REVUE ALCOLOGIQUE.
Vol. XI, Pi 17.
Robert CHODAT.
(1865-1934)
Tome XI
Fasc. 3-4
Septembre 1939
REVUE
ALGOLOGIQUE
Directeurs :
P. ALLORGE et Rob. LAM1
SOMMAIRE
W. VtSCHER. — Robert Chodat, algologue. 233
t J. FELDMANN. — Les algues marines de la côte des Albères. IV. Rho-
dophycées .s • * 247
A.-H. Nasr. — On a New Species of the Rhodomelaceae from Egypt. 331
L. et J. Morellet. — Remarques sur les genres Acicularia et Terque-
mella (Dasycladaceae) . 339
P. LEMOINE (M me ). — Stations nouvelles d’espèces rares de Mélobésiées
en Méditerranée . 341
A.-H. Nasr. — On the Phototropism of Acetabularia Caliculus Quoy
et Gaimard. 347
EXSICCATA
Reliquiae Sirodotianae . 351
NÉCROLOGIE
I. GyôRFFY. — D r P r A. Scherffel. 352
Robert CHODAT
Algologue
(6 avril 1865 - 28 avril 1934)
Par W. VISCHER
En 1934 mourut à Genève, à l’âge de 68 ans, le Professeur
Robert Chodat. Nous répondons volontiers à l’appel de la Rédaction
de la Revue Algologique pour retracer l’œuvre algologique de notre
éminent maître, tout en laissant de côté les autres domaines de son
activité prodigieuse.
Le nom de Robert CHODAT restera toujours lié à l’introduction
de la culture pure en algologie. En résumant ses mérites, il est donc
tout indiqué de suivre les voies qui l’ont amené à se servir de cette
méthode, qu’il considérait lui-même comme le fondement du progrès,
et à exposer ensuite les résultats les plus importants de ses efforts.
En 1889, Chodat publia son premier petit mémoire sur une
algue « Chroolepus observée sur les arbres des bords de l’Arve ».
Après avoir terminé sa monographie des Polygalacées et d’autres
travaux, il se lança, avec une véritable ardeur, sur l’étude des algues
vertes. Amené par le célèbre explorateur du Léman, F.-A. FoREL,
à étudier la composition et l’écologie du plancton, CHODAT étendit
ses recherches à la flore pélagique et littorale d’autres lacs suisses,
italiens et français. Par la composition floristique de leur plancton,
il distingua et caractérisa les différents types des « lacs », « lacs-
étangs » et « étangs ». (Etudes de biologie lacustre, 1897-98.) En
même temps, il s’intéressait à la flore des neiges, au « cryoplancton ».
De 1893 à 1897 il publia une vingtaine de travaux sur la bio¬
logie et la systématique des algues, en particulier des Protococcacées.
Une grande partie de ces recherches se trouvent utilisées dans les
Source : MNHN, Paris
234
IV. VISCHER
Algues vertes de la Suisse (1902), travail qui dépassa, par l’origina¬
lité de son contenu, les limites d’un simple ouvrage floristique ou systé¬
matique. Déjà, en 1894, CHODAT écrivait : « Cependant, au cours
des études que j’ai entreprises sur les algues inférieures, j’ai eu l’oc¬
casion de me convaincre du polymorphisme extrême de ces organismes
et en même temps de comprendre qu’aucun détail de leur vie et de
leur morphologie n’est sans importance pour l’établissement des affi¬
nités naturelles. Il est aujourd’hui incontestable que la plupart des
algues vertes sont capables de se modifier profondément selon les cir¬
constances extérieures, l’âge ou l'époque de l’année. » Ce polymor¬
phisme est la cause de nombreuses erreurs commises lors de la déter¬
mination purement microscopique.
On sait qu’en 1889, BEYERINCK a, le premier, appliqué la mé¬
thode de la culture pure sur milieu gélatinisé, employé en bactériologie
et en mycologie, à l’étude des Chlorella et Scenedesmus. Mais l’im¬
portance du travail de BEYERINCK fut, pendant les premières années,
méconnue, voire même niée. Bientôt, au cours de ses recherches sur
Scenedesmus et Dactylococcus, Raphidium, Pleur ococcus, etc., Cho-
DAT se rendait compte qu’il était impossible de distinguer certains
stades de ces espèces et de ne pas les confondre avec d’autres. Pour
éviter les erreurs, il fallait donc partir de cultures absolument pures,
c est-à-dire issues d une seule cellule et ne contenant aucun autre orga¬
nisme (bactérie, champignon). Avec M lle GoLDFLUS, CHODAT pu¬
blia en 1897 les « Notes sur la culture des Cyanophycées et sur le
développement d’Oscillatoriées coccogènes ». Les liquides contenant
ces especes furent suffisamment dilués pour obtenir des germes uniques
sans bactéries, puis les algues furent cultivées sur des plaques de por¬
celaine dégourdie.
En attendant, CHODAT avait isolé, par la méthode des dilutions
dans la gélose, des algues vertes : Oocystis, Scenedesmus, Hæmato-
coccus. Déjà, en 1896, des cultures pures, sans bactéries, de ces
espèces ont figuré à l’Exposition universitaire lors de l’Exposition na¬
tionale suisse à Genève. Le Professeur A. LENDNER, alors assistant,
nous raconte (in lit.) comment, avec les moyens primitifs d’alors, les
milieux ont été préparés. « Nous ne possédions pas encore d’autoclave,
de sorte que les milieux étaient stérilisés dans des boîtes en fer-blanc
qui servaient d’étuves » (stérilisation fractionnée). Bientôt,avec GrinT-
ZESCO, la méthode fut perfectionnée. Depuis lors, la systématique et
la physiologie des algues inférieures a changé de face : elle repose
maintenant sur un fonds solide et sûr; les expériences peuvent être
répétées à loisir.
Un des problèmes les plus importants était celui du polymor-
Source : MNHN, Paris
R. CHODAT , ALCOLOCUE
235
phisme. Selon HaNSGIRG, une espèce pourrait se transformer, en pas¬
sant par un stade de repos, selon les conditions, en un nombre presque
infini d’autres espèces ou genres. D’autres auteurs, notamment
KLEBS dans les travaux de sa seconde période, considéraient les es¬
pèces comme très peu variables ou polymorphes. Certains stades d une
espèce ne pouvant être distingués de ceux d’une autre, seule la mé¬
thode des cultures pures était apte à résoudre ces problèmes. Les dis¬
cussions furent souvent agitées, même orageuses. Cela provenait en
partie du fait que différents auteurs, y compris CHODAT dans ses pre¬
miers travaux, désignaient sous les mêmes termes (polymorphisme,
culture pure) des notions fort différentes. En 1909, la Société bota¬
nique allemande a couronné de son prix le mémoire de CHODAT sur
le polymorphisme des algues. Il faut citer le fait que ses principaux
contradicteurs d’autrefois (K.LEBS, OLTMANNS) faisaient partie du
Jury; ils se sont montrés, par leur geste, pleinement dignes de leur
mission.
Il fut démontré que, d’une manière générale, certaines algues
peuvent revêtir des formes extérieures très diverses (par exemple :
Scenedesmus = Dactylococcus, formes allongées = formes arron¬
dies, etc.), mais que, tout en étant « polymorphes », elles sont spécifi¬
quement absolument stables et ne se transforment jamais les unes dans
les autres. Le degré de polymorphisme (variabilité, plasticité) est donc,
pour chaque espèce, nettement délimité et circonscrit; il ne peut jamais
être dépassé. « Il n’y a, selon CHODAT, pas de théorie du polymor¬
phisme, il y a des espèces polymorphes. » ( Monographies d algues en
culture pure, 1913.)
Depuis lors, dans une foule de travaux, exécutés par lui-même
ou avec l’aide de ses élèves, CHODAT s’efforcait de saisir l’amplitude
du polymorphisme d’un très grand nombre d espèces, de déterminer
les conditions qui provoquent les différentes formes (nutrition, etc.).
De ses propres recherches faites « avant la période des cultures
pures », il ne parlait qu’avec grande réserve. Il n aimait, certes, pas
se voir reprocher une erreur commise pendant ce premier temps et pré¬
férait, par un travail infatigable, vérifier lui-même toutes ses observa¬
tions faites jadis avec un matériel impur. Je me souviens toujours de
sa joie lorsque je pus lui montrer, dans des cultures faites sous sa
direction, des stades d 'Ankistro desmus (arbuscules et spores arron¬
dies) décrits par lui vingt-cinq ans auparavant, mais plus revus de¬
puis lors. Cet ensemble de travaux, sortis de l’école de Genève, cons¬
titue aujourd’hui la meilleure documentation pour la définition et la
délimitation des espèces dans le groupe des Protococcales.
Après avoir trié un nombre suffisant d’espèces, CHODAT dut se
236
IV. VISCHER
convaincre qu il existe, dans la nature, des especes dites « collectives »
ou << linnéennes », qui, elles-mêmes, se composent d’un grand nombre
de lignées ou d espèces « élémentaires ». Ces espèces élémentaires ou
« positives », très importantes pour le génétiste, ne peuvent, en général,
pas être distinguées sous le microscope; la détermination par ce moyen
ne peut^ donc être qu une « première approximation » et doit être
complétée par la méthode biométrique. « Le plus souvent, lorsque le
systématicien croît avoir affaire à des variétés confluentes d’une seule
espèce, il s’agit simplement de races ou d'espèces élémentaires dont la
variation pendulaire interfère sur la variation pendulaire d'autres
espèces, ce qui fait croire à des formes de passages. » Pour distinguer
ces espèces élémentaires, Chodat se sert du caractère cultural : « Il
y a aussi la morphologie des cultures à examiner. Elles (les algues)
forment des colonies dont chacune a son apparence propre et qui sont
par rapport à la cellule isolée comme le peuple à l'individu isolé. »
« La diagnose spécifique devient ainsi compliquée et se marque sou¬
vent mieux par 1 apparence des cultures qui sont une résultante que
par h apparence de chaque cellule en particulier. C’est le faciès social
qui s oppose au faciès individuel. » Comme sur milieu glucosé le poly¬
morphisme de chaque espèce, et par conséquent la différence colo¬
niale entre deux espèces voisines, est souvent fort accentué, Chodat
est amené à se servir d’un milieu glucosé, « milieu standard », pour
mettre en évidence le plus possible les caractères spécifiques des espèces
élémentaires.
En même temps, le côté physiologique ne fut pas négligé. Le
îole des matières minérales, de la concentration de la nourriture, des
sucres, de la peptone, de l'acidité du milieu, de la lumière, de la tem¬
pérature, etc..., fut étudié.
Un chapitre important de systématique et de physiologie algo-
logique est constitué par les études sur les gomdies de lichen. Avec
ses eleves, Chodat a isolé beaucoup de gonidies, notamment des
genres 7 armelia, Cladoma, etc... Leur spécificité, leur parenté et leur
affinité, de même que leur physiologie furent l’objet de recherches
soignées.
, ^' n mat ériel immense, des centaines de cultures pures encore non
etudiees, s accumulait dans le Laboratoire botanique de Genève.
Quelques années avant sa mort, Chodat publia encore une mono¬
graphie magistrale sur le genre Scenedesmus (1926), dont il possédait
une superbe collection vivante, enrichie pendant trente ans. Un ^rand
travail d ensemble sur les Proto-Pleurococcus, problème qui le han¬
tait depuis le commencement de ses recherches algologiques, resta
inachevé et ne put, malheureusement, pas être publié.
R. CHODAT , ALCOLOCUE
237
Après avoir insisté pendant trente ans, sur la constance parfaite
des espèces en culture pure, c’est-à-dire le retour intégral au type
primitif après n’importe quelles expériences, CHODAT découvrit vers
la fin de sa carrière, pour la première fois, des mutations chez des
algues. . ,
En particulier, le Chlorella rubescens Chod., depuis vingt-deux
années qu’il a été réinoculé au moyen du fil de platine, n a montre
aucun signe de modification génétique. On a alors isole, au moyen
d’un micromanipulateur et en respectant toutes les précautions, plu¬
sieurs centaines de cellules uniques, dont chacune se développait en
une culture séparée. « Parmi le grand nombre de colomes obtenues,
un petit nombre se manifestait distinctes, dont quelques-unes, trans¬
portées sur de nouveaux milieux frais, ont conserve cette meme diffé¬
rence » Sous le microscope, toutes les cellules se ressemblaient, mais
dans les colonies issues chacune d'une autre cellule du même clone
primitif, les différences s’additionnent et se renforcent; elles se tra¬
duisent par une vitesse de croissance et par la formation de carotine
plus ou moins accentuée. Ce phénomène, c’est-à-dire cette apparition
de nouvelles races se maintenant constantes, qui est très rare chez cer¬
taines espèces et plus commun chez d’autres, est nommé^ « mutation
généralisée ». L’absence totale de fécondation exclut très probable¬
ment toute possibilité de mutation par croisement. L’origine de clones
distincts « ne peut s’expliquer que par des accidents lors de la division
cellulaire ». Cette mutation d’êtres asexués semblait à CHODAT une
manifestation plus primitive de la matière vivante que la mutation
proprement dite des êtres sexués. « La stabilité des races élémen¬
taires, conclut-il, telle qu’elle résulte de nombreuses investigations re¬
latives aux cultures pures des algues, n est qu illusoire. Spontanément,
à certains moments, au milieu d’un matériel uniforme, issu d une cel¬
lule unique, peuvent apparaître des formes nouvelles par mutation.
Les mutations observées, au sein de ces cultures, issues d’un seul
germe, diffèrent de l’espèce élémentaire initiale par des caractères qui
sont de l'ordre d’importance de ceux qui séparent les espèces élémen-
taires, sélectionnées de la nature.
« On peut dès lors faire l’hypothèse, hautement probable, qu e
les multiples variétés de gonidies sont, elles aussi, le résultat d une
mutation analogue et que l’action sélective des champignons-lichens a
eu pour effet de trier ces races de gonidies et de les maintenir relative¬
ment constantes et spécifiques. »
Ainsi, les efforts de CHODAT, partant de la notion de la constance
des espèces et continués pendant toute sa vie, furent couronnés par
la découverte des mutations.
238
W. V1SCHER
Nul algologue n’était, par un tel nombre de recherches, mieux
qualifié que Chodat pour exprimer ses vues sur les affinités entre
les différents groupes d’algues.
Nombreux sont les espèces et les genres qu’il a créés ou dont
il a établi les affinités. Dès 1894, et contrairement à l’opinion de
WlLLE, dont le livre fondamental venait de paraître dans les Natür-
liche Pflanzenfamilien , Chodat, en collaboration avec I. Huber,
séparait nettement les Protococcales umcellulaires et ne se multipliant
que par sporulation (zoo- ou « autospores »), des Pleurococcales
(Chœtophorales) pluricellulaires, dont les cellules se divisent par vrai
cloisonnement. Ainsi, pour lui, les Proto- et Pleurococcus, par
exemple, à cause de leur mode de croissance, doivent rentrer dans les
algues supérieures. En outre, depuis 1896, et plus particulièrement
depuis 1909, il insiste sur les différences entre le Protococcus viridis
Agardh {Pleurococcus vulgaris Naegeli) et le Pleurococcus vulgaris
Meneghini confondus par presque tous les auteurs. Le premier, à chro-
matophore central avec pyrénoïde, est considéré comme Schizogonia-
cée. Tout ceci a contribué largement à faire reconnaître les affinités
naturelles et à les faire distinguer de simples convergences.
Bientôt, ^ anS * e m ™ e sens c *"^ es > Chodat reconnut le bien-
fondé de la conception de Luther, etc., sur la nature commune des
Heterocontes. Comme celui-ci, il réunit les algues à flagelles inégaux
en un groupe naturel, les Confervaidées. En 1902, il les énumère
encore parmi les Chlorophycées. Plus tard, il les range avec les algues
brunes, les Diatomées, les Péridiniacées, les Euglènes, etc., en un
grand groupe, les Phéophycées sensu lato. Cependant, s’il a insisté à
plusieurs reprises sur la nécessité de séparer les Hétérocontes des Chlo-
îophycees, il n a pas attribué une grande importance à son classement
des grands groupes ; il n’a émis sa manière de voir que très brièvement,
étant probablement trop sceptique pour considérer une telle opinion
pour plus que l’expression momentanée de nos connaissances.
La véritable signification de Robert CHODAT comme algologue
consiste dans la valeur des nouvelles méthodes qu’il a employées et
dans 1 élan qu il a su donner, né maître favorisé par le sort, à sa
science. 11 a, par son travail inlassable, aidé par ses élèves, accumulé
un nombre infini d’observations. Avec raison, il pouvait être fier d’avoir
créé une nouvelle base sur laquelle d’autres pourront continuer à
construire, et d avoir transformé une science, dans laquelle le jugement
personnel jouait un trop grand rôle, en science, autant que possible
PYartp 1 r ’
« Les algologues écrivit-il en 1913, qui voudront bien s’imposer
le travail pemble et long d isoler les formes en culture absolument
Source : MNHN. Paris
R. CHODAT. ALCOLOGUE
239
pure, auront la satisfaction, en quittant le domaine mouvant et im¬
précis de la systématique conjecturale, d’aborder le terrain solide de
la systématique positive. Les résultats auxquels ils arriveront auront
la valeur qu’on attribue à juste titre aux recherches expérimentales des
chimistes et des physiciens. »
TRAVAUX ALGOLOGIQUES DE R. CHODAT
Abréviationa :
Arch. — Archives des Sciences physiques et naturelles, Genève.
III e période, vol. 1 (1878), vol. 34 (1894).
IV e période, vol. 1 (1894), vol. 46 (1918).
V e période, vol. 1 (1919).
B.H.B. — Bulletin de l'Herbier Boissier, Genève.
1 re «érie, vol. 1 (1893), vol. 7 (1899).
2° série, vol. 1 (1900), vol. 8 (1908).
B.S.B.C. — Bulletin de la Société Botanique de Genève.
11 e série, vol. 1 (1909). Directeur : R. CHODAT.
Les articles d’une ou deux pages sont en général des communications préliminaires ou des
résumés de mémoires plus détaillés.
1889. Chroolepus observé sur les arbres des bords de l’Arve. — Arch., 21,
461-464.
1893. (Avec M nw O. Malinesco). Structure cellulaire des Cyanophycées.
Arch., 29, 108-110.
— (Avec M me O. MALINESCO). Sur le polymorphisme du Scenedesmus
acutus Mey. — B.H.B., 1, 184-202.
— (Avec M nw O. Malinesco). Sur le polymorphisme du Raphidium
Braunh et du Scenedesmus caudatus. — B.H.B., 1, 640-644.
1894. Polymorphisme des Raphidium. — Arch., 31,97.
— (Avec J. HuBER). Développement des Pediaslrum. — Arch., 31, 386.
— Nouvelles recherches sur les Raphidium. — Arch., 31, 387.
— (Avec J. HuBER). Remarques sur le système des Algues vertes infé¬
rieures. — Arch., 31, 395-401.
— Matériaux pour servir à l’histoire des Protococcoïdées. — B.H.B., 2,
585-616.
— Remarques sur le Monostroma bullosum. — Bull. Soc. bot. de France,
Sess. extraord., 41, CXXXIV-CXLII.
— (Avec J. Huber). Sur le développement de YHarioiina Dangeard. -—
Bull. Soc. Bot. de France, Sess. extraord., 41, CXVII.
— Algues des environs de Genève. — Arch., 32, 623-625.
— Contenu cellulaire du Chroococcus turgidus (Cyanophycées). — Arch.,
32, 637-640.
240
W. VISCHER
1894. GolenI(inia, penre nouveau de Protococcoïdées. — Journ. de Bot., Pa¬
ris, 8, 305-308.
1895. (Avec J. Huber). Recherches expérimentales sur le Pediaslrum Bo-
ryanum. — Bull. Soc. Bot. Suisse, 5, 1-15.
— Sur le Raphidium Braunii, VActinaslrum Hanlzschii, Tetrastrum et Ce-
rasterias. — B.H.B., 3, 109-1 1 1.
— Sur le genre Lagerheimia Chod. — Nuova Noiarisia, Pavia. Sér. VI,
86-90.
— Sur le genre Kirchneriella Schmidle. — B.H.B., 3, 308-312.
— Ueber die Entwicklung der Eremosphœra viridis. — Bol. Zeilung 53
I, 137-141.
— Nouvelles recherches sur le Pleurococcus vulgaris. — Arch., 33 196-
197.
— Les Kirchneriella. -— Arch., 34, 104.
— Les algues vertes inférieures. — Arch., 34, 385-386.
— Sur la flore des neiges; la neige rouge. — Arch., 34, 387.
— Deux algues flottantes. — Arch., 34, 582.
1896. Sur la structure et la biologie de deux algues pélagiques. I. Boiryo-
coccus Braunii Kuetz. II. Oscillatoria rubescens D.C. — Paris, Joum
de Boian., 10, 333, 341. 405 (22 pp.).
— Sur la flore des neiges du col des Ecandies. — B.H.B., 4, 879-889.
— Matériaux pour servir à l’histoire des Protococcoïdées. — B.H.B. 4
274-280.
Notes sur la florule pélagique d’un lac de montagne. — B.H.B 4
543-544. ’ ’
— Recherches sur YOscillatoria rubescens, — Arch., 1, 283.
— Evolution des Goelastrum. — Arch., 483.
1897. (Avec M lle Goldflus). Notes sur la culture des Cyanophycées et sur
le développement d’Oscillatoriées coccogènes. — B.H.B., 5, 953.
Stapfia Chodat, un nouveau genre de Palmellacées. — B.H.B., 5
939-947.
On the Polymorphism of the green Algae and the prmciples of their
évolution, read before the Botanical Section of the British Association
at Liverpool, 1896. — Printed in Annals of Bolanÿ, I 1, 97-121.
— Algues pélagiques nouvelles. — B.H.B., 5, 1 19-120.
Etudes de biologie lacustre. A. Recherches sur les algues pélagiques
de quelques lacs suisses et français. — B.H.B., 5, 289-314.
— Sur deux algues perforantes de l’île de Man. — B.H.B., 5, 712-716.
A propos du polymorphisme des algues vertes, réponse à M. Klebs
— Arch., 3, 70.
— Algues pélagiques de quelques lacs suisses et français. — Arch 3
286-287.
— Algues incrustantes et perforantes. — Arch., 3, 512-514.
— Nouvelles recherches sur la flore pélagique. — Arch., 4, 1 66-173.
— Nouvelles recherches sur le Pleurococcus. — Arch., 4, 590.
1898. Recherches sur la biologie lacustre; formations biologiques des lacs
entre les Alpes et le Jura. — Genève, Le Globe, 37, numéro spécial.
Source : MNHN. Paris
R. CHODAT , ALCOLOCUE
241
1898. Etudes de biologie lacustre. B. Nouvelles remarques sur la flore péla¬
gique superficielle des lacs su'.sses et français. B.H.B., 6, 49-77,
155-188. , , ,
_ Etudes de biologie lacustre. C. Recherches sur les algues littorales (sur
les algues perforantes d’eau douce; les galets sculptés du rivage des
lacs jurassiques; sur quelques algues littorales du lac Léman). —
B.H.B., 6, 434-476.
_ Sur quelques caractères épharmoniques dans les algues épiphylles. —
B.H.B., 6, 630-632.
1899. Algues littorales du lac de Genève. — Arch., 5, 96.
— Genres et espèces nouvelles de Protococcoïdées. — Arch., 8, 94.
— Pleurococcus et Pseudo-Pleurococcus. — B.H.B., 7, 827-828.
1900. (Avec J. GrINTZESCO). Cultures pures d’algues Protococcacées. —
Arch., 10, 386-387.
— La loi de la division cellulaire chez les algues d eau douce. Arch.,
9, 491-492.
— (Avec M lle CrÉTIER). Noyaux des algues vertes inférieures. — Arch.,
10, 387-388.
— Trois genres nouveaux de Protococcoïdées et sur la florule planctomque
d’un étang du Danemark. — Mémoires de l'Herbier Boissier, N° 1 7,
1-10.
_ (Avec J. GrINTZESCO) . Sur les méthodes de culture pure d algues
vertes. — Congrès intern. de Bot. à F Exposition Univ. Paris 1900.
Extrait du compte rendu, 157-162.
1901. Flore algologique du Jura bernois. — Recueil des C.R. de la Soc. Bot.
de Genève (séance du 11 novembre 1901), 23-27.
1902. Algues vertes de la Suisse. Pleurococcoïdes-Chroolépoïdes. Matériaux
pour la flore cr^ptogamique suisse, vol. I, fasc. 3, 1-373.
_ (Avec M lle CrÉTIER). Influence du noyau pour la production de la
ramification chez les algues. — Arch., 13, 303-304.
1903. (Avec M. AdJAROFF). Conditions de nutrition de quelques algues en
culture pure. — Arch., 15, 353-355.
— Conditions du parasitisme chez les algues. — B.H.B., 3, 648.
— Observations sur le genre Trypanosoma. — Recueil des C.R. de la
Soc. Bot. de Genève (séance du 9 novembre 1903), 128.
1904. Quelques points de nomenclature algologique. — B.H.B.., 6, 233-240.
— Cultures pures d’algues vertes. — Arch., 18, 368.
1905. Sur YHormidium nitens. — Recueil des C.R. de la Soc. de Bot. de
Genève (séance du 8 mai 1905), 210.
1907. Principes de botaniques. Georg et C i3 , Genève. Bailière fils, Pans,
1-774.
1908. Heterococcus, gen. nov. Confervacearum. — B.H.B., 8, 364.
1909. Etude critique et expérimentale sur le polymorphisme des algues. Geneve.
Mémoire publié à l’occasion du jubilé de l’Université de Genève;
couronné par la Société botanique allemande, 1-165.
— Sur la neige verte du glacier d’Argentière. — B.S.B.G., 1, 294-297.
1910. Etude sur les Conjuguées. I. Sur la copulation d’un Spirogyra.
B.S.B.C., 2, 158-167.
242
W. V1SCHER
1911
1912
1913.
1914.
1916.
1917.
1919.
1920.
1921.
1923.
1924.
1925.
Principes de botanique. Paris et Genève. Deuxième édition, 1-842.
Ernstiella rufa Chod. Un nouveau genre de Cyanophycées coccogènes
— B.S.B.C., 3, 76.
Systématique rationnelle des algues. — B.S.B.C., 4, 5.
Recherches sur les gonidies de quelques lichens. — B.S.B.G., 4, 6.
Une culture pure d ’Oscillatoria amphibia. — B.S.B.G., 4, 6.
Lichens épiphylles sur le buis de la forêt de Coudrée (Haute-Savoie)
— B.S.B.G., 4, 246.
Culture expérimentale du Chlorella variegata. — B.S.B.C., 4, 374.
Etude sur les Conjuguées. II. Sur la copulation d’un Mougeotia. —
B.S.B.G., 5, 193-195.
Monographies d’algues en culture pure. Matériaux pour la flore crypto-
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Les Algues Mannes
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IV. - RHODOPHYCÉES
Par Jean FELDMANN
RHODOPHYCEAE
PROTOFLORIDEAE
Bangiales
Bangiaceae
BANGIA Lyngbye, 1819
Bangia fuseopurpurea (Dillwyn) Lyngbye
RosENVINCE. Mar. Alg.e of Demnark, 1, W.
.de France. Bangiales, 1925, p. 35. P. Dangemd, Rech. sur les IScugta el P
Cette algue recouvre, en hiver et au printemps, les rochers battus
et lisses situés au-dessus du niveau. Dans les stafons ou le ressac est
violent, elle peut remonter jusqu a 1 m. ou 1 m. 3
niveau (jetée du vivier du Laboratoire Arago).
Le Bangia fusco-parpurm apparaît à la fin de septembre ou au
commencement d’octobre, précédé généralement sur les rochers ou .
se développe par un gazon de Cyanophycees (Lÿngbÿa confervo.des
et CaloZ lustacœ en particulrer) auxquelles rl se substrtue peu
à peu Fin novembre, ,1 a déjà atteint tout son développement. U
commence à disparaître en mars-avril; dans les stations suffisammen
abritées de la dessiccation, il peut persister jusqu en juillet, mais
semble faire complètement défaut pendant 1 été.
Pendant tout le cours de l’existence de cette algue, les organes
reproducteurs sont fréquents. Les organes mâles localises sur des h a-
ments distincts, colorés en jaune sale et non noir rougeâtre sont,
contrairement à ce qui a lieu dans l’Atlantique, très frequents dans
la Méditerranée.
: Collioure; Pc.-Vendre,: B.uyul., cap Ca.terll. île Qrom. cap du 1 roc.
Loc.
cap l'Abeille.
Distrib.
Méditerranée, Atlantique
tord (Europe et Amérique), Pacifique nord.
248
J. FELDMANN
PORPHYRA C. Agardh, 1824
Porphyra leucosticta Thuret
Le Jolis, Algues marines d? Cherbourg, 1863. p. 100. RoSENVlNCE, Mar. Alsae of
Denmar k I, ,9 09 p 65 fig. 7 , p|. II. fi g . |_3. Hamel. Floridées de France. Bangiales,
1925, p. 27, fig lV -'A et V. Porphyra alropurpurea De Toni. Sylloge IV, p. 17 (non Uha
alropurpurea Ohvi 1793 !) r \
C’est Thuret qui, le premier, distingua cette espèce, très abon¬
dante dans la Méditerranée et assez répandue dans l’Atlantique, du
Porphyra umbilicalis (L.) J. Ag., avec lequel elle avait été jusqu’alors
confondue.
Ainsi que l’a indiqué Thuret, le P. leucosticta se distingue
facilement du P. umbilicalis par la disposition très caractéristique des
spermatanges qui forment de petites plages blanchâtres, allongées ra-
dialement en stries parallèles dans la partie périphérique du thalle,
alors que, dans le P. umbilicalis, les spermatanges forment un liseré
blanc continu tout autour de la fronde.
Dans le Sÿlloge algarum, De Toni a proposé de remplacer le
nom spécifique créé par Thuret par celui attribué, en 1793, par
Oeivi, à une algue des lagunes de Venise qui, d’après De Toni,
serait identique à l’espèce décrite par Thuret. Le P. leucosticta de¬
vrait donc s appeler P. alropurpurea (Olivi) De Toni. Un grand
nombre d auteurs oiü adopté cette modification de nomenclature, qui
serait exigée par la règle de priorité si, comme l’indiquait De Toni,
“ air °t> u rpurea Olivi était réellement identique au P. leucosticta
I hur.
En consultant l’ouvrage de G. Olivi intitulé : Dell' Ulva atro-
?7cfa“7n S j eZ ' e C l ‘ ntoria Jdle Lagune venete ’ Publié en
1/93 (I) dans les Saggi dell' Accademia di Padova, j’ai pu me
rendre compte que ni la description, ni les figures d’OLIVI ne corres¬
pondent au P. leucosticta. Dans la diagnose latine, Olivi ne signale
pas la disposition caractéristique des plages de spermatanges du P. leu-
cosUcta, mais au contraire, l’existence d’une bordure marginale blan¬
châtre comme chez le P. umbilicalis. 11 écrit, en effet : « Marge linea
e.eganter candida », et plus loin il ajoute : « ...Color totius speciose
ex iusco purpureus excepta limbo ut diximus albo. » L’examen des
planches montre que celles^, concordent bien avec la description, et,
dans la legende de la planche I, il signale encore : « Lembo lasso on-
aeggiato cmto d uno linea marginale bianca. »
D’après cela, il est permis de conclure que YUha alropurpurea
(1) Celte date de 1793 est celle qui fiour- sur l'exemolaire de~^ T
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
249
ne peut être rapporté au P. /eue ostida, mais qu’il correspond, au
contraire, très bien au P. umbilicalis (L.) J. Agardh.
A Banyuls, le Porphÿra leucosticta est extrêmement fréquent
de la fin de l’automne au printemps, sur les rochers battus, au-dessus
du niveau, où il constitue, avec les P. umbilicalis et lineans, une asso-
dation très développée.
Généralement fixé sur les rochers, le P. leucosticta peut égale-
ment se rencontrer épiphyte sur diverses algues. Le Ralfsm verrucosa,
en particulier, est fréquemment recouvert, en hiver, par de jeunes
Porphÿra, qui ne paraissent d’ailleurs jamais atteindre leur complet
développement, étant sans doute arrachés de ce substratum avant
d’avoir atteint leur état adulte.
