutte une
solution aqueuse de soude à 20 p. 100 jusqu’à ce que la couleur vire
du vert au jaune ou au jaune brun.
Après quelques secondes d’ébullition, on additionne soigneuse¬
ment la liqueur encore chaude d’acide chlorhydrique concentré, jus¬
qu’à ce que l’anthocyanoside vire, indiquant une acidification. On
ajoute encore une goutte d’acide et, après 15 secondes, on détermine
;à nouveau le nombre de distribution. 11 n’y a pas de changement dans
,1e cas des monoglucosides, ce dont on s’assure par une deuxième
extraction. On continue dans le cas des diglucosides complexes ; le
nombre de distribution tombe jusqu’à zéro.
On note ensuite la couleur obtenue par addition d’acétate de
sodium. On observe, pour les anthocyanosides purs, les couleurs sui¬
vantes : callistéphine, rouge violacé un peu brun sombre ; pélargo-
nine, rouge bleuâtre brillant ; 3-glucosides de la pæonidine, comme la
callistéphine mais plus brillant ; pæonine, rouge violet ; cyanine, vio¬
let ; mécocyanine (chrysanthémine), rouge violacé ; malvine, violet
brillant ; oenine, violet sombre ; glucosides de la delphinidine, bleu
violet ou bleu. La réaction est perturbée par diverses substances, com¬
me le fer ou le tanin.
Dans le cas d’extraits tout à fait clairs, on peut essayer la réaction
Source : MNHN, Paris
CU. SAXNIÉ ET H. SAUVAIS.
78
au perchlorure de 1er. Du carbonate de soude est ajouté peu à peu
jusqu’à virage de la couleur au violet ou au bleu. On revient ensuite
en milieu acide en ajoutant juste assez d’acide chlorhydrique pour
un titre de 0,5 p. 100. Une goutte de perchlorure de fer neutre donne
une teinte violet, remplaçant le rouge de l’anthocyanoside, et plus in¬
tense. Le violet doit être pur et exempt de vert ou de brun ; si une
teinte rougeâtre persiste, la réaction est négative.
Ces mêmes auteurs ont préconisé une technique rapide pour
l’identification des anthocyanols. Une purification préalable des antho-
cyanosides est parfois nécessaire, mais le plus souvent inutile. Une
hydrolyse s’effectue, soit par ébullition pendant quelques minutes avec
un acide, soit par action des alcalis, soit enfin en ajoutant à leur
solution son volume d’acide chlorhydrique concentré et faisant bouillir
30 secondes, ou davantage si nécessaire. On extrait la solution à
l’alcool amylique, la couche alcoolique est lavée à l’eau, puis à l’acide
chlorhydrique à 1 p. 100. On ajoute encore un peu d’acide chlorhy¬
drique à 1 p. 100, puis du benzène.
La quantité de benzène nécessaire pour décolorer la couche supé¬
rieure donne déjà des indications sur la nature de l’anthocyanol en
présence duquel on se trouve ; elle est par rapport au volume d’alcool
amylique (un volume d’alcool amylique + trois volumes d’acide
chlorhydrique à 0,5 p. 100), de trois à quatre volumes pour la delphi-
nidine, de quatre à cinq volumes pour la pétunidine, de cinq à six
pour la cyanidine et la malvidine, de huit à neuf volumes pour la pæo-
nidine et de dix à onze volumes pour la pélargonidine.
On extrait ensuite la solution benzénique filtrée par l’alcool amy¬
lique, et on répète les opérations ci-dessus à plusieurs reprises, puis
on lave finalement la solution aqueuse acide d’anthocyanol à plusieurs
reprises par le benzène pour enlever l’alcool amylique.
On peut alors comparer la couleur de cette solution avec des
témoins obtenus à partir d’anthocyanols connus, puis on y pratique
les tests suivants :
— Une petite portion est extraite à l’alcool amylique et l’on ajoute
de l’acétate de soude ; on note la couleur.
— On ajoute ensuite une goutte de perchlorure de fer et on agite
doucement.
— Une portion de la solution (ne renfermant pas plus de 4 mg p.
100 cm 3 ) est agitée avec un égal volume d’un mélange de cyclohexanol
(1 volume) et de toluène (5 volumes) (réactif de la cyanidine). On note
la couleur. Il faut veiller à ce que toute trace d’alcools (éthylique, amy¬
lique ou autre) soit parfaitement éliminée et que la concentration en
acide soit bien 1 p. 100. Une portion, contenant environ 3 à 4 mg
d’anthocyanol pour 100 cm 3 , est agitée à l’air et additionnée de la
moitié de son volume de soude à 10 p. 100 (test d’oxydation) ; on
traite ensuite immédiatement par l’acide chlorhydrique concentré et
l’alcool amylique.
— Enfin une portion est agitée avec une solution d’acide picrique
à 5 p. 100 dans un mélange d’éther éthyl-amylique (1 volume) et
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 7!)
d’anisol (4 volumes) (réactif de la delphinidine). Comme ce mélange
ne peut être récupéré par distillation, on utilisera le réfractomètre
pour s’en servir de nouveau et connaître sa concentration en anisol et
éther. ,
Voici les résultats obtenus pour les principaux anthocyanols et
nnthocyahosides :
Pélargonidine. Acétate de sodium : coloration violet rouge ;
Perchlorure de fer : rien ;
Réactif de la cyanidine : largement extraite ;
Réactif de la delphinidine : totalement extraite.
La pélargonine et les autres 3-5 dimonosides de la pélargonidine
donnent une coloration violette avec une solution aqueuse de carbo¬
nate de sodium, virant au gris bleu par addition d’acétone. Une preuve
certaine est obtenue en ajoutant 1/4 du volume d’acide chlorhydrique
concentrée et portant à l’ébullition une demie à une minute ; par
extraction à l’alcool amylique apparaît une fluorescence verte carac¬
téristique de la pélargonénine.
Les 3-glucosides de la pélargonidine, comme la callistéphine,
donnent une coloration violet rouge par le carbonate de sodium, stable
vis-à-vis de la soude. Aucun autre type d’anthocvanoside ne donne
cette réaction.
La pæonidine diffère de la pélargonidine par sa couleur et par les
réactions colorées de ses glucosides.
Pæonine (type 3-5 diglucoside) : coloration bleue par le carbonate
de sodium.
3-glucosides de la pæonidine : carbonate de sodium, violet riche,
inchangé par la soude.
Cyanidine. Solution violet rougeâtre par addition d’acétate de
soude à l’extrait par l’alcool amylique sur l’eau.
Le perchlorure de fer transforme le violet en bleu vif (ne pas
confondre avec la malvidine contenant une trace di’anthocyanol réagis¬
sant avec FeCl 3 ).
Assez stable au test d’oxydation.
Coloration rose rouge par le réactif de la cyanidine (la malvidine
donne une teinte mauve.très pâle).
L’extraction par le réactif de la delphinidine n’est pas complète
à partir de solutions diluées.
Pour distinguer la cyanidine de la malvidine impure, le mieux est
de faire la réaction au perchlorure de fer sans acétate de sodium, en
employant une solution dans l’alcool amylique soigneusement lavé et
en diluant avec de l’alcool éthylique ; du reste, c’est seulement pour
les 3-5 dimonosides de la cyanidine qu’il risque d’y avoir confusion ;
les réactions des 3-monosides sont caractéristiques.
Cganine : carbonate de sodium, belle coloration bleu pur, instable
en présence de soude ; la mécocyanine (chrysanthémine) donne avec
le carbonate de sodium une couleur bleue-violette, passant au bleu par
la soude.
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
80
Malvidine : avec le lest alcool amylique-acétate de sodium, colo¬
ration violette légèrement plus bleue que la cyanidine, non modifiée
par le perchlorure de fer. Se rencontre rarement pure.
Pratiquement inaltérée par le Iqst d’oxydation. Non extraite par
le réactif de la cyanidine, complètement extraite par celui de la del-
phinidine.
Mdivine (3-5-diglucoside) : carbonate de sodium, couleur d’un
beau bleu-verdâtre, tandis que l’œnine (3-gIucoside) donne une couleur
bleue violette, inaltérée par la soude.
Pétunidine. Alcool amylique-acétate de sodium : violet bleu, de¬
venant bleu franc par le perchlorure de fer.
Détruite par le test d’oxydation.
Non extraite par le réactif de la cyanidine.
Coefficient de partage plus faible que la cyanidine dans le réactif
de la delphinidine.
Le meilleur moyen de l’identifier consiste à opérer des extractions
successives de sa solution avec de petites quantités de réactif de la
delphinidine.
Delphinidine. Solution bleue dans l’alcool amylique par action de
l’acétate de sodium.
Détruite par le test d’oxydation.
N’est extraite ni par le réactif de la cyanidine, ni par celui de la
delphinidine.
Les glucosides de la delphinidine ne peuvent être identifiés par
leurs réactions colorées que par comparaison avec des témoins syn¬
thétiques.
Hirsutidine. On la trouve rarement ; ses réactions sont semblables
à celles de la malvidine.
Les réactions colorées des anthocyanosides nécessitent très sou¬
vent une purification préalable de ces corps, en particulier pour les
anthocyanosides complexes. Voici comment on peut la réaliser :
Pour les 'diglucosides, il suffit en général d’extraire à fond leurs
solutions à l’alcool amylique. Si celà ne suffit pas, le pigment est
extrait et dissous dans un mélange alcool amylique-acétophénone (2/1)
jen présence d’acide picrique, la couche organique agitée avec de l’acide
(chlorhydrique à 1 p. 100 et diluée à l’éther. Puis on enlève soigneu¬
sement l’acide picrique de la solution aqueuse par l’éther.
Les monoglucosides sont purifiés de la même manière, mais en
extrayant à la cyclohexanone ou à l’acétate d’éthyle, en présence
d’acide picrique ; les extraits sont précipités à l’éther de pétrole et les
anthocyanosides repris par l’acidé chlorhydrique à 1 p. 100 ; on
extrait ensuite la solution acide au benzène, puis à la cyclohexanone
et de nouveau au benzène en répétant plusieurs fois, si nécessaire, ces
opérations.
Il faut noter cependant que la purification à l’acide picrique est
souvent pénible et parfois impossible ; la cyclohexanone est un meil¬
leur solvant. On peut soit utiliser la méthode de relargage par les sels
neutres pour modifier le coefficient de distribution de la solution
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
aqueuse clans l’alcool ainylique ou l’alcool butylique, soit de préférence
recourir à la chromatographie (voir p. 21).
La méthode de partage permet aussi, dans certaines conditions, de
distinguer les pentoseglucosides des mono et des diglucosides. La
couleur de la couche d’alcool amylique est plus marquée que celle de
la couche aqueuse dans le cas des monoglucosides, tandis qu’avec les
rhamnoglucosides, c’est dans la couche aqueuse que la couleur est la
plus persistante.
De même, pour de faibles concentrations, la couche d’alcool amy¬
lique est incolore aussi bien avec les pentose-glucosides qu’avec les
diglucosides, mais l’extraction de ces derniers n’est pratiquement pas
modifiée par addition de sels à la couche aqueuse, tandis que celle des
pentoseglucosides est très accrue.
Les méthodes mises au point par Robinson et que nous venons
«le résumer permettent, avec suffisamment d’expérience, de procéder
à l’analyse rapide des anthocyanosides d’une plante sur des quantités
pas trop importantes, donc de suivre leurs variations au cours de l’évo¬
lution de la plante.
CHROMATOGRAPHIE SUR PAPIER.
On pouvait penser que la méthode chromatographique, si simple
et si élégante, ferait faire de grands progrès à l’étude des pigments
anthocyaniques. Il ne semble pas cependant que l’on ait tenté de mettre
au point une méthode systématique d’analyse analogue à celle de
M. et R. Robinson. Par contre, tout récemment, l’emploi de la chroma¬
tographie sur papier élaborée par Consden, Gordon et Martin (1944)
semble sur le point de résoudre ce problème.
Cette méthode, proposée en 1948 par Rate-Smith, constitue la
technique la plus récente et, semble-t-il, la plus appropriée pour l’iden¬
tification rapide des pigments dans les extraits des plantes.
D’une part, la valeur du R h -, c’est-à-dire la distance relative par¬
courue par chacune des substances, comparée à celle d’une substance
standard du même type, est un premier élément d’identification.
D’autre part, les taches foçmées par ces différentes substances ne
sont pas identiques comme coloration en lumière ultra-violette et en
lumière solaire. De plus, elles prennent une couleur différente quand
on soumet le papier à des vapeurs ammoniacales.
Enfin, il faut encore noter l’action du nitrate d’argent, tel qu’on
l’emploie pour l’identification des sucres réducteurs. Certains poly-
phénols tels que le catéchol réduisent le nitrate d’argent ammoniacal
à froid, ce qui permet de les identifier. Or, après hydrolyse de certains
pigments comme les anthocyanosides, on obtient par traitement au
nitrate d’argent ammoniacal ou par examen aux UV des taches don¬
nées par les anthocyanols, des valeurs de R F qui peuvent être attri-
Mémoirbs du Muséum, Botanique, t. II. 6
Source : MNHN, Paris
82
CH. SANNlfi ET H. SAUVAIS.
buées aux produits de scission tels que le catécho), le phloroglucinol,
le pyrogallol, etc...
Les solvants employés sont le mélange eau-butanol-acide acétique
(50-40-10) et le phénol 1 p. 100-acide acétique.
On sait que le Dahlia contient, d’après les travaux de Lawrence
et Scott-Moncrieff, deux anthocyanosides et deux flavones qui ont
été mis en évidence par la méthode de Robinson et Robinson (1931-
1932).
Par la méthode chromatographique de Consden, Gordon et
Martin (1944), Bate-Smith (1948) a identifié ces 4 pigments dans un
extrait chlorhydrique à 1 p. 100 de pétales de Dahlia.
Cependant, les résultats ne sont pas absolument constants d’une
expérience à l’autre. D’après l’auteur, ceci doit être attribué à l’action
de l’acide chlorhydrique de l’extrait. L’anthocyanoside en effet est
alors présent à l’état de sel d’oxonium et change de couleur à pH = 3.
Lorsque la solution chlorhydrique parcourt le papier, elle se trouve
équilibrée par la solution acétique ayant un pH plus élevé, et l’antho-
'cyanoside passe à l’état de base colorée ; la tache rose devient mauve.
La vitesse de propagation du sel étant plus lente que celle de la base
colorée, le R F d’un anthocyanoside en solution chlorhydrique est plus
faible qu’en solution neutre.
Au contraire, pour les anthocyanols obtenus après hydrolyse des
anthocyanosides, et spécialement pour la cyanidine, on observe une
grande instabilité si l’acide chlorhydrique n’est pas présent en grande
quantité. La meilleure stabilité est obtenue avec de l’alcool butylique
équilibré avec de l’acide chlorhydrique 2N.
Mais si l’acide chlorhydrique détermine quelques variations, il
offre en revanche de nombreux avantages dans le cas des anthocyano¬
sides, car les taches sont moins diffuses qu’avec les extraits aqueux.
D’ailleurs les éléments de comparaison, anthocyanosides naturels ou
synthétiques pris comme référence, tels que les chlorures synthétiques
de cyanine, de pæonine, de malvine, d’hirsutine, la cyanine du Bleuet,
etc..., sont utilisés également en solution chlorhydrique à 1 p. 100, ce
qui tend à compenser les variations ayant cette cause.
Les résultats obtenus ont montré pour les anthocyanosides du
Dahlia deux taches dont les R F varient entre 0,12 et 0,19, et 0,19 et
0,25. Lorsqu’on a éliminé l’acide acétique, on observe que la tache
donnée par le premier pigment est bleu mauve et correspond à la cya¬
nine synthétique ; la deuxième, rose œillet, serait de la pélargonine.
De nombreux autres anthocyanosides provenant de diverses fleurs ont
été étudiés par Bate-Smith et ont donné des résultats fort instructifs.
Dans l’ensemble, pour les pigments anthocyaniques, une concentra¬
tion plus élevée de la solution chlorhydrique provoque une baisse
du R p , mais l’élimination d’un glucide et une méthylation l’élèvent.
La position de la tache donnant des réactions colorées renseigne
sur la nature de l’anthocyanoside et, par chromatographie de ses pro¬
duits d’hydrolyse, on peut préciser son identité.
En ce qui concerne les flavones, d’après les nombreux examens
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 83
de llavones pures ou de leurs glucosides faits par l’auteur, le butanol-
acide acétique est le solvant qui donne les valeurs les plus régulières
de R p . Le R~ s’abaisse avec l’augmentation des oxhydryles. Il en est de
même pour les groupes sucrés, sauf dans le cas des rhamnosides, et la
position du groupe glucidique modifie beaucoup cet abaissement. Les
monosides des principales flavones ont des R f . qui baissent bien au
delà de la série des valeurs des anthocyanosides ; le R. des biosides et
probablement des diglucosides rejoint l’ordre de grandeur des antho¬
cyanosides. Les valeurs des R,- des isoflavones sont identiques à celles
des flavones correspondantes, mais on ne peut les révéler sur le chro¬
matogramme qu’à l’aide d’une solution aqueuse de perchlorure de fer.
Wender et Gage (1949) ont déterminé les valeurs des R F pour
onze pigments llavonoïdes dans le chloroforme, l’acétate d’éthyle, le
phénol, l’alcool butylique — acide acétique. Les mélanges de quatre à
six pigments furent séparés sur une bande de chromatogramme à
une seule dimension, en choisissant le solvant qui donnait les plus
grandes différences de valeurs de R F pour chaque pigment. L’examen
en ultra-violet du chromatogramme développé facilite l’identification
des pigments auxquels on appliqua les tests colorés habituels sur
chaque zone du chromatogramme ; les acides borique et citrique, le
chlorure d’aluminium alcoolique, l’acétate basique de plomb donnaient
en lumière ultra-violette une fluorescence intense, et les couleurs
attendues en lumière ordinaire.
On a identifié aussi par cette méthode d’autres constituants des
plantes, tanins et substances voisines. Les plus simples des polyphé-
nols et leurs dérivés méthylés ont montré de valeurs de R F très régu¬
lières. Le nitrate d’argent ammoniacal et une solution aqueuse de per¬
chlorure de fer peuvent être utilisés comme révélateurs.
Il semble donc bien que la méthode de chromatographie sur
papier puisse rendre de fructueux services pour l’identification rapide
de nombreuses substances ; elle serait ainsi particulièrement précieuse
dans les recherches génétiques.
Asahina (T. Y.) et ïnubuse (M.). — Ber., 61, 1646-50 (192&).
Balakrishna (K. J.), Rao (N. P.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian Acad.,
Sci., 29, 394-403 (1949).
Ballio (A.) et Pocchiari (F.). — Gazz. Chim. ital., 79, 913-23 (1949).
Bancroft (W. R.) et Rutzler <J. E.). — J. Am. Chem. Soc., 60, 2738-43 (1938).
Bargellini (G.). — Gazz. Chim. ital., 49, II, 47-63 (1919).
Bate-Smith (E. C.). - - Nature, 161, 835-38 (1948) ; Bioch. J., 43, XLIX (1948).
Blaschko (H.). — Biochem. J., 38, VI (1944).
Bose (P. K.). -— J. Indian Chem. Soc., 10, 65-6 (1933).
Consden (R.), Gordon (A. H.) et Martin (A. J. P.). — Biochem. J., 38, 224
(1944).
Engelkemeir (D. W.), Geissman (T. A.), Crowell (W. R.) et Friess (S. L.).
— J. Am. Chem. Soc., 69, 155-159 (1947).
Marini-Bettolo (G. B.) et Ballio (A.). — Gazz. Chim. ital., 76, 410 (1946).
Perkin (A. G.) — J. Chem. Soc., 103, 650 (1913).
Pfeiffer (P.), Fisher (P.), Kuntner (J.), Monti (P.) et Pros (Z.). — Ann..
398, 137-196 (1913).
Source : MNHN, Paris
84
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
Porter (W. L.), Brice (B. A.), Copley (M. J.), et Couch (J. F.). — U. S.
Dept. Agr. Dur. Agr. Ind. Chem., AIC 159 (1947) (Chem. Abstr., 42,
2057).
Quastel (J. H.). — Analyst., 56, 311 (1931).
Rae (J.). — Pharmac. J., 163, 111 (1949).
Rangaswami (S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 16, 129
(1942).
Rao (K. V.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 30. 30-33 (1949).
Robinson (G. M.) et Robinson (R.). — Riochem. J., 25, 1687 (1931) ; 26, 1647
(1932).
Schraufstàtter (E.). — Experientia, IV, 192 (1948).
Shibata (K.) et Hattori (S.). — Acta Phytochim. Japon, 5, 117 (1930).
Shinoda (J.). — J. Pharmac. Soc. Japon, 48, 214-220 (1928).
Schudel (G.). — Dissertation, Zurich <1918).
Sosa (A.). — C. R. Acad. Sci., 224, 1656 (1947).
Tauber (H.) et Laufer (S.). — J. Am. Chem. Soc., 65, 736 (1943).
Taubôck (K.). — Naturwissenschaften, 30, 439 (1942).
Weatherby (L. S.) et Cheng (A. L. S.). — J. Biol. Chem.. 148, 707 (1943).
Wender (S. H.) et Gage (T. B.). — Science, 109, 287-289 (1949).
Wilson (C. W.). — J. Am. Chem. Soc., 61, 2303-6 (1939).
Wilson (C. W.), Weatherby (L. S.) et Bock (W. Z.). — Ind. Eng. Chem.
Anal. Ed., 14, 425 (1942).
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
SYNTHÈSE DES FLAVONES ET DES ANTHOCYANNES.
Synthèse des flavones.
. Nous exposerons tout d’abord les méthodes utilisées dans la syn¬
thèse du noyau flavonique, puis nous verrons comment l’on peut y
fixer des groupes glucidiques pour obtenir des flavonosides naturels
ou artificiels.
Les méthodes de synthèse qui permettent d’obtenir le noyau ben-
zopyronique peuvent à peu près toutes être rattachées plus ou moins
étroitement à la cyclisation d’une orthohydroxyacétophénone convena¬
blement substituée
O
>
CO
Flavanone
On peut obtenir ainsi, soit directement les flavones ou les fla-
vonols, soit passer des flavanones à ces dérivés.
Les premiers, Kostanecki et ses élèves ont montré, de 1898 à 1907,
que l’on obtenait des flavones en traitant les dérivés dibromés des
chalcones du type I, c’est-à-dire des o-hydroxyphénylstyrylcétones,
par la potasse alcoolique. La réaction est la suivante :
Ml + ■**
CH=CH— C e H s
^/^CO-CHBr—CHBr—C 6 H 5
O
Plus récemment, Hutchins et Wheeler (1938) ont montré que les
rendements étaient meilleurs avec KCN alcoolique. De même, les o.hy-
droxyphényl a bromo P alcoxyphényléthylcétones se transforment en
flavones sous l’action de KCN alcoolique. L’emploi de KCN ou de la
chaleur seule, au lieu d’alcali fort, dans cette cyclisation, empêche la
formation de benzilidènecoumarones.
Source : MNHN, Paris
8li
CH. SANNIÉ ET II. SAUVAIN.
C’est ainsi que HuTchins et Wheelek ont synthétisé la chrysine,
l’apigénine et la lutéoline, alors que par la méthode primitive de Kos-
tanecki, les chalcones dibromées contenant un noyau de phlorogluci-
nol donnent les benzilidènecoumarones correspondantes.
Par l’action des acides dilués, les o.hydroxystyrvlcétones donnent
des flavanones. On peut aussi obtenir celles-ci par l’action des alcalis
dilués (Saiyad, Nàdkarni et Wheelek (1939), Russet, et Clark (1939),
etc...). De même, si l’on part d’une o.hvdroxy a-méthoxychalcone
on obtient les 3-hydroxvflavanones correspondantes (Kimura, 1938).
Si l’on emploie comme acide, pour la cyclisation, un acide actif
(el que l’acide d.camphosulfonique. on peut obtenir les flavanones
optiquement actives. Ainsi Fujise et Sasaki (1938) ont transformé le
l.matteucinol en d.matteuciaol, après racémisation, ouverture du cy¬
cle pyranique pour obtenir la chalcone, puis nouvelle cyclisation en
présence d’acide d.camphosulfonique. Tatuta (1940) a ainsi synthé¬
tisé les d.7-hydroxv, d. 5-7-dihydroxyfIavanones et le d.homoériodic-
tyol.
La cyclisation des aryloxy ou alcoyloxydibenzoylméthanes sous
l’action de S0 4 H 2 , HI, HBr dans CH.COOH, le mélange acide acétique-
anhydride acétique ou acétate de Na + anhydride acétique, etc...
conduit de même aux flavones. Ces dibenzoylméthanes (I) peuvent
eux-mêmes être obtenus en condensant : a) les acétophénones o.al-
coxylés avec des esters d’acides aryliques : b) les esters o.alcoylés
avec les hydroxyacétophénones ; c) par réarrangement des esters
o.benzoïques des o.hydroxyacétophénones sous l’action du sodium
(Na + éther ou toluène, éthylate de soude ou mieux NH,Na (Mahal
et Venkataraman, 1934) (réarrangement de Baker-Venkataraman,
1933).
CHjO^/^/OCHs
a) . j
y\:o-c
och 3
ch 3 o.
+ C 2 1I 5 0-C0-C 6 H 5
OCH 3
V X CO-CH 2 —CO—C S 1I 5
OC1I-
y /X CO-OC 2 H 5 ^/\C0-C11 3
ooh 3
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
OCH*
1 .O-CO-C.H:
Na + éther c
+ Na { CjHjONa
Na NH 2
OCH 3
A /OH
YNx>-<
och 3
H,
S HI ou H Br d
S0 4 II,
CIIjCOONa
acétique
Il O
déméthylé par A1CI 3
dans éther
OCH,
AÂ/-
AU™
I CO
OCII 3
Ces synthèses ont été utilisées par de nombreux auteurs, en par¬
ticulier par Baker (1933), Mahal et Venkataraman (1933-1934), Vir-
kar et Wheeler (1938), Nakazawa (1939), Horii (1939), Sastri et
Seshadri (1946). Baker, Brown et Scott (1939), Doyle, Cogan, Go-
wan, Keane et Wheeler (1948), etc...
L’emploi des (û-2-dibenzoylacétophénones conduit, de la même
manière, aux flavonols (Chavan et Robinson 1933, Baker 1934, etc...).
0-CO-C.H,
' J +
\>/\co-ch 2 o-coc 6 h s
CH3COOK sec et alcool
! L
La méthode préconisée par Baker et par Chavan et Robinson,
présente l’avantage de ne nécessiter que des conditions opératoires
très douces. C'est ainsi que Chavan et Robinson (1933) ont pu obtenir
la galangine à l’ébullition de l’alcool. Baker (1934) signale que la
transformation des dibenzoylméthanes en flavones s’opère même à
la température ordinaire, ce qui peut présenter un grand intérêt pour
la synthèse des glucosides des flavones correspondant aux flavonosi-
des naturels.
Mais, dans toutes les techniques ci-dessus, on est dans l’obliga¬
tion d’employer des dérivés alcoylés des acétophénones, de telle sorte
que l’on obtient les flavones ou les flavonols alcoxylés. Il faut ensuite
libérer le oxhydryles bloqués, ce qui n’est pas toujours possible.
Source : MNHN, Paris
CU. SANNIÉ ET H. SAUVAIS.
Au contraire, la synthèse proposée par Allan et Robinson (1924)
permet d’obtenir directement les flavones ou les flavonols avec des
oxhvdryles libres, non éthérifiés. Elle consiste à chauffer à environ
180°-185° pendant trois heures les acétophénones avec l’anhydride
et le sel de Na d’un acide aromatique. On peut ainsi choisir à volonté,
soit l’acétophénone, soit l’acide hydroxvlé. Si l’on prend une méthoxv-
acétophénone, on obtient le méthoxyflavonol correspondant.
Les acétophénones employées le plus souvent sont la résacétophé-
none
HO^\OH
-CH,
la phloracétophénone
HO^OH
I!
%^CO-CH,
et leurs dérivés méthoxylés.
La réaction peut être écrite de la manière suivante :
H0^\0H
j C 8 H s COONa
i <C,H s C0)»0
OH^jOH
^ /N C<>-CHj-CO-C s H s
HOj^N; /X j,-^ ^
CO
■hydroxyflavoi
Il y a formation intermédiaire d’une P-dicétone, qui est cyclisée
par ébullition de 30 à 45 minutes dans une solution alcoolo-aqueuse
de KOH à 10 p. 100. L’emploi de matières premières méthylées, avec
déméthylation partielle ou totale par HI ou A1C1 3 dans C 0 H.-,NO 2 , abou¬
tit à toute une série de flavones ou de flavonols.
Cette réaction a été abondamment utilisée, en particulier par Robin¬
son et ses élèves et plus récemment par l’école indienne. Citons, parmi
les flavones obtenues, les 7-hydroxy-3-5-8 triméthoxy et 3-5-7-8 tétra-
hydroxyflavone (8-hydroxygalangine), la primétine (5-8-dihydroxyfla-
vone), la ■wogonine, la chrysine, l’acacétine, le pratol, la robinétine, la
tricine, la genkwanine, la tangéritine l’herbacétine l’hibiscétine, l’izal-
pinine, la primétine, la patulétine, la calyoptérine, la 6-8 dihydroxy-
galangine, la rhamnazine, la rhamnocitrine, divers éthers méthyliques
du kaempférol, la baïcaléine, etc...
Source : MNHN, Paris
U5S COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
La méthode d* Allan-Robinson est certainement l’une des plus
pratiques et des plus fréquemment utilisées pour la synthèse des fla-
vones et des flavonols, d’une part parce qu’il est assez facile de syn¬
thétiser les matières premières de départ : hydroxy-acétophénones et
acides, d’autre part à cause de sa très grande souplesse et de sa géné¬
ralité.
Les autres modes de synthèse signalés présentent moins d’impor¬
tance. L’action des arylaldéhydes sur les dérivés chlorés des o.hydroxy-
acétophénones (I) ou sur les acétophénones elles-mêmes (II), conduit
à des chalcones que les alcalis ou même le tampon borate-NaOH à pH
10,9 à 37° pendant 30 jours, cyclisent en flavones ou en flavanones.
,OH + C 6 H 5 CHO
a/ oh
0
I CHC«H„ ->
{
^/\co—üci
/OCHg
^OH HO^ x jiOH
ÇH-
+ N.OH-> ^X co J„
/OCH 3
L/ oh
(Rao et Seshadri, 1941).
(Kostanecki et Szabranski, 1904).
V-O. méthylbutéioe par SO*H;
^N/ScH—^ ^OH
4’-0. méthylbutine
Les chalcones sous l’action des acides donnent les flavones, com¬
me ces dernières redonnent les chalcones sous l’action des alcalis di¬
lués.
Cette méthode a en particulier été employée par Zemplen et Bo-
gnar (1942) pour la synthèse de la phlorizine naturelle, en condensant
la 2-(tétraacétyl d glucoside) 4-benzoylphloroacétophénone avec l’aidé-_
hyde p.oxybenzoïque par la potasse. On obtient le 5-glucoside de la
naringénine, qui, par réduction catalytique, donne le 2-glucoside de
la phlorétine, identique à la phlorizine naturelle. L’asébotine s’obtient
de même à partir de l’éther 4-méthylique de la phloracétophénone
(Zemplen et Mester 1942).
Source : MNHN, Paris
90
CH. SANNIÉ ET H. SAl'VAIN.
/y\/ 0H
C»H,COOYsV
^''CO-CH,
0-C*H t O s (CO—CUjH
| CO
«0% Cl
I CO
6-gi
^011
Shinoda et Sato (1928) ont pu appliquer la synthèse de Kosta-
necki à des composés contenant des groupes OH libres en employant
la réaction signalée par 'Behn (1898), consistant à condenser les chlo¬
rures des acides cinnamiques ou hydrocinnamiques avec les polyhy-
droxyphénols par A1C1 3 dans le nitrobenzène. On obtient ainsi les chal-
cones ou les hydrochalcone® qui aboutissent ensuite aux flavanones.
H V> C10C-CH=CH-C«H S
v
OH
Phloroglucinol
CIOC—CIlj—CIIj—C 6 H s I
J par AlCl s •
HO. 7 NO H Ç H
I I et
R0| / 'jOH < j H
I ! CD
Yh''°° /
Hydrochalconc —> flavanone
Avec la résorcine, le produit principal est une chalcone, tandis
qu’avec le phloroglucinol, c’est une flavanone. Les auteurs pensent
que la présence d’un oxhydryle en 6 rend l’oxhydryle en 2 si réactif
dans la chalcone intermédiaire formée que celle-ci se cyclise immé¬
diatement en flavanone.
* Shinoda et Sato ont ainsi synthétisé l’isosakuranétine, la narin-
génine, la sakuranétine, l’ériodictyol, l’homoériodictyol, la butine, la
phlorétine, la citronétine et diverses autres flavanones (voir aussi
Fujise et Mitsui, 1934). Les conditions optima de cette synthèse ont
été précisées par Huzize et Tatsita (1941).
Les constatations de Narasim-Hachari et Seshadri (1948) expli¬
quent aisément ces résultats. Ces auteurs ont en effet bien mis en évi¬
dence le rôle joué par un oxhydryle en 5 dans la molécule des flavano-
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
nés (donc en 6 ’ dans les chalcones correspondantes) sur la stabilité de
ces corps.
Les flavanones ayant un oxhydryle en 5, comme celles dérivées du
phloroglucinol, ne sont pas transformées en chalcones par ébullition
avec SO 4 H 0 à 7 p. 100, alors que celles qui n’en ont pas, par exemple
celles dérivées du résorcinol, le sont aisément. De même les premières
se dissolvent facilement dans NaOH à 10 p. 100 à froid et sont préci¬
pitées intactes par acidification, alors que les secondes se dissolvent
dans la soude à chaud seulement, et l’acidification de ces solutions
donne des chalcones. Il se ferait, par chélation, une liaison hydrogène
entre l’oxhydryle en 5 et le CO en 4, qui stabiliserait la molécule et
empêcherait sa transformation facile en chalcone.
Signalons enfin que Sera et Prosche (1936) ont obtenu des fla-
vones au lieu de flavanones, dans certains cas, en remplaçant le chlo¬
rure de cinnamoyle par le dérivé acétylénique correspondant C 6 H B —C
= C—COC1.
Nous ne ferons ici que citer la cyclisation du chlorure de P-phé-
noxycinnamoyle en flavone par A1C1 3 :
s'V
U
C—C»H.
Il
CH—COCI
dont l’intérêt est très limité par la difficulté d'-obtention du chlorure
d’acide.
En 1934, Oyamada a montré que les o-hydroxychalcones se trans¬
formaient en flavonols lorsqu’on les traitait par H 2 0 2 en présence
d’alcali dilué (Algar et Flynn (1934) ont proposé un mécanisme pour
expliquer la réaction). En 1935, Mahal, Rai et Venkataraman ont éta¬
bli que l’oxydation par Se0 2 des phénylstyrylcétones aboutissait aux
flavones. Reichel et Steudel (1942) ont pu ainsi préparer divers glu-
cosides des flavanones et des flavonols.
L’oxydation peut être effectuée par d’autres oxydants tels que
Mn0 4 K + S0 4 H 2 (Algar et Carey, 1937), le nitrite d’amyle et HCl
(Row et Seshadri, 1945 ; Rajagopalan, Row et Seshadri, 1946), per¬
mettant ainsi de passer des flavanones aux flavonols.
Particulièrement intéressantes sont les recherches de Karrer sur
l’oxydation des sels de benzopyrylium en flavonols. L’oxydation douce
des anthocyanols par le monoperacide phtalique donne les flavonols.
Ainsi, le chlorure de 2-phényl-3-méthoxybenzopyrylium traité par
XOOH
C ‘ H ‘ Vco <£ h
donne la 2-3 diméthoxyf'avanone, qu’on transforme en flavonol par
ébullition à reflux avec un mélange de 20 cm 3 d’alcool méthylique,
Source : MNHN, Paris
92
CH. S A N MK ET H. S A U VA IN.
2 cm 3 d’H a O et 8 cm 3 d’HCI concentré pendant 3 heures. De même, le
chlorure de 3-7-4’ triméthoxy 2-phénvIbenzopyryIium, par traitement
à l’acide perphtalique à la température ordinaire en quelques heures,
puis traitement avec une solution de CO ;i NaH, donne le 7-4’ dimé-
thoxyflavonol.
Cette réaction est d’un grand intérêt pour la transformation des
dérivés pyrylium en flavones, qui n’est possible que dans quelques cas
et seulement par des méthodes spéciales.
Tout récemment, Miss Dunne et ses collaborateurs (1950) ont pro¬
posé une élégante synthèse des flavones et des flavonols par simple
cyclisation thermique des esters des o.hydroxyacétophénones. Le
chauffage à 250" pendant 30 minutes au sein du glycérol anhydre
transforme les esters des o.hydroxyacétoarones en flavones ou en fla¬
vonols, avec des rendements parfois comparables à ceux de la méthode
Baker-Venkataraman.
Il est probable qu’il se forme un dibenzoylméthane, par un méca¬
nisme thermique, mais analogue à celui observé dans le réarrangement
de Baker-Venkataraman. En présence d’un anhydride d’acide, on
obtient des 3-benzoylflavones :
//\/\n*
■ I I >s +
VA/™.
O
G
Signalons enfin la curieuse réaction signalée par Iyer et Venka-
taraman (1946) qui ont transformé les 6-hydroxyflavones en 5-6 dihy-
droxyflavones par couplage avec le chlorure de benzenadiazonium
CeHj—N = N—Cl ; le couplage se fait en position 5, donnant la 5-
phénylazo-6-hydroxyflavone qui, par réduction par Zn + CH 3 COOH,
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
!i;î
est transformée en dérive 5 aminé. Une nouvelle diazotation du grou¬
pe 5 amino puis sa décomposition par S0 4 H 2 à l’ébullition donne la 5-6
dihydroxyflavone. D’après les auteurs, la méthode pourrait être gé¬
nérale.
L’introduction d’un oxhydryle en ortho d’un OH non bloqué peut
encore être réalisée par la réaction mise au point, pour les chromones
ou les flavones, par Rangaswami et Seshadri (1939). Elle consiste à
condenser le phénol avec l’hexaméthylènetétramine dans l’acide acé¬
tique, pendant 6 heures à 100 ', puis chauffer avec HCl au tiers ou au
demi. On obtient l’orthoaldéhyde correspondante, que l’oxydation par
H 2 0 2 en solution alcaline transforme en orthodiphénol.
Seshadri et ses collaborateurs (1947-1948) ont tout récemment
montré que l’on pouvait réaliser l’oxydation partielle des noyaux ben-
zopyraniques dans les flavones et les flavonols en traitant leur solution
alcaline par une solution de persulfate de potassium (4 g dans 60 cm 3
d’eau) à froid (15-20°), en agitant trois heures. On laisse une nuit,
neutralise l’alcali par HCl et la flavone non transformée se précipite ;
on achève de l’extraire à l’éther et l’on isole le produit d’oxydation
après hydrolyse par recristallisation de l’alcool aqueux.
L’application de ce procédé aux 5-hydroxyflavones ou 5-hydroxy-
flavonols conduit aux 5-8 dihydroxydérivés ; on a ainsi un moyen com¬
mode d’atteindre ces substances ; on peut du reste procéder à l’oxyda¬
tion sur les acétophénones elles-mêmes. Aves les 7 hydroxyflavones ou
flavonols, on atteint ainsi les composés 7-8 dihydroxylés, mais avec un
rendement plus faible. II se fait dans cette réaction comme terme in¬
termédiaire un sulfate soluble que l’on peut parfois isoler.
On passe des dérivés flavoniques aux glucosides par les méthodes
classiques : action de l’acétobromoglucose ou des acétohalogènohexo-
ses ou pentoses sur les flavones en présence de C0 3 Ag 2 ou Ag a O, puis
hydrolyse du dérivé tétraacétylé par les alcalis. Fujise et Mitsui (1938)
ont ainsi obtenu divers glucosides des flavanones, et même Bockmühl
et Bartholomaus (1940), Zemplen et ses collaborateurs (1942-1944)
ont réalisé la synthèse de divers glucosides, phlorizine, naringine,
asébotine, hespéridine, isoasébotine, 4’-glucoside de la sakuranétine,
salipurposide et isosalipurposide, toringine, ononine, etc... en conden¬
sant l’acétobromoglucose avec les acétophénones, puis en faisant réagir
le dérivé obtenu sur un arylaldéhyde.
Reichel et Steudel (1942) et Reichel et Schickle (1942) sont par¬
venus à réaliser de telles synthèses à 25° en milieu tamponné à pH
8,3, c’est-à-dire dans des conditions s’approchant autant que possible
des conditions physiologiques.
Synthèse des isoflavones.
Comme nous l’avons dit, les isoflavones diffèrent des flavones par
la position du groupe phénylique latéral, en 2 dans les flavones, en 3
dans les isoflavones.
Source : MNHN, Paris
94
CH. SANNIÉ ET H. SACVAIN.
La synthèse de ces dérivés a été moins étudiée que celle des flavo-
nes et les procédés d’obtention des isoflavones sont beaucoup moins
nombreux. Presque tous ont été mis au point par Robinson et ses élè¬
ves, Baker, Venkataraman etc... et par Wessely -et coll.
La condensation de la 2-4 dihydroxvphényl-benzylcétone (I) avec
l’anhydride cinnamique et la cinnamate de Na, d’une manière analo¬
gue à celle utilisée dans la méthode d’ALLAN-RoBiNSON, aboutit à la
7-cinnamoyl 2-styrylisoflavone (II) que l’on transforme aisément en 7
méthoxyisoflavone.
H(L -/OH +îCH = CH—C 6 H 5
y y -\ „
COOH
'^' /;x CO.CH 3 C B H 3
3 \-^\/\
il !
COO—^\/ x C.CH = CH.CbHj
•C.Cfills
7. méthoxyisoflavono
On peut, du reste, comme l’ont montré Wessely (1939), Venka¬
taraman (1934), Spath. (1930) et leurs collaborateurs, remplacer l’aci¬
de cinnamique par le formiate d’éthyle ; la condensation s’effectue
sous l’action du sodium.
Ainsi on peut obtenir la formononétine (Wessely et al. 1933) en
chauffant la 2-4 dihydroxy 4’ méthoxybenzoïne (I) avec l’éther formi¬
que en présence de poudre de Na, en tube scellé, à 100° :
HO^OH + HCO—OCjH 5 HO^ X OHCHü
ch,-c s h,och3
Il *
|c-c«h 4 och s
Wessely (1933) a obtenu de même la daidzéine à partir de la même
désoxybenzoïne déméthylée en 4’, Joshi et Venkataraman (1934) ont
obtenu l’isoflavone à partir de l’o-hydroxybenzoïne OHC 6 H 4 —CO—
CH 2 —C 6 H 5 , Mahal, Rai et Venkataraman (1934) la pseudobaptigénine,
la formononétine et la daidzéine, Ballio et Pocchiari (1949) de nom¬
breuses isoflavones.
Récemment Sathe et Venkataraman (1949) ont montré qu’il suf¬
fisait de chauffer à l’ébullition les o.hydroxvphénylbenzylcétones dans
la pyridine contenant un peu de pipéridine, en présence d’ester ortho-
formique CH=(OCH s ) 3 , pour obtenir des isoflavones. Ils ont pu ainsi
synthétiser diverses isoflavones, en particulier la prunétine (Iyer,
Shah et Venkataraman, 1949) ; la réaction ne s’applique pas à la
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
95
phloroglucinol-benzylcétone si les trois oxhydryles du noyau phloro-
glucinol sont libres, mais elle s’applique si les OH en 4 et 6 sont mé¬
thylés.
La condensation des polyphénols avec le nitrile phénylacétique
donne des cétones du type II (Baker et Robinson, 1925) qui, par action
ho^^oh CH,-^
l| I N=
• Il + CN
■v
OH
^OH HO^\OH
l 2 -(f ^OH
d’anhydride acétique + acétate de Na à 180°, se cyclisent en 2 méthyli-
soflavones, mais avec un mauvais rendement :
fŸY— ch 3
UUci- c > "
2 méthylgénistéinn
On peut ensuite supprimer le groupe méthyle en 2, comme l’ont
montré Baker, Robinson et Simpson (1937), en le condensant avec le
benzaldéhyde, en oxydant le dérivé styryl formé en groupe COOH en 2,
puis en décarboxylant par chauffage avec CH 3 COOH et HBr.
Dans certains cas cependant, alors que la méthode au formiate
n’aboutit pas, le traitement par l’acétate de soude permet la synthèse
(Mitter et Maitra, 1936).
Récemment, Shriner et Hull (1945) ont combiné la synthèse des
desoxybenzoïnes par condensation d’un nitrile et d’un polyphénol et la
condensation avec le formiate d’éthyle et Na. Ils ont pu ainsi obtenir
la génistéine et la 8-méthylgénistéine.
Beaucoup plus générale est la méthode préconisée par Baker,
Pollard et Robinson (1929) qui font réagir un polyphénol sur une
bromoacétophénone pour obtenir un polyhvdroxyphénacyloxybenzè-
ne (I).
CHj-CO.CsHï
W U)
HCN transforme (I) en une cyanhydrine (II) qui se cyclise par
l’action du chlorure de Zn + HCl en une cétimine (III) que l’on hy¬
drolyse en 3-hydroxyisoflavone (IV), puis en isoflavone (V).
Source : MNHN, Paris
96
CH. SANNIÉ ET H. SAÜVAIN.
V > '\ /N 'CHj—CO—C,H S + HCN -
YY>H a
I i L „
in
CN OH
(II)
. uy-c:>
X
yy ]CH,
— ' /° H
CO \_/
(V)
(IV)
Les limites d’utilisation de cette méthode ont été exposées par 'Baker,
Morgan et Robinson (1933) qui ont montré que la présence d’un grou¬
pe OCH3 en para par rapport au CO, par exemple dans les cyanhydri-
nes de I et de II, empêchait la formation du cycle pyranique ; les au¬
teurs ne purent obtenir que les dérivés coumaraniques correspondants:
CH,O v „ 9
Y> i CH >
CH,0. „ 9
YY>»
■ I J IcoY ^OCH,
cH.o/y X7
” ch^YOh,
OCH, 1
och 3
YY> H - /OCH,
och ^\Ach,
— 1 I f / 0CH ’
IJ IcoY SoCH,
CH a O/ V X ==C
OCH 3 II 0CHs
och,/ y c-</y>cH,
OCHj N)CH 3
Particulièrement intéressante est la synthèse de furanoisoflavones
reliées aux dérivés roténoïdes de la racine de Derris : toxicarol, derri-
tol, isoderritol, elliptol, roténone. Ces furanoisoflavones donnent un
test de Durham positif suivant la technique de Harper (1942), mais
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
!)7
n’ont presque toutes qu’une toxicité beaucoup plus faible ou négli¬
geable.
Le toxicarol (I), le derritol (II), l’isoderritol (III) et l’elliptol (IV)
sont des benzyl o-hydroxyphénylcétones substituées du type suivant,
dans lequel R est soit — C(CH a ) = CH 2 (II), soit (III), soit H
(IV). (Les formules I, II, III el IV sont celles des éthers méthyliques).
OCH s
\_
>°-c
CO OH
1YT\
wy>
ch U°<
OCH,
\_
CHjO-îf
>Cf
“\
OCH..,
ï\
CH,—CH-R
HO^ /x O
I
III et IV CH = C-U
La condensation de la cétone avec le formiate d’éthyle et le sodium
donne un produit intermédiaire (V) qui est un isoflavanonol, que
l’ébullition avec l’acide acétique transforme en 7-8 furano-isoflavo-
ne (VI) (Harper 1942).
CO
HCOOCjHj CH 3 (
,°ff—<f / Y'1
Y/Xoch,
|V) CH=C—R
OCH,
\
CH 3 0-:f
=>-nn
och^AAo
(VI) GHssi—
La karangine, isolée de l’huile de Pongamia glabra, est la 3-mé-
thoxy-7,8 furanoflavone ; sa synthèse a été faite récemment par Ses-
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 7
Source : MhlfHN, Paris
CH. SANNlf: ET H. SAUVAIS.
hadri et Venkateswarlu en partant de l’aldéhyde v-résorcylique avec
lequel ils préparent la 4-hydroxycoumarone (Karanjol) (V), puis
par la méthode de Harper (1939) l’acide karanjique (VI) et l’oimé-
thoxy-acétyl-Karanjol (VII) d’où l’on passe à la Karanjine (VIII).
Dans de nombreux cas, en particulier dans les méthodes de Kos-
tanecki et coll., on est obligé de protéger les oxhydryles phénoliques
en les méthylant, en les acétylant ou en les benzoylant. S’il est relati¬
vement aisé d’éliminer les groupes acétyles ou benzoyles, il est par
contre beaucoup plus difficile de se débarrasser des groupes CH 3 des
méthoxy. On y parvient par chauffage dans CH 3 COOH + HI, ou mieux
par chauffage avec A1C1 3 dans le nitrobenzène à 100°.
Synthèse des pigments anthocyaniques.
Le principe de la synthèse des anthocyanols date des travaux de
Bulow et de Decker qui, dès 1901, avaient réussi à préparer certains
dérivés des sels de phényl 2-benzopyrylium. C’est cette même méthode
qui a été modifiée par Perkin, Robinson et Turner (1908), puis per¬
fectionnée par Robinson (à partir de 1922) et son école, afin de pré¬
parer les anthocyanols naturels et les anthocyanosides.
Cependant, il faut rappeler ici tout d’abord deux autres métho¬
des, l’une étant une synthèse partielle à partir des flavonols, l’autre,
celle de Willstater, faisant réagir des sels de magnésium arylés sur
des coumarines méthoxylées.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DBS FLEURS ET DES FRUITS.
99
Synthèse à partir des ilavonols.
Dès 1913, Combes avait avancé l’hypothèse que les anthocyanosi-
des se formaient dans la plante par réduction des flavonols. Cette idée
fut reprise par Willstater et Mallison (1914) qui employaient l’amal¬
game de sodium et le magnésium pour réduire un flavonol en antho-
cyanol. En 1931, Asahina et Inubuse tentèrent, mais sans succès,
d’obtenir un anthocyanoside à partir d’un flavonoloside, l’anthocyano-
side formé étant clivé par le processus de réduction. Kondo (1932), et
Kondo et Segawa (1932), à l’aide de l’amalgame de sodium, réussirent
la réduction de la baïcaléine, de la quercétine et de la myricétine en
anthocyanols correspondants : chlorure de baïcaléidine, chlorure de
cyanidine et chlorure de delphinidine, ainsi que celle de la wogonine,
de la rhamnétine et de l’isorhamnétine en chlorure de wogonidine,
chlorure de rhamnitidine et chlorure de pæonidine.
Mais ce procédé, intéressant au point de vue biologique et pour la
caractérisation des flavonols, ne pouvait être considéré que comme
un mode de formation, et non comme un procédé de synthèse.
Synthèse de Willstater.
Cette méthode, qui a donné de bons résultats, avait été utilisée
dès 1907 par Decker et Fellenberg. Willstater la mit au point et
put effectuer la synthèse de la pélargonidine, de la cyanidine, de la
morinidine et de la galangine.
Elle consiste à faire agir sur une coumarine complètement mé-
thoxylée un sel de magnésium arylé. Dans le cas de la pélargonidine,
on emploie la dihydroxy 5-7-méthoxy 3 coumarine dont on méthyle
les groupements phénoliques libres par le diazométhane (I). Puis on
fait agir sur I le p. bromure d’anisyle magnésium (II), qui fixe en 2
un reste phénolique. Du bromure de tétraméthoxypélargonidine (III)
obtenu, on arrive par déméthylation au chlorure de pélargonidine (IV),
identique au produit naturel.
Le chlorure de cyanidine (VI) sera obtenu en remplaçant le sel de
magnésium arylé précédent par le p.iodure de vératryle-magnésium
(V), le chlorure de galangidine avec le bromure de phényl-magné-
sium, le chlorure de moridine avec le sel de magnésium de l’éther di-
méthylique de la résorcine, etc...
Source : MNHN, Paris
100
CH. SAN'NIK ET H. SAUVAIN.
O
Cll3-0-^\ /X jC = 0 + BrMg-^_^OCII 3
ÜÜ 0CH 3 (II » — \ I
Ce procédé a cependant deux inconvénients :
— il ne peut servir qu’à la synthèse d’anthocyanols méthoxylés ;
— il ne permet pas d’obtenir des anthocyanosides.
Synthèse de Robinson.
C’est Robinson et son école qui, à partir de 1922, ont mis au point
une méthode qui conduit à l’obtention de presque tous les anthocya-
nols et, dès 1926, à celle des anthocyanosides. Cette méthode, cons¬
tamment perfectionnée depuis 1924, est donc tout à fait générale et
d’une grande souplesse d’adapation.
Son principe consiste à condenser un o-hydroxyarylaldéhyde avec
l’<o-éthoxy ou l’co-méthoxy-acétophénone ou l’un de ses dérivés, sous
l’action d’un courant de gaz chlorhydrique sec. On utilise comme sol¬
vant l’éther éthylique, l’acide formique, l’acide acétique cristallisable,
l’anhydride acétique, etc...
.H
n
Pour obtenir des dérivés méthoxylés sur le noyau phényle latéral,
il suffit de condenser des di ou triméthoxyacétophénones avec l’o.hy-
droxyaldéhyde.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
101
%C—(f %och 3
H a C—OCH 3
<•>. 4 dimétboxyacétophénone
Ainsi le chlorure de pélargonidine (li fut obtenu (Robinson et
Pkatt, 1924) par condensation du 2-hydroxy-4-6-dhnéthoxybenzal-
déhyde (II) avec l’w-4 diméthoxyacétophénone (III).
O OUII3
'/OCHj
I N™/
HjC—OCII3
<•>. T4 trimélhoxyacôlophriiuiR'
•%C-
CH =0 H 2 ^=C—OCH 3
Pour obtenir le chlorure de cyanidine,. on condense ce même
aldéhyde (III) avec l’o>-méthoxyacétovératrone (Robinson et Pratt,
1925) :
OCH 3
0=C-^ ^OCH 3
I X — X
Hj=C—OCH s
Le chlorure de delphinidine s’obtient en employant l’w-3-4-5 tétra-
méthoxyacétophénone :
l^C-OCHs
OCH 3
-OCH3
OCH a
Pour éviter la nécessité d’une déméthoxylation finale, Robinson
et ses élèves ont modifié leur méthode. Les essais réalisés avec le 2-4-
6-triacétoxybenzaldéhyde, qui leur ont permis d’obtenir le chlorure de
poeonidine et divers sels de pyrylium méthoxylés, n’avaient pas été
absolument satisfaisants. Aussi adoptèrent-ils et utilisèrent-ils de pré-
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SAUVA IN.
102
férence, finalement, des dérivés benzoylés tels que l’o-benzoyl-phloro-
glucinaldéhvde.
|j
Y x cho dl
0—CO—C 6 II S
Par exemple, pour faire la synthèse de la eyanidine, (Robinson
et Robertson, 1928) on condense cet aldéhyde (I) avec l’w-chloro-3-4
dihydroxyacétophénone. Le solvant employé est un mélange d’ester
acétique et d’alcool. Après avoir fait passer un courant de gaz chlor¬
hydrique sec, on recueille au bout de 3 jours la 5-benzoylcyanidine
(III). Par la soude alcoolique à 8 p. 100 en atmosphère d’azote, on éli¬
mine le groupe benzoyle. La chaîne s’ouvre et, quand la saponification
est complète, on provoque à nouveau sa fermeture avec HCl sec. On
obtient ainsi le chlorure de eyanidine (IV).
HO-
J)-CO—CH 3
Y-CO-CII 3 HCl
y \cHO C H* O—COCHj
0—GO—CgHs
VVV(^)0
Y''^OII
0—CO—C*ll 3
HO.
, O / u
(IV)
V'\^ c
un en
Ainsi furent préparés les chlorures de pélargonidine, de pæoni-
dine, de malvidine, de delphinidine, d’hirsutidine et de pétunidine.
Afin d’élucider la constitution de la bétanine rattachée aux antho-
cÿanols azotés, G. M. et R. Robinson (1932-1933) ont fait la synthèse
de plusieurs sels d’aminohydroxyflavilium. Toujours d’après le même
schéma, ils condensèrent To.vanilline avec une <o-acétoxy.amino-
méthoxyacétophénone. Ils obtinrent ainsi divers dérivés aminés, mais
sans relations directes avec la bétanine, dont la constitution exacte
n’a pu encore être établie.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
103
Synthèse des anthocycmosides.
C’est encore Robinson et son école qui parvinrent à synthétiser
beaucoup d’anthocyanosides naturels, en utilisant la méthode em¬
ployée pour les anthocyanols. Le problème était cependant plus com¬
plexe, puisqu’il fallait effectuer la condensation, puis éliminer les
groupements acétylés protecteurs sans séparer le glucide de la molé¬
cule.
Robinson emploie des glucosides tétraacétylés d’hydroxy-aldé-
hydes ou des glucosides d’hydroxyacétophénones. La saponification
des dérivés acétylés obtenus par la condensation se fait au moyen
d’alcalis faibles tels que l’ammoniaque. Après acidulation, on obtient
le glucoside libre, semblable au produit naturel.
Le plus souvent, le groupement sucré se trouve en position 3 dans
les monoglucosides. Ainsi le 3-monoglucoside de la malvidine ou chlo¬
rure d’oenine est obtenu (Lévt, Posternak et Robinson) en con¬
densant l’O.benzoylphoroglucinaldéhyde (I) avec l’oj-O.tétraacétyl-P-
glucosidoxv 4-acétoxy-3-5-diméthoxy-acétophone (II).
HO^ ,OH / OCH 3
ji + CO- x SOCOCH,
Vncho V OCH,
OCOC»H s CH S — OCeHTOlOCOCHsU
(I) (IF)
Cl
HO O' / 0C "°
X ' • /N —^ ^OCOCHj
>" X OCH 3
x / üc 6 n 7 0(0C0cii 3 i 4
(JCOC 6 H 5
+ NaOH il 8 |). 100 à 10“
Le 3 P-glucoside et le 3-galactoside de la pélargonidine s’obtien¬
nent (Naïr et Robinson, 1934) par condensation du 2-O.benzoylphlo-
roglucinaldéhyde avec l’«-(tétracétyl-p-glucosidoxv-(ou galactosidoxy)
acétoxy-4-acétophénone.
Pour faire la synthèse du 3-galactoside de malvidine, Bell et
Robinson (1934) condensent le 2-0.-benzoylphloroglucinaldéhyde avec
l’w-O-diacétyl-P-galactosidoxy-4 acétoxy-3-5 dimétoxyacétophénone.
Le 3-xyloside de la cyanidine (Mac Dowell, Robinson et Todd,
1934) s’obtient aussi aisément en condensant l’u>-0.-triacétyl-P-xylosy-
doxy-3-4 diacétoxyacétophénone avec le même aldéhyde. Le xyloside
s’hydrolyse rapidement.
On obtient de la même façon les monoglucosides en position 5 ou
en position 7.
Le 5-P-glucoside de la cyanidine est synthétisé au moyen du sel
de sodium de l’w-3-4 triacétoxyacétophénone et du.glucoside de 1’O.di-
benzoylphloroglucinaldéhyde (Léon et Robinson, 1922).
Les diglucosides en 3-5, 3-7 et 5-7 furent tous obtenus selon le
même schéma.
Source : MNHN, Paris
H. SAUVAIS'.
1(M
CH- SANNIÉ ET
Le 3-7 diglucoside de la cyanidine (III) provient (Mac Dovveli.,
Robinson et Todd, 1934) de la condensation du 2-0.-benzoyl-4-tétra-
acétylglucosidyl-phloroglucinaldéhyde (I) avec l’w-O-tctracétyl-P-gluco-
sidoxy-3-4 diacétoxy-acétophénone (II).
(CH 3 COO/OC 6 H,Oj^ N |/
OH
'V'Naio
OCOCfiHs
/OCOCHg
+ CO-^OCOCHs
OH s OC b H 7 0| OCOC H g) s
(I)
|GH3COO) 4 OC fi H 7 O x ^ x £ ^-OCOCHj
Y Yï—r ' î 'OCOCH J
o .
C B H 7 OlOCOCH 3 u
Pour synthétiser le 3-5 diglucoside de l’hirsutidine (Robinson et
Todd, 1932), on utilise le 2-0. tétraacétyl-fl-glucosidyl-4-O. méthylphlo-
roglucinaldéhyde et l’w-0-tétraacétyl-f5-gIucosidoxy-4 acétoxv-3-5 dimé-
thoxyacétophénone.
Grove, Inubuse et Robinson (1934) ont effectué la synthèse des
3-biosides de la cyanidine.
En condensant l’aj-O-heptaacétylcellobiosidoxy 3-4 diacétoxyacéto¬
phénone {obtenue en faisant réagir la 3-4 diacétoxyacétophénone et le
bromure d’heptaacétylcellobiosidyle en présence de C0 3 Ag dans C 6 H 6 )
avec le 2-O-benzoylphloroglucinaldéhyde, on obtient le chlorure de
3-0-cellobiosidylcyanidine.
Avec l’o)-0-heptaacétyllactosidyloxy-3-4 diacétoxyacétophénone et
le même aldéhyde, on arrive au chlorure de 3-O-lactosidylcyanidine.
De même, le chlorure de 3-O-maltosidylcyanidine s’obtient avec 1 ’<d- 0-
heptaacétylmaltosidyloxy-3-4-diacétoxyacétophénone ; le chlorure de
3-O-gentiobiosidylcyanidine (chlorure de mécocyanine) à partir de
l’u)-0-heptaacétylgentiobiosidyloxy-3-4 diacétoxyacétophénone,
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
105
Par des procédés identiques, modifiés selon le corps à obtenir, les
quatre P-glucosides isomères du chlorure de pélargonidine ont été syn¬
thétisés par Léon, Robertson, Robinson et Seshadri (1931).
Il est intéressant de signaler que Robinson (1934) a réussi la
synthèse des anthocyanosides sans employer aucun groupe protecteur.
Il emploie l’ci>-p-glucosidoxy-3-4 dihydroxyacétophénone, obtenue à
partir du dérivé hexaacétylé et de Ba (OH), dans l’alcool méthylique,
abandonné en atmosphère d’hydrogène à la température ordinaire,
après addition d’eau pour dissoudre le sel de Ba jaune qui se sépare.
Il condense cette acétophénone avec l'Oo-P-glucosidylphloroglucinal-
déhyde, obtenu à partir du dérivé tétra-acétylé avec Ba (OH), aqueux.
