RE AS ANNE
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en Zatin ou en anglais.
Sommaire du N° <.
Liste des Bryologues du monde, 2° supplément. — Mousses des
environs de St-James. Aug. Besvann. — Notes bryologiques
Olivier ou Nopay. — Bibliographie. .
L
‘ Liste des Bryologues du monde.
2e Supplément (1).
4° ADDITIONS.
J. Amann, pharmacien, Untere Zaeune, 19, Zurich, Suisse.
E. Baronnet, rue St-Joseph, 39, Bordeaux. :
= F. Breuil, château des Vaux, par Belhomert, Eure-et-Loir.
. Dr Brin, St-Macaire, par Cholet, Maine-et-Loire.
A. Brückver, Lehrer, Gymnasiumsgasse, 7, in Coburg,
Allemagne.
_L. Chartier, chez M. Roustic, rue Basse, Carcassonne.
. Corbière, professeur au collège, Cherbourg, Manche.
__ C. Correns, aux soins de M. Niedmann, Heustrasse, 20,
. Munich.
Abbé Donnot, Bussières-lès-Belmont, Haute-Marne.
_ J. Douteau, rue Ste-Catherine, 137, Bordeaux.
Dutertre, chez M. Haussard-Barthélemy, Vitry-le-François,
Marne. .
_ D' Espagne, Aumessas, par Arre, Gard.
Comte Estève, villa Ste-Lucie, Pau.
_ Galland, statistique centrale du chemin de fer du Nord,
rue de Dunkerque, 18, Paris.
| (1) La liste a été publiée dans le n° 5 de 1882 et le 4er supplément dans le
REVUE BRYOLOGIQUE.
A. Guinet, Plampalais, près Genève, Suisse.
P. Janzen, Apotheker, in Pr. Eylau, Allemagne.
_ C Laurent, St-Valery-en-Caux, Seine-Inférieure.
J. Migault, rue du Haut-Moreau, 4, Nantes.
C. Paneau, Verdun, Meuse. :
Préaubert, professeur, rue Proust, 13, Angers.
S, Stewart, North street, 6, Belfast, [reland.
C. Waddell, Kendal, Wesimorland, Angleterre.
2° CHANGEMENTS D'ADRESSE.
E. Bescherelle, boulevard Montparnasse, 42, Paris,
Billet, percepteur, rue de la Poudrière, 1, Clermont-
Ferrand,
Abbé Chevallier, école St-Francçois-de-Salles, Castelnaudary,
Aude,
P. Culmann, Friedenstrasse, 25, Oberstrasse bei Zurich,
Suisse. :
_ G. Davies, Springfeld-House, 72, Springfeld Road, Preston,
Brighton, Angleterre,
Fr: Gasilien, à Ambert, Puy-de-Dôme.
P. Hobkirk, West Riding Union Bank, Dewsbury, Angle-
terre.
D° Magnin, professeur à la Faculté des Sciences, Besançon.
Monod, rue Jacques Dulud, 39, Neuilly-sur-Seine, Seine.
C. Pearson, Fitzwarren street, Pendleton, Angleterre.
À. Taxis, boulevard du jardin zoologique, 46, Marseille.
Mousses des environs de St-James.
Ce catalogue sommaire ne comprend que les environs
immédiats de la ville, dans un court rayon, et encore, les
_ parties Sud et Ouest ont-elles été, seules, convenablement
explorées. L'Est et le Nord, à peine effleurés, demanderaient
à être plus approfondis.
Le sol est en partie granitique, en partie micaschisteux. Il
est profondément raviné par deux petites rivières, le Beuvron
et la Dierge, ainsi que par leurs affluents, la plupart in-
nommés, plus faibles encore.
_ L’altitude des plateaux est, en moyenne, d’environ 120
mètres. Elle s'accroît successivement à mesure qu’on s’ap-
proche de ja chaîne granitique dont le point culminant atteint
: 180 mètres. Dans les vallées, l'altitude ne dépasse guère
50 mètres. Elles sont bordées, sur plusieurs points, de falaises
escarpées, ondulées comme les cours d’eau dont elles suivent
les circuits. Les plantes y trouvent des expositions variées.
REVUE BRYOLOGIQUE. Sage 0
Les bouquets de bois sont nombreux, mais peu étendus.
En revanche, les haies qui encadrent tous les champs, abon-
damment plantées d'arbres de haute-futaie, donnent au pays
l’aspect général d’une vaste forêt entrecoupée de clairières.
C’est un coin pittoresque du bocage normand.
Il n’y a pas de marais proprement dits; mais, dans les
vallées encaissées, dans les gorges des bois en pente, des
terrains tourbeux, souvent mouillés, en tiennent lieu.
S 4°7, — SPHAIGNES.
Sphagnum “ rodilcatp Ebr.— CC.
ar. Congeslum ; purpurascens.
S. rigidum Schp. Var. compactum Brid. — R.
S. tenellum Ehr. (molluscum Bruch.). — RR.
$, subsecundum N. et H. — C. ”
Var. contortum rufescens N. et H.— Cette variété, qui
n’est peut-être, suivant M. l’abbé Boulay, qu’une
déformation morbide du type, n’est pas moins
remarquable par sa fixité que par sa forme.
$. squarrosum Pers. — AR.
Var. teres. — RR.
S. squarrosulum Lesq. — AC,
S, Girgensohnit Russow.— AR.
S. acutifolium Ehr.— C.
Var. tenellum ; deflezum, RR.; purpureum, C.; ru- : +
bellum, RR.
S. intermediuim Hotfm. (recurvum P. B.), AR., mais abonde
dans ses localités.
$. cuspidatum Ebr. — AR.
S 2. — MOUSSES.
Andreæa rupestris L. — RR. Stérile.
Systegium crispum Schp. — RR.
Gymnostomum microstomum Hedw.— AC.
Weissia viridula Brid. — CC.
Var, gymnostomoïdes. — RR.
W. fugaz Hedw. —R.
= W. cirrhata Hedw. — C. — Deux formes assez distincles,
suivant qu’elle croît sur les rochers ou sur les vieux bois.
Dicranum Bruntoni Sm.— AR.
D. pellucidum Hedw.— RR.
D. rufescens Furn. — AG. — Les capsules sont ordinairement
__ striées dans leur jeune âge et après la sporose. |
D. subulatum Hedw. — RRR. — Une seule station, espèce
REVUE BRYOLOGIQUE.
ne. d’ autant plus remarquable à Saint-James qu'elle
y végèle à une altitude moindre que 100 mètres.
D. heteromallum Hedw. — CC.
Var. inlerruptum.
Var. sericeum. | Dicranodontium sericeum ) fructifiée.
— Circonstance à noter puisque son éliquetie dans
les Musci Galliæ porte « fructus ignotus » malgré
la longueur des pédicelles, les capsules ne dépas-
sent pas les feuilles, ou très-peu.
D. montanum Hedw. — AR. — Sur les très-vieilles souches
des cerclières de châtaignier.
D. scoparium Hedw. — CC.
Var. paludosum. — AR.
Var. recurvatum Schp. — AR. — Feuilles moins
dentées que dans le type, quelquefois presque
entières, Capsules plus étroites, moins courbées,
; quelquefois tout à fait dressées. Se rapproche ainsi
de. scottianum.
Dicranum majus Tara. — Commun dans les bois.
D. palustre Lap. (Boneani de Nat.) C, — Fructifie très-rare-
ment.
Campylopus turfaceus B. E. — C,
C: flezuosus Brid. — C.
€. fragilis B. E —- AR. — Deux formes distinctes, suivant
qu'il croit sur l’humus des coteaux ou dans les fissures
: des rochers humides.
… Leucobryum glaucum Hawpe. _— EC. — Rarement fructilié.
Fissidens incurvus Schw. — RR.
Var. pusillus Wils. — AR. Sur les pierres gra-
nitiques, dans le lit des ruisseaux.
F. bryoïdes Hedw. — CC.
F. taxifolius Hedw. — C.
F, decipiens de Not. — AC., et bien fructifié.
r: adienthoileés Hedw. — C.
Acaulon muticum Miil. — AR, .… peut-être par sa
petitesse.
Phoseum cuspidatum Hedw. — ©.
_ Potlia truncaia B. E, — CG.
Var. major. — AC.
P, Wilsoni B. E. —- AR.
Didymodon flexifolius H. et T. — AR. — Dans quelques-uns nu
de nos bois.
D. rubellus B. E. —R.
Ceratodon purpureus Brid. — CCC.
Archidium phascoïdes Brid. — AC.
Pleuridium nitidum B. E.—AC. Fe
_ P. aliernifolium B.E. — RR. — Diflicile à dislingaer. du :
PIN …
REVUE BRYOLOGIQUE. 5
P. subulatum B. E. — CC.
Leptotrichum homomallum Hampe.—AC.
L. pallidum Hampe.—Commun dans les bois.
Barbula ambigua B. E.
B. aloïdes B. E.— AC.
B. unquiculata Hedw.—C.
B. revoluta Schw.—AC.
PB. convoluta Hedw.—AC.
B. canescens Bruch.—R.
B. muralis Hedw.—C. et ses var. incana, æstiva, rupestris.
PB. subulata Hedw.—AcC.
B. papillosa Wils. —R.— Sur Je tronc des arbres fruitiers,
notamment des poiriers.
PB. lœvipila Brid.—C. RL.
B. ruralis Hedw.—C.—Sa var. intermedia, plus c commune
encore.
B. ruraliformis Besch.—R.—Sur un vieux toit de chaume,
station anormale.
Grimmia apocarpa Hedw.—C.
Var. rivularis. — AC.
G. pulvinata Sm.—CcC.
G. Schultzii Wils.—AC.— Sur les rochers des coteaux.
G. trichophylla Grév. —C.
G. leucophæa Grév. —R, — Mêlé en petite quantité, au G.
Schultzii. “
Rhacomitrium aciculare Brid.24 AC. — Sur les roches gra-
niliques basses , dans les chemins ombragés des bois,
plus qu’au bord des rivières.
À. protensum Braun. —AC.— Rochers humides, ombragés.
R. heterostichum Brid. — C. — Var. cinerascens, gracilescens,
cette dernière quelquefois de grandes dimensions.
À. microcarpum Brid. —R.
ÆR. lanuginosum Brid. —R.—Stérile.
Hedwigia ciliata Hedw.— CC. f
Var. leucophæa , viridis, plus rares, surtout la
dernière. :
Ptychomitrium polyphyllum B. E. — Commun sur les blocs”
de granit détachés. .
Zygodon viridissimus Brid, — C. — Pas très-rare en fructifi- de
cation.
Orthotrichum Bruchii Wils.—AC. LRgiout sur les branches :
élevées des arbres, où on le trouve après l’élagage. :
0. crispum Hedw. —C.
O. crispulum B. E.—AR.
0. phyllanthum B. E.—AC. —Stérile.
0. Lyellii H. et Tayl.—C.
… 0. lerocarpum B.E.—C.
+. 0. sis nt
REVUE BRYOLOGIQUE.
Orthotrichum stramineum Horn. —RR.
O. tenellum Bruch.—R.
O. pumilum Sw.—R.
O0. diaphanum Schw.— AC.—Surtout sur les granits ancien-
nement travaillés.
0. rivulare Tarn.—R.
O. anomalum Hedw.—AR.
Tetraphis pellucida Hedw. — Abandante sur la face nord
des souches des bois.
Splachnum ampullaceum L. — Des traces bien caractérisées
dans une lande mouillée; elles ont élé prématurément
détruites par le pied des bestiaux. — Pour mémoire. .
Ephemerum serratum Hampe.— R.
E!, recurvifolium Dick. —.R.
Physcomitrella patens Schp. — R.
Physcomitrium piriforme Brid. — AR.
P. ericetorum B. E. — AC.
P. fasciculare B. E. — AC,
Funaria hygrometrica Hedw.— CC.
Leptobryum piriforme Schp.— Dans les serres, là surtout
-où il y a de la tangue. ,
Bryum nutans Schr. — AR.
B. annotinum Schwægr. — C. — Fructifie quelquefois.
B. argenteum L.-—C.—Ses var. majus et lanatum plus rares.
B. atro-purpureum W. et M.—AC.
B. erythrocarpum Schw.— AC.
B. murale Wils. — AR,
_B. cæspilitium L. — CC.
_ {B. capillare L.— CC.
B, pallens Sw. — AR. — Stérile.
B. bimum Schreb. — AR.
= B. pseudo-triquetrum Schw. — AC. — Fructifie quelquefois.
Mnium undulatum Hedw. — C.
M. rostratum Schw.—R.
Mnium cuspidatum Hedw. — AC,
M. affine Schw. — C.
M. hornum L. — CC.
M. punctalum L.—C.-— Fructifie quelquefois abondamment.
Aulacomnium palustre Schw. — €, — Pseudopodes rares ;
_ capsules plus rares encore.
Bartramia fontana Brid. — C. — Fructifie rarement.
, . Var. falcata. — Aussi commune que le type.
B. marchica Brid. — AC. — Porte souvent des fleurs ; sans
capsules jusqu’à présent,
B. pomiformis Hedw. — CC,
Var. crispa, — AR. ne
Se eg le 08 Brid. — R.— Espèce nouvelle pour la région
ÿ du 0. ; 3 j . “
s
H. plumosum Sw. — AC. — Se trouve plus souvent sur Le.
REVUE BRYOLOGIQUE. RE
Atrichum undulatum P. B, — CC. |
- Pogonatum aloïdes P. B. — CC.— Var. Dicksont plus rare,
P. nanum P.B.— C.— Cette espèce a aussi une variété
naine, ainsi que la précédente.
P. urnigerum Rœh]. — AR. — Je ne lai pas encore lrouvé
fruclifié.
Polytrichum commune L. — G. — Stérile dans les. marais ;
fructifié dans quelques parties des bois, où l’eau de pluie
se conserve quelque temps.
Var. perigonale. — AC. — Plus régulièrement fertile.
P. formosum Hedw. — CC.
V. piliferum Schr. — C.
P. juniperinum Hedw. — AC,
Diphyscium foliosum Mohr. — €.
Fontinalis antipyretica L.—C.—Il y a une variété plus petite
dans toutes ses parties; plus brune, souvent noirâtre;
plus dénudée inférieurement. A première vue, elle rap-
pelle F. squamosa.
Chryphæa heteromalla Mobr. — C,
Neckera pumila Hedw, — C.
N. complanata B. E. — C.
Homalia trichomanoides B. E. — C. — Généralement fertile.
Leucodon sciuroides Schw. — CC, — Stérile.
Antitrichia curtipendula Brid. — AG. — Stérile. Sur les clô- .
iures de pierres dans les champs.
Pterygophyllum lucens Brid. — AC. — Fertile et même qgf.
très fertile.
Leskea sericea Hedw.— CC,
_ Anomodon attenuatus Hart. — RRR.— Vieilles racines sur le
talus d’un chemin creux. %
A. viticulosus H. et T. — AC.—Fructifie sur quelques points.
Pterogonium ornithopioides Lindb. — C. — Fructifie bien dans
les lieux ombragés.
Climacium dendroïdes Web. et M. — CC, — Stérile.
Isothecium myurum Brid, — C.
Heterocladium heteropterum B. E. — AR. — Stérile,
Thyidium tamariscinum B. E. — CC.
Hypnum salebrosum Hoffm. — AR.
H. glareosum Bruch. — RR. ar
H. albicans Neck. — AR. ne
H. rutabulum L. — CC.
Var. palustre.
Var. flavescens Bruch et Scbp.
Hypnum velutinum L. — CC.
H. populeum Hedw. — AC.
rochers frais, dans les hais, qu’au bord des riniaqes a.
H. slecebrum ; Fe _— ue — Stérile. .
REVUE BRYOLOGIQUE.
Hypnum cœæspitosum Wils. — AR,
_ H,. myosuroides L. — AC.
Var. filescens. — AR.
H. striatum Schreb. — CC,
AH. piliferum Schr. — C. : :
_ H. speciosum Brid. —R, — Lieux mouillés, pierres ruisse-
lantés.
H prœlongum L. — C.
Var, atrovirens. — AC. — Plante distincte quelque-
fois classée comme espèce sous le nom de Æ. Swar-
tzù Turn.
H. pumilum Wils. — AC.
H. Stokesi Furn. — C. — On trouve quelquefois la plante
mâle, remarquable par l'abondance de ses fleurs.
H. tenellum Dicks. — RR.
H. confertum Dicks. — C.
H, murale Hedw. — AC.
_ A, rusciforme Weïs. — CC.
HA. alopecurum L.— AC.— Fructifie dans quelques stations.
A. silesiacum Selig. — AR. — Détritus des troncs creux,
anfractuosités des vieilles haies qui s’effritent, — Stérile,
H, elegans Hook. — AR. — Ses fructifications , très-rares
_ partout, se montrent quelquefois dans les bois, immé-
diatement après la coupe des taillis, mais non plus tard;
à ce moment les feuilles décolorées, hyalines, d’un blanc
argenté, donnent à la plante un aspect spécial,
H, denticulatum L.—AC.—Siérile.
Var. tenellum, —Tapisse à l'intérieur quelques pelites
| cavernes granitiques très-sèches.
A. sylvaticum L.—AC.
_Æ, undulatum L. —R. — Peu de stations, mais quelquefois
_ très-étendues. Far
_ H. serpens L.—C.
H. irriquum L.—R.
H. fluviatile Sw.— AC, — Je ne l'ai trouvée fertile qu’en
dehors des eaux courantes.
A. stellatum Sch.— C.
Var. protensum, plus rare.
Æ. riparium L.—AC.
ie Var. homomallum.
AH. fluitans L.—AR. :
Var, exannulatum M. G.—R.
H. aduncum Hedw.—R.—Stérile
.
oo vernicosum Lindb.—R.
. H, uncinatum Hedw. —RR. — Prairies tourbeuses, an bord
_ des ruisselets, pe
_H. cupressiforme L: — CC. — Var. filiforme C. tectorum AR,
uncinatulum R., ele.
Le £. _Rabenhorst's Kryptogamen-Flora von Deutschland,
REVUE BRYOLOGIQUE. ie
Hypnum resupinatum Wils.—RR.
F1. arcuatum Lindb.— AC, —Stérile.
Æ. Molluscum Hedw.— AR.
Var. condensatum, plus commune.
H. palustre L.—RR.—Sous l’écume des roues de moulin.
11. cordifolium Hedw.—AC.
1. giganteum Schp.—R&.
H. cuspidatum L.— CC.
H. Schreberi Wild. — CC.
H. purum L.—CC.— Fructifie peu.
H. Splendens Hedw. — CC.--Fructifie peu.
H. Squarrosum L.—CC.
H. Loreum L.—C.
H. triquetrum L.—CC.
H, brevirostrum Ehr.—C.
° Add Bryum Tozeri Grev. — RR.
‘UHypnum stramineum Dicks, — R. |
de Aug. BESsNARD.
Notes bryologiques.
Gymnostomum calcareum N. et H. — Salins (Jura).
Campylopus brevipilus var. elatus Cardot. — Landes maré-
tageuses du désert en Helléan (Morbihan).
Campylopus fragilis B. E. — Forêt de Lanouée (Morbihan),
Conomitrium Julianum Mont. — Salins (Jura). ;
Pottia leucodonta Schpr, — Nice (Alpes-Maritimes).
Entosthodon Templetoni Schw. — Josselin (Morbihan).
Webera Tozeri Schp. — Josselin (Morbihan). |
Bryum gemmiparum De Not. — Helléan (Morbihan).
Pogoratum urnigerum Rœhl, — Château-Thébaud (Loire-
Inférieure),
Æurhynchium speciosum Schp. — Les Cléons, près Nantes
(Loire-Inférieure).
Amblysteqium Juratzkanum Schp. — Mauves (Loire-Infé- de
rieure). — Espèce nouveile pour le nord-ouest de la
France. :
Olivier pu Nopay.
Bibliographie. |
Oesterreich und der Schweiz. —Vierter Band : Die Laubmoose
yon K. Gusrav. LimpriChT.— 2, Lieferung : Einleitung. Spha |
AD HEVUR BAYOLOGIQUE,:
gnaceae. — Mit zabireichen in den Text. eingedrucked Abhil-
_ dongen. — Preis : 2 mark 40 pf. (3 francs). Leipzig, Eduard
_ Kummer, 1885, 64 p. in-8° et 24 figures,
= L'introduction finit par donner des renseignements détaillés
sur la distribution des espèces, la récolte et la préparation des
mousses pour l’herbier, l'étude des mousses et les systèmes.
La partie systématique commence par les Sphaignes dont la
description est précédée d’une clef analytique de la manière
suivante :
APERÇU DES ESPÈCES DU GÊNRE SPHAGNUM.
A. Cellules chlorophylleuses des feuilles raméales couchées sur l'une
des deux faces des feuilles entre les cellules hyalines,-sur la sec-
tion transversale triangulaires, triangulaires-ovales ou parallèles-
_ trapézoïdes.
a. Sur la face en dedans de la feuille, par conséquent les
cellules hyalines plus fortement convexes sur la face extérieure
et ici le plus grand nombre de pores.
+ Ecorce de la tige fibreuse, munie de pores grands, en dehors
percée plusieurs fois ; fenilles caulinaires ligulées, arrondies
et fimbriées ; cellules hyahnes des feuilles raméales en dedans
le long des cellules chlorophylleuses.
* Sans formes d’épaississements distinctes, cymbifolium.
” Avec papilles. , , ,:. . ,.. . . papillasum:
** Avec pe linéaires pectinées. . . . i#mbricaltum.
++ Ecorce de la tige poreuse, mais sans fibres,
* Cellules de la surface percées en dehors; feuilles cauli-
naires fimbriées au sommet tronqué; marge très-large à
la base.
$ Feuilles caulinaires plus larges au-dessous du sommet.
Mr fimbriatum.
© $$ Feuilles caulinaires au sommet de même largeur ou un
pou atiénmuées ::. , . ., , … Girgensohnii.
* Cellules de la surface non percées en dehors.
$ Feuilles caulinaires plus larges à la base, irès-largement
marginées en bas.
a. Feuilles caulinaires acuminées, fibreuses pour Ja
plupart. Fleurs monoïques . . , . acutifolium.
8. Feuilles caulinaires arrondies au sommet, ordinai-
rement sans fibres. Fleurs dioïques.
ax. Pores des feuilles raméales petits; plantes pour la
plupart de couleur rouge. . . . . . rubellum. -.
88. Pores des feuilles raméales grands; plante de cou-
Jen? GC PDO mm . fuscum.
S$ Feuilles caulinaires plus larges au milieu, étroitement
: MMEMIDÉES : Tea CAN à ibile.
d. Sur la face en dehors de la feuille, c’est pourquoi les
cellules hyalines plus fortement convexes sur la face intérieure
et icile plus grand nombre de pores. Ecorce de la tige non
__ poreuse, 207 percée en dehors; marge des feuilles caulinaires
_ ordinairement très-large à la base, é ‘
REVUE BRYOLOGIQUE. A4
+ Feuilles caulinaires au sommet le plus Jarges et fimbriées ;
écorce de la tige jaunâtre. . . . . . . . Lindbergii.
+} Feuilles caulinaires le plus larges à la base. |
* Ecorce de la tige distinctement séparée.
$ Col des cellules lagéniformes plus fortement développé
que dans toutes les autres espèces; feuilles raméales
étroitement marginées. . . . . . . molluscum.
$$ Col des cellules lagéniformes peu recourbé; feuilles
raméales largement marginées. . . . Cuspidatum.
‘* Ecorce de la tige indistinctement séparée ou nulle, verte,
à parois épaisses.
$ Feuilles caulinaires petites ou de moyenne largeur, ordi-
nairement sans fibres; cellules des feuilles raméales en
dehors sans lacunes membraneuses distinctes.
T'eCurvum.
$S$ Feuilles caulinaires grandes, pour Ja plupart déchirées
en deux ; cellules des feuilles raméales munies en dehors
de grandes Jacunes membraneuses irrégulières.
riparium.
B. Cellules chlorophylleuses des feuilles raméales ccuchées au
milieu des deux faces des feuilles, sur la section tranversale
elliptiques, rectangulaires ou carrées, c'est pourquoi les cellules
hyalines uniformes aux deux côtés.
a. Cellules chlorophylleuses libres œuæ deux côtés. Ecorce de
la tige munie de très-petits pores ; beaucoup de cellules de
Ja surface en dehors au sommet (ou à la base) avec une mem-
brane atténnée, ici enfin percées.
+ Cellules chlorophylleuses souvent trapézoïdes ou triangu-
laires et rapprochées de la surface extérieure des feuilles.
Cellules hyalines en dedans le long des cellules chlorophyl-
leuses, aux très-peliles papilles. Feuilles caulinaires
grandes, ligulées, arrondies et fimbriées, très-étroitement
marginées. ‘
* Ecorce de la tige pour la plupart de denx couches de :
cellules. Fleurs monoïques. . . . . . squarrosum.
** Ecorce de la tige formée de trois ou quatre couches de
cellules. Fleurs didiques...xà ii 4: vs «5 0708
++ Cellules chlorophylleuses exactement au milieu; cellules
hyalines en dedans, non papilleuses.
* Feuilles caulinaires petites, triangulaires, largement mar-
inées à la base.
ë Ecorce de la tige formée d'une seule couche de cellnles.
subsecundum.
$$ Ecorce de la tige formée de denx et trois couches de
come. + ICRA,
“ Feuilles caulinaires grandes, ressemblant plus aux feuilles
raméales, ov.-lancéolées ou ovales, étroitement marginées.
$ Ecorce de la tige formée d’une seule couche de cellules.
0 -
contortum.
$$ Ecorce de la tige formée de deux et trois couches de.
. platyphyllum.
ae OO Dr LT
D. Cellules chlorophylleuses entourées par les cellules hyalines.
+ Feuilles caulinaires grandes, largement ligulées, arrondies %
ou tronquées, fimbriées,
REVUE BRYOLOGIQUE.
* Ecorce de la tige fibreuse, munie de grands pores en dedans
et en dehors. Feuilles caulinaires non marginées à la base.
medium.
“ Ecorce de la tige non fibreuse, munie en dedans de grands
pores, cellules de la surface atténuées en dehors au sommet.
Feuilles caulinaires largement marginées à la base.
Angstrémii.
++ Feuilles caulinaires triangulaires, heaucoup plus petites que
dans les autres espèces. Ecorce de la tige peu développée,
munie dans le Sph. compactum de très-petits pores et en
dehors d'une atténuation.
* Feuilles caulinaires, très-largement marginées à la base;
Jumen des cellules chlorophylleuses des feuilles raméales
rapproché de la face extérieure; chaque cellule de l'écorce
raméale percée en dehors. . Lu n compactum.
** Feuilles caulinaires trèsétroitement marginées à la base ;
lumen des cellules chlorophylleuses des feuilles raméales
central; écorce raméale munie de cellules lagéniformes
HHOTENCIÉES, ee 2 Se NAUN.
Quant aux variétés des espèces de Sphagnum, l’auteur n’en
a décrit que les variétés les plus distinctes ; le grand nombre
de soi-disantes « variétés » récemment établies a éêlé cité
seulement dans des notes, — en souvenir du jugement de
M. Charles Müller de Halle : « L'établissement de nombreuses
formes est un terrain dangereux, car chaque individu de
plantes est au fond une forme pour elle-même ». — Les sy-
nonymes sont bornés aux plus nécessaires, des figures et
des exsiccata sont cités dans toutes les espèces rares. — Les
descriptions des espèces auront égard, outre les caractères
_ systématiques connus, toujours aux relations anatomiques,
_ parce que l’auteur est d’avis que celles-ci doivent enfin dé-
cider au point de vue systématique. — Les figures fort bien
faites sont en partie des dessins originaux de l’auteur, en
_ partie des copies de MM. Schimper, Lorentz, Berggren, etc. —-
L'auteur veut donner une figure typique pour chaque genre
et les diagnoses des genres seront précisées par des détails
illustrés morphologiques et anatomiques. L'ouvrage complet
. comprendra 40 à 12 livraisons, chacune de 4 feuilles. Nous
ne croyons pas nous tromper quand nous le recommandons
_ comme véritable chef-d'œuvre absolument nécessaire à tout
_ bryologue. A. GEHEEB.
Moosflora der Provinz Brandenburg. Eine systematische
Zusammenstellang der bisher in diesem Gebiete beobach-
teten Leber, Torf-and Laubmoose. |
Von GC. WanxstORF, (Sep. — Ab. aus de Abh. d. Bot.
Vereins d. Prov. Brandenburg, XXVII). Berlin, 1885.
REVUE BRYOLOGIQUE. #3:
L'auteur donne d'abord un résumé et une liste des ou-
vrages qui ont été publiés sur la bryologie de la province de
Brandebourg. Vient ensuite le catalogue systèmatique des
espèces comprenant 92 hépatiques 19 sphaignes et 336 mous-
ses, avec des indications détaillées de stations et de localités,
et des notes critiques sur un grand nombre d'espèces et de
variétés. Le Mnium paludosum W. et l’'Eurhynchium uligino-
sum W. sont décrits comme espèces nouvelles. Ce catalogue
est fait avec beaucoup de soin : ilest le résumé des longues
recherches de l’auteur. ° F. GRAYET.
Degar. — Assai d’une nouvelle classification des espèces euro-
péennes du genre Hypnum (Soc. Bot. de Lyon, séance du 21
avril 4885, p. 52-60).
M. Debat indique divers motifs qui l’ont engagé à modifier
la classification du Synopsis de Schimper, et il propose la
suivante :
ProTo-HYPNA. Eu-HyPwa.
(Dents à papilles éparses) (Série parallèle ).
a) Rectifolia. a) Rectifolia.
S 4" section, à ramification irré-
S Simplicia. _ gulière (correspond aux sim.
plicia).
| Eu-Linnobia. ;
Obtusifolia. A.—Feuilles circulaires ou ovales-
circulaires, obtuses ou avec
acumen obtus ( correspond aux
obtusifolia.
fl. stramineum. H. alpinum.
— trifarium. — Goulardi.
— alpestre.
— dilatatum.
— molle.
— norvegicum.
— deflexifolium. .
B. — Feuilles ovales-acuminées
peu ou à peine homotropes(cor-
Acutifolia. respondant aux acutifoliu)..
H. sarmentosum., H. lusitanicum. ko
__ — pseudostramineum. __ — polare.
_ — laxum. — MmiICans.
= — lycopodioïdes,
Le
REVUE BRYOLOGIQUE.
$ 2° section, à ramification en gé-
néral pinnée régulière (corres-
$ Pinnato-ramosa. pondant aux pinnalo-ramosa).
H. giganteum. Pura.
— cordifolium, H. cuspidatum.
. — Richardsoni, — iurgescens.
_— Schreberi. — purum.
b) Curvifolia. _b) Curvifolia.
Feuilles ovales-accuminées. Feuilles ovales-oblongues ou ova-
les-lancéolées, nettement ho-
H. badium. motropes ou incurvées,
Hetero-Limnobia
H. ochraceum.
— subenerve.
— eugyrium.
— palustre.
Feuilles longuement lancé- Feuilles longuement lancéolées-
olées-acuminées, acuminées très-incurvées.
Uncinata.
- H. fluitans. H. Molendoanum.
.__— exannulatum. — uncinatum.
Eu-Hypna. — (Série non parallèle ).
Intermedia. Filicina.
H. Cossoni. H. curvicaule,
— revolvens, — filicinum.
_ — intermedium. — Formianum.
_ — vernicosum. — Blandowii.
à — decipiens,
Turgida. P
_ H. scorpioides. Mollusca.
cs #
rugosum. H. molluscum.
ifoli — crista castrensis.
— hamifolium. castrensis
Adunca. Commutata.
_ H, Sendtneri. H. commutatu m.
— Wilsoni. — falcatum.
— aduncutw. — irrigatum,
_— Kneiïfii — sulcatum,
C'upressiformia.
S Hamulosa.
H. hamulosum.
— Ravaudi.
— condensatum.
— fertile,
— Sauteri.
— Heufleri.
— dolomiticum,
— fastigiatum.
$S Geénuina.
H. Vaucheri.
— Ccallichroum.
REVUE BRYOLOGIQUE.
F.
Heterophylla.
H. Lorentzianum.
— nemorosum,
— Haldanianum.
— Bottinii,
Squarrosula.
H. Halleri.
Stellata.
H. Sommerfeltii.
— chrysophyllam.
— helodeum.
— imponens. — polygamum.
: :— cupressiforme, — stellatum.
- — procerrimum,
— Bambergeri. Hylocomia.
— arcuatum. se
H. squarrosum.
— subpinnatum.
Homomallia. pro triquetrum.
H. resupinatum. — loreum.
— incurvalum. — brevirostrum.
— Blytti. — Oakesii.
— reptile. — umbratum.
— pallescens. — splendens.
— pratense.
A. Leracor— Recherches sur la distribution géographique
des Muscinées dans le département de l'Orne et Catalogue
méthodique des espèces récoltées dans cette région. (Extrait
de la Revue de Botanique 1883). Tirage à part, in-8° de 60 p.;
2 fr, chez l'auteur, curé de Ticheville (Orne).
Il serait à désirer que chaque département possédât un
\
ouvrage tel que celui-ci, malheureusement un assez grand
nombre n'ont été explorés jusqu'ici que d’une manière très-
incomplète. — Voici l'énumération des principaux chapitres
de cette intéressante brochure:
Introduction : Indication des quelques ouvrages où sont men-
_ tionnées des muscinées de l'Orne, des botanistes de ce dépar-
tement et des principaux points explorés.
= Recherches sur la distribution géographique des Muscinées. — .
e transition, grès, etc. ; calcaire jurassique, craie, grès vert, _
c.; terrains tertiaires. — Hydrographie. ne
enter
Orographie et géologie: principaux sommets, granite, schistes
(46 REVUE BRYOLOGIQUE. |
Influences météorologiques : Température, régime fluvial,
humidité de l'air et état du ciel. — Régions bryologiques,
listes d'espèces. Comparaison de la flore de l'Orne avec la
- flore du Nord-Ouest.
De cette étude l’auteur tire les conséquences suivantes :
4° le climat de l'Orne est moins favorable que celui de la Bre-
tagne et du littoral de la Normandie; 2° la région méditer-
ranéenne y est moins bien représentée; 3° l'Orne appartient
à la zone silvatique inférieure et à la base de la zone moyen-
ne ; 4° les tendances boréales de la flore y sont plus manifestes
que dans les diverses contrées du Nord-Ouest.
Influences du sol: influences physiques , influences chimi-
ques. Listes des espèces propres aux terrains siliceux, aux
terrains calcaires, espèces indifférentes, ete. Localités les plus
intéressantes à visiter. |
_ Le Catalogue contient l’énumération de 269 mousses, .
7 sphaignes et 52 hépatiques avec l'indication de leurs sta-
tions, localités, rareté, époque de fructification et des notes
sur quelques-unes d’entre elles.
À. L. GRONvALL. — Bidrag till kännedomen om de Nor-
diska arterna af de bada lôfmoss-slägtena Orthotrichum och
Ulota, med en plancsh, In-4 de 24 p. et pl.; Malmô, 1885.
L'auteur donne la description en latin de 7 espèces nou-
velles, ce sont: Orth. abbreviatum, O. obscurum, O0. scani-
cum, O, latifolium, O. Arnellii, O0. pallidum, 0. aurantjacum,
— La planche contient 18 figures représentant des stomates,
des péristomes, des capsules et le tissu des feuilles.
Jen. Szyszyrowicz. — Hepaiicæ latrenses. O. rozmieszezeniu
watrobowcow w Tatrach. In-8 de 101 p. et 4 tableaux; Kra-
_kowie 1884.
C’est un catalogue méthodique contenant un grand nombre
_ de renseignements sur la distribution de 133 espèces d'hépa-
tiques dans les monts Tatra. Ces observations sont résumées
dans 4 tableaux indiquant la nature du terrain et la hauteur
à laquelle croît chaque espèce.
… Floræ Sardoæ Compendium. Catalogue raisonné des végétaux
observés dans l'ile de Sardaigne, dressé par W. BanrBEY avec
supplément par Ascherson et Levier, In-folio avee 7 pl., 93 fr,
Librairie G. Bride], à Lausanne (Suisse).
_ C'est sur la demande du libraire que je cite cet ouvrage, je
ne sais s’il contient la cryptogamie. Je ferai observer de nou-
_ veau aux éditeurs que les annonces sont gratuites et que je
ne puis annoncer que les ouvrages contenant de la Bryologie.
. +
ms 13 Anwée 4886
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en. français , en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 2.
Études sur le péristome (suite). Pairiserr. — Deux mousses nou-
velles. Canpor.—Sur le Bryum catenulatum. Canpor.—Bibliogra=
phie.— Nouvelles.
A
Etudes sur le péristome.
(5° article) (1).
NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LE GENRE BRYUM.
Depuis la publication de mon premier travail sur les
Bryacées, j'ai pu observer de nouveaux échantillons en assez
grand nombre, dont l’examen me permet aujourd’hui de
compléter et de rectifier sur quelques points les résultats aux-
quels j'étais arrivé. M. le pasteur Kaurin m'a envoyé une
riche collection des nombreuses variétés de Bryum qu'il a
récoltées dans les montagnes de la Norwège ; je dois aussi à
la générosité de M. Brotherus quelques-unes des belles
_ espèces qu'il a rapportées de son voyage récent sur les côtes
de la mer glaciale. L’élude de ces diverses formes me con-
firme de plus en plus dans cette conviction qu’il est impos-
sible de déterminer rigoureusement ces espèces difliciles et
polymorphes, souvent si semblables d'aspect, si l’on ne lient
pas compte avant tout de la siruclure du péristome.
Je reviens encore aujourd’hui sur les espèces de la section
Cladodium dans lesquelles les plaques ventrales des dents
tendent à se partager par des cloisons accessoires plus où
moins nombreuses : ces espèces me paraissent constituer une
division nalurelle du genre Bryum très-bien caractérisée,
Dans cette division, j'ai distingué d’abord un premier groupe.
comprenant les espèces dont le péristome est entièrement
(4) Voir Rev, Dryol, ; 44° année, p, 49, 65, 84 ; 12° année, p, 67 et 81,
Le. | REVUE BRYOLOGIQUE.
semblable à celui du Bryum pendulnm, la plupart des plaques
ventrales étant partagées en plusieurs compartiments bien
dessinés.
GROUPE DU BRYUM PENDULUM.
J'avais placé dans ce groupe trois espèces : Br. pendulum,
B. Warneum, B. Brownii; j'y joignais avec doute le Bryum
Lorentzii $ch., ayant cru pouvoir rapporler à celte espèce .
quelques capsules qui se trouvaient mêlées à des touffes de
Bryum calophyllum recoltées à Jerkin par M. Kindberg. Mais
ayant reçu depuis de M. Kaurin un échantillon authentique
du Bryum Lorentzi, récolté par M. Lorentz à Bodô, j'ai
reconnu que son péristome n’a rien de commun avec celui
du Br. pendulum; il ressemble beaucoup, au contraire, à
celui du Br. inclinatum : des dents pâles avec une base rouge,
et des plaques ventrales parfaitement simples et régulières.
Cette espèce doit donc être exclue de notre premier groupe.
Le Bryum Warneum lui appartient au contraire sans aucun
_ doute, J’en ai observé de nouveiux échantillons venant de
J'Angleterre, de la Suède et de la Norwège, et tous m'ont
présenté exactement la même structure que ceux d'Allemagne
el de Normandie. Je n'ai trouvé d'exception que dans une
plante qui m'avait été envoyée sous ce nom par M. Géheeb,
et qui avait été récoltée par le docteur Sanio à Lyck (Prusse
orientale). Dans ce Bryum, les dents sont bien encore oran-
gées et adhérentes au péristome interne, qui est dépourvu de
cils; mais leurs plaques ventrales pâles forment des rectangles
réguliers et nettement limités, avec des lamelles hyalines en
_ demi-ellipse, sans aucune trace de division. Ge caractère, que
_ je considère comme le critériam le plus sûr, ne permet pas
_ de rattacher cette plante au Bryum Warneum; elle en diffère
d’ailleurs par sa capsule plus courte, assez semblable à celle
du Bryum lacustre, par ses dents moins longues, ne mesurant
guère que 0"*, 25, enfin par ses feuilles plus étroitement lan-
céolées. Ce dernier caractère est surtout très-apparent dans
les rameaux stériles, qui, à l’état sec, sont dressés, raides et
aigus, les feuilles étant appliquées contre la tige : ces feuilles
se terminent par une pointe fine et assez longue, vivement
dentée, qu’on ne rencontre pas ordinairement dans le Bryam
Warneum; leur lissu est aussi composé de cellules plus
étroites et plus allongées. On pourrait appeler cette plante
Bryum strictum.
Le Bryum Brownii, dont M. Kawrin m'a envoyé divers
échantillons, a les dents conformées comme le Bryum War-
neum, et doit être placé tout à côté ; mais les limites de ces
deux espèces me semblent toujours difficiles à fixer. En
coraparant les deux descriplions du Synopsis, on trouve que
le Bryum Brownii se distingue ; 1° par ses feuilles à bords
REVUE BRYOLOGIQUE. PS
plus réfléchis et moins dentés, presque entiers; 2 par sa
capsule plus étroite et moins entlée; 3° par le péristome in-
terne plus parfait, muni de cils bien développés. Si ces trois
caractères étaient bien constants, les déterminations seraient
assez aisées; mais on les trouve rarement réunis dans les
mêmes exemplaires. Le plus apparent est la forme dé la
capsule ; mais il faut remarquer que même dans les touffes
qui appartiennent incontestablement au Bryum Warneum, au
milieu de capsules largement ventrues, on en trouve qui sont
plus étroitement ovales. Les feuilles de cette espèce m'ont.
paru généralement un peu plus larges ; leur pointe est
souvent courte et à peu près entière, par exemple, dans les
échantillons de Bärwalde et dans ceux de Normandie ; dans
d’autres échantillons, elle est assez longue et visiblement
dentée, mais elle ne l’est pas plus, elle l’est au contraire
moins que dans la plupart de ceux qui m'ont été envoyés
sous le nom de Bryum Brownii, Quant aux cils du péristome
interne, rien n’est plus inconstant : à côté d’une capsule où
ils sont bien développés, on en trouve d’autres où ils sont
restés très-courts ou manquent tout à fait.
J'ai sous les yeux des échantillons récoltés par Moë près de
Lom, en Norwège, et que Schimper lui-même a rapportés
au Br, Brownii : la capsule est étroite et allongée; les feuilles,
même celles des rameaux, sont bordées d'une marge épaisse,
colorée et large, formée de plusieurs rangs de cellules ; elles
se lerminent par une pointe épaisse, assez longue, et vive-
ment denlée; celles des rameaux sont tout à fait planes sur
les bords, celles de la tige fertile sont légèrement réfléchies
dans le bas; le péristome interne est orangé, bien adhérent, -
les processus étroils et presque entiers; les cils plus ou moins
développés, lantôt courts et rudimentaires, tantôt longs et
filiformes ; mais, même dans ce cas, ils demeurent ordinai-
rement attachés aux dents, à travers lesquelles on les aperçoit
par transparence; les dents elles-mêmes sont un peu plus
longues qu’elles ne le sont habituellement dans le Bryum
Warneum, avec une pointe plus elfilée et lisse ; les cellules
ventrales présentent de nombreuses cloisons accessoires, Les
échantillons récollés par M. Karin dans les monts Dovre, à
Opdal et à Jerkin, ont les mêmes caractères.”
Au contraire, la forme que j'ai trouvée mêlée au Bryum
calophyllum, récolté par M. Kindberg à Jerkin, a les feuilles
beaucoup plus étroitement marginées, et réfléchies sur les
bords dans presque toute leur longueur ; leur pointe est plus
mince et enlière; le péristome interne est moins adhérent,
plus pâle, les processus plus larges et bien ouverts sur la he
carène, les cils généralement bien formés, longs et quelque-
fois appendiculés ; les dents ont toujours la même structure,
Ces caractères s'accordent mieux avec la diagnose de Schim-
€
20 | REVUE BRYOLOGIQUE.
per; il dit en effet des feuilles : « margine anguste reflexo ï
angustissime limbata », « costa in subulam brevem sublævem
: producta »; « ramulina haud limbata »; et du péristome :
« processus pluries pertusi. » Il semble donc avoir eu sous les
yeux, en faisant sa description, des échantillons semblables.
Rob. Brown disait d’ailleurs dans la diagnose originale :
« foliis integerrimis margine recurvis. » à
Ces échantillons représenteraient donc le type primitif du
Bryum Brownii; les autres constitueraient une série de
ee formes intermédiaires entre ce type et le Bryum Warneum,
qui a d’ailleurs été récolté par M. Kaurin dans les mêmes
_ localités. La forme décrite par M. Limpricht sous le nom de
1: Bryum stenocarpum semble se distinguer surlout par ses
ne dimensions plus petites et ses feuilles à peine marginées,
a étroitement réfléchies; elle a dés cils quelquefois appendi-
culés ; ses dents sont papilleuses dans leur partie byaline, et
elles sont du reste conformées comme dans le Bryum
Warneum. è
Bayum Mot Sch. — Il faul encore ranger dans notre, pre-
mier groupe le Bryum Moei Sch., dont j'ai pu observer un
_ échantillon récolté par Moë lui-même, et communiqué par
M. Kaurin. C’est une très-belle espèce, voisine du Bryum
pendulum , mais très-bien caractérisée par sa taille plus
grande, ses feuilles longuement acuminées et longuement
cuspidées, atteignant 4 à 5 millimètres, à bords largement
marginés et moins réfléchis; en outre, la capsule est plus
pâle et plus molle, formée de cellules hexagovales à parois
non épaissies; l’opercule plan-convexe; les dents du péris-
tome, d’un orangé plus clair avec une base très-foncée, ont
aussi une consistance plus molle et plus délicate; mais, du
_ reste, les plaques ventrales présentent une structure sem-
blable ; elles sont divisées, à partir du tiers supérieur, par
des cloisons accessoires : vers le-milieu de la dent, une seule
cloison, placée sur la ligne médiane ; un peu plus bas deux
cloisons, l’une au milieu, la seconde à droite ou à gauche,
assez près du bord; plus bas encore, il y a au moins trois
divisions, Ces cloisons sont ordinairement perpendiculaires
aux articulations principales; sur la coupe transversale, les
_ lamelles hyalines sont partagées par des lignes verticales qui
leur correspondent ; plus rarement ces lignes deviennent
obliques ou courbes, sans présenter toutelois de crochets
anchoriformes.
Enfin, je placerai à côté du Bryum Moei une dernière
- espèce, qui, quoique beaucoup plus petite, s'éloigne cepen-
“dant par des caractères analogues du Bryum pendulum.
Cette espèce a été récoltée par M, Kaurin en Norwège, sur
_ Jes bords de la rivière Olma,
REVUE BRYOLOGIQUE. A
Bryum KAURINI species nova. — Monoïque. Tiges longues de
7 à 8 millimètres; feuilles comales nombreuses et serrées,
étroitement lancéolées linéaires, «cuminées, se terminant par
une longue pointe filiforme à peu près entière; fortement
révolutées sur les bords, avec une marge formée de plusieurs
rangs de cellules étroites; le tissu est d’ailleurs semblable à
celui du Bryum pendulum : longueur 2"%,50, largeur 0"®,65 ;
la pointe dépasse souvent 0,75. Cette longue pointe carac-
téristique persiste jusque dans les folioles intimes des fleurs
mâles : ces bractées sont courtes, ovales, colorées, et la
pointe est à peu près deux fois aussi longue que la bractée.
Dans le Bryum pendulam, au contraire, les folioles intimes
des fleurs mâles n’ont qu’une pointe très-courte, denticulée,
et la nervure finit souvent avant le sommet. Pédicelle long
d’un centimètre 1/2. Capsule régulièrement ovale, longue
avec l’opercule d’environ 2"",95, large de 1"%,95; le coltrès-
court (0"",40 à 0,50) ne se distingue pas à l’état humide; il
devient plus étroit et plus apparent à l’état sec. La capsule est
très-pâle, avec un opercule orangé plan convexe, dont le
centre fait saillie en une pointe mousse. Spores deux fois plus
petites que celles du Bryum pendulum; lenr diamètre égale
environ 0,02,
Péristome long 0%",30 à 0®®,35; l’interne très-adhérent ;
processus assez larges, avec de grandes ouvertures sur la ca-
rène ; les dents, d’un orangé clair avec une base très-rouge,
régulièrement acuminées en une pointe hyaline et papilleuse,
sont munies de lamelles d’une longueur médiocre qui se
rattachent par leurs extrémités à la membrane puis aux cils
mal formés et non séparables du péristome interne. Lears
plaques dorsales forment des rectangles orangés, à ponclua-
tions bien visibles, dont la largeur dans le bas égale une fois
et demie la hauteur; plus haut elles sont exactement car-
rées. Les plaques ventrales sont pâles et incolores quoique
assez épaisses, mais conformées commune dans le Bryum pen-
dulum ; leurs divisions sont seulement un peu moins nom-
breuses et se rattachent plus souvent à la ligne médiane : sur
la coupe transversale elles sont partagées en compartiments
irréguliers par des lignes très-obliques, divergentes et sou-
vent recourbées en arcs de cercle. :
Cette plante est évidemment très-voisine du Bryum pendu-
lum, mais la forme remarquable de la capsule, sa couleur
pâle, tranchant avec l’opercule orangé, la brièvelé du col, les
spores beaucoup plus petites, la pointe des feuilles plus lon-
gue, et surtout les bractées des fleurs mâles longuement
cuspidées, forment un ensemble de caractères suffisants pour
constituer au moins une sous-espèce. ". ;
à
+ rang de variétés.
- 92 REVUE BRYOLOGIQUE.
(GROUPE DU BRYUM ARCTICUM.
Le Bryum arcticum est une espèce très-étendue, compre-
nant beaucoup de formes subordonnées. M. Kaurin m'a
envoyé un grand nombre de ces formes, qu’il a récoltées
dans les monts Dovre, et qu’il considère comme de simples
variétés, notamment celles que M. Limpricht a appelées
Bryum arcuatum el Bryum micans. Si l'espèce est, comme je
le crois, non pas une nature absolument fermée ei invariable,
mais simplement une collection de formes plus ou moins
semblables, dérivées probablement d’une source commune,
mais qui peuvent acquérir avec le temps des différences plus
ou moins considérables, jusqu’à ce qu'elles s’éloignent assez
les unes des autres pour constituer des espèces nouvelles, la
question se réduit à savoir quelles sont, parmi les nombreuses
races auxquelles le Bryum arcticom a pu donner naissance,
celles qui présentent des caractères assez tranchés pour être
décrites à part comme espèces ou sous-espèces, et quelles
sont celles qu’il convient mieux actuellement de maintenir au
Je considère comme représentant le type de cetle espèce
Ja forme à feuilles de teinte rosée, à capsule pâle et mate,
avec un opercule rougeâire ou orangé, légèrement courbée,
médiocrement renflée dans Ja partie correspondante au spo-
range, et s’allongeant en un col plus étroit. Ceite forme
est celle qui paraît être la plus répandue dans les mon-
tagnes de la Norwège; c’est celle aussi que l'on trouve
dans le Jura : j'en ai va un échantillon recueilli par Reuter
au sommet de la Dôle; enfin, c'est celle que M. Breidler a
trouvée sur plusieurs points dans les Alpes de Salzbourg.
: Un grand nombre de variétés se groupent autour de cette
forme centrale, les unes à feuilles révolutées sur les bords et
bien cuspidées, les autres à feuilles brièvement mucronées et
presque planes, J'avais cru pouvoir rapprocher ces dernières
du Bryam Lindgreni Sch., la description du Synopsis ne con-
tenant rien qui s’opposât à cetle assimilation. Mais j'ai reçu
depuis de M. Kaurin un échantillon authentique du véritable
Bryum Lindgreni, récolté par Lindgren lui-même en Suède,
près de Lidkôping, et j'ai pu constater que dans cette espèce
le péristome a une structure très-différente, Les plaques ven-
trales des dents sont en effel parfaitement simples et régu-
lières, avec des lamelles semi-elliptiques nettement hyalines,
_Sans aucune trace de division. Les plaques dorsales forment
des rectangles allongés d’un gris jaunâtre, dont Ja base, dans
les articles inférieurs, égale trois fois la hauteur; les deux
rangées formées par ces plaques alternent entre elles, de
manière à se joindre au milieu par des angles, et non par une
Jigne droite verticale, comme dans le Bryum arcticum ; enfin
REVUE BRYOLOGIQUE. = 23
ces plaques sont marquées, dans le tiers inférieur de la dent,
de stries horizontales très-apparentes, semblables à celles que
l'on observe dans les Hypnacées. C’est là un caractère remar-
quable, très-rare dans les Bryacées. Je n’ai observé une
tendance semblable que dans certaines formes du Bryum
purpurascens, particulièrement dans celle que M. Limpricht
a appelée Bryum autumnale; mais là les stries sont moins
nettes et ne se montrent que sur un espace plus court. Dans
le Bryum purpurascens typique, les plaques ventrales sont
également simples avec de larges lamelles hyalines formant
presque un demi-cercle, et les plaques dorsales s'unissent
aussi par des angles, mais, au lieu de stries, elles présentent
des ponctualions nettes et élégantes. En somme, le Bryum
Lindgreni est très-voisin de celte espèce, et leurs limites
demanderaient à être étudiées de plus près; M. Brotherus a
récolté à Nyborg, sur les bords du golfe de Varanger, une
forme remarquable, qu’il m'a envoyée sous le nom de Bryum
purpurascens, et qui a les plaques dorsales des dents striées
exactement comme dans le Bryum Lindgreni; la forme, la
couleur et le tissu des feuilles sont aussi à peu près les
mêmes, l’opercule plan convexe esl sarmonté d’une pointe
assez allongée : cette forme devrait peut-être être rapprochée
du Bryum Lindgreni, plutôt que du B. purpurascens.
Revenons au Bryum arcticum. Il ne varie pas seulement
dans la forme des feuilles, mais aussi dans leur couleur et
dans leur tissu; il varie encore dans l'aspect de la capsule,
qui devient quelquefois luisante et brunâtre avec un opercule
concolore : dans certaines variétés, le sporange se renfle
considérablement, en même temps que le col devient très-
court, Les caractères les plus constants sont ceux du péris-
tome : l'interne est toujours bien adhérent, très-imparfait,
avec des processus très-étroits et presque entiers, sans trace
de cils; les plaques dorsales des dents sont toujours oran-
gées, presque carrées, ou du moins bien rectangulaires,
n'étant jamais coupées par des angles obliques ; enfin, et
c’est là le point essentiel , les plaques ventrales sont toujours
divisées par une cloison placée vers le milieu. Mais, du reste,
la longueur des dents, le nombre de leurs articulations, leur
pointe lisse ou papilleuse, les nuances variées de leurs
éléments présentent des différences nombreuses. Enfin, les
dimensions de la plante et de toutes ses parties varient dans _
des proportions très-considérables.
Au milieu de cette extrême variabilité on rencontre des
formes plus saillantes, présentant un ensemble de traits plus
arrêtés, et qu’on peut regarder comme des espèces ou des
sous-espèces. Telle est celle que M. Limpricht a ‘appelée
Bryum arcuatum, qui se distingue par sa grande taille et par
la forme de ses feuilles ; celle que j'ai appelée Bryum callis-
CE REVUE BRYOLOGIQUE.
_tomum, remarquable surtout par les détails curieux de son
péristome ; le Bryum micans Limpricht, caractérisé par ses
petites dimensions, par la forme et la couleur de sa capsule.
Il en est d'autres que l’on ne peut guère considérer que
comme des variétés notables ; celles mêmes que l'on a éri-
_gées en espèces n’ont pas toutes une valeur égale, el il n’est
pas toujours facile d’en séparer les formes intermédiaires qui
s’en rapprochent plus ou moins. Peut-être y a-t-il là aussi
beaucoup de faits d’hybridalion. Je décrirai cependant encore
aujourd’hui quelques formes nouvelles, l’une qui se distingue
par des caractères très-essentiels, les autres qui sont dignes
d'attention en ce qu’elles marquent la transition entre Île
groupe du Bryum arcticum et les groupes voisins.
BRYUM PURPUREUM spec. nova. — Dioïque. Plantes d’un beau
rouge, enlacées à la base par un feutre radiculaire abondant,
longues d'un centimètre 1/2. Feuilles rouges, ovales lancéo-
lées, brièvement acuminées ; 2m, 50 sur 4", plus rarement
Bu, sur 1%M,95 ; la nervure dépasse en une petite pointe.
Bords très-entiers, marginés, largement et assez lâchement
_ révolutés jusque vers le sommel ; la marge repliée se com-
pose de deux couches de cellules étroites, colorées, formant
chacune deux rangées; le reste du tissu est composé de cel-
lules larges, hexagonales, à parois épaisses et rougeûtres,
dont la longueur égale à peine une fois et demie Ja largeur,
exceplé dans le bas de la feuille, où elles deviennent plus
allongées et rectangulaires,
Je n'ai vu que des plantes femelles : dans les périchèzes on
ne trouve jamais d’anthéridies, et les inflorescences, souvent
très-grosses, qui terminent les innovations contiennent seu-
_ lement de nombreux archégones avec de nombreuses para-
_physes.
édicelle long de deux on trois centimètres, ou même quel-
quefois un peu plus. Capsule d'un jaune pâle et mat, ovale-
oblongue, un peu courbée ; col assez court, n’égalant pas la
_ moilié du sporange ; exoderme formé de cellules pâles, dont
les parois ne sont ni colorées ni épaissies ; opercule, étroit en
Cône aigu, à peu près de même couleur, surmonté d'une
_ pointe épaisse et bien saillante : longueur de la capsule 3"® ;
longueur du col 1°", Spores petites, n'égalant pas tout à fait
0°",02, rouges, très-opaques, couvertes de tubercules saillants,
Péristome assez court, 0°®,30 au plus; l’interne orangé, bien
L adhérent, très-imparfait ; membrane basilaire courte ; proces-
sus étroits, à peu près entiers ; cils nuls. Dents extérieures d’un
_ jaune fauve, concolores dans toute leur étendue, peu lamelli-
_ fères. Les plaquesdorsales forment des rectanglesallongés, mais
: coupés bien carrément, de couleur orangée grisâtre, finement
_chagrinés, dont la base égale souvent trois ou quatre fois la
REVUE BRYOLOGIQUE, 25
hauteur. Les articles intérieurs sont jaunes et épais; dans la
moitié supérieure de la dent, ils sont dépourvus de lamelles
et se terminent en avant par une surface obtuse et arrondie ;
dans la moïlié inférieure, les plaques épaisses et compactes
sont surmontées de lamelles courtes, membraneuses et diri-
gées vers le bas, qui vont se rattacher obliquement au péris-
tome interne. Vues sur la face de la dent, les articulations
ventrales paraissent sinueuses el sont reliées entre elles par
des cloisons accessoires obliques, placées sur la ligne médiane
ou sur un point rapproché : il n’y a jamais qu’une seule de
ces cloisons pour chaque plaque. Sur la coupe transversale,
on voit les lamelles peu saillantes partagées vers leur milieu
par une ligne courbe, sinueuse, et plus ou moins oblique, qui
part du corps de la plaque.
Cette espèce se trouvait mêlée à des touffes de Bryum
arcticum, récoltées par M. Kaurin à Opdal le 93 juillet 1883.
Elle a l’aspect et l’inflorescence du Bryum pallens et du
Bryum æneum, avec le péristome du Bryum arcticum; elle
est par conséquent très-bien caractérisée, et ne peut être
confondue avec aucune autre. Le Bryum arcticum et toutes
les formes voisines ont des fleurs synoïques, el les spores
deux fois plus grosses. Le Bryum pallens et le Bryum fallax
ont le péristome interne libre et bien développé, de larges
processus et souvent des cils; le Bryum æneum a les deux
péristomes beaucoup plus pâles, l’interne libre avec des pro-
cessus bien plus larges que dans notre espèce, les plaques
dorsales des dents non colorées, les spores un peu plus
grandes, d’un jaune verdâtre et presque lisses; enfin, dans
ces trois dernières espèces, les plaques ventrales des dents
sont simples et régulières, sans aucune trace de division.
En somme, c’est entre Bryum æneum el le Bryum arcticum
que le Bryum purpureum doit se placer. Les deux espèces
que je vais décrire se placent au contraire entre le groupe du
Bryum pendulum et celui du Bryum arcticum.
BRYUM VIRIDE species nova.—Synoïque. Touffes bien vertes ;
la plante tout entière, composée des tiges fructifères et des
innovations de l'année, n’atteint pas tout à fait un centimètre.
Chaque innovalion, longue de 5 à 6 millimètres, se termine
déjà, en juillet, par un groupe d'archégones en parlie ouverts,
mêlés d’anthéridies et de paraphyses. La tige, brunâtre et
parsemée de radicelles dans sa partie inférieure plus an-
cienne, devient verte dans sa moitié supérieure, qui est
couverte de feuilles nombreuses et serrées. Sur la tige et
vers le bas de la touffe terminale, les feuilles sont ovales,
brièvement cuspidées, longues de 1°" à 1"*,50 et larges de
O®,90 ; dans l’intérieur de la touffe, elles deviennent plus ne =
grandes, 20,50 à 22,75 sur 1"",65, la largeur égalant tou-
26 ___ REVUE BRYOLOGIQUE,
jours plus de la moitié de la longueur; elles sont alors briè-
_ vement acuminées. la nervure dépassant en une pointe assez
courte. Elles sont loutes très-concaves, très-vertes, entières,
très-étroites à la base, qui n’est presque pas décurrente ; la
nervure, verte et épaisse, est très-saillante sur le dos; la
marge étroite, non épaissie, concolore, formée de deux rangs
de cellules allongées sur une seule couche, disparaît vers la
base et vers le sommet; elle est plane dans le haut, lâche-
ment réfléchie dans la partie inférieure sur une longueur
plus ou moins grande, de manière à former avec le limbe un
“angle droit ou oblus, sans jamais venir s'appliquer conire
lui, Le tissu est formé de cellules rhomboïdales assez courtes,
la longueur égalant à peine une fois et demie la largeur.
Dans les tiges fructifères, les feuilles ont pris une teinte jaune
paille, qui ne passe jamais au rouge; elles sont devenues
lus molles et semblent ainsi moins larges et moins concaves.
Pédicelle long à peu près d’un centimètre 3/4 Capsule
obovée, un peu courbée, munie d’un col étroit, et fortement
renflée dans la partie sporangifère ; elle mesure environ 4 mil-
limètres en longueur avec l’opercule, et atteint en largeur
qum,95 à 478,50; le col (1"®,50 à 1,60) n’égale pas tout à fait
la longueur du sporange. Exoderme d’un gris jaunâtre mat,
formé de cellules pâles à parois non épaissies. Opercule co-
nique étroit, de même couleur que la capsule. Anneau pâle
assez large, Spores très-grandes, alleignant 0"®,04 à 0%®,05 en
diamètre.
Le; deux péristomes, longs de 0,35, ont une couleur
jaune orangée ; l’interne très-adhérent ; processus étroits, li-
néaires, fendus sur la carène, demeurant attachés aux dents ;
cils nuls. Les dents bien concolores à la base, deviennent
blanchâtres et papilleuses dans le quart supérieur. Les pla-
ques dorsales forment des rectangles d’une belle couleur
_ orange dont la longueur égale au moins trois fois la hauteur
dans les artiles inférieurs; elles semblent tout à fait lisses ;
leurs deux rangées alternent entre elles et ne se joignent pas
au milieu par une ligne droite, comme dans le Bryum
arcticum, mais par des angles obliques, comme dans le
Bryum purpurascens, Les plaques venirales, d’un jaune pâle
byalin, au nombre de 25 environ, sont toutes munies de la-
melles bien saillantes qui viennent se rattacher au péristome
interne. Ces plaques sont simples dans la moitié supérieure
dé la dent, mais dans la moitié inférieure elles sont toujours
divisées par des cloisons accessoires. Les articles les plus
rapprochés du milieu ne présentent qu'une seule de ces
cloisons, placée. sur la ligne médiane, et plus ou moins
oblique; mais plus bas chaque articulation montre ordinai-
rement deux ou trois cloisons, l’une sur la ligne médiane, et
les autres à droite et à gauche, qui relient ainsi toutes les :
KEVUE BRYOLOGIQUE. :
plaques entre elles et dont l’ensemble forme un réseau élé-
gant. Sur la coupe transversale, les lamelles irrégulières et à
peu près de même teinte que le corps de la plaque, sont
parlagées dans les articles du milieu par une seule ligne
verticale ou oblique ; dans ceux du quart inférieur, elles sont
divisées en plusieurs compartiments de formes diverses par
des lignes obliques ou recourbées, tantôt divergentes en
partant du milieu, tantôt convergentes en partant des bords :
de là des ciselures variées, analogues à celles du Bryum
Warneum, avec cette différence que dans celui-ci, le corps
de la plaque étant beaucoup plus opaque, les dessins qu'il
forme tranchent nettement sur la lamelle, tandis qu'ici ils
sont indiqués d’une manière plus obscure par des épaississe-
ments dans une masse d’un jaune citron uniforme.
Cette espèce a élé récollée à Kongsvold, en juillet 1880,
par M. le pasteur Kaurin, qui me l’a communiquée sous le
nom de Bryum arcticum. Elle est caractérisée d’abord par la
couleur bien verte de toutes ses parties, qui ne passe jamais
au rouge, comme dans le Bryum arcticum ; puis par la forme
de sa capsule obovée et fortement renflée, avec un col al-
longé. Elle se distingue des Bryum arcuatum et callistomum
par ses feuilles brièvement concaves, ovales, à marge étroite.
Son péristome est surtout très-remarquable, d’abord par la
grande longueur de la base dans les plaques dorsales, carac-
tère que nous avons déjà trouvé dans le Bryum purpureum,
mais qu’on ne rencontre jamais dans le Bryum arcticum ni
dans les formes voisines; ensuite, et bièn plus encore, far la
struciure de ses plaques ventrales : sous ce rapport elle relie
le groupe du Bryum arcticum a celui du Bryum pendulum.
Dans le B. arcticum et dans les espèces qui lui sont alliées,
les plaques ventrales des dents ne présentent jamais qu'une
seule division et une seule cloison accessoire placée sur la
ligne médiane : ici au contraire on trouve vers le as de la
dent plusieurs cloisons accessoires et plusieurs compartiments
irréguliers dans chaque plaque : c’est la première ébauche
de ce dessin curieux qui atteint son plus haut degré de com-
plication dans le groupe du Bryum pendulum. .
J'ai observé une structure du péristome à peu près sem-
blable dans une seconde espèce, qui, par suite, doit se placer
aussi entre nos deux premiers groupes, mais qui me parait
bien distincte par la forme de ses feuilles et de sa capsule.
PHILIBERT. (A suivre.)
Deux Mousses nouvelles.
Bryum naviculare Card. 7 :
Toutes noirâtres, encombrées de sable dans le bas, Tige
_ REVUE BRYOLOGIQUE.
: s - grêle, filiforme, simple ou parfois dichotome, longue de 1 à
e
3 cent. Feuilles disposées à peu près uniformément sur la
tige, dressées-imbriquées , incurvées par le sommet, ovales-
lancéolées, largement et brièvement acuminées, superficiel-
lement denticulées vers le sommet, ou presque entières, non
marginées, planes aux bords, très-concaves , carénées, cym-
biformes, pourvues d’une forte nervure noirâtre s’arrêtant
très-loin du sommet; long. environ 4 millim., larg. 1/3 à 1/2
millim. Tissu lâche et délicat, formé de grandes cellules
bexagones-rhomboïdales, 3 à 4 fois aussi longues que larges ;
les basilaires plus courtes, subrectangulaires. — Inflorescence
et fructification inconnues,
_ Cette curieuse espèce a été récoltée au mois de septembre
1884, par M. le D' Bernet, de Genève, et par M. Payot, au
sominet de l’Aiguille de la Glière (Aiguilles Rouges), près de
Chamounix. Il serait à désirer qu’on en découvrit un jour la
fructification, qui seule, permettrait de lui assigner la place
qu’elle doit occuper dans la série des espèces. Pour le mo-
ment, on ne peut guère la comparer qu’au 2. Marratii, qui
s’en rapproche par ses feuilles concaves et un. peu navicu-
laire, mais qui en diffère d’ailleurs, au premier abord, par
son port plus robuste, ses feuilles beaucoup plus grandes,
“obtuses, moins concaves, entières, pourvues d’une nervure
s’arrêtant immédiatement au-dessous du sommet, elec,
Homalothecium sericeum var. fragile Card,
à Diffère du type par ses loufles compactes, délicates, par
ses petites dimensions, par la fragilité de ses tiges et par ses
feuilles très-étroites, pourvues d’une nervure moins longue.
Cette plante, de même que la précédente, m’a été com-
muniquée par le Dr Bernet, qui l’a récoltée en 1884, à la base
. de troncs de Mélèzes près de Finhant (Suisse). En l'absence
des fructifications on ne peut guère y voir qu’une forme al-
pine et appauvrie de l'A. sericeum. J. CARDOT,
Sur le Bryum catenulatum Sch.
Grâce à l’extrême obligeance de M. Hobkirk, j'ai reçu un
échantillon authentique de cette mousse, récolté au Ben
= Lomond par le D" Stirton, et j'ai pu examiner aussi un petit
brin provenant de l’herbier même de Schimper. De cet exa-
_ men, il resulie pour moi que le B. catenulatum n’est qu’une
simple forme du Webera commutata. Schimper avait lui-même
prévu la possibilité de ce rapprochement, puisque, après avoir
= donné la description de sa plante (1), il ajoute en note :
« Diflert a Webera commutata toliis latioribus brevius acumi-
REVUE BRYOLOGIQUE. 29
« natis, margine haud reflexis, minus distincte serrulatis, sic-
« cilate incurvis, retis areolis brevioribus, ita ut potius ad
« genus Bryum quam ad genus Weberam pertinere videa-
« tur. » Il suflira de faire remarquer que les caractères cor-
respondants sont sujets à variations dans le W. commutata :
les feuilles sont souvent entièrement planes aux bords, la
denticulation est plus ou moins distincte, les mailles da tissu -
plus ou moins allongées. M. l'abbé Boulay a déjà établi, dans
son excellent ouvrage sur les Muscinées françaises, p. 279, que
le B. filum Sch., de Chamounix, n’est qu’une forme e/ongata
du Webera commutata. La plante du Ben Lomond est presque
identique à celle de Chamounix, dont elle diffère à peine par
ses tiges un peu moins grêles ; les feuilles sont absolument
semblables dans les deux plantes pour la forme et le tissu.
J. CARDOT.
Bibliographie.
Beschreibung der Harpidien welche vornehmlich von Dr.
Arnell während des Schwedischen Expedition nach Sibirien im
Jahre 1816 gesammelt wurden, von DR. C. Sanio.—(Bihang till. :
K. Svenska Vel.-Akad. Handlingar. Band. 10, n° 1). —
Stockholm, 1885. 64 pages. *
L'auteur donne d’abord quelques détuils sur le voyage de
l'Expédition suédoise, en Sibérie (1876). Le terrain exploré
est divisé, d’après le prof. Sahlberg , en 4 zones : 1 Territo-
rium montosum ; 2. T. silvosum ; 3 T. arcticum, et 4 T. frigidum.
Vient ensuite une liste des localités explorées avec leur
latitude (du 58° 20/ jusqu'au 70° 30‘). L'auteur aborde ensuite
la description des espèces et variétés dans l’ordre suivant.
I. Hurpidia exannulata. h) Arnellii San.
, e Rotae (De Not.).
4. Hypaum fluitans L. ont ;
6 exannulatum (Gümb.). HI. Harpidia intermedia.
a) typicum San. 2, HypnumintermediumLdb.
*** fumigatum San. a verum San. Fe
8% purpurascens Sch. ** arclicum San.
FREE cuspidatum. *KkF# Cossont Sch.
b\ acutum San. 8 revolvens (Sw.).
*? assumile San. + fuscum San,
8 orhophyllum Milde. ++ brunneum San,
falcatum Sch, -_ +f+ violascens San.
à amphibium San, Minis édis
€) palndosum San. II. Harpidia adunca,
+++ pennulosum San. | 3, Hypaumuncinatum Hedw,
LP mEtREr le fe x 4 Pi PS
Te : ARE 5
30 REVUE BRYOLOGIQUE.
- æ snetum San. b) vulgare San.
** medium San. c) Sendineri Sch.
+f fuscellum San. * Jatifolium San.
*#* plumosum Sch. ** {riviale San,
£ plumulosum Sch. ç Schimperi San.
+ Arnellii San. a) capillifoliium Warnst,
+++ tenue San. 5. Hypnum fycopodioides
** implezum San. Schw.
à drepanioides San. « genuinum San.
4. Hypoun aduncum L. ** Japponicum Lindb.
a Blandowii San. ++ Sahlbergii San.
a) pungens H. Müll. #* majus Lindb.
c) polycurpen Bland. ++ Holleri San.
d) intermedium Sc. 6 vernicosum (Lindb.)
##*# Jaxum Sch.
y Hampei San. IV. Harpidia hybrida.
c) Aneïffi Sch.
++++ gracile San. 4. Hypnam fluilans X adun-
d) tenue Sch. cum San.
##* filiforme Bergg. a paludosum San,
#8 Jensum San. ++ alpioum San.
++ sciurum San. y valgare San.
+++ julaceum San. à exannulatum San.
FE pobustius San. 2. Hypnum lycopodioides X
f) percurrens San. fluitans San.
. à molle San. 3. Hypoum intermedium X
** Holleri San. vernicosum San.
*** binerve San. 4. Hypnom badium X Wil-
€ legilimum San. soni San,
Un tableau indique la disposition des variétés de Harpidium
sur le Jenisei dans les 3 zones: Territ. sylvosum, T. arcti-
cum et T. frigidum.
L'ouvrage se termine par un catalogue des Harpidia d’Eu-
rope, ce qui rend facile la comparaison avec ceux de Sibérie.
Le D' Sanio s’est consacré à l'étude de cette section du G.
Hypnum. Ses travaux sont trop connus pour qu'il soit besoin
de faire l'éloge du livre dont je viens de donner une analyse.
F. GRAVET.
R. BrarruwairTe. The British Moosflora, part, IX (p. 213-244,
t. 33-36). Prix : 4 shill. (5 francs).
Cette 9° livraison, faite avec autant de soin que les précé-
dentes, contient la description et la figure ‘des espèces sui-
vantes : Tortula cuneifolia , T. Vablii, T. marginata, T. ca-
nescens, T. muralis, T mucronata, T. subulata, T. angustata,
T mutica, T. papillosa, T, lævipila, T, montana , T. ruralis,
T. princeps, Pleurochæte squarrosa, Mollia crispa, M. multi-
En
REVUE BRYOLOGIQUE. 31
_eapsluaris, M. Milteniüi, M. rostellata, M. microstoma, M.
squarrosa, M. tortilis, M. viridula, M. rutilans, M. tenuis,
M. calcarea, M. æruginosa, M. verticillata, M. crispula , M.
litoralis. ; :
RoBerT Du BuyssoN. — Æ'tude sur les caractères du genre
AMBLYSTEGIUM et description des espèces. Mémoires de la Soc.
Nat. d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers, tome XXV,
p. 161. Tirage à part in-8° de 23 p., 1 fr. 50, chez l’Auteur,
au Vernet par Brout-Vernet (Allier).
C’est une 2° édition de l’essai analytique du genre Amblys-
tegqium du même auteur; 12 espèces et un grand nombre de
variétés et de formes y sont décrites, au nombre desquelles
une espèce nouvelle l'A. Cashi des environs de Manchester.
J. CaRDOT — Quelques mousses nouvelles pour la Flore belge.
Compte-rendu des séances de la Soc. Bot. de Belgique,
1884 et 1885.
Ces deux notices contiennent les espèces suivantes : Tre-
malodon ambiguus, Campylopus polytrichoides, Fissidens
rüfulus, Trichostomum flavovirens , Tortula membranifolia ,
Rhacomitrinm patens, Messea tristicha, Hypnum revolvens,
Campylopus paradoxus, GC. brevipilus var. elatus et var.
compactus, Ulota crispa var. intermedia, Plagiothecium sylva-
ticum var. rivulare, Atrichum undulalum var, minus,
Neckera crispa var. falcata, Hypnum Kneiflii var. pungens,
J. Carpor. — Les mousses des Ardennes. Bulletin de la Soc.
Bot. de France, 1885.
L'auteur donue la liste des espèces les plus intéressantes
de ces montagnes. Le Grimmia atrata descend à une altitude
de 130 m. entre Revin et Fumay.
J'allais faire une analyse de la partie muscologique du bel
ouvrage de M. W. BanBey, indiqué dans le dernier nu-
méro de la Revue, lorsque j'ai reçu du D" Bernet le compte-
rendu ci-dessous. J'ajouterai que tous les botanistes liront
avec intérêt la traduction française du Journal du voyage de
Schweinfurth en Sardaigne en 1858 et la courte biographie
de F. Müller qui fut envoyé en 41827, en Sardaigne , par
l'union itinéraire d'Esslingen. Il rapporta un assez grand
nombre de mousses, dont plusieurs nouvelles qui furent
étudiées par Bruch. ; .N
L'excvlent ouvrage de M. W. Barbey « Floræ Sardow Com-
pendium + contient la liste complète de tous les végétaux,
tant phonérogames que cryplogames, observés jusqu’à ce
_ 32 | REVUE BRYOLOGIQUE.
jour en Sardaigne. Pour ce qui concerne la bryologie ,
. M. Barbey a réuni avec soin les indications qu'il a trouvées
dans la littérature. L’Epilogo della Briologia Italiana de
G. De Notaris (1869) a servi de base à cette partie de son
travail, qui a été complété en outre par le résultat des her-
borisations de MM. Schweinfurth, Magnus, Reinwhardt, Gen-
nari, Marcucci, Bornemann, de Sardagna, elc.
Ce catalogue comprend l’énumération de 175 mousses et de
35 hépatiques, accompagnées d’indications diverses, de loca-
lités, de Rédhcice, etc., pouvant servir à l'étude de leur
distribution géographique. Ce sont en partie des espèces
typiques de la région méditerranéenne et un nombre notable
d'espèces apparlenant à la région silvalique.
Dr BERNET.
Em. BESCHERELLE.— Mousses nouvelles de l'Amérique australe.
Bulletin de lu Soc. Bot. de France, 1885, in-8° de 16 pages.
Cette brochure contient la description de 39 espèce non-
velles récoltées par MM, Savatier, Hyades, Hahn et Hariot
ce sont : Dichodontium paludella; Dicranum australe, D.
Harioti, D. rigens ; Campylopus laniger, C. flavissimus, C.
orthocomus, C. Saddleanus, C. crassissimus; Blindia Chu-
ruccana ; Leptodontium matucanense; Barbnla Arenæ, B.
Savatieri; Grimmia austro-leucophæa; Zygodon Hyadesi;
Schlotheimia gracillima; Macromitriuur Harioti, M. Saddlea-
num; Orthotrichum Lebruni; Ulota Savatieri ; Tetraplodon
fuegianus; Hymenocleiston magellanicum; Breutelia bra-
chycoma ; B. aureola, B. Hariotiana ; Stereophyllum fuegia-
num; Thamnium decumbens ; Ptychomnium subaciculare ;
Sphagnum falcatulum, S. bicolor, T: &
Nouvelles.
Les ouvrages suivants seront analysés dans le prochain n° :
R. SrRUCE, — Hepaticæ amazonicæ et andinæ ; 600 p. et 27
belles planches. London, Trübner, Ludgate-Hill ; le prix sera
indiqué au n° 3. Je ne connais aucun auteur qui ait fait
d'aussi nombreuses découvertes et publié un ouvrage aussi
important,
LimPricar. — Kryplogamen-Flora, die Laubmoose, 4° livr.
BESCHERELLE. — Florule bryologique de Mayotte, 46 p.
LeracQ. — Recherches sur quelques muscinées de l'Orne,
Le D° Remann vient de publier les n° 425-680 de ses
Musci austro-africani, |
#
N3 13 Anne 1886.
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais
Sommaire du N°3.
Bryum oblongum. Linogerc. — Riella Battandieri. Trapur. — Bar
buia Buyssoni. PaiLt8erT. — Récoltes bryol. du frère Gasilien dans
le Puy-de-Dôme et le Cantal. Canoor. — Bryum argenteum et
espèces voisines, KinpuerG — Une excursion à la gorge de Salvan.
Berner, — Le n° 742 des Musci G. ArxeLL, — Bibliographie. —
Nouvelles.
Bryum oblongum.
Dioicum, parvum, eum innovationibus 1 cm. altum et in pe-
richælio 1,5 mm. crassum, cæspites in solo sepultos, parvos,
: humiles et sat laxos formans vel gregarium vel aliis museis
_intermixtum, inferne fusco-brunnescens, superne pallidius,
innovationibus læte viridibus et subnitidiuseulis:; caulis ad
5 mm. usque allus, in planta matura foliis totis, excepta
nervo, putredine plus minusve dissolutis, innovationes ejus-
dem altitudinis singulas-ternas, rigidas, strictas, fere fili-
formes, parvifolias et vulgo teretes, obtusas procreans, fuscus,
usque in perichætio densissime et longissime subnigroradi-
cosus ; /olia accrescentia, non decurrentia, plus minusve pro-
funde concava, inferiora remotissima, minima et squamæ-
formia , erecto-palentia, lale ovata, oblusiuscula, plane
marginata, nervo crasso, rufo, brevi, superiora patenti-erecta,
_Ovalo-elliptica, obtusissima-obtusa, margine dextro a basi fere
ad apicem recurvato, non limbato, integerrimo, nervo in
apice dissoluto ; eadem innovationum sat densa, suberecta,
vulgo imbricata, ovalo-elliptica, obtusa, margine plano, sub-
cymbiformi-concava ; celluue rmagnæ el vix incrassatæ, basi-
lares rectangulares, 0,065-0,03 ””. longæ et 0,02, Jatæ,
roseolæ, mediæ quoque restangulares, 0,035 mm, longæ et 5
0,02 mm, Jatæ, virides, superiores irregulariter subrectan-
gulares — oblongo-hexagonæ , 0,0285-0,025 ®", longæ et
A MR RU à DENT RTE Sr TPE en BR EN 2 Ne 5e
UE
0,02-0,0465 "%. latæ , densæ chlorophyllophoræ ; éracteæ
perichætii erectæ, exteriores triplo longiores quam folia,
_ oblongæ vel sublingulatæ, obtusæ vel indistincte apiculatæ,
_ valde concavæ, apice leniter cucullatæ, marginibus, excepto
_ in apice, revolulis, nervo crasso in summo apice dissoluto,
_ intimæ duæ parvæ, e basi ovata longe acutæ, nervo subcon-
_tinuo; cellulæ eisdem foliaribus simillimæ, parum laxiores,
basilares tamen plures intensinsque roseæ ; sela 5-16 mm.
alla, erecta, flexuosula, crassiuscula, apice summo abrüptis-
sime cygnea, fusco-parpurea, lævissima, sicea non torta ;
_ theca 1,75 %, longa et 0,75 crassa, perfecte pendula, regu-
laris, rufo-, collo fusco-purpureo, ælate purpureo-nigra, ni-
tidiuscula, pyriformis, sicca, præserlim in collo ad setam
rotundato, rugosa et sub ore magno non constricta, pachy-
dermis; cellulæ exothecii magnæ, bene et conformiter incras-
__ satæ, valde variæ, subrotundæ —oblongæ et quadratæ-rec-
tangulares, lævissimæ, stomata superficialia in collo copiosa,
parva, fusca; annulus latus, triplex, operculo adhærens, vix
revolubilis; peristomium magnum et altum, rufo-pallidum,
depresso-semiglobosuam, apiculatum, totum papillulosum ;
exostomii dentes parum in sicco divergentes, dolabriformes,
acutissimi, apice ultimo obluso, extusa linea mediana alter-
patim flexuosula notati, intus dense et alle trabeculati; endos-
_ tomium perfecte liberum, ejusdem altitudinis, corona basilaris
dimidia tamen altitudine dentium, sedecimplicata, processus
in Carina profanda validissime perforati, cilia bina vel terna,
… basi laliora et planiuscula, superne tereli-filiformia, optime
_ appendiculala ; spors 0,02%%, viridulo-flavi, lævissimi, a chlo-.
_ rophyllo et gutta magna oleosa farcti; operculum magnum,
_ rufum, nilidum, e basi depresso-semiglobosa robustius api-
Culatum ; calyptra cucullata, basi expallida, superne rufo-
_ purpurea, lævissima, nitida.
_ Masculæ plantæ eisdem femineis intermixtæ, multoties mi-
nores, ramosiores, pro more parvifoliæ ; androecia magna ;
bracteæ circiter 8, erecto-patentes, parum concavæ, ovalo-
oblongæ, obtusæ, marginibus planis et a cellulis elongate
_rectangularibus in duplici serie Himbatis, nervo brevi, intimæ
€ basi subrotunGa apiculatæ ; antheridia 5-8, cucumerina, pa-
raphysibus sat paucis, filiformibus, robustis, longioribus,
roseolis,
REVUE BRYOLOGIQUE,
Bryum oblongum Lindb. apud Soc. F. F1 fenn. die 3 dec. 1881 ; in
à med SF. FL f, 9, p.127, n°9 (1889).
_ HaB. Fünlandia. In vicinitate urbis Helsingfors, loco de-
_ presso argillaceo-arenoso, vere ab aqua obtecto et æstate plus
_ Mminusve exsiccalo, ad Fredriksberg, aliis Bryis, ut Pr. pal-
A lente, argenteo, intermedio, lacustri et serotino, et bepaticis, ex gr.
Riccardiis incurvata el fuscovirente, Jungermania Limprichtii,
Rte
Scalia Hookeri, Fossombronia incurva et Blasia associatum
(4 et fr., primum oct. 10, 1880, S. O. L.). Provincia Ostro-
bottnia borealis, paroecia Turlola, in margine viae argillosae
ad pagum Pello (forma minuta, e. fr., junii 28,877, R. Huzr).
Norvegia Provincia Buskeruds Amt, Skonger prope opp.
REVUE BRYOLOGIQUE.
Drammen (c. fr., junii 1884, B. KaaLaas). Provincia Sondre
Throndhjems Amt, paroecia Opdal, in prato pastoris ad rivum
Sjordala, allit. cire. 700 m. (c. fr., aug. 6, 1881), et arena.
tenuissima aquæ nivalis vere defluentis causa sensim dela-
bente (s. d. Landlobet) in regione alpina montis Olmberget
(c. fr., primum julii 42, 1882, Car. KauRiIN). Provincia arctica
Hedemarken, in fossis argillaceis prope praedium Nyborg ad
sinum varangerfjord (c. fr., aug. 20, 1885, v. F. BROTHERUS).
Species valde peculiaris et quasi inter Br. erythrocarpum
(vel bicolor), argenteum et cyclophyllum medio; cum Br.
Blindii nihil commune possidet.
Helsingforsiae, die 17 sept. 1885. S. 0. LINDBERG.
Riella Battandieri Sp. nov.
Monoïca , erecta, vix ramosa, 20-25" longa; ala basi
calcarata mox lata undulata bi-pluriloba, lobo superiore ro-
tundato falcato ; costa deorsum in radicellas soluta, superne
foliata , foliolis obtusis sparsis dein confertis ; fructibus 1-4
secus nervum seriakis, involucro ovalo acuminato, capsula
glabosa sat longe pedicellata, sporis echinatis; antheridiis
3-12 ovoideo ellipticis, in sinu inter lobis alæ ordinate nidu-
lantibus.
Hab. ln fossis hieme inundatis cirea vicum Maison-Blanche
Alger dictum ubi martio 1885, ineunte ab amicissimo socio
Battandier detecta fuit.
EXPLICATION DE LA PLANCHE.
. Un individu de grandeur naturelle.
Etat jeune, formation du 1° lobe ?.
Plus avancé, éperon.
. Apparition des anthéridies et des archégones.
. Fruits développés.
6. Groupe d'anthéridies.
7. Un archégone avec le début de l’involucre.
8. Fruit. ;
9, Spore.
OR ON
TRABUT,
1
REVUE BRYOLOGIQUE
”
_ Barbula Buyssoni Sp. nov.
Monoïca, pusilla; folia diversiformia, mox apice obtuso
_ rotundato mutica, mox breviter mucronata, sæpius pilifera ;
margine pleramque recto, subinde leviter recurvo, nunqguam
incrassato; cellulis in parte dimidia inferiore rectangulis
longis hyalinis, in parte superiore quadratis opacis papilli-
geris, marginalibus subhyalinis vix papillosis paulum elon-
gatis. Theca oblonga, cum operculo breviter rostrato sub-
obliquo , annulo latiasculo diu persistente coronata ;
_ peristomium omnino nullum, sed operculi cellulæ spiraliter
contortæ. Sporæ minutissimæ læves. Flores masculi termi-
nales.
Tiges courtes, ne dépassant guère 3 millim et formant de
petites touffes dispersées ; feuilles oblongues ou ovales, de
forme et de grandeur très-variables, longues de 4 à 2 millim.,
_ ordinairement 4" 1/2, larges de 0""40 à 0,70, quelquefois
_ Am; sur certains points, surtout vers la base des tiges et sur
les jeunes rameaux, elles sont obtuses, arrondies et mutiques;
_ sur d’autres poinis elles sont brièvement mucronées, le plus
souvent elles se terminent par un poil de longueur variable,
mais dans celles mêmes qui sont pilifères le limbe est tantôt
arrondi au sommet et tantôt acuminé, La marge est le plus
souvent tout à fait plane, plus rarement elle se recourbe
_ légèrement par places, mais sans devenir jamais révolutée,
et en demeurant partout mince; elle est toujours moins
colorée que le reste du tissu, présentant sur un ou plusieurs
rangs des cellules presque transparentes, un pen allongées,
et quelquefois courbées en arc, lisses on parsemées de rares
papilles, tandis que celles du limbe, dans la moitié supérieure
de la feuille, sont petites el carrées, bien vertes, très-opaques
et très-papilleuses; dans la moitié inférieure les cellules
deviennent longues, rectangulaires et hyalines. Pédicelle
long de 4 à 6 millim, Capsule oblongue, brune, égalant, sans
l'opercule 1* 1/2; lopercule légèrement oblique, mesure de
0" 40 à 0,60. Coiffe très-lisse, longue de 1" 4 /2. L’anneau
assez large s'élale au bord de la capsule après la chûte de
Jopercule. J'ai observé un grand nombre de plantes sans
pouvoir découvrir la moindre race de péristome. L'opercule
_ présente à sa base trois on quatre rangées de pelites cel-
lules très-courtes ; le reste est formé de cellules très-lon-
_gues el lrès-étroites, linéaires, disposées en spirale, de telle
sorte que celles de deux faces opposées, vues par transpa-
rence, paraissent se croiser selon des angles d'environ 45
_ degrés. Les spores sont d’une extrême petitesse et parfaite-
ment lisses,
Les fleurs mâles naissent sur les ramifications des mêmes
REVUE BRKYOLOGIQUE. TR: : de
plantes qui portent les fleurs femelles, et elles sont égale-
ment terminales; souvent plusieurs périgones sont gronpés
sur une seule lige, qui a le même aspect que les tiges fertiles;
quelquefois un petil rameau mâle naît au-dessous de la fleur
femelle. Les anthéridies sont courtes et ovales, les feuilles
qui les entourent ont à peu près la même forme que les
autres,
Malgré l'absence constante du péristome, celle espèce ne
peut guère être placée que dans le genre Barbula; par son
aspecl et la structure de ses feuilles, elle est évidemment
voisine des Barbula muralis, Wabhliona, marginala, mais elle
s’en distingue par des caractères cerlains. Dans le Barbula
muralis, la marge des feuilles est toujours bien révolutée et
forme une sorte de bourrelet; dans le Barb. Wabliana elle
est plane, mais composée de cellules opaques et carrées, très-
fortement papilleuses; enfin, dans le Burb. marginata, elie
est épaissie et formée de deux couches de cellules allongées,
irès-distincles et disposées sur plusieurs rangs. Ces trois
espèces ont toujours d'ailleurs un périsiome bien développé.
D'un autre côlé, la forme et la torsion des cellules de l’oper-
cule, et l'extrême petitesse des spores ne permellent pas de
rapprocher notre plante des Pottia. Elle est en quelque sorte
intermédiaire entre ces deux genres, dont elle prouve une
fois de plus l'aflinité; on serait tenté de la regarder comme
un hybride, surtout en considérant la grande variabilité des
feuilles, mais ce serait alors un bybride du second degré, les
plantes étant produites elles-mêmes par des spores nées dans
des capsules hybrides. ee
Cette espèce curieuse a été découverte au Mont-Dore, par
M. du Buysson, qui a déjà fait dans ces montagnes plusieurs
trouvailles remarquables, entre autres celles de lAndræa
alpina et du véritable Grimmia plagiopodia, bien distinct, à
mon avis, du Grimmia arvernica de Clermont. Le Barbula
Buyssoni croît sur des rochers trachytiques, au sommet du
pic de Saney, et près de la grande cascade.
PHILIBERT.
Note sur les récoltes bryologiques du frère Gasilien : 2
dans le Puy-de-Dôme et le Cantal. 0
Depuis plusieurs années , le frère Gasilien me communique
toutes ses récoltes bryologiques dans le massif du Plateau
Central. J'ai trouvé dans ses envois bon nombre d'espèces
fort intéressantes , quelques-unes même nouvelles pour la
France. En attendant que cet excellent et infatigable obser-
valeur nous gratifie d’un travail sur les Mousses de sa région,
_ REVUE BRYOLOGIQUE.
_ j'ai pensé que l'indication de ses principales trouvailles pour-
__ pait intéresser les lecteurs de la Aevue bryologique.
Les localités le plus souvent citées dans la liste suivante
sont, pour le Puy-de-Dôme : les environs de Clermont et
; d'Ambert, Chansert (1,400 m.), Valcivières (1,400 m.), Pierre-
: sur-Haute (1,600 m.), et pour le Cantal : Roc des Ombres
_ près Salers (1,600 m.), Roc du Merle (1,300 m.), Puy Chava-
roche (1,600 m.), Puy Violent (1,500 m.). Je donne ces alti-
= tudes d’après les étiquettes du frère Gasilien.
J'indique par un astérisque les espèces nouvelles pour le
Plateau Central, et par deux astérisques les espèces nouvelles
pour la France.
* Hypnum umbratum Ehrh. —Chansert près Pierre-sur-Haute.
oo Ÿ © — sarmentosum Wabhl. — Pierre-sur-Haute, abondant,
. Valcivières près Ambert.
— cordifolium Hedw. — Ambert.
— ochraceum Turn. — Valcivières.
— éugyrium Sch, — Valeyre près Ambert.
— molle Dicks. - Labourlhonne près Ambert.
— — var, dilatatum Boul. — Valcivières.
— crisla-castrensis L. — Roc des Ombres près Salers.
ES — callichroum Brid, — Tbidem.,
ue = vermicosum Lindb. — Ambert.
nn — revolvens Sw. — Ibidem.
— intermedium Lindb. — Tbidem.
= — pseudostramineum G. Müll. — La Tour Goyon près
= Ambert, — Obs. — La description publiée dans le Synopsis,
2° édit., p. 736, s'adapte parfaitement aux échantillons
_ Stériles que j'ai sous les yeux. Ainsi que l'a déjà fail
remarquer M. Renauld, cette plante paraît plus voisine
= seet. Harpidium).
_ * Hypnum radicale P. B. — Bords de l'Allier à Mezel près
Clermont. |
— trichophorumR. Spr. (Plagiothecium piliferum B.S.).
— Valcivières près Ambert.
— pulchellum Dicks. — M Dômes,
— strigosum Hoffm, — Royat près Clermont,
— — var. præcox Wahl. —Montagne de Ran-
LS danne.
tu — var. diversifolium Lindb., — Plateau de
Gergovie,
—. reflexum Slark.—Les Pradeaux près Ambert.
— nttens Schreb.— Laroche près Ambert, Pierre-sur-
. près Ambert, fructifié.
… Heterocladium heteropterum B. S. — Env. d’Ambert.
_ du Z. Kneïffii que du A. fluitans (Cfr. Renauld, Rev. de la
5
. _ Haute, Le
* Thyidium delicatulum Lind. (verum !). — Bois de la Volpie
REVUE BRYOLOGIQUE 9
* Heterocladium heteropterum var. fallax Milde.— La Forie près
Ambert. : PR
Leskea attenuata Hedw. — Durtol près Clermont. - eu
Pterygophyllum lucens Brid. — Le Lioran, Cantal. “
Fontinalis squamosa L.—Env. d’Ambert, plusieurs localités.
Polytrichum gracile Dicks. — Les Pradeaux près Ambert.
— strictum Banks. — Jbidem. La
Oligotrichum hercynicum Lam. et DC.—Pierre-sur- Haute. ee
* Diphyscium foliosum Mohr. var. acutifolium Boul. et Card.
— Labourlhonne près Ambert; stérile.
Tetrodontium repandum Schw. — Puy-de-Dôme.
#*_ Dhilonotis seriata Mitt. — Pierre-sur-Haute , marécages.
— Obs, — Je ne connais pas la description originale de cette
plante, publiée dans les Musci Indiæ Orientalis, mais les
échantillons communiqués par le frère Gasilien répondent
exactement à la description donnée par M. Venturi, dans ses
Considérations sur le genre Philonotis (Rev. bryol., 1882, p. 46),
d’après des spécimens d’Ecosse et du Grand St-Bernard,
ainsi que la description publiée dans le Synopsis of the British
Mosses de M. Hobkirk, p. 131.—M. Lindberg considère le Ph.
seriata comme une bonne espèce ; M. Venturi n’y voit au con-
traire qu’une simple variété du PA. fontana. Sans vouloir me
prononcer sur la valeur de cette plante, qui constituerait en
tous cas une forme très-remarquable, je me contenterai d'en
donner ici une description sommaire, afin d'attirer sur elle
l'attention des bryologues :
Plante ayant l'aspect d’une forme très-robuste du PA
fontana. Tiges radiculeuses. Feuilles très-rapprochées, 1. CARE:
briquées, disposées en 5 lignes spirales très-dislinctes (dispo-
sition qui donne à la plante un aspect très-remarquable et
rappelant celui du Grimmia funalis), falciformes, sensible-
ment plus élroites que dans le Ph. fontana, révolutées à K
base, légèrement plissées, dentées sur tout le contour, Ner-
vure très-épaisse, rougeâtre, hérissée jusqu’à la baèe, de
même que le limbe, de papilles nombreuses el très-saillantes.
* Tissu plus ferme que dans le PA. fontana, formé de cellales
plus petites et plus étroites, les basilaires ovoïdes, les autres
linéaires, allongées, 4 à 8 fois, les supérieures jusqu’à 12 fois
_ aussi longues que larges. — Les échantillons récoltés par le
_ frère Gasilien sont stériles. : A
*# Philonotis fontana Brid. var. laxa Vent. Rev. br. 1882, p. 45.
+ — Pierre-sur-Haule, rochers ombragés hu-
mides. LA
— cæspitosa Wils. — Ambert, la Tour Goyon, Pierre-
sur-Haute. es
Bartramia Halleriana Hedw.— La Volpie, près Ambert.
“ — Œderi Schw. — Pay-Chavaroche,. ri
Meesea uliginosa Hedw. — Bois de Nerome près Salers.
LD
M, REVUE BRYOLOGIQUE.
__ Bryum pendulum Sch. — Royat près Clermont.
_ — polymorphum B. S. — Roc du Merle.
its — lepitostomum Sch. — Puy-de-Dôme.
