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IV 1 1 ro
Nouvelle Série, Tome XIV, Fasc. 1 1979
REVUE
ALGOLOGIQUE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
1 2, RUE DE BUFFON - 75005 PARIS
Publication Trimestrielle Sorti des presses le 15 mars 1979
OUVRAGE PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
COMITÉ DE LECTURE
F. ARDRÉ, M. CHADEFAUD, A. COÛTÉ, J. FELDMANN, F.GASSE, P. GAYRAL
M.T. L’HARDY, F. MAGNE, R. MESLIN, A. SOURNIA
Copyright© 1979- Revue Algologique.
Éditeur : A. D. A. C.
Nouvelle Série, Tome XIV, Fasc. 1
frit^ro
1979
REVUE
ALGOLOGIQUE
Fondée en 1922 par P. ALLORGE et G. HAMEL
Directeurs : P. BOURRELLY et R. LAMI
Rédacteur : M. RICARD
SOMMAIRE
P. BOURRELLY. — Les Cyanophycées, algues ou bactéries?. 5
A. BATTIATO, M. CORMACI, G. FURNARI and E. LANFRANCO. -
The occurrence of Compsopogon coeruleus (Balbis) Montagne (Rho-
dophyta, Bangiophycideae) in Malta and of Compsopogon chalybeus
Kützing in an aquarium at Catania (Sicily). 11
1. AKATSUKA. — A note on the male reproductive organs of Gelidium
japonicum Okam., and Beckerella subcostata (Okam.) Kylin (Gelidia-
ceae, Rhodophyta). 17
F. C. STEPHENS and R. A. GIBSON. — Observations of loculi and asso-
ciated extracellular material in several Mastogloia (Bacillariophyceae)
species. 21
M. RICARD. Podocystis perrinensis et Podocystis guadalupensis :
Deux espèces nouvelles du genre Podocystis récoltées en Guadeloupe . 33
G. TELL. - Chlorophyceae d’eau douce rares et nouvelles de la Répu¬
blique Argentine. 39
G. DUCREUX. - Fonctionnement de l’apex et ontogenèse; essai d’ana¬
lyse ultrastructurale chez Chara vulgaris L . 49
Compte-rendu des séances de la Société Phycologique de France. — «On¬
togenèse et morphogenèse des algues». 63
OUVRAGES REÇUS POUR ANALYSE. 85
LES DIATOMEES LACUSTRES PLIO-PLEISTOCENES DU GADEB (ETHIOPIE)
SYSTEMATIQUE, PALEOECOLOGIE, BIOSTRATIGRAPHIE
par Françoise GASSE
(Ecole Normale Supérieure, 92260 Fontenay aux Roses, France)
210 pages, 62 planches, 150 références, broché.
Prix de souscription : 260 FF, parution : déc. 1979.
L’auteur étudie dans cet ouvrage les diatomées d’une séquence continentale, lacustre
puis fluvio-lacustre, de 45 m d’épaisseur, d’âge plio-pléistocène (2.7-0.7 millions d’années),
récoltées sur les hauts plateaux volcaniques d’Ethiopie (2300 m d’altitude).
La première partie est consacrée à la description de la flore : 392 taxons appartenant
à 31 genres ont été inventoriés. Cette étude taxinomique contient la description de nom¬
breux taxons nouveaux ou intéressants et s’appuie sur 62 planches photographiques réalisées
en microscopie photonique et électronique à balayage : près de 900 clichés représentant
265 taxons et leurs variations spécifiques.
Dans la deuxième partie, les associations successives des diatomées de la phase franche¬
ment lacustre (2.71-2.35 millions d’années) sont définies et interprétées. Ces associations
sont très diversifiées et leur composition floristique s’explique par l’évolution écologique
du milieu et l’âge ancien des dépôts. Des fluctuations climatiques globales paraissent, en
partie, responsables des changements écologiques enregistrés par les diatomées. L’ancienneté
de la flore se manifeste principalement dans le groupe des centriques ( Melosira, Cyclotella,
Stephanodiscus) et se traduit par l’abondance d’espèces éteintes ou d’aire biogéographique
actuellement restreinte. Leur valeur biostratigraphique est soulignée par l’analyse de leur
paléogéographie et paléostratigraphie mondiale. Certaines espèces vivant encore actuelle¬
ment présentent des caractères archaïques et l’existence de nombreuses formes intermé¬
diaires reflète une période d’intense évolution spécifique.
L’analyse des diatomées lacustres plio-pléistocènes du Gadeb est la première étude d’une
séquence épaisse, continue et très bien située dans le temps par de nombreuses datations
radiométriques. Seul, ce type d’étude permet des corrélations interrégionales et interconti¬
nentales pouvant apporter des conclusions générales sur l’évolution des milieux continen¬
taux, la paléobiogéographie et la phylogénie des diatomées. De plus, la richesse et la qualité
de l’illustration en font un important document sur la systématique et la biogéographie
des diatomées lacustres plio-pléistocènes.
LES DIATOMEES LACUSTRES PLIO-PLEISTOCENES DU GADEB (ETHIOPIE)
SYSTEMATIQUE, PALEOECOLOGIE, BIOSTRATIGRAPHIE
par Françoise GASSE
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Ce bon de réservation est destiné à préciser le nombre de personnes intéressées par
l’achat de cet ouvrage. En juillet 1979, les personnes ayant renvoyé ce bon recevront un
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PLIO-PLEISTOCENE LACUSTRINE DIATOMS FROM THE GADEB (ETHIOPIA)
SYSTEMATIC, PALEOECOLOGY, BIOSTRATIGRAPHY
by Françoise GASSE
(Ecole Normale Supérieure, 92260 Fontenay aux Roses, France)
210 pages, 62 plates, 150 references, bound.
Subscription price : 260 FF, issue on Dec. 1979.
In this paper, the author présents the diatom study of a continental (lacustrine and
fluvio-lacustrine) sequence of 45 m thick and dated from 2.7 to 0.7 million years. The
geographical and geological setting of the sédiments, taken from the volcanic uplands
(2300-2350 m in élévation) of Ethiopia, is briefly described in the introduction.
The first part is relative to the systematical study of the rich diatom flora : 392 taxa
belonging to 31 généra. This taxonomical chapter is based on 62 photographie plates in
photonic (28 plates) and scanning microscopy (34 plates). 265 of the taxa are represented,
taking into account their spécifie variations.
In the second part, the successive diatom assemblages of the entire typical lacustrine
phase (2.71-2.35 million years) are defined and interpreted. Their floristic composition
dépends on the ecological évolution of the biotope and on the Plio-Pleistocene âge of the
deposits. Ecological changes deduced from the diatom flora seem to be partly due to global
climatic fluctuations. The âge of the flora appears clearly through the Centric diatoms
(Melosira, Cyclotella, Stephanodiscus). It is registered by the abundance of species now
extinct or with today restricted biogeographical area. The study of their paleogeographical
distribution and their stratigraphical range throughout the world indicates they are excellent
biostratigraphical markers. Many species présent transitional forms indicating that the
Plio-Pleistocene was a period of intensive spécifie évolution.
The analysis of the plio-pleistocene lacustrine diatoms of the Gadeb represents the first
diatom study on a thick and continuous continental sequence set within a radiometrically
dated time scale. Only this type of study allows interregional and intercontinental corréla¬
tions and will lead to general conclusions concerning the ecological évolution of the conti¬
nents, the paleobiogeography and the phylogeny of the diatoms. The numerous illustrations
make this an important work for the systematic and the biostratigraphy of the plio-pleisto¬
cene lacustrine diatoms.
PLIO-PLEISTOCENE LACUSTRINE DIATOMS FROM THE GADEB (ETHIOPIA)
SYSTEMATIC, PALEOECOLOGY, BIOSTRATIGRAPHY
par Françoise GASSE
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LES CYANOPHYCEES, ALGUES OU BACTERIES ?
P. BOURRELLY*
RESUME. Les bactériologistes ont décrété que procaryotes et bactéries sont des termes
synonymes. De ce fait, les cyanophycées devraient obéir aux règles de la nomenclature
bactérienne fondée uniquement sur les cultures axéniques. Une telle décision unilatérale
rendrait impossible toute étude écologique sur le terrain. Le code de nomenclature botani¬
que, plus souple, doit être conservé pour tous les organismes chlorophylliens.
ABSTRACT. Bacteriologists hâve decreed that procaryots and bacteria were two syno-
nymous terms. This fact would imply that cyanophyceae would hâve to be bound by the
rules of the bacterial nomenclature, only based on axenic cultures. Such an unilatéral
decision would make impossible any ecological study. The international code of botanical
nomenclature is the best adapted code to the study of the organisms with chlorophyll and,
consequently, must be maintained.
Les bactériologistes ayant déclaré la «guerre-éclair» aux botanistes, la voici
maintenant suivie d’annexion de territoire, celui des Algues Bleues ou Cyanophy¬
cées. On aimerait leur donner le nom de Cyanobacteria et les passer «manu
militari» dans le domaine de la bactériologie (STAN1ER et COHEN-BAZIRE,
1977 et STANIER et ai, 1978). Elles seraient alors régies, à dater du 1er janvier
1980, par le Code International de Nomenclature des Bactéries. Il semblerait
de bonne courtoisie scientifique que les botanistes qui étudient les Cyanophy¬
cées soient consultés et ne se trouvent pas, du fait de cette omission, devant
un «diktat».
Voici le raisonnement sur lequel se fondent certains bactériologistes pour
justifier ce coup de force : «the organisms traditionally defined as bacteria
are extraordinarily diverse : their only unifying character is the prokaryotic
structure of the cell. Hence it is not possible to formulate a satisfactory defini-
* Laboratoire de Cryptogamie, Muséum National d’Histoire Naturelle, 12 rue de Buffon,
75005 Paris. - L.A. n° 257 (C.N.R.S.).
Rev. Algol., N. S., 1979, XIV, 1 : 5-9.
Source ; MNHN, Paris
P. BOURRELLY
tion of this major biological assemblage, which excludes the Cyanobacteria»
(STANIER et COHEN-BAZIRE, 1977). Sous une forme concise, STANIER et
al., posent le postulat : « bacterium and procaryote are synonymous terms».
Les Cyanophycées sont des procaryotes, mais ces organismes présentent de
la chlorophylle a, des biliprotéines portées sur les thylacoïdes et de la cyano-
phycine. Tous les végétaux ont eux aussi de la chlorophylle a et on peut dire
que «les organismes traditionnellement définis comme végétaux sont extrême¬
ment divers et le seul caractère qui les unit est la présence de la chlorophylle a.
De ce fait il n’est pas possible de donner une définition satisfaisante de cet
important ensemble si on en exclut les Cyanophycées». Ceci montre, une fois de
plus, l’unité du monde vivant et la difficulté de découper ce tissu, parfois conti¬
nu, en tranches systématiques.
Pour les botanistes c’est l’équipement chlorophyllien qui caractérise et isole
les végétaux, tandis que la présence des pigments biliprotéiques est un attribut
des algues qui se retrouve, entre autres, chez les Rhodophycées et les Crypto-
phycées. De plus nous observons, chez les Cyanophycées, des structures infini¬
ment plus complexes que chez les Bactéries : structure cladomienne par exemple
chez Stigonema, comparable aux cladomes connus dans diverses classes d’Algues
eucaryotes. Il est utile de rappeler que pour CHADEFAUD (1960) tous les Pro¬
caryotes sont des végétaux car : «1°) leurs cellules ont une paroi glucidique ou
gluco-protéidique plus ou moins distincte. 2°) surtout, elles sont totalement
incapables d’ingérer des aliments solides».
Ce même auteur émet l’hypothèse que «l’embranchement des Cyanoschizo-
phytes semble être le plus primitif. Celui des Bactéries en serait dérivé par une
évolution complexe, à la fois régressive et progressive...»
Mais tout ceci n’est qu’une affaire de mots, de terminologie qui n’a pas grande
importance. Ce qui compte c’est d’étudier les Cyanophycées et de bâtir (ou
essayer de bâtir) une classification naturelle qui ne consiste pas simplement
à donner un numéro d’identification ou un nom de baptême à un organisme,
mais qui suive et retrace la marche de l’évolution.
La systématique algologique n’est pas parfaite, mais elle essaie d’être phylo¬
génétique; par contre celle des Bactéries, telle qu’elle apparaît dans le Manuel
de BERGEY n’est qu’une technique pratique de nomenclature.
Les algologues se sont toujours réjouis de voir les bactériologistes cultiver
et étudier les Cyanophycées et apporter ainsi leur expérience et leur contribution
à la tâche commune. Cependant, ils ne peuvent accepter de voir les Algues
Bleues quitter la Botanique pour tomber sous les Lois du Code Bactérien.
Le Code International de Nomenclature Botanique est fondé sur la typifica¬
tion : la création d’un nouveau taxon végétal repose sur un échantillon d’herbier,
ou pour les algues sur une description latine accompagnée d’une ou plusieurs
figures ou photographies. Le Code International des Bactéries se fonde unique¬
ment sur une culture axénique, dûment déposée et conservée. Nous savons tous
que les milieux de culture placent les Algues dans des conditions très différentes
de celles de la nature et qu’elles réagissent parfois en montrant un polymorphis-
LES CYANOPHYCEES, ALGUES OU BACTERIES?
me extrême et que souvent leur morphologie et leur structure sont si modifiées
qu’elles sont méconnaissables.
La règle d’or que j’indique à mes élèves est la suivante : «donnez d’abord
un nom à l’algue que vous trouvez dans la nature, puis cultivez-la et étudiez
les modifications ou les monstruosités que feront apparaître les cultures.» Et
ce sont ces monstruosités, fruits du biotope inconfortable qu’est le milieu de
culture, qui deviendraient alors, si l’on suit les bactériologistes, le type, l’étalon
du genre et de l’espèce !
Et que faire des nombreuses Cyanophycées qui refusent absolument de
croître en tube et en milieu artificiel? les rejeter comme inadaptables et rebelles?
En attendant la mise en culture des très nombreuses espèces non cultivées que
fera-t-on? Censurera-t-on tous les ouvrages qui, de VAUCHER à GEITLER, se
sont permis de décrire des Cyanophytes dans la nature et d’étudier leur compor¬
tement écologique? Rejettera-t-on ces espèces dans les ténèbres extérieures des
incertae sedis et des nomine dubia ?
Ne serait-il pas plus simple que les bactériologistes donnent un nom à leurs
«Cyanobactéries» suivant la méthode classique et avec l’aide des ouvrages
existants, et ceci avant de les cultiver. Cette méthode est simple et certainement
plus rapide que les techniques d’isolement axénique. C’est ce qu’ont toujours
fait les algologues cultivant les algues.
Remarquons que CHODAT (1909) complète la description des algues qu’il
cultive en culture axénique, par l’aspect des colonies sur agar, leur couleur,
leur forme : il donne deux belles planches en couleur, grandeur naturelle, de
cultures âgées de 6 mois.
Actuellement BOLD (1970) et ses élèves (voir par exemple BAKER et BOLD,
1970), dans leurs travaux, utilisent eux aussi les caractères macroscopiques des
cultures et les indiquent dans la diagnose latine de leurs nouvelles espèces, qu’il
s’agisse de Chlorophycées ou de Cyanophycées des sols. Il n’y a là aucune infrac¬
tion au Code de Nomenclature Botanique, bien au contraire, puisque la diagnose
y gagne en précision.
J’ai été très surpris de lire chez STANIER et COHEN-BAZ1RE «However,
the existing descriptive taxonomy of the Cyanobacteria which has grown up
over the course of almost 150 years, coupled with the nomenclatural rules of
the Botanical Code is a major obstacle to the development of a modem taxono¬
mie treatment». J’avoue ne pas comprendre en quoi le Code de Botanique
a pu avoir une action néfaste et entraver les progrès de la taxinomie. Je crois,
au contraire, que l’introduction des «points de départ systématiques» («Starting
point») est une mesure excellente qui permet d’éviter les changements intempes¬
tifs de nom par recherche de priorité historique. Pour les Cyanophycées Nosto-
cales la monographie des ' Oscillariées de GOMONT (1892-1893) et celle de
BORNET et FLAHAULT, «Révision des Nostocacées hétérocystées» (1868-
1889) sont des limitations heureuses du principe de priorité. Je regrette seule¬
ment qu’aucun ouvrage n’ait été retenu pour les Chroococcales, cela aurait
évité bien des confusions et bien des querelles.
P. BOURRELLY
J’ajouterai avec GOLUBIC (sous presse) que l’adoption du Code de Bactério¬
logie sonnerait la mort des recherches écologiques et que l’étude des Cyanophy-
cées ne serait plus une étude de la Nature, mais deviendrait «the ivory towers
and steril quatern of domesticated microorganisms». Le même auteur précise
avec justesse que «the code of nomenclature is a necessary legalistic procedure
which has the sole purpose to facilitate research and communication between
researchers».
Mais je dirai que le Code est un outil, et non une chaîne. Le Code Botanique,
plus large, plus ouvert que celui de Bactériologie n’apporte que des contraintes
légères, acceptables même pour un «Cyanophile».
En conclusion, en tant que botaniste s’intéressant aux Algues Bleues, je pense
que le «GEITLER» (1932) est un ouvrage plus utile dans ce domaine que le
«BERGEY’s Manual», quoique les Cyanophycées soient des Procaryotes; je crois
aussi que les botanistes ont tout à gagner de voir les bactériologistes se mettre
à l’étude des Algues Bleues, et que les bactériologistes feraient bien, à leur tour,
d’utiliser les travaux, même anciens, pour nommer avec précision les «Cyano-
bactéries».
Je suis parfaitement d’accord pour accepter avec CHADEFAUD, un règne
des Procaryotes avec deux embranchements : Bacteria et Cyanophyta. Cepen¬
dant ces dernières, caractérisées par la chlorophylle a, les phycobilines, les granu¬
les de cyanophycine (et parfois les hétérocystes) doivent être séparées des
bactéries photosynthétiques non productrices d’oxygène. Quant à leur nomen¬
clature, le Code Botanique me semble à la fois plus simple, moins contraignant
et plus ouvert que celui de Bactériologie.
Faire table rase du passé, ignorer volontairement les travaux de nos prédé¬
cesseurs est pour moi une attitude stérilisante et non scientifique.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
BOLD, H. C., 1970 — Some aspects of the taxonomy of soil algae. Ann. New-York Acad.
Sc., 175 (2) : 601-616.
BAKER, A. F. et BOLD, H. C., 1970 — Taxonomie studies in the Oscillatoriaceae. Univ.
Texaspubl., 7004, 105 p.
BORNET, E. et FLAHAULT, C., 1886-1888 — Révision des Nostocacées hétérocystées.
Ann. Sc. Nat. 7° sér. Bot. I : 323-380; IV : 343-373; V : 51-129; VII : 177-262.
BUCHANAN, R. E. et GIBBONS, N. E. (ed.), 1974 — Bergey’s manual of determinative
bacteriology. Williams et Wilkins, Baltimore, 1268 p.
CHADEFAUD, M., I960 — Les végétaux non vasculaires (Cryptogamie) in Traité de Botani¬
que systématique, I, par CHADEFAUD, M. et EMBERGER, L. Masson éd., 1018 p.
CHODAT, R., 1909 —Etude critique et expérimentale sur le polymorphisme des algues.
Mém. Jubilé Univ. Genève, 165 p. 4- 23 pl.
GEITLER, L., 1932 — Cyanophyceae in Rabenhorst’s Kryptogamenflora , 14, Akad. Verlag.
Leipzig, 1196 p.
LES CYANOPHYCEES, ALGUES OU BACTERIES?
GOLUBIC, S. (sous presse) — Cyanobacteria (blue-green algae) under the bacteriological
code ? an ecological objection.
GOMONT, M., 1892-1893 — Monographie des Oscillariées (Nostocacées homocystées).
Masson éd., 302 p. +16 pl.
LAPAGE, S. P., SNEATH, H. A., LESSEL, E. F., SKERMAN, V. D. B., SEELIGER, H. P.
R. et CLARK, W. A. (ed.), 1975 — International Code of Nomenclature of Bacteria.
Amer. Soc. Microbiology, Washington, 180 p.
STAFLEU, F. A., BONNER, C. E. B., Mc VAUGH, R., MEIKLE, R. D., ROLLINS, R. C.,
ROFF, R., SCHOPS, J. M., SCHULZE, G. M., de VILMORIN, R. et VOSS, E. G., 1972
— International Code of Botanical Nomenclature. A. Oosthoeck, Utrecht, 200 p.
STANIER, R. Y. et COHEN-BAZIRE, G., 1977 - Phototrophic prokaryotes : The Cyano¬
bacteria. Ann. Rev. Microbiol., 31 : 225-274.
STANIER, R. Y., SISTROM, W. R., HANSEN, A., WHITTON, B. A., CASTENHOLZ, R.
W., PFENNIG, N., GORLENKO, V. N., KONDRATIEVA, E. N., EMHJELLEN, K. E.,
WHITTENBURY, R., GHERNA, R. L. et TRÜPER, H. G., 1978 - Proposai to the no¬
menclature of the Cyanobacteria (Blue-Green Algae) under the rules of the International
Code of Nomenclature of Bacteria. Intern. J. System. Bacteriol., 28 : 335-336.
Source : MNHN, Paris
11
The occurrence of Compsopogon coeruleus (Balbis) Montagne
(Rhodophyta, Bangiophycideae) in Malta and of
Compsopogon chalybeus Kützing in an aquarium at Catania (Sicily)
A. BATTIATO*, M. CORMACI*, G. FURNAR1 * and E. LANFRANCO**
SUMMARY. — The authors report the discovery of Compsopogon coeruleus (Balbis) Mon¬
tagne from a freshwater canal in Malta (central Mediterranean) and of C. chalybeus Kützing
from a tropical aquarium at Catania (Sicily). The stages in germination of the monospores
of the latter species are described. Some information on the geographical distribution of
the two species is also given.
