ISBN 2-85653-132-6
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série B, Botanique
TOME 30
Lucile ALLORGE
MONOGRAPHIE
DES APOCYNACÉES - TABERNAEMONTANOÏDÉES
AMÉRICAINES
Morphologie, Systématique, Chimio-taxonomle
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1986
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
En vente à la Bibliothèque centrale du Muséum,
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris
C.C.P. : Paris 9062-62 Y
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© Éditions du Muséum national d’Histoire naturelle, 1985
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MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série B, Botanique, Tome 30
MONOGRAPHIE
DES APOCYNACÉES - TABERNAEMONTANOÏDÉES
AMÉRICAINES
Morphologie, Systématique, Chimio-taxonomie.
par
Lucile ALLORGE *
SOMMAIRE
PREMIÈRE PARTIE
Limites de la sous-famille des Tabernaemontanoïdées. 5
Clé des genres américains. 6
Tabernaemontana . 7
• Clé des 15 espèces. 11
Stemmadenia . 39
• Clé des 15 espèces. 41
Anartia . 55
• Clé des 6 espèces. 57
Bonafousia . 69
• Clé des 26 espèces. 71
Woytkowskia . 120
• Clé des 2 espèces. 120
Peschiera . 124
• Clé des 18 espèces. 125
Slenosolen . 159
• Clé des 5 espèces. 160
Macoubea . 170
• Clé des 2 espèces. 171
• Laboratoire de Phanérogamie, Muséum national d’histoire naturelle, 16, rue de Buffon, 75005 Paris.
2
LUCILE ALLORGE
Ervatamia . 177
• Clé des 2 espèces. 177
Sarcopharyngia . 180
• 1 espèce. 180
DEUXIÈME PARTIE
Chimiotaxonomie des alcaloïdes indoliques. 183
Index alphabétique des alcaloïdes indoliques isolés des Tabernaemontanoïdées américaines. 185
Distribution :
monomères. 198
dimères. 198
Résumé et conclusions. 200
Répartition des espèces par pays. 203
Bibliographie. 206
Index des noms scientifiques. 213
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
3
RÉSUMÉ
Cette étude taxonomique comporte la révision systématique de la sous-famille des Tabernaemon¬
tanoïdées américaines et est principalement fondée sur l’étude du matériel d’herbier. Notre travail a
porté sur des échantillons secs provenant de nombreuses institutions européennes et américaines. La
première partie est une monographie de la sous-famille des Tabernaemontanoïdées américaines.
Cette révision comporte 8 genres : Tabernaemontana sensu stricto, Stemmadenia, Anartia, Bona-
fousia, Woytkowskia, Peschiera, Stenosolen et Macoubea. Deux autres genres, Ervatamia et Sarco-
pharyngia y ont été introduits, soit 89 espèces propres au continent américain et 3 espèces introduites.
Chaque espèce comporte la bibliographie, la synonymie, sa description, son illustration et les travaux
chimiques qui s’y rapportent.
La seconde partie regroupe toutes les structures des alcaloïdes indoliques rencontrés dans cette
sous-famille et comporte une étude chimio-taxonomique.
MOTS CLÉS
Apocynacées, Tabernaemontanoïdées, Tabernaemontana, Stemmadenia, Anartia, Bonafousia,
Wotkowskia, Peschiera, Stenosolen, Macoubea, Ervatamia, Sarcopharyngia, alcaloïdes indoliques.
INTRODUCTION
L’intérêt pharmacologique des Apocynacées n’est plus à démontrer.
Dans cette famille, seules les sous-familles des Plumérioïdées et des Tabernaemontanoïdées con¬
tiennent des alcaloïdes indoliques à activité anticancéreuse. C’est pourquoi la majeure partie des études
chimio-taxonomiques portent sur les espèces de ces deux sous-familles.
En récapitulant les études chimiques déjà effectuées sur les espèces américaines de la sous-famille
des Tabernaemontanoïdées, nous nous sommes rendu compte de la nécessité de reprendre l’étude taxo¬
nomique de cette sous-famille.
Les résultats de cette étude sont présentés dans ce mémoire.
La première partie est une monographie de la sous-famille des Tabernaemontanoïdées américaines,
qui comporte pour chaque espèce : la description avec illustration, les noms vernaculaires et les divers
travaux chimiques dont elle a fait l’objet.
La seconde partie regroupe toutes les structures des alcaloïdes indoliques rencontrés dans cette
sous-famille.
Source : MMHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
5
PREMIÈRE PARTIE
LIMITES DE LA SOUS-FAMILLE
DES TABERNAEMONTANOÏDÉES
Les subdivisions de la famille des Apocynacées sont encore sujettes à discussion, ainsi certains
auteurs rattachent la sous-famille des Tabernaemontanoïdées aux Plumérioïdées, conservant de ce fait
une conception qui remonte à K. Schumann (1895). À cette époque, un grand nombre d’espèces et de
genres n’étaient pas encore connus. Pichon (1948 a), après avoir tout d’abord traité ces deux sous-
familles séparément, est revenu à une conception globale, suivi par Huber (1963) et Leeuwenberg
(1976).
Nous avons, grâce à la morphologie florale, pu montrer des différences importantes entre ces
deux sous-familles. Des travaux successifs ont précisé notre point de vue (Boiteau, 1973 ; Boiteau &
Sastre, 1975 ; Boiteau & Allorge, 1976 ; Boiteau, 1977 ; Boiteau & Allorge, 1978 ; Boiteau, Allorge &
Sastre, 1978 ; Allorge et al., 1980 ; Boiteau, 1981).
Si certains genres des Tabernaemontanoïdées ont conservé des caractères proches de ceux de cer¬
tains genres des Plumérioïdées, caractères que nous considérons donc comme archaïques pour la sous-
TABERNAEMONTANOIDEAE américaines
ÉTUDES
Tribus et sous-tribus
Genres
Espèces
TRAVAUX
CHIMIQUES
MACOUBEAE
Macoubea
2
test
WOYTKOWSKIEAE
TABERNAEMONTANEAE
Woytkowskia
2
0
Tabernaemontaninae
Peschiera
18
8
Stenosolen
5
1 ± 1
Anartia
6
3
Tabernaemontana
15
7
Bonafousia
26
7
Stemmadenia
15
4
Ervatamiinae
Ervatamia
2
(espèces introduites)
1
Sarcopharyngiinae
Sarcopharyngia
(espèce introduite)
Soit 89 espèces endémiques et 3 espèces introduites.
Source : MNHN, Paris
6
LUCILE ALLORGE
famille des Tabernaemontanoïdées, il n’en demeure pas moins vrai que des différences profondes les
séparent dans la structure de leurs étamines : anthères prolongées à la base des loges par des appendices
stériles, tissu moteur à la base du filet, présence de deux massifs de sclérenchyme de part et d’autre du
filet. Nous avons, par ailleurs, démontré la différence qui existe au niveau du calice, celui des Taber¬
naemontanoïdées comportant des appendices sécréteurs individualisés qui n’existent pas chez les Plumé-
rioïdées, des carpelles asymétriques, ceux-ci beaucoup plus vascularisées chez les Tabernaemontanoïdées
que chez les Plumérioïdées, et un arille autour de la graine.
Cette révision a porté sur environ 6 000 échantillons botaniques provenant d’un grand nombre
d’institutions. Les observations faites tant au cours de l’étude morphologique qu’au cours de la révision
taxonomique nous ont permis de présenter en synthèse une clé des genres américains. Le matériel étu¬
dié, les cartes de répartition géographique, l’index des collecteurs et celui des noms vernaculaires peu¬
vent être consultés dans la thèse de Doctorat d’État, Allorge, L., 1983 déposée au C.N.R.S., 26 rue
Boyer, Paris 20 e .
CLÉ DES GENRES AMÉRICAINS
1. Étamines insérées à la base du tube. Indûment suprastaminal, pas d’indûment infrastaminal. Pollen sans colpus
équatorial.
2. Ovaire pubescent, fruit à un ou deux méricarpes indéhiscents, à assise scléreuse, graines sans sillons continus,
à arille complet. 1 . MACOUBEA.
2'. Ovaire glabre, fruit déhiscent, le plus souvent échinulé, présentant toujours des aspérités, graines à sillons
continus, à arille incomplet.
3. Article composé de plus de deux entre-nœuds. Feuilles isophylles. Deux inflorescences pluriflores.
. 2. PESCHIERA.
3'. Article toujours composé de deux entre-nœuds. Feuilles présentant une forte anisophyllie dans la paire
sous-jacente à l’inflorescence unique. 3. STENOSOLEN.
1'. Étamines insérées du milieu du tube jusqu’à la gorge de la corolle, jamais à la base. Pas d’indûment suprasta¬
minal, indûment infrastaminal. Pollen à colpus équatorial.
4. Follicules fusiformes atteignant 20 cm de long. Lobes de la corolle dans le bouton profondément infléchis
dans le tube. 4. WOYTKOWSKIA.
4'. Follicules réniformes ne dépassant pas 6 cm de longueur.
5. Disque fortement saillant sur l’ovaire. Tube de la corolle de plus de 2 cm de long pouvant atteindre 6 cm,
à gorge dilatée, ornée à l’intérieur de cinq crêtes suprastaminales, et présentant une forte torsion au-
dessus des étamines. 5. STEMM A DENIA.
5'. Disque toujours adné à l’ovaire, ne faisant tout au plus qu’un bourrelet à la base de celui-ci. Pas de
gorge dilatée ; pas de crêtes suprastaminales.
6. Étamines insérées près de la gorge et souvent exsertes. Indûment infrastaminal très réduit, jamais d’in-
dument sur une longueur égale aux étamines. Article à entre-nœuds en nombre variable, de 2 à 7-8,
non stabilisé. 6. TABERNAEMONTANA.
6. Étamines jamais exsertes. Indûment infrastaminal important, s’étendant entre les étamines. Article à
entre-nœuds en nombre fixe, soit 2, soit 1, stabilisé dès l’origine.
7. Article portant deux paires de feuilles, la seconde fortement anisophylle, inflorescence à la divari-
cation de deux rameaux, réduite à un racème. Rameaux cylindriques.
7. Calice glabre, jamais cilié sur le bord, feuilles glabres, souvent longuement acuminées, acumen
linéaire. Tube de la corolle partagé en deux parties de diamètre plus large au-dessus des étamines
. 7. ANARTIA.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
7
T. Article portant une paire de feuilles au niveau desquelles, mais perpendiculairement, naît l’in¬
florescence, à laquelle est opposée une écaille sans inflorescence axillaire. Rameaux anguleux,
calice souvent cilié sur le bord, feuilles souvent tomenteuses à la face inférieure. Tube présentant
juste un renflement au niveau de l’insertion des étamines puis se resserrant au-dessus.
. 8. BONAFOUSIA.
TA BERNA EMONTA NA [Plumier] L.
Plumier, Nova Plant. Amer., 18 (1703) ; Plantes de l’Amérique édit. Burmann Ico, t. 248 : f. 2 (1755-60) ;
Linné, Sp. PI. ed. 1 : 210-211 (1753) ; éd. 2 : 308-309 (1762) ; Jacq., Sel. Stirp. Am. hist. t. 175 (1763) ;
Miller, Dict. 7 : 247 (1785) ; Willd., Sp. PI. I . 1244-1247 (1795) ; Lam., Illustr. Gen. t. 170, f. 1 (1797) ;
Poiret, Encycl. Meth. 7 : 527-532 (1806) ; Dict supl. : 275-276 (1817) ; Descourtilz, Fl. Antilles 1 : 41-43, t. 9
(1821) ; A.DC., Prodr. 8 : 361 (1844) ; Miers, Apocyn. S. Am. : 53, t. 7 (1878) ; K. Schum., Engler et
Prantl., Nat. pflanzenfam. 4 (2) : 147 (1895) ; Duss, Fl. Phan. Ant. fr., Ann. Inst. Col. Marseille, I : 395
(1897) ; Markgraf, Not. bot. Gart. Berlin : 168 (1938) ; Pichon, Mem. Mus, nat. Hist. nat. Paris, 27 : 225
(1948) ; Not. Syst. 13 : 230 (1948).
Espèce-type : Tabernaemontana citrifolia L., désignée par Britton et Wilson, Scient. Surv., Porto
Rico 6 : 89 (1914).
Le genre Tabernaemontana fut ainsi nommé par Plumier (1703) en l’honneur de James Théo¬
dore, surnommé Tabernaemontanus, de son lieu de naissance Berg-Zaben (taverne de montagne), Pala-
tinat (1515), mort à Heidelberg (1590), qui fut l’auteur de deux ouvrages de botanique : « Le nouvel
Herbier Complet » (1588) et « Figures de Plantes » (1590), qui firent autorité pendant plus de deux
siècles.
Linné (1753) reprend le genre de Plumier avec trois espèces :
— T. citrifolia, T. laurifolia et T. alternifolia.
Mais, dans la première comme dans la deuxième édition, Linné cite comme lieu d’origine de
T. citrifolia, les deux Indes. Le spécimen qui se trouve dans l’Herbier de Linné, de la Société Linéenne
de Londres, sous ce binôme, est en fait Ervatamia coronaria (Jacq.) Stapf, espèce originaire de l’Inde
et maintenant Cultivée sous tous les tropiques. Cet échantillon ne peut être pris comme type de T. citri¬
folia L. Le fait d’avoir choisi le nom attribué par Plumier est en soi une typification de l’espèce antil¬
laise. Plumier illustre son espèce ; la taille et la forme de la fleur ne peuvent alors faire aucun doute ; il
ne peut s’agir de Ervatamia coronaria. Il existe un échantillon à Paris, de l’Herbier Vaillant qui est à
peu près certainement le type de Plumier.
Plumier, né en 1646 à Marseille, fut envoyé par Louis XIV en Amérique pour y chercher des
plantes médicinales. Il y fera trois voyages et mourut en 1704 dans le port de Sainte-Marie, à Cadix, où
il devait s’embarquer pour une quatrième fois. Il explora les Antilles, principalement Haïti et la Marti¬
nique.
Il publia « Description des plantes de l’Amérique avec leur figure », à Paris, en 1693, suivie de
« Nova pl. Amer. gen. » Paris 1703. Burmann éditera un complément de matériaux, « PI. Amer. »,
fasc. 10, à Amsterdam, en 1755.
Jacquin précise que T. citrifolia est originaire de la Martinique dans Select. Stir. Amer. Hist. 1 :
39 (1763). Mais malheureusement, Miller (1785) la dit native de la Jamaïque et de quelques autres îles
de l’Amérique. A sa suite, et jusqu’à Grisebach (1864), tous les autres auteurs, hormis Willdenow
(1797), vont répéter cette erreur : Poiret (1806), G. Don (1837), etc..., ce qui entraînera de multiples
confusions d’espèces, cette espèce n’ayant jamais existé à la Jamaïque, ni non plus au Mexique comme
le mentionne Grisebach, sans doute pour faire bonne mesure. Nous verrons que l’aire de répartition de
T. citrifolia couvre toutes les petites Antilles, avec une variété propre à Hispaniola (Haïti et Saint-
Source : MNHN, Paris
LUCILE ALLORGE
Domingue) et Cuba ; à la Jamaïque, on trouve 5 espèces différentes, ce qui fait de cette île un centre
particulièrement intéressant de diversification de ce genre et peut-être son lieu d’origine.
Au Mexique, nous ne trouvons que le T. alba qui lui soit à peu près propre puisqu’il ne déborde
qu’à peine sur le Guatemala et le Honduras. Les autres espèces, présentes au Mexique, occupent toute
l’Amérique centrale quand elles ne continuent pas sur la côte caraïbe de la Colombie et du Venezuela,
comme T. amygdalifolia.
La seconde espèce linnéenne, T. laurifolia (p. 32), aurait sans doute posé moins de problèmes de
typification, car Linné s’appuie, pour cette espèce, sur l’échantillon de son Herbier conservé à Londres
et dont le lieu d’origine est la Jamaïque (où cette espèce est littorale, donc facile d’accès, dans les buis¬
sons côtiers).
La troisième espèce, T. alternifolia, se réfère à la description et à l’illustration de Rheede (1678),
mais aucune Tabernaemontanoïdée n’ayant de feuilles alternes, cette espèce reste hypothétique. La fleur
et le fruit sont, sans aucun doute, ceux d’un Ervatamia, comme l’indiquent Majumdar et Bakshi
(1979).
Le nombre d’espèces de ce genre pantropical va s’accroître très rapidement. Dès 1763, Jacquin y
adjoint trois espèces : T. amygdalifolia, T. grandiflora et T. cymosa. Willdenow (1797) cite 12 espèces ;
Poiret (1806) mentionne 27 espèces plus trois références dues à Brown. G. Don va commencer à morce¬
ler ce genre qu’il divise dans sa tribu des Tabernaemontanées (1837), en quatre genres : Tabernaemon-
tana, Voacanga, Rejoua et Conopharyngia = Sarcopharyngia. (Les autres genres mentionnés par lui
dans cette tribu n’appartiennent pas à la tribu des Tabernaemontanées dans ses limites actuelles).
Le genre Tabernaemontana comprend alors 42 espèces, nombre que A.DC va doubler en 1844. Il
crée à son tour deux autres genres : Bonafousia et Peschiera. La même année, Bentham crée le genre
Stemmadenia. Le seul premier tome de l’Index de Kew récapitule 156 espèces. Miers (1878) va entre¬
prendre la révision des espèces américaines. Il ne verra malheureusement pas la moitié des types des
espèces qu’il cite, et mentionne qu’il n’a même pas pu voir le matériel de Kew. C’est surtout une com¬
pilation bibliographique beaucoup plus qu’une réelle révision. Mais le gros défaut de ce travail sera de
morceler à l’extrême l’ensemble des espèces américaines. Markgraf (1938) va reprendre une conception
plus globale réduisant à neuf genres la sous-famille des Tabernaemontanoïdées américaines. Mais, là
encore, il ne citera que les espèces présentes, à l’époque, à Berlin, ne verra pas tous les taxons et sera,
de ce fait, amené à décrire de espèces nouvelles ou à maintenir des espèces qui doivent être réduites en
synonymie. Le cas le plus typique est sa mise en synonymie, p. 171, de l’espèce Peschiera blanda Miers,
dont le type est Spruce 4209, à Peschiera benthamiana, or ce même échantillon Spruce 4209 est égale¬
ment le type d’une espèce décrite 8 ans plus tôt par Mueller d’Argovie sous Tabernaemontana van-
heurckii que Markgraf transfère dans le genre Stenosolen, p. 177, le même échantillon appartenant
alors à deux genres différents. Woodson, après sa révision du genre Stemmadenia (1928), ne reprendra
aucun travail sur cette sous-famille avant 1941, avec la création du genre Quadricasea. En 1960, il crée
alors le genre Woytkowskia. Sa révision des Stemmadenia aura également le même défaut que celles des
auteurs précédents : il ne verra pas les types européens, pas même ceux de Humbold et Bonpland, con¬
servés à Paris, et redécrira un Stemmadenia greenmanii publié sous le nom de T. litoralis par H. B. K.
en 1819, par exemple.
Markgraf et Woodson ont néanmoins clarifié et délimité les genres américains. Leurs travaux
restent la base de la clasification des Tabernaemontanoïdées américaines.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
9
TABLEAU COMPARÉ DU TRAITEMENT DES ESPÈCES AMÉRICAINES
CHEZ MARKGRAF ET PICHON
Markgraf
PICHON
1) Genre Stenosolen :
heterophyllus, stenolobus, eggersii, vanheurckii, macro¬
siphon.
2) Genre Peschiera :
apoda, concinna, arcuata, florida, psychotrifolia, buch-
tienii, benthamiana, myriantha, stenantha, linkii,
spixiana, gaudichaudii, gracillima, fuschiaefolia, schip-
pii, salzmanni, solanifolia, arborea, laeta, affinis, acu-
minata, catharinensis, australis, hilariana, hystrix et
lundii.
3) Genre Tabernaemontana :
ochroleuca, discolor, glaucescens, amblyblasta, ovalifolia,
ci trifolia, paisavelensis, costaricencis, amygdalifolia,
wullschlaegelii, laurifolia, amblyocarpa.
4) Genre Anartia :
flavicans, attenuata, oblongifolia, olivacea.
5) Genre Bonafousia :
undulata, longituba, sananho, hirtula, muricata, tess-
mannii, tetrastachya, killipii, juruana.
6) Genre Taberna :
albiflora.
7) Genre Anacampta :
coriacea, disticha, kuhlmannii, maxima, submollis, rie-
delii, albescens, muelleriana, macrocalyx, rigida, echi-
nata, angulata, rupicola, palustris.
Genre Tabernaemontana
Sous-genre Peschiera
Section 1 : Stenosolen :
psychotrifolia, benthamiana, myriantha, gaudichaudii,
gracillima, fuschiaefolia, fallax, solanifolia, arborea
laeta, affinis, catharinensis, australis, hilariana, hys¬
trix, heierophylla, apoda, salzmanni; Non vues (ce
terme regroupe les espèces non vues ou douteuses de
Pichon) : buchtienii, praeclara, stenantha, linkii, spi¬
xiana, umbrosa, schippii, acuminata, lundii, steno-
loba, vanheurckii, macrosiphon, concinna, florida,
puberiflora, granulosa, cuspida, albidiflora, lingulata
et eggersii.
Section 2 : Taberna :
wullschlaegelii, amblyocarpa, laurifolia, discolor, citrifo-
lia, alba ; Non vues : longipes, chrysocarpa, ovalifo¬
lia, costaricensis, oppositifolia, nereifolia, tuxtlensis,
aphlebia.
Section 3 : Amygdalophyllum :
amygdalifolia, pendula.
Section 4 : Anartia :
flavicans, meyeri, oblongifolia ; Non vues : cymosa, oli¬
vacea.
Section 5 : Merizadenia :
arcuata, rupicola, hirtula, tetrastachya ; Non vues : pa¬
lustris, sananbo, muricata, killipii, juruana, longituba,
tessmannii.
La section 6 ne comporte que des espèces malgaches.
Sous-genre : Bonafousia
Section 7 : Neotaberna :
albiflora.
Section 8 : Macrosolen :
undulata, coriacea, submollis, riedelii, speciosa, macro¬
calyx, angulata, muelleriana ; Non vues : disticha,
maxima, albescens, echinata, obliqua, kuhlmannii,
rigidus, guyanensis.
Pichon (1948 a et b) n’a vu que les espèces présentes à l’Herbier de Paris.
De la comparaison de ce tableau, il résulte que :
1 et 2) Pichon inclut le genre Stenosolen de Mgf 1 dans le sous-genre Peschiera, bien qu’il n’ait étudié
que l’espèce-type S. heterophyllus, sur les cinq espèces du genre.
3) Le genre Tabernaemontana sensu Mgf est partagé en deux sections : 2 et 3.
1. Abréviation de son nom effectuée par Markgraf, que nous conservons par commodité et simplification.
Source : MNHN, Paris
10
LUCILE ALLORGE
4) Le genre Anartia n’est pas modifié dans sa composition et devient une section Anartia.
5) Le genre Bonafousia sensu Mgf n’est pratiquement pas modifié, bien que Pichon transfère
l’espèce-type undulata auprès des Anacampta de Mgf.
6) Le genre Taberna de Mgf devient une section Neotaberna.
7) Le genre Anacampta de Mgf comporte les mêmes espèces que la section Macrosolen de
Pichon, plus undulata.
A part le niveau générique, le travail de Pichon ne modifie donc pas profondément les divisions
de Markgraf.
Notre travail va regrouper dans le genre Bonafousia , les espèces du genre Bonafousia, du genre
Taberna, et du genre Anacampta sensu Mgf. Les coupes anatomiques du limbe, la morphologie florale,
l’architecture, nous ont en effet montré leur similitude.
DESCRIPTION DU GENRE TABERNAEMONTANA
Arbuste ou arbre atteignant 15 m. Latex blanc. Rameaux cylindriques, exceptionnellement aplatis
sur les derniers entre-noeuds, mais jamais costulés et anguleux. Écorce brun-clair.
Article du sympode très variable, généralement 6 à 7 entre-nœuds, 6 à 7 paires de feuilles assimilatrices
isomorphes, une paire de feuilles-écailles axillant un ou deux rameaux relais, une ou, plus générale¬
ment, deux inflorescences. Bases foliaires et leurs stipules ligulaires recouvrant de nombreux collétères.
Feuilles opposées, pétiolées, de consistance variable, membraneuses à coriaces et marges révolu-
tées ; nervures espacées de moins d’un centimètre ; acumen triangulaire, jamais linéaire. Pétiole à base
soudée avec les stipules, formant un ochrea à la base desquelles de nombreuses ligules transformées en
glandes sécrétrices (collétères) demeurent persistantes après la chute de la feuille et visibles à chaque
nœud sur les rameaux.
Fleurs hermaphrodites blanches ou jaunes, à tube ne dépassant pas 2 cm de longueur. Calice
petit, à appendices sécréteurs individualisés homologues des ligules des feuilles, disposés sur un rang,
rarement deux, ne dépassant pas le nombre de huit appendices. Corolle à tube élargi au niveau de
t l’insertion des étamines, qui sont situées généralement au-dessus du milieu du tube. Étamines incluses
ou quelquefois exsertes. Lobes au nombre de cinq, dolabriformes, sinistrorses (partie recouvrante des
lobes dans le bouton située à gauche). Cinq étamines sagittées, acuminées, basifixes, à connectif pro¬
longé vers le bas par deux parties stériles appelées « queues » par Pichon, généralement droites, sauf
chez T. discolor où elles sont arquées et rentrantes, à déhiscence introrse et tissu moteur. Disque com¬
plètement adné à l’ovaire qui est souvent piriforme avec un bourrelet tout le long de la zone de contact
des carpelles. Ovaire glabre, atténué sur le style lorsque le fruit deviendra fusiforme et acuminé, globu¬
leux lorsqu’il sera réniforme. Ovule anatrope. Style filiforme, surmonté d’une clavoncule s’insérant
entre la base des étamines et présentant un canal stylaire conducteur des tubes polliniques. Clavoncule à
base élargie, soit en collerette entière retombante, soit en dix protubérances, surmontée d’un corps
étroit s’élargissant en cinq branches qui s’insèrent chacune entre les « queues » d’une même anthère et
deux appendices stigmatiques très courts, asymétriques (PL 9, 5).
Fruit à deux méricarpes qui sont des folicules déhiscents comprenant de nombreuses graines, sur
une ou deux rangées, complètement entourées d’un arille de couleur rouge ou orange (arille complet).
Graines brunes, sillonnées sur leur face dorsale, plus étroites vers le micropyle. Embryon à radicule
infère plus longue que les cotylédons, ceux-ci plus ou moins cordés à leur base et trois à quatre fois
plus larges que la radicule.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÊES AMÉRICAINES
11
CLÉ DES ESPÈCES
1. Étamines plus ou moins saillantes.
2. Pédoncule commun ne dépassant pas 10 cm, 2 ou 3 inflorescences plus courtes que les feuilles avoisinantes.
3. Étamines entièrement saillantes. Fleurs grandes, tube de plus de 2 cm.
4. Feuilles de plus de 20 cm de long, indûment infrastaminal développé. 1. T. AMPLIFOLIA.
4'. Feuilles de moins de 20 cm de long, pas d’indûment infrastaminal. 2. T. AMYGDALIFOLIA.
3'. Étamines n’ayant que l’apex saillant, fleurs à tube ne dépassant pas 1 cm.
5. Feuilles elliptiques à plus grande largeur au milieu de la feuille, inflorescence peu développée ; fruit
fusiforme, longuement acuminé.3. T. CITRIFOLIA.
5'. Feuilles longuement atténuées à la base, à plus grande largeur aux deux tiers supérieur de la feuille,
inflorescence développée et lâche ; fruit globuleux, à méricarpes souvent asymétriques.
. 4. T. CHRYSOCARPA.
2'. Pédoncule commun dépassant 10 cm, inflorescence généralement unique dépassant les feuilles.
. 5. T. PENDULA.
1'. Étamines incluses.
6. Pédoncule inflorescentiel ne dépassant pas 10 cm, inflorescences plus courtes que les feuilles avoisinantes.
7. Feuilles très coriaces, à bords révolutés.
8. Tube de la corolle de 1 cm de long.
9. Lobes plus longs que le tube : 1,5 cm de long. 6. T. OVALIFOLIA.
9'. Lobes égaux au tube : 1 cm. 7. T. OPPOSITIFOLIA.
8'. Tube de la corolle ne dépassant pas 0,8 cm. 8. T. WULLSCHLAEGELIl.
T. Feuilles membraneuses à bords non révolutés.
10. Feuilles vert-jaunâtre à brun clair, jamais glauques ; entre-nœuds nombreux et courts, longs de 1 à
2 cm.
11. Tube de la corolle de plus de 1 cm, clavoncule très sculptée et munie de 10 expansions à sa base,
gorge nue. 9. T. LA URIFOLIA.
11'. Tube de la corolle de moins de 1 cm, clavoncule peu sculptée, sans expansions à sa base, gorge
munie de cinq protubérences à la partie médiane basale de chaque lobe masquant l’apex des éta¬
mines.
12. Feuilles à plus grande largeur au-dessus du milieu. Inflorescences pluriflores denses ; méri-
carpe long de 4 cm. 10. T. ALBA.
12'. Feuilles à plus grande largeur en son milieu ; inflorescences peu fournies, une dizaine de
fleurs ; méricarpe long de 3 cm. 11. T. AMBLYOCARPA.
10'. Feuilles glauques ; entre-nœuds en nombre réduit par article (1 à 3) mais dépassant 2 cm de longueur.
13. Tube de la corolle de moins de 1 cm, grêle, clavoncule sculptée à la base, à collerette ascendante.
. 12. T. OCHROLEUCA.
13'. Tube de la corolle de plus de 1 cm, clavoncule non sculptée à la base et à collerette descendante.
14. Étamines à « queues » divergentes, indûment infrastaminal en touffe sur le filet soudé au
tube, et entre les étamines. 13. T. GENTRIANA.
14'. Étamines à « queues » courbées à l’intérieur, sans indûment infrastaminal.
. 14. T. DISCOLOR.
6'. Pédoncule inflorescentiel dépassant 10 cm de longueur, inflorescences plus longues que les feuilles avoisi¬
nantes . 15. 7". LONGIPES.
Source : MNHN, Paris
12
LUCILE ALLORGE
1. TABERNAEMONTANA AMPLIFOLIA L. Allorge
Bull. Soc. bot. fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5), 339-351.
Dodson et A. H. Gentry, Selbeana, Flora of Rio Palenque, sous le nom de T. amygdaliaefolia : 240 (1978),
tab. 113, D. (exclu le fruit ?).
Arbre de 3-5 m, écorce brun clair sauf sur les rameaux ultimes où elle est verte.
Trois inflorescences : une terminale et deux pseudo-terminales, atteignant la moitié de la feuille
avoisinante. Grande fleur à lobes de 2,5 cm de long, tube de 1,6 cm de long, élargi à la base et au
niveau des étamines, juste en dessous de la gorge. Les étamines sont saillantes, à « queues » incurvées
et rentrantes. Le bouton avant l’anthèse mesure 3 cm et est très aigu au sommet. Indûment infrastami-
nal développé jusqu’au niveau des « queues » de l’étamine. Le calice à sépales lancéolés comporte huit
glandes réparties sur deux rangs. L’ovaire est piriforme, la séparation des carpelles débute dès la base
de l’ovaire, il ne peut donc s’agir d’un disque formant relief sur l’ovaire, comparer avec Bonafousia
undulata (pl. 28).
Fruit inconnu. — Pl. 1.
Diffère de T. amygdalifolia , dont il a les étamines saillantes, par des feuilles pouvant atteindre
32 cm, des rameaux épais, trois inflorescences très développées au lieu de deux, mais surtout, par un
indûment infrastaminal développé alors qu’il est inexistant chez T. amygdalifolia.
Type : Denslow 2120 (holo-, COL ; iso- MO).
Distribution géographique : Colombie et Équateur.
2. TABERNAEMONTANA AMYGDALIFOLIA Jacq.
Jacquin écrit amygdalifolia (à feuilles d’amandier). Par la suite, tous les autres auteurs écrivent amygdaliaefolia ou
amygdalaefolia. Nous rétablissons, comme l’indique le Code de Nomenclature : 73 (1978), la graphie de
Jacquin.
Jacq., Enum. Syst. Pl. Car. : 14 (1760) ; pas de type cité mais loc. Carthagène ; Select. Stirp. Amer. Hist. 1 : 39
(1763) ; PoiRET in Lamarck, Encyc. Meth. bot. 7 : 529 (1806) ; G. DON, Gen. Syst. 4 : 89 (1837) ;
A.DC, Prodr. 8 : 37 (1844) ; MlERS, Apocyn. South Amer. : 56 (1878) ; K. Schum, Nat. Pflanz. 4 (2) : 148
(1895) ; Mgf, Notiz. boy. Gart. Berlin 14 : 169 (1938) ; Woodson, Apocyn. Fl. Yucatan : 80 (1940) ;
Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 238 (1948) : Tabernaemontana subsp. Peschiera , section 3, amygdalophyllum ;
Nowicke, Flora Panama. Ann. Miss. bot. Gard. 57 : 68 (1970).
= Cestrum nervosum, Mill. Dict., 2 : 314 (1785).
= T. jasminoides H.B. K., Nova gen. 3 : 176 (1818) ; Malouelia jasminoides A.DC, Prodr. 8 : 379 (1844) ; MlERS,
Apocyn. South Amer. : 92 (1878) ; type : Humboldt 1393 (P.).
= Rauvolfia laevigata Will. ex R. et Sch., Syst. Veg. 4 : 805 (1819) ; type : Humboldt 102 B.
= T. acalpucensis Miers. Apocyn, South Amer. : 57 (1878) ; type : Seeman 1221 , BM ; exclut Cuming 1295 =
Ervatamia cumingiana (A.DC) Mgf.
= T. deamii Donn. Sm., Bot. Gaz. 52 : 50 (1911) ; type : Deam, s. n°, MO, NY, GH.
= T. nereifolia Vahl, Egl. Amer. 2 : 21 (1798) ; Poiret, Lamarck. Encyc. Meth. bot. 7 : 530 (1806) ; A.DC,
Prodr. 8 : 367 (1844) ; MlERS, Apocyn. South Amer. 55 (1878) ; type : von Rohr 76 1/2.
Arbre de 3 à 8 m, sympodial, à article comportant un nombre d’entre-nœuds variable, de 3 à 7,
généralement assez courts, 0,5 à 2,5 cm, s’achevant par deux inflorescences, et un ou deux rameaux
relais. Rameaux glabres, cylindriques sur le frais, marqués de stries, brun -clair. Feuilles opposées,
ovales-lancéolées, acuminées, submembraneuses, glabres sur les deux faces, luisantes au-dessus, longues
de 4 à 12 cm, larges de 1 à 5 cm ; pétiole de 0,5 à 1,5 cm. Inflorescences plus courtes que les feuilles
avoisinantes ; pédoncule de 1 à 2 cm, cyme di- ou trichasiale de 7 à 8 fleurs.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
PI. 1. — TABERNAEMONTANA AMPLIFOLIA L. Allorge.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, corolle ouverte avec indûment infrastaminal (x 2) ; 3, 4 et 5, étamines de face, de profil et de dos
(x 4) ; 6, calice et ovaire (x 4) ; 7, clavoncule (x 4) ; Denslow 2120.
Source : MNHN, Paris
14
LUCILE ALLORGE
Fleurs blanches ou verdâtres, odorantes, à lobes plus longs (2 cm) que le tube, (1,4 à 1,8 cm) ;
Étamines exsertes jusqu’à la naissance du filet, à « queues » légèrement incurvées et à partie fertile très
longue, vert-bleutées sur la marge, réunies en gynostège au-dessus de la clavoncule ; elles s’écartent sur
le sec sous l’effet de la turgescence de leur tissu moteur. Sépales aigus au sommet, munis de 7-8 glandes
à leur base, glabres, non ciliés sur leur marge, de 0,3 x 0,2 cm ; Ovaires longuement atténué sur le
style, disque totalement adné, à carpelles divergents ; Style de 1,3 à 1,7 cm restant à découvert après la
chute de la corolle ; Clavoncule 5, lobée à la base, puis devenant cylindrique et de nouveau 5, lobée en
dessous des deux appendices stygmatiques très courts. Fruit composé de deux méricarpes lisses, diver¬
gents, 4 cm de long et 2 cm de diam. avec une ligne de chaque côté bien marquée, s’ouvrant sur 10 à
12 graines sillonnées de 0,6 cm, marron foncé, entourée d’un arille jaune. Embryon à radicule plus
longue que les cotylédons. PI. 2.
Type : Tab. 181 (fig. 15) ; Jacquin, Select. Stirp. Amer. Hist. 1 (1763). (Pour la typification des
espèces de Jacquin, voir Enum. Syst. PI. réédité par Stafleu (1967).
Noms vernaculaires :
Mexique : « embele » ; « lechoso » ; « canada del macho » ; « olfato del Perrô ». Guatemala :
« cojon ». Salvador : « Chilindron » ; « cojon macho » ; « amatillo ». Honduras : « lechera ». Colom¬
bie : « jazmin de monte » ; « frailecillo » ; « lechito » ; « beninito ». Venezuela : « no me olvides » ;
« lecherillo » ; « guacamaca blanca » moins vénéreuse que la « guacamaca morada ».
Présente dans toute l’Amérique centrale, la Colombie et le Venezuela. Cette vaste aire de réparti¬
tion entraîne une variation assez grande dans les dimensions de l’appareil végétatif et de la fleur. On
trouve cette espèce surtout sur les pentes, près des rivières et des lacs, et à proximité de la mer. Elle
occupe les flancs du volcan Tajumulco jusqu’à 1 500 m. Au Panama, elle prend un aspect notablement
différent, nécessitant la création d’une variété. Fleur : toute l’année. Fruit : 1, 3, 5 à 7.
Obs. — Cette plante a été étudié par Achenbach, Tetra L., 5027, 1966 et 1793, 1967. Il en a
isolé l’O' déméthylpalosine et la 10-oxocylindrocarpidine. Puis, Achenbach, Z. Naturforsch. 22 (9) :
955-957 (1967), signale l’homocylindrocarpidine et la 17-déméthoxycylindrocarpidine.
CLÉ DES VARIÉTÉS
I. Feuilles vert-jaune à nervation bien visible, ovales-lancéolées ; inflorescences arrivant à la moitié des feuilles
sous-jacentes, comportant de 10 à 12 fleurs ; fleurs à tube de 1 cm, lobes de 1,2 cm et style de 0,6 cm de long.
. var. amygdalifolia.
1'. Feuilles glauques à nervation peu visible, oblongues ; inflorescences n’arrivant qu’au tiers inférieur des feuilles
sous-jacentes, réduites à 3-4 fleurs t fleur à tube de 0,6 cm, lobes de 0,7 cm et style de 0,5 cm de long.
. var. glaucophylla.
var. glaucophylla L. Allorge. var. nov.
Folia oblonga, glauca, nervis secundariis leviter conspicuis ; inflorescentiae 3-4-flores, solum ter-
tiam inferam partem foliorum subjacentium attingentes ; flores tubo 0,6 cm longo, lobis 0,7 cm longis,
stylo 0,5 cm longo.
Type : Dressler 4356, MO.
Matériel étudié :
Panama : Dressler 3752, Panama, Cerro Jefe, 700 m, 26.10.1969 (fl.) MO ; 4356, Panama, El
Llano-Carti highway, 12-14 km N El Llano, 20.4.1973 (fl.) MO ; 4758, Panama, El Llano-Carti high-
way, 10 km N El Llano, 18.9.1974 (fl.) MO ; Dwyer 11893, Coclé, La Mesa above El Valle, 3.1.1974
(fl.) MO GH ; 13923, Coclé, Cerro Pilon — El Valle, 700 m, 15.8.1967 (fl.) MO ; Dwyer et Correa
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — TABERNAEMONTANA AMYGDALIFOL1A Jacq.
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, bouton (x 1) ; 3, corolle (x 2) ; 4, étamine de face (x 8) ; 5, calice et ovaire (x 8) ; Smith 125 ;
7, jeune fruit (x 2/3) ; Fendler 1029 ; 9, arille (x 1) ; 10, graine (x 1) ; 11, embryon de profil (x 4) ; 12, embryon de
face ( x 4) ; Smith 125.
Source : MNHN, Paris
16
LUCILE ALLORGE
7930, El Valle, 2000 ft, 15.8.1967 (fl.) GH ; Kennedy et Dressler 2932, Panama, 11 km above Pan.
Am. highway on road from El Llano-Carti-Tupile, 200 m, 23.3.1973 (fl.) NY MO ; Porter, Dwyer et
al. 4810, Colon, Sta Rita Ridge, avanced sec. forest, 29.3.1969 0- A-) MO.
3. TABERNAEMONTANA C1TR1FOL1A [Plumier] L.
Sp. PI. ed. 1 : 210 (1753) ; ed. 2 : 308 (1762) ; Plumier, Nov. Plant. Amer. : 18, (1703) ; Burm., Ico. :
t. 248, f. 2 (1755) ; JaCQ., Sel. Stirp. Amer, Hist., t. 175 (1763) ; MILLER, Dict. 7 : 247 (1785) ; WiLLD.,
Sp. PI. 1 : 1244 (1795) ; Lam., 111. Gen., t. 170, f. 1 (1797) ; PoiRET, Encycl. Meth. bot. 7 : 527-528
(1806) ; Desc., Fl. Ant. 1 : 41-43, t. 9 (1821) ; A.DC, Prodr. 8 : 363 (1844) ; MiERS, Apocyn. S. Amer. :
53, t. 7 A (1878) ; DUSS, Fl. Phan. Ant. Fr. : 395 (1897) ; Boldingh, Fl. Dutch W. Ind. isl. 1 : 156
(1909) ; Mgf, Not. Bot. Gart. Berlin : 168 (1938) ; Pichon, Not Syst. 13 : 238 (1948), Tabernaemontana
subg. Peschiera, sect. 2, Taberna. Fournet, Fl. Guadeloupe et Martinique, 1234, pl. 609, 1978 ; Stoffers, Fl.
Netherl. Ant. 2, 310-311, 1982.
Arbuste à petit arbre de 3 à 8 m, non ramifié dès la base. Rameaux à écorce cendrée, lisse, à
port retombant. Article composé de 3 à 9 noeuds, à entre-nœuds courts portant des feuilles opposées à
la base desquelles se trouvent de nombreuses ligules de 1 mm de long.
Feuilles isomorphes dans chaque paire, de 15 cm de long sur 4-6 cm de large, ovales-lancéolées,
acuminées, membraneuses à coriaces, à bord légèrement ondulé, glabres ; pétiole de 0,7 à 1 cm ; l’ar¬
ticle s’achève par deux feuilles-écailles en position opposées décussées par rapport à la dernière paire de
feuilles et axillant deux inflorescences en cyme pauciflore.
Fleur blanche devenant jaune, odorante ; tube long de 25 mm ; lobes spathuliformes de 25 mm
également, étroits et très fortement contortés à leur base, sinistrorses, dilatés et formant une pointe
repliée sur le bord recouvrant. Calice à dents obtuses longues de 1 mm, à 4-5 glandes à leur base. Éta¬
mines insérées au sommet du tube et à apex saillant, jaune-verdâtre. Gynécée à ovaire piriforme lon¬
guement atténué en style, clavoncule à collerette retombante et cinq excroissances en son sommet.
Fruit composé de deux méricarpes fusiformes longuement acuminés contenant une vingtaine de
graines brunes entourées d’un arille complet à rouge brillant. — Pl. 3.
Type : t. 248, f. 2, Burmann, 1755.
Cette espèce fleurit plus ou moins abondamment toute l’année, et se plaît sur les rochers et dans
les forêts rocailleuses des Petites Antilles, Forêts des Mornes. Elle est très commune en terrain secon¬
daire, le long des rivières et en lisière de mangrove ou sol siliceux ou calcaire.
Noms vernaculaires :
St Vincent : « Milk wood » ; Martinique et Guadeloupe : « Bois lait » ou « Bois laiteux » ;
St Domingue : « Pale de Loche ».
Une variété à feuilles plus étroites n’est présente qu’à Hispaniola (Haïti et St Domingue) et
Cuba. Elle fut récoltée par Aublet lorsqu’il enseigna à St Domingue. Son herbier est conservé au BM.
Aublet, (Plantes de la Guiane Françoise, 1 : 265, 1755), ne la distingue pas comme espèce de T. citrifo-
lia, pas plus que Léon et Alain, 4 (1957). Décrite ensuite sous le nom spécifique de Tabernaemontana
lanceolata et illustrée par Miers en 1878, elle fut nommée Tabernaemontana plumieri par Krause en
1914. Elle ne se différencie que par la forme des feuilles et nous pensons qu’il vaut mieux ne la distin¬
guer que comme variété.
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Feuilles longues de 8,5 cm sur 4 cm de large, souvent ondulées. var. citrifolia.
1'. Feuilles longues de 8,5 cm mais larges de 2,5 cm. var. lanceolata.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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PI. 3. — TABERNAEMONTANA CITRIFOLIA L.
1 rameau fier. <x 2/3) ; Ernst 1032 ; 2. bouton (x 4) ; 3, fleur (x 4) ; 4. gorge montrant le sommet des étamines saillant
’ (x 4) • 5, corolle ouverte sans indûment (x 4) ; 6, 7, 8, étamines de profil, de dos et de face (x 8) ; 9 calice (x 4)
10, gynécée (x 8) ; P- Beard 1400 ; 11, fruits (x 2/3) ; 12 et 13, divers développements du fruit (x 2/3) ; Sastre et
Jérémie 1870 ; 14, 15, 16 et 17, graines avec et sans arille.
Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
var. lanceolata (Miers) L. Allorge comb. nov.
— Tabernaemontana lanceolata Miers, Apocyn. South Amer. : 55, t. 7, (1878) type : Wright 2948.
— Tabernaemontana citrifolia L. : foliis lanceolatis, Hort. Cliff. : 76 (1737), exc. syn. Aublet, Plantes de la
Guiane françoise, 1 : 265 (1775) ; Grisebach, Cat. PI. Cub. : 170 (1866) ; Markgraf, Notizbl. Bot. Gart.
Berlin 14 : 168 (1938) ; Leon et Alain, Flora de Cuba, 4 (16) : 172 (1957).
— Tabernaemontana plumieri Krause, Beitrâge Fl. Amer., Beih. Bot. Zbl. 32 : 344 (1914).
Cette variété de T. citrifolia a, comme son nom l’indique, des feuilles beaucoup plus étroites, de
moitié, que la variété typica. Mais elle ne diffère pas par la fleur qui a également les étamines saillantes
par leur apex, et cinq divisions à la gorge de la corolle.
Type : Wright 2948, holo- BM ; iso- P G MO.
Noms vernaculaires :
« Pegojo », « Huevo de Gallo », « Huevo de Perro ».
Obs. Un travail d’Iglesias et Rodriguez sur les feuilles de T. citrifolia (avec la curieuse mention
de T. alba en syn., ce qui jette le doute sur la détermination) ayant été effectué à Cuba, doit concerner
cette variété (Rev. CENIC, Cient. Fis. 10 (2) : 351 (1979). Les auteurs ont trouvé la coronaridine, la
voacangine et I’apparicine. Cette espèce, rare à Cuba, semble introduite puisqu’elle est cultivée à La
Havane, et sa distribution géographique à Cuba jouxte Hispaniola dont elle est sans doute originaire.
4. TABERNAEMONTANA CHRYSOCARPA Blake
Contr. Gray Herb. n. Ser. 52 : 81 (1917) ; Woodson, Apocyn. Fl. Yucatan Pen. : 80 (1940).
— Tabernaemontana amblyblasta Blake, Contr. U.S. Nat. Herb. 24 : 18 (1922).
Arbre de 4 à 10 m, pouvant atteindre 15 m ; tige creuse ( Gentry 8402) ; rameaux cylindriques à
écorce brun clair, article de 2 à 5 cm, entre-nœuds de 1 à 3 cm de long ; jeunes rameaux un peu com¬
primés ; Feuilles à plus grande largeur au-dessus du milieu, de 8 à 25 cm de long sur 3 à 9 cm de large,
glauques, subcoriaces, à nervures secondaires espacées de 0,5 à 1 cm, arquées ; pétiole long de 1,5 à
2 cm.
Inflorescences très divariquées, atteignant à la fin de leur développement la longueur des feuilles
voisines ; fleur blanche, délicatement parfumée, gorge jaune pâle ; Calice à sépales glabres, ovés-aigus,
2 glandes à la base de chaque sépale ; tube de la corolle long de 0,6-0,8 cm ; lobes dolabriformes,
obtus, long de 1 à 1,2 crn ; Étamines à apex saillant, bleutées ; Disque adné ; Ovaire atténué en style,
celui-ci long de 0,5 cm ; Clavoncule à collerette peu développée, horizontale ; appendices très courts.
Fruit réniforme, orange à maturité, long de 2 à 3 cm large de 1,5-2 cm, déhiscent, à graines
entourées d’un arille orange brillant, intérieur du fruit blanc ( Kamb 2156) ; graines brunes, sillonnées ;
Embryon à radicule étroite, deux fois plus longue que les cotylédons, ceux-ci un peu cordés et asymétri¬
ques à leur base. — PI. 4.
Type : Peck 118, holo- GH ; iso- BM.
Noms vernaculaires :
Guatemala : « Cajon » , « Cajon » , « Huevo de Gato » , « Cachito » ; cité par Woodson
(1940) : « Cojon de Caballo » , « Lechoso » ;
Honduras : « Cojon de Mico » ; Honduras Brit. : « Chachachin » , « Huevo de Perro » ,
« Cojotone ».
Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua.
Espèce fréquente en bordure de mer ; Fl. et fr. toute l’année.
Source : MNHN, Paris
1, rameau flor. et fruc. (x 2/3) ; 2, bouton (x 2) ; 3, sommet de la Heur (x 2) ; 4, gorge montrant l’apex des étamines (x 2) ;
5, corolle ouverte sans indûment (x 4) ; 6, étamine de profil(x 6) ; 7, calice (x 4) ; 8, clavoncule et gynécée (x 12) ;
9, arille et graine (x 2) ; 10, 11, graine de face et de profil (x 2) ; 12, embryon de face ; 13, embryon de profil (x 2) ;
Yuncker, Koepper et Wagner 8023.
Source : MNHN, Paris
20
LUC1LE ALLORGE
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Inflorescence dépassant nettement la moitié de la feuille, très diariquée et pluriflore, fleur blanche.
. var. chrysocarpa.
1 Inflorescence plus courte que la moitié de la feuille, grêle, pauciflore, fleur blanche à gorge jaune.
. var. costaricensis.
var. costaricensis (Markgraf) L. Allorge comb. nov.
— Tabernaemontana costaricensis Markgraf, Notizbl. bot. gart. Berlin-Dahlem 14 : 183 (1938).
Type : Tonduz 7936, B (détruit en 1943, lettre du Dr T. R. Kustos, ainsi que le Syntype : Ton-
duz 7856, holo- B) isotype : P, non Tabernaemontana costaricensis Dodson et Gentry (1978), Selbyana 4 :
242, pl. 114 (pas de matériel cité, mais variété limitée à l’Amérique centrale).
Noms vernaculaires :
« cojoton », « horse sed », « lecherillo », « guevo de gato de monte ».
5. TABERNAEMONTANA PENDULA Woodson
Ann. Miss. Bot. Gard. 27 : 331 (1940) ; Nowicke, Fl. Panama, Ann. Miss. Bot. Gard. 57 : 68 (1970) (comme
syn. de T. chrysocarpa Blake) ; Gentry, A., Ann. Miss. Bot. Gard. 64 : 320 (1977).
— Tabernaemontana subg. Peschiera sect. 3, Amygdalophyllum, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 238 (1948).
Arbre de 2 à 8 m, à rameaux pseudo-dichotomes grêles et écorce striée, jaune à presque blanche.
Feuilles vert très foncé, opposées, obovales, acuminées, cunéiformes à la base de 6,5 à 17 cm de long
sur 3 à 8 cm de large, membraneuses, glabres ; pétiole de 1 cm.
Inflorescence terminale longuement pédonculée, 10 à 16 cm de long pour le pédoncule commun,
pluriflore à fleurs pendantes brunes, à gorge jaune (Haught 2017). Pédicelle floral de 0,6-0,7 cm de
long, grêle. Calice à sépales obtus, de 0,2 cm de long, subscarieux, glabres, avec 5 glandes à leur base.
Corolle à tube de 0,5 cm de long, glabre extérieurement, indûment infrastaminal sur le filet des étami¬
nes. Lobes dolabriformes de 1 à 1,2 cm de long ; anthères saillantes vert-glauque. Gynécée à ovaire glo¬
buleux ; style de 0,3 à 0,5 cm surmonté d’une clavoncule à collerette retombante et deux courts appen¬
dices.
Fruit réticulé, ridé, d’après Gentry, lisse d’après Foster ; il s’agit sans doute d’un degré de matu¬
rité différent ; méricarpes de 3,5 x 3 cm, déhiscents avec un arille rouge entourant les graines brunes
sillonnées.
Dans sa diagnose, Woodson compare cette espèce à Tabernaemontana amygdalifolia mais non à
T. longipes, avec laquelle elle a le plus d’affinités ; ne la connaissait-il pas ? Le type et la plupart des
échantillons examinés ont une inflorescence plus courte et unique ; la paire de feuilles situées près de
l’inflorescence est hétéromorphe, les feuilles moins discolores. N’ayant pu me rendre au Panama
comme Gentry, je garde sa conception de deux espèces distinctes car il y a de grandes différences dans
l’insertion des étamines sur le tube de la corolle.
T. pendula a des étamines exsertes, alors que T. longipes a des étamines incluses. Pl. 5 et 15.
Type : Allen 1734, holo- MO, iso- NY.
Colombie et Panama.
Source : MNHN, Paris
1, rameau fleuri (x 2/3) ; Allen 1734 ; 2, fleur (x 1) ; 3, bouton (x 2) ; 4, bouton ouvert et indûment infrastaminal (x 2) ; 5,
étamine de face et indûment (x 6) ; 6, sépale et glandes (x 4) ; 7, gynécée (x 4) ; Haughi 4561 ; 8, jeune méricarpe
ouvert, Mori et Kallunki 2028 ; 9, jeune fruit (x 2/3) ; Idrobo et Weber 1440 : 10, 11, 12, 13, graines immatures entou¬
rées de l’arille (x 3) ; Mori et Kallunki 2028.
Source : MNHN, Paris
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LUC1LE ALLORGE
6. TABERNAEMONTANA OVAL1FOLIA Urban
Symb. Antill. 5 (3) : 462 (1908) ; Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 169 (1938) ; Woodson, N. Am.
Fl. 29 : 107 (1938) ; STEARN, Journ. Arnold Arb. 52 (4) : 617 (1971).
— Tabernaemontana subg. Peschiera sect. 2, Taberna, Pichon, Not. Syst. 13 : 238 (1948).
Arbre de 8 m ; rameaux épais et entre-nœuds courts, de 0,5 cm sous l’inflorescence, portant de
nombreuses ligules de 1 mm de haut à la base interne de la cicatrice des feuilles précocement cadu¬
ques ; écorce grisâtre, striée. Nombre des entre-nœuds non constant, de 6 à 4.
Feuilles de 6 à 15 cm de long sur 3 à 8 cm de large, très coriaces, à marge révolutée, ovales à
elliptiques, brusquement acuminées, acumen de 0,5 cm de long. Nervures bien nettes sur la face infé¬
rieure, espacées, de 0,7 à 2 cm, pétiole engaînant à la base, de 2 à 4 cm de long.
Inflorescences à pédoncule commun de 1 cm de long, épais ; fleurs blanches odorantes ; pédi-
celle de 5 à 12 mm ; Calice de 4 mm de long, à sépales triangulaires munis de 4 glandes sur un rang à
leur base. Corolle à lobes plus longs que le tube, 15 à 18 mm pour 12 à 13 mm de long. Étamines insé¬
rées au milieu du tube, incluses, orangées, lancéolées avec le filet en relief à l’intérieur du tube, sous
son insertion apparente. Ovaire piriforme avec un bourrelet au niveau de l’appression des carpelles ;
Style épais et court de 3 mm de long, surmonté d’une clavoncule à 10 divisions peu marquées à sa
base, et à corps étroit, s’élargissant en cinq branches au sommet et deux appendices stigmatiques
courts.
Méricarpes non vus ; d’après Urban (1908), ils seraient lancéolés, de 5 cm de long sur 0,8 cm de
large, à rostre long de 0,7-0,8 cm. PI. 6.
Type : Harris 9239, holo- BM ; iso- GH et NY.
Jamaïque.
7. TABERNAEMONTANA OPPOSITIFOLIA (Spreng.) Urban
Symb. Antill. 4 : 493 (1910) ; Rauwolfia oppositifolia Spreng., Neue entd 3 : 33 (1822).
— T. berterii A.DC, Prodr. 8 : 367 (1844) ; Miers, Apocyn. South Amer. : 58 (1878) ; Bello, Ap. 1 : 291 n° 490
(1881).
— T. citrifolia Bello. Ap. 1 : 291 n° 491 (1881) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin, 14 : 169 (1938) ; Little Jr,
Woodbury et Wadworth, Trees Puerto Rico and Virgin isl. : 832 (1974).
Arbuste à arbre de 3 à 10 m, à rameaux épais et écorce grise. Entre-nœuds plus courts sous
l’inflorescence, portant de nombreuses ligules non caduques. Nombre d’entre-nœuds non stable de 4 à
5 par article. Feuilles coriaces à bord révoluté, de 8 à 12 cm de long sur 3 à 3,5 cm de large, précoce¬
ment caduques ; nervures secondaires espacées d’environ 1 cm, peu arquées ; pétiole de 0,7 cm.
Inflorescences pluriflores n’atteignant pas la moitié de la feuille. Fleur blanche odorante, à lobes
égalant le tube long de 1 cm ; Étamines incluses, contrairement à T. citrifolia. Sépales longs de 0,3 cm
asymétriques à leur base, portant 4 à 5 glandes sur un rang. Carpelles aussi haut que les sépales atté¬
nués au sommet sur le style ; Style long de 3 mm, surmonté d’une clavoncule petite pour le genre, à
collerette retombante.
Fruit composé de deux méricarpes arqués et longuement acuminés, déhiscents (contrairement à
ce qu’indiquent Little et al. loc. cit.) à arille rouge. — PI. 7.
Type : Bertero 219, lecto- GH.
Syntypes : Eggers 1069, 1316 ; Sintenis 1632, 4434, 5073 : Stahl 552.
Source : MNHN, Paris
PI. 6. — TABERNAEMONTANA OVALIFOL1A Urban.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2. corolle ouverte avec crêtes prolongeant le filet de l’étamine (x 6) ; 3, calice et gynécée (x 6) ;
Harris 10276.
Source : MNHN, Paris
24
LUCILE ALLORGE
PI. 7. — TABERNAEMONTANA OPPOSITIFOUA (Sprengel) Urb.
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, bouton (x 1) ; 3, corolle (x 1) ; 4, étamine de face (x 4) ; 5, étamine de profil ; 6, étamine de
dos (x 4) ; 7, calice et gynécée (x 4) ; 8, sépale (x 6) ; Sintenis 1632 ; 9, fruit (x 2/3) ; Britton 9921.
Source : MNHN, Paris
TABERNAHMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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Noms vernaculaires :
« Palo lechaso » ; « pegoge ».
Porto Rico, sur collines calcaires et sur serpentine. Fl. toute l’année, fr. en 2, 4 et 8.
OBS. T. oppositifolia a été étudié par Gorman, Neuss, Cône et Deyrup, J. Am. Chem. Soc. 82 :
1142 (1960), qui ont isolé : coronaridine, ibogamine, vocangine et voacamine.