A Banyuls, comme sans doute aussi dans toute la Méditerra¬
née, le P. leucosticta est une espèce exclusivement hivernale, appa¬
raissant en octobre-novembre pour disparaître en mai-juin. Presque
tous les individus sont fertiles; les jeunes Porphÿra, hauts de quelques
centimètres, portent déjà des taches spermatangiales caractéristiques.
L’espèce est monoïque.
LOC. : Collioure; Port-Vendre., c»p Béan Banyuls. cap Donne, île Grosse, cap
dU ^Distrîb''' Méditerranée occidentale, Adriatique, Atlantique nord (de la Suède aux
Canaries). Amérique du nord.
Porphÿra umbilicalis (L.) J. Agardh
RosENVINGE, Mar. Algae of Denmark,
ridées de Fr., Bangiales, 1925, p. 28. P.
C. Agardh.
I 1909 P . 60, fig. 5-6, P l. I. Hamel, Flo-
laciniala (Lightfoot) J. Agardh P. vulgaris
Cette algue, caractérisée par sa fronde à contour arrondi ou
plus ou moins lacinié, bordée dans les individus males d un liseré blan¬
châtre constitué par les spermatanges, est beaucoup moins commune
que la précédente dans la Méditerranée. Je l’ai récoltée, de janvier
à avril, sur les rochers battus, mêlée au P. leucosticta, mais beaucoup
moins abondante que ce dernier. Le F. umbilicalis disparaît au prin-
temps plus tôt que le P. leucosticta.
Les échantillons récoltés étaient fertiles et portaient, soit des
spermatanges, soit des carposporanges. L’espèce est donc dioique a
Banyuls.
Mes échantillons sont relativement peu développés par rapport
à ceux de l’Atlantique ; les plus grands exemplaires atteignent seule¬
ment 10 cm. de hauteur.
LoC. : Banyuls, cap Doune, île Grosse, cap du Troc.
Distrîb. : Atlantique nord, Méditerranée.
Source : MNHN, Paris
250
]. FELDMANN
Porphyra linearis Greville
J.-G. Agardh, Till Algernes System., III, p. 71. KylIN, Algenfl. Swedischen
Westküste, 1907, p. 11. D'U RlETZ, 1923, p. 141. P. umbilicalis f. linearis (Grev.) Harvey,
Rosenvinge, Mar. Algae of Denmark, I, 1909, p. 60, pl. II, fig. 1-3. Hamel, Floridées de
Fr., Bangiales, 1925, p. 29. P. Dangeard, Rech. sur les Bangia et les Porphyra, 1927, p. 216.
P. hyemalis Kylin, Stüd. üb. Algenfl. Schwed. Westküste, 1907, p. 112. Taf. III, fig. 2.
Cette espèce a été longtemps considérée par beaucoup d’auteurs
comme une simple forme du P. umbilicalis dont elle représenterait un
état jeune (HARVEY, THURET, ROSENVINGE, COTTON, Miss GRUBB,
Hamel), alors que pour d’autres (GREVILLE, AreSCHOUG,
J. Agardh, Kylin, Du Rietz) elle constitue une espèce distincte.
Il semble bien que ces derniers aient raison car, à Banyuls, où cette
espèce croît mêlée aux P. umbilicalis et leucosticla, je n’ai observé
aucune forme de passage. De plus, P. Dangeard (loc. cit., 1927) a
signalé un caractère différentiel entre cette espèce et le P. umbilicalis;
chez le P. linearis, en effet, le pseudotrichogyne, qui existe chez le
P. umbilicalis, ferait défaut. Il semble donc préférable de séparer
spécifiquement ces deux plantes.
Les individus que j’ai étudiés étaient dioïques; dans les échan¬
tillons mâles, les spermatanges forment une frange incolore tout
autour de la fronde.
A Banyuls, la couleur du P. linearis est plus claire que celle des
P. umbilicalis et leucosticia, elle est d’un rose pâle ou parfois d’un
rouge orangé clair.
Cette espèce semble rare dans la Méditerranée; à ma connais¬
sance, elle n’y a été signalée qu’une seule fois : à Naples, par Schif-
fner (1926, p. 297).
Loc. : Banyuls, anse des Elmes, cap Doune, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRJB. : Atlantique nord, Méditerranée occidentale.
ERYTHR0TRICH1A Areschoug, 1850
Erythrotrichia camea (Dillwyn) J. Agardh
Rosenvinge. Mar. Algae of Denmark. I. 1909, p. 67, fig. 8. Hamel, Floridées de Fr.,
Bangiales, 1925, p. 8, fig. I, I. E. ceramicola (Lyngbye) Areschoug, Le Jolis, Algues de
Cherbourg 1863, p. 103, pi. III, fig. |, 2. Berthold, Bangiaceen des Golfes von Neapel,
1882, p. 25.
Très fréquent, mais le plus souvent en filaments isolés, mêlés à
d’autres épiphytes microscopiques sur diverses algues et sur les feuilles
de Zosteres dans les stations peu profondes. Une seule fois, en sep¬
tembre 1932, je l’ai observé en grande quantité au cap Béar, sur les
frondes de Liagora distenta, dont il recouvrait l’extrémité des rameaux
d’un délicat gazon rose.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
251
Se rencontre toute l’année et le plus souvent pourvu de mono-
sporanges.
Loc. : Port-Vendres, cap Bear. Banyuls. île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : Atlantique nord, Méditerranée, etc... Sans doute cosmopolite.
Erythrotrichia investiens (Zanardini) Bornet
Bornet. Algue, de Schou.boe, 1892. p. 260. Hamel. Floride*. de Fr., B.ngi.le.,
1925, p. 14. fig. I. 1. 2. Boergesen, Mar. Algae Canary Isl., III. I. 1927, p. 8. hg. 3.
Hamel. Algas marinas de Espana y Portugal. 1929. p. 168.
Contrairement à ce qui a été indiqué par divers auteurs, cette
espèce n’est pas fixée par un disque, mais seulement par 1 expansion
de la cellule basale, ainsi que l’a signalé G. Hamel (1929). Ce mode
de fixation est nettement visible sur les individus fixés isolément comme
ceux que j’ai récoltés à Banyuls, où cette espèce est assez fréquente.
Elle vit en épiphyte sur les algues (en particulier sur le Br yopsis
muscosa) situées près du niveau. A l’état jeune et formée seulement
d’une seule file de cellules, elle pourrait être fadlement confondue
avec 1 ’E. carnea, dont elle se distingue facilement à l’état adulte par
ses filaments formés de deux files de cellules accolées.
Cette algue est surtout fréquente en hiver et au printemps. Elle
est généralement fertile (monosporanges).
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée. Atlantique nord (de l’Angleterre aux Canaries),
Erythrotrichia reflexa (Crouan) Thuret
Hamel, Floridées de Fr.. Bangiales. 1925, P . 11. fig. I. IV. P. Danceard Sur
quelques Erythrotrichia et Erythrocladia, 1932. p. 149. fig. 2. Bangiareflexa Crouan. Algues
du Finistère. 1852, n u 394. Porphyra reflexa Crouan. Florule du Finistère, p. I3Z, pl. IU,
n° 73, fig. 1-3.
Sous le nom d'Erythrotrichia reflexa, P. DANGEARD a signalé
une petite Rhodophycée, récoltée par lui à Banyuls, sur le Phyllo-
phora palmettoides (1) et le Dictyopteris membranacea , et carac¬
térisée par sa base formée d’une seule cellule élargie et par ses fila¬
ments ramifiés, formés de plusieurs assises de cellules et recourbés en
hameçon.
J’ai observé assez rarement, au printemps, sur le Bryopsis mus¬
cosa, une petite Bangiale identique à celle figurée par P. DANGEARD,
et correspondant assez bien à la description donnée par G. Hamel
de la plante de CROUAN. Mais plus récemment, K. RoSENVINGE
(Mar. Algae of Denmark, IV, 1931, p. 613, fig. 61 1-613) a décrit.
(1) Il s’agit plutôt du Cymnogongrus nicaeensis ; le Phyllophora palmettoides, espece
atlantique n’existant pas, à ma connaissance, à Banyuls.
252
/. FELDMANN
sous le nom d 'Erÿthrotrichia reflexa, un Erÿthrotrichia du Danemark
qui diffère, en particulier, de l’algue de Banyuls, par sa base fixée au
substratum par un disque pluricellulaire, et non par une cellule basale
unique. Il y aurait lieu de rechercher quel est le mode de fixation de
1 échantillon type de CrouaN. Si cet examen montrait que l’algue
de CROUAN est fixée, comme le suppose RosENVINGE, par un disque
pluricellulaire, il faudrait en conclure que l’algue de Banyuls, signalée
par P. Dangeard sous le nom d’E. reflexa, n'appartient pas à cette
espece.
Il faut d ailleurs remarquer que l’algue de Dangeard n’appar¬
tient peut-être pas au genre Erÿthrotrichia, car il ne signale pas avoir
observe les monosporanges dont le mode de formation est si caracté¬
ristique de ce genre. A en juger par les échantillons analogues à ceux
décrits par P. DANCEARD, que j’ai récoltés, il me parait très vraisem¬
blable que la plante qu’il a décrite et figurée sous le nom d’£ reflexa
doive plutôt se rapporter à des formes jeunes du Coniotrichium Cornu-
Lervi, dont le mode de fixation et la forme du thalle correspondent
bien a ceux attribués par P. Danceard à son Erÿthrotrichia reflexa.
Loc. : Banyuls (P. Danceard). A rechercher.
Distrib. : Atlantique nord, Méditerranée.
Erÿthrotrichia discigera Berthold
r>AMrc ® ER ™ 0LD - Bangiaceen des Golfes von Neapel. 1882, p. 25, pl 1 fio |5-|8 P
q ” q “,n Er l th r°triMa el Erythroclajia, 1932. p. 146, pl XVli fiY N s'
ErSthropclU, Asc.gero (Berlhold) Schm.lz, HAMEL. Floridée, de Fr.. Ba„gi,l« |925 p 6-7.'
Cette espèce a été signalée, pour la première fois en France, à
Banyuls, par P. Dangeard, qui l’a récoltée, épiphyte à la base du
Bryopsis muscosa, en mars, en compagnie de YErythrocladia subin-
icgr a.
■ J ! en , a „ donné une bonne description accompagnée de figures et
indique qu elle se distingue de Y Erythrocladia subintegra, auquel elle
ressemble beaucoup, par sa couleur pourpre et non violacée et la taille
plus grande de ses cellules. Je ne l’ai pas observée.
Loc. : Banyuls (P. Dangeard).
Distrib. : Méditerranée (Naples).
Erÿthrotrichia obscura Berthold
Fl ■ ,. BE " r ’l 0L “' r> B “8 i »«™ d™ Golfes von Neapel. 1882, p. 26, pl I Je |9-25 Hamel
r°, r 9Îr e 6 Fr 'L B T^'' 925 ' 2 ' B0 ““ SEN Man Algae Canary IseTiL
P- 147. Sgi' I.' S ' 2 ' P ' D " icEARD ' “ nr queues Erÿthrotrichia el Erytliroclajia. 1932.
La description de cette espèce par Berthold, qui la découvrit
ALCUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
253
à Naples, au printemps, épiphyte sur le Corallina officmahs et d autres
algues, est b.en courte et peu explicite. G. HamEL a redonne une des¬
cription de cette espèce d’après des échantillons de 1 Adriatique ré¬
coltés par Hauck et rapportés par celui-ci a 1 E. reflexa (Grouan).
Sous le nom d'£. obscum, F. BoRCESEN a décrit en detail et bien
fieuré un Erythrotrichia des Canaries, qui parait bien correspondie a
la plante de BERTHOLD. Enfin, récemment, P DaNGEARD a décrit
et figuré un Erythrotrichia de Banyuls, qu’il rapporte à cette espece
et qu’il avait récolté sur le Bryopsis muscosa. J’ai observé également,
à plusieurs reprises, sur le même hôte, une algue qui correspond bien
à la description donnée par P. DaNGEARD, et qu'à sa suite je rapporte
à \’E. obscura Berthold.
Cette algue se rencontre à Banyuls en hiver et au printemps. Je
ne l’ai pas observée à 1 état fertile.
Loc. : Banyuls (P. DaNGEARD), île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Canaries.
Erythrotrichia ciliaris (Carmichael) Batters (non Thuret nec Berthold)
Batters, New or cr:
giales, 1925, p. 18. Bangia
itical mar. Algae, 1900, p. 374. Hamel, Floridées de
ciliaris Carmfchael, Harvey, Phycol. Brit., pl. 322.
Fr., Ban-
Ce n’est pas sans hésitation que je rapporte à cette espèce un
Erythrotrichia que j’ai observé en abondance, et plusieurs années de
suite, en hiver et au printemps, sur les Corallines vivant à 1 extrémité
de l’égout du Sanatorium de Banyuls.
Sous le nom de Bangia ciliaris, CARMICHAEL décrivit un petit
épiphyte bordant d’une frange pourprée les feuilles de Zosteres.
Harvey donna de la plante de CARMICHAEL des figures montrant
qu’il s’agit d’un Erythrotrichia cespiteux, à filaments non ramifies,
d’abord simples, puis formés de quelques files de cellules. Réuni par
THURET à Y Erythrotrichia Boryana (Montagne), auquel la planche
d’ Harvey ressemble en effet beaucoup, 1 E. ciliaris en fut séparé pai
Berthold, mais, ainsi que devait le montrer Batters, la plante dé¬
crite par BERTHOLD sous le nom d’£. ciliaris diffère de la plante de
CARMICHAEL, comme d’ailleurs de VE. Boryana, par son thalle fixé
par une cellule basale unique et constitue une espèce distincte : E. Ber-
tholdi Batters.
La plante de CARMICHAEL fut décrite par BATTERS d apres des
échantillons authentiques. Cette description, et surtout celle que donne
Batters, des échantillons recueillis à Arbroath par E.-M. Holmes
sur le Corallina officinalis, correspondent bien à mes échantillons de
Banyuls récoltés également sur Corallines.
Source : MNHN, Paris
254
/. FELDMANN
Ceux-Ci se présentent sous l’aspect de petites touffes d’un pourpre
fonce (presque non sur le sec) formées de filaments ou de lames étroites
et allongées, atteignant au maximum 3 mm. de long mais, générale¬
ment, beaucoup plus petits. La plante est fixée par un disque basal
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
255
de cellules et restant toujours ainsi à leur base, deviennent plus larges
dans leur partie moyenne et formées de plusieurs files de cellules
accolées constituant une lame étroite à quatre rangées de cellules
(fig. 2, D, E). Ces cellules, carrées ou polyédriques, mesurent géné¬
ralement 10-12 m de diamètre dans la partie inférieure formée d’une
seule file de cellules, et 15 à 24 f* de large dans la partie élargie de
Fig. 2. — Erythrolrichia cilraris (Carm.) Balters : A. B, extrémité de deux filaments; C, D.
portions de filaments montrant la disposition des monospores; £. portion de filament pré¬
sentant des cellules régulièrement disposées. Dans chaque cellule, le pyrénoide a ete
figuré.
A, B, C, D, EX 340.
la fronde. Dans certaines portions de la fronde, les cellules marginales
sont de moitié plus petites que celles du centre de la lame (fig. 2, E ).
Ces lames sont lancéolées ou claviformes, dressées ou souvent
recourbées en arc. Elles ne présentent jamais de ramification.
La structure cytologique est la même que chez les autres Ery-
trotrichia, il y a un chromatophore étoilé pourvu d un gros pyrénoide
central.
Les seuls organes reproducteurs observés sont les sporanges, qui
présentent le mode de formation classique chez les Erythrotrichia
(fig. 2, C,D).
L.’Erythrotrichia ciliaris diffère de VE. Boryana (Mont.) Berth.
par son aspect et sa couleur (pourpre foncé et non rouge carmin), et
par la disposition différente des cellules de la lame. Il paraît présenter
de grands rapports avec VE. obscura, tel qu il est décrit par Ber-
THOLD et par B0RGESEN, mais il s’en distingue par l’absence de rami¬
fication, dont la présence, il est vrai, n est pas absolument constante
chez les échantillons d 'E. obscura des Canaries. Aussi, aurais-je été
tenté de rapprocher mes échantillons de Banyuls de 1 E. obscura, si
P. DaNGEARD n’avait pas décrit, sous ce nom, un autre Erythrotrichia
256
]. FELDMANN
de Banyuls, qui est certainement différent de celui qui vit à Banyuls
sur les Corallines. A en juger, en effet, par les échantillons de VE.
obscura (sensu P. Danceard) que j'ai observés, cette algue diffère
de celle décrite ici sous le nom d’E. ciliaris, par sa fronde plus petite
fixée par un disque basal plus étroit ne donnant naissance qu’à une ou
quelques frondes dressées, et par ses cellules plus petites.
A ma connaissance, l ’Eryihrotrichia ciliaris n’avait pas encore
été signalé dans la Méditerranée; je l’ai recueilli à Banyuls, avec
monosporanges, de janvier à mai.
Loc. : Banyuls, anse du Sanatorium.
Distrib. : Angleterre.
ERYTHROCLADIA Rosenvingé, 1909
Erythrocladia subintegra Rosenvinge
A j oae D°wT!T E à M u m! g r,n f l909 ' »' 7X £ * l3 ' ' 4 - Boercesen. Ma,.
à. R I lô™ . i p - 7 ' 3 ' 4 ' FrcDMANN. Notes sur quelques aleue, mit.
1932. p y 114 p | y y ' ■ 1 ' Danceard, Sur quelques Erythrolrichia et Erythrocladia,
i uy tte es Pf ce ' q ue j’ai été le premier à signaler en France et dans
la Mediterranee, est très commune à Banyuls, épiphyte sur de nom¬
breuses algues vivant près du niveau (Brÿopsis. Dictÿota, Cerammm,
etc., etc...). LJle se rencontre toute l’année.
Elle est particulièrement abondante au printemps, sur le Brÿopsis
muscosa, associée à divers Erythrotrichia et à YAcrochaetium Du-
boscq". je 1 ai observée fertile (monosporanges) en avril, ,'uin et
Loc. : Collioure, Banyuls. cap Bear
Distrib. : Sans doute cosmopolite.
e Grosse, cap du Troc.
GONIOTRICHUM Kützing, 1843
Goniotrichum Alsidii (Zanardini) Howe
RosENV^Ncr'MfrÆrofoIn™' I 9 '| 4 ' iw 5 ' C °™ t ? ichum e,eean ’ (Chauvin) Le Jolis,
Danish W.- ufc R 19?5 20 ' Tfi 9 'ÈT P ' £’ •/’ l5 ‘ 16 ' “-A AI S ae
ÏS. VII A mTranda R™ ’ ’ I 8 ’ t ? AMEL ’ Flond "‘ F '~ Bangtales, 1925, p. 37,
Bangia Alsidii Zanardini, ^ ** '
Réné,^" 151 T fak I ', emarc l uer HowE ’ le nom spécifique d’e/egam,
ÿneialement adopte, doit être abandonné pour celui proposé par
Zanardini en 1839. Le nom d eBangia elegL Chauv,„ P b“en qu’an-
teneui (1838) , étant demeuré un nomen nudum jusqu’en 1842.
Cette petite algue est fréquente, en individus isolés, épiphyte sur
de nombreuses algues vivant près du niveau ( Ceramium , Cladophora,
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
257
Brvopsis, Ectocarpus, etc.). Je l’ai également récoltée en dragages,
par 25 mètres de profondeur, sur Cystoseira spmosa et sur les feuilles
de Cymodocée. Elle se rencontre toute l'année. ,
Ses filaments ramifiés sont generale-
Pig. 3. — Coniolrichum Alsidii
(Zanardini) Howe.
ment constitués par une seule file de
cellules, mais j’ai observé également
des échantillons (fig. 3) présentant des
rameaux à deux rangées de cellules et
tout à fait comparables, à ce point de
vue, à ceux figurés par RoSENVINGE et
Borgesen.
Récemment, F. MlRANDA a montré
que la ramification du G. Alsidii était
une vraie ramification latérale, et non
une fausse ramification analogue à
celle des Scytonema, comme on l’avait
admis. Il y a lieu de remarquer, à ce
propos, que l’existence de deux files de
cellules contiguës dans les filaments ré¬
sultant d’une division parallèle à l’axe
de croissance du filament confirme les
observations de MlRANDA.
Deux individus à cellules disposées
sur deux rangs dans certaines por¬
tions de la fronde, X 340.
Loc. : Collioure, Port-Vendres, Banyuls, île
Grosse, cap du Troc, etc...
DlSTRlB. : Sans doute cosmopolite.
Goniotrichum Cornu-Cervi (Reirtsch) Hauck
Hauck, Mceresalgen, 1885, p. 519. Hamel. Flondees de Fr.. Bangiales, 1925, p. 39.
fig. C, D. Slylonema Cornu-Cervi Reinsch, Contnb. ad Algol, et Fungol., 1875, p.
tab. XV.
J’ai observé quelques individus de cette espèce facilement recon¬
naissable par ses rameaux composés de plusieurs rangées de cellules
plus petites que celles du G. Alsidii, épiphyte sur diverses algues
(Celidium, Bryopsis, Ceramium, Gymnogongrus nicaeensis, etc.) a
différentes époques de l’année (février, juillet, septembie).
Loc. : Banyuls, cap Bear, île Grosse, anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord, Pérou.
ASTEROCYTIS Gobi, 1878
Asterocytis ornata (C. Agardh) Hamel
Hamel, Floridées de Fr., Bangtales. 1925, p. 40, fi*. VU. B-E. ^sterocylis »
(Twaites) Gobi. ROSENVINGE, Mar. Algae of Denmark, I, 1909. p. 77, fig. 78. BoERGESEN,
Mar. Algae of Danish W.-Indies, II, 1915-20, p. 3, fig. I-
258
/. FELDMANN
Fig. 4. — Aslerocytis ornata
(C. Ag.) Hamel.
Portion de filament dont la
plupart des cellules sont
transformées en spores en¬
tourées d’une membrane
épaisse, X 340.
Cette algue, qui ressemble beaucoup au
Goniotnchum Alsidii, s’en distingue par sa
belle couleur bleue et surtout par ses acinètes
pourvus d une paroi propre, très épaisse.
Cette espèce est très polymorphe et la forme
et la dimension des cellules varient beaucoup
suivant les échantillons (fig. 4.).
C est une algue très ubiquiste, vivant aussi
bien dans 1 eau douce que dans la mer.
Je 1 ai observée à plusieurs reprises, épi-
phyte sur diverses algues (Cladophora, etc.),
aussi bien près du niveau qu’en profondeur.
Je ne l’ai rencontrée qu’en été (juillet et sep¬
tembre) .
Loc. : Banyuls, cap Doune, cap l'Abeille.
Distrib. : Sans doute cosmopolite.
EUFLORIDEAE
Nemalionales
Chantransiaceae
ACROCHAETIUM Nageli, 1861
Ce genre renferme un grand nombre d’espèces, la plupart mi¬
croscopiques, le plus souvent épiphytes sur d’autres algues. L étude de
ce genre a été grandement facilitée par les travaux de L.-K. RoSEN-
VINGE, de F. B0RGESEN et de G. HAMEL, à qui l’on doit une révision
de ce genre. C’est particulièrement son travail qui m a servi de guide
dans cette étude. ,
Les Acrochaetium cités ici ne représentent pas la totalité des
espèces existant à Banyuls. J’ai eu fréquemment 1 occasion de ren¬
contrer, en examinant d’autres algues, des Acrochaetium que je n ai
pu réussir à déterminer et appartenant probablement à des espèces
nouvelles; en l’absence d’un matériel d’étude assez abondant, j ai
préféré les passer sous silence.
Acrochaetium microscopicum Nageli non al.
Hamel, Rech. sur les genres Acrochaetium et Rodochorton, 1927, p. 15, fig. 16,
p. 79. Schiffner, Neue und bemerkenswerte Meeresalgen, 1931, p. 144, ng. L.
Je n’ai observé qu’une seule fois cette algue, en février 1931,
épiphyte sur un filament de Chaetomorpha capillaris f. crispa. Ainsi
que l’a montré G. HaMEL (1927, p. 65), l’on a confondu sous le
nom A. microscopicum plusieurs espèces différentes. L individu que j ai
étudié me paraît bien correspondre à la plante de NÀGELI et est
conforme, dans ses grandes lignes, à la description donnée par G. Ha¬
MEL. La plante (fig. 5, A), haute de 150^ environ, est fixée par une
cellule basale peu différente des autres cellules de la fronde et mesu¬
rant 9 i* de diamètre; de cette cellule basale naît un seul filament
dressé, dont la seconde cellule porte un rameau. Les cellules de la
Source : MNHN, Paris
260
/. FELDMANN
fronde sont isodiamétriques ou deux fois plus longues que larges; elles
mesurent en moyenne 7-8 /* de diamètre. Les rameaux portent un poil
à leur extrémité. Je n ai observé qu un seul monosporange; celui-ci
était sessile, ovoïde, mesurant 10 X 15 t*.
F ' B 'n „ A - Acr ° choe tium microscopîcum Niigeli; B. Acrochoclium
Hal'lr m . 0ni Ü ,0rme CR°*cnvi„ge) Boergesen:
naucifu (Schifrner) Hamel. A, B, C, D X 454.
Irifilum (Buffham)
D. Rhodochorlon
. , Mon . echant, ' lon diffère de la forme typique par le fait que ce
n est pas la première cellule au-dessus de la cellule basale, mais la
seconde qui porte e premier rameau. Par ce caractère, la plante de
anyuls se rapproche de celle figurée de l’Adriatique par Schiffner,
mais en diffère par les sporanges. Ceux-ci sont des tétrasporanges à
division tetraedrique dans l’échantillon figuré par Schiffner
Loc. ; Banyuls, cap du Tn
Distrib. : Méditerranée 01
de F rance.
cidentale, Adriatique. Côtes atlantiques d'Angleterre et
Acrochaetium trifilum (Buffham) Batters
Hamel, Rech. sur le. genres Acrochcetiwn et Rhodochorlon. 1927, p. 12, £g. 15,
Cette espèce, l’une des plus petites Floridées connues, est assez
algues marines de la cote des albères
261
fréquente en hiver sur les filaments de Chaetomorpha capillaris
f. crispa. Mes échantillons atteignent, au maximum, 25 P de hauteur;
ils sont fixés par une cellule basale arrondie, de 5-7 P de diamètre,
d’où naissent deux rameaux opposés, et parfois un troisième, formés
de 3 à 5 cellules aussi longues que larges, de 5-6 P de diamètre et
terminés par un poil hyalin (fig. 5, B). Les monosporanges sont
sphériques, de 6 p de diamètre.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DiSTRIB. : Méditerranée, côtes atlantiques de France et d Angleterre.
Acrochaetium moniliforme (Rosenvinge) Boergesen
Hamel, Rech. sur les genres Acrochaetium et Rhodcchorlon, 1927, p. 17, fig- ' 4 -
E.-F. PETERSEN. Algae, 1918, p. 10. fig. 1, 4. Chantramia momlifortms Rosenv.nge, Mar.
Algae of Denmark, I, 1909, p. 99, fig. 28-29.
Je rapporte à cette espèce un petit Acrochaetium relativement
fréquent en hiver, sur le Chaetomorpha capillaris f. crispa et diveis
Cladophora (CL repens en particulier).
Mes échantillons mesurent, au maximum, 40 à 60 de hauteur.
Ils sont fixés par une cellule basale arrondie de 8 de diamètre, don¬
nant généralement naissance à trois rameaux dressés, composés de
cellules arrondies, larges de 5-7 h- et terminés par un poil hyalin. La
ramification est assez irrégulière.
Les monosporanges, relativement petits, sont ovoïdes, larges de
5-6 a et longs de 7-10 7*-. Ils sont sessiles ou pedicelles (fig. 5, C).
L’ Acrochaetium moniliforme a été signalé, pour la première fois,
dans la Méditerranée, en Sardaigne, par H.-E. PETERSEN; elle a
été signalée à Ajaccio par G. HAMEL; elle n’avait pas encore été
observée, à ma connaissance, sur les côtes de France.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DiSTRIB. : Méditerranée occidentale, Danemark, océan Pacihque (Vancouver, île
de Pâques).
Acrochaetium Duboscqii nov. sp.
J. FELDMANN, Algae rr.arinae médit, nov.- 1935, p. 366.
Thallus minutus, roseus, e filamentis repentibus, ramosis, paral¬
lèle et in pseudoparenchpma confluentibus, conlexius.
Spora germinans in duas cellulas hemisphaericas, subaequales
et in planta adulta semper conspicuas, divisa. Ex eis, filamenla repen-
tia, parallela, ramosa et in directiones oppositas crescentia, nascuntur.
Filamenta erecta, uni-vel bicellularia in pilum hÿalinum unicel-
lularem circa 50 p long, abeuntes , e filamentis repentibus orta, saepe
adsunl.
262
/. FELDMANN
Cellulae filameniorum repentium, cylindraceae 3-4 F latae, duplo
aut triplo longiores quam latae, chromatophorum centrali, in disco
stellato, pyrenoide centrali instruction, continentes.
Monosporangia in filamentis erectis unicellularibus terminalia, aut
saepius in filamentis repentibus lateraliter sessilia, sphaerica, 6-1 f
diam.
Acrochaetio pulchello Bœrgesen et A. Bœrgesenii Schiffner
affinis, sed forma thalli, filamentis parallelis m duas directiones oppo-
sitas, ex spora divisa ortis, facile distinguera.
Habitat in Mari Mediterraneo ad litus Ruscinonense prope
« Banyuls », hyeme et vere, ad thallos Bryopsidis muscosae frequen-
iissimum, ad Chaetomorpham capillarem f. crispan rarior.
F*g- 6. Acrochaetium Duboscqii Feldm. : A.
aspec» d'un jeune individu montrant ses
liIamen ü narllU*.. . j' i ' V ‘ u u, ‘ J cullc mcuviau montrant ses
ni amen ts parallèles croissant dans deux directions opposées. B. C. D, E, F, G, H stades
!ucce,„f, du développement de. .potes, 7, extrémité d'une (tonde. /, deux filament, pot-
tant des monosporanges. A X 340, B à J X 525. P° r
WJ. C f t f /I es ? èc ^ qul me para!t nouvelle et que je suis heureux de
dedier a M. le Professeur O. Duboscq, est très abondante à Ba¬
nyuls, en hiver et au printemps, sur les axes principaux du Brÿopsis
muscosu; elle se rencontre aussi, mais plus rarement, sur les filaments
^ o f a haelomorpha ca P l U°ns f. crispa, épiphyte sur le Tenarea tor-
L Acrochaetium Duboscqii forme, sur ces algues, de petits
Source : MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
263
thalles adhérents, invisibles à l’œil nu, mais donnant, par leur abon¬
dance, une teinte rose aux parties envahies (fig. 6).
Les spores, une fois fixées, se divisent en deux cellules hémisphé¬
riques par une cloison parallèle au substratum. La spore ainsi divisée
reste distincte pendant tout le développement de la plante, elle est plus
grosse que les autres cellules du thalle et mesure 7-10 ^ de long et
6-8 /* de large.
Chacune des cellules de la spore fixée émet un ou plusieurs fba-
ments rampants croissant dans deux directions opposées. Ces filaments
se ramifient assez irrégulièrement, mais ils restent toujours, dans leur
ensemble, parallèles entre eux, de sorte que la plante entièrement dé¬
veloppée présente, au centre, la spore divisée en deux d’où partent de
chaque côté, et dans deux directions opposées, des filaments rampants
parallèles plus ou moins soudés en un faux parenchyme. De ces fila¬
ments rampants peuvent s’élever des filaments dressés, formés d une
ou deux cellules et terminés par un poil hyalin, unicellulaire, long d en¬
viron 50 /*•. Ces filaments dressés peuvent d ailleurs faire défaut sur
certains échantillons.
Les filaments rampants sont cylindriques et généralement deux
à trois fois plus longs que larges; ils mesurent 3-4 ^ de diamètre. Ils
contiennent un chromatophore en plaque étoilée, pourvue d un pyré-
noïde central.
Les monosporanges naissent parfois à l’extrémité de filaments
dressés unicellulaires, mais, le plus souvent, ils sont sessiles et insérés
latéralement sur les filaments rampants. Ils sont généralement très
nombreux, et, dans certains individus, chaque cellule des filaments
porte un sporange. Ils sont sphénques ou un peu ovoïdes et mesurent
6-7 m de diamètre.