RESUME. — Les auteurs signalent la présence de Compsopogon coeruleus (Balbis) Montagne
dans un canal des eaux douces à Malte, et de C. chalybeus Kützing dans un aquarium
tropical à Catane (Sicile). Les auteurs ont étudié la germination des monospores de C.
chalybeus. Enfin sont données des informations sur la distribution géographique des deux
espèces.
In July 1977, in a freshwater canal at Marsa (Malta), one of the authors
met with a dark green, intricately branched alga. The largest specimens were
about 20 cm long and about 1-2 mm in diameter in the older portions, branching
irregularly and hollow in the older parts. The alga was rather plentiful at a depth
of a few centimeters along the sides of the canal attached to concrète.
The dominant végétation in the site where this alga was found included a
species of Zannichellia (which could not be identified since it was stérile) as the
main submerged type, while Paspalum paspaloides (Michx.) Scribn. and Apium
nodiflorum (L.) Lag. were the dominant emergents. The dominant macrofauna
consisted of the gastropods Planorbis cf. corneus L. and Physa acuta melitensis
Mamo; the anuran Discoglossus pictus Otth. and u'nidentified dragonfly nymphs
(Odonata). The canal harbouring this community eventually joins up with ano-
ther canal with water of high salinity with a végétation consisting mainly of
* Istituto di Botanica dell’Università di Catania, via A. Longo 19, 95125 Catania.
** 3, New Street, Sliema, Malta.
Rev. Algol., N. S., 1979, XIV, 1 :11-16.
Source : MNHN, Paris
12
A. BATTIATO, M. CORMACI, G. FURNARI and E. LANFRANCO
Typha latifolia L. and Scirpus maritimus L. This type of végétation is eventually
replaced by a population consisting of Ulva and Enteromorpha spp. doser to
the sea.
These canals and their environs are in a highly urbanized and ecologically
unstable area. It is signifïcant that two of the dominating species mentioned,
Paspalum paspaloides and Planorbis cf. corneus are aliens. The area is conti-
nuously undergoing transformation. In fact when one of the authors visited the
site a few weeks after the original fïnding in order to collect water samples,
it was found that the canal harbouring the alga under study had been drained.
It is highly improbable that this species will reappear.
The samples collected after being studied in the laboratory proved to be
of particular interest since they were found to belong to the genus Compso¬
pogon .
According to KRISHNAMURTHY (1962) the genus Compsopogon Montagne
includes nine species ail living in fresh or brackish waters in the warm régions
of the world.
This genus which together with Compsopogonopsis Krishnamurthy constitu-
tes the order Compsopogonales has only rarely been recorded from Europe.
In 1840, C. corinaldii (Meneghini) Kützing was recorded from a locality near
Pisa (Italy) (DE TONI, 1897); this was never found again since the original
discovery. The first record for France dates to 1883 (as reported in BOILLOT,
1958) and subsequently to 1957 (BOILLOT, op. cit.). In England WEISS and
MURRAY (1909) record the presence of C. leptoclados Montagne in the Red-
dish canal at Manchester. This reference has been corrected to C. coeruleus
by KRISHNAMURTHY (op. cit.).
More recently FRIEDRICH (1966) gives the first record of a Compsopogon
from Germany (C. hookeri Montagne) while ZANEVELD et al. (1976) report
an infestation by C. coeruleus in an aquarium in Prague.
The maltese specimens hâve stipes with a single uniseriate axial filament.
Examination of the superficial layers by means of the light microscope reveals
a cortex (Pl. I, fïg. 1) which is well developed in the older portions but absent
from the terminal régions where the individual cells making up the axial filament
assume a lenticular shape and retain the ability to divide transversally. Thus
a type of growth which is both apical and intercalary occurs simultaneously.
In the transverse section (Pl. I, figs. 2 and 4) of the older portions of the
thallus, a large central cavity, which in the younger portions is occupied by an
axial cell (Pl. I, fig. 3), can be seen. This cavity is surrounded by a layer of
large, slightly ovoid cortical cells (45 Mm x 80 Mm and by a layer, external to
this, made up of small cortical cells, some of which, in the older parts of the
main axis and of the branches, separate respectively one sporocyst of a roundish
shape with an average diameter of 20 Mm (Pl. I, fig. 2). On the basis of the va-
rious characteristics observed in these specimens, the habit (Pl. I, fig. 5), the
dimensions of the basal area and of the monospores, the anatomy and structure
of the thallus, it was concluded that the species is C. coeruleus (Balbis) Monta-
COMPSOPOGON COERULEUS AND COMPSOPOGON CHALYBEUS
13
gne.
This species which was fîrst recorded from Algeria seems to be the most wide-
spread of ail the species of Compsopogon. Various records corne from North
and Central America and from Asia (as reported in KR1SHNAMURTHY, op.
cit.). In Europe only three previous records are known. The first dates back to
1909 when WEISS and MURRAY, as noted above, record this species erroneous-
ly as C. leptoclados Montagne from the Reddish canal at Manchester. This
locality represents the northernmost limit of this species. The second finding
occurred in France in 1957 (BOILLOT, op. cit.). The third record is that of
ZANEVELD et al. (op. cit.) who, as noted above, record this species from
an aquarium in Prague.
The finding of C. coeruleus in Malta represents the first record of this species
from this Mediterranean island as well as the southernmost of the European
records.
While the study of the Maltese specimens was in progress, Sig. Del Zoppo
of Catania reported an algal infestation in his tropical aquarium to the authors.
Samples of this alga epiphytic on various ornemental plants in the aquarium
were collected and studied microscopically and proved to belong to the genus
Compsopogon.
The dark green sparsely branched thalli, with arcuate lower branches (Pl. II,
fig. 6) are attached to their substratum by means of a basal dise of variable
dimensions which, however, does not exceed 400 jUm in diameter. The basal
dise gives rise to between two and four (rarely one) erect filaments which do
not exceed 4-5 cm in length having a diameter of some 180-200/im in the older
parts.
A surface view (Pl. II, fig. 7) of the main filaments as well as the branches
displays an ample cortication of isodiametric polygonal cells. The subapical
cells lack cortication and therefore constitute a uniseriate filament of lenticular
axial cells with dimensions of 10-15 pm x 20-30 pm.
The transverse section (Pl. II, fig.8) of the middle and older parts of the thal-
lus reveals the axial cells surrounded by a single layer of cortical cells. In longitu¬
dinal section (Pl. Il, fig. 9) it is possible to observe that the axial cells persist
even the older parts of the thallus.
Nearly ail the specimens carry monosporocysts, most abundantly in the
middle régions. These are separated from the cortical cells by an oblique-concave
division (Pl. II, fig. 10).
On the strength of the characters encountered in the numerous thalli exami-
ned, we conclude that the alga is C. chalybeus Kützing even if the dimensions
of the basal dise are considerably higher than those usually given for this species.
C. chalybeus is recorded only from running waters in the French Guiana
and according to KRISHNAMURTHY (op. cit.) its range is possibly limited
to the site where it was originally collected.
14
A. BATTIATO, M. CORMACI, G. FURNARI and E. LANFRANCO
The abundant production of monosporocysts gave us the opportunity to
carry out observations on the germination of the monospores and the develop-
mental stages leading ultimately to the formation of the erect part of the thallus.
Soon after libération the monospore adhères to the substrate and, after
undergoing slight enlargement, starts to divide. In the early phase of germination
a three-celled stage is obtained following two anticlinal divisions (Pl. II, fig. 11).
The middle cell of this stage, representing the rémanent of the germinated mono¬
spore, is larger than the two laterals. This cell remains undivided while each
of the laterals undergoes a further anticlinal division. Thus a creeping five-celled
filament is obtained in which the central cell remains distinct (Pl. II, fig. 11).
On reaching this stage the central cell begins to elongate upwards and by means
of a number of periclinal divisions gives origin to an erect filament (Pl. II,
fïgs. 12, 13 and 14). Ail the other cells of the creeping filament continue to
divide variously by anticlinal divisions to form the basal dise (Pl. II, figs. 13
and 14); moreover some of these cells will undergo an upward élongation and
by means of periclinal divisions form other erect filaments, resulting, when
development is completed, in a caespitose habit.
The type of development described here takes place according to the séquen¬
ce common to ail caespitose species of Compsopogon as already observed
by KRISHNAMURTHY (1953, 1957, 1962).
ACKNOWLEDGEMENTS
We are grateful to Prof. P. Bourrelly for generously giving us valuable advice.
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Plate I. Fig. 1 : C. coeruleus : detail of cortication in the middle régions of the thallus.
Fig. 2 : Transverse section of an old portion of the thallus. Fig. 3 : Axial cells in the
middle région of the thallus seen in surface view. Fig. 4 : Detail of cortication in trans¬
verse section. Fig. 5 : Habit.
Source : MNHN, Paris
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Plate II. - Fig. 6 :C. chalybeus : habit of young thallus. Fig. 7 : Detail of cortication.
Fig. 8 : Transverse section of an old portion of the thallus. Fig. 9 : Longitudinal section
of an old part of the thallus. Fig. 10 : Monosporocysts. Figs. 11, 12, 13, 14 - Stages
in germination of monospores; for description see text.
Source. MNHN, Paris
17
A note on the male reproductive organs of
Gelidium japonicum Okam.,
and Beckerella subcostata (Okam.) Kylin (Gelidiaceae, Rhodophyta)
Isamu AKATSUKA*
RESUME. Cet article est consacré à l’étude de l’organe mâle de reproduction de deux
Gélidiacées : Gelidium japonicum Okam. et Beckerella subcostata (Okam.) Kylin.
ABSTRACT. Présent note deals with the male reproductive organs of two Gelidiaceae :
Gelidium japonicum Okam. et Beckerella subcostata (Okam.) Kylin.
Male reproductive organ and its development of some Japanese members of
the Gelidiales had been already reported by présent author (1970b, 1973a).
Présent note concerns on the male organ of Gelidium japonicum Okam. and
Beckerella subcostata (Okam.) Kylin of the Gelidiaceae. These two species
are common in Japan, remained as unknown on male thallus.
Tissue sections were made with the aid of freezing microtome and stained
with two sorts of dyes which were toluidine blue O (TB) and aniline blue. In
these dyes TB exhibited excellent stain, because the shape of each cell was more
clarified than that stained with aniline blue, owing to metachromatic staining
by sulfate ester groups which are contained in intercellular mucilage of tissue.
Following description based on the material preserved in 5% formalin.
OBSERVATIONS
Gelidium japonicum gave many male plants at O’Kubo Hama of Miyake-
zima island of Tokyo Préfecture in July 30, 1974. The male plants measured
30-85 mm in height and 2.5-4.0 mm in maximum width, and presented similar
* Department of Natural History, Faculty of Science, Tokyo Metropolitan University,
Fukazawa, Setagaya, Tokyo 158, Japan.
Rev. Algol., N. S., 1979, XIV, 1 :17-20.
Source : MNHN, Paris
18
Isamu A K ATS UK A
appearance to those of tetrasporic or cystocarpic condition. Therefore the male
thalli of the species were difficult to distinguish from that under the aforemen-
tioned two conditions. Especially male fertile ramuli closely resemble the tetra-
sporangial one in external appearance and to fade in color. The male ramuli
reached up to 1.5 mm in length and 150-250/im in maximum width. These
ramuli crowded on the terminal part of main and latéral axis of végétative condi¬
tion, because the ramuli branched flourishingly in pinnate manner perpendicular-
ly to distal axis. The male ramuli revealed the sharpened terminal which was
found in no tetrasporic thalli. Completely fertile area of the male ramuli were
constricted in the middle of the ramuli. The male fertile area was not recognized
on main and latéral axis. The size of antheridia and their mother cells were
10-15/im in length to 7-10/im in width, and 15-20 x 7-10 /im, respectively
(Figs. 1,2,4).
Beckerella subcostata male plants were found at Miyike Hama of Miyake-
zima island of Tokyo in July 31, 1974. The male plants resemble those of tetra¬
sporic or cystocarpic condition in external appearance. Therefore the male
thalli of the species were difficult to distinguish from those under the former
two conditions. But the following description on the size and shape of male
ramuli offers information for identification of the male plants. The male ramuli
had the sharpened terminal which was presented no observations in tetrasporic
plants, and gave fïliform appearance with unaided eyes measuring up to 3 mm
in length and 25-35 mm in maximum width. Usually the male ramuli specially
develop out from the terminal of végétative ones, having extreme constriction
between both ramuli. Axil of the végétative ramuli, of which terminal developed
the male ramuli, were round, often extremely so owing to Crossing to their
proximal axis. The ramification of the male ramuli took a pinnate manner
with oblique position, or an unbranched single manner. Male fertile patches
found also on the branchlets from which the male ramuli developed, but not
on the main axis and the latéral branches of lower order.
The size of antheridia gave 10-15 x 6-11 /im in length to width, and their
mother cells measured 15-27 x 6-11 /im in length to width, respectively (Figs. 3,
5). Possible process of antheridia formation of présent two species is fundamen-
tally agreed with that of the other taxa in the Gelidiales which were already
reported by présent author (AKATSUKA, 1970b, 1973a). With présent des¬
cription almost ail the common species of the Gelidiales in Japan offered the
information on their male reproductive organs. Generally, Japanese gelidia-
ceous algae fundamentally hâve the same process in the formation of the male
reproductive cells.
Figs. 1-3. - Transverse view of male fertile ramuli. Scales, 10 /im. Fig. 1 : Gelidium japoni-
cum showing male reproductive cells, and végétative ones which stand on part of wing.
Fig. 2 :G. japonicum showing antheridia (An) and their mother cells (AM). Fig. 3 :
Beckerella subcostata showing antheridia (An) and their mother cells (AM).
GELIDIUM JAPONICUM AND BECKERELLA SUBCOSTATA
19
Source : MNHN, Paris
20
Isamu AKATSUKA
Figs. 4-5. — Surface view of male fertile area. Fig. 4 -.Gelidium japonicum showing male
reproductive cells (M) and végétative others. x 2800 Fig. 5 : Beckerella subcostata
showing male reproductive cells. x 2800.
On the visit for présent collection, the male plants were rare in B. subcostata,
but not in G. japonicum. This suggests that fruiting season of male reproductive
organ of B. subcostata somewhat differs from that of G. japonicum in the area
around Miyake-zima island. To elucidate the fruiting season of the male thalli,
further visits on the other months are required.
ACKNOWLEDGMENTS
This work was supported in part by a Grant in Aid for Developmental Scientific Re¬
search from the Ministry of Education. I thank Professor Hideo Kasaki of Tokyo Metropo¬
litan University for the facilities that were made available in his laboratory.
REFERENCES
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Okam., and Gelidium pusillum (Stackh.) Le Jol. Bull. Jap. Soc. Phycol. 18 (3) : 112-115.
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J. Jap. Bot. 48 (2) : 52-54.
21
OBSERVATIONS OF LOCULI
AND ASSOCIATED EXTRACELLULAR MATERIAL
IN SEVERAL MASTOGLOIA (BACILLARIOPHYCEAE) SPECIES
F. Carol STEPHENS and Robert A. GIBSON *
SUMMARY. - Eleven species of the diatom genus Mastogloia collected as epiphytes from
the Indian River, Florida (U.S.A.) were studied using transmitted light and scanning électron
microscopy. Attention was focuscd on the loculi and their external pores in M. angulata,
M. binotata, M. cribrosa, M. erythraea, M. hustedtii, M. lanceolata, M. ovalis, M. cf. pisci-
culus, M. pumila, M. pusilla and M. schmidtii. Extracellular material was also studied in rela¬
tion to the locular pores in eight of these species.
RESUME. — Onze espèces de diatomées du genre Mastogloia, epiphytes de Halodule wrigh-
tii, provenant de l’Indian River, Florida (U.S.A.), ont été observées au microscope photoni¬
que et au microscope électronique à balayage. Les locules et leurs pores extérieurs ont été
plus particulièrement étudiés chez M. angulata, M. binotata, M. cribrosa, M. erythraea, M.
hustedtii, M. lanceolata, M. ovalis, M. cf. pisciculus, M. pumila, M. pusilla et M. schmidtii.
Chez huit de ces espèces, les matériaux extracellulaires ont été étudiés en relation avec les
pores loculaires externes.
INTRODUCTION
The genus Mastogloia was constructed by THWAITES based on the character
of the frond in M. danseii (THWAITES in SMITH, 1856). SMITH (1856) also
described the most characteristic feature of the frustule, the chambers attached
to the intercalary bands, which he termed loculi. Other workers hâve described
the relationship between these two characteristics and hâve used the structure
and arrangement of the loculi as definitive taxonomie characters.
STOERMER et al. (1964), in a transmission électron microscopy study
(TEM) of M. grevillei W. Sm., described not only the character of the frustule
but that of the cytoplasm as well. That study also confirmed earlier observations
of minute puncta on the walls of the loculi and external locular pores in a Mas¬
togloia species.
* Harbor Branch Foundation, Inc., Ft. Pierce, Florida 33450, U.S.A.
Rev. Algol., N. S., 1979, XIV, 1 : 21-32.
Source : MNHN, Paris
22
F. Carol STEPHENS and Robert A. GIBSON
RICARD (1975) studied nine species of the genus using scanning électron
microscopy (SEM). That study showed the relationship between loculi and
external pores of the intercalary band as well as other features of the locular
bands and valve faces.
It is the aim of this paper to add to the knowledge concerning the silicious
structure of the loculi in eleven Mastogloia species. Also, observations of extra¬
cellular material were made to elucidate its relationship to the loculi.
METHODS
Halodule wrightii Aschers is an ubiquitous seagrass in the Indian River. The
Indian River is a long, narrow (253 x 9 km) bar-built estuary on the east coast
of Florida (U.S.A.). Collections of the seagrass were made from several localities
in this estuary.
Growth of attached diatoms scraped from the grass were divided into three
fractions. One fraction was oxidized with 30% hydrogen peroxide and washed
well with boiling glass distilled water for the study of internai valve features
and species identifications. This material was dried onto coverglasses, some of
which were glued to métal stubs with Electrodag for SEM study and some of
which were mounted on glass slides with Hyrax for identification via the light
microscope. Another fraction was fixed in 5% glutaraldehyde, critical point
dried, affixed to coverglasses with polyvinyl acetate glue, and the coverglasses
mounted on métal stubs with Electrodag for SEM study of extracellular sécré¬
tions. These samples were coated with gold-palladium, viewed and photographed
using a Zeiss Novascan 30 scanning électron microscope. The remaining fraction
was placed into a Sedgwick-Rafter chamber for observations of living material.
Light micrographs were taken using a Zeiss Universal microscope equipped with
phase contrast optics.
Hyrax mounted material was compared with named species deposited in the
Diatom Herbarium of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia. Slides
for reference specimens are listed in Table 1.
RESULTS AND DISCUSSION
William SMITH (1856) first called attention to the most distinguishing featu-
re of the genus Mastogloia, the presence of an annulate structure (= intercalary
band) with canaliculi. He noted that the canaliculi take the form of loculi
(loculus, m. sing., meaning «little place, satchel, purse»). These are formed
differently from those of the genus Surirella, i. e. not being connected to the
valve, but to the annulus projecting as a septum into the body of the frustule.
He also noted that each loculus appeared empty when mounted in balsam.
In mature cells there are two locular bands présent, one attached to the
intercalary band of each valve. The loculi are complété chambers being enclosed
on ail sides (Fig. 1) and, as STOERMER et al. (1964) hâve shown, form discrète
LOCULI AND EXTRACELLULAR MATERIAL IN MASTOGLOIA
23
TABLEAU 1 : Species vérifications
lndian River Mastogloia species
Comparative material (Academy of
Natural Sciences of Philadelphia)
M. angulata Lewis
M. cribrosa Grun.
M. erythraea Grun.
M. hustedtii Meist.
M. lanceolata Thw.
M. ovalis A. S.
M. binotata (Grun.) Cl.
M. cf .pisciculus Cl.
M. pumila (Grun.) Cl.
Febiger #5134 & #5135;Tempère &
Peragallo 2nd edit. #268
H. L. Smith #69
Rabenhorst # 1403
Tempère & Peragallo 2nd edit. #268
Shulze #96a
Cleve & Môller # 206
None available
Not verified
M. pusilla (Grun.) Cl.
M. schmidtii (Grun.) Cl.
Gen. Coll. #8372, #51549a, #52304a,
#63000a
Cleve & Môller #206; Gen. Coll. #6289a,
# 48620a
None available
units of the band (Figs. 2, 3).
The number, shape, size and ornamentation of the loculi are important
features used in most taxonomie keys (e. g. HUSTEDT, 1933). Loculi may be
few in number as in M. binotata (Fig. 4) or more numerous as in M. ovalis,
M. hustedtii, M. angulata, M. erythraea, M. schmidtii (Figs. 5-9). They may be
equal in size (Fig. 5) or variable (Figs. 6-9). The loculi may gradually decrease
in size toward valve apices (Fig. 6), be larger in the center of the bands (Fig. 7),
be larger between the center and ends of the bands (Fig. 8), or the largest loculi
may be situated in one end of the valve with smaller loculi extending to the
opposite apex (Fig. 9).
SMITH (1856) noted that the loculi connect with the cell exterior via fora-
mina {foramen , n. sing.). STOERMER et al. (1964) showed that the loculi of
M. grevïllei are connected to the cell exterior by tubes located some distance
from the parent loculi. In 1975, RICARD also showed the presence of foramina
which he termed «pore loculaire». The species in our study show that external
locular pores of somewhat elliptical valves penetrate the intercalary band oppo¬
site their respective loculi (Figs. 4, 5), whereas those of lanceolate valves are
displaced toward the valve apices (Figs. 7, 9).