Le mélange pulvérisé de 0,15 g d’acétophénone et de 0,1 de l’aldéhyde,
séché dans le vide à 150°, repris dans 35 cm* d’acétate d’éthyle sec
contenant 1,5 g de Mg (C10 4 ) 2 , saturé avec HCl à 0°, laissé 15 h. à la
glacière, précipité par de l’éther sec, est libéré des sels de Mg par
digestion répétée avec de l’acétate d’éthyle chaud, puis reprécipité deux
fois à partir de l’alcool chaud avec l’acétate d’éthyle et recristallisé à
partir d’HCl alcoolique aqueux à 5 p. 100. On obtient ainsi 0,15 g de
cyanine, identique au produit naturel.
ci|h ' : 0II
,0-j-H oj=C-<^ \OH
Y^CHsÇO H^i-Ogl
Ogl .
HO TJ 1 /° H
\XJogi
Ogl (gl=groupe glucidique)
Signalons pour terminer les synthèses effectuées par Mary et
Louis Fieser, en 1941, de pigments du type anthocyanol à partir des
naphtohydroquinones. Ils chauffent au bain-marie pendant 45 m. un
mélange de naphtohydroquinone et d’aldéhyde méthylrésorcylique
dans 60 cm 3 d’acide acétique. Ils obtiennent un composé rouge foncé
à reflets de bronze. Ils ont préparé toute une série de pigments avec
des variantes de cette méthode. Ces produits, qui retiennent H 2 0 très
fortement, contiendraient 2 groupes phénoliques, et seraient des sels
d’oxonium du type anthocyanol.
.**
Source : MNHN, Paris
10b. CH. SANNIK KT H. SA ('VA IN.
Algar (J.) et Garey (I. P.). — Proc. /foi/. Irish Acad., 44, 43 (1937).
Algar (J.) et Flynn (J. P.). — Proc. Roy. Irish Acad., 42, 1-8 (1934).
Allan (J.) et Robinson (R.). - J. Chem. Soc., 125, 2 1 92 (1924).
Asahina (Y.) et Inubuse (M.). - - Ber.. 64, 1256-7 (1931).
Baker (\V.). — J. Chem. Soc.. 1381-9 (1933) : 1953-4 (1934).
Baker (W.), Brown (X. 0.) et Scott (J. A.). ./. Chem. Soc.. 1922-27 (1939).
Baker (AV.), Morgan (\V. M.) et Robinson (R.). - J. Chem. Soc., 374-5 (1933).
Baker (AV.), Pollard (A.) et Robinson (R.). - J. Chem. Soc., 1468-73 (1929).
Baker (AA\) et Robinson (R.). - J. Chem. Soc.. 127, 1424 ; 1981 (1925).
Baker (AV.), Robinson (R.) et Simpson (X. AV.). J. Chem. Soc., 805-7 (1937).
Ballio (A.) et Pocchiari (F.). — Gazz. Chim. ilal., 79, 913-23 (1949).
Behn (R.). — Chem. Zeulr., 1, 1223 (1898)). D.R.P., 95, 901 (19-5-1897).
Bell (J. C.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 813 (1934).
Bockmuiil (M.) et Barthoi.omavs (E.). U. S. P.. 2, 224-807 (10 décembre
1940) (Chem. Abstr., 35, 2159).
Bulow (C.) et coll. - Ber., 34, 1189 et 3919 (1901) ; 36, 190 (1903).
Chavan (J. J.) et Robinson (IR.). — J. Chem. Soc., 368 (1933).
Combes (R.). — C. R. Acad. Sri., 157, 1002 (1913) ; 158, 272 (1914).
Decker (H.) et Fellenberg (T.). - Ann., 356, 29 6 (1907).
I)oyle (B. G.), Cogan (F.), Gowan (J. E.), Keane (.1.) et AA'heeler (T. S.). —
Sci. Proc. Roy. Dublin Soc., 24, 291-305 (194 8)
Dunne (Miss A. T. M.), Gowan (J. E.), Keane (J.), O’Kelly (B. M.), O’Sul-
livan (D.), Roche (Miss M. M.), Ryan (P. M.) et AA'heeler (T. S.). -
J. Chem. Soc., 1950, 1252-59.
Fieser (M.) et Fieser (L.). — J. Am. Chem. Soc., 63, 1572 (1941).
Fujise (S.) et Mitsui (S.). — Bull. Chem. Soc. Japon, 9, 24-6 (1934) ; Ber.,
71, 912-15 (1938) ; J. Chem. Soc. Japon, 59, 849-52 (1938).
Fujise (S.) et Sasaki (H.). — Ber.. 71, 341-4 (1938).
Grove (K. E.), Inubuse (M.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1608 (1934).
Harper <S. H.). — J. Chem. Soc., 595-8 (1942) ; 1424 (1939).
Horii (S.). — J. Pharm. Soc. Japon, 59, 495-9 (1939).
Hutchins (W. A.) et AA’heeler (T. S.). — ./. Chem. Soc., 91-4 (1939) ; Current
Sci. India, 6 , 605 (1938).
Huzize (S.) et Tatsita (H.). — Ber., 74, 275-8 (1941).
Iyer (fl. N.) et Venkataraman (K.). Proc, ludion Acad. Sci., 23, 278-282
(1946).
Iyer (R. N.), Shah (K. H.) et A'enkataraman (K.). Current Sci. (India),
18, 404-06 (1949).
Joshi (P. C.) et Venkataraman (K.). — J. Chem. Soc.. 1769-71 (1934).
Kimura (Y.). — J. Pharm. Soc. Japon, 58, 415-21 (1938).
Kondo (K.). — J. Pharm. Soc. Japon, 52, 353-7 (1932).
Kondo (K.) et Segawa (H.). — J. Pharm. Soc. Japon, 52, 358 (1932).
Kostanecki (AM et coll. — Ber., 31, 1757, 2953 (1898) ; 32, 2448 (1899) ;
33, 330, 1988, 3410 (1900) ; 34, 1449 (1901) ; 37, 784, 1402, 2096, 2625,
2634, 2803, 2819, 3167 (1904) ; 38, 931 (1905) ; 39, 625 (1906) ; 40,
2669 (1907) ; 45, 1701 (1912).
Kostanecki (V.) et Szabranski (AV.). - Ber.. 37, 2634-2819 (1904).
Leon (A.), Robertson (A.), Robinson (R.) et Seshaori (T. R.). — J. Chem.
Soc., 2672-2701 (1931).
Leon (A.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 2221-24, (1932).
Levy (L. F.), Postehnack (T.) et Riorinson (R.). — J. Chem. Soc., 2701 (1931).
Mac Dowell (R. H.), Robinson (R.) et Tooo (A. R.). — J. Chem. Soc., 806
(1934).
Mahal (H. S.), Rai (H. S.) et Venkataraman (K.). — J. Chem. Soc., 1769-71
(1934) ; 866-868 (1935).
Mahal (H. S.) et Venkataraman (K.). - J. Chem. Soc., 1767 (1934) ; Current
Sci. India, 2, 214 (1933).
Mitter (P. C.) et Maitra (S. S.). — J. Indian Chem. Soc., 13, 236-9 (1936).
Naïr (P. A r .) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1611-14 (1934).
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
107
Nakazawa (K.). - J. Pharm. Soc. Japon. 59, 495-9 (1939).
Narasimhachari (N.), Row (L.'R.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian
Acad. Sci., 27, 37-43 (1948).
Narasimhachari (N.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian Acad. Sci., 27,
223-39 (1948).
Okay (S.). — Rev. Faculté Sci. Vniv. Istanbul, 12, 89-106 (1947) (Chem.
Abstr., 42, 2684).
Oyamada (T.). — J. Chem. Soc. Japon, 55, 1256-61 (1934).
Perkin (W. H.), Robinson (R.) et Turner (J.). J . Chem. Soc., 93, 1088
(1908).
Kabate (J.). — J. Pharm. Chim., 8 " série, 17, 433 et 474 (1933).
Rajagopalax (S.), Row (L. R.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad.
Sci., 23, 97-101 (1946).
Rangaswami (S.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian Acad. Sci., 9, 7-9
(1939) ; ibid., 28, 98-102 (1948).
Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 23, 97-101 (1946).
Reichel (L.) et Schickle (R.). — Ann., 553, 98-102 (1942).
Reichel (L.) et Steudel (J.). — A/i/e„ 553, 83-97 (1942).
Robinson (R.). — Ber., 67, 85 (1934).
Robinson (G. M.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1439-45 (1932) ;
25-9 (1933).
Robinson (R.) et Pratt (D.). — J. Chem. Soc., 121, 1577-85 (1922) ; 125,
188 (1924) ; 127, 166-175 (1925).
Robinson (R.), Pratt (D.) et Nolan (T. J.). — J. Chem. Soc., 129, 1968 (1926).
Robinson (R.) et Robertson (A.). — J. Chem. Soc., 129, 171 3 (1926) ; 133,
1526 (1928).
Robinson (R.) et Todd (A. R.). — J. Chem. Soc., 2293 (1932).
Row (L. R.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 21, 130-33 (1945).
Russell (A.) et Clark (S.). — J. Am. Chem. Soc., 61, 2651-8 (1939).
Saiyad (I. Z.), Nadkarni (D. R.) et Wheeler (T. S.). — J. Chem. Soc.,
1737-9 (1937).
Sastri (V. D. N.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 23, 134-9
(1946) ; 24, 238-42 et 243-53 (1946).
Sathe (V. R.) et Venkataraman (K.). — Current Sci. (India), 18, 373 (1949).
Seka (R.) et Prosche (G.). — Monatsh., 69, 284-91 (1936).
Seshadri (T. R.) et coll. — Proc. Indian Acad. Sci., 25, 417, 432, 444 (1947) ;
26, 13, 18 (1947) ; 27, 37, 85 (1948) ; 28, 1-18, 31 (1948).
Seshadri (T. R.) et Venkateswarlu (V.). — Proc. Indian Acad. Sci., 13,
404 (1941) ; 17, 16-19 (1943).
Shinoda (J.) et Sato (S.). — J. Pharm. Soc. Japon, 48, 10SM17, 933-7 (1928).
Suriner (R. L.) et Hull (C. S.). — J. Org. Chem., 10, 228-31 (1945).
Spath (E.) et Lbderer (E.). — Ber., 63, 743-8 (1930).
Tatuta (H.). — J. Chem. Soc. Japon, 61, 1048-50 (1940).
Virkar (V.V.) et Wheeler (T. S.). — Current Sci. India, 7, 107 (1938).
Wessely (F.), Korxfeld (L.) et Lechner (F.). — Ber., 66 , 685-7 (1933).
Willstater (R.) et Kindler (W.). — Ber., 57, 1938-44 (1924).
Willstater (R.) et Mallissox (H.). -- Sitz. ber. Preuss. Akad. Wiss., 769-77
(1914).
Willstater (R.) et Schmidt (O. T.). — Ber., 57, 1944-50 (1924).
Willstater (R.) et Zechmeister (L.). — Sitz. ber. Preuss. Akad. Wiss.,
886-93 (1914).
Zemplen (G.) et Bognar (R.). — Ber., 75, 645-9, 1040-3 et Ï043-7 (1942).
Zemplen (G.), Bognar (R.) et Mechner (J.). — Ber., 77, 99-108 (1944).
Zemplen (G.), Bognar (R.) et Thiele (K.). — Ber., 77, 446-51 (1944).
Zemplen (G.), Farkas (L.) et Bien (A.). — Ber., 77, 452-7 (1944).
Zemplen (G.) et Mester (L.). — Ber., 75, 1298-1301 (1942).
Source : MNHN, Paris
108
CH. S AN'NI 6 E'T II. SAUVA IN.
LES RELATIONS QUI UNISSENT LES PIGMENTS
BENZOPYRANIQUES AUX AUTRES CONSTITUANTS
VÉGÉTAUX.
Comme nous l’avons dit en étudiant leur constitution, les pig¬
ments flavoniques et anthocyaniques dérivent d’un même noyau fon¬
damental, le 2-phényl-benzopyranne, d’une part par des oxydations
ou des déshydrogénations en 3 et 4 du noyau pyrannique, d’autre part
par la présence d’oxhydryles phénoliques libres ou méthylés.
Cette constitution permet de rattacher ces pigments à tout un
groupe de substances naturelles qui existent dans les plantes comme
constituants plus ou moins répandus. C’est ainsi que l’on retrouve le
noyau fondamental des anthocyannes et des flavones [groupe du chro-
manne (I)] dans les coumarines (II), les benzalcoumaranones (III), les
chalcones (IV), les catéchols (V) et les tanins catéchiques, les phlo-
batanins, les xanthones (VI), les colorants du groupe de la brésiline
et de l’hématoxyline (VII), etc...
Tous ces dérivés forment donc un important groupe naturel, dont
chaque type est plus ou moins fréquent, et dont beaucoup participent
à la coloration des végétaux. Aussi était-il logique de penser que cette
analogie de structure dépendait de relations biochimiques étroites et
que la nature établissait elle-même, dans la biosynthèse de ces corps,
une filiation certaine.
Cependant, si les synthèses au laboratoire semblent confirmer
cette hypothèse, et si l’on a pu ainsi réaliser les passages d’un type
à un autre, il serait imprudent d’affirmer que la nature suit les
mêmes étapes idéales. Les processus biochimiques des êtres vivants
sont profondément différents des méthodes de la chimie pure. Bien
que les enzymes végétaux puissent réaliser les mêmes réactions d’oxy¬
dation, de réduction ou d’hydrolyse, les mécanismes par lesquels ils
agissent sont tout autres, et il serait téméraire d’assimiler les résultats
de leur action à ceux des réactions de laboratoire.
Mais il n’en est pas moins vrai que, si Ton tient compte de ces
réserves, l’étude des rapports qui unissent les différents types de cette
famille chimique peut apporter des résultats importants, ne serait-ce
qu’en suggérant des hypothèses de travail qui pourront servir de base
à l’expérimentation physiologique.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
I. — Groupe du Chromanne.
w c
Au groupe du chromanne appartiennent les tocophéroLs (vitamines E).
Nous laisserons de cote ces substances qui
sujet.
s’éloignent des limites de notre
Flavanone
Flavanonol
0 H
//\/\/™//- -
^ ^^
Il F x — 7
j il 1 \- '
1 pH
co
v^ HOn
Klavono
O
Isoflavone
(YY
ÜU-e
CO -
Anthocyanol
Cl
O
U
\=
,C—OH
II. — Groupe de l’a pyrone.
ffr
B. Phényl-3-conmarine C. Isocoumarine
O
fY>°
H
1 1_#—^
1
\_/
V
Non naturelles
CO
Ao
Les coumarines sont répandues dans beaucoup de végétaux (Fève
Tonka, Mélilot, etc...).
Glucosides de Fraxinns. _= 7-hydroxycoumarine.
Esculétine (Æscu/us).= 7-8 dihydroxycoumarine.
Daphnétine .=6-7 dihydroxycoumarine.
Umbelliférone (Citrus) .= 5-6-7 et 6-7-8 trihydroxyooumarines, ...etc...
èource : MNHN, Paris
110
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
III. - Benzalcoumaranones.
O
Leptosidinc = 7 inéthoxy 3'.4’.6 trihydroxybcnzalcouniaranone.
Leptosino = 6-glucoside de leptosidinc. dans Coreopsis grandiflora
(avec la flavanone correspondante).
IV. - Chalcones.
àJ c
4 S .A/ CH >
CO
2-6-3’-4’ tétrahydroxychalcone
= Butéine.
Glucoside = Coreopsine de Co¬
reopsis gigantea.
2-4-fi-4‘ tétrahydroxyhydrochal-
conc — Phlorétine.
2-glucoside = Phlorizine.
V. — Catéchol
VI. — Xanthone.
VII. — Brésiline.
Hématoxyline.
0
0
0
•A\|/\H_ A-^
i il i; i
-A \/\,CH,
1 II
UU cH ° H
III
%/\/\*
1 II |C—OH
CH,
CH 2
CO
II
// -
Nous ne savons rien sur les relations possibles, dans la plante,
entre les coumarines et le groupe des chromones auxquels appartien¬
nent les pigments flavoniques et anthocyaniques. Leur structure dif¬
fère nettement, comme le montrent les formules I et IIa (page 109),
en ce que le noyau n’est plus celui du f pyranne, mais de l’a pyranne.
Par contre, leurs méthodes de synthèse sont très voisines et souvent
même donnent, suivant les conditions opératoires, soit les coumarines,
soit les chromones correspondantes.
Ainsi l’action de l’anhydride acétique et de l’acétate de sodium
sur les ortho-hydroxyacétophénones donne en même temps les cou¬
marines et les chromones. De même, la condensation des esters d’aci¬
des P-cétoniques avec des phénols en présence d’anhydride phospho-
rique (réaction de Pechmann modifiée par Simonis (1916), conduit
comme produit principal soit à des coumarines, soit à des chromones,
suivant la nature du phénol et de l’ester P-cétonique employés.
Source : MNHN, Paris
M5S COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
Les coumarines, comme les chromones, se retrouvent dans de
nombreuses plantes, et parfois sous forme de glucosides tels les glu-
cosides de Fraxinus, formés par l’union d’un glucide avec les 5-6-7
ou 6-7-8 trihydroxycoumarines. ceux d'Orchid, de Melilotus, de Mél¬
it fis, d'Asperula, etc...
On ne connaît qu’une seule benzalcoumaranone extraite des plan¬
tes : c’est la leptosidine, 7 méthoxy-3’-4’-6 trihvdroxvbenzalcouma-
ranone :
CO
isolée par Geissman et Heaton (1944) de Coreopsis grandiflora Nutt.
ainsi que son glucoside, la leptosine, et en même temps que la flavanone
correspondante, la 8 méthoxv-3’-4’-7 trihydroxyflavanone.
Tout récemment, Geissman et Fukushima (1948) ont montré que
l’oxydation des 2-hydroxychalcones par l’eau oxygénée en milieu
alcalin donnait des flavonols si la position 6 de la chalcone n’était pas
substituée, tandis que l’on obtenait comme produit principal la benzal¬
coumaranone si un méthoxyle est présent en 6. Il est donc possible
que des recherches plus complètes montrent l’existence de benzalcou-
maranones dans un certain nombre d’autres végétaux, et établissent la
possibilité de relations biochimiques entre ces deux types de substan¬
ces, soit directement, soit par l’intermédiaire des chalcones correspon¬
dantes.
On a pu isoler en effet dans un certain nombre de plantes des
chalcones, soit libres, comme la butéine de Butea frondosa (2-4-3’-4’
tétrahydroxychalcone), soit sous forme de glucoside (coréopsine ou
glucoside de la butéine, isolée par Geissman de Cosmos sulphureus )
(Price, 1939).
Dans ce même Butea frondosa, on trouve aussi la butine, la fla¬
vanone correspondant à la butéine (7-3’-4’-trihydroxyflavanone), soit
libre, soit sous forme de glucoside, la butrine, (Lal et Dutt, 1935),
que Rao et Seshadri ont montré être un 3’-7-diglucoside de la butéine
(1941). Il est curieux de noter que la chalcone butéine n’a été trouvée
jusqu’ici que dans les Composées ( Coreopsis gigantea et C. grandiflora )
et seulement, parmi les autres familles, dans une Légumineuse, Butea
frondosa.
Il existe donc, entre ces divers types de pigments, non seulement
des relations structurelles chimiques, mais aussi des relations biochi¬
miques caractérisées par l’apparition de pigments des types chalcone,
benzalcoumaranone et flavanone ayant le même degré d’-oxydation, donc
la même structure fondamentale, donnant des réactions colorées com¬
parables (pigments jaunes formant des sels rouges) et sans doute reliés
les uns aux autres génétiquement.
Source : MNHN, Paris
112
CH. SANNIË ET H. SAUVAIN.
La double liaison de la chaîne aliphatique intermédiaire des chal-
cones est parfois hydrogénée dans les hydrochalcones, par exemple
dans la phlorétine ou 4-7-4’trihydroxyhydrochalcone. L’analogie avec
les flavanones à noyau pyronique hydrogéné est ici encore plus nette,
mais le groupe chromophore —CO—CH = CH - a disparu et ces déri¬
vés ne sont plus colorés.
Les formules suivantes explicitent nettement toutes ces relations
chimiques :
/OH
.CK—
CH
Butéine.
2-4-3’-4’ tétrahydroxychalcone.
Coréopsine.
2 ou 4 glucosides de la Butéine.
CHALCONE.
V x \/\ch—^
L !ch„
/OH
%>H
^N/Ncil-^ C ^OH
B A ,
vv®*
CO
Butrine.
3’-7 diglucoside de la Butine.
R = glucide = glucose.
1" glucoside avec glucose sur
le noyau C.
FLAVANONE.
HO v °£x 3 *2
ÏÏW> I 1 /
>CH=C1I—^ ^OH
Leptosidine
de Coreopsis grandiflora.
BENZALCOUMARANONE.
Leptosine.
6-glucoside de la Leptosidine.
Phlorétine Phlorizine.
(dihydronaringénine). 2-glucoside de la Phlorétine.
HYDROCHALCONE.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 113
Les relations d’ordre synthétique entre les orthohydroxychalcones
et les flavanones sont encore plus étroites (voir synthèse des flavones,
p. 85). Il semble du reste qu’il puisse s’établir un véritable équilibre
entre les unes et les autres, et il n’est pas impossible qu’un tel équilibre
soit réalisé dans la plante comme il se produit in vitro. Comme nous
l’avons vu, cette transformation des 2-hydroxvchalcones en flavanones
et en flavonols est à la base de la synthèse de ces derniers pigments.
La réduction de la fonction carbonyle dans les flavones, avec
déshydrogénation du noyau pyronique, aboutit aux anthocyanols. Si
au contraire ou hydrogène complètement dans les flavonols ce même
noyau pyronique, y compris le carbonyle en para, on obtient les caté-
chols, constituants de nombreux végétaux et que l’on a pu isoler en
particulier d 'Acacia Catechu, d* U varia Gambir, etc...
Cette hydrogénation du noyau pyronique avec formation d’une
fonction alcoolique secondaire entraîne une assymétrie complexe de
la molécule ; en fait, on connaît six isomères, trois cis et trois trans,
respectivement d, 1, et dl. Les uns correspondent aux trois catéchols d,
1 et dl, les autres aux épicatéchols d, 1, et dl.
Ces relations de structure entre les pigments flavoniques et les
catéchols se doublent d’une activité physiologique vitaminique P, ratta¬
chée comme nous le verrons, par certains auteurs aux flavanones,
par d’autres aux épicatéchols. On a, d’autre part, pu réaliser le passage
par voie chimique des épicatéchols aux flavones et des catéchols aux
isoflavones (voir Freudenberg, Karimullah et Steinbrunn, 1935)
par l’intermédiaire des éthers méthyliques, et inversement la réduction
poussée de la cyanidine par ce même auteur lui a permis d’obtenir le
d-1 épicatechol (Freudenberg, Fikentscher, Harder et Schmidt, 1925).
L’oxydation du catéehol en cyanidine a été réalisée par Appel et Robin¬
son (1935) sur l’éther tétraméthylique, puis par Lavollay et Vignau
(1943) sur le catéehol ou l’épicatéchol.
Cl
Quercétiiie Cyanidine F.picatéchnl
Les catéchols existent en abondance, sous forme plus ou moins
condensée, dans les tanins dits catéchiques. Ces tanins se retrouvent
souvent, dans la cellule végétale, mêlés aux flavones et aux anthocyan-
nes (Karstens, 1939) ou mêmes combinés avec eux (Guillermond,
1933). Voir co-pigments p. 140).
Il faut enfin signaler que, d’après Reichel et Burkart (1938),
les anthocyanols peuvent être réduits en catéchols par la levure en
fermentation, bien que les produits aient été isolés seulement sous for-
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 8
Source : MNHN, Paris
114
CH. S AN NIÉ ET H. SAL’VAIN.
me amorphe. Les feuilles rouges d’automne du raisin sauvage contien¬
nent de la cyanidine et du catèchol (phlobaphène). Du reste, i’oxydation
des anthocyanols par l’eau oxygénée (Karrer et de Meuron, 19o2)
aboutit à des polydepsides plus ou moins compliqués.
Selon Freudenberg, il existerait dans les plantes d’autres substan¬
ces du type catèchol, ne différant entre elles, comme les flavones et
les anthocyanols, que par la position des OH qu’elles contiennent.
Ainsi une substance extraite de Pistacia Lcntiscus donne par fusion
alcaline de l’acide gallique et du phloroglucinol, et serait le catèchol
correspondant à la myricétine et à la delphinidine. De même une
substance extraite de l’écorce de Quebracho, qui donne par fusion alca¬
line du résorcinol et de l’acide protocatéchique, serait le catèchol cor¬
respondant à la fisétine.
L’analogie de constitution n’implique cependant pas que, dans la
plante, les catéchols dérivent des flavones ou des anthocyannes, ou
inversement. Bien que ces transformations soient possibles, aucune
preuve certaine de leur existence n’a encore été apportée (voir p. 118).
Le noyau benzopyronique spécifique des flavones se retrouve peut-
être aussi comme constituant fondamental des lignines, dont le rôle
dans la plante est si grand. Ressel (1947) serait parvenu à obtenir
par synthèse un polymère de la 8-méthoxydihydrobenzopyrone, qui
possède des propriétés physiques et chimiques semblables à celles de
la lignine. Selon cet auteur, la lignine des angiospermes possède pro¬
bablement une structure de ce type, avec le noyau de l’éther 1-3 dimé-
thylique du pyrogallol rattaché au précédent. II propose le modèle
suivant :
OCH3O CO OCH3O
Nous serons très brefs sur les autres pigments dans lesquels on
retrouve le noyau benzopyproniquè, parce que leur constitution s’éloi¬
gne notablement de celle des flavones et que leurs relations avec ces
dernières sont plus lointaines. Citons seulement les pigments xantho-
niques, dérivés de la xanthone
O
dans laquelle il existe un noyau benzopyronique, mais avec le deuxiè¬
me noyau benzénique accolé aux carbones 2 et 3 du noyau pyrone.
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 115
Le cycle xanthonique se trouve dans certaines substances natu¬
relles comme l’euxanthone
du jaune indien, existant sous forme de conjugué glycuronique dans
l’urine des vaches nourries de feuilles de Manguier, et la gentisine
ho /N s/
de la racine de gentiane.
Le noyau du chromanne se retrouve aussi dans les matières colo¬
rantes des bois colorants (bois du Brésil, bois de Campêche, etc...).
Ainsi la brésiline et l’hématoxyline des bois rouges et bleus (bois de
Campêche, Hœmatoxylon Campechianum) résulte de la condensation
d’un hydroxvchromanne et d’un noyau indane :
OH O
ho^’V'N
i d)H
Brésiline
Cette formule montre l’analogie structurelle avec les flavonols.
La coloration des végétaux est donc, pour sa part la plus impor¬
tante, sous la dépendance d’un groupe de substances étroitement ap¬
parentées du point de vue chimique. Il reste à établir que de telle!;
relations unissent ces mêmes pigments in vivo, et que la biosynthèse
dans la plante se base sur des analogies comparables. Nous verrons
dans un autre chapitre que ceci est loin d’être démontré.
Appel (H.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1935, 426.
Bargellini (G.). — Congresso naz. Chim. pura e applicata, Atti 3, 134-49
(1930).
Freudenberg (K.), Fikentscher (H.), Haroer (M.) et Schmidt (O.). — Ann.,
444, 135-145 (1925).
Source : MNHN, Paris
116
CH. SANN1É ET H. SAUVAIN.
Freudenberg (K.), Karimullaii et Steinbrunn (G.). - Ann., 518, 47-49
(1935).
Geissman (T. A.) et Heatox (C. O.). — J. Am. Chem. Soc., 66 , 4 8 6 (1944).
Geissman (T. A.) et Fukushima (D. K. J.). — J. Am. Chem. Suc., 70, 1686
(1948).
Guillermond (A.). — C. fl. Soc. Biol., 112, 648 (1933).
Kaerstens (W. K. H.). — Rec. Trav. Botan. Néerland., 36, 85-179 (1939).
Karrer (P.) et de Meuron (G.). — llelv. Chim. Acta, 15, 507-12 et 1212-17
(1932).
Lal (J. B.) et Dutt (S.). — J. Indian Chem. Soc., 12, 262-7 (1935).
Lavollay (J.) et Vignau (M.). — C. fl. Acad. Sci., 217, 86-88 (1943).
Price (J. R.). — J. Chem. Soc., 1017-8 (1939).
Rao (P. S.) et Seshajdri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 14, 29 (1941).
Reichel (L.) et Burkart (W.). — Ann., 536, 164 (1938).
Russel (A.). — Science, 106, 372 (1947).
Simonis (H.). - Die Cumarine. Stuttgart (1916).
Weill (P.) et Duckert (R.). - - Traité de Chimie Organique, XI, 933, Masson,
édit., Paris (1945).
Source : MNHN, Paris
I.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS
117
FORMATION DES PIGMENTS BENZOPYRANIQUES
DANS LES PLANTES.
La genèse des pigments benzopyruniques dans les végétaux peut
être envisagée de trois points de vue notablement différents. On peut
tout d’abord rechercher à partir de quels constituants végétaux et
par quels mécanismes chimiques se forment les noyaux caractéristi¬
ques de ces pigments, et ces pigments eux-mêmes. On peut ensuite
préciser le rôle des divers facteurs physiologiques internes, c’est-à-dire
propres à la plante, dans la genèse et l’apparition des couleurs. On peut
enfin rechercher quelle est l’influence, sur ces couleurs, des facteurs
biologiques externes, tels que la température, l’insolation, etc... Nous
nous proposons, dans ce chapitre, d’étudier successivement chacun de
ces aspects particuliers du problème général de la formation des an-
thocyannes et des flavones.
A. — Biogenèse.
Connaissant la constitution des pigments flavoniques et antho-
cyaniques et les rapports qu’ils présentent entre eux et avec d’autres
composés voisins, on ne s’étonnera pas que de nombreuses théories
aient été proposées pour expliquer leur processus de formation. Id sem¬
blait assez logique en effet de penser que ces produits se formaient
à partir de produits voisins préexistants ou coexistants dans la plante,
sous l’influence de réductions, d’oxydations ou d’autres réactions bio¬
chimiques.
Formation à partir des tanins.
C’est une des premières hypothèses qui ait été émise ; elle est
basée sur l’existence, dans le suc cellulaire de nombreux végétaux,
de substances incolores (chromogènes) qui rougissent par oxydation,
et sur les analogies chimiques qui ont été établies entre les tanins caté-
chiques d’une part, et le noyau des anthocyanols et des flavones d’au¬
tre part.
Gautier (1892), Ovkrton (1899), Mirande (1907), Laborde (1908)
et bien d’autres se rangèrent à cette opinion ; on trouvera d’ailleurs
dans le livre d’ONSLOw une bibliographie complète de cette question,
du point de vue historique. Certaines observations histophysiologiques
paraissent en faveur de- cette hypothèse ; ainsi Goris (1914) a remar¬
qué que les cellules des feuilles qui rougissaient étaient celles qui don¬
naient les réactions du tanin. Guillermond (1933) a signalé dans diver-
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIS.
118
ses cellules des granulés formés d’un complexe anthocyanne-tanin et
Politis (1948) a décrit des corpuscules spéciaux, les tanninoplastes,
qui produisaient des anthocyanosides.
Un certain nombre de faits chimiques appuient aussi cette hypo¬
thèse.
Au laboratoire, Freudexberg (1925) avait réussi à réduire le
chlorure de cyanidine en dl épicatéchol par hydrogénation cataly¬
tique. Appel et Robinson (1935) réalisent la réaction inverse, en fai¬
sant agir du brome en solution dans le dioxane sur le tétramethyléther
de la bromocyanidine ; on obtient le chlorure de cyanidine après démé¬
thylation. Robinson se demanda alors si l’oxydation des catéchols en
dérivés anthocyaniques ne serait pas réellement un processus naturel
de formation. Mais, dit-il, les preuves de l'oxydation du catéchol lui-
même en cyanidine dans la nature ne sont pas suffisantes.
Lavollay et Vignai: (1943) parvinrent à oxyder directement le
catéchol en cvanidol, sans protéger les oxhvdryles phénoliques, en
employant divers agents d’oxydation ; per exemple le persulfate de
potassium, et en opérant dans l’acide sulfurique concentré.
Mais les résultats obtenus au laboratoire ne suffisent pas pour
faire admettre une évolution semblable dans la -plante. Aussi Karstens
(1939), qui a étudié sur le sarrasin rouge la possibilité de formation
de substances anthocyaniques à partir des tanins, conclut-il qu’il n’v a
aucune relation entre ces substances.
Formation à partir des pigments ilavoniques.
A) Par oxydation.
Palladin» en 1908, émit l’hypothèse que les pigments se formaient
dans les plantes à partir de « chromogènes » de nature glucosidique
qui seraient transformés par l’oxygène de l’air, grâce à une oxydase,
en substances colorées auxquelles cet auteur attribuait un rôle respi¬
ratoire ; le chromogène n’existerait pas à l’état libre, mais à l’état de
prochromogène qui, par hydrolyse, donnerait le chromogène. Les déri¬
vés flavoniques, si répandus dans les plantes, pouvaient constituer ces
chromogènes.
La théorie de la transformation par oxydation des flavones en
anthocyanols a été soutenue par de nombreux auteurs (Wheldale-
Onslow, (1911), Keeble et coll. (1912-1913), Koslowski (1936), Jones-
co (1922) etc.). Ils se sont basés surtout sur des essais physiologiques ou
des tests biochimiques, et la plupart n’ont pas identifié avec toute la
sécurité nécessaire les produits de départ et les pigments formés.
Quand on sait avec quelle facilité des substances colorées se forment
par l’oxydation de nombreux constituants végétaux, et à quelles dif¬
ficultés se heurtent la séparation et l’identification des anthocyanols
et de leurs glucosides, on comprend combien l’interprétation des -
expériences physiologiques ou biochimiques doit être réservée.
Source : MNHN, Paris
LES COI'LU LU S DES F LE U H S ET DES FRUITS.
119
H) Par réduction.
Lorsque les magnifiques recherches de Willstater el de ses col¬
laborateurs (1914-1918) eurent établi définitivement la constitution des
anthocyanols et des anthocyanosides, il devint évident que si les fla-
vones sont bien les chromogènes à partir desquels se forment les an¬
thocyanols, ceux-ci ne peuvent provenir que d’un processus de réduc¬
tion.
Combes, en 1918, avait déjà signalé l’obtention d’un anlhocyanol
par réduction d’une flavone, en acidifiant par l’acide chlorhydrique
et en ajoutant de l’amalgame de sodium. En sens inverse, en oxydant
l’anfchocyanoside d’ Ampélopsis par l’eau oxygénée, il obtenait, par
oxydation, une flavone, ce qui confirmait son hypothèse.
Cette transformation in vitro des flavones en pigments antho-
cyaniques fut confirmée par les recherches de Kkebiæ, Armstrong et
Jones (1913), qui estiment qu’une réduction doit précéder l’action des
ferments oxydants. De même, les recherches physiologiques de Chaze
(1933) dans les graines de certaines espèces de graminées telles que
YHordeum, le Triticum, l’avoine, le seigle, montrèrent que les pig¬
ments flavoniques adsorbés sur les grains d’aleurone étaient trans¬
formés en anthocyanosides pendant la germination.
Mais si la théorie de la réduction flavonique est exacte, on devrait
observer dans une plante donnée une correspondance chimique stricte
entre les flavones et les anthocyanols ; on aurait ainsi la pélargonidine
à partir du kaempferol, la cyanidine à partir d.e la quercétine et la
delphinidine devrait provenir de la myricétine. En réalité, il n’en est
pas toujours ainsi; par exemple, dans Delphinium Consolida, on a trou¬
vé de la delphinidine et du kaempférol au lieu* de la pélargonidine
attendue. Les fleurs d’Antirrhinum majus contiennent de la lutéoline
et de l’apigénine, et un glucoside de cyanidine, l’anthirrinine, qui ne
leur est pas relié. Cependant, comme Sando et ses collaborateurs l’ont
montré, (1935-1937), la correspondance exacte est assez fréquente. En
outre, dans une plante, plusieurs flavones peuvent coexister et l’une
d’elles seulement subir la réduction. Il est même tout à fait logique
de constater l’absence de la flavone correspondant à un anthocyanoside
donné, si c’est précisément cette flavone qui est transformée en antho¬
cyanoside et si la transformation est quasi complète.
Dans un mélange de flavones et de flavonols comme il s’en trouve
fréquemment dans une plante, il n’est pas étonnant que l’une n’ait
pas été isolée, si elle est en petite quantité.
Il est encore possible qu’un flavonol puisse être réduit alors que
les flavones qui l’accompagnent, comme la lutéoline et l’apigénine par
exemple, ne puissent se transformer à cause de l’absence d’oxhydryle
en 3 (Sando et coll., 1935).
Noack (1921) avait émis l’hypothèse qu’un tel processus de for¬
mation ne s’appliquerait qu’aux espèces où la pigmentation semble
conditionnée par la lumière, la réduction des flavonols se faisant, alors
Source : MNHN, Paris
120
CH. SANNIÉ KT H. SAIVAIN.
par voie photochimique. Zanom (191:8) pense que, là même où il n’y a
pas de flavonols au stade préchromatique, alors qu’au moment de la
pigmentation ils sont très abondants (comme dans Victoria rcgia étu¬
diée par Noack), on peut admettre que ceux-ci représentent toujours
un stade précurseur de la formation de l’anthocvanoside. Dans Iris
germanica, Guii.lermoni) (1981) a signalé la présence, dans les va¬
cuoles cellulaires, de flavonols dont les uns persistent dans la cellule
alors que d’autres seraient transformés successivement en anthocyano-
sides.
Etant donné l’abondance des composés flavoniques dans les plan¬
tes, une réduction ou une hydrogénation de ces derniers peut être en
rapport avec l’intensité des réactions hydrogénantes endocellulaires
(Zanoni, 1938). Si l’on tient compte du mécanisme des réactions res¬
piratoires, il se ferait une activation, sous l’action des ferments déshy-
drogénants, de l’hydrogène de certains substrats tels que les glucides,
et sous l’influence du ferment respiratoire de Warburg une activation
de l’oxygène qui devient accepteur de l’hydrogène libéré. Des substan¬
ces telles que le glutathion, les flavines, l’acide ascorbique, des dérivés
de l’orthoquinone serviraient d’intermédiaires temporaires comme ac¬
cepteurs d’hydrogène, et ils céderaient ensuite celui-ci. Les flavonols
pourraient aussi jouer un rôle dans cette chaîne de réactions, donnant
lieu à un équilibre flavonol >• anthocyanol. Zanoni a déterminé
également dans de nombreuses expériences que le « métabolisme ba¬
sal » de la plante est nettement plus intense dans les tissus pigmentés
par les anthocvanosides, et que d’autre part il est augmenté par la
lumière. Cet effet, qui peut se relier aux conceptions de Noack, ferait
osciller les concentrations des deux composants du système. Nous au¬
rons l’occasion, à la Fin de ce chapitre, de parler à nouveau de l’effet
de la lumière sur la formation du pigment.
Si l’hypothèse de la formation des anthocvanols à partir des fla-
vones est logique et basée sur des faits chimiques positifs, il faut re¬
connaître qu’aucune preuve certaine de la réalité d’un tel processus
dans la plante n’a été apportée.
Il est cependant bien établi qu’il existe dans les plantes, à côté
des substances flavoniques, et sans doute indépendamment d’elles, des
substances incolores qui peuvent facilement se transformer en antho-
cyanols ou en anthocyanosides. Ce sont les « précolorants » de Karrer
(1945), les « leuco-anthocyanosides », responsables en particulier du
rougissement des feuilles à l’automne.
Ce nom de « leuco-anthocyanosides » a été donné dès 1920 par
Rosenheim à une substance blanche, amorphe, de nature glucosidique,
soluble dans l’eau et qu’il avait extraite des jeunes feuilles de vigne.
Traitée par l’acide chlorhydrique à 20 p. 100 à chaud, elle donne une
matière colorante ayant les caractères d’un anthocyanol. Rosenheim,
comme ensuite Jonesco (1923), les considérait comme des glucosides
des pseudo-bases des anthocyanols.
Ces chromogènes existeraient dans la plante à l’état de dihydrodé-
rivés, et leur transformation en matière colorante n’est pas toujours
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
121
réalisée. Ils sont plus répandus que les pigments eux-mêmes, et on
peut les trouver dans presque toutes les parties de la plante.
Il est frappant de constater que, par ébullition de ces chromogè¬
nes, on obtient des dérivés de la cvanidine dans 84 p. 100 des cas. On
retrouve donc pour ces substances, comme pour les autres pigments
benzopyroniques, cette prédominance du squelette de l’acide protoca-
téchique avec ses deux oxhydrvles en 3’ et 4’ sur le noyau latéral ;
nous en verrons un peu plus loin tout l’intérêt.
Par contre, comme pour les flavones, on ne retrouve pas toujours
une correspondance absolue entre les anthocvanosides ou les antho-
cyanols d’une plante et les pigments qui peuvent être formés à partir
des chromogènes existant dans cette plante.
D’après G. M. et R. Robinson (1933), le terme de leucoanthocyano-
sides proposé par Rosenheim, impliquant la réduction d’une matière
colorante, n’est pas exact, car le leuco-nnthocyanosidc et l’anthocyano-
side seraient au même stade d’oxydation. D’autre part, leur degré de
stabilité envers l’action des acides minéraux éliminerait l’hypothèse
de Rosenheim, d’après laquelle ces substances seraient les glucosides
des pseudo-bases des anthocyanols.
Pour éviter ces difficultés, G. et R. Robinson proposent les for¬
mules suivantes pour les leuco-anthocyanosides :
OH OH
HO^ X ,/ CO-^ ^OH
OH |
CHOH (II)
Le groupe —CHOH —CHOH— est en position 3-4 dans le cycle
pyranique. Le générateur du chlorure de cyanidine est alors représen¬
té par la formule (I), forme tautomère en cycle fermé de la forme (II).
Il faut donc, pour que se fasse la conversion en anthocyanol, une
déshydratation (perte de l’oxhydryle en 4 et de l’H en 3). Comme
l’oxhydryle en 4 est en position |5 par rapport à un groupe carbonyle,
ce processus s’effectue certainement dans la direction qui aboutit à la
formation d’un sel de flavylium plutôt qu’à celle d’une flavone. Les
groupes oxhydryles des leuco-anthocyanosides peuvent porter des rési¬
dus glucidiques ou être acylés. Certains leuco-anthocyanosides ne sont
pas complètement solubles dans l’eau ; on les obtient sous forme col¬
loïdale et, après floculation, ils deviennent insolubles. Il est probable
que, dans ces cas, la molécule précurseur de l’anthocyanol est liée
à un polysaccharide, (par exemple dans Eucalyptus marginata).
G. M. et R. Robinson (1935), qui les ont particulièrement étudiés,
distinguent dans une première catégorie ceux qui sont insolubles dans
l’eau et dans les solvants organiques usuels ou donnent des solutions
colloïdales ; dans la deuxième catégorie, ceux qui sont solubles dans
O OH
ho^Y N—Ç3°h
yU ch °"
OH |
CHOH (I)
Source : MNHN, Paris
122
H. SAl'VAIN.
CH. SANN1É ET
l'eau et ne sont pas extraits de leur solution aqueuse par l’acétate
d’éthvle ; enfin ceux qui peuvent être extraits de leurs solutions aqueu¬
ses par l’acétate d’éthyle.
Ceux de la deuxième catégorie seraient des glucosides ou des di-
glucosides relativement simples, tandis que ceux de la 3 e catégorie
ne posséderaient pas de groupes sucrés et devraient être considérés
comme des lcuco-anthocyanols.
La méthode la meilleure pour l'isolement des leucoanthocvanosi-
des est le traitement du matériel végétal par l’alcool chlorhydrique à
5 p. 100 à l’ébullition. Mais l’isolement de ces substances est très diffi¬
cile, et leur constitution chimique mal connue. Bien souvent il est pos¬
sible d’identifier l’anthocyanol ou l’anthocvanoside qui en dérive, sans
isoler le chromogène lui-même ; c'est ainsi que Mrs G. M. Robinson
(1937) a pu isoler de la gomme de Butea frondosa du chlorure de cyani-
dine, provenant du dérivé Ieuco, mais sans avoir réussi à isoler ce
dernier. Il a fallu, dans ce cas, un « tour de main » consistant à trai¬
ter la gomme à l’air par une solution aqueuse bouillante d’acide picri-
que ; l’ébullition à l’air, ou une oxydation préalable, est indispensable
pooir que l’anthocyanol se forme.
Les seuls leuco-anthocyanols qui aient été isolés avec des critères
suffisants de pureté paraissent être le peltogynol de Peltogyne porphy-
rocardia (G. M. et R. Robinson, 1935) et la cyanomaclurine d’Arto-
carpus integrifolia (Appel et Robinson, 1935). Le cœur des bois de
Peltogyne et Copaiflora, brun clair quand il vient d’être coupé, prend
à l’air et à la lumière une couleur rouge pourpre très particulière. G.
M. et R. Robinson isolèrent, par extraction des macérations aqueuses
par l’acétate d’éthvle, une substance cristalline C tB H u O G , dextrogyre,
qu’ils nommèrent peltogynol. Ils montrèrent que ce corps était formé
par l’union d’un noyau résorcinol et d’un noyau catéchol 4-5 disubsti-
tué, un des substituants étant un CH» OH ou un CHO.
Le peltogynol présente beaucoup d’analogies avec la fisétinidine ;
étant donné les réactions communes aux deux produits, G. M. et R.
Robinson (1935) proposent pour le peltogynol la formule I,
0 H
HO^' s /\ / - #
ii U 0 M « v r-
_I
CIL O CH»
^OR
qui est celle d’un dihydroanthocyanol, dans lequel l’état d’oxydation
est stabilisé par le groupe céto acétalisé en 3. Cette formule, et l’idée
que la formation des anthocyanols à partir de ces corps se ferait par
une oxydation, sont proposées par Robinson comme hypothèses de tra¬
vail. Il suggère aussi que l’un des groupes OH d’une chaîne glucidique
soit lié au groupe carbonyle en 3 dans le noyau pyranique, par une
structure sémi-acétalique.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS UES FLEURS ET UES FRUITS.
123
La formule proposée par Appel et Robinson pour la cyanomaclu-
rine est du même type, avec un carbonvle énolisé en 3.
0 H
, || ! OH
Le simple chauffage à 95° en présence d’une solution de carbo¬
nate de soude la transforme en morinidine que l’on peut isoler comme
chlorure.
II faut faire observer que les formules ci-dessus préconisées par
les Robinson apparaissent nettement différentes de celles qu’ils avaient
proposées en 1933. En particulier, la formule dihj'droanthocyanof est
incompatible avec l’hypothèse d’après laquelle les anthocyanosides et
les leuco-anthocyanosides seraient au même stade d’oxydation. Du
reste les Robinson précisent bien en 1935 qu’une oxydation est néces¬
saire pour transformer le leuco-anthocyanol en anthocyanol.
Les faits que nous venons de passer en revue montrent tout l’inté¬
rêt qu’il y a à établir un inventaire systématique des plantes, d’après
les pigments et les chromogènes qu’elles renferment. C’est ce qu’ont
fait R. et G. M. Robinson en 1935, puis Baxcroft et Rutzler en 1938
et Rutzler en 1939, d’un point de vue nettement différent.
Ces auteurs, dans leurs mémoires de 1938 et 1939, étudiant en par¬
ticulier le rougissement automnal des plantes, ont recherché la répar¬
tition des « chromogènes » possibles pour les pigments anthocyaniques.
Ils pensent que, contrairement aux idées de R. et G. Robinson, la ré¬
duction des flavones intervient en même temps que la transformation
des leuco-anthocyanosides, et que suivant les cas l’un ou l’autre mé¬
canisme prédomine, ou au contraire qu’ils interviennent tous deux
simultanément.
Ainsi certaines plantes qui rougissent en automne contiennent
des flavones et pas de leuco-anthocyanosides. D’autres au contraire
n’ont pas de flavones, mais seulement des leuco-anthocyanosides. La
vigne vierge japonaise ( Ampélopsis ) par exemple contiendrait les deux
substances simultanément.
Bancroft et Rutzler, pendant le rougissement des feuilles à
l’automne, ont analysé les feuilles vertes avant l’apparition du rouge,
afin de savoir de quelle substance provenait l’anthocyanoside.
Ayant étudié 84 espèces de plantes appartenant à 50 genres dif¬
férents, Rutzler arriva à la conclusion suivante : 84 p. 100 des plantes
contenaient des flavones ou des leuco-anthocyanosides. Dans 38 p.
100 de ces plantes, les flavones étaient seules présentes ; dans 14 p.
100, on trouvait des leuco-anthocyanosides seulement. Enfin, les deux
substances coexistaient dans 48 p. 100 des cas. La distribution bota¬
nique des précurseurs est irrégulière ; en effet, alors que dans le
Source : MNHN, Paris
124
CH. SANNIÉ HT H. SAUVA1N.
genre Evonijmits toutes les espèces contenaient un leuco-anthocyano-
side, au contraire dans le genre Forsythia six espèces seulement pos¬
sédaient des flavones. D’après ces expériences, on voit que dans la
moitié des cas environ où coexistent les deux précurseurs possibles,
on ne peut affirmer lequel donne naissance au pigment.
A la suite des publications de Baxorokt et Rutzler, R. et (1.
Robinson, en 1939, ont précisé leur position dans le problème des pré¬
curseurs des pigments anthocyaniques. Tout d’abord, les travaux de
Willstate» et d’EvEREST sur la réduction des flavones se limitent à
des expériences de laboratoire et n’ont aucunement la prétention de
donner une réponse à la question de la biogénèse du pigment dans la
plante. D’autre part, R. et G. Robinson n’ont jamais affirmé que les
anthocyanosides courants dérivent toujours des Icuco-anthocyanosides.
Leurs recherches ont montré qu’il existait une classe de produits natu¬
rels, assez difficiles à transformer en anthocyanols, très répandus dans
la nature et que l’on pouvait transformer en anthocyanols ou en antho¬
cyanosides au laboratoire. Aucun véritable leuco-anthocyanoside n’a
été isolé jusqu’à présent ; on sait seulement «pie la cyanoinaclurine et
le peltogynol sont des substances de ce type. L’état d’oxydation de ces
substances ne peut être précisé tant que l’on ne les aura pas isolées et
purifiées. Si Robinson a émis l’hypothèse que le leuco-anthocyanoside
est au même stade d’oxydation que la cyanidine qu’il produit, cepen¬
dant il y aurait des leuco-anthocyanosides à un stade d’oxydation infé¬
rieur, et c’est alors que la théorie de l’oxydation pourrait s’appliquer
dans la biogénèse de la plante.
Il ne faut pas opposer ce processus d’oxydation, démontré in
vitro, à la théorie de la réduction des flavonols. D’ailleurs, la formation
du pigment à partir des leuco-anthoCvanosides ne se produirait
qu’occasionnellement, et non pas comme un « mécanisme standard ».
Elle représenterait plutôt un système auxiliaire de formation qui agi¬
rait particulèrement dans le rougissement des feuilles à l’automne ou
lorsque la pigmentation est consécutive à une blessure ou à un trau¬
matisme. La réduction des flavonols ne doit pas être exclue dans cer¬
tains cas spéciaux, mais elle ne correspond sans doute qu’à un proces¬
sus exceptionnel. Du reste il ne faut pas confondre tous les chromo¬
gènes incolores trouvés dans les plantes avec les leuco-anthocyano¬
sides.
Cette mise au point de G. et R. Robinson montre que ce problème
est loin d’avoir reçu une solution définitive.
Formation à partir de petites molécules.
On peut du reste l’envisager d’un tout autre point de vue, comme
l’avait fait Robinson dès 1921. Cet auteur (1936), constatant que tous
les pigments à structure benzopyronique avaient un squelette fonda¬
mental à 15 atomes de carbone, supposa qu’ils dérivaient d’une structu¬
re de base avant la forme C«—C :1 —C,,. Ce système peut être construit à
Source : MNHN, Paris
I.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
125
partir de deux molécules d’hexoses et d’une molécule de triose, par
condensations aldoliques avec formation de produits intermédiaires
hypothétiques. On peut admettre un intermédiaire hypothétique I :
%/\/'
HO CH
|CHO— { B ^OH
chou
_OMe
H—if ^OII
On trouve les trois atomes de carbone centraux dans différents
produits naturels à presque tous les stades d’oxydation. L’oxydation
de —CHOH en CO, une déshydratation entre 2 et 3 et la fermeture du
cycle aboutiraient aux dérivés de la cyanidine :
_OH
^Oll
OH
m< ^011
^ ^\0H
OH
on passerait de même facilement à la lutéoline et à la quercétine. Le
processus photosynthétique serait donc une condensation de C c (B)
avec C 3 (II), suivie d’une condensation de C 6 (B)—C 3 avec Ce (A).
Il est intéressant de remarquer que la disposition des groupes phé¬
noliques dans tous les types C (i —C 3 est la même que dans le noyau B
des anthocyanols, des flavonols et des catéchols, et correspond à une
structure moléculaire bien définie.
Etant donné ce mécanisme, il pourrait se former simultanément
dans la plante des anthocyanosides, des flavones ou des chromogènes
du type des leuco-anthocyanosides. En fait, ces substances coexistent
le plus souvent, comme l’ont établi Bancroft et Rutzler et les recher¬
ches génétiques de Lawrence et Scott-Moncrieff (1935). Selon ces
derniers auteurs; anthocyanosides et flavones sont produits simulta¬
nément dans la plante, à partir de deux substances. L’une, en quantité
limitée, constitue un élément structural de tous les pigments. La pro¬
duction de l’autre, en quantité et en qualité, dépend de l’influence et
de l’interaction de divers facteurs. Le facteur limité en quantité serait
C 6 (A) à un des stades de son développement ; C 6 (B)—C 3 correspondrait
à l’élément variable.
Bien que les voies suivies par le processus de formation des fla¬
vones et par celui des anthocyanosides soient partiellement indépen¬
dantes, l’hypothèse ci-dessus implique une même probabilité pour
l’orientation des groupes phénoliques dans les noyaux aromatiques
des deux classes de pigments, ainsi que dans les substances voisines
telles que les catéchols. En effet, chez les uns et les autres, les groupes
Source : MNHN, Paris
128
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
hydroxyles sont au maximum de trois sur le noyau latéral, et placés le
plus généralement en 3’, 4’ et 5’.
La disposition la plus fréquente est celle dérivée du phlorogluci-
nol pour le noyau A, du catéchol pour le noyau B.
Effectivement, c’est ce type de dérivés oxydés (OH en 3, 7, 5, 3’ et
4’) qui se retrouve le plus souvent dans les plantes ; les autres en déri¬
veraient par oxydations ou réductions.
Cette hypothèse de Robinson (1936) n’a, pas plus que les autres,
reçue de confirmation expérimentale. On peut penser du reste que
l’emploi des isotopes lourds ou radioactifs pourra permettre d’aborder
ce problème sous un angle nouveau, et susceptible (l’apporter à l’un
ou l’autre des modes de biogénèse des pigments dans la plante une
confirmation expérimentale qui fait encore totalement défaut.
En terminant cet exposé général, il faut signaler l’idée émise par
Reichel et Schickle (1942), d’après laquelle les anthocyanosides pour¬
raient se former dans les plantes comme on les réalise au laboratoire,
par union des glucosides des orthohydroxyacétophénones avec ceux
des p.hydroxybenzaldéhydes ; il est en effet connu que les dérivés de
ce type sont fréquents dans les plantes. Mais, ici encore, il n’existe
aucune confirmation expérimentale.
Rôle des actions iermentaires.
Quels que soient les produits intermédiaires à partir desquels se
fait la biogénèse, il est bien évident que celle-ci ne peut s’accomplir
que grâce à des mécanismes fermentaires.
Il y a déjà fort longtemps que l’on a tenté de relier la présence
d’oxydases dans les plantes avec l’apparition des pigments (Wheldale,
1911).
Karstens (1939) signala également dans Fagopyrum esculentum
la présence de ferments oxydants intervenant dans la formation du
pigment ; il avait remarqué que l’acide cyanhydrique et l’hydrogène
sulfuré agissaient particulièrement sur ces pigments. BancrofT et
Rutzler (1938) pensent que la réduction des flavones dans la plante
dépend aussi d’une action fermentaire. Il est possibla’que ces enzymes
agissent en même temps que les rayons ultra-violets pour accomplir
la réduction in vivo. Ces auteurs estiment que si l’on pouvait faire
pénétrer ces enzymes dans une partie de la plante, après les avoir
concentrés, on en provoquerait le rougissement immédiat. Il est inté¬
ressant de noter qu’EDMONSON et Thimann (1950), dans un travail sur
la biogénèse des anthocyanosides, arrivent à la conclusion qu’un en¬
zyme contenant du cuivre participe à la formation de ces pigments.
De même, le passage des leuco-anthocyanosides aux anthocyanols,
puis aux anthocyanosides, se ferait par des actions fermentaires,
hydrolyse accompagnée parfois d’une oxydation ; il ne s’agit bien
entendu que d’une hypothèse. En réalité, nous ne connaissons rien de
Source : MNHN, Paris
(.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
127
certain sur les mécanismes fermentaires qui président à la pigmento-
génèse des plantes.
Rôle des facteurs métaboliques dans la formation des pigments.
La formation des pigments est-elle liée au métabolisme de cer¬
taines substances, telles que les glucides, les glucosides, les dérivés
azotés du métabolisme protéique, les acides organiques, etc ?...
Action des glucides.
De nombreux auteurs ont soutenu que la formation du pigment
dépendait de l’accumulation des sucres dans le végétal. Dès 1899,
Overton, et en 1905 Katic, cultivèrent certaines plantes en milieu
artificiel sucré ; les expériences faites sur de nombreuses Monocotylé-
dones et Dicotylédones donnèrent des résultats positifs.
Combes, en 1910, établit une relation quantitative entre la teneur
en glucides et la formation des pigments. La formation des anthocya-
nosides, de nature glucosidique, est corrélative d’une augmentation des
glucosides totaux ; les organes rouges renferment plus de sucres et de
glucosides. La production du pigment s’accompagne d’une accumula¬
tion, dans les organes pigmentés, de composés glucidiques solubles.
Les mêmes constatations ont été faites sur les fleurs de Cobaea scan-
dens (Rose, 1914; Jonesco, 1921). Les sucres, très abondants lorsque la
fleur commence à peine à se pigmenter, diminuent dans l’organe bien
coloré. C’est donc, pour ces auteurs, aux dépens des sucres et non des
glucosides préexistants que se forme le pigment. Michel Durand
(d’après Jonesco) trouva des résultats analogues en étudiant les
feuilles d 'Ampélopsis.
Plus récemment, Kosaka (1931) étudiant Abutilon Auicennae relie
aussi la formation du pigment à la présence des sucres. Molisch,
Roberts confirment ces conclusions (1937).
Enfin, Edmondson et Thimann en 1947, ont recherché l’influence
de divers facteurs physiologiques sur la concentration du pigment de
Spirodela oligorrhiza (Lemnacées), qui est un diglucoside de cyani-
dine, en particulier l’action de divers constituants du milieu de cul¬
ture ; saccharose, fructose, etc... Leur conclusion est que le pigment
provient de- l’accumulation des glucides. Le saccharose agit à la fois
sur la concentration du pigment et sur la vitesse de croissance de la
plante, le fructose a moins d’action, le glucose encore moins.
Notons que Lippmaa (1924), cultivant certaines plantes sur milieux
artificiels sucrés, constata une nette augmentation des anthocyanosides
et des caroténoïdes. En même temps, les chloroplastes étaient trans¬
formés en chromoplastes, ce qui modifiait la couleur des feuilles. Cet
auteur ne pense pas qu’il existe un rapport direct entre la formation du
pigment et le métabolisme des sucres, mais il attribue à ce dernier un
Source : MNHN, Paris
128
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
rôle indirect comme facteur de « précipitation » dans cette formation.
Cependant, Kukt Noack (1921) n’admit pas le rôle attribué aux
sucres par ces auteurs. Gleisbehg (1922) n’obtint pas non plus de
résultat positif par des cultures en milieu sucré, utilisant le saccharose
comme élément nutritif.
Enfin, bien que Frey-Wissling et Blank (1943) aient observé que
les pousses du chou-rouge, plus riches en sucre, forment davantage
d’anthocyanosides, ils n’admettent pas cependant l’existence d’une
relation quantitative et régulière entre les glucides et le taux d’antho¬
cyanosides.
Action des substances azotées.
Wheldale en 1931, puis Frey-Wissling en 1938 ont avancé que
les pigments se forment à partir des produits désaminés et décarboxy-
lés des acides aminés, ceux-ci provenant de la dégradation des pro¬
tides. La migration d’azote plus élevée que la normale s’accompagne
d’une diminution ou d’une augmentation des sucres. Ces modifications
provoquent un «désaccord physiologique» (N ou C) favorable à la
formation des anthocyanosides. Nous verrons plus loin en étudiant
l’effet des conditions externes sur la formation du pigment que Ban-
croft (1947) a émis ,1’hypothèse que tout changement tendant à
« déstabiliser » la plante accroît la production du pigment.
Les acides aminés décarboxylés et désaminés pourraient donner
naissance à des produits secondaires incolores, qui sont ensuite trans¬
formés par oxydation. Ainsi toute cause de modification telle qu’ap-
port artificiel de sucre dans une atmosphère débarrassée de C0 2 ,
manque de P et N dans la terre, manque d’eau, arrêt de la nutrition
par strangulation ou brisure de jeunes pousses ou par blessures, for¬
mation de galles par les insectes, etc... augmente les chances de for¬
mation du pigment.
Schulz (1935) avait constaté une augmentation des anthocyano¬
sides dans les grains d’orge en fermentation ayant une teneur en pro¬
téine plus élevée. Le pigment se forme dans les tissus transportant la
chlorophylle quand l’assimilation atteint son maximum.
Rutzler a lui aussi (1941) recherché s’il existait une relation
entre le développement des anthocyanosides dans les plantes et l’azote
du sol. Les fleurs de la violette africaine, du Géranium et du « Wonde-
ring Jew», ainsi que le feuillage de cette dernière plante et de plu¬
sieurs autres du genre Coleus, et les racines de plants de radis, pro¬
duisaient plus d’anthocyanosides dans un sol fertilisé par le nitrate
d’ammonium, et davantage avec de fortes doses d’engrais azoté. Au
contraire les feuilles et les pétioles de Bégonia metallica et de la vio¬
lette africaine en produisaient davantage dans un sol non fertilisé ;
il en conclut que dans les parties de la plante dans lesquelles l’azote
disponible augmente la quantité de chlorophylle, la teneur en antho¬
cyanosides est diminuée ou n’est pas modifiée. Mais dans les parties
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS
DES FRUITS.
ias»
de la plante où le taux de chlorophylle ne change pas notablement
après addition de nitrate d'ammonium, la quantité de pigment est
augmentée par l’engrais azoté.