8. TABERNAEMONTANA WULLSCHLAEGELLI Grisebach
Fl. Brit. W. Ind. Isl. : 409 (1864) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin : 169 (1938) ; Woodson, N. Am. Fl. 29 (2) :
107 (1938) ; Stearn, J. Arnold Arb. 52 (4) : 617 (1971).
— Tabernaemontana lactea Urban, Symb. Antill. 6 : 34 (1909) ; Harris 8815.
— Tabernaemontana calcicola Urban, Feeddes Rep. 13 : 472 (1915) ; Harris 11045.
— Tabernaemontana subg. Peschiera, sect. 2, Taberna, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 238 (1948).
— Anartia wulfschlaegelii Miers, lapsu, Apocyn. S. Amer. : 81 (1878).
Petit arbre de 5 à 8 m, à écorce grise sillonnée. Entre-nœuds courts, plus sous l’inflorescence, de
0,5 à 2 cm, les nœuds portent de nombreux collétères non caduques, à l’aisselle des feuilles.
Feuilles opposées, réunies en bouquet à l’extrémité des rameaux, coriaces, à bords plus ou moins
révolutés, de dimensions et de formes assez variables, de 10 à 15 cm de long sur 4 à 7 cm de large,
ovales à o'olongues lancéolées ; nervures espacées de 0,5 à 1 cm, à réticule tertiaire non visible. Pétiole
engainant à la base, de 1 à 2 cm de long.
Inflorescences en cyme pauciflore de 7 à 10 fleurs, presque sessiles ; pédoncule de 0,2 à 0,5 cm.
Sépales obtus, de 1 mm de haut, égaux, à marge un peu scarieuse et 4 glandes à leur base. Fleur blan¬
che ou crème, odorante, petite ; tube de 0,5 à 0,6 cm de long, portant un renflement en son milieu, à
l’insertion des étamines ; Corolle à lobes un peu plus courts que le tube, 0,4 à 0,5 cm de long, obtus, à
marge révolutée. Tube glabre extérieurement, ne portant à l’intérieur qu’une très faible pubescence sous
les « queues » des étamines ; celles-ci sont droites et adnées sur plus de leur moitié au filet de l’étamine
et au tube de la corolle. Gynécée à ovaire longuement atténué en style, sans disque apparent ; style égal
à l’ovaire, surmonté d’une clavoncule sculptée de dix parties à la base avec un rétrécissement important
sous cinq protubérances insérées entre les « queues » des cinq étamines, puis deux appendices stigmati-
ques très courts au sommet de la clavoncule. — PI. 8.
Type : Wullschlàgel 918, Gottingen.
Stearn, 1971, maintient sept espèces pour la Jamaïque. Mais la distinction entre T. wullschlae-
gelii, T. glaucescens et T. rendlei est très faible, elle s’appuie principalement sur la forme et la couleur
de la feuille ainsi que sur sa consistance. Dans le matériel étudié figurent des intermédiaires qui dépen¬
dent peut-être des conditions édaphiques. La fleur varie en effet comme l’indique Stearn : tube de 5-
6 mm de long pour la première espèce, 7-8 mm pour les deux autres ; mais là encore, on constate une
continuité qui permet dificilement de maintenir des espèces distinctes. Tout au plus peut-on y voir des
variétés.
Distribution géographique : Jamaïque.
CLÉ DES VARIÉTÉS (d’après Stearn)
1. Tube de la corolle de 5-6 mm de long, lobes de 4-5 mm de long ; méricarpes semi-orbiculaires. Jamaïque, centre
. T. wullschlaegelii
var. wullschlaegelii.
Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
1, rameau fleuri (x 2/3) ; A dan 12491 ; 2, bouton (x 4) ; 3, fleur (x 4) ; 4, calice et gynécée (x 6) ; 5, clavoncule (x 10) ; 6,
bouton ouvert et étamines ; 7, étamine de face (x 10) ; 8, de profil (x 10) ; Proctor 16200 ; 9, jeune fruit ; Proctor
26494 ; 10, méricarpe, Harris 8412.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES 27
1'. Tube de la corolle de 7-8 mm de long, lobes de 7 mm de long.
2. Feuilles glauques ; méricarpes plus lancéolés de profil. Jamaïque, NW. var. glaucescens. stat. nov.
2'. Feuilles vert-jaune ; fruit inconnu. Jamaïque, E. John Crow Mts. var rendlei. stat. nov.
var. glaucescens (Urban) L. Allorge, stat. nov.
— T. glaucescens Urban Symb. Antill. 6 : 35 (1909) ; Woods., N. Am. FI. 29 (2) : 107 (1938).
Jamaïque : Harris 10432, Fray Woods, 1650 ft., 24.3.1908 (fi.) Holo-Bm. iso- P, NY.
var. rendlei (Stearn) L. Allorge, stat. nov.
— T. rendlei Stearn J. Arnold Arb. 52 : 614 (1971).
Holo-Type : Stearn 509, Bm.
Jamaïque : Harris et Britton 10728, woodlands slopes of John Crow Mts, 10.3.1909 (fi.) BM
NY, type de T. brittonii Fawcett et Rendle ; Proctor 8593, Portland, E slope of John Crow Mts, SW
Ecclesdown, 1000 ft., moist thickets of secondary forest, 9.4.1954 (fi.) GH ; 10112, slope of Joe hill,
100-250 ft., 20.4.1955 (fl.) BM ; Stearn 509, St Thomas, Big level dist. SE of John Crow Mts, 1500 ft.,
16.3.1956, BM.
9. TABERNAEMONTANA LA URIFOLIA [Sloane] L.
Sloane, Cat. PI. Jam. : 154 (1696) ; Voy. Jam. 2 : 62, t. 186, f. 2 (1714) ; L. Sp. PI. ed. 1 : 210 (1753) ; ed. 2 :
308 (1762) ; Aublet, PI. Guyane F : 265 (1775) ; Miller, Dict. 7 : 247 (1785) ; Poiret, Lamarck, Enc.
Met. 7 : 528 (1806) ; A.DC, Prodr. 8 : 363 (1844) ; Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin, 14 : 169 (1938) ;
Woodson, N. Am. Fl. 29 : 109 (1938) ; Stearn, Journ. Am. Arb. 52 (4) : 615 (1971).
— Taberna laurina Miers, Apocyn. South Amer. : 63 (1878).
Arbuste ou petit arbre de 2 à 5 m, ramifié. Écorce brun clair à gris, sillonnée ; rameaux tétra-
gones dans les parties linifiées. Entre-nœuds courts, spécialement sous l’inflorescence.
Feuilles opposées, réunies en bouquet à l’extrémité des rameaux, précocement caduques, laissant
alors voir de nombreuses glandes ligulaires, 20 par feuille environ, à la base du pétiole engaînant. Feuilles
membraneuses, glabres, subégales dans une même paire, à marge ondulée et un peu révolutée, vert clair
à la face inférieure, vert foncé à la face supérieure, de 10 à 25 cm de long sur 3 à 6 cm de large, à ner¬
vures secondaires espacées de 1 à 1,5 cm, réticule tertiaire net. Pétiole grêle de 1 à 4 cm de long, vert
clair.
Inflorescences racémeuses, par paire quand elles ne prennent pas naissance à l’intersection de
deux rameaux, simple dans ce dernier cas. Pédicelle commun de 2 à 3 cm.
Fleur jaune ; Calice à dents égales, obtuses, non ciliées à la marge, présentant de nombreuses
glandes à leur base interne. Corolle à lobes plus courts que le tube (1 cm pour 1,7 cm respectivement),
perpendiculaires à celui-ci. Étamines insérées presqu’à la gorge non saillantes, à « queues » arquées.
Pas d’indûment infra- et supra-staminal, sauf quelques poils épars au niveau des « queues » de l’éta¬
mine. Carpelles longuement atténués, libres dans la partie supérieure au disque ; Style grêle de 1 cm de
long. Clavoncule présentant une collerette remontante à 10 lobes, appendices stigmatiques très courts.
Fruit à deux méricarpes, de 3 à 4 cm de long et 1,5 cm de diamètre, lisses, déhiscents à matu¬
rité. Pas d’indication sur l’arille et sa couleur.
Espèce littorale, sur les collines boisées de la Jamaïque et îles Caïmans. Fleurs très souvent para¬
sitées avec renflement de la partie basale (Cécidies sans doute). — PI. 9.
TYPE : Herbier Linné, 304-3, Linnean Society of London.
Source : MNHN, Paris
PI. 9. - TABERNAEMONTANA LA URIFOLIA L.
, rameau fleuri (x 2/3), Proclor 11990 ; 2, bouton (x 2), Adams 10975 ; 3, fleur (x 2), Webster et Al. 8506 ; 4, calice et
gynécée (x 6) ; 5, clavoncule (x 10) ; 6, haut du tube et étamines (x 6) ; 7, étamine de face (x 10) ; 8, de profil
(x 10), Adams 10975 ; 9, fruit (x 2/3) ; 10, graine, face ventrale (x 3) ; 11, face dorsale (x 3), Proctor 8411 ; 12,
rameau portant des fleurs parasitées (X 2/3), Stearn 728.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
29
Obs. — En 1965, Cava, Mowdood et Beal extraient des écorces de T. laurifolia, 6 bases du
groupe iboga : ibogamine, coronaridine, iboxygaine, tabernanthine et isovoacangine, déjà connues, et
l’isovoacristine, base nouvelle, Chem. Ind. 3 : 2064 (1965). Ce travail sera suivi d’une publication,
Diss. Abs. 27 (5) : 1423 B (1966), où est mentionnée la voacristine.
Cava, Shubber et Rao, Phytochem. 6 (9) : 1301 (1967) isolent également de l’écorce, un triter-
pène, le bauerenyl acetate.
10. TA BERNA EMONTA NA ALBA Miller.
Gard. Dict. ed. 8, n° 2 (1768) ; Dictionnaire des Jard. 7 : 248 (1785) ; Roemer et Schult., Syst. veg. 4 : 422
(1819) ; A.DC, Prodr. 8 : 362 (1844) ; Miers, Apocyn. S. Amer. 56 (1878).
— Tabernaemontana martensii Peurit. Linnaea 30 : 31 (1859) ; Mart. et Galeotti, Bull. Acad. Bruxelles XI (1) :
355 (1844) ; A.DC, Prodr. 8 : 367 (1844) ; Hemsler, Flora Centre Amer. 2 : 509 (1881) ; type : Heller 163.
— Tabernaemontana paisavelensis Loesn., Bull. Herb. Boissier 2 : 555 (1894) ; type : Seller 606.
— Tabernaemontana litoralis Hemsler, Flora Centr. Amer. 2 : 309 (1882) non HBK.
Arbre de 4 à 5 m. ramifié ; rameaux cylindriques à écorce brun-clair ; article de 2 à 5 nœuds
portant des ligules nombreuses.
Feuilles à plus grande largeur au-dessus de son milieu, de 9 à 15 cm de long sur 4 à 6 m de
large ; pétiole de 1,5 à 2 cm de long. Deux inflorescences en cymes denses, pluriformes, de 20 à 30 fleurs
blanches, odorantes.
Fleurs petites, à calices portant quelques rares glandes à la base des sépales internes. Tube de la
corolle de 0,5 cm, caniculé avant l’insertion des étamines, élargi au-dessus. Étamines à apex saillant
masqué par des proéminances situées à la base médiane de chaque lobe. Lobes de 1 cm de long, dola-
briformes.
Fruits très arqués, pendant, à méricarpes réniformes, de 4 cm de long sur 2,5 cm de large, lisses,
portant de nombreuses graines, de 0,6 cm de long, striées, brunes, entourées d’un arille orange. PI. 10.
Type : Houston s. n°, holo- BM (Miller écrit Houstoun (William Houstoun)).
Mexique principalement, déborde un peu au Guatemala et au Honduras.
Noms vernaculaires :
« Cojon de Gatos », « Lecherillo ».
Obs. — Collera, Walls et al. mentionnent la présence de coronaridine, dans une étude sur les
Stemmadenia, Bol. Inst. Quim. Univ. Nacl. Auton. Mex. 14 : 3 (1962), et notent qu’elle existe égale¬
ment chez T. alba (CA. 59, 1957, g). Willaman et Li Lloydia sup. 33 (3a), 1970, citent cet alcaloïde
plus un alcaloïde indéterminé, in Revista Quimica Mexico, 6 : 213. Alors que Ganzinger et Hesse men¬
tionnent la tabersonine, Lloydia, 39 (5) : 344, 1976.
11. TABERNAEMONTANA AMBLYOCARPA Urban
Symb. Antill. 5 (3) : 463 (1908) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin, 14 : 169 (1938) ; Leon et Alain. 4 (16) : 172
(1957) et photo.
— Tabernaemontana citrifolia A. Rich., Sagra Cub. 11 : 89 (1850) ; Griseb., Cat. : 170 (1866) ; Sauv., Cub. : 118,
n° 1860 (1873) ; Roig y Mesa, PI. med. aro. o ven. Cuba : 448 (1974) non L.
— Tabernaemontana berterii A. DC, var. parviflora , Prodr. 8 : 368 (1844), type : Sagra 275.
— Tabernaemontana berterii Sauv., Cub. : 118, n° 1862 (1873), non A. DC.
— Tabernaemontana discolor. A. Rich. non Sw.
Source : MNHN, Paris
PI. 10. — TABERNAEMONTANA ALBA Miller.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 4) ; 3, gorge de la corolle (x 8) ; 4, corolle ouverte sans indûment infrastaminal (x 8) ;
5, sommet d'un lobe montrant la proéminance de la partie médiane (x 8) ; 6, étamine de face (x 16) ; 7, étamine de
profil (x 16) ; 8, gynécée (x 8) ; 9, calice (x 8) ; Purplus 2044 ; 10, fruit (x 2/3) ; 11, méricarpe ouvert (x 2/3) ; 12,
graine entourée de I’arille (x 1) ; 13, graine de face (x 1) ; 14, profil (x 1) ; 15 et 16, embryon de face et de profil
(x 1) ; Webster et ai 11351.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
31
Arbuste ou arbre de 2 à 6 m, à rameaux assez épais à écorce grisâtre striée, entre-nœuds de 1 à
4 cm de long, nœuds portant de nombreuses ligules de 0,1 mm de haut. Article de 2 à 6 nœuds.
Feuilles papyracées ; limbe progressivement acuminé, cunéiforme à sa base ; pétiole long de
1 cm ; semidécidues de 7 à 9 cm de long sur 3 à 3,5 cm de large, à plus grande largeur au milieu ; à
nervures secondaires perpendiculaires à la principale, arquées seulement à la marge.
Inflorescences à pédoncule floral de 1 cm de long, à 10 à 20 fleurs en cymes peu denses, brac¬
tées ovales de 1 mm de long ; pédicelles de 0,4-0,5 cm de long. Fleurs blanches odorantes ; Calice à
sépales triangulaires de 1 mm de haut, à 4 glandes à leur base interne ; Corolle à tube de 0,6-0,7 cm de
long, renflé à la gorge à l’insertion des étamines ; gorge possédant une coronule formée de 5 languettes
masquant l’apex des étamines exsert ; Lobes dolabriformes, de 1 cm de long sur 0,1 cm de large, tube
glabre. Étamines insérées dans la partie supérieure du tube, bleues verdâtres, lancéolées, à « queues »
droites. Ovaire bombé, brusquement rétréci en style ; Style de 0,3 cm de long surmonté d’une clavon-
cule à collerette retombante, peu sculptée en son sommet et de deux appendices stigmatiques très
courts.
Fruit à méricarpes charnus de 3 cm de long sur 2 cm de diamètre, jaunes, déhiscents, à 16-
18 graines brunes entourées d’un arille rouge (Jacq. 4707) ; Embryon à radicule large aussi longue que
les cotylédons. — PI. 11.
Type : Sagra 275, G, Herb. A. DC.
Noms vernaculaires :
« Lechoso », « Huevo de gallo ».
Cuba.
Obs. — Perez et Sierra dans Rev. Latinoam. Chim. 11 : 132 (1980), ont isolé des feuilles et des
tiges de T. amblyocarpa : coronaridine, ibogamine, voacangine, isovoacangine, voacristine, isovoacris-
tine, akuammidine, vallesamine et tubotaïwine. CA 91 44083. Cette espèce a été étudiée au Cent. Nac.
Invest. Cient. de Cuba.
12. TABERNAEMONTANA OCHROLEUCA Urban
Symb. Antill. 6 : 34 (1909) ; Mgf, Not. Bot. Gart. Berlin 14 : 168 (1938) ; Stearn, Journ. Arnold Arb. 52 (4) :
617 (1971).
— Tabernaemontana discolor sensu Woodson, N. Am. Fl. 29 : 109 (1938).
Arbre de 6 à 8 m, rameaux grêles, écorce grise. Article à 1-3 entre-nœuds, de 1 à 3 cm de long.
Feuilles elliptiques à lancéolées, de 5 à 12 cm de long sur 1,5 à 3,5 cm de large ; pétioles de
1 cm de long ; limbe très atténué sur le pétiole, acuminé, glauque, à nervures peu visibles ; la paire de
feuilles sous-jacente aux inflorescences ést généralement hétéromorphe.
Inflorescences très grêles, de 6 à 12 fleurs ; pédoncule très grêle de 1,5 à 2 cm de long ; pédi¬
celles également très grêles de 0,7 à 1 cm de long. Calice de 2 mm de long, sépales triangulaires à 3-
4 glandes à leur base, disposées sur deux rangs. Corolle à tube jaune de 9 à 10 mm de long, grêle,
renflé au niveau du 1/4 supérieur, à l’insertion des étamines, celles-ci incluses, triangulaires. Lobes
blancs ou jaunes pâles, de 7 à 8 mm de long sur 2 à 2,5 mm de large. Disque adné ; Ovaire piriforme
avec un bourrelet en relief, le long de la séparation des deux carpelles ; Style de 7 mm, filiforme ; Cla-
voncule à 10 divisions à sa base, surmontées d’un corps infundibuliforme, 5-lobés au sommet, entou¬
rant les deux appendices stigmatiques courts.
Méricarpes de 4 cm de long sur 0,7 à 1 cm de large, très divergents à maturité, fusiformes,
apiculés-rostrés vers la face de déhiscence ; acumen de 8 à 9 mm de long. — PI. 12.
Type : Harris 10297, holo- BM, iso- P et NY.
Jamaïque : Dolphin Head.
Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
I, rameau flor. et fruct. (x 2/3) ; Smith, Hodgon et a! 3295 ; 2, bouton (x 2) ; 3, gynécée (x 4) ; 4, corolle ouverte (x 2) ; 5,
lobe et sa coronule médiane (x 2) ; 6, étamine de face (x 4), Curtis 704 ; 7, 8, graine entourée de son arille (x 2) ; 9,
embryon de profil (x 2) ; 10, graine (x 2/3) ; Howard 5053.
Source : MNHN, Paris
PI. 12. — TABERNAEMONTANA OCHROLEUCA Urban.
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, bouton (x 3) ; 3, corolle ouverte sans indûment infrastaminal (x 3) ; 4, étamine de face (x 6) ;
5, ovaire et calice avec glandes (x 6) ; 6, clavoncule (x 12) ; Webster et Wilson 5081 ; 7, rameau fleuri (x 2/3) ; Brillon
2293 ; 7’, fruit (x 2/3) ; Harris 10297.
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
13. TABERNAEMONTANA GENTRIANA L. Allorge
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 343
Arbuste de 1,5 m à arbre de 5 m ; rameaux relais jamais égaux entre eux en grosseur et stade de
développement ; entre-nœuds de 3 à 6 cm ; écorce gris-jaune ; nœuds présentant de nombreuses ligules
de 0,1 mm de haut.
Feuilles glauques de 9 à 13 cm de long sur 3 à 5 cm de large, acuminées ; acumen triangulaire de
0,5 à 1 cm ; parcheminées, à marges un peu révolutées, un peu plus claires à la face inférieure ; pétiole
de 1 cm de long.
Inflorescence unique de 3 à 5 fleurs, à pédoncule floral nul ou presque, de 1 mm de long. Fleur
blanche à calice triangulaire ; sépales égaux, munis de 5 glandes à leur base interne ; Corolle à tube de
1,5 cm de long, glabre, renflé à sa base puis à l’insertion des étamines au-dessus du milieu ; Lobes de
0,6 cm de long sur 0,8 cm de large, arqués ; Étamines à « queues » un peu divergentes ; indûment
infrastaminal à leur niveau ; Ovaire piriforme avec un bourrelet en relief le long de l’application des
carpelles entre eux ; Style filiforme de 0,7 cm de long, surmonté d’une clavoncule à collerette retom¬
bante, formant en son sommet cinq branches latérales et deux appendices stigmatiques très courts.
Fruit inconnu.
Cette espèce est localisée à la province de Panama et de Chiriqui (Panama). En forêt secondaire
d’altitude de 500 à 1 500 m. — PI. 13.
Type : Liesner 553, holo- MO.
Obs. — Dédié à A. H. Gentry, pour sa participation à la révision de la Flore de Panama.
14. TABERNAEMONTANA DISCOLOR Swartz
Prodr. : 52 (1788) ; Fl. Ind. Occid. 1 : 535 (1797) ; Willd., Sp. PI. 1 : 1545 (1795) ; Poiret, Encycl. Méth. Bot.
7 : 528 (1806) ; G. DON, Gen. Syst. 4 : 89 (1837) ; A. DC, Prodr. 8 : 375 (1844) ; Grisb., Fl. Brit. W.
Ind. : 409 (1864) ; Mgf., Not. Bot. Cart. Berlin : 168 (1938).
— Taberna discolor Miers, Apocyn. S. Amer. : 62 (1878).
— Rauwolfia lamarkii A. DC., Prodr. 8 : 337 (1844) pro. parte.
Arbuste de 1 à 2 m ; écorce glabre brun clair ; rameaux pseudodichotomes, cylindriques sauf sur
les derniers entre-nœuds.
Feuilles souvent hétéromorphes dans une même paire (mais les articles ont une séquence non
encore stabilisée, de 1 à 3), de 4 à 10 cm de long sur 2 à 4 cm de large, glauques, glabres sur les deux
faces, acuminées ; pétiole de 1 à 2 cm de long, grêle.
Fleurs terminales portées par des pédoncules grêles portant des bractées ; généralement géminées,
ces fleurs sont grandes pour le genre, à tube de 3 cm avec des étamines insérées en son milieu et lobes
de 1,5 cm de long, dolabriformes ; Calice à sépales ovales portant 5 glandes sur deux rangs, non situées
à la base des sépales ; Ovaire piriforme avec deux bourrelets au niveau de l’appression des carpelles ;
Style grêle de 1 cm ; Clavoncule à collerette retombante et deux stigmates très courts ; tube glabre à
l’intérieur ; Étamines à « queues » arquées rentrantes.
Fruit non observé, follicules à graines entourées d’un arille d’après Swartz. — PI. 14.
Type : Swartz, holo- BM.
Matériel étudié :
JAMAÏQUE : Dr Swartz s. n°, s. loc. BM ; Wilson s. n°, Herb. Hooker (1845-1855) P, 2 parts,
K ; s. coll., K.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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PI. 13. - TABERNAEMONTANA GENTR/ANA L. Allorge.
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, boulon (x 3) ; 3, corolle et indûment infrastaminal (x 3) ; 4, étamine de face (x 6) ; 5, gynécée
(x 6) ; 6, ovaire et calice avec glandes calicinales (x 6) ; Liesrter 553.
Source : MNHN, Paris
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LUC1LE ALLORGE
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, bouton (x 2) ; 3, corolle (x 2) ; 4, fragment de corolle (x 4) ; 5, étamine de face (x 8) ; 6, cla-
voncule (x 6) ; 7, gynécée (x 6) ; Wilson s. n°, donné par Hooker.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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15. TABERNAEMONTANA LONGIPES Donnell-Smith
Bot. Gaz. 24 : 397 (1897) ; Pittier, Prim. Fl. Costaricensis II (2) : 159 (1898) ; Standley, FI. Costa-Rica, Field
Mus. Nat. Hist. 18 : 946 (1938) ; GENTRY, A., Ann. Missouri Bot. Gard. 64 : 320 (1977).
— Tabernaemontana subg. Peschiera sect. 2, Taberna, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 238 (1948).
Arbre de 2 à 6 m à rameaux dichotomes grêles, à écorce striée brun-clair.
Feuilles opposées, discolores, obovales et membraneuses, acuminées, cunéiformes à la base, de
20-26 cm de long sur 7 à 9 cm de large ; pétiole de 2 à 2,5 cm de long, à base engainante et nombreux
collétères.
Inflorescences pendantes en cyme lâche, à fleurs jaune-citron à jaune de chrome ( Smith 1689) ;
Pédoncule très grêle, de 15 à 17 cm ; pédicelles de 0,5 à 1 cm ; Calice à sépales obtus à marge sca-
rieuse, de 2,5 cm de long avec 7 glandes à leur base ; Corolle à tube de 0,8 cm de long, dilaté en son
milieu au niveau des anthères (incluses d’après la diagnose, bien que le type de GH ait l’apex saillant) ;
tube glabre extérieurement, indûment infrastaminal diffus ; Lobes dolabriformes de 1 à 1,2 cm de
long ; Anthères incluses vert-glauque. Gynécée à ovaire globuleux ; Style de 0,3 à 0,5 cm, de même lon¬
gueur que T. pendula ; c’est donc la partie supérieure aux étamines qui est plus longue que chez T. pen-
dula ; Clavoncule à collerette retombante.
Fruit vert clair, verruqueux d’après Gentry, de 4 x 2 cm, à arille orange entier, graine sillonnée,
brune. — PI. 15.
Type : Donnell-Smith 6650, holo- GH.
Latex irritant pour la peau.
Costa Rica et Panama.
Obs. — Ciccio et José, Rev. Latinoam. Quim. 1979, 10 (4) : 185, ont étudié le T. longipes en
provenance du Costa Rica ; ils ont trouvé : la coronaridine, la tabersonine et la voacangine dans les
graines, CA 922 107370. Dans les feuilles : la coronaridine seule, Rev. latinoam. Chem. 12 : 88 (1981).
ESPÈCES EXCLUES
— Tabernaemontana aphlebia Standley = Rauvolfia tetraphylla L.
Holo-Type : Brenes 20551, F, Cataratas de San Ramon, 18.4.1935 (fl.).
— Tabernaemontana fasciculata Poiret = Parahancornia fasciculata (Poiret) R. Benoist.
Type : Herbier Lamarck, P.
— Tabernaemontana populifolia Poiret = Logania vaginalis (Labill) Muell. Arg.
D’après Leeuwenberg, Journ. Ethno-Pharm. 10 (1) : 18, 1984.
Type : Herbier Poiret, in Herb. Moquin-Tandon, P.
Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
PI. 15. — TABERNAEMONTANA LONGIPES Donnell-Smith.
I, rameau fleuri (x 2/3) ; Smith H 1689 ; 2, bouton (x 2) ; 3, gynécée (x 4) ; 4, clavoncule (x 8) ; 5, fragment de corolle
(x 2) ; 6, face interne du sépale (x 8) ; Allen 5957 ; 7, fruit (x 2/3) ; 8, graine avec arille (x 2) ; 9, graine sans arille
face ventrale ( x 2) ; Holm et lltis 381.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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S TEMMA DENIA Bentham
Bot. Voy. Sulph. 124, tab. 44 (1844) ; Gen. PI. 2 : 707 (1876) ; Miers, Apocyn. South Amer. : 74 (1878) ;
K. Schum., Engler et Prantl, Nat. Pflanzenfam. 4 (2) : 148 (1895) ; Woodson, Ann. Missouri Bot.
Gard. 15 : 341-378 (1928) ; Apocyn. Fl. Yucatan Pen., Washington : 81 (1940) ; Nowicke, Ann. Missouri
Bot. Gard. 57 : 72 (1970) ; Gentry, A. H. Ann. Missouri Bot. Gard. 64 : 320-323 (1977).
Le genre Stemmadenia est le second genre créé dans la sous-famille des Tabernaemontanoïdées
américaines (Bentham 1844). Comme l’indique Pichon (1948, 229), « Le genre Stemmadenia est plus
évolué que le genre Tabernaemontana, dont il paraît issu, par la tendance au gigantisme des fleurs, à la
multiplication des écailles épisépales et à la dilatation de la gorge de la corolle, enfin par la différencia¬
tion d’ornements post-staminaux particuliers ».
Ce genre fut établi sur trois espèces :
— Stemmadenia glabra Benth., espèce type.
— « Stemmadenia pubescens » [(Bignonia ? obovata Hook. et Am., 1841) dont K. Schumann rétablit
la combinaison légitime, Stemmadenia obovata (Hook. et Am.) K. Schum.].
— Stemmadenia mollis Benth.
Bentham y adjoint trois espèces supplémentaires, qu’il ne nomme pas, mais désigne par leur
échantillon : Galeotti 1632, Linden 330 et Linden 385.
La révision des Stemmadenia est faite par Woodson (1928). Les trois échantillons cités par Ben¬
tham, comme les types des espèces, ne figurent pas dans le matériel examiné par Woodson qui n’a vu
aucun matériel des herbiers européens ; or G. Bentham (1800-1884) était un botaniste anglais et travail¬
lait à Kew, où il publia, en collaboration de J. D. Hooker, le célèbre « Généra plantarum » (genre
Stemmadenia, p. 707, 1876) et Miers (1878), également anglais, travaillait au British Muséum et adjoi¬
gnit 5 autres espèces au genre de Bentham.
Nous avons vu tous les types de Bentham, Miers et Woodson :
Linden 330 est S. galeottiana, (A. Rich.) Miers,
Galeotti 1632 et Linden 385, S. obovata (Hook. et Am.) K. Schum.
Notre intention n’est pas de reprendre le travail de Woodson, mais seulement de compléter les
données manquantes.
Woodson sépare le genre Stemmadenia en deux sous-genres : « Eustemmadenia » 1 et Ochro-
daphne. Le premier sous-genre est divisé en deux sections :
Section I : obovatae, qui inclue les espèces tomentosa et sa var. palmeri (PI. 17), sinaloana, glabra, et
obovata ainsi que sa var. mollis.
Section II, galeottiae, qui comporte les espèces : alfari, greenmanii, galeottiana (PL 18) et macrophylla.
Le second sous-genre est composé des espèces :
decipiens, grandiflora (PI. 19), pauciflora, pennellii, eubracteata, robinsonii et donnell-smithii.
Soit 15 espèces au total dont nous avons illustré une espèce par sous-genre ou section.
1. Le sous-genre qui contient l’espèce-type doit s’appeler Stemmadenia d’après le Code International de Nomenclature.
Source : MNHN, Paris
40
LUCILE ALLORGE
CLÉ DES SOUS-GENRES d’après WOODSON
1. Corolle infundibuliforme, lobes réfléchis à droite mais légèrement auriculés ; bractées sous-tendant immédiate¬
ment le calice. subg. I, Stemmadenia
Y. Corolle hypocratériforme, lobes réfléchis à droite et très auriculés ; bractées insérées vers la moitié du pédicelle
. subg. II, Ochrodaphne.
Il se trouve que ces deux sous-genres peuvent aussi être définis par leur architecture. Toutes les
espèces du premier sous-genre, plus decipiens, eubracteata et donnell-smithii, ont une architecture iden¬
tique à celle des Tabernaemontana de type I (voir p. 41) alors que le second sous-genre a une architec¬
ture de type II, avec asymétrie de la paire de feuilles située au nœud, sous-jacent à l’inflorescence.
Parmi les 7 espèces décrites après la parution du travail de Woodson (1928), 3 sont maintenues
et sont à rattacher au sous-genre Ochrodaphne.
— S. macrantha Standley (1929), Publ. Field Mus. Nat. Hist., Bot., ser. 4 : 253, Type Cooper 510,
F US G.
— « S. rugosa » Jones (1933) : Contrib. West Bot. 18 : 67, type Jones 27317, NY = Ipomaea intrapi-
losa Rose.
— S. allenii Woods. (1941) : Ann. Missouri Bot. Gard. 28 : 461, type Allen 2187, MO.
— « S. lagunae » Woods. (1942) : Ann. Missouri Bot. Gard. 29 : 364, type von Wedel 570, MO =
S. robinsonii Woods.
— « S. cerea » Woods. (1948) : Bull. Torr. Bot. Cl. 75 : 557, type Smith 3606, MO P = Anartia cerea
(Woods.) L. Allorge.
— « S. nervosa » Standl. (1952) : Ceiba 3 : 126, type Allen 5834, F MO = Bonafousia undulata
(Vahl) Mgf ; voir Gentry, Ann. Missouri Bot. Gard. 61 : 693 (1974).
— S. minima Gentry (1977) : Ann. Missouri Bot. Gard. 64 : 322, type Gentry 6763, MO.
Les différences entre S. robinsonii Woods., S. macrantha Standl. et S. lagunae Woods, sont très
faibles. Nowicke, 1970 : 72, distingue les deux dernières par la longueur du tube de la corolle : 40-
45 mm pour S. macrantha, 12-15 mm pour S. lagunae, mais dans le cadre de sa Flore du Panama,
n’entrait malheureusement pas S. robinsonii, du Costa-Rica, or, cette espèce n’est pas distincte de
S. lagunae. Woodson ne mentionne pas de caractères distinctifs entre ces deux espèces, les dimensions
données pour les lobes de la corolle longs de 1-1,5 cm pour robinsonii, 15-20 mm pour lagunae, tube
de 2-2,5 cm contre 20-25 mm, et calice de 1,5-2 cm contre 9-20 mm, montrent que ces deux espèces
sont identiques.
11 en est de même entre S. alfari, S. allenii et S. minima, voir Gentry (1977) : 321-322, qui indi¬
que que l’espèce S. minima a été généralement confondue avec S. allenii, bien qu’elle ait un calice plus
grand, une corolle blanche au lieu de jaune (PI. 20 et 21), et que le fruit de la première espèce soit
réniforme, celui de la seconde, étroit et longuement acuminé.
Une autre remarque concerne les échantillons cités par Woodson : Langlassé 1029, Calderon
1230 et Standley 21034, sont cités une première fois sous S. obovata p. 358, et une autre fois sous
S. obovata var. mollis, p. 359. Nous ne maintenons pas cette variété.
Comme nous l’indiquions dans notre introduction, le genre Stemmadenia a été unanimement
maintenu distinct du genre Tabernaemontana sensu lato. Toutefois, les limites données à ce genre ont
varié. Bentham, qui connaissait parfaitement T. grandiflora Jacq., Stirp. Amer. : 40, t. 31 (1763) et qui
l’avait même vue vivante à Kew, où elle fleurissait abondamment (Hooker, Bot. Mag. vol. 87, t. 5226
(1861), n’a pas inclus cette espèce dans son genre Stemmadenia en 1876. Pas plus qu’Hemsler en 1882,
Fl. C. Amer. 2 : 309, qui réincorpore au genre Tabernaemontana sensu stricto, cette espèce que Miers
(1878) avait rattachée au genre Stemmadenia. Nous verrons qu’en effet cette espèce ne présente pas de
gorge dilatée (PI. 19). Cependant, les crêtes supra-staminales sont présentes tout au long de l’étamine
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
41
et la fleur possède un disque divisé en cinq parties ainsi que de nombreuses glandes calicinales. Nous
nous rangeons pour cela à l’avis de Woodson sur le maintien de cette espèce dans le genre Stemmade¬
nia.
Inversement, Woodson rattache S. cerea au genre Stemmadenia, bien qu’il constate : 557 (1948)
que les crêtes suprastaminales n’y existent pas, que le disque est adné et que l’aspect général est plus
proche de certains Tabernaemontana (sensu lato) tels que T. flavicans. Nous transférons en effet cette
espèce au genre Anartia dont A, flavicans est l’espèce type.
Ni la taille du calice, ni le grand nombre de glandes qui en dépend, ni les sépales inégaux, ni la
gorge dilatée, ne peuvent distinguer le genre Stemmadenia des autres espèces des Tabernaemontanoï-
dées. Par contre, la torsion au-dessus des étamines et les cinq crêtes suprastaminales sont caractéristi¬
ques des Stemmadenia.
ESPÈCE-TYPE : Stemmadenia glabra Bentham désignée par Woodson, loc. cit. : 353 (1928).
Nous présentons une clé des espèces basée sur l’architecture qui permet une identification des
échantillons en fruit ou stériles, celle de Woodson étant basée sur la forme de la corolle.
CLÉ DES STEMMADENIA
1. Sympode à article de type 1, comportant un nombre de paires de feuilles assimilatrices supérieur à 2 et des
feuilles isomorphes dans chaque paire.
2. Calice supérieur ou égal à 2 cm de long.
3. Feuilles oblongues-elliptiques, à plus grande largeur vers le milieu, dépassant 7 cm de largeur.
4. Feuilles glabres. 1. S. glabra.
4'. Feuilles tomenteuses. 2. S. obovata.
3'. Feuilles lancéolées, longuement atténuées à la base et plus ou moins cordées, à plus grande largeur dans
le tiers supérieur, inférieure à 7 cm. 3. S. donnell-smithii.
2'. Calice de moins de 2 cm de long.
5. Sépales linéaires et foliacés, obtus au sommet. 4. S. eubracteata.
5'. Sépales ni linéaires, ni foliacés.
6. Calice à sépales aigus au sommet. 5. S. tomentosa.
6'. Calice à sépales réniformes, obtus au sommet. 6. S. sinaloana.
7. Tube de la corolle long de 6 à 7 cm ; fleur blanche. 7. S. galeottiana.
T. Tube de la corolle ne dépassant pas 4,5 cm de longueur fleur jaune.
8. Feuilles de 15 à 20 cm de long au nœud précédent l’inflorescence ; calice de 0,6 cm de haut ;
tube de la corolle presque cylindrique, de 4,5 cm de haut. 8. S. macrophyüa.
8'. Feuilles ne dépassant pas 12 cm de long au nœud précédant l’inflorescence ; calice de 1,5 cm
de haut ; tube de la corolle infundibuliforme de 3,8 cm de haut. 9. S. litoralis.
V Sympode à article de type II, à deux paires de feuilles assimilatrices, la seconde fortement hétéromorphe.
9. Calice foliacé, tube de la corolle non infundibuliforme. 10. S. grandiflora.
9'. Calice non foliacé ; tube de la corolle infundibuliforme.
10. Calice à sépales linéaires, inégaux entre eux.
11. Tube de la corolle de 4-4,5 cm de long. ll.S. macrantha.
11'. Tube de la corolle de 1,2-2 cm de long ; fruit réniforme.
12. Sépales inégaux, les plus longs atteignant 2 cm de haut ; fleur jaune. 12. S. robinsonii.
12'. Sépales inégaux, les plus longs atteignant 1 cm de haut ; fleur blanche. 13. S. minima.
10'. Calice à sépales obovales, égaux entre eux.
13. Fleur à tube de 2,5 cm de long, à nervation peu visible ; calice long de 4 mm. 14. S. allenii.
13'. Fleur à tube de 2 cm de long, à nervation bien visible ; calice long de 1 mm. 15. S. alfari.
Source : MNHN, Paris
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LUC1LE ALLORGE
1. STEMMADENIA GLABRA Bentham.
Bot. Voy. Sulph. 124, t. 44 (1844) ; Woodson, Ann. Missouri Bot. Gard. 15 : 356 (1928).
Type : Dr Sinclair, Gulf of Fonseca, Honduras ; K ! Carte Woods. (1928 : 351).
Honduras, Mexique, Nicaragua, Salvador.
Obs. — S. glabra est mentionné par Willaman et Li, Lloydia sup. 33 : 50 (1970) comme conte¬
nant un alcaloïde, malheureusement indéterminé. (B.A. 46 : 68008).
2. STEMMADENIA OBOVATA (Hook. et Arn.) K. Schum.
in Engler et Prantl, Nat. Pflanzenfam. 4 (2) : 149 (1895) ; Woods., loc. cit. 357 (1928) ; Nowicke, Ann. Mis¬
souri bot. Gard. 57 : 72 (1970).
— Bignonia ? obovata Hook. et Arn., Bot. Beech. Voy. : 439 (1841) ; type : Dr Sinclair, Mexique, Realejo, K !
— Stemmadenia pubescens Benth. loc. cit. : 125 (1844) ; même type. Carte Woods. (1928 : 351).
Bolivie, Colombie, Costa Rica, Équateur, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama,
Pérou, Salvador.
Obs. — S. obovata a été étudié par O. Collera, F. Walls, A. Sandoval, F. Garcia, J. Herran et
M. C. Perezamador (Bol. Inst. Quim. Univ. Nacl. Auton. Mex. 14, 3-18 (1962). De l’écorce, ils ont
extrait la voacangine, du fruit, la stemmadenine et des graines, la coronaridine et la tabersonine. (C.A.
59 : 1957e). A. Pellitero a étudié l’action pharmacologique de S. obovata sur le système nerveux (An.
Inst. Farmacol. Esp. 20, 1971).
3. STEMMADENIA DONNELL-SMITHII (Rose) Woodson.
Ann. Missouri bot. Gard. 15 : 369 (1928) ; Fl. Yucatan Pen., Washington 522 : 81 (1940) ; Nowicke, Ann. Mis¬
souri bot. Gard. 57 : 73 (1970). Carte Woodson 1928 : 351.
Lecto-Type : Donnell-Smith 2763, holo- US, iso- MO G ; désigné par Woodson : 369 (1928).
Costa Rica, Guatemala, Honduras, Honduras Brit., Mexique, Nicaragua, Panama, Salvador.
Obs. — S. donnell-smithii fut également étudié par O. Collera et al., à partir d’un matériel
récolté à Vera-Cruz entre Catemaco et Montepio (Mexique). Cette espèce a fait l’objet de deux publica¬
tions :
1. F. Walls, O. Collera et A. Sandoval (Tetrahedron 2 : 173-182 (1958) C.A. 18479 f) ont isolé :
— du bois : la voacangine, la ( + ) quebrachamine et la (—) quebrachamine ;
— des écorces : la tabernanthine, l’iso-voacangine et la voacamine ;
— des fruits : la stemmadenine.
2. O. Collera et al. (Bol. Inst. Quim. Univ. Nacl. Auton. Mex. 14 : 3-18, 1962 (C.A. 59 : 1975e)) ont
extrait des graines : la coronaridine et la tabersonine.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
43
4. STEMMADENIA EUBRACTEATA Woodson.
Ann. Missouri bot. Gard. 15 : 368, tab. 49, fig. 2 (1928).
Complément à la description de Woodson.
Feuilles et pétioles pubescents, à densité plus grande sur les nervures.
Inflorescence en cyme de 6-7 fleurs, avec de nombreuses bractées à sa base.
Fleur à tube tordu au-dessus des étamines avec cinq crêtes pubescentes.
Calice pubescent et cilié sur le bord des sépales à 3-4 glandes à la base.
Gynécée à ovaire pubescent.
Le fruit était encore inconnu, il est composé de deux méricarpes réniformes de 2,5 x 1,5 cm, et
d’un calice réfracté, persistant. PI. 16.
Type : Heyde et Lux 4538, holo- GH, iso- BM.
Espèce d’altitude. Guatemala, Mexique, Salvador.
5. STEMMADENIA TOMENTOSA Greenman
Proc. Am. Acad. 35 : 310, (1900) ; Standl., Contr. U.S. Nat. herb. 23 : 1156 (1924) ; Woodson, Ann. Missouri
bot. Gard. 15 : 353 (1928).
Type : Pringle 4370, holo- GH, iso- G P MO NY.
Matériel étudié :
Mexique : Pringle 4370, Jalisco, lava beds near Zapotlan, 19.5.1893 (fl.) P G NY MO, type ;
Pavon s. n°, Nelle Espagne (fl.) FLO.
5'. STEMMADENIA TOMENTOSA Greenm. var. palmeri (Rose) Woodson.
Ann. Missouri bot. Gard. 15 : 354 (1928).
— Stemmadenia decipiens Woodson, loc. cit. 363 (1938). syn. nov. type : Rose 1614, US MO.
Complément à la description de Woodson.
Arbre de 4 à 7 m ; écorce lisse à lenticelles brunes, article du sympode composé de 5 à 8 nœuds
s’achevant par une inflorescence en racème de trois à dix fleurs jaunes et deux rameaux relais.
Feuilles glabres mais scarieuses sur les nervures.
Fruit lisse, ponctué de lenticelles blanches rugueuses, rouge à l’intérieur.
Graines noires, entourées d’un arille rouge. PI. 17.
Mexique.
Type : Palmer 1470, holo- US.
Noms vernaculaires :
« Barraco », Veraco, Tepechicle, Tabaca, La, Aguazarca, Mexique.
Latex utilisé comme succédané du chewing-gum et également pour les affections des yeux.
Obs. — S. tomentosa var. palmeri a été également étudié par O. Collera et al. (Bol. Inst. Quim.
Univ. Nacl. Auton. Mex. 14 : 3-18 (1962), C.A. 59 : 1957e) qui ont extrait du fruit et des graines : la
stemmadenine en petite quantité, la coronaridine et la tabersonine.
Source : MNHN, Paris
PI. 16. - STEMMADENIA EUBRACTEATA Woods.
'■ torsion „ d “ “ be et "■ crê, “ p " b “‘
Williams 13569. gy ( 4) ’ 5 ’ sépale (x 4 >- Thorne et Latrop 40230 ; 6, rameau fruct. (x 2/3),
Source : MNHN, Paris
II. STEMMADENIA ROBINSONII Woods.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, corolle tordue et crêtes suprastaminales (x 4) ; 3, gynécée (x 4) ; 4, calice (x 4), von WedeI 587 ;
5, jeune fruit (x 2/3), von Wede! 960.
Source : MNHN, Paris
46
LUCILE ALLORGE
6. — STEMMADENIA SINALOANA Woodson.
Ann. Missouri bot. Gard. 15 : 356 (1928) ; PI. 48, fig. 1.
Type : Lamb 467, holo- GH. Non vu.
Mexique.
Pas de matériel complémentaire.
7. — STEMMADENIA GALEOTTIANA (A. Rich.) Miers.
Apocyn. South Amer. : 76 (1878) ; Woodson, Ann. Missouri Bot. Gard. 15 : 361, pl. 47, 2-3 (1928) ; Woodson,
Apocyn. Fl. Yuccatan : 81 (1940).
— Odontostigma galeottiana A. Rich., Fl. Cub. fanerogam. 2 : 86-88 (1853).
— Echites bignoniaeflora Schl., Linnaea 26 : 372 (1853) publié 1854, (voir Woods.) : Shaffnero s. n°.
— Stemmadenia bignoniaeflora (Schl.) Miers, loc. citée : 76 (1878).
— Tabernaemontana laurifolia Schott, nomen (non L., nec Ker neque Blanco) : Schott 430.
— Stemmadenia insignis Miers, loc. cit. : 76, tab. 10b (1878) : Schott 430.
— Stemmadenia bella Miers, loc. cit. : 77 (1878) Botteri 884 (Brotero 884, erreur script Miers).
Arbuste à petit arbre de 8-10 m, sympodial, à article composé de 5 à 8 nœuds, portant des
feuilles opposées, s’achevant plus généralement par une inflorescence (ou par deux inflorescences), puis
deux rameaux-relais. Rameaux cylindriques, à écorce brun-clair, à lenticelles brunes, à entre-nœuds
courts de 0,5 à 2 cm de long, à bourrelet important à chaque nœuds et nombreux collétères.
Feuilles opposées, membraneuses, acuminées, à plus grande largeur dans leur tiers supérieur, de
13 à 20 cm de long sur 3 à 6 cm de large, finement pulvérulentes à leur face inférieure ; pétiole de 0,9
à 1,5 cm de long.
Inflorescence généralement unique portant 3 à 6 grandes fleurs blanches (jaunes sur le sec) ;
Calice de 1 à 1,4 cm de long, à lobes inégaux et nombreuses glandes à leur base interne. Corolle hypo-
cratérimorphe, à tube renflé à sa base (0 : 0,8 cm) se rétrécissant jusqu’à 0,6 cm, s’élargissant de nou¬
veau jusqu’à 1,5 cm de 0 à la gorge, de 6 à 7 cm de long, montrant 5 crêtes suprastaminales. Lobes
de la corolle obtus, obliques, de 2,5 à 3 cm de long ; Ovaire avec un disque marqué à sa base, atténué
sur le style court ne dépassant pas les sépales ; Clavoncule large surmontée de deux appendices courts.
Fruit à deux méricarpes récurvés, de 6 cm de long sur 3 cm de large, lenticellés, jaunes à matu¬
rité, déhiscents. Graines noires entièrement entourées d’un arille rouge dont se nourrissent les oiseaux
(Schott 430) ; Embryon à cotylédons cordés, plus courts que la radicule. Pl. 18.
Le matériel de cette espèce cité par Bentham (1844) est « Linden’s n° 330, from Teapa in South
Mexico, with white flower appears to be a sixth species quite smooth, with a very long tube to the
corolla ». Beaucoup de collecteurs indiquent la fleur comme étant blanc pur et odorante, elle est quel¬
quefois indiquée comme jaune (Galeotti 1599). Le blanc pur est une couleur exceptionnelle dans ce
genre.
Lecto-Type : Ramon de la Sagra s. n°, ex Herbier A. Richard 12, La Havanne, P.
Colombie, Costa Rica, Cuba ?, Floride, cuit., Guatemala, Mexique.
Noms vernaculaires :
Linden : « Cojon de toro », « Ixlao » (cit. W.) ; « Lepechicle » (Hinton) ; « Cojon » (Standley)
Fl. : 3 à 7-10 ; Fr. : 5, 6-8.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
PI. 18. — STEMMADENIA GALEOTT1ANA (A. Rich.) Miers.
I, rameau flor. (x 2/3) ; Hann s. n° ; 2, corolle ouverte avec indûment infrastaminal et crêtes suprastaminales (x 4) ; 3, calice
et gynécée (x 4) ; Rosas 387 ; 5, 6 et 7, fruit ouvert et fermé avec arille ; 8, 9 et 10, graine avec arille et sans, face ven¬
trale et face dorsale (x 2) ; 11 et 12, embryon de face et profil. Sastre 4838.
Source : MNHN, Paris
48
LUC1LE ALLORGE
Obs. — Jus bouilli et utilisé comme succédané du chewing-gum : Tepechicle.
En 1957, F. Walls, O. Collera et A. Sandoval de l’Institut de Chimie de Mexico, isolèrent l’ibo-
gamine du bois de S. galeottiana , récolté par les auteurs dans l’État de Vera-Cruz (near the road
Catemaco-Montepio) : (Tetrah. 2 : 173 (1958). Willaman et Li (Lloydia supp. 33 (3A) : 50 (1970) font
état de la présence de la voacangine.
Sous S. bella, Talapatra, S. K., Bhattacharya, M et Talapatra, Mrs B, isolèrent des feuilles, les
triterpènes : taraxasteryl acetate, 1-triacontanol et 1 dotriacontanol-1 et des traces de tetratriacontanol.
Des écorces de tiges, ils isolèrent taraxasteryl acetate, lupeol et 7-sitosterol.
8. — STEMMADENIA MACROPHYLLA Greenman.
Proc. Amer. Acad. 35 : 310 (1900) ; Donnell-Smith, Enum. PI. Guat. 6 : 83 (1903) ; Woodson, Ann. Missouri
bot. Gard. 15 : 362 (1928).
TYPE : Donnell-Smith 981, leg. von Türckheim, distribué sous S. bignoniaeflora Miers, et non
von Türckheim 981, comme l’indique Woodson, holo- GH, iso- P G NY.
Matériel étudié :
Guatemala : Donnell-Smith 981, Pansamala, Alta Verapaz, 3800 ft, 1.1886 (fl.).
9. — STEMMADENIA LITORALIS (H.B.K.) L. Allorge, comb. nov.
— Tabernaemontana litoralis H.B.K., Nov. Gen. 3 : 228 (1818), type : Humboldt et Bonpland s. n°, P.
— Peschiera litoralis (H.B.K.) Miers, Apocyn. South Amer. : 45 (1878), type non vu par Miers.
— Stemmadenia greenmanii Woodson, syn. nov., Ann. Missouri bot. Gard. 15 : 360 (1928), type Brenes 14275, GH.
Petit arbre de 5-6 m, glabre, écorce brun clair. Article du sympode composé de plusieurs nœuds
portant des feuilles isomorphes et d’une inflorescence en cyme.
Feuilles glabres mais scarieuses au toucher, à pétiole de 0,5 cm de long, à limbe elliptique de 11-
12 cm de long x 4-5 cm de large, subacuminé.
Inflorescence en cyme de 5 fleurs ; Calice de 1,5 cm de long ; Corolle jaune, hypocratériforme ;
tube de 3,8 cm de long, spiralé-tordu au-dessus des étamines insérées au quart inférieur ; Lobes de
2,5 cm de long, dolabriformes.
Fruit inconnu.
Type : Humboldt et Bonpland s. n°, P.
Matériel étudié :
Mexique : Humboldt et Bonpland s. n°, bord de mer, Campèche (fl.) P.
Costa-Rica : Brenes 14275, Collines de Piededes, St Ramon, 1100 m, 29.5.1901 (fl.) BM ; type
de S. greenmanii Woods.
10. — STEMMADENIA GRANDIFLORA (Jacq.) Miers.
Apocyn. South Amer. : 75, 1878 ; WOODSON, Ann. Missouri Bot. Gard. 15 : 364, PI. 47, f4, 1928 ; Markgraf,
Pulle, Flora of Surinam, 4 (1) : 451, 1937 ; Azambuja, Arq. Serv. Flor. 3 : 84, tab. 19, 1947 ; Pittier et
Lasser, Catalogo Fl. Venez. 2 : 304, 1947.
— Tabernaemontana grandiflora Jacquin, Stirp. Amer. Hist. I : 40, ill. 31, 1763 ; L. Mant. : 5, 1767 ; Willd., Sp.
PI. : 1245, 1798 ; Poiret in Lamarck, Ency. Meth. 7 : 582, 1806 ; Roem. et Schult., Syst. 4 : 424, 1819 ;
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
49
Lam., Illust. t. 170, f. 2, 1823 ; Spreng., Syst. Veg. : 64, 1828 ; A. DC, Prodr. 8 : 368, 1844 ; Hooker, in
Curtiss’s Bot. Mag. 87, 5226, 1861 ; G. Don, Gen. Syst. 4 : 88, 1887 ; Sesse et Mocino, Fl. Mex. : 431,
1894 ; Schultes, Journ. Ethnopharm. 1 : 186, 1979.
— T. riparia H.B.K., Nov. Gen. 3 : 228, 1818 ; Wood. Ann. Miss. Bot. Gard. 22 : 269, 1935.
— Malouetia riparia (H.B.K.) A. DC, Prodr. 8 : 380, 1844.
— S. pauciflora Woodson, Ann. Miss. Bot. Gard. 15 : 366, 1928, mise en syn. Mgf, Pulle, Fl. Sur. 4 (1) : 451,
1937.
— S. pennellii Woodson, Ann. Miss. Bot. Gard. 15 : 367, 1928, type Pennell 4755, GH NY, syn. nov.
De nombreuses illustrations et descriptions ayant été faites de cette espèce, (Jacquin, Lamarck,
Hooker, Woodson, Azambuja, etc...), nous ne la redécrirons pas, sauf lorsque des précisions manquent
dans Woodson : Architecture : article sympodial composé de deux paires de feuilles assimilatrices, la
deuxième paire fortement asymétrique, inflorescence en racème de 3 à 5 fleurs ; bois blanc, dur ; écorce
gris-blanc, lisse, finement fissurée (Litlie 7811) ; fruit asymétrique, arille orange, graines noires (Forero
2329). PI. 19.
Type : Illustration 31, Stirp. Amer. Hist. 1, 1763 de Jacquin.
NOMS VERNACULAIRES :
Colombie : « Guayabo blanco », « Cojon de Toro », « Caimito », « Bola de puerco »,
« Cojon de gato », « solita » ; Panama : « Huevo de gato » ; Venezuela : cités Pittier, « Bola de
berraco », « Huevo de burro », « Huevo del diablo », « Cojon de berraco », « ollos de gato », « tem-
blador » (Agostini 15021).
Espèce de bord de cours d’eau, jusqu’à 1 330 m, ou de zones périodiquement inondées. Fleurit
toute l’année, dès qu’il atteint 1 m ; fruit de 3 à 11 cm.
Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Guyana, Guyane fr., Mexique, Panama, Suri¬
nam, Venezuela.
11. — STEMMADENIA MACRANTHA Standley.
Publ. Field Mus. Nat. Hist. Bot. serv. 4 : 253 (1929) ; Nowicke, Ann. Missouri bot. Gard. 57 : 72 (1970).
Fleur à calice long de 2 cm, à sépales linéaires, obtus au sommet ; Corolle jaune, à tube très
étroit à la base, 0,3 mm de large sur 4 cm de long, puis s’élargissant au niveau des étamines jusqu’à
1,5 cm, long de 6 cm au total ; Lobes de 2 cm de long sur 1 cm de large, dolabriformes ; Disque sail¬
lant sur l’ovaire.
Fruit inconnu.
Type : Cooper 510, holo- F, iso- G NY.
Matériel étudié :
Panama : Cooper 510, Bocas del Toro, Mountain Jasmin, Kankintoe, 10 km above Holstein,
1.3.1928 (fl.) NY G.
Obs. — Cooper, G. P., Tropical woods 16 : 11 (1928) cite également Yale 12129, n. v.
12. — STEMMADENIA ROBINSONII Woodson.
Ann. Missouri bot. Gard. 15 : 369 (1928).
— Stemmadenia lagunae Woodson, syn. nov., Ann. Missouri bot. Gard. 29 : 364 (1942) ; Nowicke (Fl. of
Panama, fam. 162 : Apocyneae) Ann. Missouri bot. Gard. 57 : 76 (1970) ; Gentry, Ann. Missouri bot.
Gard. 64 : 322 (1977) ; holotype : von Wedel 570, MO.
Source : MNHN, Paris
PI. 19. - STEM MA DENIA GRANDIFLORA (Jacq.) Miers.
1, rameau fleuri (X 2/3); Teunissen et Vreden 14074 ; 2, bouton (x 1); Moretti 1103 ; 3, fleur ouverte (x 2/3), Hilde-
39 ; 4, tube ouvert (x 2) ; 5, étamine de face (x 6) ; 6, étamine de profil (x 6) ; 7, gynécée et calice (x 2) ; 8, cla-
voncule (x 6) ; 9, ovaire et disque, glandes à la base interne du sépale (x 6) ; 10, très jeune fruit (x 2) ; 11, fruit
(x 2/3) ; 12, graine avec l’arille (x 2) ; 13, graine, face ventrale (x 3) ; 14, graine, face dorsale (x 3) ; 15, embryon
(x 3), Moretti 1103, mat. en alcool.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
51
Arbre atteignant 13 m, à écorce glabre ; rameaux cylindriques grêles ; article du sympode com¬
posé de deux paires de feuilles assimilatrices, la deuxième paire fortement anisophylle.
Feuilles elliptiques, acuminées, obtuses, glabres mais légèrement discolores avec la face inférieure
plus claire, de 15 cm de long sur 5-6 cm de large, membraneuses ; nervures secondaires « en pointillé »
sur le sec ; pétiole de 3-5 mm.
Inflorescence en racème de 5-10 fleurs à pédoncule de 0,5 cm de long ; Fleurs à pédicelle de 0,3-
0,5 cm de long ; bractée apprimée contre le calice ; Calice à sépales inégaux, linéaires, de 0,6 à 2 cm de
long, les externes plus longs, avec 3 glandes à leurs bases internes ; Corolle jaune subinfundibuliforme,
à tube de 2,5 cm de long sur 0,4 cm de large à la base, s’élargissant jusqu’à 1,5-2 cm à la gorge ; lobes
obliques et obovés de 1,5-2 cm de long ; tube fortement tordu au-dessus des anthères situées à sa moi¬
tié ; écailles suprastaminales pubescentes et indûment infrastaminal sur une longueur identique à celle
des étamines ; Gynécée à ovaire obtus ; Disque saillant ; style s’achevant par une clavoncule.