= Entosthodon ericetorum Sch. —" Bois-St-Jean près Mauriac.
** Pyramidula tetragona Brid. — Gravenoire près Clermont.
Schistostega osmundacea W.et M. — La Forie près Ambert,
Orthotrichum obtusifolium Schrad. — Fertile à Ambert.
— Huichinsiæ Sm. — Labourlhonne, Valcivières, la
Volpie près Ambert,
— Ludwigii Brid, — Valcivières.
Zygodon Mongentii B. S. — Bien fructifié au Puy-Chavaroche.
. * Coscinodon cribrosus Spr. — Montagne de la Lozère au
Het Chambon.
Rhacomitrium fasciculare Brid. — Chansert près Pierre-sur-
Haute ; Roc des Ombres.
— sudelicum B. S, — Pierre-sur-Haute; Roc-des-
Ombres,
Se Protensum À. Br, — Chansert près Pierre-sur-
Hante,
. ® L .
Grimmia montana B.S.— Environs de Clermont et d’Ambert ;
| a Mont-Dômes; Puy-Chavaroche.
Rue — alpestris Schleich. — Royat près Clermont.
_ — Donniana Sm. — Puy-de-Dôme.
= 7 palens B.S$S. — Pierre-sur-Haute, Puy-Chavaroche.
* — elatior B. S. — Environs d'Ambert. .
— lorquata Grev. — Chansert, Pierre-sur-Haute; Roc
des Ombres.
— funalis Sch.— Roc des Ombres; Roc du Merle; Puy-
_ Chavaroche,
— @rvernica Phil. — Beaumont près Clermont.
— Conferta Funck. - Env. d’Ambert : Roc des Ombres ;
| es Roc du Merle ; Puy-Chavaroche, col de Nerome.
ne — sphwrica Sch. — Gravenoire près Clermont; plateau
7 se de Gergovie.
Barbula canescens Bruch. Ambert.
_* Leptotrichum glaucescens H pe. — Roc des Ombres. _
* Didymodon tenuirostris Wils. — La Forie près Ambert.
… Dicranum Bergeri Bland. — Les Pradeaux, Pierre-sur-Haute.
— undulatum B, S.— Le Monestier, bois de Dourlioux
s#"
à “près Ambert. EUR
TT fuscescens Turn, var, fexicaule B. S. — Pierre-sur-
Haute.
— ‘ Starkei W. et M. — Pierre-sur-Haute.
. =: BlyuüB.S. — Ibidem. Un échantillon unique, un
. Peu Malgre et rabougri, mais très-bien caractérisé par ses
feuilles étaiées en tous sens ou à peine homotropes, el sur-
lout par ses fleurs mâles terminant un rameau spécial. Ce
dernier caractère, le seul’ sérieux et qui puisse permettre
bi
SLA STAND
(Sè 4 LS
20,
.
TL
de maintenir à celte plante son autonomie et de ne pas en
faire une simple variété du D. Starkei, n'avait pas encore
élé constaté sur les échantillons de provenance française
que l’on a rapportés à cette espèce, mais qui ne sont proba:
blement que des formes du D. Starkei.
Dicranum Sauteri B. S. — Chansert près Pierre-sur-Haute.
— strictum Schleich. — Montagnes des Pradeaux.
REVUE BRYOLOGIQUE. de
A
— montanum Hedw. — Fructifié à Labourlhonne près
Ambert.
— squarrosum Schrad. — Froclifié à Job et à Valci-
vières près Ambert.
— curvatum Hedw. — Job. La Rodarie près Ambert.
* Fassidens exilis Hedw. — Bo:ds de la Dore à Ambert.
ins pusillus Wils. — Lacassière près Aydat.
Brachyodon trichoides Fürn. — Puy-de-Dôme, La Volpie et La
Rodarie près Ambert. ï
Weisia denticulata Brid. — Puy-de-Dôme ; Labourlhonne
près Ambert ; Chansert près Pierre-sur-Haute.
* Ancœæctangium compactum Schw. — Puyÿ-Chavaroche, fert. ;
Puy-Violent, st.
Andreæwa rupestris Rolb. var. falcata Lindb. —La Volpie, Ver-
tolaye près Ambert.
* — crassinervis Bruch. — Roc du Merle.
* Sarcoscyphus sphacelatus N. (4). — Pierre-sur-Haute.
— commutatus Limpr. (S. densifolius Auct. non
Nees). — Puy-de-Dôme ; Roc des Ombres.
* Alicularia compressa Gots. — Pierre-sur-Haute ; Puy Violent.
* Scapania subalyina Dum. — Roc du Merle.
Jungermannia alpestris Schl. — Pierre-sur-Haute.
— lycopodioides NW. -— Ibidem.
TT multiflora Spr. — Ibidem.
Mastigobryum trilobatum N. — Chansert près Pierre-sur-
Haute.
ie .deflexzum N. — Ibidem.
Ptilidium ciliare N. — Pierre-sur-Haute.
*_ ARadula commutata Jack.— Puy-Chavaroche.
J. CARDOT,
#“
Bryum argenteum et les espèces suivantes.
Si l’on regarde la capsule de quelques espèces de Bryum
avant la sporose, elle semble très-remarquable par l’opercule
très-épais et par l’absence d’un col distinct. Ces caractères
m'ont paru suflire à distinguer un nouveau genre, Argyro-
(4) La plupart des Hépatiques ont été déterminées par M. Stephani,
RE
bryum (Kindb. Bryineæ). Je ne veux pas actuellement insister
sur ce genre comme distinct du Bryum, parce que la capsule,
après la sporose et la chute de l’opercule change vraiement
la fornie pour faire voir un col court ; mais je pense qu'il est
utile de maintenir les caractères, que je viens de citer, pour
séparer une section de l’ancien genre Bryum, de sorie
qu’elle comprenne les espèces suivantes, trouvées en Suède-
Norvège.
. EL Fleurs dioïques, (Cils du péristome interne plus ou moins
appendiculés. Spores petites.)
t. Bryum argenteum L. (Argyrobryum Kindb., 1. c.),
Commun en Suède-Norvège,
2. Bryum virescens Kindb. (Argyrobryom virescens Kindh.,
be
ie espèce n’est trouvée qu’en état stérile, sur les pierres
humides de quelques ruisseaux alpins près de Kongsvold et
d'Opdal, en Norvège.
3. Bryum Blindi Br. Sch. (Argyrobrynm Kindb., 1. €.).
Norvège, Dovre, assez rare (#ryum lœtum Lindb.).
À. Bryum Kiœærii Lindb.. Musei scand, Diflère de l’espèce
précédente par les feuilles ovales et brièvement acuminées,
brillantes d’un éclat doré, mais les cils du péristome interne
sont souvent appendiculés.
Norvège, Dovre, très-rare, ro
5. Bryum bicolor Dicks., Lindb. (Areyrobryum bicolor
Kindb,, L c., Bryum atropurpureum Br, Sch.). -
Suède, très-rare; trouvé en Scanie (Skane) et près des
- villes de Linkoeping et Norrkoeping.
6. Bryum versicolor Al. Braun,
_ Norvège, Opdal, très-rare.
IL Fleurs monoïques. Cils du péristome interne non appen-
diculés ou manquants. Spores grandes.
7. Bryum calophyllum R. Brown,
Très-rare : Suède, un lieu an bord du lac Verern en Vester-
goetland ; Norvège, littoral près de Frondhyem et en Fin-
marken, la région alpine de Dovre dans les lieux humides.
8 Bryum Maratti Wils. “ As
__ Très-rare : Suède, littoral oriental des iles Œland et
_ Gottand, ds
REVUE BRYOLOGIQUE.
Linkoeping, 5 mars 1886,
N. Conn. KiNDBERG.
Une excursion à la gorge de Salvan.
Une localité bryologique des plus intéressante, est sans
doute la gorge de Salvan, dans le Valais, à quelque minutes
: de la station de Vernayaz. Le botaniste qui fait son excursion
_ de Chamounix revieni en général par le Col de Balme et
Martigny ou par Salvan et Vernayaz. Le phanérologue pré-
fèrera le Col de Balme, tandis que le bryologue choisira la
route de Salvan, où il pourra récoiter mainte espèce recher-
chée dont plus d’une nouvelle pour cette région.
Entre fins-Hauts et Salvan, le long du sentier, dans la
forêt, au pied des mélèzes on trouvera en abondance une
mousse regardée comme nouvelle par les botanistes auxquels
elle à été communiquée et qui a recu de M. Cardot le nom
d'Homalothecium sericeum var. fragile. Cette plante croît en
toutfes denses, elle est remarquable par son éclat doré et la
fragilité de ses rameaux. Je l’ai récoliée le 20 septembre 1884,
au retour d’une course à Chamounix.
Plus loin, quelques minutes avant d’atteindre Salvan, à
droite de la route existe une dépression de terrain entourée
de roches moutonnées; il y a là un petit marécage dans le-
quel on fera une ample collection de Sphagnam. L'on y trouve
d’abord à côté de l’Hypnum fluitans L,, une forme spéciale
du Sphagnum cyrbifolium Ebrh, C’est une forme inondée, à
tige dénudée et dont les rameaux sont réunis à l'extrémité de
Ja tige en un gros capitule sphérique. Je l'ai soumise à M. G.
Cardot, et nous l'avons appelée Sphagnum cymbifolium var.
macrocephalum ; dans le même localité et quelquefois mélangée
avec le précédent croît en abondance une variété intéressante
du Sphagnum subsecundum Nees. On arrive enfin à Salvan à
une altitude de 900 mètres environ. De là la route descend à
Vernayaz (470 mèt.) en décrivant 42 lacets dans une gorge ra-
pide, a l’ombre d’une forêt de mélèzes, de hêtres et de châ-
taigners el en coupant en maint endroit un torrentécumeux.
C’est cette gorge que je recommande à l'amateur de musci-
nées, il y trouvera entre-autres :
Coscinodon cribrosus Spruce, f, (8 à 900 m.).
Grimmia tergestina Tomm., f.
Barbula latifolia Br., f.
Frullania Jackii Gottsche.
Radula commutala Gottsche.
. Jungermannia Dicksoni Hook.
= Reboulia hemisphærica Raddi, :
en compaguie de Sarcoscyphus emarginatus B., F. Scapania
undulata Dum., f. Pellia calycina Nees, Mastigobryum de-
flexum Nees, Lejeunia serpyllifolia Lib. :
Vis-à-vis de Vernayaz, sur les pentes abruptes des Fola-
terres existe la localité classique du Fimbriaria fragrans Nees,
découverte par Schleicher, Elle y est encore abondante et je
l'ai retrouvée ce printemps (1885), accompagnée de Targionia
hypophylla L.,*., de Reboulia hemisphærica Raddi et d'une
Riccia qui attend encore sa détermination.
REVUE BRYOLOGIQUE. | M |
NH. REVUE BRYOLOGIQUE.
Plusieurs de ces espèces ont des aliaches méridionales ou
méditerranéenues très-marquées. Ceci correspond bien à la
distribution des phanérogames dans cette partie du Valais
où l’on rencontre à des altitudes de 600 mètres le hêtre, le
mélèze et le châtaignier réunis, Le Dr Christ, dans sa Flore
de la Suisse, caractérise ainsi cetle région chère aux bota-
nistes, « La végétation est alpine el se compose d’un mé-
lange de lypes méridionaux et de types du Nord.
D' BerNer.
Musci Galliæ, n° 742.
On the moss, published under the named numero, prof.
_ Philibert has given a note in Æev. Bryol. 1885, p. 23-24,
asserting it to belong to Hypnum fluitans or H. exannulatum,
not to H. Kneiïffi, [n bis last paper on Sibirean Harpidia
(confer Æev. Bryol. 1886, p. 29-30). Doctor C, Sunio, in page
4T names the very same moss H. fluitans-exannulalum-auu-
tum-violascens ; in some specimens from 1877 of this moss
D" Sanio has found bastard-fruits with the peristomium dis-
playing intermediate characters of H, exannulatam and. H.
aduncum. Sd
Lam very glad thus Lo see that the {wo learned bryologists
partake of the same opinion that I have more privately nou-
vished myself, my chief aim with publisbing the moss in
. Musci Galliæ being to subject it Lo the examination of more
experienced bryologists, as I did not feel myself satisfied with
tbe name given it in 1883 by D' Sanio.
W, ARNELL
Bibliographie.
_ R. Srauce, — Hepaticæ Amazonicæ et Andinæ. — 1 vol. in-8°
de 800 pages et 22 pl. — 24 shill. (26 fr. 25); Trübneret Ci,
Ludgate Hill, 57, London. ;
Je n’ai fait qu'indiquer dans le dernier numéro le titre de
_ cet important ouvrage, voici lénumération des genres et sous-
genres décrits avec le nombre des espèces.
Les hépatiques de l'Amérique équatoriale décrites par l'au-
teur sont au nombre de 560, toutes, à l’exception d'une demi-
douzaine , recueillies par lui-même. De ce nombre, 283 sont
Jubuleæ, 255 Jungermanieæ, et les 22 qui restents ont Marchan-
tiaceæ, Ricciacew et Anthocerotaceæ., Elles sont réparties entre
50 genres, dont 8 nouveaux, de la manière suivante :
REVUE BRYOLOGIQUE. se 45
Subordo 1. — JUNGERMANIACEÆ.
Tribus 1. JuBULEX. | +
Gen. T. Frullania Raddi. . . . . 47 Sp. nee.
Subg. 1. Chorantelia . . 21 Sp.
2. Trachycolea. . 4 Thyopsiella. . . . 43
3, Homotropantha 1 Diastaloba . . . . 4
Gen. H-dobola Dim, 1 Sp.
Gen. JII. Lejeunéa Lib. .°,. . .… . 934Sp.
$ 1. Æobostipæ S2 Schizostipe.
Meleoriopsis . . . 4
D Ot à
Suby. 4. Stictolejeunea . 2 Sp. | 418. Prianolejeunea. , 40 Sp.
2. Neurolejeuneu. 1 19. Crossotolejeunea. 3 no
3. Peltolejeunea . 1 20. Harpalejeuneu . . 20 ne
4, OmphalanthusN. p.p. À 21. Trachylejeunea . 6 &
5. Archilejeuonen . 7 22. Drepanolejeunea. 8
6, Ptychanthus N. 1 23. Leptolejeunea . . 6
7. Masligolejeunea 3 24. Ceratolejeunea. . 17
7 Thysananthus N, 3 25. Taxilejeunea. . . 45 é
8. (Dendrolejeunea).(? 0 26. Macrolejeunea . . 2 :
9. Bryopieris N.p.p. 4 27, Otigoniolejeunea, 5
10. Acrolojeunea, . 2 28. Hygrolejeunea . . 13 &
(Phragmicoma Syn. p. p.). 29. Euosmolejeunea . 6 FE
14. Lopholejeunea. 4 “ nn : à
12. Platylejeunea . 5 he At ses dis rie à
43. Anoplolejeunea 1 A Se enneNr F4
33. Eulejeunea, . . , 30
14. Brachyolejeunea, 3 31. Microlei sr
(Phragmicoma Syn. , p. p.) À. 4, MICroicjJeunea . , 1
35. Cololejeunea. . . 11.
36. Diplasiolejeunea . 2
Phragmicoma Syn., p. p.).
16. Done 4 37. Colurolejeunea. , 2
47. Odontoleieunea 10 934
: On He Myriocolen nov. gen; | . . . .,. ,. . 1
Trib. 2. JUNGERMANIEZ.
ie Subtr. 1. Radulewæ, | “ _.
IV. Radula Dnm. . . . RS de dE
se Subtr. 2. Porellecæ. - ee
Fe. V. Porella Dili. our Poe D du ls
x = SUD, 3. | patidion:
2 G: sr. saine Mitt, . . 4 | G. VIE Herberla Gray. . 4
145. Homalol ejeunea k
Æ 4) Asiatica ; nulla species americana,
a ee Ye DE à or TER y Mare
16 te REVUE BRYOLOGIQUE. ;
(Sendinera Syn. H... G. X. Leiomitra Lindbh. . 4
G. VII. Lepicolea Dum. . 1 (Trichocolea Syn. p. p.).
IX. Chætocolea n. g. . 1
Subtr, 4. Trigonantheæ,
G. XI. Arachniopsis n. g 3 | G. XIV. Micropterygium
XII. Lepidozia Dum.. 41 EF RE
XII. Bazzania Gray . 19 XV. Mytilopsis n. g.. 1
Gen. XVI Cephalozia Dum. Re ne
Subg. 4. Protocephalozia S, 5. Eucephalozia S. . . 4
2. Pteropsiella S.. 6. Cephaloziella S. . . 1
1
1
3. Zoopsis Hook. . , 1 | 7. Odontoschisma Dum.. 5
4. Alobiella S.. 4 453.
G. XVII. Adelanthus Mitt. 3 | G. XIX. Kantia. . . . 10
XVII Anomocladan.g. 1 (Calypogeia Syn. H.).
Subtr, 5. Scapanioideæ.
Gen. XX. Scapania Dum.
Subtr, 6, £'pigoniantheæ.
G. XXI. Lophocolea Dum, 19 | G. XXIV. Leioscyphus
XXII. Clasmatocolean.g. 2 Mit.
re. |
XXII. Chiloscyphus XXV.CalypogeiaRaddi. 2
Corda.. . . 1 (Gongylanthus Syn. H.).
. Gen. XXVI, Plagiochila Dum, , 69
$ 1. Spinulosæ., . , 44 $ 4. Frondescentes, , 9
$ 2. Grandifoliæ, . . 16 SS Crise 2° 2
$ 3. Heteromallæ, , ‘13 69
G. XXVSI. Syzygiellan.g. 2 | G. XXIX. Symphiomitra
XXVHE, Tylimanthus FMI ao =
ne DUR. >. 5: 1 XXX. Liochlæna Nees. 2
Gen. XXXI. Jungermania Rupp. . . . . . . . . 42
Subg. 1. Aplozia Dum . . 4 | 3. Anastrophyllum S
2. Lophozia Dum. , 5
3
42
Gen. XXXII. Nardia Gray (Alicularia Syn. p. p) . . . 4.
2
"4
1
LA
Sub. 4. Eunardia S. 0 | 3. ApothomanthusS. .
—, +.buvalvx Ldb. .... -2
Gen, XXXIIT Acrobolbus Nees .
Subtr, 7. Fossombroniee.
S 4 Typice, S 2. Leptothecee,
6. XXXIV. Fossombronia R, 4 ! XXXVIL. Symphyogyna Mont. 4
#
+
REVUE BRYOLOGIQUE. | a 47 e
_& XXXV. Noteroctada Tayl, 4 | XXXVHI. Pallavicinia Gray. 1
(Androcryphia Nees). (Blyttiu Syn. H.)
XXXVI Scalia Gray. . 1 | XXXIX. Monoclea Hook . 1
(Haplomitrium Nees).
Subtr. 8. Metzgerieeæ.
G. XL. Areura Dum. . 144 | XLI. MetzgeriaR. . . . 8
Subordo I. MARCHANTIACEÆ.
G. XLII. Marchantia . . 4 | XLV. Aitonia Forst. . . 2
XL Finabriaris Nas 3: (Plagiochasma Syn. H.).
: . | XLVI. Clevea Lindb. . . 1
Subordo I. RICCIACEZÆ.
Gen ALVIL-Riocis Mieb 5, "1. Siam... à
Subordo IV. ANTHOCEROTACEZÆ.
6. XLVII. Dendroceros Nees 2 | L. Notothylas Sull . . 4.
XLIX. Anthoceros Mich. 5 F
L'auteur adopte partout la terminologie qu'il a déjà indi-
quée dans ses mémoires sur le « Cephalozia » (Malton : 1882)
et sur |” « Anomoclada » (Journal of Botany, 1876); c. a. d.,
il appelle « facies antica » la face antérieure ou supérieure
— celle-là qui regarde le ciel ou le spectateur — d’une tige,
_ feuille, ou périanthe ; « postica » la face inférieure — celle-
la qui touche ou regarde la terre. Ainsi les stipules, ou
amphigastres, sont pour lui « folia postica » ou « foliola » ;
il nomme « bracteæ » les feuilles involucrales et la stipule
involucrale (où il y en a) « bractea postica » ou bracteola. »
F. STEPHANI. —Hepaticorum species novæ vel minus cognitæ.
Celui qui s'occupe des hépatiques exotiques et qui veut
déterminer ses plantes, se trouve en face de difficultés insur-
montables ; il n’y a pas d’herbier qui contienne toutes les
espèces, et même les herbiers les plus riches contiennent un
_ grand nombre de déterminations fausses ; il n’y a pas aussi
de livre qui conlienne toutes les descriptions détaillées, car
le Synopsis Hepaticarum est devenu très-incomplet, ses des-
_criplions sont souvent très-courtes et ne prétendent pas
donner toutes les diagnoses d’une manière suffisante ; sou-
_ vent ses auteurs n’ont même pas vu les plantes dont ils
reproduisent les descriptions.
Les nouvelles espèces qui ont été décrites depuis sa publi-
_ Cation, sont dispersées dans un grand nombre de livres et de
_ journaux. Souvent un auteur n’a pas eu connaissance des
_ publications d’un autre, et il y a tout un nombre de plantes |
_ très-diverses qui portent le même nom, comme il y a des
*
‘espèces nouvellement décrites qi sont connues depuis long-
ie er
3 REVUE BRYOLOGIQUE. k 18.
temps sous un auire nom. 1 à
Hors de cette synonymie il y a encore d’autres diflicultés,
on a placé des plantes dans des genres auxquelles elles
n’apparliennent nullement, et, en négligeant entièrement la
texlure des feuilles, on a donné le même nom à des espèces
très-diverses.
Une révision est devenue très-nécessaire, c’est ce travail
qu'a entrepris M. Stephani, en commençant par le genre
Radula et en continuant par le genre Mastigobryum qui est
en cours de publication dans l’Æedwiqia. Les descriptions en
lalin sout faites avec beaucoup de soiu el les planches repré-
sentent les caractères des espèces décrites. — Il n’y aura pas
de tirage à part, il faut s'abonner au journal de cryptogamie
l'Hedwigia du D' Winier, qui paraît tous les deux mois par
cahier de 48 p.; 8 m. (10 fr.), librairie C. Heinrich, à Dresde.
< FE. 4
D'° RôLL. — Zur Systematik der Torfmoose (Sep. Abd. aus
Flora, 1885, n. 32 und 33).
L'auteur traite en délail, de la variabilité des caractères
dans les Sphaignes : il examine tous les caractères employés
pour la distinction des espèces, et les trouvant tous variables,
il rejette le principe de l'espèce. F. GRAVET.
L. Rabenhorsts kryptogamen-Flora von Deutschlaad, Oester-
reich und der Schweiz, — Die Laubmoose von G. Limenicur, —
3. Lieferung : Sphagnaceæ, Andreæaceæ, Archidiaceæ, Bryineæ.
P. 129-192. Gg. 51-73.
Cette livraison contient la description des espèces sui-
vantes : Sphagnum cuspidatum, recurvum, riparium, Pylaiei.
_Andrewa petrophila, sparsifoïia, alpestris, crassinervia ,
_ anguslata, Huntii, Rothii, frigida, nivalis. Archidium phas-
= Coïdes. Nanomitrium tenerum; Ephemerum serratum, co-
hærens, Rutheanum, Flotowianum , sessile ; Ephemerella
recurvifolia ; Physcomitrella patens, Hampei. Acaulon mu-
licum, lriquetram. Phascum Floerkeanum, euspidatum, pili-
ferum, curvicollum, rectum, Mildeella bryoides, on
1 D
Nouvelles,
Vient de paraitre :
La 4° livraison du Muscologia gallica (32 p. et 10 pl), con-
tenant Ja fin des Barbula, les Cinclidotus et la première
partie des Grimmia.
Guide du Bryologue dans les Pyrénées, par JEANBERNAT et
RENAULD, 184 p. |
Nh AS NE : 186.
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou eu anglais.
Sommaire du N° 4.
Sur la Morphologie des Mousses. S,-0. LapperG. — Voyage de
Richard Spruce dans l'Amérique équatoriale. — Bibliographie. —
Nouvelles. +
Sur la Morphologie des Mousses.
= Avant 1848, on n'avait pas de notions bien claires con-
cernant l’évolution des sporophytes supérieurs. En cette
année parut l'ouvrage monumental du comte polonais J. de
Leszczyc Suminski, intitulé : Zur £Entwicklungsgeschichte der
Farrnkräuter, où l’auteur fit part aux botanistes de ses décou-
vertes importantes au sujet du mode de fécondation des fou-
gères. La théorie émise par lui, et appuyée de démonstra-
tions positives, eut à subir de la part de certains savants une
opposition opiniâtre et en partie exagérée ; mais, étant une
vérité, basée sur la nature même, elle put facilement sup-
porter l’examen rigoureux de tous ceux qui voulaient voir
de leurs propres yeux sans avoir de parti pris. Elle fit donc
son chemin à la gloire de l’auteur et pour le plus grand bien
de la science. Par ces découvertes de M. Suminski, continuées
avec un succès inattendu par d’autres morphologues, on en
vint à constater l’existence d’une double reproduction chez +
les sporophyles supérieurs. Ainsi, l’on a clairement démontré
que les spores des fougères donnent naissance à un proem-
bryon (gamothallium) (4), qui chez les différentes familles et
leur subdivisions peut posséder une forme et une direction
différentes, mais qui est toujours petit, aphylle et muni d’or-
(M) Pour le distinguer du prothallium des sphaignes, etc., qui a un carac-
__ tère morphologique tout différent, cet organe a été nommé par nous gama=
| thallium (V. Ofrers, Kongl, Vetensk.-Akad. Fürhandi., 4862,p.155, obs. 45).
50 REVUE BRYOLOGIQUE.
| ganes générateurs des deux sexes ou de l’un d’eux. Après
fécondation préalable, ces pistillidies, souvent fort nom-
_ breuses, donnent naissance à la forme pleinement développée
de la plante qu’on appelle vulgairement « fougère » et qui
est pourvue de racine, de tige, de feuilles et de fruits, con-
tenant des spores. Cette fougère est maintenant fécondée une
fois pour toutes et forme annuellement de nouvelles spores,
_ce qu’elle continue à faire dans certains cas probablement
pendant des siècles. Ces deux actes séparés de la vie des
fougères sont ordinairement appelés « générations », ce qui
n’ést pas tout à fait juste, car, dans la langue commune, le
mot « génération » a une signification tout autre. Si l’on
emploie le mot génération, il est synonyme de métamor-
phose, terme dont on se sert pour désigner les changemenis
considérables, ayant lieu à certains intervalles, auxquels sont
exposés les arthropodes, et qui sont spécialement remar-
quables chez les lépidoptères, aphides et autres dans leurs
états de larve, de nymphe et d’insecte complet; nous passons
sous silence nombre d’autres exemples du règne animal.
Le développement des fougères se compose done de deux
actes très différents, dont l’un, le gamothallium (la plante
sexuelle) est de durée très courte (il existe un mois au plus
pour disparaitre ensuite complètement); el dont l'autre (la
plante sporifère) est vivace et a la même fonction annuelle
que le fruit des spermophytes ; c’est pourquoi on pourrait le
nommer un fruil vivace avec racines, tronc (soit souterrain,
soit aérien) et feuilles, organes qui sont tous nécessaires pour
la reproduction de l'espèce, continnée pendant des dizaines
ou des centaines d’années.
Germination el évolution des mousses.
__ L'évolution des mousses est presque la même que celle des
fougères, car on à pu, chez elles aussi, distinguer deux
périodes bien distinctes. Ainsi, le proembryon des fougères.
est tout à fait analogue à ce qu'on appelle vulgairement «la
mousse », qui se compose d’une tige plus ou moins prolongée,
ou de l'an d'eux (plante sexuelle des mousses). La fougère,
uu contraire (c'est-à-dire la forme ultérieure produisant des
spores) est analogue au sporogonium des mousses, qui se
_ compose de la calcéole, du pédicelle et de la capsule con-
4
_ tenant des spores (4). Pourtant l'évolution chez les mousses
(1) H est à remarquer que chez le Pleuridium caldense (découvert au
Brésil par mon frèrei, espèce voisine du PL axillare, j'ai trouvé une fois le
sporungium développé tout autrement que d'ordinaire, C'était une petite plante
à tige bien marquée, munie vers le sommet de quatre feuilles pelites, muistout
à fait normales, C’est un fait d’un grand intérêt morphologiqne,
portant des feuilles et des organes génératifs des deux sexes
"RE
REVUE BRYOLOGIQUE.
les Mousses vraies (1).
Chez le premier groupe des mousses, les HÉparTiQues, le
produit de la germination des spores correspond le plus à
celui des fougères ; une spore n’engendre qu’une seule plante.
Cnez les genres Marsilia (Pellia) et Noteroclada, le premier
RE
est bien plus compliquée que chez les fougères. Nous allons
donc en entreprendre une description détaillée, dans laquelle
nous considérerons à part les Hépatiques, les Sphaignes et
très commun dans le nord, le second occupant une zone
correspondante au sud de l'équateur, la spore se transforme
immédiatement en une plante nouvelle, de sorte que ce ne
serait pas sans raison qu'on établirait une comparaison entre
leurs spores composées (pluricelluleuses) et l'embryon globu-
leax des spermophytes. Dans ces genres, la spore est un
corpuscule oviforme, dont l’une des extrémités est amincie
et composée d’un segment globuleux, une cellule transpa-
rente, granuleuse et jaunâtre, qui diffère des autres cellules
contenant de la chlorophylle, sous le rapport de la forme,
de la grandeur et de la couleur. Cette cellule terminale unique
s’allonge immédiatement pour constituer la racine ; les autres
sont déjà les cellules mères du tronc et donnent, en formant
d’autres cellules, naissance au tronc thalliforme plat et ho-
rizontal. Chez les autres hépatiques thallifères, il se forme
pourtant d'abord un corpuscule celluleux à limites plus ou
moins déterminées, qui loutefois est souvent placé au sommet
d’une cellule cylindrique (le Keëmfaden des allemands), issue
de la spore même, et qui à son tour donne naissance au
nouveau tronc thalliforme. Les formes foliifères, au contraire,
nous montrent trois sortes de productions primaires de la
_ spore : chez les Frullaniées il se forme un petit disque platet
rond au bord duquel se développe un bourgeon, qui forme
ensuite le tronc muni de feuilles et de sexes ; chez les
_ Jungermaniacées vraies à feuilles entières et rondes, c’est une
_ masse celluleuse épaisse, ronde et plus ou moins eylin-
_ drique, qui se transforme immédiatement au sommet sans
limites aucunes en tronc; chez les Jungerm. homogames &
feuilles fendues, c'est un fil (protonéma) iong, mince et ra-
_ mifié, en quelque sorte un chapelet de cellules, qui produit
un Corps nu, à limites bien accentuées. Ge corps nu engendre
= à son lour le tronc pluristrale et grossier, Celte dernière
_ forme se rapproche beaucoup de celle des Mousses vraies,
_ Comme nous le verrons plus loin, quoique, chez ce dernier
_ groupe aussi, la loi qui veut que d'une spore il se formeune
seule plante soit rigoureusement suivie.
= Les SPHAIGNES ont un protbhallium qui est ordinairement
(Sournal of the Linnean Society, Botany, vol. XIII, p, 488-205, 4872),
tr”
_. (1) Comp., quant aux relations de ces groupes, notre article: On Zoopsis
j
M. | REVUE BRYOLOGIQUE.
_ semblable au tronc thalliforme stérile de plusieurs genres
_ d’hépatiques, par exemple Anthoceros et Riccardia, surtout de
l'espèce À. latifrons. I est plat, plus ou moins horizontal,
__ multifide à bouts tronqués ou comme coupés en travers;
mais il n’émet des filaments radicaux qu’aux bords les plus
droits. Ces filaments existent aussi en très petit nombre à la
partie inférieure. Au bord rapproché de la base il y a un
bourgeon tendant à former une plante nouvelle, En outre,
il se forme quelquefois sur les racines du protballium, lors-
qu’elles se sont allongées et divisées, des protubérances plu-
ricelluleuses qui, dans des circonstances favorables, peuvent
donner lieu chacune à une plante, L'évolution normale a lieu
de cette manière, lorsque là spore tombe en terre humide.
Dans l’eau, au contraire, celle-ci n’engendre qu’un filament
conferviforme (protonéma), qui se divise en plusieurs ra-
meaux, et qui, par places, forme des nœuds, dont la plupart
n’ont point la faculié de se développer davantage. Chez les
Spbaignes, plusieurs plantes naissent donc d'une seule spore.
= Les Mousses vrAïES sont, sous ce rapport, beaucoup plus
uniformes que les Hépatiques. Car leur spore produit d'abord
un protonéma, qui chez quelques-unes est fortement déve-
loppé et subsiste très longiemps ; il y a même des cas où il
est vivace et analogue au rhizome des herbes vivaces (par
_ exemple: Polytrichum subrotundum, nanum, etc., Discelium,
‘Ephemerum, eic.). Le protonéma apparaît souvent sous la
_ forme de surfaces minces et vertes d’une largeur de plusieurs
pouces, sur les racines d'arbres, à la base des murs et d’autres
places ombragées et humides. Ces surfaces vertes étaient
appelées autrefois, avant qu’on eût reconnu leur vraie nature,
« la matière verte de Priestley. » Souvent on les décrivait
. comme espèces spéciales du genre Con/erva. Çàù et là, sur le
_ tissu intriqué, se forment des bourgeons plus où moins nom-
breux, destinés à la reproduction; on peut en conclure la
manière dont se forment les touffes chez les Mousses vraies,
en ce qu’une spore crée plusieurs individus, On en a certai-
nement observé plusieurs modifications, et il est certain qu'il
en reste encore beaucoup à découvrir; mais le sujet est si
peu étudié, qu'il y a de grandes familles dans lesquelles
l’évolation n’a pas été étudiée chez une seule espèce. Parmi
_ citer que, daus le genre Andreæa, le protonéma se transforme
_ pur division longitudinale des cellules en formations larges et
thalliformes, d’où naissent de nouvelles plantes. La spore de
Georgia pousse d’abord un protonéma, qui émet des prothal-
les exceptions les plus remarquables à cette règle, on peut
lium spatulés ; plus tard, il se développe à la base de ceux-ci :
des bourgeons peu nombreux.
: À diffère de celle des Fougères de la manière suivante : 4) chez
.
Donc, en général, la germination et l’évolution des Mousses
nes
HRVUE BRYOLOGIQUE. .
les premières Ja plante sexuelle ne se forme pas immédia-
tement de la spore ; elle est, presque sans exception, pré-
cédée d’un ou deux « états de nourrice » (ce qui se voit
surtout Chez les mousses vraies, probablement à cause de
leur reproduction sexuelle et de leur tendance à former des
touffes) ; 2) la plante sexuelle est vivace, souvent d’une durée
illimitée (de plusieurs siècles ou même de milliers d'années),
et 3) la plante sporifère se forme de nouveau chaque année
après reproduction préalable et est donc, tout comme le fruit
des spermophytes, de nature caduque, car l’évolution n’en
dure qu’un an. Nous voyons donc qu'il y a une différence
essentielle entre les ordres ci-dessus mentionnés et que la
durée des deux actes de vie est en raison inverse chez les
Fougères et les Mousses ; il va de soi que la différence de
durée est accompagnée de différences notables de structure
et de richesse d'organes chez les deux « générations. » Chez
les fougères, la plante sexuelle est éphémère et aphylle,
tandis qu'elle est, chez les mousses, vivace et douée d’or-
ganes secondaires bien développés ; la plante sporifère des
premières vit pendant des dizaines d'années et est douée de
racines, de tige et de feuilles ; celle des secondes, au con-
traire, est annuelle, arhize et aphylle, mais douée de tige (1),
à ds considère comme telle le pédoncule et la columelle
u fruit.
La racine.
Les racines des mousses sont de simples filaments cellu-
. eùux. Chez les hépatiques, elles sont formées d’une seule
cellule, qui, dans quelques cas, se fend en rameaux plus où
moins nombreux ; chez les mousses vraies elles se com-
posent, au contraire, de plusieurs cellules, qui adhèrent
l'une à l’autre par des parois obliques (les parois doubles des
fils du protonéma forment un angle plus ou moins droit avec
l’axe longitudinal da fil) ; les sphaignes n’ont pas de racines,
si ce n’est sur le prothallium et sur la plante sexuelle très
récente. Les racines sont à la base du tronc ou à sa partie
inférieure, quand celui-ci est horizontal; parfois elles gar-
nissent le tronc d’un feutre épais ; souvent elles naissent de
Ja nervure de Ja feuille des mousses vraies, surtout quand
_ les feuilles sont fragiles. Dans ce cas, elles émettent parfois
des rameaux, qui se transforment directement en protonéma
_ secondaire, donnant naissance à des individus nouveaux;
_ parfois même, elles développent des calathides mâles mi-
: (4) Chez la monstruosité ci-dessus citée du Pleuridium caldense, la tige
de la plante qui tenait lieu de sporogonium ressemblait en effet complètement
un eepec nent. au sommet il y avait les quatre feuilles nerviées, de forme
HOUR ; . se it
REVUE BRYOLOGIQUE.
croscopiques sur la plante femelle des mousses vraies
dioïques, dont la plante mâle est très rare on tout à fait
_ inconnue (plusieurs Dicrana, tels que D. undulatum, ela-
* tum, elc., Thyidia, etc.). Sur la coiffe du Schistophyllum
julianum, qui se sépare facilement de l’opercule, surgissent
des racines, et de celles-ci un protonéma et de petites plantes
nouvelles ; la plante sporifère, découpée en morceaux, peut
également servir à la reproduction de l’espèce. Les racines
des mousses, à l'exception de celles qu'émet la nervure de
la feuille (un faisceau cambial d’une organisation inférieure),
ne sont, au point de vue anatomique, que des formes d’épi-
derme ou des trichomes. Les cellules radicales des Marchan-
_ tiacées, munies à l’intérieur d’épaississements claviformes,
qui sont mêlés à d’autres plus gros et tout à fail lisses, sont
très étranges ; on n’en connait pas la fonction ; il n’en existe
pas chez les autres groupes, de sorte qu’elles caractérisent :
Spécialement cette famille, la première parmi toutes les
_ mousses.
La tige.
Celle-ci est, chez les mousses, tantôt souterraine, tantôt
aérienne.
La première de ces formes est beaucoup plus rare et
apparaît surtout comme rhizome, lequel est bien caractérisé :
Chez Polytrichum, Catharinea, Climacium, ete. (1). Le proto-
_néma vivace, qui produit chaque automne de nouvelles
_ plantes sexuelles, forme une transition entre la racine
aérienne et le rhizome. On trouve le rhizome principalement
_ chez les mousses vraies, mais il ne fait aucunement défaut
_ chez les hépatiques. Les genres Scalia et Rhopalanthus en ont
un coralliforme, qui rappelle fort celui de l’'Aypopitys, et
les Plagiochile, ele. en montrent souvent un qui est bien
marqué. Une forme de tige très extraordinaire, ce sont les
Tameaux (geocladia) qui, croissant de haut en bas et munis
de filaments radicaux, naissent des aisselles stipulaires de la
partie postérieure de la tige. On' en trouve chez nombre d’hé-
patiques thallifères et folüfères (certaines Riccieæ, Jungerma-
_ Maceæ opistogamæ, telles que Zepidozia, Cephalozia, Kantia,
__ etc., et Anthoceros dichotomus). Seulement, il est à regretter
_ que la nature de ces formations géotropiques positives en
Question n'ait pas, jusqu’à présent, élé étudiée à fond. On
sus L, Il en est de même de l'Equisetum
ainsi que de quelques
REVUE DRYOLOGIQUE.
doit pourtant admettre que chez quelques-unes des musci-
nées citées, elles servent à multiplier la plante (spécialement .
Riccieæ et Anthoceros. re
La tige aérienne est beaucoup plus commune dans tous les :
ordres, et apparaît presque toujours comme tronc, rarement
comme tige (chez. les espèces annuelles). Lorsque l’accrois-
sance n’est pas interrompue par la formation d’inflorescences,
elle se prolonge sans cesse par le sommet et se fane par la
la base, tout à fait comme les palmiers et d’autres monocoty-
lédones arborescentes. Comme exemples très remarquables,
nous pourrons citer les Sphaignes et l’Amblystegium glaucum,
qui peuvent alteindre un âge illimité; car les mêmes exem-
plaires de Sphaignes, qui couvraient les extrémités du pont
que Jules César jeta sur le Rhin pour pouvoir pénétrer dans
les Gaules, existent encore de nos jours et ont conservé les
restes du punt comme un monument de l’architecture de ces
temps, quoique la mousse se soit élevée de quelques pieds.
Quant à l'Amblystegium glaucum, on peut le suivre à travers
une couche de tuf calcaire jusqu’à une profondeur de plu-
sieurs mètres.
La tige thalliforme vivace, dans la plupart des cas, quoique
de moindre durée que le trone, est commune chez les hépa-
tiques et est foliifère (Zlasia, Metzgeria) et stipulifère (Calycu-
laria), tantôt aphylle (Riccardia, Anthoceros). Son plus haut
_ état de développement se rencontre chez les Marchantiacées,
où le tronc thalliforme est composé de couches différentes,
munies d'épiderme des deux surfaces, et divisé à l’intérieur
en une multitude de chambres, dont le plancher est pavé de
cellules opuntiiformes, situées très près les unes des autres
= et remplies de chlorophylle, et dont le toit est au milieu
_ percé d’an grand orifice (stoma). La surface inférieure (pos-
térieure), au contraire, est garnie d’écailles pourpre-foncées,
nombreuses et opposées, très minces et ordinairement ca-
duques; elles sont placées en deux rangs, quelquefois en
quatre. I serait, nous semble-t-il, téméraire de vouloir, de
prime abord, les expliquer comme des formes d’épiderme ; #
elles paraissent êlre quelquefois de nature dilférente (à la fois
feuilles et stipules?). La résolution de ce problème serait
d’un intérêt morphologique très grand. +.
La ramification et l'innovalon sont dichotomes, c’est-à-dire
sympodiales, comme chez nombre d’hépatiques (Bryopteris
diffusa, plusieurs Plagicchilæ, etc.), ou unilatérales, c'est-à-
dire monopodiales, chez les mousses vraies, ce qui semble
dépendre, à quelque part au moins, de l’arrangement des
feuilles (voir plus loin). Les rameaux latéraux sont dispersés
_ chez toutes les mousses, à l'exception des Sphaignes, chez
lesquelles ils sont réunis en faisceaux. do .
La tige rst construite de cellules longues et polygones à
| REVUE BRYOLOGIQUE.
bouts plus ou moins transversaux ; les cellules centrales sont
plus grandes et ont des parois plus minces; vers la péri-
phérie, les cellules s’amincissent et deviennent plus foncées ;
les parois de ces dernières se font plus épaisses. IL y a sou-
vent, au centre, un faisceau de cellules très minces, qui passe
ordinairement sans limite au tissu environnant, et qui doit
être considéré comme un faisceau cambial primitif (4). Les
Polytrichées, par exemple, Polytrichum commune, en possè-
dent plusieurs disséminés, qui forment aussi la nervure de
la feuille; c’est pourquoi l’organisation de la tige rappelle
celle des fougères el des monocotylédones. Ledit faisceau
cambial est à son apogée de développement chez les hépa-
_ tiques, surtout chez le genre Dilæna, chez lequel il est com-
_ posé de vaisseaux rayés (?) d’une organisation primitive et
isolé par une limite bien définie da parenchyme de la tige ;
les Hymenophyton et Symphyogyna tropiques et subtropiques,
_ approchent beaucoup de cetie construction. Les Sphaigves
_ ont cela de particulier, que la surface proprement dite de la
_ tige est recouverte de plusieurs (rarement une seule) couches
_ de cellules grandes, courtes et à parois minces, que nous
_ devons regarder comme une forme d’épiderme (et non comme
_ écorce), analogue au liège ou au velum radicis chez les orchi-
_ dées épiphytes.
Il sera bon de mentionner, en même temps que la tige, les
_ bourgeonnements qui se rencontrent chez les hépatiques et
_ les mousses vraies, et qui sont tantôt thalliformes (Marchantie,
_Sandea, Lunularia, Lejeunea, Georgia, etc.), tantôt des corps
nus, pluricelleux (Sphærocephalus, Drepanophyllum , Mnio-
_ malia, etc.), lantôt des cellules simples où accouplées (plu-
sieurs hépatiques, telles que Æiccardia, etc.). De véritables
bulbilles se rencontrent dans les aiselles de quelques mousses
vraies, Ïls sont typiques chez les espèces du genre Pohiia,
surtout P. annotina. De très petits rameaux, resserrés et
_ caduques, naissent, presque loujours des aiselles des feuilles
chez les plantes stériles des #issidens sciuvoides, Entodon
palalinus, Leskea nervosa, ete. D'autres modifications pour-
_raient encore être mentionnées, si nous ne voulions éviter
d'élargir le cadre de ce modeste article, Toutes ont la fonction
d'organes reproducteurs assexués de l'espèce.
La feuille.
| Les feuilles des mousses sont tantôt purement végétales,
_ {antôt elles appartiennent aux inflorescences (bractées). Les
(4) Les cormophytes sont les spermophytes, les fougères et les mousses. 11
n'est pas logique de les appeler vasculaires, car si les deux premières classes
ont des vaisseaux bien évidents, il n’en est pas ainsi des mousses, qui se con-
REVUE BRYOLOGIQUE. Jar
hépatiques en possèdent des catégories plus nombreuses et
des formes plus variées que les sphaignes etles mousses vraies,
chez lesquelles la feuille est beaucoup plus uniforme, quoique
d’une organisation plus haute. IL faudra donc traiter sépa-
rément les feuilles chez chacune de ces sous-classes.
Chez les HÉpariques, les feuilles sont disposées en trois
rangées, deux latérales el une troisième à la surface posté-
rieure de la tige ; les feuilles latérales sont plus grandes; les
feuilles postérieures, plus petites, sont appelées, quoique à
tort, stipules ou folioles ou amphigastres. Les deux espèces
peuvent se ressembler beaucoup, mais diffèrent dans la plu-
part des cas, sous le rapport de la forme et de la grandeur.
Elles sont lantôt elliptiques ou rénilorme, tantôt oblongues
ou lancéolées ; parfois entières, elles paraissent parfois aussi
divisées en fins poils, qui peuvent encore se diviser presque
dichotomiquement, dans ce cas, leur base rappelle fort un
_pétiole (7richocolea, Leiomitra). Elles sont très rarement lim-
bées et sont formées, sans exception, d’une seule couche de
cellules ; toutefois, on en observe quelquefois deux ou trois
à la base. Souvent, eiles sont pliées en double et incrassées
à l'angle même, ou bien elles sont munies à leur partie pos-
térieure d’un ou deux petits appendices (Pleurozia, Frullania,
Polyotus, etc.) ; parfois, elles présentent, à la surface anté-
rieure, des lamelles rehaussées et parallèles, ou une seule
lamelle dans la ligne médiane (Schistochila). Jamais elies ne
montrent des traces de nervure, excepté Diplophyllum allr-
cans, Bazzania viliala et quelques rares Zejeuneæ, chez les-
quelles elles sont traversées par une large bande de cellules
oblongues et transparentes, qui ressortent fortement des
pelites cellules rondes et opaques qui forment le reste de la
feuille. Cette bande médiane ressemble à la nervure de la
feuille des mousses vraies, mais en diffère en ce qu’elle n’est
composée que d’une seule couche de cellules (1). Chez un
grand nombre des hépatiques, le contenu des cellules consiste
en de grandes masses irrégulières de quelque stéaroptène
ou d’une sorte de campbre, qui donne à ces plantes leur
odeur et leur goût singuliers. La position réciproque des
feuilles varie beaucoup; ainsi, elles sont, chez quelques
2 espèces, alternes et libres, chez d’autres, au contraire, elles
sont opposées et réunies non-seulement l’une à l’autre, mais
_ encore aux feuilles postérieures (certaines Lophocoleæ, Chei-
… doscyphi et Plagiochilæ, Southbya fenrica, etc.). I n’y a que
tentent de cellules séveuses, T1 sera plus juste de leur donner le nom de végé-
taux cambiaux, car le tissu primordial du faisceau (cambium) leur est _
commun à tous, mais non les Lissus qui s’en forment, A NE
= (1) On trouve même chez les mousses vraies une nervure aussi mal déve
_ Jloppée, savoir dans les bractées femelles du Hypopterygium japonicum, )
8 ue REVUE BRYOLOGIQUE.
chez les Scalia et Rhopalanthus, où l'on ne puisse remarquer
une disposition tristique des feuilles; elles sont, chez ces
_ genres, répandues irrégulièrement autour de la tige verticale
et cylindrique. Dans les formes à fruits terminaux, les brac-
__ tées femelles sont semblables aux feuilles végétalives, de sorte
= qu'il n’y a entre eux aucune limite bien définie ; pourtant, les
premières diffèrent souvent par leur grandeur et encore plus
par ce fait qu’il ne se développe point d'innovations à leur
aisselle, à laquelle, au contraire, des anthéridies sont souvent
fixées ; la position de la bractée est la même que celle des
feuilles végétatives. Les bractées des hépatiques qui émet-
; tent leur rameau femelle des aisselles postérienres sont, en
Comparaison, mieux caractérisées par leur forme différente.
Au-dessus de ces différentes sortes de feuilles, on observe le
plus sonvent un verticille de bractées au nombre lypique de
trois, réunies entre elles el formant ainsi un involucre (inv.
gamophyile), appelé à tort calice ou périanthe, qui entoure
comme un tube l'inflorescence femelle, même quand celle-ci
est stérile, Le vrai calice (gynochlamys, perianthium), tel qu'il se
montre chez Marchantia, Chomocarpon, Asterella, S phcærocarpos,
Fossombronia, Durieua et autres genres, a été jusqu’à présent
confondu avec cet involucre, mais il faut le considérer comme
_ Un organe tout différent. Car le calice ne se forme autour de
_ Chaque pistillidie que quand celle-ci a été fécondée, et n'est
… formé que d’une seule couche de cellules ; quant aux pistil-
… lidies stériles, elles restent dénudées. Les bractées mâles sont
toujours libres et semblables aux feuilles végélalives. Enfin,
on observe quelquefois des filaments plus ou moins foliiformes
(paraphyses), mêlés aux organes mâles, comme chez les
_ Martinelhæ, les Jungermanie barbatæ et d'autres. 4
_ Les feuilles des SprA1G@nEs sont toujours rangées en spirale
et plus o moins ovales. Elles sont toujours libres et entières,
quoique parfois dentées au sommet, ou rarement garnies de
poils conrts ou en scie; mais elles ne sont jamais incisées,
Les feuilles caulinaires et les raméales diffèrent chez le plus
grand nombre d'espèces; les bractées femelles ressemblent
aux premières, exceptionnellement aux secondes. Elles sont
_ toutes énerves et composées de deux espèces de cellules : il ya
_ des cellules grandes, vides, plus où moins lancéolées, à parois
minces, percées de trous en dehors et munies à la surface inté-
_ rieure de la membrane de fils épaissis en spirale où en anneau,
Il y en a d’autres qui sont courtes, étroites et qui renferment
de la chlorophylle ; leur membrane est partout plus ou moins
_ épaissie, sans trous et sans filaments en spirale ; ces cellules
entourent comme un cadre les cellules vides et doivent être
_ Gonsidérées comme les vraies cellules de la fenille, tandis
que les autres ne font que remplir la fonction générale des
_ Sphaignes dans la nature. Il n’y a pas de masses huileuses,
REVUE BRYOLOGIQUE. | A
compactes et irrégulières (chez les mousses vraies elles man-
quent également); ces deux sous-classes sont par conséquent
privées d’odeur et de goût. Nous ne rencontrons ici aucune
formation d'nvolucre ou de périanthe; les organes sexuels
sont seulement mêlés à quelques filaments (paraphyses) fins
et fortement ramifiés, ce qui n’a même pas toujours lieu.
Dans lafgrande sous-classe des Mousses VRAIES on n'observe
que des feuilles végétatives, des bractées et des paraphyses.
Elles sont, sans exception, disposées en spirale et entières ,
jamais opposées et encore moins réunies ; jamais non plus
on n’en trouve qui soient pliées et tranchantes ou munies
d’appendices. Quelquefois elles présentent des lamelles aux
surfaces supérieure et inférieure. Ces lamelles partent surtout
de la nervure et se trouvent chez quelques espèces en assez
grand nombre; elles atteignent aussi une certaine haateur
et une certaine densité (Polytrichaceæ, quelques Tortulæ, des
espèces des genres Syrrhopodon, Campylopus, Grimmia, ete.).
La moitié supérieure de la base de la feuille de Schistophyllum
paraît avoir été formée par la réunion d’une stipule avec la
ligne médiane de la feuille latérale, fixée presque verticale-
ment à la tige. Parfois les feuilles sont disposées en rangées
droites ou tordues au nombre de 2, 3,5 ou 8, rarement en
deux rangées latérales qui diffèrent par la forme et la gran-
deur de la rangée située à la partie antérieure de la tige
(Epipterygium, Mittenia, Hypoptérygium, etc.) ou à sa partie
postérieure (l’Æelicophyllum monotypique). Schistostega seula
des feuilles (mais non pas ses bractées) dressées el cohérentes
quelque peu à la base, de sorte qu’elle a Pair de porter des
phyllodes ou d’être thalliforme. Pourtant on trouve des feuil-
les lobées dans la superbe famille des Splachnées, surtout
chez Tayloria laciniata et chez quelques Fabbroniæ et Thelie.
Passant de la forme ronde à la forme linéaire, elles sont
souvent entourées d’un bord épais et enflé, muni parfois de
dents en scies grossières, disposées souvent deux à deux;
elles sont non rarement formées de plus d’une couche de
cellules (jamais plus de trois); quelque grosses el quelque
coriaces qu'elles soient elles manquent toujours d’orifices
_ épidermiques. Leurs cellules, tantôt rondes, tantôt très-al-
longées, et amincies, émettent parfois des radicules, ce qui a
lieu surtout pour les cellules voisines du bord. Chez les Leuco-
bryeæ presque seules celles qui forment le bord même et unis-
trate de la base sont percées en dehors; le reste de la feuille
est formé de la nervure dont les cellules montrent des trous
dans les parois doubles, mais non en dehors. La ner-
_ vure est chez les Mousses vraies la partie la plus caractéris=
tique de la feuille. C’est une ramification du faisceau cambial
de la tige, ce qui le rend très important pour la reproduction
. non sexuelle de l'espèce, La structure en est remarquable.
60 REVUE BRYOLOGIQUE.
_ Dansles différents groupes, la structure est à un tel point
_ différente que l’on peut souvent par l'examen de la nervure,
_ vue en coupe transversale de la feuille, juger de la place à
donner aux mousses stériles dans le système naturel, Cet
organe reçoit sa plus haute organisation chez les Polytri-
chacées, tandis qu’il est très pen développé chez les Grim-
miacées, les Andreæacées et dans les familles pleurocarpes.
Dans la feuille, la nervure est toujours sans rameaux Jlaté-
raux, quoique souvent fourchue. Non rarement elle surpasse
de beaucoup le sommet de la feuille sous la forme d’une
longue pointe capillaire incolore. Chez le Leptostomun macro-
carpum celte pointe est ramifiée, et chez le Macromitrium
… caducipilum je poil est séparé du sommet de la feuille par une
jointure, en dehors de laquelle il est gros, massif et cadnc.
Ii est évident qu'il sert à la reproduction de l’espèce, absolu-
_ ment comme les bourgeons variés {gonidies) qui se déve-
_loppent en si grande quantité dans certains groupes, surtout
_ chez les Syrrhopodonteæ et qui naissent presque exclusive-
_ ment de la pointe de la nervure, très rarement des cellules
_ de la feuille même, comme chez les hépatiques. Les bractées
_ sont toujours alternes et différentes des feuilles végétatives
chez les mousses vraies qui ont des inflorescences axillaires,
_ c’est-à-dire chez les pleurocarpes. Chez les acrocarpes, elles
__ s’en séparent par des caractères mentionnés dans ce que
_ nous avons dit des hépatiques. Pourtant, aucune mousse
vraie n’a des bractées aussi bien marquées que le genre
_acrocarpe Helicophyllum, voisin du Seklotheimia. Dans ce
_ genre Ja bractée femelle (l’inflorescence mâle est encore in-
connue) ne correspond pas du tout à la feuiile latérale; elle a,
au contraire , la plus grande ressemblance avec les feuilles
postérieures végétatives, qui sont ponriant d’une grandeur,
d’une forme et d’une structure toutes différentes de celles des
feuilles latérales. Les paraphyses ne manquent qu’excep-
_ tionnellement aux inflorescences tant mâles que femelles, et
__ fournissent souvent d’excellents caractères pour déterminer
_ la famille, Elles sont le plus souvent filamenteuses et sans
_ ramification aucune ; chez les Polytrichaceæ il y en a de deux
espèces dans la même inflorescence mâle ; leur nature de
_bractée apparaît alors clairement. Il en est de même chez
Neckera (Paraphysanthus) undulata et les espèces voisines.
(À continuer). S.-0, LINDBERG,
REVUE BRYOLOGIQUE. 61
_ Voyage de Richard Spruce dans l'Amérique équa- :
toriale pendant les années 1849-1864. a
L'auteur de l'ouvrage « Hepaticæ Amazonicæ et Andinæ (1) »
se trouva, au mois de juillet 1849, à l'embouchure de la
grande rivière des Amazones, dans le but de consacrer
quelques années à étudier et recueillir la végétation des
forêts, tant de l’Amazone même que de quelques-uns de ses
fleuves tributaires. Cette végétation est, comme on le sait,
principalement—en quelques endroits presque entièrement—
arborescente ; les herbes, où il y en a, soit phanérogamiques,
soit cryptogamiques, croissent sur les troncs, les rameaux,
même sur les feuilles vivantes des arbres, et, depuis la chute
de ces dernières, sur les troncs pourris, plus rarement ?n
© ipsissima terra. Après trois mois passés dans l'exploration
des environs du Gran-Para, il remonta l’Amazone jusqu'à
Santarim, au confluent an Tapajoz, qui fut son point de départ
jasqu'au mois de novembre 1850, et d’où il fit une excursion
au Rio Trombétas, explorant son affluent l’Aripecuru jusqu’au
. bout de sa navigation vers la frontière de la Guyane an-
# glaise, Remontant encore l’Amazone il arriva à Manaos, sur
| le Rio Negro, un peu plus haut que son embouchure, et s’éta-
blit là, pour presque toute l’année 1851, explorant les forêts
et les rivières de tous côtés. De là, il a pu mettre à exécution
un projet qu’il avait formé avant de sortir de l’Europe: c'était
d'explorer le Rio Negro et l'Orénoque presque à leurssources.
L'époque des bâtiments à vapeur n’élant pas encore arrivée
pour l’'Amazone, où il fallait voyager péniblement en canot,
il fit préparer un baleau assez grand pour y travailler à son
aise, dessécher et conserver ses collections, chemin faisant,
et non pas trop grand pour pouvoir vaincre (comme ilespé-
rait) les cataractes du Rio Negro. Parti de Manaos, le 14 no-
vembre 1851, voyageant lentement et recueillant en route
grand nombre d'arbres et lianes riparianes fleuries, il n'arriva
a Sao Gabriel — village situé en lat 0°7°S., vers le milieu
des cataractes qui s'étendent, par une distance de vingt milles,
formant une série de rapides et de chutes d’eau de peu d'élé-
‘ yation, entre roches et ilots granitiques, qui rendent la navi-
gation assez difficile et dangereuse — que le 15 janvier de
1852, Son séjour ici dura sept mois, toujours en travaillant,
non sans péril presque journalier, puisque les chemins ÿ
étaient tous en canot, sur les eaux furieuses des calaracles.
En septembre, il se mit encore en voyage, dans son bateau,et
passant par le haut des cataractes entra dans le Rio-Uaupés,
(4) Voir Revue Bryologique, 1886, n° 3,
62 REVUE BRYOLOGIQUE.
Je plus grand des affluents du Rio-Negro, ayant son origine
_ dans la Nouvelle-Grenade et sa course de l’ouest à l'est, quel-
_ ques milles au nord de la ligne équatoriale.
Dans le village de Panuré, au pied de la première cataracte
de l'Uaupés, il s'établit, pour d’autres sept mois, explorant
tous les alentours et poussant ses recherches à quelques jour-
nées de voyage sur la rivière, par le haut, C’est là qu'il fit la
plus riche moisson de nouveautés phanérogames, spéciale-
ment des arbres forestiers et des arbrisseaux, presque toutes
les espèces étant inédites et même plusieurs genres entière-
ment nouveaux, surtout dans les Leguminosæ. En outre, les
fleurs des arbres les plus élevés furent souvent d’une beauté
extrême, membres des familes Vochystaceæ, Tiliacew, Bom-
baceæ, Lecythideæ, Rhizoboleæ, Rubiaceæ, etc. Vers la fin de
l'année les pluies (qui n’y manquaient jamais entièrement)
commencèrent à être plus abondantes. Les arbres alors pour
la plupart défleuris murissaient leurs fruits, mais en quelques
_ endroits le sol même des forêts se voyait émaillé de milles
_ petites plantes curieuses, pour la plupart aphylles mais por-
tant des fleurs délicates des plus vives couleurs, c'était des
espèces de Voyria, Burmannia, Ptychomeria, des Triurideæ, etc.
Entremélés avec ces fées végétales se voyait une foule de
Fungi hymenomycetes, dont quelques-uns, notablement ceux
du genre Marasmius, croissant sur des feuilles et des rameaux
morts, ne cédaient point en délicatesse et en teintures vives
_ de violet et d’un rouge éclatant, aux plantes à fleurs. Dans
_ cette rivière des Uaupés l’auteur a ramassé environ 200 es-
_ pèces de Fungi, et c’est le seul endroit dans l'Amérique équa-
_ toriale où il a rencontré ces plantes en quelque abondance.
Sortant enfin de Panuré et du Rio-Uaupés, le 8 mars 1852,
J'auteur montait encore le Rio-Negro, s’arrêtant quelques
_ jours à Marabitanas, dernier village Brésilien, pour changer
_ l’équipage de sa piragoa, avant de suivre pour la frontière de
Venezuela et à San-Carlos (lat. 4° 53 1/2 N.), le premier
pueblo de cette république, qui devrait être son centre d'opé-
rations pour près de vingt mois. D'ici, outre l’exploration des
forêts du Guainia (c'est comment on appelle le haut Rio-
Negro), il parcourut le Casiquiari — ce grand canal naturel
_ qui réunit l’Orénoque au Rio-Negro — en toute son extension.
_ l'était vers la fin de l’année qu'il arriva à la bifurcation de
l'Orénoque, précisément à la « basse-marée» de cette rivière,
_ et le pen de profondeur des eaux ne lui laissa pas monter
_ en sa piragoa plus haut qu’à Esmeralda; mais il explora son
_ petit affluent boréal, le Cunucunuma, jusqu’au pied de la
troisième cataracte ; ensuite, rentrant dans le Casiquiari, il a
_ pu explorer son principal tributaire, le Pacimoni (aux eaux
noires) jusqu’à ses sources dans les monts Iméi,
_ Le plus terrible obstacle que rencontre le voyageur dans le
PA
REVUE BRYOLOGIQUE
canton del Rio-Negro (1) c’est la difficulté de se procurer des
munitions de bouche. Le poisson n’est jamais abondant dans
les eaux noires, et quand les fleuves sont pleins de bord à
bord il disparaît presque entièrement. À la même saison le
gibier se retire aux profondeurs de la forêt. La population
indienne et créole est extrêmement éparse, et la culture se
réduit presque à un peu de manioc et de banane, qui sufità
peine pour ses propres besoins. On conçoit facilement le temps
que doit perdre le naturaliste en cherchant de quoi vivre.
L'auteur ayant fait l'expérience de cet état de choses pendant
une année entière se résolut à poursuivre jusqu'aux calaractes
de l’'Orénoque, où commencent les Zlanos gramineux et les _
paturages de bélail, pour y acheter un bœuf et faire saler la
chair. Partant de San-Carlos le 26 de mai 1854, il monta 'e
Guainia jusqu’à la limite de navigation pour sa piragoa, et de
Jà il arriva en canot et par terre à Javita, à la tête de la navi- Su
- gation de l’Atabapo, tributaire de l'Orénoque. S’embarquant
encore à Javita il arriva à San-Fernando, chef-lieu du canton;
puis, descendant l'Orénoque, il vint débarquer à Maypures
(lat, 5° 14° N.), à la têle des grandes cataracles, le 19 de juin.
C'était malheureusement la saison des grandes pluies pour
l'Alto Orinoco, et il lui coûta infiniment pour faire préparer
son charqui, au milieu de tempêtes et de déluges, pour ne pas
parler des multitudes de mouches qui assaillirent la chair
pour y déposer leurs œufs. Plus grand malheur encore, il
tomba malade d’une fièvre rémittente qui le tenait pros-
terné à San-Fernando près de deux mois, et quandil putse
mettre en voyage, remontant l’Alabapo en canot, il lui fallut
se faire porter en hamac en travers la Montaña de Javita(le
Portage de Pimichin de Humboldt), pour revenir encore au
Rio-Negro.— Il a su se consoler de ce contrelemps, comme
de plusieurs autres inévitables qui lui sont arrivés, par la ré-
flexion qu’en dépit de tout il avait pu augmenter sa collection
d’un grand nombre de plantes intéressantes et nouvelles.
San-Carlos même est un des points les plus humides de
toute la plaine équatoriale. Les jours où il n’y tombe pas
d’eau sout fort rares et incertains, de sorte que les habitants,
pour exprimer l'humidité excessive de son climat, ont cou-
tume de dire que des douze mois de lan il en pleut treize!
Les mêmes conditions climatiques s’observent sur toute la
course du Guainia, mais, une fois arrivé à l’Orénoque, on
trouve les saisons mieux différenciées ; l’hiver (comme on
appelle le temps des pluies) y est sans doute bien orageux,
(1) Ce canton embrasse toute la partie australe du Venezuela, ayant pour
terres limitrophes, à l’est la Guyane Anglaise, au sud le Brésil, et à l'ouest la
Nouvelle-Grenade, 1] correspond à peu près aux anciennes Hisiones del Alto
Orinoco, | dE
: . REVUE BRYOLOGIQUE.
_ mais pour les trois ou quatre derniers mois de l’année on peut
d'ordinaire compter jouir d’un assez beau temps.
La végétation de toute cette région humide et granitique
est extrêmement riche et variée. L'auteur y a pu retrouver
plusieurs des espèces et même des genres (e. g. C'assupa,
- Buchia, Platycarpum, etc.) que personne depuis Hamboldt et
Bonpland n’avait vu vivantes, en outre d’une foule d’espèces
inédites. D’un nouveau genre, Henriquezia Spruce, voisin du
Platycarpum, et intéressant surtout parce que presque inter-
médiaire entre les Rubiacées et les Bignoniacées, les quatre
espèces embellissent les bords des rivières Negro et Atabapo.
Qu'on se figure un arbre de quatre-vingt-dix pieds, les lon-
gues feuilles et les rameaux verticillés, tout recouvert de
fleurs rose-pourpre, qui par leur forme et leur grandeur rap-
pellent les fleurs du Digitalis purpurea': c’est le Henriqueztia
verticillata S. I a pu s'assurer aussi d’avoir recueilli toutes
les mousses découvertes par les deux savants voyazeurs dans
la même région, Des touffes énormes du beau Â/ydropogon
__ fontinaloïdes (Hook.) Brid. se rattachaient aux roches et aux
rameaux baignés des eaux du Casiquiari et de l'Orénoque,
_ précisément comme elles le faisaient au temps de Hum-
boldt (1). Dans l'angle que fait le Casiquiari avec le Rio
_ Negro, au confluent des deux rivières, ii y avait des endroits
où le sol des forêts et les rameaax morts répandus çà et là,
se voyaient recouverts dans l’espace de quelques hectares
avec l'élégant Hookeria pallescens Hook., par le blanc-vert de
son feuillage, paraissant de neige quand le soleil brillait là-
dessus par les intervalles des cimes des arbres. Les feuilles
de cette mousse sont très concaves et pour ainsi dire spha-
_ gnoïdes, et chaque cellule porte sur sa face une ligne de
_ papilles saïllantes, Ce caractère et la structure de la capsule
_ pendante, engageaient l’auteur à en constituer un nouveau
_ genre ou sous-genre, Hylotapis : désignation que les bryolo-
_ gues ont adoptée.
Les Muscinées n'abondaient pas plus dans les forêts de la
Venezuela australe que dans les parties limitrophes du
Brésil, et plusieurs espèces étaient communes aux deux con-
trées; mais sa résidence prolongée à San Carlos a donné
lieu à l'auteur d’y faire des recherches plus soignées, et
c'est là qu'il a réussi à trouver quelques espèces en fruit,
_ qu'aux cataractes de Rio Negro et Uaupés, il n'avait va
_ qu'en élat stérile. De grandes plaques da beau Leucobryum
(4) Dans les eaux noires du Pacimoni, l'Hydropogon se trouve remplacé
par une grande Hypnacée flottante, le Potamium pacimonense S., qui croit
en telle nce qu’il serait facile d'en charger un canot; dans celles des
Rio Negro et Uaupés por le Potamium deceptioum Min, et le Lejeunea
ie, inundala S, var, fontinaloïdes,
À Se s FES SE
REVUE BRYOLOGIQUE. * 18
Martianum, sa couleur blanche de neige relevée par ses péri-
chèses d’un vif rouge-pourpre, revêtaient les troncs d'arbres
pourris, souvent en compagnie des formes variées du Lopho-
colea Martiana, de deux espèces de Micropterygium -— un des
plus élégants des genres d'Hépatiques— et d'une foule d’es-
pèces d’Aneura. Quelques Hookeria aussi se plaisaient à végéter
sur du bois putrescent. Des coussinets d’Octoblepharum, de
plusieurs espèces nouvelles, en outre de l’ubiquiteux O. albi-
dum, ses feuilles linéaires polies comme faites de cire blanche
ou rose, se perchaient sur les arbres, comme les Orthotrichum
chez nous, se
La chose qui avant toute autre frappe les yeux du bryologue
dans les forêts de l’Amazone et de l’Orénoque, c’est de voir
comment les hépatiques croissent en abondance sur les
feuilles vivantes et encore rattachées aux arbres, surtout dans
les lieux humides et ombrageux. Ce sont presque toujours les
Lejeunea qui choisissent tel habitat, et l’on trouve souvent
deux ou plusieurs espèces réunies sur une seule feuille d’arbre,
les espèces minuscules ordinairement parasites sur les grandes
comme par exemple les Drepanolejeunea, alliés de notre
Lejeunea hamatifolia, sur les £ulejeanea (flava, ete.). Qu'il lui
soil permis d'anticiper un peu en racontant que dans la regio
sylvatica inferior du Chimboraço, l’auteur a recueilli sur une
seule feuille longue-ligulée d'un Myristica, vingt espèces de
Lejeunea, la plupart d’elles fructifiées ou au moins avec des
périanthes. ;
Mêlé aux Zejeunea et leur ressemblant par le faciès, les =
tiges pinnées et les feuilles oblongues étroitement appliquées
à la surface des feuilles d'arbre, se voyait souvent un Æadula
(R. foliicola Mst. — R. flaccida L.eet G.?) : l’unique espèce
foliicole de son genre. Il y avait d’autres hépatiques qui,
commençant à végéter sur les rameuux d’un arbre, s’éten-
daient bientôt aux feuilles, e-g. certains Lophocolea, Plagio-
chila, Metzgeria, etc. Des mousses foliicoles étaient plus rares,
mais ne manquaient pas entièrement, spécialement sur les
feuilles des palmiers et des fougères; et le Hookeria (Lepi-
dopilum) Patrisiæ, espèce remarquable par ses feuilles d’un
beau vert luisant (qui n’a pas changé pendant longues an-
nées dans l’herbier), se voyait rarement en d'autre habitat.
Quelques Lejeunea ramicoles, surtout du beau sous-genre
que l’auteur a nommé Archilejeunea, ont un mode de naître
qui ne se voit presque jamais chez les hépatiques de l’Europe.
D'un tronc, ou caudex, qui rampe le long d’an rameau
d’arbuste, sortent des tiges rameuses élalées en deux rangs
horizontaux et opposés, et en deux ou plusieurs couches
serrées, de manière qu’à chaque côlé d’un ramulus qui n'a
_ peut-être pas plus d’un demi-pouce de diamètre, elles for-
_. ment une frange de deux pouces de large, La même mode
.
66.‘ REVUE BRYOLOGIQUE.
de croître se voit chez quelques Plagiochila, ceux surtout de
la section Cristatæ (i. e. Pl hypnoides et ses aliiés), et chez
plusieurs mousses du genre Lepidopilum. — On peut remar-
_ quer en passant que, bien que les différences entre Hookeria
= (iypica} et Lepidopilum ont à peine une valeur générique,
_ et que les espèces des deux groupes abondent dans les
forêts de l'Amazone et des Andes, l’auteur n’a jamais vu un
Lepidopilum sur du bois pourri, mais toujours ou sur les
__ arbres vivants ou sur les rochers ; tandis que les vrais
_ Hookeria se trouvent assez souvent sur les arbres abattus et
_ semiputrides.
est singulier qu’à côlé de l'abondance des ZLejeunea, les
_ Frullania de la plaine Amazonienne, quelque peu d'espèces
_submaritimes et deux nouvelles de l’'Orénoque exceptées, se
- limitent à quatre ou cinq (c. a. d. les . F. squarrosa, gib-
= bosa, etc.) qui paraissent suivre l’homme dans ses migrations,
_ etnese trouvent jamais loin des habitations, s’établissant par
_ préférence sur les arbres domestiques, tels que le Crescentia
_ cujete, le Guilielmia speciosa, etc.
Les Bazzania (Mastigobryum Syn. Hep.), fort rares dans
les forêts qui bordent l’Amazone, sont représentées sur les
Rio Negro et Uaupès par plusieurs belles espèces, croissant
sur les roches granitiques et au pied des vieux arbres. Les
_ espèces d’un autre genre, Xantia Gray (Calypogeia Syn. Hep.),
__ voisin du Bazzania par sa végétation et par ses fleurs ‘hypo-
__ gènes, mais séparé par ses fruits pendants en forme de sac,
_ se plaisent à croître sur les troncs putrescents ou sur la terre
humide, et, pour la plupart, évitent les rochers. Des dix
_ espèces de Xantia — toutes apparemment nouvelles — qu'il
a trouvées en Amériquê, six habitent le Rio Negro et ses
affluents. :
Les hépatiques cependant les plus intéressantes et nou-
_ velles du Rio Negro et de l’Orénoque sont, les unes types de
_ genres nouveaux, voisins du Cephalozia ; les autres, que
_ l'auteur a rattachées au Cephalozia, comme sous-genres. De
: cés dernières est le Protocephalozta ephemeroides S., plante
à minuscule qui, par son protonema, paraitrait une mousse
phascoïde, tandis que ses fleurs des deux sexes et ses fruits
différent à peine de ceux de notre Cephalozia bicuspidata L.;
et le Pteropsiella frondiformis S., ayant aussi la fructification
du Cephalozia, mais, aa lieu d’une tige couverte de feuilles,
. une fronde linéaire comparable à celle d’un Metzgeria. Des
_ nouveaux genres, le plus remarquable est l'A romoclada, déjà
= décrit par l’auteur (avec une planche) dans le « Journal of
= Botany » pour l’année 1876. M
Ses travaux achevés dans le sud du Venezuela, l’auteur des-
_ cendit le Rio Negro jusqu’à son confluent ayec l'Amazone,
arrivant encore à Manaos le 23 décembre de 1854, depuis
A
une absence de près de trois ans. Là, il s’occupa principale-
ment pendant trois mois à arranger ses collections et à les
expédier en Europe, variant cette occupation par une excur-
sion de quelques jours sur le petit fleuve Taruma, qu'il n'avait
pu visiter dès son premier séjour à Manaos. Maintenant il lui
restait à se mettre encore en voyage sur l’Amazone supérieur
pour l’exploration des Andes du Pérou et de l’Ecuador. S'em-
barquant à Manaos, le 15 mars, et remontant l’Amazone jus-
qu'au confluent du Huallaga, puis suivant par ce dernier
fleuve, qui court du sud au nord, au-delà des premiers ra-
pides et cataractes (e/ Pongo y los malos pasos de Chasuta), il
arriva à son affluent, le Mayo, par où entrant quelques lieues,
un trajet par terre d’un jour le conduisit à Tarapoto (lat,
6° 30° S.), ville de 6 à 7,000 habitants, indiens et mes{izos;
rendez-vous qu'il avait choisi en avant, et qui fut sa résidence
principale pendant près de deux ans. Située dans une grande
pampa, ou plaine, à la hauteur de 330 mètres au-dessus de la
mer, environnée de tous côtés de montagnes pittoresques,
rocheuses et boisées, dont nulle ne dépasse 2,000 mètres de
hauteur; arrosée d’une multitude de ruisseaux bruyants qui
presque tous débouchent à la pampa par des gorges à parois
perpendiculaires, appelées pongos ou cañones, la ville se trouve
au milieu d’un véritable et grandiose amphithéâtre, Dans les
montagnes, les tempêtes de pluie et de tonnerre sont fré-
quentes — en certains endroits, presque journalières — mais
à Tarapoto même le climat est délicieux, chaud certainement,
mais assez supportable, et aux mois de juin et de juillet sou-
vent à s’appelér frais; l'humidité aussin'est jamais excessive.
On peut dire en passant que la formation géologique est la
Triassique, que le sel abonde eu quelques endroits et que des
couches calcaires n’y manquent pas ; mais comme on n'a pas
vu là une seule hépatique qui parût préférer une habitation
calcaire ou saline, et que presque toutes aiment mieux croître
sur les arbres, y compris les feuilles vives, les roches v'y
comptent pas pour beaucoup.
_ La première chose qui frappe les yeux du botaniste à Tara-
= poto, c'est l'abondance et la variété des fougères. Ces plantes
sont, comme on le sait, par préférence, ou marilimes ou mon-
tagneuses. Sur les côtes du Brésil, on en trouve un assez
grand nombre d'espèces; mais, dans l'intérieur du continent
et de la plaine Amazonienne, bien que les fougères n’y man-
quent point, les espèces ne sont jamais nombreuses, et plu-
sieurs d’entre elles reviennent presque à chaque pas, jusqu’au
ied même des Andes. On peut juger donc de la richesse de
la cordillera orientale du Pérou en fougères, par le fait que M
_ là, dans un cercle de moins de 50 milles de diamètre, l'auteur
a trouvé 250 espèces de fougères et d’autres ptéridophytes,
dont plusieurs nouvelles, surlout des fougères arborescentes,
me
REVUE BRYOLOGIQUE.
Comme il y avait à Tarapoto une plus grande extension de
_terres cultivées—d’où les arbres forestiers avaient en grande
_ partie disparus—que nulle part sur l’Amazone, ce n’était que
dans les lieux retirés et incultes et sur les pentes rocheuses
_et escarpées, que se rencontrait la belle végétation arborigène
en perfection. La localité qu’il trouva la plus riche, est une
_ montagne, ou groupe de montagnes, appelée La Campana, à
trois journées de Tarapoto et à deux de Moyobamba. Dans
_ celte montagne, il s'établit à deux reprises, chaque fois pour
_ quelques semaines, et de là il se retira avec une fort riche
_ Moisson, tant de plantes à fleurs que de fougères et d’autres
: ARR. ;
., Parmiles plantes de cette région les plus intéressantes depuis
les fougères, on peut nommer les Rubiacées, dont il recueillit
98 espèces, un petit nombre déjà connu par les travaux de
Ruiz et Pavon, de PϾppig et de Matthews, mais la plupart
nouvelles. Il est possible qu’il se plaisait plus à rencontrer
pour la première fois sous l'équateur quelques petites plantes
Qui le faisaient ressouvenir des fleurs familières de sa jeu-
_resse ; par exemple, vers mille mètres d’élévation, il a re-
trouvé son premier enoncule (R. Hagelliformis Sm. , espèce
. semblable à notre À. hederaceus par ses feuilles, mais aux
_ fleurs jaunes); de même qu’un ARubus (2. urticæfolius Poir.),
un Hydrocotyle (H. pusilla Rich.) , un Samicula, un Stellaria,
_ nn Xubia, et deux espèces de Valeriana. Quelques genres de
_ Mousses, absents de Ja plaine, commencèrent à paraître dans
Ja zona sylvatica inferior des Andes; e. g. ces superbes
mousses les Phyllogonium, les Rhacopilum et les Hypoptery-
_ÿium, qui toutes, par leurs feuilles primaires distiques, dans
les derniers genres accompagnées de folioles stipulaires, pa-
raissent au premier coup d'œil plutôt des hépatiques que des
mousses, D’autres genres de mousses rencontrés aux Andes
Péruviens, qui ne descendent jamais à la plaine, sont Helico-
= Phyllum , Distichophyltum , Cryphæa, Pterobryum , Entodon ,
Fabronia, ete. Les Tortula, représentés sur l’Amazone , et
fort rarement, par le seul F. agraria, commencent à être
moins rares; de même que les Bryum, dont le Br, coronatum
_€t une forme stérile du Br. albicans sont les seules espèces
Amazoniennes. Quant aux hépatiques, tandis que les Lejeunea
Sont presque aussi abondantes que sur l’Amazone, et qu’elles
dés arbres, les Frullania de la S Thy
EF. lamarisci) y paraissent pour |
autres genres des Andes oriental
montrent encore la même préférence pour les feuilles vives
REVUE BRYOLOGIQUE. 69
_par une espèce microscopique, voisine de notre L. selacea,
trouvée une seule fois à l’état stérile, vers l’embouchure du
Rio-Negro, se rencontre dans les monts de Tarapoto, sous la
forme de grande et d’élégantes espèces.
Pour se transporter du Pérou à l’Ecuador, deux chemins se ;
présentaient : 4° il pourrait traverser les Andes par la voie de
Chachapoyas et Cajamarca pour arriver à la côte l'Océan Pa-
cifique et de là s‘embarquer pour Guayaquil ; 2° il lai faudrait
descendre le Huallaga jusqu’à sa confluence avec l’Amazone
(ou Maragnon, comme on l'appelle au Pérou), puis remonter
ce dernier et son tributaire boréal le Pastasa. Arrivé au
confluent du Pastasa avec le Bobonasa (ou Bombonasa), il
prendrait par cette petite rivière jusqu’au village indien de
Canelos. Resterait un trajet par terre d’une quinzaine pour
arriver enfin à Baños, premier village civilisé de l'Ecuador,
du côté de l’est. Deux commerçants espagnols, à Tarapoto, se
préparaient à aller à Guayaquil, pour leurs négoces; il s’en-
gagea à faire le voyage avec eux, leur laissant aussi la déter-
mination de la route, Leur choix fut finalement pour la voie
des rivières et de la Moñtana de Canelos (i. e. la Forêt de la
Canelle), et les voyageurs partirent de Tarapoto, le 23 mars
1857, puis, s’embarquant à Chasuta sur le Huallaga, en deux
canots, lui et son domestique dans l’un, et les deux espagnols
dans l’autre, avec sept indiens de rameurs dans chaque canot,
ils commencèrent un voyage, qui devait durer cent et un
jours. : à
A la Lagana del Gran Cucama, vers l'embouchure de
l'Huallaga, ils tenaient à changer leur équipage ; puis, remon-
tant le Marañon, ils trouvèrent que les petits pueblos, épars
‘ çà et là, sur les bords du fleuve, jusqu’à Santiago de Borja,
avaient élé tout récemment désertés en conséquence d’une
incursion des féroces Huambisas, nation d’infieles qui habitent
les forêts des Andes orientales, au nord du Marañon, el qui,
… depuis plus de 300 ans, les colons espagnols n'ont jamais pu
_subjuguer. Ce fut de même pour le petit village de Santander,
au dedans du Pastasa, et de quelques plantations solitaires
sur cette rivière; les habitants, que les voyageurs avaient
compté y trouver, tous, ou tués par les sauvages où en fuite.
Ainsi, il leur fut nécessaire d’être toujours à l'alerte, et,
chaque nuit, les trois blancs de la compagnie, bien armés,
faisaient la sentinelle tour à tour. Depuis près de trois semaines
qu'ils naviguaient, depuis La Laguna, ils n'avaient rencontré
personne. C'était la saison des pluies, quand les indiens del
monte (c’est-à-dire de la forêt), ne cherchent presque jamais
les bords des grandes rivières, vu qu’alors le poisson et le
gibier sont difficiles à y trouver. Échappés du péril des sau-
_vages, les voyageurs faisaient peu de cas des orages journa-
liers et de la peste de moustiques qui, jour et nuit, ne
7 | REVUE BRYOLOGIQUE.
cessait pas. Au vingtième jour, ils arrivèrent au petil village
indien de Pinches, où ils trouvèrent quelques gens, et au vingt-
_ troisième jour depuis, à Andoas, dernier village Péruvien, du
_ côté du nord. Là ils avaient à changer encore l'équipage des
_ canots et à faire provision pour le reste du chemin par eau.
__ Partis d'Andoas, ils laissèrent le Pastasa et entrèrent dans le
Bobonasa, qui vient le joindre à la rive gauche, En quelques
jours de voyage, ils se trouvèrent déjà dans les premières
ondulations des Andes. Les cailloux, qui manqueni entiè-
rement sur les rivages du Pastasa inférieur, commencèrent à
_ paraître sur le Bobonasa, d’abord petits, ensuite plus grands,
un peu plus haut, de vrais blocs erratiques de granit aux
veines quartzeuses. Plus haut encore, la rivière faisait, sur
quelques points, de pelites chutes, sur une roche molle et
arénacée, par où il fallait traîner les canots à la main.
Le 21 mai, ils arrivèrent à Paca-Yacu, petit village situé
sur une hauteur qui domine la rive gauche du Bobonasa (1).
_ Canelos, village plus considérable, autrefois siège d’une mis-
_ sion des Franciscains, n’était qu’à trois jours de voyage plus
__ baut, mais les canots que jusquà Paca-Yacu ils avaient levés
depuis Chasuta, ne les serviraient plus ; il faadrait, dès lors,
user de canois très petils, plats, et d’un bois léger. Ils ap-
_ prirent aussi que les indiens de Canelos s’en étaient allés tous
à chercher de l'or dans les sables aurifères d’un affluent du
Curoray, lui-même tributaire du Napo, qui prend sa source
dans le volcan Cotopaxi. De Canelos, il fallait laisser la rivière
et faire à pied ce qui restait du chemin pour arriver à Baños,
dans la sierra. Voyant alors le nombre de cargueiros (por-
teurs), indispensable à faire transporter ses effets et des
vivres, et que le peu d'hommes disponibles à Paca-Yacu n’y
suflirait pas; ils se déterminèrent à se séparer. Les deux
espagnols, pressés pour arriver à leur destination, partirent
en avant, et l’auteur envoya le gouverneur indien à un autre
pueblo (Sara-Yacu), à deux journées de distance, pour lui
procurer les cargueiros dont il avait besoin, s’occupant lui-
même, dans l'intervalle, à faire provision pour le chemin, à
chercher des mousses et à faire une collection des beaux
coléoptères qui y abondaient à un degré extraordinaire,
Enfin, le voilà parti de Paca-Yacu, et le 44 juin de Canelos,
chemin faisant à pied dans la forêt, grimpant les hauteurs
_ glissantes, "longeant les précipices, passant à gué un grand
_ nombre de rivières el de ruisseaux, gonflés par les pluies qui
- tombaient journellement, et dormant les nuits sous un toit
improvisé de feuilles de palmiers, sur un poncho de caout-
chouc qui le garantit de l’humidité du sol. Sa compagnie
consistait en 16 personnes, lui, son domestique ét 14 indiens
(1; Allitudes prises à Paca-Yacu : village, 425 mètres : rivière, 352 mètres.
_cargueiros, dont la moitié portaient des provisions pour deux
semaines, parce que c’est une forêt où le gibier manque
presque entièrement, et les habitations se limitent à 3 ou
4 ranches d’indiens sauvages (Jibaros), vers le milieu du
chemin, où le voyageur peut se pourvoir de quelques bananes
et peut-être d’un ou deux poulets. Après avoir été plus d’une
fois arrêté sur les bords des rivières en crue, espérant que
les eaux se baissassent, ils approchèrent, le 26 juin, au plas
grand et rapide affluent du Pastasa, le Topo, qui tire son
origine des monts de Llanganati, groupe de volcans entre le
Tunguragua et le Cotopaxi, bien connu des académiciens
français, mais qui, rarement, se trouve sur les cartes ordi-
naires. Le bruit de ses eaux, dans un lit plein de rochers,
s'était fait entendre plas d’une heure en avant, et, arrivés
sur les bords, ils voyaient un grand fleuve, aux vagues écu-
mantes et blanches comme la neige, qui, jusqu'où s’étendait
la vue, en haut, et en bas jusqu’au Pastasa (qui n’était pas
loin), ne laissait pas apercevoir le moindre espace d’eau tran-
quille. Ici, il ne fut plus question de faire le passage à gué;
l'usage était de jeter quatre ponts en ligne, de la rive gauche
à trois roches saillantes du milieu, puis à l’autre côté. Le
matériel fut le grand bambou (Guadua angustifolia), qui ercis-
sait là en abondance, dont 3 ou 4 troncs, amarrés côte à
côte, avec de la liane, formèrent un pont, et les extrémités
des ponts venaient se reposer sur les rochers susdits, Mais, à
leur grand chagrin, les voyageurs trouvèrent la roché cen-
trale couverte de l’eau, montrant son sommet seulement quand
les flots se retiraient par moments. Évidemment, il fat impos
sible de faire rester un pont là-dessus, pendant que la rivièr
ne baissait pas, et il n’y avait d'autre remède que d'attendr
cette circonstance. Ils passèrent trois nuits sur les bords de
cette triste rivière ; le temps ne s'améliorait pas, et les eaux
ne s’abaissaient pas. Au point du quatrième jour, l'auteur vit
que ses vivres étaient presque épuisés. Les indiens murmu-
paient, disant que « le blanc » les avait trainés dans cette
_ forêt pour les laisser mourir de faim, et il voyait bien que, s’il
restait là encore une nuit, le jour suivant, il se trou it
solus. Dans cette funeste extrémité, il parcourait le rivage,
comme il l'avait déjà fait dix fois, cherchant quelque lieu par
où il fût possible de traverser le fleuve, A près d’un kilomètr
plus haut, il put voir deux grandes pierres saillantes du mil e
des eaux, par où, si elles ne se trouvaient trop éloignées, ils
pourraient peut-être passer de l’autre côté, au moyen de trois
ponts. Les bambous avaient été déjà coupés et préparés, et
les indiens ne tardèrent pas à en faire l'expérience. Le pre-
mier pont fut facilement placé ; puis, ayant choisi trois bam-
_ bous des plus longs et forts, ils réussirent à les mettre
“rester sur les deux pierres, mais l'intervalle fut si grand,
: _ REVUE BRYOLOGIQUE.
qu’ils n'y reposaient que sur les pointes mêmes, et, quand
un homme essaya de traverser ce pont, long et flexible, son
poids le faisait plier sous lui, de manière que, vers le milieu,
il avait l’eau jusqu'aux genoux, et il fut bien évident qu'avec
_ le poids additionnel d’ane des caisses, le pont, avec lui,
aurait été abimé. Cependant, la vie est précieuse, et des coups
de tonnerre annoncèrent une prochaine tempêle, Sans perte
_ de temps, le troisième pont fut fixé, et l’auteur, portant son
__ revolver, et avec quelques doublons noués dans sa ceinture,
__ ses compagnons, chargés de son matelas, un change de vête-
ments et le petit reste des vivres, tous traversèrent ces frêles
: ponts, un par un, sans accident. Mais ses précieux effets, —
ses livres, — ses manuscrits, — son microscope et télescope,
etc., etc., tous furent abandonnés. Il est vrai qne ses gens
avaient mis les caisses à l’abri d’une espèce de toit fabriqué
_ des feuilles molles et périssables d’an Anthurium, vu que les
__ palmiers manquaient entièrement en ce lieu, ayant été abattus
_ par des voyageurs précédents.
Au second jour, après avoir träversé le Topo, l’auteur
arriva à la première habitation d'hommes civilisés, — une
_ hacienda de canne à sucre, — à la confluence d'une rivière
appelée Verde avec le Pastasa; et, en deux autres jours,
_ au village de Baños, le 1* juillet, Là, un de ses premiers
soins, fut de chercher des cargueiros pratiques, et de les en-
_ voyer, avec son domestique, au Topo, où ils attendirent
_ encore onze jours avant que la rivière fût assez basse pour
_ leur permettre de jeter des ponts; de sorte que, près de trois
semaines s'étaient écoulées depuis l'abandon de ses effets,
_ avant qu’il réussit à les recouvrir. Les cargueiros trouvèrent
_ les feuilles du toit pourries et tombées sur les caisses, dont
_ Ja couverture en cuir, saturée de l’eau des pluies, s’étail
_ transformée en une espèce de saucissé, pleine de larves des
_ mouches sylvestres ! Malgré cela, le contenu des caisses
n'avait souffert que d'être un peu moisi.
_ La Moñtana de Canelos n’a pas de limites fixes. Elle s’étend
entre les parallèles de 1° à 2°, lat. S., et entre les méridiens
71° à 78° 1/2 à l'ouest de Londres, dépassant un peu ces
limites en quelques endroits. Dans celte étendue, sont com-
prises les sources de plusieurs tributaires du Pastasa et du
Napo, et une partie du cours supérieur de ces fleuves mêmes.
Elle est bornée, à l’ouest, par les volcans Cotopaxi, Llanga-
nati et Tunguragua ; et, à l’est, elle s’abaisse insensiblement
à la plaine Amazonienne, vers le milieu du cours du Bobonasa.
I! va sans dire, qu'à moins des petites plantations des indiens,
. tont est forêt primitive. C’est dans celte forêt de Canelos, et
_ sur les bords du Cararay et du Napo, que Gonzalo Pizarro
__erra pendant plus de deux années, cherchant toujours des
_ cités aussi riches que celles du Pérou, qu'il s'était imaginé
%
REVUE BRYOLOGIQUE. De. Ce
devoir y exister ; espérant d'ailleurs découvrir ce grand fleuve
qui, réunissant tous les fleuves de la cordillère, courait du
coucher au levant, pour se jeter dans l'Océan Atlantique :
honneur qui lui fut dérobé par son lieutenant, Orellana. Il
était sorti de Quito, en décembre 1539, avec 350 espagnols
et 4,000 indiens ; il y retourna avec 80 espagnols seulement,
ayant perdu presque tous les indiens, ou par la mort, ou
par la fuite. :
Deux cent trente ans plus tard, M”° Godin des Odonais,
femme d’un des savants collaborateurs de M. de La Conda-
mine, voulant rejoindre son mari à Cayenne, choisit la voie
de l’Amazone. Sortie de Riobamba, ville des Andes de Quito,
vers la fin de l’année 1769, elle était arrivée à Canelos sans
accident. Là, elle irouva le village déserté, à cause d’une
épidémie de petite vérole. Les indiens de la sierra, chargés
jusque-là des effets de Mw Godin, craignant la contagion,
retournèrent incontinent sur leurs pas. Restèrent avec elle,
ses deux frères et six gens de sa suite, tous inaccoutumés à
la navigation. Ne trouvant pas de canot à Ganelos, ils cons-
truisirent -une espèce de radeau ; mais, ignorants de sa ma-
nœuvre, le second jour, il fut bouleversé, et ils perdirent
presque tous leurs effets, les vivres inclus. Essayant ensuite
de suivre, à pied, les bords du Bobonasa, ils s’égarèrent dans
le bois, où, après avoir erré quelques jours, ils succombèrent
un par un, à la faim et la fatigue, de sorte que, bientôt,
M: Godin, seule, resta en vie. Mue, plus par la nécessité de
s’écarter du triste spectacle de ses frères morts, que par
quelque espoir de se sauver, elle suivit encore, dans la forêt,
et, heureusement, elle put trouver quelques œufs de tinamou
et des fruits sauvages suflisants pour se soutenir. Le matin
du dixième jour, depuis la mort de ses compagnons, elle se
trouva sur les bords de la rivière, au moment même que
deux indiens allaient s’embarquer dans un canot, Ces bonnes
gens la secoururent et la conduisirent à Andoas, d’où elle
put suivre à La Laguna, et de là descendre dans l’Amazone,
jusqu’à Cayenne, où l’espérait son mari. Pendant le temps
qu’elle errait, égarée dans la forêt de Canelos, ses cheveux
s'étaient entièrement blanchis ; et, jusqu’à la fin de sa vie,
elle ne pouvait jamais parler, ni même penser à ces Jours sl
funestes pour elle, sans frémir, — L'auteur, chaque fois qu’il
se rappelle des calamités dont celte pauvre dame fut acca-
blée, trouve que ses propres souffrances, dans la même région,
ne furent que fort peu considérables. : à
Pour traiter maintenant de la végétation, il ne croit pas se
tromper beaucoup quand il réclame pour la forêt de Canelos
le titre de la plus riche localité cryptogamique sur la face du
globe. Les arbres mêmes, en certains endroits, ne paraissent
pas servir d’autre but que d’y faire pendre des fougères, des
mousses et des lichens. Les fougères épiphytes, qui abondent
le plus, sont principalement des Æymenophylleæ et des Poly-
podium (dans le sens le plus large). Entre les fougères ter-
restres, il y en a qui alteignent une hauteur presque gigan-
_tesque : elles appartiennent aux genres Maratiia, Hypolepis,
_ Liütobrochia, etc. ; imais les espèces vraiment arborescentes,
cèdent en variété à celles de Tarapoto. Entre les mousses, les
genres Æookeria et Lepidopilum occupent la première place,
et il put les enrichir de plusieurs espèces nouvelles, Parmi
les espèces déjà connues, on peut nommer le superbe Hookeria
pendula, découvert par Humboldt et Bonpland dans la Nou-
velle-Grenade, et le Hemiragis aurea (Lam.) Brid., qui ornait
_ les troncs d’arbres avec ses grandes touffes, et par ses /o/a
= dongissima lineari-subulata hamato-secunda pluristriata ad apicem
fere usque bicostata paraissait plutôt un Æarpidium, voisin de
VA, uncinatum, qu’un Lepidopilum ; et, par ses autres carac-
_ tères, il mérite bien d’êlre regardé comme sui generis. Connu
_ depuis longtemps par des échantillons rapportés des Antilles,
par Richard, il semble que sa coiffe mitriforme était restée
_ inconnue avant que l’auteur la trouvât èn sifu, puisque La-
marck et G Müller l'ont pris pour un Æypnum; Bridel et
_ Schwaegrichen pour un Leskea (sous-genre Hemiragis Brid.),
et Hornschuch pour un Dicranum ! Deux belles Fissidentées
inédites, par leur port et leurs tiges pinnées et applaties
rappelant les Veckera, croissaient, l’une au sommet du mont
_ Abitagua (2,000 mètres, le point culminant du chemin de
_Canelos) sur les troncs des palmiers (C'eroxylon) en compagnie
de l’unique Scapania que l’auteur ait trouvé aux Añdes, et
elle constitue le type d’un nouveau genre, Sorapilla (Spruce
et Mitt.), distinct par ses périchèses axillaires quasi-hypnoiïdes,
sa petite coitfe conique et écailleuse, et Les dents de son péris-
_ tome entières, ou tout au plus un peu perforées,—jamais dicra-
_ noïdes. L’autre (Fissidens hydropogon Spruce), par son habitat
sur les branches des arbres arrosées par les eaux du Bobo-
nasa, faisait rappeler le Hydropogon fontinaloides de l'Oré-
_ noque; par sa ramificalion et par les dents du péristome
_ fendues en deux, non-seulement au milieu, mais presque
- jusqu’à la base, il pourrait bien constituer au moins un sous-
_ genre de fissidens. Un nouveau genre d'Hypnoïdées, Syrin-
… gothecium.Mitt., dont le péristome intérieur dépasse l'extérieur,
_S’approchant, par ce Caractère, du Éhegmatodon, mais, par
* d’aatres, bien éloigné de lui, fut trouvé en bon état, mais en
très pelite quantité. Des mousses acrocarpes, celles qui lui.