En opposition avec ces théories viennent les expériences de Gleis-
herg (ÎS22) qui trouve une diminution du pigment anthocyanique
quand on accroît les éléments nutritifs azotés, et celles de Heller
( 1948), d’après lequel le remplacement, dans le milieu nutritif, des
nitrates de calcium et de potassium par les chlorures correspondants
faisait virer au rouge, par formation d’anthocyanosides, les tissus de
la vigne vierge avant qu’ils ne meurent.
Il est possible que le rapport entre anthocyanosides et métabo¬
lisme azoté n’ait qu’une importance secondaire, ce dernier n’étant
qu’un des aspects du métabolisme général.
L'iniluence des facteurs externes sur la pigmentogénèse.
Les conditions externes (lumière, température, insolation, etc...)
ont-elles une influence sur la formation des pigments anthocyaniques ?
De toutes les expériences, si nombreuses, faites pour répondre à
cette question nous ne retiendrons ici que les principales.
La lumière exerce certainement une influence importante sur la
formation du pigment, mais il est difficile de préciser si cet effet est
direct ou bien s’il s’agit d’une action sur la photosynthèse, qui inter¬
vient indirectement en modifiant l’accumulation de certaines sub¬
stances nutritives ou en favorisant la formation des chromogènes.
D’une manière générale, la lumière semble favoriser l’apparition
du pigment, mais l’absence de lumière n’est pas un obstacle absolu à
la coloration. Dès 1863, Sachs avait étudié la pigmentation des plantes
à l’obscurité et les avait divisées en deux classes : celles qui se colorent
normalement à l’obscurité sans exposition préalable à la lumière
(Tulipe, Iris, Jacinthe, Crocus) et celles qui ne sont pigmentées que
si leurs boutons ont été exposés à la lumière avant leur épanouisse¬
ment ( Brassica, Papaver, Cucurbita). Les expériences d’OvERTON et de
Katic sur cultures en milieu sucré confirmèrent cette différence de
comportement. Le premier prétendit même que la lumière était indis¬
pensable au développement du pigment, mais le second prouva que
cette formation se faisait aussi bien à l'obscurité. Le phénomène n’était
donc pas identique pour toutes les plantes. Les fruits également se
coloreraient en l’absence de lumière (Askenasy (1876), Laurent (1890),
Müller Thurgau (1882). Les fruits de Crataegus, de Rosa\, de Sam-
bucus, les raisins bleus en sont un exemple.
Le plus souvent cependant, la lumière semble avoir un rôle favo¬
rable. C’est l’avis, de Kosaka (1931) qui étudia Chrysantbemum et
Abutilon et de Keener (1924) (sur Diervilla Lonicera). La coloration
des feuilles à l’automne fut également envisagée à ce point de vue.
Abbott, dès 1909, avait observé que des feuilles de hêtre rouge qui
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 9
Source. : MNHN, Paris
130
CH. SANNlfi ET H. SAUVAIN.
sont généralement.rouges au printemps, demeuraient vertes si on les
enfermait dans des sacs à l’abri de la lumière. Dès qu’on les exposait
au soleil, elles rougissaient. Gertz (1906) avait obtenu des résultats
semblables.
Cependant la lumière n’est pas indispensable dans tous les cas à
la coloration, tout au moins en ce qui concerne les fruits (Allen, 1927).
Si les prunes se pigmentent davantage lorsqu’augmente la quantité de
lumière, cependant le pigiflent se forme aussi à l’abri de la lumière
solaire. D’accord sur ce point avec les expériences de Findley et
Rogers (d’après Bancroft, 1947), Allen (1927) admet que les pom¬
mes, les poires et les pêches ont besoin pour rougir de la lumière
solaire, mais que les raisins bleus peuvent s’en passer. Il ne semble
pas non plus qu’on puisse établir une relation entre la couleur du
jus et celle de la peau du fruit. Le jus des grenades est toujours rouge.
Les origines du pigment sont sans doute dans ce cas tout à fait diffé¬
rentes (flavone pour la peau, Ieuco-anthocvanoside pour le jus) (Ban¬
croft, 1947).
Nati're de la lumière. - - Domaine spectral.
La partie du spectre la plus favorable à la coloration se trouve
entre 3600 Â et 4500 Â, région d’absorption maxima pour les flavonols,
ce qui suggère à Pear.ce et Streeter (1931) l’idée que l’énergie lumi¬
neuse agit sur le flavonol pour le transformer en anthocyanoside.
Mirande (1922) avait déjà noté, en observant le développement du
pigment dans les écailles du bulbe de Lilium candidum, que la partie
du spectre la plus active était dans le bleu et l’indigo.
Schulz (1935) a soutenu que la formation du pigment dans les
couches d’aleurone des Graminées était due à l’effet des radiations
ultra-violettes. Arthur (1936), employant un arc à vapeur de mer¬
cure, étudia la coloration des pommes et constata que celle-ci ne se
produisait que dans les cellules de l’épiderme. Braun en 1939 obtint
la formation d’anthocyanosides sous irradiation par les ultra-violets,
mais il l’expliquait comme provenant d’un traumatisme ainsi causé à
la plante. Récemment, d’autres auteurs : Bunning (1939), Biebl (1943),
ont observé un accroissement de la pigmentation sous l’influence des
U.V. ; ils attribuent aux pigments un rôle de protection contre ces
rayons.
L’action des rayons X a été aussi envisagée et certains résultats
ont été obtenus par Johnson (1939), Moore et Haskins (1935), etc...
Enfin, Semmens (1931) a transformé les anthocyanosides en antho-
cyanols en employant la lumière polarisée sur les graines en germi¬
nation de Tropaeolum, de Géranium et d’autres plantes.
Il est certain que l’on relève des contradictions entre toutes ces
expériences, selon la plante envisagée. Le fait que Mousch (1926) ait
constaté la formation d’anthocyanosides en l’absence de lumière et
plus particulièrement au point végétatif de la racine dans plusieurs
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
131
cas, les observations de Frey-Wissling et Blank (1943; sur la pig-
jnentation des pousses de chou-rouge se produisant indifféremment à
la lumière et à l’obscurité s’opposent aux conclusions de Karstens
(1939) qui impliquent une réaction photochimique à l’origine de la
chaîne des réactions déterminant l’apparition des anthocyanosides, et
à celles de Kuilman (T930), attribuant aussi un rôle essentiel à cette
réaction photochimique.
Intensité et durée de l’illumination.
11 faut également tenir compte de l’intensité et de la durée de
l’exposition à la lumière. Comme l’avait observé Linsbauer dès 1908,
sur les pousses de Fagopyrum esculentum, plante qu’a utilisée
Karstens pour ses expériences, la production du pigment se ferait
sous l’influence du stimulus lumineux et varierait avec les différentes
intensités lumineuses et selon la durée de l’illumination. On a d’ail¬
leurs remarqué qu’une illumination de longue durée, telle qu’elle se
produit dans les régions polaires, favorise la pigmentation des fleurs
et des fruits. Pour Floren (1941), la quantité de lumière totale reçue
par la plante aurait plus d’importance que l’intensité ; pour Thimann
et EdmOndson (1949) au contraire, la lumière est essentielle pour la
formation continue du pigment, et celle-ci varie directement avec son
intensité.
Si l’on admet les hypothèses de Bancroft et Rutzler (1938) sur
l’origine mixte des pigments anthocyaniques à partir des leuco-
anthocyanosides et des flavones, on peut supposer que la photosensi¬
bilité d’une flavone est en jeu lorsque le pigment se développe rapi¬
dement sous l’action de la lumière, alors que l’hydrolyse d’un leuco-
anthocyanoside sous l’action d’un acide est beaucoup plus lente.
On pourrait ainsi établir que lorsque le pigment provient d’une
flavone, il ne peut se développer sans l’action des ultra-violets, et que
s’il provient d’un .précurseur leuco-anthocyanosique, il peut se déve¬
lopper même à l’obscurité.
Dans le bourgeon du coton, par exemple, c’est ce second méca¬
nisme qui doit intervenir, car mis à l’abri de la lumière les pétales
sont blancs le premier jour, roses le second et rouges seulement le
troisième jour. S’il s’agissait d’une flavone, le bourgeon resterait blanc
jusqu’à son épanouissement.
Enfin, si les pigments présents .dans la plante ont à la fois les
deux origines, il y aura seulement affaiblissement du coloris à l’obs¬
curité.
Température.
Bancroft (1947) fait d’ailleurs intervenir la température en
même temps que la lumière. Les fleurs du Lilas mauve, même à l’obs¬
curité, sont pigmentées, mais à 33", dans des conditions identiques,
elles sont blanches. Dès qu’on abaisse la température ou qu’on expose
la fleur à la lumière, il y a coloration.
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIK KT H. SAl'VAIN'.
132
La température a certainement une influence sur la formation du
pigment. Frey-Wisslixg et Blaxk (1943) indiquent que la tempéra¬
ture optima se situe entre 10 et 30". Blank (1947) pense qu’elle coïn¬
cide avec la température la plus favorable au métabolisme de la
plante. Floren estime que pendant la période de formation du pig¬
ment dans le bouton, qu’il appelle « période sensible », une tempéra¬
ture de 30 à 33" empêche cette formation dans les lleurs de Calceolaria
hybrida. Mais Gloxinia hybrida grandiflora n’est pas modifiée par une
température de 35 à 40", alors qu’Hibiscus mutabilis et Dieruilla cora-
ensis ont un maximum de coloration vers 32-35".
D’une manière générale, on a pensé que les basses températures
sont des facteurs favorables ; c’est le cas des plantes alpines. Mais
beaucoup d’auteurs contredisent cette opinion ; rien de précis n’a
donc été établi à ce sujet.
Rôle de la photosynthèse.
La formation des pigments benzopvraniques est-elle reliée à la
photosynthèse ?
Certains auteurs ont observé que les feuilles rouges contenaient
moins de chlorophylle par unité de surface que les feuilles vertes. On
pensa donc qu’une diminution de la photosynthèse était favorable à
la formation du pigment. Cependant, Kuilman (1930) obtint des résul¬
tats contradictoires selon les plantes étudiées ; ainsi dans Paeonia
albiflora, les feuilles rouges contenaient plus de chlorophylle que les
feuilles vertes. Nous verrons plus loin (rôle biologique) que le pigment
accroît l’absorption de la lumière, plus spécialement des ultra-violets,
et que d’autre part les feuilles rouges ont une assimilation égale et
parfois supérieure à celle des feuilles vertes.
Sen (1940) a observé une photosynthèse plus intense dans les
feuilles rouges é'Eranthemum, bien que la teneur en chlorophylle y soit
plus faible que dans les feuilles vertes. D’autre part, dans les tissus
contenant des anthocyanosides, on a signalé (Zanoni, 1938), une aug¬
mentation du potentiel biologique se traduisant par une coloration
chlorophyllienne plus intense des organes végétatifs, une élaboration
plus active des produits spécifiques de réserve. Par contre, Politis
(1928) prétend que dans le fruit vert, alors que l’assimilation chloro¬
phyllienne est intense, il y a retard dans la formation de l’antho-
cyanoside, sans doute à cause des oxydations qui prédominent.
Dans le cas des feuilles qui rougissent en automne, la formation
du pigment commence dans les feuilles riches en chlorophylle puis
elle se prolonge parallèlement à la disparition de la chlorophylle et
jusqu’à la mort de la feuille (Lipmaa, 1926). Dans ce cas particulier,
l’anthocyanoside serait un produit de déchet du métabolisme (Mo-
iasch, 1928).
Source : MNHN, Paris
[.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
n:s
Facteurs secondaires.
En dehors des facteurs que nous venons d’étudier, et qui sont
les plus importants, on peut signaler quelques éléments secondaires
ou accidentels.
Le degré hygrométrique de l’air interviendrait surtout dans les
pays de la zone tropicale oit, pendant la saison sèche, on observe le
développement d’une magnifique couleur rouge, qui s’étend bientôt à
toutes les feuilles. Mais l’insolation très forte subie par ces plantes
pourrait aussi bien être en cause.
Nous verrons que la présence d’acides organiques peut intervenir
pour intensifier la coloration, par formation de sels d’oxonium à partir
de leucobases incolores.
Certaines expériences tendent à établir que les pigments antho-
cyaniques se forment en plus grande quantité en présence d’une abon¬
dante provision d’oxygène, et que si celui-ci est diminué, on observe
une diminution corrélative des pigments (Katic (1905), Combes (1910),
Rose (1914), etc...). La théorie de l’oxydation d’un chromogène s’ac¬
corde avec cette constatation.
Enfin, tout^facteur accidentel tendant à modifier la circulation
de la sève, la ralentissant ou l’arrêtant, provoque en certains points
une accumulation de produits nutritifs ; on a pensé que la pigmen¬
tation pouvait en être favorisée. Il peut s’agir, soit de traumatismes
d’origine mécanique, soit d’un état pathologique, soit encore d’une
altération causée par l’attaque des insectes. Lonoley (1935) a noté
une modification dans la répartition du pigment au cours d’une infec¬
tion de la tulipe par un virus mosaïque. Il semble que, dans tous les
cas, le pigment n’apparaisse que dans les espèces produisant norma¬
lement des anthocyanosides. Griffin (1935) a entrepris toute une série
d’expériences sur la formation des pigments provoquée par une inci¬
sion. Dans Acer Quercus et Rhus glubra, on trouve au-dessus de l’in¬
cision une plus vive pigmentation en même temps qu’une forte accu¬
mulation de sucres. Dans les plantes qui ne produisent habituellement
pas d’anthocyanosides, aucune coloration n’apparaît, qu’il y ait ou non
accumulation de sucres au-dess'us de l’incision.
De nombreux auteurs ont observé une augmentation de la pig¬
mentation dans les tissus produisant des galles, ou infectés par d’au¬
tres parasites ( Cercosporn beticola, Ustilago Zeae, Ustilago violacea,
etc...).
Solacolu et Constantinescu (1937) ont pu provoquer la forma¬
tion de pigment anthocyanique par des injections d’acide indole-3-
acétique à des plants de Ricin. Des pommes sur lesquelles on a pul¬
vérisé une solution de thiocyanate se sont colorées intensément (Dust-
man et Duncan (1936), Reger (1944).
Pour Robinson (19.-6), la pigmentation varie avec l’activité pho¬
tosynthétique consécutive aux changements saisonniers, et avec les
divers types de blessures de la plante, celles-ci pouvant avoir une
Source.: MhJHN, Paris
134
CH. SANN1É KT H. SAÜVA1N.
cause purement mécanique ou être déterminées par des champignons
parasites qui communiquent une maladie à la plante. Dans de telles
conditions, les hydrates de carbone et les autres produits synthétiques
tendraient à s’accumuler .sous l’action de l’obstacle qui s’oppose au
courant de la sève.
Notons qu’il faut prendre garde de ne pas assimiler à des pig¬
ments anthocyaniques des pigments de toute autre nature qui appa¬
raissent chez la plante malade. C’est ainsi que N.ierestein (1919) a
établi, après une étude chimique, que le pigment de la galle rouge de
Quercus pedunculata est très différent d’un anthocyanoside.
Plus récemment, Duerenoy (1945) a donné une autre explication
des effets produits par les blessures et le parasitisme. Les changements
de coloration observés seraient dus à un défaut dans l’enchaînement
des mécanismes de respiration intracellulaire. Dans les tissus normaux,
celle-ci implique une déshydrogénation des composés phénoliques et
de nouveau leur hydrogénation, contrôlées par des enzymes amenant
une oxydation irréversible en mélanines, tanins, etc... Il s’agirait d’une
respiration décompensée. L’infection des fleurs d’Azalea par Ovultinia
azalea provoque l’oxydation des constituants de la cellule, principale¬
ment des anthocyanols et des acides organiques avec augmentation
de la quantité d’anthocyanols et polymérisation en une substance fon¬
cée. L’infection de la canne à sucre par Colletrichum falcatum déter¬
mine la secrétion par la cellule de composés phénoliques qui se polv-
mérisent en dérivés d’anthocyanosides rouges.
En conclusion, la formation des pigments anthocyaniques ne peut
être attribuée à un facteur isolé, mais à l’action complexe d’un certain
nombre de facteurs internes et externes. Cependant il semble que, de
toutes les observations faites, une idée intéressante soit à retenir.
Toute modification, d’origine interne ou externe, qui trouble le méta¬
bolisme normal de la plante favorise la formation du pigment. Une
variation de la photosynthèse, de la température, de l’éclairement,
une augmentation dans l’apport des glucides modifient la pigmenta¬
tion. L’absence de certains éléments dans le sol, tels que calcium,
potassium, phosphore, déterminerait aussi une augmentation de la
coloration ; d’une manière générale, l’insuffisance de matières nutri¬
tives dans le sol concourerait au même résultat. En somme, toute per¬
turbation dans le métabolisme de la plante la « déstabiliserait » (selon
Bancroft) et se révélerait favorable à la production des anthocya-
nosides.
Abbott (G.). — Nature, 80, 429 (1909).
Allen (F. W.), Magness (J. R.) et Haller (M. H.). -- Calif. Agr. Expt. Sta.
Bull., 428, 1-41 (1927).
Appel (H.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 426-8 et 752-5 (1935).
Arthur (J. M.). — Contr. Boyce Thompson Inst., 4, 1-18 (1932). Radiation
and anthocyanin pigments. Biological effects of radiation, Vol. Il,
1109-18 (1936) (in Blank, p. 273).
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
135
Askenasy (E.). liot. Ztg., 34, 1-7, 27-31 (1876) (in Wheldale-Onslow,
p. 249).
Bancroft (W. D.) et «Wutzler (J. E.). — J. Am. Chem. Soc., 60, 2738-43 (1938).
Bancroft (W. I).). - Science, 98, 99 (1943) ; J. Phus. Colloid. Chem., 51,
1078 (1947).
Biebl (R.). — Protoplasmet, 37, 566-8 (1943).
Blank (F.). — Iiotan. Rev., 13, 242-317 (1947).
Braun (W.). lieitr. Biol. Pfl., 26, 331-98 (1939).
Bunning* (W.). - Die Physiologie des Wachtums und (1er Bewegungen
(1939). 88
Cuaze (J.). — C. R. Acad. Sci., 196, 952-5 (1933).
Combes (R.). — Rev. Gen. Bot., 22, 177-212 (1910) ; C. R. Acad. Aci., 157,
1002-5 (1913).
Dufrenoy (J.). — Biodynamicu, 5, 309-24 (1945).
Dustman (R. B.) et Duncan (I.J.). — J. 4m. Chem. Soc., 58, 1511-14 (1936).
Edmonson (Y. H.) et Thimann (K. V.). — Am. J . Bot., 34, 598 (1947) ; Arch.
Biochem., 22, 33-53 (1949) et 25, 79-90 (1950).
Everest (A. E.). — Proc. Roy. Soc. London, 88, 326-32 (1914).
Flores (G.). Flora, 35, 65-100 (1941).
Freundenberg (K.). — Ann., 444, 135 (1925).
Frey-Wissling (A.). Naturivissenchaften, 26, 624-8 (1938).
Freÿ-Wissiing. (A.) et Blank (F.). — Ber. Schweiz. Bot. Ges., 53 A, 550-78
(1943).
Gautier (A.). - C. R. Acad. Sci., 114, 623-9 (1892).
Hertz (O.). — Studier ôfver iinthocyan. Thesis, Lund (1906) ( j/j Wheldale-
Onslow, p. 210).
Gleisberg (W.). — Ber. Hôher. Staatl. Lehranst. Obst Gartenhan Proskau.
1920-1, 87-93 ; (Chem. Abstr., 19, 3289).
Goris (A.). — Localisation et rôle des alcaloïdes et des glucosides chez les
végétaux. Lechevalier, édit., Paris. 385 p. (1914).
Griffin (A.). — Butler Univ. Botan. Studies, 3, 139-40 (1935).
Guillermond (A.). — C. R. Acad. Sci., 193, 112-14 (1931) ; C. R. Soc. Biol.,
112, 648-51 (1933).
Heller (R.). — C. R. Soc. Biol., 142, 768-769 (1948).
Johnson (E. L.). — Plant Physioi, 14, 782-95 (1939).
Jonesco (S.). — C. R. Acad. Sci., 173, 850 (1921) ; Ann. Sci. Nat. Bot., 4,
301-403 (1922) ; C. R. Acad. Sci., 175, 904 (1923).
Karrer (P.). — Traité de Chimie Organique, XVIII, p. 519. Masson édit.,
Paris (1945)
Karstens (W. K. H.). — Rec. Trav. Bot. Neerl., 36, 85-179 (1939).
Katic (D. L.). — Beitrag zur Kenntnis der Bildung des roten Farbstoffs in
vegetativen Organen der Phanerogamen. Inaug. Dissert., Halle (1905)
(in Wheldale-Onslow, p. 96).
Keeble (F.) et Armstrong (E. F.). — Proc. Roy. Soc. London, 85, 214-18
(1912).
Keeble (F.), Armstrong (E. F.) et Jones (W. N.). — Proc. Roy. Soc. London,
87, 113-31 (1913).
Keener (A. E.). — Am. J. Bot., 11, 61-77 (1924).
Kosaka (H.). — J. Depl. Agr. Kyushu Univ., 2, 208-40 (1929) ; 3, 29-45 et
99-119 (1931) ; Bot. Mag. Tokyo, 66, 551-560 (1932).
Kozlowski (A.). — Science, 83, 465 (1936).
Kuilman (L. W.). — Rec. Trav. Bol. Neerl., 27, 287-415 (1930).
Laborde (J.). — C. /?. Acad. Sci., 146, 1411-13 (1908) ; 147 , 753-55 et 993-5
(1908).
Laurent (E.). — C. R. Soc. Roy. Bot. Belgique, 29, 71 (1890).
Lavollay (J.) et Vignau (M.). — C. R. Acad. Sci., 217, 87-8 (1943).
Lawrence (W. J. L.) et Scott-Moncrieff (R.). — J . Genetics, 30, 155-326
(1935).
Lawrence (W. J. L.) et Price (J. R.). — Biol. Rev., 15, 35-8 (1940).
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIK
II. SAl VAIN.
136
Lixsbauer (L.). — Wiesner Feslschrifl, Wien. 421-36 (1906) (in Whei.dale-
Onsloav, p. 91).
Lipmaa (T.). — Schr. Naturf. Ges. Univ. Jurjeff, 24, 1-104 (1924) ; S. B. Na-
turf. Ges. Jurjeiv, 30, 58-111 (1924) (in Blank, p. 280). Rer. Déni. Roi.
Ges.. 46, 267-77 (1928) (in Blank, p. 278).
Longley (L. E.). Proc. Am. Soc. Hort. Sri.. 33, 674-7 (1935).
Mirande (M.). — C. R. Acad. Sci., 143, 413-16 (1906) ; 175, 429-30 (1922).
Molisch (H.). — Pflanzenbiologie in Japan auf Grund eigener Beobachtun-
gen (1926) ; Rer. Dent. Rot. Ges., 46. 311-17 (1928). Der Einflusseiner
PHanze auf die andere. AUelopathic (1937) (in Blank, p. 270).
Moore (C. N.) et Haskins (C. P.). — J. Hered., 26, 349-55 (193o).
Müller-Thurgau (H.). — Weinbaucongress zu Durkheim a.d.H. (1882) (in
Wheldale-Oxslow, p. 89).
Nierenstein (M.). — J. Chem. Soc., 115, 1328-32 (1919).
Noack (K.). — Rer. Dent. Rot. Ges., 39 (1921) ; Z. Rot.. 14, 1-74 (1922).
Overton (E.). — Jahrb. iviss. Rot. Leipzig. 33, 171-231 (1899) ; Nature. 59,
296 (1899) (in Bi-ank, p. 272).
Palladin (W.). — Der. Dent. Rot. Ges., 26. 389-94 (1908) ; Rioch. 7... 18,
151-206 (1909).
Pearce (G. W.) et Streeter (L. R.). ./. Riot. Chem., 92. 741-9 (1931).
Politis (J.). — Praktika Akad. Athenon, 3. 440-1 (1928) ; C. R. Acad. Sci.,
226, 1465 (1948).
Reger (M. W.). — Proc. Am. Soc. Hort. Sci., 45, 11-12 (194 4).
Reichel (L.) et Schickle (R.). — Ann., 553, 98-102 (1942).
Roberts (H. F.). — Sci. Monthly, 427-35 (1937).
Robinson (G. M.). — J. Chem. Soc., 1157-60 (1937).
Robinson (R.). — Rep. Brit. Assoc., 89th Meet., 417 (1921) ; Nature, 137,
172 (1936).
Robinson (R.) et 'Robinson (G. M.). — Biochem. J., 27, 206 (1933) ; J. Chem.
Soc., 744-52 (1935) ; J. Am. Chem. Soc.. 61, 1605-6 (1939).
Rose (E.). — C. R. Acad. Sci., 158, 955-8 (1914) ; Rev. Gen. Rot., 26, 2 57-70
(1914).
Rosenheim (O.). Biochem. J., 14, 178-88 (1920).
Rutzler (J. E.). — .7. Am. Chem. Soc., 61. 1161 (1939) ; Proc. Minnesota
Acad. Sci., 9, 20 (1941).
Sachs (J.). — Beilage zu Rot. Stg., 21, 30 p. (1863) (in Whelbale-Onslow,
p. 88).
Sando (C.). — J. Biol. Chem., 117, 45 (1937).
Sando (C.), Milner (R. T.) et Sherman (M. S.). ./. Riol. Chem., 109, 203
(1935).
Schulz (K. G.). — Wochschr. Rrau, 52, 33-6, 41-5, 51-4 (1935).
Semmens (E. S.). — Bot. Gaz., 90, 412-26 (1931).
Sen (P.). — J. Indian Bot. Sci., 19, 147-56 (1940).
Solacolu (T.) et Constantinescu (D.). — C. R. Acad. Sci.. 204, 290,2 (1937).
Tswett (M.). — Biochem. Z., 58, .225-35 (1913).
Wheldale-Onslow (M. W.). — Nature, 128, 373-4 (1931).
Willstâter (iR.) et Mallisson (H.). — Sitz. ber. Preuss* Akad. Wiss , 402-11
(1914).
Willstâter (R.) et Stoll (A.). - Untersuchungen iiber die Assimilation der
Kohlensaure (1918).
Zanoni (G.). — Bull. Mus. Genova, 13, n° 103, 65-84 (1938).
Source : MNHN, Paris
l.ES COULKl'RS DES FLEl’HS ET DES FRUITS.
137
FACTEURS INTERVENANT DANS LES COLORIS
DES PLANTES.
La richesse du coloris des plantes a été de tous temps un sujet
de curiosité autant que d’émerveillement. On s’étonnait à juste titre
de l’infinie variété des nuances des fleurs, allant du rouge des roses
et des pivoines au bleu des pieds d’alouette. On aurait pu croire que
la composition chimique des pigments était fort différente selon leur
couleur, et qu’une fleur jaune n’avait rien de commun avec les rouges
ou les bleues.
Nous savons maintenant qu’il n’en est rien. Les flavones, qui
constituent les principaux pigments des fleurs jaunes et blanches, ont
une proche parenté avec les anthocyannes qui les colorent en rouge,
bleu, ou violet, ou même exceptionnellement en jaune (dans Papaver
nlpinum).
Il n’en est pas moins vrai que la pigmentation des végétaux est
le résultat, extrêmement complexe, de toute une série de facteurs de
nature différente ou dont les variations sont indépendantes. Il est cer¬
tain tout d’abord qu’à côté des pigments que l’on pourrait appeler
« fondamentaux », et qui sont les anthocyanosides, les glucosides fla-
voniques et les caroténoïdes, il faut faire une place à bien d’autres
substances colorées qui interviennent tantôt comme pigments purs
(tanins, pigments dérivés des phénols ou des anthraquinones par oxy¬
dation, noyaux xanthéniques, pigments à noyaux complexes comme les
santalines des bois rouges, l’hématoxyline ou la brésiline des cam-
pêches, etc.), tantôt comme facteurs essentiels du métabolisme végé¬
tal, comme la chlorophylle.
On conçoit aisément que la coloration d’une fleur, d’un fruit,
d’une feuille ou d’une racine dépende avant tout de la présence d’un
seul ou de plusieurs pigments, et que le rouge d’un caroténoïde puisse
être modifié par le vert de la chlorophylle ou le jaune d’une flavone.
Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point, à la fin de ce chapitre.
Nous envisagerons, dans ce qui suit, les colorations des fleurs et
des fruits qui sont essentiellement provoquées par les glucosides à
anthocyanols ou à flavones. Nous verrons que la couleur dépend tout
d’abord de la nature chimique du pigment, de l’état dans lequel il se
trouve, enfin de toute une série de facteurs, internes et externes, qui
viennent modifier la couleur. ,
'Bien que de nombreux éléments nous échappent encore, on peut
en effet expliquer les variations de la couleur des fleurs par l’action
de divers facteurs que nous allons considérer successivement, en re¬
marquant toutefois qu’ils agissent simultanément dans la plante, leurs
Source : MNHN, Paris
J 38
CH. SANNIÉ ET H. SAt’VAlN.
actions ne pouvant être séparées que très artiliciellemenl. Les facteurs
internes dont dépend la couleur sont dominés par de nombreux gênes,
chacun spécifique d’une réaction, oxydation, réduction, méthylation,
formation de gîucosides, et qui sont en rapport étroit avec la structure
chimique du pigment. C’est la combinaison de ces facteurs qui déter¬
mine l’existence de cette gamme si variée d’anthocyanosides, tous de
couleur légèrement différente, qui sont à la base des nuances si déli¬
cates des fleurs et des fruits.
Influence de la constitution chimique du pigment.
Le nombre d’hydroxyles portés par le noyau phényle latéral de
l’anthocyanoside est l’un des principaux facteurs dont dépend la cou¬
leur d’une fleur. Willstâter, le premier, étudia les rapports existant
- entre la constitution chimique des pigments et la couleur qui semblait
liée à la présence de chacun d’eux. Il nota que des anthocyanosides
différents se trouvaient dans diverses variétés de la même espèce et
que souvent ils coexistaient dans la même fleur. Ainsi, dans Centaurea,
les fleurs bleues et pourpres contenaient de la cyanidine, alors que
dans la fleur rose il n’v avait que de la pélargonidine, tandis que le
Zinnia elegans contenait à la fois des dérivés dé la pélargonidine et
de la .cyanidine. On trouve des mélanges d’anthocyanosides dérivés
d’anthocyanols à des degrés d’oxydation différents, par exemple des
mélanges de dérivés de pélargonidine et de cyanidine, de delphini-
dine, mais il faut noter qu’on ne trouve jamais de mélange de déri¬
vés de pélargonidine et de delphinidinc seulement.
G. et R. Robinson en 1931 tentèrent d’établir une correspondance
précise entre la présence de certains dérivés et la coloration. Les nuan¬
ces orange, écarlate indiqueraient un dérivé de la pélargonidine (un
seul OH) qui ne se trouverait jamais dans les fleurs bleues. Dans les
Phlox d’un rouge bleuâtre, les Dianthus cramoisis, on trouve des mé¬
langes de dérivés de la pélargonidine, de la cyanidine et de la delphi¬
nidine. La détermination est alors difficile ; cependant ces auteurs
concluent à une progression générale, allant du rouge orange au rouge
bleu lorsqu’on trouve respectivement pélargonidine, pæonidine, cyani¬
dine, malvidine (syringidine) et delphinidine.
R. et G. Robinson notent aussi que les anthocyanols les plus bleus
se trouvent dans la betterave, dans Celosia criât ata, dans A triplex hor-
tense à l’état d’anthocyanols azotés.
L’étude faite par Lawrence et ses collaborateurs (19S9) sur Strep-
iocurpus est en accord avec ces résultats. Aux six types de couleurs des
hybrides : bleu, mauve, magenta, rose, crème, saumon, correspondent
les dérivés de la delphinidine, de la cyanidine et de la pélargonidine.
L’augmentation du nombre d’atomes d’O sous forme de groupes OH
correspond bien à un accroissement du bleu ; l’oxydation entraîne au¬
tomatiquement'le bleuissement. Celui-ci est même sensible dans la
gamme des rouges, car si l’on considère le Pélargonium écarlate, la
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 139
rose rouge foncé et le Delphinium pourpre, on y trouve respectivement
des dérivés de la pélargonidine dans le premier, de la cyanidine dans
le second, de la delphinidine dans le troisième.
Gascoigne, Ritchie et White (1948) ont aussi constaté que pres¬
que toutes les fleurs bleues contiennent de la delphinidine, la majorité
de fleurs rouges de la cyanidine et que la présence de pélargonidine
s’observe presqu’uniquement dans les fleurs rouges.
La méthylation des groupes hydroxyles, le plus souvent en 3’ ou 5’,
modifie également la couleur. Les anthocyanols ou les anthocyanosides
méthylés sont plus rouges que les autres, par exemple la malvidine
est plus rouge que la delphinidine, la pæonidine plus que la cyani¬
dine. Trois groupes peuvent être méthylés en 3’, 5’, 7 comme dans Pri-
mula hirsuta qui contient un dérivé triméthylé de la delphinidine,
l’hirsutidine, cas rare qui ne se rencontre que dans quelques espèces.
Il faut tenir compte du fait que souvent la méthylation est incomplète,
bien que les gênes déterminant la méthylation soient présents. Par
exemple, dans Lathyrus odoratus, on trouve un mélange de malvidine
et de pétunidine. Selon la série envisagée, la présence des gênes est
plus ou moins active ; dans celle de la delphinidine, il y a très peu
d’anthocyanosides non méthylés, alors que dans la série de la cyani¬
dine, il y en a jusqu’à 50 p. 100.
Cette méthylation est d’ailleurs liée au type de glucoside présent.
On sait que généralement, dans les anthocyanosides, le groupe gluci¬
dique est fixé en position 3 ; le glucide est alors un monose ou un
biose. Mais il peut y avoir un deuxième groupe glucidique, toujours
un monose, qui se combine soit à la première molécule de sucre déjà
fixé en 3, soit à l’anthocyanol en position 5. Ainsi les anthocyanosides
se divisent en deux classes : ceux dont la position 3 seule est occupée
par un monose ou un biose, ceux dont les positions 3 et 5 sont toutes
deux à la fois occupées par des monoses. Or ces 2 classes correspon¬
dent à des colorations différentes, les 3-5 dimonosides étant nettement
plus bleus. La couleur est donc certainement influencée par ce troi¬
sième facteur. Dans Streptocarpns, les formes rose, saumon et mauve
contiennent un mélange de 3-pentoseglucosides alors que les formes
bleues, magenta et rosées renferment des mélanges de 3,5 dimonosides.
De plus, il y a certainement une interaction entre la méthylation et
la forme glucosidique ; dans la série cyanidine, la méthylation est
plus complète chez les 3,5 dimonosides que chez les 3-pentosides.
L’intervention combinée des trois facteurs internes dont nous ve¬
nons de parler détermine une gamme de coloration allant de l’écarlate
au pourpre. Ces facteurs dépendent de la structure interne de l’antho-
evanoside.
Les pigments flavoniques ne déterminent qu’une coloration jaune
plus ou moins vive chez la fleur, aussi n’ont-ils pu être étudiés d’une
manière aussi précise que les anthocyanosides. Cependant, on a noté
que l’accroissement du nombre de groupes hydroxyles avait également
une action sur la coloration qui est alors plus intense. Mais les flavo-
nes et les flavonols coexistent généralement dans la fleur avec les an-
Source : MNHN, Paris
140
Cil. S A N NI H KT H. SA l'VA IN.
thoryanosides, el il est difficile d’évaluer exactement leur rôle. Sou¬
vent ils modifient la couleur produite par le pigment anthocyanique,
et c’est la couleur résultante qui apparaît. Si une fleur contient un
anthocyanoside rouge et une flavone jaune, elle sera rouge-orangé.
Les pigments fîavoniques interviennent aussi comme « co-pig¬
ments », c’est-à-dire qu’ils forment avec l’anthocvanoside des com¬
plexes additifs faibles qui modifient la nuance de la fleur. D’autres
substances jouent le même rôle. La co-pigmentation est un élément
important dans les variations de couleur des fleurs.
R. et G. Robinson (1932), ont apporté une importante contribu¬
tion à la question des co-pigments, en étudiant in vitro l’action de di¬
verses substances sur les anlhocyanols. D’une manière générale, ce
sont les flavones et les tanins qui accompagnent les anthocyanosides
dans la plante et modifient la couleur. Dès 1915, Willstater et Mal-
lison avaient remarqué que les pigments jaunes atténuaient la teinte
des violettes et que, d’autre part, un tanin fonçait la coloration d’une
solution d’oenine bleue. R. et G. Robinson (1931), puis Lawrence
(1932) étudièrent les complexes formés. Ils notèrent d’abord que la
co-pigmentation variait avec la nature de l’anthocyanoside : les déri¬
vés de la delphînidine étaient la plupart du temps co-pigmentés et
ceux de la pélargonidine l’ctaient rarement. De plus, la flavone la
plus active semble être la flavone « ivoire » qui augmente nettement
le bleuissement.
R. et G. Robinson ont trouvé dans le fuchsia un tanin dérivé de
l’acide gallique qui donnait aux pétales internes de la corolle une cou¬
leur violette, alors que les pétales externes ne contenant pas de tanin
étaient rouges bleuâtres. Ils étudièrent l'effet de différentes substances
pouvant se trouver dans le suc cellulaire sur une solution de chlorure
d’oenine ; de ces expériences, ils établirent que certains corps n’avaient
que peu d’effet à faible concentration ; ce sont l’alanine, l’asparagine,
les acide nicotinique, quinolinique, anthranilique, m-aminobenzoïque,
phtalique, benzylique, le glucose, le maltose, l’amidon, l’inuline, la
rutine, le catéchol, l’hespéridine. Par contre, la tyrosine, l’aldéhvde
protocatéchique, le pyrogallol, les acides salicylique, p-hydroxyben-
zoïque, la 2-hydroxyanthraquinone, la catéchine ont un effet légère¬
ment bleuissant. Plus actifs sont les acides fl-résorcylique, gentisique,
protocatéchique, la vanilline, l’aloïne, la quercitrine, le glucoside de la
4-hydroxyxanthone. Mais l’action la plus puissante est attribuée à
l’esculine, au gallate d’éthyle et au tanin. Le tanin est en effet recon¬
nu par différents auteurs comme co-pigment très actif. Seul Currey
(1927), étudiant le bleuissement des roses rouges, prétend que la va¬
riété Hadley, dont la fleur tend à devenir bleue plus facilement qu’une
autre variété, contient moins de tanin (6,33 p. 100 au lieu de 7,58 p.
100 ) et que ce bleuissement est dû à la quantité insuffisante de tanin
dans le suc cellulaire des pétales. Or l’anthocyanoside présent dans
les deux variétés est un diglucoside de cyanidine.
Il se pourrait que l’action du tanin ne soit pas uniforme vis-à-vis
de tous les anthocyanosides ; on a remarqué en effet que la nature de
Source : MNHN, Paris
l.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
141
ces derniers entre en ligne de compte. Ainsi le glucoside de la 2-hy-
droxyxanthone, un des co-pigments les plus actifs, voit son action
diminuer de l’oenine à la chrysanthémine et à la mécocyanine. En sa
présence, la solution de pélargonidine fonce, mais ne bleuit pas.
Bancroft et Rutzler (1938) attribuent la coloration bleue de
Salvia païens à la présence de certains co-pigments ; tanin, glucoside
de la 2-hydroxyxanthone, ratine, quercétine, vanilline et quinaldine.
Un grand nombre de substances peuvent donc agir dans la co¬
pigmentation : tanin, pigments flavoniques, composes oxycarbonés
et même alcaloïdes. Bien d’autres seront certainement identifiés.
Il est intéressant de noter que dans les fleurs de Streptocarpus
contenant toutes des flavones, certaines sont co-pigmentées et d’au¬
tres ne le sont pas. La différence proviendrait d’un gêne qui modifie
la structure de la flavone pour la rendre capable de former un com¬
plexe d’addition avec l’anthocvanoside et par conséquent crée la co¬
pigmentation.
Différents tests ont été indiqués pour révéler la co-pigmentation.
Si l’on chauffe les solutions diluées de deux échantillons contenant
le même anthocyanoside, puis qu’on laisse refroidir, seule la solution
copigmentée se décolore puis redevient bleue quand elle est froide. En
faisant agir sur les extraits par l’alcool amylique une solution de
soude diluée, il se fait une coloration jaune foncé si une flavone est
présente. ^
Tout récemment, Commonkr (.1948) a indiqué qu’il était possible
d’obtenir le spectre d’absorption du pigment dans la cellule même,
avec un spectrophotomètre spécialement étudié. Dans les cellules d’un
seul poil de Coleus, il a pu vérifier que le spectre n’est pas le même
que dans une solution du pigment ; l’auteur attribue cette différence
à la présence de certains autres constituants de la cellule qui joueraient
dans ce cas le rôle de co-pigments.
Un autre facteur externe intervient également dans la coloration,
c’est le pH du suc cellulaire. Dès 1913, Willstater et Everest avaient
pensé que les variations de couleur des fleurs étaient déterminées par
des modifications du pH du suc cellulaire. Le caractère amphotère des
anthocyanosides explique ces variations ; ainsi la cyanine est rouge
dans les solutions de pH 3 ou moins, violette à pH 8,5 et bleue à pH 11.
Les formes rouge, violette et bleue sont respectivement le sel d’oxo¬
nium, la couleur basique et le sel de la couleur basique.
H Cl
\/
Sel d’oxonium Sel de Xn
Source : MNHN, Paris
142
CH. SANN1É KT H. SA U VAIN.
Il semblait normal que le suc cellulaire fût alcalin dans le bleuet et
acide dans la rose, la cyanine étant présente dans les deux fleurs ; les
spectres d’absorption des extraits aqueux colorés leur correspondaient.
L’anthocyanoside pouvait donc servir d’indicateur coloré et permettre
de mesurer le pH du suc cellulaire. Inversement, en utilisant des solu¬
tions tampons, on pouvait caractériser les anthocyanosides. Mais la
mesure du pH des sucs cellulaires révéla des anomalies. Les méthodes
électriques (électrode de verre) montrèrent que les sucs cellulaires sont
tous du côté acide du point neutre ; Scott-Moncrieff (1936) confirma
ces résultats. Cependant l’écart de pH entre les fleurs rouges et bleues
contenant le même anthocyanoside est net, généralement de l’ordre de
0,5-2,0 pH. G. et R. Robinson, constatant que le pH du suc cellulaire
des fleurs bleues n’était pas conforme au résultat escompté, tentèrent
de trouver une explication complémentaire.
Etudiant le bleuet, ils avaient observé que le suc cellulaire de
cette fleur avait un pH de 4,9. et pouvait faire virer au rouge le tour¬
nesol bleu. L’anthocyanoside présent était la cyanine, comme dans la
rose ; un autre élément devait donc modifier la forme de la cyanine
dans le bleuet. Robinson pensa que l’anion de la cyanine devait se
trouver sous une forme complexe, donnant un agrégat stable avec une
charge négative. Le suc cellulaire contenait un colloïde lyophobe, et la
microcataphorèse montra que la solution contenait des micelles char¬
gées négativement. Ainsi la cyanine, dans ce cas, n’avait pas la forme
d’un sel de potassium comme le pensaient Willstater et Everest. Le
xylane et d’autres polysaccharides trouvés par ces derniers dans
l’extrait de bleuet pourraient constituer les particules colloïdales sur
lesquelles se ferait l’adsorption de la cyanine. Robinson a en effet pré¬
paré des solutions bleues de pH 7,5, en ajoutant du xylane ou de
l’agar-agar dans la solution ; il n’a cependant pu obtenir line solu¬
tion telle que celle du bleuet, stable à pH 5.
Si donc on peut admettre que la couleur de la fleur dépend en
partie du pH cellulaire, il faut remarquer que l’échelle des pH est
bien plus petite in vivo que les expériences in vitro ne voudraient le
prouver, et ceci est dû à la combinaison de la couleur basique du
pigment avec des colloïdes tendant à stabiliser l’anion de l’anthocya-
noside à un pH qui ne pourrait se maintenir dans les solutions pures.
Il semble que toutes les fleurs bleues soient colorées par des solutions
colloïdales de leur pigment respectif.
Une autre remarque de G. et R. Robinson a trait au rapport entre
la nature de l’anthocyanoside et les valeurs du pH. Il semble que ce
soient avec les dérivés de la delphinidine qu’on note les pH les plus éle¬
vés du suc cellulaire dans la plante. Ainsi, dans le Tropaeolum Empress
of India, le suc cellulaire de la feuille qui contient un glucoside de
delphinidine a un pH de 5,6, celui du calice contenant un 3-bioside
de cyanidine a un pH de 5, et dans la fleur on trouve un pH de 4,5
avec un 3-bioside de pélargonidine.
L’emploi des solutions d’anthocvanols comme indicateurs de viTa-
Source : MNHN, Paris
COULEURS DES FLEURS BT DES FRUITS.
ge est précisément basé sur ces modifications de couleur, en fonction
du pH.
Smith (1933) avait utilisé les couleurs des pigments anthocyani-
ques in vilro pour les comparer à celles de la cellule végétale vivante
et déterminer ainsi le pH de la sève à différents stades de l’évolution
de la fleur : épanouissement, flétrissure, effet des* conditions exter¬
nes, etc...
L’emploi des colorations anthocyaniques de VAlthaea rosea et du
Chou Rouge fut proposé par Matcla et Maceck (1936) pour des titra¬
tions. Mais l’étude spectrophotométrique faite par Di Bella (1946)
sur un extrait alcoolique des feuilles de Papaver Rhoeas contenant prin¬
cipalement de la mécocyanine semble retirer quelque valeur à cette
méthode.
Enfin, en 1949, Shihata, Hayashi et Isaka, en étudiant les couleurs
et les valeurs du pH de la sève de deux cent plantes, aboutissent aussi
à cette conclusion qu’il n’v a pas corrélation entre la couleur et le pH.
D’après Beale et ses collaborateurs (1940), on a observé aussi,
dans Verbena, des différences de pH selon qu’il s’agit d’anthocyanosi-
des acétylés ou non. Les fleurs rouges et pourpres contiennent des an-
thocyanosides acétylés, les fleurs couleur prune sont pigmentées par
un 3.5 dimonoside de pélargonidine non acétylé. Or, le suc cellulaire
de ces dernières est d’environ 0,4 unités pH plus alcalin que celui des
fleurs rouges. Ces fleurs couleur prune sont donc plus bleues, et en
outre l’anthocyanoside semble jr exister sous forme d’un agrégat très
dense, alors que dans la fleur rouge le pigment se répartit uniformé¬
ment dans la cellule.
Cependant certains auteurs expliquent d’une manière très diffé¬
rente la coloration bleue des fleurs. Selon Heilbron et Buck (1922),
Dickinson et Heilbron (1927), seuls les composés du benzopyrylium
contenant un groupe OH en 4’ fournissent des sels alcalins bleus ou
violets. Les anthocyanols bleus libres et leurs combinaisons alcalines
dériveraient d’une molécule à structure quinoïde.
^OH
1 ur
I i Lo
Or tous les anthocyanosides naturels ont un groupe OH en 4’ et
tous virent au bleu en milieu alcalin.
Lorsqu’il y a au moins quatre groupes OH répartis dans la molé¬
cule, on a des colorations purement bleues en milieu alcalin (Pratt et
Robinson, 1924). Si un résidu glucidique prend la place d’un OH,
on a encore une coloration bleue, mais à condition que l’hydroxyle en
4’ ne soit pas touché ; c’est ce qu’on observe dans les fleurs. Parfois,
Source : MNHN, Paris
144
CH. SAN NIÉ ET H. SAUVAIN.
néanmoins, des anthocyanols n'ayant pas d'OH libre donnent une colo¬
ration violette en présence de soude (Karrer, 1945).
Hayashi (1934) croit que la réaction bleue avec les alcalis est due,
non pas à la formation de sels de phénol, mais plutôt à celle d’un com¬
plexe. Il nie la nécessité de deux OH libres simultanément en 7 et 4’
soutenue par certâins.
Bancroft et Rutzler (19. 8) pensent qu’il existe dans les fleurs
bleues un « stabilisant » de la couleur, encore inconnu. Dans certains
cas, ce pourrait être Cl Na ou N0 3 Na, mais on ne sait pas exactement
quels sels contiennent les fleurs bleues.
Karrer et ses élèves (1927) ont eu l’idée de comparer la teneur
en cendres des pétales de fleurs rouges et bleues, afin de voir si la cou¬
leur bleue est déterminée par la présence de sels alcalins. Karrer
trouva un taux plus élevé de cendres pour les fleurs bleues, ce qui
semblait confirmer cette hypothèse. Cependant Mihailescu (1942)
n’obtint pas les mêmes résultats et nota seulement que, dans les cen¬
dres des fleurs bleues, il y avait plus d’éléments alcalins que dans celles
des fleurs rouges.
Les observations de Shirata, Hayashi et Isaka (1949) confirment
celles de Mihailescu. Aucune relation ne put être établie entre la cou¬
leur des fleurs des vingt-six espèces étudiées et leur teneur en cendres.
G. et R. Robinson (1939) trouvèrent dans les cendres de nombreu¬
ses fleurs bleues une teneur de un à deux p. 100 de Fe 2 0 3 . Ils étu¬
dièrent en particulier l’hortensia bleu. Les pétales de la fleur rose
d’hortensia ont un pH de 3,75 tandis que celui de la fleur bleue est
de 4,9. Les fleurs d’hortensia contiennent des dérivés de la cyanidine,
de la pétunidine, de la delphinidine qui donnent une réaction bleu
foncé avec le perchlorure de fer. Des tiges d’hortensia à fleurs roses
immergées dans une solution très diluée de perchlorure de fer don¬
nent progressivement des fleurs bleues. G. et R. Robinson reproduisi¬
rent les couleurs exactes de l’hortensia (rouge, bleu, violet) en versant
sur du papier filtre des solutions du 3-monoglucoside de delphinidine
synthétique. La présence d’acides organiques à une certaine concen¬
tration et de tanin permit une reproduction exacte des couleurs de
l’hortensia. Les solutions diluées( rouges) donnèrent du bleu sur le
papier, les solutions plus concentrées, du rôuge et le violet de l’horten-
sia fut obtenu avec des solutions intermédiaires. Dans tous les cas,
il se fait une marge bleue, sauf si la concentration en acide est trop
élevée.
L’action des sels ferriques ne serait donc pas nécessaire, et ceux-ci
ne serviraient dans le sol qu’à déclencher des phénomènes, physiolo¬
giques qui diminueraient la concentration de l’anthocyanoside et par
suite changeraient la couleur. Nous verrons en effet plus loin que la
concentration du pigment modifie évidemment la couleur. Blank (1947)
.suggère l’idée que les sels ferriques auraient une influence sur les
colloïdes du sue cellulaire, donc pourraient agir indirectement sur la
coloration.
D’autres auteurs attribuent au contraire la coloration de l’horten-
Source : MNHN, Paris
I-ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
145
sia à un autre métal, l’aluminium. En 1931, Wiggin et Gourley avaient
remarqué que le sulfate d’aluminium acidifiait le sol et que les horten¬
sias poussaient mieux dans une terre acide que dans un sol alcalin ;
il était probable qu’ils absorbaient le métal. Allen étudia les fleurs
û'Hydrangea macrophylla ayant poussé dans du sable. Les fleurs
bleues contenaient plus de 250 p.p.m. d’aluminium, les fleurs mauves
environ 150-250 et les roses moins de 150. Les sels d’aluminium pro¬
voqueraient un changement de couleur du rose au bleu quand les
tissus des fleurs épanouies absorbent les ions métalliques. Storck
(1942) trouva d’ailleurs dans les cendres d’Hydrangea bleu plus d’alu¬
mine que dans celles des fleurs roses. Bancroft (1947) attribue le
bleuissement de l’Hortensia au pouvoir adsorbant du sulfate d’alumi¬
nium vis-à-ys de certains co-pigments : «acides organiques, tanin, fer,
mais il se demande avec raison pourquoi le phénomène ne se produit
q>as dans d’autres fleurs.
Dès 1937, Chenery avait étudié la composition du sol dans lequel
poussaient les Hortensias. Il admettait que le fer et l’aluminium déter¬
minent le bleuissement, mais l’aluminium plus que le fer. Après
absorption des ions Al dans le sol, il se formerait dans la plante un
complexe Al-delphinidine, de couleur bleue. Tout récemment, cet au¬
teur (1948) essaya de reproduire ce virage au bleu chez d’autres fleurs
contenant le même pigment qu 'Hydrangea, c’est-à-dire le glucoside de
delphinidine ; le résultat fut négatif. Mais il était possible que l’aci¬
dité du suc cellulaire de ces plantes fut trop faible pour transporter
le métal. Chenery étudia alors la corrélation entre la couleur bleu
vif des fruits et l’accumulation de l’aluminium. Sa conclusion fut que
dans les fruits bleus la couleur est due à une laque delphinidine-Al,
stable et acide, et dans les espèces à fruits rouges, à une laque acide
et stable de cyanidine-Al.
Ce rôle des métaux a été repris tout récemment par Shibata et
Hayashi (1949), qui ont essayé de préciser quels éléments métalliques
peuvent être responsables de la couleur bleue. Se basant sur les résul¬
tats de l’analyse spectrochimique des cendres des pigments de plu¬
sieurs plantes, ils attribuent un rôle essentiel au magnésium et au cal¬
cium. Ils parvinrent à réaliser une « synthèse » de la forme bleue des
anthocyanosides en ajoutant à leurs solutions rouges de la magnésie
ou de là chaux. Cette action bleuissante des alcalino-terreux fut confir¬
mée par comparaison avec les solutions de pigments naturels.
Mrs. G. Robinson (1939) trouve dans les fleurs rouges de l’Horten-
sia plus de flavones que dans les bleues. Le rapport des concentrations
de I’anthocyanoside de la fleur rouge à la bleue est généralement de
6 à 1 et dans la fleur bleue très foncée de 4 à 1 ; les différences de pH
sont très faibles. Dans le Delphinium également, les pétales bleus ont
un pH de 5,6 et les violets un pH de 5,7. Il y aurait donc dans ce cas
association colloïdale, peut-être avec des polysaccharides. Le rapport
des concentrations co-pigments-anthocyanoside, le changement de pH
dû à un phénomène de surface (diffusion des ions mobiles), enfin
Mémoires ne Muséum, Botanique, t. II.
Source : MNHN, Paris
CH. SAXXIÉ ET H. SAL'VAIN'.
141»
l’abondnnce et la concentration du pigment sont tous des facteurs qui
interviennent plus ou moins selon la plante.
Il est certain que la quantité de pigment présent modifie la cou¬
leur. Si, selon Robinson, flavones et anthocyanosides sont formés à
partir des mêmes matériaux qui existent en quantité limitée, les « pré¬
curseurs », il se fait une sorte d’équilibre dans la production des deux
classes de pigments. Lorque le précurseur produit beaucoup de fla-
vone, il se forme peu d’anthocyanoside et l’on a dans ce cas des fleurs
très faiblement colorées. Le cas inverse se produit aussi probablement,
sous l’action de certains gènes. De plus, si la flavone joue un rôle
de co-pigment, la nature de la couleur est modifiée autant que son in¬
tensité.
Pour BancrofT (1947), certains autres facteurs extérieurs, altitu¬
de, lumière, température, pourraient modifier la coloration. Dans les
Alpes, certaines fleurs ( Myosotis sylvatica, Campanula rotundifolia,
Géranium sylvatica, etc...) ont une coloration plus vive qu’en plaine.
Des fleurs blanches, telles que Silene rupestris, Bellis perennis, Silene
inflata, deviennent roses lorsqu’elles vivent à une grande altitude,
mais aucune ne devient bleue, alors que dans d’autres régions (Colo¬
rado) beaucoup sont bleues sur les montagnes. Au Japon, les fleurs
blanches sont plus riches en flavones à mesure qu’on s’élève, mais
elles ne se colorent ni en rose, ni en bleu. L’edelweiss, fleur de haute-
montagne, est toujours blanc.
iBancroft émet i’hypothèse que tout changement des conditions
externes produit chez la plante une « déstabilisation » qui se traduit
par des modifications ayant pour but d’éliminer les facteurs de trouble.
Ainsi, dans les terrains au bord de la mer, le sel pourrait jouer un rôle
de déstabilisant et la coloration serait accrue.
Terminons en rappelant certaines constatations de Môbius (1937)
qui étudia d’un point de vue assez différent la coloration des fleurs. Il
ne s’agit plus ici de modifications chimiques, mais simplement d’effets
produits par la localisation variable du pigment et par la coexistence
d’autres matières colorantes. Il est évident qu’un anthocyanoside, s’il
existe seul dans le suc cellulaire, fera apparaître une couleur propre,
alors que la présence d’autres pigments modifiera cette teinte. C’est ce
que nous avons vu avec les flavones. Une couche d’air peut aussi modi¬
fier la transparence et faire varier l’intensité de la couleur. Môbius
définit deux combinaisons colorées : les couleurs additionnelles, par
exemple un suc rouge contenant des pigments jaunes, et les couleurs
soustractives, lorsque la lumière incidente est absorbée en partie par
la couche supérieure, en partie par la couche inférieure et que le reste
seul est réfléchi. Dans Citrus Aurantium, on a l’effet combiné de
l’huile jaune vif dans les cellules excrétrices avec les chromatophores
jaune rouge dans les cellules épidermiques et corticales, et de l’antho-
cyanoside rouge dans les autres cellules épidermiques ; au total, ceci
donne une nuance orange.
La localisation plus ou moins superficielle a un rôle certain dans
Source : MNHN, Paris
I.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
147
l'intensité de la coloration. Le pigment rose se trouve généralement
dans l’épiderme des pétales et des feuilles, mais dans les racines il est
situé dans les zones externes et internes des régions corticales. Dans
la betterave, les cellules du parenchyme sont pigmentées.
Dans certains cas, l’épiderme est incolore et le suc pigmenté en
rouge est situé dans le tissu palissadique ; la coloration est alors peu
intense. D’autre lois, il se trouve à la fois dans les deux tissus et même
le parenchyme spongieux est également rouge ; la coloration est d’au-
tant plus vive.
Le pigment bleu apparaît le plus souvent dans l’épiderme des
pétales ( Linum usitatissimum, Ccntaurea cyanus, Gentinna acaulis).
Dans le bleuet, l’aivthocyanoside est intimement associé aux grains
d’aleurone.
Le violet peut être produit, comme nous le savons, par l’état
neutre du pigment, mais il peut exister une combinaison additionnelle.
Dans Viola odorata, l’épiderme de la couche inférieure des pétales con¬
tient un pigment anthocvanique bleu tandis que la couche sous-
épidermique est colorée par un anthocvanoside rouge. A la face supé¬
rieure, on trouve un anthocvanoside rouge dans la couche sous-épider¬
mique et l’épiderme est incolore. L’ensemble donne une coloration
violette d’une nuance particulière.
La couleur noire serait donnée par la coexistence d’anthocyano-
sides avec d’autres pigments.
Enfin, il faut aussi remarquer que sous certaines influences,
encore mal connues, la couleur d’une fleur peut changer assez rapide¬
ment. C’est dans les pays chauds que l’on observe le mieux ces varia¬
tions, car elles sont très apparentes et se font en quelques heures.
Ainsi furent étudiés aux Indes Hibiscus mutabilis, Capparis horrida,
Datura metel, etc... dont les couleurs varient du blanc au rouge ou du
violet au blanc. Molish <1929) attribue ces changements à la présence
d’oxygène libre car, immergées dans l’eau, les fleurs blanches ne se
colorent pas. Kuijper (1931) a observé en l’espace d’une journée le
passage du blanc au rouge chez Hibiscus mutabilis, et l’attribue à la
réduction d’une flavone en anthocvanne dans la plante sous l’effet de
la lumière et de la température. Ces facteurs semblent intervenir aussi
pour modifier le pH cellulaire d ’lpomoea Leerii, ce qui détermine un
changement de couleur entre le moment où la fleur est en bouton et
son épanouissement (rose magenta puis bleu vif) (Smith, 1931).
Différents auteurs, Harder et collaborateurs (1935), Marheixeke
(1936), Schrôder (1934) etc... ont essayé de reproduire artificielle¬
ment des variations de couleur, en faisant varier la température ou
l’intensité de lumière. Il semble que la période sensible pendant laquelle
on peut agir sur la coloration se place environ un mois avant la florai¬
son et se termine 10 jours avant le plein épanouissement. Mais Floren
(1941) remarque que, selon les fleurs, les résultats obtenus varient
considérablement. Là aussi, il est probable que des considérations
génétiques interviennent.
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SAUVA IN-
148
En conclusion, et dans l’état actuel des recherches, on connaît
plusieurs facteurs, internes et externes, qui modifient certainement la
coloration des fleurs. Il est fort probable qu’il en existe d’autres encore
inconnus, dont l’action s’oppose ou s’ajoute à ceux que nous avons
étudiés. Le phénomène de la coloration est probablement très com¬
plexe ; il est dominé par de très nombreux gênes qui déterminent
l’action des multiples facteurs impliqués dans ce mécanisme. La
génétique constitue certainement le meilleur moyen d’étudier les modi¬
fications de couleur et leurs causes, dans le cas des 'pigments antho-
cyaniques et flavoniques.
Allen (R. C.). — Contr. Boyce Thompson Inst., 13, 221-42 (1943).
Bancroft (W. D.) et Rutzler (J. E. jun.). — J. Am. Chem. Soc., 60, 2793
(1938).
Bancroft (W. D.). — J. Phys. Colloid. Chem., 51, 1078 (1947).
Beale (G. H.), Price (J. R.) et Scott-Moncrieff (R.). — J. Genetics, 41, 66-74
(1940).
Blank (F.). — Botcm. Rev., 13. 241-317 (1947).
Chenery (E. H.). — J. Roy. Hort. Soc., 62, 304-20 (1937) ; Ann. Botany, 12,
121 (1948).
Commoner (G.). — Ann. Missouri Botan. Garden, 35, 239-54 (1948).
Currey (G. S.). — J. Proc. Roy. Soc. N. S. Wales, 61, 307 (1927).
Di Bella (L.). — Atti Soc nat. e mat. Modena, 77, 62-94 (1946).
Dickinson (R.) et Heilbron (I. M.). — J. Chem. Soc., 1927, 15.
Floren (G.). — Flora, 35, 65-100 (1941).
Gascoigne (M.), Ritchie (E.) et White (D. E.). — J. Proc. Roy. Soc. N. S.
Wales, 82, 44-70 (1948).
Harder (R.) et Dôring (B.). — Nachr. Ges. Wiss. Gôttingen. Math. Phys. KL,
Fachgruppe VI (Biologie), 2, 89-95 (1935) (in Blank, p. 283).
Harder (R.) et Marheinekf. (J.). — Nachr. Ges. Wiss. Gôttingen. Math.
Phys. KL, Fachgruppe VI (Biologie), 2, 97-105 (1935) (in Blank,
p. 283).