Comme on le voit par cette description et par les figures ci-
jointes, Y Acrochaetium Duboscqii se rapproche de Y A. humile
(Rosenvinge) B0rgesen (K. RoSENVINGE, Mar. Algae of Denmark,
I, 1909, p. 117, fig. 45 et 46), et surtout de Y A. pulchellum Bpr-
gesen (Mar. Algae Danish W.-Indies, II, 1915, p. 23, fig. 14-16).
Ces trois espèces étant caractérisées, en particulier, par leurs spores
germées, divisées en deux et demeurant distinctes des autres cellules
du thalle, ainsi que par le développement de leurs filaments rampants.
L’Æ Duboscqii se rapproche également beaucoup de 1 A. Boer-
gesenii récemment décrit de l’Adriatique, mais seulement à 1 état jeune
et stérile, par SCHIFFNER (Neue und bemerkenswerte Meeresalgen,
1931, p. 143, fig. 1). Grâce à l’obligeance de M. le Prof. ScHIFF-
NER, j’ai pu comparer Y A. Duboscqii avec des échantillons authen¬
tiques de Y A. Boergesenii, et j’ai pu constater que cette espèce, comme
264
/. FELDMANN
d’ailleurs VA. humile et VA. pulchdlum, diffèrent toutes de VA. Du-
boscqii par la disposition irrégulière de leurs filaments rampants, non
réunis en un pseudoparenchyme, et ne présentant pas la disposition
parallèle caractéristique de VA. Duboscqii.
Sur les filaments principaux du Bryopsis muscosa, VA. Dubosc-
qii présente une disposition tout à fait caractéristique : ses filaments
parallèles, issus de part et d autre de la spore germée, sont toujours
disposés perpendiculairement à l’axe du filament du Bryopsis. Cette
espèce, que j’ai observée pour la première fois en mai 1929, et que
j’ai fréquemment retrouvée depuis, est extrêmement abondante à
Banyuls, et il est rare de trouver une touffe de Bryopsis muscosa qui
n en porte pas de nombreux individus. Elle se rencontre, à l’état fer¬
tile, pendant toute la durée d’existence du Bryopsis (de décembre à
juin). En dehors de cette période, lorsque le Bryopsis fait défaut,
elle subsiste sur le Chaclomorpha capillarts f. crispa, mais en plus
faible quantité.
Cette algue a été également observée à Banyuls par P. Dan-
GEARD ( Comm. verb.).
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : N est connu que des environs de Banyuls.
Acrochaetium leptonema (Rosenvinge) Boergesen
Hamel, Recherches sur les genres Acrochaelium et Rhodochorton. 1927, p. 35, fia 29
Lhantransia leptonema Rosenvinge, Mar. Algae of Denmark, I, 1909, p. 118, fig. 46-48.
J ai obseivé cette algue assez abondante sur des Pterocladia
capillacea vivant dans une fente obscure en juillet 1937. La base
rampante de cette espèce donne naissance à plusieurs filaments dressés
peu ramifiés, larges de 4 h-.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée occidentale. Atlantique nord (France, Danemark).
Acrochaetium Nemalionis (De Notaris) Bornet
J ai observé cette espèce, déjà signalée à Banyuls par Sauva-
GEAU, sur de vieux individus de Nemalion helminthoides récoltés en
septembre 1932 et qu’elle recouvrait d’un gazon rouge foncé. Mes
échantillons étaient pourvus de monosporanges.
Loc. : Banyuls (Sauvaceau), cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique (du Danemark aux Canaries).
Acrochaetium virgatulum (Harvey) J. Agardh
Chanlransiai virgatula (Ha
flora Schwed'. Westküste, 1907,
•v.) Thuret, Chantransia luxurians J. Agardh, Kylin. Algen-
P- 117, fig. 26. Chantransia virgatula y. luxurians Rolen-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
265
vinge, Mar. Alg.e of Dem,,,),. I. 1909, p. 110. fig. 37. v.V^a. v,r. la.u-
rlans Hamel, Rech. sur les genres Acrochaeüum. et Rhodochorton , 1927, p. 45, hg. 55.
Cette algue est assez fréquente à Banyuls, en hiver et au prin¬
temps, épiphyte sur diverses algues et surtout sur le:, feuilles de Posi¬
donies et de Zostères. Monosporanges observés de janvier a avril.
Loc. : Banyuls, vivier du Laboratoire, anse du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique nord (Europe et Amérique).
Acrochaetium secundatum (Lyngbye) Nâgeli
Chantransia secundala Thuret. BoERGESEN, Mar. Algae of Faroes, 1903, p. 350,
fig. 51. K.YLIN, Algenfl. Scbvved. Wetsküste, 1907, p. 115, fig. 24. Chantransia virgatula et
secundala (Lyngb.) Rosenvinge, Mar. Algae of Denmark, I, 1909, p. 112, ng. '
Acrochaetium virgctulum f. secundala (Lyngb.) Hamel, Rech. sur les genres Acrochaetium
et Rhodochorton, 1927, p. 46, fig. 36.
Espèce très voisine de la précédente, à laquelle elle a été réunie
par ROSENVINGE et Hamel. Mes échantillons de Banyuls sont pour¬
tant bien distincts de VA. virgaiulum f. luxurians typique, dont ils se
distinguent par la taille plus réduite, la ramification unilatérale et les
dimensions plus faibles des cellules et des sporanges.
Elle est particulièrement abondante en hiver (janvier), sur le
bord des feuilles de Zostères; elle se rencontre également sur le Chae-
tomorpha capillaris.
Les échantillons que j’ai observés ne possédaient que des mono¬
sporanges.
Loc. : Banyuls, vivier du Laboratoire, cap du Troc
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique nord.
Acrochaetium Daviesii (Dillwyn) Nageli
BoERGESEN, Mar. Algae Canary Isl., III, I, 1927, p. 25, fig. 15. Hamel, Rech. sur
les genres Acrochaetium et Rhodochorton, 1927, p. 39, fig. 31. Feldmann, Contrib. Fl.
Algol. Algérie, 1931, p. 225, fig. 6. Chantransia Daviesii (Dilhv.) Thuret. ROSENVINGE,
Mar. Algae of Denmark, I, 1909, p. 104, fig. 34.
Cette espèce, relativement rare dans la Méditerranée (où elle
est généralement remplacée par l’espèce suivante), est assez fréquente
à Banyuls sur les feuilles de Posidonies, en hiver et au printemps,
formant de petites touffes confluentes, parfois très développées. Je
l’ai également récoltée, en été, épiphyte sur des Cystoseira spinosa
dragués.
Monosporanges observés de janvier à mai et en août.
Loc. : Banyuls, anse du Troc, cap l’Abeille.
DlSTRIB. : Atlantique nord, Méditerranée occidentale.
266
/. FELDMANN
Acrochaetium Savianum (Meneghini) Nageli
Hamel, Rech. sur les genres Acrochaetium et Rhodochorton , 1927, ,p. 61, fig. 40, D.
Cette espèce se distingue de la précédente par ses sporanges
solitaires et non groupés vers la base des rameaux, ainsi que par son
thalle moins ramifié et ses cellules à membrane plus mince. Elle repré¬
sente, sans doute, une forme méditerranéenne de VA. Daviesii.
Elle a ete récoltée à Banyuls, sur des feuilles de Posidonies, par
M. P. DANGEARD, qui m’en a communiqué de beaux échantillons.
Loc. : Banyuls (P. Dangeard).
Distrib. : Méditerranée.
RHODOCHORTON Nageli, 1861
La position systématique de ce genre est très incertaine, car on
en ignore les organes sexuels (sauf les anthéridies, qui ont été obser¬
vées une fois par Rosenvinge chez le R. penicilliforme). Longtemps
placé parmi les Céramiacées, dont il se rapproche par sa morphologie
externe, mais dont il diffère tout à fait par ses caractères cytologiques,
le genre Rhodochorton a été rapproché des Acrochaetium par
U ™MEL; plus récemment, F. Miranda (1933), en se basant sur
le mode de germination des spores du Rhodochorton penicilliforme
(Kjellm) Rosenvinge, en un disque analogue à celui des Squama-
riacees et des Coralhnacees, et qui présente également des fusions de
cellules comme on en a décrit chez des espèces de ces familles, a émis
hyp°th ese que le genre Rhodochorton devrait peut-être être rattaché
a ordre des Cryptonemiales. Néanmoins, certains caractères cyto¬
logiques (présence de pyrénoïdes chez certaines esoèces) rapprochent
le genre Rhodochorton des Némalionales, et plus particulièrement des
Acrochaetium.
La distinction des deux genres n’est d'ailleurs pas toujours facile,
es caractères sur lesquels est basée cette distinction étant inconstants;
cest ce qu, a conduit Miss K. Drew (1928) à réunir les Acrochae-
tium et les Rhodochorton en un seul genre : Rhodochorton (Nàgeli)
Neanmoins, tant que ces algues ne seront pas mieux connues, il
semble pi eferable de maintenir la distinction entre ces deux genres
tels qu ils ont ete definis par G. Hamel (1927), p. 50. Il est possible
d ailleurs que, meme dans le genre Rhodochorton, sensu stricto, ainsi
dehm, ,1 existe des espèces appartenant à des genres différents. Je me
propose de revemr ultérieurement sur cette question.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES A LISERES
267
Rhodochorton membranaceum Magnus
KUCKUCK, Beitiïge lur lointnu de' Mœre.alçn. 2^ Wl. P HmJ] . L Rec ' h . „ r
RosENVINGE, Mar. Algae of Dej»».*. Hh P J j' f 9
1er genre. Acrochaitlum et Rhodochorton. 1927. p. 59, hg.
” Cette algue vit dans les membranes chitmeuses des colonies
d’Hydraires et de Bryozoaires. Elle se rencontre paiement çhezl
Eponges F.-E. ScHULZE en particulier 1 a signalée dans 1 A
tique 'vivant dans le réseau de spongine des Spongelia C est ega
ment'dans une éponge de ce genre (Spongelia eiegmis Nardo) que
l’ai observée à Banyuls; l'algue formait un revetement continu a
térieur du réseau de spongine, qu elle colorait en rouge vi .
Les cellules du R. membranaceum renferment plusieurs chro-
matophores en plaques irrégulières, sans pyrenoide. Je n ai observe
dans mes échantillons n. filaments dresses, ni sporanges.
Cette forme vivant dans le squelette des Spongelia rappelle
beaucoup, par sa structure, YAcrochaetmm
M” Weber VAN Bosse dans une épongé de 1 océan Indien (.Liste
des Algues du Siboga, II, 1921, p. 195, fig. 56-5 ).
DCTR^HMédiKr'r.née occidentale, Adriatique. Atlantique nord.
Rhodochorton Hauckii (Schiffner) Hamel
Hamel. Rech. sur le. genre. AcrochMmw et Rhodochorton l9 ?^ 5 P '
Acrochachnn, Hmdfi Sdùfc»,. S«d. iib. Algen de. adnat. Meere... 1915. p. W. kg-
J'ai observé cette petite algue sur des individus dragués de Va o-
nia macrophysa et sur l'éponge Cliona vinÆd Elle est formée de
filaments rampants à cellules longues de 20-30 P, larges de f>8 A,
ramifiés en réseau et entre les mailles duquel se développent de petites
cellules arrondies ou irrégulières, par pression réciproque, qui combien
complètement l’espace laissé entre elles par les grandes cellules dis¬
posées en réseau (fig. 5, D) . Je n'ai pas observe de filaments dresses.
Signalé d’abord par Hauck dans 1 Adriatique, sous le nom de
Rh. membranaceum, le R. Hauckii diffère nettement de cette espece
par sa structure et sa situation épiphyte et non endozoïque. bCHIFFN
la décrivit sous le nom d’Acrochaetmm Hauckii et la considéra
comme représentant la base rampante du Chanimnsm mmutissima
Hauck non al. (= Rhodochorton velutinum [Hauck] Hamel). Ainsi
que l'a montré HamEL, il semble bien que ces deux especes soient
différentes. En effet, les cellules du R. Haucku sont beaucoup plus
petites que celles de la partie rampante du R. velutinum.
Loc. : Banyuls, cap l’Abeille.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale (Ajaccio), Adriatique.
Source : MNHN, Paris
268
J. FELDMANN
Rhodochorton velutinum (Hauck) Hamel
Hamel, Rech. sur les genres Acrochaetïum et Rhodochorton , 1927. p 62 fis 40
Ô 35?°B T'“ K j V T' ich t d " im C - VO ” Tri "* f. Meeresalgèn, 1675
S m ofZ»™J?H Z " r k M t’ ’t! ?,"• y 111 '' 878 ’ '><• »• Chmbmù, minuté
J. J (/ , anar °7 Ha , uck ' Meeresalgen. 1885. p. 41. Acrochaelium Hauckü Schiffner (p parte)
Stud. uber Algen des adnat. Meeres., 1915. p. 134, fig. 5_8. ‘ ^ P ' P " '
269
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES _
'IM-SSSSS
tanl S* Z^ échanüllons sont
Les P . , 1 10 90 m- et entoures d une membrane
ovoïdes ou sphériques, longs de 1U-ZÜ^ et emour nt la
z 'T,33 =; î-f^rÆsV ^
Uhu Rolhii CTuiO Nagell, ii y» ta • ta” “ C
KUCK • lis sont formés de plaques «régulières, tap.ssant paro
Interne de la cellule et dépourvus de pyrenotdes.
A Banvuls, le Rhodochorlon velutmum est_ localise en proton
deur entre 12 et 25 mètres. Je ne l’ai observé qu en hiver et toujour
sur lè Sphaerococcus coronopifolius. La plupart des individus de cett
espèce? dragués en janvier et février, sont envahis par le Rhodochor-
ton souvent associé au Plilothammon microplerum. c<jn .
Le Rhodochorlon velutmum n avait pas encore ete,
naissance, signalé sur les côtes méditerranéennes de b rance.
Loc : Banyuls, cap Oullestreil, cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Manche.
Helminthocladiaceae
NEMAL10N Targioni-Tozzetti, 1818
Nemalion helminthoides (Velley) Batters
Hamel, Floridta de Fr.. NÉmalionata.1930. p. 65. 6g. 41. Ne .nation luMam
Duby, HaucK, Meeresalgen, 1885, p. 59, fig. 19.
Cette algue est très commune sur toute la cote des Albères sur
les rochers battus au-dessus du niveau, généralement melee au Ris-
soella verruculosa, ou croissant au-dessus ou au-dessous de la ceinture
dense formée par cette espèce; elle se rencontre egalement sur le
Tenarea tortuosa.
270
/. FELDMANN
Elle peut parfois rester plusieurs jours émergée et elle supporte
len une forte insolation. Néanmoins, c’est à Banyuls, comme d'ail-
leurs dans toute la Med.terranée, une espèce d'hiver et de printemps,
alors que dans la Manche c est une algue estivale apparaissant en juin
pour disparaître en octobre. Dans la Méditerranée, le cycle de l’es¬
pece est different et la période de développement est beaucoup plus
ongue. Elle apparaît, en effet, en novembre-décembre et atteint sa
aille maxima (parfois 60 cm. de longueur) en avril pour disparaître
ensuite, a peu près complètement, en juillet
statin P f U ? nt ' fi Y* OÛt m2 ' fai observé au <=a P du Troc, dans une
talion fortement battue et toujours mouillée par le ressac, de vieux
individus a demi détruits et sur le point de disparaître, mais encore
ants, meles a des individus plus jeunes et plus grêles, à un état de
Æ:Ef nt à celui que prés ™ te
sait de e fronde maIheUr !r S î m r t P a P “ établlr aVCC certltude s ' i] s’agis-
t?on ou bien Ti 7“ * 7 7 ind ™ dus » voie de destruc-
c2 aïgu^ annuelle. 33 ^ 3 ““ SeC ° nde d ^
kl kl C eSt C . ette L SeCOnde h yp° thès « qni me paraît la plus vraisem-
sur^T' n 3r ' 31 tri. AIger ’ “ novembre - des Nemalion vivant
ur les parois verticales d’une jetée exposée au nord, et dont le déve¬
loppement était celui que présente normalement cette espèce en mars
dans la région. Il s'agit là, me semble-t-il, d'individus dont Ta pérTode
de repos a ete raccourcie grâce aux conditions favorables (température
relativement basse de l’eau et éclairement assez faible)
La fr °"de du Nemalion helminthoiJes est généralement simple
vent °lrt bieiTTce X iTn^lt
l^JC. i Toute la côte, de Collioure à Cerbère
Hq- rÆ'.Jrrf'”“ d ' * ''Atterre au Maroc, coter allau-
LIAGORA Lamouroux, 1812
Liagora viscida (Forsskal) C. Agardh
Le Liagora viscida est abondant à Banyuls pendant l’été, dans
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÉRES
271
les stations calmes et éclairées, depuis le niveau jusqu à quelques
mètres de profondeur. Il supporte bien un fort éclairement et une élé¬
vation notable de la température de l’eau, mais non une emersion un
peu prolongée. 11 est particulièrement abondant sur les rochers cou¬
verts de sédiments et sur les pierres, où il forme parfois de vastes peu-
plements. . ..
A Banyuls, le Liagora viscida apparaît en fevner-mars; il atteint
son complet développement en juin-juillet et disparaît en octobre.
L’espèce est monoïque et les organes sexuels se rencontrent de
juin à octobre.
Cette algue est assez polymorphe; les formes attenuata (L. allé-
mata Kützing) à rameaux très fins et arrondis et ceranoides (L. ce¬
ranoides Zanard. non Lamx) à fronde aplatie, canaliculée sur le sec,
se rencontrent à Banyuls et sont reliées au type par tous les inter-
médiaires.
Loc. : Collioure. Port-Vendres, Banyuls. île Grosse, cap du Troc, cap l’Abeille.
Cerbere^^^ ; Méditerranée, Atlantique tempéré, chaud (du golfe de Gascogne au
Maroc).
Liagora distenta (Mertens) C. Agardh
Kutzing, Tab. Phyc.. vol. VIII. Taf. 88. Zanard INI, lcon. Phyc. Adriat., tab. 95.
HaucIG Meeresalgen. 1883. p. 65, 6g. 21. b. c. Hamel Flor.d » de F, Nemabonale.,
1930, p. 18, fi g. 49. L. ramclloso Sonder w Kützing, Tab. Phycol.. vol. VIII, tab. 96.
Moins abondante que la précédente, cette espèce est néanmoins
assez fréquente en été (août-septembre) dans les stations abritées,
depuis le niveau jusqu’à quelques mètres au-dessous.
Elle porte fréquemment deux petites Phéophycées epiphytes
intéressantes : Strepsithalia Liagoiae Sauv. et Compsonema Liagorae
Feldm.
Loc. : Cap Béar, cap l'Abeille. _ . .
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique (de Cadix aux Canaries).
Liagora tetrasporifera Boergesen
Boergesen, Mar. Alg.e of Can.ry. 1,1., III, I. 1927. p. 39, fi,. 21-24. Kvein, Uber
die Entwick. der Florideen, 1930, p. 8, fig. 3, F.
Cette remarquable espèce, découverte aux Canaries par B0R-
GESEN et caractérisée, en particulier, par ses carpospores divises en
quatre et constituant, par conséquent, des tétrasporanges, a ete obser¬
vée par K.YLIN à Banyuls, en juin 1928, pourvue de spermatanges,
carpogones et tétrasporanges.
Je ne l’ai pas observée.
Loc. : Banyuls (Kylin).
DlSTRlB. : Canaries.
272
J. FELDMANN
Chaetangiaceae
SCINAIA Bivona, 1822
Scinaia furcellata (Turner) Bivona
Setchell The Scinaia Assemblage. 1914. p. 90, pl. 10, fis. M2 pi. 14 fia 41.43
VEDEL1US Zy toJ.- En twicJd gesch. Studien über S. furcellata, °I915, fig 1-32 °Hamel
Flondees de France, Némabonales, 1930, p. 21, fig. 50, 51. ë Mamel.
Je n ai récolté à Banyuls qu’un
seul individu de cette espèce. Il
croissait près du niveau, dans la
grotte du Troc, fin août 1932,
dans une station un peu abritée
et ombragée. Cet échantillon est
remarquable par sa petite taille
et la réduction de dimensions de
toutes ses parties. Haut de 3 cm.,
il mesure moins d’un millimètre
de large. Les grosses cellules
externes incolores (utricules), plus
longues que larges, sont forte¬
ment convexes à la partie supé¬
rieure; vues de face, elles sont
arrondies et entourées de petites
cellules pigmentées (monospo¬
ranges de Svedelius) . Les utri¬
cules mesurent 13-18/^ de dia-
métré au lieu de 20 à 22/*,. comme c’est le cas général. Les cysto-
135 P 1507) enqUeS " a “ elgnent qUe ^ 120,1 de diamètre (au lieu d '
fLoc C cd te nl° r ?n f L rapprocher de ceIle fi s urée par Setchell
d’une f ’ ' 1°' ^ T ) P r ° Venant de Naples ’ 11 s ' a g ;t dout,
d une forme rabougrie du Scinaia furcellata.
Fig. 8. — Scinaia furcellata (Turn.) Bivona:
A, coupe de la partie corticale de la
fronde; B, disposition des cellules corti¬
cales vues par-dessus. A, B X 340.
Loc. : Grotte du Troc.
Distri b. : Méditerranée, Atlantique nord.
Scinaia complanata (Collins) Cotton
M„. Algae DaTt^ln'd!™ p V" ti°V* ' M-W^ 22 ’
Liste des Algues du Siboga, II 1921 „ 206 AL ’j 1' -j ■ WeBER VAN Bosse -
P. 105. Taylor, M„. A?,,. „f Fl„„da. IMS ,7|T7 Tt'17S - f 7', ' 926 ’
“ F - s - Coll»* » Phyc. Bo,. Ante,., fase. i 7. 836 1TO1 V "’
ALGUES MARINES DE LA COTE DES A LISERES
273
T'ai dragué à plusieurs reprises, aux environs de Banyuls, un
Scinaia dont l’aspect rappelle beaucoup celui du 5. furcellata, mais
qui en diffère par sa structure et me parait devoir etre rapporte au
S complanata. 11 correspond très bien, en particulier a la variété
de cette espèce décrite par F. B 0 RGESEN sous le nom de S. compla¬
nata var. mlermedia Bfirgesen.
Le 5. complanata se rencontre à Banyuls entre 16 et 35 métrés
de profondeur, sur les fonds rocheux et coralligènes, souvent epiphy ’t
sur les Lithothamniées. Les plus grands échantillons mesuient 5 .
de hauteur; la fronde, d'un rose pale, turgescente et arrondie sans
constations, est ramihée 5 à 7 fois par dichotomie Sur le sec, la
largeur des rameaux atteint 2 mm. L'axe fashgie n est pas visible sur
la plante vivante ni sur le sec, il se distingue pourtant dans les échan¬
tillons conservés dans l’alcool. L’aspect de toute la plante est pl
fragile que celui du S. fuTcellata.
Vue à plat, au microscope, l’aspect de la fronde est également
différent ; cela tient surtout à la rareté des cellules pigmentées de
la couche externe et à la grande taille des cellules hya mes, qui son
polygonales et non arrondies comme dans le S. furcella a (g. , )•
En coupe transversale, les cellules hyalines (utr.cules) different de
celles du 5. furcellata par leurs formes carrées ou rectangulaires, sou
vent plus larges que hautes, et à paroi externe, plane et non convexe;
elles mesurent 25-40 E de longueur et 25-30 E de hauteur (fig. 9, ,
B) Les cellules pigmentées situées sous les utncules sont assez peu
nombreuses et appliquées à la face interne des utncules; el es son
généralement piriformes et mesurent 20-30 E de long et 8-10 e de
Les cystocarpes, sphériques ou ovoïdes, mesurent généralement
1 80-200 e de diamètre.
T’ai récolté cette algue à plusieurs reprises, en août et septembre
1931 et 1932, pourvue de cystocarpes. Elle se rencontre umquemen
en dragages; c’est d’ailleurs également en profondeur quelle a ete
signalée aux Antilles, aux Bermudes et en Malaisie.
La présence de cette espèce dans la Méditerranée est intéressante,
car elle n’était pas connue jusqu’ici sur les cotes européennes. Decou¬
verte d'abord sur les côtes de Flor.de, elle a été retrouvée ensuite aux
Bermudes et aux Antilles Danoises (Virgin Islands) ; enfin, elle a ^
signalée à deux reprises en Malaisie. La découverte de cette espece a
Banyuls, où elle est loin d’être rare (en septembre 1932, je 1 a. ré¬
coltée au cours de quatre dragages exécutes les 8, 14, 16 et 21 sep¬
tembre) , étend considérablement l’aire de distribution de cette espece.
274
y. FELDMANN
qui, jusqu a ces dernières années, n'était connue que de l'Atlantique
tropical américain, et qui se retrouvera vraisemblablement dans toutes
les mers chaudes du globe. Sa présence à Banyuls montre qu'il ne
s agit pas d une espèce strictement tropicale, mais quelle peut se dé-
Fig ' 9 ' ~ Sc ' na< ‘ , «""plonaU, (Collins) Cotlon var. intcrmcJia Boom ■ A
P.m= corticale de 1, fronde ; C. dispos, ti„„ des cellol» corticales
U, idem, vues de 1 intérieur de la fronde. A, B, C, D X 340.
. B, coupe de la
vues par-dessus;
velopper dans des eaux à température relativement peu élevée. Néan-
moms a Banyuls, elle ne se rencontre qu'à la fin de l'été alors qu'aux
Antilles, par exemple, BoRGESEN l'a récoltée en mars.
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille, cap Rederis, cap Cerbère
Source : MNHN, Paris
275
algues marines de la cote des albères
Bonnemaisoniaceae
B0NNEMAIS0N1A C. Agardh, 1821
Bonnemaisonia asparagoides (Woodward) C. AgardE
Harvey, Phyc. Bril- pl. 51. Hamel, Florid. F,.. Nem,Hon»W. P- 42, 6g. 57, A.
SVEDELIUS. On the development of >bp. armata and Bonnemaisonia asp., •
Cette espèce est assez rare près du niveau, où elle est limitée aux
stations abritées et obscures; elle est relativement fréquente en profon¬
deur entre 12 et 30 mètres, sur les pierres, plus rarement, epiphy
sur les Cvstoseira et les rhizomes de Posidonies.
Elle se rencontre de décembre à juillet, les individus recolles en
décembre et janvier sont de petite taille et dépassent rarement 5 cm ;
en juillet, la plante atteint une dizaine de centimètres. Feitile (Cys
carpes et anthéndies sur les mêmes individus) de janviera
Ainsi que nous l’avons montre récemment, M Feldmann et
moi (J- Feldmann et G. Mazoyer, Sur l’identite de 1 Hymemdo-
nium serpeits (Crouan) Batters avec le protonema du Bonnemaisoma
asparagoides (Woodw.) C, Ag. C, R. Acad. Sc„ T. 205 pp^ 1085-
1086 1937), les spores du Bonnemaisoma asparagoides donnen
naissance à un thalle filamenteux rampant, qui avait été précédemment
décrit comme une espèce autonome de Céramiacee : Hÿmenoclomum
serpens (Crouan) Batters. Cette algue est frequente en dragage a
Banyuls, le plus souvent fixée sur l’éponge Cliona vmdisj je 1 ai ega¬
lement rencontrée près du niveau, dans une station très ombragée,
épiphyte sur 1 Halopteris filicina.
Loc. : Cap Bear, cap Oulle.Ireil, B.nyuU, île Gros», anse du Troc, cap TAberUe.
DlSTRlB. : Médilerranée, Atlantique (de la Suede au Maroc).
Bonnemaisonia clavata (Schousboe) Hamel
Hamel Floridées de Fr„ Némalronales. 1930, p. 44, 6g. 57 B. Ceronrium oltemurn
var. cJrS^hü " BORDEE. Aigues de Schousboe, 1892. p. 98 B— omoogo-
raeoides (pro porte) Derbès et Solier, Mena, su, quelque, points de la physiologie de. Alg .
1856 p. 77 pl- XIX, 6g. 7-8. CheM.N, Forme anormale de B. «sporogonie., 1928, p. 339,
J’ai dragué à plusieurs reprises, entre 20 et 30 métrés de pro¬
fondeur, au mois de juin, un petit Bonnemaisonia très grele, présen¬
tant des anthéridies allongées et de grande taille et dépourvu d or ganes
femelles. Ces échantillons correspondent à ceux décrits par difteients
auteurs : en particulier par Derbès et SOLIER, qui les avaient consi¬
dérés comme les individus mâles du Bonnemaisonia asparagoides et
plus récemment par CHEMIN, pour qui ils représenteraient une forme
anormale de cette espèce. , .
G. Hamel, après avoir soigneusement discute la question, consi-
276
J. FELDMANN
dere que ce Bonnemaisonia dioïque à grosses anthéridies, et dont les
individus femelles sont encore inconnus, doit constituer une espèce dis-
B 1 , , irri u P T laqUeüe fl a P‘°P osé le nom de
■ a f Scl J ousbo e) Hamel. Cette interprétation me semble lo-
gique, mais seule la decouverte des individus femelles pouvait per¬
mettre d affirmer 1 indépendance de cette espèce. Nous avons décou¬
vert ceux-ci en mai 1938, a Alger, où nous avons dragué, M“ Feld
MANN et moi de nombreux individus de B. clavata, les uns mâles, les
autres femelles (pourvus de cystocarpes) sur le banc de Matifou.
F 'u ,0 - ~ Bonnemaisonia clavala (Schousboe)
Hamel O'ux port.° ns de rameaux portant des
anthendies, X 14.
leur d 1 évelnnn lire d t es . Carpos P 01 ' es , de algue nous a montré que
ÜT i- Un PeU différent de Cdui du bonnemaisonia
asparagoides. Ce caractère, joint aux autres différences existant entre
bien d^tinS ' Pem,Ct * ‘ C R ^ «« espèce
pinnXsfe Tôt qUe ' qUeS anthéridieS de pet,te tai,le ’ né « - des
go;Js[Tll% U 2vala d f renCC 7 or P hol °8'9- entre le B. aspara-
Source : MNHN, Paris
algues marines de la cote des aldères
277
souvent des pinnules disposées tout autour de l'axe comme dans les
Asparagopsis, ce qui lui donne un aspect different du B asparagoides.
A Banyuls, le B. clavata est localisé en profondeur; il est fixe
sur les rochers et les Lithothamniées; il est relativement rare, et sa
période de développement paraît plus courte que celle du B. as para-
goides, car je ne 1 ai observé qu en juin.
»... atlantiques de Fiance e, du sud de fAn-
gleterre.
ASPARAGOPSIS Montagne, 1840
Asparagopsis armata Harvey
j. Atauuw. Epier,si.. 1879, p. 666, Conholly. Bd„. au, * r
1911, p 135, fig. 3-9. SaUVAGEAU, Sur quelque, Flur.dee, K29 p791. tlZû
1925. FELDMANN, Noie ,U1 quelque, algue, > d B yj , of A , pa _
e. MazoYER, Sur le, loduque, de M,pu-
ragopsis armala Harv., 1938, pp- 1396-1397.
Cette belle et curieuse espèce, d'origine australienne, découverte
sur les côtes européennes par Sauvaceau, en 1925 est frequente dans
la région de Banyuls, où elle a été observée pour la première fois par
G. Hamel (1926). ,
Elle se rencontre près du niveau jusqu a une dizaine de metr
de profondeur, dans les stations modérément battues, fixee sur les
rochers ou épiphyte sur les algues, et formant de grosses touffes d un
beau rouge. A Banyuls, j'ai observé cette espece de janvier a juillet
Les individus, récoltés en janvier, sont généralement de petite taille
et encore stériles. Les individus à cystocarpes sont beaucoup plus fre¬
quents que ceux à anthéridies. . f
Bien que généralement localisée au voisinage de L surface,
Y Asparagopsis armata peut vivre en profondeur; j en ai récolté un
unique individu, d'ailleurs rabougri, et beaucoup plus densement rami¬
fié que la forme de surface, au cap Béar, par 20-25 métrés, en juin
1932
On sait que Y Asparagopsis armata se distingue particulièrement
de Y Asparagopsis taxiformis (Delile) Collins et Heivey ( sp. e i ei
Montagne) par ses rameaux barbelés, particuliers, couverts de courtes
épines réfléchies, dont la morphologie a été récemment etud.ee en
détail par SvEDELIUS. Récemment, ScHIFFNER (1931, p. 15 )
proposé de réunir Y Asp. armata à YAsp. Delile,' comme simple forme
(f. armata (Harv.) Schiffner). Ces deux espèces sont en effet voisines
l'une de l’autre, mais elles semblent néanmoins bien distinctes et leur
aire de répartition est différente ; YAsp. taxiformis existe seul aux
Antilles et aux Canaries. Il est vra, que SCHIFFNER indique avoir
278
/. FELDMANN
observé, de Port-Vendres, l'Asp, taxiformis (Asp. Delilei f. gemma
Schiffner) en même temps que l 'Asp. armata, d’après des échantillons
recueillis par M™ Ella RoNNICER, mais il y a là, sans doute, une
erreur, les rameaux barbelés caractéristiques de VAsp. armata pouvant
passer inaperçus sur des échantillons mal préparés.