_plaisaient le plus, furent les beaux Acidodontium , ayan! Jes
… feuilles et les grandes capsules pendantes des Bryum, mais le
__ péristome des Bartramia, qui croissaient en grandes touffes
_ sur les rameaux des arbres, comme les U/lota de nos hois.
” Les hépatiques les plus précieuses sont souvenli, comme on
le sait, très minulieuses; pour leur recherche, il faut un
examen scrupuleux, fait sans hâte, tel que les circonstances
ne lui permettaient de le faire. Malgré cela, il en recueillit
plusieurs nouveautés, et, entr’elles, un genre inédit, le Myrio-
colea irrorata, figuré sur la tab. XXII de son livre, qui est
peut-être la plus intéressante hépatique qu'il ait jamais trou-
vée. Elle croissait sur des arbustes arrosés des eaux du Topo,
unique souvenir agréable qu'il conserve de cette rivière. —
Toutes les hépatiques recueillies dans la vallée du Pastasa,
entre 4,700 et 300 mètres d'altitude, c'est-à-dire de la cata-
racte d’Agoyän en bas, appartiennent à la forêt de Canelos,
et, comme on verra par son livre, elles sont assez nom-
breuses.
ll n'a pas dit plus haut, qu'à cause du mauvais temps, la
forêt, en certains endroits, était devenue un bourbier, et
que, par conséquent, les indiens se plaignaient du poids des
caisses, surtout de l’une d'elles, remplie de papier à sécher
des plantes. Vers le milieu du chemin, pour alléger les cargos,
il se résolut à abandonner tout ce papier el faire nne nouvelle
réparlition du restant de ses effets, ne se doutant point
qu’une fois arrivé à Baños, il pourrait renouveler son papier.
Poursuivant alors dans la forêt, il fut rédait à empaqueter
ses mousses dans les grandes feuilles des Âaranta et des
Héliconia, les liant avec les racines filiformes aériennes des
Carludovica et d’autres épiphytes. Les nuits, il faisait sécher
ces paquets, suspendus d'un cordon en compagnie de ses
vêtements trempés, à la fumée d’un grand feu. Son espoir,
cependant, de trouver à Baños du papier quelconque, fut
trompé, et, faute de mieux, il acheta dans la seuie boutique
un rouleau de toile de coton, qui lui servit à faire dessécher
‘quelques plantes, jusqu’à qu'il réussit à faire apporter du
papier de Guayaquil. Plusieurs semaines s'écoulèrent avant
de recevoir ce papier, vu que la saison des pluies avait à
peine cessé sur la descente occidentale de la cordillère, et
que les mulets chargés ne pourraient presque encore {ra-
verser ces pentes raides et glissantes (1). Baños se trouve au
pied même du mont Tunguragua, et, sur ses flancs boisés, a
y avait en abondance de quoi s'occuper, mais il ne laissait
pas de songer aux belles fougères qu'il avait vues au-delà
da Topo, et aussitôt que le papier lui parvint, il fit ses prépa-
ratifs pour pénétrer encore dans la forêt. Avec quatre car-
gueros, son servant et des vivres pour douze jours, il prit le
chemin de Canelos, le 6 octobre. Mais les plaies ne se modé-
raient pas encore à l’est de la cordillère, et, arrivé au Topo,
il le trouva impraticable. Deux nuits il attendit sur les bords;
le jour fut orageux, mais la seconde nuit il ne plut pas, et il
M ;
| (4) Baños: lat, 4° 27° $,, alt., 4,818 mètres.
REVUE BRYOLOGIQUE.
_ voyait avec joie, le matin du troisième jour, que les eaux
_ s'étaient abaiïssées. Il ne larda pas à faire jeter les quatre
_ ponts, et il prit soin de les faire bien solides et de les amarrer
_ de manière à faire d’enx un seul pont continu, espérant le
trouver à son retour. Mais, bien qu’ils ne restèrent pas plus
de trois nuits au-delà du Topo, en revenant sur les bords, le
quatrième jour, vers le couchant du soleil, le pont n’y était
plus, ayant été enlevé la nuit antérieure par des orages ter-
_ ribles qui durèrent douze heures, inondant la ranche des
_ voyageurs et éteignant son feu, de sorte qu’au point du jour,
_: ils se trouvèrent tout mouillés, assis sur les fardeaux, et les .
pieds dans l’eau. Heureusement, pendant la journée, le Topo
__ s'était abaissé assez pour découvrir les têtes des rochers;
ainsi, des bambous furent abattus, arrangés sur les rochers,
_ etils purent les traverser aux derniers rayons du crépuscule.
— ]1 apprit trop tard que c'était seulement pendant les trois
mois de décembre, janvier et février, qu’on pouvait espérer
trouver les rivières de la forêt de Canelos assez basses pour
_ être traversées facilement et sans péril. — Maintenant, il se
_ contenla d’avoir pu consacrer un jour entier au mont Abi-
tagua, en outre de que sur tout le chemin il allait recueillant
_des plantes intéressantes; et il retourna à Baños, ayant en-
_ richi sa collection de fort belles choses.
Il ne serait pas possible , dans les limites de cette Revue,
de tracer seulement le réseau des routes suivies par l’auteur
pendant plus de trois années de voyages dans les Andes de
Quito (ou de l’Ecuador). Les montagnes qu'il a pu explorer
pour les Muscinées avec quelque soin sont les suivantes :
_ Tunguragua, El Altär, Guayrapata, Azuay, Pichincha et
-_ Chimborazo, surtout le premier. Entre les genres de mousses
qu'il trouva sur les hauts Andes, mais qu'il n’avait pas vus ni
dans la plaine, ni dans les Andes inférieurs du Pérou, on pent
nommer Astomum, Mielichoferia, Splachnum, Tayloria, Strep-
topogon, Orthotrichum, Anæctangium, Eriopus, Daltonia (dont
les touffes aiment à se percher sur les derniers brins des
bambous), Hedwigia, Prionodon, Lepyrodon, Ærobryum, Lin-
_ digia, Porotrichum, ete., etc. Les Tortula, fuyant les bois, se
__ montraient en grand nombre et variété dans les lieux décou-
verts et même arides des zônes montagneuse et subalpine.
_ Les Bryum , aussi nombreux que les Tortula, préféraient les
_ roches et les terres ombragées et humides, surtout dans le
_ voisinage des sources thermales et dans les ravins profonds .
et étroits sillonnés par les pluies dans les terrains volcaniques.
Plusieurs d’entre eux étaient nouveaux, mais aucun n'était
plus abondant que le Br, julaceum Sm. et son allié le 2r.
_ semiovalum Brid., tout les deux richement fructifiés. Les
… Neckera, représentés dans la plaine et aux pieds des Andes
REVUE BRYOLOGIQUE. 71
par seulement deux espèces ripariales, le AN, disticha et le
N. undulata , existaient dans la regio sylvatica superior sous la
forme de plusieurs grandes et belles espèces. k
Des hépatiques de la même région, les premières à frapper
la vue par leur grandeur et leur variété sont les Frullania,
celles surtout des sous-genres Chonanthelia et Thyopsella. Deux
espèces du sous-genre Meteoriopsis, les F. atrata GS et
atrosanguinea Tayl. pendent des arbres en grands festons d’un
demi-mètre de longueur, et en masses qu’on pourrait à peine
embrasser ; leur couleur sombre, souvent relevée par un
mélange du feuillage argenté d’un Phyllogonium et du beau
vert de quelques Meteorium, dont les tiges sont aussi longues
que celles des /rullania. Le Tunguragua est le paradis des
Plagiochila, surtout de la section Grandifoliæ (foliis magnis
oppositis, basi postica dilatata persæpe recurvo-cristalis,
caule apice fructifero, postea semel bisve, raro pluries, inno-
vando-furcato), et des Æeteromallæ, dont presque aucane
espèce ne se trouve plus bas que 1,500 mètres d'altitude.
Elles croissent sur les arbres, les rochers trachytiques, les
pierres vomies par d'anciennes éruptions du volcan, et sur la
terre même, à l'abri et entre les feuilles mortes d’arbustes de
la famille des Éricacées (Gaultheria, Vaccinium, T. hibaudia, ete.),
souvent accompagnées de grands coussinets du beau Jung.
colorata et d'élégantes espèces de Porella et Thuidium. Sur le
même volcan, eroissent plusieurs Lepidozia, en grandes touffes
sur les troncs d'arbres ou tapissant le sol à leurs pieds,
souvent en compagnie de trois ou quatre espèces de Leio-
mitra (Lindberg)—genre ou sous-genre qui ne diffère presque
pas du 7richocolea que seulement par la calyptre non soudée
à l’involucre — par sa couleur blanchâtre, paraissant de loin
comme des flocons de laine attachés aux arbres, Les genres
d’hépatiques qui se trouvent aux Andes de Quito, mais qui ne
furent jamais vus par l’auteur, ni dans la plaine, ni dans les
Andes du Pérou, jusqu’à la hauteur de 2,000 mètres, sont les
suivants : Jubula, Myriocolea, Isotachis, Lepicolea, Chætocolea,
Chiloscyphus, Calypogeia, Liochlæna, Jungermania ($$ Aplozia
et Anastrophyllum), Nardia, Acrobolbus, Fimbriaria, Attonia,
. Clevea. Des neuf espèces de Metzgeria recueillies, deux sont
des Andes Péraviens, lés sept autres des Andes de Quito,
dont une seule descend dans la plaine. La zone alpine des
Andes est aussi pauvre en hépatiques que celle des Pyrénées,
et l'espèce qu'il a vue monter le plus haut, c'est le Jung. cor-
difoha Hook., qui est assez commune aussi dans les mon-
tagnes de l'Europe. La mousse qu'il recuëillit le plus près de
la neige éternelle du Ghimboraço — ou vers la hauteur de la
Ü
cime du mont Blanc — est le Distichium capillaceum, en belle
.
fractification, ne montrant pas la moindre différence de l’es-
pèce Européenne, Ainsi, la mousse et l’hépatique qu'il a vues,
a+
TB REVUE BRYOLOGIQUE.
à la plus grande élévation dans les Andes, sont deux espèces
répandues sur toutes les montagnes de l’Europe. D'ici dépend
un problème de géographie botanique, dont la solution est
recommandée aux lecteurs de la Revue bryologique.
Pendant près de onze années de voyages et de travaux
incessants, l’auteur avait souvent souffert des maladies com-
munes aux pays tropicaux, surtout d’une diarrhée chronique,
parfois dyssentérique, qui, pour des années entières, ne le
_ quittait pas ; mais il se persuadait que les jambes ne lui man-
_queraient jamais. Cependant, le jour était près où il devait
payer pour avoir exposé durant de longues années à des tra-
vaux durs et inusités, un corps qui n'avait jamais été des plus
__ forts, Le matin du 29 avril 1860, quand il voulut se lever de
son lit, il ne put se tenir debout, et la tête lui parnt appar-
tenir à un autre corps. Le jour antérieur, il avait fait un
trajet à cheval de plus de trente milles, et, au milieu du
_ chemin, il mit pied à terre pour herboriser quelque temps
sur le sommet boisé du Guayrapata — montagne en face du
_ Tanguragua, et séparée de lui par la vallée"profonde du Pas-
__ tasa — dont il est fait fréquemment mention dans son livre. II
_ tombait une pluie fine toute la journée, et il s'était retiré la
nuit, se sentant un peu refroidi, mais pas fatigué. Pourtant,
une espèce de béri-béri (comme on l'appelle au Brésil) s'était
emparé de lui, que, depuis ce jour, il n’a jamais pu secouer.
= Quelque temps avant cet accident, il s'était engagé à pro-
curer des graines et des jeunes plantes de la précieuse quin-
quina rouge (Cinchona succirubra Pavon) pour le gouver-
_ nement anglais, qui se proposait de faire des plantations de
_ Cinchona aux Indes-Orientales. Douteux de son habileté à
_ remplir cet engagement, mais se voyant vers la fin de juin
un peu rétabli, quoiqu'il lui fût encore très pénible de monter
à cheval, et qu’il ne pouvait se promener à pied que pour de
_ très courtes distances, à l’aide d’un bâton, il résolut d’entrer
dans les forêts qui produisent ce Cinchona, qui occupe une
zone entre 4,000 et 2,000 mètres au-dessus de la mer, sur la
déclivité occidentale du Chimboraço. Là, en effet, il s'établit
pour presque tout le reste de l’année, dirigeant les opérations
_ et veillant journellement sur le progrès des semences à ma-
turité. En novembre, il put expédier une bonne récolte de
semences mûres, et, le dernier jour de l'an, il réussit à faire
embarquer, à Guayaquil, les jeunes plantes, déjà bien éta-
blies dans ses caisses, grâce aux soins de l’intelligent jar-
dinier, M. Robert Cross, qui l’aida, et qui, dès lors, ne se
sépara point des plantes jusqu’à ce qu’elles fussent transplan-
tées sur les monts Nilghiri, de l'Inde. Là, tant les semences
comme les plantes, ont prospéré, constituant ainsi le nucleus
des grandes plantations de Cinchona qui, aujourd’hui, existent
dans ce pays, e
REVUE BRYOLOGIQUE.
Mais la vie active de l’auteur fut finie. Son séjour dans cette
forêt humide avait fait accroître la torpeur du corps, et,
comme on lui recommanda de faire l'épreuve du climat sec
du voisinage de la mer Pacifique, il fit sa résidence, premiè-
rement, pour deux années, sur la côte de l’Écuador, puis,
pour seize mois, sur la côte du Pérou. Tout fut en vain, et
bien qu'il ne cessât point de recueillir l’éparse végétation à sa
portée, les cryptogames n’y entraient presque pas, et trois
hépatiques qu’il ramassa, en 1882, sur la plaine de Guayaquil,e
furent les dernières de la famille qu’il rencontra en Amé-
rique, — Quelque lecteur sympathique lui pardonnera ces
détails personnels. es
Retourné dans son pays vers la fin de mai 1864, il voulut,
après s'être reposé un peu, entreprendre l’examen et la des-
cription de quelques-unes de ses plantes, mais après un court =.
essai, il dut y renoncer, plus épuisé que jamais. Ainsi, it lui >
a fallu confier à d’autres mains l'élaboration de la majeure
parlie de ses collections. M. Bentham qui, depuis le commen-
cement de son voyage, s'était chargé de nommer et distribuer.
les exsiccata phanérogamiques, en a décrit un assez grand.
nombre ; d’autres ont été décrits par les rédactenrs de la
continuation de la #lora Brasiliensis de Von Martius. Les fou-
gères ont été décrites par MM. Hooker et Baker ; les mousses,
par M. Mitien; les lichens, par M. Leigbton, et les fungien
partie par M. Berkeley. Dans ces derniers temps, cependant,
il a trouvé qu’il pouvait travailler au microscope à de courtes
reprises, se reposanl les intervalles, sur son sofa, à marquer
ses observations ; et il se croit heureux d’avoir pu, dans le
soir de sa vie, revenir à ses premières amours, les hépatiques.
Bibliographie.
C. Wanxsronr. — Die Schimper’schen Mükrosporen der
Sphagna (Sep. Abd. aus Hedwigia, 1886). re
Dans celte nolice, l’auteur donne le résultat de ses re-
cherches sur les microspores des Sphaignes, qu'il a observées
dans les capsules de plusieurs espèces : ainsi, l'existence de
ces microspores ne peut plus être mise en doute, C’est la
première fois qu’elles ont élé revues depuis que Schimper les
a fail connaitre en 1858. Elles ont élé confondues avec les
granulations que contiennent les spores et qu'on observe
souvent en grand nombre; mais ces granulations sont sphé-
riques et beaucoup plus pelites que les vraies microspores
_ dont il est facile de les distinguer. F. GRAVET.
_ JEANBERNAT et RenauLd.— Guide du Bryologue dans les Pyré-
nées et le Sud-Ouest de la France, Un vol. in-8° de 494 p.
0 = REVUE BRYOLOGIQUE.
= (Ext. des Mém. de la Soc. des Se. Nat. de Cherbourg, 1885),
3 fr., chez l’un des auteurs, F. Renaud, à Aurillac, Cantal,
Cet important ouvrage, résultat de longnes études et de
nombreuses recherches, ne peut être analysé en quelques
2 ligaes, nous ne ponvons que donner les titres des chapitres :
. Avant-propos. Description sommaire. Géologie. Climat. Régions
| bryologiques. Recherches des Mousses. Appendice.
E. BESCHERELLE. —Florule bryologique de Mayotte (Ann. des
* Sc. N., 1885, p. 82-98).
Cette florule contient 53 espèces, dont 19 nouvelles décrites
en latin,
LerTaco. — Observations sur quelques mousses de Vimoutiers,
département de l'Orne (Barbula sinuosa, B, latifolia, Didymodon
luridus. Campylopus paradoxus. Phil. fontana, Aul, palustre
polycephalum. Hyp. irrigatam, Sphagnum Girgensobnii).
Bull, de la Soc. Linn. de Norm. — Tirage à part, 12 p.,
1 fr. chez l’auteur à Ticheville (Orne).
Hour. — Thamnium augustifolium sp. nov. — Une page et
une planche (Journal of Bot. for March. 1886). Trouvé sur
des rochers avec le T. alopecurum dans le Derbyshire.
JACK. — Monographie der Lebermoosgattung Physiotium
(Hedwigia 1886, I[, Il]). Tirage à part, 39 p. et 40 pl.
Cette monographie contient les caractères du genre et les
descriptions très soignées des 10 espèces (dont 2 nouvelles)
qui sont figurées dans les 40 pl.
L. GRONVALL. — En ny art af slägtet Orthotrichum. —
. Description en latin et figure d’une nouvelle espèce d’Ortho-
trichum, YO. Gevaliense.
. PiRé ET CaRDOT. — Les Muscinées des env. de Spa (Ball, de la
Soc. Bot. de Belgique, t. XXIV, 1885. Tirage à part de 29 p.
ne Ce catalogue contient l’énumération de 204 espèces avec
l'indication des localités, du terrain et l’époque de la fructi-
fication.
CARDOT. — Quelques mousses nouvelles pour la flore belge
_ (.,t. XXII) et Notice sur quelques mousses de Belgique 19. : |
t XXIV). ee de
CARDOT, — Contribution à la flore bryologique de Belgique
(Id., t. XXV). Tirage à part de 6 p. — Contient un grand
nombre de localités nouvelles pour la flore belge.
Nouvelles.
M. Marie (rue Christine, 1, Paris), offre aux botanistes,
= au prix de 30 fr, la centurie, les mousses qu'il a récoltées à
= Mayotte et à Nossi-Bé, :
Lis
N°5 | 13° axNee : 1886
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES DEux Mois
Les Manuscrits doivent être éerits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N°5.
Études sur le Péristome (swite). Paizigenr.—Sur la Morphologie des
Mousses (suite). Linpgerc. — Bibliographie. — Nouvelles.
+
Etudes sur le Péristome.
© (5° article) (1).
NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LE GENRE BRYUM (suife).
BRYuM INFLATUM species nova. — Synoïque, et, de temps en
temps quelques fleurs uniquement femelles. Touffes d’un
brun rougeâtre, enlacées de nombreuses radicules dans leur
partie inférieure, d’un vert passant au jaune paille dans le
haut, longues d’un centimètre 1/2. Tiges rouges; feuilles
d’un vert plus pâle que dans l'espèce précédente, plus lon-
gues et relativement moins larges, lancéolées, moins concaves,
longuement déeurrentes : 227,50 à 3°%,25 sur IR
Au, 50, la largeur n'’atteignant jamais la moitié de la lon-
gueur ; la nervure, rouge à la base, puis verte, bien saillante
sur le dos, dépasse en une pointe assez longue, entière on
obscurément dentée ; la marge large et épaisse, formée de
trois rangs de cellules, est ordinairement réfléchie dans toute
l'étendue de la feuille, excepté vers le sommet où eile
_ devient plane; dans les feuilles inférieures, l'étendue de cette
partie plane est un peu plus grande. Le tissu assez lâche
(4) Voir Rev. Bryol. ; 44° année, p. 49, 65, 84 ; 42° année, p. 67 et 81;
_ 13° année, p. 49. l .
M | REVUE BRYOLOGIQUE.
est formé de cellules rhomboïdales, plus allongées que dans
l'espèce précédente.
Pédicelle long de 2 centimètres 1/2. Capsule courte et
large, d’un jaune foncé passant au brun, à sporange très
enflé, presque sphérique, avec un col court et étroit : lon-
gueur totale de la capsule 2°”, 50 ; longueur du col 0"",60 ;
largeur du sporange 1", 50 à 1"",60. Opercule très étroit et
très court, en cône très aplati. Les spores, un peu moins
grandes que dans l'espèce précédente, n’atteignent pas tout
à fait 0®",04.
Péristome de couleur rouge brique, ne dépassant guère
Om=,30; l'interne très adhérent, orangé dans toute son
étendue ; processus très étroits, filiformes, étroitement fendus
sur la carène; cils nuls. Dents bien concolores à la base,
hyalines dans la partie supérieure. Les plaques dorsales
orangées, presque lisses, sont à peu près exactement carrées ;
la base, même dans les articles inférieurs, égale à peine une
fois et demie la hauteur. Les plaques ventrales, daus la partie
colorée de la dent, sont toutes divisées, la plupart par une
seule cloison accessoire, quelques-unes vers la base, par plu-
sieurs cloisons; sur la coupe transversale, les lamelles, plus
saillantes et plus pâles que dans le Bryum viride, présentent,
les unes une seule ligne mince qui les partage en deux moi-
tiés, les autres, moins nombreuses, deux ou trois lignes sem-
blables, placées généralement à égale distance les unes des
autres, et presque verticales, légèrement courbées ; quelque-
fois cependant plusieurs lignes divergentes partent du milieu
de la plaque, et quelquefois aussi deux lignes, partant des
bords, convergent pour se joindre vers le milieu. Ce sont à
_peu près les mêmes détails et les mêmes accidents de struc-
_ ture que dans l’espèce précédente; mais la substance des
plaques el des lamelles est plus claire, plus hyaline, les lignes
qui les coupent sont moins épaisses, et l’aspect général est
plus semblable à celui qu’il a dans le Bryum arcticum, tandis
que le Bryum viride ressemble davantage sous ce rapport au
Bryum Warneum.
Cette espèce a été récoltée par M. Kaurin en deux endroits
différents des montagnes de Norwège, à Nestadvolden et à
Kundsho ; il l'avait considérée comme une variété du Bryum
_ arcticum, mais la forme de la capsule et la structure du
_ péristome, l’inflorescence polygame, l'aspect et le tissu des
feuilles, qui rappellent plutôt le Bryum pendulum, doivent
l'en séparer.
Ces deux espèces, placées aïnsi sur la limite des deux
groupes que nous venons d'étudier, sont intéressantes à deux
points de vue : d’un côté, elles semblent indiquer une parenté
originelle entre la série du Bryum pendulum et celle da
_Bryum arcticum ; et d’un autre côté, elles montrent que la .
83
multitude des variétés qui établissent en quelque sorte une
suite continue de degrés entre toutes les formes de Bryum,
ici comme dans les autres sections du genre, n’esi pas une
raison suffisante pour réduire le nombre des espèces qu’elles
semblent ainsi relier. Si l’on voulait, en effet, réunir en une
seule toutes les espèces entre lesquelles on trouve une sem-
blable série de formes intermédiaires, on serait amené à ne
faire qu’une seule espèce de toutes celles qui composent nos
deux premiers groupes, et même il faudrait en ajouter d’autres
des groupes voisins.
Sur la limite opposée du groupe du Bryum arcticum, on
rencontre, en effet, d'autres espèces dans lesquelles la division
des plaques ventrales du péristome tend au contraire à
s’effacer et disparaît presque complètement. J'ai déjà signalé,
sous ce rapport, celle que j'ai appelée Bryum Kindbergii ;
M. Kaurin m'a envoyé de nouveaux échantillons de cette
espèce, récoltés aussi à Kongsvold, comme les premiers
qu'avait trouvés M. Kindberg ; elle n’est donc probablement
pas très rare dans ces montagnes. D'un autre côté, j'ai récolté
moi-même dans les Alpes vaudoises, au-dessus de Bex, une
autre forme qui, quoique distincte du Bryum Kindbergii,
s'éloigne cependant du Bryum arcticum par des caractères
du même ordre.
REVUE BRYOLOGIQUE.
BRYUM HELYETICUM species nova. — Synoïque. Plantes d'aon
rouge vineux sombre; chaque tige, longue de 6 à 7 milli-
mètres, porte des feuilles espacées et un feutre abondant de
radicelles rouges. Feuilles longues et très étroites (3° à
3", 25, sur Om", 40 à 0,50), entières, linéaires, longuement
acuminées en une pointe très fine, qui à la fin est formée
seulement par la nervure amincie, légèrement décurrentes ;
nervure rouge, large et peu saillante ; tissu lâche, formé de
cellules molles, assez larges, mais surtout très longues : la
- longueur égale trois ou quatre fois la largeur; marge bien
distincte, large, mince et colorée, formée de deux à quatre
rangs de cellules étroites et jaunâtres sur une seule épaisseur ;
elle est ordinairement plane ou légèrement recourbée, plus
rarement réfléchie par places. Les feuilles inférieures de la
tige et celles des rameaux stériles sont un peu plus courteset
moins acuminées.
Pédicelles inégaux : leur longueur varie de 4 centimètre à 7
2 cent. 1/2. Capsule oblongue pyriforme, assez étroite , très
courbée; sa longueur varie de 2 à 3 millimètres; sa plus
grande largeur atteint à peine 4"”; le col, rétréci à l’état sec,
est presque aussi long que le sporange ; en somme, la forme
est à peu près la même que dans le Bryum arcticum typique,
mais la couleur est plus foncée, d’un brun rougeâtre ; le tissu . .
est formé de cellules rectangulaires inégales très allongées,
la longueur égalant souvent trois où quatre fois la largeur, à
| REVUE BRYOLOGIQUE.
parois assez épaisses. Le bord de la capsule est d’un rouge
foncé, et il est formé de quatre rangs de cellules très petites,
arrondies, dont les parois sont beaucoup plus épaisses encore.
Opercule conique aigu, étroit (0,45 en diamètre), de même
couleur que la capsule. Spores mesurant 0», 04, d’un jaune
verdâtre : elles ont la même grosseur et le même aspect que
dans le Bryum pendulum.
Péristome long de 0", 35 ; dents régulièrement acuminées
de la base au sommet, d’un jaune fauve avec une base rouge
orangée, devenant hyalines dans la moitié supérieure. Péris-
tome interne très adhérent et très imparfait; Ja membrane
courte est d’un jaune orangé ; les processus blanchâtres, très
étroits dès leur base, entiers, deviennent complètement fili-
_ formes et semblables à des cils dans leur partie supérieure ;
ils sont presque toujours plus courts que les dents, et ils man-
quent souvent par places.
Les dents, dans leur partie colorée, sont munies de petites
lamelles dorsales papilleuses , et de lamelles ventrales assez
courtes, qui adhèrent à la membrane du péristome interne ;
dans leur moitié supérieure elles sont complètement lisses ,
sans trace de lamelles : les plaques ventrales forment , dans
toute cette partie de la dent, une surface obtuse, arrondie, et
continue , le long de laquelle les plaques dorsales dépassent
de chaque côté en une marge plus transparente, Dans la
partie colorée, les plaques dorsales sont orangées , presque
carrées, assez épaisses, finement ponctuées : quand on les
examine sur le côté, on voit que leur épaisseur devient plus
grande au point d’intersection de leurs articulations verticales
et horizontales, et c’est ce qui fait qu'elles semblent se relever
en ce point en une petite lamelle, Dans cette moitié inférieure
de la dent, les plaques ventrales sont d'un jaune pâle et géné-
_. ralement simples ; cependant leur structure n’est pas encore
absolument celle que l’on peut considérer comme normale -
dans le genre Bryum ; elle semble encore avoir une légère
tendance à se rapprocher de celle du Bryum arcticum.
Dans les Eubryum et même dans le plus grand nombre
des Cladodium , les plaques ventrales des dents présentent
une masse homogène, de teinte plus ou moins foncée , avec
des lamelles plus pâles, le plus souvent hyalines, et d’une
_ nuance pure, sans irrégularités intérieures. Dans le groupe
du Bryum pendulum, ces plaques sont, au contraire , décou-
_ pées en plusieurs compartiments et comme ciselées; dans
celui du Bryam arcticum , elles sont partagées en deux moi-
liés par une ligne plus où moins oblique , et, en outre , leur
masse devient irrégulière et inégalement épaissie par places.
Ces épaississements irréguliers se montrent aussi dans notre
espèce, mais ils sont le plus souvent très obscurs, de telle
Sorte qu’il est impossible de distinguer aucune véritable divi-
APE ME Ve
REVUE BRYOLOGIQUE. - 85
sion. Quelquefois, cependant, il semble que l’on aperçoit sur
certains points des lignes obliques et peu nettement tracées,
qui joignent ensemble deux articulations voisines ; quelque-
fois aussi, sur la coupe transversale, on voit le corps de la
plaque, qui se distingue de la lamelle par une nuance un peu
plus opaque, émettre vers son milieu un petit prolongement ;
mais cet appendice demeure presque toujours court et obtus
très rarement il s’allonge davantage , de manière à partager
la lamelle en deux moitiés par une ligne très obscure. La
tendance à la structure caractéristique du Bryum pendulum
existe donc encore ici, mais à un degré très faible, ne se ma-
nifestant que rarement, d’une manière très irrégulière et
très inégale.
Le Bryum helveticum se rapproche, sous ce rapport, du
Bryum Kindbergii ; il en diffère par ses dents rouges à la de
base, rappelant par leur aspect celles du Bryum pendulum, ne
et dépourvues de lamelles dans leur moitié supérieure ; par 5x
les processus internes plus pâles, plus étroits, non fendus “
sur la carène ; par la courbure très prononcée de la capsule, F5
qui est au contraire très droite dans le Br. Kindhergïi ; enfin
par ses feuilles étroites et linéaires, d’un rouge vineux et
non d’un jaune paille. La forme, la couleur et le tissu des
feuilles l’éloignent aussi du Bryum arcticum, dont on pourrait
encore le distinguer par la teinte brune uniforme de la
capsule et de l’opercule, et par la grosseur des spores, s’il
n’en était avant tout séparé par la structure du péristome.
J'ai trouvé cette espèce dans la vallée de Nant, au-dessus
de Bex, à une altitude de 45 à 1,600 mètres, dans les in-
__ terstices des roches calcaires. Je n’ai, d’ailleurs, jamais observé
dans cette région aucune autre forme de ce groupe : l'espèce
la plus voisine qu'on y rencontre est le Bryum pendulum.
ns C'est là, à ce qu'il me semble, un fait digne d’attention: car
si dans les monts Dovre la coexistence d’une si grande mulli-
tude de formes appartenant à cette série permet de supposer
qu’elles sont nées en partie les unes des autres, soit par des
variations spontanées, soit par voie d'hybridation, ici au
contraire la présence isolée de cette espèce ne peut s'expliquer
par des transformations récentes ; elle doit remonter au
moins à l’époque où l'extension des glaciers a permis aux
__ formes arctiques de se répandre dans les Alpes.
Aucune autre espèce européenne, parmi celles qui ont été
décrites jusqu'ici, ne parait appartenir à nos deux premiers
groupes ; le Bryum dovrense Sch., dont je n'ai pu voir le
péristome, et le Bryum imbricatum (Schwægr.), qui m'est
tout à fait inconnu, pourraient seuls faire exception.
Les Bryum Lorentzii, paludicola, longisetum, lacustre,
ho REVUE BRYOLOGIQUE£.
appartiennent à la série du Bryum inclinatum ; il en est de
même du Bryum archangelicum Sch. el du Bryum Holm-
greni Lindberg. Le Bryam serotinum Lindberg, quoique
mieux caractérisé, peut cependant encore être placé dans
cette série, si du moins les échantillons qui m'ont élé en-
_voyés sous ce nom par M. Kaurin, et qui ont été récoltés
par M. Brotherus en Finlande, appartiennent bien à cette
espèce.
Le Bryum calophyllum À. Brown présente, dans la struc-
ture de ses plaques ventrales, une particularité remarquable :
_ces plaques ne sont pas divisées par des cloisons accessoires,
comme dans les Bryam arcticum et pendulam ; elles sont, au
contraire, creusées, sur la ligne médiane, d’un sillon vertical
plus ou moins profond ; sur la coupe transversale les lamelles
sont très régulières, indivises, et présentent la forme ordi-
naire d’une demi-ellipse ; mais le corps de la plaque est plus
ou moins profondément émarginé à son milieu, souvent
même il est partagé en deux moitiés qui prennent la forme
de deux arcs de cercle juxtaposés. Mais, du reste, ce sont
toujours les dents pâles avec une base rouge qui caractérisent
la série du Bryum inclinatum. M. Brotherus a trouvé sur les
côtes de la mer glaciale une belle espèce, Bryum acutum
Lindberg, qui est voisine par Son aspect du Bryum calo-
phyllnm, mais où les plaques ventrales des dents ont la
structure normale, et qui peut aussi être rattachée au même
groupe.
Le Bryum purpurascens (R. Brown) est le type d'un groupe
Spécial qui comprend les Bryam Lindgrenii Sch., autémnale
el opdalense Limpricht, et auquel on peut rattacher aussi le
Bryum luridum Æuthe.
Un autre groupe, assez voisin du précédent, comprend à
la fois le Bryum pallens et le Bryum fallax Milde, æneum
Blytt, uliginosam (Bruch).
Dans le Bryum Marratii Wilson, les dents ont un aspect
Spécial, dû à la couleur foncée des lamelles.
Enfin, M. Kaurin a découvert récemment une espèce très
curieuse, Bryum Limprichtii Aaurin, qui, avec le système
végétatif du Bryum argenteum, a le péristome d’un Cladodium.
On voit, du reste, que plusieurs de ces groupes naturels
_ Comprennent à la fois des Cladodium et des Eubryum; le
Bryum inclinatum est lui-même très voisin des Bryum cirrha-
tum, cuspidatum, intermedium, etc. ; il ÿ a à une nombreuse
série de formes, dont les vraies limites sont encore bien
_ difficiles à fixer. PRILIBERT.
REVUE BRYOLOGIQUE.
Sur la Morphologie des Mousses (suie).
L'inflorescence.
On appelle celle-ci encore de nos jours « fleur », à notre
avis sans cause bien fondée. Déjà, en 1788, dans la troisième
partie de ses intéressants Beiträge, p. 159, n. 25, M. F8.
Euruarr, botaniste de génie, s’il en fut, dit: « Die Arten von
Heowics Webera sind Hermaphroditen wie die Carices andro-
gynæ ; deren Müänner an der Bavis, die Weiber an der Spitze der
Aehren sitzen, kurz und mit einem Wort, Plantæ androgynæ
Lin. », et p. 163,, n. 47: « Was HepwiG Flores disciformes,
capituliformes, gemmiformes und clavæformes heisst, sind
michts anders, als Species Inflorescentiæ, und diejenigen seiner
Generum, welche bloss wegen diesen Inflorescentiis zu Generibus
geworden, gehôren alle zu denjenigen, die Linné Genera ficla
nennt, und wovoi man in seiner Philosophia botanica, n. 164,
167, 194, 209, u. s. w, ein mehreres findet, » Ces paroles si
vraies ne furent pas appréciées à leur juste valeur par les
savants du temps, occupés de recherches purement descrip-
lives. Pourtant, quelques-uns des plus grands érudits de notre
siècle, parmi lesquels nous voulons citer MM. C.-A. AGARDH
et G.-W. Biscuorr, ont rejeté la nature de fleur des inflores-
cences des muscinées. Le premier dit, dans son Lärobock i
Botanik, H (4830-32), p. 406: « Il faut nous figurer cette col
lection d'urnes réunies d’une inflorescence ou d'un groupe
de plusieurs fleurs à peu près comme le calathide des com-
posées. Les feuilles périchétiales correspondent donc à ces
bractées. Les fleurs sont donc sans pédoncule comme chez
les composées. « Le second se sert presque des mêmes expres-
sions dans son excellent Handbuch der botanischen Terminologie
und systemkunde, tome II (1842), p. 658, E, Bemerk. 17: « Der
Blüthenstand der Moose wird fast allgemein für eine einzeine
Blüthe (Flos) genommen, was aber eben so unrichtig ist, als wenn
man Z. B. den Kopf der Seabiosen oder das Blüthenkôrbchen für
eine einzige Blüthe ansicht. » Enfin nous avons dans Ofvers.
V.-Ak, Férhandl., tome 49 (1862), p. 153, et au neuvième
congrès des naturalistes scandinaves en 1863 à Stockholm
(v. Férhandlingar, p. 318-375) émis la même idée, sans savoir
qu’elle avait été énoncée depuis longtemps. Nous allons expo-
ser brièvement les principes sur lesquels nous fondons cette
opinion, ‘ c*
Péi nous prenons pour point de départ la forme la plus dé-
veloppée parmi toutes les mousses, le Marchantia polymorpha,
en premier lieu son inflorescence mâle, nous voyons que
toutes ses anthéridies sont, pour ainsi dire, plongées dans la *
__ Jamelle axile plate et courtement rayonnée. Elles sont, à dis-
tances égales, séparées l’une de l’autre par le parenchyme
88 | REVUE BRYOLOGIQUE.
_ du disque mâle et par ses cavités remplies d’air et contenant
_ des cellules opuntiüformes ; le tout rappelle fort l’inflorescence
du genre Dorstenia de la famille des Urticacées ou le « pistil »
des Nymphéacées avec ses carpelles recouverts par l'axe.
Toutes les anthéridies sont donc complétement isolées et se
_ développent dans une direction centrifuge; elles représen-
tent ainsi chacune une fleur. Le rameau femelle, au contraire,
est composé d’un manche long et mince, aplati au sommet et
partagé au bord en rayons cornus au nombre typique de 9;
du côté inférieur du milieu non divisé 8 inflorescences
atiernent avec les cornes. Chacune d’elles a son propre invo-
lucre bilabié ; cet involucre contient 4 à 6 organes femelles
et chacun de ceux-ci a son périanthe particulier (v. plus haut),
de sorte que dans chaque inflorescence il y a autant de pé-
_ rianthes que de pistillidies. Ces organes mürissent l'un après
- l'autre en commençant par le plus extérieur, qui est aussi le
plus grand. Donc, la même loi règne dans l’inflorescence
mâle et dans l'inflorescence femelle : chaque organe sexuel
est indépendant et correspond à une fleur. Il en est de même
_ de toutes les Marchantiacées, même le groupe inférieur des
Ricciées, petites étoiles thalliformes, croissant sur la terre
plus ou moins humide , chez lesquelles les organes sexuels
sont cachés et isolés dans la fronde ei mürissent dans une
direction centrifuge , ce qui prouve que le centre de l'étoile
_est plus vieux que le bord. Des cas semblables existent aussi
__ dans les deux autres familles des Hépatiques. La « fleur »
_ mâle des Hépatiques folifères et des Sphaignes est, au con-
_traire, un chaton, parfois long d’un pouce, à bractées nom-
_ breuses, lequel, chez les premières, est souvent percé par la
_ pointe végétative de la période de végétation suivante.
Si nous passons aux Mousses vraies, il faudra également
_ concentrer notre attention sur leurs formes les plus dévelop- :
pées , les Polytrichacées et particulièrement sur leur inflo-
_ rescence mâle (Andrœæcium). Cette dernière est formée de
_ plusieurs entre-nœuds, entre lesquels sortent des bractées en
spirale ; des anthéridies assez nombreuses, les unes mûres,
les autres jeunes, sont fixées aux aisselles de ces bractées.
_ Le tout forme donc une inflorescence composée, percée au
LA
centre par le sommet de l’axe portant des feuilles végétatives;
_ cet axe développe l’année suivante une nouvelle inflores-
cence mâle, qui est perforée à son tour et ainsi de suite.
C’est pour cela que l’on compte sur la tige simple du Polytri-
dum juniperinum et d’autres espèces, surtout sur des échan-
tillons provenant des régions polaires jusqu’à treize inflo-
rescences différentes, séparées l’une de l'autre par les parties
_* stériles de la tige appartenant aux différentes années. Il en
est de même du Timmia austriaca. Chez l'espèce voisine Ca-
tharinea undulata, le bourgeon annuel donne d’abord nais-
REVUE BRYOLOGIQUE. 89...
sance à un andræcium, lequel émet au centre une pousse
végétative haute souvent d’un pouce et se terminant au som-
met par une inflorescence femelle (1).
Les exemples cités, quoique peu nombreux, donnent, nous
semble-t-il, des preuves suffisantes à l'appui de notre opinion
opposée complètement à la théorie en vogue de « flos musco-
rum, » Car l’on pourrait avec autant raison prétendre que
le fruit de l'ananas dérive d’une seule fleur surmontée d’an
rejeton stérile qui émet une fleur l’année suivante ou appeler
fleurs l’épi des Callistemon ou un cône qui s’allonge stérile-
ment et d’autres (2). Fa
Après avoir décrit brièvement la nature générale de l’in-
florescence , nous décrirons en détail les différentes formes
qu'elle revêl dans les sous-classes.
Nous venons de dire que la fronde des Marchantiées émet
un rameau qui croit à une certaine hauteur pour se trans-
former ensuite au sommet en un disque muni en-dessous de
plusieurs inflorescences femelles ; nous avons nommé le pé-
doncule commun Cephalopodium , et l’agglomération de fruits
Carpocephalum. Ce qui montre bien la nature raméale du
pédoncule, c’est qu’il a, à sa partie postérieure, un ou deux
profonds sillons contenant des cellules radicales nombreuses
munies à l’intérieur d’épaississements claviformes, et qu'il
est muni à sa partie antérieure (Marchantia, etc.) d’orifices
épidermiques qui servent de canaux aux petites cavités rem-
plies d’air et eontenant des rangées de cellules opuntiüformes,
qui se trouvent à l’intérieur. I} en est ainsi quand le rameau
fertile part du sommet de la fronde ; mais s’il part de la ligne
médiane de la surface antérieure (supérieure) de la fronde, le
pédoncule commun est arrondi et manque de sillons, de cel-
lules radicales, de stomates et de cavités (C/evea, etc.). On
peut expliquer ce fait en supposant que, dans le premier cas,
le rameau a sa source dans toutes les couches de la fronde,
tandis que, dans le second, il part de l’épiderme antérieur.
Ce sont donc deux formations essentiellement différentes, Le :
disque commun du carpocéphale est plus ou moins de la forme
d’un cône et divisé en 4-9 rayons, où bien entier (Æepañica
conica). Ces rayons sont ordinairement largement bilabiés;
les lèvres deviennent très minces vers les bords et forment
comme un involuere. Chez Targionia et Cyathodium il n'y
a qu’une seule inflorescence fixée au sommet de la fronde,
mais à sa surface inférieure. Elle est entourée d’an invo-
lucre bivalve. Tessellina, Sphærocarpos , etc. ont au con-
(4) Cette mousse possède, en outre, toujours dans la même touffe, des
plantes femelles sans trace de mâles sur la même tige, à
(2) Rappelons, à ce sujet, la spirituelle réponse d'Emnaant à Linné, à
propos de la « flos compositus » de ce dernier : « On pourrait aussi bien
__ appeler une compagnie de soldats homo compositus. » ; as +
où | REVUE BRYOLOGIQUE.
_ traire, une multitude de pistillidies dispersées sur la fronde,
_ chacune couverte d’un périanthe particulier. . Chez Riccia
et Thallocarpus, ces organes sexuels sont aussi séparés les
uns des autres, mais complètement enfoncés dans la fronde
et n’ont pas, par conséquent, d'autre enveloppe que la
masse de l'axe. Les Jungermaniaceæ ont l’inflorescence fe-
melle située au sommet ou partant comme un rameau propre
des aisselles postérieures, Elle est composée d’un axe et
de pistillidies (14-100), chez la plupart, toutes entourées
d’un involucre. Quelquefois elles ne montrent point de traces
de ce dernier, mais chaque organe femelle a rarement son
petit périanthe propre (Fossombronia, etc.). Chez les Antho-
cerotaceæ, elles sont enfoncées et disséminées dans l'axe, sans
être entourées d'organes foliacés. Les Sphaignes ont leurs in-
florescences femelles fixées au sommet de petits rameaux
très courts et cachés parmi les stériles de la tige, tous res-
serrés ensemble au sommet de celle-ci ; l’enveloppe des
pistillidies se compose seulement de quelques bractées. L'in-
florescence (femelle et synoïque) est la même chez les mousses |
vraies, mais varie quant an point de situation. Chez quelques
unes elle est acrocarpe, c’est-à-dire elle forme le sommet de
la tige, qui finit ainsi par les organes femelles et leurs brac-
tées ; chez d’autres elle est pleurocarpe, c’est-à-dire elle se
montre sous la forme de petits bourgeons, situés à l’aisselle
des feuilles ; l’axe ordinairement court, dans ce dernier cas,
atteint parfois des dimensions assez considérables (musci cla-
docarpi). Buxbaumia n’a point, ce qui est spécialement re-
marquable, d'autre plante sexuelle que l’inflorescence femelle
avec ses bractées, mais aucune trace de tige végétative, ni
de feuilles.
Quant à l’inflorescence mâle, son développement est ana-
Jogue à celui de l’inflorescence femelle. Chez les Marchan-
tiacées, c’est un disque plat, dans lequel sont enfoncées les
anthéridies ; il est muni ou privé de pédoncule, rayonné ou
entier, dioïque ou situé sur les rameaux latéraux de la fronde
ou derrière les pistillidies. Les genres, les moins développés,
ont, au contraire, les organes mâles disséminés dans le pa-
renchyme de la fronde et ne forment pas, par conséquent,
_ d’inflorescence bien définie ; chez Sphærocarpos chacun d'eux
8 son périanthe propre, organe qui est à peine visible chez
les autres genres de la famille. Les Jungermaniacées foliifères
_ Ont les andrécies plus ou moins de la forme de châtons ; chez
les espèces Duilories les organes mâles sont disséminés
dans la masse de l'axe. Chez les Anthocérotacées, ils sont’
réunis en petits groupes circonvallés par la substance cellu-
_ laire de la tige thalliforme, Les Sphaignes portent des ch4-
tons mâles, qui forment des rameaux particuliers dans le
_ faisceau raméal. Cette forme d'’inflorescence ne se retrouve
HKEVUE BRYOLOGIQUE.
jamais chez les Mousses vraies ; chez celles-ci l’andrécie est
en forme de calatbide ; il est recouvert au sommet par les
pointes des bractées ou, s’il est ouvert, ces pointes sont tour-
nées en dehors et dépassent de très peu les mâles. Buxhaumia
constitue une exception très remarquable ; chez elle, les
anthéridies naissent (d’après M. ZuxaL) isolées et dénudées
du protonème ; si ce fait est exact, il faut considérer chaque
organe mâle comme une plante sexuelle, ce qui corres-
pond à un certain point avec ce que nous dirons plus loin
de la plante sporifère des Ricciées. |
Les organes sexuels.
Ceux-ci sont ou bien femelles (pistillidia, archegonia), ou
bien mâles (antheridia ).
Les premiers sont des corps élargis à la base et formant un
germe à plusieurs couches de cellules; an sommet, ils ont
un long style unistrate en forme de trompe, qui s'ouvre
par la séparation des cellules apicales (epigonium BISCHOFF )
Le style est percé d'un canal central, qui se transforme dans
le germe en une cavité contenant la cellule centrale, qui est
une masse de protoplasma sans membrane. Cet organe cor-
respond donc à un nucelle, dont le sommet est allongé en
longue pointe tubuleuse et dont le sac embryonal est rem-
placé par le protoplasma nu, qui est analogue aux corpus
cules embryonaux des spermophytes. Chez les Mousses vraies
et les Sphaignes, les pistilidies sont munies d'un court
pédicelle ; chez les Hépatiques, au contraire, elles en sont
non rarement privées, ou bien elles ont une large base fixée
sur le disque, de sorte que la cavité centrale est en partie
renfermée dans ce dernier. La seule exception que l'on
connaisse est constituée par les Anthocérotacées. Dans celle
famille, la cellule centrale naît dans la masse de la tige thalli-
forme ; la rangée droite de cellüles suivantes esi ensuite
sujette à une résorption et forme ainsi un canal pour l'entrée
des spermatozoïdes. La différence principale est donc qu il
n’y a pas d’épigone propre autour de la cellule centrale (si
l’on ne veut point regarder comme tel les cellules de la paroi
du canal, ce qui nous semble impropre), ce qui fait qu'il n'y
a pas non plus de coiffe, : —
L'organe mâle se compose d’une grande anthère remplie
de cellules de spermatozoïdes (les spermatozoïdes eux-
mêmes sont des protoplasmas tordus en spirale, à extrémité
postérieure grosse et à extrémité antérieure rétrécie et
munie de deux cils vibratiles) et supportée par un filament.
Tous deux varient quant à la forme et à la structure. Dans te
sous-classe des Hépatiques, l'anthéridie est chez les mot
chantiées un corps elliptique à substance corticale unistrale
évidente ne renfermant point de matières fécondantes et le
filament est presque nul. L’anthéridie des Ricciées est sphé-
rique en forme de cône, il n’y a pour ainsi dire pas de
filament et dans les formes thallifères des autres familles, il
en est presque de même. L’anthère des Hépatiques folii-
fères a une forme analogue à celle des Marchantiées ; mais
elle est sphérique et supportée par un filament composé de 1 à
4 rangées de cellules et souvent plus long qne l’anthère elle-
même. La couleur en est grisâtre on blanchâtre, excepté chez
les Fossombroniées, les Durieuées et les Anthérotacées, où
les cellules de la couche corticale contiennent une matière
vivement orangée. L’organe mâle des Sphaignes ressemble
complètement à celui des Hépatiques foliacées. Les anthères
de toutes les mousses énumérées ici jusqu’à présent s'ouvrent
par la séparation des cellules du sommet, lors de la maturité.
Chez les Mousses vraies , elle a la même forme et la même
structure, excepté que le filament est toujours très-coart et
_ que l’antbère est plus ou moins allongée et oviforme et
jamais de couleur orangée; sa couche corticale (unique )
consiste en cellules plus longues et solidement réunies qui ne
se séparent pas, mais elle s'ouvre par un trou apical. Ce trou se
5 fait de la manière suivante. Le sommet de l’anthère est formé
d’une seule cellule cupuliforme plus mince que les autres et
ne contenant point de granules. Elle cède à la pression du
contenu de l’anthère et reste enfin attachée comme un tube
déchiré transparent et sans stracture au sommet des cellules
placées dessous en verticille, Le bord de l’anthère vide est,
Par suite, entier, égal et quelquefois replié, tout à fait comme
_ sicelle-ci se fut ouverte au moyen d’un opercule circoncis
- (excepté, suivant le Bryologia europæa , chez le Buxbaumia,
où les cellules minces se séparent aux jointures comme chez
les Hépatiques et les Sphaignes ).
Les organes génératifs ne se développent jamais simulla-
_ nément, mais peu à peu, de sorte qu'il se passe quelquefois
_ peut-être jusqu'à deux mois avant que le dernier ne soit mûr.
C'est une loi générale pour toutes les mousses, qu'il est
facile d'observer surtout quand ces organes se trouvent en
grand nombre dans les inflorescences. Nous avons cependant
_ essayé en vain de trouver un certain ordre dans leur matu-
ration {pourtant la maturation, dans quelques cas au moins,
Sinon toujours, nous semble centrifugale). Cela nous a néan-
Moins réussi chez les Hépatiques, où ils sont ou bien cachés,
ou bien munis de leur périanthe propre: dans ces cas, on
_trouve qe leur âge relatif correspond à celui de la partie de
us Ja fronde à laquelle ils sont fixés; tv'est-à-dire leur matura-
_ tion est centrifugale. ;
__ Îest très important de connaître le groupement réciproque
des deux espèces d'organes sexuels, C'est très indispensable
REVUE BRYOLOGIQUE.
ET. x
REVUE BRYOLOGIQUE. 93
dans la détermination des espèces voisines, surtout parce
que l’on à observé que les combinaisons différentes sont, en
général, très coustantes.
Si les organes mâles sont mêlés aux pistillidies en dedans
des bractées intérieures, l’inflorescence est SYNoÏQuE (1),
comme chez beaucoup de Mousses vraies. Chez les Hépa-
tiques, cette inflorescence a été trouvée seulement dans quel-
ques espèces des genres Marsupella et Cesia, où elle n’est
cependant pas constante. Elle n’existe jamais chez les Sphai-
gnes. — Si les pistillidies sont isolées au sommet de l’axe et
entourées de bractées propres et que les mâles soient nus et
fixés aux aisselles des bractées inférieures, nous nommons
cette espèce d’inflorescence paRoÏQuE. Elle est assez commune
chez les Mousses vraies (Pohliæ, etc.) et les Hépatiques
(Radula complanata, Jungermania sphærocarpa, Kantia tricho-
manis, etc.), mais n'existe jamais chez les Sphaignes. — Si
les organes mâles et femelles forment des inflorescences iso-
lées sur la même tige, nous avons donné à cette combinaison
le nom d’auroïque (2). Elle est commune dans toutes les
familles. — Parfois on trouve en même temps deux, rarement
toutes les trois inflorescences susdites chez une mousse. Alors
l'espèce est HÉTÉROÏQUE (synoico-paroica ; synoico-autoica ;
paroïco-autoica ; synoico-pa roico-autoica). Pohlia cruda montre
les trois et est en outre dioïque— Si les sexes se trouvent
sur des plantes différentes, celles-ci sont dites dioîiques. —
Cette inflorescence peut se trouver réunie à une des précé-
dentes. Ainsi certains Astrophylla sont synoïques et dioïques,
Chomocarpon quadratus, Radula Lindbergii, nombre de Spha-
gna et Dicranella crispa (Eurk.) sont autoïques et dioïques,
Bryum pallescens est synoïque, autoïque et dioïque, Pohlia
cruda est à la fois synoïque, paroïque, autoïque et dioïque,
(4) Parfois, les mâles mûrissent beaucoup plus tard, de sorte qu’ils ne
peuvent servir qu’à la fécondation des femelles d’une inflorescence suivante ;
les inflorescences sont alors protogynes. De ce qui a été dit plus haut, que
chaque organe sexuel forme une fleur particulière, il résulte qu'aucune
mousse ne peut être hermaphrodite dans le sens que l’on donne à ce mot chez
les spermophytes. Même l'inflorescence synoïque est donc monoïque ! Le
(2) L’inflorescence autoïque se divise en trois formes qui ne peuvent point
pourtant être séparées par des limites précises : 1) CLADAUTOÏQUE lorsque lan-
conrauroïque lorsqu'elle est fixée dans une
grêle, composé quelquefois uniquement de l'inflorescence, est réuni au rameau
femelle au moyen du rhizome vivace, Cette dernière forme passe souvent à la
forme dioïque, lorsque le lien disparaît (Discelium, Ephemera, certains petits
Schistophylla, etc,). Dans les espéces vraiment dioïques, la plante mâle est
pourtant tout à fait indépendante de la plante femelle, et possède, en général,
_ Ja même grandeur et le même aspect. Si la plante male, ne se développant
| jamais, est remplacée par les andrécies secondaires sur la tige femelle, l'inflo-
rescence est dite pseupoauroïque (Dicranum undulatum, etc,). ee
A REVUR BRYOLOGIQUE.
_ P. acuminata paroïque, autoïque et dioïque : c’est ce que l’on
appelle l’inflorescence POLYOÏQUE.
La coiffe.
Après avoir’ été fécondée , la cellule centrale de la pistil-
_ lidie développe une masse celluleuse (endogonium Biscorr),
qui constitue, après la maturité, la plaute sporifère (sporo-
gonium). Pendant l'accroissance , l’endogone est revêtu du
tube pluricelluleux (epigonium) qui entourail la cellule cen-
trale et qui forme en haut le style et le stigmate de l'organe
femelle. Chez les Hépatiques, cet épigone reste entier et
fermé jusqu’à maturité complète de la plante sporifère, qui ÿ
est renfermée, et n’est divisé que plus tard, lorsque le pédi-
celle pousse la capsule en l'air, après quoi l'organe reste,
quoique irrégulièrement déchiré, comme une gaine à la base
du pédicelle. Cette gaine est appelée coiffe (calyptra). La
capsule des Sphaignes n’est divisée que plus tard, après le
_ développement complet, en une partie supérieure (la coiffe),
qui couvre l’opercule , et une partie inférieure , souvent plus
grande, qui reste attachée au sommet de l'axe. La base disci-
forme de la plante sporifère est cachée dans cette partie infé-
rieure (vaginula), L’épigone des Mousses vraies se sépare déjà
- plus tôtcirculairement en direction transversale en deux mor-
ceaux, en bas un tube ou vaginule, où est attachée la base
du pédicelle, et qui est parfois assez grande (Dorcadion, Leer-
sia, etc.), en haul une partie en forme de cône, la coiffe, qui,
à mesure que le pédicelle s’allonge, le suit pour en protéger
le sommet, qui développe peu à peu la capsule. La coiïtle sert
donc de couverture à la plante sporifère, surtout à la capsule.
L'importance en est très grande, car si on l’éloigne , la jeune
_ capsule meurt, n’étant plus protégée contre le soleil, la séche-
resse et le froid. La coiffe est un organe spécial aux mousses.
= Tons les autres groupes de végétaux en manquent, excepté
les fougères, chez lesquelles l’épigone très petit est presque
de nulle importance après la fécondation de la cellule cen-
trale. Plus la localité est sèche, plus la coiffe est grande et
_ persistante {par exemple Zerrsia, Pyramidula Coscinodon ,
certaines Grimmiæ, etc.). Elle est, an contraire, petite et
_ caduque chez la plupart des mousses aquatiques (Meesea,
Cinclidium, Amblystegia, Splachna, ete.). Chez Archidium et
= Nanomitrium, dont la capsule est sessile, l’épigone se déchire
irrégulièrement et la coitte pend d’un côté de la capsule, sou-
vent fixée encore à la base de celle-ci.
(4 continuer). S.-0. Linpperc.
REVUE BRYOLOGIQUE. |
Bibliographie.
E. Gonse. — Catalogue des Mnscinées de la Somme (Mé-
moires de la Soc. Lin. du Nord de la France, 1 IV, 1884-85).
Tirage à part de 70 p.
Le département de la Somme n’a que des collines d’une
faible hauteur et est complètement dépourvu de rochers cal-
caires ou siliceux, un certain nombre d'espèces de la flore
parisienne et de Ja flore normande doivent lui faire défaut. Il
n’y avait que l'arrondissement d’Abbeville qui eût élé
exploré avant les recherches de M. Gonse et de quelques
autres botanistes qui ont porté le nombre des Muscinées à 212,
L'époque de Ja fructification, le degré de rareté, la station
et les localitées y sont indiquées avec beaucoup de soin,
voici quelques-unes des espèces les plus rares : Ephemerella
recurvifolia, Gyroweisia tenuis , Fissidens exilis, Seligeria
subcernua , Didymodon flexifolins, Orth. obtusifolium, Lept.
piriforme, Meesea uliginosa, Atrichum angustatum, Hypnum
Sommerfeltii , Jungermannia nigrella, Riccia natans, etc. —
Le Æiccia nodosu Boucher n’est que le R. fluitans d’après un
exemplaire de l’herbier du Museum de Paris (Goitshe).
.
C. MASSALONGO. — Aepertorio della epaticologta italica (Es-
tratto dal vol. II, fase. 2° dell’ Ann, dell’ Ist. bot. di Roma,
1886). Tirage à part : un vol. in-4° de 71 p. et 3 pl, 6 fr.
Depuis la publication, en 18359, des Primitiæ Hep. ital. de
De Notaris, aucun récensement général des Hépatiques
d'Italie n'avait été fait. M. Massalongo énumère 211 espèces
avec leurs stations et localités. Dans les trois planches sont
figurées avec soin : Southbya stillicidiorum (tophacea), S.
alicularia, Jangermannia nigrella, J. bicalyculata, J. dentata
et Grimaldia carnica sp. nov. — Un certain nombre d'espèces
sont l’objet de notes importantes qu'il serait trop long de
reproduire ici. Le Southbya alicularia se distingue, dit l'au-
teur, du S. tophacea : < per un abito un poco diverso, Spe-
cialmente per la colesula subglobosa e sollanto per un breve
tratto inferiormente saltada colle foglie dell’ involucro : negli
altri caratteri offre la massima analogia colla S. stillicidiorum
colla quale in difetto della fruttificazione puo con molta faci-
lita scambiarsi, » Une autre espèce voisine, le Jung. nigrella
est décrite avec beaucoup de détails, etc. PE à À
W.-H. Pearson. — Æepaticæ Natalenses a clarissima domina
Helena Bertelsen missæ (Christiania Videnskabs-Selskabs For-
handlinger, 1886, n° ? Tirage à part de 20 pages et12belles
planches contenant : Lejeunea hamatifolia, L. flava var. con-
Le REVUE BRYOLOGIQUE.
vexiuseula, L. Helenæ , L. gracillima, Lepidozia chætophylla
var. tenuis, Cephalozia connivens var. flagellifera , C. hete-
Fe romorpha, Kantia arguta, Plagiochila corymbulosa, P. Nata-
lensis, Notoscyphus lutescens, N. variifolius. 15.
J. Carnor.— Les Sphaignes d'Europe, révision critique des
espèces et étude de leurs variations (Bulletin de la Soc. bot,
de Belgique, t. XXV). Tirage à part de 120 p. et2 pl ; 6 fr.
chez l’Auteur, à Stenay (Meuse) ou chez F. Savy, à Paris.
La préface de cet important ouvrage contient une analyse
des publications récentes sur les sphaignes et les classifica-
tions des auteurs ; on trouve ensuite : but et division de l’ou-
vrage. Question de l’espèce; valeur des caractères; variétés
et formes. Remarques sur quelques termes employés dans ce .
travail.
La description des espèces et l’étude de leurs variations
sont traitées avec beaucoup de détails et d’après l’examen
d’un grand nombre d'échantillons, Une clef dichotomique
facilite la détermination des 13 espèces admises par l’auteur
et des sous-espèces. Un tableau synoptique résume les carac-
tères des principales variétés de l’Europe occidentale, Quel-
ques pages sont consacrées à la distribution géographique
des sphaignes el à l'indication des localités de l’Europe occi-
dentale, Les 2 planches représentent les coupes transversales
_ et le tissu des feuilles raméales des $, cymbifolium, medium,
_papillosum, Austini et affine. 4H,
P. DELOYNES. — Les Sphagnum de la Gironde (Actes de la
Soc. Lin. de Bordeaux, 1886). Tirage à part de 12 pages.
Dans le midi de l’Europe les sphaignes sont beaucoup
moins abondantes que dans le Centre et le Nord, et ces
plantes y ont été moins étudiées. M. Delognes indique 7 es-
_ pêces dans ce département ; la clef dichotomique qui termine
ce mémoire contient aussi 2 autres espèces, les S. tenellum
et fimbriatum, dont l'existence dans la Gironde est très pro-
bable. Le
A. GEHEEB, — Bryologische fragmente (Flora, 1886 , n° 22).
Tirage à part 15 pages.
Cette brochure contient des notes sur diverses mousses
_ d'Europe, de Madère, etc.
Nouvelles.
M. E. Correns, actuellement en voyage en Suisse, désire
échanger des mousses de la Haute-Engadine pour des espèces
_ rares de l’Europe et de l'Amérique du Nord. Son adresse sera,
à partir de la fin d'octobre, Heustrasse 20 A, Munich. |
N° 6 13° ANNÉE 1886
D RE A de RTE 0 D
es
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES DEUX Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 6.
Hépatiques insectivores. Srepsant. — Sur la Morphologie des
Mousses (fin). Linosenc. — Bibliographie. Graver, Husnor.— Nou-
velles.— EÉrrata.—Table des Matières.
Hépatiques insectivores.
Ceux des lecteurs de la Revue Bryologique, qui s'occupent
aussi de l'étude des plantes phanérogames, savent qu'il y a
un nombre de plantes, qui sont munies d'un appareil pour
attraper des insectes, etc.
De ces plantes, le Drosera est la mieux connue; elle habite
les lieux marécageux en société d'espèces de Carex, de
Sphaignes et d’autres mousses. ;
Cette plante possède entr’autres la faculté de tirer de la
nourriture des insectes, en décomposant leurs entrailles et
rejetant leur carapace plus dure.
Un appareil de capture se trouve aussi chez un genre
d’'Hépatiques, le Physiotium; c’est un piège d’une perfection
étonnante, que M. Jack avait le premier reconnu et dont il
avait parlé à l’occasion de la distribution du Physiolium
cochleariforme dans les : « Hepaticae europaeae », par
Gottsche et Rabenhorst Decas 52-54, n° 633. Fe
Dernièrement, dans la monographie du genre Physiotium,
publiée par M. Jack, il en parle plus amplement ; mais comme
ce travail est écrit en allemand et latin, je crains que beau-
coup de lecteurs n’en laissent échapper la partie la plus inté-
ressan{e ; c’est pourquoi je me suis proposé d'empêcher que
cette chose tombe en oubli.
Les espèces du genre Physiotium sont pour la plupart des | : _
habitants de l'Asie et de l'Océanie, où on les trouve dans les
REVUE BRYOLOGIQUE.
forêts ombragées et humides sur les troncs de vieux arbres;
une seule espèce seulement se trouve aussi dans l’ouest de
l'Irlande.
Je ne veux pas entrer ici dans une description détaillée de
ces plantes et de leurs organes; on la trouve dans ladite
monographie de M. Jack. Je m'occuperai seulement des
feuilles, qui nous intéressent tout particulièrement.
Quelques-unes des espèces de ce genre portent des feuilles
caulinaires normales; la plupart les ont munies d’un sac
(fig. 1, e) qui est attaché à la base de leur bord ventral ou
comme on dit maintenant souvent et de préférence « posti-
cale » (fig. 1, d). Toutes ces figures se rapportent au Physio-
tium cochleariforme). Ledit sac contient l'appareil pour
attraper de petits insectes, dont on a trouvé quelquefois tout
une collection dans son intérieur, principalement de petits
Crustacés. Atlaché par sa moitié inférieure à la tige (fig. 1
et 2, f), il porte sur sa partie supérieure et libre une forte
plissure courbée (9); on pourrait.la prendre pour les plis
d'une feuille enroulée ; comme on voit dans la figure 3, qui
montre la partie supérieure da sac détachée par une coupe
transversale, celui-ci est entièrement fermé.
Supposons qu’un insecte se trouve sur la surface du sac et
donne dans cette plissure, il se trouvera facilement, en cher-
chant l'issue ou peut-être aussi l'abri — au point, que j'ai
marqué dans la figure 2 par la lettre k; ici la plissure est
percée par une fente, qui—prenant la place la plus profonde
de la plissure , engagera l'animal d'entrer; le chemin est
désigné dans la figure 2 par un poil # passé par celte fente.
L’insecte, une fois dans l’intérieur du sac ne trouvera plus
de retour ; car chacun des deux bords de la fente porte une
pelite feuille ovale (1) qui donne dans l’intérieur du sac et y
est suspendue librement; ces feuilles sont opposées, de gran-
deur égale, l’une attachée solidement, l’autre pourvue à sa
base de cellules longues et étroites (fig. 4, a), parallèles à la
= fente, qui permettent un mouvement semblable à celui d’une
= porte à charnières.
L’insecte peut facilement lever cette feuille, qui après son
passage retombe sur l’autre feuille, l’autre partie du piège et
en ferme l'entrée.
L'appareil n’est pas le même chez toutes les espèces ; le
_Physiotium giganteum, par exemple, a la plissure en forme
de cercle ; c’est un piège plus perfectionné , car l’insecte y
trouvera le retour encore moins facilement ; errant dans ce
cercle ; il arrive à un trou dont le bord s'allonge en une sorte
de petite trompette à bouche oblique ; l'animal est pris après
l'avoir passée, la bouche étant dilatée et fermée par une
Le ses feuille à charnières, semblable à celle que j'ai déjà dé-
+
REVUE BRYOLOGIQUE. 99
À Pour montrer combien la nature est pleine de précaution,
j'ajouterai que cette feuille est plus petite que la bouche de la
trompette et ne peut donc être levée si l'animal retourne,
parce qu’en retombant après le passage de l’insecte, elle se
place un peu dans l’intérieur de cette bouche dilatée; il n’y
a donc pas de danger qu’elle reste ouverle et chaque lenta-
tive du prisonnier de forcer le passage, en tâchant de l’en-
foncer, conduira à la serrer encore plus solidement dans les
parois de la trompette.
.… Ge sont les deux formes principales de cet appareil, le seul
jusqu’à présent connu chez les Muscinées, autant que je le
sais.
Quant à la manière dont ces plantes disposent de leurs pri-
sonniers, je ne puis rien dire; j'ai vainement examiné les
sacs de presque toutes les espèces de ce genre dans l'espé-
rance de trouver quelque signe d’un appareil de digestion ; la
plante vivante seule pourra résoudre cette question ; je ne
doute pas pourtant que ces insectes soient décomposés de
quelque manière par la plante, qui certainement! ne porte
pas cet appareil inutilement.
Explication des Figures.
Fig. 4. a. Feuille caulinaire 30/1.
b. Partie dorsale de la feuille, descendant la tige.
c. Bord dorsal.
d. Bord ventral.
e. Le sac appendiculaire. Fee
f. Partie inférieure du sac (détachée de la tige et appa-
raissant donc ouverte). +
; g. La plissure.
Fig. 2. Le sac seul 60/1. Fe parties intérieures et visibles seule-
ment après l'ouverture du sac sont pointillées).
d. Petit reste du bord ventral de la feuille.
e. f. g. Comme dans la figure précédente.
h. La fente de la plissure.
ii. Les deux feuilles du piège.
kk. Un poil passé par la fente.
Fig. 3. Partie supérieure du sac, détachée par une coupe transver-
sale, montrant le cours de la plissure 60/1.
Fig. 4. Partie basilaire d'une feuille de piège, montrant les cel-
lules longues et étroites, parallèles à la fente 500/1.
F. STEPHANI.
REVUE BRYOLOGIQUE.
Sur la Morphologie des Mousses (suite).
Ainsi qu’il a été montré plus haut, le germe des Hépa-
tiques est souvent court et fixé à l'axe au moyen d’une
large base. Souvent on peut regarder le disque même comme
_ formant la partie inférieure de la pistillidie, en ce qu’il
entoure plus ou moins la cellule centrale, Chez les Hépa-
tiques dont le germe est arrondi vers le bas et muni d’un
court pédicelle, toute la cellule centrale est enfermée dans
l'organe femelle même. C’est pourquoi on appellera leur.
coiffe coiffe femelle (calyptra gynogena). Mais dans le pre-
mier cas, il vaudrait mieux la nommer coiffe thalamogène ,
son évolution étant toute différente, Les extrêmes sautent
aux yeux, mais en général la limite est très difficile à tracer.
_ La coiffe thalamogène ne se trouve que chez les Jungerma-
niacées, Comme exemples de coiffe femelle, nous voulons
citer les genres Lejeunea et Frullania, et comme exemples de
coiffe thalamogène Riccardia, Lepidolæna » Schistochila et
Trichocolea. Chez celie dernière l’inflorescence femelle est
acrocarpe, d'abord petite et courte, et de tous côtés couverte
_ d’un duvet de bractées petites, filiformes, ramifiées et intri-
quées, sans point d'attache, ni direction ni forme bien défi-
nies. Le disque femelle convexe est recouvert aussi de ce
feutre ; pourtant, les bractées sont ici plus petites et confer-
viformes (paraphyses), Entre ces fils feutrés, il ÿ à un grand
nombre d'organes femelles à différents degrés de maturité,
ceux du centre se développant en premier lieu. Dès qu’un
de ces organes a été fécondé, il augmente en grandeur non
seulement la cellule centrale de la pistillidie, mais encore
_ davantage le disque de l’axe ; la fécondation exerce donc
_ une irrilalion constante et « whi irrélatio, ibi affluxus. »
L'épigone de l'organe fécondé avec le style et le stigmate est
soulevé en même temps que les autres organes femelles
(stériles), et la jeune plante-sporifère se trouve enfermée dans
un sac en forme de figue ou de cône renversé, formé par le
… disque, considérablement grossi, dont la surface supérieure
. Supporte non seulement les pislillidies stériles mais encore
l’épigone de la pistillidie dont la cellule centrale a développé,
après fécondation préalable, la plante sporifère dans la masse
de la tige. Lorsque celle-ci est arrivée à pleine maturité, le
_pédicelle s’accroît rapidement, chasse en haut Ja capsule du
sac et soulève le toit du sac (le sommet convexe du récep-
tacle de l'inflorescence), qui, sous forme d’un disque circu-
. Jaire portant à sa surface supérieure les organes femelles et
_les paraphyses, est placé sur la Capsule pour en tomber
bientôt. Toutes les Hépatiques, munies d’une coiffe thalamo-
_ gène normale, qui est toujours pluristrate, sont privées d’in-
.. ARR
REVUE BRYOLOGIQUE.
assez à couvert. Par contre, les Mousses vraies ont sans
exception une coiffe femelle toujours unistrate, de même que
les Sphaignes.
Le seul exemple de mousses sans une espèce de coiffe se ren-
contre dans la famille singulière des Anthocérotacées (genres
Dendroceros, Anthoceros et Notothylas), et cela parce que chez
elles il ne se développe pas d’épigonium, la fronde elle-même
en faisant fonction, ce que nous avons déjà décrit dans le
chapitre sur les organes sexuels.
Ce serait élargir le cadre de ce modeste article que d’entrer
dans plus de détails au sujet de la coiffe. Nous passons donc
immédiatement au contenu, c’est-à-dire à la plante sporifère.
Il sera pourtant utile de mentionner que la coiffe des Hépati-
ques el des Sphaignes est lisse, excepté la coiffe thalamogène
de Riccardia, qui est velue et écaillée. La coiffe des Mousses
vraies présente souvent des lamelles, des poils, des feutres,
des plis, etc.
La plante sporifère.
Celle-ci se compose de quatre parties distinctes : le calcéole,
qui, enfoncé dans le disque de l’inflorescence, sert à fixer la
plante sporifère et à absorber la nourriture qui vient de la
plante sexuelle ( c’est donc ane sorte de racine), le pédicelle
(seta } et la capsule (theca) avec son contenu de spores (spori).
Nous décrirons séparément pour les trois sous-classes l’en-
semble de ces parties.
Chez les HÉParTiQues, l’inflorescence femelle ne produit
qu'une seule plante sporifère ; le contraire est un fait très
anormal. Le calcéole est, par comparaison, fortement déve-
loppé ; c’est ordinairement une masse sphérique ou un cône
renversé papilleux ou velu à l'extérieur {Anthocerotaceæ) et
40
volucres et n’en ont pas besoin, puisque, même sans celui-ci,
la plante sporifère, entourée par l’axe de tous côtés, est
bien séparé du pédicelle, qui est, en général, beaucoup plus
étroit, — Le pédicelle a déjà dans la coiffe toutes ses cellules
et ne s'accroît très rapidement (1) que par l'allongement de
ces éléments, lors de la maturité complète de la capsule, à
cause que le pédicelle et la capsule se développent simultané- a
ment chez les Hépatiques. Le pédicelle est cylindrique et
lisse, très fragile et passager. La couleur en esi argentée et
transparente. Il est succülent, compacte à l'intérieur (chez
Marsilia il est creux ) et d'un tissu uniforme, Il alteint sou-
vent une hauteur considérable (plusieurs pouces) ; pourtant
il est assez court chez toutes les Marchantiacées. — La
{4} Dans une lettre (du 29 décembre 1874), J. ne Noramis nous écrit à ce. #3
Fa
_ sujet: « J'ai fait la remarque que l'allongement du pédoncule de plusieurs
Jungermaniacées est presque instantané (l), à peu près comme le pédoncule
de Phaltus et de Tulostoma, »
REVUE BRYOLOGIQUE.
capsule varie entre les formes sphérique et linéaire-subulée ;
elle est courte, mais chez les Anthocérolacées haute de deux
à trois pouces; toujours lisse et arrondie, jamais rude ou
anguleuse. Elle est composée d’une paroi, formée de deux
(parfois d’une seule) à six couches de cellules ; lorsque la
paroi est de deux à plusieurs couches, la couche intérieure
montre par dedans de beaux dépôts annulaires, mais seule-
ment sur les cloisons et sur la partie intérieure libre de la
membrane, jamais sur la partie extérieure, rarement, au
contraire, autour de toute la surface intérieure des cellules.
La paroi se comporte différemment quant à l'épanouissement,
D'ordinaire elle se divise longitudinalement en quatre valvu-
les de grandeur égale jusqu’à la base, quelquefois seulement
au milieu (1). Ensuite les valvules ressortent les unes des
autres sous forme d’une croix plate, si la division est com-
plète, Quelquefois elles sont plus nombreuses (Riccardia, ete},
ou bien la capsule s’ouvre très irrégulièrement (Fossombronia,
nombre des Marchantiacées, etc. }; rarement elle se découd
unilatéralement par une fissure longitudinale ( Monoclea ) (2),
où la paroi est, au moyen d’une incision circulaire, munie
d’an opercule convexe (Asterella et Grimaldia ), ou bien le
sommet de la capsule est fendu en huit dents dressées, dont
les cellules sont épaissies en forme d’anneaux (Cyathodium ) ;
elle ressemble alors beaucoup à la capsule à péristome d’une
mousse vraie. Quelques genres, Par exemple: Corsinia et
Durieua (3) ont des capsules nuciformes, qui ne s'ouvrent que
par la pourriture de la paroi. Les Anthocérotacées ont une
silique linéaire-subulée, qui se divise en deux valvules égales
partant d'en haut ; celles-ci sont les seules, dans là classe des
(4) La partie inférieure, non fendue, de la capsule, ne peut être comprise
comme hypophyse, car, chez le Lejeunea cavifolia vivant, la cavité sporogène
_ de la capsule sphérique s'étend jusqu’au fond de celle-ci, beaucoup plus bas
donc que l’incision des valvules: qui atteint aux 3/4 ou aux 4/5 de la hauteur
de la capsule, La paroi est aussi, près du pédicelle, composée de plus de deux
encore moins chez Cyathodium spurium Linos,
cavernarum Kunz.), chez lequel la paroi capsulaire est Parlout unistrate,
dents du bord de la capsule, —1} est à remarquer que chez Lejeunea cavifolia,
tout le contenu globulaire de spores est, lors de la malurilé, expulsé de la
| capsule instantanément, tout à fait comme d’un mortier,
(2) Ce genre se compose de deux espèces ; l’une, le vrai Monoclea Forsteri
Hook. (Hygropyla dilatata -H. Fr. T. M, dilatata Lerre.) de la Nouvelle-
Zélande ; l'autre, M. Gotischei Lixvs, (M. Forsteri Gorrscu. dans Bot,
: 1858) de la côte occidentale de l'Amérique du Sud.
REVUE BRYOLOGIQUE. | + AU
Hépaiiques, qui portent des stomales, ici très nombreux et
parfaits. Cette famille est encore une exception en ce que Ja
capsule müûrit de haut en bas et donnent successivement de
nouvelles spores jusqu’à ce que la première gelée lue celte
production en même temps que la plante entière. Il n’y a pas
d’anneau ( annulus ) chez les Hépatiques. Une columelle existe
dans la silique des Anthocérotacées; elle est ici quadrangulaire
ou un peu-plate et atteint le sommet de la capsule, sans y
adhérer pourtant. Chez À, punctatus et quelques autres, la
coupe transversale de la columelle est composée de 16 (4-4)
cellules, ce qui rappelle le péristome des Mousses vraies ; une
columelle rudimentaire se rencontre chez Lejeunea, Frulla-
nia, etc. — La cavité capsulaire est remplie entièrement
d’élatères et de spores ; les premiers sont de longues cellules
cylindriques à membrane très mince et munies à l’intérieur
d’épaisissements en spirale sous la forme de 4 à 6, ordinaire-
ment 2 fibres ; ils sont rudimentaires dans la capsule de
Durieua et chez les Riccieæ qui portent la capsule sur la
fronde ; Aiceia et Thallocarpus n'en ont point. Les élatères
sont formés, dans la famille étrange des Anthocérotacées, de
plusieurs cellules, avec ou sans épaississements en spirale. Ils
sont ordinairement libres. Quelquefois ils adhèrent pourtant
au fond de la capsule ( Marsilia etc.) ou à la surface inté-
rieure des valvules (Frullania, Lejeunea etc.) ou à leur sommet
( Lunularia, Metzgeria, Riccardia etc.). Les spores des Hépa-
tiques montrent des formes plus variées que celles des autres
sous-classes, Tantôt elles sont grandes et munies de forts
appendices sur la cuticule, telles que: aiguillons, bordures,
lamelles, filets, elc., ce qui les rend souvent absolument né-
cessaires pour la détermination de l’espèce ( Fossombronia,
Durieua, etc.) ; les plus grandes existent chez les Marchan-
tiées et quelques Hépatiques frondescentes; tantôt elles sont
petites et lisses, comme chez les Hépatiques caulescentes et
un petit nombre des H. frondifères. Elles sont formées ordi-
nairement d’une cellule unique, mais dans les genres Mar-
silia et Noteroclada et chez Porella platyphylla et platyphyt-
loides, Lejeunea calcarea et cavifolia (1) le nombre des cellules
va jusqu'à vingt-cinq. — De toules les mousses Ricciæ et
Thallocarpus ont la ‘plante sporifère la moins développée ;
celle-ci est, savoir, réduite à sa partie intérieure la plus
nécessaire, c'est-à-dire aux spores. Pourtant on observe sur
le jeune sporogone une mince paroi capsulaire unistrate, qui
disparaît plus tard, de sorte que les spores mûres se trouvent
dans la coiffe, dont la surface intérieure conserve encore
(1) Les spores de Lejeunea cavifolia sont formées de 4 à 3 cellules, chez
L, calcarea de plusieurs; les Porellæ ont des cellules très nombreuses, et cela
sur des échantillons recueillis en Mai, Juillet et Décembre, Leur germination
est malheureusement jusqu'ici inconnue,
sommet du rameau femelle.
plus bas) en un opercule plu
tome et les élatères manqu
jeune capsule est remplie au
de l’ajr devient très grande ;
expulsées violemment, — M.
_qu’uue inflorescence femelle
MOUSSES VRAIES, mais seule
_ genre Campylopus il est reco
esl gros et obconique, etc. —
(t) Wardia est incontestahl
crépitement distinct, le spora
" REVUE BRYOLOGIQUE.
quelquefois des petits restes de la paroi capsulaire ; mais
ordinairement celle-ci ne laisse aucune trace.
La plante sporifère des SPHAIGNES a un calcéole très déve-
loppé, enfoncé comme un disque compact et grossier dans le-
Le pédicelle est presque nal. La
capsule forme un corps sphérique, oviforme à la base. Elle se
divise par une fente annulaire située au sommet (rarement
s ou moins plat et en une capsule
sporifère à paroi pluristrate. La paroi extérieure est composée
de ceilules radiales, épaissies, brunes. Les cellules des cou-
ches intérieures sont plus grandes, tangentielles, très minces
et incolores ; chez les espèces dont les fruits sont au-dessus
de l’eau, elle est, presque jusqu’à l'embouchure, munie de
nombreux stomates petits mais normaux. L’anneau, le péris-
ent et sont remplacés, dans leur
fonction de disperser les spores, de l’arrangement suivant : La
dedans et au-dessous du sporan-
gium cupuliforme par une columelle spongieuse el hémisphé-
rique; celle-ci est excluse par le sporangium de toute com-
munication avec l’opercule, Lorsque la capsule vieillit, toutes
ses parties se dessèchent et, à la maturité, la columelle est
‘racornie au fond de la cavité capsulaire. Il est très probable
qu'un vide se fait alors dans cette cavité et que la pression
car l’opercule est rejeté avec un
ngium crève et les spores sont
SCHIMPER prétend que les spores
sont dimorphes. Pourtant, on n’a pas réussi, malgré des re-
cherches réitérées, à en trouver plus d’une espèce uniforme
_ et de grandeur égale chez toutes les Sphaignes : elles sont
_ petites, tétraëdriques et quelque peu rudes.
Comme nous l'avons dit plus haut, c’est un fait anormal
chez les Hépatiques, et sans exemple chez les Sphaignes,
produise plus d’an sporangium.
_ Par contre, c’est un phénomène nullement rare chez les
ment chez les acrocarpes, par
exemple les genre C'atharinea, Astrophyllum et Dicranum; au-
cune espèce pleurocarpe n'a cette particularité. — Leur cal-
_ céole est, en général, moins développé que dans les sous-
classes précédentes. Cet organe est pourtant long, étroit et
aigu chez Sekra, Wardia (1), Fontinalis et Hedwigia ; chez le
urbé en crochet dans la vaginule
_ Ce-qui rend l’adhérence plus forte ; chez les cleistocarpes il
Le pédicelle croît et mûrit de bas
et aigu, l’absence des stomates, e
_ encore vu le péristome parfait, ni la
Ltrès voisine de Fontinalis par l'aspect,
_ l'odeur, la structure des feuilles et des bractées, le calcéole extrémement long
te. Malheureusement, nous n’avons pas
coiffe, ni la plante mâle.
kHEVUE BRYOLOGIQUE. 105
en haut (le sommet est donc le plus jeune ; il devient peu à -
peu brun-foncé et brillant ; sa hauteur va jusqu'a 15 centi-
mètres, mais est quelquefois presque nulle. Il est ordinaire-
ment lisse, mais chez Æriopus, Chœætomitrium, Trachypus
bicolor et d’autres il est muni de soies resserrées et raides ou
de proéminences grossières ( Buxbaumia, Hypnum rutabulum,
prælongum etc. ); parfois il est recourbé à la manière d’un
cou de cygne, souvent tordu et plus ou moins hygroscopique ;
à l'intérieur, il est compacte. Ordinairement il ÿ a au milieu
un faisceau cambial rudimentaire qui passe dans la columelle
de la capsule. En haut, il n’y a généralement pas de limite.
bien marquée entre le pédicelle et la capsule, comme chez
les Hépatiques et les Sphaignes; ces parties se confondent
insensiblement. Les Polytrichacées d'organisation supérieure,
par exemple: Polytrichum commune, chez lesquelles il y a un
anneau épais au passage du pédicelle à la capsule, font
exception à cette règle. — Chez Splachnum rubrum, luteum et
melanocaulon nous trouvons un appendice ombrelliforme,
remplacé chez d’autres espèces par un col moins distinct et
chez Oedipodium par un tube long, étroit et creux etc. Cet
organe (hypophysis) est muni de stomates, ce qui prouve
qu’il forme la base de la capsule et n'appartient nullement an
pédicelle. La capsule présente les formes les plus variées;
tantôt elle est droite et dressée, tantôt recourbée en crochet
et presque horizontale; depuis étroitement cylindrique jus-
qu’à moins élevée que hémisphérique, depuis la forme ar-
rondie jusqu’à presque alato-quadrangulaire où parallélipipé-
dique, tantôt lisse, tantôt fortement sétifère ( Chaetomitrium
acanthocarpum, Symphyodon Perrottetit), tantôt grossièrement
papilleuse (Polytricha etc.), tantôt munie de crêtes élevées
(acrocarpes et pleurocarpes nombreuses)etc. La paroi exté-
rieure est chez la plupart formée de cellules épaissies et a,
dans ce cas, surtout au col, qui constitue le passage au pédi-
celle, des stomates recouverts par le sommet des cellules en-
vironnantes (jusqu’à ce jour retrouvés seulement chez les
Astrophylla et chez le sous-genre Calyptoporus du Dorcadion )
ou nus. Au contraire, les capsules à parois minces sont pri-
vées de ces orifices. A l’intérieur de la paroi polystrate exlé-
rieure, il y a un court tube respiratoire, communiquant avec
l'atmosphère par les stomates de la base ou de la surface
entière de la capsule et traversé horizontalement par des =. .
filaments conferviformes et ramifiés. L'extrémité intérieure
de ces filaments est fixée à la paroi extérieure du sporangium,
qui est ordinairement de même hauteur que le tube respira-
toire ; le sporangiam est également tubuleux et non cupuli-
forme comme chez les Sphaignes, étant, dans toute sa hauteur,
percé par la columelle grosse et arrondie, qui remplitle centre
de la capsule à l’intérieur du sporangium et qui adhère he.
DE - REVUE BRYOLOGIQUE.
paroi intérieure de celui-ci. Chez les Polytrichacées il ya
entre le sporogonium et la columelle un second tube respira-
toire, muni comme l’autre extérieur de nombreux fils hori-
zontaux de cellules. La columelle est un allongement immé-
diat du tissu central du pédicelle, adhérent en baut à l’oper-
cule (Scouleria, Blindia cœspiticia, Tortula Heimii, Tayloria
Hornschuchit, Climacium et d'autres); chez la plupart des
mousses vraies il s’en détache. Parfois le sommet est élargi
en un disque plat et horizontal (epiphragma), qui ferme
comme une peau de tambour l'embouchure de la capsule et
“est réuni à la circonférence au sommet des dents s’il ya un
péristome (Polvytrichacées), ou au bord supérieur de la cap-
sule (le groupe /Zymenostomum du genre Mollia) ; dans la cap-
sule d’Archidium, la columelle a disparu complètement. La
capsule est presque toujours couronnée d’un opercule cir-
concis plat, convexe ou étroit et rostré, droit ou oblique,
souvent recourbé. A l'embouchure (os, stoma) de la capsule
sur la paroi extérieure il y a très souvent un anneau (annulus),
un singulier organe de cellules collenchymateuses de 4 à 3
couches , lequel, par sa faculté hygroscopique, repousse
l’opercule. Il est quelquefois persistant , parfois il se rouie
en Spirale el tombe; chez quelques espèces, il adhère au
bord de l’opercule, chez d’autres, il manque complètement,
Rarement la capsule est entière et fermée ; cela a lieu chez
les formes le moins développées (s. d. cleistocarpes) dans dif-
férentes familles acrocarpes et chez nn seul genre monoty-
pique pleurocarpe (Pleurophascum). Ce fruit nuciforme manque
de péristome et ne s'ouvre qu’en pourrissant. Chez le genre
anormal Andreæa il y a une capsule qui se fend par 4 à 6
fissures longitudinales en autant de valvules. Ces valvules ne
forment pas une croix comme chez les Hépatiques ; elles sont
réunies à l’opercule supporté par la columelle ; elles adhèrent
donc tant en baut qu’en bas. — Dans certains groupes de 2 à
6 cellules, à l’intérieur de l’opercule immaturé des mousses
vraies, au milieu ou aux angles des membranes, surgissent
des épaississements foncés et durs qui se correspondent d’une
cellule à l’autre même dans le sens de la longueur de l’oper-
cale. Si l’on fait une coupe iransversale d’un opercule de cette
nature, on observe que les épaississements forment des lignes
ou points en cercle, au nombre de 16 ou de 8, quelquefois 32,
exceplionnellement 4 ou 64. Souvent on voit à l’intérieur
du dit opercule un autre cercle, dont les éléments sont du
même nombre ou, fait rare, deux fois moins nombreux que
_les éléments extérieurs et allernent avec ceux-ci. Ils sont
plus minces, plus pâles et plus confluents. Le cercle qu'ils
constituent est très souvent plissé et muni, vers la cir-
conférence de la coupe, de 16 pointes aiguës correspondant
aux distances qui existent entre les groupes extérieurs.
C4
107
Ce cercle intérieur est ainsi de même origine que l’autre,
mais il est formé dans les couches intérieures de l’opercule.
Quand la capsule et l’opercule mürissent et dessèchent, les
parties non épaissies de ces cellules disparaissent, mais les
épaississements durs persistent inlacts et isolés. Après la
chute de l’opercule, ces groupes d’épaississements se mOon-
trent au-dessus de l'embouchure de la capsule sous Ja forme
d’un ou deux verticilles d'organes pugioniformes ou filiformes,
nommés dents ou, dans leur ensemble, péristome, simple ou
double. Chacune de ces dents est composée en bas de jusqu'à
6 cellules, situées dans le même plan, en haut de 2 ou 8 ;
elles sont parfois percées de trous ou fissures. Le péristome
en question est un des organes qui caractérisent le mieux les
Mousses vraies, quoi qu'une partie des acrocarpes en soient
complètement dépourvues (les pleurocarpes sont presque sans
exceplions munies de périsiome, lequel est chez elles bien
plus uniforme }, et possède une forme et une structure diffé-
rentes chez la plupart des différents genres. C'est pourquoi
une connaissance approfondie du péristome est nécessaire
pour ceux qui s'occupent de bryologie systématique, quoiqu'il
faille avouer que l'importance en a été exagérée pendant
la période artificielle de la science. Le péristome sert à la
dispersion des spores et possède pour ce but une cerlaine
irritabilité et des mouvement propres, sans doute causés que
par des propriétés hygroscopiques, qui sont très distincts chez
Tayloria splachnoïdes, Hypna, Brya, etc. Le périsiome exté-
rieur (exostomium) se compose de dents pourprées, brunes
ou jaunes et opaques, au nombre typique de 16. Ces dents
sont entre elles le plus souvent libres dès la base, pugioni-
formes, non rarement creuses vers la base, plates ou arron-
dies vers le haut et munies à leur surface postérieure de
trabécules resserrés, constitués par les larges épaississements
des membranes horizontales des cellules de l’opercule, Ces
dents sont très rarement connées, ce qui arrive parfois au
péristome intérieur (endostomium). Celui -ci possède une plus
grande variété de formes que l'exostome. Il a la même
hauteur que ce dernier, mais est le plus souvent transparent,
plus mince et plus pâle (exc. les Mniacées) et tubuleux à la
base, surtout chez les familles pleurocarpes, Eubria et Mnia-
ce. Ainsi il est formé, ou bien de filaments capillaires el
libres, parfois deux fois moins nombreux que les dents exté-
rieures (beaucoup de Dorcadia), ou bien de larges filaments
dentiformes. Le plus souvent l’endostome est formé d’une
membrane basilaire tubuleuse, pliée en 16, qui atteint
Ja moitié de la hauteur de l'exostome et qui se divise
ensuite en 46 processus. pugioniformes et carénés , alter-
nant avec les dents extérieures, et, en outre, en un ou
plusieurs poils opposés à ces dents. Rarement les processus
REVUE BRYOLOGIQUE.
; | REVUE BRYOLOGIQUE.
_ sejoignent et constituent une belle coupole (Cinclidium et
Dorcadion callistomum), où l’endostome est tout transformé en
une tente conique, perforée au sommet, ou bien percée par-
tout dès la base de grands trous rectangulaires (Fontinalis
et Dichelyma), ou bien entière et plissée en 16 (Webera) ou en
32 (Burbaumia). C'est de cette manière qu'est formé le pé-
ristome double, mais le simple n’est pas toujours exostome ;
il apparaît quelquefois comme endostome ; dans le premier
cas c’est l’endostome et dans le second l’exostome qui ne s’est
pas developpé. Il y a beaucoup de formes aberrantes, par
exemple chez les Polytrichacées incl. Dawsonia, Buxbaumia-
cées, Georgiacées, etc. Nous ne mentionnerons que les
_Polytrichacées, comme représentant un grand groupe formé
des Mousses vraies les mieux organisées du monde, et non
quelques espèces seulement. Comme nous venons de le voir,
e péristome normal est formé de cellules verticalement 2
superposées, Chez les Polytrichacées, au contraire, ces cellu-
les sont minces, pleurenchymatiques, réunies jusqu’au
nombre de 25 dans le même groupe; il y a 64 ou 32 de ces
groupes ( dents). Les cellules sont repliées en fer à cheval et
contribuent avec une moitié à former une dent et avec
l’autre à former Ja dent la plus voisine, ce qui fait que l’une
des extrémités de la cellule est au sommet de la dent sui-
vanle et le milieu dans la vallée située entre les deux dents.
Celles-ci sont toujours linguiformes et grosses, plates à
l'extérieur, en crête à l'intérieur, ce qui rend la coupe trans-
versale triangulaire, Parfois ( Polytrichum, sous-genre
Pterygodon) quelques-uns des sommets des cellules de la
crête sont libres et infléchis, ressortants en ramure, aplatis
anx côtés et latéralement adhérents à deux des appendices
mammiformes qui pendent de la surface inférieure du iympan
_ (epiphragma) près du bord du disque et qui remplissent les
orifices situés entre les dents dans la capsule non encore
mûre. Lorsque la capsule mürit, la columelle se dessèche. Le
sommet (le tympan horizontal) de celle-ci, dont la périphérie
adhère insolublement aux sommets des 64 dents, ne s’en
détache pas, mais le cylindre central dressé de la columelle
est violemment déchiré du lympan. En même temps les
_ appendices mammiformes de celui-ci se racornissent, se
= Séparent des ramures des dents et montent en j’air comme
_ des stores, Ils découvrent ainsi les interstices des dents. Le
_ Sporogonium quadrangulaire crève et les spores sont alors
libres de sortir.—Les spores ne sont pas dimorphes (1); elles
_ Sont toujours unicellulaires. Ordinairement petites et très
eu (4) Comp. un arlicle. « Remarks on Mesotus, Mrrren », publié par nous
: (872) Journal of the Linnean Society, Botany, vol. XII, pp. 182-185
a REVUE BRYOLOGIQUE. 41®@-
nombreuses, elles deviennent, chez Gigaspermum et Archidium,
très grandes (0,2"m). Chez le dernier de ces genres, il y
en a 46 à 20 dans une même capsule. La surface est le plus
souvent lisse ; chez Leersiæ et d’autres, elle est rude. On n’a,
jusqu’à présent, découvert des élatères chez aucune Mousse
vraie. S.-0. LINDBERG.
Bibliographie.
RICERCHE BRIOLOGICHE NELL' ISOLA D’ELBA. Con una nota sul :
FISSIDENS SERRULATUS Brid, — Tesi di laurea in scienze naturali
di Antonio Bottini.—Pisa, 1886, 46 p. a
Ricerche briologiche.— Cette partie contient des détails sur
la géologie et le climat de l'Ile d’Elbe , et le catalogue des
espèces observées dans celte île, au nombre de 105. L'espèce
la plus remarquable est le Rhaphidostegium Welwitschii,
qui, en Europe, n'était indiqué qu’en Portugal.
Il Fissidens serrulatus Bridel, le sue forme e la sua diffusione.
— Description des formes du Fissidens serrulatus, et indica-
tion des localités où elles ont été observées. L'auteur examine
ensuite les différentes causes dont dépend la distribution géo-
graphique des mousses ; il les divise en causes actuelles eten
causes antérieures, Les causes actuelles se subdivisent en
causes externes et en causes internes ; les antérieures en causes
premières, qui échappent à notre appréciation, et en causes
géologiques. Ges dernières sont d'une étude difficile, et
M. Bottini est le premier qui les ait prises en considération
dans les travaux de bryo-géographie, en les appliquant au
Fissidens serrulatus. F. GRAVET.