Locular surfaces may be structured in several ways. VOIGT (1942) men-
tioned very fine transverse striation on the surface of the large loculi of M.
angulata. STOERMER et al. (1964) showed this type of Fine punctation on the
walls of the loculi in M. grevillei. We hâve found that such minute pores or
puncta [punctum [-a) loculare (- ia) n.) may form no particular pattern, as on
the large locules of M. pumila (Fig. 10), or they may be arranged in transverse
rows as in M. cribrosa (Fig. 12). Puncta may also be situated atop thin silicious
plaques ( tabula (- ae) f.) as inM. cf. pisciculus (Fig. 11).
24
F. Carol STEPHENS and Robert A. GIBSON
Plate 1. — SEM. Scale = 1 /Im. Fig. 1 : Critical point dried specimen of M. pusilla with
valve face removed showing double locular bands; Fig. 2 : Peroxide cleaned specimen
of M. pumila with broken loculi; Fig. 3 : Peroxide cleaned specimen of M. cf. pumila
with broken loculi on detached intercalary band.
LOCULI AND EXTRACELLULAR MATERIAL IN MASTOGLOIA
25
Plate 2. - SEM. Peroxide cleaned préparations, Scale = 2 /Un except where otherwise stated,
Fig. 4 :M. binotata showing locular pore (Lp); Fig. 5 :M. ovalis; Fig. 6 ■.M. hustedtu,
Scale = 4 /Un; Fig. 7 :M. angulata, Scale =4/Un; Fig. 8 :M. erythraea, Scale = 4 /Un;
Fig. 9 :M. schmidtii.
Another type of structure previously undescribed is the crater-like pit [fovea
(-ae) crateriformis (-es) f.) which occurs between the loculi or at the end of a
locular band in M. cribrosa (Fig. 12). These circular to elliptical pits occur
singly on the abvalvar locular surface approximately in line with the margin
of locular puncta.
A further modification of the locular structure was pictured by HUSTEDT
(1933) for M. mediterranea Hust. He termed the projections on the locular
surfaces «Spitze». VOIGT (1942) stated that these structures, which he termed
«spines», also occurred on other forms such as M. grunowii A.S. andM. husied-
tii. Later, in 1952, VOIGT referred to these structures as «nipples» and used
26
F. Carol STEPHENS and Robert A. GIBSON
Plate 3. SEM. Peroxide cleaned préparations, Scale = 1 /Jm except where otherwise stated,
Fig. 10 : M. pumila showing locular puncta (P), Scale = 0.4 jUm ; Fig. 11 : M. cf. piscicu-
lus showing locular puncta situated atop plaques (PI); Fig. 12 :M. cribrosa showing
locular puncta and crater-like pit (CP); Fig. 13 :M. hustedtii showing nipples (N) on
inner margin of locules.
the character to distinguish M. hustedtii and M. indonesiana Voigt (with «nip¬
ples»; from M. grunowii, M. mauritiana Brun., M. pseudomauritiana Voigt
and M. quinquecostata Grun. (without «nipples»). Figures 6 and 13 show
« nipples» occurring on plaques on the inner margins of the loculi of M. husted¬
tii. RICARD (1975) termed similar structures which he observed in M. baldji-
kiana Grun. as «nodules siliceux». Four ternis hâve then been used for the
structure, i. e. «Spitze» - HUSTEDT (1933), «spines» - VOIGT (1942), «nip¬
ples» - VOIGT (1952) and «nodules siliceux» - RICARD (1975). However
the terni «Spitze» referred only to the structures in M. mediterranea, a species
rather dissimilar in form to M. hustedtii and M. indonesiana. Also, VOIGT
(1952) evidently disregarded his former assessment of the structures in M.
hustedtii and M. indonesiana as «spines» in preference to the term «nipples».
We therefore, suggest that Voigt’s désignation «nipples» (papilla {-ae) f.) be
retained for the structure in M. hustedtii.
The function of the loculi has been discussed by a number of workers (BUF-
FHAM, 1892; GRUNOW, 1877; HUSTEDT, 1933). They hâve discussed rela-
tionships of the loculi to types of sécrétions often associated with these diatoms
The genus was even constructed by THWAITES (in SMITH, 1856) based on the
character of the frond produced by three species including the type, M. danseii.
LOCULI AND EXTRACELLULAR MATERIAL IN MASTOGLOIA
27
Although it has appeared rather likely that the loculi function as sites of gelati-
nous sécrétions, and especially since the loculi were shown by STOERMER et al.
(1964) to be filled with vesicular cytoplasm, conclusive evidence of that func¬
tion has been lacking.
In this study living cells of the same species hâve been observed in a free
motile State with or without strands coming from the locular pore régions. They
also occur in a non-motile State surrounded by a mucus-like capsule with or
without strands. Mastogloia angulata has been seen in ail of these conditions.
The strands of M. angulata, M. erythraea, M. hustedtii, M. pumila, M. pusilla
and M. schmidtii appear stiff and bristle-like as the diatoms move along the
bottom of a glass chamber. In contrast, the non-motile cells of M. cribrosa
which are surrounded by a clear matrix hâve strands which appear to be of the
same type material (Figs. 14, 15). The envelope and strands seemed to be
stable since they were observed intact without a frustule inside (Fig. 16). Smaller
lanceolate species appeared in aggregates within gelatinous spheres (Figs. 18, 19)
which sometimes joined to form large clusters (Figs. 20, 21).
Scanning électron microscope studies of critical point dried specimens ofM.
cribrosa show evenly spaced strands around the periphery of the valves (Figs. 22,
Plate 4. -Transmitted light micrographs of live material, Scale = 20 fJm, Fig. : 14 & 15 :
M. cribrosa showing gelatinous capsule with strands; Fig. 16 : empty capsule produced
by M. cribrosa-, Fig. 17 :M. angulata showing bristle-like strands extending from loculi
and gelatinous capsule; Fig. 1 8 & 19 :M. cf. pusilla showing position of cells within
spherical capsules; Fig. 20 & 21 : cells of M. cf. hustedtii within capsules which hâve
joined to form large aggregates.
28
F. Carol STEPHENS and Robert A. GIBSON
Plate 5. SEM. Critical point dried specimens of M. cribrosa, Scale = 4/Jm, Fig. 22 et
23 : gelatinous matrix covering most of the cell with strands appearing opposite locular
pores of one valve.
Plate 6. SEM. Critical point dried specimens showing strands originating from locular
pores, Scale = 2 /Jm, Fig. 24 :M. lanceolata\ Fig. 25 :M. pusilla.
Source : MNHN, Paris
30
F. Carol STEPHENS and Robert A. GIBSON
Plate 7. — SEM. Critical point dried specimens, Scale = 2 jUm, Fig. 26: M. schmidtii
showing strands originating from largest locular pores; Fig. 27 :M. erythraea showing
strands originating from région of locular pores covered by girdle bands.
LOCULI AND EXTRACELLULAR MATER1AL IN MASTOCLOIA
31
23). Locular pores are spaced similarly but as these micrographs also show
material covering part of the valve it is not possible to see if the strands are
coming directly from the loculi. SimÜarly treated specimens of M. lanceolata
(Fig 24), M. pusilla (Fig. 25), and M. schmidtii (Fig. 26) only show strands of
material which corne directly from the locular pores. Such strands were also
observed from the région of the locular pores in M. erythraea (Fig. 27), however
the girdle bands cover the pores such that one cannot detect the exact origin o
the strands in this species.
CONCLUSIONS
This study confirms earlier observations of extracellular material extending
from locular pores. It also shows two differently appearing types of strands as
exemplified in M. angulata, a lanceolate species, and M. cribrosa , an elliptical
species. Further, in the species included in this study, locular pores of lanceolate
species are shown to be displaced toward the valve apices whereas those of
elliptical species hâve locular pores situated directly opposite their respective
loculi.
The fine transverse striation on the surface of the loculi in M. angulata
mentioned by VOIGT (1942) was confirmed. Similar punctuation, although
not always in uniform transverse rows, was also observed in other species.
Nipples as described by VOIGT (1952) on locular surfaces in M. hustedtii were
shown in greater detail. Two additional types of locular ornamentation, plaques
and crater-like pits, were described for the first time.
ACKNOWLEDGEMENTS
The authors wish to acknowledge Dr. M. E. Rice and Ms. J. B. Piraino (Smithsonian
Institution) for help with the use of the électron microscope. We also thank Ms. P. A. Linley
for technical assistance with the critical point drying of samples. Criticism of the manuscnpt
by Drs. H. Kôrner and C. W. Reimer is appreciated. Spécial thanks are given to Dr. Reimer
for making the diatom collection at the Academy of Natural Sciences of Philadelphia
available. This work constitutes contribution number 126 of the Harbor Branch Founda¬
tion, Inc.
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Mastogloiagrevillei Wm. Smith. Protoplasma, 59 (1) : 1-13, 13 figs.
THWAITES, G. H. K., 1848 — Furthcr observations on the Diatomaceae with descriptions
on new généra and species. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 2 (1-3) : 161-172, pl. 11-12.
VOIGT, M., 1942 — Contribution to the knowledge of the diatom genus Mastogloia. J. Roy.
Micr.Soc., 62 (3) : 1-20,6 pl.
VOIGT, M., 1952 A further contribution to the knowledge of the genus Mastogloia. J.
Roy. Micr. Soc., 71 (4) : 440-449, 3 pl.
33
PODOCYSTIS PERRINENSIS et PODOCYSTIS GUADALUPENSIS :
Deux espèces nouvelles du genre Podocystis récoltées
en Guadeloupe
M. RICARD*
RÉSUMÉ. — Deux espèces nouvelles appartenant au genre Podocystis, P. perrinensis et
P. guadalupensis, sont décrites à partir de récoltes réalisées au filet dans les eaux de la man¬
grove et du lagon situés sur la côte nord-ouest de la Guadeloupe (Antilles Françaises).
ABSTRACT. — Two new species belonging to the genus Podocystis, P. perrinensis and P.
guadalupensis, are described from samples collected with a net in the waters of the man¬
grove located on the north-west coast of Guadeloupe island (French West Indies).
En mars 1977, au cours de la saison sèche, des récoltes ont été réalisées au
filet dans les eaux des canaux de la mangrove et du lagon adjacent qui se trou¬
vent sur la côte ouest de la Guadeloupe**. L’examen microscopique des échan¬
tillons, nettoyés dans l’eau oxygénée et montés dans une résine synthétique
entre lame et lamelle (RICARD 1977) a permis d’observer deux nouvelles
espèces du genre Podocystis : P. perrinensis et P. guadalupensis.
PODOCYSTIS. PERRINENSIS Ricard n. sp.
Valvae assymetricae apicibus ovalis et antapicibus in formam manubrii coarc-
tatis. Pseudo-raphe centralis. Axialis area modice dilatata leniterque curvata.
Punctatae striae parallelae collectae in costas ad apices radiantes. Rimoportulae
* Laboratoire de Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris. L. A. n° 257 (C.N.R.S.).
** Recherches réalisées dans le cadre de l’action concertée D.G.R.S.T. «la Mangrove et sa
zone côtière», contrat École Pratique des Hautes Études.
Rev. Algol., N. S., 1979, XIV, 1 : 33-37.
Source : MNHN, Paris
34
M. RICARD
Source : MNHN. Paris
DEUX NOUVELLES ESPECES DU GENRE PODOCYSTIS
35
in proximo extremitatum apicum. Valvae 50-65pm latae, 80-110pm longae;
punctae 11-13 in lOpm, striae 10-12 in 10 pm.
Typus: in Herb. Mus. Hist. Nat. Paris, Coll. Diat. n° 3015, ex aquis marinis
canalis Perrinensis in Guadeloupa.
Iconotypus: Tab. I, fig. 1.
Description
Valves asymétriques à l’extrémité apicale arrondie et à l’extrémité antapicale
constrictée se terminant par un manubrium dont la longueur est environ le quart
de celle de la valve (fïg.l). Pseudo-raphé rectiligne et étroit présent sur les deux
valves, parfois faiblement incurvé dans sa partie centrale. Surface valvaire portant
des ponctuations décussées disposées en rangées réunies par deux ou trois
pour tormer des côtes parallèles dans le centre de la valve et dans le manubrium
mais radiantes aux deux extrémités de la partie spatulée de la valve (fig. 2 et 3).
Processus labié à chaque extrémité de la valve, habituellement à gauche du
pseudo-raphé dans l’apex (fig. 3) et à droite du pseudo-raphé à l’extrémité
du manubrium (fig. 2). Frustule aplati au niveau de l’extrémité antapicale de la
valve. 80 à 110/im de long, 50 à 65/im de large, 11 à 13 ponctuations en 10/im,
10 à 12 stries transversales en 10/im.
Tvpe: Herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, collections
de diatomées : préparation n° 3015.
Iconotype: Pl. I, fig. 1.
Habitat et écologie
Eaux marines et saumâtres du Canal Perrin et du lagon baignant la mangrove
située sur la côte nord-ouest de la Guadeloupe. Salinité: 20 à 34%o ; température
de l’eau: 25 à 27 C; eaux claires à très turbides. Espèce euphote à mésophote,
euhalobe (équihalobe) et euryhaline, eutherme et sténotherme (cf. RICARD
1977).
Variabilité de P. perrinensis
Certains caractères morphologiques de P. perrinensis peuvent subir des varia¬
tions selon les individus observés. Les stries peuvent être irrégulières et anasto-
Fig. 1 à 5 : Podocystis perrinensis. — 1: vue d’ensemble, x 660. 2: même spécimen, détail
montrant le processus labié de l’antapcx, x 900. 3: même spécimen, détail mettant en
évidence le processus labié de l’apex, x 980. 4: autre spécimen, vue d’ensemble, x 700.
5: autre spécimen dont le processus labié apical a migré vers le centre de la valve, x 900.
Fig. 6 à 9 : Podocystis guadalupensis. — 6: vue d’ensemble, x 1000. 7: même spécimen,
détail montrant le processus labié apical, x 1400. 8: même spécimen, détail mettant en
evidence le processus labié de l’antapex, x 1400. 9: autre spécimen possédant un pseudo-
raphé dévié vers la gauche dans la moitié supérieure de la valve, x 500.
36
M. RICARD
mosées entre elles, particulièrement au niveau du manubrium dont la longueur
est variable et dont la forme «en manche» peut être plus ou moins marquée
(fig. 4). De même, si le processus labié du manubrium est toujours situé au bord
extrême de la valve, celui situé près de l’apex peut migrer vers le centre de la
valve (fig. 5).
PODOCYSTIS GUADALUPENSIS Ricard n. sp.
Valvae asymetricae apicibus ovalis et antapicibus ovalis vel paulum acutis.
Pseudo-raphe centralis. Axialis area modice lata vel leniter curvata. Punctatae
striae parallelae collectae in costas, ad antapice leniter radiantes, ad apice prope
parallelae pseudo-raphei. Rimoportulae in proximo extremitatum apicum.
Valvae 63-70pm longae, 51-63pm latae; punctae 11-13 in lOpm; striae 10-12
in lOpm.
Typus: in herb. Mus. Hist. Nat. Paris, Coll. Diat. n° 3015, ex aquis marinis
canalis Perrinensis in Guadeloupa.
Iconotypus : Tab. I, fig. 6.
Description
Valve asymétrique ovoïde à l’extrémité apicale arrondie et à l’extrémité
antapicale arrondie à subacutée (fig. 6). Pseudo-raphé étroit, présent sur les
deux valves, rectiligne ou légèrement incurvé dans sa partie centrale. Surface
valvaire ornée de ponctuations décussées formant des côtes comprenant deux
à cinq rangées de ponctuations (fig. 7). Côtes parallèles ou faiblement radiantes
sauf au niveau de l’apex où elles sont presque parallèles au pseudo-raphé (fig.
7). Processus labié à chaque pôle de la valve, face à l’extrémité du pseudo-
raphé ou légèrement à droite de celui-ci à l’apex (fig. 7), à gauche du raphé
à l’antapex (fig. 8). Longueur: 63 à 72/im; largeur: 51 à 63/im; ponctuations
11 à 13 en 10/im; stries transversales : 12 à 14 en 10/im.
Type: Herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, collection
de diatomées: préparation n° 3015.
Iconotype : Pl. I, fig. 6.
Habitat et écologie
Identiques à ceux de P. perrinensis.
Remarques sur P. guadalupensis
P. guadalupensis possède un frustule ovoïde qui rappelle celui de P. javanica
Rheinhold (1937); néanmoins, leurs caractéristiques diffèrent notablement
ce qui explique qu’il soit nécessaire de les séparer du point de vue taxonomique.
En outre, P. guadalupensis croît dans les eaux marines tropicales alors que
P. javanica a été décrit à partir des sédiments du néogène marin de Java.
DEUX NOUVELLES ESPECES DU GENRE PODOCYSTIS
37
longueur
largeur
stries transversales
stries par côte
ponctuations
antapex
processus labié
P. javanica Reinhold
100/ttm
70/im
6-7 en 10/im
2
6-7 en 10/im
tronqué
P. guadalupensis Ricard
63-72/im
51-63/im
12-14 en 10/Ltm
5 à 2
11-13 en 10/im
arrondi à sub-acuté
2
Variabilité de P. guadalupensis
A la différence de P. perrinensis, P. guadalupensis ne présente pas habituel¬
lement de variations morphologiques; cependant, deux spécimens bien parti¬
culiers ont été observés dans deux récoltes différentes : le pseudo-raphé n’est
pas rectiligne mais s’incurve nettement vers la gauche dans sa partie distale
accentuant ainsi la dissymétrie de la valve (fig. 9). Néanmoins, il faut rappeler
que les individus appartenant au genre Podocystis présentent souvent d’impor¬
tantes anomalies morphologiques (cf. Podocystis spathulata fa anastomosans
Meister 1937, Ricard 1977) et qu’il n’apparaît donc pas nécessaire de créer
une variété du P. guadalupensis.
LISTE DES OUVRAGES CITÉS
MEISTER, Fr., 1932 - Kieselalgen aus Asien. Borntraeger ed. Berlin : 56 S., 19 Taf.
REINHOLD, Th., 1937 - Fossil diatoms of the neogene of Java and their zonal distribu¬
tion. Verhand. Geol. Mijnbouw. Genoot. Nederland en Kolonien, Geol. ser., XII (1): 43-
132, 21 pl.
RICARD, M., 1977 - Les peuplements de diatomées de l’archipel de la Société (Polynésie
française). Floristique, écologie, structure des peuplements et contribution à la produc¬
tion primaire. Revue Algologique XII (3-4) : 136-336, 15 pl.
39
CHLOROPHYCEAE D’EAU DOUCE RARES ET NOUVELLES
DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE
Guillermo TELL *
RESUME. Dans ce travail sont étudiées quelques algues d’eau douce de la région chaude
de l’Argentine.
Dix-sept espèces sont présentées, parmi lesquelles Coenochloris pseudoquadriguloides,
Dimorphococcus cecoalensis, Echinosphaeridium hexacantha, Pediastrum argentinensis et
Ichtyocercus bourrellyi constituent de nouvelles espèces et Coenochloris pyrenoidosa var.
minor et Didymocystis inermis var. minima de nouvelles variétés.
Les autres espèces sont rarement signalées.
SUMMARY. - This paper deals with some freshwater algae from the Argentinian hot région.
Seventeen species are presented, among which Coenochloris pseudoquadriguloides, Di¬
morphococcus cecoalensis, Echinosphaeridium, hexacantha, Pediastrum argentinensis and
Ichtyocercus bourrellyi constitute new species, and Coenochloris pyrenoidosa var. minor
and Didymocystis inermis var. minima new varieties.
The remaining species are so rare that a new record is merited.
Au cours de l’étude floristique des algues d’eau douce de la région chaude de
l’Argentine nous avons trouvé quelques espèces que nous considérons intéressan¬
tes et que nous réunissons dans ce travail.
Nous décrivons 5 nouvelles espèces et 2 nouvelles variétés et nous signalons
10 espèces nouvelles pour l’Amérique du Sud et ayant été mentionnées très
rarement pour d’autres continents.
A l’exception de Hyaloraphidium, qui provient de Buenos Aires, tous les
autres échantillons étudiés proviennent de différents étangs de la province de
Corrientes (Argentine) et ont été collectionnés par le personnel du Centre
d’Ecologie Appliquée du Littoral (CECOAL) à qui j’adresse mes remerciements.
* Département des Sciences Biologiques, Faculté des Sciences Exactes et Naturelles, Univer¬
sité de Buenos Aires.
Ce travail a été réalisé, au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum d’Histoire Naturelle
de Paris, grâce à une bourse accordée par le Conseil National de la Recherche Scientifique
et Technique (CONICET) de la République Argentine.
Rev. Algol, N. S., 1979, XIV, 1 : 39-48.
Source : MNHN, Paris
40
GuiUermo TELL
Je tiens à exprimer ma gratitude au Professeur Pierre Bourrelly pour son
aimable assistance et à Monsieur Alain Coûté pour la rédaction des diagnoses
latines.
VOL VOCALES
- PTEROMONAS ANGULOSA var. VEXILLIFORMIS Playf. (Fig. 10)
Les dimensions de nos exemplaires sont légèrement inférieures à celles qui
ont été signalées pour cette variété.
Variété peu abondante dans nos échantillons.
Dimensions cellulaires : 13 pm long., 9 pm largeur, 4,5 pm épaisseur; flagelles
courts, 5 pm long.
Variété connue de la Suède et de l’Australie.