Fruit (jeune), à calice persistant ; méricarpes globuleux et acuminés très semblables à ceux de
S. grandiflora. PI. 17.
Type : Pittier 8617, holo- US ; non vu, mais il s’agit plutôt de 8619 (Photo G, herbier Boissier).
Costa Rica, Panama.
13. — ST EM MA DENIA MINIMA A. H. Gentry.
Ann. Missouri bot. Gard. 64 : 323 (1977).
Arbuste ou petit arbre sympodial de 2 à 5 m. Rameaux cylindriques grêles et glabres ; article
comprenant 2 paires de feuilles assimilatrices dont la seconde est fortement anisophylle et une inflores¬
cence en racème.
Feuilles de 5-7 cm de long x 2,5-3 cm de large pour les plus grandes, de 3,5 x 2 cm pour les
plus petites, membraneuses à nervation secondaire en « pointillé ».
Fleur à corolle blanche, paraissant jaune sur le sec ; Calice à sépales inégaux, les internes longs
de 1 cm, les externes de 0,5 cm ; glandes réparties sur deux rangées, 4 à 7 par sépale ; Tube de la
corolle élargi à la base, de 0,6 mm de large, se resserrant jusqu’à atteindre 0,4 mm, s’élargissant au
niveau des étamines, insérées en son milieu, et se tordant alors de 180°, tout en s’évasant de nouveau
pour atteindre 0,6 mm de large, glabre à l’intérieur et portant des crêtes au-dessus des étamines. Lobes
de la corolle de 2 cm de long sur 1 cm de large, dolabriformes ; Gynécée à ovaire entouré d’un disque
5 — partite, à carpelles écartés se rejoignant en style surmonté d’une clavoncule à collerette assez lon¬
gue et de deux appendices courts.
Fruit orange à maturité, à deux méricarpes réniformes, de 1,5 cm de long et de large, s’ouvrant
sur six graines noires, incomplètement entourées d’un arille orange, laissant les cannelures du testa
apparentes sur la face dorsale. Embryon à cotylédons cordés à la base et radicule en spatule. PI. 20.
Holotype : Gentry A. 6763, MO.
Colombie, Panama.
Fl. 1-2, 4-10, 12. — Fr. 2-8, 12.
14 . _ STEMMADENIA ALLENII Woodson.
Ann. Missouri bot. Gard. 28 : 461 (1941) ; Gentry, Ann. Miss. bot. Gard. 64 (1977).
Arbuste ou petit arbre de 2 à 3 m ; rameaux grêles et glabres, pseudodichotomes, article compre¬
nant 2 entre-nœuds de 2 à 4 cm de long, une paire de feuilles isomorphes au premier nœud, une paire
de feuilles hétéromorphes au second, suivies de deux feuilles écailles puis d’une inflorescence en racème.
Source : MNHN, Paris
PI. 20. — STEMMADENIA M1NIMA Gentry.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, corolle ouverte montrant la torsion du tube et les crêtes suprastaminales (x 4) ; 3, style (x 4) ; 4,
calice (x 4), Mori et Kaüunki 1930 ; 5, jeune fruit (x 2/3), d’Arcy 10664 ; 6, fruit mûr (x 2/3) ; 7, graine face ven¬
trale entourée de l’arille ; 8, face dorsale, arille réduit à un bourrelet ; 9, face ventrale ; 10, profil ; 11 et 12, embryon de
face et de profil (x 1), Busey 861.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
53
Feuilles acuminées, membraneuses, à nervures espacées, longues de 14 x 4,5 cm pour la plus
grande, 3,5 x 1,8 cm pour la plus petite feuille.
Inflorescence en racème de 1 à 4 fleurs ; Fleur jaune citron ; Calice à sépales obtus d’égale lon¬
gueur de 0,6 à 0,9 cm, glabres, munis de glandes sur une seule rangée, glabre extérieurement comme
intérieurement ; Tube de 2,5 cm de long, peu élargi à la base, tordu de 180° au-dessus des étamines qui
sont surmontées de cinq crêtes suprastaminales ; Lobes de 1 cm de long, dolabriformes ; Anthères à
« queues » arquées et incurvées vers l’intérieur de la fleur, insérées vers le milieu du tube ; Style à car¬
pelles étroits longuement atténués en style, de 1 cm de long, surmonté d’une clavoncule à longue colle¬
rette et de deux appendices très courts.
Fruit jaune à maturité et mou ( Mori et al. 3904), à méricarpes arqués deux fois plus longs que
larges, 2 x 1 cm, avec un acumen plus ou moins accentué, quelquefois torsadé. Graines peu cannelées
entourées d’un arille complet, orange ; Embryon à radicule en massue, cotylédons petits et non cordés.
PI. 21.
HOLOTYPE : Allen 2187, MO.
Costa Rica, Panama.
Fl. 2-5, 8 ; Fr. : 7-10, 12.
15. — STEMMADENIA ALFARI (Donnell-Smith) Woodson.
Ann. Missouri bot. Gard. 15 : 360 (1928) ; Nowicke, Ann. Missouri bot. Gard. 57 : 72-75 (1970) ; Gentry A.,
Ann. Missouri bot. Gard. 62 : 321 (1977).
— Tabernaemontana alfari Donnell-Smith, Bot. Gazette 24 : 396-397, (1897) ; et in Pittier, Fl. Costaric. 2 (2) :
157-160 (1898).
Arbre sympodial de 3 à 5 m, glabre, à rameaux très grêles ; article composé de 2 paires de
feuilles assimilatrices dont la seconde est fortement anisophylle.
Feuilles à limbe de 8-11 x 3,5-5 cm pour les plus grandes, 3,4 x 2-2,5 cm pour les plus petites,
brièvement pétiolées, T 1 mm, membraneuses, oblongues-elliptiques, acuminées ; acumen asymétrique,
linéaire de 1,5 cm de long.
Inflorescence en racème de 1-3 fleurs ; Fleur à calice très petit dans le genre, à sépales de 1 mm
de long, à 4-5 glandes internes ; Corolle membraneuse à nervures visibles, jaune à gorge chrome ; Tube
de la corolle de 2-2,5 cm de long sur 2 mm de large à sa base, s’élargissant progressivement jusqu’à
4 mm de large à la gorge, tordu au-dessus des étamines ; Lobes auriculés à la base de la partie recou¬
vrante du bouton ; Anthères sessiles à « queues » arquées et incurvées à l’intérieur de la fleur ; Gynécée
à disque divisé en cinq parties, saillant sur l’ovaire, celui-ci longuement atténué en style surmonté d’une
clavoncule à collerette basale.
Fruit à méricarpes oblongs, arqués, très acuminés (acumen long de 1,5 cm) de 4 cm de long
(acumen compris) sur 1 cm de large.
Lecto-Type : Pittier 11094, désigné par Woodson (loc. cit.) holo- US, iso- G.
Cette espèce n’est connue qu’au Costa-Rica.
Fl. 2-4, 11 — Fr. 8, 10.
Source : MNHN, Paris
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, tube et étamines (x 4) ; 3, clavoncule (x 6) ; 4, 5, 6, étamines de face, de dos et de profil (x 6) ;
7, calice (x 4), Dodge et Thomas 6193 ; 8, jeunes fruits (x 2/3), Alston 8787 ; 9, fruits mûrs (x 2/3) ; 10, fruit, ouver¬
ture (x 2/3) ; 11, graine dans son arille (x 3) ; 12, graine de face (x 3) ; 13, 14, embryon de profil et de face ; Mori et
Kallunki 1931.
Source : MNHM, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
55
ANARTIA Miers
Apocyn. South. : 79 (1878) ; Markgraf, Notiz. Bot. Gart. Berlin-Dahlem : 165 (1938).
— Tabernaemontana (pro parte), R. et Sch., Syst. Veg. 4 : 797 (1819) ; A. DC, Prodr. 8 : 368 (1844) ; M. Arg.,
Fl. Bras. 6 (1) : 75 (1869).
— Tabernaemontana, subg. Peschiera, sect. Anartia, Pichon, Not. Syst. 3 : 239 (1948).
Le genre Anartia fut créé par Miers (1878), qui le distingue des genres de A. de Candolle : Pes¬
chiera et Bonafousia.
— Du genre Peschiera, il considère qu’il diffère :
1) par la forme des segments (lobes de la corolle), plus infléchis, entrant plus profondément dans la
gorge ;
2) par la préfloraison dextrorse : observation erronée, toutes les Tabernaemontaneae américaines étant
sinistrorses ;
3) par la position des étamines qui sont fixées dans la partie supérieure du tube, et non à la base ;
4) par la présence d’un disque adné.
— Du genre Bonafousia, tout en soulignant qu’il a la même préfloraison, Miers le distingue par la
forme du disque et un tube mince.
Ce genre comprenait, pour Miers, 7 espèces dont il précise qu’il n’a vu que les trois premières, à
savoir :
— A. meyeri (G. Don) Miers
— A. recurva Miers
— A. glabrata Miers.
La première espèce aurait pu être retenue valablement comme type du genre Anartia. La descrip¬
tion de Miers s’appuie sur l’échantillon Sagot 391.
Quant aux autres espèces considérées par Miers comme faisant partie du genre, deux seulement
peuvent y être maintenues :
— A. Jlavicans (R. et Sch.) Miers et A. glabrata Miers (qui doit être considérée comme synonyme de
A. oblongifolia (A. DC) Mgf).
Les autres espèces en sont exclues :
— A. recurva Miers est synonyme de Ervatamia cumingiana (A. DC) Mgf, espèce introduite, originaire
des Philippines (Type : Cuming 604, P. !).
— A. wullschlaegelii (Griseb.) Miers est un Tabernaemontana sensu-stricto.
— A. flavescens (R. et Sch.) Miers est une Echitoïdée : Malouetia flavescens (R. et Sch.) M. Arg.
— A. bogotensis (H.B.K.) Miers est également une Echitoïdée : Echites bogotensis H.B.K.
Markgraf (1938) reprend le genre Anartia et lui attribue 4 espèces.
N’ayant pas vu le Lecto-type Sagot 391 de Anartia meyeri, il considère cette espèce comme
Source : MNHN, Paris
56
LUCILE ALLORGE
synonyme de Tabernaemontana undulata Vahl (1938). Il est ainsi amené à choisir A. flavicans comme
Espèce-Type du genre.
Ce genre compte donc, dans la conception de Markgraf :
— A. flavicans
puis trois espèces rangées aux Bonafousia par Miers :
_ A. attenuata (Miers) Mgf, reconnue identique à A. meyeri (G. Don) Miers par Pichon (1948),
— A. oblongifolia (A. DC) Mgf,
— A. olivacea (M. Arg.) Mgf.
Les espèces groupées par Markgraf dans le genre Anartia se trouvaient réparties par Miers dans
les genres suivants :
1) ANARTIA Miers, p. 80.
— A. meyeri (Meyer ex G. Don) Miers : Type Sagot 391, BM.
— A. glabrata Miers, p. 81 : Type Martius s. n°, BM = A. oblongifolia.
— A. flavicans (R. et Sch.) Miers, p. 82 : Type Hoffmansegg in Herbier Willdenow n° 5195 (Berlin).
2) BONAFOUSIA (A. DC) Miers, p. 48.
—. B. latiflora Miers, p. 50 : Type Spruce 256, BM, n° erroné que Miers recite exact p. 82 sous
A. flavicans ; c’est en fait le n° 236 comme l’indique Markgraf p. 165 = A. flavicans.
— B. oblongifolia (A. DC) Miers, p. 50 : Type Blanchet 1358 G.
— B. attenuata Miers, p. 51 : lecto- Type Hostmann 1314, syntype Sagot 993 et Martin s. n° =
A. meyeri.
— B. olivacea (M. Arg.) Miers, p. 52 : Type Spruce 3114.
3) TABERNA Miers, p. 61.
— T. disparifolia Miers, p. 63 : Type Spruce 4611 = A. olivacea.
Pichon (1948), dans une première tentative de révision, ne considère plus le genre Anartia que
comme une section du sous-genre Peschiera d’un genre Tabernaemontana sensu-lato. Il y maintient les
espèces citées par Markgraf et n’y ajoute, avec doute, que T. cymosa Jacq.
Les auteurs ultérieurs ne traitant que de Flores partielles (Woodson, 1948, Guyana, Surinam ;
Lemée, 1953, Guyane française ; Mac Bride, 1959, Pérou), s’en sont tenus à la conception d’un genre
Tabernaemontana sensu-lato. Exception faite des espèces incluses par Woodson dans le genre Stemma-
denia, ce genre Tabernaemontana sensu-lato comprend alors toutes les espèces américaines.
Description du genre ANARTIA
Arbuste sympodial à article comportant une paire de feuilles isophylles puis une paire de feuilles
anisophylles en position opposée-décussée, puis une paire de feuilles-écailles opposée-décussée axilant les
deux rameaux relais, puis encore deux bractées opposées-décussées ; généralement 1 ou, exceptionnelle¬
ment, 2 inflorescences ; les deux derniers entre-nœuds sont très courts.
L'inflorescence unique ou l’une des deux alors dominante, est orientée perpendiculairement au
plan des deux rameaux-relais. L’apex meurt. Tiges grêles, cylindriques. Feuilles quelquefois longuement
acuminées, glabres.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
57
Inflorescence en racème simple, sans bifurcation ; long pédicelle sous la fleur. Calice non cilié, à
sépales libres, les deux sépales extérieurs légèrement plus petits. Glandes individualisées du calice sur un
ou deux rangs. Tube de la corolle légèrement ou fortement plus large au-dessus des étamines, celles-ci
insérées au-dessus ou à la moitié du tube, incluses. Indûment infrastaminal développé sur une longueur
égale ou supérieure à celle des étamines, se poursuivant entre les étamines, au maximum jusqu’au
niveau du sommet de leur filet, tube glabre au-dessus. Disque adné, peu proéminent sur l’ovaire, celui-
ci longuement atténué en style. Clavoncule à appendices très courts et collerette basale. Méricarpes plus
longs que larges, acuminés ; Graines entièrement enveloppées par leur arille orange. Embryon à radi¬
cule infère ; Pollen à ceinture bien visible.
Espèce-Type : désignée par Markgraf : Anartia Jlavicans (R. et Sch.) Miers, Notiz. Bot. Gart.
Berlin-Dahlem : 165 (1938).
Distribution : Brésil, Colombie, Guyana, Guyane française, Pérou, Surinam, Venezuela.
Obs. — Miers (p. 79) explique le choix du nom Anartia (imperfectus) du fait de ses feuilles iné¬
gales et de son inflorescence appauvrie.
CLÉ DES ANARTIA
1. Feuilles rigides, brusquement acuminées, acumen linéaire. Lobes plus courts que le tube.
2. Grand calice de près d’un centimètre ; lobes de la corolle plus courts que la moitié du tube, peu réfléchis
sur celui-ci à la base des lobes. \. A. cerea.
2‘. Calice inférieur à 0,5 cm.
3. Corolle à lobes très courts de 0,5 cm, cinq fois plus courts que le tube, non réfléchi. 2. A. meyeri.
3'. Corolle à lobes égalant la moitié du tube, réfléchis sur celui-ci.
4. Feuilles de forme presque circulaire, la plus grande largeur au milieu de celles-ci- 3. A. olivacea.
4'. Feuilles elliptiques à plus grande largeur au quart supérieur. 4. A. cuspidata.
1'. Feuilles coriaces atténuées progressivement en acumen non linéaire. Lobes plus longs que le tube.
5. Feuilles à pétiole de 1 cm. 5. A. oblongifolia.
5'. Feuilles à pétioles de 0,5 cm. 6. A. flavicans.
Source : MNHN, Paris
58
LUCILE ALLORGE
1. — ANARTIA CEREA (Wood.) L. Allorge comb. nov.
— Stemmadenia cerea Woodson, Bull. Torrey Bot. Club 75 : 557 (1948).
Arbre de 3 à 6 m. Rameaux glabres, divariqués, cylindriques, grêles, à entre-nœuds courts de 4 à
5 cm de long dans les rameaux ultimes. Écorce se détachant avec difficulté.
Feuilles à nervation lâche ; nervures secondaires espacées de 0,7 à 1 cm ; feuilles elliptiques, à
limbe peu décurrent sur le pétiole long de 1 cm, de 6 à 10 cm de long sur 2,5 à 4 cm de large, à plus
grande largeur au milieu, anisophylles dans une paire de feuilles sur deux, courbes et acuminées ; acu-
men linéaire de plus de 1 cm de long.
Inflorescence en racème sans ramification, d’une dizaine de fleurs, prenant naissance au-dessus
de la naissance des deux rameaux-relais ; pédicelle de 1,5 cm de long ; Fleur blanc-crème à jaune, pen¬
dante, de 2,5 cm de long ; Calice très grand pour le genre, de 1,2 cm de haut, blanc-verdâtre, à nom¬
breuses glandes sur deux rangs, non cilié sur le bord des sépales, à segments obtus légèrement inégaux.
Lobes de la corolle un peu réfléchis sur le tube, de 0,7 cm de long ; tube en deux parties à diamètres
inégaux de 0,2-0,3 cm à la base et de 0,5 cm de large dans la partie supérieure située au-dessus des
étamines. Étamines jaunes, de 0,5 cm de haut, à base de l’anthère élargie à « queues » divergentes ;
Indûment infrastaminal n’arrivant qu’au niveau des « queues » de l’étamine ; Style de 2 cm de long ;
Disque saillant mais non distinct de l’ovaire ; Clavoncule de 1 mm de haut, à appendices courts et col¬
lerette basale entière et horizontale.
Fruit formé de deux follicules, arqués, de 4 cm de long sur 1,6 cm de diamètre, vert olive som¬
bre ; graines entourées d’un arille complet rouge. PI. 22.
Type : A. C. Smith 3606, holo- MO, iso- P, GH NY.
Syntype : Maguire et Fanshave 23536, MO, cité Woods., GH NY.
Noms vernaculaires :
« Buri » ou « uri » (Arawak).
Espèce de moyenne altitude, 500 à 1 000 m, présente essentiellement en Guyana, débordant un
peu au Venezuela et au Surinam, fleur en 1, 3 à 8, et 10, 11 ; fruit, 1, 4 et 6.
2. — ANARTIA MEYERI (Meyer ex G. Don) Miers.
— Tabernaemontana undulata Meyer, non Vahl, Prim. Fl. Essequebo : 135 (1818), pas de type cité.
— Tabernaemontana meyeri G. Don, Gen. Syst., 4 : 89 (1838), pas de type cité.
— Tabernaemontana oblongifolia A. DC, Prodrom., 8 : 368 (1844), pro part Martin.
— Anartia meyeri (Meyer ex G. Don) Miers, Apocyn. South Amer. : 80 (1878) : Sagot 391 ; Pichon, Not. Syst.,
3 : 239 (1948).
— Bonafousia attenuata Miers, loc. cit. 51 (1878) : Hostmann 1314, Sagot 993, Martin.
— Tabernaemontana attenuata (Miers) Urban, Rep. 13 : 417 (1915).
— Anartia attenuata (Miers) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 165 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Fl., 3 : 81
(1947).
— T abernaemontana neriifolia Miers, non Vahl, loc. cit. : 55 (1878) : Sagot 391.
Arbrisseau à petit arbre de 1,5 à 3 m. Rameaux cylindriques, grêles, glabres, divariqués, chaque
article composé de deux paires de feuilles assimilatrices dont la seconde est fortement anisophylle avec
une inflorescence, au niveau du nœud supérieur, entre les deux rameaux-relais.
Feuilles opposées, glabres, vert brillant au-dessus, vert pâle en dessous, assez épaisses, rigides,
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
59
1, rameau fleuri (x 2/3), Irvine et al., 55079. ; 2, gynécée (x 4) ; 3, fragment de corolle (x 3) ; 4, face interne du sépale
(x 4), Maguire et al., 23536 ; 5, fruit (x 2/3); 6, graine, face ventrale (x 3); 6', graine face dorsale (x 3) ; 7,
embryon (x 4), Bernardi 6587.
Source : MNHN, Paris
60
LUCILE ALLORGE
prolongées en un acumen linéaire de plus de 1 cm ; nervures espacées de 1 cm, sans nervures intermé¬
diaires ; pétiole très grêle de 1 à 2 cm de long, à limbe décurrent sur le pétiole.
Inflorescence en racème sans ramification, d’une dizaine de fleurs, pouvant atteindre 3 cm, cha¬
que fleur caduque laissant une cicatrice et une bractée persistante. Fleur blanche, verdâtre dans le bou¬
ton ; Corolle à lobes très courts de 5 mm de long, 5 fois plus courts que le tube à l’anthèse, linéaires et
convolutés. Tube de 3 cm de long, renflé à la base, se rétrécissant progressivement jusqu’au niveau des
étamines, où il devient brusquement dilaté ; le tube a donc deux diamètres différents, la partie infé¬
rieure mesure 2 cm de long, la partie supérieure, 1 cm. Pédicelle de plus de 1 cm. Calice à sépales de
0,5 cm de haut, imbriqués sur le tube de la corolle, non ciliés sur leur bord ; glandes internes nombreuses
sur trois rangs. Carpelles libres dans leur moitié supérieure, soudés au niveau du disque saillant, tri-
gones. Style de 1,5 cm de long, surmonté d’une clavoncule très courte, à collerette entière et horizon¬
tale. Indûment infrastaminal ne s’étendant pas entre les étamines.
Fruit composé de deux méricarpes assez globuleux, de 3 cm de long sur 2 cm de large, contenant
environ 40 graines entourées d’un arille orangé brillant. (Cheesman et Baker 365). PI. 23.
Type : Sagot 391, BM, lectotype.
Noms vernaculaires :
« cojon de verraco » Berti 222, Venezuela ; « Kaoué mapa », Paramaka, S.F. 7265, Guyane f. ;
« Busuki tiki », Boni, Jacquemin 2413, Guyane fr.
Espèce du littoral, à une moyenne altitude, en forêt, en terrain sablo-argileux ou sabloneux, au
N du Brésil, les trois Guyanes, le Venezuela et Trinidad, Tobago et la Colombie.
Fl. 1, 4 à 8, 11, 12. Fr. 1, 2, 4, 5, 8, 12.
Obs‘. — Trois parties de la plante ont été étudiées : feuilles, écorces de tiges et écorces de racines.
Des feuilles ont été isolés des alcaloïdes suivants : angustine, épi-16-pleiocarpamine, tubotaïwine, 11-
hydroxycoronaridine, 11-hydroxyheyneanine et 10-hydroxyheyneanine. Des écorces de tiges : cono-
pharyngine, jollyanine, voacangine, isovoacangine, ibophyllidine, coronaridine, coronaridine-hydroxy-7-
indolénine, heynéanine et épi-19-heynéanine. Des écorces de racines : coronaridine, heynéanine, épi-19-
heynéanine et églandine. Les trois alcaloïdes cités en dernier pour les feuilles sont nouveaux.
3. — ANARTIA OLIVACEA (M. Arg.) Mgf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 165 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Fl. 3 : 81 (1947).
— Tabernaemontana olivacea M. Arg., Fl. Br. 6 (1) : 75 (1860) type : Spruce 3114.
— Bonafousia olivacea (M. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 52 (1878).
— Taberna disparifolia Miers, Apocyn. Sout Amer. : 63, (1878) type Spruce 4611.
Arbrisseau ou petit arbre de 2 à 10 m. Rameaux cylindriques grêles, glabres, divariqués tous les
deux nœuds avec une inflorescence à la ramification des deux rameaux ainsi qu’une anisophyllie de la
seconde paire de feuilles de chaque article.
Feuilles opposées, ovales-obovales, glabres, vert brillant en dessus, vert pâle en dessous, assez
coriaces, à bords légèrement ondulés, de 8 à 13 cm de long sur 3 à 5 cm de large, prolongées par un
acumen linéaire de plus de 1 cm, et cunéiformes à la base. Nervures secondaires espacées de plus de
1 cm sans nervures intermédiaires manifestes. Pétiole grêle de 1 à 2 cm.
Inflorescences axillaires, pauciformes, (3 à 4 fleurs), caduques, en racème. Pédicelles de 0,2 à
1 cm. Fleur odorante et brillante blanc verdâtre et lobes blancs récurvés jusqu’à la moitié du tube, jau-
1. Cette plante a été étudiée conjointement par F. Ladhar et M. Damak en Tunisie, A. Ahond, C. Poupat, P. Potier en
France et C. Moretti (qui a récolté cette plante en Guyane fr. et déposé un échantillon, C.M. 474 au Muséum de Paris). La
publication a été faite dans Journ. of Nat. Prod. 44 (4) : 459-465, 1981
Source : MNHN, Paris
PI. 23. — ANARTIA MEYERI (Meyer ex G. Don) Miers.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 3) ; 3, fragment de la corolle (x 6) ; 4, tube développé et indûment infrastaminal
(x 3) ; 5 et 6, étamine de face et de profil (x 12) ; 7, gynécée (x 3) ; 8, clavoncule (x 12) ; 9, ovaire et calice (x 9),
Philcox et al., 7329 ; 10, fruit (x 2/3) ; 11 et 12, graine face ventrale et dorsale (x 3), Service forestier Guyane franç.
7253.
Source : MNHM, Paris
62
LUCILE ALLORGE
nés à la gorge. Calice non cilié sur les bords ; sépale obtus, à 7-8 glandes à sa face interne. Tube de
la corolle de 3 cm de long, élargi à sa base puis au niveau de l’insertion des étamines. Indûment infra-
staminal seulement. Étamines insérées vers le tiers supérieur du tube. Ovaire glabre, trigone, soudé au
niveau du disque peu saillant, s’atténuant progressivement sur le style. Clavoncule petite, s’insérant
entre les « queues » des étamines, à collerette basale entière et horizontale.
Fruit jaune à maturité à deux méricarpes réniformes, arqués, de 3 à 4 cm de long avec, à la
base, les sépales récurvés. Graines à arille complet orange, brunes, à sillons longitudinaux. PI. 24.
Type : Spruce 3114, holo- G, iso- P, GH NY.
Noms vernaculaires :
« Sanango blanco » « Sanango huasca » « Sananguito », Pérou, Guachimacan ; Venezuela :
« Siuca-sanango » « Sanango huacra ».
Brésil, Pérou, Venezuela.
Obs. — Cette plante a fait l’objet d’une étude par Achenbach et Raffelsberger (Z. Naturforsch
35 b : 885 (9)-891, 1980) portant sur les tiges. Ils en ont extrait 15 alcaloïdes ; le principal est : condy
locarpine-N-oxyde, puis codylocarpine, tubotaiwine, tetra-hydrocondylocarpine, coronaridine, voacan
gine, ibogamine, ibogaine, heyneanine, voacristine, hydroxyindolenine-coronaridine, hydroxyindolénine-
voacangine, coronaridine-pseudoindoxyle, voacangine-pseudoindoxyle et akuammidine.
4. — ANARTIA CUSPIDATA (Rusby) L. Allorge, comb. nov..
— Tabernaemontana cuspidata Rusby, New species of South American pl. : 83 (1920).
Petit arbre de 3 à 6 m, glabre. Rameaux dichotomes cylindriques, sans lenticelles, glabres, brun-
verts à grands entre-nœuds : 17 cm, rameau ultime du type.
Feuilles opposées décussées, à plus grande largeur au-dessus de la moitié de la feuille, brusque¬
ment acuminées ; acumen linéaire dès sa base ; limbe atténué sur le pétiole, celui-ci de 0,6 cm de long :
nervures espacées de 1 à 1,5 cm ; feuilles de 11 à 17 cm de long y compris l’acumen, sur 4,5 à 7,5 cm
de large.
Inflorescence pauciflore de 3 à 4 fleurs portées par un pédicelle commun de 4 cm ; pédicelle grêles
de 1,5 cm de long ; Fleur de 2 cm de long à calice à dents obtuses de 4 mm, non ciliées sur le bord
avec 3 glandes dans sa partie interne, par lobes. Tube de la corolle de 1,8 cm ; Lobes de 6 à 8 mm
Etamines insérées vers le milieu du tube ; Indûment infrastaminal remontant jusqu’au tiers de l’éta
mine, celle-ci ayant de 4 à 5 mm de haut. Ovaire triangulaire à disque marqué ; Pistil de 3 mm de
ong , Style de 0,7 cm surmonté d’une clavoncule de 1 mm appendices compris, ceux-ci assez longs
collerette clavonculaire horizontale continue.
Fruit composé de deux follicules fusiformes arqués, de 4,5 cm de long sur 1,8 i
vert devenant brun-rouge à maturité, glabre. Pl. 25.
Type : Rusby 2376, holo- NY.
î de diamètre
Noms vernaculaires :
« Sanango ».
Brésil, Colombie, Pérou.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
63
PI. 24. — ANARTIA OLIVACEA (M. Arg.) Mgf.
1, rameau fleuri (x 2/3), Vigo 7727 ; 2, bouton (x 1,5), Klug 2856 ; 3, sépale, face interne et glandes (x 5) ; 4, corolle (x I) ;
5, corolle ouverte et indûment infrastaminal (x 1,5), Killip et Smith 29107 ; 6, étamine (x 5) ; 7, gynécée (x 2) ; 8, cla-
voncule (x 6), Berti 88 ; 9, fruit (x 2/3) ; 10, méricarpe ouvert (x 2/3) ; 11, graine (x 3), Moretti 626.
Source : MNHN, Paris
64
LUCILE ALLORGE
PI. 25. — ANARTIA CUSPIDATA (Rusby) L. Allorge, comb. nov.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, gynécée (x 4) ; 3, fragment de corolle (x 4) ; 4, face interne du sépale (x 4), Saslre 2247 ; 5, fruit
(x 2/3) ; 6, graine entourée de l’arille (x 3) ; 7, face dorsale (x 3) ; 8, face ventrale (x 3), Schunke 1060.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
65
5. — ANARTIA OBLONGIFOLIA (A. DC) Markgraf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin, 14 : 165 (1938) ; Azambuja, Apoc, encon. Brasil, Arqu. Serv. Flor. 3 : 81 tab. 15
(1947).
— Tabernaemontana oblongifolia A. DC, Prodr. 8 : 368 (1844) : Blanchet 2358 exclu Martin.
— Bonafousia oblongifolia (A. DC) Miers, Apocyn. South Amer. : 50 (1878) Miers cite Blanchet 951, par erreur ;
il s’agit de 95, P.
— Anartia glabrata Miers ex Mart., loc. cit. : 81 (1878).
Arbuste de 1 à 2,5 m de hauteur, glabre à rameaux cylindriques divariqués, avec lenticelles nom¬
breuses ; dernier entre-nœud un peu comprimé et nette anisophyllie dans la deuxième paire de feuilles.
Feuilles lancéolées, progressivement acuminées, glabres, coriaces, brillantes au-dessus, de couleur
jaune-verdâtre, à base cunéiforme ; nervures espacées de 1 à 1,5 cm, arquées, à marge un peu révolu-
tée. Pétiole grêle de 1 cm de long.
Inflorescences en racèmes de 3 à 10 fleurs, avec des pédicelles de longueur variable, les plus
grands étant situés à la base de l’inflorescence et portant ainsi les calices presque à la même hauteur ;
pédoncule inflorescentiel de 0,5 à 1,5 cm de long ; bractées persistantes. Fleur crème avec une tache
jaune à la gorge, odorante. Calice vert à dents obtuses de 5 mm de haut, à marge plus claire et sans
cils, 4 glandes sur une rangée à la base interne des sépales ; tube de la corolle de 2 cm de long avec un
élargissement au niveau de l’insertion des étamines, insérées au sommet du tube ; Lobes réfléchis sur le
tube, aussi longs que celui-ci ou un peu plus longs. Indûment infrastaminal peu dense. Ovaire sans
disque proéminent de 1,5 mm de haut surmonté d’un style de 1,5 cm et d’une clavoncule sans collerette
basale, appendices très courts.
Fruit inconnu. PI. 26.
Type : Blanchet 2358, holo- G, iso- P, 2 parts, BM NY.
Brésil.
Spencer Moore cite cette espèce sous Tabernaemontana oblongifolia dans son étude : Phaneroga-
mic Botany of the Matto Grosso expédition, 1891-1892, pub. in Trans. Lin Soc. Bot. sec. sér. (4) : 395
(1895). Il indique que son échantillon Sp. Moore 289, est identique à Glaziou 14068, alors que cette
espèce est littorale et seule l’espèce suivante atteint le Mato Grosso. Son échantillon examiné corres¬
pond en effet à Anartia flavicans.
6. _ ANARTIA FLAVICANS (R. et Sch.) Miers
Apocyn. South Amer. : 82 (1878), Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 165 (1938), Azambuja, Arq. Serv.
Flor. 3 : 81 (1947).
— Tabernaemontana flavicans R. et Sch., Syst. Veg. 4 : 797 (1819) ; A. DC, Prodr. 8 : 375 (1844) ; M. Arg.,
Fl. Bras. 6 (1) : 77, tab. 25 (1860).
— Tabernaemontana laevigata Mart. ex R. et Sch., Mss in Herb. Monaco.
— Bonafousia latiflora Miers ex Benth., loc. cit. : 50 (1878), Spruce 236 et non 256.
Espèce-Type DU genre : désignéé par Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin : 165 (1938).
Subarbuste de 0,4 à 2 m ; rameaux cylindriques grêles, glabres, divariqués ; à la bifurcation des
deux rameaux se trouve une inflorescence en position décussée ; la deuxième paire de feuilles de chaque
article est nettement anisophylle.
Feuilles petites de 4,5 à 7 cm de long sur 2 à 3 cm de large ; Limbe coriace à marge révolutée,
glabre, à nervures secondaires peu espacées, de 0,5 cm environ, s’achevant progressivement en acumen
triangulaire de 0,3 à 0,4 cm de long, et cunéiforme à la base ; pétiole de 0,2 à 0,5 cm de long.
Source : MNHN, Paris
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LUC1LE ALLORGE
PI. 26. - ANART1A OBLONGIFOUA (A. DC.) Mgf.
rameau flor. (x 2/3), Glaziou 7750 ; 2, fragment de corolle (x 2) ; 3, calice (x 2) ; 4. face interne du sépale (x 4) ; 5.
gynécée (X 4), Blanchel 95.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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Inflorescence en racème de 4 à 5 fleurs. Fleurs blanches à gorge jaune, très parfumées ; Calice à
sépales aigus, à deux rangées de glandes à leur base interne ; Lobes de la corolle de 3 cm de long, révo-
lutés, légèrement ondulés sur le bord recouvert, diaphanes à nervation bien visible, plus longs que le
tube, long de 2 cm ; Étamines insérées dans la partie supérieure du tube qui s’élargit en diamètre à ce
niveau ; tube inférieur de 2 mm de diamètre, 3 mm au-dessus des étamines ; Disque légèrement saillant
à la base de l’ovaire ; Indûment infrastaminal très développé ; Clavoncule à collerette basale retom¬
bante et stigmates courts.
Fruit à méricarpes opposés, de 4 cm de long sur 1,5 cm de large, à aile manifeste ; Graine à sil¬
lons longitudinaux à relief peu marqué ; Arille entourant complètement la graine, orange ; Embryon à
radicule infère plus longue que les cotylédons, ceux-ci étroits et cordés à la base, à nervation distincte
PI. 27.
Type : Hoffmansegg s. n°, Herbier fVilldenow 5195, lecto- B, photo.
Noms vernaculaires :
« Jasmin de caju », Archer 8265.
Brésil.
En forêt primaire sèche en bords de piste, ou secondaire et rudérale. Fleur en. 1, 3, 5, et 7 à 12.
Fruit en 10.
Obs. — Cette plante a fait l’objet d’une étude par Achenbach et Raffelsberger parue dans
Z. Naturforsch. 35 : 1465 (1980), sous Tabernaemontana flavicans. Les auteurs ont isolé l’ibophyllidine
et l’ibophyllidine-Nb-oxyde. Willaman et Li font état d’un autre travail (Boletin de Instituto de Qui-
mica agricole, Rio de Janeiro (1958) où est étudiée la partie aérienne de la plante : un alcaloïde non
déterminé y est mentionné (voir Lloydia, 33, n° 3 A : 31 (1970)).
ESPÈCE EXCLUE
Quant au Tabernaemontana cymosa Jacq. rattaché avec doute aux Anartia par Pichon, [Jac-
quin, Enum. PL Carbi. 14 (1760)], Select. Stirp. Amer. 39, tab. 181, Fig. 14 (1763), nous savons qu’il
provenait de Carthagène (Colombie) et qu’il avait des fleurs en cymes larges, nombreuses (40 et plus) et
inodores avec un tube élargi à la base et 5 angles ; la planche 14 représente la fleur ainsi que le fruit
globuleux et verruqueux, rougeâtre et à follicule récurvé ; tous ces éléments nous permettent d’affirmer
qu’il ne peut s’agir d’un Anartia mais qu’il s’agit d’un Peschiera (p. 128).
Source : MMHM, Paris
PI. 27. — ANARTIA FL A VICAN
I, rameau fleuri (x 2/3), Harley et al., 10830, plus fleur de Philcox ei
glandes internes du sépale ( x 5) ; 4, étamine de face ( x 8) ; 5
et al., 3129 ; 7, fruit ( x 2/3) ; 8, graine dans son arille ( x 4)
(x 4) ; 11, embryon (x 4), Ramos et Sousa 182.
'S (R. et Sch.) Miers
r al., 4196 ; 2, bouton floral (x 2) ; 3, corolle ouverte «
, étamine de profil (x 8) ; 6, clavoncule (x 8), Philcox
; 9, graine, face ventrale (x 4) ; 10, graine, face dorsale
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
69
BONAFOUSIA A. DC.
Prodr. 8 : 359 (1844) ; Miers, Apocyn. South Amer. : 48 (1878) ; Mgf, in Pulle, Fl. Surin. 4 (1) : 453 (1937) ;
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 166 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. 3 : 81 (1947) ; Nowicke, Ann.
Missouri Bot. Gard. 57 : 66 (1970).
— Tabernaemontana sect. Taberna A. DC, Prodr. 8 : 361 (1844).
— Tabernaemontana sect. Odontadenium Müll. Arg., Linnaea 30 : 402 (1860) ; sect. Bonafousia Müll. Arg., Fl.
Bras. 6 (1) : 70 (1860) ; sect. Macrosolen Müll. Arg., loc. cit. : 75 (1860).
— Tabernaemontana sect. Merizadenia Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 240 (1948) ; sect. Neotaberna, loc. cit. : 241
(1948) ; sect. Macrosolen , loc. cit. : 242 (1948).
— Taberna (A. DC) Miers, Apocyn. South Amer. : 61 (1878).
— Anacampta Miers, loc. cit. : 64 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 162 (1938).
— Phrissocarpus Miers, loc. cit. : 71 (1878).
— Codonema Miers, loc. cit. : 72 (1878).
— Merizadenia Miers, loc. cit. : 78 (1878).
— Quadricasaea Woods., Ann. Missouri Bot. Gard. 28 : 271 (1941) ; syn. nov.
Le genre Bonafousia fut créé en 1844 par A. DC avec une seule espèce, Bonafousia undulata
(Vahl) A. DC (Tabernaemontana undulata Vahl). II fut inclus à nouveau dans le genre Tabernaemon¬
tana par Müller d’Argovie en 1870, mais Miers en 1878 le reprit et lui ajouta 10 espèces : B. obliqua,
B. latiflora, B. oblongifolia, B. attenuata, B. perrottetii, B. guyanensis, B. olivacea, B. rupicola,
B. polyneura et B. rariflora.
Des 11 espèces que comporte le genre Bonafousia d’après Miers, Markgraf (1938) n’en maintient
que 2, l’espèce-type (inclus B. perrottetii et B. obliqua comme syn.) et B. guyanensis (devenant syn. de
B. tetrastachya (H.B.K.) Mgf).
Les autres espèces sont transférées dans les genres Anartia [ oblongifolia, attenuata, olivacea et
latiflora (ce dernier mis en synonymie avec A. flavicans)] et Anacampta [rupicola, (polyneura et rari¬
flora comme syn.)]. Mais Markgraf rajoute d’autres espèces à ce genre. Il est intéressant de comparer le
traitement de Markgraf à celui de Pichon, pour les espèces américaines (voir tableau p. 9).
Pichon maintient les espèces que Markgraf a transposées dans le genre Anartia, dans une section
Anartia du sous-genre Peschiera du genre Tabernaemontana, alors que l’espèce-type Bonafousia undu¬
lata et 14 autres espèces sont transférées dans une section Macrosolen du sous-genre Bonafousia du
genre Tabernaemontana.
DESCRIPTION DU GENRE BONAFOUSIA.
Arbustes ou petits arbres de 1 à 17 m de haut.
Inflorescence unique, généralement en cyme, rarement en racème. Article du sympode compor¬
tant une seule paire de feuilles assimilatrices et une paire de feuilles-écailles axillant, l’une, l’inflores¬
cence, l’autre, le rameau relais.
Fleurs hermaphrodites, blanches ou à tube coloré de rose ou de lilas, exceptionnellement jaunes
Source : MNHN, Paris
70
LUCILE ALLORGE
tableau ci-dessous. Calice cilié ou non sur le bord des sépales, souvent charnu et blanc. Étamines tou
jours incluses, insérées généralement au milieu du tube, ou un peu au-dessus, à parties stériles adnées
sur plus de leur moitié, au filet, « queues » droites et courtes, lnduments infra- et suprastamina
réduits, généralement plus courts que les étamines, ne dépassant souvent pas la longueur de leur
« queues ». Disque toujours saillant sur l’ovaire, mais non divisé. Ovaire ne présentant jamais de bour
relet. Style filiforme, trois à cinq fois plus long que l’ovaire. Clavoncule à collerette horizontale, nor
divisée, corps pentagonal et appendices clavonculaires souvent égaux au tiers de la clavoncule.
Fruit à deux méricarpes lisses, verruqueux ou muriqués. Arille blanc n’entourant pas complète¬
ment la graine (sauf chez B. siphilitica), laissant apparaître sa face dorsale sillonnée et noire.
Espèce-Type : BONAFOUSIA UNDULATA (Vahl) A. DC.
COULEUR COMPARÉE DES FLEURS CHEZ LES TABERNAEMONTANOÏDÉES
Les genres Macoubea, Peschiera et Stenosolen ont des fleurs blanches à calice vert.
Par contre, les genres Anartia, Stemmadenia, Tabernaemontana et Bonafousia ont des fleurs
diversement colorées. Chez les Anartia, les fleurs sont blanches mais la gorge est colorée de jaune.
Chez les Stemmadenia et Tabernaemontana, les corolles sont, soit jaunes, soit blanches. Enfin, chez les
espèces du genre Bonafousia, la couleur du tube n’est souvent pas la même que celle des lobes ni celle
de la gorge, comme le montre le tableau ci-dessous.
Espèces
Calice
Tube
Lobes
Gorge
B. undulata
vert
rosé
blancs
B. obliqua
vert
rose-lilas
blancs
jaune
B. morettii
blanc
jaune
jaunes
B. submollis
vert
rose
blancs
B. prancei
vert
rose
blancs
B. brachyantha
vert
blanc
blancs
B. pendula
vert
rose pourpre
blancs
B. coriacea
vert
rosé
blancs
B. muelleriana
blanc
jaune
jaunes
orange
B. muricata
vert
blanc
blancs
B. silvae
vert
blanc
blancs
B. rimulosa
vert
rose
blancs
B. palustris
?
blanc
blancs
jaune
B. longituba
vert
blanc
blancs
orange
B. maxima
blanc
blanc
blancs
B. angulata
vert
rose
blancs
B. macrocalyx
blanc
rose pâle
jaune rosé
or
B. albiflora
vert
blanc
blancs
jaune
B. lorifera
vert
rose
blancs
B. rupicola
rosé
rose
blancs
B. disticha
vert
rose lilas
jaunes
B. sananho
vert
blanc
B. chocoensis
vert
blanc
blancs
B. columbiensis
vert
blanc
blancs
jaune
B. panamensis
vert
blanc
jaunes
B. siphilitica
vert
blanc
blancs
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
71
CLÉ DES ESPÈCES
1. Article du sympode constant comportant une seule paire de feuilles assimilatrices isomorphes et une paire de
feuilles-écailles axillant l’inflorescence et le rameau-relais (une inflorescence ou sa cicatrice à chaque paire de
feuilles) (sous-genre Bonafousia).
2. Feuilles franchement discolores, vert foncé à leur face supérieure, vert jaune ou blanchâtre à leur face infé¬
rieure, veloutées au toucher mais dont l’indument est d’origine cuticulaire.
3. Feuilles membraneuses, sans marge révolutée, acuminées.
4. Rameaux cylindriques et tricostulés.
5. Lobes de la corolle pubescents au moins sur leur partie recouvrante dans le bouton.
6. Feuilles à marge ondulée à nervures secondaires peu espacées, d’environ 0,5 cm.
. 1 .B. undulata.
6'. Feuilles non ondulées, à marge droite ; nervures secondaires espacées d’environ 1 à 2 cm.
7. Calice à sépales non ciliés sur le bord. Fruit lisse.
8. Fruit fusiforme, trois à cinq fois plus long que large. *
9. Sépales obtus et glabres, corolle blanche à tube rose. 2. B. obliqua.
9'. Sépales aigus et pubescents, corolle jaune. 3 .B. morettii.
8'. Fruit réniforme, long de 2,5 cm, large de 1,5 cm. 4 .B. submollis.
T. Calice à sépales pubescents, oblongs, ciliés sur le bord. Fruit muriqué- 5. B. prancei.
5'. Lobes de la corolle entièrement glabres.
10. Calice cilié ; fruit réniforme, long de 2,5-3 cm, large de 1 cm, lisse_ 6. B. brachyantha.
10'. Calice non cilié ; fruit ovoïde, long de 6 cm, large de 3 cm, verruqueux- 7. B. pendula.
4'. Rameaux très nettement trigones (de section triangulaire).
11. Fleur blanche à tube rose ; calice à sépales longs de 1 mm, à trois glandes à leur base..
. 8. B. coriacea.
11'. Fleur jaune à ocre ; calice à sépales longs de 1 à 1,5 cm, à nombreuses glandes à leur
base. 9. B. muelleriana.
3'. Feuilles coriaces à marge révolutée, obtuses au sommet.
12. Rameaux trigones (de section triangulaire).
13. Fruit muriqué. 10. B. muricata.
13'. Fruit lisse. 11. B. silvae.
12'. Rameaux tricostulés mais de section circulaire.
14. Rameaux épais, à écorce se détachant facilement. Lobes de la corolle
pubescents, plus courts que le tube. 12. B. rimulosa.
14'. Rameaux grêles, à écorce adhérente. Lobes de la corolle glabres, aussi
longs que le tube. 13. B. palustris.
2'. Feuilles non discolores, vert brillant au-dessus, vert mat en dessous, non veloutées.
15. Feuilles grandes, dépassant 30 cm.
16. Feuilles non cordées à la base, pétiole long de 1 cm. 14. B. longituba.
16'. Feuilles cordées à la base, pétiole sessile. 15. B. maxima.
15'. Feuilles de moins de 30 cm de long.
17. Rameaux trigones (à section triangulaire). Feuilles sans acumen linéaire.
18. Calice de moins de 0,5 cm de long, à sépales libres. 16. B. angulata.
18'. Calice de plus de 1 cm de long, à sépales soudés à leur base. 17. B. macrocalyx.
17'. Rameaux tricostulés mais de section circulaire. Feuilles à acumen linéaire.
19. Nervures secondaires espacées d’environ 0,5 cm. Lobes aussi longs que le tube de la
corolle. Calice cilié.
Source : MNHN, Paris
72
LUCILE ALLORGE
20. Lobes et tube longs de 2 cm. 18. B. albiflora.
20'. Lobes et tube longs de 1 cm.
21. Feuilles pétiolées, à pétiole long de 0,5-0,7 cm, non cordées à la base
. 19. A. lorifera.
21'. Feuilles sessiles et cordées à la base. 20. B. rupicola.
19'. Nervures secondaires espacées d’environ 1 cm. Lobes plus courts que le tube. Calice
non cilié. 21. B. disticha.
1'. Article du sympode non constant, comportant 1, 2 ou 3 paires de feuilles assimilatrices plus ou moins iso¬
morphes et une paire de feuiUes-écailles axillant l’inflorescence et le rameau-relais (sous-genre Merizadenia).
22. Rameaux cylindriques costulés ou trigones.
23. Lobes de la corolle aussi longs que le tube.
24. Inflorescence en cyme pluriflore pédonculée. Feuilles pétiolées et non cordées à la base.
. 22. fl. sananho.
24'. Inflorescence en racème de 1 à 3 fleurs, sessile. Feuilles sessiles, cordées à la base.
. 23. fl. chocoensis.
23'. Lobes de la corolle plus courts que le tube.
25. Feuilles ne dépassant pas 20 cm, à acumen linéaire. Inflorescence en racème pauciflore.
Calice long de 0,2 cm. 24. fl. columbiensis.
25'. Feuilles pouvant atteindre 50 cm de long, à acumen triangulaire. Inflorescence en cyme plu¬
riflore. Calice long de 1-1,4 cm. 25. fl. panamensis.
22'. Rameaux cylindriques sans côte ni angle. 26. fl. siphilitica.
SOUS-GENRE BONAFOUSIA A. DC. emendavi L. Allorge.
Prodr. 8 : 359 (1844).
Diagnose complémentaire de celle de A. DC.
Sympodii articulus 1 foliorum similium parem et 1 squamarum parem gerens, squamae inflores-
centium et articulum sequentem subtendentes. Arillus albus incompletus. Alabastrum tubo, non con-
torto, infrastaminum inflato. Caules semper trigones vel triôostatae.
Article du sympode constant, comportant une paire de feuilles assimilatrices isomorphes et une
paire de feuilles-écailles axillant l’inflorescence et le rameau relais. A ri lie blanc incomplet. Tube de la
corolle renflé au niveau des étamines, sans torsion au-dessus. Rameaux toujours trigones ou costulés.
Espèce-Type : Bonafousia undulata (Vahl) A. DC.
1. — BONAFOUSIA UNDULATA (Vahl) A. DC.
Prodr. 8 : 359 (1844) ; Miers, Apocyn. South Amer. : 48 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 166 (19381:
Nowicke, Ann. Miss. Bot. Gard. 57 : 66 (1970) ; Gentry A., Ann. Miss. Bot. Gard. 61 : 893 (1974).
— Tabernaemontana undulata Vahl, Eclog. Amer. 2 : 20 (1798) ; type Ryan s. n°, C. Poiret, in Lamarck, Encyd.
meth. Bot. 7 : 529 (1806) ; Roem. et Schult., Syst. veg. 4 : 428 (1819) ; G. Don, Gen. Syst. 4 : 89 (1837):
Benth., Journ. Bot. Hook. 3 : 243 (1841) ; M. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 70, pl. 21 (1870) ; Mgf, in Pulle.
Fl. Surin. 4 (1) : 30 (1932) ; Woods., Bull. Torrey Bot. Cl. 75 : 558 (1948) ; Mac Bride, Field Mus. Nat.
Hist. 13 (1) : 411 (1959) ; R. E. Schultes, Journ. Ethropharm. 1 : 165, pl. 13 (1979).
— Tabernaemontana subg. Bonafousia, section 8, Macrosolen : Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 242 (1948). .
— Tabernaemontana perrottetii A. DC, Prodr. 8 : 362 (1844) ; type Perrottet 275, G.
— Bonafousia perrottetii (A. DC) Miers, Apocyn. South Amer. : 51 (1878).
— Peschiera surinamensis Miq., Linnaea 18 : 742 (1844) ; type Kappler 1398, P.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÊES AMÉRICAINES
73
— Stemmadenia nervosa Standl. et L. Wms, Ceiba 3 : 126 (1952) ; type Allen 5834, US ; A. Gentry, Ann. Miss.
Bot. Gard. 61 : 893 (1974).
— Echites brasiliensis Thunb., Diss. Echit. : 5, 1819, types : UPS-Thunb. 6135 et 6136 ; Juel, Plantae Thunb. :
315, 1918, syn. nov.
Arbuste ou petit arbre de 5 à 6 m ; écorce verte à lenticelle vert clair ; rameaux plagiotropes, à
feuilles opposées décussées mais ramenées, par une torsion des pétioles, dans un même plan presque
horizontal. Entre-nœuds de section triangulaire, surtout dans le tiers supérieur, juste sous l’insertion
des pétioles, une côte correspondant à chacune des feuilles et à l’écaille axillant l’inflorescence. Article
du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomorphes et en position opposée décus-
sée ; deux feuilles-écailles axillant, d’une part le rameau relais, d’autre part l’inflorescence. Toutes les
inflorescences sont dressées au-dessus du rameau plagiotrope, et leurs cicatrices sont présentes à chaque
paire de feuilles et alignées sur la face supérieure du rameau.
Feuilles ondulées sur leur marge, vert foncé au-dessus, blanchâtres et veloutées au toucher en
dessous surtout à l’état jeune, longues de 11-13 cm, larges de 3-5 cm, lancéolées, à 18-20 paires de ner¬
vures secondaires peu espacées, écartées de 0,5 cm environ, acuminées ; acumen de 0,5 à 1 cm, triangu¬
laire ; Pétiole de 0,5 cm.
Inflorescence unique en cyme réduite à trois ou quatre fleurs ; Pédoncule de 0,2 cm ; pédicelles
de 0,2 cm de long ; Calice à sépales très obtus, longs de 0,1 cm, ciliés sur le bord, partiellement soudés
entre eux, à glandes disposées en arc de cercle, de 6 à 7 par sépale. Corolle à lobes à marge révolutée,
pubescents à leur face externe, et colorés de rose, seulement sur la partie découverte des lobes dans le
bouton. Tête de bouton sphérique. Lobes à l’anthèse, dressés et blancs, de 1 cm de long ; Tube rose,
renflé au niveau des étamines et à la base, long de 2 cm ; Indûment suprastaminal sur toute la lon¬
gueur des étamines. Gynécée à ovaire entouré d’un disque saillant, non divisé, conique ; Style filiforme
long de 1,5 cm surmonté d’une clavoncule à collerette entière et horizontale, cinq protubérances et deux
appendices terminaux égaux au tiers du corps de la clavoncule.
Fruit à deux méricarpes réniformes, de 5 à 6 cm de long sur 3 cm, à péricarpe granuleux, rouge
à maturité, contenant une cinquantaine de graines de 0,8 cm de long, sillonnées sur leur face dorsale, à
testa brun creusé de multiples petites anfractuosités. Arille blanc n’entourant pas totalement la graine, à
odeur nauséabonde (odeur de souris ou de rat), non comestible. PI. 28.
Type : Ryan s. n°, holo- C, iso- BM.
Très fréquent en sous-bois de zones plates périodiquement inondées, où il y est quelquefois pres¬
que exclusif. Disparaît dès 400 m d’altitude. C’est sans doute une des raisons de son absence en
Colombie occidentale et en Équateur.
Brésil, Colombie, Costa Rica, Guyana, Guyane fr., Panama, Pérou, Surinam, Venezuela.
Noms vernaculaires :
Guyane fr., créole : « bois de lait », même signification en Boni : « Meliki tiki » (Allorge 8) ;
Taki Taki : « Boi Oudou », « Boussouki Tiki » (Sastre 302) ; Paramaka : « Piki nmapa » ; Pérou :
« Uchu Sanango » ou « Uchpa Sanango » ; Surinam : « Beri Manbati Bâti » (Markgraf, 1937) :
« Battie Battie » ; « Manbati Bâti » et « Wagoe Ston » ; Venezuela : « Clavel de Cerro » qui signifie
« Œillet des collines » ( Pittier , 1947) ; « Clavel montanero » (Williams).
Obs. :
1. — D’après R. E. Schultes (1979), les feuilles, en mélange avec celles de Manihot esculenta L.,
servent à préparer une infusion vermifuge, fréquemment utilisée chez les Indiens Taiwano du rio Kana-
nari en Colombie.
2. — Les graines ont fait l’objet d’une première étude chimique par A. Cavé, J. Bruneton et
R. R. Paris, PI. Médicin, et Phytot. 6 (3) : 228-231 (1972). Le matériel étudié est dû à Oldeman,
Guyane fr., Grand Inini (1971). Elles ont fourni de la coronaridine (80 % des alcaloïdes totaux), et de
la voaphylline. Un troisième alcaloïde n’a pu être identifié.
Source : MNHN, Paris
1, rameau fleuri (x 2/3), Saslre 1379 ; 2, bouton floral (x 2) ; 3, fleur (x 2) ; 4, étamines en place dans le bouton (x 4) ; 5,
étamine de face (x 6) ; 6, étamine de profil (x 6) ; 7, partie d’un calice avec glandes internes et gynécée (x 6) ; 8, cia-
voncule (x 8), Oldeman 2749 ; 9, fruit (x 2/3), Saslre 5S8S ; 10, graine, face dorsale (x 3) ; 11, graine, face ventralt
(x 3), Jacquemin 1892.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
75
Les tiges avaient fait l’objet d’une petite étude de M. Gorman, N. Neuss, N. Cône et J. Deyrup
qui avaient isolé trois alcaloïdes sans les identifier [J. Amer. Chem. Soc. 82 : 1142 (I960)]. Elles ont
ensuite été étudiées par J. Bruneton, A. Cavé et C. Moretti, Fitoterapia 3 : 123 (1979). Le matériel de
référence (Sastre et Moretti 3948, Muséum, Paris) leur a fourni la coronaridine, la voacangine, l’épi-
heyneanine, la quebrachidine et la voaphylline.
2. — BONAFOUSIA OBLIQUA Miers.
Apocyn. South. : 49 (1878).
— Tabernaemontana albescens Rusby, Descript. S. Am. pl. : 83 (1920) ; type Rusby and Squire 300.
— Anacampta albescens (Rusby) Mgf in Pulle, Fl. Surin. 4 (1) : 452 (1937) ; Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 163
(1938).
Arbuste ou petit arbre de 3 à 8 m. Rameaux trigones, identiques à ceux de B. undulata. Article
du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomorphes, une paire de feuilles-écailles
axillant un rameau relais et une inflorescence, toutes les inflorescences étant dirigées sur la face supé¬
rieure du rameau plagiotrope.
Feuilles à limbe elliptique non ondulé, coriace, vert foncé au-dessus, blanchâtre et velouté en
dessous, à nervures secondaires moins nombreuses et plus espacées que B. undulata (10-14 n. au lieu de
17-18 n.), acuminées, longues de 10-25 cm x 3-8 cm ; Acumen triangulaire de 0,5-1 cm. Pétiole de 0,5-
0,6 cm.
Inflorescence unique à chaque article, en cyme réduite de 6-7 fleurs ; Pédoncule de 0,5 cm de
long, pédicelles de même longueur ; Corolle à tube et à partie recouvrante des lobes dans le bouton,
rose lilas ; lobes blancs et gorge jaune orangé. Tête du bouton plus longue que large. Calice à sépales
indépendants, obtus mais non ciliés, à 4-5 glandes à leur base interne, alignées. Lobes non dressés,
pubescents à leur face externe, à marge non révolutée, longs de 2,5 cm, larges de 1,5 cm, étalés. Tube
de 2 cm de long, renflé au niveau des étamines et à sa base. Indûment infrastaminal limité au filet des
étamines soudé à la corolle et à la zone intermédiaire de la corolle. Étamine à « queues » droites aussi
longues que la partie fertile des anthères. Gynécée à ovaire à disque saillant aussi haut que la partie
libre de l’ovaire. Style grêle filiforme, de 1,5 cm de long, surmonté d’une clavoncule à collerette hori¬
zontale, corps pentagonal et deux appendices égaux au tiers du corps de la clavoncule.