En tous cas, ayant examiné de très nombreuses touffes d ’Aspara-
gopsis recoltees à Port-Vendres et à Banyuls, je n’en ai trouvé aucune
dépourvue de ramules barbelés. Aussi, je ne crois pas que VAsp. iaxi-
formis existe dans la région de Banyuls. Il y a lieu de remarquer à ce
propos que c’est à tort que ScHIFFNER (1931, p. 160) attribue à
oAUVAGEAU la découverte de 1 ’Asparagopsis taxiformis dans la région
de Banyuls; a la page citée de son mémoire sur les Cÿstoseira de
Banyuls et de Guéthary (1912, p. 184), Sauvageau traite de la
Hore algologique des Canaries, et c’est dans ces îles qu’il signale avoir
observe cette espèce.
Distsib 001 'A 0 "; B »y.k cap du Troc, île CW, cap l'Abeille.
r , l U A ,“ s,ralle ' Naturalise depuis une diaaine d'années dans l'Atlantique fde
Cherbourg au Maroc) et dan, I, Méditerranée occidenLle (côte, de France etd'Algérie)
Gélidiales
Gelidiaceae
GELIDIELLA Feldm. et Hamel, 1934
Gelidiella lubrica (Kîitzing) Feldm. et Hamel
Fl . el HAMSC. Observ. su, quelques Gélidiacées. 1934, p. 535 6g 3 4 et 5
curpùs"wt„f r K-? e ', 3 , 6 ' p P' 2 f- *». H. Sphaerococcus hibricu, Külring, dcrn
XVIII te b 32 *d ï I ”° n 1'? Phy “ 'o I843 ' p ' ’* 5 ' ,ab ' 60 ' H ' Tab. Phyc.,
’ tab. 32, d, k. Spece. Algarum, 1849, p. 761. Non Cdtdmm lubricum Thuret 1
Le genre Gelidiella Feldm. et Hamel comprend les algues anté¬
rieurement rangées dans le genre Celidium. mais qui s’en distinguent
par absence de rhizines intercellulaires et la disposition plus ou moins
reguherement senée de leurs tétrasporanges, j’avais antérieurement
(1931) propose de reprendre, pour ces algues, le genre Echinocaulon
Kutzing, 1843, dont 1 espece type du genre est dépourvue de rhizines
ntocellulaues, mais 1 existence d’un homonyme antérieur (Echino-
“de Gelidiella’ 84 “ neCess,té le remplacement de ce nom par celui
ran J ” a ‘ ,écolté à Collioure une petite Gélidiacée
rappelant certaines ormes grêles du Celidium crinale, mais en diffé¬
rant par 1 absence de rhizines et la disposition sériée de ses tétraspo-
anges. La comparaison de cette algue avec les figures et des échan-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
279
tillons authentiques de YAcrocarpus lubricus Kützing m'a montré
l'identité de l’algue de Collioure avec l’espèce de KÜTZING, consi¬
dérée à tort, jusqu’ici, comme une simple forme du Gelidium crinale,
mais qui, par ses caractères, doit être placée dans le genre Gelidiella.
A Collioure, le Gelidiella lubrica vit dans une grande cuvette
très étendue, située au pied du Fort-Carré. Cette cuvette est géné¬
ralement isolée par mer calme, et 1 eau s y échauffe notablement. Le
C. lubrica vit dans cette station, épiphyte sur les troncs du Cÿstoseira
barbata, sur lesquels il forme un gazon haut de 10 à 20 millimètres,
il y est généralement mêlé au Sipbonocladus pusillus.
Facile à distinguer des deux autres espèces méditerranéennes de
ce genre (Gelidiella nigrescens (Feldm.) Feldm. et Hamel, C. ramel-
losa (Kiitz.) Feldm. et Hamel), par son port et sa ramification peu
abondante, le C. lubrica a sans doute été généralement confondu avec
certaines formes grêles du Gelidium cnnale, qui lui ressemble beau¬
coup à première vue. Le C. lubrica n’est connu avec certitude que de
Naples, où KÜTZING le découvrit en 1835, et de Collioure.
Les échantillons récoltés en juillet portaient de nombreux tétra-
sporanges. Les organes sexuels sont inconnus.
Loc. : Collioure.
Distrib. : Méditerranée occidentale.
GELIDIUM Lamouroux, 1813
Gelidium melanoideum (Schousboe) Bornet
BoRNET, Algues de Schousboe, 1892, p. 269. FELDMANN et Hamel, Floridées de
France, Vil, Gélidiales, 1936, p. 232, fig. 15-18.
Cette espèce, qui n’était connue jusqu’ici, avec certitude, qu à
Tanger (l’existence de cette algue en Angleterre, où elle a été signalée
par BatTERS, me paraît douteuse et mériterait d’être vérifiée), se dis¬
tingue facilement des autres Gelidium par le petit nombre d hyphes
existant dans sa fronde, très mince et membraneuse, et non cornée.
Lin autre caractère important, et que Bornet n a pas signalé,
bien que SCHOUSBOE l’ait observé et figuré dans les figures inédites
de cette algue contenues dans ses « Icônes ineditae », réside dans la
disposition des tétrasporanges. Ceux-ci sont réunis en sores à l’extrémité
élargie des rameaux et présentent une disposition très régulière en
lignes parallèles, en forme de V très ouvert, au lieu d être disposés
sans ordre, comme c’est le cas chez les autres espèces de Gelidium
Le développement des tétrasporanges est également régulier, tous ceui
situés sur une même ligne sont sensiblement du même âge, et, à un
moment donné, au même état de développement. Vers le sommet de
280
]. FELDMANN
la fronde, on n’observe que de très jeunes tétrasporanges et, à mesure
que l’on se dirige vers la base, on rencontre successivement tous les
stades intermédiaires entre les tétrasporanges jeunes et les tétraspo¬
ranges adultes. Plus bas, on ne rencontre plus que les emplacements
vides des tétrasporanges qui ont été émis ; par suite de la minceur de
la fronde, celle-ci paraît transparente à ce niveau.
J ai récolté à Banyuls, en 1927, un petit Gelidium qui, par ces
deux caractères : petit nombre de rhizines intercellulaires et disposi¬
tion des tétrasporanges, correspond bien au Gelidium melanoideum.
Il forme un gazon court, rouge sombre, sous un surplomb obscur dans
une station relativement calme, dans l’anse du Troc. Il diffère de la
forme type de l’espèce et de la var. filameniosa (Schousboe) Bornet
par ses frondes plus grêles, hautes de 20 millimètres, ramifiées dès la
base, à rameaux généralement simples, étroits, larges de 100 à 150 m
et très allongés. Par ces caractères, elle mérite de constituer une va¬
riété distincte G. melanoideum var. gracile Feldm. et Hamel.
J’ai récolté cette algue à plusieurs reprises dans la même localité,
en septembre 1927; elle était pourvue de tétrasporanges.
Loc. : Banyuls, anse du Troc.
Distrib. : Maroc : Tanger (Schousboe), Casablai
Adriatique : Venise (ScHlFFNER !).
et Mogador (Tesnier !).
Gelidium pusillum (Stackhouse) Le Jolis
io-)7 HaUc . Ki Memralgen. 1SS5, p. 195. Boergesen, Mar. Algae of Canary I,l„ III. I.
W27 P , 6 g . 44. Feldmann et Hamel, Floridée, de Fr.. VII, Gélidi.les, 1936, p. 236,
fs k * rin » Tob - Ph > ,c - XVI». I«b- 37. i-k, Ammpm pM*
(Ag.) Kutzmg. Tab. Phyc.. XVIII, tab. 37, a-h.
Cette espece est surtout représentée à Banyuls par sa variété :
pulvinatum (Agardh) Feldm. Elle forme un revêtement dense et ras
sur les rochers battus, et surtout sur les coquilles de Patelles, au-dessus
du niveau ou à peu de profondeur. Se rencontre toute l’année. Tétra¬
sporanges observés en juillet.
Loc. : Collioure, Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : Semble être répandu dans toutes les mers chaudes.
Gelidium spathulatum (Kützing) Bornet
III, I,
P- 239,
^977 ET ’ d " Sc [r housboe - l892 ;,P- 268. B^RGESEN, Mar. Algae of Canary 1,1..
1927 p. 82, fig. 43. Feldmann et Hamel, Floridées de Fr., VII. Gélidiales, 1936,
6g. 21. Acmxrpm sprffciltjftu Kützing, Tab. Phyc., XVIII, tab. 36. e, f. g.
Cette algue, qui se rapproche beaucoup du C. crinale, forme des
gazons serrés sur les rochers battus, près du niveau. Mes échantillons
de Banyuls correspondent bien à ceux figurés par KÜTZING sous le
nom d Acrocarpus spalhulatus, et surtout avec les échantillons de
Source MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
281
Tanger étudiés par BoRNET. J’ai observé les tétrasporanges en sep¬
tembre.
Loc. : Collioure; Banyuls, anse des Elmes, cap Doune, cap du Troc.
DiSTRIB. : Méditerranée ; Atlantique (de l'Angleterre aux Canaries et aux Açores);
Pacifique nord, etc. ?
Gelidium crinale (Turner) Lamouroux
HAUOC. Meeresalgen. 1885, p. 192. Funk. Algmveget. Golfs von Ntaptl. 1927,
p. 381, fig. 22, f. Feldmann et Hamel, Floridées de Fr., VII, Gelidiales, 1936, p. 24U,
fig. 5, 22. PI. I. fig. 1.
Forme des touffes rouge brun, hautes de 3-6 cm., sur les rochers
sableux près du niveau. Souvent difficile à distinguer du G. spathula-
tum.
Comme la plupart des Gelidium méditerranéens (sauf le G. pec-
tinatum), cette espèce est presque exclusivement localisée près du
niveau; néanmoins, j’ai dragué une seule fois, au cap Béar, par 25-
26 mètres, un petit Gelidium stérile, épiphyte sur te Pseudoliiho-
phÿllum expansum , qui me paraît devoir être rapporté au Gelidium
crinale, dont il ne se distingue que par ses filaments beaucoup plus
grêles (larges de 70-150 /*)•
Le Gelidium crinale se rencontre toute l’année; j ai observé les
tétrasporanges en août et septembre et les cystocarpes en juillet.
Loc. : Collioure; Banyuls, cap Casteill, anse des Elmes, île Grosse, cap du Troc.
DiSTRIB. : Sans doute répandu dans toutes les mers chaudes et temperees.
Gelidium pulchellum (Turner) Kützing
KüTZ.NC, Tab. Ph,c„ vol. XVIII. P . 18. t,b. 53. e f. F«K. .A^g. fa G»lfa
von Neapel, 1927. p. 382, fig. 22. d. Feldmann et Hamel, Floridees de b r., VU, Gelidiales,
1936, P . 243, fig. 23, PI. I, fig. 2 et 3.
Assez rave, dans les stations abritées et ombragées, sur les rochers
et les Patelles, près du niveau.
Tétrasporanges observés en septembre.
Loc. : Collioure, Banyuls, anse des Elmes, cap Doune.
DiSTRIB. : Méditerranée, Atlantique nord (de 1 Angleterre au Maroc).
Gelidium latifolium (Greville) Thuret et Bornet
Feldmann et Hamel. Floridées de Fr., VII, Gelidiales, 1936, p. 245, 1 5g.. 25, PI. Il
fia. 2-3. Gelidium corncum Linncei et hÿpno.des Kützing. Tab Phyc vol XV lt, tab. . •
Gelidium sericeum Kützing, i Ibid, vol. XVIII. tab. 52. Echmocaulon hspidum Kutzmg,
ibid., tab. 38. Echinocaulon stngosum Kützing. ibid.. tab.
Très fréquent dans les stations calmes et ombragées, près du
niveau, sur les rochers ou épiphyte sur diverses algues, en particulier
à la base des Cÿstoseira.
282
/. FELDMANN
On rencontre à Banyuls de nombreuses formes de cette algue
très polymorphe; elles peuvent être rangées dans les variétés typicum
Feld. et Hamel, et hystrix J. Ag. On rencontre même, parfois, des
individus de la var. typicum, dont certains rameaux présentent des
ramules subulés, disposés tout autour de l’axe comme dans la var.
hÿstrix. Se rencontre toute l’année, souvent fertile en été. Tétraspo-
ranges observés de juin à septembre. Cystocarpes en septembre.
Loc. : Collioure; Port-Vendres; Banyuls, cap Casteill, anse des Elmes, cap Doune,
île Grosse, cap du Troc, etc...
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique (de l'Angleterre au Maroc).
Gelidium pectinatum (Schousboe) Montagne
Montagne, Flore d'Algérie, 1849, p. 193, pl. X, fig. I. Kützing. Tab. Phyc.,
vol. XVIII, tab. 57. Feldmann et Hamel, Floridées de Fr., VII, Gélidiales, 1936, p. 247,
fig. 26, A, PI. V, fig. 2.
Exception faite de l’unique récolte d’une forme grêle de G. cri-
nale, signalée plus haut, cette espèce est la seule du genre Gelidium
se rencontrant normalement en dragage dans la région de Banyuls.
Elle y est assez fréquente entre 15 et 30 mètres, sur les pierres et les
Lithothamniées, auxquelles elle adhère au moyen de rhizoïdes courts
issus de différents points de la fronde et souvent par l’extrémité des
rameaux transformés en haptères.
Les individus récoltés en dragage sont généralement rabougris et
beaucoup moins développés que ceux que j’ai récoltés dans la grotte
du cap Béar. Dans cette localité, le G. pectinatum vit près du niveau
jusqu’à 2-3 mètres de profondeur, sur les parois rocheuses peu éclai¬
rées du fond de la grotte. Il y est extrêmement abondant, associé au
Pierocladia capillacea.
Le Gelidium pectinatum a souvent été confondu avec le Gelidium
latifolium, auquel il ressemble en effet beaucoup, mais dont il paraît
néanmoins bien distinct.
Cette espèce se^ rencontre toute l’année. Tous les échantillons
dragués à différentes époques de l’année sont stériles. Ceux vivant près
du niveau dans la grotte du cap Béar sont stériles en été (août) et
fertiles (tétrasporanges) en hiver (décembre).
Loc. : Cap Béar. cap Oullestreil, cap l'Abeille, cap Rederis, cap Peyrefite, etc...
i ^ L,IS J ™ I f-. : . Me A dl , ,erranee occidentale, où il netait connu jusqu’ici, avec certitude, que
des cotes dAIgene. Atlantique, du sud de l'Espagne (Cadix) au Maroc.
PTEROCLADIA J. Agardh, 1852
Pterocladia capillacea (Gmelin) Bornet et Thuret
et ujTS C L TH ? ET c N un A i g( ;! 0 , gi ? ues ' 1 ,876 ' P- 57 ’ P 1 - 20 - >-7. Feldmann
et Hamel, Flondees de Fr, VII, Gélidiales, 1936, p. 254, fig. 3, 6, 30, Pl. V, fig. |.
283
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
Celidium capitlaccum Kützing. Tab. Pbyc.. vol. XV1I1. p. 18, tab. 53. a-d. CdUhm pim*
tum Külzing. Tab. Pbyc., vol. XVIII, tab. 50. d-(.
Cette espèce est très fréquente à Banyuls, près du niveau, sur
les rochers et dans les cuvettes, surtout dans les stations assez calmes
et ombragées.
C'est une algue pérennante, surtout bien développée en hiver et
au printemps. Tétrasporanges observés en décembre. Cystocarpes en
juillet.
Loc. : Collioure, Port-Vendres, cap Bear, Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord (de l’Angleterre a la Mauritanie).
WURDEMANNIA Harvey, 1853
Wurdemannia miniata (Drapamaud) Feldm. et Hamel
Feldmann et Hamel, Obs. sur quelques Gélidiacées, 1934, p. 544, fig. 9-11. Flo-
ridées de Fr., VII, Gélidiales. 1936, P . 260. fig. 34-36. Fucus nj.motus grap. G^artma
miniata Lamouroux, Celidium miniatum Kützing, Tab. Pbyc., XVIII, tab. 5 , c- . u e
mannia setacea Harvey, KüTZING, Tab. Phyc., XIX, tab. 26.
Cette algue, découverte par DRAPARNAUD aux environs de
Montpellier, a été longtemps rangée dans le genre Gelidium. Ainsi
que nous l’avons montré, G. Hamel et moi, sa structure est tout à
fait différente de celle des Gélidiacées, mais concorde bien avec celle
du genre Wurdemannia des Antilles et des Canaries.
Cette algue est caractérisée, au point de vue anatomique, par
son axe fastigié et non formé d’un filament central unique. Elle se
présente sous l’aspect de filaments cylindriques, ramifiés, souvent unis
entre eux par des baptères ; elle ressemble beaucoup, par son port, au
Gelidium crinale.
La position systématique du genre Wurdemannia, dont on ignore
encore les cystocarpes, reste douteuse. Il s agit, sans doute d une Gi-
gartinale. En tous cas, elle n’appartient pas, semble-t-il, à la famille
des Gélidiacées, à la suite de laquelle je la place ici uniquement à
cause de son aspect extérieur, qui l’a fait, pendant longtemps, consi¬
dérer comme un Gelidium.
Je n’ai pas observé de Wurdemannia miniata dans la région de
Banyuls, mais ScHIFFNER (1931, p. 148) l’y a signalé sous le nom
de Gelidium miniatum (Lamour.) Kütz., parmi des algues récoltées
à Port-Vendres par M 1 ™ 3 G. RONNIGER, en juillet 1926. Cette espece
est donc à rechercher dans la région.
Loc. : Port-Vendres (ScHIFFNER).
Distrib. : Méditerranée, Canaries, Antilles, Bermudes.
284
]. FELDMANN
Cryptonemiales
Dumonfiaceae
DUDRESNAYA Bonnemaison, 1822
Dudresnaya verticillata (Withering) Le Jolis
Le Jolis, Algues de Cherbourg, 1864, p. 117. Newton, Britisch sea-weds, 1931,
p. 227, fig. 169. Dudresnaya coccinea (Ag.) Crouan, Bornet et Thuret, Notes Algol. I.
1876, p. 35, pl. XI. Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 100, fig. 36. Kylin, Entwickl. Flori-
deenstudien, 1928, p. 32, fig. 15-17.
Cette espèce est assez fréquente en profondeur, entre 20 et
25 mètres, fixée sur les galets ou les Lithothamniées. Elle se rencontre
au début de 1 été; en juin-juillet, la plupart des individus sont fertiles,
portant soit des cystocarpes, soit des tétrasporanges zonés. Je n’ai pas
observé d’individus mâles, qui doivent être plus rares.
Comme la suivante, cette espèce est fréquemment envahie par le
Blastophysa rhizopus et Y Endoderma majus.
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille.
Distrib. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique nord (de l’Angleterre à Tanger).
ACROSYMPHYTON Sjostedt, 1926
Acrosymphyton purpuriferum (J. Agardh) Sjostedt
Sjostedt, Floridean studies, 1926, p. 19. Kylin, Uber die Entwick d. Florid.,
1930, p. 22, fig. 12. Dudresnaya purpurifera J. Agardh, Bornet et Thuret, Rech. sur
la fécondation des Floridées, 1867. BERTHOLD, Cryptonemiaceen Golfs v. Neapel 1884
p. 24, Taf. V, fig. 1.
Cette algue a été séparée par SjôSTEDT du genre Dudresnaya,
dont elle diffère en particulier par la structure de ses rameaux carpo-
goniaux et de ses cellules auxiliaires (fig. II).
La fronde présente la même structure que celle des Dudresnaya,
mais elle est plus épaisse, surtout à la base, et plus densément ramifiée.
Les rameaux carpogoniaux naissent de la face externe de la cel¬
lule inférieure d un des ramules végétatifs; ils présentent un carpo-
gone terminal portant à son sommet un très long trichogyne cylin¬
drique, souvent contourné en spirale et un peu étranglé au point
d’attache avec le carpogone. Le rameau carpogonial est constitué
par une file de cellules très courtes et sphériques, donnant naissance,
de chaque côté, à des ramules courts, pennés, à cellules également
arrondies et dont les cellules apicales, et quelquefois d’autres, consti¬
tuent les cellules auxiliaires primaires.
Les rameaux auxiliaires, nés sur les ramules végétatifs, sont
simples, formés de 3 à 5 cellules en général; la cellule terminale de
Source : MNHN. Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
285
ces rameaux constitue une cellule auxiliaire secondaire. Le mode de
formation des gonimoblastes est le même que dans le genre Dudre s-
naya.
Alors que le Dudresmya verticillata est dioïque, YAcrosÿm-
phÿton purpuriferum est monoïque; les spermatanges sont situes au
J. FELDMANN
sommet des ramilles, chaque cellule terminale portant généralement
2 spermatanges.
A 1 inverse des Dudresnaya, les tétrasporanges sont inconnus et
font vraisemblablement défaut chez Y Acrosymphyion.
A Banyuls, Y A. purpuriferum vit en été, entre 15 et 30 mètres,
parfois associé au Dudresnaya verticillata, mais se développant géné¬
ralement plus tard que celui-ci; il est en effet surtout abondant en
septembre. A cette époque, la plupart des individus sont fertiles.
Loc. : Cap Bear, cap l’Abeille, cap Rederis, cap Peyrefite.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique.
Rhizophyllidaceae
RHIZOPHYLLIS Kützing, 1845
Rhizophyllis Squamariae (Meneghini) Kützing
Kützing, Tab. Phyc. XVI, tab. 8. Kylin, Uber die Entwickl. der Florideen, 1930,
p. 26, fig. 15. Rhizophyllis dental a Montagne, Fl. Algérie, 1849, p. 63, pl. 15, f.g. 2.
Zanardini, Icon. Phycol. Adriat., Tab. 87. Hauck, Meeresalgen. 1885, p. 36, fig. 8.
Cette espece est fréquente à Banyuls, généralement épiphyte sur
les Peyssonelia Squamaria et rubra. Elle se rencontre aussi, mais
beaucoup plus rarement, sur d’autres espèces, en particulier sur
Codium Bursa et Udotea petiolata.
Elle persiste toute 1 annee, mais elle est surtout abondante en
été; elle est également plus fréquente en profondeur (15-30 mètres)
qu en surface, et les individus vivant en profondeur atteignent une
taille plus grande que ceux vivant près de la surface; leur fronde
est souvent plus ou moins dressée et non étroitement appliquée sur le
substratum, comme c’est le cas pour les individus qui se développent
près du niveau.
Cystocarpes observés en juin.
cap Cerbère * C ° llioUre ' Por, - Vendres - C *P Béar, île Grosse, cap du Troc, cap l'Abeille,
DlSTRIB. : Méditerranée.
Rhizophyllis Codii nov. sp.
J. Feldmann, Algae mar. médit., nov. 1935, p. 366.
Thallus purpureus, membranaceus, orbicularis, ambitu circularis,
crustiformis, usque ad 15 tutti, diam.
Incrementum marginale. Margo irregulariter sinuato-lobulatus.
Pagina inferior, rhizoidibus numerosis, seplalis, uniseriatis, ad
Source : MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
287
Codium Bursam arctissime adhaerens et inde impressionem apicum
utriculorum Codii quasi réticulum sat regulare, ostendens.
Thallus valde imequicrassus, 30-120 P crassus, dorsiventralis.
In parte superiore lhalli : cellulae angulalo-rotundae in sériés dicho-
tomas ereclas, ordinatae. Cellulae superficiales minores 6-12 p latae,
inlerioris thalli majores, usque ad 24 p diam.
In parte inferiore thalli, cellulae magnae cylindraceae usque ad
35 p diam, synapsibus saepe latissimis interse conjunctae et in senes
horizontales ordinatae, hic illic occurrunt in parlibus crassionbus
thalli.
Cellulae glandulares numerosae, per totum superfiaem thalli
sparsae et in thallo immersae, ovoideae, verticaliter elongatae, 10-13 P
latae, 20-40 P longae; g ultulam valde refrmgentem (ut videlur oleo-
sam) continentes.
Organa procrealionis ignota.
Cum Rhizophyllide Squamariae, structura congruens sed forma
thalli orbiculari nec lineari et subpinnatim ramosa, extmie distmcta.
Ob formam lhalli, cum Rhizophyllide pacifica Boergesen, ex
Insula Paschali (Pacif. austr.) descripta, comparanda.
Habitat in Mari Mediierraneo in litore Ruscinonensi, ad thallos
Codii Bursae ad altitudinem 20-35 m. infra superficiem maris, sat
frequens per totum annum, sed semper sterilis.
288
]. FELDMANN
Cette remarquable espèce forme, sur le Codium Bursa, de petites
taches pourpre foncé, peu visibles, à contour circulaire et atteignant
15 mm. de diamètre.
Elle est fixée par de nombreux rhizoïdes filamenteux, formés
de plusieurs cellules disposées en files. Elle adhère fortement au Co¬
dium, dont il est difficile de la séparer sans la déchirer, et se moule
exactement sur la surface externe des utricules du Codium-, aussi, le
thalle, vu par sa face inférieure, paraît réticulé, présentant en creux
l’impression du sommet des utricules de son hôte (fig. 12). En coupe
transversale, le Rhizophyllis Codii présente des inégalités d’épaisseur
très grandes et très régulières, en rapport avec cette structure aréolée.
Les parties les plus minces ne mesurent que 30/* d’épaisseur, alors
que, dans les paities les plus épaisses de la meme coupe, l’épaisseur
du thalle peut atteindre 120 f*. Les rhizoïdes naissent le plus souvent
dans ces parties épaisses, qui correspondent à l’intervalle entre deux
utricules du Codium (fig. 12, B).
Fig - '1~CoJi! Feldm. : A. bord de ta fronde son mode de crois-
rance marginale, X 525/ B, deux cellule, sécrélrice, vue, de face. X 525.
Les bords du thalle du Rhizophyllis Codii sont irrégulièrement
smues et lobules et montrent une croissance marginale très nette; par¬
fois, les lobes se recouvrent les uns les autres.
Le thalle présente une structure dorsiventrale ; il est constitué
par des cellules arrondies ou un peu anguleuses, disposées en files ver¬
ticales a ramification dichotome et dont les cellules diminuent de taille
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
289
du centre de la fronde vers la partie supérieure. Les cellules externes
mesurent 6-12 de large et contiennent plusieurs chromatophores
pariétaux arrondis (fig. 14).
Dans les coupes des parties épaisses du thalle, on rencontre sou¬
vent, vers la partie inférieure, des files de cellules cylindriques, allon-
Fig. 14. _ Rhizoph\)llis Codii Feldm. : Coupe transversale de la fronde montrant le fila¬
ment central de cellules allongées, réunies par un large synapse; à la face supérieure
de la fronde, une cellule sécrétrice. X 700.
gées horizontalement, plus grandes que les autres, atteignant jusqu à
35 f» de diamètre et réunies entre elles par des synapses de grande
taille qui, parfois, occupent presque toute la largeur de la paroi qui
sépare deux de ces cellules (fig. 15, B , C). Des synapses plus petits
unissent ces cellules aux cellules situées au-dessus et au-dessous de
celles-ci. Le contenu de ces cellules est granuleux et dépourvu de
290
]■ FELDMANN
grains d’amidon. Ceux-ci sont abondants dans les autres cellules du
thalle.
Ces files de grandes cellules rappellent celles qui constituent l’axe
du , thalle du Rhtzophyllis Squamariae, mais leur disposition est très
irrégulière et je n ai pu les suivre dans leur parcours. Il semble qu’elles
soient disposées en réseau correspondant au réseau d’épaississement
que présente le thalle.
F ‘ 8 ' S 5 C. , : , /! i:, COUpe de mince ;
lemen, $ ^ Z7'iTj'Ï, ^ ^ ^
A, B, C X 525. ^ f U ' deux cel,ules secrélnces.
Comme dans le Rhizophÿlla Squamariae, les cellules sécrétrices
sont nombreuses et réparties sur toute la surface du thalle, elles sont
situées a la partie supérieure, entre les cellules externes et allongées
verticalement. Elles sont ovoïdes ou piriformes, souvent atténuées à
lune de leurs extrémités, soit inférieure, soit supérieure. Elles me¬
surent 10-15 p de large et 20-40 ? de long. Elles renferment chacune
une grosse inclusion spherique ou ovoïde, très réfringente, incolore ou
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
291
un peu jaunâtre, et constituée, sans doute, comme dans le R. Squa-
mariae , par de l’huile.
Bien que je l’ai recueillie à plusieurs reprises à différentes sai¬
sons de l’année, tous les échantillons que j’ai observés étaient stériles.
Par sa structure, cette algue se rattache évidemment au genre
Rhizophpllis, celle-ci rappelle beaucoup celle du Rhizophyllis Squa-
mariae, mais le R. Codii s’en distingue nettement par la forme circu¬
laire de son thalle et la disposition différente des files de grandes cel¬
lules internes formant un réseau, ainsi que par la forme des cellules
glandulaires ovoïdes et non sphériques, comme dans le Rhizophvllis
Squamariae. Par sa forme, elle rappelle beaucoup le Rhizophpllis
pacifica décrit il y a quelques années de l’île de Pâques par F. B0R-
GESEN (1924, p. 281, fig. 29-31) ; elle s’en distingue néanmoins pâl¬
ies dimensions différentes de ses cellules.
J’ai récolté le Rhizophyllis Codii aux environs de Banyuls, en
décembre, juin et juillet, épiphyte sur des Codium Bursa dragués
entre 20 et 30 mètres. Il doit être assez fréquent, mais, à cause de sa
petite taille, il passe souvent inaperçu.
Loc. : Cap l’Abeille, cap Bear.
DlSTRIB. : N’est connu, jusqu’ici, que des environs de Banyuls.
Squamariaceae
PEYSSONELIA Decaisne, 1841
Peyssonelia Squamaria (Gmelin) Decaisne
KüTZING, Phyc. oen., 1842. tab. 77. 1. Tab. Phyc., XIX, tab. 87, a, h, ThURET,
Anthéridies des Algues, 1855, p. 41, tab. IV. Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 34, fig. a-c.
Weber van Bosse, Liste des Algues du Siboga II, 1921, p. 258, fig. 85.
Bien distinct des autres Peyssonelia par sa structure et 1 exis¬
tence d’un mésothalle donnant naissance à sa partie inférieure à un
périthalle inférieur formé d’une seule assise de cellules.
Cette algue est abondante dans la région de Banyuls, près du
niveau, dans les stations ombragées, sous les surplombs et dans les
grottes, dans les stations assez abritées, où elle forme souvent de grands
peuplements. Elle se rencontre également en profondeur entre 20 et
30 mètres.
Le Peyssonelia Squamaria est une espèce vivace et se rencontre
toute l’année, mais il n’est fertile qu’en hiver. J’ai observé les tétras-
poranges en novembre et décembre, et les cystocarpes en décembre,
janvier et février.
Loc. : Collioure; Port-Vendres ; cap Bear; cap Oullestreil, île Grosse, cap du
Troc, cap l’Abeille. , , . , . , »» \
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique tempere (de la cote basque au Marocj.
Source : MNHN, Paris
292
J. FELDMANN
Peyssonelia rubra (Greville) J. Agardh
J. Agardh, Sp. Alg., II, 1852, p. 502. Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 35, fig. 7. d, c.
Petersen, Algae, 1918, p. 12, fig. 2. Weber van Bosse, in Boergesen, Mar. Algae
D. W.-Indies, II, 1915-1920, p. 129. Weber van Bosse, Liste des Algues du Siboga, II,
1921, p. 270, fig. 89. Newton, British sea-weeds, 1931, p. 296, fig. 183.
Le thalle de cette espèce présente un hypothalle donnant nais¬
sance à un périthalle formé de files verticales (non obliques) de cellules
rectangulaires disposées en assises horizontales de nombre variable
(3-8) (fig. 16, G).