Corrientes, étang Riachuelo, 30.6.77.
CHLOROCOCCALES
- COENOCHLORIS PISCINALIS Fott (Fig. 8)
Dans certains exemplaires nous avons observé une gouttelette sur la paroi
cellulaire, probablement secrétée par le cytoplasme. Nous avons également
remarqué ces gouttelettes dans Sphaerocystis schroeteri provenant d’échantil¬
lons de la Terre de Feu.
Dimensions cellulaires : 6-7 pm diam.
L’espèce n’a été signalée qu’une seule fois en Bohême.
Corrientes, étang Brava, 22.12.77.
— COENOCHLORIS PYRENOIDOSA Korch. var .MINOR nov. var. (Fig. 6)
Notre variété se distingue de l’espèce type par les dimensions moindres de
ses cellules. La présence des restes de la paroi cellulaire est constante dans tous
les exemplaires observés.
Colonies atteignant 100 pm diam.; cellules de 3-4 pm diam. par 4-5 pm long.
Corrientes, étang Brava, 22.12.77.
A typo cellularum minoribus dimensionibus differt. Cellulae long. : 4-5 pm;
diam. 3-4 pm.
Iconotypus : figura nostra 6.
In Brava palude, regionis Corrientes, Argentina, 22.12.77.
- COENOCHLORIS PSEUDOQUADRIGULOIDES nov. sp. (Fig. 17)
A la suite des travaux de Hindàk (1977, Biol, prac., Bratislavia 23 (4) : 1-192;
1978, Preslia 50 : 97-109), le genre Coenochloris possède six espèces, dont la
plupart rarement signalées. Notre nouvelle espèce se caractérise par ses cellules
CHLOROPHYCEAE D’ARGENTINE
41
légèrement courbées, d’aspect réniforme. Ces cellules se présentent normalement
par groupes de 4, leurs axes majeurs étant parallèles et leurs côtés concaves se
faisant face. Cette disposition de la gaine gélatineuse correspond à la formation
des autospores dans la cellule-mère. Le chloroplaste est unique, avec un pyrénoï-
de. Les restes de la paroi cellulaire maternelle sont inclus dans la gelée.
Dimensions cellulaires : 10-11 pm long, x 5-5,5 pm diam.
Corrientes, étang Trim, 18.2.78.
A l’exception de la persistance des parois cellulaires dans la gaine coloniale,
notre espèce a une grande similitude avec Coenocystis quadriguloid.es Fott,
aussi bien dans la forme et dans les dimensions des cellules que dans la disposi¬
tion dans la colonie. D’après la définition de Hindak ( loc. cit.) et d’autres au¬
teurs, la présence ou l’absence de restes de paroi cellulaire après l’autosporula¬
tion est un caractère qui sépare Coenochloris de Coenococcus et de Coenocystis.
Bien que la libération des autospores par rupture ou gélatinisation de la paroi
cellulaire-mèresoit un phénomène bien connu et de valeur taxonomique, nous
croyons que ce caractère doit être analysé avec précaution car, comme nous
l’avions indiqué pour Palmodyctyon varium (TELL et MOSTO, 1976, Physis 35
(90) : 59-75), dans les espèces à gaines gélatineuses et libération des autospores
par rupture des parois, celles-ci peuvent finir par se gélatiniser. Le temps néces¬
saire pour la complète gélatinisation des parois est un facteur à déterminer,
dépendant, probablement, de l’espèce ou conditionné par différents facteurs :
âge des colonies, rythmes des stations et conditions du milieu. Il y a lieu de
transcrire ici les observations de Hindak (1978) qui écrit au sujet de Coenochlo¬
ris diplococca : «Autospores., released by the rupture of the mother cell
wall; the remanants of the mother cell wall gelatinize relatively quickly and are
only sporadically visible in the mucilage», et ajouta ensuite : «The remnants
of the mother cell wall were well visible only sporadically immediately after
the release of autospores or at the end of the végétation period in the autumn».
Nous croyons que le caractère «présence ou absence de parois cellulaires
dans la gaine mucilagineuse» doit être considéré plutôt comme «libération des
autospores par la rupture ou gélatinisation de la paroi cellulaire-mère». Bien que
la présence de restes de parois indiquerait que les autospores ont été libérées
par rupture et non par gélatinisation immédiate des parois-mères, leur absence,
surtout dans les colonies sporadiquement rencontrées, ne serait pas un indice
de libération par gélatinisation.
Il est possible qu’une meilleure connaissance de Coenocystis quadriguloides
permette d’établir que cette espèce est synonyme de Coenochloris pseudoqua-
driguloides.
Cellulae reniformis, quaternae in amorpho mucoso astructurale dispositae.
Chloroplastum pariétale cum singulo pyrenoido. Autosporae quaternae conjuga-
tae, regulariter dispositae cum axibus longitudinalibus parallelibus. Autosporae
confectae abruptione maternae cellulae parietis.
Cellulae long. : 10-11 pm; diam. 5-5,5 pm.
Iconotypus : figura nostra 1 7.
In Trim palude, regionis Corrientes, Argentina, 22.12.77.
Source : MNHN, Parts
42
Guillermo TELL
- COENOCHLORISPLANOCONVEXA Hindak (Fig. 4)
Bien que dans la description originale de l’espèce, Hindak (1977, Biol, prac.,
Bratislavia 23 (4) : 1-192) signale uniquement la formation de 4 autospores, nous
avons trouvé dans nos exemplaires 4 et 8 autospores. A part ce caractère, nos
échantillons coïncident parfaitement avec l’espèce récemment décrite par
Hindak.
Diamètre des cellules : 4-5 pm; long. 7 pm.
L’espèce n’a été signalée qu’une seule fois en Tchécoslovaquie.
Corrientes, étang Ibera, 18.2.78.
- COENOCOCCUS PLANCTONICUS Korsch. (Fig. 1)
Dans nos échantillons le nombre de cellules par colonie et la disposition
des cellules sont variables. Nous avons observé la formation de 4 ou 8 autospo¬
res. Dans le premier cas (4) elles sont disposées de façon tétraédrique, tandis
qu’elles prennçnt une disposition cubique dans le deuxième cas (8 autospores).
Dans les colonies à cellules plus nombreuses, celles-ci ont tendance à se ranger
dans la périphérie.
Diamètre des cellules adultes : 10 pm; autospores 7 pm.
Cette espèce est connue seulement de Russie.
Corrientes, étang Ibera, 18.2.78.
- DIDYMOCYSTIS INERMIS (Fott) Fott var. MINIMA nov. var. (Fig. 14)
Cette variété, très petite, se distingue de l’espèce par les dimensions inférieu¬
res des cellules.
Dimensions cellulaires : 2 pm diam. par 4-4,2 pm long.
Corrientes, étang Tell, 30.7.77.
A typo minoribus dimensionibus differt. Cellulae long. 4-4,2 pm; diam. 2 pm.
Iconotypus -.figura nostra 14.
In Tell palude regionis Corrientes, Argentina, 30.7.77.
- DIMORPHOCOCCUS CECOALENSIS nov. sp. (Fig. 9)
Le genre Dimorphococcus A. Braun a trois espèces largement distribuées.
Notre quatrième espèce se distingue des antérieures par :
a) la forme en Y de ses cellules;
b) la-présence de 2-3 pyrénoïdes par cellule;
c) la forme des épaississements apicaux.
Les colonies présentent l’aspect général caractéristique du genre, avec les
cellules réunies par 2-4 à la périphérie d’une gelée commune et des portions
des parois cellulaires mères groupées dans la partie centrale.
Dimensions cellulaires : 4,5-6,5 pm diam. par 14-18 pm long.; colonies mesu¬
rant jusqu’à 64 pm diam.
Corrientes, étang Ibera, 18.2.78.
Coloniae cum distincte bifurcatis cellulis constitutae. Chromatophorus duos
vel très pyrenoidos fert. Ab apicibus cellulae membrana leviter crassior.
CHLOROPHYCEAE D’ARGENTINE
43
Cellulae long. : 14-18 /im; diam. 4,5-6,5 pm.
Iconotypus : figura nostra 9.
In Iberâ palude, regionis Corrientes, Argentina, 18.2.78.
ECHINOSPHAERIDIUM HEXACANTHA nov. sp. (Fig. 2)
Le genre Echinosphaeridium Lemm. a deux espèces connues, toujours très
rarement signalées. La découverte d’une nouvelle espèce en Amérique du Sud
élargit sa distribution. Tous les exemplaires trouvés dans nos échantillons présen¬
tent une morphologie conforme aux caractéristiques du genre : cellules sphéri¬
ques, avec un plaste et un pyrénoïde réniforme semblables à ceux de Golenkinia,
et pourvues de longues soies qui s’épaississent à la base de façon marquée et pré¬
sentent une gaine conique dans la partie inférieure.
Notre espèce se caractérise par la présence de six soies réparties également
sur toute la sur-face cellulaire. L’espèce est très fréquente dans nos échantillons.
Diamètre cellulaire : 10-14 pm sans soies; long, soies : 35-45 pm.
Corrientes, étang Trim, 16.2.78.
Cellula sphaerica quae singularem chromatophorum cum reniforme pyrenoido
fert, cum sex setis solum circumdata.
Cellulae diam. sine setis : 10-14 pm; setae long. 35-45 pm.
Iconotypus : figura nostra 2.
In Trim palude, regionis Corrientes, Argentina, 16.2.78.
- GLAUCOCYSTIS NOSTOCHINEARUM f. IMMANIS Schmidle (Fig. 16)
Forme peu abondante dans nos échantillons.
Dimensions cellulaires : 28 pm diam. par 32 pm long.
La forme, très rarement signalée, n’est connue que de l’Amérique du Nord
et de l’Afrique.
Corrientes, étang Trim, 16.2.78.
- HYALORAPHIDIUM CONTORTUM var. TENUISSIMUM Korch. (Fig. 5)
Nous avons rencontré cet organisme dans une mare fortement polluée.
Dimensions cellulaires : 0,7-1,6 pm diam. par 25-60 pm long.
A notre connaissance, cette variété n’a été signalée qu’une seule fois en
Russie.
Buenos Aires, 15.6.76.
- PEDIASTRUM ARGENTINENSIS Bourrelly et Tell nov. sp. (Fig. 15)
Dans cette nouvelle espèce les cénobes plans ou légèrement concaves sont
toujours perforés. Entre chaque cellule marginale il y a une perforation latérale
qui caractérise l’espèce; cette perforation nous fait penser à une soudure possible
des cornes apicales. Les cellules internes sont rectangulaires et ont les marges
échancrées, tandis que les périphériques, également rectangulaires, ont les côtés
libres concaves et, de ce fait, confèrent au cénobe un aspect ondulé dans sa
périphérie. La paroi cellulaire est finement et irrégulièrement réticulée.
Source : MNHN, Paris
44
Guillermo TELL
Dimensions cellulaires : 15-18 ;Um larg. par 9-12/im long., cénobes 80-
135 pm.
Corrientes, étang de Trim, 16.2.78.
Coenobium planum, perforatum, multicellulare. Inter cellulas marginales
semper unus foratus. Cellulae membrana tenuiter inaequaliterque reticulata.
Cellulae long. : 15-18 (im; diam. 9-12 pm; coenobium 80-135 pm
Iconotypus : figura nostra 15.
In Trim palude, regionis Corrientes, Argentina, 16.2.78.
- SIDEROCELIS OBLONGA (Naum.) Fott (Fig. 13)
Nous avons trouvé des exemplaires en groupes de 4 ou, plus rarement, isolés.
Les petites verrues qui ornent la paroi sont toujours très irrégulièrement distri¬
buées. Cette espèce est courante dans nos échantillons.
Dimensions cellulaires : 4 pm diam. par 7 pm long.
L’espèce n’est connue que d’Europe.
Corrientes, étang Galàrza, 15.2.78.
- SPHAEROCYST1S POLYCOCCA Korch. (Fig. 12)
Hindak (1977, Biol. prac. Bratislavia 23 (4) : 1-192) a réalisé la combinaison
suivante : Coenococcus polycoccus (Korch.) Hindak (= Sphaerocystis polycocca
Korch.). Il justifie ce changement par le fait que la reproduction sexuée chez
Sphaerocystis s’effectue par autospores et parfois zoospores, alors que chez Coe¬
nococcus elle se réalise toujours par autospores. Cette différence pourrait être
un bon caractère distinctif des deux genres, mais les observations sur le cycle
de S. polycocca sont incomplètes et l’absence de zoospores n’a jamais été dé¬
montrée. Pour ces raisons, nous considérons comme prématuré ce changement
de nom, d’autant plus que cette espèce n’a été que très rarement observée.
Dans nos échantillons, les exemplaires rencontrés avec une fréquence faible
montrent toujours deux pyrénoïdes bien visibles par cellule. Certains individus
présentent, comme l’espèce Coenochloris piscinalis, une gouttelette sur la paroi
cellulaire.
D’après d’autres auteurs (FOTT, 1974, Preslia 46 : 11), les dimensions des
cellules oscillent entre 10 et 20 pm, alors que dans nos exemplaires elles sont
légèrement inférieures.
Cellules de 7,5-8 pm diam.; colonies 58 pm diam.
Russie, Australie, U.S.A.
Corrientes, étang Médina, 15.2.78.
ULOTHRICHALES
- RADIOF/LUM TRANSVERSALE (Bréb.) Ramanathan (Fig. 7)
Ainsi que d’autres auteurs, nous avons trouvé cette espèce dans des milieux
riches en Desmidiaceae.
Source : MNHN, Paris
CHLOROPHYCEAE D’ARGENTINE
45
Dimensions cellulaires : 7 pm diam. par 3,5-4 pm long.; filaments avec gaine
de 10 pm diam.
Europe, Chine, U.S.A., Afrique.
Corrientes, étang Brava, 28.7.77.
- ULOTHRIX BIPYRENOIDOSA Fritsch et Rich (Fig. 3)
Cette espèce se caractérise par la présence de 2 ou 4 pyrénoides. Dans notre
matériel sa présence est rare et nous la trouvons occasionnellement dans des
échantillons provenant d’une expression de scirpe.
Cellules de 8 pm diam. par 12-20 p m long.
L’espèce n’a été signalée qu’en Afrique du Sud.
Corrientes, étang Totoras, 7.2.77.
ZYGNEMATALES
- 1CHTYOCERCUS BOURRELLYI nov. sp. (Fig. 11)
Le genre Ichtyocercus possède à ce jour 5 espèces distribuées principalement
dans les régions chaudes du monde. Dans notre nouvelle espece les cellules
sont cylindriques, sans constriction médiane. Les 2 épines apicales de chaque
hémisomate sont disposées dans deux plans perpendiculaires. Le plaste présente
4 pyrénoides par hémisomate.
Cellules de 5,7-6 pm diam. par 68 pm long, sans épines; épines 10 pm.
Corrientes, étang Fernandez, 14.2.77.
Cette espèce se rapproche par sa forme et ses dimensions de I. longispinus
(Borge) Krieg, mais elle en diffère, principalement, par la position des épines
apicales et par l’absence de constriction médiane.
Cellulae cylindratae. Duas apicales spinas semicellula fert. Hae unae semi-
cellulae in plana dimensione perpendicula ad hanc duarum spinarum alius semi-
cellulae dispositae sunt. Chromatophorus semicellulae quattuor pyrenoidos
monstrat.
Cellulae diam. : 5,7-6 pm; long, sine setis 68 pm; setae long. : 10 pm.
Iconotypus : figura nostra 11.
In Fernandez palude, regionis Corrientes, Argentina, 14.2.77.
46
Guülermo TELL
PI. I. - Fig. 1 : Coenococcus planctonicus. Fig. 2 : Echinosphaeridium hexacantha. Fig. 3 :
Ulothrix bipyrenoidosa. Fig. 4 : Coenochloris planoconvexa. Fig. 5 : Hyaloraphidium
contortum var. tenuissimum. Echelles en microns.
Source : MNHN, Paris
CHLOROPHYCEAE D’ARGENTINE
47
PL II.-Fig. 6 : Coenochloris pyrenoidosa var. minor. Fig. 7 : Radiofîlum transversale.
Fig. 8 -.Coenochloris piscinalis. Fig. 9 : Dimorphococcus cecoalensis. Fig. 10 :Ptero-
monas angulosa var. vexilliformis. Echelle en microns.
48
Guillermo TELL
PL III. F'g- 11 : Ichtyocercus bourrellyi. Fig. 12 : Sphaerocystis polycocca. Fig. 13 :
Siderocelis oblonga. Fig. 14 : Didymocystis inermis var. minima. Fig. 15 -.Pediastrum
argentinensis. Fig. 16 : Glaucocystis nostochinearum f. immanis. Fig. 17 :Coenochlo-
ris pseudoquadriguloides. Echelles en microns.
FONTIONNEMENT DE L’APEX ET ONTOGENESE;
ESSAI D’ANALYSE ULTRASTRUCTURALE
CHEZ CH ARA VULGARIS L. *
49
G. DUCREUX**
RESUME. - L’étude, au niveau ultrastructural, du fonctionnement de l’apex principal
et de l’ontogenèse des rameaux pleuridiens a été favorisée, chez Chara, par la possibilité
de synchronisation expérimentale du développement des bourgeons axillaires.
Chez l’apex principal des remaniements intracellulaires interviennent au cours de la
phase qui précède la division des cellules (apicale et sous-apicale) jouant un rôle déterminant
dans l’orientation de la morphogenèse de la plante. Ils se traduisent par une répartition
polarisée et inégale du matériel cytoplasmique et nucléaire (cellule sous-apicale).
L’apicale pleuridienne est caractérisée par une répartition différente des organites cyto¬
plasmiques et la présence, à un stade précoce de l’ontogenèse, de corps osmiophiles.
La signification morphogénétique de ces remaniements ultrastructuraux est analysée
en fonction des résultats expérimentaux.
SUMMARY. - The study, at ultrastructural level, of working of the main apex and of the
ontogenesis of pleuridian branches has been favorised by the ability of experimental syn-
chronization of growth of axillary buds.
In the main apex intracellular modifications occur during the phase preceding the
segmentation of cells (apical and under-apical) which play an essential part in the orienta¬
tion of the morphogenesis of the plant. They are at the origine of a polarized distribution
of the cytoplasmic and nuclear (under apical-cell) material.
The pleuridian apical is characterized by an other distribution of cytoplasmic organelles
and the existence, at an early stage of the ontogenesis, of osmiophilic inclusions.
The morphogenetic meaning of these ultrastructural modifications, is discussed of taking
into account the experimental results.
* Cet article a fait l’objet d’une communication aux Journées d’Etude sur «l’Ontogenèse et
la Morphogenèse des Algues» de Banyuls, 22-24 septembre 1978.
** Laboratoire d’étude et d’exploitation du polymorphisme végétal, associé au C.N.R.S.
Université PARIS-SUD, F-91405 Centre d’Orsay.
Rev. Algol., N. S., 1979, XIV, 1 : 49-62.
Source : MNHN, Paris
50
G.DUCREUX
L’analyse du mode de croissance de l’appareil végétatif de Chara montre, à
l’évidence, que les premières divisions intervenant au niveau de l’apex sont
déterminantes pour la morphogenèse de la plante.
Le développement est assuré par la division régulière de la cellule apicale,
mais l’originalité du fonctionnement de l’apex réside dans le comportement
de la cellule sous-apicale ainsi produite. Cette cellule se segmente en effet trans¬
versalement pour donner deux cellules filles dont les potentialités morphogéné¬
tiques, respectivement nodale et internodale, sont immédiatement et totalement
différentes.
La cellule internodale ne se cloisonne plus ultérieurement et se transforme
en un long article coenocytique. La cellule nodale par contre, au terme d’une
segmentation complexe, est à l’origine d’un verticille de huit rameaux à crois¬
sance limitée. Le nœud produit également un bourgeon axillaire et une cortica-
tion recouvrant l’article internodal.
Malgré une certaine complexité d’organisation, qui présente l’intérêt de per¬
mettre d’établir certaines comparaisons avec l’appareil végétatif des plantes
supérieures, les différents organes sont constitués d’un nombre relativement
réduit de cellules dont la filiation peut être suivie du fait d’une ontogenèse
rigoureuse.
Cette situation est évidemment favorable à la recherche d’informations
concernant la modification, au cours de l’ontogenèse, du programme morphogé¬
nétique de cellules jouant un rôle déterminant dans la construction de la plante.
Une première approche consiste dans l’étude des événements cytologiques
correspondants.
Le rythme de division de la cellule apicale — de l’ordre d’une semaine dans les
conditions habituelles de culture in vitro - rend difficile l’analyse de la séquence
des événements cytologiques liés au fonctionnement de l’apex. Cette étude a
donc essentiellement été réalisée au niveau des bourgeons axillaires, latents
dans les conditions normales de développement et dont l’organisation reste
identique une fois leur ontogenèse achevée. La levée des corrélations d’inhibition
s’exerçant à leur niveau permet une relative synchronisation de leur fonctionne¬
ment, au moins en ce qui concerne les premières divisions (Schéma 1).
Il est donc possible d’analyser de façon dynamique le fonctionnement de
l’apex et l’ontogenèse des organes latéraux. Les particularités liées à l’état
latent de bourgeon pouvant modifier le déroulement des processus morphogéné¬
tiques habituels, les observations ont été réalisées sur des apex de bourgeons
ayant entamé la deuxième série de divisions (Sch. 1).
Nos observations ont essentiellement porté sur l’évolution et la comparaison
de l’état cytologique des cellules de l’apex. Pour une étude de la cytologie de
l’appareil végétatif des Characées on peut se rapporter aux précédents travaux
de CHAMBERS et MERCER (1964), NAGAI et REBHUN (1966), PICKETT-
HEAPS (1967), GUZMAN-BALDIA (1968), DUCREUX (1968), PANTASTICO
et LANG (1969).