Fruit à deux méricarpes fusiformes, longs de 7 cm, larges de 1,2 cm. Arille blanc incomplet
autour des graines laissant apparaître leur face dorsale brune et striée. Pl. 29.
Type : Spruce 3199, Holo- BM, iso- P K NY (et non 3119, comme l’écrit Miers par erreur,
comme l’a déjà souligné Mgf : 166 (1938).
Noms vernaculaires :
Pérou : « Kunakip iseas » « Tseaskunakip » « Sanango ». Venezuela : « Guachimacan »
« Palo de Guana » « Jasmin de monte ».
Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Pérou, Venezuela.
Obs. — Froes signale que les Indiens l’utilisent pour tuer les poissons, Steyermark l’indique
aussi comme poison.
3. — BONAFOUSIA MORETTII L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5), 339-351.
Arbuste de 2 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomorphes
et une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence unique et le rameau relais ; rameaux presque
cylindriques, costulés seulement à l’état jeune. Écorce verte.
Source : MNHN, Paris
76
LUC1LE ALLORGE
PI.'29. — BONAFOUSIA OBLIQUA Miers.
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, bouton floral (x 2) ; 3, corolle (x 1) ; 4, tube ouvert montrant les étamines ; 5, étamine de face
(x 6) ; 6, étamine de profil (x 6) ; 7, gynécée et calice (x 6), Rusby et Squire 300 ; 8, fruit (x 2/3) ; 9, graine, face
dorsale (x 3); 10, graine, face ventrale (x 3), Kayap 1271.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
77
Feuilles discolores, vert foncé sur la face supérieure, blanchâtres et veloutées sur la face infé¬
rieure, elliptiques, longues de 20-25 cm, larges de 5 cm, à 15-17 nervures secondaires espacées d’environ
1 cm, acuminées ; Acumen triangulaire de 1 cm de long ; Pétiole long de 0,5 cm.
Inflorescence pauciflore, dressée, de 3-5 fleurs jaunes à calice blanc. Calice crassulescent blanc,
long de 1 cm, sur le frais, diminuant jusqu’à 0,5 cm sur le sec., à sépales aigus non soudés en bas et
pubescents au sommet, non ciliés sur le bord, à nombreuses glandes à leur base. Corolle jaune ocre,
lobes plus clairs que le tube. Lobes falciformes (très dilatés sur la droite), pubescents sur la partie
recouvrante dans le bouton et à la gorge, longs de 1 cm ; Tube long de 2,5 cm, très grêle ; Étamines
insérées au-dessous du milieu ; Indûment infrastaminal, sur une hauteur inférieure à la hauteur de l’éta¬
mine. Gynécée à disque très saillant sur l’ovaire, carpelles ogivaux ; Style court surmonté d’une clavon-
cule à collerette basale horizontale, corps pentagonal et deux appendices égaux au tiers de la clavon-
cule.
Fruit jaune à maturité, comestible ( Sastre 4544) à méricarpes fusiformes, longs de 5 cm, larges
de 1 cm, acuminés ; Acumen de 1 cm plus ou moins réfracté ; sépales persistants ; graines brunes à
sillons continus sur la face dorsale. PI. 30.
Type : Moretti 711, Holo- P, iso- CAY.
Noms vernaculaires :
Wayampi : « a?ikâlâtâ?â » ( Sastre 4684). « Bousso quiwi mâle » ( Sastre 293).
Usages : plante magique : contre les mauvais esprits ( Sastre 293).
Brésil, Guyana, Guyane fr., Surinam.
4. — BONAFOUSIA SUBMOLLIS (Mart. ex M. Arg.) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Tabernaemontana submollis Mart. ex M. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 70, tab. 22 (1860).
— Anacampta submollis (Mart. ex M. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 67 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart.
Berlin 14 : 163 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. flores. 3 : 80 (1947).
— Taberna riedelii M. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 72 (1860), type Riedel 1378, B, photo : NY et G, syn. nov.
— Tabernaemontana riedelii (M. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 64 (1878).
— Anacampta riedelii (M. Arg.) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 163 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. flores. 3 :
80 (1947).
— Tabernaemontana acutisima M. Arg., loc. cit. : 73 (1860), type Poeppig s. n°, non vu.
— Anacampta acutissima (M. Arg.) Miers, loc. cit. : 66 (1878).
— Tabernaemontana ulei K. Schum., nomen nudum, type Ule 5180, Holo- B, iso- G K.
Arbuste de 2 à 5 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles, dont l’une axille le rameau relais, l’autre, l’inflorescence. Rameaux
grêles peu trigones, davantage sous les feuilles et l’inflorescence. Écorce brun clair.
Feuilles membraneuses, discolores, vert foncé au-dessus, jaunes et duveteuses au toucher en des¬
sous, longues de 18 à 25 cm, larges de 7 à 11 cm, à 14 paires de nervures secondaires arquées. Limbe
asymétrique à la base, atténué progressivement en acumen au sommet ; pédicelle long de 1 cm.
Inflorescence en cyme de 8 à 10 fleurs blanches à tube rose ; pédoncule grêle variable, 1 à 3 cm
de long ; bractées ciliées sur le bord, obtuses. Calice de 2 mm de long à sépales obtus, ciliés sur le
bord, à 5-6 glandes à leur base. Lobes de la corolle longs de 1 cm, dressés au-dessus de la gorge,
pubescents sur la partie recouvrante dans le bouton. Tube long de 2,5 cm, glabre et grêle, à étamines
insérées dans son milieu ; Indûment infrastaminal égal à la hauteur des étamines. Gynécée à ovaire
Source : MNHN, Paris
78
LUCILE ALLORGE
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, détail de la façe inférieure de la feuille et de son indûment (x 8), Sastre 5694 ; 3, bouton floral
(x 2), Moretti 711 ; 4, corolle (x 2) ; 5, tube ouvert montrant la place des étamines (x 4) ; 6, étamine de face (x 8) ;
7, étamine de profil (x 8) ; 8, gynécée (x 8) ; 9, clavoncule (x 15) ; 10, sépale et glandes, face interne (x 4), Sastre
5694 ; 11, fruit (x 2/3), Sastre 6186 ; 12, graine face ventrale (x 3) ; 13, graine, face dorsale (x 3), Sastre 6338.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
79
triangulaire, avec un disque saillant égal à sa moitié ; Style grêle, 4 fois plus long que l’ovaire, sur¬
monté d’une clavoncule à collerette basale horizontale, corps pentagonal et deux courts appendices.
Fruit réniforme de 2,5 cm de long sur 1,5 cm de large, lisse, acuminé. Graines sillonnées sur leur
face dorsale.
Type : Spruce 1666, Holo- G, iso- P K NY.
Noms vernaculaires :
« Palo de Guanaguanare » (Berry 744).
Brésil.
Usages : d’après Berry 744, est utilisé pour atténuer les douleurs dentaires par l’application
d’un morceau d’écorce ou de racine.
Obs. — Cava, M., Tjoa, S., Ahmed, Q. et Da Rocha, A. in Journ. Organ. Chem. 33 : 1055
(1968), ont étudié la partie aérienne de la plante sous le nom de Tabernaemontana riedelii (10 kg secs,
récoltés à Manaus par L. Coelho). Ils ont isolé deux alcaloïdes nouveaux : ( + ) -minovincine et ( + )
-8-oxominovincine, le premier étant l’alcaloïde majeur et ils en soulignent l’intérêt du point de vue chi-
miotaxonomique car ils appartiennent l’un et l’autre au groupe des alcaloïdes à squel'ette de type Aspi-
dospermane, représenté jusque là seulement par la Tabersonine, alors que les autres alcaloïdes apparte¬
naient tous au type Ibogane. Ils ont également trouvé un mélange de (±) et de ( + ) -vinca-
difformine.
5. — BONAFOUSIA PRANCEI L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5), 342.
— Anacampta pendula Mgf, Brittonia 23 (4) : 438, fig. 2 (1971) (pro parte).
Arbuste à petit arbre de 0,50 à 6 m, écorce brun-rougeâtre sur le sec ; rameaux costulés. Article
du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices, une paire de feuilles écailles axillant un ou
deux relais, et une inflorescence.
Feuilles vert foncé au-dessus, blanchâtres et veloutées en dessous ; limbe membraneux, long de 7
à 20 cm, large de 5 à 7 cm, elliptique à lancéolé, acuminé, atténué en pétiole, à 14 à 16 nervures secon¬
daires espacées de 0,5 à 1 cm ; Acumen triangulaire de 0,5 à 1 cm de long ; pétiole canaliculé, long de
0,5 à 1 cm.
Inflorescence unique en cyme très condensée de 12 à 15 fleurs ; pédoncule grêle long de 2 cm ;
pédicelles presque sessiles. Fleur blanche à tube rosé ; Calice à sépales très courts, 1 mm, pubescents et
ciliés sur le bord, à 3 petites glandes à leur base. Lobes très étroits, droits et dressés, longs de 0,8 cm,
pubescents sur la partie recouvrante dans le bouton ; Tube très grêle de 1,5 cm x 0,1 cm ; Étamines
insérées au-dessus de son milieu, à queues grêles, indûment infrastaminal réduit au filet. Gynécée à
ovaire atténué en style, disque saillant sur la moitié de la hauteur, clavoncule à collerette entière hori¬
zontale, à corps pentagonal et appendices très courts.
Fruit muriqué à jeune méricarpe très recourbé sur le pédoncule (Prance 5699) ; à maturité, long
de 6 cm x 2,5 cm, déhiscent ; Graines brunes sillonnées sur leur face dorsale, longues de 0,8 cm.
PI. 31.
Type : Prance et al. 5171, Holo- NY.
Obs. — Nous dédions cette espèce à G. Prance, collecteur. Elle a déjè été illustrée dans Brittonia
23 (4) : fig. 2, 1971, mais non décrite. Voir Bonafousia pendula (Mgf) Boiteau et L. Allorge, p. 81.
Brésil et Bolivie.
Source : MNHN, Paris
1, rameau flor. (x 2/3), Prance et al., 5171 ; 2, boulon (x 2), Gentry 13047 ; 3, calice (x 4) ; 4, fleur (x 2), France et al-,
5171 ; 5, calice, un sépale rabattu montrant les glandes internes et le gynécée (x 4) ; 6, clavoncule (x 8) ; 7, bouton
pubescent, étamines et indûment infrastaminal (x 4) ; 8, étamine de face (x 8) ; 9, étamine de profil (x 8), Gentry
13047 ; 10, méricarpe face supérieure et détail du péricarpe (x 2/3) ; 11, méricarpe très récurvé sur le pétiole, Prance et
al., 5699.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
81
6. — BONAFOUSIA BRACHYANTHA (Woodson) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Tabernaemontana brachyantha Woodson, Ann. Miss. Bot. Gard., 47 : 76 (1960) ; type Woytkowski 5345.
Petit arbre de 3 à 5 m, à rameaux trigones, entre-nœuds de 4 à 5 cm. Chaque article du
sympode comporte une paire de feuilles assimilatrices isomorphes, un ou deux rameaux relais et une
inflorescence.
Feuilles discolores, à face inférieure blanchâtre et veloutée. Limbe membraneux de 14-20 cm de
long sur 5-8 cm de large, elliptique, acuminé, atténué en pétiole long de 1-1,5 cm, canaliculé. 15 à
20 nervures secondaires espacées de 0,7 à 2 cm, arquées vers la marge.
Inflorescence unique à chaque article, en cyme pluriflore de 25-30 fleurs. Pédoncule floral de
2 cm de long. Fleur blanche, odorante, brièvement pédicellée, très petite pour le genre, comme l’indi¬
que Woodson ; Lobes plus courts que le tube, 0,5 cm contre 0,7 cm de long. Calice ciliolulé sur le
bord, de 1 mm de haut ; sépales obtus, égaux entre eux, à 4-5 glandes à leur base interne. Tube de la
corolle large à sa base, à diamètre diminuant progressivement jusqu’à la gorge, glabre à l’extérieur ;
Indûment infrastaminal s’étendant des « queues » jusqu’à la moitié des étamines. Gynécée à ovaire piri-
forme, disque peu proéminant ; Style long de 0,5 cm s’achevant par une clavoncule à collerette retom¬
bante et appendices courts.
Fruit à méricarpes lisses, non récurvés, longs de 2,5 à 3 cm et de 1 cm de diamètre ; Graine à
arille incomplet, sillonnée sur la face dorsale. PI. 32.
Type : Woytkowski 5345 , Holo- MO ; Iso- P.
Pérou.
Espèce de moyenne altitude ; fl. 2, 5 et 7 ; fr. 7.
Noms vernaculaires :
« Sanango », « Monte alto », « Sanango de altura », « Uchu-sanango de altura ».
7. — BONAFOUSIA PENDULA (Mgf) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Anacampta pendula Mgf, Brittonia 23 (4) : 438, fig. 2 (1971) (pro pane).
Cette espèce décrite par Markgraf comporte des fleurs pendantes et un fruit à méricarpe de 6 cm
x 3 cm x 2 cm, verruqueux. Or, l’illustration en fut faite sans que l’auteur la revoie (Markgraf in lit-
teris) sur un autre matériel que le type, et ne correspond pas à cette espèce mais à l’espèce n° 5 que
nous dédions à Prance, son collecteur, voir p. 79.
Arbuste ou arbre de 1 à 5 m ; écorce brun clair, rameaux costulés. Article du sympode compor¬
tant une paire de feuilles isomorphes, une paire de feuilles écailles dont l’une axille le rameau relais,
l’autre, l’inflorescence. Grands entre-nœuds longs de 15 cm.
Feuilles vert foncé au-dessus, blanchâtres et veloutées en dessous ; limbe membraneux, long de
20 cm, large de 6 cm ; 10-11 nervures secondaires, elliptiques, acuminées ; acumen triangulaire de 1,5
cm de long ; pétiole long de 1 cm.
Inflorescence unique en cyme lâche de 6 à 7 fleurs pendantes. Pédoncule grêle long de 1 cm ;
pédicelles grêles longs de 1 à 2 cm. Fleur blanche à tube rosé. Calice à sépales obtus, glabres, non
ciliés, à 3-4 glandes à leur base. Lobes de la corolle étroits, non dilatés sur la droite, longs de 1-1,2 cm,
recourbés sur le tube, glabres. Tube grêle de 1,6 cm de long. Étamines insérées au-dessus de son
milieu ; Indûment infrastaminal développé sur une hauteur égale à celle des étamines, s’étendant entre
Source : MNHN, Paris
82
LUCILE ALLORGE
PI. 32. — BONAFOUSIA BRACHYANTHA (Woodson) Boiteau et L. Allorge.
I, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton flor. (x 4), Schunke 1056 ; 3, fleur épanouie (x 2), tVoytkowski 5346 ; 4, calice, un sépale
rabattu montrant les glandes internes et le gynécée ( x 6) ; 5, clavoncule ( x 8) ; 6, étamines et indûment infrastaminal
(x 6) ; 7, étamine de face (x 8) ; 8, étamine de profil (x 8), Schunke 1056 ; 9, rameau flor. (x 2/3) ; 10, graine, face
dorsale (x 2) ; 11, face ventrale (x 2), Mathias et Taylor 5124.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÊES AMÉRICAINES
83
celles-ci. Gynécée à ovaire deux fois plus haut que large, disque peu saillant, style grêle surmonté d’une
clavoncule à collerette entière et horizontale et de deux appendices très courts.
Fruit à un ou deux méricarpes à verrues aplaties, longs de 6 cm x 3 cm, non recourbés sur le
pétiole. PI. 33.
TYPE : Prance et al. 5076, Holo- Z, iso- K.
Brésil.
8. — BONAFOUSIA CORIACEA (Link ex Roem. et Schult.) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Tabernaemontana coriacea Link ex Roem. et Schult., Syst. veg. 4 : 431, (1819), type Link s. n°, détruit
pendant la guerre en 1943 à Berlin, ne reste qu’une photo, G et NY ; Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 :
403 (1959).
— Anacampta coriacea (Link ex Roem. et Schult.) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 162 (1938) ; Azambuja,
Arq. Serv. Flores. 3 : 80, PI. 14 (1947).
— Tabernaemontana rubrostriolata Mart. ex M. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 71, tab. 21 (1860), type Spruce 232, G.
— Anacampta congesta Miers, Apocyn. South Amer. : 65, tab. 9 (1878), type Spruce 232, G K.
Arbuste de 2-3 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant 1 rameau relais et une inflorescence. Rameaux nettement tri-
gones, à écorce verte à brun-foncé.
Feuilles de 14-15 cm de long sur 6 à 7 cm de large, discolores, glabres à la face supérieure, duve¬
teuses au toucher à la face inférieure, à 10-12 paires de nervures secondaires saillantes, limbe ondulé et
coriace ; Acumen triangulaire très court, inférieur à 0,5 cm ; pétiole très engainant à la base, long de
0,5 cm.
Inflorescence en cyme condensée, de 8 à 10 fleurs blanches à tube rosé. Calice long de 1 mm à
trois glandes à la base de chaque sépale. Lobes de la corolle longs de 1 cm, dolabriformes ; Tube long
de 1,5 cm, élargi à la base et à l’insertion des étamines vers le milieu du tube ; Indûment infrastaminal
peu développé. Gynécée à ovaire conique à disque peu saillant ; Style égal au double de la longueur de
l’ovaire ; clavoncule à collerette horizontale, corps pentagonal et deux courts appendices.
Fruit à deux méricarpes réniformes, longs de 2,5 cm, larges de 1 cm, à péricarpe granuleux ;
acumen récurvé, long de 0,2 cm. Graines noires, sillonnées sur leur face dorsale.
Type : Link s. n°, Holo- B, détruit en 1943 (lettre du Prof. Hiepko du 29.2.1980). néo-photo-G.
Noms vernaculaires :
« Jasmin da mata », « jasmin do mato ».
Brésil.
9. — BONAFOUSIA MUELLERIANA (Mart.) Boiteau et L. Allorge.
— Tabernaemontana muelleriana Mart., Fl. Bras. 6 (1) : 181 (1860) à la place de Tabernaemontana benthamiana
M. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 70 (1860), (nomen utilisé deux fois pour deux espèces différentes, par M. Arg.,
loc. cit. : 80, également), type Spruce 2110 ; Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 : 407 (1959).
— Anacampta muelleriana (Mart.) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 163 (1938).
— Bonafousia calycina Benth., non T. calycina Wall., nomen nudum.
— Codonemma calycinum (Benth.) Miers, Apocyn. South Amer. : 73, tab. 8 (1878), type Spruce 2110 ; espèce
type du genre Codonemma Miers.
Source : MNHN, Paris
PI. 33. — BONAFOUSIA PENDULA (Mgf) Boiteau el L. Allorge.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 2) ; 3, fleur épanouie (x 2), Prance et al., 5076 ; 4, calice, un sépale ranattu montrant
les glandes internes et le gynécée ( x 4) ; 5, clavoncule ( x 8) ; 6, tube du bouton ouvert, étamines et induments infra et
supra staminaux (x 4) ; 7, étamine de face (x 8) ; 8, étamine de profil (x 8), Prance et al., 5076 ; 9, méricarpe vu de
profil, Prance et al., 9008.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
85
— Quadricasaea inequilateralis Woodson, Ann. Miss. bot. Gard. 28 : 271 (1941) ; type Cuatrecasas 8814, US,
syn. nov.
— Tabernaemontana inequilateralis (Woodson) Pichon, Mem. Mus. Hist. Nat. 1 (1) : 148 (1959).
— Quadricasaea caquetensis Woods., Ann. Miss. bot. Gard. 28 : 271 (1941), type Cuatrecasas 9062, US, syn. nov.
Arbuste de 3 à 5 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant un ou deux rameaux relais et une inflorescence unique ;
rameaux trigones à écorce verte.
Feuilles discolores, vert foncé au-dessus, jaunâtres et veloutées en dessous, elliptiques-oblongues,
asymétriques à la base, longues de 20-30 cm, larges de 7-9 cm, à 16 paires de nervures secondaires
espacées d’environ 1 cm, coriaces, acuminées ; Acumen long de 1,5 cm, triangulaire ; pétiole long de
0,5 cm.
Inflorescence en cyme pauciflore dressée de 5-8 fleurs jaunes à calice blanc rosé. Calice crassules-
cent ; sépales obtus au sommet, soudés sur leur moitié inférieure, à nombreuses glandes sur plusieurs
rangées à leur base, non ciliés sur le bord. Lobes de la corolle très dilatés sur la droite, longs de
1,5 cm, glabres. Tube long de 3,5 cm, dilaté à sa base puis se rétrécissant avant de s’élargir à nouveau
vers son milieu, au niveau de l’insertion des étamines. Indûment infrastaminal sur ,une longueur infé¬
rieure à celle des étamines, s’étendant jusqu’au début de leur partie fertile. Gynécée à ovaire triangu¬
laire à disque peu saillant ; Style court surmonté d’une clavoncule à collerette basale horizontale, corps
pentagonal et de deux appendices égalant la moitié de la clavoncule.
Fruit à méricarpes fusiformes, longs de 5 cm, larges de 1 cm, acuminés à sépales persistants
obtus ; Graines brunes sillonnées sur la face dorsale. PI. 34.
Type : Spruce 2110, Holo- G ; iso- P BM ; photo NY.
Brésil, Colombie, Équateur, Pérou, Venezuela.
Noms vernaculaires :
Pérou : « Tsea Kunakip », « Lobo-sanango », « Achco-Perro-sanango ». Venezuela : « Kata-
shkudi ».
Usages : fruit comestible d’après Barrier 1580, alors que Berlin 1886, indique que le fruit et les
racines sont toxiques et utilisés comme poison de flèches.
10. — BONAFOUSIA MURICATA (Link ex Roem. et Schult.) Mgf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 166 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. 3 : 81 (1947).
— Tabernaemontana muricata Link ex Roemer et Schultes, Syst. 4 : 431 et 797 (1819) (Non auct.) ; Schultes,
Journ. Ethnopharm. 1 : 186 (1979). Type Link s. n°, B.
— Peschiera muricata (Link ex Roem. et Schult.) A. DC, Prodr. 8 : 361 (1844).
— Tabernaemontana macrophylla M. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 75 (1860). (Non Poiret), type Spruce 1470.
— Phrissocarpus rigidus Miers, Apocyn. South Amer. : 71, tab. 9 (1878), type Spruce 1470, syn. nov.
— Anacampta rigida (Miers) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 163 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. 3 :
80 (1947), syn. nov.
— Tabernaemontana duckei Huber, Bull. Soc. Bot. Genève, 2 (6) : 199 (1914), type Ducke 7911 (pro parte).
Arbuste de 2 à 5 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence unique et le rameau relais ; rameaux très qua-
drangulaires, à deux côtes plus marquées sous les feuilles.
Feuilles coriaces, lancéolées-elliptiques, discolores, vert foncé au-dessus, vert jaunâtre et duve-
Source : MNHN, Paris
PI- 34. — BONAFOUSIA MUELLERIANA (Mart.) Boileau et L. Allorge. *■
1, rameau fleuri (x 2/3), Killip et Smith 29985 ; 2, bouton (x 2) ; 3, fleur grandeur nature ; 4, tube de la fleur développé
montrant les étamines en place ( x 3) ; 5, étamine de face ; 6, étamine de profil ( x 6) ; 7, gynécée en place avec base des
sépales et glandes (x 6) ; 8, clavoncule (x 8), Ancuash 1448 ; 9, fruit (x 2/3), Maguire et al., 36784 ; 10, graine, face
dorsale (x 2) ; 11, graine, face ventrale (x 2), Prance et ai, 58966.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
87
teuses en dessous, longues de 25 à 30 cm, larges de 7 cm, à 15 paires de nervures secondaires espacées
de 1 à 2 cm, à marges révolutées, quelquefois un peu ondulées ; pétiole long de 0,5 cm.
Inflorescence en cyme condensée subsessile de 10 à 20 fleurs blanches. Pédoncule très court.
Calice pubescent de 1 mm de haut, à sépales obtus, ciliés sur le bord, soudés à leur base et munis de
5 glandes. Lobes de la corolle longs de 0,7 cm, dilatés vers la droite, pubescents sur la partie recou¬
vrante dans le bouton. Tube long de 1 cm ; Indûment infrastaminal limité au niveau des filets des éta¬
mines et s’étendant sur la moitié de leur hauteur. Gynécée à ovaire ogival ; style trois fois plus long
que l’ovaire ; clavoncule à collerette horizontale, corps pentagonal et longs appendices, égaux au tiers
du corps de la clavoncule.
Fruit muriqué à aile latérale lisse et fente de déhiscence partageant les aiguillons sur la face ven¬
trale, long de 2,5 cm x 2 cm. Graines brunes, sillonnées sur leur face ventrale ; embryon très petit à
cotylédons cordés et radicule d’égale longueur. PI. 35.
Type : Link s. n°, Brésil, Berlin, détruit en 1943 (lettre de P. Hiepko, du 29.2.1980).
Neotype : Spruce 1470, Holo- G ; iso- P K BM (Photo B à NY).
Brésil.
Obs. — Cava, M., Tjoa, S., Ahmed, Q., et da Rocha, A., ont extrait de l’écorce de B. muricata
(sous le nom de T. rigida, récolté par Coelho à Manaus en février 1965), la (±) vincamine, la ( + ) vin-
camine et la ( + ) apovincamine ; ils en soulignent l’importance du point de vue chimiotaxonomique
puisque des alcaloïdes à squelette de type eburnamine n’avaient pas encore été trouvés dans la sous-
famille des Tabernaemontanoïdées.
11. — BONAFOUSIA SILVAE L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 342-343.
Diffère de Bonafousia muricata, dont il est très proche, par l’appareil végétatif, par une fleur un
peu plus grande mais surtout par un fruit lisse et plus grand, long de 4 cm x 2 cm.
Arbuste de 1 à 2 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence et le rameau relais. Rameaux trigones à coupe
triangulaire marquée, à deux côtes plus marquées sous les feuilles, un peu pubescents.
Feuilles coriaces, lancéolées-elliptiques, longues de 20-22 cm, larges de 8-8,5 cm, à marge révolu-
tée et limbe asymétrique, plus récurrent du côté de l’inflorescence, à 12-14 nervures secondaires espa¬
cées de 1 à 2,5 cm. Pétiole long de 1 cm.
Inflorescence en cyme condensée de 15 à 20 fleurs blanches. Pédoncule long de 1,5 cm, épais.
Calice à lobes obtus longs de 0,4 cm, un peu pubescents et ciliés sur le bord, à 3-4 glandes à leur base.
Lobes de la corolle longs de 1 cm, pubescents sur la partie recouvrante dans le bouton. Tube grêle,
long de 1,5 cm, renflé près de la gorge, au niveau des étamines. Indûment infrastaminal peu développé.
Gynécée à ovaire ogival à disque peu saillant, style trois fois plus long que l’ovaire. Clavoncule à colle¬
rette horizontale, corps pentagonal et deux longs appendices égaux au tiers du corps clavonculaire.
Fruit lisse, à méricarpes réniformes longs de 4 cm, larges de 1,5 cm, à péricarpe un peu granu¬
leux et pubescent. Graines brunes sillonnées sur leur face dorsale. PI. 36.
Type : Nilo T. silva 1103, Holo- NY ; iso- Z ; infl. portant fl. et fr.
Noms vernaculaires :
« Pocoro ».
Brésil.
Source : MNHN, Paris
PI. 35. - BONAFOUSIA MURICATA (Link ex Roem. et Schult.) Mgf.
1, rameau fleuri (x 2/3), Rodrigues et Loureiro 5912 ; 2, bouton floral (x 4) ; 3, corolle de la fleur (x 4) ; 4, tube ouvert
montrant es étamines et la pubescence (x 6) ; 5, étamine de profil ; 6, étamine de face ; 7, gynécée et glandes internes
du calice (x 6) ; 8, clavoncule (x 15) Silva 232 ; 9, fruit (x 2/3) ; 10, graine, face ventrale (x 3) ; 11, graine, face
dorsale (x 3); 12, embryon (x 3), Mello 4014.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
89
PI. 36. — BONAFOUSIA SILVAE L. Allorge.
I, rameau flor. (x 2/3), Silva 1103 ; 2, bouton (x 2) ; 3, fragment de corolle (x 4) ; 4, anthère de profil (x 4) ; 5, face
interne du sépale et glandes ( x 4) ; 6, gynécée ( x 6), Prance 1985 ; 7, fruit ( x 2/3) ; 8, graine et arille ( x 3) ; 9, détail
du testa en creux (x 6) ; 10 et 11, faces dorsale et ventrale de la graine (x 3), Prance 58967.
Source : MNHN, Paris
90
LUCILE ALLORGE
12. — BONAFOUSIA RIMULOSA (Woods, ex R. E. Schultes) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Tabernaemontana rimulosa Woodson ex R. E. Schultes, Bot. Mus. Leafl. Harward Univ., 18 : 179 (1958) ;
Schultes, Journ. Ethnopharm. 1 : 187, PI. 10 (1979).
Arbuste de 0,8 à 1,5 m, Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices iso¬
morphes, une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence unique et le rameau relais. Écorce très
claire, couleur paille, s’exfoliant très facilement ; rameaux épais larges de 1 cm, à entre-nœuds courts.
Feuilles coriaces, elliptiques-oblongues, vert foncé au-dessus, vert jaunâtre et duveteuses en des¬
sous, longues de 15 cm, larges de 5 cm, à marge révolutée et 19-20 paires de nervures secondaires peu
espacées de moins de 1 cm ; pétiole long de 1,2 cm.
Inflorescence en cyme compacte d’une dizaine de fleurs blanches, teintées de rose. Calice vert
pâle, à sépales obtus non ciliés, à 2-4 glandes à leur base. Lobes de la corolle très dilatés vers la droite,
longs de 1 cm, pubescents sur la partie recouvrante dans le bouton et à la gorge. Tube long de 1,7 cm,
renflé à la base et en son milieu, au niveau des étamines. Indûment infrastaminal sur une longueur
inférieure à celle des étamines. Gynécée à ovaire conique, à disque peu saillant, style égalant 2,5 fois
l’ovaire, surmonté d’une clavoncule à collerette basale horizontale, corps pentagonal et deux appendices
courts et obtus.
Fruit à méricarpes réniformes longs de 3 cm, larges de 1,3 cm, indiqués par R. E. Schultes
comme un peu verruqueux. Le seul fruit examiné par nous était cependant lisse. PI. 37.
Type : R. E. Schultes, Baker et Cabrera 17983, Holo- NY, iso- BM GH MO COL.
Usages : R. E. Schultes indique que quelques feuilles bouillies avec du lait provoquent un rêve
avec images.
Colombie, Venezuela.
Les localités de récolte de l’espèce suivante B. palustris étant identiques, nous ont d’abord fait
douter de son individualité, mais les différences dans la fleur ne peuvent être dues à une forme de jeu¬
nesse. PI. 38.
13. — BONAFOUSIA PALUSTRIS (Mgf) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Tabernaemontana palustris Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 12 : 297 (1935).
— Anacampta palustris (Mgf) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 163 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. 3 :
81 (1947).
— Tabernaemontana tenuis Monachino, Mem. NY bot. Gard. 10 (4) : 64, tab. 44 (1961) ; type Wurdack et Adder-
ley 42965, NY, syn. nov.
Arbuste de 0,3 à 4 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence et le rameau-relais. Rameaux grêles de 0,2 cm
de diamètre, à entre-nœuds courts.
Feuilles coriaces, obtuses au sommet, elliptiques-oblongues, vert foncé au-dessus, vert jaunâtre et
duveteuses en dessous, longues de 5 à 11 cm, larges de 2 cm, à marge révolutée et 14 paires de nervures
secondaires serrées, de 0,4 cm, peu visible sur la face supérieure de la feuille ; pétiole Tong de 1 cm.
Inflorescence sessile, en cyme de 8-10 fleurs blanches à gorge jaune. Calice à sépales aigus au
sommet, non ciliés, à 5 glandes à la base. Lobes de la corolle dolabriformes, réfractés et aussi longs
que le tube, glabres. Tube long de 1,5 cm, renflé à la base et au niveau des étamines au-dessus du
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
2 %.S \ wi7 /WS s/ùmew{
PI. 37. — BONAFOUSIA RIMULOSA (Woodson ex R. E. Schultes) Boileau et L. Allorge.
1, rameau fleuri (x 2/3), Schultes, Baker et Cabrera 17983, Type ; 2, bouton floral, un sépale enlevé montrant le calice forte¬
ment appressé sur la corolle (x 2) ; 3, fleur (x 1) ; 4, corolle ouverte et indûment mfrastammal (x 4) , 5, étamine de
face (x 8) ; 6, étamine de profil (x 8) ; 7, gynécée et calice, un sépale rabattu a
(x 8) ; 9, rameau fruct. (x 2/3), Maguire, Wurdack et Keith 41720.
c glandes internes ( x 4) ; 8, clavoncule
Source : MNHN, Paris
92
LUC1LE ALLORGE
PI. 38. - BONAFOUSIA PALUSTRIS (Markgraf) Boileau et L. Aliorge.
I, rameau fleuri (x 2/3), Wurdack et Adderley 42936 ; 2, rameau fleuri, forme de jeunesse (x 2/3), Wurdack et Adderley
42965 ; 3, boulon (x 2) ; 4, corolle (x 2), Wurdack et Adderley 42936 ; 5, corolle ouverte et indûment infrastaminal
(x 6) ; 6, étamine de face (x 12) ; 7, étamine de profil (x 12) ; 8, gynécée et calice un sépale rabattu avec glandes
internes (x 6) ; 9, clavoncule (x 12), Wurdack et Adderley 42965.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
93
milieu. Indûment infrastaminal sur une longueur égale à celle des étamines et s’étendant jusqu’à leur
moitié. Gynécée à ovaire conique à disque peu saillant. Style égalant 2,5 fois la hauteur de l’ovaire, cla-
voncule à collerette horizontale et corps pentagonal, appendices non visibles.
Fruit inconnu. PI. 38.
Type : Ducke 23955, Holo- R, iso- K.
NOM VERNACULAIRE :
« Palo de boy a ».
Brésil, Venezuela.
14. — BONAFOUSIA LONGITUBA Mgf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 166 et 180-181 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. 3 : 81 (1947).
— Tabernaemontana markgrafiana Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 (5-1) : 406 (1959) ; (non Tabernaemontana
longituba Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 247 (1948).
Arbuste de 3 à 4 m. Article du sympode comportant uhe paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence et le ou les rameaux relais. Rameaux quadran-
gulaires à deux côtes plus marquées sous chaque feuille ; écorce brun clair.
Feuilles très grandes, concolores et glabres, longues de 35 à 40 cm, larges de 15 cm, légèrement
ondulées à la marge, coriaces, elliptiques, à limbe récurrent sur le pétiole ; 22 à 25 paires de nervures
secondaires espacées d’environ 2 à 4 cm. Pétiole long de 1 cm.
Inflorescence paraissant une cyme condensée lorsqu’elle est jeune, à 3-5 branches en épi compor¬
tant une dizaine de fleurs à complet développement ( Croat 17812, Z). Pédoncule variable, long de 0,5 à
3 cm ; pédicelle subnui. Fleur blanc-crème à gorge orange, odorante ; Calice vert, long de 0,3 cm, à
sépales obtus ciliés sur le bord, à 6-7 glandes à la base. Lobes de la corolle longs de 1,3 cm, nettement
plus courts que le tube long de 2 à 3 cm. Tube élargi à sa base puis au-dessus de son milieu, à l’inser¬
tion des étamines ; Indûment infrastaminal aussi long que les étamines et disposé en 10 bandes. Gyné¬
cée à ovaire ogival, à disque peu saillant ; style trois fois plus long que l’ovaire ; clavoncule à collerette
basale horizontale, corps pentagonal à branches longues et remontantes masquant les appendices.
Fruit à méricarpes réniformes, à surface un peu granuleuse, à calice réfracté et persistant, longs
de 2,7 cm, larges de 2 cm, acuminés, jaune orangé à maturité, comestibles ; Arille blanc incomplet
autour de graines brunes à sillons sur leur face dorsale ; Embryon à cotylédons cordés et radicule plus
longue, droite. PI. 39.
Type : Ule 5179, Holo- G, iso- K.
Noms vernaculaires :
« sanango macho », « ruro de paloma » espagnol ; « tomée goriu » en Bora, Pérou.
Brésil, Colombie, Pérou, Venezuela.
Obs. — Guillen et de Cornelio, Biota X, 80 : 175 (1974) ont étudié B. longituba sous le nom de
Tabernaemontana markgrafiana Mac Br. Ils ont extrait comme alcaloïde principal la tabersonine.
Source : MNHN, Paris
**'• "• - BONAFOUSIA LONGITUBA Mgf.
rameau fleuri (x 2/3), Wurdack 2266 ; 2, bouton floral (x 2) ; corolle (x 1) 4 tut
pubescence (x 4) ; 5 étamine de profil (x 4) ; 6, étamine de face (x 6) ; 7,’gynécé
8, clavoncule x 6 , Wurdack 2266 ; 9, fruit (x 2/3), Maas et al.. PI 2912 10 t
face ventrale (x 3) ; 12, embryon (x 3), Krukoff 4595. ’ 8
ouvert montrant les étamines et la
t glandes internes du calice ( x 4) ;
le, face dorsale ( x 3) ; 11, graine,
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
95
15. — BONAFOUSIA MAXIMA (Mgf) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Tabernaemontana maxima Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 10 : 1036 (1930) ; Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist.
13 : 407 (1959) ; Travassos, Rodriguesia 25 (37) : 246 (1966).
— Anacampta maxima (Mgf) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 162 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores 3 :
80 (1947).
Arbuste ou petit arbre de 3 à 6 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimila¬
trices isomorphes, une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence unique et le rameau relais.
Rameaux très épais de plus de 1 cm de diamètre, costulés, à 2 côtes plus marquées en dessous de cha¬
que feuille. Écorce brun clair.
Feuilles glabres, vert foncé en dessus et en dessous, très grandes, atteignant 60 cm de long, cor¬
dées à la base et asymétriques, la partie la plus cordée située vers l’inflorescence. Limbe coriace à
marge épaisse, à 25-30 paires de nervures secondaires espacées de 1 à 4 cm ; pétiole très court de
0,5 cm de long.
Inflorescence en racème à fort pédoncule, long de 1 à 2 cm, bractées persistantes. Fleurs à
corolle et calice blancs. Calice campanulé, asymétrique sous le fruit, long de 0,8 à 1 cm, non cilié et à
4-5 glandes à la base. Lobes de la corolle longs de 1,2 cm, obliques ascendants, dilatés sur la droite.
Tube de 2,5 cm de long, élargi à sa base et vers le milieu, à l’insertion des étamines. Indûment
infrastaminal rare, limité au filet et à la moitié inférieure des anthères. Gynécée à ovaire plus large que
haut, disque peu saillant ; Style cinq fois plus long que l’ovaire ; clavoncule à collerette basale horizon¬
tale et corps pentagonal masquant les appendices très courts.
Fruit à calice persistant peu réfracté ; méricarpes réniformes un peu granuleux longs de 2,8 cm,
larges de 1,8 cm ; A ril te blanc incomplet ; Graines brunes sillonnées sur leur face dorsale ; Embryon à
cotylédons cordés, à radicule deux fois plus longue que les cotylédons. PI. 40.
Type : Ducke 21605, Holo- R ; iso- B, photo NY.
Brésil, Colombie, Équateur, Venezuela.
16. — BONAFOUSIA ANGULATA (Mart. ex Muell. Arg.) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 339.
— Tabernaemontana angulata Mart. ex Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 72, tab. 23 (1860), type Mart., Herb.
Münich, non présent in letteris, ainsi que B.
— Anacampta angulata (Mart. ex Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 65 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart.
Berlin 14 : 163 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. 3 : 80 (1947).
Arbuste ou petit arbre de 1 à 6 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimila¬
trices isomorphes, une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence et le rameau relais. Rameaux gris
foncé très nettement trigones, plagiotropes, à deux arêtes latérales et une en dessous ; toutes les inflo¬
rescences sur la face aplatie supérieure du rameau.
Feuilles glabres, vert foncé, longues de 20 cm, larges de 6 cm, à 12-13 nervures secondaires espa¬
cées d’environ 1 cm, acuminées ; Acumen long de 1,5 cm ; pétiole presque sessile (0,1 cm de long).
Inflorescence unique pauciflore à 3-4 fleurs blanches à tube rosé. Calice vert à sépales obtus,
ciliés sur le bord, à 5-6 glandes à leur base. Lobes de la corolle pubescents sur la partie recouvrante
dans le bouton. Fleur à l’anthèse non vue. Tube long de 1,5 cm à étamines insérées au-dessus du
milieu. Indûment infrastaminal sur une longueur à la moitié de l’étamine mais s’étendant jusqu’à son
Source : MNHN, Paris
96
LUCILE ALLORGE
PI. 40. - BONAFOUSIA MAXIMA (Mgf) Boiteau et L. Allorge.
' r, “Z,? Ur i 2225 ; 2, boulon Ho,al (x 2), Ferreira 1869 ; 3, fleur grandeur
evnécée' ,i 5? ? ,ï', 4) I * f *“ K‘lii <m*m de proffl (x 6) ; 7, calice, glande, micrnes ei
fît” g â,i 3œ > io - r, “ “ ; r *“ —*
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
97
sommet. Gynécée à ovaire atténué en style, à disque peu saillant ; style grêle avec une clavoncule à col¬
lerette basale, un corps pentagonal et deux appendices égalant le tiers du corps de la clavoncule.
Jeune fruit à méricarpes réniformes longs de 3 cm, larges de 1,2 cm, légèrement granuleux.
PI. 41.
TYPE : tab. 23, Fl. Bras. 6 (1) : 72 de Muell. Arg. (1860).
Guyane fr., Brésil
NOMS VERNACULAIRES :
Wayampi : « Yapoucouliwa », de Granville 513 ; Palikuri : « Abuki », Moretti 1159.
Obs. — Cette espèce a fait l’objet d’une communication au colloque CNRS-ORSTOM de Nou¬
méa en 1980 (Paris, CNRS, 1981, Substances naturelles d’intérêts biologiques du Pacifique).
Wiet, C. Garnier, J. Croquelois, G., Poisson, J., et Moretti, C., ont étudié les écorces de troncs
et ont trouvé la coronaridine, la heyneanine, la voacangine et la voacangarine. Dans les feuilles, ils ont
isolé la (—) voacangine, l’hydroxy-voacangine, la desmethyl-10 voacangine, l’hydroxy-10 coronaridine
et 2 alcaloïdes indoliques doubles non déterminés.
OBS. — Le type de Muell. Arg. n’est présent dans aucun des herbiers consultés.
17. — BONAFOUSIA MACROCALYX (Muell. Arg.) Boiteau et L. Allorge, comb. nov.
— Tabernaemontana macrocalyx Muell. Arg., Linnaea 30 : 403 (1860), type Sagot 394.
— Codonemma macrocalyx (Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 73 (1878).
— Anacampta macrocalyx (Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 73 (1878).
— Anacampta longifolia (Benth.) Miers, Apocyn. South Amer. : 66 (1878) pro parte, Van Rohr, sub.
T. triquetra. (non T. longifolia Benth. = B. siphilitica (L.f.) L. Allorge).
Arbuste de 2 à 4 m. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant un rameau relais et une inflorescence. Rameaux très trigones
noirâtres ; écorce brune.
Feuilles glabres, concolores, vert foncé, longues de 18-20 cm, larges de 6 cm, à 10-12 nervures
secondaires espacées d’environ 1 cm ; pétiole presque sessile long de 0,5 cm.
Inflorescence pauciflore, 2 à 3 fleurs blanches à tube rosé. Calice charnu blanc rosé, long de 1 à
1,5 cm, à sépales soudés sur le tiers de leur longueur, à 7-8 glandes disposées en arc, non ciliés sur le
bord, repliés, arqués au sommet vers le tube de la corolle. Lobes de la corolle triangulaires obtus, longs
de 1 cm, jaunes rosés à gorge jaune d’or (de Granville 1562). Tube long de 2,5 cm, élargi à la base et à
l’insertion des étamines insérées vers son milieu. Indûment infrastaminal limité au filet, indûment
suprastaminal épars. Gynécée à ovaire conique, disque très saillant sur l’ovaire et lobé, style égalant
4 fois la hauteur de l’ovaire ; clavoncule à collerette basale horizontale, corps pentagonal et appendices
égaux au tiers du corps de la clavoncule.
Fruit à deux méricarpes réniformes de 2,5 cm de long sur 1 cm de large, à péricarpe granuleux.
Graines noires, sillonnées sur leur face dorsale. PI. 42.
Type : Sagot 394, Holo- G (Herb. A. DC) ; iso- G (Herb. gén.) P.
Noms vernaculaires :
Wayampi : « aikalataa ».
Brésil, Guyane fr.
Obs. — En l’absence dti calice, il est très difficile de savoir s’il s’agit de B. macrocalyx ou de
B. angulata, malheureusement, le calice est caduc sous le fruit, ce qui rend l’identification du matériel
en fruit peu certaine.
Source : MNHN, Paris
PI. 41. BONAFOUSIA ANGULATA (Mari, ex Muell. Arg.) Boileau et L. Allorge.
1, rameau Hor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 2) ; 3, calice et gynécée (x 4) ; 3', clavoncule (x 6) ; 4, 5, étamine de face et de profil
(x 6) ; 6, tube de la corolle ouvert indûment infrastaminal (x 4) ; 7, très jeune fleur, gynécée (x 8), de Granville 513 ;
<x 2/3 > ■ »• r >” (x 2/3), fui ; 10. fn.it plus
Source : MNHN, Paris
PI. 42. - B ON A FO U SI A MACROCAL YX (Muell. Arg.) Boileau et L. Aliorge.
rameau fleuri et fructifié (x 2/3), Sagot 393, pro part Moretti 1082 ; 2, détail de l’entre-nœud, côté opposé à l’inflorescence
Fe = feuille écaille axillant la tige, Ti, I = inflorescence, Fl et F2 = feuilles (x 3), Sagot 393, K ; 3, bouton grandeur
nature ; 4, gynécée (x 4) ; 5, fragment de corolle (x 3) ; 6, glandes, face interne du calice (x 4), Moretti 1082 ; 7, fruit
( X 2/3) ; 8, graine, face dorsale ( x 3) ; 8', graine, face ventrale ( x 3), Sagot 393.
Source : MNHN, Paris
100
LUCILE ALLORGE
18. — BONAFOUSIA ALBIFLORA (Miq.) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 339.
— Peschiera albiflora Miquel, Natuurk. Verk. Holl. Maatsch. Wetensch. Haarlem 2 (7) : 165 (1851), type
Hostmann 1312.
— Tabernaemontana albiflora (Miq.) Pulle. Enum. Fl. Surin. : 382 (1905) ; Mgf, in Pulle, Fl. Surin. 4 (1) : 33
(1937) ; Woods., Bull. Torr. bot. Cl. 75 : 558 (1948).
— Taberna albiflora (Miq.) Mgf, in Pulle, Fl. Surin. 4 (1) : 455 (1937) ; Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 166 (1938).
— Peschiera lorifera Miers, Apocyn. South Amer. : 47 (1878), pro parte , voir espèce n° 19 suivante.
— Tabernaemontana , subg. 3, Bonafousia, sect. 7, Neotaberna, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 241 (1948).
Arbuste de 1,5 à 3 m. Rameaux grêles, veloutés au toucher bien que sans pubescence réelle, à
écorce verte sans lenticelles, à côtes très fines. Article du sympode comportant une paire de feuilles
assimilatrices isomorphes, et une paire de feuilles écailles axillant une inflorescence et un rameau relai.
Feuilles veloutées au toucher sur la face inférieure, membraneuses, à nervures peu distinctes
espacées de 0,3 à 0,8 cm, à marge plus ou moins ondulée, longues de 7 à 14 cm, larges de 3 à 5 cm,
limbe récurrent sur le pétiole, celui-ci de 0,2-0,3 cm de long. Acumen linéaire long de 1 à 1,5 cm.
Inflorescence pauciflore de 3 à 5 fleurs blanches, dressée sur le rameau plagiotrope ; pédoncule
de 0,3 cm, à bractées triangulaires, ciliées sur le bord ; pédicelles de 0,5 cm de long. Calice obtus-
elliptique ; cilié sur le bord, haut de 1 mm, 3 glandes insérées à la base sépale. Fleur blanche à gorge
jaune, parfumée, à lobes aussi longs que le tube : 2 cm, perpendiculaires à celui-ci et étalés, translucides.
Tube renflé à l’insertion des étamines et à sa base. Étamines sagittées de 0,25 cm. Indûment infrastami-
nal limité aux parties stériles « queues » des étamines. Gynécée à ovaire triangulaire à disque un peu
saillant, style Filiforme de 1,5 cm de long surmonté d’une clavoncule à collerette basale horizontale,
corps pentagonal et deux appendices longs du 1/3 du corps de la clavoncule.
Fruit à méricarpes fusiformes, peu arqués, longs de 3 cm sur 1 cm de large, veloutés au toucher.
Arille blanc n’entourant pas la face dorsale de la graine. Graines brunes sillonnées présentant des petites
cavités. PI. 43.
TYPE : Hostmann 1312, in Herb. Kappler, Holo- BM, iso- K P G NY MO.
Noms vernaculaires :
Surinam (cit. Mgf) : « Oli Olirang » (Kar.) ; « Marmeldoosje » (S.D.).
Guyana, Guyane fr., Surinam.
Obs. — Sous Tabernaemontana albiflora (la combinaison nouvelle Bonafousia albiflora (Miq.)
Boiteau et L. Allorge n’ayant pas encore été publiée), Kan, C., Husson, H. P., Jacquemin, H.,
Kan, S. K., et Lounasmaa, M., (Tetrah. L. 21 : 55-58 (1980) ont extrait des écorces de deux récoltes de
Jacquemin (Jacquemin 1881, et 2112, P); les quatre alcaloïdes suivants : l’ibophyllidine, l’épi-20
ibophyllidine, la déséthylibophyllidine et la coronaridine, dont les deuxième et troisième sont nouveaux.
Ils ont ensuite isolé quatre nouveaux alcaloïdes (Tetrahedr. L. 21 : 3363-3366 (1980)) : hydroxy-
19 ibophyllidine, hydroxy-19 R épi-20 ibophyllidine, hydroxy-19 S épi-20 ibophyllidine et hydroxy-18
épi-20 ibophyllidine.
Par la suite, la même équipe a isolé un autre alcaloïde nouveau : l’albifloranine (Planta Medica
41 : 72-74 (1981)), puis deux autres alcaloïdes nouveaux : l’hydroxy-19 épi-20 pandoline et la (20 R)
dihydroxy-18, 19 vincadifformine (Planta Medica 41 : 195-207 (1981)).
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
101
1, rameau fleuri (x 2/3), Kappier 1312 (isotype P) ; 2, tube de la corolle étalé, étamines insérées au-dessous de la moitié du tube
(x 4) ; 3, étamine de face (x 8) ; 4, étamine de profil (x 8) ; 5, sépale à trois glandes, face interne (x 6), Jacquemin
1881 ; 6, rameau fructifère ( x 2/3) ; 7, graine, face ventrale ( x 3) ; 8, graine, face dorsale ( x 3), Jacquemin 2112.
Source : MNHN, Paris
102
LUCILE ALLORGE
19. — BONAFOUSIA LORIFERA (Miers) Boiteau et L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Peschiera lorifera Miers, Apocyn. South Amer. : 47 (1878), type Schomburg 138, pro parte ; exclu Hostmann
1312, type de B. albiflora (Miq.) Boiteau et L. Allorge.
Arbuste glabre de 0,6 à 5 m ; tronc de 3 à 4 cm de diamètre, écorce très fine, brun pâle ; Article
du sympode comportant une paire de feuilles assimilatrices isomorphes, une paire de feuilles écailles en
position opposée décussée axillant un rameau relais et une inflorescence ; rameaux grêles légèrement tri-
gones, veloutés au toucher bien que sans pubescence apparente, sans lenticelles.
Feuilles assez coriaces, vert foncé au-dessus, vert pâle en dessous, également veloutées au tou¬
cher, longues de 8 à 12 cm, larges de 4-5 cm ; nervures secondaires espacées de 0,3 à 0,5 cm ; limbe à
marge ondulée, récurrent sur le pétiole, acuminé ; Acumen arqué long de 1 à 1,5 cm ; pétiole long de
0,5 à 0,7 cm.
Inflorescence pauciflore de 3 à 7 fleurs, portée par un court pédoncule de 0,1 à 0,3 cm, pédicelles
très grêles, de 1 cm de long ; bractées ciliées sur le bord. Calice à sépales triangulaires, de 0,1 cm, ciliés
sur le bord avec trois glandes à leur base interne ; Fleur blanche à tube rose à la base, odorante, à
lobes perpendiculaires au tube et nettement plus longs que celui-ci (1,5 cm contre 0,9 cm) ; Étamines
insérées au-dessus de la moitié du tube ; Anthères lancéolées, de 0,2 cm de long ; Indûment infrastami-
nal au niveau des parties stériles de l’étamine et s’étendant sur une longueur égale, en dessous de l’éta¬
mine. Gynécée à ovaire triangulaire, haut de 0,1 cm, à disque saillant sur plus de sa moitié ; Style long
de 0,4 cm ; clavoncule à collerette horizontale, corps pentagonal et deux appendices égaux au tiers du
corps de la clavoncule.
Fruit à deux méricarpes réniformes arqués, acuminés, longs de 4 cm, larges de 1 cm, veloutés au
toucher, à crêtes latérales nettes, vert pâle devenant brun et sec à maturité. Pédicelle élargi sous le
fruit. A ri lie blanc n’entourant pas totalement la graine ; Graines sillonnées sur la face dorsale.
Embryon à radicule infère deux fois plus longue que les cotylédons. PI. 44.
Type : Schomburg 138 (21), Holo- BM ; iso- P.
Brésil, Guyana, Surinam.
20. - BONAFOUSIA RUPICOLA (Benth.) Miers.
Apocyn. South Amer. : 52 (1878).
— Tabernaemontana rupicola Benth., Journ. Bot. (Hook.) 3 : 243 (1841) ; A. DC, Prodr. 8 : 362 (1844) ; Muell.
Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 74 (1860)
1) type Schomburg 898
2) var. poeppigii, Muell. Arg., loc. cit. type Poeppig 2504
3) var. oblongifolia Muell. Arg., loc. cit., type Lusitan, P.
(Miers met en synonymie cette variété avec son espèce nouvelle : Bonafousia rariflora, bien qu’il n’ait pas vu
l’Herbier Lusitan, P).
4) var. sprucei Muell. Arg., loc. cit., type Spruce s. n°.
(Miers met en synonymie cette variété avec son espèce nouvelle : Bonafousia polyneura bien qu’il n’ait également
pas vu Spruce s. n°, rio Negro, mais seulement Spruce 1758).
— Anacampta rupicola (Benth.) Mgf, Pulle, Fl. Surin. 4 (1) : 452 (1937) ; Notizbl. Bpt. Gart. Berlin 14 : 163
(1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. 3 : 80 (1947).
— Tabernaemontana sessilifolia Kl., Rich. Schomb. Reisen Brit. Guy. 3 : 952 (1848).
— Bonafousia polyneura Miers, Apocyn. South Amer. : 53 (1878) ; type Spruce 1758, P G K.
— Tabernaemontana, subg. Peschiera, sect. 5, Merizadenia, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 240 (1948).
Source : MNHN, Paris
1, rameau fleuri (x 2/3); 2, bouton (x 2) ; 3, fragment de corolle montrant l’indument infrastaminal (x 4) ; 4, gynécée
(x 6) ; 5, face interne du sépale et glandes (x 6), Irwin et ai, 54525 ; 6, rameau fructifère (x 2/3), forest dept. Brit
Guyana 4683 (Fanshave 5476) ; 7, graine et son arille incomplet (x 2) ; 8, graine, face dorsale (x 2) ; 9, face ventrale
(x 2) ; 10, embryon (x 4), Fanshave 5476.
Source : MNHN, Paris
104
LUCILE ALLORGE
Arbuste à petit arbre de 1 à 3 m, rupicole. Article du sympode comportant une paire de feuilles
assimilatrices isomorphes et une paire de feuilles écailles axillant un rameau relais et une inflorescence.
Rameaux grêles, à entre-nœuds courts, de 3 à 5 cm de long, à écorce brun clair grisâtre, légèrement tri-
gones.
Feuilles subsessiles, membraneuses à coriaces, lancéolées, atténuées progressivement en long acu-
men de 1 à 1,5 cm de long, asymétrique à la base du limbe avec un seul côté cordé, les côtés les plus
cordés dirigés vers l’inflorescence ; à nervures serrées espacées de 0,3 à 0,5 cm, à nervures tertiaires fré¬
quentes ; vert brillant au-dessus, vert mat en dessous, mesurant 9 à 11 cm de long sur 2,5-3,5 cm de
large, sessiles, cordées à la base, asymétriques.
Inflorescence pluriflore de 8 à 10 fleurs en cyme condensée, pédoncule long de 0,5 cm. Fleur
blanche à pédicelle grêle long de 0,8 cm, rosé ainsi que les sépales et le tube corollin. Sépales obtus,
ciliés sur le bord, longs de 0,2 cm, munis à leur base de 2-3 glandes. Lobes de la corolle obliques,
oblongs, diaphanes, longs de 1,2 cm, plus longs que le tube de 1 cm, renflé à sa base et un peu au
niveau des étamines incluses au niveau de la gorge ; Indûment infrastaminal s’achevant au niveau des
« queues » des étamines et formant un anneau de poils au niveau de la clavoncule. Carpelles obtus,
surmontant un disque saillant et costulé ; style grêle de 1 cm de long ; clavoncule avec collerette basale
horizontale, corps pentagonal et deux appendices très courts.
Fruit à deux méricarpes réniformes, longs de 2,5 cm, larges de 1,3 cm, acuminés, vert-rougeâtre
à maturité. Arille blanc, incomplet autour de la graine ; Graines à canelures aiguës particulièrement fes¬
tonnées. Embryon à radicule grêle deux fois plus longue que les citylédons. PI. 45.
Type : Schomburg 898, Holo- BM ; iso- P NY K G.
Noms vernaculaires :
Brésil : « jasmin de Praia », « jasmin bravo », « jasmin de igapo », « jasmin do Mato ».
Brésil, Guyana, Guyane fr., Surinam.
Obs. — C. Niemann et J. Kessel ont isolé deux alcaloïdes nouveaux : la rupicoline et la monta-
nine, d’un matériel récolté par Rodrigues sur le rio Negro en Octobre 1959 et d’une autre récolte effec¬
tuée par Raffauf et da Silva, à l’Institut agronomique du Nord, Belem, en octobre 1961. L’espèce, étu¬
diée sous le nom de Tabernaemontana rupicola Benth., a fait l’objet d’une recherche sur les feuilles et
tiges, à partir d’un extrait à l’éthanol préparé par Smith, Kline and French Laboratories.
Cette espèce comporte trois variétés : la variété typique à feuilles larges de 2,5 à 3 cm, une
variété à feuilles étroites de 1,5 à 2 cm, falciformes (var. versicolor) (Tabernaemontana versicolor
Woodson) et une variété à fleurs très larges à la base et feuilles cunéiformes à la base (var. oblongifolia
Muell. Arg.).
CLÉ DES ESPÈCES
1. Feuilles asymétriques à leur base avec un côté du limbe cordé, l’autre lancéolé ; Fleurs à tube large de 0,3 cm,
à sa base.
2. Feuilles d’environ 3 cm de large. i. var rMp / co / fl .
2'. Feuilles d’environ 1,5 cm de large. 2 . var. versicolor.
1'. Feuilles cunéiformes à leur base ; Fleur à tube large de 0,6 cm, à sa base. 3. var. oblongifolia.