Hayashi (K.). — Acta Phytochim. Japan, 8, 65-105 (1934).
Heilbron (I. M.) et Buck (J. S.). — J. Chem. Soc., 121, 1203 (1922).
Karrer (P.). — Traité de Chimie Organique, XVIII, p. 519, Masson, édit.
Paris (1945).
Karrer <P ), Widmer (R.), Helfenstein (A.), Hürlimann (W.), Nievergelt
(O.) et Monsarrati-Thoms (P.). — Helv. Chim. Acta, 10, 729 (1927).
Kuijper (J.). — Rec. Trav. Bot. Neerl., 28, 1-19 (1931).
Lawrence (W. J. C.). — Nature, 129, 834 (1932).
Lawrence (W. J. C.), Scott-Moncrieff (R.) et-STURGESs (V. C.). — J. Gene¬
tics, 38, 299-306 (1939).
Lawrence (W. J. C.) et Price (J. R.). — Biol. Rev., 15, 35-37 (1940).
Marheineke (J.). — Jahrb, Wissen. Bot., 83, 593-656 (1936) (in Blank, p. 281).
Matula (V. H.) et Maceck (C. B.). — Chem. Obzor., 11, 83-4 (1936) (in Chem.
Absl., 30, 7059).
Mihailescu (G.). — Bull. Sect. Sci. Acad. Romania, 25, 1-12 (1942).
Môbius (M.). — Botan. Rev., 3, 351 (1937).
Molisch (H.). — Forschungen v. Forschr. Deut. Wiss-, 5, 418 (1939) (in
Blank, p. 281).
Pratt (O. B.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 125, 188 (1924).
Robinson (G. M.). — J. Am. Chem. Soc., 61, 1606-7 (1939).
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
149
Robinson (R.). — Naturivissenschaften, 20, G12-18 (1932) ; Nature, 137, 172-3
(1936).
Robinson (G. M.) et Robinson (R.). — Biochem. J., 25, 1687 (1931) ; Nature,
130, 21 (1938) ; J. Am. Chem. Soc., 61, 1605 (1939).
Scott-Moncrieft (R.). — J. Genetics, 32, 117 (1936).
Shroder (H.). — Jahrb. Wissen. Bot., 79, 714-52 (19 3 4) (in Btank, p. 283).
Shibata (K.) et Hayashi (K.). — Acta Phytochim. (Japan), 15, 219-22 (1949)
(in Chem. Abst., 44, 7386).
Shibata (K.), Hayashi (K.) et Isaka (L.). — Acta Phytochim. (Japan), 15,
1733 <1949) (in Chem. Abst., 43, 8450).
Smith (E. P.). — Trans. Bot. Soc. Edinb., 30, 230-8 (1931) ; Protoplasma,
18, 112-24 (1933).
Storck (A.). — Angewandte Bot., 24, 397-456 (1942) (in Btank, p. 254).
Wiggin (W. W.) et Gourley (J H.). — Ohio Agr. Exp. Sta. Bull, 484 (1931).
Willstâter (R.) et Mallisson (H. X.). — Ann-, 408, 147-62 (1915).
Willstâter (R.) et Everest (A. E.). — Ann., 401, 189-232 (1913).
Willstâter OR.) et Zollinger (E. H.). — Ann., 412, 164-78, 195-216 (1917).
Source : MNHN, Paris
CH. SANNllî JBT
II. SAI'VAIN.
GÉNÉTIQUE ET PIGMENTS DES PLANTES.
On sait que la génétique est fondée sur l'observation des carac¬
tères obtenus lorsqu’on effectue le croisement de deux variétés de race
pure. Ces variétés, pour être utilement comparées, doivent posséder
des caractères qui s’opposent mutuellement et sont exclusifs l’un de
l’autre. On dit alors qu’ils sont allélomorphes ou mendéliens, les lois
de Mendel étant les lois de l’hybridation.
L’hypothèse chromosomique de l’hérédité admet qu’à chaque
couple de caractères allélomorphes correspond un couple de gènes qui
ne peuvent coexister chez le spécimen de race pure. L’individu issu de
deux lignées pures possédera les deux gènes des parents : c’est un
hybride. Son génotype {') sera intermédiaire entre celui des parents,
son phénotype lui correspond parfois, mais il en diffère souvent, l’un
des caractères dominant l’autre et imposant à la plante l’aspect d’un
des ascendants. A la deuxième génération des hybrides, il y a disjonc¬
tion des caractères selon les lois énoncées par Mendel, et l’on obtient
une certaine proportion d’individus homozygotes faisant retour à la
race pure et d’hétérozygotes qui sont encore des hybrides.
La coloration des lleurs constitue un élément précieux pour ces
éludes, ses variations pouvant être suivies aisément.
Miss Wheldale, la première, se préoccupa des rapports de la
génétique et de la coloration des Heurs par les pigments nnthocya-
niques.
Elle avança l’idée que ces variations de couleur dépendaient du
génotype, la présence ou l’absence de pigments anthocyaniques devant
être rattachée à l’action de gênes qui inhiberaient ou intensifieraient
l’effet de ces pigments. Elle étudia particulièrement, d’abord la répar¬
tition héréditaire des anthocyanosides dans les différents organes des
plantes, puis les rapports de la pigmentation avec d’autres caractères
de nature très différente. Elle envisagea un très grand nombre de cas,
et son étude des diverses variétés d’Antirrhinum majus montre qu’elle
s’était déjà efforcée de discriminer les effets des gênes aux différents
stades de la formation des pigments.
La connaissance de la structure chimique de ces derniers fit pro¬
gresser considérablement les travaux sur ce sujet. Nous avons vu que
la couleur variait selon Je nombre d'hydroxvles présents dans la molé¬
cule, selon le degré de méthylation dans certains cas, enfin selon la
position du résidu glucidique. En outre, des facteurs ne se rattachant
(i) Le génotype correspond k l'ensemble des - caractères hérités des parents, le
phénotype à l’ensemble des caractères apparents.
Source : MNHN, Paris
JiES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
151
plus à la structure interne, tels que le pH du suc cellulaire des pétales
et la copiginentution, intervenaient également.
C’est en 1935 que furent établis avec précision les rapports entre
la génétique et la pigmentation, basés sur l’étude du Dahlia (Law¬
rence et Scott-Moncrieff).
Puis Lawrence, Scott-Moncrieff et Stcruess (1939) étudièrent
le genre Streptocarpus. Ces travaux constituent la base de la théorie
attribuant aux gènes un rôle essentiel dans les réactions qui contrôlent
l’existence des pigments. Enfin l’article très documenté de Lawrence
et Price (1940) envisage sous tous ses aspects cette question de la
couleur des fleurs.
Le génotype détermine la présence des pigments. Nous avons vu
dans un autre chapitre que Robinson (1936) attribuait l’origine des
pigments anthocyaniques à un « précurseur », qui se forme par une
série de condensations aldoiiques et de déshydratations, et aboutit
finalement à ces pigments. Il est probable que, dès ce stade, les gênes
interviendraient ; des gênes dominants influenceraient certaines de
ces réactions et seraient ainsi indispensables à cette formation. Rap¬
pelons qu’un gène est dit dominant lorsqu’il produit le même phéno¬
type, à la fois chez l’homozygote et chez l’hétérozygote. Tantôt un seul
gêne dominant permet la formation d’un pigment anthocyanique ou
flavonique ( Phascolus nuiltiflorus), tantôt des gênes complémentaires
sont nécessaires ( Cheirantus Cheiri, Lathijrus odoratus). Si dans une
autre variété l’un des gênes devient récessif, le pigment ne se forme
plus. On croyait tout d’abord que la présence d’une flavone était indis¬
pensable à la formation du pigment anthocyanique. Or, dans certains
cas, il n’y a pas de flavone, et cependant on trouve des anthocyano-
sides ; certains gênes ont donc le pouvoir de transformer le précur¬
seur en anthocyanoside. D’autres gênes agissent à la fois sur la forma¬
tion des flavones et celle des anthocyanosides, peut-être par une action
spécifique sur un enzyme commun aux deux pigments.
Du point de vue quantitatif, on a remarqué que la pigmentation
était parfois d’intensité différente chez l’homozygote et chez l’hétéro¬
zygote. Chez ce dernier, plus pâle, un seul gêne dominant exercerait
son action, et dans ce cas le caractère est incomplètement dominant
par rapport à l’homozygote, chez lequel deux gênes déterminent la
coloration (Mirabilis Jalapa). D’après Goldschmidt (1938), cette domi¬
nance incomplète dépendrait de la vitesse des réactions intervenant
dans la formation des pigments, vitesse contrôlée par les gênes.
L’expression phénotypique de ceux-ci serait donc influencée par la
température, qui est un des facteurs contrôlant la vitesse des réactions.
Une température déterminée serait favorable à la formation du pig¬
ment ; si elle dépasse 25 à 30", le pigment apparaît plus rapidement,
mais en moins grande quantité.
Lorsque le caractère dominant dépend de plus de deux gênes,
comme dans les plantes polyploïdes, il se produit un effet additif : plus
il v a de gênes, plus il se forme d’anthocyanosides.
Enfin, certains gênes n’agissent que pour augmenter ou diminuer
Source : MNHN, Paris
152
Ul. SANNIÉ KT H. SAUVA1N.
la quantité de pigment, et s’il y a coexistence de deux gênes d’action
opposée, la quantité de pigment produit est évidemment moindre.
L’étude de Dianthus Cnryophyllus faite par Gkissman et Mkhi.-
qi.ist (1947) a bien mis en évidence l’action de gênes inhibiteurs ou
« suppresseurs » dans trois variétés rouges de la fleur, de nuances dif¬
férentes. Elles sont génétiquement identiques, sauf en ce qui concerne
la quantité de ces gênes suppresseurs ; ainsi les anthocvannes y sont
présents dans le rapport de 1 à 2 et à 4, d’où la différence de couleur.
L’action des gênes est dans ce cas strictement quantitative.
De même, la présence simultanée de gênes dont l’un contrôle la
formation de flavones et l’autre celle d’anthocyanols, crée une inter¬
action qui peut rendre un des gênes récessif et par conséquent aug¬
menter le pouvoir de l’autre ( Primula sinensis).
En ce qui concerne les modifications de couleurs, la question est
encore plus complexe. Tout d’abord, les gênes contrôleraient le nombre
d’hydroxyles du noyau phényle fixé en 2. Trois gênes allélomorphes
correspondraient à la pélargonidine, à la cyanidine et à la delphini-
dine ( Callistephus hortensis). On pense'que la formation de ces trois
classes d’anthocyanols est en rapport avec des degrés d’oxydation dif¬
férents ; ainsi les gênes contrôleraient selon le cas une oxydation ou
une réduction, qui d’ailleurs ne serait pas toujours complète ; dans
cette dernières hypothèse, on a affaire à un mélange de divers antho-
cyanosides.
On a pu établir qu’un état d’oxydation élevé est dominant par rap¬
port à une oxydation plus faible. Aussi, connaissant la structure chi¬
mique des anthocyanosides, on saura que la structure delphinidine
est dominante vis-à-vis de la cyanidine dont les hydroxyles ne se
trouvent qu’en 3’-4’ et non en 5’, alors que la pélargonidine n’ayant
qu’un hydroxyle en 4’ est récessive par rapport aux précédentes. La
transformation dans la plante de cyanidine en pélargonidine, ou de
cyanidine en delphinidine ( Callistephus , Streptocarpus, Lathyrus), est
un caractère héréditaire dominant contrôlé dans chaque cas par un
gêne spécifique. Dans le Verbena, au contraire, les dérivés de la del¬
phinidine peuvent être soit dominants, soit récessifs par rapport à
ceux des autres types.
O OH
î)OH
Fig. 1.
Sourcê : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 153
La régularité apparente que l’un remarque en général doit être
due au sens de la mutation se faisant le plus souvent de la delphini-
dine à la cyanidine ou à la pélargonidine. Or cette mutation dépen¬
drait de l’origine du gêne, le gêne d’un mutant étant habituellement
récessif par rapport au gène d’un type sauvage. Pour le Verbena, le
facteur pélargonidine dominant provient <l’un allélomorphe d’un
type sauvage appartenant à une espece contenant un dérivé de la
pélargonidine, et le facteur récessif de la pélargonidine est apparu
par mutation.
Les observations de Gascoigne, Ritchie et White (1948) sur la
dore australienne sont particulièrement intéressantes. Les mutations,
comme la sélection artificielle, ont pour effet d’accroître la présence
de la pélargonidine et de la cyanidine aux dépens de la delphinidine.
fl en est de même pour les diglucosides par rapport aux monoglu-
cosides. Ces mêmes facteurs peuvent aussi augmenter la fréquence
de la méthylation, les lleurs cultivées contenant des anthocyanols dont
la méthylation est plus poussée que dans les fleurs sauvages. Le climat
conditionnerait la distribution des anthocyanols, le type de I’hété-
roside et son degré de méthylation.
D’autres plantes, telles qu ’Anagullis arvensis où la mutation se
fait de la pélargonidine à la delphinidine et où le dérivé delphinidine
(fleur bleue) est récessif vis-à-vis du dérivé pélargonidine (fleur rouge),
ainsi que Salifia* splendens, en sgnt d’autres exemples.
Cependant, la formation des pigments ne peut pas toujours être
expliquée par cette série de transformations allant du type le plus
oxydé au moins oxydé et vice-versa. Ce type d’interaction s’accorde
avec le schéma de la figure 1 (p. 152) basé sur la supposition que le
gêne A conditionne la présence d’une oxydase spécifique pour la con¬
figuration cyanidine, alors que le gêne B détermine la présence d’une
oxydase spécifique pour celle de la pélargonidine. A conduit à une
oxydation en 5’ alors que B le fait en 3’. Si le type cyanidine est le
premier formé, comme l’évidence semble l’indiquer, il est nécessaire
de supposer que l’oxydase correspondant au gêne B agit pour « ren¬
verser » la réduction en position 3’, qui doit autrement se produire
spontanément.
Cette compétition entre les processus d’oxydation et de réduction
est des plus fréquentes. Selon l’intensité et la vitesse de ceux-ci, il
peut y avoir, comme dans Strcptocarpus, soit une augmentation du
produit de réduction, soit au contraire une absence de ce produit,
apparemment complète si la réduction a été beaucoup plus lente que
l’oxydation ; la forme pélargonidine est alors récessive. Dans Primula
sinensis, l’oxydation se fait plus vite que la réduction. L’hétérozygote
ne contient pas de pélargonidine, mais on connaît un mutant qui en
contient beaucoup ; la fleur est saumon foncé. Il y a dans ce cas
accélération du processus de réduction. Dans le Verbena où l’intensité
des deux processus est à peu près égale, on trouve souvent un mélange
de dérivés de la pélargonidine et de la delphinidine.
La formation du glucoside dépend aussi de certains gênes qui
Source : MNHN, Paris
CH. S AN NIH HT H. SAl’VAIN.
J.=.4
agissent spécifiquement. Dans le Ve.rbenu, il se forme soit un 3-mono-
side, soit un 3-5-dimonoside. Un certain gène doit déterminer l’union
en position 5 avec la molécule d’hexose ou éliminer ce résidu gluco-
sidique en même position. Dans « Zea » on trouve, soit le 3-glucoside
de la quercétine, soit le 3-glucoside de la cyanidine, selon le gêne
dominant. Si les réactions sont incomplètes, on a des mélanges de
mono et dimonosides.
En général, le dimonoside est dominant par rapport au monoside.
Dans différentes espèces, deux types de glucosides coexistent, mais
on ne connaît pas leurs relations génétiques ( Dianthus barbatus,
I). Caryophyllus, Phlox Drummondi>. Dans le Verbena, on trouve à
la fois des facteurs dominants et récessifs qui transforment le dimo-
noside en monoside, et on explique ce fait de la même manière que
la transformation de la delphinidine en pélargonidine.
Un cas particulièrement intéressant est celui de Dahlia nariabilis,
étudié par Lawrence et Scott-Moncrieff (1935). Ces auteurs ont
suivi les effets de quatre gênes dont deux produisent des anthocyano-
sides, un troisième déterminant la formation d’une flavone, l’apigé-
’nine, et le quatrième celle d’un pigment jaune vif, probablement fla-
vonique également. Ces gênes exerceraient l’un sur l’autre des actions
cumulatives ou suppressives. Ils contrôleraient aussi l’accumulation
des matières premières devant servir à former les pigments. Les très
nombreuses variations de couleurs que l’on observe dépendraient donc
de leur dominance ou de leur récessivité réciproque.
Dans Dianthus Caryophyllus, Geissman et Mehlquist (1947)
trouvent dans les pétales de la fleur deux flavonols : quercétine et
kaempférol, sous forme de glucosides, et deux anthocyanols, cyani-
dine et pélargonidine, à la fois à l’état de mono et de diglucosides.
Dans certaines fleurs, la cyanidine n’est accompagnée d’aucun autre
anthocyanol (forme magenta). L’un des flavonols prédomine toujours
aux dépens de l’autre dont on a peine à déceler la trace, sinon par
des réactions colorées.
Certains gênes sont nécessaires à la production d’anthocyanols.
Ces auteurs ont montré que, dans ce cas, trois gênes complémentaires
Y, I et A étaient nécessaires. Lorsque Y ou A sont récessifs, la fleur
est blanche ; lorsque I est récessif, et Y et A dominants, elle est légè¬
rement pigmentée, etc...
Des gênes « suppresseurs » donnent aussi aux pétales des nuances
très pâles. Par exemple, les diglucosides d’anthocyanols sont produits
par un gêne M alors qu’avec l’allèle récessif m, les monoglucosides
se forment. Le processus est le même, qu’il s’agisse de cyanidine ou
de pélargonidine.
Certains gênes auraient aussi des effets « épistatiques » (Bateson,
1909), c’est-à-dire qu’ils arriveraient à masquer complètement les
effets d’autres gênes, que pour cette raison on nommerait « hyposta-
tiques». Dans Çheirantas Cheiri par exemple, la présence d’un pig¬
ment caroténoïde jaune, dissimulerait celle d’une flavone. Mais il est
difficile de préciser ces effets dans chaque cas. L’épistasie serait due
Source : MNHN, Paris
les couleurs dus fleurs kt des fruits. tôft
à l’action simultanée de gènes dont l’un ne se manifesterait pas en
présence de l’autre. Elle proviendrait également de certaines interfé¬
rences dans les chaînes de réactions.
La méthylation, qui dépend de l’oxydation antérieure en certaines
positions, est gouvernée par des gênes dont l’action est plus ou moins
complète. Ainsi, dans 'Streptocarpus, la méthylation est complète avec
les dérivés de la delphinidine, mais incomplète avec ceux de la cvani-
dine.
Dans ce cas où la méthylation est incomplète, on a des mélanges
d’anthocyanosides. Dans Lathyrus odoratus, il existe de la malvine
avec un peu de pétunidine. Les anthocyanosides non méthylés des
séries de la dephinidine apparaissent en petites quantités, alors que
l’on trouve 50 p. 100 d’anthocyanosides non méthylés dans la série
cyanidine. Nous avons vu que le type glucosidique était en corrélation
avec la méthylation. Dans les séries cyanidine, la méthylation est
plus complète chez les 5-5 dimonosides que chez les 3-pentose-
glucosides. La méthylation peut aussi dépendre de la présence d’un
co-pigment ; en l’absence de celui-ci, elle est incomplète.
La co-pigmentation dépend elle-mcme de certains gènes. Une
flavone, ne formant pas normalement de complexe d’addition avec
l’anthocyanoside coexistant dans la même plante, peut être rendue
active et se combiner avec ce dernier par l’intervention d’un gêne
spécifique. Dans Lathyras odoratus, on observe des différences dans
la quantité relative de co-pigment flavonique et d’anthocvanoside chez
les fleurs diversement colorées. Les anthocyanosides peuvent même
être remplacés complètement par des flavones (lutéoline, dans les
fleurs jaunes, flavone non précisée dans les fleurs blanches).
Bien que Robinson ait montre que le pH du suc cellulaire n’a pas
une action aussi générale qu’on l’avait cru sur la couleur des fleurs,
il intervient cependant dans certaines limites. Or, ces différences d’aci¬
dité qui vont d’une demi à une unité de pH, et qui se limitent stricte¬
ment aux cellules des pétales, sont gouvernées également par des
gênes. L’exemple de Primula sinensis est assez caractéristique. On a
trouvé qu’un gêne P augmentait considérablement l’acidité du suc
cellulaire. En son absence, celle-ci étant diminuée, la coloration de la
fleur est modifiée. Trois autres gênes coexistent dans la plante. L’un
conditionne la présence du 3-galactoside de la syringidine, l’autre,
récessif, celle de la pélargonidine, et le troisième celle d’une flavone.
On a observé, par interaction de ces quatre gênes, onze couleurs dif¬
férentes pour cette même fleur.
Toutes ces observations et ces hypothèses s’accordent parfaite¬
ment avec l’étude de Streptocarpus faite par Lawrence, Scott-Mon-
crieff et Sturgess (1939) ; il nous paraît utile d’en donner un aperçu
un peu plus détaillé.
Il existe deux groupes distincts de Streptocarpus, l’un acaule,
l’autre pétiolé, comprenant chacun cinquante à soixante espèces. Ces
groupes diffèrent par leur distribution géographique, leur morpho-
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ KT H. SAUVAIS’.
156
logie et aussi le nombre de chromosomes, l’un en possédant trente-
deux, l’autre trente.
La plupart des espèces sont colorées de différentes nuances de
bleu, à l’exception de S. Dunnii, rouge brique, contenant le 3-pentose-
glucoside de la cyanidine et un 3 bioside de la cyanidine. Le S. lutea
est blanc ivoire. Dans la majorité des espèces, oh trouve de la syrin-
gidine ainsi qu’un peu de cyanine. Cependant, chez S. polyanthus et
S. gracilis, il existe un mélange de 3-5 dimonosides de la syringidine,
de la pétunidine et de la delphinidine.
La culture des hybrides, poursuivie pendant plus d’un siècle, a
permis d’étudier à fond les individus obtenus. Ces hybrides peuvent
être de sept teintes différentes : bleu (3-5 dimonoside de la syringi¬
dine), mauve (3-pentoseglucoside + 3-5 dimonoside de la syringidine),
magenta (pæonidine + 3-5 dimonoside de la cyanidine), rose (pæoni-
dine + 3-pentoseglucoside de la cyanidine 4- 3-5 dimonoside), rose
pâle (c-5 dimonoside de la pélargonidine), saumon (3-pentoseglucoside
+ 3-5 dimonoside de la pélargonidine), ivoire (sans anthocyanosides).
La couleur dépend en grande partie du changement dans l’état d’oxy¬
dation de la molécule et de variations dans le nombre des groupes glu¬
cidiques et leur point d’attache.
Ces sept pigments sont déterminés par quatre paires de gênes :
A.a, R.r, O.o et D.d, combinés de manières variées. A est indispen¬
sable à la production des anthocyanols, puisque S. lutea n’en possède
pas, et son action est également quantitative. L’anthocyanol produit
par A est dérivé de la pélargonidine, mais si R est présent, il y a
substitution en position 3’ et l’on a des dérivés de la cyanidine. O pro¬
voque deux substitutions et donne des dérivés de la delphinidine, car
il est épistatique par rapport à R. R et O sont indépendants et contrô¬
lent le degré d’oxydation. Pélargonidine, cyanidine et delphinidine
constituent une série multiple allélomorphe.
Le degré de méthylation est également sous la dépendance de
gênes chez les homozygotes, car R produit un mélange de cyanidine
et de pæonidine et O de la malvidine. D, produisant les 3-5 dimono¬
sides existant dans les fleurs bleues, magenta et rose pâle, est domi¬
nant, et en son absence deux autres paires de gènes donneraient des
mélanges de pentoseglucosides et de 3-5 dimonosides. O, D et o, d
déterminent les couleurs bleu, mauve, magenta et rose, O d et o D
étant responsables des espèces mauve et magenta. Finalement, les
combinaisons de ces gênes peuvent donner naissance aux sept diffé¬
rentes classes de couleurs.
L’étude de Lathyrus odoratus, -faite par Beale et ses collabora¬
teurs (1940), est en accord avec les observations précédentes. Plusieurs
facteurs caractéristiques : couleur, forme des pétales, sont pris en
considération et l’on peut différencier tes espèces et les genres, non
seulement par les variations de ces facteurs, mais par la nature chi¬
mique du génotype. Une différence chimique ne portant que sur un
seul facteur exprime l’activité d’un gêne spécifique. Ainsi ces auteurs,
ayant déterminé une série de facteurs, ont suivi entre autres la trans-
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 157
mission du facteur « salmon » (s m) et du facteur « bright » (b r).
Dans le premier cas, sm est récessif par rapport au type sauvage
pourpre et hypostatique au facteur « rouge » (e) et le type salmon ne
se produit qu’en l’absence de e et sm à la fois ; sm n’est pas allélo-
morphe pour e. On a les types : pourpre : ESm ou E sm ; salmon :
e sm ; rouge : e Sm.
Le facteur « bright » (br) rend la fleur plus foncée et plus rouge ;
on n’observe son action que dans les fleurs pâles, par exemple mau¬
ves (co). Bright n’est pas complètement récessif vis-à-vis du type nor¬
mal, bien que les hétérozygotes ne se distinguent absolument pas des
homozygotes.
Au point de vue chimique, « bright » augmente la quantité d’an-
thocyanoside et diminue celle du co-pigment, c’est-à-dire qu’il a une
action opposée à celle du « mauve » qui contient moins d’anthocya-
noside et plus de co-pigment, sauf dans le cas où le facteur « mar-
roon » (m) est présent ; alors co n’a pas d’action sur le co-pigment.
La fleur pourpre contient de la delphinidine ou ses dérivés, la
fleur rouge de la cyanidine et la fleur « salmon » de la pélargonidine
ou leurs dérivés. Le facteur « rouge » (e) se relie à la perte d’un seul
hydroxyle en 3’, quand l’allélomorphe dominant du « salmon » est
présent, et avec la perte de deux OH en 3’ et 5’ quand coexiste l’allé¬
lomorphe récessif du salmon. Il en est de même pour sm vis-à-vis de e.
On note aussi des différences dans la concentration du pigment, les
« salmon » étant les plus pâles et les pourpres les plus foncées.
Enfin, il semble que, dans ce cas, les flavones et les anthocyano-
sides ne soient pas supprimés par les mêmes facteurs, alors que dans
Antirrhimim ma jus et Pharbitis Nil, les mêmes facteurs suppriment
les deux substances.
Beale et collaborateurs (1940) déterminent sept facteurs qui
agissent sur les quantités de flavones et d’anthocyanosides. Ainsi, le
facteur « mauve » réduit la quantité d’anthocyanoside et augmente
celle des flavones, alors que les facteurs « dark wing » et « bright »
ont l’action opposée ; « bright » et « marroon » suppriment complè¬
tement la flavone sans toucher à l’anthocyanoside. Il semble bien
qu’on puisse constater ici une sorte de « balance » entre flavones et
anthocyanosides, tous deux issus d’un précurseur commun. Le même
phénomène jouerait en ce qui concerne les chalcones et Beadle (1945)
rappelle le fait que les pigments de la couleur des yeux de la Droso-
phile sont soumis à la même loi de compensation.
L’étude de Lathyrus a prouvé que les facteurs modifiant par
exemple l’état d’oxydation de l’anthocyanoside n’agissent pas toujours
en même temps sur la flavone, ainsi qu’on pourrait le croire. Eelle-ci
peut demeurer au même degré d’oxydation et il n’y a pas de corres¬
pondance régulière entre la flavone et l’anthocyamoside présents.
La copigmentation ayant une action considérable sur les varia¬
tions de couleur, Beale et coll. (1940) admettent que les gênes qui la
contrôlent doivent avoir une vitesse de mutation bien supérieure à
celles des autres variations, à moins que les variations des teneurs
Source : MNHN, Paris
CH. SAN NI fi RT II. SAUVAIS'.
relatives en llavones et anthocyanosides ne soient bien plus variées
que tout autre facteur.
Le fait que les leucoanthocyanosides de l’enveloppe des graines
correspondent aux anthocyanosides de la fleur et suivent ses varia¬
tions d’une manière régulière, les uns et les autres ayant les mêmes
réactions pour e et sm, confirme la relation établie par Robinson entre
les deux classes de substances.
Les caractères génétiques de Lathynis suivent donc bien les règles
générales définies jusqu’à présent. 11 n’en est pas de même pour Ver-
bena où les dérivés de la pclargonidine sont parfois dominants, parfois
récessifs pour la delphinidine, où les monosides ont la même attitude
incertaine vis-à-vis des dimonosides, où l’on trouve enfin des mélanges
d’anthocyanosides dus à des facteurs incomplètement dominants ou
qui amènent des modifications.
Cependant, ces quelques études très poussées du Dahlia, du La-
thyrus et du Verbena, ont fait progresser considérablement le problème
de la pigmentation des fleurs qui s’éclaircit utilement en associant la
chimie à la génétique.
Les progrès réalisés dans d’autres domaines de la génétique s’ac¬
cordent avec les connaissances acquises par la culture et l’étude des
fleurs colorées. Le travail de Beadle (1945) représente une intéressante
mise au point de la génétique sur un plan général. En ce qui concerne
la pigmentation des végétaux, cet auteur a précisé l’action des gênes
qui interviennent dans la formation des anthocyanosides, en parti¬
culier du maïs. 11 en tire des conclusions siir la spécificité de ces gênes
qui seront sans doute utilisables dans des recherches ultérieures.
Le développement du pigment dans les différentes parties de la
plante dépend d’une série de gênes non alléliques. Un de ceux-ci est
la paire d’allèles A^a. Les allèles favorables des autres gênes étant
présents, la plante sera colorée ou non selon qu’elle contient dans ses
cellules un ou deux allèles A (AA ou Aa), ou seulement a. Les génotypes
possédant A (AA et Aa) possèdent un dérivé de la cyanidine dans la
tige, les feuilles et autres parties de la plante, alors que la forme
homozygote récessive (aa) contient le dérivé de la quercétine corres¬
pondant.
On sait que certains gênes sont considérés comme « stables »
lorsqu’ils n’entraînent que des mutations rares, alors que des muta¬
tions fréquentes seraient soumises à des gênes « instables ». Dans le
cas étudié, l’allèle a est généralement très stable, mais il peut subir
des mutations fréquentes s’il est en présence d’un gêne dominant dif¬
férent ; a se transforme en A ou en d’autres gênes dominants. Ce con¬
trôle par le gêne d’une mutation spécifique indique tout d’abord que
a ne représente pas la perte complète de A ; en somme, il est
« amorphe » (inactif), n’ayant plus sa fonction hétérocatalytique (c’est-
à-dire qui catalyse la formation d’autres substances), mais seulement
son rôle d’autocatalyseur (formation d’éléments semblables à lui-
même). De plus, il est probable que le gêne stable est impliqué dans
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 159
une des réactions de synthèse de l’anthocyanoside, bien que nous ne
sachions pas encore de quelle manière agit ce gêne.
On voit combien l’étude des gênes permet déjà actuellement de
mieux expliquer ces variations de couleur dont nous ne pouvions jus¬
qu’ici qu’observer les causes apparentes.
D’autre part, les pigments anthocyaniques apparaissent comme
des substances infiniment précieuses du. point de vue de la génétique,
par les facilités qu’elles présentent pour étudier les variations de cou¬
leur déterminées par les gênes. Dans le domaine des végétaux, ces pig¬
ments fournissent un champ d’expériences utilisables pour les recher¬
ches génétiques appliquées aux êtres supérieurs.
Bateson (W.). — Mendel’s principles of heredity. Cambridge (1909).
Beadle (G. W.). — Chem. Rev., 37, 15 (1945).
Beale (G. H.), Robinson (G. M.) et Scott-Moncrieff (R.). — J. Genetics,
37, 375-88 (1939).
Beale (G. H.), Price (J. R.) et Scott-Moncrieff (R.). — J. Genetics, 41, 65-
74 (1940).
Gascoigne (M.), Ritchie (E.) et White (D. K.). ./. Proc. Roi/. Soc. N. S.
Wales, 82 , 44-70 (1939).
Gkissman (T. A.) et Mehlquist (G. A. L.). -- Genetics U.S.A., 32, 410-33
(1947).
Goldschmidt (R.). — Physiological Genetics, 375 p., Mac-Graw Hill Book C ",
édit. New-York (1938).
Lawrence (W. J. C.) et Price (J. R.). — Biol. Rev., 15, 35-37 (1940).
Lawrence <W. J. C.) et Scott-Moncrieff (R.). — ./. Genetics, 30, 165-226
(1935).
Lawrence (W. J. C.), Scott-Moncrieff (R.) et Stvrgess (V. C.). — G. Gene¬
tics, 38, 229 (1939).
Robinson (R.). — Nature, 137, 172-3 (1936).
W heldale-Onslow (M. W.). — Nature, 129, 601-4 (1932).
Source : MNHN, Paris
160
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
ROLE PHYSIOLOGIQUE
DES PIGMENTS BENZOPYRANIQUES DANS LA PLANTE.
De nombreux, auteurs ont tenté d’élucider le rôle des anthocya-
nosides dans la physiologie des végétaux, mais bien peu se sont inté¬
ressés à celui des pigments flavoniques ; cela tient sans doute à la vive
coloration des premiers, qui permet de reconnaître plus aisément leur
présence. Malgré ces travaux, et comme nous allons le voir, les con¬
tradictions se sont accumulées, et aucune preuve satisfaisante d’un
rôle physiologique défini n’a pu être apportée jusqu’à présent.
Les anthocvanosides ont-ils un rôle de régulateur vis-à-vis de la
lumière et de la température ?
Wheldale-Onslow a longuement relaté dans son livre (1925) les
différentes théories proposées ainsi que les critiques auxquelles elles
ont donné lieu. Rappelons seulement ici que Kehner, qui fut avec
Oliver (1894) l’un des premiers à étudier cette question, prétendit que
le pigment anthocyanique interceptait les rayons nuisibles au métabo¬
lisme de la plante, et en même temps les transformait en chaleur ;
ceci expliquerait la production abondante de pigments par les plantes
alpines. Ce rôle d’écran contre un excès de lumière, donc de protection
de la chlorophylle, parut confirmé par des expériences de Kny (1892)
et de Wiesner (1894). Keeble (1895), un peu plus tard, admettait
aussi ce rôle protecteur contre une trop forte insolation et un excès
de chaleur.
Gomme Kerner, Stahl (1896) attribua au pigment anthocyanique
la possibilité de transformer les rayons lumineux en chaleur, mais il
reprit aussi l’idée de Comes (1879-1880), qui voyait un rapport étroit
entre l’absorption de la lumière et la transpiration des plantes. Cette
transpiration ne s’accroît que légèrement sous l’influence de la lumière
de la même couleur que l’organe lui-même, mais elle s’accroît consi¬
dérablement lorsque les rayons sont d’une couleur complémentaire.
Stahl (1896) prouva, par des expériences précises, que la tem¬
pérature des feuilles rouges était plus élevée que celle des feuilles
vertes, et que d’autre part elles possédaient moins de stomates. Il
conclut de ces observations que, dans les régions tempérées, la pig¬
mentation rouge régularisait le métabolisme de la plante aux basses
températures, et que dans les forêts épaisses et ombragées des régions
tropicales, le pigment augmentait la transpiration provoquée par
l’élévation de température. Le petit nombre de stomates dans les par¬
ties rouges permet de limiter cette transpiration qui pourrait être
excessive, et ainsi les stomates restent ouverts plus longtemps et acti¬
vent la transpiration et la photosynthèse.
Ces vues furent fortement critiquées par Ewart (1897), dont les
résultats expérimentaux sont assez différents. Pour cet auteur un
Source : MNHN, Paris
1-ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 161
excès de lumière peut inhiber la photosynthèse, et le pigment antho-
cvanique s’oppose à cette inhibition en protégeant la plante contre cet
excès de lumière. Le pigment absorbe surtout le vert et le bleu, nui¬
sibles à la chlorophylle ; si, selon Stahl il absorbait de la chaleur, ce
serait plutôt dans la partie rouge du spectre. De même, la rareté des
pigments anthocyaniqu.es dans les stomates provient du fait que ces
derniers réagissent à la lumière et qu’il est important qu’ils soient
exposés à la même intensité de lumière que le reste de la feuille.
Plus tard, Smith (1909) confirma cependant une des idées de
Stahl ; le rôle des pigments anthocyaniques était bien d’élever la
température de la feuille, mais il ne pouvait préciser dans quel but.
Kosaka (1933) trouva également une transpiration plus élevée
dans les organes colorés et l’attribua à un accroissement de l’absorp¬
tion de la chaleur par les pigments anthocyaniques.
Zanoni (1934) qui, nous le verrons plus loin, t étudié particuliè¬
rement les échanges respiratoires dans les tissus colorés par les pig¬
ments anthocyaniques comparés aux tissus chlorophylliens et aux
tissus blancs, a conclu que la présence des anthocvanosides corres¬
pondait à une activité respiratoire plus intense, liée à son tour proba¬
blement à un mécanisme thermochimique dépendant de l’absorption
de l’énergie lumineuse. Le pigment fixe et utilise l’énergie ambiante,
et c’est ainsi que s’accentue la différence de métabolisme basal (tel
qu’on le comprend chez l’animal) entre deux tissus dont l’un est blanc
et l’autre .pigmenté par les anthocyanosides. On ne peut dire s’il y a
action directe de la lumière dans le sens photochimique ou dans le
sens physiologique, par un effet stimulant.
Grorer (1944) a observé que, dans les organes colorés des plantes
d’Afrique du Sud, la perméabilité aux rayons lumineux était consi¬
dérablement diminuée.
Une augmentation de l’absorption de lumière dans la région
moyenne du spectre a été signalée par Seybold (1942) chez les feuilles
de Corylus ; il pense cependant que ces pigments ne prennent aucune
part aux réactions photochimiques. S’ils absorbent accessoirement de
la lumière et donnent de ce fait à la plante une certaine énergie, leur
fonction physiologique n’est certainement pas liée à leur nature de
matière colorante. Lawrence, Price, G. et R. Robinson avaient d’ail¬
leurs exprimé la même opinion en 1939, lorsqu’ils disaient que la
formation des anthocyanosides leur apparaissait comme un processus
« aveugle», ayant peu de relation avec les besoins plus spécialisés de
la plante.
Cependant différents auteurs ont attribué au pigment un rôle
important dans l’assimilation. Le fait constaté par Wjllstater et
coll. (1918) que les organes colorés en rouge avaient une assimilation
égale à celle des feuilles vertes est confirmé par Kuilman en 1930, qui
trouve même que l’assimilation y est plus intense.
Sur Perilla nankinensis, Abutilon Avicennæ, Oryza satiua, dont
les feuilles et les tiges contiennent des anthocyanosides, Kosaka (1943)
constate que l’assimilation est réglée par l’apparition de ces derniers.
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 11
Source : MNHN, Paris
162
CH. SANNlfi FT H. SAIVAIN.
an moins en période de croissance et quand la température n’est pas
trop élevée. Dans Abutilon et Datura dont les tiges seules sont pig¬
mentées, il en est de même, ce qui laisserait supposer que les chro¬
mogènes eux-mêmes interviennent dans l’assimilation. Hiiioshi (1933)
constate également un accroissement du pouvoir assimilateur lié à la
présence des pigments anthoeyaniques ou de leurs chromogènes.
Cependant Mousch dès 1920 avait nié le rôle des anthocyanosides
dans l’assimilation du Kimi.man en 1930 obtint des résultats assez
différents selon la plante étudiée. Chez Corylus maxima, Acer plata-
noïdes, Malus pumila, l’assimilation de CO u était, par gramme de
chlorophylle, plus grande dans les feuilles rouges que dans les feuilles
vertes, égale dans celles de Paeonia albiflora et Berberis Neuberti,
moindre dans les feuilles rouges de Fagus sylmticu. D’après Smith
(1949), la fonction du pigment paraît être reliée à la libération de
l’oxygène plutôt qu’à l’absorption de CO-j.
Nous avons vu que Seybold (1942) n’admet pas que les pigments
puissent avoir un rôle physiologique en tant que matières colorantes ;
certains auteurs ont justement supposé que c’était par leur qualité de
glucosides qu’ils intervenaient.
Kurt Noack, puis Jonesco en 1922 ont pensé que les glucosides
sont utilisés par la plante, soit au cours de la photosynthèse lorsque
l’assimilation chlorophylienne est très intense, soit comme substances
de réserve au cours de la maturation et du développement, ou bien
au moment de la germination et de la reprise du développement.
Jonesco a observé une disparition des glucosides dans les plantes
tenues à l’obscurité et dans celles qui meurent. Il croit qu’il se ferait
une hydrolyse sous l’action de certaines diastases, et que les sucres
des glucosides peuvent être utilisés par la plante. Par une série de
dosages sur des plantes décolorées à l’obscurité, il constate une dimi¬
nution des flavonosides et des anthocyanosides et une abondance de
corps phénoliques libres. Il pense que l’anthocyanoside est dédoublé
lui aussi sous l’intluence des diastases avec libération puis utilisation
du glucide qui sert à la nutrition de la plante ; la quantité d’antho-
cyanols libres augmente, alors qu’elle est généralement minime à l’état
normal.
Une observation assez voisine a été faite par Ermolaeva et
Shcheglova (1948) au cours du développement de Perilla ocymoïdes
et Perilla nankinensis. Lorsque la plante passait de la phase végé¬
tative à la phase reproductrice, la teneur en anthocyanosides tombait
brusquement, cette chute pouvant atteindre 45 p. 100 dans P. nan¬
kinensis et le pigment étant totalement absent dans P. ocymoïdes.
D’après Ahmed et Fahmy (1949), il existerait un parallélisme
entre l’apparition de l’anthocvanoside et la formation d’un alcaloïde
dans Hyoscyamus muticus. De même, Shear et Horsfall (1948) ont
signalé un rapport entre la teneur en azote et la couleur des feuilles
du pommier Stayman.
L’hypothèse d’un rôle respiratoire a été émise et soutenue il y
a déjà longtemps par Palladin (1908-9) qui attribua aux pigments
Source : MNHN, Paris
l.lïS COI'I.EI HS DES FLKl'HS ET DES EH11TS.
103
anthocyaniques un rôle de «pigments respiratoires». Mais le méca¬
nisme d’oxydation directe proposé par cet auteur est difficile à ad-
mettre. Zaxoxi (1934) qui, nous l’avons déjà dit, avait constaté une
augmentation des échanges respiratoires dans les tissus pigmentés,
pense que les pigments anthocyaniques pourraient intervenir, comme
le font les substances llavoniques (voir plus loin) dans la chaîne des
oxvdo-réductions, pour libérer et activer l’hydrogène arraché aux
substrats.
Reichel el Burkart (1937; attribuent également un rôle aux
composés anthocyaniques en tant que système oxydo-réducteur. Ils
ont constaté que les anthocyanosides et les anthocyanols sont déco¬
lorés par la levure à 37" dans le vide, et que les formes « leuco »
obtenues subissent une déshydrogénation lorsqu’on les expose à l’air.
En présence du pigment, les aldéhydes sont convertis en acides. Le
processus peut être répété. Après réduction en un leuco-dérivé, l’antho-
cvanol se réoxyderait à l’air. C’est l’oxygène pyranique qui serait le
groupement actif, grâce à la transformation réversible : sel d’oxo¬
nium < >■ O bivalent.
HO '
' { ^OH
/C-Oll
^OH
Il faut bien constater avec Frey-Wysslino (1942) et Robinson
que rien n’est solidement établi en ce qui concerne le rôle physiolo¬
gique des pigments anthocyaniques. Sans aller jusqu’à les considérer,
selon Frey-Wyssling (1942), comme des produits de déchets ayant
la forme de glucosides afin d’être solubilisés dans l’eau et ainsi éli-
minables dans le suc cellulaire, on peut douter cependant qu’ils inter¬
viennent, comme le prétendent Stiles (1936) et Jonesco (1922), par
leur nature de glucosides, soit dans la respiration, soit dans la nutri¬
tion de la plante.
Au contraire, il semble qu’ils puissent jouer un rôle important
dans l’attraction des insectes et des oiseaux. Dès 1793 Sprengel avait
affirmé que c’était la vraie signification des couleurs des fleurs. D’après
certains auteurs, les abeilles seraient particulièrement sensibles aux
bleus et aux violets, les oiseaux aux rouges. Ces idées sont fort dis¬
cutées, mais il est possible qu’on arrive à déterminer une certaine
correspondance entre la nature et la quantité de pigment d"une fleur
et les insectes ou les oiseaux qui les préfèrent à d’autres. On expli¬
querait ainsi la grande variété des anthocyanosides et leur distribu¬
tion géographique.
En ce qui concerne les flavones, le rôle physiologique principal
qu’on leur attribue se rattache à leur intervention dans les mécanismes
d’oxydo-réduction ayant lieu dans la plante.
Si Zanoni <1934) avait déjà pressenti ce rôle des flavones, c’est
Szent-Gyorgyi (1937-1938) qui a établi le mécanisme de leur action.
Source : MNHN, Paris
164
CH. S ANN II-' ET H. SAl'VAIN.
Dans les végétaux, les oxydations cellulaires, c’est-à-dire la com¬
bustion des atomes d’hydrogène arrachés aux métabolites par l’action
des diastases déshydrogénantes, s’accomplit sous l’action d’un certain
nombre de ferments intervenant chacun dans une chaîne de réactions
spécifiques. Parmi ces chaînes de réactions, les deux plus importantes
font intervenir - , d’une part des oxydases capables d’oxyder certains
polyphénols, en l’espèce le catéchol ou orthodihydroxybenzène, d’autre
part les oxydases qui oxydent l’acide ascorbique, les acide-ascorbique-
oxydases. En même temps, line peroxydase intervient pour détruire
l’excès d’eau oxygénée qui se forme au cours de l’auto-oxydation des
catéchols par la polyphénoloxydase ou de l’acide ascorbique par
l’acide-ascorbique-oxydase.
Au cours de cette oxydation, une molécule de catéchol est trans¬
formée en un quinol, qui est ensuite réduit par l’hydrogène des méta¬
bolites. Mais l’eau oxygénée qui en résulte est immédiatement décom¬
posée par la peroxydase présente, l’oxygcne libéré étant utilisé pour
oxyder une seconde molécule de catéchol. On explique ainsi le noir¬
cissement qui apparaît si souvent lorsque l’on coupe ou que l’on trau¬
matise de nombreux organes végétaux, en particulier beaucoup de
fruits ; dans ce cas le mécanisme fermentaire est perturbé, le quinol
formé à partir du catéchol n’est plus réduit et s’oxyde spontanément
à l’air libre en pigments mélanoïdiques.
De même, en présence d’acide ascorbique et de son oxydase, il
existe toujours une peroxydase très active. Cette peroxydase pourrait
oxyder une deuxième molécule d’acide ascorbique, mais cette réaction
est relativement lente ; c’est sur un phénol qu’elle agit et ce phénol
est précisément un dérivé flavonique. Ce dérivé est transformé en un
quinol, qui à son tour oxyde une deuxième molécule d’acide ascor¬
bique en se retransformant en flavone.
. Ainsi les flavones interviennent dans la chaîne des réactions
d’oxydation comprenant l’acide ascorbique et son oxydase spécifique,
servant d’intermédiaire entre le peroxyde formé et la fixation de l’oxy¬
gène de ce peroxyde sur une deuxième molécule d’acide ascorbique.
Effectivement, Huszak, en 1937, a pu montrer que l’ériodictyol et le
quercétol accéléraient l’oxydation de l’acide ascorbique dans la plante.
Ce même auteur attribue les colorations rouges, violettes ou brunes
de certaines parties des plantes à l’oxydation des pigments flavoniques.
On peut résumer la chaîne des réactions proposées par Szent-
Gyorgyi dans le schéma suivant :
(ac. ascorbique-oxydase)
0 2 + ac. ascorbique ->■ ac. déhydro-ascorbique + H,0.,
(l*e molécule)
(peroxydase)
H 2 0 2 + flavone -> H,0 + Forme quinonique de la flavone
|
F. quinonique de la flavone + ac. ascorbique->• ac. déhydroascorbique
(2* molécule) + flavone
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
165
Si l’on accepte les conceptions de Szent-Gyorgyi (1937-38), on
voit que les flavones ont un rôle de premier plan dans le métabolisme
de la plante, puisqu’une partie importante des oxydations végétales
nécessite leur présence. Nous verrons dans un autre chapitre que ces
conceptions jouent aussi un rôle essentiel pour expliquer l’acitivité
vitaminique des flavones dans les organismes animaux.
Ahmed (Z. F.) et Fahmy (1. H.). — J. Ain. Pharm. Assoc., 38, 479-83 (1949).
Blank (F.). — Hotan. Rev.. 13, 241-317 (1947).
Boulanger (P.). — Exposés annuels de Biochimie Médicale, 4° série, Masson,
édit., Paris (1944).
Comes (O.). Rend. Acc. Sc., Xapoli, 12, 267-82 (1879) ; Mem. Acc. Lincei,
Roina, 7, 55-88 (1880) ; C. R. Acad. Sri., 91, 335 (1880) (in Wheldale-
Onslow, p. 135).
Ermolaeva (E. Y.) et Shcheulova (O. A.). Dokladtj Akad. \’auk S.S.S.R.,
60, 901-3 (1948) ; (in Chem. Abstr.. 43, 2 79).
Ewart (A. J.). — Ann. Rot., 11, 439-480 (1897) (in Wheldale-Onslow,
p. 138).
Frey-Wissling (A.). — Xatnrwissenschaften, 30, 500 (1942).
Grober (J.). — Zeits. Xaturforsch., 77, 68-85 (1944).
Hiroshi (K.). J. Dept. Agr. Kyushu lmp. Univ., 3, n“ 9 (1933).
Huszak (I.). Z. Physiol. Chem., 247, 239-47 (1937).
Jonesco (S.). — Ami. Sci. Nat., 4, 310-400 (1922).
Keeble (F.W.). Ann. Bot., 9, 59-93 (1895) (in Wheldale-Onslow, p. 133).
Kerner Von Marilaum (A.) et Oliver (F. W.). The natural history of
plants, London (1894).
Kny (L.). — Estratto dagli atti del Congresso Botanico Internaziole (1892).
Kosaka (H.). — J. Dept. Agr. Kyushu lmp. Univ., 4, 95-126 (1933).
Kuilman (I.. W.). — Proc. Acad. Sci. Amsterdam, 33, 876-8 (1930).
Lawrence (W. J. C.), Price (J. R.), Robinson (G. M.) et Robinson (R.). —
Trans. Roy. Soc., 230, 149-78 (1939).
Molisch (H.). — Pflanzenbiologie in Japan auf Grund eigener Beobachtun-
gen (1926).
Noack (K.). — Z. Botan., 14, 1-74 (1922).
Palladin (W.). — Ber. Deut. Botan. Ges., 26, 389-94 (1908) ; Biochem. Z.,
18, 151-206 (1909).
Reichel (L.) et Burkart (W.). — Xaturwissenschaften, 25 , 318 (1937).
Seybold (A.). — Chem. Ztg., 66, 497-8 (1942).
Shear (G. M.) et Horspali, (F. L.). — Proc. Am. Soc. Horl. Sci., 52, 57-60
(1948).
Smith (A. M.). — Ann. R. Bot. Gard. Ceylan, 4, 229-98 (1909) (in Wheldale-
Onslow, p. 142).
Smith (J. H. C.). — J. Chem. Education, 26, 631-8 (1949).
Sprengel (C. K.). — Das entdeckte Geheimnis der Natur im Bau und in der
Befruchtung der Blumen (1793) (in Blank, p. 284).
Stahl (E.). — Ann. Jard. Bot. Buitenzorg, 13, 137-216 (1896) (in Wheldale-
Onslow, p. 136).
Stiles (W.). — An introduction to the principles of plant physiology (1936).
Szent-Gyorgyi (A.). — Biokhimiya, 2, 151-3 (1937) ; Bull. Soc. Chim. biol.,
20, 846-58 (1938).
Wiesner (J.). — Sitzber. Akad. Wiss. Wien, 103, 8-36 (1894) (in Wheldale-
Onslow, p. 133). ... .. ......
Willstatter (R.) et Stoll (A.). — Untersuchungen uber die Assimilation
der Kohlensaure (1918).
Source : MNHN, Paris
CH. S A N NI K JiT H. SACVAIN.
166
ACTIONS PHARMACOLOGIQUES DES ANTHOCYANNES
ET DES FLAVONES.
Flavones et vitamine P.
C’est en 1936 que Szent-Gyorgyi et ses collaborateurs décrivirent
pour la première fois l’action sur les symptômes vasculaires des
extraits de certains fruits, en particulier du Paprika et du jus de
Citron. Au cours du scorbut, les symptômes hémorragiques ne sont
pas améliorés par l’acide ascorbique seul, alors que les extraits de ces
fruits ramènent à la normale la résistance capillaire. Il se trouvait
donc, dans certains fruits, à côté de l’acide ascorbique, une ou des
substances agissant spécifiquement sur la perméabilité capillaire.
Szent-Gyorgyi isola du jus de citron une substance bien cris¬
tallisée, de couleur jaune, qui avait certains caractères des dérivés
flavoniques ; elle fut appelée citrine.
Les premiers résultats obtenus au point de vue clinique avec la
citrine se montrèrent remarquables, en particulier dans des cas de
purpura vasculaire chez l’homme. Par injections intraveineuses, on
obtenait la disparition des symptômes hémorragiques et le retour à la
normale de la perméabilité capillaire. D’une manière générale, l’action
thérapeutique était si nette que l’on pouvait considérer la citrine
comme une véritable vitamine, que Szent-Gyorgyi appela vitamine P
(vitamine de perméabilité).
Avec Brückner, en 1936, Szent-Gyorgyi établit la nature chi¬
mique de la citrine. Il s’agissait d’un mélange de deux glucosides du
groupe des substances flavoniques, et plus particulièrement de glu¬
cosides flavanoniques. L’un serait l’hespéridine, l’autre un glucoside
de l’ériodictyol, ces deux corps étant deux formes différentes de la
flavanone des oranges et des citrons.
Nous avons vu que l’hespéridine est un flavanonoside ayant pour
aglycone l’hespérétine liée à deux sucres : un rhamnose et un glu¬
cose ; c’est un rhamnosido-6-glucoside. L’ériodictyne est un rhanmo-
side de l’ériodictyol qui diffère du précédent en ce qu’il ne possède
pas de groupe méthyle en 4’. Le fait que dans les fruits qui ne sont
pas encore mûrs, on trouve beaucoup d’hespéridine et peu d’ériodic-
tyne, permet de supposer que pendant la maturation il se ferait une
déméthylation de l’hespéridine en ériodictyne. Ces deux substances
ont toutes les propriétés des flavanones, mais l’hespéridine est inso¬
luble dans l’eau et cristallise facilement alors que l’ériodictyne est
soluble et ne cristallise pas.
Szent-Gyorgyi (1938) a également montré que la citrine contenait
aussi un autre glucoside, flavonolique et non flavononique, la quérci-
Source : MNHN, Paris
LES COL'LliL'HS DES FLEURS ET DES FRUITS.
167
trine, glucosidc de la quercétine, qui provoquerait une hypotension
passagère après injection de citrine. La quercitrine donne par hydro¬
lyse une molécule de rhamnose et une molécule de quercétine
(5,7,3’,4’ tétrahydroxyflavonol).
Bentsath, Rusznyack et Szent-Gyorgyi en 1937 montrèrent, par
des expériences sur le cobaye, que le scorbut expérimental est une
avitaminose mixte C et P. L’hespéridine et l’ériodictyne seraient actifs
sur l’avitaminose P, mais le quercitroside est inactif. C’est donc la
structure tlavanonique qui conditionnerait l’activité vitaminique P.
Mais Zilva (1937), ayant étudié ces mêmes substances sur le
cobaye, obtint des résultats en contradiction avec ceux de Szent-
Gyorgyi. La citrine, pas plus que l’hespéridine et l’ériodictyot n’agis¬
sent sur l’apparition des hémorragies. Les résultats obtenus par l’école
hongroise s’expliqueraient, selon Zilva, par la présence d’acide ascor¬
bique dans les préparations employées. Effectivement, Bensath et
Szent-GyorgyT (1937) admirent peu de temps après que de petites
quantités d’acide ascorbique étaient indispensables pour que la citrine
fut active.
Nous avons vu plus haut (p. 164) le rôle attribué par Szent-
Gyorgyi aux dérivés flavoniques dans les phénomènes d’oxydation de
l’acide ascorbique. La découverte d’HusZACK en 1938 prouvant que
le système peroxyde-peroxydase n’oxyde que lentement l’acide ascor¬
bique, alors que certains diphénols, et en particulier les flavonols,
accélèrent notablement cette oxydation (quercétol, ériodictyol), inclina
Szent-Gyorgyi à modifier son schéma de la manière suivante, en ce
qui concerne les plantes à peroxydase :
I. Ac. ascorbique + ac. ascorbique-oxydase — > ac. déhvdroascorbique
+ h 2 o 2
II. H 2 0 2 -(- peroxydase + flavone + ac. ascorbique — > ac. déhydro¬
ascorbique
La flavone joue donc le rôle de co-ferment de ce système fer-
mentaire.
Dans l’organisme animal, les flavones auraient une fonction ana¬
logue et c’est pourquoi une trace d’acide ascorbique est nécessaire
pour rendre la citrine active. De nombreux auteurs se sont ralliés à
cette hypothèse, et Zacho (1939) en particulier a bien établi que le
cobaye scorbutique dont la résistance capillaire est diminuée n’est
pas amélioré par l’acide ascorbique seul, alors que les extraits pré¬
parés par Szent-Gyorgyi se montrent actifs dans ce cas.
Rusznyack et Benko en 1941 ont confirmé ces résultats sur le
rat qui, soumis au régime scorbutigène, ne montre que des symptômes
d’avitaminose P, disparaissant par administration de citrine et de
glucosides flavoniques.
Lavollay avait, dès 1940, émis l’hypothèse suivante : le tonus
des capillaires est contrôlé par l’adrénaline, qui s'oxyde très rapide¬
ment. L’action de certaines substances, plus particulièrement de
l’extrait d’oranges, sur la résistance et la perméabilité capillaire,
Source : MNHN, Paris
CH. S ANNIE ET H. SAUVA IN.
Ifi8
pourrait s’expliquer par le fait qu'elles inhibent fortement l’auto-
oxydation de l’adrénaline ; une telle inhibition a pour conséquence de
prolonger l’effet pharmacodynamique de l’adrénaline. L’activité sur
la résistance capillaire et le pouvoir protecteur sur l’oxydation de
l’adrénaline vont de pair. D’autre part, dans le système pcroxyde-
peroxydase indiqué par Szent-Gyorgyi, l’adrénaline pourrait rempla¬
cer la deuxième molécule d’acide ascorbique et l’on aurait, dans le
règne animal, le schéma suivant :
« peroxyde-peroxydase-flavene-adrénaline > adrénochrome ».
Des essais furent alors entrepris par Lavollay et Neumann avec
des dérivés flavoniques variés. L’oxydation dans le système :
eau oxygénée - peroxydase - flavone - adrénaline
serait accrue par ces substances dans l’ordre suivant : morine, quer-
cétine, lutéoline, rhamnétine, quercitroside, rutoside ; l’hespéridine
et le naringoside sont sans effet. Lavollay (1942) a d’ailleurs mis au
point un appareil permettant de mesurer l’effet inhibiteur de l’adréna¬
line sur l’intestin isolé de cobaye dans une solution de Tyrode ; cet
effet est abrégé par autooxydation de l’adrénaline. Quand on ajoute au
bain de Tyrode certains dérivés hydroxylés flavoniques, la durée de
l’action de l’adrénaline est considérablement augmentée. L’ordre d’acti¬
vité indiqué pour les dérivés flavoniques marche de pair avec leur effet
physiologique.
Clark et Geissman (1949) ont étudié sur l’intestin isolé du lapin
l’augmentation des effets de l’adrénaline par différents composés fla¬
voniques. La structure moléculaire, essentielle à l’activité est la 3, 3’,
4’-trihydroxyflavone. Un noyau o.dihydroxybenzène n’est pas absolu¬
ment nécessaire. Ont à peu près la même action que la rutine : la
3’-4’ dihydroxyflavone, le d.catéchol, le l.épicatéchôl, la 3-hydroxy
3’-4’ diméthoxyflavone, la citrine.
Lecoq, Chauchard et Mazoué, ayant constaté sur le cobaye privé
d’acide ascorbique que les symptômes neuro-musculaires sont retar¬
dés par administration de vitamines P, admettent que celle-ci protège
aussi l’acide ascorbique de l’oxydation.
Les expériences de Von Euler et Malmberg (1937) sur le taux
d’érythrocytes du sang de cobaye, ont montré que l’activité des vita¬
mines C et P ne s’exercait que sur le cobaye scorbutique et non sur
l’animal sain. L’association des deux vitamines avait un effet prolongé
que ne montrait pas chacune d’elles isolément.
Schmidt et Saubermann (1942) observent également une action
favorable de la citrine sur la pression oculaire du lapin avec un hydro-
phtalmus congénital et non sur celle du lapin normal, mais l’associa¬
tion d’acide ascorbique à la citrine n’accroît pas cette action.
Il est certain qu’on se heurte dans l’expérimentation sur l’animal
à de multiples difficultés, et qu’il est difficile d’évaluer exactement
les résultats obtenus avec telle ou telle substance.
Etudiant in vivo avec Parrot l’action des dérivés flavoniques sur
Source : MNHN, Paris
l.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS. 109
la membrane nictitanle du chat, Lavollay constata que les dérivés de
la phénylbenzo-Y-pvrone 11 e modifiaient pas sensiblement la contrac¬
tion provoquée par l’adrénaline, alors qu’une autre substance, le caté-
chol : 3,5,7,3’,4’,pentahydroxyphényl-benzo-Y-pyrane, provoque une
amplification importante de la contraction de la membrane nictitante.
De plus, chez le cobaye, une seule injection intrapéritonéale de 2 mg
de catéchol augmente considérablement la résistance capillaire et pro¬
longe les effets physiologiques de l’adrénaline.
On sait que les catéchols s’apparentent aux flavones. Certains au¬
teurs ont même émis l’hypothèse qu’au cours du développement de la
plante, il pourrait se faire un passage de la flavone à l’anthocyanol,
puis au catéchol. A la mort de la plante, le catéchol constituerait en
grande partie le produit terminal (voir p. 118).
Les catéchols possèdent dans leur formule deux carbones asymé¬
triques ; on en connaît quatre isomères, qui sont les d- et 1-catéchols et
d- et 1-épicatéchols. C’est le mélange de ces isomères qui serait actif
pour Parrot, Lavollay, Sevestre et Galmiche, et d’autant plus que la
teneur en épicatéchol est plus grande. Par des cristallisations successi¬
ves, ils ont isolé un produit cependant encore impur qui, injecté dans
un cas de purpura chronique, a augmenté la résistance capillaire et
amélioré l’état général.