FONCTIONNEMENT DE L’APEX ET ONTOGENESE CHEZ CHARA VULGARIS 51
80à 90h 110à120 h
2ème série de divisions
Schéma 1. — Principales étapes du développement des bourgeons axillaires après levée
d’inhibition (temps 0). 1NP : cellule internodale primordiale; NP : cellule nodale
primordiale; RP : rameau pleuridicn.
I. - EVOLUTION CYTOLOGIQUE DES CELLULES INITIALES
AU COURS DU FONCTIONNEMENT DE L’APEX
La caractéristique essentielle de cette évolution, partiellement décelable en
cytologie photonique (DUCREUX, 1977) réside dans l’existence de remanie¬
ments cytoplasmiques qui précèdent les mitoses et déterminent une répartition
polarisée du cytoplasme. Mais chez Chara, en liaison avec le mode de fonctionne¬
ment particulier de l’apex, on doit distinguer deux étapes morphogénétiques
importantes : la division de la cellule apicale et celle de la cellule sous-apicale.
La cellule apicale, après une division récente, montre un noyau volumineux
entouré par un cytoplasme dense, riche en éléments figurés (en particulier
mitochondries et dictyosomes de l’appareil de Golgi) répartis de façon unifor¬
me à l’exception des chloroplastes toujours situés à la périphérie contre la paroi
externe (Pl. I, Fig. 1).
Dans le temps qui précède une nouvelle mitose des phénomènes de nature
autophagique conduisent à la formation de plages vacuolaires étendues, conte¬
nant des éléments cytoplasmiques plus ou moins fortement dégradés, localisées
à la base de la cellule (Pl. III, Fig. 1 et Pl. I, Fig. 2).
Après mitose, ces plages vacuolaires se retrouvent dans la cellule sous-apicale
nouvellement formée alors que la cellule apicale retrouve une répartition homo¬
gène des organites (Pl. I, Fig. J et 2).
L’apicale en activité est donc caractérisée par une forte polarité d’organisation
52
G. DUCREUX
déterminée par des processus métaboliques actifs précédant l’entrée en mitose.
Il faut souligner que la distribution polarisée du cytoplasme est une étape
importante, voire déterminante, pour le fonctionnement de l’apicale. On peut en
donner pour preuve le comportement de l’apicale du bourgeon axillaire latent
au moment de la levée d’inhibition. L’apicale latente est caractérisée en effet
par une vacuolisation, répartie en couronne autour du noyau, et la pauvreté
du cytoplasme en ribosomes et en éléments figurés (DUCREUX, 1968, 1977).
Dans les 36 heures (voir Sch. 1) qui précèdent la reprise d’activité de la cellule
apicale des migrations vacuolaires et des synthèses cytoplasmiques recréent
une polarité qui s’accentue au fur et à mesure de l’approche de la mitose (DU¬
CREUX, 1977).
En ce qui concerne la cellule sous-apicale, dont la mitose est déterminante
pour la morphogenèse de l’appareil végétatif, on assiste également à la mise en
place d’une répartition polarisée du cytoplasme avec un groupement des plages
vacuolaires vers la base de la cellule (Pl. I). Mais le fait le plus marquant réside
dans l’inégalité de la mitose (Pl. II) qui confère à la cellule nodale, dont les
potentialités morphogénétiques sont plus élevées, une plus grande richesse en
matériel cytoplasmique alors que la cellule internodale, qui se transforme en un
long article coenocytique, se trouve appauvrie. De plus cette inégalité de répar¬
tition intéresse également le matériel nucléaire sur le plan quantitatif et qualita¬
tif. Elle se manifeste en particulier, dès la télophase, par une structure différente
du matériel nucléolaire (Pl. II) qui s’accentue au fur et à mesure de l’engagement
dans l’ontogenèse nodale ou internodale des deux cellules filles. Des études de
micro-spectrophotométrie (SHEN, 1967) ont montré que la quantité d’ADN
reste la même dans les noyaux nodaux et internodaux mais de nouvelles préci¬
sions doivent être recherchées au niveau cytochimique pour savoir si la différen¬
ce d’évolution des deux types de noyaux peut être rapportée à une spécificité
de leurs constituants.
Dans le cas de la cellule sous-apicale aussi, la distribution polarisée du contenu
cellulaire est une étape nécessaire à la réalisation du programme morphogénéti¬
que normal. Rappelons en particulier que des centrifugations ménagées d’apex
dont la cellule sous-apicale est en cours de division (DUCREUX, 1975) se tra¬
duisent par des anomalies de l’organisation de l’axe. Ainsi on assiste à la mise
en place à partir de la cellule sous-apicale concernée, d’une ou deux cellules de
nature internodale au lieu d’une cellule nodale et d’une cellule internodale.
La poursuite des observations ultrastructurales, en liaison avec cette expé¬
rimentation, doit permettre d’obtenir d’autres informations sur les mécanismes
mis enjeu.
II. - ONTOGENESE ET CYTOLOGIE DE LA CELLULE APICALE
DES RAMEAUX A CROISSANCE LIMITEE
Au niveau de chaque nœud de Chara vulgaris s’observe un verticille de huit
rameaux à croissance limitée. L’étude de leur ontogenèse montre qu’ils ont
FONCTIONNEMENT DE L’APEX ET ONTOGENESE CHEZ CHARA VULGARIS 53
pour origine les huit cellules péricentrales résultant de la segmentation du nœud.
Ces rameaux sont caractérisés, outre leur croissance limitée, par une symétrie
bilatérale et la présence d’organes reproducteurs. Dans un souci d’uniformité
de nomenclature, nous les considérons comme des pleuridies. On ne peut toute¬
fois s’empêcher d’évoquer leurs ressemblances avec les axes plagiotropes des
plantes supérieures à rameaux dimorphes.
L’étude comparée de l’apicale principale et de l’apicale pleuridienne a été
partiellement envisagée par GUZMAN-BALDIA (1968) chez Chara braunii.
L’auteur constate que l’apicale principale ne présente pas de distribution polari¬
sée significative des organites; nous discuterons ultérieurement cette interpré¬
tation. Elle indique que l’apicale des pleuridies est caractérisée, dans sa partie
distale, par une grande richesse en dictyosomes et mitochondries et un regroupe¬
ment particulier des profils de réticulum endoplasmique.
Nos investigations ont pour l’instant été limitées à l’étude de l’ontogenèse
dé l’apicale pleuridienne à partir de la cellule péricentrale et aux toutes premiè¬
res étapes de son fonctionnement.
Dans ce cas également on observe un certain nombre de remaniements cyto¬
plasmiques se traduisant par des répartitions polarisées d’organites et conduisant
à des mitoses inégales. Il est intéressant de souligner que ces phénomènes inter¬
viennent déjà au niveau de la cellule péricentrale, avant l’isolement de l’apicale
pleuridienne. On remarque en particulier un enrichissement de la partie externe
de la cellule péricentrale en mitochondries et dictyosomes de l’appareil de
Golgi (Pl. III, Fig. 2 et Sch. 2a). De plus on observe, à proximité des vacuoles
et uniquement dans cette zone externe, des corps osmiophiles regroupés en une
plage plus ou moins étendue.
La cellule péricentrale se cloisonne ensuite pour donner une cellule interne
qui est à l’origine du complexe coxal (DUCREUX, 1975) et une cellule externe
qui est l’apicale de la pleuridie.
Cette apicale est caractérisée rapidement par une dissymétrie, concernant
aussi bien la forme de sa paroi externe que son contenu, la distinguant de l’apica¬
le principale (Pl. IV, Fig. 1 et 2). Le noyau occupe une position décentrée, à
proximité de la paroi basale; la portion apicale de la cellule est dilatée et pré¬
sente, en dehors de quelques vacuoles, un cytoplasme extrêmement dense,
riche en ribosomes et en organites dont la répartition n’est pas uniforme.
Les chloroplastes restent toujours disposés à la périphérie; notons que le
fonctionnement de l’apicale n’interdit pas leur enrichissement en thylakoïdes.
Les dictyosomes de l’appareil de Golgi, très nombreux et regroupés par
plages, manifestent une intense activité qui peut être mise en rapport avec les
importants phénomènes d’élongation intervenant au niveau de cette initiale.
Les mitochondries sont également nombreuses et présentent fréquemment
des Figures de division. Elles montrent une répartition privilégiée, en particulier
au moment des mitoses, dans la zone axiale de la cellule (Sch. 2c), phénomène
déjà remarqué par PICKETT-HEAPS (1967).
Schéma 2. Représentation simplifiée de l’évolution cytologique de l’apicale pleuridienne
au cours de l’ontogenèse. Mêmes abréviations que pour les planches. Les hachures (D)
indiquent les zones où les dictyosomes de l’appareil de Golgi sont les plus nombreux et
les plus actifs. Les flèches donnent la direction de l’apex principal. 2a : Cellule péri-
centrale. 2b à 2d : Apicale de la pleuridie.
Source : MNHN, Paris
FONCTIONNEMENT DE L’APEX ET ONTOGENESE CHEZ CHARA VULGARIS 55
Le réticulum endoplasmique particulièrement développé est organisé en
profils allongés qui entourent d’une part le noyau et, en particulier chez l’initiale
plus âgée (Pl. IV, Fig. 2 et Sch. 2d), forment de larges faisceaux assurant une
compartimentation du cytoplasme.
Enfin on note, généralement en position externe, et à proximité des vacuoles
(Pl. IV et Sch. 2) des plages de corps osmiophiles dont l’importance s’accroît au
fur et à mesure du fonctionnement de l’apicale. Ces corps apparaissent très
précocement, puisqu’ils sont déjà décelables dans la cellule péricentrale, et
représentent un des premiers marqueurs d’une orientation pleuridienne de la
ramification.
ESSAI D’INTERPRETATION ET CONCLUSIONS
On doit retenir de l’ensemble de ces observations l’importance des phénomè¬
nes de polarité se traduisant, au niveau ultrastructural, par des inégalités de
répartition des organites cytoplasmiques et, au plan fonctionnel par des mitoses
dissymétriques.
Des faits du même ordre ont déjà été soulignés comme caractéristiques des
cellules apicales aussi bien chez des algues = Callithamnion roseum (KONRAD-
HAWKINS, 1964, 1972), Zonaria farlowii (NEUSHUL et DAHL, 1972) que
chez des végétaux plus évolués : Bryophytes (HEBANT, 1974), Ptéridophytes
(SOSSOUNTSOV, 1970, 1976).
La plupart de ces observations ont été réalisées sur des apex dont la structure
reflète différentes étapes du fonctionnement mais sans souci, ou sans possibilité,
d’analyse de la dynamique de leur évolution au cours du développement. Chez
Chara par contre, en bénéficiant d’une possibilité de synchronisation expérimen¬
tale des apex, nous avons été à même de saisir l’enchaînement des événements
cytologiques intervenant dans le cours de l’ontogenèse. On peut ainsi montrer
que la mise en place d’une polarité d’organisation est indispensable au fonction¬
nement apical et qu’elle se manifeste essentiellement dans la période préparatoire
de la mitose. D’où la contradiction apparente avec les observations faites par
de précédents auteurs (PICKETT-HEAPS, 1967; GUZMAN-BALDIA, 1968)
qui n’ont pas remarqué cette distribution polarisée.
Il est d’autre part important de souligner que la mise en place de ces gradients
intracellulaires résulte de processus métaboliques actifs, en particulier des activi¬
tés lytiques conduisant à des vacuoles autophagiques. L’origine de ces structures
est maintenant mieux connue (MARTY, 1974, 1978). On sait qu’elles résultent
de remaniements membranaires complexes, intéressant le réticulum endoplasmi¬
que et l’appareil de Golgi, permettant la séquestration et la dégradation enzy¬
matique de plages cytoplasmiques. Le rôle physiologique de ces remaniements
n’est pas encore clairement élucidé mais on peut estimer avec MARTY (1978)
qu’ils facilitent le «turn-over» des macromolécules nécessaires à la modification
du programme morphogénétique de certaines cellules au cours de l’ontogenèse.
En ce qui concerne l’apicale pleuridienne, des informations nouvelles doivent
56
G. DUCREUX
être recherchées concernant le déroulement de la mitose, dont les étapes n’ont
pas été complètement observées, et l’évolution de sa cytologie au terme de ses
divisions. Une observation intéressante concerne l’apparition, en abondance,
de corps osmiophiles dès la mise en place de l’initiale pleuridienne. Ces corps
ont été fréquemment remarqués dans les cellules des Characées. Des études
cytochimiques (GUZMAN-BALDIA, 1968; SILVERBERG et SANA, 1974)
indiquent, en dehors de la présence de tannins une grande richesse en protéines.
Elles révèlent également une activité enzymatique qui évoque une origine liée
aux phénomènes d’autophagie.
Le rôle de ces corps osmiophiles, au niveau de l’apicale pleuridienne, reste
encore énigmatique. Dans l’état actuel de nos investigations, il n’est pas possible
de savoir s’ils représentent des métabolites actifs, nécessaires au fonctionnement,
ou l’accumulation de réserves, ou de déchets. Mais leur apparition dès la mise
en place de l’initiale, paraît être un des signes d’un engagement définitif de la
ramification dans la voie pleuridienne. Cette interprétation peut être mise en
rapport avec le fait qu’il s’est révélé impossible de modifier expérimentalement
la destinée d’une ébauche pleuridienne, quel que soit son stade ontogénétique
(DUCREUX, 1975).
Des investigations comparables mériteraient d’être étendues à d’autres maté¬
riels offrant des situations morphogénétiques différentes. Ainsi, chez Anti-
thamnion plumula (L’HARDY-HALOS, 1975) l’initiale pleuridienne récemment
formée est susceptible d’être à l’origine d’un cladome mais conduit obligatoire¬
ment à une pleuridie si elle a subi une première division. Il serait intéressant de
rechercher si dans ce cas, ou chez d’autres algues à structure cladomiale, l’orien¬
tation définitive de la ramification dans le sens pleuridien est concommitante, ou
précédée, de l’apparition de marqueurs cytologiques.
L’analyse ultrastructurale des processus morphogénétiques ne peut être fruc¬
tueuse que dans la mesure où on peut suivre la séquence complète des événe¬
ments cytologiques et étudier, en fonction de cette évolution, les mécanismes
cellulaires mis en jeu. Encore faut-il être en mesure de séparer les modifications
ultrastructurales résultant du fonctionnement normal de la cellule de celles
correspondant effectivement à une évolution du programme morphogénétique.
Dans cette optique l’utilisation de méthodes quantitatives est vraisemblablement
à rechercher. Des travaux récents (FAGERBERG et DAWES, 1977) sur l’étude
cytologique de la régénération du stipe de Sargassum montrent les possibilités
existant dans ce domaine.
En fait, l’analyse ultrastructurale des processus morphogénétiques en est
à ses débuts et reste encore tributaire de matériels présentant des particularités
morphologiques ou biologiques. C’est ainsi que les principaux travaux dans ce
domaine, ont été réalisés sur des organismes unicellulaires : Acetabularia, œuf
de Fucus offrant un cycle dont les étapes sont bien définies ou des possibilités
de développement synchrone.
Le problème est forcément plus complexe lorsqu’on veut étudier l’évolution
cytologique et morphogénétique de cellules intégrées dans un organisme. Dans ce
domaine l’appareil végétatif des algues ouvre un certain nombre de possibilités
FONCTIONNEMENT DE L’APEX ET ONTOGENESE CHEZ CHARA VULGARIS 57
soit que l’observation directe de l’apex permette de repérer des stades précis
de l’organogenèse soit que l’expérimentation permette de contrôler l’évolution
morphogénétique d’une cellule considérée.
Ce travail a été effectué, avec la collaboration technique de Mme WOLFERSBERGER,
au Service de Microscopie Electronique de l’Institut de Botanique à ORSAY (prof. BOUR-
DU) dont nous remercions le personnel.
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et de bourgeons au repos chez une fougère = Marsilea drummondii A. Br. La Cellule
71 • 775.^07 ’
EXPLICATION DES PLANCHES
ABREVIATIONS. - Ap : cellule apicale; CHL : chloroplaste; CO : corps osmiophües;
u : dictyosomes de l’appareil de Golgi; M : mitochondrie; N : noyau; Nd • nœud - NP •
nouvelle paroi en formation; P : paroi de la cellule; PC ; cellule péricentrale; RE : réticu¬
lum endoplasmique; S-Ap ; cellule sous-apicale; V; vacuole; Va : vacuole autophagique.
T nS H1 ?‘? U . E o S ' ~ Fixation gtottraUÉhjrde (4%, 12 h, 4°C); post fixation ; acide osmi-
que (l/„, 1 h, 4 C, tampon phosphate); acétate d’uranyle (solution aqueuse à 1%, 1 h);
déshydratation : alcool éthylique, oxyde de propylène; inclusion ; épon.
Coupes contrastées aux sels de plomb.
Toutes les micrographies ont été effectuées sur des coupes longitudinales axiales d'apex
ae bourgeons axillaires dont la latence a été levée.
, PLANCHE I. - Fig. a ; Vue d’ensemble de l’apex principal - Remarquer la répartition
a peu près homogène du cytoplasme dans la cellule apicale (x 2500).
Fig. b. - Apex principal. Division récente de la cellule apicale - Remarquer la localisa¬
tion des vacuoles autophagiques a la base de la nouvelle cellule sous-apicale (x 3000).
PLANCHE II - Apex principal. Télophase de la cellule sous-apicale montrant l’inégalité
ches’ 500) ° n ° b “ rVe ’ d “ " stade des diff “ences dans la structure des nucléoles (fié-
H PLANCHE,,, F,g. a; Apex principal. Télophase de la cellule apicale (coupe tangen-
l’fmn , 3 nou,elI = P"» 1 ’ e " reconstitution est indiquée par un pointillé. Noter
S"’ V I* !° callsa , tlon ’ des vacuoles autophagiques et la polarité au niveau de la
cellule pericentrale du nœud sous-jacent (x 3000).
des c!fn b : CeUul = P' !rice r t ' ale - Constater dès ce stade, le groupement dans la zone externe
des corps osmiophiles (fléchés) (x 3500).
flèche. ANCHE IV ' “ Ape ’‘ pl “ ridisn “ La direction de l’apex principal est indiquée par une
_.?*• f ' A? lc>le pleuridienne récemment formée - Noter la dissymétrie de forme ainsi
que la répartition et la localisation des différents organites (x 3500).
cor^osmin^hd! 16 P leurid “?“ a P rès , une Première division - Observer l’abondance des
corps osmiophües et les profils de réticulum endoplasmique groupés en faisceaux (x 3500).
PLANCHE I
59
Source : MNHN, Paris
60
PLANCHE II
PLANCHE III
61
Source : MNHN, Paris
62
PLANCHE IV
Source : MNHN, Paris
63
COMPTE-RENDU DES SEANCES
DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
«ONTOGENESE ET MORPHOGENESE DES ALGUES»
Banyuls, 22 et 23 septembre 1978
M.Th. L’HARDY-HALOS. - Présentation du groupe 5 d’algologie : «Ontogenèse
et morphogenèse des Algues».
M. CHADEFAUD. - Exposé préliminaire : ontogenèse et morphogenèse des
algues; problèmes et perspectives.
S. PUISEUX-DAO. - Mouvements intracellulaires et morphogenèse chez l’Ace-
tabularia mediterranea Lam. (Chlorophycée, Dasycladale).
G. DUCREUX. - Fonctionnement de l’apex et ontogenèse : essai d’analyse
ultrastructurale chez le Chara vulgaris L. (Chlorophycée, Charale).
M. DENIZOT et M.S. FARGHALY. - A propos de trois espèces nouvelles
d’Udotéacées (Caulerpales Chlorophycées) considérées comme appartenant
au genre Rhipiliopsis.
M. BODARD et R. KLING. - Gracilaria verrucosa (Huds.) Papenf., un cladome?
M. LAURET. - A propos de la morphogenèse des Polysiphonia et des Pterosi-
phonia (Rhodophycées, Céramiales).
P. DIOW. - Observations sur la cladomogenèse du Gigartina stellata (Stack.)
Batters (Rhodophycée, Gigartinale).
Ch. ABELARD. - Influence de divers milieux de culture sur la croissance du
thalle d ’Apoglossum ruscifolium (Turner) J. Ag. (Rhodophycée, Céramiale).
R. KLING. - A propos de la culture in vitro du Gracilaria verrucosa (Huds.)
Papenf. (Rhodophycée, Gigartinale).
J. COSSON. - Problèmes morphogénétiques posés et résolus à propos des gamé-
tophytes de Laminaria digitata (L.) Lam. (Phéophycée, Laminariale).
Ch. GROS. - Morphogenèse expérimentale sur des thalles vasicoles deCystoseira
(Phéophycée, Fucale).
J. GAILLARD et M.Th. L’HARDY-HALOS. - Corrélations de croissance chez
le Dictyota dichotoma (Huds.) Lam. (Phéophycée, Dictyotale); contrôle
mutuel de l’initiale apicale et des zones sous-jacentes au cours du développe¬
ment des gamétophy tes juvéniles.
H.B. et J. LÜCK. - Ordonnance des cellules et polarité dans les filaments
d’Algues; théorie et réalité.
Rev. Algol, N. S., 1979, XIV, 1 : 63-83.
Source : MNHN, Paris
64
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
PRESENTATION DU GROUPE
«ONTOGENESE MORPHOGENESE CHEZ LES ALGUES»
(groupe 5 d’AigoIogie)
M.Th. L’HARDY-HALOS
I. - Historique du groupe
Il est né, comme les autres groupes d’AigoIogie, aux Assises qui se sont
déroulées les 26 novembre 1976 et 19 septembre 1977, dans le cadre de la
Société phycologique de France, et grâce à la ténacité de Madame P. GAYRAL.