2. var. versicolor (Woods.) L. Allorge, comb. nov.
Tobejnaemmana versicolor Woodson, Bull. Torrey Bol. Club 75 : 559 (1948), type Maguire et Fanshawe
23482 , Holo- NY, iso- K G MO.
Source : MNHN, Paris
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, bouton (x 3), de Granville 1933 ; 3, fragment de corolle (x 3) ; 4, gynécée (x 3) ; 5, calice
(x 6) ; 6, clavoncule (x 8) ; 8, étamine de profil (x 8), Schomburg 898, type ; 9, fruit (x 2/3), Forest depi. 6886,
Guyana ; 10, graine, face dorsale (x 3) ; 11, graine, face ventrale (x 3) ; 12, détail d’une crête (x 8) ; 13, embryon
(X 3), Mello 1491.
Source : MNHN, Paris
106
LUCILE ALLORGE
Ne diffère de la var, typique que par des feuilles plus discolores, plus coriaces et deux fois plus
étroites (1,5 cm). Fleur identique. Fruit inconnu.
Brésil, Guyana.
Guyana : Maguire et Fanshawe 23482, Potaro riv. below Tukeit, 16.5.1944 (fl.) NY K GH MO,
type var.
3. var. oblongifolia Muell. Arg.
Fl. Bras. 6 (1) : 75 (1860).
— Bonafousia rariflora Miers, Apocyn. South Amer. : 53 (1878), type : Spruce 1005 ?, BM.
Feuilles cunéiformes à la base. Fleur à tube deux fois plus large à la base que la var. typique
(0,6 cm contre 0,3 cm), à lobes de 2,2 cm de long.
Fruit inconnu.
Brésil.
Type : Lusitan s. n°, communiqué par Geoffroy, Holo- P.
21. BONAFOUSIA DISTICHA (A. DC) Boiteau et L. Allorge
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 340.
— Tabernaemontana disticha A.DC, Prodr. 8 : 362 (1844), type ; s. nom de coll., Cayenne, G, Herb. A.DC.
— Taberna disticha (A.DC) Miers, Apocyn. South Amer. : 64 (1878).
— Anacampta disticha (A.DC) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 162 (1938).
— Tabernaemontana subg. 3, Bonafousia, sect. 8, macrosolen, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 242 (1948).
Arbuste frêle de 1 à 3 m. Rameaux très grêles légèrement trigones, à lenticelles brunes, dernier
entre-nœud comprimé et sans lanticelles. Article du sympode comportant une paire de feuilles assimila¬
trices isomorphes, une paire de feuilles écailles axillant un rameau relais et une inflorescence. Toutes les
inflorescences sont dressées sur le rameau plagiotrope.
Feuilles glabres, elliptiques de 11 à 20 cm de long sur 3,5 à 6 cm de large, à limbe coriace un
peu ondulé sur le bord, décurrent sur le pétiole, à nervures secondaires espacées de 0,7 à 1 cm, acu-
miné. Acumen linéaire arqué long de 1 à 1,5 cm. Pétiole long de 0,5 à 1 cm.
Inflorescence en cyme condensée de 4 à 7 fleurs, beaucoup plus courte que les feuilles assimila¬
trices. Fleurs à odeur forte évoquant celle de la punaise (Cremers 6687). Calice à sépales ciliés sur le
bord, obtus avec 3-4 glandes à leur base. Lobes de la corolle dressés, longs de 1,3 cm, jaunes à gorge
orange ; tube mauve-lilas à sa base puis blanc, long de 3 cm, glabre alors que la partie découverte des
lobes dans le bouton est pubescente. Indûment infrastaminal au niveau de la partie basale stérile des
étamines. Étamines insérées vers le milieu du tube. Gynécée à ovaire comportant un disque adné à sa
moitié inférieure, haut de 1,5 mm ; style de 1,7 cm surmonté d’une clavoncule haute de 1 mm, à colle¬
rette basale remontante entière et deux appendices égaux au tiers du corps clavonculaire.
Fruit jaune à maturité, formé de deux follicules peu arqués, fusiformes, longs de 4,5 cm sur
1 cm de large, à crêtes latérales. Graines brunes sillonnées et à testa à cellules concaves. PI. 46.
Type : s. nom de coll., Cayenne ; Holo- G, Herbier A.DC.
Guyana, Guyane fr., Surinam.
Obs. — Les alcaloïdes du Bonafousia disticha (Anacampta disticha) (A.DC) Mgf ont fait l’objet
d’une communication au colloque international C.N.R.S.-O.R.S.T.O.M., Nouméa, en 1980 (Substances
Source : MNHN, Paris
PI. 46. — BONAFOUSIA D1STICHA (A. DC) Boileau et L. Allorge.
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, détail de l’apex (x 2) ; 3, corolle (x 3) ; 4, fragment de corolle (x 3) ; 5, étamines (x 6) ; 6,
gynécée (x 3) ; 7, davoncule (x 8) ; 8, ovaire et calice (x 4), Hallé, F., 533 ; 9, fruit (x 2/3) ; 10, graine, face ventrale
(x 3) ; 11, graine, face dorsale (x 3) ; 12, détail de la graine, face dorsale (x 8), Moretti 40.
Source : MNHN, Paris
LUCILE ALLORGE
naturelles d’intérêt biologique du Pacifique, Paris, éd. C.N.R.S., 1981). Cette plante est encore actuel¬
lement en cours d’étude à Châtenay-Malabry, par Miet C., Kunesch N. et Poisson J. Le matériel a été
récolté par Moretti C., en Guyane. Les écorces de tronc ont fourni l’ibophyllidine, la déséthylibophylli-
dine et l’hydoxy-19 ibophyllidine.
SOUS-GENRE MERIZADENIA (Miers) L. Allorge, comb. nov.
— Merizadenia Miers, Apocyn. South Amer. : 78 (1878).
— Tabernaemontana, subg. Peschiera, sect. 5 Merizadenia, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 240 (1948).
Article du sympode non constant, comportant une à trois paires de feuilles assimilatrices plus ou
moins isomorphes, et une paire de feuilles écailles axillant l’inflorescence et le rameau relais.
Arille blanc, incomplet, excepté chez B. siphilitica, où il entoure complètement la graine.
Bouton présentant une torsion du tube de la corolle au-dessus des étamines, sans écailles supra-
staminales.
Rameaux trigones ou tricostulés sauf chez B. siphilitica où ils sont cylindriques.
Sympodii articulus 1-3 fere similium foliorum pares et 1 squamarum parem gereus, squamae
inflorescentiam articulumque sequentem subtententes. Arillus albus incompletus (B. siphilitica excepto
cujus arillus sementotum includit). Alabastrum tubo infra staminum contorto. Caules trigonae vel tri-
costatae (B. siphilitica excepto).
Espèce-type : Merizadenia sananho (R. et P.) Miers.
22. BONAFOUSIA SANANHO (Ruiz et Pavon) Mgf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 166 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. : 81 (1947)
(non Bonafousia sananho (Ruiz et Pavon) Mgf, Woodson et Schery, Ann. Missouri Bot. Gard. 28 : 365 (1942), ni
Norwick, Ann. M. Bot. Gard. 57 : 65, pl. 1 (1970) = Bonafousia panamensis Mgf, Boiteau et L. Allorge,
Ann. Missouri Bot. Gard. 68 : 677, pl. 1 (1981).
— Tabernaemontana sananho Ruiz et Pavon, Fl. peruv. et chilien. 2 : 22. tab. 144 (1799) ; A.DC, Prodr. 8 : 363
(1844) ; Mac Bride, Field Mus. Bot. 13 : 409 (1959).
(non T. sananho R. E. Schultes, Journ. Ethnopharm. 1 : 188 (1979), tab. 11 = Bonafousia siphilitica (L.f.) L. Allorge
Mgf var. hirtula (Mart. ex Mueil. Arg.) L. Allorge).
— Merizadenia sananho (Ruiz et Pavon) Miers, Apocyn. South Amer. : 78 (1878).
— Tabernaemontana speciosa Poiret, Encycl. Meth. Dict. suppl. 5 (1) : 275 (1817). Type : Poiret, P.
— Bonafousia speciosa (Poiret) Boiteau, Phytologia 31 (3) : 246 (1975).
— Tabernaemontana poeppigii Mueil. Arg., Linnaea 30 : 405 (1860) ; type : Poeppig 1923, V.
— Taberna poeppigii Miers, Apocyn. South Amer. : 63 (1878).
— Merizadenia amplifolia Miers, loc. cit. : 79, pl. 11 (1878).
(non syn. Tabernaemontana macrophylla Poiret, Encycl. Meth. Sup. : 279 (1817) ; A.DC, Prodr. 8 : 374 (1844),
comme l’indique Miers = Macoubea guianensis Aublet).
Arbre de 3 à 17 m ; écorce brun clair, écailleuse. Rameaux trigones à côtes plus accentuées juste
sous les pétioles. Article du sympode comportant 1 à 3 paires de feuilles assimilatrices* une paire de
feuilles écailles axillant un rameau relais et une inflorescence.
Feuilles vert-jaune brillant au-dessus, vert pâle en dessous, glabres, longues de 15 à 20 cm, larges
de 6-8 cm, ovales-elliptiques, membraneuses, à 14-16 paires de nervures secondaires peu saillantes, acu-
minées. Acumen triangulaire de 1 à 1,5 cm de long ; Pétiole long de 0,7 à 1,5 cm, sans collerette stipu¬
lais importante.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
109
Inflorescence en cyme plus ou moins pédonculée pluriflore de 10 à 30 fleurs. Pédoncule long de
2 à 4 cm ; pédicelles très courts et grêles, égaux au calice. Calice long de 1 mm, cilié sur la marge avec
3 à 5 glandes à la base des sépales. Lobes de la corolle réfléchis sur le tube et le dépassant, dolabrifor-
mes, frangés sur le bord, blancs (à tache brune quelquefois mentionnée). Tube long de 1,2 à 1,5 cm,
un peu tordu avec un indûment infrastaminal égal à la moitié de la longueur des étamines. Gynécée à
ovaire entouré sur plus de sa moitié par un disque peu saillant ; Style grêle surmonté d’une clavoncule
à collerette basale horizontale très développée, corps pentagonal et deux appendices courts, inférieurs
au 1/4 du corps clavonculaire.
Fruit composé généralement de deux méricarpes globuleux longs de 5-6 cm, larges de 5 cm,
lisses, à crêtes latérales jaune orangé à maturité ; Arille blanc comestible n’entourant pas complètement
des graines brunes à noires, sillonnées sur leur face dorsale. Embryon à cotylédons membraneux à ner¬
vures visibles, aussi longs que la radicule. PI. 47.
Type : Ruiz et Pavon s. n°, Holo- MA ; iso- G (Herb. Boissier), B (Herb. Willd., 5192) OXF.
sous T. arcuata Ruiz et Pavon également, P FI.
Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Guyane fr., Pérou, Surinam, Venezuela.
Noms vernaculaires :
Brésil : « Guarecolo » ; Colombie : « Sanago del altura », « Gravado » ; Équateur :
« Cunap » ; Guyane : en Taki Taki : « Capoua Oui » ; Pérou : « Kunakip », « Sanango macho »,
« Xacu Zanango », « Lobo sanango », « Uchu sanango », « Ucho sanango », « Tahuampa sanango »
et cités par Mac Bride : « Jean sanango », « Lagarto micunan », « sananguillo » ; Venezuela :
« Ibarganacasta ».
USAGES : La racine est utilisée contre les rhumatismes.
Bois : décrit par Williams, Field Mus. Bot. 15 : 428 (1936).
Le nom de « Sanango » est utilisé, accompagné ou non d’épithètes, pour un grand nombre
d’espèces des Tabernaemontanoïdées, dont la plupart appartiennent aux genres Bonafousia et Stenoso-
len. Dès 1799, Ruiz et Pavon rapportaient ce nom, qui est également mentionné par Humbold et Bon-
pland.Mais, d’après R. E. Schultes (Hallucinogenic plants, Ed. Golden press, NY, p. 140-141), ce nom
est également utilisé au Pérou, en Équateur et en Colombie pour Brunfelsia chiricaspi et B. grandiflora
(Solanacées) qui ont des propriétés narcotiques et sont cultivées et employées sous le nom de « Chiric-
sanango ».
23. BONAFOUSIA CHOCOENSIS A. H. Gentry
Ann. Missouri Bot. Gard. 68 : 116 (1981).
Arbuste ou petit arbre de 1 à 2 m ; rameaux à écorce claire plissée, présentant trois côtes saillan¬
tes ; latex blanc peu abondant ; Article du sympode comportant une ou deux paires de feuilles assimila¬
trices plus ou moins hétéromorphes, une paire de feuilles écailles axillant une inflorescence et un ou
deux rameaux relais.
Feuilles glabres sessiles, amplexicaules, elliptiques ou ovales-elliptiques, acuminées, longues de 7-
19 cm, larges de 3,5-9,5 cm. Acumen atténué progressivement, arqué, obtus, long de 0,5 à 1,5 cm ;
nervures secondaires de 8 à 12 paires espacées de 0,7 à 1 cm.
Inflorescence de 1 à 3 fleurs, axillées par 1 à 5 bractées persistantes (par réduction de l’inflores¬
cence). Fleur blanc crème à gorge jaune ; Calice à sépales aigus au sommet, translucides, à nervation
nette, longs de 0,2 cm, munis de 3-4 glandes à leur base interne ; Lobes de la corolle réfléchis sur le
tube, presque aussi long que lui (1 cm contre 1,2 cm). Tube pubescent à l’intérieur en un anneau con¬
tinu, de sa moitié jusqu’à la fin de la partie fertile des étamines, glabres extérieurement ainsi qu’à la
Source : MNHN, Paris
PI. 47. - BONAFOUSIA SANANHO (Ruiz et Pavon) Mgf
'• “p"'?S ,?'■ * 21 ' b «r'“ « <x S ; 4. Fragment de corolle (x 4), * Oron»
embryon (x 2), /tS// ; *■ f *“ * “ <* « : »■««, «ce -entra,. (x 2) ; 7.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
111
base et au sommet du tube ; Étamines sagittées insérées au tiers du tube ; Gynécée à ovaire ovoïde, à
disque peu saillant, à style long de 7 mm, surmonté d’une clavoncule à collerette retombante et de deux
appendices très courts.
Fruit à méricarpes subglobuleux de 3,5 cm de long sur 2 cm de large, à crêtes latérales peu mar¬
quées. Graines de 0,7 à 0,8 cm de long, sillonnées, marquées de petites anfractuosités, albumen ruminé
blanc. PI. 48.
Type : Gentry 9406, Holo- COL ; iso- MO Z.
NOMS VERNACULAIRES :
Équateur : « Guajacan » d’après Schwabe.
Colombie, Équateur.
24. BONAFOUSIA COLUMBIENSIS L. Allorge
Ann. Missouri Bot. Gard. 68 : 679, PI. 2 (1981).
Petit arbre de 3 à 10 m ; écorce gris-brun, crevassée ; rameaux grêles, légèrement trigones ; Arti¬
cle du sympode comportant de 1 à 2 paires de feuilles assimilatrices, 1 paire de feuilles écailles axillant
une inflorescence réduite à un racème et un rameau relais.
Feuilles de 11 à 20 cm de long sur 3 à 5 cm de large, opposées, lancéolées, membraneuses, jaune
clair sur le sec, longuement acuminées. Acumen long de 1 à 2 cm. Pétiole long de 0,5 à 1 cm. Nervures
secondaires nettes sur les deux faces, espacées de 0,5-1 cm.
Inflorescence en racème à bractées persistantes et longues de 1 mm, pauciflore, souvent pen¬
dante, pédoncule subnui, pédicelles longs de 0,3 à 0,5 cm. Fleur blanche à gorge jaune ou orangée.
Bouton à tête sphérique et torsion du tube au-dessus des étamines. Calice à sépales obtus, longs de
0,2 cm, glabres, non ciliés sur la marge, verts, à 3-5 glandes à leur base interne. Lobes de la corolle
réfléchis sur le tube, plus courts de plus de sa moitié, dolabriformes. Tube de 1,5 cm de long à étami¬
nes insérées un peu au-dessus du milieu ; Indûment infrastaminal limité à 5 zones prolongeant le filet
des étamines et égal, en longueur, à celles-ci. Gynécée à ovaire égalant le calice à disque saillant sur la
moitié de sa hauteur, carpelles atténués en style ; clavoncule à collerette basale développée, horizontale
à appendices non visibles.
Fruit jaune, composé de deux méricarpes récurvées de 4 x 2 x 2,5 cm, acuminés, à surface gre¬
nue. Arille blanc, comestible, sucré. Graines brunes à noires, sillonnées sur leur face dorsale ; Embryon
à cotylédons triangulaires longs de 2 mm, radicule droite de 2,5 mm de long. PI. 49.
Espèce proche de B. chocoensis dont elle diffère par des feuilles non sessiles, la fleur et le fruit.
Confondue avec B. tetrastachya par Castaneda, Frutas sivestres de Colombia : 248, PI. 74a (1961), elle
en diffère notamment par les lobes beaucoup plus courts que le tube, et les fruits comestibles.
Type : Castaneda 2799, Holo- MO- ; iso- COL.
Noms vernaculaires :
Colombie : « Azucar », « Azuceno ». Équateur : « Petaquilla ».
Colombie, Équateur, Pérou.
Source : MNHN, Paris
PI. 48. - BONAFOUSIA CHOCOENSIS A. H. Gentry.
1, rameau fleuri (x 2/3) ; 2, détail du départ de l'inflorescence (x 2) ; 3, bouton (x 3) ; 4, corolle (x 2) ; 5, fragment de
corolle (x 3) ; 6, étamine de face (x 8) ; 7, étamine de profil (x 8) ; 8, gvnécée (x 3) ; 9, clavoncule (x 6) ; 10, sépale,
face interne ; 11, ovaire et calice (x 6), Gentry 9406, type ; 12, fruit (x 2/3) ; 13, graine, face ventrale (x 4) ; 14,
graine, face dorsale (x 4), Duke 12220 (3).
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES H3
PI. 49. — BONAFOUSIA COLUMBIENSIS L. Allorge.
1, rameau flor. (x 2/3), Ruiz et Pavon, G, Herb. Boissier ; 2, boulon (x 2), Dodson 5457 ; 3, corolle(x 1), Cazalet et al.,
5166 ; 4, tube du bouton ouvert, indûment infrastaminal (x 4) ; 5, 6, étamine, face et profil (x 6) ; 7, gynécée et calice
(x 6), Dodson 5457 ; 8, fruit sur le rameau (x 2/3), Dodson 6611 ; 9, 10, graine, face ventrale et dorsale (x 2), Dodson
et Mac Mahon 5025.
Source : MNHN, Paris
114
LUCILE ALLORGE
25. BONAFOUSIA PANAMENSIS Mgf, Boiteau et L. Allorge
Ann. Missouri Bot. Gard. 68 : 677, PI. 1 (1981).
— Bonafousia sananho (Ruiz et Pavon) Mgf, pro parte , Woodson et Shery, Ann. Missouri Bot. Gard. 29 : 365
(1942) ; Nowicke, Ann. Missouri Bot. Gard. 57 : 64, PI. 1 (1970).
Arbre de 7 m. Rameaux épais, anguleux. Article du sympode comportant 1 à 2 paires de feuilles
assimilatrices, une paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais et une inflorescence.
Feuilles très grandes, pouvant atteindre 50 cm de long sur 18 cm de large ; limbe membraneux,
elliptique, glabre, jaune et un peu discolor sur le sec, avec 18 à 20 nervures secondaires distantes de 3
cm, acuminé et atténué en pétiole ; Acumen triangulaire de 2 à 3 cm de long ; pétiole épais canaliculé à
stipule intrapétiolaire de 3 mm de haut, long de 1-1,5 cm.
Inflorescence en cyme globuleuse de 6 cm de diamètre ; pédoncule épais long de 0,5 à 1 cm ;
bractées ovales-obtuses de 2-3 mm de long x 1 mm de large ; pédicelles de 4-6 mm de long. Fleur blan¬
che à jaune pâle, glabre. Calice à sépales un peu soudés à leur base, oblongs-ovales, obtus, membra¬
neux, inégaux, longs de 1-1,4 cm sur 0,8 cm de large, non ciliés sur la marge, à nombreuses glandes à
leur base interne. Lobes de la corolle obtus, dolabriformes, longs de 0,8-0,9 cm. Tube à étamines insé¬
rées au-dessus de sa moitié et tordu à ce niveau, long de 12-20 cm, glabre, à indûment infrastaminal en
anneau égal à la hauteur de l’étamine. Étamines sagittées à « queues » très courtes. Gynécée à ovaire
long de 1,5 mm avec un disque saillant sur 1 mm à sa base ; ovaire obtus au sommet, style surmonté
d’une clavoncule à collerette basale horizontale développée et corps pentagonal sans appendices appa¬
rents.
Fruit jaune à maturité, calice persistant, à un ou deux méricarpes globuleux peu divergents.
Arille blanc ; graines brunes de 1 cm de long, sillonnées sur la face dorsale ; Embryon droit, cotylédons
triangulaires longs de 0,2 cm, radicule longue de 0,25 cm. PI. 50.
Type : Gentry 6847, Holo- Z ; iso- MO.
Colombie, Panama.
26. BONAFOUSIA SIPHILITICA (L. f.) L. Allorge, comb. nov.
— Echites siphilitica L.f, Suppl, plant. : 167, 1781 (1782, d’après Stafleu et Cowan) ; Schreber, in L. Plantae
surin. : 254, 1785 ; G. Don, Gen. Plant. 4 : 74, 1838 ; Lindman, Arkiv. Fôr Bot. 7 (3) : 5, 1908 ; Arkiv.
for Bot. 9 (6) : 32, 1910.
— Tabernaemontana siphilitica (L. f.) Leeuwenberg, Alcaloids : Chemical and biological perspectives, 1 1983 ;
Journ. Ethno-Pharm. 10 (1) : 17, 1984.
— ? Tabernaemontana nervosa Poiret, Encycl. meth. Suppl. : 275 (1817), s. coll., s. loc., cuit. Paris, Cat. hort.,
pas de type à P ; Roemer et Schultes, Syst. Veg. 4 : 432 (1819).
— Tabernaemontana tetrastachya Humboldt, Bonpland et Kuntz, Nov. Gen. 3 : 227 (1818) ; G. Don, Gen. Syst. :
90 (1838) ; A.DC, Prodr. 8 : 368 (1844) ; Woodson, R. E. jr., Bull. Torrey Bot. Club 75 : 558 (1948) ;
Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 : 411 (1959); Steyermark, Acta bot. Venez. 3 : 153 (1969);
Schultes R. E., Journ. Ethnopharm. 1 : 190 (1979). Type : Bonpland 1469, Holo- P, Herb. H. B. K.
— Malouetia tetrastachya (H. B. K.) Miers, Apoc. South Amer. 92 (1878).
— Bonafousia tetrastachya (H. B. K.) Markgraf in Pulle, Fl. Surinam 4 (1) : 454 (1937) ; Notizbl. Bot. Gart. Ber¬
lin 14 : 167 (1938) ; Pittier, Cat. Fl. Venez. 2 : 304 (1947) ; (non Bonafousia tetrastachya, Castaneda, Frut.
Silv. Colomb. 1 : 248, PI. 74a (1961) = Bonafousia columbiensis L. Allorge).
— Tabernaemontana repanda Meyer, PI. Surin, prim. : 784 (1824) ; Steudel, Nom. bot. ed. 2 : 658 (1841) ;
Lanjouw, Rec. Trav. bot. néer. 32 : 215 (1935) ; Mgf, Pulle, Fl. Surin. 4 (1) : 31 (1937), type : Hotsmann
Source : MNHN, Paris
f c f/err,
PI. 50. — BONAFOUS1A PANAMENSIS Mgf, Boiteau et L. Allorge.
1. rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 2), Gentry 6847 ; 3, corolle (x 2), Croat 22919 ; 4. bouton ouvert et indûment infrasta-
mmal ( x 2) ; 5, étamine de face ( x 6) ; 6, étamine de profil ( x 6) ; 7, gynécée et clavoncule ( x 4) ; 8, sépale et
glandes, face interne (x 2), Gentry 6847 ; 9. fruit, un méricarpe oté (x 2/3), Gentry 6100 ; 10, graine, face ventrale
(x 2) ; 11, face dorsale (x 2) ; 12, embryon (x 2), Gentry et Dwyer 3645.
Source : MNHN, Paris
116
LUCILE ALLORGE
— Tabernaemontana longifolia Bentham, Journ. Bot. Hook. 3 : 243 (1841) ; A.DC, Prodr. 8 : 368 (1844), type :
Schomburg 292.
— Anacampta longifolia (Benth.) Miers, Apocyn. South Amer. : 66 (1878).
— Tabernaemontana guianensis Miquel, Linnaea 18 : 754 (1844), type : Kappler 1627.
— Tabernaemontana guyanensis Muell. Arg., Linnaea 30 : 404 (1860), type : Poiteau s. n°, G.
— Bonafousia guyanensis (Muell. Arg.) Miers, Apoc. South Amer : 51 (1878).
— Tabernaemontana duckei Hubert, Bull. Soc. Bot. Genève 2 ser. 6 : 199 (1915), type : Ducke 2509.
— Tabernaemontana longiflora Rusby, Descr. S.A. pl. : 82 (1920), type : Rusby et Squire s. n°, NY, syn. nov.
— Tabernaemontana cuyabensis Malme, Arkiv. Bot. Stockholm, 21 (A) 6:11 (1927), type : Krukoff 1083, G.
— Tabernaemontana killipii Woods., Ann. Miss. Bot. Gard. 18 : 541 (1931), syn. nov.
— Tabernaemontana tessmannii Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 182 (1938), syn. nov.
— Tabernaemontana, subg. Peschiera, sect. 5 = Merizadenia, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 240 (1948).
Arbuste de 1,5 à 3 m. Rameaux cylindriques verts, lenticellés de blanc. Article du sympode com¬
portant 2 à 5 paires de feuilles isomorphes, 1 paire de feuilles écailles axillant le rameau relais et
l’inflorescence.
Feuilles lancéolées à ovales, de taille variable (8 à 16 cm de long sur 5 à 7 cm de large), à limbe
glabre, atténué à la base, acuminé, plus ou moins coriace, souvent gaufré, à nervures saillantes ; pétiole
long de 0,5 à 1 cm.
Inflorescence unique portée par un fort pédoncule de longueur variable (2 à 6 cm), surmonté de
quatre racèmes à axes trigones sur le frais, sur les angles desquels sont fixées les fleurs disposées en spi¬
rale anguleuse. Bractées persistantes de 0,2 cm de long, aiguës ; bouton à sommet aigu, sans cils sur le
bord recouvrant. Fleur blanche, quelquefois à ocelle brun, odorante. Calice à sépales ciliés, obtus, de
0,4 cm de long, à 6-8 glandes à leur base. Lobes de la corolle aussi longs que le tube (2 cm environ),
perpendiculaires à celui-ci et ondulés. Tube tordu au niveau des étamines mais ne présentant pas de
crêtes suprastaminales. Gynécée à disque saillant sur l’ovaire, atténué en style long de 1,5 cm, surmonté
d’une clavoncule à collerette basale horizontale et de deux appendices courts.
Fruit à deux méricarpes oblongs-aigus, acuminés, à péricarpe finement granuleux, longs de
3,5 cm sur 1,5 cm, à crêtes latérales. Arille blanc, non comestible, à odeur de souris, entourant complè¬
tement la graine noire à testa ruminé et à ailes concentriques aiguës. Embryon à cotylédons subrectan¬
gulaires à radicule presque deux fois plus longuequ’eux, Pl. 51.
Lecto-type : Dalberg s. n°, Surinam. Holo- S, herb Alstr. n° 78 ; iso- UPS-THUNB. 6156.
Noms vernaculaires :
« Barba de Zontra » (brésilien) ; « Bois-Lait » (français) ; « Razier capiaï » (créole) ; « Kapoua
tiki ou Capoua-oui » (indien taki-taki) ; cités par Markgraf (1937) : « Wako » (Kar.) « Kapoea kra-
roen) ; « Abuti abud », « Melki tiki » (Surinam) ; (Meliki tiki, qui signifie arbuste à lait, s’applique à
Bonafousia undulata en Guyane).
Par son architecture et ses rameaux cylindriques, par la torsion du tube floral au niveau des éta¬
mines et enfin par son arille complet, cette espèce s’apparente aux Stemmadenia. Ce qui l’en distingue
est l’absence de crêtes suprastaminales propres au genre Stemmadenia et la couleur de l’arille qui est
blanc comme chez les Bonafousia alors qu’il est orange ou rouge chez les Stemmadenia.
Un échantillon d’Aublet existe à Paris dans l’Herbier J. J. Rousseau, mais Aublet l’a déterminé
et confondu avec Tabernaemontana laurifolia L. et cité comme tel (Hist. pl. Gui. fr. 2 : 265 (1775).
En 1775, Linné in Plantae Surinamenses décrit deux espèces dans les termes suivants :
32. Echites 78 angularis. Jacq. amer. t. 53 an?
Corolla annulo elevato circum umbilicum.
33. Echites 126 nova. Arbor. Folia opposita ovata, subpetiolata, costata. Corolla alba. Stigma Vincae.
Inflorescentia brevis, fasciculata e spicis. Fructus ignotus. Decoctum contra Syphylitidem.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
117
I, rameau fleuri (x 2/3), Wachenheim 435 ; 2, gynécée (x 4) ; 3, fragment de corolle et indûment infrastaminal (x 4) ; 4, face
interne du sépale et glandes ( x 4) ; 7, graine de profil sans l’arille ( x 4) ; 8, 8', embryon vu de face et profil ( x 4),
Sasire et Moretti 3815.
Source : MNHN, Paris
118
LUCILE ALLORGE
Linné ne donne pas de nom à sa seconde espèce, et si l’on sait de quel pays provient comme le titre de
son ouvrage le mentionne : le Surinam, il n’y a pas de nom de collecteur.
Dans l’herbier Linné de Londres, il n’y a pas de n° 78, et la réf. : Jacq. ament. 53 est fausse
(voir Lindman, 1909). Mais il y a par contre deux n° 126 :
1) Linn, 298-1, Allamanda cathartica.
2) Linn. 302-3 écrit Echites siphilitica par Linné, avec au verso le même texte que celui qu’il a
publié (voir ci-dessus) de sa main. L’écriture nous a été confirmée par Dr C. E. Jarvis, Research Fel-
low, Linnean Society Typification Project. Ces 2 espèces ne sont pas valables au regard du Code de
Nomenclature.
En 1782, son fils (L.f.) va redécrire deux espèces :
1) Echites annularis L.f., liane récoltée par Dalberg au Surinam, dont la description est tout à fait con¬
forme au Prestonia annularis (L.f.) G. Don (1838), avec en particulier un grand calice
foliacé.
2) Echites siphilitica L.f. arbre latescent récolté par Dalberg au Surinam. L.f. fait une description bien
plus précise que celle de son père, en particulier en ce qui concerne l’inflorescence, divisée en
deux rameaux, ceux-ci divisés en deux épis, et la description du fruit.
On sait que l’Herbier de Linné f. est à Stockholm, incorporé à celui d’Alstrômer (Lindman,
1908) : il lui en avait fait don à sa mort en raison d’une dette (le baron Alstrômer lui ayant avancé
l’argent de son voyage en Angleterre). Il existe deux échantillons à Stockholm : un n° 78 et un n° 126
qui portent tous les deux la mention « Dahl a Linné p. ». Dahl était l’assistant de Alstrômer, les n°
sont écrit de sa main, ainsi que sur le n° 78 la précision suivante : Dalberg, Surinam. Par ailleurs,
Lindman a recopié, sur ces deux numéros, la description de Linné (1775). Est-ce Dahl qui a fait une
erreur de numéro ? Le fait est là, la description le montre, L.p comme L.f. indiquent que Echites siphi¬
litica est un arbre. Il y a eu inversion des deux numéros, l’échantillon de la plante 78 correspond en
fait à la description du 126 de L.p et à celle de L.f. qui, lui, n’avait pas donné de n°, ce n° est donc
postérieur à L.f.
Bolivie, Brésil, Colombie, Guyana, Guyane fr., Pérou, Surinam, Venezuela.
Cette espèce prend, selon sa localité, des formes différentes qui existent également dans les for¬
mes de jeunesse.
En Guyana et au Surinam, les feuilles sont longues et étroites, en Guyane, elles sont gaufrées et
larges, au Pérou, elles sont très grandes (de 30 sur 11 cm), mais il y a toutes les formes de transition.
Ces formes ont été décrites respectivement comme T. longifolia Benth., T. guianensis Miq. et B. tess-
mannii Mgf ; un matériel beaucoup plus abondant permet actuellement de dire que ce ne sont pas
même des variétés. Par contre, la plante décrite par Muell. Arg. comme T. hirtula avec des pétioles,
jeunes rameaux et pédoncules pubescents, peut être considérée comme une variété de même que le
T. juruana K. Schum. ex Mgf.
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Plante entièrement glabre.
2. Pédoncule floral de plus de 2 cm, atteignant souvent 5 cm, épais, inflorescence di- à tétrastachiale compor
tant de nombreuses fleurs. 1 . V ar. si p hmtica
2 . Pédoncule floral court, de moins de 2 cm, grêle, inflorescence réduite à une dizaine de fleurs.
. 2. var. juruana var. nov
Plame donI les jeunes rameaux, pétioles, pédoncule et pédicelles floraux sont pubescents.
. 3. var. hirtula var. nov
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
119
Usages : Les Bonis, en Guyane, l’emploient en bains contre les rhumatismes ; l’infusion des
écorces est également utilisée par les Indiens pour lutter contre les douleurs (antalgique).
Obs. — Ce Bonafousia a fait l’objet de plusieurs publications de Damak, M., et al. (voir
Damak, M., Thèse es-Sciences Physiques, Orsay-Sud : 1977, Analyse structurale et conformationnelle
d’alcaloïdes isolés de Bonafousia tetrastachya (H. B. K.) Mgf (Apocynacées)). Il a été isolé 4 alcaloïdes
de type corynane : tétrahydroalstonine (—) apparicine ou péracalline, pléïocarpamine et geissoschizine ;
3 alcaloïdes de type ibogane (—) coronaridine, voacangine et isovoacangine ; 2 alcaloïdes de type aspi-
dosperme : (—) vincadifformine et tubotaïwine. Comme alcaloïdes nouveaux, il a également été isolé 1
alcaloïde monomère : (—) hydroxy-12 vincadifformine, des alcaloïdes dimères : bonafousine et isobona-
fousine, bis (hydroxy-11 coronaridinyI)-12, tétrastachyne, tétrastachynine, soit 6 alcaloïdes nouveaux.
2. var. juruana (K. Schum. ex Mgf) L. Allorge, comb. nov.
— Bonafousia juruana K. Schum. ex Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 181 (1938).
— Tabernaemontana juruana K. Schum. : Bot. Jahrb. 40 : 136 (1907), nomen nudum.
Bolivie, Brésil, Colombie, Pérou, Venezuela.
Ne diffère de la variété type que par les caractères mentionnés dans la clé.
Type de la var. : Ule 5178 (Herb. bras. : 26887) ; Holo- R, iso- K G.
3. var. hirtula (Mart. ex Muell. Arg.) L. Allorge, comb. nov.
—Tabernaemontana hirtula Mart. ex Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 73 tab. 24 (1860).
— Anacampta hirtula (Mart. ex Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 67 (1878).
— Bonafousia hirtula (Mart. ex Muell. Arg.) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 166 (1938).
— Tabernaemontana sananho (R. et P.) Schultes, Journ. Ethnopharm. 1 : 188, fig. 11 (1979).
Brésil, Colombie, Pérou, Venezuela.
Ne diffère de la variété type que par les caractères cités dans la clé.
Type de la var. : Martius s. n°, lectotype, K.
Source : MNHN, Paris
120
LUCILE ALLORGE
WOYTKOWSKIA Woodson
Ann. Missouri bot. Gard. 47 : 74-76 (1960) ; Boiteau et Sastre, Adansonia, sér. 2, 15 : 244-245 (1975).
Woytkowskia est le genre le plus récemment créé dans la sous-famille des Tabernaemontanoï-
dées. On doit à Woodson (1960) la description du genre et de l’espèce type, Woytkowskia spermato-
chorda Woods., et son illustration (loc. cit. : PI. 1), qui fut malheureusement effectuée à partir d’un
matériel d’herbier fort pauvre, un échantillon comportant trois fleurs en bouton et un fruit. Le fruit
diffère nettement de celui des autres Tabernaemontanoïdées par la longueur de ses deux follicules fusi¬
formes atteignant 20 cm.
La description de Woodson comporte quelques incertitudes dont la plus importante concerne la
texture de l’arille qu’il décrit « arillo sicco papyraceo ». Nos nombreuses observations et la comparai¬
son entre les fruits frais et les fruits secs, nous ont montré un arille ne devenant papyracé que par suite
du séchage, dans tous les cas observés ; cet arille doit donc être comparable à l’arille de toutes les
autres Tabernaemontanoïdées II n’y a pas d’observation du collecteur Woytkowsky sur l’arille frais et
sa couleur. L’arille n’entoure pas complètement la graine, comparable en ce point à celui des Bonafou-
sia. D’autre part, les lobes corollins sont bien invaginés comme l’illustre Woodson, mais sont également
torsadés entre eux et non indépendants l’un de l’autre, il ne s’agit donc pas là d’un caractère générique.
Par son architecture comportant deux à trois paires de feuilles par article et une inflorescence solitaire,
le genre se rapproche des Anartia et Bonafousia.
Une autre espèce, rattachée précédemment par Markgraf (1938) aux Anacampta : A. kuhlmannii
Mgf, a des fruits identiques par leur forme et leurs dimensions, et la fleur est également très proche.
Cette espèce doit donc être rattachée au genre Woytkowskia.
Ce genre se distingue des autres Tabernaemontanoïdées par son fruit grêle, long de 18-20 cm et
les lobes de sa corolle très courts par rapport au tube dont ils représentent le 1/10'. Chez Anartia
meyeri (G. Don) Miers, espèce dont les lobes sont proportionnellement les plus courts par rapport aux
autres Tabernaemontanoïdées, la longueur de ceux-ci représente encore le 1/5' de celle du tube de la
corolle.
Ce genre est localisé au pourtour de l’Amazonie avec une espèce de forêt primaire à feuilles
membraneuses et une espèce ripicole à feuilles coriaces.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Feuilles acuminés, membraneuses à bord du limbe droit ; tête du bouton, elliptique, plus large (2 mm) que lon¬
gue (1 mm). w. spermatochorda.
2. Feuilles cuspidées, coriaces, à bord du limbe révoluté ; tête du bouton, conique, plus longue (3 mm) que large
( 2 mm ). W. kuhlmannii.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÊES AMÉRICAINES
121
1. WOYTKOWSKIA SPERMATOCHORDA Woodson
Ann. Missouri bot. Gard. 47 : 74-76 (1960), fig. 1 (voir PI. 52).
Subarbuste de 1 à 2 m à rameaux grêles, cylindriques, bruns. Article du sympode comportant
deux paires de feuilles assimilatrices dont la deuxième est fortement anisophylle, et une inflorescence en
cyme.
Feuilles elliptiques, brusquement acuminées, à acumen linéaire de 1,5 cm de long et à limbe de
9-20 cm de long sur 5-9 cm de large, membraneux, glabre ; pétiole de 0,5 à 0,9 cm de long.
Inflorescence en cyme de 7-9 fleurs vert crème, à tête de bouton plus large que haute (2 mm x
1 mm), à lobes s’enfonçant en torsade dans la gorge ; Calice à sépales obtus, non ciliés sur le bord, de
3 à 4 mm de long avec 4-5 glandes à leur base ; Tube de la corolle de 2 à 2,5 cm de long, à base élar¬
gie, glabre extérieurement, indûment infrastaminal localisé au niveau des « queues » des étamines seule¬
ment. Lobes courts de 3 mm de long ; anthères à « queues » longues et fines atteignant le quart de leur
longueur, incurvées. Gynécée à disque saillant sur l’ovaire ; Style surmonté d’une clavoncule à collerette
horizontale et de deux appendices.
Fruit à deux follicules de 18 à 20 cm de long sur 0,5 cm de large, acuminés, contenant une quin¬
zaine de graines, non entourées totalement par l’arille, laissant apparente la face dorsale de la graine ;
graine de 0,7 cm de long, sillonnée sur sa face dorsale. PI. 52.
Type : Woytkowski 5338, holo- MO, iso- P.
Colombie, Pérou.
2. WOYTKOWSKIA KUHLMANNII (Mgf) L. Allorge, comb. nov.
— Anacampta kuhlmannii Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem, 14 : 179 (1938).
— Anacampta tenuicornuata Mgf, Bradea, 3 (11) : 77 (1980), fig. a et b, type : Cordeiro 93, holo- Z, iso- IPEAN.
(PI. 53), syn. nov.
Subarbuste de 2 m à rameaux cylindriques, brun-rougeâtres, non grêle. Article du sympode com¬
portant 1-3 paires de feuilles ± isomorphes et une inflorescence pseudo-terminale, en cyme.
Feuilles elliptiques, coriaces, à bord révoluté, cuspidées, à acumen linéaire de 1 cm, à limbe de
13 à 22 cm de long sur 5-11 cm de large, glabre. Pétiole de 0,5 à 1 cm de long.
Inflorescence en cyme bipare ; fleur très coriace, longue de 3 cm ; bouton floral à tête plus
haute que large (3 mm x 2 mm), conique ; à calice de 0,5 cm de long, à sépales obtus non ciliés sur le
bord, à 4 glandes à la base interne. Tube de la corolle de 2,7 cm, élargi à la base, glabre extérieure¬
ment ; Indûment infrastaminal localisé à la hauteur des « queues » de l’étamine s’étendant un peu en
dessous ; anthères à « queues » longues et fines, récurvées. Lobes dilatés sur la droite, de 0,5 mm de
long. Gynécée à disque saillant sur l’ovaire, style surmonté d’une clavoncule à collerette horizontale et
de deux appendices.
Fruit à deux follicules de 18 à 20 cm de long sur 0,5 mm de large, cylindriques, contenant une
vingtaine de graines, que n’entoure pas totalement l’arille ; graines de 5 mm de long sur 2 mm de
large, sillonnées sur leur face dorsale ; Embryon droit à radicule plus longue que les cotylédons (2,5
mm contre 2 mm). PI. 53.
Type : Kuhlmann 609, (herb. R : 21843) Holo- R.
Bolivie, Brésil.
Source : MNHN, Paris
122
LUCILE ALLORGE
PI. Si. — WOYTKOWSKIA SPERMATOCHORDA Woodson, loc. cil. ,
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
123
PI. 53. — WOYTKOWSKIA KUHLMANNII (Mgf) L. Allorge, comb. nov.
Photo de l’Holo-type, obligeamment communiquée par Markgraf.
Source : MNHN, Paris
124
LUCILE ALLORGE
PESCHIERA A.DC
Prodr. 8 : 360 (1844) ; Miers, Apocyn. S. Amer. 32 (1878) ; Markgraf, Notizbl. bot. Gart. Berlin 14 : 171-174
(1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. : 82-83 (1947) ; MARKGRAF, Reitz, Fl. ill. Cat. : 40-48 (1968) ;
Ezcurra, Darwiniana 23 : 441 (1981) ; Henriquez, A., Thèse Sciences Physiques Paris-Sud (1981).
— Tabernaemontana L. sect. Peschiera (A.DC) Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 78 (1860).
— Tabernaemontana L. subg. Peschiera, sect. Stenosolen, Pichon, Not. Syst. 13 : 236-238 (1947).
Le genre Peschiera fut établi sur trois espèces par A. de Candolle : P. echinata (Aubl.) A.DC,
P. hystrix (Steud.) A.DC et P. muricata (Link ex Roem. et Schult.) A.DC.
D’après l’auteur, la première espèce est typifiée par la description et la Planche 103 d’Aublet,
Hist. PI. Guiane fr. 1 : 263 (1775).
La deuxième est typifiée par la Planche 17 de Vellozo, Fl. Flum. 3 (1827).
La troisième espèce, par une plante de l’Herbier Link-in herb. Willedenow à Berlin, n° 5190
(= P. lirtkii (A.DC) (Miers).
Mueller d’Argovie (1860) réduit ce genre à une section du genre Tabernaemontana sensu lato,
mais Miers le rétablit en 1878 en lui adjoignant 36 autres espèces.
Markgraf (1938) mentionne 26 espèces, beaucoup d’espèces de Miers tombant en synonymie, et
désigne comme espèce-type : Peschiera hystrix (Steud.) A.DC. Mais, trente ans plus tard (1968), le
même auteur in Reitz, Fl. ill. Cat. : 40, mentionne comme espèce-type Peschiera echinata (Aublet)
A.DC ; ceci est d’autant plus curieux qu’en fait, bien que A.DC la mentionne en premier, Markgraf en
1938 l’avait éliminée du genre Peschiera et rattachée au genre Anacampta.
Pichon (1948) réduit de nouveau ce genre au genre Tabernaemontana sensu lato, rattachant
ensemble dans une section Stenosolen, les genres Peschiera et Stenosolen.
Mais récemment, dans la révision des Apocynacées d’Argentine, Escurra (1981) reprend ce genre
et la chimiotaxonomie semble bien confirmer l’individualité de ce genre puisque Gottlieb (1982) dans
son tableau 9 indique qu’il n’y a pas été trouvé d’alcaloïdes de type Aspidosperma alors qu’il men¬
tionne 19,7 °7o chez Tabernaemontana, 22,2 °7o chez Stemmadenia et par contre, comme l’indique Hen¬
riquez (1981), l’olivacine n’a été observée jusqu’ici que chez Aspidosperma, Peschiera et Stenosolen.
DESCRIPTION DU GENRE
Arbustes ou arbres ne dépassant pas 20 m de haut. Article du sympode comportant 6 à 8 paires
de feuilles isomorphes assimilatrices, une paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais, et
une à trois inflorescences en cyme plus ou moins pluriflores.
Fleur petite ne dépassant pas 3 cm, à tube renflé à la base au niveau de l’insertion des étamines,
s’atténuant ensuite progressivement jusqu’à la gorge sans autre élargissement. Étamines insérées à la
base du tube, ne présentant pas de cal au-dessus des étamines, sagittées, à filet proéminent dans le tube
infère, glabre. Indûment suprastaminal caractéristique, s’étendant généralement plus ou moins à la
gorge et à la surface supérieure des lobes. Ovaire sans disque apparent. Style court sensiblement égal à
l’ovaire. Clavoncule à collerette basale plus ou moins importante, divisée en 5 ou 10 segments. Appen¬
dices clavonculaires pouvant égaler le corps de la clavoncule.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
125
Fruit à deux méricarpes déhiscents, verruqueux ou équinés. Nombreuses graines non entourées
complètement d’un arille orange ou rouge.
Espèce-type : Peschiera hystrix (Steud.) A.DC.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Fruit verruqueux ou lisse sans aiguillons manifestes.
2. Fruit verruqueux. Fleur à tube de la corolle deux fois plus large à la base qu’à la gorge et lobes de longueur
supérieure à la moitié du tube.
3. Sépales non ciliés sur le bord.
4. Feuilles asymétriques, nervures médiane arquée et limbe plus large d’un côté de la nervure que de
5. Lobes entièrement pubescents. 1. P. arcuala.
5'. Lobes partiellement glabres. *
6. Lobes pubescents sur leur nervure médiane. 2. P. buchtieni.
6'. Lobes pubescents de la gorge à leur moitié. 3 .P. cymosa.
4'. Feuilles symétriques, nervure médiane droite. A. P. arborea.
3'. Sépales ciliés sur le bord.
7. 3 Cymes pluriflores. 5. P. apoda.
T. 1 Cyme pauciflore. 6. P. echinata.
2'. Fruit lisse. Fleur à tube de la corolle grêle, peu élargi à sa base et lobes plus courts que sa moitié.
8. Feuilles nettement acuminées, acumen linéaire long d’un cm. Sépales appressés sur le tube de la corolle.
. 18. P. laevifructa.
8'. Feuilles sans acumen linéaire. Sépales récurvés. 12. P. gaudichaudii.
1'. Fruit avec des aiguillons manifestes.
9. Feuilles sessiles. 7. P. solanifolia.
9'. Feuilles pétiolées.
10. Feuilles coriaces à marge révolutée, jaune-clair et brillantes sur le sec. 8. P. salzmannii.
10'. Feuilles membraneuses à marge droites, vertes.
11. Grands sépales non appliqués sur le tube de la corolle.
12. Fruit à méricarpe de plus de 4 cm de long.
13. Lobes de la corolle longs de 1,2-1,5 cm. 9. P. catharinensis.
13'. Lobes de la corolle longs de 0,6 cm. 10. P. hystrix.
12'. Fruit à méricarpes de moins de 3 cm de longs.
14. Calice à sépales réfractés. 11. P. affinis.
14'. Calice à sépales droits. 13. P. australis.
11'. Petits sépales appliqués sur le tube de la corolle.
15. Tube de la corolle large à la base, lobes égaux au tube. 14. P. laeta.
15'. Tube de la corolle grêle, lobes plus courts que le tube.
16. Lobes de la corolle égaux au tiers de la longueur du tube. 15. P. linkii.
16'. Lobes de la corolle égaux à la moitié de la longueur du tube.
17. Calice à sépales non ciliés sur le bord. 16. P. benthamiana.
17'. Calice à sépales ciliés sur le bord. 17. P. van heurckii.
Source : MNHN, Paris
126
LUCILE ALLORGE
1. PESCHIERA ARCUATA (Ruiz et Pavon) Markgraf
Notizbl. bot. Gart. Berlin 14 : 171 (1938).
— Tabernaemontana arcuata Ruiz et Pavon, Fl. Peruv. 2 : 22, tab. 143 (1799) ; Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist.
13 : 400 (1959).
— Merizadenia arcuata (R. et P.) Miers, Apocyn. South Amer. : 79 (1878).
— Peschiera corcinna Miers, Apocyn. South Amer. : 44 (1878) ; Mgf, loc. cit. : 171. Type : Spruce 4534.
— Tabernaemontana concinna (Miers) Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 : 402 (1959).
— Peschiera pubijlora Miers, Apocyn. South Amer. : 43 (1878) ; type Spruce 4245 syn. nov. Non cit. Mac Bride.
Arbre de 12 à 15 m. Article du sympode comportant 6 à 8 paires de feuilles assimilatrices iso¬
morphes, une paire de feuilles écailles axillant deux rameaux relais ne se développant qu’après les inflo¬
rescences. Rameaux à entre-nœuds très courts, 0.5 cm sous les inflorescences, grisâtres à nombreux col-
létères.
Feuilles réunies en bouquet terminal, longues de 8 à 12 cm, asymétriques, larges de 4-5 cm,
membraneuses, glabres mais veloutées au toucher. Nervures secondaires, 12-15 paires. Pétiole 1 cm.
Acumen triangulaire long de 0,5 cm.
Inflorescence en cymes pluriflores, ± 40 fleurs blanches devenant jaunes en fanant, à gorge
orange, odorantes. Calice à sépales aigus non ciliés sur le bord, longs de 0,25 cm, avec 6-8 glandes à
leur base interne. Lobes longs de 1,5 cm, pubescents sur la totalité de leur face supérieure, dolabrifor-
mes. Tube renflé à la base au niveau des étamines, long de 1 cm. Indûment suprastaminal dense s’éten¬
dant à tout le lobe. Gynécée à ovaire renflé sans disque apparent ; style court surmonté d’une clavon-
cule à collerette divisée en 10 segments, corps pentagonal et appendices courts.
Fruit verruqueux et lenticellé à méricarpes plus ou moins arqués (le fruit figuré par Ruiz et
Pavon l’est beaucoup, mais sur les parts de Madrid nous n’avons pas vu le fruit). Arille orange d’après
Ruiz et Pavon, rouge brillant d’après Woytkowski. Graines noires, sillonnées sur leur face dorsale
apparente. PI. 54.
Type : Tableau 143 de Ruiz et Pavon.
Pérou.
2. PESCHIERA BUCHTIENI (Winkler) Mgf.
Notizbl. bot. Gart. Berlin 14 : 171 (1938).
— Tabernaemontana buchtieni Winkler, Feddes Rep. 7 : 244 (1909), type Buchtien 1976.
— Tabernaemontana mapirensis Rusby, Bull. N.Y. bot. Gard. 8 : 115 (1912), type Williams 736, syn. nov.
Arbre de 3-4 m. Article du sympode comportant 6-8 paires de feuilles assimilatrices isomorphes,
une paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais, et 3-4 inflorescences pluriformes.
Rameaux à écorce très claire, nombreux collétères.
Feuilles membraneuses elliptiques, acumen long de 0,5 cm, pétiole long de 2-2,5 cm, limbe long
de 21 cm, large de 10 cm, 15 à 18 nervures secondaires.
Inflorescences en cyme de 10 fleurs chacune environ. Fleur blanche à pédicelle pubescent long de
1 cm. Calice à sépales réfractés, non ciliés sur le bord, pubescents, longs de 0,5 cm, à 6-8 glandes à
leur face interne. Lobes un peu pubescents sur la nervure principale, longs de 1,5 cm, larges et très
dilatés, triangulaires. Tube long de 1 cm, élargi à la base au niveau des étamines. Indûment suprastami¬
nal net. Etamines sagittées longues. Gynécée à ovaire renflé, sans disque apparent ; style court sur¬
monté d’une clavoncule basale divisée en dix segments, corps pentagonal et deux courts appendices.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
127
PI. 54. — PESCHIERA ARCUATA (R. el P.) Mgf.
, rameau flor. ( x 2/3), Woytkowski 5495 ; 2, bouton ( x 2), Schunke 6513 ; 3, pétale pubescent ( x 2), Woytkowski 5495 ; 4,
face interne du sépale (x 8) ; 5, gynécée (x 4) ; 6, coupe du bouton (x 4), Schunke 6513 ; 7, fruit (x 2/3, Schunke
128
LUCILE ALLORGE
Fruit verruqueux long de 8 cm, large de 5 cm, semblable à celui de P. arcuata. Arille orange.
Graines noires, sillonnées sur leur face dorsale.
Type : Buchtien 1976. Non vu, Berlin ?. Vu Buchtien 1425, même localité.
Bolivie.
3. PESCHIERA CYMOSA (Jacq.) Dugand
Caldesia 2 (8) : 299 (1943),
— Tabernaemontana cymosa Jacquin, Enum. pl. Caraib. 14 (1760) ; Select. Stirp. Amer. Hist. : 39, tab. 181,
f. 14 (1763) ; Linné, Mant. : 53 (1771) ; Willdenow, Sp. Pl. : 1245 (1797) ; Poiret, in Lamarck, Encycl.
Méth. Bot. 7 : 532 (1806) ; G. DON, Gen. Syst. 4 : 89 (1837-1838) ; A.DC, Prodr. 8 : 364 (1844) ; SESSE et
Mocino, Pl. Mex. : 43 (1894).
— Taberna cymosa Miers, Apocyn. South Amer. : 62 (1878).
— Tabernaemontana psychotrifolia H. B. K., Nov. Gen. et Sp. 3 : 227 (1818) ; type : Bonpland 1516 ; A.DC,
Prodr. 8 : 366 (1844) ; Griseb., Fl. Brit. W. Ind. Isl. : 409 (1864).
— Peschiera psychotrifolia Miers, Apocyn. South Amer. : 42 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 171
(1938).
— Tabernaemontana umbrosa H. B. K., Nova Gen. 3 : 226 (1818) ; type : Humboldt et Bonpland 1235, P, syn.
— Peschiera umbrosa (H. B. K.) Miers, Apocyn. South Amer. : 44 (1878), syn. nov.
Arbre de 10-12 m, à rameaux cylindriques brun-clairs. Article à 4-6 paires de feuilles isomor¬
phes s’achevant par trois inflorescences en cymes pluriflores.
Feuilles elliptiques, membraneuses, cunéiformes à la base, de 18-20 cm de long sur 5-6 cm de
large, s’achevant en acumen triangulaire ; nervures secondaires espacées de 0,8 à 1,5 cm, arquées vers
la marge du limbe ; pétiole de 1-1,2 cm de long, nombreuses ligules à sa base.
Inflorescence à pédoncule de 1 cm de long et 16-20 fleurs assez grandes, 2 cm de long, pubescen¬
ces à la gorge, blanches, devenant oranges en vieillissant. Calice de 5 mm de haut, à sépales étroits,
linéaires, non ciliés sur le bord, à glandes nombreuses, plus ou moins longuement soudées entre elles.
Lobes dolabriformes, longs de 1 cm, larges de 0,5 cm, perpendiculaires au tube ; Tube de 1 cm de long
très renflé à sa base, au niveau de l’insertion des étamines ; Indûment infrastaminal nul, indûment
suprastaminal peu dense ; Étamines à « queues » fortement divergentes, à filet large, soudé au tube de
la corolle mais saillant sur celui-ci. Gynécée plus court que le calice, à ovaire ogival de 2 mm de haut ;
Style de 1 mm ; Clavoncule constituée d’un bourrelet à la base, surmonté de cinq branches et de deux
appendices très courts.
Fruit rouge à maturité, à méricarpes généralement opposés, quelquefois soudés plus ou moins
longuement entre eux, à surface pustuleuse ; sépales caducs. Deux lignes encadrent la fente de déhis¬
cence des méricarpes ; Arille rouge n’entourant pas complètement la graine noire longue de 1 cm, sil¬
lonnée sur sa face dorsale, à embryon assez petit, long de 0,5 cm, à cotylédons cordés à leur base,
symétriques. Pl. 55.
Lecto-type : tab. 181, F. 14 (fl. et fr.) Jacquin, Select. Stirp. Amer. Hist. (1763) : p. 67.
C’est la première espèce décrite pour ce genre. Elle est présente en Colombie, Trinidad, Vene¬
zuela.
Noms vernaculaires :
« Cojon de berraco » d’après Pittier et Lasser (1947). « Cojon de Verraco », « Cojon de
Puey », « Cojon de Fraile », « Cordoncillo ».
Obs. — 1 : Les inflorescences apparaissent avant les feuilles décidues.
Source : MNHN, Paris
PI. 55. - PESCHIERA CYMOSA (Jacquin) Dugand.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 2) ; 3, gynécée et calice avec glandes (x 8) ; 4, clavoncule(x 12) ; 5, tube ouvert, éta¬
mines en place, indûment suprastaminal (x 6) ; 6, étamine de face et de profil (x 12), Breleler 3434 ; 7, fruit à méri-
carpes accolés ( x 2/3), Aristeguiela, Blanco et Carrillo 6768 ; 8, fruit normal ( x 2/3) ; 9, graine, face dorsale ( x 2) ;
10, graine, face ventrale (x 2) ; 11, embryon dans la graine ouverte (x 2), Williams et Alston 340.
Source : MNHN, Paris
130
LUCILE ALLORGE
Obs. — 2 : Le bois est utilisé en menuiserie et pour faire des instruments de musique ; les feuil¬
les sont utilisées en bains contre la piqûre des mille-pattes et le fruit, mélangé à du rhum camphré, sur
la piqûre elle-même.
Obs. — 3 : La taberpsychine fut extraite de Peschiera psychotrifolia par P. R. Benoin,
R. H. Burnell et J. D. Médina, sans que soit précisée la partie étudiée in Tetrah. L. 7 : 807-809 (1968),
sur du matériel récolté au Venezuela. Sous le nom de Tabernaemontana psychotrifolia , Marini-Bettelo,
G. B. et Schmutz, J. (Helv. chim. Acta 42 : 2146, 1959) signalent la présence de l’olivacine, isolée pré¬
cédemment par Gorman M., Neuss N. et Cône N. S. (Amer. chem. Soc., Div. org. chem., San Fran¬
cisco abstr. papers : 57, 1958), sous le nom de « alcaloid 205 ». Par ailleurs, Willaman et Li (1970)
indiquent également pour cette espèce la présence de la coronaridine, de la voacamine, et de la voacan-
gine.