Les cellules de 1 hypothalle mesurent 12-15 F de long; celles du
périthalle, dans la partie moyenne, sont hautes de 12-20 F et larges
de 15 f. Dans les régions stériles du thalle, les cellules de la face
supérieure sont plus larges que hautes et n'atteignent que de 5-6 F de
hauteur.
Les tétrasporanges crucies sont allongés et mesurent 80 f de long
et 30 f de large. Les paraphyses sont cylindriques, composées en géné-
îal de six cellules (fig. 16, C). Les cellules sécrétrices particulières,
décrites par H.-E. Petersen, m’ont paru constantes chez cette
espèce et permettent de la caractériser facilement.
Outre | es différences anatomiques, cette algue se distingue du
P. Squamaria par sa couleur plus claire, tirant souvent sur le rouge
biique et ne noircissant pas en général par la dessiccation, et par ses
boids, qui s enroulent vers la face supérieure en séchant.
Peyssonelia rubra vit dans les mêmes conditions que l’espèce
précédente, mais il se rencontre surtout en profondeur.
J’ai observé les tétrasporanges en mars, sur des échantillons dra¬
gués par 25-30 mètres au cap l’Abeille.
Loc. : Cap Bear, grotte du Troc, cap l'Abeille, cap Cerbère,
tille, M | STR1B ' 1 Med ' ,err c anée ’ Atlantique tempéré et tropical (Europe et Amérique), An-
flles. Malaisie, océan Pacifique. Sans doute répandu dans toutes les mers chaudes.
Peyssonelia atropurpurea Crouan
fi ^ ,§UeS Ju £ inislère ' l852 > n ° 237. Florule du Finistère, 1867, p. 148, pl. 19
SpJe ! a i g ; n, fsTpMfr"”' l877 ' p ' m >■ a»h.
Cette espèce a été signalée pour la première fois, dans la Médi-
terranée par Sauvaceau (1912), à Banyuls, où elle vivait entre
et 30 mètres. A ma connaissance, elle n’avait pas été signalée ulté¬
rieurement ailleurs dans cette mer. Je l’ai retrouvée en janvier 1932,
draguée par 20 mètres au cap l’Abeille. Mes échantillons corres¬
pondent bien à ceux publiés par Crouan et à ceux récoltés par
oCHOUSBOE à Tanger. Ils étaient fertiles (cystocarpes).
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
Dans mes échantillons, le thalle, fixé au substratum par des rhi-
zoïdes unicellulaires, est d’épaisseur variable (de 200 à 300 /»). Dans
les parties âgées, on observe des zones d’accroissement. Il y a souvent
également formation d’hypothalles secondaires, au sein du pénthalle.
Les némathécies forment des coussinets plus ou moins étendus a
la surface du thalle; elles sont hautes d’environ 180/*. Les gommo-
blastes forment des groupes de 4 à 8 carpospores arrondies, larges de
20-30/»; ils sont noyés dans les paraphyses étroites subcyhndnques,
formées de cellules diminuant dé longueur de la base vers le sommet.
Loc. : Banyuls (Sauvageau), cap l’Abeille.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Atlantique (de la Manche au Maroc).
Peyssonelia Harveyana Crouan
j. Agardh, Specie, alg., II. 1852. P . 501. Eplcrisis. 1877, P 384. Crouan Flomk
du Finistère, 1867, p 148, pl. 19, fig. 129. 4, 5. BaTTERS, Mar. Algae of Berwick, 1889.
p. 91. Newton, British sea-weeds, 1931, p. 295.
Je rapporte, avec doute, à cette espèce un Peyssonelia calcifie,
fréquent en dragage au cap Béar par 25-26 m., et que je n ai observe
qu’à l’état stérile. ,
Ce Peyssonelia forme, sur les concrétions coralligenes et les
Lithothamniées, des croûtes irrégulières adhérant plus ou moins etroite-
ment au substratum, à bords lobés, d’une couleur pourpre once sur
le vivant et d’un beau violet, lie de vin, sur les échantillons desseches.
La surface du thalle desséché est mate et non brillante comme chez
d’autres Peyssonelia. ,
La calcification est assez forte, au moins chez certains échan¬
tillons, mais beaucoup moins toutefois que chez le Peyssonelia poly-
P L’algue est fixée au substratum par des rhizoïdes unicellulaires
nombreux, assez courts, larges de 10/» environ. Le thalle, d épaisseur
variable (150-200/»), ne présente pas de zones d accroissement. 11
est constitué par un hypothalle à cellules disposées en files norrçon-
taies parallèles, longues de 20 /», larges de 8-10 (» et hautes de 1 5-18 7»,
qui donnent naissance à leur partie supérieure a un penthalle forme
de cellules quadrangulaires, disposées en files obliques, ramifiées di-
chotomiquement et constitué par 9-12 assises de cellules. Les cellules
de la partie inférieure du périthalle mesurent 10-12/» de large et
10-20 /» de long; celles de la partie supérieure sont plus petites, aussi
longues que larges, et mesurent 7-10/» (fig. 16, D. E, F).
Comme on le voit par cette description, le Peyssonelia de
Banyuls se rapproche beaucoup du P. Harveyana; néanmoins, il pré¬
sente quelques différences avec les échantillons de l’Atlantique que
Source : MNHN, Paris
294
J. FELDMANN
j ai examinés, et il est possible qu’il s’agisse d’une espèce distincte.
Malheureusement, bien que je l’ai recueilli à de nombreuses reprises
aussi bien en été qu’en hiver, je n’ai jamais réussi à le récolter à l’état
fertile.
Sel
OOooOOO
cl™, x ® r 5 p CZ«.) Schmitz, coupc, à travers Je, cy.to-
SJL H J :; P “ S r° (Grev.) j. A,., tétrasporanges. X 265; D. E. F.
^rouan; * ““I-, »<S.le de la fronde; E, coupe radiale du
(Grev ) I a„ ' “ llule5 , d ' 1 h ypfl>al]e vues de face, X 340; C. ftjssonei» rut™
1 ev ’^ J- A s- cou P e tangentielle de la fronde, X 340.
. ma connaissance le P. Harveyana n était pas connu jusqu’ici
/p? S a ai,. e j- lte " anee J a p ^ ante c ‘^ e sous ce nom par ARDISSONE
j, yC ' Medlt ;; I. P- 229) doit être rapportée, ainsi que le montre la
description qu il en donne et les synonymes qu’il lui attribue, au P
polymorpha, espèce tout à fait différente par son port et sa structure
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
295
du vrai P. Harveyana. M me WEBER VAN BOSSE a signalé cette
espèce avec doute dans l’océan Indien (1913, p. 139).
Loc. : Cap Bear.
Distrib. : Atlantique nord (Manche, golfe de Gascogne), océan Indien (?)•
Peyssonelia polymorpha (Zanardini) Schmitz
Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 35. Taf. 1. fig. 6. Lemoine et Mouret, Sur une
algue nouvelle pour la France, 1912, p. 356, fig. 1. PUNK, Algenveget. Golfs von Neapel,
1927, p. 427, Taf. VIII, 3-6; XIII, 1 b. BoERGESEN, Mar. Algae Canary Isl., III, part II,
1929, p. 14, fig. 3. Lithymenia polymorpha Zanardini, Iconogr. Phyc, Adriat. tav. 30.
Cette algue, très caractéristique par son aspect et sa structure,
se présente sous forme de croûtes fortement calcifiées, ondulées, fixées
au substratum par quelques points de sa face inférieure. Par sa consis¬
tance pierreuse, elle rappelle les Lithothamniées, mais s’en distingue
facilement par sa couleur rouge brique très particulière.
Une coupe radiale dans le thalle décalcifié montre un hypo-
thalle formé d’une assise de grosses cellules disposées en files longitu¬
dinales parallèles, longues de 50-60 a* et hautes de 40-50 a*; ces cel¬
lules sont relativement étroites, et, en coupe tangentielle, elles ne
mesurent qu’une vingtaine de a* de large. A. leur partie inférieure, les
cellules de l’hypothalle donnent naissance à des rhizoïdes uni- ou
pluricellulaires, larges de 15-18 a*.
Le périthalle est constitué de files de cellules rectangulaires dis¬
posées obliquement et ramifiées dichotomiquement. Les cellules du
périthalle sont régulièrement disposées en assises parallèles au nombre
de 7 à 12. Dans la partie inférieure du périthalle, les celiules sont plus
hautes que larges et mesurent 60-70 a* de long et 20-30 a* de large.
Vers la partie supérieure, elles diminuent de taille et ne mesurent plus
que 12-15 a* de large et 20 a* de long; enfin, les cellules de l’assise
supérieure externe sont carrées, à membrane externe fortement épaissie
et mesurent 10 a* de large (fig. 17 et 18).
Les cellules de l’hypothalle et de la partie inférieure du péri¬
thalle renferment de nombreux grains d’amidon. Ceux-ci font défaut
dans la partie supérieure du périthalle.
Les némathécies forment, sur la face supérieure du thalle, des
taches légèrement bombées, à contour plus ou moins irrégulier et d une
couleur pourpre foncé, tranchant nettement sur le rouge clair du reste
du thalle. Ces némathécies ne sont pas calcifiées. Elles sont constituées
par des paraphyses longues de 100-1 10 a*, très serrées les unes contre
les autres et généralement formées de six cellules, dont la largeur aug¬
mente de la base vers le sommet, tandis que leur longueur diminue.
Les cellules terminales présentent une membrane fortement épaissie
296
/. FELDMANN
au sommet et sont moins cohérentes entre elles. Entre les paraphyses
se rencontrent des gonimoblastes formés de carpospores disposés en
files, ou le plus souvent de carpospores isolés, ovoïdes, mesurant 50-
60 X 40 Ces carpospores isolées ont été souvent confondues avec
des tetrasporanges non encore divisés, mais il est rare qu’elles existent
seules dans une némathécie; elles se rencontrent généralement mêlées
ALGUES MARINES DE LA COTE DES A LISERES
297
à des chaînes de 2 à 3 carpospores, ce qui montre bien leur nature
exacte (fig. 16, A, B).
Le Peyssonelia polÿmorpha est relativement abondant à Ba-
nyuls, sur les pierres et les concrétions coralligènes, souvent aussi à la
base des troncs de Cÿstoseira ou associé à d’autres algues calcaires
(Pseudolithophyllum expansum en particulier).
Il est surtout abondant entre 20 et 35 mètres de profondeur. Il
peut également se rencontrer près de la surface, dans les stations
obscures et sous les surplombs, ainsi que l’a déjà signalé ScHMlTZ
(Berthold, 1882, p. 532).
Il se rencontre toute l’année. J’ai observé les cystocarpes en
décembre.
Loc. : Cap Bear, cap l’Abeille, cap Retiens, cap Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée, Canaries, Antilles, océan Indien.
CRUORIELLA Crouan, 1859
Cruoriella Dubyi (Crouan) Schmitz
Rosenvinge, Mar. Algae of Denmark. II, 1917, p. 193, fig. 115-117. PRINTZ, Al-
genveget. Trondhjemsfjordes, 1926, p. 123. Newton, Handb. Brit. sea-weeds, 1932, p. 293,
Source : MNHN, Paris
298
J. FELDMANN
fig. 182. Peÿssonelia Dubyi Crouan. Fl. Finistère, 1867, p. 148, pi. 19, fig. 130. Hauck,
Meeresalœn, 1885, p. 35. KucKUCK, Bermerk. Algenveget. Helgoland, II, 1897, p. 393,
fig. 18.
Facile à reconnaître par ses thalles luisants et pourvus de stries
radiales en relief. Se rencontre près du niveau, sur les rochers ou sur
les coquilles. Tétrasporanges observés en décembre et janvier.
Loc. : Cap Béar, Banyuls, vivier du Laboratoire.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord.
CRUORIOPSIS Dufour, 1864
Cruoriopsis cruciata Dufour
Batters, New or—critical Mar. Algae, 1896, 34, t. .12, fig. 1-4. Cruoria cruciata
(Duf.) Zanardini, Icon. Phyc. Adriat., tav. 86.
Cette espèce forme, sur les galets et les coquilles situés près du
niveau, de petits thalles orbiculaires rouge foncé. La structure des
Cruoriopsis est à peu près la même que celle des Cruoriella, mais ils
s en distinguent à 1 état stérile par les filaments du périthalle, qui sont
cohérents entre eux, mais non intimement soudés comme dans les
Cruoriella, et susceptibles d’être dissociés par pression (fig. 19, A).
Dans le Cruoriopsis cruciata, l’hypothalle est formé de deux
assises de cellules superposées, rectangulaires, larges de 15-18/*. Les
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
299
filaments du périthalle atteignent 150 /* de hauteur : ils sont formes
de cellules longues de 15 /« et larges de 8-10 f à la base du filament;
vers son sommet, elles sont plus petites et mesurent 8-10 de long
et 7-8 I'- de large.
Mes échantillons étaient dépourvus de tétrasporanges. Je les
rapporte au Cr. cruciata après comparaison avec une préparation mi¬
croscopique faite par BoRNET à partir d’un échantillon original de
Dufour.
Les anthéridies n’ont été que très rarement signalées dans le genre
Cruoriopsis et, à ma connaissance, elles n’avaient jamais été figurées
(fig. 19, B). Je les ai observées sur des individus de Cruoriopsis cru¬
ciata récoltés en septembre 1927. Elles sont groupées en petites néma-
thécies et résultent de la division longitudinale et transversale de la
cellule terminale des filaments du périthalle, qui portent ainsi, à leur
sommet, un groupe de spermatanges disposés en une ou deux séries
verticales de 6 à 8 spermatanges, chaque spermatange plus large que
haut mesure environ 2-4 H- de large.
La structure de ces anthéridies se rapproche beaucoup de celle
que l’on connaît chez les Cruoriella et les Peyssomlia ; elle diffère
tout à fait de celle des anthéridies de Cruoria qui, malgré une grande
analogie de structure de l’appareil végétatif de ce genre avec celle des
Cruoriopsis, n’appartient pas à la famille des Squamariacées et doit
être rangée, comme l’a montré récemment K.YLIN, parmi les Gigar-
tinales.
Loc. : Banyuls, anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Manche (?)•
Cruoriopsis Rosenvingii Boergesen
BoeRGESEN,, Mar. Algae
Hauck (non Crouan). Meeresalg«
mark, II, 1917, p. 186-187, fig.
Canary Isl„ III, pt. II. p. 11. fig- 2. Cruoriella armorica
?n, 1885, p. 31, fig. 5. ROSENVINGE. Mar. Algae of Den-
îio.
Sous le nom de Cruoriella armorica, Hauck décrivit et^figuia
une Squamariacée de l’Adriatique qu’il croyait identique avec l’espece
de la rade de Brest, découverte et signalée sous ce nom par les frères
Crouan. Batters (1896, p. 387), ayant récolté à Plymouth une
plante qui lui parut identique à celle de Hauck, montra que cette
algue différait de celle décrite par CROUAN et appartenait au genre
Cruoriopsis ; aussi proposa-t-il, pour la plante de Plymouth et celle
de Hauck le nom de Cruoriopsis Haucl?i.
Plus récemment, ScHIFFNER (1915, p. 147), après avoir rap¬
pelé l’opinion de Batters, indique qu’à son avis, et bien qu’il n en
ait pas vu d’échantillons originaux, le Cruoriella armorica de HAUCK
300
J. FELDMANN
devait appartenir au Peyssonelia Dubÿi Crouan. Dans le même tra¬
vail (p. 148, fig. 45-60), SCHIFFNER décrit et figure une Squama-
riacée qu’il rapporte au P. Dubyi, mais qui en est certainement diffé¬
rente et qui semble plutôt devoir être rapportée au genre Cruoriopsis.
En 1917, L.-K. Rosenvinge, au cours de son étude des algues
du Danemark, compara les espèces danoises du genre Cruoriopsis avec
des espèces voisines d’autres régions. Il étudie en particulier un échan¬
tillon original du Cruoriella armorica de Hauck, provenant de
Naples, ainsi que le Cruoriopsis Hauclçi, d’après une préparation de
1 algue de Plymouth due à BATTERS. Il reconnut que ces deux algues
appartenaient bien au genre Cruoriopsis, mais que la plante de Hauck,
contrairement à ce qu’avait cru BATTERS, différait de la plante an¬
glaise pour laquelle il faut conserver le nom de Cruoriopsis Hauc^i.
La plante de la Méditerranée, décrite par Hauck, restait donc
innommée. Ce fut B0RGESEN qui, ayant retrouvé cette espèce aux Ca¬
naries, en donna une nouvelle description et des figures, et la nomma
C. Rosenvingii.
J ai récolté, en janvier, à Banyuls, dans une flaque ombragée,
sur des coquilles, un petit Cruoriopsis qui me paraît correspondre à
l’algue décrite par HAUCK, ROSENVINGE, et B0RGESEN.
Cette algue forme de petites croûtes orbiculaires très adhérentes
au substratum, d un rouge brunâtre, à surface luisante sur le sec et
ressemblant beaucoup au Cruoriella Dub\)i. La croûte, épaisse de
120 F, est composée d un hypothalle formé de cellules parallèles
longues de 25-30 ^ et larges de 10- 15 m, disposées régulièrement. De
cet hypothalle s’élèvent des filaments dressés, cohérents, mais non
soudés entre eux, hauts de 80-90 y- et formés de cellules aussi longues
que larges, un peu rétrécies vers le sommet des filaments, qui mesurent
8-10 h- de large.
Les tétrasporanges sont épars à la surface du thalle et non réunis
en némathécies. Dans mes échantillons, ils sont encore jeunes et indi¬
vis, ils sont relativement allongés et mesurent 45-50 F de long et
12-15 f de large. Parfois, ils présentent une division transversale qui
sépare vers la base une petite cellule à contenu fortement pigmenté
comme le reste du tétrasporange.
Comme on le voit par cette description et les figures ci-jointes,
cette algue semble bien devoir être rapportée au Cruoriopsis Rosen-
vmgei, tel que l’ont décrit ROSENVINGE et B0RGESEN (fi». 20
A, B, C).
Je n ai pas vu d’échantillons authentiques de cette espèce, mais
j’ai trouvé, dans l’herbier THURET-BoRNET, une Squamariacée ré¬
coltée par Hauck dans 1 Adriatique, et portant l’indication « Mira-
ALCUES MARINES DE LA COTE DES ALBÊRES
301
mal- n" 2 ». Cet échantillon correspond exactement à mes échantillons
de Cr. Rosenvingii, de Banyuls.
Dans l’herbier Thuret, il était annoté de la main de Bornet :
« Pepssonelia Harvepana ? ». Une préparation microscopique, faite
à partir de ce même échantillon de Hauck, portait également de la
Fig. 20. — Cruoriopsis Roaenvingii Boergesen : A, coupe de la fronde montrant les tétra-
sporanges; R, surface supérieure de la fronde vue à plat, montrant 1 extrémité des para-
physes et des tétrasporanges (en grisé) ; C. hypothalle vu à plat, X 433.
main de BoRNET l’indication suivante : « Pepssondia alropurpurea
affinis. » Néanmoins, la structure de cet échantillon est bien celle d’un
Cruoriopsis.
Loc. : Banyuls. cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Canaries.
ETHEL1A Weber Van Bosse, 1913
Ethelia Van Bosseae nov. sp.
J. Feldmann, Algae mar. médit, novae, 1935, p. 367.
Thallus crustaceus, purpureus, irregulariter expansus, substrato
arcte adhérons , carnosus, haud calcareus, 800-1.000 n crassus. Exsic-
caiione fissuratus.
302
]. FELDMANN
Mesothallus e cellulis ovoideis 50-60 p longis 1 8-22 F latis, gra-
nul'is amplaceis farctis, constitutus.
Perithallus e filis sursum et deorsum directis e mesothallo oblique
ortis.
Perithallus ascendens e filis dichotomis erectis, cellulis elongatis
in sériés horizontaliter dispositis, versus superficiem thalli, dimensio-
nibus gradatim decrescentibus. Cellulae superficielles 5-8 F latae, mem-
brana exierna incrassata.
P erithallus descendens, minus evolutus, e cellulis subquadratis
15-18 f latis, constitutus.
Organa propagationis ignota.
Habitat in mari Medilerraneo in litore Ruscinonensi ad rupes
et Lithothamniaceas ad altitudinem 20-35 m. infra superficiem maris
sat frequens per totum annum; ad altitudinem 1-2 m., in locubus obs-
curioribus, rarior.
Le genre Ethelia, proposé d’abord comme sous-genre du genre
Pepssonelia par M' A. WEBER VAN BOSSE (Manne Algae [Rho-
dophyceae] of the « Sealark » Expédition 1913, p. 140) pour une
Squamariacée des Seychelles et de Bornéo ( Pepsso.ielia [Ethelia ]
biradiata Weber van Bosse) et élevé ensuite au rang de genre distinct
(Liste des Algues du Siboga, II, ]' e part., 1921, p. 297), diffère du
genre Pepssonelia par 1 existence d un mésothalle donnant naissance
a un pénthalle ascendant et à un pénthalle descendant composés de
files dichotomes.
Ce genre comprend actuellement les quatre espèces suivantes :
Ethelia biradiata Weber van Bosse.
Ethelia Fosliei Weber van Bosse.
Ethelia australis (Sonder) Weber van Bosse (Pcpssonelia aus-
tralis Sonder).
Ethelia pacifica B0rgesen.
^ Les deux premières espèces sont connues de Malaisie et de
1 océan Indien; 1 Ethelia australis des côtes sud de l’Australie et
1 Ethelia pacifica de 1 île de Pâques. L’aire de répartition de ce
genre était donc, jusqu ici, exclusivement indo-pacifique.
J ai récolté, à Banyuls, une Squamariacée dont la structure cor¬
respond bien à celle attribuée au genre Ethelia, et qui me paraît
constituer une espèce nouvelle de ce genre : Ethelia Van Bosseae,
que je suis heureux de dédier à M ,ne Weber van Bosse, qui, dans son
ouvrage sur les algues de l’expédition du Siboga, a si remarquable-
Source : MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
ment étudié les Squamaliacées indo-pacifiques et apporte de la clarté
dans la classification de ce groupe difficile.
L’Ethelia Van Bosseae est relativement abondant toute l’annee
en profondeur entre 20 et 35 mètres sur les rochers, ou les Litho-
thamniées. Je l’ai recueilli une fois près du niveau, à 1-2 métrés de
profondeur, sous un surplomb assez battu. Il forme des croûtes de
quelques centimètres de large, souvent confluentes, atteignant WKJ-
304
/. FELDMANN
1.000 f d’épaisseur, épousant la forme du substratum qu’elles re¬
couvrent et de couleur pourpre sombre. Le thalle est de consistance
charnue et non calcifié. Par la dessiccation, il se fendille (comme
1 Hematocoelis fissurata ) et présente à sa surface de petites fentes
disposées dans toutes les directions, rappelant l’aspect de coups
d’ongles donnés dans de la cire molle.
Une coupe du thalle (fig. 21 ) montre dans sa partie moyenne
un mésothalle formé de grandes cellules ovoïdes à membranes épaisses,
longues de 50-60 F, larges de 18-22 /* et bourrées de gros grains
d amidon vers la partie supérieure; ce mésothalle donne naissance à
un périthalle supérieur naissant obliquement des cellules du méso¬
thalle, et dont les cellules disposées en files verticales dichotomes
diminuent graduellement de dimensions de la base vers le sommet, en
même temps que leurs membranes deviennent plus minces. Ces files
de cellules ne se dissocient pas en filaments par la pression. A sa partie
supérieure, le périthalle ascendant constitue un tissu très régulier,
formé de cellules rectangulaires 2 à 4 fois plus longues que larges,
disposées en files verticales dichotomes et en rangées horizontales
assez régulières. Elles ne contiennent pas d’amidon et le ou les chro-
matophores dont je n ai pu préciser la forme sont localisés vers la
paitie supérieure des cellules. Les cellules de l’assise supérieure
externe mesurent 5-8 /* de long, leur membrane externe est assez for¬
tement épaissie.
Le périthalle inférieur est moins développé que le périthalle su-
péiieur et constitué par des cellules plus grandes, moins allongées,
larges de 15-18/*. Il n’y a pas de rhizoïdes.
Bien que j ai observé cette espèce à plusieurs reprises en hiver
et en été, je n ai jamais réussi à trouver des organes reproducteurs.
Comme on le voit par cette description et les figures ci-jointes,
cette algue appartient bien, par sa structure, au genre Ethelia, mais
elle se distingue facilement des quatre espèces connues de ce genre.
Elle diffèie de 1 E. biradiata par son thalle plus épais, étroitement
adhèrent au substratum, et par les cellules de son mésothalle beau¬
coup plus grandes; de VE. Fosliei par l’absence de calcification et
la forme des cellules de son thalle; de l’£. australis et de l’£. paci-
fica par l’absence de rhizoïdes et par la forme et les dimensions des
cellules du thalle.
L Ethelia Van Bosseae présente par contre beaucoup de res¬
semblance avec un Ethelia signalé et figuré, mais sans nom spécifique,
par M™ Weber van Bosse (1913, P . 14, PL 14, fig. 36) et pro¬
venant de Saya de Malha, vaste banc corallien situé au S.-E. des
Seychelles. Cette algue présente comme l 'Ethelia Van Bosseae un
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
305
mésothalle et un périthalle inférieur formé de cellules de grande
taille et un périthalle supérieur à cellules de petite taille en files dicho-
tomes. Néanmoins, VEihelia de Saya de Malha différé de \ Etheha
Van Bosseae par sa calcification très considérable qui le rend « hard
as stone », et par les cellules du périthalle supérieur non disposées en
rangées horizontales régulières, comme chez 1 E. Van Bosseae.
L’attribution au genre Ethelia de ces deux plantes sternes ne
pourra être définitive qu’ après la découverte de leurs organes repro¬
ducteurs. Mais l’algue de Banyuls présente une structure si carac¬
téristique que, quelle que soit la position systématique qui pourra lui
être attribuée ultérieurement, elle méritait d être décrite.
Loc. : Cap Bear, cap du Troc, cap l'Abeille.
DisTRIB. : N'est connu jusqu'ici que des environs de Banyuls.
Hildenbrandiaceae
H1LDENBRANDIA Nardo, 1834
Hildenbrandia prototypus Nardo
HAUCK, Meeresalgen, 1885, p. 38, fig. 9. Rosenvince. Marine Algae of Denmark.
Il, 1917, P . 202, fig. 121-125.
Cette espèce est très commune dans toute la région de Banyuls,
sur les rochers émergés depuis le niveau jusqu à 1 mètre au-dessus,
dans les stations assez battues et très ombragées, où elle forme de
larges croûtes brun rougeâtre sans épaisseur appréciable.
Elle se rencontre à l’état fertile (tétrasporanges) à toutes les
époques de l’année. ^ ^ , ,. v
Les conceptacles à tétrasporanges sont tantôt répartis irréguliè¬
rement sur toute la surface de la croûte, tantôt groupés en plages
isolées. _ v ' j- • •
Les tétrasporanges sont irrégulièrement divisés à divisions
obliques. Je les ai observés en mars, juin, septembre et décembre.
Loc. : Collioure, Port-Vendres. cap Béar. Banyuls, cap Doune, île Grosse, cap et
grotte du Troc, Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord.
Corallinaceae
Melobesieae
CHOREONEMA Schmitz, 1889
Choreonema Thureti (Bornet) Schmitz
Lemoine. Cor.ll. M.roc. 1924. p. 115. pl. III. Melotoio rW.fi Bomet. Thuret
.1 Bornet, Elude. Phycol.. 1880, p. %. pl. 50, Sg. 1-8.
306
y. FELDMANN
Assez rare aux environs de Banyuls, endophyte dans le Jatiia
rubens; seuls les conceptacles font saillie à l’extérieur de l’hôte.
Observé à l’état fertile en février.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord. Pacifique.
MELOBESIA Lamouroux, 1812
Melobesia membranacea (Esper) Lamouroux
Litholhamnion membranaceaum Foslie. Melc-besia corliciformis Kützing.
Epilithon membranaceum (Erper) Heydrich. LEMOINE, Mélob. ouest de l'Irlande,
1913, p. 128, Corail, du Maroc, I, 1924, p. 116. fig. 2-4, pl. IIII, fig. 1-2, IV, 4. Suneson,
Entwick. des Corallinaceen 1937, p. 59.
Cette espèce est très fréquente sur les algues vivant à peu de
profondeur; je l’ai observée, en particulier, épiphyte sur les feuilles
de Posidonia et de Zoslera, sur divers Cystoseira, et principalement
sur le C. discors. Elle est surtout abondante sur le Phyllophora ner -
vosa et sur le Pterocladia capillacea.
On sait que les deux sortes de conceptacles (à tétrasporanges et
à carpospores) présentent une disposition différente. Les individus à
conceptacles à tétrasporanges avaient été autrefois distingués sous le
nom de M. corticiformis.
J ai observé les deux sortes de conceptacles à Banyuls. Les
conceptacles à tétrasporanges ont été rencontrés sur des Phyllophora
nervosa récoltés en juin.
Loc. : Cap Béar, Banyuls, cap du Troc, etc...
Distrib. : Méditerranée, régions tempérées et chaudes de l’Atlantique, océan Indien,
Pacifique.
LITHOTHAMNIUM Philippi, 1837
Lithothamnium Philippi Foslie
Lemoine, Cale. Algae, 1915, p. 6.
Cette espèce forme des croûtes minces, libres à la périphérie et
d un beau rose, sur les rochers et les concrétions coralhgènes, entre
23 et 35 mètres de profondeur. Elle est souvent associée au Meso~
phÿllum lichenoides.
Loc. : Cap l'Abeille.
Distrib. : Méditerranée occidentale, Tripolitaine. Adriatique, mer Egée.
Lithothamnium Bometi Foslie
Foslie, Some new or critical Lithothamnia. 1898, p. 9. M. Lemoine, Almies Melob.
de Saint-Servan, 1931, p. 6, fig. 1-2.
Cette espèce n’avait pas encore été signalée en Méditerranée.
M” u P. Lemoine en a reconnu des échantillons pourvus de concep¬
tacles, à sporanges, parmi mes récoltes. Ils avaient été dragués par
25-26 mètres, au cap Béar, en mars.
Source : MNHN. Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
307
Au sujet de ces échantillons, M“ P. Lemoine a bien voulu me
communiquer les remarques suivantes . .
« Ces fragments (1 cm. 1/2) dragués ont les caractères du
L. Borneti, marge épaisse, striée, surface mamelonnée, brillante nom¬
breux conceptacles, les uns arrondis, de 275-350 p, les autres allonges,
de 475-550 p X 200-350 p, entourés d’un anneau.
Cellules de l’hypothalle, 7 à 15 o X 3-7,8. (Dans cette espece,
les cellules de l’hypothalle mesurent 7 à 15 jusqu a 20 p; les files
les plus inférieures peuvent atteindre 25 et 30 P.)
Cellules du périthalle, 3 à 7 X 3 à 5 P près de 1 hypothalle.
(Dans le L. Borneti, les cellules varient de 4 à 11 X 3 a b p.)
Cet échantillon montre les toits des conceptacles posés comme
des couvercles et s'enlevant facilement à l’aide d’une aiguille; leur
forme est celle des conceptacles qu’ils recouvrent, mais leur bordure
n’est pas entière, elle est légèrement érodée. »
D^STb'iB C 3 ; P Cherbourg : mur d'enlrée du port (BoRNET h Herb. ThURET-BorNET,
type de Foslie).
Rothéneuf, stérile (pELDMANN). . .. . iqai\ Saint-
Rance : pointe de Cancaval, dragué par 8 métrés (Lami. LEMOINE, 1931), bamt
Suliac dans la vase (Hamel), île de Cézembre (Davy DE VtRVILLE. LEMOINE, 1931).
Récif de Burhou, à 1 mille 1/2 d'Aungny. fentes obscures (Davy VlRVILlx).
Angleterre : Sud du Pays de Galles : C" Glamorgan, Gower (Mc LeaN, Le
MO ' NE Canaries : Ténériffe : Puerto Orotava, 26 janvier (B^RGESEN. Lemoine, 1929).
Avec quelque doute : Etretat, Herb. Bonaparte.
Golfe de Gascogne : Placeta, 26 mètres (Arne).
(D'après M'"" Lemoine).