Au titre primitivement donné - «Anatomie-Morphologie» - nous avons préféré
celui de «Ontogenèse-Morphogenèse» qui recouvre les mêmes préoccupations,
mais exprime davantage notre souci d’analyser les mécanismes en cause, et pour
y parvenir, de suivre l’enchaînement dynamique des phénomènes.
IJ. - Objectifs
1) En commun avec les autres groupes définis aux Assises, le groupe 5
tente d’établir et de maintenir des relations étroites entre les Algologues qui
travaillent dans un même domaine, à une meilleure connaissance des Algues.
L’Algologie est une discipline fondamentale et indispensable de la Biologie
végétale, qu’il convient de défendre tout particulièrement-en cette période de
transition qui la conduit des voies descriptives aux voies expérimentales de la
recherche. Le groupe 5 participe activement à l’évolution actuelle de l’Algologie.
2) Le groupe 5 veut également contribuer à l’analyse des grands problèmes
de la morphogenèse végétale, en sachant discerner et mettre en évidence les
aspects originaux du matériel algal.
3) Enfin, par le dialogue au sein du groupe lui-même, les différentes orienta
lions de la recherche évoluent et s’enrichissent mutuellement.
III. La place de la réunion de Banyuls parmi les activités du groupe.
Cette réunion représente, à mon sens, un temps de réflexion sur notre activité
scientifique. Elle aura deux avantages : celui de souligner la diversité de nos
préoccupations, et celui de favoriser les échanges grâce aux discussions prévues.
Nos remerciements s’adressent à Madame P. GAYRAL qui nous a proposé
le lieu privilégié de Banyuls, à Madame M. KNOEPPFLER qui n’a pas ménagé
ses efforts pour consacrer à notre rencontre le temps nécessaire, à Monsieur le
Professeur M. CHADEFAUD qui nous fait l’honneur d’introduire notre thème
a Monsieur le Professeur F. MAGNE qui accepte de présider l’une de nos séan-
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
65
Nous regrettons l’absence de Monsieur le Professeur R. NOZERAN dont le
laboratoire est heureusement représenté, et celle de Monsieur le Professeur
P. CHAMPAGNAT qui aurait dû élargir nos débats aux dimensions de la mor¬
phogenèse végétale en nous apportant le point de vue des autres morphologistes
végétaux.
Monsieur le Professeur J. FELDMANN devait présider la première de nos
séances de travail, et il s’intéressait vivement à nos activités. En tant que mem¬
bres du groupe 5, nous lui rendrons hommage en travaillant à la promotion
de l’Algologie, comme il l’a fait lui-même durant toute sa carrière.
66
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
EXPOSE PRELIMINAIRE
M. CHADEFAUD
La plupart des idées et des faits qui feront l’objet de la présente réunion
pourront sans doute être rattachés à la notion de cladome (cf. CHADEFAUD
1954-1960).
Un cladome uniaxial se compose d’un filament axial, à allongement indéfini,
et de pleuridies ou de phyllidies, composées au contraire de filaments à allonge¬
ment defini, ceux des phyllidies ayant l’organisation des filaments axiaux, mais
non ceux des pleuridies. Cela dit, se posent de nombreux problèmes, savoir :
- l’origine phylogénétique de la structure cladomienne, sans doute à partir
d’une structure ancestrale nématothallienne, et du fait d’une hiérarchisation
qui a abouti à la différenciation des filaments axiaux, phyllidiens et pleuridiens,
avec subordination des phyllidies et des pleuridies au filament axial qui les porte.
Ici devront être examinés particulièrement les groupes encore imparfaitement
cladomiens ( Draparnaldia, Sphacelaria, etc...);
- l’origine ontogénique des cladomes primaires, le plus souvent à partir
d’un appareil basal en principe nématothallien, mais en fait souvent très modifié.
En principe, le filament axial des cladomes primaires dérive d’un filament du
nematothalle basal; cela doit être rapproché du fait que dans certains cas et con¬
ditions des filaments pleuridiens ou phyllidiens peuvent reprendre leur allonge¬
ment pour donner des filaments axiaux;
- les caractères cytologiques des filaments pleuridiens et phyllidiens, compa¬
res a ceux des filaments axiaux, et le rapport entre ces caractères et la plus ou
moins grande irréversibilité de la différenciation des pleuridies et des phyllidies;
- l’évolution des cladomes ; cladomes à pleuridies ou phyllidies rudimentai¬
res ou nulles; cladomes à cortex pleuridien; cladomes à moelle axiale; cladomes
des Rhodomélacées dans lesquels chaque segment axial porte à la fois une phylli-
te (réduite ou non à un trichoblaste) et un cycle pleuridien corticaux, etc.
Cette évolution a pu conduire au cas des espèces métacladomiennes (évoluées
a partir d’un stade cladomien typique; ex ; les Delesseria), mais d’autres espèces
peuvent etre paracladomiennes (évoluées sans être passées par un stade clado-
mien : Fucus et Dictyota ?).
- le mécanisme de la production des segments axiaux à partir de la cellule
initiale du filament axial, par des cloisonnements qui peuvent être obliques, et
alors orientés selon une loi «phyllotaxique». La signification du cloisonnem’ent
ob ique, qui peut suggérer une structure sympodiale du filament axial (?), et
celle des ramifications dichotomiques (probablement pas primitives, contraire¬
ment a l'opinion courante). Le cas échéant, le cloisonnement des segments,
et les phenomenes de polarité enjeu dans les divers cloisonnements, etc...
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
67
- les phénomènes physiologiques en jeu dans l’omogénèse des cladomes,
accessibles à l’expérimentation.
Les cladomes multiaxiaux, pourvus d’un faisceau de filaments axiaux, devront
aussi être réétudiés. Ils peuvent être des faisceaux de cladomes uniaxiaux, mais
souvent ils sont tout autre chose, et alors composés uniquement de filaments
axiaux disposés en sympodes (cf. Nemalion, Codium, etc...) : chaque élément
de ceux-ci engendre le ou les éléments suivants, puis se ramifie et donne une
«pseudo-pleuridie», déjetée latéralement. Il faudra rechercher les relations
phylogénétiques entre cette structure et la structure uniaxiale.
Mais ce qui précède ne donne pas une liste exhaustive de tous les problèmes
à étudier, pour la solution desquels sont nécessaires, d’une part l’expérimenta¬
tion, et d’autre part une analyse intellectuelle des faits, a la fois approfondie
et subtile, car la morphologie des êtres vivants doit s’efforcer d’être une science
précise et exacte.
68
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOG1QUE DE FRANCE
MOUVEMENTS INTRACELLULAIRES ET MORPHOGENESE CHEZ
L 'ACETABULARIA MEDITERRANEA LAMOUROUX
S. PUISEUX-DAO*
Sous ce titre, Madame S. PUISEUX-DAO nous a commenté plusieurs films,
et fait part d’acquisitions-récentes publiées dans les articles suivants :
1. PUISEUX-DAO, S.
Mouvements cytoplasmiques et morphogenèse chez 1 ’Acetabularia mediterra¬
nea.
Biologie cellulaire (sous presse).
2. PUISEUX-DAO, S., HOURSIANGOU-NEUBRUN, D. et DUBACQ, J. P.
Heterogeneity of the plastid population and cellular streaming in Acetabularia
mediterranea.
in Chloroplast Development, Akoyunoglou, G. ed., Elsevier-North Holland
(in press).
3. PUISEUX-DAO, S., HOURSIANGOU-NEUBRUN, D. et DUBACQ, J. P.
Cytoplasmic streaming and chloroplast différentiation in Acetabularia.
in Developmental Biology of Acetabularia. Bonotto, S., Kéféli, V. and Pui-
seux-Dao, S. eds., Elsevier-North Holland (in press).
4. PUISEUX-DAO, S.
Cytoplasmic streaming and cell morphogenesis in Acetabularia.
in Developmental Biology of Acetabularia, Bonotto, S., Kéféli, V. and Pui-
seux-Dao, S., eds., Elsevier-North Holland (in press).
DISCUSSION SUR LA COMMUNICATION PUISEUX-DAO
M. Th. L HARDY-HALOS. — Ayant vu plusieurs fois ces films, je constate chaque fois un
aspect intéressant. J’aimerais savoir, après les avoir regardés aujourd’hui, si les deux types
de travees cytoplasmiques migrent au même rythme dans les deux sens ?
Mme S. PUISEUX-DAO. - Oui en gros, et obligatoirement pour des raisons de géométrie,
a cause de la paroi rigide qui réalise un volume clos.
Ch. GROS. - On peut rapprocher les mouvements de «cyclose» des plastes d'Acetabularia
de ceux de Derbesia. Y a-t-il des microfilaments chez les Acetabularia ?
Mme S. PUISEUX-DAO. - De telles structures n’ont jamais été décrites. Nous avons observé
des faisceaux de microfilaments uniquement, pour le moment, dans les algues en milieu
photosynthetique à croissance rapide.
Ch. GROS. - L’action du froid semble ralentir et empêcher les transferts de métabolites.
* Université de Paris VII, Laboratoire de Biologie cellulaire végétale, 2, place Jussieu
75221 Paris Cédex 05. ’
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
69
Mme S. PUISEUX-DAO. - Le froid ralentit toutes les voies métaboliques; le problème est
de déterminer s’il y a des degrés dans la thermosensibilité. Il semble que la formation du
chapeau soit inhibée à 15° C, alors que le transfert des RNA est seulement très ralenti.
G. GUGLIELMI. - Y a-t-il une protéine de type actine chez VAcetabularia ?
Mme PUISEUX-DAO. - On n’en sait rien.
G. DUCREUX. - A la suite du comportement morphogénétique des Acetabularia (à l’obs¬
curité, en milieu artificiel ou en présence de cytocholasine) et des modifications correspon¬
dantes observées au niveau du cytoplasme, ne peut-on penser que ce dernier intervient
par l’intermédiaire de processus «mécaniques» actifs qui amplifient ou assurent 1 expression,
au plan morphologique, du programme biochimique ?
Mme S. PUISEUX-DAO. — Il est bien évident que, soit en accélérant, soit en ralentissant
le transport de molécules (ou d’organites) d’un endroit à un autre des cellules, le cytoplasme
module les interrelations entre les différentes parties et entre les organites; par exemple,
il contrôle le transfert des vésicules golgiennes vers la membrane plasmique, et par ce biais,
agissant en coopération avec d’autres processus enzymatiques ou autre, influence la morpho¬
genèse cellulaire.
G. DUCREUX. — A-t-on réalisé des expériences de centrifugation ménagée et orientée
à différentes étapes du développement d 'Acetabularia ?
Mme S. PUISEUX-DAO. — Oui, le groupe de L. SANDAKCHIER à Novosibirsk a réalisé un
grand nombre d’expériences de ce type. Il a pu montrer par exemple que les RNA d’origine
nucléaire étaient «libres» dans le cytoplasme pendant quelques jours, puis ensuite étaient
définitivement intégrés dans la zone apicale.
FONCTIONNEMENT DE L’APEX ET ONTOGENESE;
ESSAI D’ANALYSE ULTRASTRUCTURALE CHEZ CHARA VULGARIS L.
G.DUCREUX*
Malgré une certaine complexité, l’organisation de l’appareil végétatif du Chara
résulte d’une ontogenèse rigoureuse — permettant de suivre la filiation des cellu¬
les constituant les différents organes — et dépend directement du mode de fonc¬
tionnement des cellules initiales (apicale et sous-apicale) de l’apex. Cette situa¬
tion est favorable à la recherche d’informations concernant la modification
de l’ultrastructure des cellules en liaison avec la modification de leurs potentia¬
lités morphogénétiques au cours de l’organogenèse. L’utilisation de cultures
clônées in vitro, alliée à la suppression expérimentale des corrélations inhibitri¬
ces, permet de synchroniser le développement des bourgeons axillaires et d envi¬
sager cette étude de façon dynamique.
L’évolution cytologique des cellules initiales de l’apex est caractérisée par des
remaniements résultant de processus métaboliques actifs et conduisant à une
répartition inégale du matériel cytoplasmique et nucléaire (cellule sous-apicale)
* Laboratoire d’étude et d’exploitation du polymorphisme végétal associé au C.N.R.S.
Université de Paris-Sud,F91405 Centre d’Orsay.
70
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
au cours de la phase précédant la mitose. Cette répartition polarisée peut être
rapportée, en fonction des résultats expérimentaux (centrifugation) au détermi¬
nisme du fonctionnement nodal ou internodal.
A un stade ultérieur de la mise en place, après segmentation de la cellule
nodale, de l’apicale de la pleuridie (caractérisée par une croissance limitée,
une symétrie bilatérale, des organes reproducteurs) est associée à une répartition
des organites différente de celle observée dans l’apicale principale et à la présen¬
ce, à un stade précoce de l’ontogenèse, de corps osmiophiïes pouvant servir
de marqueurs.
L étude dynamique de l’ensemble de ces remaniements ultrastructuraux —
dans le cadre de l’organogenèse habituelle et en liaison avec des modifications
expérimentales précises — doit permettre de poursuivre l’analyse des mécanismes
morphogenétiques intervenant au niveau d’une cellule intégrée dans un orga¬
nisme.
DISCUSSION
apicale^ ~ Y Une différence de lon gévité entre une cellule apicale et sa cellule sous-
G DUCREUX. - Compte-tenu de la structure de l’apex, l’isolement des cellules initiales
s avéré impossible, ü n est pas sur d’ailleurs que la réponse soit claire en raison de possibi-
re & eneratlon - pe qu’on peut constater c’est que la cellule apicale peut survivre
longtemps en place en l’absence de mitose : ^
• ~ dans le £? dre du fonctionnement normal; l’apicale des bourgeons axillaires latents
qui peut rester inhibee jusqu au 1 5eme nœud sous l’apex au moins (en culture in vitro )
ce qui correspond a une longévité de 3 mois environ.
. , .7. Mlt ? la iUltc , d ’ unc modification des corrélations habituelles, le blocage par rétro-
a P artlr , des °, r g anes latéraux, de l'apicale principale peut-être maintenu expéri-
ÏSÏÏÏÏ * p J Ç lus ‘ e .“ rs moIS (jusqu’à 10) mais à partir d'un certain nombre de
Srique modifie rl “ ^ fonctlonnemen * P eut se traduire par un comportement morphogé-
afmble qu'il n'en soit pas de même pour la cellule sous-apicale. D’une part, dans le
celb.leanicU d°. nn f ment "ô™ a J' ? “ ltose inter ™nt d »ns les 24 heures suivant celle de la
IrmrntT ^ ’ ‘i ” P “" et “ de de or g amsa “on cellulaire des apex bloqués expérimenta-
vl^ sêmbl, T ■ 3 “ ‘ reS - rarem '"' “ ne sous-apicale. Sa segmentation, donc sa durée de
vie, semble engagée des sa séparation de la cellule apicale.
de comportement des celluks phanomanes d 'endopl„Idie interviennent dans la différence
G. DUCREUX.- Des études de microspectrophotométrie réalisées par SHEN indiquent
dTi'iir”: d ADN est la mê r, dans tous les de la p‘ a "". y ZS
Mais avant ceHe 0 Tnhi‘n\ mt , ern0 d q “' “ "“‘““ï P as d '“" processus mitotique normal,
iomrnod V ' multiplication des noyaux, on observe un stade transitoire où le noyau
donc no^bî" 0 " J Une |,? rand ' tal ÿ' e , C fragmentation nucléolaire importante, i/est
donc possible que des phenomenes d’endoploïdie interviennent à ce niveau.
Mme S. LOIS EAUX. — Comment levez-vous l’inhibition ?
F' li r ’ UCREU ^; 7 Dc ,faç° n simple. Compte tenu du fait que l'organisation cellulaire des
movfnSe 'ïT reste à E>rtit d'un certain niveau (Sème nœud en
de S f lap “ P" nc ;P al i d “‘fit d’isoler, à un même instant t 0 qui sert
intentent Tin! . * P° rtant c “ bourgeons. La première division de la cellule apicale
axiEe" J moyenne, au bout de 36 heures au niveau des apex des bourgeons
Mme J. MARCHE-MARCHAD. - Des travaux de ce genre ont-ils été faits chez Nilella ?
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOG1QUE DE FRANCE
71
G. DUCREUX. - Les Nitella ont surtout été exploitées sur la plan de la physiologie cellulai¬
re des articles internodaux. Quelques travaux ont cependant été réalisés concernant la régé¬
nération polarisée de ces articles mais ils ne paraissent pas très solides sur le plan expérimen¬
tal. Compte tenu de cette réserve l’organisation semble moins complexe et moins integree
que chez Chara.
R. KL1NG. - Ne peut-on pas considérer que les cellules traitées par les herbicides mettent
en place, par le biais de la vacuolisation, un mécanisme de détoxication ? Les vacuoles
autophagiques de Chara, on peut très bien les appeler lysosomes secondaires ?
G. DUCREUX. - On peut effectivement considérer les vacuoles autophagiques comme
des lysosomes. Je préféré la première désignation dans la mesure où il s’agit de processus
conduisant aussi à la vacuolisation normale. Quant à leur rôle morphogénétique, je n’ai
pas de réponse claire. Il me paraît toutefois difficile d’admettre qu’il s’agit d’un phenomene
d’élimination sans intervention dans les processus métaboliques ultérieurs.
A PROPOS DE TROIS ESPECES NOUVELLES D’UDOTEACEES
(CAULERPALES, CHLOROPHYCEES)
CONSIDEREES COMME APPARTENANT AU GENRE RHIPILIOPSIS
M.S. FARGHALY et M. DENIZOT*
A l’occasion de l’étude de trois échantillons provenant respectivement de
Madagascar, la Nouvelle Calédonie et les Tuamotu, nous avons repris l’étude
des Udotéacées non calcifiées. Afin de clarifier le découpage en genres de cet
ensemble très cohérent, et dans l’état actuel des travaux, nous considérons
que le genre Rhipiliopsis se définit par la présence de lames constituées de fila¬
ments unis entre eux par des appendices, parfois très courts, mais dépourvus
de digitations au point d’attache et sans cortication proprement dite.
Nous incluons ainsi dans le genre, outre le type R. peltata Gepp, R. robusta
Womersley, R. stri (Earle et Young) nov. comb., R. aegyptiaca Nasr et les trois
espèces nouvelles suivantes, à lame monostromatique.
R. moruroaensis nov. sp. 8 mm; stipe monosiphoné; Appendices de 20 fim
de long sur 15 f/m de diamètre.
R. madagascariensis nov. sp. 1,5 cm; stipe multisiphoné; Appendices très
courts vers le milieu de la lame, donnant l’aspect de crible.
R. novae-caledoniae nov. sp. 1 cm; stipe multisiphoné; Appendices de 15 pm
de long sur 10 pm de diamètre.
Malgré leur petite dimension et le trop petit nombre d’échantillons, nous ne
pensons pas que ces échantillons soient obligatoirement des formes juvéniles.
De toute façon, leurs caractères sont suffisants pour la définition des espèces.
DISCUSSION
Ch. VAN DEN HOEK. - J’ai publié récemment une nouvelle espèce d ’Udotea (Udotea
Laboratoire de Cryptogamie, Institut de Botanique, Montpellier, France.
72
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
reticulata new. spec.) du récif corallien de Curaçao, qui appartient probablement au genre
Rhipiliopsis comme conçu par vous.
M. DENIZOT. - Nous pensons en effet que, dans un but de clarté systématique, il est
bon de considérer les Udotéacées non calcifiées à appendices simples comme Rhipiliopsis,
quelle que soit la nature du stipe et le nombre de strates de la fronde. Une meilleure
connaissance du groupe pourrait très bien amener à réviser cette conception.
G. GUGLIELMI. - Doit-on considérer la calcification comme un critère de genre sans en
connaître les limites en fonction du milieu (cf. Acetabularia dans la nature et dans un
milieu de culture).
M. DENIZOT. — Dans l’état actuel de nos connaissances, la calcification ou son absence
semble bien un caractère constant chez les Udoteacées. de toute façon, comme trop de
descriptions ne tiennent pas compte de ce caractère, il semble bon d’insister sur son intérêt
pour disposer ultérieurement de renseignements plus nombreux.
H. B. LUCK. — 1. Y a-t-il une progression continuelle de la calcification au niveau de la zone
de croissance, ou existe-t-il des zones à calcification plus ou moins rapide ?
2. Existe-t-il une relation évidente entre la vitesse de croissance de l’algue et le taux
de calcification ?
M. DENIZOT. — 1. La calcification semble suivre étroitement la croissance de la plante,
avec respect d’une marge étroite, dans le cas des espèces calcifiées.
2. Non. La qualité de calcaire est très spécifique, mais rien n’indique que les formes
lourdement calcifiées soient de croissance plus ou moins rapide.
GRACILARIA VERRUCOSA (HUDS.) PAPENF., UN CLADOME ?
Marcel BODARD et Robert KLING *
Notre exposé trouve son origine dans l’apparente contradiction qui existe
entre la description d’un cladome chez les Rhodophycées tel que l’ont exposé
CHADEFAUD (1960) et FELDMANN (1963) et le mode de développement
des néoformations apparaissant sur les boutures d’algues rouges mises en culture
(KLING et BODARD, 1974). Nous remarquions alors que les différents thalles
réagissaient soit en produisant des «proliférations» (néoformations d’origine
latérale), soit en produisant des «régénérations» (néoformations d’origine axiale)
(KLING et BODARD, 1974). Nous indiquions qu’il était vraisemblable que
certains cladomes étaient tels que seules les cellules latérales étaient capables
de donner des néoformations, et que d’autres cladomes étaient tels que la région
axiale permettait seule la production des néoformations; il faut donc admettre
que dans le premier cas le cortex n’est pas, par définition, formé de pleuridies
(sensu stricto).