Gero, en 1947, compara l’action des catéchols et de la citrine sur
l’oxydation de l’acide ascorbique. H utilise la méthode de dosage de
cet acide par réduction photochimique du bleu de méthylène. En pré¬
sence d’un mélange d’épimères du d-catéchol pris comme type de vita¬
mine P, la quantité de bleu de méthylène décoloré est moindre pour
une même quantité d’acide ascorbique si ..l’on accroît la concentration
des catéchols. Il y aurait donc action inhibitrice. Or les catéchols,
seuls, ne décolorent pas le bleu de méthylène. Avec la citrine, l’oxy¬
dation de l’acide ascorbique fut également diminuée et même davan¬
tage qu’avec le catéchol. On peut se demander si l’activité biologique
est liée à cette propriété, comme le pensent ParroT et ses collabora¬
teurs qui croient les préparations de catéchol plus actives sur la résis¬
tance capillaire que la citrine. On doit évidement tenir compte de la
difficulté de se procurer des préparations d’égale valeur, l’activité dé¬
pendant de la teneur en épicatéchol qui n’a pu être obtenu à l’état
de pureté.
D’autre part, en 1943, Hiüby, ayant constaté lui aussi que l’hespéri-
dine et l’ériodictyol purs obtenus à partir de la citrine n’étaient pas
actifs sur la résistance capillaire, pensa que l’insolubilité dans l’eau
de l’hespéridine était en cause. Il rechercha des combinaisons solubles
à partir du citron, ayant 'les effets de la vitamine P. Il trouva un pig¬
ment jaune hydrosoluble actif, et établit qu’il était identique à la for¬
me chalcone de l’hespéridine synthétique. Déjà Wawra et Webb avaient
trouvé en 1942 un complexe protéique de la forme chalcone de l’hes¬
péridine dans l’extrait aqueux de peaux de citron, actif sur la résisr
tance capillaire. - _
Scarborough, ayant isolé en 1945 le même pigment jaune, con-
Source : MNHN, Paris
17G
CH. SANNIÉ ET K. SAUVAIS'.
sidéra l’hespéridine comme une provitumine dont le composé actif,
après absorption par l’organisme, serait précisément cette forme chal-
cone. D’autres substances seraient également efficaces, tels certains
extraits solubles dans l’eau dont la nature n’est pas exactement connue
et que Poli.ard considère comme des glucosides de type flavonique.
En fait, le nom de vitamine P serait une désignation collective compre¬
nant un certain nombre de substances plus ou moins bien définies.
En 1942, Wawra et Webh, au cours de leur étude du complexe
protéine-hespéridine-chalcone, démontrèrent qu’il doit exister un équi¬
libre entre l’hespéridine sous forme de glucoside flavanonique et son
isomère ouvert : la chalcone-hespéridine (3’, 2’, 4’, (P tétrahydroxy-4-
méthoxychalcone), équilibre penchant vers cette dernière en milieu
alcalin et vers la forme flavanone en milieu acide. La chalcone peut
former des complexes avec d’autres protéines et il est probable qu’à
l’intérieur des tissus, ces complexes expliquent sa solubilisation. Ces
mêmes complexes pourraient aussi servir de transporteurs d’hydrogène
dans les tissus animaux. Et, comme nous l’avons déjà dit, Wawra et
Webb ont observé expérimentalement qu’en effet la forme chalcone de
l’hespéridine diminue la fragilité capillaire et empêche les hémorragies
locales. Hughes et Parkes à la même époque (1946) différenciaient les
formes chalcones les plus actives de celles qui le sont moins. L’hydro¬
génation de la double liaison en 2 et 3 supprime l’activité. Les for¬
mules données ci-dessous indiquent, dans le schéma A, les substitu¬
tions les plus efficaces :
R ,=OH.... R s =OH.... R 3 =H actif
» OH.... » OCII 3 .. » OH actif
» OCH 3 .. » OH.... » OH peu actif
» H. » OH.... » H actif
Ces mêmes auteurs ont préparé toute une série de dérivés hydro¬
solubles des chalcones (glucosides d’esters phosphoriques, etc.) qui
sont tous extrêmement actifs.
D’autre part, Lavollat a trouvé que la phlorétine (hydrochalcone)
et son glucoside, la phlorizine, agissent également. Et, fait plus curieux,
une coumarine comme l’esculétine
aurait un effet remarquable, ainsi <fue son glucoside l’esculine.
En 1943, Griffith avait obtenu des résultats positifs sur la fra¬
gilité capillaire en utilisant une autre substance flavonique, la riitine,
Source : MNHN, Paris
I.KS COt'LBlRS DBS FLEUKS BT DBS l-TU'ITS. 171
glucoside de la quercétine, isolé en 1842 par Wkiss des feuilles de la
Rue des jardins et qui existe aussi dans de nombreuses plantes. Le
meilleur rendement est actuellement obtenu à partir des feuilles de
sarrasin rouge où elle fut découverte en 1858 par Schungk (voir page
12 ).
Couru, Naghski et Khewson utilisèrent en 194(5 la rutine du sar¬
rasin pour leurs expériences ; ils établirent par la méthode de Gothlin
(pétéchies sous-cutanées) qu’elle déterminait un accroissement nota¬
ble de la résistance capillaire.
La rutine administrée à des malades ayant une trop forte tension
et de la fragilité capillaire donne des résultats positifs chez 75 à 88
]>. 100 des malades, non pas sur la tension, mais seulement sur les ca¬
pillaires. Même après arrêt du traitement, les capillaires demeurèrent
normaux, (’.e rétablissement de l’état normal des capillaires pourrait
permettre d’arrêter et de guérir des hémorragies de la rétine, du cer¬
veau, et des hémorragies post-opératoires, chez les sujets hypertendus,
bien qu’elle n’ait effet ni sur la tension, ni sur les hémorragies dues
au manque de vitamine C.
La rutine pourrait servir aussi à neutraliser l’action de substan¬
ces telles que les thiocyanates, les salicvlates et les arsenicaux qui
accroissent la fragilité capillaire.
Wilson, Mortarotti et Fi.ovd de Eus ont estimé le pouvoir
antioxydant de la rutine sur l’adrénaline en mesurant l’inhibition de
la contraction adrénalique sur une portion isolée du colon de cobaye.
Ce test a donné de bons résultats quantitatifs. Ils ont étudié aussi
l’effet de la rutine sur le cobaye ayant reçu des injections d’histamine.
L’activité ne se manifeste que si l’injection de rutine a été faite de
10 à 30 minutes avant celle d’histamine ; elle est négative sur les orga¬
nes isolés. Cette protection de l’animal contre le choc histaminique
s’explique par le retard que la rutine détermine dans la destruction
in vivo de l’adrénaline, celle-ci ayant une teneur élevée dans le sang.
Beiler et Martin (1947) ayant observé que l’hyaluronidase ac¬
croissait la fragilité capillaire, ont essayé de démontrer l’action inhi¬
bitrice vis-à-vis de l’h 3 'aluronidase de toute une série de substances.
Ils trouvèrent que l’acide ascorbique et le dicoumarol inhibaient la
diastase alors que, de tous les autres composés : hespéridine, sa mé-
thylchalcone, esculine, esculétine, son dérivé méthylé et la rutine,
seule cette dernière était active à une concentration élevée. Cependant
ces composés, combinés à l’acide ascorbique, devenaient inhibiteurs,
en particulier la méthylchalcone de l’hespéridine.
Treize flavonoïdes furent étudiés récemment (Rodney, Swanson,
Wheeler, Smith et Worrel, 1950) in vitro et in vivo pour leur action
sur l’hyaluronidase bovine. In vitro, les aglycones furent plus actifs
que les glucosides et les groupes OH en 3’ et 4’ étaient indispensables
à l’activité. In vivo, celle-ci serait accrue par l’oxydation des dérivés
flavoniques par la peroxydase et par l’élévation du pH. L’action inhi¬
bitrice sur l’hyaluronidase streptococcique, là ft.gtycuronidase, le lyzo-
zvme et l’oxydation de l’adrénaline par la tvrosinase obéirait aux
Source : MNHN, Paris
172
CH. S AN NI 6 ET H. SAITVAIN.
mêmes exigences structurelles que dans le cas précédent. Ces résultats
furent obtenus avec la rutine, la quercitrine, la quercétine, la dihydro-
quercétine, le d.catéchol, l’ériodictyol, l’homoériodictyol, la rhamnéti-
ne, la naringénine, l’hespéridine, la inéthylchalcone de l’hespéridine.
D’une manière générale et connue l’avait déjà vu Szent-Gyorgyi,
l’association des vitamines P et C est nécessaire. La vitamine C agit
à elle seule déjà sur les hémorragies scorbutiques, mais son effet serait
«ccru par les substances constituant la vitamine P.
Il est certain qu’avec la multiplicité des substances auxquelles on
accorde un pouvoir vitaminique P, il faudrait, pour établir avec certi¬
tude la valeur de ces composés, les obtenir dans un état de pureté qui
permette d’en connaître la composition exacte, ce qui n’est pas tou¬
jours le cas.
D’autre part, il faudrait pouvoir normaliser les tests utilisés, et
surtout posséder un test biologique quantitatif permettant à coup sûr
de mesurer l’activité relative de ces substances. Or les méhodes em¬
ployées sont multiples et discutables. Bacharach, Coates et Middleton
(1942), établirent un rapport entre la dose de vitamine P utilisée et la
réduction minima de pression provoquant un certain degré d’hémorra¬
gie. Majovsky et ses collaborateurs (1944) déterminèrent le degré
d’hémorragie pulmonaire produite chez la Souris par une brusque
chute de pression de 700 mm pendant une minute ; Kibrick et Gold-
farb (1944) n’accordent aucun crédit à cette méthode. Hughes et
Parkes (1946) employaient la méthode de Bourne modifiée. A des
cobayes en avitaminose C, Bourne (1943) administrait 0,5 mg d’acide
ascorbique par jour jusqu’à ce que la résistance capillaire tombe à
un minimum. Puis il leur donnait la substance à étudier et notait les
changements qui survenaient dans la résistance capillaire. Hughes et
Parkes provoquaient un hématome et relevaient la proportion des
animaux chez lesquels la résistance des capillaires s’élève à ce mo¬
ment.
Il faut observer en outre que les tests employés par les différents
auteurs sont difficilement comparables, suivant qu’ils cherchent à dé¬
terminer la résistance des capillaires ou leur perméabilité.
Pour mesurer l’activité de la rutine, GoThlin (1947) a proposé
d’observer et de compter le nombre de pétéchies (hémorragies cuta¬
nées) qui apparaissent sur le bras d’un individu, d’abord à l’état nor¬
mal, puis à la suite de surpressions de valeur déterminée. On calcule
ainsi « l’index pétéchial », test de résistance capillaire.
Cette méthode, diversement modifiée, a été utilisée par plusieurs
auteurs : Hecht, Bacharach (1942), etc., qui apprécient sa grande sen¬
sibilité. Paris et Vairel (1949) pour la même raison la préfèrent aux
méthodes qui mesurent la perméabilité. L’animal de choix est le Lapin,
à qui il n’est pas nécessaire d’administrer de la vitamine C en même
temps que les substances étudiées, comme il faut le faire avec le Co¬
baye. On mesure le temps d’apparition des premières pétéchies au
niveau de la région lombaire. Les résultats obtenus en utilisant divers
dérivés flavoniques montrent que les glucosides sont, d’une manière
Source : MNHN, Paris
l.liS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
générale, plus actifs que les aglycones, sans doute parce que plus
solubles. La naringine et l’hespéridine ont peu d’action. La rutine est
la plus active, les catéchols également.
Muschaweck (1950), par cette méthode, a étudié l’action de la
rutine intra-musculaire sur la résistance capillaire. Celle-ci augmente
beaucoup en deux heures et persiste parfois vingt-quatre heures. Les
diméthyl et triméthylesters de la rutine agissent de même, mais sans
effet prolongé.
La mesure de la perméabilité peut être basée, selon Ambkose et
De Eds (1949), sur la diffusion du bleu Trypan chez le Lapin. On me¬
sure le temps de disparition du colorant injecté par voie intraveineuse
dans les régions préalablement irritées par le chloroforme. On a ainsi
étudié en particulier l’action de la quercitrine et de la méthylhespéri-
dine chalcone, qui est la même que celle de la rutine, alors que le
phtalate d’hespéridine est inactif.
Paris et Vairel (1949) ont légèrement modifié cette méthode pour
évaluer l’action de la quercitrine et du scoparoside et la comparer
à celle de la rutine. Dans ces conditions, la rutine, beaucoup plus effi¬
cace, allonge le temps de diffusion du bleu Trypan d’environ 50 p. 100.
Cependant, les catéchols qui augmentent, comme nous l’avons vu, la
résistance des capillaires, ne modifient qu’à peine la perméabilité.
Bohk, Mc Ivor et Rinehart (1949) ont remplacé le bleu Trypan par
le bleu Evans en injection intra-veineuse, associé aux flavones expéri¬
mentées. La mcthylhespéridine chalcone retarde la coloration de la
peau, mais dans des proportions bien inférieures à celles de la rutine
(40 p. 100) et la chalcone de l’hespéridine est presque inactive (3
p. 100).
Haley, Clark et Geissman (1947) ont étudié le pouvoir vitamini¬
que P de divers composés sur les capillaires d’une préparation de
mésentère de rats auxquels ont été faites des applications locales. La
réaction vaso-motrice est observable au microscope ; seuls les caté¬
chols montrèrent un important pouvoir vasoconstricteur.
Mais à toutes ces méthodes peut s’appliquer la critique de Munro
et coll. (1947). Il est toujours difficile de réaliser une absence com¬
plète de vitamines C ou P chez le sujet en expérience, et la valeur de
la résistance capillaire n’est pas spécifique de cette déficience.
L’action physiologique de ce qu’on appelle la vitamine P peut se
résumer par une augmentation de la perméabilité de la paroi des vais¬
seaux capillaires, se manifestant par des hémorragies cutanées (pété¬
chies), sous-cutanées, des muqueuses, et par tous les symptômes for¬
mant le tableau initial des signes hémorragiques du scorbut.
L’action sur le temps de saignement est discutable, les expériences
donnant des résultats contradictoires. Cependant, l’hespéridine asso¬
ciée à l’acide ascorbique et à des doses massives de vitamine D n’a
pas d’effet sur des poulets privés de vitamine K (Correll et Wise,
1942).
Ungar (1944) prétend que la vitamine P administrée au Cobaye
réduit le temps de saignement sans avoir aucun effet vaso-constricteur.
Source : MNHN, Paris
174
CH. SANNIÉ ET H. SA U VAIN.
Les modifications de la formule sanguine n’ont aussi été observées
que par certains auteurs.
Une injection intraveineuse ou l’absorption per os de la vitamine P
déterminerait une augmentation du taux tle calcium sanguin qui serait
liée à l’action hémostatique.
La rutine, administrée par voie orale au Hat adulte, abaisserait
le temps de coagulation (Pu ngian, Min ch et Wolffk, 1948).
Le temps de saignement est certainement diminué par les déri¬
vés flavoniques {Paris et Vairel, 1949), mais le temps de coagulation
l’est aussi ; l’adjonction de sels biliaires et de rutinatc de calcium
renforcent cet effet.
L’efficacité des composés vitaminiques P dans leur action anta¬
goniste du pouvoir anticoagulant du dicoumarol a été étudiée par
Martin et Swayne (1949) sur le Rat. La rutine et le d.catéchol s’oppo¬
sent à l’action du dicoumarol. L’acide ascorbique agit en association
avec le d.catéchol. L’hespéridine est sans effet.
Elimination. — Il semble que la citrine soit complètement éli¬
minée de l’organisme ; au bout d’une heure, on en retrouve 60 p. 100
dans l’urine du lapin après injections intraveineuses de 100 mg par
kg de poids.
Dans l’urine normale, on n’a pas établi nettement lu présence de
dérivés flavoniques.
De même, des injections intraveineuses de 60 mg de citrine n’ont
laissé apparaître qu’une trace de citrine dans le lait de vache et le
lait de femme, alors qu’on en trouvait des quantités importantes dans
l’urine.
Sources. — La vitamine P est extraite principalement des oran¬
ges et des citrons, des pamplemousses et du paprika. Le raisin serait
le fruit le plus riche en vitamine P active, mais le pouvoir vitaminique
diminuerait dans les fruits stockés (Scarborough, 1945). La teneur
en vitamine P de sept différentes variétés de Citrus a été indiquée par
Lo et Chen (1944). D’autre part, pendant la germination de quatre
variétés d’haricot Mung ( Phaseolus ) ainsi que d’une variété de lentil¬
les, on constata une augmentation de la teneur en vitamine P, le temps
optimum de germination différant selon la variété (Lo et Chen, 1944).
Une fraction obtenue à partir du jus de cassis présente un pou¬
voir vitaminique P, mais le flavonol que l’on en a séparé sous forme
cristallisée est inactif (Pollard, 1945).
La rutine a été isolée à partir des feuilles de Ruta graueolens,
d’Heracleum Spondylium, de Solarium tuberosum, de Sambucus nigra,
■du Tabac, de la Tomate et surtout des feuilles de Sarrasin qui ont
un rendement en rutine de 3 à 5 p. 100. C’est à l’époque où le Sarrasin
porte trois à cinq inflorescences que la teneur est maxima, puis elle
diminue. L’intérêt du Sarrasin réside dans le fait que l’on peut faire
plusieurs récoltes dans Tannée, car on peut extraire les feuilles cinq
semaines après avoir semé les graines. Les feuilles fraîches, aussi
Source : MNHN, Paris
I.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
bien que les sèches, sont utilisables. La méthode d’extraction a été
mise au point et la fabrication de la rutine se fait maintenant en Amé¬
rique sur le plan industriel.
On voit, par cette brève revue, qu’il reste encore beaucoup à faire
pour déterminer l’élément spécifiquement actif dans les syndromes du
types vasculaire. On peut penser que les recherches ultérieures per¬
mettront, soit d’isoler La véritable vitamine P si elle existe, soit d’obte¬
nir des substances à fort pouvoir vitaminique, avec tous les emplois
thérapeutiques qui en découleront, soit enfin de préciser les conditions
nécessaires pour réaliser cette avitaminose. Nous ne pouvons que ren¬
voyer le lecteur à la revue récente de Lavollay et Neumann (1949) où
il trouvera l’état actuel de ce problème.
Actions diverses.
L’intérêt suscité par la vitamine P a vivement attiré l’attention
sur les dérivés flavoniques et l’on a pensé que ces substances pou¬
vaient avoir diverses activités physiologiques, autres que celles qu’elles
exercent sur la perméabilité capillaire. Les expériences réalisées par
de nombreux auteurs ont permis de mettre en évidence certaines de
leurs propriétés, présentant un intérêt du point de vue thérapeutique
ou biologique. On a pu ainsi constater que les unes agissent sur le
cœur, d’autres sur la pression, d’autres sur la diurèse, etc...
Action sur la pression artérielle.
Elle est loin d’être générale ; ainsi l’hespéridine et l’ériodictyne
sont inactifs. Mais on nota une forte baisse de la pression sanguine
chez le Chat et le Chien à la suite d’injections intraveineuses de quer-
citrine, de citrine, de naringénine et de rhamnétine. Armentano (1938)
attribua cet effet à une vaso-dilatation. Sokoray et Czimmer (1938)
ont eux aussi constaté une telle chute de tension dans la rate et le
rein du Chien après injection de quercitrine, provoquée par une dila¬
tation des vaisseaux mésentériques isolés.
Par contre, avec le glucoside de Forsythia (quercitrine), Czimmer
(1936) n’observe aucun effet sur la pression sanguine chez le chat.
Raunert a constaté chez l’homme, après injection intraveineuse
de 55 mg de citrine, une baisse légère de la pression artérielle (10 à
15 mm), très fugace.
Action cardiaque.
Les dérivés flavoniques ont une action réelle sur le cœur. Dès
1932, Fukuda avait signalé que la morine, la quercitrine, la rutine et
la myricétine étaient des stimulants cardiaques, des vaso-constricteurs
et des hypertenseurs. L’action est particulièrement nette sur le cœur
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H. SA U VAIN.
176
de grenouille fatigué ou intoxiqué (Jeney et Czimmer, 1936). La quer-
. citrine et la quercétine sont des stimulants cardiaques ; les battements
d’un cœur affaibli sont renforcés et régularisés. Le cœur arrêté par le
chloroforme, Puréthane ou la quinine, se remet à battre. La querci-
trine et la quercétine neutralisent ces actions toxiques et restaurent
l’amplitude et la fréquence normale des contractions. Sur un cœur
paralysé par l’acide lactique, ces substances agissent rapidement et
l’action est proportionnelle à la dose administrée. La qucrcitrine et
d’autres flavonols joueraient le rôle de coenzymes de la vitamine B t
vis-à-vis du système de la déhydrogénase de l’acide lactique présent
dans le muscle cardiaque. Le complexe de la vitamine B! et de son
coenzyme auraient une certaine importance dans le métabolisme nor¬
mal du cœur.
Le glucoside de Forsythia, apparemment identique à la querci-
trine, agit de la même façon (Czimmer, 1936). Il augmente fortement
l’activité du cœur fatigué ou hypodynamique de la grenouille et, en
solution concentrée seulement, il diminue la vitesse des battements du
cœur normal. Sa toxicité est faible et il ne s’accumule pas.
La quercitrine et la quercétine auraient une action stimulante sur
les cœurs isolés de cobaves, de lapins et de chats (Sokoray et Czimmer,
1938).
Enfin la rhamnétine exercerait un effet favorable, analogue à celui
de la quercétine, sur le cœur de grenouille fatigué ou intoxiqué par
les narcotiques ou l’acide lactique. (Jeney et Czimmer, 1938). Il est
intéressant de remarquer que certaines substances flavoniques ont une
action différente sur le cœur. Ainsi l’hespérétol, bien qu’insoluble dans
l’eau, serait toxique pour le cœur.
La variété des propriétés pharmacologiques s’expliquerait par le
fait que dans le noyau phénol de l’hespérétol par exemple, un groupe
oxyméthyle se trouve en position 4’, tandis que dans le noyau de la
quercétine et de la rhamnétine, les groupes OH sont libres et utilisa¬
bles pour des oxydations biologiques (Jeney et Czimmer, 1938).
L’hypéricine, galactoside de la quercétine, extrait d’Hypericum
perforatum (Millepertuis), est également toxique pour les rats. Il y a
là d’ailleurs un phénomène curieux ; lorsqu’on fait l’extraction par
les solvants organiques et qu’on opère à l’obscurité ou en lumière arti¬
ficielle, on obtient un pigment fluorescent qui serait l’hypéricine, et
un pigment non fluorescent qui le devient à la lumière du jour. Lors¬
qu’on fait l’extraction à la lumière du jour, on a un pigment de fluo¬
rescence rouge, dont l’activité pharmacologique est différente ; il est
plus toxique pour les rats que le pigment non fluorescent, aussi bien
avant qu’après sa transformation par la lumière. On ne s’explique pas
encore très bien la différence de nature des deux pigments, qui sont
cependant tous deux toxiques (Bétty et Trikojusi, 1943).
De même le gossypol serait lui aussi toxique pour l’animal. Chez
le chien, les signes d’empoisonnement commencent à apparaître avec
des doses journalières de 5 mg par kg de substance cristallisée, et en
solution huileuse, avec 3 mg par kg et par jour, on observe en 20 à
Source : MNHN, Paris
I.IÏS COULEURS DBS FLEURS ET DES FRUITS.
177
50 jours un certain degré d'inflammation et de dégénérescence organi¬
que. Avec des doses de 150 à 200 mg, il se produit en 6 à 32 heures
une réaction localisée, suivie d’une ulcération et d’une nécrose des
tissus, avec troubles fonctionnels du cœur.
Eaiîle (1950) donne à des chiens, par tubage gastrique, des doses
île gossypol de 15 à 200 mg par kg pendant cinq à douze jours. L’ani¬
mal perd du poids, la diarrhée et l’anorexie apparaissent et il meurt.
Avec des doses de 1 à 5 mg par kg, les mêmes troubles s’installent,
mais l’issue n’est pas fatale.
Le gossypol serait donc essentiellement un poison de la cellule, des
vaisseaux et des nerfs (Mozc.ov, 1940),
Action diurétique.
L’action diurétique des flavones est bien connue et signalée depuis
longtemps. Tous les fiavonols et leurs glucosides, y compris la morine,
la quercitrine, la rutine, |a myricétine, modifient la fonction sécrétoire
du rein. Il se produirait une diminution passagère du volume du rein,
suivie d’une vaso-dilatation plus durable accompagnée d’une augmen¬
tation de la diurèse. Dans Digitnlis purpurea, Nakamira, Ota et Fuku-
(’.hi (1930) ont trouvé un 7-glucoside de la lutéoline qui, en solution
aqueuse, a une forte action diurétique ; de Houttuynia cordata Thumb
ils obtinrent une substance qui serait identique à la quercitrine : 3-
rhamnoside de la quercétine, ayant en solution aqueuse à 1:100.000
une forte action diurétique.
Clerc et Paris (1940) constatent le même effet thérapeutique, par
injections intraveineuses à des chiens, de la digitoflavone de Digitalis
purpurea, par ailleurs inactive sur le cœur, des pigments flavoniques
de Digitalis lutea et de la luteolinc de Réséda luteola. La digitofla¬
vone, à la dose de 0,1 mg par kg, double ou triple l’excrétion urinaire
en produisant une vasodilatation rénale, le scoparoside de Sarotham-
nus scoparius Koch produit aussi une diurèse marquée chez le chien.
L’excrétion des flavones dans l’urine pourrait présenter un inté¬
rêt thérapeutique dans certains cas ; elle semble être modifiée par
certains états pathologiques. D’après Armentano et ses collaborateurs
(1938), chez un individu normal, des doses journalières de citrine (50
à 100 mg) données par voie intraveineuse amènent la saturation en
deux à six jours. Dans les cas de polyarthrites,» les flavones seraient
retenues une semaine ou plus, dans celui de purpura thrombopénique,
la saturation se fait comme dans les cas normaux, alors que dans les
purpuras vasculaires on ne peut atteindre la saturation.
D’excrétion normale journalière de citrine est de 11 à 30 mg ; elle
est inférieure dans de nombreuses conditions pathologiques, mais par
contre supérieure dans les pneumonies. Aussi Armentano et ses colla¬
borateurs (1938) ont-ils proposé sa recherche dans l’urine, comme test
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. 12
Source : MNHN, Paris
178
CH. SANXIK liT H. S.U'VAIN.
pour certaines affections. A 2 cm 3 d’urine, ils ajoutent 5 cm 3 d’une
solution de lactate d’argent et 50 cm 3 de soude à 10 p. 100. Après cen¬
trifugation, on ajoute au liquide 5 cm 3 de NaCN à 5 p. 100 et 5 cm 3
de carbonate de sodium à 20 p. 100. Au bout de vingt-quatre heures,
on mesure la coloration jaune.
On a attribué aux pigments flavoniques d’autres propriétés phar¬
macologiques. Ainsi la quercitrine inhiberait l’hyperthermie provoquée
chez le rat par l’atropine et le dinitrophénol. La température du corps
et la producton de chaleur sont abaissées, la consommation d’oxygène
légèrement diminuée. Elle serait aussi antagoniste du dinitrophénol
(Jeney, Ari et Baranyai, 1939). Cette même action antagoniste se
retrouve aussi vis-à-vis de l’action du dinitrophénol sur l’acide lacti¬
que sanguin, chez le chien (Jeney et ses collaborateurs, 1940).
D’après Rabaté et Courtois (1940-1941), le naringoside et le
rutoside inhiberaient fortement l’action des phosphatases A, (classi¬
fication de Folley et Kay). L’action serait plus marquée avec les
phosphatases du rein, de l’os et du cartilage qu’avec celles du foie
ou du sérum sanguin. Les phosphatases A 2 des amandes et de l’urine
ne sont pas modifiées ; celles du rein et du foie ne le sont que légère¬
ment. La phosphatase A 3 de la takadiastase est à peine inhibée et la
phosphatase A 4 des globules rouges l’est fortement. C’est le rutoside
qui paraît, dans ce cas, le plus actif.
Uri, Korossy et Szeplaki (1947) ont signalé l’effet des substances
flavoniques et anthocyaniques sur les déshydrogénases du muscle de
pigeon. La quercitrine « B », la rhamnétine, inhibent l’action de cet
enzyme, la quercétine et le chlorure de pélargonine sont moins actifs.
En augmentant la concentration, l’effet est plus accusé mais non pro¬
proportionnel. Il varie avec le composé envisagé.
L’inhibition de la décarboxylase de l’histidine, responsable de la
formation de l’histamine, a été déterminée chez l’animal sous l’action
de divers dérivés flavoniques. Seuls les aglvcones agissent à une dose
de 1 mg par cm 3 . La quercétine a 100 p. 100 d’action, l’homoério-
dictyol, 30 p. 100, le d.catéchol, 100 p. 100 et l’acide ascorbique, 15
p. 100. La combinaison de ce dernier avec la méthylhespéridine-chal-
cone ou avec la rutine, produit 50 p. 100 d’inhibition. L’activité des
flavonoïdes serait due à la formation de quinones qui réagissent avec
le groupe sulfhydryle ou amino des protéines (Martin, Graff, Brf.n-
del et Beiler, 1949).
L’effet de la citrine sur le métabolisme de l’acide ascorbique et
sur l’oxydation de certains composés cycliques a été étudié par
Ekman (1947) qui observe sur des cobayes une forte augmentation de
l’excrétion de l’acide ascorbique, aucune action pour la sulfanilamide,
mais une diminution de l’excrétion de phénol et d’acide indoxyl-sulfu-
rique. L’auteur pense que la citrine peut être impliquée dans le méta¬
bolisme de certains composés cycliques lorsqu’elle a été oxydée en
quinone. In vitro, l’acide ascorbique est oxydé par la citrine, la quer¬
cétine en solution phosphatique tamponnée à pH 7 en présence de
citrate ferrique, l’hespéritine en solution phosphatique tamponnée à
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
179
[>H 5,8 en présence d’eau oxygénée el de sulfate ferreux. De faibles
concentrations de flavones augmentent l’oxydation de l’acide ascor¬
bique, mais de plus grandes quantités le protègent contre l’oxydation.
La présence d’une grande quantité de flavones dans les légumes et les
Iruits pourrait expliquer le fait que la concentration en acide ascor¬
bique reste constante pendant longtemps.
Cruz Coke (1947) a montré que la quercétine pouvait être rangée
dans les substances goitrogènes. Elle réduit in vitro le cytochrome
oxydé en présence de tissus dont la teneur en cytochrome-oxydase
n’est pas trop élevée ; c’est le cas de la thyroïde. Elle se comporterait
comme une substance oxydo-réduetrice, agissant comme oxydante
entre pH 4 et 7 et réductrice à pH 7. Ceci s’expliquerait par ses trois
groupements OH en 3,8’ et 4’ capables de se quinoniser, cédant leur
hydrogène. En milieu acide, ces groupements ne s’ionisent pas ; c’est
le groupement en 4’ qui agit alors comme oxydant. La quercétine,
comme goitrogène, est active à des concentrations de 10' 3 , donnée
comme eau de boisson à des rats. Elle agit sur le métabolisme basal,
par son action à la fois sur le cytochrome et sur l’iode. De fait, en
1947, Cri: z Coke et Los Reyes ont signalé chez le rat, avec un rhamno-
side de la quercétine, une diminution du métabolisme basal de 20,5
p. 100.
Dans deux cas d’arthrite chronique, Ekmax (1948) n’a pas obtenu
de modification des symptômes cliniques, mais l’indol libre et l’acide
indoxylsulfurique du sérum furent diminués.
De bons résultats furent obtenus dans plusieurs cas de toxémie
de la grossesse avec albuminurie, en utilisant la citrine et l’acide as¬
corbique. Ces substances pourraient donc avoir un effet désintoxi¬
quant.
Les composés flavoniques paraissent encore intervenir dans divers
processus physiologiques. Ainsi ils auraient une action protectrice vis-
à-vis de la lumière sur les infusoires ciliés de l’infusion du foin. Ce
phénomène pourrait présenter de l’intérêt au point de vue des affec¬
tions cutanées avec porphyrinurie.
Enfin, Murti, Rao et Seshadri (1947) attribuent à certains dérivés
Ilavoniques un pouvoir toxique vis-à-vis des poissons. La 7-hydroxy-
flavone, la 3-7 dihydroxyflavone, la galangine, le kaempférol, la quer¬
cétine et la myricétine ont une action faible, mais les esters méthyli-
ques de ces composés et ceux de l’herbacétine, de la gossypétine et de
la quercétagétine sont très actifs. La calycoptërine (3-6-7-8 tétra-
méthoxy 4’-5 dihydroxyflavone), et son éther inéthylique en 4’, sont
extrêmement toxiques pour les poissons. Le groupe toxophore serait le
cycle pyrone contenant la structure —CO—C=C—O—.
On avait déjà attribué à la calycoptérine un pouvoir antihelmin-
tique. Il semble, d’après les travaux de Khorana, Motiwala et Ven-
kataraman (1948) que cette action soit maintenant bien établie ; la
calycoptérine est plus toxique pour les vers que la santonine ou l’huile
de Chenopodium. Murti et Seshadri (1948) ont confirmé cette action
de la calycoptérine et de son ester 4’-méthylique.
Source : MNHN, Paris
18" CH. S ANNIE ET H. SAUVAIN.
D’une manière générale, les composés inéthoxylés sont plus toxi¬
ques que les hydroxylés. Les coumarines et les chromones sont moins
actives, car c’est la présence du noyau phényl latéral qui augmente
la toxicité. Les flavones et les chalcones correspondantes sont aussi
utilisées comme insecticides. Nous ne pouvons nous étendre sur cet
aspect nouveau de la physiologie des flavones ; on trouvera des ren¬
seignements plus complets dans une revue récente de Seshadri (1948).
Dans un tout autre ordre d’idées, il faut signaler l’action de.
l’a-naphtoflavone signalée parmi d’autres substances par Zimmerman
et Hitchcock (1939), considérée comme hormone de croissance des
plantes. On l’utilise sous forme de vapeurs. Elle détermine ainsi le
développement parthénocarpique des baies de Houx, des ovules de
Fuchsia et d ’Orchis et l’augmentation de la taille du réceptacle des
fraises.
Particulièrement intéressant est le rôle qui a été attribué à cer¬
tains dérivés flavoniques dans le déterminisme sexuel. D’après Moewus,
toute cellule sexuelle possède une bisexualité potentielle, et la détermi¬
nation définitive de son sexe dépend de facteurs modificateurs inter¬
nes ou externes, ou de facteurs héréditaires. Kuhn et ses collaborateurs
ont soutenu que les cellules bisexuées de certaines algues monocellulai¬
res du groupe Chlamydomonas (Chlamydomonas eugametos f. sy-
noïca ) devenaient des gamètes féminins dès qu’on les mettait dans
une solution contenant ou ayant contenu des gamètes féminins, et
qu’inversement un filtrat de gamètes mâles rendait mâles ces cellules
sexuelles indifférenciées. Les gamètes sécréteraient donc des « termo-
nes », androtermones ou gynotermones, qui déterminent les caractères
sexuels primaires, alors que les hormones sexuelles conditionnent les
caractères sexuels secondaires.
D’autre part, la copulation des gamètes, dans ce même groupe
de Chlamydomonas eugametos, est conditionnée tout d’abord par l’ap¬
parition de cils ou flagelles qui rendent les gamètes mobiles, puis par
l’existence de facteurs de copulation, mâles ou femelles, qui rendent
possible l’union des gamètes.
Kuhn et ses collaborateurs auraient pu isoler le facteur de mobi¬
lisation qui ne serait autre que la crocine, glucoside de la crocétine
extrait du safran, provoquant la mobilisation des gamètes à la dilution
extraordinairement faible de 4 10" 1 *, soit sensiblement 1 molécule de
crocine par gamète.
Le facteur de copulation est un mélange des dérivés cis et trans
du diméthylester de la crocétine, l’aglycone de la crocine. Suivant la
proportion relative de chacun de ces dérivés, on obtient une substan¬
ce de copulation femelle (3 parties de cis pour une de trans) ou mâle
(une partie de cis pour trois de trans).
C’est encore du Safran que Kuhn isola les termones qui détermi¬
nent le sexe de ces mêmes algues. L’androtermone correspond aux
produits de l’hydrolyse d’un glucoside isolé du safran : la picrocrocine.
L’hydrolyse acide ou alcaline aboutit à un aldéhyde, le safranal et
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
1.81
l’hydrolyse fermentaire à un autre aldéhyde voisin ayant en plus
une fonction alcoolique ; il suffit de 1,3 molécule de cet aldéhyde par
gamète pour le transformer en cellule mâle ; la picrocrocine elle-même
se comporte comme une gynotermone, mais il en faut 10 8 molécules
par gamète.
En 1944, Kuhn et ses collaborateurs isolèrent du pollen de Crocus,
et particulièrement du Crocus Sir John Bright, un glucoside cristallisé,
P.F. 188-90°, [a] 2 °„=—85° dans la soude N/10 qui, même à une dilu¬
tion de 1 mg dans 6 x 10' 2 cm 3 d’eau, immobilise les gamètes de
l’algue en faisant tomber les cils. Par hydrolyse de ce glucoside, on
obtient un aglvcone qui se comporte comme une gynotermone, ayant
la même action que la picrocrocine, mais actif à une molécule pour un
gamète, c’est-à-dire 100.000 fois plus que celle-ci.
On pensa donc que ce n’est pas la picrocrocine qui est active,
mais certaines impuretés de l’aglycone. En effet, après hydrolyse et
élimination du safranal à la vapeur, la solution reste active.
Kuhn et Loew ont pu établir la constitution du glucoside du
pollen ; ce serait un mélange de deux produits à partie égale, l’un
ayant un groupe méthoxy, l’autre n’en ayant pas. Le produit actif est
l’isorhamnétine ou 3’-méthyléther de la quercétine. L’effet en est extra¬
ordinairement spécifique : 1 mg dans 4 x 10* cm 3 d’eau donne aux
cellules bisexuées un caractère femelle. Or, la quercétine, la rhamné-
tine, la rhamnazine, l’hespéridine, l’hcspérétine, le kaempférol, la sa-
kuranine, etc... sont sans action. Le 3-méthyléther du 3-4’ diglucoside
de la quercétine du pollen de safran (Crocus) immobilise les gamètes
de l’algue Chlamydomonas (les cils tombent) à une concentration de
1 mg dans 6 X 10 n cm 3 d’eau. Trois autres substances ont la même
action : le tétra-acétate du 3-méthyléther du glucoside du safran et
l’héxacétyl et la tribenzoylgénistéine.
La rutine de Ruta graveolens (1 mg dans 10 T cm 3 d’eau) empêche
la conjugaison des gamètes mâles et femelles sans faire disparaître
leur motilité. Les extraits de tabac qui contiennent beaucoup de rutine
ont la même action.
Bien que les travaux que nous venons d’exposer aient fait l’objet
de sévères critiques, on ne peut les négliger. S’ils sont confirmés, il
faudra envisager pour les dérivés flavoniques un rôle physiologique
de toute première importance.
Cette brève revue des propriétés pharmacologiques des flavones
et de leurs dérivés donne un aperçu des rôles qu’elles peuvent être
appelées à jouer en thérapeutique. On peut du reste penser que de
nouvelles applications leur seront attribuées lorsque des études plus
systématiques auront permis de mieux connaître leurs propriétés phy¬
siologiques ; voir par exemple les résultats d’ Anderson et Berry (1947)
sur l’action de la quercétine sur la toxicité des cultures de Clostridium
botulinum, et ceux de Schraufstatter (1948) qui attribue aux chal-
cones, aux flavonones et aux flavones, une action bactériostatique sur
Staphylococcus aureus ; la morine n’a qu’une faible activité et les fla-
vonols n’en ont aucune.
Source : MNHN, Paris
182
Cil. SANNIK KT II. SAUVAIS.
Les études sur le rôle des pigments iinlhocyaniques sont beaucoup
plus rares, et il ne semble pas qu’ils possèdent une activité pharma¬
cologique intéressante. Cependant, des recherches sont actuellement en
cours sur leur éventuel pouvoir bactériostalique (Bî.axc.k et Sutf.h,
1048), bien qu'aucun résultat positif n’ait jusqu’ici pu être obtenu.
Ambrose (A. M.) et Fi.ovo de Los. ./. Pharmacol. Exptl. Therup., 97, 115-
19 <1949).
Anderson (A. A.) et Berry (J. A.). Science, 106, 644 (1947).
Armentano (L.). Hutz (F.. B.) et Hcs/.nyack (I.). Klin. Wochschr., 17,
739-41 (1938).
Armentano (L.), Bentsath (A.), Berks (T.), Rusznyack (I.) et Szent-Gyorgyi
(A.). — Dent. med. Wochschr.. 62, 132(1-8 (193(1).
Bacharach (A. L.), Coates (M. E.) et Middi.eton (T. H.). liiochem. ./.,
36, 407 (1942).
Beiler (J. M.) et Martin (G. J.>. ./. Biol. Chem.. 171, 507-11 (1947).
Bentsath (A.), Ruszxyack (1.) et Szent-Gyorgyi (A.). — Xalure, 138, 798
(1936) ; 139. 326-7 (1937).
Bentsath (A.) et Szent-Gyorgyi (A.). Xalure, 140, 426 (1937).
Betty (R. C.) et Trikojus (V. M.). -- Austral. J. Exp. Biol., 21, 175 (1943).
Bohr (D. F.), Mc’Ivor (B. C.) et Rinehart (J. F.). ./. Pharmacol. Exptl.
Therap., 97, 243-9 (1949).
Bourne (G. H.). — Nature, 152, 659 (1943).
Bruckner (V.) et Szent-Gyorgyi (A.). — Nature, 138, 1057 (1936).
Clark (W. G.) et Geissman (T. A.). J. Pharmacol. Exptl. Therup.. 95.
362-81 (1949).
Clerc (A.) et Paris (R.). — C. B. Soc. Biol.. 133. 46-48. 59-50 (1940).
Correll (J. T.) et Wise (E. C.) — Poultry Sci, 21, 256-9 (1942).
Couch (J. F.), Naghshi (J.) et Krewsox (C. F.). — Science, 103, 197 (194 6).
Cruz Coke (E.) et Plaza de los Reyes (M.). — Bull. Soc. Chim. Biol., 29,
573-82 (1947)
Cruz Coke (E.) et Plaza de los Reyes (M.). Bol. Soc. Biol. Santiago,
Chile, 4, 103-7 (1947).
Czimmer (A. G.). — Arch. Exptl. Pat h. Pharmak., 183, 587-94 (1936).
Eagle (E.). — Arch. Biochem., 26, 68-71 (1950).
Ekman (B.). — Kffl. Fysiograf. Sàllskap. Land. Fôrh., 17, 155-69 (1947)
(Chem. Abstr., 42, 6437).
Ekman (B.). — Nord. Med., 38, 1112-15 (1948).
Fuler von (H.) et Malmberg (M.). — Z. Physiol. Chem., 249, 85-92 (1937).
Fukudda (T.). — Arch. Exptl. Path. Pharmak., 164, 685-94 (1932).
Gero (E.). — C. R. Soc. Biol., 141, 566-67 (1947).
Gilbert (F. A.). — Chem. Rev, 39, 201 (1946).
Griffith jun. (J. K.), Couch (J. F.) et Lindauer (M. A.). — Proc. Soc. Exptl.
Biol. Med., 65, 339 (1947).
Haley (T. J.), Clark (W. G.) et Geissman (T. A.). — Proc. Soc. Exptl. Biol.
Med., 65, 202-7 (1947).
Highby (R. H.). — J. Am. Pharm. Ass.. 32, 74 (1943).
Hughes (E. G.) et Parkes (M. W) — Festchrift Emit Barrel, p. 216, Bâle
(1946).
Huszak (L). — Z. Physiol. Chem., 247, 239 (1937).
Jeney (A.) et Czimmer (A. G.). — Arch. Exptl. Path. Pharmak., 183, 571
(1936) ; 190, 648-51 (1938).
Jeney (A.), Mehes (J.), Czimmer (A. G.) et Sokoray (L.). — Arch. Exptl. Path.
Pharmak., 187, 553-64 (1937).
Source : MNHN, Paris .
OULEURS DKS FLEURS ET DES FRUITS.
188
1 (!'•)• — Arch. Exptl. Path. Pharmak., 191,
Arch. Exptl.
Jenf-y (A.), Am (L.) et Bahany,
407-22 (1939).
Jeney (A.), Valyi-Nagy (Y.), Vacki (L.) et Micheuk (S.).
Path. Pharmak., 194, 718-24 (1940).
Johnson (E. F.). — Am. ./. Phurrn., 118, 104-75 (1940).
Kekers (P. E.) et Field (J. B.). Science. 107, 10-17 (1948).
Imhkic.k (A. C.) et Goldfarb (A. E.). ./. Phurmac.. 82, 21 1-14 (1944).
K rouan a (M. L.), Motiwala (D. K.) cl Vknkataraman (K.). Proc, indian
Acad. Sci.. 27, 121-7 (1948).
Kuhn (R) et Lôw (I.j. — Ber., 77, 196 (1944).
Kuhn (R.) et Lôw (I.). — Chem. Ber., 81, 363-7 (1948).
Lavollay (J.). — C. R. Acad. Sci., 214, 287-90 (1942) ; Structure et rôle fonc¬
tionnel de la vit. P. Hermann, édit., Paris (1943) ; Congrès de l’Asso¬
ciation Française pour l’Avancement des Sciences. Paris (octobre
1945).
Lavollay (J.) et Neumann (J.). — C. R. Acad. Sci., 212, 251 (1941) ; 213,
193-5 (1941). Exposés Annuels de Biochimie Médicale, 10, 59-75 (1949).
Lecoq (R.), Chauchahd (P.) et Mazoué (H.). — C. R. Soc. Biol., 141, 52 (1947).
Majovsky (G. S.), Lesser (A. J.), Lawson (H.), Carne (H. O.) et Thienes
(C.). — J. Pharmacol. Exptl. Ther., 80, 1 (1944).
Martin (G. J.), Graff (M.), Brendel (R.) et Beiler (J. M.). — Arch. Bio-
chem., 21, 177-80 (1949).
Martin (G J.) et Swayne (V.). — Science, 109, 201-2 (1949).
Mozgov (I. F.). — Veterinariya, 23, n" 23, 38-42 (1948) (in Chem. Abstr.,
40, 7393).
Munro (H. N.), Lazarus (S.) et Bell (G.). — Nutrition Abstracts et Rev.,
17, 298 (1947) (in Ann. Rev. Biochem., 17, 408 (1948).
Murti (V. V. S.), 'RiAO (S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci.,
25, 22-4 (1947)
Murti (V. V. S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 27, 217-22
(1948).
Nakamura (H.), Ota (T.) et Fukuchi (G.). — J.. Pharm. Soc. Japon, 56, 107-8
(1936) ; id. p. 68.
Oser (B. L.). — Ann. Rev. Biochem, 17, 405 (1948).
Paris (R.) et Vairel (V.). — Ann. Pharm. franc., 7, 510-14 (1949).
Parrot (J. C), Lavollay (J.), Sevestre (J.) et Galmiche (P.). — C. R. Soc.
Biol, 138, 179-81 (1944).
Persike (E. G.) et Ureen (H. .T.). — Proc. Soc. Exptl. Biol Med., 65, 339
(1947)
Plungiax (M. B.), Munch (J. C.) et Wolffe (J. B.). ./. Pharmacol. Exptl.
Therap., 93, 383-7 (1948).
Pollard (A.). — Fruits Products J., 24, 139 (1945).
Rabaté (J.) et Courtois (J.). — C. R. Soc. Biol., 134, 468-9 (1940) ; Bull. Soc.
Chim. Biol., 23, 190-5 (1941).
Raunert (M.). — Z. urol., 32, 630-3 (1938).
Rodney (G.), Swanson (A.), Wheeler (L. M.). Smith (G. N.) et Worrel (C.).
— J. Biol, chem., 183, 739-47 (1950).
iRiusznyack (I.) et Szent-Gyorgyi {A.). — Nature, 138, 27 (1936).
iRIusznyack (I.) et Benko (S.). — Science, 94, 25 (1941).
Scarborough (H.). — Biochem. J., 39, 271 (1945).
Schmidt (A. E.) et Saubermann (G. B. C.) - Ophtalmoloyica, 104, 201-2
(1942).
Schraufstatter (E.). — Experientia, 4, 484 (1948).
Seshadri (T. R.). — J. Indian Chem. Soc.. Ind. et New, Ed., II, 35-40 (1948).
Seshadri (T. R.) et Wiswanadham (N.). •— Proc. Indian Acad. Sci., 25,
SokorayML) et 9 CziMMER (A. G.). — Arch. Exptl. Path. Pharmak., 190, 622-
26 (1938).
Steinegger (E.). — Pharm. Helv. Acta, 23, 70 (1948).
Source : MNHN, Paris
1X4
CH. SANNTÉ ET H. SAl'VAIX.
Szent-Gyorgyi (A.) et coll. .Y attire. 138. 27. 1057 (1930) ; Dent. med.
Wochschr., 62, 1135 (1936).
Texg Yi Lo et Shax Ming Chen. J. Chinese (.hem. Soc., 11, 52-01 (1944).
Uxgar (G ). Physiol., 103. 18 (1944)
Uni (J.), Korossy (S.) et S/hpi.aki (S ). 7.. Yiliimiii.. Hormon-nnil l'ermenl-
forsch.. 1 , 137-42 (1947).
Wawra (C. Z.) et Webb (J. L.) Science, 96. 3U2 (1942).
Wilson (II H.), Mortarotti (T C.) ci Fi.oyi» de Eus. ./. PhnrmacoL, 90,
120-7 (1947).
Zacho (C.). — Acta Path. et Microb. Scandinav., 16. 144-155 (1939).
Zilva (S. S). -- Biochem. 31, 915-19 (1937).
Zimmerman (P. W.) et Hitchcock (A. K.). Conlv. Boyce Thompson Inst.,
10, 481-508 (1939).
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE
Source : MNHN, Paris
FLAVONES.
Flavone —- C 15 H 10 O 2 [7-24].
F. 100°. Aiguilles blanches.
Sol. alcool, insol. eau et lessive de soude froide.
H 2 S0 4 conc. : fluorescence bleu violet.
Fusion alcaline : acétophénone, o.hvdroxyacétophénone, ac. benzoïque
et salicylique.
A l’état pur sur les organes de certaines Primulacées.
.ï-hydroxyflavone — Primulétine ( Primulétol ) — C 15 H 10 O 8 [7-19].
F. 157°. Aiguilles jaunâtres.
FeClj : pourpre intense.
Sous forme d’un enduit farineux sur les tiges et les fleurs de Primula
imperialis.
Hydroxyflavones — C 15 H ]0 O 8 [7],
Substance jaune, F. 185°.
Enduit farineux sur Primula florindae.
Substance jaune, F. 153°.
Enduit farineux sur Primula verticillata.
Dihydroxyflavone — C 15 H 10 O 4 [7].
F. 228°. Cristaux orangés.
Dér. acétylé, F. 183°-4°.
Sur Primula denticulata.
5-7 dihydroxyflavone — Chrysine ( Chrysol ) — Çi 5 Hi 0 O 4 [5-11-35].
F. 275°. Tablettes jaune pâle.
Sol. alcalis, ac. acétique et alcool éthylique chauds, à peine sol. éther,
sulfure de carbone, benzène, chloroforme, insol. eau.
Alcalis : solution jaune ; FeCl 3 : violet.
Dér. acétylé, F. 192° ; diacétylé, F. 194-6°.
Fusion alcaline : acétophénone, phlorogluçinol, ac. acétique et ben¬
zoïque.
Hétéroside : TORING1NE (Toringoside) — C^H^Og ; 5 ou 7 glu-
coside, F. 135-7°.
Hydrolyse : chrysol + glucose.
Bourgeons de Peuplier, écorce Pinus Toringo, cœur Pinus Strobus,
écorce Oroxylum indicum, cire d’Abeilles.
Source : MNHN, Paris
CH. SA N N II’: KT H. SAUVAIN.
5-hydroxy, 7-méthoxyflavone Tectochrysine ( Tectochrysol) (éther
inéthylique de la chrysine) C„|H 1;! 0 4 fil].
F. 163". Prismes jaunes.
Dér. acétylé, F. 149 '.
Bourgeons de Peuplier, cœur de Pinus Strobus et Pinus Cembra.
Dihydrochrysine - Pinocembrine ( Pinocembrol ) C ls H 1L >0 4 [11J.
F. 198-200°. Cristaux (alcool mcthylique).
Dans Pinus Cembra L.
Métln/ldihi/drochri/sine - Pmostrobine (Pinoslrobot t C 10 H 14 O, [HJ.
F. 90°.'
Dans le cœur de Pinus Strobus.
5-8 dihydroxyflavone — Primétine ( Primêtol > - C,.-,H u ,0 4 [4-17-25-40].
F. 230-231". Prismes jaunes (EtOH).
Sol. H 2 S0 4 , en donnant une solution jaune, sol. alcalis en donnant une
solution rouge.
FeCl 3 : vert ; + NH 4 OH : brun rouge.
Fusion alcaline : acide benzoïque.
Dér. diacétylé, F. 189“ ; dér. méthylé, F. 211-12".
Feuilles de Primula modesta, souvent mélangée à la tlavone.
7-hydroxy-b’-méthoxyflaiM>ne Pratol — C )(i H 12 0 4 [31-36].
F. 263“-264". Aiguilles jaune pâle ou incolores.
Sol. alcool éthylique chaud, à peine sol. eau, éther, chloroforme et
benzène.
Dér. acétylé, F. 176-177".
Feuilles de Trifolium pratense, var. incarnata et autres.
7-hydioxy-ô-méthoxyflavone — Alpinétine ( Alpinétol ) — C 10 H 12 O 4
' [38].
F. 223°.
Dans Alpinia chinensis.
5, 6, 7-trihydroxyflauone — Baïcaléine ( Baïcaléol ) — C 13 H 10 O r , [39].
F. 264°-266°. Prismes jaune or.
Sol. alcools éthylique, méthylique, éther, acétone, ac. acétique, chloro¬
forme, nitrobenzène et ac. sulfurique.
FeCl 3 : brun noir verdâtre.
Fusion alcaline : ac. benzoïque et acétophénone.
Dér. diacétylé, F. 198-200° ; dér. triacétylé, F. 190-192°.
Dans les racines de Scutellaria baïcalensis, dans l’écorce et les graines
«le Oroxylum indictim.
Hétéroside : BAICALÏNE (Baïcaloside), F. 223°, [a]o — —145°
(pyrid. aq.).
Hydrolyse : baïcaléine, acide glycuronique (glvcuronoside en 7).
Dans Scutellaria columnae.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
189
J, 7-dihydroxy, (i-méthoxyflavone Oroxyline A ( Oroxulol)
C, 0 H 12 O r . [37 -38].
F. 231-232°. Aiguilles jaunes.
Dér. diacétylé, F. 131-132° ; dér. 7-benzoylé, F. 210''.
Dans les racines d ’Oroxytum indicum.
5, 7, A’-trihydroxyflavone - Apigénine ( Apiqènol) — C n H Hl O- [18-
21-28 c].
F. 347-348°. Aiguilles jaune pâle.
Sol. pyridine, un peu sol. alcool éthylique chaud, insol. dans l’eau.
Dér. triacétylé, F. 181° ; dér. tribenzoylé, F. 210-212".
FeClg : brun noir ; carbonates : sol. jaunes ; H,S0 4 conc. : sol. jaunes
à fluorescence verte.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. p.oxybenzoïque, p.hydroxyacéto-
phénone.
Dahlia jaune, Andropogon Sorghum, Daphné Genkiva (avec genkwa-
nine).
Hétérosidks : A PII NE (Apioside) C 26 H, 8 0 14 (7-apiose-glucoside),
F. 228°, [a]i, = —130“ (soude).
Hydrolyse : apigénine, apiosc, glucose.
Dans Persil, Céleri, Matricaria Chamomillu, fleurs Zinnia eleguns,
Dahlia variabilis blanc, Anthirrinum ma jus. Anthémis nobilis,
Chrysanthemum Leur.
COSMOSIIXE (Cosmosiinosidc) C.,,H. >7 0,„ 1,5 OH.„
F. 178° [28a -28d],
Hydrolyse : apigénine, glucose (en 7).
Dans les fleurs blanches de Cosmos bipinnatus.
Glucoside d ’Euphorbia Thymifoliata (7-glucoside).
Ether 7-V-diméthylique de l’APIGÉNINE — C 17 H 14 O r , [6].
F. 174-175°. Longues aiguilles jaunes.
Fusion alcaline : ac. anisique.
Bourgeons de Bouleau.
5-7 dihydroxy, b’-méthoxyflavone — Acacétine ( Acacctol ) — C 16 H 12 0 5
[35-44].
F. 261°. Aiguilles jaune pâle ou incolores.
Sol. alcool éthylique, insol. éther.
FeCl 3 : brun rouge intense.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. p.hydroxybenzoïque.
Dér. diacétylé, F. 203° ; dér. dibenzoylé, F. 201°.
Hétérosides : ACACIINE (Acacioside) C 2g Hg 2 0, 3 , 4 OH,, F. 260°.
7-rhamnoside.
Hydrolyse : acacétine, rhamnose.
Dans Robinia Pseudacacia.
LINARINE (Linaroside), F. 263-265° [10].
Hydrolyse : acacétine, rutinose (glucose + rhamnose).
Dans le sang de Linaria vulgaris.
Source : MNHN, Paris
190
CH. SAN'NIÉ F.T H. SA TWAIN.
5, b-dihydroxy, 7-mèthoxuflavonc Genkwanine ( Genkwanol) -
C 16 H 12 0 5 [27 -27 a -41],
F. 286°. Aiguilles jaune clair.
Sol. alcools méthylique et éthylique, peu sol. dans autres solvants.
FeCl 3 : brun ; Mg + HCl : rouge clair.
Fusion alcaline : phloroglucinol, p.hydroxyacétophénone, ac. p.hydro-
xybenzoïque.
Fleurs de Daphné Genkwa Sieb. et Jucc.
5, 7 -dihydroxy, 8-méthoxyflavone — Wogonine ( Wogonnl) — C 1 S H , 2 05
[13- 13 a - 38 a].
F. 199°-200°-203°. Aiguilles jaunes.
■ Sol. alcalis.
FeCl 3 : vert puis violet ; alcalis : solution brune, puis bleu-vert, puis
vert-jaune.
Fusion alcaline : irétol (1, 3, 5-trihydroxy 2-méthoxybenzène).
Scutellaria baïcalensis.
5, 6, 7, V-tétrahydroxyflavone — Scutellaréine ( Scutellaréol ) —
C 15 H 10 O 6 [8-43].
F. 350°. Cristaux jaune foncé qui avec l’eau de baryte deviennent rou¬
ges, puis verts.
Sol. alcools méthylique et éthylique et ac. acétique bouillants, sol. po¬
tasse, insol, eau.
FeCl 3 : brun rouge ; nitrate d’Ag ammoniacal : rouge brun à froid.
Fusion alcaline : phloroglucinol, p.hydroxyacétophénone, ac. p.hydro-
xybenzoïque.
Dér. tétraacétylé, F. 235-7".
Hétérosiue : SCUTELLARINE (Scutellaroside) C 2 ,H 18 0,o, F. env. 312°,
[a]o = —140°.
Hydrolyse : scutellaréine, ac. glycuroniqùe.
Dans les feuilles et les fleurs de Scutellaria allissima et baïcalensis et
Centaurea scabiosa.
7-dihydroxy, 6, V-mêthoxyflavone — Diméthylscutellaréine
Sous forme de glucoside dans Linaria viilyaris.
5, 7, 3’, A’-tétrahydroxyflavone — Lutéoline (.Lutéolol) — C, 5 Hi 0 O 5 ,
1 ou 2 OH 2 [9- 14-15-26-28 e-32].
F. 328-30°. Aiguilles jaunes.
Sol. alcool éthylique et éther, à peine eau ; sol. aussi alcalis, en don¬
nant des solutions jaunes.
FeCl 3 : vert.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. protocatéchique.
Dér. tétraacétylé, F. 222-4° ; dér. tétrabenzoylé, F. 200-1°.
Hétérosiues : CAESIODIDE (primevéroside).
Hydrolyse : lutéoline, primevérose.
Dans Salix caesia.
Source : MNHN, Paris
Mis COULEURS DES FLEURS KT I)KS FRUITS.
15)1
GALUTÉOUXE (galutéolosi<le) C^H^O,., 3 OH,,
F. 280° (déc.).
Hydrolyse : lutéoline, glucose.
Dans les graines de Gulegu officinalis, dans Réséda luteola.
DIGITOFLAVONOSIDE C 2l H 20 O u , 1,5 OH,, F. 258”.
Hydrolyse : lutéoline, glucose en 7.
Feuilles de Digilalis par pur eu, dans Genisla tinctoria, Humilias japo-
nicus.
MONOARABINOSIDE de Lutéoline.
Dans Anthraxon hispidus (Kariyasu) avec de la lutéoline.
GALACTOSIDE de Lutéoline C-.H^O., ou CHAERO-
PHYLUNE [9].
Hydrolyse : lutéoline, galactose.
Dans les fleurs et les graines de Chaerophyllum sylvestre.
GLUCOSIDE de Chrysaathemum indicum, var. jaune.
Hétérosides non caractérisés dans Lonicera japonica,
avec de la lutéoline.
5, 7, .V-trihydroxy, V-mèthoxyflavone — Diosmétine ( Diosmétol ) —
C 1c H 12 O 0 [20 - 23 - 28 - 28 b - 28 d - 30].
F. 253-255”. Aiguilles jaunes.
Sol. difficilement alcool éthylique, insol. éther.
FeCl s : vert ou rouge brun.
Fusion alcaline : acétovanillone, phloroglucinol, ac. isovanillique.
Dér. triacétylé, F. 195-1 SC.
Hétérosides : DIOSMINE (Diosmoside) C, 8 H.F. 278° (rhamno-
glucoside en 7).
Hydrolyse : diosmétine, rhamnose, glucose.
Dans Hyssopas, Dahlia variahilis, Scrophularia nodosa, Mentha crispa,
Canium maculatum, Capsella Bursa-pastoris, Linoria genistifolia,
OXAPIINMETHYLETHER, apioglucoside en 7.
Hydrolyse : glucose, apiose, diosmétol.
Dans le Persil.
5, 7, 2’, A’-tétrahydroxyflavone — Lotoflavine ( Lotoflavol ) — C ir ,H 10 O 0
[16 -35 a]. '
F. 396°, déc. à 270-300". Cristaux jaunes.
Sol. alcool éthylique et ac. acétique chaud.