KRYTOGAMEN-FLORA VON DEUSTCHLAND ; OESTERREICH UND DER
Scuwerz. Die Laubmoose von LIMPRICHT. 4° livraison, p. 193-
256, fig. 74-96.
Cette livraison contient la fin des Cleistocarpes et le com-
mencement des Acrocarpes avec un tableau analytique des
familles.
C. Barnes. Analytic key of the genera of Mosses (Perdue
University, Bulletin n° 1, July 1886). — Brochure de 12p.
contenant la clef analytique des genres de mousses de l’'Amé-
rique du Nord du Manuel de Lesquereux. |
C. Jensen. Mosser fra Novaia-Zemlia, Samlede paa Dijm-
phna-Expeditionen 1882-83 af Th. Holm. Kjebenbhavn 1885,
10 p.—Ce catalogue contient 43 espèces. :
C. Jensen. Fontinalis longifolia nov. spec., trouvée à l’état
stérile dans l'île de Helga, par Feddersen ( Botaniska
Notiser, 1885).
ee oi | REVUE BRYOLOGIQUE.
_ F. BrorTuerus. Botanische Wanderungen auf der Halbinse
Kola. Botanisches Centralblatt, 1886. Tirage à part de 15 p.
M. Kaunix a publié, dans le Botaniska Notiser, la descrip-
tion d’un Bryum nouveau, le Bryum Limprichtü, qu'il a dé-
couvert dans les monts Dovrefjeld.
P. Voici. Sur les homologies des mousses. In-8° de 59 p.
et 40 fig., sans date.
Cet ouvrage est divisé en trois parties.
4% partie : Comparaison de la tige feuillée des mousses et
des plantes vasculaires, comparaison des organes sporogènes
des mousses et des cryptogames vasculaires, comparaison des
organes sexuels des mousses et des cryptogames vasculaires,
embryologie comparée des muscinées et des plantes vascu-
laires.
2e partie : homologie des mousses et des plantes vascu-
_ laires (valeur du sporogone, structure du sporogone), homo-
_ Jogie des mousses et des thallophytes.
3° partie : la place des mousses dans le règne végétal.
Canpor. Note sur l'Orthotrichum Sprucei, espèce nouvelle
pour la flore belge (Bulletin de la Société Bot. de Belgique,
t. XXV, 1886,
Canpor. Les mousses des Ardennes (Bulletin de la Soc.
Bot. de France, 1885). Tirage à part de 3 p.—Les espèces les
plus rares signalées par M. Cardot dans ce travail sont :
Schistostega osmundacea, Fissidens osmundoides, Grimmia
atrata, à uné altitude de 130 m. seulement, liyocomium fla-
gellare, Hypnum ochraceum, Fonlinalis squamosa, alicularia
compressa, Orthothecium intricatum, Atrichum tenellum,
Sporledera palustris.
Ricaanp. Liste des muscinées recueillies dans les quaire
déparlements du Poitou et de la Saintonge (Vienne, Deux-
Sèvres, Vendée, Charente-Inférieure). — Bull, de la Soc. de
Statistique, Sciences et Lettres des Deux-Sèvres. Tirage à
part de 26 p.
Jusqu'ici, un seul travail spécial avait été publié sur les
mousses de cette région et ne comprenait que les environs de
_ Saintes (Liste de M. Brunaud). Il faut savoir gré à M. Richard
_ d’avoir réuni dans ce catalogue tout ce que l’on sait de cette
- - contrée encore bien incomplètement explorée, A: À
Nouvelles.
Un botaniste très connu des cryptogamistes, M. Édouard
Lamy de La Chapelle, est décédé à Limoges, le 23 septembre,
dans sa quaire-vingt-troisième année. M, Lamy s'est occupé
de botanique dans sa jeunesse et dans sa vieillesse, les affaires
de banque le forcèrent à négliger l’histoire naturelle pendant
un assez grand nombre d’années,
« Lorsque je devins banquier, m'écrivait-il en 1883, je
« donnai mon herbier phanérogamique à M. Boreau, d’An-
« gers, et, comme à cette époque M. Duby avait bien voulu
« réclamer mon faible concours pour une seconde édition de
« son Botanicon gallicum, je m'empressai de lui faire don de
« tous mes livres et de toute ma collection de cryptogames.
« Il reçut avec reconnaissance mon magnifique présent, qui
« pouvait remplir un grand chariot, mais il ne donna pas
« suite à son projet de publication, ce qui me coniraria,
« parce que mon herbier possédait beaucoup de choses inté-
« ressantes et inédites. »
Aucun de ceux qui ont connu M. Lamy ne s’étonnera d’une
telle générosité ; c'était l'homme le lus obligeant que J'on
puisse trouver. Il s’empressait de souscrire et de collaborer
à toutes les publications; si ma publication du Musci galliæ
a marché très rapidement les premières années, je le dois
principalement à l’activité et à la générosité de M. Lamy.
Principales publications eryptogamiques de M. Lamy de la
Chapelle :
4° Simple aperçu sur les mousses et les hépatiques du
Mont-Dore (Revue bryologique, 1875; tirage à part de 19 p.
in-8°) ;
29 étisses et hépatiques de la Haute-Vienne (Revue bryo-
logique, 1875 ; tirage à part de 53 p. in-8°);
3° Supplément aux muscinées du Mont-Dore et de la Haute-
Vienne (Rev. bryol., 1876; tirage à part de 8 p. in-8°) ;
4° Simple aperçu sur les mousses et les hépatiques du
Mont-Dore et de la Haute-Vienne, second et dernier supplé-
ment (Xev. bryol., 1878; tirage à part de 41 p. in-8°) ;
8° Catalogue de lichens du Mont-Dore et de la Haute-
Vienne (Bulletin de la Soc. bot. de France, 18890 ; tirage à part
de 200 p. in-8°).—Supplément, 1881.
° Exposition systématique des lichens de Cauterets, de
Lourdes et de leurs environs (Bulletin de la Soc. bot. de
France, 4884 ; tirage à part de 132 p. in-8°). T. 4:
retiens
M. le baron F. de Thuemen, à Gôrz (Autriche), s’occupant
d’un travail sur les cryptogames de la vigne, désirerait con-
naître les noms des mousses qui ont été trouvées sur la vigne,
rm
REVUE BRYOLOGIQUE. AM
|ERRATA DU ne ‘4 oise de Borica),
Page 61, fo + pour Saniarits lisez ETES
68 », 5, pour arborigèné lisez aborigène,
» 15, après nombre insérez entr’elles,
» 38, pour albicans lisez argenteum,
VU ‘excursion à gorge de Savon. so
B Br ess
M ses des environs de St-James.
— Deux mousses nouvelles . . .,...,,
—Récoltes bryologiques du fre Gaston | Re
GEHEEB.— Bibliographie. . . . . . . .. A :
RAVET, — Bibliographie. . . . 42, 29, at, 18, %, 409
Pr Ribiographie. ji 1. 0 0.40 00 44, 49, 95, 10
KINDBERG .—Bryum argenteum et re voisines. Hein ne Las
G.—Bryum oblongum. . A sort
Sur la morphologie éc: xosese; Fe
LISTE dé bryologues (2° supplément) . ; ;
DU Nopay.—Notes bryologiques.… s
ERT.— Barbula Buyssoni.…. CRE
—Etudes sur le péristome.. Nes
SPRUCE. —Voyage dans l'Amérique Eiatoriae.
STEPHANI. —Hépatiques insectivores.
Fat =Riels Battandieri. St
N°1 | A ANRE | 1887
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 1.
Mousses récoltées dans les îles de Jersey et Guernesey. J. CaRbOT. —
Enumération des Muscinées récoltées par le D' Delamare, à l’île
Miquelon (Amérique septentrionale), F. RENaULD, J. CarDoT. —
Notes bryologiques sur Amélie-les-Bains et ses environs.H.DUTERTE.
Etudes sur le Péristome (suite). Pæirisent.—Mousses et Hépa-
tiques nouvelles d'Algérie. L. Tragur.— Note sur Ja Riella Battan-
dieri Trabut. Victor Scurrrner.— Bibliographie. —Nouvelles.
Sn
Mousses récoltées dans les îles de Jersey et
Guernesey.
Au mois de septembre 1885, j'eus l’occasion de passer
plusieurs jours dans les îles de Jersey et de Guernesey, et
j'en profitai pour y récolter quelques mousses. Mais la bryo-
logie n'étant pas le but de mon voyage el presque toutes
mes excursions ayant été faites en voiture, mes récoltes ont
été bien insignifiantes et méritent à peine d’être signalées.
Si je me décide à en parler, c'est uniquement dans l’espoir
de décider quelque confrère à explorer plus attentivement
et d’une façon plus complète ces îles si pittoresques, dont la
flore bryologique, encore inconnue, me semble être assez
riche, à en juger du moins par le peu que j'en at vu, Je
citerai parmi les espèces les plus caractéristiques, le Trichos-
- tomum littorale Mitt., abondant, sous différentes formes, à
Jersey et à Guernesey, sur les murs el les talus, et le Grimmia
marihima Turn., que j'ai trouvé à Jersey sur presque tous les
rochers baignés par l'embrun des vagues (1).
(4) J'ai aussi récolté cette espèce à St-Malo, sur les rochers du Grand-Pé,
au-dessous du tombeau de Châteaubriand. A Granville, j'ai trouvé le Trichos=.
tomum littorale, avec quelques autres espèces : Barbula squarrosa, B. ru-
raliformis, Pterogonium gracile, elc. Au Mont-St-Michel : Hypnum circina=
tum et H, tenellum. HE Re
_ REVUE BRYOLOGIQUE.
Les îles sont entièrement granitiques, sauf la partie orien-
tale de Jersey, qui appartient aux terrains de transition
moyens. Leur climat est très doux; les gelées y sont à
peine connues. Les Myrthes, les Lauriers, les Fuchsias
prospèrent en pleine terre et sans aucun abri; à Guernesey,
dans Je fond d’un ravin descendant à la baie du Moulin-
Huet, une plante introduite du Chili, le gigantesque Gunnera
_Scabra, forme de véritables fourrés, d’une vigueur extraor-
dinaire.
= Si ces îles peuvent offrir quelque attrait au botaniste, elles
charment le simple touriste, tantôt par la grandeur, tantôt
par la grâce de leurs paysages: à l’intérieur, des vallons
pleins d'ombre et de fraicheur, de jolis chemins creux, cou-
verts d’une épaisse voûte de verdure, des pâturages plantu-
eux, de riants cotlages cachés parmi les arbres; sur les
ôtes, de formidables falaises, bizarrement déchiquetées et
creusées de cavernes et de fissures profondes, dans lesquelles
mer s’engouffre avec un bruit de tonnerie.
ici la liste de mes récoltes par localités. Cetle énumé-
ration comprend environ G0 espèces,
1. JERSEY.
Gallows Hill (Saint-Hélier).
Weisia viridula Brid. Barbula fallax Hedw.
Caratodon purpureus Brid. _ — gracilis Schw.
Didymodon rubellus B. S. _— convoluta Hedw.
Trichostomum litiorale Mit. — revoluta Schw,
Barbula ambigqua B. S. ? Grimmia pulvinata Sm.
(an B, rigida Schuliz?). Bryum capillare L.
arbula muralis Hedw. Hyprum resupinatum Wils.
_ unguiculata Hedw.
not Fort Régent (Saint-Hélier).
Pottia truncata B.S. Trichostomum littorale Mit.
Didymodon luridus Hseh. (plusieurs formes). "
(petite forme). Orthotrichum anomalumMedw.
Barbula muralis Hedw. Homalothecium sericeum B. S.
_ revoluta Schw. re de ee
Gorey, château de Montorgueil, “+
Barbula intermedia Brid.
Polytrichum juniperinum
Hedw. ë to de
Pterogonium gracile Sw.
Hypnum circinnatum Brid.
— Cupressiforme L.
Madothece platyphylla Duw
_ Entre Gorey et Rozel bay:
Trichostomum littorale Mitt.
Rozel bay.
Weisia viridula Brid. Grimmia leucophæa Grev.
Fissidens bryoides Hedw. Zygodon viridissimus Brid.
Trichostomum flavovirens Branch. (troncs d'arbres et murs).
Barbula canescens B. S. Orthotrichum affine Schrad.
— . unguiculala Hedw. — tenellum Bruch.
Grimmia maritima Turn. sé
Princess Tower. er
Hypnum serpens L.(forme grèle) Hypnum chrysophyllum Brid.
Leca. +.
Trichostomum littorale Mitt. Grimmia maritima Turn.
(forme à feuilles courtes). — montana B.S?.
Barbula inclinata Schw.
Plémont et Grosnez.
Campilopus brevipilus B. S. Zygodon viridissimus Brid.
(forme rabougrie). var. rupestris Sch.
Trichostomum nilidum Sch. Mnium hornum L.
u — littorale Mit. Hypnum resupinatum Wils.
Grimmia maritima Turn. te a
ue | Pointe Corbière.
| Ceratodon conieus Lindb. Campylopus fragilis B. &
: Trichostomum flavovirens Bruch. Hyprum resupinatum Nils.
is ee ditiorale Mit. ru pe
(plusieurs formes).
a Saint-Aubin.
Grimmia maritima Turn.
2. GUERNESEY.
F'ermain bay.
Grimmia montana B. S.?
Hypnum circinnatum Brid.
| Stokesii Turn.
pumilum Wils.
silvaticum L.
_ Campylopus polytrichoides
De Not.
Trichostomum littorale Mitt.
Bryum Mildeanum Jur.
_ Ceratodon purpureus Brid.
) — conicus Lindb.
Bryum. . ...
REVUE BRYOLOGIQUE.
— serpensL.(formegrèle)
3. SERCQ (1). |
Trichostomum mutabile Bruch.
Hypnum cupressiforme L.
— molluscum Hedw.
(forme).
Lejeunia serpyllifolia Lib.
Fossombronia. . . . .
Metzgeria furcata Dum.
Baie du Gouffre,
Hypnum resupinatum Wils.
Saccogyna viticulosa Dum.
Frullania dilatata Dum.
Polytrichum piliferum Schreb.
— juniperinum Hedw.
Hypnum resupinatum Wils.
Jungermannia Starkei Nees.
J. CaRpor.
_ trionale). -
Dicranella cerviculata Sch.
D. heteromalla Sch.
Dicranum montanum Hedw.
D. longifolium Hedw.
. elongatum Schw.
D. tenuinerve Zett.
fuscescens Turn.
_v. flexicaule,
D. Miquelonense Ren. et Card.
D. Scoparium Hedw.
battante, ce qui expli
: Enumération des Muscinées récoltées par le
_ D' Delamare, à l’île Miquelon (Amérique septen-
En attendant la publication du mémoire que nous prépa-
rons avec le D' Delamare, sur la florule des iles Miquelon,
nous croyons devoir donner aujourd’hui la simple énuméra-
tion des mousses récoltées par notre confrère et ami, afin de
Jui assurer la priorité de ses découvertes. La liste des hépa-
tiques sera publiée ultérieurement.
(4) J'ai passé seulement quelques heures dans celte petite ile, et par une
pluie explique la pauvreté de mes récoltes.
v. cCompactum Ren.
v. spadiceum Zett.
D. pallidum C. Müll. :
v. sulcatum Ren. et Card.
D. majus Turn. DAS
D, undulatum B.-E.
D. Schraderi Schw.
V. COMmpaclum.
v. lortaosum Ren. et Card,
Leucobryum glaucum Sch.
| REVUE BRYOLOGIQUE.
Ceratodon purpureus Brid.
Barbula tortuosa W. et M.
Grimmia maritima Turn.
G. apocarpa Hedw.
Racomitrium aciculare Brid.
R. fasciculare Brid.
R. lanuginosum Brid.
v. terrestre Ren. et Card.
U. Drammondii Brid.
Tetraphis pellucida Hedw.
Splachnum ampullaceum L.
Fanaria hygrometrica Hedw.
Webera nutans Hedw.
Bryum inclinatum B. E.
B. bimum Schreb.
B. Davalii Voit.
B. pseudo-triquetrum Sc.
B. cirrhatum H. et H.
Mnium cuspidatum Hedw.
M. afline Bland.
v. insigne Mitt.
M. hornum L.
M. punctatum Hedw.
v. elatum B.-E.
Aulacomnium palustre Schw.
Philonotis fantana Brid.
Atrichum undulatum P.-B.
Polytrichum gracile Menz.
P. formosum tledw.
P. piliferum Schreb.
P. juniperinum Hedw.
P. strictum Menz.
P. commune Lin.
Pogonatum capillare Sch.
Fontinalis. .. + » . .
Anüitrichia eurtipendula Brid.
_Thyidium Blandowiüi Sch.
Climacium dendroides W. et M.
Brachythecium reflexum Sch.
B. Novae-Angliae Sull.
__v, Delamarei Ren. et Card.
B. rutabulum Scb.
B. rivulare Sch.
_B. latifoliom Lindb.
Spha
Brachythecinm Starkei Brid.
verum !haud B. curtumLdb.
B. plumosum Sch.
Eurhynchium prælongumSch.
Raphidostègium recurvans Sull.
Plagiothecium turfaceum Lindb.
P. denticulatum Sch.
P. elegans Sch.
P. Sullivantiæ Sch.
P. Mühlenbeckii Sch. de
Amblystegium serpens Sch.
Hypnum stellatum Seh,
H. fluitans L.
v. gracile Boul.
v. stenophyllum Wils.
y. tenellum Ren.
v. filescens Ren,
uncinatum Hedw.
v. orthothecioïdes Lindb.
reptile Rich.
y. subjulaceum Sch.
imponens Hedw.
cupressiforme L.
v. filiforme Brid.
v. ericetorum Sch.
curvifoliuro Hedw.
aveuatum Lindb,
H. crista-castrensis L.
H. eugyrium Sch.
H. cuspidalum L.
v. pungens Sch.
H. Schreberi Wild.
H. purum L.
H. stramineum Dicks.
Hylocomium splendens Sch.
Hi, umbratum Sch.
H. brevirosire Sch.
H. triquetrum Sch.
H. loreum Sch. june
Andreæa petrophila Ehrh.
Sphagnum. ee
gnum cymbifoliam Ehrh.
v. brachycladum Warnst.
v. compactum Schliep. et
War. Fa
. y. fuscescens Warnst.
vw. atro-viride Schliep.
6
Fait Warnst.
*S. papillosum Lindb.
v. confertum Lindb.
*S. Austini Sull,
v. imbricatum Lindb,
S. rigidum Sch,
__ v. compactum Sch.
__ v. squarrosum Russ,
S. molluscum Bruch.
S. subsecundum N. et H,
forma livens Cerd.
S. Pylaiei Brid.
forma viride,
forma rubrum.
forma nigrum.,
S. squarrosum Pers.
_S. fimbriatum Wils.
_S. acutifolium Ehrh.
v. luridum Hub.
v. deflexum Sch.
us REVUE BRYOLOGIQUE.
= *Sphagnum medium Limprt.
+ v. congestum Schliep. et
v. gracile Russ.
v. elegans Braithw.
v. alpinum Milde.
v purpureum Sch,
v. rubellum Russ.
v. tenellum Sch,
v. fuscum Sch.
v. robustum Russ,
v. congestum Grav.
v. capitatum Anest.
v. flavicomans Card,
*S. Girgensohnii Russ.
v. squarrosulum Russ.
v. strictum Russ.
S. recurvum P.-B,
v. pulchrum Lindb.
v. brevirameum Card,
*S. cuspidatum Ebrb.
_ v. majus Russ.
v. falcatum Russ.
S. Lindbergii Sch.
F. RENAULD. — J. Canpor.
raire à Alençon.
_ Notes bryologiques sur Amélie-les-Bains et ses
_ environs, par H. Duterte, pharmacien hono-
à k Ayant eu l’occasion de passer l’hiver de 1883-86 à Amélie ré
j'en ai profité pour faire quelques excursions botaniques qui
m'ont fourni un grand nombre d’espèces intéressantes dont
_ quelques-unes n'avaient jamais été signalées dans le dépar-
- tement (1). A
_ Acaulon triquetrum C. Müller. Amélie, sur la terre, dans les
champs.
Anomodon attenuatus Hart. Amélie, dans les bois.
Amblystegium irriquum B. E. Arles-s.-Tech, murs humides.
de [luviatile Sch. Arles et Amélie, ruisseaux.
Barbula gr s Brid. Amélie où il est abondant et bien fruc-
tlifié. |
— Squarrosa de Not. Amélie, sur les schistes. ai.
_— membranifolia Hook. Amélie et Arles, sur les schistes.
—. a) 36 n'hidique due lès cibèdes rares ou: ped Con DE cela par or .
cape ne pacte rs | pee
Barbula Brebissonii Brid. Amélie, an bord des ruisseaux, fruc-
tifié. Fu Le | + nr
Obs. Cette plante se trouve aussi à Amélie, sur des schistes très
arides mais toujours stérile dans cette dernière station.
Barbula inermis Bruch Amélie et Collioure, sur les murs.
— recurcifolia Wils. Amélie, où il est fort rare.
Brachythecium populeum Sch. Amélie, sur les murs.
— salebrosum Sch. Arles-s.-Tech, rochers.
Bartramia calcarea B. E. Amélie, bords d’un ruisseau. |
—— marchica ? Brid. Amélie, Arles-s.-Tech , rochers
humides, Le
— stricta Brid. Collioures, sur les rochers.
Bryum roseum Schreh. St-Laurent-de-Cerdans, haies.”
— torquescens B. E. Collioure, coteaux arides. on
Campylopus polytrichoïdes de Not. Amélie, Arles, rochers bu-
mides. un ie
Coscinodon pulvinatus Spr. Prate-de-Mollo, Collioure, rochers
Diphyscium foliosum Mobr. Amélie, bois et bruyères.
Dicranella varia Seh. Amélie, sur la terre argilo-calcaire.
Didymodon rubellus B. E. Coustouges, sur les pierres.
Dichodontium flavescens Lindb. cum fructu, Prats-de-Mollo,
dans les bois, alt. 850" environ. me
Obs. Celte plante n'avait pas encore été signalée en fruit en
France, du moins à ma connaissance. e
L'ucladium verticillatum B. £. Amélie, rochers cale. humi
Eurhynchium prælongum B. E. Amélie, lieux frais,
— circinnatum Sch. Amélie, rochers.
Fe — pumilum Sch. Amélie, dans les bois.
Encalypta ciliata Hedw, Prats-de-Mollo, rochers.
Fissidens pusiilus Wils. Amélie, sur la terre calcaire.
Gsmondoïdes Hedw. Arles-s.-Tech, rochers humides.
grandifrons Brid. entre le village du Tech et Prats-
de-Mollo, rochers humides. Se
incurvus Schw. Amélie, bords d’un torrent.
algarvicus Solms-Laub. Amélie, bords d’un torren
Obs. Cette plante se trouve mélangée aux Fissidens pusill
incurvus, mais elle est extrèmement rare à Amélie, où je
n'ai pu en trouver que quelques toutfes.
Funaria calearea Wahl. Amélie, Arles-s.-Tech, sur la terre
ER He OUR 0 PS
— convexa R. Spr. Arles-s.-Tech, sur les murs.
Obs. Cette plante est très rare à Arles et toujours mélangée au
: Funaria calcarea, dont elle n'est, je pense, qu'une forme
Grimmia leucophaea Gre. Amélie, sur les roches.
mnostomum rupestre SChWg. ats-de-Mollo, rochers h
num arcuatum var. elatur Prats-de-Mollo,
:
REVUE BRYOLOGIQUE.
rugosum Ebr. Amélie, dans les bois de terr. cale.
commutatum Hedw. Amélie, rochers humides,
— var. trrigatum Zeit. Amélie, roch. hum.
Obs. Cette plante n’est, je pense, qu'une forme du commut.
due à Ja station ; tous les échantillons sur lesquels l'eau tom-
bait en douche étaient d’un beau vert, très allongés (25-30
centim.); ceux qui croissaient dans des rochers où l’eau ne
faisait que suinter étaient jaunâtres ; longs seulement de 10 à
15 centimètres, c’était alors le type.
… Leptotrichum glaucescens Hampe. Amélie, dans les bois. Alt.,
350%,
_Potiia cavifolia Ehr, Amélie, sur la terre calcaire.
— inlermedia Fern, Amélie, sur la terre calcaire.
— Starkeana C. Muller. Amélie, sur la terre.
. Plagiothecium sylvaticum Sch. Amélie, lieux ombragés.
: Rhynchostegium murale Sch. Amélie, sur les murs.
— megapolitanum Sch. Amélie, sur la terre, au
pied des murs.
— Teesdalii Sch. Amélie, sur les pierres dans
un torrent.
| Trichostomum tophaceum Brid. Amélie, murs calcaires.
Ni — {lavo virens Bruch. Amélie, rochers.
‘e —- rigidulum Sw. Prats-de-Mollo, sur les rochers.
e — crispulum B. E. Amélie, sur les pierres humides,
= Webera carnea Sch. Amélie, sur la terre argilo- calcaire.
HÉPATIQUES.
. Aneura Dinpuis Dm, Amélie, bord d’un ruissean, lerr. arg.-c.
Calypogeia trichomanis var. fissa Raddi. Amélie, dans les bois.
: Chaloseyphus polyanthus Corda. Amélie, bords d’un ruisseau.
. - — var, rivularis Lindb. Arles-sur-Tecb.
Jungermannia alicularia De Not. Amélie, au bord d'un ruisseau.
| a _quinquedenta T. Amélie, sur les rochers.
— Wilsoniana Nees. Amélie, au bord d’un ruisseau
sur la terre argilo-calcaire, humide,
Lis serpyllifolia Lib. Amélie, dns les bois.
ssh manor Nees. Amélie, sur la terre dans les bois,
— — var, erosa Nees. Même station.
Pellia calycina Nees. Amélie, berds d'un ruisseau.
Plagiochila asplenivides var. minor. Amélie, dans les bois.
Rebuullia hemisphæsrica R. Amélie, Collioure, etc.
outhbya hyalina Husnot. Amélie, bords d’un ruisseau.
a dei hypophylla L. Amélie, sur la terre.
REV UE BRYOLOGIQUE.
Etudes sur le péristome.
5° article (Appendice).
BRYUM GLANDICUM Sypecies nova.
Plus on étudie le genre Bryum, plus on est élonné de
l’innombrable diversité de formes que l’on rencontre dans
chacune de ses sections. Le groupe da Bryum purpurascens,
le gronpe voisin qui comprend les Bryum pallens etuligi-
nosum, renferment chacun une multitude de variétés qui se
relient les unes aux autres comme par une chaîne continue ;
celles qui se rattachent aux Bryum inclinatum et cirrhatum
sont encore plus nombreuses et plus difficiles à ramener à un
système limité d'espèces. Dans la section qui comprend le
Bryum pendulum et le Bryum arcticum, la structure du pé-
ristome fournit des caractères plus tranchés qui permettent
généralement de distinguer les espèces avec plus de cer-
titude.
Je viens de reconnaître une nouvelle espèce de cette:
_section dans une mousse récoltée par M. Kindberg sur les
sables maritimes de l'ile d'OEland, le 11 juin 1886, et qu'il
m'a envoyée sous le nom de Bryum Warneum. Cette plante
a bien en effet, au premier abord, l'aspect du Bryum War-
_ neum; mais quand on l’examine de plus près, on trouve que
ses caractères sont très différents.
Elle forme des toutfes lâches d’un rouge clair et rosé à
l’état jeune, passant au brun avant l’âge, mais jamais vertes.
Les tiges, plus ou moins rapprochées , mais ne formant pas
de gazons serrés, longues d’environ 6 millimètres, sont en
partie enfoncées dans le sable; leur moitié inférieure est
couverte ordinairement d’un feutre noir de radicelles , qui
cache quelques feuilles squamiformes ; la moitié supérieure
porte une large touffe de feuilles rougeñtres ou rosées. :
Ces feuilles sont largement ovales, irès entières, concaves,
non décurrentes, longues de 2 millim. à 2mm,25, sur nt. Ge
4wm,75 de large; la nervure dépasse en une pointe courte et
_ épaisse ; le tissu lâche et gonflé est formé de cellules courtes.
Les bords sont bien réfléchis et munis d’une marge étroite
_ de deux rangs de cellules au plus. Les feuilles inférieures de
Ja tige et celles des rameaux stériles sont planes et dépour-
vues de marge; les périchétiales sont un peu plus étroites,
légèrement acuminées, et leurs bords deviennent plans vers
le sommet, sans cesser d'être entiers : rarement une où deux
dents sur la pointe. date s SUR
_ Inflorescence monoïque : point de fleurs bermaphrodites.
Les tiges et leurs branches se terminent, les unes par des
*
mn
fleurs mâles, les autres par des fleurs femelles. La flenr mâle
terminale est grosse, composée d’un grand nombre d'anthé-
_ ridies et de paraphyses; la tige qui se termine par celte fleur
porte ordinairement vers son milieu des rameaux plus pelits,
les uns mâles, les autres femelles. Souvent aussi deux
branches égales, dont l’une se termine par un bouquet d'ar-
chégones, l'autre par un bouquet d’anthéridies. Enfin, les
tiges fertiles portent ordinairement des rameaux stériles plus
.gréles.
Pédicelle long de 2 à 4 centimètres. Capsule ovale enflée,
bien régulière, d'un gris jaunâtre pâle; opercule de même
couleur, en cône oblus très régulier, presque hémisphé-
rique; longueur de la capsule de 3 à 4 millimètres; largeur
_ de 4%%,50 à 14%",75; le col égale environ la moitié du spo-
_ range. Anneau large; spores grosses, 0",01, verdâtres, à
_ peu près lisses; exoderme composé de cellules pâles, à parois
_ peu dilatées.
__ Péristome long de 0"%,50 ; dents orangées. puis hyalines
dans le quart supérieur, très lisses dans toute leur étendue,
fortement adhérentes au péristome interne, et difficiles à
‘isoler; quand on parvient à les en séparer, on voit qu’elles
= sont bordées d'une marge hyaline striée-poncluée. Les plaques
_ dorsales, qui forment celte marge, sont au contraire, dans
leur partie adhérente aux plaques ventrales, orangées et
_ presque complètement lisses : c’est à peine si. avec nn fort
grossissement, l'on peut apercevoir des ponctuations extrê-
mement fines; elles forment des rectangles dont la base égale
en moyenne deux fois la hauteur. La couche ventrale pré-
_ sente des articulations nombreuses et serrées ; ses plaques
_ sont très régulières, presque toujours sans trace de divisions,
d’une couleur jaunûtre transparente ; les lamelles, très
_saillantes en demi ellipse, semblent tout à fait hyalines quand
_elles sont isolées ; mais sur la face latérale de la dent, elles
paraissent de même couleur que les plaques, et elles se pro-
Jongent jusqu'à la membrane du péristome interne, à laquelle
_ elles sont intimement soudées. Rarement on trouve dans le
= bas de la dent une ou deux plaques dont les lamelles pré-
_ sentent une ligne transversale oblique qni les partage en
_ deux moiliés. Enfin, la base même de la dent est formée par
_ un article plus large, d'une nuance légèrement plus foncée;
dans cet article, l’épaississement des plaques, qui dans le
reste de la dent s'arrête à la marge hyaline, semble s'être
prolongé jusqu’à la limite extérieure de cette marge. de
Le péristome interne est aussi d’une belle couleur oran-
_ gée et bien développé; la membrane basilaire dépasse la
_ moitié de la hauteur des dents; on y distingue aisément le
_ réseau dorsal, formé de rectangles étroits et allongés, cor-
respondants aux plaques ventrales des denis extérieures, et
REVUE BRYOLOGIQUE.
REVUE BRYOLOGIQUE M1
Je réseau ventral composé de mailles trapézoïdes plus hautes
et moins larges. Les processus sont bien conformés, assez
étroils, percés sur la carène, et dans chaque intervalle on
distingue très neltement la base de trois ou quatre cils, or-
dinairement soudés entre eux et peu allongés ; tout cet
ensemble adhère fortement à la partie colorée des dents, qui
ne deviennent libres que dans leur pointe hyaline.
Cette structure du péristome éloigne notablement notre .
espèce du Bryum Warneum. Celui-ci a toujours les plaques
ventrales des dents divisées par plusieurs cloisons acces-.
soires, comme le Bryum pendulum, el il en est de même du
Bryum Brownii: ce caractère persisle dans les stations les
plus éloignées les unes des autres; j'ai encore reçu récem-
ment de M. Brotherus, sous le nom de Bryum stenocarpum
Limpricht, un échantillon de Bryam Brownii, récolté à
Bumansfjord, en Laponie, et qui présente exactement la
_ même structure. Notre plante se distingue en outre du
Bryum Warneum par ses feuilles entières, bien révolutées
sur les bords, et toujours rouges ou rosées.
Son péristome se rapproche davantage de celui du Bryum
arcticum; dans ce groupe, les plaques ventrales ne présentent
plus qu’une seule division, et même dans certaines espèces
que nous avons décrites, celte division ne se montre que
rarement et seulement dans les, plaques inférieures. Mais ces
espèces, les Bryum Kindbergii et helveticum, ont un péris-
tome interne beaucoup plus imparfait, sans trace de cils;
elles sont d'ailleurs synoïques, et s’éloignent en outre du
Bryum œlandicum par la forme de la capsule et par d’autres
caractères. L'espèce dont le péristome externe serait le plus
voisin est le Bryum mamillatum Lindberg ; mais là le péris-
tome interne est complètement libre et de couleur pâie.
Notre plante semble aussi avoir quelque rapport avec le
Bryum purpurascens et les formes voisines ; mais les espèces
de ce groupe sont synoïques, ou du moins polygames; les
plaques ventrales de leurs dents sont toujours simples ; les
plaques dorsales sont plutôt grisâtres et couvertes de grosses
ponetuations, elles sont même striées dans le Bryum Lind
greni; le péristome interne est à peu près libre.
? Enfin, la forme des feuilles et celle de la capsule, l’adhé
_ rence des deux péristomes et les plaques ventrales, quelque-
… fois divisées, séparent notre plante du Bryum uliginosum.
_ Ainsi, de toute manière, cette espèce paraît une des”
_ mieux caractérisée, et elle ne peut être confondue avec
_ aucune autre. PHILIBERT. à
&
| REVUE BRYOLOGIQUE.
Mousses et Hépatiques nouvelles d'Algérie.
RIELLA COSSONIANA. — Sp. nov.
Dioica, dense gregaria, frons erecta, simplex, alata 20 —30
milliw. longa. Ala membranacea, undulata, bracteolis oppo-
sita. Fructus 2. — 6, secus costam seriati. Involucrum subs-
phæricum, octangulatum, angulis lale alatis, Calyptra sphæ-
rica. Capsula globosa, pedicellata. Sporæ aculeis brevibus
obiuso-truncatis echinaiæ. Antheridia ovoideo-ellipsoidea in
margine libero frondis ordinate nidulantia.
_ Fructiferam legimus, aprili iueunte, in stagno, prope fon-
tem El Kreider, provinciæ oranensis austro-occidentalis.
_ Nous dédions cette espèce à M. le D" Cosson qui l'avait
déjà vue en 1854 ; mais qui, n'ayant que des échantillons très
incomplets, l'avait rapportée au 2. helicophylla Mont.
Cette plante n’a pas encore été rencontrée en dehors de la
localité précitée.
FOSSOMBRONIA CORBOULÆFORMIS. — SP. nOY.
Magna, caule simplici crassiusculo. Folia bina, connata,
septa perpendicularia pagina interiori 6—9, gerentia. Perian-
thum campanulatam, plicatum. Capsula globosa, irregulariter
quadrivalvis. — Sporæ fovrolato-reticulatæ, murgine mem-
branaceæ, 50mier diametrantes, antheridia inter septa libera,
rara. | ae
‘ In pinetis umbrosisque circa Alger sat frequens, Mustapha,
_ Hydra, Sidi-Ferruch.
_ Gette hépatique, par la disposition si insolite de ses organes
_ de végétation, s'éloigne tellement des Fossombronia connus
_ qu’elle doit constituer, sinon un genre à part, au moins une
_ section spéciale dans le genre Fossombronia.
EXPLICATION DE LA PLANCHE (l).
L Riellu Cossoniana.
= 1. Protonema et début de la fronde grossis:
2. La même plus avancée, grossie;
3, Individu mâle, grossi;
4. Individu femelle, grossi ;
_ 5. Fruit, grossi ;
6. Capsule, grossie ;
7. Spores, grossies ;
8. Aïguillons de la spore, très grossis.
‘ (1) Cette planche a été jointe au n° 5 de 4886 ; le manuscrit m'est parvenu
: _trop tard pour le n° 6 où il devait être publié {T. H.)
HEVUE BRYOLOGIQUE. 13.
II. Fossombronia Corbulæformis.
9. Plante de grandeur naturelle ;
10. Plante grossie, avec l'allongement du pédicelle; :
11. Coupe longitudinale grossie ;
12. Plante jeune grossie ;
13. Capsule ouverte grossie ;
14. Spore très grossie.
ENTOSTHODON MUSTAPHÆ. — Trabut , Atlas Flore d’Alger,
pl. VIL
Dense gregarius, simplex. Folia laxe texta, moilia, in
comam patulam conferta, late ovato-lanceolata, acuminala,
margine nullo, costa usque ad medium continua. Capsula
pyriformis. Pedicellum gracile, longum, strictum. Sporan-
gium subglobosum, dimidiam capsulam vix implens. Calyptra
vesiculoso-cucullata, longirostris. Operculum parvum, de-
presso-convexum. Peristomii dentes brevissimi, obtusi. Sporæ
40 mix. diametrantes, verruculosæ.
Ad margines viarum in rupibus calcareis formationis
« calcaire de Mustapha » dictæ. ni
Cette mousse ditfère de l'E. Duriæi par le port, par les
feuilles aiguës en rosette; de l'E. commutatus par le spo-
range ne remplissant que la moitié de la capsule et par son
peristome rudimentaire: :
pOTTIA CHOTTICA. — Trabut, Atlas Flore d'Alger, pl. VII.
Humilis in cœspitulos incanos congesta, divisa vel simplex.
- Folia oblongo-lanceolata, valde concava, apice argute ser-
rata. Costa lamelligera, in pilam longum denticulatum exiens.
Capsula immersa obovato-sphærica, deopereulata subhemis-
phærica, gymnostoma. Calyptra eucullata vix infra oper-
culum producta. Operculum, basi convexo-conica, oblique et
breve rostratum, Sporæ verruculosæ. 45 m'*. diam.— Aprili.
In paludosis prope fontem el Khreider, provinciæ Oranen-
sis australis, ubi copiose crescit. | nr
Ce Pottia est très voisin du P. cavifolia dont il diffère sur-
tout par le poil denticulé qui termine les feuilles, par les
feuilles plus étroites, légèrement dentées au sommet.
| L. TRABUT,
Note sur le Riella Battandieri Trabut.
is Dans une lettre à mon très révéré ami M. L Freyn, M. Bat-
tandier fait part au nom de son collègue, M. Trabut, quele
dessin et la descriplion que j'ai donnés dans le « Botan. Cen-
/ oi __ REVUE BRYOLOGIQUE.
tralblatt 1886, n° 34, 35, » du Riella Battandieri, ne sont pas
entièrement exacts, parce que les folioles dessinées par moi
__nese trouvent pas à la marge de l'aile ; j'examinai ainsi encore
_ une fois les échantillons reçus par la bonté de M. Battandier
et je peux assurer que mon dessin d’après l’exemplaire est
tout à fait correct et qu'il n’y a pus de doute que ces folioles
_ Se trouvent non-seulement chez celui-ci, mais aussi chez un
_aulre échantillon, Que cela n’advienne pas toujours, je l’ai
expressément remarqué dans ma description. D'ailleurs, les
dessins et les notices données de M. Trabut et de moi sur
ladite espèce concordant dans tous les points essentiels, cette
note serait superflue, mais je dois me défendre du soupçon
_ d’avoir mal observé. Il me semble aussi être de grand inlérêt
Pour la morphologie, que les dites folioles se trouvent parfois
à la marge de l’aile.
_ Cette notice est seulement un éclaircissement et ne
_ doit pas être prise poar une polémique contre l’illustre et
_ très estimé connaisseur de la flore algérienne. M. Trabut, qui
_ avait à sa disposition des matériaux d'observation mille fois
= plus riches pour l'espèce en question,
Victor SCHIFFNER,
Bibliographie.
D Zu Systematik der Torfmoose, von D' RGLL in Darmstadt.
(Sep. — Abd. aus Flora, 1886). 108 P.
_ Cet ouvrage contient le groupement des séries de formes
de sphaignes, d’après les principes exposés par l’auteur dans
la première partie de son travail ; les séries sont classées
selon le système du D K. Schliephacke ( Beit. zur Kentn.
à. sphagna, 1863). I faut faire remarquer que, pour ce spha-
_ gnoôlogue, il existe des types spécifiques, tandis que le
D” RôII ne les admet pas. Les différentes séries de formes
Sont distribuées de la manière suivante : 2
= E Sphagna acutifolia Sehl.
1. Sph. Schimpen; 2. S. Schliephackeanum ; 3. S. acutifo-
_ lium; 4 S. Wilsoni; 3. S. plumulosum ; 6. S. fuscum; 7. S.
Warnstorfi; 8. S. robustum : 9. S. Girgensohnii; 10. S. fim-
briatum ; 11, S. Wulfii. re Fo ee
II. Sphagna cuspidata Schl.
1. Lindbergii; 2, S. riparium ; 3, S. Limprichtit;
ral 5. S. intermedium ; 6. S. cuspidatum ; 7. S,
fonum. bé :
UT. Sphagna squarrosa Schl.
_ 1. 8. teres; 2 S. squarrosum.
= IV. Sphagna rigida Lindb. a
1.8. rigidum; 2. $. molle ; 3, S, Angstrémii.
REVUE BRYOLOGIQUE.
V. Sphagna mollusca Schl.
4. S. tenellum.
VI. Sphagna subsecunda Scki.
4. S. laricinum ; 2, S. subsecundum ; 3, S. tortum ; 4. S, tur-
gidum ; 5. S. platyphyllum.
VIL Sphagna cymbifolia Lindb.
41. S. medium ; 2. S. glaucum ; 3, S. cymbifolium ; 4, S. sub-
bicolor ; 5. S. papillosum ; 6. $. Austini.
Un tableau montre les aflinités des 7 groupes de sphaignes.
L'auteur décrit un grand nombre de variétés et de formes :
son ouvrage est très utile à consulter pour l'étude des
sphaignes. F. GRAVET.
= Zur Frage über die Bedeutung der bei Moosen vorkommen-
den Zweierlei Sporen, von C. WaRNSTORF (in Abh. d. Bot.
Ver. fur d. Prov. Brandenburg, XVII), 2 pages.
Dans cette nolice, l’auteur examine quel peut être le rôle
des microspores des sphaignes. Comme on les observe le
plus souvent dans les espèces dioïques, il pense qu’elles sont
destinées à produire des plantes mâles, tandis que les macros-
pores donneraient naissance à des plantes femelles. D'autre
part, les spores polyédriques ayant été trouvées dans le .
Sph. acutifolium, qui est ordinairement monoïque, le Spha-
gnologue allemand est porté à admettre trois sortes d'inflo-
rescence dans les sphaignes : monoïque, dioique et polyoïque.
Toutefois ce n’est qu'une supposition qui a besoin d’être con- “ea
_firmée par des essais de culture.
L'auteur a, le premier, trouvé les microspores des Hépa-
_ tiques, dans les capsules du Blyttia Lyellii ; elles existent
peut-être aussi dans les mousses. : Se
© M. Warnstorf a observé les spores polyédriques des Sph.
acutifolium , acutiforme , cuspidatum el cymbifolium dans des
capsules séparées, et, en mélange avec les macrospores, dans
les grosses capsules du Sph. Girgensohnii. J'ajouterai que Jar
_ aussi récolté, près de Louette-Saint-Pierre (Belgique), les
petites capsules du Sph. recurvum ne contenant que des mi-
| crospores, F. GRAvET. _.
= Découverte du Pseudoleskea catenulata Br. et coup d'œil eur >
la F1. bry. des env. de Han-sur-Lesse, par H. VAN DEN BROECR. .
(Comptes-rendus de la Soc. bot. de Belgique, nov. 1886),
_ 2 pages. e ous
_ Judication du Pseudoleskea catenulata aux environs de Han-
_ sur-Lesse. Cette mousse est nouvelle pour la Belgique. La
notice contient en outre une liste de quelques Muscinées.
peines | CT à Nr GMT.
REVUE BRYOLOGIQUE. à
BarranDier et TRABUT. — Atlas de la Flore d'Alger. — Ico-
_ nographie avec diagnoses d'espèces nouvelles inédites ou
critiques de la Flore Atlantique. Phanérogames et crypto-
_fames. — 1* fascicule contenant 16 pages et 11 planches
lithographiées par le D' Trabut. — Alger 1886.
Cette importante publication est appelée à rendre de grands
services aux botanistes qui étudient la Flore de l'Europe mé-
ridionale et l'Afrique septentrionale, La planche 2, annexée
‘au n°5 de la Revue bryologique de 1886, contient le Riella
Cossoniana et le Fossombronia corbulæformis, la planche 7
l'Entosthodon Mustaphæ et le Pottia chottica, la planche 8 le
Riella Clausonis. Les autres planches représentent des phané-
rogames.
DEBAT. — Catalogue des mousses croissant dans le bassin du
Rhône. In-8° de 92 p. Lyon 1886.
Cet ouvrage contient l’énumération méthodique de toutes
les mousses trouvées jusqu’à ce jour dans le vaste bassin du
Rhône, depuis les Vosges jusqu'aux côtes de la Méditerranée.
Toutes les localités connues sont indiquées avec soin pour les
espèces rares ou assez rares.
V. PayorT. — Florule bryologique ou Guide du botaniste au
- Mont-Blanc. In-8° de 78 P., 1886.
C’est un catalogue, avec indication des-lacalités, des nom-
breuses espèces récoltées par M. Payot, depuis près de 40
ans, dans la chaîne du Mont-Blanc.
Nouvelles.
M. Eindberg m'écrit que le Fossombronia corbulæformis est
_ un Petalophyllum et qu’il considère le Bryum leptostomum
comme étant la plante fertile du B. concinnatum.
RE Les publications suivantes seront analysées dans le pro-
_ chain numéro :
_ BESCHERELLE ET MassaLonGo. — Hepaticæ novæ americanæ-
australes,
V. ScniFrNen. — Observationes de exoticis quibusdam He-
_paticis. ;
. V. ScuIFrNEr. — Beitrâge zur Kenniniss de Moosflora
Béhmens. as
V.Scmrrner er Scamnr.—Moosflora desNôrdlichen Béhmen.
Ve W. ARNELL. — Bryologiska notiser fran det Smändska : :
= hôglandet. és landska
… L'ouvrage de M. Borrit (Ricerche Briologiche nel’ Isola ;
_d’Elba) se vend chez l’auteur, à Pisa, vià San Martino, 30, au
. prix dé 9 fr. 50
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 2.
De planta mascula Pleuroziae purpureae. S.-0. LinpserG. — Hepa-
ticæ novæ lusitanicæ. S.-0. Lixrgerc. — Didymodon subalpinus.
Carpor.—Bryum paviculare. Carpor.—Bryum Corbieri. PHILIBERT.
—Catalogue des muscinées du Mont-Dore. BERTHOUMIEU et DU
Buysson. — Bibliographie, — Nouvelles. de
De planta mascula Pleuroziae purpureae.
Haec species, inter omnes hepaticas europaeas facile prin-
ceps, jam 1690-96 a cl. Z. Lihoyd (alias Lloyd) in montanis
Cambriae detecta et in Ray. Syn..meth. st. brit., 2 ed., p. 40,
n. 4 (1696), sub nomine : Muscus trichomanoides purpureus,
alpinis rivulis innascens descripta est, cujus specimen arche-
typum in Buope. AHort. sice., vol. 2, fol. 16, n. 43, ipsi vidi-
mus. Postea ab auctoribus, ut ab ill. Dillenio et al., cum
aliis plusminusve purpureis formis, præsertim Cum varr,.
Martinelliae undulatae, male confusa fuit, ut veram descrip-
tionem ejus primum in LiëaTroor. F1. scot., 2, p. 7178, n. 13,
exel. plerisque synon. (1777) inveniamus, Sola tamen
= « planta adulta » Limrroori nostra est, ut ex his verbis
_ intelligere possumus : « Zhe leaves in the adult plant are
roundish, or obtusely oval, convezx on the upper side, concave on
the under, densely imbricated, embracing the nerve at their base,
and deflex’d in such a manner over the nerve as to make the
stalks appear almost round, or at least semicylindrical. Between
these leaves, at their base, on the under (1) side, may be disco-
_ vered other lesser leaves, or auricles, nearly of the same shape
avith the larger ones. In the young plants the leaves are round,
plain, alternately and more thinly set, very variable in size and”
without auricles. The fructifications we have never yet been able
to discover. In bogs, rivulets, and cascades, by the sides of the
iggland mountains abundantly. » Planta « junior » Liear-
FOOTII tamen ad hepaticam (vel hepaticas) plane aliam (an
Martinelliae el Marsupellae species?) sine dubio pertinet, et
synonyma ibi data valde maximam partem falsa vel sallem
maxime incerta restant. Sub Jungermanta albicante, compa-
rationis causa, eadem pagina ab auctore dicitur ; « On the
upper (l) side of the stalk, is a small scale, or auricle, hardly
visible without a microscope, but none on the under side. » Qua
_ causa illud nomen retineri et planta Pleurozia purpurea
_ (Lieurr.) Lino. Monogr. Metzgeriae, p.27 (1877) appellari
nobis debet.
CL Weiss. PL. crypt. fl. gotting., p. 123 (4770), suam Jun-
germ. cochleariformem, sed male et nullo modo recogniscibi-
Jiter, describit, dicens se eam « in silva inter Cammerborn
et Nienover » Hercyniae legisse; banc germanicam tamen
_stirpem Marsupellam emarginatam var.robustam (DE Nor.) simul
et verisimillime alias hepaticas commixtas esse valde suspi-
camus; res inextricabilis, quum stirps WeEissir praesente
tempore nullibi, quantum scimus, conservala reperiatur.
_ Specimina contra, in Bructero Hercyniae a cl. WaALLROTH
. (confer ejus #4. crypt. Germ. , 1, p. 19, 1831) lecta, auctori-
late samma ab ill. Nees (in G.L. N., Syn. Hep., fase. 2,
__p. 235, 1845), ad veram Pleuroziam purpuream dueuntur.
= Semper ad hunc diem vestigiis ullis el organum generali-
vorum et gonidiorum carens, quo modo propagari sane mira-
bile est, praesertim quum partibus occidentalibus Scotiae
uberrima proveniat. Lis Ne
Ut seandinavica primum, in HARTMAN, Skand. Fl.,2ed.,
p. 357, n. 49 (4831) interpretalur, eam etenim in paroecia
Lyse prope Stavanger, oppidam Norvegiae meridionali-occi-
dentalis, detexisse cl, N. O. AuxFezr ibi enarralur, specimina
cujus tamen nune non adsunt, ut incendio vasto oppidi :
Carlstad in Suecia consumpta. Anno nuper praelerito tandem
iteram Pleuroziam purpuream perfortunato B. KaazaAs duobus
locis in eodem tractu Norvegiae, nempe in alpe Udbursfjeld
in Fossan (Julii 49, planta mascula) et, socia Martinellia plani-
folia, ad Andersaaen in Lyse (Julii 24, perfecte sterilis), ob-
servare contigit. Quum in illis speciminibus androecia obser-
aremus, descriptionem eorum dare volumus. ee
Planta mascula ad 14 cent. usque alta, arcuato-adscendens,
oliis minoribus apiceque magis ad posticum incurvatis, ut
ubteres, nullibi illa organa tubulosa et inania nec gonidia
cellulosa gerens. Androecia 2% longa et 0,75" crassa, 2-6
adem planta ad basim vel in medio ejus perfecte lateralia
et axillaria, sed non in ipso medio axillae lobi antici, ut mar-
gini postico ejus propinquiora, omnia ju axillis proximis ejus-
dem vel utriusque lateris in caule, lobum anticum non vel
indistincte superantia, ad latus posticum leniter curvala,
OLOGIQUE. ET:
e caule patentia, directionem lobi antici, a cujus marginibus,
praesertim in sicco, inflexis circumvelata, sequentia, sim-
plicia, sessilia, lurido-flava. opaca, oblongo-cylindrica, obtusa, 2
leniter complanata, 14-20 juga. Practeae densissimae, pa-
tenti-erectae, profunde canaliculato-concavae et basi saccatæ, Fe
monandrae, summae in axilla inanes, ad medium plusmi-
nusve bifidae, angulo angustissimo, lobis canaliculatis et
margine planis; /obus anticus elongate ovato-triangularis,
fere ad medium bilobus, angulo sat lato et rotundato, lobulis …
triangulari-subulatis , acutissimis, arcuato-incurvis et apice
plusminusve conniventibus, integerrimus , excepto apice
utroque, ubi valide 3-3 dentatus; lobus posticus quadrato-
semirotundus, oblique truncatus et intus irregulariter dense-
que sensim sensimque crenato-dentatus, angulum incisurae
in lobo antico vix superans, rectus; cellulae ut in foliis,
optime collenchymaticae et laevissimae. Antheridium singu-
lum, magnum, globosum, lurido-flavidum, stipite aequilongo,
e caule patente, stricto, cellulis biseriatis, quae series a cir-
citer 10 cellulis formantur ; paraphyses nullae.
Planta mascula nunc detecta, forsitan fructifera quoque
stirps in Norvegia vel in Britannia detegenda sit, licet oculos
lynceos bryophilorum adhuc usque evitaverit. |
Jam antea androecia dioicae PL, articulatae nostrae e Nova
Hollandia in opusculo : « Mya mossor » (vide Ofvers. Finsk.
Vet.-Soc. Forhandl., 12, p. 81, 1869), et autoicae PL. Fe:
ganteae (Wes.-F.) Lips. (Physiotii sphagnoidis) in AÆep.
scand. exsice., fase. 1, n, 5, in nota (1874) publica dedimus.
Helsingforsiae, die 18 febr. 1886.
S.-O. LINDBERG. Ne
Hepaticæ novæ lusitanicæ.
1. Marsupella profunda LinDs. $
Paroiçi cæspites ad 3 mm. alti (sporogonio excepto), densi
_ olivaceo-fusci, sieci fere nigri sine aitore; caulis primarius
rhizomaceus, in substratu repens, intrieato-ramosus, slolo-
_ nifer, fragilis, ramos fertiles leniter arcuatos, erectos, flexuo-
__ sulos emittens ; folia densa, valde accrescentia, inferiora
_expallida , superiora tola brunnea, et 0,6 circuitus caulini
_ exeuntia, non decurrentia, jam ex ipsa insertione patentia,
_ late elliptico-ovata, plano-canaliculata, 0,4 — 0,5 lobata,
_ angulo incisuræ acutissima, lobis triangulari-ovatis — semi
_ellipticis, obtusissimis, incurvalis et concaviusculis, margi
nibns perfecte planis ; éracteæ 2 vel 3, cum M nou
| e basi angustiore et saccatula plus minusve ovales
_ REVUE BRYOLOGIQUE.
_ acute incisæ, lobis semiovalibus, magis incurvis et concavis,
melius rotundato-oblusis, intima earum elliptica, incisura
obtusiore, lobis sublingulatis ; cellule sexangulares, lævis-
simæ , bene ad angulos incrassatæ, lumine rotundo, infe-
_ riores 1/40 — 1/45 mm., superiores 1/55 — 1/60 mm. :
_antheridia 2 vel 3 in quaque axilla bractearum, ovalia, gri-
_ seola, hyalina, stipite fere æquilongo, a cellulis circiter
8 uniseriatis, paraphyses nullæ ; pistillidiu ad 19, parva ;
colesula immersa, apex ejus liber brevis, conico-tentoriiformis,
plicatulus, irregulariler plurifissus post exsertionem sporo-
_ gonii, margine crenulatus, orificio majusculo, tenerrime
_ textus ; calyptra libera, pyriformi-obovala, in angulo ad
_basim ejus pistillidia sterilia ; seta ad 5 mm. alta ; theca glo-
4 bosa, et intus et extus ad parietes connatos cellularum :
_ noduloso-incrassata , sed nullos annulos gerens ; sport mi-
nuti, brunneo-flavi, lævissimi ; elateres angustiores quem
_ spori, longi et flexuosi, obtusi, duabus spiris, fusco-brunneis
et arcte convolutis.
Hab. In rupe calcareo-micacea ad Povou de Lenhoso mense
_ Martii 1882 detexit cl. CoucerRo (communicavit clar. anicus
J.-A. HENRIQUES).
Ex proxima M. ustulala SpRuCE magnitudine, foliis pro-
funde lobatis, lobis oblusissimis, etc., etc., sine dubio optime
est diversa.
2. Anthoceros constans Lino.
__ Paroïicæ frondes ad 2,5 cm. latæ, imbricatim cæspitosæ,
_ rigidæ, crassæ, pallidæ, in statu sicco fere immutatæ, nt nec
collapsæ, nec nigrescentes, facillime emollitæ, intus maxime
_et irregulariter cavernosæ ; involucrum ad 6 mm, altum et
À mm. crassum. adscendens, cylindrico-tubulosum, siccam
rigidum et perfecte immutalum, pallidum, nitidum, ad
_ apicem spatio longo brunescenti-emareidum, intus maxime
cavernosum ; {heca 1,5 em. alla, érassiuscula ; sport distincte
_ minores, multo dilutius nigri et magis pellucidi, papiilis
humilioribus sed densioribus, vulgo bi-vel trifurcis, raro.
indivisis vel quadrifurcis ; elateres longiores (ad longitudinem
septuplam spori) et angustiores (solam quintam partem
latitudinis spororum habentes), magis recti, rarius ramosi,
. cellulis 2-4 elongaüs, spiram nullam includentibus,
compositi. : .. ni
Hab. Ad opp. Porto invenit amiciss. J. NewToN. Me
Eam ex A. punctato L. structara frondis et involucri, in
sicco immulatorum, spori et elateres bene distingeunt.
3. Anthoceros multilobulus LanvB.… HR ce
Paroïica frons ad 2,5 cm. longa et 6,5 mm. lata, valde
pellucida, viridissima, sicca, viridi-lurida et oleoso-nitida.
assez fortement et inéga
REVUE BRYOLOGIQUE. a
tenuis. flaccida, difficillime emollita, supra nullas cristas
gerens, lineari-lanceolata, obtusa, margine in lobis, magni-
tudine et forma variis, obtusis, creberrimis, interdum denuo
lobulatis dissoluta, intus compacia, exceptis antris masculis,
quæ in tota longitudina mediana frondis remote dispersa ;
involucrum prope apicem frondis unum vel bina seriata,
ad 5 mm. altum et À mm. crassum, lævissimum, cylindrico-
tubulosum, truncatum, ore integerrimo, maxima indistincte
bilabiatnm, intus compactum ; fheca ad 2 cm. alta et vix
1/3 mm. crassa, angustissime linearis ; spori magnitudine
A. punctati, sed magis deplanati, hyalini et fere perfecte
incolores, ut solum indistincte griseoli, papillis multo den-
sioribus, altioribus et acutis, sæpe bi-vel trifurcis ; elateres
quoad formam, magnitudinem et compositionem eisdem
A. punctati simillimi, sed luteoli.
Hab. In terra ad Matta d'Alcarraques prope Coimbra
vere 4878 invenit cl. A. MoztEr. de
Notis datis ex A. punctato L., sententia noslra, optime
_distincta est species. :
Theca scrutata matura, ut ad duas paries jam ab ipsa
natura aperla fuit. S.-0. LINDBERG.
Didymodon subalpinus (De Not.)
Mon excellent ami, M. H. Yan den Broeck d'Anvers,
m'ayant envoyé, il y à quelque temps, des mousses récoltées
en Suisse par lui et par un autre botaniste belge, M. Dens,
j'y remarquai nne espèce indéterminée qui me parut être le
Didymodon subalpinus Vent. et Bott. (7richostomum De Not.
Leptodontium Lindb.). M. Venturi, qui a pu examiner l'échan-.
tillon original de De Notaris, et à qui j'adressai un spécimen
de ma plante, confirma ma détermination. no
Le Didymodon subalpinus élant une des espèces d'Europe
les plus rares et les moins connues, je crois devoir en donner
ici la description, rédigée sur les échantillons que j'ai reçus
de M. Van den Broeck. _ ie es
= Touffes robustes, brunâtres à l'intérieur, d'un vert plus où
moins vif à la surface. Tiges vigoureuses, dichotomes, attei-
mètres de longueur, garnies dans le bas
bées à l’état bu-
gues-lancéolées,
lanes aux bords,
le quart supé-
rieur; nervure disparai dessous dt
sommet, Cellules basilaires lisses, allongée ubrectang
_ mide, dressées |
_acuminées, très aiguës,
S
22 REVUE BRYOLOGIQUE.
laires, 4 à 10 fois aussi longues que larges: les autres très
_ pelites, mais bien distinctes, subarrondies, à parois épaisses,
_ surmontées de papilles très saillantes; au sommet de l’aen-
men, au-dessus de l'endroit où disparait la nervure, on trouve
quelques cellules lisses; la cellule terminale est allongée et
presque hyaline. La nervure est couverte sur le dos, dans la
_ moitié supérieure, de papilles très saillantes, semblables à
celles du limbe. — Je n’ai pas pu constater le mode d’inflo-
rescence. Les échantillons ne portent qu'une seule capsule,
déoperculée et déjà avancée ; pédicelle court (5 millimètres),
_ rougeâtre. Capsule étroite, cylindrique, très légèrement ar-
_ quée, plissée à l’état sec, péristome formé de 16 dents jau-
_ nâtres, probablement bifides, assez larges à la base, à peine
_ papilleuses, striées transversalement.
Cette plante n’a d’analogies avec aucune des espèces d’Eu-
rope, mais par son port et surtout par la forme et le tissu
des feuilles, elle se rapproche beaucoup d’une espèce de l'île
_ Bourbon, le Trichostomum epunctatum C. Müll. Toutefois, chez
_ cette dernière espèce, les feuilles sont plus fortement dentées
dans le haut et révolutées aux bords de la base jusque vers
le milieu, le pédicelle est beaucoup plus long, la capsule
lisse, rétrécie à l’orifice, enfin les dents péristomiales sont
plus étroites à la base,
D'après les renseignements qu’a bien voulu me commu-
niquer M. Venturi, le Didymodon subalpinus n'était connu que
par un petit échantillon pourvu d’une capsule, figurant dans
l'herbier de De Notaris et provenant des Alpes du Piémont.
La découverte de cette espèce en Suisse constitue donc une
trouvaille du plus haut intérêt. C’est au Rigi, sur des blocs
_ de rochers dans une forêt de sapins an-dessous de Kaltbad,
au bord du sentier qui descend vers Waeggis, à une altitude
_ d’environ 4,400 mètres, que MM. Van den Broeck et Dens ont
_ fait cette belle récolte, le 2 septembre 1885. à
J. CARDOT,
Æ propos du Bryum naviculare Card.
M. Braithwaite ayant eu l’obligeance de me signaler que
Je nom de Bryum naviculare était déjà occupé par une mousse
du Brésil, décrite et nommée par Hampe en 1877, je suis
obligé de changer le nom que j'avais imposé à la plante dé-
couverte par le D° Bernet, aux Aiguilles-Rouges, laquelle
_ s’appellera désormais Pryum cymbuliforme. Elle figure déjà
_ sous ce nom dans le Catalogue des mousses du bassin du Rhône
de M. L. Debat, p. 52. Seulement, c’est par erreur qu’elle
est indiquée dans cet ouvrage comme croissant sur les bords
ns : d. Cannot.
| REVUE BRYOLOGIQUE.
Bryum Corbieri Species nova.
M. Corbière m'a envoyé récemment un Bryum, récolté par
lui dans les marais de Gorges (Manche), sur Ja tourbe, le29
juillet 1886, qu'il rapportait avec doute au Bryum bimum.
Cette mousse présente des caractères bien tranchés, quila
séparent nettement, à mon avis, des nombreuses formes de
cette série, et qui doivent la faire considérer commeune
espèce distincte. rt
Plantes courtes et trapues, formant des touffes rameuses
d’un brun rougeâtre, ne dépassant guère 5 à 6 millimètres;
les innovations, à peu près nues dans leur moitié inférieure,
se terminent par un groupe de feuilles nombreuses et ser-
rées. Feuilles lancéolées-linéaires, d'’égale largeur à peu
près dans toute leur longueur, obtusément acuminées au.
sommet, la nervure dépassant en une petite pointe, lon-
gueur 2025 à 9wm 75, largeur 0v"40 à 060, Les bords
sont tout à fait plans dans les feuilles inférieures; dans les
feuilles moyennes et dans les périchétiales ils se réfléchissent
à la base jusque vers le milieu; la moitié supérieure, qui
demeure plane, présente surtout près de la pointe, des dents
fortes et saillantes. Ces feuilles sont munies sur tout leur
Contour d’une marge bien distincte plus colorée que le reste
du tissu, formée de deux rangs de cellules allongées sur une
seule couche, d’ailleurs nullement épaissie, plus mince même
_ que le limbe. Leur couleur est d’abord luride, puis rougeä-
_ tre; leur tissu est composé de grandes cellules hexagones
rhomboïdales, la longueur égalant trois ou quatre fois la
largeur, qui est elle-même assez considérable. Fe
L'inflorescence est franchement polygame : j'ai observé,
en nombre à peu près égal, des fleurs uniquement mâles, des
fleurs simplement femelles, et des fleurs hermaphrodites,
contenant à peu près autant d'anthéridies que d’archégones.
Pédicelle long d’environ 2 centimètres 1/4. Capsule large,
_ d’un rouge brun, nullement resserrée après la sporose, lon-
_gue d’à peu près 4 millimètres, avec un col de 1""14/4 à
_ 44/2; {issu de l’exoderme très compact, formé de cellules
rouges à parois très épaisses. Spores très petites. Dents du
__ péristome d’an gris couleur de chair, avec une base d’un
_ rouge très foncé, longueur de 0""45; 22 articulations bien
régulières. Péristome interne très parfait, cils appendiculés.
Par son inflorescence polygame, el par le sommet des
_ feuilles plan et denté, cette plante semble se rapprocher du
Bryam provinciale ; mais elle à un tout auire aspect, et ses
_ caractères, examinés de près, sont aussi très différents, Les
provinciale sont ovales, élargies vers le
… feuilles du Bryum pro
REVUE BRYOLOGIQUE.
milieu, d’un vert clair dans leur jeunesse, et ne devenant
_ jamais rouges; leur tissu est fin et serré, composé de cellules
beaucoup plus petites que dans notre espèce ; leurs bords
sont largement réfléchis dans les 3/4 ou les 4/5 inférieurs,
_ de telle sorte que leur marge est complètement cachée et
_ semble nulle au premier abord, quoiqu’en réalité elle soit
formée de deux ou trois rangs de cellules allongées. Cette
marge disparaît dans la partie plane du sommet, qui est
dentée superficiellement, tandis que chez le Bryum Corbieri
_ elle se continue jusqu'à la pointe, les bords étant d’ailleurs
plans sur une étendue beaucoup plus grande et plus profon-
dément incisés. En outre la capsule du Bryum provinciale
est plus étroite, d’une couleur plus claire ; les denis du
péristome sont plus longues (0w" 60), composées d’ar-
icles plus nombreux (35 environ); leur base est moins
colorée et moins distincte. L'inflorescence est aussi moins
nettement polygame : on trouve sur la même plante des
fleurs mâles et des fleurs femelles en assez grand nombre ;
sais les fleurs hermapbrodites, qui leur sont mêlées, ne
_ contiennent ordinairement, les unes qu’un très pelit nombre
d’archégones avec de nombreuses anthéridies et les autres
qu'une ou deux anthéridies avec de nombreux archégones,
de telle sorte que cette espèce semble placée sur la limite
de l’inflorescence monoïque. Enfin le Bryum provinciale
babite sur des coteaux calcaires très chauds et irès secs,
souvent dans les bois de Pinus halepensis, tandis que le
_Bryum Corbieri croît dans des lieux humides, sur la tourbe
_ des marais. ju di
= Les Bryum bimum, cuspidalum, cirrhatum, intermedium,
espèces d’ailleurs assez mal délimitées, ont un caractère
commun, qui, sans parler de leur inflorescence synoïque,
les sépare au premier abord de notre plante : leurs feuilles
_ sont bien révolutées sur les bords dans toute leur longueur.
Dans les formes typiques de ces espèces ce caractère est
rès tranché; mais il existe d’autres formes, plus rares et
moins connues, où il s’atténue singulièrement, et l’on pourrait
en tronver qui se rapprocheraient sur ce point du Bryum
rbieri : tel est, par exemple. le Bryum pycnodermum
pricht, espèce norvégienne, bien caractérisée d’ailleurs
par la marge des feuilles, plane aussi, mais très large.
paisse et formée de deux couches de cellules, par sa
grande taille et surtout par la grande longueur du pédicelle,
par l'épaisseur des parois de la capsule, enfin par la grosseur
s] qui est plutôt celle d’un Cladodinm que d'un
REVUE BRYOLOGIQUE. |
Catalogue des muscinées du Mont-Dore.
Pendant deux années consécutives nons avons entrepris
d'explorer au point de vue bryologique les environs de la
station thermale du Mont-Dore. Le temps que nous avons
consacré à ces deux excursions a été malheureusement trop
court; aussi notre champ d'exploration ne s’est pas étendu
au-delà de 6 ou 7 kil. autour dela ville. Malgré cela nous nous
estimons heureux d’avoir pu découvrir environ 75 espèces
qni n’ont pas été signalées par M. Lamy de La Chapelle,
dans les catalogues publiés par la AÆevue dans les années
1875-76 et 78. Sans doute, même dans l'espace que
nous avons exploré, il peut y avoir encore quelque chose à
trouver ; mais ne sachant s'il nous sera donné de revoir ce
beau et riche pays, nous publions ici le résultat de nos
recherches ; ce qui, joint aux trouvailles de M. Lamy de La
Chapelle, forme un total de 234 mousses et de 67 hépatiques.
On y remarquera une espèce absolument nouvelle, et plu-
sieurs autres nouvelles pour la France.
V. BERTHOUMIEU. R, pu Buyssox.
Gymnostomum rupestre Schw. — Val d'Enfer. R. /
Eucladium verticillatum B. £. — Grande-Cascade, val d'En- 4
jen AC, 3
Weisia viridula, var, amblyodon Seh, — Val d'Enfer. C.
— — var. gymnostomoïdes Sch.— Croix-Morand. *
Dicranoweisia cirrata Lind. — Rochers de la plaine. À. R.
| — Bruntoni Sch., — Grande-Cascade, Capucin. |
Digranella curvata Sch. —- Grande-Cascade , Marais de la
Dore. P. C. :
Dicranum falcatum Hedw. — Rochers au marais de la Dore.
Dicranodontium longirosire B. E. —Marais de la Dore. CG
Leptotrichnm flexicaule Hpe. — Grande-Cascade. C.
Trichostomum tophacenm Brid. — Val d'Enfer. P. C.
Desmatodon latifolins var, brevicaulis Br. —Sur les rochers. c.
Barbula Buyssoni Phil. — Sancy et Grande-Cascade. ne
Cette espèce a été décrite dans la Æevue, 1886, ch
_ — mueronifolia Schw. — Base du Sancy. R. a
— cyliadrica Sch., c. fr, — Grande-Cascade. R kR;
—— icmadophila Sch. — Grande-Cascade où il abônde.
_— ruralis Hedw. forma gracilis. — Sancy.
immnia plagiopodia Hedw. — Val d’Enfer. R.
_ pulvinata Sm. — Çà et là.
. Schaltzii Brid. — Capucin, sie.
Hedwigia ciliata Ehr, — Dans la vallée. C.
REVUE BRYOLOGIQUE.
ychomitrium polyphyllum B. E.- — (Grande-Cascade où il
abonde.
Amphoridium lapponicum Sch. — Val d'Enfer, Croix-Mo-
rand. R.
Orthotricham fastigiatum Br. — Sur les arbres du parc.
Rogeri B.E. — Même loculité.
pallens B. E. — Mêlé au stramineum, C.
leucomitrium Bruch. — Arbres du parc.
Ulota crispula Breb. — Bois du Capucin. R.
Hiealypta vulgaris Hedw. — Val d'Enfer. P. C.
streptocarpa Hedw. — Val d'Enfer. P. C.
w bera annotina Schw. — Croix-Morand.
commuütala Sch. — Marais de la Dore. R.
— albicans var, glacialis Sch. — Cà et là.
an filiforme Dick. — Base du Sancy. R.
— Funckiü Schw. — Grande-Cascade. R.
Mnium affine BI. — Gapucin.
hornum Lin. — Cà et là.
— punctatum var. elalum Sch. — Marais de la Dore.
Aulacomniun audrogynum Schw. — Grande-Cascade.
_Philonotis marchica Brid. #. — Grande-Cascade.
_ Buxbaumia indusiata Brid. — Bois du Capucin. À. C.
Pseudoleskea atrovirens, v. filamentosa Boul. — Gde-Cascade.
. Le. tectorum Milde. — Grande-Cascade, val d'En-
er.
Thuidium decipiens de Not. — Grande Cascade où il sonde.
B chythecium salebrosum Sch. — Bois du capucin, C. à
_glareosum Sch.— Vallée du Mont-Dores P. G
populeum Sch.— Çà et là.
plumosum Sch. — Grande-Cascade. C
” Starkii Sch. — Sancy. R.
Eurbynchium strigosum, var. diversifoliom Lind Val d'Enfer: -
tbynchostegium rusciforme Sch..— Câet là. |
'Jagiothecium denticulatum, var. tenellam Sch, — ne
ee Sprucei Sch. — Val d'Enfer. R. : #
irrigaum Scb. — Source de la Dogne. P. c.
pnum stellatum Sch. — Grande-Cascade. R. à
_ crista-castrensis Lin. — Sancy. P. CG.
hamulosum Scp.— Grande-Cascade.
upressiforme, var. subjulaceum Mol. — . Croix
Morand. is
ochraceum , var. faccidum Milde. — _
Dore. ne
| REV RYOLOGN
- Paso Marrosettit Lesq. — Ja.
_Gymnomitrium confertum Limp, — “Rochérs au marais s dé la
._ Dore. R. :
. Sarcoscyphus adustus Spr. — Rocbers, ‘Sancy et Crois-Mo- :
rand. R.
— Spracei Limp.— Rochers au marais de la 1 |; 4
— ‘ sphacelatus Nees. — Même localité. R. Une
forme à tiges molles, grêles, déprimées, pote
rait être appelée var, gracilis Nob. À
Scapania irrigea Dum. — Marais de la Dore. R.
_Plagiochila interrupta Dum. — Capucin. FM
Jungermania albicans var. taxifolia Nees. — Marais.
+ michauxii Web. —- Le Capucin.R,. :
— minula Cran. — Marais de la Dore. Capucin.
ee tersa Nees. — Capucin. R.
e cœspititia Lind. — Grande-Cascade. R.
— bicrenata Lind. — Sentiers du Sancy.
— Starkii Necs. — Marais de la Dore.
— bicuspidata var. uliginosa Nees. — Marais.
— ee var. Lamersiana Necs. — UE à :
cascade.
. Radula germana Jack. — Le Capucin. B.
* Fours palmata Dur, — Bois du pose
+ 76
Espèces signalées D M. Lamy:
’ Hypaum triguetrum , loreum, squarrosum, splendens, my
. Ssuroïdes, reflexum, velatinum, rugosum, rivulare, cras
_ nervium, cuspidatem, purum, Schreberi, rugosum,
luscum, callichroum, commntatum, filicinam , fluitans
_ exanulatum, uncinatum, cupressiforme, ochraceum, dila-
_ tatum, palnsire, nitidulum, silesiacum, pe denti-
culatum, serpens, nitens.
Thuidium tamariscinum.
_ Pseudo-leskea atrovirens.
Heterocladium dimorphum.
_Leskea mutabilis, sericea, myura..
Myurella julacea.
Climacium dendroïdes. RM AN D ci
_Neckera erispa, pumila, complanala. So e
Pierogonium filiforme, gracile.
Antitrichia curtipendula.
ucodon sciuroïdes.
Pier ‘gophylum lucens. :
; entte pres mn, getratam, ire. sise
l , argenteum, ne SES pseudotrique
Schleicheri
REVUE BRYOLOGIQUE.
te bons, albicans, elongatum, crudum, nutans et
ar. uliginosum, polymorphum, et var. brachycarpum
_ et gracile, pendulum.
Mielichoferia nitida.—Est à peu près disparue du Val d ‘Enfer,
se trouve abondamment à la Cascade-du-Serpent.
Aulacomnium palustre.
Bartramia fontana, Halleriana, ithyphylla.
Amphoridium Mougeotii,
Polytrychom commune, formosum, juniperinum, strietum,
_ piliferum.
Pogonatum alpinam, urnigerum, aloïdes, nanum.
ligotrichum hercynicum.
Atrichum undulatum, tenellum.
Barbula raoralis et var, æstiva, subulata, lævipila, muralis,
tortuosa.
chostomum latifolium, homomallum.
Ceratodon purpureus.
Didymodon Lamyi, rubellus, capillaceus.
Dicranum Bergeri, scoparium, fuscescens, elosgatum, Starkii,
_ longifolium, Santeri, montanum, flagellare, strictum, po-
lycarpum, subulatum, squarrosum, pellucidum.
Blindia acuta, type et var. breviseta.
_ Weisia crispula, fugax, denticulata.
_Gymnostomum tenue, microstomum.
Encalypta ciliata. ee
rthotrichum Bruchii,, crispum, Ludwigii, leiocarpum, dia-
phanam, rupestre, affine, fallax, Braunii, alpestre, strami-
. neum, Ccupulatum, Sturmii, anomalum, speciosum. _
Fissidens decipiens.
Dipbhyscium foliosum.
Splachnum ampullaceum.
etraphis pellucida. ;
etrodontium repandum , se trouve sur tous les rochers
_ élevés.
Brachyodus lrichodes, aussi répandu que le précédent.
Campylostelium saxicola. *
Rhacomitrium lanuginosum, heterostichums canescens, fasci-
culare, aciculare, protensum. sudeticum, patens.
mmia Mulhenbeckii, torquata, funalis , cuntorta, Hart-
ani, leucophea, montana, alpestris, sulcata, ovata, Don-
iana, apocarpa, conferta. |
Funaria bygrometrica.
reæa petrophila, alpestris, rupestris. :
m cymbifolium, papillcsum, acutifolium, rte
et var. compactum, subsecundum, molluscum,
>hnii, recurvum fimbriatom, cspidatum, teres.
riur co cinna u coralloides. À
mitrium patens, elliplicum, aciculare, protensum, sndeticum
_ valgare, Franzonianum, ætnense), Siurmii, levigatum.
“REVUE BRYOLOGIQUE. 29
Alicularia scalaris, et var, gracillima. cn
Plagiochila asplenoïdes. | : :
Scapania undulata, uliginosa, irrigna, nemorosa, intermedia,
umbrosa. ;
Jungermania albicans, obfusifolia, exsecta, obovata, byalina,
crenulata, nana, pumila, subapicalis, inflata, connivens,
Mülleri, ventricosa, porphyroleuca, alpestris, incisa, atte-
nuata, quinquedentata, FlϾrki, lycopodioides, bicuspi-
data, trichophylla, julacea.
Lophocolea bidentata, minor, heterophylla, Hookeriana.
Ghiloscyphus polyanthus.
Calypogeia trichomanis,
Ptilidium ciliare,
Lepidozia reptans.
Mastigobryom deflexum.
Radula complanata.
Madotheca platyphylla, rivularis.
. Lejeunia serpylifolia.
Frullania dilatala, tamarisei.
Blasia pusilla.
Metzgeria pubescens, furcata.
Marchantia polymorpha.
Preissia commutata.
Fegatella conica.
Bibliographie,
MUSCOLOGIA GALLICA (descriptions et figures des mousses
de France et des contrées voisines). 5° livraison, p. 129-160
et pl. 37-44. — 5 fr. franco par la poste. Mes
Cette livraison contient : Grimmia alpestris, salcata, mon-
_tana, ovata, commutata, unicolor, elongala, atrata, torquala,
funalis, apiculata, arenaria (curvula), orbicularis, pulvinata,
trichophylla, Hartmani, incurva, Schultzïi, elatior, — Rhaco-
= heterostichum, microcarpum, fasciculare, canescens, lanugi
nosum.—Hedwigia ciliata, imberbis, sciuroides.—Coscinoden
_ cribrosus, humilis. —Ptychomitriam polyphyllum, nigricans,
_pusillum. — Glyphomitrium Daviesii. — Amphoridium lap-
_ ponicum, Mougeotii. — Zigodon viridissimus, Stirloni
_ conoïideus, gracilis, Forsteri. — Ulota Drummondii, Ludwig
_ Bruchii, calvescens, crispa, intermedia, crispula, phyllantha
= curvifolia, Hutchinsiæ.—Orthotrichum rupestre (var, ovatum
7 _anomalum (var, commune, suxatile, detluens, pellucidum),
Venronr + a re
rger de cette importante monographie qui com-
tous les Ortbotrichum de l'Europe; celte livraison ne
tient que le commencement, la fin sera publiée dans la
ivraison, qui paraitra àu mois de mai.
; Fourth Cnbibéin to the Knowledge of. Künsas Mosses, Ey
EUGENE A. Raw (in Bulletin of the Washburn College Labo-
atory of Nat. History, vol. E, n° 6. Topeka, Kansas, july
1886 ). à
La plupart des matériaux qui ont servi de base à cette
otice, ont été recueillis par M. J. Henry, de Salina. Outre
espèces non encore signalées dans le Kansas, ce botaniste
rouvé un Barbula, que E. Rau décril comme nouveau
ur la science, sous le nom de Barbula Henrici n. sp., voisin
_chloronotos. Cette notice porte le nombre des mousses
d Kansas à 56 espèces et variétés. "> F. GRAVET. -
ei Artentypen der Sphagra aus der Acutifolinmgruppe.
-WARNSTORF (Sep. -Abdr, aus Hedwigia, 1886. Heft VI),
pages.
M. Warnstorf admet que un formes du groupe du
Sphagnam acutifolium peuvent êlre considérées comme.
espèces distinctes , au même titre que certaines formes
d’autres groupes, p. e. les Sphagnum cuspidatum el ripa-
m dans le groupe du cuspidatum, les Sph, laricinum,
latyphyllum et contortum dans celui ‘du subsecundum, etc.
Al est donc persuadé que deux variétés du Sph. acutifolium
Ebrh. doivent être élevées an rang d'espèces : ce sont les
riétés quinquefarium Braithw. et robustam Russ., qu’il
écrit sous les noms de Spb. quinquefariam et de Sp :
ussowii W. Il divise le jn du sie acutifolium de ‘ :
manière suivante : ;
. Écorce de la tige munie de pores.
1. S. Girgensohnii Russ. 2 S. fnbriatum Wils. “+ s.
Russowii W. 4. S. quinquefarium W.
B. Écorce de la tige presque toujours sans s pores.
3. acutifoliam Ebrh. 6. S. aeutiforme Scbliep. et
S. molle Sul.
opuscule se termine par un examen critique de lou
u D' Rüll: Zu ur Sy ermnn der ais (Flora, 1886).
: | pers ;
Les auteurs décrivent dans ce travail 49 espèces : Gottsché
… pachyla var. ambigua ; Plagiochila patagonica, P. circinnalis
_var., P, Savatieriana, P. subpectinata, P. Hyadesiana ;
isotachys madida var.; Leioscyphus? abnormis, L. repens
var., L. fuegiensis, Chiloscyphus notophytloides var, devexi-
folia et var. elatior; Lophocolea gottscheaides, L. Novæ-
Zeelandiæ var, biloba, L: muricata var.: Lepidozia Saddlensis:
Lejeunea fuegiana, L. Savatieriane, L decurvicuspis; Po-
lyotus ? Hariotianus. he
V. ScnmIFFNER. — (Observationes de exoticis quibusdam
_ Hepaticis. — Botanisches Centralblatt, n° 34, 33, 1886, Tirage
à part de 9 p. et 4 planche. iv
Cinq espèces sont décrites et figerées dans celte brochure,
ce sont : Lejeunia repanda, L. perforala; Phragmicoma
Haenkeana, P. sphærophora ; Riella Battandieri. T. 4.
. H. W. Annezz : Bryologiska notiser frän det smäländska
bôglandet. (Sep. Abd.). — L'auteur & découvert pour la
Suède-Norwège : Philonotis molis Ventori (prope Boarp);
pour la province Smäland : Amblyst. (Hyp.) elodes Spr., A
(H.) Richardsoni (Mitt.), A. Juratzkae Sch, Grimmia affinis
(Sebleich.) ce. fr, Dorcadion (Osthotr.) pallens (Br.). Astro
phyllum pseudopunctatum {B. S.) €. fr. Cephalozia ohtusiloba
Lindb. ce. fr. Harpanthus Flotowi (Nees), Hors de cela sont
nommées encore beaucaup d’autres espêces rares,
; rex V. SCHIFFNER.
_ T. Cnazumnsxr. — Ænumeratio muscorum fondosorum
| tatrensium. — Warzawa, 1886. Un volume in-#° de 208 p. et
une carte, 40 fr. chez Gebetner et Wolff, Varsovie. Hs
. Cet ouvrage important n’est pas, comme son titre l'indique,
_ une simpie énumération de mousses avec leurs localités. Un
_ assez graud nombre d'espèces sont accompagnées de noles
= importantes contenant la description de leurs principaux
_ caractères et les différences qui permetlent de les distinguer
_ des espèces voisines. — Le nombre des espèces trouvées
jusqu’à ce jour dans les monts Tatra est de 422.
6, pu Nopay. — Catalogue des mousses des environs de
Josselin (Morbihan). — Bulletin de la Sac. d’études scientifi-
ques du Finistère, 4886. Tirage à part de 16p.
M. du Noday avait précédemment publié un catalogue des
mousses des environs de Josselin et un supplément. Ces deux
notices sont réunies dans cette brochure, et l'auteur y a
_ ajoaté ses nouvelles découvertes. nn .
_ J. Amaws. — Supplément au Catalogue des mousses du Sud-
Quést de la Suisse. — In-8° de 17 p., 1886.
. Ce catalogue contient 60 espèces nou-indiquées dans
il de l'auteur ; elles ont été trouvées pour la
par M. Philibert. , : * s SN» À
Flora der Insel Jan Mayen. —Gesammelt von D°F. Fischer,
irbeitet unter Mitwirkung von Dr Th, Kries, Prof. Ed.
ackel und D" F. Hauck von D: H. W. ReicnarpT. Separat
bdr. aus : « Die internationale Polarforschung 1882-1883 ».
ien 1886.
La flore de Jan Mayen n'était jusqu’à nos temps que bien
peu connue. Elle est très pauvre en espèces ayant un carac-
ère seulement arctique. Excepté l’indigène Lecidea dilabens
h.Fries, toutes les autres sont communes aux territoires arc-
tiques voisins. La partie des mousses contient les espèces sui-
ntes : Grimmia apocarpa (L.) Hed., Racomitrium microcar-
on (Funk) Brid., R. lanuginosum (Hed.) Brid., Tetraplodon
mnioides (L.) Br. Sch. (8) compactus Berggr., Bryum pseu-
dotriquetrum (Hed.) Schwgr., Polylrichum juniperinum
d, (8) strictum Br. Sch., P. striatum Menz., Hypnum unci-
natum Hed. cum var. (6) orthothecioides Berggr., H. sar-
mentosum Wablenb. — En plus d'une synonymie et d’une
citation des localités détaillées, l’auteur nous donne aussi la
distribution de chaque espèce dans les autres territoires
arctiques, V. SCHIFFNER.
_ R. Barnes. — 4 Zevision of North American Species of Fissi-
_ dens. Botanical Gazette, January 1887, p. 1-8.
_ Cette première partie contient la description du genre, la
clef analytique des 20 espèces et la description des 4{ pre-
_mières : F. limbatus, F. bryoides, F. Closteri, F. hyalinus,
F. Ravenelii, F. Garberi, F. Donnelli, F. obtusifolius, F.
osmundoides, F. rufulus,
Nouvelles.
Le fascicule 16 des Musci Galliw (n°% 751-800), contenant
50 espèces ou variétés de diverses contrées de l'Europe,
paraîtra le 1° avril. a |
_ Le prix de l’intéressant catalogue de M. Debat { voir le
ernier n° de la Revue) est de 3 fr. 50 chez l’auteur, au
dit Lyonnais, à Lyon.
existe duns l’herbier Lenormand un Æiella, récolté en
867 et 1869 dans les mares de Roquehaute, près de
ntpellier, portant le nom de Æiella qailica Bal. , leg.
Theveneau ou un nom lui ressemblant, les dernières
_élé décrite et quel est le nom de l’auteur Bal. Ce Riella
fut retrouvé il y a 40 où 12 ans par le D' Goulard et
dernièrement par le professeur Planchon, T. H. Fe
s étant peu lisibles. Je désirerais savoir si celte espèce
N° 3 14 ANNÉE TI
| REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N°3,
Les variations analogues dans les Sphagnacées. Jensen.— Cinclidotus
ous KinogerG — Bibliographie. Scandinavian bibliography. —
ouvelles.
Les variations analogues dans les Sphagnacées,
Par C JENSEN.
Ouvrage traduit du danois avec la permission de l'auteur,
Par F. GRAVET.
AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR.
M. J. Jensen est le premier qui ait étudié, d’une manière
spéciale, l'influence des agents extérieurs sur la formation
des variations dans les Sphaignes. Il a consigné ses obser-
vations dans un mémoire intitulé : Analoge Variationer hus
Sphagnaceerne, et qui a été publié dans le #otanisk Tidskrift,
bind 13, 4883 (Journal de Botanique, tome XIII, Copenhague,
1883). Je crois faire chose utile aux amateurs de Sphagno-
_logie en publiant une traduction française de cet opuscule.
F. GRAVET.
Dans aucun autre genre de mousses, la tendance à varier :
et la dissemblance des formes d’une même espèce ne sont
aussi grandes que dans les Sphagnacées. Il n’est pas tou-
_jours possible de reconnaitre les causes de ces variations;
34 cos REVUE BRYOLOGIQUE.
= cependant l’eau paraît exercer la principale influence ;
_ viennent ensuite la lumière et l'ombre, et, dans quelques cas,
_ la température et le sol.
Comme les espèces de ce genre ont beaucoup d’aflinité
entre elles, on doit s'attendre à ce que, dans la plupart des
espèces, les mêmes influences extérieures produisent les
mêmes séries de variations. C’est ce qui a lieu, comme le
prouve clairement un coup d’œil sur l’ensemble de leurs
formes.
Qu'il existe des analogies entre les formes de chaque
. espèce, c’est un fait qui à été constaté depuis longtemps par
plusieurs observateurs, tels que Schimper, Lindberg, Warn-
storf et Braithwaite : ce dernier auteur, dans son remar--
quable ouvrage sur les Sphagnacées de l’Europe et de
lAmérique du Nord, met en évidence la double série de
_ variations que l’on observe dans la plupart des espèces, à
savoir les formae compactae et squarrosulae. Le professeur
Lindberg a surtout aitiré l'attention sur l’analogie bien
caractérisée qui existe entre les formes des Sph. subsecundum
et laricinum. On trouve aussi d'importantes données dans
l’ouvrage de Warnstorf sur les Sphaignes d'Europe. Dans les
pages suivantes, j'essaierai de donner un résumé comparatif
de ce sujel.
Les organes de la plante, qui sont le plus exposés à varier,
sont d’abord et surtout les feuilles, ensuite les rameaux, soit
fructifères, soit stériles. Si la plante croît entièrement dans
_ l’eau, elle prend un aspect particulier et anomal. Toutes les
_ parties deviennent plus grandes et plus longues; la tige
croît jusqu’à la surface de l’eau et devient souvent très
longue; les rameaux, qui, dans la plupart des espèces,
pendent le long de la tige et la recouvrent, perdent plus ou
_ moins cette propriété et finissent par ressembler aux autres.
_ Les feuilles caulinaires deviennent souvent plus grandes et
_ leurs cellules hyalines sont entièrement ou en partie garnies
_ de pores et de fibres annulaires et spiralées; elles arrivent
ainsi à ressembler aux feuilles raméales, et celles-ci de-
viennent plus longues et moins imbriquées. Les rameaux
fructifères s'allongent considérablement et prennent naissance
à des intervalles plus ou moins éloignés du sommet de la
ige. Par suite de l'allongement de celle-ci, les fascicules de
rameaux s’éloignent les uns des autres et souvent même on
n’observe plus de capitule bien distinct : ce sont les formae
mmersae. ie
REVUE BRYOLOGIQUE. 35
les espèces et qui se distinguent par leurs touffes serrées et
peu élevées, par une tige généralement basse et par des
rameaux courts, dressés et garnis de feuilles densément
imbriquées. Dans les formes arctiques cette série de varia-
tions est surlout bien caractérisée et concorde ainsi avec
beaucoup de formes arctiques d’autres plantes : ce sont les
formae compactue et strictae.
Si la plante croît à l’ombre, elle devient plus robuste ;
elle prend une couleur d’un vert plus frais : les rameaux
fructifères naissent quelquefois, comme dans les formes
aquatiques , au-dessous du sommet de la tige, et alors ils
sont un peu allongés. Les feuilles deviennent , en général,
plus ou moins squarreuses : ce sont les formae squarrosulae.
Parfois, il se produit des formes dont les rameaux, surtout
ceux du sommet, sont courbés-falciformes : ce sont les
{ormae falcatae.
On trouve encore une autre série de variations dans plu-
sieurs formes, qui croissent dans les endroits plus ou moins
secs : leurs feuilles caulinaires, sous le rapport de la forme
et de la strucinre, ressemblent presque ou complètement
aux feuilles raméales ; elles rappellent ainsi le groupe des
Sphagna extra-européens que Lindberg a réunis sous le nom
de Homophylla (1): ce sont les formæ homophyllue. Ce genre
de variations se rencontre aussi quelquefois dans les formes
aqualiques. ;
Dans la plupart des espèces, il se produit des formes plus
grêles et plus élancées : ce sont les formae tenellae. +
Dans toutes les espèces, on rencontre des individus dé-
pourvus ou munis seulement d’un petit nombre de rameaux ;
ils se trouvent mêlés avec d’autres formes ou, ce qui est
rare, ils forment des touffes séparées. Ils ne peuvent être
considérés comme des variétés, mais comme de jeunes
plantes incomplètement développées. Cependant, on ne doit
point y rapporter certaines formes voisines des Sph. subse-
_cundum et laricinum, qui sont souvent assez robustes, quoi-
qu'elles ne portent qu’un très petit nombre de rameaux; en
outre, elles sont parfois fertiles et paraissent être constantes,
Tel est le Sph. Pylaisii, espèce bien distincte, tandis quele
Spb. ecyclophyllum Lindb. peut à peine prétendre à l'auto-
nomie : Ja capsule petite, hémisphérique après la chute de
l'opereule, que Lindberg (2) lui attribue, me parait un ca-
_ ractère insuffisant pour le distinguer comme espece , encore
moins pour en faire le type d’un groupe particulier. Comme
il fructifie sous l’eau, on peut chercher dans ce fait la cause
(4) Torfmossoruas byggnad, utbredning och systematiska uppstallning,
p-154. Lo Dur cn
(2) Lindberg : Europas och Nordamerikas Hvitmossor, 4882.
6: : REVUE BRYOLOGIQUE.
_ de la forme de la capsule ; car, dans d’autres formes aqua-
_ tiques, on trouve des capsules sphériques, qui, quelque
temps après la chute de l’opercule , deviennent hémisphé-
riques, et, en général, le fruit est aussi plus petit, Je suis
porté à chercher la cause de la production de ces formes
dans les conditions naturelles particulières où elles croissent.
Dans les contrées arctiques, on trouvera, sans doule, cette
cause dans la durée de la période de croissance qui est
courte ; ailleurs, le développement de ces formes peut être
arrêté par l’influence d’un climat très chaud ou très sec. Des
conditions aussi défavorables contribuent sans doute aussi à
la rareté de la fructification et à la dimension des capsules.
Dans le Sphagnum cuspidatum (Thal.) Ehrh., qui com-
_ prend trois sous-espèces : les Sph. laxifolium C. Müll., Sph.
_ intermedium Hoffm. et Sph. riparium Angstr., on rencontre,
_ très bien caractérisées, plusieurs des formes que je viens de
_ nommer. Aux formae immersae appartient la variété plumosa
Sch., qui croît entièrement sous l’eau dans les fossés pro-
fonds des tourbières : elle peut être considérée comme type
de cette division. La variété submersa Sch. se trouve dans des
endroits semblables et a plusieurs analogies par exemple
_ dans les Sph. subsecundum , laricinum et cymbifolium. Par
de nombreuses formes de transition, on arrive à une forma
falcata ; c'estla var. falcata Russ., très bien caractérisée dans
les fossés des tourbières exposés aux rayons du soleil. La
forme la plus commune du Sph. intermedium est très voisine
de la var. major Angstr. et peut être considérée comme type,
analogue aux formes des Sph. acutifolium, Wulfii, subse-
et le port. De nombreuses formes établissent la transition
aux formae tenellae, parmi lesquelles on compte la var.
tenuis Klinggr., la var. gracilis Gravet et la var. squamosa
_Angstr.; ces deux dernières offrent une ressemblance frap-
_ pante avec les formes correspondantes du Sph. acutifolium.
I n'existe aucune limite bien tranchée entre l’intermedium
_ et le laxifolium. Le premier, en croissant sous l’eau, change
_ peu à peu d’aspect et ressemble davantage au laxifolium;
_ les caractères anatomiques s’effacent graduellement et l'on
voit apparaître les notes distinctives du dernier. La var.
_ brevifolia Lind. se rapporte à ces formes de transition.
cundum et lariciaum, qui lui ressemblent par la grandeur
REVUE BRYOLOGIQUE. L a en Le
trouver réunies : c'est la var. squarrulosa mihi. On trouve
aussi, dans le Sph. riparium, une forme qui, par la gran-
deur, répond au type du Sph. intermedium.
Le Sph. Lindbergiïi, sous plusieurs rapports, se comporte
comme le Sph. intermedium : il est souvent aussi robuste:
il produit de même une forme plus petite et plus grêle, var.
tenella Limpr., et, en outre, une forma squarrosula , var,
Squarrosula Limpr., et une forma immersa var. immersa
Limpr. ; les feuilles de cette dernière ont une tendance à la
Sqnarrosité, Gravet a établi une var. congesta que je ne
connais pas. 5
Dans le Sph. Walfii, qui, d'après Lindberg, croît de préfé-
rence dans les marais ombragés des forêts de pins, la pointe
des feuilles raméales est presque toujours un peu recourbée
en dehors ; on trouve aussi une forme dont les feuilles sont
settement squarreuses, var. squarrosula Russ. Cette variété,
d’après Russow, produit une forme compacte, f. congesta
Russ., et une forme plus lâche, f. remota Russ.