Ces observations, qui montrent que tous les cladomes ne fonctionnent pas de
la même façon, méritent que l’on recommence une étude approfondie des
Laboratoire d’Algologie, U.E.R. de Biologie, Université de Lille I, B.P. 36, 59650 Ville-
neuve d’Ascq.
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE 73
structures de ces thalles, marquée par la définition de nouveaux territoires où
le rôle des cellules sera défini de manière à pouvoir ultérieurement connaître
avec exactitude les modifications au niveau du champ morphogénétique.
Après nous être posé cette question, il était bon de circonscrire d’une manière
précise les problèmes qu’elle entraîne. Il s’agit d’abord de connaître et de limiter
le champ morphogénétique périphérique, de montrer eventuellement le rôle
joué par les cellules du centre du thalle et ensuite celui joué par la cellule apicale
du cladome.
Nous avons constaté que la taille des segments a peu d’influence sur la
formation des proliférations et que la position de celles-ci par rapport à 1 axe
originel est toujours strictement polarisée. Nous avons également constaté que
les cellules du centre et de l’axe des segments ne jouaient aucun rôle tandis
que la cellule apicale assure, par sa présence, un rôle dans l’allongement du
thalle.
Ainsi, nous croyons qu’il existe dans le thalle de Gracilaria verrucosa deux
niveaux de différenciation : celui qui intéresse la cellule apicale et qui entraîne
un allongement du thalle, celui qui intéresse le cortex et qui apres un certaine
dédifférenciation des cellules permet la ramification.
Cette façon de voir est à rapprocher du mode de développement des spores
qui s’effectue lui-même en deux temps. En effet, dans un premier temps la spore
produit un disque lorsqu’elle touche un support, une sphère multicellulaire
lorsqu’on empêche sa fixation; les cellules présentent alors une différenciation
plus poussée que la tétraspore ou la carpospore, comme les cellules du cortex
du thalle sont plus différenciées que la cellule apicale. Ce sont ces cellules qui
subissent ensuite dans un second temps, cà et là, une dédifférenciation donnant
une cellule apicale et un axe.
Il est évident dans ce cas que nous ne sommes plus en présence d’un cladome
classique puisque toutes les cellules du cortex semblent capables de se transfor¬
mer en cellules apicales comme c’est le cas au niveau de cladomes dormants
latéraux des cladomes classiques. De plus, la partie axiale ne joue aucun rôle
dans les nouvelles différenciations. Il s’agit d’un thalle a cellule apicale et a
cortex où les cellules sont capables de dédifférenciation et de redifférenciation,
donc tellement différent des cladomes à pleuridies latérales a croissance definie.
A PROPOS DE LA MORPHOLOGIE DES POLYSIPHONIA ET DES
PTEROSIPHONIA (RHODOPHYCEES, CERAMIALES)
Michel LAURET *
La croissance en longueur des individus classés dans le genre Polysiphonia
Laboratoire de Cryptogamie, U.S.T.L., Place E. Bataillon, 34060 Montpellier Cédex.
74
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
est assurée par le fonctionnement bien connu, d’une cellule génératrice apicale
qui engendre des cellules sous-apicales limitées par des cloisons obliques. Les
rameaux latéraux sont créés à partir d’une cellule initiale formée latéralement
par la cellule sous-apicale avant qu’elle se cloisonne elle-même en péricentrales
et centrale. Cette initiale latérale se forme sur chaque cellule sous-apicale, et
produit, soit un trichoblaste soit un rameau identique à l’axe générateur. Les
initiales latérales successives se forment sur une spire régulière, qui est donc la
même pour les rameaux et pour les trichoblastes. Les anomalies de cette phyllo-
taxie constatées chez Polysiphonia sertularioides (Grat.) J. Ag. sont dues aux
conditions de vie semi-aérienne de cette plante. Les individus immergés toute
leur vie n’ont pas d’anomalie (voir P. havanensis Montagne de Caroline).
Chez Pterosiphonia pennata (Roth) Falk. l’initiale latérale, qui se forme
comme chez les Polysiphonia, peut être à l’origine d’un rameau long, d’un
rameau court (pinnule) ou d’un trichoblaste. Les initiales latérales successives
sont également disposées sur une spire. Les cellules péricentrales se forment
chez les Pterosiphonia comme chez les Polysiphonia, après la formation de
l’initiale latérale.
Les observations, signalées et décrites dans le texte complet, montrent que les
trichoblastes (phyllidies) et les rameaux latéraux (cladomes secondaires) des
Polysiphonia ont exactement la même origine et qu’ils peuvent, dans la nature,
se transformer de l’un en l’autre. Il en est de même chez \e Pterosiphonia penna¬
ta pour les trichoblastes, les rameaux latéraux et les pinnules (brachycladomes).
Ces éléments sont donc des expressions morphologiquement différentes de la
formation d’une ramification latérale pluricellulaire. La structure de ces plantes
apparaît maintenant plus monotone qu’on aurait pu le croire avant cette étude.
OBSERVATIONS SUR LA CLADOMOGENESE
DE GIGARTINA STELLATA
(STACK.) BATTERS (RHODOPHYCEE, GIGARTINALE)
P. DION*
L’analyse structurale de bourgeons axiaux émis sur le nématothalle de jeunes
stades cultivés in situ, laisse apparaître que :
— la structure des axes dressés est, dès l’origine, multiaxiale par reprise ou
accélération de la croissance apicale d’un faisceau de filaments nématothalliens;
— le cladome de G. stellata, bâti sur un système pseudodichotomique des fila¬
ments axiaux dont les diverses ramifications présentent une hiérarchisation très
progressive, est un cladome «nu», sans pleuridies;
— l’événement marquant de la cladomogénèse consiste en une activité mito¬
tique associée à une cytodiérèse par cloisonnements obliques polarisés; l’analyse
Station biologique de Roscoff. Place Georges Teissier, 29211 Roscoff.
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
75
de ceux-ci rend bien compte de l’équilibre morphogénétique du cladome, et des
forces mises en jeu au cours de sa croissance : traction organisatrice du cortex
apical et à un moindre degré, du cortex périphérique — sur la médula anasto¬
mosée.
DISCUSSION SUR LES COMMUNICATIONS BODARD-DION-LAURET
Mme M.-Th. L’HARDY-HALOS. - Le thème cladomien de CHADEFAUD intègre parfai¬
tement les structures de type Gracilaria verrucosa, qu’il faut sans doute situer à un niveau
élevé de l’évolution des cladomothalles uniaxiaux avec mise en place d’un méristoderme
(apex actifs des cladomes secondaires) et peut-être de cloisonnements anticlinaux associés
aux cloisonnements périclinaux (à vérifier).
A la lumière des résultats expérimentaux obtenus sur les cladomothalles uniaxiaux
typiques, il est possible de concevoir l’ontogenèse des thalles massifs. Il faut porter une
attention particulière aux cladomothalles «nus» (pleuridies inexistantes ou réduites jusqu’à
totale régression) et ceux à croissance sympodiale. Il faut tenir compte des éventuels degrés
dans la précocité de la différenciation pleuridienne, et si les régénérations peuvent fournir
des indications précieuses, l’analyse des différentes étapes de l’ontogenèse demeure indis¬
pensable.
La structure analysée par P. DION pose le problème des cladomothalles pluriaxiaux
nus, et permet d’aborder en outre celui des relations entre le nématothalle protonémien et le
cladomothalle dans les structures à cladomes primaires en faisceaux.
M. BODARD. —11 faudrait rechercher les thalles correspondant à chacun de vos croquis
et les étudier.
G. DUCREUX. — Le développement d’un cladome résulte de deux processus : croissance en
longueur (segmentation de l’initiale) et ramification. Ne peut-on pas considérer que ces deux
phénomènes peuvent être suivant le cas concomitants ou plus ou moins dissociés (de la di¬
chotomie à la latéralisation complète de la ramification) et qu’en conséquence la part axiale
ou pleuridienne de l’appareil végétatif est plus ou moins importante et peut être modifiée
en fonction des conditions de développement ?
M. BODARD. - Il est effectivement possible qu’il existe plusieurs niveaux de différencia¬
tions correspondant soit à la cellule apicale, soit aux possibilités de ramifications.
M. DENIZOT. — L’interprétation du cloisonnement oblique dans la cellule apicale est très
discutable. Pour ma part, je pense que la cellule morphologiquement terminale est l’apicale
d’un rameau latéral, ce qui peut poser tout le problème de la sympodie dans les axes.
P. DION. — Le cloisonnement oblique, source d’une pseudodichotomie, s’opère toujours
selon un plan séparant d’une part, en position apicale, l’initiale d’une ramification interne
ayant tendance à rester concernée dans le fonctionnement de l’apex du cladome, et, d’autre
part, une cellule sous-apicale dont la dursion transversale dégage une apicale de ramification
externe à devenir plus court (plus cortical); c’est cela l’essentiel. Pour ma part, je pense
que la ramification est plutôt monopodiale car il existe tous les intermédiaires entre cloi¬
sonnement transversal et cloisonnement oblique; dans certains cas, tout se passe comme si
une accélération de croissance provoquait une inclinaison de plus en plus marquée des
plans de clivage, jusqu’à un paroxisme se traduisant par la naissance d’une pseudo-dichoto¬
mie : de ce fait il ne me semble pas possible de comparer directement ce type de cloisonne¬
ment avec par exemple, le cloisonnement antérolatéral rencontré parmi les Sphacealariales.
G. GUGLIELMI. —11 est fort possible qu’une simple étude ultrastructurale comme celle
de DUCREUX, permette de discerner l’initiale dans une division oblique.
76
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
INFLUENCE DE DIVERS MILIEUX DE CULTURE
SUR LA CROISSANCE DU THALLE WAPOGLOSSUM RUSCIFOLIUM
(TURNER) J. Ag. (RHODOPHYCEE, CERAMIALE)
Ch. ABELARD*
Les milieux utilisés ont été réalisés à partir d’eau de mer naturelle prélevée
au large de Roscoff, filtrée sur millipore à 0,45 jUm.
Une première étude statistique a permis de montrer une meilleure efficacité
du milieu ES de Provasoli (1966) sur la croissance en longueur des plantules
issues du développement des carpospores d’une part, et des tétraspores d’autre
part, que celle du milieu de Von Stosch (1967). Cette supériorité se traduit
également par une apparition plus précoce des sores de tétrasporocystes ou de
spermatocystes dans le milieu ES de Provasoli que dans celui de Von Stosch.
Dans ces deux milieux, la germination des spores donne naissance à une
fronde principale qui, sur sa base rétrécie en stipe, peut développer des frondes
basales adventives. Elles sont plus nombreuses dans celui de Von Stosch que dans
le milieu ES de Provasoli. Néanmoins, la longueur totale (fronde principale +
frondes basales) est supérieure dans le milieu ES car la fronde principale est
ici nettement plus grande. Il est vraisemblable que la croissance de cette grande
fronde principale s’oppose à l’initiation des frondes basales adventives et qu’à
l’inverse, dans le milieu de Von Stosch, la fronde principale moins vigoureuse
permette l’initiation de nombreuses frondes basales adventives.
Une deuxième étude statistique a permis de confronter l’efficacité de 5
milieux : Provasoli 2 (oligoéléments métalliques de P II métal en dose double
de celle du milieu ES de Provasoli), Erdschreiber modifié où les quantités de sels
de potassium sont réduites de moitié par rapport aux doses habituellement
employées, un milieu de Erde Mp résultant de l’addition à cet Erdschreiber de
4 vitamines (Bj2, Biotine, Chlorhydrate de thiamine, acide nicotinique), Mp (le
milieu précédent sans extrait de terre) et celui de Von Stosch (1967) sur le
développement des tétraspores et la taille des plantules; d’autre part, au cours
du développement des tétraspores, sont mises en évidence deux périodes suc¬
cessives où les besoins nutritifs semblent différents.
Deux mois après l’émission des spores, le Provasoli 2 est nettement plus
favorable à la croissance des plantules que les milieux de Von Stosch et d’Erd-
schreiber modifié, et supérieur au milieu Mp (moyenne de taille statistiquement
différentes); les milieux de Von Stosch, Mp et Erde Mp donnant des vitesses
de croissance comparables.
La présence d’oligoéléments métalliques dans le milieu Provasoli 2 est vrai¬
semblablement responsable de la croissance plus rapide dans ce milieu.
Laboratoire de Biologie végétale marine, Institut de Biologie végétale de l’Université Pierre
et Marie Curie, 7 Quai St Bernard, 75005 Paris.
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
77
Par contre, au cours des premières semaines de culture, ce sont les milieux
Mp et surtout Erde Mp qui activent fortement le développement des spores et
la croissance des jeunes plantes.
La supériorité de ces milieux au cours de la période initiale du développement
semble être due à leur teneur double en chlorhydrate de thiamine par rapport
à celle du Provasoli 2; en ce qui concerne le Erde Mp, l’addition à l’extrait
de terre de quelques oligoéléments supplémentaires, est probablement en cause.
A PROPOS DE LA CULTURE IN VITRO DE GRACILARIA VERRUCOSA
(HUDS.) PAPENF. (RHODOPHYCEE, GIGARTINALE)
R. KLING*
L’objet de cette communication est d’exposer à la manière d’un résumé,
après une présentation sommaire du matériel et des méthodes, les principaux
résultats acquis dans le cadre d’une thèse de 3° cycle dont l’objet a été de
rechercher les conditions optimales de croissance de G. verrucosa cultivé in vitro.
Dans le cadre de ce travail nous avons recherché l’influence des paramètres
écophysiologiques (température, salinité, pH et lumière) et des paramètres
chimiques (macroéléments — carbone, azote, phosphore — microéléments
fer substances de croissance - AIA, GA3, kinétine vitamines - B 12 ,
C-).
1. — Matériel et méthodes
10. — Récolte et constitution des lots destinés à la culture : Les plants sont
récoltés lors des basses mers de vives-eaux. Des travaux préliminaires de culture
ayant mis en évidence une forte activité morphogène des fragments de thalle,
nous nous sommes proposés d’utiliser de tels segments comme inoculum. Ces
segments, lorsqu’on les place en culture, manifestent une activité morphogé¬
nétique polarisée qui se traduit par la formation à la périphérie de la section
distale d’une ou plusieurs frondes.
11. — Critère de croissance : Comme nous avons constaté que la dimension
des segments placés en culture restait invariable pendant le temps de culture, la
croissance des proliférations a été mesurée en milligrammes de matière sèche
rapportée au poids sec de segment mis en culture.
12. — Définition d’un délai de culture : Les expériences que nous avons
menées à cette fin, nous ont conduit à adopter un temps de culture voisin de
30 jours.
13. — Méthodes d’appréciation des résultats : Comme la normalité du carac-
Laboratoire d’Algologie, U.E.R. de Biologie, Université de Lille I, B.P. 36, 59650 Ville-
neuve d’Ascq.
78
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
tère poids n’a pas été infirmée par le test correspondant, nous avons apprécié
la signification des résultats en utilisant les tests du F de Snedecor et du T de
Student.
14. — Axénie : De nombreuses expériences basées sur l’utilisation de sub¬
stances antiseptiques et antibiotiques ont été réalisées, mais sans succès. Tous
nos résultats sont donc acquis sur des cultures ni unialgales, ni stériles.
2. — Influence des paramètres écophysiologiques
21. — Température et salinité : La croissance optimale s’observe à la tempé¬
rature de 25 C et dans un milieu de salinité égale à 35 pour mille.
22. — Le pH : L’optimum de pH se situe au voisinage de 8,0; lorsqu’on
utilise le Tris comme substance tampon, on remarque que la croissance, à pH
égal, est supérieure à celle observée dans le milieu témoin dépourvu de tampon.
23. — La lumière :
231. — L’énergie : Un éclairement de 20 W/m 2 — tubes fluorescents blancs
type Grolux, conduit à une croissance maximale.
232. — Le photopériodisme : L’influence de la rythmicité de l’éclairement
a été recherchée. Chez des lots cultivés à différentes photopériodes, sous un
éclairement quotidien moyen égal, on note l’existence d’un effet photopério¬
dique. En effet, les expériences montrent que le taux de croissance par unité
de puissance consommée, est supérieur aux régimes photopériodiques de 8:16
et 12:12 qu’aux régimes 16:8 et 24 :Ô.
233. — Les bandes spectrales : Bien que préliminaires et approximatives, en
raison de la largeur des bandes spectrales utilisées, les expériences ont mis en
évidence l’efficacité de la lumière bleue, et à un moindre degré, de la lumière
jaune.
3. — Influence des paramètres chimiques
31. — Les macroéléments
311. — Le carbone : Seule l’influence du carbone minéral — HCO 3 — a été
recherchée. Les concentrations en bicarbonates égales à 16 mM/1, ont conduit
à une croissance maximale.
312. — L’azote : Nous avons recherché le rôle de l’azote sous les formes
minérales — NO 3 , NO 2 et NH 4 — et organiques — arginine —. En présence de
l’ion nitrate, l’optimum de croissance s’observe à des concentrations en azote
comprises entre 0,5 et 5 mg/1; en présence de l’ion ammonium, la croissance
est optimale à des concentrations voisines de 0,5 mg/1 d’azote. Par contre les
résultats observés en présence de l’ion nitrite et de l’arginine sont totalement
négatifs.
313. — Le phosphore : L’influence du phosphore minéral : -HPO 4 , et organi¬
que : glycérophosphate de sodium, a été recherchée. En présence du phosphore
minéral la croissance est optimale à des concentrations voisines de 0,1 mg /1
de phosphore, tandis qu’en présence du phorphore organique, elle l’est au
voisinage de 1 mg/1 de phosphore. Ces expériences montrent aussi qu’à des
concentrations plus élevées, le phosphore minéral exerce un effet plus toxique
que le phosphore organique.
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
79
32. - Les microéléments : Seul le rôle du fer a été recherché. Les expériences
montrent, lorsque le fer est chélaté par le NTA, que la concentration optimale
se situe au voisinage de 10 mg/1.
33. - Les substances de croissance : Si les résultats obtenus en présence
de l’auxine - A1A - sont difficiles d’interprétation, par contre on note un effet
bénéfique de la gibbérélline — 5,7.10 7 — 5,7.10 6 M/l — et de la kinetine
- 5,7.10 8 - 5,7.10’ 7 M/l.
34. - Les vitamines : Si la vitamine B 12 à des concentrations comprises
entre 0,01 et 1 11 g/l, favorise un développement des thalles, par contre la vita¬
mine C ne conduit pas à des résultats significativement différents par rapport
au témoin.
4. — Conclusion
S’il est exclu dans le cadre de ce résumé de confronter nos résultats avec
ceux des autres auteurs, notons toutefois qu’ils sont sensiblement en accord
avec les données de la littérature. Ajoutons cependant que toute extrapolation
à des données recueillies dans des conditions d’axénie serait imprudente.
DISCUSSION SUR LES COMMUNICATIONS ABELARD-KLING
De la discussion qui a suivi, on retiendra l’intervention de Madame LOISEAUX, relative
à la validité des résultats obtenus dans des conditions de culture non stériles et non uni-
algales.
Dans la réponse que nous fîmes à cette critique dûment fondée, bien que reconnaissant
les limites de notre travail, nous insistions sur le fait que la validité des résultats découle
moins de leur valeur absolue que de leur valeur relative, dans la mesure où leur analyse
statistique permet d’affirmer avec un risque connu que tel résultat différé bien, significati¬
vement des autres.
PROBLEMES MORPHOGENETIQUES POSES ET RESOLUS
A PROPOS DES GAMETOPHYTES DE L AMIN ARIA DIGITATA (L.) LAM.
(PHEOPHYCEE, LAMINARIALE)
J.COSSON
Le développement des gamétophytes mâles et femelles de L. digitata, qui
résulte de la croissance des filaments de l’algue dans deux dimensions de l’espace,
a été mesuré par des paramètres évaluant d’une part la croissance des axes
principaux (rythme des mitoses perpendiculaires à l’axe de développement,
vitesse d’allongement des axes), d’autre part le pouvoir ramificateur des cellules
axiales (rapport du nombre des ramifications de premier ordre au nombre des
Laboratoire d’Algologie fondamentale et appliquée, 39, rue Desmoueux, 14000 Caen.
80
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
cellules des axes principaux). Nous avons montré que la croissance des prothalles
varie en fonction de l’époque de récolte des spores (optimum de juillet à février)
et de la quantité de spores ensemencées («effet spore»). Ces résultats nous ont
permis de distinguer des spores dites «faibles» et des spores dites «fortes»,
correspondant à des degrés différents de maturation : au cours de celle-ci les
spores acquièrent un équipement enzymatique plus ou moins complet, leur
permettant de fabriquer une substance activatrice de la croissance en proportion
plus ou moins grande.
Dans le but de rechercher les mécanismes intervenant lors du développe¬
ment des prothalles de Laminaires, nous avons étudié l’action de substances
chimiques dont les effets activateurs ou inhibiteurs ont été reconnus chez
d’autres végétaux. Cependant des substances de croissance comme l’auxine,
l’acide gibberellique, la kinétine ou l’acide traumatique n’ont aucune action
sur la croissance des gamétophytes de L. digitata à faible dose et sont toxiques
à doses plus élevées. Des inhibiteurs comme la 8-azaguanine ou la D-actinomyci-
ne, dont l’action se situe au niveau de la ramification chez les Mousses et les
Fougères, n’ont pas d’effet chez l’algue. Nous avons déduit de ces recherches que
la ramification serait induite par un déplacement de l’équilibre entre le rythme
des mitoses et la vitesse de l’allongement des rameaux, et donc par tout facteur
agissant sur cet équilibre.