Lithothamnium Lenormandi (Areschoug) Foslie
Lemoine, Situe, an,.. Mélobe,,»,. 1911 p 81, 6g. 26. Lilhaphyllun, Lenormandi
Rosanoff, Solms-LaUBACH, Die Corallinenalgen Golfs von Neapel. 188 , p.
Bien caractérisé par ses croûtes minces, recouvertes de petites
lamelles horizontales imbriquées, sa marge lobée, striée et bordee de
blanc et ses conceptacles petits.
Cette algue qui, à Banyuls, fait entièrement défaut en profon¬
deur, vit près du niveau dans les stations immergées relativement
calmes, sur les rochers ou sur les galets, sur lesquels elle est particu¬
lièrement fréquente.
Cette espèce peut également se rencontrer au-dessus du niveau
de l’eau, dans les grottes obscures et humides. Dans la grotte de Cer¬
bère, en particulier, le Lithothamnium Lenormandi forme un revête¬
ment continu, d’un rouge violet, sur les parois et le plafond du fond
de la grotte jusqu’à 1 m. 50 au-dessus du niveau; il est associé, dans
cette station, à l ’Hildenbrandia protolvpus. La présence de cette
algue, très au-dessus du niveau dans les grottes, a déjà été signalée
308
/. FELDMANN
par SoLMS-I_AUBACH (loc. cit.), qui indique que, dans une grotte ma¬
rine près de Gajola (G. de Naples), cette espèce a été draguée par
FALKENBERG jusqu’à 3 mètres au-dessus du niveau. Dans les stations
émergées et très obscures, l’algue est stérile (1).
Le Lithothamnium Lenormandi se rencontre toute l’année. J’ai
observé des conceptacles à carpospores en septembre.
Loc. : Collioure, Port-Vendres (Chalon), Banyuls, île Grosse, cap du Troc,
Cerbère.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord, Maroc, Canaries, Açores.
Lithothamnium Sonderi Hauck
HaucK, Meeresalgen, 1883, p. 273, pl. III, fig. 5. LEMOINE, Struct. anat. Mélob.,
1911, p. 96, fig. 45. FoSLIE, Monogr. Lithothamnia, 1929, pl. IV, fig. 4-8.
Se rencontre près du niveau, jusqu’à 3-4 m. de profondeur, dans
les stations assez ombragées, sur les rochers et les galets, souvent asso¬
cié au Lithophyllum incrustans et au Mesophyllum lichenoides. La
figure 5 de FoSLIE (loc. cit.) représente un échantillon âgé provenant
de Banyuls.
Loc. : Banyuls (Sauvageau, Foslie), anse et grotte du Troc.
Distrib. : Méditerranée, côtes atlantiques d'Europe (de la Norvège aux Canaries).
Lithothamnium tenuissimum Foslie
Lemoine, Corail, du Maroc, I, 1924, p. 115, fig. I, pl. IV, fig. 5, in Boergesen.
Mar. Algae Canary Isl., III, pt. II, 1929, p. 26.
Je n ai récolté qu’une seule fois cette espèce à Banyuls sur un
galet plat, dans une station calme, près du niveau.
Loc. : Banyuls, anse du Troc.
Distrib. : Ile de San Thomé (G. de Guiné), Maroc (Rabat, Fedhala), Canaries.
Lithothamnium subtenellum (Foslie) Lemoine
Lemoine, Cale. Algae, 1915, p. 9. Lithophvllum subtenallum Foslie, Monogr. Litho-
tham., 1929, pl. LUI, fig. 3.
Cette espèce a été récoltée sur une coquille de troque et sur un
morceau de ferraille, près du niveau. La figure citée de Foslie
représente un individu âgé provenant de Banyuls.
Loc. : Banyuls (Sauvageau, Foslie), cap Doune.
Distrib. : Méditerranée occidentale, côtes atlantiques de France et d'Espagne, île
de San Thomé (golfe de Guinée).
Lithothamnium calcareum (Pallas) Areschoug
Lemoine, Struct. anat. Mélob., 1911, p. 102, pl. I, fig. 3-5.
(I) Un nouvel examen des échantillons de la grotte de Cerbère a permis à
M Lemoine de constater qu ils renfermaient, outre du Lithothamnium Lenormandi stérile,
une poussière rose constituée par le Melobenia (Litholepsis ) mediterranea Foslie, abondamment
fructifie. M""' Lemoine se demande, à ce propos, si ce n'est pas cette espèce qui vivrait au
plafond de la grotte a I m. 50 au-dessus du niveau, et si le L. Lenormandi ne serait pas
localisé aux parois, à une plus faib'e altitude ?
309-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
Je n’ai pas récolté cette espèce à Banyuls, où elle a été décou¬
verte par JoUBIN et signalée par M'” Lemoine.
Loc. : Banyuls (Joubin). ..
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique (du sud de la Norvège
Canaries, Mauritanie.
Maroc [Tanger]).
MESOPHYLLUM Lemoine, 1928
Mesophyllum lichenoides (Lllis) Lemoine
Lemoine, Nouv. genre de MM. 1928. p. 251. Lilhoph^ltum l.cheno.dos tel»)
Philippe Lemoine, Strucl. anal. Mélob.. 1911. p. 127. 6g. 59-61. Lilkotk^mm l.chmo.dcs
(EU e. Sol.) Foslie. Monogr. Lithothamnia. 1929, pl. XI, 6g. 1-11. SUNBON. EtttwtcU.
der Corallinaceen, 1937, p. 62.
Cette espèce est abondante à Banyuls, depuis le niveau jusqu a
30-35 mètres de profondeur, mais toujours localisée dans les stations
peu éclairées. ...
Bien caractérisée par ses croûtes minces, luisantes, à bords libies
et portant généralement de gros conceptacles.
Elle vit sur les rochers, les galets ou les souches de Posidonies,
souvent associée au Lithothamnium Sonderi , Lithothamnium Philippi ,
Lithophÿllum incrustans et Pseudolithophyllum expansum.
J’ai récolté des conceptacles à cystocarpes en mars.
La figure 10 de la planche citée de FosLlE représente une forme
intermédiaire entre la f. heterophylla Fosl. et la f. aganciformis
(Johnston) Fosl., mais plus voisine de cette dernière, récoltée a
Banyuls.
Loc. : Cap Béar. île Grosse, cap du Troc, cap l’Abeille, cap R«kri..
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique (de la Grande-Bretagne au Maroc),
Canaries.
L1TH0PHYLLUM Philippi, 1837
Lithophyllum incrustans Philippi
Lemoine, Stac,. an„. Mélob.. 1911. p. 121, 6g. 57, 58 pl. IV, 6g- 1. Heymuch.
Mélob. de, Mittelm., 1899, p, 225, T.f. XVIII, fg 1-4. 6-9 Funk. Algenveg,de. Go h
Neapel. 1927. p. 434, pl. XII. 6g. 4-8, pl. XIII, 6g. 2. Foslie. Monogr. Lithothamnia,
1929, pl. LVI11. Crodelia incrustons (Phil.) Heydrich, 1911.
Cette espèce est extrêmement répandue sur toute la côte, depuis
le trottoir de Tenarea jusqu’à 35 mètres de profondeur. Elle est par¬
ticulièrement abondante près du niveau, au-dessous du Tenarea, à la
partie inférieure du trottoir. Elle forme de larges revêtements sur les
rochers, ou recouvre les galets dans les stations calmes; elle est égale¬
ment très fréquente sous les Cystoseira mediterranea associé au Litho-
phyllum dentatum. Exceptionnellement, on peut rencontrer de petits
échantillons épiphytes sur d’autres algues ( Halopitÿs mcurvus).
Cette espèce est très polymorphe. HEYDRICH (1899), qui a
Source : MNHN, Paris
310
J. FELDMANN
étudié des échantillons de cette espèce récoltés à Banyuls par CHALON
y a signalé, outre les formes depressa Crouan, Harveyi Foslie et angu¬
lata Foslie, trois formes nouvelles : flabellala Heydnch, subdichotoma
Heydr. et labyrinthica Heydr. Ces trois formes sont figurées dans le
mémoire de HEYDRICH. Foslie a également figuré des échantillons
de Banyuls appartenant aux formes Harveyi Fosl. (loc. cit., pl. LVIII,
fig. 9) et angulata Fosl. (pl. LVIII, fig. 11).
Certaines de ces formes sont très voisines les unes des autres;
FOSLIE considère la f. flabellala comme identique à la f. depressa, et,
dans sa thèse (191 1), M me LEMOINE a admis que la f. subdichotoma
Heydr. dérivait, sans doute, de la f. angulata. J’ai récolté, à Colhoure,
dans une cuvette des rochers battus, de beaux exemplaires de cette
forme. Mes échantillons ressemblent davantage à ceux figurés par
HEYDRICH sous le nom de f. subdichotoma qu’à la fig. 1 1, pl. LVIII
de la Monographie de FOSLIE, qui représente la var. angulata Foslie.
Il faut d’ailleurs remarquer que l’on rencontre fréquemment des
intermédiaires entre toutes ces formes dues vraisemblablement, au moins
pour une part, aux différentes conditions du milieu.
Loc. : Toute la côte (de Collioure à Cerbère). Dragué au cap Béar et au cap
l’Abeille.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord (jusqu’au Maroc et à la Mauritanie),
océan Indien (?), océan Pacifique (?).
Lithophyllum dentatum (Kützing) Foslie
Lemoine, Struct. anat. Mélobésiées, 1911, p. 116, fig. 52-56. Foslie, Monogr. Litho-
thamn., 1929, pl. LXII, fig. 6.
Cette espèce, bien caractérisée par ses lames minces, dressées
verticalement, est peu fréquente dans la région de Banyuls sur les
rochers assez battus, à peu de profondeur, et en particulier sous les
C\)stoseira mediierranea, mêlée au L. incrustans. Sur les rochers très
battus, elle peut même remonter au-dessus du niveau et se rencontrer
mêlée au Tenarea tortuosa. La figure citée de Foslie représente un
échantillon récolté à Banyuls et rapporté par Foslie à la /. aemulans
Fosl.
Loc. : Collioure, Port-Vendres (Chalon), Banyuls (Chalon, Sauvageau), cap du
Troc et cap l’Abeille.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Tanger, Cadix
Sub. gen. DERMATOLITHON Foslie, 1900
Lithophyllum (Dermatolithon) pustulatum (Lamouroux) Foslie
Lemoine, Mélob. de l'ouest de l’Irlande, 1913, p. 138, fig. 5 et 6. Cale. Algae, 1915,
P . 17, fig. 4.
Cette algue est assez fréquente à Banyuls, épiphyte sur diverses
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
311
algues, en particulier Cystoseira discors, Ddophus Fasciola elPhyllo-
phora nervosa. Elle se rencontre également sur les feuilles de Posi¬
donies. Sur le Corallina mediterrama, on observe fréquemment a
Banyuls, la var. Corallinae Foslie (Melobesia Corallinae Crouan).
J’ai observé les conceptacles de cette espèce en mal, juin et
septembre.
LOC. : Banyuls, anses des Elmes, du T.oc, cap l'Abadie el. sms doute, partout su. 1.
côte.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
Lithophyllum (Dermatolithon) Hapalidioides (Crouan) Foslie
Lemoine, Mélob. ouest de l’Irlande, 1913. p. 135, hg. 3 (var. confinis) et ^ OÿP )
Cale. Algae, 1915, p. 18, 6g. 5, (n BoERGESEN, Mar. Algae Canary Isl.. 111. pt. U,
p. 45, pl. III, fig- 1-
Cette, espèce n’est représentée, à Banyuls, que par sa variété
confinis (Crouan) Foslie ( Melobesia confinis Crouan), qui est d ail¬
leurs plus commune que le type en Méditerranée. Cette algue forme
un revêtement, d’un rouge foncé, dans les cavités du Tenarea lortuosa,
où elle vit généralement associée au Gymnothamnion elegans. La var.
confinis, qui se distingue en particulier de la forme type par ses croûtes
plus épaisses et sa couleur plus foncée, diffère également par son éco¬
logie de la forme type, qui ne vit qu’à une certaine profondeur et ne
peut être récoltée que par dragage, alors que la var. confinis est une
algue littorale.
LoC. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRIB. ; Méditerranée, Atlantique (des Féroé
Maroc), Canaries, Açores.
Lithophyllum (Dermatolithon) papillosum (Zanardini) Foslie
Lemoine. Corail, du Maroc, I, 1924, p. 120, ftg. 5 pl. IV, üg. 3. Lithothamnion
papillosum Zanardini, HaucK, Meeresalgen. 1883. p. 272, pl. II, ng. 4.
Cette espèce a d’abord été signalée à Banyuls par SAUVAGEAU.
Les échantillons que j’ai récoltés appartiennent tous à la forme épi-
phyte : var. Cystoseirae (Hauck) Lemoine ( Melobesia Cystoseirae
Hauck, Meeresalgen, 1883, p. 266, Taf. III, fig- L 2, 6). J e j a *
récoltée sur Phyllophora nervosa, Codium dicholomum et sur feuilles
de Posidonies.
Loc. : Banyuls (Sauvageau), cap Doune, anse du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, mer Noire. Maroc, Canaries et côte: atlantiques de h rance.
Lithophyllum (Dermatolithon) macrocarpum (Rosanoff) Foslie
f. intermedia Foslie
Nichols, Contrib. knowledge crust. Corail.. II. 1909, p. 352, pl. 11. fig. 12, pl. 12,
fig. 15-17.
312
]. FELDMANN
Sous ce nom figuraient, dans l’herbier du Laboratoire Arago,
des échantillons récoltés par SAUVAGEAU à Banyuls et déterminés par
FosLIE, épiphytes sur Cystoseira, Halimeda tuna , Padina Pavonia,
Codium Bursa et sur des feuilles de Posidonies.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
Distrib. : Côtes atlantiques d'Europe (f. type). Californie (f. Intermedia).
Espèces rattachées au genre LlTHOPHYLLUM
Lithophyllum (?) Haucki (Rothpletz) Lemoine
Lemoine, Cale. Algae, 1915, p. 8, fig. I, pl. I, fig. 15. Goniolithon mamillosum
(Hauck) Foslie.
Signalée pour la première fois à Banyuls par SAUVAGEAU sous
le nom de Goniolithon mamillosum Fosl., cette espèce est assez fré¬
quente près du niveau, dans les cavités obscures des rochers, au-dessous
du Tenarea, mais elle n’est généralement représentée dans ces stations
que par des échantillons de petite taille, mal caractérisés. Par contre,
entre 25 et 35 mètres de profondeur, sur les fonds coraligènes en
particulier, on rencontre abondamment, associée aux Pseudolithophyl-
lum expansum, Mesophyllum lichenoides et Peyssonelia polymorpha,
une belle Lithothammée formant des croûtes épaisses, très étendues
et très mamelonnées, constituant de gros blocs de 20 à 30 cm. de
diamètre. M 1 ™ Lemoine, qui a bien voulu en faire une étude anato¬
mique, a reconnu que sa structure était celle du L. (?) Haucki,
dont elle ne différait que par son grand développement. Les échan¬
tillons de cette espèce, que M me Lemoine avait eus entre les mains
jusqu alors, étant de très petite taille et formant des croûtes peu mame¬
lonnées et plus minces. L’échantillon étudié par M ,ne LEMOINE était
bien fructifié.
Il semble bien que la profondeur de 25 à 35 mètres à laquelle
cette espèce est abondante à Banyuls soit la profondeur optima pour
cette espèce, puisque les échantillons recueillis près du niveau, ainsi
que ceux dragués par 65 mètres par le Commandant Charcot, sont
très rabougris et stériles.
Au sujet de la position systématique de cette espèce, M ,ue Le¬
moine m écrit : « J ai appelé, en 1915, cette espèce Lithothamnium
Haucki, car sa structure n’est pas celle des Lithophyllum, mais, à dé¬
faut d’un nom de genre à créer pour Haucki, Notarisii et une dizaine
d autres dont le tissu est dépourvu de rangées comme les Lithophyl¬
lum, il faut la désigner encore sous le nom de Lithophyllum à cause
des caractères de ses conceptacles. Dans L. Haucki, l’hypothalle est
en files, le pénthalle aussi, sauf à la partie supérieure, où les cellules
se disposent quelquefois en rangées, mais ces rangées ne sont pas sépa-
Source : MNHN. Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
313
rées par des cloisons colorées par les réactifs comme dans les Litho¬
phÿllum typiques. C’est pourquoi je le désigne avec un point d'inter¬
rogation : Lithophÿllum (?) Haucl fi (Rothpletz).»
Loc. : Banyuls (SAUVAGEAU), île Grosse, cap du Troc, cap '"Abeille, cap Redens.
DiSTRIB. : Méditerranée occ.dentale Adriatique, Tripolitaine. Maroc, Maur.tan.e,
Lithophÿllum (?) Notarisii (Dufour) Foslie
Lemoine, Sur l’exist. dans la Manche d'une Mélob. méditérr„ 1931. p. 81 fig. texte.
Coniolithon Nclarisii (Dufour) Foslie. Funk, Algenveget. Golfs von Neapel 1927, p. 43b.
pl. XII, fig. 1. Foslie. Monogr. Lithothamn.. 1929. pl. XLV, fig. 2 (f ptÿchoides f. .
6-7 f. insidiosa) Lilhophÿllum instdiosum Solms-Laubach. Ltlhophyllum Cha onu ey rie
Einige neue Melob. des Mittelm., 1899, p. 221, Taf. XVII, fig. 5.
Cette espèce, assez fréquente aux environs de Banyuls, y est
représentée par plusieurs formes. Foslie, dans sa monographie des
Lithothamniées, figure des échantillons des deux formes suivantes pro-
venant de Banyuls :
— f. ptychoides Fosl. (loc. cit. pl. XLV, fig. 2) ;
— f. insidiosa (Solms) Foslie (loc. cit. pl. XLV, fig. 4, 6-7).
De plus, le Lithophÿllum Chalonii Heydrich, découvert à Ba¬
nyuls par Chalon, doit être rattaché à cetie espèce. D après Foslie
(New or critical Calcareous Algae, Det. Kgl. Norske Videnskabers.
Selskabs Skrifter, 1899, n" 5, p. 21), L. Chalonii représente un
vieux spécimen du L. Notarisii tel qu'il a été compris par DUFOUR
d’après de jeunes spécimens distribués par lui-même, ou, tout su plus,
comme une forme spéciale caractérisée par ses lamelles plus libres
que dans le type et ses hétérocystes plus nombreux.
Enfin, j’ai récolté à Port-Vendres et aux environs de Banyuls
une autre forme décrite par M” Lemoine (loc. cit., 1931) et carac¬
térisée par les petits mamelons qui recouvrent le centre de la croûte
Sur ces mamelons sont groupés les conceptacles, souvent en très grand
nombre, « si serrés qu’ils semblent parfois insérés les uns sur les autres;
certains petits mamelons portent trois conceptacles ou meme un seul
et semblent alors n’être que des supports de conceptacles » Cette
forme curieuse est également signalée par M" Lemoine dans la
Manche, à l’île Bréhat (Lami) et au Maroc.
Le Lithophÿllum (?) Notarisii est, dans la région de Banyuls,
localisé près du niveau, soit immergé à 10 ou 20 centimètres au-des¬
sous du niveau, sur les pierres, dans le fond des anses calmes, soit
émergé, en particulier dans les stations battues, où il est assez fréquent
sur la surface supérieure des trottoirs de Tenarea. Cette espèce est
également très caractéristique des cuvettes littorales isolées de la mer,
où elle acquiert un grand développement (avant-port de Port-Vendres
en particulier). Cette algue peut donc supporter de fortes élévations
Source : MNHN, Paris
314
/. FELDMANN
de température et un éclairement très intense. Par son écologie, elle
s’éloigne donc des autres Lithothamniées, qui sont, pour la plupart,
des algues relativement sciaphiles, et elle se rapproche plutôt, à ce
point de vue, du Tenarea toriuosa, mais, néanmoins, elle ne constitue
jamais de trottoir à elle seule.
Loc. : Collioure, Port-Vendres, Banyuls (Chalon), anse des Elmes, cap du Troc,
cap l'Abeille, cap Rederis.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale (France, Italie. Algérie). Adriatique Maroc
(Tanger et Fedhala), Manche (île Bréhat).
TENAREA Bory, 1832
Tenarea tortuosa (Esper.) Lemoine
Lemoine, Struct. Anal, des Mélobésiées, 1911, p. 169. fig. 97-99, p], v, fia. 4.
LilhophÿUum crsstatum Meneghini. Hauck, Meeresalgen, 1883, p. 270, pl. II, fig. °5-6,
pl. III, fig. 8-9. Lithophpllum tortosum , Funck, p. 435, IX, Il cnstata, 10 crassa (Esper.)
Foslie, Monogr. Lithothamn., 1929, pl. LVI, fig. 1-10.
Cette belle espèce, bien distincte par son port de toutes les
autres Mélobésiées, est surtout représentée à Banyuls par les deux
formes : crassa (Lloyd) Lemoine et cnstata (Menegh.) Lemoine.
La f. crassa (dont un bel échantillon, provenant de Banyuls, est
fïguié par Foslie, loc. cit., pl. LVI, fig. 6) présente un thalle formé
de lamelles dressées, contournées et anastomosées, d’aspect méandri-
foime, cette forme est surtout développée dans les stations très favo¬
rables où 1 éclairement n’est pas trop intense; c’est surtout cette forme
qui contribue à la formation des trottoirs.
La f. cnstata (Menegh.) Lem. se distingue de la forme pré¬
cédente par 1 absence de lamelles contournées, qui sont remplacées
pai des épines très serrées; parfois, d’ailleurs, ces épines se soudent
entre elles pour constituer de courtes lamelles, et l’on observe toutes
les formes de passage entre cette forme et la f. crassa.
Foslie (loc. cit., pl. LVI, fig. 3-4) a donné de belles photo¬
graphies d échantillons appartenant à cette forme récoltés à Banyuls.
LUe parait se développer dans des stations moins favorables que la
precedente; elle se rencontre, en particulier, en petits massifs isolés,
sur les rochers fortement éclairés, moins battus, et aussi a un niveau
supérieur à la précédente. C’est elle qui constitue la surface supérieure
du trottoir, mais dans cette station fortement battue, elle prend sou¬
vent un aspect spécial, présentant des épines beaucoup plus courtes,
plus trapues, constituant un ensemble beaucoup moins « poreux »
que les formes précédentes; un échantillon de cette forme est figuré
par Foslie poc. cit., pl. LVI, fig. 5). Il peut arriver que ces épines
soient très réduites et soient remplacées par des bourrelets peu sail-
A LC UES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
515
lants; on a alors la f. decumhens Foslie (loc. clt., pl. LVI, fig- 10),
qui correspond sans doute à la f. subplana Schlffner (Studien ub
Algen, Adriat., 1915, p. 153); cette forme s’observe egalement
mêlée à la f. cristata à la surface supérieure du trottoir.
Le Tenarea tortuosa est localisé dans la région littorale, au-
dessus du niveau de la mer. C'est le principal constructeur du trottoir,
caractéristique des rochers fortement battus. Il peut également se ren¬
contrer en échantillons rabougris dans les cuvettes isolées des rochers
battus, souvent fixé sur des Patelles. Je n’insisterai pas ici sur son
écologie, qui a été étudiée ailleurs.
Loc. : Collioure, Porl-Vsndres. Banyuls. Cerbère. Toute 1. côte dans les Hâtions
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Péloponèse (cap Ténare). Açores,
côtes atlantiques du Maroc, de l'Espagne, du Portugal et de la France, ,usqu a 1.1. dieu
(Lloyd), qui marque sa limite septentrionale.
PSEUDOLITHOPHYLLUM Lemoine, 1913
Pseudolithophyllum expansum (Philippi) Lemoine
Lemoine, Corallinacées du Maroc. 1. 1924. p. 122. Lilhophÿllum (?) «P"
Philippi. HAUCK, Meeresalgen, 1883, p. 268, fig. 3, pl. IV» &§• • • EMO >NE. ruc ’ ‘y
Mélob 1911 p 176, fig. 101. pl. V, fig. 1. Calcareous Algae, 1913, p. 14. pl. 1. 0 ■ ■
Foslie, Contrib. Monogr. Lithothamnia. 129, pl. LX, fig. ML Suneson, Entwickl der
Corallinaceen, 1937. p. 19.
A Banyuls, cette espèce est surtout abondante en profondeur;
près du niveau, elle se rencontre dans les stations toujours immergées,
sous les surplombs ou à l’ombre des Cystoseira, dans les stations assez
battues, mais c’est surtout entre 15 et 30 mètres, et jusqu a 40 métrés,
qu’elle atteint son maximum de développement, sur les fonds rocheux
couverts de Cystoseira spinosa, dont elle recouvre souvent les hapteres.
Elle est également abondante sur les fonds coralligènes, associée au
Lithophyllum (?) Haucki. La drague en ramène souvent d’énormes
échantillons formés de croûtes se recouvrant les unes les autres, et
dont la face inférieure, tapissée de petites proliférations pezizifoimes,
est souvent recouverte d’éponges et d animaux variés.
Sur ces fonds coralligènes, le Pseudolithophyllum expansum
arriverait à constituer par son développement exubérant des couches
superposées de très grande épaisseur, s’il n était détruit, au fur et a
mesure de son développement, par une éponge perforante : Lliona
viridis O. Schmidt, qui pénètre dans les tissus vivants de l’algue en
détruisant le calcaire et la traverse de part en part pour apparaître a
la face supérieure de la croûte, sous forme de mamelons brunâtres de
consistance molle. La Clione peut englober complètement le Pseudo¬
lithophyllum, dont on ne retrouve plus finalement que quelques frag¬
ments noyés dans le tissu de 1 éponge.
316
J. FELDMANN
Le Pseudolithophyllum expansum, vivant en profondeur, est
généralement couvert d’épiphytes nombreux et variés, dont certains
ne se rencontrent guère que sur cet hôte. L 'Halicystis parvula, dont
la base pénètre dans les tissus de l’algue, est particulièrement fréquent
sur cette espèce.
Presque tous les échantillons de Pseudolithophyllum expansion
que j'ai observés à Banyuls appartiennent à la f. tÿpica Foslie. Cha-
LON a signalé, à Banyuls, la f. agariciforme Hauck (f. stictaeformis
[Aiesch.] Foslie). J ai, de plus, récolté quelquefois une petite forme
de cette espèce épiphyte sur le Phyllophora nervosa et le Cystoseira
spinosa dragués, qui correspond à la f. involvens Vinassa (Foslie
loc. cit. pi. LX, fig. 7-11).
Loc. : Roche Cardinalane. cap Bear, cap do Troc, cap l'Abe.lle, cap Rederis.
cap Cerbere. r
Durai. : Méditerranée occidentale el orientale. Adriatique, Cadix. Maroc, Mau-
ntame, golfe d Aden.
FOSLIELLA Howe, 1920
(= Melobesia auct.)
Fosliella farinosa (Lamouroux) Howe
Algae’
Howe. Algae in Britton et Millspaugh. Bal.ama Fie
ia Lamour. Lemoine. Mélob. ouest de l'Irlande 1913
Danish W.-Indies, II, 1915-20, p. 170, fio 165
1920, p. 587. Melobesia
140. in Boergesen, Mar.
Cette petite espèce, bien caractérisée par la présence d’hétéro-
cystes, est assez frequente dans la région de Banyuls, épiphyte sur
diverses algues aussi bien près du niveau qu’en profondeur. Je l’ai
remarquée en particulier sur Phyllophora nervosa, Udolea petiolala
et sur les feuilles de Posidonies. C. Sauvageau l’a également signa¬
lée sur des Cystoseira.
J ai observé des échantillons bien caractérisés de la var Solm-
smna (Falkenberg) ( Melobesia Callithamnioides Solms-Laubach non
Crouan) sur des Valonia macrophysa dragués par 20-30 mètres.
Loc. : Collioure (OLIVER); Banyuls (SAUVACEAL'), anse
Uistrib. : Cosmopolite dans toutes les mers chaudes et
a ete signalée en Méditerranée, aux Canaries, aux Antilles
du Troc, cap Cerbère,
tempérées. La var. Solm-
et dans 1 océan Indien.
Fosliella Lejolisii (Rosanoff) Howe
UMlJtT' ?TJ" B ™°° " A Mill ‘P«"S h - Bahami > Fl»» im P- 588. Melobesia
Lcjollai Kosanoff. LEMOINE, Struct. Anal, des Mélobésiées. 1911, p. 180, fig. 103.
r î, < -' ette a ete recueillie à Banyuls par SAUVAGEAU sur des
reuilles de Posidonies.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
DlSTRIB. : Méditerranée. Adriatique, côlej atlantiques d'Europe.
Source : MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBERES
317
Fosliella (Pliostroma) zonalis (Crouan) J. Feldm., comb. nov.
A/do te,'. (Pliostroma) aoaali, (C.ou.n) Fod.e.
Melobesia 1908. p. 4. LEMOINE, Mélob. ouest de 1 Irlande. 1913, p. 1 . D - • P
zonale Crouan.
Cette espèce a été signalée par FoSLIE (loc. cit.) a Banyu s,
d’après des échantillons recueillis par C. SauvagEAU. Ils s etaien
développés sur les glaces de l’aquarium du Laboratoire Arago, ou
cette algue se retrouve encore actuellement.
Je l’ai, de plus, récoltée sur une coquille de Troc et sur des
galets dragués par 3-4 mètres de profondeui.
Loc • Banyuls, -lace, de l'Aquarium (SAUVAGEAU), anse du Troc.
D1STR1B. : Banyuls. A.lantique nord (Brel.gne, Angleterre, Ecosse, Irlande)
Fosliella (Lithokpis) meditenanea (Foslie) J. Feldm., comb. nov.
Melobesia (LUholepE) merfflerrencu Foslrc FoSUC Algologrske Notr.er, II, 1W6.
p. 17. Lemo.NE, Corallin. du Maroc. 1. 1924, p. 123, 6g. 6, pl. IV, 6g. 5.
Cette petite Mélobésiée a été décrite par Foslie d’après des
échantillons reçue,11, s à Banyuls par SAUVAGEAU. Ceux-c, vivaient
sur des pierres et des coquilles de Mollusques, associes au Lithotham¬
nium Sonderi et au Lithophyllum incrustons. Les échantillons re¬
cueillis en juin étaient pourvus de sporanges.
LOC. : Banyuls (SAUVAGEAU).
DlsTR.B. : Dans la Méditerranée, cette espèce .a'est connue epm ^“Is; elle
a été en outre stgn.lée au Maroc (Tétouan. Rabat et FedH.la) par M LEMOINE.
Corallinae
AMPHIROA Lamouroux, 1812
Amphiroa rigida Lamouroux
KÜT7ING Tab. PhYC. VIII. tab. 42, 6g. IV. HaUCK. Meeresalgen. 1885. P- 276.
tg. 113. Suneson, Entwickl. du Corallinacen. 1937, ^ ^ ^eW™"7 or ™ s g.
Phyc., VIII, tab 42. II. A. sptno et irregu oru Kutt.ng, 1 ab. Fhyc.,
A. spina et irregularis Kützing, Tab. Pbyc., VII, ta . - e
Assez commun près du niveau, dans les stations peu battues ou
abritées, sous les Cÿstoseira et dans les cuvettes assez profondes. U une
belle couleur violette sur le vivant. Je ne l’ai jamais récolté en dra¬
gage. Se rencontre toute l’année. Conceptacles observes en septembre.
A Antibes, BoRNET a rencontré les trois sortes de conceptacles ta
anthéridies, à carpospores et à tétrasporanges) au mois de décembre.
Loc. : Collioure, Port-Vendres, Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, mer Egée.
318
/. FELDMANN
Amphiroa cryptarthrodia Zanardini
ZJINMDWI. Iran Phyc. adriat, III, p. 77. lav. XCIX, A. AüDIMONt PKycol.
I, 1883. p. 457. Hauck. Mecreralgen. 1885, p. 275.
Moins fréquent que le précédent, dans les mêmes stations que lui,,
près du niveau et dans les cuvettes.
Se rencontre aussi en profondeur, par 20-25 mètres de fond.
Conceptacles observés en août et septembre.
Luc. : Cap Bear; Banyul., cap du Troc, cap lAtierlIe, cap Rederis.
Distrib. : Mediterranée occidentale, Adriatique, Canaries.
Amphiroa Beauvoisii Lamouroux
Maroc B 1°924 ET ; t?r'l t t Sch r b r m M ”' Um0INE - Coralhnacé-, du
ICO À 4rd\ P ‘ 2 p’k P | ' f Harvey ’ Zanard >NI. Icon. Phyc. Adriat.. tav.