Dans le Spb, aculifolium, les formae tenellae et compactae
sont Surtont richement représentées. Parmi les premières, on
peut citer comme très bien caractérisées les var, fusea Sch., *
tenuis Braithw., rubella (Wils.), et gracilis Russ., et parmi
les dernières les var. arcta Braith., congesta Gravet et
Schimperi Warnst. : celle-ci se présente en même temps
_ comme une forma homophylla, et alors elle peat être facile-
_ ment confondue avec le Sph. molle Sulliv. Aux formae com-
pactae se rattachent les formae strictae, qui sont bien :
_ représentées par les var. stricta et strictiformis Warnsi. En
outre, il se produit, quoique plus rarement, les formae
immersae, auxquelles se rapportent les var. plamosa Milde et
immersa Schleich. Certaines formes, par exemple, les var.
rubella (Wils.) et secunda Warnst., peuvent, comme la var.
falcata du Spb. laxifolium, avoir les feuilles courbées-homo-
__ tropes, surtout dans les rameaux supérieurs dont la pointe
_est également courbée. Les formae squarrosulae sont repré-
_ sentées par la var. squarrosula Warnst. La forme typique de
_ Schimper, qui habite principalement les contrées monta-
_ &neuses, répond, par sa grandeur et son habitus, aux formes
semblables des Sph. Walfii, intermedium et laricinum.
_ Quelques formes robustes et plus lâches, telles que les var.
patula Sch. et laxa Warnst., ne manquent pas d’analogues
dans la plupart des espèces. Les formes du Sph. acutifolium
sont loin de différer autant de la forme typique que celles
= du Sph. cuspidatum, quoiqu’elles soient très nombreuses :
_ cela doit être attribné à une habitation plus sèche, où se
produisent toutes les formes compactes, qui manquent
presque complètement dans le Sph. cuspidatem.
Le Sph. strictum Lindb., très voisin du Spb. acutifolium, à
38 REVUE BRYOLOGIQUE.
des formes correspondantes, mais moins nombreuses, telles
sont les var. densa Gravet et pumila Angstr. parmi les
formae compactae, et la var. squarrosula Russ. parmi les
formae squarrosulae. La var. laxifolia Warnst. mérite d’êlre
citée comme exemple de forma laxa. On trouve aussi une
forma siricta très bien caractérisée ( var. stricta Russ. ).
Le Sph. fimbriatum varie encore moins que le précédent ;
du moins, on n’en connaît que deux formae strictae, la var.
arctica mihi et la var. stricta Gravet, une forma squarrosula
var, squarrosula H. Mül]. et une var. flagelliformis Warnst.,
que je ne connais pas, mais qui est, sans doute, analogue à
la var. laxifolia du précédent.
La forme la plus commune du Sph. teres Angstr. répond
aux formae typicae des espèces précédentes. Le Sph. teres
_ habite de préférence les marais découverts et abondants en
eau; dans les endroits ombragés, il se produit, comme dans
_les autres espèces, une forma squarrosula : c’est la var.
_ squarrosula (Lesq.), qui tantôt a élé regardée comme une
espèce distincte, tantôt comme une var. du Sph. squarro-
sum, mais qui se rattache au Sph. teres (1) par de nom-
breuses formes de transition; on connaît aussi une forma
compacta, var. compacta Warnst.
Le Sph. squarrosum peut être considéré comme type de
toutes les formes à feuilles squarreuses ; son habitat dans les
endroits ombragés des marais répond aussi complètement
aux conditions nécessaires au développement de ces formes.
C’est dans les endroits très ombragés qu'il devient le plus
squarreux ; il porte alors des fruits qui naissent assez loin en
dessous du sommet de la tige el sont portés sur des rameaux
_ allongés : ce qui a lien principalement dans des stations
très humides, var. ëmmersa Beckm. Dans les marais décou-
verts et exposés au soleil, la squarrosité n’est pas aussi
prononcée, mais en général les fruits sont nombreux et
__ naissent dans le capitule sur de courts rameaux fructifères.
_ Cependant, cette espèce n’a pas toujours les feuilles squar-
_ reuses; elles sont parfois étroitement imbriquées comme
dans la var. imbricata Sch., qui croît dans des endroits plus
secs et ainsi forme quelquefois des touffes compactes, var.
compacta Warnst, et f. stricta Warnst, Ce que j'ai vu du
Spb. squarrosum du Groënland et du Spitzberg se rapporte
en général à la f. stricta.
(4) On sait que la var. squarrosula (Lesq.) n’a pas encore été trouvée en
fruit normalement développé. 11 y a quelques années, je l’ai observée fruc-
_tifiée d’une manière intéressante et très remarquable. Les fruits, qui étaient
_ très petits, ne se trouvaient pas chacun au sommet d’un rameau particulier ,
_ mais sur de courts pédicelles; les anthéridies, au nombre de 9, une par
_ feuille, se trouvaient dans la partie moyenne d’un rameau tout à fait normal
et garni de feuilles squarreuses. is .
Les Sph. cuspidatum, Lindbergüi, Walfii, acutifolium,
strictum, fimbriatum, teres et squarrosum sont réunis par
Lindberg dans le groupe de Sphagna cuspidata, caractérisé
surtout par les feuilles raméales à pointe étroite. ;
Les Sph. subsecundum Nees et laricinum Spruce peuvent
être étudiés comme s'ils ne formaient qu’une seule espèce,
puisque leurs formes offrent l’analogie la mieux caractérisée,
On peut admettre comme formes principales celles qui, par
la grandeur et l’habitus, répondent à la forme typique du
Spb. acutifolium ; elles sont aussi, dans les deux espèces, les
plus communes en fructification Dans l’une et l'autre, on
trouve les formae tenéllae, à savoir : dans le subsecundem,
la var. gracilis C. Müll., et dans le laricinum, la var. gracilis
Warnst. Le Sph. subsecundum contortum {Schullz) est, en
outre, analogue au laricinum var. teretiuscula Lindb.; ces
deux variétés, en croissant dans les eaux profondes, se lrans-
_ forment en /ormae immersae, contortum f. fluitans Gravei et
teretiusculum £. fluitans mihi, qui sont complètement ana-
logues aux var. submersa et plumosa du Spb. cuspidatum.
Le Sph. subsecundum var. obesa Wils., selon la nature de
la station qu’il habite, se présente comme une forma im-
mersa et une forma emersa, avec de nombreuses formes
intermédiaires : toutes deux peuvent être classées parmi les
formae homophyllae, à cause de la forme et de la structure de
leurs feuilles caulinaires. La forma emersa est analogue à
certaines formes du laricinum, qui se rapportent à la var.
platyphylla Lindb. de ce dernier. Le Sph. subsecandom var.
auriculata (Schimp.), qui se distingue par des oreillettes
très grandes, peut, en partie, être rapporté aux formae
REVUE BRYOLOGIQUE.
homophyllae , et répond aux formes à grandes oreillettes du
Sph. laricinum var. platyphylla. Les /ormae compactae et
strictae se trouvent aussi représentées, dans le Sph. subse-
cundum, par la var. rufescens f. stricta Gravet et la var,
Jensenii Warnst.; dans le laricinum, je n’ai observé qu’une
forma compacta. Dans le Spb. subsecundum, il y a une
forma squarrosula var, squarrosula Grav., et probablement
aussi dans le laricinum, pe
Entre toutes les espèces, les Sph. subsecundum et Jar
cinum se distinguent par la grande abondance de leurs
formes et la dissemblance qui existe entre ces formes, ce qui
a donné lieu à en considérer plusieurs comme espèces
distinctes. ‘
Le Spb. tenellum Ebrb. est sujet à beaucoup moins de
_ variations que les Sph, subsecundum et laricinum, dont il est.
_le plus voisin; ces variations sont aussi bien moins dissem-
_ blables entre elles. En général, cette espèce est plus petite
à _et plus grêle que les autres espèces européennes; ainsi, da
forme principale répond , pour la grandeur, aux formae
REVUE BRYOLOGIQUE.
_ tenellae, et la var, robusta Warnst. aux formae typicae des
_ auires espèces. La var. immersa Schimp., qui est une forma
immersa bien caractérisée , a quelquefois, selon Warnst., les
rameaux supérieurs arrondis et légèrement courbés. Cette
espèce a une grande tendance à former des touffes basses et
compactes, f. compacta mihi et var. longifolia Lindb. : cette
dernière est en même temps une forma homophylla.
Les Sph. subsecundum, laricinum et tenellum, constituent
le groupe des Sphagna subsecunda, à feuilles obtuses, très
concaves, et, en général, courbées-homotropes. Il n’est pas
douteux que le Sph. Pylaisii doive être rapporté à ce groupe.
.. Le Sph. compactuom DC., comme son nom l’indique, croît
ordinairement en touffes compactes : ce sont aussi celles qui
fructifient le plus souvent. Dans les endroits ombragés, il se
. produit fréquemment une forma squorrosulu bien caracté-
_ risée : c’est la var. squarrosa Russ. Dans les stations très
_ mouillées, cette forme devient une forma immersa, avec des
rameaux fruclifères allongés, et, dans ies endroits plus secs,
c’est une Forma stricta, var. stricta Warnst. Dans les
bruyères humides, il se produit une forma compacta bien ca-
_ractérisée (Sph. rigidum var. compacta Schimp. ).
Le Sph. molle Suiliv. croît presque toujours dans des
localités assez sèches, et, par suite, se rencontre le plus
souvent en touffes serrées qui ne varient pas beaucoup.
_ Braithwaite mentionne une var. tenera (Sull. et Lesq.), qui
comprend les deux formes de l'Amérique du Nord, les Sph.
_ tabulare et tenerum ; elle peut être considérée comme la
_ forme compacte la mieux caractérisée de cette espèce, et
_ répond à la var. compacta Schimp. du précédent. Si le Sph.
__ molle croît dans des endroits plus humides, ses touffes de-
_ viennent plus lâches, et alors on le trouve quelquefois avec
_des feuilles squarreuses, var, squarrosula Grav. On rencontre
aussi une forma stricta bien caractérisée.
Comme les deux espèces précédentes, le Sph. Angstroemii
_ C. Hartm. croît en touffes serrées, mais dans l’eau même :
ce qui porterait à croire que ses formes sont plus nom-
_ breuses, mais il n’en est pas ainsi. La forme principale a les
_ rameaux très rapprochés et parfois un peu courbés; mais il
_se produit aussi une forme plus lâche, dont les feuilles sont
_ trouve une forma stricta.
pacta Lindb., se distinguent surtout par des touffes compactes,
_faides, arrondies et peu étendues : ce sont les moins va-
_ riables des Sphagnacées.
les plus différentes, depuis les broyères presque sèches jusque
dans les eaux profondes des tourbières, C’est pourquoi il
_ légèrement squarreuses, Dans les stations moins humides, on
Ces trois espèces, qui forment le groupe des Sphagna com- ke
Le Spb. cymbifolium Ehrh. peut croître dans les stations …
REVUE BRYOLOGIQUE. M
varie beaucoup, mais sans limites bien tranchées entre les
formes. La var. media (Limp.) est. en général, une forma
compacta, var. compacta Schimp.; mais elle se produit aussi
comme forma immersa, c’est la var, immersa Warnst. Les
var. pycnoclada C. Müll. et laxa Warnst. sont d’autres
formae immersae, La var. squarrosula Russ. est une forma
squarrosula bien caractérisée, et la var. Hampeana Warnst.
est une forma homophylla. En général, la var. compacla
existe en même temps qu’une forma stricta. .
Le Sph. papillosaum Lindb. forme des touffes étendues
dans les endroits plus ou moins humides et éclairés par le
soleil, Dans les bruyères humides, on rencontre une forma
compacta, et dans les marais, ombragés, une forma laxa.
D’après Braithwaite, la var. stenophylla Lindb. serait ana-
logue à la var. squarrosula de l'espèce précédente. :
Le Sph. Austini Sulliv. éprouve les mêmes variations que
le Sph. cymbifolium, dont il est très voisin. La var. imbricata
Lindb. peut être considérée comme type; dans un sens, il
produit une forma compacta , var. congesta Warnst., et dans
un sens opposé, une forma laxa , qui a parfois les feuilles
squarreuses.
Ces trois espèces, avec le Sph. Portoricense Hamp., et,
_ selon Braithwaite, le Sph. Herminieri, constituent un groupe
très naturel, qui est caractérisé par des feuilles larges,
ovales, arrondies et concaves, par des cellules hyalines
grandes et larges, et surtout par les cellules fibrillées de la
couche corticale de la tige. Ces espèces, à l'exception du Sph.
cymbifolium, présentent un caractère intéressant : ce sont les
_ papilles plus ou moins longues qui recouvrent les parois la-
térales des cellules hyalines des feuilles. D’après Lindberg,
on trouve aussi des papilles dans le Spb. teres.
Le tableau suivant montre clairement la distribution des
formes dans chaque espèce et dans chaque groupe : ainst,.
l’on trouve les formae compaclae, squarrosulae et immersae
dans presque toutes les espèces; les formae homophyllae se è
produisent surtout dans les Sphagna subsecunda, les formae ss
tenellae et falcatae dans les subsecunda et les cuspidata , ie
mais non dans les autres groupes. | .
On remarquera plusieurs lacunes dans ce tableau; sans
doute, elles pourront être comblées dans an avenir prochain,
car, dans ce genre de mousses, le nombre des formes paraît
être illimité. On a déjà décrit environ 150 formes d’espèces
européennes; près d’un cinquième de ces formes appartient
au Sph. acutifolium. Ce n’est donc pas sans motif que
= Warnstorf l'appelle le Protée des Sphaignes ! Vs
d cu REVUE BRYOLOGIQUE.
TABLEAU
Des variations analogues dans les Sphagnacées.
Fa S |,2s 8 |.
À À = |SSs| 88 | 88) 2£2 126
ë ESPÈCES. EME
El me es" lReSs [es Fes les
Le £ © à Se = = £
Sphagnum laxifolium C. Müll. ? A
— intermedium Hoffm. Het ?. | +0
— riparium Angstr. +| +
È — Lindbergii Schimp. ? +1 #3
E — Wulfi Girg. + +: F3
o nine Fi
Ê — acutifolium Æhrh. HIHI + Li ++ :
= — strictum Lindb, ss 4:20
— fimbriatam Wils. —— AIR
—. -teres Angstr, + + ie
— squarrosum Pers. + + | 40
5 = subsecundum Nees. | | +L|+| + + | + .
: E] 8 — laricinum Spruce. es
2e : a mn
2 — tenellum Ebrh. + | + d- 1 A
R 5 — compactum DC. - Ti 4
© " ; :
à | — molle Suiliv. = L à
a 8 | — Angstroemii C. Hartm. + 1 1
_. — cymbifolium Ehrh. | + | + es
DE CRE NTI
‘He — papillosam Lindb. + Éi. .
Dé — Austini Sulliv. | + | Lt À -.
Les espèces contenues dans cette notice sont: Grimmia
REVUE BRYOLOGIQUE. 43
Cinclidotus falcatus Kindb., n. sp.
Tiges longues, de 8-15 centim., radiculeuses et pas dénu-
dées à la base, très rameuses, avec des rameaux souvent
allongés et incurvés, en grosses touffes lâches d’un vert
foncé. Feuilles falciformes, linéaires-subulées aiguës; cellules
lisses et chlorophylleuses, pour la plupart carrées, les infé-
rieures (plus grandes que celles du €’. aquaticus (H.) B. E.) à
parois hyalines, nervure pas ou à peine excurrente, à la
base occupant au moins le tiers de la largeur de la feuille.
Fleurs et capsules inconnues.
Grèce, près d’Argos « in fonte Erasini (nunc Kephalovupi)
ad radices montis Chaon, 25 septembre 1886 : D" Th. de
Heldreich, qui a bien voulu me communiquer de bons
échantillons.
Cette forme a bien le port du Cüinclidotus aquaticus, mais
elle me paraît distincte surtout par le tissu des feuilles plus
lâche, la nervure non excurrente et plus large à la base, la
ramification des tiges plus diffuse.
Linkoeping, Suède, 15 novembre 1886.
N. Conr. KINDBERG.
Bibliographie.
C. Barnes. — À Revision of the North American Species of
Fissidens (The Botanical Gazette, February 1887). :
Ce n° de la Gazette Botanique contient la fin du genre
Fissidens, commencé dans le n° précédent ; ce sont les F.
polypodioides, subbasilaris, taxifolius, Floridanus, decipiens,
adiantoides, grandifrons, Julianus, Hallianus.— Cette révision
se termine par des remarques sur plusieurs espèces el la
description d'espèces douteuses ou exclues. ;
R. Spruce. — Lejeunea Holtit, a new hepatic from Killarney ;
(Journal of Botany, Feb. 1887, p. 33-39 and 72-82, t. 4} PS
La description très détaillée de cette espèce est suivie de la
diagnose des L. erectifolia Spruce, L. ulicina Tayl., L. diver-
siloba Spruce, L. concinnula Spruce et Steph., L. cucullata
_Nees, L. lucens Tayl, — Dans la seconde partie, l’auteur
_ énumère les espèces anglaises au nombre de 13 et étudie
leur distribution géographique. La planche représente le L.
Holtii de grandeur naturelle et les diverses parties grossies.
C. H. BainsrEAD. — Some rare mosses in Westmorland (The ee
Naturalist, March 1887, p. 65-66).
REVUE BRYOLOGIQUE.
TE à
à anodon, G. commutata, G. anomala, Bryum Mühlenbeckii,
_ Cinclidium stygium, Hylocomium umbratum.
L F. STEPHANIL — Hepaticarum species novae vel minus
_ cognilæ (Hedwigia 1886, p. 233-249 et 2 planches).
M. Stephani décrit et figure dans cette livraison : Mastigo-
bryum speciosum, M. subfalcatum, M. Sumatranum, M. Ste-
phaniüi, M. strictum, M. Sumbavense, M. Tocutianum, M.
Wiltensii, M. Wrightii. L'auteur termine ce mémoire par une
énumération alphabétique de tous les Mastigobryum, des
_ remarques sur quelques-uns et une classification méthodique
de toutes les espèces.
STEPHANI. — Ueber einige Lebermoose Portugals (Hedwigia
1887, p. 1-6 et 1 pl.).
Deux espèces nouvelles, le Frullania calcarifera et le
= Lejeunea Molleri, sont décrites et figurées. Les descriptions
_ sont suivies de notes sur le Radula Lindbergiüi, le Madotheca
_ Thuja et l’Anthoceroas dichotomus,
_ J. DEDEGEK. — Die Lebermoose Bôühmens (Prag bei Fr.
Rivuac 1886).
Cet ouvrage, bien digne de notre attention, contient dans
l'introduction un abrégé de la morphologie des hépatiques,
un aperçu historique sur les recherches hépaticologiques en
_ Bohême, suivi d’un exposé du système fondé sur les plus
_ nouvelles recherches de Leïtgeb et d'autres auteurs. Vient
_ ensuite la description de 124 espèces, dont les plus rares sont:
= Notothylas fertilis, Riccia sorocarpa, R. ciliata, R. Bischofhi.
Grimaldia fragrans, Fimbriaria pilosa, Davalia rupeslris,
Môrckia norvegica, M. hibernica, Madotheca rivularis, Har-
_panthus Flotovii, H. scutatus, Plagiochila interrupta, Junger-
_ maunia Michauxii, 3. Halleriana, J. saxicola, J. Wenzelii,
_ J. ntermedia, J. Juratzkana, J. Menzelii, J. rubella, J. Zey-
beri, J. sphærocarpa, Sarcoscypbus alpinus, S. densifolius,
_ S. Sprucei, Gymnomitrium coralloides, G. adustum, Haplo-
_mitrium Hookeri. D
Il manque dans cet ouvrage Fossombronia Dumortieri,
Aneura pinnatifida, A. multifida et Marchantia Sikoræ qui
n’a été observé qu’en Bohême. Les localités, réunies avec
grand soin, sont pourtant fort incomplètes. J’observe encore,
en finissant , que le Riccia natans y est séparé comme genre
à part (Ricciocarpus Corda), et que le genre Haplomitrium y
_ forme une famille. V. SCHIFFNER. ;
. … SCANDINAVIAN BIBLIOGRAPHY (continued) (4). — Conpyioine |
fragilis var. densus = C. densus Schpr. syn.? — Folia basi
(4) Confer. Revue Bryol., 1845, p. 13.
REVUE BRYOLOGIQUE. 45
obtusata, apice longiore non fragile ; cæspites fusei parum
sericeo nitentes, ad apices usque innovationum tomento rufo
compacte intertexti ; sterilis.
Polytrichum piliferum var. alpestre. — Caulis simplex vel
semel bisve furcatim ramosus, pollices c. 2 metiens. Folia ad
apices innovationum versus sensim majora, appressa, inte-
gerrima in pilum brevissimum eminentia. Seta unum pollicem
longa, apophysis turquiformis, capsula minuta cæterum nor-
malis, — Habitat supra limitem salicum in monte Storskarven
par. Rôraas, Sündre Frondkjems Ami.
Some species the author has gathered for the first time in
fruit in the Scandinavian peninsula, viz. Hedwigidium im-
berbe, Breutelia arcuata, Neckera pumila and Thamnium
alopecurum.
53. WuLrsBerG, N., Mosliste fra den nordligete Bôgeskov
(Bot. Notisr., 1877, p. 72-82, in Norwegian).
The most northern European beech wood is to be seen a
little in north of Bergen in Norway (60°,37/ n. lat.); it is
almost 3-400 hectars large only one halfth of the area however,
being clothed with what may properly be named a wood.
From this locality the author enumerates 127 musci veri and
44 hepaticæ, the mossvegetation having nearest an english
caracter. Hylocomium brevirostre, H. ochraceum, Plagiothe-
cium undulatum, Pterogonium gracile, Hookeria luceus,
Fontinalis dalecarlica; Breutalia arcuata, funaria Abnfelti,
Anomobryum julaceum, Ulota Drammondii, Orthopus bre-
vifolius, Campylopus 4 species, Sphagnum 8 species, Jun-
germannia Dicksoni, J. sphærocarpa, J. orcadensis, Masti-
gobryum trilobatum c. fr. etc. are the most interesting
species mentioned.
In the same paper a new citizen of the Scandinavian
mossflora is introduced, viz Glyphomitrium Daviesii Brid.,
detected in Nordfjord (Norway). si
54. ZerrensTenT , J. E., One vegetationen vid Altenfjord
(Ofversigt af k. Sv. Vetenskaps-Akademiens Férdhandlingar,
4874, Stockholm, p. 33-51, in Swedish). AU
À record on the vascular plants and mosses in the men-
tioned northly part of Norway (70° n. lat.). The mosses the
author found not to be very rich in species; this is attributed
to : 1) the absence of woods of abies excelsa ; 2) the sunlight
through the whole day in summer, on which account there
is no proper shadowed side in the mountains ; 3) the absence
of dew in the warmest part of the sammer, as the temperature
in this season is very much the same all the day round ; 4)
the rounded forme of the mountains, in which on this account
caverns, fissures or more shadowed places are rare. The
mosses in different bryological situations are enumerated.
53. Zerrensrenr, J. E., Musci et Hepaticæ Finmarkiæ cir
46 REVUE BRYOLOGIQUE.
sinum Altensem crescentes (K. Svenska Vet. Akademiens Hand-
lingar, Band 13, n° 13, Stockholm, 1876, 42 p. in latin).
See Rev. Bryol., 1876, p. 93-95.
IV. PUBLICATIONS ON THE BRYOLOGY OF FINLAND.
56. BRroTHERUS, V. F., Musci Fenniæ exsiccati, Helsingfors.
Four fasciculi of this beautiful collection have already
appeared, viz. fase. 4 (nris 4-50) in 1871, fasc. 2 (nris 51-100)
in 1872, fase. 3 (nris 101-150) in 1876 and fasc. 4 (nris 151-
200) in 1882. Among more interesting mosses in the collec-
tion may be mentioned, in
Fasc. 1. — Fissidens decipiens, Discelinm nudum, Lampro-
phyllam nutans 6. bicolor (B, S.), Fontinalis gracilis, F. di-
chelymoides, Brachythecium erythrorrhizon, Hypnum inter-
medium, H. cuspidatum var. fluitans Lindb., Hylocominm
_subpinnatum, Sphagnum Augstroemii, S. Wulfi, etc.
Fase. 2. — Dicranum molle Wils, D. viride, Seligeria diver-
sifolia Lindb., Ditrichum tortile, D, tortile 6. pusillum, Bryum
Marratii, B. mamillatum Lindb., B. turbinatum, Thuyidium
decipiens, Orthothecium rubellum, Eurhynchium hians
(Hedw.), Hypnum polygamum var. maritimum Lindb., H.
uncinatum orthothecioides Lindb., etc.
Fasce. 3. — Grimmia contorta, Orthotrichum Rogeri, Mnium
Drummondii, M. Blyttii, Polytrichum commune cubicum
_ Lindb., Brachytbecium salebrosum turgidum (Hartm.), Hyp-
num polare Lindb., etc.
Fasc. 4. — Sphagnum Lindbergïüi, Bryum cyelophyllum,
B. oblongum Lindb. (1), B. fallax Milde, B. Lacustre (Bland.),
+ Splachnum luteum, Dicranum brevifolium Lindb.. D. conges-
tum f. flexicaule (Brid.), Dorcadion pallens (Bruch), D.
microblephare (Shimp.), Grimmia arenaria, G. flaccida,
. Amblystegium Richardsoni, Neckera Besseri, Fontinalis hyp-
noides, elc.
The collection becomes the more important as all names
are revised by professor Lindberg.
57. BROTHERUS, V.F., Anteckningar tia Norra Tuavastlands
flora (Notiser ur Sällskapets pro Fauna et Flora Fennica
= frbandlingar, XII, 4872, Helsingfors, p. 485-217, in swedish).
After some introductory remarks an enumeration is given
_ ofthe vascular plants and mosses of the named district ; the
number of mosses is 232 species, amongst which Hypnum
erythrorrhizon, H. rusciforme, H. subpinnatum , H. badium,
= Fontinalis gracilis, Polytrichum Swartzii, Conostonum boreale,
Zygodon rupestris, Dicranam fragilifolium, Andræa crassi-
_ nervis, Sphagnum Angstroemii and in the first hand the new
species Fontinalis dichelymoides Lindb. may be mentioned.
(4) As for this moss see Rer. Bryol., 1882, p. 23.
HEVUE BRYOLOGIQUE. 47
58. BroTerus, V.F., Utdrag ur bref fran magister V.F..
Brotherus till lektor J. E. Zetterstedt (Bot. Notiser, 1872, p.
129-133, in swedish).
In 1872 the author visited the Kola-peninsula on a subscri-
bed journey for collecting vascular plants and mosses. The 2
most interesting plants found are mentioned in this letter; as .
for the mosses see next paper. The subscribers for mosses got
a fine collection of 200 specimens, the more welcome as there
were many rare species and as all names bad been revised
by professor Lindberg.
59. BroTuerus, V. F., Nagra exkursioner omkring Panoj
(Bot. Notiser, 1873, p. 14-81).
Vascular plants as well as mosses are treated. Cephalozia
islandica, Hypnum revolutum (Miti.), Encalypta brevicolla,
E. affinis Hedw., Dicranum molle Wils., Brachythecium her-
jedalicum, Orthothecium rubellum (Mitt.), Campylopus bre-
vifolius, Cinclidium subrotundum, Sphagnum Angstroemii
are the rarest mosses mentioned.
60. Hurt, R., Férsôk till analytisk behandling of växt for-
Le (J. CG. Frenckell and Son, Helsinglors, 1881, p.
1-155).
This paper gives the results of a journey in 1877 to the
northern parts of Osterbotten and the western parts of Kemi
Lappmark, the region visited extending from the polar cirele
in the south to 67° 438 n. lat. inthe north, and from the rivers
of Muonio and Tornio in the west to the river Ounasjoki in
the east. The author calls attention only to those vascular
plants and mosses that are more common and so frequent as
to form an essential part of the vegetation. According Lo their
height the plants are divided in 7 strata, the lowest stratum
rising only 3 cent. over the ground, the second stratum reac-
hing a height of 1 decim., etc. From 76 different places or
situations the plants ofeach stratum as well as their frequency
are enumerated, the mosses, of course, all belonging to the
first stratum. The plants of one stratum are according to their
habitus or general physiognomy divided in forms; as for
mosses the author speaks of Sphagnum form, a Polytrichum
form, a Hylocomium form, an Amblystegium form (A. fluitans
and resembling, not systematically allied, mosses that seem
Lo thrive together) and an Astrophyllum form. Forms that
are found in the same place constitute a formation. Of for-
mations a great many are distinguished and named, the name
being derived from the forms constituting the formation and,
not from the kind of station in which the formation usually
occurs, as the same formation may often be found in different
situations. As example of some of these formations may be
mentioned Abiegna-hylocomiosa , Pineto-betuleta-hyloco-
_ miosa, Betuleta-muscosa, Sphagneta-myrtillosa, ete.
REVUE BRYOLOGIQUE.
With these few intimations I have only wished to give some
_ poor hints of the contents of the interesting paper, that treats
the geography of plants from a point of view, that has hitherto
been very little adopted by scientists, but which, tracing, as
+ it does, îts origin back to Humboldt, Grisebach and Kerner
k (Das Pflauzenleben der Donaulaender, Innsbruck, 1863), if
more cullivated, is sure in a future time to spread a good deal
of new light over the physiognomy of the vegetation in the
different countries of the world, W. ARNELL.
(To be continued).
Nouvelles.
M. J. Cardot, à Stenay (Meuse), désire échanger un certain
_ nombre de mousses exotiques (environ 150 espèces) bien
déterminées, contre d’autres espèces exotiques également
__ déterminées. Envoyer et demander liste d’oblata.
Vient de paraître : Musei Galliæ, fascicule 16 (n° 731-800),
publié par Amann, Arnell, de Brébisson, Corbière, Culmann,
Delamare, Gravet, lHusnot, Hy, Kindberg, Mühlenbeck,
Payot, Philibert, Renauld, Trabut, Venturi. Prix : 8 fr. 50
franco par la poste. — Ce fascicule contient : Dicranum bre-
vifolium, Campylopus paradoxus, Fissidens crassipes var.
Philiberti, Seligeria pusilla var, brevifolia, Didymodon ruber,
D. rufus, Trichostomum littorale, Desmatodon Laureri, Bar-
bula Fiorii, B. cæspitosa, Grimmia atrofusca, G. streptophylla,
Ulota intermedia, Encalypta commutata, E. apophysata,
Tetraplodon urceolatus, Leptobryum dioïcum, L. minus,
Webera annotina, W. commutata, Bryum purpurascens, B.
carinatum, Philonotis rigida , Polytrichum formosum var.
_ pallidisetnm, Philonotis squamosa var. latifolia, F. Ravani,
_ Neckera oligocarpa, Plaitygyrium repens , Orthothecium
rubellum, Plagiothecium denticulatum var. myurum, Amblys-
tegium Sprucei, Hypnum chrysophyllum, H. Kneiffi, reptile,
fastigiatum . curvicaule , alpestre, turgescens, flylocomium
_ Splendens var. gracilius, Sphagnum acutifoliom flavicomans, :
= S. acutifolium robustum, S. recurvom pulchrum, S. cuspida-
tum majus, S. Lindbergii, S. contortum, S. contortum
Squarrosulum, S, Pylaei, S. cymbifolium brachycladum, S.
= S. papillosum confertam, S. papillosum abbreviatum.
À vendre une magnifique collection de mousses de la
Nouvelle-Zélande, récoltées en 1886, par M. ZX. Helms et
déterminées par M. le D° Ch. Müller Hal , s'adresser au |
frère du voyageur, M. Ahwin Helms, à Hamburg-Eimsbüttel,
… Emilienstrasse , 47. La collection est composée d’environ
: 50 espèces avec plusieurs
espèce est 0,5 marc d’Alie
magne, A. Genges,
nouveautés, le prix de chaque
Ne À 48 Avr 1887
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES DEux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 4.
La fructification du Grimmia Hartmanni. ParriBerr.—Contributions
à la flore bryologique de la Grèce. KinpBerc. — Bryum labrado-
rense. PBiciBerT. — Musci exotici. — L’0. Rogeri. VENTURI, —
Bibliographie. — Scandinavian bibliography. ARNELT..
e
La fructification du Grimmia Hartmanni.
Le Grimmia Hartmanni Schimper est une espèce assez
répandue dans les forêts de presque toutes les montagnes
de l'Europe, mais elle y fructifie très rarement : jusqu'ici
Juratzka était le seul bryologue qui en eût observé quelques
fruits. J'ai récolté de nombreuses fructifications de celte
mousse dans les montagnes de la Corse, près de la Foce de
Vizzavona, où elle est abondante et où on la trouve souvent
.couverte de capsules.
Elle se reconnaît aisément, même à l’état stérile, à ses
tiges allongées, et à ses feuilles légèrement homotropes,
terminées par un poil très court ; le Rhacomitrium sude-
ticum, dont l'aspect est assez semblable, s’en distingue bien
nettement par le tissu des feuilles. Ce tissu, dans ce Rha-
comitrium, est opaque et d’une couleur luride ; toutes les
cellules de la moitié inférieure de la feuille sont linéaires,
étroites et allongées, très sinueuses ; elles sont disposées en
séries rectilignes très régulières, dans lesquelles les parois
et les cavités des cellules forment deux bandes parallèles
alternantes, très étroites, de nuance différente, dont les
bords sont festonnés en zigzags nombreux et serrés. Dans le
Grimmia Hartmanni, le tissu est moins opaque et plus lâche,
jaunâtre et assez pâle ; les cellules sont plus larges et surtout
4
_ REVUE BRYOLOGIQUE.
beaucoup plus courtes, jamais linéaires: leur forme d’ailleurs
varie assez notablement. On trouve des feuilles dont toutes
_les cellules sont carrées, à peu près aussi larges que longues,
‘nullement sinueuses : à peine quelques cellules un peu plus
_allongées vers le milieu de la base, D’antres feuilles, au
contraire, prises non seulement dans des échantillons diffé-
_ rents, mais quelquefois sur les mêmes tiges, présentent dans
_ leur partie inférieure une zône assez étendue de cellules rec-
tangulaires translucides avec un noyau plus foncé, qui est
souvent sinueux ; mais ces cellules sont loujours plus courtes
et moins étroites que celles du Rhacomitriom sudeticum,
et on n’y observe jamais ces longues séries linéaires, ces
_ Zigzags nombreux et serrés qui font reconnaître au premier
abord le tissu de cette dernière espèce.
J'ai pu comparer, grâce surtout à l’obligeance de M. Husnot,
de nombreux échantillons du Grimmia Harimanni, récoltés
dans des localités très diverses, en Suède, en Angleterre, en
Bohême, en Franconie, en Thuringe et en Bavière, dans
l'Orne et dans l'Isère, dans les Alpes-Maritimes, dans les
_ Pyrénées, enfin dans la Savoie, dans le Tyrol et sur diffé-
rents points de la Suisse : je n’ai trouvé entre eux aucune
différence de quelque importance. Cette espèce ne présente
donc que des variations très légères : les plantes sont plus
ou moins robustes, la couleur plus ou moins verte ou jau-
_ nâtre, le poil terminal plus ou moins long ; il y a même des
variétés où il manque complètement ; dans des échantillons
récollés par M. Schmidt, près de Leipa, en Bobême, toutes
les feuilles sont absolument mutiques. La plante de Corse
est absolument identique à celui des échantillons récoltés
dans les monts Rhôn par M, Geheeb. :
J'arrive maintenant aux caracières des fruits : n'ayant pu
voir Ja description de Juratzka, je me bornerai à exposer
_ ce que j'ai observé moi-même. : à
_ Caulinaires ; seulement leur base est un peu plus engaînante,
et le tissu, dans la partie inférieure, est composé de cellules
_reclangulaires plus lâches et plus transparentes, à parois
rectilignes. Il n’est pas rare de voir deux fruits sortir du
ême périchèze, Le pédicelle, long de trois à quatre milli-
mèlres, est tordu en spirale et généralement dressé à Fet
sec; à l'état humide, il est légèrement sinueux et courbé
en arc, de telle sorte que la capsule est alors penchée, fai-
Sant un angle d'environ 45 degrés avec la verticale; mais
_elle ne devient jamais horizontale, et à plus forte raison
n’est jamais renversée, Elle est ovale-oblongue, très lisse,
pâle avec un bord rougeâtre, longue, sans l’opercule, de
17°, 50 à 1°*,70, avec un diamètre de 0»,75. Opercule
est semblable aux formes moyennes de l'espèce ; son aspect
_ Les feuilles périchétiales ont Ja même forme que les feuilles”
REVUE BRYOLOGIQUE. re
conique subulé, un peu obliqne, long d'environ Om", 83.
Coiffe conique , longue et étroite, fendue en 5 à 6 lobes :
dans la partie qui dépasse l’opercule ; elle mesure environ
jmm A0. Anneau ordinairement persistant, composé de lon-
gues cellules linéaires toutes semblables entre elles, et pâles
dans toute leur étendue.
Le péristome mesure de 0,25 à 0,30. Dents lancéolées-
linéaires, obtuses, entières, d'un rouge orangé assez pâle,
très-lisses dans les deux tiers inférieurs ; le tiers supérieur,
légèrement papilleux, présente assez rarement quelques tra-
ces de fentes. On n'aperçoit aucune ligne médiane ; les arti-
culations dorsales, qui sont seules visibles, sont nombreuses
et serrées, environ 18 : trois ou quatre fois aussi larges que
hauts dans la partie inférieure, les articles deviennent moins
étroits vers le sommet de la dent, mais sans que leur hauteur
dépasse jamais la moitié de leur largeur; ils présentent,
dans toute la partie lisse de la dent, des lamelles aignéës, très
saillantes sur le dos; ces lamelles deviennent par degrés plus
courtes et finissent pas disparaitre dans la partie papilleuse,
Les dents sont légèrement adhérentes entre elles dans le bas
sur une petite hauteur, mais sans que l’aspect et la structure
de cette partie basilaire diffèrent de la partie libre.
Les deux couches dont ces dents sont formées sont diffi-
ciles à séparer. Quand on parvient à les isoler, les plaques
dorsales se montrent comme des rectangles étroits, à base
très large, simples et ne formant qu'une seule rangée, rou-
geâtres, très lisses et très épais dans les deux tiers inférieurs
de la dent, irrégulièrement dilatés à leurs articulations en
larges lamelles, La couche ventrale, mince et hyaline, est
formée de deux rangées de plaques trapézoïdes ou presque
carrées, à bords irréguliers, trois fois plus hautes en moyen-
ne que les plaques dorsales, lisses ou très légèrement pape
_leuses, très planes, nullement épaisses à leurs articulalio
les lignes qui les séparent sont au contraire très fines, très
n55
ténues, quelquefois à peine visibles : les deux articles adja-
cents sont souvent très inégaux, leur ligne de démarcation
étant placée assez rarement au milieu de la dent, et bien
plus ordinairement plus près d'un des bords; quelquefois
alors la plaque qui commence sur une dent se continue sur
la dent voisine : c’est par là, à ce qu’il semble, que les dents
= adhèrent un peu les unes aux autres dans le bas; plus haut
_ ces plaques communes à deux dents contiguës se détachent
de l’une d'elles et font saillie sur les bords de l’autre. Dans le
tiers supérieur de Ja dent, les plagues ventrales conservent
_ la même forme et le même aspéct, mais les plaques dorsales
deviennent moins étroites, leur base n’égalant plus que le
= double de leur hauteur; elles deviennent en même temps ..
moins épaisses, dépourvues de lamelles, papilleuses, et quel
x:
REVUE BRYÔLOGIQUE.
_ quefois elles se percent en fentes entre leurs articulations en
face des lignes de division de Ja couche ventrale,
C’est en somme la structure ordinaire du genre Grimmia,
dans les espèces où les dents sont indivises. Par là, le Grim-
mia Hartmanni s'éloigne considérablement du Rhacomitrium
sudeticum. Dans celui-ci les dents sont toujours plus longues
de Own, 35 à 0,45 ; elles sont d’abord confluentes à la base
en une membrane assez haute, pâle et lisse, d’une structure
particulière ; puis, presque immédiatement au-dessus, elles
se parlagent en deux branches longues et étroites, bien colo-
rées, souvent inégales et irrégulières, . plus ou moins cohé-
rentes aux arliculations où tout à fait libres ; plus rarement
on observe trois branches dans quelques-unes des dents. Les
articles de ces branches sont allongés dans le sens vertical ;
leur hauteur dépasse souvent de beauconp leur largeur: ils
sont ordinairement très papilleux; dans certaines variétés
pourtant ils sont seulement marqués de stries verticales ou
_ obliques. L’anneau est aussi bien plus complexe, formé de
cellules inégales et diversement colorées. En somme cette
espèce, qui ressemble au Grimmia Hartmanni par l'aspect de
ses tiges et de ses fruits, en diffère profondément par ses ca-
ractères microscopiques.
C'est donc parmi les véritables Grimmia, non loin du
Grimmia contorta Waäl. (Grimm. incurva Schwaegr.) qu'il
faut placer le Grimmia Hartmanni.
C’est dans les grandes forêts de hêtres de la Foce, sur des
_ rochers granitiques, que j'ai trouvé cette mousse fructifiée.
Les plantes mâles croissent là à côté des plantes fertiles,
quelquefois mêlées dans les mêmes touffes. Elles sont tout à
fait semblables aux plantes femelles. Les fleurs terminent les
tiges et les rameaux; elles sont entourées extérieurement
de feuilles semblables aux feuilles caulinaires : à l’intérieur
ces feuilles deviennent plus engaiînantes, et leur limbe di-
minue progressivement ; le tissu de la partie inférieure de-
vient de plus en plus lâche, et se colore peu à peu; les fo-
_lioles intimes sont ovales, mutiques, bien colorées ; au cen-
tre, de nombreuses anthéridies, longues, orangées, sans
_paraphyses. Je n'ai jamais rencontré d’ailleurs sur la plante
__ de Corse ces petits tubercules reproducteurs que l’on observe
Souvent dans les autres localités. PHILIBERT,
Contributions à la flore bryologique de la Grèce.
Quant à la bryologie, ce pays classique est presque in-
LPO . + s
_ connu. L'auteur de cet article a voulu actuellement publier
tout ce qui est venu à sa connaissance, grâce à la bienveil-
*
REVUE BRYOLOGIQUE. 53
lance du D" 74. de Heldreich, à Athènes, qui a communiqué …
aussi des échantillons de mousses de la « Flore de l’ile de
Céphalonie par Th. de Heldreich, Lausanne, 1882. » à
On doit à MM. A.-D. Mazziari et D" Fr. Unger les pre-
mières recherches bryologiques, mais un très petit nombre
(2 ou 3 espèces) en est cité par Schimper dans Synops.
musc. eur.
« L'herbier de M. Mazziari a été acheté par Tommasini et
fait maintenant partie du musée d'histoire naturelle de la
ville de Trieste. Malheureusement, les indications des loca-
lités dans l’herbier et les collections distribuées par Mazziari
ne méritent pas toujours entière confiance. Dans les Ver-
handlungen der zoologisch-botanischen Gefellschaft in Wien ,
Bd. XL, 1861, pag. 411-430, et Bd. XVIII, 1868, p. 425-428,
ont été publiés deux catalogues des Cryptogames de l’herbier
Mazziari », Heldr., |. c., p. 10.
Prof. W. G. Orphanides et D' Heldreich sont d’ailleurs pro-
bablement les seuls botanistes qui aient récolté des mousses
en Grèce. Dans l’énumération suivante, j'ai marqué les es-
pèces, dont j'ai examiné des échantillons, avec le signe
d'exclamation.
J. PLEUROCARPES.
Neckera pumila H.; Neckera turgida Jur.; Neckera pla-
nata (L.) vor. cephalonica Ung. ; Leucodon sciuroides (L.),
var, cylindricus ; Pterogonium gracile (L.); Eurbynchium
_circinatum (Brid.); Seleropodium illecebrum (Schw.). —
Cephalonie : Unger.
Rhynchostegium confertum (Dicks.). L'ile de Syros : Or-
phanides ! cs
Rhynchostegium megapolitanum (Bland.), var. meridio-
nale. — Aitica : Orphan. !
Rhynchostegium rusciforme (Weis.) et var. inundatum.—
Peloponnèse : Heldreich ! ee
Homalothecium sericeum (L.). — Attica: Orphan.!; Ce
phalon. : Ung. ie
Campothecium aureum (Lag.). —Attica : Orph, !; Cephal.:
Ung.
Amblystegium riparium (L.) et var. longifolium. — Pelo-
_ponnèse : Heldr. ! on,
Hypnum purum (L.). — Attica : Orph. ! |
Hypnom uncinatum, var, plumulosum. — L'ile d’Andros
Heldr. ! Fe .
- Hypnum filicinam L. — Thessalie : Heldr. ! co
Fontinalis Heldreichii C. Müll.e— Thessalie : Heldr, 0
Cette nouvelle espèce, déc M ”
_ parait être distincte par les feuilles très courtes et dilatées,
découverte en état stérile en 1882,
84 REVUE BRYOLOGIQUE.
_ Plus encore que chez Fohlinalis giganté Sulliv,, äuqüel elle
_ fessémble par lé port.
Il, AGROCARPES,
Pogünatum alpinüm (L.), — Thessalie ; Heldr, !
Bryum alpinum L. var, gemmiparum (D. N.). -= Attica :
Schimp. Synñ, m, e,
_ Bryumi torquescéns B. E, — Syros : Orpbh. !
Bryum Scbileicheri Schw., var, latifolium, = Thessalie :
Heldr, !
Bryui pseudotriquetrum (H.). — Atolie : Heldr. !
Bryumi murale (?) Wils, = Attica : Orpbh. !
Fañaria bygrometrica (L:): — Altica : Orph. !
Dicrähum strictum Schl. — Thessalie : C. Müll. Deutschl.
_ Moose.
_. Grimmià pulvinata (L.); Grimmia apocarpa (L;) ; Grimmia
_trichophylla Grev: — Géphal, : Uig.
Cinélidotus falcatus Kindb., n. Sp, — Argos : Heldr, ! ==
Décrit dans le derniér numéro de la Revue Bryologique.
M. Heldreich l’a trouvé, le 95 septembre 1886, près d’Ar-
808 : « Fonte Erasini (nunc Kephalovupi) ad radices montis
Chaon. »
Orthotrichum Lyellii H. T. — Laconie : Orpb. !
Orthotrichüm Rôgeri Brid. = Attica : Orph: !
rthotrichum cupulatum Hoffm, ; Orthôtrichum speciosum
Esenb, ; Orthotrichum leicocarpum B, E, : Encalypta vul-
__ &aris H. ; Zygodon viridissimus (Dicks,). = Céphalonie :
Unger.
Phascum rectum Sm. = L'ile de Sÿros : Orph,!
Gyroweisia tenuis (Schrad.). — Cephal. : Ung.
Barbula ruralis (L.). — Thessal, : Heldr, ! ; Geph. : Ung.
Barb. rigida Sehultz ; B. aloides (Koch); B. inclinata Schw.;
_ B. cuneifolia Dicks, ; B. cähescens Br, = Aïltica : Orpb: !
.. Barb. ambigua B. E. : B. fallax H.; B, unguiculata H. —
L'ile de Syros : Orph; !
= Barb. subulata (L.); B. inermis Br.; B. vinealis Brid, —
Cephal, : Ung. .
. Barb. muralis (L.). — Attica : Orph. !; Ceph. : Ung. ; var,
incanña ; Cepli. Ung. |
_ Trichostomum anomalum (B. E.). — Aitica et Syrost
Orph.! :
= Philonotis calcarea B, E. — Achaia : Orpb. !
nu N. Conr. KinpBEenG.
Linkoéping, Suèdé, b mai 1883.
KEVUE BRYOLOGIQUE.
Bryum labradorense, species nova.
M. Cardoi ayant bien voulu me confier la détermination des
Bryacées récoltées récemment au Labrador par M. Gremann,
j'ai trouvé dans cette riche collection d'échantillons un
nambre assez restreint d'espèces, les mêmes en général qu’on
observe dans lé nord de l’Europe; en revanche plusieurs de
ces espèces sont représentées par des variétés nombreuses et
remarquables, particulièrement le Bryum purpurascens: une
de cés variétés au moins devra sans doute être distinguée
spécifiquement, Mais uu milieu de ces formes plus ou moins
rapprochées des formes connues, j'ai trouvé une espèce très
bien caractérisée, très différente de toutes celles qui ont été
signalées jusqu'ici : c’est celle que je décris aujourd’hui sous
le nom de Bryum labradorense.
_ Plantes rameuses, réunies en touffes serrées et compactes,
enlacées de radicules, profondes souvent de plus de deux
centimètres. Feuilles d’un vert pâle, rosées dans le bas,
ovales-lancéolées, avec une base large et embrassante, dé-
currentes, acuminées en une pointe assez courte ; l’apicule,
formé par la nervure, est souvent flexueux et présente deux
ou trois dents; le feuille est entière dans tout le reste de
son étendue. Les plus grandes mesurent environ 3 milli-
mètres en longueur et 1"",40 en largeur, Les inférieures
sont planes et à peu près dépourvues de marge ; les supé-
rieures sont munies d’une marge peu distincte, non colorée,
formée seulement de deux rangs de cellules allongées, qui
disparaît près du sommet; leurs bords légèrement réfléchis
dans le bas, demeurent plans à peu près dans la moitié de
leur longueur. Le tissu fin et serré, formé de petites cel-
lules rhomboïdales à parois mirices, est toujours très pâle et
devient tout à fait hyalin dans les feuilles anciennes ; ilres-
semble assez à celui du Bryum inclinatum, Here
Intlorescence polygame : j'ai observé des fleurs synoïques,
_des fleurs femelles fertiles, et des fleurs mâles. via
Pédicelle long de deux à trois centimètres. Capsule d’un
gris jaunâtre ou fauve mat, ovale, légèrement atténuée à la
base en un col court, large et obtuse dans le haut, longue de
_ 24/2 à 3 millimètres, avec un diamètre d’un peu plus d'un
_ millimètre. Opercule concolore, plan convexe, avec une
petite pointe à peine saillante. ne
Péristome externe remarquable par sa brièvelé, égalant à
peine 0"®,20, nettement orangé dans sa partie moyenne,
avec une base d’an ronge foncé et une pointe hyaline courte;
_ dents largés el régulièrement atténuées, de forme triangu-
_ Jaire dans leur ensemble; articulations peu nombreuses, 10 à
42 dans la couche ventrale, Les plaques dorsales ont un us
0. REVUE BRYOLOGIQUE.
pect remarquable : tontes les articulations, verticales et ho-
rizontales, par où elles se joignent sont relevées en trabé-
cules très visibles, qui forment un réseau bien apparent sur
le dos de la dent, présentant chacune l’aspect d’une ligne
granuleuse double ; séparées les unes des autres, ces plaques
forment des rectangles orangés, dont la largeur égale envi-
ron une fois et demie la hauteur, et qui paraissent bordés
sur trois de leurs côtés d’un cadre plus pâle distinctement
granuleux, tandis que le reste de leur étendue semble lisse ;
c’est à peine si l’on peut y apercevoir des ponctuations ex-
trêmement fines. Ses plaques ventrales sont régulières ,
assez épaisses, peu colorées; elles présentent des lamelles
semi-elliptiques médiocrement saillantes.
Péristome interne adhérent et imparfait; membrane peu
élevée ; processus étroits, linéaires, de largeur égale dans
_ toute leur longueur, bien percés entre leurs articulations;
_ cils nuls.
__ Spores très grosses, mesurent de 0"®,03 à 0®®,04. Anneau
_très large, bien coloré, atteignant presque la moitié de la
hauteur des dents.
Pär la forme et le tissu des feuilles, cette espèce se rap-
proche uu peu du Bryum inclinatum ; le périsiome a, au con-
traire, la même couleur que dans le Bryum pendulum, mais
a une toute autre structure. La forme de la capsule et de
l’opercule rappelle le Bryam archangelicum ; mais celui-ci,
qui est d’ailleurs beaucoup plus petit, a des feuilles autre-
- ment conformées, et surtout un péristome très différent anu-
_ logue à celui du Bryum inclinatam. PHILIBERT.
Musci exotici.
M. le D' K. Müller, de Halle, et M. le D' F. Stephani, de
_ Leipzig, ont déterminé (21 juin 1887) deux collections de
… Mousses et d’Hépatiques, recueillies récemment par MM. Th.
_ Savès et B. Balansa, à Nouméa et au mont Afso ( Nouvelle-
_ Calédonie), ainsi qu’au Paraguay (Brésil), 4884-1886. En
_ attendant que les diagnoses nouvelles des auteurs paraissent
_ dans le journal « Natur », de Halle, nous publions la liste
_ de ces deux collections, qui doivent compléter la première
_ détermination de MM. Bescherelle et Müller sur la végétation
_ spéciale de ces contrées (1). :
= (4) Les deux collections, comprenant 72 numéros, seront expédiées, franco
par la poste, en échange d’un bon de poste de 35 fr. au nom du Directeur
_ dela Kevue Mycologique, rue Riquet, 37, à Toulouse, ou échangées par le
… dépositaire contre des collections analogues. | dre
REVUE BRYOLOGIQUE.
I Musci FRONDOsI.
1. Paraguaienses Balanse.
N° 3708. Æ'phemerum ligulatum n. sp.
3707. Prothallius alicujus algae.
3692. Æypnum (Aptichus) circinicaule n. sp.
3695. — — nanum C. Müll.
3680. — — turgidicaule n. sp.
3693. — — percicinale n. sp.
3673. — (Tumariscella) subnudum n. sp.
3679, — — — var.
3687. — (Helicodontium) tenuirostre var. Schw.
3686. Brachythecium cylindraceum C. Müll.
3675. Schlotheimia Paraguensis Besch. var.
4256. Octoblephrum albidum Hedw.
3678. Entodon agyreus Besch.
— (Erythrodontium) denticulatum n. sp.
3677. Rhacopilum tomentosum Brid.
3681. Dimerodontiom Balansæ C. Müll.
3702, .— ‘— var.
3699. Fissidens stenocarpus n. Sp.
3689. Hookeria (Callicostella) Paraguensis n. sp.
3700. Hymenostomum Balanseanum Besch.
2. Musci frondosi Novæ-Caledoniæ (Th. Savès).
Nes 31. Æypnum (Microthamnium) mucidum n. sp.
oi À — — rano-operculatum n. Sp.
6. — —— — var.
15. — (Thamniella) porotrichoides Beschr.
5. — (Aptichus) cuspidatulum n. sp.
44. — (Eurkynchium) Novo-Caledonicum n. sp.
34. — (Aptichus Pungentella) Savesianum n. sp.
21. — (cupressina) distichellam C. Müll.
22. — — peranguslumn. Sp.
8. Rhacopilum convolutaceum C. Müll.
47. Trematodon Novæ Caledoniæ C. Müll.
23, — — var.
19. macromitrium mucronatulum n. sp.
36. Schlotheïimia rhystophylla n. sp. |
.
2, Angstræmia (Dicranella) austro-exiqua n. Sp.
24. — _ giauca Besch.
32, — —— tenuisela n. Sp.
29. Dicranum (campylopus) subpolyanthus n. sp.
PAR 2e _— — var.
_ 20. Fissidens perangustus n. Sp.
48. Bartramia (Phinolotula) angustissima n. sp.
25. Barbula goniospora n. sp. (Tortella).
REVUE BRYOLOGIQUE,
CRUE À HEPATICE DETERMINA TE 4 Fr STEPHANI LIPsIÆ.
4. Noumea « Mont Àtso. »
N®1. Zejeunia Caledonica n. Sp.
À 3. Lophocolea truncata n. sp.
4. Lejeunia trifaria Nees,
9. Metzgeria conjugata Ldbg.
10. Riccia Numeensis n. sp.
12. Plagiochila corrugata Nees.
13 — longistipula n. sp.
14: — corrugata Nees.
16. Frullania squarrosula Tayl.
26. Lejeunia corynephora Nees.
TT — canalyculatan, 8p,
FE ma - pellucida Meismer,
Pur “une LL,
NA — Na
28. Bryopteris diffusa Nees.
33. Symphyogyna picta # n. sp.
35. Metzgeria conjugata Ldbg.
37. Symphyogyna picta & n, sp.
2. Paraguay.
N°*4006. Marchantia papillata Raddi.
3715. Radula amazonica Spruce.
3716. Lejeunia glaucescens Gotisch.
3720, —- — var.
_ 4335, Kautia amazonica Spruce.
3710. Symphyogyna sinuata M. a N.
3711. Dumortiera hirsuta Nees.
3709. Oxymitra pyramidata Bisch.
3713. Lophocolea diaphäna Spruce.
3714. — mn Di à
4245. Aneura tenuicaule Sprüce.
3721. Lejeunia drymophylla Spruce,
L’Orthotrichum Rogeri Prid
J'ai eu enfin l'occasion de voir l’exemplaire original de +
_ l'O. Rogeri de Brid, Bryol Univ, et l’examen de cette éspèce
ma porade que M. Boulay s’est trompé dans sa description
de l'O. Rogeri, que le n° 264 des Musci Galliæ n’a riën à faire
avec l'O. Rogeri Brid,, et que ce dernier n'est gent
chose que l'O, ticinense De Nol., O, subalpinutn Limpr,, ©
REVUE BRYOLOGIQUE. _ 89
stramineum var. crispatulum mihil La synonÿmie de cette
espèce doit donc être indiquée de la manière suivante :
Orthotrichum Rogeri Brid., Bryol. Un. et Schpr. Sÿn., éd.
Il; O, auridens Schpr.; Bryol: Eur.; O. stramineum var.
crispatulum Venturi in shedulis; O, subalpinum Limpr. Excel.
0. Rogeri Bouläy et Musci Galliæ.
Là confrontation dés échanlillons authentiques de l'O; tici-
nénse De Not, et l'O. subälpinam Limpr. avec l'O; Rogeri com-
inuniqué par M, Schimper ne laisse pas de doute qu'il s’agit
de la mêmé espèce dans sa formé typique. Les différences
_ dans la conformation de la pointe des feuilles toujours très
variable, dans la couleur plus ou moins rouge des denis, dans
la forme des cils et la crispabilité plus où moins prononcée
des feuilles à l’état sec ne peuvént absolument justifier une
distinction en variélés
Suivant l'indication de M. Ch. Müller dans son Synopsis
Mosc. et dans les Moose Deutschl., le véritable O. Rogeri
Brid. aurait pour trait caractéristique la base des feuilles
excavée et presque cochléariforme à la manière de la base
de certains Ulota ét Macromitria
Je dois à l’obligeance dé M. Ch, Müller on petit échan-
tillon de ce qu'il regarde comme le véritable O; Rogeri Brid,,
mais, après un minutieux examen, j'ai trouvé que là capsule,
dans tous ses délails, correspond parfaitement au fruit de
l'O; ticinense où subalpinum, de sorte que les stomates sont
très profonds et couverts par les celltiles environnantes, les
spores ont le même diamètre et Îles feuilles ont bien l’exca-
vation dé la base telle qu’elle est signalée dans le Sÿn. Musc.,
mais le tissu ne diffère point du tissu de la base des aütres
Otthotrics voisins (0. stramineüm, pallens, tenellum, pumi-
lum) et n’a rién de commun avec le tissu particulier de la
partie moyénue de la base d’un Ulota ou d’un Macrothitrium.
Il y a de plüs que l’excavation de la base des feuilles peut
_plus où moins évidemment être constatée dans les échan- Fe
tillons que j'ai trouvés en plusieurs endroits des énvirons de
Trente, dans un échantillon original de M. Limpricht, et dans .
l'échantillon original de M. de Notaris récolté à Locarno. on
doit aussi rerdarquer une instabilité de ce caractère dans la
_ même plante, et c'est pour cela que je regarde l’excavation
dé la base des feuilles, non comiie une marque caractéris= 4
tique qu’on püisse invoquer pour distinguer une espèce, mais
plutôt commé une apparition individuelle plus fréquente
dans l'O. Rogeri que dans d’autres espèces congénères, a:
Les échäñtillons que je possède proviennent de Bergen
(Schimiper), dù Danémark (Grénwall). de plusieurs endroits
_des envirohs de Trente (moi), de la Bohême (Limpricht), de
la moñtagne de Gimalmotto près de Locarno (De Notäris), de
. Ja Suisse (Pfeffer). PU Rs
60 REVUE BRYOLOGIQUE.
A cette espèce ainsi bien caractérisée par les stomates, les
spores et la conformation de la capsule, on pourrait ajouter
la variété suivante :
Var. defluens (O. stramineum var. defluens mihi in Hed-
wigia, 4872, O. defluens mihi in Shed.). — Les stomates et la
capsule correspondent à ceux de l'espèce; les spores n’ont
qu’un diamètre de 10-15 mm.; les feuilles, plus raides à l’état
sec, ont les cellules munies de papilles plus saillantes; enfin,
la coiffe et la vaginule portent quelques poils. — Cette variété
a élé trouvée à Heilingenbluth par Lorentz, et à Montgarry
dans les Pyrénées espagnoles (Husnot).
L'espèce la plus voisine de cette variété est l'O. tenellum
var. decipiens, qui n’a pas les dents orangées ; la coiffe est
_ conique-allongée, la capsule à l’état sec n’est qu’insensible-
ment resserrée et la vaginule est toujours nue.
VENTURI.
Bibliographie.
R. BRAITHWAITE. — The British Moos-Flora ; part X, price
40 sh. (12 fr. 50). Published by the Author, at 303, Clapham
Road, London ; Paris, F. Savy.
Cette livraison, qui termine le premier volume des mousses
acrocarpes, contient les espèces suivantes :
Mollia brachydontia ('Trichostomum mutabile), M. lutes-
cens, M. tenuirostris (Didymodon cylindricus), M. (Barbula)
bibernica, M. (Trichostomum) flavovirens, M. nitida, M. in-
clinata, M. tortuosa, fragilis. Leptodontiom (Didymodon)
flexifolium, L. gemmascens, L. recurvifolium. Barbula (Gym-
nostomum) curvirostris, B. (Didymodon) rubella, B. lurida,
B. brevifolia (Trichostomum tophaceum), B. fallax, B. reflexa
_(recurvifolia), B. spadicea (Trichostomum rigidulum), B. ri-
gidula, B. acuta (gracilis), B. cylindrica, B. sinuosa , B.
ornschuchii, B. revoluta, B. convoluta, B. unguiculata,
Tortula suberecla (Desmatodon obliquus). Cinclidotus fonti-
naloides. Leersia (Encalypta) alpina (E. commutata), L. exs-
tinctoria (E. vulgaris), L. laciniata, L. rhabdocarpa, L.
contorta (E. streptocarpa), Webera sessilis (Diphyscium fo-
liosum). — Un supplément comprend : Leucobryam minus,
_ Trematodon ambiguus, Blindia trichodes, Dicranum undu-
latum, Oncophorus crenulatus, Acaulon mediterraneam. —
Une revue des Fissidens anglais, déjà décrits; une table
alphabétique et une table méthodique terminent le premier
volume de cet important ouvrage contenant 305 pages et
45 planches et dont le prix est de 2 1. 10 sh. (62 fr. 50).
ie | À
W. H. PEARSON. — Blepharosloma palmatum Lindb. Journal
of Botany for July 1887. Tirage à part de 3 p. et 1 pl. ht
REVUE BRYOLOGIQUE.
Voici la diagnose de cette espèce nouvelle pour l’Europe :
Plantæ dioicæ, pusillæ, decumbentes, flavo-badiæ. Caules
simplices furcative; ramis lateralibus. Folia succuba trans-
versave, superiora imbricata, subopposita, complicata, ad
angulum 53° palmatim, quadrifida, segmentis subulatis spi-
nosis ; inferiora dissita , alterna , subquadrata, quadrifida ;
segmentis subulatis, integris, celluloso-articulatis ; basi-
obsoleta nullave. Cellulæ parvulæ, quadratæ oblongæve.
Foliola magna, foliis æquimagna et conformia. Bracteæ brac-
teolæque foliis supremis similes nisi majores. Perianthia
obconicæ, subtrigona, faciebus planis unistriata, basi con-
stricta, ore truncata, laciniato-spinosa. Caules & minores,
tenuiores, folia secunda, amplexicaulia, monandra, antheridia
globosa, brevi stipitata.
Habitat. — Otago, New Zeeland, inter Hypnum rutabulum,
1863, n. 13; Hector (Herb. Lindberg). Cambewarra, near
Moss Vale, New South Wales; collected by M° C. Harris,
Sept. 1885.
C. MAssALONGo. — Appunti statistici sull’Epaticologia italica
con relative indicazioni fitsgrafiche. In-4° de 15 p.
L'auteur indique d’abord les espèces qui croissent dans les
différentes stations : dans l’eau, dans les terrains calcaires,
dans les terrains siliceux, sur les détritus végétaux et les
bois en décomposition, les rochers humides et aux bords des
ruisseaux, sur la terre nue des lieux cultivés et les espèces
qu’on trouve dans des stations très diverses.
Vient ensuite la distribution des hépatiques par rapport à
l'altitude : région des plaines, région des collines, région
montagneuse, région alpine. — Des listes d'espèces existant
en France, en Allemagne, Autriche, Suisse, en Scandinavie
et dans les Iles Britanniques et qui n’ont pas encore élé
trouvées en Italie. — Des listes d’espèces qui ne sont connues
que dans quelques localités d'Europe et qu'on trouve en
Italie et des espèces spéciales à l'Italie. :
M. Massalongo termine cette brochure par une description
des organes de la végétation et de la reproduction des hé-
Ro
patiques, au point de vue de l’étude et de la distinction des
espèces.
A. Borrinr. — Muscinee raccolle alla Gorgona. — Brochure
de 8 p., extraite des procès-verbaux de la Soc. d'Hist. nat,
de Toscane, mai 1887.
Ce catalogue contient 39 mousses, 5 hépatiques et une 6
espèce nouvelle pour la flore d'Italie, le Fissidens rivularis.
A. Borrint. — Appunti di briologia toscana. — In-8° de
8 p. (Estraito dalla Malpighia). ue
Catalogue de 41 mousses rares de Toscane avec des ob-
servations sur les caractères de quelques espèces : Weisia
REVUE BRYOLOGIQUE,
_ Wimmeriana, Eurbhynchium Teesdalei, Rhynchosteginm
curvisetum var. litoreum (R. mediterraneum Jaratz.).
_ A, BOTTINI, — Quali siano le condizioni attuali della geo-
graphica crittogamica in Lalia e quali i mezzi che potrebbera
_ migliorarle. — Parte 1 Muschi., — In-8° de 8 p, (Estratta
_ dagli Atfi del Congresso nazionale di botanica crittogamica
in Parma 1887).
L'auteur indique ce que l’on sait jusqu'ici des mousses des
diverses contrées de l'Italie. h
P, Worzmi. — L'appareil relnisant du Schistostega osmun-
dacea. Journal de l'anatomie et de la physiologie, 1887, p.
18-30 et 1 planche contenant 11 figures.
L'appareil reluisant dn Schistostega ne constitue pas la
partie essentielle du protonéma , celle sur laquelle naissent
les tiges feuillées. Il végèle pour son propre compte, il per-
pétue l’espèce dans des circonstances où le protonéma ordi-
naire, auquel il se substitue, aurait des chances de périr
ou de ne pas s’aceroître assez pour nourrir une plante
sexuée, etc.
SCANDINAVIAN BIBLIOGRAPHY (continued).
61. NorRuin J. P., Bidrag till sydôstra Tavastlands Flora
(Notiser ur Sällskapets pro Fauna et Flora Fennica f6rband-
lingar, XI, Helsingfors, 1871).
According to Bot. Notiser 1871, p. 98, this paper contains
an enumeralion of vascular plants, mosses and lichens from
_the said district Of mosses 302 species are ennmerated ; new .
to Finland are Physcomitrium sphæricum, D, Müblenbeekii,
Grimmia montana, G. decipiens, Anomodon apiculatus, Di-
_ Cranum viride, Mastigobryum deflexum and Angstroemia
longipes.
62. Nornuin J. P., Æerditelse à anledning af en à Torne
Lappmark verkställd naturkistorish resa (Ibid, XIII, 1873,
_ p. 249-269, in Swedish).
63. Norrun J, P,, Ofversigt af Torne {Muonio) och apgrän-
_ sande delar af kemi Lappmarkers mosses och laËvar (Ibid,,
1873, p. 271-349). | ni
= Both these papers contain the results ofthe authors journey
in 4867 up the rivers of Torne and Muonio to the lake of
= Kilpesjärvi, where the limits of Sweden, Finland and Norway
_ meet, From the many interesting notes in the first paper,
= {here only will mention that the number of mosses found in
= the different regions was ; in the “agen of Abies excelsa 212
(68 common, 30 pretty common, 114 rare), in the region of
Pinus silvestris 209 (71 com., 27 pretly com., 11 rare), in
REVUE BRYOLOGIQUE. : 63
the region of Betula glutinosa 186 (61 com., 28 pretty com.,
97 rare), and in the alpin region 133 (33 com., 26 pr. com.,
74 rare). :
The enumeration in the second paper contains many
mosses of the greatest interest, as for instance : Hypnum
sarmentosum-fontinaloides, H. glaciale, H. trachypodium,
H, erythrorrhizon, H. saleorosum-turgidum, H. enerve, H.
decipiens, H. curvicaule, Thedenia suecica var, compacta,
Leskea pulvinata, L. papiliosa, nervosa-laxifolia, Cinclidiam
subrotundum, Bryum klinggraeffi, B. uliginosum, B. purpu-
rascens, B. arcticum ; Splachnaceæ 7 species. amongst which
_$. melanocanlon and S. Wormskjoldii, Polytrichum hyper-
boreum, P. capillare, Catharinea lævigala, Trichostomum
zonatum, Dicranum fragilifolium, Trematodon brevicollis,
Andreæa obovata var, acuminata, Sphagnum 13 species,
Gymnomitriom suecicum, Surcoscyphus sparsifolius, Junger-
mannia Wenzelii, J. rigida var. grandis, and 4 by professor
Lindberg in this paper described forms, viz.:
Bryum bulbifolium Lindb., nov, sp. — Caulis brevissimus,
dense et bulbiformiler folialus, innovationibus brevibus, jula-
ceis ; folia brevia, ovata, maxime concav, obtusiuscaula,
breviter recurvato-apiculata, margo ad medium revoluta,
superne planis et indistincte serrulatis, nervo sub apiculum
dissoluto, cellulis brevibus rhombiis, valde incrassatis ; theca
pachydermis, ore lalo et peristomio magno ; synoïcüm, —
This species was detected near to Wuontisjarvi in tbe region
of Pinus silvestris ore fine, somewhat proist and clayey,
naked sand on a riverbank ; it is scarcely one half inch high,
— This species is not mentioned in Schimper’s Synopsis,
ed. 2, nor in Gravet’s Enumeratio Musc. Europ. À
Orthotrichum speciosum Nees fuscum Lindb., nov. subsp. —
Distinguitur minglie omnium partium, colore fusco, foliis
obtusiuseulis et vix papillosis, theca minus ermersa, breviore
et elliptica, calyptra breviore, campanulata et profundius pli-
cata, fusca, nitida minusque ramentacea : Lindb. in sehed,
— Detected in two places in tbe region of Pinus Silvestris on
eriodically inundated birches.—At 1he meeting of, Soc. pro
auna anû FI. Fenn. in May 1874 professor Lindberg consi-
ders this mass lo belong io Dorcadion elegans (Schwægr,),
= which moss in not mentioned in Schimper nor ir Gravel,
= Orthotrichum brevinerve Lindb., nov. sp. — Ex 0. Micro:
blephare differt : foliis basi haud plicato-striatulis, obtusis
minus profunde carinatis, nervo longe infra apicem dissoluto
_ cellulis superioribus regularibus, rotundis, duplo minoribus,
. minus et humilius papillosis, thecæ collo in setam sensim
_ abeunte, dentibus optime regularibus, longis liberis, acutis,
__ omnino ciliis nullis, sporis subduplo minoribus, calyptra fusco-
brunnea : Lindb. in shed. — Detected at Kilpiskoski on stones
REVUE BRYOLOGIQUE,
and rocks in or at the side of the cataract. — This species is
not mentioned in Schimper nor in Gravet.
Jungermannia divaricata France. var, latifolia Lind. — Folia
caule multo latiora, cordato ovata, ut et bract. Qintegerrima,
cell. rotundis, angulatis, sat magnis, spatiis trigonis dis-
tinctis, amphig. nullis, bract. Q foliis simill., @ cire. 8-10, #
singula in axilla braet. remotarum, sive paraphysibus. An sp.
propria ? : Lindb. in shed. — Detected on moist soil in the
environs of Kilpisjärvi.
64. Norruin, J. P., Nagra anteckningar till mellersta Finlands
(n. v. Tavastlands) flora (Ibid., XIII, 1874, p. 419-436).
In pages 430-432 new habits are given of some rarer mosses,
as for instance Hypnum turfaceum Lindb., Splachnum 5 spe-
cies, Dicranum fragilifoliam, Sphagnum Wulfii. S. insulosum,
Sarcoscyphus sphacelatus, Jungermannia Halleri, etc.
Note. — My list of papers on Finnish bryology 1 am cons-
cious nof to be complete, but these are only papers that have
been accessible to me. Itis to be hoped that some of the many
bryologists that Professor Lindberg has fostered up in this
country will be found to be willing to add what may deficient.
V. PUBLICATIONS OF SCANDINAVIAN BRYOLOGIsTs ON EXTRA-
SCANDINAVIAN COUNTRIES.
Foi H. W., Journey to Sibiria (Revue Bryol., 1877,
p. 31-41).
In Bihang till K. Svenska Vel. Akad° Handlingar, Band 4,
n°11, 4877, p. 59-61, a shorter record in swedish is given of
the bryological results of the same Journey.
66. BERGGREEN, S. On {he mossvegetation of Spitzhergen (Bot.
Noisr 1873, p. 91-95).
On the 9% of April 1873 Doctor Berggreen read a note on
the mossvegetation in Spitzhergen at the meeting of the
Fysiografical Society at Lund. The speaker held forth the
importance of an exact examination of the occurrence and
habitus of each species in polar regions. By examining each
species, its individual frequency, its luxuriency or depaupe-
ration, its occurrence in a barren or in a fertile state, the
species accompanying it, ils peculiar habitus in these regions,
etc. We learn not only that the species lives in these regions,
= but also how it lives there ; we also from such researches get
information of the natural centrum of each species. The
| mosses are on account of their great power of resistence as
well as on account of their sticking toughly to the spot where
“i they were borne very instructive as to the origin of the
_vegetation in a country, even though they do not so cleurly
as phanerogamous plants display the finer variations in the
caracter of a landscape.
(To be continued.) ARNELL.
5. A4 ANNEE
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES DEux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en iatin ou en anglais.
Sommaire du N°5.
: Notes Bryologiques sur Alençon et ses environs. DurTerTe. — Didy-
modon subalpinus. Weger. — Bibliographie. — Nouvelles.
Notes Bryologiques sur Alençon et ses environs
ou catalogue des mousses et hépatiques obser-
vées à Alençon, ou dans un rayon de 20 kilom.
Par H. DUTERTE, pharmacien honoraire, à Alençon.
Alençon, en raison de sa constitution géologique, en raison
aussi de ses nombreuses tourbières et des forêts qui l’envi-
ronnent, est une des bonnes localités de France pour le
_ botaniste. Si
Dans mon Catalogue des plantes phanérogames et cryptogames
Semi-vasculaires, croissant spontanément à Alençon, ou dans un
rayon de 20 kilom., j'ai énuméré onze cents En Dao sans
compter les variétés.
Ce chiffre est certainement cobsidérable en raison ‘de: ra
faible étendue du terrain exploré.—Alençon est certainement
aussi riche au point de vue brynlogique qu’au point de vue
: _ Phanérogamique , malheureusement aucun botaniste, avant
_ moi, ne s’est occupé sérieusement de bryologie à Alençon,
_ de sorte que je ne puis He dans ce catalogue, que les
_ plantes découvertes par moi (à l'exception d’une dizaine ,
Se _iñdiquées par MM. du snol, Brébisson, aie À Réchin et
… Desportes).
Il restera donc beaucoup à glaner après moi.
Pr suivi est gelui Aa Fo du Nord-Ouest %
REVUE BRYOLOGIQUE.
PHASCUM L.
4. P. muticum Schr.— À. C. — Sur la terre nue, dans les
champs et les bruyères.
2. P. cuspidatum Hedw. — C. C. — Dans les champs et les
jardins.
3. P. subulatum L.— C. C. — Sur la terre sablonneuse, dans
les champs et les bois.
ARCHIDIUM Brid.
À. phascoïdes Brid, — A, C. — Dans les chemins frais, les
champs et les bruyères humides.
SYSTEGIUM Sch.
S. crispum Sch.—P.C.—Bords des chemins des terrains
_ calcaires, — Bourg-le-Roi à Coniau.
GYMNOsrTomMuM Hedw.
6. G. microstomum Hedw. — A, C, — Bruyères, champs et
fissures des rochers. ;
WEIsIA Hedw.
W. viridula Brid. — C. C. — Bords des chemins, champs
"et bois. er
+ W. viridula var. stenocarpa. — P. C.—Maupertuis près
Alençon, sur des pierres. |
9. W. cirrhata Hedw. — C. — Sur les rochers siliceux.
DICRANUM Hedw.
- D. Bruntoni Sm. — P. C. — St-Léonard-des-Bois, St
._ Cénery, etc. ee ne
41. D. varium Hedw.- A. C.—Sur la terre argileuse humide.
2. D. heteromallum Hedw.—C.—Sur la terre dénudée, dans
les champs et les bois.
D. scoparium Heäw.—C, C.—Sur les rochers, la terre et
les arbres. : ne
! D. palustre Lap.—A, C.—Tourbières.
CAMPYLOPUS Brid. ue
5. C. turfaceus Br. E. — P. C. — Glatigny près Lonrai, les
_ Aulnaies, Hesleup, etc. je ds
C turfaceus var, fragilis.—P. C.—Les Aulnaies, Hesloup.
ms : : LEUCOBRYUM Hampe. à | . é . as
_L. glaucum Hampe.— À. C.— Sur la terre, les souches
FISSIDENS Hedw..
F, SL Hedw. — C. — Lieux ombragés.
F. exilis Hedw.—R. R. Sur la terre dans les bois, — Les
Aulnaies près Alençon.
F. crassipes Wils.— R. R.— Macé près Sées.
f. taxifolius Hedw.—C.— Sur la terre argileuse au bord
des chemins et dans les bois.
F. adiantoides Hedw. — C. — Bois et prairies marées
_ geuses, bords des ruisseaux.
pPOTTIA Ebr.
P. minutula Br. E.—P, C.—Alençon, au bord des routes,
_Vervaines, etc. ;
P. minutula var. rufescens.—P. C.—Mêmes localités.
P. truncata Br. E.—C. C.—Champs. bords des chemins.
P. truncata var. major.—A. C.—Alençon et environs.
P. lanceolata C. Muller. — P. C. — Arçonnay, Alençon,
Valframbert, elc.
DIDYMODON Hedw. on
D. rubellus Br. E. — P. C. — Courteilles, Mesnil-Erreux,
Arçonnay, elc.
CERATODON Brid.
€, purpureus Brid, — C. C. — Partout.
TRICHOSTOMUM Hedw.
Tr homomallum Br. E.—R. —Chailloné près Sées.. à
T!. flexicaule Br. E.—A. G— Bords des chemins, vieilles
_ souches,
T. pallidum Hedw.—P. C. — Butte Chaumont, forêt de
Perseignes an Buisson, etc.
ve lophaceur Brid, si Viager, Le Perrou
BARBULA Br. Eur.
B. énijue BEC Le les murs, ,les rochers “ ux
bords des sr A
‘bords dés éhémins, e
_B, papillosa Wils, —R. — ‘sur les arbres ds camp e
__ foire d'Alençon.
B. fallax Hedw. — R
: Alehgon.
. vinealis Brid.
Rouessi-Fontai
REVUE BRYOLOGIQUE.
“p, nooluta Hedw.— A. C.—Sur la terre, les murs, dans
les endroits où on a fait le charbon.
. B, squarrosa De se — R. — Bourg-le-Roi, Arçonnay.
Hart Slérile.
_ 42. B. cuneifolia Brid. ar — Assé-le-Boisne, dans le bonrg.
_ 43. PB. muralis Hedw.— C. C. — Sur les murs, les rochers et
les toits.
44. PB, subulata Hedw.—A. C. — Sur les arbres, dans les haies
Rire et aux bords des chemins.
_ 45. B. lævipila Brid. —C. — Sar les arbres.
_ 46. B. ruralis Hedw.— C. C. — Sur la terre, les toits, les
rochers et les arbres.
47. B. ruralis var. rupestris. — A, C.—Sur les murs.
48. B. ruralis var. ruraliformis Besch. — A. C.
ne sur es murs,
j B. Brebissoni Brid.—R.-Sur les pierres, au bord de la
Sarthe, depuis St-Cénery jusqu’à St-Léonard.
8. unguiculata Hedw.—C.C.—Champs, bords deschemins.
Aiençon ,
CINCLIDOTUS Pal. Beauv.
À 51. C. fontinaloides Pal. B. — À. C. — Sur les rochers et les
bois inondés.
re GRIMMIA Ebr.
. G. apocarpa Hedw. —C. C.—- Sur les rochers et les murs.
. G. apocarpa var. gracilis.—A, C.—Sur les murs.
. G. apocarpa var. rivularis. — A, G.—Bords des ruisseaux.
. G.crinita Brid.—P. C.—St-Paterne, Le Chevain, Alençon- ”
aux-Chatelets, Damien v. de
G. orbiculuris B. E. — P. C, — Bourg-le-Roi, Lonrai, Le
_ Chevain, Alençon, etc.
. G. pulvinata Sm.—C. C.—Sur les murs, les rochers et
_ les taits.
G. pulvinata var, longipila —A. C.--Sur les murs. è
. G. Schultsit Wils. — PC.— Alençon, St- -Cénery , St-
__ Léonard, sur les rochers siliceux. Li
60. G. trichophylla Grév.—R. - La Moinerie près Alençon,
EG: feucophiea Grév. —R.—St-Léonard- ns à
RHACOMITRIUM Brid.
È R. aciculare Brid, —R. — Les Gostés: près Alençon, St- #
_ Cénery, La Ferrière-Béchet. _ 7.
. R. heterostichum Brid.—P. C.—Hertré près Alençon, St- :
. Cénery, ele
À R. Var Brid. — R.— ra on et StLéonard- ‘
AH. ciliata Hedw.—C. G.—Sur es A à à do.
H. ciliata var. leucophæa.—A. C.—Mèêmes stations,
PTYCHOMITRIUM - Br. E.
P. polyphyllum B. E.—R.— Maupertuis près Aienco
La Carlière, route de Fresnay.
ZYGODON Hook. et Tayl.
2: nus Brid.—C. _gté srile.—Fructifié au Moul 1-
des-Vallées et au Bnhot près Sées. :
ORTHOTRICHUM Hedw.
O. Bruchii Wils. — P. C. — Bois de Chaumont, forêt de
Perseigne., Nenilly-le-Bisson, etc.
0. crispum Hedw. - C.—Sur les arbres.
O. crispulum B. E. —R. —Neuilly-le-Bisson, forêt de Per-
_ seignes, sur les arbres. F
O. phyllanthum B. E.-R.—Sées (Hommey).
O. cupulatum Hoff.—R.—Essai et Sées, sur les murs
0. anomalum Hedw. — C.— Sur les murs, les rochers à
la base des troncs d'arbres.
O0. sazatile Wood.— A. C. — Sur les rochers siliceux.
. O0. Sturmii H. et .—R. - ru sur les pierres au
bord de la Sarthe. Sées.
©. obtusifolium Schra Le ER de — Macé scie
(Hommey et ipse). ’ és ä
O, fallax Sch.—P. C. —Alençon, sur I arb
du Mans, de Fresnay el de Bretagne, etc.
ke pumilum Sw.— P. CH - Alençon , Sur ts arbres
_ différentes routes. 5
. O0. pumilum var. molle Vent —P:C— Alençon,
arbres du champ de foire et des routes.
. 0. tenellum Bruch.—R. Let les arbres du chaï P
sis oire d'Alençon.
Rire GT Sur
REVUE BRYOLOGIQUE.
_ ENCALYPTA Schr.
89. £. vulgaris Hedw.—C.—Sur les murs, les roches etaux
: abords des chemins creux.
90. E. streptocarpa Hedw.—P,C.—Chaumiton, Sées.—Stérile.
PHY SCOMITRIUM Brid.
en piriforme Brid. — P. C. — Le Pont-du-Fresne, bois
; _ Hébert, Condé-sur-Sarthe.
+92. P,éricetorum. B. E.—P, C.— Environs des Rabelais et du
: Mostier, Hesloup.
_ 93. P. fasciculare B. E.—P. C.— Alençon, Courteilles, etc,
est arg. et siliceux.
FUNARIA Schr.
m F. hygrometrica Hedw. — C. C. __ Murs gt bords des
Hheriue. =
BRYUM É.
95. B. carneum L. — P. C. — Voschoune. Le Chevain,
| Champfleur.—Terr. arg.
96. B. bimum Schr. — R. R, — Doucet près Sées. — Bois
ou. ROMIdes
97. 2. erythrocarpum Schw. —R. — Sées (Hommey).
. B. murale Wils.— P. C.— — Alençon, Valframbert, sur les
murs.
99. «D: alpinum L.—P. C. —Vervaines près Alençon, La Fer-
_ rière-Bochet.
_B. cæspititium L. — C. C. — Sur les murs, les rochers et
la terre dénudée. .
. B. argenteum L.—C.—Murs, bords des chemins, coteaux
pierreux. :
102. B. capillare L.—C. C.- Sur les rochers et les murs, sur
_la terre, les arbres.
: 03. B. roseum Schreb.—R, R.—Sées (Hommey).
MNIUM L.
. M DD datent Hedw. ae c. —Sur la terre et les roche
_ ombragés. ;
105. M, undulatum Hedw. LC. . Lieux ombragés et humidéns
06. M. rostratum Schw. — P, C. — Le Pont- du-Fresne, les
Aulnais, Cerisé.
. hornum L. —C. — Bois ombragés, rochers bumid
ë bord des ruisseaux.
-R. R.—Sées (Homme).
_C.— Alençon, St-Lé onard-des-Bois,
: AULACOMNIUM sb.
110. À. palustre Schw.—A. C. --Marécages et tourbières.
BARTRAMIA Hedw.
LB. fontana Brid.—P. C. — Les Gastés près Alençon, st
Léonard-des-Bois, etc.
112. B. pomiformis Hedw.—C. C.—Sur la terre et les fissures
des rochers.
113. 2, pomiformis var. crispa.—-C.—Mèmes stations.
ATRICHUM Pal. B.
114, À. Hoi Pal. B.—C. C, — Bords des chemins, bois k
et murs.
: POGONATUM Pal. B.
115. P, nanum Pal. B.— C. C.— Bruyères et bords des che-
à mins. — Terr. silic.
116. P. aloïdes Pal. B. nes Bruyères et bords des chemins.
— Terr. silic.
417. P. aloïdes var. defiuens Brid.— P. C, — Bois de l'Ile on
Alençon.
118. P, urnigerum Ræbl. —P. se” Les Gastés près Alençon,
Sées,
POLYTRICHUM L
119. P, commune L. — G, — Tourbières, bois el bruyère
ue marécageuses.
10 re Haute Hedw. — é cc — Bois, bruyères et bords
1 des chemins. .
421. P. piliferum Schr. — C. — Bruyères, rochers , .
sablonneux.
4122. P. Juniperinum heu S C.— — Bruyères, bords des s che
mins, murs.
153. P. strictum Menz.—R, R,—Sées (Hommey).
- Li 2 CDPRYSOUM Monr.
F 2h. D. flou Mob. h —Sées (Horamey).
| BUXBAUMIA L. 1
1. B. cphyta Hall. À. R. Ses (Hommes).
CRYPHÆA Morh.
€. bone Mohr.—P. LE Chevain et Vetrièns
_ près Alençon.
NECKERA Hedw.
128. N. pumila Hedw.— R. -— Les Gastés près Alençon, St-
__ Paterne, sur les arbres. Fe
29. _N. crispa Hedw. — P. C. — Fresnay-sur-Sarthe, Assé-le-
Boisne, St-Léonard-des-Bois.
430. N. complanata B. E. — C, C. — Sur les arbres et les
rochers,
HOMALIA Br. FE,
431. A. trichomanoïdes B. E.— A, C.—Sur les vieilles souches,
la La et les rochers. ‘
| LEUCODON Schw.
32 | L soinroïdes Schw. — Gi Stérile. ss - Fructifie à ncé
Vo op Sées.
ANTITRICHIA Brid.
133. A. curtipendula Brid. — P. C.— Les Gastés, Beauséjour
apte Alençon, Neuilly,
PTERYGOPHYLLUM Brid,
2. hé Brid,—P. Css - Forêts d'Écouves et de Persei-
_gnes, aux —. des ruisseaux,
| LESKEA Hedyr.
35 . sericea Fou A C. _ Sur les es. les murs 1
_ les rochers.
polycarpa Ebr.— A. C. — A la base des troncs d’ar-
br es et sur les rochers, dans les ne frais. ee
| ANOMODON H. et (
A ‘viticulosus H. et T.—A. Gi -Sur es vieux murs,
troncs Pacte Re
PTEROGONTUN Sr
este Bu Es — Fresnay-sur-Sarthe
et St- à aire > La il tre ia) :
REVUE BRYOLOGIQUE.
ISOTHECIUM Brid.
1. myurum Brid. — C. — Au pied des arbres et sur les ue
rochers.
HYPNUM L.
H. tamariscinum Hedw.—C.—Sur la terre et les rochers
dans les bois humides. ds
A. delicatulum L.—P.C.—Belle promenade près Alençon.
. H. abietinum L.—P. C.— Belle promenade près Alen- ;
con, Chaumiton. F
H. lutescens Huds.—C.— Au bord des chemins, haies et.
bois. +
H. glareosum Br. — P. C. — La Sablière près Alençon,
bois de Malèfre, Boitron où il fructifie.
H. albicans Neck.—R.—Sées (Hommey).
A. velutinum L.—C. — Sur la terre, les rochers, les ra-
cines et les souches.
H. rutabulum L. —C. C. — Sur la {erre, les pierres. les
racines d'arbres. se
H. populeum Hedw.— P. C.— Les Auinaies, Vervaines,
la Fuie, etc. ue
HA. plumosum Sw.—P. C.—Les Gastés près Alençon, SE
Léonard-des-Bois. à de
H. illecebrum Schw. — R. — Le Surtoit près Vingt. ;
Hanaps. :
H. myosuroides L.—A. C. — Sur les rochers, la terre et
les racines d’arbres. .
. H, striatum Schr.—C. C.—Sur la terre et les pierres.
2. piliferum Sch. — P. C. —- Bois Hébert, la Noë de
Gesnes près Alençon.
AH. prælongum L. — R. — Si-Barthélemy près Alençon,
dans un chemin frais.
H. Stokesii Turn.—A. C.—Dans les bois, les haies, au
pied des arbres.
H. flagellare Diks.—R. R.— Les Gastés près Alençon où
il fructifie.
_ s.—J'ai le premier trouvé cette Hidits fructifiée en Ness,
459.
160.
461.
462.
. Æ. confertum Diks.—P. C. Les Chatelets, Ja Fuie près
Alençon. :
H. rusciforme Weis. — -C- — “Sur les pierres et les bois
inondés.
ÆH. alopecurum L. LP, € —bes Aulnaies, bois de Ma-
_ lèfre.—Fructifie dans ces deux localités.
A. denticulatum L.—P. C.—Les Gastés près Alençon.
AH. sylvaticum L.—P, GPS les Aulni
_ Vervaines, etc. 7
REVUE BRYOLOGIQUE.
463. A. undulatum L. —P.C.—La Verrerie-du-Gast, les
Gastés.
_ 164. A. serpens L. — C. C. — Sur la terre, les pierres, les
racines d'arbres.
165. 1. irriguum Hook et Wils. — P.C.— La Fuie près
Aiençon, Cuissai.
166. 2. riparium L. — À. C.— Sur les pierres et les bois
pourris submergés.
167. A. stellatum Schr. — P. C. — Tanville , Bellevue près
Alençon.
168. /1. stellatum var. protensum.—P. C.—Hauterive.
169. F1. aduncum Hedw.—P, C.—Sées.
. 470. 1. fluitans L.—P. C.—Tanville, Doucet près Sées.
474. A. exannulatum Gumb.—R. R.—Doucet près Sées.
172. 1. commutatum Hedw.—P. C.— Bourg-le-Roi, St-Longis.
173. H. filicinum L.—A. C.—Sur la terre, les pierres et les
= bois pourris au bord des ruisseaux.
174. A. rugosum Ehr.— R.— Fresnay-sur-Sarthe, Assé-le-
= Boisne, Chaumiton.—Stérile. *
175. 1. cupressiforme L.— C. C. — Sur les arbres, les murs,
les rochers ei les toits.
176. /1. cupressiforme var. mamillatum.— P. C. — Les Gastés
_ près Alençon. :
177. A. arcuatumLind.—P.C.—_Carrière en face des Aulnaies.
178. H. molluscum Hedw. — À. €. — Stérile. — Fructifié au es
bois de Malèfre. | FAR
179. A. cordifolium Hedw.—P. C. — Neuilly-le-Bisson près la
__ gare, Vingt-Hanaps où il fructifie. :
_ 480. /1. jiganteum Sch.—P. C.—Vingt-Hanaps.—Stérile.
181. 71. cuspidatum L.—C.—Prairies humides. :
_ 182. /1. Schreberi Wild.—A. C.—Stérile. — Fructifié au bois
de Chaumont.
183. H. purum L.—C. C.—Partout.
184. HA. pars Diks. —R, — Si-Léonard-des-Bois (Anju-
ault).
485. 71. scorpioides L,—R.—Louzier, entre Assé et Fresnay-
no sur-Sarthe. : |
186. /1. splendens Hedw.—C. C.—Bois et bruyères,
_ 187. Æ. brevirostrum Ebr. —R.— Bois de Chaumont près
Alençon.
188. 1. squarrosum L.—C. C.—Stérile.— Fructifié à Sées.
_ 489. 71. triquetrum L.—-C. C.—Dans Jes haies et les bois.
_ 490. A. loreum L.—P, G.—Les Gastés, St-Cénery.
| SPPHAGNUM Dill,
0 acutifolium Ehr. —C.— Tourbières, bois et prés ma-
Mn To or ee: :
$: cuspidatum Ehr.—R.—Sées (Hommey). ;
"493. S. intéraiediuns Hoffm.—R, che Vans do-Gau.
194. S. squarrosum Pers. —R.—-La Vérrerie-du-Gast.
"198..5: da ve Sch.—R.— La Chapelle près Sées (Hommes
et ipse).
196. S. subsecundum N. et H.—R.-Tanville. F
197. S. cymbifolium Ehr. - C. — Bois et prés marécageux, -
tourbières.
HÉPATIQUES.
SARCOSCYPHUS Corda.
S. emarginatus Boul.—P. C.—Vervaines près Alençon.
PLAGIOCHILA Dum.
P, spinulosa Dum.—R.—Les Gastés près Alençon.”
P. Spinulosa ‘var. tridenticulata Hook. —R. — Les Gastés
près Alençon.
P. asplenioides Dum. — C. — Sur la terre et au pied des
arbres, dans les née À les forêts.
SCAPANIA Dum.
S. ue Dum. — LE à — Les Gastés près Alençon,
"Rage
S. undulata var. minor Lamy. —P. C.— Forêt d'Écouves.
S. nemorosa Dum.— P. C.— Le Buisson, Vervaines près
Alençon.
JUNGERMANNIA L.
d: albicans L rh Sur la terre du bord des chemins e
les rochers dans les bois.
J. ventricosa Diks. — A. C. — Sur les rochers siliceux.
J. ventricosa var. porphyloreuca Nees. — Les Gastés as
Alençon. :
J, ventricosa var. gemmipara, —A . Fe
: attenuata Lindenb.—-P. C. —Les Gustés près Aenioe.
A sinquedentata Thed.—P. C.—Les Gastés près Alençon
icuspidata L. — E — Eu la se dens les endr:
frais. tie
” a. .. SPHAGNOECETIS ; Nees. %
“ s. communis Nees. —La Chapelle près £ Sées.
| LOPHOCOLEA Du.
CHILOSCYPHUS Corda. ed
C: anis Corda.-P; C. L.—-Les Aulnaies près Alençon,
bois argileux.
CALYPOGEIA Raddi.
19. C. trichomanis Corda. — À. C. — Sur la terre, dans les
sentiers des bois.
20. C. trichomantis var. fissa Radaï. PR près Alençon
21. C. trichomanis var. propagulifera. — À. C.— Mèmes sta-
: lions Lee le te
LEPIDOZIA Pts.
22. L. reptans Dam. æ AC — Sur les troncs pourris, ee
So oner et Ja terre.
| MASTIGOBRYUN Nees.
; Plata! Nees. — R. — - Forêts d'écouves et de Pe
ac ar :
L | TRICHOCOLEA Düts.
2. T. tomentella Dam. —P. C. — Les Gastés, Forêt 8 Per-
seignes près La Fresnaye.
© PTILIDIUM Nees.
P. ‘ciliare Nees.— -R—Les Gastés pré Alençon, sur k
_ rochers. |
ir © RADULA Dum. > Re
26 R complunata Dum. << C.— Sur les troncs d'a arbres et
re rochers. “ no.
ee MADOTHE A . Dum.
1. M. nn. Dum.--P. C. — Les Aulnaies près Alençon,
le Buisson, etc.
28. M platyphylla Dum. - . €
POAERE à
‘serpyllifolia Li
près Lis
ANEURA Dum.
34. A. pinguis Dh <h. Ce — Forêts d'Écouves et de P.
| seignes.
35. À. mullifida Dum.-—P. C. — Forêts d' ‘Écouves et de Per-
_seignes.
ss ne | MeTZGERIA Raddi. 1
36. w. fureata Dam.-- C. ve —Sur les troncs d'arbres el es
_ rochers. nue
MARGHANTIA Le.
M. poly nor L.— C.— Endroits humides, au bord des
te au pied des murs.
morpha var. minor Jo > — Forêt de P
REVUE BRYOLOGIQUE.
3 Didymodon subalpinus (De Notaris)
Dans le n° 2 de la Revue Bryologique de 1887, M. J. Cardot
- à publié la description du Didymolon subalpinus (De Not.),
découvert aa Righi par MM. Van den Broeck et Dens. Je suis
allé le 14 août chercher cette mousse intéressante et j'ai été
heureux de trouver des capsules de l’année dernière et de
celte année, M. Limpricht, à qui j'ai envoyé des échantil-
lons, a trouvé que le péristome est double, que par consé-
_ quent il faut ranger cette mousse dans le genre Zygodon et
Qu'elle est identique avec le
Zygodon gracilis Wils., Musci brit. exs., n° 200: Z. viri-
_ dissimus var. saxicola, Mol., Rav. Schliersee, p. 96 (1862) ;
… Didymodon gracilis Schpr. in Molendo Unio itin. crypt. (1863);
Leptodontium gracile De Not., Epil., p. 278 (1869) ; Zrichos-
tomum gracile Mol., Bayerns Laubmoose, p. 75 (1873) ;
Zygodon Nowellii Schpr., Syn. ed. 2 (1870).
_ En effet, les exemplaires du Righi ne se distinguent que
par la grandeur des exemplaires anglais qui se trouvent dans
ma collection. La plante suisse est un peu plus robuste, les
dents des feuilles sont plus grandes. D'ailleurs, la description
de M. Cardot ne s’accorde pas à celle de De Notaris Epil. et
aux recherches anatomiques que M. Lorentz à publiées dans
le Fiora de 1869 et enfin, vu la description exacte de
M. Cardot, il est impossible que la plante de MM. Van den
Broeck et Dens diffère de la mienne.