Parmi ces facteurs morphogénétiques, la lumière paraît avoir une action pri¬
mordiale. Nous avons montré que l’énergie nécessaire à la ramification des axes
est plus forte que celle demandée par la croissance de l’axe. Nous avons égale¬
ment démontré que croissance et ramification sont liées à la quantité globale
de lumière par 24 h, sans qu’intervienne un véritable photopériodisme. Cepen¬
dant, en dehors de ses effets purement trophiques (rôle essentiel de la photo¬
synthèse), la lumière, et en particulier certaines radiations la composant, peut
avoir un rôle morphogénétique : ainsi, en appliquant à des prothalles mâles et
femelles de L. digitata, en plus d’un éclairement blanc trophique minimum,
des radiations de très faible énergie, nous avons montré que la lumière rouge
(660 nm) inhibe totalement la ramification, et partiellement la croissance des
axes; par contre, la lumière bleue (470 nm) et dans une moindre mesure la
lumière jaune (600 nm) ont un rôle activateur. Ces diverses radiations inter¬
viendraient en agissant sur des récepteurs photochimiques (phytochromes?
caroténoides ? flavines?) à deux niveaux, 1) sur le déclenchement des mitoses,
2) sur la photosynthèse par l’intermédiaire de la chlorophylle c et de la fuco-
xanthine.
DISCUSSION
En réponse à une question de M. MAGNE concernant les modalités d’application des
lumières colorées, il a été indiqué que les gamétophytes de L. digitata reçoivent une lumière
trophique de 1,5 W.m fournie par des tubes fluorescents Philips «Blanc industrie» pendant
8 heures par jour^suivie de 16 heures de lumière monochromatique (bleu, jaune, vert ou
rouge) de 0,1 W.m , énergie trop faible pour assurer une grande activité photosynthétique.
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
81
DONNEES EXPERIMENTALES SUR LA CROISSANCE
ET LA MORPHOGENESE DES THALLES DE CYSTOSEIRA (FUCALES)*
Ch. GROS**
Chez les Fucales, il existe à l’extrémité distale de chaque axe en croissance
une grosse cellule apicale entourée d’un massif à forte activité méristématique :
cette région est responsable du développement du thalle.
L’étude expérimentale a été réalisée sur Cystoseira sp. f. epipelica, nov. f.
une forme sans tige ni fixation, poussant sur un fond de vase, dont les thalles
sont constitués d’axes cylindriques ramifiés. Dans la nature, ces thalles peuvent
présenter des âxes néoformés, aussi bien sur les sections distales qu’à leur extré¬
mité basale.
Le comportement de six types de tronçons en culture peut s’analyser du
point de vue de la croissance et des corrélations morphogènes.
Qu’ils soient simples ou ramifiés, épineux ou non, tous les axes à apex intacts
montrent un allongement équivalent : les 0,2 premiers millimétrés apicaux
produisent la moitié de l’élongation totale et le premier millimètre environ 90%
de celle-ci.
Par ailleurs, la croissance des axes illustrent une légère dominance apicale.
Au niveau du tissu médulaire des sections apicales et basales, il se forme
généralement un cal donnant naissance à un ou plusieurs apex; l’axe montre
donc une double polarité morphogénétique.
D’autre part, les néoformations sont plus importantes, en nombre et en taille,
sur les sections basales ce qui, compte tenu de l’égalité d’éclairement, traduit
une certaine polarité des axes.
Cette étude expérimentale, sur un matériel très favorable, permet d’envisager
l’exploration et la compréhension des mécanismes régissant la croissance et
l’organisation de thalles aussi différents que ceux des Cystoseira et des autres
genres de Fucales.
* En raison des exigences horaires, les trois derniers exposes ont dû abandonner leur temps
de discussion.
** Département de Biologie, Giroq, Université Laval, Ste Foy, Québec C1K 7P4 (Canada).
82
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
CORRELATIONS DE CROISSANCE CHEZ LES DICTYOTA D1CHOTOMA
(HUDS.) LAMOUROUX (PHEOPHYCEE, DICTYOTALE);
contrôle mutuel de l’initiale apicale et des zones sous-jacentes
au cours du développement des gamétophy tes juvéniles
J. GAILLARD* et M. Th. L’HARDY-HALOS **
Les expériences rapportées ici ont pour but de mettre en évidence les influen¬
ces réciproques de l’apex et de la base du thalle sur la croissance de Dictyota
dichotoma.
Conditions expérimentales
Les plantules gamétophytiques nées en culture ont une taille comprise entre
1500 et 3000 flm et n’ont pas encore effectué leur première dichotomie au
moment de l’expérience. Elles sont maintenues dans le milieu de von Stosch,
a 13-14 , et à la lumière du jour, pendant toute la durée de l’expérience qui est
de 20 jours.
Modalités expérimentales
Les expériences ont porté sur 6 lots, comprenant chacun 12 à 21 échantil¬
lons : plantules intactes; plantules sans initiale; plantules incisées à une distance
de l’initiale comprise entre 150 et 300 fl m; plantules incisées de la même manière
mais dépourvues de leur initiale; plantules sectionnées en deux tronçons (le
tronçon apical étant de 150 a 300 jum); plantules sectionnées également en 2
tronçons mais dépourvues de leur initiale.
Une expérience préliminaire a montré que les incisions marginales utilisées
pour le repérage n’ont aucune incidence sur la croissance.
Résultats
Les résultats numériques, analysés statistiquement se résument de la façon
suivante :
1) La croissance des apex en place est nettement supérieure à celle des apex
isolés.
2) L’allongement des apex en place pourvus de leur initiale est également
supérieur à celui des apex semblables mais isolés.
3) L’allongement de la base du thalle en l’absence de l’apex est significati¬
vement supérieur à celui de la base en présence de son apex, qu’il soit ou non
surmonté par l’initiale.
* Laboratoire de Biologie végétale marine, Institut de Biologie végétale de l’Université
Pierre et Marie Curie, 7, Quai St Bernard, 75005 Paris
** Laboratoire de Biologie marine CNRS. Faculté des Sciences. Route de Laval, 72017
Le Mans Cédex.
SEANCES DE LA SOCIETE PHYCOLOGIQUE DE FRANCE
83
Interprétations et conclusions
1) La base du thalle stimule la croissance apicale, et cette stimulation con¬
cerne le fonctionnement de l’initiale, mais aussi le fonctionnement (auxèse et
mérèse transversales non dissociées) des cellules axiales sous-jacentes.
2) La zone apicale du thalle impose un contrôle inhibiteur aux cellules
axiales sous-jacentes et ralentit leur élongation.
A la lumière d’expériences préliminaires avec marquage superficiel il semble,
en première approximation, que l’initiale est seule responsable de la localisation
des élongations actives dans la zone apicale; en son absence, l’élongation est
améliorée dans la région basale du thalle.
ORGANISATION CELLULAIRE ET POLARITE
DANS LES FILAMENTS D’ALGUES (THEORIE ET REALITE)
Hermann B. LÜCK et Jacqueline LÜCK*
Une théorie de l’organisation de filaments cellulaires est proposée. La séquen¬
ce des cellules dans le filament, la variation des tailles cellulaires individuelles,
leurs vitesses de croissance et leurs taux de division différentiels sont les pro¬
priétés de systèmes de développement théoriques où seules interviennent les
longévités différentielles de cellules complémentaires (ou groupes complémentai¬
res de cellules) considérées dans le contexte de la polarité générale du filament.
L’acceptation d’une ordonnance des longévités différentielles selon les positions
relatives des cellules au sein d’un ensemble cellulaire repose sur des observations
faites initialement sur l’agencement et le comportement des coenocytes du fila¬
ment de la Chaetophorale Chaetomorpha linum Kütz.
Laboratoire de Botanique Analytique et Structuralisme Végétal C.N.R.S./E.R. 161,
Faculté des Sciences et Techniques de Saint-Jérôme, rue Henri Poincaré, 13397, Marseille
Cédex 4, France.
85
OUVRAGES REÇUS POUR ANALYSE
P.BOURRELLY, M. RICARD
BICUDO, C.E.M. et COMPERE, P., 1978 - A taxonomie study of the desmid
genus Bourrellyodesmus (Zygnemaphyceae). Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 48
(3/4) : 409-426.
Le genre Bourrellyodesmus a été créé par COMPERE (1976, Rev. Alg. N. S.
11 : 339-341) pour les Arthrodesmus de la section ornatae. Les auteurs montrent
que le genre renferme 5 espèces qui appartenaient aux genres Cosmarium et
Arthrodesmus.
Ils précisent de plus la position systématique de quelques Arthrodesmus mal
connus : apiculatus, granulatus, incrassatus, japonicus, notochondrus, osvaldii,
et pseudoarcuatus.
Grâce à ce travail, bien illustré (22 figures) les frontières entre les genres
Staurastrum, Bourrelly odesmus, Xanthidium et Staurodesmus sont tracées de
manière sûre et précise.
CONTANT, H. et DUTHIE, C. H., 1978 - The phytoplankton of Lac St. Jean.
Québec. Bibl. Phycol., 40, 165 p.
Le grand desmidiologue canadien, IRENEE-MARIE avait étudié avec beau¬
coup de soin les Desmidiées du Lac St. Jean et donne une excellente illustration.
Les auteurs dans le présent ouvrage donnent un catalogue du Phytoplancton
de ce lac où ils signalent 39 Chlorophycees, 36 Desmidiacées, 89 Diatomophy-
cées, 37 Chrysophycées, 3 Dinophycées, 10 Cryptophycées, 23 Cyanophycées,
7 flagellés incolores soit : 244 taxons.
L’illustration, uniquement des microphotographies groupées en 31 planches,
est particulièrement mauvaise. Les Diatomées sont photographiées avec leur
contenu cellulaire, ce qui fait disparaître complètement l’ornementation caracté¬
ristique des frustules et donne seulement le contour de la cellule. Les détermina¬
tions, autant que l’on puisse en juger ne sont pas toujours très exactes : ainsi
la figure 19, pl. III rappelle plutôt une Diatomée qu’ Actinastrum ; de même la
fig. 10, Pl. I semble être Pediastrum angulosum plutôt que P. boryanum. Les
auteurs ignorent les travaux fondamentaux sur les Desmidiacees, entre autres
KRIEGER (Rabenhorst), PRESCOTT, CROASDALE et VIN YARD (Synopsis
ofNorth American Desmids.), TE1L1NG ( Staurodesmus ), de ce fait le Closterium
navicula est rangé parmi les Penium et les Staurodesmus dans les Arthrodesmus
ou les Staurastrum.
Source : MNHN, Paris
86
OUVRAGES REÇUS POUR ANALYSE
En conclusion : une étude qui serait entièrement à reprendre, avec de bons
dessins, de bonnes microphotographies en tenant compte des travaux classiques
et modernes.
LEE, 1. K., 1978 — Studies on Rhodymeniales from Hokkaido. J. Fac. Sc.
Hokkaido Univ. Sapporo, ser. 5 (Bot.) 11 (1) : 1-194, 5 pl.
L’auteur étudie de façon très complète deux espèces d ’Halosaccion (dont une
nouvelle), deux espèces de Palmaria (dont une nouvelle) deux espèces de Rhody-
menia, une de Chrysymenia, deux de Lomentaria et une de Champia.
Pour chaque taxon, nous avons une description avec structure du thalle et
des organes reproducteurs, des observations sur la phénologie et une discussion.
L illustration, 69 figures dans le texte et 5 planches photographiques, est abon¬
dante et précise.
L auteur donne une clef de détermination des espèces observées et des ta¬
bleaux qui permettent les comparaisons d’après les caractères externes du thalle,
1 anatomie, les caractères des tétrasporanges, des organes mâles et des cystocarpes.
Cette étude taxinomique permet à l’auteur d’élever les deux sous-familles
des Champiaceae au rang de famille et ainsi l’ordre des Rhodymeniales est divisé
en 4 familles : Palmariaceae; Rhodymeniaceae, Lomentariaceae et Champiaceae.
LOCQUIN, M. et LANGERON, M., 1978 — Manuel de Microscopie, Masson éd.
352 p., 152 fig., 18 tab., 160 FF.
Ce nouvel ouvrage, consacré aux techniques microscopiques et histologiques,
vient remplacer le Précis de Microscopie de M. LANGERON. Tout au long des
six premiers chapitres du livre sont tour à tour exposés, analysés et critiqués :
1 °) les différents instruments et techniques d’observation microscopique,
photonique et électronique; 2°) les méthodes de fixation, d’examen, de coupe
et de montage; 3°) les colorants; 4°) les teintures et imprégnations; 5°)
les colorations biologiques; 6°) les colorations cytologiques non spécifiques.
Le septième chapitre comporte un vocabulaire trilingue technique et plusieurs
tableaux se rapportant aux diverses constantes physico-chimiques.
Par comparaison avec l’ancien Précis de Microscopie, le Manuel de Microsco¬
pie fournit de nombreuses indications sur les nouvelles techniques microscopi¬
ques et aborde sous un angle plus scientifique certaines techniques histochimi-
ques empiriques. Ce Manuel est, sans nul doute, un ouvrage très complet qui
guidera le chercheur débutant et permettra aux chercheurs confirmés d’acquérir
de nouvelles techniques.
SCHNETTER, R., 1978 Marine Algen der KaribischenKüstenvon Kolumbien.
II. Chlorophyceae. Bibl. Phycol. 42, 200 p., 60 DM.
Le premier volume sur les algues marines de la côte atlantique de Colombie
consacré aux Phéophycées, a été publié en 1976 (Bibl. Phycol., 24). Dans cette
2e partie, l’auteur étudie 82 espèces de Chlorophycées.
Une clef trilingue, allemand, anglais, espagnol, permet la détermination des
especes signalées. Puis chaque espèce est décrite avec précision, en allemand
OUVRAGES REÇUS POUR ANALYSE
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et en espagnol, et les localités de la côte colombienne sont indiquées.
Pour chaque espèce nous trouvons les références bibliographiques importantes
et une illustration très soignée groupée en 25 planches. Enfin 10 pages de biblio¬
graphie et un index terminent cet important mémoire.
SCHOEMAN, F. R. et ARCHIBALD, R. E. M., 1978 - The Diatom flora of
Southern Africa. Nat. Inst. Wat. Res. C.S.I.R., Pretoria. N° 4.
Voici le quatrième fascicule du grand ouvrage sur les Diatomées d’Afrique du
Sud. Ce fascicule renferme les notices sur Amphora normanii, A. pediculus,
A. veneta, A. veneta var. capitata, Cymbella sinuata, Gyrosigma scalproides,
Navicula contenta, N. gregaria et Stauroneis acuta.
Comme dans les fiches précédentes, il s’agit d’une véritable monographie de
chaque espèce, avec descriptions, figures, photographies en microscopie optique
et en microsçopie électronique à transmission et à balayage. Les auteurs donnent
de plus des commentaires systématiques, ainsi que la répartition géographique
(malheureusement restreinte à l’Afrique du Sud), et de très nombreuses réfé¬
rences bibliographiques. Ce travail n’appelle qu’une seule critique, nous regret¬
tons l’absence de toute indication écologique.
Signalons pour terminer le polymorphisme vraiment extraordinaire de
Navicula contenta.
STOVER, L. E. et EVITT, W. R., 1978 - Analyses of pre-Pleistocene organic
walled Dinoflagellates. Stanford Univ. geol. Sc., 15 : 1-300.
Ce volume présente une analyse systématique critique de 279 genres de Dino-
flagellés fossiles. Il s’agit de formes cuirassées possédant une thèque organique,
non minérale (formes tabulées et kystes). Le mémoire débute par un glossaire
très précis qui donne la définition des termes techniques utilisés par les spécia¬
listes des Dinoflagellés fossiles. Puis vient (p. 13 à 241) la liste des genres et
espèces connues classées en 5 groupes d’après le type de l’archéopyle (apical,
intercalaire, précingulaire, combiné et divers). Dans chaque groupe nous trou¬
vons la description originale, une description modifiée et complétée, la compa¬
raison avec les genres voisins et la liste des espèces. Viennent ensuite une biblio¬
graphie très complète (p. 243-257) et des appendices. Ces derniers permettent
entre autres la comparaison avec l’index de LENTIN et WILLIAMS. Ils traitent,
de plus, de points particulièrement importants : espèces permiennes et albien-
nes, problèmes de la variabilité de l’archéopyle, des «Gonyaulacysta», etc...
Ce catalogue a permis aux auteurs de mettre de l’ordre parmi ces formes
fossiles, de supprimer un certain nombre de genres, de présenter des nov. comb.
et de créer 17 nov. gen.
Ce travail, d’une grande précision, est d’une consultation commode grâce a
une présentation typographique parfaite. C’est vraiment l’ouvrage de base pour
les spécialistes des Dinoflagellés fossiles. Nous regrettons seulement le manque
presque total d’illustration (2 fig. seulement).
THEREZIEN, Y. et COUTE, A., 1977 - Algues d’eau douce des îles Kerguelen
OUVRAGES REÇUS POUR ANALYSE
et Crozet. Bull. C.N.F.R.A., 43 : 1-91, 19 pl.
Les auteurs analysent une série de récoltes effectuées en 1973-1974 dans
l’île principale de l’Archipel des Kerguelen et dans deux îles de l’Archipel des
Crozet, dont l’une n’avait jamais été explorée.
Environ 200 taxons d’algues étaient connus avec certitude dans cette région.
Ce travail permettra de presque doubler ce nombre. Ainsi 25 genres sont nou¬
veaux pour les Kerguelen et 16 taxons sont nouveaux pour la Science (ces
taxons appartiennent aux genres : Coelodesmium, Anabaena, Golenkiniopsis,
Scenedesmus, Pediastrum, Zygogonium, Spirogyra, Cylindrocystis, Gonatozy-
gon, Cosmarium, Staurodesmus et Staurastrum). Les Diatomées sont exclues
de cette florule et feront l’objet d’une étude séparée.
Les Kerguelen montrent, comme les autres régions arctiques, une grande
abondance de Cyanophycées et de Zygophycées. Parmi ces dernières le genre
Cosmarium est nettement dominant (une soixantaine de taxons), par contre
les «grandes Desmidiées» ( Micrasterias, Euastrum) sont pratiquement absentes.
C’est là un caractère très net des flores algales froides, caractère commun aux
régions arctiques et antarctiques.
La partie systématique critique de ce travail est très importante et une très
belle illustration de 19 planches grand format, groupant plus de 250 figures,
complète cette importante étude.
Van den HOEK, C., 1978 - Marine algae from the coral reef of Curaçao, Nether-
lands Antilles. I, Three new and one rarely observed species from the steep
fore-reef slope. Aquatic Bot., 5 : 47-61.
L’auteur signale quatre Rhodophycées intéressantes de la zone profonde du
récif corallien frangeant de Curaçao. Il s’agit du nouveau genre monospécifique
Bakothamnion, proche de Platythamnion et d’Antithamnion, d’une nouvelle
espèce de Diplothamnion et d’une nov. sp. d ’Udotea. Il signale de plus la présen¬
ce de Rhododictyon bermudense Taylor, espèce connue des Bermudes, de la
Barbade et de la Caroline.
Commission paritaire N° 28588 - Dépôt légal : n° 659 - Mars 1979 - lmp. Vial, 91410 Dourdan
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lignés d’un trait droit.
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cité.
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5 - La Bibliographie : elle est présentée à la suite du texte. Les travaux suivront
l’ordre alphabétique et, pour un même auteur, l’ordre chronologique. Le nom et
l’initiale du prénom de l’auteur, en majuscules, seront suivi du titre de l’article
et de la référence de cet article suivant le modèle adopté par la Revue Algologi¬
que.
6 - Les légendes des Figures : elles devront être dissociées des figures et regrou¬
pées à la fin du manuscrit.
7 - Les Figures : elles seront fournies sur des feuilles séparées du texte. Le numé¬
ro de la figure ou du tableau sera inclus dans le cadre prévu, dans le texte, par la
figure ou le tableau. L’échelle sera indiquée sur la figure. La justification maxi¬
male des planches est de 11 x 18 cm et les auteurs feront leur possible pour
éviter une réduction trop importante des planches.
5 FEV 1986
REVUE ALGOLOGIQUE
- nouvelle série -
La «Revue Algologique», consacrée à tout ce qui se rapporte aux algues, publie :
1° des articles originaux ; 2° des analyses bibliographiques des travaux d’algologie.
La «Revue Algologique» est publiée par fascicules paraissant trimestriellement,
quatre fascicules constituant un tome.
En raison des frais de clichage, une contribution financière sera demandée aux
auteurs pour les planches photographiques.
Les auteurs qui désirent des tirages à part (separata) sont priés d’en men¬
tionner le nombre lors de l’envoi du manuscrit. Le nombre des tirages à part
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Paris n° 1452231.
Prix de l’abonnement pour le Tome XIV (1979)
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Ancienne série : Tome VIII, fasc. 3 et 4 ; Tome XII et Travaux Algologi-
ques ; Tome V, fasc. 1 ; Tome VI, fasc. 2 ; Tome VII, fasc! 3 et 4 ; Tome XI,
fasc. 3 et 4.
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Prix du Tome : 160 F (France) 200 F (Etranger)
Prix du Fascicule : 40 F (France) 50 F (Etranger)
Mémoires Hors Série n° 2 : A. Lancelot, Recherches Biologiques et Océano¬
graphiques sur les Végétaux marins des Côtes françaises entre la Loire et la
Gironde, 1961.
210 pages 250 F.