£„ A S : tÏ p^c p vm; .rVÆ p 455 -^
Assez commun toute 1 année à une certaine profondeur (entre 10
et 20 mètres) sur les rochers et les Lithothamniées. Espèce bien carac¬
térisée par ses rameaux à extrémités aplaties et zonées transversale-
ment.
Conceptacles observés en janvier, avril et juillet.
D < ÎÎT»i» CaP MÏ r ' C, l’. 0 “ lle!, J re;l ' /<« «p du Troc, cap l'Abeille.
Distrib. ; Med.terr.nee occidenlale, Allantique (du Portugal au Maroc).
CORALLINA Lamouroux, 1815
Corallina mediterranea Areschoug
CM. ™„ U nI.1?°S|- P ' 93 ' -b. 49 - S °“bac„. Corallinealgeir
P- 281, fig. IR ‘ P ‘ ' C ‘ officmalls var - ™àilerranea Hauck, Meeresalgen. 1885,
Très abondant sur toute la côte, près du niveau, dans les stations
battues, ou il forme une ceinture très nette entre celle du Nemoderma
et celle du tÿstoseira mediterranea, et située exactement au niveau
moyen. Je ne I ai jamais observé en profondeur. Se rencontre toute
1 annee, mais la période de végétation active est l’hiver.
Loc. : Toute la côte, de Collioure à Cerbère.
DISTRIB. : Méditerranée; Atlantique (du sud de l'Angleterre aux Canaries).
Corallina ofücinalis Linné
A.g,e '^.Vs. 28 '- Rosenv,nge - Mw -
L-a distinction entre cette espèce et le Corallina mediterranea
Source : MNHN, Paris
319
ALCUES MARINES DE LA COTE DES AL AÈRES
n'est pas toujours facile. Je rapporte avec doute au C. officmahsune
coralline fréquente toute l'année, et surtout en Inver, sur les rochers
immergés à l’extrémité de l’égout du Sanatorium.
Loc. : Banyuls (CHALON), anse des Elmes.
DistrIB. : Méditerranée; Atlantique nord.
Corallina granifera Ellis et Solander
Bornet. Algues de Schousboe. 1892. p 351. C. g* KdTZ.NC, Tab.
Phyc., VIII, tab. 76, II. HAUCK, Meeresalgen, 1885, p. 280. hg. MD.
Assez rare aux environs de Banyuls, épiphyte sur le Cladosle-
phus verticiïlatus. Conceptacles observés en septembre.
Loc.-r Banyuls, anse du Troc.
DlSTRIB. ; Méditerranée, Madère, Canaries.
JANIA Lamouroux, 1812
Jania rubens (L.) Lamouroux
_ „ r~ 1K7R r. 96 ni 50-51. Corollina rubens L. KüTZING,.
T b plrviïl ,7 m H-H y MeL'algeu. 1885. P. 278, fglR to
SsS b»™L.Îe» éolfs vou Neapel, 188!. p. 6. Restes. Mar. Alg.e .f
Denmark, II. 1917, p. 274, fig. 198199.
Très abondant, près du niveau dans les stations assez calmes.
Epiphyte sur diverses algues : Cÿstoseira, Halopdÿs, Haloptens ,
Phyüophora nervosa, etc. , .
Plus rare en profondeur (dragué par 12-15 métrés et pai 25-
30 mètres).
Se rencontre toute 1 année.
Loc. : Collioure. cap Béar. île Gro.se, cap du Troc, cap l'Abeille, cap Redens.
DlSTRIB. ; Méditerranée, Atlantique nord, océan Indien.
Jania longifurca Zanardini
Zanardini, Icon. Phyc. adnat. II, p. 63 tav. 56 . Kutzinq, Tju Phyc.. VUI,
lab. 78. Hauck, Meeresalgen. 1885, p. 279, M”> Lemoine, Cor.lhnacees du Maroc, 1924,
p. 124, pl. I, fig. 1-
Dans les mêmes stations, mais plus rare que le précédent.
Se rencontre aussi en profondeur (15-20 mètres). Conceptacles
en mai.
Loc. : Cap Oullestreil. cap du Troc. „ .
DlSTRIB. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique (de la cote basqi
la Mauritanie).
Jania comiculata (L.) Lamouroux
Corallina (JM) coMulata L. KiiTZ.NC, Tab Phyc VIII. tab. 82, I. CoruIhW
Plumula Zanardini in KüTZING, Tab. Phyc., VIII, tab. 86. I.
320
7 . FELDMANN
Assez fréquent, surtout en automne et en hiver, près du niveau;
épiphyte sur les individus âgés de Cladostephus et à’Halopleris.
Conceptacles observés en janvier.
Mes échantillons épiphytes sur Cladostephus correspondent tout
a fait au Corallma plumula figuré par KÜTZING, et qui est peut-être
spécifiquement distinct du Jania corniculaia.
Loc. : Banyuls, anse et cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique (du sud de l'Angleterre à Cadix).
Grateloupiaceae
HALYMENIA C. Agardh, 1817
Halymenia dichotoma J. Agardh
phyc. ^ ' 25 ' % « C ^™ **— Z-nbû. Ico,
Bien caractérisé par sa fronde cylindrique ou comprimée, à ra¬
mification dichotome, à consistance ferme, pleine au sommet et fistu-
leuse et remplie de mucus dans les parties moyennes. La région corti¬
cale est relativement épaisse et formée, dans la partie interne, de cel¬
lules etoilees a corps sphérique de grande taille et à rayons relative¬
ment greles et courts.
Cette espèce est assez rare, surtout en beaux exemplaires, à une
certaine profondeur, entre 12 et 35 mètres.
Elle se rencontre toute l’année. Cystocarpes observés en sep-
tembre, décembre et avril. ^
Loc. : Cap Béar, cap du Troc, cap l'Abeille.
Distrib. : Méditerranée occidentale. Adriatique. Canaries.
Halymenia fastigiata J. Agardh
can Ré lus mre T e g’n Spè . Ce pr f édente ’ cette algue a été draguée au
cap Bear, par 25 a 30 métrés, le 24 août 1937.
Loc. : Cap Béar (M"' e FELDMANN).
Distrib. : Méditerranée.
Halymenia Floresia (Clemente) C. Agardh
tab. V, fig. 7 ,ab ’ AcARDH ' Fïaridemes Morphologie, 1872
Meeresalgen, l885i r ‘p° L |27" r fig! b 49 miaCeen ^ ™ '884. P- 19. Taf. I Aauck
Assez commun en profondeur, entre 25 et 30 mètres générale¬
ment fixé sur des Lithothamniées. g
Plante polymorphe; la forme la plus commune, à Banyuls, est
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
321
d'assez petite taille et à rameaux étroits, elle correspond a celle obser¬
vée aux Baléares par RODRIGUEZ et que J al egalement recoltee en
Algérie (Feldmann, Contrit. Fl. Algol, mar. de 1 Algérie, II,
p. 365). Cette forme correspond à la var. macroptera Kutzing ( 1 ab.
Phyc XVI, p. 32, tab. 89, a). J’ai également récolté, mai!i plus
rarement, une forme voisine de la var. lacerata Kützing (Ibid-, tab. 89,
^ Espèce annuelle, ne se rencontrant à Banyuls qu'en été, de juin
à septembre. Cystocarpes observés en août et septembre.
LOC • Cap Bear, rech de Milan, cap l'Abeille, cap Redon». cap Cerbère.
DiSTRIB. r Méditerranée. Atlanl.qne tropical et subtropical (sud de 1 E.pagne. Cana-
ries, Antilles).
Halymenia latifolia Crouan
CROUAN, Florale du Fmistàre. 1852. p. 142. KüTJ.N jT»b_ Phyc., XVI. tab. %.
BoRNET. Algue, de Scbousboe. 1892. p. 338. Newton ç Handbook Bnn* sea-weeds.
p. 274, fio. 167. Feldmann, Contrib. Fl. Algol, mar., Algérie, II, 1933, p.
Fronde entière, lancéolée, assez longuement stipitée, mince, d un
rose pâle. Cellules corticales grandes, à parois minces, pourvues de
nombreux chromatophores filamenteux. , .
Assez rare en profondeur (25-30 mètres), souvent fixe sur les
Litfiothamniées.
Ne se rencontre qu’à la fin de 1 été et en automne.
Cystocarpes observés en novembre-décembre.
LOC. : Cap Bear, rech de M.lan, cap l'Abeille
Distrib. : Méditerranée occidentale (Banyuls, Naples. Baléares, „ ).
i(de la Manche aux Canaries).
Halymenia ulvoidea Zanardini
ZaNARDINI. Icon. Phyc. adriat., tab. 45. BeRTHOLD. Cryplonemiaceen Golfe, von
Neapel, 1884, p. 19.
Je rapporte, avec doute, à cette espèce, un unique échantillon
stérile, dragué par 20-25 mètres au cap Béar, le 22 juin 1932, dont
l'aspect correspond bien à celui de l’algue figurée par ZANARDINI.
Loc. : Cap Béar.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique.
Halymenia Rodrigueziana nov. sp.
J. Feldmann, Algae mar. médit, novae, 1935, p. 367.
Frons solitaria usque ad 8 cm. alla, carnoso-plana, crassiuscula,
disco minuto substrato aflixa, vix stipitata, e basi cuneatim expansa,
ambitu obovato-lanceolala, primum integra dein in partem supeno-
rem lobis dichotomis latis. apicibus rotundatis, obtusis, divisa.
322
/. FELDMANN
Margo integer.
Color vulgo amoene roseus ad basin obscurior.
,f e ^, ulae c0rtica ^ es - f er e mica sérié dispositae, rotundatae
/ 0-1Z e latae.
Cellulae stellatae magnae, saepe cellulam glandularem gerentes.
/•rons intus muco replela et filamentis, cellulis elongatis, in medio
cellulam glandularem laleraliter gerentibus, percursa.
Tetrasporangia per frondem sparsa, in slrato corticali immersa,
subsphaenca, 20-25 e diam. cruciatim divisa.
Cystocarpia et antheridia ignota.
Habitat in mari mediterraneo ad saxa et Lilhothamnieas, ad
attitudmem 25-95 m. mfra superficiem maris, in litore Ruscinonensi
prope « Banÿuls » nec non ad Balearium insulam minorem ubi pri-
mum detexit cl. J.-]. Rodriguez.
Aestate viget.
Fig. 22. Halÿmenia Rodrigueziana Feldm. :
Individus à divers états de développement. Grandeur naturelle.
oar 20 l in , T freq £ Uen ! ment ' e " été (de JU,n à septembre),
par 20 a 30 métrés de profondeur, fixé sur les rochers et les Litho-
thammees, un Halvmenia qui, par ses caractères, m'a paru consti¬
tuer une espece nouvelle (fig. 22).
En examinant les Halÿmenia de l'Herbier Thuret-Bornet,
ja. observe deux échangions d'un Halvmenia ident.que au mien.
près de d M h™ 16 " 1 et r reC °n éS F* J " J ' RodRIGUEZ - à Minorque,
près de Mahon, vers Canutells, le 28 septembre 1889, par 95 mètres
profondeur. Ces deux échantillons portent le n“ 727; l'un d'eux
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBERES
323
est étiqueté « Halymenia ! cornuia Rodr. sp. nova » de la main de
Rodriguez; l’autre, annoté par BoRNET, a été placé par lui dans la
fjo 23 — Halÿmenia Rodrigueziana Feldm. : A, coupe transversal
° B, cellules étoilées et filaments portant des cellules sécrétrices vues par I
la fronde, X 340.
de la fronde ;
face interne de
chemise de l 'Halymenia latifolia Crouan. Je propose de nommer cette
espèce nouvelle : Hahmenia Roclrigueziana, en l’honneur du savant
algologue de Mahon, qui 1 a le premier récoltée.
324
J. FELDMANN
L Halymema Rodngueziana se rencontre généralement en indi-
v ldus isoles, atteignant jusqu'à 8 cm. de haut. Il est d'une consistance
molle et gélatineuse. Sa fronde, plane, est assez épaisse, surtout à la
base et vers les bords, où l'épaisseur de la fronde est souvent plus
grande qu au centre.
La fronde, cunéiforme à la base, d’abord simple et à contours
lancéolés dans les individus jeunes, se divise ensuite à sa partie supé¬
rieure en lobes dichotomes larges et à sommets arrondis et obtus.
Le bord de la fronde est entier, sans denticulations (fig. 22)
La couleur de la fronde est d'un beau rose clair, parfois jau-
natre, un peu plus foncée vers la base.
Les cellules corticales sont arrondies et isodiamétriques et me¬
surent IU -12 J. de large Sous l’assise corticale se rencontrent quelques
ass,ses de cellules etoilées de grande taille, à rayons relativement
courts et épais et portant généralement une cellule sécrétrice particu¬
lière vers leur centre (fig. 23).
issus rU C 'î| ll | les , s ( éc 1 r , étnces « rencontrent également sur les filaments
emnlie d U eS qU1 c parcourent la Partie interne de la fronde
rempli de mucus. Sur ces filaments, les cellules glandulaires sont
sùuees latéralement vers le milieu de chaque cellule. Elles mesurent
14-16 g de diametre. Celles fixées sur les cellules étoilées sont plus
grandes et atteignent 25-30 r*. p
J ignore le rôle de ces cellules sécrétrices; leur structure cytolo¬
gique ne présente rien de bien particulier, si ce n’est un cytopksme
P us dense et une grande vacuole centrale se colorant pLs ru¬
dement par les colorants vitaux (bleu de crésyle) que celles des
utres cellules de la fronde. La membrane des cellules glandulaires
est souvent très épaisse et partiellement transformée en mucilage pec-
ell U uîes C ° S Par 16 r ° Uge ^ 11 « PO-ble q S ue P Ies
cellules glandulaires jouent un rôle dans la formation du mucilage
qui remplit 1 intérieur de la fronde, bien que celui-ci existe a“e Z
les Halÿmema dépourvus de cellules glandulaires.
assez ra a re P ef2 Ce n de V CellUle î- glandU ' aireS cheZ les Halsmtnia est
terranéenne de a® JUSqU chez aucune espèce médi-
chez VHalvm ” ^ "n connalssance ’ elles ne sont connues que
P* parf 92, '“ TgT B °[ y ^ EBER VAN BossE - Siboga, II.
des Anti’llés ’elL t CheZ ^ardhii De foui!
(1933) chez VH 1°" e “ S ‘ g j a ees récemment par BdRGESEN
c tte espèce elle P ^ daCt ^ a B ^., de l’Inde. Chez
ziana ressemblent beaucoup à celles de VH. Rodrigue -
Les tétrasporanges, observés en septembre, sont répartis sur toute
Source : MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
325
la surface de la fronde, sauf vers la base, et situés dans l’assise corti¬
cale. Ils sont subsphériques, à division cruciée et mesurent 20-25/* de
diamètre.
Je n’ai observé ni cystocarpes, ni spermatanges dans mes échan¬
tillons.
Loc : Cap Bear, rech de Milan, cap l'Abeille, cap Peyrefite. cap Cerbère.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale (Banyuls, Minorque).
GRATELOUPIA C. Agardh, 1822
Grateloupia dichotoma J. Agardh
j. Agardh, Alg.e mar. Médit. 1842, p. 103. Kützing. Tab Phyc. XVII, tab. 28,
Sa. c-e Bamm. Mar. Algae Danirh Wert-Indie- U.l 1015-1920, p. 124, 6g, 133.
Funk, Algenveget. des Golfs von Neapel, 1927, p. 414, fig. 38, b.
Assez fréquent toute l’année, sur les rochers battus, près du
niveau, dans les stations ombragées, les crevasses et les surplombs.
Tétrasporanges observés en septembre.
Loc. : Cap Bear, cap Doune, cap du Troc. ...... ,
DlSTRIB. : Méditerranée, mer Noire. Atlantique tempéré et chaud (de la Manche aux
Canaries, Antilles).
Grateloupia filicina (Wulfen) C. Agardh
Kützing, Tab. Phyc.. XVII. tab. 22. Hauck, Meeresalgen, 188? p. 123 fig- 45.
Funk. Algenveget. Golfs von Neapel. 1927. p. 416, fig. 38, a. c. d. e. Kyl.N, Ueber die
E-ntwickl. der Florideen. 1930. p. 19, fig. 9-11. Newton. Handb. Bntish sca-weeds, 1951,
p. 273, fig. 166.
Plus commun que l’espèce précédente. F orme au printemps et en
été de petites touffes d’un pourpre foncé, dans les stations ombragées
et assez battues situées près du niveau. J’ai observé les tétrasporanges
en septembre et les cystocarpes en août. Kylin a également observé
ces deux sortes d’organes à Banyuls, en juillet.
La plante figurée par Funk (loc. cit., fig. 38, a) sous le nom
de Grateloupia proteus K.ütz. me paraît appartenir indiscutablement
au G. filicina, dont elle représente un individu bien développé et très
typique.
Loc. : Ccllioure, Port-Vcndrcs, cap Béar, cap du Troc.
DlSTRIB. : Sans doute cosmopolite dans toutes les mers chaudes.
CRYPTONEMIA J. Agardh, 1842
Cryptonemia Lomation (Bertoloni) J. Agardh
BERTHOLD, Cryptonemiaceen Golfes von Neapel. 1884, p. 20, pl. IH,. 2. hlAUCK,
Meeresalgen, 1885, p. 130. fig. 1 Euhymenia Lactuca Kützing, Tab. Phyc., XVII, tab. / I.
Espèce vivace, commune toute 1 année sous les surplombs assez
abrités et les stations obscures situées à peu de profondeur. Se ren-
326
J. FELDMANN
contre également pal 25-30 mètres de fond. Généralement recouverte
d épiphytes variés (Mélobésiées, Bryozoaires, etc...).
Je n’ai observé que des individus stériles de cette espèce, qui, en
cet état, ne se distingue pas facilement du MereJithia microphÿlla, qui
possède le même aspect et la même structure.
Loc. : Cap Bear, cap du Troc, cap l’Abeille, cap Peyrefite.
Distri B. : Méditerranée.
Cryptonemia tunaeformis (Bertoloni) Zanardini
ZaNARDINI, Icon. Phyc. adriat., II. p. 1 1 5, lav. 18. Hauck. Meeresalgen. 1885, p. 131
FUNK. Algenvege,. de, Colf, Neapel, 1927. p. 418. fig. 40. Sphaeroccccns lunJformù
Kulzing, Tab. Phyc., XVIII, tab. 94.
Espèce rare a Banyuls, que j ai draguée à plusieurs reprises, à
état sténle, au cap Béar, entre 25 et 30 mètres, en mars, juin, juillet
et septembre.
Bien caractérisée par sa fronde à folioles arrondies, donnant
naissance sur leur bord à d autres folioles de mêmes formes, ce qui
donne à la fronde un aspect opuntioïde très caractéristique.
Loc. : Cap Béar.
Distrib. : Méditerranée, Adriatique.
ACRODISCUS Zanardini, 1 868
Acrodiscus Vidovichii (Meneghini) Zanard.
Ic ° n 2, pl ' yc - “'‘"'d- U - P- ll9 ' t»v. 69. Hauck, Meere.algen, 1885,
r i, 6g ’ u 2 : FtJNC ï: AIjhmwj*; de. Golf, von Neapel. 1927, p. 417, fi». 39. Euhvmenm
atchuloma. Kutzing, Tab. Phyc., XVII, tab. 72. ^
Espèce vivace, commune toute l’année, en petites touffes isolées,
sur les rochers et les concrétions coralligènes, dragués entre 20 et
35 mètres.
, u ? IGn carac ^ r ^ e P ar ses bondes rigides, cartilagineuses, épaisses,
a bords recourbes sur une des faces la rendant légèrement canaliculée.
Couleur rouge pourpre foncé. Souvent recouverte de Mélobésiées
épiphytes.
Je n ai pas observé d organes reproducteurs.
Loc. : Cap Béar. rech de Milan, cap l’Abeille, cap
Distrib. : Méditerranée, Adriatique.
Rederis.
Gloiosiphoniaceae
THURETELLA Schmttz. 1889
Thuretella Schousboei (Thuret) Schmitz
Bohnet. Algue, de Schouaboe. 1892, p. 336. De Toni, Annotai, di Flomtica
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
327
marina (4) 1917. Kylin. Ufeer die Enlwickl. der Fiondeen 1930 p. 12. fi* 5. Crouonm
TZZboJi TW. Bornet e« Thuret. No.es Algol., II. 1881, p. 185, pl. 49.
J’ai récolté deux individus de cette rare espèce au cap du Troc,
en juin. Ils vivaient sous un surplomb très obscur, dans une station
calme, à environ 30 centimètres de profondeur.
Mes échantillons étaient stériles, mais leur structure correspond
bien à celle du Thuretella-, ils sont beaucoup plus grêles que ceux ré¬
coltés par Schousboe à T anger et que ceux que j ai moi-meme re¬
cueillis à Guéthary (cote basque), mais ils correspondent exactement
aux échantillons recueillis par M” FaVARGER à 1 .le d Ischia 11 est
possible qu’il s’agisse là d'une forme méditerranéenne particulière a
cette espèce.
Loc. : Cap du Troc. .
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale; Atlantiquf
(côte basque, Cadix, Tanger).
Callymeniaceae
CALLYMENIA J. Agardh, 1842
Callymenia tenuifolia (Rodriguez mscr.) nov. sp.
J. FeldMANN, Algae mat. medil. novae, 1935, p. 3ÊS.
Frons gelatinoso-membranacea, fenuis, fragilis, 60-100 v- crassu,
amoene rosea, e disco radicali minuta in laminam branler slipitatam
mferne cordato-reniformem et ambitu rotundato us que ad 4 cm. altam,
margine undulato-lobaia, expansa. . ,
Cellulae corticales in fere unica sérié disposée angutatae
8-12 p latae, latiores quam altae, Cellulae inférions frondis, rotunda-
lae, g ranulis amÿlaceis repletae et filamentis conjunctae.
Cÿstocarpia per totam superficiem frondis spaisa.
Cystocarpiorum nucléus inter paginas parum distentas immersus,
lobis irregularibus. Carposporae irregulares, 12-20 P latae.
Tetrasporangia et spermatangia adhuc ignota.
Habitat in Mari Mediterraneo occidentali ad Baleanum msu-
lam minorem prope Magonem ad 60-90 m. infra superficiem maris
ubi detexit Cl. J.-J. RODRIGUEZ; nec non ad litus Ruscmonensi ad
25-30 m. infra superficiem maris.
Aestate et automno viget.
Sous le nom de Callymenia tenuifolia, figurent, dans l’herbier
Thuret-Bornet, plusieurs échantillons d’un Callymenia, reco te par
Rodriguez aux environs de Mahon, à Minorque (îles Ba eares)
entre 60 et 90 mètres de profondeur, qui correspond parfaitement a
un Callymenia que j’ai dragué assez fréquemment en été, à Banyuls,
Source : MNHN. Paris
328
7 . FELDMANN
par 25 à 30 mètres, et que je n’ai pu rapporter à aucune espèce déjà
décrite. Aussi, je considère cette algue comme nouvelle et j’adopte
pour elle le nom manuscrit que lui avait attribué Rodriguez.
Le Calhmenia tenuifolia forme de petites touffes sur les Litho-
thammées et les concrétions coralligènes. Les frondes, atteignant
4 centimètres de hauteur, sont membraneuses, fragiles, se déchirant
facilement. Elles mesurent 60 à 100 j» d’épaisseur et sont d’un beau
rose tendie. Elles sont fixées par un petit disque, brièvement stipitées
et très nettement rendormes à la base ; leur contour arrondi est plus ou
moins sinué-lobé (fig. 24).
En coupe transversale, la fronde montre une région corticale
composée généralement d’une seule assise de cellules plus larges que
hautes, polygonales, en vue superficielle, et mesurant 8 à I2j» de
large , Au-dessous de ces cellules se trouvent une ou deux assises de
grandes cellules espacées, donnant naissance à des filaments qui les
unissent entre elles et bourrées d'amidon (fig. 25).
Les échantillons que j ai récoltés à Banyuls sont stériles, mais
Rodriguez a récolté, à Minorque, des individus pourvus de cysto-
carpes en octobre. Ces cystocarpes sont répartis sur toute la surface
de la fronde; ils sont situés dans la région médullaire, et, à leur niveau,
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES -329
la fronde est légèrement renflée, mais le cystocarpe ne fait pas de
saillie très sensible sur l’une ou l’autre face de la fronde Les gonimo-
blastes forment des lobes irréguliers. Les carpospores, de forme irré¬
gulière, mesurent 12-20 l‘ de large (fig. 25, B).
Par la minceur de sa fronde, d’une belle teinte rose, cette algue
paraît très distincte de toutes les autres espèces de Callymema signa¬
lées dans la Méditerranée.
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille, cap Rederis, cap Cerbère.
DiSTRIB. : Méditerranée occidentale (Roussillon, Minorque).
Callymenia Requienii J. Agardh
Abdissone. Phyc. médit, 1, 1863, p. 172. E vh^mema Requknii Kiiuing, Tab. Pbyc..
XVII, lab. 81.
Je rapporte à cette espèce des échantillons stériles dragués, par
une trentaine de mètres, au cap Peyrefite, en septembre, et qui me
paraissent bien appartenir au C. Requienii. Cette espèce se distingue
du C. tenuifolia par sa fronde plus épaisse, de couleur rouge plus
sombre, de consistance plus ferme et par la marge pourvue de petites
granulations épaissies.
Loc. : Cap Peyrefite.
DiSTRIB. : Méditerranée occidentale.
Source : MNHN, Paris
330
/. FELDMANN
MEREDITHIA J. Agardh, 1892
Meredithia microphylla J. Agardh
e .J' An oL^' a r - al . g0 | 0g,Ca> 1 ,892 ’ P- 74 - Callÿmenia microphylla J. Agardh.
p .^AIg., II, 1863, p. 288. Epicrtsis, 1876, p. 222. Newton, Handb. Brit. sea-weeds, 1931,
Je rapporte, avec doute, à cette espèce, des échantillons stériles
correspondant tout à fait comme forme de la fronde et comme struc¬
ture anatomique aux échantillons de M. microphylla provenant de la
Manche et conservés dans l’herbier Thuret-Bornet. Ainsi que je l’ai
indiqué plus haut, les échantillons de cette espèce sont très difficiles
à distinguer, à l’état stérile, de ceux de Cryptonemia Lomation. Il en
est de même de la distinction entre le Meredithia microphylla et le
Callymenia microphylla Zanardini (non J. Agardh) (cf. Feldmann,
Contnb. Fl. algol. mar. de l’Algérie, 1931, p. 235).
A Banyuls, le Meredithia microphylla vit dans les stations obs¬
cures, près du niveau; il se rencontre aussi en profondeur vers 25 à
30 mètres.
Loc. : Cap Bear, cap du Troc, cap l'Abeille.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Atlantique nord.
On a New Species
of the Hhodomelaceae from Egypt
by
A.-H. NASR, M. Sc.
Department of Botany. Fouad I Université Catro
CONTENTS
I. — Introduction.
H. _ A Descriptive Account of Spirocladia minor sp. nov.
a) The Tetrasporic Plant ;
b) The Female Plant;
c ) The Male Plant.
III._ Relation of this alga to authentic species.
A cknowled gment.
References cited.
I — Introduction
In a previous work, namely, A General Study of the Marine
Algae of the Egyptian Red Sea Coast, a prelimmary study was car-
ried ont by the présent author m connection with the general ecology
of the marine algae in the neighbourhood of the Marine B.ological
Station, Ghardaqa, Red Sea District. In pursuit of such work sub¬
séquent visits were paid to this locahty, among which a short tnp was
332
A.-H. NASR
made in April 1935, to the Strait of Jubal, at the entrance of Gulf
or Suez, by the aid of S. S. Mabahilh. The bottom at a depth of
40 fms in this locality proved to be very rich in both fauna and flora.
On this occasion the fullest acknowledgment must be made of the
great help and facilities received from both the Staff of the Biological
Station and the Mabahith, without which this Work would hâve not
been attempted in such a remote and isolated part of the Sea.
II. A Descriptive Account of Spirocladia minor sp. nov.
Spirocladia minor nov. sp.
Thallus cœspitosus , minutus, pallide roseus, usque ad 3 mm.
allus. Filamenta primaria decumbentia corticata, rhizoidibus affixa;
filamenta erecta endogenia, in ima parte corticata, ramis rarioribus
obsita cum 4 cellulis pericenlralibus. Trichoblastis 1/4 divergentibus.
SUchtdtut termmalibus cum tetrasporangiis spiraliter dispositis, pilis ra-
noribus; anthendiis cÿlindrico-lanceolatts, terminalibus, pilosis; cÿsto-
carpus pedicellaiis, sphaericis, urceolatis, usque ad 320-400 r latis.
Species Sp. barodensts Boerg. affinis, sed statura minori facile
distinguenda.
, . ^ a ^ nta l!!'™ ar ' ru ^ ro acI K-aissumiam insulam prope Ashrafi, ad
attitudmem 70-80 m., mfra superficiem maris, mense Apriii lecta. Spe-
cimma exsiccatione chartae adhaerant (in herb. Nasr, Cairo).
This fine plant is composed of creeping branches, which are
hrmly attached to the substratum by numerous rhizoids (Fig. 1).
lhese rhizoïds are either monosiphonous or plurisiphonous and end
generally m a dise. The diameter of the creeping filaments is 80-104 a.
333
NEW SPECIES, OF RHODOMELACEAE __
S ' V ducëd 6 These wK fôrmed endogenously. At their summits
SS& cdl from which d.sc cells are eut offby transverse
lies me tais: H trichoblasts are developed (b g. £)■ “J 5
tri, i u. *»™ » f “” fc fo “
and the central one.
Fig. 2. — Sp. mlnor Naïr, apical part of
showing growing point and yotmg ptocarpt X TO.
_ Aort and is more or less sunk among the penchaiUdk
The next cell to the basal one gives nse to a side branc ,
alwavs seated at the right anodic side of the tnchoblast, jus m the
same way as found in Lophothaüa Irichodados. The same cell con .
nu” growing to produce the marn branch on the left anod.c srd . It
is that main branch whrch may either wholly be
stichidium or may give rise to one or two.de brancMets as well ke
ping the stichidium in ail cases terminal. The cells of the tully
334
A.-H. N A SR
loped trichoblast are long and cylindrical, about 20 j» in diameter and
are shorter near their base.
d" be segments ‘ n tbe ma ‘ n filaments are varied in length, 130-
I HO /*. Cortication takes place in the older parts of the filaments espe-
cially in the creepmg ones. The way of cortication is just the same
as in other related members of the Lophotalieœ.
a) The Tetrasporic Plant :
With regard to the development of the stichidia, they are for-
med firstly of cells cutt off transversally from its apical cell. These
cf . are f° ur “ number, the basal cell of these undergoes further di¬
vision to form the plurisiphon and the one above is cutt off obliquely
and longitudmally (F,g. 3), and by further division the spiral form
Fig- 3. — Sp. minor Nasr,
young stichidium; X 570.
Fig- 4. — Sp. minor Nasr,
mature stichidium; X 305.
Ornent of i ih Um i iS h U i ly (Rg ' 4) ' In 50me cases ** ba -l
segment of the stichidium remains undivided, while the top ones are
always sterde. In two cases the author has seen the apical cell of
he stichidium give nse to a hair-like prolongation (Fig. 5), up to
branchlét ' °" h' V* St ; ch ' dlUm was als0 o^ed to possess stérile
the sub am-r A' “ ! h ' 5 remmds °" e of -mbers of
the subfamdy. A single tetrasporangmm is placed in each segment
The e tetrasporangia are sphencal, tetrahedrally divided and are pla¬
ced in screw line and measure about 32 n in diameter
Source : MNHN, Paris
NEW SPECIES OF RHODOMELACEAE
335
Fig. 5. — 5p. minor Nasr. part of filaments with stichidta
provided with hairs; X 240.
b) The Female Plant :
The procarps originate from the second segment of the tncho-
blasts (Fig. 2), which becomes polysiphonous. The basal cell ot t e
trichoblast does not become polysiphonous immediately, but deterred
until a certain stage in the development of the procarp and then
Fig. 6. — 5p. minor Nasr,
young cystocarp; X 400.