J, WEBER,
Bibliographie.
MuscOLOGIA GALLICA ; 6° livraison, p. 164-192 et pl. 43-59,
prix 5 fr. — Cette livraison contient la fin du genre Ortho-.
trichum par M. Venturi : O. nudum (riparium et Rudolphia-
uum), Sardagnæ, urnigerum (Schubartianum, perforatum),
Venturi, lejocarpum, Schawii, Lyelli, vladikavkanum, acu-
_ Mminatum, speciosum, Killiasi, O. elegans, affine, fastigiatum,
_ arcticum, microblephare, brevinerve, Biytti, Sommerfeltii,
_Caucasicum, rivulare, Sprucei, Schimperi, pumilum, micro-
Carpum, Braunii, stramineum (patens), alpestre, tenellum,
Rogeri (ticinense, auridens, subalpinum), paliens, leucomi-
_ trium, pulchellum, Winteri, diaphanum, obtusifolium,
_ gymnostomum,
De Lovnes.— Essai d'un Catalogue des Hépatiques de la
Gironde et du Sud-Ouest. Extrait des actes de la Soc. Linnéenne
_ de Bordeaux, 1887. Tirage à part de 49 p. +.
= La flore hépaticologique de la Gironde était jusqu'ici très
REVUR BRYOLOGIQUE.
peu connue, quelques espèces seulement avaient été indi-
quées dans divers ouvrages; les recherches de M. Deloynes
en ont porté le nombre à 76. — Les localités sont indiquées
avec beaucoup de soin, c’est un catalogue très bien fait. Citons
les espèces les plus rares : Dour
Southbya tophacea ; jungermannia obtusifolia , Schraderi,
cordifolia, Wilsoniana, intermedia, connivens, dentata,
Turneri, setacea ; Liochlæna Janceolata ; Mastigobryum
trilobatum, Trichocolea tomentella; Madotheca platyphyl-
loidea, Porella ; Pellia calycina ; Aneura pinguis, pinnatifida,
palmata ; Fimbriaria flagrans ; Targionia bypophylla; Sphæ-
rocarpus terrestris ; Riccia bifurca, sorocarpa, minima, Crys-
tallina, natans. Ajoutons le Dilæna Lyellii trouvé aux envi-
rons de Bordeaux par M. Merlet. Quant aux indications
empruntées à l'ouvrage de Grateloup, quelques - unes
paraissent fort douteuses. FH.
_ J. Cannor. — Révision des Sphaignes de l'Amérique du Nord.
— Société Bot. de Belgique, tome XXVI. Tirage à part de
23 pages, 1887.
M. Cardot, qui s’est occupé plus spécialement des Sphai-
nes, continue ses études sur les espèces de l'Amérique du
Nord. Toutes les espèces européennes se retrouveni dans
cette contrée, à Fexception du S. Angsiroemii ; la partie mé-
ridionale possède plusieurs types qui n'existent pas en Europe
et les espèces européennes y revêtent souvent des formes
spéciales. — Les Sphaignes des Etats-Unis que l’on ne trouve
_ pas en Europe sont : S. portoricense, S. Garberi, S. Fitzge-
raldi, S. macrophyllum, $. floridanum. |
© J. Carnot. — Contribution à la flore bryologique de Bel
gique. — Soc. Bot. de Belgique, tome XXVI. Tirage à part de
h p. 1887.
C'est un catalogue des espèces les plus intéressantes que
M. Cardot a récoltées aux environs de Spa en 1886.
SCANDINAVIAN BIBLIOGRAPHY (continued).
67. Bencenen, S., Musci et Heputicæ Spitsbergenses (K. Sv.
_ Vet. Akad° Handlingar, Band 43, n° 7, Stockholm, p. 403),
_ See Rev. Bryol., 1877, p. 70-75. Ne
68. BERGGREN , S., Undersükning af mossfloran vid Disko-
bugten och Auleitsivik fjorden à Grônland (Ibid., n° 8, 1875,
D A6) 7 |
* See Rev. Bryol., 4877, p. 69-70. HE
69. BERGGREN, S., Zn botanisk exkursion pi Nya Zeeland
= (Bot. Notsr 1875, p. 102-110, in swedish). ; ..
= The excursion described was made in the North Island
_ 80 a. | REVUE BRYOLOGIQUE.
with the Bay of Plenty as starting point, the phanerogams
_ being treated in the first place. In moist and shaded ravines
or in dense woods the most luxuriant moss-vegetalion was
seen; amongst the mosses of such situation are mentioned
Calomnium lætum, Hymenodon proliferus, species of cryp-
_iopodiom and Symphyogyna. On moist vertical banks of
earth there occurred Dumortiera hirsuta, many species of
Hookeria, Symphyogyna, Lophocolea, Cyatophorum, Lepi-
dozia, etc., on mouldering trunc species of Racopilum,
Hypopterygiam, Omalia, Hypnum and Gottschea were thri-
_ ving. Common are species of Isothecium, Plagiochila and
Lejeunia. On trunes and branches species of Macromitrium,
Frullania, Radula, Meteorium, Cyrtopus selosus, and Zoopsis
argentea Were banging, the last species in many forms, each
_ form having its proper region of distribution. On moist places
_ near to the lake of Toupo species of Hypnum, Thuidium and
Campylopus were the most common mosses. In higher pla-
= teaus Polytricha, Tortulæ and some new hepatics occurred.
_ At the limit of all vegetation in the high mountain Rua-
paha mosses belonging to the genera Andreæa, Rhacomi-
trium, Polytrichum, Leptotrichum, Distichium, Conostomum,
Gymnomitrium and Jungermannia were gathered, here those
occurring in similar situations in Europe.
(To be continued.) W. ARNELL. F5 4
Nouvelles.
La Société Botanique de France tiendra à Paris, le 45 oc- ee
_tobre et jours suivants, une session cryptogamique, plus
_ particulièrement mycologique.
Alexandre Pérard, né à Aïraines (Pas-de-Calais), en 1835,
est décédé à Montluçon, le 16 juin. Lorsqu'il eut terminé ses
études au lycée de Moulins, il dut abandonner la carrière de
l’enseignement qa’il voulait prendre pour entrer dans la
_ banque, muis il ne cessa de consacrer à l’étude de l’histoire
naturelle tout le temps dont il pouvait disposer. Plus tard, là
maladie le força à quitter la banque, et il fut nommé pro-
fesseur au lycée de Montluçon. Il préparait depuis longtemps
une flore du Bourdonnais, et il avait publié divers mémoires
sur les phanérogames et les cryptogames de cette contrée. *
Le D° G. Winter, auteur de plusieurs publications myco-
_ logiques et rédacteur de l’Hedwigia, est décédé le 17 août.
Un botaniste belge très connu, Louis Piré, est décédé le
_ 46 juillet; nous donnerons une notice biographique dans le
_ prochain numéro. apr Po
6 PS DA —. 1887
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 6.
Études sur le péristome (6° article). Pariserr. — Nouvelles
contributions à la flore bryologique de la Grèce. KiNDBERG. —
Bibliographie. Carpor, Husnor.— Nouvelles. — Table des matières.
Etudes sur le péristome.
Ge Article. Le Péristome interne : son type général.
Les différences les plus ‘essentielles entre les mousses
dépendent, à mon avis, de la structure du péristome externe,
qui, dans un petit nombre de familles (Nématodontées) se
compose de filaments continus sans articulations tranver-
sales, et dans le plus grand nombre (Arthrodontées), de
dents articulées; ces dents elles mêmes présentent tantôt
une double rangée de plaques à l'extérieur avec une simple
rangée à l’intérieur (Diplolépidées), et lantôt, au contraire,
une seule rangée de plaques dorsales avec une double
rangée de plaques ventrales (Aplolépidées). :
Le péristome interne ne s’observe jamais dans les Aplolé-
_ pidées; il se montre au contraire dans presque loutes les
familles de Diplolépidées, quoiqu'il manque assez souvent
dans certains genres ou dans certaines familles. Dans presque
_ toute l’étendue de ce groupe il est construit sur un type très
constant, que l’on retrouve sans changemeuts notables, dans
le plus grand nombre des genres, chez les Pleurocarpes
aussi bien que chez les Acrocarpes ; les éléments de ce type
peuvent, il est vrai, s’amoindrir progressivement, jusqu’à
_ disparaître à la fin dans certaines espèces, mais ils conser-
vent toujours entre eux les mêmes rapports; plus rarement,
_ dans des familles assez restreintes (Fontinalacées, Timmiées,
_ Cinclindiées), cette structure se modifie de manière à déter-
+. | REVUE BRYOLOGIQUE.
_ miner des formes en apparence assez diverses, mais qui
ne supposent, en réalité, qu’une légère déviation du type
_ général; c'est seulement dans les Funariacées qu’on trouve
une disposition vraiment distincte, quoique avec des éléments
toujours semblables. Quant aux Encalyptées et aux Buxbau-
miacées, elles représentent probablement un stade primitif,
dans lequel le péristome des Arthrodontées n’avait pas encore
atteint les formes déterminées et précises qui devaient plus
tard devenir normales.
Le péristome intérieur se compose, comme l'extérieur, de
deux lames membraneuses, ou, en d’autres termes, de deux
couches de plaques; mais ces plaques sont, en général, moins
épaisses, plus molles, difficiles à séparer, el souvent difficiles
à bien distinguer ; cependant, dans beaucoup d’espèces, les
lignes qui les limitent, forment deux réseaux bien visibles.
_ Les plaques qui sont placées sur la face dorsale, du côté du
_ péristome externe, correspondent aux plaques ventrales des
_ dents; elles sont en même nombre et placées exactement en
_ face; il y a ainsi à chaque degré de la hauteur du péristome
interne, un cercle de 16 plaques, qui appartient, dans l’ori-
gine, à la même couche de cellules que les plaques ventrales
du péristome extérieur ; elles représentent les cloisons verti-
cales intérieures de ces cellules, dont les plaques ventrales
des dents sont les cloisons extérieures, et dont les cloisons
horizontales sont représentées par les lamelles saillantes aux
articulations ; dans certaines espèces (1), ces lamelles des
_ dents demeurent adhérentes au péristome intérieur, et les
_ cellules primitives restent ainsi entières, excepté sur leurs
_ faces latérales, où les cloisons ne s’épaississent que très
rarement. La membrane périsitomiale interne, qui demeure
_ ordinairemeni indivise dans sa partie inférieure, montre ainsi
__ un réseau dorsal formé de 16 lignes verticales équidistantes,
et d’un grand nombre de lignes horizontales, parallèles et
généralement lrès rapprochées les unes des autres, qui des-
_sinent des rectangles très allongés dans le sens transversal
et très étroits dans le sens de la hauteur. Ce réseau dorsal
_ est donc toujours constitué de la même manière et d’une
_ manière très simple; la couche ventrale, qui adhère inti-
_ mement à cette lame dorsale, et que l’on aperçoit par trans-
_ parence, présente un réseau plus compliqué, plus irrégulier
et plus variable ; c’est principalement de ses variations que
_ résultent les différentes formes du péristome interne.
= Le type que l’on rencontre le plus communément est celui
que l’on observe dans les genres Mnium, Bryum, Hypnum, et
_ dans les nombreuses familles qu'on peut leur rattacher.
Prenons pour exemple le Mniam orthorrynchum, où les
re Études sur le péristome, 4° article. Bryacées.
LES Hit
REVUE BRYOLOGIQUE. 83
deux réseaux sont faciles à distinguer. Si l’on examine, même
à un grossissement médiocre, la membrane du péristome
interne dans cette espèce, on aperçoit d’abord les 16 plis
carénés, aliernes avec les dents, marqués chacun d'une
ligne médiane verticale qui correspond exactement au milieu |
de l'intervalle de deux dents contigües, puis on distingue
bien nettement les divisions de la lame ventrale, dont les
lignes de séparation sont épaisses et dessinent un réseau
assez irrégulier. Les mailles de ce réseau ont à peu près la
forme de trapèzes, plus allongés dans le sens vertical que
dans le sens horizontal. Ces trapèzes forment dans l’inter-
valle de deux carènes, c’est-à-dire dans l’in‘fervalle corres-
pondan à chaque dent, trois, ou quelquefois quatre rangées
verticales opposées à la dent ; en outre, de chaque côté, il
existe une autre rangée qui appartient en partie à l'un des
intervalles et en partie à l'intervalle voisin ; les trapèzes qui
la composent paraissent coupés par la ligne carénale en
deux parties plus ou moins inégales. La ligne carénale, en
effet, n'appartient pas à cette lame ventrale; elle appartient
à la lame dorsale ; elle représente exactement la ligne de
démarcation des cellules qui composaient la couche com-
mune aux deux péristomes. De cette carène partent de cha-
que côtè des lignes horizontales bien parallèles qui partagent
la lame dorsale dans toute sa largeur en rectangles étroits et
allongés, Ces rectangles sont exactement en même nombre
que les plaques ventrales des dents, etils ont aussi la même
hauteur; mais ici, comme il arrive fréquemment dans les
Bryacées et dans les Hypnacées, ils sont un peu plus longs.
Ordinairement, en effet, la cloison cellulaire qui forme cha-
que plaque ventrale de la dent ne s’épaissit et ne persiste que
dans une portion de sa largeur, de telle sorte qu’elle est dé-
passée de chaque côté par les plaques dorsales, et souvent
aussi les dents sont séparées les unes des autres par un cer-
tain intervalle. Les rectangles du péristome interne se pro-
longent au contraire jusqu’à la ligne carénale, alternant sur
cette ligne avec les rectangles de l'intervalle voisin. Les lignes
qui les limitent sont en général moins épaisses que celles de
la lame ventrale, et dans certaines espèces elles sont difii-
ciles à apercevoir ; mais ici elles sont bien nettement tracées.
On voit aisément par transparence comment elles coupent
les trapèzes du réseau ventral: chacun de ces trapèzes est
ainsi traversé par trois ou quatre de ces lignes horizontales.
C’est là ce que l’on peut observer dans la moilié inférieure
du péristome interne. Si maintenant l’on examine ia moitié
supérieure, on voit que les trois rangées de trapèzes opposées
_ à chaque dent se rétrécissent peu à peu, ei bientôt se
séparent les unes des autres pour constituer chacune un des
_ cils, tandis que la rangée placée sur la carène s’élargit au
84 REVUE BRYOLYGIQUE.
contraire pour former les processus alternes aux dents. Dans
les Mnium, comme dans la plupart des Bryacées, ces proces-
_ sus sont percés de larges trous sur leur ligne médiane : ces
_ sortes de fenêtres, et les lignes de séparation des plaques où
elles se produisent sont une dépendance de la lame ventrale,
* de même aussi que les articulations noduleuses des cils ; les
lignes de la lame dorsale, beaucoup plus rapprochées les
unes des autres, deviennent ici peu visibles ; on peut cepen-
dant de temps en temps les apercevoir avec un peu d’atten-
tion, au moins sur les processus : on compte alors deux où
trois de ces lignes plus ténues entre deux articulations de la
lame ventrale.
La partie supérieure du péristome interne, constituée par
les processus el les cils, a donc au fond la même structure
et la même origine que sa partie inférieure : toute la diffé-
rence, c’est que l’épaississement, au lieu de se produire,
comme dans le bas, sur tonte l’étendue de la membrane, s’est
produit ici seulement sur la partie médiane des quatre ou
_ cinq rangées de trapèzes dont la lame ventrale se compose :
les trois ou quatre rangées de trapèzes opposés aux dents
qui étaient devenues déjà progressivement moins larges, ne
se sont épaissies que sur une zône étroite vers leur milieu,
et le reste s’est résorbé : de là sont résultées ces lanières
filiformes que l’on appelle les cils ; la rangée alterne avec les
_ denis, qui chevauche sur la ligne carénale, élait au contraire
_ devenue plus large à mesure que les autres se rétrécissaient,
_et elle a conservé en grande partie cette largeur en formant ce
_ qu'on appelle le processus ; elle s’est pourtant aussi découpée
sur son contour, surtout vers le sommet ; en d’autres termes,
_ l'épaississement a manqué sur une partie de ce contour: ila
manqué aussi sur une portion de la surface médiane ,
déterminant ces ouvertures arrondies ou oblongues, ces sor-
_tes de fenêtres que l’on voit entre les articulations. Il arrive
_ même quelquefois que des ouvertures de ce genre, dues à un
_ défaut d’épaississement, se rencontrent dans la membrane
_basilaire : on en observe constamment, par exemple, dans le
. Moium cuspidatum. Ce défaut d’épaississement porte ordinai-
rement à la fois sur les deux couches du péristome:; il yades
cas pourtant où il n’atteint que l’une des deux, et c’est alors
la couche ventrale qui manque, la couche dorsale se conti-
nuant régulièrement dans toute son étenduc : j'ai observé ce
fait dans le Mnium rostratum.
Dans les Eubryum et dans un certain nombre d’hypna-
_cées, les articulations des cils se prolongent en avant par des
appendices filiformes souvent assez allongés. Ces appendices
partent toujours des articulations de la lame ventrale, et ils
paraissent 4 agen ua reste de cloison analogue à celui
qui constitue les lamelles ventrales des dents exérieures, La
REVUE BRYOLOGIQUE, .
lame ventrale du péristome interne est constituée, en eflet,
par des cloisons extérieures d’une seconde couche de cellu-
les, placée au-dessous de celle qui est commune aux deux
péristomes, les cloisons intérieures de cette seconde couche
ou bien sont résorbées, ou bien demeurent adhérentes
à la columelle, Mais on comprend que ses cloisons horizon-
lales peuvent persister en partie, comme cela a lieu pour le
péristome externe ; et, en effet, chez les Mnium, en particu-
lier, on voit souvent le réseau de la lame ventrale se relever
en trabécules plus ou moins saillantes. Les appendices des
cils représentent quelques-unes de ces cloisons horizontales,
épaissies sur une plus grande longueur, et devenues très
étroites comme les cils eux-mêmes; j'ai même vu quelque-
fois dans certaines espèces les appendices d’un eil perpendi-
culaires à sa direction verticale se prolonger à leur extrémité
par un petit coude redevenu parallèle à celle direction, ce
_ qui semblerait représenter un vestige d’une cloison opposée
à celles qui forment le cil.
Si mainteaant nous revenons au Mnium orthorrhynchum,
_etsi, au lieu de considérer le péristome interne vu de face,
nous examinons une coupe transversale de la capsule en-
core jeune, un peu au-dessus de l’origine des deux péristo-
mes, nous les voyons se dessiner, non pas comme deux cercles
concentriques et continus, mais comme une série de 16 ca-
vités closes en forme de demi-cylindres aplatis, séparés les
uns des aulres par des carènes aigües. Les 16 denis, en effet,
sont bien placées sur la circonférence d’un cercle extérieur,
à une certaine distance les unes des autres ; mais la mem-
_ brane interne forme en face de chacune de ces dents un are
de cercle un peu aplati, qui se termine de chaque côté à la
ligne carénale, et entoure ainsi la dent, cette ligne venant se”
placer à peu près sur la circonférence du péristome externe.
Dans l'intérieur de ces cavités on voit les lamelles ventrales
des dents s’avancer horizontalement, en forme de plaques
semi-elliptiques, sans arriver pourtant à toucher la membrane
qui les entoure : entre elles et cette membrane il y a toujours
un intervalle, plus ou moins grand, suivant les espèces, et
qui ne devient nul que dans le cas où les deux péristomes
sont adhérents, Nous avons donc ici sous les yeux les 16 ran-
‘ gées de cellules primitives dont les deux péristomes se sont
formés: mais, par suite de l’épaississement inégal de leurs
_ divers éléments, les deux systèmes de plaques qui en sont
_nés ont cessé d’adhérer entre eux et sont devenus libres.
= Cette structure du périsiome interne esi essentiellement la
_ même dans toutes les familles qui composent l'ordre si vaste
des Hypnobryacées, en comprenant sous ce nom ioules les
é Bryucées de Schimper, et à peu près toutes les Pleurocarpes
qui ne diffèrent en rien sous ce rapport des acrocarpes. C'est
:
A HR REVUE BRYOLOGIQUE.
même une chose étonnante que de voir combien la structure
_ d’une hypnacée est rigoureusement semblable en ce point à
_celle d’un Mninm. Que l’on examine, par exemple, le péris-
_ tome interne de l’Eurhynchium striatum ou de l'Eurhynchium
meridionale, on y retrouvera exactement les mêmes rangées
de trapèzes sur la lame ventrale, les mêmes rectangles allon-
gés de la lame dorsale, correspondant aux plaques ventrales
des dents, la même disposition des carènes, des processus
et des cils : les dents extérieures sont d’ailleurs construites
absolument de la même manière, avec une double rangée
de plaques dorsales minces, et une rangée unique de plaques
ventrales épaisses, munies de lamelles semielliptiques. Que
l’on prenne indifféremment une autre espèce d'Eurhynchium,
ou bien une espèce de Brachythecium, d’Amblystegium,
d’Hypnum, on retrouvera toujours les mêmes éléments, de
forme semblable, et semblablement disposés. Et même dans
les autres tribus qu'on a distinguées parmi les Pleurocarpes,
dans ies Leskeacées, dans les Neckeracées, dans les Hooke-
riacées, il y a des genres qui offrent encore exactement la
même structure : le péristome d’un Thuidium ne diffère pas
de celui d’un Eurhynchium, et celui d’une Homalia en diffère
à peine, en ce que les cils sont un peu moius développés. En
étudiant les genres exotiques qui semblent au premier abord
les plus éloignés, commele genre Hypopterygium, on est
surpris de retrouver, jusque dans les plus petits détails, les
deux péristomes d’un Hypnum.
Cette ressemblance si parfaite d'organismes d’ailleurs très
_ complexes, paraît manifestement indiquer une parenté origi-
nelle de toutes ces familles.
Si le péristome des Hypnacées s’était organisé par degrés,
indépendamment de celui des Bryacées, on ne comprendrait
_ pas comment ces deux développements, partant d'origines
distinctes et marchant séparément, auraient pu aboutir à
des formes presque identiques ; pour le péristome :interne
_ surtout, dont les élements sont moins réguliers et plus iné-
_ gaux, cette uniformité dans l'inégalité même des parties de
__ses deux réseaux, dans Ja disposition des processus et des
_ cils, cette constance des plus petits détails, ne peut s’ex-
_ pliquer qu’en supposant à ces deux séries de mousses une
souche commune; et celte souche a dû être indépendante
_ d’assez bonne heure de celles des autres ordres, particuliè-
_ ment de celle des Aplolépidées, où les éléments du péristome
sont disposés dans un ordre inverse et affectant de tout autres
_ formes.
On voit, il est vrai, dans plusieurs genres appartenant à ces
_ mêmes familles, les éléments de celte structure s’amoindrir
_ Ou disparaître en partie, quelquefois même totalement. Le
_ Leucodon sciuroïdes et le Leptodon Smithïii, n’ont que le
REVUE BRYOLOGIQUE. 87
péristone extérieur ; les genres Anacolia et Bartramidula
sont absolument gymnostomes. Les Cladodium et les Webera,
parmi les acrocarpes, les Neckera et les Anomodon, parmi les
pleurocarpes, présentent tous les degrés de l’amoindrisse-
ment du péristome interne.
Mais, tout en s’amoindrissani ainsi progressivement, les
éléments de ce type conservent toujours, tant qu'on peut les
apercevoir, la même situation, les mêmes rapports entre eux,
les mêmes formes essentielles. Cette diminution se produit,
d’ailleurs, d’une manière analogue dans toutes ces familles,
chez celles qui diffèrent le plus par leur système végétatif;
et ainsi elle devient elle-même une preuve de leur
affinité.
Les appendices des cils semblent disparaitre les premiers :
parmi les acrocarpes, ils semblent propres aux deux genres
Bryum et Leptobryum ; c'est même un fait remarquable que
les Webera, si voisins d’ailleurs des Bryum et dont les cap-
sules ont si souvent le même aspect, aient toujours leurs cils
dépourvus d’appendices. Parmi les pleurocarpes, au con-
traire, les espèces où l’on observe ces appendices des cils,
semblent disséminées indifféremment dans les principaux
genres. ; |
Un autre amoindrissement assez fréquent, consiste dans la
diminution du nombre des cils: on n’en trouve plus qu'un
ou deux dans certaines espèces et le nombre des rangées de
trapères tend à diminuer en même temps. A un degré infé-
rieur, les cils s’oblitèrent et disparaissent, et souvent la
membrane basilaire diminue en même temps de hauteur;
les processus deviennent alors ordinairement plus étroits,
souvent entiers : les Neckera, les Cylindrothecium et beau-
coup d’autres pleurocarpes, le Webera acuminata parmi les
Bryacées, en offrent des exemples. Dans les Bartramiées, au
contraire, en même temps que les cils tendent à disparaître, “
_ les processus s’élargissent et tendent à se partager jusqu’à
leur base en deux moitiés, qui deviennent souvent indépen-
dantes. Parmi les pleurocarpes, le genre Climacium nous
offre l’exemple le plus parfait de cette division des processus:
On croirait voir 32 dents intérieures placées par paires entre
les dents externes; mais, au fond, la structure est la même. :
Là, comme dans les Bartramia, la membrane basilaire pré-
sente toujours ses deux mêmes réseaux, tels que nous les
avons décrits dans les Mnium, et sur chacune de ces deux
moitiés de processus, l’on distingue toujours d’abord les
lignes transversales des articulations ventrales, plus épaisses,
_ plus saillantes et plus éloignées les unes des autres, et,entre
elles, d’autres lignes parallèles, plus rapprochées et plus
_ fines, qui sont celles du réseau dorsal, et qui correspondent
_ aux articulations ventrales du péristome extérieur. uvs :
Fm e REVUE BRYOLOGIQUE.
donc ancune différence essentielle entre cette structure et
celles des autres hypnacées.
En général, dans ces formes amoindries comme dans les
_ formes normales, la stucture du péristome a toujours la même
origine et le même type primitif: les différences tiennent à ce
_ que les éléments de ce type, quoique tous présents dans la
capsule jeune, disparaissent souvent en partie avant la ma-
_ turité du fruit.
Le réseau du péristome interne, ses processus et ses cils
_ résullent du dépôt d’une matière accessoire, plus épaisse et
plus solide, sur les cloisons contigües et soudées entre elles,
_ de deux couches de cellules, dont l’une appartient par ses
_ cloisons opposées au péristome externe et l’autre au tissu de
la colamelle. Avant cet épaissississement, le réseau formé par
_ces cloisons est très mince, très ténu, hyalin, difficile à dis-
_ tinguer des tissus voisins. Tantôt l’épaississement porte éga-
lement sur tous les éléments du réseau primitif; c’est ce qui
a lieu pour la membrane basilaire dans les genre Mnium,
- Brym, Hypnum; tantôt il se produit seulement sur des points
_ déterminés et limités de ce réseau. Les processus et les cils
résultent de ce second mode de développement : là, en etfet,
l’épaississement a porté seulement sur la partie médiane de
chaque rangée de cellules trapézoïdes : les points par où ces
cellules adhéraient latéralement les unes aux autres n’ont pas
été épaissis et se sont résorbés ; il s’est formé aiasi des la-
_ nières indépendantes; dans les cils, l’épaississement ne se
_ produit que sur une portion très étroite de la largeur des
_ cellules.
Il est maintenant facile de concevoir que dans d’autres
genres l’épaississement a pu être limité à une partie plus res-
_ treinte, et quelquefois beaucoup plus petite, du réseau pri-
_ mitif. Dans beaucoup d'espèces, les rangées placées sur la
_ ligne carénale, qui constituent les processus, se sont seules
_ épaissies, tandis que les rangées opposées aux dents ne
__ laissent pas de traces, et de là l'absence des cils; souvent,
dans ce cas, la rangée carénale elle-même ne s’épaisissait
que sur une Zzône étroite; les processus devenaient alors
_ linéaires ou même filiformes ; enfin, à un degré inférieur,
l’épaisississement de la membrane basilaire elle-même ne
portait plus que sur une petite hauteur à lu base : c’est ce
qui arrive, par exemple, dans les Neckera. re
En observant de jeunes capsules, on parvient quelquefoi
à apercevoir cette couche primitive de cellules à réseau mince
et continu, dans laquelle s'opère le dépôt de la matière épais-
_sissante, et l’on peut alors distinguer les points où ce dépôt
commence à se produire; plus rarement, on retrouve dans la
capsule müûre quelques vestiges de cette membrane hyaline
sh Fagacg.
; REVUE BRYOLOGIQUE.
Les choses se passent au fond de la même manière pour le
péristome externe : là aussi ce sont deux couches de cloisons
cellulaires d’abord très minces qui s’épaississent progressive -
ment pour former les dents. L'épaisississement porte ordi-
nairement ici sur toute l’étendue de ces cloisons, excepté sur
les bords latéraux aux points où les dents se séparent lesunes
des autres : pour qu’en effet deux dents contiguës deviennent
indépendantes, il faut bien qu’une petite portion longitudinale
du tissu où elles prennent naissance se résorbe entre elles;
cette zône, non épaissie, a souvent même une certaine lar-
geur, puisque les dents laissent souvent entre elles des vides
assez notables. Il n’est pas rare, dans ce cas, que l’on puisse :
apercevoir cette portion du bord de la dent qui ne s’est pas
épaissie, sous la forme d’une membrane hyaline et très
ténue : les traces de ce tissu sont assez visibles, par exemple,
dans le Timmia. Assez fréquemment il arrivé que les plaques
dorsales se sont épaissies sur une plus grande largeur que
les plaques ventrales, et alors elles dessinent une véritable
marge, plus ou moins transparente : dans l’Hylocomium tri-
quetram, par exemple, les plaques dorsales dépassent ainsi
très largement les plaques ventrales. Assez souvent aussi
cerlaines parties du milieu même des dents ne s'épaississent
pas et disparaissent; de là résultent ces fentes ou ces trous
plus ou moins étendus dont elles sont percées dans ceriaines
espèces, tantôt disposés régulièrement et d'une manière
constante, tantôt irréguliers ou accidentels. Mais c’est surtout
dans les Aplolépidées que les dents sont souvent ainsi divi-
sées en branches régulières, et quelquefois découpées en un
grillage élégant. Enfin, les dents elles-mêmes peuvent ne se
développer que sur une partie de la hauteur du tissu où elles
prennent naissance, el qui adhère primitivement au péris-
tome interne : c’est ce qui arrive, par exemple, dans les”
Meesea.
_ En tenant comple de ce mode de formation des deux péris-
tomes, il est facile de s’expliquer tous les amoindrissements
du type primitif que l’on observe dans certains genres d'Hÿp-
. nobryacées. Là même, en effet, où certains éléments de la
structure normale semblent disparaître, la forme et la situa-
tion de ceux qui persistent, demeurent exactement les mêmes,
et surtout on peut constater que les éléments qui manquent “
dans le fruit mûr, existent cependant dans la capsule plus
jeune, ou du moins les tissus dont ils devaient se former se
montrent à la même place, de telle sorte que leur absence
n’est due qu’à un défaut d’épaississement de cermines por-
tions de ces tissus, c’est-à-dire à un arrêt de développement.
Ces formes imparfaites peuvent donc être considérées
comme dérivées des formes plus parfaites que l’on observe
_ dans les mêmes familles, et toutes ces familles elles-mêmes
REVUE BRYOLOGIQUE.
90.
doivent probablement s'être détachées d'une souche com- :
_ mune, qui présentait déjà ce type normal du péristome, tel
_ qu'il s’est conservé si durable, avec des détails si précis et si
constants, dans toute l’étendue du groupe.
On peut donc supposer, avec beaucoup de vraisemblance,
que ce type du péristome hypnobryacé s’est organisé dans
des âges très anciens, antérieurement même à l’époque où
les pleurocarpes se sont séparées des bryacées acrocarpes. Ce
n’est, en effet, qu'après cette séparation, que chacun de ces
deux groupes a pu se diversifier pour produire d’un côté les
formes de péristome moins complexes ou plus modifiées que
l’on observe dans quelques-uns de leurs genres, et pour
donner naissance en même temps aux modifications si mul-
tiples et si variées du système végétatif qui distinguent les
nombreuses familles de ces deux séries de mousses.
Il nous restera maintenant, après avoir caractérisé ce type
_ primitif, à monirer comment il a pu, sans déviations consi-
_ dérables, donner naissance aux formes en apparence assez
_ éloignées que l’on remarque dans certaines familles, Nous
_arriverons ensuite au type spéciàl des Funariacées.
PHILIBERT.
Nouvelles contributions à la Flore bryologique
de la Grèce.
Je viens de recevoir de M. le D' Th. de Heldreich les
espèces suivantes non indiquées dans mon dernier article :
Hypnum commutatum Hedw., H. falcatum Brid., H. cu-
pressiforme L., Anomodon viticulosus H. T., Bryum capillare
L., B, pallescens Schleich., B. atropurpureum W. M., We-
bera carnea B. S., W. cruda B. S., W. albicans B. S.,
Mnium stellare Reich., M. undulatum L., Distichiom capilla-
ceum B. E., Dicranella varia Sch., Grimmia commutata Hüb.,
Barbula tortuosa W. M., B. intermedia Sch., Eucladium
verticillatum B.E., Pottia Starkei C. Müll., P. minutula B. E.
Plusieurs de ces échantillons ont été récoltés par le D”
_ Aphentules. —Le nombre des espèces atteint actuellement 73.
: de profite de l’occasion pour corriger deux fautes typogra-
_ phiques dans le n° 4, p. 53 et 54 :
_ Neckera planata pour NW. pennata; fons Kephalovupi pour
Kephalovrysi. Le ee
_ Linkoeping (Suède), 15 oct. 1887.
do. » N. C. KiINDBERG,
Sn | Bibliographie.
Le. Rasenonsrs Arypiogamen Flora. — Die Laubmoose von
CYR
K. Gusrav LimpricuT. — 6. Lieferung, 1887. Preis : 2 Mark
40 PF. (3 france).
Cette livraison se compose des pages 321 à 384 et des
figures 115 à 124. Elle contient la description des Dicranella
rufescens, humilis, varia, subulata, curvata, cerviculata,
heteromalla. — Dicranum fulvellum, falcatum, Blyttii, Star-
kei, spurium, Bergeri, undulatum, Bonjeani, majus, scopa-
rium, neglectum, Mübhlenbeckii, congestum, fuscescens,
Sendtneri, elongatum, gronlandicum, montanum, flagellare,
strictum, scottianum, fulvum, viride, longifolium, Sauteri,
albicans, — Campylopus Schimperi, Schwartzii. |
7. Lieferung, 1887.— Pages 385-448, fig. 125-143. — Con-
tient : Campylopus subulatus, adustus, turfaceus, flexuosus,
fragilis, Mildei, atrovirens, polytrichoides, brevipilus. —
Dicranodontium longirostre, aristatum, circinatum, — Metz-
leria alpina, — Trematodon ambiguus, brevicollis. — Leu-
cobryum glaucum. — Fissidens rivularis, bryoides, incurvus,
tamarindifolius, Bambergeri, pusillus, crassipes, Mildeanus,
rufulus, Arnoldi, exilis, osmundoides.
REVUE BRYOLOGIQUE.
A. Bortini. — Muscinee dell’ isola del Giglio (Nuovo Gior-
vale Botanico Italiano, vol. XIX, p. 265-275.
L'auteur indique dans cette île 73 mousses et 14 hépa-
tiques, avec les localités où elles ont été récoltées. Quelques
espèces sont accompagnées de notes.
W. H. PraRsoN. — Hepaticæ Anysnanæ sive Hepaticarum in
regione capensi « Knysna » Africæ australis a fabro ferrario
Hans Iversen lectarum Recensio(Christiania Videnskabs-Selskabs
Fordhandlinger, 1887, n° 9. Tirage à part de 16 p. et 6 pl.
Cette collection se compose de 17 hépatiques, dont 5 nou-
velles décrites avec beaucoup de détails : Lejeunea pluripli-
cata, Cephalozia Kiæri, C. denudata var. africana, Leioscy-
phus Iverseni, Tylimanthus africanus. — 8 espèces sont
figurées dans les 6 planches dessinées par l’auteur et litho-
gra phiées avec soin.
Ourvrer pu Nopay. — Notice bryologique sur les environs
de 6 p. ds
Les Mic récoltées par l’anteur dans un rayon de8à
10 kil., sont classées d’après leurs stations. +1 ©
Kanz Muiser. — Sphagnorum novorum descriptio. Flora,
4887, n°° 26 et 27 ; tirage à part, 20 p. de Hi
+ Dans un avant-propos de 4 pages, écrit en allemand,
- l’auteur expose ses opinions personnelles sur le genre
de Nice (Revue de botanique, tome VI, 1887. Tirage à parl sh
_ REVUE BRYOLOGIQUE.
Sphagnum. Contrairement aux idées acceptées maintenant
par la plupart des sphagnologues, l’illustre bryologue de
Halle soutient que les Sphaignes sont soumises, au même
degré que les mousses et les autres végétaux, aux lois de la
distribution géographique, et que, par conséquent, les formes
exotiques et surtout tropicales que l’on rattache à nos
espèces européennes, sont en réalité des espèces bien dis-
tincies. — Il recommmande de tenir compte de tous les
Caractères, car même la direction el la forme des rameaux
peuvent fournir des notes suffisantes pour distinguer une
_ espèce d’une autre; ainsi, par exemple, le S. molluscoides C.
Müll. (S. Mülleri Seb.) se distingue déjà suffisamment par
ses rameaux pendanlis, du $. molle Sulliv., qui a les rameaux
_ dressés. On comprend que, d’après ces principes, le nombre
_des espèces admises par l’auteur soit considérable : il se
_ monte en effet à environ 120 espèces, tant exotiques qu’eu-
ropéennes. |
_ Les espèces nouvelles décrites dans ce travail, toutes exo-
tiques, sont au nombre de 30, qui se répartissent en 7
_ sections, de la manière suivante :
4. Platysphagnum (Sphagna eymbifolia }, 8 espèces. —
2. C'omatosphagnum (Sph. subsecunda), 4 espèces. — 3, Acis-
phagnum (Sph. cuspidata ), 3 espèces, — 4. Malacosphagnum
_ (Spb. rigida), 7 espèces. — 5. Pycnosphagnum (Sph. acuti-
_ folia), 2 espèces. — 6, Acrosphagnum (Sph. mucronata), 3
espèces, — 7. Acocosphagnum (Sph. sericea), 1 espèce. se
Les deux dernières sections sout exclusivement tropicales.
. L’anteur admet de plus deux autres sections, qui ne sont pas
représentées dans ce mémoire : la section Anacamptosphagnum
fondée par lui-même pour le S. squarrosum, et la section
Isocladus créée par M. Lindberg pour le S macrophyllum, de
l’Amérique du Nord. :
_ Les descriplions des espèces sont écrites en latin. La pré-
sence ou l'absence de fibres dans les cellules hyalines des
feuilles caulinaires, y est encore considérée comme un ca-
ractère spécifique; par contre, il n’y est pas fait mention
des caractères fournis par la coupe transversale des feuilles
raméales. : 3 CARDÜT.
Karz MuLLer. — Erpodiaceæ quatuor novcæ. — Flora, 1887,
28, tirage à part 5 pages. he Freins
_ La petite famille si naturelle des Erpodiacées comprend
seulement 3 genres : £rpodium Brid., Aulacopilum Wils., et
Venturiella C. Müll. Toutes les espèces, au nombre d’une
vingtaine environ, sont tropicales ou subtropicales. Les 4 es-
pèces nouvelles décrites dans ce mémoire sont : Aulacopilum
Balansæ, du Paraguay (Balansa, n° 3643) ; Erpodium Tricher-
REVUE BRYOLOGIQUE. Ré
podium) Hodgkinsontæ, d'Australie (mrss Hodgkinson); £rpo-
dium (Leptangium) Balansæ, du Paraguay (Balansa, n°° 3645
et 3645 a.); Erpodium (Leptanqium) Schimperi. d'Abyssinie
(W. Schimper), J. CARDOT.
Karz Muicer. — Reitrôge zur Bryologie Nord-Amerika’s.
(Flora, 1887, n° 14, p. 219 à 225).
Description de 12 espèces nouvelles : Andrecæa parvifolia,
Bryum (Eubryum) stenotrichum, B. (Eubr.) acutiusculum, B.
(Sclerodictyum) bullatum. Dicranum (Oncophorus) dipteroneuron
et Hypnum (Illecebrina) Krausei, de l'Alaska (Krause); Barbula
(Argyrobarbula) Manniæ, du Colorado (miss Martha Mann) ;
Larbula (Eubarbula) Egelingi, du Tennessee (D° Egeling);
Orthotrichum bullatum et Grimmia (Eugrimmia) Manniæ, de
Californie (miss M. Mann); Hypnum (Brachythecium) Fitzge-
raldi,, de Floride (Fitzgerald), et enfin Fontinalis maritima,
_ du territoire de Washington (D° Eggers). Toutes ces espèces
ont été nommées par M. Muller, sauf le Zarbula Egelingi,
qui est de M. Scbliephacke. L’auteur fait observer avec raison
que la flore bryologique de l'Amérique du Nord nous réserve
encore bien des nouveautés, principalement dans les Etats
du Pacifique. J. CARDOT.
Scandinavian bibliography (continued).
67. BErGGREN, S., Musci et Hepaticæ Spitsbergenses (K. Sv.
Yet. Akad* Handlingar, Band 13, n° 7, Stockholm, p. 103.
See Rev. Bryol. 1877, p. 10-75.
68. BerGGREN, S., Undersôkning af mossHloran vid Disko-
bugten och Auleitsivitfjorden à Grônland. Ibid , n° 8, 1875,
p. 46. See Rev. Bryol. 1877, p: 69-70. Fa
69. BercGren, S.. Æn botanisk eskursion p4 Nya Zeeland
(Bot. Notsr 1875, p. 102-110, in swedish). En
The excursion described was made in the North Island with
the Bay of Plenty as starling point, the phanerogams being
_ Lreated in the first place. In moist and sbaded ravines or in
__ dense woods the most luxuriant moss-vegelation was Seen;
_amongst the mosses of such silualion are mentioned Ca-
_ Jomnium lætum, Hymenodon proliferus. species of Cryplopo-
diom and Symphyogyna. On moist vertical bank of earth
© there occurred Damortiera hirsuta, many species of Hooke-
_ ria, Symphyogyna Lophocolea, Cyatophorum, Lepidozia, etc.;
_ On mouldering trunc species 0 Racopilum, Hypopterygium,
_ Omalia, Hypnum and Gottschea were tbriving. Common are
= species of Isothecium, Plagiochila and Lejeunia. On truncs
and branches species of Macromitrium, Frullania, Radula,
É:
94 REVUE BRYOLOGIQUE.
_ Meteorium, Cyrtopus setosus and Zoopis argentea were han-
_ ging, the last species in many forms, eacb form having its
_ proper region of distribution. On moist places near to the
lake of Toupo species of Hypnum, Thuidium and Campylo-
pus were the most common mosses. In kigher plateaus Poly-
tricha, Tortulæ and some new hepatics occurred. At the
limit of all vegetation in the bigh mountain Ruapaha mosses
belonging to the genera Andreæa, Rhacomitrium, Polytri-
chum, Leptotrichum. Distichium, Conostomum, Gymnomi-
trium and Jnngermanniæ were gathered, here those occur-
ring in similar situation in Europe.
70. BLyTT A. Bidrag till Kundskaben om vegetationen paa
Nowaja Semlja, Woigatschôen og ved Jugorstraedet (Vidensk.-
Selsk. - Fordhandlinger, 1872, Christiana, p. 1-13, in
norwegian).
Student Aagaard, that in 1871 visited the named artic
countries, delivered his collection of plants (vascular plants,
mosses, lichens and algæ) to the botanical museum of the
University of Christiana. Of mosses there was in the collec-
tion 24 species, àämongst which Splachnum Wormskjoldii,
Hypnum Heufleri, H. Bambergeri, H. sarmentosum var. fus-
cescens J. Vahl (in Flora Danica, tab. 2748), perhaps are
the most interesting.
71. BrorHenus F., Excursions bryologiques en Caucase
(Rev. Bryol., 1880, p. 49-58).
72. ELFviNG TR., Anfeckningar om vegetationen kring floden
Svir (Meddel. nor Soc. pro Fauna et Flora Fenn. F6handir,
2, 1878, p. 113-170, in Swedish).
The author in 1875 visited the environs of the river Svir
in Russia. Many interesting introductory notes are given on
the landscape, its vascular plants, mosses and lichens. At
the mouth of Svir the coast of Ladoga is low and plain, con-
sisting of moorlands and further off from the coast covered
with neddlewoods. A swedish mile ap the river the banks
= becomes drier and higher and are clothed with Pinus silves-
tris or with leaved woods and Salices. When the small town
__ Ladejnoje Pole has been passed, the landscape is more va-
_ ried; a great many hills ornamented by young birchwoods,
_ meadows, fields and numerous villages form a fine picture to
the passersby on the river. Six miles from Onega the ca-
_ racter of the landscape changes once more, the banks are
_ plain and covered with fine woods to the greatest part con-
sisting of Populus, Tremula and Pinus Abies; further to the
_east there are to be seen wide moor lands with few dispersed
trees of Pinus silvestris. Near to the Onega the author in his
= journey for the first time saw a small rock of primitive origin;
= in tbe lower parts of the river red sandstone at times was
REVUE BRYOLOGIQUE.
noted in denudated banks of the river ; in the environs also Ke
diorit is to be found at times. Rocks are, however, rather
rare in these regions, on which account the mosses must be
comparatively poor in species.
192 species of mosses are enumerated from these hereto
fore bryologically unknown regions. The greatest interest
atiract Pylaisia intricata and Thuyidium minutulum; other
rare mosses are Riccia Lesquerenxii Aust., Cephalozia my-
riantha, Riccardia latifrons, Martinellia subalpina, Junger-
mannia antumnalis c. fr., J. lurida, J. heterocolpos, J. Helleri,
Waulfi, Hypnum Haldanii c. fr., Amblystegium fluviatile,
Plagiothecium turfaceum c. fr., Fontinalis gracilis €. fr., F.
dalecarlica c. fr., etc.
(To be continued.) ARNELL.
Nouvelles.
M. Amann, pharmacien à Davos (Grisons, Suisse), désire
échanger des espèces rares qu’il possède en provision (telles
que Weisia Wimmeri, Campylopus Mildei, Grimmia atro-
splachnacées, Mielichhoferia nitida, Leskea tristis, Habrodon,
etc.) contre d’autres espèces qui manquent à sa collection.
. Bruxelles, Chevalier des ordres de Léopold et du Lion néer-
un des membres fondateurs de la Société royale de botani-
impulsion aux idées bryologiques qui, avant lui, étaient
_ Flore de cette intéressante localité.
_ de botanique depuis qu'il
Nardia hyaliua c. fr., N. obovata, Sphagnum Angstræmii, S.
fusca, G. fragilis, Ptychomitrium pusillum, Merceya, diverses
Louis Piré, né à Bruxelles, en 1827, est décédé à lcelles-
Bruxelles, le 16 juillet 1887, à l’âge de 60 ans, après une :
cruelle maladie. Ancien professeur des athénées royaux de :
landais, décoré de la Croix civique de 1”° classe, membre du
Comité de surveillance du Jardin botanique de l'Etat. Hfut
. que de Belgique, dont il fut président et vice-président. Au-
teur de nombreux travaux botaniques, il donna une vive
_ complètement négligées en Belgigue. C'est c’ertainement
grâce à lui et aux élèves qu’il a formés que ce pays est
maintenant un des mieux explorés au point de vue bryolo-
_ gique. Depuis 3 ans, il s'était retiré à Spa, en pleine B.
_denne, et il consacrait tous ses loisirs à l'élaboration d'une
Le 3 octobre décédait à Alençon un des rédacteurs de celle
= Revue, dont le dernier numéro contient le Catalogue des
| mousses des environs d'Alençon. M. Henri Duterte, pharmacien
honoraire, n’était âgé que de 40 ans. Il s’occupait avec succès
avait quitté la pharmacie ; ce qu'il
REVUE BRYOLOGIQUE. ve
publié jusqu'ici faisait espérer des travaux plus impor-
ints. M. Duterte avait publié dans le n° 1 de cette année
es {Votes bryologiques sur Amélie-les-Bains ; on lui doit aussi
in Catalogue de plantes phanérogames et cryptogames semi-vas-
culaires, croissant spontanément à Alençon ou dans un rayon de
20 kl. Né à Fyé, département de la Sarthe, il commença
_ l'étude de la pharmacie dès l’âge de 16 ans ; il entra comme
interne à l'hôpital Necker, en 1870, et obtint le diplôme de.”
pharmacien à l’âge de 24 ans 1/2. Il s'établit à Alençon, et
sa maison devint bientôt la plus importante de la ville. La
aladie de cœur, dont il est mort subitement, le força à se
retirer des affaires en 4880 ; ce fut, à partir de cette époque,
qu’il s’occupa activement de botanique. FT: H,
a : P q
e
BLE DES MATIÈRES DE LA 14 ANNÉE (1887)
| PAR NOMS D'AUTEURS. _
|
ARNELL.— Bibliographie. . . . . . ..
BALANSA et SAvËs.—Musci exotici . . . . . 4 |
_ BERTHOUMIEU et DU BUYSSON. — Catalogue des Muscinées du
- Mont-Dore. enr pe JU Re ide
ARDOT.—Mousses de Jersey et de Guernesey
_» —Didymodon subalpinus . . rh
» —Bryum cymbuliforme. . He
ie: HiDNOgraphiés "5" tm dan, ©
DurerTe.—Notes bryologiques sur Amélie-les-Bains.. . : .
__ —Notes bryologiques sur Alençon et ses environs
PRANET--Bibliogréphiés; :..", Un,
HusNorT.—Bibliographie . . .
JENSEN et GRAvET.—Les variations
. . . . .
PEUT mr "52, 90.
LINDBERG. LA AU
er.
pinus . ..
N°1 45 ANEE dr
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES DEux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou eu anglais.
Sommaire du N° 1. ;
Liste des Bryologues (3° supplément). — Remarques sur quelques
formes du genre Orthotrichum. GRoNvaL. — Etudes sur le péris-
tome (suite). Pairisxrr.— Un Zygodon et une Fontinale. Carpor.
— Bibliographie. —Nouvelles.
Liste des Bryologues du Monde.
| 3 Supplément (1).
1° ADDITIONS.
Fr. Amable de Jésus, rue des Corroyers, 58, Amiens.
J. Arcangeli, Istituto botanico, Pisa, Italie. |
L. Bailly, professeur au lycée, Carcassonne, Aude.
C.-R. Barnes, Madison, Visconsin, Etats-Unis d'Am.
D. Bergevin, rue de la République, 116, Rouen.
Cros, professeur au lycée, Montpellier. He
D: Delamare, médecin de la marine, ile Miquelon, Am. du
Nord. NE
A. Delamare, hôtel du Lion-d’Or, Bernay, Eure.
L'abbé Dequevauviller,Remiencourt par Ail ly-s.-Noye,Somme,
L'abbé Deshayes, directeur au grand séminaire, Le Mans. ins
… L'abbé Dupont, Ciral, Orne. Fr ne.
K. Goebel, Marburg, prov. Hessen-Nassau , Allemagne. :
L. Gohon, au château de Vaux par Belhomert, Eure-et-Loir,
D' J. Hagen, Fredrickstad, Norvège.
Rä Hampden G. Tameson, 6, college Road , Eastbourne, An-
gleterre.
A. Henry, chez M"° Papillon, rue de l’Eventail, Le Mans.
(1) La liste a été publiée dans le n° 5 de 1882, le 1°* supplément dans le
n° 1 de 1884, et le 2e dans le n° 4 de 1886, s RU a
Ds 0 REVUE BRYOLOGIQUE.
_C. Houlbert, professeur au collège d’Evron, Mayenne,
_ F. Kern, Losshstrasse, 95, in Breslau.
E. Lemoro, rue Guichard, 2, Passy-Paris.
RH. Lett, Aghadery Glebe, Loughbrickland, Ireland.
Maurel, instituteur à Floure, par Capenda, Aude.
R.-H. Meldrum, Cherrybank, Perth, Ecosse.
_ A. Nadot, rue de Lille, 43, Paris.
_ H. de Poli, avenue Carnot, 21, Paris.
_ Comtesse L. Rasponi, via Cavour, Ravenna, Italie.
D" A. Reyer, Glacistrasse, 69, Graz, Styrie.
O. Richard, ancien magistrat, rue Magenta, 31, Poitiers.
J. Richard, rue Ballainviers, 68, Clermond-Ferrand.
_ Bienaïimé Riomet, institnteur aa Grand-Wé, par Esquehéries,
Aisne.
_V. Schiffner, professeur au Jardin botanique, Prague, Au-
triche,
GC. Vercey, rue Cazotte, 41, Dijon.
P. Vuilmin, à la Faculté de Médecine, Nancy.
20 CHANGEMENTS D’ADRESSE,
J. Amann, pharmacien à Davos, Grisons, Suisse.
L'abbé Barbiche, curé à Pontoy par Solgne, Lorraine.
E. Bescherelle, rue Thiers, 14, Clamart, Seine.
Billiet, percepteur, rue de la Poudrière, 1, Clermont-Ferrand.
_ L. Chartier, rue des Etudes, 25, Carcassonne.
_ L'abbé Chevallier, Bazouges, Sarthe.
_P. Culmann, rue de Longchamps, 18, Paris.
_Debray, professeur à l’école des Sciences, Alger.
L'abbé Donnot, Percy-le-Petit par Prauthoy, Haute-Marne.
Comte Estève, rue Serviez, 15, Pau. |
J.-B. Forster, Columbusgasse, 67, Wien, Autriche.
C. Kaurin, Sande Jarlsberg, Norvège.
E. Lhioreau, St-Prix par St-Leu, Seine-et-Oise.
long. Mazzuchelli, Novi Ligure, Cotinificio Raggio, Ilalie.
N. Merlet, pharmacien, St-Médard-de-Guizières, Gironde.
H. Pearson, Eccles near Manchester, Angleterre. à
A. Poli, prof. nel fstituto Tecnico, via S.-Antonino, 21, Pia-
_cenza, Italie, ,
À. Rehmann, Ormijanska, 30, Lemberg, Autriche.
Remarques sur quelques formes du genre
si Orthotrichum. At
Dans l'important ouvrage bryologique, publié par M. T.
Husnot, sous le titre de Muscologia gallica, 5° et 6° livraisons
de celle année, se tronve une monographie de tous les Or-
à diverses espèces et formes élablies par moi ainsi qu'à
d’autres, un avis auquel je ne puis acquiescer, je me per-
mettrai ici, pour en faire juges d’autres bryologues , d’expri-
mer mon opinion différente sur quelques points. ke
Dans quelques publications que j'ai faites sur diverses
formes de ce genre (1), je me suis proposé, en cas de doute,
de distinguer plutôt que de réunir, et si par hasard j'ai quel-
quefois le tort de trop diviser, M. Venturi ne s’est sans doute
pas rendu moins coupable de la faute apposée, en donnant
parfois trop d’étendue aux espèces, ce qui lui a fait réunir
des formes qui ne doivent guère êlre réunies, procédé qui
pourrait bien faire courir plus de risque à la science que le
procédé contraire.
L'Orthotrichum pallens Brucb. est une espèce collective qui
comprend un grand nombre de formes plus ou moins diffé-
rentes. Dans mon premier mémoire, j'ai détaché de cette
_ espèce quatre formes sous les noms de l'O. Arnellii, latifo-
lium, aurantiacum, et pallidum. La séparation des deux pre-
- mières n’est peut-être pas d’une grande importance, quoique
dans la dernière, les stomates, plus immergés et plus cou-
verts sont assez remarquables, Les deux autres formes, au
contraire, me semblent si caractéristiques qu'elles ne doi-
_vent pas être laissées hors de compte. Quand on ne voudrait
-pas les reconnaître, cumme des espèces autonomes — et j
n’y tiens pas,—toujours est-il que M. Venturi accepte comme
des espèces des formes beaucoup moins caractéristiques
(telles que, par exemple, O. brevinerve et microcarpum) ; et
en tous cas, les deux formes en question auraient dû être
_ adoptées comme des variélés, pour ne pas trop empiéter sur
| l'espace, je me bornerai à renvoyer le lecteur à la descri
. tion que j'en ai déjà fait (Bidrag, etc., p. 15, 16). Toutefoi
je ne puis m'empêcher de rappeler encore ce que j'ai dé
fait observer (Nya bidrag, p. 8), que dans l'O. pallidum les
cellules des feuilles sont plus épaissies qu’elles ne le son
ordinairement dans l'O. pallens. D RENTE ie.
__ L’0. pumilum Sw. comprend, selon M. Venturi, une grande
_ multitude de formes, au nombre desquelles se trouve aussi
_ Ja forme que j'ai nommée l'O. obscurum. Ici je ne suis pas
(1) « Bidrag vil kannedomen om de nordiska arterna af de bâda lofmoss-
. slagtena Orthotrichum och Ulota och Nya bidrag till kannedomen om de nor-
diska arterna af slagtet Orthotrichum, » — Reconnaissant que je suis de
= l'approbation, dont M. Venturi a bien voulu honorer mes études, je lui au:
été encore plus obligé, s'il avait eru devoir apprécier plus haut les résultats
_ ou, en d’autres termes, s’il avait été moins prompt à condamner certaines
_ REVUE BRYOLOGIQUE.
d’accoyd avec lui, car non seulement par tout son aspect
général, mais aussi par la réunion de plusieurs caractères
particuliers ; les feuilles plus étroites et plus papilleuses, la
capsule aux parois plus minces, la coiffe plus courte et les
cils dont le nombre s'élève quelquefois à seize, elle se dis-
tingue nettement de l’O. pumilum. Ainsi, ne pouvant pas non
plus êlre rangée dans aucune des autres espèces, il faut
bien qu’elle jouisse du droit d'espèce que je lui ai accordé.
A plus forte raison il me faut protester contre l'avis de
M. Venturi sur la forme à laquelle j'ai donné le nom de
VO. scanicum (= O. leucomitrium Bruch— scanicum Grénv.,
« Nya bidrag », etc., p. 11, 12). L’unique exemplaire de
cette forme sur lequel j'ai eu l’imprudence de fonder une
espèce nouvelle a été présenté à M. Venturi. Bien que cet
exemplaire soit un peu défectueux, il suffit pourtant pour
faire distinctement paraître plusieurs caractères qui lui assi-
gnent une place bien différente de celle que lui veut altri-
buer M. Venturi. :
Par exemple, M. Venturi a-t-il jamais vu dans un 0. pu-
ilum un tel péristome ; les dents extérieures distinctement
fendues (1), les cils au nombre de 16, papilleux et presque
de longueur égale, — ou bien une capsule qui a les bandes
aussi fines et qui, nouvellement évacuée aussi bien que dans
l’état plus avancé, n’est guère rétrécie sous le péristome, etc.?
Plus tard, j'ai eu cependant l’occasion de corriger mon avis
sur cette forme, en trouvant au même tronc d'arbre où
J'avais trouvé le premier exemplaire quelques touffés plus
mplètes qui gardaient encore les coiffes et les opercules,
qui appartiennent évidemment à cette forme. Un examen
plus scrupuleux de ces exemplaires a clairement prouvé
qu'ils doivent être rangés dans l’O. leucomitrium , quoique,
Sous cerlains rapports, ils semblent différer un peu de la
forme typique de cette espèce. Voir « Nya bidrag », elc.,
Si M. Venturi avait dûment remarqué ce que j'ai dit, je suis
sûr qu'il se serait douté de s’être trompé dans son observa-
ion, et que, par ce moyen, il aurait évité son erreur appa-
nte. Après ce que je viens de faire observer, cette erreur
le saurait autoriser à douter du simple fait que l'O. leuco-
uitrium a véritablement été trouvé en Scandinavie, si ce
st que sous une forme un peu différente et dans une
anlité peu considérable, et que par conséquent le droit de
é dans celte flore lui est dû.
La variélé de l'O. Schimperi que j'ai nommée major (— 0.
| REVUE BRYOLOGIQUR.
à .
lui, elle est « basée sur l'émergence plus qu'ordinaire de la
capsule. » Cette asserlion n’est pas exacte. M. Venturi
n’a-t-il pas remarqué ce que j’ai dit aussi de la forme de la
capsule ainsi que du péristome ? J'ai vu des exemplaires de
cette forme provenant de plusieurs endroits, et je lai tou-
jours trouvée assez distincte, de sorte que je penche àlui
attribuer le rang d’une espèce autonome. Dans sa descrip-
tion de l'espèce en question ainsi que de quelques autres, il
semble avoir commis la faute de ne pas se rendre bien
compte de ce qu’elles ont de lypique et de ne pas s’y rap-
porter surtout, faute qùi amène de la confusion.
Je ne puis non plus appronver avis de M. Venturi sur la
nouvelle espèce que j'ai établie sous le nom de l'O. Geva-
liense ( « Botaniska Notiser », 1886, p. 41-43), qu'il veut
identifier avec l'O. microcarpum De Not. Gette identification
me semble manquer de fondement. Une comparaison entre
la description fidèle que j'ai donnée de celte forme et celle
. qu’a donnée De Notaris de son 0. microcarpum, fait voir que
ces deux descriptions ne peuvent point se rapporter à la
même forme. Ainsi, par exemple. sans parler d’autres carac- .
tères, De Notaris décrit les cils de la manière suivante
(« Epil. », p. 306): « cilia octo e basi dilatata subulata,
_tenuia, dentibus breviora », caractère qui ne convient pas à
_mes exemplaires où ils sont plutôt assez grossis et larges,
souvent composés de deux rangs de cellules jusqu’à la pointe
et quelquefois de la longueur des dents extérieures. Cepen-
dant je ne conteslerai pas qu'il ne soit difficile de déterminer
l'affinité la plus proche de cette forme. C'est surtout la con-
figuration des stomates qui me fait lui trouver le plus de
parenté avec l'O. pallens. Fo Lay 2; cr
_ Je saisis aussi l’occasion de dire quelques mots sur
l'espèce très contestée de l'O. Rogerti Brid. Tout en recon-
naissant la manière méritoire dont M. Venturi ayant eu
l'occasion d'examiner le spécimen original de Bridel, a con-
tribué au débrouillement de la synonymie de cette espèce,
je ne puis accepter son avis sur cette même espèce. Il me
semble que M. Venturi lui donne une étendue qui en em-
brouille le type caractéristique. Ainsi, il groupe comme
‘variété une forme : var. defluens qui évidemment n’a rien de
commun avec cette espèce, et qui très vraisemblablemen
“appartient à l'O. stramineum , comme le prouve aussi }
description qu’en donne M. Venturi lui-même. Cette dernière
_ espèce est incontestablement essentiellement différente de
= VO. Rogeri, el ces deux espèces n'offrent guère de transi-
tion entre elles, pourvu qu'on réduise l'O. Rogeri à des
limites raisonnables. Pour ma part, j'ai peine à comprendre
_ comment, en partageant l'opinion de M. Venturi sur ce
_ matières, il sera possible de tracer les limites des espèces.
REVUE BRYOLOGIQUE.
genre. Autant vaudrait alors franchir le pas en rejetant
peu près tout ce qu’il y a de caractères (1). e
M. Venturi ne veut accorder à l’O. patens Bruch que le
rang modeste d’une variété de l'O. stramineum. Ici nos opi-
mions ne s'accordent pas non plus, vu que pour moi je n'ai
jamais trouvé de difficulté à distinguer cette espèce d’une
forme quelconque de l'O. stramineum. Quant aux caractères
de l'O. patens, je ne sais pas si M. Venturi a remarqué ce
ue j'ai dit relativement aux champs des stomates (2), dont
la configuration semble différer un peu de celle des mêmes
rties de l’O. stramineum. “Te
Enfin, je ne puis m'empêcher de m’étonner que M. Venturi
uit tout à fait passé sous silence la forme très remarquable
que j'ai désignée par le nom de l'O. erythrostomum ( « Nya
bidrag », etc., p. 12). Comme je l'ai prouvé, les particula-
és de celte forme empêchent de l'identifier entièrement,
t'avec l'O. speciosum, soit avec l'O. elegans auxquels du
elle ressemble beaucoup. ir
Quoique je sois bien tenté de me prononcer encore sur
elques autres formes de ce genre, je suis cependant obligé
y renoncer à présent, mais je me réserve d’y revenir plus
tard. Je finis par ajouter que, si quelque bryologue désire se
former un jugement indépendant sur ces questions, en
examinant mes exemplaires originaux des formes dont il
s’agit, je me ferai un plaisir de les mettre à sa disposition.
ue. + sx é A.-L. GRONVAL.
= Mailm6, 23 octobre 4887,
“Etudes sur le péristome.
7e Article. Le Péristome interne : ses varialions.
Le péristome interne est toujours construit sur le type
éral que nous avons décrit, excepté dans les Funaria-
s ; il présente cependant dans les divers genres, et même
ns leurs espèces, des différences assez nombreuses, mais
"eu importantes, et qui n’altèrent pas son plan primitif. Le
dorsal esl toujours le même, quoique plus ou moins
xemplaires de l'O. Rogeri provenant de Scanie sont sons aucun
bles, ce dont M. Venturi convient aussi dans une lettre qu'il a
'esser, Au contraire, je suis sûr de n'avoir jomais envoyé à
) nt d'un autre endroit de la Scandinavie q
REVUE BRYOLOGIQUE
apparent; mais les mailles du réseau ventral varient de
nombre et de forme. Cette forme, en général, approche plus
ou moins de celle d’un trapèze, mais leur contour est souvent
pentagonal ou hexagonal; dans certaines espèces elles sont
beaucoup plus hautes que larges, c'est ce qui a lien ordi-
nairement dans le genre Hypnum; dans d’autres espèces, la
bauteur diminue, jusqu'à devenir quelquefois plus petite que
la largeur; dans le Myrinia pulvinata, par exemple, les
mailles sont très allongées dans le sens transversal, dans le
Leskea polycarpa, elles sont à peu près carrées. Le nombre
des rangées correspondant à chaque dent est aussi très
variable : de quatre ou cinq dans le genre Mnium, il descend”
à trois ou quatre dans la plupart des Hypnacées, et se réduit
encore davantage dans les espèces à capsule dressée et à
péristome moins parfait; dans le Leskea polycarpa, où ce
réseau est très visible, on ne trouve ordinairement qu’ane
seule rangée de mailles entre celles qui chevauchent sur la
ligne carénale ; le nombre des rangées de la couche ven-
trale interne est donc ici seulement double du nombre des
dents. Mais ce nombre est d’ailleurs sujet à varier dans une
même espèce; c'est ainsi que dans ce même Leskea on
trouve de temps en temps deux rangées intermédiaires, au
lieu d'une, entre celles qui sont placées sur la carène, D’au-
tres différences résultent de l'absence ou des faibles dimen-
_sions de certains éléments de la structure normale : les cils
sont plus ou moins nombreux ou manquent tout à fait; dans
certains genres, la membrane basilaire est courte, ou même
presque nulle, tandis que dans les genres plus parfaits, elle
dépasse souvent la moitié de la hauteur des dents; dans cer-
| taines espèces, les processus sont larges et percés de trous
sur la ligne médiane ; ailleurs ils sont seulement fendus su
la carène, tantôt en partie, tantôt complètement, comme
dans les genres Climacium et Bartramia; ailleurs, ils sont
entiers, et mêmes dans certaines espèces, leur carène est
épaisse et solide, par exemple, dans le Myrinia; dans plu-
sieurs familles ils deviennent étroits et filiformes; dans
d’autres, ils sont rudimentaires ou disparaissent entièrement.
Ces différences s'expliquent aisément , nous l'avons montré,
en tenant compte de ce fait, qu’une partie des éléments du
réseau primitif peut se résorber ou s’amoindrir avant Ja ma-
turité du fruit. Mais dans un certain nombre de familles
_on observe des modifications plus considérables qu'il est
nécessaire d'examiner de plus près. à _.
MÉÉSÉES.
= Parmi les formes de péristome qui, tout en s'éloignant e
apparence du 1ype général des Hypnobryacées, peuvent
8 1 REVUE BRYOLOGIQUE
cependant s’y ramener sans difficulté, celni des Meesea est
_ un des plus intéressants à étudier.
= Les dents des Meesea sont en général courtes, obluses, et
comme tronquées; dans certaines espèces elles peuvent se
‘réduire à trois ou quatre articles, par exemple, dans la
forme typique du Meesea uliginosa ; elles ont jusqu’à 14 ou
45 articulations ventrales dans le Meesa longiseta. Les pla-
ques dorsales sont minces et disposées sur deux rangs : elles
sont en général pâles et à peu près lisses, excepté dans le
Meesea alpina, où on les trouve souvent bien colorées ,
_ ornées de ponctuations distinctes et quelquefois même de
stries horizontales. La couche ventrale se compose d’une
_ seule rangée de plaques épaisses, munies de lamelles peu
saillantes.
Le péristome interne est toujours plus long que les dents,
ila souvent une hauteur plus que double. Il se compose
d'une membrane basilaire très courte, formant 16 plis ca-
_ rénés, et de 16 processus étroits, linéaires, fortement épaissis.
. Examinons de plus près un de ces péristomes, par exemple,
celui du Meesa triquetra. A la base chaque dent adhère for-
tement par ses bords aux deux carènes qui lui sont adja-
_ centes; elle forme ainsi avec la portion de la membrane qui
lui est opposée, et qui est d’ailleurs bien plus courte que la
dent elle-même, un tube semicylindrique complètement
fermé. En examinant une coupe horizontale de ce tube, on
_ reconnaît que ces enveloppes sont formées, en arrière, par
la couche ventrale de la dent, en avant par la couche dor-
sale du péristome interne, et sur les côtés, à droite et à
gauche, par une série de petites plaques carrées ; tout à fait
à la base, ces plaques ne laissent aucun intervalle, aucun
vide entre elles; mais un peu plus haut, elles semblent
adhérer seulement par leur bord à l’extrémité des lamelles
ventrales des dents qui leur est contiguë, de sorte qu'il reste
une petite fente entre la plaque latérale et le corps de la
dent. Il n’est pas très diflicile de s'expliquer l'existence de
ces pelites plaques. Ici, en effet, comme dans toutes les
Bryacées, la couche ventrale des dents forme dans l’origine
vec la couche dorsale du péristome interne, une série de
cellules closes. Dans plusieurs espèces de Cladodium, les
cloisons horizontales de ces cellules, persistant en forme de
lamelles, unissent exactement entre eux les deux péristomes.
lei cette adhérence a lieu encore, mais d’une autre manière :
Jes lamelles sont courtes, et elles s'arrêtent dans l'intérieur
1 tube bien avant d’atteindre le péristome interne ; mais en
revanche, les cloisons latérales des cellules primitives, qui
paraissent prompiement dans les autres genres, se sont
ici épaissies et consolidées : ce sont ces cloisons qui déter-
minent dans les Meesea l’adhérence de la membrane interne
REVUE BRYOLOGIQUE.
avec les dents, Ces cloisons sont d’ailleurs beaucoup plus
étroites que le diamètre du tube pris vers son milieu ; en
effet, la membrane qui forme en face de chaque dent unesaillie
convexe, se replie sur les carènes et se reporte en arrière
près des bords de cette dent ; c’est de cette ligne carénale
que partent les petites plaques qui forment le tube sur
chacun de ses côtés.
La membrane basilaire, quoique très courte, a d’ailleurs
la même structure que dans les genres Mnium et Bryum ;
elle présente d'abord un réseau dorsal formé de lignes pa-
rallèles qui correspondent aux articulations ventrales des
dents extérieures; lorsqu'on parvient à dérouler le tube
fermé que nous venons de décrire, en laissant un de ses
côtés intact, on voit très nettement que ces lignes de Ja
couche dorsale de la membrane continuent exactement la
direction des lamelles externes. Dans le réseau ventral on
distingue quatre séries de trapèzes pour chaque dent; une
rangée plus large de chaque côté, qui est parlagée vers son
milieu par la ligne carénale, et trois séries plus étroites ,
opposées à la dent, qui se terminent très promptement parles
_ rudiments de trois cils. Chacune des rangées placées sur les
lignes carénales se termine, au contraire , par un processus
allongé, linéaire, qui présente deux rangs de lignes trans-
versales obliques, à droite et à gauche, et en outre sur sa
face dorsale, des bosses épaisses et saillantes ; ce processus
est limité de chaque côté par une ligne droite verticale. Ce
sont là les seules parties du réseau primitif qui se soient
consolidées ; mais ecs parties bien visibles sont souvent reliées
entre elles par une membrane continne, mince et fugace,
_ beaucoup moins apparente, et cependant parsemée quel-
quefois de grameaux épars. Celte membrane est le résidu,
à moitié résorbé, du tissu primitif dans lequel se sont dé-
posés les deux péristomes ; elle comprend les portions de ce
tissu qui ne se sont pas épaissies.
Voici done comment on peut se représenter le péristome
entier d’un Meesea dans sa première origine : lrois couches
de cellules à parois minces et délicates forment une sorte
d’enveloppe cylindrique entre l’opercule et la columelle; la
_ plus extérieure est composée de 32 rangées de cellules égales
_et régulières, la seconde de 16 rangées seulement de cellules
semblables, enfin la troisième de cellules moins régulières,
_ inégales, trapézoïdes, disposées dans le Meesea triquetra
_à peu près sur 64 rangs, mais pouvant, dans les autres
espèces du genre, se réduire à un plus petit nombre.
Telle est Ja constitution primitive du tissu péristomial ,
_iei comme dans le groupe des Hypnobryacées. A mesure
_ que la capsule mürit, une partie de ces éléments s’épaissit
_et se consolide, tandis que les autres s’atrophient ou seré-
40. REVUE BRYOLOGIQUE.
_ sorbent. Les cloisons extérieures de la première couche
_ disparaissent toujours ou demeurent adhérentes à l'opercule;
_les 32 cloisons intérieures qui leur sont opposées s’épaissis-
_ sent au contraire, du moins dans la partie inférieure du
_ cylindre, pour constituer les plaques dorsales des dents ; cet
_ épaississement s’arrêle à une hauteur plus ou moins grande,
. suivant les espèces; mais en observant une capsule jeune, on
- peut encore quelquefois apercevoir, même dans la partie
_ supérieure, la ligne médiane qui sépare les plaques dorsales
de chaque dent; cette ligne se prolonge an-delà des dents,
et partage encore le tissu hyalin placé plus haut, Il en est
de même pour les cloisons extérieures de la seconde couche
_ de cellules ; elles s’épaississent, mais seulement dans la partie
_ inférieure du cylindre, et deviennent les plaques ventrales
des dents. Quant aux 16 cloisons intérieures de cette seconde
_ couche, elles se consolident sur une hauteur plus grande,
_ mais sur une portion seulement de leur largeur, à droite et
_à gauche, de manière à constituer, en se joignant à celles
de la rangée voisine, la lame dorsale des processus; leur
partie médiane demeure hyaline et ténue, on bien elle se
résorbe, excepté tout à fait à l'extrême base, sur une hauteur.
bien plus petite encore que celle des dents ; là, la membrane
= basilaire montre sa structure ordinaire, et son réseau dorsal
est formé par les lignes parallèles qui limitent ces cloisons,
_ tandis que son réseau ventral est constitué par les cloisons
extérieures de Ja troisième couche. Il y a là environ 64 ran-
_ gées de cloisons trapézoïdales qui s’épanouissent toutes à
l'extrême base ; mais plus haut ce sont seulement les 16 ran-
_ gées placées sur la carène qui se consolident pour constituer
… la couche ventrale des processus. Enfin, les 64 rangées in-
_ térieures de Ja troisième couche de cellules sont complète-
. ment résorbées ou demeurent adhérentes à la columelle.
_ C’est là le plan normal de Ja formation du péristome ; mais
les choses ne se passent pas toujours d’une façon aussi régu-
lière ; souvent dans les parties du tissu qui sont destinées
ordinairement à disparaitre, la matière épaississante se
dépose accidentellement, consolidant une cellule ou une
autre, et produisant çà et là par places de petits gromeaux
sur la membrane fugace qui relie entre eux les processus ;
les bosses saillantes que l'on observe assez généralement
sur les processus eux-mêmes, dans la partie de leur longueur
qui dépasse les dents, résultent aussi d’an dépôt plus abon-
dant de cette substance compacte, et peut être pourrait-on
conjecturer que c'est ici précisément la matière qui, dans les
vraies Bryacées produit les plaques ventrales du péristome
externe, et qui dans les Meesea n'a pas trouvé son emploi
ordinaire, la formation des dents s'étant arrêtée plus bas.
Quelquefois aussi, sur l’un des processus, à côté des deux.
_ compartiments séparés par la ligne carénale, on en voit se
_ dessiner un troisième; c’est sans doute qu’une des rangées
verticales de trapèzes qui demeurent ordinairement lrès
courtes et se terminent par le rudiment d'un cil, s’est pro-
Jongée accidentellement sur l’un des côtés de la rangée cs”
rénale. Quelquefois enfin les processus sont reliés entre eux
dans leur partie supérieure par des appendices irréguliers;
cela arrive surtout fréquemment dans l’Amblyodon dealbatus,
dont la structure diffère peu de celle des Meesea; c'est que
les cellules du réseau placées entre ces processus se sont
accidentellement épaissies et consolidées. Arr 2
Le péristome des Meesea a donc exactement la même
origine que celui des Mnium et des Bryum, et ses éléments
sont disposés primitivemeut tout à fait sur le même plan;
toute la différence tient à l'inégalité de l’épaississement de
_ ces éléments primitifs. Le
Supposons maintenant que la membrane basilaire diminue
encore de hauteur, jusqu’à devenir à la fin à peu près nulle,
etque les processus deviennent encore plus étroits: nous
aurons la structure des Orthotrichs. 18
ORTHOTRICHACÉES.
_ Le péristome externe des Orthotrichs ressemble à celui
des Bryacées en ce que leurs dents soni composées aussi de
_ deux rangées de plaques dorsales et d’un seul rang de
plaques ventrales ; il en diffère par le développement inverse
_ de ces deux couches : tandis que dans les Bryacées la couche
ventrale simple est plus épaisse que les plaques dorsales et
plus fortement Jamellifère, dans les Orthotrichacées, au co:
traire, c’est la couche dorsale qui est toujours la plus épa
_ quelquefois munie de lamelles, tandis que la couehe ven-
__ trale est mince, ordinairement hyaline, et toujours parfaite
_ ment plane. Leur péristome inlerne, quand il existe, 8
réduit à des lanières étroites et filiformes : ces lanières que
l’on désigne vulgairement par le nom de cils, ne sont en
‘aucune facon les homologues des cils des Brynm et des
_Hypnum ; ils correspondent au contraire à ce qu’on appell
dans ces familles les processus ; ils sont placés, en effet, en
face des lignes de séparation des dents, tantôt 16 alternant
‘avec les 46 dents, lantôt 8 seulement, placés alors sur le
prolongement des directions verticales des 8 rangées
stries dont la capsule est ornée.
Quoique bien différent en apparence de celui des Hypno-
bryacées, ce péristome est cepe
mn, par une membrane
REVUE BRYOLOGIQUE.
_ continue sur laquelle il est appliqué dans toute son étendue :
_ cette membrane est composée également d’une lame dorsale,
qui fait partie de la même couche de cellules que les plaques
_ventrales des dents, et d’une lame intérieure ou ventrale, qui
se lie primitivement au tissu de la columeile. En disséquant
_ une capsule jeune, on parvient quelquefois à isoler celle
membrane, qui se montre alors très mince et très molle,
hyaline, sauf sur les points où apparaissent déjà les rudi-
ments des cils. Ces cils résultent du dépôt d’une raatière plus
solide et plus compacte, quelquefois colorée, sur certaines
portions de la membrane primitive : les deux James dont elle
est formée s’épaississent à ces endroits, et plus tard les élé-
ments ainsi consolidés persistent seuls, tandis que les autres
sont détruits. Le lieu de cet épaississement est généralement
déterminé par les lignes verticales de la lame dorsale, qui
_ correspondent aux intervalles des dents : c’est le long de ces
_ lignes, sur une petite largeur de chaque côté, qu’il se pro-
_ duit; mais il porte à la fois sur les deux couches, et même
plus fortement sur la couche ventrale, dont les articulations
sont en général les plus apparentes et souvent les seuls vi-
sibles dans les cils.
(A suivre). PHILIBERT.
Le Zygodon du Righi.
Grâce à l’obligeance de M.J. Weber, j'ai pu examiner
_ le péristome de la mousse découverte au Righi par MM. Van
der Brœæck et Dens, et que j'avais rapportée au Didymodon
subalpinus. à
Le péristome est en effet celui d’un Zygodon, mais je me
_ demande.si cette plante est bien, comme le pense M. Lim-
pricht, le Z, gracilis Wils. ou Z. Nowell Sch.
= Les échantillons du Righi sont 2 ou 3 fois plus robustes
_ que les exemplaires que je possède du Z, gracilis, de pro-
_ venance anglaise; ceux-ci ont en outre les feuilles moins
aiguës et moins fortement dentées. Enfin Schimper (Syn.
ed. II, 297) décrit ainsi le péristome de son Z. gracilis :
« Peristomii dentes 8 bigeminali, latiuseuli, solo apice bi-
parliti. » Notre mousse, au contraire, a le péristome formé
de 16 dents (nullement cohérentes 2 à 2), tronquées et bi-
fides au sommet et percées d'ouvertures sur toute la ligne
visurale. Je n’ai pu apercevoir qu’un seul cil; j'ignore
donc quel est leur nombre normal. Si la description de
_Schimper est exacle, notre mousse pourrait bien être une
espèce différente; je ne connais malheureasement pas la
fructification du vrai Z, gracilis. e
+
“ CARDOT. k< :
: REVUE BRYOLOGIQUE. tee. 413
Note sur une Fontinale du Rhône.
M. le D: Bernet m'a communiqué, il y a quelques années,
une Fontinale très-intéressante récoltée par lui sur des blocs”
de nagelflue au bord du Rhône, près de Genève. Cette
plante est restée longtemps indéterminée dans mon berbier,
mois j'ai reconnu dernièrement qu’elle appartient au Fon-
tinalis seriata Lindb. Elle est, en effet, complètement iden-
tique aux échantillons originaux de celte espèce que je
dois à l’obligeance de M. Warnstorf et de M. Brotherus ; k
peine a-t-elle les feuilles un peu plus larges. es
Le F. seriata n’est connu qu’à l’état stérile. Il se distingue
de tous ses. congénères européens par l'étroitesse de ses
feuilles, caractère qui le rapproche de certaines espèces
américaines. | #1
L'existence aux environs de Genève de celle espèce de
Scandinavie constitue un fait curieux el intéressant.
J. CARDOT.
Bibliographie.
à BEITRAGE ZUR MOOSFLORA NoRweGEens. Von WARNSTORF
_(Hedwigia, 1887, H. I). ns
* Énumération des muscinées récollées en Norwège par le
© D: Arthur Krause, comprenant 19 Hépatiques, 6 Sphaignes
et 93 mousses. L'auteur décrit comme espèce nouvelle le
Bryum laxifolium W., voisin du B. cyclophyllum et une va-
riélé inédite du Æypnum uncinatum Hedw., la var. subsulca-
tum W. is . GRAYET.
BnyoLoGiscHE FRAGMENTE. Von D' C. Sanro. (In Hedwi-
gia, 1887. H. II). SE Eu
4. Bryum laxifolium W. ié 4
| L'autenr considère cette espèce comme une variété du
B. cyclophyllum qu'il divise en B. cyclophyllum veram, 2e
laxifolium, y Lyccense San. DR.
9. Die Meeseen von Lyck. ui es
_ Les Meesea des environs de Lyck sont les espèces suivan-
tes : M. vliginosa Hedw, M. Albertinii Br. et Sch. M. lon-
_ gisela Hedw. et M. triquelra (L.). L'auteur décrit deux va-
_ riétés nouvelles de cette dernière espèce, la var. timmioides
San. et lavar. gigantea San. usé WE :
3. Die Metamorphosen von Hypnum vernicosum Liadb. : :
Le D' Sanio a vu des toufes de H. vernicosum passant au
REVUE BRYOLOGIQUE.
ycopodioïdes, de sorte que l'étage inférieur sppatieale
premier et le supérieur au dernier. Il cite encore d’autres
faits de ce genre. Cet article se lermine par des observations
critiques sur les variétés <. hamatum et <. giganteum du
H. aduncum établies par Schimper. -
4. Beitrag zur Kenniniss des Hypnum aduncum <. Schimperi
Description détaillée de la fructification de cette variété.
LU .
| BavOLoGISGHE FraG@mentTe II. Von Dr c. Sanio (in Hedwi- :
gia, 1887 H. IV. V).
8. Neue Harpidien. 5
Depuis la publication des Harpidies de Sibérie (C. Sanio
eschreibung der Harpidien, elc., Stockolm, 1885*), le nom-
re des variétés s’est considérablement accru : le Dr. Sanio
a donc jugé ulile de les décrire et d'exposer les changements
ila dû faire subir à son système par suite de ces nouvel
les découvertes. Voici la disposition systématique mt
par le célèbre hypnologue allemand. we
[. HARPIDIA EXANNULATA SAN.
%; -Hypnum js ai es *XX TUSCUM SN. |
ii *44* coffeatum Sn.
obsoletum Sn. | X%xkx violascens Sn.
vittatum Sn. é FRERE gi hot RARE ide
xx Kaurini Sn. Y. aurantiacum Sn. ‘
b. Holleri Sn. | a. falcatum Schpr.
©, pseudostramineum H, | ** tricolor Sn.
Müil. : | XX4 robustum Sn.
kkplumulosumSn. 6. alpinum Schpr.
d. Brotheri Sn. 1 pennulosum Sn.
__** violaceolinctum Sa. | ** anglicum Su.
8. exannalatum (Gümb.) Sn; à. amphibium Sn.
a. typicum Sa: | a. condensatum Sn.
*X occultum Sn, _{ *X tenerrimum Sn.
*** fumigatum Sn. | 6, paludosum Sn.
**** obscuratum Sn. k terrestre Sn,
*** purpurascens Schpr. #ff auriculalum Sn.
. em. SN, 2 1 COURS
#+ Ganderi Sn. | ** setaceum Sn.
+ Renauldi Sn. _ d, serratum Milde.
ss e, rigidum Sn.
Êé submersum Schpr.
XX Schulzei Sn,
yt recioides Sn.
. Rotae (De Not.) Sn 7
xx viride Sn. FE
_h. dolichoneuron Sn.
_** striatum Sn.
i. Arnellii Sn.
II. HARPIDIA See, Sn.
XXkXX purpureum sn. .
XXXX4kX Cossoni Schpr.
++ rufescens Sn.
++ arcticum Sn, +++ giganteum Limp.
Ltt remotiusculum Sn. 8. revolvens (Sw.) Sn.
_ +tit rigidius Sn. +) + fuscust Sb.
__ #* falcatum Sn. | Tt brunneum Su.
++ Warnstorfii Sn. tft violascens Sn.
+tt latius Sn. **x Becmanni Sn.
*** alpinum Sn. _ tt foliginosum Sn
is REC Sn. - ee Le
2, Hyprumintermedium Lindb.
a. verum Sn.
III. HARPIDIA DISTINCTA SN.
tri tenue Sn. <
| ven tit gracilescens Schpr
a. subjulaceum Schpr. | A4*kimplexamSn.
6. suetum Sn. | *** contiguum Nees.
Te orthothecioidéé Lind. | Sbinerve Sn
xx medium Sn. | a. fertile (Sendiner). +
b. - drepanioides Dec
** alienum Sn
NE Molendoanun
; Hypnum uncinatum Hedw.
| en Fa
+ Arnellii Sn. j
> ” robuslius Sn. :
Ie Hanru ADUNCA SN. EM.
Ru on n
{ ieheebit
= *** suspiciosum Sn.
b. Venturii Sn.
- ** viride Sn.
_X4X acuitum Sn.
e. Kneïflii Schpr.
ft varians Sn.
tt aurescens Sn.
tif gracile Sn.
_d. tenue Sn.
** dubium Sn.
**% filiforme Bergg.
*X4x* densum Sn.
+1 sciurum Sn.
Fit julaceum Sn.
_ XX%4X robustius Sn.
_e. percurrens Sn.
f. unculus Sn.
_ #X circinatum Sa.
g. angustifolium Sn,
** obversum Sn.
à molle Sn.
a. Wilsoni (Schpr.).
* brevifolium Lindb,
1 funale Sn.
** Berggreni Sn,
*** Holleri Sn.
tt Jeniseience Sn.
__ X*4XX commune Sn.
vanies.
_ 8. augustifolium Sn.
y. julaceum Sn.
16 | REVUE BRYOLOGIQUE.
à - ** homæophyllum Sn.
tt frigidum Sn.
*4k4XXX4 Pseudo-Sendtneri Sn
*X*4#4% hamatum Schpr.
b. binerve Sn.
c. turgescens (Schpr).
s legitimum Sn.
a. gracilescens Schpr.
b. vulgare Sn.
tt varians Sn.
- XX robustum Sn.
c. Sendineri Sch,
* latifolium Sn.
XX {riviale Sn.
d. giganteum Schpr. Sn.em.
s. Schimperi Sn. 2
** Warnstorfii Sn.
**X silesiacum Sn.
h. Linbergii Sn.,
ce, pseudointermedium Sn.
6. Hypnum lycopodioides Schw
4. genuinum Sn,
*X lapponicum Lind.
tt Sahlbergii Sn.
_***X majus Lindb.
++ Holleri Su.
8. vernicosum (Lind. em.)
Milde.
6. UEBER DIE SECTION SCORPIDIUM Schpr. der Gattung Hypnum.
Description du Hypnum scorpioides L. et des variétés sui-
** fuligineum Sn.
*XX robrotinctum Sn.
F. GRAVET,
“mières années au: prix
Nouvelles.
_ Les botanistes, qui voudraient compléter leur collection
de la Revve Fr mp per se procurer les dix pre-.
mIere dûit de trois francs chacune, en
s'adressant directement à T. Husnot, ARC RE ©
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 2.
Catalogue des Hépatiques du Mont-Blanc. Payot. — Études sur le
péristome (suite). PHILIBERT. — Ceratodon dimorphus. PHILiBenT,
— Nouvelles.
Catalogue des Hépatiques du Mont-Blanc et des
Alpes-Pennines.
Le catalogue des Hépatiques que je présente aux Bota-
nistes est le résultat d’une longue série d'années de recher-
ches et d’explorations attentives sur celte vaste et grandiose
chaîne qui n’avait encore été que peu explorée en dehors des
excursions classiques des touristes; aussi la plupart des lo-
calités indiquées ont été visitées à des époques différentes
par l’auteur et celles en très petit nombre qu'il n’a pas par-
courues sont soigneusement indiquées.
Ces persévérentes recherches ont nécessité des sacri-
fices de toute nature pour celui qui n'avait que son
inflexible volonté pour tout bien de ce monde, et ia
éprouvé des difficultés que nul ne peut se figurer. Sice tra-
vail n’est pas absolument complet, il représente néanmoins
de minutieuses et persévérantes pérégrinations surtout Sur
son revers septentrional, la partie de celte chaîne qui re-
garde l’est serait la moins explorée ; malgré son éloignement,
les fatigues, les privations à supporter, ces localités ont eu
leur part et n’ont pas été infructueuses du moment qu’elles ont
enrichi la science d'espèces ou de variélés nouvelles pour la
France, que cette florule a pour but de faire connaitre;
complétant ainsi les Muscinées des limites de notre domaine
floral qui ont eu la faveur du contrôle des plus éminents
spécialistes, comme MM. Boulay, Davies, elc., eic., etc,
| REVUE BRYOLOG]QUE.
ainsi que les exsiccatas de M" le D" J. Müller; auxquels je
m’empresse de leur témoigner toute ma reconnaissance. -
_ J'ai lieu d'espérer qu’un indulgent accueil sera accordé
pour toutes les imperfections que le travail renferme, ce
_séra la satisfaction que j'éprouverai du succès de mes efforts,
d’avoir recueilli 423 espèces d’Hépatiques et presque autant
de variétés dans un espace de 100 kilomètres ou à peu près
de terre végétale, puisque plus de 200 kilomètres sont oceu-
pés par des glaciers ou des neiges éternelles ou des rochers
sur lesquels aucun corps organique ne s'attache. Cela repré-
sente en moyenne uné espèce etjuue variété par kilomètre.
__ GYMNoMiITRIUM concinnatum Corda. — Sur la terre siliceuse
au col de Bérard et sur toute la chaine des Aiguilles-Rouges,
de 2000 à 2400 m. — Var. procumbens Nees, au sommet du
_ col du Brévent (Bernet et Payot). — Var. vwiride Bernet,
même localité. — Var, rufum Bernet, sommet des Aiguilles-
_ Rouges sur Plampraz.
_ G. coralloides Nees. — Sur toute la chaine des Aiguilles-
Rouges revers méridional, autour du lac Blanc à 2200 m.
G. confertum Limpr.; Mardia Funchii var. decipiens ;
adustum. — Revers méridional du Mt-Blanc, val d’Aste,
_ Aoste, Courmayeur, les Aiguilles-Rouges, sur la Flégère.
. G. suecicum Limp. ; Jungermania decolorans. — Sur la vase
de l’ancien lac du Tacul, Mer de Glace, 2000 m. Espèce nou-
velle pour la France.
_ SarcosGyenus emarginatus Boul.; Jungermania emarginata,
| var. aquatica Nees.— Sur les deux revers des Aiguilles-Rou-
ges, Ste-Marie, au Fouilly, Contamines, ele. — Var. aqua-
tica Nees, souûs l’Aiguille de la Loriaz, vers la cascade de
Bérard, au revers nord des Aiguilles-Rouges. — Var. #470r,
Barberine, autour de la Pierre-à-Bérard. — Var. gracilis
autour de Chamonix, au Bouchet. |
$. £hrarti Var, robustus ; S. robustus. — Sur les rochers
_ inondés autour de Pierre-à-Bérard.
_ $. alpinus Gotische. = Sur les deux versants des Aiguilles-
Rouges, au-dessus du lac Blanc, entre le col Gormet et Ar-
levé, aux abords du lac Cornu, — Var, Payoti Bernet, plante
très grêle. — Var. heferophyllus Gottsche, du Brévent aux
Aigailles-Rouges, | | 2
_#. tus Limpr. ; S. sparsifolius ; S. pectinatus Limpr.
_æ Sur les rochers autour du lac Blanc, sur la Flégère. —
Var. ergthrorhynchus Limp. se
| $. densifolius Nees. — Sur la terre et les rochers autour du
_ lac Brévent, Carlaveyron, entre la cime et les Aiguilles-
_ S. commutatus Limpr.; S. densifolius var. fascicularis
REVUE BRYOLOGIQUE. 49. 5
8. Frunckii Nees; Nardia Funckii Carringt. — Entre les
Châlets de la Balme et d’Arlevé, au bord du lac Cornu, etc. -
— Var, major Nees, aux Gaudenays près Chamonix. — Var. |
obtusifolius ; Grand-St-Bernard et Aiguilles-Roages. — Var,
minor Nees; revers nord des Aiguilles. |
S. Sprucei Limpr.; $. adustus ; Nardia adusta Carringt. ;
Gymnomitrium adustum Nees. — Sommet des Aiguilies-Rou-
ges, enlre Bel-Achat et le Brévent.
—+ NARDIA compressa Garringt. — Autour de Ja Pierre et de la :
cascade de Bérard, les Aiguittes-Rouges sur Arlevé. FE
-__ ALICULARIA scalaris Gorda. — Forêts des Contamines, du
Brévent, canton de Chamonix, etc. — Var. major, les Ai-
guilles-Rouges, — Var, minor, Bouchet, Chamonix.— Var. ri-
gida, la Jorace.
À. geoscyphus de Not., var. suberecta Lindb. — Revers nord
des Aiguilles-Rouges, au Petit-St-Bernard, Conrmayeur, la ns
Thuile, col de la Seigne. F
A. Breidleri Limpr. — Col de Bérard, Plan de l'Aiguille, À
Aiguille du Plan, sur Chamonix,
SouraByA /ennica Lindb. — Au bord du lac de Combal, Allée
Blanche (Carestia).
® PLAGIOCHILA asplenioides Dum. — Commun autour de Che
monix. — Var. major, Chamonix le Bouchet, etc, — Var,
minor, au Châtelard, Ste-Marie, etc. — Var. humilis, forêts
des Pellerins, autour de Pierre-à-Bérard.
P. spinulosa Dicks. — Moraine droite de la Mer de Glace, :
rochers du Scez.
P. interrupta Dum. — M'-Lachat, Pavillon de Belleval, bois”
de la Jorace, 1500 m.
SCAPANIA compacta Roth ; S. resupinata Hook. — Sur qe sa
ble siliceux au Bouchet, pont Peralottaz, etc. — Var, carinata, .
aux Pellerins. c#
S. subalpina Nees, - — Aiguilles-Rouges, sur Arlevé, routiers :
des Montées. — Var, purpurea Nees, entre les châlets d'Ar-
levé et de Balme (D° Bernet et Payot). — Var. Aumilis Nees,
entre les châléts de la Balme et Arlevé, le lac Cornu, les
_ Aiguilles-Rouges, rochers humides aux Montées. — Var. spe-
_ æiosa Nees, Contamines, M'-Blanc. — Var. minor, Aiguilles.
_ Rouges, — Var. gracilis, entre les châlets inférieurs et supé-
rieurs de la Pendant. — Var. faccida, col Cormet ou du
= Brévent, base de la Floriaz. — Var. major, la Jorace, les
- Pellerins. — Var. ambigua, Valorsine, — Var. tenuirostra, :
ci Valorsine et Amossou.
20 SE are ME — - Sur la terre siliceuse au méme: . au o
d-S'-Bernar -
8. irrigua Nes. - — Bouchet de Chamonix.
REVUE BRYOLOGIQUE,
S. nemorosa Dum. — Sommet de Songeonaz. — Var. inter-
media, le Bouchet.
S. umbrosa Dum. — Sur la terre et fente des rochers, les
e lerins, le Bouchet et les Aignilles-Rouges.
S. curta Mart. — Le Bouchet, les Aiguilles-Rouges, Sixt
(Müller). — Var. fenuis Nees, le Bouchet.
_$. apiculata Spruce.— Bouchet et Jorace.
S. resupinata Dam, — Lelong du Nant du Dard, et des Pel-
derins. — Var. spectosa Gottsche, derrière les Thynes et le
torrent de Praz, le PARC ef. —- Var, major, torrent du Nant
Profond.
- S. œquiloba Dam. — Sur la terre, le Bouchet, le Nant Pro-
fond, ete. — Var. dentata Carr., la Pendant. — Var. inermis -
arr, Sixt (Müller). — Var. erosa Thanneverge sur Sixt
(Müller).
IPLOPHYLLUM a/bicans Dum. ; Jungermannia albicans L. —
ommun. — Var. vitata major Nees, Ghâlelard .près la Tête
oire (Bernet).
D. Dicksoni Dum.; J. Dicksoni Hook. _ Las Montées, Vau-
dagne et sous Salvan (Bernet).
JuxGERmaNNIA obtusifolia Hook. Sur la terre an Bouchet,
en montant au Brévent par Plampaz, au-dessus de Chamonix |
; Bernet,.
—— J. exsecta Schmid.—Ste-Marie, le Bouchet, la Jorace, Sixt
cu
J. minuta Crantz. — Les Matiuethel le Mt déért, ete. —
ar, abbreviata, le Planet. — Var. prostraia, la der 2 ae
ongata, le Châtelard.
J. ohovata: Nees. — Arlevé au bord da sentier r (Bernet et.
Payot).