FeCI 3 : vert olive.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. P-résorcylique.
Dér. tétraacétylé, F. 176-178".
Hêtéroside : LOTUSIXE (Lotusoside) (', s H 3 ,0 1i; N (7-maltoside).
Hydrolyse : lotoflavine, maltose, CNH.
Dans Lotus arabicas.
5, 7, i’-trihydroxy, 3’-méthoxyflavone — Chrysoériol - C 16 H 12 O e
[20-29].
F. 324-5° et même 327". Aiguilles jaunes dorées.
A peine sol. alcool éthylique et acétate d’éthyle.
Source : MNHN, Paris
192
CH. SANNIK KT H. SAUVAIN.
FeCl ;î : brun.
Dér. triacétylé, F. 200"-215°.
Feuilles d 'Eriodictyon (/lutinosuin.
5, 7-dihydroxy, 0, V-diméthoxyflavone Pectolinarigénine ( Pectoli-
narigénoi) Cj T H J4 Ofl f 10 - 221.
F. 215-210". Aiguilles jaunes.
Dér. diacétylé, F. 151“ ; 7-méthyléther, F. 188".
Hétérosides : PEC TOU N A RI NE (Pectolinaroside) C 2i) H 34 0 13 , F. 240-
50° (déc.).
Hydrolyse : pectolinarigénine, glucose, rhaninose (rutinose).
Dans les fleurs de Linaria vulgaris.
NÉOLIXAROSIDE C 29 H 34 O l5 , 2 OH 2 , F. 232-3".
Dans diverses Linaires.
5, 7, i’-trihydroxy, 3’, ô’-diméthoxi/flavone Tricine ( Tricol )
C 17 H 14 Ô 3 [2-3-12].
F. 134°-13G°. Aiguilles jaune clair.
Sol. H 2 S0 4 en donnant des solutions jaunes.
FeCl 3 : brun rouge.
Fusion alcaline : phloroglucinol + ac. syringique.
Dér. diacétylé, F. 211-213“ ; dér. triacétylé, F. 251-4".
Feuilles de Blé de Khapli et Triticum dicoccum.
5, 7, 3’, V, ô’-pentahydroxyflavono, produit de scission de la Tricine
se trouvant aussi dans le Blé de Khapli.
3’, 5’-dihydroxy, trimélhoxyflavone — Amarbéline ( Amarbélol ) —
C 18 H 10 O t , OH 2 [1].
F. 234°. Aiguilles jaune citron.
Sol. eau chaude.
Fusion alcaline : ac. protocatéchique, un phénol.
Dér. diacétylé, F. 152” ; dér. dibenzoylé, F. 160".
Cuscuta reflexa Roxb. (graines).
AMARBEL1TINE — amarbéline déméthylée.
5, 6, 7, 8, 3’, A’-hexaméthoxyflavone — Nobilétine — C 21 H 22 0 8 [17 a-
34-41],
F. 134". Cristaux jaune pâle.
A peine sol. eau et éther.
Potasse alcoolique : acide vératrique, acétovératrone.
Dér. hexaacétylé, F. 230,5-1,5° ; dér. hexabenzovlé, F. 244-5".
Peau séchée de Citrus nobilis Lour.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
1. Aüarwal (H. R.). — J. hidian Chem. Soc., 13, 531-6 (1936)
2. Anderson (J. A.). — Can. J. Research, 7, 185-92 (1932).
3. Anderson (J. A.) et Perkin (A. G.). — J. Chem. Soc., 1931, 2624-5.
4. Baker (W.). — J. Chem. Soc., 1939, 956-61.
5. Barre (R.). — Rev. can. biol., 1, 485-90 (1942).
6. Baver (K. H.) et Dietrich (H.). — Ber., 66, 1053-4 (1933).
7. Blasdale (W. C.). — J. Roy. Hort. Soc., 72, 240-5 (1947).
8. Charavx (C.) et Rabaté (J.). — J. Pharm. Chim., 1, 155-62 (1940).
9. Clemo (G. R.) et Felton (D. G. I.). — J. Chem. Soc., 19VJ, 1535-6.
10. Dillemann (G.) -- Contribution à l’étude des hétérosides de quelques
espèces du genre Linaria. Thèse Doct. Pharm. (Etat), Paris, 1946.
11. Erdtmann (H.). — Swensk. Kern. Tid., 56, 2-14 (1944).
12. Gulati (K. C.) et Venkataraman (K.). — J. Chem. Soc., 1933, 1644.
13. Hattori (S.). — J. Chem Soc. Japon, 50, 725-34 (1929) ; 51, 472-7 (1930).
13a. Hattori (S.) et Hayashi (K.).— J. Pharm. Soc. Japon, 5't, 919-21 (1933).
14. Hattori (S.) et Matsuda (H.). — Acta Phytochim. Japon, 15, 233-6 (1949).
15. Hayashi (K.) et Inone (T.). — Acta Phytochim. Japon, 15, 53-8 (1949).
16. Henry (T. A.). — J. Soc. Chem. Ind., 57, 213 (1931).
17. Horii (S.). — J. Pharm. Soc. Japon, 59, 552-9 (1939).
17a. — J. Pharm. Soc. Japan, 60, 614-16 (1940).
18. Jacini (G.). — Helv. Chim. Acta, 18, 276-8 (1935).
19. Karrer (P.) et Schwab (G.). Helv. Chim. Acta, 24, 297 (1941).
20. Lovecy (A.), Robinson (R.) et Susagawa (S.). - ./. Chem. Soc., 1930,
817-22.
21. Mayer (F.)- — The cheniistry of natural coloring matters. A/n. Chem.
Soc. Monograph N° 89, traduit par A. H. Cook. New-York, 1943,
161-212. Reinhold Pub. Corp., Edit.
22. Merz (K. W.) et Wu (Y. H.). — Arch. der Pharm., 274, 126 (1936).
23. Mitra (C.), Rao (N. P.), Bhattacharji (S.) et Siddiqui (S.). ./. Sci.
Ind. Research, 6, 19 (1947).
24. Muller (H.). — J. Chem. Soc., 107, 872 (1915).
25. Nagai (W.) et Hattori (S.). — Acta Phytochim. Japan, 5, 1-8 (1930).
26. Nakamura (H-), Ota (T.) et Fukushi (G.). — J. Pharm. Soc. Japan, 56,
107-8 (1936).
27. Nakano (M.) et Tseng (K. F.). - J. Pharm. Soc. Ja/>an, 52, 903-12 (1932).
27a. —■ — — •/. Shanghaï Sci. Inst., 1, 1-15 (l933).
28. Nakaoki (T.). — J. Pharm. Soc. Japan, 55, 173 (1935).
28a. — — J- Pharm. Soc. Japan, 55, 967-78 (1935).
28b. — — J• Pharm. Soc. Japan, 58, 197 (1938).
28c. — — J- Pharm. Soc. Japan, 58, 639-47 (1938)-
28d. — — J • Pharm. Soc. Japan, 60, 502-6 (1940).
28e. — — J. Pharm. Soc. Japan, 69, 3204 (1949).
29. Oesterle (O-A.). — Arch. Pharm., 256, 119 (1918).
30. Oesterle (O. A.) et Wander (G.). — Pharm. Acta Helv., 1, 1 (1926).
ai. Power (F. B.) et Salway (A. H.). — J- Chem. Soc., 1910, 1006.
32. Rabate (J.). — J. Pharm. Chim., (8* s.), 28, 478 (1938) ; 29, 584 (1938).
33. Rao (K V.) et Seshadri (T.R.). — Proc, lndian Acad. Sci., 23, 213-4
34. (Robinson (R.) et Tsp.no (K. F.). — J. Chem. Soc.. 19SS. 1003 4 et 1006.
35. Robinson (R.) et Venkataraman (K.). — J- Chem. Soc., 1926, 2347.
_ _ — J. Chem. Soc., 19J9, 62.
36. Rogerson (H.). — J. Chem. Soc., 1910, 1004. , 1Q .„,
37. Sastri (V. D. N.) et Seshadri (T. R.). — Carrent Sci., 15, 235 (1946).
Mémoires du Muséum. Botanique, t. IL "
Source : MNHN, Paris
194
CH. SAXXlfi ET H. SAUVAIX.
38- Shah (R. C.), Mehta (C. R.) et Wheeler (T. S.). Carrent Sci., 4, 406
(1935).
38a. Shah <R. C.), Mehta (C. R.) et Wheeler (T. S.). — Carrent Sci., 6, 503
(1938).
39. Shibata (Y.) et Hattori (S.). — Acta Phytochim■ Japon, 5, 117-8 (1930).
40. Sugasanva (S.). — J. Chem. Soc., 1933, 1621.
41. Tseng (K. F.). — ./• Pharm. Soc. Japon, 55, 132-45 (1935).
41a. — — J. Chem. Soc., 1938, 1003-4.
42. Venkataraman (K.). — J. Chem. Soc., 1926, 2347.
43. Wessely (F.) et Moser (G. H.). — Monatsh., 56, 97 (1930).
44. Zemplen (G ) et Bognar (R.). — Ber., 74. 1818-24 (1941).
45. Zemplen (G.). Bognar (R.) et Mester (L.). — Ber., 7'5, 489 (1942).
Source : MNHN, Paris
FLAVONOLS.
7-dihydroxy flavonol - Galcmgine ( Galangol) — C tK H 10 O s [16].
F. 214-15", 217-8°, 219-21”. Tablettes jaune clair.
Sol. alcalis et H,S0 4 , à peine alcool éthylique et éther.
FeCl 3 : vert noirâtre ; acétate de plomb : jaune ; solution potassique
fluorescente.
Dér- triacétylé, F. 142-3”.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ae. benzoïque.
Dans la racine de (îalanga avec le kaempférol et dans celle de Datiscea
cannabina.
Kther 3-monométhylique Dans le Galanga ( Al pi nia officinarum).
7-méthuléther de la Galantine — Izalpinine (Izalpinol) — C lfi H,oO
[41 -71a].
F. 195”. Aiguilles jaunes.
Sol. pyridine.
FeCl : , : vert ; + acétate de Na : rouge.
Dér. diacétylé, F. 170-1“ ; dér. dibenzoylé, F. 189 '.
Semences d ’Alpinia japon ira ou sinensis.
à, 7, 2’-trihydroxyflavonol - Datiscétine ( Datiscétol) - - C ln H l0 O rt
[14-38].
F. 276". Aiguilles jaune pâle.
Sol. alcalis en donnant des solutions jaunes, dans H 2 SÜ 4 conc. en don¬
nant des solutions jaunes à fluorescence verte, à peine sol. alcool
éthylique.
Acétate de plomb : ppté jaune ; FeCl â : vert brun.
Dérivé acétylé, F. 141“ ; dér. benzovlé, F. 191-192”.
Fusion alcaline : ac. salicylique.
Hétéroside : DATISCINE (Datiscoside) (1, 7 H 30 0,-, rhamnoglucoside,
F. 192-3°, [a].. = —48“ (alcool).
Hydrolyse : datiscétine, rhamnose, glucose.
Dans Datisca cannabina et dans Paeonia albiflora Iko et Denda noiro.
7, 2’, 4’-t rihydroxy flavonol — Résomorol — C,.-,H in O(i [43].
Cristaux jaunâtres.
Dér. tétraacétylé, F. 129-130".
5, 7, V -trihydroxyflavon.pl — Kaempférol — C, r ,H, 0 O 6 [49-68],
F. 276-8°. Aiguilles jaunes.
Sol- alcool éthylique et éther, sol. alcalis et HjSO., en donnant une solu¬
tion à fluorescence bleue, à peine sol. eau.
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ ET H SAUVAIN.
196
FeCl 3 : vert ; alun de fer : rouge.
Réduit la liqueur de Fehling et le nitrate d’Ag ammoniacal.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. p.hydroxybenzoïque, ac. acétique.
Dér. tétraacétylé, F. 181".
Delphinium Consolida, baies de Rhamnus catharticus, feuilles de Séné,
Prunus spinosa, certains Crocus.
Hétérosides : KAEMPFÊRIXE (Kaempféroside) C 27 H 3U H 1U , 6 OH.„ F.
182-6°, 195°, 304°, [«]„ = —20°, —28° (alcool) [931.
Hydrolyse : kaempférol, deux glucoses-
Dans Cassia angustifolia.
K AEMPFÉR1TRINE (Kaempféritrosidc) C 27 H 30 O, c , 5
OH 2 , F. 201-203° ; 3-rhamposide [90a].
Hydrolyse : kaempférol, deux rhamnoses.
Dans les feuilles A’Indigofera erecta, Polggonum aviculare, feuilles sè¬
ches de Thé.
ROBININE (Robinoside) C M H 40 O ln , F. 195-7° ; 3-robi-
noside [94].
Hydrolyse : kaempférol, deux rhamnoses, galactose.
Dans les fleurs de Robinia pseudacuciu, Vinca minor, var. albu, fleurs
bleues de Vinca minor, Vinca major et dans le genre Melilotirs.
SOPHORAFLAVONOLOSIDE C., 7 H., ( ,O ni , 2 OH.„ F. 207-
208” ; 3-bioside [62 -07-69 -90].
Hydrolyse : kaempférol, sophorosc (glucose + glucose).
Dans les fruits de Sophora japonica.
MULTIFLORINE (Multifloroside) C., 7 H. t0 O n , F- 147-170"
[48].
Hydrolyse : kaempférol, glucose, rhamnose.
Dans les fleurs de Rosa multiflora (Eijitsu).
IlORTENSIAFLA VONOLOSIDE C 27 H. 1(( O, 0 .
Hydrolyse : kaempférol, glucose.
Dans les fleurs de Hgdrangca Hortensia.
LESPIDINE (Lespidoside) C 27 H )n 0 1;t , F 1 , (hydrate) 234“ ;
3, 7-dirhamnoside [27].
Hydrolyse : kaempférol, deux rhamnoses.
Dans les feuilles de Lcspedeza cyrtobotrya.
CALYSTEG1AFLAYONOLOSIDE C 27 H S0 O 15 , 2 OH.,, F.
223-4° ; rhamnoglucoside [35].
Hydrolyse : kaempférol, glucose, rhamnose.
Dans les feuilles et les tiges de Calystegia japonica Chois.
RHAMNOSIDE DE L’ACACIA C 27 H 30 O 15 [67].
Hydrolyse : kaempférol, rhamnose.
Dans Acacia linifolia, Acacia decurrens et l’« Eijitsu » du Japon.
DIGLUCOSIDE D’EQUISETUM ARVENSE [53].
Hydrolyse : kaempférol, deux glucoses.
Dans les tiges d ’Equisetum arvense.
RHAMNOSIDE DU PUER ARIA [62].
Hydrolyse : kaempférol, rhamnose.
Dans les feuilles de Pueraria hirsuta Matumara.
AFZÉLINE C 21 H 20 O 10 , 1,5 OH 2 , F. 172-4° (déc.) ; 3-
rhamnoside [42].
Hydrolyse : kaempférol, l.rhamnose.
Dans le « Doussié », espèce d ’Afzelia.
Source : MNHN, Paris
I.KS COI'Mit'HS DUS FLEURS ET DES FRUITS.
197
ii, 7-dihydroxy, V-méthoxijflautmol Kaempféride ( Kaempféridol) —-
C 1b H 12 O s , OH,, [49].
227-9 ". Aiguilles jaunes.
Sol. éther, acide acétique, alcool éthylique, à peine sol. chloroforme
et benzène, insol. eau.
FeClg : vert olive ; acétate de Pb : jaune foncé ; dans H,S0 4 et les
alcalis, solutions jaunes.
Réduit à chaud la solution argentique et la liqueur de Fehling.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. anisique, oxalique et formique.
I)ér. triacétylé : F. 193-5'' ; dér. tribenzoylé, F. 177".
Dans le rhizome de Galanga (Alpinia officinamm).
V-dihydroxy, 1 -méthoxyflavonol Rhamnocitrine ( Rhamnoçitrol )
- (7-méthyléther du Kaempférol) C I6 H 12 O n [71].
F. 221-2°. Aiguilles jaunes-
Un peu sol. acétone et acétate d’éthyle, à peine sol. alcool chaud, insol.
eau, éther et benzène.
FeCI ;î : vert olive ; H 2 S0 4 : fluorescence verte.
Réduit la liqueur de Fehling.
Dér. triacétylé, F. 200-1".
Fruits de Rhamnus catharticus Linn.
V, 5, 7-trihydroxy 3-méthoxyflavone - Isokaempféride (Isokaempfé-
ridol) (3 mcthyléther du Kaempférol) — C,itH, 2 O fi [71].
F. 270-272". Plaques rectangulaires.
Sol- alcool, facilement sol. soude aqueuse en donnant une solution jaune
brillant.
F'eCl, : couleur brune ; H 2 S0 4 conc. : faible fluorescence bleue.
Pas de précipité par l’acétate de Pb.
Dér. acétylé, F. 161-163°.
Dans Alpinia officinarum.
7, 3’, A’-trihydroxyflavonol — Fisétine (Fustoi) — C ls H 10 O e [4-24].
F. 330°. Aiguilles jaune citron (EtOH). Prismes jaune clair (AcOH);
Acétate de Pb : rouge orange ; acétate de Cu : brun ; FeCl 3 : vert
noirâtre.
Réduit la liqueur de Fehling à chaud.
Dér. tétraacétylé, F- 201-5°.
Hydrolyse alcaline : résorcinol, ac. protocatéchique.
Dans Rhus rhodantema, succedanea, Cotinus.
Hétérosides : FUSTOSIDE C 36 H 28 0 14 , F. 218-9°, rhamnoside.
Hydrolyse : fisétine, rhamnose.
Dans le bois de Rhus Cotinus et Quebracho Colorado.
HÉTÉROSIDE DE RHUS RODANTHEMA, F. 215-217°.
FUSTO-TANNOSIDE, F. 200° (déc.) [49].
Hydrolyse : fisétine, ac. tannique.
Dans le bois de Rhus Cotinus.
Source : MNHN, Paris
CH. S ANN IK ET II. SAUVA IN.
V , 5, 7-triméthoxijflrwonol (triniéthoxykaempférol).
F. 151 . Hétéroside dans Calystegiu japon ira Chois, (rhamnoglucoside).
7, 3’, V, 5’-tétrahydroxy(l<w»nol Hydroxyfisétine H n 0 7 [2ôj.
Dans le bois d’Acacia.
5, 7, 2’, h’-tétrahydroxyflavonol — Morine ( Moral i C,-.H„,0 7 , OH..
[78].
F. 288". Aiguilles jaune pâle (AcOH) + 1 OH 2 .
Sol. alcool éthylique, H 2 S0 4 en donnant des solutions jaunes avec une
fluorescence bleu vert vif.
FeClg : vert olive foncé.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. résorcylique.
Dér. tétraacétylé, F. 142-5“ ; triméthyléther, F- 132".
Bois de Chlorophora tinctoria.
Hétéroside : MORIXID1XE C 2U H M 0 14 , F. 250-1".
Dans les bois de Morus tinctoria, Artocarpns inleyrifoliu, Chlorophora
tinctoria.
5, 7, 3’, i’-tétrahydroxyflaoonol — Quercétine (Quercétol) — C n H 10 O 7 ,
2 OH, [4- 18-30-65-76-86].
F. 313-4° ; 316-7°. Aiguilles jaune citron + OH 2 (EtOH).
Très sol. alcalis avec une coloration jaune d’or, sol. acide acétique,
alcool bouillant, à peine sol. eau chaude ; dans H 2 S0 4 , solution
jaune avec une faible fluorescence verte.
Acétate de plomb ; ppté rouge brique ; FcGL, : vert foncé.
Réduit la liqueur de Fehling à chaud et le nitrate d’Ag ammoniacal à
froid.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac- protocatéchique.
Dér. triméthylé, F. 240-5° ; dér. pentaacétylé, F. 194".
Dans le Marron d’Inde, les feuilles de Vigne, de Houblon, de Thé, de
Sumac, dans Rosa gallica rnbra, Andromeda japonica, la Pivoine,
la Verge d’Or iSolidago), Qucrcns tinctoria, Gossypium hirsutum,
Rhododendron obtnsum, f. hinode, diverses variétés de Blés ita¬
liens, pollen de Zea Mays, feuilles d ’Allium Cepa, etc.
Hétérosides : QUERCITRIXE (Quercitroside) C,,H.,„(),,, 2 OH,„ F.
182-5°, 3-rhanmoside [22 - 26 - 29 - 91 - 921. ”
Hydrolyse : quercétine, rhamnose.
Dans l’écorce de Quercus tinctoria, les fleurs de Forsythia pendula, les
feuilles de Golden Rod (bouton d’or), le Thé vert, les feuilles de
Bouhinia reticulata, les feuilles et les tiges de Houttinya cordata.
ISOQUERCITRIXE (Isoquercitroside) G 21 H 20 0 12 , 4 0H 2 ,
F. 194", 3-glucoside [19 - 52 - 52b - 64 - 87].
Hydrolyse : quercétine, glucose.
Dans les feuilles de coton et de maïs, dans Arctostaphylos Uva-TJrsi,
les feuilles de Sapium sebiferum, les cosses des graines de Cercis
canadensis, les feuilles de Tabacs, de Mûrier, de Reynoutria japo-
nica, var. olri, d ’Enphoria longana.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
199
QUERCIMÉRITRINE (Querciniéritroside) C,,H 2n O, 5 , 3
OH 2 , F. 247-9», 7-gIucosidc [33-58].
Hydrolyse : quercétine, glucose.
Dans l’écorce de Prunus serotina, dans Helianthus annuus, Gossypium
hirsutnm, dans le Kaoliang, dans Reynoutria japonica, var. olri.
RUTINE (Rutoside) C 27 H 30 O 1(l , 2 ou 3 OH.„ F. 190-2»,
3-rhamnoglucoside [7 - 21 - 31 - 31 f - 3(5 - 51 - 79].
Hydrolyse : quercétine, rutinose (rhamnose + glucose).
Dans les feuilles de Ruta graoeolens, bourgeons, feuilles et fruits de
Sophora japonica, boutons de Capparis spinosa, feuilles et bour¬
geons de Sarrasin, tiges de Tomates, fleurs de Forsythia suspensa
Vahl, fleurs blanches de Magnolia Kobus, Sambucus canadensis,
Rupleurum falcatum, Eucalyptus macrorhyncha et E. youmani, etc.
SCOPAROSIDE C 22 H 22 O n , F. 228-230», rhamnoside [46].
Hydrolyse : scoparol (méthylquercétine ?), rhamnose.
Dans les fleurs de Sarothamnus scoparius.
COSMOSIOSIDE C 2l H 22 0„ [55a].
Hydrolyse : quercétine, rhamnose, glucose.
Fleurs de Cosmos bipinnalus.
SPIRAEOSIDE [13],
Hydrolyse : quercétine, glucose en 3’ ou 4’.
Dans les fleurs de Spirée.
FORSYTHIAFLAVONOLOSIDE C 27 H :to 0 17 , F. 178-80»,
diglucoside [83].
Hydrolyse : quercétine, deux glucoses.
HYPÉRINEGALACTOSIÜE (Hypéroside), F. 236-7“ [37].
Hydrolyse : quercétine, d.galactose.
Dans Hypericum perforatum.
AMBROSIAFLAVONÔLOSIDE, F. 228-9», glucoside [32].
Hydrolyse : quercétine, glucose.
Dans les feuilles d ’Ambrosia artemisifolia.
INCARNATRINE (Incarnatroside) C 21 H 20 O 12 , 3 OH 2 , F.
165», déc. 242-5» [80].
Hydrolyse : quercétine, glucose.
Dans les fleurs de Trifolium incarnatum.
AVICULAROSIDE C 20 H )8 O n [63].
Hydrolyse : quercétine, arabinose en 3’.
Dans Polygonum aviculare, vaT. buxifolium.
TRIFOLIINE (Trifolioside) C^H^O,,, OH 2 , F. 260”,
3-rhamnosidc [29 - 55d].
Dans les fleurs de Trèfle blanc.
QUERCITVRON (Quercituronoside) C 2 iH lg 0 13 , F. 192”
[ 20 ].
Hydrolyse : quercétine, ac. glycuronique.
Dans Andromeda japonica, feuilles de Phaseolus vulgaris.
GLUCOSIDE DU RHODODENDRON C^H^O^, 3-glu-
coside [55].
Dans Rhododendron flavum, Reynoutria japonica.
GALACTOSIDYL-QUERCÉTINE C^H^O,,,, 2,5 OH,,, F.
236-7» [13-82].
Hydrolyse : quercétine, d.galactose.
200
CH. SANN'IÉ ET H. SAUVAIN.
Dans la peau des pommes Grimes Golden Jonathan et Stayman Win-
nesap, dans Betula verrucosa.
MÉRATIXE, F. 179-180", Quercétyl 3-diglucoside r31j.
Hydrolyse : quercétine, deux glucoses.
Dans la fleur de Meratiu praecox..
V-méthyléther de. Quercétine [17].
Dans les fleurs jaunes de Thevetia nerifotia.
5, 3’, i’-trihydroxy, 7-méthoxyflavonol Rhamnétine ( Rhamnétol ) —
(7-méthyléther de Quercétine) CmH 12 0 7 [61].
F. 300” ou plus. Aiguilles jaunes.
Sol. acétone, alcool chaud, à peine sol. eau.
H 2 S0 4 : coloration jaune avec fluorescence vert bleu ; FeCl 3 : brun.
Réduit liqueur de Fehling à chaud.
Dér. tétraacétylé, F. 190-2°.
Fruits de Rhamnus catharticus.
Hétéroside : XAXTHORHAMXIXE (Xanthorhainnoside) C 34 H 43 O 20 , Tri-
rhamnoside en 3.
Hydrolyse : rhamnétine, trois rhamnoses.
Dans les fruits de Rhamnus tinctoriiis.
5, 7, V-trihydroxy, 3’-méthoxyflauonol — Isorhamnétine ( Isorhamné-
toi) — 3’-méthyléther de Quercétine) C h -,Hi 2 0 7 [23].
F. 302-305”. Cristaux jaune-verdâtres.
A peine sol. alcool éthylique et ac. acétique, insol. benzène, chloro¬
forme, eau.
Acétate de Pb : ppté jaune orangé ; FeCl 3 : vert noirâtre.
Dans les fleurs et les tiges de Delphinium Zalil, de Trifolium pratense,
de Typha anguslata, les anthères de Lilium candidum.
Hétéroside : GLVCOSIDE DU SAFRAX, F. 188-9”, 3, 4’-diglucoside.
Hydrolyse : isorhamnétol, deux glucoses.
Dans le pollen de Crocus.
5, i’-dihydroxy, 7, 3’-diméthoxyflavonol — Rhamnazine ( Rhamnazol )
— (Diméthyléther de Quercétine) C, 7 H 14 0 T [44],
F. 2144)°. Aiguilles jaune pâle.
Assez sol. acide acétique, toluène, à peine sol. alcool.
Alcalis, solutions rouge orangé ; FeCl 8 : vert olive.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. vanillique.
Dér. triacétylé, F. 154-5° ; dér. tribenzoylé, F. 204-5”.
Fruits de Rhamnus infectoria Linn. et autres Rhamnus, Polygonum
Hydropiper.
3’-méthyl, 3-quercétinylsulfate de K - Persicarine [40-40a],
F. 210-12”. ; ;
Sol. alcool éthylique, toluène bouillant et eau bouillante.
Alcalis : solutions jaunes.
Dans Persicaria Hydropiper.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
201
7, 8, V-tétrahydroxyflavonol - Herbacétine ( Herbacétol) —
C 15 H 10 O 7 [56a].
F. 280-3" ; 279-81". Cristaux jaunes + 1 OH, (EtOH aq.).
H,S0 4 conc. : coloration jaune sans fluorescence ; FeCl s : vert terne ;
tétraacétate de Pb : pptc rouge sombre.
Hétéroside : HERBACITRINE (Herbacitroside) C 21 H, 0 0 12 , F. 247-9°,
7-gIucoside.
Hydrolyse : herbacétine, glucose.
Dans les fleurs de Gossypium herbaceum et indicum. Thespesia pa-
pulnea.
5, 6, 7, V-pentaméthoxyflaoone — Tangérétine ( Tangérétol ) —
C 20 H, 0 O 7 [60-77].
F. 154°. Aiguilles ou bâtonnets incolores.
Sol. alcool chaud, benzène, à peine sol. éther de pétrole, insol. dans
les alcalis.
NO a H conc. : coloration rouge sang.
Hydrolyse alcaline : tangérétol, ac. anisique.
Ecorce du fruit de Citrus nobilis, deliciosa et de la mandarine.
3’, V, ô’-tétrahydroxyftaoonol — Robinétine ( Robinétol) — C,-,H 10 O;
[8-15],
F. 325-30°. Aiguilles jaune verdâtre.
Sol. alcool éthylique, acétone, ac. acétique, acétate d’éthyle, pyridine,
eau, à peine sol. éther, insol. chloroforme et benzène.
H2S0 4 conc. : solutions jaunes ; alcalis : solutions rouges. Une goutte
de H 2 S0 4 conc. dans une solution rouge d’ac. acétique donne une
colbration vert intense, caractéristique.
Par dégradation alcaline douce : résorcinol.
Dér. pentaacétylé, F. 224°.
Dans le bois et l’écorce de Robinia pseudacacia sous forme hétérosi-
dique. Libre dans Gledit&chia monosperma et dans Rodosphaera
rhodanthema.
7-dihydroxy, 8-diméthyléthylcarbinol, V-méthoxyflavonol — Icari-
tine < Icaritol) — [2-3].
F. 239,5°. Aiguilles jaunes.
Hétérosides : ICARIINE (Icarioside) C 3 3H 42 O 10 , F. 231°.
Hydrolyse : icaritine, rhamnose ou glucose ?
Dans les feuilles et racines d ’Epidemium macranthum.
DES O.METHYLICARIINE.
Hydrolyse : des.o.anhydroicaritine + glucose.
Dans les racines d ’Epidemium macranthum.
6, 7, 3’, i’-pentahydroxyflavonol — Quercétagétine ( Quercétagétol )
— C 15 H 10 O 8 , 2 OH 2 [45-72b].
F. 310-4° ; 318-20°. Aiguilles ou plaquettes jaune pâle + 1 OS 2 (EtOH).
Sol. alcool chaud, alcalis dilués, à peine sol. eau bouillante.
Source : MNHN, Paris
202
CH. SANNIÉ ET H. SAUVAIN.
Oxydation à l’air : vert olive puis brun ; FeCl ;j : vert olive ; acétate
de Pb dans EtOH : ppté rouge orangé ; Test Bargellini : flocons
verts virant au brun après 12 h.
Fusion alcaline : ac. protocatéchique.
Dér. hexaacétylé, F. 209-11".
Fleurs de Tagetes patula.
Hétéroside : QUERCETAGITRI\E (Quereétagitroside).
Dans les fleurs de Tagetes erecta.
3, 5’, 7-triméthoxy 3’, V-méthylènedioxy flamme - Kanugine ( Kanu-
gol ) [70].
F. 203-5" ; 197-8°.
Sol. alcool et ac. acétique.
H 2 S0 4 et ac. gallique : color. vert sombre.
Hydrolyse alcaline : ac. myristicique, ac. 4-méthoxysalicylique.
•Racines, tiges et fleurs de Pongamia glabra.
Norkanugine (Knnugine déméthylée).
F. 235°.
Dans les racines de Pongamia glabra.
ô, 7, 8, 3’, b’-pentahydroxyflavonol — Gossypéüne ( Gossypétol ) —
Ci 5 H 10 O 8 [5-85].
F. 310-14°. Aiguilles jaunes.
Très sol. alcool et éther, peu sol. eau.
Alcalis, H 2 S0 4 : coloration orange ; FeCl ; , : vert olive foncé ; p.benzo-
quinone en sol. alcoolique : brun rouge.
Fusion alcaline : ac. protocatéchique.
Dér. hexaacétylé, F. 229-30°.
Fleurs de Gossypium herbaceum, Linn. et d’autres espèces. Fleurs d’Hi¬
biscus Sabdariffa.
Hétérosïdes : GOSSYPITRINE (Gossypitroside) C 21 H 20 Oi 3 , F. 251°-2°,
7-glucoside [50 - 56].
Hydrolyse : gossypétine, glucose.
Glucoside libre dans Gossypium uppam et herbaceum, combiné à des
acides organiques dans Gossypium hirsutum, herbaceum, Hibiscus
Sabdariffa.
GOSSYPINE (Gossyposide) C 28 H 24 0 lx , F. 230-1°, 8-glu-
coside.
Hydrolyse : gossypétine, glucose.
Dans les fleurs de Hibiscus esculentus, Gossypium indicum et Hibiscus
vitifolium.
5, 7, 3’, V-tétrahydroxy, 6-méthoxyfluuonol — Patulétine ( Patulétol ) —
(6-méthylquercétagétine) Ci 5 H 9 0 8 [72c - 81 - 81à].
F. 262-4°. Aiguilles jaune pâle.
Test Bargellini : flocons verts tournant immédiatement au jaune.
Oxydation alcaline : ac. protocatéchique.
Source : MNHN, Paris
MiS COULEURS UES FLEURS ET DES FRUITS.
Dér. pentaacétylé, F. 170-2” ; éther pentamétbylique, F. 158-9°.
Pétales des fleurs de Tagetes patula.
5-hydroxy, V, 7, 8-triméthoxyflavonol - Tambuline (' Tambnlol ) --
C 18 H lfi 0 7 [5-6a-8],
F. 205°.
Test de Bargellini positif ; FeCl 3 : vert olive ; acétate de Pb : préci¬
pité rouge orangé.
Dans les graines de Tainbul (Zanthoxglum acanlhopodium).
V, 5, 7-trihi/droxy 8-méthoxyflammol — Tambulétine ( TambuUtol)
C t0 H 22 O 7 [4-5-6],
F. 269-271". Solide jaune vif.
Sol. ac. acétique à chaud, à peine sol. acétate d’éthyle, acétone, alcool.
Mg + HCl : solution jaune vif passant au rouge vif ; FeCl g : vert
terne ; acétate neutre de Pb : précipité orange ; H 2 S0 4 conc. :
virage au rouge vif, dissolution lente en jaune brunâtre sans
fluorescence ; alcalis : solution jaune vif.
Dér. tétraacétylé, F. 109-110°.
Dans les graines de Tambul (Zanthoxglum acanlhopodium).
5, 7, 3’, V , ô’-pentahiidroxyflaoonol — Myricétine ( Muricétol) - -
C 13 H 10 O 8 [57a-58-59].
F. 355-60° ; 361°. Aiguilles jaune brillant.
Sol. alcool, un peu sol. eau chaude.
Alcalis, : solution jaune, puis bleue, puis violette ; FeCl s : orangé, puis
noir brun.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. gallique.
Dér. hexaacétylé, F. 214-16°.
Hétérosides : MYRICITRINE (Myricitroside) C,,H 22 0 13 , 2 OH 2 , F.
(anhydre), 197-9°, rhamnoside en 3 [28].
Hydrolyse : myricétine, rhamnose.
Dans l’écorce de Myrica rubra et Nagi. Dans les feuilles de certains
R h us ( Coriaria , Cotimis, Metopium). Dans Corylus avellana, Am¬
pélopsis mellæfolia, Myrica Gale, Pistacia Lentiscm et Hcemu-
toxylon Campechianum.
CANNABISCITRINE (Cannabiscitroside) C 2 ,H 20 O 13 .
Dans les pétales des fleurs à'Hibiscus cannabinus.
5, A’-dihydroxy, 3, 6, 7, 8-tètraméthoxyflavone — Calycoptérine ( Caly -
coptérol) — C, a H 18 0 8 (Thapsine) [39-84-84b].
F. 226-8°. Prismes jaunes (AcOH), aiguilles jaunes (éther).
Très sol. chloroforme, acétone et alcool, à peine sol. éther, insol. eau
et éther de pétrole.
Alcalis : sol. jaunes ; FeCl.. : vert.
Fusion alcaline : ac. p.hydroxybenzoïque.
Feuilles de Digilalis Thapr.i et Calycopteris floribunda.
201
CH. SAN NI K KT H. SAUVAIS'.
•>, 7, H, 3’, V, S’-hexahudroxuflavvnoI Hibiscétine ( Hibiscétol )
C ts H, 0 O 9 [72d - 75].
F. 350". Aiguilles jaune pâle.
Sol. alcool.
Acétate de Pb en sol. alcoolique : ppté rouge.
Ebullition avec les alcalis : ac. triniéthylgallique.
Hétéhoside : HIBISCITRIXE (Hibiscitroside) C. 7 H. tl) O ln . F. 239-4(1",
3-glucoside [74].
Hydrolyse : hibiscétine, glucose.
Dans les pétales séchés des fleurs d 'Hibiscus Subdnriffu.
â-hydroxy, 3, 3', V. 5’, 6. 8-hexumêthoxyfl<wone Gardénine ( Gardé-
' nol) — C9,H»b D [6b - 9 - 12J.
F. 161-2°. Aiguilles jaunes.
Sol. alcool bouillant.
Mg + HCl aie. : rouge.
Fusion alcaline : ac. triméthyigallique.
Particularité : Pas de OH en 7 ; absence de coloration dans les solu¬
tions alcalines tamponnées.
Gomme Dikamali de Gardénia lucida.
5, 7-dihifdroxy, 3, 6, 8, 3’, V-pentaméthoxijflavone — Erianthine ( Erian -
thol) — C 20 H 20 O 9 [il].
F. 154°. Prismes jaunes transparents.
Sol. alcool et chloroforme.
Fusion alcaline : ac. vératrique.
Dér. diacétylé, F. 163°.
Fleurs de Blnmea eriantha.
3, 5, 7, 8-tétraméthoxy 3’, V-mèthylènedioxyflavone — Mélitemine
( Méliternol ) — C 20 H I8 O g [12a].
F. 185-186°. Plaquettes incolores.
Insol. eau, un peu sol. alcool et acétone, sol. chloroforme, benzène et
dioxane.
La solution dans H 2 S0 4 conc. + 1 goutte d’une solution d’ac. gallique
à 5 p. 100 dans l’alcool donne après 12 heures une coloration légè¬
rement verte {test du groupe méthvlène-dioxy) ; la même réaction
avec le phloroglucinol donne une coloration rouge orangé ; H 2 S0 4
conc. seul : coloration brun rougeâtre ; Mg + HCl : rouge violet
intense. Donne un chlorhydrate et un sulfate orangés, déc. par eau.
Précipités colorés dans HCl conc. par réactifs des alcaloïdes.
Par alcalis alcooliques : ac. pipéronylique.
Dans l’écorce de Melicope ternata..
3, 6, 7, 8, V-pentamëthoxyflavonc — Auranétine ( Auranétol ) —
C2 oH 2 oO t [50a].
F. 139-140°.
Fusion alcaline ; ac» anisique et cétone avec quatre groupes méthyle.
Ecorce des oranges Kamala.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
205
1. Agarwal (R. R.). — J. Indian Chem. Soc., 13, 531-6 (1936).
2. Akai i(S.) et Mats u ka\va (T.). — J. Pharm. Soc. Japon, 53, 705-19 ;
719-27 (1935).
3. Akai (S.) et Nakazawa (K.). — J. Pharm. Soc. Japon, 55, 788-99 (1935).
4. Allan (J.) et Robinson (iR.). — J. Chem. Soc., 1926, 2334.
5. Baker (W.), Nodzu (R.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1929, 74-84.
6. Balakrishna (K. J.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian Acad. Sci.,
25, 449 (1947) ; 26, 72, 234 (1947).
6a. Balakrishna (K. J.) et Seshadri (T. R.). - Proc. Indian Acad. Sci.,
26, 296 (1947).
6b. Balakrishna (K. J.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian Acad. Sci.,
27, 91-103 (1948).
7. Blount (B. K ). — J. Chem. Soc., 1933, 1528-9.
8. Brass (K.) et Kranz (H.). — Ber., 65, 1867 (1937).
9. Bose (P. K). — J. Indian Chem. Soc., 22, 233-4 (1945).
10. Bose (P. K.) et Bose (J.). — J. Indian Chem. Soc., 16, 183-8 (1939).
11. Bose (P. K.) et Dutt (S.). — J. Indian Chem. Soc., 17, 45 (1940).
12. Bose (P. K.) et Nath (R.). J. Indian Chem. Soc., 15, 139-48 (1938).
12a. Briggs (L. H.) et Locker (R. H.). — .7. Chem. Soc., 19't9, 2157-62 et
2162-64.
13. Casparis (P.). — Pharm. Helv. Acta, 21, 344 (1946).
14. Charaux (C.). — C. B. Acad. Sci., 180, 1419-21 (1925).
15. Charlesworth (E. H.) et Robinson (R.). — ./. Chem. Soc., 1933, 268-70.
16. Chavan (J. J.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1933, 368.
17. Desai (R. D.) et Ahmed (Z.). Proc. Nat. Inst. Sci. India, 5, 261 (1933).
18. Dilthey (W.), Schrommer (\V.) f Thewalt (J.) et Henkels (S.). — Z.
Physiol. Chem., 245, 171 (1937).
19. Douglas (C. D.), Howard (W. L.) et Wender (S. H.). — J. Am. Chem.
Soc., 71, 2658 (1949).
20. Endres (G.), Huttel (R.) et Kaufmann (L.). — Ann., 537, 205-13 (1939).
21. Eshew (R.). Mac Pherson (G. W.), Guffins <E.) et Edwards (P. W.). —
U. S. Départ. Agr. Bur. Ind. Chem., AI.C., 1U, 15 p. (1946).
22. Fuchs (L.) et Iliev (V.). — Scienta Pharm., 17, 128-31 (1949).
23. Fukuda (M.). — Bull. Chem. Soc. Japon, 3. 53 (1928).
24. Gerngross (O.) et Hubner (H.). — Ber., 60, 2094 (1927).
25. Gulati (K. C.) et Venkataraman (K.). — J. prakt. Chem., 137, 294 (1933).
26. Guthrie (J. D.), O’Connor (R. T.), Stansbury (M. F.) et Savich (T. R.).—
J. Am. Chem. Soc., 66, 1794-5 (1944).
27. Hattori (S.) et Hasegawa (M ). — Proc. Imp. Acad. Tokyo, 116-9 (1940).
28. Hattori (S.) et Hayashi (K.). — Acta Phytochim. Japon, 5, 213-18 (1931).
29. Hattori (S.), Hasegawa (M.) et Hayashi (K.). — Acta Phytochim. Japon,
10, 147-53 (1937).
30. Hayashi (K.). — J. Pharm. Soc. Japan, 53, 1093-8 (1933).
31. Hayashi (K.) et Ouchi (K.). — .4cfa Phytochim. Japan, 15, 1-6 (1949).
31a. — — .4cfa Phytochim. Japan, 15, 49-52 (1949).
31b. — — Mise. Repts. Research Inst. Nat. Resour¬
ces, n" lt, 1-4 (1949).
32. Heyl (F. W.). — J. Am. Chem. Soc., M, 1285 (1919).
33. Hirao (S.). — J. Agr. Chem. Soc. Japan, 2, 921-4 (1935).
34. Horn (G.) et Gisvold (O-). — J. Am. Pharm. Assoc., 34, 78-81 (1945).
35. Hukuti (G.). — J. Pharm. Soc. Japan, 59, 85 (1939).
36. Iris (R. C.) et Ramirey (C.). — Rev. inst. salubridad enfermedad trop.
(Mex.), 8, 273-5 (1947).
37. Jerzmanowska (Z.). — Wiadomosci farm., 64, 527-32 (1937).
38. Kalff (J.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 127, 1971 (1925).
39. Karrer (W.) et Venkataraman (K.). — Nature, 135, 878 (1935).
Source : MNHN, Paris
CH. SANNIÉ HT H. SAUVAIS.
2lN)
40. Kawaguti (H.) et Kim (K. AV.). — ./. Phurm. Soc. Japan, 60, 352-3 (1940).
40a. — J. Pharm. Soc. Japon, 57, 180 (1937).
41. Kimcba (Y.). — J. Pharm. Soc. Japun, HO, 145 (1940).
42. Iv ing (F. E.) et Achesox (R. M.). J. Chem. Soc., 1950, 108-70.
43. Kostanecki (V.), Lampe (V.) et Truilzi (S.). Ber., 39, 92 (1900).
44. Khynska (H. P.). Wiadomosci [arm., 62, 215-23 (1935).
45. Mahai. (H. S.). - - J. Iml. Chem. Soc., 15, 87-8 (1938).
46. Masche (M.) et Paris (iR.). - - C. B. Acad. Sci., >0b. 1581-3 (1937).
47. Maunta (C.). — Atti acad. Ilalia, 2, 421-0 (1941).
48. Mayer (F.). — The chemistrv of natural coloring matters. Am. Chem.
Soc. Monograph n° 89, traduit par Cook (A. H.). New-York, 1943,
161-212. Reinhold Pub. Corp., Edit.
49. Mitra (C.), Rao (P. N.), Bhattacharji (S.) et Siddiqui (S.). J. Sci.
Ind. Res., H, 19 (1947.
50. Murti (V. V. S.) et Siîshadri (T. R.). Proc. Indiun Acad. Sci., 27,
258-9 (1948).
50a. Murti (V. V. S.), Rangaswami (S.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian
Acad. Sci., 27, 19-25 (1948).
51. Naghski (J.), Porter (W. L.) et Couch (J. F.). J. Am. Chem. Soc.,
69, 572-3 (1947).
52. NAkamura (H.), Ota (T.) et Fukuchi (G.). J. Pharm. Soc. Japon,
55, 1332 (1935).)
52a. Nakamura (H.), Ota (T.) et Fukuchi (G.). J. Pharm. Soc. Japan,
56, 68 <1936).
52b. Nakamura (H.), Ota (T.) et Fukuchi (G.). J. Pharm. Soc. Japan,
57, 938-9 (1937).
53. Nakamura (H.) et IIukuti (G.). — J. Pharm. Soc. Jap<m, 60, 449 (1940).
54. Nakamura <H ), Ota (T.) et Hukuti <G.). —- ./. Pharm. Soc. Japan, 55,
800-6 <1935).
55. Nakaoki (T.). — J. Pharm. Soc. Japan, 52, 1089-93 (1932).
55a. — J. Pharm. Soc. Japan, 55, 173 (1935).
55b. J. Pharm. Soc. Japan, 58, 197 (1938).
55c. ./. Pharm. Soc. Japan, 60, 502 (1940).
55d. ./. Pharm. Soc. Japan, 63, 444-8 (1943).
56. Neelakantam (K.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 4,
54-8 (1936).
56a. Neei.akaxtam (K.) et Seshadri (T. R.). - Proc, indian Acad. Sci., 5,
357-64 (1937).
57. Neelakantam (K.), Seshadri (T. R.) et Rao (R. H.). Proc. Indian
Acad. Sci., 1, 887-90 (1935).
57a. Neelakantam (K.), Seshadri (T. R.) et Rao (R. H.). — Proc. Indian
Acad. Sci., 2, 490-6 (1935).
58. Neelakantam (K.), Rao (R. H.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian
Acad. Sci., 1, 887 (1935).
59. Neelakantam (K.), Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian
Acad. Sci., U, 105 (1941).
59a. Neelakantam (K.), Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian
Acad. Sci., 17, 26-31 (1943).
60. Nelson (E. K.). — J. Am. Chem. Soc., 56, 1392 (1934).
61. Oesh <J.) et Perkin (A. G.). — J. Chem. Soc., 191b, 2350.
62. Ohira (T.). — J. Agr. Chem. Soc. Japan, 9, 337-42 (1933).
63. Ohta (T.). — Z, Physiol. Chem., 263, 221 (1940).
64. Oku (M.). — J. Agr. Chem. Soc. Japan, 10, 1029-38 (1934).
65. Ouchi (K.). — Mise. Rept. Research Inst. Nat. Resources, n" 11, 30-44
(1948).
66. Oyamada (T.). — Ann., 538, 44 (1939).
67. Petrie (J. M.). — Biochem. J., 18, 957 (1924).
68. Price (J. R.), Robinson (G. M.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc.,
1938, 281-2.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET. DES FRUITS.
207
69. Rabaté (J.) et I)ussy (J.). - - C. R. Acad. Sci., 202, 1117 (1936).
693 <1^38) S ° C biol., 20, 458 et 66-70
70. Ramgopalan (S.), Rangaswami (S.), Rao (K. V.) et Seshadri (T. R.).
Proc. Indian Acad. Sci., 23, 60-6 (1946).
71. Rao (K. V.) et Seshadri (T. R.). — J. Chem. Soc., 1947, 122-24.
71a. Rao (K. V.) et Seshadri (T.iR.). — Proc. Indian Acad. Sci., 22, 383-8
(194a).
71b. Rao (K. V.) et Seshadri (T. R.). - - Proc. Indian Acad. Sci., 25, 397-
403 (1947).
72 RA (1939) S ) Ct SeSHADRI (T - R - > - — Proc - Indian Acad. Sci., 9, 365-9
72a. Rao (P. S.) et Seshadri (T.iR.). — Proc. Indian Acad. Sci., 14, 265-8
(1941).
72b. RaMP. S.) ct Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 14, 289-96
72c. Rao (P. S.) ct Seshadri (T. R.). - Proc. Indian Acad. Sci., 14, 643-7
(1941).
72d. Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 15, 148-53
(1942).
72e. Rao (P. S.) et Seshadri <T.«R.). - Proc. Indian Acad. Sci., 17, 119-41
(1943).
73. Rao (P. S.) et Reddy (P. P.). — Proc. Indian Acad. Sci., 12, 372-4 (1940).
74. Rao (R. P.) et Seshadri (T. R.). - Proc. Indian Acad. Sci., 27, 209-16
(1948).
75. Rao (R. P.), Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). Proc. Indian Acad. Sci.,
19, 88-92 (1944).
76. Redemann (C. T.), Wittwer (S. H.), Ball (C. I).) et Sell (H. M.). — Arch.
Biochem., 25, 2779 (1950).
77. Robinson (R.) et Goldavorthy (L.). — J. Chem. Soc., 1937, 46.
78. Robinson (R.) et Venkataraman (K.). — J. Chem. Soc., 1929, 61.
79. RO'DWEll (C. N.). — Nature, 165, 733 (1950).
80. IRogerson (H.). — J. Chem. Soc., 1910, 1004-6.
81. Row (R. L.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 22, 215-24
(1945).
81a. Row (R. L.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 23, 140-6
(1946).
82. Sando (C. E.). — J. Biol. Chem., 117, 45-6 (1937).
83. Schindler (O.). — Helv. Chim. Acta, 28, 1157-9 (1943).
84. Seshadri (T. R.) et Venkateswarlu (V.). — Proc. Indian Acad. Sci.,
23, 209-12 (1946).
84a. Seshadri (T. R ) et Venkateswarlu (V.). — Proc. Indian Acad. Sci.,
23, 296-304 (1946).
84b. Seshadri (T.IR.) et Venkateswarlu (V.). — Proc. Indian Acad. Sci.,
24, 349-51 (1946).
85. Seshadri (T. R.) et Viswanadham (M.). — Carrent Sci. India, 16, 343
(1947).
86. Shimokoriyama (M.). — Acta Phytochim. Japon, 15, 63-7 (1949).
87. Shvartsman (A. G.). — J. Gen. Chem. (L'SSR) 11, n° 5-6, 467-70 (1941).
88. Steinegger (E.) et Casparis (P.).— Pharm. Acta Helv., 20, 154-73 (1945).
89. Tappi (G.) et Karrer (P.). — Helv. Chim. Acta, 32, 322-3 (1949).
90. Tasaki (T.). — Acta Phytochim. Japon, 2, 129-137 (1925).
90a. — Acta Phytochim. Japon, 2, 119-28 (1925).
91. Tominaga (T.). — J. Pharm. Soc. Japon, 69, 41-3 (1949).
92. Tsukamoto (R.), Tominaga (T.) et Takahashi (J.). — J. Pharm. Soc.
Japon, 69, 40 (1949).
93. Tutin (F.). — J. Chem. Soc., 103, 2006 (1913).
94. Zemplen (G.). — Math. Naturw. Anz. ungar. Akad. Wiss., 60, 80-3 (1941).
Source : MNHN, Paris
FLAVONES ET FLAVONOLS DONT LES FORMULES
NE SONT PAS EXACTEMENT ÉTABLIES.
Schwenkiol : H ydroxydiméthoxy flamme ? C 22 H 20 O s [20aJ.
F. 246°. Cristaux jaune pâle.
FeClg : brun verdâtre.
Hétéroside : SCHWENKIOSIDE C 84 H 3(; 0 I( .. F. 163-5".
Hydrolyse : schwenkiol, glucose.
Dans Schwoenkia americuna.
Ginkgétine : C 32 H 22 O 10 [1-2-3-21].
Ressemble à la 5-8-dihydroxy, 4’-méthoxyllavone, mais structure plus
complexe : quatre groupes OH, doux groupes MeO, deux groupes CO.
F. 297°. Aiguilles jaune blanchâtre.
FeCl 3 : brun pourpre ; Mg + HCl conc.. : rouge orangé ; H 2 S0 4 conc. :
jaune.
Insol. bicarbonates alcalins, sol. carbonates, puis précipite.
Dér. tétraacétylé, F. 258“ ; éther diméthylique, F. 282".
Feuilles de l’arbre Ginkgo.
Centauréidol : Triméthoxyflavone ? [10].
F. 203°. Aiguilles jaunes.
FeCl 3 : brun.
Hétéroside : CENTAURÉOSINE (Centauréoside).
Hydrolyse : centauréidol, glucose.
Dans les racines de Centaurea Jacea.
Aphloïol : Tétrahydroxyflaixme C )r ,H ]0 O fi , 2 OH 2 [23].
F. 328°. Aiguilles jaune clair.
Dér. tétraacétylé, F. 178-180°.
Feuilles d ’Aphloïa madagascariensis.
Swartziol : Têtrahydroxyflavone ? C 15 H 10 O 6 [6].
F. 280-1°. Aiguilles jaune citron.
Propriétés analogues à celles du kaempférol, mais dans la fusion alca¬
line, on obtient un acide phénolique différent (F. 196°).
Hétéroside : SWARTZIA-FLAVÙNOSIDE, rhamnoglucoside.
Hydrolyse : un glucose, deux rhamnoses, swartziol.
Dans Swartzia madagascariensis Desv. ou Samagoura, légume africain.
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
209
Acrammérine :
C„H u 0 8 L15].
7-pentahydroxy, 8-méthoxyflavone ?
F. 335-40°. Plaques brunes.
Fusion alcaline : ae. acétique, pyrogallol, ac. gallique.
Pentaacétate, F. 231-2“ ; hexaméthvléther, F. 254-6°.
Cosses île Gleditschia triacanthos.
Sabdarétine : Constitution non connue [28].
Hétéroside : SABDARITR1NE.
Dans les fleurs < VHibiscus Subdariffa.
Flavone de Polystictus sanguineus [22].
Sol. chloroforme et éther de pétrole.
Flavone d'Abrus praecatorius [33].
Dérivée de la 4’, 5, 6, 7-4étrahydroxyflavone.
Un groupe OH en outre de celui en 4’, plusieurs groupes MeO.
Hétéroside : un groupe hexose.
Dans les graines d’Abrus praecatorius.
Flavone du Robinia : C15H10O? [29].
F. 216°. Aiguilles.
FeCl 3 : violet.
Fusion alcaline : acide résorcylique.
Hétéroside : ROB1NIAFLAVONOSIDE, F. 270-80° (déc.).
Dans lé bois de Robinia pseudacacia.
Fukugétol : G2 4 H 16 0 9 [25-30].
F. 288-90°. Cristaux jaunes.
Dans l’écorce de Garcinia spicata et G. ovalifolia.
Ulexogénol [9].
Sous forme d’hétéroside dans les fleurs d’Ulex eiiropaeus.
Cytromycétol : C14H20O7, 2 groupes OH [27]
Dans les cultures de Cytromyces.
Flavone d'Oxaiis cernua [14].
Aiguilles jaune pâle.
Méliternatine : 3, 3-diméthoxy, (6-7, 3’-V-bisméthylènedioxy) fla¬
vone ? [ 11 ]-
Seule flavone ayant 2 groupes méthylènedioxy.
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II. **
Source : MNHN, Paris
210
CH. SANNIÉ ET H. S.-iUVAIN.
Tematine : 3, 5, 7, 8-tétraméthoxu, 3'-¥-métlujlèneiiioxuflavone ?
[11].
Wharangine : un groupe niéthylènedioxy ? [11].
Tous trois dans l’écorce de Melicope ternata.
Gossyfulvine : Dianilinogossypol C ;t4 H 34 N 2 C) s [7].
Avec le gossypol dans la graine de coton.
Aurantine : OH». Six groupes OMe ; type de la tangérétine
[24],
F. 125-6°. Aiguilles jaune pâle.
Ecorces sèches de divers Citrns indiens.
Nixnbicétine (Ximbicétol) : C I5 H| 0 O (i , 0,5 OH» [19].
F. 272°. Aiguilles jaune clair.
Alcalis : color. brun verdâtre ; H 2 S0 4 : sol. jaune vif fluoresçant en
vert ; Mg + HCl : rose vif.
Hétéboside : NIMBOSTERINE, glucoside.
Dans les boutons de Melia (Azadirochtn) florida.
Salinigroflavonol ? [26].
F. 208-9°. Cristaux jaunes.
Fusion alcaline : ac. protocatéchique.
Hétérosidk : SALIXIGROFLAVOXOLOSWE, F. 292". ai',, = - 9" (pv-
ridine).
Hydrolyse : salinigroflavonol, glucose, rhamnose.
Dans Salir nigricans.
Buddléoflavonol : .7. 7-dilu/droxy, U’-méthoxy, 3-acétylflavone ?
C 12 H 14 O g [34]. ■
F. 265-6°. Aiguilles jaune clair.
Sol. acétone et ac. acétique à chaud.
FeCl 3 : vert brun.
Fusion alcaline : phloroglucinol, acétone, ac. anisique.
Hétéroside : BVDDLÉOFLAVONOLOSIDE C 30 H 34 O 15 , F. 274-6".
Hydrolyse : buddléoflavonol, glucose, rhamnose.
Dans les feuilles et les fleurs de Bnddleia variabilis.
Flavonol de Larrea diraricaia : ?, 5-dihydroxy, ‘!-triméthaxyflavonol
[17].
F. 230-2°. Pigment orange.
Diméthyléther de la morine : Cjr,H s O?i, groupes OCH 3 en 3, 7, "2’, 4’ ?
[17].
F. 217-8°. Pigment jaune.
Dans Larrea divaricata.
Source : MNHN, Paris
l.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
211
Taliflavonol : Tétralu/droxyflavonol ? C, h H i;! O s [13].
F. 32(1-30". Cristaux jaune or.
Sol. alcool à 95". méthanol, très peu sol. éther et eau bouillante, insol.
eau froide.
KeC.I., : brun vert ; Mg + HCl : rose foncé ; XaOH conc. : rouge ; test
de Wilson : jaune verdâtre légèrement fluorescent.
Hktkhosidk : TAUFLAVONOLOSIDE C^O,,, F. 195", rhamnoside.
Dans les feuilles tVErylhrophlenm yuineensc (Tali).
Flavonols A et B d'Arbutus unedo [31],
F. A : 320" ; B : 348". Les deux en cristaux jaunes.
Mg + HCl : coloration rouge, plus intense pour B ; FeCl„ : bleu ; NO s H
conc. : bleu ; amalgame de sodium : bleu ; KOH N/100 méthvl-
alcoolique : A : vert émeraude, B : vert foncé puis bleu.
Hétéroside : Rhamnoglucoside.
Hydrolyse : flavonol, glucose, deux rhamnoses.
Dans les feuilles et les rameaux d ’Arbutus Unedo.
Equisporol : Probablement homologue supérieur d’un pentahydroxy-
llîtvonol (myricétol, gossvpctol, quercétagétoll C, 7 H 1;! On [32].
F. 319-20". Prismes allongés jaune pâle.
Très sol. alcool métliylique, assez sol. éther, insol. eau.
KOH diluée : rose doré et avec excès, bleu foncé puis vert.
II été nos ides : EQl'ISPOROSIDE C^H^O,.,, 1 OH.,, F. 210° (bloc), glu-
coside [32].
Hydrolyse : équisporol, glucose.
Dans les spores d’Equisetum maximum.
EQUISPOROXOS/DE T321. F. 293". Cristaux jaunes,
a]» = —148° (alcool).
Presque insol. eau bouillante, sol. alcool.
Dér. acétylé, F. 237°.
Hydrolyse : équisporonol + glucose- ?
Dans les spores d ’Equisetii'm maximum.
Flavonol du Tamaiix : C,nH 12 07 [25].
Aiguilles jaunes.
Dér. acétylé, F. 169-171".
Tamarix africnna et qallica.
1. Baker (W.) et Flemons (G. F.). — J. Chem. Soc.,.1948, 2138.
2. Baker (W.) et Simmonds (W. H. C.). — J ■ Chem. Soc., 1940, 1370-4.
3. Baker (W.), Flemons (G. F.) et Winter (R.). — J- Chem. Soc., 1949,
1560-2. „ , ..
4. Balakrishna (K. J.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 2o,
449-52 (1947).
Source : MNHN, Paris
212
CH. SANNIIC KT H. SAUVAIN.
5. Balakrishna (K. J.) et Seshadri (T. 11.). Proc. Indian Acad. Sci., 26,
72-6, 214-20, 234-6 (1947).
6. Beauquesne (I,.). — Ann. Pharm. Franc., •>, 470-83 (1947).
7. Boatner (C. H.), O’Connor (R. T.), Curet (M. C.) et Sannels (C. S.).
J. Am. Chem. Soc., 69, 1270-3 (1947).
8. Bose (P. K.) et Bose (J ). — J. Indian Chem. Soc., 16, 183-8 (1939).
9. Bridel (M.) et Béguin (C.). — Bull. Soc. Chim. biol., 8, 895 (1926).
10. Bridel (M.) et Charaux (C). — ./. Pharm. Chim., 27. 409 et 28, 5 (1923).
11. Briggs (L. H.) et Locker (1t. H.). ./. Chem. Soc., 1949. 2157-61, 1951
3131.
12. Chapman (E.), Perkin (A. c.) et Robinson (II.). ./. Chem. Soc., 1927,
3015.
13. Dussy (J.) et Sannié (C.). - C. B. Acad. Sci., 225, 693 (1947).
14. Fourment (P.) et Roques (H.). — Bull. Soc. Hist. Nat. Afr. Nord (mai
1938).
15. Gakhokidze (A. M.) et Kutidze (N. 1).). ./. Applied Chem. (USSR),
20, 899 (1947).
16. Geissman (T. A ) et Heaton (C. 1).). — J. Am. Chem. Soc., 65, 677 (1943) ;
66, 486 (1944).