Source : MNHN, Paris
336
- A.-H. NASR
undergoes further division (Fig. 6). The trichogyne is short and
clavate, characteristic of the family. The mature cystocarp is placed
nearly pafâljel to the main branch (Fig. 7), in contrast to the hori¬
zontal young procarp. which is vertically seated on the main branch-
‘t “ everted during its development. The cystocarp is shortly
pedicellate with more or less long neck, and measures about 320-
400 fj- in diameter (Fig. 7).
c) The Male Plant :
Plants with anthendiophores were also observed in the same
locahty. These antheridiophores are cylindrical to lanceolate, and
are developed front the main branchlet of the trichoblast i. e. apical
(t-ig. o). ihe basal cells of the fertile trichoblasts give rise to side
branchlets. The main branchlet of the trichoblast. however, becomes
fxt ystphonous and gtves rise to fertile cells carrying the spermatia
produce .fT Jn K he f, fertl ' e Ce " S ° ther 0nes remain steri le and often
produce stérile branchlets, qutte tn agreement with the same pheno-
menon found by the présent author in Endosiphonia clavigera (Nasr,
NEW SPEC1ES OF RHODOMELACEAE
337
III.
■ Relation of This Alga to Authentic Species
This new alga may be related to Spirocladia barodensis Boergs.
in possessing anthendiophores furnished wlth stérile branchlets. 1 e
Red Sea plant, however, can be distinguished from the Indian plan
in habit of the thallus. The anthendiophores of the présent species
are not vigorous in growth, while those of the Indian species are so
vigorous that a trichoblast may carry more than one anthendiophore.
The Red Sea alga is poorly corticated, while Sp. barodensis îs den-
sely corticated. Unfortunately for the absence of other phases in
Spirocladia barodensis, recently established by BoERGESEN (1933),
no further comparison could be carried ont. It would seem to follow
from ail these considérations that the Red Sea alga should be consi-
dered as new species.
This alga was dredged at 40 fms deep on a coral bottom in
April 1935, at Kaisum Island near Ashrali.
ACKNOWLEDCMENT
I wish to express my thanks to D' F. BoERGESEN of the Bota-
nical Muséum of Copenhagen for his help and suggestions during my
short stay in Copenhagen Herbanum in the summer of 1936, and
also for putting the original material of Spirocladia baroden sis at my
disposai. My grateful thanks are also due to D 1 G. Hamel of Tans
Muséum for the Latin diagnosis.
REFERENCES CITED
1 BOERGESEN. F. (1933). — On a new genus of the Lophothalieæ. Del
Kgl. Dansk- V'idensk- Selsk- Biol., X, 8, Copenhagen.
2. BOERGESEN, F. (1915-20). — The Manne Algae of the Danish West-
Indies. Vol. Il, Copenhagen.
3.
4 .
FalKENBERG, P. (1901). — Die Rhodomelaceae des Golfes von Naepel
und cngrenzenden Meeres-achmtte. Zool. Sla. Naepel, Fanna and Flora
des golfes von Naepel, Monogr. 26.
Nasr, A.-H. (1938). _ A Contribution to our Knowledge of Endosi-
pho’nia Zanard., in relation to its systematic position. Bull. Instit. d figypie.
T. XX, Cairo.
Remarques
sur les genres Acicularia
et Terquemella (dasycladaceæ)
par
L. et J. MORELLET
JULIUS Pia insiste à plusieurs reprises dans ses travaux (1) sur
le lien de parenté qui existerait selon lui entre les genres Acicularia
d’Arch. et Terquemella Mun.-Ch. Pour notre part, nous ne saurions
partager cette opinion et persistons à considérer que ces deux genres
n’ont rien de commun et appartiennent à deux tribus distinctes : le pre¬
mier à celle des Acétabulariées, ce que personne ne conteste, le second
celle des Bornétellées, ce que nous allons chercher à démontrer.
Que faut-il entendre par Terquemella ? Sous ce nom MUNIER-
CHALMAS réunissait à titre provisoire, sachant parfaitement qu ils pro¬
venaient d’Al gués analogues mais génériquement différentes, des spo¬
ranges calcifiés, plurisporés, qui se rencontrent isolés, principalement
dans les couches éocènes, et qui, de forme très variable (sphériques .
T. parisiensis Mun.-Ch.; discoïdes : T. bellovacensis Mun.-Ch.; irré¬
guliers : T. macrocarpus Mun.-Ch.) mais jamais en spiculés, pré¬
sentent sur tout leur pourtour de petites cavités arrondies où étaient
logées les spores.
Si par ce dernier caractère, d’ailleurs trompeur quand on tra¬
vaille uniquement sur des plaques minces, les Terquemella ont
(1) Voir notamment : L. Rama Rao et J. Pia. — Fossil Algae from the uppermost
cretaceous beds (the Niniyur group) of the Trichinopoly district, S. India. Mem. Ceolo g.
Survep of India , Palaeontologia Indica, XXI, n° 4, 1936.
340
L. et ]. MORELLET
quelques analogies avec la massula calcaire contenue dans les spo¬
ranges d Acicularia , iis en ont de bien plus grandes encore avec les
sporanges des Bornétellées fossiles. Il suffit pour s’en convaincre de
dissocier mécaniquement les milliers de sporanges qui, chez Maupasia
parisiensis Mun.-Ch., occupent, serrés les uns contre les autres, la
cavité comprise entre la tige principale et la cuticule; on obtient ainsi
de petits corpuscules calcaires à ce point identiques à certaines Ter¬
quemella que, si l’on ne connaissait pas leur origine, on n’hésiterait
pas à les baptiser de ce nom et à en faire sans doute plusieurs espèces
en raison de la diversité de leurs formes. Les uns en effet sont arrondis,
les autres aplatis, etc., suivant l’espace dont chacun disposait pour se
développer entre ses voisins. Si l’on renouvelle la même expérience
avec d autres Bornétellées, les résultats sont concordants. C’est ainsi,
que, isoles artificiellement, les sporanges de Digitella daciyloporoides
Morellet, normalement noyés dans le calcaire friable de la paroi, pré¬
sentent tous les caractères d’un Terquemella de forme irrégulière,
comparable à T. macrocarpus Mun.-Ch., ou encore que ceux d’une
Bornétellée bartonienne, que nous n’avons pas encore décrite, sont ré¬
gulièrement sphériques et identiques, bien que plus petits, à T pari-
siensis Mun.-Ch.
Ces observations, pensons-nous, ne laissent subsister aucun doute
sur I origine des Terquemella qui sont bien des sporanges de Borné-
tellees et qui, par suite, contrairement à la manière de voir de J. Pia,
n ont aucune affinité, même lointaine, avec A cicularia.
Comme nous l’avons indiqué au début de cette note, le genre
1 erquemella n a d ailleurs pas d’existence propre ; de la catégorie des
genres « fagots » il est destiné à s’émietter peu à peu ou même à dis¬
paraître complètement, au fur et à mesure que les sporanges isolés que,
faute de mieux, on lui a rapportés jusqu’ici seront trouvés in situ, c’est-
a-dire encore attachés aux diverses Bornétellées qui leur ont donné
naissance.
Source : MNHN, Paris
Stations nouvelles
d'espèces rares de Mélobésiées
en Méditerranée
par
M me P. LEMOINE
La détermination d’échantillons de la collection de Cryptogamie
du Muséum d’Histoire Naturelle me donne l’occasion de signaler
des stations nouvelles d’espèces connues jusqu’ici dans une seule
station et probablement par un seul échantillon : une de ces décou¬
vertes est celle faite par le regretté Lieutenant MoURET, dans un filet
de pêcheur, près du cap Margiou (Bouches-du-Rhône), du Litho¬
thamnium valens Fosl., dont le seul exemplaire signalé était de pro¬
venance quelque peu incertaine (Adriatique ?) ; 1 autre est 1 existence
dans les fonds riches en algues calcaires de l’archipel des Baléares
d’un Archœolithothamnium, vraisemblablement A. mediterraneum
Heyd., la seule espèce de ce genre en Méditerranée dont la présence
dans la seule localité de Villefranche (Alpes-Maritimes) pouvait être
suspectée. Enfin, je signalerai à Marseille et près de Tunis une petite
espèce canarienne, Lithophÿlllum lobatum Lem., qui, par sa ressem¬
blance avec de jeunes thalles de Pseudolithophyllum expansum
(Phil) Lem., peut passer facilement inaperçue.
I. — LE LITHOTHAMNIUM VALENS FOSL. AU CAP MARGIOU (B.-du-R.)
L’échantillon unique trouvé dans un filet, près du cap Margiou
(Bouches-du-Rhône), est un massif libre de 4 à 5 c/m. de diamètre,
d’aspect vigoureux. A la périphérie, les branches noueuses, épaisses,
ont en général 6 à 7 m/m. de longueur et de diamètre, et au maximum
Source : MNHN, Paris
342
M m * P. LEMOINE
1 c/m. 5 de long et 9 m/m. de diamètre; elles sont coalescentes à
leur base par groupe de quatre ou cinq, en troncs de 1 à 2 c/m. de
large, eux-mêmes soudés en une masse centrale (Fig. 2).
Fig. I. — Archaeolithothamnium Fig. 2. — Lithothamnium
meditenaneum (Heyd.) Fosl. valens Fosl.
Dans une coupe longitudinale de branche, le tissu apparaît tra¬
versé par de très nombreuses lignes colorées, qui ne sont distantes que
de 40 à 90 f-. Le tissu est très homogène ; les cellules ont une forme
rectangulaire arrondie; les parois sont épaisses; les cloisons transver¬
sales montrent une lamelle de composés pectiques qui reste incolore
par les réactifs cellulosiques, caractère des espèces de Lithothamnium.
Les zones délimitées par les lignes colorées sont formées de cellules
toutes à peu près semblables, soit de 7 à 9 /*, soit de 9 à 13 ^ de long
et 4 à 1 1 de large; quelquefois, on observe à la partie supérieure
des zones une diminution de taille des cellules qui ne mesurent plus
que 3à9/‘X3à7/ 1 . La répétition des lignes d’accroissement très
rapprochées amène une disposition régulière des cellules; dans les
zones les plus épaisses, une certaine irrégularité, en relation sans doute
avec le ralentissement de la croissance, se manifeste à la partie supé¬
rieure; la ligne colorée qui marque la fin de la zone amène un nouvel
alignement horizontal des cellules, l’aspect étant toujours très diffé¬
rent de celui que présente la disposition en rangées des Lithophyllum.
Comparaison avec l’échantillon type de L. valais. —
Lithothamnium valens a été décrit par FoSLIE (1) sur un échantillon
, (J) Fo . s 1 lie - — Algdogiske notiser VI. Del K. n. vid. sels^bs skrifter, 1909, n° 2.
p. j, 1 rondjhem, 1909.
MÊLOBÉSIÉES DE MÉDITERRANÉE
343
du Naturhistorisches Hofmuseum de Vienne (2). L auteui indique
qu’il était fixé au substratum par une croûte basilaire mince; le massif
des côtes françaises n’était certainement pas fixé, mais il a pu l’être et
se libérer ensuite en continuant sa croissance, ainsi qu il a ete signale
pour d’autres espèces. Par ailleurs, la description de Foslie : ra¬
meaux noueux de 7 à 12 m/m., coalescents a la base, consistance
dure et surface brillante, s’applique parfaitement à l’échantillon
français. Les conceptacles à sporanges observés sur le type sont con¬
vexes, de forme ovale ou arrondie, en groupes, de 300 à 600 ■/* de
diamètre ; ils sont absents sur le massif des Bouches-du-Rhône stérile.
Grâce à l’extrême amabilité de M. Ove Arbo Hoeg, directeur
du Musée de Trondhiem, qui conserve 1 admirable collection de Mé-
lobésiées réunie par Foslie durant toute une vie consacrée à cette
famille, j’ai pu étudier la structure de l’échantillon type, d une part
en faisant des coupes sur un fragment de ce type, d autre part en étu¬
diant les coupes calcifiées sur lesquelles Foslie avait établi sa des¬
cription. Ces coupes montrent une grande épaisseur de tissu, 1 c/m.,
traversée par des lignes colorées extrêmement nombieuses, espacées de
75 à 100 JX. Les cellules varient de taille suivant les zones, elles ont
de 9 à 13 V X 8 à 12 p. ou de 10 à 16 p X 9 à 14 p (Foslie dit :
9 à 1 I ou 10 à 18 fc)
Sur le bord d’une blessure du thalle s est formé un hypothalle
basilaire épais dont les cellules rectangulaires mesurent 10 a 28 1 * X
6 à 12 /*.
Dans ,1e périthalle, les lignes colorées sont encore plus rappro¬
chées et reviennent tous les deux ou trois rangs de cellules; celles-ci
mesurent 4à9/*X4àl0p (Foslie dit7 à 9 P ou 9 a 12 é<-
f 7 à U /*).
Malgré l’indication « Adriatique », mentionnée sur l’étiquette
qui accompagnait cette algue nommée « L. crassum », FOSLIE avalt
eu des raisons de supposer qu’elle pouvait provenir de la Mer Rouge.
La découverte de l’espèce sur les côtes françaises permet de penser,
au contraire, qu’elle est bien méditerranéenne, et sa présence en deux
régions de cette mer (Adriatique et côtes de France) serait une nou¬
velle preuve de l’homogénéité dans la répartition des Mélobesiees en
Méditerfanée, due sans doute, entre autres causes, à la rapidité de leur
dissémination.
(2) 11 a été figuré par J. PlA, Die Anpassungstormen der Kallcalgen. Palasobioligica.
I, p. 214, fig. 3. 1928.
Source : MNHN, Paris
344
M mp P. LEMOINE
II. — LE LITHOPHYLLUM LOBATUM LEM. DES CANARIES
SUR LES COTES FRANÇAISES ET AFRICAINES
En étudiant les Mélobésiées rapportées des Canaries par
M. Boergesen, j’ai décrit en 1929, sous le nom de L. lobatum
Lem. (1), une petite espèce canarienne qui rappelle, par son aspect
extérieur, les petits échantillons de Pseudolithophyllum expansum
(Phil.) Lem., mais qui s en distingue par sa structure et ses concep-
tacles.
Cette dernière espèce, abondante en Méditerranée, existe aussi
sur les côtes atlantiques d’Espagne et sur les côtes d’Afrique jusqu’au
Sénégal ; elle paraît absente dans les archipels des Açores, des Cana¬
ries, du cap Vert. Quant au L. lobatum, il paraissait jusqu’ici localisé
aux Canaries : Ténériffe (Puerto Orotava, coll. Boergesen), Gran
Canal la (Bahia del Confital, sur L. calcareum, coll. VtCKERS in
Heib. Thuret-Bornet). Or, j ai eu la surprise de le retrouver
dans les échantillons de la collection Mouret, dragués à Marseille,
dans des fonds où il est associé aux ascidies nommées vulgairement
« Violets » ( Microcosmus sulcatus ). Cette même espèce a été trouvée
en 1927 fixée sur un rhizome de Posidonie rejeté sur la plage de La
Marsa, près de Tunis, par M. J. PoTTIER.
Jusqu ici, L. lobatum a pu passer inaperçue par sa ressemblance
avec P. expansum et par la petitesse de ses thalles de moins de 3 c/m.
de diamètre; ils sont de couleur plus grise et d’aspect moins fragile;
1 épaisseur est au maximum de trois quarts de millimètre dans la partie
centrale plus faible à la marge qui montre de fines stries radiales.
Les échantillons méditerranéens sont pourvus de conceptacles à
cystocarpes Q50 à 400 P de diamètre) et à anthéridies (I 10 v). Aux
Canaries, j’ai observé des conceptacles à sporanges (200 à 250 p)
complètement enfoncés dans le thalle et des conceptacles à cystocarpes
legerement proéminents (200 à 250 P seulement). Quant à P. expan¬
sum, il ne montre que très rarement des conceptacles à cystocarpes.
, ^ l°batum et P. expansum ont toutes deux un hypothalle re¬
présente par une unique rangée de petites cellules basilaires non diffé¬
renciées; mais, tandis que dans P. expansum tout le tissu périthallien
est forme de files lâches dont les cellules ne se disposent jamais en
rangées, au contraire, dans L. lobatum, i'1 existe une partie du tissu
dans laquelle 1 aspect en rangées est frappant; dans les deux localités
méditerranéennes, les rangées existent à la base du périthalle ; au
contraire, aux Canaries, la disposition des rangées et des files offre’une
Il j 1 (M"”)- — Melobesiae in Boerge.en. Marine aime (rom Ihe Canarv
MÊLOBÉS1ÉES DE MÉDITERRANÉE
345
certaine variabilité suivant les individus. D autre part, dans les échan¬
tillons méditerranéens, les cellules ont à peu près les mêmes dimensions
sur toute la hauteur verticale des coupes : 10 à 20 a de long et 6 a
8 /a jusqu’à 15 de large; au contraire, aux Canaries, les cellules sont
plus petites (5-12 p) dans les régions où elles ne se disposent pas en
rangées. Un caractère commun aux thalles des deux régions est la
présence exceptionnelle de cellules de dimensions plus grandes (20 à
30 et même 40 a) que celles du reste du tissu.
En résumé, L. lobatum montre une homogénéité de structure dans
les deux stations méditerranéennes très éloignées où je viens de le
signaler. Il montre, au contraire, aux Canaries, dans une même station,
une certaine variabilité, fait que j’ai déjà signalé dans cette même ré¬
gion pour deux autres espèces : Lithothamnium Sonderi Hauck et
Lithophpllum papillosum Foslie.
III. — ARCHÆOUTHOTHAMNWM MEDIT ERRANEVM (HEYD.) FOSL.
AU SUD DE L'ARCHIPEL DES BALÉARES
La découverte d’un Archœolithothamnium, genre tropical et sub¬
tropical, en Méditerranée est due à Heydrich, qui a décrit, d’après
des échantillons recueillis par le D’ ScHLEICHER, dans le golfe de
Villefranche (Alpes-Maritimes) (1), une espèce qu’il a nommée Spo-
rolithon mediterrancum Heyd. (2).
Bien que FosLIE (3) n’ait pas retrouvé cette espèce en étudiant
des cotypes de l’herbier J. CHALON, où il a, par contre, reconnu plu¬
sieurs autres espèces appartenant aux genres Lithothamnium (L. Phi-
lippii Fosl. et L. fruticulosum Phil), Lithophÿllum (L. racemus
Lk„ L. Notarisi Duf., L. Haucki Roth.), Peÿssonnelia (P. com¬
pacta Fosl.), nous n’avions pas le droit de douter de 1 observation de
Heydrich, qui portait peut-être sur un unique échantillon.
Or, c’est sans doute cette espèce dont un exemplaire a été rap¬
porté par la croisière CHARCOT de 1923, en Méditerranée (4). Il
provient d’un dragage effectué à 65 mètres de profondeur, au sud
d'Ibiza, une des îles les plus méridionales des Baléares (Station 305,
38° 17 lat. N., 1"08 long. E.), qui a ramené d’une station riche en
(1) "c'e,l par suite d'une erreur de J. CHALON que HEYDRICH a indiqué comme localité
le golfe de Naples et comme récoltant le D' Francottei la rectification a ete faite par
Chalon lui-même in Foslie, loc. cit. p. 7. .... „ r, , L n i
(2) Heydrich. — Einige neue Melobesien des Mittelmeeres. Ber. Deutsch. Bot. Cese//s,
1899, XVII, boft 6, p. 221-227. , n n K
(3) Foslie. — A new Squamariaceae from the Adnatic and the mediterranean. U.
n. vid. selsl(. slçriftcr, 1903, n° 1. p. 3-9. , «- •
(4) Lemoine ( M me ). — Corallinacées recueillies par dragages en Mediterranee. (Croi¬
sière du Pourquoi-Pas ?, 1923). Bull. Mus. Hist. Nat., 1924, n° 5, p. 402-405.
346
M me P. LEMOINE
Mélobésiées : L. racemus, L. calcareum, L. fruticulosum, Ps. expan-
sum.
Cet échantillon est un massif de 3 c/m. développé sur un sup¬
port qu il recouvre d une croûte de 1 m/m. d’épaisseur, pourvue de
prolongements irréguliers, non ramifiés, de 3 à 7 m/m. de long et
4 à 13 m/m. de diamètre à leur extrémité, la surface est lisse et bril¬
lante (Fig. î ).
La coupe montre une croûte d’épaisseur variable, contenant à
sa partie supérieure une rangée de sporanges de 80 à 90 a* de long
et 28 à 40 p de large, de forme rectangulaire.
L hypothalle est plus ou moins développé, soit formé seulement
de files obliques de cellules rectangulaires, de 9 à 14 /* X 4 à 9 /*,
soit, dans les parties où il est le plus épais, de files horizontales de
cellules plus larges et plus ovoïdes, de 8 à 23 p X 6 à \5 p.
Le périthalle est formé de rangées de cellules séparées par des
cloisons transversales minces, nettement soudées. Les contours des cel¬
lules ne sont pas nets; les parois paraissent minces; les dimensions
des cellules sont 8 à 18 /s surtout 10a 15 X 6 à 13/*. On observe
quelquefois l’existence d’une petite rangée qui n’a que 4 à 7 /* de
hauteur; mais sans aucune alternance.
A la partie supérieure, les cellules n’ont que 3 à 5 /* et forment
une sorte de couche corticale.
La description d Heydrich ne donne pas l’indication de certains
caractères importants. Les dimensions, approximatives, indiquées pour
les sporanges sont de 120 /*X65 l’aspect extérieur, non figuré, rap¬
pelle celui de l’échantillon des Baléares par une croûte de 1 m/m. à
1 m/m. % d épaisseur, pourvue de quelques prolongements irréguliers
de 1/2 c/m. de haut.
Parmi les autres espèces du même genre (15 à 20), la plupart
sont cai actensees par une alternance dans la hauteur des rangées de
cellules, en particulier celles de la Mer Rouge. D’autres, parmi les
espèces américaines, possèdent des cellules encore plus petites. L’es¬
pèce méditerranéenne serait plus voisine de l’espèce africaine, A. afn-
canum Fosl., connue par un seul thalle des Canaries (Ténériffe), dont
1 aspect est une croûte de 1/2 m/m. d’épaisseur, sans prolongements;
les cellules mesurent 7 à 14 /* X 7 à 9 /*, et les sporanges 75 à 90 /*
X 35 à 40 p (d’après FoSLIE).
La découverte faite en Méditerranée occidentale d’un Archœo-
lithothammum permet de confirmer l’existence dans cette mer de ce
genre et vraisemblablement de l’espèce A. mediterraneum Heyd.,
connue jusqu’ici seulement à Villefranche (Alpes-Maritimes) et qui
est à rechercher dans les dragages au large de nos côtes françaises.
On the Phototropism
of Acetabularia Caliculus
Quoy et Gaimard
By
A.-H. NASR. M. Sc.
Depaflmenl of Bolany, Faculty of Science, Cairo
In an excursion made to the Marine Biological Station at Ghar-
daqa, Red Sea, in summer of 1937, the présent author had the oppor-
tunity of studying the biological behaviour of Acetabularia Calicului c
This alga was found in great number, growing commonly on dea
bivalved shells and rarely on scattered dead pièces of cora s in calm
sha'llow water on the shore reef. The sea bottom in this locahty îs
composed of coarse sand, shells and coral debns.
Formerly this alga was known only in this région as a deep
water forai dredged up in very small quantifies north of Abu Sadat
(Nasr, Thesis, 1936). Its discovery in shallow water was due to
Prof. SABET and Nayal Eff. of Fouad I Umversity, Cairo, with
whom the author was wading along the littoral belt of the Station.
More than 200 specimens of this species were gathered and transter-
red to aquaria with their natural substrata.
The writer, being interested in the subject, followed and obser-
ved the growth and behaviour of this alga. It should «
mentioned here that such a great number as this of A. Caliculus had
not been recorded before (cf. Tseng, 1936; Boergesen, 1913).
The phototropism is well known and very common among Pha-
nerogams and higher Cryptogams ; but unfbrtunately there is not
348
A.-H. NASR
much written about this phenomenon in respect to marine algae. The
absence of much literature on these algae is probably due to the lack
of favourable opportunity for studying phototropism in relation to
them as compared with species of a landflora. As a matter of fact,
phototropism in algae is known from Dangeard’s Work on Bryopsis
plumosa and certain species of Vaucberia mentioned in his Traité
d'Algologie (1933). He observed this phenomenon in the case of
the foi-mer alga that had been transplanted and kept opposite to a
window. After some days the pinnules of Bryopsis plumosa were
directed towards light.
Feldmann, a year later at Banyuls, observed the same pheno¬
menon in the case of another different alga, namely Derbesia La -
mourouxii Solier. He exposed his alga to a S.-S.-E. window for three
months, durmg which this species showed a marked positive photo¬
tropism (Feldmann, 1937).
According to Dangeard (1933), phototropism in algae is only
known from his own observations on Bryopsis plumosa, but Feld¬
mann’s observations recording phototropism in Derbesia Lamourouxii
were contnbuted later. It must. he noted, however, that these two
algae are of another order different to the plant under investigation
According to Feldmann (1937) the infrequency of recorded instances
of phototropism m marine algae is probably due to their weak vitality
and slow rate of growth. In view of this opinion we may regard the
phototactic activity of Acelabularia Caliculus as constituting an
exceptional case in the Siphonocladales.where no case of phototropism
has been recorded. In Acelabularia Caliculus, however, this pheno¬
menon is clearly marked in young as well as in old plants. Some spé¬
cimens were placed in a glass basin put next to a N.-N.-E. window
After a few days not exceeding four, a positive phototactic case was
observed Ail old plants, though not so rapid in showing this pheno¬
menon, did unmistakably expose their dises perpendicularly towards
the direction of light. The région of curvature was noticed about some
millimétrés below the dise. Young plants which had not yet developed
their dises, showed very early the same phenomenon, with the zone
of curvature again some millimétrés from their summits.
Another spec.es of Acelabularia, namely A. Mtibii was placed
■ 6 sl< k for the purpose of comparison, but it did not show any
Visual sensib, ,ty towards ight. The author thought that it was due
to i s short s alk which i did not allow any curvature, but . this was
ôîam h T MÎT ’ 938 ' t r e , aUlh ° r had the 0 PP 0 rt™‘y to trans-
p ant the long sta ked species of this genus, namely, A. mejitenanea,
at the Zoological Station of Villefranche-sur-Mer (Côte d'Azur
PHOTOTROPISM OF ACETADULARIA
349
France). In spite of the long stalk in this lattev species in comparison
with A. Caliculus, no trace of light sensrtivity with regard to this phe-
nomenon was observed.
It is somewhat puzzling, then, to account for such behaviour in
this genus, for it is undoubtedly not a question of possessing a long
stalk, which would assist in bending movement in the plant. But whe-
ther it is due to the presence of an oxyhormone as m the case of land-
flora, or to the presence of haematochrome corpuscles geneia y
common in Acetabularia Caliculm and may be regarded as pigments
inclining the individuel plants, in our case, to be positively sensitive
towards light, nobody can tell.
In Bryopsis plumosa and Derbesia Lamourouxu, the pinnules are
comparatively flexible and consequently adapted to purposes of ben¬
ding, unlike the stalks of Acetabularia, which ofler great résistance to
arching due to calcification. In these respects Acetabularia Caliculus
represents the more complexed phototactic alga among the Si phono-
cladales and may, one day, attract the attention of algologists for
physiological researches.
Acetabularia Caliculus showed also an abnormal growth even
in its natural habitat. Some individuals were activated in some way or
the other, so as to produce two dises. These dises may be forme
either at the same time or one is deferred untfl the complété develop¬
ment of the other. With regard to the origin of the secondary dise,
it has been observed to be a modified latéral assimilating filament tor-
med at the annular rings, generally common on the stalks of Aceta¬
bularia. The tension exerted by the alteration of the centre of gravity
in the dise is an interesting problem from the physico-physiological
point of view. As it has been mentioned before, this alga is very com¬
mon on calcareous substrata e. g. broken shells and coral débris,
seemingly to possess the biological power of selecting its substratum.
In this case again Acetabularia Caliculus is very mterestmg from the
biological stand point.
ACKNOWLEDGMENT
The author acknowledges his great thanks to Prof. CHATTON
and M. TrEGOUBOFF of the Zoological Station (Umversity ol
Paris) at Villefranche-sur-Mer, for giving him permission to study
certain algae in this région and also for the facilites afforded to him
at the Station. Thanks are also due to the Staff of Ghardaqa bio-
logical Station for help and hospitality.
350
A.-H. NASR
REFERENCES CITED
Boerge^EN, F. (1913). The Marine Algae of the Danish West Indies, vol. I,
Copenhagen.
Dangeard, P. (1933). Traité d’Algologie, Encyclopédie Biologique, XI
Paris.
Feldmann, J. (1937). Sur le Phototropisme du Derbesia Lamourouxii, Rev.
Algol., t. IX, fasc. 2, Paris.
NASR ;. A ' H , 93 ^‘ General Study of Some Marine Algae from the Egyp-
tian Red Sea Coast, Thesis, Cairo.
TSEN ^ ° n , th T e Marine Ghlorophyceae from Hainan,
Amoy Mar. Biol. St. Bull., vol. I, n ° 5, China.
EXSICCATA
RELIQUIAE SIRODOTIANAE
Le Laboratoire de Cryptogamie du Muséum National d’Histoire
Naturelle étant entré en possession d’un grand nombre d’échantillons
d’algues d’eau douce récoltées et déterminées par S. SlRODOT, l’émi¬
nent spécialiste des Batrachospermum et des Lemanea, a estimé faire
oeuvre utile en groupant et publiant, en un volume relié in-4 u , celles
de ces espèces existant en nombre suffisant.
Ce volume, publié sous le titre de Reliquiœ Sirodotianœ,
comprend les 31 espèces ou variétés suivantes :
1. Batrachospermum moniliforme. — 2. B. moniliforme var.
chlorosum. — 3. B. moniliforme var. typicum. — 4. B. moniliforme
var. rubescens. — 3. B. moniliforme var. helminthoideum. —
6. — B. moniliforme var. scopula. — 7 .B. sporulans. — 8. B. ra¬
dians. — 9. B. corbula. — 10. B. pygmaeum. — 11. B. pyramidale.
— 12. B. Godronianum. — 13. B. anatium. — 14. 23. Dillenii. —
15. B. Dillenii var. tenuissimum. — 16. 23. Galloei. — 1 7. B. vagum.
— 18. B. vagum var. flagelliforme. — 19. B. vagum var. l^eraio-
phytum. — 20. B. vagum var. Suevorum. —21. B. coerulescens. —
22. B. viride. — 23. B. testale. — 24. B. virgatum. — 25. B. vir-
gato-Decaisneanum. — 26. Balbiana investiens. — 27. Sacheria
rigida. — 28. S. mamillosa. — 29. Lemanea annulata. — 30. L. no-
dosa. — 31. L. torulosa.
La vente de ce volume, dont le prix est fixé à 300 francs, est
confié aux soins de M me A. DE SAMOL, 30, rue du Faubourg
Saint-Jacques, à Paris, à qui les demandes devront être adressées
directement.
NÉCROLOGIE
Dr h. c., Aladâr ScHERFFEL [früher in Iglo, seit 1923 in 1 ihany,
Ungarn] tit. ord. offentlicher Professor an der Szegeder Unive/sitàt,
corresp. Mitglied der Ungarischen Akademie der Wissenschaften
starb am I. Juni 1939 im 75. Lebensjahre.
Prof Dr ScHERFFEL war ein exacter Beobachter und Forscher
der niederen Organismen der Zips; seine algologischen und mykolo-
gischen Sc'hriften enthalten, sehr viele wissenschaftliche Grundsteine.
Besonders wertvoll sind seine monographischen Studien über die
Chrysomonadineen, Phycomyceten-Parasiten, und Chytridineen.
Mehrere Arten und Généra sind nach seinem Namen benannt.
I. Gyorffy.
Szeged {Ungarn).
Imp. Wolf, Rouen
Le Gérant : P. WOLF.
TABLE DU TOME XI
ARTICLES ORIGINAUX
F. BOERGESEN. — Sur une collection d’algues marines recueillies à une
profondeur remarquable près des îles Canaries. 225
M. CHADEFAUD. — Nouvelles recherches sur l’anatomie comparée des
Eugleniens : les Péranémines . 189
J. FELDMANN. — Les algues marines de la côte des Albères. IV. Rho-
dophycées . 247
Rob. Lami. — Un nouvel Aphanothece de la Guadeloupe : Aphano-
thece Karufferae nov. sp. 221
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