J. crenulata Sm. — Salvan et Chamonix.
J. hyalina Lyell. — Le Bouchet. me
J. nigrella De Not. — Sur la terre argileuse en montant au
ol de Balme, sur le hameau du Tour,
J. Taylori Hook. — Lelong de la Moraine gauche du gla-
cier d’Argentière.
J. subapivalis Nees.— Bois dela Jorace, St-Marie,an Fouilly.…
J, Schraderi Mart. — Sommet de Songeonaz. |
paria Tayl. — Bois de la Jorace, Montanvert,. les
amps au Biolet. — Var. potamophylla J. Müll. au bord de
Arve au Bouchet, en allant au col de Balme, vallée de la
Mase, les Re les em — nes
à
e-Marie, £ FTP au à Mont Vautir au Lorzet aux
Pelerise à aux Aig AR
REVUE BRYOLOGIQUE.. 2
du Scez, le Bonchet, — Var. major, Alpes de Sixt et entre
Aoste et Turin (J. Müller. en x ee ee
J. sphærocarpa Hook. — Nant des Praz, forêts du Brévent.
— Var. rostellata Hub.— Sur la terre aux cols de la Seigne
et de Ferret (Carestia). ES
J. tersa Nees. — Au Bouchet, au Grandvenays, au M'-Vau-
tier, au bord de Ja Diozaz, Fes
J. cordifolin Hook. — Aiguilles-Rouges. se
J. riparia Tayl. — Bassin inférieur de l’Arve (Müller).
x J, pumila Wils. — Cascade du Nant de Sixt (Müller).
J, inflata Huds. — Bassin inférieur de l’Arve (Müller).
_— J, albescens Hook. — Les Aizuilles-Rouges, Ste-Marie bord
du glacier de la Tour, col de la Balme, le Bouchet. Le
J. moschatellina, var. gracillima. — Bouchet de Chamonix.
J. acuta Lind. — Col du Praz, la Jorace, Nant Profond et
Nant do Dard. — Var. obtusior, Chamonix. — Var. minor,
= vallon de Tacconnay et Courmayeur (J. Müller), re
2 J, Muelleri Nees. — Bord de la rivière de Châtelard (Ber-
net), Mont-Blanc, Contamines (Müller), Aranthon (Puget), la
Jorace (Payot). rs A
J. bantriensis Hook. — Le Ghâtelard (Bernet), la Jorace,
_ sous le Montanvert. ;
J. orcadensis Hook. — Le Bouchet de Chamonix. RSR
_J. Wenzelii Nees. — Tête-Noire, Ste-Marie, Nant du Dard
le Bouchet, Chamonix. : Fo Suis
J. ventricosa Dicks. — Le Bouchet, rochers de Scez. Ste:
Marie, Nant Profond. De. : Ce
_ J. alpestris Seleich. — Col du Brévent, Aiguilles-Rouges,
vers le lac Cornu, bois de la Jorace.
| J. bicrenata Lindenb. — Les sentiers au Bouchet, aux Ai-
guilles-Rouges, moraines des Bosons, rochers de Scez.
” J. intermedra Lindenb. — Sur la terre au bas de la Jorace
col d’Antherme (J. Müller). — Var. major Nees, les Conta
mines (Müher). + FSine
J. socia Nees. — Val d'Aoste (Müller).
= J, barbata Schreb. ee Po
Var. Schreberi Nees, cimes de Fonfrêtes-sur-Trient, glacier
s bois, etc. — Var. quinquedentata Nees, M' Vautier et Sle-
tr, attenuata Lindenb., La Jorace et cascade du
Floerkei Nees, aux Contamines (Müller), aux
_ Pellerins, à la Par a Jorace, Valorsine, la Flégère. — Ver.
_ squarrosa, col de la Seigne (Carestia). — Var. opodioides
., Courmayeur, chapelle de Berryer, etc. .
isci Hook. — Aux Montées, aux Chavans.
Barberine, Montcontant.—Var. byssac
orge (Müller), Courmayeur
à la Jorace, le Bouchet, etc.
| _ REVUE BRYOLOGIQUE.
. connivens Dicks. — Alpes de Sixt (J. Müller).
Turneri Hook. — Alpes de Sixt (J. Müller).
J. setacea Web. ;
Var. sertularioides Hüb., Notre-Dame-de-la-Gorge (Müller).
… J. trichophylla L. — Aiguilles-Rouges, la Lioraz, lac Cornu,
Barberine, Ja Jorace, M'-Blanc (Müller).
_ J. julacea I. — Alpes de Cogne (Müller), col du Brévent,
col de Bérard, M'-Lachat, etc. — Var. gracilis, Aiguilles-
Rouges (Bernet et Payot). — Var. genescens, Chamonix. —
ar. Juratzkanum Limpr., Chamonix.
J. lanceolata Nees; Liochlæna Dum.
LoPHOcOLEA bidentata Nees. — Le Bouchet, les Contamines.
- L. minor Nees, var. erosa. — Mt-Blanc, Contamines.
L. heterophylla Dum. — Bouchet el Contamines (Müller).
HARPANTHUS seufatus Spruce. — Bouchet et Aiguilles
JugeB. si à : +
SHILOSCYPHUS po/yanthus Corda.— Entre la Balme et Arlevé.
— Var. rivularis, Salvan et le Bouchet. — Var, pallescens,
Montcoutant, Nant-Profond, Allée-Blanche (Müller), Gorges
_ mystérieuses sous Tête-Noire.
— CALYPOGEIA Trichomanis Corda. — M'-Joly (Müller).
——. Lepipozia reptans Dum. — Contamines, M'-Blanc (Müller),
Monticoutant, les Montées, an Bouchet et au La'”s,
MaAsTiGoBRYuM frilobatum Nees. He SR PURES
— M. deflezum Nees. — Ste-Marie, aux Montées. — Var.
implezum forma frigida, au pied de la Filliaz, Montanvers,
Nant-du-Dard, couloir des Fœux, etc. — Var. tricrenatum
ces, les Montées, Ste-Marie, le Chatelard, vers Salvan
Bernet). HER AU :
BAZZANIA triangularis Carr. — Sommet de Songeonaz.
. TRICHOCOLEA tomentella Dum. — Les Montées, M'-Vautier,
Chatelard, Servoz, Ste-Marie, au Fouilly. mu
— Pricprum ciliare Nees. — Fréquent autour de Chamonix.
- Var, Wallrothiana Nees, aux Montées, Chamonix (Parla-
tore).— Var. commune, fréquent. — Var. pulchrum, fréquent.
r. ericetorum, val Lantey, près Courmayeur (Müller).
RapuLa complanata Dum. — Autour de Chamonix, — Var.
qulifera Hook., Finshauts (Bernet}, +
germana Limpr. — Aux Aiguilles-Rouges, autour de -
re-à-Bérard. ren RU D PR ot
- Commutata Gotts. — Autour de Chamonix,
REVUE | BRYOLOGIQUE. : a à
thuya, Chamonix et Courmayeur, vers la chapelle de hareyae
Var. minor, Chamonix et Courmayeur,
- M, rivularis Nees. — Chatelard et M'-Vautier, :
_— LeeunA serpyllifolia Libert. — Rochers du Sces, Chae
monix, les Montées, Nant-Profond, entre les châlets de Balme
et d’ Arlevé.
_— L, calcarea Lib. — Chamonix.
- FauLtANIA dilatatu Dum. — La Filliaz, Ste-Marie, etc,
F. Jackii Gotische. — Zigzag de Salvan (Bernet), Fins
lauts. ee
_— F, fragilifolia Tagl. — Env. de Courmayeur.
_ __ F. Tamarisei Dum. — Les Pellerins, Songeonaz, eic.
KanTiA arguta Lindb, — Aux abords de la Batiaz, Mar-
tigny.
FossomBRonA angulosa Raddi, — Autour de Chamonix.
: F. pusilla Dam. — Autour de Chamonix. He
__— Bryrria Moerckii Nees. — Col du Brévent sur Plampraz,
dans la Combe à gauche (Bernel et Payot). %
Pezua epiphylla Corda. — Fréquent. 5
P, calycina Nees, — Bouchet et Montées des Thynes,
__ Brasra pusilla L. — Abonde dans toute l'étendue du pa :
_ chet de Chamonix, sur le sable siliceux, in
_—— ANEURA pinguis Dum. — Fréquent. Fe
—— À, palmata Dum. — Zigzag de Salvan, Bouchet de Cine
Da ronberETioNt
—— M. pubescens Raddi. — . Barberine, Tête-Noire, les Gorges
de la Dioza, M'-Vautier.
—— M. conjugata Lindb. — Rochers humides, les Montées,
Ste-Marie, au Fouilly.
LunwüLartA vulgaris Mich, — M'-Vautier, Servoz.
_ SAUTERIA alpina Bisch. — Martigny, près Chamonix. |
Ueri Gottsche. — Val de Cogne, Gourmayeur
8, hyalina Lindberg. — La. Batiaz, Martigny (Berneb).
= MARCHANTIA polymorpha L.— Fréquent.
ru |Paarssra commutata Nees. — Comme le précédent.
— Les Monlées, M-Vantier,. ne
AR REVUE BRYOLOGIQUE.
GRIMALDIA dichotoma Raddi.—La Batiaz, Martigny (Bernet).
À FimBriariA flagrans Nees. — Avec le précédent.
_ Æ. Lindenbergiana Corda. — La Batiaz, aux Marques-sur-
Martigny, route de Chamonix (Bernet).
TARGIONIA hypophylla L. — La Batiaz, Martigny.
RiccrA glauca L. — Mines de Ste-Marie, Fouilly.
À. minima L. — Bassin moyen de l’Arve.
_R. sorocarpa Bischoff. — Autour de Chamonix et de Cour-
_ mayeur. V. Payxor.
Etudes sur le péristome.
Septième article (suite). Le péristome interne : ses
Se variations.
L'aspect de ces cils varie d’ailleurs beaucoup suivant les
espèces. Dans l’Orthotrichum leiocarpum chacun d'eux se
_ compose ordinairement de deux rangées d'articles saillants
_ alternativement à droite et à gauche : ces articles appartien-
nent à la conche ventrale; deux rangées de trapèzes de cette
couche, placées près de la ligne de séparation des dents, pa-
_ raissent s’êlre épaissies à peu près dans toute leur étendue.
Quelquefois cependant les deux séries d’articles sont rem-
placées par une seule, soit sur toule la longueur du cil,
soit sur une portion seulement de cette longueur; c’est
_alors qu’une des rangées de trapèzes de la couche ventrale
"est trouvée placée sur la ligne carénale et s’est seule
épaissie. Dans cette espèce, les articles des cils semblent
avoir conservé Ja forme primitive des polygones trapézoïdes
de la lame ventrale avec leurs côtés et leurs angles ; quel-
Ques-uns sout presques carrés, la plupart constituent des
hexagones irréguliers à angles saillants en dehors; il ne sont
pas renflés sur leurs bords; ils présentent, au contraire, une
surface uniformément papilleuse dans toute leur étendue ; la
lame dorsale est devenue d’ailleurs tout à fait indistincte,
et l’on n’aperçoit point de ligne carénale.
Dans d’autres espèces, par exemple, dans les Orthotri-
chum pallens, stramineum, alpestre, les cils, beaucoup plus
troits, ont leurs bords rectilignes, el ne présentent en gé-
ral qu’un seul rang d'’articulations saillantes ; ces articula-
ons, assezéloignées les unes des autres, appartiennent
encore à la lame ventrale : elles coupent le cil dans toute sa
largeur par une ligne droite et continue, à peu près horizon-
ile. Mais en observant par transparence, on parvient sou-
vent à distinguer une ligne verticale qui partage le cil dans
toute sa longueur en deux moitiés : c’est la ligne de démar
REVUE BRYOLOGIQUE. 25
cation des plaques dorsales , celle qui forme la carène dans
les Bryacées, et qui même ici est quelquefois carénée ; et.
alors on aperçoit en même temps d’autres articulations trans-
versa es plus fines, qui partent, à droite et à gauche, de cette
ligne verticale, alternant entre elles, aussi bien qu'avec celles
de la lame ventrale, et coupant chacune seulement une
moitié de la largeur du cil : ce sont les articulations de la
couche dorsale du péristome interne, correspondant à celles
de la couche ventrale des dents. ES.
L'Orthotricham affine lient le milieu entre ces deux types.
Les cils de cette espèce ne présentent souvent qu’une seule
rangée de plaques ventrales, dont les articulations bien ap-
parentes, et même saillantes en trabécules sur leur face inté-
rieure, les coupent dans toute leur largeur : c’est ao -
qu’une seule rangée de trapèzes, chevauchant sur la ligne
carénale, s’est épaissie dans son milieu; quelquefois d’un
côlé du cil, sur une partie de sa longueur, l’on remarque
des lignes obliques et sinneuses, de même aspect et de
même épaisseur que ses articulations, qui les relient entre
elles, et qui dessinent ainsi l’un des bords des mailles tra-
_pézoïdes ou hexagonales qui composaient en ce point le
réseau ventral : au-delà de ce bord épaissi, la largeur da cil
_se prolonge encore un peu, coupée verticalement par une
ligne droite, et par conséquent une petite portion d’une
__ seconde série de trapèzes adjacente à la première s’est
_ aussi conservée ; enfin, d’autres cils, pris sur la même
plante et souvent dans la même capsule, montrent deux
séries d'articles représentant chacun la moitié d’un trapèze,
séparées par des lignes sinueuses, comme si un réseau sem-
_blable à celui de la membrane basilaire d’un Bryum avait
été découpé sur une zône étroite dans toute sa Jongueur :
_ c’est que la ligne dorsale carénale s'était trouvée placée à
peu près vers le point de séparation de deux rangées œ
__ trapèzes ventraux ; ces deux rangées se sont alors épaissies
également dans ane portion de leur largeur. a
Plusieurs autres espèces ressemblent sous ce rapport vs
= J'Orthotrichum affine, leurs cils présentant tantôt deux, tan-
_ tôt une seule rangée de plaques ventrales ; dans quelques-
unes, par exemple, dansl'Orthotrichum speciosum, le nombre
_ deces rangées est plus constamment double, mais les cils
diffèrent toujours de ceux de l'Orthotrichum leiocarpum, en
ce que leurs articles sont séparés les uns des autres par des
lignes courbes et saillantes, et limités au contraire sur les
bords par des lignes droites non épaissies, ce qui indique
_ qu’une portion seulement de chaque trapèze primilif s'est
-COHsSrvée: Ra” pe M
Les cils de l’Orthotrichum Lyellii sont plus voisins par leur
_ aspect de ceux de l'Orthotrichum leiocarpum ; ils sont com-
F
926 REVUE BRYOLOGIQUE.
posés d'articles couris et nombreux, papilleux, de couleur
_rougeâtre, à contour irrégulier, saillant à droite et à gauche,
_ mais séparés les uns des aulres par des articulations horizon-
__ lales et rectilignes ; chacune de ces articulations, vue de face,
présente une double ligne épaissie, et sur le côté veniral du
cil elle forme une double lamelle assez saillante. Ces articles
appartiennent par conséquent à la couche ventrale du péris-
tome interne. Ils sont disposés assez ordinairement sur un
_ seul rang, mais souvent aussi ils forment, au moins par
_ places, deux rangées, séparées par des lignes obliques de
même aspect que les articulations horizontales. Quelquefois
le cil, simple et assez étroit dans sa partie inférieure, devient “
brusquement plus large dans le haut, et montre alors deux
rangées d'articles plus ou moins cohérents entre eux et sou-
vent plus épais vers leur milieu que sur leurs bords LL:
semble, et c’est ce que paraît confirmer l’examen d’une Cap-
sule jeune, gos l’épaississement ait commencé à la fois vers
le milieu de deux rangées de trapèzes adjacentes à la
ligne carénale, dans la partie supérieure de la membrane
primitive, et qu'il ne se soil pas toujours continué égale-
ment jusqu’à la base, ni étendu uniformément jusqu'aux
bords des mailles. É
L'Orthotrichum obtusifolinm présente des faits analogues
avec un aspect et des détails différents, Ses cils, de couleur
rouge comme les denis, sont composés ordinairement de
deux séries d’articles reclangulaires, minces et plans, qui
_alternent entre eux; mis souvent ces deux séries d'articles
sont séparées l’une de l’autre à la base du cil, et ne se rejoi-
gnent que plus haat: uelquefois même elles demeurent
_indépendanies l’une de Tien dans toule leur longueur.
I faut voir là sans doute deux rangées de la couche ventrale,
dont les mailles ne se sont pas épaissies loujours sur toute
leur largeur, tout en conservant cependant une forme ré-
gulière. :
=. Dans l’Orthotrichum rupestre l’épaisissement est très
inégal et très inconstant : tantôt les cils sont bien dévelop-
pés, tantôl ils manquent par places ou tous à Ja fois: quel-
L'dage on aperçoit les traces d’un réseau primilif hyalin,
dans les cellules duquel se sont déposés des grumeaux de
forme variable, souvent isolés, disséminés comme au hasard
sur toute la surface du péristome, tantôt se joignant pour
former des cils ou des lambeaux de cils, tantôt demeurant
les.
>
REVUE BRYOLOGIQUE.
k
plètement. Plüs rarement, comme dans l’Orthotrichum acu-
minatum, ce sont les dents qui demeurent au contraire très
courtes, tandis que les cils sont bien développés. C’est alors ;
que la membrane extérieure, celle qui produit les dents, et
qui dans le principe est constituée comme la membrane
interne, mais avec des éléments disposés dans un ordre in-
verse ne s’est épaissie que dans sa partie inférieure, sur un
petit nombre de ses articles : dans cette espèce ce sont les
plaques ventrales, formant une rangée simple pour chaque
dent, qui restent seules apparentes, tandis que les plaques
_ dorsales, bien plus épaisses que les ventrales dans les autres
Orthotrichs, laissent à peine ici quelques lraces.
Enfin dans certaines espèces, par exemple, dans l'Ortho-
trichum leucomitrium, on observe assez souvent des appen-
dices laléraux, ou même des branches horizontales qui re-
lient entre eux deux cils voisins, la partie de la membrane
qui existait dans l'origine entre ces cils s’élant épaissie sur
une zône transversale étroite, probablement le long d'uné
des lignes horizontales de la couche dorsale : c’est comme
un rudiment de l’évolution si remarquable qui caractérise les
Fontinales. Ê .
En résumé, le péristome interne des Orthothrichs ne s"6- |
loigne pas notablement de celui des Neckera, du Webera
acaminata, des Cylindrothecium, et des autres Hypnobrya-
cées où la membrane basilaire devient très courte et les pro-
cessus très étroits. Ici, il est vrai, cette membrane manque à
peu près complètement ; l'on en trouve cependant de temps
en temps quelques traces : dans l’Orthotrichum leiocarpum,
par exemple, l’on aperçoit quelquefois, entre les bases
de deux cils contigus, une ou deux rangées de trapèzes
épaissis et papilleux, semblables à ceux qui forment les cils,
et qui les joignent entre eux sur une petite hauteur ; dans
l'Orthotrichum pulchellum le cercle entier de la membrane
__est quelquefois visible sur une hauteur aussi très faible. Le
_ plan d’ailleurs est toujours le même : le réseau primitif est
toujours composé, sur la lame dorsale, de seize rangées
_ de rectangles opposés aux plaques ventrales des dents, et
sur la lame ventrale, de trapèzes moins réguliers, formant
des rangées plus nombreuses. Quel est, en général, le
_ nombre de ces rangées dans les Orthotrichs? Il semble qui
_ y uit ordinairement {rois rangées de trapèzes pour chaque
_ dent : c’est ce que l’on peut assez bien constater dans l'Or-
thotrichum leiocarpum. Tantôt, une seule rangée se trouve
- coupée par la ligne carénale vers son milieu, comme cela a
jeu constamment dans les Bryacées ; tantôt, an contraire,
rangées se trouvent adjacentes à celle ligne carénale.
situation varie d’ailleurs dans une même espèce, à plus
raison, d’une espèce à l’autre ; le nombre des rangées
28 REVUE BRYOLOGIQUE.
doit aussi varier souvent, comme il arrive dans les Mnium
et dans les Bryum. Dans les petites espèces d'Orthotrichs,
il est probable qu’il n’y a souvent que deux rangées pour
_ chaque dent, l’une opposée à la dent. et l’autre placée entre
deux dents voisines,
= Cette structure du péristome interne ne diffère done pas
essentiellement de celle des Bryacées. Dans le péristome ex-
terne le développement inverse des deux couches des dents
conslitue sans doule une différence plus importante : leur
couche ventrale devenant ici très mince, et ses lamelles
_ nulles, il en résulte que le cercle du périsiome interne est
_ Continu, nullement plissé, et appliqué presque immédiatement
contre celui des dents. Ces différences pourtant n’ont qu’une
signification assez restreinte, puisque nous voyons une Fa-
broniacée, l’Anacamptodon splachnoides, imiter entièrement
Sous ce rapport les Orthotrichs. L'identité à peu près com-
; 2e de la structure péristomiale dans ces deux genres,
dont l’un appartient aux pleurocarpes, et l’autre aux acro-
_ Carpes, nous oblige à supposer que cette structure des Or-.
thotrichs est un type dérivé, qui a dû naître avec le temps
_ de celui des Bryacées, tandis qu’une évolution parallèle par-
_ tant des Hypnacées, aboutissait à la structure si semblable …
de l’Anacamptodon.
(À suivre.) PHILIBERT.
Ceratodon dimorphus species nova.
Plante formant de petites touffes lâches, irrégulières et
fragiles, bautes tout au plus de 6 à 7 millimètres ; rameaux
_ stériles très étroits, julacés, filiformes, couverts de petites
_ feuilles serrées et imbriquées, ‘apprimées à l’état sec et se re-
dressant légèrement à l’état hamide. Ces feuilles sont ovales
_ etrelativement assez larges, longues de 0240 à 02 30,
_ Concaves, à bords minces et parfaitement plans; elles s’ar-
_ rondissent au sommet pour se terminer brusquement par
une pointe saillante, formée par la nervure ; elles sont d’abord
bien vertes, mais deviennent assez souvent lurides avec
l’âge. Leur tissu se compose, dans toute leur étendue, de
petites cellules carrées, égales et uniformes, lisses et presque
transparentes, à parois minces, formant un réseau bien dis-
inct et saillant.
_Inflorescence dioïque. Les tiges mâles ont le même aspect
que les rameaux stériles ; leur sommet est obtus et un peu
renflé, et là on trouve, au milieu d’un bourgeon de feuilles
_ normales, semblables aux précédentes, quelques folioles ar-
rondies et mutiques qui entourent les anthéridies. ie
_Les tiges fertiles portent aussi dans toute leur partie infé-
: É 9
rieure des feuilles exactement semblables à celles des ra-
meaux stériles; mais en approchant du périchèze, ces feuilles
deviennent progressivement plus grandes, plus acuminées,
et elles s’épaisissent légèrement sur leurs bords, de ma-
nière à ressembler un peu en petit à celles du Ceratodon
purpureus, tout en conservant le même tissu que les feuilles
inférieures ; la pointe de ces feuilles moyennes est ordinaire-
ment assez longue ; mais plus haut les à ou 6 feuilles qui en:
tourent immédiatement le pédicelle sont an contraire large-
ment engainantes, mutiques, plus ou moins aigües, et même
souvent obtuses et comme tronquées; leur tissu devient lâche,
hyalin. formé de longues cellules rectangulaires.
Pédicelle d’un rouge pâle, long de 5 à 6 millimètres. Cap-
sule petite, dressée, étroitement ovale-oblongue, rouge et
presque toujours lisse, quelquefois obscurément plissée à
l’état sec, elle mesure environ 1"" 20, en y comprenant l’oper-
cule, qui forme un cône subulé long d’à peu près 0°" 40.
Coiffe longue, descendant souvent au-delà de la base
_ de la capsule. Anneau large ; spores égalant à peu près celles
du Ceratodon purpureus.
Péristome rouge-orangé, long de 0"" 30 à 0" 35: dents
confluentes à la base en une membrane assez courte, puis
divisées en deux branches subulées, très régulières, cohé-
rentes aux articulations, finement papilleuses , nullement
bordées.
REVUE BRYOLOGIQUE. |
quantité et bien fructifiée, vers le col du Simplon, sur un
mur de la route, près de l’hospice ; elle se rencontre d'ail
leurs sur d’autres points du même col, et elle doit probable-
ment être disséminée dans toutes les Alpes siliceuses du Va-
| Jais; je l’avais déjà observée, mais en mauvais état, dans mn:
“val d’Anniviers ; il est probable qu’elle ne se développe bien
que dans les stations les plus élevées : le col du Simplon dé-
passe 2,000 mètres, ; |
Elle se distingue au premier abord par un aspect très spé-
cial, qui pourrait la faire prendre pour un Weisia. Le Cera-
todon purpureus, dont les dimensions sont toujours bien
plus grandes, ne présente, dans toute la longueur de ses
tiges et de ses rameaux, que des feuilles lancéolées et pro=
gressivement acuminées, beauconp plus longues, fortement
_épaissies et révolutées sur les bords, très étalées à l'état hu-
_mide, contournées et flexueuses à l’état sec. Leur tissu a
aussi un tout autre aspect ; il est formé de cellules à contour
| pacte. Le Ceratodon corsicus a le même tissu que le Cera- é
_todon purpureus, avec des feuilles encore plus étroites, plus
allongées et plus acuminées. Il se rapprocherait un peu de
J'ai trouvé cette mousse le 29 juillet 1887, en assezgrande
_plus arrondi et à parois épaisses, de telle sorte que souvent _.
on croirait voir des cavités creusées dans une masse com-
REVUE BRYOLOGIQUE.
_ notre plante par la forme des folioles engaînantes de
_ son périchèze; mais c’est là du reste un caractère incons-
tant et d’une valeur douteuse, On trouve souvent, surtout
dans la région méditerranéenne, des variétés du Ceratodon
purpureus où ces folioles sont aussi obtuses et mutiques, ce
_ qui les a fait quelquefois confondre avec le Cerat. corsicus,
Cette dernière espèce est en réalité très rare, même en Corse,
où le Cerat. purpureus est au contraire commun. Parmi les
échantillons que j'ai pu voir, les seuls qui appartiennent vé-
_ ritablement au Ceratodon corsicus sont ceux qui ont été ré-.
æcoltés par M. Goulard dans les montagnes des Maures près
_ de la Garde-Freinet; ceux qui ont été rapportés par le
_ même bryologue de Ste-Lucie de Tallano en Corse, repré-
sentent simplement une variété du Cerat. purpureus à feuilles
périchétiales obtuses; j'ai observé à Cannes une forme
_ semblable, et M. Venturi m'a envoyé cette même plante,
_récoltée sur ie Vésuve, et confondue par Schimper lui-même
avec le Cerat. corsicus. Même dans le Nord, on rencontre
_ quelquefois le Cerat. purpureus avec des feuilles périchétiales
complètement engainantes et mutiques ; j’ai reçu de M. Lind-
berg une forme de ce genre qui croît à Helsingfors en.
Finlande. La capsule plus ou moins dressée, sa longueur et
son épaisseur, les feuilles plus ou moins étroites, sont aussi
des caractères variables ; de telle sorte que la structure du |
péristome reste, comme l’a déjà remarqué M. Boulay, la.
seule différence qui distingue sûrement le Geratodon corsieus.
= Le péristome des Ceratodon appartient à ce type général
que j'ai appelé aplolépidé : chacune des 16 dents se compose
_ d’une seule rangée de plaques dorsales et d’une double série
de plaques ventrales. Les deux couches sont minces, et.
l'épaisseur des branches est toujours plus petite que leur
largeur, tandis que dans les genres Barbula et Trichostomum
elles sont généralement aussi épaisses ou même plus épaisses
que larges. La couche extérieure est la plus colorée, et elle
s’épaissit à ses articulations, qui font saillie sur la face dor-
_sale, comme cela a lieu le plus souvent dans les Grimmia-
_ cées ; dans les Dicranacées au contraire el dans les familles
voisines, c’est la couche ventrale qui devient la plus épaisse
t qni présente une double série d’articulations saillantes à
l'intérieur, Les dents des Ceratodon se partageant d’ailleurs
rès promplement en deux branches, c’est seulement en exa-
minant la membrane basilaire, où elles sont indivises, qu'on
Fa bien se rendre compte de leur stractnre. C’est dans le
Ceratodon corsicus qu’il est le plus facile de l’observer : là,
en effet, les plaques dorsales, dans la partie inférieure de la
dent, sont presque aussi hautes que larges; elles forment des
reclangles peu allongés on à peu près carrés, encadrés par
des lignes rouges légèrement épaissies, mais presque trans-
| REVUE ÉRTOLOGIQUE. SL.
arents à l'intérieur ; l’on peut ainsi apercevoir aisément les
ignes verticales de la couche ventrale, qui paraissent couper
chacun de ces rectangles en deux moitiés, tantôt presque
égales, tantôt plus inégales. Dans le Ceratodon purpu-
reus ces rectangles de la couche dorsale sont beaucoup plus
étroits dans le sens vertical, de telle sorte que leur largeur
égale souvent plus de quatre fois leur hauteur ; les lignes
rouges qui les séparent sont très épaisses et très dilatées, et
elles cachent à peu près complètement les plaques ventrales;
c'est à peine si l’on peut apercevoir de temps en temps une
ligne verticale très obtuse, correspondant à leurs divisions,
Quand on parvient à séparer les deux couches, ce qui est
du reste assez difficile, on reconnaît que la couche ventrale,
jaunâtre, mince et à peu près plane, se compose d’une double
rangée de plaques presque carrées; le réseau dorsal est formé
au contraire, à la base de chaque dent, de 7 ou 8 mailles
_ rectangulaires, étroites, disposées sur un seul rang. Dans le
Ceratodon corsicus la membrane basilaire est plus courte,
et ses articles dorsaux étant plus allongés dans le sens ver-
tical, il n’y a ordinairement que deux de ces rectangles dans
la partie indivise de chaque dent. Au-dessus de cetle mem-
brane les dents deviennent indépendantes, et elles se par-
tagent chacune en deux branches égales et subulées. Dans le
Ceratodon purpureus ces deux branches demeurent encore
adhérentes entre elles à leurs articulations, au moins dans
une grande partie de leur hauteur, et elles paraissent bor-
dées dans toute leur longueur d’une marge plus pâle. Il est
facile de s'expliquer cette apparence. Dans la membrane
basilaire les mailles simples de la couche dorsale s'étaient
épaissies et consolidées dans toute leur étendue, quoique
plus fortement sur leur contour; mais plus haut l’épaississe-
ment a porté seulement sur les articulations transversales
_ de ces plaques et sur une zône verticale étroite vers le milien
= de chaque branche; li lame ventrale, au contraire, s'est
épaissie uniformément et a persisté dans toute son étendue,
excepté sur les intervalles qui séparent les dents les unes des
autres, et, dans l’intérieur de chaque dent, sur la ligne ver-
ticale qui partageait la couche intérieure en deux rangées de
plaques, et qui a formé la ligne de séparation des deux bran-
ches. Il résulte de là que dans chacune de ces branches il
_ existe une zône médiane étroite où les deux couches ont
| persisté, et cette zône est bordée de chaque côté par une
_ marge plus pâle où la couche ventrale subsiste seule ; les ar-
ticulations transversales de la couche dorsale s'étant d’ailleurs
épaissies sur toute leur largeur, même dans les branches,
or continuent d’unir entre elles les deux moitiés de la
dent. Le hs es
= Les choses se passent d’une autre manière dans le Cera-
REVUE BRYOLOGIQUE.
don corsicus : là les deux couches s’épaississent sur une
largeur égale, de telle sorte que les branches des dents ne
montrent point de marge et sont libres dans toute leur Jon-
gueur. Elles diffèrent en outre de celles du Ceratodon pur-
pureus par leur couleur d’un gris pâle et par les longues pa-
pilles dont elles sont hérissées.
= Le péristome du Ceralodon dimorphus tient le milieu entre
ces deux struclures ; il a à peu près la même couleur et le
_ même aspect, que dans le Cerat. purpureus, mais avec des
_ proportions moitié moindres ; sa membrane basilaire est com-
_ posée aussi de rectangles dorsaux étroits dans le sens de la
_ hauteur, séparés par des lignes horizontales rouges et épais-
_ ses; mais on ne compte guère que trois ou quatre de ces.
_ rectangles à la base de chaque dent , et immédiatement
_ après la dent se divise en deux branches, qui ne contiennent
ordinairement chacune que quatre articles très allongés ;
ns le Ceratodon purpureus ces articles de la couche dor-
sale des branches sont plus nombreux, et leur longueur
‘augmente que par degrés ; enfin les dents du Ceratodon di-
morphus sont complètement dépourvues de marge.
_ Ces différences du péristome ne pourraient pas à elles
seules séparer notre mousse du Simplon des espèces voisines,
d'autant plus qu’elles semblent s’atténuer quand on examine
certaines variétés du Cerat purpureus à péristome moins bien
_ développé, particulièrement celle que Hampe avait appelée
Trichostomum conicum (Ceratodon conicus Lindberg). Ma
en joignant à ces différences celles du système végétatif, l’as-
pect spécial de notre plante, sa petitesse dans toutes ses par-
ties, et surtout la double conformation de ses feuilles, qui
dans les tiges mâles, les rameaux stériles et la partie infé-
rieure des tiges femelles, s’éloignent si considérablement de
celles des Ceratodon purpureus el corsicus , pour s'en rap-
procher seulement dans la partie supérieure des tiges fertiles,
on a un ensemble de caractères bien suflisants pour la dis-
tinguer des aulres espèces du genre,
PHILIBERT.
Nouvelles.
É. inviron 250 espèces de mousses de Scandinavie et des
Pyrénées, provenant de la collection de doubles de feu mon
mari, sont en vente au prix de 45 à 22 centimes l’exemplaire;
adresser à M. le D' W. Arnell, à Jonkôping (Suède).
ë. se eat Mn° ZETTERSTEDT.
NS 15° Annte ee ; 1888
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES DEUX Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 3.
Hepaticæ in prov. Rio Janeiro a Glaziou lectæ. Spruce.—Hep. Para-
guayenses, Balansa lectæ. Seruce. — Bryum Reyeri. BREIDLER. —
Fructification de l’Ulota phyllantha. Renauzr et Caroor.— Etudes
sur le péristome. Paiziserr.—Bryum carinatum et B. naviculares
‘ Husnor. — Bibliographie. — Nécrologie. — Nouvelles.
EEE
Hepaticæ in prov. io Janeiro a Gloziou leciæ ,a
R. Spruce determinatæ.
Frullania Riojaneirensis Raddi, n° 9188, 9190.
” atrata (Sw.), 6347, 9100, 11755.
» Brasiliensis Lindenb. var., 7225.
._ » … Brasiliensis Ldb. var., 7407.
Lejeunea (Omphalanthus) filiformis (Sw.), 7403.
» (Archilejeunea) xanthocarpa L. et L., in Frulla-
niis parasitans. : ee
» » Selloviana St. mst., in Herberta 7133
parasitans. ne
s
(Bryopteris) tenuicaulis Tayl. var., 9201, 11757. .
» tamariscina R. S., nov. sp., 1427.
Acrolejeunea) polycarpa N., 7399. Rs
(rech poiet) Mebiue N., 7410, 7404 p.p.
Lophoiej.) sp. ster., 7230.
(Digranoie].) languida N., 9204.
… (Odontolej.) Glaziovii n. sp., 1404.
+ (Harpalej.) lignicola n. sp., 9295.
_(Hygrolej.) cerina L. et L., 9191. a
DIU) ster., in Micropterigio parasitans.
_ (Euosmoleg.) trifaria N. (= L. longifolia Tayl.),
BIO Ra à Re
(Eulejeunea) symphoreta n. sp., 1400, 9232.
» Re
Vs sv «€ s ©
ÿ
.
ee. geophila n. sp., 9189.
3 | REVUE BRYOLOGIQUE.
Lejeunea (Eulejeunea) flava (Sw.), 7181, 7226, 9199, 9245.
At " flava var. manca S., 9200.
(Microlejeunea) lucens Tayl. var. ? 7425.
» holostipa S., Hep. Am., 7133 para-
". sitica.
Isotachys serrulata (Sw.), 11756.
_» conduplicata Lindb., 11753.
= Herberta chilensis De Not. ? 7133.
Trichocolæa (Leiomitra) flaccida S., Hep. Am., 1098.
Lepidozia plumæformis n. sp., T135.
» inæqualifolia Lindng., 11738.
_. » capillaris (Sw.), 7468.
. Micropteryqium leiophyllum S., Hep. Am., 9208... pe.
= Odontoschisma Sphagni (Dicks.) vars., 7227, 7231 , 11760, 2
Lophocolea Paraguayensis n. sp., 1230.
Chiloscyphus scaberulus n. sp., 9099.
lagiochila subplana Lindng., 9192.
_». Trichomanes n. sp., 9203,
s thamniopsis n. sp., 9198.
RS Guilleminiana Lindb., 9194. HAE
= Notoscyphus argillaceus Nees (sub Jung. el Gymnomitrio),
9193. Fr
= Fossombronia sp., 7232.
- Noteroclada confluens Tayl., 7224.
Symphyogyna Hymenophyllum (Hkr.), 9098.
ur 0 iemnéla (Sn), 7230;
Aneura sp. (sterilis), 42325.
__ » latissima S., Hep. Am., 1233.
__» multifida Linn.?, 7475.
» digitiloban. sp., 1228, 9262.
__ » prebensilis H. et Tayl. aff., 7069,
Metzgeria dichotoma (Sw.), 9196.
» albinean. sp., 1318.
ss planiuscula n. sp., 1394.
Marchantia chenopoda Nees ? sterilis, 12324.
Fimbriaria sp. (sterilis), 7402.
Dumortiera hirsuta Nees, 7234, 7235.
4 ns 4 OCR -SERUCE |:
paticæ Paraguayenses, Balansa lecte, n
_ RE. Spruce determinatæ.
REVUE BRYOLOGIQUE.
Lejeunea (Taxilejeuneu) terricola n. sp., 1282. rk
(Eulejeunea) trochantha n. Sp., 3TA8, 3719.
» polycephala n. sp., 4250:
» glaucescens Gottsche, 3716,
(Microlejeunea) qlobosa n. sp., 3722.
” cephalandra n. sp., 3120.
(Cololejeunea paucifolia n. sp., 3122!
Radula aurantii n. sp., 1284, 3715, 4248.
Porella Brasiliensis Gottsche, 4253.
Lophocolea coadunata (Sw.), 3714, 3721.
» Paraguayensis n. sp., 4252.
Fossombronia . ...., 4251.
Symphyogyna Brasiliensis Nees, 31705.
» sinuala (Sw.), 3710.
Aneura cataractarum n. sp., 3104, 4245, 4246.
Metzgeria planiuscula n. sp., 4334.
Marchantia papillata Raddi, 4006.
_ Dumortiera hirsuta Nees, 3711.
» hirsuta N. var., 3620.
Aitonia, 4254 ?
Oxymitra pyramidata (Raddi) ?, 3709.
Riccia crystallina Linn. var., 3708.
» stenophylla n. sp., 3106.
» Paraguayensis n. sp., 1280.
» (sp. sterilis), 3724.
Authoceros tenuis n. sp., 3103.
21 Dec. 1887.
Bryum Reyeri n. sp.
Caespites densi, tumescentes, Superne virides vel olivacei
rufo-variegati, subnitentes, inferne fusci vel atro-rubentes,
_ Caules validi, rubiginosi et atro-rubiginosi, 3—12 cm. alti,
pluries dichotomo-ramosi, usque ‘apicem versus lomento
radiculoso atro obtecti, hic illic ex foliorum axillis ramulos
graciles, laxe- et minute-foliosos emittentes. Folia ad basin
: innovationum remota, minuta, 0.5 —-0.6 mm. longa, 0.33—
0.45 mm. lata, omnino rubentia, late-ovata, obtusa vel
aculiuscula, margine plano, costa in vel sub apice evanida,
ascendendo sensim majora ; superiora et comalia conferta,
“recto-patentia, 2.5—3.5 mm. longa, 1—1.3 mm. lata, e basi
angustata decurrente, oblongo- et ovalo-lanceolata, breviter
et acute-acuminata vel apiculata, mollia, concava, hicillie
_ leviter plicata, margine subflexuoso, inferne latiore, superne
usque apicem versus inæqualiter angustissime reflexo, integro
136 REVUE BRYOLOGIQUE.
__ vel apice obsolete serrulato, costa plus minusque flexuosa,
rnbente et atro-rubiginosa, in statu juniore inferne rubente,
superne viridi, semitereli, dorso prominente, ad basin crassa,
0.07—0.1 mm. lala, in medio folii 00.3—0.04 mm. lata,
_ apicem versus valde attenuata, 0.01—0.015 mm. lata, saepe
vix visibili, in apiculo acuto, rubente, quandoque leniter
_ recurvo excurrente, vel sub eodem dissoluta; siccitate
rugulosa, varie flexuosa, ereclo-patentia vellaxe accumbentia;
_cellulis basilaribus rubiginosis vel vinoso-rubentibus,
- hexagono-rectangulis, valde incrassatis, 0.035—0.08 mm.
longis, 0.013—0.023 mm. latis, hic illic in parietibus
_ Jongitudinalibus porosis ; cellulis superioribus angustissimis,
_inæqualibus, elongato-rhomboïdeis et sublinearibus, hic illic
plus minusque flexuosis, 0.033—0.1 mm. longis, 0.006—0.012
mm. latis ; marginalibus paalum angustioribus, ælate provecta
rubentibus, limbum angustissimum, quandoque indistinctum,
formantibus. Flores dioici; feminei crassiusculi. Bracteae
perigynii exteriores, foliis comalibus similes ; intimæ minutæ,
plerumque rubentes, 0.6—1 mm. longæ, 0.3—0.4 mm. latæ,
elongato-triangulares vel late-lanceolatæ, aculæ, margine
‘integro, haud limbato, anguste-recurvo, costa in apice
evanida., Archegonia numerosa, rubiginosa, 0.5—0.6 mm.
_ longa. Paraphyses copiosæ, archegoniis æquilongæ, flavido-
_ aurantiacæ vel rubentes. Flores maseuli et fructus ignoti.
: - J. BREIDLER.
_ Cette espèce, voisine du B. pseudotriquetrum, a été trouvée
Eu D' Reyer, près de Taufers en Pusterthale, dans le
irol. >
| La fructification de l’Ulota phyllantha Lan.
REVUE BRYOLOGIQUE. De
Feuilles périchétiales très allongées, légèrement sinuées-_
crénelées aux bords. Archégones assez nombreux. Paraphyses
rares et très courtes. Vaginule nue. Pédicelle long de 4 ou
5 millimètres. Capsule ovale-oblongue, non resserrée à
l’orifice, plissée à l’état sec, pourvue d'un col longuement
atténué ; stomates superficiels. Péristome double: 8 dents
bigéminées, pâles, tronquées et un peu lacérées au sommet,
paraissant ne pas se renverser à l’état sec ; 8 cils plus courts,
larges, formés de 2 séries de cellules. Coiffe peu velue. Oper-
eule conique-acuminé. Spores vertes, très finement ponctuées.
Nous avons pris, à la chambre claire, le dessin d’un
fragment du péristome, dessin que nous tenons à la disposition
des bryologues qui désireraient en avoir communication. -
M. Th. Howell a récolté ces échantillons fertiles de P'Ulota
phyllantha sur des petits troncs d’arbres, dans le voisinage
de la mer, associés à l'Orthotrichum papillosum Hpe. Il est à
remarquer que, malgré leur état fructifère, la plupart des
tiges portent au sommet des feuilles supérieures des amasde
propagules, comme les échantillons stériles.
F. RenauLo, J. CARDOT.
Etudes sur le péristome.
Septième article (suite). Le péristome interne : ses
variations. ne
CINCLIDIÉES.
Le genre Cinclidium est nn de ceux où le péristome interne
présente l'aspect le plus singulier, É ee
Pris dans son ensemble, il a la forme d’un cylindre creux,
fermé en haut par un dôme hémisphérique. Sa moitié infé-
rieure a la même apparence, la même couleur et la même
structure que dans le genre Mnium. Avant la parfaite maturité
_ de la capsule, les dents extérieures, qui sont beaucoup plus
_ courtes, sont appliquées sur ce cylindre ; elles sont larges,
_obtuses, d'une nuance jaune pâle, qui tranche sur la couleur
fauve ou rougeâtre de la membrane interne, Au moment de
la sporose, ces dents, qui sont bygroscopiques, tendent à
s’écarter, et elles se séparent du cylindre, entrainant avec
elles la portion de la membrane qui leur était opposée, et.
qui leur demeure attachée en lambeaux plus ou moins
“irréguliers ; il ne reste que 16 piliers étroits, représentant
les portions de la membrane qui étaient placées entre les
_ denis : ces piliers soutiennent une coupole entière et continue,
ui constitue la partie supérieure du péristome interne, et ils
_38 REVUE BRYOLOGIQUE.
laissent entre eux des espaces vides, correspondant à la place
_ primitive des dents.
= Les dents ont d'ailleurs la structure ordinaire des Mniacées,
en se rapprochant par leur forme de celles des Meesea. Leurs
_ articulations sont peu nombreuses et assez éloignées les unes
des autres. Les deux rangées de la couche dorsale sont très
minces, hyalines, difficiles à apercevoir ; les plaques ventrales
sont au contraire épaisses et très apparentes. Leur forme
varie un peu suivant les espèces. Dans le Cinclidium arcticum,
quand on examine une coupe transversale des deux péris-
_ tomes, ces plaques ventrales des dents se montrent comme
des arcs de cercle très épais, convexes en dehors, concaves
en dedans, de couleur jaunâtre ; elles ne se prolongent pas
horizontalement en lamelles solides et compactes, mais
seulement par une membrane ténue, hyaline, qui va se
rattacher au périslome interne, et qui lui adhère par tout
son contour. Ceite membrane représente une des cloisons
horizontales de la couche de cellules commune aux deux
_ périsiomes, qui ici ne s’est pas épaissie et a conservé Sa
consistance primitive. La structure intime du péristome
interne est d’ailleurs, pour toute cette partie opposée aux
dents, rigoureusement semblable dans tous ses détails à celle
du genre Mnium. En face de chaque dent la membrane
interne forme une saillie convexe et arrondie, dont les bords
se reportent eñ arrière et viennent se placer dans les
_ intervalles des dents, en déterminant ces plis profonds que
l’on appelle les carènes. Les deux lames qui la composent se
‘distinguent assez facilement: la lame ventrale est d’une
couleur orangée, la lame dorsale d'un jaune plus clair. On
aperçoit par transparence les lignes horizontales du réseau
dorsal, qui viennent se raltacher de chaque côté à la ligne
verticale des carènes, et qui alternent sur chaque carène
avec les lignes homologues de l'intervalle voisin ; ces lignes
dorsales sont ici moins rapprochées que dans les’ autres
Mniacées, les articulations des dents auxquelles elles corres-
pondent étant moins nombreuses et plus distantes. La lame
_ventrale montre trois, ou quelquefois seulement denx rangées
de trapèzes opposées à chaque dent; une quatrième rangée
chevauche sur la ligne carénale, et c’est elle qui forme le
ilier correspondant, mais par une portion seulement de sa
rgeur, celle qui n’adhère pas à la dent. Les dents, en etfet,
arges et linéaires, ne laissent entre elles que des intervalles
étroits: chacune d’elles est rattachée, par les cloisons
horizontales hyalines, non seulement à toute la portion de la
membrane qui correspond aux rangées de trapèzes qui lui
sont opposées, mais aussi de chaque côté à une partie de la
igée alternante, et lorsqu'elle s’écarte du cylindre
ntraine tout ce qui lui était adhérent. Chaque
REVUE BRYOLOGIQUE. Ra
pilier comprend ainsi deux zônes étroites de la couche
dorsale, séparées par la ligne carénale, et une zône de la
lame ventrale, découpée vers le milieu d’une de ses rangées
de trapèzes. | Se
Cette structure de la membrane basilaire se continue sans
interruption dans la partie supérieure du péristome qui
_forme la coupole : on y distingue les mêmes lignes er otes
et les mêmes rectangles horizontaux de la couche dorsale,
les mêmes rangées de trapèzes de la couche ventrale ; le
nombre de ces trapèzes diminue cependant à mesure que .
l'espace devient plus restreint, leur forme est alors souvent
presque carrée ; les dimensions de tous ces éléments dimi-
nuentaussi par degrés, leur consistance devient pluscompacte,
et les plaques des deux couches peuvent quelquefois être
séparées les unes des autres. :
Les choses ne se passent pas autrement dans le Cinclidiam
stygium. Les plaques ventrales des dents sont ici un peu
plus pâles; chacune de leurs articulations se continue
horizontalement par une lamelle assez courte, puis par une
membrane hyaline, qui va aussi se rattacher au péristome
interne. La structure de la membrane basilaire est exactement
celle d’un Mnium; son tissu se continue avec celui de la
coupole, sans qu’on remarque aucun changement, sauf que
ses éléments diminuent progressivement de dimensions et de
nombre, à mesure que l’espace qu'ils doivent occuper devient
plus étroit. On distingue assez bien sur le dos de la coupole
les lignes carénales qui, continuant les piliers, convergent :
vers le sommet, comme les méridiens d’une sphère, et Jes
lignes horizontales de la couche dorsale, qui relient ces lignes
carénales, alternant sur chacune d’elles avec les lignes
homologues de l'angle suivant. A travers cette lame extérieure
on distingue le réseau ventral, dont le dessin superposé sur
le réseau dorsal, le croise de toutes manières, en demeurant
indépendant ; il forme vers la base du péristome quatre
rangées de trapèzes, qui se réduisent par degrés à trois dans
la partie moyenne et à deux dans la partie supérieure.
L'épaississement d’ailleurs n'est pas toujours parfaitement
régulier, et l’on observe ordinairement, dans toutes les
_ régions de la membrane et de la coupole, des places amincies
_ plus pâles, ou même des ouvertures irrégulières, comme LE:
arrive dans les différentes espèces de Mnium, La coupole ne
m'a jamais paru ouverte à son sommet, mais terminée
quelquefois par une pointe plus pâle, dans laquelle tous les
éléments normaux de ses deux couches se continuent en se
_ rétrécissant graduellement et en se serrant les uns contre les”
autres; souvent aussi elle se termine en un dôme parfaitement
__ plein: le sommet de ce dôme esi alors formé par un petit
cercle hyalin, où l'on distingue une plaque centrale avec
40 REVUE BRYOLOGIQUE.
cinq ou six plaques hexagonales rangées autour; plus bas un
cercle de huit hexagones inégaux colorés, qui passent
_insensiblement aux trapèzes du réseau ventral.
La structure du péristome interne est donc au fond la
. même dans le genre Cinclidium et dans le genre Mnium : ce
_ sont toujours les mêmes éléments semblablement disposés.
_ Toute la différence, c’est que dans les Cinclidiées l’épaissis-
_ sement s'étend sur toute la surface du cylindre péristomial,
et jusqu’au sommet de la calotte qui le termine : tous les
éléments de ce tissu se consolidant à la fois demeurent
soudés intimement les uns aux autres en une membrane
continue, et aucune portion du réseau ne peut se séparer
_ pour constituer des lanières indépendantes, des processus et
_des cils, comme dans les autres Mniacées. La capsule serait
ainsi demeurée complètement close, et les spores n'auraient
pas pa se disperser, si les dents n’avaient pas entraîné avec
elles la portion de la membrane qui leur était opposée pour
ouvrir ainsi des sortes de fenêtres entre les piliers.
Dans le Cinclidium subrotundum on observe une disposition
un peu différente, qui tend à se rapprocher de celle des
Fontinales. La coupole en effet n’est plus constituée dans
_ cette espèce par une membrane solide et entière; les piliers
- verticaux qui la soutiennent se prolongent, en demeurant
distincts les uns des autres, presque jusqu’à son sommel ;
seulement, dans la partie située au-dessus des dents, ils sont
_ reliés entre eux par des appendices latéraux. Ces branches
latérales et les piliers eux-mêmes sont d’une belle couleur
_ rouge; les uns et les autres semblent découpés dans la double
membrane du péristome, Remarquons d’ailleurs qu'ici les
choses ne se passent pas tout à fait comme dans la partie
inférieure: dans le bas, les intervalles vides du réseau
viennent de ce qu’une partie du péristome interne a été
entraînée par la réflexion des dents ; dans le haut, ils résultent
au contraire d’un défaut d’épaississement ; la membrane qui
forme la capsule ne s’est épaissie que sur les points corres-
_pondants aux branches et aux piliers, et le reste a été
résorbé. Tout à fait au sommet, cette disposition devient plus
obscure, et l’on aperçoit seulement quelques plaques verdâtres,
oarses et irrégulièrement reliées entre elles,
_ Cette structure singulière, qui n’est ici qu’ébauchée, atteint
admirable développement dans la famille des Fontinales.
«
FONTINALACÉES.
péristome interne des Fontinales est une espèce de filet
à mailles, en forme de cône allongé, composé de 16 colonnes
verticales, étroites et filiformes, qui sont reliées entre elles
par des branches horizontales nombreuses et à peu près équi-
REVUE BRYOLOGIQUE. A
distantes. Ce filet semble complètement indépendant des
dents extérieures, qui sont elles-mêmes, dès leur base, tout
à fait isolées les unes des autres. Ces dents forment de longues
lanières linéaires, composées chacune de deux rangées de
plaques dorsales et d’un seul rang de plaques ventrales. Les --
articles, surtout les extérieurs, sont plus allongés dans le
sens vertical qu’ils ne le sont généralement dans les Hypna-
cées ; les plaques dorsales, médiocrement épaisses, de couleur
rouge ou orangée, ne montrent pas les stries horizontales
quis’observentsisouventdans les Pleurocarpes,maisseulement
de grosses papilles ou des lignes irrégulières; les plaques
ventrales, plus fortement colorées et plus épaissies, sont
munies à leurs articulations de lamelles saillantes. Cette
structure du péristome externe rentre évidemment dans le
type général des Diplolépidées, et elle s'éloigne moins des
Hypnacées véritables que celle des genres Anacamptodon et
Fabronia. La structure du péristome interne, quoique plus
différente en apparence, peut cependant aussi se ramener
assez aisément au type normal.
Représentons-nous une membrane en forme de cône
allongé creux, composée, comme la membrane basilaire
d’une Hypnacée, de deux lames à réseau différent ; imaginons
qu’on ait dessiné à l'extérieur 16 lignes verticales, reliées par
des lignes horizontales à peu près équidistantes ; à l'intérieur
imaginons un second dessin, formé d'hexagones trapézoides
disposés en 40 ou 50 séries verticales. Supposons maintenant
que l’on découpe cette membrane en suivant les lignes du
réseau extérieur, en ne conservant qu’une bande très étroite
le long de chacune de ces lignes, et en retranchant tout ce
qui se trouve à l'intérieur des rectangles : nous obtiendrons
ainsi un filet parfaitement semblable à celui d’une Fontinale.
Il suffit done, pour expliquer la formation de ce filet, de
concevoir qu’à l’origine l’enveloppe cylindrique constituée
par l’ensemble des dents était doublée, comme cela a lieu
dans les Hypnobryacées, d’une membrane continue très
| mince, représentant les rudiments du péristome interne; celte
membrane était composée, comme dans tous les autres genres
du groupe, sur le côté dorsal, de 16 rangées de cloisons”
_ opposées aux plaques ventrales des dents, et formant avec
_ elles 16 séries verticales de cellules; sur le côté ventral, de
40 à 30 rangées de cloisons trapézoides, appartenant à une
‘autre couche de cellules qui faisait partie de la columelle. A
_ mesure que les dents s’épaississaient el se consolidaient,
_ une portion de cette membrane intérieure se consolidait
_ aussi, la malière épaississante se déposant le long des lignes
verticales et des lignes horizontales de Ja lame dorsale, sur
des bandes étroites, tandis que les portions de la membrane
_ placées en dehors de ces lignes, dans l'intérieur des rec-
42 REVUE BRYOLOGIQUE.
tangles, restaient minces et ténues, et bientôt se résorbaient.
- Ce sont donc les lignes da réseau dorsal qui ont déterminé la
direction et le lieu de l’épaississement; mais d’ailleurs sur
_ tous les points où cet épaississement s’est produit, les deux
_ lames se sont consolidées en même temps, et dans les
_ branches du treillis, à l’état de maturité, elles sont intimement
_ soudées et difficiles à distinguer.
Un examen plus détaillé du filet dans les différentes espèces
= prouve que c’est bien ainsi que les choses se sont passées.
_ Les 16 colonnes verticales, qui alternent avec les dents
extérieures, correspondent évidemment aax 16 lignes verti-
cales du péristome interne normal, celles qui dans les
_Bryacées et les Hypnacées coïncident avec les carènes; les
branches latérales qui relient entre eux ces piliers, corres-
_pondent aux lignes transversales de la couche extérieure de
la membrane, celles qui sont opposées aux articulations
_ventrales des dents, et qui dans les Hypnobryacées dessinent
_les rectangles étroits de la lame dorsale : ces lignes, dans les
_ Fontinales, sont plus éloignées les unes des autres qu’elles
ne le sont ordinairement dans les Hypnacées, parce que les
articulations ventrales des dents, auxquelles elles corres-
_pondent, sont aussi plus distantes. Les branches laiérales de
chaque rangée alternent, sur chacun des piliers, avec les
. branches de l'intervalle voisin: nous avons vu qu'il en est
toujours ainsi pour les lignes horizontales de la lame dorsale,
tandis que les trapèzes de la lame ventrale coupent la ligne
carénale par des lignes droites non interrompues.
Le filet des Fontinales représentent donc simplement le
réseau dorsal du péristome interne hypno-bryacé, épaissi et
consolidé sur toutes les lignes. Mais il fant remarquer qu'ici
la structure de la membrane péristomiale doit rester jusqu’à
son sommet ce qu’elle était à sa base, sans qu’il se produise
aucune trace de la différenciation habituelle, celle qui donne
naissance aux processus et aux cils: c’est quelque chose
_d’analogue à ce que l'on observe dans les Cinclidiées,
plus particuliérement dans le Cinclidium subrotunduw.
_ Quant au réseau trapézoide de la lame ventrale, qui se trou-
vait superposé à ce réseau dorsal dans la membrane primi-
live, il se trouve avoir à pen près complètement disparu,
r suite de la résorption de toutes les parlies de la membrane
tuées à l’intérieur des mailles. 11 n’a pas disparu pourtant
ns laisser de traces, et naturellement ces traces se trouvent
aux points où les lignes de ce réseau ventral coupaient les
lignes du réseau dorsal qui ont été conservées. Si l'on
examine les branches latérales du filet particulièrement dans
le Fontinalis antipyretica, on voit qu’elles présentent chocune
deux ou trois appendices plus ou moins allongés, placés
i nt sur leur longueur. Ce sont les points où elles
REVUE BRYOLOGIQUE. "M
rencontraient les trapèzes ventraux. Il y avait, dans le réseau
ventral, à peu près trois rangées de trapèzes pour l'intervalle
correspondant à chaque dent, sans que ce nombre eût rien
de bien fixe, et la situation des trapèzes n'ayant d’ailleurs
aucun lien régulier avec celle des rectangles dorsaux ; il en
résulte que les lignes de ces trapèzes coupaient celles des
rectangles en des points très variables, sans aucun ordre
constant. Quand on examine une coupe transversale des
deux péristomes dans le Fontinalis antipyretica, on voit très
bien ces branches du filet interne former des arcs de cercle
convexes en face de chaque dent, absolument comme dans
les Bryacées ; les piliers du filet sont placés exactement entre
les dents, sur la même circonférence; et dans chacune des
branches qui partent d’an de ces piliers pour se porter à
l’autre en entourant la dent, on distingue nettement une
couche intérieure continue, appartenant à la lame dorsale,
tournée vers la dent, et une couche ventrale, qui est au COn-
traire interrompue aux poinls où naissent les appendices : à
l'entrée de chaque appendice celte ligne ventrale devient
double et se continue ainsi plus où moins longuement en se
portant en avant vers la columelle en forme de double
cloison. Et en effet, elle représente en réalité une coupe
horizontalé de deux cloisons cellulaires verticales dont les .
bords accolés se prolongeaient primilivement dans le tissu de
la columelle. Pour bien comprendre ce fait, représentons-
nous ici le plan normal du péristome interne, tel qu'il est
réalisé ordinairement dans les Hypnobryacées ; chacune des
lignes parallèles dorsales coupe à peu près trois rangées de
trapèzes ventraux, et chacun de ces trapèzes est primitive-
ment la paroi d’une cellule attenant à la columelle ; imaginons
que cette cellule, au lieu d'épaissir seulement la partie de son
contour qui est enchassée dans la membrane péristomiale,
épaississe aussi une portion de ces parois latérales, celles qui
entrent dans le tissu de la columelle ; et enfin imaginons,
comme nous le faisions précédemment, que le système ainsi
épaissi soit coupé horizontalement suivant une tranche
mince: nous aurons précisément ces deux lignes accolées
qui constituent chaque appendice des branches. En réalité
cette structure de l’appendice résulte ici de cetle circonstance
que les parois de la couche ventrale ne se sont épaissies que
_ sur les points où elles touchaient aux lignes de la lame dorsale.
… Quelquefois cependant il arrive, particulièrement dans le
Fontinalis antipyretica, qu’au lieu des appendices ordinaires, |
_ dirigés en avant vers la columelle, il se développe aucontraire
_ des ramifications verticales qui joignent entre elles deux
_ branches voisines : c’est alors qu’un épaississement s’est
_ produit le long des cloisons ascendantes des trapèzes de la
_ couche ventrale. Fu di ME à 0 ae
A4 REVUE BRYOLOGIQUE.
ë Ces te dé réseau ventral devaient d’ailleurs conper
aussi les piliers principaux, mais d’une façon très irrégulière
et en des points qui n’ont rien de fixe; la trace de ces inter-
sections se montre aussi quelquefois, mais elle est ordinaire-
ment peu apparente, parce que les piliers sont en général
bien plus épaissis que les branches, et peu translucides.
(À suivre). PHILIBERT.
_ Bryum carinatum et B. naviculare.
Je dois à l’obligeance de l'abbé Boulay des exemplaires de
son Bryum carinatum. De l'examen de ces échantillons et de
celui du Zryum naviculare que m’a donné M. Cardot avec des
:ssins des feuilles et de lenr tissu, je conclus que le B.
naviculare ne diffère pas du type da B. carinatum. Si la des-
cription des feuilles données dans les Muscinées de la France
paraît ne pas convenir exactement au B. naviculare, c'est
_ parce que l’auteur a compris dans la description de son ee
espèce une forme allongée fructifiée se rapprochant beaucoup
du B. cucullatum, J'avais reçu de M. Payot, il y a une quin-
zaine d'années, cette même plante sous le nom de Webera
cucullata var. nova (déterminée par Schimper probablement),
-et effectivement elle est très voisine du W. cucullata qui pré-
sente assez souvent, sur les tiges stériles, des feuilles sem-
blables à celles du 2. carinatum. Voici, à mon avis, la syne 5
nymie de ce Bryum : Te
"Bryum carinatum Boulay, Muscinées de France, 1884,
p. 280; Musci Galliæ, n° 772. Z. naviculare Cardot, Rev.
Bryol., 1886, 27. 8; cymbuliforme Cardot, Rev. Bryol., 1887,
pe 22. re cucullata var, nova Herb. Payot.
T. HusNoT.
Bibliographie.
Bots ue fragment III. Von Dr. C. SANIo (Sep. -Abd, aus
edwigia 1887, H. V. VI). |
LÉ Harpidien- Bastarde.
"re voir cité quelques cas d'hybridité dans les mousses,
décrit son Dicranella heteromalla X cerviculata
. Milde Bry. ne % se Il expose ensuite les caractères
qui distin l nana les Harpidies, el les difi-
r r Ja di d pèces pu
REVUE BRYOLOGIQUE. |
c
Il décrit, dans l’ordre suivant, les formes hybrides qu'il a -
observées :
1. A. fluitans Xaduncum San.
a. amphibium.
* viride.
# filescens Ren.
**#* dolichoneuron San.
*##* pseudo alpinum San.
#* dorsale San.
. dubium San. (H. fluitans
(alpinam) Xaduncum).
. paludosum San.
** a]lpinum San.
(A continuer).
+} cæspitosum San.
à, Pseudo-Kneiflii San.
£. exannulatum San.
** purpurascens San.
{. vulgare San.
b. violascens San.
n. polycarpon San.
6, orthophyllum San. Fe
2. H. lycopodioides X fluitans
San. s
b. exannulatum San.
F, GRAYET.
Dr. E. Russow, über den gegenwärtigen stand seiner seit
dem Frühling 1886 wieder aufgenommenen. Studien an den
einheimischen Zorfmoosen. (Sep. Abzug aus der Sitzungsbe-
richten d. Dorpater Naturf.-Gesell., 1887).
En 1865, le Dr. E. Russow publia un ouvrage bien connu : É
Beiträge zur Kenniniss der Torfmoose. Depuis celte époque, :
.
l’auteur avait abandonné l'étude de la Sphagnologie, étude
qu’il vient de reprendre avec beaucoup de succès. Dans ce
nouveau travail, le Dr. Russow expose les faits nouveaux qu'il
-a observés: il admet 22 espèces de Sphaignes européennes,
qu’il groupe de la manière suivante : ME
M
a. porosa : S. fimbriatum Wils., Girgensohnii Russ., Rus-
sowii Warnst.
b. tenella : S. Warnstorfii Russ., tenellum Klingg., fuscum
Klingg.
c. deltoidea (oxyphylla) :
S. quinquefarium
Warnst., subnitens Warnst. et Russ., re Pr exp.
: IL. Papillosa.
ns megalophylla : S. squarrosum Pers., teres Angstr. :
l +.
= b. microphy
a : S. Wulfianum Girg.
_ NH. Cuspidata.
a, laciniala : $. Lindhergii Sch.
__b. erosa a riparium Angstr. :
_e. triangularia : $. cuspidatum Ehrh.
à. tenerrima : $, molluscum Brch.
(avec 4 ou 5 sous-
FE . S es | REVUE BRYOLOGIQUE.
. IV. S'ubsecunda.
Spb. cavifolium Warnst.
‘a. heterophylla : 1) subsp. subsecundum (N. ab. E.
_ ex p.) Russ. : 2) subsp. laricinum (Spruce) Russ.
8. hemiisophylla : 3) subsp. contortum (Schuliz) Russ. : À)
subsp. platyphyllum (Warnst.) Russ.
V. Truncata.
_a. mollia (megalophylla) : $. molle Sulliv. (= Mülleri Schp.)
6. rigida (microphylla) : S. rigidum Sch.
_e. tenera (fimbriata) : S. Angstrdmü C. Hart.
VI. Cymbifolia.
a. variabilia : 8, palustre L. Subsp.: 1. cymbifolium (Ehrb.)
Russ. ; 2. medium (Limp.) Russ. ; 3. intermedium Russ. ;
4. papillosum (Lindb.) Russ. | de
| +. LES : $. Austini Sull. (— imbricatum [Hornsh.]
uss.)
Les variétés et les formes des Sphaignes sont généralement
désignées par des noms lalins : l’auteur propose de les
remplacer par des dénominations empruntées, à la langue
grecque, qui se prête très bien à la formation des mots
| composés. eu
Le D" Russow donne quelques détails sur les pseudoñbrilles,
le plissement — dans la plupart des espèces — de la mem-
brane des cellules hyalines qui se trouvent à la base des
_ feuilles coulinaires, et la possibilité de l’hybridation dans les
Sphaignes. Ces faits n’avaient pas encore été mentionnés
. dans la littérature sphagnologique. |
= Le Dr Russow donne une description détaillée du S. Warns-_
torfii Russ. (—S. acutifolium var. gracile Russ.), et les prinei-
paux caractères du S. Russowii Warnst. et du S. Girgensohnii
AUS: - F. GRAVET.
Das Mikromillimeter, von KARL SCHLIEPHACRE (in Flora,
1888, Nr. 3), 12 pages. Le
Contient des observations sur le micromètre et son emploi
dans l’étude de la bryologie. OF. GRAYET.
Kryptogamen- Flora von Deutschland, Oesterreich und der.
chweiz.—Die Laubmoose von LimPricaT. & livraison, p. 449-
519, Gg. 145-157, Prix : 2 Mark 40 P£ (3 francs)
_Cette livraison contient les espèces suivantes: Fissidens
adiantoides, F. decipiens, F. taxifolius, F. grandifrons. Octo-
ceras Julianum. Seligeria Doniana, S. pusilla, S. calcarea,
REVUE BRYOLUG:QUE. 47
S. tristicha, S. recurvata. Trochobryum carniolicum. Stylos-
tegiam cæspiticium. Blindia acuta, Brachydontium trichodes.
Campylostelium saxicola. Ceratodon purpureus, C. conicus,
C. chloropus. Trichodon cylindricus. Ditrichum zonatum, D.
tortile, D. nivale, D. vaginans, D. homomallum, D. flexicaule,
D. glaucescens, D. pallidum, D. Knappi, D. Breïdleri, D.
astomoides.
DELAMARE, RENAULD el Carpor.—#lora Miquelonensis (Flore
de l’île Miquelon, Amérique du Nord). Un volume in-8° de
80 pages, 1888. Prix : 2 fr., chez les auteurs F. Renauld,
commandant du Palais, à Monaco, et J. Cardot, à Stenay
(Meuse).
On trouve dans cet ouvrage une description de l’île et une
énuméralion systématique avec notes descriptives des Pha-
nérogames, Cryptogames vasculaires, Mousses, Sphaignes,
Hépatiques et Lichens. La partie bryologique comprend 96
Mousses, 11 Sphaignes et 37 Hépatiques, avec un grand
nombre de variétés et de notes très intéressantes. Fa
N. C. Kinpgerg. — Enumeratio Muscorum (Bryineorum et
Sphagnaceorum) qui in Groenlandia, Islandia et Færoer
occurrunt. In-8° de 14 pages, 1858.
L'abbé Hy. — Quatrième note sur les herborisations de la
- Faculté des Sciences d'Angers. In-8° de 20 pages, 1887.
Les recherches consignées dans celle note se rapportent
au Barbula Guepini, qui serait probablement une hybride, et
aux Schistosteqa osmundacea, Dilæna Lyelli, Thuidium reco-
goitum, Hypnum crassinervium, anomodon attenuatus, Rha-
comitrium protensum, Scapania uliginosa, Jungermannia
inflata, J. anomala, Sphagnum rigidum, Atrichum augus-
tatum, Jungermannia connivens, J. setacea, Sphagnum mok-
luscum, Ptychomitrium polyphyllum, etc.
A. Borrinr. — Appunti di Briologia Toscana, seconda serie
(Nuovo Giornale Bot. Iial.; 1888, vol. XX, n° 2, p. 298-303. —
Enumération de 44 mousses avec l'indication des localités où
elles ont été récoltées. is
P. Pia e A. Borrini. — Prime Muscinee dell appennino
Casentinese (Nuovo Giornale Bot. 1 vol, XX, n°2, D 327 |
399. — Ce Mémoire contient 73 mousses et 12 hépatiques,
“aucune sphaigne. | +5 .
Notice nécrologique.
: _ La bryologie francaise vient de faire une perte sensible <a
_ dans la personne du D° E. Jeanbernat, qui a succombé à
_ Toulouse le 14 mars dernier, à l'âge de 53 ans, précédant de Le
48 REVUE BRYOLOGIQUE.
_ quelques jours seulement dans la tombe son ami, M. Timbal-
Lagrave, si connu par ses travaux en phanérogamie. Le
Dr Jeanbernat avait fait à Toulouse ses études de médecine,
_ mais, entraîné par son goût pour l’histoire naturelle, il s’occupa
_ de géologie et de botanique et obtint ie diplôme de licencié.
| La bryologie l’attira de bonne heure, et, à une époque où
_ cette science ne comptait en France que de rares adeptes, il
publiait un Catalogue des mousses du Tarn dans la Flore de
Martrin Donos. Il entreprit ensuite avec M. Timbal la révision
de la Flore des Pyrénées, révision dont les résultats sont
consignés dans deux belles monographies : « Le Llaurenti et
Le Capsir », où les mousses ne furent pas négligées. Une.
_ troisième, « Les Corbières », devait suivre bientôt, lorsque
la mort est venue surprendre à la fois les deux auteurs avant
l’achèvement définitif de leur œuvre. En 1878, le D° Jean-
bernat et moi avions formé le projet de reprendre l’étude de …
Ja bryologie des Pyrénées déjà commencée par Spruce, Zet-_
terstedt, Schimper, Goulard, Husnot, etc., et de l’étendre à
_ toute la chaîne, Ce travail présentait de grandes difficultés
_ matérielles que je n'aurais pu surmonter sans le concours
dévoué de mon collaborateur qui n'épargnait pour cela, ni
son temps, ni ses forces. Doué d’une grande activité el
observateur très perspicace, il parcourait incessamment les
_ parties les plus inconnues de la chaîne que je n'avais pu
visiter moi-même, et ne reculait pas devant une installation
de plusieurs jours sous la tente dans les régions inhospita-
_ lières des hauts sommets, afin de mieux étudier leur végé-
tation. Fe
Dans l'intervalle le D Jeanbernat publiait sa Florule bryo-
logique des environs de Toulouse. Depuis plusieurs années
ses fonctions municipales avaient absorbé ses loisirs, et, aux
regrels que me cause la perle d’un ami, se joignent ceux de
le voir disparaître avant d’avoir pu iracer Ini-même le récit
de ses excursions bryologiques dans le vaste pays d’Aran et
presque loute la moitié orientale des Pyrénées.
se F. RENAULD.
»
Nouvelles.
M. Corbière, professeur au lycée de Cherbourg, recevrait,
vec reconnaissance, des échantillons bien fructifiés de Fossom-
bronia, déterminés ou non. En échange, il offre aux botanistes
français ou étrangers : Calypogea ericetorum Raddi, Lepidozia
tumidula Tayl., Frullania fragilifolia Tay1. ,—Fissidens algar-
_ vicus Solms, L., Trichostomum littorale Mit., et autres raretés.
Le professeur Demeter à trouvé le Cynodontium schisti en
ie; il m'envoie, pour le prochain n°, une note au sujet
45 ANNÉE
REVUE BRYOLOGIQUE
x
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 4.
Anthoceros Husnôti. Srepmant. — Études sur le péristome (Suite).
PæiuiBerr. — Cynodontium Schisti, Deuerer. — Bibliographie. —
Nouvelles. | 2er
Anthoceros Husnoti Stephani, n. sp.
Monoicus, majusculus, crassus, ex centro radicante sab-
erectus; frons usque ad medium incisa, lobuli cuneiformes,
concaviusculi, palmatium divisi, laciniis substrictis, angusle
linearibus, pro more integris (latiores iteratim inciso-lobatae).
Frondis centrum laxe cavernosum in laciniaruom texturam
solidam sensim transiens; lobuli primarii ad basin circiter
16 cell, (altil.) in sectione transversali ostendunt, versus
marginem duplo tenuiores, margine ipso subito ad unam
cellulam reducti. FORES D Pda e
Involucra ad basin laciniarum singula, i. e. haud gemi-
natim approximata, cylindrica, apicem versus leniter angus-
tata, 3% Jonga, 0,50w" lata, superficie laevi, pariete basi
| cavernoso. nr
é Capsula bulbo magno sphaerico inserta, 3°" longa, valde
_ stomatifera. Sporae 0,033, facie convexa setoso-papillatae
nigrae. Pseudo elateres longe articulati sine fibra spirali.
| Antherarum cavitates duae ad basin involucñi, antherae
""péinalne. ARE pond
7 Hab. Gallia, il solo argilloso humido prope Mesnil-Hubert
leg. T. Husnot. è rs | te
| Cette espèce ressemble beaucoup par sa fronde dressée à
l'A. punctatus qui en diffère par ses capsules géminées beau-
_ coup plus courtes, sa fronde plus petite, beaucoup plus
mince et couverle de nombreuses petites lamelles. L’A.
: Hasnoti est peut-être assez répandu en France où il aurait
été confondu avec d’auires espèces; j'ai reçu des exemplaires
| EVUE BRYOLOGIQUE.
très semblables de M. Berthoumieu et aussi de diverses loca-
lités de la France méridionale, muis ils étaient mal préparés
et je n’ai pu les déterminer.
à F,. STEPHANI.
Etudes sur le Péristome.
; _ Septième article (suite). Le péristome interne : ses
se variations.
_ Dans le genre Dichelyma, qui appartient évidemment au
nême type, on peut observer certains détails qui confirment
cette explication de la structure des Fontinales, en même
temps que l’on constate tous les passages par les quels cette
structure se relie à celle des Hypnobryacées, particulière-
a celle des genres Fabronia, Anacamptodon et Ortho-
SAUS ee ie à de de :
Le péristome externe des Dichelyma n’est pas toujours
facile à bien analyser, soil à cause des grosses papilles qui
l'obscurcissent souvent, soit à cause de la division des dents
sur leur ligne médiane, qui dissimule quelquefois la véri-
table disposition des plaques. !l est bon de l’observer d’abord _
dans les espèces où les dents sont plus ordinairement en-
ières ou plus translucides, par exemple dans le Dichelyma
cens. On distingue alors aisément les articulations
rales plus épaisses, remarquablement éloignées les unes
utres, qui coupent ia dent dans loute sa largeur; le
éseau dorsal est plus fin, plus ténu, mais on en aperçoit
18 moins nettement ses lignes transversales généralement
lus rapprochées que les ventrales, avec lesquelles elles
nent : elles ne coupent chacune qu'une des moitiés de
dent, et elles sont reliées entre elles par des lignes mé-
es verticates de même aspect; les deux couches sont
ailleurs très minces el à peu près dépourvues de lamelles, |
omme dans les genres Anacamptodon et Fabronia. Si l'on
e ensuite les Dichelyma falcatum et capilllaceam, on
naîtra sans peine, malgré la division des dents, qui fait
aitre les lignes médianes et la forme arrondie des art
que la structure est au fond la même, et qu’elle rentre
conséquent dans le type des Diplolépidées. Quant ou
REVUE BRYOLOGIQUE, 51.
vues d’appendices. Dans le Dichelyma capillaceum ce filet
ne se montre que dans la partie supérienre du péristome ;
dans loute la partie inférieure les piliers sont nus ou portent
seulement de temps en temps des branches courtes qui
n'arrivent pas jusqu'au pilier voisin. Dans le Dichelyma
pallescens le filet manque presque complètement, bien qu’on
en retrouve encore de temps en temps quelques traces vers
le sommet; les piliers présentent ane structure très analogue
à celle que nous avons constatée dans les cils des Ortho-
trichs. On distingne d’abord très nettement dans chacun
d'eux une ligne verticale médiane, droite et continue, de
laquelle partent, à droite et à gauche, des lignes horizon
tales, coupant chacune la moitié du pilier : ee sont les rudi-
ments des articulations dorsales, tels qu’on les observe dans
les Orthotrichum pallens et stramineum. Mais en outre on
voit assez souvent un second réseau, superposé à ce réseau
dorsal, consistant en une ligne sinueuse, semblable à celle
-que l’on observe dans les Orthotrichum affine et speciosum,
qui dessine les bords d’une des rangées trapézoides de la
lame ventrale, et qui coupe irrégulièrement par places la
ligne médiane : c’est que celte ligne médiane s’est trouvée
_ accidentellement placée sur la limite de deux rangées de
_ trapèzes de la couche intérieure, Dans le Dichelyma eapilla-
_ ceum on peut souvent aussi constater l'existence de ces deux
sortes d’articulations, les unes coupant le pilier dans toute sa
_ largeur et appartenant par conséquent à la lame ventrale, les
_ autres partant de la ligne médiane et ne coupant qu’une des
moiliés du pilier, appartenant par conséquent à Ja lame dor-
sale, comme la ligne médiane elle-même, et alternant sur
cette ligne avec les articulations homologues de l'intervalle
voisin; et l’on peut constater que ce sont précisément ces.
articulations dorsales qui forment les branches latérales du
treillis. : Sr te
Le péristome si spécial en apparence des Fontinalacées a
donc son origine dans une membrane constituée à l'état
jeune exactement comme la membrane basilaire des genres
= Hypnum et Bryum : toute la différence résulte de la ma-
_ mière dont l’épaisissement s’est réparti sur les divers points
2: A CUS MONA. 0 Ua ui un
Cette structure a donc pu dériver de celle des Hypnacées
_ de la même manière que celle des Cinclidiées est dérivée des
_ Mniacées. Pour les Cinclidiées aucan doute n’est possible : Ja
__ ressemblance si complète de leur système végélalif avec celui
du genre Maiur suffirait à elle senle pour établir leur proch
parenté; et d'ailleurs l’étroile affinité des péristomes
évidente d'elle-même, quand on les considère dans leu
inférieure. D'un autre côté dans le Cinclidium subro-
la strucinre de la coupole devient si semblable à
REVUE BRYOLOGIQUE.
celle des Fontinales, qu’il faut nécessairement voir là deux
volutions analogues, parties du type normal des Hypno-
yacées, et aboutissant, quoique par une marche séparée,
\ des résultats presque identiques. Une troisième évolution
du même genre paraît s'être produite dans les Orthotri-
chacées, donnant naissance au péristome si singulier de
l'Orthotrichum callisiomum ; du reste, on observe déjà des
traces de cette évolution dans l’Orthotrichum leucomitrium,
dont les cils sont quelquefois unis entre eux par des branches
latérales. si ; Fiee Le
La famille des Fontinalacées, en y comprenant les Diche-
yma, doit donc garder sa place dans le groupe des Hypno-
bryacées. Les genres Cinelidotus et Scouleria, que quelques
auteurs en ont rapprochés, mais à tort, appartiennent
contraire au groupe des Aplolépidées. | SE,
e péristome du Scouleria aqualica est remarquable. Il
ose de 32 dents bien distinctes, larges, linéaires et
btuses, qui ne se groupent nullement en 16 paires, mais
qui souvent sont toutes reliées entre elles vers leur base par
les restes de la membrane primitive dont elles se sont
formées : on voit très bien alors les plaques dorsales, qui
forment une seule rangée dans chacune des 32 dents, partir.
d'une ligne verticale hyaline sur laquelle elles alternent avec
es plaques de la dent voisine : ces plaques sont étroites dans
sens de la hauteur, rectangulaires et épaisses avec des
elles saïllantes en dehors, lisses et d’un beau rouge,
ables à celles de beaucoup de Grimmia ; la lame ven-
rale très mince présente un réseau d’hexagones trapézoides
qui double ceite couche dorsale, et qui rappelle par son
aspect la couche ventrale du péristome interne dans le
ryacées; il. y a ordinairement pour la largeur de chaque
ent deux ou trois rangées de ces hexagones; la situation de
séries ventrales parait d’ailleurs tout à fait indépendante
le celle du réseau extérieur, de telle sorte que chacune des
ignes verticales de la couche dorsale coupe ordinairement
me des séries de trapèzes ventraux, soit vers son milieu, soit
us près de l’un de ses bords : chaque rangée ventrale se
tinue ainsi sans se modifier sur la surface interne de
celui des
#08
plus allougés et par suite moins nombreux dans le sens hori-
zontal. Le péristome se divise ensuite en une mallitude de
branches, plus ou moins anastomosées entre elles, surtout
> dans le bas, sans que le nombre des divisions correspondant
à chagne rangée de rectangles dorsaux ou ventraux paraisse |
avoir rien de fixe, et même le nombre total ües branches et
des dents semble aussi difbcile à bien déterminer. C’est sur-
tout par cette indétermination du nombre des divisions péris-
tomiales que ce genre se distingue des Barbula, où la strue=
ture est la même, mais avec un nombre constant de 32 bran-
ches bien régulières. Même dans le Barbula Brebissoni qui
est peut-être plutôt un Cinelidotus, le nombre des divisions …
du péristome n’est pas rigoureusement égal à 32, et elles
= sont d’ailleurs aussi anastomosées. D'un autre côté, dans
certains Grimmia, par exemple dans le Grimmia tergestina.
les dents sont partagées en branches irrégulières et anasto-
mosées, de nombre variable, Il semble donc que le genre
… Cinelidotus représente nne transition entre le type des Grim-
_ miacées et celui des Barbulaicées. Fu
De toute manière, il n’a, non plus que le genre Scouleria,
aucune afBnilé naturelle avec les Fonlinales, et une classifi-
cation qui réunirait loutes ces mousses dans un même
groupe serait purement artificielle.
REVUE BRYOLOGIQUE.
TimMrACÉES.
Toutes les formes de péristome interne que nous avons
examinées jusqu'ici se composaient essentiellement des
_ mêmes éléments disposés dans le même ordre, mais diverse-
ment et inégalement épaissis, de manière à caratériser
= structure des différentes familles : dans quelques-unes, pa
exemple chez les Orthotrichacées, ces éléments, considéré
dans le fruit mur, constituent des lanières, libres dès leur
base, qui alternent avec les dents; dans le plus grand nom-
bre, dans presque toute l'étendue du groupe Hypnobryacé,
ils demeurent soudés entre eux sur une hauteur plus 0
_ moins grande en une membrane continue, la partie supé-
_ rieure seulement se divisant en lanières alternes avec les
” denis et en cils qui leur sont opposés ; enfin dans les Cincli
_ diées et les Fonlinalacées la structure de la partie basilaire
_ prolonge jusqu’an sommet, soit que tous les éléments d
_ péristome interne demeurent réunis en une membrane con-
_tinne, soit qu’ils se résorbent par places pour former un
treillis à mailles ouvertes; mais en somme, malgré ces appa
rences si variées, le plan primitif n’était pas changé.
| nous reste à étudier deux familles où la disposition
éléments du péristome semble davantage se modifier, les
ï
REVUE BRYOLOGIQUE.
di Are sitèdties aux dents disparaissent tout à fait, pour ne
plus laisser subsister que celles qui leur sont opposées.
Ce changement n’a encore que peu d'importance dans les
Timmiacées. Dans cette famille, en effet, la membrane basi-
laire, bien développée, demeure encore exactement ce qu’elle
est dans les Bryacées ; la partie supérieure du péristome est
seule modifiée.
Le péristome externe, du genre Timmia est semblable à
celui du genre Mnium. Les dents, grandes et larges, laissent
pendant entre elles des intervalles, dans lesquels on peut
souvent apercevoir les vestiges des cloisons hyalines dont
elles se sont formées; l’épaisissement de ces cloisons, qui à
donné naissance aux plaques de chaque dent, s'étant arrêté
-en effet un peu avant la carène qui limite deux dents voisines,
_les laques se continuent latéralement par un bord mince et
byali in qui se prolonge jusqu’en face de celte carène et se
termine là par une ligne verticale opposée à la ligne corres-
pondante du périsiome interne. Les articulations” de la cou-
che ventrale des dents sont nombreuses ct très rapprochées ;
aques simples, épaisses et bien lamellifères. Les pla-
ques dorsales, disposées sur deux rangs, sont couvertes, dans
la moitié inférieure de la dent, de ponctuations fines, peu
distinctes dans le Timmia austriaca, plus saillantes et plus
visibles dans les Timmia mega politana et bavarica, où elles
paraissent assez souvent former des stries horizon! ales; la
noilié supérieure des dents est blanchâtre, hérissée de
sses papilles très saillantes et disposées en lignes ver-
ventes,
Le péristome interne présente dans sa moitié inférieure
e membrane constituée comme celle des Bryacées. Sur la
me dorsale 16 lignes verticales bien distinctes forment les
carènes, et des lignes horizontales très longues, bien paral-
èles, vont d’une carène à l'autre, alternant sur chaque ligne
icale avec les lignes homologues de l'intervalle voisin.
ignes horizontales sont ici très rapprochées, parce que
articulations des dents auxquelles elles corresponden
it nombreuses et serrées.
: réseau ventral présente une certaine diversité dans les
spèces du genre. Chez le Timmia bavarica on distingue,
“intervalle de deux carènes, quatre rangées de tra-
lus FéRulBres qu’elles ne le sont ordinairement dans
: les lignes verticales qui les limitent ne son
s sinueuses ; celles de ces lignes qui sont placées
carènes demeurent néanmoins distinctes de ln ligne
continue de couper une des rangées de
s souvent tout près d’un de ses bords. Ces trapèzes
s verticalement, deux où {rois fois aussi hauts
cs
leurs lignes horizontales sept ou huit rectangles de la couche
dorsale. À mesure que l'on approche du haut de la mem-
brane basilaire, ces quatre rangées semblent devenir de plus
en plus régulières et égales entre elles, et chacune d'elles se
prolonge ensuite en un cil; les quatre cils ainsi formés se
placent généralement en face de la dent à des distances
égales les uns des autres ; chacun d'eux semble formé par le
milieu d’une des rangées verticales de trapèzes, qui s'est
épaissi, tandis que ses bords, de chaque côté, étaient ré-
sorbés. ee
Dans le Timmia austriaca, les rangées de trapèzes, surtout.
vers le bas de la membrane, semblent plus irrégulières et
plus inégales. Dans le Timmia megapolilana, on ne trouve
souvent, en face de chaque dent, que deux rangées, dont
chacune paraît produire ainsi deux cils, découpés à droite et
à gauche dans sa largeur. Ces cils, d’ailleurs, sont toujours
disposés de la même manière, quatre en face de chaque dent,
_ mais il semble que les deux cils qui sont nés d’une même
rangée de trapèzes, aient une tendance à s’unir entre eux à
leurs articulations. ie
Ces cils sont composés, comme la membrane, de deux
couches, qui s’épaississent considérablement, surtout vers le
milieu de leur largeur, à mesure que celle largeur devient
plus petite. La couche dorsale est hérissée de grosses papilles
la couche ventrale est lisse, Dans le Timmia ausiriaca, elle :
creuse à ses arliculalions, pour se relever entre elles en un
_ sorte de tranchant parfaitement uni. Dans les Timmia mega-
- politana et bavarica, ses articulations sont nodulenses, mais,
_ en outre, on observe entre elles des appendices plus où mo
allongés. Ces appendices sont dirigés du côté opposé à cel
de la dent; on en compte ordinairement deux ou t
entre deux articulations coutiguës. Dans le Timmia megapo-
__ Jitana et dans les variélés alpines du Timmia bavarica, ils
sont très développés, rameux à leurs exlrémilés, et l’on voit
quelquefois les rameaux de deux appendices voisins $’uni
entre eux, de manière à conslituer des mailles fermées. Je
_ observé, dans la forêt de la Ste-Beaume, en Provence, un
_aûire forme, voisine du Timmia bavarica, où ces appendic
sont, au contraire, courts et simples, semblables à des épin
__ cette forme se distingue, en outre, par ses dents, munies da
leur partie inférieure, de papilles plus grosses et plus sa
Japtes, sans aucune trace de striee.
… Quoiqu'il en soit, ces appendices
REVUE BRYOLOGIQUE.
qui semblent propres à
ce genre, ont cerlainement une aulre origine que ceux dt
genre Bryum, puisqu'ils ne parlent pas, comme ces derniers
des articulations de la couche ventrale des cils. Il faut pro
bablement les considérer comme des vestiges d’un tissu spé-
cial, composé de cellules plus petites et plus serrées, qui
Do REVUE BRYOLOGIQUE.
tendrait à se développer, en dehors du péristome, dans l'in-
térieur de la troisième couche dont il s'est formé. Nous avons
éjà constaté l'existence de cloisons accessoires du même
genre dans les dents des Splachnum et dans celles du Bryam
pendulum et des espèces voisines ; mais elles se dévelop-
paient alors dans la couche de cellules commune aux deux
_péristomes, tandis qu’elles semblent se produire ici dans Ja
couche plus intérieure qui fait partie de la columelle.
. Mais, en dehors de ce fait, dont la signification esl encore
obscure, et, en considérant simplement le péristome du
Timmia austriaca, on voit qu’il diffère de celui des Mnium
par un seul point essentiel : les lanières qui se forment dans
la partie supérieure du péristome interne, au lieu de venir
se placer, les unes, plus larges, dans les intervalles des dents,
les autres, plus étroites, vers leur milieu, deviennent au con-
traire égales, équidistantes, disposées régulièrement quatre
quatre en face de chaque dent. En somme, le iype peut
ncore être considéré comme le même que celui des Hypno-
yacées, puisque la membrane basilaire et les dents conser-
nt exactement la même structure. #
FUNARIACGÉES.
La différence devient bien plus marquée chez les Fanaria-
cées. Là, du moins, à la maturité du fruit, l’on ne trouve
plus dans le péristome interne, ni membrane basilaire, ni
ènes saillantes, point de processus alternant avec les dents,
int de cils analogues à ceux des Bryacées, mais seulement
6 lanières, de forme généralement triangulaire, opposées
aux dents, et libres à peu près dès leur base. te M
Les dents extérieures sont, d'ailleurs, construites sur le
même plan que celles des Bryacées et des Hypnacées, quoique
l’aspect et les détails soient assez différents : une seule rangée
e plaques ventrales, larges et généralement assez hautes,
u serrées, assez épaisses el munies de lamelles bien sail-
ntes ; deux rangées de plaques dorsales, plus hautes encore,
rticulations plus distantes, assez minces, et souvent ornées
ou
rnes
FM
et, dans le haut, elles deviennent ordinairement filiformes.
: Si, maintenant, l’on examine de plus près la structure de ces
_ lanières, l’on reconnaît qu’elles sont formées, comme dans
les autres familles, de deux lames soudées emre elles, dont
le réseau est plus ou moins visible suivant les espèces. Le
réseau dorsal est semblable à celui des Bryacées : il se com-
pose de lignes horizontales, correspondant aux lamelles des.
dents, qui dessinent des bandes parallèles étroiles en même
nombre que les articles ventraux du péristome extérieur ;
seulement, l’on ne voit pas ici ces lignes se ratlacher à des
carènes verlicales; elles sont coupées obliquement par les
= bords de la lanière, et les bandes qu’elles limitent diminuent
ainsi progressivement de largeur, Le réseau ventral, qui, dans
__ plusieurs espèces, par exemple, dans le Funaria calcarea, est
souvent le plus apparent, se compose de deux rangées de
mailles, plus hautes que les mailles dorsales, qui ne sont pas
séparées par une ligne médiane droite et continue, mais qui
_alternent entre elles d’une façon assez irrégulière. Dans cette
espèce, on peul compter dans chacune des deux rangées ver-
ticales 6 à 7 mailles ; dans le tiers inférieur de la dent, elles
ont la forme de rectangles trapézoïdes, plus larges que hants,
les deax rectangles adjacents étant ordinairement très iné-
_ gaux, et celte inégalité alternant d’un étage à l’autre de telle
sorte que la ligne divisurale du premier étage se trouve assez
_ éloignée de celle du second, et ainsi des autres ; ces lignes
_ sont d’ailleurs généraiement obliques; dans la partie moyenne,
les articles deviennent plus bants que larges, en forme de tra-
pèzes triangalaires, les lanières se rétrécissant rapidement ;
et, enfin, dans la partie supérieure, il n’y a plus qu’un seul
rang d'articles filiformes. A travers ce réseau, on aperçoit,
par transparence, les lignes horizontales de la lame dorsale
plus fines, plus rapprochées les unes des autres, bien paral-
lèles, qui coupent la lanière dans toute sa largeur: ces lignes
= sont opposées aux articulations ventrales du périsitome exté-
_ rieur, et, si l’on examine une capsule encore fermée, l'on voit
souvent les lamelles des dents se rattacher par leurs exiré-
_ milés aux lignes dorsales des lanières internes.
= Dans le Funaria hygrometrica les articulations des dents
= sont plus nombreuses, et les lignes dorsales du péristome
interne sont par suite plus rapprochées ; mais le réseau ven
tral est toujours le même, formé de deux séries de lignes
__ horizontales allernantes, qui se continuent et se relient entre
_elles par des lignes verticales sinueuses; et en somme ce
_ réseau ressemble singulièrement au réseau dorsal du péris-
_ tome extérieur, de telle sorte qu’en relournant une des dents
on obtiendrait une structure tout à fait analogue à celle
_ d’une des lanières internes. Par leur aspect et leur consis-
tance ces lanières sont d'ailleurs souvent très semblables
REVUE BRYOLOGIQUE.
58 REVUR BRYOLOGIQUE.
_ aux dents extérieures, elles présentent aussi assez souvent
des stries verticales ; il serait par conséquent assez naturel
de les appeler des dents intérieures, en réservant le nom
de processus pour les divisions des Hypnobryacées, dont la
structure est au contraire très différente de celle des dents, et
qui occupent une tout autre place dans le plan du péristome.
= Letype du péristome interne dans les Funariacées semble
= donc bien distincte de celui des Bryacées, quand on consi-
_ dère le fruit à l’état de maturité; mais si l’on examine une
capsule plus jeune, et si l’on remonte à l'origine même de
cette structure, on reconnaîtra qu’on fond le plan primitif
n’a pas changé. Prenons, par exemple, une jeune capsule de
. Funaria hygrometrica : les deux péristomes sont constitués
_ par deux enveloppes coniques en voûte surbaissée, qui enfer-
nent 16 rangées longitudinales de cellules closes; qu'on
opère une coupe horizontale vers leur base : on apercevra,
comme dans les genres Mnium et Bryum, un cercle de 16
grandes cellules en forme de cavités elliptiques. La circonfé-
ice extérieure qui les limite est formée par les 46 dents,
rges et déjà colorées, qui laissent entre elles des intervalles
étroits; mais chacun de ces intervalles est rempli par une
_ membrane hyaline et ténue, qui continue latéralement cha-
que dent et qui la rattache à une ligne verticale bien visibl
placée au milieu de cet intervalle; de cette ligne verticale
partent de petites lignes horizontales qui continuent la direc-
lion des lamelles ventrales ; enfin sur le dos de la dent il est
souvent facile de distinguer le réscau de la couche dorsale,
formé de lignes transversales alternantes, que relient entre
clles des lignes médianes. En face de la ligne verticale
xterne, à une distanee très rapprochée, et se confondant
presque avec elle, se trouve la ligne verticale correspondant
du péristome interne, à laquelle le cercle intérieur vient se
rattacher, formant ainsi 16 plis en carènes peu prononcées
n face de la dent la membrane interne présente une con
vexité légèrement saillante, les deux cercles ne s'écartant
jamais beaucoup l’un de l’autre. Dans la cavité tubulaire
si formée, l’on apercoit les lamelles horizontales des
nts, qui viennent se rattacher aux lignes dorsales du péri
me intérieur, Celte charpente, très visible à la base de
ux périsitome, se conlinue , mais d’une manière plus
seure, dans toute leur longueur : il y a donc originaire-
1, dans toute l'étendue du cône péristomial, deux enve-
»ppes membraneuses, reliées entre elles par 46 plis curéné
par 16 séries de cloisons horizontales. Mais tous les él
ments de cette charpente membraneuse ne s’épaississent pa
REVUE BRYOLOGIQUE. Du
ment égale à peu près dans les deux tirs inférieurs; une
bande étroite sur les bords démeure seule hyaline et ténue,
pour se résorber à la fin ; plus haut cette bande non épaissie
augmente de largeur, tandis que la partie colorée et conso-
lidée se rétrécit progressivement, Mais il se produit alors un
fait assez remarquable : les lamelles, qui représentent les
cloisons horizontales des cellules primitives, épaissies et sou-
dées à la dent, ont dans la partie inférieure une largeur
égale à celle de la dent elle-même ; mais dans la partie supé-
rieure elles continuent de s’épaissir à peu près sur toute leur
largeur, alors même que les cloisons verticales qui forment
Je corps de la dent ne s’épaississent plus que sur un étroit
espace ; il en résulte des appendices latéraux, très saillants
dans cette espèce, mais visibles aussi dans plusieurs autress
tout à fail au sommet ces appendices demeurent souvent
attachés les uns aux autres, reliant ainsi les dents en un
petit cône terminal, Pendant ce Lemps, le cercle opposé, qui.
constitue le périslome interne, s’est épaissi de son côté,
mais seulement sur une partie de la largeur de chaque série
de cellules : à la base l’épaississement à porté sur toute
l'étendue de cette largeur ; mais la zône épaissie se rétrécit
graduellement de bas en haut, et à la fin elle se réduit à une
languette filiforme : tout le reste est résorbé. La lanière ainsi
consolidée, de forme triangulaire dans son ensemble, con-
tinue encore pendant longtemps d’adhérer aux lamelles de
la dent qui lui est opposée; dans les Funaria hygrometrica
_et calcarea, on peut aisément constater cette adhérence, en
observant des coupes de la capsule jeune ; à la fin cependant
les deux péristomes se séparent, et c’est seulement che
quelques espèces, comme Îles Funaria æquidens et micros
_loma, que leur adhérence persiste jusque dans les capsule
mûres. HS |
Le plan primilif du péristome est donc le même ici dans
son ensemble que chez les Bryacées; il esl aussi à peu près
le même dans les détails. Les plaques et les lamelles des
dents sont disposées exactement de la même manière. Le
réseau dorsal du péristome interne est conslitué égalemen
par une série de rectangles opposés aux plaques ventrale
des dents et qui leur correspondent régulièrement dans
_ l’origine. Son réseau ventral est composé de deux rangées
de trapèzes placées en face de chaque dent, et représentan
les cloisons extérieures des deux séries de cellules columel-
Jaires; ces deux rangées de trapèzes se terminent de chaque
_ côté à peu près sur la ligne carénale, où du moins sur des
points très rapprochés de cetle ligne ; en examinant le péri
_ lome près de sa base, on peut quelquelois apercevoir les
_ lignes qui limitent ces trapèzes, placées lont à fait à côté de
__ Ja carène dorsale; mais plus haut toute la partie de ces
REVUE BRYOLOGIQUE.
mailles trapézoïdes qui se Lrouvait près des carènes a dis-
, ainsi que les carènes elles-mêmes, et l’épaisissement
n'a porté que sur la zône médiane, ne consolidant ainsi
qu’une portion de plus en plus étroite des deux rangées, de
chaque côté de la ligne serpentine qui les sépare, jusqu” à ce
u’enfin près du sommet il ne se conserve plus qu’une seule
rangée, la seconde ayant complètement disparu : la lan-
guette filiforme qui termine ainsi la lanière interne se trouve
ordinairement placée sur un des côtés de la pointe de la
dent correspondante, sur le côté opposé au sens de la
pirale : la torsion semble diminuer en effet de Fextérieus à
l'intérieur. é
(A nt ines PHILIBERT.