4.. PESCHIERA ARBOREA (Rose) Markgraf
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 173 (1938).
— Tabernaemontana arborea Rose, in Donn. Sm. Bot. Gaz. 18 : 206 (1893) ; Standley, Fl. Panama, canal zone :
308, 1928 ; Woods., Fl. Yucatan Pen. : 79 (1940) : Nowicke Ann. Miss. Bot. Gard. 57 : 66-68, fig. 2
(1970) , Gentry, Ann. Miss. Bot. Gard. 64 : 320-323 (1977).
— Tabernaemontana schippii Standl., Field Mus. Publ. Bot. 8 : 34 (1930).
Arbre de 15-20 m, à cyme ronde et tronc lisse à écorce grise, à rameaux ridulés, à glandes inter-
pétiolaires nombreuses ; Article du sympode comportant 6 à 8 paires de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles et deux inflorescences.
Feuilles elliptiques, longues de 8-20 cm, larges de 3-9 cm, membraneuses, à 10-12 paires de ner¬
vures secondaires, acuminées. Acumen long de 0,5 cm. Pétiole long de 1 à 2,5 cm.
Inflorescences en cymes pluriflores de 40 fleurs environ blanches à gorge jaune. Pédicelle grêle
de 1 cm de long environ. Calice à sépales réfractés linéaires, longs de 0,3 cm, non ciliés sur le bord, à
5-6 glandes à leur base interne. Lobes du bouton enfoncés dans la gorge en torsade jusqu’au niveau des
étamines. Lobes de la corolle longs de 1,5 cm, glabres, dolabriformes, à nervures visibles. Tube long de
0,5-0,6 cm, élargi à sa base au niveau des étamines ; Indûment suprastaminal s’étendant un peu à la
gorge. Gynécée à ovaire renflé, surmonté d’une clavoncule à collerette divisée en dix segments, d’un
corps pentagonal et de deux appendices courts.
Fruits à deux méricarpes opposés réniformes, ponctués de nombreuses lenticelles plus claires,
longs de 5,5 cm, larges de 3 cm, bruns ou oranges, mangés par les singes Cebus (Croat 7356). Arille
orange n’entourant pas la graine sur sa face dorsale brune, sillonnée. Embryon à radicule plus longue
que les cotylédons cordés à nervures visibles. PI. 56.
Type : Donnell-Smith 2766, holo- NY, iso- P K US MO.
Noms vernaculaires :
« Cojon », « Cojoton », « Cojon de Caballo », « Caballo Blanco », « Huevo de Caballo ».
British Honduras, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Panama.
Obs. — D. Kingston (Journ. Pharm. Sciences 67 (2) : 271-272, 1978), a étudié le latex de Taber¬
naemontana arborea, tiré de deux troncs de cette espèce originaires de Costa-Rica. Il a extrait la voaca¬
mine, la voacangine et l’epivoacorine. Il avait obtenu un extrait sec fourni par M. S. Hudson qui n’a
pas gardé d’échantillon de référence (in letteris ).
C. Chaverri et J. F. Ciccio ont isolé l’isovoacangine, la voacangine et la tabersonine des graines
(Rev. Latino-am. Quim. 11 (2) : 64, 1980).
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
131
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 2) ; 3, coupe d’un bouton (x 4) ; 4, face interne du sépale (x 8) ; 5, gynécée (x 8) ■ 6
tleur vue de dessus (x I), Donnell-Smith 2766 ; 7, collétères (x 4), Croat 5243 ; 8, fruit (x 2/3) ; 9, 10, graine avec
l’arille (x 2) ; 11, face ventrale de la graine (x 2) ; 12, 13, embryon de face et de profil (x 4), Croat 8120.
Source : MNHN, Paris
132
LUCILE ALLORGE
5. PESCHIERA APODA (Wright ex Sauv.) Markgraf
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 171 (1938).
— Tabernaemontana apoda Wright, Ann. Cienc. Habana 7 : 102 (1870) ; Sauvalle, Fl. Cubana : 118 (1873) ;
Léon et Alain, Fl. de Cuba 4 (16) 173 (1957).
Arbuste ou petit arbre de 2 à 10 m. Article comportant 6 à 8 paires de feuilles assimilatrices iso¬
morphes, une paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux-relais et trois inflorescences à l’aisselle
de bractées. Rameaux cylindriques, à écorce lisse grisâtre, nombreux collétères persistants.
Feuilles elliptiques-ovales, longues de 12,5-17 cm, larges de 5,5-7 cm, à 13-15 paires de nervures
secondaires arquées, acuminées ; pétiole long de 1 cm.
Inflorescences en cyme dense pluriflore. Fleur blanche devenant crème en fanant. Calice à sépa¬
les lancéolés aigus, ciliés sur le bord, longs de 2,5 mm, portant de nombreuses glandes à leur base, lon¬
gues et étroites. Lobes longs de 0,7 à 1 cm, peu dilatés, glabres sauf à la gorge ; Tube renflé à la base
au niveau des étamines, glabre, long de 1 cm ; Indûment suprastaminal peu dense. Étamines à
« queues » écartées à la base, étroites. Gynécée à ovaire obtus, carpelles séparés dès la base sans disque
distinct ; Style égalant l’ovaire surmonté d’une clavoncule peu structurée (bouton) ; chez la fleur épa¬
nouie, collerette basale divisée, corps pentagonal et appendices manifestes.
Fruit à deux méricarpes peu divergents, granuleux, muriqués, à deux crêtes latérales nettes, longs
de 3,5-7 cm, larges de 1,5 cm, à calice persistant, portés par un pédoncule épais long de 4-5 cm, large
de 0,3 cm. PI. 57.
Type : Wright 3625, holo- K, iso- NY.
Endémique de Cuba, en maquis.
Obs. — A Cuba, R. Iglesias, et L. Diatta, ont isolé des feuilles de Peschiera apoda un alcaloïde
nouveau, l’apodine. ( Revista Cenic 6 (1) : 141 (1975)).
6. PESCHIERA ECHINAT A (Aublet) A.DC.
Prodr. 8 : 360 (1844) ; MiERS, Apocyn. South Amer. : 33 (1878).
— Tabernaemontana echinata Aubl., Hist. PI. Guiane fr. 1 : 263, pl. 103 (1775) ; Willd., Sp. PI. 1245 (1797) ;
Poiret, Encycl. méth. 7 : 531 (1817) ; Roemer et Schultes, Syst. vég. 4 : 423 (1819) ; G. Don, Gen. Syst.
4 : 88 (1837).
— Anacampta echinata (Aubl.) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 163 (1938).
A. de Candolle, reprenant l’épithète d’Aublet ( Tabernaemontana echinata Aubl.) pour en faire
la première espèce de son genre nouveau Peschiera, cite comme seule référence, Aublet, Pl. Guian. fr.
1 : 263, Pl. 103 (1775). Par ce fait, il typifie cette espèce par sa description et sa planche. Markgraf
indique que l’échantillon nommé P. echinata de l’herbier A.DC, G, dont il a vu la photo, est Stenoso-
len heterophyllus (Vahl) Mgf. Nous avons vu cet échantillon et confirmons la détermination de Mark¬
graf, mais il ne s’agit pas d’une part d’Aublet, et bien qu’elle ne comporte pas de nom de collecteur,
elle lui est postérieure.
Nous n’avons malheureusement pas retrouvé le type d’Aublet Lanjouw, J., et Uittien, H.,
(Recueil Trav. bot. néerl. 37 : 167 (1940) ne mentionnent d’ailleurs pas cette espèce dans la liste des
plantes de F. Aublet de l’herbier J. J. Rousseau, mais seulement Tabernaemontana citrifolia L. et
Tabernaemontana laurifolia L. (nous avons déjà indiqué qu’il s’agit de Bonafousia siphilitica (L.f) L.
Allorge, voir p. 116). Dans l’herbier J. J. Rousseau, maintenant à Paris, il existe en plus de ces deux
espèces, un échantillon stérile, nommé Tabernaemontana latiflora (nomen nudum), qui est Bonafousia
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
133
PI. 57. — PESCHIERA APODA (Wright ex. Sauv.) Mgf.
I, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 3) ; 3, calice, glandes et gynécée (x 8) ; 4, tube du bouton ouvert (x 8) ; 5, étamine de
face (x 10) ; 6, étamine de profil (x 10), Wright 3625, type ; 7, fruit en place (x 2/3), Jack 5365.
Source : MNHN, Paris
134
LUCILE ALLORGE
undulata (Vahl) A.DC. Nous avons aussi retrouvé des parts d’Aublet dans les herbiers Adanson P.,
Jussieu P., Tristan P., et au BM. Toutes appartiennent aux trois espèces précédemment citées. Aucune
n’appartient à Stenosolen heterophyllus (Vahl) Mgf et aucune ne comporte des fruits.
A notre avis, la planche d’Aublet est un mélange. Le fruit est incontestablement le fruit de Ste¬
nosolen heterophyllus (Vahl) Mgf. Mais la fleur en diffère nettement et les feuilles sont isomorphes. Il
y a de toute façon une erreur importante dans la représentation de l’architecture de cette plante
puisqu’il est figuré trois rameaux partant au niveau de l’inflorescence, ce qui n’existe chez aucune
plante de cette sous-famille, bien qu’Aublet indique « rameaux opposés » dans sa description. La seule
espèce de Guyane à laquelle le tableau et la description d’Aublet puissent être rapprochés (excepté le
fruit) est Peschiera echinata : en effet, Aublet précise que les étamines sont insérées à la base du tube
et que celui-ci est couvert de poils blancs ; cela élimine cette espèce du genre Anacampta ( = Bonafou-
sia) auquel la rattache Markgraf (loc. cit. : 163 (1938).
Arbre de 15 m, à tronc glabre, écorce grise, bois blanc. Article du sympode comportant 5 à 6
paires de feuilles assimilatrices, une paire de feuilles écailles et une ou deux inflorescences en cyme.
Feuilles membraneuses, longues de 8 à 12 cm, larges de 3-5 cm, un peu discolores, plus pâles à la face
inférieure, acuminées, à plus grande largeur au-dessus de la moitié. Pétiole de 0,5-0,7 cm de long, 13-14
nervures secondaires.
Inflorescences presque sessiles, à pédoncule long de 0,5-1 cm, grêle. Fleur blanche. Calice à sépa¬
les longs de 0,5 mm, cilié sur le bord à 6-7 glandes à leur base interne. Lobes courts retombant sur le
tube, longs de 0,7 cm. Tube étroit, plus large à la base au niveau des étamines, long de 0,6 cm. Gyné¬
cée à ovaire obtus sans disque à la base, surmonté d’un style grêle égal à lui-même et d’une clavoncule
à collerette divisée en dix segments à sa base. Indûment infrastaminal s’étendant jusqu’à la gorge.
Fruit à méricarpes réniformes non acuminés, longs de 4,5 cm, larges de 3 cm, verruqueux.
Graine presque entièrement entourée d’un arille rouge, brune, sillonnée sur sa face dorsale. Embryon
cordé à radicule plus longue que les cotylédons. PL 58.
Lecto-type : pl. 103, Aublet, Hist. pl. Guiane fr. (1775) (exclu le fruit).
Guyane, Surinam.
Noms vernaculaires :
« Soko soko » en Wayampi.
Obs. — Le Peschiera echinata (Aublet) A.DC a fait l’objet d’une étude parue dans Journ. Nat.
Prod. 44 (6) : 717-721 (1981). Des feuilles, l’équipe de Tunisie : N. Ghorbel et M. Damak, aidés de
A. Ahond, E. Philogène, C. Poupat et P. Potier, de l’I.C.S.N. de Gif-sur-Yvette (France), ont isolé 10
alcaloïdes : la voacangine, la voacangine-hydroxy-7 indolénine, la voacristine, l’épi-19 voacristine, la
vobasine, la tubotaiwaïne, l’angustine. l’épi-16 isositsirikine, l’hydroxy-10 coronaridine et la pleiocarpa-
mine. Des écorces de racines, la vobasine, l’olivacine, l’ibogaïne, la voacamine, la N- desméthyl-
voacamine, descarbométhoxy-voacamine et la voacamidine. Dans les écorces de tiges, ont été retrouvés
tous les alcaloïdes des écorces de racines sauf la vobasine, plus la coronaridine, la voacanginepseudoin-
doxyle, l’oxo-3 voacangine et l’ibogaïnehydroxy-7 indolénine : soit 11 alcaloïdes au total pour les écor¬
ces. Deux alcaloïdes nouveaux ont été identifiés : la méthoxy-10 églandine des écorces de tiges et la
hydroxy-10 heynéanine des feuilles.
Le matériel étudié fut récolté en Guyane française par Jacquemin, un échantillon d’herbier
déposé au Muséum nat. d’Hist. Nat. de Paris (H. Jacquemin 1895).
Cette méthode est la seule qui garantisse l’identification de la plante étudiée. Malheureusement,
elle n’est pas toujours suivie par les phytochimistes, ce qui laisse trop souvent planer un doute sur le
matériel végétal étudié.
Source : MNHN, Paris
PI. 58. — PESCHIERA ECHINAT A (Aublet) A. DC.
'* ramea “ fleuri (x 2/3) ; 2, détail du rameau (x 3) ; 3. bouton floral (x 3) ; 4, fleur (x 3) ; 5, tube et indûment suprasta-
minal (x 8) ; 6, ctamine de face (x 10) ; 7, étamine de profil (x 8) ; 8, calice cilié sur le bord, glandes internes et gyné-
cée (x 8), de Granville 4488 ; 9, clavoncule (x 10), Jacquemin 1895 ; 10, fruit (x 2/3), Grenand 978; 11, graine et
arille incomplet laissant visible la face dorsale (x 2) ; 12, graine, face dorsale (x 2) ; 13, graine, face ventrale (x 2) • 14
embryon (x 2), Moretti 651.
Source : MNHN, Paris
136
LUCILE ALLORGE
7. PESCHIERA SOL A NIFOLIA (A.DC) Miers.
Apocyn. South Amer. : 46 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 173 (1938) ; Azanbuja, Arq. Serv. Fores.
3 : 82 (1947).
— Tabernaemontana solanifolia A.DC, Prodr. 8 : 365 (1844) ; Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 237 (1948).
Petit arbre de 4 à 5 m. Article du sympode comportant 3 à 8 paires de feuilles assimilatrices iso¬
morphes, une paire de feuilles axillant les deux rameaux-relais et 3 à 5 inflorescences axillées par des
bractées caduques. Rameaux épais, costulés, à écorce grisâtre, nombreux collétères.
Feuilles sessiles, asymétriques à leur base, cordées ou cunéiformes (les parties, du limbe des deux
feuilles d’une paire, contiguës, sont semblables, soit cordées, soit cunéiformes) longues de 5 à 15 cm,
larges de 2 à 7 cm, à 10-12 paires de nervures secondaires, acuminées. Acumen long de 0,5 cm.
Inflorescences multiples, 3 ou 5, cymes pluriflores, à 10-12 fleurs chaque. Pédoncule long de 1 à
2 cm. Fleur blanche devenant jaune en fanant. Calice à dents aiguës, longues de 2 à 3 mm, à 5 glandes
à leur base, non cilié. Lobes de la corolle longs de 1 cm, dolabriformes, glabres sauf à la gorge. Tube
long de 0,7 cm, renflé à la base, au niveau des étamines. Étamines à « queues » divergentes. Indûment
suprastaminal seul, peu dense. Gynécée à ovaire sans disque apparent, style plus court que l’ovaire, cla-
voncule à collerette basale peu divisée, corps pentagonal et deux appendices égaux au quart de la cla-
voncule.
Fruit rouge-brun à maturité, à deux méricarpes très récurvés sur le pédoncule et dont les deux
extrémités se rejoignent, longs de 4 cm env., larges de 1,5 cm, plus muriqués sur leur face ventrale que
dorsale, avec deux lignes lisses partageant les aiguillons qui divergent de part et d’autre de celles-ci et
une fente de déhiscence. Arille rouge, limité à la face ventrale de la graine. Environ 16 graines brunes,
sillonnées sur leur face dorsale, par méricarpe. PI. 59.
Lecto-type : Blanchet 2724, désigné par Markgraf (1938).
Noms vernaculaires :
« Rosa camarraia », « Genipaping ».
Brésil.
Usages :
Plante médicinale employée comme cataplasme sur les plaies.
Cette espèce présente deux variétés, l’une à feuilles pubescentes ainsi que les jeunes rameaux et
l’inflorescence, l’autre à feuilles plus petites et glabres.
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Feuilles pubescentes, longues de 10 à 15 cm, étroites à leur base, environ 1 cm, larges de 5 à 7 cm au-dessus de
leur milieu. var. solanifolia.
1'. Feuilles glabres longues de 5 à 7 cm, elliptiques, à plus grande largeur en leur milieu.. var. faiiax, comb. nov.
var. solanifolia
— Tabernaemontana accedens Muell. Arg., Kjob. Widensk. Meddel : 107 (1869), type : Warming s. n°, C.
Brésil.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
137
PL 59. - PESCHIERA SOLANIFOLIA (A. DC) Miers.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, boutons (x 4) ; 3, calice et gynécée (x 6) ; 4, clavoncule (x 8), Irwin et al., 10722 ; 5, tube de la
corolle ouvert, étamine et indûment suprastaminal (x 6) ; 6, étamines de face et de profil (x 8) ; 7, corolle (x 2), Mon
11322 ; 8, fruit à calice persistant (x 2/3) ; 9, coupe du méricarpe, arille et graines (x 2/3) ; 10, graine et funicule trans-
Source : MNHN, Paris
138
LUCILE ALLORGE
Obs. — H. Achenbach et E. Scaller ont étudié cette variété sous le nom de Tabernaemontana
accedens. Ils ont isolé (Chem. Ber. 108 : 3842, 1975 et Tetrah. L. 5 : 351-352, 1976), l’affinisine,
l’accedinine, l’accedisine, le N a methyl epiaffinine, le N demethyl epi-16 accedine, le N demethyl-
voacamine, la voacamine, la voacamidine et la (—) voacamine N-oxide.
var. fallax (Muell. Arg.) L. Allorge, comb. nov.
— Tabernaemontana fallax Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 84 (1878), type : St Hilaire 944 ; Pichon, Not. Syst. 13
(3) : 237 (1948).
— Peschiera fallax (Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 40 (1878).
— Tabernaemontana nervosa Glaziou, Bull. Soc. Bot. Fr., mém. 3 S : 453 : 57 (1910). non Desf., type : Glaziou
15212 non syn. P. hystrix comme l’indique Mgf (1938).
— Tabernaemontana warmingii Muell. Arg., Kjob. Widensk. Meddel. : 107 (1869), type : Warmings. n°, C, syn. nov.
— Tabernaemontana affmis (Muell. Arg.) Miers var. campestris Rizz., Simposio sobre o Cerrado, ed. Univ. Sao
Paulo : 165 (1963) ; type : Rizzini s. n°, syn. nov.
— Peschiera campestris (Rizz.) Rizz., Arq. Jard. Bot. Rio de Janeiro, 25 : 181 (1981), syn. nov.
Brésil.
8. PESCHIERA SALZMANNII (A.DC) Miers.
Apocyn. South Amer. : 40 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gard. Berlin 14 : 173, (1938) ; Azambuja, Arq. Serv.
Flores. 3 : 82 (1947).
— Tabernaemontana salzmannii A.DC, Prodr. 8 : 362 (1844) ; Muell. Arg., FI. Bras. 6 (1) : 78 (1860).
— Tabernaemontana rauwolfiae A.DC, Prodr. 8 : 364 (1844), type : Blanchet 713, G.
— Tabernaemontana salzmannii A.DC var. lanceolata Muell. Arg., loc. cit. : 78 (1860), type : Riedel s. n°.
— Tabernaemontana salzmannii A.DC var. longifolia Muell. Arg., loc. cit. : 78 (1860), type : Sellow 1641, p.
Petit arbre de 15 m. Article du sympode comportant 3 à 6 paires de feuilles assimilatrices iso¬
morphes, une paire de feuilles écailles axillant un ou deux rameaux-relais et une ou deux inflorescences
axillées par des bractées. Rameaux à écorce grisâtre et nombreux collétères.
Feuilles coriaces à marge révolutée, longues de 11-12 cm, larges de 2,5-3 cm, vert brillant au-
dessus, vert pâle en dessous, à 15 nervures secondaires peu visibles, limbe atténué sur le pétiole long de
1 cm.
Inflorescences pauciflores, à 3-5 fleurs. Fleur blanche. Calice à sépales obtus, non ciliés sur le
bord, longs de 0,5 cm, obtus, à 5 glandes très petites à la base. Lobes glabres, excepté à la gorge, peu
dilatés vers la droite. Tube renflé à sa base, à l’insertion des étamines, glabre extérieurement. Indûment
suprastaminal peu dense, intérieurement. Étamines étroites à « queues » écartées. Gynécée à ovaire
obtus, à carpelles libres dès la base, sans disque apparent, à style plus court que l’ovaire, à clavoncule
à collerette basale remontante divisée, corps pentagonal et appendices manifestes.
Fruit à un ou deux méricarpes muriqués, longs de 1 cm, larges de 0,7 cm. PI. 60.
Type : Salzmann 13, G, herb. A.DC, photo NY.
Brésil. »
Noms vernaculaires :
« Angelica », « Guyana », et d’après Fraga, 1947 : 149, « Coerana ».
Obs. — Hwang B., Weisbach J. A., Douglas B., Raffauf R., Cava M. P. et Bessho K., in
Journ. Organ. Chem. 34 (2) : 412-415 (1969) ont étudié une plante sous le nom de Peschiera lundii
Source : MNHN, Paris
I, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 3) ; 3, gynécée et calice avec glandes (x 6) ; 4, clavoncule (x 9) ; 5, tube ouvert, éta¬
mines et indûment suprastaminal ( x 6) ; 6, étamine de face et de profil ( x 9) ; 7, fleur épanouie ( x 2), Mon et Thomp¬
son 11010 ; 8, rameau fruct. (x 2/3), Harley et al., 17407 ; 9, fruit (x 2), Bridge, Herb. Miers, n° 4654, BM.
Source : MNHN, Paris
140
LUC1LE ALLORGE
(A.DC) Miers, récoltée à Porto Seguro, Bahia. Le spécimen de référence, Duarte 6828, déposé à Rio de
Janeiro, Herbarium Bradeanum, n’a pas été examiné par nous mais la localité de récolte nous permet à
peu près sûrement d’affirmer qu’il s’agit de Peschiera salzmannii (A.DC) Miers. Ils ont isolé la corona-
ridine, la vobasine, la voacangine, l’ibogaine hydroxyindolenine, l’ibogaine, l’iboxygaine hydroxindole-
nine, la voacristine, la 20 epivoacristine, l’olivacine, la 19 epivoacristine et la voacristine-
pseudoindoxyle.
9. PESCHIERA CATHARINENSIS (A.DC) Miers.
Apocyn. South Amer. : 41 (1878) ; Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 173, 176 (1938) ; Azambuja, Arq.
Serv. Flores. : 82 (1947) ; Markgraf, Fl. illus. Catar. : 41-43 (1968).
— Tabernaemontana catharinensis A.DC, Prodr. 8 : 365 (1844) ; Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 85 (1860).
Arbuste de 3 à 7 m. Article du sympode comportant 4 à 6 paires de feuilles assimilatrices iso¬
morphes, une paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais, et trois inflorescences axillées
par des bractées. Rameaux à entre-nœuds plus courts sous les inflorescences, à nombreux collétères per¬
sistants.
Feuilles elliptiques, longues de 5-12 cm, larges de 2-5 cm, non discolores, à 10-12 paires de ner¬
vures secondaires peu espacées. Acumen triangulaire long de 0,5 cm. Pétiole long de 0,5-0,7 cm.
Inflorescences en cymes pluriflores portant chacune 6-8 fleurs blanches odorantes. Calice à sépa¬
les linéaires réfractés, longs de 0,6 cm, non ciliés, à marge translucide, à 10-12 glandes à la base. Lobes
de la corolle glabres, dolabriformes, longs de 1,2-1,5 cm. Tube renflé à la base, au niveau des étami¬
nes, long de 0,8-1 cm. Étamines à « queues » divergentes. Indûment suprastaminal s’étendant à la
gorge. Gynécée à ovaire sans disque apparent, piriforme ; Style plus court que l’ovaire ; Clavoncule à
collerette basale divisée, corps pentagonal et appendices très courts.
Fruit à méricarpes opposés, à aiguillons triangulaires courts, à sépales persistants ainsi que les
bractées, longs de 5-6 cm, larges de 2,5-3 cm. Graine à arille rouge limité à la face ventrale de la
graine, sillonnée sur sa face dorsale, brune, longue de 1 cm. PI. 61.
Lecto-type : d’Urville, holo- G, désigné par Markgraf (1968).
Noms vernaculaires :
« Pau de leite », « jasmin », et cité par Markgraf (1968) : « Jasmin-pipoca », « Jasmin cata-
vento », « Sapirangui » et « Leiteira ».
Brésil : Parana et Sta Catarina.
10. PESCHIERA HYSTRIX (Steud.) A. DC.
Prodr. 8 : 360 (1844) ; Miers, Apocyn. South Amer. : 33 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 174
(1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. : 83 (1947) ; Mgf, in Reitz, Fl. Illustr. Catarinense : 47, pl. 7-2
(1968).
— Tabernaemontana hystrix Steud. Nomenclat. Bot. 2, ed. 2 : 658 (1841), type : tableau 17, Vellozo, da Arrabida
éditeur, Fl. Flum. Icônes (1827) ; Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 83 (1860).
— Tabernaemontana echinata Vell., Fl. Flum. Icônes ; tab. 17 (1827), Non Tabernaemontana echinata Aublet.
— Tabernaemontana collina Gardn. in Hook. Journ. Bot. 1 : 178 (1842), type : Gardner 74, P. G. NY.
— Tabernaemontana fuschiaefolia A.DC, Prodr. 8 : 365 (1844), type : Lhotsky 15, G.
— Peschiera fuschiaefolia (A.DC) Miers, Apocyn. South Amer : 34 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gard. Berlin 14 :
173 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. : 82 (1947).
— Tabernaemontana subg. Peschiera sect. Stenosolen, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 237 (1948).
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
141
PI. 61. — PESCHIERA CATHARINENSIS (A. DC) Miers.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 2) ; 3, coupe de la corolle (x 4) ; 4, face interne du sépale (x 4), Dusen 15527 ; 5,
gynécée ( x 8), Dusen 7008 ; fruit ( x 2/3) ; 7, 8, graine et son arille, face dorsale et ventrale ; 9, graine sans arille, face
ventrale (x 4), Klein 129.
Source : MNHN, Paris
142
LUCILE ALLORGE
Arbuste de 1 à 3 m. Article du sympode comportant 4 à 5 paires de feuilles isomorphes, une
paire de feuilles écailles axillant deux rameaux-relais et une paire de bractées axillant deux inflorescen¬
ces. Rameaux à écorce brun clair, à nombreux collétères à l’aisselle des feuilles et des bractées.
Feuilles elliptiques-lancéolées, plus ou moins acuminées, à 9-10 paires de nervures secondaires,
longues de 10-12 cm, larges de 3-4 cm, non veloutées, discolores à la face inférieure, glabres. Pédoncule
long de 0,5 à 0,8 cm.
Inflorescences pluriflores, 6 à 8 fleurs blanches, sessiles. Pédoncule nul, pédicelles très grêles,
longs de 0,5 à 1,5 cm. Calice à sépales très révolutés longs de 0,2 cm, glabres et non ciliés sur le bord,
à 5-6 glandes à la base interne. Tube long de 1,2 cm renflé à la base au niveau des étamines ; Indû¬
ment suprastaminal s’étendant jusqu’à la gorge. Lobes dolabriformes, longs de 0,6 cm, à nervures bien
visibles. Gynécée à ovaire ovoïde. Style grêle plus long que l’ovaire et clavoncule à collerette basale
remontante, divisée en dix segments, corps dilaté au sommet en dix appendices entourant les deux stig¬
mates.
Fruit à méricarpes divergents, réniformes et acuminés, couverts d’aiguillons assez longs triangu¬
laires, séparés par deux lignes de part et d’autre de la fente de déhiscence, longs de 4,5 cm, larges de
2,5-3 cm. Graines entourées d’un arille limité à la face ventrale et rouge-orangé, à face dorsale sillonnée
et brune. Embryon à radicule plus longue que les cotylédons. PI. 62.
Type : tableau 17, Vellozo, Fl. Flum.
Brésil.
Noms vernaculaires :
D’après Fraga M., Flora dentrologica do Brasil, Arq. Serv. florest. 3 : 149 (1947) : « Guia-
rana » et non « Sapirangui » cité par Carlos Thays, Jardin botanico de Buenos Aires, 1910, qui est en
fait Peschiera australis.
Obs. — R. M. Braga, H. F. Laitào Filho et F. Reis ont isolé, d’une récolte faite à proximité de
la cité universitaire de Unicamp, Campinas, de Tabernaemontana fuschiaefolia ( = Peschiera hystrix) (V
symposio de plantas medicinais do Brasil) les alcaloïdes : voacangine, voachalotine, affinisine et voaca-
mine, descarbometoxy-voacamine, deméthylvoacamine, voacamidine et périvine. Cinq de ces alcaloïdes
sont des dimères, dérivés de la voacamine.
Le type de Tabernaemontana fuschiaefolia, Lhotsky 15, comme tout le matériel rapporté à cette
espèce, a des lobes égaux à la moitié du tube, des sépales très récurvés, etc... La localité de récolte est
également identique à celle de Tabernaemontana hystrix de Vellozo. Il n’y avait donc pas lieu de main¬
tenir cette espèce distincte.
11. PESCHIERA AFFINIS (Muell. Arg.) Miers.
Apocyn. South Amer. : 40 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 173 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv.
Flores. : 83 (1947) ; Dombrowsky, Infor. Pesquisa 3 (21) : 6 (1979).
— Tabernaemontana affinis Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 83, tab. 26, fig. 1 (1860).
— Tabernaemontana subg. Peschiera, sect. 1, Stenosolen, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 237 (1948).
— Tabernaemontana bracteolaris Mart. ex Muell. Arg. Fl. Bras. 6 (1) : 83, pl. 54, fig. 3 (1860), type : Mar-
tius 184 ; syntypes : Riedel et St Hilaire s. n°, syn. nov.
— Peschiera albidiflora Miers, Apocyn. South Amer. : 39 (1878), type : Bowie et Cunningham s. n°, K, syn. nov.
— Peschiera gracillima Miers, Apocyn. South Amer. : 41 (1878), type : Riedel s. n°, B (photo, GH NY).
Arbre de 8 m. Article du sympode comportant 6-8 feuilles assimilatrices isomorphes, une paire
de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais et 3 inflorescences pluriflores. Écorce claire.
Feuilles membraneuses, elliptiques, longues de 8 cm, larges de 4 cm, à 10-12 nervures secondai¬
res. Pétiole long de 0,5 cm. Acumen triangulaire long de 0,5 cm.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÊES AMÉRICAINES
143
PI. 62. — PESCHIERA HYSTRIX (Steud.) A. DC.
I, rameau flor. (x 2/3), Drake s. n° ; 2, boulon (x 4) ; 3, lobes pubescents à la gorge (x 2) ; 4, corolle ouverte par moitié
(x 4) ; 5, sépale, face interne (x 8) ; 6, gynécée (x 8), Pabsi 7138 ; 7, fruit (x 2/3) ; 8, 9, face ventrale et dorsale de
la graine et son arille (x 2) ; 10, face ventrale sans arille (x 2) ; 11, embryon (x 4) ; Drake s. n°.
Source : MNHN, Paris
144
LUCILE ALLORGE
Inflorescences en cyme de 10 fleurs environ, blanches. Calice à sépales réfractés, non ciliés sur le
bord, longs de 0,3 cm, à 4-5 glandes à leur base interne. Lobes longs de 1 cm, triangulaires, glabres.
Tube long de 0,8 cm. Indûment suprastaminal. Gynécée à ovaire ovoïde ; Style court surmonté d’une
clavoncule sans collerette basale nette.
Fruit non vu, mais d’après un dessin exécuté à Kew par P. Boiteau : méricarpes échinés longs de
1,8 cm, larges de 1,2 cm. D’après les indications fournies par F. J. A. Matos (in letteris et sa thèse de
pharmacie, 1982, Université de Ceara), le fruit atteint 4,5 cm de long à maturité. La graine est partiel¬
lement entourée d’un arille rouge.
Type : Pohl 1842, holo- V, iso- NY.
Brésil.
Tabernaemontana affinis var. lanceolata Muell. Arg. = Peschiera australis (voir p. 145).
C. T. Rizzini (Arq. Jard. bot. Rio de Jaeiro 25 : 181 (1981), mentionne une plante déterminée par
R. E. Woodson comme Peschiera affinis (sous-arbuste commun dans le Nord-Est) et en donne une
photo. Il la décrivit ensuite comme Peschiera affinis var. campestris Rizz. (Simposio sobre o Cerrado,
Ed. Univ. de Sao Palo : 175, 1963), puis la nomma en 1981, Peschiera campestris (Rizz.) Rizz. Notre
demande du type a reçu un avis favorable de C. T. Rizzini. Il s’agit de P. solanifolia var. fallax
(p. 138).
Obs. — Les Américains M. P. Cava, S. K. Talapatra, J. A. Weisbach, B. Douglas, R. F. Raf-
fauf et O. Ribeiro (Chem. Indus., London : 1193-1194 (1964)) ont étudié Peschiera affinis et ont trouvé
la vobasine, l’affinine et l’affinisine et établi la structure de ces deux alcaloïdes. Ils ne donnent pas
l’origine ni la partie de la plante étudiée.
Cette étude est reprise au Brésil par F. J. A. Matos, R. Braz-Filho, O. R. Gottlieb, F. Machado
et M. I. Modruga (Phytochem. 15 : 551-553 (1976). De l’écorce de racine, ils obtiennent les triterpénoï-
des : sisterol, 0 amyrine, lupéol et 3-0-acetyllupéol, et les alcaloïdes : coronaridine, coronaridine pseu-
doindoxyl, affinisine, olivacine, et l’alcaloïde nouveau majoritaire : 20-épiheynéanine dont ils établissent
la structure.
Ils précisent que la différence de structures rencontrées dans le travail américain peut provenir de
ce que le premier matériel a été récolté au NE du Brésil et que l’étude a porté sur la plante entière, ren¬
seignements qu’ils ont sans doute obtenus auprès des auteurs, mais ils doutent de la bonne détermina¬
tion du matériel américain. Leur matériel a été récolté par Ducke à Ceara, Fortaleza et confirmé par
Barroso et Monachino.
Obs. — L’activité pharmacologique des principaux alcaloïdes Peschiera affinis a été testée par
M. C. Fonteles, D. Jerram, F. J. A. Matos et R. P. Ahlquist, Planta med. 25 (2) : 175-182 (1974).
12. PESCHIERA GA UDICHA UDII (A.DC) Miers
Apocyn. South Amer. : 40 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 172 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv.
Flores. : 82 (1947).
— Tabernaemontana gaudichaudii A.DC, Prodr. 8 : 365 (1844).
Arbrisseau de 1 m. Article du sympode comportant 1 à 3 paires de feuilles assimilatrices hétéro-
morphes. Écorce brun clair.
Feuilles lancéolées glabres mais veloutées au toucher et plus claires en dessous, à 7-8 paires de
nervures secondaires arquées, longues de 7-8 cm, larges de 1,5-2 cm. Pétiole long de 0,5-1 cm.
Inflorescences (1 à 2) pauciflores, de 1 à 5 fleurs blanches, à pédoncule très court, long de
0,2 cm. Pédicelles très grêles : longs de 1-1,2 cm. Bractées récurvées persistantes. Calice à sépales récur-
vés, non ciliés, ayant un massif glandulaire à la base. Tube de la corolle long de 0,7 cm, peu dilaté à la
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
145
base, grêle. Lobes longs de 0,3 cm. Gynécée à ovaire ovoïde, style court surmonté d’une clavoncule
sans collerette à la base, corps pentagonal et très courts appendices clavonculaires.
Fruit non vu, décrit par A.DC comme glabre. PI. 63.
Type : Gaudichaud 540, holo- G, iso- P, photo B à NY et GH.
Matériel étudié :
Gaudichaud 540, Rio de Janeiro, 1833 (fl.) P G.
13. PESCHIERA AUSTRALIS (Muell. Arg.) Miers.
Apocyn. South Amer. : 46 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 173 (1938) ; in Reitz, Fl. lllustr. Catari-
nense Apocyn. : 45, fig. 13 (1968) ; EZCURRA, Darwiniana 23 (2-4) : 441, fig. 21 (1981).
— Tabernaemontana australis Muell. Arg., FI. Bras. 6 (1) : 84 (1860) ; T. Morong et N. L. Britton, Ann. N.Y.
Acad. Scienc. 7 : 159 (1892) ; Crovetto et Piccinini, Veg. Républica argentina : 75 (1951) ; Marzocca,
Plantas cuit, en Républica argentina, 9 (163) : 34, fig. 10 (1952).
— Tabernaemontana hystrix Lillo (non Steud.), Contr. con arb. Arg. : 6 (1910). *
— Tabernaemontana hybrida Hand-Mzt., Denkrschr. Akad. Wiss. Wien, Math. Nat. Kl. 79 : 384 (1910).
— Tabernaemontana affinis var. lanceolata Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 84 (1860), type : Sellow s. n°.
Arbre de 4 à 8 m pouvant atteindre 11 m (Marzocca). Article du sympode comportant 3 à 8 pai¬
res de feuilles assimilatrices isomorphes, une paire de feuilles écailles axillant les rameaux relais et une à
trois inflorescences axillées par des bractées. Rameaux à entre-nœuds très courts : 0,2-0,5 cm, à collétè-
res persistants nombreux : 12 à 14.
Feuilles elliptiques longues de 7-12 cm, larges de 1,5-2,5 cm, veloutées, discolores, jaunes sur le
sec à 8-10 paires de nervures secondaires, courtement pétiolées. Pétiole long de 0,3-0,7 cm.
Inflorescences en cyme pluriflores, 8-10 fleurs. Fleur blanche odorante. Calice à sépales linéaires
aigus, longs de 0,5 cm, non ciliés, plus ou moins pubescents, à 8-10 glandes à leur base. Lobes de la
corolle pubescents à la gorge, longs de 0,8-1 cm. Tube renflé à la base, au niveau des étamines, long de
0,7 cm. Étamines à « queues » divergentes. Indûment suprastaminal seulement. Gynécée à ovaire sans
disque apparent, à carpelles globuleux et divergents au sommet ; Style plus court que l’ovaire ; Clavon¬
cule sans collerette à la base, corps pentagonal et appendices très courts.
Fruit à méricarpes opposés, longs de 3-4 cm, larges de 1-1,5 cm, à aiguillons courts, larges à la
base et peu denses. Arille rouge à la face ventrale des graines. 12 à 14 graines brunes, longues de
0,8 cm, sillonnées sur leur face dorsale. Embryon atteignant les deux tiers de la graine, cotylédons cor¬
dés, radicule égale aux cotylédons. PI. 64.
Type : Isabelle s. n°, holo- G, iso- P.
Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay.
Noms vernaculaires :
« Leiteira dois irmàos », « Jasmin », « Sapirangua », « Sapuranguu », « Palo de vibora »,
« Palo leche », « Zapirangui », « Quina », « Curupicay » en Guarani d’après Morong et Britton
(1892).
Obs. — 1 : Sous le nom erroné de Tabernaemontana hystrix Dec., N. Rojas Acosta in Plantas
médicinales de Corrientes, Revista farm. 45 : 115 (1905), indique comme emplois : feuilles, comme
antidote de piqûres de serpents et décoction, en gargarisme contre les maux de dents.
Obs. — 2 : M. Gorman, N. Neuss, N. J. Cône et J. A. Deyrup (J. Amer. Chem. Soc. 82 : 1142
(I960)) ont extrait des tiges de Peschiera australis, récolté dans le NE de l’Argentine, la voacangine et
la voacamine.
Source : MNHN, Paris
146
LUCILE ALLORGE
P!. 63. - PESCHIERA GAUDICHAUDII (A. DC) Miers.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 4) ; 3, calice et glande, gynécée (x 12) ; 4, étamines de face et de profil (x 12) ; 5,
fleur ouverte, étamines et indûment suprastamina! (x 8) ; 6, fleur (x 2), Gaudichaud 540.
Source : MNHN, Paris
PI. 64. — PESCHIERA AUSTRAL/S (Muell. Arg.) Miers var. ausiralis.
I, rameau flor. (x 2/3) ; 1', détail du nœud et ligules persistantes (x 4) ; 2, bouton (x 3) ; 3, calice et glandes, gynécée (x 6) ;
4, bouton ouvert, étamines et indûment suprastaminal ( x 4) ; 5, étamine de face et de profil ( x 6) ; 6, fleur et détail de
la gorge (x 1), Marunak 151 ; 7, rameau fruct. (x 2/3) ; 8, méricarpe ouvert (x 2/3) ; 9, graine entourée de son arille
(x 3) ; 10, face dorsale de la graine sans l’arille (x 3) ; 11, face dorsale (x 3) ; 12, coupe de la graine et son embryon
(x 3), Lindeman et Haas 5460.
Source : MNHN, Paris
148
LUCILE ALLORGE
Escurra (1981 : 444) indique que le Peschiera hilariana et le Peschiera australis ne diffèrent que
par la pubescence à la face inférieure de la feuille et ont la même aire géographique, et elle ne les con¬
sidère que comme des formes d’une même espèce. Sur 96 échantillons de Peschiera australis, nous
n’avons pas trouvé le moindre intermédiaire ; nous les considérons donc au moins comme des variétés.
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Feuilles glabres sur la face inférieure. 1- var. australis.
2. Feuilles hirsutes à la face inférieure. 2. var. hilariana.
var, hilariana (Muell. Arg.) L. Allorge, comb. nov.
— Tabernaemontana hilariana Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 85 (1860).
— Peschiera hilariana (Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 46 (1878).
— Tabernaemontana salicifolia Handel-Mazz., Denkschr. Akad. Wiss. Wien. Math.-Naturw. Kl. 79 : 385 (1910).
14. PESCHIERA LAETA (Mart. ex A.DC) Miers.
Apocyn. South Amer. : 35 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 173, pl. 5, 7c (1938) ; Azambuja, Arq.
Serv. Flores. 3 : 83 (1947).
— Tabernaemontana laeta Mart., Bull. Flora 20 : 98 (1837), ex A.DC, Prodr. 8 : 364 (1844) ; Muell. Arg., Fl.
Bras. 6 (1) : 79, pl. 54, fig. 1 (1860).
— Tabernaemontana laeta Mart. ex A.DC, var. pubiflora Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 80 (1860), type : Gardner
5011.
— Tabernaemontana laeta Mart. ex A.DC, var. minor Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 80 (1860), type : St Hilaire
s. n°.
— Tabernaemontana laeta Mart. ex A.DC, var. densa Muell. Arg., FI. Bras. 6 (1) : 80 (1860), type : Poh! s. n°.
— Tabernaemontana lundii A.DC, Prodr. 8 : 365 (1844), type : Lund 883, G.
— Peschiera lundii (A.DC) Miers, Apocyn. South Amer. : 36 (1878).
— Tabernaemontana spixiana Mart. ex Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 78 (1860), type : Martius 359.
— Peschiera spixiana (Mart. ex Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 36 (1878).
— Tabernaemontana breviflora Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 79 (1860), type : Sellow 418, (et non 158 comme
l’indique Markgraf : 174 (1938)).
— Peschiera breviflora (Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 45 (1878).
— Peschiera florida Miers, loc. cit. : 41 (1878), type : Gardner 5011.
Non Echites arborea Vell., Fl. Flum. 3, t. 47, excl. fig. fr., comme l’indiquent A.DC et Mgf = Malouetia tama-
quarina (Aublet) A.DC.
Arbre de 5 à 8 m. Article du sympode comportant 3 à 5 paires de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant les rameaux relais et 1 à 3 inflorescences axillées par des
bractées. Rameaux grêles à entre-nœuds courts, 2-3 cm de long, nombreux collétères persistants.
Feuilles membraneuses, glabres, lancéolées, peu discolores, longues de 10-13 cm, larges de 3-
5 cm, à 9-10 paires de nervures secondaires espacées d’environ 1 cm. Pétiole long de 1 cm, grêle.
Inflorescences en cymes pluriflores de 8-10 fleurs chaque. Pédoncule long de 0,5-1,5 cm, grêle.
Fleur blanche devenant jaune à orange en fanant. Calice à sépales très petits pour le genre, 0,5 mm de
long, à marge scarieuse, 8 à 10 glandes à leur base, non ciliés. Lobes de la corolle plus ou moins
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
149
pubescents à la gorge, longs de 1,1 cm, larges de 0,3 cm. Tube renflé à la base au niveau des étamines,
long de 1 cm. Étamines à « queues » divergentes. Indûment infrastaminal seulement, peu dense. Gyné¬
cée à ovaire sans disque apparent ; Style égal à l’ovaire ; clavoncule à collerette basale divisée en dix
segments, corps pentagonal et deux appendices courts.
Fruit à deux méricarpes opposés, muriqués réniformes, longs de 2-3 cm, larges de 1,5 cm.
Aiguillons courts et larges à la base. Arille rouge, limité à la face ventrale de la graine. Environ 10
graines par méricarpe, sillonnées sur leur face dorsale. PI. 65.
TYPE : Martius 104 , holo- M, iso- G, K NY.
Brésil.
Noms vernaculaires :
« Jaquirnha », « Espeto », « Leiteiro branco », « Paii de Colher » et d’après Fraga : 149 (1947) :
« Pau de Colher », « Café do Mato », « Jasmin de Cachôvao ».
Obs. — 1 : L. Jahodar, Z. Voticky et M. Cava (Phytochem. 13 : 2880-2881 (1974)) ont extrait
de Peschiera laeta, feuilles et tiges, fourni par Smith, Kline et Franch de Philadelphia, localité de
récolte non précisée, les alcaloïdes suivants : l’affinine, la conodurine, le geîssoschizol, la tombozine, la
voacamine et la vobasine.
Obs. — 2 : De nombreuses fleurs devenant noires sont parasitées et présentent un renflement
très important au niveau du calice ; nous n’avons rencontré ces galles que chez cette espèce ( Mexia
5250, etc...).
15. PESCHIERA LINKII (A.DC) Miers.
Apocyn. South Amer. : 47 (1878) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. 14 : 172 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. : 82
(1947).
— Tabernaemontana linkii A.DC, Prodr. 8 : 364 (1844) ; type : Link s. n°.
— Tabernaemontana multiflora Link ex Roemer et Schultes, Syst. Veg. 4 : 431 (1819), Nomen mutandum par
A.DC, loc. cit., non Sm.
— Tabernaemontana muricata Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 80, tab. 54, flg. 2 (1860) ; type : Spruce 234.
— Tabernaemontana muricata Link ex Roem. et Schult., Syst. Veg. 4 : 431 et 797 (1819) ; type : Hoffmannsegg
s. n° (herb. Willdenov/ 5190) B, détruit, photo NY et GH.
— Peschiera muricata (Link ex Roem. et Schult.) A.DC, Prodr. 8 : 361 (1844).
— Tabernaemontana ochracea Benth. nomen nudum, type : Spruce 234.
— Peschiera ochracea Miers, Apocyn. South Amer. : 42 (1878), type : Spruce 308.
Petit arbre de 5-6 m, de 10 cm de diamètre. Article du sympode comportant 2 à 4 paires de
feuilles assimilatrices isomorphes, une paire de feuilles-écailles axillant 1 à 2 rameaux relais et 3 à 5
inflorescences axillées par des bractées caduques. Rameaux souvent rouge-brun sur le sec, à entre¬
nœuds longs de 3 à 5 cm. Nombreux collétères.
Feuilles grandes, de 15-16 cm de long sur 5-6 cm de large, à marge révolutée, discolores, plus
jaunes à la face inférieure, non pubescentes mais veloutées au toucher, 9-12 nervures latérales, acumi-
nées. Acumen triangulaire long de 1 cm.
Inflorescences en cymes pauciflores, 6-10 fleurs chacune, bien plus courtes que les feuilles.
Pédoncule presque sessile, de 0,5 cm. Fleur blanche devenant jaune en fanant. Calice à sépales triangu¬
laires très courts, 0,5 mm, à 7 glandes à leur base interne, à marge scarieuse, nervures visibles. Lobes
de la corolle plus courts, 0,3 cm, que le tube, long de 1 cm. Gorge pubescente. Tube élargi à la base au
niveau des étamines. Étamines à « queues » divergentes, égales au tiers de l’anthère. Indûment supra-
Source : MNHN, Paris
LUCILE ALLORGE
PL 65. — PESCHIERA LAETA (Mart. ex A. DC) Miers.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton flor. (x 2) ; 3, fleur (x 2) ; 4, lobes (x 2/3) ; 5, gynécée (x 4) ; 6, clavoncule (x 8) ; 7,
sépale et glandes internes (x 8) ; 8, demie corolle (x 4) ; 9, étamine de face (x 8), Dusen 5117 ; 10 fruit (x 2/3) ; 11,
graine entourée de l’arille (x 4), Mexia 4200.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
151
staminal peu dense. Gynécée à ovaire globuleux, sans disque apparent. Style presque sessile. Clavoncule
costulée, sans collerette à la base, appendices égaux au quart de la clavoncule.
Fruit rouge-saumoné à maturité, à deux méricarpes opposés, longs de 6 cm, larges de 3 cm, à
aiguillons courts et triangulaires. Arille rouge orangé limité à la face ventrale de la graine ; 28-30 grai¬
nes par méricarpes, sillonnées sur la face dorsale. Embryon à cotylédons contortés. PI. 66.
LECTO-TYPE : Link s. n°, Herb. Willdenow 5190, détruit, photo NY GH.
Brésil.
Nom vernaculaire :
« Grâo de porco ».
16. PESCHIERA BENTHAMIANA (Muell. Arg.) Markgraf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 171 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv. Flores. : 82 (1947).
— Tabernaemontana benthamiana Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 80 (1860) ; Spruce 235.
Markgraf met dans la synonymie de cette espèce :
— Peschiera multiflora Spruce ex Miers, Apocyn. South Amer. : 45 (1878), à juste titre, type : Spruce 235,
— Peschiera blanda Miers, Apocyn. South Amer. : 44 (1878), type : Spruce 4209, or, ce même échantillon est le
type de Tabernaemontana van heurckii Muell. Arg., Observ. Bot. : 168 (1870). Voir p. 155.
Arbre de 5 à 12 m. Article du sympode comportant 6 à 8 paires de feuilles isomorphes, une
paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais et une inflorescence terminale. Rameaux brun-
rouge sur le sec.
Feuilles glabres mais discolores et veloutées au toucher, longues de 10-12 cm, larges de 5-6 cm, à
13-14 paires de nervures secondaires, acuminées. Acumen triangulaire long de 0,5 cm. Pétiole long de
0,5 cm.
Une inflorescence pluriflore de 30-32 fleurs. Pédoncule long de 0,3 cm. Fleur blanche devenant
jaune à orange en fanant. Calice à sépales triangulaires à 3-4 glandes soudées en un massif à la base,
non ciliés sur le bord, longs de 0,2 cm, appliqués sur le tube de la corolle. Lobes de la corolle perpen¬
diculaires au tube, glabres sauf à la gorge, longs de 0,6 cm, dolabriformes. Tube de la corolle étroit,
un peu élargi à sa base au niveau des étamines, long de 0,8 cm. Indûment suprastaminal dense. Étami¬
nes longues et étroites à « queues » divergentes. Gynécée à ovaire ovoïde ; style sessile, clavoncule sans
collerette à la base, corps pentagonal et appendices très grêles, égaux au tiers du corps clavonculaire.
Fruit à méricarpes échinés longs de 4 cm, larges de 2,5 cm, acuminés. Très jeunes fruits sur la
part du type au BM déjà échinés. PI. 67.
Type : Spruce 235, holo- G ; iso- BM.
var. benthamiana
Matériel étudié
Brésil : Gaudichaud 539, Rio de Janeiro, 1833 (fl.) G ; Markgraf 3798, (R 39875), Para, M.
Goeldi, Jard. bot., 11.12.1938 (fl.) MO ; France et al. 2400, Boca de Acre, rio Purus, 19.9.1966 (fl.)
US NY GH K ; 2916, rio Jurua, opposite Cruzeiro do Sul, 27.10.1966 (fl.) NY US ; Pickel 2885,
Tapera, 9.1.1932 (fl.) GH ; Spruce s. n° et 492, Obidos, 11.1849 à 12.1849 (fl.) K NY ; 235 Para Obi-
dos, 12.1849 (fl.) G BM, type, photo GH NY (det. Tabernaemontana ternstromiacea Muell. Arg. et
Peschiera multiflora par Miers) ; type Vienne, photo GH (fr.) ; 5. nom de coll., Ega, 12.1831 (fr.).
Source : MNHN, Paris
152
LUCILE ALLORGE
PL 66. — PESCHIERA LINKII (A. DC) Miers
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, fleur (x 2) ; 3, corolle ouverte et indûment suprastaminal (x 4) ; 4, face interne du sépale (x 8) ;
5, gynécée (x 8), Spruce 234 ; 6 fruit (x 2/3) ; graine avec l’arille ; 7, profil (x 2) ; 8, face ventrale (x 2) ; 9, face dor¬
sale (x 2) ; 10 et 11, embryon à cotylédons contortés (x 4) , Egler et al., 45980.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
153
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, sépale face interne (x 8) ; 3, gynécée (x 4) ; 4, corolle et indûment suprastaminal (x 4), Spruce
492 — var. myriantha ; 5, feuille, face inférieure (x 2/3) ; 6, détail (x 4) ; 7, fruit (x 2/3) ; 8, graine avec arille incom¬
plet, face dorsale (x 2) ; 9, ibid., profil (x 2) ; 10, graine sans arille (x 2) ; 11, embryon (x 4), Gentry et Young 1771
— var. stenantha ; 12, feuille (x 2/3), Black 55.
Source : MNHN, Paris
154
LUCILE ALLORGE
var. myriantha (Britton ex Rusby) L. Allorge, stat. nov.
— Tabernaemontana myriantha Britton ex Rusby, Descr. 300 South Amer., PI. : 84 (1920), type Rusby 2377.
— Peschiera myriantha (Britt. ex Rusby) Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 (1938).
Diffère de la var. benthamiana par des feuilles pubescentes sur la face inférieure avec un long
indûment, surtout sur la nervure principale et les secondaires, longues de 14-18 cm, larges de 6 cm,
acuminées. Acumen long de 1 cm, pétiole long de 1 cm.
Calice pubescent plus ou moins cilié sur la marge, long de 0,2 cm. Lobes aussi longs que larges :
0,7 cm. Tube grêle long de 1 cm.
Fruit à méricarpes opposés, longs de 5 cm, larges de 2,5-3 cm, muriqués. Aiguillons triangulaires
de 0,2 cm. Arille orange. Graines brunes, environ 40 par méricarpe. Embryon à radicule plus longue
que les cotylédons cordés.
Matériel étudié :
Bolivie : Rusby 2377, junction rivers Béni and Madré de Dios, 8.1886 (fl.) type de Tabernae¬
montana myriantha, NY BM MO P.
Pérou : Gentry et Young 31771, Madré de Dios, Tambopata, Puerto Maldonado, 210 m,
12°35'S-69°10'W, 27.2.1981 (fr.) MO P.
var. stenantha (Mgf) L. Allorge, stat. nov.
— Tabernaemontana stenantha Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 10 : 1037 (1930) ; Travassos O. P.,
Rodriguesia 25 (37) : 243 (1966).
— Peschiera stenantha (Mgf) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 171 (1938) ; Azambuja, Arq. Serv.
Flores. : 82 (1947) ; type Ducke 21802.
Diffère de la var. benthamiana par des feuilles coriaces à nervures saillantes à la face inférieure,
à réseau tertiaire comme en pointillé sur le sec.
Matériel étudié :
BRÉSIL : Archer 7585, M. Goeldi, Belem, 17.8.1942 (fl.) NY ; Black 55-18703, Para, Maioura,
Sâo Francisco, 15.8.1955 (fl.) MO ; Cutler 8085, Ceara, Serra de Mermoca, 8 km W Sobral, 400 m,
14.12.1943 (fl.) MO ; Ducke 21802, Para, Serra de Parintins, limite Para et Amazonas, 16.9.1907 (fl.)
type R ; Silva 134, Belem, M. Goeli, 6.8.1948 (fl.) NY MO ; 1269, rio Jari, 21.10.1968 (fl.) NY ; 5.
nom de coll., s. loc. (fl.) P.
17. PESCHIERA VAN HEURCKII (Muell. Arg.) L. Allorge, comb. nov.
— Tabernaemontana van heurckii Muell. Arg., Observ. Bot. : 168 (1870), pub. 1871 ; Mac Bride, Field Mus. Nat.
Hist. 13 : 412 (1959).
— Stenosolen van heurckii (Muell. Arg.) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. 14 : 177 (1938).
— Peschiera lingulata Miers, Apocyn. South Amer. : 42 (1878) ; type : Mattiews 1542, syn. nov. (non syn. de
Stenosolen stenoloba comme l’indique Mac Bride avec doute : 410 (1959).
— Peschiera blanda Miers, Apocyn. South Amer. : 44 (1878) ; type : Spruce 4209 (non syn. de Peschiera bentha¬
miana comme l’écrit Mgf : 171 (1938).
— Tabernaemontana macrosiphon Herz., Feede Rep. 7 : 66 (1909), type Herzog 374. syn. nov. : Stenosolen macro¬
siphon (Herz.) Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 177 (1938).
— Tabernaemontana unguiculata Rusby, Mem., N.Y. Bot. Gard. 7 : 324 (1927), type : Rusby 461, syn. nov.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
155
Petit arbre de 2 à 5 m, exceptionnellement de 10 m ; rameaux verts grisâtres cylindriques ; Arti¬
cle du sympode portant 2 à 3 paires de feuilles assimilatrices, sans anisomorphie nette, puis une paire
de feuilles écailles et une inflorescence en cyme pauciflore.
Feuilles glabres, vert olivâtre, subégales, lancéolées, membraneuses, cuspidées, longues de 8-
12 cm, larges de 3 à 5 cm ; acumen non linéaire de 0,5 à 0,7 cm, arqué. Pétiole manifeste de 0,5 à 1
cm de long.
Inflorescence en cyme de 10 à 12 fleurs blanches, frêles, à bractées persistantes de 1 mm de
long, ciliées sur le bord. Calice à sépales ciliés sur le bord recouvrant, obtus, longs de 2 mm, à 2-3
glandes à leur base ; Lobes de 1 cm de long sur 0,5 cm de large, dolabriformes ; Tube très grêle, long
de 1 à 1,1 cm, glabre extérieurement, à indûment suprastaminal s’étendant jusqu’à la gorge ; Anthères
insérées à la base, sagittées, très étroites. Gynécée à ovaire ovoïde sans disque distinct de 0,2 cm de
long ; Style court, égal à l’ovaire, surmonté d’une clavoncule à collerette basale peu découpée et d’un
corps pentagonal surmonté d’appendices aussi longs que lui. PI. 68.
Type : Spruce 4209, holo- G ; iso- P NY BM GH.
Bolivie, Pérou.
Noms vernaculaires : *
« Sanango blanco », « yuca sanango », « suica sanango ».
. Obs. — L’écorce et la racine sont utilisées par les Indiens en macération contre les rhumatismes.