17. Horn (G. M.) et Gisvolij (().). — J. Am. Pharm. Assoc., 84, 78-81 (1948).
18. Marini Bettoi.o (G. B.). — Ricerca sci., 18, 627-8 (1948).
19. Mitra (G.), Rao (N. P.), Bhattacharji (S.) et Siddiqui (S.). ./. Sci.
Ind. Research India, 6, 19-24 (1947).
20. Murti (V. V. S.), Rangaswami (S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian
Acad. Sci., 28, 19 (1948).
21. Nakazawa (K.). — J. Phann. Soc. Japon, 61, 228-9 (1941).
22. Nirinal (I.), Sen (K.) et Banerjea (P. R.). — J. Ind. Chem. Soc., Ind.
et News Ed., 10, 53 (1947).
23. Paris (iR.). — Bull. Sci. Pharmacol., 49, 146-50 (1942).
24. Patnayak (K.), Rangaswami (S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian
Acad, Sci., 15, 10-15 (1942).
25. Perkin (A. G.) et Phipps (S.). — ./. Chem. Soc., 85, 56 (1904).
26. Rabaté (J.). Bull. Soc. Chim. biol., 17, 319-27 (1935).
26a. — J. Pharm. Chim., 1, 234-40 (1940).
27. Raistrick (H.). — Phil. Trans. Roy. Soc. London, 120, 1 (1936).
28. Rao (P. S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 16, 323-7
(1942).
29. Schmid (L.) et Pietsch (K.). — Monatsh., 57, 305 (1930).
30. Shinoda (J.). — J. Pharm. Soc. Japon, 52, 167 (1932).
31. Sosa (A.). — C. R. Acad. Sci., 224, 165-6 (1947) ; Bull. Soc. Chim. biol.,
32, 354 (1950).
32. Sosa (A.) et Sosa-Bourdouil (C.). — C. R. Acad. Sci., 222, 1125 (1946) ;
Bull. Soc. Chim. biol., 31, 57-69 (1949).
33. Yokoo (A.). — Bull. Tokyo Inst. Technol., 13, 43-8 (1948).
34. Yu (H.). — Bull. Soc. Chim. biol., 15, 482 (1933).
Source : MNHN, Paris
ISOFLAVONES.
'/’-dihydroxyisoflavone — Dcridzéine (Daidzéol) - C l .,H,„0 4 [7- 15].
F. 320-3“. Prismes jaune pâle.
FeCl ;J : violet.
Fusion alcaline : ac. formique, 2, 4-dihydroxyphénvl 4’-hydioxybenzvl-
cétone.
Dér. diacétylé : F. 187°.
Hétéroside : DAIDZINE (l)aidzoside) C.,,H., 0 Ü.„ OH.„ 7-glucoside, F.
234-6“ ; [«:„ = — 36“4 (KOH).
Hydrolyse : daidzéine, glucose.
Dans les fruits du Soja hispida.
hydroxy, V-méthoxy isoflavone Formononétine (l'ormononétol)
C 16 H 12 0 4 [17].
F. 257“ ; 265". Fils ou bâtonnets en spirale ; petits prismes de l’alcool.
Sol. alcool, à peu près insol. eau et éther.
Fusion alcaline : ac. P-résorcylique.
Par alcalis : 2,4-dihydroxyphényl 4’-méthoxybenzy-lcétone.
Dér. acétylé : F. 164-5°.
Hétéroside : ONONINE (Ononoside), 7-glucoside.
Hydrolyse : formononétine, glucose.
Dans Ononis spinosa.
7, 4’-tri hydroxy isoflavone — Génistéine ( Gémstéol) — C 13 Hi 0 O r>
[5 - 15].
F. 290-1" ; 296-8°. Prismes jaune pâle ou aiguilles incolores.
Sol. alcalis et HCl conc. en donnant des solutions jaune foncé et jaune
citron respectivement.
FeCl s : rouge violet puis vert brun.
Dér. triacétylé, F. 205-6“ ; tribenzoylé, F. 239°.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. p.hydroxyphénylacétique.
Hétérosides : GÉNISTINE (Génistoside) C 21 H 20 O,„, F. 254-6“
coside en 7.
Hydrolyse : génistéine, glucose.
Dans Genista tinctoria. Soja hispida.
SOPHORICOSIDE F. 297" ; glucoside
Hydrolyse : génistéine, glucose.
Dans les fruits de Sophora japonica.
SOPHORABIOSIDE C 27 H 30 0„ 3 OH,, F. 245-8“ ;
noglucoside [19].
glu-
rham-
Source : MNHN, Paris
214
CH. SANNIK ET II. SAUVA1N.
Hydrolyse : génistéine. sophorabiosc ou rutinose (rhamnose + sili¬
cose).
Dans Sophora japonica.
ii, 7. 2’-trihydroxn isoflavone Isogénistéine .Isoyênislêol)
[ 10 ].
F. 302".
Hétéroside : ISOGÉNIST1XE (Isosénistosidc) C 2 ,H 20 O i0 , F. 2(55".
Hydrolyse : isogénistéine, glucose.
Dans le Soja hispida.
5, i'-dihydroxy, 7-méthoxy isoflavone Prunétine < Prunétol)
C 16 H 1S 0 3 [2-13].
F. 242°. Aiguilles incolores.
Difficilement sol. solvants organiques.
FeCl 3 : rouge brun.
Dér. acétylé, F. 224-6” ; benzoylé, F. 215".
Hétéroside : PRUXITRIXE (Prunétosidc) C 22 H U <),,, 4 OH 8 .
Hydrolyse : prunétine, glucose.
Dans Primas emarqinata et avili ni (genre de cerisier sauvage).
V, 7-dihydroxy, 5-méthoxyisoflavone Prunusétine ( Pninusêtol) -
C 16 H 13 0 5 [4].
F. 237-8".
Dér. diacétylé, F. 220-2".
Déméthylée par HI donne génistéine.
Ecorce de Primas Puddam Roxb.
.5, i’-dihydroxy, 8-méthylisoflavone Tatoïne ( Tatoiol) [10].
F. 318°. Aiguilles incolores.
Dér. diacétylé, F. 185".
Dans Soja hispida.
7-hydroxy, 3’-i’-méthylènedioxyisoflavone — Pseudobaptigénine
(Pseudobaptigénol ) — C 16 H 10 O-, [21>].
F. 298-9". Cristaux incolores.
A peine sol. dans la plupart des solvants, un peu sol. ac. acétique crist.
et nitrobenzène à chaud.
Fusion alcaline : ac. formique, 2, 4-dihydroxyphénvl 3’-4’-niéthylène-
dioxy benzylcétone.
Hétéroside : PSEUDOBAPTIS1XE (Pseudobaptisoside) C 28 H so 0 14 , F.
249-51?, [ali> = —101° (inéthanol), 7-rhamnoglucoside.
Hydrolyse : pseudobaptigénine, rhamnose, glucose.
Dans les racines de Baptisia tinctoria.
5, 7, 3’, V-tétrahydroxyisoflavone — Orobol — Ci r ,H, 0 O u (Norsantal)
[5a -11].
F. 270-5°. Aiguilles jaune pâle.
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES PLEURS ET DES FRUITS.
215
FeCI ;! : vert puis brun pourpre ; H 2 SO, : jaune vert devenant rouge
sang par NO s H cône. ; NO s H : brun rouge devenant jaune.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. a-honioprotocatéchique.
Hétérosiof. : OHOROSfDE F. 220-1" ; glucoside.
Hydrolyse : orobol, glucose.
Dans Orobus tuberosus et dans le bois de Santal ( Plerocarpus santa-
linus ).
.T, V-trihydroxy, 7-méthoxyisoflavone — Santal — [11].
Dans le bois de Santal avec le précédent.
~>. i ■ S’-trihydroxy, 8-méthylisoflavone — 8-Méthylisogénistéine (8-Mè-
thylisogénistéol) — C, 6 H, 2 0 5 [10].
F. 255° : 301-2°. Aiguilles jaunâtres.
Hétérosiok : MÉTHYLISOGÉNISTINE (Méthylisogénistoside)
F. 255“ ; glucoside.
Dans le Soja.
5, 7, V-trihydroxy, 8-méthylisoflavone 8-Méthylgénistéine < 8-Mé-
thylgénistéol) — Ci U H 12 0.-, [10].
F. 298”. Aiguilles jaune pâle. «&
Dér. triacétylé, F. 184".
Soja hispida.
5, 7, V-trihydroxy, 6-méthoxyisoflavonc — Tectorigénine ( Tectorigé-
nol ) — C 16 H 12 0 6 [10-13a].
F. 227°. Feuillets jaune pâle.
FeCl 3 : vert bleu.
Fusion alcaline : ac. formique, ac. p.hydroxyphénylacétique, irétol.
Dér. triacétylé, F. 187° ; tribenzoylé, F. 238°.
Hétéroside : TECTORIDINE (Tectoridoside) C 22 H 22 O n ou SHÊKA-
NINE, F. 257° ; 7-glucoside [8].
Hydrolyse': tectorigénine, glucose.
Dans les rhizomes de Balamcanda chinensis et Iris tectornm.
Dans Pardanthus chinensis.
5, 6, 7, 3’, V, ô’-hexahydroxyisoflavonc — Irigénine II ( lrigénol II) —
C 1B H 10 O 8 [2].
F. 331°. Aiguilles jaune pâle + 1 OH 2 (AcOH aq.).
A peine sol. eau, alcool, ac. acétique, benzène et acétate d’éthyle.
FeCl 3 : vert olive.
Dér. hexaacétylé, F. 237-8°.
5 7, 3’-trihydroxy, 6, V, ô’-triméthoxyisoflavone — Irigénine I (.Irigé-
nol /) — C l8 'H 16 0 8 [2].
F. 185°. Aiguilles jaune pâle ou plaquettes.
Source : MNHN, Paris
216
CH. SANNI& ET H. SAUVA1N.
Sol. acétate d’éthyle, alcool el chloroforme chauds, à peine sol. eau,
insol. éther et ligroïne.
FeCljj : rouge violet.
Lessive alcaline : ac. formique, irétol, ac. indique.
Dér. dâaeétylé, F. 169" ; triacétylé, F. 127-8".
Hétéroside : I RI DINE ('Iridoside) F. 208" ; 7-glucoside "12’.
Dans les rhizomes d'iris florentina, germanica et pâli i fl a.
5, 7-dihydroxy, 4’-méthoxyisoflavone — Biochanine A (Biochanol A) - -
Ci 6 H 12 0 3 [3-14].
F. 212°. Courts bâtonnets courbes jaune pâle.
Sol. acétone et alcool, moins sol. chloroforme, acétate d’éthyle et éther,
insol. éther de pétrole.
FeCl s : violet ; alcalis dilués : color. jaune ; H 2 S0 4 : jaune aussi ;
N0 3 H conc. : solutions rouges.
Dér. acétylé, F. 190°.
Déméthylée, donne la génistéine.
Hydrolyse : deux cétones cristallisées, dont la plus soluble est la Bio-
chanétine A et la moins soluble est la phloroacétophénone.
La constitution de la Biochanétine A n’est pas encore élucidée.
La Biochianine A est la seule isoflavone non glucidique extraite d’une
plante.
Dans les germes la graine de Chanet.
Source : MNHN, Paris
ISOFLAVONES DONT LA FORMULE N’EST PAS
EXACTEMENT ÉTABLIE.
Isoshehkangénine, 2, V, ii (ou 7)-trihudroxu ô (ou
C 16 H I2 O 0 [6].
7 )-m éthoxy is ofia voue
F. 288°.
Par alcalis à 10 p. 100 : 3, 5-dihydroxyanisol + ac. p.hvdroxypliényl-
acétique.
l)ér. triacétylé, F. 185" ; dér. diméthylé, F. 157".
Hétérosidf. : ISOSHEHKANINE (Fsoshekanoside), F. 253“ ;
glucoside.
Dans l’Iris watti.
Belamccmgénol ; Pentahydroxifméthoxijisoflavone [16].
F. 227°.
Dér. acétylé : F. 184-5°.
Hétéroside : BELAMCAXDOSIDE, F. 300". glucoside.
Dans Belamcamda chinensis.
Isoosajine : contient 1 OH [18- 18a].
Osaiine : dérivé complexe de la 5, 4-dihvdroxvisoflavone C...-,H.> 4 Or,
[18-18a].
F. 189°. Cristaux jaune citron.
Sol. chloroforme, éther, acétone, pyridine, assez sol. benzène et tétra¬
chlorure de carbone chaud, insol. eau.
FeCl 3 : vert foncé puis violet par l’ammoniaque.
Fruit de Maclura pomifera Raf. (osage-orange).
Pomiférine : dérivé complexe de la 5, 3’, 4’-trihydroXyisofiavone
C 25 H 24 0 6 [18-18a].
F. 200-5°. Cristaux jaunes.
Dér. triacétylé, F. 154°.
Fruit de Madura pomifera Raf. (Osage Orange).
Cyanomaclurine : Dérivé isoflavonique complexe, C ls H 12 0(j [18-18a].
F. 290°. Prismes.
Sol. alcool, ac. acétique, acétate d’éthyle, à peine sol. eau.
En solution alcaline chauffée, donne une couleur bleue caractéristique.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. (3-résorcylique.
Dér. tétraacétylé, F. 136-8" ; tétrabenzoylé, F. 171-3°.
Artocarpus integrifolia.
Source : MNHN, Paris
Biochanine B : Probablement une isoflavone, 1 seul groune
OCH, [14]. “
F. 205 ". Prismes incolores.
Sol. chloroforme, éther, insol. éther de pétrole.
(îraines de Chanu en germination plans les germes).
Biochanine C : Structure non fixée, C 1IÎ H, S 0 4 N ;1 [14).
F. 310“. Gros prismes incolores.
Sol. eau, peu sol. alcool dilué et acétone, insol. alcool absolu, éther
et éther de pétrole.
Dans les germes des graines de Chanu.
1. Appel (H ) et iRobinson (11.). — J. Chem. Soc., 1935, 752.
2. Baker (W.). — J. Chem. Soc., 1928, 1022, 1025.
2a. Baker (\V.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1929, 152.
2b. Baker (W.), Robinson (R.) et Simpson (N. M.). — J. Chem. Soc., 1937,
805.
3. Bose (J. L.) et Siddiqui (S.). J. Sci. and Ind. Research (India), 9,
25-0 (1950).
4. Chakravarti (D.) et Bhah (C.). — J. Indiun Chem. Soc., 22, 301-4 (1945).
5. Charaux (C.) et Rabaté (J.). — J. Pharm. Chim., 22, 32-3 (1935).
5a. — — Bull. Soc. Chim. biol., 21, 1330 (1939).
6. Chi (J. J.), Hsu (S. T.), Hu (M.) et Wang (S.). — J. Chinese Chem. Soc.,
15, 26-30 (1947).
7. Mahal (H. S.), 'Rai (H. S.) et Vknkataraman (K ). ./. Chem. Soc., 193b,
1770.
8. Mannich (C.), Siiumann (P.) et Lin (W. H.). Arch. Pharm.; 275, 317-28
(1937).
9. Mitter (P. C.) et Saha (S. K.). — J. ludion Chem. Soc., 11, 257-64 (1934).
10. Okano (K.) et Beppu (I.). - J. Agric. Chem. Soc. Japan, 15, 645-52 (1939).
11. Robertson (A.), Suckling (C. W.) et Wheli.ey (W. B.). — J. Chem. Soc.,
1949, 1571-8.
12. Shinoda (J.) et Sato (S.). — J. Pharm. Soc. Japan, 52, 821-2 (1932).
13. Shriner (R.L.) et Hull (L. J.). — J. Org. Chem., 10, 288-91 (1945).
13a. Shriner (R. L.), Matson (E. J.) et Damshioder (R. E.). — J. Am. Chem.
Soc., 61, 2322 (1939).
14. Siddiqui (S.). — J. Sci Ind. Research India, b, 68-70 (1945).
15. Walz (E.). — Ann., b89, 118 (1931).
16. Wang (S.) et Hu <M.). — J. Chem. Soc., 19bb, 307.
17. Wessely (F.) et Lechner (F.). — Monatsh., 57, 395 (1931).
18. Wolfrom (M. L.) et Gregory (A. S.). — ./. Am. Chem. Soc., 62, 651-2
(1940).
18a. Wolfrom (M. L.), Johnson (G. F.), Harris (W. D.) et Wildi (B. S.). --
J. Am. Chem. Soc., 65, 1434-5 (1943)
19. Zemplen (G.) et Bognar (R.). — Ber., 75, 482 (1928).
Source : MNHN, Paris
FLAVANONES.
7, k’-dihydroxyflavanone — Liquiritigénine (Liquiritigénol) — C 15 H 12 0 4
[33].
F. 207“ ; 217“. Aiguilles incolores.
Mg + HGI : violet rouge ; FeCL, : néant.
Fusion alcaline : résacétophénonc, ac. p.hydroxybenzoïque.
Hétéroside : LIQUIRIT1XE (Liquiritoside) C 21 H, 2 0 9 , OH.,. F. 212“ ;
4’-glucoside.
Hydrolyse : liquiritigénine, glucose.
Dans Glycyrrhiza glabra Linn., var. glamlulifera.
5, 7, 4’-trihydroxyflavanone — Naringénine (Naringénol i — C,-H,.,0,
[1 - 2 - 3a - 13 - 28].
F. 248”. Aiguilles ou paillettes incolores.
Sol. alcool, éther, chloroforme, benzène, insol. eau.
Mg + HCl : rouge violet ; FeCl., : brun rougeâtre ; H 2 SO, conc. : solu¬
tion jaune virant au rouge.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. p.couniariquc.
Dér. triacétylé, F. 53-55°.
Hétérosides : NARINGINE (Naringosidc) C 27 H3 2 0 i 4 , 2 ou 8 OH 2 , F.
82“ ; 7-rhamnoglucoside.
Hydrolyse : naringénine, rhaninosc, glucose.
Dans les fruits de Citrus decumana, du Bigaradier, dans Citrus para-
disi, dans les déchets du Grape-Fruit, dans les fleurs et Pécorce
des fruits de Citrus grandis, var. buntan, dans le Kijitsu.
SALIPURPOSIDE C^O^O^, F. 227“. [a] n = —111“
(alcool) ; 5-glucoside [5a-38].
Hydrolyse : naringénine, glucose.
ISOSALIPURPOSIDE, F. 175”, [a] u = —20“ (alcool)
[5a-38]. 2-glucoside de la forme chalcone de la naringénine.
Les deux dans Salix purpurea.
5, 7-dihydroxy, 2-méthylflavanone — Strobopinine ( Strobopinol ) —
C 16 H l4 0 4 [22].
Dans Pinus Strobus.
7, 3’, i’-trihydroxyflavanone — Butine ( Butéol) — Ci.-,H 12 O ri [18-19].
F. 224-6°. Aiguilles incolores.
Sod. alcool, éther, ac. acétique, à peine sol. eau chaude, insol. benzène.
KOH : solution jaune orangé ; acétate de Pb : ppté jaune clair.
Source : MNHN, Paris
220
CH. SAXNIK ET II SAUVAIS'.
Fusion alcaline : résorcinol. ac. protocatéchiquc.
Dér. triacétylé, F. 123-125“ ; dér. tribenzoylé, F. 155-7".
Hétéroside : HUTRIXE (Buloside) Ci-H.,.,0,-, 2 ()H.„ Diglucosidc en 3'
et 7, F. 193-5". Aiguilles soyeuses, n „ 82" (pvridine) 29’.
Hydrolyse : butine, deux glucoses.
Dans Uutea frondosa et H. superbe.
•ï, V-dihydroxy, 1 -méthoxyflavanone Sakuranétine iSakuranétol) - -
ou Méthyl-7-nuringénine C^H^O-, [1-3 -3a -4].
F. 150". Aiguilles incolores.
Sol. alcool, éther, chloroforme, benzène, acétate d’éthyle, un peu sol.
eau bouillante, insol. eau froide.
Mg -I- HCl : rouge pourpre ; NO :i H fumant : bleu indigo foncé puis
violet ; alcalis : sol. jaune foncé ; FeCl ; , : jaune.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. acétique, ac. p.hydroxvbenzoïque.
Dér. diacétylé, F. 97°.
Ecorce de Prunus Puddum.
Hétéroside : SAKURANINE (Sakuranoside) C. 2 ,H 24 O 10 , F. 212" ; 5-glu-
coside. [a] » = — 106" (acétate de méthyle).
Hydrolyse : sakuranétine, glucose.
Dans Prunus yeddoensis Matsumura et P. serrulatu.
5, 7-dihydroxy, b’-méthoxyflavanone — ïsosakurcmétine ou Kikokuné-
tol (Isosakuranétol ) — C^H^O-, [12].
F. 193-4° ; 194-5". Aiguilles incolores.
FeCl ;t : brun à pourpre ; H L ,S0 4 : bleu.
, Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. musique.
Dér. acétylé, F. 114-15’ ; dér. benzoylc. F. 143".
Fleurs de Citrus Irifoliata ( Pseudaeyle trifoliata).
ô. 7-dihydroxy, V-méthoxyflavanone - Citrifoliol — Isosakuranétol
gauche C 16 H 14 0 5 [34].
F. 190°. Prismes presque incolores.
Sol. acétone, alcool, éther, alcalis, un peu sol. eau.
NaOH : jaune ; Mg + G1H : rouge pourpre ; FeCl., : violet.
Ne réduit pas la liq. de Fehling.
Optiquement active. [a] D = —20" (alcool absolu).
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. p.inéthoxyeinnamique.
Dér. diacétylé, F. 119° ; dér. monobenzoylé, F. 149".
Hétéroside : CITRIFOLIOSIDE C^H^O,.,, F. 198" ; [«]„ = —90"
(alcool), rhamnosido 6-glucosidc.
Hydrolyse : citrifoliol, rhamnose + glucose (rutinose).
Dans Citrus trifoliata (pulpe et albedo du fruit vert).
5, 7-dihydroxy, 2’-méthoxyflavanone — Citronétine ( Citronétol ) —
C 16 H 14 0 3 [32-37],
F. 224-5°. Plaquettes.
Sol. alcool, difficilement sol. eau.
Source : MNHN, Paris
I.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
221
FeCI 3 : brun violet.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. a-méthoxycinnamique.
Dér. diméthylé, F. 125".
Hétéroside : CITROXIS'E (Citronoside) C2 8 H 34 0 I4 , 7-rhamnoglucoside.
Hydrolyse : citronétine, rhamnose, glucose.
Dans la peau de Citrim Limon Burm., f. ponderosa Hort.
7, 3’, i’-tétrahydroxyflauanone Eriodictyol (' [20-
23-30].
F. 267°. Tablettes brunâtres (ac. acétique), aiguilles incolores (alcool).
Un peu sol. alcool chaud et acide acétique chaud, plus ou moins sol.
alcalis et carbonates, difficilement sol. eau bouillante.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. protocatéchique.
Dér. acétylé, F. 137°.
Hétéroside ÉRIODICTYOSIDE. Eriodictyolrhamnoside de la Gi-
trine.
Hydrolyse : ériodyctyol, rhamnose.
Dans les feuilles d’Eriodictyon californicum el glutinosiim et dans
celles de Lespedesn cyrtohotrya Miquel.
7, V-trihydroxy, 3’ mcthoxyflnvnnone Homoériodictyol
C 10 H 14 O e [9-11].
F. 224-5°. Tablettes jaunâtres (alcool), aiguilles (ac. acétique).
Plus ou moins sol. alcool et acide acétique, à peine sol. acétate d’éthyle,
insol. eau, benzène.
FeCl.j : brun rouge. Réduit la liq. de Fehling.
[a]u = —29" (alcool).
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. férulique, ac. protocatéchique.
Feuilles d’Eriodictyon glutinosum et angustifolium.
7, 8, V-tétrahydroxyflavanone — Carthamidine ( Carthamidol) —
CisHiaO, [17].
F. 218". Cristaux jaunes + 1 OH 2 .
Hétéroside : CARTHAMOSIDE C^H^O,,, 2 OH„.
Dans les fleurs de Carthamns tinctorius.
6, 7, i’-tétrahydroxyflavanone —- Isocarthamidine (Isocarthamidol)
— C 15 H 12 O fl .
F. 240". Cristaux jaunes.
Hétéroside : ISOCARTHAMOSIDE.
Dans les fleurs de Carthamns tinctorius.
7, 3’-trihydroxy, b’-méthoxyflavanone — Hespérétine ( Hespérétol ) —
Ci 6 H 14 0 6 [1 - 3a - 31].
F. 224-7° : 227-8° ; 233°. Plaquettes jaunes.
Très sol. alcool et éther, à peine sol. chloroforme et benzène, insol.
eau.
Source : MNHN, Paris
222
CH. SANN1É ET H. SAUVAIN.
FeCI., : rouge brun.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. isoférulique, ac. protocatéchique.
Dér. triacétylé, F. 80-82 ",
Hétérosides : HESPÉRIDINE (Hespéridoside) C 2S H 34 0 15 , F. 252“ ;
7-rhamnoglucoside !.25 - 39 |.
Hydrolyse : liespérétine, rhamnose + glucose (rutinose).
Dans les fruits de divers ('.ilrus : var. Batavia, Kamala, Naranja, Dahlia.
XÉOHESPÉRIDIXE (Xéohespéridoside) C 2s H 34 0i 3 , 3
UH 2 , F. 244", 7-rhamnoglucoside [15a-39.;.
Hydrolyse : liespérétine, glucose + rhamnose (l-l-rhamnosido-4-d-glu-
cose ?).
Dans les fruits de divers Citrus, Oranges amères ou non mûres.
PERSICOSIDE C., 2 H 24 0,„ F. 250" ; glucoside [51.
Hydrolyse : hespérétine, glucose.
Dans l’écorce de Persica vulqaris.
7, 3’, 4-’-trihydroxy, 8-méthoxyflavanone Méthoxybutol [10].
F. 195-7°. Cristaux jaune clair.
7, 8, 3’, V-tètraméthoxyflavanone Méthoxytriméthylbutol - [10],
F. 139°-40° ; 143-144°. Aiguilles incolores.
Mg + HCl : bleu violet.
Dans les fleurs de Coreopsis grandiflora.
5, 7-dihydroxi/, U, S-diméthi/lflai/anone — Desméthoxymatteucinol
[ 8 ].
F. 200-1°. Tablettes jaune pâle.
Optiquement active, [ajn = —50" (acétone).
5, 7-dihydroxy, 6, 8-diméthyl, V-méthoxyflaoanonc — Matteucinol (/)/-
méthylisosakuranètol) — C, s H, n O n [7].
F. 174°. Aiguilles jaunés.
Sol. dans la plupart des solvants et des alcalis, insol. eau et acides.
H 2 S0 4 conc. : color. brune ; FeCl ; , : bleu indigo ; alcalis : jaune.
Fusion alcaline : ac. piméthoxvcinnamique, diméthyl,2,4-phloroglu-
cinol.
Optiquement active. [o]n = —39° (acétone).
Feuilles et tiges de Matteucia orientalis.
5, 6, 7, 8, i’-pentaméthoxt/flavanone — Ponkcmétine (Ponkanétol) —
' [14].
F. 152°. Cristaux blancs.
Peau non mûre de Citrus poonensis Hort.
Source : MNHN, Paris
FLAVANONOLS
ou 3-hydroxyfIavanones (Flavanolones).
5, 7-dihydroxyflavanonol — Pinobanksine ( Pinobanksnl ) — [6].
Cœur du bois de Pinus banksiana.
7, 3’, i’-trihydroxyflavanonol — Fustine (Fnstol) — C,-H 12 O 0 [24].
F. 216-8". Cristaux incolores.
Sol. éther, benzène, chloroforme, sol. alcalis en donnant des solutions
rouges.
FeCl., : vert.
Réduit le nitrate d’argent ammoniacal et la liqueur de Fehling à chaud.
Dans Rhus Cotinus, R. sucredanea et R. rhodanthema.
5-hydroxy, 7-méthoxu. Ü-mélhulflnvanontil Alpinone C, 7 H 1(i O-,
[15].
F. 178". Aiguilles incolores.
Dans Alpinia jnponica.
5, 7, V-trihydroxyflavanonol ( 3-hydroxynaringénine ) [27].
Dans Nothofagus Dombeyi et Prunus serotina.
5, 7, 3’, V-tétrahydroxyflnvanonol — Tœdfoline ( Taxifoliol) —
C 15 H 12 0 7 [27],
F. 240-2". Longues aiguilles incolores.
Sol. alcool, acétone, acide acétique et eau bouillante, assez sol. éther
et eau froide, insol. benzène.
Mg -f HCl : rouge intense ; FeCl s : vert émeraude à noir ; test de
Wilson négatif.
Optiquement active. [o]i> = +46° (acétone et eau).
Dans le cœur du bois du Douglas-Fir.
5, 7, 3’, V, 5’-pentahydroxyflavanonol — Ampéloptine <Ampéloptol) —
C 1B H 12 0 8 [16].
F. 245-6°. Cristaux.
Sol. eau chaude.
Par déshydrogénation, donne la mvricétine.
Fusion alcaline : phloroglucinol,. ac. pyrogallique.
Dans Ampélopsis meliaefolia Kudo.
Source : MNHN, Paris
FLAVANONES DONT LA FORMULE N’EST PAS
EXACTEMENT ÉTABLIE.
Flavanone d'Arachis Hypoqea [21-35J.
F. 250°.
Sol. éther et chloroforme.
Test de Wilson négatif.
Dans le tégument de l’amande d'Arachis hypogaea.
Dérivé de la 3, ô, 7, 3', V-pentahydroxy, (i-S-dimcthylflavanone
« ROUGE DE CACAO » (C 34 H 31 O 10 )x de Theobroma Cacao [22].
Fusion alcaline : ac. acétique, ac. protocatéchique, trihydroxy-2,4,6-
diméthyl,l ,2-benzène.
Isosacranécine.
Hétéroside : PONCIR1NE (Ponciroskle), 7-rhamnoside.
Dans Poncirus trifoliata iRafinesque.
Vitexine < Vitexol) C 13 Hi 4 0 7 [26]. Dihydroxyflnvanone provenant
peut-être de l’apigcnol par réduction.
F. 264-5°. Cristaux jaunes.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. acétique, ac. p hydroxybenzoïque.
Dérivé acétylé, F. 257-8°.
Dans le bois de Vit ex litoralis et de Saponaria officinalis.
Homovitexine ( Homovitexol) C 13 Hj 8 0 7 ou CjgH IS 0 8 .
F. 245-6°. Aiguilles jaunes.
Fusion alcaline : phloroglucinol, ac. p.hydroxybenzoïque.
3, 5, 7, i’-tétrahydroxyflavanone ? Katsuranine C 15 H ]2 0 B , 2,5 0H 2 .
F. 224-5°, tourne au rouge brun à partir de 200".
Dans le Katsura (Cercidiphyllum japonicum).
1. Asahina (Y.) et Ixubüse (M.). — J. Pharm. Soc. Japon, 49, 128-34
2. — — Ber., 61, 1514. (1923). .
3. Asahina (Y.), Shinoda (J.) et Inubuse (M.). — J. Pharm. Soc.
47, 1007-19 (1927).
3a. Asahina (Y.), Shinoda (J.) et Inubuse (M.). — J. Pharm. Soc.
48, 207-14 (1928).
(1929).
Japon,
Japon,
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
225
4. Chakravarti (U.), Ku ni>i (N.) et Ghosh (R.). ./. Indian Chem. Soc.,
25, 329-32 (1948).
5. Charaux (C.) et Rabatk (J.). C. R. Acad. Sci., 200, 1689-91 (1935).
5a. — Unit. Soc. Chim. biol., 13, 588-97 et
814-20 (1931).
6. Ehdtman (H.). — Svensk. Kcm. Tidskr., 56, 8 (1944)
7. Fujise (S.) et Kubota (T.). - lier., 67, 1905-8 (1934).
8. Fujise (S.) et Nishi (T.). ./. Chem. Soc. Japon, 55, 1020-3 (1934).
9. C.eissman ( I . A.). -■ ./. Am. Chem. Soc., 62, 3258 (1940).
10. Geissman (T. A.) et Heaton (C. I).). - ./. ,4m. Chem. Soc., 65, 677-83
(1943).
10a. Geissman (T. A.) et Heaton (C. D.). - ./. .4/n. Chem. Soc., 66. 486-8
(1944).
11. Hadley (YV. J.) et Gisvold (O.). — J . Am. Pharm. Assoc., 33, 275 (1944).
12. Hattori (S.). — J. Pharm Soc. Japon, 48, 561 (1928).
13. Hattori (S.), Hasegawa (M.) et Kanao (M.). — Acta Phutochim. Japon,
15, 199-200 (1949) ; J. Chem. Soc. Japon, 65, 744-7 (1944).
14. Ichikawa (N.) et Yamashita (T.). — J. Chem. Soc. Japan, 62, 1006-10
(1941).
15. Kimura (Y.) et Hoshi (M.). — Proc. lmp. Acad. Tokyo, 12, 285 (1936).
15a. Kolle (F.) et Gloppe (K. E.). — Pharm. Zentralhalle, 77, 421 (1936).
16. Kubota (T.). — J. Chem. Soc. Japon, 59, 1053 (1938) ; 60, 604-6 (1939).
17. Kuroda (C.). — Proc. Imp. Acad. Tokyo, 5, 32 et 82-85 (1929).
18. Lal (J. B.). — J . Chem. Soc., 1937, 1563.
19. Lal (J. B.) et Dutt (S.). — J. Indian Chem. Soc., 12, 262-7 (1935).
20. Mager (A.). — Z. physiol. Chem., 274, 109-15 (1942).
21. Masquelier (J.) et Blanquet (P.). - Bail. Soc. Chim., 19i8, 1172-5.
22. Mayer (F.). — The chemistry of natural coloring matters. Ain. Chem.
Soc. Monograph n" 89, traduit par A. H. Cook. New-York. 1943, p.
161-212, Reinhold Pub. Corp., edit.
23. Ohira (T.). — J. Agr. Chem. Soc. Japan, 9, 448-52 (1933).
24. Oyamada (T.). — J. Chem. Soc. Japan, 55, 755-62 (1934).
25. Patnayak (K. C ), Rangaswami (S.) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian
Acad. Sci., 16, 10-15 (1942).
26. Peteri (E.). — J. Chem. Soc., 1939, 1635.
27. Pew (J. L ). — J. Am. Chem. Soc., 71, 3031 (1948).
28- Rangaswami (S.), Seshadri (T. R.) et Veeraraghaviah (J.). — Proc. In¬
dian Acad. Sci., 9, 328-32 (1939).
29. iRao (P. S ) et Seshadri (T. R.). — Proc. Indian Acad. Sci., 14, 29-34
(1941) ; J. Sci. Ind. Research, 8, 178-9 (1949).
30. Russell (A.) et Todd (J.). — J. Chem. Soc., 1937, 421.
31. Seka (R.) et Prosche (G.). — Monatsh., 69, 284 (1936).
32. Shinoda (J.) et Sato (S.). — J. Pharm. Soc. Japan, 51, 576-82 (1931).
33. Shinoda (J.) et Ueeder (S.). — Ber., 67, 434-40 (1934).
34. Sosa (A.) et Sannié (C.). — C. R. Acad. Sci., 223, 45 (1946).
35. Tayeau (F.) et Masquelier (J.). — C. R. Acad. Sci., 227, 602-4 (1948).
36. Uo (H.), Fukushima (B.) et Kondo (T.). - J. Agr. Chem. Soc. Japon, 19,
467-77 (1943).
37. Yamamoto (R.) et Oshima (Y.). — J. Agr. Chem. Soc. Japan, 7, 312-9
(1931).
38. Zemplen (G.), Bognar (R.) et Szekely (I.). — Ber., 76, 386-90 (1943).
39. Zemplen (G.), Tettamanti (A. K.) et Farago (S.). — Ber., 71, 2511-20
(1938).
Mémoires du Muséum. Botanique, t. II.
Source : MNHN, Paris
ANTHOCYANNES.
Apigénidine (chlorure) ( Apigénidol) ou Gesnéridine.
Chlorure de 5-7-V-trihydroxy-phényl-2-phénopyrylium.
Cl
Fines aiguilles.
Très sol. alcools méthylique et éthylique, modérément sol. eau.
Solutions rouges + XaüH : rouge carmin bleuté ; FeCl ;î : brun jaunâtre
intense.
Hétérosides.
GESNÉR1NE (üesnéroside), 5-monoglucoside [37].
Dans les fleurs rouge orange de Gesnera fulyens.
' Glucoside de la «flor de nvanita » ou MACPALXOCHITL [30].
Trois molécules de glucose pour chaque molécule d’anthocvanol + 3
mol. d’acide gatlique.
Dans les bourgeons du « Macpalxochitl ».
Carajurine (Chlorure) ( Cnrajurol) ou Carajuridine [6a].
Chlorure de 6, 7-dihydroxy 5, V-dimélhoxyphényl-2-phénopyrylium.
Fonce à 120" et fuse partiellement à 196". Plaquettes oranges.
Fusion alcaline : ac. p.hydroxybenzoïque. Ebullition avec KOH conc. :
p.méthoxyacétophénone.
Existerait peut-être dans la plante avec le noyau A sous forme quino-
nique.
Dans le rouge de Chica, pigment des feuilles de Bignonia Chien.
Pélargonidine (chlorure) ( Pélyrgonidol ).
Chlorure de 3-5-7-i’-télrahydroxy-phényl-2-phénopyrylium.
O
F. 350". Feuillets (MeOH.Et 2 0), aiguilles (MeOH-HCl).
Sol. alcools méthylique et éthylique, peu sol. eau avec solution rouge ;
après addition de soude, la solution devient bleue.
FeClj, : rien ; réduit à chaud la liqueur de Fehling.
Source : MNHN, Paris
l.ES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
227
Hétérosides.
PÉLARGONINE (Pélargonoside), 3,5-diglucoside [18a - 18e - 18f -19 - 19a -
49 - 49a].
; Synonymes : Monardine (monardonoside), Salvinine (salvinoside)].
F. anhyd. 180“ (déc.). Fines aiguilles rouges + 4 OH 2 .
Sol. eau en donnant une solution rouge orange devenant violette, à
peine sol. alcool méthyliquc avec coloration rouge et fluorescence
verte.
Molybdate d’ammonium : rien.
Fleur* du Pélargonium écarlate, île Monarda didymu, de Salvia splen-
dens et coccinea, dans les fleurs rouges de Pharbitis Nil Chois.
MECOPÊLARGONlDlNE (Mecopélargonoside), diglucoside [35-43],
Dans les fleurs et les graines de Papaver Rhoeas.
PUNICINE (Punicoside), diglucoside [18ej.
Fleurs de Punica Granatum.
PIGMENT DE SYMPHYTVM OFFICINALE, diglucoside.
CALLISTÉPHINE (Callistéplioside), 3-gkicoside ,501.
Fines aiguilles rouge orangé.
Sol. eau en donnant une solution jaune rougeâtre qui diluée devient
violacée, puis incolore.
Dans Callistephus chinensis Xees (Aster rouge).
PIGMENT DU DROSERA, pcntoseglucoside [57].
Dans Drosera rotundifolia L.
FRAGARINE (Fragaroside), galactoside [45].
Dans Fragaria vesca (fraise sauvage).
PIGMENT DES FRAISES, 3-glucoside.
Dans Fragaria chilôensis Duch., var. Ananas sa, Barley.
PIGMENT DE LA FLEUR JAUNE D’ANTIRRHINUM MAJUS, pigment rouge,
3-pentoseglucoside.
Cycmidine (chlorure) ( Cyanidol).
Chlorure de 3-5-7-3’-4’-pentahydroxy-phényl-2-phénopyrylium.
Cl
Aiguilles brun chocolat ou prismes (EtOH-HQl).
Très peu sol. HCl dilué, sol. alcools méthylique et éthylique, picrate
sol. eau.
Source : MNHN, Paris
228
c:il. SAXXlfi HT H. SAUVAIX.
Solutions rouge violet, puis violet et bleu par addition de NaüH.
Réduit à froid la liqueur de Fehling.
Chaulfé dans l’eau, se décolore ; FeCl., : bleu intense ; molybdate
d’ammonium, test positif.
Hètf.rosides.
CYANIME (Cyanoside), 3-5 diglucoside [41-51-54J.
F. 203-5° (déc.). Prismes brun violet avec éclat de bronze.
Dans les fleurs du Dahlia, du Bleuet, de la Rose rouge, d’.4/iemone
hepatica, de Corydalis cava.
MECOCYAMINE' (Mécocyanoskle), 3-genlioboside ; 37a-41a].
Aiguilles rouge foncé avec reflets verts.
Très sol. eau, à peine alcool éthylique, insol. acétone.
Fleurs de Papaver Rhoeas rouge foncé.
CHRYSANTHÉMINE (Chrysanthémoside) 3-monoglucoside [14-15-23-
23c - 28 - 38 - 43 - 49b - 50 - 59].
'Synonymes : Astérine (astéroside), Sambucine (sambucoside), Kuro-
mamine (kurommamoside)].
Prismes rouge bronze + 11/2 OH 2 .
Sol. HCl dilué, alcool.
La solution alcoolique donne une couleur bleu pur avec FeCl ;t , qui vire
au violet par CO a Na 2 .
Dans les fleurs de Chrysanthemum indicum L., d 'Aster sinensis, le Maïs
à cosse pourpre, le Kuromame (Soja Glycine Banth), les feuilles
d’automne d’Acer circumlobatum et ornatum, variété Matsumura,
les fleurs de Ly coris radiât a, les fruits de Sambucus nigra', du
Mûrier.
KERACYANINE (Kéracyanoside), 3-rhamnogIucoside [37a - 561.
Dans les cerises noires.
PRUNICYANINE (Prunicyanoskle), 3-irhamnoglucoside [56b,].
Peau des fruits de Prunus spinosa.
IDŒINE (Idœoside), 3-galactoside [11-41-52].
F. 210° (déc.). Prismes rouge brun à reflets verts.
Sol. eau, solution brun rouge foncé qui, diluée, devient rouge orangé.
Par NaOH r'bleu —>- vert —>- jaune ; par C0 3 Na 2 : solution violette ;
FeCl 3 : coloration bleue, puis violette par dilution.
Dans la pomme Winnesap et Grimes Golden, dans l’Airelle.
HIBISCINE (Hibiscoside), 3-monopentoside [60].
Primes rouges solubles dans l’eau.
Dans Hibiscus Sabdariffa L.
ANTIRRHININE (Antirrhinoside), 3-rhamnoglucoside [27].
Dans Ribes sanguineum (groseilles rouges), Antirrhinum majus.
COLORANT DU SHISO, diglucoside combiné à l’acide p.coumarique [23b].
Feuilles de Shiso (Perilla ocymoides, v. crispa Banth);
COLORANT DE CRIOLLO CACAO, glucoside [12-20].
Source : MNHN, Paris
LES COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
229
PIGMENT DE L’OLIVE, rhamnoglucoside.
Fruit mûr à’Olea Europaea.
PIGMENT DU RIZ POURPRE, monoglucoside [15d].
Dans Oriza nativa, var. atropurpurea.
PIGMENT ROUGE DES FLEURS DE GOSSYPIUM [47].
PIGMENT DES FLEURS « rouge vineux » et « chesnut red » d’HELIAN-
THUS ANNUUS [41].
Dérivé de l'ester méthylique en 7 de la Cyanidine.
RUBRORASSINE (Rubrobrassicoside) ou ô-méthyl>-sinapgl-cyanidine i8a -
48].
Diholoside combiné à l'acide sinapique.
Feuilles du Chou rouge.
Delphinidine (chlorure) ( Delphinidol ).
Chlorure de 3-5-7-3’-t’-5’~hexahydroxg-phényl-2-phénopgrylium.
Cl
s/V-
^OH
F. 350”. Cristaux rouge brunâtre foncé avec éclat vert.
Sol. alcools méthylique et éthylique, acétate d’éthyle, facilement sol.
HCl et H 2 S0 4 dilués avec solution rouge bleuâtre.
Par NaOH, violet puis bleu.
Réduit liqueur de Fehling à froid.
Forme des hydrates à 1,2 et 4 OH 3 .
Molvbdate d’ammonium : test positif ; FeCl : , : bleu intense stable en
solution alcoolique.
Hétérosides.
DELPHINE (Delphoside), 3-5 diglucoside de Delphinidine [53].
Dans Salvia patens, Salvia pratensis, Musc.ari racemosum.
DELPHININE (Delphinoside) (chlorure), 3-5 diglucoside contenant 2 mol.
d’ac. oxybenzoïque [22a-36].
F. 202-3° (déc.). Cristaux en feuilles avec reflets de bronze.
Insol. dans la plupart des solvants organiques.
Réduit liqueur de Fehling à chaud.
FeCl 3 : coloration violet bleu.
Fleurs de Delphinium Consolida.
Source : MNHN, Paris
230
[:il. S AN NI K BT H. SAl’VAIN.
VIOLANINE (Violanoside) (chlorure), rhanmoglucoside contenant en outre
1 mol. d’ac. p.oxybenzoïque [17-55].
Tablettes bleu-violet avec reflets métalliques verts.
Sol. alcalis et carbonates alcooliques, en donnant des solutions bleues.
FeCl 3 aie. : color. bleue.
Fleurs de Viola tricolor.
GENTIANINE (Gentianosidc), monoglucoside contenant de l’ac. p.oxycin-
namique [18b].
Fleurs de Gentianu acanlis ou utdgaris.
VICIXE (Vicioside), mélange fie monoglucoside et de monorhaninoside
[18c].
Fleurs et graines de Viscia L. (vesce écarlate).
PERILLAXIXE (Perillanosidc), monoglucoside contenant de l’ae. proto-
catéchique [21].
Dans Perilla ocymoïdes.
MAURITIXIXE (Mauritinoside), diglucoside de la Mauritidine méthylée, dé¬
rivée de la delphinidine [34 j.
Ecorce de la Canne à sucre (Purple mauritiiis).
MATIÈRE COLORAXTE DE L’AUBERGINE, diglucoside + ac. p.coumari-
que [23a -23d].
Aiguilles pourpres.
Dans Solanum Melongena (var. esculentum, Ness).
MATIÈRE COLORANTE DE LA JACINTHE BLEUE, diglucoside [15-15a].
Dans les fleurs bleu foncé de la Jacinthe bleue.
MATIÈRE COLORANTE D’AWOBANA, 3-5 diglucoside avec de l’ac. p.cou-
marique [22 - 22a].
HIBISCINE, matière colorante (l'Hibiscus Sabdariffa f 61 ].
Chlorure : F. 128”.
Chlorure de delphinidine + glucose + pentose.
Pœonidine (chlorure) ( Pæonidol ).
Chlorure de 3-5-7-4’-tétrahydroxy 3’-méthoxyphényl 2-phénopyrylium.
CI
O
OCH 3
F. 165-7° (déc.). Longues aiguilles rouge brunâtre.
Sol. eau, HCl et H 2 S0 4 dilués, facilement sol. alcools méthylique et
éthylique.
Réduit à chaud la liqueur de Fehling.
Se décolore dans l’eau par chauffage ; après addition de soude, la cou-
Source : MNHN, Paris
FLEURS ET UES FRUITS.
J.ES COULEURS DES I
lirur passe- au violet puis au bleu ; molybdate d’aniinonium : test
négatif ; FeCL : réaction faible.
Hétrrosides.
PŒOXIXE (Paeonoside), 3-5 diglucoside >54a\
F. 165-7“ (déc.). Chlorure en aiguilles violet rougeâtre + OH...
Fleurs de Paeonia rouge (pivoine).
OXYCOCCICYANINE (Oxycoccicyanosidc), 3 nionoglucosidc [301.
Baies d’Oxycoccûs macrocarpm.
PIGMENT DE PHARBITIS XIL Clioisy, glucoside [191.
Fleurs violet-rose de Phurbitis Nil Clioisy.
PIGMENT DES BAIES DE NERPRUN 4 .
Pigment violet foncé identique à la poeonine.
Syringidine ou Malvidine (chlorure) (Malvidol ou Syringidoh.
Chlorure de 3-5-1-A'-tètrnhydroxy 3'-5‘-dinièIhoxyphényl ‘2-phêrw-
pyrylium.
Cl
O
OCH,
Prismes et aiguilles à facettes, rouges en lumière transmise, vertes en
lumière réfléchie.
Assez sol. eau, difficilement sol. HCl à 0,5 p. 100, aisément sol. alcool,
peu sol. alcool méthylique.
Solution rouge violet qui se décolore dans l’eau par chauffage ; par
addition de soude, la couleur passe au bleu vert.
FeCL, : négatif ; molybdate d’ammonium : négatif.
Hétérosides.
MALVINE (Malvoside), 3-5 diglucoside [ 18d - 53].
F. 164". Poudre rouge brun (chlorure) ou aiguilles rouge pourpre.
Solution rouge pourpre dans alcool méthylique.
Modérément sol. alcools éthylique et amylique, sol. en rouge orangé
dans H 2 S0 4 conc.
Fleurs de Mauve sauvage (Malvu urborcea ), de Primula viscosa et inte-
grifolia.
OENINE (Oenoside), 3-p-monoglucoside [9-18-56a].
Déc. 202°. Chlorure en cristaux viqlets en lumière transmise avec reflet
métallique jaune. En masse, apparence de bronze.
Source : MNHN,
232
CH. SAN'KIÉ ET H. SAUVA1N.
Picrate en aiguilles rouges à reflets verts.
Grappes de raisin rouge bleu (Vitis hypoglauca).
CYCLAMINE (Cyclamoside), identique au précédent ou isomère [18].
Fleurs de Cyclamen persicum Mil).
AMPÉLOPSIXE (Ampélopsosidc) [18-56c].
Probablement identique au précédent, ou mélange avec des glucosides
de dclphinidinc.
Baies d 'Ampélopsis quinqttefulia Michx (Vigne vierge) et d’A. hede-
racea.
Ces trois derniers glucosides seraient des mélanges de glucosides de
delphinidinc ou de son éther monoéthylique.
NÉGRÉTINE (Négrétoside) [8-8cJ.
Chlorure de malvidine + glucose + méthylpentose.
Donne par hydrolyse de l’acide p.hydroxycinnamique.
Pommes de terre violettes.
PIGMENT DE L’IRIS JAPONAIS [15c\
Monoglucoside de malvidine.
Fleurs d’/ris japonica.
ULIGINOSINE, monogalactoside [15b].
F. 143,5° (déc ). Aiguilles violet rougeâtre.
Dans les baies de Vaccininm nligino.iiim.
Hirsutidine (chlorure) ( Hirsutidol).
Chlorure de 3-ô-V-trihydroxy 7-3’-;V-triméthoxyphényl 2-phéno-
pyrylium.
Cl
OCHs
Prismes rouges ou aiguilles.
Assez sol. eau en donnant une coloration qui pâlit à l’ébullition ; la
couleur réapparaît par les acides. Facilement sol. alcools méthy-
lique et éthylique.
La solution rouge violet + NaOH devient violette, puis bleu vert.
La solution dans NaOH 0,1 N donne une coloration bleu pourpré puis
bleu écarlate, puis vert émeraude.
Hétéroside.
HIRSUTINE (Hirsutoside), 3-5 diglucoside [18d].
F. 150-3° (déc.). Chlorure en aiguilles opaques (MeOH-HCl aq ).
Par acétate Na : violet rougeâtre ; par FeCl 3 : coloration orange stable.
Fleurs de Primula hirsute.
Source : MNHN, Paris
LES COl!|,KURS DES FLEURS ET DES FRUITS-
233
Péhuüdine (chlorure) (Pétunidol).
Chlorure de 3-5-7-V-ô’-pentahydroxy 3’-méthoxijphènul 2-phéno-
pyrylium.
HO
OCh 3
/
[C-OH OH
Tablettes oblongues à section rectangulaire.
Se décompose dans l’eau par hydrolyse, puis se dissout (rapidement
à chaud), forme de nombreux hydrates.
Solution rouge bleuté + NaOH : violet puis bleu.
FeCl s : réaction violette dans MeOH, bleue dans l’eau ; molybdate
d’ammonium : test positif. Réduit la liqueur de Fehling.
Hétéroside.
PETUNINE (Pétunoside), diglucoside [50a,.
F. 179° env. Plaques + 2 OH 2 , violettes en lumière transmise, avec re¬
flets bronzés en lumière réfléchie.
Sol. alcool méthvlique.
FeCljj (+ MeOH) : color. violette ; C0 3 Na 2 aqueux : sol. violette puis
bleue au repos.
Hydrolyse : chlorure de pétunidine + glucose.
Fleurs de Pétunia hvbrid. hort. et dans Polygala amara.
Pigments anthoeyemiques azotés [44].
BËTANIDINE (Bétanidoside), BOUGAINVILLÉIDINE (Bougainvilléoside)
1 -8b-31 - 33-37-37b].
2 OH, 2 groupes acides, 2 atomes d’N.
Le chlorure de bétanidine serait un produit de condensation d’un sel
de flavylium isomère du chlorure de pélargonidine ou de cyani-
dine, avec de l’ornithine.
Dans Bêla vulgaris (betterave rouge), Celosia cristata, Atriplex hor-
tense.
Dans le Bougainvillea, on trouve à côté de la quercétine du chlorure
de bougainvilléidine (2 parties) et le chlorure de son ester méthv-
lique (1 partie).
PIGMENT JAUNE DE P AP AVER ALPINUM ET NUDICAULE [32 -37 J.
Contiendrait 3 OCH 3 .
Par hydrolyse : taux de glucose intermédiaire entre le monoglucoside
théorique .et le diglucoside théorique. .......
Présence de NH 2 et ac. p.oxybenzoïque.
Par méthylation et oxydation (Mn0 4 K) : ac. anisiique.
Source : MNHN, Paris
234
CH. SANNIÉ
H. SAUVAIS'.
Pigments imparfaitement connus.
TUBÉRINE (Tubéroside) [8J.
Monoglucoside de forinule
lOH)
(MeO)
1 approximative.
Cl
o'
ÿ V # ^OH
^ '\^ ÜC s H„O s
Dans les pommes de terre violettes.
PIGMENT DE RUBUS CHAMAEMORUS 48a .
PIGMENT DE LA CANNE A SUCRE BADILLA 29;.
Dérive probablement de la Cyanidine, mais en diffère par son spectre
d’absorption et sa réaction avec les acides (réaction genre phlo-
baphène).
PIGMENT DE LA FLEUR DE TABAC [58..
Anthocyanol non défini + monosacclvaride. Picrate insoluble.
CAMÉR1NE (Caméroside) [24].
F. 195°.
Soluble dans MeOH-HCl à 10 p. 100, d’où il cristallise.
Dans les fleurs de Lantana Caviar a Linn.
PIGMENT D’IPOMOEA ROXA [10,.
Sol. eau, légèrement alcool éthylique, moins alcool méthvlique, insol.
benzène, chloroforme et tétrachlorure de carbone.
PIGMENT DE SORGHUM SACCHARATUM PERS [16].
Mélange d’anthocyanol et de leucoanthocyanol.
Non glucosidique.
PIGMENT DE CYNOMORIUM COCCINEUM [39].
Par Pb (OAc) 2 alcalin : précipité rouge violet ; réaction d’Erdmann :
coloration rouge.
PIGMENT DE L’ÉPINARD [3-26].
Anthocyanoside oxydé ?
Dans les feuilles vertes.
ANTHOCYANOSIDES DES ÉPIS D’ORGE VIOLETS ET NOIRS [7-25].
CHROMOGÈNE LEUCOANTHOCYANIQUE DE ARACHIS HYPOGAEA
46-47a].
Insol. dans CHC1 3 .
HO fY^r_\-_^ 0H
/OH
OH CH
Cysniriol
Source : MNHN, Paris
I.KS COULEURS DES FLEURS BT DES FRUITS.
235
PIGMENT DES ORANGES ITALIENNES (VAR. SANGUINE) [6],
PIGMENT BLEU DE GLYCINE HISPIDA MAXIM \2].
PIGMENT ANTIIOC YANIQUE ROUGE DE LA CANNE A SUCRE « ANC H A »
DE FORMOSE [29].
ANTHOCYANOSIDES DE RAPHANUS SATIVl’S ET AUTRES CRUCIFÈRES
Acireale, lti,
.1. Chem. Soc., 19 27,
1. Ainley (A. D.) et Robinson (R.). - J. Chem. Soc.. 1937. 446-9.
1. Albksandrov (V. G.) et Aleksandrova (O G.). Bull. Applied Botami
Genetics Plant Breeding (USSR), n" '/, 3-47 (1935).
3. Baker (H. G.). — Nature, 150. 689 (1942).
4. Bielig (H. G.). Ber., 77, 748-61 (1944).
а. Blanquet (P.) et Masquelieu (J.). Bull. Soc. Chim. biol, 31. 935-7
(1943).
б. Carrante (V.). .4/i/j. Sla:. Sperim. Frullic
193-236 (1941).
6a. Chapman (F..), Perkin (A. G.) et Robinson (R.).
3015-41.
7. Chaze (J.). C. R. Acad. Sci., 190, 952-5 (1933).
8. Chmielewska (I.). Rocznicki Chem.. 15, 491-505 (1935).
8a. Rocznicki Chem.. 10. 384-7 (1936).
8b. Rocznicki Chem.. 10, 1-8 (1938).
8c. Bull. Soc. Chim.. 3, 1575-88 (1936).
9. Corn-fortii (.1. W.). -- ./. Proc. Roy. Soc. N. S. Wales, 72, 325-8 (1939).
10. Cousin (A. J. C ). — Rev. Quin. faim. (Rio de Janeiro), 1, 298-307 (1936).
11. Duncan (I. J.) et Dustman <R; B.). J. Am. Chem. Soc., 58, 1511-14
12. Forsyth (W. G. L.). — Nature, 164, 25-6 (1949).
13. Grove (K. E.) et Robinson (R.). — Biochem. J., 25, 1706-11 (1931).
14. Hattori (S.) et Hayashi (K.). — Acta Phytochim. Japon, 10, 129-38
(1937).
15. Hayashi (K.). Acta Phytochim. Japon, 9, 25-33 (1936).
15a. — Arfa Phytochim. Japon, 10, 139-46 (1937).
15b. Acier Phytochim. Japon, 15, 17-33 (1949).
15c. — Botan. May. Tokio, 54, 23-7 (1940).
15d. - Mise. Repis Research. Inst. Nat Resources, 9, 1-8 (1946).
15e. — J. Chem. Soc. Japon, 56, 1050-4 (1935).
16. Hermann (G.). — Bull. Sect. Sci. Acad. Roumaine, 24, 492-7 (1942).
17. Karrer (P.) et de Meurox (G.). — Helv. Chim. Acta, 16, 292-316 (1933).
18. Karrer (P.) et Widmer (F ). — Helv. Chim. Acta, 10, 5 (1927).
18a. — — Helv. Chim. Acta, 10, 67 (1927).
18b. — — Helv. Chim. Acta, 10, 73 (1927).
18c. Helv. Chim. Acta, 10, 83 (1927).
18d. — Helv. Chim. Acta, 10, 758 (1927).
18e. Helv. Chim. Acta, 11, 837 (1928).
18f. — — Helv. Chim. Acta, 12, 292 (1929).
19. Kataoka (T.). J. Chem. Soc. Japon, 56, 1037-42 (1935).
19a. — Acta Phytochim. Japan, 9, 35-42 (1936).
20. Knapp (H. W.) et Hearne (J. F.) — Analyst.. 64, 475-80 (1935).
21. Kondo (K.). — J . Pharm. Soc. Japan, 51, 25 (1931).
22. Kuroda (C.) — Proc. Imp. Acad. Tokyo, 9, 94-6 (1933).
22a, — Proc. Imp, Acad, Tokyo, 11, 238-9 (1935) ; 12, 265-71
(1936).
Source : MNHN, Paris
236
CH. S.ANN'IÉ ET H. SAl'V.VIX.
23. Kuroda (C.) et Wada (M.). Proc. Imp. Acad. Tokyo. 9, 17-18 et
517-20 (1933).
23a. Kuroda (C.) et Wara (M.). Proc. lmp. Acad. Tokyo, 9, 51-2 (1933).
23b. Proc. lmp. Acad. Tokyo, 11, 28-31 (1935).
23c. - Proc. lmp. Acad. Tokyo, 11. 189-91 (1935).
23d. Proc. lmp. Acad. Tokyo, 11, 235-7 (1935).
24. Lad (B. .1.). Proc. Xal. Acad. Sci. India. 6, 128-3(1 (1936).
25. Lewicki (S.). - Mem. Inst. Xal. polonais écon. rurale Pnlaioy, 10,
293-336 (1929).
26. Marsdex (H. J. B.). Xalure, 150. 580 (1942).
27. Xolan (T. J.) et Brady (T. G.). — Proc. Roy. Irish Acad., 43, 1-12 (1936).
28. Xolan (T. .1.) et Casey (H.). Proc. Roy. Irish Acad., 40, 56 (1931).
29. Osima (Y.) et Yamamoto (H.). ./. Aqric. Chem. Soc. Japon, 14, 392-6
(1938).
30. Fali-ares (S.) et Garza (H. M.). Arch. Hiochem., 21. 377-82 (1949).
30a. Politis (.1.). — C. R. Acad. Sci., 225, 256-7 (1947).
31. Price (J. R.) et Robinson (R.). — J. Chem. Soc., 1937, 449-53.
32. Price (J. R.), Robinson ('R.) et Scott-Moxcriekk (R.). J. Chem. Soc.,
1939, 1465-8.
33. Pucher (G. W.), Cuhtis (L. C.) et Vickers (H.). ./. Hiol. Chem., 123,
61-70 <1938).
34. Rao (C. J. D.), Walawalkar (1). G ) et Srikantan (B. S.). J. Indien
Chem. Soc., 15, 27-30 (1938).
35. Redgrove (S. H.). — Pharm. J., 126, 564-5 (1931).
36. Reynolds (T. M.), Robinson (R.) et Scott-Moxcriefe (R.). J. Chem.
Soc., 1934, 1235.
37. Robinson (G. M.) et Robinson (R.). — .Y attire, 130, 21 (1932).
37a. — Hiochem. J., 26, 1647 (1932).
37b. — — J- Chem. Soc., 1932, 1439.
38. Robinson (R.) et Willstatter (R.). - Ber.. 61. 2503 (1928).
39. Rouppert (K.). — Bolan. Kozlemenyek. 37, 282-3 (1940).
40. Sakuma (1.) et Momose (1.). ./. Soc. Chem. Ind. Japon. 33, suppl.,
224-5 <1935).
41. Sando (C.E.). J. Biol. Chem.. 117, 45 (1937).
41a. Sando (C. E.) et Weill (F. J.). — Ann., 4 12, 231 (1917).
42. Sando (C. E.), Milner (R. T.) et Sherman (M. S ). - J. Biol. Chem.,
109, 203 (1935).