Cynodontium S'chisti (Wahlenb. ) Lindb. en Lie
oilà une préciense nouveauté pour la flore bryologique
ongrie. J'ai découvert cette espèce associée aux Junger-
annia exsecta SCHMID. gemmipara, pl. et® et Zrichostomum
tenuirostre (Hook. et TAYL.) Lis. c. fr., sur la terre qui recou
_vrait un tronc de sapin pourri, près de Palota-flva (Maros
. Porda) alt. 610%, le 20 juil. 1886. D'après ce que je sais, c’est
la station la plus orientale où cette mousse ait été observée
dans l'Europe centrale.—Aux stations indiquées par M. Lim-
RICHT dans RABEnHorsT's Krypt.-Fl., 2° éd., IV, p. 282, il
faut en ajouter encore une, savoir : Styrie méridionale : St.
lichael près de Prassberg en d’alt.), 25 avr, due 4e
BREIDLER.
; A es 26 janv. 1888... Ch. DENETER.
| Bibliographie.
numeratio Érpéieuron exoticarum ‘quam alphabetice d La
a N. C. KINDBERG. LinkϾping, 1888. | :
L'ouvrage, comme son litre l'indique, doit contenir v n
ération par ordre alphabétique des mousses exotiques, a
nbre d'environ 6,500 espèces, L'ouvrage complet coût
—= 16 sh. — 16 mks.). Il n’en sera publié que cent
plaires. — Ci eZ Ds Fred. PAR ERS é ge
REVUE | BRYOLOGIQUE. MR jo
Le célèbre sphagnologue allemand expose d’abord ses
principes sur la valeur des espèces dans le genre Sphagnum,
principes qui l'ont amené à admettre le démembrement du
Sphagnum acutifolium d’'Ebrbart, Il classe les espèces dece
groupe de la manière suivante :
A. Partie supérieure des feuilles caulinaires à membrane
cellulaire entièrement résorbée.
4,8. fimbriatum; 2, S. Girgensobnii, ns
B. Feuilles caulinaires ne présentant pas de membrane
cellulaire complètement résorbée et par suite ordinairement
dentées au sommet.
3, S. Russowii ; 4, S. fuscum ; 5, S. tenellum; 6,$S. Warn-
storfit; 7, S. quinquefarium; 8, S. acutifolium; 9, S. subni-
-tens; 10, S. molle. L'auteur donne ensuite la synonymie et
Ja description très détaillée de ces espèces, L'ouvrage est
accompagné de deux planches représentant des coupes trans-
_ versales de feuilles raméales et les feuilles caulinaires et
raméales des espèces décrites. F. GRAvET.
WARNSTORF, C. E’uropæische Torfmoose, série 1, 1888.
Sous ce litre, M. Warnstorf publie une collection de sphai-
gnes d'Europe qui, sous tous les rapports, ne laisse rien à
_ désirer. Les échantillons sont parfaitement préparés et placés
_ dans des enveloppes de papier. Les étiquettes contiennent
_ non seulement le nora el la description des différentes formes,
_ mais encore des dessins de feuilles et de coupes transver-
_ salles de feuilles raméales, Cette première centurie renferme
de nombreuses formes des espèces suivantes : S. fimbriatum
Wils., Girgensobnii R., Russowii W., fuscum Ki,, tenellum
KI, Warnstorfi R., guinquefarium W.; acutifoliom Ebrb.
A P., subnitens R. et W., riparium A., obtusum W., recur-
vum P. B., laxifolium C. M, squarrosum Pers., teres A,
_laricinum Spr., platyphyllum Sull., Pylaiei Brid., cymbifo-_
Jium Ehrh. incl. papillosum Lindb., medium Lips. et.
imbricatum Hornsch.
Chez l’auteur, à Neuruppin (Allemagne). Prix de la Ar sé
A rie : 25 m. ou 31 fr. 25. : F. GRAVET.
nu ae Abatounte. resp. physiologischen sd ie
_ Anatomie der Torfmoose von D° E. Russow. (Mit 5 ROBE
_ Tafeln). Dorpat 1887. :
Voici un ouvrage très important, contenant beaucoup de
_ données enlièrement neuves, dont les limites de cette Revue
ne me permettent pas de donner une analyse aussi détaillé
que je le désirerais. Dans un mémoire précédent, le D' Rus-
_ sowavait indiqué ses principales découvertes dans le domaine
de la Sphagnologie. Ici il entre — des _ — re -
REVUE BRYOLOGIQUE.
il nous montre le rôle des Sphaignes dans la nature, il décrit
la structure des cellules hyalines, des feuilles caulinaires et
périchétiales, des pores et des celluies chlorophylleuses, et
il fait voir que celte organisation est admirablement appro-
ed aux conditions extérieures d'existence de ces plantes.
n chapitre est consacré à la systématique des espèces d’Eu-
rope que l’auteur classe de la manière suivante :
L Inophlæa. <
4. Palusiria (cymbifolia), safe :
a. Nariabilia, Spg. palustre L. Subsp. 1 eymbifoliom
brk.); 2 intermedium R, ; 3 medium (Limp.) ; 4. papillo-
m (Ldbg). |
D. pectinala. Sph. imbricatum (Hornsch.) R.
IL. Litophlæa.
A. Triphagia.
_. b. Exopleura.
3. Papillosa (squarrosa). AN an ec ton
a. megalophylla, S. squarrosum Pers. ; S.teres Angst.
. microphylla. S Wulfianum Girg. eue.
CSI, AU PS Te
_ æ. laciniata. ZLindbergit Sch. | ;
_ Ê. erosa. S. riparium Angst ne —
Y- lriangularia, S. cuspidatum Ehrh. e. p. subsp. (4 — 5?)
_ Ê. tenerrima. molluscum Brch. w. es
P, Dipiegids 0 + ne :
7" PENSE, -
. Rigida. S. rigidum Sch.
6. Acleista. %
runcata. S. Angstroemit Hart. .
Cavifolia. S. Cavifolium W. subsp. belerophyl
candum (N. ab. Ph 2 laricinum (Spr.); hemi
a : 3. conlortum (Schltz) ; 4. platyphyllum ( Warnst.)
Russow a ajouté à son ouvrage 5 planches dont les
sont d'une grande exactitude et d’une exécution i
REVUE BRYOLOGIQUE. nt
Voilà un bon catalogue fait avec beaucoup de soin ; il con-
tient l’énumération méthodique, avec l'indication des loca-
_lités, de toutes les mousses récoltées jusqu’à ce jour aux
environs de Genève, 465 espèces et 114 variétés, Par environs
de Genève, l'auteur comprend, outre le canton, tout le
département de la Haute-Savoie, puis cette portion du dépar-
tement de l'Ain qui comprend les principales sommités du *
Jura depuis le Crédoz jusqu’à la Dôle, et quelques-unes 008
- localités du Jura suisse visitées par Lesquereux. a
L'auteur, qui habite Plainpalais près Genève, a oublié, de
même que beaucoup d’autres auteurs, de m'indiquer le prix
de cette intéressante brochure. Pie
N. C. Kinosené. — Ænumeratio Bryinearum Dovrensium
Christiania Videnskabs-Selskabs Forhandlinger 1888. n° 6.)
Tirage à part de 30 p. in-8°, Christiania 1888.
Cette énuméralion contient 309 mousses avec l'indication
_ des localités et la description de deux espèces nouvelles :
… Bryum flavescens et Grimmia alpina.
V. F. Brormenüs. — Musci novi transcaspici (Botanisches
Centralblatt, n° 14, 1888). Tirage à part de 4 p. ee
# L'auteur décrit dans ce mémoire les 4 espèces suivantes:
Tortula desertorum, T. transcaspica, T. Raddei, Barbula
excurrens. | du,
B. CarnNGron and W. H. Pearson. — Lis! of Hepaticæ col-.
_ lected by M. Thomas Whitelegge in New south Wales, 1884-35.
From. Vol. 11. (Series 2nd) of he « Proceedings of the
_ Linnean Society of New South Wales » (December 28 th,
4887) p. 1025-1060 and pl. XXHI-XXXVIL. | + eh
Cet important travail comprend 50 espèces, dont 16 nouvel-
les dessinées à divers grossissements et avec beaucoup de
détails dans les 16 planches qui ne contiennent chacune
qu'une espèce ou variété. Les espèces nouvelles décrites
sont : Frullania cinnamomea ; Lejeunea subelobata, L. gra-
cillima ; Isolachys grandis ; Lepedozia gracillima ; Lembi-
dium dendroides ; Chiloseyphus fissistipus var. longifolius eb
var. tenerrimus, €. limosus var lævigalus, Jungermannia
hiteleggei ; Symphyogyna interrupla, Riccardia minima
ccia marginata, R. bullosa var. vesiculosa, R. asprella.
® Pour paraître le 45 juillet: . ot
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- Cette livraison contient la description et la figure des
espèces suivantes : Orthotrichum diaphanum, O. obtusifolium,
0. gymnostomum. Encalypta commutata, E. vulgaris,
E. rhabdocarpa, E. ciliata, E. apophysata, E. longicolla,
E, streptocarpa. Schistoslega osmundacea. Ædipodiam Grifi-
_thianum. Dissodon Frælichianus, D. splachnoïdes. Tayloria
serrata, T. splachnoïdes, T. Rudolphiana. Tetraplodon angus-
tatas, T. mnioïdes, T. urceolatus. Splachnum sphæricum,
__ S. vasculosum, S. ampullaceum. Ephemerum serratum,
ÆE, teneram, E. stellatom, E. Rutheanum, E. cohærens, :
E. stenophyllum, E. recurvifolium. Physcomitrella patens.
Discelium nudum. Pyramidula tetragona. Physcomitrium
_ sphæricum, P. acuminatum, P. piriforme. Entosthodon erice-
torum, E. fascicularis, E. Templetoni, E. curvisetus. Funaria
calcarea, F. pulchella, F. hygrometrica, F. microstoma.
Mielichhoferia nitida. Orthodontium gracile. Leptobryam
piriforme. Anomobryum filiforme, A. sericeum, A. concin-
natum. Plagiobryum Zierii, P. demissum. LATE
ALExaNDRE MazsRaNGue, bien connu des botanistes par ses
_ nombreux travaux sur les Lichens et les Champignons, es
décédé à Rouen le 16 mai à l’âge de 70 ans. Il récolla ausst
des mousses et publia le Catalogue des environs de Roue
beaucoup plus complet que le Muscologia Rhotomagensis de
_Béhéré, qui date d’ailleurs de 1826. M. Malbranche fut
d’une grande bienveillance pour tout le monde et principale-
ment pour les débutants qu’il ne cessait d'encourager par
conseils et par les nombreux échantillons qu’il était heareux
de leur distribuer. Ses fonctions de secrétaire perpétuel de
’Académie de Rouen lui procurèrent l’occasion d’être util
à un grond nombre de naturalistes. C'est une grande perte
pour la science. Pres
CHarLes TROUILLARD est décédé à Saumur (Maine-et-Loire),
Je 30 avril à l’âge de 66 ans. 11 est l’auteur d'un Catalogue
des mousses des environs de Saumur, imprimé en 867.
orsqu'il apprit que j'allais publier une Flore du nord-ouest,
| s'empressa de m'adresser une 2° édition manuscrite de son
Catalogue et de nombreux échantillons, Trouillard avait he
borisé beaucoup, c'était un des botanistes les plus assidus
x excursions annuelles de la Société botanique de France
vait donné, il y a quelques années, son herbier eryptoga-
à la Faculté des Sciences d'Angers. Be
Ne 5 - {Bt Ame 0: 168
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES Deux Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N°5.
Etudes sur le péristome, Pririperr. — Notice sur une fontinale de
l'Auvergne, RenauLD. — Notice sur quelques mousses de l’Amé-
rique du Nord, RenauLp et Carpor. — Bibliographie, — Scandi-
navian bibliography (continued), ARrnerz. — Nouvelles. |
EEE
Etudes sur le Péristome.
Septième article (suite). Le péristome interne : ses
variations.
En définitive ce réseau ne diffère originairement de celui
des Bryacées qu’en un seul point : il n’y a sur la lame ven-
trale que deux rangées de trapèzes pour une rangée de la
lame dorsale, et elles se trouvent placées à peu près exacte-
ment en face de chaque dent, au lieu d'allerner avec les deux
dents voisines. Mais il faut remarquer que dans les Hypno-
bryacées le nombre et la situation de ces rangées ventrales
varie suivant les genres et les espèces; dans les Orthotri-
chacées la ligne de séparalion de deux de ces rangées trapé-
zoïdes coïncide même assez souvent avec la ligne carénale.
La différence des péristomes complètement développés
résulte donc surtout de la manière dont les éléments ainsi
_ disposés s’épaississent à mesure que le fruit mürit: dans les
Hypnobryacées l’épaississement porte principalement surles
portions de la membrane primitive qui alternent avec les
dents, et dans les Orthotrichacées il porte à peu près exclu-
sivement sur ces portions ; dans les Fuæariacées au contraire"
il porte uniquement sur les parlies de cette membrane qui
se trouvent placées en face de chaque dent, et surtout en
face du milieu de la dent. fe FA TR RE
_ Gette différence est importante sans doule, et elle sépare
assez nettement la famille des Funariacées des autres Diplo-
*
ME 7 REVUE BRYOLOGIQUE.
_lépidées; on comprend néanmoins comment dans la série
des évolutions qui ont donné naissance aux différentes famil-
les un passage a pu s’effectuer d’une de ces structures à
l'autre. Peut-être pourrait-on considérer comme intermé-
_ diaire le péristome interne des Bartramiacées ; là en effet les
processus alternes avec les dents sont généralement partagés,
dès le moment où ils commencent à s’épaissir, en deux lobes
_ indépendants, et la membrane elle-même se fendant souvent
_ le long des carènes jusqu’à sa base, il en résulte en face de
_ chaque dent une sorte de lanière complexe, entière dans sa
moitié inférieure, et plurifide en haut, qui semble préparer,
d’un côté, la structure des Timmia, el, de l’autre, celle des
Funaria. À un autre point de vue, les espèces de Funaria où
les deux péristomes demeurent adhérents rappellent la struc-
_ ture si curieuse des dents dans le genre Splachnum. Il y a
_ sans doute une différence considérable en ce que, chez les
= Splachnum, la dent est rattachée à la membrane intérieure
= qui la double, non seulement par des cloisons horizontales,
mais par plusieurs rangées de cloisons verticales. Pour
trouver des cloisons verticales analogues dans l’intérieur des
grandes cellules péristomiales, il faut arriver au Bryum pen-
dulum et aux espèces voisines : entre ces espèces et les
autres sections du genre Bryum, il semble qu'il y aurait à
peu près le même rapport qu'entre le péristome des Splach-
nom et celui des Funaria.
Mais un autre fait, sur lequel il importe surtout d’insister
_ ici, c’est l'analogie que présente le péristome interne des
_Funariacées avec le péristome simple des Aplolépidées ; de
part et d’autre, ce sont les mêmes éléments semblablement
disposés : 16 divisions composées chacune d’une seule rangée
de plaques sur la face dorsale et de deux rangées sur la face
_ ventrale. Que l’on prenne, par exemple, les dents d’un
Dicranum : les plaques dorsales, disposées sur un seul rang,
ont la forme de rectangles étroits dans le sens de la hauteur
et larges dans le sens transversal, séparés par des lignes
horizontales bien parallèles, en un mot absolament semblables
aux rectangles de la lame dorsale dans le péristome interne
_des Bryacées, des Hypnacées, des Funariacées, Si maintenant
l’observant dans une capsule jeune, avant l'épaississement
des cloisons, nous y trouvons des mailles trapézoïdes, limitées
par des lignes sinueuses, les unes horizontales, les autres
erticales ou obliques, et dessinant dans leur ensemble un
réseau tout à fait semblable à celui de la lame ventrale dans
la membrane interne des Diplolépidées. Il n'y a ordinaire-
ment, dans la plupart des Dicranacées, que deux rangées de
mailles trapézoïdes pour chaque dent, et les bords ex-
1rs de chacune de ces rangées disparaissent généralement
nous examinons la couche ventrale du Dicranum, surtouten
REVUE BRYOLOGIQUE. © 67
en même temps que la ligne verticale qui séparait les plaques
dorsales, par suite de la résorption, sur une bande étroite, de
la portion de la membrane primitive placée entre les dents:
or c’est précisément ce qui arrive pour les lanières internes
des Funaria. Dans quelques espèces de Dicranum, par
exemple , dans le Dicranum fuscescens , on observe trois, ou
même quelquefois quatre rangées de trapèzes ventraux pour
une seule dent, et alors il arrive ordinairement que les limites
de ces rangées ne coïncident pas avec celles de la dent et de
sa lame dorsale : une même rangée se trouve souvent par-
tagée entre deux dents voisines, el coupée plus on moins
près de son milieu par leur ligne de séparation: le réseau
ressemble alors singulièrement à celui de la membrane
interne dans les genres Hypnum et Bryum. Plus tard, à la
maturité du fruit, l'aspect de ce réseau, dans les Dicranacées,
est un peu modifié par suite de l’épaississement plus marqué
des articulations horizontales de la couche ventrale; en
outre les dents devenant bifides dans leur moitié supérieure,
leur ressemblance avec les lanières internes des Funaria se
trouve ainsi dissimulée. Cette ressemblance devient plus
frappante quand on considère certaines espèces à denis en-
tières, comme le Blindia acuta, les Grimmia leucophæa et
alpestris : le plan de Ja structure parait alors rigoureusement
le même. : AE
Si maintenant l’on examine le péristome de certaines
Barbula, particulièrement celles où il forme à la base un
tube allongé, on pourra le comparer au péristome interne
des Timmiacées. En observant ce tube dans une capsule
jeune de Barbula subulata ou inermis, avant que l'épaissis-
sement de sou tissu et le développement des papilles ne
l'ait rendu opaque, on y distingue denx réseaux tordus en
_ spirale : l’un, le réseau dorsal, formé de 16 rangées de
rectangles, approchant de la forme du carré, disposés Lrès
_ régulièrement et encadrés par des lignes qui s’épaississent
très rapidement ; l’autre, le réseau ventral, formé derec-
tangles trapézoïdes beaucoup plus étroits en largeur, et
plus allongés au contraire en hauteur, de telle sorte que
= le nombre de leurs rangées est à peu près double de celui
_ des rangées dorsales, les lignes plus fines qui les limitent
ne coïncident pas d'ailleurs avec celles du réseau extérieur,
mais coupant au contraire d’une façon irrégulière et variable
les carrés de ce premier réseau. Puis en suivant les réseaux
de ce tube basilaire jusqu’au point où il donne naissance
_ aux dents, on verra que chacun des rectangles dorsaux
produit en général deux denis, ou ae parler plus exacte-
_ ment deux branches : toutes ces branches sont d’ailleurs
| égales, équidistantes, et la forme de l’ensemble rappelle
tout à fait le péristome interne des Timmia, avec celle difé=
Un Hé REVUE BRYOLOGIQUE.
_ rence qu’il n’y a ici que 32 branches au lieu de 64 cils; les
trapèzes du réseau ventral sont aussi généralement moins
_ nombreux; mais en somme les deux structures demeurent
_ bien voisines l’une de l’autre : l’on sait d’ailleurs que dans
les Cinclidotus, si voisins des Barbula, le nombre des
branches devient plus considérable. j
CONCLUSION.
En définitive, et tout bien considéré, nous sommes amenés
__ à cette conclusion : que le péristome simple des A plolépidées
a plus d'analogie par sa structure avec le péristome interne des
- Diplolépidées qu'avec leur péristome externe. Qu'on supprime
_ par la pensée les dents extérieures dans un Funaria : les
46 lanières internes qui resteront représenteront exactement
le péristome d’un Blindia ou d’un Grimmia.
Il serait donc rationel de considérer le péristome unique
des Aplolépidées comme correspondant au péristome interne
_ des familles qui en ont deux : là se trouverait l'explication
toute naturelle de ce fait « que les mousses qui n’ont
qu'une seule rangée de plaques sur la face dorsale de leurs
dents n’ont jamais de second péristome à l’intérieur de
ces dents. » A
Le plan normal et complet du péristome dans les Arthro-
dontées se compose essentiellement de 16 rangées de
. cellules disposées en cercle entre l’opercule et la columelle :
les cloisons dorsales de ces cellules forment le péristome
externe en s’associant chacune avec deux séries de plaques
_ extérieures, et les cloisons ventrales forment le péristome
_ interne en se joignant à deux autres séries de plaques
intérieures. L’une ou l’autre de ces deux parties du plan
primitif peut avorter et disparaître dans certaines familles où
dans certaines espèces: le péristome interne disparait, par
exemple, dans la plupart des Splachnacées, dans les genres
Dissodon, Tayloria, Tetraplodon, dans plusieurs Orthotri-
- chum; chez les Aplolépidées c’est au contraire le péristome
_ externe qui disparaît, pour ne plus laisser subsister que
_ linterne; mais la situation des éléments du plan normal
_ n’est pas changée. +
Pour expliquer l’origine des familles aplolépidées, il sufli-
rait de supposer que dans une structure analogue à celle des”
Funaria les dents extérieures aient avorté, ne laissant sub-
sister que le péristome interne, qui aurait pris alors dans la
suile des temps un plus grand développement et des formes
plus variées. Ce n’est là qu’une hypothèse plus ou moins
vraisemblable à priori; mais il y a pourtant un fait qui
semble venir à l’appui de cette conjecture, c’est l'organisa-
tion si remarquable du genre Encalypta, dans lequel on
ouve à la fois des espèces à péristome diplolépidé et double,
REVUE BRYOLOGIQUE. | 69
d’autres à péristome simple et aplolépidé, et d’autres enfin
qui par la structure complexe de leurs dents semblent se
rapprocher des Buxbaumiacées, des Tétraphidées et même
des Polytrichacées. Ge genre, d’ailleurs si naturel, nous
aurait donc conservé la trace de l’évolution qui aurait donné
naissance à ces structures diverses; il représenterait encore
aujourd’hui le stade primitif et probablement très ancien où
les diverses formes de péristome dans les mousses ne s'étaient
pas encore bien séparées les unes des autres.
22 mai 1888. : PHILIBERT.
Notice sur un Fontinalis de l'Auvergne.
Stirps * Fontinalis arvernica Renauld. (sub. F. antipyretica L.)
Habita F. antipyretica gracilior, caulis tenuis elongatus
(10-30 cent.) longe et longissime denudatus. Folia remota,
erecto-patula, plus minus flexuosa, ovato-lanceolata et lan-
ceolata, longe acuminata, versus apicem dentibus 2-3 instructa
vel subintegra, plana rarius carinata, carina haud curvata.
Rete elongato. Folia perichætialia apice demum lacera.
Capsula oblonga vel cylindracea (long. 2-2 ÉRRPR HE LE +
sub ore paulo constricta, sicca pro more sulcata (sectione
transversali obtuse angulosa). Peristomium altum Emme
dentes externi auguste lineali, trabeculis numerosis (30-40)
validis, linea divisuralis sat distincta, apicibus sæpe adgluti-
palis, verruculis oblique seriatis; cilia perfecte clathrata
valde muricata.
À F. antipyretiea et F. gracili folis longius acuminatis
denticulatis, capsula minore, a F. Duriæi Sch. habitu robus-
tiore, foliis majoribus nonnunquam carinatis, ab utroque
_capsula cylindracea, sicca sulcata sat facile recognoscenda.
Forma lacustris F. antipyreticæ esse videtur, in aquis fluen-
tibus haud reperta. ; me
Hab. In aquis profandis lacus « Pavin » Arverniæ (alt.
= 1,200".) ubi anno 1886 legi. Serius, anno 1887, ex eodem
loco specimina fertilissima amic. R. F. Héribaud retulit.
6e ne Bee F. RENAULD.
Notice sur quelques mousses de l'Amérique du: :
: + Nord. < se
_ Parmiles espèces ou formes qui font le sujet de cet article,
les unes sont restées depuis plusieurs années inédites dans
nos collections, les autres nous sont parvenues récemment.
REVUE BRYOLOGIQUE,
Beaucoup de mousses américaines offrent relativement à
leurs homonymes ou aux espèces voisines d'Europe les dif-
férences légères, mais constantes et qui doivent par cela
_ même être prises en considération. Mais les descriptions, si
_ parfaites qu’on les suppose, sont, dans bien des cas, impuis-
_sanies à faire ressortir avec une précision suflisante ces ca-
racières légers qui ne peuvent être bien fixés que par le
_ dessin. Or, le cadre de celte revue ne comportant pas de
_ figures, nous nous bornerons à de courtes diagnoses, en
_ renvoyant le lecteur au « Botanical Gazette » où seront pu-
bliées plus tard des descriptions plus complètes acompagnées
_ de planches, .
Weisia viridula var, nitida Ren. et Card.
_ Gapsula augustata, cylindracea, sicca profunde sulcata,
__ nitida, sicut vernicosa. |
… Hab. Florida (Fitzgerald). Louisiana (Langlois).
_ Dicranum hyperboreum Gunn, var, papillosum Ren, et Card.
_ Folia dorso papillosa, costa valde rugosa.
Hab. Groenland.
Dicranum Howellii Ren. et Card,
Dic. scopario habitu graciliore, foliis anguslioribus, setaceis,
costa basi dilatata, capsula sicca sulcata. Monoicum;
flores masculi in ramalo tenui e caule femineo nascentes.
Ramuli masc. e perichætio innovantes.
__ Hab. Orégon in sylvis. Jam anno 4882 specimina circa
; Portland lecta amic. Lesquereux misit; serius mense
Martio 1888 Th. Howell legit, Pr
Dicranum sabuletorum Ren. et Card.
Dic. spurium var. condensatum Lesq. el James, non Die.
_ condensatum Hedw. — Dic. arenarium Ren. et Card.
_ mss. in litt. el sched. dre
À Dic. spurio proximo differt colore læte viridi, cæspitibus
_ densioribus, foliis angustioribus non undalatis, supe-
= rioribus haud in rosulam congestis. Perich. apice
. truncata. : na.
… Hab. In arenosis siccis meridionalibus Sull, et Lesq. Musci
= boreali americani exsice. Florida (Fitzgerald, Sawyer).
Louisiana (Langlois). Carolina (H. À. Green).
: Trichodon (?) flexifolius Ren. et Card. PR
. À Tricb. cylindrico differt foliis valde flexuosis, sensim
augustatis, cellulis brevioribus et inflorescentia monoïca
Hab. Florida. Beauclerc in arenosis (Sawyer 1887) cum
DERNIER
et Card.
REVUE BRYOLOGIQUE. era = LE
Jongiore (13-20), calyptra 2-5 lobata, asymmetrica, in
uno latere omnino fissa.
Hab. Louisiana : Pointe à la Hache, socio PAysc. pirif.
typico (Langlois 1885). New-Jersey (H. A, Green 1882).
Bryum Sawyeri Ren, et Card.
Dioïcum 2, capillari sal simile, folia margine plana obscure
limbata. E. foliorum superiorum axillis fila rufa, aggre-
gata, erecta, articulata nascuntur. Capsula oblonga,
rufo-purpurea.
Hab. Florida : Beauclerc in trunco putrido (Sawyer 1886).
Louisiane : Pointe à la Hache (Langlois 1885).
Webera Cardoti Renauld.
Web. commutata haud dissimilis sed crassior ; habitu, colore
_ læte vel pallide viridi, ramis turgidis clavatis, foliis sub
integris, capsula augustiore, e pedicello arcuato erecta,
operculo obtuse conico, peristomio minore, dent. exter.
pallidissimis parce et remote trabeculatis diversa. Dioica,
flores masculi turgide gemmiformes. Folia perig. apice
patula. Rs
Hab. In montibus circa Portland — Orégon — socio Poly-
tricho sexangulari. Sub nomine Mielichhoferiae nitidae
_anno 1882 communicatum. Le
Fontinalis antipyretica var. Oreganensis Ren. el Card. CAE
Tenella, mollis, superne lutescenti-nitens. Caulis gracilli-
mus, pinnatus. Folia caulina remota, distiche-divaricata,
lanceolata, inferiora (basi haud denudato) tenerrima,
ramulina imbricata, unde ramuli cuspidati. Rele denso
delicatulo, cellulis longissimis. te
Forma valde peculiaris a planta enropæa typica melius
quam #, californica Sull. diversa. An potius subspecies ?
Hab. Orégon (Th. Howell). : Ah
Stirps* /'ontinalis Delamarei Ren. et Card. (sub. F. squamosa).
Habitu F. squamosa simillima. Differt capsula minore an-
gustiore, sicca sulcata, peristomii externi dentibusdimidio
brevioribus, parce et laxe trabeculatis (trab, 12-15),
- Jinea divisurali vix et solum basi nolata, haud pertusa.
: Hab. Ya rivulis insulae Miquelon (Tabaron, Anse à la Ga-
ronne) pulchre fructificans. In honorem beat. amic. D°
Delamare insulae scrutatoris denominata. In opusculo
nostro Flora Miq. sub nomine F. squamosa indicata.
Alsia californica Sull, var. fingellifera Ren. et Card.
À planta typica differt habitu multo graciliore, ramulis
flagellis filiformibus numerosissimis instructis. à
.
Hab. ad truncos. Monterey California. Miss Martha R.
citer. me da pos
Plagiothecium denticulatum var, microcarpur Ren. el Card.
Ke: REVUE BRYOLOGIQUE.
Repens, capsula brevis (1 "") turgida, e pedicello crasso,
.__ flexuoso, basi sæpe geniculato, horizontalis.
Hab. Idaho, in ligno putrido, misit Ch. R. Barnes.
Amblysteqium riparium var. Floridanum Ren. et Card.
Exiguum, corticibus arcte adhaerens, folia minora, remota,
disticho-patula , angusla, tenuiter acuminata. Capsula
abbreviata vix 1-1 1/2 "”" longa.
Hab. Florida (Garber). Louisiana ad cortic. Taxodii distichi
(Langlois).
Eurhynchium strigosum B. E. var. Barnesi Ren. et Card.
A planta {ypica europæa differt foliis longius et tenuius
accuminatis ereclo-patulis, perichætialibus distincte ner-
vosis et perichætio radicante.
: Hab. Idaho. Commit Ch, Barnes.
Stirps* Æypnum symmetricum Ren. et Card. (sub. A. uncinato).
Formis gracilioribus H. uncinati simile, folia parce plicata
_ integra vel subintegra, capsula semper omnino erecla,
_ exacte symmetrica,
Hab. Orégon (Howell). Idaho (Watson). In regionibus occi-
dentalibus americæ bor. diffusam videtur.
F, RENAULD, — J, CARDOT,
Bibliographie.
_ H. BERNET, — Catalogue des Hépatiques du Sud-Ouest de
_ Ja Suisse et de la Haute-Savoie, Un vol. in:8 de 133 p. et 4 pk,
_ Genève 1888, librairie Georg, prix 6 francs.
Sous ce titre beaucoup trop modeste le D° Bernet vient de
publier un ouvrage des plus intéressants qui doit faire partie
de la bibliothèque de tout bryologue, |
. L'introduction comprend l’histoire de l’hépaticologie suisse,
_des observations sur la clasification adoptée et la synonymie,
la définition de l’espèce et des formes, des notes sur leur
distribution géographique, ete. Viennent ensuite nn tableau
synoptique et l’énumération méthodique des genres et des
espèces; beaucoup d'espèces sont suivies de notes descriptives
et critiques très utiles à consulter. — Dans les 4 planches
_sont figurées les variétés potamophila et salevensis de l’Aplo-
zia (Jungermannia) riparia, l’Apl. pumila, l'A. atrovirens
var, Scheichleri et var. riparioïdes, le Jungermannia Mülleri
rma paroïca et le Jung. obtusa. LE:
+
R. FARNETL. — Muschi della provincia di Pavia (seconda
cenluria). Milano 1888, 35p. A 2 : :
dogue contient ‘énumération de 100 mousses avec
REVUE BRYOLOGIQUE. 1
. l'indication des localités. Nous y tronvons la description de
plusieurs variétés nouvelles: Grimmia apocarpa var. longe-
dentata (Folia ovato-lanceolata tertio superiore sinuato-dentata,
apiculata), Rhacomitrium canescens var. uliginosum (Caulis
ramulis lateralibus brevibus acutiusculis. — Folia acumine
pellucido longissimo), Anomodon viticulosus var. rivularis
(Maxime robustior. Dense cæspitosus ; cæspites superne et
inferne saturate virides ; folia humida undique patentia).
Ozrvier pu Nopay. — Notice bryologique sur les environs
de Josselin (Morbihan). Brochure de 7 p., extraite de la
Revue de Botanique 1888.
L'auteur donne une description des environs de Josselin
qui avaient déjà été explorés, il y a une quinzaine d’années,
par un jeune botaniste, A. Legall, décédé à l’âge de 25 ans.
Les espèces sont groupées par zones et par stalions.
Scandinavian bibliography (continued).
73. LinpserG, S. O., Contributio ad floram eryptogamam
Asiæ boreali-orientalis (Acta Soc. scient. Fennicæ, Hel-
singfors 1872, p. 221-280, in latin). |
This important paper contains : ü
4° Musci Japonici, collected by C. Maximoviez in 1862-
1865 : 33 species are enumerated; described as new are
Porella vernicosa, Mnium Maximoviezii, M. japoniceum.
M. acutum, Trachypus humilis, Isothecium (Dolichomitra)
cymbifolium, Climacium japonieum, Plagiothecium longi--
setum.
99 Musci Sachalinenses, collected by P. von Glehn in 1861
and by F. Schmidt in 1860 ; 74 species are enumerated ;
described as new are Porella grandiloba, Diplophyllum pli-
catum, Mylia verrucosa, Polytrichum contortom Menz. var.
pallidum. Dicranella heteromalla (L.) Schpr. var. curvipes,
Rhacomitriom brevisetum, Thuyidinm sachalinense, Lesque-
reuxia (Adelphodon) robusta, Hypnum (Brachythecium)
auricolatum, Hylocomium parietinum (L.) var. lævigatum and
_ var, elongatum, Entodon scabridens, Stereodon {Drepanium)
__ plicatolus, Stereodon (Heterophyllium) adscendens, Pylaisia
© robusta, P. intricata (Hedw.) B. Schpr. var. crassipes.
Important notes are besides given on Georgia geniculala
(Girg.), Trachycystis flagellaris (S. L.), Pseudoleskea riges-
__ cens ( Wils.) [this species is only found in British North-
_ America] and the species of the genus Climacium. s
3° Musei Amurenses, collected by C. Maximoviez in 1854
74 co REVUE BRYOLOGIQUE,
4855 and by F. Schmidt in 1862 ; 96 species are enumerated;
_ described as new are Jungermannia fertilis, Polytrichum
grandifolium, Thuyidium longinerve and Leucodon pendulus.
| Important notes are further given on Jungermannia lyco-
_ podioides Wallr. and allied species, on the colour of the
-_ spores of the european species of Sphagnum, on the carac-
ters that are to be won from the fruit in the genus Encalypta,
and on Myurella (Achrolepis) concinna (Wils). In connection
with the last species some more or less allied species are
__ treated ; two new antarclic genera are established, viz.
: Lembophyllum Lindb. nov. genus antarcticeum, Hypnum
vagum Horusch., divulsum H.-F, W., clandestinum H.-F. W.,
cochlearifolium Schw. et aff. includens, statim differt ramis
_ € rhizomate erectis, arcuato-decurvatis, irregulariter pinnatis,
foliis patentibus, quam maxime cymbiformi-concavis, angulis
_ fere semper excavatis, raro apiculatis, nervis binis vel sub-
_ nullis, cellulis angularibus distinctis, ceteris vulgo oblique
seriatis, valde incrassatis, ovalibus-prosenchymaticis, brac-
teis perichætii luteis, binervibus vel subenervibus, cellulis
angustis et valde incrassatis, etc. Fe
Ptilocladus Lindb. n. gen. antarcticum quoque, Isothecium
arbuscula (Sm.) H.-F, W. et gracile H.-F. W., elc., amplec-
tens, affinitatem remolissimam solum ostendit, ut diversom
ramis e rhizomate arboriformibus, regulariter simplici-vel
= bipinnatis, foliis ovatis vel suboblongis, minus concavis,
= breviter binervibus, cellulis angustissimis, brevi-prosenchy-
maticis, vix incrassatis, lævissimis, bracteis perichætii du-
teolis, enervibus, a cellulis prosenchymaticis angustis el
incrassatis formalis, peristomio perfecte hypnaces, etc,
74. LiNoBerG, S. O., Bryological notes (Journ. of Linn. Soc.,
- Bot., XII, n° 66, 1872, p. 66-72).
= Descriptions of Hypnum (Eurhynchium) Teesdalii Sm., H.
_ (Rhynchostegium) curvisetom Brid., Fabronia Schimperi De
- Not. and F. pusilla De Not. together with a history of the
named species as well as of Clasmatodon parvulus (Hämpe)
Sull., CI. perpusillus (De Not.) Lindb, and Cl. Bertrami
(Schpr.) Lindb. Accordiug to the author’s opinion Hypaum
Smithïi Dicks. does not, as D' Moore has supposed, belong to
‘the genus Leptodon Mohr, but is the lowest form of the
genus Alsia Sull. | Fa
75. LioBerG, S, O., Remarks on Mesotus Mitt (Ibid., 1872,
p. 182-185). Mr .
76. LinpBerG, S, O., On Zoopsis, H. f, and T. (Ibid., 1872,
PORN): 0 fon e #
17. LinpserG, S. O., Observations on Splachnobryum obtusum
Grevillea, I, fasc. 2, p. 28-29, 1872). rs ae 7
78. Linpseré, S. O., Conspectus of the european Orthotricha
_ rigida Lindb., nov. sp. (Polynesian Islands).
NS. V, 7, 1878, p. 55).
p. 40-44).
-proceræ (Ibid., p. 77).
2 97-99). |
: REVUE BRYOLOGIQUE. 15
79. LinpperG, S. O., The mosses of Buddles « Hortus siceus »
(Ibid. V, 3, 1874, p. 36-47).
80. LINDBERG, S. O., On a new moss ‘from Tasmania (Ibid.
V, 4, 1875, p. 167-168).
SL. LINDBERG, S. O., Hepaticæ in Hibernia mense Julii 1873
lectæ (Acta Soc. sc, fenn., X, Helsingfors 1875, p, 467-559).
er “as Bryolog. 1875, p. 112-1144 and Rev. Bryol. 1876,
P. 4
82. LinpserG, S. O., Cinclidium latifolium nov. sp. (Bot.
Not. 1877, p. 43-44, Hodwigia 1877, p. 77 and Rev. Bryol.
1877, p. 68-69).
83. Linsene S, O., Monographia Metzgerie (Acta soc, pro
Fauna et Flora Fennica, FE, 1877, p. 1-47, in latin). ie
This genus and its 11 species are, as we are accustomed to
find in Professor Lindberg’s papers, very exhaustively des-
_ cribed with numerous synonymes as well as notes on their
_ geographical distribution. The species described are : :
Sectio I. EvmerzGeriA Lindb. — A, Scorpioideæ-ramos® :
1, M. pubescens (Schrank) Raddi (Europe, North-America,
Sonth-Asia) : 2, M. frontipilis Lindb., nov. sp. (Antarctic -
America) ; 3, M. filicina Mitt. (Tropical America) — B. Dicho-
tomæ : 4, M. Liebmanni L. G. (Tropical America); 5, M. di-
chotoma (Sw.) Nees (Tropical America) ; 6, M. myriopoda
Lindb., nov. sp. (North and Tropical America) ; 7, M. bamata
Lindb., nov. sp. (Europe, North, Tropical ‘and Antarctic
America, South Asia, Polynesian Islands) : 8, M. conjogata
_ (Ray Lindb. nov. sp, (Europe, North America, South Asia
and Polynesian Islands); 9 9. M. furcata (Buddi., L.) Dum
Lindb. (Europe, Australia) with *subundulata Aus. (Tropical
America) and * crassipilis Lindb. (North America); 10, M.
: Sectio II. SczerocauLoN Lindb. — 11, M. linearis (Sw. }
Austin (Tropical America). À
84. LinpserG, S. O., Riccia bicarinata, nov. sp. (Rev. Bryol.
1877, p. 41-42).
ré Linpsene, S. O., rs Riceia spuria Dicks. (Journ. Bot. :
86. ? LINDBERG, 6. 0, Tortula lingulata, n. sp. (Rev. Bryol
87. LINDBERG, S. O., De peristomio Ercalyptæ streptocarpee et
Ts 00: LINDBERG , S, O., Distincho Scapaniæ carinthiacæ e Se.
apiculata (Ibid. p. 77-18}. :
89. ss Se 0; LfasA fe a __. n. Sp, Rise p 2
quid, 1882 1 etp. 1
6 LS REVUE BRYOLOGIQUE.
C2
91. LinpBerG, S. O., Novæ de speciebus Timmiæ observa-
_tiones (Ibid., p. 24). .
- 92, LinpeerG, S. O., Monographia præcursoria Peltolepidis,
_ Sauteriæ et Cleveæ (Acta Soc. pro Fauna et Flora Fenn.,
tom. IT, n° 3, 1882, p. 1-15, in latin).
See Rev. Bryol., 1882, p. 47.
93. LinpserG, S. O., Sandea et Myriorrhynchus nova Hepa-
_ licarum genera.
At the meeting of Societas pro F. et F1. Fenn, on the 4th of
… April 1882, a paper with this litle was delivered to be printed
in the society's Acta. ns
94. LiNpBERG, S. O., £'uropas och Nord Amerikas Hvitmossor
:_ (Sphagna)jämte en inledning om utvecklingen och organbildnin-
gen inom mossornas alla tre hufvudgrupper (Promotionsprogram,
and Helsingfors, 1882, XXX VIII 88 p. in-4°).
_ See Rev. Bryol. 1882, p. 64. L _.
_. 95. OcoserG, R, Wosses of the district of Columbia (p. 25-27
in Flora Columbiana or Catalogue of plants growing without
_ Cultivation, collected by members of the Potomac-side Natu-
ralists club Washington, the Columbia press, 1876).
126 species of mosses are enumerated with their different
_ Stations. Remarkable are the few species of Dicranum, only
_à species, viz. D. varium, D. heteromallum and D. scoparium,
and of Polÿtrichum, only P. commune and juniperinum;
_ on the other hand the species of Phascum are comparative
_1y numerous, 7 species, P. cuspidatum, alternifolium, su-
bulatum, Sullivantii, cohærens, sessile and triquetrum.
_ 96. Zerrensrenr, J. E., Hepaticæ Pyrenaicæ circa Luchon
crescentes (Ofversigt of K. Vet.-Akad. Fôrbandlingar 1875,
n° 2, p. 13-28).
_ See Revue Bryol. 1876, p. 93,
97. ANGSTRÔM, J., Férteckning och beskrifning 6fver mossor,
samlade af Professor N. J. Andersson under Fregatten Eugenies
verldsomsegling aren 1851-1853 (Ibid., 1872, n° 4, p. 3-29,
and 1873, n°5, p. 113-151). |
See Revue Bryologique, 1876, p. 93.
98. ANGSTRÔM, J., Primæ lineæ muscorum cognoscendorum,
t'ad Caldas Brasiliæ sunt collecti (Xbid., 1876, n° 4, p. 3-55
and n° 7, p. 77-92).
See Rev. Bryol., 1877, p. 15-16 and 47-48.
VI. PUBLICATIONS OF SEANDINAVIAN BRYOLOGISTS ON GENERAL
id du BRYOLOGY. Fe
99. ARNELL, H. W., £n iakttagelse af befruktningen hos
mossorna (Bot. Notiser, 1875, p. 33-33). .
400. ARNELL, H. W., An ation of the fecundation in
ses (Rev. Bryols "4816, pi 4RA4ES). © =, eu 00
01. Anneuz, H. posal of phænological observations
REVUE BRYOLOGIQUE. 27
in eue (Rev. Bryol., 1878, p. 17-22, and Greviliea, 1878,
p. 27-31).
In Rev. Bryol. some of the dates that refer to the flowering
on account of the printers blunder are a little wrong ; the
dates are corrected in Grevillea. Thus at Hernôsand Grimmia
apocarpa, Hedwigia ciliata, Ceratodon purpureus, Hypnum
Scheberi and Hylocomium triquetrum are in flower about
the 7% of July (not the 4 of July); Barbula ruralis, Pottia
truncata, Dicranom undulatnm and D. fuscescens are in
flower about the 93% of July (not the 15 of July) and
Hypnum crista-castrensis, H. cordifolium and H. cuspidatum
bloom in the same place about the 15 of August (not the
5 of August). |
102. BERGGREN, S, Om proembryots utveckling och byggnad
hos slägtena Diphyscium och Œdipodium (Bot. Notiser, 1873,
p- 109-112, in Swedish). 2
In most mosses the proembryo is confervalike. In Sphag-
num, Tetraphis, Tetrodontium and Andreæa the proembryo
at times forms a flatly expanded plate of tissue ; the author
in this paper describes and pictures simular flat proembryos
in Diphyseium and Œdipodium. In Diphyscium the proem-
e bryo in its form very much resembles a Cantharellus
Ra amongst the Fungi or the fruit of a Buxbaumia. In OEdipo-
dium the author found gemmæ together with antheridia
amongst the topleaves; the germinating gemmæ produce à
flat proembryo ; in these respects Œdipodiam thus very much
resembles Tetraphis, in which moss the gemmæ also produce
a flat proembryo. #5 PTE
103. Exstrann, E. V., Om groddbildningar hos de bladiga
. lefvermossorna (Bot. Notiser, 1879, p. 33-36, in Swedish}.
os Some cases of vegelative reproduction in Hepatics are
_… described, viz. gemmæ consisting of one or many cells in
the perichaetium of Frullania dilatala ; gemmæ in the {op
of the stem enveloped by some partly a litle transformed
leaves in Cephalozia bicuspidala and Jungermannia cæspl-
_ticia, The organs of vegelative reproduction in Hepaties the
author divides in :. LE és
4° Gemmæ simple orin two parts, united to feebly coherent
masses, which when pressed give rows of cells. The gemma
_are naked or as in the Lwo above-mentioned cases enveloped
by leaves. MORE EN RS
2 Papillæ of one or more cells in the perichætium of
- Frullania dilatata. , “ AN
3 Flats of propagation of numerous, tigbtly connected cells
as in the margin of the leaves of Radula complanala.
4° Branchbuds as in Frullania fragilifolia. ir
104. Exsrrann E. V. , Antechningar ofver Skandinaviska Lefver-
© mossor(Ibid., 1879, p. 36-42, 1880, p. 44-49, 65-71,in Swedish).
18 see REVUE BRYOLOGIQUE.
This paper contains several different notes, viz.
4° Jungermannia (Lophozia) Hornschuchiana Nees is pa-
_ rœcious, not, as was formerly asserted, dioecious ; the anthe-
ridia are naked!
2 Odontoschisma denudatum Dum. (Sphagnæcetis com-
munis $ macrior Nees) is not a proper species, but is to be
joined with O. Sphagni to one species.
3° On thick cells walls in some hepatics.
; 4 On apparently connated female flowers in Nardia hæ-
= matosticta (Nees) Lindb.
5° The inflorescence in Lophocolea cuspidata is autoecious,
__ L. heterophylla is paroecious, L. bidentata and minor are
_ dioecious. In Loph. bidentata the female flowers always are
= terminal in primary shoots ; ir the three other species female
_flowers are also io be found at the end of special small fertile
branches from the ventral side of the stem.
_ pallescens Nees. In one colesula the author found two young
_ Sporogonia ; their pedicells appeared partly and their ca-
_lyptræ totally common. When the preparate was subjected
10 a gentle pressure, the seemingly simple calyptra divided
in two lo two thirds of its length, the lowest third part,
however, thas is formed by the stem, being common ; the
pedicells were found to be free from each other even to their
root, although hardly pressed to each other on account of
being so near to each other.
7° Strange male branches in Harpanthus Flotowianus Nees.
The place of the male flowers is in this moss at the end of
special small branches from the ventral side of the stem ; in
these branches there usually are no leaves to be seen but
1-5 bracts; in some specimens the author found the male
branches longer and provided with leaves, the bracts more
distant and less convex and the antheridia not so well en-
veloped.
8° A strange mode of branching in Jungermannia cœæspi-
ticia Lindb. Within the colesula the author in specimens
from Smaland found a number of young shoots together
with pistillidia ; in one colesula there were even 15 shoots
al the side of 11 pistillidia, two of which were fertilised.
_ 405. ExsrranD, E. V., Om blommorna hos Skandinaviens
bladiga lefvermossor ( Jungermanniaceæ foliosæ } ( Bihang
till K. Sv. Vet. Acad‘ Handir., Band 6, n° 1, Stockholm, 1880,
P. 1-66, in swedish). is
_ Through years some the author has studied the flowers
the foliosæ Jungermanniæ ; it is rather to be deplored that
the resalts of these toilsome and timewasting researches
have been published in a language that is not understood
the greatest part of Bryologists. The subjects treated in
6° Two seemingly connated calyptræ in Chiloseyphus -
more of its contents.
NÉVUR BAVGLODIOUE.
the paper are the female flowers, the pistillidium (arche-
gonium) before, during and after the fertilisation, the cole-
sula (calyx}, the female bracts (folia perichætiala), the
situation of the female flowers, the male flowers, the anthe-
ridium, the male bracts (folia perigonalia), the paraphyses,
the male inflorescences, the situation of the male inflores-
cences, the distribution of the sexual organs, and the
blooming-time of the Jungermanniæ foliosæ.
106. Linnpeng, S. O., Om et nytt fall af acrosyncarpi
(Ofversigt of Finska vet. Soc. forhandir., XIV, Helsingfors,
1872, D. 43-45, in Swedish).
Jr Mniom medium the author has observed an interesting
case of what be names acrosyncarpia monochætica ; one
fruit was supported by two pedicells.
107. LanpBenG, S. O., Pidrag till mossornas morfologi och
inbôrdes systematiska stälining (bid., p. 46-48, in Swedish).
A very interesting paper. Necker’s old name colesula 18
proposed for what bryologists generally name calyx or
perianthiom in Hepaties. As for the formation of the calyptra
in Hepatics there are two different cases to be seen; ina
part the calyptra (c. gynomitriea) is formed exclusively
out of the pistillidium (archegonium) ; in other Hepatics,
as f. i, in Trichocolea, the apex of the stem takes an impor- :
tant part in the formation of the calyptra (c. thalamomitriea).
The situation of perichætia (female flowers) and androecia
. (male flowers) are discussed. | —
Further the author gives his opinion on the systematical
_ arrangement of mosses. The Hepatics stand on a higher
degree of development than Bryineæ. Amongst Hepatics
Marchantiaceæ are to be placed in the first room ; the
Anthocerotaceæ on the contrary in the last room. Amongst
the Bryineæ the acrocarpous mosses are higher developed
than the pleurocarpous mosses ; the Polytrichaceæ being
the highest, the Andreæaceæ the lowest amongst ‘the
_acrocarpous mosses. Amongst the pleurocarpous mosses
the genus Thuyidium is considered as best developed ; these
_ mosses are, however, rather monotonous, on which account
their systematical arrangement is very dificult. He
= The author’s systematical opinions are backed up by a
_ great plenty of facts that make the paper very interesting ;
Jam sorry not here to have leisure nor space to reproduce
408. Linopeng, S. 0., Hepaticologiens utveckling fran
Gldsta tider till och med Linné (Program, Helsingfors, J. C.
_ Frenckell et Son, 1877, p. 51, in-4°, in Swedish). Hu
As the oldest authors that have promoted our knowledge
_ of the Hepatics are mentioned Aristoteles, Theophraslos,
_ Plinius secundus major, F. Colonna (1616), Gaspar Bauhin
80 REVUE BRYOLOGIQUE.
(4620), Chr. Merreit (1667), H. Malpighi (1679), R. Sibbald
(4684), J. Ray (1690), Léon Plukenet (1696, 1705), Tourne-
fort (1698, 1700), James Petiver (1698, 1699), Bobart
[Morison] (1699), Dillenius (1747, 1718, 1724, 1741), H. B.
Ruppius (1726), Seb. Vaillant (1727), J. C. Buxbaum (1728),
= Micheli (1729), Linné (1735, 1745, 1753, 1755), Gronovius
[Clayton] (1739), Haller (1742), J. Hill (1751), Hudson (1762).
The years after each name denote the years in which the
bryological papers of the different authors were issued. The
Hepatics treated in each paper are mentioned. The paper
ends with an enumeration of all Hepatics described by the
named authors ; this enumeration contains no smaller
number than 96 species. After each species the year in
which it was first established’ is indicated.
109. LinpeerG, S. O., Uthast till en naturlig gruppering of
= Europas bladmossor med toppsittande frukt | Bryineæ acro-
_ carpæ] (Program, Helsingfors, J. C. Frenckell et Son, 1878,
_ p. 39, in-4°, in Swedish).
See Revue Bryol., 1878, p. 78-80. It is very much to be
deplored that this paper, in which the author has treasured
‘up s0 great an amount of his intensive bryological knowledge,
. is wrillen in a language accessible but to a small part of
bryologists. The author declares hemself to use as starting
point in nomenclature. Déllenius : Catalogues pl. c. Gissam
sp. nasc. (1718) and thé same author’s 3% edition of Ray's
Snopsis method. stirp. brit. (1724).
H. W. ARNELL.
Nouvelles.
+ fascicule 7 des Hepaticæ Galliæ paraîtra au mois d'oc-
tobre.
M. BucuinGer, très connu des vieux botanistes, est décédé
à Strasbourg, à l’âge de 83 ans. Il créa et dirigea le Comptoir
_ d'échanges de Strasbourg, qui fonctionna avec succès pendant.
20 ans; un grand nombre de phanérogames et de cryplo-
games intéressantes furent distribuées par ses soins, Il rendit
aussi de grands services aux botanistes français à une époque
où les communications n'étaient pas aussi faciles qu'aujour-
_ d’hui. C'était avec la plus grande bienveillance qu’il servait
d’intermédiaire entre la France et l'Allemagne; obliger
_ quelqu'un, c’était pour lui son bonheur.
Le D' Dezawane est décédé dans l'Amérique du Nord. On
lui doit l'exploration de l'ile Miquelon; ce son! ses nom-
_ breuses récoltes qui ont permis à Renauld et Cardot de
publier une flore de cette île, J'ai donné dans les Musci
Galliæ quelques mousses récoltées par lui et qu'il me trans- ci
mettait par l'intermédiaire de mon ami Renauld, T. H
N° 6 15e ANNÉE 1888
REVUE BRYOLOGIQUE
PARAISSANT TOUS LES DEUX Mois
Les Manuscrits doivent être écrits en français, en latin ou en anglais.
Sommaire du N° 6.
Méthodes de préparations microscopiques. AManx. — Causerie
bryologique. Amanx. — Notice sur une collection de Mousses de
: Maurice. Renauzp. — Etudes sur le péristome (suite). PHILIBERT.
— Bibliographie. — Table des matières de la 15° année.
Méthodes de préparations microscopiques pour |
l’étude des Muscinées. sr
Les indications qui suivent pourront peut-être rendre
quelques services aux bryologues. J'emploie ces méthodes”
depuis quelques années pour une collection de préparations
microscopiques des mousses d'Europe, destinées à servir à
l'étude des propriétés optiques de la membrane cellulaire
chez ces végétaux et comprenant à l'heure qu'il est déjà
plusieurs centaines de spécimens. ES
4° Préparation du péristome et des feuilles pour l'examen
| microscopique.
On obtient des images d’une très grande netteté et d'une :
clarté admirable en plaçant les deux moitiés de la capsule
humectée et divisée dans le sens de sa longueur dans une
goutte d’un mélange de parlies égales de glycérine pure
ls et d'acide phénique concentré. On recouvre d'un verrelet et
“on chauffe jusqu’à l’ébullition sur une petite flamme (lampe
à alcool ou allumette). Ce traitement a pour but de chasser
l'air contenu dans les cellules et de rendre les parois
capsuiaires plus transparentes. Il offre en outre l'avantage de
redonner aux parties déformées par la dessication, leur
forme primitive.
Cette méthode s'applique aussi aux feuilles et autres
parties vertes, en ayant soin de diluer la gouttelette de
82 REVUE BRYOLOGIQUE.
glycérine phéniquée avec une gouttelette d’eau pure et
évitant de chauffer pour ne pas déformer les cellules à
parois minces et délicates.
_ La couleur naturelle des parties vertes ainsi traitées se
conserve parfaitement.
2° Préparations à conserver.
Les préparations montées dans la glycérine phéniquée
peuvent se conserver, sans autre manipulation, pendant
plusieurs années lorsqu'elles sont gardées dans une boîte
ad hoc, à l'abri de la poussière. Il faut seulement avoir soin
de remplacer le liquide qui s’évapore pendant les premiers
jours; plus tard, la glycérine se concentre assez pour ne
plus s’évaporer du tout.
Si l’on veut monter la préparation d’une manière plus
stable, on commence par lui faire subir le traitement décrit
plus haut, puis, on la place dans une gouttelette de gomme
phéniquée, sur le porte-objet, on couvre d’un verrelet et on
laisse la gomme se dessécher. Ce mode d'inclusion me paraît
préférable à celui ordinairement employé dans la gélatine
glycérinée en ce qu’il permet d’opérer à froid, ce qui pour
les parties vertes est bien préférable,
Voici la formule de Ja gomme phéniquée que j'emploie :
gomme arabique en morceaux choisis et blancs, 5 grammes ;
eau distillée, 5 grammes; après dissolution, ajoutez glycérine
phéniquée, 10 gouttes, et chauffez légèrement pour obtenir
une liqueur limpide.
| 3° Coupes.
__ On attribue maintenant à l'étude des coupes microscopiques
des feuilles, de la capsule et de la tige une importance si
considérable, qu’un bryologue consciencieux est constamment
appelé à en exéculer. Il faut une certaine habileté pour
_ réussir ces coupes. Si l’on veut être sûr d’en obtenir de très
_ minces, on emploiera les méthodes d’inclusion dans la
_ paraffine molle pour les parties solides et épaisses (capsule,
_pédicelle, etc.), dans la gomme arabique glycérinée pour les
parties délicates : feuilles, spores, etc.
Si l'on est pressé, on se contente de placer l'objet à couper
dans deux plaques comprimées de moelle de sareau.
Je n’emploie que rarement ces méthodes, Avec un peu
d'exercice on arrive à obtenir de fort bonnes coupes en
| par tout simplement l’objet à couper humecté d’eau, sur
_ l'ongle du pouce de la main gauche et imprimant au rasoir
_ le mouvement alternatif d’un couteau à hacher (4).
: __ (4) Je pose uné ou plusieurs feuilles, ordinairement un rameau, sur une
lame de verre que je place sur la platine d’un microscope de dissection,
REVUE BRYOLOGIQUE 83
On porle ces coupes dans une goutle de glycérine phéni-
quée placée sur le porte-objet entre deux verrelets et on
recouvre d’un troisième verrelet dont les bords sont supportés
par les deux premiers. Il est facile alors de faire rouler les
coupes sous le microscope de manière à les placer dans une
position convenable pour l'examen. La glycérine phéniquée
est préférable pour ce but à l’eau pure, vu sa consistance
plus épaisse. Ces préparations de coupes peuvent être mon-
tées dans la gomme glycérinée comme ci-dessus, on donne
alors au verrelet comme soulien, de petites bandes d’élain
en feuille, collées sur le porte-objet, ou de bitume bien sec,
Je n’ai trouvé l'indication de ce petit « truc » dans aucun
traité sur la matière, quoiqu'il soit sans doute d'un usage
assez général chez les bryologues.
4 Réactifs.
Jusqu'ici, l'emploi des réactifs microscopiques a été com-
plètement négligé par les bryologues. Is pourraient cependant
leurs rendre de bons services. C’est ainsi que je me sers,
depuis longtemps, d’une solution très diluée de perchlorare
de fer {Perchlorure liquide officinal, 4 partie; eau distillée,
9 parties) pour rendre plus visible les détails de structure du
péristome et pour différencier bien nettement certaines parois
cellulaires, remarquables par leurs caractères optiques.
Les méthodes de tinction employées par les microscopisles
sur une si grande échelle à l'heure qu'il est, pourraient
peut-être aussi présenter quelque utilité pour l'étude de
l'anatomie de nos petits végétaux. Je fais, depuis quelque
temps, des essais de tinction sur le péristome et je me réserve
de rendre compte des résultats obtenus dans un article
ultérieur. - Amann. — Davos (Suisse).
Causerie bryologique.
La méthode d'exposition suivie jusqu'ici par les auteurs
classiques dans les ouvrages de bryologie systématique
Je maintiens l'objet avec une aiguille tenue de la main gauche et, avec un
petit scapel, je fais les coupes de la main droite ; avec un peu d'habitude, on
arrive à faire très promptement de bonnes coupes et plusieurs à la fois si
l'on a pris un rameau garni de feuilles. Avee un doublet un peu fort on a
l'avantage de voir immédiatement si elles sont faites convenablement et on ne
) pas de temps à porter sous le microscope composé une préparation
inutile, Il faut que l’objet soit mouillé, mais il ne faut pas trop d'eau : à sec,
_ les coupes sautent souvent en dehors de la lame de verre ou sont emportées
__ par le moindre courant d'air; s’il y a trop d'eau, elles sont plus difficiles
à faire et elles nagent et voyagent dans le liquide. — Si l’on n’a pas de
microscope de dissection, on peut se servir d’une loupe montée. og
St su rer, T. Husnor.
84 REVUE BRYOLOGIQUE.
offre le grave inconvénient de présenter au commençant sur
un seul et même plan des espèces de valeur relative très
différente. M. l’abbé Boulay, dans son excellent ouvrage
« Muscinées France », a fait un premier pas dans une voie
nouvelle, en indiquant par un astérisque et une impression
en caractères plus petits, les noms des espèces de moindre
valeur. Sans être dans tous les cas particuliers de l'avis de
cet éminent bryologue qui réunit parfois, à titre de sous-
_ espèce ou même de simples variétés, des choses fort diffé-
rentes, je considère celte innovation comme très heureuse,
Mais ces sous-espèces sont loin elles-mêmes d’avoir la même
importance : Barbula aciphylla Br. E., Campylopus turfaceus
Br. Eur., Dicranum Mubhlenbeckii Br. Eur. , Fissidens crassipes
. Wils., Hypnum Vaucheri Lesq., Orthotricham alpestre Horns.
_ sont des sous-espèces si l’on veut, mais à coup sûr des
_ sous-espèces d’autrement plus de valeur que Barbula pul-
vinata Jur., Dicranum spadiceum Zett., Fissidens decipiens
han Hypnum dolomiticeum Milde, Orthotrichom saxatile
_Brid.
Pensant qu'il serait utile d'indiquer cette valeur relative de
ces espèces qui ne diffèrent d’autres espèces voisines mieux
caractérisées que par des caractères légers, mais assez
= constants cependant pour qu’on y voie plus que de simples
_ variélés, je propose de leur attribuer un numéro d'ordre
indiquant cette valeur et de les sabordonner aux espèces de
premier ordre bien caractérisées à titre d’espèces de 2°, 3°,
_ 4° ordre, suivant la valeur relative et la quantité dé leurs
_ caractères distinelifs.
Ge rang pourrait être indiqué par un chiffre romain placé
cer le nom. Un exemple fera mieux comprendre ce dont
_ ils’agit:
= La section naturelle Cratoneuron du genre Hypnum est
- formée pour moi par deux espèces européennes de 1°" ordre:
À Hypnum filicinum L. et ! Hypnam commutatum Bridel.
_ Comme espèces de 2% et 3° ordre subordonnées à la
_ première, je distingue :
I Hypnum Notarisii Boulay (Thuidium decipiens de Not.).
HT Hypaum Vallis-Clausae Brid. (Hypn. Formianum Fior.).
On est libre, suivant les opinions, de faire de cette plante
une simple variété.
Et comme espèces de 2 ordre subordonnées à la seconde :
IT Hypnum falcatum Bridel.
I Hypn. irrigatum Zeit.
1 Hypn. sulcatum Schpr.
Si l'on lient à conserver le II subsulcatum Schp. comme
espèce, on le subordonnera au II H. sulcatum à titre d'espèce
de 3° ordre. he ie a
Puis viendront les variétés désignées comme jusqu'ici par
85
des lettres grecques. Les sphagnologues et les barpidiologues
seront libres d’y ajouter à leur gré les sous-variétés, les
formes, les sous-formes, les variations et les sous-variations
qui font leurs délices et qu’ils désignent par les vingt-cinq
lettres de l'alphabet latin renforcées de croix pelites et
grandes et d'étoiles de toutes grandeurs.
L'importance et le numéro d’ordre que l’on attribuera aux
espèces varieront, cela va sans dire, suivant les opinions
individuelles (dont ces numéros seront l’expression) sur la
valeur relative des caractères qui distinguent ces espèces,
selon par exemple que l’on attache le plus d'importance à
ceux fournis par le péristome ou à ceux tirés de l'appareil
végétatif.
_ Je crois, avec M. Philibert, qu’en définitive ce sont les
premiers qui doivent décider sur les affinités naturelles et les
rapports ontogéniques des espèces entre elles. J'ai été con-
verli aux idées de cet excellent bryologue par l'expérience,
en voyant quels caractères distinctifs précieux décèle souvent
l'examen minutieux du péristome chez des espèces voisines.
Voyez par exemple les Bryum pendulum Horn. et inclinatum
Br. E. : il suffit de jeter un coup d’œil sur la lame ventrale
des dents du péristome de ces deux espèces que Schimper et
Boulay disent très voisines el difficiles à distinguer, pour
voir qu’on a à faire à deux plantes foncièrement différentes
et que les véritables affinités du Br. inclinatum sont ailleurs.
Consulter à ce sujet les « Etudes sur le péristome » de
M. Philibert qui ont paru dans cette Revue. 4:
L'importance secondaire des fonctions du péristome dont
l’organisation est à la fois si complexe et si stable, n’est pas
une raison pour qu'on soit en droit d'attribuer une valeur
moindre aux caractères qu'il fournit pour la classification.
L'application logique de ce principe que la valeur d’un ca-
ractère dépend de l'importance des fonctions que remplit
l'organe dont il est tiré, exigerait que l’on prit comme base
de toute classification les caractères tirés des organes de
reproduction, anthéridies et sporogones, chargés de remplir
le but final de tout être vivant : la reproduction de l'espèce.
Mais c’est là le principe qui est la base de la classification
de Linné et sa classification n’est pas naturelle ; quelque
chose d’analogue appliqué aux mousses n'aurait pas même
le mérite du système de Linné, celui d’être pratique.
Et puis du reste, pouvons-nous dans l'état actuel de la
science, mesurer si exactement l'importance des fonctions
que sont appelés à remplir les organes de nos pelits végé-
taux ? Savons-nous par exemple quel rôle, peut-être capilal,
jouent pour l'assimilation à l'intérieur de la cellule, les
papilles en forme de petites lentilles qui couvrent les feuilles
chez les espèces. qui vivent sur le roc nu, exposées en
REVUE BRYOLOGIQUE.
SN __ REVUE BRYOLOGIQUE.
plein soleil? Savons-nous à quoi sert le long poil hyalin qui
se trouve à l'extrémité des feuilles de beaucoup de ces
_mêmes espèces, poil qui tend à s’atrophier et à disparaître
dans les individus qui végètent plus à l’ombre? Savons-nous
_ pourquoi les parois cellulaires de certaines parties de la
feuille présentent des propriétés optiques différentes, déno-
tant une composition chimique et une constitution molé-
culaire différentes aussi ?
Je crois que nous n’arriverons en bryologie à une clas-
sification vraiment naturelle et satisfaisante, que lorsque
nous connaitrons mieux, dans tous ses détails, l’organisation
_de nos petits végétaux et les fonctions physiologiques de leurs
organes. Un jour viendra où cette classification naturelle
_ s’imposera d’elle-même comme une résultante naturelle des
faits acquis. Tous nos systèmes actuels fondés exclusivement
sur un examen superficiel de quelques organes, ont forcé-
ment un caractère artificiel qu’il est impossible de mé-
connaître. AMANN. — Davos (Suisse).
Marchantia Bescherellei St. n. sp.
Frons late linearis, usque ad 8°" Jonga, repetito furcata,
1°" lata, plana, tenera, anguste alteque costata, margine
_lenui (in sectione unicellulari) 4 cell. lato, cellulis valde
_æqualiterque incrassatis formato.
Stratum aeriferum humile, filis ramosis dense repletum ;
cellulae epidermidis 0,050: 0,035"; pori hyalini valde
prominentes, ore 0,070 : 0,090%%, pororunm pars inferior
(subepidermalis) tubulosa, ore interno cellulis sex inflatis
quasi stellato, vix angustato.
. Stratum solidum rubro-fuscum, in alis humillimum (in
sectione 1 cell. altum) in frondis medio abrupte incrassatum ;
cellulae at in congeneribus, in medio minores æquilateræ, in
alis magis elongatæ.
_ Squamae ventrales utroque latere biseriatæ ; in serie
costali semilunares, valde curvatim insertae, remotae, alter-
ntes, purpureae, appendiculo apicali ovato acuto, murgine
angulato vel uno alterove dente munito ; squamae seriei
_sectndae mullo minores, cum squamis costalibus alter-
nantes, ligulatae, integrae.
. Capituli pedunculus excentricus, 3°" longus, compressus,
profunde sulcatus varieque lamellatus, ventre bicanalicu-
latns, dorso lamellis duabus dilatatis bilocularibus instructus,
celerum tota superficie minute multirimosus ut in sectione
s pat appareat, basi nudus, medio paleis brevibus sparsis,
' " ÿ
pitulo magis aggregatis, obsilus.
REVUE BRYOLOGIQUE. “ae 87
Capitulum femineum viride, medio convexiusculum, ad 1/3
quinquelobatum (semper?) lobis rotundatis, medio breviter
incisis, plano-patulis, tenuibus, pulchre reticulatis.
Involuera cum lobis allernantia, magna, rubescentia,
tenacia, conchaeformia, usque ad baëin apicemque fere fissa,
margine breviter ciliata ; pistilla 8; perianthia magna, cam-
panulata, ad medium quadriloba, lobis ovatis apice subito
angustatis, obtusis.
Calyptra robusta, fusca; capsula sphaerica, bulbo parvo
inserta, pedunculo nullo, irregulariter rnmpens, parietibus
tenuibus pellucidis; cellulae 0,017: 0,050” appendiculis
dentiformibus longe in lumen prominentibus. Elateres 0,070°"
bispiri, fusco-brunnei, spiris anguste torlis ; sporae 0,025
pallide-flavescentes, ad carinas erosulae, ceterum glabrae.
Seypbula capitulaque mascula hand visa.
Hab. Rio Janeiro, leg. Glaziou, n° 6348. Herb. Bescherelle.
F. Srepuanr. — Leipzig.
Note sur une collection de Mousses de l’île
Maurice.
On sait que les mousses récoltées en 1876, à Maurice, par
le D: de Robillard, ont été envoyées par ce botaniste, d'une
part à M. Geheeb qui les a soumises à l'examen de K. Müller,
d'autre part au D° Duby qui donna la description de trois
espèces nouvelles dans les Mémoires de la Société d'histoire
naturelle de Genève (1876). ACT
Toutefois, il restait à M. Duby une caisse d'échantillons
non étudiés qui, à la mort de ce dernier, ont été acquis par
M. Motelay et communiqués, en 1886, à M. Bescherelle. Le
savant auteur de la Flore bryologique de La Réanion ayant
bien voulu, pour mon instruction personnelle, me confier
l'étude de ces échantillons, je erois utile de faire connaître
quelques résultats intéressant la bryologie de Maurice, non
sans avoir préalablement remercié M. Bescherelle qui, pour
faciliter mon travail, a bien voulu, avec sa générosité habi-
tuelle, enrichir mon berbier des précieux 1ypes originaux de
la région.
PariccariA Borviniana Besch. in Fl. Réun. La plante de
Maurice, récoltée par Boivin et dont je possède l’échantillon
original, est identique à celle de la collection de Robillard et
se retrouve à Bourbon. Ce
| Dans cette même collection se trouve un autre Papillaria
voisin du P. Boiviniana Bescb. et que j'avais appelé P. Mau-
ritiana Ren., ignorant alors que M. C. Müller avait déjà
-
88 REVUE BRYOLOGIQUE.
donné ce nom à un Papillaria de Maurice, M. Bescherelle, à
qui j'ai communiqué ces échantillons, a été amené à revoir
les espèces de son herbier et est arrivé aux conclusions
suivantes :
4° Le Papillaria Maufitiana C. M. in hb. Geheeb est iden-
tique au P. Boiviniana Besch., ainsi qu’il ressort de l'examen
de l'échantillon authentique communiqué par M, Geheeb.
9 Afin de ne pas apporter de confusion dans la nomen-
clature, le P. Mauritiana Ren. re peut conserver ce nom et
devient P, Renauldi Besch. in litt.
3 Parmi ces Papillaria de Maurice, M. Bescherelle a
reconnu un autre espèce nouvelle qu’il a nommée P. acinact-
folia Besch. et en me communiquant une courte diagnose de
ces espèces, il m'a engagé à rédiger des descriplions plus
complètes. Celles qui suivent sont donc établies d’après les
… échantillons originaux. -
= PapiczartA BorvinrAna Besch. in FL Réunion, pag. 123,
Dioica. Caulis teres filiformis inferne distichus, superne
remote-ramulosus, ramis brevibus simplicibus viridibus vel
aetate fusco ferrugineis, inferioribus attennalis, ceteris viri-
dibus vel citrinis patentibus plerumque obtusis gracilibus vix
5-10 mill. longis. Folia madida erecto patentia sicca appressa,
caulina concava late rotundato-auriculata basi ad auriculas
ob excavationem biplicata cordalo-ovata plane acuminala
marginibus sinnosis integerrimis, costa ultra medium evanida,
_ cellulis basilaribus e costa ad medium usque folii rectan-
_ gularibus subellipticis fere pellucidis vix papillosis; folia
_ramea bastata angustiora minus cordata longius cuspidata,
_costa pallida marginibus valde papillosis, cellulis medio folio
_ obscuris. Cetera desunt.
_ Cette espèce se distingue de la suivante par le port plus
grêle, par la tige filiforme, par les fenilles appliquées à l’état
sec, plus petites, moins dilatées à la base et par les oreilleites
non marginées, crénelées par la saillie des papilles mais non
denticulées.
PapizcartA RenauLot Besch. in litt. Spec. nov. — Dioica.
Præcedenti similis sed paulo robustior. Caalis subteres
flexuosus inferne sat dense superne remotins ramulosus,
rami patuli 5-10 mill. longi. Folia madida erecto-patentia sicca
Jaxe appressa subcontorta symmetrica e basi denticulata latis-
sime rotundato-auriculala et biplicato-undulata raplim acu-
minata, costa pallida ultra medium continua, cellulæ mediæ
fere indistinctæ ellipticæ, parietibus irregulariter et grosse
papilloso-incrassatis, basilares subpellucidæ, e costa ad me-
_dium folii rhomboideæ sublæves, laterales anguste-ellipticæ,
oblatæ, papillosæ semicirculatim serialæ, margine denticulato
r cellulis 2-3 elongatis flavidis (parietibus haud incrassalis)
ere semper compostto:
REVUE BRYOLOGIQUE. 89
Flores feminei (hand evoluli) minusculi in caule et in
ramulis obsili. Fol. exter. ovato-rotundata ecostata intima
oblongo-lanceolata basi denticulata superne repandula, ultra
medium costata, inferne limbo flavido submarginata. Rete
basi laxiore pellucido, cellulis elongato-subrectangulis epapil-
losis, superne papilloso subobscuro cellulis anguste ellipticis,
papillosis. Archegonia parva pauca 5-8, paraphys. longiora.
Cetera desunt. 5
Cette espèce voisine du P. Boiviniana s’en distingue par sa
taille plus robuste, par ses feuilles non exactement appliquées, …
un peu confournées à l’état sec, plus grandes, plus élargies à
la base et par les oreillettes marginées et denticulées.
PAPILLARIA ACINACIFOLIA Besch. in litt. Spec. nov. — Dioica,
lutescens, caulis inferne denudatus superne distiche ramosus,
rami patuli 3-10 mill. longi. Folia sicca haud appressa laxe
subspiraliter contorta asymmetrica acinaciformia e basi abrupte
auriculata longe acuminata, marginibus planis. Costa debilis
solum basi notata. Rete fere æqualiter subobsenro, cellulæ
mediæ elongatæ sublineares, parietibus hand vel parum in-
crassalis, papillæ (e media cellula et e parietibus) sparsis,
minutissimis, cellulæ basilares melins conspicuæ e costa ad
medium elongate-subbexagonæ, laterales angnste ellipticæ
semi circulatim seriatæ papillosæ. Flores masc. numerosissimi
gemmacei in ramis obsiti. Flores feminei in caule oriundi.
Perichætium (evolutum) capsula immersa semel longius.
Fol. extern. breviora (2 mill.) e costala, lanceolala, intima
longissima (5 mill.), anguste lanceolata cuspidata longe costata,
plicata. Rete elongato basi pellucido epapilloso superne
breviore paulo papilloso. Gapsula, in pedicello brevi, e collo
abrupto oblonga.
Cette espèce est à peu près de la même taille que le
P. Renauldi, mais les tiges sont moins flexueases et plus
régulièrement pinnées snpérieurement. Elle s'éloigne d’ail-
leurs des deux précédentes par ses feuilles asymétriques
acinaciformes, par sa nervure courte et par le tissu. M. Bes-
cherelle la croit assez commune à Maurice mais rarement
fertile.
Enfin, je dois encore mentionner une espèce du Cap:
Papillaria africana C. M. qui offre une certaine analogie avec
les P. Boiviniana et P. Renauldi. Elle se distingue de la
première par la taille plus robuste et le port plus raide, par
les feuilles deux fois plus grandes involutées aux bords, et de
la seconde par ce dernier caractère ainsi que par les oreil-
Jettes crénelées aux bords par la saillie des papilles, mais ni
imarginées ni denticulées.
Ecrnororuecrum Bescuerecer Renauld. Spec. nov. — Monoi-
cum. Rabustum ; cespites molles pallide vel aureo-lutescentes
intricati, longe lateque extensi. Caulis repens radiculosus,
90 _ REVUE BRYOLOGIQUE.
10-12 cent, longus sat regulariter et dense pinnaltus, rami
__ patuli 5-10 mill. longi. Folia dorso convexa apice falcatula,
4 4/2-1 3/4 mill. longa, lateralia ovato-oblonga breviter acu-
_ minata basi oblique truncata, asymmetrica (in uno latere fere
recta, in allero valde curvata) tenuiter bicoslata, integra vel
apice repandula; rete laxo cellulis elongato-rhombeis, vacuis,
pellucidis composito. Folia media longius cuspidata angustius
et longius areolata. Flores masculi gemmacei in caule ad
_ femineas siti. Perich. radicante, Perichetialia interna sub
_convoluta, e basi ovato-oblonga raptius in acumine eroso-
denticulalo courctata, ecostata, externa breviora obtusa.
Capsula in pedicello flexuoso 12-18 mill. longo apice subito
arcuato, pendula vel subpendula, madida ovato-globosa, collo
_ turgido, sicca sub 6re plas minus constricta. Peristomii dentes
externi siccitate intus reflexi (0,6 mill. longi) superne eroso-
papillosi, linea divisurali vix conspicua, membrana interna
_ lutea, processus dentibus ‘ext. breviores, superne hyalini
_ valde muricati, crasse articulati, carina rimosi vel in laminas
_ passim agglutinatas producti. Cilia ? Operculum late convexum,
apiculatum.
Cette espèce se distingue à première vue de ses congé-
nères de Bourbon et de Maurice par son port plus robuste, sa
_ couleur d’un jaune doré, et par ses feuilles fortement asymé-
_triques, plus grandes. Elle semble assez abondante à Maurice,
si l’on en juge par la quantité des échantillons reçus.
# (A suivre.) F. RENAULD.
Etudes sur le Péristome. Huitième article.
Différences entre les Nématodontées et les Arthrodontées ;
transilions entre ces deux groupes.
Dans une partie précédente de ces études, j'ai essayé de
déterminer le plan général du péristome chez les mousses
artbrodontées. Il se compose essentiellement de 16 rangées
verticales de cellules, formant une enveloppe cylindrique ou
conique entre l’opercule et la columelle ; les parois tangen-
lielles qui limitent ces cellules sur leur face dorsale, associées
à un nombre double de cloisons qui leur sont appliquées en
dehors et qui font partie originairement d’une couche de
cellules plus extérieure, constituent la trame du périsiome
exlerne, tandis que les parois intérieures qui leur sont oppo-
sons, en nombre variable, mais générale- .
ui adhèrent à leur face ventrale. Lorsque
REVUE BRYOLOGIQUE. 91
toutes les parois membraneuses qui composent ce système
primitif se consolident en s’épaississant, et persistent à la
maturité du fruit, les eloisons horizontales et les parois laté-
rales étant d'ailleurs presque toujours résorbées, le péristome
est double et réalise le type normal que nous avons appelé
diplolépidé. Quand le péristome est simple el que chaque dent
présente deux rangées de plaques dans sa lame dorsale avec
une seule rangée dans sa lame ventrale, c’est encore le type
diplolépidé, mais amoindri, le péristome interne ne s'étant
pas développé, ou ayant disparu dans le fruit mür. Enfin
quand un péristome simple présente an contraire dans cha-
cune de ses 16 dents une seule rangée dorsale avec deux ou
plusieurs ventrales, c’est alors le type dérivé que nous avons
appelé aplolépidé, et nous admettons que dans ce cas c’est la
membrane interne qui s’est développée seule, tandis que le
péristome externe avortait, =.
Quelquefois le nombre des rangées principales de cellules
devient double, par exemple, dans le genre Scouleria, et il y
a alors 32 dents; quelquefois au contraire, comme dans le
genre Octoblepharis, l’épaississement ne porte que sur la
moitié des 16 rangées primitives, et le péristome aplolépidé
ne montre alors que 8 dents, par un fait analogue à celui qui
se produit souvent dans le péristome interne des Orthotrichs.
Mais toutes ces anomalies peuvent être considérées comme
de simples déviations du plan général, et l’on peut ainsi assez
aisément ramener à un type unique toutes les formes du
péristome arthrodonté. + “+
Quand on arrive au contraire aux mousses que M. Mitten a
appelées le premier Nématodontées, on observe une structure
du péristome absolument ditférente ; les dents sont construites
sur un tout autre plan. .
POLYTRICHACÉES
Examinons, par exemple, dans le Polytrichum juniperinum,
une coupe transversale d’une dent, prise près de sa base:
cetie coupe a la forme d’un triangle isocèle très aplati, dont
le sommet est tourné en avant; on y distingue des cavités
cellulaires, ovales vers le milieu de la dent, presque linéaires
sur les bords : on compte à pen près six ou sept rangs de ces
cavités dans le sens de l'épaisseur, leur nombre devenant
plus grand dans la partie médiane, Si maintenant l'on exa-
- mine Ja dent dans le sens de sa longueur, on reconnaît que
chacune de ces cavités observées sur la coupe, correspond à
_une cellule étroite et très allongée, qui se continue, sans se
_eloisonner, de la base au sommet de la dent, en se courbant
_ en are à ses deux extrémités. Ces cellules forment ainsi, en |
se joignant aux cellules semblables de la dent contigüe, des
92 REVUE BRYOLOGIQUE.
arceaux superposés et emboités les uns dans les autres, Dans
cetie espèce elles demeurent blanchâtres, et leurs parois, du
moins dans leur partie inférienre, sont souvent assez minces ;
_ plus haut, elles s’épaississent davantage, d’une façon d’ail-
leurs assez irrégulière, et la dent s’aplatissant de plus en
plus, leurs cavités se rétrécissent et semblent à la fin s’obli-
térer presque entièrement. Au-dessous des dents le péristome
se continue en une membrane indivise, plus épaisse, com-
posée de plusieurs couches concentriques de cellules ; là les
cavités cellulaires deviennent plus nombreuses, plus larges
et moins allongées, de forme prismatique; on distingue des
cloisons horizontales aussi bien que des cloisons verticales, et
l’ensemble constitue un tissu compact.
= Dans d’autres espèces, par exemple, dans le Pogonatum
aloïdes, les dents sont plus épaisses et plus colorées; on
_ compte, sur une coupe horizontale, cinq ou six rangées de
_ cellules en largeur sur quatre couches en épaisseur, du moins
- vers le milieu de la dent ; les deux couches postérieures sont
pâles, les deux antérieures d’un rouge-brun; sur les bords
les deux couches rouges disparaissent et les couches pâles
subsistent seules. Les cellules ainsi colorées en rouge ont
leurs parois très épaisses, et constituent des fibres à peu près
pleines. De là le nom de Nématodontées ; mais la différence
essentielle qui sépare ces dents de celles des Arthrodontées
n’est pas tant dans la forme allongée et dans l’épaississement
de ces fibres ; elle est surtout dans ce fait que chaque dent,
_ au lieu d’être formée simplement de deux lames accolées,
_ représentant seulement des parois épaissies, comprend plu-
_ sieurs couches de cellules entières réunies en un tissu.
= Les mêmes choses se passent dans toute la famille des
. Polytrichacées ; il n’y a de différence que dans les détails:
les dents sont plus ou moins longues, et plus ou moins
aplaties; le nombre des couches et des rangées de fibres est
_ plus ou moins grand, les fibres elles-mêmes sont plus où
_ moins colorées. Dans une section du genre Polytrichum
(Pterygodon Zindberg), on observe une particularité remar-
quable, qui a été bien décrite par M. Lindberg ; chaque dent
porte sur le milieu de sa face ventrale une où deux cellules
_hyalines, qui font saillie en forme de crête.
= La couronne busilaire est aussi plus ou moins développée
suivant les espèces. Sa structure est particulièrement bien
caractérisée chez lPAtrichum undulatum. Là, la couche su-
_perficielle qui revêt la capsule en dehors, est séparée du
cercle des dents par un tissu épais et régulier, composé de
quatre ou cinq couches concentriques de cellules, qui forment,
en s’élevant obliquement jusqu'aux fibres dentaires, cinq ou
six élages. En examinant cette couronne de face, on voit
u’il y a, dans le sens de la circonférence, à la base de chaque
REVUE BRYOLOGIQUE. 93
dent, deux rangs de cellules régulièrement superposées le
long des cinq ou six étages que l’on compte en hauteur; les
lignes verticales qui limitent ces denx rangées correspondent
l’une au milieu d’une dent, l’autre à la limite de deux dents
contigües ; en bas, ces cellules, vues ainsi de face, ont
l’aspect de rectangles très réguliers, plus larges que hauts,
dont les bases sont exactement horizontales ; plus haut, elles
deviennent obliques et forment un angle dont le sommet est
dirigé du côté opposé à la dent; enfin dans les fibres den-
taires, cel angle est remplacé par un arc de cercle continu, et
il n’y a plus alors de cloisons horizontales : de chaque côté
de la ligne médiane, le limbe aplati de la dent, courbé à sa
base, s’élève ensuite verticalement jusqu’à son sommet
arrondi. Il semble que dans l’origine chaque moitié de Ja
dent soit formée d’une cellule simple, qui se partagerait
ensuite, par des cloisons verticales, dans les deux sens de
l'épaisseur et de la largeur. On compte ici environ 12 à 15 de
ces cellules ou fibres dans chaque dent, formant à peu près
cinq rangées en largeur sur trois ou quatre couches en
épaisseur, du moins vers le milieu, où elles sont plus nom-
breuses, et où leur coupe de linéaire devient ovale; ces
fibres sont les unes blanchâtres et crenses, avec des parois
épaisses, les autres pleines et colorées en rouge, surtout sur
la face ventrale.
Dans le Polytrichum sexangulare on trouve aussi à la base
du péristome une couronne épaisse, bien saillante au-dessus
du bord de la capsule, et dans laquelle on peut aisément
observer ces étages réguliers, nombreux, qui précèdent et
préparent graduellement les arceaux emboités des dents.
Dans d’autres espèces la couronne basilaire devient au con-
traire très courte, et sa structure beaucoup moins régulière :
dans le Pogonatum nanum, par exemple, on voit simplement
les filaments rouges des dents descendre dans le tissu infé-
rieur, en s’enchevêtrant irrégulièrement, et en se divisant
par des cloisons horizontales.
Mais sans insister sur les détails particuliers à chaque
espèce, il sufbt de s'attacher aux traits essentiels pour cons-
tater que celte structure du péristome ne ressemble ni par
son plan, ni par son origine, à celle des autres mousses. En
dehors des Dawsonia, qui sont évidemment alliés aux Poly-
trichs, et sur lesquels nous reviendrons, on ne trouve quelque
chose qui s’en rapproche, el encore d'assez loin, que dans la
famille des Tétraphidées (Géorgiacées Zindberg). .
(4 suivre.) PHILIBERT.
94 REVUE BRYOLOGIQUE,
Bibliographie.
HEPaATICÆ GALLIÆ, fascicule VIE (n° 150-175 et une plan-
che); prix 5 fr. pour les souscripteurs à toute la collection,
quelques exemplaires à 6 fr. pour les personnes qui n’ont pas
la collection.
= Ce fascicule contient : Sarcoscyphus sphacelatus. Junger-
mannia Taylori, J. fluitans, J. orcadensis, J. obtusa, J. curvi-
folia. Sphagnoecetis communis var. macrior. Lophocolea
Hookeriana. Sendtneria Sauteriana, Mastigophora Woodsii.
= Madotheca rivularis. Fossombronia pusilla var. ochrospora,
__F. angulosa. Dilæna Lyellii. Blasia pusilla. Sauteria alpina.
_Asterella pilosa. Authoceros Husnoti. Riella helicopkylila,
= R. Battandieri, R. Cossoniana. Oxymitra pyramidata.
Ciara E. CumminGs — Catalogue of Musci and Hepaticæ of
North America, North of Mexico. Natick, Massach., 1885,
price 35 cts. — L'auteur a suivi la classification du Manuel
des mousses de Lesquereux et du Catalogue descriptif des
hépatiques de Underwood. Il exprime le désir de faire des
échanges; adresse: Wellesley College ; Wellesley, Massach.
= Les SPnalGnes D'EuRore. — Étude critique et description de
ces végétaux, par C. Wannsrorr. Ouvrage traduit de l’alle-
. mand par l'abbé A. Leraco. Un vol. in-8° de 101 p., 1888.
Prix 4 fr., chez l'abbé Letacq, à Ticheville (Orne).
_ Une analyse de l’édition allemande à été publiée, par
M. Gravet, dans la Revue Bryologique de 1881, p. 85, il serait
_ peu utile de la reproduire aujourd’hui. Depuis la publication
_ de cet important ouvrage, M. Warustorf a changé complète-
_ ment sa manière de voir : en 1881, il n’admettait que 13 es-
pèces européennes et actuellement il en reconnait une
trentaine.
V. F. BroThEnus. — Musci Novi exotici (Botanische Cen-
tralblatt, Band XXXVI, n° 3, 1888). Tirage à part de 4 p. —
L'auteur décrit 5 espèces nouvelles : Arthrocornus africanus
de Madagascar (leg. Marie), le Splachnobryam Baileyi d’Aus-
tralie (leg. Baïley), le Breutelia Wainioi du Brésil (leg.
Wainio), le Papillaria Baileyi d'Australie (leg. Bailey),
lisopterygium robustum d’Australie (leg. Bailey).
,
D" C. MassaLONGO. — Osservazioni critiche sulle specie e
_varieta di Epatiche Italiane create dal De Notaris (Extrait de
l'Annuaire de l’Institut KHoyal Botanique de Rome, vol. I,
Tirage à part de 45 p. in-4° el une planche),
asc. 2.
REVUE BRYOLOGIQUE. 98
Les botanistes trouveront dans ce mémoire des notes très
intéressantes à consulter pour l'étude de 31 espèces et
quelques variétés d’hépatiques: Nardia emarginata var.
minor et aquatica, N. robusta, N. sphacelata var, media,
N. compressa var. pachyphylla, N. scalaris, N. geoscyphus.
Southbya stillicidiorum, S. nigrella. Scapania undulata var.
prolixa, ambigua et æquatæformis, S. irrigua v. luxurians,
S. Carestiæ v. minor, S. Franzoniana, S. nemorosa v. densa
et aconiensis, Jungermannia riparia v. minor, J. Hornschu-
chiana v. Mülleri, J. collaris. Lophocolea beterophyila v.
erosa, L. flagrans. Porella platyphylla, P. Thiya v. torva. |
Radula Notarisii, R. ovata. Frullania Cesatiana, F. Tamarisci
v. blanda, sardoa, chorella et mediterranea, F. calcarifera.
Riella Notarisii. Rupinia italica. Asterella Bonjeanni, A. ele-
gans, Riccia paradoxa. Anthoceros cæspitilius. — La planche
contient: Jungermannia collaris, Lophocolea flagrans, Po- Ë
rella platyphylla var., P. Thiya v. torva, Radula ovata,
Frullania calcarifera, Riccia paradoxa.
F. Srepnanr., — Calycularia crispula Mitten (Hedwigia 1888,
p, 250-252), — Note concernant une hépatique des Indes
décrite par Mitten. ;
RENAULD ET CARDOT. — New mosses of North America {Bo-
tanical Gazette, 1888, n° 8, p. 197-203, and plates XIH-XX).
— Les espèces décrites et figurées dans ce mémoire sont:
Dicranella Fitzgeraidi, Campylopus Henrici, Rhacomitrium
Oreganum, Webera camptotrachela, Polytrichum Ohioense,
Fontinalis Howellii, F. flaccida, Camptothecium Amesiæ.
C. HoucBERT — Catalogue des cryptogames cellulaires de
la Mayenne ; Muscinées, p. 7-48 (Extrait du Bulletin de la
Société d'Études scient. d'Angers 1888). — Ce catalogue
_ contient l’énuméralion méthodique de toutes les espèces
_ trouvées jusqu’à ce jour dans la Mayenne avec l'indication
des stations et des localités. L'auteur s’est servi principale-
. ment des nombreux matériaux amassés par M. Duclaux.
A. Hozcer. — Die Moosflora der Ostrachalpen. Ein Beitrag
zur Bryogeographie des Algau (S. A. aus XXIX Bericht des
naturwissenschaft, p. 219-270. Augsburg 1887).
Le D: Hoiler donne, dans l'introduction, un aperçu de
Le catalogue mentionne avec soin les localités et les altitudes
_ de 293 mousses et de 62 hépatiques, dont un assez grand
_nombre ont été découvertes par l’auteur.
l’histoire de la bryologie et de la géologie de cette contrée. ;
Ps | REVUE BRYOLOGIQUE.
Nouvelles.
ME. Britton a trouvé, dans l'herbier de Schimper con-
_servé au jardin de Kew, un échantillon d’Ulota phyllantha
portant plusiears capsules, récolté en Irlande.
Désirant publier une deuxième édition de la liste des
Bryologues du monde, je prie les botanistes de m'indiquer
très lisiblement les noms et adresses des bryologues qu'ils |
_ connaissent. T. Husnor. LA
TABLE DES MATIÈRES DE LA (5° ANNÉE
me AMANN. — Méthodes de préparations microscopiques. 81
— =-Cadserie brologique 1. 0
ARNELL. — Scandinavian bibliography . . . . . . 73
BREIDLER. — Bryum Reyeri. . 4. + À 4: 9% |
GARDOT. — Le Zygodon du Righi : . 0 0 à:
— — Une fontinale du Rhône . item
Demerer. — Le Cynodontium Schisti . Rd ons
_ GRAVET. — Bibliographie, . . . . , 18, 14, 44: 60
GRONVAL. — Remarques sur le genre Orthotrichum ., , 9
HUSNOT. — Bryum carinatum et B. noviculare . . | ee
— = PibHOgraphos., .. -, : 46, 61:74 M,
_ Lisre des Bryologues du monde (3e supplément). , 2.1.
: Payor. — Catalogue des Hépatiques du Mont-Blanc. 17
PuiciBesr. — Ceratodon dimorphus ., , . . . . . . 98 À
É — Etudes surle péristome. 6, 24, 87, 50, 65, 90
_RenauLz». — Notice sur une Fontinale de l'Auvergne. . 69 =.
— — Note sur une collection de Mousses de
ie Maübiens ts fur tiee SNt
_ RenauLD et CarDOT, — Fructification de l’'Ulota phyl- à
À Rentba sr RS RE. 1 2
_— — Notice sur quelques Mousses de l'Amérique }
No TL, un
_ SPRUCE. — Hepaticæ in prov. Rio-Janeiro et Glaziou
; lécte à: RS as nn
— — Hepaticæ Paraguayenses a Balansa lectæ . 34
STEPHANI, — Anthoceros Husnoti. A nn ele d'ores ie 4U
_ — .: . — Merchantia Bescherellei : , . . .