Cette plante a été, semble-t-il, étudiée sous le nom de T. stenoloba (voir p. 166).
18. PESCHIERA LAEVIFRUCTA L. Allorge.
Bull. Soc. bot. Fr., 130, Lettres bot., 1983 (4-5) : 339-351.
Petit arbre de 3 m ; rameaux grêles cylindriques brun clair ; Article du sympode composé de 2 à
3 paires de feuilles assimilatrices, sans anisomorphie, puis d’une paire de feuilles écailles et d’une inflo¬
rescence en cyme pauciflore.
Feuilles vert foncé au-dessus, plus clair en dessous, de 9-13 cm de long sur 3-5 cm de large,
membraneuses, acuminées ; acumen non linéaire de 0,5 cm à 1 cm de long, arqué ; pétiole court de 0,1
à 0,5 cm de long.
Inflorescence pauciflore de 10 à 12 fleurs blanches ; Calice très petit ne dépassant pas 1 mm de
haut ; sépales obtus à marges scarieuses et trois glandes à leur base ; Tube de 1 cm de long, élargi à la
base, glabre extérieurement ; Indûment suprastaminal s’achevant à la gorge ; anthères insérées à la
base, sagittées, très étroites ; Lobes dolabriformes, de 0,4 cm de long. Gynécée à ovaire sans disque
apparent, ovoïde ; Style égalant la moitié de l’ovaire, long de 0,1 mm, surmonté d’une clavoncule à
collerette basale divisée en 10 lobes peu profonds, surmontée de deux appendices égaux à la moitié du
corps pentagonal.
Fruit à méricarpes inermes, à péricarpe lisse, orange à maturité ; couleur de l’arille non préci¬
sée ; Graines noires striées sur leur face dorsale, de 1 cm de long sur 0,5 cm de large. PI. 69.
Type : Pittier 14124, holo- G.
Matériel étudié :
Venezuela : Fendler 2375, Maracas et Choroni, 3000 ft., 29.1.1857 (fr.) GH ; Pittier 14124,
Forest of Rancho Grande, headwater of rio Limon, 1 900 m, Aragua, 28.8.1937 (fl. et fr.) G ; Wil¬
liams 10339, El Limon, Aragua, 450 m, s. d. (fr.) US.
Source : MNHN, Paris
156
LUCILE ALLORGE
PI. 68. - PESCHIERA VAN HEURCKII (Muell. Arg.) L. Allonge, comb.
1, rameau flor. (x 2/3), Woytkowski 5434 ; 2, bouton (x 1) ; 3 corolle ouverte, indûment suprastaminal et étamines (x 4) ;
4, face interne du sena e et p anH« (v ar • s i ^ o\ . c . . , . , .
a a i i-, , ’ ’ uuvciic, iiiuuiiiem suprastaminal et etamines x 4) ;
d V Sé £ ale „? gl \ ndes < x 4 > ! 5 . gynécée (x 8) ; 6, fruit (x 2/3) ; 7, face ventrale de la graine (x 3) ; 8,
Ibid., face dorsale ; 9, 10, embryon (x 4), Schunke 6641.
Source : MNHN, Paris
TABHRNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
157
I, rameau flor. et fruct. (x 2/3), Piltier 14124 ; 2, bouton (x 4) ; 3, corolle avec indûment suprastaminal et étamines (x 4) ;
4, gynécée (x 8) ; 5, sépale, face interne et glandes (x 16), Piltier 14124.
Source : MNHN, Paris
158
LUCILE ALLORGE
ESPÈCE DOUTEUSE
— Peschiera praeclara Miers, Apocyn. South Amer. : 42, 1878.
Le type Cockburn s. n°, conservé au BM, est stérile et est peut-être une forme juvénile de Pes¬
chiera cymosa (Jacq.) Dugand.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
159
STENOSOLEN (Müll. Arg.) Markgraf.
Pulle, Fl. Surinam 4 : 455 (1937) ; Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 177 (1938) ; Ann. Missouri Bot. Gard. 61 :
899 (1974) ; Acta Bot. Venezuelica 10 : 250 (1975).
— Tabernaemontana, sectio 3 : Stenosolen, M. Arg., Mart. Fl. Bras : 75 (1860).
Müller d’Argovie (1860) crée une section (sectio 3) du genre Tabernaemontana qu’il nomme Ste¬
nosolen , et qui comprend trois espèces : T. tenuiflora (Poeppig) M. Arg. (= S. stenolobus ), T. hete-
rophylla Vahl et T. flavicans R. et S. (= Anartia flavicans).
Cette section est élevée au niveau générique par Markgraf (1937) avec une espèce : S. heterophyl-
lus (Vahl) Mgf à laquelle il ajoute en 1938 : S. stenolobus (M. Arg.) Mgf, S. eggersii Mgf, S. van-
heurckii (M. Arg.) Mgf et S. macrosiphon (Herz.) Mgf.
Puis en 1974 : S. holothuria Mgf et en 1975 : S. grandifolius Mgf.
D’après Markgraf, ce genre se distingue du genre Peschiera A.DC par 7 caractères :
Peschiera
1) Feuilles généralement coriaces, isophylles.
2) Inflorescence en cyme pluriflore.
3) Sépales souvent réfléchis.
4) Lobes dilatés, - égaux au tube.
5) Tête du bouton plus large que la base du tube.
6) Anthères à « queues » brusquement divergentes.
7) Clavoncule sans dents basales.
Stenosolen
1) Feuilles membraneuses, anisophylles.
2) Inflorescence en racème pauciflore.
3) Sépales apprimés sur le tube.
4) Lobes étroits, plus courts que le tube très grêle.
5) Tête du bouton aussi large que la base du tube.
6) Anthères à « queues » peu divergentes.
7) Clavoncule à dix dents basales.
Les Stenosolen ont une architecture de type II.
Les espèces rattachées au genre Stenosolen par Markgraf, n’ont pas toutes la même architecture :
— S. vanheurckii (inclus S. macrosiphon) a une architecture de type I identique à celle du genre
Peschiera et doit, de ce fait, être rattaché à ce dernier genre, dont il a les autres caractères ( =
P. vanheurckii ), et
— S. grandifolius a une architecture de type III et constitue un sous-genre du genre Stenosolen : s.
genre Unisolen s. g. nov.
Sympodii articuli jugam foliorum haurientium isomorphorum, jugam foliorum squamorum et
inflorescentiam racemosam muniti.
DESCRIPTION DU GENRE STENOSOLEN
Arbuste ou petit arbre de 2 à 7 m, sympodial, à article portant généralement deux (exceptionnel¬
lement une) paires de feuilles assimilatrices, suivies d’une paire de feuilles-écailles et d’une inflorescence
Source : MNHN, Paris
160
LUCILE ALLORGE
réduite à un racème pauciflore. Ramification s’effectuant par 2 ou 1 relais, en nombre égal à celui des
paires de feuilles assimilatrices et se développant à l’aisselle des deux feuilles-écailles. Rameaux grêles.
Feuilles membraneuses et acuminées. Acumen linéaire arqué.
Inflorescence unique en racème. Fleur blanche. Calice non cilié sur le bord. Lobes de la corolle
plus courts que le tube de la corolle, celui-ci grêle et peu renflé à sa base, ayant un indûment suprasta-
minal s’achevant à la gorge. Étamines situées à la base du tube. Gynécée dépassant à peine le calice,
sans disque à la base de l’ovaire ; Style court surmonté d’une clavoncule à 10 segments à sa base,
s’insérant soit entre les thèques d’une même étamine, soit entre deux étamines.
Ce genre dérive phylogénétiquement du genre Peschiera, par réduction des articles sympodiaux et
de l’inflorescence.
Espèce-type : S. heterophyllus (Vahl) Mgf, 1937.
CLÉ DES SOUS-GENRES ET ESPÈCES
1. Article du sympode porteur de 2 paires de feuilles, dont la seconde est fortement anisomorphe, d’une paire de
feuilles-écailles et d’une inflorescence unique en racème. sous-genre STENOSOLEN.
2. Feuilles subsessiles ou sessiles, inflorescence à pédoncule très court, inférieur à 0,5 cm, avant la l rc bractée.
3. Fruit muriqué à aiguillons courts et plus larges à leur base, rigides.
4. Sépales longs de 0,2 cm, appliqués sur le tube, fruit réniforme. 1. S. heterophyllus.
4'. Sépales longs de 0,5-0,6 cm, linéaires et récurvés, fruit fusiforme. 2. S. eggersii
3'. Fruit muriqué à aiguillons fins, aussi larges à leur base, mous. 3 .S. holothuria.
2'. Feuilles pétiolées, pétiole supérieur à 0,5 cm, inflorescence à pédoncule long de 1,5-2 cm, avant la
1" bractée. 4. S. stenolobus.
1'. Article du sympode porteur d’une paire de feuilles isomorphes, d’une paire de feuilles-écailles et d’une inflo¬
rescence en racème. sous-genre UNISOLEN
. 5. S. grandifolius.
1. STENOSOLEN HETEROPHYLLUS (Vahl) Markgraf.
Pulle, Fl. Surinam 4 : 455 (1937) ; Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 177 (1938) ; Azambuja, Arquiv. Serv. Flor. :
83, PI. 17 (1947).
— Tabernaemontana heterophylla Vahl, Eclog. Amer. 2 : 22 (1798) ; Icônes 14 : 178 (1799) ; Poiret, Encycl.
Meth. Dict. Bot. 7 : 529 (1806) ; G. Don, Gen. Syst. 4 : 88 (1837) ; Benth., Journ. Bot. (Hook.) 3 : 243
(1841) ; A.DC, Prodr. 8 : 361 (1844) ; M. ARC., Mart. Fl. Bras. 6 (1) : 76 (1860) ; PULLE, Enum. PI.
Surin. : 381 (1906) ; Mgf, Pulle, Fl. Surin. 4 : 35 (1932) ; Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 : 404
(1959) ; Schult., Journ. Ethnopharm. 1 : 186, pl. 191 (1978).
— Tabernaemontana subg. Peschiera, sect. Stenosolen, Pichon, Not. Syst. 13 (3) : 736 (1948).
— Peschiera heterophylla Miers, Apocyn. S. Amer. : 38 (1878).
— Tabernaemontana echinata Aublet pro parte (fr.) Hist. Pl. Guian. fr. 1 : 263, Pl. 103 (1775) (voir Peschiera
echinata (Aublet) A.DC, 134).
— Peschiera diversifolia Miq., Stirp. Surin. : 164, tab. 47 (1851) ; type : Sagot 390.
Petit arbre de 3 à 7 m ; article du sympode composé de deux'paires de feuilles assimilatrices
dont la deuxième est fortement anisomorphe, d’une paire de feuilles-écailles et d’une inflorescence
pseudo-terminale suivie de deux rameaux relais. Écorce grise avec beaucoup de liège sur le tronc ;
rameaux cylindriques grêles.
Feuilles vert jaune, ondulées sur le bord, membraneuses, glabres, de 4 cm x 2,5 cm pour les
petites ; de 15 cm x 4,5-5 cm pour les plus grandes, acuminées. Acumen linéaire arqué, long de 0,5 à
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
161
1,5 cm. Pétiole subsessile à la première paire de feuilles et long de 1 mm, sessile et nul dans la seconde
paire.
Inflorescence en racème très grêle, à bractées persistantes, long de 0,3-0,5 cm. Fleur blanche,
frêle ; Calice à sépales lancéolés linéaires non ciliés, munis de 3-4 glandes à leur base, long de 0,2 cm ;
Lobes de la corolle trois fois plus courts que le tube, falciformes ; tube très grêle, élargi à la base au
niveau du calice et des anthères, glabre extérieurement avec intérieurement un indûment suprastaminal
s’étendant jusqu’à la gorge. Anthères sagittées insérées à la base du tube ; Gynécée à ovaire ovoïde sans
disque manifeste à la base ; Style très court, de moitié moins long que l’ovaire, surmonté d’une clavon-
cule à collerette basale divisée en dix segments, d’un corps pentagonal et de deux courts appendices cla-
vonculaires terminaux.
Fruit à deux méricarpes muriqués réniformes, très densément couverts d’aiguillons courts et lar¬
ges à leur base, rouge-orangé à maturité, septicides. Arille orange, peu sucré, n’entourant pas totale¬
ment la graine ; Graines noires, striées sur leur face dorsale, presque aussi longues que larges (0,7 cm
contre 0,5 cm). PI. 70.
Type : Van Rohr s. n°, Cayenne, Holo- C, iso BM.
Brésil, Colombie, Guyana, Guyane fr., Pérou, Surinam, Venezuela.
NOMS VERNACULAIRES :
« Sanango », « sananguillo », « sananguito'cojon de barraco », « ebecoroburu », « caferana ».
Usages : D’après Schultes (1978), les feuilles sont administrées aux personnes âgées, en infusion,
comme reconstituant.
Obs. — A. Henriques a étudié les alcaloïdes de Stenosolen heterophyllus récolté par Moretti,
dont un échantillon de référence, Moretti 130, est déposé au M.N.H.N.P. Elle a isolé 6 alcaloïdes
monomères de type corynane : affinisine, vobasine, vallesamine, (—) apparicine ou péricalline, oliva-
cine, tetrahydro-3, 14, 4, 19 olivacine ; 7 alcaloïdes de type ibogane et pseudo-aspidospermane : iboga-
mine, ibogaïne, coronaridine, voacangine, hydroxy-7 indoléine de la voacangine, pandoline, pandine ; 1
alcaloïde de type aspidospermane : ( + ) voaphilline, mais surtout 3 alcaloïdes dimères de type corynane-
ibogane : voacamine, descarbométhoxyvoacamine et tabernamine, et des alcaloïdes d’un type nouveau,
l’ervafoline, et ses dérivés : hydroxy-19' ervafolène, ervafolène, hydroxy-19' ervafolène, épi-3 ervafoli-
dine, hydroxy-19' ervafolidine et hydroxy-19' épi-3 ervafolidine. Soit 25 alcaloïdes dont 7 sont nou¬
veaux. Henriques A., Étude chimique des alcaloïdes de Stenosolen heterophyllus (Vahl) Mgf, le
16.2.1981 ; Thèse es Sciences Physiques, Paris-Sud, Orsay.
2. STENOSOLEN EGGERSII Markgraf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 177 et 183 (1938) ; Dodson et A. H. Gentry, Fl. rio Palenque, Selbeana 4 : 239,
pl. 113 (1978).
Petit arbre de 2 à 6 m à articles sympodiaux porteurs de deux paires de feuilles assimilatrices
dont la seconde est fortement anisomorphe, d’une paire de feuilles-écailles et d’une inflorescence en
racème, terminale. Rameaux grêles, cylindriques.
Feuilles membraneuses, longues de 4 à 14 cm, larges de 3 à 5 cm, subsessiles ou sessiles, ondu¬
lées avec souvent la plus grande largeur dans les 2/3 supérieurs du limbe, celui-ci plus ou moins
pubescent à acumen linéaire arqué, de 1 à 2 cm de long ; pétiole de 1 à 2 mm pour la l rc paire de
feuilles, sessile pour la seconde.
Inflorescence en racème pauciflore de 1 à 4 fleurs blanches jaunissant en fanant ; Calice à sépa¬
les linéaires très longs pour le genre, 0,5 à 0,6 cm, un peu récurvés ; Tube de la corolle long de 2 cm,
très grêle, peu élargi au niveau des étamines, insérées à sa base et surmontées d’un indûment suprasta¬
minal jusqu’à la gorge ; Lobes falciformes de 1 cm de long ; Gynécée à ovaire s’atténuant en style,
Source : MNHN, Paris
PI. 70. — STENOSOLEN HETEROPHYLLUS (Vahl) Mgf.
rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 3) ; 3, sépale et glandes individualisées ; 4, fleur (x 2) ; 5, corolle ouverte et indûment
suprastaminal ; 6, anthère (x 6) ; 7, calice et gynécée (x 5) ; 8, clavoncule (x 14) ; 9, fruit (x 2/3) ; 10 et 10', graine
avec et sans arille (x 2) ; 1 et 3 à 8 : Sastre el Morelti 4104 ; 2, Morelti 130 ; 9, 10, 10', Mélinon 1842.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
163
sans disque distinct, de 0,2 cm de long ; Style de 0,6 cm de long ; Clavoncule à collerette basale divisée
en dix dents, corps clavonculaire pentagonal masquant les appendices très courts.
Fruit à méricarpes fusiformes, longs de 6-7 cm, larges de 1,5 cm, acuminés, à aiguillons courts
et larges à leur base ; Arille rouge ; Graines noires sillonnées sur leur face dorsale, presque aussi lon¬
gues, 0,8 cm, que larges, 0,6 cm ; Embryon à radicule deux fois plus longue que les cotylédons, non
cordés. PI. 71.
Type : Eggers 15110, Holo- B, iso- MO NY BM.
Colombie, Équateur.
Markgraf a décrit deux formes à cette espèce, forma glabra. Eggers 15110, suivie de forma
pubescens, Eggers 14326. Le premier échantillon cité est également velouté au toucher et les localités de
ces deux échantillons étant identiques (N et S de Guayaquil), nous ne maintenons pas ces deux formes.
3. STENOSOLEN HOLOTHURIA Markgraf.
Ann. Missouri Bot. Gard. 61 : 899 (1974).
Arbuste de 2 à 3 m, à article composé de deux paires de feuilles assimilatrices dont la seconde
est fortement anisomorphe, d’une paire de feuilles-écailles et d’une inflorescence terminale ; rameaux
très grêles, cylindriques, grisâtres.
Feuilles membraneuses à coriaces, lancéolées, vert-jaune, plus claires en dessous, longues de 2-
8 cm, larges de 1,5 à 2 cm, acuminées ; acumen linéaire, arqué, long de 0,5 à 1 cm ; Pétiole long de
0,1 à 0,2 cm.
Inflorescence en racème pauciflore de 2 à 3 fleurs blanches jaunissant en fanant. Calice de
0,1 cm de long, à sépales lancéolés, carénés, non ciliés, à 5-6 glandes à leur base. Lobes de la corolle
longs de 0,5 cm, dolabriformes, ondulés, pubescents sur la nervure médiane ; Tube très grêle, long de
1 cm, élargi à sa base au niveau des étamines. Anthères sagittées, très étroites. Gynécée à ovaire sans
disque apparent ; Style égal à l’ovaire, de 0,2 cm de long ; Clavoncule à collerette divisée en 10 dents,
corps pentagonal surmonté de deux appendices assez courts.
Fruit à méricarpes fusiformes de 4 x 0,8 cm, couverts d’aiguillons longs de 0,2 cm, mous, très
fins jusqu’à leur base ; Arille incomplet, de couleur inconnue ; Graines noires sillonnées, aussi larges
que longues : 0,8 cm ; Embryon à radicule presque deux fois plus longue que les cotylédons, non cor¬
dés. PI. 72.
Type : Duke 14149, Holo- Z, iso- F MO NY.
Colombie, Panama, Venezuela.
4. STENOSOLEN STENOLOBUS (M. Arg.) Markgraf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 177 (1938).
— Tabernaemontana stenoloba M. Arg., Linnaea 30 : 407 (1860). Mat. cit. : Poeppig s. n°, 2079, Pavon s. n° ;
Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 : 410 (1959).
— Peschiera stenoloba (MUll. Arg.) Miers, Apocyn. S. Amer. : 38 (1878).
— Peschiera cuspidata Miers, Apocyn. South Amer. : 37 (1878) (non Tabernaemontana cuspidata Rusby =
Anartia cuspidata) ; type : Weir 76.
Petit arbre de 4 à 5 m, à rameaux pubescents sur le dernier entre-nœud. Article du sympode à
deux entre-nœuds longs avec asymétrie de la deuxième paire de feuilles assimilatrices, puis deux
Source : MNHN, Paris
164
LUCILE AL.LORGE
PI. 71. — STENOSOLEN EGGERSII Mgf.
1. rameau flor. et fruct. (x 2/3) ; 2, fragment de feuille, face inf. (x 8) ; 3, bouton (x 1) ; 4, fragment de corolle)x 1) ; 5,
gynecée (x 8) ; 6, face interne du sépale (x 8) ; 7, fruit (x 2/3) ; 8, graine, face ventrale et son arille (x 1) ; 9, graine,
face dorsale (x I) ; 10, graine, face ventrale (x 1) ; 11 et 12, embryon (x 8), Castaneda 5163.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÊES AMÉRICAINES
165
PI. 72. — STENOSOLEN HOLOTHURIA Markgraf.
1, rameau flor. (x 2/3) ; 2, bouton (x 4), Forero et al., 1644 ;3, pédoncule et calice (x 4) ; 3', lobes de la corolle (x 4) ; 4,
fragment de corolle et indûment suprastaminal (x 4) ; 5, gynécée en place (x 8) ; 6, face interne du sépale (x 8) ; 7,
rameau fruct. (x 2/3), Duke 14149 ; 8, face dorsale de la graine et son arille (x 2) ; 9, face ventrale et arille (x 2) ; 10,
face ventrale sans arille (x 2) ; 11, embryon (x 8), Cuatrecasas 26174.
Source : MNHN, Paris
166
LUCILE ALLORGE
rameaux relais à l’aisselle de 2 feuilles-écailles et une inflorescence terminale. Rameaux cylindriques grê¬
les à écorce brun clair.
Feuilles pubescentes à leur face inférieure, glabres au-dessus, de 5 à 15 cm de long sur 4 à 7 cm
de large, elliptiques à ovales, acuminées ; acumen linéaire de 0,5 à 1,5 cm de long. Pétiole de 0,5 à 1
cm de long.
Inflorescence unique à chaque article, en racème, à pédoncule floral de 1 à 2 cm. Fleur blanche.
Calice à sépales linéaires, souvent recourbés, non ciliés, à 4-5 glandes à leur base interne. Lobes deux
fois plus courts que le tube de la corolle, de 0,5 cm de long, pubescents à la gorge ; Tube de 1 cm de
long, grêle, à base un peu renflée au niveau des étamines, glabre extérieurement, intérieurement indû¬
ment suprastaminal dense, pas d’indûment infrastaminal. Étamines à « queues » droites et étroites.
Gynécée égal au calice, soit 0,5 cm de long, à ovaire s’atténuant progressivement en style, long de
1 mm chaque ; Clavoncule à collerette basale horizontale surmontée d’un corps pentagonal et de deux
appendices nettement plus courts que le corps clavonculaire.
Fruit à deux méricarpes muriqués, à excroissances molles, triangulaires. Méricarpe réniforme,
rouge à maturité, de 3-4 cm de long sur 1,5 cm de diamètre ; Arille entourant totalement la graine,
rouge ; Graines noires, longues de 0,6 cm, larges de 0,3 cm, sillonnées sur leur face dorsale ; Embryon
à radicule deux fois plus longue que les cotylédons, ceux-ci cordés à leur base et asymétriques. PI. 73.
Lecto-type : Poeppig s. n °, Cuchero (1829), choisi par Markgraf (1938). NY, ex herb. Vindo-
bon.
Colombie, Pérou.
Noms vernaculaires :
« Obrasillo sanango », « Suica sanango » au Pérou.
Obs. — Le premier travail chimique concernant cette plante est dû à Perkolt, Ber. pharm. Ge.
20 (1910) qui isole la tabernaemontanine. Ensuite, J. E. Guillen et I. K. de Cornelio, Biota. 10 (80) :
182 (1974) ont étudié une plante déterminée Tabernaemontana stenoloba, récoltée au Pérou, rio Sisa,
30 km du confluent rio Alao, nommée « Sanango Macho » ou « Ucu sanango » utilisée en infusion ou
en macération comme reconstituant des fonctions sexuelles masculines et tonique cérébral. La descrip¬
tion des auteurs ainsi que le matériel qu’ils citent est un mélange de S. stenolobus et de Peschiera van-
heurckii. La plante étant glabre et le calice ovale, il semble donc que ce soit plutôt P. vanheurckii.
Nous n’avons pas pu examiner le matériel de référence : herbier ? dont ils ont isolé l’ibogaïne, l’iboga-
mine et l’iboxygaïne, voir p. 154.
5. STENOSOLEN GRANDIFOLIUS Markgraf.
Acta Bot. Venezuelica 10 (1-4) : 250 (1975).
Arbuste de 1,5 à 1,7 m. Article du sympode à 1 seule paire de feuilles assimilatrices isomorphes ;
1 relais à l’aisselle d’une feuille-écaille, et une inflorescence.
Feuilles longues de 15 à 22 cm, larges de 6 à 10 cm, duveteuses et argentées à leur face infé¬
rieure, glabres et vertes à leur face supérieure, à nervures secondaires espacées de 1 à 3 cm. Pétiole de 1
à 1,5 cm de long.
Inflorescence en racème de 8 à 10 fleurs à pédoncule de 1 cm. Fleur blanche dressée. Calice à
sépales linéaires de 2 mm de long, verts, 3 glandes à leur base. Lobe? de 1 cm de long, perpendiculaires
au tube. Tube de 1,4 cm de long, renflé à sa base au niveau de l’insertion des étamines, glabre exté¬
rieurement, à indûment suprastaminal interne se poursuivant jusqu’à la gorge. Étamines à « queues »
droites. Gynécée sans disque manifeste. Ovaire ogival de 1 mm de haut ; Style grêle surmonté d’une
clavoncule à 10 dents à sa base, d’un corps pentagonal et de deux appendices clavonculaires courts.
Fruit inconnu. PI. 74.
Holo-type : Steyermark et Dunsterville 105789, Z.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
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Matériel étudié :
Venezuela : Bernardi 3182 ?, Merida, 12.5.1956 (fl.) NY ; Breteler 4571, St. Merida, between
Cano Zancudo and La Azulita, 350 m, 2.9.1965 (fl.) MO ; Reed 919, La Ceiba, along Lake Mara-
caibo, Trujillo, 3.12.1931 (fl.) MO US NY ; Steyermark, Bunting et Blanco 101706, St. Apure, reserve
San Camilo, 200 m, 1.4.1968 (fl.) Z ; Steyermark et Dunsterville 105789, St. Zulia sierra de Porija,
valle de Tukuku, 400-1850 m, 1-3.4.1972 (fl.) Type, Z.
ESPÈCE DOUTEUSE
— Peschiera tenuiflora Poeppig in Poeppig et Endlicher, Nov. Gen. et Sp. 3 : 70, pl. 280 (1845), type Martius
s. n°, Coary, fleuve Amazone.
— Tabernaemontana tenuiflora (Poepp.) M. Arg., Mart. Fl. Bras. 6 (1) : 76 (1860).
Cette espèce, mise en synonymie par Markgraf (1938, p. 177) et Mac Bride (1959, p. 404) de
l’espèce type, S. heterophyllus (Vahl) Mgf, pose en fait un problème parce que le texte ne correspond
pas à la planche : les feuilles sont dites sessiles par Poeppig et sur sa planche, les feuilles sont nette¬
ment pétiolées. L’appartenance, toutefois, au genre Stenosolen ne fait aucun doute : l’inflorescence est
un racème, le fruit est muni d’aiguillons mous, plus larges à leur base, et la fleur a un tube très grêle
avec les étamines insérées à sa base.
La seule espèce qui existe au Brésil, sur l’Amazonie, est en effet S. heterophyllus mais la plan¬
che, à notre avis, fut effectuée à partir des deux récoltes de Poeppig, choisies comme type de Tabernae¬
montana stenoloba par Mueller d’Argovie, par la suite.
Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
MACOUBEA Aublet
Hist. PI. Gui fr. 2, suppl. 17-19, pl. 378 (1775) ; Miers, Apocyn. South Amer. : 11 (1878) ; Pulle, Fl. Surin. 9,
pl. 3 (1912) ; Ducke, Arch. J. bot. Rio de Janeiro 3 : 239-230, pl. 17, 18 (1922) ; ibid. 4 : 168, pl. 22
(1925) ; Hoehne, Ann. Acad. Bras. Scienc. 4 : 15-18, pl. 2 (1932) ; Markgraf, Pulle, Fl. Surin. 4 : 31-38
(1932) ; Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 178, 179 (1938) ; Williams, Field Mus. Nat. Hist. 15 : 422-423
(1936) ; Monachino, Lloydia 8 : 291-316 (1945) ; Azambuja, Arq. Serv. Flor. : 83-83, pl. 18 (1947) ;
Pichon, Mém. Mus. Natl. Hist. nat., n.s. 24 : 170, pl. 4 (1948) ; Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 :
395-397 (1959) ; Gentry, A. H., Ann. Miss. Bot. Gard. 61 : 892 (1974) ; Boiteau et Sastre, Adansonia, 2
s., 15 : 239-250 (1975) ; Schultes R. E., Bol. Mus. Leafl., Harv. Un. 24 : 193-201 (1976) ; Boiteau,
Allorge et Sastre, Adansonia, 2 s., 18 : 267-277 (1978).
— Macubea, Jaume St-Hilaire. Expo. Fam. nat. 2 : 29 (1805).
— Tabernaemontana pro parte, Poiret. Dict. supp. 5 : 276 (1817) ; A.DC, Prodr. 8 : 366-374 (1844) ; Hemsler, Fl.
Centr. Amer. 2 : 309 (1882).
— Tabernaemontana sect. stenocephalium Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 86, tab. 27 (1860).
— Rhigospira pro parte, Miers, Apoc. South Amer. : 67-70 (1878).
— Merizadenia pro parte, Miers, loc. cit. : 78 (1878).
Espèce-type : Macoubea guianensis Aublet.
Aublet crée le genre Macoubea en 1775, avec l’espèce Macoubea guianensis qu’il illustre, mais
cette planche ne comporte que le fruit. Il ne rattache cette espèce à aucune famille car, dit-il, les carac¬
tères sont incomplètement connus. De ce fait, les auteurs suivant : J. St-Hilaire (1805) et les autres, la
rangeront parmi les Guttifères, alors que les échantillons ne comportant que des fleurs sont rattachés
au genre Tabernaemontana (Poiret (1817), avec : Tabernaemontana macrophylla, A.DC (1844) avec :
Tabernaemontana reticula, Muell. Arg. (1860) avec : Tabernaemontana sprucei et Tabernaemontana
paucifolia.
Miers maintient le genre Macoubea distinct mais n’a pas vu les exactes limites du genre puisque
4 de ces espèces sont rattachées au genre Rhigospira et 1, au genre Merizadenia.
Markgraf (1932-1938) va Fixer ce genre dans ses limites avec 4 espèces : Macoubea guyanensis,
Macoubea sinuosa, Macoubea reticulata et Macoubea sprucei. Monachino (1945) effectue une révision
du genre et en retrace l’historique. Il ne maintient plus que deux espèces : Macoubea guianensis et
Macoubea sprucei. Il crée une variété nouvelle, mais indique au début de sa clé : « caractères difficiles
à définir et variables, entités séparées par concordance de faits » et pense qu’avec un matériel plus
abondant, ce genre deviendra monospécifique. Pichon (1948), malgré le travail de Monachino dont il a
pris connaissance, retransfère le genre Macoubea dans les Plumerioïdées auprès des Ambelania. Boiteau
et Sastre (1975) vont démontrer, grâce à des récoltes de fruit frais, l’existence d’un arille autour de la
graine et ce fait indubitable les conduit à retransférer le genre Macoubea parmi les Tabernaemontanoï-
dées.
Pichon, par ailleurs, indique un double testa à la graine et plus loin « l’ovule a vraisemblable¬
ment deux téguments, mais seule l’étude anatomique de la fleur pourrait le confirmer ».
Grâce à des récoltes de fleurs dans le F.A.A., nous entreprenions alors l’étude anatomique (Boi¬
teau, Allorge et Sastre, 1978), et constations que l’ovule n’a qu’un seul tégument comme celui de toutes
les Apocynacées.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
171
DESCRIPTION DU GENRE
Arbre de 6 à 25 m de haut. Article du sympode comportant 5-6 paires de feuilles assimilatrices
isomorphes, deux rameaux relais axillés par les feuilles supérieures, puis une petite paire de feuilles ou
des bractées axillant deux inflorescences, puis une inflorescence terminale. Rameaux cylindriques com¬
portant de nombreux collétères à l’aisselle des feuilles.
Feuilles opposées, glabres ou pubescentes sur les nervures, elliptiques ou obtuses, à grand pédi-
celle atteignant 3-4 cm sur les feuilles adultes. Nervation secondaire espacée.
Inflorescences en nombre variable de 1 à 3, en cymes pluriflores. Fleur blanche odorante, à
lobes de la corolle glabres ou pubescents plus longs que le tube. Calice glabre ou pubescent cilié sur le
bord, à sépales obtus avec 5-6 glandes à leur base. Lobes de la corolle non dilatés vers la droite. Tube
renflé au niveau des étamines insérées à sa base, fentes suprastaminales ou simples renforcements de la
corolle. Anthères lancéolées à « queues » divergentes. Ovaire pubescent et tronqué en son sommet ;
style presque sessile, clavoncule comportant une collerette horizontale, un corps pentagonal et deux
longs appendices.
Fruit indéhiscent, à un ou deux méricarpes à assise scléreuse comportant de nombreuses graines
entourées d’un arille incolore. Graines creusées de petites cavités sur leur face dorsale convexe, et plates
sur la face ventrale avec un long hile. Embryon droit à cotylédons de même largeur que la radicule. La
pubescence des nervures des feuilles, de l’inflorescence ainsi que celle de la fleur montre toutes les tran¬
sitions possibles. Les dimensions varient en sens inverse du nombre de fleurs par inflorescence ; plus
l’inflorescence comporte de fleurs, plus la fleur est petite, et ce phénomène est particulièrement accen¬
tué chez Macoubea guianensis var. pubiflora Monachino.
Nous maintenons toutefois deux espèces comme l’ont fait Monachino et Pichon, distinctes par
les caractères de leurs fruits et de leur pollen.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Feuilles elliptiques à orbiculaires. Tube de la corolle long de 0,4-0,5 cm, lobes longs de 1,6 cm. Pollen à 2 pores.
Fruit globuleux à un seul méricarpe développé. 1. M .guianensis.
2. Feuilles lancéolées, acuminées. Tube de la corolle long de 0,5-0,7 cm. Lobes longs de 1,1 cm. Pollen à 3 pores.
Fruit à deux méricarpes hémisyncarpes. 2. M. sprucei.
1. MACOUBEA GUIANENSIS Aublet.
Hist. PI. Gui. fr. 2, suppl. 17-19, tab. 378 (1775) ; Miers, Apocyn. South Amer. : 11 (1878) ; Markgraf, Notizbl.
Bot. Gart. Berlin 14 : 178 (1938) ; MONACHINO, Lloydia 8 : 297 (1945) ; Pichon, Mém. Mus. natl. Hist.
nat., n. s., 24 : 170 (1948) ; Van Roosmalen, Surin. Vrucht. 2 : 20-21, PI. 15 (1977).
Arbre de 15 à 25 m. Tronc gris tacheté, écorce marron sur les jeunes rameaux, bois jaune. Arti¬
cle du sympode comportant 3 à 4 paires de feuilles assimilatrices, deux rameaux relais, puis une paire
plus petite de feuilles assimilatrices axillant deux inflorescences plus ou moins présentes et une inflores¬
cence terminale.
Feuilles elliptiques à orbiculaires, obtuses au sommet, longues de 10 à 20 cm, larges de 8 à
10 cm, à 12-14 nervures latérales espacées de 1 à 1,5 cm ; pétiole long de 2-3 cm, plus ou moins large,
à base élargie en collerette avec 15-16 collétères. Limbe plus ou moins pubescent.
Inflorescences portées par un fort pédoncule pouvant atteindre 8 cm de long. Inflorescences à
nombreuses fleurs, environ une quarantaine. Fleur blanche odorante à calice et pédoncule pubescents.
Sépales ciliés sur le bord, obtus, à 7-8 glandes à leur base. Lobes sinistrorses (recouvrants à gauche),
glabres, plus longs que le tube. Tube long de 0,4-0,5 cm, à fentes suprastaminales en son milieu ; éta-
Source : MNHN, Paris
172
LUCILE ALLORGE
mines insérées à la base ; indûment suprastaminal. Étamine à « queues » divergentes. Gynécée compor¬
tant 2 carpelles asymétriques à ovaire tronqué au sommet, pubescent. Style très court, surmonté d’une
clavoncule à collerette basale horizontale presqu’aussi large que le sommet de l’ovaire, corps pentagonal
et deux appendices aussi longs que le corps de la clavoncule.
Fruit à un seul méricarpe par avortement, globuleux de 8-10 cm de large et long, avec une pro¬
tubérance plus ou moins accentuée non loin du pédoncule, correspondant à l’épaule du carpelle, indé¬
hiscent. Assise scléreuse. Une quarantaine de graines de 1,5 cm de long, entourées d’un arille translu¬
cide, incolore. Graines à face dorsale, creusée d’anfractuosités, convexe, face ventrale plane. PI. 75.
Type : Aublet s. n°, BM.
Brésil, Guyana, Guyane fr., Surinam, Venezuela.
Noms vernaculaires :
« Amapa », « Pequéa », « Yapukait », « Mapa », « Roko-Roko », « Soko-Soko » (Galibi),
« Grootbladige mapa » (Ducht/Stranang), « Gogo de Guariba », « Serva », « Folha grande »,
« Uarma-gogo », « Macaca patrona », « Pitia de leite », « Jarabe huaco », « pu-o’-ho-ko » (Cubeo),
« Ka iakani » (Wayampi), « Tawatoum’moï » (Wayana).
Usages :
Fruit comestible, également utilisé sec comme instrument de musique type grelot.
Obs. — 1. R. Hegnauer, Chemotaxonomie der Pflanzen III : 136, 1964 cite un travail de
F. W. Freize, Pharm. Z. 81 : 818, 1936 qui a isolé un alcaloïde indolique, la macoubeine. Cm^NîOî
à activité curarisante.
Obs. — 2. L’analyse chimique montrait que les feuilles et les écorces ne contenaient pas d’alca¬
loïdes indoliques, mais que la graine en contenait (communication personnelle de H. P. Husson).
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Fleurs glabres extérieurement.
2. Feuilles coriaces à réticulum tertiaire peu visible. 1. var. guianensis.
T. Feuilles membraneuses à réticulum tertiaire net. 2. var. reticulata.
1'. Fleurs pubescentes, calice, tube et lobes avec indûment blanchâtre net. 3. var. pubiflora.
1. var. guianensis
— Tabernaemontana macrophylla Poiret, Dict. supp. 5 : 276 (1817) ; A.DC, Prodr. 8 : 374 (1844) ; Hemsler, Fl.
Centr. Amer. 2 : 309 (1882) ; type : Poiret , P.
— Merizadenia amplifolia Miers, Apocyn. South Amer. : 78 (1878) syn . nov. pro parte.
— Tabernaemontana paucifotia Spruce ex Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 87 (1860) ; type : Spruce 2564.
— Rhigospira paucifolia Miers, Apocyn. South Amer. : 69 (1878).
— Rhigospira sinuosa Miers, Apocyn. South Amer. : 70 (1878) ; type : Spruce 3693.
— Macoubea sinuosa (Miers) Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 178 (1938) > type : Spruce 3693.
— Macoubea sprucei var. paucifolia (Spruce ex Muell. Arg.) Monachino, loc. cit. : 299.
— Tabernaemontana aubletii Pulle, Reçu. Trav. Bot. Néerl. 9 (2) : 157, pl. 3 (1912).
Description identique à celle ci-dessus pour l’espèce.
Type : Aublet s. n°, BM.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
173
1 rameau flor (x 2/3), Black et al., 52-14184 ; 2, bouton ; 3, fleur, d’après Azambuja ; 4, 5, fleur (x 2/3), Moretti 782 ; 6,
' 7 g“écéi ; 8, étamine d',pré, A»mbuj. ; 9, tn.il (x 2/3), Ses,re 6U6 ; 10, frmt, coupe ; il, 12, .3, grume, de profil,
ventrale dorsale, d’après Azambuja.
Source : MNHN, Paris
174
LUCILE ALLORGE
(*) — Steudel, Nomencl. bot. 2° éd. 1840 : 658, met le Tabernaemontana macrophylla Poiret en
synonymie de Tabernaemontana cestroides Ness. (Nov. acta Nat. cur. 11(1): 83) ex Martius, Flora 20
(2) : 98 (1837), type Dryas, Herbier Martius 105, Flumen Ilheos, M., non vu, prêté à Wageningen, let¬
tre du Dr H. Merxmüller, 29.3.1983. Mais comme par ailleurs Steudel met également en synonymie
Tabernaemontana coriacea Link qui lui est très différent (voir Bonafousia coriacea (Link ex Roem. et
Schult.) Boiteau et Allorge, p. 35), nous ne savons pas encore à quelle espèce il se rapporte vraiment.
var. pubiflora Monachino.
Lloydia 8 : 298 (1945).
— Macoubea witotorum Schultes, R.E., Bot. Mus. Leaflets, Harvard Uni. : 193 (1976), type : Schultes 26072,
GH.
Brésil, Colombie, Pérou.
Diffère de la variété typique par des fleurs pubescentes réunies en cyme condensée de 50 fleurs
environ.
TYPE : Klug 596, holo- NY.
var. reticulata (A.DC) L. Allorge, comb. nov.
— Tabernaemontana reticulata A.DC, Prodr. 8 : 366 (1844) ; Muell. Arg., Fl. Bras. : 86, tab. 27 (1860).
— Rhigospira reticulata (A.DC) Miers, Apocyn. South Amer. : 69 (1878).
— Macoubea reticulata (A.DC) Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 178 (1938).
Diffère de la variété typique par des feuilles membraneuses à réticulum tertiaire net.
Type : Blanchet 2336, Holo- G ; iso- NY GH P.
USAGES :
Fruit comestible en février.
Obs. — Monachino n’a vu qu’une photo du type, aussi réduit-il cette espèce en synonymie ; les
photos que nous avons également vues au NY et GH ne permettaient pas en effet de se rendre compte
de la différence réelle que montrent les échantillons de la région de Bahia.
Matériel étudié :
Brésil : Belem 3520, Bahia, Marau, 4 km s, 9.5.1968 (st.) MO ; Blanchet 78, Herbier 2336,
Bahia, s. d. (fl.) P G NY GH ; Bondar 8, Bahia, Itacare, Pontal, 2.4.1946 (fr.) MO NY ; Froes 1062,
1089, Bahia, riv. Ana, Ilheos, 15.3.1943 (st.) GH ; 1795, Marahao, Maracassame rio, 18.7.1932 (fr.)
MO NY ; Hoehne 26472, Camani, S de Bahia, 11.1931 (fl.) GH ; Voir aussi Hoehne, F. C., Algo
sobre a identidade botanica do « Oiti » e do « Pequia » da Bahia, Ann. Acad. Bras. Scienc. 4 (1) : 15-
18, pl. 2 (1932) ; Mori et al. 10425, 10451, 10954, Bahia, Mucuri, 4 km, 11.9-21.4.1978 (fl.) P ; Pijara
da Silva s. n°, Bahia, Camami, 2.6.1930 (fl.) NY ; 26472, ibid., 11.1931 (fl.) GH ; Riedel s. n°, s. loc.,
s. d. (fl.) P GH MO.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
175
2. MACOUBEA SPRUCEI (Muell. Arg.) Markgraf.
Notizbl. Bot. Gart. Berlin 14 : 179 (1938) ; Monachino, Lloydia 8 : 298 (1945) ; Mac Bride, Field Mus. Nat.
Hist. 13 : 397 (1959) ; GENTRY A. H., Ann. Miss. Bot. Gard. 61 : 892 (1974).
— Tabernaemontana sprucei Muell. Arg., Fl. Bras. 6 (1) : 86, pl. 27, fïg. 1 (1860).
— Rhigospira sprucei (Muell. Arg.) Miers, Apocyn. South Amer. : 70 (1878).
Arbre de 5 à 6 m. Article du sympode comportant 5-6 paires de feuilles assimilatrices, dont la
dernière axille les deux rameaux relais, puis une paire de très petites feuilles axillant deux inflorescences
et une inflorescence terminale. Rameaux relais asymétriques, l’un devenant rapidement dominant.
Feuilles elliptiques, acuminées, à une dizaine de paires de nervures latérales espacées de moins de
1 cm. Pétiole grêle long d’environ 1 cm élargi à la base en collerette.
Inflorescences pluriflores en cyme. Fleur blanche odorante. Calice à sépales obtus, ciliés sur le
bord, plus ou moins pubescent. Lobes de la corolle ciliés sur le bord, pubescents à la gorge, aussi longs
que le tube. Tube plus ou moins pubescent extérieurement, indûment suprastaminal, étamines insérées à
la base. Anthères à « queues » divergentes. Gynécée à ovaire pubescent tronqué au sommet ; Style pres¬
que sessile surmonté d’une clavoncule sans collerette à la base, corps pentagonal et longs appendices
égaux au corps de la clavoncule.
Fruit à deux méricarpes hémisyncarpes longs de 2-3 cm, larges de 4-5 cm, bruns à maturité.
Graines entourées d’un arille. Pl. 76.
Type : Spruce 2594, holo- G, iso- P NY.
Usages :
Le fruit n’est pas mentionné comme comestible.
Noms vernaculaires :
« Huevo de Gato ». C’est également le nom vernaculaire de Garcia nutans Vahl cité par
C. L. Lundell, Wrightia 1 (1) : 4 (1945).
Matériel étudié :
BRÉSIL : Ducke 22423, Manaos, 30.7.1929 (fl.) P ; Froes 20525, Manaos, 24.2.1945 (fr.) NY ;
Gentry 13395, 16 km N Manaus along river rio Negro, 17.12.1974 (fr.) Z ; INPA 1627, Manaus, par¬
que 10, 10.8.1955 (fl.) NY ; Krukoff 7924 Manaus, Aleixo, 12.8.1936 (fl.) MO ; Prance et al. 2259,
Manaus, Taruma, 12.9.1966 (fl.) NY ; 3739, km 202, near rio Urubu, 19.12.1966 (fr.) NY ; Spruce
2594, Panuré près du rio Uaupès, 10.1852-1.1853 (fl.) G P NY, photo NY de G.
Panama : Gentry et Mori 14198, El Llano-Carti road, 18 km Pan-Am. Highway, 370 m,
14.2.1975 (fl.) GH ; 14206, ibid., 12 km Pan-Am. Highway, 15.2.1975 (fr.) MO ; Kennedy et al. 2411,
16 km Pan-Am. Highway, 13.2.1973 (fr.) MO ; 2518, ibid., Tupile, 20.2.1973 (fr.) MO ; Liesner 1145a,
El Llano-Carti road, 12 km, 26.3.1973 (fr.) MO ; Mori et Kallunki 5106, ibid., 20.3.1975 (fr.) MO.
Source : MNHN, Paris
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LUCILE ALLORGE
PI. 76. — MACOUBEA SPRUCEI (Muell. Arg.) Markgraf.
1, rameau flor. ( x 2/3), Gentry et Mori 14198 ; 2, rameau fruct. ( x 2/3), Gentry et Mori 14206 : 3, bouton ( x 8) ; 7, sépale
face interne (x 8), Gentry et Mori 14198 ; 8, fruit (x 2/3), Mori et Kallunki 5106.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
177
ERVATAMIA (A.DC) Stapf.
F.T.A. 4 (1) : 126 (1902) : Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 12 : 544 (1935) ; Pichon, Mém. Mus. Nat. n.
sér. 27 (6) : 218-222 (1949) ; Nowicke, Ann. Miss. Bot. Gard. 57 : 69 (1970).
— Tabernaemontana sect. Ervatamia A.DC, Prodr. 8 : 373 (1844).
— Pagiantha sect. Corymbosa Markgraf I. c. 12 : 542 (1935).
— Testudipes Markgraf 1. c. 12 : 550 (1935).
Arbuste ou petit arbre. Article du sympode très variable, généralement 6 à 7 noeuds, 6 à 7 paires
de feuilles assimilatrices isomorphes, une paire de feuilles-écailles axillant un ou deux rameaux relais,
une ou plus généralement deux inflorescences. Bases foliaires et leurs stipules ligulaires recouvrant de
nombreux collétères.
Inflorescences en cyme plus ou moins pluriflore, divariquée. Fleurs blanches. Calice à sépales
brièvement concrescents à la base, de 0,9-9,5 x 0,6-3 mm, ciliés ou non, portant à leur face interne des
appendices glanduleux plus ou moins nombreux. Corolle membraneuse ou un peu charnue ; Tube de 7-
27 mm, staminifère au-dessus de son milieu et souvent muni de dix faisceaux cribrovasculaires dans sa
partie inférieure ; pas de poils intérieurs mais de courtes papilles (fortement colorables sur les coupes
par la safranine) ; le tube, généralement droit, est parfois un peu tordu sous les étamines ; partie inflé¬
chie des lobes dans la préfloraison, ne pénétrant pas dans la gorge, ou n’y pénétrant que de 1 mm envi¬
ron. Étamines de 1,3-3,6 mm, basifixes, à filet manifeste, échancrées ou non à la base, terminées au
sommet par un mucron minuscule parfois orné d’une touffe de poils ; « queues » très courtes (attei¬
gnant au plus 1/10' de la hauteur de l’anthère). Pollen de 28-60 /*m, à 3-5 pores. Disque indistinct ou,
parfois, un peu proéminent à la base de l’ovaire auquel il est entièrement adné. Ovaire lisse, à carpelles
très brièvement concrescents à la base ou libres, renfermant 2-100 ovules, 2-6-sériés ; style grêle et droit
(non tordu en spirale). Clavoncule de 0,3-1,2 mm, plus large que le style ou, rarement, presque aussi
grêle que lui, globuleuse, ellipsoïdale ou fusiforme, généralement couverte de poils glanduleux formant
au moins une sorte de manchon à la base, sans côtes ni parties dilatées ; stigmates aussi longs ou plus
longs que la clavoncule.
Fruit à méricarpes folliculaires pouvant atteindre 8 cm de long.
Graines sur 2 à 6 rangs, présentant un testa orné de nombreuses nodosités.
Espèce-type : Ervatamia coronaria (Jacq.) Stapf., p. 127 (1902).
Genre comprenant des espèces dispersées depuis le Sud-Est asiatique jusqu’aux îles du Pacifique.
Deux espèces en Amérique, toujours cultivées, l’une originaire de l’Inde, l’autre des Philippines.
CLÉ DES ESPÈCES PRÉSENTES EN AMÉRIQUE
1. Feuilles étroites, ne dépassant pas 3 cm ; pétiole long de 1 cm ; Lobes de la corolle plus courts (1,2 cm) que le
tube cylindrique (1,8 cm) ; calice long de 1 mm. \. E. cumingiana.
1'. Feuilles lancéolées larges de plus de 4 cm ; pétiole long de 2 cm ; Lobes de la corolle plus longs (2,5 cm) que le
tube (1 cm), celui-ci dilaté à la gorge ; calice long de 2 mm. 2. E. coronaria.
Source : MNHN, Paris
178
LUCILE ALLORGE
1. ER VA TAMIA CUMINGIANA (A.DC) Markgraf.
Notizbl. Bot, Gart. Berlin 12 : 547 (1935) ; Nowicke, Ann. Missouri Bot. Gart. 57 : 70, tab. 3 (1970).
— Tabernaemontana cumingiana A.DC, Prodr. 8 : 373 (1844).
— Anartia recurva Sagot ex Miers, Apocyn. South Amer. : 80 (1878), type : Sagol 388, BM, syn. nov.
— Tabernaemontana acapulcensis Miers, Apocyn. South Amer. : 57 (1878), pro parte ; type : Pavon s. n°, BM.
(Note manus. Pavon : Cerbera sp. nov., Acapulco).
Arbuste de 1 à 3 m ; Article du sympode composé de 3-6 paires de feuilles assimilatrices plus ou
moins isomorphes, d’une paire de feuilles écailles axillant deux rameaux relais, et une paire de bractées
axillant deux inflorescences. Rameaux très grêles cylindriques, écorce verte.
Feuilles discolores, longues de 6-7 cm, larges de 1,5-2 cm, à 8-9 paires de nervures secondaires
très arquées, membraneuses, acuminées. Acumen long de 0,5-1 cm, linéaire. Pétiole long de 0,5 cm.
Inflorescences en cymes pauciflores de 8-10 fleurs blanches. Calice à sépales obtus, glabres, avec
trois glandes à leur base. Lobes de la corolle longs de 2 cm, récurvés, peu dilatés, devenant diaphanes
et jaunes sur le sec. Tube très grêle, long de 2,5 cm, large de 0,1 cm, renflé en son milieu à l’insertion
des étamines. Étamines à filet manifeste, non soudé sur 0,2 cm à la corolle, parties stériles de l’anthère
(« queues ») très courtes. Ovaire triangulaire, sans disque apparent ; Style grêle surmonté d’une clavon-
cule avec manchon de poils à la base, cylindrique et deux longs appendices égaux à elle.
Fruit réniforme, long de 2 cm, large de 1 cm, rouge à maturité ; Arille rouge ; Graines noires à
testa portant de nombreuses nodosités.
Type : Cuming 604, Holo- G ; iso- P.
Originaire des Philippines. (Non des Indes, comme l’indique Nowicke, loc. cit.).
2. ER VA TAMIA CORONARIA (Jacq.) Stapf.
Fl. trop. Af. 4 (1) : 127 (1904) ; Mgf, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 12 : 547 (1935) ; Nowicke, Ann. Mo. bot. Gard.
57 : 70 (1970).
— Nerium coronarium Jacq., Coll. Bot. 1 : 138 (1786) ; le. PI. rar. : tab. 52 (1786) ; Curtis, Bot. mag. 44 :
tab. 1865 (1817).
— Tabernaemontana coronaria (Jacq.) Willd., Enum. PI. Hort. berol. : 275 (1816) ; A.DC, Prodr. 8 : 373 (1844) ;
Wight, Icon. PI. : tab. 477 (1843) ; Loddiges, Bot. Cab. 12 : tab. 406 (1178) (1826) ; Woodson, Apocyn.
Fl. Yucatan pen. : 81 (1940) ; Mac Bride, Field Mus. Nat. Hist. 13 : 403 (1959).
— Tabernaemontana divaricata auct. (non Nerium divaricatum Willd., Sp. PI. 1, 1236 (1797) ; non L. =
Wrightia) R. Brown ex Roemer et Schult. Syst. veg. 4 : 427 (1819).
— Tabernaemontana siamensis Warburg ex. Pitard, Fl. Gén. Indoch. 3 : 1158 (1933).
Arbuste glabre de 3-4 m, à rameaux minces ; écorce vert jaunâtre verruqueuse ; Article du
sympode comprenant 3-6 paires de feuilles assimilatrices plus ou moins isomorphes, 1 paire de feuilles
écailles axillant 2 rameaux relais et 1, 2 ou 3 bractées axillant 1, 2 ou 3 inflorescences.
Feuilles lancéolées-oblonques, acuminées, atténuées à la base, longues de 7-12 cm, larges de 8-
4 cm, membraneuses, à 7-9 nervures secondaires ; pétiole long de 0,5-1 cm».
Inflorescences en cymes de 2-10 fleurs blanches, odorantes ; Pédicelles longs de 0,5-2 cm. Calice
long de 0,2 mm, à sépales aigus au sommet, à trois glandes à la base. Lobes de la corolle longs de
2,5 cm, blanc pur, quelquefois à gorge jaune, non dilatés sur la droite, à peine recouvrant sur la gau¬
che. Tube plus court que les lobes, long de 1,3 cm ; étamines à filet manifeste et presque sans
« queues » stériles. Gynécée à ovaire triangulaire sans disque manifeste, surmonté d’une clavoncule en
manchon, et de deux appendices aussi longs que son corps.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
179
Fruit à méricarpes oblongs à acumen recourbé, long de 5 cm x 2 cm ; graines disposées en 2
rangées, à testa présentant de nombreuses nodosités.
Type : tab. 52, Jacquin, Icônes PI. rar., 1786 typifié par P. Boiteau, Apocynacées 10, Fl. N.
Calédonie : 242 (1981).
Originaire de l’Inde, cultivé comme arbuste d’ornement dans la plupart des pays tropicaux et
subtropicaux. Nombreux cultivars.
Noms vernaculaires :
« Faux Gardénia », « Faux Tiaré », « Rose des Indes », « Jasmin en arbre », « Rosebay »
(angl.). Pour la variété à grandes fleurs doubles, triploïde, Flore pleno (Esp.) Cashmere, Butterfly gar¬
dénia (angl.).
— Nandi-Ervatam, Rheede, Hort. Ind. Malab. 2 : 105, tab. 54 et 55 (1679) (Manitz, Taxon 17 : 496,
1968).
— Curutu-Pala, Rheede, Hort. Ind. Malab. 1 : 83, tab. 46 (1678), tab. type de Tabernaemontana
alternifolia L., Sp. PI. : 211 (1753) qui indique T. 43 par erreur (voir Majundar et Bakshi,
Taxon 28 (4) : 353 (1979)).
Le tableau 46 de Rheede indique par erreur des feuilles alternes. Linné a donc nommé cette
espèce Tabernaemontana alternifolia, or il n’existe aucune plante de cette sous-famille ayant des feuilles
alternes. Par ailleurs, un échantillon conservé dans l’Herbier Linné, à Londres, sous la référence 304-1
correspond à Ervatamia coronaria, mais Linné l’a déterminé Tabernaemontana citrifolia L., ce qui
explique pourquoi nous ne l’avons pas retenu comme type de l’espèce (voir p. 8).
Obs. — 1. Sous le nom de Tabernaemontana coronaria, Talapatra B., Patra A. et Talapatra S.
(Phytochem. 14 : 1652 (1975)), ont étudié : d’une part les alcaloïdes des feuilles et ont isolé la coronari-
dine, la tabernaemontanine, la voacristine et la dréganine ; d’autre part, les stérols et terpènes, avec
l’acétate d’a-amyrine, le lupéol et son acétate, et le sito-stérol. Les écorces et rameaux, étudiés par Gro-
man M., Neuss N., Cône N. et Deyrup J., J. Am. Chem. Soc. 82 : 1142 (1960), sous le nom A'Ervata¬
mia coronaria, n’ont fourni que la coronaridine, la tabernaemontanine et la drégamine.
Sous le nom de Tabernaemontana divaricata, Rastogi K., Shoeb A., Kapil R. et Popli S. (Phyto¬
chem. 13 : 1621 (1974)), ont étudié comparativement les feuilles des cytotypes diploïdes et triploïdes. Le
premier a fourni la coronaridine, la voacangine, la voaphylline et la tabernaemontanine ; le second, la
voaphylline et la lochnericine. Dans un second travail, Rastogi K., Kapil R. et Popli S. investiguent les
écorces de racine et ont isolé 18 composés : des alcaloïdes : coronaridine, coronaridine hydroxyindo-
léine, ibogamine, 5hydroxy-6-oxocoronaridine, 5-oxocoronaridine, 6-oxocoronaridine, (±)-19-
Hydroxycoronaridine, 3-oxocoronaridine et voacamine, ainsi que des stérols et terpènes : a-amyrine,
acétate d’a-amyrine, acétate de lupeol, lupeol, cycloartenol, /3-sisterol, campesterol, acide benzoïque,
aurantiamide.
Obs. — 2. Une enzyme bactériolytique a été isolée du latex de cette plante, par Kidwai et Murti,
Indian J. Biochem. 1 (1) : 41 (1964) (C.A. 66 : 26207 K).
Source : MNHN, Paris
180
LUCILE AI.LORGE
SARCOPHARYNGIA (Stapf.) Boiteau.
P. Boiteau, Adansonia sér. 2, 13 (2) : 249-250 (1973) ; P. Boiteau et L. Ai.lorge. Adansonia sér. 2, 16 (2) : 272
(1976).