43. Schmid (L.) et Korperth <H.). - Monatsh., 63. 290-5 (1936).
44. Schudel (G). — Dissert. Zurich, 1918.
45. Sondheimer (E.) et Kertez (Z. L). — J. Am. Chem. Soc., 70, 3476 (1948).
46. Stansbury (M. F.), Field (E T.) et Guthrie (J. 1).). - J. Am. Oil
Chemists'Soc., 27, 317-21 <1950).
47. Stephens (S.G.). — Genetics, 33, 191-214 (1948).
47a. Tayead (F.) et Masquelier (J.). — Bull Soc. Chim., 1943, 1167-72.
48. Willstaédt (H.). — Biochem. Z., 276, 262-4 (1935).
48a. — Skand. Arch. Physiol., 75, 155-65 (1936).
49. Willstatter (R.) et Bolton (E. K.). — Ann., 408, 42 (1915).
49a. — — Ann., 412, 113 (1916).
49b. — — Ann., 412, 136 (1916).
50. Willstatter (R.) et Burdick (C. L.). — Ann., 412, 149 (1916).
50a. — — Ann., 412, 217 (1916).
51. Willstatter (R) et Everest (A. E.). — Ann., 401, 189 (1913).
52. Willstatter (iR.) et Mallison (H.). — Ann., 408, 15 (1915).
53. Willstatter (R.) et Mieg (W.). — Ann., 408, 61 (1915).
53a. — — Ann, 408, 122 (1915).
54. Willstatter (R.) et Xolan (T. J.). — Ann., 408, 1 (1915).
54a. — — Ann., 408, 136 (1915).
55. Willstatter (R.) et Weill (F. J ). — Anti„ 412, 178 (1916).
Source : MNHN, Paris
l.KS COULEURS DES FLEURS ET DES FRUITS.
237
56. Willstàtter (R.) et Zolunger (E. H.). — Ann., 408, 15 (1915).
56a. — Ann., 408, 83 (1915).
56b. — Ann, 412, 164 (1916).
56c. - Ann., 412, 201 (1916).
57. Witanowski (W. R.). - Wiadomosci Farm., 62, 1-3 (1935).
58. Yamafugi (K ). — J. Agric. Chem. Soc. Japon, 9, 797-802 (1933).
59. Yamamoto (K.). — J. Agric. Chem. Soc. Japon, 10, 1046 (1934).
60. Yamamoto (R.) et Osima (Y.). Set. Papers Inst. Phus. Chem. Res
Tokyo, 19, 134-41 (1932).
61. Yamamoto (R.) et Osima (Y.). — Sci. Papers Inst. Phys. Chem. Res.
Tokyo, 30, 258-62 (1936).
Source : MNHN, Paris
TABLE DES AUTEURS.
Pages.
A
Abbott <G.) . 129
Ahmed (Z. F.) . 162
Ainley (A. D.).. 22, 23, 46, 63, 64
Algar (J.) . 91
Aleksandrov (V. G ). 7
Aleksaxdrov.a (O. G.). 7
Allan (J.) . 88, 89
Allen (F. W.) . 130
Allen- (R. C.) . 145
Ambrose (A. M.) . 173
Anderson (A. A.) . 181
Anderson (R. J.) .. ;. 34
Appel (H.). 113,118,122,123
Ari CL.) . 178
Armentano <L.) . 175, 177
Armstrong (E. F.). 119
Aronoff (S.) . 53
Arthur (J. M.) . 130
Asahina (T. Y.)_ 28, 48, 72, 99
Askenasy (E.) . 129
Bacharach (A.) . 172
Baker (W.). 33, 86, 87, 94, 95, 96
Balakrishxa (K. J.) . 75
Ballio (A.) . 72, 73, 94
Bancroft (W. D.) 69, 70, 71,
123, 124, 125, 126, 128, 130,
_ 131, 134, 141, 144, 145, 146
Banf.rjea (P. R.) . 8
Baranyai (P.) . 178
Bargellini (G.) . 71
Bartholomaüs (E.) . 93
Bâte Smith (E. C.). 77, 82
Bateson (W.) . 154
Beadle (G. W.) . 158
Beale (G. H.).. 7, 8, 143, 156, 157
Beauquesne (L.) . 4, 13
Beck <G.). 63
Behn (R.). 90
Beiler (J. M.). 171, 178
Bell (J. C.) . 103
Benko (S.) . 167
Bentsath (A.) . 167
Berry (J. A.) . 181
Betty (R. C.) . 176
Bharadwaj (G.) . 51
Biebi. (R.) . 130
Pages.
Bien (A) . 93
Blank (F.) 4, 128, 131, 132,
. 144, 182
Blaschko (H.) . 76
Blasdale (W. C.) . 5
Blount (B. K.) . 5
Bock (W. Z ) . 74
Bockmuhl (M.) . 93
Bognar (R.) . 29, 89, 93
Bohr (D. F.). 173
Bose (J.) . 10
Bosf. (P. K.) . 10, 73
Bournf. (G. H.) . 172
Brady (T. G.) . 16
Braun (W.) . 130
Bkendel (R.) . 178
Bricf. <1). A.) . 76
Brown (N. C.) . 87
Brücknf.h (V.) . 166
Buck (J. S.) . 44, 143
Bulow (C.) . 98
Bunning (W.) . 130
Burkart (W.) . 113, 163
C
Cappelletti (C.) . 62
Carey (I. P.) . 91
Charaux (C.) . 11, 27, 28
C.HATIN <A.) . 6
Chauchard (P.) . 168
('HAVAN (J. J.) . 87
Chaze (.1.) . 119
Chen . 174
Chenery (E. H.) . 145
Cheng (A. L. S.) . 74
Chmiei.ewska (I.) . 16
Clark (\V. G.) . 168, 173
Clark <S.) . 86
Clerc (A.) . 177
Coates (M. L. E.). 172
Cogan (F.) . 87
Combes (R.).... 99, 119, 127, 133
Comes (O.) . 160
Consden (R.) . 77, 82
Constantinescu (D.) . 133
Copley (M. J.) . 76
CORRELL (J. T.) . 173
Couch (J. F.). 12, 76, 171
C.OURMOXER (G.) . 141
Source : MNHN, Paris
240
CH. S ANN ni HT H. SAIVA1N.
Pages.
Courtois (J.) .
. 178
('.remer (M.) . .
Crowell (W. R.) . ..
Cruz Coke (E.) .
. 179
Curtis (L. C.).
. 22, 46, 63
Czimmer (A. G.).
D
Decker (H.) .
. 98, 99
Dhéré (C.) .
. 62
Dibella (L.).
Dickinson (H.) .
. 143
Doyle (B. G.) .
. 87
Dufrenoy (J.) .
. 134
Duncan (I. J.) .
. .. . 17, 133
Dunne (A. T. M.). . .
. 91
Dussy (J.) .
12
Dustman (R. B.) ....
.... 17, 133
Dutt (S.) .
. 111
E
Eagle (E.) ..
....... 177
Edmonson (Y. H.)..
126, 127, 131
de Eds- (F.).
... 171, 173
Ekman <B.) ..
... 178, 179
Engelkemeir (D. W.)
. 73
Ermoloeva (E. Y.) ..
. 162
Eskew (R. K.) .
. 12
Von Euler <H.).
Everest {A. E.)....
124, 141, 142
Ewart (A. J.).
. 160
F
Fahmy (I. R.).
Farkas (L.) .
. 93
Fellenberg (T.).
. 98, 99
Fieser (M.) .
. 105
Fieser (L.) .
. 105
Fikentscher (H.) . ..
. 113
FlLHOL (E.) .
. 13
Findley .
. 130
Floren (G.) .
131, 132, 147
Flynn (j. P.) .
. 91
Franklin das Passos
. 8
Freudenberg (K.)..
113, 114, 118
Frey Wissling (A.)
128, 131, 132
Friess (S. L.).
. 73
Fujise (S.). 51, 86, 90, 93
Fukuchi (G.) .
. 177
FUKUDDA (T.) .
.. 175
Fukushima (D. K. J.)
. 111
Pages.
G
Gage (T. B.) .
. 83
Gai.miche (P.) .
. 169
Gary (W. V.) .
. 5
G ASCO IGNE (M.).
. 7, 139, 153
Gautheret (H.) -
. 67
Gautier (A.) .
. 117
Geissmax (T. A.) 73, 111, 152,
154, 168, 173.
Gerecs (A.) .
. 11
G F, REND AS (M.) .
. 52
Von Gerichten (E.).
. 28
Gero (E.) .
. 169
Gertz (O.) .
.. 5, 57, 130
Gleisbehg (W.) .. • •
. 129
Goldfarb (A. E.)..
. 172
Goldsciimidt (R.) . .
. 151
Gordon (A. H.)....
. 77, 82
Goris (A.) .
. 117
GOURLEY (J. H.) . . .
. 145
Gowan (J. E.) .
. 87, 91
Grafe (V.) .
. 60
Graff (M.) .
. 178
Griffin (A.) .
Griffith (J. K.) . . .
Grinsbaumowna (R.)
. 52
Grober <J.) .
Grove (K. E.) .
Gvillermond (A.)
5, 6, 67,
113, 117, 120
H
Haley (T. J.) .
. 173
Harder (M.) .
. 113
Harder (R.) .
. 147
Harper <S. H.) ....
. 96, 97
Harris (W. D.) . . . .
. 33
Haskins (C. P.) . ..
. 130
Hattori (S.) .
.. 52, 56, 74
Hayashi (K.) 52, 62,
143, 144,
Heaton (C. O.) ... .
. 111
Hecht .
. 172
. . 4, 44, 143
Heller (R.) .
. 129
Herzfelder (H.) . 8
Highby (R. H.) . 169
Hill (D. W.) . 45
Hiroshi (K.) . 162
Hitchcock (A. E.). 180
Horii (S.) . 87
Horsfall (F. L.) . 162
Hughes (E. G.) . . 170, 172
Hull (C. S.) . 95
Source : MNHN, Paris
TABLE DES AUTEURS.
241
Pages.
Huszak (I.) . 164
Hutchins (W. A.). 85, 86
Huzize (S.) . 90
I
Ixubuse (M.)..... 28, 72, 99, 104
Tsaka (L.) . 143, 144
Iyer (R. N.) . 92, 94
I
Jexey (A.) . 176,
Jerzmanowska (Z.) .
Johnson (E. L.) .
Johnson (G. F.).
Jones (W. N.) .
Jonesco (S.) 118, 120, 127,
Joshi (P. C.)
130
33
119
Lal (J. B.) . m
Laufer (S.) . 73, 75
Laurent (E.) . 129
Lavollay (J.), 113, 118, 167,
. 168, 169, 170, 175
Lawrence (W. J. C.) 82, 125,
. 138, 151, 154, 155, 161
Lazarus (S.) . 94
Lechxer (F.) . 94
Lecoq (R.) . 168
Lederer (E.) . 94
Leon (A.) . 103, 105
Levy (L. F.). 17, 19, 103
Lewicki (S.) . 7
Linsbauer (L.) . 131
Lipmaa (T.) . 127, 132
Lo . 174
Longley (L. E.) . 133
Lôw (I.) . 181
K
Karstens (W. K. H.) 113, 118,
. 126, 131
Karimullah . 113
Karrer (P.) 4, 21, 36, 39, 40,
41, 42, 43, 44, 46, 49, 50,
. 57, 59, 91, 114, 120, 144
Katic (D. L.). 127, 129, 133
Keane (J.) . 87, 91
Kkeble (W.). 118, 119, 160
Keenax (G. L.). 67
Keexer (A. E.) . 129
Kerner von Marilaum (A.).. 160
Khoraxa (M. L.). 13, 179
Kibrick (A. C.) . 172
Kimotsuki (K.) . 52
Kimura (Y.) . 86
Klein (G.) . 4, 66
Kny (L.) .:. 160
Kocsis (E. A.) . 62
Kondo (K.) . 99
Kornfeld (L.) . 94
Korossi <S.) . 178
Kosaka (H.). 127, 129, 161
Kostanecki (V.) . 85, 98
Kozlowski (A.) . 118
Krewson (C. F.). 12, 171
Kuhn (R.) . 180, 181
Kuïjper (J.) . 147
Kuilman (L. W.)... 131,132,162
Kuroda (C.) . 15
L
Laborde (J.) . 117
Lajos (S.) . 52
Mémoires du Muséum, Botanique, t. II.
M
Mac Dowell (R. H.)
.... 103, 104
Mahal (H. S.).. 51,
86, 87, 91, 94
Maitha (S. S.).
. 95
Majovski (G. S.)...
Mallison (H.) .
. 99, 140
Malmberg (M.) ....
. 168
Marchlewski (L.) .
. 52
Marheixeke <J.) .. •
. 147
Marini Bettolo (G.
B.)... 72, 73
Martin (A. J. P.). ..
. 77, 82
Martin (G. J.)....
171, 174, 178
Mascre (M.) .
. 12
Matula (V. H.).
Mazoue (H.) .
. 168
Mechner (J.) .
. 93
Mehlquist <G. A. L.)... 152, 154
Mehta (C. R.) -
. 52
Mester (L.) .
. 89, 93
de Meuron (G.) ...
. 114
Middleton (T. R.)..
. 172
Mihailescu (G.) ....
Miraxde (M.) .
. 117
Mitsui (S.).
Mitter (P. C.).
. 95
Mobius (M.) .
. 146
Moewus .
Molisch (H.) 127,
130, 132,
Momose (I.) .
. 15
Moore (C. N.).
Morgan (W. M.) . -
Mortarotti (T. C.)
16
Source : MNHN, Paris
CH. SANN’IÉ ET H. SAUVA1X.
242
Pages.
Motiwàla (D. K.) . 13, 179
Mozgov (I. F.) . 177
Muller (F.) . 28
Müller, (H.) . 48
Müller Thurgau (H.). 129
Muxcii (J. C.) . 174
Munro (H. N.) . 173
Murti (V. V. S.). 179
Muschaweck . 173
N
Nadkarni (D. R.) . 86
Nagasaki (A.) . 51
Naghski (J.) . 12, 171
Naïr (P. V.) . 103
Xakamura (H.) . 177
Xakazawa (K.) . 87
Xarasimhachari (N.) . 90
Xeelakantam (K.) . 62
Neumann (J.) . 168, 175
Nierenstein (M.). 134
Niethammer (A.) . 67
Noack (K.)- 119, 120, 128, 162
Nolan (T. J.) . 16
O
Okay (S.) . 8
O’Kelly (B. M.). 91
O’Sullivan (D.) . 91
Ota (T.) . 177
Overton (E.) . 117, 127, 129
Oyamada (T.) . 91
P
Palladin (W.) . 118, 162
Paris (R.) 4, 12, 172, 173, 174, 177
Parkes (M. W.). 170, 172
Parkin (J.) . 5
Parrot (J. C.).... 168,169
Patané (G.) . 13
Pauling CL.) . 45
Pearce (G. W.) . 130
Perkin (A. G.) . 75
Perkin (W. H.) . 98
Pew (J. C.) . 51
Pfeiffer <P.) . 75
Plaza de los Reyes (M.).... 179
Plungian (M. B.) . 174
Pôcchiari (F.). 73, 94
Politis (J.) . 118, 132
Pollard (A.) . 95, 170, 174
Porter (W. L.) . 76
POSTERNACK (T.) . 103
Pratt (D.) . 101
Pratt (O. B.) . 143
Pages.
Price (J. R.) 7, 8, 23, 24, 46,
. 63, 111, 151, 161
Prosche (G.) . 91
Picher (G. W.) . 46, 63
Pl-CHER (J. R.). 22
Pullky (G. N.). 48
Q
Qlastki. (J. H.). 73
R
Rabaté (J.). 4, 11, 12, 178
Rae (J.) . 76
R.\r (H. S.) . 91, 94
Rajagopalax (S.) . 91
Raxgaswami (S.). 62, 74, 93
Rao (K. V.) . 76
Rao (N. P.) . 75
Rao (P. S.). 4, 5, 52, 111, 179
Raunert (M.) . 175
Reddy (P. P.) . 52
Reger (M. W.) . 133
Reichel (L.). -.. 93, 113, 126, 163
Reichstein (J.) . 49, 50
Reynolds (T. M.) . 15, 36
Rinehart (J. F.) . 173
Ritchie (E.) . 7, 139, 153
Roach (W. A.) . 58
Roberts (H. F.). 127
Robertson (A.) . 102, 105
Robezniecks (1.) . 13
Robinson (G. M.) 7, 43, 76,
77, 82, 102, 121, 122, 124,
_ 138, 140, 142, 144, 145, 161
Robinson (R.) 4, 7, 14, 15,
17, 19, 20, 22, 23, 24, 36, 43,
44, 46, 63, 64, 76, 77, 82, 87,
88, 89, 94, 95, 96, 98, 100,
101, 102, 103, 104, 105, 113,
118, 121, 122, 123, 124, 126,
133, 138, 140, 142, 144, 146,
. 151, 161, 163
Roche (M. N.) . 91
Rodney (G.) . 171
Rogers (130) . 130
Rose (E.) . 127, 133
Rosenheim (O.). 19, 120, 121
Row (L. R.). 62, 91
Russell (A.) . 86, 114
Rusznyack (I.) . 167
Rutzler (J. E.) 69, 70, 71,
123, 124, 125, 126, 128, 131,
. 141, 144
Ryan (P. M.) . 91
Source : MNHN, Paris
TABLE DES AUTEUHS.
Pages.
Pages
S.AIYAI» (I. Z.) .
S.VKIMA (I.) ..
Sannie (C.) .
12, 34, 51
S A SA Kl (H.) .
. 51, 86
Sasthi (V. 1). N.) ...
Satiik (V. H.) .
. 94
Sato (S.) .
Saubermann (G. B. C.)...... 168
Scarborough (H.) ...
. . 169, 174
Schantl (h.) .
SCHICKLE (R.).
. . . 93, 126
Schmidt (A. E.) .....
. 168
Schmidt (0.) .
Schorr (L.) .
. 7
Schraufstatter (E.).
.. . 73, 181
SCHRODER (H.) .
. 147
Schüdel (G.).. 17, 20, 22, 46, 77
Schulz (K. G.).. .
Scott (J. A.) .
. 87
Scott Moncrieff (R.)
15, 36,
. 82, 125, 142,
151, 154, 155
Segawa (H.) .
. 99
Sera (R.) .
. 91
Semmens (E. S.) . ...
. 130
Sen (K. N.).
. 8
Sen (P.) .
. 132
Seshadri (T. R.) 4, 5
, 52, 62,
74, 75, 76, 87, 90,
91, 93,
. 97, 98; 105,
111, 179, 180
Seuffert (R. W.) . ..
. 28
Sevestre (J.) .
Seyboi.d (A.) .
... 161, 162
Shah (K. H.) .
. 94
Shah (R. C ) .
Shcheglova (0. A.) •
Shibata (K.).... 74,
143, 144, 145
Shibata O.) .
Shinoda (J.) .
Shriner (R L.) ....
SlMMONDS (W. H. C.)
SlMONIS (H.) .
Simpson (X. W.)
. 95
Skarzynski (B.) ....
Sokoray (L.) ......
Sosa (A.) .
Sprengel (C. K.) ..
Stahl (H.).
. 160, 161
Stkinhrunn (G.) ..
. 113
Stf.ixkgger (E.) . .
. 4
Sth.es (W.) .
. 163
Storck (A.) .
. 145
Streeter (I.. R.) .
. 130
Stronü (F. M.) ...
Sturgess (V. G.)..
7, 8, 151, 155
Swanson (A.) . . ..
. 171
SWAYNE (V.) .
. 174
SzENT-GyoRGZI (A.) 11, 163,
. 165,166,167,168,172
T
T.vs ak i (T:) .
Tatsita (H.) .
Tatuta (H.) .
Taubf.r (H.) . 73,
Taubock (K.) .
Tkichmasn (K.) .
Tiiiei.k (K.) .
Th.maxn (K. V.)... . 126, 127, 1
Tom» (A. R.) . 103, 1
Trikojïus (V. M.). 1
Turner (J.) .
Tseng (K. F.) .
U
Uxgar (G.) .
Uri (J.) .
V
Vairel (V.) . 172, 173, 174
Venkataraman (K.) 51, 86,
_ 87, 91, 92, 94, 97, 98, 179
Vexkateswarlu (V.) . 98
Vickery (H.). .. 22,46,63
Vignau (M.)..... 113, 118
Virkar (V. V.) . 87
W
Wada (M.) .
Wawra (C. Z )-
Weatherby (L. S.)
Webb (J. L.) .
Weber (H. M.) ...
Wenders (S. H.) .
Wessely (F.) .
Wheeler (T. S.)
. 15
. 169, 170
. 74
. 169, 170
. 21
52, 85, 86,
... 87, 91, 171
Source : MNHN, Paris
Cil. SAN N il":
II. SAUVA IN.
24-1
Pages
Whei.dale-Onslow (M. W.)
. 118, 12(i. 128, I
White (I). K.) . 7, 1
WlESNER (J.) .
WlGGIN (W. W.) .
WlLDI (B. S.) .
WlLLSTAEDT (H.) .
WlLLSTATER (R.) 13, 14, 1
18, 20, 34 , 44 , 49, 59, (50, 98
99, 119, 124, 138, 140. 141
Wilson (C. W.j..
Wise (E. C.)....
Wolffe (J. B.) .
WOLFROM (M. L.)
WORREL (O.)
Y
Yamamoto (K.) . 10
Yen (Y.) . 49, 50
Yokoyama (Iv.) . 48
Yi- (B. D.) . 11
Z
Zacho (C.) . 167
Zaoor (G.) . 62
Zanoni (G.)- 120, 132, 161, 163
Zemplen (G.) . 11. 89, 93
Zilv.a (S. S.). 167
ZlMMERMAX (P. W.). 180
Zollingf.r (F., h.). 17, 18
Source : MNHN, Paris
TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES.
.1 brus precatorius . 209
absorption lumineuse, 160 et suiv.
Abutilon Avicennae .
. 127, 129, 161, 162
acacétine. 32, 88, 189
Acacia (bois) . 198
Acacia (rhamnoside). 196
Acacia Catechu . 113
— decurrens . 196
— Uni folia . 196
acaciine . 33, 34, 189
Acer circnmlobatuin . 228
ornatum . 228
— platanoïdes . 162
— quercus . 133
acétique (acide) . 38
acides-phénol . 38
acrammérine . 209
activité optique . 51
adrénaline. 168 et suiv.
Aegilops . 7
aesculine, voir esculine.
Aescuhrs . 109
Afzêlia . 196
afzélinc . 196
Airelle . 43, 228
alcalinité. 44, 58, 144
algues . 8
Allan-Robinson (synthèse d’) 88
Allium Cepa . 7, 198
alpinétine . 188
Alpinia chinensis . 188, 195
— japônica . 195, 223
Alpinia officinarum. ■.. 195, 197
alpinone . 223
Althaea rosea . 21, 60, 143
althéine . 21
aluminium (chlorure d’). 50
amarbéline . 192
amarbélitine . 192
Ambrosia artemisifolia . 199
— flavanoloside. 199
Amentales . 8
aminés (ac.) . 128
ampélopsine . 43, 232
Ampélopsis . 119, 123, 127
Ampélopsis hederacea . 232
— meliaefolia.. 203, 223
— quinquefolia .... 232
Pages
ampéloptine . 223
amphotère . 14, 44
Anagallis arvensis . 153
Andromeda japônica .... 198, 199
Andropogon Sorghum . 189
Anemone hepatica . 228
Anthémis nobilis . 189
Anthraxon hispidus . 191
antirrhinine . 119, 228
Antirrhinum majus .
14, 119, 150, 157, 189, 227, 228
Aphloïa madagascariensis ■ ■. 208
aphloïol . 208
apigénidine. 35, 36, 37, 228
apigénine .
.... 30, 31, 32, 86, 119, 154, 189
apigénol . 28
apiine . 33, 34, 189
apiol . 33
Arachis hypogaea . 224, 234
Arbutus Unedo . 75, 211
Arctostaphylos Uva-Ursi . 198
Artocarpus integrifolia .
. 122, 198, 217
ascorbique (ac.) .
. 164, 166, 175, 178, 179
asébotine . 89, 93
Asperula . 111
assimilation de CO2 . 162
Aster . 43, 228
Atriplex hortense .... 21, 138, 233
Aubergine . 230
auranétine . 204
aurantine . 210
avicularoside . 199
Avoine . 119
Awobana . 230
Azalea . 124
Bauhinia reticulata .- • 198
baïcaléidine . ••••• .99
baïcaléine.... 52, 74, 88, 99, 188
baïcalinase .•••••.•
baïcaline. 29, 34, 74, 188
Baker-Venkataraman (réarran¬
gement de) . °6, 9 1
Baptisia tinctoria . 214
bathochrome (effet) . »5, 61
Source : MNHN, Paris
246
;it : : KT II. SAUVA
Pages
Bégonia . 60,
Belamcanda chinensis. .. 215,
belamcangénol .
Bellis perennis .
benzalcoumaranones .
. 108, 110,
benzoïque (ac. para-livdroxy)
. 35, 36, 38,
benzopyrylium . 31, 35,
Bêla vnlqaris (betterave).
.'.. 7. 20, 22, 46, 63,
bétanidine. ... 23, 46, 47, 63,
bétanine . 22, 64,
Heluld verrucosa .
Bigaradier .
Bignonia Chica .
biochanine A . 34,
biosides .
Blé italien .
Bleuet . 14,
Illumea erianthea .
bonibichlorinc .
borique (ac.) .• ••
Bougainvillea . 21, 23,
bougainvilléidine 46, 63, 64,
Bouleau .
Bouton d’or .
Brassica ..
brésilinc . 108, 110,
Buddleia variabilis .
buddléoflavonol ..
buddléoflavonoloside.... 28,
Bupleurum falcatum .
Butea frondosa .. • ■ 111, 122,
— superba .
buléine . HO, 111,
butine - • 49, 62, 74, 90, 112,
butrine . 33, 34, 112,
Cacao . 228
caesioside . 190
Calceolaria hybrida . 132
callistéphine .
.... 14, 17, 20, 43, 77, 79, 227
Callistephus . 152, 227
calycoptérine.... 13, 88, 179, 203
Calycopteris floribunda .. 13, 203
Calystegia flavonoloside. 196
Calystegia japonica . 196, 198
camérine . 234
campanula . 146
cannabiscitrine . 203
Canne à sucre.. 15, 236, 234, 235
Capparis spinosu . 199
iwrridu . 147
(’.upsellu bursa pasloris . 191
eara'iuridine . ......... . 226
. 226
. 221
earthaniidine .
carthamosidc . 221
Carlhtwuis tinctorius . 221
Cassia angustifolia . 196
catéchols 108, 110, 113, 114,
118, 125, 126, 164, 168, 175, 178
Céleri . 189
Celosia rrisiata . 21, 138, 233
plnmosa . 64
Cenluurea _ 138, 147, 190, 208
ccntauréidol . 208
eentauréine . 28, 208
Cercidiphyllimi japonicum... 224
Cercis canadensis . 198
Chaerophyllnm sylvestre . 191
Cci
43
chaerophylline . 191
chalcones .
86 et suiv., 110, 112, 169 et suiv.
Chainomilla . 189
champignons . 8
Chana . 215, 218
Cheiranlns Cheiri . 151, 154
Chcnopodium (huile «le). 179
Chlamydomonas . 180
Chlorophora tinctoria . 198
chlorophylle . 132 et suiv.
Chou rouge.. 16, 38, 43, 128, 229
chromanne 27, 30, 35, 108, 109, 115
chromanone . 30
chromatographie. 21 et suiv.
chromatographie sur papier
. 81 et suiv.
chromones . 30, 110, 111
chrvsanthémine 14, 43, 79, 140, 228
Chfusanthemum .
. 14, 129, 189, 191, 228
Chrvsanthemum (glucoside)..... 191
chrysidinine . 61
chrysine- - 34, 48, 50, 86, 88, 187
chrvsoériol . • • • 191
cinnamique (ac. 3-5-dimétho-
xy) . 43
cinnamique (ac. p.hydroxy)..
. 35, 36, 43
cinnamique (ac.) . 43
citrifoliol . 51, 220
citrifolioside .; 12, 220
cilrine 11, 13, 51, 166 et suiv.,
. ... 177, 178, 179
c.itronétine . 90, 220
citronine . 221
Source : MNHN, Paris
TAUI.K ANALYTIQUE DES
Cilrus ■ ■ . . 11, 109, 166, 174,
('.ilrus Aurantium .
Cilrus decumana .
deliciosa .
Limon .
nobilis . 192,
paradisi .
poonensis .
trifoliata . 12,
Cobaeu scnndeits .
Coleu s
('.onium maeulutum .
co-pigments .
44, 77, 140, 141, 145, 155,
Couuclicot .
coréopsine . 111,
Coreopsis gigantea .... 110,
grandiflora 110, 112,
Corydalis cava .
Cor glus . ICI, 162,
Cosmos bipinnatus . 189,
- - sulphurcus .
oosinosiine . 189,
Coton . 198,
eoumarines. 108,
ooumarique (ac.) .
Cratacgus .
orocctine .
crccinc .
Crocus . 181, 196,
Crucifères .
Cucurbilu .
ciircumine .
Cuscuta reflexa .
cyanhydrique (ac.) .
cvanidine .
' 7, 8 36 à 40, 43, 57, 59, 60
à 62, 76 à 80, 82, 99, 101
à 104, 113, 114, 118, 119,
121, 122, 125, 127, 138 à
140, 142, 144, 145,152 à 158,
.. 227,
cvanidine (ester méthyliquc).
C *' î5, in 21. ' 41 '. ' 43,' ’ 77, ' 79, 82,
. 105, 141, 142, 156,
ovanoniaclurine 122. 123, 124,
Cyclamen . 43,
cvclamine . 43,
Cgnomorium coccineum .
Cgtromgces .
daidzéine . 94, 2
daidzine . 34, 2
Daphné Genkwa . 189, 1
daphnétinc . 1
Daliscu cannabina . 1
datiscéine . 1
datiscine . 1
Ratura .. 147, 1
delphine . 15, 2
delphinidine 7, 8, 21, 22, 36,
37, 38, 40, 58, 59, 60, 62,
76 à 80, 99, 101, 102, 114,
119, 138 à 140, 142, 144,
. 145, 152 à 158, 2
delphinine . 36, 2
Delphinium Consolida .
. 119, 139, 145, 196, 2
Delphinium zulil . 2
Denda noiro . 1
Derris .
derritol . 96,
desmétlioxymatteucinol.. 51, 2
des-o-métliylicariinc ... 2
Dianlhus . 1
Dianlhus barbatus . 1
Cargophyllus. . 152, 1
diastases .
Diervilla coraensis . 1
Lonicera . 1
Di g il a lis lutea . 1
— purpurea . 177, 1
Thapsi . 2
digitoflavone . 1
digitoflavonoside . 1
diglucosides .
dihydroxyflavone. 5, 1
diniéthylsoutellaréine . 1
diosinétine . 1
diosmine .• • • ■ 33, 34, 1
Douglas-fir . \
Drosera ... ‘
Drosera rolundifolia . c
Edelweiss ..
Eijitsu du Jajon (Rosa multi-
flora ) .•
elliptol . 96 >
émulsine .
épicatéchols 113, 118, 168 et si
Epidemium macranthum .
Epinard .
Epis d’orge . ,,
epistasie ..
Equisetum arvense (digluco-
side) .
Equisetum arvense .
Source : MNHN, Paris
IÎT 11. SA U VAIN.
maximum . 211
équisporol . 75, 211
équisporonosidc . 211
équisporosidc . 211
Eranthemum . 132
érianthine . 204
ériodictyne . 1 (>(> à 175
ériodictyol .
.'. 11, 90, 164, 166-172. 221
ériodictyolrhamnoside . 221
Eriodictyon angustifolinm .... 221
— californicum .. . 221
glutinosum. 192, 221
Eriostemones . «
Erytrophleum guineense. 12, 211
esculétine . 109, 170, 171
esculine . 140, 170, 171
Eucalyptus macrorhyncha... 199
— marginata . 121
— youmani . 199
Euphorbia longana . 198
Euphorbia thymifolia . 189
euxanthone . 115
Evonymus . 124
Fagopyrum esculentum .. 126, 131
Fagus sylvatica . 162
ferments oxydants.. 126 et suiv.
ferriques (sels) . 50
Fève Tonka . 109
fisétine. 49, 51, 114, 197
fisétinidine . 122
flavanone . 48
flavone. 5, 48, 53, 187
flavonols . 48
flavylium (sels de). 14, 61
Flor de Manita. 226
fluorescence . 49, 62
formononétine . 94, 213
Forsythia . 124, 175, 176
Forsythiaflavonoloside . 199
Forsythia pendula .... 198
— suspensa . 199
Fougères . 8
Fragaria chiloensis . 227
— vesca . 227
fragarine . 43, 227
Fraises . 43, 227
Fraxinus . 109, 111
fukugétol . 209
furanoflavones . 97
furanoisoflavones . 96
Fuchsia . 140, 180
fusion alcaline . 29, 38, 49
fustine (fustoside) . 197
fusto-tannoside . 197
Pages
G
galactosidylquercétinc . 199
galangidine . 99
galangine. 87, 99, 179. 193
(ialeqa officinalis . 191
galutéoline . 191
Gurcinia ovalifolia . 209
spicala . 209
Gardénia tucida . 204
gardcninc . 204
gènes . 150 et suiv.
Genistu tinctoria . 191
génistéine . 32. 74, 95, 213
génistine . 34, 213
genkwaninc . 88, 190
Gentiana . 147
Gentiana acaulis .. 230
— vulgaris . 230
Gentiane . 115
gentianine . 230
gentisine . 115
Géranium . 130, 146
Gesnera fulgens . 226
gesnéridinc . 226
gesnérine . 226
ginkgétine . 33, 208
ginkgo . 208
Gleditschia monusperma . 201
— triacanthos . 209
Gloxinia hybrida grandiflora 132
Glycina hispida ... 235
glycuronique (acide) . 29
Gtycyrrhiza glabra . 219
Golden Rod . 198
gossyfulvine . 210
gossvpétine 52, 62, 75, 76, 179, 202
gossypétone (réaction de la) 75
gossypine . 202
gossÿpitrinc . 34, 202
Gossypium herbaceum .
. 201, 202, 228
hirsutum 198, 199, 202
— indicum . 201
— uppam . 202
gossypol . 176, 177
G-rape-fruit ... . 2k9
H
Helianthus annuus . 199, 229
hématoxyline . 108, 110, 115
Hæmatoxylon Campechianum
. 115, 203
Heracleum Spondylium . 174
lierbacétine .
.... 52,62,75,76,88,179 ,201
herbacitrine . 34, 201
Source : MNHN, Paris
\m.l-: ANAI.YTIQIK l)KS MAÏ'IIOKKS.
Pages
boprt rlilir (hrspclelol).
il. :>i. 72. 74, ino. 17«. 178.
. 181. 221
bespéridinc II. 33, 84, (17,
. 93, 1(1(1-175. 181. ‘>'22
liibisi-élim- . 88. ‘204
bibisriue . 228. 33»
1111>is<- it ri ne . 204
Hibiscus ciiunubiiiiis . 203
csculcnlus . 202
mulubilis . 132. 147
Subduriffu .
. 202, 204, 200. 228. 230
l'itifolium . 202
hirsiitidine 37. 50, (10, 80. 102.
. 104. 139, 23?
Iiirsutine . 12. 82. 23?
homoériodielvol .
_ 8(1, 00. 172. 178. '2'21
boinovilexiiie . 224
llurdcuin . 110
llurli-iiKianavoiiolosidé . I9ti
Houblon (leuilles) .198
lltuitluyuiu eordutu .... 177. 198
llumitlus joponicus ........ 191
livuluronidase . 171 et suiv.
Iludruuijeu lllinteiixiii) .
. 144-145. 1
Imllolw chimique 27 et suiv..
hvdrowncclophénone .
h\droxyïiséline . 1
h vdroxy fhivone.s 1
IlIjasciiuiuiis muliciis . 1
hvpéririnc . 02. 1
llyprricttnt rrisimm .^
pcrforatum 11, 17(1. 1
h y péri ne .
Iiypérincgalnctoside . 1
hvpsoehronie (elle!) .
Ht/SSOpllS . 1
icariine .
icaritine .
idaeine ..
incarnalrine ■ • ■ •
indigo .
Indigofern crée lu
insectes .
I point >ea Leerli ■
Ho.ru
iridine .
irigénine I .
Iris florentina ■
— qermunicu
jnponica . ■ ■
. 201
. 201
14. 43, 228
. 199
'. 190
. 8
. 147
. 234
.. 34, 215
. 215
. 215
. 215
. 120. 215
240
Pages
pallida . 215
lectorum . 215
— molli . 217
isoasébotine . 93
isocarthaniidine . 221
isorurthumoside . 221
isoderritol . 90-97
isogenistéine . 214
isogénistine . 214
isokaempféride . 197
isoosajinc . 217
isoquercitrine . 198
isorliamnétine . 99. 181, 200
isorhodéoglueose . 41
isorhodéose . 41
isosacranêcine . 224
isosakuranétine.. 32, 34, 90, 2 20
isu.sakuranétol gauche. 220
isosalipurposide . 93, 219
isoslielik c angénine .. . 217
isoshehkanine . 217
i/alpinine . 88. 195
I
■laeinthe bleue . 230
kaentpleride . 32. 197
kaempférine . 190
kaeinpféritrine . 34. 190
kaempféritroside . 48
kaempférol 32, 51, 02. 88.
. 119. 154. 179. 181. 79.5
kanujine . 202
Kaoliang . 109
karanjine . . 32. 97-98
karanjique (acide) . 98
karanjol . 98
Kutsuru . 224
katsuranine . 224
kéraevanine . 14, 43. 228
Kijitsu . 219
kiknkumétol . 220
Kuronianie . 228
L
Lainium purpureum .
Lantana (.amorti .
Utrrea divurietdo .
I.athurus odorutus
. 139. 151. 152.
leptosidine .
leptosine .
Lespedezo ryrh.br, tryo.
lespidine .
0
234
210
155-158
110-112
110-112
190. 221
... 190
Source : MNHN, Paris
Pages
leucoanthocvanosides .
34. 58, 69 a 71, 120 et suiv.,
. 130, 131, 158, 163
lignincs .. 114
Lilas . 131
Lilinm candidtnn . 130, 200
Linaria genistifolia . 191
— vulgaris... 189, 190, 192
linarinc . 189
Linum usitatissimum . 147
liquiritigénine . 219
liquiritine . 34, 219
Lonicera japonica . 191
lotoflavine . 191
lotoflavonol . 33
Lotus arabicus . 191
lotusine . 34, 191
lutéine . 33
lutéoline 50, 86, 119, 125,
. 155, 168, 177, 190
luteoline (monoarabinoside).. 191
— galactoside . 191
Lycopersicum esculentum .... 5
Lycoris radiata . 228
M
Maclura pomifera . 217
Macpalxochill . 226
Magnolia Kobus . 199
Mahonia . 66
Maïs . 198, 228
malonique (acide) .... 35, 36, 43
Malus pumila . 162
Malva arboraea . 231
malvidine (svringidine) 43,
60, 77 à 80, 102, 103, 138,
. 139, 156, 231
malvine . 14,
39 à 42, 61, 77, 80, 82, 155, 231
malvone . 42, 43
Mandarine . 200
Marron d’Inde . 198
Matteucia orientalis . 222
matteucinol. 31,'51, 86, 222
mauritinine . 230
mécocyanine . 14,
43, 58, 77, 79, 104, 141, 143, 228
mécqpélargonidine . 227
mélanines . 2
Melia Azadirachta florida... . 210
Melicopc temata . 204, 210
Melilot . 111
Melilotus . 196
méjiternatine . 209
méiiternine . 204
Melittis . 111
Menlhacrispa . 191
Meratiu praecox
ératim
mcthylgenistéinc . 95,
8-inéthvlisogénistéinc .
métliylisogénistine .
niéthoxybntol .
niéthoxytriniéthylbutol .
Mirabilis Jalapa .
Mnnarda didyma . 43,
monardéinc .
monardine .
monogalactosides .
monoglucosides .
morine .
62. 63. 168, 175. 177, 181,
morine (diméthyléther) .
morinidino . 99. 123.
Munis tinctoria .
nuiltiflorine. 33, 34,
Mûres .
Mûrier . 9, 198, 228
Muscari racemosiun . 229
Myosotis sylvatica . 146
Myrica Gale . 203
N agi . 203
nibra . 203
mvrieétine . 48, 49,
99, 114, 119. 175, 177, 179, 203
myricitninc 203
N
naphtoflavone '. 180
naphtohvdroquinones . 105
naringénine .
32, 51, 62, 89-90, 172, 175, 219
naringine (naringoside) 33,
34. 48, 67, 93. 168, 173, 178, 219
négrétine . 41, 232
néohespéridine . 222
néolinaroside . 192
Nerprun . 231
nimbicétinc . 210
nimbostérine . 210
nob'létinc . 192
norkanujine . 202
Nor.santal .. 214
Xothofagus Dombeyi . 223
oenine . 19, 20, 21,
39, 43, 77, 80, 103, 140, 141, 231
Olea enropaea . 229
Olive . 229
ononine . 93, 213
Ononis spinosa . 213
oranges . 13, 204, 235
Source : MNHN, Paris
TAHU-; AXAl.YTIQt’K DES MATIERES.
Pages
Orchis . 111, 180
Orge . 234
orobol . 214
orobosidc . 215
Orobiis luberosus . 215
oroxyline . 189
Oroxylum indicum 187, 188, 189
Oryza sûtiva . 161, 229
Osaje-Orange . 217
osajinc . 33, 217
Oxatis ce rima . 209
oxonium (sels d’). 14,
44, 45, 57, 58, 59, 66, 133, 163
oxyapiine métlvyléther. 191
oxycoccicyanine . 43, 231
Oxycoccos macrocarpiis .... 231
oxydases . 153, 164
Paeonia ulbiflora.. 132, 162, 195
paeonidine 36, 37, 39, 43, 57
à 60, 77 à 79, 99, 102, 138,
. 139, 156 230
paconinc .
14, 21, 41, 43, 77, 79, 82, 231
Papaver ulpinum . 137, 233
imtlicaule . 233
Rhoeas, 129, 143, 227, 228
Papillons . 2, 8
Paprika . 166
Pardanthus chinensis . 215
partage (méthode de). 17
patuletine . . . 88, 202
pectolinarigénine . 192
pectolinarine . 192
pélargonidine 7, 8, 36, 37,
38, 43, 57 à 62, 77 à 79, 99,
101 à 103, 105, 119, 138 à
. 143, 152 à 158, 178, 226
pélargonine. . 43, 77, 79, 82, 227
Pélargonium écarlate .
.....*. 43,60,66,138,227
Pellogyne porphyrocardia. .. 122
peltogynol . 122, 124
pcntosc-gjlucosides . 43
Perilla nankinensis . 161, 162
ocymoides 43, 162, 228, 230
périllanine . 43, 230
peroxydases . 164, 168
Persica vulgaris . 222
Persicaria hydropiper . 200
persicarine . 200
persicoside . 222
Persil . 189
Pétunia . 233
Pages
pétunidine 37, 38, 58, 59, 76,
78. 80, 102, 139, 144, 155,
. 156, 2 33
pétuninc . 14, 233
|>H . 141-143, 155
Pharbitis Nil . 157, 227, 231
Phuseoûis . 174
P hase oins mnttifloriis . 151
vulgaris . 199
phlobaphènc . 114, 234
phlcbatanins . 108
phloracétophénone (rhamno-
glucosidc) .•. 28
phlorétine- 89, 110, 112, 170
phlorizine 28, 89, 93, 110, 112, 170
Phlox . 138
Phlo.v Drummondi . 154
phloroglucinol . 38, 39
phloroglucinol d.glucoside... 28
phlorozide . 28
phosphatases . 178
photosynthèse. 132 et sniv.
picrocfocinc . 180
pigments animaux. 2
anthraquinoni<|(ucs. 3
caroténoïdes . 2
jaunes de Tswctt..
. 69, 70, 71
porphyriques . 2
puriques . 2
tétrapyrroliques .. ■ 3
xanthoniques . 3
pinobanksine ... 223
pinocembrine ... 188
pinostrobinc . 188
Piims banksiana . 223
Cembra . 188
- Slrobus . 187, 188, 219
— Toringo . 187
Pislacia Lentiscus . 114, 203
Pivoine . 43, 198
polarographique (analyse)... 73
Polygah amara . 233
Pulggonum aviculare .... 196, 199
’ 1— Hydropiper . 200
Polystictus sanguineus.... 8, 209
pomiférine . 33
pomme Grimes Golden. 228
— Winncsap . 228
— de terre, 38, 41, 232, 234
poncirine . 224
Pondras trifoliata . 224
Pongamia glabra . 202
ponkanétine . 222
pratol . 88, 188
Primevère . 43
priméïine. 49, 87, 88, 188
Source : MNHN, Paris
primcvérosidc .
Primula denticulata .
— florindae .
— hirsula .
— imperialis .
— integrifolia .
modesiu .
— sineitsis.... 152,
Primula vertieillata .
— vise osa .
primulétine..
protocatéchique (acide)...
prunétine .. 32,
prunitrine .
prunicyanine .
Prunus aoium .
emarginata .
Puddum .
— serotina .
— serrulata .
— spinosa .
— yeddoensis .
prunusétine .
Pseudaegle trifoliata .
pseudobaptigénine .
pseudobaptisine.
Pterocarpus santalinus ...
Pueraria hirsula .
Pueraria (rhamnoside)...
Punica Granatum .
punicine .
... 190
. 5, 187
... 187
139, 232
... 187
... 231
... 188
153, 155
... 187
... 231
... 187
43, 49
94, -nk
34, 2 U
. .. 228
... 214
... 214
214, 220
199, 223
... 220
196, 228
... 220
... 214
.... 220
94, 2 U
... 214
... 215
... 196
... 196
Q
Quehracho Colorado . 114, 197
quercétagétine.. 34, 48, 179, 201
quercetagitrine . .. 202
quercétine (quercétol) 11, 28,
29, 33, 52, 62, 67, 73, 75,
76, 99, 113, 119, 125, 141,
154, 158, 164, 167, 168, 171
. 172, 176 à 179, 181, 198
quercétine (4’méthyléther).. - 200
querciméritrine . 34, 119
quercitrine... 6, 28, 51, 67,
166, 167, 172, 173, 175 à 178, 198
quercitroside . 48, 168
quercituron . 199
Quercus pedunculaia . 134
— tinctoria . 198
quinoïde (structure).. 44, 56, 143
Raisins. 43, 129, 232
Raphanus sativus . 235
réactif de la evanidine 79 et suiv.
— de la deîphinidine 79 çt suiv.
réaction de Bargellini. .. . 71, 72
Blaschko . 76
Bose . 73
la gossvpétone. 75
Marini - Bcttolo .ct
Ballio . 73
Perkin . 75
Quastel . 73
Shinoda . 71, 72
Sosa . 74
Tauber et Laufer 73. 75
de Wilson . 74
Reseila luleola . 177, 191
résistance capillaire. . 167 et suiv.
résomorol . 195
résonance . 45
résorcine . 49
Regnonlria japonica. ... 198,
rhamna/.ine . 88, 181,
rhaninétine . 99
168, 172, 175, 176, 178, 181,
rhamnitidine .
rhamnocitrine . 88,
rhamnodiastase .
rliamnoflavonoside .
rhamnoglucoside . 11, 33.
Rhamnus catharticus 196, 197,
- infectorius .
tinctorius .
utilis
Rhododendron (glucoside).. .
flaviim .
— obtiisum ....
Rhus Coriaria .
— Cotinus . 197, 203,
— glabra .
— Metopium .
— rhodanthema . 197,
succedanea . 197,
Ribes sanguineirm . 16,
Ricin .
Riz pourpre .
robinétine . 49, 88,
Robiniaflavanosidc .
Robinia pseudacucia . .
. 189, 196, 201,
robinine . 33, 34,
robinoside
Rodosphoera rhodanthema...
Rosa .
Rosa Gallica rnbra .
— multiflora ( Eijitsu )... .
Rose . 66,
roténone .
Rouge de Cacao.
— de Chica .
rougissement automnal..
198
203
223
Source : MNHN, Paris
ANALYTUjrK DES MATIBKES.
253
Pages
rubrobrassine . 43, 22!)
Habits Chamaemonis . 234
fructicosus . C
Nuta graueolens .... 174, 181, 199
rutine (rutoside) 11, 12, 13,
27, 28, 29, 33. 67', 7(i, 141,
168, 170 à 175, 177, 178,
. 181, UH)
rutinose . 11, 33
S
sa bda rétine . 209
sabdaritrine . 209
Safran .. 180
Safran (glucoside) . 200
safranal . 180-181
sakuranétinc. 72, 90, 93, 220
sakuranine . 34, 181
salinigroflavonol . 210
salinigroflavonoside . 210
salipurposide . 93, 219
Salix ruesiu .. 190
— pnrpurea . 219
Salvia coccinea . 43, 227
- païens . 15, 141, 229
pralensis . 229
s plein) ens... 43, 153, 227
Samagoura . 208
Sambtiens .129
Sambucns c/madensis . 199
nigra . 174, 228
Santal . 215
Sapium sebiferum . 198
Saponaria officinalis . 224
Sarothamnus scoparius.. 177, 199
Sarrazin . 12, 174, 199
Sehwenkia americana . 208
schwenkiol . 208
schwcnkioside . 208
scoparoside . 173, 199
scorbut . 166 et suiv.
Scrophuluriu nodosa . 191
Sculellaria altissima . 190
baïcalensis 29, 188, 190
eolumnae . 188
scutellaréine 190
scutellarine . 29. 190
Seigle . 119
séné . 196
Shiso . 15, 43, 228
Silene inflatu . 146
— rtipeslris . 146
sinapique (acide) . 43
Soja . 7. 215
Soja qlucine . 228
_ hispida . 213. 214, 215
Pages
Solanum Melongena . 230
luberùsuin . 7. 174
Solidago . 198
Sophnra japonica 11, 196, 19, 214
sophorabioside . 213
sophoraflnvonoside . 13, 19H
sophoricoside . 11, 13, 21 3
Sorghnm saccharatnm . 234
spiraeoside 199
Spirée .. 199
Spirodela oligorrhiza . 127
Slreplocarpus . 138,
139, 141. 151, 152, 153, 155-156
strobopininc . 31, 219
suc cellulaire . 5
sulfites . 60
Sumac . 198
Suiartzia niadagascariensis 13, 208
swartziaflavonosidc . 208
swartziol . 208
Sgmphituni officinale . 227
svri’ngidine (malvidine) 37, 39,
‘ 40, 42, 58, 59, 138, 155, 156, 231
svringique (acide).... 39, 40, 42
Tabac. 12, 174, 198, 234
Tagetes ereeta . 202
— palnla . 202, 203
takadiasta.se . 29
talifla\’onol . 211
taliflavonoloside . 211
Tamarix africana . 211
gallica . 211
Tambul .. 203
tambulétine . 203
tambuline . 10, 203
tangérétine . 88, 201.
tanins. 108, 113, 117-118
tatoïne . 214
taxifoline . 51, 223
tectochrysine . 51, 188
tectoridine . 215
tectorigénine . 215
termones . 180
ternatine . 209
Thé (feuilles) . 198
Thé vert . 198
Theobroma Cacao . 224
Thespcsia populnea . 201
Thevetia nereifolia . 200
Thgpha angustata . 200
Tomate . 174, 199
toringine .• - 93. 187
tnxicai’ol . 96-97
transpiration . 160-161
Source : MNHN, Paris
234
.CH. S.VNNlf: liT II. SAl'VAIN.
Pages
Pages
Trèfle blanc .
tricine .
Irifoliine .
Trifolium iiicarnatui
— pratense..
Trilivnm .
Triticnm dicoccum ■
Tropaeolum .
lubérine .
Tulipa .
88 ,
130,
U
minor . 196
Viola odorctu . 147
tricolor . 6, 43, '230
violaninc. 14. 43, 230
vitamine B: . 176
C. . 166 à 173
K . 173
P . 166 à 175
Vit ex litomlis . 224
vitexinc . 224
Vilis hypoglauca . 232
U le. c europaeiis . 209
ulexogenol . 209
uliginosinc . 232
ultra-violets (rayons). 32
umbelliférone . 109
U varia Gambir . 113
W
wliaranginc,.. 210
Winnesap apple . 17
wogonidine . 99
wogonine. . . . 49, 52, 88, 99, 190
V
X
Vaccinium uliginosum . 232
vanillique (acide) . 39
Verbena . 143, 152-154, 158
Verge d’or . 198
Vesce écarlate . 230
vicine . 230
vicinine
Victoria regia
Vigne (feuilles)
Vinca major ..
120
198
196
xanthones.. . . 108, 110, 114, 115
xantliorJmmnine 34, 200
Z
Zantho.vulum acanthopodium
. . 10, 203
Zen .•• 154
Zea Ma g s . 198
Zinnia elegans . 138, 189
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES.
4ff
I. Généralité. — La pigmentation dans le règne végétal et le règne
animal. Les pigments végétaux : flavones et anthocyannes.. I
II. Localisation. Distribution. - Ltat du pigment dans la plante ; dis¬
tribution histologique ; répartition dans les organes végétaux.
Existence des flavones dans le règne animal. 5
III. Isolément et préparation. Quelques exemples d’extraction de
flavones. Préparation des anthoevannes : méthodes de Wil-
lstâtkr, (I’Onsi.ow, etc. ; méthode de partage entre solvants
non miscibles ; chromatographie ; cas des pigments azotés.. 10
IV. Constitution. - Squelette fondamental des pigments flavoniques.
Hydrolyse des hétérosides — Paglyeone, sa constitution
constitution de l’hétéroside.
Constitution des pigments anthocyanniques. Hydrolyse. —
Les anthocyanols : fusion alcaline, décomposition par la
baryte, oxydation par H-0~. - Les anthocyanosides. — Ana¬
lyse : méthode de Karrer. — Classification des anthocyano¬
sides. Structure. Pigments azotés .'..... 27
V. Propriétés physiques et chimiques. Flavones. Action des acides,
des alcalis, des réducteurs, de (XFe. — Action de CL Al, de
BOs H;i. — Copulation avec les sels de diazo. — Activité
optique. Méthylation et déméthylation. — Spectres d’ab¬
sorption .. 48
Anthocyannes. — Formes cristallines. — Solubilité. — Action
des alcalis, de CLFe et des sels de fer, de SO s et des sulfites,
de l’hydrogène naissant et des réducteurs. Liqueur de
Fehling. - HatL — Spectres d’absorption.
Fluorescence des pigments flavoniques.
Propriétés des anthocyannes azotés . 57
VI. Tests d’identification. A. Méthodes microchimiques.
B. Analyse chimique. — Différenciation
des deux sortes de pigments, des anthocyanosides et des an¬
thocyanols. Techniques de Baxo.roft et Rutzler. -- Iden¬
tification des flavones. — Réactions colorées (Bargei.lini —
Shinoda Asahixa — Ixlbuse — Bose — Quastel). Test de
Wilson. Technique de Talber et Lavfer. - Réaction de
la gossypétine. - Réaction avec Sn Ch, avec Mo Am. — Mé-
thvlation. Identification des anthocyanols et des antho¬
cyanosides. — Méthodes de Robinson. - Purification des
anthocyanosides. - Chromatographie sur papier (Bate-Smith) 66
VII. Synthèse. — A. Flavones. Synthèse du noyau. — Méthodes de
Kostanecki, d’HuTCHixs et Wheeler. - Cyclisation des hv-
droxystyrylcétones et des chalcones en flavanones. — Cycli¬
sation des dibenzoyl-méthanes en flavones par l’acétate de
Na et l’anhydride acétique. — Méthodes de Baker, de Chavan
et Robinson. — Synthèse d’ALi.AX et Robinson. — Autres mé-
Source : MNHN, Paris
256
Cil. SAN NIÉ
II. SAC VA IX.
Pages
thodex : action des uryluldéhydes suc les hydroxyacétophé-
nonés. Méthode de Zkmhi.en et Rooxak. Oxydation des
sels île benzopyrylium en flavonols. Méthode de Iyer et
Venkataramax. Oxydation par le pcrsulfate de potassium
(Sf.shaori). Synthèse des hétérosides. Synthèse des iso¬
flavones (Wksski.v Venkataramax Baker Robinson
et col!., etc.) . 85
B. Pigments anlhocgttnniqties. Formation à partir des flavonols
par réduction. - Synthèse de Wii,i.stater, de Robinson. —
Synthèse des hétérosides (Robinson et coll.) . 98
VIII. Relations des pigments benzopyraniques avec d’autres constituants
végétaux. Coumarines. — 2-hydroxychalcones et flavano-
nes. - Flavones et caléchols. Passage des anthocyanols
aux catéchols. Les lignines. — Autres pigments apparentés 108
IX. Formation dans les plantes. •— Hiogêltèse : à partir des tanins, à
partir des pigments flavoniques par oxydation, par réduction
(anthoevannes). Les réactions endocellulaires. — Leuco-
anthocyanosides. Théorie de Robinson sur leur structure.
— Leur isolement. Théorie de Bancrokt et Rvtzler. -
Hypothèse de Robinson : formation à partir de petites molé¬
cules.
Rôle des facteurs métaboliques dans la formation des pigments.
Action des glucides, des substances azotées, des facteurs exter¬
nes : radiations lumineuses diverses, intensité et durée de
l'illumination, température, photosynthèse. — Facteurs se¬
condaires . 117
X. Facteurs intervenant dans les coloris des plantes. Influence de
la constitution chimique du pigment : nombre d’hydroxyles,
méthylation des hydroxyles, type de l’hétéroside présent.
Co-pigments. — pH~du suc cellulaire. Coloration bleue des
fleurs — cas de l’hortensia. — Influence de l'altitude, de la
lumière, de la température. -- Intervention des autres facteurs
de pigmentation sur la coloration. -- Changements rapides
des couleurs des fleurs . 137
XI. Génétique et pigmentation des plantes. — Règles de l’hérédité. —
Gênes. — Etude du Dahlia, du Streptocarpus. — Intervention
des gênes sur la formation du pigment, sur sa structure, sur le
nombre et la position des oxhydryles, des méthoxvles, sur le
pH cellulaire. — Facteurs récessifs et dominants. — Cas du
Dahlia, du Streptocarpus. Contrôle de la copigmentation par
les gènes. — Etude de Beale sur les anthocyanosides du Maïs.
— Conclusion . 150
XII. Rôle physiologique des pigments benzopyraniques dans la plante. —
Régulation de l’absorption lumineuse par la plante et de sa
température. -- Rôle dans les échange» respiratoires, dans
l’assimilation. — Rôle de la partie glucidique du pigment. —
Fonction respiratoire. — Rôle d’attraction pour les insectes
et les oiseaux. — Intervention des flavones dans le système
oxydo-réducteur : théorie de SzEXT-GyonGYi .. 160
XIII. Actions pharmacologiques des anthocyannes et des flavones. — Fla¬
vones et vitamine P. — Isolement de la citrine, sa nature.
— Résultats expérimentaux. — Hypothèse de Lavoi.lay :
Source : MNHN, Paris
«I
TABLE DES MATIÈRES.
257
Pages
action des dérives flavoniques sur l’oxydation de l’adréna¬
line. Activité des catéchols, des formes chalcones, des
flavanones. La rutinc, son action. — Les méthodes de me¬
sure de l'activité de la vitamine P. - - Les sources de vita¬
mine P.
Autres actions des dérivés flavoniques : sur la pression arté¬
rielle, sur le cœur. — Toxicité de certaines flavones. — Action
diurétique. -- Autres actions pharmacologiques. — Théorie
de Kt'HN et coll. sur le rôle sexuel des dérivés flavoniques.. lfifi
XIV. Systématique. A. Flavones . 187
B. Anlhocyanols cl leurs ylncnsides -
Flavonols ..
Isoflavones
Flavanones
Flavanonols
195
213
219
22(i
Source : MNHN, Paris
Le Gérant : René JEANNEL.
Imprimerie M. Declume, Lons-le-Saunier. — 239-51-370.
Février 1952 «Dépôt légal 1" trimestre 1952, n* 4000».
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Les Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle parais¬
sent sans périodicité fixe. Chaque volume est formé d’un nombre va¬
riable de fascicules, publiés isolément et ne contenant qu’un seul mé¬
moire.
Les auteurs reçoivent 50 tirages à part de leurs travaux, brochés et
sous couverture. Ils s’engagent à ne pas les mettre dans le commerce.
Le prix de l’abonnement, pour un volume, est de 1200 francs.
Le montant des abonnements et les demandes de fascicules doivent
être adressés au Muséum national d’Histoire naturelle, service des
ventes, 36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris (5*).
Compte chèques postaux : Paris 124-03.
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle (commencé en 1896). Un volume
in-8° par an. Abonnement annuel : 1.200 francs.
Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle, nouvelle série (commencée en
1936). In-8°, sans périodicité fixe. Abonnement pour un vol. : 1200 fr.
Archives du Muséum national d’Histoire naturelle (commencées en 1802 comme
Annales du Muséum national d’Histoire naturelle. Un volume in-4° par an.
Prix du volume : 1.500 fr.
Publications du Muséum national d’Histoire naturelle (sans périodicité fixe). Pa¬
raît par fascicules in-8°. Prix du fascicule : 300 fr.
Revue française d'Entomologie (Directeur : D r R. Jeanne], laboratoire d’Entomolo-
gie). Paraît depuis 1934, in-8°. Abonnement annuel : 1.000 fr.
Notulae sgstematicae (Directeur : M. H. Humbert, laboratoire de Phanérogamie).
Paraît depuis 1909, in-8°, sans périodicité fixe.
Index seminam in Hortis Musaei parisiensis collectorum (Laboratoire de Culturel).
Paraît depuis 1822. Echange.
Revue de Botanique appliquée et d’Agriculture coloniale (Directeur : M. A. Che¬
valier, laboratoire d’Agronomie coloniale). Paraît depuis 1921, in-8®.
Revue Algologique (Directeur : M. R. Lami, laboratoire de Cryptogamie). Paraît
depuis 1924, in-8°.
Revue Brgologique et Lichénologique (Directeur : Mme Allorge, laboratoire de
Cryptogamie). Paraît depuis 1874, in-8°.
Revue de Mycologie, anciennement Annales de Cryptogamie exotique (Directeurs :
MM. R. Heim, J. Duché et Malençon). Paraît depuis 1928 ; in-8°.
Mammalia (Directeur : M. E. Bourdelle, laboratoire de Mammalogie). Paraît de¬
puis 1936 ; in-8°.
Bulletin du Laboratoire maritime du Muséum national d’Histoire naturelle, d
Dinard (Directeur : M. E. Fischer, laboratoire maritime de Dinard). Paraît
depuis 1928 ; in-8°. (Prix variable par fascicule).
Source : MNHN, Paris