— Conopharyngia G. Don. Gen. Syst. 4 : 94 (1837) ; A.DC, Prodr. 8 : 378 (1844) ; genre fondé par G. Don sur
deux espèces : Conopharyngia refusa (Lamarck) G. Don et Conopharyngia longifolia (I.amarck) G. Don ; la
première espèce est antidatée par le genre Pandaca de Du Petit Thouars (1806) dont elle est l’espèce-type ; la
seconde appartient au genre Anthocleista, Loganiacées. De ce fait, le genre Conopharyngia devient caduc.
— Conopharyngia sect. Sarcopharyngia Stapf, Thiselton-Dyer, Fl. trop. Afr. 4 (1) : 139-150 (1902) et 6 (1) : 25
(1904).
— Tabernaemontana Benth. & Hooker, Gen. PI. 2 : 706 (1876), pro parte ; Huber, in Hutchinson & Dalziel, Fl.
West. trop. Afr.. éd. 2 (2) : 65 (1963).
— Tabernaemontana subg. 7, Sarcopharyngia, Pichon, Not. Syst. 13 : 250-252 (1948).
Des tentatives d’introduction des Sarcopharyngia, originaires d’Afrique, furent faites dans divers
jardins, à Rio de Janeiro et à Trinidad vers 1870-1900 ; les Sarcopharyngia ne semblent pas s’y être
maintenus.
Ce genre africain comporte 15-17 espèces.
DESCRIPTION DU GENRE
Arbres ou arbustes dressés. Article du sympode comportant 4 paires de feuilles assimilatrices iso¬
morphes suivies d’une paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais, ou deux inflorescences à
l’aisselle de bractées.
Feuilles coriaces, à nervation secondaire espacée. Ligules intrapétiolaircs très développées.
Inflorescences en cymes lâches, à fort pédoncule. Fleurs coriaces à très forte torsion du tube de
la corolle à sa base, au niveau des étamines. Calice à sépales soudés à la base, ciliés ou non, portant de
nombreuses glandes à la face interne. Indûment suprastaminal développé, pas d’indûment infrastami-
nal. Disque nul ; Clavoncule à corps très allongé et stigmates très courts.
Espèce-type : Sarcopharyngia contorta (Stapf) Boiteau.
Une espèce cultivée.
1. SARCOPHARYNGIA ANGOLENSIS (Stapf) L. Allorge, comb. nov.
— Tabernaemontana angolensis Stapf. Kcw Bull. : 23 (1894). Pichon, Not. Syst. 13 : 251 (1948).
— Conopharyngia angolensis (Stapf) Stapf in Thiselton & Dyer, Fl. trop. Afr. : 146-147 (1902).
Arbuste de 4 à 5 m. Article du sympode comportant 4 paires de feuilles assimilatrices isomor¬
phes, une paire de feuilles écailles axillant les deux rameaux relais et une inflorescence terminale.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
181
Feuilles de 20-22 cm de long sur 9-11 cm de large, à marge révolutée, à 8-9 paires de nervures
secondaires espacées de 2 à 2,5 cm. Limbe coriace, asymétrique à la base, cunéiforme d’un côté,
arrondi de l’autre, acuminé. Acumen obtus long de 0,2 cm.
Inflorescence en cyme pluriflore de 15 à 20 fleurs blanches. Bouton à tête sphérique. Pédoncule
long de 6 cm environ. Calice de 0,5 cm de haut à sépales obtus, portant à leur base interne de nom¬
breuses glandes sur 2 ou 3 rangs. Lobes de la corolle longs de 2,5 cm, larges de 1 cm, peu dilatés.
Tube renflé à la base, à l’insertion des étamines, et présentant une forte torsion de 180° à ce niveau,
puis droit jusqu’à la gorge. Étamines à partie fertile plus courte que les « queues ». Gynécée à ovaire
haut de 0,2 cm, sans disque, à carpelles épaulés. Style tordu en spirale, long de 0,3 cm, surmonté d’une
clavoncule d’égale longueur, à collerette remontante et très long corps pentagonal et de deux appendices
terminaux très courts, 10 fois plus courts que la clavoncule.
Fruit (d’après Stapf) à méricarpes de la taille et de la forme d’une orange. Graines entourées
d’un arille.
Type : Welwitsch 5989, K.
Matériel étudié :
Brésil : Glaziou 7749, environs de Rio de Janeiro, 1984 (st.) P ; 8167, Rio de Janeiro, Passeio
publico, 10.5.1873 (fl.) P.
Trinidad : Broadway s. n°, maison du Gouverneur, 16.7.1907 (fl.) P.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
183
DEUXIÈME PARTIE
La chimio-taxonomie permet un classement des plantes en fonction de leurs constituants chimi¬
ques, mais on s’est rendu compte, par ailleurs, que diverses plantes parvenaient à synthétiser un même
constituant alors qu’elles appartenaient à des familles différentes : l’ellipticine a, par exemple, été
retrouvé dans un Strychnos africain (Loganiacées) alors que sa principale source d’obtention est VOch-
rosia elliptica Lab. (Apocynacées). La biosynthèse de ces constituants est donc encore plus importante
pour caractériser les différents taxons puisqu’elle exige des systèmes enzymatiques propres à chacun de
ces constituants. L’étude des voies de la biosynthèse aide à reconstituer la phylogénie des espèces.
Hegnauer (1964) récapitule les différents composés sur lesquels on fonde généralement une
étude chimio-taxonomique, alcaloïdes, triterpénoïdes, flavonoïdes. Bien que quelques triterpenoïdes
aient été isolés chez certaines Tabernaemontanoïdées américaines : (Tabernaemontana laurifolia, Stem-
madenia galeottiana, Peschiera affinis et Ervatamia coronaria ), ces études sont encore trop fragmentai¬
res pour être utilisées. Par contre, l’intérêt pharmacologique des alcaloïdes indoliques a motivé un
grand nombre de travaux chimiques qui ont porté sur un plus grand nombre d’espèces (tableau p. 5) et
permettent, de ce fait, une étude chimio-taxonomique à partir des divers types d’alcaloïdes.
Il était important de tenter de comparer le système de classification basé sur la nature des consti¬
tuants chimiques avec le système établi à partir des caractéristiques morphologiques des Tabernaemon¬
tanoïdées américaines, de voir si certaines molécules permettent de caractériser les genres ainsi définis,
et de préciser leur position systématique.
ALCALOÏDES INDOLIQUES
Dans la première partie, chaque description d’une espèce est suivie de la bibliographie chimique
qui s’y rapporte et de l’indication des alcaloïdes indoliques qu’elle a fournis.
Nous avons récapitulé les structures de ces alcaloïdes indoliques par ordre alphabétique. Elles
sont très diverses mais dérivent de trois squelettes de base, ceux du corynane, de l’aspidospermane, et
de l’ibogane, comme l’ont montré R. Thomas (Tetrahedron Letters, 1961, p. 544), E. Wenkert (J.
Am. Chem. Soc., 1962, 84, 98), Janot, Le Men et Garnier (1967) dont nous avons suivi la numéro¬
tation biogénétique.
Nous ne pouvons pas tenir compte des données chiffrées concernant la chimiotaxonomie des
Tabernaemontanoïdées telles que celles de Willaman et Li (1970), Ganziger et Hesse (1976) et
Gottlieb (1982) car elles sont basées sur le nom publié par les auteurs des travaux chimiques. Une
même espèce se trouve souvent alors mentionnée d’une part dans le genre Ervatamia (par exemple
Ervatamia divaricata) et d’autre part dans le genre Tabernaemontana sensu lato, sous Tabernaemon¬
tana divaricata. Willaman et Li (1970, p. 41) mentionnent Gabunia eglandulosa, espèce également
récapitulée par eux (1970, p. 51) sous le nom de Tabernaemontana eglandulosa, puis Peschiera affinis
(p. 45) se retrouve (p. 51) sous le nom de Tabernaemontana affinis. Souvent, une espèce est citée sous
un nom générique et de nombreuses autres espèces qui appartiennent également à ce genre sont pour¬
tant regroupées dans le genre Tabernaemontana.
Source : MNHN, Paris
184
LUCILE ALLORGE
Par exemple, pour le genre Peschiera, Willaman et Li ne citent que Peschiera affinis, mais les
autres espèces, australis, fuschiaefolia et psychotrifolia sont considérées comme des Tabernaemontana.
Il en est de même du travail de Gottlieb (communication personnelle) pour le genre Tabernaemontana
(p. 75) où les paramètres indiqués : 37,5 % de type Corynane, 19,7 % de type Aspidosperma et 42,8 %
de type Iboga doivent être reconsidérés.
L’apport considérable de ce dernier travail réside dans le calcul du gradient de la spécialisation
du squelette et du degré d’oxydation : en portant le premier en abscisse, le second en ordonnée, on
obtient une courbe de l’évolution des structures chimiques (Schéma 2).
Un des autres points importants (que nous avons souligné à diverses reprises dans la première
partie) est la nécessité absolue, de la part des chimistes, de n’étudier que du matériel dont un échantil¬
lon d’herbier dûment numéroté aura été déposé dans une collection d’herbier qui assurera sa conserva¬
tion et le communiquera en cas de besoin. La collection où il sera déposé doit être citée par les auteurs.
Le matériel de référence doit comporter l’appareil reproducteur (fleur, fruit) sans lequel l’identification
devient aléatoire. Il est, de plus, souhaitable qu’une partie du matériel étudié, avant le broyage, soit
conservée dans un flacon hermétique (droguet) en quantité suffisante pour que l’on puisse refaire une
chromatographie de contrôle en cas de contestation. C’est grâce à de telles précautions que nous avons
pu, précédemment, rectifier une erreur d’identification dans un cas où un alcaloïde signalé dans une
espèce n’avait pas été retrouvé dans les récoltes ultérieures. L’identification du matériel végétal réelle¬
ment étudié par l’auteur permit alors de retrouver l’alcaloïde recherché.
Tout travail chimique qui ne comporte pas la mention de cet échantillon doit trop souvent être
considéré comme inutilisable en chimiotaxonomie puisqu’il ne peut être contrôlé. En outre, on doit
départager l’étude limitée aux alcaloïdes majoritaires de l’étude approfondie, la plus utile, car la dis¬
tinction chimiotaxonomique entre genres voisins s’appuie souvent sur des métabolites peu abondants.
SCHEMA 1
Source : Mt lHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
185
Biosynthèse.
La condensation du tryptophane et du séco-loganoside conduit à l’obtention du vincoside, pré¬
curseur des alcaloïdes indoliques.
A partir du vincoside, on obtient la geissoschizine dont le rôle de pivot dans la biosynthèse des
alcaloïdes indoliques fut démontré par l’usage d’éléments marqués. Cet alcaloïde « corynane » (ou
corynanthane selon les auteurs, corynanthein (Hegnauer), corynantheane (Anglo-Saxons)) est de
type I. Il donne par l’intermédiaire de la stemmadénine des alcaloïdes de type aspidospermane, type II,
et des alcaloïdes de type ibogane, type III : (Schéma 1).
Les alcaloïdes de type II furent considérés comme plus évolués que ceux du type III, mais
Gottlieb, étudiant l’évolution de l’ensemble des alcaloïdes chez les Plumérioïdées indique que le degré
de spécialisation et le degré d’oxydation des squelettes de type II sont moins importants que ceux du
type III, et démontre pour le type ibogane un accroissement de l’évolution, des Carissées et Alstoniées
aux Tabernaemontanoïdées : (Schéma 2).
Oxydation
EAo
18 -
• Tabernaemôntanoïdées
?
17
^ Alstoniées
J Carissées
Plumérioïdées
40 45 50
100 EA/ spécialisation
Schéma 2
Diagramme basé sur la valeurs EA./EA» indiquant les degrés d’évolution des diverses sous-
familles ou tribus, d’après Gottlieb (1982).
TYPE I
TYPE II
TYPE III
Tabernaemontana
37 %
19 %
43 %
Stemmadenia
22 %
22 %
55 °Io
Peschiera
39 %
0 %
60 %
Schéma 3.
Pourcentage des trois types d’alcaloïdes indoliques chez les Tabernaemontanoïdées américaines,
d’après Gottlieb (1982).
Source : MNHN, Paris
INDEX ALPHABÉTIQUE
DES ALCALOÏDES INDOLIQUES ISOLÉS
DES TABERNAMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
198
LUCILE ALLORGE
Distribution.
« Monomères ».
La corynanthine fut extraite la première fois du genre Corynanthe, Rubiacée proche des Quin¬
quinas. Le squelette de type corynane est le plus répandu et, d’après Gottlieb, (1982) présent dans
85 % des genres chez les Apocynacées et seul présent dans 13 % d’entre eux. Il est généralement majo¬
ritaire chez les Plumérioïdées, alors que chez les Tabernaemontanoïdées, il ne l’est que chez les
Hazunta malgaches, il est totalement absent chez Pagiantha et Rejoua, indo-océaniens et Tabernanthe
africain.
Les deux autres squelettes de l’aspidospermane et de l’ibogane dérivent du premier par deux
voies biosynthétiques plus ou moins réversibles.
Le squelette de l’aspidospermane est présent, d’après Gottlieb, dans 79 % des genres et exclusif
dans 8 % d’entre eux. Chez les Tabernaemontanoïdées, il est exclusif chez Crioceras et Schizozygia. Il
est par contre totalement absent chez Capuronetta, Gabunia et Peschiera.
Le squelette de l’ibogane n’apparaît que chez trois genres parmi les Plumérioïdées : Melodinus,
Alstonia et Catharanthus. Par contre, il existe dans 46 °7o des genres chez les Tabernaemontanoïdées.
Absent chez Crioceras et Schizozygia africains, il est rare chez Callichilia (8 °7o) que nous considérons
comme très proche des Crioceras (voir classification de l’ensemble des Apocynacées, Allorge, Husson et
Sastre 1981). Il est par contre majoritaire chez les genres Pagiantha, Rejoua et Tabernanthe, ci-dessus
mentionnés. II n’est jamais exclusif et toujours associé, en plus ou moins grande proportion, avec le
squelette de l’aspidospermane.
« Dimères ».
L’intérêt des alcaloïdes dimères ou bis-indoliques est, on le sait, très grand pour la chimiothéra¬
pie des cancers, or un grand nombre de ces substances sont présentes chez les Tabernaemontanoïdées
américaines étudiées ici.
D’après les travaux de Gottlieb ci-dessus mentionnés, sur les types d’alcaloïdes et leur réparti¬
tion, il résulte que le type le plus primitif est le squelette corynane, le plus évolué, le squelette ibogane,
ce qui va à l’encontre des hypothèses antérieures.
Les « dimères » résultent de l’association de deux molécules, soit du même type, soit de type dif¬
férent. Il a été isolé jusqu’à présent cinq groupes de « dimères » :
1) Corynane-corynane :
De l’union de deux molécules de type corynane résultent les alcaloïdes bis-indoliques, accédinine
et accédinisine, extraits du genre Peschiera.
2) Corynane-ibogane :
De l’union de deux molécules de type corynane et ibogane ont été isolés les alcaloïdes :
— conodurine, voacorine épi-20', N-desméthyl-voacamine et voacamidine, du genre Peschiera,
— descarbométhoxyvoacamine, des genres Peschiera et Stenosolen,
— tabernamine, du genre Stenosolen,
— voacamine, des genres Peschiera, Stenosolen, Tabernaemontana et Stemmadenia. L$ voacamine est le seul alca¬
loïde bis-indolique décrit jusqu’à maintenant chez Tabernaemontana et Stemmadenia.
3) Aspidospermane-ibogane :
Sept alcaloïdes résultant de l’union de deux molécules aspidospermane-ibogane ont été isolés du
genre Stenosolen, épi-3 ervafolidine, ervafoline, ervafolène, hydroxy-19' épi-3 ervafolidine, hydroxy-19'
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
199
ervafolène, hydroxy-19' ervafolidine et hydroxy-19' ervafoline. Deux autres alcaloïdes, tétrastachine et
tétrastachynine, l’ont été du genre Bonafousia.
4) Ibogane-hexahydrocanthine :
Le genre Bonafousia a fourni, par ailleurs, la bonafousine et l’isobonafousine.
57 Ibogane-ibogane :
La présence de bis (hydroxy-11 coronaridinyl)-12, alcaloïde bis-indolique de type ibogane-ibogane
dans le genre Bonafousia confirme son évolution ; celui-ci doit donc être considéré comme le plus évo¬
lué des genres américains.
Quarante six pour cent des genres que comporte la sous-famille des Tabernaemontanoïdées con¬
tiennent des alcaloïdes indoliques de type ibogane, alors que les alcaloïdes de ce type n’ont été isolés
que chez trois genres sur les quatre-vingts que comporte la sous-famille des Plumérioïdées, dont seule¬
ment une trentaine possède des alcaloïdes indoliques.
Sur les huit genres américains, Macoubea ne possède des alcaloïdes indoliques que dans les grai¬
nes, Woytkowskia n’a pas encore fait l’objet d’une étude chimique, huit espèces sur dix-sept du genre
Peschiera, une sur cinq du genre Stenosolen, trois sur six du genre Anartia, sept sur quinze du genre
Tabernaemontana, sept sur vingt-six du genre Bonafousia, quatre sur quinze du genre Stemmadenia ont
fait l’objet d’une étude chimique.
Chez les Tabernaemontanoïdées américaines, seul le genre Peschiera est caractérisé par l’absence
d’alcaloïdes indoliques de type aspidospermane. Dans les alcaloïdes bis-indoliques, il possède des alca¬
loïdes de type corynane-corynane, les moins évolués, et des alcaloïdes corynane-ibogane.
Le genre Stenosolen a des alcaloïdes bis-indoliques plus évolués, corynane-ibogane et aspido-
spermane-ibogane. Nous avons indiqué que, du point de vue morphologique, le genre Stenosolen déri¬
vait du genre Peschiera par réduction du nombre de feuilles de l’article du sympode et de l’inflores¬
cence. Il est intéressant de constater que l’étude chimique confirme, par la présence d’un type de struc¬
ture plus évolué, la conclusion de l’étude morphologique.
Le genre Anartia ne comporte pas d’alcaloïdes bis-indoliques. Ils sont rares chez Tabernaemon¬
tana, Stemmadenia et Peschiera, abondants chez Stenosolen et Bonafousia.
Le genre Bonafousia possède des alcaloïdes de trois groupes différents, aspidospermane-ibogane,
ibogane-hexadrocanthine et ibogane-ibogane. Cette présence confirme également son évolution et le fait
que nous le considérons comme le plus évolué des genres américains.
Source : MNHN, Paris
200
LUCILE ALLORGE
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
L’étude que nous venons de présenter concerne la taxonomie des espèces de la sous-famille des
Tabernaemontanoïdées présentes dans les régions néo-tropicales. Nous avons cependant tenu compte de
l’ensemble des données biologiques, paiynologiques, caryologiques, etc... qui ont été traitées dans une
thèse de Doctorat d’État (Allorge, 1983).
Toutes les unités taxonomiques, genres et espèces, ont été passées en revue. Ceci nous a conduite
à décrire 7 espèces nouvelles et à établir 26 combinaisons nouvelles.
Les principales distinctions suivantes ont pu être mises en évidence, en ce qui concerne :
1. — L’architecture. La composition de l’article du sympode et la morphologie des rameaux qui
en résulte sont variables d’un genre à l’autre.
Chez certains genres (Type I) : Macoubea, Peschiera, Tabernaemontana et Stemmadenia (pro
parte), le nombre de paires de feuilles assimilatrices n’est pas constant.
Par contre, chez les autres genres américains, ce nombre est fixe et identique tout au long du
développement de la plante, quelles que soient les conditions édaphiques : il est de deux ou de un.
Lorsque le nombre de paires de feuilles assimilatrices est de deux (Type II) (une paire de pré¬
feuilles et une paire de feuilles), la paire de feuilles présente une anisomorphie importante, une des
feuilles pouvant être deux fois plus grande que l’autre : Stemmadenia (pro parte), Anartia, Woytkows-
kia et Stenosolen sauf une espèce.
Lorsque ce nombre est de 1 (Type III), les feuilles sont isomorphes. Cela ne s’observe que chez
le genre Bonafousia et une espèce du genre Stenosolen.
Cette description systématique de l’article du sympode, qui n’avait jamais été prise en compte,
permet de distinguer plus aisément les différents genres, même lorsque le matériel est stérile.
Ces observations sont en outre un bon critère pour déterminer le degré d’évolution des genres.
2. — La morphologie florale. On peut distinguer deux grands ensembles :
— Le premier ensemble comporte des espèces à fleurs petites dont l’indument est toujours suprastami-
nal, et des étamines insérées à la base du tube.
— Le second comporte des espèces dont l’indument est toujours infrastaminal, et des étamines insérées
du milieu au sommet du tube.
Nous pensons que la pollinisation de ces deux groupes diffère.
Dans le premier groupe, le genre Macoubea comporte des fruits à assise scléreuse, indéhiscents,
alors que les autres genres Peschiera et Stenosolen comportent des fruits folliculaires, déhiscents, sou¬
vent échinés.
Dans le second, on trouve des espèces sans disque apparent chez Tabernaemontana et Anartia
alors que le disque est saillant chez Bonafousia, Woytkowskia et Stemmadenia, et chez ce dernier, peut
être entier ou libre et divisé en cinq lobes, toujours accompagné d’une torsioA de la corolle et d’écailles
suprastaminale.
3. — La morphologie des graines. On peut également différencier deux grands groupes :
— Chez les genres Macoubea, Tabernaemontana, Anartia et Stemmadenia, l’arille entoure complète¬
ment la graine ;
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
201
— Chez Bonafousia, Woytkowskia, Peschiera et Stenosolen, il est incomplet et limité à la face ventrale
de la graine, laissant la face dorsale de celle-ci apparente.
4- — La taxonomie. On en était encore au stade de descriptions incomplètes, ponctuelles, dis¬
persées dans de nombreuses publications. Ce travail précise le nombre d’espèces et de genres existant
dans la région néotropicale. Pour chaque espèce ont été donnés la bibliographie qui s’y rapporte et la
synonymie, une description revue et complétée, y compris celle de l’architecture du sympode, une illus¬
tration souvent effectuée pour la première fois, les noms vernaculaires et les travaux chimiques qui s’y
rapportent.
Cette révision distingue huit genres endémiques : Tabernaemontana, Stemmadenia, Anartia,
Bonafousia, Woytkowskia, Peschiera, Stenosolen, Macoubea et deux autres : Ervatamia et Sarco-
pharyngia introduits dans la région néotropicale. Elle concerne 89 espèces propres au continent améri¬
cain et 3 espèces introduites.
5. — La chimio-taxonomie. On sait que seules les sous-familles des Plumérioïdées et des Taber-
naemontanoïdées contiennent des alcaloïdes indoliques. Ceux-ci sont classés en trois structures de base :
— Type I : corynane
— Type II : aspidospermane *
— Type III : ibogane.
Le type III, le plus évolué, n’est présent que chez trois des genres des Plumérioïdées, alors qu’il
existe chez 43 % des genres des Tabemaemontanoïdées.
La distribution de ces types d’alcaloïdes varie selon les genres.
Peschiera est caractérisé par l’absence d’alcaloïdes indoliques de type II. Les alcaloïdes bis-
indoliques, rares chez Tabernaemontana et Stemmadenia, sont au contraire abondants chez Stenosolen
et Bonafousia.
Le genre Bonafousia possède le plus grand nombre d’alcaloïdes indoliques avec une molécule de
type III.
Ces observations nous conduisent aux conclusions phylogénétiques suivantes :
— D’après la morphologie florale, les genres Macoubea, Peschiera et Stenosolen forment un ensemble
qui peut être subdivisé en 2 phylums distincts d’après la structure du fruit.
— Le premier phylum, représenté par Macoubea, présente des caractéristiques primitives. Il est d’ail¬
leurs en voie d’extinction.
— Dans le deuxième phylum, on observe une réduction du nombre de paires de feuilles par article du
sympode depuis le genre Peschiera où ce nombre est variable, jusqu’au genre Stenosolen où il est
fixe et égal à deux, sauf chez une seule espèce évoluée, où ce nombre est égal à un.
— Le troisième phylum comprend cinq genres :
Tabernaemontana et Stemmadenia (pro parte), du Type I, constituent les genres les plus primi¬
tifs du phylum. Toutefois, Stemmadenia est plus évolué que Tabernaemontana puisqu’il possède un dis¬
que et des écailles suprastaminales.
A partir de ces deux genres se sont différenciés des genres à architecture de Type IL Parmi ceux-
ci, le genre Anartia qui ne présente ni disque, ni écailles suprastaminales, est sans doute issu directe¬
ment du genre Tabernaemontana, alors que le genre Woytkowskia est probablement issu de Stemmade¬
nia.
Le stade terminal du phylum, avec une architecture de Type I, est représenté par le genre Bona¬
fousia.
Bien que toutes les incertitudes concernant la phylogénie des Tabemaemontanoïdées n’aient sans
doute pas été levées, on peut proposer le schéma phylogénétique suivant :
Source : MNHN, Paris
202
LUCILE ALLORGE
Nous espérons que ce travail permettra aux botanistes de récolter et d’identifier aisément le
matériel, aux chimistes de faire le point des études actuellement effectuées et de ce qu’il reste à entre¬
prendre dans les espèces américaines.
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÊES AMÉRICAINES
203
RÉPARTITION DES ESPÈCES PAR PAYS
Cuba : 3.
— Tabernaemontana citrifolia L. var.
— Tabernaemontana amblyocarpa
— Peschiera apoda
Jamaïque : 5.
— Tabernaemontana discolor
— Tabernaemontana wullschlaegelii
— Tabernaemontana ochroleuca
— Tabernaemontana laurifolia
— Tabernaemontana ovalifolia
Hispaniola (Haïti - St-Domingue) : 1.
— Tabernaemontana citrifolia L. var.
Porto-Rico : 1.
— Tabernaemontana oppositifolia
Petites Antilles : 1.
— Tabernaemontana citrifolia L.
Mexique : 12.
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia donnell-smithii
— Stemmadenia eubracteata
— Stemmadenia galeottiana
— Stemmadenia macrophyUa
— Stemmadenia grandiflora
— Peschiera arborea
Salvador : 5.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Stemmadenia glabra
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia donnell-smithii
— Stemmadenia eubracteata
Honduras : 7.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Tabernaemontana chrysocarpa
— Tabernaemontana alba
— Stemmadenia glabra
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia donnell-smithii
— Peschiera arborea
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Tabernaemontana alba
— Stemmadenia glabra
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia donnell-smithii
— Stemmadenia eubracteata
— Stemmadenia tomentosa
— Stemmadenia tomentosa var. palmerii
— Stemmadenia galeottiana
— Stemmadenia litoralis
— Stemmadenia grandiflora
— Peschiera arborea
British Honduras : 2.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Peschiera arborea
Guatemala : 10.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Tabernaemontana chrysocarpa
— Tabernaemontana alba
Nicaragua : 5.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Tabernaemontana chrysocarpa
— Stemmadenia glabra
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia donnell-smithii
Costa-Rica : 13.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Tabernaemontana chrysocarpa
— Tabernaemontana longipes
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia donnell-smithii
— Stemmadenia galeottiana
— Stemmadenia litoralis
— Stemmadenia grandiflora
— Stemmadenia robinsonnii
— Stemmadenia allenii
— Stemmadenia alfari
— Peschiera arborea
— Bonafousia undulata
Source : MNHN, Paris
204
LUCILE ALLORGE
Panama : 18.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— T. amygdalifolia var. glaucophylla
— Tabernaemontana pendula
— Tabernaemontana gentriana
— Tabernaemontana longipes
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia donnell-smithii
— Stemmadenia grandiflora
— Stemmadenia macrantha
— Stemmadenia robinsonii
— Stemmadenia minima
— Stemmadenia allenii
— Stemmadenia alfari
— Bonafousia undulata
— Bonafousia panamensis
— Stenosolen holothuria
— Peschiera arborea
— Macoubea sprucei
Colombie : 28.
— Tabernaemontana amplifolia
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Tabernaemontana pendula
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia galeottiana
— Stemmadenia grandiflora
— Stemmadenia minima
— Anartia meyeri
— Anartia cuspidata
— Woytkowskia spermatochorda
— Bonafousia undulata
— Bonafousia obliqua
— Bonafousia muelleriana
— Bonafousia rimulosa
— Bonafousia longituba
— Bonafousia. maxima
— Bonafousia sananho
— Bonafousia chocoensis
— Bonafousia columbiensis
— Bonafousia panamensis
— Bonafousia siphilitica
— Stenosolen heterophyllus
— Stenosolen eggersii
— Stenosolen holothuria
— Stenosolen stenolobus
— Peschiera cymosa
— Peschiera arborea
— Macoubea guianensis
Trinidad et Tobago : 3.
— Anartia meyeri
— Bonafousia undulata
— Peschiera cymosa
Venezuela : 21.
— Tabernaemontana amygdalifolia
— Tabernaemontana pendula
— Stemmadenia grandiflora
— Anartia cerea
— Anartia olivacea
— Bonafousia undulata
— Bonafousia obliqua
— Bonafousia muelleriana
— Bonafousia rimulosa
— Bonafousia palustris
— Bonafousia longituba
— Bonafousia maxima
— Bonafousia sananho
— Bonafousia siphilitica
— Stenosolen heterophyllus
— Stenosolen holothuria
— Stenosolen grandifolius
— Peschiera cymosa
— Peschiera laevifructa
— Macoubea guianensis
Brésil : 37.
— Stemmadenia grandiflora
— Anartia meyeri
— Anartia olivacea
— Anartia cuspidata
— Anartia oblongifolia
— Anartia flavicans
— Woytkowskia kuhlmannii
— Bonafousia undulata
— Bonafousia obliqua
— Bonafousia morettii
— Bonafousia submollis
— Bonafousia prancei
— Bonafousia pendula
— Bonafousia coriacea
— Bonafousia muelleriana
— Bonafousia muricata
— Bonafousia silvae
— Bonafousia palustris
— Bonafousia longituba
— Bonafousia maxima
— Bonafousia lorifera
— Bonafousia rupicola
— Bonafousia sananho
— Bonafousia siphilitica
— Stenosolen heterdphyllus
— Peschiera solanifolia
— Peschiera salzmannii
— Peschiera catharinensis
— Peschiera hystrix
— Peschiera affinis
— Peschiera gaudichaudii
Source : MNHN, Paris
TABERNAEMONTANOÏDÉES AMÉRICAINES
205
— Peschiera australis
— Peschiera laeta
— Peschiera linkii
— Peschiera benthamiana
— Macoubea guianensis
— Macoubea sprucei
Guyana : 14.
— Stemmadenia grandiflora
— Anartia cerea
— Anartia meyeri
— Bonafousia undulata
— Bonafousia obliqua
— Bonafousia morettii
— Bonafousia albiflora
— Bonafousia lorifera
— Bonafousia rupicola
— Bonafousia disticha
— Bonafousia sananho
— Bonafousia siphilitica
— Stenosolen heterophyllus
— Macoubea guianensis
Surinam : 15.
— Stemmadenia grandiflora
— Anartia cerea
— Anartia meyeri
— Anartia olivacea
— Bonafousia undulata
— Bonafousia morettii
— Bonafousia albiflora
— Bonafousia lorifera
— Bonafousia rupicola
— Bonafousia disticha
— Bonafousia sananho
— Bonafousia siphilitica
— Stenosolen heterophyllus
— Peschiera echinata
— Macoubea guianensis
Guyane : 15.
— Stemmadenia grandifolia
— Anartia meyeri
— Anartia olivacea
— Bonafousia undulata
— Bonafousia morettii
— Bonafousia angulata
— Bonafousia macrocalyx
— Bonafousia albiflora
— Bonafousia rupicola
— Bonafousia disticha
— Bonafousia sananho
— Bonafousia siphilitica
— Stenosolen heterophyllus
— Peschiera echinata
— Macoubea guianensis
Équateur : 9.
— Tabernaemontana amplifolia
— Stemmadenia obovata
— Bonafousia obliqua
— Bonafousia muelleriana
— Bonafousia maxima
— Bonafousia sananho
— Bonafousia chocoensis
— Bonafousia columbiensis
— Stenosolen eggersii
Pérou : 17.
— Stemmadenia obovata
— Anartia meyeri
— Anartia olivacea
— Anartia duspidata
— Woytkowskia spermatochorda
— Bonafousia obliqua
— Bonafousia brachyantha
— Bonafousia muelleriana
— Bonafousia longituba
— Bonafousia sananho
— Bonafousia columbiensis
— Bonafousia siphilitica
— Stenosolen heterophyllus
— Stenosolen stenolobus
— Peschiera van heurckii
— Peschiera arcuata
— Macoubea guianensis
Bolivie : 9.
— Stemmadenia obovata
— Stemmadenia grandiflora
— Bonafousia submollis
— Bonafousia prancei
— Bonafousia siphilitica
— Woytkowskia kuhlmannii
— Peschiera van heurckii
— Peschiera buchtieni
— Peschiera affinis
Paraguay : 1.
— Peschiera australis
Uruguay : 1.
— Peschiera australis
Argentine : 1.
— Peschiera australis
Source : MNHN, Paris
206
LUCILE ALLORGE
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INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES
Les synonymes sont en italiques.
Anacampta acutissima (M. Arg.) Miers, 77.
Anacampta albescens (Rusby) Mgf., 75.
Anacampta angulata (Mart. ex Arg.) Miers, 95.
Anacampta congesta Miers, 83.
Anacampta coriacea (Link ex Roem. & Schult.) Mgf.,
83.
Anacampta disticha (A. DC.) Mgf., 106.
Anacampta echinata (Aubl.), Mgf., 132.
Anacampta hirtula (Mart. ex Arg.) Miers, 119.
Anacampta kuhlmannii Mgf., 121.
Anacampta longifolia (Benth.) Miers, 97, 116.
Anacampta macrocalyx (M. Arg.) Miers, 97.
Anacampta maxima (Mgf.) Mgf., 95.
Anacampta muelleriana (Mart.) Mgf., 83.
Anacampta palustris (Mgf.). Mgf., 90.
Anacampta pendula Mgf., 79, 81.
Anacampta riedelii (M. Arg.) Mgf., 77.
Anacampta rigida (Miers) Mgf., 85.
Anacampta rupicola (Benth.) Mgf., 102.
Anacampta submollis (Mart. ex M. Arg.) Miers, 77.
Anacampta tenuicornuata Mgf., 121.
Anartia attenuata (Miers) Mgf., 58.
Anartia cerea (Woods.) L. Allorge, 58.
Anartia cuspidata (Rusby) L. Allorge, 63, 163.
Anarti flavicans (R. et Sch.) Miers, 65.
Anartia glabrata Mart. ex Miers, 65.
Anartia meyeri (Meyer ex G. Don) Miers, 58.
Anartia oblongifolia (A. DC.) Mgf., 65.
Anartia olivacea (M. Arg.) Mgf., 60.
Anartia recurva Sageot ex Miers, 178.
Anartia wullschlaegelii (Grisebach) Miers, 25.
Bignonia ? obovata Hook. et Am., 42
Bonafousia albiflora (Miq.) Boiteau & L. Allorge, 100.
Bonafousia angulata (Mart. ex M. Arg.) Boiteau &
L. Allorge, 95.
Bonafousia attenuata Miers, 58.
Bonafousia brachyanta (Woodson) Boiteau & L. Al¬
lorge, 81.
Bonafousia calycina Benth., 83.
Bonafousia chocoensis Gentry, 109.
Bonafousia columbiensis L. Allorge, 111.
Bonafousia coriacea (Link ex Roem. et Schult.) Boiteau
& L. allorge, 83.
Bonafousia disticha (A. DC.) Boiteau & L. Allorge,
106.
Bonafousia guyanensis (M. Arg.) Miers, 116.
Bonafousia hirtula (Mart. ex M. Arg.) Mgf., 119.
Bonafousia juruana K. Schum. ex Mgf., 119.
Bonafousia latiflora Benth. ex Miers, 65.
Bonafousia longituba Mgf., 93.
Bonafousia lorifera (Miers) Boiteau & L. Allorge, 102.
Bonafousia macrocalyx (M. Arg.) Boiteau & L. Allorge,
97.
Bonafousia maxima (Mgf.) Boiteau & L. Allorge, 95.
Bonafousia morettii L. Allorge, 75.
Bonafousia muelleriana (Mart.) Boiteau & L. allorge,
83.
Bonafousia muricata (Link ex Roem. & Schult.) Mgf.,
85.
Bonafousia obliqua Miers, 75.
Bonafousia oblongifolia (A. DC.) Miers, 65.
Bonafousia olivacea (M. Arg.) Miers, 60.
Bonafousia palustris (Mgf.) Boiteau & L. Allorge, 90.
Bonafousia panamensis (Mgf.) Boiteau & L. Allorge,
114.
Bonafousia pendula (Mgf.) Boiteau & L. Allorge, 81.
Bonafousia perrottetii (A. DC.) Miers, 72.
Bonafousia polyneura Miers, 102.
Bonafousia prancei L. Allorge, 79.
Bonafousia rariflora Miers, 106.
Bonafousia rimulosa (Woods, ex R. E. Schultes) Boi¬
teau & L. Allorge, 90.
Bonafousia rupicola (Benth.) Miers, 102.
Bonafousia rupicola var. rupicola, 104.
Bonafousia rupicola var. versicolor (Woods.) L. Al¬
lorge, 104.
Bonafousia rupicola var. oblongifolia M. Arg., 106.
Bonafousia sananho (Ruiz & Pavon) Mgf., 108.
Bonafousia silvae L. Allorge, 87.
Bonafousia siphilitica (L. f.) L. Allorge, 114.
Bonafousia siphilitica var. siphilitica, 118.
Bonafousia siphilitica var juruana (K. Schum. ex Mgf.)
L. Allorge, 119.
Bonafousia siphilitica var hirtula (Mart. ex M. Arg.),
119.
Bonafousia speciosa (Poiret) Boiteau, 108.
Bonafousia submollis (Mart. ex M. Arg.) Boiteau &
L. Allorge, Tl.
Bonafousia tetrastachya (H. B. K.) Mgf., 114.
Bonafousia undulata (Vahl) A. DC., 72.
Brunfelsia chiricapsi, 109.
Source : MNHN, Paris
214
LUCILE ALLORGE
Brunfelsia grandifiora, 109.
Cestrum nervosum Mill., 12.
Coàonemma calycinum (Benth.) Miers, 83.
Codonemma macrocalyx (M. Arg.) Miers, 97.
Conopharyngia angolensis (Stapf) Stapf, 180.
Echites arborea Vell., 148.
Echites bignoniaeflora Schl., 46.
Echites bogotensis H. B. K., 55.
Echites brasiliensis Thumb., 73.
Echites siphilitica L. f., 114.
Ervatamia cumingiana (A. DC.) Markgraf, 178.
Ervatamia coronaria (Jacq.) Stapf, 178.
Macoubea guianensis Aublet, 171.
Macoubea guianensis var. guianensis, 172.
Macoubea guianensis var. pubiflora Monachino, 174.
Macoubea guianensis var. reticulata (A. DC.) L. Al-
lorge, 174.
Macoubea reticulata (A. DC.) Markgraf, 174.
Macoubea sinuosa (Miers) Markgraf, 172.
Macoubea sprucei (M. Arg.) Markgraf, 175.
Macoubea sprucei var. paucifolia (Spruce ex M. Arg.)
Monachino, 172.
Macoubea witotorum Schultes, 174.
Malouetia flavescens (R. et S.) M. Arg., 55.
Malouetia riparia (H. B. K.) A. DC., 49.
Malouetia tamaquarina (Aublet) A. DC., 148.
Malouetia tetrastachya (H. B. K.) Miers, 114.
Merizadenia amplifolia Miers, 108, 172.
Merizadenia arcuata (R. et P.) Miers, 126.
Merizadenia sananho (Ruiz & Pavon) Miers, 108.
Nerium coronarium Jacq., 178.
Odontostigma galeottiana. A. Rich., 46.
Peschiera affinis (M. Arg.) Miers, 142.
Peschiera affinis var. affinis, 142.
Peschiera affinis var. campestris Rizzini. 144.
Peschiera albidiflora Miers, 142.
Peschiera albiflora Miquel, 100.
Peschiera apoda (Wright ex Sauv.) Markgraf, 132.
Peschiera arborea (Rose) Markgraf, 130.
Peschiera arcuata (Ruiz & Pavon) Markgraf, 126.
Peschiera australis (M. Arg.) Miers, 145,
Peschiera australis var. australis, 148.
Peschiera australis var. hilariana (M. Arg.) L. Allorge,
148.
Peschiera benthamiana (M. Arg.) Markgraf, 151.
Peschiera benthamiana var. stenantha (Mgf.) L. Al¬
lorge, 154.
Peschiera benthamiana var. benthamiana, 151.
Peschiera benthamiana var. myriantha (Britt. ex Rusby)
L. Allorge, 154.
Peschiera blanda Miers, 151, 154.
Peschiera breviflora (M. Arg.) Miers, 148.
Peschiera buchtieni (Winkler) Mgf., 126.
Peschiera campestris (Rizz.), 138.
Peschiera catharinensis (A. DC.) Miers, 140.
Peschiera concinna Miers, 126.
Peschiera cuspidata Miers, 163.
Peschiera cymosa (Jacquin) Dugand, 128.
Peschiera diversifotia Miq., 160.
Peschiera echinata (Aublet) A. DC., 132.
Peschiera fallax (M. Arg.) Miers, 138.
Peschiera florida Miers, 148.
Peschiera fuschiaefolia (A. DC.) Miers, 140.
Peschiera gaudichaudii (A. DC.) Miers, 144.
Peschiera heterophylla (Vahl) Miers, 160.
Peschiera hilariana (M. Arg.) Miers, 148.
Peschiera hystrix (Steud.) A. DC. 140.
Peschiera laeta (Mart. ex A. DC.) Miers, 148.
Peschiera laevifructa L. Allorge, 155.
Peschiera lingulata Miers, 154.
Peschiera linkii (A. DC.) Miers, 149.
Peschiera litoralis (H. B. K.) Miers, 48.
Peschiera lorifera Miers, 100, 102.
Peschiera lundii (A. DC.) Miers, 148.
Peschiera multiflora Spruce ex Miers, 151.
Peschiera muricata (Link ex Roem. & Schult.) A. DC.,
85, 149.
Peschiera myriantha (Britt. ex Rusby) Markgraf, 154,
Peschiera ochracea Miers, 149.
Peschiera praeclara Miers, 158.
Peschiera psychotrifolia (H. B. K.) Miers, 128.
Peschiera publifloria Miers, 126.
Peschiera salzmannii (A. DC.) Miers, 138.
Peschiera solanifolia (A. DC.) Miers, 136.
Peschiera solanifolia var. fallax (M. Arg.) L. Allorge,
138.
Peschiera solanifolia var. solanifolia, 136.
Peschiera spixiana (Mart. ex M. Arg.) Miers, 148.
Peschiera stenantha (Mgf.) Mgf., 154.
Peschiera stenoloba (M. Arg.) Miers, 163.
Peschiera surinamensis Miq., 72.
Peschiera tenuiflora Poeppig, 169.
Peschiera umbrosa (H. B. K.), Miers, 128.
Peschiera van heurckii (M. Arg.) L. Allorge, 154.
Phrissocarpus rigidus Miers, 85.
Prestonia annularis (L. f.) G. Don, 118.
Quadricasaea caquetensis Woodson, 85.
Quadricasaera inequilateralis Woodson, 85.
Rauvolfia laevigata Will., 12.
Rauvolfia lamarckii A. DC., 34.
Rauvolfia tetraphylla L., 37.
Rhigospira paucifolia Miers, 172.
Rhigospira reticulata (A. DC.) Miers, 174.
Rhigospira sinuosa Miers, 172.
Rhigospira sprucei (M. Arg.) Miers, 175.
Sarcopharyngia angolensis (Stapf) L. Allorge, 180.
Sarcopharyngia contorta (Stapf) Boiteau, 180.
<
Stemmadenia alfari (Donnell-Smith) Woodson, 53.
Stemmadenia allenii Woodson, 51.
Stemmadenia bella Miers, 46.
Stemmadenia bignoniaeflora (Schl.) Miers, 46.
Stemmadenia cerea Woodson, 58.
Stemmadenia decipiens Woodson, 43.
Source : MNHN, Paris
INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES
215
Stemmadenia donnell-smithii (Rose) Woodson, 42.
Stemmadenia eubracteata Woodson, 43.
Stemmadenia galeottiana (A. Rich.) Miers, 46.
Stemmadenia glabra Bentham, 42.
Stemmadenia grandiflora (Jacq.) Miers, 48.
Stemmadenia greenmannii Woodson, 48.
Stemmadenia insignis Miers, 46.
Stemmadenia lagunae Woodson, 49.
Stemmadenia litoralis (H. B. K.) L. Allorge, 48.
Stemmadenia macrantha Standley, 49.
Stemmadenia macrophylla Greenman, 48.
Stemmadenia minima Gentry A., 51.
Stemmadenia nervosa Standl., 73.
Stemmadenia obvata (Hook. & Am.) K. Schum., 42.
Stemmadenia pauciflora Woodson, 49.
Stemmadenia pennellii Woodson, 49.
Stemmadenia pubescens Bentham, 42.
Stemmadenia robinsonii Woodson, 49.
Stemmadenia sinaloana Woodson, 46.
Stemmadenia tomentosa Greenman, 43.
Stemmadenia tomentosa var. tomentosa, 43.
Stemmadenia tomentosa var. palmeri (Rose) Woodson,
43.
Stenosolen eggersii Markgraf, 161.
Stenosolen grandifolius Markgraf, 166.
Stenosolen heterophyllus (Vahl) Markgraf, 160.
Stenosolen holothuria Markgraf, 163.
Stenosolen macrosiphon (Herl.) Mgf., 154.
Stenosolen stenolobus (M. Arg.) Markgraf, 163.
Stenosolen van heurckii (M. Arg.) Mgf., 154.
Taberna albiflora (Miq.) Mgf., 100.
Taberna cymosa Miers, 128.
Taberna discolor Miers, 34.
Taberna disparifolia Miers, 60.
Taberna disticha (A. DC.) Miers, 106.
Taberna laurina Miers, 27.
Taberna poeppigii Miers, 108.
Taberna riedelii (M. Arg.) Miers, 77.
Tabernaemontana acalpucensis Miers, 12, 178.
Tabernaemontana accedens M. Arg., 136.
Tabernaemontana acutissima M. Arg., 77.
Tabernaemontana affinis M. Arg., 142.
Tabernaemontana alba Miller, 29.
Tabernaemontana albescens Rusby, 75.
Tabernaemontana albiflora (Miq.) Pulle, 100.
Tabernaemontana alfari Donnell-Smith, 53.
Tabernaemontana alternifolia L., 179.
Tabernaemontana amblyocarpa Urban, 29.
Tabernaemontana amblyblasta Blake, 18.
Tabernaemontana amplifolia L. Allorge, 12.
Tabernaemontana amygdalifolia Jacq., 12.
Tabernaemontana amygdalifolia var. amygdalifolia, 14.
Tabernaemontana amygdaligolia var. glaucophylla L.
Allorge, 14.
Tabernaemontana angolensis Stapf, 180.
Tabernaemontana angulata Mart. ex M. Arg., 95.
Tabernaemontana aphlebia Standley, 37.
Tabernaemontana apoda Wright, 132.
Tabernaemontana arborea Rose, 130.
Tabernaemontana arcuata Ruiz et Pavon, 126.
Tabernaemontana attenuata (Miers) Urban, 58.
Tabernaemontana aubletii Pulle, 172.
Tabernaemontana australis M. Arg., 145.
Tabernaemontana benthamiana M. Arg., 151.
Tabernaemontana berterii A. DC. 22.
Tabernaemontana berterii Sauv., 29.
Tabernaemontana berterii A. DC. var. parviflora, 29.
Tabernaemontana brachyanlha Woodson, 81.
Tabernaemontana bracteolaris Mart. ex M. Arg., 142.
Tabernaemontana breviflora M. Arg., 148.
Tabernaemontana buchtieni Winkler, 126.
Tabernaemontana calcicola Urban, 25.
Tabernaemontana cartharinensis. A. DC. 140.
Tabernaemontana chrysocarpa Blake, 18.
Tabernaemontana chrysocarpa var. chrysocarpa, 20.
Tabernaemontana chrysocarpa var. costaricensis (Mgf.)
L. Allorge, 20.
Tabernaemontana citrifolia Bello, 22.
Tabernaemontana citrifolia L., 16.
Tabernaemontana citrifolia var. citrifolia, 16.
Tabernaemontana citrifolia var. lanceolata (Miers) L.
Allorge, 18.
Tabernaemontana citrifolia A. Rich, 29.
Tabernaemontana collina Gardner, 140.
Tabernaemontana concinna (Miers) Mac Bride, 126.
Tabernaemontana coriacea Link ex Roem. et Schult.,
83.
Tabernaemontana coronaria (Jacq.) Willd., 178.
Tabernaemontana costaricensis Markgraf, 20.
Tabernaemontana cumingiana A. DC., 178.
Tabernaemontana cuspidata Rusby, 62, 163.
Tabernaemontana cuyabensis Malme, 116.
Tabernaemontana cymosa Jacquin, 128.
Tabernaemontana deamii Donn.-Sm., 12.
Tabernaemontana discolor, A. Rich., 29.
Tabernaemontana discolor Swartz, 34.
Tabernaemontana discolor Woodson, 31.
Tabernaemontana disticha, A. DC., 106.
Tabernaemontana divaricata R. Brown ex Roemer et
Schultes, 178.
Tabernaemontana duckei, Hubert, 85, 116.
Tabernaemontana echinata Aublet, 132, 160.
Tabernaemontana echinata Vell., 140.
Tabernaemontana fallax M. Arg., 138.
Tabernaemontana fasciculata Poiret, 37.
Tabernaemontana flavicans R. et Sch., 65.
Tabernaemontana fuschiaefolia A. DC., 140.
Tabernaemontana gaudichaudii A. DC., 144.
Tabernaemontana gentriana L. Allorge, 34.
Tabernaemontana glaucescens Urb., 27.
Tabernaemontana grandiflora Jacquin, 48.
Tabernaemontana guianensis Miq., 116.
Tabernaemontana guyanensis M. Arg., 116.
Source : MNHN, Paris
216
LUC1LE ALLORGE
Tabernaemoniana hetereophylla, Vahl, 160.
Tabernaemontana hilariana M. Arg., 148.
Tabernaemoniana hirtula Mart. ex Arg., 119.
Tabernaemontana hybrida Hand-Mzt., 145.
Tabernaemontana hystrix Steud., 140.
Tabernaemontana inequilateralis (Woods.) Pichon, 85.
Tabernaemontana jasminoides H. B. K., 12.
Tabernaemontana juruana K. Schum., 119.
Tabernaemontana killipii Woods., 116.
Tabernaemontana lactea Urban, 25.
Tabernaemontana laeta Mart. ex A. DC., 148.
Tabernaemontana laeta var. densa M. Arg., 148.
Tabernaemontana laeta var. minor A. Arg., 148.
Tabernaemontana laeta var. pubiflora M. Arg., 148.
Tabernaemontana laevigata Mart. ex R. & Sch., 65.
Tabernaemontana lanceolata Miers, 18.
Tabernaemontana laurifolia (Sloane) L., 27.
Tabernaemontana laurifolia Schott, 46.
Tabernaemontana linkii A. DC., 149.
Tabernaemontana litoralis Hemsler, 29.
Tabernaemontana litoralis H. B. K., 48.
Tabernaemontana longiflora Rusby, 116.
Tabernaemontana longifolia Benth., 116.
Tabernaemontana longipes Donnell-Smith, 37.
Tabernaemontana longituba Pichon, 93.
Tabernaemontana lundii. A. DC., 148.
Tabernaemontana macrocalyx M. Arg., 97.
Tabernaemontana macrophylla M. Arg., 85.
Tabernaemontana macrophylla Poiret, 172.
Tabernaemontana macosiphon Herz., 154.
Tabernaemontana mapirensis Rusby, 126.
Tabernaemontana markgrafiana Mac Bride, 93.
Tabernaemontana martensii Peurit, 29.
Tabernaemontana maxima, Mgf., 95.
Tabernaemontana meyeri G. Don, 58.
Tabernaemontana muelleriana Mart. 83.
Tabernaemontana multiflora Link ex Roemer et Schul¬
tes, 149.
Tabernaemontana muricata Link ex Roem. et Schult.,
85, 149.
Tabernaemontana muricata M. Arg., 149.
Tabernaemontana myriantha Britton ex Rusby, 154.
Tabernaemontana nereifolia Miers, 58.
Tabernaemontana nereifolia Vahl, 12.
Tabernaemontana nervosa Glaziou, 128.
Tabernaemontana nervosa Poiret, 114.
Tabernaemontana oblongifolia A. DC., 58, 65.
Tabernaemontana ochracea Benth., 149.
Tabernaemontana ochroleuca Urban, 31.
Tabernaemontana olivacea M. Arg., 60.
Tabernaemontana oppositifolia (Spreng.) Urban, 22.
Tabernaemontana ovalifolia Urban, 22.
Tabernaemontana paisavelensis Loesn., 29.
Tabernaemontana palustris Mgf., 90.
Tabernaemontana paucifolia Spruce ex M. Arg., 172.
Tabernaemontana pendula Woods., 20.
Tabernaemontana perrottetii A. DC., 72.
Tabernaemontana plumieri Krause, 18.
Tabernaemontana poeppigii Miers, 108.
Tabernaemontana populifolia Poiret, 37.
Tabernaemontana psychotrifolia H. B. K., 128.
Tabernaemontana rauwolftae A. DC., 138.
Tabernaemontana rendlei, Stearn, 27.
Tabernaemontana repanda Meyer, 114.
Tabernaemontana reticulata A. DC., 174.
Tabernaemontana riedelii M. Arg., 77.
Tabernaemontana rimulosa Woodson ex R. E. Schultes,
90.
Tabernaemontana riparia H. B. K., 49.
Tabernaemontana rubrostriolata Mart. ex M. Arg., 83.
Tabernaemontana rupicola Benth., 102.
Tabernaemontana rupicola var. rupicola , 102.
Tabernaemontana rupicola var. poeppigii M. Arg., 102.
Tabernaemontana rupicola var. oblongifolia M. Arg.,
102.
Tabernaemontana rupicola var., sprucei M. Arg., 102.
Tabernaemontana salicifolia Handel-Mazz., 148.
Tabernaemontana salzmannii A. DC., 138.
Tabernaemontana salzmannii var. lanceolata M. Arg.,
138.
Tabernaemontana salzmannii var. longifolia M. Arg.,
138.
Tabernaemontana sananho Ruiz & Pavon, 108.
Tabernaemontana schippii Standl., 130.
Tabernaemontana sessilifolia Kl., 102.
Tabernaemontana siamensis Warburg ex Pitard, 178.
Tabernaemontana siphilitica, L. f., 114.
Tabernaemontana solanifolia A. DC., 136
Tabernaemontana speciosa Poiret, 108.
Tabernaemontana spixiana Mart. ex M. Arg., 148.
Tabernaemontana sprucei M. Arg., 175.
Tabernaemontana stenantha Mgf., 154.
Tabernaemontana stenoloba M. Arg., 163.
Tabernaemontana submollis Mart. ex M. Arg., 77.
Tabernaemontana tenuis Monachino, 90.
Tabernaemontana tenuiflora (Poepp.) M. Arg., 169.
Tabernaemontana tessmannii Mgf., 116.
Tabernaemontana tetrastachya H. B. K., 114.
Tabernaemontana ulei K. Schum., 77.
Tabernaemontana umbrosa H. B. K., 128.
Tabernaemontana undulata Meyer, 58.
Tabernaemontana undulata Vahl, 72.
Tabernaemontana unguiculata Rusby, 154.
Tabernaemontana van heurckii, M. Arg., 154.
Tabernaemontana versicolor Woodson, 104.
Tabernaemoniana warmingii M. Arg., 138.
Tabernaemontana wullschlaegelii Grisebach, 25.
Tabernaemontana wullschlae^lii var. wullschlaegelii, 25.
Tabernaemontana wullschlaegelii var. glaucescens (Ur¬
ban) L. Allorge, 27.
Tabernaemontana wullschlaegelii var. rendlei (Stearn)
L. Allorge, 27.
Woytkowskia kuhlmannii (Mgf.) L. Allorge, 121.
Woytkov/skia spermatochorda Woods., 121.
T. 29
T. 31
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série B, Botanique
Dernier volume paru :
— Le pollen et les stomates des Gardéniées (Rubiacées) du Gabon. Morphologie et tendances évo¬
lutives, par Monique Keddam-Malplanchb. 1985.
A paraître :
— Le genre Inga (Légumineuses, Mimosoideae) en Guyane française. Systématique, morphologie
des formes juvéniles, écologie par Odile Poncy.
Source : MNHN, Paris
21 JUIN 1985
PUBLICATIONS DES LABORATOIRES DU MUSÉUM
En vente à l’adresse de chaque laboratoire
Adansonia Laboratoire de Phanérogamie, 16 rue de Bufïon, 75005 Paris.
Alexanor. Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, 45, rue de Bufïon, 75005 Paris.
Alyles. Laboratoire de Zoologie (Reptiles et Amphibiens), 25, rue Cuvier, 75005 Paris.
Annales de Paléontologie (Vertébrés et Invertébrés). Laboratoire de Paléontologie, 8, rue de Bufïon, 75005 Paris.
Annales de la Société Entomologique de France. Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée.
Annuaire des Araclmologisles mondiaux. Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), 61, rue de Bufïon, 75005 Pans.
Annuaire des Myriapodologistes mondiaux. Laboratoire de Zoologie (Arthropodes).
Bulletin d’Écologie. Laboratoire d’Écologie générale, 4, avenue du Petit Château, 91800 Brunoy.
Bulletin de Liaison des Musées d’Histoire naturelle. Inspection générale des Musées d’Histoire naturelle de
Province, Service national de Muséologie, 57, rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
Bulletin de la Société Entomologique de France. Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée.
Bulletin de. la Société d'Ethnozonlogie et d’Ethnobotanique. Laboratoire d’Ethnobotanique et d’Ethnozoologie,
43, rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
Cahiers des Naturalistes. Laboratoire de Zoologie (Vers), 61, rue de Bufïon, 75005 Paris.
Cahiers de Paléontologie. Laboratoire de Paléontologie.
Cryptogamie (Mycologie , Algologie, Bryologie et Lichénologie). Laboratoire de Cryptogamie, 12, rue de Bufïon,
75005 Paris.
Cybium. Laboratoire d Ichtyologie générale et appliquée, 43, rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
Entomologiste (L’J. Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée.
Faune de l’Europe et du Bassin méditerranéen. Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée.
Faune de Madagascar. Laboratoire d'Entomologie générale et appliquée.
Flore du Cambodge, du Laos et du Viêt-Nam. Laboratoire de Phanérogamie.
Flore du Cameroun. Laboratoire de Phanérogamie.
Flore au Gabon. Laboratoire de Phanérogamie.
Flore de Madagascar et des Comores. Laboratoire de Phanérogamie.
Flore de la Nouvelle Calédonie et Dépendances. Laboratoire de Phanérogamie.
Index Seminum. Service des Cultures. 43, rue de Bufïon, 75005 Paris.
Journal d,’Agriculture traditionnelle et de Botanique appliquée. Laboratoire d’Ethnobotanique et d’Ethnozoologie.
Mammalia. Laboratoire de Zoologie (Mammifères et Oiseaux), 55, rue de Bufïon, 75005 Paris.
Objets et Mondes. Laboratoire d’Ethnologie. Musée do l’Homme, Palais de Chaillot, place du Trocadéro,
75116 Paris.
Revue (l’Écologie et Biologie du Sol. Laboratoire d’Écologie générale.
Revue française d'Entomologie. Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée
Revue internationale Acarologia. Laboratoire de Zoologie (Arthropodes).
Revue île Nématologie. Laboratoire de Zoologie (Vers).
Source : MNHN, Paris